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Dictionnaire de Théologie Catolique, Vol. 13, Parte I

Dictionnaire de Théologie Catolique, vol. 13, Parte I

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Francesco Patruno
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DICTIONNAIRE
DE

THOLOGIE CATI10LIUUE
TOME TREIZIME
l'Itl

Mil

IU.

l'Mt'IM

PREXISTENCE PUY (ARCHANGE DU)

Imprimatur

Parisiis, die 6 Februarii


V. Dupin, v.
g.

1936

1.

V
;

DICTIONNAIRE
DE

THOLOGIE CATHOLIQUE
CONTENANT

L'EXPOS DES DOCTRINES DE LA THOLOGIE CATHOLIQUE

LEURS

PREUVES ET

LEUR
Dl

HISTOIRE

COMMENC. SOUS LA DIRECTION

A.
PIIOFUNEUR
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I.I'MVKIISI

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AVEC LE CONCOURS D'UN GRAND

NOMBRE DE COLLABORATEURS

llMK TREIZIME
l'HIMI

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PARTI!

PREXISTENCE PUY (ARCHANGE DU)

PAR

IS-VI
Raspail,
16

LIBRAIRIE
87.

LETOUZEY ET
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Boulevard

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DICTIONNAIRi;
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!:

THOLOGIE CATHOLIQUE
(Suite)

Ce mot Intervient divers endroits de la thologie 1 On parle de la prexistence du Christ, en ce sens que le Verbe de Dieu, existant de toute ternit, a assum, au moment le l'incarnation, une nature humaine, laquelle il s'est uni hypostatiquement. Cette nature humaine ne prexistait pas; mais, en vertu de la communication des Idiomes, on peul dire du Christ Jsus qu'il prexistait. C'est ce (pie lail. d'ailleurs, saint Paul dans le texte clbre de l'pilre
:

PREXISTENCE.

col.

justice. Voir

aux
2

l'hilippiens.

ri,

9.

a p>s, diverses reprises, la question de la prexistence des mes humaines, se demandant si

On

La scolastique latine en avait ds l"i- fait s mu. theol., I. q. x\ m. a. 3. A l'heure prsente, elle serait considre comme une hrsie, bien qu'elle n'ait pas laisse de conserver quelques races dans les ides et le langage populaire. On a parle de la prexistence <!< la malien cration, l'uvre cratrice consistant seulement mettre de l'ordre dans le chaos prexistant. L'ide est galement platonicienne: elle a t un des postu lats essentiels du gnosticisme, et a pu laisser quelques traies dans l'ancienne littrature chrtienne. s'oppose videmment .m dogme de la cration a nihilo. Voir l'art. Cri \ii"N. en particulier col. 2057
1020,
< i
I

l'me

de
<>

l'homme
se

vient

l'existence

au

moment

jn7;.
I

forme le corps humain, ou si, au cont raire, rame cre bien antrieurement, est envoye dans le corps au moment de la conception ou de l'animation. Les doctrines pythagoriciennes et platoniciennes, pour autant que l'on peul les prciser, semblaient se
rallier

mme

A M \\\

PRMONTRS.
il.

Rgle
:

et

organisation.

III.

Origine de l'< volution. I\. Privi

lges et liturgie. V. Rle de l'ordre. \ I. Persom saints et bienheureux. \ll Vie intellei clbres
tuelle.
I.

articles

deuxime hypothse. Voir ici les MTEMPSYCOSE, t. X, col. 1574, et PLATO


cette
xil, col.

VIII.

tal

actuel.
l

2267. Elles ont influenc un certain nombre de penseurs chrtiens, et on les retrouve tant chez certains gnostiques (pie (lie/ Orignc, qui a lait leur fortune dans l'glise. Voir l'art. Orione, col. 1531 sq. c'est l'influence d'Origne (pu explique la faveur (pie l'hypothse de la prexistence a un contre chez Nmsius, Didyme, vagre, les hsita

NISME,

t.

tions aussi de saint Jrme, dans de sa carrire, et de saint AugUSt in

la

premire partie qui n'a jamais su

prendre position de manire dfinitive. Prudence et Priscillien, soit directement, soil de toute autre manire, ont t entrailles par le mme courant. Sur tout ceci, voir les articles consacres chacun de ces auteurs, et l'art. Ami:, col. 996. Ces controverses orignistes du iv* et du vi* sicle ont roule en grande partie sur cette question. Voir l'art. Orionisme, surtout col. 1568, l.r>7f> sq.. 1581. Finalement, celle doctrine de la prexistence des fmes lut condamne au concile (.r ri:f), voir ce mme article col. 1581

>.

peu, la doctrine l'ut abandonne, non sans quelques retours offensifs, et il est remarquable qu'au milieu du ix' sicle. Photius la combatte nergiquement. Voir art. Ame, col. 1007. On la signale chez les Armniens du xiv sicle. Voir mme article.
et

1582.

l'eu

l'ordri ordre des chanoines rguliers prmontrs tii<- son nom de la prei abbaye de l'ordre, fonde en 1120, aux enviions de Soissons, dans le vallon de 'remontre. Ces prmont n s snni aussi appels norbertins, du nom de saint bert, le fondateur de l'ordre. Ces sources de la vie de s ;1 int Norbert se ti tuvent, pour une grande part, dans la Vita Norberti, tre contemporaine de Norbert. <wi en relvi deux adaptations la Vita B, dite envers, en 1622, par \ .m der Sterre, qui en donna un texte critique, reprise dans les \<l,i sanctorum, junii t. i. p. de l'd. d' Vnvers, 1695 et p. 804 983 de l'd. de Venise, 17 IC mais sans l'appareil critique de N an der Sterre; la Vita \. edder par R. Wilmans dans les Mon. Germ. hisl., Script., t. xn, p. 663-703. Norbert de Gennep apparat au dbut du \u comme le rformateur <\u clerg ayant charge d'mes. Il avait reu le sous-diaconat et avait t pourvu d'une prbende de chanoine l'glise collgiale de \aiiten. sa ville natale, en Rhnanie, l'eu sou de remplir les charges de sa profession, il passait les annes de sa jeunesse a la brillante cour de l'empereur Henri Y qu'il accompagna a Rome, lors de l'expdition de Mil contre Pascal II. Norbert, qui bl

Origine

DICT.

DE TU KOI.. CATHOL.

T.

XI H

1.

PRMONTRS.
ses compagnons par le faste de sa vie, trouva son chemin de Damas. Il se rsolut mener une vie l>l us conforme ses engagements el se prpara, l'abbaye de Siegbourg, : recevoir l'ordination sacer dotale (Cologne, 1115). Il tail alors ^ d'environ :r> ans. Le jour de sa premire messe, sa prdication s'adresse ses collgues, les chanoines de Xanten, qu'il conjure de revenir avec lui une vie plus van glique Ayanl chou prs de ses collgues <!< Xanten, Norbert rentra dans le silence et, pendant trois ans, il mne une vie de retraite et de pnitence. Il a ainsi l'occasion d'examiner les trois genres de vie spirituelle: canoniale, monastique et rmitique. La vie canoniale, il l'a vcue Xanten. mais, telle qu'elle existe, elle m' peut plus satisfaire les aspirations de son me. Il lui faut une destine plus austre et plus laborieuse. La vie monastique, il l'a gote Siegbourg, o il fut initi aux secrets de la contemplation. La vie rmitique, il l'a vu pratiquer par un ermite, habitant
saii

nilHil

NE

de Xanten et qu'il visitait frquemment, et il l'a pratique lui-mme. En dfinitive, il n'embrassa aucune de ces trois vocations. Mme pendant ces annes de retraite, Norbert semble avoir prch. Hupert de Deutz lui en fait un reproche et Norbert est cit devant le synode de Fritzlar (1118), o on l'accuse de prcher sans mission et sans mnagement [jour ses auditeurs; on lui fait mme un crime d'avoir rejet ses habits prcieux. il La rponse de Norbert fut tout un programme revendiqua le droit de prcher et saisit l'occasion d'adresser quelques leons ses juges. On n'ose le condamner, mais il part dsabus; avant de quitter le pays, il rsigne son canonicat et distribue aux pauvres ce qui lui reste de patrimoine. Son premier soin fut de faire approuver sa vocation de prdicateur par le souverain pontife. En novembre 1118, nous le retrouvons Saint-Gilles, en Languedoc, prs du pape Glase II, qui coute ses confidences et le relve de l'irrgularit qu'il croyait avoir encourue en recevant le mme jour le diaconat et la prtrise. Le pape apprcia tout de suite l'homme que Dieu lui envoyait pour la rforme de l'glise et voulut l'attacher sa personne. Norbert le prie de n'en rien faire; le pape le prend alors sous sa protection et lui impose la mission d'aller prcher partout o il voudrait, dans tous les diocses. Ds lors, Norse manifesta comme prdicateur ambulant bert ( Wanderprediger). Il sera une leon pour ses contemporains, par son exemple d'abord, car il embrasse les pnitences les plus austres, et, prcurseur de saint Franois d'Assise, par la plus grande pauvret, et ensuite par sa prdication au peuple, mais aussi aux

non

loin

de raliser dans ce chapil rc ses ides de rforme. Les chanoines, cependant, peu dsireux de changer de vie, se refusrent d'accepter la direction de Norbert. Barthlemj de JOUX ne renona point a SOU dsir de garder ce personnage d'lite dans son diocse, et dcida Norbert a se fixer dans le voisinage de Laon pour \ entreprendre la fondation d'une maison ordonne d'aprs son Idal. Aprs une nuit passe en prires dans un endroit marcageux de la fort de ,'Mii \ cl ou Norbert vit en rve des moines blancs avec croix et flambeaux, chantant des psaumes el allant en procession autour de la chapelle en ruines qui se trouvait en cet endroit, le rformateur dclara l'vque qu'il dsirait construire une abbaye en ce lieu qui lui fut prmontr par Dieu [pnanonstratum). Les bndictins de Saint Vincent de Laon. dont relevait la chapelle, la lui cdrent, et l'vque de Laon donna sa coopration pour l'rection d'un petit couvent. Norbert travailla tout de suite au recrusa vie apostolique reprit avec une intensit temenl croissante. Seul, celte poque, Bernard de Clairvaux connatra pareil triomphe et saura susciter sur son passage un enthousiasme semblable. Son passage, dans toutes les provinces qu'il traverse, est marqu par des conversions et. autour de lui, se forme une escorte de disciples sans cesse grossissante. Norbert
sai ion
i
;

Prmontr, y amenant quarante clercs et un nombre plus considrable de laques. L'ordre de Prmontr tait fond (1120). Ds 1121, le fondateur reprit ses courses aposto-

revient

liques, auxquelles
rits.
Il

pitres et

aux

religieux.

Comment ce missionnaire fut-il amen fonder un ordre religieux? Au cours de ses prdications, plusieurs disciples s'taient attachs lui et partageaient sa vie de travail et de pnitence, entre autres, Hugues de Fosses, chapelain de l'vque de Laon, Barthlmy de Joux. Avec eux, Norbert se rend, en 1 1 19, Reims, o le pape Callixte II tenait un synode. Norbert voulait lui demander le renouvellement de son mandat de prdicateur. 11 ne put cependant avoir accs auprs du pontife: dcourag, il quittait dj la ville, quand l'intervention de l'vque de Laon lui procura l'entrevue dsire. Le pape le reut avec bont, confirma les pouvoirs donns par son prdcesseur, (ilase, mais ne semble pas avoir encourag le missionnaire. La sant de Norbert lait fortement branle. Pour le retenir, l'vque de Laon proposa au rformateur la direction des chanoines de Saint Mail in de Laon. Norbert dut accepter celle mission pour ne pas dsobir aux volonts du pape, niais nblinl l'autori-

il associa les plus effrayantes austne semble cependant pas pressentir qu'il est fondateur d'ordre. Ce qu'il veut, c'est rtablir les chanoines dans la ferveur de leur institution primitive et, dans ce but, former un clerg d'lite, imitant le sacerdoce ternel du Christ, et. dans cet idal, se dvouant plus fructueusement au ministre des mes par suite d'une formation mieux approprie. A peine Norbert eut-il jet les fondements de son ordre, que de toutes parts surgirent des corporations de prtres qui se placrent sous sa direction. La premire filiale de Prmontr lui Floreffe, prs de N'amur. Ds 1123 ou 1124, nous retrouvons les prmontrs Anvers. La ville tait devenue comme la citadelle de Tanchelin, un hrsiarque antisacerdotal, qui avait entran sa suite toute la population. Bouchard, vque de Cambrai, aprs plusieurs tentatives infructueuses pour ramener les Anversois la foi chrtienne, se souvint de Norbert, ami de sa jeunesse. Rpondant l'appel de l'vque, celui-ci choisit parmi ses disciples les plus savants et les plus zls la tradition en fait des anciens lves des coles de Paris et de Laon et, avec eux, il arrive Anvers. Le succs est complet. Le peuple acclame en Norbert le sauveur de la ville. Les prmontrs construisent alors une abbaye autour de l'glise Saint-Michel que les chanoines avaient offerte Norbert pour s'assurer sa coopration dans la lutte contre l'hrsiarque. Nous retrouvons Norbert, en ce mme temps, aux cotes de saint Bernard dans la campagne contre Ablard. En 1126, la dite de Spire. Norbert fut lev la dignit d'archevque de Magdebourg. Ses adieux la communaut de Pimont r furent touchants et se trouvent, d'aprs la tradition, rsums dans le Sernw que l'ordre conserve comme le testament spirituel de son fondateur. Le nouvel archevque entreprit sans tarder la rforme des institutions canoniales et du clerg de son diocse, ce qui engendra de l'opposition, surtout quand il voulut remplacer les chanoines de la collgiale Sainte-Marie par des religieux de Prmontr, ce qui fut ralis en 1131. Pendant toute la dure (te son piscopat, Norbert eut lutter contre les usurpations des princes, le relchement du clerg et la

PRMONTRS. ORGA NISATION


simonie Wendes.
aussi l'vanglisation des pari plusieurs synodes, relui de Wurtzbourg en 127 et en 130, celui de Lige, el celui <le Reims en 1131. Il eut un grand rle dans la
Il

s'intressa

Il

prit

bienheureux Hugues tle bosses occupe parmi eux eurent a ciiur d'laborer un rglement qui dlimiterait la vie en commun el serait en mme temps une garantie pour
l'ordre
la

et le

place

principale

querelle des investitures. Lors du schisme d'Anaclet, se rangea lu ct d'Innocent II. voir ici, t. vu, il r el persuada l'empereur Lot Maire II l"). >7, il COl.

l'uniformit des diverses maisons.

Ce travail dans
la

fut

avant

tout

une adaptation.

L'on

emprunta aux Ofpcia


rgle,
a

l'entreprendre la campagne l'Italie pour rtablir ce dernier Home. Norbert accompagna l'arme dans cette expdition. Il rentra Magdebourg, pendant le carme le 1134, puise par les livres. Il mourut le l'ut enseveli dans la collgiale de cette ville, (i juin, et au milieu de ses chanoines prmonirs. Norbert de Xanten fui canonis en 1582 par Grgoire XIII. Au comment enienl du XVIIe sicle, quand le proteslan isme conquil Magdebourg, les prmonl rs d'Autriche,
t

teelesiastica cislerciensia ce qui, rapport a la vie le communaut.

L'organisation le la direction suprme lut labore d'aprs la Charta charitatis et les Institula generalia (1134) des cisterciens. Quelques emprunts s'j ajoutrent, pris a la re^le tle (.lunv, ei plus particuliirsau. Ceci est rement a la rdaction spciale tle
I
I

s'assurer la possession les reliques de leur fondateur. Apres plusieurs tentatives infructueuses, lis saints ossements furent enlevs et

sur l'initiative mirent tout en

du prlat

Questemberg de Strahov,

uvre pour

Prague (1626 prolecteur de la Bohme. La tte de saint Norbert se trouve au 6 juin dans le calendrier romain, mais, depuis 1625, les prmontrs la clbrent le n Juillet, date de ses

transports
1627),
et

l'abbaye de Strahov,
fut

le

saint

proclam

obsques solennelles. Norbert, lors de son lvation l'archevch de Magdebourg, avait confi la maison de Prmontr son premier disciple, Hugues de lusses, qui pour suivit l'uvre du matre. Celui ci, d'ailleurs, plaa la jeune communaut dans un cadre plus monastique peut tre que ne l'avait envisag Norbert, pour qui la sanctification personnelle devait, aprs formation complte, s'extrioriser dans la prdication cl le
ministre paroissial. Le nouvel ordre de Prmontr fui approuv par le pape Honorius II en 1126, par la bulle Apostolicat discipline. Sous la puissante Impulsion !< Hugues de Fosses et avec l'appui tics plus hautes autorits
ecclsiastiques, l'ordre se propagea merveilleusement

tellement vrai qu'une tude comparative des Coj tudina cistercienscs el des Consueludina prsunonstralenses permettrait de reconstituer le texte primortlial tle la rgle tle Prmontr, qui nous fait toujours dfaut, et prouverait en menu temps pie le texte dites par Van Waefelghem, des Premiers statuts ne constitue nullement le texte primitif. Cette premire rdaction celle lu bienheureux Hugues daterait le 1131 environ, et aurait obtenu l'appro ballon lis abbs les premiers monastres, reunis en chapitre, lue seconde rdaction aurai! t faite ver-' 1150. Son auteur reste inCOIUlU et elle ne fut jamais officielle tla us l'ordre. Vinl ensuit) uix- rdaction dfi uilive, vers i2nn. sur laquelle se greffrent les sions tics chapitres gnraux postrieurs; 1. H. Heijin. m. V ntersuchungen ber die prmonstralt Gewohnheilen, Tongerloo, 1928. Cette rdaction esl le plus ancien texte connu de la rgle de Prmontr, il a t dit par R. Van Waefelghem sous le titre. Les premiers statuts / l'ordre de Prmontr, dans Analedes /< l'ordre de Prmonlr, t. ix. 1913, d'aprs un texte lu MonaMartne, dans son De antiquls censis lai. /-' /."'. Eccleste ritibus, t. m. Anvers. 1737, coL 890-926, ln\li donne une recenslon postrieure sous |c litre
.
.

tutiones

Patrum
I

Prsemonslratensium;
i

.1.1'

France, dans les Pays-Bas, en Allemagne, en Pologne, en Espagne, en Italie el au Danemark II ne tarda pas a passer les nuis ci a s'tablir en Angleterre, en Irlande cl en Palestine, Avant sa mort, le premier abb-gnral de l'ordre eut la consolation de runir sous su prsidence, en chapitre gnral, cent vingt abbs, En dehors des abbayes, de nom breux prieurs et prvts et mainte grangia relevaient de 'ordre. II. ROLI Au dbut Norbert ORGANISATION. ne semble pas avoir envisag la composition d'une rgle bien dfinie qui prsiderait la formation rell
en
l

dans son Prtemonstralensis "rilims bibliotheca, Paris, 1633, p. 784 840, m mil une troisime d. u lion qu'il intitule Statuta primaria Praemonstratensis ordinis. La premire rdaction imprime cm. me du chapitre
gnral de 1505 is.ms date el sans indication d'tmprl ineur ou de lieu). \ la lin du xvr sicll et au corn me ne n ie ni du xvir*, les chapitres gnraux de l'i adaptrent les constitutions aux dcisions du concile le Trente, bon la rdaction des siatuts de 1628, pu ..u lui dfinitivement adopte en 1630 (d. M. us. Statuta candidi el canonici ordinis vain), sous le litre Prtemonstratensis renovata ac anno 1630 a capitula gnerait plene resolula, acceptala el omnibus mus mj/></< hs ml stricte observandum imposita. De l'assentiment lu chapitre gnral de 1896, cette dition fut repro tluiic intgralement par l'imprimerie d'Averbode en [898. Rcemment, les chapitres gnraux viennent tle
i
:

gieuse
tic la

tics

recrues.

direct ion spirituelle

De mme, celles ci se nuit cul aient du fondateur el de l'exemple


et

pi'il

leur donnait. Ces conseils

ce

exemples cepen

tlaut faisaient

dfaut la communaut pendant les frquentes absences tic Norbert, a l'occasion tic ses courses apostoliques. Le choix d'une rgle s'imposait. Devant les efforts laits par plusieurs conciles el divers vques pour rendre aux chapitres l'ancienne
vie

terminer la rdaction provisoire les nouveaux statuts mis eu concordance ave< le Code canonique. Ils
Sacri, candidi canonici riliui\ portent comme titre Prstmonstratensis statutorum renooatorum ilisiiiulin prima, Averbode, 1925; distinctio secunda, Averbode, 1929; distinctiones tertio ri quarta, Averbode. 1931. Les rdactions du xnr sicle tle la rgle des pr montrs comportent dj la division en quatre dis
:

commune, Norbert songea

susciter un organisme
il

model sur l'organisation primitive;

tablirait

les

communauts de
collectivit tics
tics

prtres vivant sous le rgime <l- la biens, mais o la vie contemplative

membres

serait

unie aux travaux extrieurs du


fallait
il

tinctions

la

I"

distinction traitant

le

la

discipline

ministre.

Encore

que ce

programme

ft

Concrtis et dlimite par un rglement strict. La Vita nous apprenti comment, a la suite d'une vision, la rgle de saint Augustin lui adopte par Norbert. Son institut pi il ds lors place dans le grou peinent des chanoines rguliers. Encore cette rgle
vie

conventuelle, la Ib tle la direction tl' la maison, la 111* constituant !< code pnal ci la l\ s'occupant de la direction gnrale tle l'ordre. La rdaction le 1925 1931 comporte, dans la b partie, la discipline con le gouvernement le l'ordre, ventuelle, dans la II dans la 111' la direction tic la maison el dans la l\ v
b'

manquait-elle tic prcision pour servir le cadre a une de communaut. Les premiers lgislateurs le

Si les

rgime pnal. prmontrs du xn

sicle se prsentent

comme

I"

!:

M (JNTH H S. O H G A N ISA TU) N


tain,

si, par l'exercice du ministre, ils rapprochent fort des corps capitniaires, la constitution hirarchique de chaque maison ne laisse pas d'tre calque assez fidlement sur celle des anciens monastres bndictins. On y retrouve, le plus souvent sous le mme nom, les mmes fonctionnaires. Mais les prmontrs s'assimilrent plus particulirement l'organisation cistercienne. Comme les moines de Cteaux, ils ragissent, au commencement du xne sicle, contre les tendances des clunisiens. Tandis que Cluny avait tout centralis aux mains de l'abb gnral, la dcentralisation amena, chez les prmontrs, une organisation qui semble se rapprocher de la forme dmocratique. A la tte de chaque communaut se trouve un chef, abb ou prvt, lu et c'est en ceci surtout par les religieux; ce chef

des chanoines, et
se

le chantre, le sous-chantre, le bibliothcaire. D'autres sont prposs l'administration des biens il ;iu fonctionnement matriel de la maison, tels le

proviseur,

le

cellrier,

le

pitancier,

l'archiviste

sous l'ancien rgime, avaient avant tout un intrt conomique et quelques autres fonctionnaires subalternes. A la tte de l'abbaye se trouve un chef qui, ces deux points de vue runis, occupe la suprme direction c'est l'abb ou prlat, auquel,
les archives,

que consiste
ses fonctions

la caractristique norbertine

exerce

avec une indpendance presque comdu pouvoir central. Ce pouvoir central existe, certes, mais il est dans la main de tous les abbs runis en un chapitre gnral, tenu jusqu'en 14G9 chaque anne, Prmontr, le 9 octobre et, aprs cette date, le quatrime dimanche aprs Pques, et qui, depuis 1G05, ne fut plus convoqu que tous les trois ans. Il y a bien, l'instar de ce qu'on trouve chez les cisterciens, quelques abbs jouissant de prrogatives spciales, ce sont les abbs de Prmontr, de Floreffe, de Cuissy et de Laon, appels les quatre Pres de l'ordre ; mais ils ne possdent gure qu'une prsance d'honneur sur leurs collgues. Il y a en mme temps, pour les trois dernires abbayes que nous venons de nommer, un droit de contrle et d'inspection de l'abbaye de Prmontr et de son chef. L'abb de Prmontr n'a lui-mme qu'un droit de contrle, auquel plus d'une fois les monastres chercheront chapper, et parfois avec succs. L'ordre est divis en provinces, appeles circaries, o, primitivement, deux visiteurs, dputs par le chapitre gnral, faisaient l'inspection, et o, en outre, l'poque moderne, le vicaire gnral prside la direction au nom du gnral, y convoquant les chapitres provinciaux et rsolvant les cas courants quant la discipline ou les affaires des abbayes. Les celles de anciens catalogues numrent 29 circaries France, de Floreffe, de Ponthieu, de Wadgassen, de Brabant, de Flandre, de Westphalie. d'Ilfeld, de Lorraine, de l'Angleterre du Nord et de l'Ecosse, de l'Angleterre du centre, de l'Angleterre mridionale, d'Irlande, de Normandie, de Gascogne, d'Auvergne, de Frise et de Hollande, de Souabc et de Bavire, de Bohme et de Moravie, de Pologne, de Livonie, de Hongrie, de Danemark et de Norvge, de Sclavonie, de Grce et de Jrusalem, de Rome et de Saxe. Dans la dpendance mutuelle des abbayes, le droit de paternit prvalut de tout temps. L'abbaye fonplte vis--vis
:

au Moyen Age, dans les monastres d'Allemagne, on donnait le nom de prvt. Les chanoines ou clercs destins a la prtrise forment le noyau principal de la famille norbertine. non seulement par le nombre, mais aussi par leur tat de vie et par leurs fonctions. C'est par eux que se ralise le but principal de saint Norbert la prdication et le ministre des mes. A ct de l'lment canonial, la communaut norbertine comprend un lment monastique, les frres lais ou frres convers, auxquels est dvolue la plus grande part du travail manuel. H. Lamy, L'abbaye de Tongerloo, p. 67 sq. Saint Norbert ouvrit aussi aux pieuses femmes la solitude de ses clotres. Il existait, du vivant dj du fondateur, des couvents doubles qui prirent une grande extension. Ce genre de communaut, cependant, malgr la sparation existante, donnait lieu des inconvnients, et une dcision du chapitre gnral, prise sous le gnralat de Hugues de Fosses vers 1140. loigna la demeure des surs de celle des chanoines. Les couvents doubles furent supprims. On alla mme jusqu' dcrter que dornavant on ne recevrait plus de surs. Les couvents de norbertines survcurent cependant cette crise. Leur organisation se calque sur celle des abbayes et le prtre, religieux de
:

l'ordre, qui a la direction de la


le

nom

de

prvt

s'il

communaut, porte a t plac par libre choix

des religieuses la tte d'un couvent indpendant. Il est nomm prieur , quand la haute direction de^ surs, dpendant d'une abbaye, lui est confre par nomination du prlat de celle-ci. Primitivement, les surs des couvents doubles vouaient leurs soins l'entretien matriel de la communaut d'hommes, et s'occupaient aussi dans quelques couvents du xenodochium ou htellerie. Quand elles formrent des couvents spars, elles devinrent avant tout des contemplatives, soumises la loi ecclsiastique de la clture. Elles se partageaient en sorores contantes, attaches au service du chur, et sorores non contantes, qui s'occupaient avant tout de travaux manuels. Cf. A. Erens, Les surs dans l'ordre de Prmontr. dans Analecta prmonstratensia, t. v, 1929, p. 5 sq. A ct de ses institutions religieuses pour hommes
et

pour femmes, Norbert fut

le

premier fondateur

datrice avait des prrogatives bien dfinies sur l'abbaye fonde. Elle avait veiller, dans sa filiale, au progrs spirituel et l'observance de la discipline et pouvait cet effet faire chaque anne la visite canonique. Elle jouissait en mme temps du droit d'inspection sur ses revenus et sur la gestion de ses affaires. Il y avait d'ailleurs, surtout l'poque moderne, pour l'abbaye en tutelle, la facult d'en appeler au chapitre provincial ou l'abb gnral. Aux temps primitifs de l'ordre, l'appel l'abb de Prmontr fut frquent et semble indiquer une intervention plus directe et plus efficace. Les dignitaires et fonctionnaires d'une abbaye peuvent se classer en deux sries. Les uns ont pour charge de veiller au maintien de la discipline conventuelle et l'organisation des diffrents services l'intrieur de la maison. Ce sont le prieur, le sousprieur, le circateur, le matre des novices, le sacris-

d'ordre qui songea introduire les directives de la vie religieuse jusqu'au foyer de la famille et parmi le tourbillon des affaires sculires. Il cra le tiers ordre, institution qui sera reprise un sicle, plus tard par saint Dominique et surtout par saint Franois d'Assise. Il ralisa ainsi la pense d'un tat intermdiaire entrele clotre et le monde. Thibaut, comte de Champagne, fut le premier tertiaire prmontr. Il eut des imitateurs innombrables. Chaque abbaye s'adjoignit, au cours des temps, une phalange d'mes de bonne volont. On peut en rapprocher les sainteurs et les frres et surs ad sucurrendum. dont les noms sont relevs dans les obituaires de nos abbayes. En 1751, le pape Benot XIV accorda son approbation pour une nouvelle rdaction de la rgle du tiers ordre de Prmontr, adapte aux temps modernes. Par bref du 30 mars 1923. o le tiers ordre de Prmontr est lou comme le plus ancien qui existe, le pape Pie XI approuva une nouvelle rdaction de la rgle de vie des tertiaires prmontrs.

Il

[HMONTHS. VOLUTION

10

accordant ceux-ci de nombreuses faveurs spirituelles. S:i ris liminer la pense du III. volution. fondateur, les temps y apporteront des modifications notables et donneront lieu des dviations accidentelles dans l'institut cr par saint Norbert. Ds 112(i, aprs le dpart de celui-ci pour Magdebourg, les religieux de Prmontr s'adonnrent avec moins d'assiduit la prdication. La vie canoniale allait former la hase principale de leurs aspirations religieuses. Celle-ci d'ailleurs tait mieux mme de Satisfaire les aspirations personnelles de chaque relirdaction des statuts primitifs, du texte que nous possdons (le texte VanWaefelghem),la prdication n'est l'objet d'aucune prescription particulire, preuve manifeste du changement survenu depuis le dpart de Norbert. A ce point de vue. les intentions du patriarche seront reprises et pleinement ralises au sicle suivant par saint Dominique, lui-mme ancien chanoine rgulier, qui s'inspirera des principes norbertins dans l'institution de ses frres prcheurs. Cf. II. Galbraith, The constitution ni the domtnican order, Manchester, 1925. Cn autre changement ne tarda pas a s'oprer quant a l'administration des paroisses. Saint Norbert avait voulu le ministre paroissial, tout comme la prdication, mais il ne comprenait pas ce ministre comme il - pratiqua dans la suite. Dans sa pense, L'administration des sacrements et le service paroissial devaient
gieux.

Dans

la

moins d'aprs

le

avoir pour centre une abbaye, o les prtres, chargs du ministre, mneraient la vie religieuse dans toute ta rigueur. Alors que les premiers statuts portent encore des dispositions a ce sujet, graduellement se fit la sparation entre cures et couvents, un ministre paroissial tanl soit peu intense tant Irralisable dans adre de la vie monasl [que
li
i

eut une Aux premiers temps, l'ordre de 'rinont extension extrmement rapide. D'aprs les chroni queurs contemporains, il comptait, a la lin du xii'' sicle, environ mille abbayes et prieurs, et. en outre, un plus grand nombre encore de rsidences moins importantes. Beaucoup de ces maisons nli
l
i

<

pieuses

existaient

dj,

est

vrai,

mais

s'taient

agrges l'ordre pour retrouver un renouveau de ferveur. Si l'histoire de ici te premire priode forme une des pages les plus brillantes du passe de l'ordre. il \ eul cependant des flchissements: des comptl lions propos d'lections abbatiales, des tendances a l'affaiblissement de l'observance rgulire. Toutefois, le rsultai d'ensemble lut merveilleux; des contres les furent entires converties au christianisme; paroisses mal desservies reurent comme curs des

plus tard, les hrsies de Wiclef et de Jean IIuss, dont tous les ordres eurent souflrir. Enfin, le xvr sicle amena la rforme protestante qui dtruisit nombre de maisons norbertines en Allemagne, et balaya toutes celles d'Angleterre et des Pays-Bas septentrionaux, tandis que les abbayes franaises taient ruines par les guerres de religion. L'ordre de Prmontr, au surplus, portait en luimme une grande source de relchement le nombre exagr des petits prieurs et des cures o la rgle flchissait devant les gots individuels et o dominait la tendance imiter la vie des clercs sculiers. Mais ce fut surtout l'institution de la commende qui contad'une mina tout l'ordre inonast ique. L'attribution abbaye un sculier, qui n'avait d'autre souci que de loucher les revenus, dev.nl Causer la ruine de l'institut et nerver la vie conventuelle, o l'autorit du prieur claustral, n'tant pas soutenue par celle du prlat, ne jouissait plut de la fermet requise pour obtenir l'observance Intgrale de la rgle, a un moment donn ilTTXi. sur un total de 7<> abl prmontres Situes en terre franaise. r t taient donnes en eoinmende. Mme l'abbaye chef d'ordre, malgr le concordat entre la Lrancc et le Saint s devint, au xvr sicle, successivement la proie de deux cardinaux. Cette dcadence levait cependant amenei sursauts de ferveur et. COnsquemment, des mouvements de ! ion. Jadis les religieux de Magdebourg, la ville archipiscopale de saint Norbert, avaient manifest une Indpendance marque vis a vis de Prmontr. De mme, les abbs et prvois de s.ixe refusaient d ter aux chapitres gnraux, allguant la longueur du VOyage et les prils de la rOUte, Cependant, les papes LuciUS III. en 1180 (bulle (jii.i tt rin^. dans e, Ord. Prsan. biblioi Innocent III. en 1198 (bulle in eo tumus, ibid., p. 646) appuyrent les revendications de l'abbi : einT.il de Lninontre ce sujet mais, en 1241, par lent remise de Guillaume, vque de Paris, les Saxons obtinrent une concession. Il fut dcid qu'un seul prvt de Saxe viendrait tous les trois ans au chapitre gnral, comme dpuU de ses collgues, muni de buis notes et agissant en leur
:
.

>

'

II.

Le renouveau catholique, qui fut la '.loue de la tin i\u xvr su. h-, suscita dans ordre dis mouvements de reforme Indpendants, qui prirent le d'une vritable scission. lue premire n forme se manifesta en spai
| l
I

surtout, la

eoinmende

avait

lait

des ravages.

Dans

le

pauvret, la prire et a l'tude des foules e1 reprirent leur ant iipie ferveur chrcl ienue immenses d'hommes et de femmes, sous l'habit de frre lai on de sur norhert ine. pratiqurent la perfection chrtienne el la saintet; mais les clercs sur tout donnrent l'exemple des vertus sacerdotales et de la discipline ecclsiastique. le concert avec l'ordre de Ctteaux, celui de Prmontr contribua puissam ment a cette magnifique renaissance spirituelle que connut le xir sicle. Les XIII el XIV 8 sicles marquent pour l'ordre de Prmontr une dcadence, qui se manifeste d'ail leurs dans tout l'ordre monasl ique. Plusieurs causes y contriburent. L'ordre eut d'abord subir le contrecoup des secousses politiques qui troublrent profondment la chrtient. Les guerres continuelles, amenant leur suite invasions el exactions, affaiblirent ou ruinrent nombre d'abbayes et j rendirent malaise la vie de communaut. Le schisme d'Occident troubla les esprits cl divisa la chrtient en deux ou trois obdiences, d'o grande difficult pour la runion rgulire des chapitres gnraux. Ce furent.
la
;

chanoines forms

qui s'laborait, on n'est pas tonn de voir prsenter le projet de placer a la tte des abbayes des prlats lus pour trois ans c'tait liminer le danger d'un abb commeiidat aire, nomme vie. Cette a nouveaut, d'ailleurs, s'inspirait des constitutions de congrgations ou d'ordres plus

mouvement de reforme

il-, gouverns par un provincial amovibli non par un abb lu a vie. Sous l'impulsion ant tique du nonce Ornamento et de par la volont de Philippe 11. les prmontrs d'Espagne furent to

de subir celte rforme radicale; l'abbatial triennal fut introduit et la haute direction des abbayes d'Es

pagne

fut

confie a un provincial.

In

noviciat coin

nuin runirait les candidats de toutes les abbayes. Lue rdaction spciale les statuts, parue- en 1576, codifia ces transformations. Voir aussi les Constitutiones ordinis Preunonstratensis eongregalionis hispantete, Si l;ov
;

le,

tus.

L'abb-gnral de Prmontr, .L'an Despruets, aprs de' vaini's tentatives pour entrer cn rapports avec la circarie rvolte, fut autoris par un bref de oire \lli s'imposer, et put enfin avoir emprise

PRMONTRS. VOL1
l'Espagne.
Il
lit
Il

["ION
i

L2

sur

rentrer

les

abbayes dans

la

permil cependanl la circarie de conserver l'abbatial triennal, mais n nommerait lui-mme le vicaire gnral d'Espagne, qui aurait toute autorit dans la province. l'Ius tard, sous divers prtextes, les prmontrs espagnols abandonnrent l'habit et le brviaire de l'ordre, que le pape Cl7 ment XI leur lit cependant reprendre en i Depuis lors, la province espagnole eut une vie fort autonome, qui dura jusqu' la rvolution de 18.'i.'{, laquelle anantit toutes les institutions religieuses de la presqu'le ibrique. Cf. E. Valvekens, La congrgation des prmontrs d'Espagne, dans Anal, prsem.,
tradil Ion de l'ordre.
1
< :

fut commence par empedbuta parle dcret du 2 mars 1781. dfendant aux maisons religieuses de ses tals de communiquer avec des suprieurs d'ordre demeurant en pays tranger. C'tait couper les liens et dtacher les abbayes de l'empire et des Pays-Bas de la maison mre de Prmontr, lin 178.5. il supprima les couvents clotres.

L'uvre nfaste
II. [1

reur Joseph

t.

vin,

1932, p. 5-24.

autre rforme, fruit de tentatives personnelles surtout de deux prmontrs, Daniel Picart et rforme de Servais de Lairuels, porte le nom de Lorraine Elle dbuta l'abbaye de Pont--Mousson et s'tendit rapidement en Alsace, en Lorraine, en Picardie, en Champagne et en Normandie: 12 monastres formrent la congrgation de l'antique rigueur de Prmontr , qui fut approuve par le pape Paul V en 1017 et parle pape Grgoire XV en 1621. Le Paige, op. cit., ]). 7 1!) et 751. Cette congrgation obtint parla l'autorisation de se gouverner par son chapitre particulier, auquel prsiderait l'abb de Prmontr ou son vicaire gnral. Cette rforme est marque par un retour la vie commune, l'abstinence perptuelle, au chant des matines minuit et au jeune continuel du 1-4 septembre Pques. Un second noviciat tait impos tous les profs, mais le vu de stabilit avait disparu, les religieux pouvant tre transfrs d'une abbaye l'autre. Les chapitres gnraux de l'ordre protestrent contre ce qu'ils appelaient un schisme... En 1661, un modus vivendi fut adopt entre la rforme de l'antique rigueur et l'observance commune. A l'usage de cette congrgation, la nouvelle dition des statuts de 1630, publie par l'abbgnral Saulnier (tival, 1725), contient en annexe les Articuli rejormationis seu conununitatis anliqtii rigoris nuncupatee. Voir E. .Martin, Lairuels ci lu rforme des prmontrs, Nancy, 1893; du mme, De canonicis prmonstratensibus in Lotharingia et de congregatione antiqui rigoris, Nancy, 1892. Les abbayes allemandes avaient subi une rforme srieuse vers le milieu du xv sicle, sous la direction de Jean Busch. Celles d'Angleterre avaient pass par une volution similaire. La grande difficult tait l'assistance rgulire aux runions des chapitres gnraux. Le primat de Cantorbry, John Morton 1500), fut l'artisan d'une rforme fort importante et Prmontr garda ses attaches en Angleterre, jusqu' la destruction des ordres religieux par Henri VIII. Cf. Gasquet, Coltectanea anglo-prsemonstratensia,
...

Une

contemplatifs; les prvts et prieurs des soeurs lurent englobs dans cette dcision. Par dcret du septembre 178.'$, il supprima l'exemption dis 11 abbayes et les plaa directement sous la juridiction de l'Ordinaire. Dans rempile, d'aprs la prescription gouvernementale, les abbayes formeraient une province, avec un prsident sa tte. Celte fonction fut supprime son tour, en 1813. Depuis 1785. les jeunes religieux des abbayes turent contraints d'aller suivre les cours dans les sminaires gnraux rigs cet effet, et d'y prendre le costume des sminaristes. Le collge de Prague lut supprim cette mme anne. Par contre, chaque abbaye de l'empire fut charge de desservir de multiples paroisses. En 1788. l'tat confisqua tous les objets en argent qui se trouvaient dans les abbayes, lit transporter les documents d'archives aux archives de l'tat, Vienne, et confisqua les livres des bibliothques des abbayes au profit des bibliothques des universits. La Dvolution lit crouler d'un seul coup l'difice lev par saint Norbert en dtruisant l'abbaye mre et toutes les maisons de France et de Belgique. Les abbayes qui existaient encore en Allemagne furent victimes de la grande scularisation. Sur la base de la paix de Lunville iisoii et des pourparlers de Ratisbonne (1803), on concda la noblesse du pays, en compensation des biens qu'elle perdait sur la rive gauche du Rhin, les proprits des diverses abbaves.

un dsastre, non seulement pour la vie mais aussi [jour tous les trsors d'art renferms dans ces lieux saints. Quand la Rvolution fut passe, il ne resta plus que des ruines. Un moment, les religieux disperss mirent leur espoir dans le concordat qui s'laborait mais aucune clause entre le pape et Napolon (1801 ne favorisa les abbayes supprimes. Le Congrs de Vienne (181-4-1815) n'accorda aucune attention aux Ce
fut

religieuse,

).

ptitions qui lui furent adresses par les reprsentants de l'ordre de Prmontr. En France, le rgime libral s'opposa a une reprise de la vie conventuelle. en Belgique, la mentalit calviniste de Guilet, laume l". roi des Pays Mas runis, se cabra contre

Londres, 1906. L'ordre de Prmontr lui-mme, s'inspirant des dcrets du concile de Trente, adopta une rforme gnrale et labora une nouvelle rdaction de ses statuts. Ceux-ci furent promulgus en 1630. Quand, en 1770, la Commission des rguliers, institue en France par Louis XV, exigea la rvision et la rimpression des statuts monastiques de la part des congrgations de France, les deux observances de prmontrs rdigrent des statuts communs, promulgus en 177.'i. Ces statuts, qui n'obligeaient que les maisons de France, diffraient peu de ceux de 1630. A la suite dis dispositifs gnraux, elles contenaient en annexe vingt-trois articles l'intention de la rforme de
[que rigueur Mais dj le XVIII e sicle louchait sa lin. Ce fut pour les prmontrs la grande catastrophe. Les querelles du jansnisme ne les avaient qu'effleurs, mais l'esprit du philosophisme pntra dans leurs
l'anl
...

toute restauration des vieilles cits de la vie religieuse catholique. Entre temps les religieux survivants mouraient. L'cuy, le dernier abb de Prmontr, expira Paris en 1831. La rvolution belge de 1830. en inscrivant la libert d'association dans sa charte constitutionnelle, permit la restauration de quelques abbayes, mais peu nombreuses tant par manque de ressources que par manque de sujets. Kn France, les difficults furent beaucoup plus grandes. Ds 1850. lvque de Soissons. .Mgr de Garsignies, avait rachet l'antique abbaye de Prmontr pour y fonder un orphelinat. Plein de sympathie pour l'uvre de saint Norbert,

au P. Edmond Boulbon, ancien venir quelques chanoines d'Averbode et de TongerlOO pour restaurer la vie religieuse Prmontr. Mais la situation respective du prieur et de l'orphelinat donna lieu des difficults et la restauration de Prmontr dut tre abandonne. Le P. Edmond Boulbon releva alors de ses ruines, en 1858, le couvent de l'rigolel. prs Tarascon. tandis
il

donna

l'habit
cl
lit

trappiste,

que l'abbaye de Grimbergen

reprit et repeupla celle de Montlavc. en Calvados. Ces monastres ont actuellement quelques prieurs en annexe.

13

P RE

\1

NT RES

LITURGIE

14

Autriche-Hongrie, les perscutions de Joseph II passes. I, 'empereur Lopold avait dj rendu, en 1790, le privilge de la libre lection des prlats pour les abbayes qui existaient encore. Peu peu, elles redevinrent florissantes. Les abbayes de Js2o et de Csorna furent restitues l'ordre par l'empereur Franois Ie*. Depuis la mort du dernier abb-gnral, L'cuy, l'ordre de Prmontr manquait de chef et d'union. En 18(>7, l'abb de Strahov, Jrme Zeidler, prit l'initiative de runir un chapitre de l'ordre, Il J fui lu abb-gnral el alla reprsenter les prmontrs au concile du Vatican, mais il mourut avant d'avoir t confirm par le Saint-Sige el n'eul pas de succs
taient

En

des ponlificalia. Ce privilge fut par la suite individuellement reconnu aux chefs d'abbaye pour eux et pour leurs successeurs. Actuellement, c'est un usage gnral. 2" Liturgie. Les Prmontrs ont leur liturgie particulire. Saint Norbert, en se fixant Prmontr, adopta la liturgie de l'endroit, mais elle subit quelques infiltrations, par suite des adaptations mmes de la rle qui r<>it la vie de communaut. Nous pouvons donc dire que la liturgie primitive des prmontres fut la liturgie romano-gallicane, a laquelle furent joints des emprunts multiples de la liturgie de Laon,
ainsi

que d'autres, plus

rares,

pris

la

liturgie des

prsidence de Mgr Vannutelli, Vienne, les abbs prmontrs. runis en chapitre, placrent la tte de l'ordre Sigismond Stary, abb de Strahov Prague. L'abbaye de Saint Michel de Frigolet, fonde sous le rgime de l'ancienne troite observance, fui place sous la Jurl diction de l'abb-gnral par Lon XIII en 1898. A Sigismond Mars succda, comme abb gnral, le I'."" P. Schachinger, prlat de Schlfigl, et, depuis li)22, celle dignit est confie au R" P. Crets, de l'abbaye d'Averbode. L'ordre esf reprsent auprs du Saint-Sige par un procureur, nomm par le cha
sein-.
I88.'i,

En

sous

la

nonce apostolique

ClunUienS et des cisterciens. Afin de conserver l'unit de culte dans les diverses abbayes, cette liturgie fut consigne dans un Liber ordlnarius, dont la rdaction est proche de l'poque de la fondation; quelques ailleurs l'attribuent au bienheureux Hugues de lusses. Les copies d ordinaire furent en usage dans les diffrentes abbayes; mais bientt, en mme temps que les scribes
i

ajoutaient les dcrets liturgiques, manant des > chapitres gnraux, des coutumes h" ..les furent annexes au texte primitif, du nu

ahhav

pitre

gnral.

es tablirent un code liturgique pour leur pr usage, Inspir par |'< irdinaire officiel. Le plus ancien ms. connu du libir i.riliiinriu

Depuis le rtablissement de l'unit, ces chapitres gnraux tiennent rgulirement leurs assises ions les six ans. Depuis 1924, ces runions nul t ddou Ides, en vue de la revision des statuts. Le chapitre rai de 192 tablit une nouvelle circonscription des circaries ou provinces. Voir ci-dessous, col. 29. L'antique institution canonique de sainl Norbert montre actuellement une belle vitalit. Ses abbayes sont peuples (Averbode et Tongerloo comptent chacune plus de 200 sujets); elles constituent des
1

le

Monacensis latinui

i.

/./<xir

sicle).

Le
h
-

P, Michel

Van Waefelghem,
(/<

O. Pra

a publie

dans

centres actifs de vie religieuse et scientifique et fournissent un fort contingent de prtres pour le service paroissial dans le pays ou pour hs missions dans les rgions lointaines.

l'ordre de Prmontr, 1907 1913, le / ibei ordinaritu d'aprs un texte d'un ms. du xur \iv sicle, de la bibliothque du duc d'Arenberg. D'autres mss. de cet te ml me re< ension sont \ oh pn de l'd. Ite, p, .; ^q et L. roo> ai iv. p. 224. Ledit de oes textes est de la plus h a le importance poui l'histoire di l'ancienne lion galliCi dans la rame du Nord, mais tudl d ssel el du brviaire prmontrs n'est pas avance pour que nous puissions jugei du degr d< conservation de la tradition primitive, el de l'unit Iquc dans li s diverses In ai ies.
i

ii

lituroie. Priuili gea. Les prmontrs, en dehors des privilges ordinaires, Jouissent de deux grandes faveurs. Ils peuvent d'abord se charger de paroisses sans une dispense du Sainl Sige. Le privilge lui pi nui tivement concd des abbayes en particulier. Il lui gnralis par la suite pour l'ordre entiei <i confirm solennellement par la constitution Ont donne par Lenoil \IY. le II septembre 1750,
i i i

IV.

Privilges

Quelques exemplaires di manuscrits du Mi'j Prtrmonslratense nous sont Litres, des exemplaires du \n sicle Voii la liste dans
i

Van w tefelghcm

/.

jouissent aussi du privilge de faire confra a leurs clercs les ordres majeurs, par n'importe quel
Ils

vque, sans lettres dimissoriales de l'Ordinaire du diocse. Celle laveur avait t accorde par rbain i\ en 1261, et fut renouvele par Benoit Mil en 7:in. Cf. II. l.amv. L'abbaye de Tongerloo, \22. o p. d'autres concessions de ce privilge smii releves, Jadis, les prmontrs jouissaient d'autres privilges qui ne sonl plus de noire temps. Au dbut de l'ordre, Sainl Sige avail accord l'exemption complte le des dimes aux prmuni l'es, comme aux cisterciens, mais ce privilge cessa bientt pour les premiers, l'exception des dmes novales, D'autres faveurs se rapportent la clbration des offices en temps d'in lerdii, l'inviolabilit des lieux rguliers, au droit de spulture, la clbration du chapitre gnral hors de toute contrainte de la pari des vques, On notera qu'une dcision d'un chapitre gnral, vers 1200, rejette l'emploi des ornements pontificaux pour les abbs; mais quand, au concile de Vienne (1311 1313), l'abb de Prmontr, Adam de Crcy, seul
i 1

des exemplaires d< manuscrits du luev laire harle\ Ile, n. 14 (xir / ii. xiii s., vient de Prmontr) el n 104 (xur xiv s m, ne- provenance) Voir l'indication d autres mss. .tans n. \ an Waefelghi m Ri rtoire, p D'autres textes liturgiques nous restent, d driers, des diurnaux, des pistolaires el i\.n des homliaires, hymnaires, lectionnal Voii ibid., p, 362-364 Quant aux ditions du br> ci du missel, on trouvera les Indications dan

sdons de
i

mme
<

parmi 115 prlats, parut nu-tte, par motu proprio du 28 juin 1313,

le

pape Clment V,
accorda l'usage

lui

s,p '.'"I 232 sq Ces multiples ditions de brviaire cl de missel, de par leur origine indpendante, devaient n< sairement engendrer la confusion. Quand pape Pie \ uniformisa les ditions liturgiques romaines, l'ordre de Prmontr dut prendre dis mesures semblables. L'abb-gnral Jean Despruets paratre, en 1574, une dition du luev un- el du processionnal et, en 1578, une dition du missel. L'ancienne tradition v fui conserve intacte L'insuffisance cependant des rubriques du missel n'tait gure propice l'uniformit dont parlaient les statuts. Pour v obvier, l'abb gnral de Longpr, au dbut de son abbatiat, lii paratre un nouveau missel, on les rubriques sont plus abondantes. Quelques annes pins tard, -mis la pression de ceux qui demandaient que l'on se rapprochai de la liturgie romaine, il chargea Jean Le P syndic de l'ordre a Paris, de rendre le brviaire
,,p.
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vaerls.

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i.

15
parut en
t

l'K

MONTRS. AL
.

11

VITE

L6

prmontr conforme au brviaire romain

L'dition

1608 e1 ne donna satisfaction personne elle On la traita d'dition vicieuse el suspecte tu dsavoue. L'abb-gnral Pierre Gosset, cdant des demandes importunes, permit ad conformilalem

conseruandam d'employer le rite romain pour la messe prive el chargea son frre, un prmontr, de prparer une non ville dition du brviaire et du missel. Le
est calqu sur le brviaire plan et le texte de l'ancien brviaire traditionnel. Le missel parut en 1622. Lui aussi est calqu sur le missel romain et ne garde, ni l'ancienne ordonnance, ni les anciennes rubriques prmontres. A cette rforme liturgique s'adapta une revision de l'ordinaire, qui parut en 1028 et fut suivie bientt d'une seconde dition largement remanie, en 1635. A l'abbaye de Tepl, on conserve un ordinaire imprim en 1183. Le brviaire prmontr passa par les mmes rformes . En France, la Commission des rguliers s'intressait aussi la liturgie des ordres monastiques sur lesquels elle avait mis l'emprise. Sous son impulsion, de Manoury institua pour son ordre, en France, une

sairement a l'examen des manuscrits, qui subirent des adaptations quand une Innovation dans la liturgie rclamait un changement ou quand le chant luimme prenait d'antres modulations ou se simplifiait. Cf. .1. Borremans, Le chant liturgique traditionnel des prmontrs, Matines, 1911; du mme, Un trsor 1rs mlodies prsentant mconnu du chant grgorien un chromatisme fictif, dans Anal, prient., t. ix, 1933,
:

brviaire parut en 1621.

Il

p. 5-20.

romain

el

abandonne

le

V.

RLE DE L'ORDRE.

Norbert, en fondant son

ordre, n'avait pas la prtention de crer une congrgation nouvelle. Toute son ambition le portait la rforme du clerg rgulier, pour atteindre du mme coup et le clerg sculier et le peuple. Dans son ide, les prmontrs ne devaient tre qu'une branche plus

fconde

et plus vivante de l'arbre des chanoines rguliers de Saint-Augustin. Ce que voulait le fondateur, c'tait une congrgation de clercs rforms, vivant en commun, livrs au travail, la prdication et aux diverses pratiques de l'abngation chrtienne.
Il entendait former des aptres, des missionnaires et, au besoin, des pasteurs attachs aux paroisses, rurales

surtout.

liturgie particulire,

modele sur la liturgie parisienne. Le brviaire compos par Rcmaele Lissoir, abb de la Val-Dieu, parut en 1786, ainsi que l'antiphonaire not, par Hanser, de la mme abbaye. Le missel et le graduel furent rimprims l'anne suivante. Cette nouvelle liturgie rpartissait les psaumes de faon ce qu'ils fussent rcits tous une fois par semaine et scindait ceux qui taient trop longs; elle rendait obligatoire la psalmodie friale pour toutes les ftes

Au temps

de

la

fondation de l'ordre,

le

rgime des

des saints, privilgiait l'office dominical, favorisait l'office frial et les leons de la sainte criture en laguant les ftes des saints devenues trop nombreuses. Il va sans dire que cette rforme ne fut adopte qu'en France, et qu'elle mourut avec Prmontr mme. A ce propos parut une plaquette devenue extrmement rare, Lettre d'un prmontr franois un prmontr de Brabant ou dissertation sur le nouveau rite introduit dans les glises du mme ordre en France l'an 1786 par l'autorit du chapitre national, Louvain, 1792, 22 p. Aprs la Rvolution, on continua se servir, pour la rcitation chorale ou prive, du brviaire de Manoury de 1770. Cependant, en 1912, le pape Pie X, par la bulle Divino afflatu, dicta une nouvelle adaptation des psaumes au brviaire romain, o il ne faisait que reprendre la tradition du rite parisien du xvm e sicle. Cette innovation fut adopte par les prmontrs dans leur psautier Rubric servand in divini officii recitatione et in missarum celebratione secundum ritum
:

paroisses rurales tait lamentable. La querelle des investitures avait fait ngliger les ncessits spirituelles des habitants de la campagne, et la manire dont se recrutait le clerg de l'poque n'tait gure favorable la formation d'un clerg nombreux et dvou. Ce ne sera qu' la fin du xvi e sicle, la suite du concile de Trente, que l'organisation des sminaires s'implantera dans les diocses. Entre temps, le bienheureux Hugues de Fosses, le premier successeur de Norbert, orientera chez les prmontrs la vie monastique vers l'apostolat paroissial. Le texte le plus ancien que l'on connaisse ce sujet dans la

mus ammodo non

Hec sunt que proposuilgislation norbertine porte recipere altaria ad que animarum cura pertinet, nisi possit esse abbatia. R. Van Waefelghem, Les premiers statuts, p. 45. D'aprs ce texte,
:

l'ide des

premiers lgislateurs semble avoir t de former un centre de vie conventuelle dans la paroisse mme. Les premires gnrosits des vques et des princes permirent sans doute une organisation dans cet esprit, mais les paroisses confies chaque abbaye devinrent bientt tellement nombreuses, que la disposition statutaire devenait ncessairement lettre morte.

Prmonslralensem ad normam bullee : Divino afflatu, dictes par Norb. Schachinger, abb-gnral, le 21 septembre 1912. De l une nouvelle dition du brviaire, labore par une commission liturgique institue par le chapitre gnral en 1914. Un nouveau Kalendarium perpetuum fut approuv par la Congrgation des Rites le 23 janvier 1924. Ds une poque, qui remonte aux dbuts de l'ordre, la rcitation de l'office de la sainte Vierge fut annexe la rcitation de l'office divin au chur et cette
pratique est en usage de nos jours encore. Cet office d'aprs le rite prmontr eut plusieurs ditions. Cf. L. Goovaerts, op. cit., t. iv, p. 220. Le chant, adapt cette liturgie, est le corollaire
ncessaire
scrits

Les chanoines prmontrs seront dornavant curs de paroisses, investis eux-mmes de cette fonction, ou remplaant l'abb du monastre qui est la persona. De prfrence, on adjoindra ce cur, pour le service de la paroisse, quelques jeunes religieux de l'abbaye. Cette disposition fut dj confirme par les papes Innocent II, en 1135, et Urbain IV, en 1262 (J. Le Paige, Ord. Prm. bibliotheca, p. 622 et 630, et H. Heijman, L'ntersuchungen, p. 367), qui attriburent aux abbs prmontrs le droit de placer leurs religieux dans les paroisses, dont ils avaient acquis le patronage et o ils entraient en mme temps en possession des dmes novales. Les religieux seraient prsents par l'abb 'voque du diocse, qui les confirmerait dans leur charge. Les services rendus par le prmontr cur, dans
l

leurs enluminures rutilantes, leurs couvertures en cuir repouss, leurs fermoirs ouvrags, ont servi pour le service du chur longtemps encore aprs l'apparition des brviaires et missels imprims. Cette conclusion s'impose nces-

du brviaire et du du Moyen Age, avec

missel. Les

beaux manu-

l'organisation paroissiale, sont grands. C'est l'abbaye que se recrute rgulirement ce clerg rural, c'est l'abbaye qu'il est prpar sa tche. Les religieux y reoivent leur formation scientifique, et nombreux sont ceux qui ont suivi les cours l'un ou l'autre des studia generalia que connut l'Europe occidentale au Moyen Age. Ce savoir, ils le mettront en pratique dans l'exercice de leur ministre paroissial, et. comme leur idal vise plus haut que celui du clerg rural ordinaire, leur dvouement se trouvera plus dsintress.

PRMONTRS. SAINTS PERSONNAGES

18
les

Au cours des temps, ce droit des prmontrs leur fut confirm par l'autorit royale en France, par celle des princes en d'autres rgions. Chaque abbaye aura
ds lors en annexe, aux temps modernes comme au Moyen Age, une srie de paroisses incorpores, o se dpense le dvouement des religieux. Dans les provinces correspondant la Belgique actuelle, la lin de l'ancien rgime, les prmontrs desservaienl 172 paroisses et, d'aprs un tmoignage, datant du commencement du xvn'' sicle, les prmontrs de Tongerloo et d'Averbode eux seuls avaient sous leur direction une population de 100 000 habitants. Dans les Pays lias septentrionaux, les abbayes de prmontrs, avant les troubles religieux du xvi" sicle, avaient leur charge environ 150 paroisses. En Angleterre, avant la Rforme, les abbayes pc daient de nombreuses paroisses affilies. Il en fut de mme en Allemagne et en Autriche-Hongrie, o, animarum depuis le xii' sicle Jusqu'au xix\ la constituait la grande occupation des religieux. IH recensement de 1736 porte 1272 le nombre de paroisses desservies par les prmonlrs. Car, mme

de nouveaux villages. Les abbayes situes dans

mm

rgions limitrophes de la mer ou des grands fleuves ce fut le cas pour les abbayes de Saint-Michel d'Anvers et de Saint-Nicolas de Punies en Belgique et pour les abbayes de Frise en Hollande entreprirent de grands travaux d indignement, procurant ainsi de nouveaux terrains conquis sur la mer. Saint Norbert avait recommand spcialement la charil a ses adeptes, leur assurant que la prosprit de leur institut dpendrait de la gnrosit des aumnes qui v seraient distribues. Il dtermina mme que, dans toutes les maisons de l'ordre, la dme des nidations et des revenus serait affecte la subsistance des Indigents, des plerins et des htes. D'aprs ce programme, les abbayes norbertines furent de tout temps des (entres d'o la charit chrtienne rayonnait. De l, la fonction, dans chaque maison, du frre htelier; rie la, l'attribution spciale d'une partie des revenus pour le service '/'/ portam (distribution aux pauvres sous la porte COChre de l'abbaye i; de la aussi la londat ion. a l'exemple du xrnodochium

l'poque moderne, la disette du clerg sculier pour Nisi norbertini mihi le service rural tail manifeste jon-nt subsidio, quomodo tt paradis mem dicesis po8sem providere, disait Jean Le Mire, vque d'Anvers, Le concordai de 1801 ananti! pour les abbayes de France et de Belgique l'ancien droil de patronage. Cependant, dans ces deux pays, l'heure actuelle, 102 paroisses sont encore administres par les pr montrs, du consentement des vques. En Hollande
:

de Prmontr mme, de certaines maisons qui, dans quelques rgions dsertes, semblenl avoir eu presque uniquement comme but de fournir le logement au
passant.

dans les pays d'Autriche, de longrie et de Tchco paroisses restent Incorpores aux Slovaquie, 121 diverses ahhavcs.
et
l

Il

est

remarquer aussi qu'au dbut du kiv

sicle.

fondation de la paroisse levait cire prcde bien iouvenl de l'vanglisation de la rgion. Ce fui mm tout le cas l'est de l'Elbe, O, sous l'impulsion de saint Norbert, archevque de Magdebourg, toute une oeuvre de christianisation e1 de colonisation fui entreprise. A l'instar de cette Initiative du Fondateur ans le pays des YVcndcs, les pieiuont s du \\ ir sicle se tirent les missionnaires de la fol catholique dans l'Allemagne rforme, a l'heure actuelle, les abbayes de Belgique ont des (entres d'expansion catholique
la
il
1 1

et

Angleterre, au Danemark, au Brsil cl au Canada. dpensenl leur plus belle vitalit au Cou tes prmontrs de France vanglisenl Madagascar; ceux de Heine, en Hollande, ont de belles missions aux Indes anglaises; ceux de longrie sont engags dans le mouvement de ['union des l'lises. 'ordre de Prmontr prend juste titre sa place parmi les ordres qu'on a dnomms ordres agraires Li travail manuel tait le partage des religieux, tant prtres que frres lais, aux dbuts de l'ordre. C'tait l d'ailleurs une ncessit une poque O la londat ion d'une abbaye, entreprise d'ordinaire au milieu de pays incultes ou de landes infertiles, obligeait la communaut aux durs travaux des champs, pour subvenir aux besoins de la vie de chaque jour. L'histoire nous apprend d'ailleurs que, l o ils apparurent, en Belgique et dans le Nord surtout, les prmontrs apportrent de nouvelles mthodes d'agriculture, la

en

culture

intensive

se

Substituant

la

culture

en

jachres. Par leur exemple et aussi par leur autorit sur les serfs ef les colons qui travaillaient sous leur direction, les religieux firenl bnficier des rglons entires de leur activit. Dans le cadre de leur systme

conomique, il l'aul placer l'organisation des villa ou centres d'exploitation, o, sous la direction d'un religieux pitre, frres convers el serfs entre] reliaient des travaux considrables d'assainissement et de dfrichement, qui donnrent plus d'une fois naissance

saints bien Bien qu'au cours de huit sicles d'exls tence, la solitude des multiples monastres de l'ordre ait abrit mainte vie faite de saintet, d'abngation, de dvouement, l'ordre de Prmontr ne possde pas au martyrologe romain une grande thorie de saints. A vrai dire, l'ordre n'v est reprsente que par s, nM Norberl lui mme, au 6 Juin, el encore ne s'agil il pas d'Une canonisation en forme. Les vieilles niques monastiques, cependant, proclament al'envi la saintet d'minents personnages qui iUustrrenl l'ordre, et des hagiographie des wir et xvnr s ont runi les biographies des prmontrs qui difirenl le monde chrtien. Cf. (. Lienhardt, Bphanerida hagiologica nn/ims Prsemonstralensls, tugsbourg, 1768; .).(.. Van der Sterre, Hagiologium Norberti1NN7. iiiiin, d. pOSth., Viniur. il est a remarquer toutefois que, des le dbut, on te dans l'ordre une rende rserve au sujet di saints qui seraient sorl is de son Sein, ainsi qu'une sobrit manifeste dans les rcits merveilleux. Esl ce modestie? Esl ce ngligence? si ce dsir d'viter aux monastres le trouble que cause toujours le l'eut tre concours des plerins? faut il plutt chen her la solution dans le fgjl du ministre parois siat des prmontrs. Les chanoines rsidanl au cou vent se prparaient a l'exerciie des loin lions p., siales par des tudes plus positives, (pu les emp (liaient de se lancer, comme les moines contemplatifs el en particulier les cisterciens, dans les spculations mystiques et, du mme coup, les mettaient en garde contre une trop grande crdulit vis a vis des rcits merveilleux. Une fois envoys dans les paroisses, absorbes par les travaux el les soucis du ministre. ils n'taient pas bien places pour organiser le culte des saints de leur monastre, bien qu'il ne ni.mqu.it pas de perSOl nages d'une grande saintet dans le^ abbayes norbertines. De plus, vivant continuellement en dehors de l'ahbave. Ils perdaient fatalement, quoi qu'on v fil. quelque peu de ce! esprit de corps qui anime gnralement les communauts religieuses. Celle vie active n'est pas davantage favorable a l'laboration des longs rcits merveilleux auxquels peuvenl se consacrer des moines jouissant de loisirs pour vaquer la contemplation el aux rveries nus tiques, il. I.ainv. L'abbaye (/< Tongerloo, p. 279. H est remarquable, par exemple, tpic Philippe d'Har vengt, abb de Bonne Esprance, crit, la demande
VI.
i

Personnages clbres
x.

ii

19

PRMONTRS. SAINTS PERSONNAGES

20

d'trangers, la vie de saints qui ne relvent pas le l'ordre, sans penser la glorification d'aucun de ses confrres. Ajoutons enfin que. lorsqu'il s'agissait d'obtenir de Rome soii une canonisation, soil l'approbation d'un culte, l'ordre ne possdait pas suffisam-

ment de cohsion pour agir d'un commun effort, et surtout pour runir les fonds ncessaires, car les prmontrs n'onl jamais joui, sous ce rapport, du pri vilge (les ordres mendiants, pour lesquels ces Irais se trouvaient rduits au minimum. C'est sous le bnfice de ces remarques qu'il faut tudier la liste des saints
personnages issus de l'ordre. Le culte du fondateur lui-mme, saint Norbert fut-il canonis par Innocenl III? ce n'est pas prouv fut autoris par Grgoire XIII, le 28 juillet 1582. Le gnral de l'ordre, Jean Despruets, composa cette occasion un office du saint qui fut adopt au chapitre gnral de 1581. Depuis lors aussi, les noms de saint Augustin et de saint Norbert sont insrs dans le Confiteor et l'oraison .1 candis. Le 13 septembre 1072, Clment X dcrta que la fte de saint Norbert, vque et confesseur, serait dornavant juin, sous le clbre dans l'glise universelle, le rite double. Cf. E. Valvekens, Lu canonisation de saint Xorbert, dans Analecta prsemonstratensia, t. x. 1934, ]>. 5 sq. Depuis 1025, sous Urbain VIII, les prmontrs clbrent la fte de saint Norbert le 11 juillet, pour viter les complications auxquelles donnaient lieu, le juin, les octaves de la Pentecte ou du Saint-Sacrement. Les reliques de saint Xorbert furent transportes, en 1027, l'abbaye de Strahov, Prague, o elles se trouvent encore actuellement. L'ordre de Prmontr a en outre adopt dans son office liturgique les ftes suivantes de saints ou bienheureux de l'ordre Le 11 janvier (avant le nouveau Kalendarium de 1924, le lundi qui suit l'Ascension), fte du bienheureux Gerlac, lequel quitta l'armure des croiss et fut revtu de l'habit de l'ordre par le pape Adrien IV; il s'installa comme ermite Houthem, prs de Fauquemont, au pays de Mastricht, o il vcut dans la pnitence et la retraite. Il mourut la fin du xir sicle. A l'endroit o il passa sa vie s'leva bientt un couvent de moniales norbertines. Dans le sanctuaire, actuellement glise paroissiale, les reliques du bienheureux sont toujours en honneur. Son office fut admis au brviaire en 1075. Le 10 janvier, fte du bienheureux Godefroid, comte de Cappenberg, admis la vie religieuse par saint Norbert, qui avait ses vues sur lui pour la direction future de l'ordre. Le manoir de Cappenberg fut converti en abbaye, dont Godefroid fut le premier abb. Une mort prmature l'enleva, l'ge de trente ans, le 13 janvier 1127. Ses reliques sont vnres actuellement l'glise paroissiale d'Ilbenstadt, en Rhnanie. Le culte du bienheureux fut reconnu par Paul V en 1014. Cf. H. Husing, Der heil. Gottfried, Graj von Cappenberg, Munster, 1882. Le 10 fvrier, fte du bienheureux Hugues de Fosses, ancien secrtaire de l'vque de Laon, Barthlmy de .loux, premier disciple de Norbert, son successeur dans la direction de l'ordre et premier abb de Prmontr, o il mourut en 1164. L'ordre lui esl redevable de sa lgislation premire et de son code liturgique. Ses reliques se trouvent actuellement a l'abbaye de Dois Seigneur Isaac, en Belgique. Rome a reconnu son culte le 13 juillet 1927. Cf. 11. I.amy, Vie du bienheureux Hugues (te Fosses, premier abb de Prmontr (f 1164), Charleroi. 1925; du mme, l.u gloire posthume du bienheureux Hugues de Fosses,
:

second veque de RacebOUTg et aptre des Wendes. Son office fut adopt en 1675. Le 3 mars, fte du bienheureux Frdric, abb de l'abbaye de Mariengaarde en Irise. Il fut un matre brillant a son poque, annexa a son abbaye un collge renomm et cra dans sa communaut une atiuosph' re
scientifique (f 1175). Ses reliques furent transportes au XVIIe sicle a l'abbatiale de l'abbaye de Donne Esprance, actuellement glise du sminaire, o elles se trouvent encore. Son office se trouve au brviaire

de l'ordre depuis 1675. Le 29 mars, fle du bienheureux Ludolphe. neuvime vque le Racebourg, qui, dans sa lutte pour la dfense des liberts et des biens de son glise contre les convoitises du duc Albert de Saxe, tomba martyr de la bonne cause, en 250. Le 5 avril, fte fie sainte Julienne de Cornillon, que d'aucuns rattachent a l'ordre, ce qui n'est pas prouv. Tout au plus peut-on dire qu'elle se trouvait probablement sous la direction spirituelle du prieur de l'abbaye prmontre de Mont-Saint-CorniUon, quand elle fut favorise des rvlations qui aboutirent a l'institution de la Fte Dieu. Elle mourut en 125'. L'office de la sainte fut plac dans le brviaire prmontr par le chapitre gnral de 1914, avec la mention que la sainte relve de l'ordre, indication qui est touille dans l'dition de 1932. Le 8 mai, fte du bienheureux lermann-Joseph. confesseur, religieux de l'abbaye de Steinfeld, en Rhnanie, dont la vie pieuse cl sainte fut une contemplation ininterrompue (| 1233). Ses reliques se trouvent encore actuellement Steinfeld. o rsident
1

viaire

maintenant des salvatoriens. Son office est au brprmontr depuis 1075. Le 15 juin, le bienheureux Isfride. d'abord prvt de l'abbaye de Jrichow (Allemagne), fut lu en 1178 vque de Racebour et dirigea ses elorts vers l'vanglisation des Wendes. Il dfendit son peuple contre les oppressions des grands et mourut, aprs une vie remplie de prodiges, en 1204. Le 9 juillet, fte des saints Adrien et Jacques, qui furent du nombre des martyrs le Gorcum, tombs victimes de la haine des yueux calvinistes (1572 1: batifis dans le groupe des martyrs de Gorcum en 1075 par Clment X: canoniss en 1807 par Pie IX. Le 19 juillet, fte du bienheureux Hrosnata, religieux de l'abbaye de Tepl, martyris pour la dfense des biens monastiques qui lui taient confis, le 1 juillet 1217. Ses reliques sont conserves l'abbaye de Tepl. En 1892, la Congrgation des Rites a accord la reconnaissance de son culte. Le 13 aot, fte de la bienheureuse Gertrude, fille de sainte Elisabeth de Thuringe, religieuse du monastre d'Altenberg (Allemagne), qui mourut aprs une
1

vie toute de simplicit, de mortification et d'abngation, l'ge de 70 ans, en 1297, aprs avoir dirig sa communaut pendant 40 ans. Ses reliques trouvent encore actuellement l'glise de l'ancien

cornent.

Charleroi.

1928.

Le 17 fvrier, fle du bienheureux Evermode, d'abord prvt de Sainte-Marie Magdebourg, puis

Culte approuv pour le monastre par Clment VI, tendu par Benot XIII tout l'ordre en 1728. Son office se trouve au brviaire depuis 1075. Le 30 aot, fte de la bienheureuse Bronislava. abbesse du monastre de Zwicrziniec (Pologne clbre par son esprit de solitude et de contemplation (f 1259). Culte approuv par Grgoire XVI en 1839. pour le monastre et le diocse de Cracovie. tendu tout l'ordre par Lon XIII. Le 20 octobre, fte du bienheureux Gilbert, abb de Neuf-Fontaines, en Auvergne, dont la vie fut remplie de saintet cl de miracles r 1152). Son nom se trouve dans les litanies des saints. Son office a t admis au brviaire prmontr depuis 1057. Enfin, le 17 novembre, fte du bienheureux Siard.
t.
(

21

PRMONT H ES.

VIK

INTELLECTUELLE
<
:

22

abb de Mariengaarde (Irise) qui brilla par son esprit de pauvret et rie charit. Ses reliques, aprs les troubles religieux du xvr sicle, furent transportes
en l(il7 l'abbaye <lc Tongerloo, on elles sont le centre d'un plerinage trs frquent. Son office est au brviaire depuis ](i7f). On aurait cependant tort de ne juger l'ordre que d'aprs celle liste officielle de saints et de bienheureux, il y aurait lieu d'y ajouter d'autres noms que la vnration n'a jamais placs au premier plan, mais que l'histoire n'a pas oublis. Aux dbuis de l'abbaye de Prmontr, nous voyons dans le cousent des moniales

() 1588); Jean I.oliel. religieux de l'abbaye de Tepl, qui devint archevque de Prague, et fut remarquable par son intelligence et sa vertu 1622). Le xviir sicle finissant rservait a l'ordre de le Prmontr une brillante couronne de martyrs P. Guide! de Pont Mousson, guillotin en 1793; le p. Adrien Toulorge de La Blanchelande,
:

massacr la mme anne a Coutances; le P. Charles Ochin de Vicoigne, supplici Valenciennes en 1794. L'Ile .Madame conserve les tombes des PP. Bavilet, I.elorl. Mercier: l'fle d'Aix, celles de J.-B. Duprc.
l'Ile

de R, celles de Nicolas .lunette

el

de

J.

Y, in

bienheureuse Ricvre de Clastres se dvouer a l'organisation el a la direction de sa communaut de religieuses cl l'hospitalisation des pauvres et des malades (t 1136). Mentionnons encore Tancrde, premier prieur de la Luzerne, en Normandie Gaut hier. d'abord abb de Saint Mail in de l.aon, homme tout apostolique ci ami des pauvres, adonn a l'oraison el l'lude, qui succda a Barthlmy de Joux sur le sif^e piscopal de l.aon (f II").")): Hildegonde, comtesse de Meer, qui Fonda un couvent le moniales dans son chteau familial, o s;i fille Hedwige lui succda comme abbesse; Luc, abb de Comillon, qui donna l'exemple d'une tendre dvotion aux esprits clestes 1165); Aldric, issu d'une famille royale de France, qui passa toute sa vie dans le monastre de FUSSenich, inconnu de Ions el se sanctifiant dans l'humble mtier de porcher; Odinon, premiei abb de Rotha, qui forma des mes nombreuses a la haute perfection; Raoul, abb de Vicogne, qui lui la provl deuce des pauvres de la rgion il accomplit n bride miracles; les bienheureux Richard de Floreffe (t 1 150) et YVCS de SoiSSOnS, la bienheureuse Ici nien garde, fondatrice ri religieuse de Cuissv (t 1155) et le bienheureux l.uc, qui en lui le premier abb le ( II l); bienheureux Odon, pre abb de Bonne-Esprance; Grard, premier abb de Claire Fontaine (1 1150); le bienheureux Garemberl ou Walinhcrl, du Mont Sainl Martin II l: la bien heureuse Oda de Bonne Esprance; les sept chanoines prmontrs de Saint Samuel en Palestine, qui ruant martyriss en 1187; Dodon, chanoine du Jardin-de Marie Mariengaarde qui vcut en erinile el mouiul avec les stigmates de la passion () 1232).

annexe,

la

den Block; l'ile d'Olron, celle d'Hercule Prowoosl A Siniinmarv niourul.en 1 798, le P. Mansuv I.apostre. Kononama, le P. Jean Venaty. El nombreux sont ceux qui revinrent des pontons, de (.aven:
d'autres lieux de dportation, aprs des souffra inimaginables. Sur les prmontrs qui furent promus a piscopale, voir A. Zak, Episcopaiua ordinia Prsemons28 sq. tratensis, dans Anal, fini in., i. iv. Si lord VII. 1. V vil INTELLECTUELLE.
I

imme Prmontr n'a jamais considr- les ,: un de ses buts essentiels, il s'est toujours maintenu. nanmoins, a un niveau intellectuel en corrlation
av ce
i

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la

CUlt

un de SOO

lenips.

Les dbuts.

s. mit

Norbi

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lu]

un

i.

Si l'ordre cul ses dclecl ions cl ses apostasies a h eu rides lutes religieuses, il eut aussi ses mari vis. Citons Thodore Schlegel, abb- de Salni Lucius de aire, qui prcha avec ardeur contre les erreurs de alvln et fui dcapit, aprs de cruels tourments, avec plusieurs de ses religieux ii 1529); Mathieu Mackerell, abb de
I

<

<

Barlings el vque titulaire groupa 20 000 hommes pour


d'Angleterre,
et

de

rsister

Chalcdolne, qui a Henri \iii

son instruction profond) son esprit ouvert, qui l'avait fait accueilli] de l'archevque Frdric d( Cologni et, plus tard, a celle d< l'empi reui Les long Is de ret recueillement, l'poqui de sa conversion, l'a> aireuieni orient vers la science de cri turc s., vie, et pendant, fut sainte el de la contemplai tellement remplie que nous n'avons de lui que quelques fragments oi atoires. On lui attribue, en outre, quelques nus ouvrages, dont il ne subsiste que les titi iits du inous p suppose-t-on prirent dans l'incendie de la ville de Magdcboui .. lors d( guerre de rente ans. La Vita sancti Norberli nous apprend que. durant la priode de ses pi ed h .1! a \olhcrl ,ir ,|i.) de frquentei 'i oie de aon, el parmi ses disciples plusieurs taient sortis des tudia generatia de repoque. L'uvre lgislative laquelle s'employa l<heureux lu-iies di premiei Prmontr, atteste une h. mie culture intellectui Les premier: statuts, d'ailleurs, comportent dans h chapitre De arman us, des Indications lies suggestive au sujet d< remploi et de la coi vation des livres manuscrits du monastre, el le
intellectuel. C'est
i
i

l<

-.

qui, vaincu, lui arrt, emprisonn, pendu et tran sur la claie avec l'abb- de Wellebei el cinq autres religieux de l'ordre < 1536); le bien

/i/>r/s

Intrim legant m conoentu singuli usque ad gnum collationis, qui fait partie du ment de la journe, dnoti que. dans h-s abb malgr le travail manuel ncessaire, les tudes sui
texte
:

heureux Pierre de Calmpthout, de l'abbaye de l'on gerloo, qui fui mail v ris par les gueux de mer 1572); Jean de lecques, proviseur de Sainl .lusse au Itois, tourment el mis mort par les calvinistes (1 1568); les religieux de l'abbaye de Saint Jean de la Castelle,
'

v.iieni

leur

programme
les

rgulier.

qui furenl brls par les calvinistes (1569); le prince llavlon d'Armnie, qui embrassa l'ordre de Pr montr au monastre de Lapais de Chypre (1 xiv s.); Daniel de C.anipenlioul prieur de Grimberghen; Jean d'Avesne, abb de Ninove r< 1571); Ives de Blohec, religieux deBeauport ci 158) et bien d'autres encore Signalons encore, en 1580, le martyre de Jean Kyeran, abb de la Sainte-Trinit, en Irlande, qui fut mis mort Dublin fl 1580); la vie pieuse de Guillaume Biselin, qui mourut l'ge de 'J ans en odeur de saintet l'abbaye de Rotha, el dont l'Encensoir d'or esi un crit de haute spiritualit
, i

la formation avant toul .m s, in du monastre, de concert avec la formation n Le scriptorium tait vraiment, a celle poqui centre intellectuel de chaque abbaye. 'est l qu

en effet, taient destins au intellectuelle devait

Comme,

membres
faire

de

la

communauti

service
s,

paroissial,

<

l'laboration du chartrier, qui devait ass au couvent la tranquille possession de ses biens, privilges et libelles. | qu'taient confectionns les magnifiques exemplaires dis manuscrits destins au service du clurur; la que s,- faisait la transcription des uvres de la latinit classique, des livres de la sainlc Ecriture, des ouvrages patristiques. Nous
faisait
soi lis

possdons encore actuellement quelques exemplaires du scriptorium de plusieurs abbayes norber Mues. L'cole de copistes et de miniaturistes d(

23

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xvi); de Florele
(t.

24

l'abbaye de Cuissy tait clbre en son temps. Tout aussi connues sonl celles de l'abbaye le Bonne Esp lance, de Icilisscm, du l'aie. Des les origines, nous trouvons en annexe quelques abbayes, <les acad mies et (les collges. Nous avons dj relev l'cole monastique de l'abbaye du Jardin-de-Marie, en Frise. Les nominations et les directions manant du centre de telle ou telle abbaye entretenaient l'enseignement dans mainte paroisse incorpore, o la nomination du ludimagister relevait de l'abb, qui s'attachait soutenir et promouvoir le mouvement intellectuel. Les traces les plus videntes de la culture des religieux prmontrs aux xii c xni et xiv e sicles, se trouvent dans les crits hagiographiques que nous laissrent certains d'entre eux. Nous avons dj parl des Vta que composa Philippe d'Harvengt, abb de Bonne-Esprance. Nous relevons encore les Vil sancli Norberti. qui datent des environs de 1150, et qui ont toute la saveur de ce genre de littrature. De plus grande valeur, cependant, sont les crits asctiques, que nous laissrent quelques chanoines, et qui les placent aux premiers rangs parmi les matres de la spiritualit du Moyen Age. Nous avons les Cantiques spirituels du bienheureux Herman Joseph (d. W. Van Spilbeeck, Namur, 1899; cf. L. Jrss, Das arnsleiner Mariengebet und die Sequenzen des M.-A., Marbourg, 1920); les crits apologtiques d'Anselme de Havclberg (f 1158) (d. L. d'Achery, Spicilegium, t. xm; voir ici, t. i, col. 1360); les crits d'Adam Scotus, abb de Drybourg (vers 1184-1188), qui devint chartreux (A. Wilmart, Matre Adam, chanoine pre'montr, devenu chartreux Witham, dans Anal, prwm., t. ix, 1933, p. 209-313; Fr. Petit, Ad viros religiosos. Quatorze sermons d'Adam Scotus, texte tabli avec interprtations et citations, Tongerloo, 1934; L. Goovaerts, crivains, t. i, p. 9-11; complter d'aprs ceci l'art, paru, t. i, col. 389); les crits asctiques de Philippe de Harvengt, abb de Bonne-Esprance, en Hainaut (f 1183) (voir son art., t. xii, col. 1407 sq.); les uvres de Richard l'Anglais, de l'abbaye d'Arnsberg, en Allemagne (xn e sicle), dont on possde un Tractatus de ofliciis missse, des Carmina in missam et orationem dominicam et une Vila sancl Ursul (Goovaerts, op. cit., t. n, p. 91-92); les Collations de Wichman d'Arnstein, prmontr jusqu'en 1230, puis dominicain (t 1270?) (M. A. Van
I

(t. xvn. du l'arc (t. JtVl); de xvn); d'Oslcrhoven (t. xvn); de YVindberg (Primordia Windbergensta, t. xvn); de Steingarden (Historia Welforum Weingartensis, t. xxi); de Gottesgnaden (Pundalio monasterii Grati Dei, (I.

Selialllarn

t.
t.

xxi>;

d'Ilfcld

(Historia

monasterii

llfeldensis,

xxvi; d'Ursperg (Burchardi <-/ Chuonradi Urspergensium chronicon, t. xxm). de Wittcwcrum (Emmonis et Meneonis Werumensium chroniea, t. xxmi: de Mariengaarde (Gesta abbatum Horti S. Marin-, t. xxiii, et A. Wurnkes, Sibrandus Leo's Abtenleven, Bolsward, 1919); de Ninove (Halduini Ninoviensis chronicon, t. xxv); de Mildenfurth (B. Schmidt, Arnold von Quedlinburg und die ulteslen Nachrichten des russischen Hauses, Ina, 1883); de Weissenau (Acta S. Ptri in Augia, d. Baumann, Karlsruhe, 1877); de Schussenried (Mon. Germ. hist., t. xxvi; de Marchtall (Liber fundationum seu annales Ecclesise Marchtallensis, t. xxiv); de Steinfeld (Histori Francorum Steinveldenses, t. xm); de Yicoigne (Historia monasterii Viconiensis, t. xxiv); d'Adelberg (t. i); de Prmontr (Sigeberti Gemblacensis continuatio Prmonstralensis, t. vi); de Saint-Martin de Laon (Sigeberti continuatio Laudunensis, t. xxvi). Aux xiv e et xve sicles, les crivains prmontrs ne sont peut-tre plus de premier ordre, mais ils ne sont pas dpourvus de mrites. Citons, en Ecosse, Raoul Strodus, de l'abbaye de Drybourg, pote et philosophe trs connu (t 1370); Patrice, de la mme abbaye, philosophe et thologien (t 1350); le prince Hayton, en Chypre ("f xiv sicle), qui crivit entre
autres une curieuse Histoire de l'Orient (Haguenau, 1529); Florele, le prieur Pierre de Hcrentals (t 1391), auteur d'un Collectarius evangeliorum qui eut trois ditions imprimes avant 1500. A nommer encore, pour l'Angleterre, l'historien Wugenhall; pour l'Allemagne, Pierre de Kaiserlautern, de l'abbaye de Lutra, remarquable non seulement comme thologien, mais aussi comme littrateur et juriste; pour la Belgique, Roland Piquot, de Dilighem (j 1507),

den Oudenryn, Miracula et collationes (ralris Wichmanni, dans Anal, prm., t. vi, 1930, p. 5-53); les crits de Zacharie Chrysopolitanus (xn e sicle), de l'abbaye de Saint-Martin de Laon, homme d'une rare sagacit et d'une profonde rudition, dont l'ouvrage principal, Commentarius in concordiam evangeliorum,
eut plusieurs ditions (3 e Cologne, 1618, et P. L., t. clxxxvi); Gervais, quatorzime abb-gnral de l'ordre (f 1228), qui, au IV e concile du Latran (1215), gagna la bienveillance du pape Innocent III, mais

docteur en droit; pour la France, Thomas l'Heureux, de Dommartin, bachelier en thologie (t 1420). Les religieux de l'abbaye de Tepl donnrent au xiv e sicle une traduction allemande de la Bible (d. Phil. Klimcsch, Munich, 1884). La premire traduction de la Bible en hongrois fut faite en 1415, par un prmontr (Anal, prm., t. vi, 1930, p. 223). 2 L'poque moderne et contemporaine. De bonne heure nous retrouvons les religieux de l'ordre aux

diffrents studia generalia.

C'est

surtout l'universit

dont les ouvrages Commentarii littrales in minores prophetas sont perdus. Ses Epistol ont t publies par Caillieu, Valenciennes, en 1661, et par C.-L. Hugo, Sacr antiquitalis monumenta, t. i, tival, 1725. Pour des matires plus particulires, il faut citer Jean de Sacrobosco (Holybusch, ou Jean de Holvwood), cossais d'origine; inscrit l'universit de Paris en 1221, il tudia Oxford, devint religieux de l'abbaye de Holywood, et eut une grande rputation de mathmaticien (f Paris, 1236). Parmi ses uvres, on connat sa Sphera mundi, qui jout dans les coles d'une faveur qui dura quatre cents ans. Nous possdons toute une srie de chroniques et d'annales, crites dans les abbayes norbertines et narrant leur histoire, ou celle de la rgion celles de Mlhausen, en Bohme, crite par Gerlach (Mon, Germ. hist., Script., t. xvn); de Saint-Paul de Verdun
: :

de Paris, la plus renomme pour l'enseignement des arts et de la thologie, qui attirait les sympathies des prmontrs. Jean II de Rocquignies, le dixneuvime abb-gnral de l'ordre (f 1269), lui-mme docteur en thologie de cette universit, appuya ce mouvement en fondant, en 1252, dans cette ville, un collge destin mettre plus la porte des lves prmontrs les cours universitaires. En 1349, Clment VI concda aux prmontrs la facult de professer comme licencis cette universit. Ds cette poque, on rencontre des prmontrs dans toutes les villes universitaires Orlans, Rourges, Dle, Cologne, Douai. Cet exode cessera pour les Pays-Bas avec la fondation de l'Universit de Louvain (1425) qui attirera dornavant les habitants de la rgion. Les abbs chercheront d'ailleurs faciliter ce mouvement en rigeant, l'exemple du collge prmontr de Paris, un collge ou maison de logement et d'tudes dans les villes possdant un enseignement suprieur. Le collge prmontr de Louvain fut fond par la circarie de Brabant, en 1571. La circarie de Florele y possdait en mme temps un autre internat depuis 1619. Tongerloo eut son collge Saint-Norbert,
:

25
Rome, depuis

PRMONTRS. VIE INTELLECTUELLE

1018. Auprs de l'universit de Douai, un collge de l'ordre avait t rige en 1620; auprs de celle de Cologne en 1018, grce l'abb de Steinfeld:

auprs de celle de Prague, en 1037, par l'intermdiaire de Gaspard de Questemberg. Les lves de l'abbaye de Ilebdom, en Pologne, suivaient les cours de l'universit de Cracovie. Le clbre collge de Salamanque, en Espagne, runit la gent studieuse des abbayes de la presqu'le ibrique depuis 1570.

On

tait d'ailleurs
les

une poque o, dans chaque

tudes de philosophie et de thologie taient srieusement conduites, souvent mme sous Jansnius, la direction de licencis d'universit plus tard vque de Gand, enseigna au xvr sicle l'criture sainte l'abbaye de Tongerloo ou prsides d'ordinaire par des religieux de l'ordre, qui avaient reu leur formation dans quelque universit, et qui, parfois, malgr le vu de stabilit, taient pris dans une autre maison de l'ordre. Le sminaire domestique de l'abbaye de Saint-Michel d'Anvers entra mme en conflit avec l'universit de Louvain, pour avoir ouvert ses cours de philosophie des tudiants de la ville. II n'est pas tonnant de trouver, ds lors, une poque plus moderne, tout une pliade cle savants cl d'crivains dans l'ordre. Nous citons entre bien d'autres, Nicolas Psaume, abb de Saint Paul deVerdun, puis vque de cette ville (t 1575), qui repr senta l'ordre au concile de Trente, o il fui cl de la rdaction des canons touchanl la rforme des religieux. Il donna une dition des Canones et dcrta concilii Tridentini, Verdun, 1564, el un commentain Concilium Tridenttnum lucubrationibus illuslralum, Verdun, 1572. On a encore cle lui Prservatif contre le changement de religion, Verdun, 1563; La doctrine vraie du sacrement d'ordre, Verdun, 1563; Adoer

abbaye,

c-

tissement l'homme chrestien pour cognoistre et fuir les hrtiques de ces temps, Reims, 1564. Parmi les meilleurs thologiens de l'ordre, nous citerons Plorent de Cocq, de l'abbaye de Saint .Michel d'Anvers (1 1699), avec ses Principia totius theologim

moralis
fure

et

spculatives,

.'f

vol.,

Cologne,

ic.s'J.

el

De

qui eul trois ditions. Bruxelles, 1687, Bruxelles, 1708, Matines, 17-11; Macaire Havermans,
et fustitia,

de

la mme abbaye il 1680), donl le Tyroeinium christianee moralis thologies lut dit, .\n\c-rs. 1674, Anvers, io7.r>, Venise, 1771. ci qui fournil encore

sanctimonia illustrihus ex ordine I'rm., Louvain, uneApotheca spiritualium pharmacorum, 1615; Anvers, 1020; un Sabatismus Marianus, Anvers, 1028; le Brabantia Mariana, si avantageusement connu, et qui eut plusieurs ditions (1 d., Anvers, 1028) e-t dont le Syntat hmn pastorale, ou instruction pour le-s religieux eljspe-rss dans le-s paroisses, mriterait d'tre dit; Grard van Herdegom, de l'abbaye de Tongerloo (t 1675), qui crivit son Diva virgo candida, Bruxelles, 1650; Ludolphe van Craywinckel, de l'abbaye de Tongerloo (t 1679), dont les vruchtige meditaliin furent le manuel de dvotion pendant tout un sicle il" d., Anvers, 1661 I; lrme Hirnhaim, cle- l'abbaye cle Strahov (1679), dont nous avons entre autres, lu-ita viles via seu dvotes mditationes, Prague, 7 m et qui est l'auteur dune- volumineuse explication <\u Sermo sancti Norberti, Prague, 1070: Franois Wennius, de- l'abbaye du Parc (f 1647), qui crivit eles directives pOOr les novices et leurs matres dans son Spculum religiosorum, Louvain. 1645; Jean Herlet, cle- l'abbaye d'Oberzell (t 1718), epii fournit un recueil de mditations, Intitul le.''*; Soliludo Norberlina, Marchtall, |e clbre (.oiiine-. de l'abbaye de Steinfeld (1 1719), qui composa son Manuel du chrtien, encore populaire de nos jours surtout en Allemagne; Sbastien Sailer, i- l'abbayi de Marchtall c I777i. qui publia une Imitation de la saillir Vierge, GJlSbUTg, 1764, ci livre anonvme d'un chanoine- de- Marchtall. et epii fut lui-mme un crivain assez fcond; Code ifroid van ElshOUt, de l'abbaye cle Ninove c 1667), qui publia lira ght lycken Rooe-Hof, Bruxelles, 1649; // dei daghelyckscher devotien, Bruxelles, 1649, et Anvers. dobbelen gheeslelycken Olyf-boom, 1651; Daniel Bellemans, cle- l'abbaye de Grimberghen illurken ran JcsUS, epii eut 1674), avec son //</ deux ditions, et Den lieffelycken para dont on connat il ditions; Adrien Buck, de Saint Nicolas cle Fumes iwii- sicle), qui eirivil 7><.w rredecynewynckel des tedighe ivysheyt, Bruges, Il adaptation en ve-rs tlainanels du I ) consolai phtlosophiee, cle Boce; Me-nis Albrecht, de l'abbaye son Maniai ,/,-. chonolntS ive-e d'tlval prmontrs, Vrgenteau, 1742 es Lienhardt, abb de Roggenbourgd 1783), qui e-e-riv it entre- autres ouvrages son ExhoriatoT domestieus, Vienne, 1754
-

<

<

une Disquisitio theologica : quia J)ei amor requiritur et suffleit cum sacramento ad fustifleationem, Louvain, 1075. ri une Defensto brei'is tyrocinii moralis theo
logise, Cologne, 1676; Thade Scbwaiger, <lc l'abbaye de siralmv (f 1743), doni l'uvre thologique com porte 21 ouvrages dites, el enfin Simon Braunman, de l'abbaye d'Avcrbode d 1747), Tractatus theologici tum praxi tum speculationi accommodait, 7 vol., Louvain, 1750- 1752. Parmi les auteurs asctiques, il faut citer, outre l'incomparable Servais de Lali uels 1631 1, qui laissa entre autres trois ouvrages de haute spiritualit, YOptica regularium, l'ont a Mousson. 1603, les Medii
;

1760. Il faut citer a part Bplphane Louis, abb d'tlval 1682), qui laiss.i plusieurs oiivi nature immole par la gi ... Paris, 1674; / sacrifie et anantie </< s novice, Paris, 1674 II ^ur /.- recueillement, Paris, Confrences mystiques 1676, 1683; Trait le la contemplation naturt
et
e

tationes
el
le

ml

vitrn

reltgioses

per/ectionem,

ibid.,

1621,

Catechismi novitiorum et eorum magistri, ibid., 1623; Lohelius, abb <ic Strahov, Prague, et arche vque cle celte- ville () 1622), qui travailla vigoureu sment l'ei-nvre de la contre-rforme en Bohme; Wllllbrord Bosschaert, de l'abbaye de Tongerloo (t 1057), dont on a surtout une Yitu contemplatioa
activa, Louvain. 1020, cl la 1-eria sexto sire ejus dignilas, Malines, 1653, el qui donnai! rgullremenl
et

un peu porte au epiictisme. il mrita cependant l'loge de dom Calmet, qui l'appelle un homme lies clair dans la thologie mystique et un des plus sublimes contemplatifs de son temps Parmi ceux qui s'appliqurent a l'histoire, citons Van eh sierre. abb cle Saint Michel d'Anvers i- 1629), donna la premire dition critique de la Vita l: ele- saint Norbert, publie par Polycarpt de Hertoghe, > \nveis. en 1656, el publia une erV saint Norbert en llamand. Anvers. 1623; Jean i< Paige (1 h auteur de la Prtemonslrab ordinis bibliotheca, Paris 1633, o il a rassembl une foule de documents; Maurice Du Pr, de l'abbaye de Saint Jean d'Amiens i+ 1645), epii crivit une
ft
.
i

manuscrit) Bien epi'il

et

ses

i.<ttr,^

spirituelles,

Paris,

Il

1 1

ir

de

saint

Norbert,

Paris.

1627,

et

composa

les

pour

les

confrres occups dans

u-s

paroisses

el

runis

l'abbaye chaque anne, ses confrences sur des sujets varis; Augustin Wichmans, abb de tongerloo
(t 1661),

qui publia un

Epigrammata

de

viris

vita

Annales brves ordinis Preem., Amiens, 1645, rdites par I. Van Spilbeeck, Namur, 1889; (Thrse lvtrv evowna. religieuse ele Zwierzlnlec 1700), qui donna une Chronique historique de son monastre, Cracovie, 1860; l'Espagnol Joseph Noriega, de l'abbaye cle
;

i:
Notre-Dame de

PRMONTRS
m

VI

I.

NTELLECTUELLE

>s

la Vid (xvni" sicle), qui publia apologelica mariano candida qua de constanti revelalione candidi habitus Prsmonstratensis per Deiparam, Salamanque, I72.'i, el son compatriote Emmanuel de Illana, de Valladolid (t 1783), qui crlvil une Vie de saint Norbert for! apprcie, Salamanque, 1755; Ren de Vertol d'Aubceuf, de l'abbaye n n Histoire de l'ordre de Valserj (t 1735), auteur de Malte, Dijon. 1725: Mansuel Le Jeune, de l'abbaye de Pont--Mousson (t vers I70ii>. qui publia une Histoire critique et apologtique des templiers, Paris, 1789, ouvrage posthume. Parmi ces historiens de l'ordre, il faut cependant rserver une premire place

Dissertatio

suite de la suppression des jsuites, l'institut bollandien avait t supprim son tour, en 1788, par le gouvernement autrichien des Pays Bas. G-odefroid

Hermans, abb de Tongerloo,

lit

l'acquisition,

pour

<

"

Hugo, abb d'tival el vque titu de Ptolmas (t 1739). qui condensa l'historique les abbayes relevant de l'ordre clans son ouvrage Prsemonstratensis ordinis annales. 2 vol. in-fol., Nancy. 1711. Voir ici, t. vu, col. 201, et 11. Lamy, L'abb Hugo d'tival et la coopration des abbayes belges son enivre historique, dans Anal, prsem., t. i. 1925, p. 174-186, 261-286. Il a donn aussi son admirable Vie de saint Xorberl, Luxembourg, 1704, et ses Sacre antiquilatis monumenta, tival, 172."). La littrature proprement dite n'a gure pour reprsentants que des professeurs d'humanit, comme de Waghenaer, de Saint-Nicolas de Fumes (t 1662). Comme pote franais, nous avons Claude Rohault, prieur de Slincourt et prieur-cur d'Holnon, prs de Saint-Quentin (t 1675). qui publia entre autres son
Charles-Louis
laire
:

son monastre, du muse et du mobilier de cet institut. el lit continuer cette entreprise par ses religieux, de concert avec quelques anciens bollandistes. rtribus par lui, jusqu' ce que, en 1796, l'abbaye de Tongerloo lut supprime a son tOUT. Avant la dbcle, cependant, les religieux de Tongerloo russirent faire vacuer l'outillage scientifique de l'uvre et a le transporter en lieu sr. le sauvant ainsi une seconde fois de la dispersion. Cf. 11. Lamy, L'uvre des bollandistes l'abbaye de Tongerloo, dans Anal, prsem., 1026-1927,
t.

ii-iii.

1774. savants, il faut mentionner Jean Zahn, de l'abbaye d'Oberzell (f 1707), gomtre et physicien; Benot Bayer, de Strahov (t 1754), astronome; Procop Divisch, chanoine de Klosterbruck (t 1765) qui, quelques annes avant les expriences de Franklin, ds 1754, plaait un paratonnerre sur son presbytre; Carasmar, de l'abbaye de Notre-Dame de Belpuig (t 1791), le clbre archiviste d'Espagne, remarquable par sa science diplomatique et palographique. La musique ne fut pas nglige Masius, le clbre abb du Parc (f 1647) tait excellent organiste; Wintherer, d'Ilbenstadt (xviir3 sicle) et Oelschlegei de Strahov (t 1788), furent constructeurs d'orgues. En 1775, l'abb de la Val-Dieu, Lissoir (+ 1608), fonda dans son monastre une cole de musique o Hanser, de l'abbaye de Schussenried (t 1702) fut le matre du compositeur franais Mhul (t 1817). La gravure fut cultive par Louis Barbaran, de Saint-Martin de Laon (xvnr' sicle): la peinture par Kustache Bestout, de l'abbaye d'Ardenne ( 1743), par son frre Jacques (t vers 17001, et par Luc, de l'abbaye de Steingaden (xvnr* sicle); l'architecture par Nicolas Pierson de Sainte-Marie-Majeure de Pont--Mousson (xviii e sicle) et son frre Arnould, par Jacques Cottard (t 1743), qui reconstruisit son glise abbatiale de Grimberghen, et par Antoine Thys (XVIII e sicle) qui leva la tour de l'abbatiale du Parc. Dans le domaine des beaux-arts, les prmontrs furent avant tout les mcnes des artistes, toutes les poques. Ils encourageaient les peintres, les sculpteurs, les orfvres, les brodeurs. Par leur intermdiaire, ils faisaient de leurs abbayes et de leurs glises abbaservait tiales des endroits privilgis o l'art rehausser la splendeur du culte et rendre gloire au trs-Haut. Si, actuellement, malgr guerres, pillages, confiscations, rvolutions, incendies, nos abbayes conservent encore des trsors d'ail devant lesquels l'admiration s'incline, que furent les abbayes leur poque de grandeur el de magnificence? L'ordre de Prmontr a un titre spcial la reconnaissance de la religion et des lettres ecclsiastiques pour avoir sauv de la dispersion et du naufrage les Acla sanclorum, commencs par les bollandistes. Par
Institution rhrestienne, Paris,

Parmi

les

L'enseignement de la jeunesse ne fut jamais l'appanage des prmontrs. Le n'est que par exception qu'ils eurent fies collges aux temps modernes, comme ce fut le cas pour l'abbaye de Saint -Nicolas de Furnes. A la fin de l'ancien rgime, les circonstances les ont cependant orients dans cette voie. A la suite de la suppression des jsuites, l'enseignement de la jeunesse avait de grandes lacunes, surtout en Allemagne et dans l'ancienne Autriche-Hongrie. Les prmontrs de Bavire, reprirent, en 1781, le gymnase de Landshut, mais le cdrent, en 1704, aux dominicains. Les prmontrs de Tepl se chargrent, en 18114. du gymnase de Pilscn; ceux de Strahov reprirent le collge de Saaz et les Realsehulen de Beichenberg et d'Aakonitz; ceux de Silo, le gymnase de Dcutschbrod. En Hongrie, l'abbaye de Csorna prit la direction des collges de Steingaden et de Keszthely, et l'abbaye de Jszo se chargea de ceux de Kaschau, de Rosenau et de Gross wardein. La direction de ces collges fut, pendant le xixc sicle, une des occupations principales des prmontrs de l'ancienne Autriche-Hongrie. En 1871. Strahov perdit ses gymnases, de mme que Seelau. Le gouvernement tchcoslovaque enleva l'abbaye de Tepl, en 1024, la direction de son collge. En Hongrie, la tradition suivit son cours. Le collge de Gdl, qui y fut commenc aprs la Grande Guerre, jouit d'une grande prosprit. Les prmontrs de la circarie de Brabant. ont, depuis quelques annes, adopt les mmes tendances. L'abbaye de Berne dirige un gymnase trs frquent. L'abbaye d'Averbode est la tte, au Brsil, de deux sminaires et d'un collge. Les prmontrs de West-Depere, aux tats-Unis (Wisconsin), s'occupent avant tout d'enseignement dans leur collge de Saint-Norbert, qui runit une jeunesse nombreuse et ardente. Depuis 1928, l'abbaye d'Averbode a inaugur son collge Saint-Michel Brasschaatlez-Anvers, en Belgique. A l'heure actuelle, l'ordre marche dans le sillon d'une tradition sculaire. Chaque abbaye a son enseignement de philosophie et de thologie, o des religieux, qui. pour la plupart, ont leurs grades quelque universit, sont prposs la formation des jeunes gens. Les meilleurs lments d'entre ceux-ci sont d'ordinaire dirigs vers un centre universitaire. D'aprs les aptitudes et les gots, les tudes prennent au couvent une envole plus large, sur la base du premier enseigne-

ment

reu.

La

science, la littrature, l'histoire, les arts,

y sont en honneur. Les trsors intellectuels, conservs dans les bibliothques et les archives en font foi. Le renouveau du dernier sicle a donn une place remarquable plusieurs de ses religieux, dans le domaine de la thologie, de l'criture sainte et de l'histoire. Les Analecta prsemonstralensia, un priodique trimestriel consacr l'histoire de l'ordre, est. depuis 1925, l'organe de la Commissio historien ordinis Prsemonstralensis, qui groupe sous la prsidence du B m P. Hugues Lamy, abb de Tongerloo, quelques rudits en la matire, et apporte des tudes

29

PRMONTHKS. TAT ACTUEL


:

30

nouvelles sur le pass d'un grand ordre el sur les personnages qui y brillrent. Actuellement, l'ordre de VIII. tai actuel, Prmontr compte les cinq circaries de Tchcoslovaquie, de Hongrie, d'Autriche, de Brabanl el de
l

rance
I" l.u

circarie

de

Tchcoslovaquie

comprend
et

les

abbayes de Tepl, de Strahov, de Jszo, de Slo


Neureich.

de
flo-

L'abbaye de Tepl
rissants de l'ordre.

est

un

les

monastres
le

les

plus
et

Son
le

prlat,

R m(

P.

Helmer,

esl
lin

une sommit dans


guistique.

domaine philologique
religieux
citer

qui se distingurent Sedlacek, professeur au collge de Pilsen, qui, par ses travaux sur la langue tchque, contribua Tort ressusciter le patriotisme de son pays pour cet hritage national. abbaye de Strahov, a Prague, oc< upe dans cette ville une place en vue. Sa bibliothque a une renom mi mondiale. Ces! de celle abbaye que relevait le religieux DIabacz, qui, au commencement du sicle, m beaucoup pour la rsurrecl ion de la nal ion tchque. lie ce monastre dpendent les maisons de MilOWlcZ ei de la Sainte Montagne, L'abbaye de Js2o comprend a elle seule plus de 100 religieux. i)e celle abbaye relvenl la prvt de Sainte Croix, a l.elesz. qui fui Supprime en 17X7, mais rendue l'ordre en 1802, el la prvt de Saint Kt ienue du Promontoire, a Grosswardein, qui lut Supprime en 17K7 et rincorpore a l'ordre en 1807. i.i monastre dirigeai! les collges de Cassoro, et de Rosnavya, pour le personnel enseignant desquels on formai! des religieux dans la maison. Joseph Szidor, membre de celle abbaye (I7'.ll 1865), J prpara une srie de professeurs pour l'enseignement des (las siques. Ces collges viennent d'tre confisqus par le

Parmi

les

au

mx

sicle,

il

faut

Schaat-Iez-Anvers, et aux collges que le monastre a repris au Brsil le sminaire interdiocsain de Saintl'aul a Pirapora et les collges Saint-Vincent a Ptropolis et de Jahu, D'autres, enfin, sont missionnaires au Danemark, sous la direction de M^r l'.rems, un religieux de l'abbaye, vicaire apostolique et vque de Roskild. L'abbaye d'Averbode s'occupe activement de l'apostolat par la presse. L'abbaye est le sige de l'archiconfrrie de Notre-Dame du Sacr-Cur ainsi que de la direction gnrale de la croisade eucharistique de la Belgique. On \ dile entre autres les deux priodiques HoOQCt l.vvvii el Ont l.untl L'abbaye de Tongerloo, malgr l'incendie qui la dtruis!! en 1929 continue a lu- un centre de vie use el intellectuelle. Outre les di\erses paroisses confies aux religieux, l'abbaye entretient quatre celle de l'Uel au Congo belge, o se missions dvouent une quarantaine de religieux. En Angleterre, l'abbaye a fond les missions de Corpus Christ i, a Manchester, el les prieurs de Saint Norbert, a Spalding et a (.rouie. Depuis 1925, l'abbaye a fondi le prieur de la Sainte Trinit, a KilnaCTOtl en Irlande. L'abbaye est le sige de l'uvre de l'archiconfrrie de la Sainte Messe rparatrice. <>n j publie l'Algemeen / nederlandsch eucharistich Tijdschri/l et Tijdschrift. Elle est en mme temps le sige de la rdaction et de l'administration le la revue bisto les pnemonslratensia, Analecta rique de Tordre, qui \ paraissent depuis 1925 sous la prsidence du
<

l<

P.

Hugues Lamy. Mgr Heylen, vque di Namur

et

prsident du comit permanent des congn - eu, ha ristiques internationaux, est un iiK de l'abbaye. L'abbaye h- Parc-lez Louvain se trouve a proximembres mit h- la clbre universit b pratiquent sous leur diverses formes la vie canoniale et apostolique. Plusieurs de ses membres s'occupent

{>iic

l'abbaye a rig en Mon Gdl, I.e monastre du Grand \ aradin lui dtache de JSZO pal le chapitre gnral de 1924. L'abbaye de Silo (Seclau ou Zeliv) est situe en Bohme ci s'occupe surtoul de service paroissial. L'abbaye de Neureich (Nova Rise) est situe en Moravie, el prend a sa charge diffrentes paroisses. On \ dite le priodique Nase Omladina. 2" La circarie de Hongrie ne comprend que l'abbaye iti Csorna, avec ses collges de Sabarin, Keszthly, Szombathly, o ses religieux donnent l'enseignement. 3 La circarie d'Autriche embrasse les abbayes de Schlgl, de Wilten cl de Gras, L'abbaye de Schlgl, prs de Linz, occupe ses

gouvernement. Depuis
le

lors,
'le

fameux

collge

de ministre au Brsil. L'abbaye de Grimberghen consacre surtout l'actl vite de ses membres a l'tude des sciences ecclsias ,i, n, tiques et au ministre paroissi ,i. belles col leciions de manuscrits et de tableaux L'abbaye de Postel en Campine rorme une oasis de piele el de s leni e. Elle occupe ses reli-iellX au tel, paroissial, et jusqu' maintenant s,- {oignait a d'autres abbayes de Belgique pour secondei l'uvre des missions. T. ||e vient dCnl reprendre des missions au
i

.,

Congo

bi

religieux l'administration les 11

paroisses qui sont

au monastre, tandis que d'autres donnent les cours de la Landwirlschaftliche n mi,-r schule, qui esl annexe l'abbaye. Les religieux 5'OCCUpenl aussi d'une ieli\re florissante le retraites. L'abbaye de Wilten, dans le Tyrol, emploie ses religieux au ministre paroissial dans les paroisses qui dpendenl de l'abbaye. Les jeunes religieux ont toutes facilits puni suivre les coms de l'universit d'Inspruck, toute proche du monastre, L'abbaye de Gras, en Masse Autriche, exerce un ministre utile el fructueux dans [es 17 paroisses qui sonl incorpores au monastre. 1 La circarie de Brabant comprend les abbayes d'Averbode, de Bois-Seigneur- Isaac, de Grlmber ghen, de Leffe, du l'arc, de Postel, d< fongerlooel de Berne. L'abbaye d'Averbode es! aujourd'hui lu rsidence de l'abb-gnral de l'ordre, le R m 1'. ('.rets Tandis que plusieurs religieux son! cures dans les paroisses environnantes, d'autres sonl professeurs au collge saini -Michel que l'abbaye vienl de fonder a liras
I |

incorpores

Leffe, qui ser\ il pendant une vingtaine d'annes de refuge aux religieux de l'abbaye d, Saint Michel de rigolet, lois de leur expulsion de France, vient dt n- rai lut ce et peu plu par l'abbaye de Tongerloo, aprs que, h- '< novembre 1931, le Saint Sice.e eut donne le lircf de reslauralion ih ce monastre. L'abbaye de Berne, leesw ijk. en Hollande, relve de la circarie du Brabant. \ ct du ministre parois slal, dans un assez grand nomlue de centres, o Tan cien droit de patronage lui est reste, elle s'occupe de Ile a l'instruction de la jeunesse el d'ieuvres sociales. an nia et a (onde a tabli des missions prospres au West Depere (Wisconsin), une maison, qui s'est dve loppe rapidement et lui rige en abbaye indpen daule en 1924. I.'ahhave de Heine a commence, il \ des missions dans les Indes a quelques annes, anglaises ci relve l'abbaye de Windberg en Bavl re. 5 lu circarie <l<- France comprend les abbayes de Sainl Michel de et de S. uni Martin de Frigolet Mondave, cl trois prieures qui relvent de ces niouas

L'abbaye de

(res.

L'abbaye de Frigolet, en Gascogne, a repris sa grande actl> it en France, ou elle s'esl rinstalle dans les btiments don! elle avai! t expulse en 1904 Ses religieux S'OCrupenI de diverses uvres de chante et

31

PRMONTRS

PRMOTION PHYSIQ1
celui-ci,

32

d'enseignement. L'abbaye compte plusieurs religieux missionnaires Madagascar. Frigolet a fondi Conques, au diocse de Rodez, un prieur dont les religieux continuent les traditions de zle et <!< charit de l'abbaye mre. Un autre prit ni a t fond, Storrington, en Angleterre. Cette maison est devenue rapidement un foyer de conversion au catholicisme. L'abbaye de Saint-Martin de Mondaye, Juaye, au diocse de Bayeux, est surtoul occupe l'vangli salion sous forme de missions et de retraites. .Mondaye fut le berceau religieux du R mt P. Godefroid Madelaine, l'historien de sain! Norbert (t 1932). Le prieur de Nantes, fond par cette abbaye, exerce son activit apostolique dans le mme sens que Mondaye. Dernirement, la basilique de Longpont, fonde par dame Ilodierne de Montlhry, a t confie par l'vque de Versailles aux religieux de Mondaye. ('.basses de France, ces religieux avaient restaur, Bois-Scigneur-Isaac (Ophain) au diocse de Malines, un ancien prieur de chanoines augustins pour desservir le plerinage du Saint-Sang-de-Miraele. Aprs le retour des Pres de Mondaye en France, ce prieur fut repris par l'abbaye d'Averbode. Il a t rig en abbaye indpendante par le chapitre gnral en 1924, et plac sous la circarie de Brabant. Deux nouvelles fondations, celles de Spainshart et de Windbcig, en Bavire, restent provisoirement sous la juridiction de leurs abbs respectifs, ceux de Tepl et de Berne. 6 Le second ordre de Prmontr est actuellement reprsent par les abbayes de moniales de Zwierziniec, au diocse de Cracovie et celle d'Imbramovice. au diocse de Kielce, en Pologne, de Notre-Dame de Villoria d'Orbigo et de Sainte-Sophie de Toro, en Espagne, et de Sainte-Anne de Bonlieu, au diocse de Valence, en France. Les prieurs des norbertines sont ceux de Czerwinsk, en Pologne, de Notre-Dame de Neerpelt, en Belgique, du Val-Sainte-Catherine Oosterhout (plac par rescrit du 1 er septembre 1928 sous la juridiction immdiate de l'ordre avec l'abb de Tongerloo, comme Pre abb) des norbertines de l'adoration perptuelle de Sitten (Suisse) et du MesnilSaint-Denis, au diocse de Versailles, en France. Les surs norbertines des instituts suivants relvent du Le Berg-Sion, au cantiers ordre de Saint-Norbert ton de Saint-Gall, en Suisse; Kulsovat, prs de Veszprm, en Hongrie; Stresovice-Andelka, en Tchcoslovaquie; St-Johannesburg, Leutesdorf-am-Bhein, diocse de Cologne en Allemagne.
:

les diffrents modes selon lesquels s'exerce cette motion. Enfin, nous considrerons successive-

ses rapports avec les dcrets divins relatifs a nos actes salutaires, avec l'efficacit de la grAce, avec la libert de nos actes salutaires, et avec l'acte physique
I. La motion divine en gnral. II. Ce que pas la prmotion physique (col. 33). III. Ce qu'est positivement la prmotion physique (col. 39). IV. Conformit de cette thorie avec la doctrine gnrale (col. 51 ). V. Divers modes de prmotion physique (col. 56). VI. Raisons d'afirmer la prmotion (col. 57 I. La motion divine en gnral et l question de la prmotion physique. Pour bien entendre le sens que les thomistes donnent l'expression prmotion physique , il faut rappeler ce qui les a conduits l'adopter. Ils entendent rpondre cette question, nettement pose par saint Thomas, I Ulrum Deus q. cv, a. 5 operelnr in omni oprante. Dieu meut-il toutes les causes secondes leur opration? Ils rpondent d'abord que l'criture ne permet pas d'en douter, puisqu'elle dit Deus operatur omnia in omnibus, I Cor., xii, 6; In ipso enim vivimus, movemur et sumus. Act., xvn, 28. Mme s'il s'agit de nos actes libres, l'Ecriture n'est pas moins affirmative Omnia opra nostra operatus es nobis, Domine, Is., xxvi, 12; Deus est qui operatur in vobis et uelle et perficere, pro bona voluntate, Phil., h, 13. Ces textes scripturaires sont dj si clairs, ils disent si nettement que l'action de la crature dpend de l'influx de Dieu ou de la causalitdivine, que Suarez lui-mme, quoique oppos la prmotion physique, a crit que ce serait une erreur dans la foi de nier la dpendance des actions de la crature l'gard de la cause premire. Disp. met., disp. XXII. sect. i, c. vu. Du point de vue philosophique, la chose n'est pas moins claire de mme, en effet, que l'tre particip, limit des cratures dpend de la causalit de l'tre premier, qui est l'tre mme subsistant, leur action en dpend aussi, car rien de rel ne saurait lui tre soustrait. Il ne s'agit donc pas tant ici de la ncessit ou de l'existence de l'influx divin, sans lequel la crature n'agirait pas, mais de la nature de cet influx et de la manire dont il s'exerce. Nous verrons d'abord, en signalant les erreurs manifestes viter, ce que n'est pas la prmotion physique, pour mieux prciser ensuite ce qu'elle est 1 elle n'est pas une motion qui rendrait superflue l'action de la cause seconde contre l'occasionnalisme; 2 elle n'est pas une motion qui ncessiterait intrieurement notre volont choisir ceci plutt que cela contre le dterminisme; 3 elle n'est pas non plus, l'extrme oppos de l'occasionnalisme et du dterminisme, un simple concours simultan; 4 ni une motion indiffrente, indtermine; 5 elle n'est pas une assistance purement extrinsque de Dieu. Nous verrons mieux ensuite ce qu'est la prmotion physique 1 qu'elle est motion et non pas cration ex niliilo, sans quoi nos actes, crs en nous ex nihilo, ne procderaient pas vitalement de nos facults et ne sciaient plus ntres; qu'elle est motion passivement reue dans la crature et distincte par suite soit de l'action divine qu'elle suppose, soit de notre action qui 2 qu'elle est physique et non pas morale ou la suit par proposition d'un objet qui attire; 3 qu'elle est dite prmotion raison d'une priorit non de temps, mais de nature et de causalit: 1 qu'elle est. par rapport notre libert, non pas ncessitante, mais prdterminante, ou qu'elle est une prdtermination non pas formelle, mais causale, en ce mus qu'elle assure l'infaillibilit intrinsque des dcrets divins et meut notre volont se dterminer tel acte bon dtermin lia dtermination l'acte mauvais tant elle-mme mau-

ment

du pch.
n'est

>.

Poursaint Norbert. P. LefvTe, Essai de bibliographie de saint Norbert, dans L. Goovaerts, crivains, artistes et
1

savants de l'ordre de Prmontr, t. iv, Bruxelles, 1918, p. 367383, o se trouve runie toute la bibliographie se rapportant au fondateur de l'ordre; G. Madelaine, L'histoire de saint Norbert, 3 e d., Tongerloo, 1928, mise au point d'aprs les publications et tudes rcentes. 2 Pour l'histoire gnrale de l'ordre. Outre le livre dj cit de L. Goovaerts, voir Fr. Petit. L'ordre de Prmontr, dans la coll. Les ordres religieux, Paris, 1927; B. Grasll, Die Prmonstrntenser-Orden, dans les Analecla prmonstratensia, t. x, 1934; C.-L. Hugo, Sacri ac candidi ordinis Prmonstntensis annales, 2 vol. in-fol., Nancy, 1734-1736; R. Van Waefelghem, Rpertoire des sources imj>rimes et manuscrites relatives l'histoire et la liturgie de l'ordre de Prmontr, Bruxelles, 1930. Les contributions fournies par la revue historique de l'ordre, les Analecta pramonstratensia, sous forme d'articles, et d'ditions de textes, ont t abondamment ut ilises dans le prsent article. \s. A.

PRMOTION PHYSIQUE.

Km

-- Nous ver-

rons d'abord comment se pose la question de la prmotion physique, puis ce que n'est pas cette motion et ce qu'elle est, en l'expliquant par les lexles mmes de saint Thomas. Nous verrons ensuite quels sont, d'aprs

33

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE N'EST PAS


non pas de Dieu). Nous verrons enfin que
promotion:
elle

vaise, dficiente, vient ce titre


cl

((iinination la fois formelle et


la
s'identifie,

cause dficiente la prdcausale es( antrieure

de

la

selon saint

Thomas,

avec les dcrets divins prdterminants relatifs nos actes salutaires, tandis que la dtermination formelle et non plus causale est celle mme de notre acte libre dj dtermin, et qui reste encore libre aprs sa dt< mination mme, comme l'acte libre de Dieu. L'tude
t

attentive de ces diffrents aspects <\^\ problme est ncessaire pour viter toute confusion, et il convient de remmencer par la partie ngative, car l'expression

prmotion physique prdterminante esl employe le concours simultan et la moi ion indiffrente. II. Ce oui ni. si pas la phi' moi ion physiqi 1 La motion divine ne doit pas tre entendue en ce sens admis par les occasionnalistes, (/ni- Dieu seul agirait en toutes choses, que le feu ne chaufferait pas, mais Dieu dans le feu et l'occasion (\u feu. S'il en (tait ainsi,
prcisment pour exclure
i
i

remarque

saint

Thomas,

I",

q.

cv,

a.

.">.

les

causes

secondes ne sciaient pas causes, et, ne pouvant agir, leur existence serait vaine; leur impuissance prouve lait, en nulle, (pie Dieu n'a pu leur communiquer la dignit de la causalit', l'action et la vie, comme un artiste qui ne peut faire (pie des (envies mortes Iqttod pertineret ad impolenliam creantis). L'occasionnalisme n eue du reste au panthisme, car l'agir suit l'tre et le mode d'agir suit le mode d'tre. Si, donc, il n'y a qu'une action, celle de Dieu, il ne doit v avoir qu'un ilic; les cratures sont absorbes en Dieu; l'tre en gnral s'identifie avec l'tre divin comme l'exige le ralisme ontologiste (lier Malcbranclic et ls intime lient uni dans sa pense a 'oi casioimalisme. Saint Thomas, aprs avoir ainsi rfut l'occasionna lisme de son temps, loc. cit., ajoute que Dieu, qui a cr ci conserve les causas secondes, les applique agir Deus non stiiiim dut formant rbus, sed etiam
I l ;

:i" Par opposition u l'occasionnalisme et au dterminisme, la motion divine sentit elle seulement, comme le Le molinisme veut Molina, un concours simultan'' considre la cause premire et la cause seconde comme deux causes partielles coordonnes d'un mme effet, semblables, dit Molina. a deux hommes tirant un navire: 'l'i/lus quippe effectus et a Deo est et a cousis secundis; sed neque a Deo. neqiir u nuisis seeundis. ut a h, lu COUSa, sed ni u parte causse, quee simul exigit concursum et infuxum alterius non seau ac cum duo Irahunt navim. lin. d de arK. Concordia, q. xvi. a. 13, disp. \.W 1876, p. "iH. De ce point de vue. mme si tout l'effet est produit par chacune des deux causes, en ce sens que l'une sans l'autre ne produirait rien, la cause seconde n'est pas prmue par la (anse premire, le c< ncours de celle-ci est seulement simultan, comme celui des deux hommes qui tirent un chaland, le pre mier n'influant pas sur le second pour le porter a agir. Le concours gnral de Dieu, dit Molina. ibtd., n'est anse Seconde, qui la pas un Influx immdiat sur la prmeuve agir et A produire son effet, mais un influx immdiat sur l'action et l'effet, aoa la cause seconde. n dehors de ce concours simultan, ncessaii tout acte. Molina admet bien une grflee particulire

pour les actes salutaires, mais celle non pas physique, mais inorale, par
propos.

ci

est

une motion
de l'objet

l'attrait

L'auteur de la Concordia reconnat d'ailleurs que cette conception du concours simultan, ni ment lie, selon lui. vi dfinition de la libert thorie de la science moyenne, n'est pas celle de sainl
1
1

Thomas. Aprs avoir expos


anglique,
I

applicat eas ad agendum et est I", q. cv, a. 5, ad .'("" Contr. cent., I. III. c. i.wn; De polentia, q. m, a. 7. 2 Lu nuiiii n divine, qui ne rend pus super f ne l'action t/<s causes secondes, mais lu suscite, ne saurait tre ncei sitante, en ce sens qu'elle supprimerait toute contin gence et toute libert. .Mais, sons l'influx divin, les (anses secondes agissent comme il convient a leur
conservai eus in esse,
finis
</

omnium

actionum.

nature, soit ncessairement, comme le soleil claire et rchauffe, soit de faon contingente, comme les fruits arrivent plus ou moins maturit, soit de faon libre. cemme l'homme choisit. Saint Thomas rattache mme (elle proprit (le la mol ion divine l'cllicacit souve raine de la causalit de Dieu, qui fait non seulement Ce qu'il veut, mais a mme il le Veut, qui nous porte non

seulement
q.

vouloir, mais a vouloir librement;


:

cf.

D.

xix,

a.

Cum

voluntas dtvina

sit

effteacissima,
fteri,
\

non
<i

sniuiu sequilur <iu<><l fiant eu que Deus mil quod co modo fiant 71/0 Deus eu fteri vult.

sed

ult

autem

Deus queedam
sit 0/7/0 in

fteri necessario. qusedam contingenter, rbus ad complementum universi. La motion divine ne supprime donc pas la libelle, mais l'actualise; elle n'enlve (pie l'indiffrence poten tielle. et donne l'indiffrence dominatrice actuelle de l'acte libre. Indiffrence qui dure en lui lorsqu'il est dj dtermin; c'est la seule indiffrence qui soit en Dieu, et qui dure dans Pacte libre immuable par lequel il conserve le monde dans l'existence. C'est de celte indiffrence actuelle (pie parle saint Thomas lorsqu'il dit, D, q. LXXXHI, a. ad :<"'" SU ut nulurulibus nuiI
. :

sis,

movendo

sint

Deus non uu/erl quin actus eurum naturales; ita movendo causas voluntarias, non
eus.
se<l

uu/erl quin uctiuncs eurum siid v<dimturi;i\ hoe in eis fueil : operatur enim in um .qui que

polius

secundum

ejus proprietatem. Cf.

IIP',

q. x, a.

1.

ce qu'a dll le Docteur au suj( di la mot ion div Ine, Molina crit dans la Concordia, ibid., p l~>'J Il v .1 l.i pour moi deux difficults 1. Je ne vois pas ce qu'est, dans les (anses secondes, celle application par laquelle ac.ir. .le pense Dieu meut et applique ces (anses plutt que le feu chauffe sans avoir besoin d'tre m a ae;ir. El j'avoue Ingnuement qu'il m'est trs difficile de comprendre cette motion el application qu'< saint Thomas dans les causes secondes... 2. Vutre diffl selon cette doctrine, Dieu ne concourt pas CUlt Immdiatement fimmediatione tuppositifs) l'action el l'effet des causes sec ondes, mais seulement par fin termdiaire de ces causes, Molina aurait pu trouver la solution de es deux difficults dans un passage bien connu du De potentia de- saint Thomas, q, m, a. T. ad 7 o il est dit qu'il v a aussi une Influence Immdiate de Heu sur l'tre de cllct de la cause- seconde, e.i, celle cl ne l'action ou de saurait tre cause propre de son acte en tant (pi mais seulement en tant qu'il est cet acte individuel, le sien. Dans cet effet, ce qu'il v a de plus universel. comme l'tre relve de la cause la plus universelle, et ce qu'il v a de plus particulier relev de la cause parti Oportel universaliores effectus cullre universaliorti ci prions causas reducere. Inler omnes mitent effectus universalissimum est ipsum sm [, q, \i v .1. :>. L'tre, en tant (pitre des choses, est l'effet propre de Dieu. soit par manire de cration ex nihilo et de conserva lion, soji par manire de motion, ce qui est b- cas de l'tre mme de nos actes, qui taient d'abord en puis sauce dans nos facults. Mais ce qui nous Intresse le plus en ce moment dans l'Objection de Molina. c'est la manire dont celui-ci avoue (pie saint Thomas a admis que la motion divine applique les causes secondes agir, c'est a dire a admis un concours non pas seulement simultan, mais une prmotion, ('.cite expression de prcinotion peut paratre un plonasme, car toute motion vritable a une priorit, sinon de temps, du moins de causalit sur son effet, ici. pour saint l'humas, sur l'action de la cause seconde ainsi applique agir, si les thomistes usent
'.

q.

a. 5,

.1

DICT.

DE

THOI.. CATHOL.

T.

XIII

2.

35

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE N'EST PAS


,

36

du ternie prmotion lier que la motion dont

c'est

uniquement pour mon

ils

parlent est une vraie motion

ticulier L. Billot, Dei.

De Deo

uno, pat. U.c. i,Descienlia


(cf.

qui applique la cause seconde agir, et non pas un simple concours simultan. Celui-ci ne reprscnte-t-il pas l'extrme oppos de l'occasionnalisme et <lu dterminisme ou fatalisme? Si, en effet, le concours divin est seulement simultan, il n'est plus vrai de dire Dieu meut les causes secondes agir, puisqu'il ne les applique pas leurs oprations. Nous n'avons plus, ici, que deux causes partielles coordonnes, et non pas deux causes totales subordonnes dans leur causalit mme, comme l'avait dit saint Thomas, I a , q. cv, a. 5, ad 2 uni et q. xxm, a. 5, corp. Bien plus, Molina dit expressment, Concordia, q. xxiii, Pour nous, a. 4 et 5, disp. I, membr. 7, ad 6 um p. 476 le concours divin ne dtermine pas la volont donner son consentement. Au contraire, c'est l'influx particulier du libre arbitre qui dtermine le concours divin l'acte, selon que la volont se porte vouloir plutt qu' ne pas vouloir, et vouloir ceci plutt que cela. Les causes secondes, loin d'tre dtermines par Dieu agir, dterminent par leur action l'exercice mme de la causalit divine, qui, de soi, est indiffrent. Mais, s'il en est ainsi, il y a quelque chose qui chappe l'universelle causalit de l'agent premier, car enfin l'influx exerc par la cause seconde est bien quelque chose, c'est une perfection pour elle de passer l'acte, c'est mme une perfection si prcieuse que tout le molinisme est construit pour la sauvegarder, et si dlicate que Dieu mme, nous dit-on, ne saurait y toucher. La grande difficult est celle-ci comment la volont, qui n'tait qu' l'tat de puissance, a-t-elle pu se donner par elle seule cette perfection qu'elle n'avait pas? C'est dire que le plus sort du moins, ce qui est contraire au principe de causalit et au principe de l'universelle causalit de l'agent premier. Saint Thomas a pens que, pour rfuter le dterminisme, loin de porter atteinte au principe de causalit, il faut insister sur l'efficacit transcendante de la cause premire, seule capable de produire en nous et avec nous jusqu'au mode libre de nos actes, puisqu'elle est plus intime nous que nous-mmes, et puisque ce mode libre de nos actes est encore de l'tre et relve ce titre de celui qui est cause de toute ralit et de tout bien. Bien plus, disent les thomistes, si le concours divin, loin de porter infailliblement la volont se dterminer tel acte libre plutt qu' tel autre, est dtermin lui-mme par l'influx particulier du libre arbitre s'exercer dans tel sens plutt que dans tel autre, c'est Dieu, dans sa prescience et le renversement des rles
:

Les thomistes rpondent

del

Prado, O.
:

J
I

..

Dr

cette libero arbitrio, t. in. 1907, p. 162) thorie reste solidaire de celle de la science moyenne et
f/rutiii ri

se heurte plusieurs des difficults signales contre la

prcdente. Quelque chose de rel chapperait encore l'universelle causalit de Dieu; une dtermination apparatrait indpendamment de la dtermination souveraine, qui est celle de l'Acte pur, un bien fini
seconde, agirait

indpendamment du Bien suprme, une libert indpendamment de la libert pre-

mire. Ce qu'il y a de meilleur dans l'uvre du salut, la dtermination de notre acte salutaire, ne viendrait pas de l'auteur du salut. Saint Paul dit au contraire Deus est qui operalur in vobis et velle et perficere pro bona volunlate. Phil., n, 13; Quis enim te discernit Quid autem, habes quod non accepisti'.' I Cor., rv, 7. Saint Thomas dira quivalemment en formulant le principe de pr:
'.'

dilection

Comme

l'amour de Dieu est


:

la

cause de

tout bien, nul ne serait meilleur qu'un autre, s'il n'tait plus aim et plus aid par Dieu Ctim amor Dei sit causa bonitalis rerum, non esset aliquid alio melius, si Deus
vellet uni majus bonum quam alleri. I ', q. xx, a. 3. Cette doctrine de la prmotion indiffrente, comme celle du concours simultan, ne peut rsoudre le Dieu dterminant ou dtermin, pas de dilemme milieu. Qu'elle le veuille ou non, elle conduit poser une passivit ou une dpendance dans l'Acte pur, surtout dans sa prescience (science moyenne) l'gard de

non

nos dterminations libres, mme les meilleures, qui, comme dterminations libres, ne viendraient pas de lui. Par rapport elles, Dieu ne serait pas auteur, mais
spectateur.

Pour ces raisons, les thomistes admettent que (Dieu tant cause premire de tout ce qui existe, l'exception du pch) mme l'gard de nos actes libres salutaires, les dcrets divins sont de soi infailliblement
efficaces

ou prdterminants et que

la

motion divine,

sa causalit, au lieu d'tre dterminant, est dtermin; c'est--dire que sa science (moyenne) prvoyant ce que tel homme choisirait s'il tait plac en telles circons-

tances, loin d'tre cause del dtermination prvue, est dtermine et donc perfectionne par cette dtermination qui, comme telle, ne vient nullement de Dieu. Or, il n'y a rien de plus inadmissible qu'une passivit ou une dpendance dans l'Acte pur, qui est souverainement indpendant et ne peut recevoir de perfection de quoi que ce soit. C'est la grande objection contre les thories molinistes de la science moyenne et du concours simultan comme nous l'avons montr ailleurs; Le dilemme .Dieu dterminant ou dtermin, dans Revue thomiste,
et

Dieu, son existence juin 1928, p. 193-211; voir aussi sa nature, 5 e d., p. 849-879. 4 La motion divine serait-elle une prmotion indiff:

rente,

par laquelle Dieu nous dterminerait seulement un acte indlibr, de telle sorte que le libre arbitre.
lui

dterminerait et dterminerait la produire tel ou tel acte libre en particulier? Ainsi l'ont pens certains thologiens, en parpar
seul,
se

motion divine

qui assure infailliblement leur excution, n'est pas indiffrente, indtermine, mais nous porte infailliblement tel acte salutaire, efficacement voulu par Dieu, en produisant en nous et avec nous jusqu'au mode libre de cet acte. Nous verrons plus loin que cet enseignement est pleinement conforme celui donn par saint Thomas, b\ q. xm, a. 5 et 8; q. xix, a. 4; a. 6, ad l 11; q. xix, a. 8; q. lxxxiii, a. 1, ad 3 um I-II, q. x, a. 4, ad 3 um q. lxxix, a. 2; De veritate, q. xxu, a. 8 et 9. Les thomistes n'emploient donc l'expression prmotion physique prdterminante que pour exclure les thories du concours simultan et de la prmotion indiffrente. Si ces thories n'avaient pas t proposes, comme le fit remarquer plusieurs fois Thomas de Lmos, les thomistes se contenteraient de parler comme saint Thomas de motion divine, car toute motion comme telle est prmotion, et toute motion divine, comme divine, ne saurait recevoir une dtermination ou perfection que sa causalit ne contiendrait pas virtuellement. C'est toujours l'invitable dilemme Dieu dterminant ou dtermin. 5 La motion divine est-elle une assistance purement extrinsque de Dieu, ou son action identique a son essence, sans qu'il y ait rien de cr qui soit reu dans la puissance oprative de la crature, pour la faire passer l'acte, par exemple pour faire produire notre volont un acte vital et libre? Quelques thologiens l'ont pens, comme les cardinaux Pecci et Satolli, sous Lon XI fi, ainsi que, aprs eux, Mgr Paquet, et Mgr .lansens. 0. S. H. Ces thologiens enseignent bien, contre les molinistes et les suarziens, que la science moyenne est inconcevable et que l'influx divin ncessaire l'acte libre est une motion intrinsquement efficace. Mais ils ajoutent, en
;

37

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE N'EST PAS


a. 4,
.5.

38

croyant s'appuyer sur Cajetan, que le dcret et le concours divins ne sont pas prdterminants et qu'il n'y a pas de motion cre reue dans la puissance oprativc de la crature pour la faire passer l'acte. Il n'y a pour eux qu'une assistance extrinsque de Dieu. Cf. Satolli, De oprt. dii<., disp. II, lect. 3, et Paquet, De Dru uno, disp. VI, q. i, a. 5. Le P. del Prado, op. cit., t. m, p. 496 sq. et 501-507, montre qu'il n'y a pas de milieu entre la doctrine des dcrets prdterminants et la thorie de la science moyenne la connaissance divine <lcs Futurs libres conditionnels suppose en effet un dcret divin ou elle ne le suppose pas. Si l'on dit, en rejetant la science moyenne, qu'elle le suppose, ce dcret est prdterminant, sans il ne feiait pas connatre infailliblement le futur libre conditionnel, ou futurible. Sans doute, ce n'est pas selon une priorit de temps que ce dcret prcde nos actes libres, mais selon une priorit de nat are et de causalit, et il est mesur lui-mme par l'unique instant de l'immobile ternit. S'ensuit il, comme le dit le cardinal Satolli, ibid., que le mystre est supprim par la dtermination de ce dcret divin? Nullement, disent les homistes, le mystre reste, en ce sens que ce dcret divin prdterminant s'tend jusqu' ce qu'il \ a de plus obscur pour nous, jusqu'au mode libre de nos actes, et Jusqu' l'acte physique du pch sans tre aucunement cause cependant du dsordre qui est dans cet acte. elle il faut en dire autant de la motion divine, qui a gur nos actes, une priorit, non de temps, mais de causalit, el cette priorit de causalit a t admise pu Cajetan, In /'" q. XIX, a. 8, comme par les autres thomistes (Cajetan exclut Ici la priorit le temps et non pas (elle de nature; cf. \. del l'rado, /or. cit.) N'y a t il aucune motion <ri'rr reue dans la cause seconde? Ouclques uns ont pens (pie, par ces mots prmotion physique*, les thomistes voulaient qualifie] l'action Incre de Dieu conue comme en relation a\ ec la ntre. Il n'y aurait pas alors de mot ton l.a doctrine de saint Thomas et de ses disciples est
:

nous jusqu'au mode libre de nos actes. Cf. card. Zigliara, O. P., Summa philosophica : Theol. nat., 1. III, c. iv,

Mais de ce que la cause seconde ne saurait tre indpendante d'une action divine, s'ensuit-il qu'il n'y a aucune motion cre reue dans la cause seconde, et antrieure l'opration de celle-ci selon une priorit non de temps, mais de causalit? S'ensuit-il que la grce actuelle, oprante ou cooprante, s'identifie soit avec l'action incre de Dieu, soit avec l'acte salutaire dont on dit qu'elle est cause? Saint Thomas rpond dans un article o il a trait ex professa et le plus longuement cette question, //
potentia, q. nr, a. 7
piod a Deo ut intentio sola,
lit
:

lit

in re natiirali,

quo

aetu.ilitei agat, est

babeoa esse quoddam Incompletura, pes

in are et \irtns artii In instruRet naturaU potuit enferri vfrtus propria, ut forma m lp permanens, non autem is .pi H ad ut Instrumentum prtnue causas, aist daretui et quod unlversale essendt prinetpium; nec iterum virtuO aatunll content potuit ut moverel letpaam, nec ut conservarel se m

modum quo
mente

colores sunt
i

artifleis...

esse;

mule lieu) patet quod Instrumenta artlficis conXerri non oportull quod operaretur absque motu ariis, |ta ret naturall confeni non potuit quod op< raretur absque operai

lonc divlna.
lie

mme,

saint

Thomas, en parlant de

la

actuelle, distingue la motion divine reue en nous et de Dieu et de nos actes de connaissance et d'amour;
cf.

ex, a. 2, ou il est dit de la L'r.'iee actuelle gratultm Dei voluntatt*..., in quantum anima hominit mooetur a Deo ad aliquid ndum, rel volendum, velagendum. On lit plus clairement encore,
I

'-Il , cp

est effectu

('.ont.

gent.,

1.

[II, c.

<

Mollo mooentls pr
I,

molum
s> i
:

mobills, ratlone

et

cauaalitate, et

III.

wi,

Complementum
c

vlrtultt

agentlt

teeundi

e^t

agente primo. On a object, r. Satolli, De oper. dir., disp. n, lect. celle motion divine ainsi reue diminuerait l'amplitude de la causalit divine, cpii aurait besoin de
.'!
;

trs nette sur ce point.

Ils

enseignent

communment

que l'action mme de Dieu ad extra est formellement immanente et virtuellement transitive (cf. I', q, \\\, a. l, ad 3; Conl. gent., I. II. c. xxiu. l; c, xxi, 3)
qu'il n'y a pas de relation relle <le Dieu nous; II V seulement de la crature a Dieu une relation de dpendance, qui n'est nullement rciproque. ', q. xiti, a. IL'. Ainsi, l'action cratrice est formellement immanente et ternelle, bien qu'elle produise, au moment voulu d'avance par Dieu, un effet dans le temps; cl. ('.ont. gent., I. II, c. XXXV. Tandis que l'action loi mollement transitive, comme la calfaction de l'eau par le charbon incandescent est un accident qui procde de l'agent cl se termine dans le patient, Tact ion divine <"/ extra ne saurait tre un accident elle s'identifie relle ment avec l'essence mme de Dieu; elle est donc foriiiellemenl immanent e, et, sans avoir les Imperfections de l'action formellement transitive, elle lui ressemble pourtant, en tant qu'elle produit un eiiet rellement
et

distinct d'elle, soit spirituel, soit corporel. C'est en ce

sens qu'elle est dite virtuellement transitive, car elle a minemment toute la perfection d'une action Formelle ment transitive, sans avoir les Imperfections essen
I

telles

de
voit

celle

ci.

par l que la motion incre de Dieu ne res semble qu'analogiquement la motion d'un agent cr, laquelle est incapable de mouvoir Intrieurement et infailliblement notre volont choisir ceci ou cela: cf. II, q. ix, a. I; q. x, q xix, a. 8 ; q. cv, a. t, el l.a plupart les objections contre la preniotion divine viennent de ce qu'on conoit l'action divine comme ressemblant univoquement une action cre, laquelle ne peut s'tendre produire en nous et avci
i

Ou

cette disposition dtermine pour produire l'opration de la cause seconde. Et, en outre, il \ a contradiction soutenir que la cause sec onde est elctenni par une dernire formalit et que pourtant elle se dtermine elle mme-. ii t. m, p. tT'.i, rpond a Le P. ciel Prado, op cela ce n'est pas la e.msc premire qui a beseim de cette dtermination reue dans la cause seconde; c'est celle cl cpii a besoin d'tre mue ou applique I agir par la cause' premire. L'amplitude de l causalit' divine n'est nullement diminue par l. car Dieu n'a dk que de vouloir efficacement pour raliser ce qu'il veut. A la seconde difficult, les thomistes rpondent il v aurait certes contradiction a soutenir que la cause seconde libre est dtermine a agir par une dernire formalit qui est son acte mme ei qu'elle se dtermine a tel acte. Mais il ne faut pas confondre la motion qui porte la cause' seconde a agir, avec l'opration de celle ci. La motion, par exemple la grflee elbe .ne, est donne en vue de l'action; elle ne S'identifie pas avec elle. le mme, la calfact ion passi\ de' l'eau par le feu ne S'identifie pas avec Tac-lion epfe\crcc l'eau chaude sur les corps environnants. De plus, nous le verrons mieux dans la suite, l'expression preniotion pie de terminante signifie une prdtermination, non pas
. .
: :

e'

formelle, mais
sique, la

Nous venons de

ausale. voir ce que, selon


n'est

le

thomisme
voit

clasla

motion divine

pas.

On

par

les

'.

deux positions extrmes, dont


au milieu
et

s'loigne, selon les thomistes, la vraie doctrine de saint Thomas, eu s'elcvant

au-dessus

d'elles.

D'une
de
la

motion divine ne rend pas l'activit cause seconde superflue, comme le dit l'occasionpart, la

39
l'actualise.

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE EST


la

'.ii

nalisme, et ne supprime pas non plus

libert,

mais

D'autre part, la motion divine n'est p;is seulement un concours simultan, ni une prmnl ion indiffrente, indtermine, qui devrait recevoir de nous une perfection et dtermination nouvelle non contenue dans sa causalit; elle n'est pas non plus une assistance pure-

ment extrinsque de Dieu. III. Ce qu'est positivement i,a prmotion physique PRDTERMINANTE SELON LE THOMISME CLASSIQUE? Pour le bien entendre, il suflit d'expliquer

par les paroles mmes de saint Thomas les termes motion, prmotion, physique, prdterminante. 1 C'est une motion passivement reue dans la cause seconde pour la porter agir, et, si la cause seconde est vivante et libre, agir vitalement et librement, comme l'a dit saint Thomas, nous l'avons vu. Cette motion, qui, dans l'ordre surnaturel, s'appelle la grce actuelle, est rellement distincte et de l'action incre de Dieu dont elle dpend, et de l'acte salutaire auquel elle est ordonne; cf. la-II 86 q. ex, a. 2; q. exi, a. 2. Sur ce point, tous les thomistes sont d'accord; ils disent, comme par exemple Jean de saint Thomas, Cursus Istamotio non potesl phil., Phil. natur., q. xxv, a. 2 esse operatio ipsa causse creal, siquidem isla motio est preevia ad talem operationem et movet ad illam, non ergo est ipsa actio causai creat, hc enim non potest movere causam ut agentem, sed passum. On peut expliquer cette motion divine reue dans la cause seconde en la comparant la cration passivement considre dont saint Thomas a parl assez longuement, I a, q. xlv, a. 3. Nous ne voulons pas dire, comme on l'a fait parfois, que la motion qui nous occupe soit cration, car nos actes ne sont pas crs en nous ex nihilo, comme l'me spirituelle quand elle est unie au corps; ils sont des actes vitaux, produits par nos facults ou puissances opratives, et ces puissances cres et conserves par Dieu ont besoin d'tre prmues, de recevoir le complementum causalitatis dont nous a parl saint Thomas. La grce soit habituelle, soit actuelle, n'est pas non plus cre ex nihito, mais elle est tire de la puissance obdientielle de l'me, dont
:

passivement considre, elle est la relade constante dpendance de l'tre de la crature l'gard de Dieu. Or, comme l'tre de la crature dpend rellement de l'action divine cratrice et conservatrice, l'action de la crature dpend rellement aussi de l'action divine qui est dite motion. Nous ne disons pas que Dieu cre nos actes d'intelligence et de volont, il ne les produit pas ex nihilo, car ces actes ne seraient plus vitaux, ni libres; nous ne disons pas non plus que Dieu conserve seulement ces actes qui commencent un instant prcis et auparavant n'existaient pas; nous disons que Dieu nous meut les produire nous-mmes vitalement et librement. Pour viter toute quivoque, comme on distingue la cration active et la cration passive, il faut distinguer
continue
tion
et,

relle

ici (cf.
c.

card. Zigliara,
1,
:

Summa

phil., Theol. nat.,

1.

III,

iv. a.

3-5)

deux acceptions semblables du mot

motion 1. la motion active, qui est en Dieu, avonsnous dit, une action formellement immanente et virtuellement transitive; 2. la motion passive, par laquelle la crature, qui avait seulement la puissance d'agir est mue passivement par Dieu pour devenir actuellement agissante; et 3. il y a l'action mme de la crature. en nous l'acte vital et libre de la volont. Cette distinction est faite communment pour expliquer l'influence d'un agent cr sur un autre, par exemple celle du feu sur l'eau. Il y a 1. l'action du feu calfaction active, 2. l'effet de cette action sur l'eau calfaction passive, 3. l'action de l'eau devenue chaude sur les corps qui l'entourent.
:
:

De mme, les objets extrieurs et la lumire influent sur l'il anim, puis celui-ci reoit une impression, similitude de l'objet, et enfin ragit par l'acte vital de vision. De mme encore, notre volont spirituelle, par une action spirituelle, formellement immanente et virtuellement transitive, exerce une influence sur les facults sensitives et sur nos membres pour les porter l'action. C'est ce que saint Thomas appelle Vusus activus voluntatis, I a -II q. xvi, a. 1, suivi de Vusus passivus des facults mues et enfin de l'acte de ces
,

elle

dpend

comme
De

q.

exin,

a. 9, et

accident. Cf. saint Thomas, IA-II 86 , virtutibus in communi, a. 10, ad 2 u:r

>

et 13>".

Mais si la motion divine dont nous parlons n'est proprement parler, cration, elle ne peut provenir que de la cause cratrice, seule capable de produire tout l'tre d'un effet donn et toutes ses modalits,
pas,

immdiatement produit, licit par elles, impr par la volont. 11 ne faut donc pas confondre la motion divine passivement reue dans la cause seconde, ni avec la motion divine active qui est Dieu mme, ni avec l'opration produite par la cause seconde. Or, cette confusion est faite par ceux qui disent
facults, acte
et

Saint Thomas dit ce sujet, dans son commentaire du Perihermenias d'Aristote, Voluntas divina est intelligenda ut extra 1. I, lect. 14 ordinem entium existens, velut causa qusedam perfundens tolum ens et omnes ejus difjerenlias : sunt enim difjerenti entis, possibile et necessarium, et ideo ex ipsa voluntate divina originantur ncessitas et contingenlia in rbus. Cf. Comm. in Metaph., 1. VI, lect. 3; et I a q. xix, a. 8. De plus, bien que la motion qui nous applique agir, ne soit pas cration, elle lui ressemble plus d'un titre. Il y a analogie entre la cration active et la motion active et aussi entre la cration passivement considre et la motion passive par laquelle la cause seconde est, comme le dit saint Thomas, applique agir. Voyons en quoi consiste cette double analogie. Si la cration activement prise est une action divine ternelle, formellement immanente et virtuellement transitive, la cration passivement considre est la relation relle de dpendance de la crature, qui arrive l'existence, l'gard du Crateur, creatio importt habiludinem creatur ad Creatorem cum quadam novitate, seu incptione. I a , q. xlv, a. 3, ad 3 ll[n De mme, la conservation activement prise est l'action cratrice
soit ncessaires, soit libres.
:

Satolli (loc. cit.) : la volont ne peut tre prdtermine par Dieu agir et se dterminer encore elle-mme cet acte. Il y aurait contradiction, si la volont recevait de Dieu son acte volontaire tout fait, comme cr ex nihilo; alors elle ne pourrait plus le produire. Mais ce qu'elle reoit, c'est seulement une motion passive, par laquelle elle est applique agir, selon sa nature, c'est--dire vitalement et librement. Cette motion ne peut d'ailleurs lui tre donne par aucun esprit cr ou crable, si puissant soit-il, mais seulement par Dieu, auteur de sa nature et de son inclination au bien universel, par Dieu qui la conserve dans l'existence et est plus intime elle qu'elle-mme. Comme le note Zigliara, loc. cit., lorsque les adversaires de la prmotion physique objectent contre elle, ils prennent gnralement dans un sens actif ce que les thomistes prennent dans un sens passif, ils confondent la prmotion physique soit avec l'action divine incre, qui ne saurait tre reue en nous, soit avec notre action nous, qui suppose la prmotion au lieu de s'identifier avec elle. Les thomistes dfinissent communment la motion que reoit notre volont motio divina. perquam voluntas nostra de potentia volendi reducitur ad actum volendi: cf. Zigliara, loc. cit. Ces derniers mots ad actum volendi
:

comme

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE


ne signifient pas que Dieu produit en nous, sans nous. de vouloir, mais que notre volont est mue par lui produire elle mme vilalement cet acte qui s'appelle volition. El donc, comme le remarque Zigliara, ibld., l'acte auquel la volont est rduite passivemenl par la motion divine, n'est pas son opration t>it>iie et libre, comme le supposent les adversaires de cette doctrine, c'est le mouvement OU l'impulsion, dans l'ordre surna turel. c'est lu grce actuelle efficace sous laquelle elle produit son acte, qu'il s'agisse soit de son premier acte dj vital, mais non pas dlibr, soit des actes postrieurs qui terminent une dlibration discursive C'est ainsi (pie la grce actuelle efficace, qui porte notre acte premier Volont a l'acte salutaire, esl appele prochain et l'acte salutaire lui mme est appel acte mme s'il s'agit de l'acte salutaire initial. second De mme que l'eau ne chauffe que si elle est chaul toute cause seconde, notre volont par fe, ainsi exemple, n'agit que si elle est prmue par Dieu, cause suprme; autrement ce quelque chose le rel qu'est le passage l'acte, requis pour la production de nos actions vitales et libres, sciait soustrait a la causalit universelle de Dieu, qui s'tend tout ce qu'il y a de rel et de bon en dehors de lui. C'est seulement par la contusion de ta prmotion physique avec notre acte volontaire, (pion peut dduire que notre volont, sous cette motion dclare Conforme a sa nature, n'est plus matresse de son
l'acte
,

ESI

42

entend mme ce qui est prrequis d'une simple priorit de causalit ( savoir la motion divine et le dernier jugement pratique qui prcde l'lection volontaire), alors la dfinition n'est plus vraie que grce a une dis sous la motion divine efficace qui s'tend tinction jusqu'au mode libre de nos actes, notre volont, en
:

posant l'acte efficacement voulu par Dieu, fjarde, raison de son amplitude illimite, spcifie par le bien universel, /'/ puissance relle de ne pas le poser et de poser mme l'acte contraire I rem i art potentia ad oppo situai); mais il ne se peut pas. que, sous la motion divine efficace, la volont omette 'le /ait l'acte efB
fait l'acte contraire. Saint Thomas est formel sur ce point, il sullit de citer entre autres textes celui de la I a q. \. a. i. ad Si Deus movet voluntatem ad aliquid, incompossibile est haie positioni quod volunlas ml illud ami mooeatur. Son
1 1
.

ment voulu par Dieu, ou pose de

lumen est iiapossilule quod volunlas " !>

siaiplii lier,
tsilate

l'aile

non tequilur
Bafie?

mooeatur.

n'a rien dil de plus fort.


Il n'v a plus l'indiffrence potentielle ou et. ni la facult avant de produire son acte, il v a l'indifft actuelle de l'acte lui mme dj dtermin, qui s.- porte avec indiffrence dominatrice vers un bien particulier
i

absolument disproportionn avec l'amplitude un


de la volont spei alle par le bien universel. I. ne cesse pas d'tTO libre, pan e qu'il esl dtermine. autrement aucun des actes de la volont divtni sciait plus libre, puisqu'ils sont tous dtermines ub terno et immuables. L'indiffrence potentielle n'es) pas de l'essence (le la libert, elle ne se retrouve pas dans la libert divine, ou il n'v a que l'indiffn actuelle de Vcte pur a l'gard de tout bien fini; elle ne se trouve pas non plus dans nos actes les plus libres. qui restent encore libres aprs leur dtermination. preinohoii indique don.- une prio I. 'expression rite, non de temps, mais seulement de raison
selle
l

acte.

2 lui quel sens lu motion divine es/ elle dite

prima

Hun?
t

tre nui sont corrlatifs et simul ans, il n'j a l'us priorit de temps, de la moi ion active BUT la motion passive, elles existent au mme instant.
et

Mouvoir

car c'est la mme chose qui est produite par le moteur cl qui esl reue dans le mobile, a savoir le mouvement
qui
cl.
Ie<
i

procde du moteur
saint
I,

et

qui esl

dans

le

Thomas,
11.

la

Physkam

Aristotelis,

mobile; i. ni.

n.

donc carter les imaginations qui repr prmotion physique comme une entit qui, a la manire d'une petite manivelle mise par Dieu dans noire volont, prcderait dans le temps notre acte volontaire Molio movenlis prsecedit molum mobtlis,
il

faut

sentent

la

causalit, el si cette priorit n'exislail pas, Un') aurai) plus motion, mais seulement concours limultam dit Molina, celui que se prtent deux hommes tirant

un chaland, le premier n'influant pas sur le se chacun exerant son action sur le bateau lui mni n'est pas ainsi que Dieu conc nul a la. lion de la
i
,

raiione

ri

causalilate. Cont. gent.,

I.

1,

<

<

Il

n'v

a Ici qu'une priorit de causalit, comme lorsqu'il s'agit du dcret ternel, suprieur au temps, dont la motion

div
il

me

assure Trxclil ion. Mais,

s'il

s'aiiit

de ce

ilec

ni.

est

mesur par l'unique instant de l'immobile

ter-

correspond, sans changer, a tOUS les instants Successifs du temps, comme le sommet d'une pyramide Correspond a tous les points de sa hase et a chacun de ses ents. S'il s'agit de la mol inn revue dans la volont cre, elle esl reue au mme instant du temps mi laite volontaire est produit. Chez l'ange, c'est un temps discret, mesure de ses actes successifs, qui n'ont rien voir avec le mouvement du soleil chei l'homme, c'est le temps continu (\u joui' et de l'heure, a raison du mouvement sensible de l'imagination cl de l'Orga nisine. qui accompagne nos actes Intellectuels cl
nit, qui
:

seconde, car il applique elle a produire sans quoi cet te ralit, qui esl le p l'tal d puissance inaclive a la production de la. le. soustraite a la causalit universelle de Dieu. ,'i" Lu prmotion s/ dite physique, non pas par oppo si n a mtaphysique ou a spirituel, mus par oppo sition a la motion morale, qui s'exerce par manire d'attrait objectif, attrait d'un bien propose a la
.
i

<

ii

volontaires.

hoiu.is a souvent distingu es deux motions. quoad specifteationem actus qui vient d.- l'objet ou de la lin, el celle quoad e.renilium aCtUS, .pu vient de l'agent, par exemple. II B in.liq II , q. x a. 2 celle distinct ion eu particulier v a. I. ou il esl q. dit que Dieu meut toute cause seeonde. 1. Comme fin dernire, car toute opration est pour un bien vrai ou apparent. est une similitude participe du solive
I .

olont. Saint

celle

'.

On
libre,

voit

par

que

la

prniolioii physique

cl

l'acte

qui la suit au mme instant, ne dpendent pas Infailliblement de ce qui les prcde dans le temps, c'est fc-dire dans le pass, mais seulement de ce qui les

prcde dans le prsent toujours Immuable fnunc sinus de l'ternit, qui est la mesure des dcrets divins. Aussi les thomistes ne peuvent ils admettre sans distinction la d lin il ion moliuisle de la libert facultas qua prasupposilis omnibus ad agendum prssrequisitis, udhuf potest agere net non agere. Si par prsesupposiiis omnibus ad agendum prserequtsitis on entend seulement ce qui est prrequis d'une priorit de temps, cette dfinition est absolument vraie: mais si, par ces mots, on
i
:

nient suprme, par la agent subordonn. Utroque modo proprium esl Deo ia tre voluntatem, sed maxim secundo modo interius eam inclinando. Ibid., cf. ad A l'article prcdent, saint 'bornas explique ces deux genres de motion par rapport l'intelligence el la volont en disant que ces facults sont mues el pai l'objet qui leur esl propose et quant a l'exercice de leur acte par Dieu. Saint Thomas ajoute que Dieu seul vu face face peut attirer invinciblement notre volont, parce que lui seul est adquat a sa capacit d'aimer. r ii'.q. x, a. 2. Quant la motion quoad extreitium, la volont ne peut la recevoir que d'elle mme, d'un
rain bien, qui est
I

>icu. J.

Comme

vertu duquel opre tout

43

PR MOT ION PHYSIQUE. CE QU'ELLE KST


admettent gnralement
rante dont
il

acte antrieur, et de Dieu, qui seul a pu la crer de rien avec l'me spirituelle et l'ordonner au bien universel. L'ordre des agents doit en efet rpondre l'ordre des
fins; cf.

qu'il s'agit ici

de

la

grce op-

est parl plus loin,

WI*,

q. cxi, a. 2.

Nous
les

allons voir qu'il en est ainsi en expliquant plus

[a-Il, q. ix, a. 6.

loin les trois propositions


trois
:

On s'explique alors que Dieu, en mouvant ainsi notre volont, interius eam inclinando, ne la violente pas, car il la meut selon son inclination au bien universel, il actualise en elle cette inclination gnrale et la porte fortement et suavement se restreindre ellemme, avec une indiffrence dominatrice, tel bien parvoulu ainsi librement en vue du bonheur, puisque l'homme veut naturellement tre heureux et cherche la batitude en tout ce qu'il veut. Au mme endroit, I a, q. cv, a. 4, ad 3 um saint Thomas note que nos actes ne seraient ni libres, ni mritoires, si la volont tait mue par Dieu de telle sorte qu'elle ne se mouvrait nullement elle-mme; mais il n'en est pas ainsi. Per hoc quod voluntas movelur ab alio (a Deo), non excluditur quin moveatur ex se, ut dictum est, et ideo per consequens non tollitur ratio merili
ticulier,
,

meut

du texte qui nous occupe par modes principaux selon lesquels Dieu nous 1. avant la dlibration vouloir le bonheur en
:

vel demeriti. Ibid.

Ce dernier point est expliqu o que la volont, en tant qu'elle veut la fin, se meut vouloir les moyens. Saint Thomas remarque, ibid., a. 6, ad 3 U1 ", que, si la volont ne pouvait se mouI a -II*, q. ix, a. 3,
il

est dit

si elle tait seulement mue par Dieu, ne pcherait jamais. Mais, sous la motion divine qui le porte vouloir le bonheur, l'homme par la raison se dtermine (dans l'ordre des causes secondes) vouloir ceci ou cela, un vrai bien ou un bien apparent. Cependant, Dieu meut parfois spcialement certains vouloir tel bien dtermin, comme il arrive en ceux qu'il meut par sa grce. Voici ce texte sur lequel on

voir elle-mme,

elle

aprs la dlibration : vouloir tel bien particulier sur lequel nous avons dlibr; si l'acte est surnaturel il se produit ici sous la grce cooprante; 3. au-dessus de la dlibration, par l'inspiration spciale du Saint-Esprit, qui est une grce oprante tels sont les actes des dons du Saint-Esprit. Plusieurs molinistes reconnaissent que, selon saint Thomas, en ce dernier cas, il y a prmotion prdterminante, mais ils ajoutent alors l'acte n'est plus libre, ni mritoire; cf. P. de Guibert, S. J., ludes de thologie mystique, Toulouse, 1930, p. 170. Saint Thomas tient au contraire que les actes des dons du SaintEsprit, par exemple du don de pit, sont libres et mritoires; cf. I a -II 1E q. lxviii, a. 3, corp. et ad 2 a,n Les dons nous disposent prcisment recevoir de faon docile et mritoire l'inspiration spciale du Saint-Esprit. Ainsi la vierge Marie fut porte fortiter et suaviter, dire infailliblement et librement son fit le jour de l'annonciation en vue de l'incarnation rdemptrice qui devait immanquablement arriver. 4 En quel sens la prmotion est-elle dite prdterminante, quoique non ncessitante, c'est--dire quoique conforme la nature de notre volont libre, qui doit rester matresse de son acte? Il s'agit ici d'une prdtermination non pas formelle, mais causale; cf. card. Zigliara, Summa phil., Theol. naturalis, 1. III, c. iv, a. 4, 6. Les molinistes disent
gnral;
2.
: :

beaucoup

crit

Deus movet voluntatem hominis, sicut universalis motor, ad universale objectum voluntatis, quod est bonum, et sine hac universali motione homo non potest aliquid velle; sed homo per rationem dtermint se ad volendum hoc vel illud, quod est vere bonum vel appareils bonum. Sed tamen interdum specialiter Deus movet aliquos ad aliquid determinale volendum, quod est bonum, sicut in his quos movet per gratiam, ut infra dicetur. I a -Ipe, q. ix, a. 6, ad 3um.

gnralement si Dieu par sa motion dtermine la volont vouloir ceci plutt que cela, elle ne peut plus ensuite s'y dterminer elle-mme. C'est confondre la prdtermination causale, qui nous porte suaviter et fortiter nous dterminer, avec la dtermination formelle, qui est celle mme de l'acte volontaire dj dtermin, et qui suit l'autre selon une postriorit non de temps, mais de causalit.
:

Des molinistes ont prtendu, d'aprs ce dernier texte, que pour saint Thomas la motion divine n'est pas prdterminante, et que, sous une mme motion qui porte vouloir le bonheur, tel homme ferait un acte bon (au moins naturellement bon, aclum ethice bonum), tandis que tel autre homme pcherait.
Cette interprtation se heurte bien des textes de saint Thomas, d'abord au principe de prdilection plusieurs fois formul par lui, et d'aprs lequel l'amour de Dieu tant cause de tout bien, nul ne serait meilleur qu'un autre, s'il n'tait plus aim et plus aid par Dieu . I a q. xx, a. 3. Or, dans l'interprtation moliniste du texte del Ia-II 86 dont nous parlons, il arriverait que de deux hommes galement aims et aids par Dieu, l'un deviendrait meilleur que l'autre, par exemple par cet acte naturel moralement bon, qui consiste payer ses dettes. Il deviendrait meilleur sans avoir plus reu de Dieu; il ne dpendrait pas de la cause libre de tout bien, que plus de bien soit en cet homme plutt qu'en
,
,

Des auteurs, comme L. Billot, S. prmotion physique, mais nullement


tion.
loc.

J.,

admettent

la

la

prdtermina-

Et pourtant, comme

le disait le

cardinal Zigliara,

prmotion et prdtermination dsignent la mme chose, mais prmotion, par rapport la toutepuissance, et prdtermination par rapport au dcret
cit.,

prdterminant de

la volont divine.

La volont

divine

prdtermine que tel acte salutaire, par exemple le fit de Marie, la conversion de saint Paul, celle de Madeleine ou celle du bon larron, sera accompli dans le temps, tel jour, telle heure, et qu'il sera accompli
librement, puis la toute-puissance meut la volont humaine ab intus, sans la violenter en rien, pour assurer l'excution de ce dcret. Saint Augustin a crit dans le De gratia et libero arbitrio, c. xvi et xvn Certum est nos mandata servare si volumus... Certum est nos velle cum volumus, sed ille (Deus) facit ut velimus bonum, de quo dictum est : Deus est qui operalur in vobis et velle et perficere (Phil., n, 13). Certum est nos facere, cum facimus, sed ille facit ut faciamus, prbendo vires efficacissimas voluntati, qui dicit : Faciam ut in justificationibus meis ambuletis et judicia mea observetis et faciatis. (Ez., xxxvi, 27)... Quoniam ipse, ut velimus, operatur incipiens, qui volentibus cooperalur perficiens. La motion divine reue dans la cause seconde est prdterminante en tant qu'elle assure infailliblement l'excution d'un dcret divin. C'est une prdtermination causale et non formelle, tandis que celle du dcret est la fois formelle et causale; enfin, la dtermination de notre acte volontaire dj produit est formelle et non causale; mais, comme nous l'avons dit, loin d'exclure
:

cet autre.

Du reste, cette interprtation moliniste est contraire bien des textes formels de saint Thomas (cf. I a -II , q. x, a. 4, ad 3 unl ) et la fin mme du texte dont nous parlons, o il est dit Sed tamen interdum specialiter
:

Deus movet aliquos ad aliquid determinate volendum, quod est bonum, sicut in his quos movet per gratiam, ut
infra dicetur.

Les commentateurs de saint Thomas, tels Billuart, Cursus theol., De actibus humanis, diss. III, a. 3; del Prado, De gratia et libero arbitrio, t. i, p. 23C; t. n, p. 256, 228; Garrigou-Lagrange, Dieu, p. 414, 486,

4!

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE EST

16

l'acte libre dj

l'Indiffrence dominatrice actuelle, elle l'implique, car dtermin reste libre, mme l'acte

voluntatis... Cognoscit initur Deus et cogitationes et alTectiones mentis. Cf. Quodl., xn, a. 6.

immuable de la libert divine reste libre malgr son immutabilit. Voici ce qu'en dit saint Thomas. Conlra
gnies,
1.

saint

Tous ces textes du Conlra gnies montrent que, pour Thomas, la motion divine, qui nous porte aux

III, c.

i.xxxvm,

fin

Deus potest movere voluntutem per modum sentis absque violentia, linc c-st quod <licit in 1. l'rov., xxi, 1 Cor rri/is in manu Hci el quoeumque volaerit, inclinabit illud;
Soins
I
:

et l'Iiil., ii,

13

Deus
:

esl

qui operaiur in nobis

et velle et perfi-

riff

jirti

Iiduu voluntaie.

vero non intelligentes quallter nobis causare possit abique prsejudicio libertatis voluntatis, conati sunl ha auctoritates nuilc exponere, ut sciliect dicerent quod Deus causal m nobis velle et perfleere in quantum dut nobis vtrtittem illud, VOletldi, non autem sic, quod /uciut nus elle ROC ri ilcul Origenes exponil in tertio Periarchon, Uberum arbiiiinm defendena contra auctoritatea praedictas... Quibui quidem auctorttatibus sacra; Scriptursc resistitur evidenter. Dltitur enim (Is., xxvi, 12) Omnia opra nustru operalus et in nobis, Domine. (Jnde non soiuin Miiutein volendl > Deo habemus, sed etiam operationem. Praeterea, hoc Ipsum Quoeumque ooluerii quod Salomon dlcit (Prov., xxi, D inclinabit illud, ostendlt non solum divlnam causalitatem sed voluntatis etiam ad actum extendl, ad potentlam ipsins... Oportet i^iiur quod in iplrltualibus omnis motus voluntatis a prima voluntate causetur.
Ibid., e.

lxxxix

Quidam
in

motum

voluntatis

Deus

actes libres salutaires, est une motion quoad exercilium ou physique, qui, par elle-mme et infailliblement, nous incline, sans nous violenter, a cet acte libre plutt qu' cet autre, cela parce que la causalit divine s'tend jusqu'au mode libre de nos actes, qui est encore de l'tre. C'est dire que, pour lui, la motion divine est prdterminante, quoique non ncessitante. C'est la mme doctrine qu'il expose dans le De veritate, q.

xxn,

a.

Deus vnluntatem imniutare ex hoc quod ipse in voluntate operatur ut natura unde sieut omnis actio naturalil est a Deo, lia omnis actio \oluntatis m quantum est actio, non solum est a voluntate ut immdiate Bgente, -! a DM ut a primo ameute, qui \ chementms imprimit; umlt
l'otesl
:

SiCUt
et

vnluntas potest unmiitare aitiun -.1111111 in alto ampliUS Deus. Ce texte est clair la volont humaine comme cause
iniillo
: I

Ibid., c. xc, lui


fuie, c.

Damascemu

xxx, quod ea quK sunt

non prdterminai (hsec gatur i'a qu sunt in noliis dtvtnm provldenlim iii ii rminationi non este subjecla i/nnsi ub tu ncessitait in acciptentta.

in l. II. De urtimii. Deus pnenOM it. seil verba) exponenda sunt. ut Intelll

d!cit

iu noliis

Cette interprtation que Bainl Thomas donne de ce texte de saint Jean Damascne contient l'assertion de la prdtermtnalion non ncessitante comme doctrine

Thomas, autrement, il admettrait purement et simplement L'expression de Damascne non prdtermint. Dans in construction de la phrase de saint Thomas le non porte directement sur i/inisi, c'est--dire que nos lections ou actes libres sont sou mises la dtermination de in Providence, sed non
propre de saint
quasi ab ea necessttatem acciptentta. lui d'autres termes, Mile prdtermination est non ncessitante, car elle s'tend Jusqu'au mode libre de nos ai tes. qui. tant de l'tre, tombe sous l'objet adquat le lu toute puis sauce, en dehors duquel il u v a que le mal. provenant de la cause dficiente, cf. De verttate, q, \ a. 5, ad
<
.

seconde se dtermine a tel ai e libre; donc, il,i et milita ampltUS DetlS, Dieu comme cause premire, qua vehemenlius imprimit, la porte infailliblement dterminer u tel acte libre plutt qu' tel autre; ainsi il est caUSe de la conversion de saint Paul, de telle de Madeleine, ou du bon larron. (,f. ibid., q. wii. a. 9; et aussi Comment in 1. l Demalo, q. vi. n. c ad :( 1. Perihermenias, lec. Dans tons ces textes on voit que. pour s. mit 'I homas, la causalit divine s 'tend jusqu'au mode libre de nos dterminations, de sorte que tout ce qu'il J .1 de rel, de bon en elle, dpend de Dieu minine de la CaUAI mire, et de nous connue de la cause seconde. I.u CC sens, la motion divine est prdterminante I non
'

ncessitante.

le caractre de prdtermination
I

est

partlculli

nient affirm par saint bornas, dans son sur saint Jean, lorsqu'il explique le
| :

comment aire

vangile, o 11 est dit, In Joa., n, i nonduun venit hora nirn : liilrlln/iliir Imrn passtonis, itbl, non tx nrerisxUitr sed lecundum divlnam providentiam, dctermlnala. Il s'agit manifestement ici d'un dcret de la volont divine dterminant et infaillible, mais ,,,,/, ncessitant. De mme, In Joa., vn, 30 Quserebanl apprehen:

dere
Electlones voluntatum Deo disponuntui (id est non medlantl us angelU)... Soins liens nostrarum voluntatum et tlection mu causa est.lbid.,c.xi n, 1 iQuamvis autem Deus solus directe ad electlonem homlnii operetur, tamen actio angell
l.

ri

nrmn

nu-.it

Contra amiis,

lis.

c mi

mm

(Hum manus, quia nondum

vnrai

et

motus Immdiate

operatur aliquid ml electlonem hominii per


suasionis.

modum

pei

(ipciatin angell et COiporis CSBlestls esl solum sieut (lisponeiis ail elei ionein opeialio autem Del esl sieut perflciei s... Non seinper lionio dpit iil quod ange
S
:i
:

^itntr hora ejus Intelligenda est hor\ fatali,sedatota Trinilate prstftnita. Volrencore/n xiii. V irns JeSUt i/ntii tnil non ejUS ni tr.ins, hoc mundo mi Patrem Ne est intelllgenda hora falalis, quasi lubjecta iiir^m et dlsposilionl sttllarum, sed determinata dispositione ri provtdenlia divina. Et encore In Joa XVII, Pater venil hora; ctat \n hora fatalls necessltalls, Filium iiniin
I
:

custodlene Intendit, neque illud ad quod corpus cseleste inclinai; semper tamen hoc homo eligit, quod I eus operatur in ejua voluntaie. Inde custodia angelorum Interdum cassa lui,... divina vero pro\ idcnlia se m per est Mima. S 10, lin Ex iina divina dispositione potest homo ad omnia dirini (c'est ce qui anive elle/ les prdestins). Conlra gnies, I. III, c. xciv, Inter partes autem tolius universl prima dilcrcnlia apparel secundinn conliii Hens et necessarium... C.adit IgltUT sub online divina prov dentire non solum hune cITccliun esse, sed hune cllcclum esse contingenter, allum vero necessario. Ibid,. s Est divina providentla per se causa quod hic elTectus contingenter provenlat, et hoc cassaii non potest. Providit Deus illud esse futurnin contingenter, S il sequitur ergo Infallibillter quod erit contingenter et non Sic omnia sunt a Deo provisa, ut per necessario. 13 nos libre liant... Ad ejus provldentiam pcrliuct ut causas
lus
:

s;

'.i

ordinationts et benepiaciti. Dans tous ces texte-, il s'agit iii.inilcst cmcnl d'un dcret divin Infaillible prdterminant, qui porte rai l'heure de .lesus. et par la nicnic sur l'acte libre qu'infailliblement il devait poser en voulant mourir pour notre salut. Il s'auit aussi du dcret permissif relatif au pch de .ludas qui avant celte heure ne pouvait pas nuire a Not re Seigneur.

A. d'Als, Dt'cf. apo /..ni Prdtermint ion physique) que l'expression Deus non ex net essilale pra dterminai n'est pas clic/ saint Thomas. les textes du commentaire sur saint Jean portent au contraire que l'heure de .lesus.
vidence, appendice
:

On a prtendu (cf.

defectibiles

quandoque
i

sinat

defleere,

quandoque

eas

Omnia Igitur Deus cognoscit, suam essentiaiu cognoscendo, ad qu sua causalltas extenlitur. Extenditur autem ad operationes inlellectu- cl
xvjn
:

defectu conservet. Voir aussi. 1. I, c.

celle de son acte libre d obi a ion .1 (1ctl1sc111.ini et celle de la trahison de Judas, tait non CX nrrrssitnlr u I ' determinata et prssflnita. l'est la mme doctrine que nous trouvons enfin dans la Somme thologique de saint Thomas, et sous a tonne dfinitive qu'il lui a donne. Nous ne citerons
t (

PRMOTION PHYSIQUE. CE QU'ELLE EST


i|u<- les principaux textes l\ q. xix, a. Efleclus determinati ab inflnita ipsius (Dei) perfectione proce: i
:

\\

un aspect,
I

cl

non bon sous un autre.

'-I

'

q. x, a. 2.

diint

secundum determinationem

voluniatis

et

intellectus

Voil le dcret ternel prdterminant. Com ment sauvegarde-t-il notre libert? Saint Thomas l'explique dans le texte fondamental auquel il faut toujours revenir I '. q. xix, a. X Cum Vllinlas divina sil effleacissima, non solum sequilur quod fiant ea qu.se Drus vult fteri, sed quod eo modo fiant quo Deus ea fieri vnlt; l'uii aulem qusedam fteri necessario, qusedam contingenter. Saint Thomas, ibtd., se fait cette objection, <|iii sera toujours renouvele par les molinistes Omnis causa quse non potest impediri, ex necessitalc suum effectuai producit... Sed voluntas Dei non polcsl impe diri, dicit enim Apostolus (Rom., ix, 19) Volunlali enim ejus quis resistit? Ergo voluntas Dei imponit rbus t'olilis necessitatem. Au lieu de rpondre par la prvision divine de notre dtermination libre, comme le feront les partisans de la science moyenne, saint Thomas rpond ibid., ad 2''" Ex hoc ipso quod nihil volunlali divinse resislit, sequitur quod non solum fiant ea qu Deus vull fieri, sed quod fiant contingenter vcl necessario, qu sic fieri vult. C'est ce que nous avons dj lu dans le Contra gnies, 1. III, c. xciv, 11. Ce texte exprime, aussi clairement que possible, que l'efficacit intrinsque et infaillible des dcrets et de la motion de Dieu, bien loin de dtruire la libert de nos actes, la fait, car cette efficacit s'tend jusqu'au mode libre de ces actes, qui est encore de l'tre. Saint Thomas dit de mme Ia q. lxxxiii, a. 1, ad 3 um Deus est prima causa movens et nalurales causas et voluntarias. El sicut naluralibus causis, movendo eas, non aufert quin actus earum sint naturales, ita movendo causas voluntarias, non aufert quin actiones earum sint voluntari, sed potius hoc in eis facit : operatur enim in unoquoque secundum ejus proprielatem. Ailleurs, I, q. xxm, a. 1, ad l" m saint Thomas explique, comme il l'a fait dans le Contra gentes, 1. III, c. xc, fin, les paroles du Damascne Prcognoscit Deus ea qu in nobis sunt, non aulem prdtermint ea. Brivement saint Thomas rpond Damascenus nominal prdeterminalionem impositionem necessitatis, sicut est in rbus naluralibus, qu;v sunl prdeterminat ad unum. Quod patet ex eo, quod subdit : Non enim vult maliliam, neque compellit virtutem. Unde prdestinalio non excluditur. Ce texte montre que saint Thomas, en excluant la prdtermination ncessitante, admet la prdtermination non ncessitante qu'implique ses yeux la prdestination. Voir encore I a, q. xxm, a. 6 Prdestinatio ccrlissime et infallibiliter consequitur suum effeclum, nec lamen imponit necessitatem. A la lumire de tous ces textes, on peut voir facilement le sens de ceux qui se lisent I a -II', q. x, a. 4, corp. Quia voluntas est activum principium non delerminatum ad unum, sed indifjerenler se habens ad milita, sic Deus ipsam movet, quod non ex necessitale ad unum dterminai. Dans toute cette question x. a. 1, 2, 3, saint Thomas a employ l'expression non ex necessitalc movere en ce sens mouvoir sans ncessiter: c'est dans le mme sens qu'il dit ici non ex necessitate ad unum dterminai, comme il l'a dit dans les textes du Commentaire de saint Jean, cits plus haut. Partout il est question d'une prdtermination non ncessitante, qui s'tend jusqu'au mode libre de nos actes. Saint Thomas redit ici mme, D-IT 1 q. x, a. I, ad 1> Voluntas divina non solum se extendit, ut aliquid fit per rem, quam movet; sed ut etiam eo modo fit, quo congruit natur ipsius. Et ideo magis repugnaret divinse motioni, si voluntas ex necessitate moveretur, quod sus natur non compelit, quam si moveretur liberc, liront compelit sue natur. C'est--dire que Dieu ne peut par sa motion ncessiter la volont vouloir un bien particulier qui lui est prsent comme bon sous
ipsius.
: :
:

objet, absolument inadquat l'amplitude universelle de la volont, spcifie l'acte libre, en vertu du principe les actes sont spcifis par leur objet, et donc
tel
:

l'acte de volont, ([ni se porte sur

un bien particulier propos par l'intelligence Stlb indifferentia judicii, ne peut tre que libre. C'est, pour saint Thomas, la dfinition mme de l'acte libre. I -II ', q. x, a. 2; tandis que la dfinition moliniste de la libert fait abstraction de l'objet spcificateur, en disant Libertwi est facilitas qu, positis omnibus ad agendum prrequisilis, potesl agere vel non agere. Les thomistes, considrant que l'acte libre, comme tout acte, est spcifi par son objet, disent comme le concile de Trente .sous la motion divine efficace, la volont conserve la puissance de rsister: elle peut rsister si elle le veut, mais sous la grce efficace elle ne le veut jamais, comme Socrate assis peut se lever, mais n'est jamais en mme temps assis et debout. Ils enseignent mme communment Implicat voluntatem, stunte judicio indifferenti, necessitari a molione divina ex se efficaci (cf. Filluart, Cursus Iheol., De actibus humanis, diss. II, a. 5). Comme la volont ne peut vouloir un bien inconnu, qui ne lui est pas propos par l'intelligence, de mme, elle ne peut vouloir un bien autrement qu'il ne lui est propos; elle ne peut vouloir ncessairement ce qui lui est propos comme non ncessairement dsirable. L'acte spcifi par cet objet ne peut tre que libre, et la motion divine efficace ne peut changer sa nature; elle n'est donc pas
ainsi
:
:

ncessitante.

Cependant, lorsqu'elle est efficace, elle porte infailliblement la volont vouloir librement ce bien particulier plutt que cet autre en ce sens, elle est prdterminante. Telle est bien la pense de saint Thomas. aucun doute ne peut rester ce sujet, si on lit au mme endroit, I-II ;l q. x, a. 4, la rponse ad 3 U . L'objection que se fait ici saint Thomas, ibid., est celle qui sera toujours faite par les molinistes Possibile est, quo posito non sequitur impossibile : sequitur aulem impossibile, si ponatur, quod voluntas non velit hoc, ad quod Deus eam movet, quia secundum hoc operatio Dei esset inefficax. Non ergo est possibile voluntatem non
:

-,

ad quod Deus eam movet. Ergo necesse est eam Saint Thomas, loin de rpondre par la prvision divine de notre consentement, rpond, ibid., ad 3 un Si Deus movet voluntatem ad aliquid, incompossibile est huic posilioni, quod voluntas ad illud non moveatiir. Non tamen est impossibile simpliciler. Unde non sequitur, quod voluntas a Deo ex necessitate moveatur. Il reste en effet dans la volont la puissance relle de poser l'acte contraire, mais cet acte contraire, rellement possible, n'est jamais rellement existant sous la grce efficace: celle-ci ne serait plus efficace. C'est pourquoi l'on dit que la rsistance actuelle n'est pas compossible avec la grce efficace. lia Socrates sedens potesl stare, sed non potest simul stare el sedere; ne
velle hoc,
velle.

hoc

est

eum

sedere.

dum

sedel.

il affirme manifestement une prdtermination infaillible, mais non ncessitante. C'est une nouvelle manire d'exprimer ce que nous avons lu plus haut. I q. xix. a. S. ad 2 nm

Le sens de

ce texte est des plus clairs,

Ex

hoc ipso quod nihil volunlali divina'

resistit,

quod non solum


fiant

',

fiant ea quiv Deus vult fieri, contingenter vcl necessario. que sic fieri vult. Cf. Contra gnies, 1. 111. c. xc. 11 Providit Deus illud esse futurum contingenter, sequitur ergo infallibiliter quod erit contingenter et non necessario. La distinction du possible et du compossible revient celle du sens divis et du sens compos, comme le dit saint Thomas, 1 '. q. xxm. a. ti. ad 3 ra Deum velle
:

sequitur sed quoi

aliquid crealum

est

necessarium ex suppositione, propler


:

immutabilitatem divinse voluniatis, non tamen absolutc (en d'autres termes il y a ncessit de consquence,

48

PRMOTION PHYSIQUE, CE QU'ELLE EST


de
la

50

ou conditionnelle, non de consquent, comme dans un syllogisme rigoureux, don! la mineure est coni ingente). lia dicendum est de prdestinatione. ' 'nde non oportet (lierre, quod Deus possit non prsedeslinare, quem prsedesin sensu composite accipiendo; licet absolute considerando, Deus possit prdestinare, vel non prdestinewe. Sed ex hoc non tollitur prsedestinationis certitudo. Cf. I, q. xiv, a. 13, ad ''" n. Saint Thomas ne parle pas moins clairement dans son trait de la grce, I - 1 *, q. cxn, a. 3. corp. Inieniio
tinavit,
;i
:

Dei dlit rie non potest... l'iule si e.r iiilentioiif Dei moventis est, quod homo, eu jus cor movet, graliaw conte
qualur, injallibiliter ipsam consequilur, secundum illud Joannis, /, /; Omnis (/ni audivil " Ptre, ri didicit, spirilus venit ad me. )e mme, III I q. xxrv, a. sanctus infallibiliter operalur quodcuxnque voluerit. l 'nde
i

'

duo simul esse vera, quod Spiritus aliquem movere ad action caritalis, et quod ipse caritatem amittat peccando. Nom donum perseverantiee computatur inter bnficia Dei, quibus cerlissime liberantur, quicumque liberantur, ut Augustinus dicit,
impossibile
est htec

suiieius velit

toute-puissance, objet adquat hors duquel il n'y le mal, qui est une privation et un dsordre. Cette haute doctrine s'impose d'autant plus tpie l'on considre l'influence de Dieu dans les actes les plus levs de la vie des saints, dans le fini de Marie, le jour de l'annonciation, et dans les actes mritoires de Jsus, dont la volont humaine ds ici-bas. l'image de la volont divine, tait la fois trs libre et impeccable (cf. saint Thomas, III q, xvm. a. I, ad 3 um et les commentateurs a propos de l'accord eut re la libert du Christ et son impcccabiliti. Comment la motion divine est elle adapte la nature mme de la cause seconde? Il ne faut pas entendre, disent les thomistes, que la motion divine est activement modifie par notre volont qui la reoit, car la volont, en tant qu'elle la reoit, est passive. Mais Dieu adapte lui-mme sa motion a la nature des causes secondes. 'est-a-dire qu'il les meut chacune selon leur nature. Ainsi un grand artiste adapte sa motion aux divers instruments dont ils se Sert; cf. card. Zigliara, Summa phil., TheoLnat.,]. III, c. rv, a. t. 5.
a que
1

lie dont, peTSeV.,

e.

.17 1.

Ainsi, saint

Thomas, Comm.

in ep.

adHmbr., \m.
:

2t.

Cette certitude divine, on le voit, n'est pas (onde pour sainl Thomas sur la prvision d'une libre dtermination ([ui viendrait seulement de nous elle repose sur un dcret de la volont divine, donl la motion divine assure l'excution; cf. I'. q. xiv, a. <S q. xix,
:

au sujet de ces paroles de saint l'aul Aptet VOS in omni bono, ut facialis ejus volunlatem, /miens vobis, quod placeai COram se per Jesum Christian crit Deus quando immitlit homini bonam voluntatem aplat eum,

a.

.'{,

a. 4,

corp. et ad

I'""; a.
I
:

<S

De

veritule. q.

\ i.

a.

.'i

id est facii eum aptum... lntenus... soins Deus aplat voluntatem, qui solus ipsam potest immuta rgis

Quodl., xn, a. .'i; ibid., a. .1 promdenlta onuiui suid prmdeterminala et ordinata. Tous ces texies supposent un dcret divin prdterminant, mais non ncessitant, qui s'tend jusqu'au Diode libre de nos actes, et ils atlirmenl l'existence d'une motion divine qui assure l'excution infaillible de ce dcret. En ce sens, elle est justement appele, elle aussi, prdterminante el non ncessitante; elle porte Infailliblement la volont a se dterminer a ttd acte plutt qu' tel autre, el est cause eu nous et avec nous de tout ce qu'il y a de rel et de bon en cet acte. q. xxiii, a. il n'j a (pie le mal, le dsordre qui ne tombe pas sous sa causalit, il est en dehors de l'objet adquat de la toute puissance, plus encore que le son est en dehors de l'objet de la vue. Cf. xxix. q.
I

munit Domini, quocumquc voluerit, inclinabit illud xxi. li. t'nde dicitur Faciens m vobis : I >i us est enun. i/tn operalur m vobis velit. cl perfteere (Phil., h, 13). Quid mitent faciet? Quod placitum est
in

d'rov..

coram

sr,

ni est faciet fus tuile quint placei


les

ci.

'.

'

a.

1.

On

a crit ces derniers

temps

<pie

Dieu pour cun

natre infailliblement nus actes libres n'a pas besoin d'insrer dans le jeu de notre libert une prmotion

dterminante et qu'un pareil procd de connais sauce serait lui-mme anl roponiorphisnie ce sciait la connaissance des effets dans leur cause prochaine, ce
;

qui n'est pas divin


.lainais les

thomistes n'ont prtendu que Dieu, pour connatre infailliblement ab selerno, nos actes libres, ail besoin d'une motion cre, qui comme telle, comme reue dans la volont cre, n'existe que dans le temps. Ils ont toujours dit que Dieu connat nos actes libres dans son dcret ternel, dont la mol ion assure seule ment l'excution dans le temps. Sans ce dei ici ternel, en effet, tel acte libre futur ne serait pas prsent dans l'ternit sous l'intulti livine plutt pie l'acte cou traire. Dieu a prvu de toute ternit que Paul se convertirait librement sur le chemin de Damas, tel jour el telle heure, parce qu'il avait dcid efficace nient de le convertir ainsi. Sans ce dcret, la couver sion de sainl Paul serait seulement de l'ordre des pos sildes el non pas le celui des futurs contingents. Les molinistes n'ont jamais prouv non plus (puDieu ne peut pas mouvoir infailliblement notre volont a se dterminer librement tel acte; car on ne saurait prouver que la causalit universelle et souverainement efficace de Dieu ne saurait s'tendre jusqu'au mode libre de nos actes. Ce mode est encore de l'tre, et donc du ralisable; il tombe par suite sous l'objet adquat

thomistes admettent (pie la prmotion physique mrite le nom de concourt simultan, lorsque la Volont cre est dj aet ilellemenl agissante; mais c'est un concours simultan, qui diffre de celui de Molina en ce qu'il est d'abord preiiiotion pour appliquer la cause seconde a ayir. Cf. doudin. ). I'.. Philo lie prtanotione, a. sophia, metaphysica, q. et Zigliara, /< cit., c v. in fine, smis ce concours, la CaUSe seconde dev ielit eoilse lislrilinentule de ee qu'il V a de plus universel dans l'effet produit, (est adir de si m Un mente en tunl qu'tre, tandis qu'elle est dus, propre de cet effet en tant qu'il est cet effet individuel. Ainsi, ma volont est cause propre de mon acte volon taire el cause instrumentale de l'tre mme de cet acte, en vertu du principe oportet iinirersuliores cfjcctus in universaliores et /irions causas redueert \ussi saint Thomas, dit il. De potentia, q. xiv. a. 5, lierais inirnimiis set undiim OJtftf fine q. m. a. 7. nem causarum esse ordinem effecluum, 71/01/ propter simililudinem effectua et caui ausa secundo potest in effeclum causa prima per virlutem propriom, quamvis sit instrumentant causse primes
Enfui,
<

'_'.

."

respectu illius effeetus... Et propter hoc nthil mat ad nisi per nrlulem Dei. Ipsum enim il communissi

om

<

mus

intimior omnibus aliis effeclibus, et ideo suit lieo competit secundum virlutem propriom lalis effectUS. La volont cre est donc anse propre de son acte en tant qu'il est cet acte Individuel, mais elle est cause Instrumentale de l'tre en tant (pitre de son aile, instrument vivant el libre, cela va sans dire.
effectua

primus

et

comme
a.
l,

le

remarque
.

saint

ad 5 um De

mme

de ce fruit particulier cause propre de l'tre en tant (pitre de ce


I

Thomas, De veritate, q. xxrv, pommier est cause propre ien que icu soit qu'il produit,
ce
I

mme

fruil.

Pour rsumer ce que nous venons de dire sur ce qu'est la prmotion physique cl pour carter les fausses Imaginations qu'on s'est laites souvent ce
sujet,
t.

disons
C'est

une motion revue dans

la

puissance opra

51
tive cre,

PRMOTION PHYSIQUE. LA PENSE DE


pour l'appliquer
el

S.

THOMAS
:

agir.

C'est

dont une

de l'action incre qu'elle suppose, et de notre action qui la suit au mme instant. La grce efficace n'est ni Dieu, ni l'acte salutaire auquel elle est ordonne. Ainsi notre action reste bien ntre: elle n'est pas cre en nous ex nihilo, mais procde vitalemenl de notre facult applique agir par la
distincte,

motion

prmotion divine. 2. C'est une motion physique, quoad exercitium artus, et non pas morale, ou quoad specifteationem par l'attrait d'un objet propos. De tous les agents distincts de notre volont, Dieu seul du reste peut la mouvoir ainsi intrieurement selon l'inclination naturelle au bien universel, que lui seul a pu lui donner. Sous cette motion, elle se meut elle-mme. 3. C'est une prmotion, raison d'une priorit non de temps, mais de raison et de causalit. 4. Elle est prdterminante, selon une prdtermination causale distincte de la dtermination formelle de
qui la suit; c'est--dire qu'elle meut notre volont par une efficacit intrinsque et infaillible se dterminer tel acte bon dtermin plutt qu' tel autre. La dtermination l'acte mauvais, tant ellemme mauvaise, dficiente, vient ce titre non de Dieu, mais de la libert dfectible et dficiente. La motion divine prdterminante n'est pourtant pas ncessitante, car, comme les dcrets divins prdterminants, dont elle assure l'excution, elle s'tend jusqu' produire en nous et avec nous le mode libre de nos actes, qui est encore de l'tre et tombe ainsi sous l'objet adquat de la toute-puissance, en dehors duquel il n'y a que le mal.
l'acte

Operatio angeli est solum III, c. xcil ad electionem (noslram); operatio autem Dei est sicut perptras... Xon semper homo eligit id quod anglus custodiens intendit...; semper lamen hoc homo eligit quod Deus operatur in ejus volunlate... Unde custodia angelorum interdum cassalur..., divirvi vero providentia semper est firma. VA I. I, c. lxviii Omnia igitur Drus cognoscil, suam essenliam cognoscendo, ad qu sua causalitas extenditur. Extenditur autem ad operationes inlellcclus cl voluntatis... Cognoscil igitur Deus et cogilaliones et affectiones mentis. Il connat nos affections non pas indpendamment de sa causalit, mais dans sa causalit qui s'tend jusqu' nos affections les plus intimes. S'agit-il mme de nos lections libres? Nul doute. Saint Thomas crit, ibid.,
le

Conlr. gent.,

I.

sicut disponens

1.

III, c.

xci

Oportet

omnium voluntatum

et

electionum

divinam volunlalem reduci, non autem in aliquam aliam causam, quia solus Deus noslrarum voluntatum et electionum causa est. Il s'agit de nos lections ou choix libres, comme lections et non pas seulement comme actions, car il s'agit de leur dtermination libre que Dieu connat en tant qu'il la cause en nous et avec nous, comme il a t dit dans le texte prcdent.
molus
in
Cf. Quodl., xii, a. 6.

Saint Thomas, rappelons-le, s'objecte, I q. xxm. 1, l a obj., que le Damascne a crit (Deorlh. fide, 1. II, c. xxx) Prcognoscit (Deus) ea qu in nobis sunt, non autem prdtermint. Il rpond, ibid., ad l u "
1 ,

a.

Damascenus nominal prdeterminationem impositionem

IV. Cette notion de la motion divine est-elle CONFORME A LA PENSE DE SAINT THOMAS? TOUS
les textes

qu sunt prdeterminal adunum. Quod patel ex eo quod subdil : Non enim vult malitiam, neque compellit virtulem. Unde prdestinatio non excluditur. Saint Thomas dit de mme
necessitatis, sicut est in rbus naturalibus,

Cont. gentes,
l.

1.

III, c. xc, in fine

Damascenus

dicil in

du saint Docteur que nous avons cits, pour expliquer ce que n'est pas cette motion et ce qu'elle est, suffisent prouver qu'il en est ainsi. Par manire de synthse et pour viter au lecteur la peine de les

recueillir, rappelons ici les principaux de ces textes et quelques autres importants. La ncessit d'tre prcis et de rpondre certaines objections oblige quelques

redites.

Efjcctus determinati ab infinita ipsius (Dei) perfecsecundum delerminalionem voluntatis et inlellcclus ipsius. D, q. xix, a. 4. Voil le dcret ternel prdterminant, lection de la volont divine, suivie de I'imperium de l'intelligence divine or, la motion divine assure l'excution de ce dcret dans le temps; c'est en ce sens qu'elle est dite prdterminante. Peu aprs, saint Thomas s'objecte, I a , q. xix, a. 8, 2 a obj. Sed voluntas Dei non polest impediri. Ergo voluntas Dei imponit rbus volitis necessitatem; c'est l'objection toujours renouvele contre les dcrets divins prdterminants. Saint Thomas rpond Ex hoc ipso quod nihil voluntali divin rsistif, sequitur
tione procedunt,
;
:

nobis Deus prnoscit, sed non prdeterminal; (hc verba) exponenda sunt, ut intelliganlur ea qu sunt in nobis divin providenli determinalioni non esse subjecta, quasi ab ea necessitate accipientia. Bien avant Bancs, Sylvestre de Ferrare avait not ici dans son commentaire sur le Conlr. gnies, 1. III. c. xc, in fine : Gregorius Xyssenus in libro De homine el Damascenus in l. II De orlh. fide, videntur dicere quod ea qu sunt in nobis divin providenli non subsint. Sed respondet (sanctus Thomas) quod nihil aliud intendunt quam quod ea qu in nobis sunt a divina delerminalione necessitatem non recipiunt.
fide, c.

II De orlh.

XXX, quod

ea

qu sunt in

quod non solum


dcret
divin

fiant ea quee Deus vult fieri, sed quod fiant contingenter vel necessario qute sic fieri vult. Le

prdterminant, loin de dtruire la par son infaillible efficacit, la produit en nous de par cette efficacit transcendante qui n'appartient qu' lui et qui s'tend jusqu'au mode libre de notre lection, car ce mode, qui est l'indiffrence dominatrice du vouloir l'gard d'un bien ml de non-bien, est encore l'tre, et il tombe ainsi sous l'objet adquat de la puissance divine, tandis que le dsordre du pch ne saurait y tomber. Voir encore I a q. lxxxiii, a. 1, ad Z xua El sicut naturalibus causis, movendo eas, non auferl (Deus) quin aelus earum sint naturales; ita, movendo causas volunlarias. mm <ui/rrl quin actiones earum sint voluntarise, sed potius hoc in eis facil. Sur l'infaillible efficacit des dcrets prdterminants et de la motion divine, saint Thomas crit dans
libert de notre choix de
,
:

Synave, O. P. prdlermination ncessitante, dans Revue thomiste, janv. 1927, p. 74 Ce qui est hors de doute, c'est la pense mme de saint Thomas Ea qu sunt in nobis divin providenti determinalioni non esse subjecta, quasi ab ea necessitatem accipientia. Saint Thomas admet donc une dtermination divine non ncessitante : les volonts et les choix de l'homme sont soumis la dtermination de la divine providence, sans que cette dtermination leur impose de ncessit. Il n'est pas juste d'crire que, selon l'usage constant de saint Thomas l'ide de ncessit est inhrente au verbe determinare . L'quation non ex necessitate determinare = non determinare n'est pas exacte... Peut-on du moins avancer, que determinare ex necessitate ad unum n'est qu'une expression plus claire et plus appuye pour dire la mme chose que determinare ad unum.' Pas davantage. Un second texte, aussi formel que le prcdent, va nous montrer que cette quation est aussi fausse que la prcdente, dont elle n'est qu'une variante par l'adjonction, dans les deux termes compars, de l'expression ad unum. A saint Jean Damascne, qui affirme Qu in nobis sunt, non providenli sunt, sed sunt nostri
l'crivait
le P.
et

Comme

rcemment

Prdlermination non ncessitante

liberi arbilrii, saint


a. 5,

ad l un )

Thomas rpond (De oeritale, q. v, Vcrbum Damasccni non est intelligendum

53
hoc

PRMOTION PHYSIQUE. LA PENSE DE


modo quod omnia
ea

S.

THOMAS

sunt in nobis id est in excludantur, sed providentia divina eleclionc noslra, a ita determinata quia non sunt per divinam providentiam arbitra non habent. ad unum, sicut ea quw liberlalem de notre choix, Les actes humains, qui relvent unum. Si ces actes sont donc bien dtermins ad saint Thomas se n'taient pas dtermins ad unum, per divinamprosunt Non sorte la de serait exprim ea qu liberlalem videnliam determinata ad unum, sicut remarqu que la arbitra non habent. Mais on aura tomber la ngaphrase contient un ita sur lequel vient lia Non sunt per divinam providentiam tion du dbut liberlalem arbitra determinata ad unum, sieut ea qu dtermination ad unum des actes libres habent.

qu

diffrent pas de celles objections du dbut, qui ne adversaires du thoqu'ont toujours renouveles les neeessiagens cui resisti non potest, ex

misme
tate

1.

Omne

movet

notest
tas

non

velil

sed Deo, cum sit infmit virtulis, si ponatur quod volun3. Sequilur impossibile, movet, quia secundum eam Deus quod hoc ad
;

resisti

non

hoc operatio Dei essel inefficax.

non que la dtermination ne se fait pas de la mme manire pas libres. Or on sait ad unum des actes qui ne sont ad unum des actes de quelle nature est la dtermination
oui ne relvent pas du dtermination nces d'accord pour dire que c'est une reconnatre une double sitante II y a donc lieu de
:
:

La

la A quoi saint Thomas rpond, sans notre consentement par sion la prvision divine de de prs ou de loin la une science, qui ferait penser ^a.s en insis dont parle Molina moyenne . science de ta cautranscendante l'efficacit sur tant au contraire quod voluntas dicendum erqo primum Ad salit divine ut aliquid fled divina non solum se exlendit action volon au quam movet (voil l'lection comme quo eongruit nalur ipsius sed ut eliam eo modo fiai, produit avec son mode libre d'lection,
:

moindre

allu-

P"'

..

voila l'lection
1

libre arbitre

tout le

monde

es1

par

non n dtermination ad unum : une dtermination la premire ncessitante dtermination sitante et une seconde est celle des est celle des actes libres, la
qui ne sont pas libres.
celte

salutaire, plub-tv meut infailliblement a tel acte vertu de l'efficacit mtr.nseqn tel autre, et cela en ne rsiste pas de fait. sa motion, laquelle l'homme

)ieu

lui-mme en nous

et

avec nous, lorsqu U nous

Le P Synave, dans un second


exgse

article, a
l'ait

confirm

de

faon

Revue thomiste,

ibid., p.

tout 211
:

Si

le

apodictique, mol de diU

saint nation implique la ncessit, pourquoi >amai n'accepte-t-il pas la formule de saint Jean pour ne rien Cela aboutit a faire parler saint Thomas sens, la phrase ngative de dire. Sous peine de non est en nous n'est pas soumis Ce qui saint Thomas comme s u . la dtermination de la divine Providence
I
i

rhomas

divinw motion,, si voluntas ex Et 'deo magis repugnaret non competit, m^ssitate moverelur, quod su natunr proul eompelil siuvnalur. libre, moverelur si quam affirme encore De mme, ibid., ad 3" saint Thomas dont parlai divine motion la de Yefficuntr inlnnsque " n * l'objection, mais il rpond que, pas dfait, U garde la laquelle l'homme ne rsiste orrait rsister sll voulait puissance de rsister; forte et trs douce il ne trs motion cette sous mais
,

"

**

enreccvaituncaracterenecessita.il revient a soumis la dtermination de Ce qui est en nous est que cette dtermination lui sans la divine providence, n'est pas besoin de gloser Il -impose de ncessit. obtenir ce sens qui fortement, ni mme de loscr, pour de la 11 me semble est obvie... Les mots sont les mots. ce terme delermt plus lmentaire critique d'accepter tabli, et. s ,1 va natio divinte Providentia- nettement conception toute d'une .... systme d'un rencontre aban dtermination, de rformer l'un ou d
faite sur la donner l'autre.

celle ci:

Ad ferfiim veut Jamais rsister aliquid, ineompossibib Deua movet ootunMem ad illud non movealur Inur positioni quod voluntas ad comme le disait quin operatio Dei esset ineffleax.
:
.

dicendum, quod

si

ectlon)

Non tnm,n

non stquitur, tr Pour bien


il

Unpouibik quod volunu a Deo ex


est

timplteiter.

neeessitate

w
I

rponses* saisir le sens exact des a rail les sparer, comme on faut pas ne Thomas, rsoudre. veut qu'il objections souvent Ici. des bien Ici d. q n'y a pas de doute possible, U s'agit non ncessitante, t. est sous
nrdtermlnatlon

motlon divine

(JteVUC l'avons longuement montr ailleurs et 1927, p. 303), philosophie, 1926. i. 379, 123, 659; de la '-!! entendre de mme le fameux texte

Nous

il

Quia iqitur Doluntas est actioum prmetpium q x se habens non'delerminalum ad unum. sed indifjerenter non e.v necessttaie ad milita, sic Deus ii>s,un nwvel. quod ejus contingens ad unum dterminai, sed renumel motus naturallter nisi in lus d </'''<' et non necessarius,
a
1

faut

que a % trs forte et trs loue pou, dit son fiai Marie, infailliblement et l.bre.nent. l'incarnation, qui ue s'accomplisse le mystre de C'est SOUS Cette devait iufa.ll.blen.ent s'accomplir. sur le chemin librement convertit motIon qUe Paul se restrent fermes ,,, Damas, h que les martyrs Dieu au milieu de leurs supplices
la roi et

movetur. . ni Non ex neeessitate doit tre traduit par non x. cf. a. 2 cette toute q. dans comme sairement mais surexneces Le non tombe non pas sur dtermina* serait faire une faute de
,

l'amour de Thomas la comCes! du moins de la sorte que saint autrcn.cn. srail les vider d textes ces Entendre pris. Les termes dont s.unt tout contenu mtaphysique. plus aucun mus. mme n'auraient se sert Thomas non ncessitante prdtermination 'expression dans ses uvres, comme trouve mme plusieurs fols son commentaire nous l'avons not, en particulier dans heure de la de l'vangile de saint Jean a propos
1
I

L'entendre autrement par exemple. traduction dans toute celle question, neeessitate ooluntas movetur a 2 sed contra non erqo ex non ex neeesad lterum oppositorum. Ibid.. in corp. particulare). Ibui.. illudfbonum in jerlur voluntas sitate non e.v net ad 1"' si in aliquo defteiai (objectum Alfa (mdia) vero sine taie movebit. Ibid., ad 3 mil qui quibus finis haberi potest, non e.v neeessitate
sttate
: :

sur passion,
.

ou

heure

du

Christ

par

excellence

Toutes ces expressions signifient ,, ,6 mais prdtermila volont divine non ncessitant,
de
nant,
dcret
infaillible et cela

an

voir

corp. contra, et vult flnem. Cf. ibid., a. 3. sed de saint Tous ces textes montrent (pie la pense

Thomas
nos

mination

pour lui. toute predeterde doute de pas ncessitante, il admet l'gard ion divine non prdtermint une libres actes
est hors
n'est
:

ncessitante. Cela ressort

article 4 de la q. question y est adniirablenie.it

fameux

du plus encore du slalus quivslioms l'tat de la x, de la I-II"


;

dtermin

par deux

dont la prmotion assure l actes bons de faon diffrente pour les Dieu n'est cause que de e , poux les actes mauvais, car nos actes; quant au dsordre la ralit et de la bont de sans le causer .1 le permet, trouve, s'j lorsqu'il moral, ce dsordre indirectement; ni .lireclen.ent. en rien, ni cause dficiente et esl en la de uniquement provient toute-puissance indSehors de l'objet adqual de la de ta est en dehors de 1 objet fectible, comme le son prmotion physique prdtermivue L'expression donc bien informe nante et non ncessitante est lm mas. de s.unt terminologie la mme et pense la contraire, certains sens en allgu, parfois On a P.. / '">' du Docteur anglique. Goudin, O.
1

fcnUon

textes

PRMOTION PHYSIQUE. DIFFRENTS MODES


l'itiu,

metaph., disp. [I, q. m, a. ~ a bien montr ceci: orsque sainl Thomas nie la prdtermination, le contexte montre qu'il s'agit alors de la prdtermina,

l"

lion ncessitante,

au sens
III,

<lu

Damascne, par exemple


lin,

tion non ncessitante, dans Revue thomiste, 192 1, p. 19 1-518; dans Renne de philosophie, 1920, p. 379-398, 423-433, 659070; et 1927, p. 303-324; du mme. Le dilemme: Dieu dterminant ou dtermine, dans Revue lliomiste, 928, p. 193-210;
1

texte cit col. 17. c. xc, De mme, De veritale, q. xxn, a. fi, o il esl parl d'une dtermination <i<l unum naturali inctinalione ou per modum natur, laquelle esl coup sr ncessitante, et donc toute diffrente de celle dont nous nous occupons.
gnies,
I.

Contra

Thomas dit que la volont se dans l'ordre des causes secondes, et il est clair que la dlibration est ordonne cette dtermination du choix volontaire libre. C'est ce qu'affirme saint Thomas dans le laineux texte de la I'-ID\ q. ix, a. G, ad 3 ,lm que nous examinerons en dtail (col. r>fi) Deus movet voluntatem hominis, sicut universalis motor ad universelle objeclum voluntalis quod est bonum : et sine hac universali motione homo non
2

Lorsque

saint

dtermine,

C'esl

potesl aliquid velle; sed

ad volendum hoc
reils

vel illud,

homo per rationem dtermint se quod est vere bonum vel appa-

1929, S 19-879; I*. Synave, O. P., Prdtermination non ncessitante <i prdtermination ncessitante, dans Revue thomiste, 1927, p. 72-79; Ibid., p. 2 10-2 19, rponse au P. A. d'Als; du mme, Bulletin thomiste, 1928, p. [358]- [368], supplment au n. de la Revue thomiste de nov.-dc. 1928, critique de l'ouvrage du P. A. d'Als, Providence et libre arbitre, 1927, ou sont nunis les articles auxquels rpondaient les ntres dans la Revue de philosophie, 1920 et 1927; R. (jarrigou-I.agrange, La grce infailliblement efficace et les actes salutaires faciles, dans Hernie thomiste, nov. 1925, mars 1920. Voir aussi R. Martin, O. P., Pour sainl Thomas et les thomistes contre le R. P. Staffler, S. J., dans Revue thomiste, 1924.1925. 1920, srie d'articles; Ven. Carro, O. P., ICI maestro Pedro de Soto ;/ las controoersias th'-ologicas en cl siglo XVI (t. i, Salamanque, 1931g en cours de publication); du mme, De Soto Buhez, dans Ciencia thomista, 1928, p. 115-178. et dans Angelicum, 19152, fasc. 4. p. 177 481.
et

du mme, Dieu, son


p.

existence

sa nature, 5 e d.,

bonum (certes il en est ainsi dans l'ordre des causes secondes, c'est pourquoi l'homme dlibre, et ainsi le pch est possible, ce qui rpond l'objection pose par saint Thomas). Sed tamen interdum specialiler liens movet aliquos ad aliquid determinate volendum, quod est bonum, sicut in lus quod movet per graliam, ut
a. 3.

Les diffrents modes de promotion phyLe P. X. del Prado, O. P., a traite longuement cette question dans son ouvrage, De gralia et
Y.

sique.
libero cf
p.

in/ra dicetur. Cf. P'-II"", q. cix, Et la question suivante,

a.
Ia

6; q. exi, a. 2; q. cxn, -ID', q. x, a. 4, corp.

ad 3 unl il est dit que cette motion divine ad aliquid determinate volendum n'est pas ncessitante, parce que son influx infailliblement efficace s'tend jusqu'au mode libre de notre choix, Incompossibile est huic motioni quod volunlas ad illud non moveatur. Non lamen est impossibite simpliciter. Ibid., ad 3 um
et
.

Lorsque saint Thomas dit que Dieu meut parfois la volont sans imprimer quelque chose en elle, il veut dire sans produire en elle un habilus infus. Cf. De potentia, q. m, a. 7, et De veritate, q. xxn, a. 8.
3
-1

Enfin, saint

Thomas

a distingu,

I a -II i,? ,

q. cix,

une motion gnrale au bien universel, requise pour tout acte de volont et une motion spciale pour tel acte spcial, comme pour la contrition par exemple. Il reste, comme il est dit ibid., que quantumcumque natura aliqua corporalis vel spiritualis ponatur per/ecla, non polest in suum actum procedere, nisi moveatur a Deo.
a.
1.

t. vu, p. 245-258; il, 1907, c. 225 >q. Il montre, par de nombreux textes de saint Thomas, que, selon lui, Dieu meut notre intelligence et notre 1 avant la dlibration, volont de trois manires 2 aprs elle, 3 au-dessus d'elle. Saint Thomas a not ces trois modes de motion divine tant dans l'ordre de la nature que dans celui de la grce. Dans l'ordre naturel, Dieu meut notre volont 1 vouloir la batitude en gnral (ou vouloir tre heureux); 2 se dterminer elle-mme tel bien particulier par dlibration discursive; 3 il la meut par inspiration spciale suprieure toute dlibration, comme il arrive chez l'homme de gnie et les hros ainsi que l'a not Aristote {Ethique Sicomaque, 1. VII. c. i) et un de ses disciples platonisant dans la Morale Eudme, I. VII. c. xiv; cf. saint Thomas, D-II*,

arbitrio,
sq..

201

q.

lxviii,

a.

1.

I.a notion de prmotion physique, prdterminante et non ncessitante est donc bien conforme la doctrine de saint Thomas. On peut aussi s'en rendre compte en lisant ses premiers commentateurs qui ont crit bien avant Banez, et dont les textes ont t recueillis par le P. Dum-

mermuth,
Paris,

(). I'., S. Thomas ei doctrina prmolionis physic, 1880 (De mente S. Thoma, p. 23-181 De vetere schola S. Thoma?, p. 427-557, prsesertim Capreolus, p. 454482; Ferrariensis, p. 482-495; C.ajetanus, p. 405-506, etc. Quid de mente S. Thoma; senserint antiquiores Societatis
;

l'ordre de la grce. Dieu meut notre volont 1 se convertir vers la fin dernire surnaturelle: 2 se dterminer l'usage ou la pratique des vertus infuses par dlibration discursive; 3 il la meut d'une faon suprieure toute dlibration par une inspiration spciale, laquelle les dons du Saint-Esprit nous rendent dociles. Soit dans l'ordre naturel, soit dans l'ordre de la grce, le premier mode de motion est avant la dlibration humaine relative aux moyens (Ia-II, q. xm. a. 3, et II a -II :c q. xxiv, a. 1, ad 3 U ); le second mode est aprs elle ou avec elle: le troisime est au-dessus
l!

De mme, proportionnellement, dans

d'elle.

Saint

Thomas
fi,

numr

ces

trois

modes,

lesu theologi, Toletus, Molina, Suarez, etc., p. 085-754). Voir aussi Dummermuth, Defensio doctrina* S. Thom de

D-ID',
a.

q. ix, a.

ad 3":

q. lxviii, a.

2 et 3; q. cix,

prmotione phgsica. Responsio ad R. P. V. Frins, S. .1., Louvain et Paris, 1S95, examen des textes de saint Thoin is, objets de la controverse et doctrine des premiers
thomistes, p. 317-401 ; P. Guillermin, C). P., De la grce suffisante, dans Revue thomiste, 1902, p. 75 sq. (srie d'artiT r cles); J. l de, Doctrina Caprecli de inftuxu l)ci in aclus

voluntatis humante, Gratz, 1905, p. 158... Capreolum iradidisse doctrinam prdelerminalionis physic diuersis teslimor .1. niis probatur (le l'de rapporte, ibid., qu'il avait entrepris d'crire cet ouvrage dans la pense que Capreolus tait plutt oppos la prdtermination physique, mais

saint
i

l'examen des textes de ce grand commentateur de Thomas lui a fait voirie contraire); P. X. del Prado, De gralia cl libero arbitrio, Fribourg (Suisse), 1907, (. n, prmotione, p. 1 H-253 De natura physic prmolionis iit.iiti doctrinam sancti Thomte, et de diversis perfeclionis dradibus in physica prmotione.
i|uc
.

P.,

9; q. exi, a. 2; De veritate, q. xxiv. a. 15. de traduire ici le premier de ces textes, qui - plusieurs semblent l'ignorer s'explique par les suivants, surtout par ceux du trait de la grce auxquels saint Thomas lui-mme renvoie. Dieu, dit saint Thomas, D-II q. ix. a. fi. ad 3'"", meut la volont de l'homme comme premier moteur vers l'objet universel de la volont qui est le bien (ainsi l'homme veut tre heureux), et sans cette motion universelle nous ne pouvons rien vouloir. Mais l'homme, par sa raison, se dtermine vouloir ceci ou cela, un bien vritable ou un bien apparent. Cependant, parfois, Dieu meut spcialement certains vouloir d'une manire dtermine tel bien, comme ceux qu'il meut par sa grce, ainsi que nous l'expliquerons
1, 2, 6,
Il suffit

'.

P..

(iarrigou-I-agrangc,

(). P.,

articles sur la

l'rt

dtermina-

plus loin. Cf. Ii-II-i, q. cix, a. 2 et (i. et q. exi, a. 2. I.a place nous manque ici pour rapporter tous ces

57

PRMOTION PHYSIOL'K. MAISONS DE L'AFFIRMER


trait

58

textes, voir sur celui que nous venons de traduire et sur sou rapport avec les autres, X. del Prado, op. cit., t. i, p. 236; t. h, p. 228, 256; R. Garrigou-Lagrange, Dieu, d., p. 111, 185, et Perfection chrtienne et contemplation, t. r, p. 355 370. Aprs avoir vu ce que n'est pas la prmotion ph\ Bique, ce qu'elle es) et quels sont ses diffrent s modes. il nous faut parler des raisons pour lesquelles les tho">
,

mistes affirment qu'il est ncessaire de l'admettre. VI. Raisons d'affirmer la prmotion phyI" En gnral; 2" par rapport aux dcrets sique. divins relal Ifs nos actes salutaires: y," pour expliquer l'efficacit de la grce. 1 Raisons d'admettre l<i prmotion physique en I-es thomistes rduisent deux les raisons gnral. gnrales d'affirmer la prmot ion physique, l'une prise du ct de Dieu, l'autre prise du ct de la cause seconde. Au fond, c'est la mme raison fondamentale, sous deux aspects. Dieu est le premier moteur 1. Premire raison. et la premire cause efficiente laquelle sont subor donnes, dans leur action mme, toutes les causes secondes. Or, sans la pi-motion physique, on ne peut sauvegarder en Dieu le primat de la causalit, ni la subordination des causes secondes dans leur action mme. Donc... La majeure esl certaine en philosophie et en thologie il srail tmraire de la nier. Comme, en
certain que Dieu est l'tre suprme Immdiatement tous tes cires, en tant qu'tre, il est galement sr que Dieu est la cause effl cieiilc suprme laquelle sont subordonnes toutes les causes secondes dans leur action mme. I.a subor dlnation dans l'agir suit la subordination dans l'tre,
effet,
il

toujours en acte tous les intelligibles qu'elle peut connatre et notre volont voudrait toujours en acte tous les biens qu'elle peut vouloir. De plus, cette cause cre, au lieu d'tre mue a atiir. serait son action mme, mais, pour cela, il faudrait qu'elle ft son mme, qu'elle existt par soi, car l'agir suit l'tre et le mode d'agir le mode d'tre, comme le dit souvent saint Thomas, par exemple \ q. i.iv, a. l. Et, donc, toute cause cre a besoin, pour auir. d'tre prmue physiquement par Dieu. La (anse libre ne fait pas exception, car SOU action. comme tre, dpend de l'tre premier, connue action. de L'Agent premier, comme action libre, du premier libre: cf. L IL. q. i.xxix. a. 2. Bien plus, la cause libre est particulirement indiffrente de soi ou md termine a ayir ou a ne pas a^ir. a vouloir ceci ou et. a ce titre, elle a particulirement besoin d'uni motion divine qui la porte a se dterminer. I q. xix. Les astres obissent a lieu sans le savoir ad a. et sans pouvoir dsobir, la volont humaine pour lui obir librement a besoin d'une motion divine spciale ou d'une grflee qui actualise en elle le libre choix
I
i

.'.

.'>

'

la

violenter.

est

1 1

dpendent

ngation de celle majeure serait la ngation les premires preuves classiques de . l'existence de Dieu exposes par saint Thomas,
l'agir suit l'tre. I.a
|

comme

(j.

il,

a.

3.
si

La mineure devient vidente,


la

l'on

remarque que

subordination des causes dans leur action consiste en ceci que la cause premire meut ou applique les causes secondes a agir et pie les (auses secondes n'agissent (pie mues par la cause premire. C'est ce

que

(lit

saint

Thomas.
:

q.

cv,

a.

.S';

tint milita

agentia ordinata, semper secundum agent agit in oirtute nam primum agens muret secundum primi agentts ad agendum et secundum hoc omnia agunt in oirtute ipsius Dei. Or, c'est l prcisment la dfinition mme de la prmotion physique, qui a une priorit non pas de temps, mais de causalit sur l'action de l'agent cre. Les thomistes confirment cet argument en montrant (pie ni le concours simultan, ni la motion morale ne suffisent sauvegarder la subordination des causes.

Les lois spciales qui rgissent la libert humaim peuvent tre COnt raires aux lois universelles du rel qui rgissent les rapports de l'tre cr et de Dieu. Elles ne peuvent tre uni exception a ces lois universalis sinies, mais elles se subordonnent a elles. Telles sont les deux raisons pour lesquelles les thomistes affirment la prmotion physique en gnral. sont, disons nous, deux aspects d'une mme raison fondamentale, considre suit du ct de Dieu, du pri mat de la causalit divine, soit du ct de la (au-. de son Indigence. Ces deux Insuffisance les autres explications. raisons se confirment par l'insuffisance des autres expll Cations. Le primat de la causalit divine et la SUDOrdl nation des causes ne sont pas eu effet sauvegards, selon les thomistes, par le concours simultan, ni par lieu a donne aux la motion morale, m par OC (ail (pie causes secondes la f .nul d'agir. o/ Le concours simultan ne meut pas la cause seconde agir, il n'influe pas sur elle pour qu'elle agisse, mais il influe seulement avci (Ile simultan nient sur son effet, comme deux hommes tirent un ha land ou deux chevaux tirent une voiture: autrement ce concours ne serait pas seulement simultan, mais protUS il aurait une priorit de causalit sur l'action de la cause seconde, l'ai le COnCOUn Simultan, Dieu serait donc seulement COprincipe de nos ailes, mais pas lattsr premire. Il v aurait la deux causes partielles
<
i

'.i.

1-

.i

>

Seconde raison. Elle se prend de l'indigence Toute cause n'tant pas de soi de la cause seconde en acte d'agir, niais seulement en puissance d'agir, a besoin d'tre physiquement prinue pour agir. i c'est le cas de toute cause cre, mme de la (ans.
2.
:

coordonnes (partialitate causalitatis pas deux causes totales subordonnes. Tandis que pour les thomistes Imite l'action cre est de comme de sa cause premire, et de l'agent cr comme de -a cause seconde subordonne. Cf. s. Thomas,

mm

<

q.

XXIII,
/
/

a.

."..

!;

I.

La motion morale reste aussi une explication


lin

libre. Donc...
esl certaine, c'est sur clic que reposent pieuses classiques de l'existence de Dieu, (elles (pales entend saint Thomas, cl refuser d'admettre cette majeure, c'est dire (pic le plus sort du moins, le plus parfait du moins parlait, car agir actuellement est une perfection plus grande (pie pouvoir agir. Si donc la

La majeure

Insuffisante. Elle peut bien constituer la subordlna des causes dans l'ordre de la causalit finale, car la

les

nient
trait,

moralement ou objectivement par manire d'al mais non pas dans l'ordre physique de I.. CRUS

facult d'agir n'tait pas


l'tat

mue.
.

clic resterait

de puissance

et
1

n'agirait

jamais.
I

Thomas al il dit, L 1' q. i\. a. quandoque est miens et quandoque m potentia, indigi moveri ab aliquo agente. La mineure n'est pas moins vidente si une cause
:
:

toujours a Aussi saint (Imne auens quod


i

cre tait

toujours eu acte, jamais en puissance; notre intelligence connacfe

SOI en acte d'agir, elle serait

dont il s'agit ici. Dieu, en effet, est premier moteur cl cause premire dans cet ordre pliv Sique de la causalit efficiente, cl non pas seulement dans celui de la causalit morale par attrait ou comme lin. Autrement, il ne serait premier moteur qu' l'gard des agents dous de connaissance, seuls capables d'tre mus moralement par la propos d'un objet qui les al ire. Enfin, il ne sutlit pas de dire av ec lurand de V uni nm Sent cList. L q. v pie Dieu a donne Pourain, In et conserve aux causes secondes la faculli ./'././ilite efficiente,
t
I

59
opinion
est

PRMOTION PHYSIQUE. RAISONS DE L'AFFIRMER


exclue
1.

60

errone par saint Thomas, elle tait admise par Pelage et n'a pas suffi le maintenir dans l'orthodoxie; enfin, elle ne constitue pas la subordination des causes in agendo, mais seulement in cssendo. Or, l'agir suit
Contr. gnies,
III, c.

comme

i.xxxvm;

l'tre et le

mode

d'agir suit

h' la

mode
I

d'tre; la dpen-

dpendance dans l'tre. )e plus, nulle autre cause (pie >ieu ne peut mouvoir <//> mlus notre volont l'exercice de son acte, car lui seul, qui l'a cre cl la conserve, peut la mouvoir selon l'inclination naturelle qu'il lui a donne au bien unidance dans
I

l'agir suit

doue

versel

l'ordre des agents correspond en effet l'ordre

donc seule la cause efficiente la plus univerpeut mouvoir au bien universel, qui, comme tel, ne se trouve rellement qu'en Dieu; cf. I a q. cv, a. 1, et I'-II ;P q. ix, a. G. Toute autre cause que Dieu ncessiterait, c'est--dire ne pourrait produire en nous et avec nous jusqu'au mode libre de nos actes. Ia-II 33
des
fins, et

selle

augustiniens et les scotistes. D'une faon gnrale, ces thologiens accordent le dilemme Dieu dterminant ou dtermin, pas de milieu. En d'autres termes, si Dieu n'a pas prdtermin de toute ternit nos actes libres salutaires, il est passij ou dpendant dans sa prescience l'gard de la dtermination libre que prendrait tel homme s'il tait plac en telles circonstances (et il ne lui appartient que de l'y placer ou non). Dieu, par rapport cette dtermination libre salutaire, qui, comme dtermination libre, ne vient pas de lui, est non pas auteur, mais spectateur. Or, on ne saurait admettre aucune passivit ou dpendance dans l'Acte pur, qui est souverainement indpendant l'gard de tout le cr, l'gard des futurs contingents, soit absolus,
:

soit conditionnels.

q.

x, a. 4.

Suarez a object que notre volont par elle-mme sinon formellement en acte de vouloir, du moins en acte virtuel, et qu'ainsi elle peut passer l'acte, sans une motion divine. Cf. Disput. met., disp. XXIX,
est,

L'existence de ces dcrets divins prdterminants, nos actes libres salutaires, repose aux yeux des thologiens dont nous venons de parler, non pas seulement sur la notion que le philosophe doit se faire de Dieu et de l'indpendance divine, mais sur la rvrelatifs

lation contenue dans l'criture et la tradition. 1. Textes scripturaires. On lit, en effet, dans le

livre d'Esther,

xm,

9,

sect.

i,

n. 7.
:

l'acte virtuel reste distinct II est facile de rpondre de l'action qui drive de lui. Y a-t-il, oui ou non, devenir en lui? Son action est-elle ternelle, ou au contraire est-elle apparue dans le temps? Cette apparition de quelque chose de nouveau, ce fleri suppose une puissance active qui n'tait pas son activit, qui mme n'agissait pas, mais qui seulement pouvait agir. Et
alors,

comment

l'acte virtuel s'est-il rduit l'acte

second qu'il n'avait pas? Dire que c'est par lui-mme, c'est poser un commencement absolu, ce qui rpugne le plus ne sort pas du moins, l'tre ne sort pas du nant. L'acte virtuel a donc t rduit l'acte second par un moteur extrinsque, qui en fin de compte doit tre son activit mme et ne peut tre sujet d'aucun
:

devenir. On a souvent rpondu Suarez la volont cre, avant d'agir, contient son acte non pas virtualiter eminenter, comme Dieu contient les cratures et comme l'intuition divine contient le raisonnement humain,
:

mais virtualiter potentialiter, c'est--dire qu'elle peut le produire comme une cause seconde sous l'influx de la cause premire. De plus, il ne suffit pas que Dieu meuve l'homme vouloir tre heureux, ou vouloir le bien en gnral, car, lorsque notre volont veut ensuite tel bien particulier, il y a en elle une actualit nouvelle, qui doit dpendre comme tre du premier tre, comme action du premier Agent, comme acte libre du premier Libre, comme ultime actualit de l'Actualit suprme qu'est
l'Acte pur, et, si cet acte libre est bon et salutaire, il doit dpendre aussi comme tel, non seulement raison de son objet, mais quant son exercice, de la source de tout bien et de l'Auteur du salut. Aussi saint Thomas dit-il, Ia-II 33 q. ctx, a. 1 Quantumcumque aliqua natura sive corporalis, sive spiritualis, ponatur perfecta, non polest in suum actum procedere nisi moveatur a Deo. Telles sont les raisons gnrales d'affirmer la prmotion physique. Elles se prcisent si on les considre par rapport ce que nous enseigne la rvlation au sujet des dcrets divins et de la grce efficace. 2 La prmotion physique et les dcrets divins prdterminants, relatifs nos actes salutaires. La prmotion physique prsuppose ces dcrets et assure leur
, :

Seigneur, Seigneur, invoque car toutes choses sont soumises votre pouvoir et il n'est personne qui puisse faire obstacle votre volont, si vous avez rsolu de sauver Isral... Vous tes le Seigneur de toutes choses et nul ne peut vous rsister, vous, le Seigneur!... Exaucez ma prire! et changez notre deuil en joie... Dans le mme Mettez de livre, xiv, 13, la reine Esther prie ainsi sages paroles sur mes lvres en prsence du lion (du roi), et faites passer son cur la haine de notre ennemi, afin qu'il prisse, lui et tous ceux qui ont les mmes sentiments. Et au c. xv il est dit Alors Dieu changea la colre du roi (Assurus) en douceur et il rendit un dit en faveur des Juifs. Par ces paroles, l'infaillibilit et l'efficacit du dcret de la volont de Dieu sont fondes manifestement sur sa toute-puissance et non pas sur le consentement prvu du roi Assurus. Ce qui fait dire saint Augustin lorsqu'il explique ces paroles (Ad Boni/alium, 1. I, c. xx) Cor rgis... occultissima et efjicacissima potestale convertit et transtulit ab indignatione ad lenitatem. Dans le ps. cxm, 3, il est dit Tout ce que Dieu veut, il le fait , tout ce qu'il veut d'une faon non pas conditionnelle, mais absolue, il le fait, mme la conversion libre de l'homme, comme celle du roi Assurus. Prov., xxi, 1 Le cur du roi est un cours d'eau dans la main de Jahv, il l'incline partout o il veut. La
:

cette prire de Mardoche roi tout-puissant, je vous


:

mme pense est exprime dans l'Ecclsiastique, xxxm, 13 Comme l'argile est dans la main du
:

potier, et qu'il en dispose selon son


les

bon

plaisir, ainsi

excution infaillible. Ces dcrets sont admis par presque tous les thologiens qui n'acceptent pas la thorie moliniste de la science moyenne, c'est--dire par les thomistes, les

sont dans la main de celui qui les a faits. Isae, xiv, annonce contre les nations paennes plusieurs vnements qui s'accompliront par les liberts humaines, en particulier la ruine de Babylone, et il conclut, ibid., 24-27 Jahv, Dieu des armes, a jur en disant Oui, le dessein qui est arrt s'accomplira. Et ce que j'ai dcid se ralisera... Car Jahv des armes a dcid et qui l'empcherait? Sa main est tendue et qui la dtournerait? La main de Dieu signifie sa toute-puissance, ici encore l'infaillibilit et l'efficacit du dcret divin ne sont nullement fondes sur la prvision du consentement humain. Il est mme dit dans zchiel, xi, 19, que c'est Dieu a Je mettrai au qui donne le bon consentement dedans d'eux un esprit nouveau, et j'terai de leur chair le cur de pierre, et je leur donnerai un cur de chair, afin qu'ils suivent mes ordonnances et qu'ils gardent mes lois et les pratiquent; et ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. Cf. Ez., xxxvi, 26, 27. Dans l'vangile, Jsus dit aussi Sans moi, vous
: :
: :

hommes

(il

L'AFFIRMER PRMOTION PHYSIQUE. RAISONS DE


sa ut.

62

dans l'ordre du ne pouvez, rien faire , et ils feront des pros'lvera de faux christs... I pouvait, les lus mmes. jusqu' sduire, s'il se diges entendent ma voix; je Matth xxiv, 24. Mes brebis Et je leur donne la Vie suivront. me elles et tes connais, et nul ne les ravira jamais priront ne elles 2 Sic, et donnes, est plus a les me qui Pre, de ma main mon les ravir de la main de grand que tous, et nul ne peul l'infaillible effimon Pre. Joa., x, 27 :;<>. Toujours le est explique non point par cacit du dcret divin par la toute-pi usconsentement humain prvu, mais mots nul ne peut 1< s sauce divine, exprime par ces . l're mon main de ravir de la chaque fois que .Jsus parle de I),. mme encore, dit quel, , il .son heure, celle de la passion, par un dcret divin, de toute ternit dtermine pourra porter la m un qu'avant cette heure nul ne que Dieu es. matre des volonts
,.
,
:

Joa

xv

afin

ferme, que le dessein lectif de Dieu fut reconnu par le choix de celu. mais uvres, des vertu en non L'an sera assuqui appelle, il fut dit Rbecca
:

donc. Y a-t-il au plus jeune ... Que dirons-nous la! Car il dit a Mose de l'injustice en Dieu? Loin de qui je veux faire misricorde et . Je ferai misricorde avoir compassion. j'aurai compassion de qui je veux ni de la volont, ni des \insl donc l'lection ne dpend
ietti
:

elTorts,

Il est mais de Dieu qui fait misricorde. ternel de la volont dcret ['lection, que texte dans ce humain prvu. divine ne dpend pas du consentement peut tre mieux L'indpendance souveraine de Dieu ne
.

clair

affirme.

connatre les Si Dieu a voulu faire Ibid ix 23 des vases de misricorde richesses de sa gloire l'gard prpares pour la gloire... (ou est in"

qu'il a

d'avance

,'ontre lui. C'est

donc

Smalnes, ce point qu'elles ne peuvent ternit Dieu l'a permis, qu' Seure o de toute
du genre de pche que Dieu
cause
ni

mme

pche
e1

justice)? vin 37: Ibid sommes plus que

-Dans

toutes nos preuves, nous vainqueurs, par celui qui nous a

permis, sans en tre

est ainsi qull directement, ni indirectement. C US de saint Jean, vu, 30 ; est dit dans l'vangile personne ne mil la cherchrent donc le saisir, et net ail pas encore main sur lui, parce que son heure que son heure sachant Jsus : 1 xin, Jbid., venue. les au n.. les siens aime avoir aprs tait venue... esl l heure Pre, 1 xvii,
:

aimes. son peuple! Ibid xi 1-7 : Est-ce que Dieu a rejet Plie .Je m- suis Loin d l... il dit (autrefois, a n'ont pas flchi le rserve sept mille hommes qui aussi, dans le temps mme De Baal. devant genou choix de grce. <>r. prsent il y a une reserve selon un plus par les uvres si c'est par grce, ce n'est qu'Isral cherche, il ne la pas
:

iusciu'

la

fin.

Ibid.,

venue

(voir

le

commentaire de

sainl

Thomas

sur

saint Jean; nous tous ces textes de l'vangile de ncessitait delerminala, not qu'il v voit l'heure non a est^celle du ^edaProvidentiaprflnila. Or, cette heure qui avait donc t, (acte Christ du libre acte plus grand d'un dcret divin prdter de toute ternit, l'objel plus grand pch, minant positif), c'est aussi l'heure du toute ternttl objet du dicide (acte qui avait t d* mais permissif, d d'un dcret divin non pas positif, arriver avant sorte que ce pch ne devail pas
telle

avons

dirons-nous donc? Ce obtenu, tan. lis obtenu mais ceu i que Dieu n choisis l'ont choix divin n esl Le aveugls. t ont les autres que eineul hum. un prvu. pas fonde sur le consent Car qui est-ce qui Cor., iv, 7 Semblablement, D aprs l'aies reu te distingue, qu'as-tu que tu ne distingue le juste de l'Impie, ce qui
I :
!

sa lnt p.,ul. ce qui

mme commence
.,,
dira
a

cause

forme cette heure, ni sous une autre Thomas, III'. par Dieu). Cf. saint

que

celle

permise
a.

q.

XLVI,

-.

"

De
aux

m'ine,
.Juifs

Pierre, le Jour
:

dans les Actes des aptres, u, 23, del Pentecte, dit dans son discours vous Cet homme (Jsus de Nazareth)
dessein Immuable
el

saint

ne serait meilleur qu'un Dieu. C'est leprinclpe autre, s'il n'tait plusalmpar dans l'ordre naturel el de prdilection, qui s'applique les .nies sah.ta.rc dans celui de la grce, SOll pour salutaires faciles. Ce prindifficiles, soit pour les actes absolue, et il suppose que cipe est d'une universalit ,, ,,,. Dlen pour nous est efficace par lui m

juste le distinguer, lorsque le Saint Thomas se convertir, cela U l'a reu. l'amour de Dieu est
,

kx,

a.

Comme

de

toul

bien,

nul

et
i

avant t livre selon le attach la croix et mis science de Dieu, vous l'avez U Dieu l'a ressuscit impies. des main mort par la le dessein texte, ce dans que, mme remarquer a pmdence Immuable.^ pio^vT) pouXfi, prcde ID. Thomas. q. xlvii, xalnpoYv^en TOeov. Cf. S. prordmavil passio Deus sua eeterna voluntate generis liberationem. 'n'en, Christi ad humani

la

pre

prvu, puisque non pas par notre bon consentement cause premire bont de ce consentement a pour de prdilection, Dieu source de tout bien. Ce principe s, par saint Paul el qui affirme si nettement formul de Dieu, est hautement la souveraine indpendance impossibilia non quilibr par cet autre principe Deus jamais l'Impossible, el U commande ne Dieu jubet
|

rend rellement possible

De mme,

Act., x, 11:

Dieu

l'a ressuscit le troi-

se faire sime jour, et lui a donne de tmoins choisis d'avance. . Ibid., le peuple, mais aux si En entendant ces paroles, les gentils xin 48 talent destins la vie rjouirent... et tous ceux qui Dieu Ibid., XVII, 26 ternelle devinrent croyants. dune de son exisdtermin pour chaque nation la
:

Voir non tout

tous les adultes l'accom des pie ceux e. les obligent, plissement des prceptes, Dieu l'un., n. I: Paul. en ce sens comme dit saint voir art veut que ions les hommes soient sauvs sus \u<>\. col. 3019. il mti ament ce second principe se concllle-t prdilection 1 (.est l un de principe avec le mement faudrait Noir il mystre Inaccessible. Pour le se concilient en elle l'inflnle mis
I

,i

.,

D(

,,,

ei

comment

XXII, Il bornes de son domaine. /'"'/ tence conversion Aname lin sa qu'aprs raconte saint Paul mme 3, . p a ul, mon frre, recouvre la vue. Et, au Dieu de nos pres t a instant, Je le vis. Il dit alors : Le voir le Juste e prdestin connatre sa volont, Car tu luiserArtras entendre les paroles de sa bouche. ma.s infailliblement, librement, Et, tmoin... de Paul servit de tmoin Notre-Selgneur.

de,

l'inflnle

justice

et

la

souveraine libert ou
i
:

et les

Indpendance de Dieu. C est en lui On lit de mme, dans Eph., i, 5 nous a lus des avant la Dieu que lesiis Christ) (en saints et Irrprhencration, pour que nous soyons pas parce qu'il avait prvu sibles devant lui (et non il nous a pi saintet), car, dans son amour,
notre

Unes

saint

aux Romains, vin, Enfin saint Paul lui mme dit bien de ceux qui au concourent choses 28 Toutes selon son ternel aiment Dieu, de ceux qui sont appels
dessein. Car

libre volont,

ceux

qu'il a

connus d'avance,
11-18
:

il

les a

aUSS

prdestins... . Ibid., ix, deux enfants..., et avant

Rbecca conut
ns...

mme

qu'ils fussent

Christ, selon sa flls adoptlfs par Jsus en faisant ainsi clater la gloire d sa arbitre de l'homme), ..race (et non pas celle du libre a ses veux, en par laquelle il nous a rendus agrables C'est aussi en lu 12 i, Ibid., aime. bien son FUs mes suivant nue nous a\ ons et dus. aJ ant t prdest qui opre toutes choses d aprs la rsolution de celui
a tre ses
l
:

63

PRMOTION PHYSIQUE. RAISONS DE L'AFFIRMER


per

le conseil de sa volont] pour que nous servions la louange de sa gloire, nous qui d'avance avons espr dans le Christ. El il ne s'agit pas seulemenl Ici de

rum esset opposilum, ut rvera potest, idtpsum sewisset eamdem scientiam, non autem quod n-i/isa scit. C'est
dire qu'il n'est pas ou pouvoir tir Dieu de prvoir par la science moyenne autre chose que ce qu'il sait par
elle,

l'lection gnrale des chrtiens, lesquels ne sont


l

pas

tous prdestins, car il esi dit, Cor., iv, 7, de tel chrtien meilleur que tel autre Quis enim te discernit? Quid autem habes quod non accepisti? Si l'amour de Dieu est source de tout bien, nul ne serait meilleur qu'un autre, s'il n'tait plus aim par Dieu. Saint Paul dit encore aux Pliilipiens, II, 13 C'est Dieu qui opre eu vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. El donc, pensent les thomistes, la dtermination libre de l'acte salutaire vient, comme de sa cause premire, de Dieu, premier Libre et premire Boul, de Dieu, auteur du salut. 2. Argument thologique. C'est la mme doctrine qu'expose ainsi saint Thomas en parlant des dcrets de la volont divine consquente ou non conditionne, I, q.xix, a. li, ad l "" Voluntas comparatur ad res, secundum quod in seipsis sunt fnam bonum esl in ipsis rbus); in seipsis autem sunt in particulari. Unde sim:

arbitre
tait

<pie

aurait su par elle autre chose si le libre suppos plac en telles circonstances, avait un choix diffrent. Comment alors viter de dire la prescience divine dpend du choix que ferait la
il

mais

ci ,

libell cre, si elle tait place en telles circonstances,

et qu'elle fera,

si

de

tait

elle y est place.


la

Il

suit (le la

videmment, pour Molina, que

pliciter

volumus aliquid, secundum quod volumus illud omnibus circumstantiis particularibus, quod est consequenter velle. Unde polest dici quod judex justus simpliciler vult homicidam suspendi, sed secundum quid
consideralis
est

(seu antecedenter ) vellet eum vivere, seilicel in quantum homo... Et sic patet quod quidquid Deus simplicifit, licet illud

grce actuelle, suivie de l'acte salutaire, n'est pas Intrinsquement effii (ibiil.. p. 230, 459) et qu'avec une grce gale et mme moindre tel pcheur se convertit, tandis que tel autre plus aid ne se convertit pas (ibid.. p. 51, 565). Ce qui. aux yeux des thomistes, est inconciliable avec les paroles de saint Paul Quis enim te. discernit.' Quid autem habes quod non accepisti.' I Cor., IV, 7. Au contraire, si l'on admet les dcrets divins prdterminants relatifs nos actes salutaires, c'est-dire les dcrets intrinsquement et infailliblement efficaces, qui s'tendent jusqu'au mode libre de nos actes, en actualisant notre libert, il s'ensuit que la grce actuelle, suivie de l'acte salutaire, doit tre elle aussi intrinsquement efficace, pour assurer l'excution infaillible du dcret qu'elle suppose. Et, aux yeux des thomistes, la grce actuelle ne saurait tre intrinsque:

ter vult,
pat.

quod antecedenter

vult,

non

Saint Thomas donne ici le principe de la distinction entre la grce intrinsquement efficace (qui assure infailliblement l'excution de la volont divine consquente pour les actes salutaires soit faciles, soit difficiles) et la grce suffisante (qui correspond la volont divine antcdente, par laquelle Dieu veut rendre l'accomplissement des prceptes et le salut rellement possibles tous). Et pour quelle raison, selon saint Thomas, tout ce que Dieu veut de volont consquente ou non conditionne s' accomplit- il infailliblement? Il l'explique, au mme endroit, I a q. xix, a. G, non pas par la prvision du consentement humain, mais parce que non potest fieri aliquid extra ordinem alicujus causse universalis, sub qua omnes cause parliculares comprehenduntur, rien ne peut arriver en dehors du bien voulu par Dieu, ou du mal permis par lui, car aucune cause seconde ne peut agir sans son concours. Le concile d'Orange, can. 16 (Denzinger, n. 189) avait dit Nemo ex eo quod videtur habere glorielur lanquam a Deo non acceperit. Cf. can. 20 et 22. Et le concile de Trente, sess. vi, cap. xi (Denzinger, n. 806) dit aussi
,
:

ment efficace que si elle est une prmotion physique prdterminante, mais non ncessitante, au sens expliqu au dbut de cet article. C'est ce qui nous reste montrer. Voir, par exemple, Billuart, O. P., Cursus
theol.,

De gratia, diss. V, a. 7. La prmotion physique prdterminante

cacit de la grce.

que Dieu nous accorde des grces efficaces, qui non seulement sont suivies du bon consentement libre, mais qui, d'une certaine
11

et

l'effi-

est de foi

Deus, nisi ipsi (homines) illius gratise defuerint, sicut cpit opus bonum, ita perfteiet, operans velle et perficere.
Phil., n, 13.

manire, le produisent, gratia efficax seu effectrix facil ut faciamus. C'est ce que niaient les plagiens et semiplagiens, qui refusaient d'admettre non pas que la grce donne le pouvoir de bien agir, mais qu'elle donne le vouloir et le faire. Le II e concile d'Orange expliquant les paroles de saint Paul Deus est qui operatur in vobis et velle et perficere (Phil., n, 13), dclare contre les semi-plagiens Si quis, ut a peccato purgemur, voluntalem nostram Deum exspectare conlendit, non autem, ut etiam purgari velimus, per Sancti Spiritus infusionem et operationem in nos fieri confitetur, resistit ipsi Spirilui Sanclo... et Apostolo salubriler prdicanli : Deus est qui operatur in vobis et velle et perficere pro bona voluntate. Denzinger, n. 177. Cf. ibid., n. 182 Quoties enim bona agimus, Deus in nobis alque nobiscum, ut operemur, operatur, et les n. 176, 179, 183, 185, 193, 195; voir aussi Indiculus de gratia Dei. Denzinger, n. 131, 132, 133, 134, 135, 137,
:
:

Aux yeux
les

des thomistes, ne pas admettre en Dieu dcrets prdterminants relatifs nos actes salu:

139, 141, 142. Or, la grce qui fait que nous agissions bien,

qu

mettre dans l'impossibilit de rsoudre Dieu dterminant ou dtermin, pas de le dilemme milieu, et l'on est oblig d'admettre en Dieu une certaine passivit ou dpendance l'gard de la dtermination libre que prendrait tel homme, s'il tait plac en tel ordre de circonstances, et qu'il prendra, si de fait il y est plac. Cette dpendance de Dieu l'gard de cette dtermination humaine n'est-elle pas avoue par Molina lorsqu'il crit dans la Concordia, q. xiv, a. 13, disp. LU, d. de Paris, 1876, p. 318 (Scientia mdia) nulla ratione esl dicenda libra, tum quia antecedit omnem liberum actum voluntatis divinse, tum etiam quia in potest Dei non fuit scihe per eam s ientiam aliud quam reipsa sciverit. Deinde dicendum neque
taires, c'est se
:

operatur

velle et perficere,

pas seulement efficace primo) en ce sens qu'elle donne un rel pouvoir d'agir de faon salutaire (ce pouvoir est dj donn par la grce suffisante, mme lorsqu'elle n'est pas suivie de l'effet salutaire), mais elle est efficace d'une efficacit
d'opration, ou effectrix, car, comme le dit le concile d'Orange, n. 182 Quoties bona agimus, Deus in nobis atquc nobiscum, ut operemur operatur. C'est l l'expression de la foi chrtienne, et il est aussi de foi que sous la grce efficace ainsi conue la libert de l'homme subsiste. Denzinger, n. 814. De plus les thomistes et bien d'autres thologiens
:

faciamus, n'est d'une efficacit de vertu (in actu


facit ut

qu

me

entendant ces textes scripturaires


le

et conciliaires

dans

etiam in eo sensu esse naluralcm, quasi ita innata sit Deo, ut non poluerii scire opposition ejus quod per eam cognoscit. Si namque liberum arbitrium crealum actu-

sens de l'indpendance divine, compromise leurs yeux par la thorie de la science moyenne, y voient cette affirmation que la grce est efficace par elle-mme,

65
et
la

PRMOTION PHYSIQUE. RAISONS DE

AFFIRMKK

66

non pas par notre consentement prvu. Ce qu'il Importe ici de noter c'est que la doctrine de (jrce intrinsquement efficace, admise par presque

tous les thologiens qui rejettent la thorie de la science moyenne , est beaucoup plus prcieuse aux yeux des thomistes que l'explication qu'ils en donnent

par

la

prmotion

physique

prdterminante.

De

puisse mouvoir notre main son gr, il importe moins de savoir par l'intermdiaire de quels centres nerveux elle le fait. Parmi les thomistes, liilluart l'a bien remarqu. Les thologiens, dit-il en substance, expliquent de diverses manires l'efficacit de la grce; les uns par la dlectation et l'influx moral, d'autres par la prdtermination physique, sans pourtant tendre celle-ci ni aux actes naturels, ni au matriel du pch. Mais ce sont l des questions proprement philosophiques, tandis que la grce efficace par soi, infailliblement efficace en vertu de la volont toute-puissante de Dieu, indpendamment du consentement de la crature et de la science moyenne, nous la dfendons comme un dogme thologique connexe avec les principes de la foi et proche du dogme dfini (proxime de fini bile); el c'est l'avis de presque toutes les coles sauf du molinisme. Curs. theol., De Deo, dissert. VIII, a. lin. Les thomistes voient en elet cette assertion de [a grce
.">,

mme, pourvu que notre volont

intrinsquement efficace, cquivaleinmenl contenue dans les textes scripturaires cites plus h. ml el rela
tifs

squement et infailliblement efficace, car, assez souvent, elle ne l'accompagne mme pas, et, lorsqu'elle existe, son effet n'est pas infaillible. Assez souvent elle manque, car plusieurs se convertissent, disposs non pas prcisment par une dlectation cleste suprieure celle de la chair, mais par une inclination au bien qui n'est pas toujours dlectation victorieuse, par la crainte des chtiments divins et autres motifs. Mme les saints accomplissent bien des bonnes uvres sans dlectation victorieuse, et parfois dans une trs grande aridit, comme par exemple dans la nuit obscure ou purification passive de l'esprit. Lorsque cette dlectation cleste existe, elle sollicite sans doute notre libert, mais ne l'attire pas infailliblement, car elle n'est pas adquate a notre capacit d'aimer, comme le serait Dieu vu face face; la volont peut nous incliner a penser autre chose (D-II q. x. a. 2). En ralit, l'homme ne suit pas toujours dans son choix la plus grande dlectation indlibre, il choisit ce qui lui parait le meilleur hic et mine, mme pour le seul motif (pie c'est obligatoire, sans dlectation an! dente, et la dlectation suprieure suit alors h- choix, comme la joie du devoir accompli. /.</ multiplicit des grces d'attrait ne leur donnerait pas non plus une infaillible efficacit, car la volont reste encore indtermine a consentir ou ne pas consentir, bien qu'elle soit fortement sollicite ou
'

,i

l'efficacit intrinsque des dcrets divins (voir

rattachenl cet h' doctrine au principe de prdilection. Nul ne srail meilleur qu'un autre s'il n'tait plus aim par Dieu. Voir Billuart, Curs. theol., ibid., dissert. V, a. 6; et, pins pics de nous. N. del Prado, op. cit., t. m. p. 150 sq.; et Ed. Hugon,
col.

59

sq.).

De mme,

ils

<

gratia, p. 202. grce Intrinsquement el Infailliblement efficace, comment l'expliquer autre ment (pie par la pi motion physique prdterminante au sens expos plus haut ? On a propos sans doute une explication par la causalit morale, qui s'exerce par
la

Tract,

dogmatlc, 1927, t. n, Maintenant, si l'on admet

lu-

incline au consentement s.dutaire. Ainsi, on a propos aux mari \ s tous les biens de ce monde, en mme temps qu'on cherchait a les effrayer par tous les tourments, mais ni ces promesses, ni ces tourments n'ont pu exercer une Influence infaillible sur leur libert inclinent de mme Les bons mouvements au choix salutaire, m. us m- sauraient le produire infailliblement, car ils laissent eux aussi notre volont ils n'actualisent /'"' le choix libre. libre indtermine sans compter qu'ils ont souvent a lutter contre fortes tentations et l'instabilit de notre libre arbitre
i

dans
I

le

bien.

.ri

lin.

mode
de
Ja

d'attrait objectif, et c'est ainsi

qu'on

a parle soit

l'homme

une prmollon physique indiffrente, qui porte a vouloir tre heureux, s.ms l'incliner Infail

la dlectation victorieuse (Berti et Bellellus), soit de multiplicit des (/races d'attrait, soit des bons mouve-

ments indlibrs et Inefficaces, qui inclinent vers le choix salutaire, et l'on a mme propose d'unir a cette motion morale, sous l'un ou l'autre des modes susdits, une prmotion physique mais non prdterminante. Les thomistes enseignent communment dans le trait de la grce que ces explications sont Insuffl
sautes.

Leur raison fondamentale est celle ci par une simple motion morale ou objective. Dieu ne peut mou voir Infailliblement a l'lection salutaire. Or, la grce Intrinsquement efficace est celle par laquelle Dieu
:

meut infailliblement
la

l'lection

salutaire.

Donc

la

grce Intrinsquement efficace ne peut s'expliquer par


seule motion morale ou objective. Le principe de ce raisonnement repose sur
ceci

que

la

motion morale ou objective n'atteint

la

volont que

par l'intermdiaire de l'intelligence, par manire d'atpas infailliblement. Sans doute, Dieu vu face face attirerait Infailliblement notre volont parce qu'il correspond sa capacit adquate d'aimer. Mais tout attrait, si suprieur soit-il, qui reste Inadquat cette capacit, reste faillible, il laisse notre volont indtermine consentir ou ne pas consentir, surtout une volont Infirme, dure et indocile l'appel divin, tant qu'elle n'est pas intrinsquement change. ne suffit pas de dire que celle motion morale 11 S'accompagne d'une dlectation cleste el victorieuse. Cette dlectation (admise par plusieurs augustiniens comme Berti) ne saurait constituer la grce intrintrait objectif, cl elle n'attire

liblement a vouloir tel bien particulier, laisse elle aussi notre volont libre dans l'Indtermination; elle n'ac tlialisc pas le choix libre de tel bien. Aussi, concluent les thomistes, la motion morale est certainement requise pour disposer au choix notre volont en lui proposant un objet, un bien qui II s"l licite ou l'attire. Mais la grce Intrinsquement efficsu a, qui meut infailliblement a l'lection libre, doit tre l'application de la volont a l'exercice de cet .nie or. cet te mol ion n'est pas morale, ou par manire d'attrait objectif, mais physique, elle doit s'exercer immdiatement ab intus sur la volont mme, et non par l'intermdiaire de l'intelligence. Elle doit avoir, sur l'acte libre, une priorit non de temps, mais de nature et de causalit'. Elle doit enfin porter infailliblement la volont a tel acte libre salutaire, plutt qu'a un autre, ci s'tendre Jusqu'au mode libre de cet acte, (".'est dire qu'elle doit tre une picinotion physique, prdterminante et non ncessitante, laquelle ne peut venir (pic de )ieu seul et non d'un agent cre, si suprieur s. ut -il. car Dieu seul peut mouvoir ab iniUS la volont libre, qu'il a ordonne au bien universel el qu'il conserve dans l'existence; ci lui seul, par son contact virginal, peut ainsi toucher la libert sans la dtruire, et concilier l'infaillibilit de sa motion avec le mode libre de nos actes.
I

thologiens ont toujours concd aux thomistes sous celte motion divine de soi efficace que la vierge Marie a dit librement et infailliblement son fit le jour de l'annonciat ion. que saint Paul s'est librement et infailliblement converti sur le chemin de Damas, que les martyrs ont t librement el InfailI

les

que

c'est

DICT.

DE THOL. CATHOL.

T.

Mil

67

PRMOTION PHYSIQUE. A.CCORD AVEC LA LIBERT


,

68

liblement fidles au milieu les pires tourments. Mais c'est l concder les principes mtaphysiques de cette doctrine, et, s'ils sont mtaphysiques, ils s'appliquent sans exception a tous les actes salutaires, faciles ou difficiles. Les principes formuls plus haut font abstraction de la plus ou moins grande difficult. Par contre, l'infaillibilit de la motion divine affirme par les jansnistes et par Quesnel (Denzinger, n. 1360-1363), en termes presque matriellement identiques ceux de saint Thomas, est la ngation de la libert, celle aussi de la grce suffisante et de la responsabilit du pcheur. Les jansnistes considrent que la grce de soi efficace est ncessaire titulo inflrmilalis, non tiluli) dependentise a Deo. Pour eux, dans l'tat d'innocence, la grce intrinsquement efficace n'tail pas ncessaire pour bien agir; elle n'est ncessaire que depuis la chute, raison des suites du pch originel qui ne laisse subsister en nous que la libertas a coactione et non pas le libre arbitre, libertas a necessitate. En rsum, la grce intrinsquement et infailliblement efficace, plus prcisment la prmotion prdterminante et non ncessitante, est requise non seule-

divine intrinsquement et infailliblement efficace ne dtruit pas le libre arbitre, car, bien que l'homme n'y rsiste pas de fail il conserve la puissance d'y rsister; remane.t potentia ad opposition, comme le disent com-

munment

les
le

thomistes.
concile dit plus loin, sess. vi, cap.
:

Bien plus,

xm

Deus, nisi ipsi homines illius grati dejuerint, sirut cpit opta bonum, ita perficiet, operans velle et perficere. Ces derniers mots taient gnralement entendus par les thologiens antrieurs au concile de Trente comme exprimant la grce efficace par ellemme et non par la prvision divine de notre consentement. Cf. A. Reginaldus, O. P. Dmente concilii Tridentini, et A. Massouli, O. P., Divus Thomas sui inlerpres,
(Denz., n. 806)
t.
i,

diss.II, q. ix.

ment pour les actes salutaires difficiles, mais pour les actes salutaires faciles, qu'il s'agisse de leur commencement ou de leur continuation. Comme, en effet, l'amour de Dieu est cause de tout bien, nul ne serait meilleur qu'un autre, par un acte salutaire initial ou final, par un acte salutaire facile ou difficile, commenc ou continu, s'il n'tait plus aim par Dieu.
I a,

q.

xx,

a. 3.

VIL La prmotion physique et la libert de nos actes salutaires. On a object la thse thomiste qu'elle dtruit la libert comme le calvinisme, parce qu'elle conduit soutenir que le libre arbitre, m et excit par Dieu, ne peut rsister; ce qui est la thse des rformateurs condamne par le concile de Trente, qui dfinit, sess. vi, c. 4 Si quis dixerit, liberum arbitrium a Deo motum et excitalum nihil cooperari assentiendo Deo excitanti atque vocanti... neque posse dissenlire si velil, sed velut inanime quoddam nihil nmnino agere, mereque passive se habere, anathema sit. Denz., n. 814. Cette objection et d'autres semblables taient faites saint Augustin par les plagiens et les semi-plagiens. Saint Thomas les a souvent rapportes et rsolues. I a q. xix, a. 8; q. cv, a. 4; Ia-II*, q. x,
:

Enfin, les thomistes rtorquent l'objection en disant : c'est la thorie de la science moyenne qui dtruit la libert, car elle suppose que Dieu, antrieurement tout dcret divin, voit infailliblement ce que choisirait le libre arbitre de tel homme, s'il tait plac en telles circonstances. Comment, en efet, viter alors le dterminisme des circonstances? O Dieu peut-il voir infailliblement la dtermination laquelle le libre arbitre cr s'arrterait, sinon dans l'examen des circonstances, qui deviennent ds lors infailliblement dterminantes? Et, pour n'avoir pas voulu de la prdtermination divine non ncessitante, qui s'exerce fortiter et suaviter sur le fond mme de notre volont libre, n'est-on pas conduit un dterminisme trs infrieur qui vient de l'influx des choses extrieures sur notre volont spirituelle? Enfin, l'objection faite l'occasion du canon du concile de Trente, que nous venons de citer, n'est pas nouvelle. Nous l'avons trouve dj formule aussi nettement que possible par saint Thomas, IMI, Videtur quod voluntas ex necessitate moveatur q. x, a. 4 a Deo. Omne enim agens cui resisti non potest ex necessitate movet; sed Deo, cum sit infmitse virlutis, resisti
:

non

quis rsistif?

a. 4, etc.

Les thomistes rpondent que


n'a certainement pas voulu
la

le

concile de Trente

la doctrine de grce intrinsquement efficace, ni de la prmotion physique, comme l'ont nettement dclar Benot XIV et Clment XII. Paul V avait dclar aussi la fin des congrgations, De auxiliis, le 28 aot 1607 Sententia Patrum prsedicatorum plurimum differt a Calvino : dicunt enim prdicatores gratiam non destruere, sed perficere liberum arbitrium, et eam vim habere, ut homo
:

condamner

unde dicitur ad Rom., ix : voluntati ejus Ergo Deus ex necessitate movet voluntatem. Nous connaissons la rponse de saint Thomas Voluntas divina non solum se extendit ut aliquid fit per rem quam movet, sed ut etiam eo modo fit qno congruit naturse ipsius; et ideo magis repugnaret divin motioni, si voluntas ex necessitate moveretur (quod su naturse non compelit), quam si moveretur libre, prout compelit su naturse. D'aprs cette rponse, que reste-t-il de la majeure de l'objection Omne agens cui resisti non potest, ex necessitate movet? Si cet agent cause le Saint Thomas distingue
potest,
:
: :

mouvement, sans produire en


concde;
s'il

lui le

mode

libre, je le

operetur juxta modum suum, id est libre. Jesuilsc uutem discrepant a pelagianis, qui initium salutis pnsucrunt fteri a nobis, illi vero lenent omnino contrarium. Cf. Schneemann, S. J., Controvers. de gratia..., 1881, p. 291. Cette dcision de Paul V fut confirme ensuite par un dcret de Benoit XIV, du 13 juillet 1748. Il est clair que la doctrine thomiste dilre absolument de celle condamne par le concile de Trente, selon laquelle le libre arbitre ne coopre pas l'action divine. De plus, parmi les Pres du concile, il y avait beaucoup de thomistes; l'un d'eux, Dominique Soto, travailla personnellement la rdaction de ces canons. Il

cause et le mouvement et le mode libre, que Dieu peut produire en nous et avec nous, je le nie. De la sorte, l'homme sous la grce efficace reste libre, bien qu'il ne lui rsiste jamais, car elle produit en lui et avec lui jusqu'au mode libre de son acte; elle
l'indiffrence potentielle

actualise sa libert dans l'ordre du bien, et, s'il n'a plus ou passive, il a l'indiffrence actuelle et active, l'indiffrence dominatrice l'gard du bien particulier qu'il choisit. Ce bien ne saurait invinciblement l'attirer comme Dieu vu face face. Il se porte librement vers lui, et Dieu actualise ce

mouvement libre, dont le mode libre tant encore de l'tre tombe sous l'objet adquat de la toute-puissance divine. Telle est manifestement la doctrine de saint Thomas. Les textes que nous avons cits plus haut, IV, le montrent clairement. Voir col. 51 sq.
Telle est, aussi, la doctrine conserve par le thoclassique; Molina le concde lorsqu'il dclare s'loigner, non seulement des thomistes, mais de saint

Pres du concile, dans le canon susdit, parlent d'une motion divine intrinsquement efjlcace, car c'est d'elle que parlait Luther
est trs probable

mme

que

les

misme

Thomas lui-mme.
Cf. P.

Concordia. d. de Paris, 1876, p. 152

lorsqu'il disait qu'elle est

arbitre.

Leur

inconciliable avec le libre pense est donc plutt que la motion

et 5 17. Plusieurs molinistes l'ont

reconnu

comme

lui.

Mandonnet, Notes

d'histoire thomiste,

dans Revue

69

PRMOTION PHYSIQUE. ACCORD AVEC LA LIBERT


raison
:

70

thomiste, 1914, p. 665-679; Dummermuth, S. Thomas doctrina prmotionis physiese, Paris, 1 88<>, p. 685754. La doctrine de saint Thomas est celle mme qu'exposera Bossuel dans son Trait du libre arbitre, Quoi de plus absurde que de dire C. vm, en crivant
et
:

comme bon hic et nunc, sous un aspect, et non bon sous un autre, selon la formule de saint Thomas,
fa-II, q. x, a. 2 Si proponalur voluntuli aliqurjd objectum, quod non secundum quamlibel consideralionem sit bonum, non ex necessitate voluntas jertur in illud. Il y a alors indiffrence vouloir cet objet et a ne pas le

que l'exercice du libre arbitre n'est pas, cause que Dieu veut qu'il soit? En d'autres termes Quoi de plus absurde que de dire que l'actualisation du libre

arbitre

le

dtruit?

libre de nos actes non seulement est sauvegard, mais il est produit par Dieu en non et avec nous. La motion divine ne violente pas la volont, parce qu'elle s'exerce selon l'Inclination naturelle de celle ci; elle porte d'abord la volont vers son objet adquat, le bien universel, et ensuite seulement vers un objet inadquat, tel bien particulier. Sous le premier aspect la motion divine constitue le mode libre de l'acte, elle s'exerce Ultrieurement, avons-nous dit plus haut, sur le fond mme de la volont, prise dans toute son amplitude, et la porte en un sens vers tout le bien hirarchis, avant de l'incliner a se porter vers tel bien particulier, Cf. Jean de Saint-Thomas, Cursus fheoi, lu !"", q. xix, disp. V et VI, n. 37 55. Mnsi Dieu seul meut notre libell suaoiter et /orliier. I.a motion divine, si elle perdait de sa force, perdrait aussi de sa suavil; ne pouvant atteindre ce qu'il y a en nous de plus dlicat et de plus intime, elle resterai! comme extrieure, comme plaque sur notre activit Cre, ce qui est indigne de l'activit cratrice, conservatrice et motrice, plus intime a nous (pie nous mmes Notre acte libre est doue tant entier de nous connue cause seconde et il est tout entier de )iell comme cause premire. q, XXIII, a. 5. Lorsque nous le posons, au terme de la dlibration, nous gardons, en vertu de l'amplitude universelle de notre volont ei de l'indiffrence du JUgemenl non ncessit par l'objet, la puissance de ne pas le poser. q x, a. I, ad 1"*". Si notre libert pouvait se dterminer par elle seule, elle aurait la dignit de la libert premire et lui les semblerait non pas analogiquement, mais univoqueinenl. Elle aurait avec la libert divine une similitude pure et simple et non pas une similitude de propor xi\. a. '>, ad .">"". lions. I<[. Il y a ici ressemblance et diffrence. A considrer la la libert' cite n'est pas plus Similitude, il faut dire inconciliable avec la motion divine Intrinsquement efficace, que l'acte libre divin n'est inconciliable avec l'immutabilit de Dieu. L'acte libre eu Dieu n'a pas l'indiffrence dominatrice potentielle d'une facult, susceptible d'agir ou de ne pas agir, il a l'indiffrence dominatrice de l'Acte pur l'gard de tout le cr
I
1

Le mode

vouloir, indiffrence potentielle dans la facult et indiffrence actuelle dans l'acte libre qui se porte non ncessairement vers lui. Lors mme, en effet, que la volont veut actuellement cet objet, lorsqu'elle est dj (<lermine le vouloir, elle se porte encore librement vers lui avec une indiffrence dominatrice non plus potentielle mais actuelle; de mme, la libert divine dj

dtermine nous conserve dans l'existence. La libert provient donc de la disproportion infinie qui existe entre la volont spcifie par le bien universel et tel bien fini, bon sous un aspect, non bon ou insuffisant sous un autre. Et, contre Suarez, les thomistes ajoutent que, mme de puissance absolue. Dieu par sa motion ne peut ncessiter notre volont a vouloir un tel objet, slanle imlifjerenlia fudicil, tant que nous Jugeons qu'il est bon sous un aspect, et lion sons un autre. I.a raison en est qu'il implique contradiction que i.i volont veuille ncessairement l'objet que l'intelligence lui propose comme Indiffrent ou comme abso lumeiit disproportionn a son amplitude. Cf. s. Thomas, De veritate, q. xxii, a. Pour mieux saisir comment la motion divin. cause le notre acte libre, il faut remarquer que celui-ci
.">.

dpend de

'

'

trois causalits linies diffrentes, qui ont 1" l'attrait Objectif entre elles des rapports mutuels du bien particulier; '! la direction <u- l'intelligence qui poiie le jugement pratique; 3 l'efficience ou la pro duction de l'lection libre par la volont. La motion divine transcend ces trois causalits et les actualise, sans violenter le libre arbitre I.a lin qui attire reste ainsi i.i premire des e.mses, et il Implique contradii sous l'indiffrence du jugement tion pic on sous le Jugement non ncessitant, notre volont soit ncesslte par la mot ion divine, car il implique contradiction que notre volont veuille un objet autrement qu'il ne lui est propos. lai rsum, comme le dit Bossuet, foc. cit., quoi d< plus absurde que de duc que l'exercice du libre arbitre
:

n'est
soit

)ieu veut (efficacement) qu'il pas, a e.nise que quoi de plus inconsquent que de dire que
i

l'actualisation

du

libre arbitre

le

dtruit.

grand mj stre, selon saint Augustin et saint bornas, n'est pas dans la conciliation de i.i prescience
le
.

Aussi

et

est

'.onlr. (jent., ail \"<<< , q. M\, a. mme, toute proportion garde, sons
I

.'!,

<

I.

I,

c.

xxxu. De

la

motion divine

efficace, notre libert n'a plus l'indiffrence potentielle


et certes son dtruit pas. Si le inolinisine rejette cette doctrine, c'est qu'il cherche dfinir la libert humaine en faisant abstracfacultas qu, tion de l'objet qui spcifie l'acte libre prsesupposilis omnibus requisitls ad agendum, adhuc il potest (ii/ere et non uqrre. cl parmi ces prsupposs met la million divine, cnmpossible, selon lui. non seule

de

la

facult,

mais l'indiffrence actuelle,


la

act ualisation

ne

des dcrets div ins av ee I.i libert lieu ir, Si Dieu. s;i volont efficace doit s'tendre jusqu'au mode libre de nos actes; du fait qu'il veut efficacement que Paul se convertisse librement, tel jour et telle heure, sur le chemin de Damas, il doit s'ensuivre que Paul se convertira librement et. si. dans ce cas, I.i motion divine sur la volont liuinaine ne dtruit pas la libert, pourquoi la dtruirai! elle d.ms les autres? I.e grand mystre est ailleurs, c'est celui de la pei mission divine du mal moral ou du peche en tel homme ou tel ange plutt qu'en tel autre, si la grce de I.i persvrance finale, disent saint Augustin (/<<' COTTtp
I

.1

tione
(].

et

gratia,
.">l

c.

et

vu

et

saint

Thomas

(Il

il

ment avec
rsistance.

le

pouvoir de rsister, mais avec

le

fait

de

la

principe fondamental que les facults, actes sont spcifis par leur objet, il faut, dans la dlinilion du libre arbitre, considrer son lihertas objet spcilicalcur et dire avec les thomistes est indtfferentia dominatrix voluntalis erga bonum a ratione proposiium ni non ex omni parle bonum. L'es sence de la libert est dans l'indiffrence dominatrice de la volont l'gard de tout objet propos par la

En vertu du
habitas
et

les

les

accorde, comme clic fut au bon larron, c'est par misricorde si elle ne l'est pas. c'est par un juste chtiment de fautes gnralement ritres et d'une dernire rsistance au dernier appel, dernire rsistance que Dieu permet en celui ci plutt qu'en celui-l. C'est ce qui fait dire au mme saint Augustin Quare hune trahat et illum non traitt, noli velle dijuilieare, si non vis errare. In Joa., tract. XXVI. Saint Thomas parle de mme. ad 3"'" et q. xxm. a. (]. xx. a. 3 nul ne serait meilleur qu'un autre: s'il n'tait plus aim ar Dieu.
11. a.

est

'.

.">.

71

l'HMoTION PHYSIQUE ET PCH

72

D'autre part, Dieu ne commande jamais l'impossible; l'accomplissement de la Loi divine tait encore rellement possible au mauvais larron, lorsqu'il se perdit si prs du Christ rdempteur.
Il reste une dernire dillicult examiner relative l'acte du pch. VIII. La prmotion physique et l'acte phy1 Principe. sique du pch. Il est certain que Dieu n'est nullement cause du pch, ni directement, ni indirectement. Il ne peut tre cause directe du pch, en y inclinant sa volont ou une volont cre, car le pch provient de ce qu'on s'carte de ce qui est ordonn Dieu. Il ne peut tre non plus cause indirecte du pch, par ngligence nous en prserver, comme le capitaine de vaisseau est par sa ngligence cause du naufrage, lorsqu'il ne veille pas comme il le peut et il le doit. Il arrive sans doute que Dieu n'accorde pas certains le secours qui les prserverait du pch, mais cela est conforme l'ordre de sa sagesse et de sa justice; il n'est pas tenu, il ne se doit pas luimme de prserver de toute faute des cratures naturellement dfectibles, et il peut permettre leur dfaillance en vue d'un bien suprieur; il permet ainsi le pch des perscuteurs pour manifester la constance des martyrs. Cf. saint Thomas, I a q. xxn, a. 2, ad 2 U n. Cette permission divine du pch n'est nullement cause du pch, ni cause directe, ni cause indirecte; elle le laisse arriver. Elle en est seulement la condition sine qua non; si Dieu ne le permettait pas, ne le laissait pas arriver, le pch n'arriverait pas. Cette divine permission du pch, surtout s'il s'agit du commencement du premier pch, par lequel le juste s'loigne de Dieu, n'est pas une peine, comme le sera la soustraction divine de la grce, la suite d'une faute. Toute peine suppose une faute, et la faute ne se produirait pas si elle n'tait pas permise par Dieu. Cette divine permis-

sicut defectus claudicationis reducitur in tibiam curvam, sicut in causam, non autem in virtutem motivam, a qua tamen causatur qnic [tlid est motionis In claudicatione, et secundum hoc Deus est causa actus peccati, non tamen est causa peccati, quia non est causa hujus, quod actus sit

cum
parle

defectu.

Le concours divin
ici

saint

Thomas

simultan

comme

l'acte physique du pch dont n'est pas seulement un concours celui qu'admettra Molina, et sem-

blable au concours de deux hommes tirant un caaland ; il n'y a l, en ellet, que deux causes partielles (partialitate causx non efjeclus, comme dit Molina), c'est-dire deux causes coordonnes plutt que subordonnes dans leur causalit. Pour saint Thomas, la cause seconde n'agit que prmue par la cause premire, tandis qu'aucun des deux hommes qui tirent le bateaa ne meut l'autre. S'il y avait seulement un concours simultan, Dieu ne serait pas cause de l'acte physique du pch comme action, car la cause n'accompagne pas seulement son effet, mais le prcde au moins d'une
priorit de nature et de causalit.

donc ce concours divin n'est pas seulement simulil est une prmotion, disent les thomistes, et mme, en un sens qu'il importe de prciser, il est une prmotion prdterminante, quoique non ncessitante; mais la prdtermination ne doit pas s'entendre ici de la mme manire que lorsqu'il s'agit de l'acte bon et
Si

tan,

salutaire.

Pour le bien entendre, il faut remarquer que cette motion divine suppose en Dieu un dcret ternel, positif et effectif quant l'entit physique du pch, et permissif quant la dficience qui provient seulement, nous l'avons vu, de la cause dfectible et dficiente.
ce double dcret ternel de Dieu, pch tait seulement possible, mais il n'tait pas futur, ni futur conditionn, ni futur absolu. Par exemple, si, de toute ternit, Dieu ne l'avait pas permis, le pch de Judas ne serait pas arriv; il eut t seulement possible. Mais Dieu ayant, de toute ternit, permis qu'il arrivt de telle faon, en tel lieu et telle heure, il devait librement et infailliblement arriver cette heure et non pas avant, en cette forme de malice et non pas en une autre forme. Voir ci-dessus col. 70. Le pch de Judas supposait donc un dcret ternel positif quant l'entit physique de l'acte, permissif quant la dficience. Et il en est de mme de tout pch qui arrive dans le temps. A ce dcret ternel correspond une motion divine, par laquelle Dieu est cause premire de l'acte physique du pch comme tre et comme action. Cette motion divine peut tre prdterminante, mais d'une faon dilrente de celle qui porte l'acte bon et salutaire, car elle dpend d'un dcret ternel, qui n'est pas seulement positif et effectif, mais permissif. Cela s'explique mieux si l'on remarque que la motion divine quoad exercitium, quant l'exercice de l'acte, suppose la motion objective ou proposition de l'objet. Si cette dernire est dfectueuse, en tant que telle elle ne vient pas de Dieu, mais d'un mauvais conseiller ou de la concupiscence. Dieu ne peut mme pas conseiller l'acte physique du pch; ce conseil objectif ne pourrait pas faire abstraction de la malice de l'acte. Dans le cas de l'acte bon, au contraire, la motion objective prrequise est bonne et provient toujours de Dieu, au moins comme cause premire. La motion objective dfectueuse tant pose, intervient une certaine inconsidration du devoir de la part de celui qui va pcher, inconsidration permise par Dieu, mais nullement cause par lui, et inconsidration au moins virtuellement volontaire, car elle est le fait de celui qui pourrait et devrait considrer la loi divine, sinon toujours, du moins avant d'agir. C'est ensuite seulement, selon une postriorit de nature
le

Indpendamment de

la non-conservation de telle dans le bien; cette non-conservation n'est pas un bien, mais elle n'est pas non plus un mal, car elle n'est pas ia privation d'un bien qui nous serait d; elle est seulement la ngation d'un bien qui ne nous est pas d. La philosophie enseigne que privation dit plus que ngation. Dieu ne se devait pas lui-mme de prserver le dmon ou Adam innocent de toute faute; il a permis dans le dmon plutt qu'en un autre ange un mouvement d'orgueil volontaire consenti, et comme peine de cette faute, il lui a retir sa grce. Il importe ici de noter contre Calvin que la soustraction divine de la grce dit beaucoup plus que la simple per mission divine du pch, car cette soustraction divine est une peine, comme le montre saint Thomas, Ia-II 35 q. lxxix, a. 3; or, toute peine suppose une faute, et toute faute suppose une divine permission, comme condition sans laquelle elle ne se produirait pas. Cependant, la permission d'un second pch est dj une peine du premier. 2 La causalit divine et l'acte physique du pch. Ceci pos, il est moins difficile d'entendre ce qu'est la causalit divine ou la prmotion physique par rapport l'acte physique du pch. Saint Thomas, Ia-II" q. lxxix, a. 2, dit clairement ce sujet

sion

du pch implique

libert cre

Actus peccati est ens et est actus, et ex utroque habet quod sit a Deo omne enim ens quocumque modo sit, oporquod derivetur a primo ente, ut patet per Dionysium, De div. nom., c. v; omnis autem actio causatur ab aliquo cxistente in actu quia nihil agit, nisi secundum quod est actu. Omne autem ens actu reducitur in primum actum, scilicet Deum, sicut in causam, qu est per suam essentiam actus. Unde relinquitur quod Deus sit causa omnis actionis, in quantum est actu; sed peccatum nominat ens et actio:

tet

nem cum quodam

defectu, defectus autem illc est qui est ex causa creata, scilicet liberi arbitrii In quantum dficit ab ordine primi agentis, scilicet Dei. Unde defectus iste non reducitur in Deum sicut in causam, sed in libero arbitrio,

73

PRMOTION PHYSIQUE ET PCH

74
donc

l'influx divin qui porte la sinon de temps, que vient influx qui, comme volont l'acte physique du pch, libre de notre choix et pour l'acte bon, s'tend au mode

de la sorte, il est selon les thomistes, Dieu meut pch. cause du motion efficace ne La majeure serait vraie si cette

ne

Dieu ne

ne se soit, par sa pch avant que la volont cre certaine manire au formel dfaillance, dtermine d'une prcde, en effet d une du pch. La motion objective

violente nullement. communment que Aussi les thomistes tiennent-ils ou physique du matriel l'acte pas dtermine
le

l'action, sans rendre pouvait rendre raison de l'tre de comme disent les thoraison de sa malice. En ralit, a malitia. C est ce qu a mistes, motio divina prscindil MI, q. lxxix. a. I. dit saint Thomas lui-mme,

ci-dessus col. 71.


:

efficiente; on ne peut voupriorit de nature la motion un objet propos; et, ici, seulement mais vide, loir objective dfectueuse, motion la pch, du dans l'acte du devoir, prcde l'inconsidration accompagne de qui porte 1 acte phyla motion divine efliciente, termes, Dieu ne meut a sique du pch. En d'autres dj mal physique du pch qu'une volont
l'acte

acte, tel qu il pro2 On insiste mais Dieu meut tel qu'il procde pch, du l'acte or cde de la volont; prscindil a malitia. de la volont, est mauvais, non l'acte mauvais Donc, dans cette doctrine, Dieu meut
1

comme

Ains. Jsus dit dispose par sa propre dfaillance. .Ce et s'y complat pcher dispose se qui Judas, Seipncur Joa., XIII, 27. Le vite. fais-le que tu fais, l'accomplissement n'ordonne, ni ne conseille, il permet Thomas, In Joa., du crime prmdit (cf. saint en faut-il qu'il permette ce mal c xin, lect. 5), encore n'arriverait pas. il le rprouvant; autrement nous venons de L'inconsidration du devoir, dont a spcialement not Thomas saint que et parler, a. 1, ad 4", propos du pch de l'ange, I, q- wnx, volontaire et coupable Certaine:

est-elle

ment
le

De malo,
et

pas

la loi

menons la loi, que nous pourrions

encore saint Thomas dans bien que nous ne puissions considrer ne devions pas toujours actuellement lorsque nous comdivine, la faute commence de vouloir et agir sans la considration
car,

vraiment
q.
i,

comme l'explique
a. 3. fin,

De

et devrions alors considrer. volont est naturellement Incline pas vers le bien a,., -a au vrai bien, elle ne se porterait pralablement dtourrent qui est un mal, sans s'tre nous virtuellement, du vrai bien, en ne

acte te Dieu meut a Lis thomistes rpondent .1 la volont, oui; tel qu de effectivement procde qu'il la dficience relve car non. dfectivement. en procde dficiente. seulement de la cause dfectible et phvsique de l'acte peccaPeu importe que la ralit soient msmineux et son dsordre moral ou sa malice saurait tomber sous parables, car cette malice ne il n v adquat de la toute-puissance divine. Et on peut prcisif, s, de plus et prcis plus a rien de puissance: et formel d'une dire, que l'objet adquat d'atteindre dans un.- ralit C'est ce qui lui permet concerne et pas le matrielle uniquement ce qui la n'atteint que la couleur, \insi. dans un fruit, la vue saveur: et .le mme que odeur et non pas l'odeUTOU la de la vue, le dsordre moral, l'objet sous pas ne tombe sous l'objet adquat de t. pas tombe ne ou la malice, Mme -i. par imposIndfectible. puissan.e divine pourrait pas tre cause able il le voulait. Diell ne c'est--dire du dsordre directe ou Indirecte du pch, en tout ce qui moral qui s'y trouve. De mme encore, et non le l'Intelligence atteint le vrai
I

tel.

,,

plus,

comme

,.st

la

ne, au

moins

portant pas

le

considrer

quand

il

le

faut

v a

la

vrai et bon. rellement dist.mbien quoiqu'ils ne soient pu peut-elle atteindre divine causalit la raison, plus forte atteindre sa malice sans du pch l'tre physique qui est d'un autre ordre.
le,
,

dans laquelle la grce une rsistance la qrce suffisante, offerte, comme le fruit virtuellement tait efficace nous rsistance, Dieu dans la fleur; et, a cause de cette efficace., privapourra librement nous priver de la grce d'une postriorit lion qui sera une peine, et qui suivra volontaire, commencement de nature l'inconsidration simple permission divine la pr-

m insiste encore dans le thomisme, le e suffisante pas responsable de S8 faute. Car la gr< de pouvoir observei qu'il reoit lui donne seulement observer d.- fait, comme les prceptes et non pas de te
:

pcheur

n'est

Dieu

du pch, tandis que

la

cdait Cf. saint


2un.

Thomas, De

verttate, q.

xm\.

a.

M, ad

Nous avons plus longuement expliqu 697, et le sens point de doctrine. Dieu, 5 d., p. 690, intellectuel, 1 ans. 1934, du nu/stre ri le clair obscur
2 part.

ailleurs ce

l'enseignement commun des thomistes, commens'en rendre compte par leurs peut on comme XIX, a. 8, Thomas. >, q. saint de .Somme taires sur la Voir surtout Jean de Saintet IMI, q- ixxix, a. 2. Thomas, In /"". q. xix. hsp- v e* VI ,, , que la prdtermination a acte 11 faut noter enfin quelque pas physique du pch ainsi explique n'est thomiste relative chose de premier dans la doctrine
Tel
est
1
.

,.

seule ne donne la (trace suffisante par elle esl tufl d'observer de fail les prceptes, mais elle le pain est suffisant dons son ordre, comme on dit l'intelligence pour se nourrir, encore faut il le digrer; certaines n.t. naturelle est suffisante pour connatre les recherche mthodique ts encore faut il qu'elle du Christ sufl .( pour v parvenir: la passion nous soient nous sauver, encore faut il que ses mrites ou de quelque antre appliqus par les sacrements
Certes
:

le

demande.

.h! 3 manire. Saint Thomas. 111'. q. LXI, a. 1. la Dplus la grce suffisante contient virtuellement elle, comme le en est offerte nous qui grce efficace thomistes les plus rigides, fruit dans la fleur. Mme les Deus tribuens auziet Alvarez .lisent

comme Lemos
lium
fruit
soit
',

sufllciena
est

aux dcrets divins et a la motion consquent, ment quelque chose de secondaire et de de premier en cette d'ordre philosophique. Ce qu'il y a nos divins, re at.fs doctrine c'est que les dcrets et non sont cfhcaccs par eux-mmes
;

divine, c est

seule-

dans la pas dtruite par la


offert

se former.
la

De

e auxtltam effleax. encore faut-il qu elle ne arrive grle, pour que le fruit mme, la e;rcc efficace nous est offerte

ta nobis offert
fleur,

dans

actes salutaires, En d autres par la prvision de notre consentement. le prmc.pe de termes, ce qu'il v a de premier, c'est
est
:

Comme l'amour de Dieu prdilection qu'un autre s il n tait tout bien, nul ne serait meilleur est secondaire. plus aim par Dieu. Tout le reste Examinons seulement les 3 Objections souleves. la prmotion principales objections souleves contre relative a l'acte phvsique du pch.

cause de

meut de faon efficace et dtermine Or, a-t-on dit, est cause du pch. pch, l'acte du
1.

Celui qui

grce suffisante, mais nous devons tre dernire, rsistance qui vien ne pas rsister a cette Dieu, et qui pourrait drait uniquement de nous, non de thomistes nous priver de la pracc efficace oITerte. Les toute prce actuelle qui est ajoutent communment salutaire imparfait, efficace par rapport un acte acte comme l'attrition. est suffisante par rapport un pas et. si elle n'est contrition, la comme parfait, plus notre part, lagrftce suivie de rsistance coupable de donne. efficace de la contrition nous sera pouvoir non Cette crace efficace est ainsi en notre une chose que nous pouvons pro:

attentifs

pas certes

comme

75
duire,

PRMOTION PHYSIQUE. CONCLUSION


dire

76
la

ni:iis comme un don qui nous serait accord, si notre volont ne rsistait pas la grce suffisante. Ainsi le concile de Trente, sess. vi, c. xm, enseigne Dais, nisi ipsi liomines illius grati defuerint, sicut cpit opus bonum, ilu perficiel, operans velle et perficere. Denz., n. 80G. pour que l'homme 4. On fait une dernire instance ne rsiste pas la grce suffisante, mais y consente, la grce ellicace est requise, selon les thomistes. Et donc, si l'homme rsiste, c'est parce qu'il n'a pas reu la grce efficace qu'il lui fallait. Si, en effet, la collation de la grce efficace est cause de la non-rsistance, qui est un bien, sa non-collation est cause de la rsistance, qui est un mal. C'est une application de l'axiome si afjlrmatio est causa afp.rmation.is, negalio est causa negationis, le lever du soleil est cause du jour, le coucher du soleil cause de la nuit. A cela, il faut rpondre, disent les thomistes, que cet axiome s'applique dans le cas d'une cause unique comme le soleil prsent ou absent, mais non pas dans le cas de deux causes dont l'une est absolument indfectible et l'autre dfectible. Ainsi la collation de la grce efficace est cause de l'acte salutaire, mme de la nonrsistance qui, tant un bien, doit provenir de l'auteur de tout bien; tandis que la non-collation de la grce n'est pas cause de l'omission de l'acte salutaire. Cette omission est une dfaillance, qui procde uniquement de notre propre dfectibilit et nullement de Dieu. Elle ne procderait de lui que s'il tait tenu, s'il se devait lui-mme de nous conserver toujours dans le bien, et de ne pas permettre qu'une crature dfectible dfaille quelquefois. Or, il peut le permettre pour un bien suprieur, comme la manifestation de sa misricorde et de sa justice. Ainsi, il est vrai de dire l'homme est priv de la grce efficace, parce qu'il a rsist la grce suffisante; tandis qu'il n'est pas vrai de dire l'homme rsiste ou pche parce qu'il est priv de la grce efficace; il rsiste par sa propre dfectibilit, laquelle Dieu n'est pas tenu de porter remde; il n'est pas tenu de faire qu'une crature dfectible ne dfaille jamais. Perditio tua ex te, Isral; tantummodo in me auxilium tuum. Os., xm. L'homme, qui est impuissant par lui-mme et par lui seul faire le bien
:

purement

et

simplement que l'infusion de

grce

prcde la rmission

l'homme

justifi, la

du pcch, bien que du ct de dlivrance du pch prcde la

rception de la grce. Or, si la justification s'explique ainsi par le principe de la relation mutuelle des causes entre elles, il doit en ctre de mme de la perte de la grce, qui est l'inverse de la conversion, eadem est ratio contrariorum.
logicus, In

montre Jean de Saint-Thomas, Cursus theoM <\ q. xix, disp. V, a. 6, n. 61, au moment o l'homme pche mortellement et perd la grce habituelle, sa dfaillance, dans l'ordre de causalit matrielle, prcde le refus que Dieu lui fait de la grce actuelle efficace et en est la raison. D'un autre point
le

Comme

de vue, toutefois, la dfaillance, mme initiale, suppose la permission divine du pch, et ne se produirait pas sans elle. Mais, l'oppos de la justification, le pch
l'uvre de la crature dficiente et non il est donc vrai de dire purement et simplement (simpliciter au sens scolastique, oppos secundum quid) le pch prcde le refus que Dieu nous fait de sa grce efficace. En d'autres termes,
tel est

comme

l'uvre de Dieu;
:

Dieu n'abandonne pas


,

les justes, s'il n'est

abandonn

par eux

concile de Trente, sess. vi, c. xi; il ne leur retire la grce habituelle que pour un pch mortel, et la grce actuelle efficace que pour une rsistance au moins initiale la grce suffisante. Il importe ici de noter attentivement contre Calvin, ainsi que nous l'avons indiqu au dbut de ce chapitre, que la soustraction divine de la grce, subtractio grade
le dit le

comme

salutaire, se suffit lui-mme pour dfaillir. Cf. concile d'Orange, can. 20 et 22; Denzinger, n. 193, 195.
5.

Quelques-uns ont encore insist en disant

com-

ment prtendre qu'au moment du premier pch, par lequel un juste s'loigne de Dieu, la grce efficace lui
pour une faute antrieure ou pour une rsistance concomitante? Loin de prcder le refus divin du secours efficace, la rsistance le suit; et, ds lors, le pcheur n'est pas responsable. Selon saint Thomas, il n'est pas ncessaire que la dfaillance humaine initiale prcde le refus divin de la grce efficace, selon une priorit de temps; il suffit d'une priorit de nature. Et, ici, s'applique le principe de la relation mutuelle des causes, qui se vrifie parcause ad tout o interviennent les quatre causes invicem sunt cause, sed in diverso gnre. Saint Thomas, Ia-II 38 , q. cxm, a. 8, ad l um , invoque ce principe gnral pour montrer que, dans la justification de l'impie, qui se fait en un instant indivisible, la rmission du pch suit l'infusion de la grce dans l'ordre de la causalit formelle et efficiente, tandis que la libration du pch prcde la rception de la grce sanctifiante, dans l'ordre de la causalit matrielle. Comme le dit, ici mme, saint Thomas Le soleil par sa lumire chasse les tnbres, ainsi l'illumination prcde la disparition de l'obscurit, mais d'autre part, l'air cesse d'tre obscur avant de recevoir la lumire, selon une priorit de nature, bien que tout se fasse au mme instant. Et, comme l'infusion de la grce et la rmission de la faute sont 1 uvre de Dieu qui justifie, il faut
est refuse
: :

dont parle saint Thomas, IMI*, q. lxxix, a. 3, dit beaucoup plus que la simple permission divine du pch, car cette soustraction divine est une peine (cf. ibid.); or, toute peine suppose une faute au moins initiale, laquelle ne se produirait pas sans une permis sion divine, qui n'est point du tout sa cause, mais condition sine qua non. On vite ainsi la contradiction et, disent les thomistes, l'on maintient le mystre l o il est, au lieu de le dplacer. IX. Conclusion. Il reste ici un clair-obscur incomparablement plus beau que ceux que nous admirons dans les uvres des plus grands peintres. Il est absolument clair, d'une part, que Dieu ne peut vouloir le mal, qu'il ne peut tre en aucune faon, ni directe ni indirecte, cause du pch. Nous sommes mme beaucoup plus srs de la rectitude absolue des intentions divines que de la droiture de nos intentions les meilleures. Il est galement certain par suite que Dieu ne commande jamais l'impossible, ce serait contraire sa justice et sa bont. Il veut donc rendre l'accomplissement de ses prceptes et le salut rellement

possibles tous. D'autre part, il est absolument incontestable que Dieu est l'auteur de tout bien, que son amour est cause de toute bont cre, mme de celle de notre bon consentement salutaire, autrement ce qu'il y a de meilleur dans l'ordre cr chapperait la causalit divine. Il s'ensuit, comme le dit, aprs saint Augustin, saint Thomas, que nul ne serait meilleur qu'un autre s'il n'tait plus aim par Dieu; loi universelle qui s'applique l'tat d'innocence comme l'tat prsent, et

ou surnaturel, facile ou diffiseulement commenc ou continu. Ce principe de prdilection, qui domine tous ces problmes, contient virtuellement toute la doctrine de la prdestination et de l'efficacit de la grce dont parle Notre-Seigneur en disant des lus que personne ne pourra les ravir de la main de son Pre . Joa., x, 29. Comment ces deux grands principes si certains, chacun pris part, celui du salut possible tous et celui de prdilection, se concilient-ils intimement? La rponse est celle de saint Paul aux Romains, xi, 33
tout acte bon, naturel
cile,
:
I

alliludo divitiarum sapientiie et scientiee De/....'

Il

77
faut

PRMOTION PHYSIQUE
:

PRSANCTIFIS
2
dit"

MESSE DES

nulle toujours y revenir voir l'intime conciliahumaine ou angique, ne peut vision principes avant d'avoir reu la tion de ces deux intune conciliation en effet, batiflque. Voir cette misl'infinie justice, 'infinie ce serait voir comment libert s'identifient sans se souveraine la et ricorde Dit, dans la v.e intime dtruire dans l'minence de la inaccessible et absolument est qui ,1e Dieu, dans ce ineffable en lui. principes concilie] Et mme, plus ces deux plus, par contraste, deviennent vidents pour nous, translumineuse, apparat obscure, d'une obscurit
.

intelligence

cre,

A. Mohen appel quelquefois cet ollice, missa sans conscration, messe ou .1 sicca ...esse sche, messe prire de V hylt.se. t. n '\ a (lue l'espce du pain .. La ajoute en Paris, 192 1. p. 398. Puis il

Messe des prsanctifls et


qu'on
a

Uanne

liturgique, qu'il v a d'autres

formes de

te.

^
En

l'minence de

s'unissent. la Dit en laquelle ils de ne pas nier le dan clair-obscur suprieur, il importe serait mettre l'absurdit I cause de l'obscur; ce aussi de laisser le clair e place du mystre; il importe font ainsi admirablement l'obscur l o ils sont, ils se mystre a sa vraie place, et nous
valoir.

ce

Cependant, il faut bien distinguer, d'origine trs anci. messe des prsanctifls qui est solcnniser la communion de la de but pour qui a et Introduite au Moyen messe sche, dvotion qui s'est quelques prtres de pit la satisfaire \ C e pour lis, il faut la des prsanrf messe Pour qu'il n ait moins sous une seule espce; dans la m.
l

semble-t-il,

la

munion au
sche
il

n'\

a,

par dfinition,

ni

conscration

m com

Laissons le qu'il doit ,1,-,. au.essus saisirons de mieux en mieux toute spculation tholo de raisonnement, de tout surnaturelle, de cette gique, objet de contemplation claire pai e contemplation qui procde le la toi Nous enverrons dons de sagesse et d'intelligence plus lev en >ieu C est prec ainsi que ce qu'il y a de obscur, ou ...accs sment ce qui reste pour nous plus notre regard. En cette de faiblesse la cause de glble instinct secret nou? contemplation, la grce, par un de l infinie |us Intime conciliation tranquillise sur la et de la souveraine libert, tlce , de l'infinie misricorde prcisment parce quelle est et elle nous tranquillise Dit ou de la vie elle-mme une participation de la contemp ation que, sous intime de Dieu. C'est cette sa raison d tre, doit peine de perdre en grande partie sur la motion hologique spculation la conduire
1

tes liturgi voulait .lasser tous ces a. pi messe normale nues ou placerait d'abord la et communion; la m conscration avec messe del mess,- avec communion des prsanctifls prires de la prires de la m. seulement; enfin, la messe sche AJlatlUS, De OSSa pnOOllcll)

munin

si l'on

seulement

rum

'"' "''/'" traite. D< a la Cologne, 1648, col. 1561 orient perptua eonsensione,
I

LeO suite du
Cf.

contre 1 abus Le conC ile de Tolde de 681 s'lve dj prtres disaient plu des m/Masicca la qu l aboutira qu a la dernire sieurs mess,.. .ais , communiaient amena l'omission de la omission d,- la communion devenu Inutile; conscration et enfin de l'offertoire emboltsmes et les prires de la Dar contre le Pater, les sieea rem communion se maintinrent; ainsi la missa rani missabinata. C'est l'opinion d Vdolphel
I

Dlaca la

nage

tait

mariages, accouches et, plus tard. occasions la simple missa sicea


.

des

plerinages

des penni l'occasion des funrailles, de la bndid el


mcttntre

ces

mmes

BOUS

l'on le el divine. Mors, tout se si,,, n'est pas celle de l'obscurit laquelle on abOUtil .nais celle qui provient l'incohrence ou de l'absurde, pour nos faible veux. d'une trop grande lumire

comprend que

,.,

(f

question de La bibliographie relative a la voulait tre complte Benril immense, s, elle au cours de cet artii nous en avons Indiqu le principal
la

prfmoU

...

phvriZ
s,

nasse nautique a 130. D'autres rois, chos d'Orient, ...a,s PMI. P funrailles, ..-qu. au* soir le sche messe la on disait De lBona, Cf. Turin arriva a En 1581, les chartreux suppri .. p. 237. Vives la messe conven mrenl l'usage de la clbrer aprs n de liturgie, art CAar tuelle. cf. /'"' d'archologie
,,,
|
.

Anali .pie l'on clbrait en me,


le soir.

mme

Mm

lient
I...

o.,lirenH..:,la.ln.l..UV.,,.l.:.l;".."^av,,ns de. PP. ">-gj Sentinn notamment les ouvrage, plus rcentes de i.'-i Prado, J. Ude, et le. controverse,

de]

,.st

H.

Garrioov Laobanqi

PRSANCTIFIS
liturgique o sont

(messe
les

consommes

Action des). espces eucharis

une missa licea. Du * ncessaires pour clbrer .outre cette Institution Xt sicle une raction
centua; cependant
-les

le

t. m. >ol. 1061 l'rudcn.e de \i~y pont, tuai attribue saint d.u\ sicles ,n,is qui doit tre rajeuni de i, les prescriptions premier document qu. donne

"'

vquet,

comme Odon

de Paris,

binaires.
tale (col.

>ns pr N [. iques antrieurement consacres. III. Lsliturgie orienII. Origine (coi. 79). occidentale (col. 103). 84). IV. La liturgie

messe prtres. L'usage de cette la conseillaient leurs qu'il reliait bien spefler dans rpandu tellement tait
les

V. Conclusion (col. 109).


I

notions prliminaires.

I"

Nom.

Cet acte

liturgique est appel, dans le prsanctifls.. La litursanctificatorum, la messe des appellation : } Gela XeiTOupvta gie byzantine a la mme divine liturgie des prsanctirite

romain,

m/apr

fondations pauses que on vou el non des miwa l,it des missa III de clbrer plus Vprs l'interdiction d'Innocenl dans la ,,', ne.se par jour, des prtres trouvrent dvotion. missa siccala satisfaction de leur le pn sche avait deux formes : ou bien

testaments

et

les

eucharisliales

messe

tv
fls

seul 4 Quelquefois, on la dsigne par .... transcrit tel que en arabe t qui a rtpoTmao-pM, !.. que vlenl du fait L'origine de cette dsignation consacre; les dons matire de cette messe est dj dans une messe prconsacrs prsanctifls, c'est--dire
.

Wi^^v, la.

portant
et la

mot

bndlcUon, ou
le

nelle

,(,' la

.s la prsente. nrcdente, sont consommes .la. d'une autre donne pour La liturgie syriaque part v signe e calic* cette adion. Le clbrant

qualifier

l'acte de a consiJvec une particule prconsacre, et ..s. la crmonie. A. toute dsignera calice gnation du calicis, aussi consignations anaphora ordo vel lit-on maronites et des Syriens bien dans les missels des manuscrits jacobUcs occidentaux que dans les anciens Institutiones Murgica deriliet persans. Cf Hanssens, onentalium, bus orientalibus, t. n, De missa rituum

Rome,

1930, n. 43,

p. 23.

messe, sacrement ou des Quelquefois, on exposait le samt ou se serait plac reliauesef oues levait au moment et a Rome, cette messe France En conscration. la elle s,- clbrait ,,, encore en usage au xvr sicle; sicle. plein xvir en mme en Allemagne des rameaux (et celU Vctuellement, la bndiction est une misso^sicco, des eaux la veille de l'Epiphanie) en Orient pou, dans le rite romain. Il en est de mme couronnement des poux, dans c la crmonie du quantit de bndictions dans le rite byzantin, el pour Franx, Die Messe un deutschen A. Cf. Ste maronite. 1902, p. 78.84; dom MarFribourg-n-B., MfHetaHer, I. c. m. a. i, i. I. De antiquis Ecclesiet nlibus. t.
tne,

dans une forme plus solentous les ornements, disaii .le revtu clbrant, .lu. .mon l'exception de la
bien,

l'tole

rcitait

lepitre.

l'vangile, le

79
p.

PRSANCTIFIS (MESSE
par contact dans
les

DES).

ORIGIM

80

96; M. Andrieu, Immixtioet consecralio, la conscra-

tion

documents liturgiques du Moyen Age, Paris, 1924, p. 138 cl 140, en note. Ces indications doivent suflire sur la missa sicca, dont nous ne repar-

La communion eucharistique qui se pratiquait normalement dans la liturgie aprs la fraction du pain s'isola quelquefois, et cela d'assez bonne heure, pour devenir un acte priv. Mais, bien comprise, elle ne devrait se faire qu'en fonction du saint sacrifice, quoi fait participer cet acte complmentaire. Cet acte priv redevint en quelque sorte public quand il fut encadr par les prires de la messe, les jours o l'on ne devait pas clbrer la messe ordinaire. Ainsi la messe des prsanctifis n'est qu'une communion solennelle ou solennise, entoure par toutes les prires de la messe, l'exception de celles qui prcdent ou suivent immdiatement la conscration. L'offertoire sert luimme d'introduction au Pater. Cf. Andrieu, op. cit., p. 216; Hanssens, op. cit., p. 86; F.-E. Brightman, Liturgies Eastern and Western, t. i, Eastern liturgies, Oxford, 1896, p. 586. IL Origine. Comme toutes les institutions vivantes, la messe des prsanctifis eut un dvelop-

lerons plus. 3 Dfinition.

incarcrs pour la foi, avaient un vritable droit au corps du Christ. Des volontaires le leur portaient. Ceux qui prvoyaient qu'une longue absence les empcherait de s'unir la cne eucharistique emportaient leur provision et ne participaient que de loin la

En 519, Dorothe, vque de Thessalonique, distribuer la communion pleines corbeilles Canislra plena, ne imminente persecutione communicare non possent. Cf. L. Duchesne, Origines du culte chrsynaxe.
fit
:

tien, Paris,

communion prive, trs en priode des perscutions, fut maintenue aprs 313 pour les monastres qui, souvent, ne possdaient aucun prtre. Les paroisses rurales, d'autre part, n'tant pas constitues, souvent l'vque, aprs l'unique liturgie clbre dans la cathdrale, envoyait des prtres et mme des diacres porter la part du sacrifice aux absents impotents parpills dans la
vogue pendant
la

La pratique de

1925, p. 263. cette

campagne.
D'abord, la rserve tait pratique sous
les

deux

de la ont t vcues avant d'tre crites. On connat la date prcise laquelle apparat un rite complet des prsanctifis, mais l'on est rduit des conjectures concernant l'volution antrieure. Certains auteurs ont voulu faire remonter l'ge apostolique l'origine de cette messe. Un texte attribu saint Sophrone de Jrusalem (f 638) en parle comme d'une institution ancienne; aussi affirme-t-il qu'on l'attribue tantt saint Jacques, frre du Seigneur, tantt saint Pierre, ou d'autres aptres. Cf. Commentarius liturgicus, n. 1, P. G., t. lxxxvii c, col. 3981. Des auteurs grecs, d'une poque assez tardive, font remonter la messe des prsanctifis aux aptres ou plus simplement l'ge apostolique; par exemple, Michel Crulaire (1043-1059), cit dans Allatius, op. cit., col. 1572; Symon de Salonique (1429), Responsiones, q. lv, P. G., t. clv, col. 904. Ces deux auteurs appuient leur opinion sur le fait que la messe des prsanctifis
est trs nette
les rites

pement progressif. La loi du progrs

espces, puis sous l'espce du pain aprs que l'on y avait dpos quelques gouttes du prcieux sang; mais, pour redonner la crmonie toute sa forme primitive, on retrempait l'hostie consacre dans du vin ordinaire, d'o naquit la pratique, fort longtemps en honneur au
et que M. Andrieu a si bien tudie dans son magistral ouvrage, Immixtio et consecralio la conscration par contact dans les documents liturgiques du Moyen Age, Paris, 1924.
:

dans

Moyen Age

liturgie

eucharistique.

Toutes

les

liturgies

Duchesne, op.

cit.,

p.

263, incline croire que la com-

munion prive

et pratique domicile avait

un

cr-

est spciale

au carme; et

le

carme

serait d'institution

divine ou du moins apostolique. Lon Allatius, pour arriver au mme rsultat, part d'un autre argument qui ne vaut pas mieux que le prcdent. La messe des prsanctifis serait d'institution apostolique, sinon divine, puisqu'elle est une communion avec des prires Dieu de nous rendre dignes de participer son saint corps. Et, d'autre part, la communion est pratique depuis l'poque apostolique. Cf. Lon Allatius, op. cit., col. 1582. Le P. J.-B. Thibaut, dans un article sur les origines de la messe des prsanctifis, croit trouver dans le c. ix de la Didach une analogie avec cette institution ses raisons sont l'appellation mme du pain on rend grce pour le pain rompu, 7rsp to\3 y.Xafza-ro. Cf. chos d'Orient, 1920, p. 43-44. Mais la Didach est trop prs des origines pour que l'on puisse y dcouvrir une crmonie aussi complexe, aussi drive que la liturgie des prsanctifis. C'est dans des usages d'un autre ordre qu'il faut chercher les origines de cette
:

monial analogue celui de la messe des prsanctifis, mais en petit. C'est--dire que toutes les communions se faisaient suivant un formulaire plus ou moins dvelopp; et la messe des prsanctifis ne serait autre chose que la solennisation de la communion prive. Ainsi, dans l'histoire du vieillard Srapion, communi in extremis, voit-on l'enfant qui apporte l'eucharistie au mourant, la mouiller; mais l'on ignore la nature du liquide employ. Cf. Eusbe, Hist. eccles., 1. VI, c. xliv. Le rite est dj plus dvelopp tel que le rapporte l'auteur de la Vie de sainte Marie l'gyptienne. (Sophrone de Jrusalem?) A la demande delapnitente, Zosime lui apporte la communion ou plutt le viatique. C'tait le jeudi saint; Zosime, vers le soir, la cne, prit une hostie et du sang prcieux et vint vers la sainte; elle lui demanda de rciter le symbole; aprs la prire dominicale et Vosculum pacis, elle reut la sainte communion ...Fecil quod ei jussum est : et mittens in modico calice inlemerati corporis portionem et pretiosi sanguinis Domini nostri Jesu Chrisli... PostulaDil mulier ut sanctus diceret symbolum et sic dominicam inchoaret orationem. Et explelo Pater noster, sancta, sicul mos est, pacis osculum obtulit seniori; et sic viviflea mysteriorum suscipiens dona... Sophrone de Jrusalem, Vita Marie JEgyptise, c. iv, n. 33-35, P. G., t. lxxxvii c, col. 3720-3721, et P. L., t. lxxiii, col. 686-687. L'on aura remarqu la messe vesprale du jeudi saint. Jusqu' ces derniers sicles, elle tait d'usage en Orient pour les jours de jene. Actuellement, elle se pratique encore dans certaines glises, l'occasion des grandes
:

vigiles.

action.

administre en dehors de lasynaxe. communion a coexist avec le saint sacrifice; pas de sacrifice sans une participation active celui-ci par la communion du clbrant et de ceux qui taient prsents. Mais, trs vite, on a t oblig de pratiquer la communion en dehors de la liturgie eucharistique; les mourants, les absents rclamaient leur part du sacrifice. Ceux qui taient

Ds

La communion
le

dbut de

l'glise, la

2 La communion monastique. L'opinion de M. H.-W. Codrington sur l'origine de la messe des prsanctifis revient peu prs la prcdente. Pour lui, elle serait sortie des monastres et principalement des colonies rmitiques, dont les membres n'taient pas ordinairement prtres. Bar Hbraeus, dans son Nomocanon, c. vu, sect. x, cite deux canons de Jacques d'desse Xon decet ul stylitie ofjerant obla:

suis... Indecens est ul inclusi ofjerant oblationem, nisi ob necessilatem; neque rursus fas est, ul ponatur sanclum corpus apud slylitas supra

tioncm super columnis

81
columnam
Cf. P.

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).

ORIGINE

82

si adest qui eis communionem porrigal. Bedjan, Nomocanon Gregorii Bar Hcbriei, ParisLeipzig, 1898, p. 1 12; A. Mai, Scriptorum velerum nova colleclio, t. x b, Home, 1838, p. 58. Dfense est faite aux stylites et anachortes de clbrer , mais on prvoit les cas o ils peuvent communier. Et, de fait, saint Basile (329-379), dans sa lettre xcm, P. G., t. xxxn, col. 484-485, parle de la communion frquente dans les monastres; il dit que lui et ses moines communient quatre fois la semaine, les dimanche, mercredi, vendredi et samedi, sans compter les ftes. Comme on recevait le pain eucharistique dans la main la fin de la liturgie, on pouvait tout consommer ou bien en rserver une part pour un autre moment en dehors de la liturgie. Cette rception se faisait-elle avec quelque crmonie? les textes anciens ne permettent pas de rponse. Mais Thodore le Studlte (vnr s.) donne de plus amples explications; aprs avoir rappel le principe que seuls les prtres et les diacres peuvent toucher l'eucharistie, il explique comment l'on couvrait la Bible d'une pice de lin ou d'un voile sacr, et comment sur cet autel improvis ou disposait l'eucbarisl ic. Aprs la rcitation des hymnes, on recevait la sainte rserve; puis le communiant devait faire l'ablution de sa bouche avec du vin. Cf. Epit., I. II, n. cc\ix, \ 4, P.G., t. xr.ix, col. 1661. M. Codrington en conclut que l'institution de la messe des prsand itics remonte au \ r sicle. En tout tat de cause, les auteurs jacobites sont unanimes a attribuer l'introduction de ce rite a Svre d'Antioche (dpos en 518, t en 538). Ci. M. H.-W. Codrington, dans Journal of theologlcal tudie, t. v, 1904, |. 373 37").

prsanctifis dans la modification du rite de la comle P. J.-B. Thibaut la trouve dans un fait particulier, dans la messe vesprale du jeudi saint. La messe des prsanctifis correspond une Il crit modification particulire introduite dans l'ordonnance de la seconde oblation clbre au iv e sicle, Jrusalem, au soir du jeudi saint. Cette oblation suivie d'une

munion,
:

communion

Quelque opinion que l'on suive, l'on revient toujours fait que la messe des prsanctifli n'est qu'une communion solennise. Peut-tre au dbut toute com munion, mme prive, tait-elle prcde de la rcitation du Pater. La liturgie de Syrie en parle ds le
au
I

gnrale des fidles s'accomplissait par exception une fois l'an dans le sanctuaire de la SainteCroix, posl crucem. Monuments..., p. 23. A la page suivante, il prcise davantage la date et il crit Le fait que la liturgie des prsanctifis ne se trouve pas pratique chez certains peuples de l'Orient indique que son institution doit tre reporte aprs le concile de Chalcdoine (451). Cette remarque est contestable, mais elle laisse subsister la thorie gnrale qui revient ceci. On constate, ds la fin du iv sicle, Jrusalem et ailleurs, la clbration, le jeudi saint, d'une double messe, l'une le matin, l'autre dans la soire. Cette messe vesprale du jeudi saint, Jrusalem et ailleurs, avait pour but de commmorer l'anniversaire de l'institution de l'eucharistie. Le concile de Cartilage de 397, dans son can. 29 (28), en parle, le mme (pie saint Augustin dans sa lettre iv Ad Januarium, C vu, /'. /.., t. xxxin, col. 20). Les fidles communiaient tous, et aprs avoir mang, comme les apfttres s la dernire cne. Or. ce rite semble avoir t modifi au vr sicle. I.a communion gnrale fut transfert lendemain, vendredi saint, jour aliturgique des l'origine. Cf. texte d'Innocent [, ci dessus, col. si. Ce qui (tonne de la valeur a cette thorie, c'est qu'en mme temps qu'apparat la messe les prsanctifll vendredi saint, la messe vesprale du jeudi saint disparat. Cf. Thibaut, Monuments..., p. 23-24; {'.chus
: i
I

d'Orient,

t.

xix. 192(1,

p. 39- 10.

excellence

Didach, c. ix. C'est la prparation par rception du corps du Seigneur. D'autre part, la messe, liturgie joyeuse, ne cadrait gure avec les jours de jene, les jours de station et surtout avec le jour du vendredi saint. In noient I" 101 4 17) crit Dcenlius qu'il est de tradil Ion apostolique de ne pas t clbrer les deux derniers Jours de la grande semaine, ul tradilio Ecclesim habeai islu biduo sacramenta penilux non cclcbrari. Eptst., XXXV, Ad Decentium, c. iv, n. 7, P. .., t. xx, col. 555-556. A Alexandrie, on ne clbrait n pas le mercredi et le vendredi, on rcitait simplement des hymnes, les docteurs interprtaient les lectures qu'on venait de faire et, probablement, l'on communiait, puisqu'on faisait toute la liturgie, l'exception de la conscration. Preelerea Alexandrin quarto feria et ea </"<'' dicitur paraseere, leguntur scriptura casque doetores interprelantur ri cuncia que ad synaxim spectant adminis Irantur, prter mysteriorum consecrationem. Sociales, Hisl. eccl., 1. V, c. xxn, P. G., t. i.xvn, col. 637. Pour Socrates, cette pratique remonte assez haut dans la tradition et mme jusqu'au temps d'Origne (185 25 Traitant le mme sujet, Tertullien (160-240) constate les scrupules de certains fidles communier les jours de station, mais il ne dit pas que le sacrifice n'ait pas lieu ces jours-la Similiter ri slatianum dirbus non pulant plerique sacrificiorum oralionibus interrrniendum, quod statio solvmda sil, acerpto corpore Domint. Ergo devotum Dro obsrquiuni cucharistia resolvtt n magis Deo obligat? Nonne solrmnior mil statio tua si rt ad aram Dri steteris? Accepta corpore Domini cl reserer

sicle. Cf.

la

l'abbaye de Salnt-Rmy, on rencontre au vue Sicle et la messe vesprale du jeudi saint et celle des prsanctlfia le vendredi. Cf. il. Chevalier, Sacramentatre rt martyrologe de l'abbaye <! SalntRmy, Paris. 1900, p. 326 sq.

Cependant,

Thibaut argumente pour une origine plus particulirement birosolymitalne de la messe des presanct lies, M. Andneu \ Voit une tion de la lit ur^ie li\ zant ine. Cf. And rien. op. Cit., p. 196.
Si
le

p.

syrienne

et

Quoi qu'il en soit de la question du lieu OU parurent d'abord les premiers linaments de cette institution, il reste hors de doute que le motif de s.i cra ion est un besoin de solenniscr le rite de la communion Us jour- de Jene. On peut dire (pie. d'un cte. I.i messe ne pouvait
tout
t

tre Clbre les jours de Jene a cause de la tristesse. et surtout le vendredi saint cause du ^rand deuil, les deux notes de joie et de tristesse dans la mortification

1.

ne pouvant s'accorder; d'autre part, les chrtiens ne voulaient pas s'exclure, ces m, mes jours, de la participation au corps <\u Christ peu a peu. la communion prive (le ces jours l se dveloppa dans ses formules comme la liturgie de la messe elle mme, et prit enfin allure de messe. 4 Premires attestations prcises. Nous les trou;

vons dans
seet. vin,

le

Nonwcanon de Bar Hbreux,


ete
i

c.

rv,

dont un texte complet

Codrington, Journal.... t. v. p. 370 la est prise l'ouvrage de M. Andrieu, p. 229).

publi par traduction latine

vato,

utrumqur salrum

est,

et

participatio sacri/icii

et

exeeutio
col.

o/Jicii... De oratione, xix, P. L., t. i. c. 1181-1183. 3 La messe des prsanctifis, rite particulier. Si la plupart des auteurs cherchent l'origine de la messe des

Causa ncessitais consignationls cnlieis. Res in ecclesio cum cinones pnescrlhunt ut oblatlo in Jejunlo mnftno cesset, fidles < beato mnr Severo petierunt ut comraunlcnrentur. fpsenutem, ut medlcus sapiens, canoncs trarisKredl nolult, neque rldellum preces repellere; rtatuit ut rellnquerent allqutd ex oblattone qute die dominlca perfecta ruerat, ab eaque sumerent. Cum autem oblatlo absque calice, qui eam concomitetur, deliciens est, et, si e\
sic se linluieninl
:

83
calice

PRSA NCTIFIKS (MKSSK


:

DKS).
le

IUTK

ACOBITK

-'

<lii dominiez allquld rellnquunt, difllculter conservatur, aut torsitan corrumpitur, sic ordlnaverunt calicem nempe, quando volunt, consignent ex oblationequa; perfecta fuit, quemadmodum supra statutum est; oblatio vero quae

can. 51 qui dfend de clbrer les anniversaires des martyrs en carme sauf les samedis et les dimanches. En effet, ces ftes sont intimement lies la messe.
t. n, col. 571 sq.; Hefele-Lcclercq, 1021 1022. Le concile in Trullo (692) est en fait le premier texte conciliaire et lgislatif que nous connaissions, traitant cette matire. In omnibus sanctee quadragesimm jejunii diebus, prieterquam sabbato

remansll calice die domlnica consecrato conslgnata sit, al partlcula) ex lpsa sumpto consignetur, calix istc carbone ( et corpus ex hoc calice secunda vice non amplius consignetur.

Cf.

Mansi, ConciL,
i,

op.

rit., t.

p.

La crmonie

se

complique de

la

consignation du

calice pour que l'on ait les deux espces au moment de la communion, alors qu'il est diflicile de les rserver toutes

deux, et de retrouver l'espce du vin dans les gouttes poses sur le saint corps dans l'intinction. Si l'on se fie ce rcit, l'institution de la messe des prsanctifis aurait eu lieu en Syrie entre 511 et 518, car Svre, lu par les jacobites en 511, fut dpos en 518 et vcut jusqu'en 538. La mme anne 538, mourut Jean de Telia, de qui nous possdons quelques canons sur la consignation du calice. Cf. Th.-J. Lamy, Dissertatio deSyrorum fide el disciplina in re eucharistica, Louvain, 1859,
p. 71-79.

Aprs cette mention faite par Bar Hbrus de l'institution de la messe des prsanctifis, ou plus exactement de la consignation du calice, on trouve dansleC/ironico/i paschale la premire mention d'une messe des prsanctifis clbre, et cela cent ans exactement aprs Svre, en 617. L'auteur prcise davantage et affirme que c'est dans la premire semaine du jene; il ajoute que ces hymnes et ces chants ne se disent pas seulement durant le carme, mais aussi les autres jours, alors que se clbre la messe des prsanctifis; par consquent, elle se clbrait et en carme et en dehors du carme.

etdominica etsancte AnnuntiationU die fit sacrum priesanctificaiorum mysterium. Can. 52, Mansi, op. cit., t. xr, col. 967-968; Hefele-Lcclercq, op. cit., t. m, p. 569. 6 Consignation du calice el messe des prsanctifis. Bien (pie les liturgies syriaques confondent sous un mme nom les deux institutions, on doit pourtant bien les diffrencier. Comme crmonie prive, la consignation du calice remonte peut-tre trs haut. On a vu un certain nombre d'exemples dans lesquels la communion donne en viatique ou bien en dehors de la messe tait entoure de certaines crmonies; on a vu aussi que peu peu on a t amen ne plus rserver le prcieux sang cause des nombreux inconv-

nients que prsentait cette rserve. Comme on voulait nanmoins avoir les deux espces, on imagina de consigner le calice contenant du vin ordinaire en y mettant une parcelle de l'hostie consacre. Des formulaires de cette crmonie nous sont parvenus ainsi que de nombreuses prescriptions, qui y sont relatives. La messe des prsanctifis, avec son rituel bien dtermin, est autre chose; mais il n'est pas toujours facile de dmler les textes qui se rapportent l'une et l'autre

Hoc anno sub Sergio patriarcha constantinopolitano a prima jejuniorum hebdomade indictionis IV, cpit psalli post illud Dirigatur , quando proesanctificata dona in
altare ex scevophylacio inferuntur, postquam dixit pontifex juxta donum Christi tui , statim incipit populus nunc virtutes calorum nobiscum invisibilits adorant. Ecce ingreditur rex glorise. Ecce sacrificium mysticum perfectum
:

crmonie. La premire a pu coexister avec la seconde et peuttre l'une procde-t-elle de l'autre. En d'autres termes, Svre n'aurait fait que gnraliser et rendre publique

une crmonie prive.


de cette institution Byzance. C'est l qu'elle a eu son plein panouissement et qu'elle a pris son cachet proprement byzantin. Nous allons en suivre les dveloppements. [Pour les distinctions des liturgies et rites diffrents,
cette hypothse, l'origine
serait la Syrie, d'o elle a t transporte

Dans

solemni

pompa

affertur, in fide et

participes efciamur vitse ternse. Allluia.

tremore accedamus, ut Hoc non solum

in jejuniis prsesanctificatorum canitur sed et aliis prseterea

diebus quotiescumque prsesanctificata fiunt. Corpus seriptorum historie tyzanlin : Chronicon paschale, d. L. Dindorf, t. i, p. 705-706; reproduit dans P. G., t. xcn, col. 989.

voir

ici l'art.

III.

Orientale f.l/essej.t.xi, col. 1435-1439. Tous les liturgistes La liturgie orientale.

chantes, les f. 2-4 du ps. cxl, Dirigatur, figurent encore actuellement dans les rites byzantin et romain. La grande entre est bien mentionne avec son chant spcial dit par le peuple Nunc virtutes ceelorum, etc. On voit bien que l'on est dj en face d'un rite en plein panouissement et qui a demand une certaine priode d'volution pour arriver ce stade de perfectionnement. Cent ans ne sont pas de trop. L'affirmation de Bar Hbrus parat donc bien fonde, et l'on reviendrait au moins 517 pour voir commencer ce rite. Toutefois, il est trs possible que son origine soit plus ancienne. Dans le texte latin des deux ditions cites, le fait est rapport 645. Brightman, op. cit., p. xcm et

Parmi

les

hymnes

l'origine

sont d'accord pour trouver dans la liturgie orientale de la messe des prsanctifis.

Les uns croient que

c'est

une

liturgie

proprement

Mgr Rahmani, Les liturgies orientales et occidentales, Beyrouth, 1929, reproduisent la mme erreur. Le texte grec porte la date de 615 et Pargoire le suit dans son glise byzantine, Paris, 1905, p. 341, De fait, la date exacte est 617 (IV P ind.). 5 Donnes fournies par la lgislation. Rsumonsles sommairement. Le concile de Laodice (iv e sicle) fait dfense aux sous-diacres de donner le pain et de bnir le calice; ne s'agit-il pas de la consignation puisque le texte parle de la communion? Cf. HefeleLeclercq, Histoire des conciles, t. i, p. 1013; Andrieu, op. cit., p. 218. Le can. 49 de ce mme concile interdit de clbrer la messe en carme, part le samedi et le dimanche; Hefele voit ici la messe des prsanctifis, alors que le texte est ngatif seulement, comme

byzantine, les autres y voient plutt une liturgie syrienne dans son origine et byzantine dans son dveloppement. En fait, le rite syrien nous donne une liturgie qui est arrive sa pleine maturit dans l'glise de Constantinople, alors que le rite alexandrin ne nous montre que des rudiments de ce rite. Aprs avoir tudi le rite de la consignation du calice dans les glises jacobite, persane et maronite, la liturgie des prsanctifis dans les rites byzantin et armnien, nous ne consacrerons que quelques mots la liturgie d'Alexandrie. Nous aurons distinguer, quand le cas se prsentera, le rite priv et la liturgie publique.
1 Dans le rite jacobite. 1. Le rite priv. On a vu plus haut que la messe des prsanctifis, ou la consignation du calice, comme l'appellent toutes les litur-

gies syriaques, vient de la

communion en dehors de

la

messe.

En

stylites ou Voiries textes de saint Basile, ci-dessus, col. 81, de Thodore le Studite, col. 81, de Sophrone de Jrusalem, col. 79, de Jacques d'desse, col. 80. Celui Les ermites prtres peuvent consigner le ci ajoute calice pour eux-mmes ou pour les autres. Le clbrant dira alors les prires d'usage, en entier ou en partie, ou bien s'inspirera des circonstances; il peut aussi garder
:

Syrie, les moines, surtout quand ils taient ermites, se donnaient la sainte communion.

le silence.

85

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).
puisque
sont-elles?

RITE JACOBITE
sont autoriss, les diaconesses

86
le

Ainsi la communion extra missam, entoure d'une solennit plus grande et encadre de prires parmi lesquelles figure toujours le Pater, est une crmonie d'origine syrienne. Mais on est loin encore de la messe des prsanctifis qui a un crmonial propre et se clbre poque dtermine. Cette crmonie d'ordre priv, et qui est appele consignation du calice, a reu quelques rglementations. Bar Ilbrteus (1226-1286) Livre des direclui consacre dans son Nomocanon, ou tions , la section du c. iv. Le texte original est ;i chercher dansBedjan, Nomocanon Gregorii Bar Hebri, Paris-Leipzig, 1898. Jos.-Al. Assmani en avait fait une traduction latine sous ce titre Ecclesi Antlochena Sgrorum Nomocanon, elle a t publie par A. Mal,

les diacres

Le matre rpond que non, puisqu'elles sont des diaconesses non pas de l'autel, mais des femmes malades. Cependant, un peu plus loin, il dit que les
peuvent distribuer la communion aux moniales et aux enfants dans les monastres de femmes en l'absence du prtre et du diacre. Cf. Lamy,
diaconesses
op.
cit., p.

121-126.

vm

dans Scriptorum velerum nova collectio, t. x b, Rome, 1838, p. 3-268. M. Il.-W. Codrington a donn un texte nouveau de la parlic qui nous intresse, avec trois dissertations The sgrian liturgies oj Ihe presanc tifled, dans Journ. of llieol. studtes, t. iv, 1903, p. 69-82;
:

t.

v, 1904, p.

369-377, 535-515.

on rservait le calice pour la communion des malades et de ceux qui jenaient, mais cette rserve ne pouvait tre garde que jusqu'au soir, jamais jusqu'au lendemain, de peur que l'espce du vin ne se corrompt. D'ailleurs, a joute Jacques d'desse (t 708), on a tout loisir de consigner le calice quand on possde le saint corps Cum enini sacrum Corpus aderit
l'origine,
:

pronum est ci callcem consignare, ci una hebdomada, cum vacant causse


canon,
op.
c.

si

voluerit

homo

tir

necessartse.
p.

Nomo

iv, sect.
;

vin, Mai', op.

cit.,

27; Bedjan,

cit., p. 50-51 Lamy, op. cit., p. 191. Cette consignation du calice dont parle l'vque d'desse est une crmonie prive ressemblant notre communion extra missam, pouvant s'accomplir sans aucun crmonial ni formule de prire. Il n'est pas ncessaire qui se prsente une solennit quelconque, un mol if raisonnable suffit pour consigner

par semaine, pourvu qu'on ait du corps. Cf. ibid. Voici un cas de conscience pos Jean Bar Cursus, vque de Telia Si Discipuius (t 538) qui claire la question, Q. xx quis oblationcm sumpserti caltcemque mlnistraveril, an
le calice,

mme

trois fois

la sainte rserve

urgente necessituic. calicem postea consignare polest?* Magistcr Si calicem tantum mlnistraveril d postea necessarium sit calicem consignare, ftdelts est Dcus ut absque eul/xi sit; sed hoc ait consuetudincm non fiai.
:

Lamy,

op.

cit., p.

77.

Par consquent, si besoin est. on peut consigner le calice; On a, par ailleurs, des hosties consacres, sans
prcieux sang. Dans ce cas, il est Interdit au prtre de le sainl corps s;ms le calice. Sacerdos autan non potest sine calice, corpore solum, communicare. Cf. Nomocanon, c. iv, sect. \, Mai, op. cit.. p. 24
distribuer

Bedjan, op. cit.. p. 45. Le cas de ncessit


:

est

prcis

par

le

patriarche

Thodose (t 896) si l'on offre du pain de sacrifice et du vin et qu'on n'ait pas besoin d'offrir le sacrifice. alors on prend un peu de vin et le prtre le consigne avec une hosl ie consacre, et cela peut servir la coin est munion de ceux qui ont fait l'offrande. Mais absolument interdit de mler les zota consacres aux non consacres. Cf. Nomocanon, c. iv, seet. i. Mai, op. cit., p. 20; Bedjan, op. cit., p. 36 37. (On appelait XOfa le pain spcialement prpar pour la liturgie.) Le patriarche Thodose prcit autorise le diacre consigner le calice en l'absence du prtre. Cf. ibiil. Jacques d'desse lui axait concd ce droit, niais alors le diacre ne pouvait prononcer aucune formule, il devait garder le silence Diaeono recilarc orattonem aitquam aut quippiam omnino diccre, sive parvum sire magnum non licet, quando consignel calicem. Cf. Bedjan.
il
:

dfense est faite tous ceux qui ne sont pas prtres ou diacres de distribuer la sainte communion. Nomocanon, c. vu, sect. x; cf. Bedjan, op. cit.. p. 110; Mai', op. cit., p. 57. Le concile de Laodice iv sicle avait dj interdit aux sous-diacres de don ner le pain (consacr et de bnir le calice. Cf. Hefele Leelercq, op. cit.. t. i, p. 1013. Le disciple de Jean Bar Cursus, vque de Telia (t 538) demande son matre s'il est permis de 0H gner le calice, en cas d'une grandi t, sans la tabula conseerata, et le matre de rpondre qu'il n'y a pas hsiter. Q. xiv Discipuius Si adsit ncessitas iirr/rns, an /as est absque tabula masa rata consignare quis calicem? Muqistrr Si deficiat allure rrssc sit consecrari calicem, constgnetur fcaltx) sine heesilattone, nique absque allart. Lamy, "/' 7., p. 72-75. 192. Pour bien comprendre cette question et le mot tabula, on doit remarquer que l'glise sj laque se sert normalement d'une pice de bois carre cotisa cre, en guise d'autel. Cette tabula ne contient pas de reliques, comme la pierre' consacre de l'glise latine. D'ailleurs, il n'est pas surprenant de voir l'evque Jean permettre la consignation du calice, tint tabula crata, puisque l'glise (acoblte permet mme la bration de la messe en cas de ncessite et de manque de tabula, sur un feuillet de l'vangile ou du missel ou bien encore sur la main du diacre transforme. tabula. Ou bien encore le prtre s'attache un voile au cou et y place le ealii r et la l'alne. .[. I.amv, op. cit., p. 229, qui renvoie a Nomocanon, c. i, sect. iv. Cette crmonie, puisqu'elle est un acte priv, ne comporte aucune formule obligatoire, la- diacre ne peut mme pas dire un mot ou l'a VU quant au prtre, est libre de dire une prire inspire p ir lei il Ircons tances, ou bien la prire d'usanc. en tout ou en part le il peut aussi ne rien dire. Cela suppose que l'on pOSS liait une formule. De fait. M. GeOIg i.iaf en a ^"jnale une en langue arabe dans V Orient rhristianus. DOUV. sr., t. vi, 1916, p. il 18: Konsekration ausserhalb lier Messe, l'.m arabisrlies GebelSJOrmulaT iiutqeleilt mut Itturgtegeschtehtltch erlatert. M Graf a trouv ce texte dans un ms. arabe du sicle feod. BcTOlln. Sur.. 317) il porte le titre de Oratlo pn oblottont qu:r antea conseerata est. L'gllM nielehile l'avait encore au x\ir sicle, C'est une sorle d'piclse adresse au Fils, et le priant d'envoxer son Saint-Esprit sur le calice pour le transformer en son sang a cause du corps pr consacr, afin qu'il sanctifie les communiants, corps
ailleurs,
i
i

Par

<

me.
I.e but de ce rite est bien de distribuer la communion Complte, alors que le calice ne contient plus le prcieux sang, le clbrant de cette crmonie consigne donc le calice, non pas pour sa propre communion, mais pour la distribuer aux autres, quels qu'ils soient malades. ermites voisins, donateurs de xata Le clbrant doit ncessairement consommer le reste avec la margorlla qui a servi la consignation et qui devait rester dans le calice jusqu'aprs les communions. C'est la rponse que fait Jean de Telia la x' question. Cf. I.amv.
:

op.

cit., p. 70-71. Ainsi agira tout officiant prtre ou diacre toutes les fois qu'il consignera le calice.

51; Mai', op. cit., p. 27. Un autre problme est soulev par Adde, le disciple de Jacques;
op.
cit.,

p.

M. I.amv. op. cil., p. 184, et M. Codrington, Jourt. v, p. 374-375, Inclinent croire qu'il s'agit ici de la consignation la messe normale. A supposer que
nal...,

87

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).

RITE .FACOBITK

88

ce ft vrai, on n'en serait pas moins oblig de suivre la mme rgle dans la consignation extraordinaire du calice qui n'est presque que la finale d'une liturgie

normale; par consquent, le diacre communiera avec la margarita et le prtre est oblig de communier deux
consigne le calice aprs avoir dj clbr la liturgie ou aprs avoir une premire fois distribu
fois, s'il

la

communion.
2.

La

liturgie publique.

La consignation du

calice

dont nous avons parl jusqu' maintenant ne reprsente qu'une liturgie prive, ayant reu quelques rglementations plus ou moins facultatives. La consignation du calice dont il va tre question prsent est une liturgie publique, avec un texte et des formules propres. La difficult est de discerner les deux crmonies et de marquer ce qui est propre chacune dans les crits des Pres et des docteurs. Des confusions ont pu
se glisser.
a. Les anciens Renseignements gnraux. Bar Hbrseus (t 1286) donne dans son Nomocanon, c. iv, sect. vin, les origines de ce rite en Syrie. Cf. Codrington. Journal. ., t. v, p. 370-371. Voir ci-dessus, col. 83; il le rapporte une initiative de

a)

tmoignages.

Svre.
ni passer outre la qui interdit la clbration liturgique en carme, ni repousser la pieuse demande de fidles qui voulaient communier, trouve cet expdient de garder la sainte rserve du corps sans toutefois rserver le prcieux sang, cause de multiples difficults. Mais comme, d'autre part, il ne saurait y avoir communion sans parloi,

L'vque d'Antioche, ne voulant

ticipation au calice, il consigna celui-ci avec une particule du saint corps. Nous sommes srement en face de la consignation du calice qui correspond la messe des prsanctifis, puisqu'elle est propre l'poque du grand carme. Il semble que Svre n'a fait que rendre publique, pour le jene quadragsimal, une crmonie jusqu'alors exclusivement prive; mais cela n'a pas empch de laisser subsister cette dernire en tant que telle fortlongtemps, puisque Jacques d'desse et tant d'autres la rglementaient quelques sicles aprs, et qu'elle possdait encore une formule, au xv e sicle et mme plus tard, l'usage des Byzantins de Syrie. Voici un second tmoignage assez prcieux pour les dtails qui y sont fournis. C'est un reproche fait par les nestoriens aux melchites et aux jacobites; il est attribu gnralement au mtropolite nestorien de In jefunio liturNisibe, lie Bar Shinaa (t 1049) giam clbrant feria prima (dimanche) pro tota hebdomada et ex eucharistia illa singulis diebus pro/erunt quod sumant, contra sacros canones qui bus prcipilur, ne eucharistia vel una nocte maneat. Cf. Liber demonstrationis de vera ftdc, 1. IV, c. i; Assmani, Bibliotheca
:

295 est dat de 1441 des Grecs (1133 de mss. 290 (add. 17 128) et 287 (add. 14 496) contiennent, outre celle de Svre une seconde anaphore attribue saint Jean Chrysostome dans le premier manuscrit, saint Basile dans le second le mss. 2'i9 (add. il ':22) ne possde qu'une anaphore attribue ce dernier saint. M. Codrington dit que ces e mss. vont du x c au sicle. Cf. Journal..., t. iv, p. 68,72-81. e centenaire de la mort de En 1908, se clbrait le saint Jean Chrysostome. A cette occasion, M. Codrington a publi, avec traduction latine, le cod. add. 17 128 (x^-xi" sicle), Liturgia prsanctificatorum Syriaca sancti Joannis Chrqsostomi 'dans XpuaooTO[U)c, Studi e richerche intorno a S. Giovanni Crisostomo, Rome, 1908, p. 719-729). Il est hors de doute qu' l'origine de toutes ces anaphores on retrouve celle de Mar Svre. En effet, Bar Hbrreus en parle, et mme en donne une longue description qui correspond parfaitement tous les mss. que nous possdons de Svre. Ces anaphores sont rellement syriennes, non pas cause de la langue, mais bien cause de la structure leur dbut, propre toutes les liturgies syriaques d'Antioche. c'est la prire du sedra. Les anaphores attribues Jean Chrysostome et Basile sont galement svriennes. Enfin, une question se pose, les textes sont-ils vraiment de Svre d'Antioche ? Une rponse nette est impossible; mais tout poite le croire. Il y a d'abord le fait que c'est Svre qui a introduit le rite de la messe des prsanctifls; puis l'en-tte des nombreux mss., l'analyse de cette liturgie faite par Bar Hbraeus confirment li paternit de Svre. Si l'on objecte que Svre a toujours crit en grec, l'on rpond que la langue n'est pas un signe distinctif en liturgie. Svre a pu crire cette anaphore ou bien une plus sobre encore en grec: elle ne laisse pas d'tre une 'iturgie svrienne d'Antioche. D'ailleurs, le ms. 29 7 du British Musum Consignation du dit calice de Svre, patriarche d'Antioche, telle qu'elle a t traduite rcemment du grec en syriaque. Outre ces textes, nous possdons un livredu diacre contenant exclusivement les prires que ce ministre doit dire la messe des prsanctifls. Elles correspondent une anaphore des prsanctifis de saint Jacques Aiaxovix zt)q tc oorjyiy.es uvr^ Xs'.TOjpvtx tOj you 'Iaxa/ou. Brightman les a publis d'aprs un ms. du Sina, Sinait. 1040, dans son ouvrage cit plus haut, p. 494-501 M. Andrieu. op. ci7.. p. 229, y voit un texte propre aux Syriens byzantiniss. En tout cas, ces diaconica correspondent la liturgie de saint Jacques, adapts la messe des prsanctifis, et c'est une litur* la liturgie gie syrienne. M. Codrington l'appelle
sicles, le
les
.I.-C.)
;

xm

XV

orthodoxe
1166.
Il

Cf. Journal...,

t.

iv, p. 69.

Ce ms

est

de

orientalis,

On

ni, p. 305. voit bien que l'on est en face d'une liturgie prot.

pre au jene quadragsimal. Le tmoignage de Bar Hbrwus a sa valeur spciale puisqu'il est corrobor par les nombreux mss. de cette liturgie, attribus Svre. M. Rajji a publi le plus b. Textes et manuscrits. ancien texte connu de la consignation du calice, crit en 1370 des Grecs (1059 du Christ) dans Y Orient chrtien, t. i (xxi), 1918-1919, p. 25-39, avec une traduction franaise et une dissertation. Le ms. publi est le sur. 70 de la Bibl. nat. de Paris, il est attribu Svre d'Antioche. Divers mss. du British Musum donnent une anaphore de la consignation du calice, attribue Svre d'Antioche comme dans le ms. de Paris 286, 288, 290, 291, 294, 295, 298 (add. 14 493, 14 925, 17 128, 14 495, 14 500. 14 498, 14 667). Cf. \\ Wright. Catalogue of syriac manuscripts in the. Brit. Mus., 1. 1, p. 219 sq. Les critiques les attribuent aux X e et

n'a donc pu tre utilis par les Syriens byzane sicle. Il est tiniss, qui ne l'ont t que depuis le plus probablement d'une rgion de la Syrie utilisant la langue grecque et la liturgie de saint Jacques. Depuis le xiv<? sicle, on ne rencontre plus de mss. de la consignation du calice chez les jacobites. Cette liturgie, en effet, n'est plus du tout en usage. t.-v. et Jos.-Sim. Assmani ne mentionnent plus aucune anaphore des prsanctifls dans les nombreux mss. qu'ils citent dans la Bibliothec apostoliae Vaticanse codicum

xm

manuscriptnrum cataloqus,
c.

t. Il, p. 212. tat de choses actuel. Mgr Clment-Joseph David (t 1890) a crit, dans un ouvrage encore indit et qui se trouve la bibliothque de Sharf. que les jacobites ont abandonn cette liturgie, Prliminaires

n.

la protestation et

la \ustification (en arabe), p. 35

Cependant, dans les offices du carme des Syriens occidentaux de Msopotamie, il est dit qu'on
19.
le

consignera

calice tous les jours aprs les vpres.

89

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).
stomealtare
il

RITE JACOBIN.
:

90

parages, cet office Mais, Mossoul et dans tous ces de la messe selon le rite n'est plus en usage. Le Service 173, ne mentionne surien nouv. d., Mossoul, 1881, p. nettement qu auaucune messe des prsanctifis et dit le vendredi saint. cun offlce de ce genre n'est pratiqu le rite syrien approuCf Service de la messe prive selon d'Antiuche, Mossoul, patriarche le Mgr G. v par S dioxeseoa Mau1808 p 161. Le Calendarium ad usum 1877, parle du service de siliensis Syrorum, Mossoul, syriaque et ne l'ensevelissement du Christ selon le rite des prsanctifis, p. 54 a la p. 221,
dit rien
;

et

poursuit cas, les rubriques du de quel office il s'agit. En tout que la consignation prcisent missel de 1922, p. 225, des vpres; l'on revient ainsi se fera aprs le sedra terminer le jeune par l'ancien usage qui voulait faire apres-.n.di; trois heures de la communion vers les plac cet office aprs le l'dition de 1843, elle, avait
I

sacerdos accedit ad y est dit Post finem offlcii convenante, puis se ponit incensum cum sedra demander l'anaphorc On est en droit de se

safra, prire

de la messe les les lectures faire pendant il mentionne toutes de l'ensevelissement et crmonie la et choraux Offlce du calice. ne donne rien sur la consignation contraire, des Dans le patriarcat d'Antioche, au l'ancien rite de la consi1760, on a essay de rtablir Michel Jaroue gnation du calice. C'est le patriarche de la biblioa travaill, tmoin le ms. qui
(t 1800)

du matin. Cf. p. 53. du Soit dans le rcit de l'institution la recommandation de rite par Svre, soit dans calice que jusJacques d'desse de ne conserver le lendemain il n est soir et jamais jusqu'au
ci Rserve.

qu'au

question que de op. cit., p. 102

la

sq.,

Lamy, rserve de l'espcedu pain. Cf. ra. 191; Nomocanon, c. rv, sert.
Les
diff-

thque de Sharf portant la cote 314, i^'anaphorc de la consignades Grecs (1760 de J.-C). elle est presque calque simple; trs est calice y tion du Plus tard, le missel sur la description de bar Hebrams. Missale synaimprim Home en 1813 sous ce titre poscum juxta rilum tcclesi Antiochen Syrorum, plus longue portant cet sde, p. 53, une anaphore vendredi saint de la Ordre de la messe du en-tte
: : :

copi en 2071

cit., p. 50 sq. Mai, op. cit., p. 27; Bedjan, op. parlent aussi que de la rent mss. des anaphores ne cite un ms. de Sharf rserve du pain. M. Codrington 523) qui prescrit de (de Philoxne de Mabbough, t

conserver

le

pain

sans

le

calice,
t.

du

samedi suivant.
dj
le

Cf. Journal...,

V. p.

374.

^J*" D ailleurs
i

a quoi servirait la consignation


lisent

du

calice Il contenait

faisant
);

la consignation du passion appele des prsanctlfls grande partie a trs en prises sont prires Ses calice. Jacques. saint l'anaphorc de Missale En 1922, un nouveau missel fut imprime Syrorum, Antiochenx juxta rilum Ecdesiee apostolica On j audoritate rcognition, Sharf (Liban), 1822. du calice trouve, p. 225, un Ordre de la consignation
:

l'eau

comme dans la liturgie mlangeaient en parti gales, Bar Cursus de Telia lit Jean que ce ordinaire. Voici
!

entre le vin et Ouelle proportion doit-on garder jacobites les dans le mlange du calice Les

et de 1922 sang du Christ'.' Les missels de 1843 en nettement que le prtre prpare le calice missel de 1843, un mlange de vin et d'eau. Cf. missel de 1922, p. 232 sq.

Et

in calice

dimidium

vint

et

dimidium aqutt

les s, ml pour l'es jours du carme quadragslmal, 1 l.MgrRahprface, p. la .Dans samedi dimanches et Basile mani affirme que celle liturgie est de saint celle de 1843, qui et dit l'avoir mise la place de simple agencement les n'tait pas originale, niais un saint Jacques NOUS ne prires de la liturgie normale de pour pas le ms. qui a servi a Mg Hahman.

meiuuira deflclal misceatur et il in calice fwta humorit /-"potesl (ad fldelium communionem) rafum. Cf. As* manl, addert ex ex itlo quod non est conm Nomocanon, c rv,ecl .. Bibl. orient., t. m. p. 238 sq. ne mettent plu catholiques Les 19. ni p. M ,, on quantit d'eau. Cf. Synodun Star*
i

qu'une

faible

Home,
Il

1888,

p.

88.
s,,

connaissons de Sharf de 1888 ne celte nouvelle dition. Le concile il n'en Buppose pas fait aucune allusion celle liturgie,

mme temps

mme

l'existence.

rel de Bar Hbneus, b) Jour et heure. D'aprs le des mules qui cil plus haut, Svre, la demande rserver des rclamaient la communion en carme, lit Nous som hosties le dimanche pour les autres Jours. de Laodlconcile du rglementation la de face mes eu des interdit la messe en carme en dehors
ce, qui

dimanches

et

samedis.

l'Annonciation, clbre la messe ordinaire a la fle de la quoeumque die occurrent, ainsi que le mercredi de ces auaphorcs n indide mss anciens Les BU-carme. contraire, le quent aucun jour de clbration. Au saint. Celui de 1922 missel de 1813 dsigne le vendredi canine except le rtablit l'usage pour tous les jours du

Au

xin

sicle,

on Bar llcbneus nous rapporte qu

que le corps, le prcieux sang. C communion se falsall probable, puisqu'au dbut la messe .les pres.nu 1 Iles sous les deux espocs cl que la plus solennelle. Des inconvnients est une communion cette coutume, et d'ordre pratique ont d 'opposer ralte pour s.mct.i.cr le la consignation est Jmtement litu D'ailleurs, deux grandes liturgie, la calice double r* romaine et celle de Byzance, avaient la Les anciens mss ne d) Description d la Crmonie. le texte de lavant non et l'anaphore donnent que habituel. messe, il semble pie Ion Utilisait l'oMO En voici une description rapide, a L'avant-mesu Apres la prire du d'aprs le missel de 1843, p. 53-57 encensement et prtre ta plusieurs prires et
6t trs
1 :

reste a savoir

a l'origine.

on ne rservait pas.cn

samedi

et le

dimanche.

nt anciens mss. du British Musum, conteni de Svre, l'anaphorc de la consignation du calice circonstances extraordiliai lent de cet office pour des r, dit a propos des nou 69 loi. 14 4!), naires; l'add. attendre veaux baptiss et s'il en est qui ne peuvent cl leur donne le corps cl la messe, on consigne le calice fol. 60 v, on consignera le sang. D'aprs l'add. 11 12*, des eaux, la aussi le calice l'ollice de la bndiction du x" ou de l'Epiphanie. Ces deux textes sont

Deux

Me frre et me* bienentre autre formule il dit -pie le Christ accepte mon afin pour mol, prie/, aimes, nous dans On repond SoUVene-VOU de Oblatlon. de a fralra l'Orote rappelle Cela votre oblatlon. jacobites sougenl-ils a une vraie liturgie romaine. Les entre le bien mettent ils une diffrence
:

tatra,

le

oblaUon

'.'

ou

sacrifice de la

messe

et prpare le calice comme avec les Ensuite se fait la petite entre, de l vangile deux lectures de l'epitre aux liehreux et dans ne longue prire dlaconale, comme de l'agonie.
11

\prs quoi

clbrant prend l'hostie rserve


le

et l'oblatlon les prsanctlfls Ions. fait la prparation les


I

a l'ordinaire.

la

veille

du

liturgie grecque, a lieu ce Pour l'dition de 1922, voici

moment

Ouant l'heure de celte liturgie, normalement trois heures de se clbrait la lin du jour de jene, c'est aprs l'aprs-midi, quelquefois on voit que Musum donne vpres. Le eod. add. 11 K* du British
la

xi sicle.

elle

les vpres; U y a la la liturgie suit la rcitation

quelques diffrences grande


:

consignation

du

calice

selon saint Jean

Chryso-

sedra, p. 226, il est entre avant les lectures Dans le sur votre autel. spirituel notre sacrifice recevez dit c est la prire Le sedra se trouve dans tous les mss., accompagne d en du dbut de la liturgie, laquelle est
'

91

PRSANCTIFIS (MESSE DKS

RITE PERSAN

92

censements. Si les mss. la placent au dbut de l'anaphorc, c'est pour remplacer le sedra ordinaire de la messe normale. Il y est parl partout du corps et du saiij; du Sauveur et l'on supplie le Seigneur de transformer le mlange de vin et d'eau contenu dans le calice en son sang vivilicatcur. Les diaconica du codex Sinaiticus
renvoi des catchumnes et n'y a de spcial que la prire du voile. Cf. Brightman, op. cit., p. 496. b. L'anaphore. Dans la nouvelle dition, avant le Credo, le prtre demande au Christ de bnir le mlange mis dans le calice et de l'unir a son saint corps, pour que la rception de ces mystres le dlivre lui-mme, ainsi que l'assemble, de la corruption de l'me et du corps. Missel, p. 232. Aprs le Credo, le clbrant se lave les mains et bnit le peuple par la bndiction tire de saint Paul

Liber dcmonslralionis, du xn e sicle, critique les jacobites et les melchites parce qu'Us gardent la sainte rserve [jour communier les autres jours. Voir cidessus, col. 87.

Toutes

les

anaphores supposent

la

communion de
;

donnent

les litanies et le

les litanies

des fidles.

Il

comme dans
c.

la liturgie

La

consignation.

Dans l'dition de 1843,


:

normale.

il

y a

d'abord une premire consignation. Le prtre prend l'hostie, la fait descendre dans le calice, touche le vin trois fois, en forme de croix, et dit Le calice est consign par le charbon propitiatoire du corps du Christ, notre Dieu, au nom du Pre f et du Fils f et du SaintEsprit f> une seule force, un seul pouvoir, une seule volont, un seul vrai Dieu bni et exalt, de lui la vie ternelle. Amen. Cette formule ressemble celle de l'ancienne consignation dans la messe normale du rite maronite. Le clbrant remet l'hostie sur la patne; aprs cela, une litanie diaconale est dialogue entre diacre, prtre et fidles pour la hirarchie, pour les fruits, pour ceux qui ont offert, pour ceux en faveur de qui l'on a offert, pour ceux qui ont dsir offrir et n'ont pas eu le moyen. A ce moment, l'officiant procde la fraction et une nouvelle consignation, p. 63, et, cette fois-ci, il laisse tomber la parcelle (margarita) dans le
:

calice.

La formule de la consignation, d'aprs l'dition de 1922, p. 234, et celle des mss. de Svre, de saint Jean Chrysost orne ou de saint Basile ne prsentent que des variantes minimes. La formule du ms. de 1760 et le Nomocanon, c. iV, sect. vin, donnent cette formule spciale Ut unial et sanctificet et transmittat mixtum, quod in hoc calice est, in salutarem ipsius Cliristi Dci nostri sanguinem in remissionem peccatorum, qui vaut d'tre releve. Depuis ce moment, tout se fait normalement rcitation du Pater avec introduction et embolisme. Le diacre exhorte le peuple incliner la tte; le prtre bnit, puis le diacre demande de regarder avec crainte. Alors le clbrant fait l'lvation, c'est--dire l'invitation la communion qui prsente quelques modifications selon les textes sancta sanctis, ou bien sancta et prsanctificata sanctis et puris. Dans l'dition de 1843, il est fait mention de l'lvation du calice. La pense des jacobites sur la transformation du vin en sang est hors de doute. Cf. M. Andrieu, op. cit., p. 232; Mai', op. cit., p. 27; Revue de l'Orient chrtien,
:

l'assemble puisqu'il y a action de grces gnrale. Cf. Journal..., t. v, p. 373; Bedjan, op. cit., p. "il Mai, op. cit., p. 27. Le missel de 1813 et le ms. de 1760 disent que l'officiant continue la suite comme la messe ordinaire; de fait, on ne distribuait pas la communion, car les textes en question ne prvoient la liturgie que pour le vendredi saint. S. G. le patriarche syrien catholique a autoris la communion du vendredi saint par exception. Le missel de 1922, prvoyant la liturgie des prsanctifis pour le carme entier, permet la communion de l'assemble, p. 237 sq. Aprs la communion, les prires d'action de grces sont rcites, les fidles sont alors invits incliner la tte, puis le diacre proclame le renvoi. 2 Dans le rite persan. L'glise de Perse ne possdait pas de liturgie propre des prsanctifls. Elle s'abstenait de toute liturgie en carme. Les saints canons interdisaient toute rserve. Nous avons entendu, col. 87, le mtropolite de Nisibe, lie Bar Shinaia (f 1049), protester contre l'usage des melchites et des jacobites. Toutefois, la liturgie des prsanctifis a fini par pntrer aussi dans l'glise de Perse. 1. Manuscrits. Les mss. que l'on possde s'chee sicle. lonnent entre le xvi et le Il est remarquer cependant que les auteurs qui leur sont assigns c sicle. par les copistes vivaient du ix e au Si l'on pouvait tenir pour certains ces deux renseignements, on dirait que les nestoriens ont pratiqu cette liturgie du ix e au xvir8 sicle. Mais la critique de l'usage jacobite par lie Bar Shinaia (f 1049), au dbut du xi e sicle, montre que cet office n'tait pas alors en usage en Perse. En effet, mtropolite d'une grande ville, lie devait ncessairement tre au courant des habitudes de son glise. Quoi qu'il en soit, le Vat. syr. 45 a une crmonie intitule consignatio super calicem antequam ad allare deferatur, quum eo indigent in die magni conventus. Le

xvm

xm

mme

titre se trouve dans le Vat. syr. 66. Tous deux sont dats de 1529. Cf. Assmani, Bibl. apost. Vat., p. 302 et 363. Un ms. de l'universit de Cambridge, add. 19SS (crit en 1559), est attribu Isral, vque de Kashkar (t 877); au British Musum, l'add. 7181 (dat de 1570), et, la Bibliothque nationale de Paris, le Syr. 2S3 de 1684, portent presque le mme titre. Consignation du calice une fois qu'il est puis et qu'on veut consigner un calice qui n'est pas consacr, avec le corps. Compos par Mar bedjsus, vque

d'Eilam

xm

sicle,

ou Gandisapor cet auteur vivait au au temps du catholicos Sabriso' IV (1222;

t.

xxi, p. 36 sq. La formule de la consignation elle-mme prouve et le principe de cette transformation est la consignation avec contact. Cf. Lamy, commixtion op. cit., p. 191 sq. Dans les actions de grces, le sang est mentionn aussi bien que le corps. Cf. Rajji, op. cit., p. 35-36; Codrington, op. cit., t. iv, p. 80. Les prires prparatoires ne sont pas moins nettes. Cf. Mai', op. cit., p. 21; Bedjan, op. cit., p. 51; Assmani, Bibl. orient., t. a, p. 246. Le clbrant communie, et il d. La communion. l'a toujours fait et c'est mme obligatoire comme nous l'avons vu propos de la consignation prive. Le peuple communiait aussi, c'est le but de cette liturgie, car le prtre consignait moins pour lui mme que pour les fidles, comme nous l'a racont Bar Hbneus propos de l'institution de ce rite par Svre. D'ailleurs, le
le
:

1224). Cf. Zotenberg, Catalogue..., p. 215-216; Codrington, Journal..., t. v, p. 535. A la suite du texte contenu dans le ms. de Cambridge, on trouve un ordo intitul Consignatio calicis die necessilatis, antequam ad allare ascendat. Cf. Codrington, Journal..., t. v, p. 544-545. Cet ordo ressemble ceux de la Vaticane signals ci-dessus. En 1928, l'abb Jos. de Kelayta a publi The liturgy of the Church of the Easl, compared in dtails wilh many ancient mss. which their name and date are given in the Syriac introduction; il donne, p. 243, la crmonie de la bndiction du calice dans un cas de ncessit . Le groupe catholique de l'glise de Perse n'a pas cette messe et les deux ditions du missel ne la possdent pas. Quant aux nestoriens, ils n'ont fait qu'emprunter cette institution leurs voisins les jacobites; la composition et la structure de leur anaphore le prouvent. C'est la mme marche dans les gestes et les prires, et l'on a vu qu'il y a deux sortes de crmonies, l'une
: :

93

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).

RITE MARONITE

94

plus courte, pour les circonstances extraordinaires, d'ordre priv, se fait avant de porter le calice l'autel l'autre, plus longue, avec une anaphore plus dveloppe, est identique la consignation publique du calice dans le rite jacobite. Cependant, il n'y a aucune indica-

On ne dit pas que c'est pour le carme ou vendredi saint, mais seulement pour procurer les deux espces alors qu'on n'a que l'espce du pain. 2. La rserve, en tant que telle, est condamne par les docteurs de l'glise de Perse, comme on l'a vu plus haut propos d'klic Bar Shinala de Nisibe (t 1049). Jean IV Bar Abgar, patriarche nestorien du x c sicle, crit dans le can. 20 Placuii Spiritui Sancto el prtreepil ne Thsaurus (Sacramenlum) suf/er altare ad biduum relinquatur. Corpus enim super allure ad diem sequentem relinquere, nec velus, nec nova lex permittit. Au can. 23, il fait une exception pour manque de communiants ou trop grande quantit d'lments consacrs, auquel cas on laisse un luminaire sur l'autel et l'on veille sur eux. Cf. Lamy, op. cit., p. 47-48; Assmani, Hibl. orient., t. ni a, p. 244-246. Georges d'Artion de jour.
le
:

Suivent alors l'lvation, la communion et l'action de grces comme dans l'anaphore ordinaire. Quant a Vordo plus simple de la consignation, en cas de ncessit, avant de monter l'autel, c'est bien un rite spcial de la communion avant la messe. Aprs la bndiction ordinaire, l'officiant demande que la vertu divine qui est descendue sur les saints mystres, le corps et le sang, et les a bnis et sanctilis, descende sur ce mlange et l'unisse au corps et au sang du Christ au nom du l're..., il s'approche et consigne en disant Que ce mlange soit consign et sanctifi par le sang vivifiant de Notre-Seigneur Jsus-Christ au nom du l're... D'ordinaire, c'est avec le corps qu'on consigne; ici l'lment facteur de sanctification, c'est le sang. Le diacre offrira le calice au peuple en communion, c'est--dire que chacun viendra y boire, alors que le diacre le tient dans ses mains. Georges d'Arbclles f+ !i87) dit de consigner le calice a nouveau, s'il a t pollu parce qu'une femme y a mis la main pendant qu'elle y communiait. Et le diacre peut, en cas de site, consigner le calice lui-mme, comme le
:

bcllcs,
la

contemporain du patriarche
il

iar

Abgar, donne

infime prescription;

faut distribuer les lments

consacrs parce que le ministre ne petit pas veiller sur eux. Cf. ibid. Un sicle plus tt, en 820, avait l lu patriarche nestorien, IsV Bar Nun, qui avait autoris la rserve

pendant
a

trois jours

Interrogalio

Fas

est
?

rmunre

m
:

erastinum sacrum Christl corpus tireur

Solutio

Plerique doctores td nullatenut probant. Aliqui iamen


t

perntiliimi ut i/imni ncessitai postulat, ad 1res usque dies servelnr. Lamy, p. 46 j Btbl, orient., />. p. 31 Il n'est pas question de rserver le prcieux sang
.

patriarche jacobite Thodose l'avait autorise. Cf. liibl. t. a, p. 248. 3 Dans le rite maronite. 1. lienseignements gnraux. Le concile libanais de 1736 s'exprime ainsi sur Vous exceptons (pour la la messe des prsanclilis clbration quotidienne de la messe) le vendredi saint. O il n'est permis a personne de clbrer. Que l'on dise ce i'im ta. dans les glises cathdrales, paroissiales rgulires, la messe des prsanctifis comme il est prs crit au missel. Cet office, qui se faisait autrefois chez nous et se fait encore aujourd'hui chez les drecs tout
orient.,

le

temps du carme
P<

(le

samedi

et

le

dimanche excep
>

Cette difficult d'autoriser la sainte rserve explique clic seule l'opposition au rite des prsanctifls. El si la consignation du calice fui plus tard autorise, c'est bien pour les cas extraordinaires. Pour prparer le calice dans la liturgie des prsanc Il fis, on mlange deux quantits gales de vin et d'eau, comme dans le rite Jacobite el dans la messe normale ncsl mienne. Jean \ Bar Abgar (vers 900) va plus loin el permet en cas de ncessite le iers de \ in et les deux tiers d'eau, el mme le quart de \in snllirait a la rigueur. Cf. liibl. orient., t. II] u. p. 2\7. 3. Crmonies. M. Codrlngton a publi l'anaphore de Mar Isral, vque de Kashkar, dans Journal..., t. v, p. 538 sq. En voici un rapide aperu l'offli fait le malin. Le prtre et le diacre vont prendre la sainte rserve et prparent le calice. On rcite le Pater,
la

cause de

grande

difficult pratique.

les), a t

lerv par nos prdcesseurs au seul venl'art


II.

dredi saint, comme dans l'glise romaine. c. xin, n. 17. Collectlo Lacensls, t. n, cul. 222,

el

Mansl,

Concil., t. xxxvui, col. 125. Tout est vague clans l'hls toirc de cette Institution chea les maronites. Mais U esl bien prcieux de savoir que c'tait jadis mie lit il r

normale du carme. te emprunte srement a la liturgie |acoblte, puisqu'on trouve une anaphore de la consignation du calice revtant la forme le celle des Jacobites et peut tre mme Jacobite d'origine. Cf. ma. de Bekorkl "'. in fine (rsidence du patriarche maronite), n
gie

Elle a

le

comment

clbrant fait une anamnse et dit espces ont t consacres et parfaites par la descente du Saint-Esprit, et alors il demande au Christ de transformer le vin en son sang par la vertu de son saint corps, atin que nous vivions en mangeant de votre corps et que nous soyons purifis en binant de votre sang . Cette longue prire devait tre dite voix basse, car elle se termine par une ccpbonme. H rompt l'hostie en deux, cl avec la moiti de droite consigne le calice en disant Une le calice soit consigne par le corps vivifiant de Notre-Seigneur Jsus-Christ au nom du l're t et du Fils el du Saint-Esprit t dans les sicles. Bp. Amen, 11 ne consigne pas le corps car il l'a t dj une fois la messe normale. Le prtre remet l'hostie sur la patne el dit Que le corps et le sang de Notre-Seigneur .lstis Christ qui nous vivifient soient pour la rmission des pches et le pardon de fautes, pour nous et pour la sainte glise qui est ici et en tout lieu, maintenant et en toul temps. cf. loc. Cit., p. 543. D'aprs le eod. Si/r. 283, loi. 115 r". il > ,i une nouvelle consignation ce moment, la pense des nestoriens sur la transformation du vin au sang du Christ par la consignation et la commixtion est claire.
Miserere.
I.e

les

Explication <ti livre des anaphores, attribue au patriar tienne DouaThl (1630 1704). Elle > t reproduite che dans le missel de T et dans toutes les ditions sui vantes; le seul changement qui a t introduit propos le la communion, comme on le verra plus loin Si l'on remonte plus haut pour retrouver l'origine de celle liturgie dans l'glise maronite, l'on rencontre le si/r. J. p. \ ni. 121 du Catalogue d'Assmanl, t. n. Ce ms. est Intitul / tber oblatlonis fuxta rltum maro nttarum, du 10 avril 1597, avec une liturgie des pr sanctifis le saint Pierre. Quelques annes aupara Vant, en 1592, fui imprime la dition du missel maronite Rome elle ne contenait pas cette anaphore Les uiss. plus anciens ne renferment pas. a notre connaissance, (l'anaphore maronite des prsanctifls D'aprs certains liturglstes, c'est DouaThl qui a Introduit la messe des prsanctlfis dans la liturgie maronite le vendredi saint. Cependant, le savant pa triarche a crit dans son grand ouvrage, La lampe du sanctuaire, t. u, Beyrouth. 1896, p. 18-152 11 y a aussi une anaphore de la consignation du calice qui se dit en grand carme sur l'oblation prsanrtlfie. Il ajoute que saint Pierre en est vraisemblablement l'auteur, lu peu plus loin. p. 154-159, il tablit la diffrence avec les autres anaphores dans lesquelles il y a transsubstantiation, alors que dans la messe des
I

1 >

prsanctifis aucun changement n'a lieu. DouaThl est convaincu que c'est l une ancienne anaphore avant

95
servi
tre

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).

RITE BYZANTIN

96

pour le grand carme. D'ailleurs, on l'a renconlongtemps avant Doualhl dans le ms. 72 de la Vatlcane (1597). P. Dlb, tude sur la liturgie maronite, Paris, 1919, p. 94. .Mais nous n'oserions pas affirmer avec M. Codrington, Journal..., t. IV, p. 71, et Haussons, op. cit., p. 92, que les maronilrs mil conserv la messe des prsanctifis jusqu'au xv e sicle, car ces auteurs ne donnent aucune preuve l'appui de leur
opinion. A en croire Abraham Ecchellensis (t 1664), la messe des prsanctifis ne se clbrait pas chez les maronites,

fidles le puissent. Cf. Les lampes des liturgies, par les missionnaires libanais, Beyrouth, 1909, p. 112. Mais il y a une tendance permettre cette communion soit aux moines, soit aux simples fidles, et, en 1933, l'archevque maronite de Beyrouth annona la messe du jeudi saint qu'il autorisait les fidles communier le lendemain. Cette autorisation sera-t-elle maintenue aprs la publication du nouveau code oriental? 4 Dans le rite byzantin. La messe des pr-

au xvii
neque
al)

sicle

prsesanctifleatorum neque fiunt apud maronitas temporc fuerunt in usu; uti refert David archiepiscopus in suis constitutionibus; qui scripsit ante sexcentos annos. Cetera? vero Christian; nationes, uti sunt jacobit, nestoriani, Armeni et Cophtita, clbrant quidem in quadragesimo jejunio, die dominico et sabbati (excepto), sed diverso ritu, uti habetur ex constitutionibus jacobitaI.itingia-

ullo

normal du carme dans le rite byzantin; c'est la messe de tristesse, celle des jours de mortification. C'est pourquoi elle est encore fort en honneur et chez les catholiques et chez les dissidents. Si l'on clbre en carme la messe normale les samedis, dimanches et ftes, les autres jours on ne clbre ou plutt on ne devrait clbrer que la messe des prsanctifis est l'office
sanctifis.

nisi die

c. iv, sect. I (Nomocanon Bar Hebrwi) in ha;c verba nec celebretur in majore jejunio (i. e. quadragesima)... sabbati et dominico in festo vero Annuntiationis, quoeumque contingat die... et missa celebretur; similiter quod indiedimidii jejunii." Diversitasautem ritus in eosita est quod horum sacerdotes panem cucharisticum quem reservant in similibus liturgiis non assumunt alio die ut faciunt gra'ci sacerdotes in suis liturgiis pra-sanctilicatorum; sed conservant illum in aegrotantium usum.

rum,

jours, les

Disons seulement un mot du rite armnien. De nos Armniens ne possdent pas la messe des prsanctifis. L'on ne peut pas savoir comment cette liturgie fut introduite dans leur rite, ni quand et
|

jusqu' quel

moment

elle tait

pratique. Elle exi-tait

maronites, ils clbraient la messe ordinaire jours du carme, except le samedi. Cf. lettre d'Abraham Ecchellensis Nihisius, reproduite dans Allatius, De Ecclesi occidentalis alque orientalis perptua consensione, col. 1663-1664. Cette affirmation d'Abraham parat bien extraordinaire et en contradiction avec les preuves de l'existence de la messe des prsanctifis chez les maronites les missels manuscrits la contiennent depuis 1597; Douahi, qui vit un peu aprs Abraham, en parle et le concile de 1736 la considre comme une trs ancienne institution. Il se peut qu'il y ait des confusions dans la pense d'Abraham Ecchellensis. 2. La clbration. Les trois textes de la messe des prsanctifis chez les maronites sont identiques. Le ms. de Bekorki, n. 112, p. 433-452; le missel de 1716; l'dition de 1908, p. 142-164. C'est aprs l'office de none du vendredi saint que la messe des prsanctifis se clbre; aujourd'hui, on rcite none avant midi. L'avant-messe est presque comme dans la liturgie normale, avec prparation du calice, sans prendre d'hostie. On voit que le sedra est compos en vue d'une messe des prsanctifis, car on y parle de la sanctification du calice par l'union au
les

Pour

tous

les

certainement en Armnie du xin 8 au xv sicle, puisque nous possdons deux mss. armniens de cette anaphore. L'un est la bibliothque de Lyon: le second Venise. Cf. F. E. Brightman. Liturgies Eastern and Western, t. i, Eastern liturgies, Oxford, 1896, p. xcvin. ] 1. Renseignements gnraux. De tous les rites, le byzantin pur est le seul clbrer trs souvent la messe des prsanctifis, et quelques auteurs vont jusqu' affirmer que cette messe est proprement byzantine et que les autres rites n'ont fait que l'emprunter cette liturgie. Il nous semble, au contraire, que son origine est plutt syrienne. En elet, le texte de la messe des prsanctifis est assez dvelopp dans le rite byzantin; et pour arriver cet tat, il a d falloir un certain temps; au contraire, la liturgie syrienne de la consignation du calice est courte, mme dans les mss. du xn e sicle. Par consquent, cette liturgie est plus ancienne, plus primitive; en tout cas, l'ensemble de la liturgie byzantine provient d'Antioche; il n'est pas invraisemblable que la messe des prsanctifis en vienne galement. a) Texte. Le plus ancien ms. contenant la messe des prsanctifis du rite byzantin est le Barberinus 77 (vm e ou ix e s.), sans nom d'auteur. On n'y trouve que la partie du prtre. Brightman en a publi le texte,

op.

cit.,

p.
la

345-352.
syria-

La bibliothque Vaticane possde deux mss.


ques de

messe des prsanctifis

le

Val. syr.

40

corps. Le diacre lit une leon tire de l'ptre aux Hbreux, et le prtre, l'vangile de saint Jean, xix, 31-37. Aprs le Credo, on donne le baiser de paix. Le cl-

brant chante une anamnse, rcite les diptyques et litanie suit le dialogue normal du Sursum corda et enfin le Sanctus et le Vere sanctus es. De nouveau, on rcite les diptyques avant l'piclse. Cette particularit de rciter deux diptyques est spciale cette anapiiore, celle de saint Pierre et la liturgie de saint Marc des Coptes. La procession se fait alors du reposoir l'autel puis, une consignation comme celle qui se fait pour la premire fois la messe normale mmes prires, le prtre ne touche pas le vin. Enfin, vient le Pater avec sa prface et son embolisme. Aprs l'inclination de la tte et les bndictions usuelles, le clbrant lve l'hostie avec la seule main droite. Le calice n'est pas lev, et alors tout se droule normalement. Seconde fraction avec une commixtion relle, comme la messe quotidienne. Les fidles taient autoriss communier par le missel de Douahi. D'aprs le missel de 1716, seul l'archidiacre peut communier sans que le

une

(1553) contient les trois liturgies byzantines en syriaque l'usage des Byzantins de Syrie. Celle des prsanctifis ne porte pas de nom d'auteur, mais il y est dit qu'elle se pratique aprs none. Le Val. syr. 41 (xiv e s.) attribue celle des prsanctifis saint Basile. Assmani, Bibliothe apostolic Vaticanse codicum mss. catalogus, t. n, Rome, 1758, p. 280 sq. Cette anaphore est attribue diffrents personnages. Sophrone de Jrusalem (t 638) dit que, de son temps, les uns l'attribuaient saint Jacques, d'autres saint Pierre ou d'autres saints. Cf. Commentarius liturgicus, n. 1, P. G., t. lxxxvii c, col. 3981. Dans le

Codex liturgicus, t. vu, p. 73, de J.-A. Assmani, elle est attribue saint Marc. D'autres parlent de saint
Basile, de saint

Germain de Constantinople

(t vers

733), d'Athanase, ou encore d'piphane de Chypre (t 403). Mai' soutient fortement cette dernire opinion. Cf. P. G., t. xi.ni, col. 533-538; Brightman, op. cit., p. xcm; Le Brun, Explication, t. u. p. 376; J.-B. Pitra.

Juris ecclesiastici Grcorum historia et monumenta, n, Rome, 1868, p. 296, 321, en note; Goar, ExoXiytov sive rituale Grcorum, p. 177 sq.
t.

91

PRSANCTIFIS (MESSE

DES),
diffrentes,

RITE BYZANTIN

98

Actuellement, on l'attribue plus volontiers saint confondent Grgoire le Grand (t 604) que certains dans les avec (..(poire II (t 732). Les inscriptions de La divine liturgie missels byzantins portent ou des prsanctinotre saint Pre Grgoire le Grand semble se rallier a cette attribufls. > Le P. Thibaut prire principale de cette tion, parce que le Pater est la Grgoire a introduit liturgie, et que, d'autre part, saint Grgoire, piler dans la liturgie romaine. Cf. S. le Thibaut, ix, 12; chos d'Orient, t xix, p. 42;
:

des pays vivant sous des lgislations ecclsiastiques on ne saurait donner une loi gnrale sans
la faire suivre

de multiples exceptions. can. 52 du concile in Trullo de 692 prescrit de clbrer la messe des prsanctifis tous les jours du jene quadragsimal, a l'exception des samedis et dimanches et de la fte de l'Annonciation (25 mars).

Le

Cf.

Epiai.,

Monuments...,
raires.

p.

24.
la

b) Nature de

Un problme

messe des prsanctifis. Les honothologique peut se poser

propos de cette liturgie. ^ a-t-il ici vrai sacrifice? Pour les thologiens catholiques contemporains, la l'essence du sacrifice est dans la rponse est claire ceux-l conscration, quelque thorie qu'on suive; mme qui voient l'essentiel (lu sacrifice dans l'oblapas d'oblation en dehors tion, n'admettent pourtant eux, se de la conscration. Les deux actes, pour confondent. a Ce problme a t soulev dans l'Eglise byzantine, le propos des honoraires des messes. Le prtre a-t-il messe par la droit de satisfaire l'obligation d'une
:

ilies ? l'eut-il clbration de la lilurgie des prsancl recevoir des honoraires cette occasion? autoLe synode de Carcafde 1806, can. 13,n. 3, l'y rite il ne manque rien a ce rise et en donne la raison pour tre un vrai sacrifice oblalion el consommation;
:
:

Mansi, op. cit., t. xi, col. 967 sq. Dj le Chronicon i a se haie suppose qu'on clbre /'. G., t. xcii, cette liturgie en dehors du carme. Cf. Nicphore col. 989. Le patriarche de Constantinople, argumrntis, (806-815), crit dans ses Capitula de variis trois fois toutes les n. , que cette lilurgie est pratique semaines du carme. Puis il ajoute qu'auparavant elle tait d'usage tous les vendredis el mercredis de l'anne ei le septembre. Cf. J.-B. Pitra, p. al., t. n. p. 321. Actuellement, on ne clbre cette liturgie que les mercredis cl vendrolis du carme, le lundi, le mardi et le mercredi saints, aux ftes de saint Charalampe (in fvrier), de l'invention du chef de saint Jean-Pap fvrier), des quarante martyrs (9 mars) et a la tiste (2 de l'Annonciation (24 mars), a moins que toutes ces fles ne tombent le samedi ou le dimanche, auquel cas on dit la messe ordinaire. M. C(yrille) K(orolevskj crit dans le Sludion, t. r, Home, 1923, p. 26-27, que l'glise orthodoxe tient toujours a l'ancienne pratique de la messe des presanc
i
i i

lus. les jours de jene,


Il

comme

le

prescrit

le

concile

rdemption y par consquent, tous les fruits de la xlvi, sont applicables. Texte dans Mansi, ConciL, t. condamna ce synode le col. 7;;'.- Mais Grgoire XVI
mois plus tard, 16 septembre 1835. Ibid., col. X75. Un le condamna le patriarche grec mclchite.Mgr Mazloum, avait t le secrtaire. lui aussi, alors qu'autrefois il en

orthodoxes aussi bien que les catholiques, ne clbrent cette messe que deux fois la semaine. I.f. Max de Saxe, l'nrlcrtiones de
in Trullo.

semble pourtant que

les

synode d'Ain Ibid., col. <)73. La mme anne se tint le recevoir Trazqul autorisa dans son can. 3 les prtres a des honoraires pour la messe des prsanctifis, qu'il services funbres. fait quivaloir aux autres offices et courant pourvu, toutefois, que le donateur soit mis au
;

niibus orientalibus, Fribourg, 1913-1918, t. i. que eonfir179 [82, 185; t. n. p. 293-294; <<^t meiit nos informations particulires prises auprs des orthodoxes hellnes, roumains ci syriens. Les autres lundis, mardis et jeudis du carme, sont en jours gnral des jours aliturgiques chez i< - orthodoxes el mme chez les catholiques de Galicie. Les Ruthnes peuvent toujours clbrer la messe normale au lieu de pas charge celle des prsanctifls si les pitres n'ont
i

>

celle liturgie conltnet aliquid essentiale missa intgra et jure mrita repuqued essentiale est et morlult. tatur h num esse illam Deo ofjerre pro vivia cf. Mnnsi, ibid., col. 985. En 1849, le mme patriarche, Mgr Ma/loum. runit un synode Jrusalem et. sans parier cette fois-ci de dans la messe des pie la thorie d'un vrai sacrifice on peul sanctifis, dclara cependant qu'en pratique
et, d'ailleurs,

d'Ames.

S'ils
et

sont curs,

ils

peuvent
l

le

faire les lundis.

du grand carme avec l'autorisation opol de (891, p. 37. de l'Ordinaire. Cl synode de Le synode roumain de 1900 dit simplement qu'il n'es!
mardis
jeudis

messe des satisfaire l'honoraire d'une messe par une prsanctilis. Cf. Mansi, ibid., col. 1033 sq.

Un nouveau synode
:

condamna galemenl ce synode. d'Ain Traz, runi en 1909, dfend ne le sache, toul honoraire moins que le donateur est sacriflcium sut et n'y consente hc missa enim m n missa luit per oblatio; sacriflcium autan in / rsecedenti
Mais
le

Saint-Sige

pas permis de clbrer une liturgie a la plat d'une autre, par exemple la liturgie de salnl Jean lu tome a la place de elle des pr< sanctifis. Cl sj node d'Alba-Julia de 1900, p. v. l n dcret du Saint-Office du 13 avril 1695 et un autre de la Congrgation de la Propagande du 8 |ull ici 1729, prescrivent aux Grecs melchites de Syrie d'observer leur liturgie en ne clbrant que les samedis cl dimanches du carme. Mme prcepte Impos par
Ofi

\1Y dans
S

ses lettres

Dcmandatum

(24 de.

<

ni

bre 1743),

fectum, cit

par Hanssens,
t.

Insliluliones

liturgic de

ritibus orientalibus,

n,

Home.

Les Ruthnes dfendent pour la messe des prsanctflS. Cf. Acta et dcrta synodi Ruthenorum Leopolensis anno 1891 habite, Home, 1896, p. 42, et D l M. Rusznak, A. Keleti Egyralre

1930, p. 110. de recevoir aucun hono

Deeretalem noslram (10 mars 1746). Le synode d'Ain Traz de 1835, can. 3, n'autorise cette permutation de liturgie qu'avec l'autorisai ion de e l'vque. Cf. Collectio Lacensis, t. il, col. 582
8.
l

''

synode de Carcaf de 1806 (condamn) l'avait autoriainsi que celui de Jrusalem de 1849 mon approu
Mansi. op. cit., t. xlvi, col. 71". 986 et avait concd celle faveur aux Italo Benoit Grecs par sa lettre Btsi pasloralis (26 mal 1742), S 6,
V). Cf.

la: Misi, p.

114-117.

M\
I

Le synode d'Alba-Julia de catholiques observe que celte


sacrifice, que,

1900

des

Roumains

liturgie n'csl pas un par consquent, ses fruits ne sont pas applicables, comme ceux des liturgies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile, qu'on ne peut donc prsancpas recevoir un honoraire pour la liturgie des

,,

' " ( ol. 513. CI y a eu un moment o la liturgie des prsam tl fut clbre le mercredi et le vendredi de la semaine de

|i,

Il

la

Conciiium provinciale tcrlium tilis. Cf. ecclesiastic greeco-cathoiiem Alba-Julicnsis


siensis
c)

provinciee
et

Fogara

celebratum, Alba-Julia,
la
,

Jaunie

liturgie esl

99-101. Puisque celle messe 1rs prsanctifis. pratique depuis trs longtemps et dans
1900,
p.

89,

tyrophagie. Au xv sicle, Symon de Salontque \ nous en donne un prcieux tmoignage. Cf. P. G., t. chose comme col. 899 904. Allatius, en 1653, donne la existant au Moul AU. os et Constantinople. Cf. Allatius. Missa prsesanctificatorum, n. 20, col. 1595 Cette coutume n'est pas primitive puisque le Chronicon
i

paschale dit qu'on

commence

clbrer
T.

la liturgie
I.

des

mer. DE THO]

<

ATHOl

Mil

99
prsanctifls

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).
qu'il

RITE IJYZANTIN

LOO

la premire semaine du jene. Cf. P. G., xcn, col. 989. Cependant, deux cents ans pins tard, sous Nicphore de Constantinople (806 815), elle tait en usage la semaine de la tyrophagie ei mme tous les mercredis et vendredis de l'anne ainsi que le septembre, avant le patriarche Nicphore. Cf. ). B. Pitra, op. cit., p. 321, 331. Jean Damascne cril dans son trait De sacris jejuniis, n. r>, que celte liturgie tait clbre tous les jours de carme, except les samedis et dimanches et la semaine de la xrophagie (notre semaine sainte). Cf. /'. G., t. xcv, col. 69. Cependant, autrefois, elle tait clbre le vendredi saint. In Kanonarion de Jrusalem du vri e sicle, dans une version gorgienne, ne marque la liturgie des prsanctifis que pour le vendredi saint Les glises de langue slave ont abandonn cet usage au xm sicle, et celle de Constantinople au xiv e Cf. chos d'Orient, t. xix, 1020, p. 41, et J.-B. Thibaut, Monuments..., p. 21-24. Dans sa 5G C rponse. P. G., t. clv, col. 904-907, Symon de Salonique constate que cet usage, tomb dans les autres glises, reste en vigueur chez lui. Que faire si le vendredi saint tombe le 25 mars, fte de l'Annonciation ? Le Tijpicon de Constantinople de 1874, p. 118 sq., dit que l'on transfre la fle de l'Annonciation au jour de Pques. Mais le Typicon monastique ne change rien et laisse la fte le vendredi saint. Cf. Milles, Kalendai ium, t. il, p. 252 sq. Anciennement, d'aprs le prince Max de Saxe, op. cit., t. i, p. 89, on clbrait la messe de saint Jean Chrysostome, le soir du 25 mars, mme si ce jour concidait avec le vendredi saint les moines schismatiques continuent cette tradition, les autres glises orthodoxes transfrent la fte au jour de Pques. Cf. Allatius, op. cit.,
t.
l
!

f'

va consommer ce jour-l. A V\\ ation, il les lve la lin, il y fait l'intinction, c'est--dire qu'avec la cuillre trempe dans le prcieux sang il trace une croix sur chacun. Puis, il les rserve pour les jours suivants dans i'artophorion. Manuel Charitopoulos (1215-1222) menace de suspense les prtres ngligents qui laisseraient les chiens ou les rats mangci les prsanctifls. Cf. /'. G., t. exix, col. 810 sq. A la grande entre de la messe des prsanctifls, le clbrant va la prothse prendre une de ces hosties avec un calice prpar comme pour une messe ordinaire avec du vin mlang d'un peu d'eau. Ceci n'a pas oujours t pratiqu. A l'origine, on rservait le calice du prcieux sang avec les uvot. En effet, le prtre fait mention souvent du prcieux sang en mme temps que du saint corps. Dans la seconde prire des fidles il dit Voici le corps et le sang du Sauveur qui s'avancent vers l'autel escorts de l'invisible multitude des anges. > Avant la fraction, le clbrant adresse cette demande au Sauveur: Fais-nous la grce que d ta main toute-puissante, ton corps immacul et ton prcieux sang nous soient donns et, par nous, tout le peuple. Cf. texte et traduction dans M. Andrieu, op. cit., p. 197 sq. Les mmes mentions du prcieux sang sont faites avant la communion et dans la prire d'action de grces. Cf. la traduction de M. Cyrille Charon (Korolevsky), Les saintes et divines liturgies, Beyrouth, 1903, p. 147 sq. De plus, souvent, l'on parle des dons prsanctifls au pluriel, par exemple dans le texte signal plus haut. P. G., t. cxx, col. 1018. La prire ne s'entend que s'il y a double rserve. Chez
tous et,

les

Latins,

comme on

le

verra, la rserve impliquait

n. 20, col.

1598.
le

Typicon de l'glise melchite de Syrie, on doit clbrer ce jour la liturgie normale. En 1921, les Grecs catholiques d'Alep ont clbr la messe le matin du vendredi saint, ftant ainsi l'Annonciation, et ils clbrrent la mort du Sauveur l'aprs-midi. En 1932, le mtropolite grec-catholique de Beyrouth a interdit la clbration de la fte de l'Annonciation, le 25 mars,
D'aprs

au dbut le prcieux sang. 11 a d en tre de mme en Orient, patrie de cette institution. L'intinction n'explique pas elle seul la formule de ces prires. D'abord, ces gouttelettes se sont srement vapores aprs plusieurs jours; d'autre part, l'glise de Con stantinople resta longtemps sans pratiquer l'intinction. Cf. Goar, op. cit., p. 176, citant VEpitome divinorum
:

au mardi de Pques; c'tait aller contre toute la tradition. Aujourd'hui, aucune liturgie n'est clbre le vendredi saint dans les glises catholiques du rite byla transfrant

sacrorumque. canonum, sect. n, tit. vi, P. G., t. ci., col. 97; cf. aussi Rusznak, op. cit., p. 117; Le Brun. op. cit., t. n, p. 375; et Andrieu, op. cit., p. 202-206. qui cite Michel Crulaire (1043-1059), interdisant l'intinction; on tenait compte encore de cette dfense au xiv e sicle. Au xv e sicle, Symon de Salonique

zantin.

La messe des prsanctifls se clbre de d) Heure. nos jours avant midi, vers les 10 ou 11 heures; elle est cependant, en droit, une liturgie vesprale. Cf. Max de Saxe, op. cit.. t. n, p. 293-294. Mme actuellement, avant midi, elle fait suite la rcitation des vpres, c'est donc bien une communion du carme rattache cet office. Cf. Goar, op. cit., p. 177, citant le ms. Barberinus. Le jeune tait strict en Orient jusqu' trois heures de l'aprs-midi. On ne voulait pas le rompre mme par la rception de l'eucharistie. 11 en tait de mme au xi sicle, selon Nictas, Contra latinos, c. xiv, P. G., t. cxx, col. 1018 sq., et au xv sicle, selon Symon de Salonique (t 1429), De sacra precalionc, n. 352-356, P. G., t. clv, col. 649660, et 904. En 1897, d'aprs Nilles, la coutume tait encore de clbrer aprs 3 heures de l'aprs-midi.
Cf. Nilles,
t.

suppose l'usage de l'intinction dans sa 58 e rponse et dans son Expositio de divino templo, cap. xcv, P. G.. t. ci.v, col. 744 et 912. Comment donc expliquer les prires qui continuent parler du prcieux sang, aprs qu'a cess l'usage de le rserver ? C'est que les textes liturgiques sont de fait intangibles, mme si le sens qu'ils expriment ne correspond plus leur premire formule. On ne les comprend pleinement qu'en revenant au temps de
leur composition.
2.

Kalcndarium manuale utriusqiue


p.

Eeclesiee,

n,

Inspruck,
l'glise

252.

En avanant jusqu'avant midi la liturgie des prsancbyzantine a fait avancer aussi vpres. en fait autant puisque, actuellement, cette liturgie est encadre par l'office de noue et celui de vpres. e) Rserve. A la messe du dimanche, le clbrant dcoupe autant d'ivo qu'il y aura de messes des prsanctifls la semaine suivante. 11 prpare chacun avec les mmes prires et les mmes gestes que l'a xv
tifls,

L'glise romaine

a) Vpres, formules de prire. Nous avons vu que, dans le rite byzantin, la messe des prsanctifls fait partie des vpres. En effet, on commence par la rcitation de cet office, psaumes et hymnes; puis le diacre fait la grande litanie dans les mmes formules qu' la messe normale; voir Okientale (Messe), t. xi, col. 1468. Aprs cela, le clbrant va prparer les oblats, la prothse se faisant presque sans prire. Il prend une grande hostie consacre et des petites, s'il prvoit des communiants, les met sur la patne et les transfre du reposoir l'autel de la prothse. La prparation du calice se fait comme l'ordinaire avec du vin et un peu d'eau. La prire de la prothse n'est pas dite parce que le sacrifice est dj consomm. Le diacre fait alors la petite litanie et l'on achve la rcitation des vpres. Cf. Charon. op. cit., p. 103, 113, 117: Goar, op. cit p, 166. Dans le texte de la Morellia ta, on trouve une

Crmonies

et

litanies, prothse.

RIRT

\r

'

101
prire

PRSANCTIFIS 'MESSE

DES).

RITE ALEXANDRIN

1".

du clbrant demandant ut tibi ofjeramus hosprseconsecratam. b) l'lite entre, lectures. Le diacre porte l'encensoir, le prtre les vangiles s'il y a lecture, c'esl--dire le 10 fvrier, fte de saint Cliaralampe, le 24, invention de la tte du prcurseur, et le 9 mars, fte des quarante martyrs. Loc. cit., p. 130. Les lectures des prophties sont tires de la Gense ou de l'Exode et des Proverbes ou de Job. D'ordinaire, c'est Gen., vu, 6-9, Prov., ix, 12 sq. Le clbrant procde aprs cela l'encensement fie l'autel, de tous les cts. On entonne le ps. CXL d'o est tir le verset DirigatUT oratio mea sicut inemsum in conspectu tuo :elevatio manuumme arum sacrifteium vespertinum. Ce verset 2 est rpt par le chantre aprs chaque verset rcit par le clbrant. LeDirigatur esi dj mentionn par le Chronicon paschale, en 617, pour la messe des prsanctifis, comme on l'a vu plus haut.
tiam

distingue celle de la messe ordinaire de celle des prsanct ilis. e) Le Pater. Le diacre, par une longue litanie, qui bloque celle de la grande entre et celle qui prcde le Pater, introduit l'oraison dominicale, et les rites qui sont dans la messe ordinaire entre ces deux litanies, sont passs sous silence dans la Util des prsanct ilis. Le reste se fait comme dans la liturgie normale. L'oraison dominicale est le centre de la messe des prsanctifis, et probablement tait-elle la seule prire qui formait cette liturgie a son dbut. Autrefois, j) Elvation, fraction ri communion.
i

l'lvation se faisait pendant la rcitation du Pater. comme on le faisait aussi dans le rite romain. Pul

acte fut

Et la liturgie romaine l'a fidlement gard dans ce rite emprunt l'Orient. S'il y a une pitre ou un vangile lire, la lecture se fait ce moment comme dans la liturgie de saint Jean Chrysostome. (X Charon, op. cil., p. 132 sq.

isole. Actuellement, le prtre ne fait que toucher les oblats sous le voile en disant Aux saints les choses saintes prsanct ides (le texte de la M<,rrlliana ne parle pas de l'lval ion. 11 t., p. le Barberinus et le Cryptoferratensis tmoignent du contraire). Puis la fraction s'accomplit normalement,
<
< 1
:

ainsi

que

la

commixtion. Le chur chante

le

Avant Symon de Salonique, ou ne


gile

lisait

pas d'van-

la messe des prsanct ilis. Cf. /'. (',., t. clv, col. 905. c) Litanie, priera du catchumnes, priera des
fidiltS.
le

Api"., s la litani;

tir; e tic [a

liturgie ordinaux

diacre fait prier les catchumnes el les fidles pour ceux-l, et le chur de rpondre Kyrie eleison, comme d'ordinaire. Enfin, il renvoie les catchumnes el fait prier les fidles. A partir du mercredi de la ml carme, le diacre, avant de prier pour les fidles, proclame Tous les catchumnes, sortez; les catchumnes, sortez: tous ceux qui vont tre illumins, sortez. Priez, vous qui allez 61 re illumins. Prions le Seigneur. Alors, les fidles prient pour ceux qui vont recevoir le
:

nieon: Gotez et voyez combien le Seigneui doux, allluia. Toute l'assemble peut communier. Tel est bien, en effet, le but de celte litui participer les fidles, dans une journe BlitUrgiq un sacrifice prcdent Le diacre ne dit rien eu prenant put au calice; cette action n'aurait pas ta raison d'tre si, au dbut, on n'avait pas rserve le prcieux sang. Autrefois, on distribuait aussi du vin aux lob les avec la cuillre. Cf. Andricu, op. cit., p. 206. lai somme, la thorie de la conscration par contact eut ses adeptes en Orient. Michel Crulalre (1043 1059) nous en - le parle pain pi esanct ilie, d alors jet dan-. il. est
:

baptme Pques, pour que le Seigneur leur accorde la foi, l'illuminai ion, la force et les admette dans son troupeau. d) La annule entre (Meyikn eTooSo). Elles t vraisemblablement introduite Antioche, en mme temps que le Credo, par Pierre le Foulon, en 171, pour protester contre les hrsies d'Arius et <le Macdonius. Elle ne passa la messe ordinaire Byzance que sous .lustiu 11 (5(55-578). Les prires maintenues dans la liturgie normale tmoignent que l'on y transfre des oblats prsanctifis. Cf. chos d'Orient, t. xix, 1920,
saint
p.

contenu dans ce calll Cf. M. Andricu, op. rit., chang au sang du Christ (il. qui cite aussi d'autres tmoigna p. li Aprs la communion sont rcites les actions di grces pour le pain cleste et le calice de \ le. pour la participation au corps et au prcieux sang La mention du sang est nette et suppose que cette formule corn ^ pondait autrefois A ce que contenait le calice A la tin. le clbrant distribue les eulogiea ou p. nus bnits.
le

saint calice el ainsi

le \ in

<

alexandrin. -- l. L'glise copte. parle des missels coptes comme fixant une liturgie propre des prsanct lus (,f. Lu litui
5

Dans

'<

rite

Mi

Rahmanl

11.

orientala el occidentales, p. 709. Nous m- connaissons aucun missel qui en parle, et l'auteur prcit ne donne pas ses sources. D'ailleurs, Renaudol dit bien ii'. noir pas rouv de liturgie copte des prsanctifis. Cf. Liturt

Eutychios patriarche de Constantinople (552 51 5 el r )77-r),s'j), dans un sermon De paschate et de sacrosancta eucharislia, a. s, P. <;., t. lxxxvi />. col. 2400-2401, parle de la grande entre la liturgie normale el le roi de la rappelle que l'on nomme dj les oblats,
.

giarum orienlalium collectio, t. n, p. 85, l'ourlant, ri "lise d'Egypte avait ce rite D'abord, socrites dit cpie des synaxes sans consecr.it ion taient clbres Alexandrie, et cela du temps mme d'Orignc. Ou v
>

..

lit

les

saints

1.

ivres, les

docteurs [oui l'homlie habi-

gloire

bien qu'ils ne soient pas encore consacrs, et

il

tuelle el l'on accomplit tout ce (pu l'exception

comporte

la

synxc

rapporte un tmoignage de saint Athanase avertissant les nophytes de ne pas se tromper sur le fait le pain apport par les lvites ne sera consacr qu'aprs les grandes et admirables prires. Il semblerait, d'aprs Eutychios, que ce soit l une coutume trangre, peut -tre d'origine gyptienne. Mais elle provient srement de la messe des prsanct lis toutes les formules le supposent Acl uellemenl encore, pendant la Maintenant les puissances des procession, on chante suit le deux unies vous, adorent invisiblenicnt Voici qu'en elTel Trisagion: puis le chur entonne entre le roi de gloire. Voici que le sacrifice mystique dj accompli est escort. Approchons nous avec foi et saint dsir, afin que nous devenions participants de
:
i

de la conscration, Hist eccl., I. V,c. xxn, /'. G., t. Lxxvii, col 636 D'ailleurs, selon Ecchellensis (1 1664), cette liturgie existait de son temps chez s Coptes. Cf. col Renaudol Cite dans la messe de v.iint Basile
1

(oratio)

apud /Egyptios

apostoli

Mani
cit.,

ex liturgia prtesanctifleatorum post perceptionem sanctorum mysterio-

la

vie ternelle.

Cf. ('.baron, p.

13 sq.

Benoit XIV, dans sa lettre


1756),

Exquo primum
t.

(1" mais
col
et

29-39
fait

(voir Collectio Lacensis,


la

ri,

Mi),

des observations sur

grande entre

i. t. p. 76. D'aprs la constitution de patriarche d'Alexandrie (1047-1077), celle liturgie serait clbre le jeudi saint. Cf. Kenaudot, Historia patriarcharum lexandrinorum, Paris. 1713, p. 122. Le l Georg Graf, Ein Reformoersuch innerhalb <lcr koptischen Kirche un xif. Jahrhundert, 923, p. 80 sq., n. signale une crmonie (pu ressemble la consignation prive de la liturgie byzantine, nestorienue ou jacobile. /.' glise thiopienne. D'aprs lanssens, op. rit.. t. i. p. 93, celte Eglise semble n'avoir jamais admis

rum. Op.

Christodule,

.'i.

'-'.

103
cette
liturgie.
(|iic

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).

RITE ROMAIN

10'

Pourtant, Ecchellensls et Nihlsius de leur l cni[>s la messe des prsanctifis tait en usage en Ethiopie; ils tenaienl ce renseigne nient d'un pitre indigne. - La messe des IV. La liturgie occidentale. prsanctifls dans la liturgie latine est un des nom(lisent

breux emprunts
d'Orient,
la

faits a la liturgie orientale.

liturgie

des

prsanctifis

fut

Importe d'abord

adopte Home et c'est sous le couvert des livres romains qu'elle gagna peu peu les autres glises du monde latin. Elle s'incorpora au sacramentaire glasieu et, ds le vu sicle, pntra avec lui dans le royaume franc. Elle fut favorablement accueillie dans
tous les milieux qui s'ouvraient volontiers aux influences romaines. Au contraire, dans les glises qui demeurrent [dus attaches l'ancien rite local, on continua l'ignorer. Absente des vieux sacramentaires gallicans, elle n'a pas davantage trouv accs dans les livres ambrosiens ou wisigothiques. M. Andricu.
op. cit., p. 20. 1 La liturgie romaine.
1. Jour et heure. Ds le dbut et jusqu' nos jours le vendredi saint fut le jour de la messe des prsanctifls, et ce fut,le seul jour dans la liturgie romaine. Elle fut jointe ds le dbut l'office de none. Les plus anciens textes parlent de la nona hora; ainsi, le sacramentaire glasien dit qu' la neuvime heure on fait la procession de la croix, les prtres rcitent les oraisons solennelles, Istas orationes supra scriptas expletas, ingrediuntur diaconi in sacrario. Procedunl cum corpore et sanguinis (sic) Domini. H. A. Wilson, The yelasian sacramentary, p. 74-77. Le mme usage est retenu par l'Ordo i, l'Ordo xiv, et l'Ordo xv, P. L., t. lxxviii, col. 953 et 962, 1213, 1315. Dans l'Ordo de Saint-Amand, la crmonie commence vers midi,

Les sacramentaires grgorien et glasien nous donnent le texte des oraisons solennelles qui sont dites le vendredi saint et qui sont la prire catholique pratique encore dans la messe orientale; c'est un reste des grandes prires de l'ancienne glise romaine, on les rencontre encore dans les messes des quatre-temps avec l'invitation du diacre /lectamus genua et la rponse du sous-diacre levate. Cf. Ordo d'Einsiedeln dans Duchesne, p. 502 sq. 3. Adoration de la croix. La crmonie qui suit les oraisons est l'adoration de la croix. Elle est d'origine orientale; plus spcialement elle est partie de Jrusalem, ce qui est naturel. Les chrtiens afljaient ces grands jours la Ville sainte et tchaient de parcourir le chemin qu'avait pniblement suivi le Christ le chemin des douleurs. Les plerins essayaient ensuite de refaire dans leur pays ce qu'ils avaient vu faire prs

du tombeau du Christ. La pieuse thrie nous

On rcite les prophties et les oraisons catholiques; hora nona, les prtres clbrent la messe. Pour le jeudi saint, on n'a normalement qu'une
hora V.

messe; quant au samedi, c'est un jour aliturgique et la messe actuelle n'est que la messe de minuit de Pques (comme elle se pratique en Orient chez les Armniens et dans d'autres glises), qui fut avance jusqu' la veille au soir, puis est devenue la messe du samedi matin avec toute sa solennit. Quant au vendredi saint les premiers documents liturgiques, tels les Ordines, lui assignent la messe des prsanctifls. Pour cette mme journe, l'heure de la clbration de l'office des prsanctifls fut variable travers les sicles. De trs bonne heure on commena retarder la messe, les jours de jene, jusqu' l'aprs-midi et mme jusqu'au soir, de manire ne pas rompre le jene. Le tmoignage de Thodulfe d'Orlans est trs
explicite. Capitula, n. 39, P. L.,
lairc
ceci,
t. cv, col. 204. Amaprcise que la liturgie se faisait aprs none. De cv, col. 1002-1003. I, c. vu, P. L., t. off., 1.

dcrit longuement son plerinage. Entre autres crmonies, le vendredi saint, on prsente la relique de la vraie croix l'adoration des fidles. Les diacres surveillent les baisers des adorateurs quelques-uns ne se sont-ils pas permis d'arracher avec les dents une parcelle d2 la croix? Cette vnration de la croix, le vendredi saint, doit sans doute remonter aussi haut que le iv sicle. Cf. Prgrination d' thrie, dans Duchesne, Origines..., p. 530. L: pape Serge f er au vne sicle, adopta cet usage pour le :4 septembre. Cf. Liber ponlifualis. dit. Duchesne, t. i, p. 374. L'Ordo d'Einsiedeln dcrit toute la crmonie de l'adoration de la croix la procession commence 2 heures de l'aprs-midi au Latran; un diacre porte la capsa d'or contenant la relique, le pape, pieds nus, la prcde pour l'encenser. Arriv l'glise Sainte-Croixde- Jrusalem, toute la hirarchie passe baiser la relique que le pape a expose en ouvrant la capsa. Mais l'adoration prcde les lectures et les oraisons, alors que le missel romain actuel la place entre les oraisons et la messe des prsanctifis. Cf. Duchesne, op. cit., p. 502 sq. Le chant de V Agios et le Pange
; , :

En consquence l'ordo romanus d'Einsiedeln fait commencer la crmonie vers les deux heures de l'aprsmidi. Duchesne, Les origines..., p. 502. En somme, l'on peut retenir que du vm c au xv e sicle la messe
des prsanctifls est retarde jusqu' trois heures de l'aprs-midi. Actuellement, elle est clbre le matin aprs l'office de none, la lecture des prophl ieset celle del passion et aprs l'adoration de la croix. Les vpres sont rcites avant midi et immdiatement aprs la messe des prsanctifis.Cf. Missale
2. Lectures,

romanum, office du vendredi

oraisons et adoration de la croix. Ce sont deux parties de l'office du vendredi saint et qui prcdent la messe des prsanctifls. Srement, ds la primitive glise, on lisait le rcit de la passion, le vendredi saint, jour anniversaire de la mort du Sauveur, et c'tait peut-tre la seule consolation des premiers chrtiens, dans cette journe aliturgique.

saint.

lingua ne sont mentionns, pour la premire fois, que dans l'Ordo xiv. 4. Crmonies de la messe des prsanctifls. a) Matire de cette messe. Actuellement, elle est de deux natures diffrentes. D'une part, une hostie consacre la veille (prsanctifie) et rserve dans un reposoir; d'autre part, du vin ordinaire avec un peu d'eau (comme la messe quotidienne), que le prtre verse dans le calice aprs avoir apport la sainte hostie sur le matre-autel. Pour arriver l'tat prsent, toute une volution liturgique s'est produite, qui eut des consquences thologiques fort importantes. On le sait, la communion normale, au dbut de l'glise, se faisait sous les deux espces. D'o l'obligation de faire la rserve sous les deux espces; pour la messe des prsanctifls on garda l'origine le prcieux sang aussi bien que l'espce du Istas orapain. Le sacramentaire glasien est clair tiones suprascriptas expletas (traduire comme un ablatif absolu), ingrediuntur diaconi in sacrario. Procedunt cum corpore et sanguinis (sic) Domini quod ante die remansit. Cf. Wilson, The gelasian sacramentary, p. 77. D'autres mss. du glasien, celui d'Angoulme, de Gellone et celui de Rheinau, tous du vin* sicle, mentionnent la sainte rserve sous les deux espces pour le vendredi saint. Au ix sicle, le rituel de Corbie, au xi e sicle, un missel plnier conserv Munich, enfin, au xii c et peut-tre mme au dbut du xnf. un sacramentaire affirment nettement que le sang du Christ est rserv aussi bien que le saint corps. Noir Andrieu, op. cit.. p. 25; cf. l'I. Chevalier. Sacramentaire et martyrologe de l'abbaye de Saint-Rmy, Paris, 1900, p. 320-

327.'

105

PRSANCTIFIS (MESSE

DES).

RITE ROMAIN

106

autre courant va se former ds la fin du VIII e siexistait dj, mais sous forme de pratique particulire et locale. C'est la communion sous une seule espce pour les laques. Si la communion sous les deux espces est plus significative et exprime mieux la participation complte des fidles au sacrifice et les unit tous par la mme coupe du sang divin, cependant il ne manque rien la communion sous la seule espce du pain et elle a l'avantage de ne pas obliger consacrer une grande quantit de vin qui ne trouverait peut-tre pas, pour tre consomm, un nombre suffisant de fidles. Dj, la messe normale, pour viter ces inconvnients, on sanctifiait les scyphi pleins de vin ordinaire avec un peu de prcieux sang; puis on employa un fragment de l'hostie sainte pour sanctifier le vin. C'est ce qu'on appelle en liturgie la commixtion. Ainsi, on gardait du moins le symbolisme de la com munion sous les deux espces. A partir du xir sicle, la pratique de la communion sous la seule espce du pain se gnralisa de plus en
cle;
il

Un

de-Jrusalem, on voit d'aprs l'Ordo x que le pape luimme en rapporte la capsa l'autel. Dans l'Ordo xiv. la capsa est remplace par le calice. Le pape lui-mme, au xv sicle, portail le calice. Ce fut surtout l'usage en Avignon. Bien qu'on ne rservt pas partout le prcieux sang, on continua nanmoins porter en procession le calife contenant le vin comme dans l'Ordo l: c'est plus tard seulement que l'on ne porta plus que
l'hostie seule. Cf.

Ordo

x.

L'Ordo xv

dit

que

le

diacre
i

plus. Cf.
la

M. Andrieu,

'</'

cit., p.

\'.i.

La messe des prsanctifls h suivi communion elle-mme. Dj, vers

le

mouvement de
du
VIII* si-

la lin

apparaissent les documents qui excluent positivement la rserve du vin prconsacr. Le Sangall. 814, dit qu' la procession on transporte, en mme temps que l'hostie consacre, un calice contenant du vin. Ces documents deviennent de plus en plus nombreux au i.\' sicle et tous les ordines romani parlent de la seule rserve de l'hostie; la procession un sous-diacre porte l'hostie consacre, un autre le calice avec du vin non consacr. (,r. /'. /.., I. j.xxviii, col. 953 954, 962 sq. A Auch, au v sicle, le seul corps est rserve. La pratique devint gnrale aux XI* el XII* sicles dans le pays rhnan Cf. Fragment d'un sacramenlaire d'Auch, publi par J. Dufour, dans Archiva historique de la Gascogne, II* sr., v [X* anne, p. 6; M. Andrieu,
cle,
p

prsente le calice avec du vin, et un sous-diacre la burette d'eau pour que le pape fisc le mlange. I Calice qui a servi a la procession de l'hostie est employ par le diacre pour y mettre le vin. Ces Ordincs xiv et xv avertissent que l'usage de mler un peu d'eau au vin n'est pas gnrale toutes les glises. Jusqu'au xv sicle, le moment de la procession lu corps est au dbut de toute la crmonie, avant les lectures cl les oraisons, c'est peut-tre pour faire une seule et mme procession pour la sainte relique et la sainte rserve Jusqu'au sacrarium. lue seconde procession se faisait aprs les oraisons: f. sacramentain glaslen. Elle allait du sacrarium jusqu' l'autel faisait, pai consquent, l'intrieur de l'glise, i.n. a t maintenue immdiatement avant la messe de* prsanctifls cl elle est la seule qui existe depuis l'Ordo w. c) l.rs prires. Le prtre encense les oblats qu'il a dposs sur l'autel. Avant l'Ordo xi. il n'est pas tait mention de cet acte, on ne parle que de 'encens port,
,

procession, le prtre rcite. n qu'il en (eiise, les <\vu\ versets <\u ps. xi

dans
lur.

la

<

mme temps
.

2-4

Diriga-

Domine, oratio mea,

slcul

incensum

in cnnspecln

cit., p. 25, 17, 7!>. Cet usage plus commode a prvalu et s'est maintenu jusqu' nos jours. b) Procession des oblats. La messe des prsanc tifls a toujours dbut par la procession, c'est dire par la crmonie durant laquelle on ramne de l'cgliscreposoir ou bien de l'autel reposoir la sainte rserve jusqu' l'endroit o devra se clbrer la messe des prsanctifls. Dans le rite byzantin, on appellera cette procession la grande eut re qui se prat [que aussi la messe normale, pour porter les oblats de l'autel de l.i prothse l'autel du sacrifice. I.e pseii do -(iermain de 'aris v ir s. dcrit le mme /'. rite la messe normale gallicane /.., t. LXXII, col. 92 li; de plus, par prolepse, nomme dj les oblals corps el sang du Christ. Cette grande entre, OU procession, n'aurait elle pas t emprunte telle quelle, avec ses chants el ses hymnes, la messe des

op.

luo eleoatio manuum mearum tacrificium veaperli num... Ces mmes versets taient rcits au vi sicle par les Byzantins a la messe des prsanctifls et l> sont encore de nos jouis. Voir ci dessus, col. lui. C'est une preuve vidente (pie la messe des prisaiicti fis, en Occident, a une origine franchement oiieiitah l.a prire In s/untu humililahs est dj contenue dans l'Ordo xiv, mais le lavement des mains trouve (pic dans l'Ordo xv. Comme la messe noi maie, le clbrant se retourne vers les fidles et leur demande de prier en employant la formule usitii Orale, /riilns, ut mrnm uc restrum sacrificium ac<
>

bile

flatapudDeum Patrem omnipotentem.

Il

ne semble

pas qu'on puisse tirer du mot tOCTtflclum que les anciens voyaient un vrai sacrifice dans la crmonie prsente, car c'est une formule tire telle quelle de messe ordinaire, connue la formule sOCTlflctum la vespertinum qui se trouve dj dans i- texte du psaume, les lidles ne rpondent pas parle Suscipiat d Le Pater. l.a prire dominicale a pris une place toute particulire dans le rite de la communion. l.a messe des presanct lies est uwe communion solennelle,
)
i

semble bien tabli, mais la dciio mtnatlon de corps cl de sang du Christ qui est vraie la messe des prsanctifls devient fausse a la messe
prsanctifls?

Le

fait

normale.

messe du jeudi saint se clbrait au Latran, alors que la station du vendredi saint avait lieu l'glise Sainte Croix de Jrusalem; il tait donc ncessaire de ramener du I.atran la sainte rserve, cl en grande procession. Tantt ce sont les diacres qui entrent au sacrarium pour y porter le corps ci le sang. ef. sacramenlaire glaslen; tantt ce sont deux sous
la

A Home,

v prend sa place normale avi. son introduction Oremus prseceptis salutaribus... et son cinholisnie I.il>er<tn<s e s.ui amelitaire glasien, comme les Ordines i. \ et xi, signale le /'o/Vr embolismes comme les seules prires de la messe des prsanctifls. C'est donc bien le centre auquel venues s'ajouter les autres prires et formules.

('est

pourquoi

le

l'ater
:

<

L'lvation.

ment qui mentionne


tilis.

l'l\ at ion la

diacres qui tiennent l'un l'hostie consacre, l'autre le calice avec du vin ordinaire et les passent deux pic

l'Ordo et le Sangall. 614, cite par M. Andrieu, np. rit. D'autres fois, c'est le plus jeune des cardinaux prtres qui porte la capsa au sacrarium jusqu' ce (pie le pape soit prt. Cf. Ordo x. qui ne parle plus, pn pos de la procession, du calice de vin. Due fois dans le sacrarium de l'glise Sainte-C.roixtrs, ainsi cpie le dit
i

Mais elle ne se de nos jours: au xv sicle, le pi et le (levait l'hostie au milieu du Pater, aprs et m terra; puis il terminait h Pflfer et disait le Libra nos, qusesumus. Maintenant, le clbrant termine et le l'<iler et son enibolisme. puis lve l'hostie avec la main droite seulement, alors que l'lvation a la messe ordinaire se fait avec les deux mains. L'lvation du calice ne se pratique pas car il ne contient que du vin devant servir la premire
(pie

premier doi messe des prsani pratiquait pas au mme moment

L'Ordo

est le

ablution.

Ki7

PRSANCTIFIS (MESSE
Cf.

DES).

RITE ROMAIN
op.
le

108

- La fraction a exist I ) La fraction et l'immixtion. de toul temps avant la communion, elle a mme donn son nom la liturgie eucharistique. A la messe des prsanctifis, quoiqu'elle ait exist et qu'elle soit suppose dans ces paroles de l'Ordo i svniit de sancta, la premire mention en parat dans l'Ordo mv; fraction en trois parts, prcise l'Ordo xv, c'est--dire qu'on avait la pratique qui s'est maintenue jusqu' prsent. Avec la petite parcelle, le clbrant signe le
:

qui assistaient

il la laisse tomber dans le vin. C'est ce qu'on appelle l'immixtion. La raison principale est d'unir les deux lments. Dj l'Ordo i parle de l'immixtion. Sumit de sancta et ponit in calicem. Cet acte liturgique est appel, dans la liturgie orien-

calice et

188. Quant aux ministres cit., p. clbrant dans l'office de ce jour, ils communiaient d'ordinaire avec lui. Cependant, l'Ordo d'Einsiedeln les exclut en mme temps que le pontife Attamen apostolicus ibi non communicat nec diaconi; d'une manire ordinaire, les diacres communiaient si le pontife et l'assemble le faisaient. Le; Ordines romani omnes communicant ou communidisaient au dbut cantur; depuis l'Ordo x, les ministres sont exclus positivement, communicat autem solus ponlijcx sine

Duchesne,

ministris. Mais cela

Quelques indices, dit M. Andrieu, nous permettent de conjecturer que ds la fin du iv e sicle, on ne l'ignorait pas en Occident. Au Moyen Age, elle fut souvent pratique au chevet des mourants, pour consacrer le vin du viatique. Les livres de la liturgie romaine la prescrivent encore au xiv c sicle, pour cette circonstance. Op. cit., p. 245. La thorie de la conscration par contact apparut au Mo j'en Age et l'adage Sanctificatur enim vinum non consecratum per corpus Domini immissum (Ordo xiv, P. L., t. lxxviii, col. 1217 C) gagna vite des adeptes parmi les thologiens. Quand on eut remplac le prcieux sang par du vin ordinaire, on a commenc sanctifier le vin par l'immixtion d'une parcelle du saint corps dans le vin. Vite l'ide de sanctification se transforma en ide de conscration relle. Le grand champion de cette thorie est Amalaire qui exposa sa pense vers 820, dans son De ecclesiasticis ojjiciis. Ce n'est qu'au xn sicle, avec Hugues de
:

tale, consignation du calice, occidentale l'a pratiqu

et, d'ailleurs, la liturgie

n'empche pas que le clerg continue communier avec les fidles aprs le clbrant et l'adoration de la croix; fait spcialement mentionn dans les ordinaires des xi e et xn e sicles de la rgion rhnane. Cf. Andrieu, op. cit., p. 79. Une mention curieuse et contraire l'usage de tous les Ordines romani, veut que le pontife seul communie cum ministris. Cf. Ordinaire de Hourg Saint-Andol du xv c sicle, cit dans Andrieu, op. cit., p. 103. Pour ce qui est des fidles, le sacramentaire glasien, d. Wilson, p. 77, et l'Ordo de Saint-Amand (cf. Duchesne, p. 188) parlent de la communion qui leur est distribue. L'Ordo d'Einsiedeln, en disant que le pontife et les diacres ne communient pas au Latran, parat donner aux fidles le choix entre communier cet endroit avec la rserve du jeudi saint, et communier dans les autres tiluli de Rome. Cf. Duchesne. op. cit., p. 503. D'aprs Amalaire (832), personne ne communiait l o se faisait l'adoration de la croix.

En

droit, depuis l'Ordo x, les fidles

ne devaient plus

communier; de mme Auch, au x e sicle. Cf. Fragment d'un .sacramentaire d' Auch, publi par J. Dufour,
dans Archives historiques de anne XXIe fasc. 17, p. fi.
,

la

Gascogne,

II e

sr.,

Saint-Victor (f 1141) et Pierre Lombard (f 1160) que la thologie des sacrements sera prcise. Cf. P. L., t. clxxvi, col. 140 sq. t. cxcn, col. 856. Andrieu, op. cit., p. 33-46. Le courant amalarien ne disparat pleinement que vers la fin du xvi e sicle. L'usage actuel commence avec l'Ordo xv fraction en trois parts et immixtion il n'a i lus vari depuis.
;
:

A la messe ordinaire, la commixtion est accompagne du Pax Domini sit semper vobiscum puis de VAgnusDei et enfin du baiser de paix. Il semble que ce dernier geste devrait existera la messe des prsanctifis puisqu'il est la prparation normale la communion. De fait, toutes ces prires ont disparu, avec le baiser de paix, de la messe des prsanctifis. L'Ordo i dit simplement Sumit de sancta et ponit in calicem nihil
:

En 1622, la fte de l'Annonciation tombait le vendredi saint, une question fut pose la S. Congr. des Rites; sa rponse fut d'autoriser seulement le viatique ce jour-l. Du mme avis fut la S. Congr. du Concile dans le dcret du 12 fvrier 1679, De quotidiana communionc, approuv par Innocent XI. Cidcret a t fait pour faire cesser la coutume de certaines glises qui distribuaient encore la sainte
communion. Le cardinal Schuster, gnralisant, dit que la communion des fidles ne semble plus exister au xn e sicle
en Occident; cf. Schuster, Liber sacramentorum, t. ni, p. 251; mais, en fait, l'usage romain ne fut pas suivi partout; dans plusieurs missels des xiv et xv sicles, la communion des fidles est mentionne. Cf. Andrieu. op. cit., p. 70, 72, 90, 186. Nous retrouvons la communion de l'assemble autorise en 1502, dans le diocse de Naumbourg (ancien lectorat de Saxe) et aussi dans et communicat ou conunule missel de Lund (Sude)
:

dicens
les

et

communicant omnes

in

silentio.

L'Ordo x

exclut nommment, comme le font les rubriques de tous les missels depuis cette poque jusqu' prsent Pax Domini non dicitur, Agnus non cantatur nec datur osculum. Un Ordo de la semaine sainte donne la raison pour laquelle on omet le Pax Domini : quia non sequuntur oscilla circumadstantium, cit par
:

nicet ipse et alii qui volunt. Cf. loc.

cit.,

p. 80, 82.

En

missel imprim en 1508 pour les chanoines rguliers de Saint-Ruf, Valence, tmoigne du mme usage.
Cf.
loc.
cit.,

M. Aiidrieu,
g)

p. f>5.

Voici l'acte essentiel de la messe des prsanctifis, dont il est la raison d'tre. Mais la pratique a eu diffrentes fluctuations travers les sicles et les pays. Actuellement, seul le clbrant communie et reoit les ablutions. On serait tent ddire que partout et toujours il le faisait, si l'Ordo d'Einsiedeln (cf. Duchesne, op. cit., p. 503) ne disait El procdent iterum ad Laleranis psallendo Bcali immaculati . Atlamcn apostolicus ibi non communicat nec diaconi. Amalaire
:

La communion.

p.

187.

les fidles communiaient encore au xvn e sicle, Rouen et au Mans, et les bndictins d'Espagne en 1679; dans d'autres rgions, cela se pratiquait encore jusqu' la Rvolution, et il ajoute qu'une paroisse d'Allemagne conserverait encore la coutume de distribuer la communion aux fidles. Cf. Molien, op. cit., t. n, p 401. En droit, le nouveau Code rgle que la seule communion autorise le vendredi saint

D'aprs M. Molien,

est le saint viatique. Can. 867,


Il

2.

rapporte qu'en 832

le

pape ne communiait pas

l, ni

existe Notre-Dame du Puy une coutume qui consiste clbrer un jubil toutes les fois que le

l'assemble; peut-tre le pouvaient-ils ailleurs. P. L., t. cv, col. 1033. L'Ordo de Saint-Amand est silencieux sur la communion du pontife, mais il dit que les prtres s'en retournent

vendredi saint tombe


tion,

cent

toute

la

dans leurs f/7u/i et, l, recommencrmonie et communicantur omnes.

le 25 mars, fte de l'Annonciace fut le cas en 1932 et comme ce le sera en 2005. Alors, on clbre la messe Notre-Dame du Puy et on distribue la sainte communion, bien que ce soit le vendredi saint. L'origine de ce jubil est trs

comme

109
Cf.

PRSANCTIFIS (MESSE DES

110

ancienne et remonte srement au del du xv e sicle. P. Dudon, dans fctudes, t. ccxi, 5 mai 1932, p. 257-271. 2 Les autres liturgies occidentales. 1. Milanaise ou ambrosienne. En dehors de la liturgie romaine, les autres liturgies occidentales n'ont pas eu de messe des

la

Le renvoi de la clbration de ce rite l'aprs-midi, en dpendance de l'office de none ou de vpres, s'explique par la pense de tous les anciens qui ne soutiraient pas de laisser rompre le jene par la rception de la

communion.
institution

prsanctifls propre. Ainsi, .Milan,

liturgie

ambro-

Bien des choses ont t bouleverses dans cette le jour, l'heure, la matire rserve,
: :

sienne ne possde aucune mention de cette liturgie et, d'ailleurs, elle n'a pas de messe le vendredi, durant tout le carme. Cf. Missale ambrosianum, dit par A. Ratti (actuellement S. S. l'ie XI) et M. Magistretti dans les Monumenta sacra cl profana, t. rv, .Milan, 2. Mozarabe ou wisigothique. En 1912, dom Frotin a dit Paris le Liber mozarabicus sacramenlorum dans le t. iv des Monumenta Ecclesise lilurgica; le t. v de cette collection avait t publi par le mme, en 190.'!, et avait pour titre Liber ordinum. Aucune mention de la messe des prsanctifls ne figure ni dans l'un ni dans l'autre. Le premier, p. 245, assigne deux messes au jeudi saint dont la seconde ad nonam (3 heures de l'aprs-midi) le samedi il n'y a de messe qu'en cas de ncessit. Le second, le Liber ordinum, p. 193-204, ne parle pour le vendredi saint pie de l'adoration de la vraie croix, de l'homlie faite par l'vque et de la rconciliation des pnitents. D'ailleurs, an vir sicle, les conciles d'Espagne supposent que la communion ne sera donne que le dimanche de Pques et interdisent la messe le vendredi saint. Cf. IV" (,:;::) et XYl' (693) concil inlede. dans Mansl, Concilia, t. \, col. 620; t. xn,

toutes circonstances accessoires, ('ne seule modification est vraiment importante celle qui a supprim la communion des assistants laquelle tait la raison d'tre de la liturgie en question. Actuellement, seul le rite byzantin distribue encore la communion a l'assemble des fidles Or, c'est principalement pour cela que les anciens avaient introduit ce rite il s'agissait de distribuer la communion aux fidles les jours aliturgiques. Toute cette solennit et la consignation du calice n'ont leur sens plein que lorsqu' l'appel du clbrant Sancta sanclis, le peuple ayant rcit le Pater et inclin la tte s'approche de la table eucharistique pour s'unir au corps du Christ et participer au calice
:

propitiatoire.

I.

Textes

traductions.

Rftei

orientaux.

col.

7(1.

I.e cardinal Ximeiix fut le premier introduire la messe des prsancl ifis dans la liturgie nui/arabe et il adopta le texte romain. Quelques diffrences y furent introduites. Pas d'lvation, mais arriv au panetn nostrum, le p tre osiendat populo corpus m tuo loco super arum, comme cela se fait dans la liturgie by/an line; la fraction est emprunte au rite de la messe mozarabe ordinaire le clbrant divise l'hostie en neuf parties, dpose le rci/nuin dans le calice et consomme le gloria; puis le reste par ordre. Cf. Missale mixtum secundum regulam beati Isodori dictum mozarabes,
:

Missale tgrtacum fuxta rilum Ecclesise Antlocheme nallonis Maronilarum, Rome, 1716; Liber oblaliont ml u M.e Antiochena Murnuiiiiruin, (d.. Beyront rorum. Missale sgriacum juxla rltum Ecclesise Anli Home, 1843; Missale juxla rilum EeclesUe aposlolU Antlochenm Sgrorum, Sharf (Mont-Liban), 1922; Servia de D messe selon le rite syrien, nouv. d.. Mossoul, 1881 Service le In messe prive telon le rite tgrten, approuv par s G. patriarche d'Anttoche Calendarium ad usum MauslltensU Sgrorum, Mossoul, 1877; W, II. Codrii / llurgla prasanctiflcalorum sgriaea sancli loannts < stomi (texte syriaque et version latine), dans \ .s/iir/i c recerche intrim a S. Giovanni Crisoslomo i cura del comltato pi r il XV* cenlenarta dlia sua morte, Rome, 719 729. p.
'<.i

I<

.1.

ll.'ir.

ire

rilUall
le

i'l

.-,

17. io

(on y

trouve une dissertation sur


i.

ni

; iron iKoioicv ikj saint i el usage dans l'glise grecque calholiqui orientale, 1904.
. i

tludtes; Orlens ehrlsllanus;


l'ai

LXXXV, col. 43 sq. v. Conclusion. Au bout de cette tude, il est bon de jeter un coup d'oeil rapide sur le chemin pari'.

/..,

t.

s re> ors ii. es plu Hevut /. f'Orlenl chrtli Liturgies htman, Eastern and Western, t. i. p, I" Vi^a/i nmanum, i h _ tdentaux. RlUa
r,

aussi

i.

<

couru pour en avoir une vue d'ensemble Sortie de la communion prive, la messe des prsanctifls a revtU une forme plus on moins solennelle selon les liturgies. Elle n'en demeura pas moins mie communion extra missam. Toutes les glises l'ont possde un moment ou a un autre, dans leurs rites, les unes l'ont dveloppe selon leur esprit propre M'a ni res l'ont adopte telle quelle; ainsi, la liturgie mo /.arabe qui l'a prise an rite romain, ne seule lit urgie y est reste tout a lait trangre la liturgie milanaise, qui a simplement conserv ses journes aliturglques. I.a raison d'tre de ce rite a le expose diffremment, ('.'est pour procurer la communion aux fidles les jours aliturglques, (Ml Par lebraus, en parlant de cette institution tablie par Svre d'Antioche. D'au 1res disent qu'elle est une liturgie exclusivement rser Ve au temps de carme, car la messe normale est une liturgie joyeuse cl la joie est Incompatible avec les grands jours de tristesse et surtout avec le vendredi saint. Telle est la pense des docteurs de l'glise byzantine. Celte explication, en dernire an lyse
t
:

saeramentarg, liber sacramentorum romans bj II. A. Wilson, Oxford, 1894, p. 71-TS; /'. L., t. lxxtv, col. r 1105; ' goultme, d. par dom P. Cagln. 191 1918. Dom rotln, i i i Iber mozarabi us
I i

ditcd

m
l'Anrutn,

dans

MonumenTa
le
p.

Eccleslat
.

littvgiea,

i.

rv,

Paris,
i.

1912,

liber

ordinum

mme

collection,
i

\,

Paris,

193-204.
i
i
i

CI. Chevalier, Sacramentaln martyr* loge de l'abb '< Satnl-Rimg, Paris, Il Dut p. UT !8; d'un mu ru/m nlatre d'Auch, dans Vrchives historiques de

lit

Gascogne, il- sr., XIX' anne, 3 Catalogues de manuscrits.


BtblioUieca:
t. t.

tas.-.
I

17.

t.-l

v. et J.-S.

Issmanf,
cala
italls,

apostoliese
IT..S;
b,

Va

icum
Btblloi
'

nus.

u.
i,

Home.
u,

,K,s.

Vssmanl,

a et

revient la premire. C'est a dire (pie la tristesse aurait introduit la journe aliturglque qui, sou tour, rclama au moins la distribution de la sainte

communion. I.a permission de dispenser le corps du Cbrisl aux fidles rtablit au contraire une certaine
solennit et partant une liturgie Joyeuse, dans ces jours aliturglques, ds l'origine.

e des mss, syriaques et sabens de la Bibliothque nationale, Paris, 1874; Et. Doualhi, Manaral el- ikdass (la lampe du tuaire), Beyrouth, J vol., 1895 l s historiqi i. s s. II. Soi m \soni,.i B. Itra, Juris eccleslasticl Grcorum htslorla el monumenta, t. u. Home, iscs; Anttochenm Ecclesise Syrorum Nomocanon a Gregnrta Abulfaragio Bar Hebro sgriace conscrtplus, Irad. lat. de J. \. \s-i niani, publie par Mal, Scriptorum velerum nova colli ctto, t. x /. Home. 1838,; P. Bedjan, N canonBar Hebri (texte syriaque sans trad cipzig, Paris 1898; Conciltum provinciale provinctm eccleslasllcei AlbaJuliensls il Fogarasiensis / '), ll' nn (an, fan. :s il' (an. 1900 I, Bla], Colleclto l acensis, t. n (< h1m.ui orientaux et dcrets de 1682 a 1789), en B., 1876; Acta el dcrta synodi Hulhenorum Leopolensis, anno IS91 habite. Home. 1896.

nu-.,

ihe British

Rome, 1719; Wright, atalogue Musum, t. i; Zotenbei

o/

),

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PRESBYTE RI A NISME

112

- Guillaume III. tudes gnrales sun la liturgie. Duranil, Batlonal ou manuel des <litns offices, trad. Iran., t. iv. Paria, 1854; Nihisius, Abraham Ecchellenaii et Lo Allatius, Concordta un ionum ehrtstlanarum, Mayence, 1655; P. Le Brun, Explication littrale, historique et dogmatique les prires w des crmonies de la messe, nouv. d., t. ii, Paris, 1860; .1. Mabillon, Mus;ei Italici tomus //, compleelens anttquos libros rtiltales S. romane! Ecclese, Paris, 168.H reproduit dans P. /.., t. i.xxvm, col. 851-1418) Martne, De anliquis Ecclesi ritibus, Venise, 1788; E. lienaudot, Liturgiarum orientalium colleetio, 2* d., Paris, 1847; Bona, De lu liturgie, t. i; L. Ducliesne, Les origines du culte chrtien, 5 e d., Paris, 1925; L.-A. Molien, I.u prire de l'glise, t. Il, L'anne liturgique, Paris, 1924; Max de Saxe, Prielcciiunes tic liturgits orientalibwt, 2 vol., Fribourg, 1913; Milles, Kalendarium monnaie utriusque Ecclesi orienlalis et occidentalis, t. n, Inspruck, 181)7; .I.-M. Hansscns, Instilutiones liturgiav de rilibus orientalibus, t. n, De missa, Rome, 1930; S. B. Mgr Kahmani, Les liturgies orientales et occidentales, Beyrouth, 1929; Schuster, Liber sacramentirum, t. ni, Bruxelles, 1930; P. Dib, tude sur la liturgie maronite, Paris, 1919. IV. tudes spciales sur la messe des prsancttftES. - S. Tnodore le Studite, Explicalio divin lilurgi prxsanctificatorum, dans P. G., t. xc.ix, col. 1687 sq.; I.eo Allatius, De missa prsanc ificaiorum, la suite du trait De Ecclesi occid. alque orient, perptua consensione, Cologne, 1648; J.-B. Thibaut, Monuments de la notation eephonlique et hagiopolite de l'glise grecque, Saint-Ptersbourg; du mme, article dans les chos d'Orient, t. xix, 1920, p. 36-19; M. H. W. Codrington, The Syrian li'urgis o/ the presanctified, d ins Journal of thedogical studies, t. iv, 1903, p. 69-82: t. v, 1901, p. 369-377, 537-545; G. Graf, Konsecration ausserhalb der Messe. Ein arabisches Gebetslormular, dans Oriens chrislianus, nouv. sr., t. VI, 1916, p. 44-48; M. Rajji, Une anaphore syriaque de Svre pour la messe des prsaiicti/is, dans Revue de l'Orient chrtien, t. xxi, 19181919, p. 25-39; M. Andrieu, Immixtio et consecratio. La

une bonne compagnie dpute cela. * Institution chrtienne, 1559, |. iv, c. n. C'est cette bonne compagnie qui se nommera tantt consistoire, tantt conseil presbytral. De quoi est-elle forme ? On sait

que Calvin enseignait

qu'il
:

y a quatre degrs dans

la

hirarchie de l'glise les pasteurs, les docteurs, les diacres, les anciens. Pasteurs et docteurs, qui ne diffrent que par la nature de leurs fonctions, sont souvent confondus en un seul degr. Les pasteurs dirigent une

communaut de
les

fidles.

Les docteurs enseignent dans

ce qui concerne l'admission au consistoire, il n'y a pas de diffrence entre eux. Le conseil presbytral est donc form essentiellement de

hautes coles.

En

pasteurs ou docteurs et d'anciens. Les pasteurs v auront la prsidence. Mais les anciens y sont en nombre prpondrant ou au moins gal. C'est le presbylerium qui est charg de la discipline ecclsiastique. Le corps de-, pasteurs- comme tel, n'a jamais eu la mis sion de gouverner l'glise calviniste. Au point, de vue de la censure des mxurs, les pasteurs sont soumis. comme les simples fidles, la juridiction du consistoire. Calvin disait des conseils presbytraux Totum corpus Ecclesi reprsentant. C'est que, pour Calvin, la discipline ecclsiastique est de toute premire importance. Il la veut continuelle, rigoureuse, vigilante et tenace. Le consistoire dispose de deux armes principales l'admonestation prive pour les fautes courantes. l'excommunication pour les fautes graves. Cette seconde arme est particulirement redoutable. Dans ce systme, l'office d'ancien est le pivot de san^ l'organisation ecclsiastique. Calvin l'assimile preuves avec le presbyter des temps apostolique^.
,
:

conscration par contact dans Moyen Age, Paris, 1924.

les

documents liturgiques du

PRESBYTRIANISME.

I.
I.

ZlAD.

origines. II. Historique sommaire. dogmatiques, liturgiques et disciplinaires. I. Dfinition et origines. Il est assez couramment admis, dans les milieux catholiques, que le mot presbytrianisme signifie simplement, par opposition l'piscopalisme, un rgime ecclsiastique dans lequel la hirarchie est arrte au niveau du pasteur, correspondant au prtre de l'organisation catholique. Cette conception est inexacte. Le presbytrianisme n'est autre chose que l'application du systme presbytral, c'est--dire d'un rgime dans lequel la haute autorit appartient un corps mixte, form de pasteurs et de laques, nomm presbylerium. Ce presbyterium n'est autre ehose que ce que nous appelons le consistoire . L'quivalent de presbytrianisme serait donc le mot non usit de consistorialisme ou rgime

Dfinition et III. Institutions

C'est de lui que le conseil disciplinaire calviniste reoit son nom de presbyterium. Ainsi, le mot < presbyte rianisme signifie proprement, non pas un rgime o le prtre ou pasteur est chef l'exclusion de l'vque mais le gouvernement des anciens lus par la communaut des fidles. Au sens strict, le mot presbytrianisme s'est trouv rserv aux glises calvinistes de langue anglaise. C'est que, l, le protestantisme avait conserv des traits importants de l'organisation catholique, notamment l'piscopat. Le presbytrianisme, en Ecosse, en Angleterre, en Irlande, aux tats-Unis et dans les colonies anglaises s'oppose, d'une part, l'piscopalisme et, d'autre part, au congrgationalisme ou indpendantisme. Mais, avec de lgres variantes, toutes les glises dites presbytriennes ont conserv l'organisation tablie par Calvin.

II.

Historique sommaire.

En

Ecosse.

Le

consistorial

sens large, le presbytrianisme est le systme ecclsiastique conu par Calvin. Ni Luther, ni Zwingli, en effet, n'ont laiss de place au gouvernement des fidles laques dans l'glise. Les systmes luthrien et zwinglien sont des systmes d'glises d'tat. La seule diffrence importante entre eux est que le luthranisme donne toute l'autorit au prince, tandis que le zwinglianisme, n au sein d'une rpublique urbaine, la situe dans le conseil de la cit. Dans les glises d'origine calvinienne, il en va tout autrement. Calvin a une dfiance instinctive de l'tal. Il prtend que JsusChrist seul possde la souverainet dans l'glise. .Mais
il

Au

entend par l le pouvoir lgislatif seul. Quant au pouvoir coercitif, il est trop homme de discipline pour l'abandonner. Mais il veut que la Bible donne les deux indications suivantes ce sujet C'esl que la puissance spirituelle soit du tout spare du glaive et de la puissance terrienne; secondement qu'elle ne s'exerce point au plaisir d'un seul homme, mais par
:

presbytrianisme y fut introduit par John Knox(15051572). L'organisation dfinitive fut rgle par le I er synode gnral, en dcembre lfiO, qui publia un Li\ re de discipline (Dook of discipline). Le presbytrianisme s'implanta dans le royaume avec une force incroyable. Le catholicisme fut pourchass et presque entirement dtruit, sauf dans certaines rgions cartes de montagnes, dans le Xord. Les tentative-menes par Jacques I er et son fils Charles Ier (Stuarl pour tablir en Ecosse l'piscopalisme anglican, chourent compltement. Ds 1580, les presbytriens cossais avaient fond, pour la dfense de leur glise, une Solemn league and covenant, qui fut renouvele, au temps des luttes contre l'absolutisme royal, en 1638 et en 1643. Les presbytriens cossais conurent une joie immense en voyant triompher leurs ide-en Angleterre, par la victoire du Parlement. Ils part cillrent la fameuse Vssemble de Westminster runie eu 1643, qui tablit momentanment le rgime presbytrien sur les ruines de l'piscopalisme. Cette Assemble, qui dura une dizaine d'annes, mit sur Directoire du culte public (Directory jor the pied un public worship), une Confession de foi (Westminster
r
) i

l'KKSBYTKK [ANISME
in the

1!

confession) et deux Catchismes . Ces i Livres constiturent dsormais les textes constitutionnels de l'glise d'tat en Ecosse, sinon en Angleterre, o le presbytrianisme, refoul d'abord par l'indpendantisme ou congrgationalismc de Cromwell, fut cras par le rtablissement de l'piscopalisme et rentra dans
l'opposition.

Mais l'glise presbytrienne d'Ecosse eut encore lutter contre les essais de restauration piscopalienne de Charles II, de Jacques II. Elle ne triompha pleine-

ment que sous le rgne de Guillaume III d'Orange. Toutefois, en devenant glise d'tat, le presbytrianisme suscita des oppositions. On estima qu'il oubliait les droits de la communaut pour favoriser les prtentions des anciens patrons , qui revendiquaient le pouvoir de nommer les pasteurs ou ministres des paroisses, comme leurs anctres avaient nomm les curs catholiques. H se forma donc des glises presbytriennes dissidentes, qui s'unirent entre elles, en 1817, sous le nom de United presbyterian Church. Cette glise absorba, en 19( o, la Free Church. Actuellement) les deux groupes l'glise presbytrienne d'tal el - ont un l'glise presbytrienne unifie, sa rivale chiffre presque gal d'adhrents, une lgre- supriorit restant acquise a l'glise d'tat. 2 En Angleterre. Le presbytrianisme vcut dans

United States, la Reformed presbyterian Church in United States, la United presbyterian Church of Norih America, la Cumberland presbyterian Church, etc. 5 L'Alliance des glises presbytriennes. Au mois de juillet 1877, la suite d'une sorte de congrs on synode universel des glises presbytriennes, s'est constitue une Alliance de ces glises, sous le nom de Alliance of the reformed Churches holding the presbyterian syslcm, ou plus brivement Pan-prcsbyterian Alliance. Cette Alliance n'implique aucune supriorit d'une lOglise sur une autre. Son organe principal
the

le concile gnral. Aprs le er concile, celui d'Edimbourg, en juillet 1877, il y a eu des conciles gnraux de l'Alliance Philadelphie (1880), Belfast (1884), Londres (1888). Toronto (1892), Glasgow (18%), Washington (1899), etc. Parmi les nombn

est

glises qui ont adhr cette Alliance, les plus importantes sont l'glise presbytrienne d'Angleterre, celli d'Irlande, du Canada, des tats-Unis, les Nouvelles
lu Queensland, de l'Aus de l'Est, etc. Il est remarquer que des glises, qui ne portent pas l'tiquette presbyti ici u ie. ont aussi donn leur adhsion telles que l'glisi mthodiste de Galles, l'glise reforme d'Amrique, le Synode uni rform de l'Amrique du Sud, il rforme d'Autriche, celle de Bohme, les glise nies de France, l'glise vanglique de lr< e, l'glisi vaudoise et l'glise libre d'Italie, l'glise rforme de Moravie, vanglique de Belgique, les s libres de suisse. Parmi les glises d'Etat, oi note aussi la prsence de l'glise d'Ecosse. \lli.ini e k vendique hautement, en raison de cette diversit considrable d'adhrents, le titre d'eecumi nique el prtend possder cette marque de la rotin.

Galles du Sud. de Victoria,


tralie

du Sud

et

l'opposition et lut soumis de frquentes perscutions sous les rgnes d'Elisabeth, de Jacques [" el de
,r Les presbytriens anglais taienl confondus dans la masse rprouve les non conforme ou dissenters, que visait, sous des pnalits diverses. l'acte de conformit de 1559, aggrav par maintes mesures subsquentes. Ces presbytriens trouvaient naturellement des accointances dans la portion puritaine de l'glise d'tal (piscopalienne). Ils s'unirent avec joie aux puritains lorsque i^-ux ci passrent l'une opposition religieuse une opposition politique ouverte. Le triomphe du Parlement contre l'absolutisme royal fui leur triomphe. Ils eurent le bonheur de supprimer l'piscopat en 1643. On vienl de dire que I' Assemble de Westminster dont les dcision , furent approuves, avec quelques rserves, par le par lement anglais, put croire l'Angleterre soumise, comme l'Ecosse, la pure loi de Calvin. Mais ces esprances furent bientt dues. Le Parlement pouvait bien tre presbytrien, l'arme seule comptait. 1.1 l'anne, c'tait Olivier Cromwell. Lui-mme tait congrgationaliste, c'est--dire appartenait la secte fondre, sous Elisabeth, par Robert Browne (1550 1631?), sous des Influences anabaptistes, et dans laquelle on reje lait toute autorit de l'tat et des synodes en matire religieuse, pour laisser chaque congrgation eut nie libert pour son dogme, son culte et sa discipline. Le parlement presbytrien avant eu le tort d'engager la lutte contre l'anne, de lui imposer le serment du COVenant et, plus tard, de vouloir la licencier. Cromwell dispersa le Parlement et mil lin la domination du presbytrianisme en Angleterre. A la Restauration, l'piscopalisme fut rtabli. La perscution recommena pour les presbvtriens. Ils ne reurent le droit de culte priv qu'en 1689. La Presbyterian Church of Engtand s'accrut toutefois de diverses adhsions de groupes moins importants. Elle ne compte pas aujourd'hui 100 000 communiants. 3 .En Irlam le resbytrlanisme se dveloppa principalement dans les comts de II lister surtout dans le Nord-Est. il y a gard une forte position Jusqu' nos

Charles

parmi les mot, poui rpond ie a et te pn lent ion lu pan presbytrianisme. que la Catholicit est insparable de l'imite et que Cette purement gographique, dont i- lien m catholicit consiste gure qu'en une tiquette commune et l.iiss, subsister maintes divergences dogmatiques, ne rpond nullement 6 celle que l'glise romaine considn Comme l'une des notes . de la vritable glise d< Jsus christ, u n'en reste pas moins qu'il convient d'Insister en thologie sur le concept de la '.raie et di la fausse catholicit. Nous at. cordons sans peine que
cit

que

l'glise
le la

romaine place,

a juste titre,
i

marques

vritable glise,

lisons d'un

l'Alliance soit
Iciiies

internationale
l'tre,
le

comme

d'autres s\s

dsirent

marxisme par exemple


qu'elle soit

mais nous n'admettons point au sens chrtien lu mot.

catholique

Une consquence importante de ce groupement dis glises presbytriennes t l'lan donne aux missions en pays paen, L'Alliance appuie sa prtention la catholicit en affirmant sa prsence, dans tous les

pays du monde, mme ceux on le christianisme encore peu pntre, tels que la Chine OU Ccvlan.
III.

Institutions dogmatiques
:

Nous revenons DISCIPLINAIRES. presbytriennes proprement dites anglo saxons.


i

liturgiques ici aux glises


-elles

des

pays

<,

Dogme. Elles ont maintenu en gnral, la base de leur doctrine, la Confession de West minster.qui fut mise sur pied dans les annes 1645-1646, dans les circonstances qui ont t dites ci dessus les pasteurs et les anciens, en entrant eu charge, prononcent des formules d'obissance a celte Confession. Il y a poui tant des exceptions Importantes el c'est ici qu'il faut
catholicit remarquer comment la le l'Alliance presbytrienne s'accommode <! graves divergences
>

jours.
1

Aux

de fort
cossais

(harles
dix erses

presbytrianisme fut import bonne heure par des migrants anglais OU que les perscutions de Jacques 1" ou de I" chassaient de leur pays. Il se divisa en branches, telles que la Presbyterian Church
tats-Unis,
le

ses adhrents Confession de la strictement calviniste et prdestina tianiste. Or, parmi les glises presbytriennes qui ont adhr l'Alliance, il mi est qui admettent cii<<

doctrinales

entre
est

Westminster

If,

l'Ii
telle quelle,

ESBYTRIANISM
d'Ecosse

I.

PRESCRIPT] ON
importantes.
l'Alliance
:

110

Confession
jHiinis,

d'autres en attnuent certains

comme

l'glise presbytrienne unie

presbytrienne du Cumberland (tatsCette dernire combine le mthodisme et le calvinisme el sa profession le foi est fortement teinte d'arminianisme. .Mme dans les glises o l'on n'a rien chang aux formules d'engagements de l'ordination, il ne manque pas de thologiens qui se sont plus ou moins mancips de la lettre de leurs serments doctrinaux. En somme, on pourrait distinguer trois catgories d'glises presbytriennes celles qui conservent la Confession de Westminster, sans modifications dans les mots, mais avec une certaine lasticit dans les ides, celles qui ont pris le parti d'attnuer la rigueur littrale de la Confession et qui laissent leurs membres une plus grande latitude d'opinions encore, celles qui refusent de souscrire la Confession de Wo.stminsterfnon suscribing prs byterians d'Angleterre et d'Irlande) et dont les doctrines, empreintes de rationalisme socinien, se rapprochent de celles des unitariens . En dfinitive, manque absolu d'unit dans la doctrine. 2 Liturgie. Si les glises presbytriennes offrent de profondes divergences dans le dogme, elles ont toutes, en revanche, un air prononc de parent dans

ou

l'glise

Unis).

On pourrait, depuis la fondation de pan presbytrienne, ajouter un cinquime chelon le concile oecumnique (gnerai presbi/lerian coune.il), compos de dlgus de toutes les glises adhrentes, au prorata du chiffre les communiants de chacune d'elles. De tous ces rouages, pratiquement, le plus important reste le presbylerium. Sa mission est de surveiller et de visiter les paroisses, comme fait l'vque chez les catholiques, d'examiner et de consacrer les candidats au pastorat et d'exercer la juridiction disciplinaire sur tous les pasteurs de son ressort. Il y a clans les glises presbytriennes trois ordres

Leur culte est compltement dnud. Rien mystique ni pour l'art. La prdication a tout absorb. Les temples n'ont ni autel, ni baptistre, ni crucifix, ni cierges, ni images, sauf parfois dans les vitraux. L'orgue est le plus souvent absent. Le pasteur officiant ne se distingue des assistants que par une robe noire et un rabat. Il n'y a pas de forme fixe ni de suite obligatoire de prires dans les runions. Les prires sont laisses la discrtion du pasteur. Les
la liturgie.

pour

la

fidles les coutent en se tenant comme il leur plat debout, assis ou a demi agenouills. En mme temps que la Confession de foi, l'Assemble de Westminster avait pourtant mis sur pied une agende ou directoire du culte public . Ce directory trace l'ordre gnral de la longue prire , qui dure, en Ecosse, de dix quinze minutes. Comme chants uniquement les psaumes rimes en monotones quatrains ou quelques cantiques bibliques paraphrass. Le sermon, qui est souvent lu par le pasteur, occupe la plus grande partie du service divin. Il affecte, le plus souvent, un caractre dogmatique ou exgtique. Les presbytriens attachent une importance capitale l'observation du repos sabbatique , le dimanche. Mais le calendrier ne connat chez eux aucune fte. La cne n'est clbre que rarement. La communion est toujours prcde de nombreux exercices prparatoires et de pnitences diverses. Les fidles communient assis de longues tables. On remarque, cependant, depuis un demi-sicle, une lente volution au sein du presbytrianisme. L'antique austrit reste du puritanisme d'autrefois tend s'attnuer. La jeune cole n'admet plus, avec la mme intransigeance que jadis, le principe que tout ce qui n'est pas un commandement formel de la Bible doit tre rejet avec horreur comme une invention arbitraire et impie des hommes. On commence faire des concessions l'esthtique et au sentiment!
: :

de fonctionnaires religieux les pasteurs, les anciens, les diacres. Comme on le voit, la catgorie calvinienne des a docteurs est confondue avec celle des pasteurs ou ministres. Les anciens (ruling elders ) peuvent faire l'office de diacres (distributeurs d'aumnes). Ils sont lus par les communiants de la paroisse. Ces mmes communiants dsignent les pasteurs, mais sous condition d'examen et d'acceptation de vocation, disent les presbytriens par le presbylerium. La censure des murs est toujours svre chez les presbytriens. Le crime des crimes est la violation du sabbat (lisez dimanche). Il y a un peu de pharisasme chez les presbytriens pur sang. Ce sont d'intrpides ergoteurs, lecteurs infatigables de la Bible, avec une faade imposante d'austrit domestique, une impeccable honorabilit , une vertu trs gourme et trs consciente d'elle-mme, une grande indpendance de caractre, se traduisant par un ton tranchant, une tnacit invincible dans la discussion thologique et une certaine ostentation de zle religieux qui n'est pas toujours exempte de charlatanisme. Un protestant, A. de Mestral.a fait cette pntrante remarque que les presbytriens aiment leur glise comme on aime une fille, non comme on aime une mre, c'est--dire pour ce qu'ils lui donnent et non pour ce qu'ils en reoivent!
:

I.

torum,

Sources. Opra omnia Calvini, dans Corpus reformut. xxtx-lxxxvii; Knox, Works, parmi lesquels
:

reformation in Scotland, Londres, 16-14; \V. Dunlop, Collection o/ confessions of jailli; SclialT, Creeds o{ evangelical protestant Churches, on trouvera notamment la Westminster confession dms Dunlop, t. i, p. 1 sq., et dans Schaff, p. 600 sq. et ta Confession de foi de Knox. en 1560, dans Dunlop, t. n, p. 13 sq., et dans Schaff, p. 437 sq.
Ilistory
of
Ihe

H. Gee

et

William-John Hardy, Documents

illiistralive of

English Church hislory, Londres, 1896, recueil trs commode des documents qui intressent l'histoire ecclsiastique d'Angleterre; La Parker socicty a pu >li aussi 54 volumes d'une collection intitule Publication of the works of the fathers and earlg uirilers of Ihe reformed English Church (1841-1855). Les t. vii-xvm, dits par Hastings-Robinson, sont spcialement importants ici. Les articles consacrs IL Ouvrages a consulter. Knox et aux principaux chefs de l'glise presbytrienne iographg: John cossaise, dans Dictionarg of national Ilunt, Religions thought in England, 3 vol.. 1870-1873; nombreux travaux de Samuel Rawson Gardi er, The ftrsl Iwo Stuarts and ihe puritan rvolution, 1876; Historg of England from James I lo the oulbrenk of the civil war, 10 vol., 1883-1886; The fali of Ihe monarchg of Charles I, 2 vol., suivis des 3 vol. de Vllistorg of the greal civil war et des

3 vol. de Vllistorg of the commonwealth and the prolerlorate ;

3 Discipline.

On a soulign dj

le trait
:

commun

toutes les glises presbytriennes qu'elles attribuent, dans la discipline,

le

rle capital

au presbylerium.

presbylerium a juridiction sur plusieurs communauts paroissiales. Il y a quatre chelons d'autorit le Conseil d'glise (Church ou Kirk session), form du pasteur et des anciens, le presbytery, compos des pasteurs et d'un ancien par paroisse du district, le synode provincial, qui ne se runit que deux fois par an, pour juger en appel les causes renvoyes du presbylerium, l'assemble gnrale (gnerai assembly), qui est la cour suprme et n'existe que dans les glises
le
:

En

Ecosse,

Georg Macaulay Trevelyan, England under the Sluarts, 1 1 dit., London, 1928. Sur l'Alliance pan-presbytrienne, voir les documents et minutes dos divers conciles Minutes and proceedingi of the gnerai council, Edimbourg, 1S77, d. par G. Mattews, et ainsi de suite pour les conciles suivants: la revue mensuelle. The catholic presbgterian, Londres, James Nisbeth and Co.; The quarterlg register, argan of the Alliance, Londres, Office
:

ol the Alliai.ee, 25, Christ-Churcta

avenue. L. Cristi.vxi. Pour tudier cette matire, il faut rappeler d'abord la thorie du droit civil fianais; nous verrons ensuite la prescription en

PRESCRIPTION.

thologie morale et dans

le

droit canonique, spciale-

PRESCRIPTION. EN DM OIT CIVIL


:

L8

par une comparaiment dans le Codex, nous conclurons du point de vue moral. son du point de vue juridique et franais. La prescription en DROIT civil
I
I

xx et dernier-du lgislateur v a consacr le titre la rdaction meilleurs; des un pas n'est (ode civil. Ce acquiconfuse ou obscure; la prescription
,

est

extinctive sont mlanges; la sitive et la prescription romain et canonique, conciliation tente entre les droits de Paris ri est pas nos anciens auteurs et la Coutume les rdacteurs du Code Toutefois, heureuse. toujours anla thorie de ont russi simplifier notablement
1

souvent

cien droit.

vidente franais est surtout son est de toutes les instil'Zxpose* des mollis dit qu'elle ordre ncessaire a tutions du droit civil la plus trandisparatre, dans Tintent de la
utilit

Le fondement de

la

prescription

en

droit

.,

civil
:

on entend par l titre de l'art 2238 (interversion du usucapionem, soit ad possession en sa transformation soit par contradiction aux par cause venant d'un tiers, l'art. 223'. transmission doits du propritaire) et de C'est encore a la mme par le prcariste un tiers). pure . Les actes de que se rattache l'art. 2232 ne peuvent fonder tolrance simple de ceux et facult qui se borne a . Celui ni possession ni prescription. loi, ou d une concesla de tient qu'il exercer les droits ne peut invoquer a pression rvocable et bnvole droit manque ou l'empitement sur le il cription domini. d'autrui, ou la possession anima certains possession doit tre exempte de

EL

sociale

violence, la la discontinuit, la vices (art 2229) signifie que la possesCela l'quivoque. clandestinit, intervalles normaux, tre sion doit tre exerce des et se mantfesiter par publique, paisible (cf. art. 2233),
:

La

social

..

Elle fait

quillit publique, les droits trop longtemps d'exercer, et

que leur titulaire n. met un terme aux procs

incertitude. oui pourraient natre de cette moyen 2219 dfinit la prescription un I 'art certain laps de temps, d'acqurir ou de se librer par un dtermines par la loi . s M et sous les conditions sortes mlanger Ici les deux d'inconvnient pas n'y a distinguer, pour leurs faut il prescriptions, de prescription conditions d'exercice et leurs effets, la libratoire. acquisitive ou usucapion et la prescription Lacantinerie et rissfer. Cf par exemple, Haudry, thorique et pratique de De la prescription, dans Trait In-*! A Colin et droit civil, t. xxvni. 3- d., 1905. droit civil frai de lmentaire Cours Canltant Il d.. 1932, p. 156 sq. i,7- d., 1931. p. 915 sq.;t. n,7 t civil, 1. 1, 11 \l Planiol, Trait lmentaire de droit 214 sq.; Girard, art. 1928, p. 82 sq.; t. .,. 1926, p. pratique des connaisPrescription, dans Dictionnaire col. 750-752 ;J.Jos sances rWuses, t. v.Paris, 1927,
;

la volont de po des actes qui indiquent clairement der pour soi-mme. pendant un La possession doit tre prolonge c concerne pas acquine exigence [Cette dlai. certain fm. par un tiers acqureur de bonne
I

sition les

meubles
i

iprs prcair, tenant son droit d'un dtenteur vaut en fait de meubles, possession r,rt ''7' s proest alors perdue pour le titre .; la 'revendication n'est donc pas pritaire. Cette acquisition Instantane certains auteurs.] prescription, malgr l'opinion de

une
1

'

d, lai

cnnmunce

a courir., , in. qie.le

Icn.leman

traditionnelle du Jour de l'entre en possession, rgle tre les droits (sauf pour les droits ventuels, ei peut par Jours et non par conditionnels); il se compte
i

franais, Pai serand, Cours de droit civil positif


t. ,.

is,

830,

prescription est acquise (art. 2260), ei la heures (art.^261 ) Il lorsque le dernier jour esl accompli pendant de prescrire personnellement actuel peut joindre possesseur le requis: d.iai tout le ses auteurs (ceux qui lui ont B s, possession celle de mais les rgles de la transmis ses droits, art. 2235), un sucdiffrentes selon qu'il s'agii d
,
,

p.

777

sq.;

I.

II,

p.

460

sq.

usucapion. susceptible de conditions requises sont d'abord un bien certaine prescription, puis une possession soumise
1" prescription acquisitive ou

tau, sonl cesseur ou ayant-cause


,

titre

universel

ou

Utn

(hritier ab inb Le prei la universel) ne fait que continuel que avec ses qualits ei ses vices, quelle particulier.
i

aire

dudfunl
soll

sa situa

exigences lgales. al Les choses qu'il


:

est

Impossible d'acqurir ne

prescription. Aussi peuvenl tre susceptibles de prescrire le domaine On ne peut dcide Tari 2226 dans le commerce des choses qui ne sonl point
c'est--dire des biens donl la
loi

interdit la cessl,

facile de tourner l'alination, car il y aura un moyen par exemple des choses la dfense; ainsi en est-il. des biens l'usage appartient tous,

particulier pourra ut, tion personnelle; le successeur auteur (et non la simple User la possession de son mme si cette possession ne runli dtention pr< air< sauf pour une pas les mmes caractres que la sienne: si l'auteur n avait prescription abrge de 10 20 ans, Invoquer que la prescription trentenalre.
l,

pu

Quel
civil

est

le

temps requis

p,,ur prescrire

'.

communes, donl des femmes du domaine public, des biens dotaux


maries sous
le

rgime dotal.

la b) En outre, il faul avoir possd mais, pour conduire droit qu'on se propose d'usucaper; doit satisfaire a certaines ce rsultat, la possession doll tre exerce exigences lgales (cf. art. 2229) telle

chose ou

le

distingue deux espces 30 ans constitue la fois le (art 2262), aussi bien public, les, mme .le droit

de prescriptions. Celle d<


droit

commun

et le

mum
,

pour Us personnes n que pour les particuliers

animo domini,

tre

exempte de
prescrire

vices

et

prolonge un
.
.

qui avan diffrence avec l'ancien droit, de 10 et prescriptions Us cas quelques conserv dans romains. empereurs par les introduites [00 ans (ll requise est la possession ex, 1 B ,tule condition
,,t

'-177.

pendant 30 annes avec


loi

les

caractres VOUlUS par

la

certain temps. a On ne peut

qu'une

chose

possd*

animo domini.

c'est- dire dtenue (lment matre (lment avec l'intention de se comporter en

ma

art. 2230). Ml intentionnel: prsomption en ce sens. est Imposmanque un de ces lments, la prescription principe en dcidant, sible L'art. 2236 applique ce ne prescri8 1 que ceux qui possdent pOUT autrui prcaires tels dtenteurs des s'agit .. Il vent jamais usufruitiers que locataires, fermiers, dpositaires, administrateurs de l'gard des nu-propritaires (S 2), 2237). 1. art. 2240 biens d'autrui et leurs hritiers (art. on ne peut prescrire contre

sans juste titre ni bonne foi. Le doctrine frantranche la controverse classique de la au for cise sur le point de savoir s, l'on exigerait, droit canonique, la en comme droit civil en externe,

Code

ainsi

bonne
1

trentenalre. foi pou, la pi .script ion bonne fol per'existence <r,m juste titre et de la raveur, celte met de bnficier d'une prescription de
les

complte en dcidant

prcaire ne son titre . c'est--dire que le possesseur le dtention peut, lui seul, changer la cause de sa les hypothses sauf indlbile, est prcarit Nice de
:

Immeupour de lO 20 ans (art. 2265), uniquement considres ut singuli. outre la bles (ou Us droits rels) qui possession, la loi exige d'abord un ado Juridique abstraction proprit, de translatif lui-mme serait en mane c'est le juste titre faite de la personne dont il particulier*: .1 doit .vente, donation, change, legs 2267, qui ne vise n'tre pas nul pour vice de forme (art. mais on que les actes solennels donation, testament;
:
:

la

119

PRESCRIPTION. EN DROIT

(.1

VIL
mme

20

s'accorde pour tendre cette dcision aux causes de nullit absolue et au titre putatif). L'art. 2265 requiert aussi la bonne foi, c'est--dire la croyance lgitime et totale du possesseur un transfert vritable de proprit. Klle se prsume toujours (art. 2208), mais la preuve contraire est permise. La bonne foi n'est exige qu'au moment de l'acquisition (art. 2269); ici encore, le Code abandonne, sans grandes raisons, les traditions canoniques et coutumires pour revenir la
r^le romaine.

aliner (art. 2222;; mais les cranciers, et

toute

personne y ayant intrt, peuvent opposer la prescription malgr la renonciation faite par le possesseur
2225). de l'usucapion. C'est de rendre le possesseur propritaire, ds que la prescription est accomplie, et mme avec effet rtroactif au moment o l'usucapion a commenc courir (d'o l'acquisition des fruits de la chose par le possesseur), puisque, des cet instant, il y a un titre, ou la possession qui rem place le titre au bout de 30 ans (cf. art. 2265, 2262. pour la prescription trentenaire, bien que ce dernier article ne mentionne que l'effet extinctif l'gard de la revendication du propritaire). Ce dernier conserve d'ailleurs les actions personnelles qu'il peut avoir contre des dtenteurs prcaires, sous rserve de la prs cription extinctive. Kn outre, l'opinion traditionnelle laisse subsister la charge du possesseur une obligation naturelle, c'est--dire dmunie de moyens d'ex cution, en faveur du propritaire. 2 Prescription extinctive ou libratoire. 11 y a
(art.
2. Effets

La dure de cette prescription de faveur varie de 10 20 ans suivant que le propritaire contre lequel on prescrit est prsent ou absent, c'est--dire rside dans le ressort de la cour d'appel o est situ l'immeuble, ou hors de ce ressort (art. 2265); les deux dlais peuvent se combiner si le propritaire change de rsidence au cours de la prescription (art. 2266). Si toutes ces conditions sont accomplies, l'effet de l'usucapion est de faire acqurir la proprit au possesseur; toutefois, avant l'expiration du dlai requis, la prescription peut se trouver interrompue ou suspendue et la loi permet de renoncer la prescription acquise. Aux termes de l'art. 2242, la prescription peut tre interrompue ou naturellement ou civilement . L'interruption naturelle rsulte de la perte de la possession; si cette perte est volontaire, le dlai dj couru est rendu dfinitivement inutile; si la possession a t enleve par un tiers, le possesseur pourra effacer
;

l'effet

de l'interruption action possessoire, dans


d'ailleurs

s'il

intente avec succs une

d'un an. Le Code pose une prsomption de non-interruption (art. 2234), mais qui cde la preuve contraire.
le dlai

L'interruption civile rsulte d'abord d'actes de pourmans du vritable propritaire. L'art. 2244 mlange les causes d'interruption des prescriptions extinctive et acquisitive; on ne peut retenir pour cette dernire que la citation en justice, mme devant un juge incomptent (art. 2246), et la citation en conciliation devant le juge de paix, si elle est suivie de l'ajournement dans le dlai prescrit (art. 2245). L'art.
suites

entre l'usucapion et la prescription libratoire; leur raison d'tre est la mme, au moins pour les longues prescriptions (les autres font plutt prsumer un paiement que la ngligence du crancier); il y a bien des rgles similaires pour l'interruption, la suspension, le calcul du dlai, la manire d'opposer la prescription. Mais, en dehors de son domaine plus large et de sa base dissemblable, puisqu'il ne s'agit pas de po- session, la diffrence essentielle, c'est que la prescription libratoire ne fonctionne jamais que comme cause d'extinction et n'engendre qu'une exception l'action du crancier. 1. Conditions. Deux conditions sont requises un droit susceptible de s'teindre par prescription; une certaine dure. a) Par exception, quelques droits ne s'teignent pas

de nombreux points

communs

ou semblent ne pas s'teindre par prescription


droits hors
:

les

2247 supprime l'effet interruptif, si la citation est nulle pour vice de forme, et quand le demandeur se dsiste, laisse primer l'instance ou perd le procs. S'il russit, le temps coul et mme le dlai expir au cours du litige sont perdus pour le possesseur. Une autre cause d'interruption civile consiste dans la reconnaissance volontaire, par le possesseur, des
droits

du propritaire

(art.

2248);

ici

encore,

le

temps

coul est rendu inutile, mais une nouvelle prescription peut recommencer courir. La prescription peut aussi se trouver suspendue; tout le temps que dure la suspension ne compte pas, mais ici le dlai dj coul reste utile pour l'usucapion, quand la cause de suspension aura disparu A la diffrence de l'ancien droit, qui appliquait de manire gnrale la maxime Contra non valentem agere non currit prscriptio, le Code civil fait de la suspension un privilge; la prescription court en principe contre toutes personnes (art. 2251 applications dans les art. 2258, 2, et 2259), sauf (art. 2252 et 2278) contre
: ;

actions d'antichrse; l'action en revendication, carie droit de proprit ne s'teint pas par le non-usage, mais seulement par l'usucapion d'un possesseur. Les actions en partage ou en bornage semblent imprescriptibles, mais cela tient ce que la cause de l'action se prolonge et renouvelle tous les jours le droit d'agir en justice. b Mais, le plus souvent, la prescription libratoire ne suppose pas autre chose que l'inaction prolonge du crancier, d'aprs le texte gnral de l'art. 2262 Toutes les actions (c'est--dire les droits dduits en justice), tant relles que personnelles, sont prescrites
i

du commerce; les pures facults; certainesdu crancier gagiste; du titulaire d'un droit

par 30

ans...

Ce

dlai est la dure

extrme de

la

mineurs ou interdits judiciaires, pour les prescriptions de plus de 5 ans; la femme marie, pour reprendre un fonds dotal (art. 2255), quand son action est de nature rflchir contre le mari, ou dpend du parti prendre la dissolution de la communaut (art. 2256, 1 et 2); les poux entre eux (art. 2253); l'hritier bnficiaire, l'gard des crances qu'il a contre la succession (art. 2258, 1). Mais ces articles sont si limitatifs que la jurisprudence a rtabli en fait l'anles

prescription; mais il existe un grand nombre de prescriptions plus courtes prvues par le Code ou des lois spciales systme qui pourrait tre facilement simplifi en ramenant ces prescriptions deux ou trois types uniformes. Bornons-nous quelques exemples prescription de 10 ans pour l'action en responsabilit d'un architecte ou entrepreneur (art. 1792 et 2270 1. les actions en nullit ou en rescision d'un contrat (art. 1304), l'action du mineur contre son tuteur (art. 475): prescription de 5 ans pour les loyers, fermages, intrts des capitaux, arrrages de rentes (art. 2277) et l'action des avous (art. 2273); prescription de 2 ans pour l'action des mdecins, chirurgiens,
:
:

dentistes, sages-femmes, pharmaciens; d'un

an pour

cienne rgle. Enfin l'art. 2220 permet de renoncer seulement la prescription acquise. Cette renonciation, expresse ou tacite (art. 2221) est interdite ceux qui ne peuvent

l'action des huissiers, matres de pension ou d'apprentissage, domestiques l'anne (art. 2272); de 6 mois pour l'action dos matres dos sciences et arts, hteliers, traiteurs, ouvriers (art. 2271): il y a mme des pres-

criptions de 3 mois et d'un mois. Au surplus, la jurisprudence admet qu'on peut rduire la dure de In prescription, au moyen d'une clause spciale

121
ouverte au crancier

PKHM.Kll'TiON. EN THOLOGIE
ger
le
:

122

La prescription commence de* que l'action est Aciioni non notas non prsescri-

bilur; ainsi l'gard d'une crance affecte d'un terme ou d'une condition suspensive (art. 2257), ou l'gard des droits ventuels, c'est--dire dpendant de la mort d'une personne. Comme dans l'usucapion, l'effet de la prescription extinctive peut tre empch par l'interruption, la suspension ou la renonciation.
Ici, l'interruption naturelle, fonde sur la possession, n'existe pas. Les causes d'interruption civile sont la
:

citation en justice (art.

2245

sq.; les rgles sont les


le

mmes que pour


dette par
toire
:

l'usucapion),

commandement

d'huissier, la saisie (art. 2244), la reconnaissance de la


le dbiteur (art. 2218), sans forme obligapeut tre crite (applical ion dans l'art 2263 permettant d'imposer au dbiteur d'une rente la fourniture d'un titre nouvel au bout de 28 ans. el ses frais), verbale, ou tacite. L'effet de l'interruption est toujours de rendre inutile le temps dj couru, en

elle

dbiteur, il sullit de paralyser l'action du cranpar l'exception de prescription; on peut donc dire qu'il s'agit d'une obligation civile, rendue inefficace, mais qui survit cependant un degr infrieur. Si le dbiteur acquitte volontairement la dette malgr la prescription, il paie vritablement son d, et ne peut en exiger le remboursement (art. 1235, j 2). Toutefois, pour les courtes prescriptions des art. 2271, 2272, 2273. en raison de leur fondement, il ne sulht pas au dbiteur d'opposer l'exception de prescription pour tre libr, carie crancier peut dfrer le serment au dbiteur lui-mme, pour lui faire jurer que la dette a t rellement paye; il peut le dfrera sa veuve ou a ses hritiers, pour qu'ils aient dclarer s'ils ne savent pas que la chose soit due (art. 2275). A dfaut de ce serment, la dette sera exigible malgr la prescription accomplie.
cier
11.

I.A

PRESCRIPTION

fHBOLOOIB MORALE.

Signalons d'abord l'importance des dments juridiques romains, canoniques et modernes, chez les tbolo
s'il est lgitime de prescription conforme a l'quit natului faire ainsi place en thologie morale comme mode d'acquisition de la proprit ou d'extinction des obligations, cette Ide ne peut donner a l'interprte (pie des directives trs gnrales, l'our dterminer plus exactement les conditions d'exercice ou les effets de eetie Institution, il faudra recourir des
11
:

laissant toutefois la prescription recommencer, sans changer sa nature, mais l'art. 2271 apporte une exception cette rgie pour les courte* prescriptions des art. 2271, 2272, 2273; quand elles sont interrompues par un arrt de compte (reconnaissance de dette), une cdule ou Obligation (acte sous seing priv, ou notari), une citation en justice, la courte prescription
est

giens.

est aise d'en saisir la raison


la

reconnatre relle, et de

compltement carte,
il

tion de 30 ans. car

et l'on revient la prescrips'agit de dettes gnralement


ici.

acquittes sans titre, et dans un court dlai;

la

prsomption lgale cde

la vrit.

suspension se signale par quelques r particularits l'art. 22. >K, g 1. tablit une cause de suspension spciale en faveur de l'hritier qui accepte la succession sous bnfice d'inventaire, alors qu'il est crancier du dfunt. Mais la prescription extinctive, la diffrence de l'usucapion, continue a courir contre la succession bnficiaire, vacante ou non accepte. Surtout, les prescriptions de cinq ans el au-dessous courent mme contre les mineurs et les Interdits Judiciaires, sauf leur recours contre huis tuteurs
la
:

La thorie de

lments nouveaux: or. depuis longtemps, les lois Civiles ont rglement la prescription, et leur intervention est lgitime, puisque l'tat, dans un but de tranquillit publique et d'intrt gnral, a le droit de lgifrer en matire de proprit ou d'obligations, et de rendre ses dcisions excutoires, dans la mesure o elles sont conformes au bien commun et l'quit naturelle (cf., par exemple, A T.inqucrcv. Syn
thologie moralii
p.
1

et

pastoralia,

t.

m,

Paris, 1031, in s-,


t

(art. 2278).

Enfin, on peut renoncer seulement une prescrip


tion acquise (art. 2220), sauf le droit pour les cranciers et loul intress de faire annuler la renonciation
(art.
2.
222:')).

Effets de lu prescription

libratoire

On

peul

ainsi les

rsumer

il) La prescription accomplie teint la dette (art. 1234,2219,2262), par elle mme, el par le seul fait du laps de temps coul, en fournissant au dbiteur une exception qui permet d'carter l'action du crancier. Mais la prescription n'opre pas de plein droit; il faut qu'elle soit Invoque par le dbiteur lui mme, d'ailleurs en tout tat de cause (art. 2224), ou par toute personne y ayant intrt, notamment les cranciers

Le droit romain, plus encore que lis lions germaniques, a t la source des lgislations modernes, et sa doctrine le la prescription mrita lele. par sa nettet, sa BOUVent de servir de sion Juridique, el son adaptation aux besoins rcents et aux conditions nouvelles de la vie sociale. Et, tout \it sous la loi romal naturellement, l'glise, qui adopte celte thorie, et la corrige de manire a la rendre plus conforme a la Justice et a la rgle morale; SOCit parfaite. (Ile a le droit de rglementer la cription dans la mesure ou elle \ a Intrt, au for externe comme au for interne, ou de rechercher, parmi les dispositions lgislatives du pouvoir sculier, celles qu'elle permettra de suivre ou qu'elle ordonnera de rejeter Ainsi l'origine le la prescription, donc la
1.')

sq.

i.

elle/ les

raison de son efficacit en thologie morale, si discute anciens auleuis. est multiple si le principe lui mme est de droit naturel, il esl bien certain (pie le
:

droit

le

la

prescription

fait

partie

du

droit des gens,

codbiteurs solidaires, les cautions. On a voulu laisser la conscience du dbiteur la possibilit de ne pas se servir de ce moyen de dfense. Aussi le juge ne peut-il y suppler d'ollicc (art. 2223), sauf en matire pnale, et pour les causes coinmunicnblcs au ministre public, c'est--dire o figure un absent ou un incapable; et si le dbiteur acquit le volontairement sa dette malgr la prescription, l'acte est un paiement, non une donation. b) La prescription opre rtroactivement; le dbl leur est donc libr non seulement du capital, mais aussi des intrts dus au moment o la prescription s'est accomplie. c) Malgr la prescription, il subsiste la charge du dbiteur une obligation naturelle; celte opinion esl conforme la tradition et semble bien avoir t adopte par les rdacteurs du Code civil. Pour prot
(art.

2225),

les

dans

a presque tous les peuples, mais les prceptes positifs qui rglent les conditions et les effets de la prescription varient selon chaque loi particulire, qui leur donne seule leur valeur propre. Cl. A. \ el ineerseli. QuKStiones ib- iustitia, Bruges, 1904, p. 3 10 sq. L'ide de prescription, en elli mme, esl bonnet juste; l'ordre public exige de ne pas laisser la proprit en suspens ou les procs se prolonger: on doit donner au possesseur de bonne foi la scurit qu'il mrite, et exciter la vigilance le propritaire ou le crancier. Voir Vermeersch, op. cit., p. 3 h. sq., pour qui la raison tire de la ngligence punissable n'est pas la principale, bien qu'elle ail ete mise en lumire par saint Thomas, Quodl., jcn, a. 25 (d Mandonnet, Paris, i">. on d dclare qu'il n'y a pas lieu a resti 1926, p.
I

ses dispositions gnrales,

communes

tut ion

'.

123
que

PRESCRIPTION.

EN THEOLOGIE

124

Mais ces effets ne peuvent tre pleinement raliss si la prescription opre la fois in fora civili cl foro conscienti. Faudra-t-il recourir un systme juridique tabli uniquement par les thologiens? Non, car la loi humaine peut valoir en conscience connue au for externe, bien qu'on en ait autrefois doute. Mais, depuis longtemps, canonistes et thologiens sont d'accord sur le principe. Nous aurons donc a rechercher les exigences auxquelles doit satisfaire la thorie pour rpondre ce double point de vue 1. dans les conditions d'exercice; 2. dans les ell'ets de la

deux prescriptions; autrement, on constituerait une prime la mauvaise foi, ce qui est contraire la loi naturelle, et le plus souvent au bien commun. De son ct, la puissance publique ne peut couvrir de son autorit les fraudes et les spoliations. Au surplus, les thologiens invoquent le texte gnral du IV e concile du Latran (1215). c. xl, Decr., 1. 11. tit. xxvi. c 20 Quoniam omne quod non est ex fide peccatum est. synodali judicio definimus. ut nulla outrt absque bona fuie pnescriptio lam canonica quam cioilis. cum genera:

prescription.
1'-

Conditions d'exercice.

H y

a des conditions

spciales l'usucapion (chose susceptible de prescription, possession, juste titre), et des conditions commulaps de temps, nes aux deux sortes de prescriptions
:

litcr sit omni constitution) atque consuetudini derogandum. qu;e absque mortali peccuto non potest observari. Unde nportet ut qui prscribit in nulla temporis parte rei habeat conscientiam alina. Il se peut que ce texte

vise
p.

bonne
1.

foi.

Choses imprescriptibles. La doclrinc reconnat deux sortes de choses imprescriptibles ex natura rei (res snenc. res public, droits appartenant l'glise jure divino), ou par une disposition expresse du droit canonique (cf. infra) ou des lois positives; il suffit d'y renvoyer. 2. Les exigences relatives la possession ont t longuement discutes par les canonistes et les thologiens, en partant des textes romains; cf. un bon rsum dans Ballerini-Palmieri, Opus theologicum morale, t. ni, Prati, 1899, p. 168 sq. Mais la controverse classique entre Savigny et Ihering, au dbut du xix e sicle, a montr qu'il tait impossible de tirer du droit romain la possession, une doctrine absolument cohrente d'aprs les Romains eux-mmes, est une res facti potius quam jaris. Il nous semblerait suffisant, a de distinguer dtention et possession; b) de rduire les lments constitutifs de la possession l'apprhension matrielle (corpus), jointe l'intention de se comporter en matre (animus), ce que les thologiens appellent parfois possession composite ou mixte. La possession vritable permettrait seule d'usucaper, si elle tait continue, paisible, publique, non quivoque; on pourrait aussi, selon la rgle romaine, conserver la possession animo solo au cours de l'usucapion, tant qu'il y a possibilit matrielle d'apprhension de la
: :

seulement l'usucapion (Vermeersch, op. cit., 344); les docteurs ont pourtant coutume de l'tendre la prescription extinctive; mais dj le droit romain, et la plupart des lgislations modernes, se montrent ici plus indulgents en n'exigeant pas la

bonne

foi.

on peut surtout l'envisager propos de ici, de faon gnrale, c'est la juste croyance du possesseur sa proprit, mais il faut distinguer la bonne foi thologique et la bonne foi juridique. La premire est la ferme persuasion d'tre propritaire (bona fldes stricla). ou au moins de pouvoir possder licitement (bona (ides minus stricla), par exemple en cas de doute insoluble survenu au cours de la possession. Les contours de cette dfinition sont la fois plus larges et plus troits que ceux de la bonne foi
D'ailleurs,

l'usucapion;

chose. Cf. Ubach, Compendium tlieologi moralis, t. i, Fribourg, 192&, p. 204, texte et note 2. 3. La ncessit en conscience du juste titre est rattache par la plupart des auteurs la bonne foi requise pour la prescription. Comme en droit civil, c'est tout acte juridique apte en lui-mme transfrer la proprit, s'il n'tait entach d'aucun vice (verus). Il peut tre color (ou apparent), putatif, prsum. Pour prescrire, il suffit, en droit naturel, d'un titre color, c'est--dire affect d'un vice cach, comme la croyance invincible la qualit de propritaire ou la majorit du Iradens; et mme, dfaut de titre color, d'un titre putatif, l'existence duquel on croit tort, mais raisonnablement. De droit positif, le titre pr-

juridique, c'est--dire celle qui remplit les conditions exiges par la loi positive; car le lgislateur peut exiger la croyance totale un transfert vritable de proprit, ne pas tenir compte de V ignoranlia juris, du titre putatif ou entach de nullit absolue: par contre, la thologie morale ne prsume pas l'ignorance ou la bonne foi qui n'existe pas en conscience. J. WalTelaert, De juslitia, t. i, Bruges, 1885, p. 172 sq. D'o ces deux principes (WafTelaert, op. cit.). a) La bonne foi thologique est absolument ncessaire pour une prescription lgitime au for interne, ds son dbut et jusqu' la fin. Ds qu'elle disparat, la prescription est interrompue, et l'obligation de restituer nat immdiatement. Le voleur ne pourrait donc, semble-t-il, jamais usucaper mme s'il avait oubli sa faute, cet oubli ne doit pas tre assimil la bonne foi. Cependant, quelques auteurs permettent l'extinction de l'action en revendication du propritaire, dans le dlai habituel de 30 ans (par exemple Noldin-Schmitt. Summa theologiie moralis..., 21 e d.. Inspruck, 1932, p. 38(i): d'autres admettent mme l'usucapion depuis le moment de l'oubli, puisque l'absence de mauvaise foi suffit, sauf disposition contraire de la loi positive (ce qui parat tre l'opinion de Vermeersch, op. cit..

p.

357

sq.).

sum (dont

l'existence, impossible prouver, est dduite par la loi d'un laps de temps de 30 ou de 10 ans) ne peut servir qu' fonder une longue prescription; c'est ce qui permet de supposer l'existence originaire d'un juste titre, ensuite oubli. Mais il faut que le droit commun ne soit point contraire, c'est-dire permette au demandeur de triompher dans un procs, ou que le possesseur ne soit pas prsum de mauvaise foi; il faut alors un titre, ou, son dfaut, une possession immmoriale. Schmalzgrber, Jus canonicum unirersum, t. iv, Rome, 1844, p. 371 sq. ainsi, pour l'vque prescrivant des dmes en dehors de son diocse: pour les laques non soumis aux dmes ou les diocsains exempts de la juridiction piscopale, avant le Codex. Cf. Ballerini-Palmieri, op. cit., p. U'>7 sq. 4. La bonne fi i est un des lments communs aux
;

que penser des lois modernes qui n'exigent bonne foi, au moins pour les longues prescriptions, l'imitation du Code civil franais ? Des
lors,

Ds

pas

la

auteurs rcents, surtout Ballerini, op. cit., p. 152. ont violemment attaqu ces dispositions, soutenant qu'elles ne pouvaient avoir de valeur au for interne, si tant est que des lgislateurs de ce genre aient song ce point de vue. Il est certain qu'il faut toujours exiger en conscience la bonne foi thologique; les dispositions contraires des lois civiles, par exemple l'art. 22('i2, ne peuvent que dnier au propritaire toute action devant les tribunaux comptents: elles ne transfrent pas la proprit (Noldin-Schmitt. op. cit., p. 386), car l'utilit sociale de la prescription doit cdera des soucis vidents de moralit, lien est de mme de l'art. 22G9, qui n'exige la bonne foi qu'au moment de l'acquisition. On ne doit pourtant pas rprouver absolument ces lois; leur intention n'est

2 5

PRESCRIPTION. EN THOLOGIE
rance
p.

126

pas de paratre favoriser les fraudes, mais de terminer procs et d'viter au for externe la preuve, souvent difficile, de la lionne foi, ce qui est conforme au bien commun; l'usucapion peul servir des tiers honntes, par exemple des cranciers. D'ailleurs, cette grave lacune est .attnue notablement, dans le systme franais, par l'admission d'une obligation naturelle survivant la prescription. Verraeersch, op. cit.,
les

invincible, loi obscure (YValTelaert, op. cit., 177; Wcrnz, Jus decrctalium, t. ni a. Home, 1908,

explicite,

loi n'est pas suffisamment son application, juge trop rigoureuse, au for externe Ubach, op. cit., p. 208 et note 3. Quelques codes interdisent aussi au successeur universel d'usucaper, quand son auteur a t de mauvaise

31<i),

ou mme,

si

la

restreignent

p.

358

sq.;

Ubach, op.
foi

cit.,

p.

211.

foi.

Il

faut alors
.';.").".
i

les

Ihologique suffit quand la loi civile n'exige pas davantage. La croyance lgitime une possession licite suffit donc rendre l'usucapion

La bonne

(o/j. cit.. p.

admettrait

suivre en conscience. Verniemme l'usucapion aie

valide, mme s'il y a doute sur la proprit, quand ce doute n'existe pas au moment de la prise- le possession, et que les recherches srieusement entreprises ne peuvent faire dcouvrir la vrit in dtlbio rnrli>,r est causa possideniis. Il en est rie mme de l'ignorance de fait ou de droit, si la loi positive n'exige pas la bonne
:

au bnfice de l'hritier rie bonne foi. succdant a un auteur devenu de mauvaise foi au COUTS de la prescription, puisque le (iode civil franais n'exige la bonne foi qu'au dbut de l'usucapion.
prescription libratoire, la bonne fui tl toujours ncessaire en conscience, au moins dans l'ignorance ii"n coupable de |'ob tion, jiar la croyance a un paiement ou une remJ dette, ou par oubli (bonne foi positive). Il semble difficile d'aller plus loin pour le dbiteur lui -mme; il n'est jamais dispens de payer, quand il diffre seiem ment de s'acquitter; un juste motif peut au plus ex< u ser son retard. Pourtant, supposons une dette que la coutume ou la loi ne dclarent exigible qu'aprs uni sommt ion du crancier, hypothse frquente dans les lois modernes (ainsi en droit franais, on la seule expi ration du dlai ne sullit p. m en principe sans une mise en demeure du dbiteur). Si le crancier, aprs une sommation, s'arrte, par humanit, la connaissance de la dette par le dbiteur n'est pas douteuse, la prescription ne peul l'accomplir; mai-., si le crancier omet \.. lontairement cette sommation pendant toute la durci de la prescription, le dbiteur a pu. de bonne foi, s'imaginer qu'il lui tait permis de retenir le montant (!' la dlie il lui suffira doue, pour prescrire, de m pas apporter d'obstacle aux droits du crandei d'agir sans fraude. c'< la Imiinc fol ngative. Waffi
la

Dans

logique,

juridique. Enfin, il sufiit en principr d'elle personnellement de bonne foi, peu importe la situation de son auteur, l'as de difficult pour le successeur particulier; la possession rie mauvaise foi de son prdcesseur ne peut lui tre ulile ou nuisible; elle ne pourra ni complter la sienne, ni empcher de natre une nouvelle prescription de bonne foi. Si Tailleur ('lait de bonne foi, son ayant cause peut joindre les deux possessions. Mais il y a discussion pour l'ayant cause titre universel, en raison de la liction Juridique qui lui fait continuer la personne du dfunt. Que vaut cette (lotion dans le domaine de la conscience Certains auteurs lui attribuent une valeur absolue, en dniant a un hritier la possibilit de prescrire, quand il succde un auteur de mauvaise foi. La doctrine commune est cependant plus modre ; selon les uns, l'hritier, tenu de rparer le dommage caus par le dfunt, y serait oblig pendant 30 ans, l'expiration desquels, libr de toute charge, il pourrait commencer a prescrire. D'autres distinguent entre l'hritier immdiat et l'hritier mdiat, ne permettant qu' ce dernier de pies crirc, parce qu'il ne reprsente plus l'auteur de mauvaise foi. Enfin, beaucoup admettent le successeur universel prescrire, comme Joindre a sa possession celle de son aulciir. s'il lait de bonne foi, donc apte transmettre les droits qu'il avait lui-mme. Vermccrscli, op. cit.. p. 354 sq. Noldin-Schmltt, op. cit., p. 386. Celle opinion semble l'emporter actuellement, car le vieux principe romain hres SUStinei personam de/uncti n'est plus toujours rigoureusement appliqu; aussi le silence de la loi positive suffirait pour penne tre a Nier il 1er de bonne foi la pi escript ion et mme la jonction des possessions pour l'usucapion commence de bonne foi par le dfunt 'hacli. op. cit., NOIdin-Schmltt, "/' '' l>- 387). La plupart p. 209 sq. (tes lgislations ne dfendent pas au successeur universel de prescrire les dlies de son auleur. Au surplus, la mauvaise foi de l'auteur ne se prsume pa plus que celle de Vusucapiens. b ) si la loi civile exige, de faon plus stricte, In bonne foi juridique, eette exigence vaut en conscience entame nu for externe, puisque l'efficacit de la prescription comme mode d'acqurir est tablie par la loi positive, aux conditions lgitimes qu'elle a fixes. Pourtant, la doctrine esl en dsaccord pour l'ignorance de droit et l'usucapion de l'avant cause universel Quand l'ignorance de droit empche la prescription au foi externe, en vertu d'une disposition lgislative expresse, Tempche-t-elle galement en conscience ? Les codes modernes sont parfois obscurs; mais, par exemple, le ("ode civil franais, art. 2267, exclut le titre nul pour dfaut de forme. Les anciens auteurs (cf. Ballerint Palmieri, op. cil., p. 150) tendaient cette exclusion au for Interne; les thologiens et les canonisles modernes admettent quelques exceptions Ignofoi
".'
;

laert,

/'.

cit.,

p.

188;
(

Vermeersch, op.
.

<;/.

p,
I

Prmmer, Manuale theologi


N'oldin Schmltt, op. il Les lois ci\iles n'ont

moralis, Fribourg,

pu

coutume d'exiger

ici

la

on se cou tentera .loin de la bon m- foi thOlogique, et seulement de la bonne fol ngative .iu cours de la prescription, on appliquera la solution expos) .irvsus pour le doute; il semble lgitime de permet tre toujours la prescription des axants (anse, eu gard aux tendances du droit moderne, et mme d'admettre (pie l'ignorance de droit ne sel., p. iv un obstacle a la
foi;
(
i

bonne

prescript ion.

'

Le temps requis pour pi rmini par chaque loi nationale. On distl ralement l'usucapion des meubles et celle des immeubles, BVO
.">.

<

a juste titre et bonne foi s'il \ systme un peu diffrent du droit canonique antrieui au Codex sera tudie plus loin. Rien ne s'oppose a reconnatre en thologie morale ces prescriptions di dure diffrente; on peut se montrer moins exigeant pour les meubles, non pas en raison de leur p. valeur (Ballerini-Palmicri, e./e. cit., p. 182), mais parc (pic leur nature impose une transmission rapide cl simplifie, mme au dtriment du vritable proprie-turc. En requrant toujours la bonne foi. on peut encore faire varier la dure de la prescription selon nature du juste titre; enfin, on peut Imaginer des
I
i

dlai plus court

dlais diffrents Selon la

pe>ssil,i|it,- de- se dfendre, la capacit Juridique ou la situation privilgie de Ceux contre qui l'on prescrit, par exemple l'glise; mais h l'interruption ou la suspension de la prescri] paraissent en gnral des mesures suffisantes. Pour la prescription exliuctive. le dlai des courtes prescriptions n'est il pas mi peu trop bref pour (teindre l'obligation en conscience comme au r externe ? Mais les dettes atteintes par ces prescriptions sont
i

12

PRESCRIPTION. EN DROIT CANONIQUE


et
.Vil)

128

rgles de faon rapide (d'o l'art. 2278), sans titre ii les constate; la libration ne profitera pas souvent un dbiteur de mauvaise foi; elle vitera l'accumulation des Intrts dans le cas vis par l'art. '2277; au surplus, le fondement juridique de ces prescriptions, la prsomption de paiement, quand il se rvle inexistant, impose certaines mesures de faveur a l'gard du crancier (interversion de l'art. 2271; dlation de serment de l'art. 2275). Ici, le lgislateur a certainement voulu rserver la survie de l'obligation au for externe; il ne l'a pas exclue au for interne vis-vis du dbiteur de mauvaise foi, mais seulement pour la veuve ou les hritiers auxquels on dfre le serment dans les termes de l'art. 2275, 2, quand ils ignorent de bonne foi l'existence de la dette. On peut donc suivre ces rgles en conscience (en ce sens, Waffelaert, op. cit., p. 191; Noldin-Schmitt, op. cit., p. 3'JO, admet, pour des raisons d'intrt gnral, qu'il suffit pour librer compltement le dbiteur de l'intention expresse ou prsume de la loi). 2 Effets de la prescription. Avec toutes les conditions requises, il y a vritablement transfert ou extinction de droits, en conscience comme au for externe sinon, la prescription n'atteindrait pas son but, puisqu'elle nuirait seulement aux consciences scrupuleuses c'est l'opinion commune des thologiens. Mais comment opre, en conscience, la prescription ? Est-ce de plein droit, ou bien aprs une sentence du juge ? Est-ce avec ou sans effet rtroactif ?

normalement
<
i

ne s'appliquent pas, mal358, car ils ne visent que le possesseur battu dans l'instance en revendication); et, pour les intrts, on pourrait admettre une condonatio tacite du crancier. Comme en droit e \ il, les effets de la prescription peuvent tre empchs par la renonciation (permise pour la prescription acquise), l'interruption naturelle, civile ou rsultant de la mauvaise foi survenant au cours de l'usucapion ; et aussi parla suspension en faveur de ceux qui ne peuvent dfendre leur droit, raison d'incapacit (minorit par exemple), ou d'impossibilit d'agir en justice (guerre, calamit publique, absence,
civil franais
cit., p.

du Code

gr Vermeersch, op.

captivit).

du

thologie morale admet aussi, l'imitation et du droit canonique, la restitutio in integrum, c'est--dire l'annulation rtroactive de la prescription accomplie, accorde, titre de faveur spciale, en cas de lsion, aux mineurs, l'glise,

Mais

la

droit

romain

l'tat.

Dans

quelle mesure

le

Code

civil franais s'carte-t-il

de ces rgles relatives la prescription? C'est surtout en ce qu'il admet le possesseur ou dbiteur de mauvaise foi.

1.

La

ment aprs sentence?

prescription opre-t-elle de plein droit on seuleL'intrt pratique de la pre-

mire question est considrable en matire d'usucapion; si l'effet se produit ipso jure, le possesseur qui restitue la chose ou le droit au propritaire au terme du temps lgal, dans l'ignorance de son droit, devra tre remis en possession. On a soutenu que la prescription ne pouvait bnficier qu' celui qui l'invoque; c'est une faveur concde par la loi, mais condition de la demander. Cette doctrine soulve des objections elle exclut du bnfice lgal les timors ou les ignorants; elle permet de rclamer en sret de conscience, mme aprs l'expiration du dlai requis, des droits peut-tre transfrs des tiers. Aussi, d'autres auteurs affirment que la prescription opre ipso jure au
:

que ce rsultat est rendu plus difficile pour courtes prescriptions; au surplus, le Code civil, en imposant l'obligation d'invoquer la prescription, laisse la conscience de chacun la possibilit de ne pas user du bnfice lgal; enfin, dans la pense des rdacteurs, une obligation naturelle persiste malgr la prescription accomplie. Bigot de Prameneu l'affirme nettement dans l'expos des motifs Mais ce sacrifice, exig pour le bien public, ne rend que plus coupable dans le for intrieur celui qui ayant usu r pc. ou celui qui, tant certain que son engagement n'a pas t rempli, abuse de la prescription lgale. Le cri de sa conscience qui lui rappellera sans cesse son obligation naturelle est la seule ressource que la loi puisse laisser au propritaire ou au crancier qui aura laiss courir contre lui la prescription. On pourrait aussi reprocher au Code franais de ne pas avoir conserv en faveur de l'glise le svstme traditionnel (cf. Ballerini-Palmieri, op. cit.,
11

est vrai

les

p.

193

sq.).

p.

(cf. la discussion dans Ubach, op. cit., l'auteur dclare plus probable cette dernire opinion, au moins selon le droit positif en vigueur; mais il allgue tort le Code civil franais, qui adopte expressment la doctrine contraire dans les art. 2223 sq.). On obligera donc le propritaire restituer la chose au possesseur ignorant. Mais la plupart des lgislations modernes ne vont pas si loin pour la prescription extinctive elles reconnaissent bien au dbiteur le droit de ne pas payer, mais non celui de rpter ce qu'il a volontairement acquitt (cf. art. 1235). Mme en admettant l'effet libratoire avant toute sentence du juge, on ne peut en tirer une action en restitution en faveur du dbiteur. 2. La prescription accomplie a-t-cllc un effet rtroactif Il y a utilit prendre parti au sujet des fruits de la chose usucape, ou des intrts de la crance teinte par la prescription la rtroactivit les fait acqurir Vusucapiens ou au dbiteur. Cette fiction juridique ne nous semble pas indispensable dans le domaine de la thologie. Sans doute, le juste titre existe au dbut de la prescription; mais le vice dont il est atteint ne peut tre purg que par le laps de temps ce dlai supple ce qui manque au titre dont on enlve arbitrairement ce qui en faisait la valeur en sparant aprs coup ces deux lments. 11 n'en rsulte pas forcment, nous semblcl-il, la restitution des fruits le possesseur pourrait tre autoris les garder, en compensation des frais d'entretien de la chose pendant l'usucapion (les art. 5 19

for interne

le systme spcial des art. 2279 et 2280, qui ne constitue pas une application de la prescription, cf. la rfutation par Vermeersch, op. cit., p. 360, et Ubach,
cit., p. 212 sq. de l'interprtation absolument errone et malveillante de Ballerini-Palmieri, op. cit., affirmant que la bonne fo: n'est pas exige, p. 194 sq contrairement la tradition et l'art. 1111; que le propritaire ne peut revendiquer dans l'hypothse de l'art. 2280 (sic), p. 1971

Pour

201

sq.

op.

III. La prescription en droit canonique. La plupart des dispositions antrieures au Codex actuel ont t tires du droit romain parfois corrig; aussi les

principes gnraux et les motifs de la prescription,


Decr.,
1.

II, tit.

xwi,

c.

5. sont-ils les

mmes qu'en

thologie morale. Bornons-nous seulement signaler les particularits les plus notables. (Voir, entre bien
d'autres, Schmalzgrber, op. cit., et Wernz, Jus decretatium, t. a. Rome, 1908, p. 305 sq. cf. l'intressant dictum de Gratien sur caus. XVI, q. ni, c. 15.) 1 Les textes ou la doctrine marquent nettement les limites de la prescription, en excluant ex natura rei : les droits tablis dans l'slise jure dioino (Decr., 1. I. tit. iv, c. 10), les ces publics, les choses de pure facult, le droit de visite et 'obedientia, lorsque la prescription

'.'

a
tit.

pour

effet

une exemption
1(>), les

totale

(I)rcr..

1.

II,

En outre, la loi dclare imprescriptibles les limites des provinces ecclsiastiques, diocses ou paroisses (Decr.. 1. III. tit. xxix. c. 1) (s'il y a simple doute, on applique la prescription de lu ans Grat., caus. XVI, q. IV, c. 2;
:

xxvi, c. 12 et un usage profane.

res sacre,

seulement pour positive canonique

129
Decr
1

PRESCRIPTION
II

LE DROIT CIVIL ET LA MORALE


civil franais.
les

130

spiritualia, except Ut. xxvi, c. 9), le jura tre titulaires, commele ceux 'dont les laques peuvent spulture (Decr., _;*" droit He patronage ou de x.xv, c. ix. /Je re /.), xxvi c. 7; concile de Trente, sess. sans titre, et plus obtenus ecclsiastiques les bnfices

Nous voudrions, pour

patrimoine des.clercs encore leur incorporation au des fondations charges les VI'), je reg. juris, 1, in sess. xxv, c. v De ref). pieuses (cf. concile de Trente, gnral les <> droit canonique adoptait en J 'ancien sauf quelques exceptions dlais du droit romain, prcieux ne se prescrigjjses, les meubles
:

cher remdier. que doit tenir route la question se ramne la place dans la thorie de la prescripla notion de bonne foi temps requis pour tion I.es diffrences relatives au possession seraient prescrire ou aux conditions de la
ainsi serait-il, facilement attnues ou supprimes systme spcial en un reconnatre de ais exemple, par faveur de l'HRlise. font a la bonne Mais la plupart des lois modernes ne a cause de la tradifoi qu'une place minime: d'abord pas toujours la le droit romain n'admettait lion bonne foi; il en tait ainsi peut
:

origines de ce dsaccord et les

conclure, rechermoyens d'y

COIltr , |es

ans, comme les immeuvent qu'au bout de quarante personnels (Decr., I. H, ou rels droits les bles et spciaux peuvent accorUt xxvi, c. 8); des privilges l'glise romaine, oninc der un dlai plus fcmg; contre (authentique Quas achones, prescrit que par 100 ans Sdleg. 23, Cod.Jusf.,1. I,tit.n; xxvi, c. 13, 14, 17,1. II, q i.,,c. 17; Decr., 1. H. t. supposent toujours in VI). Ces dlais

w.,-W

presapion primitive, et. au moins, pour la tait ab.rs lumte a cription le 30 ans. dont l'effet m du crancier; l'extinction lu droit du propritaire qu'au dbut de la en outre, m n'exigeait la bonne f-i Girard et Serai, Manuel lmentaire de

ncessit

le

la

pour

l'usiK

prescription.

tit

^.,0;/,^. abom^foiWr.,! l.,Ul. xxv.,c. prsume. souvent plus le titre, un UlTis 2 in VI"), et la prescription que invoquer peut sans 'titre, on ne memoria non c'est--dire mlus contrarn
Immmoriale,
si

XIII

2,

droit

du

romain, d., 1929, p. 322 s.,.. 772 sq. L'influence romain a contribu a maintenir ou mme a de Eglise. tendre ces principes, malgr la raction
droit
I

existit

le

droit

commun

est contraire

ou

,1

>

\ee tumes
la

.notii traditionnel s'ajouta,

dans certaines cou-

prsomption
!i

de mauvaise foi des canonlstes t. xin,c.l,nVJ). La plupart au pndi de possessions des jonction la admettaient toi, mais de bonne auteur d'un cause tous les ayants universel, s. successeur au la prescription
[I,

outre

le

possesseur

auteurs de notre ancien droit, et b/ certains en allguant l'intention d'carter les rgles canoniques, qui rside prouver la mauvaise foi
difficult
<l<-

principalement

dans

l'esprit

dans l'intention

refusaient

mauvaise loi. son auteur avait t de se produit en 30 L'effet de la prescription, qui quelle que soit la conscience comme au ror externe, expiration aprs tomeientia tei aline acquise sq. ", m., n. 5 sq op. (Schmalzgriiber, dlai mterrupt mn suspension ou ,.,.
<
l

42; Trait des prescriptions, 3 d., Paris, 1773, p. l'activit les triet en dclarant limiter au for externe ce n est bunaux S'il en arrive quelques inconvnients,

Dunod

que dans des cas


suffisent

particuliers, et... les Inconvnients ne

pas pour anantir une rgle gnrale dont pour conserver l'observation est absolument ncessaire Aussi l'auteur approuvait 11 tranquillit publique.
la

,,,,.

,,

ll0

^
la

>

les

coutumes
la
.

.1111

|a

enfin, la

prescription

peut

tre

accomplie, par
I

resiitutio

rescinde, une fois inlegrum accorde, en


glises,
\

mis dans onreux


il

presci ipt ion

ont rejet ce que le droit canon axail trop le trop <bl!i le et

cas de lsion, aux mineurs, et ans(l. I. lit. KXI, c. 1 cl de

aux
'2.

dans le dlai
en

/").

notablement simplifi la matire d'admettre le droit posltil pour 1508, dcidant, can. sauf les exceptions suivantes, les biens ecclsiastiques, requise, el pendant tout, a la bonne foi es1 toujours chappent a la dure le la possession (can. 1512). l'e.a. des personnes prescription les actions relatives a ou n- peut e le can 1701); ce qui est de droit divin, Saint-Sige; les du privilge d'un l'aide qu' obtenu possder les laques, droits spirituels, ,, ne ne peuvent
le Codex
a
les

nies. spclalem< nt certain que les lois plus r< t encore plus loin, et nous le Code civil franais, ont reconnat le ror avons xu comment notre droit ne obligation interne qu'au point le x ne de la Simple fcheux de cette naturelle. C'esl la un des aspects systmatique des principes canoniques par
est

Ignorance

el 20, Decr.,1. Il, ledroil civil. Les gloses sur le can. 5 d. en J.lstiliant la lil HXV1 dploient dc|:i <e d. s. ci-dessus, dcision prise par le IV concile du 1 atran, pas voulu condamner en blo< 124 le pape n'a col aux prescriptoutes les dispositions lgales relatives

divisions ecclsiastiques, limites incontestes les des messes; les bnfices eedles aumnes et charges les droits le x site siastiques, en l'absence le litre; le avait exemption totale, et d'obissance, s'il y

taxe rcognitive le soumission la le les res sacra 1509); (can. (calhedratieum) i'veque pour les usages proSusceptibles le proprit prive, les le leur caractre; perte la aprs fanes ou sordi.les, faveur a un en prescription la autres res sacr, pour m requiert un dlai particulier (can. 1510). Enfin,

paiement

mais n'exigent pas toujours la bonne fol, a dioinum rappeler seulement les exigences du /ui le pch et empche la coupable rend fol mauvaise pas prescription. Le droit canonique ne mconnat punit qui institution dune vidente l'utilit sociale permet le ne pas laisser les ngligences sans excuses, et aussi dans la eu suspens un droit incertain; mais il volt proprit 0,1 de paieprescription une prsomption le au moins la sanction lune croyance lgitime
tions pu
et

ment, m, durable
Ici les

a la

proprit ou a

la

libration.

spcial

ans. le Saint-Sige (100 OU meubles prcieux contre morales les autres personnes contre ou I). can 1511, S >): un bnfice C! ans le ans,

pour

prescrire les droits, actions.

Immeubles

deux lgislations peux eut se relu -outrer Sans les avantroits mais la tendance a faire prdominer sociaux peut crerunconflil axe,- la rgle m
tages
le sacrifice en consacrant l'viction lu propritaire ou semblent x condu crancier. Les auteurs modernes

ecclsiastiques (30 axec bonne fol el possession paisible, sans simonie, crimes actions 1117); [itre, mme invalide, can. criminelles d'au. 1703).

IV Le point m. vue .n ridiqui .a ncessite d'exposer VUE MORAL.


I

11"

po de

aussi clairement

oblig a trainue possible une matire dlicate nous a civil OU canoen droit prescription la ter Sparment morale. Chemin taisant, nous

nique

avons relev

en thologie entre les exiles divergences essentielles et les conceptions gences indispensables de latholOgie notamment du Code juridiques les droits modernes,
et

amencu disait bien facilement; Bigot de l'i. est rendue et des lors les gnrale justice la dj doivent cdera la intrts privs qui peuvent tre lss On ne rsoudra ncessite de maintenir l'ordre social. tholopoint le problme en le dclarant supprime: la de SOU existence quand elle gie morale se rend compte par l'admistempre parfois la rigueur les principes, bonne toi thologique, mme ngative, qui
sentir

sion d'une peut tre moins rigoureuse

que

la

bonne

foi civile, et

jusque par

la

poureconnaissance, au for interne, d'un


T.

XIII

5.

DICT.

DE THOL. CATHOL.

131

PRESCRIPTION

PRSOMPTION
de l'esprance,

132

voir extinctif reconnu l'usucapion de mauvaise foi. Il semble impossible d'aller plus loin; L'exigence de la bonne toi thologique esl un minimum, dans l'une et
l'autre prescripl ion, un tat contraire la rgle morale ne mrite pas la laveur de la loi, et ne saurait tre invoqu pour lgitimer une usurpation. Au surplus, il

et donc encore pcher contre celle vertu. C'est ce que fait le pcheur qui pense pouvoir tre pardonn sans regretter sincrement ses fautes et sans en faire pnitence, ou nui croit devoir tre sauv tout en s'obstinant dans son , jusqu'au dernier soupir. Sa confiance en Dieu va contre l'ordre tabli par
:

toujours fcheux, pour la socit comme pour individus, de remplacer les prceptes immuables de la morale par les rgles tires d'un intrt social essen liellement variable.
parail
les

soit

Les ouvrages soit de droit civil, soit de droit canonique, de thologie morale ont t cits au cours de l'article.

1.

PRSOMPTION.
IV. Remdes.

I.

R. Laprat. Notion. II. Prsompla

tion et vertu d'esprance. III.

La prsomption dans

vie spirituelle.
I.

Notion.

Le mot prsomption peut

s'entendre

en des sens divers.


l'ordre de la connaissance, on appelle prsompun jugement port avant preuves (prse sumptum) et fond seulement sur des indices ou des conjectures. Cette prsomption peut tre subjectivement forte ou lgre; objectivement vraie, fausse ou probable; mais elle n'intresse pas directement la morale. Voir l'article
tion

Providence. Il a le double tort de considrer comme absolues en elles-mmes ou pour lui des promesses qui en ralit sont conditionnelles, et de s'appuyer sur la puissance et la misricorde de Dieu au point de leur sacrifier la justice qui. elle aussi, est un attribut divin. De la deux formes de prsomption. Le prsomptueux attend la batitude: mais, ou bien il donne son esprance un fondement illusoire, ou bien, tout en retenant son vritable motif, qui est la toute-puissance secourable de Dieu, il attend batement les biens sur lesquels elle porte sans se mettre en peine de les mriter. Ces deux formes n'ayant ni les mmes causes ni la mme malice, il importe de les considrer sparment.
la

Dans

suivant.

Dans

l'ordre

affectif,

le

mot prsomption prend

ordinairement un sens pjoratif. C'est un sentiment de confiance en soi fond sur une estime exagre de sa propre valeur. Il faut y voir une forme de l'orgueil. Dans l'ordre de la volont, la prsomption est un mouvement qui porte entreprendre plus qu'on ne le peut, physiquement ou moralement. Il y a prsomption oser transgresser sciemment la loi. C'est le sens du si quis prsesumpserit des lgislateurs et des canonistes. En ce sens, la prsomption n'est pas un pch spcial, mais une circonstance gnrale qui se rapporte au mpris de la loi. Il y a prsomption aussi vouloir entreprendre plus que ne le permettent les forces dont on dispose ou croit disposer. S'il s'agit des forces naturelles, la prsomption est oppose directement la vertu de magnanimit, dont le rle est prcisment de modrer la tendance se lancer dans des entreprises difficiles. Elle est oppose accidentellement la vertu thologale d'esprance, lorsque ce que l'on prtend atteindre ne peut tre obtenu qu'avec le secours de Dieu. S'il s'agit, au contraire, de la puissance divine et du secours de la grce pour arriver la batitude, la prsomption est directement oppose la vertu thologale d'esprance.

II. La prsomption, pch oppos a la vertu 1 Nature. La vertu thologale d'esprance. d'esprance nous fait attendre avec confiance de la bont divine le salut ternel et les moyens ncessaires pour y arriver. On peut dfinir la prsomption qui lui une attente dsordonne et tmraire de est oppose cette fin et de ces moyens.

2" Causes et malice. 1. La prsomption hrtique. Les thologiens appellent la prsomption qui consiste faire reposer l'esprance sur un fondement qui n'est pas le sien, prsesumptio contra spem ou encore prsesumptio hreticalis. Elle dtruit, en elet. la vertu d'esprance en s'opposant son motif. D'autre part, elle a son origine dans une erreur grave en matire de foi elle est commande par une hrsie dont elle n'est qu'une consquence logique et dont elle prend le nom. Ainsi, le naturalisme plagien, qui exalte la libert humaine au point d'attribuer l'homme seul sa propre sanctification et son salut, engendre la prsumptio pelagiana. Voir art. Plagianisme, col. 684. Le surnaturalisme
:

luthrien, qui attribue individuelle et le salut

au contraire la sanctification aux seuls mrites du Christ,

La grce
turel.

et la gloire sont des biens de l'ordre surna-

tels, ils demeurent donc ncessairement hors de la porte de l'homme laiss lui-mme. Quiconque les attendrait de sa propre valeur et voudrait se les approprier par ses propres forces s'abuserait. Sa confiance en lui-mme serait draisonnable; son chec serait certain. Pareille attitude est directement oppose l'esprance elle revient, en et t, lui enlever son motif propre, la bont divine, qui seule lgitime de la part de la crature l'attente de biens qui ne peuvent venir que de Dieu, et par suite supprimer son objet
:

Comme

sans laisser la moindre place la collaboration de l'homme, engendre la prxsumptio tutherana. Voir Luther, col. 1218 sq. Le prdestint ianisme calvinien, qui admet la prdestination absolue, engendre la prxsumptio calviniana. Voir Calvinisme, col. 1406 sq. Toute prsomption de ce genre supprime l'esprance et revt la malice de l'hrsie dont elle dcoule. Objectivement considre, elle est toujours un pch trs grave, peccalum mortalc ex toto gnre suo. Les prsomptions dites luthrienne et calvinicnne sont cependant plus graves que la plagienne. parce qu'il est plus grave d'attribuer Dieu ce qui ne lui convient pas, dans l'espce une puissance et une misricorde qui s'exerceraient au dtriment de la justice, ce qui constitue un attentat contre la saintet divine, que de surfaire les forces humaines. Patet autem quod gravius peccat qui diminuit divinam virtulem, quam qui propriam virtulem superextollit. Sum. theol., ID-ID', q. xxi, a. 1, ad 1 "". A la suite de Pierre Lombard, Sent., 1. II, dist. XL III, les commentateurs du livre des Sentences, en particulier saint Albert le Grand, saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure, n'hsitent pas voir dans la prsomption qui s'appuie de faon immodre sur Dieu une espce de pch contre le Saint-Esprit. Cf. Albert le Grand, In II<m Sent., dist. XLIII, a. 4; saint Thomas, In II m Sent., dist. XLIII, a. 4, et Sum. theol., II'-II q. xxi, a. 1: saint Bonaventure, In 11 '" Sent, dist. XLIII, a 3, q. i. Donner tout la misricorde et supprimer la rigueur de la justice, explique saint Bonaventure, c'est en elet enlvera l'homme les raisons de craindre Dieu: c'est ainsi fermer pour lui la
>

',

voie qui conduit la grce par le repentir et largir a voie qui mne au pch. Ed. Quaracchi, t. n, p. 995 b.

formel.

D'autre pari. Dieu n'accorde normalement les biens surnaturels que dans certaines conditions, conformment ses attributs et ses promesses. Compter les obtenir de lui autrement reviendrait modifier l'objet

cependant moins grave en elledans la mesure mme o l'exercice de la misricorde appartient p.us roprement Dieu (pie celui de la ju lice. Dieu est. en elet infiniment bon. Il est misricordieux par nature; mais

La prsomption
le

est

mme que

dsespoir,

133
il

PRSOMPTION

134

cause de nos pchs. Praesumptio est peccatum. desperatio; quanto magis proprium est Deo misereri et parcere, quam punire, propter ejus Deo inflnitam bonilatem; illud enim secundum convertit; hoc autem propter noslra peccala. Sum. fheol., JT'-II q. xxi. a. 2. Il va de soi que la prsomption, mme entendue objectivement au sens que nous avons dit. ne dtruit dans l'individu la vertu thologale d'esprance que si elle est pleinement dlibre et rige pour ainsi dire en thorie ou en droit. Pareille prsomption esl videm nient 1res lare chez les fidles. Par opposition avec 2. La prsomption commune. la prsomption hrtique, on appelle prsomption commune celle qui, sans dtruire le motif de l'esp ranee et par consquent l'esprance elle mme, intro duit dans la pratique de (elle vertu quelque dsordre et quelque tmrit. Les thologiens la nomment an -i prsumptio praeter spem, Esprer de Dieu la gloire future et les grces m saiics pour j arriver est bon et obligatoire; mais p. rer de lui tel degr de gloire qu'il a rserv < l'un ou l'autre de ses lus serait tmraire, parce que cela relve uniquement de son bon plaisir. Dieu offre libra lemenl a tous les grces qu'il a promises; mais diffrer de s'occuper de son salul en comptant avoir au mo irait ment de mourir le temps de taire pniteno attendre de lui plus qu'il n'a promis cl pcher pai pr< Bomption. De mme, s'autoriser de sa confiance en Dieu pour pcher plus librement, plus gravement, plus frqui m ment, ou pour demeurer plus longtemps dans le pi sous prtexte que le pardon s'obtient vois peine ci aussi facilement pour de nombreuses fautes que pour une seule, seraii abuser de la bont divine. S'exposer sans discernement a la tentation, croire que, tout en ngligeant la prire ci l'ellorl moral requis <\<- tous lei chrtiens ou pourra se tirer d'affaire avec la gro le Dieu serait se considrer au moins Implicitement comme plac en dehors des rgles communes de l'action providentielle. Ce sont la autant le manires de pcher par excs contre la vertu d'esper. Les fautes de ce genre oui gnralement leur source dans la vaine gloire ou dans l'orgueil. Voir Orgi m col. L418 1419. Elles sont graves par nature, mais peuvent devenir lgres en raison (le leur mal ni. L'esprance d'un bien surnaturel extraordinaire ne dpasse pas te pch vniel, si elle s'accompagne d'une entire soumission a la Providence; l'esprance dsor donne d'un secours ordinaire, mais minime, cl l'espoir du pardon dont on s'autoriserait pour commettre seu lemenl des pchs vniels ne sauraient constituer des taules mortelles. Merkelbach, Sunvna theologia mora Us, t. h, n. 835. lai somme, le degr de gravit de la prsomption commune varie non seulemenl scion son Objet, mais encore selon la gravit 'les fautes auxqurl les elle entrane et selon le degr d'influence qu'elle <
punit

Munis tamen quam

'

hoc non diminuit sed augt l \,<i atum. Pect nu: autan sub spe venin- quandoque percipiendse, cum proposito... pmnitendi de peccalo, hoc non est prsesumptionis sut hoc peccatum diminua, quia per hoc videtur habere voluntat: ni minus ftrmalam ml peccandum. Ibid., ad 3". III. Rle de la prsomption dans v mi. spirii

hrtique entrane naturellement des consquences des plus importantes au point de vue spirituel. De l'erreur dogmatique sur laquelle elle repose rsulte une conception fausse de la vie ci du progrs de lame qui porte l'homme a se placer en dehors des conditions du s, dut et de la perfection. Inutile d'insister sur ce point. Poui tre moins
i
i

in

il.

La prsomption

radicale dans ses effets, la prsomption commune n\ n exerce pas moins une influence nfaste dans tous les

<

domaines de la \ ic spirituelle. indis que la confiance eu soi. quand elle est raisonnable et sage, tonifie l'me, en stimule li idre h courage dans les entreprises, la pei rance dans l'effort, l'audace pour affronter la lu' vaincre les difficults, la prsomption qui se prsenti sous i.. forme de l'excs de confiant e n soi n'engendn que des maux. Celui qui a trop lionne opinj le lui mme se lance dans des entreprises impossibles pour lui,
i

Inutile de prendre a\ is d'un conseiller dsinti ou d'un directeur, '.a au-devant d'checs qui ne tardent pas a provoquer l< dcouragement. Sa confiance excessive diminue chez lui la crainte du da
le

poi le

],-,

prl aillions

mi

ess.UIes

aux tentations, et, quand elles le menacent ou l'assaillent, il omet de recourir aussitt aux moyens naturels et surnaturels de les pn venir ou
pose Inutilement de les vaincre. Dans sou dsir de perfection, il veul brler les tapes: croyanl prmaturment acquisi vertus auxquelles il vise, il ne se met pas en peint d'affermir ses positions et s'expose ainsi a des surprises mi a des rechutes; attendant trop de l'emploi de s s seules ressources humaines, d rnprisi facilement les pratiques ordinaires de plti et d lui arrive de vouloii raliser par ses propres efforts des tats d'oraison qui ne peuvent tre que l'effet de grces spcial) prsomptueuses cl par suit, Inefficaces et domm bls toute ascse et tout, mystique qui ni fondes sur l'humlliti rendis que la confiance en Dieu, quand (Ile qu'elle doit tre, attire sur lame des lumires et des secours surnaturels qui l'clalrent et la soutiennent dans la voie (le la perfection, la pi csoinpl ion qui SC prsente sous la forme de l'excs (h confiance dans i., puissance cl la bont divines porte a trop attendre (h Dieu sans demander assez a soi mme. Celui qui, pou. sou compte, nglige de considrer de temps a autre justice divine et ses exigences pratiques, s'endort fad lemeill dans l'inaction ou du moins ne donne pas dans sa vie la place qu'il faudrait a l'effort moral cl aux exercices de dvotion. Victime d'un optimisme d. mauvais a loi. il se conduit c le si Dieu ne dl v .ut pas avoir le courage de h- damner ou se devait de lui accorder des faveurs spciales; il tombe mme |' dans l'illusion quitiste el va jusqu' s'imaginer avoit dfinitivement chapp, pai sa grce, a la possibilit d pcher. \ oir Moi inos cl la proposition 61 de la consl ut i<>ii a lestis pastor d'Innocent XL dans iena
(
,

sur elles

Comme l'a Imcnicnt noie saint Thomas, ce qui serait prsomptueux pour qui ne considrerait (pie les forces humaines cesse de l'tre quand on ticni compte d.
l'immense honte de Dieu
Deo, prtesumptio videtur,
:

si

ipsa res recta qust habelurde mensuralur secundum condi


est

iionem humanam; non autem prsumptio, datur immens i tas divines bonitatis. Il Il ', q. xxi, a. ;;. "". D'autre part, l'espoir du pardon par la peni ad teiice, quand il accompagne le pch 'ans j pousser rellement, n'est pas de la prsomption; cet espoir, en
si atten'

Bannwart,

n.

D
gurir,

l!i
il

S. Pour viter la prsomption ou importe d'abord de se taire une ide exacte iiu

mi

rame

vritable motil ci des vritables conditions de l'espi ehicl icune. Il faut se souv cuir, d'une pal t. (pie le

effet,

d'augmenter la faille comme le ferait la la diminue en ralit, puisqu'il rvle elle/ celui (pii eu est anim \\\\ attachement moindre pour le mal Peccare cum proposito perseverandi in peccalo sub spe venise, ml preesumptionem pertinel; ri
loin

prsomption,

salut est L'uvre de Dieu; d'autre part, (pic Dieu, qui peut et veut le salut de tous, ne nous sauve pas sans nous, et que par consquent l'esprance, absolumenl certaine cl Infaillible a ne considrai que son motil n'est pas certaine pour ce qui regarde chaque indh idu,

L35

PRSOMPTION

PRSOMPTION
I.
1

PREUVE PAR
l

136

moins qu'il ne mette en uvre les moyens de salut et ne persvre jusqu' la mort. Il faut se souvenir aussi qu'en dehors les grces ncessaires, les seules qui soient promises et sur lesquelles on puisse compter, les laveurs divines sont librement dispenses sans que nul puisse \ prtendre ou les escompter. Il importe aussi de se placer et de se tenir dans les dispositions gnrales que commande la situation de l'homme par rapport Dieu l'humilit, qui coupe la racine les tendances naturelles l'orgueil et la vaine gloire; la crainte des insondables jugements divins qui prvient ou paralyse tout mouvement de prsomption.
:

xxm, c 12. pour la copula), en matire crimipour une cause capitale, elle ne suffit pas pour faire condamner. Decr., ibid., <. l. pour un relaps. Enfin, s'il y a conflit entre prsomptions contraires,
1,

tit.

nelle,

encore au juge a dcider quelle est la plus forte les lettres apostoliques de I. Y, tit. xx. c. H simplici justitia sont prsumes exemptes de falsification), en prfrant toutefois les prsomptions lgales celles de l'homme, les prsomptions gnrales aux prsomptions spciales, enfin, en se dcidant pour la validit de l'acte, s'il y a favor legis. - A la diffrence des II. Prsomptions lgales. prsomptions simples, les prsomptions lgales sont tablies par un texte formel (can. 1825, 1; art. 1350
c'est
(l)rtr..
: -

Les thologiens, les moralistes, les auteurs asctiques ou mystiques traitent gnralement de la prsomption a propos de la vertu d'esprance et de l'orgueil. Nous croyons inutile de reproduire ici une bibliographie que l'on trouvera sous les mots Esprance et Orgueil dans ce dictionnaire. On pourra y ajouter les encyclopdies et les auteurs de langue allemande, aux mots Hoffnung et Vcrmessenlieit. E. Vansteenberghe. 2. (PREUVEPAR). D'une manire gnrale, c'est un mode de preuve dans lequel, au lieu d'utiliser des procds propres tablir directement un fait matriel, on recourt un mode de raisonnement, en tirant parti d'un fait connu pour arriver au Prsumptio fait inconnu (Code can., can. 1825, 1 est rei incerlx probabilis conjectura; Code civil fran consquences que la loi ou le magisais, art. 1349 trat tire d'un fait connu un fait inconnu ), parce que cette relation est le plus souvent conforme la ralit : Inspiciamus in obscu1. V, De regulis juris, 45, in VI

PRSOMPTION

d'interprtation stricto; leur nombre est limit. En outre, leur force probante n'est pas laisse l'apprciation des magistrats, mais dtermine par la loi, de manire particulirement nergique c'est non pas un mode de preuve, mais une dispense de preuve. Ainsi, can. 1827 Qui habet pro se juris prsesumptionem, liberatur ab onere probandi, quod recidit in partenx La prsomption lgale adversam...; art. 1352, al. 1 dispense de toute preuve celui au profit duquel elle existe. Il suffit donc d'tablir l'acte ou le fait d'o la loi tire la prsomption. Pourquoi cette valeur particulire ? Tantt le lgislateur a voulu suppler l'impos:
: :

sibilit,

au moins

la difficult
la

parce que, normalement,


la ralit. Ainsi,

d'une preuve dcisive, prsomption correspond

quod est verisimilius et quod plerumque fieri solet. Suivant les indices qui la fondent, on distinguait en droit canon la prsomption lgre, la prsomption discrte ou probable, la prsomption violente ou vhmente ce dernier genre appartient, par exemple, la prsomption de baptme d'un enfant n de parents
ris
:

chrtiens, tit. xliii,

lev parmi les


c.

chrtiens.

Decr.,

1.

III,

3.

droit canonique et le droit positif distinguent surtout, selon l'autorit qui les tablit, les prsomptions du magistrat (simples, ou du fait de l'homme) et celles de la loi, ou prsomptions lgales; cf. can. 1825,

Mais

le

et art. 1349 division.


1,
I.

du Code

civil.

Nous adopterons

cette

Prsomptions simples. La loi ne pouvait prciser davantage en numrant les prsomptions du fait de l'homme; elles sont abandonnes aux lumires et la prudence du magistrat , art. 1353, sous certaielles doivent tre graves, prcises et concordantes (question laisse l'apprciation du juge; ainsi dans l'exemple clbre du jugement de Salomon, Decr., 1. II, tit. xxm, c. 2); le fait connu doit tre en rapport direct avec l'objet de la preuve,
:

nes conditions

can. 1828. En outre, d'aprs le Code civil, les prsomptions simples ne sont admises que dans les cas o la loi admet les preuves testimoniales , art. 1353, c'est--

par exemple, toujours en matire commerciale, jusqu' concurrence de 500 francs en matire civile, art. 1341 (modifi en 1928) on veut laisser l'crit son rle probatoire important, pour viter les fraudes ou la
dire,
:

ngligence des parties.


L'effet de la prsomption varie selon sa valeur propre et l'apprciation du juge ainsi, dans le droit canon antrieur au Codex, la prsomption probable, qui ne
;

fait

par elle-mme que demi-preuve (Decr.,


:

1.

II,

vie commune faisant prsumer la tit. xxm, c. 13 copulu), peut faire preuve entire, quand elle est fortifie par d'autres prsomptions ou indices. Decr., ibid., prsomptions de mariage. Et mme si la prsomption violente fait preuve dans les causes contentieuses (Decr., 1. III, tit. XLIII, c. 3, pour le baptme;

cil:

dans le droit des Dcrttes (ou du Codex), l'tat de laque ou de clerc est prsum par le port de l'habit, 1. V, tit. xi, c. 12, in VI"; le baptme, par le fait de la naissance de parents chrtiens, Decr., 1. III, tit. xliii, c. 3; la qualit d'enfant lgitime, parla naissance plus de six mois aprs la clbration ou moins de dix mois aprs la dissolution du mariage, Decr., 1. IV, tit. xvn, c. 2; can. 1115, 2; la paternit du mari, par la conception de l'enfant pendant le mariage, can. 1115 1 ; art. 312, al. 1 la consommation du mariage, par la vie commune des poux, can. 1015, 2. De mme, en droit civil franais, la prescription fait prsumer la proprit; la remise du titre ou de la grosse prsumer la libration du dbiteur, art. 1282, 1283; l'interdiction judiciaire prsumer l'incapacit permanente de l'alin, art. 502, etc. Tantt la loi veut assurer le respect de l'ordre publie et de la tranquillit sociale par exemple, il y a prsomption en faveur du juge dans Decr., 1. I, tit. ix c. 6, et en faveur des actes crits du procs, dans Decr., 1. II, tit. xix, c. 11; le bnficier titulaire d'un rescrit avec la clause si persona fuerit idonea est rput capable, Decr., 1. II, tit. xxm, c. 16; on est cens renoncer l'appel quand on ne demande pas dans les trente jours les apostoli ou dimissoires ibid., 1. II, tit. xv, c. 6, in VI ; pleine foi est accorde ce qui est numr dans les lettres apostoliques. 1. II, tit. vu, c. 1, in Clem.; le matrimonium prsesumplum rsulte de sponsalia suivis de copula, Decr., 1. IV, tit. i. c. 30; la chose juge est prsume conforme la vrit Grat., caus. VI, q. iv, c. 6; Decr., 1. I. tit. xliii, c. 11; 1. II, tit. xxvii, c. 13, 15, ld: can. 1904, 1; art. 1350. prsumant authentiques les actes al. 3; cf. le can. 181 publics, ecclsiastiques ou laques. Enfin, la prsomption peut tre tablie pour viter la fraude ou faire respecter une disposition imprative que les particuliers pourraient vouloir luder. Citons encore quelques on prsume qu'un clerc ne renonce pas exemples spontanment son bnfice. Decr., 1. I. tit. ix, c. 5, encore moins quand il en a t dpouill, ibid., c. G; la prsomption est contre le contumace, notamment en matire de foi, 1. Y, tit. n, c. 7, in VI ou contre celui qui essaie d'chapper au jugement, Decr., 1. II. tit. xxm, c. 4; le consentement matrimonial est ton jours rput conforme ses manifestai ions ext ienres
;

137
can. 1086,
lit.
1
;

PRSOMPTION 'l'RKUVE PAU


le

PRETRE
entre

138

vivant des deux poux


1 1
;

mariage qui n'a pas t attaqu du est prsum valide, Deer., I. IV,

quand on suppose des


rciproque

parents

qualits naturelles (affection et enfants), ou acquises

que

xvn, c. can. 1972. Ainsi, en droit civil, s'explila prsomption d'interposition de personnes en

(comptence d'un

spcialiste);

quand on donne une


.

matire de donation faite a un incapable, art. 011, al. 2; les prsomptions de fraude pour les actes d'un commerant au moment de la faillite, ait. 10 du Code de commerce; la vente entre poux, art. 1595; les actes entre mineur et tuteur, etc. La force probante des prsomptions lgales n'est pas toujours la mme. Sans doute, elles dispensent toujours de toute preuve; mais les unes ne font foi que jusqu' preuve contraire (cl. I. Il, lit. v, c. 2, in VI", prsumant une possession de mauvaise foi a l'gard de dmes situes flans uni' autre paroisse: can. 101."), 2 prsomption de mariage consomm; can. 1086, manifestation extrieure du consentement matrimoauthenticit les documents publics; nial; can. 1811 can. 111") prsomptions de paternit et de filiation
1

lgitimes); ces prsomptions sont dites juris tantum ou simpliciter; les autres n'admettent pas cette possibilit (prsomptions absolues, juris <i de fur). Cf. can. 1825, 2, et art. 1352, al. 2. Citons, parmi ces dernires, en
la prsomption d'achat d'un esclave pour le service personnel d'un Juif, si cet esclave n'a pas t vendu dans les trois mois, finit., dist. LIV, c. 15; Deer,, I. Y, tit. VI, c. 10; la prsomption de chose juge; la convalidalio lu mariage contract per vim, grce la vie commune, hier., I. IV, lit. 1, c. 21 la renoncial ion a l'appel. I. II, tit. XV, c. 6, in \ I ; l'ancienne prsomption des mariages prsums, Decr., 1. IV, tit. 1, c 30 ; et, pour le droit du Codex, la prsomp lion de chose Juge, can. 1904, S 1. et (die le validit d'un mariage non attaqu du vivant des deux poux. can. 1072. I.a distinction est facile a faire quand la loi prcise, coin me le Codex; mais le Code ci\ il se contente de dire qu'il v a prsomption absolue quand, sur son fondement, la loi annule certains actes ou dnie ai

droit canonique ancien,

valeur plus grande, pour l'admission d'une preuvi qui est le plus proche dans le temps ou dans l'espace; ou encore quand la loi, positive ou morale, favorise un tat, une institution bonne foi, libert, mariage, lgitimit par exemple, parce que c'est l'tat le plus commun. Ainsi, le suprieur ordonne dans les limites de sa juridiction: on prsume que cet ordre est juste; un clerc rcite ordinairement son brviaire de faon correcte; s'il doute d'en avoir oubli quelque partie, il y a prsomption en faveur de l'accomplissement intgral de l'obligation; la volont prsume du vritable propritaire pourrait parfois dispenser de la restitution, par exemple pour les biens pris aux chrtiens par des pirates et lgitimement acquis par des chrl sans qu'on puisse retrouver le vritable propritaire, . Prati, Benoit XIV, 10 mars L752, Bullarium, t. 1846, in i", p. :;:>i sq. ; la permission du suprieur pour user des choses temporelles, religieux e au en matire (le viril de pauvret, pourrait se prsumer s'il y avait absence du suprieur, t difficult de diffrer l'affaire, surtout m elle tait de peu d'importance. Mais la prsomption ne tire sa valeur (pie ! conformit avec l'tat rel: aussi devra-t-clle toujours Cder, au for interne, devant la vrit.
:

Pour

le

droit

canonique,

par

exemple
i.

ulose Contra prassumptionem, sur /'ht.,


.

l'intressante l\, lit. 1.


: .

Schmalzgrflber, Jus canonteum unlversum, t. n, Rome, 1844, p. 211 s.|. Wern/, ./us deeretaltum, Uv, Pratl, 1914,
p.

192

s,|.

four

le

droit ci\

il

fi .ni. 1.

mi-

Jostenuld,

'

''tir-

droit

civil positif franais,

< olin Paris, 1930, p. 107 sq.; ci 11. Capltant, c'"nrs lmentaire droit civil frai 7 d., 1. n, l'ans, 1932, p. 111 sq.

a,

'

l'ou- la
1 1

d.,

t.

1.

thologie morale 1890, p. 125, 710.


:

ehmkuhl,

en justice. (ailleurs, la rigueur de ce classement est plus appareille (pie relle, car la loi elle mme autorise parfois la preuve contraire) avec des exigences svres (dsaveu de paternit), et iiiine sans exiger des conditions sociales. En outre, quand la prsomption absolue n'est pas fonde sur un molif d'ordre public, elle peut tre renverse par l'aveu judiciaire, dans l'interrogatoire surfaits et articles, ou par le refus de prter le serinent dfr en justice, art. 1352, al. 2 ce sont la preuves donl la force probante est particulirement nergique. l.e droit canonique admet une exception plus gnrale quand les prsomptions, mme nuis et dt ime. ne si la sont pas conformes la vrit au for interne preuve contraire directe n'est admise (pie pour les prsomptions juris tantum, la preuve Indirecte n'est pas exclue pour les prsomptions absolues, c'est a duc qu'on pourra dmon rer que les qualits, CiTCOnst a nes OU conditions requises par la loi n'existent pas; cf. can. 1826 Contra prsssumptionem juris et de jure,
lion
I
:

PRT A INTRT.
PRTRE.
le
|

H. Voir Usi

I. vi

tantum indirecta \probatio], Ime

est

contra faclutn quod est

prsesumplionis (undamenlum. Par exemple, on pourra faire tomber la prsomption lgale de mariage valide par cohabitation en dmontrant (pie la crainte viciant le consentement d'un conjoint a dure depuis la clbration. Cf. Deer., I. IV, lit. 1, c. 21. 30; 1. Y, lit. XVIII, c. I. Tout se rduit une question de preuve, qu'il est parfois diffs de d administre! si bu n qu il peut \ a\ cir contrarit entre le l'or externe et le for interne. D'ailleurs, la prsomption Intervient aussi en thologie morale dans le doute, c'est--dire quand la preuve directe d'un fait ou de l'application de la loi morde est impossible d faut bien parfcis retour!] la prsomption, pratique lgitime, puisque la prsomp lion esl le plus souvent conforme la ralit; ainsi.
:

ne saurait tre question d'tu11 sacerdoce en gnra] dans toutes les relij mme paennes, le Culte de 1.1 divinit a toujours eu. en effet, des n tics eom me ministres. De ce fait universel on peut donc retenir que le prtre est, pour rendre a Dieu le culte qui lui est d. i,- reprsentant ou, mieux, le dlgu de la socit. I. 'Ancien Testament nous montre, dans la religion primitive et dans la religion juive, le fonctionnement de ce sacerdoce, c'est tout d'abord, avant Mose, le sacerdoce patriarcal, le chef de famille remplissant luimme les fonctions sacerdotales et. au nom de tous ceux qui dpendent de lui, offrant a Mieli ses hoiuniages et ses sacrifices. Ensuite, aprs la rvlation du sinai. c'est le sacerdoce mosaque, sur ces sacerdoces et les prtres de l'Ancien Testament voir l'art, l'retre, v dans le Dictionnaire le la Bible, Col. 6 I" Sq. Ici. nous ne voulons considrer que le prtre du \ouvcau Testament, c'esl a dire le ministre sacr qui. dans la hirarchie chrtienne Institue par Jsus Christ, occupe le premier rang aprs l'vque. Nous exam ions I. L'origine du presbytrat. 11. Les fonctions presbytrales et les obligations qu'elles impliquent (col. 153). III. l.e presbytrat dans ses rapports avec les autres ordres (col. 158). IY Les questions relatives au sujet, au ministre, au rite d'ordination du presbytrat (col. 160). I.a plupart de ces questions ont dj ete touches dans des articles prcdents, notamment
dier
: t
.

Ql
I.

et OKDRJ Origine du presbytrat.


1
.

Lenom.

-Dans

les

vangiles, nos expressions franaises prtre, grand prtre, prince des prtres, concernant d'ailleurs le

sacerdoce mosaque, traduisent

te

grec .-.:::

cf.

Luc,

139
i,
.">;

PRTRE. LE NOM
v,
i
i ;

iO
Seiles

\,

:;i

etc., el c'esl

en ce sens,

comme

anti-

contre

les

presbytres.

xxi,

Vnrons

le

type du prtre mosaque, que Jsus Chrisl esl appel lepeu par l'auteur de L'ptre aux Hbreux, vu, 11; x, 21. Ce terme n'intresse pas le presbytrat chrtien. Le mot prtre indique lui seul son quivalent grec, jrpeo Jrepo. Or. dans les crits du i" sicle, il est fait
assez,

gneur

Jsus..., respectons

frquemment mention des

sont les anciens . Pour ordre spcial dans l'glise. viter toute quivoque, nous traduirons constamment
-zz<-,'j'j~z.<j'.

Tcpsati'JTepo'.,

comme

par

presbytres

1.

Dans

l'glise de Jrusalem.

Les disciples rso-

presbytres, levons les la crainte de Dieu. > xuv, ", Bienheureux les presbytres dont la course est ici-bas acheve; ils ont obtenu une fin riche en mrites et en perfection ils n'ont plus craindre d'tre expulss de la place qui - xi.vn, G Il est honteux, leur avait t assigne. frres, et on rougit de l'apprendre; oui, ce sont des choses indignes du nom de chrtien l'Eglise de Corinthe si ferme et si ancienne, pour faire plaisir une ou
:
:

nos suprieurs, honorons jeunes yens dans la dfseiplin

lurent d'envoyer... des aumnes aux frres qui habitaient dans la Jude; ce qu'ils firent... les envoyant aux presbytres par les mains de Barnabe et de Saul. Act., xi, 30. Paul et Barnabe s'tant fortement levs contre eux (les judasants), il fut rsolu que Paul et Barnabe et quelques-uns d'entre les autres iraient Jrusalem vers les aptres et les presbytres pour cette question... Arrivs Jrusalem, ils furent reus par l'glise, par les aptres et les presbytres... Les aptres et les presbytres s'assemblrent donc pour examiner cette question. Ibid., xv, 2, 4, 6. Il plut aux aptres et aux presbytres, avec toute l'Eglise, de choisir quelques-uns d'entre eux et de les envoyer, avec Paul et Barnabe, Antioche..., crivant Les aptres et les presbytres frres, aux par eux frres d'entre les gentils..., salut. Ibid., xv, 22, 23. Paul parcourait la Syrie et la Cilicie, confirmant les glises, et leur ordonnant de garder les prceptes des aptres et des presbytres. Ibid., xv, 41, Vulgate. Or, en allant par les villes, Paul et Timothe leur recommandaient d'observer les dcisions qui avaient t prises par les aptres et les presbytres qui taient Jrusalem. Ibid., xvi, 4. Le jour suivant, Paul entrait avec nous chez Jacques et tous les presbytres s'assemblrent. Ibid., xxr, 18. 2. Dans l'pitre de saint Jacques adresse aux judo:

deux mauvaises
tres.

2 Celui qui est gnreux dira Si cette sdition a clat mon occasion, je m'en irai o il vous plaira, et je ferai ce que la communaut voudra m'imposer; mais il est ncessaire que le troupeau du Christ jouisse de la paix avec ses presbytres tablis.
i.iv.
: :

ttes, s'est souleve contre les presby-

lvii,

Vous donc qui avez jet les semences de la rvolte, soumettez-vous aux presbytres. 9. Le Pasteur d'Hermas est le premier document qui
1
:

parle des presbytres de dirigent l'glise. Vis.,

Rome

Les presbytres qui


3; III,
i,

II, iv, 2,

8.

chrtiens disperss.

malade
gneur.
3.

qu'il appelle les presbytres

qu'ils prient sur lui,

Quelqu'un parmi vous est-il de l'glise, et l'oignant d'huile au nom du Sei

Jac,
les

v, 14.

Paul et Barnabe. Aprs avoir ordonn des presbytres en chaque glise, et avoir pri et jen, ils les recommandrent au Seiglises fondes par

Dans

gneur.
4.

Ibid., xiv, 22.

Or, de Milet envoyant phse, il phse. les presbytres de l'glise. Ibid., xx, 17. Ne nglige pas la grce qui est en toi, qui t'a t donne par une prophtie avec l'imposition des mains des presbytres. I Tim., iv, 14. Que les presbytres qui gouvernent bien soient regards comme dignes d'un double honneur, surtout ceux qui s'appliquent la parole et l'enseignement... Ne reois pas d'accusation contre un presbytre, si ce n'est devant deux ou trois tmoins. Ibid., v, 17, 19.

convoqua

fournir d'indication certaine sur le caractre sacr ou la fonction remplie dans l'glise par ceux qu'il dsigne dans les textes prcits. Pris adjectivement, il signifie g, ancien; substantivement, vieillard. En ce sens originel, il est parfois employ dans le Nouveau Testament, par exemple, Luc, xv, 25; Act., n, 17; I Tim., v, 5. Pris collectivement, les presbytres sont le collge des anciens du peuple , corps d'autorits constitues et dont, en rgle gnrale, les membres sont d'ge avanc: c'est la yzpyjcsirx de Sparte, le senatus de Rome, les anciens d'Isral avant et aprs l'Exode, Ex., m, 16; iv, 29, son snat du temps des Macchabes, II Macch., i, 10; xi, 27. Pendant l'exil, le livre de Daniel, xni, montre les anciens Babylone dans l'exercice de leurs fonctions de juges. Dans l'vangile, les zzzsa6'JTpot dsignent parfois les anciens, c'est--dire les grands anctres, les anciens docteurs de la Loi, les patriarches, les hommes illustres, dont la doctrine a cr la tradition. Matth., xv. 2; Marc, vu, 3, 5. Mais ce mot s'applique surtout la classe des anciens du peuple , assesseurs du grand sanhdrin, ct des princes des prtres et des scribes. Matth., xvi, 21; xxi, 23; xxvi, 47. 57; xxvn, 1, 3, 12,20, 41 xxvm, 12, et passages parallles chez Marc et Luc; cf. Act., iv, 5, 8. Ils formaient partie intgrante du gouvernement national et le titre d'ancien tait donn des personnages jouissant d'une relle autorit, des chefs. On voit par l qu'il est assez plausible de conclure
le
;

Par lui-mme,

mot presbytre ne peut

que
il

le

n'est grec
est

-pro-oj-rpo dans le Nouveau Testament que par la forme. Dans le sens qu'il y revt, Dans son emprunt aux institutions judaques

mot

5.

En

Crte.

Si je t'ai laiss

en Crte,
ville,

c'est

que tu

tablisses les choses qui


Tit.,
i,

manquent

et

constitues des presbytres dans chaque


je te l'ai prescrit.

pour que tu ainsi que

5.

Je G. Saint Pierre aux chrtiens d'Asie Mineure. conjure les presbytres qui sont parmi vous, moi presbytre avec eux et tmoin des souffrances du Christ... paissez le troupeau de Dieu qui vous est confi... Vous aussi, jeunes gens, sovez soumis aux presbytres.
:

Pet., v, 1, 5.
7.

Inscriptions de II
lecte...;

et

III Joa.

la

l.e

presbytie

la

au trs cher (laus... 8. ptre de saint Clment aux Corinthiens. \ nrez les presbytres qui sonl parmi vous.
:

dame

i,

vi,

3 venues,

L'envie..., les factions,


ainsi...

sdition...,

les

jeunes

(o

vfoi)

se

sonl

sont levs

acception consacre par l'usage juif l'poque apostolique, r-.i-.rsZj-zprj exprimait l'ide d'autorit, de supriorit, de quelque nature que ce soit. Les chrtiens de Jrusalem ont employ le nom pour dsigner leurs chefs spirituels, leurs pasteurs; bientt les autres communauts leur ont emprunt cet usage, d'autant plus facilement que, dans la langue grecque aussi, comme le prouve la version des Septante, -szar'j-zfoz avait le mme sens. Michiels, L'origine (/? l'piscopat, Louvain, 1900. p. 167. Plus ou moins vite, selon les rgions, le titre d'vque est rserv au dignitaire chef unique d'une glise, celui qu'aujourd'hui encore nous nommons vque. I.e mot -pso-oJpv. est rserv au simple prtre, d'une faon absolument exclusive quand il est employ en opposition avec rcfaxoTtot, bien que parfois, en un sens large, il se trouve encore appliqu aux vques proprement dits. Voir art. Ignace d'AntooCHE (Saint), t. vu, col. 708; saint Denis do Corinthe

141
parlant
col

PRTRE. LA FONCTION

142

Soter dans aux Romains de leur voque <-, \- xx, P. n. 10, xxin, c. Eusbe Hist. eccl., l. IV, veques relatant la srie des

387- Hgsippe, de Corinthe, rimains. 'et nommant un voque xxn, n. 1-2, ibid., dans Esbe, op. cit., I. IV, c. voque de Smyrne comme citanl 378Polycrate, col

de Thophylaete, chez de Thodoret, d'cumnius et d, saint Jrme de k s GrecSj de l'Ambrosiaster, Actrn Cramer, Catena Pelage, d'Ammonius (dans Latms. p. 337), chez les oxford, 1838, apost., SS
.

Poiycarpe, comme Wque op. cit., i. v, nue l'vque Sagaris, dans Eusbe, surtout et 490, 2, .W, coL v. col. 1685 1686 t. voir t. vu, col. 2128: vques, aux temps apostoliCe n'est que postrieurement ont pris galement ques que les prtres el les vques dbut, dclare Gihr Au sardo/es,Upe.. de te nom prtres les noms de . on ne voulut pas appliquer la hirarchie de membres . aux lvites a prc) et de d'carter... cette opinion de l'glise catholique, afin clerg catholique conttauatt

d'Eumnie, Thrase

ainsi

1660-1661 C?.'art vfiouES, col. , (AmL, me bien cette tradition antique. Surn. de prtre et ad 1>- - Lorsqu on parle

|amt Thomasrsu-

IWI
,

q.

"Li?

btM

points de vue dnd'vque, on peut se placer a deux que non,, et il esl vritable rent .Au point de vue du pas entre prtre et vque... jadis on ne distinguait l'un et l'autre, emploie le Saint Paul, pour les dsigner xx [28J... et... Act.. v [17], Tim.. prtre... mot ralit, ils ont toujours ete la de vue de point Mais, au El saint inoaptres. distincts, mme au temps des et sur le p,eudo-I >,,> mas s'appuie sur Luc x. position des auteurs cathoTelle semble bien tre la Seule la position de.saint liques Jusqu' la Rforme.
I 1
.

clxxxiv,

a. G,

SsoluLnt fausse/que le
simplement
le

Son

ancienne 'Les ans s tr. franc., sacrements de l'glise catholique, en gnral, 127. Le terme sacerdos fut
sacerdoce de
la

Lo

Jrme
col.

peu. tre discute. Voir 1670-1671, et surtout JROM1

art.

Evoques,
t.

iSaml).

MU.

iv, p.

durai les d^x

C r
dotes
ei

premiers sicles, rserv a Les simples prtres "ssde la plnitude du sacerdoce. ordinis, m/nom candi sacerdote, appels

r,vc-.,.u- ,.

"on
voir

connat

la

Ordre,

col.

protestante; thse fondamentale des succession 1336 sq. IN rejettent la


i,-

sacerdotes, ol ht ordinis, infrions ordinis

pou
ex

apostolique des vques. proclament comme versel, considrent le ndntrtre


l,
,i,
|

sa., rd.,,, ><>,>-

un simple mem,
dput

minons ordmi dvou ; Le' pontifical les appelle


Dter
er les fonctions

apostolique est un problme des presbytres de l'ge nius^r d.n s si on dire, ainsi pour
dlicat
i. fondamental complexit, Insoluble. Le Point laiss en suspens importe d'claircir, et qu'on a le presbytyat, est celui-ci l'article Ordre, col. 121:.. toujours une il dans l'glise apostolique, comporta des pouvoirs spiriconsquent, par et, sacre fonction ou bien pouvai 11 tuels confrs par l'ordination, honorifique purement ordo un reprsenter simplement problme peuvent Les solutions apportes ce quelques diver ramenes trois tendances, nonobstant rponses apparentes. gences notables entre certaines qualifie! d Un premier courant, qu'on pourrait ges del premiers aux remonte qui traditionnel el vu dans les^presbylittrature chrtienne, a toujours de fonctionsisacres. On * tres des personnages investis 1659-1661, la synonydmontr, l'art vques, col. presbytre dans les Jrits mie des termes piscope e1 chez les auteurs aj*apostoliques. Sans doute, surtout sainte, on croit 'tudient pas en exgtes l'criture et itpEcroWpo la intoxoTto aux mots trouver dans la hirarBcation qu'ils prsentent actuellement
: 1
,

(Moclt\on:Comecrand^sequentis ordinis Kcvmda dignitatis (prface conscratoire). pr

viros

La

fonction.

de Dieu et l'adminis,: a prdication del parele d, synonymie La sacrements tration des apostoliques tait Invo,., d'tTtloxojrc dans les crite de cette un pulssanl argument en faveur
que comme vques les t hS e
,,, des
les

la

communaut

laque, mais

pare iw

et

prtres
li

anciens de

pnnutu.n- se distinguant pas que ceux-ci n'tant, en ralit, en umunaut, choisis en son sein
plupart des
.

raison de leui

la Contre les assertions protestantes, maintiennent enset des historiens catholiques thol la

les

tout cas, ces foncfonctions ne l'taient pas et, en sacr, aussiiblen cheztas tions requraient un caractre vques, le nom d'vque tanl p r6t res que chez les rserv au* d particulirement plus ^.pendant " '' Baro. Voir rang. taires du premier "dannum sq 517 1612. p Anvers, i,
'

position traditionnelle

les

noms

furent

communs,

W,
,

hristl58,n.3sq.);Bellannin,
1.

'

De membris Ecclesi,
nus,

I,

De cltricis,

ontroniarum, c. xiv, xv;

u,

ordinu, q. n, theologi, De tacramento saint 2' d.. t i, Paris. 1701:: Mmoires..., TUlemont. rdinafiom6us...,parc. ni, /' r; Morln, Paul a U l-.****exerc.3.c.net..ii rournly, Pr*/ecf.

Summa

De tacramento
Cursus
theol.,
1

ordinis,

dlsp.

IV,

n.

10-11; BlUuart,
iv,

peut citer notamment Origne, rertulltan, [rene, Clment d'Alexandrie, a Odascalu saint Hippolyte, sain. Cyprlen, doctrine et les textes Constitutions apostoliques, donl la 1227l'art. Ordre, col. principaux ont t rapports MicWelS, op. Cf., avec cependant notera 1231. On d'Alexandrie, Origne et rertulp ,21. que Clment l'Aptre, I Jim., in, 2
hie ecclsiastique.

On

saint

De tacramento ordinis, dlss. que, |,i f ran/.lm soutient mme plus probable prtres, nanmoins le appels sont se vques siies apostoUqt.es, motvque a toujours, mme aux temps premier du prtres aux rserv
,
t

!-,,

allguant le prcepte de [Aia ywocucc, 6): Ae ettIoxoitov... eTvi avertissement aux prtres cet fivpa. rapportent qu'ds para,ss,n admet ,e a l'evcque; si ,ma, les deux ordres Et" comprend Inlaxono non. que le de Nattante, Grgoire sain. de autan, faut en dire Orat.,11, Apolo son dans passage commentant le mme
.r

Dans sa thse EccUsirChristi, Rome, 1887, th. xi... dortorale,Dere ff mineerteio5fico/u^FafriwapoLesquoj tait Zicorum doctrinam, Louvain, 1881.

Tit

Il
netira

dpendre cette exclusivit du contexte une nouvelle interprta,,. premier, proposa ,.,.,., ae l'quivalence
1

tion,

"'Mais

la plupart des da; leur exe.es, des textes, un commentaire suivi, Pres, notamment ceux qui font curant, es auteurs d remarquent que. dans l'usage les les noms et lignent confondent apostolique l'ge tant . piscopes comme tantt mmes personnes adme presbytres, Saint Jean Chrysostome d'vque, de prtre et ainsi que les dnominations en est de nu nu mme de diacre taient communes. 11
.

11

69

/'.

G.,

t.

XXXV,

col.

177.

apos.oli.pn-s jUOUd rem, aux temps sens proesdeux mots, Il veut conserver son l'usage l'a pre, vque et prtre, tel me leur synonymie dans les J. slcleT Mais, pour expliquer qu' l'origine, caus conjecture 11 sicle, i du crits naissante, tous les prtres l'glise de oins des bes Tordre, par consquent avaient reu la plnitude de

tablissant

flx^

2S1

l-piscopat tel que nous le tant prtres et vques, pouelle sorte que tOUS, tre appein.litlerenunent. mais ,n toute vrit, v aient Disserf, ecefes., I. I, ,_ ir7X -, , ou 7tpo

concevons aujourdhm, de

la

f,

/V.VC/0-,.,.,/.

,i,'rr,-i,,-

tv.Plusrecem-

',:;

PRTRE. LA FONCTION
glises
I

les

ment, Perrone a repris cette opinion, dont il montre avantages pour rsoudre le>> difficults. Theolagia,
Tract, de ordine,
1

c.

m,

n.

102 104.

nu autre endroit du De ecclesiast. hierarchia, Petau reprend la question et se demande si ceux que les ('pilics cl les Arles nomment prtres furent aussi vques. L. IV, passim, Aprs avoir allgu les passages
);nis

v. 17: Heb., XIII, 7. 17. 21; Thess., v, 12; Clment, xlii; xliv; lxiii, 1, et passim); ils sont les Intendants de Dieu Heb., XIII, (I Tim.. m, .">; 'lit., i, 7; 1 Pet., il, 25; v, 17), tablis par L'Esprit-Saint (Act., xx, 28;. Dignitaires des communauts (PhiL, i, 1, et passim), ils exercent leur prsidence sous le contrle et l'autorit

M
;

Tim.. ni.
I

.",

Pet., v

1-5;

du Nouveau Testament qui y ont trait, il donne probables deux opinions l.a premire est celle qu'il a expose au I. La seconde, fruit d'une tude

comme

I.

plus approfondie, lui es! fournie par les anciens crivains ah antiquis tradita. Elle semble suggre, au
:

suprieure des aptres (Act.j XV, 2 sq.: xx, 17 sq.: v, 17-22: Tit., I, 5 sq. sq. XXI, 18; I Tim., m. Clment, xlii, xliv). lui vertu de leur charge, ils enseignent la doctrine <le la foi (Act.. xv; xx, 28-32;
1
;

moins en

partie, par l'exgse de

Thodore de Mop-

sueste, voir

vques,

ment

elle est inspire

col. 1089 sq., et trs certainepar saint Jean Chrysostomc, saint

et l'AtnbrosiasIer, cits plus haut. glises fondes par eux, les aptres n'auraient tout d'abord tabli que de simples prtres de second ordre. lit ce sont ces prtres qu'ils auraient nomms indiffremment 7tpeaoTepoi et nianonoi, parce qu'au conseil de ces prtres taient confis le gouvernement, la surveillance de ces glises. Les fonctions sacres, dont l'exercice requiert le pouvoir piscopal, taient

Jrme, Thodorel

Dans

les

xxi, 25; 1 Tim.. m, 2; v, 17; lit., i. :; 1 Thess., v. 12; Heb., xin, 7; Clment, xlii, 3; Didach, xv, 1) et offrent l'eucharistie (Clment, xi.iv. l; Did., xiv-xv); ils ont droit au respect et l'obissance (passim , a l'entretien (I Tim., v, 17. 18); ils exercent un office, une fonction nomme soit XeiTOOpyta, so 't tmaxoicr\, soit rreo (1 Tim., m, 1 Clment, xliv); ils prennent part l'imposition des mains (I Tim., iv, 14), mais il
;

n'est ni dit ni suppos qu'ils aient le pouvoir d'instituer eux-mmes d'autres ministres; ils reoivent leur

remisesjusqu' la visite del'Aptre, quidemeurait pour ainsi dire l'vque de ses glises, ou jusqu' la visite d'un de ses dlgus, par exemple, Timothe ou Tite. Les prcisions apportes par Petau, sans tre adoptes (exception faite pour sa premire opinion pleinement accepte par Perrone), ont certainement influenc les thologiens plus rcents. On les trouve cites avec faveur par Mamachi, Originum et antiquitatum christianorum libri XX, Rome, 1752, 1. 1 V, c. iv, 1 n 1 2, n. 1 par Nol Alexandre, Historia ecclesiastica, t. iv, Paris, 1699, diss. Xi.1 12; le Manuel biblique de Bacuez y fait certainement allusion, t. iv, Paris, 1896, n. 574. Sa deuxime opinion, en particulier (les piscopespresbytres dsignant des prtres de second ordre et non des vques proprement dits), se retrouve, quelques nuances prs, sous le couvert de Thodoret, dans le commentaire de Beelen sur les Actes des aptres, xx, 28, et a inspir Dllinger, Christenthum und Kirche in der Zcit der Grundlegung, t. m, Ratisbonne, 1860, 1, n. 11-20. Mais c'est M. Michiels qui lui a donn rcemment le meilleur relief, en comblant les lacunes qu'elle
, ;

institution des aptres ou de leurs dlgus ou de leurs successeurs (Act., xiv, 23: xx, 28; I Tim., m; v, 22; Michiels, op. cit., Tit., i, 5; Clment, xlii, xliv, 1, 2). irpcourepoL, fut d'abord p. 216. Le titre d' anciens
.

donn dans
peuple

l'glise judo-chrtienne de Jrusalem,

transposition naturelle de l'expression

anciens du employe chez les Juifs pour dsigner les assesseurs du grand sanhdrin, voir col. 140. Le titre d'piscope, surveillant, fut donn d'abord dans les

glises des nations; cf. Jacquier, Les Actes des aptres, Paris, 1926, introduction, p. ccxvii. On sait qu'avant d'tre adopt et consacr par la langue ecclsiastique,

un mot usit dans la langue grecque et servait dsigner, dans son acception gnrale, quiconque exerait une charge publique, une fonction, une magistrature. Voir vques, col. 1658. Mais bientt, en grec, dans la langue ecclsiastique, presIt1g-a.ot.oc, tait

bytre et piscope furent employs indiffremment, le la plutt premier exprimant vraisemblablement dignit; le second, la fonction. Si l'on ne trouve pas accoupls les titres de presbytres et de diacres, mais
bien d'piscopes et de diacres (cf. Phil.. i. 1 I Tim., m; Clment, xlii; Did., xv), c'est vraisemblablement serviteur , le qu'il est plus naturel d'opposer au prfet , l' intendant , que l' ancien . Une dernire remarque relve que nulle part ne se prsente la mention simultane des surveillants (;-ta;'.o-o'.). des anciens (7rpo6'JTpoO et des diacres, comme de trois ordres chrtiens . Michiels, op. cit p. 217. On a cons; ,

prsentait

encore. Michiels, il y a surtout trois systmes d'interprtation possibles. On peut maintenir la distinction originelle entre les deux titres (^psao-spo et sniuy.ono) et les fonctions correspondantes. Ou bien

Pour M.

on peut admettre que chacun des noms n'exprime qu'une notion commune et gnrique, celle d'autorit, notion reprsentative de divers ordres, selon la dtermination du contexte ainsi, les anciens et les surveillants pourraient comprendre les vques, les prtres et les diacres. Enfin, on peut considrer les termes synonymes, rservs l'un et l'autre comme dnominations d'un seul et mme degr de la hirarchie, si bien qu'ils auraient t indiffremment employs l'un pour l'autre avec un sens trs prcis, les anciens tant partout
:

tat que, dans toute cette argumentation, les mots 7T-poCTT3tp.vot, prsidents, cf. I Thess., v, 12. 13, et de 7)yo'Jp.voi, dirigeants, cf. Heb., xm, 7, 17, 24, et Clment Romain, i, 3; xxi, 6, sont supposs les quivalents de 7rp(T6'JTSpo'. et d'nloxoTOH. Voir Ordre,
col.

1222-1223.

Pour que l'argumentation de M. Michiels soit pleinement concluante, il faut encore prouver que les personnages appels presbytres ou piscopes n'taient point, au i" sicle, revtus de la dignit que nous appelons aujourd'hui piscopalc. L'auteur s'appuie d'abord sur le fait que la fonction caractristique du pouvoir piscopal est de confrer les ordres sacrs par l'imposition des mains. Or, nulle trace que les nLa/.oT.r,'.I Tim., TipsCToTepot. du i" sicle aient eu ce pouvoir i\, 1, indique simplement que le presbyterium a pris part la liturgie de l'ordination; mais seul l'Aptre a le droit de consacrer; cf. II Tim.. i, 6. Lue seconde caractristique traditionnelle de l'piscopat, c'est l'unit; or, les textes du i" sicle parlent de plusieurs presbytres ou piscopes dans la mme communaut. Il y a un collge de pasteurs la tte des glises de Jrusalem (Act., xv, 2,4; xvi. I; xxi.tS, d'phse (Act., xx,l7,
: 1

identiques aux surveillants . Cette dernire opinion, dit l'auteur, est la ntre. Op. cit., p. 210. Les textes de l'ge apostolique prouvent l'vidence la synonymie des deux termes. Car l'usage simultan des deux noms sous la plume d'un mme auteur et dans une acception identique prouve surabondamment la synonymie. Cf. Act., xx, 17 et 28; I Tim., m, 2 et v, 17; Tit., i, 5 et 7; I Pet., v, 1, 2 et 5; Clment de Rome, Ad Cor., xlii, 3; xliv, 6; liv, 2; lvii, 1. Mais la synonymie des termes s'ajoute l'identit complte des fonctions les anciens (npsGoTspoi) et les surveillants (maxoTTOt) sont les pasteurs du troupeau de Dieu (Act., xx, 17, 28; I Pet., v, 1, 2; Clment, Ad Cor., xlii, 3); ils dirigent les fidles et gouvernent les

5
<(
<l<-

PB TR
Philippes (Phil.,
i.

E.

LA FONCTION
Les

28)

1)

c'est le jrpeaorpiov
fait

mmes

ngations

se

retrouvent chez
c.

Thomas

de

l'glise CI Tim., rv, 11).

Le

parait galement

pour les glises (ondes par saint Paul dans son premier voyage, pour les communauts des 'pitres de suint Pierre (cf. Pet., \ de sainl Jacques (cf. Jac, oui es les v, 14), <le la Didach (xv, ); en un mot pour glises que les aptres fondrent. Au sein du collge presbytral, pas de chef d'ordre suprieur, ni mme un prsident la juridiction suprieure est exerce soit par les aptres eux-mmes, soit par leurs dlgus. Si saint
tabli
I
1

1,

plus tard, chez Chemnitz, Examen concilii Tridentini, Francfort, 1578, part. II. p. 1162 sq. Elles ont t renouvel) insistance par Mlancht lion, dont on trouvera la doctrine expose a ORDRE, Col. 1339-1343; par Calvin.
Illyricus, Confession d'Anvers,

m:

Pierre se

nomme

<ju|i.7rpa8repo, quoiqu'il
c'esi

soit

le

suprieur des prtres,

vraisemblablement par
tout

condescendance
Jsus-Christ
le

et affection,

comme

il

nomme

pasteur et l'piscope des Ames, I Pet., ii, 25, toul comme plus tard, sainl Ignace d'Antioche, quoique vque, se dura volontiers le collgue des diacres, oovSouXot; (cf. Eph., i, Magn., iij Smyrn., xn, i- de la lettre de 2). Enfin, un dernier argument est le gouvernement des surveilClment de Rome lants , ir.irsy.r,r.rj'., et des diacres ne sullil pas a assurer la transmission du ministre chrtien. Il faut que les aptres tablissent un autre ordre, suprieur aux piscopes (dont les membres recevront bientt ei en propre la dnomination d'ntcnco7toi), mais qui' saint Clment dsigne encore par une priphrase des hommes prouvs qui onl recueilli le ministre des aptres , des hommes Illustres qui instituent les
l
; t

Thodore de Bze, Zwingle, coL 1343-1346; tous d'accord pour nier l'existence de l'ordre comme sacrement, pour nier la collation d'un pouvoir spirituel dans h- sacrement de l'ordre, la supriorit de l'pi pat sur le simple sacerdoce el le pouvoir des \ qu confrer par l'ordination un vritable pouvoir avec la pour en exercer les fondions. Tous sont unanimes a conserver l'imposition des mains comme une coutume humaine, lgitimement Introduite, [tour a 1er dans l'glise le bon fonctionnement de- la prdica lion et de l'administration des sacrements -, cette imposition redevenant ainsi ce qu'elle tait dans la une simple conscration ou ml primitive glise, part pour le service de Dieu, un rite initiateur pr> du jene et accompagn le ferventes prires, pour pr< appeler, sur ceux qui en taient l'objet, rieuses <lu S;iini Esprit, la reconnaissance publique de gliSi le sceau le la double vocation du chef de

'

ses rachets

col. 13 16.

surveillants

(xliv, 1-4);

M, Mlchiels iruii Trente une difficult


le

1219. concile de a sa lllse dans l'application que


cf.

Ordre,

col.
le

rencontrer dans

fait d'Act., \\, 2K aux vques proprement le concile Et il pense la rsoudre en disant que de Trente n'a pas voulu donner une Interprtation authentique, dfinitivement Impose par l'infaillibilit du magistre (Op. Cit., p. 227). S'il a\ail lu les ad es du concile, il aurait constat que les Pres <!< Trente onl pressenti sa difficult el qu'elle est d'avance rsolue en un sens l'a\ orahlc a s:i Ihse. Voir ORDRE, col. 1358

concile

dils.

pas de nier: Il f.iul expliquer. Les tin .iciis protestants mettent la base de leur systme le fait de l'tablissement par Jsus-Christ d'une glise dmocratique, hritire dans s.i collectivit de l'auto rite confie par l- christ aux aptres pris collectivement, ci s'organisant ensuite elle mme selon les exigences <bs ci rcoust.ii h es Cetti organisation, dans les communauts primitives, produisit l'institution de chefs, chargs <! remplir les fonctions liturgiques ei de

H ne

suffit

veiller a

la
le

discipline.

es

historiens

el

les

critiques

1359.

Dans toutes
G'JTcp'.i

ces opinions catholiques SUT les n

aucune discordance quant au cara< fond ions de ces prt l'es. Ce sonl pour les raisons qui onl t dveloppes a Ordrj des fond ions
primitifs,
1re sacr des
, .

relatives

l'administration spirituelle des fidles et ceux qui les onl reues par le rite sacramentel de l'iuiposil ion des mains.

communiques

besoin d'aller plus loin <i de pr quelles Influences oui agi sur l'glise primitive pour dterminer les cadras <l<- l'autorit C'est par le qu'ils nous mil donne leur sentiment sur l<- preslAtii.it primit If, Pour nous en leiiii .ui\ modernes. Ils sont unanimes bien qu'ils professent sur les origines de l.i h; chic les opinions les plus diverses a allumer, dans les crits apostoliques. I.i s\non\niie abSOlUI mes z-:n /',-.'.: il M Michiels cite Rothe, /'" Anfange der christlichen Kirche und ihrcr
ont
senti

2. A l'oppos <!< ce courant traditionnel et catholique se trouvent les assertions protestantes, du moins en dehors des glises piscopaliennes. Nous n'avons pas ., nous occuper Ici des efforts faits pai les anglicans pour maintenir la hse de l'institution apostolique de l'piscopat Cf. Micliicls, op. cit., p. 127-128. Mais il Importe de jappeler que, ds l'origine, le protestantisme, niant
l

d'ailleurs
l'glise
et

l'institution

s'appuyant
et

divine sur la

d'un piscopat

dans

synonymie des termes

n'iGX'j-'.

7tpco6Tpo l'poque apostolique, a proclam le sacerdoce universel les laques, le ministre n'tant, en somme, que le dlgu de la communaut, charg par elle de prcher la parole di\ Ine, d'enseigner la Bible et d'administrer les sacrements, Noir Ordri
.

slgni terme 7tpsa6xi dans la primitive Iv-Jisc. lie l'autorit ecclsiastique tait confie aux plus anciens, est toul comme, en une cit, le titre de snateur dcern aux plus ^s. L'vque est ainsi un simple surveillant, Wchter auf der Warle; et, au mme titre,
col. i:::>7 sq.
le
: .

Pour Luther, ancien simplement

Verfassung, Wittenberg, 1837, p der christlichen Ki den Ursprung des l piscopats Tubingue, 1838, p. 73; Bickell, Geschichtt des Kii hung m. Mari rg, 1849; Ritschl, D rechts, der altkatholischen Kirche, Bonn, 1857; Welzsi k Kirchenverfassung des apostolischen Zeitalters, dans Jahrbcher fur deutscht im Gemeindei Beyschlag, Die christliche / Zeitalter des \ Harlem, 1874; H J. Holtzmann, Pastoralbriefe, Leipzig, 1880, p. 207 212; fiatcb organisation of the early Christian Church, Londre ,1881 (traduit par Harnack, Die Gesellschaltsoerfassung der Kirchen un Altertum, Giessen, l christlichen opra, apostolicorum Pairum Gebhardt Harnack, 2* d., note sur l'epitre le Clment l<- R e, i. 3; Lightfoot, s/ Paul's epistle (<> the Philippians, Londres, 1869, p. 93, 191; Langen, Geschichte der rmischen Kirche, Bonn, 1881; Seyerlen, Enlstehung
;

Episcopats,
isst.
p.

dans

316;

I. ecliler.

Zeitschrift ft praktis [.postolische Zeitalter,

suprieur ecclsiastique doit tre dit surveillant , parce qu'il est un gardien qui veille e que, dans son peuple. l'vangile et la foi au Christ soient constamment difis. Le sacerdoce dans l'glise est donc une institution purement humaine, ne comportant aucun pouvoir sacr reu de Dieu, soit immdiatement, soit mdiatement. Cf. Ordre, col. 1339.
tout

cur, tout

1885, p. lit; Zahn, Forschungen tur Geschichi neutestamentlichen Kanons und der altkirchlichen Literatur,

Erlangen, 1884, p. 309; Kh] in den Pastoralbriefen, Berlin, p. 25, si. 89, 106; Lttnlng, Die Gemeindeverfassur Urchristentums, Halle. 1889, p. 72, 86; Loofs, dans Theol. Studien und Kritiken, 1890, p. 634 645; Mller,
t.

m.

Gemeindeordnung

L47

PRTRE. LA FONCTION

148

Lehrbuch der Kirchengeschichle, Fribourg-en-Brisgau, 1897, p. 94, 135. -Mul^r la synonymie des termes, un grand nombre de protestants modernes, la suite de Hatch, refusenl d'identifier les personnages, tandis que d'autres, l'instar de Lightfoot, les identifient compltement. D'o, en cherchant dans les institutions sociales du temps le point de dpart de l'institution des piscopes et des presbytres dans la primitive glise, une grande confusion. la premire en date, La plus simple explication puisqu'elle a comme premier auteur Vitringa, De synacherche dans la synagogue gogavetere, Franeker, 1696 le prototype de l'glise. Celte opinion a t renouvele par H.-.I. Holtzmann. Les communauts fondes par saint Paul en terre grecque taient, au dbut, sans organisation ni constitution, et l'action de l'Esprit par les c'est la charismes s'y exerait libre de toute rgle priode pauliniste. Bientt ces formes souples de l'association religieuse paenne furent limines par le rgime des synagogues juives. Les npea'zepoiinlaxoTtoi et les diacres correspondent aux archontes et aux serviteurs des synagogues, c'est la priode juridique. Enfin seulement, dans la lutte contre l'hrsie, l'un des chefs s'leva pour devenir l'vquc unique et souverain, afin de maintenir l'unit. Parmi les tenants de l'identit personnelle des TcUTX07roi-7rpea6vrepoi, Rothe dfend encore une sorte d'institution apostolique de l'piscopat, en ce sens qu'aprs la destruction de Jrusalem les aptres auraient dcrt qu'aprs leur mort la gestion de chaque communaut serait remise aux mains d'un vque. L'organisation de cet piscopal serait surtout l'uvre de saint Jean. Baur estime qu'aux origines il y avait, dans une mme ville, plusieurs communauts chrtiennes prives, xxXr.CTiai x.aT' oi'xov, dont chacune tait prside par son doyen d'ge, -ptaolrspo, qui recevait aussi le nom 'erdawxo, en tant qu'administrateur de la communaut. La fusion de ces communauts amena, leur tte, une pluralit d'niaxonoi-npea:

C'est du ct des institutions grecques que Renan va chercher l'origine des piscopes presbytres, sans construire cependant de systme ce sujet. Ce n'est qu'un rapprochement avec les associations religieuses, thiases OU collges, du monde grec, o l'pigraphie lui rvlait des kr '"-,/.',-','.. des repeaSrepoi. Les origines du christianisme, t. h. 1868, p. 353; t. m, 1869, p. 218, etc. Aprs la publication de Foucart, Les associations religieuses chez les Grecs, Paris, 1873, Weingarten pensa dcouvrir toute la hirarchie catholique dans l'pigraphie des thiases l'association chrtienne aurait commenc par le rgime du patronat, chaque groupe possdant son r.p^a-y.-r^; puis le rgime du patronat se serait transform en celui des collges, le Tcpoav/nrfi ayant t remplac par un nlmtono, ou thiasarque, assist de prtres. Cf. Historische Zeitschrift, t. xi.v, 1881, p. 441 sq. Voir Ordre, col. 1197. Encore qu'il garde la thse fondamentale de la thologie protestante, Edwin Hatch admet, avonsnous dit, la distinction originelle des piscopes et des presbytres. L'pigraphie tablirait que les piscopes sont les fonctionnaires chargs, dans les villes de Syrie et d'Asie Mineure, de la gestion des finances municipales. Chaque communaut chrtienne tait administre, au point de vue matriel et disciplinaire, par un conseil d'anciens ou presbytres. Mais ceux de ces presbytres qui taient allects aux finances furent nomms piscopes. Les diacres taient les assesseurs des piscopes. Dans les grandes villes, o le service financier tait plus considrable, on en centralisa toute la gestion entre les mains d'un piscope chef, qui devint bientt le type de l'vque souverain. Harnack reprend cette ide et la complte. On doit distinguer, dans les communauts chrtiennes primitives, comme une double organisation. La premire partage la communaut en dirigeants, npeo'jrepoi, et dirigs. veti)Tspot (l'interprtation est d'ailleurs substantiellement exacte, voir Ordre, col. 1216). Mais,
:

pour revenir l'unit que l'vque s'leva bientt au-dessus du presbytrion dans la communaut unifie. Mais dj Ritschl imagine deux types primitifs de gouvernement ecclsiastique. A Jrusalem est ralis le type judo-chrtien des presbytres gaux entre eux, prsids par l'un d'eux, le premier prsident en date ayant t Jacques, frre du Christ. Ce type aurait e t appliqu Alexandrie, jusqu'au milieu du sicle; sur ce point, Ritschl invoque l'autorit de saint Jrme, Epist., cxlvi, P. L., t. xxn, col. 1192. Partout ailleurs s'tait propag le type ethnico-chrtien, dans lequel les besoins de la fonction disciplinaire ont suscit peu peu un chef local au-dessus des TcpsoTepoi-lTriaxoTcot. La formule dfinitive de
Tepoi. C'est
:

l'administration dons recueil distribuer, culte exercer est la fonction dlgue des presbytres spcialement dsigns sous les noms de diacres et d'piscopes. Il y eut ainsi de simples presbytres et des presbytres-piscopes. Ni les uns ni les autres n'avaient s'occuper du ministre de la parole c'tait l le lot des aptres, des prophtes ou des didascales, investis par vocation ou par charisme. Quand disparurent prophtes et didascales,
les dirigeants,
lir,

parmi

aumnes

cette organisation relve des ptres ignatiennes (dont Ritschl d'ailleurs n'admet pas l'authenticit). D'Asie

Mineure o elle vit le jour, cette constitution se propagea partout pour donner naissance l'piscopat catholique vers le milieu et la fin du n e sicle, au temps d'Irne et de Tertullien. Tout en rapprochant presbytres et piscopes.

R ville

tient aussi

pour leur distinction originelle non

pas en ce qui concerne la dignit, mais en ce qui concerne la fonction . Toutefois, ces fonctions se confondirent certainement; ainsi le contrle put tre confi des presbytres, et la cure d'mes fut sans doute exerce maintes fois par des piscopes . Dans les Pastorales, il y a une distinction trs sensible entre les fonctions de l'piscope et celles des presbyics, quoiqu'elles se touchent ou se rejoignent sur bien
I

des points p. 179, 313.

Les origines de l'piscopat, Paris. 1894,

piscopes les remplacrent dans la Siaxovla to en vertu non d'un charisme, mais de la dlgation vraie ou suppose des aptres. C'est la crise, amene par le gnosticisme, qui, par besoin d'unit doctrinale, cra l'piscopat monarchique. Voir spcialement la traduction du livre de Hatch; les Prolgomnes Die Lehre der zwlj Apostel (Didacli), Leipzig, 1884, dans Texte und Untersuchungen, t. n, fasc. 1-2, et la Dogmengeschichte, 3 e d., t. i, Fribourg-en-Brisgau. 1894, p. 204 sq. Pour K. Weizscker, les presbytres sont les plus anciens membres (-xp/ai) de la communaut, les tmoins des aptres, comme les aptres l'taient de Jsus-Christ. C'est parmi les presbytres qu'ont t choisis les membres chargs de fonctions, les -poaTx[J.EVOI, TjyojjiEvoi ou Klaxonoi, l'investiture de ces fonctions appartenant sans doute aux suffrages des presbytres. Connue Harnack. Weizscker admet que prophtes et didascales ont t limins par les piscopes. Le ministre de la parole, devenu le lot des piscopes, fut centralis entre les mains d'un piscope suprme: les autres piscopes sont ainsi tombs au rang des presbytres, avec cette diffrence que les deutroavaient une fonction, tandis que les presbytres proto-presbytres n'avaient qu'un titre. Das apostolische Zeiialler, Fribourg-en-Brisgau, 1892. p. 613 sq.
les

ov,

1/.!)

PRTRE. LA FONCTION
Tepo! ont les places

L50
d'honneur a la table eucharistique forment son conseil, et ce conseil

Lning abat tout d'abord les systmes de Weingaret de Hatch. Il montre que les institutions hirarchiques de l'glise ne doivent rien aux institutions collgiales ou municipales de la socit paenne et que l'assimilation des piscopes aux ItcLoxot.oi les inscripten
Il distingue rois types d'organisation coexistant dans l'glise chrtienne la lin de l'ge apostolique, e1 qui se seraienl fusionns selon l'idal de saint Ignace d'Antioche dans la premire moiti du u* sicle, in premier type est la communaut souveraine, lisanl le comit d'piscopes qui l'administre ceux-ci accaparent bientt pour eux seuls le ministre de la parole e1 du culte, <|ui d'abord avait t exerc individuellement et librement. Le second type est la communaut dirige / / le presbyte niun, comit de presbytres Investis par l'imposition des id:i n s reue des presbyl res eux mmes, ei auxquels

autour du liturge
dsigne

et

tions grecques est insoutenable.

clbrer l'eucharistie. \"zr '.<-,/ -.-.'. qui doit L'pltre de Clment aux (.orinl biens met le point linal a l'tat charismatique et inaugure, Rome, l'piscopat monarchique, rsultai de l'aspiration vers Tordre et le
droit,

notamment pour la liturgie eucharistique. Dans tous ces systmes (dont on voudra bien, en ce
.

appartiennent la parole, le culte, La discipline. Le troisime type est celui de la communaut piscopat unique, fonde sur le modle de la chrtient de Jrusalem, dont Jacques, puis Simon, furenl vques.

En bref, i les rsultats considrs comme les plus certains ei les mieux tablis par les tenants des doctrl ns volut ionujslcs. paraissent elle les suivants. La fonction de l'plscope dans les communauts lu (tien ns ne fui pas une loin (ion doctrinale, mais une folie lion administrative au sens le plus large du mol. coin prenant la discipline, les linanees, le culte, les relations
BVeC l'extrieur
naire
cl
:

qui concerne leur thse paralh le de l'origine de l'piscopat consulter les exposs a vques, col. 1694 sq.), dans toutes ces explications, il v a trs certainement d'utiles cl intressantes observations de dtail. Mais, du point de vue substantiel qui nous occupe le - ces caractre sacr (le la fonction des prcsbvtres thories partent toutes du mme prjug protestant l'absence d'un ministre sacr, d'institution divine, aux origines de l'glise. Or, quelle que soit la pari de vrit a faire aux observations d'ordre secondaire. l'tude objective des textes oblige a rprouve! erreur fondamentale. Nous avons dmontre, en effet, (pic fout nu moins un certain nombre d'anciens >! liaient tels et taient constitus chefs dans les glises par l'imposition des mains, sorte de conscration donne par les aptres, leurs dlgus ou leurs remplaants, et (pie plusieurs (le leurs fonctions impliquaient un vritable pouvoir sacr Ordri col. 1215. <>n ne conoit pas. en effet, (pie. sans c.iraclci. sacr, les lise de Jrusalem aient t appels

c'est

une fonction mal

crie Ile, discipli-

Identique a (die qu'exeraient les adminisl rleurs dans les autres corporations du temps, dont l'organisation, malgr quelques diversits, tait analogue la const Itution municipale, et dont lessyna gogues en terre paenne n'taient elles mmes qu'une varit. Le ministre de /<< parole tait exerc par les spirituels , par ceux qui l aient (lous des charismes. De l un double lment dans la vie BOCiale de pu m ii s disciples l'organisation charismatique ou spirituelle, reprsente par les prdicateurs itinrants, cl l'organisation administrative locale, celle tendant a la constitution d'un gouvernement, On peut \ ajouter une troisime organisation, celle de la direction ou de la conduite des mes, exerce par les anciens, les nota bls, les presbytres. Vers la tin du v sicle ou au cours (\w n'. ces lments se fusionnrent en ui\ seul organisme eu faveur BUrtoul de rTitoxoTco, qui obtint ainsi le ministre de la parole et la direct ion. Michiels,
locale.
: 1 1

Op.

cil.,

p.

III

II.

conclusions oui t quelque peu Infirmes par Solim. dans son Kirchenrecht. Dans ses fondements, il pose eu principe (pie la thorie du droit divin pour le pouvoir ecclsiastique est en contradiction avec l'essence mme de l'glise, parce (pie l'organisation de l'glise repose, non sur des principes de droit, mais sur les charismes. L'glise a commenc par tre in. nique tout v tait subordonn, librement, au (lia risnie de la parole de Dieu. Il n'v avait ni suprieurs tablis, ni souverainet du peuple; seule, la doctrine dirigeait tout. La communaut approuvait les matres inspirs, ci l'imposition des mains confirmait leur charisme. L'organist ion des communauts commena avec l'introduction du droit la liturgie eucharistique
(les
: :

aptres au gouvernement, non seulement dis h-: lise. col. plinaiic, mais encore doctrinal de 1213. Cette impression devient une certitude dans l'pltre de Jacques, o les anciens de l'glise apparaissent comme lot s du pouvoir d'administrer \i\t rite sacr, col 1213. apparaissent Dans l'glise d'phse, les recteurs de leur ce qu'ils sont a Jrusalem, eux pasteurs des fidles, intendants de Dieu et c'est Ils sont idenqu'il incombe de veiller sur le troupeau pastorales sont Iques au\ col. plus explicites encore, puisqu'elles montrent les prs Pvtns non seulement investis par les aptres d'un pouvoir gouvernemental ei doctrinal dans il leinonic s.u rainent elle de mais encore investis pal la liniposili les mai' s. col 1214. L'Imposition des mains, eomiiie rite conscratolre des presbytres, est dj signale aux Actes, mv. 22: col. 1240 1241. D ail leurs, l'identification absolue qu'on doit (un non seulement quant au nom. mais quant a la fonction, ivii 13 sq reniot les piscopes, voii ci dessus, col. cet te conviction, surtout en raison de l'offrande euchaliment cl de ristique dont les piscopes de l'epitre de la Didacht sont barges, col. 1219 1220. ;:. Vfa ta tous les presbytres talent-ils investis d'un pouvoir sacr? Les meilleurs critiques estiment que la terminologie primitive n'est point rigoureuse, et (que) les institutions dfinitives ont pu tre prp par des institutions transitoires Batiffol, La chie primitive, dans ludes d'histoire et </ lire. Paris, 1902, p. 258 videmment, d ne s'agit pas ici de supposer l'existence d'un presbytrat purement honorifique auquel aurait succd un presbytrat iuv esl de fond ions sacres Mais le mot presbvtic est certainement d'un sens

par

les

il

.i

En effet, le culte eucharistique est de avec l'administration de la proprit collective, et il fallut qu'en l'absence de prophtes et (le docteurs, doues du charisme de la parole de Dieu. lui tablie, dans chaque communaut, une institution locale, pour parler au nom de Dieu, (.elle Institution esl l'piscopat, qui lui ainsi originairement une fonction doctrinale. Le diaconat fournil les aides a orxo7to. Quant au presbytrat, c'est un simple titre honorifique, mrit par l'anciennet, la notabilit; c'est donc non une fonction, mais un rang. Les T7pe<j6
lit

la

transition.
li

sa

nature

plus tendu que le mot piconcdant (pie. dans le lan i\u Nouveau Testament, presbytres et piscopes sont Synonymes, le tenue juif de presbytre correspondant au terme grec d'piscope, on doit reconnatre que le premier est cep.iidanl plutt honorifique, le second plutt administratif. Cet le observt ion du P. de Snicdl le conduit a conclure (pie le il re de presbv re pouvait s'appliquer a tous ceux qui taient associs a la direction des glises, ne ft ce qu' titre honoraire de bienfaiteur, de prmices, de patron. Les piscopes taient
originel plus vague et Aussi, tout en SCOpe
.

i:.i

PRTRE. L'ORIGINE DIVINE


npeotTepoi rcpotorMXvoi; mais
il

152
:

des

pouvait exis-

ter d'autres repeaSTepot

L'organisation des questions historiques, l. xi.iv, 1888, p. 337 sq. .\I^r BatilTol csi plus explicite. Il admet, lui aussi, la distinction les piscopes el des presbytres primitifs. Nous sommes, nous prtres, dit-il, les successeurs des

dpourvus de cette fonction. glises chrtiennes, dans la Revue des

piscopes primitifs

et

non des presbytres.


t
l

Que seront alors les presbj i'es primitifs ? M. Lning a bien tabli que le titre de ~..zr tait un t J .-zy>z titre qui se trouve dans l'pigraphie grecque des Juifs, pour dsigner ceux que cette mme pigraphie appelle ailleurs des archontes. Seulement, ces presbytres, aussi bien que ces archontes, taient non des chargs du culte, mais des magistrats au civil, et ni les uns ni les autres n'taient des magistrats vie. L'analogie entre les presbytres juifs cl les presbytres chrtiens est donc purement verbale. Disons, avec le R. P. de Sniedt, que te presbytrat tait un titre d'honneur attribu dans les communauts primitives aux convertis de la premire heure, aux prmices (rcap/Y)), aux bienfaiteurs et patrons (TrpooTDcTj) comme Stphanas Corinthe, aux notables qui dans leur maison donnaient
'<

c'est la thse protestante; coexistence d'un presbytrat purement honorifique avec un presbytrat-piscopat comportant une fonction el des pouvoirs sacrs n'est pas contraire a la doctrine catholique, est spculativement possible, mais ne parat pas tre historiquement dmontre; i la thse qui admet l'identit des fonction! sacres du presbytrat el de i'piscopat aux temps apostoliques semble plus probable, et, mme en identifiant ces piscopes-presbytres avec nos simples prus de second rang, maintient le dogme catholique de l'origine divine du presbytrat et du vritable pisco-

tion divine

du sacerdoce
la

b)

la

thse de

<

l'hospitalit l'glise locale,

comme Xympha

Lao-

dice, ou Philmon Colosses, ou Aquilas phse, et que ce litre pouvait mettre qui le portait en tte de la

du presbytrat. La doctrine de promulgue par le concile de Trente, sess. xxm, can. G Si quelqu'un dit que dans l'glise catholique il n'y a pas de hirarchie institue par une disposition divine et qui se compose des vques, des prtres et d'autres ministres, qu'il soit anathme. Denz.-Bannw., n. 966; Cavallera, n. 1308. Ce canon est dirig directement contre les protestants qui prtendent que tous les fidles sont galement prtres et reoivent de Dieu directement la grce sans l'intermdiaire d'un sacerdoce spcial. Dj, au c. iv, le concile avait dclar que, si quelqu'un affirme que tous les
l'glise sur ce point a t
:

pat. 3 L'origine divine

communaut, sans
fait

lui

confrer ni ordre ni juridiction.

C'est ainsi qu' la fin

du n

sicle et

encore au

le

d'avoir souffert le martyre donnait, au confesseur qui survivait la comparution et l'emprisonnement, le titre de presbytre, sans qu'on puisse dire que cette prserogativa martyrii, comme on l'appelait, confrt rien du sacerdoce. On pouvait donc tre presbytre sans sacerdoce, el tel a d tre le cas de bien des presbytres primitifs. Mais c'est parmi ces presbytres sans sacerdoce que l'on choisissait, sinon ncessairement, du moins de fait, les membres de la communaut qu'on levait la charge de 1'TTi.axoTrr) on eut ainsi des Tcpeo6Tepoi maxoizou\n:e<;, ceux du discours de saint Paul Milet; des 7vpea8Tepot. 7rpoa->T, ceux des ptres pastorales des 7rpsaoTepoi qualifis de tco'.[jlIvc, ceux de la / Ptri ; ou de rjyoufAevoi, ceux
; ;
;l

chrtiens sans distinction sont prtres du Nouveau Testament, ou (pue tous possdent entre eux un gal pouvoir spirituel, celui-l parat bien ruiner la hirarchie ecclsiastique... . Denzinger-Bannwart, n. 960; Cavallera, n. 1308. Mais, dans le can. 6, le concile proclame l'existence de cette hirarchie comme un dogme

de

foi et,

par

l, dfinit,

comme

article

de

foi, la dis-

tinction entre clercs et laques. Bien plus, le concile entend jusqu' un certain point dfinir qui, parmi les clercs, appartient de droit divin la hirarchie. Ce sont d'abord, et sans contestation possible, les vques et les prtres, et cette affirmation, explicitement formule
col.

dans

le

canon, est donc un article de

foi. Cf.

Ordre.

1361.

aux Hbreux; ou de Tipoa-rip-evoi, ceux de aux Romains ou de l'ptre aux Thessaloniciens. Ces divers termes supposent tous une fonction de gouvernement, qui s'ajoute au simple presbytrat et que le presbytrat par lui-mme n'impliquait pas.
de
l'ptre

l'pitre

Parla, l'institution divine du presbytrat s'impose Il n'est point difficile, d'ailleurs, de justifier historiquement la dfinition conciliaire. Nous savons, en effet, que les piscopes-presbytres taient choisis par les aptres, par leurs dlgus ou par
la foi catholique.

Ce presbytrat primitif tait l'enveloppe originelle hirarchie il disparut comme une forme simplement prparatoire. Et le mot seul s'en conserva pour

d'autres hommes illustres , leurs successeurs, et que ce choix prenait valeur, devant la communaut ecclsiastique, par le rite sacramentel de l'imposition des mains. Voir Ordre, col. 1212-1220, 1240-1244. Il est

de

la

l'ide et la

dsigner les prtres, c'est--dire les piscopes subordonns l'vque diocsain. Op. cit., p. 264-265. A coup sr, la position de Mgr Batifol maintient le dogme catholique de l'origine divine du presbytrat, ordre sacr. La critique qu'en a faite M. Michiels, op. cit., p. 158-159 (en note), provient certainement d'une quivoque. Cf. Revue biblique, 1901, p. 130-133. Un fait parat nanmoins certain, et Mgr Batifol n'y contredit pas, c'est que les npeGOTspoi dont il est question dans les textes apostoliques sont chargs d'une fonction sacre. Qu'il y ait eu des presbytres primitifs, constituant un ordre purement honorifique, c'est possible; mais ce n'est pas dmontr. Les titres concds aux n e et sicles aux confesseurs de la foi ayant subi le martyre prouvent simplement qu'on leur accordait une place d'honneur dans le clerg, mais ne fournissent pas d'argument dcisif en faveur de l'existence d'un presbytrat primitif, purement honorifique. Voir Ordre, col. 1250-1251, 1255. Nos conclusions sont donc celles-ci a) la thse d'un presbytrat qui, aux temps apostoliques, aurait t en soi et dans tous ses membres purement honorifique, est contraire aux documents et la doctrine de l'institu-

donc certain historiquement que les aptres ont eu volont de confrer ce sacerdoce de second rang aux sujets choisis par eux. Pourquoi cette ide et
cette volont, sinon parce qu'elle rpondait aux desseins que le Christ ou l'Esprit-Saint leur avait manifests dans l'institution du sacerdoce chrtien ? Sur l'institution de ce sacerdoce, voir Ordre, col. 12011206. Des desseins du Christ, les thologiens, s'inspirant de la glose de Bde le Vnrable sur Luc, x, 1, P. L., t. xcn, col. 461, trouvent une indication dans le choix

des soixante-dix disciples, lesquels reprsenteraient les simples pitres, tandis que les douze aptres seraient dist. le type des vques. Cf. Pierre Lombard, IV Sent XXI s, voir Ordre, col. 1302, et les commentateurs, notamment saint Thomas, ID- II- ', q. clxxxiv, a. fi, ad 1"". Voir aussi le pontifical, allocution Consecrandi. Ce n'est qu'une indication sans grande porte. L'essentiel, pour le thologien, est de rejoindre le Christ par les aptres, et celte soudure est historiquement ralise par les textes apostoliques eux-mmes. Cette soudure nous permet de maintenir dans la rgion des certitudes le fait de l'institution divine du presbytrat. Il faut, en effet, viter de concevoir le presbytrat comme une institution ecclsiastique, ralise par une sorte de ddoublement de I'piscopat. peu prs comme les
.

>3

PRTRE. LES OBLIGATIONS


autonomie
i

r
que
le

ordres mineurs ont t crs par ddoublement du diaconat. Sans doute, certains thologiens estiment pouvoir encore ainsi sauvegarder l'origine divine de ces ordres et leur conserver la prrogative de sacrements. Voir Ordre, col. 1306, 1380. Mais cette affirmation n'est qu'une opinion contestable, aujourd'hui abandonne par beaucoup. Or, on ne maintient pas un dogme de la foi en l'appuyant sur une simple opinion. Il faut donc dire que, dans l'institution du presbytrat, les aptres n'onl fait qu'une application de la volont formelle et authentique de Jsus-Christ. Cf. Tixeront, L'ordre et les ordinations, p. 7<i. II. Fonctions bt oblioai ions di presbv b \ A la priode subapostolique, i" tondions du prtre. les loue! ions du prtre sont assez effaces. Les pitres apparaissent gnralement groups en un corps, le presbyterium, dont le rle est d'assister l'voque et d'tre son conseil. Voir, pour saint Ignace, les textes l'ait. Ordre, col. 1225-1226. Ipsi (presbyteri) tanquam apostoli et consiliiirii lionorcntiir episcopi et corona Ecclesise. Dtdascalie, II, xxviii, I. Dans l'office litur gique, les prtres entourent l'voque et sigenl pies de lui. Id., Il, i.vii, !. Ils sont sa couronne, S. Ignace, Magn MU, 3; sont soumis a son autorit inonai cl .que, qu'ils doivent se contenter d'encouragei TralL, xii, 2. Avec lui, Ils conclbrent et consacrent l'eucharistie. Canones Hippolyli, 20; Constit. apost., VIII, mi, i; cf. Smyrn., vin, 2. Avec lui, ils imposent les mains, pour l'ordination des pitres. s;ms pour cela confrer, avec l'vque, l'ordination Tradition aposto i, ibid., ligue, voir Ordre, col. 1248; cf. Tim., rv, col. 1243. Avec lui, ils imposent les mains pour la rconciliation des pnitents. S. .\ piiin, Eptst., XVI, 2 XVIII, 1, d. Marlel, p. 518, 523. Us pensent mme, d'aprs saint Cypiien, .suppler l'vque en cas de ncessit soit dans l'administration de la pnitence, soit dans la clbration de l'eucharistie; voir Ordri col, 1231. Tertullien avait dj reconnu au prtre, a dfaut de L'vque, le droit de prsider 1'asseinMe des fidles et de distribuer l'eucharistie, ibid., col. 1229. Oligne semble lui al II ibucr le pouvoir de remet Ire les pchs, ibid., col. 1228. El s;ms doute doit on dj. lu/ saint Ignace, Snu/rii., vin, l. comprendre qu'en l'absence de l'vque il par SOU autorisation le simple prtre peut baptiser et clbrer l'eucliai 'isl le. l'oiir ce qui est de l'administration du baptme. Tertullien en concde au prtre, autorise par l'vque, le droit absolu, De baptiamo, n. 17: cf. Didascalie, m, 12. En loiil cas, au simple prtre a toujours t reconnu le
i
i

C'est alors

simple plein

commena

clbrer librement le saint sacrifice, a bnir les fidles et les offrandes par eux prsentes, a prparer au baptme et a l'absolution les catchumnes et les pnitents cl mme, en certains cas, ; leur administrer lui-

mme
'pie

ces sacrements, prcher et a prsider les assembles liturgiques. Bref, il remplit les fonctions
lui

assigne

le

pontifical

benedicere, prstesse, (allocution < '.onse rondi ).


ofjcrre,
1.

SaCCrdolem... oportet pretdicare et baptizor,


:

ofjcrre.

Avec

saint

Thomas, SuppL,

q.

xxxvt,

thologiens enseignent que la fonction principale du prtre concerne le corps rel du Christ, dans l'offrande du sacrifice. Le sacrifice, en effet, est i.i fonction essentielle du sacerdoce. Ihh.. v. |. d'aprs leur rapport a l'eucharistie, a laquelle est ainsi ordonn le sacrement de Tordre, que se dlstin guent les uns des autres les ordres infrieurs .m presbj tral. SuppL, ([. xwvii, a. \ >ir plus loin. col. 159, Cf. profession de foi impose aux vaudois, Denz Bannwart, n. 121. La fonction secondaire du prtre a pour objet h- corps mystique du Christ c'est don corps mystique les fidles de glise catholiqui que concerneront les quatre autres fonctions indiqu* s par le pont ifical II faut entendre Ici la dispensation de 2. Baptixare tous les sacrements dont le prtre, en VertU des pouvoirs inhrents ;i son caractre sacerdotal, est 1, dis
a. 2, les
-

'_'.

<

pensateur pouvoirs ordinaires relativement au baptme, a l'eucharistie, a la pnitence, A l'extrme-onc tion pouvoirs extraordinaires relal ivemenl a la confirmation ci aux ordres Infrieurs. Pouvoirs dont le prtre m- peut user soit validement, soit surtout lit it. ment, qu'en se conformant aux prescriptions divines et ecclsiastiques, l.es laques noni pas te pouvoir d'administrer les sacrements. Cne. rWd., sets, vn, can. in. Dcnzlnger-Bannwart, n. .v". .;; Cavallera, n. 984 :t. Benedicere. C'est la dispensation des soeramentaux, qui, bien qu' un degr infrieur, sol, comme les sacrements, des moyens d'obtenir la grce l< l'glta prcise au prtre dans quelle mesure il peut user du droll de bnir, l.es bndictions les plus simples sont permises au simple prtre, les bndictions plus importantes et plus solennelles sont rsen ces ,iu\ vqui raison de leur dignit. L'glise peut imposer et Impose des formules de bndiction, auxquelles, sous peine d'invalidit, il faut s'en tenir Code, can. 11 it. 5 1,2. i'r.ie\'.i 1. et prsedi L'action du prtre ne s'tend pas seulemenl au domaine sacramentel et
:

i.

droit d'instruire ci de catchiser. Dj saint Paul, I Tim., v, 17, parle de Tcpco6orcpoi, vraisemblablement des pitres de second Ordre par leur ordination,
et

liturgique;

elle

est

:m,M

hirarchique,

l.es

pp

<|ui

travaillent
l\>

par
xai.

la

parole

et

l'Instruction

y.oTTKovxs

Xycp

SiStxaxaXlqc.

La Passion de
I

suinte Perptue, n. 13, parle d'un prtre docteur, presbyterum doctorem. Tertullien, Irigne, saint llppolyte,
t

simples prtres, ont enseign et prch. C'est surtout partir du ni" sicle et quand
insrent,
rle

s'o
I

au moins Home,

les

paroisses

{liliih

pie le

du simple prtre a pris tout son reliel Voir Curs, t. m, col. 2429. Tout d'abord dans les grandes \iiies. Comme Rome et Alexandrie, puis plus lard dans les Campagnes, pi. mil les diocses s'tendirent, il devint impossible de grouper autour de l'vque, dans la mme enceinte, la foule des lidles. De nouveaux centres de culte devinrent ncessaires on y prposa un
:

prtre assist d'un diacre et d'un certain nombre de ministres infrieurs. Ce prtre fui toujours rattache l'vque et plac sous son autorit (dpendance qui eut

souvent son symbole dans l'usage du fermentum)', sur cet usage, voir Tixeront, I. 'ordre et les ordinations,
p. 70.

occupent, dans l'glise, nue place cpii leur confre l'autorit, en tant qu'ils sont appels, en vertu d'une mission lgitime, enseigne) par les catchismes et la prdication (prsedicare) et a exercer la prminence spirituelle (prteesse) s. mit Paul traait dj ce devoir aux prtres comme docteurs ($i<xaxaXoi) et comme pasteurs (nouivcOi Us doivent instruire et guider avec autorit, par leur parole et par leurs actes. |, troupeau contii' a leurs soins; cf. Eph., IV, 1t. Et il recommande la vigilance a ceux qui prsident ainsi -- tu,evoi l la conduite de leurs frres. Rom.,xii,8 \insi. dans son ensemble, l'action des pitres clbration et dispensation des mystres du salut, pr dication '! la parole de Dieu, maintien de la discipline et des munis chrtiennes par la vigilance sur le trouse rapporte au salut des peau confi a leurs soins .'unes immortelles, ."mies rachetes par le sang et par les plaies de .lesiis Christ. Ce n'.st qu' la condition ele se rappeler toujours le prix et la dignit le ces .'unes qu'Us exerceront fidlement leur ministre le pasteurs, qu'ils
:

Nanmoins

il

ponsable. jouissant

apparaissait comme un chel es dans .son glise d'une certaine


i

veilleront sur elles, qu'ils prsideront dignement, avec w\ zle en rapport avec leur propre responsabilit .ihr. / s soi [eb., xiii, 17). m p
1

155
s'agit

PRTRE. LES OBLIGATIONS

156

Il ne pas ici des obligations gnrales inhrentes l'tal sacerdotal, obligations introduites peu a peu dans la discipline de l'glise ci sanctionnes par e droit canonique, 1. II, part. I. il. m. mais des obligations particulires qu'impose hic et nune l'exercice des fonctions sacerdotales celui qui s'en acquitte. Ces obligations peuvent concerner la validit, la licit, la plus grande perfection des actes sacerdotaux. a) La premire obligation l. Quant lu validit. de celui qui accomplit un acte sacerdotal est d'tre prtre. Le pitre, dans l'exercice de ses fonctions, est ministre de .Jsus-Christ. Or, il ne participe au sacerdoce du Christ que par le caractre qu'imprime en son me la rception valide du sacrement de l'ordre. Sur le caractre sacramentel de l'ordre, voir Caractre sacramentel, t. il, col. 1(598 sq., et Ordre, col. 1306. Sur la doctrine du concile de Trente quant au caractre sacramentel de l'ordre, voir Ordre, col. 1360. L'usurpation des fonctions sacerdotales constitue donc une faute dont la gravit varie selon l'importance de la fonction usurpe. La lgislation de l'glise est rsume sur ce point clans le can. 2322 Ad ordincm sacerdotalem non promotus : 1 Si miss celebrationem simulaverit mit sacramentalem confessionem exceperit, excommunicationem ipso facto contrahit, speciali modo Sedi aposiolic reservatam; et insuper laicus quidem privetur pensione aul munere, si quod habeat in Ecclesia, aliisque peenis pro gravilale culpiv puniatur; clericus vero depo-

2 Obligations qu'impliquent ces fonctions.

suivre ladite opinion. Denzingei Bannwart, n. [151; Cavallera, n. 962. L'obligation de respecter ainsi les institutions du Christ dans l'administration des sacreest si grave qu'il n'est jamais permis au prtre simuler un sacrement, mme pour sauver sa vie; Denzinger-Bannwart, n. 1179; voir aussi la rponse du Sainl Office, en date du l> septembre 1625, relative aux pseudo-baptmes administrs aus enfants des Turcs, et comparer avec Denz.-Bannw., n. 1188.
le

ments

A plus forte raison, le prl re doit-il se conformer aux institutions du Christ dans la clbration du sacrifice. Pour mieux en assurer l'excution, l'glise a trac des rubriques et fix une liturgie qui obligent sous peine de taule, parfois sous peine de faute grave, et en quelques points sous peine de nullit. La profession de foi.
aux vaudois, aprs avoir honnte, si religieux, si saint, si prudent qu'il soit, ne peut ni ne doit consacrer l'eucharistie ou offrir le sacrifice de l'autel s'il n'est prtre, rgulirement ordonn par un vque, visible et tangible , ajoute que, pour cet office, trois choses sont, selon la foi catholique, ncessaires une personne dtermine, c'est--dire le prtre dment constitu tel par l'vque pour remplir cet office; les paroles solennelles, qui ont t insres dans le canon par les saints Pres; enfin, l'intention fidle de celui qui les profre , Denzinger-Bannwart, n. 121. Voir Messe, t. x, col. 1052. C'est un plus grand pch de simuler la messe que de la clbrer indignement. Innocent III, Decr.,
III

impose par Innocent


personne,

allirm que

si

natur; 2 Si aliu munera sacerdotalia usurpaverit, ab Ordinario pro gravilale culp puniatur. La prdication
est interdite
<rui

aux

laques,

mme

religieux, et

aux

clercs

ne sont pas au moins diacres, sauf autorisation de l'Ordinaire, can. 1342; cf. Conc. Trid., sess. vu, can. 10, Denz.-Bannw., n 853. Toutefois, le cas pourrait se prsenter, o quelqu'un, invalidement ordonn son insu, accomplirait les fonctions sacerdotales sans en avoir rellement le pouvoir. Le dlit n'existant pas, les pnalits prvues par le can. 2322 ne sauraient l'atteindre. Ses actes, nanmoins, sauf ceux dont la validit n'exige pas le caractre sacerdotal, sont certainement entachs de nullit, et l'glise n'y peut suppler. Sur les consquences d'un tel tat de choses, voir Ami du clerg, 1929, p. 346. b) Une deuxime obligation, soit dans la clbration du sacrifice eucharistique, soit dans l'administration des sacrements, est de se conformer, au moins pour les lments essentiels constitutifs du sacrifice ou du sacrement (cf. Conc. Florent., dcret Pro Armenis, Denzinger-Bannwart, n. 695, 698; Cavallera, n. 960,
1107; art.
col. 336),

Matire et forme des sacrements, t. x, aux intentions du Christ, telles que l'glise,

interprte infaillible de la doctrine rvle, les a prcises, elle-mme ne pouvant rien modifier leur substance; cf. Conc. Trid., sess. xxi, c. n, DenzingerBannwart, n. 931; Cavallera, n. 954. Toute mutation essentielle dans la forme ou la matire, mme involontairement introduite, ainsi que l'absence d'intention

requise rendent nul l'acte accompli par le prtre. Voir Conc. Florent., loc. cit., et Conc. Trid., sess. vu, can. 11 et 12, Denzinger-Bannwart, n. 854, 855; Cavallera, u. 984; cf. De baptismo, can. 4, Denzinger-Bannwart, n. 860; Cavallera, n. 1011; et diverses propositions condamnes par Lon X, de Luther, n. 12; cf. Conc Trid., sess. xiv, c. vi (fin) et can. 9, Denzinger-Bannwart, n. 752, 902, 919; Cavallera, n. 1236, 1196, 1201 voir Pnitence, t xn, col. 1071, 1099, 1109; par Alexandre VIII, dcret du 7 dcembre 1690, n. 28, Denzinger-Bannwart, n. 1318; Cavallera, n. 1026; voir Alexandre VIII, t. i, col. 761. Lorsqu'il va doute sur les lments essentiels, la validit n'est certainement acquise que si l'on se conforme l'opinion la plus sre; sauf raison grave, le prtre est oblige de
;

Denzinger-Bannwart, n. 418. ce qui concerne l'administration des sacramentaux, le prtre doit, pour en assurer la validit, se conformer aux indications de l'glise, contenues dans le rituel et prcises, pour les points douteux, par les dcisions de la Sacre Congrgation des Bites, can. 1148. Pour le ministre de la prdication, il ne peut tre question de validit; mais il n'en est pas de mme pour la place que l'autorit sacerdotale confre au prtre. Sans doute, le seul sacerdoce suffit donner celui qui en est revtu la prsance sur les simples laques et lui est un titre au respect des fidles, can. 119; mais cette prsance n'implique une autorit effective et agissante que lorsque le prtre reoit de l'vque un office (une charge) ecclsiastique, can. 145, 1. Cet office ne provision peut tre validement acquis que par une canonique , c'est--dire par une concession faite, conformment aux saints canons, par l'autorit ecclsiastique comptente, can. 147. La validit d'une telle prsance effective dpend donc de l'observation de ces canons, sur lesquels nous n'avons pas donner des prcisions dtailles. c) Une troisime obligation, relative l'administration valide de certains sacrements, notamment pour la pnitence et l'assistance au mariage, c'est que le prtre catholique possde la juridiction ou la dlgation ncessaires, le pouvoir d'ordre tant ici insuffisant. Et cette juridiction elle-mme est soumise aux conditions dictes par l'glise. Cf. can. 461 voir, ici, Ministre des sacrements, t. x, col. 1779 sq.. et Juridiction, t. vin. col. 1989 sq. Le prtre qui absout sans juridiction tombe sous le coup de peines ecclsiastiques, can. 2366. La suspense est prononce contre le prtre qui, sans dlgation pontificale, tenterait de confrer la confirmation, can. 2365. cl L'glise a solennellement rprouv, au concile de Trente, la doctrine affirmant la nullit des sacrements administrs par le prtre indigne, mais qui y apporte l'intention requise et les lments essentiellement requis, sess. vu, Desacram. in gnre, can. 12; sess. xiv, c. vi. can. 10; Denz.-Bannw.. n. Sa."). 9(12. 920; Cavalla profeslera, n. 981. 1196, 1201. Voir, auparavant sion de foi impose aux vaudois; la constitution de Jean XX11 contre les frat icelles les erreurs de Wicleff,
1.

III, tit. xli, c. 7:

En

157
,,.
1
;

PRTA
celles

RAPPORTS AVEC LES AUTRES ORDRES


nem

158

Interrogations poses n. 424, 188, 584, Denz.-Bannw., 22, a. hussltes, aux 105,989. 988, 987, 986, n. Cavallera, SJTS! ou son caractre L'absence de foi chez le prtre elle-mme, la validit <rhc.cti.iuc- n'empche pas, par la Controverse de du sacrifice ou des sacrements. Toute administr par des hrtiques la validit du baptme .les vques Indignes, ou des ordinal ions faites par

de Jean

[uss, n. 8; les

exemplo i>rcelerasque virtutes in se ostendant; purum et immacutabeanf admonitione confirment; ac et m obsequium tum minisUrii sui domtm custodiant; panem et vinum in corpus et sanguinem
plebis

'

dnnitivem. hrtiques ou simoniaques, a clair DES HRTIQUES, BAPTME Voir doctrine. ,1c |)( ,i,.
L.

n, col. 219;

Ordre,

t.

h, coL 1282
-

sq., el

Rordi

d'une fonction In licit. double cause :1 exissacerdotale peul dpendre d'une par la lgislation la tence d'un droit objectif prvu De l une double disposition subjective .lu ministre. prtre en vue de l'exercice licite de

KA 2Quant

La

licit

tua, transforment: et invioF, lii lui immaculala benedictione perfeclum, in mensuram latis labili cantate in virum et xterni judicu vlenitudinis Christi, in die justi sonda plent, Spiritu vera, fide pura, nnscientia omnium e aant (oraison :Deussanctificationum saintet qu'exigei Ces ides gnrales sur la de thme aux fonctions sacerdotales ont servi la vertus^n. anciens ,-t modernes, qui ont dcrit col. 1277, 1374 saiies au prtre. Voir Ordbe, 1375 1376, combien 1 cole fran<lit. col.
i
'

aise

Nous avons du xvii sicle avait misenreU dans son Tra ts notammenl M. Olier,
Le

obligation pour le ses fonctions. possession |undiqu. a) n doit, tout d'abord, tre en grand nomdu droit d'exercer sa fonction. Bien qu'un puissenl tre vahdement bre de fonctions sacerdotales pour la licit de exerces avec le seul pouvoir d'ordre, sonl requis, l.e droil cano <-ct exerciee d'autres titres dtails ces conditions nique a prvu dans les moindres et devoirs des clercs droits les fixant en de licit, soit propos de la clbration del ci des religieux, soit a ou des messe de l'administration des sacrements

m. De la su,, rem- dignit du pari un excellenl Mous pouvons aujourd'hui signaler


,c

Pourrai. Paris, 1933, o vcole franaise, par P. el aprs avoir rappel l'origine
I

de cet

enseignement

doce de Jsus-Christ
dotales
,

et

retraclesf.
doil

du
|

Christ,

montre ce que
le

tre,aupoi
li

a perfection,

sacerdoce dans
1

prtr
,,,;

h,

religion chrtienm
esl

"' 11 ''-

"

"
:

lement, mrite attention. Elle


sacerdotales

Intitule

Fond
I

acramentaux,
.

soit

lien.

roU de oie, et II: el el II; 1. 111, part. Code. I. H. part. circonstances de lieux el Les passlm. lii xx, IV part l'habilit du ,i,. temps sonl aussi envisager, ainsi que adminisqui prtre Le sacrements. sujet recevoir les un sujet qui serait, de droit trerait les sacrements a inapte a les recevoir, divin ou de droit ecclsiastique, prvues au eau 2364. serait frappe de pnalits dans les dlspo b) Il doit ensuite tre subjectivement les fonctions sacerdosillons requises pour accomplir la clbration raie catholique exige, pour tales. La des sacrements. elal de la messe et l'administration sur ce ,.| l'absence de censures, on consultera, ie .,, clbration licite les auteurs de morale. Pour la
I
I

n d au sujet de la prdlct de l'vangUsation du peuple chre

du prtre Pour tre parfaitement rcmj espi exigent un regard vers Dieu fonctions ces oi-mme, afin q religion du prti sa. prtre l'incitation de Jsus-Christ, sanctifier; un regard va et s'immoler pour se
mes
pour
|
,

les

enduire,
endroit
le

elles aussi, a

la

sainte

exerant

le le plus dsintres ma m<\ rRAl DANS si s RAPPORTS wi III L en * " " l v, fRES ORDRES. n quatre points men1 catholique se rsume Ici en prs m simple suprieur. est est de loi que l'ptacopal
leur
'

'

bvtral

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par Cette vente b t dfinie ...scss.xxm.e ivet can.7 Di


o,.

le

concili

96o
,
i

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.,,

.liera,

1307,

108.

Vol
t.

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,,.

point,
,|c

la

messe, voir can. 807. Cf. MlNISTRl

m-

MENTS, I. X, col. I77'.l s<|. Quant la perfection des actes sacerdotaux. directement que du for <,,.,, canonique, ne s'occupant vie extrieure sus externe, trace au prtre un cadre de son a, ne la Me su. Ceptiblede l'aider dvelopper en mlnls a la perfection de son
i t

naturelle, Indispensable tre sacerdotal. C'est la ,p,i montrent au prtre

ascse suivre pour la vole qu'il faut plus parfait. rendre son ministre de plus en indique l'essentiel des dispositions sur

morale

et

plus

more

Le pontifical demandent. naturelles dont les fonctions sacerdotales la prsence dans 6tre accomplies parfaitement, dm clestis sapierdia, probi mores, l'me du prtre Consecrandi). lama justitiss observatio (exhortation de parvenir L'vque indique aux ordlnands le moyen Imitant, ni quod tractatis; quatenus celle perfection mortiflcare mortis Dominiez mysterium clbrantes, omnibus pro membra vestra a vitiis et concupiscentes SU montre enfin le but atteindre
. : :

-,

curetis

II

leur

populo Dei; sit odoi doctrina vestra spiritualis medicina Cliristi; ut prdica oil vestree delectamentum Ecclesim id est, familiam tione atque exemplo sedifteetis domum, l'auteur de toute invoque prlat le Enfin, ) tiil Dei eu ces mes saccnlo sanctification pour que se ralise ui graotate ncessaire: vie de laies celle perfection lus insti actuum, et censura Vivendi probenl se seniores, Timotheo Paulus exposuit; tuti disciplinis, quas Tito.et quod legermi ut in lege tua die ac nocte mditantes, quod docuerint,imi credant; quod crediderint douant; fortitudi ientur; justitiam, constantiam, misericordiam,

sacrement delordn d'un pouvoir spirituel dans le et le sur le mph supriorit de Vpiscopal l'ordination, un pouvoir des vques de confrer, par une pour en exerc. vritable pouvoh avec la routefols. le .oncle ne d. col. 1346 fonctions supriorit de lpis pas expressment que cette Sans doute 11 affirme que, soit de droil divin existe une hirarchie Institu. lise cathoUque, compose di une disposition divine et qui se .us les mol des prtres et d'autres ministres * pa dioinoon\ t vits dess< In.el n mpla. col. 32 plus v igues disposit ione divina. Ci-dessous, que la supriorit de 2 n est galement defot el quant au pou copkt sur le simple presbytral exist. de juridiction, il esl voir d'ordre et quanl au pouvoir qu'un eveque non trop vident, eu effet, n'a pas encore, tanl pleine possession de sa |uridlction pouvoir de communiquer le au'il n'est ,.as saerc le le simple sacerdoce. De plus, normalement, confirmation Voli ., confrer le sacrement de chez les anciens thologiens eux vrit sont restes fidles, ,,|. L311. Les modernes v ,.,., n .'i"ft: l< Van \oort Verhaar, De sacramentis, t. ,
.
.

,i

Cette dfinition 1346, qui s'accorA tes, voir Ordre, col. 1339 pour mer la colla ,, certaines divergences,

li

xxm. c, concile de Trente l'nonce, sess discute librement la \l,is cuire thologiens, on un ordre a part d, ouest ion de savoir si l'plscopat esl
iv.
,

un due si c'est imprimai banalement distinct du simple sacerdoce, et Sur cette COntTO dans lame un nourcan caractn
simple sacerdoce
,

c'est

verse,

von

ou^u

col.

1311

et

surtout

(83 l38o.

L59

RTRE QUESTIONS

NO NIQUES
:

160

i. La distinction de l'piscopal par rapport au prs bytral rend elle nulle la conscration lu diacre qui serait sacr vque sans passer par le presbytral ? Voir la solution Ordre, col. l.'i.s? 1388.

ordres infrieurs. La comparaison du presbytral avec les ordres infrieurs peut tre envisage sous un double aspect. La pr1. Quant la prminence du presbytral. minence du presbytrat sur les ordres infrieurs con-

2 e Avrc

les

siste

en ce que le prtre seul participe au sacerdoce de Jsus-Christ pour renouveler le sacrifice du Calvaire

certain pouvoir sur la milieu- dj Consacre ainsi lorsqu'ils distribuent aux lideles le gang du Christ... Dans le ministre de la prparation du peuple, les prtres sool aids aussi par les ministres Suprieurs les diacres ont pour mission d'exposer au peuple Ii doctrine de l'vangile; les sons diacres, celle des aptres; quant aux acolytes, ils concourent l'un et l'autre ministre en accomplissant les rites destins marquer l'excellence de la doctrine ainsi ils portent des cierges et s'acquittent d'autres fonctions semblables. Cont. gent., loc. cit., trad. M.-.l. Gerlaud, O.P., dans L'ordre, d. de la Revue des jeunes, p. 213-21 1.
:

pour remettre aux fidles les pchs commis aprs le baptme. Ce sont les deux points principaux (non exclusifs cependant d'autres pouvoirs particips) signals par le concile de Trente dans la session xxn
la

messe

el

IV. Questions relatives au sujet, au ministre, \r rite d'ordination. 1 Le sujet. 1. Les dispositions du droit actuel ont t rappeles l'art. Ordre, col. 1101-1102. Sur la doctrine des thologiens scolastiques, voir col. 1313-1314; des thologiens posttri-

eucharistique, c. i et can. 1 et 2 (voir x, col. 1130), et dans la session xiv, sur le sacrement de pnitence, can. 3; voir Pnitence, t. xn, col. 1105. Dans la session xxm, sur l'ordre, au c. i, le concile, supposant acquises ces vrits, se contente de
sur
le sacrifice
I.

dentins, col. 1387.


2. L'illicit de l'ordination per saltum au presbytrat (can. 977; cf. condamnation par Pie VI du synode de Pistoie, prop. 51, Denzinger-Bannwart, n. 1551; Cavallera, n. 1332), se double-t-elle d'un cas d'invalidit ? La rponse unanime des thologiens est qu'un

Messe,

rappeler que

sacerdoce est avant tout ordonn au fondamentale que manifestent les trois lois, loi patriarcale, loi mosaque, loi chrtienne, et que les novateurs niaient avec acharnement. Il s'ensuit, par consquent, que, dans la Loi nouvelle, le sacerdoce comporte, pour les aptres et pour leurs successeurs, le pouvoir de consacrer, d'offrir, de dispenser le corps et le sang du Sauveur, ainsi que de remettre et de retenir les pchs. Mais prcisment, pour rehausser encore la dignit, en elle-mme si minente, du sacerdoce, une
le

sacrifice, vrit

simple laque, directement ordonn prtre, serait vali-

dement ordonn, car le presbytrat renferme minemment les pouvoirs des ordres infrieurs, en raison de
l'unit qui rgne entre eux. Voir ci-dessus.
3. Le choix du sujet est rserv aujourd'hui exclusivement l'vque (can. 9G9, 1). Autrefois, c'est--dire

jusqu'aux vi e -vn e sicles, la prsentation des sujets appartenait au clerg et au peuple. Cf. saint Cyprien, Epist., lxvii, 3-5, d. Hartel, p. 739, et III e concile de
Cartilage (397), can. 22, prescrivant ut nullus ordinetur
nisi probalus vel episcoporum examine vel populi lestimonin. Mansi, Concil., t. ni, col. 881. A Rome, la Tradition apostolique suppose que les diacres et vraisemblablement aussi les prtres sont choisis par tout le peuple, ce que, pour la Syrie, disent
clericus

srie d'ordres infrieurs a t institue, qui sont subor-

donns au presbytrat

et destins

son service. Cette

voie montante vers le sacerdoce est impose aux clercs, qui doivent passer par les ordres mineurs pour atteindre

aux majeurs

et finalement

au sacerdoce lui-mme,

c. ii

et can. 2. Voir Ordre, col. 1356, 1300. 2. Quant l'unit qui rgne entre les diffrents degrs On a dj marqu, voir infrieurs et le presbytral.

135G, que cet aspect est proprement thoconcile de Trente se contente d'affirmer, sess. xxm, c. m, que l'ordre est un des sept sacrements de l'glise. L'explication de cette unit, nonobstant la multiplicit des ordres infrieurs, reste fidle la conception des thologiens du Moyen Age. Voir Ordre, col. 1309; cf. saint Thomas, SuppL, q. xxxvn, n. 2; Cont. gent., 1. IV, c. lxxv.
(

)r,i)iE, col.

logique.

Le

Un pouvoir ordonn quelque effet principal peut tre doubl de pouvoirs infrieurs qui le servent... Le but principal du pouvoir d'ordre est la conscration
du corps du
Christ, sa distribution aux fidles et la purification des fidles de leurs pciis; il requiert donc l'existence d'un ordre suprieur, spcialement qualifi cet effet c'est l'ordre sacerdotal; et d'autres ordres, destins servir le premier en disposant en quelque sorte la matire ce sont ceux des ministres. Nous venons de dire que le pouvoir sacerdotal a une double fonction consacrer le corps du Christ et rendre les fidles dignes de recevoir l'eucharistie, par l'absolution de leurs pchs. Les ordres infrieurs le secondent dans l'une et dans l'autre, et d'une faon d'autant plus parfaite ou complte qu'ils sont plus levs et proches de lui. Les ordres les plus humbles n'aident les pitres que dans les portiers en sparant les infila prparation du peuple dles de l'assemble des fidles; les lecteurs en instruisant de la foi, d'oii leur est des rudiments les catchumnes dpartie la mission de lire les livres de l'Ancien Testament; les exorcistes, en purifiant ceux qui ont dj reu l'instruction chrtienne, s'ils se trouvent en quelque manire empchs par les dmons de recevoir les sacrements. Les ordres suprieurs aident les prtres la fois dans la prparation du peuple et dans l'accomplissement du sacrement les acolytes ont pouvoir sur les vases non sacrs dans lesquels on prpare la matire du sacrement, c'est la raison pour laquelle on leur remet les burettes leur ordination; les sous-diacres ont pouvoir sur les \ ases sacrs et prparent la matire non encore consacre; les diacres ont en outre un
:
: : : :

VEpitome et les Constitutions, voir 1248, et pour le sud de la Gaule, les Slatuta Ecclesiw anliqua, can. 22, P. L., t. lvi, col. 881. Mme discipline en Cappadoce, cf. saint Basile, Epist., liv, P. G., t. xxxn, col. 399 sq, et Alexandrie, Commonilorium. can. 6, cf. Thophile d'Alexandrie, P. G., t. lxv, col. 40. Donc, jusque vers le v e sicle, le peuple et le clerg taient consults sur le choix des prtres (et des diacres). Les canons dits deLaodice protestent contre certaines lections tumultueuses, can. 13; cf. Lauchert, Die Kanonen der altkirehlichen Concilien, p. 73. Ce sont des abus de ce genre qui amenrent le retrait progressif de la facult concde au clerg infrieur et au peuple. Le pontifical ne leur conserve plus aujourd'hui que le droit de s'opposer la promotion de sujets indignes, mais condition de formuler une accusation prcise. Cf. Tixeront, L'ordre et les ordinations, p. 222-224. 2 Le ministre. 1. Le ministre ordinaire du presbytrat est seulement l'vque consacr, can. 951. Les prtentions d'Arius ont t jadis traites d'insenses par saint piphane, Hier., lxxv, 4. P. G., t. xlii, Quid col. 508. On connat le mot de saint Jrme enim facit, excepta ordinatione, episcopus quod presbgternon facial Epist., cxlvt, l. P. L., t. xxn, col. 1192. C'est, peu prs littralement, la doctrine de saint Jean Chrysostome, In epist. I ad Tim., homil. xi. 1. P. G., t. i.xii. col. 553. Le droit sanctionnait dj cette croyance. Cf. Constitutions apostoliques, 1. VIII, TtpeGoTepo... xsipoOers o geiporovet, c. xxviii, 3 le prtre impose les mains (par exemple pour les exorcismes); il n'ordonne pas. C'est ainsi qu'Ischyras. ordonn prtre par un pseudo-vque, Colluthus, fut ramen la condition laque. Cf. saint Athanase, Apologia conlra arianos, 12, 7.">. P. G., t. xxv. col. 269. 385. Au Moyen Age, cette doctrine est unanimement reue, voir Ordre, col. 1312. Le concile de Trente la sancexpressment

Ordre,

col.

'.'

Mil

PRTRE

PRVOSTIN DE CRMONE
Hardouin, Concil.
i.r

162
783; J. Morin, De sacris

tionne, sans mme laisser supposer qu'elle puisse tre discute, sess. xxm, c. iv et can. 7; Ordre, col. 1357, 1302. Voir la doctrine des posttridentins, col. 1385. Le droit canonique prcise les conditions requises pour que le ministre soit licite, col. 1400-1401. La seule difficult thologique qu'on rencontre au

coll., t.

i,

col.

ordinationlbus, part. 111, exerc. 10; Chr. Pesch, Preeleclione* thologies, t. vu, n. 611.

A. Michel.
linus,

cours dos ges est celle de la valeur des ordinations faites par des voques hrtiques, schismatiques ou indignes. La question a t examine a ORDRE, col 1282-1298, 1313, 1355-1350, et le sera, sous l'aspect spcial des Kkokdinations, ce mot. Nous n'avons pas y revenir ici. 2. Mais existe-t-il un ministre extraordinaire du presbytrat ? La question, semble-t-U, doit tre tranche par la ngative. Voir Ordre, col. 1385-1386.
3

Prposiou Prvostin pour prendre le nom donn par certains mss. de ses sermons (Paris, lot. 14 !59) f futun thologien et un liturgiste de marque, (pji termina sa
carrire

PRVOSTIN DE CRMONE.

de Paris
el

mouvemente comme chancelier del'universit et mourut vers 1210. Les chroniques et pices
le

d'archives donnent

nom

Prsepositinus; certains mss.


|

textes, l'ru positus; quelques auteurs et mss. rieurs emploient la forme Prsepositivus. Cette dernire

forme peut s'expliquer par

la

confusion, facile dans

les

Le

rite

d'ordination.

1.

La

liturgie
,

du

rite d'ordi-

critures des xiii' et xiv sicles, de n avec r; on a lu ii us ;iu lieu de inus. Mais seule la forme l'ra posilirius a

nation du prtre a t dcrite Ordhi sons ses diffrentes formes et dans ses volutions; voir col. 1235 sq., et surtout 1240-1244, 1248, 1258, 1250, 120(1, 1201, 2. Les controverses tho1204, 1207, 1209, 1272-1273. logiques sur l'essence du rite de l'ordination ont t exposes, col. 1315-1333. 3. L'explication et le symbolisme des rites de l'ordination ont fourni N. Glhr la matire d'une excellente dissertation, Les sacrements de

pu

se
I.

changer en

Vie.

la

forme franaise
dj

Prvostin.
si

On

s'est

demande

le

urriculum

l'it

que nous allons exposer appartenait \ entablement au mme homme. N'avons nous pas runi plusieurs personnages en un seul ? si 'on lent compte du fait que ce nom Prvostin, n'apparat, a noire connaissance, qu'une seule fois dans 'histoire, et cclaentre
l

l'glise catholique, L'ordre, 14, tr.


i.'oiwG'Ni:

fr., t. iv, p.

129 sq.

Petau, De ecelnla* lie hirarchies, Batiffol, l.n hirarchie primitive. t\ai Etude* d'histoire el de thologie positive. Parti, 1902; le mme,! 'Eglise naisnonle ci le catholicisme, Paris, 1909, c. m; Mlchlels, l.'oriiiine de l'ipheopat, I.ouvnin, 1900, 1. III: F. l'rnt, La thologie </< suint Paul, 1' d., t. n. 1923, p. 362 sq.; il. Lletzmaim, '/.or altclwlslltchen Verfa*sung*ge*chtchte, dans Zettschrift fur wissen ch. Thologie, t. i\, 1913, p. 97lS; II. Dicckmnnn, De Ecclesta, t. i, n. 4io s<|.; M. d'Herblgny, Thologien de Ecclesta, th. xxxn et les auteurs dt< i mu cours de l'ai tlcle. n. Ponctions bt obligations du presbytrat. .1. Tixeront, L'ordre et le* ordinations, Paris, 1925; les manuels de thologie morale el sacramentaire sut les disro siiions des ministres des sacrements et, Ici, Ministri des
i.

m-

l'in

mivtChat.

i).

121H. qu'il est toujours port pat un thologien d'une grande valeur morale, qu'on ne peut constaune ont radict ion chronologique dans les acti\ iter a ts du personnage que nous allons faire connatre (elles sont d'ailleurs assez normales pour l'poque, bien que

1150

et

et varies), on comprendra que nous ne puissions nous incliner devanl des opinions s-ins certitude. Que ceux qui nient l'identit des divers upei ts (le notre personnage apportant un peu plus qu'une

nombreuses

REMRNTB, 2, I. n, col. I77'i |q, ISBYTBRA1 DANS SES RAPPORTS AVE) iism ucis III. LU Mire ombard, Sentence*, I. IV, dlst. N\i\ ordres. et les commentateurs de cette distinction. Parmi les modernes Hallier, De \"<ns electlantbu* et ordlnatlonlbu*, onet, dans Mil ne. Theologtw cursut complelu*, t. \\i\ Clypeux theal. ihom.,De crdtne, dlsp. IV ; Bllluart, C< ordlne, diss. iv. el les manuels plus rcents, Billot, Van Noort, Huson, Tnnquerey, Gthr, etc.. iv. Se rfi ei Ordri loi cit. l'ai A Mk in
sa<
t;
I

simple Impression. I.es rubriques de deux mss.. KJosterneuburg, 367 iSuniniii de offlciis), et. d'aprs un catalogue de |'an cienne bibliothque du Collge de Na\.irn Parts, un lus. aujourd'hui perdu de la Somma theoii se peut donc l'appellent GulllelWlU l'r.i / Il que Oui lia unie ait t SOU nom de baptme, rois mss (Oxford, nlversitj collge 91; Vatican, "//<</'. lai. 601; Assise, 66) le qualifient de < remont nsis, mais les archh es de Crmone, qui sont Intai t< s, m- tout aui une mention cl une famille le Prsrpositini, et nous ne sau rions affirmer que n mone fut s-i patrie ont< ntons nous <ies donnes ch' certaines hroniques qui le (' nul Lombard de naissance Mon. (erm. tiist..
,i
I

<

<

Si rlpt.,

I.

XX

III.

p.

S'.' t.

Nous n'avons
de
s;i

rien

le t'

.m sujet de

la

date
1 1 1

PRTRESSE.-

Le terme

prtresse

dans

le

langage chrtien, tait donn jadis aux pouses des prtres qui avalent t levs a la dignit sacerdotale :iprs leur mariage. Cf. u Cange, bu mol presbytera. n Occident, les prtresses devaient tre traites par leurs maris comme des sceUTS, el la loi du clibal imposait aux deux poux la continence absolue Voir saint IV, c. xi, /'. /... t. xxvn, col. 336; Grgoire, Dial., Innocent ,r Epist., i. Ad Yictriciiim, c. l\. /' / xx. col. 475. En Orient, les prtresses sont simple I. nient les femmes des prtres, qui, on le sait, ne SOni pas tenus nu clibal Mais ce mol a un sens moins particulier il s'appli quait aussi aux diaconesses on aux femmes charges de les diriger. Cf. concile de Laodlce (vers 360), can. il Laucherl, Die fianones (ter wirhtigsten allkirchlichen Conciliai, p. 73; saint plphane, Har., xxix. I. P. G., t. xiii. col. 710. I.e canon de l.aolicrc relatif aux prtresses a t insr dans le Dcret de (Indien. dist. II, c. xix Mulieres qu \apud grsecos presbyterse appellantur \vel prstpositss, apud nos viduae, nivirse cl malricularise appellantur |, fn Ecclesta tantquant ordinatas constilui non debere. Voir Diaconi ssi s.
l
I I

naissance, mais certaines considrations nous Invitent la mettre vers 1150; en 1203, Innocenl le traite de senu ('lion de S:unl Biaise, le "lit HKI.it ilir d'otton de reisingen, le classe entre les plus grands
.

matres enseignanl < Paris vers l'anne 1194 Hislem poribus Petrus Cantor Parisiensis el AlanusetPri situais floruerunt. Mon. Germ. lus/.. Script., t. \x. faudrait reculer l'anne de ~.i naissance il p. 326, encore d'une autre dcade si l'on pouvail tre sur de l'interprtation d'un p.iss.e_e des Qutestiones de Pr
:

vostin,
obfietat

Parts. Mazar,

1708,

fol.

mo tamen

apud Deum et homines accepti vite honestate, commendati omni pair n lia. sed in liac pagina prtecipue unsummali ris scriptis in quibus (alla conlinentur dont oprant. Respondemus
quod
riri

vencrandsc

setatis

x.w

nos ad pedes sedimus, dtetii eorum cl aui quod eorutn judicium in lalilus forsan ignoramus. Semais tamen quod Maariciiis episcopus Parisiensis, quando, multis precibus cl persuasiontbus ad hoc inductus, operis I ombardi ddit oprant, quod ipse de originali pee< alo noveril
(/ih'd cl

inlcllccliim humililcr adliibuinius, sed

<

t.

IV, col.

0,S,S.

gilatum invenit, mm s/i esse sludiosus afjxrmaoit, *<</ talia de burso Menhardi dixit proeedere. Nous croyons qu'il faut placer Maurice de Sully, vque de Taris (1162-1196) entre les homines veneranda setatis dont
i

DICT.

DE

TIlOl..

C.ATIIOI..

NUI

1G3

PHVOSTIN DK CRMONE
-

64

Prvos tin a bien humblement cout et compris la doctrine. M.Bliemetzreider n'est pas de cet avis. Theol. revue, t. xxvn, l'.)2X. p. 138. Mais si Prvostin a vritarice
les cours <lu futur voque <le Paris (Mausans doute pas continu son enseignement aprs son lvation l'plscopat), il faut taire natre Prvostin avant 150. Nous ignorons tout de ses premires tudes. Ses crits nous laissent parfois reconnatre des souvenirs du trivium et du quadrivium. Il est logicien averti,

blement suivi
n'a

mis en doute l'identification du Prvostin de et de celui de Pari. Cependant, les relations entre Paris et Mayence taient troites cette poque; Bliemetzrieder, loc. cit., a signal une lettre de Pierre de Blois Conrad de Wittelsbach, archevque de Mayence, Epist., cxi.m, P. L., t. ccvn, col. 429, o il est fait allusion au sjour Paris de ce dernier comme
a

On

Mayence

comme on
la

le

voit dans

le

1.

grammaire

et la logique

de sa Somme, o il emploie pour mieux faire compren-

les problmes thologiques. Il a d'ailleurs assez de mpris pour les logiciens de carrire, Prvostin a certainement tudi le droit canon, car, dans sa carrire agite, il fut souvent employ par la papaut comme juge dlgu, pour trancher des diffrends entre monastres et seigneurs, pour enquter sur la conduite des voques, pour rtablir la discipline dans des maisons religieuses, toutes missions qui exigeaient une connaissance plus qu'lmentaire du Dcret. Mais il est difficile de dire o et quand il a fait ces tudes; c'est aussi le cas de matres comme Pierre de Poitiers, Pierre le Chantre, Etienne Langton et autres contemporains, qui eurent une carrire analogue. Ses tudes thologiques, il les fit sans doute Paris, car sa premire uvre, les Questiones magistri Prpositini cancellarii Parisiensis, qui ont d tre composes vers 1180, se rvle comme compose en cette ville. On y lit par exemple (Mazar. 17 OS, fol. 236d) Nec Sequana crescil pro lagena aquse infusa, sed tantum pro aqua pluviali. On peut croire qu'il continua enseigner Paris jusqu' ce qu'il ft nomm coltre Mayence, vers 1195, prsomption qui trouve un appui dans le rcit d'une vision qu'eut Paris Jean de Matha, la suite de laquelle il se serait dcid fonder l'ordre des trinitaires. Jean, dj matre, personnage en vue certainement, venait d'tre ordonn prtre et avait pri l'vque de Paris Maurice de Sully, l'abb de SaintVictor, Robert, et son matre Prpositus, d'assister sa premire messe, durant laquelle il eut une vision. Voici le texte (Paris, lat. 1703, fol. 1 v) Eral quidam bonus clericus Parisius, regens in theologia, nomine Prpositus, et hic quasi philosophus repulabatur, sub quo atius magister cpit et rexit Parisius, cujus nomen erat lohannes ProvinciaUs... Puisqu'on sait la date de cette premire messe de Jean de Matha (le 28 janvier 1193, fte de sainte Agns, dit le mme ms.), on peut envisager un enseignement rgulier de Prvostin Paris ce moment. Une autre confirmation se trouve dans une srie de sermons prches par Prvostin Paris (Paris, lat. 14 859), dans laquelle il parle de la prise de Jrusalem par Saladin (1187) comme d'un vnement rcent. Il est vrai que Guillaume d'Auxerrc, Summa aurea, Paris. 1500, p. 52, dclare que Prvostin avait exerc le ministre pendant plusieurs annes parmi les hrtiques: Qui diu conversatus est inter eos, et paucos poluit ad viam veritatis reducere. Mais nous sommes port

dre

tudiant. Nous avons d'autres indices des relations qui unissaient Mayence et Paris ce moment. Alexandre III, sur les instances de l'archevque de Mayence, restaura au matre parisien Gerardus Puella (cit par Prvostin, Paris, lat. 14 520, fol. 3 b) une prbende qu'il avait in regno Teutonico, sans doute dans le dioise dudit archevque. Charlul. unir. Paris., t. i, qui peut p. 9. Un autre matre parisien, Jean Beleth bien avoir t un des professeurs de Prvostin montre qu'il connat la liturgie de Mayence. Prvostin, comme Lombard, peut avoir eu d'autres raisons d'tre en rapport avec Mayence. Son clbre compatriote, Sicard de Crmone, auteur du Mitrale et de Distinctiones sur le Dcret, avait t scolasticus Mayence en 1183-1181. Reg. archiep. Magunl., xxx, n. 17, 18. C'est ce qui ressort clairement d'un passage de son Decrelurn dans le ms. de Vienne, Palat. lat. 21~06, fol. 72 Ego vero Sigehardus Cremonee filius natione, et Moguntinse filius Ecclesi spiritualis translatione, mulos patienter sus-

tineo...,

etc.

les raisons qui l'y aient fait appeler, fut choisi comme coltre de l'cole cathdrale de Mayence. En 1196, il est charg de l'honorable mission de juger une affaire d'exemption monastique, comme juge a lalere Sanct Sedis. Dans les annes qui suivent, il est l'objet d'une autre distinction de la part de Rome. Innocent III le dlgue avec l'vque de Bamberg pour chasser du sige de Wurtzbourg l'vque Conrad de Hildesheim, qui s'en tait indment empar. Potthast, Regesta, n. 352 et 942. Vers 1200, ce sont les chanoines de Mayence qui, leur tour, le dlguent pour dfendre l'lection qu'ils ont faite comme archevque de Liutpold de Worms, contre Siffrid d'Eppensteyn. A la suite de cette mission, Innocent III chargea son lgat en Allemagne, le cardinal Guy de Prneste, d'enquter sur l'affaire. Mais Liutpold n'avait pas attendu la dcision pontificale et

En

tout cas, Prvostin, quelles que soient

croire qu'il faut placer

Mayence

cette priode d'acti-

vit missionnaire, car les preuves ne manquent pas que le catharisme tait trs rpandu dans la Rhnanie.

Et, dans un de ses sermons que nous plaons dans le cycle de Mayence, Prvostin dit .S>(/ anle omnia qu;rrile ab eo de fuie, quia vix est aliquis hodie qui non sit infectas aliqua hresi; si dubitat de incarhatione Filii, pula quod habucril verum corpus, se<l fantasticum...; si dubitat de matrimonio credens quod vir cum uxore mtoari non polcst. Salzbourg, Stiftsbibliothek, VI, 32, fol. 57 a. Le voil donc au milieu d'un peuple infect de doctrines nettement cathares. Prvostin apparat dans les textes comme coltre le Mayence le 3 janvier 1195. Bhmer, Regesta archiepiscoporum Magunlinensium, xxx, n. 313. t. rr, p. 97.
:

dans l'glise de Mayence. Le lgat se pronona contre lui. Prvostin fit-il cette occasion une opposition personnelle au lgat, ou fut-il simplement considr par la curie romaine comme le personnage le plus reprsentatif du chapitre rebelle ? Toujours est-il qu'il eut la peu agrable aventure de reco voir d'Innocent III, en 1203, une lettre svre dont voici le dbut A matre. Prvostin, coltre a Mayence, spiritum sanioris consilii. Nous avons cru jusqu'ici que la sagesse rgnait chez les vieillards, et que la prudence ornait ceux qui ont fait de grandes tudes; mais nous constatons avec douleur que tel n'est pas votre cas, car vous vous tes mis draisonner dans votre vieillesse, vous qui tiez si plein de sagesse dans vos jeunes annes, et vos longues tudes n'ont fait de vous qu'un insens. Potthast, Regesta, n. 1881. Nous ignorons quelle fut la suite immdiate de cette pnible affaire, mais Prvostin dut se soumettre, car nous le retrouvons Paris en 1206, de nouveau juge dlgu du Saint-Sige, et chancelier de l'universit, pour remplacer Homard Chabert, qui tait nomm voque de Genve. De cette date sa mort, il eut une vie trs pleine,
s'tait tabli
:

prchant, enseignant peut-tre, s'occupant des affaires

du Saint-Sige. Il apparat pour la dernire fois comme chancelier dans un acte pass, dans le diocse de Meaux, en aot 1209, On peut voir qu'il tait encore chancelier en septembre de la mme anne, car son successeur, Jean de Chandelles, qui, d'aprs AJbric

165

PRVOSTIN DE CREMONE

166

de Trois-Fontaines, lut nomm chancelier en 1209, tait encore mentionn comme canonial Parisiensis dans un acte dat de septembre 120!). Paris, lai. SS28, fol. 83 v. Aprs cela, Prvostin ne reparat plus dans l'histoire. Son obituaire tait lu Saint-Martin-des-Champs le 25 fvrier, et Sainte-Genevive le 20 fvrier (Molinier, Obituaires de la province de Sens, l'aris,

l'attribution Prvostin est assez peu solide. On ne connaissait autrefois qu'un ms., fragmentaire, attribut G. Pergamensis, le ms. Q. 22. sup. de l'Ambrosiennc. Milan, qui s'arrte juste au point O les renseigin

1902).
le
il

On peut donc supposer


26 fvrier 1210, ou durant
est possible que,

qu'il
les

mourut
le

le

25 ou

annes suivantes, car

comme

Pierre

Mangeur

et Pierre le

Chantre, il se soit rfugi dans l'obscurit et la vie retire de quelque maison religieuse pour y finir en paix ses dernires annes. Les ouvrages de Prvostin qui sont II. uvkks. parvenus jusqu' nous sont les suivants, dans leur ordre chronologique, autant qu'il est possible de les dater: l" Qaststiones maglstri Prsspositini canceUarii Parisiensis; 2" Suinnui de peeniteniia injungenda secundum Prssposilinum; 3 Summa de offlciis; 1 Summa super Psalterium, collecta ex dittim tionibus Preepoltini ;
5
7

pasagii commencent. Mgr Grabmann ouvrage dans le ms. 4 J4 de la biblio thque de Douai, attribu, la table des matires, d'une main contemporaine, Prvostin. Il en existl Val. lai. i304, deux autres mss., mais anonymes Y. -'. fol. 101 V-122v, et Turin, bibl. nationale, D. tous deux du xnr sicle. Nous avons dj parl d l'attribution a Pergamensis par le ms. de l'Ambro sienne. Deux mss. enfin, eux aussi du xnr sicle, Yul. Chisianus, A. V. ISS, loi. 28-74, et Prague, chapitri mtropolitain, n. 627, attribuent l'oeuvre a un magistt gallUS. Les raisons pour l'attribution a Prvostin N rduisent a ceci d'aprs Guillaume d'Auxerre, Prcv os tin a fait (\u ministre parmi les hrtiques: la table '!i m s. /./ de Douai attribue le trait a Pr vos! in. curieux, l'exemplaire anonyme de Turin. /). V. plac entre deux collections le sermons de Pfvo

ments sur
le

les

signal

mme

Summa

rouira

hsereticos

Summa

Iheologica;

('gaiement

anonv
il

nies.

Sermones, 1 Les Qu&ttionee magistri Prsspositini cancellarii Parisiensis nous sont parvenues dans un ms. unique, du xni' sicle, Paris, bibl. Ma/.arinc, n. 170 s. L'ouvrage contient trois parties d'abord une srie d'env ron cent cinquante Quteslione.s, puis un court traite /;, peccalo orlginaU, ensuite quelque cinquante questions. Les sries de questions ne semblent pas appartenir a la mme anne, mais elles sont l'un mme cycle. Elles ressemblent, fond et forme, aux Qmestionu d'Eudes (ou Odon) de Soissons, voir ici, t. XI, col. !) Il, cl sont sans doute les Reportationes des questions disputes aux cours ou aprs les leons de Prvostin sur quelque livre de la Bible; cf. Lacombe et Landgraf, Thequees tlones of Stephen Longton,dant New scholastietsm, t. iv, 1930, n. 2. Elles portent le cachet du cercle de Maurice de Sully, Pierre le Mangeur, Payen de Corbeil,ei discutent les questions thologiques en vogue vers 1180, dans une forme tellement embryonnaire qu'elles doivent tre places parmi les premires du genre. Comme dans toutes ces collections de questions, celles de Prvostin se suivent sans ordre OU peu prs. D'ailleurs celte attribution l'revostin n'est pas sans soulever des dont e 2 Le ms. 1413 de la bibliothque de Vienne contient un texte mutil, qui porte le litre Summa de pirnilrntia injungenda srrundum l'nrpositinum: ce litre nous < \ ostln lait penser que l'ouvrage esl plutt Inspir de qu'crit de sa main. Le court trait sur la pnitence a t compost' a la demande les amis de l'auteur. comme nous le lisons dans sa prface, pour venir en aide aux curs surmens et courts de thologie. Sa date de composition est Incertaine. Le Dcret de Cra lien y esi cit d'une faon tellement archaque que nous sommes porte placer cette petite Somme vers la mme poque (pie les Queestionee Prsepositlni. sinon avant. Elle se borne quelques pages, mais nous appui te du neuf: l'auteur a perdu confiance dans le BJ slcine de la pnitence tarife en cela il n'est pas Innovamais il insiste sur l'obligation ilu eonlesseur de teur bien peser le physique et la mentalit de ses pnitents avant de fixer la pnitence. Il ajoute mme qu'en certains cas il faut ((insulter \\\\ mdecin. La Summa en question est le premier d'une srie de pet ils rail es Muta pnitence, qui semblent avoir t trs gots aprs la rforme du IVe concile du Lai ran. en 1215. 3 La Summa contra htereticos est un des ouvrages les plus importants attribus Prvostin. car il est une source unique ou presque pour l'histoire des pasa'///, secte obscure, mais souvent mentionne la lin du xic sicle, voir i. xi. col. 2206. Malheureusement
:
i

permis d'indiquer une piste suivn le nom de Prvostin ne serait-il pas lui sobriquet Individuel plutt qu'un nom de famille? Est-ce <|ue magit
xcra-t

Nous

PrsepoSjUiUS? Il matre cit par I. [/;i nilrntia esl un certain magislir i/ullus. La question de l'authenticit de la Summa calharot doit attendre plus de lumire avant d'tri tranche. Ce trait n'en reste pas moins un documei 1res important pour l'histoire des doctrines pas., ns cl de l'apologcl ique Catholique contre eux. I" L'ouvrage de Prvostin qui eut le plus de SUi et d'influence est sa Summa de offlciis, beaucoup plus connue sous le nom de Hirand de Meiide (pie sous celui de Prvostin; ce trait est en effet la source principal) du Rationate dloinorum offleiorum de Durand, le livr< le plus populaire (pu ait jamais existe sur la UtU l.e l)r cjjicus de Prevoslin existe en cinq mss Vil/bourg, Stlftsbibl., VI, Londres, BriL Mu (/(/(/. IS9S et /v :~'j. Assise, '> (indiqu par le catalo gue de Mnzifltlntl comme la Somme thologiut
ter

gallUS

serait

le

mme

(pie

Intressant Summa de

de noter que

le

seul

>

't

Klosterneuburg, Cet OUVrage donne, en (plaire parties, lexplicatioi du sens symbolique des offices de l'glise poui tout h cycle de l'anne. Il est compos dans le mme esprit qui les De offlciis d'Hugues de Saint-Victor, de Ruperl d< Tuy, de Pierre, chancelier de Chartres, que la Gemma au mur d'I lonorius l'A ut un. et Surtout que le D< 0/ d'Amalaire, dont ions ces auteurs dpendent. Amalaue qui, au i.v sicle, av ail dj donn leur formi
I

utilisant des morceaux de s. ont Augustin eonuni armature de son travail, et en dveloppant et glosant les Interprtations symboliques que ces Pres avaient dj esquisses. Prvostin reprit ce schma et ci. utilisa Tordre, mais ne s'est servi (pic rarement du texte mme. Tout autre a t la manire de Guillaumi Durand: l'vque de Mende a fait passer dans Kationulv de gros morceaux de 'ouv rage de 'rev os| in parfois on peu! reconnatre une phrase de Prevoslin noye dans (les considrations analogues de la plunu de Durand, parfois Durand copie page par comme sii se sentait incapable d'amliorer sa source. La dcouverte de cette source de Guillaume Durand a

classique
choisis

ces

traits,

en

de sainl Grgoire

et

une importance historique; certains

faits

mentionnes

par Durand, comme la disparition de la pniti publique, l'origine des jubs, ne sont pas nouveaux h: temps (le ce dernier puisqu'ils s,' trouvent dj dans
l'u'iiv re (le
Il

Prvostin. placer cette Suinina de ofli,is avant 198, date assigne par nous -m commentaire de Prfaut
!

167

PRVOSTIN DE CKMONE

168

\<istin sur les Psaumes, car Prvostin en reproduit d'assez Importants morceaux dans le travail en ques6 tion, ci-dessous au 5 Le ins. 4784, fol. 164-175 (xiv sieclo, de la Staatsbibliothek de Munich, contient un ouvrage qui Collecta ex distinctionibus Prepositini. porte le titre
:

C'est

un

petit
et

dictionnaire

thologique

suivant
:

la

mthode

l'esprit

de

la

Siimmu Abel de

l'ierre le

il Chantre. Le titre donn par le ins. est quivoque peut signifier que la collection esi tire d'un ouvrage de Prvostin plus considrable mais du mme genre (il ne contient que cent vingt-trois distinctiones), ou qu'il est la runion de distinctiones extraites d'un commentaire (probablement sur les Psaumes) de notre auteur. Car le mot distindio a plusieurs sens dans la littrature de l'poque. Parfois il signifie l'explication des sens varis qu'un mot peut avoir dans le texte sacr, par exemple, ms. cit.
:

Smalley, Studiet on the Cammentaries of cardinal Stephen Langton, dans Archives d'histoire doctrinale et littraire du Moyen Age, 1930). Elle se retrouve peuttre dans ceux de Prvostin. Le titre mme Summa super Psallerium secundum magislrum l'rupositinum, suggre une reportalio, et lorsqu'il existe une reporlatio il peut facilement en exister une autre lgrement diffrente. Il est curieux de voir que ce commentaire de Prvostin, pour ses premiers chapitres, glose non pas le psaume mme, mais la Magna glosalara, c'est--dire
:

commentaire sur les Psaumes de Pierre Lombard. Cela nous semble le premier exemple de ce fait; l'ouvrage, cependant, est postrieur 1196, car Odo episcopus Parisiensis y est cit. Paris, lat. loi, fol. 123. Les commentaires sur les Psaumes de cette poque, leur
le

relation avec la distindio et avec la prsedicatio dans les coles, ont grand besoin d'tre tudis. 7 l'n ouvrage de Prvostin dont il existe des mss.

Deus Pater operatur


I

l'ilius

Dei.
christi.

Christus
tur.

homo

exalta-

Est
dextera

I
! {

Meritum
tempore prospese. ^
|

un peu partout, avec une certaine prpondrance en Angleterre, est sa Summa theologica. Il en reste trentesept exemplaires complets Bruges 237; Cambridge,
:

Homo
tur.

l'niv. libr.,

ratur.

Prosperitas

mundi

Pcenitentes reconcilian-

qua

I
[

Pavor

gratis:.

Justus delectatur. Sanctus glorificatur.


ci-dessus, les

Amor

Dei.

Vita seterna.

Dans l'exemple

qui, rgulirement, devraient suivre

morceaux de l'criture chaque exemple

230; Erfurt, Amp. Od. 22; La Haye, Meerman B. 33 (394); Londres, Lambeth, 199; Brit. Mus.. Harleu 3596; Royal Q. E. XIV. Lucques, 321 (B. 222); Milan, Ambros., //. 168 in/.; Munich, lat. 6985 (un lve de Mgr Grabmann a dcouvert un autre ms. Munich, dont j'ignore la cote); Oxford.

IV,

3;

Pembroke

Coll.,

225;

Einsiedeln, 33; Paris,


lat.

font dfaut. Mais il montre clairement le sens primaire de distindio la disposition en schma sur la page des sens varis d'un mot dans la Bible. D'autres fois le mot dislindiones est employ pour dsigner des commentaires sur les Psaumes dans lesquels l'auteur employait ce genre d'exgse; par exemple, les Distindiones de Pierre de Poitiers, de Michel de Meaux, de Philippe le Chancelier, d'Eudes de Chteauroux. Quant au Collecta ex distinctionibus Prpositini, qu'il soit un extrait d'une uvre plus considrable du
:

Rome, 1174; Vienne, 1409 1501; d'autres mss. sont incomplets Arras, 965; Dijon, 564; Oxford, Bodl., Mise. Laud. 80; Univers. 61; 12 387 13
Vat.
lat.

Balliol Coll., 210; Oriel Coll., 24; Bodl., Mazar., 1004; Bibl. nat., lat. 14 526, 15 738; SainteGenevive, 200, et 1417; Todi, 71; Toulouse, 159;

Palat.
:

et

Coll.,

Paris, Bibl. nat.,

lat.

et

420.

genre ou tir de la Summa super Psallerium de Prvostin (cet ouvrage ne nous est parvenu qu'incomplet), il reste vrai que trente et une de ces Distinctiones se retrouvent dans la Summa theologica de Prvostin,

mme

vingt-trois dans la Summa Abel de Pierre le Chantre et neuf dans les Distinctiones Ptri Pictaviensis super Psallerium, toutes mot pour mot identiques. Ce genre d'exgse est, on le sait, assez ancien; il se trouve dj dans les Formul spirilualis intelligenti d'Eucher de Lyon au v sicle, mais on ne sait qui lui a donn la grande vogue dont il a joui la fin du XII e sicle. Le R. P. Moore de l'universit de Notre-Dame (tats-Unis) publiera bientt une tude approfondie de ce sujet dans son livre sur Pierre de Poitiers. 6 Il faut maintenant parler de la Summa super

Les rubriques de certains mss. (Oxford, Univers. Col., 61, Vienne, Palat. lat. 1501, Vat., Otlob. lat. 601) font de la Summa un commentaire sur les Libri Scntentiarum de Pierre Lombard. Cela est vrai en un sens, mais indirectement, car Prvostin suit l'ordre des questions qui se trouvent dans les Libri V Sentenliarum de Pierre de Poitiers qui est lui-mme un commentaire sur les Sentences du Lombard. Il est vrai que presque tous les mss. de la Summa de Prvostin divisent la matire en quatre livres, selon l'usage consacr par le Lombard; mais son 1. II, De creaturis, est dmesurment long et se subdivise naturellement en deux livres. Il existe d'ailleurs un ms. de la Summa de Prvostin divis en cinq livres Cambridge, Pembroke Col., 225, mais il n'est malheureusement qu'un abrg. Nous avons dit que Prvostin suit de prs l'ordre des questions traites par Pierre de Poitiers; il lui ajoute parfois des problmes nouveaux et ne le copie jamais

Psallerium secundum magislrum Prposilinum, dont Egredimini fili Sion... Ad vos le prologue dbute l'iri litterati. Ce prologue apparat souvent non en tte d'un commentaire, mais dans un recueil de sermons Paris, Bibl. nat., lat. 14 417; Arsenal, 543; (mss. Salzbourg. Stiftsbibl., VI, 32; Brit. Mus., add. 18 335; Turin, D.V. 2; Troyes, 1251). et parfois il apparat en tte de commentaires sur les Psaumes, qui ne sont pas celui que nous connaissons, comme attribu Prvostin. Les deux seuls mss. qui contiennent avec certitude l'ouvrage de Prvostin sont Paris, Bibl. nat., lat. 454; Florence, bibl. Laurent., plut. IX, dext. 9. Il reste tudier en dtail les commentaires contenus dans les mss. Durham, A. /. 13; A.I II. 11; A. IV. 4; Assise, 55; Paris, 14 717. qui commencent par le mme prologue et qui sont apparents avec notre texte. Rappelons ici la complexit de la tradition manuscrite de ce genre d'ouvrages, par exemple des commentaires bibliques d'Etienne Langton (Lacombe and
: :

textuellement. La Summa tant la coordination des questions disputes dans les salles de classe de Prvostin, il en rsulte qu'elle fut sans doute compose graduellement, de mme que les ouvrages analogues de ses contemporains (cf. A. Gregory, The Cambridge manuscripl of the Queslioncs of Stephen Langton, dans New scholasticism, t. iv, 1930, n. 2): par consquent, il est difficile de prciser la date de sa composition; elle reprsente l'enseignement de Prvostin Paris, sans doute vers la fin

de sa carrire. Prvostin appartenait l'ancienne cole les nouveaux problmes soulevs par l'introduction d'Aristote dans l'Occident latin ne le proccu] eut pas; une fois que les traductions du Stagirite furent lues par les
:

thologiens, l'influence des anciens, comme Prvostin, devint trs faible. Toutefois, son opinion qu'Adam avait t ds le dbut lev une vie surnaturelle tait une chose neuve, et les crivains postrieurs lui font crdit de cette doctrine, par exemple I lerbert d'Auxerre

169
(Va/,
fol.
lai.

PRVOSTIN DE CRMONE
2074,
fol. 17),

PRIRE
6.
:

170

Jean de Trvise

8 v),

Hugues de Saint-Cher

( Val. lut. 1187, (Leipzig, Univ. Bibl.,

573, fol. 101), etc.; cf. A. Landgraf, Die Erkcnntniss der helfenden Gnade in der Friiliscltolaslik, dans Zeilschri/t /tir kath. Theol., t. lv, 1931, p. 403-407. On ne peut pas dire que I'rvostin ait t chef d'cole il est le
;

de nouveau le pseudo-Denys, ibid., qui quando orationibus invocamus Deum, reuelata mente adsumus ipsi; 7. de nouveau enfin, saint Jean Damascne, ibid.. qui dfinit encore la prire ascensus mentis in Deum. Dans son commentaire sur
affirme que
:

tium a Deo;

les Sentences,

1.

IV, dist.

XV,

q. iv, a. 1, saint
:

Thomas

reprsentant du sentiment commun des docteurs de l'poque Viam magistrorum nostrorum consquentes est une de ses expressions favorites. A. Landgraf a dcouvert dans le Val. lai. 1074 un ouvrage qui est, quant la doctrine et quant au texte, inspir de la Summa de Prvostin cf. Eine ncuenldeckle Summe aus der Schule des Prposittnus, dans Colleclanea franciscana, Assise, 1931, p. 289-318. I'rvostin est cit nominalement par Gaufredus Pictaviensis, Guy d'Orchelles, Etienne Langton, l'anonyme du ms. d'Erlangen, 363, Guillaume d'Auxerre, Roland de Crmone, Albert le Grand, et saint Thomas, (l'est sur l'cole franciscaine qu'il a exerc le plus d'influence, par l'Intermdiaire de es deux grands docteurs, Alexandre de Haies et saint Bonaventure. Le Docteur srapliique rapporte dans un de ses sermons un trait d'humilit de I'rvostin qui montre la haute estime dans laquelle il le tenait, Opra, d. Quaraccbi, t. ix,
: ; i

encore les dfinitions suivantes 1. du pseudoAugustin, De spiritu et anima, c. i. oratio est pius affeclus mentis in Deum directus; 2. d'Hugues de Saintcite
:

De modo orandi, c. i oratio est devolio quiedam mpunctione procedens;3. de saint Grgoire, Moral.. I. XXXIII, c. xxin orare est amaros gemilus in compunrtione resonare. Enfin, pour revenir la fameuse question de la Somme thologique mentionne ri-dessii dans l'ad '.', de l'art. 2, saint Thomas transcrit ( texte de saint Jean Chrysostome, In Gnes boni, xm Considra quanta est tibi enneessa flicitas, quanta glorit
Victor,
: :
.

attributa, orationibus fabulari eum I)eo. cum (.Urist. miscere colloquia, optare quod velis, quod desiderai
tulare.

Pour appuyer ses dfinitions rie la prire d'autorit! patristlques Suarez nous apporte encore d'autres textes saint Jrme. Eplst., xxxix. Ad < ijprianum
:

<

Sam
lium
ratio.

oratio, ju.rta
est.

p.

500.
(.

grammalicos, omnis terme eu jus etymologiam sic explicant oratio

loquet,
<

Lacombe, Privosltn de Crmone,


t.

su vie
el

et

se oeuvres.

Bibliothque thomiste,
signals

xi,

Kain, 1927,
t.

comptes rendus
1.

dans Bulletin

thomiste,

vin, 1931, p. 23

In Sert plu ris aulem tandis, difficile orafit juita hune sensum legimus, tt qusc ad prea crationes pertinet, De religione, tr. I Ite oratione, des*
.

L'tude qui de caractre strictement Idologique, c'est a dire qu'elle S'inspirera uniquement des travaux des thologiens Catholiques sur la prire, el suit ont de ceux de saint Thomas d'Aquin et de Suarez, en qui l'on entend toute l'cole . Nous ngligerons donc volontairement tous les travaux des auteurs contemporains, croyants ou incroyants, consacres goit a la psychologie, sud a {'histoire, soit enfin la philosophie de la prire. (Notre bibliographie contiendra nanmoins l'indication de quelques-uns de ces ouvrages, que pourront consulter ceux qui s'intressent a ces questions.) las thologiens, en effet, ne se demandent pas comment on prie, comment on a prie el si l'on peut tirer du fait de la prire des conclusions mtaphysiques; ils n'envisagent la prire qu'en tant qu'elle est un devoir de l'homme;
ncessit, son obligation; iK enseignent quand et comment il faut prier, etc. lai un mot, nous s ns ici en morale, pour dire ce que doit tre
ils

PRIRE.

G. Lacombe. Va Suivre sera

2 saint Augustii Serm.. xxx. De tempore Quid aulem est oratio, nis ascensio anima de ierreslribus ad cseleslia, inquisitii tupernorum, invisibilium desiderium, ibid n mon n'est pas de saint Augustin; il ligure dans I'. I. t. xxxix. COl. 1886-1887, sous le n. xxm (alias. {), lempore, ii xxx) des Sermones tuppositilii); du De spiritu et anima, c. est de par Suarez autre meut que par saint Thomas Oratio rsl ,,nvrrsio mentit Deum, per pium et liumilrm affectum, ibid t. s. dut a arlijrem Julitlam Oratio est bon Basile, llom. tione
ei
tir,

ris

canonicis,

I.

I.
:

i.

n.

<

<

<

cujusdam
c.

petitio, qusc
.">.

ml

Deum
(

a plis efjundilur, ibid..

Grgoire de Nysse, De rot' Oratio conversatio et s,rm< inatlo eum Deo est. et malorum subversio m- peccatorum emendalio, >t encore
n. n. 2;
saint

tablissent

sa

la

prire selon les Instructions du christ

cl

conformment aux doctrines de


I.

la

de l'glise, thologie catho


ci

bonorum, que Deo eum tupplicot :>-, 6. Jean Chrysostome / nem Angeltt copulamur... Angelorum est intrim eorum superant dtgnitalem, liquident maftu Angelorum dignitate colloquium miscere cum Deo, ibid II, c. i, n. 3; 7 saint NU, qui dit qu'il faut prii ce qu'il explique ainsi Sensm est eonsideratio cun
Oratio
est petitio

ofjertur, ibid., n.

I.

lique.
la prire. II. les espces de prires Lgitimit et convenance de la prire (col. 199). IV. Ncessit et obligation de la prire (col. 2ii H. V. Qualits et conditions de la prire (col. 212). VI. Qui peut-on prier? (col. 223). Nil. Que peut on demander? (col. 228). VIII. \ aleiirs et efficacit de la

rentia. et
III.

compuncttone,
i: s.

et <l"l:>rc

animl,

eum

tuspiriis

Nature de
IfcO).

(col.

prire (col. 234).


I. Nature de la prier] /. dfinition. Vvanl de proposer leurs propres dfinitions de la prire, les thologiens recueillent, pour en faire la synthse ou la critique, celles qui leur viennent de la tradil ion. particulirement des Pres.
.

C'est ainsi (pie saint


<l
I

Thomas, Snni.
successivement
:

theol.,
i.

Il'

11'.

lxxxiii,

a.

1,

cite

le

tenys, qui dit au c. du De div. nom. : A nie omnia nl> oratione incipere est utile, sicui Dec nos ipsos tradentes et un tentes; 2. Isidore, qui, in lil>. X Etymol., enseigne que orare idem est ac dicere; 3. Cassiodore, pour qui
:

pseudo-

encore Jean Chrysostomi ... Deus, qui nob honoris largiatur, ni dignos nos habuerlt qui cum ips< colloquamur, noslraque Dota apud ipsum deponamus nom vere eum Deo con/abulamur, quotles vacamus </ cationi, ibid., n. . Le P Vermeerscfa virtutibus religionis el pietatis..., Bruges, 191 Cite enrle (elle dfinition de la prire, qu'on trouve dans VEpist. ad fratres de monte Dei Oratio* s/ hominis Deo adhserentis afjeclio, et familiaris quttdam et pla alloculio, el statio illuminalm mentis ml fruendum quamdiu lieel. Cf. P /... t. XXXrV, COl t" La synthse thomiste. Saint rhomas rattach prire la vertu de religion et la range, avec la I.
sine roee, ibid., n.
lib.
I

De orando Deum

lion,

parmi

m's actes Intrieurs, qui sont aussi ses

oratio dicilur quasi


fn
lit<.

<te

dam
De

est;

mis ratio; I. saint Augustin, qui dit Verb. Dom., sermo v, que oratio petitio quse5. saint Jean Damascne, qui, au 111 du
:

I.

ftd.

orth., c.

xxiv, dfinit

la

prire

petitio

decen-

principaux, tandis qu'il range parmi ses actes exte ricins l'adoration, per qmim alii/uis suum eorp::~ Deum venerandum exhibet. Cf. en tte des q. xxxn et xxxn de la De plus, il ne reconnat vrai dire, qu'une sorte de prire, la prire de demande, mais qu'il considre comme un tout complexe renfermant des parties diverses, parmi lesquelles se trouve
i

'

17!
Voralio,

PRIRE. DFINITION
a. 3,
.'i;
1 ,

172

cf. q. lxxxiii, a. 17; en sorte que le mot oratio peut s'entendre dans un sens large, et en ce sens la prire comprend quatre parties, on pourrait dire quatre phases, quatre mouvements Yobsecralio, Yoratio, la postulat io et la gratiarum actio; ou dans un sens restreint, et en ce sens Yoratia n'est plus que Yascensus :n Deum, le commencement, ou plutt le prlude de la
:

qu. Sum. theol., III q. xxi, a. 2. La rponse videmment ngative. Le cor meum et caro meu exullaverunt in Deum vivum doit s'entendre du retentissement dans l'apptit sensible des mouvements de
est

l'apptit rationnel caro exultt in Deum vivum non per actum carnis ascendentem in Deum, sed per redundantiam a corde in carnem, inguantum appetitus sensitious
:

prire, cf. ibid.,

ad 2 nm

seguitur
la

motum

appetitus rationalis.

Sum.

theol., ibid.,

prire donnes par saint Thomas -.oratio ratianis est actus. appticantis desiderium 'iluntatis ad eum gui non est sub potestate nostra sed

Voici deux dfinitions de

ad

1 '"'.

supra nos,
voluntatis
q.

scilicet
;

Deum, In /V llm
oratio est

Sent., dist.

XV,

q. iv, a. 1, sol. 1

gusedam explicatio propri


implcat,

2 La synthse suarzienne. 1. Suarez remarque d'abord que les thologiens ont coutume de distinguer une triple acception du mot firire a) dans un sens trs large, on dit que le mot prire dsigne toute bonne
:

apud Deum
1.

ut

eam

Sum.

thcol., III,

xxi,

a.

de

action; la glose ordinaire sur le sine inlermissione orale I Thess., v, 17, autorise cette acception : Priez sans

Psychologiquement, la prire, comme le commandement, est, selon saint Thomas, un acte de la raison praique, laquelle n'est pas seulement apprehensiva, mais encore causativa; la raison, en effet, peut tre cause d'une premire de quelque chose de deux manires manire, sicut necessitatem imponens; c'est de cette manire qu'elle commande non seulement aux puissances infrieures et aux membres du corps, mais encore aux hommes qui sont sous notre dpendance; c'est la causalit du commandement. D'une seconde manire, sicut inducens et guodammodo disponens: c'est de cette manire qu'elle agit lorsqu'elle demande l'accomplissement de quelque chose qui ne lui est point soumis, mais gal ou suprieur. Sum. theol.,
t

cesse, c'est--dire vivez toujours

saintement; celui-l

prie toujours qui toujours agit bien. Op. cit., 1. I, c. i, n. 2. Suarez rejette comme absolument impropre cette acception du mot prire, qui a de plus le tort de favoriser la distinction tablie par Wiclef d'une triple prire, mentale, vocale, vitale : Cette dernire, il la

IIMI*, q. lxxxiii, a. Dans ce dernier texte,


rappeler
les

1: cf.

//)

IV

Sent., toc.

cit.

saint

sens profanes

Thomas a commenc par du mot oratio et affirm que


judiciaire dans la langue

ce mot est pass religieuse.

du langage

Si l'on objecte certaines dfinitions des Pres qui paraissent faire de la prire un acte de la volont ou de
la sensibilit (afjectiv

partis),

comme celui du
et

pseudo-

Dcnys, sicut Deo nos ipsos tradentes

unienles, de saint

Jean Damascne, asrensus mentis in Deum, du pseudoAugustin, pius afjectus mentis in Deum directus, et d'Hugues de Saint-Victor, devolio gusedam ex compunctione procedens, cf. supra, col. 170, saint Thomas rpondra que ces formules ne sont pas de vritables dfinitions exprimant l'essence de la prire; elles n'en montrent que certains aspects; ainsi le texte du pseudo-Denys nous dit non pas ce qu'est la prire, mais quoi elle tend, quelle en est la fin, guia hoc prsecipue est in oratione pelendum ut Deo uniamur; celui du Damascne; nous l'avons dj vu, ne concerne que les prliminaires de la prire, oportet (petentem) accedcrc ad eum a guo petit, vel loco sicut ad hominem, vel mente sicut ad Deum, Sum. theol., toc. cit., ad 2" m Yafjeclus
;

dans les bonnes uvres, afin de ravaler autres et de dclarer qu'elles n'avaient aucune importance. b) D'une manire gnrale, on a coutume d'entendre par le mot prire tout mouvement intrieur de l'me vers Dieu, soit par la pense, soit par le cur, omnis interior motus animi in Deum, sive per ejus cogilalionem, sive per afjectum, ibid., n. 6. C'est l' oraison mentale , laquelle Suarez consacrera son second livre. La dfinition qu'il en donne ici parat bien y inclure la simple mditation; pourtant, il dclare se rallier aux explications de Clicntove sur la dfinition de la prire selon saint Jean Damascne (ascensio mentis in Deum). explications qui semblent tablir une distinction entre la prire et la mditation, ibid., n. 7. Mais nous reviendrons sur ce sujet, cf. col. 176 sq.. c) Enfin, le sens propre qu'on donne au mot prire est celui de demande, oratio proprie significare dicitur pelilionem, et particulirement de demande adresse Dieu. Entendue dans ce sens, la prire peut d'ailleurs tre vocale ou mentale, n. 8; il ne faut donc pas confondre prire mentale au sens de demande formule mentalement, et oraison mentale au sens d'interior
faisait consister
les

mentis in

Deum

directus

dont parle

ici

le

pseudo-

Augustin ne

Thomas, In IV im ad l u "\ quelque sentiment ayant Dieu pour objet, mais le dsir de l'homme transmis Dieu,
serait pas, selon saint
Sent., toc. cit.,
si

guo afjectus mentis desideHugues de SaintVictor, que la devolio est une prire, c'est une manire de parler; ce n'est pas une prire proprement dite, mais une sorte d'quivalent de la prire, comme le fait de tendre la main ou d'exposer ses besoins recogitatio necessilalum propriarum, et creetio spei ad Deum, vel indicalio sui desiderii, vel etiam humiliatio spiritus ad Deum sunt gusedam oraliones per quamdam interprelal'on peut dire, ut in illum

rantis explendus est; enfin, dire, avec

motus animi in Deum. pelitio decen2. Mais la dfinition du Damascne boni cujusdam lium a Deo, et celle de saint Basile pelitio gu ad Deum a piis efjunditur, doivent-elles tre maintenues ? N'introduisent-elles pas dans l'essence de la prire des lments qui n'en font pas partie ? a) Contre Navarre, qui pourtant peut revendiquer en sa faveur l'autorit de saint Thomas, In I V jn Sent., dist. XV, q. IV, a. 1, sol. 4, Suarez maintient la dfinition restrictive du Damascne. Ibid., c. n, n. 2. La raison qu'il en donne, c'est que tout le monde s'accorde reconnatre que la prire est un acte de religion qui honore Dieu; or, celui-l n'honore pas Dieu, mais l'outrage plutt (sed potius conlumelia illum afjicil), qui lui demande quelque chose de mauvais.
: :

Ibid., n. 3.

b) En revanche, Suarez ne maintient pas, dans la dfinition de la prire, la restriction de saint Basile a piis, parce que, dit-il, une vritable prire peut tre aussi produite ab impiis, c'est--dire par ceux qui sont
:

tionem, ibid., ad 2"'. Scholion : de la prire secundum sensualitatcm me la prire soit un acte de l'intelligence ou de la \ olont, c'est en tout cas un acte de l'esprit, des facults suprieures de l'me. Pourtant, propos de la prire du Christ, saint Thomas se demande s'il n'y a pas aussi une prire de nos facults infrieures, de notre apptit sensible. Cf. 7/1 ///'!> Sent., dist. XVII. q. i.
>.
1

en tat de pch. Ibid., n. 2. c) Enfin, Suarez n'est pas d'avis qu'on introduise d'autre restriction dans la dfinition de la prire, par exemple qu'elle soit faite decenter; parce que la demande qu'on fait Dieu de choses convenables l pelitio decentium a Deo), mme si parfois elle se fait d'une manire, en un temps ou en un lieu qui ne conviendrait pas, conserve nanmoins ce qui est essentiel la prire et est su stanticllement bonne, bien qu'elle possde

17:

PRIRE. DKl-INITiON
t, n. 5.

174

quelque dfaut accidentel; tandis que la demande qu'on fait Dieu de choses qui ne conviennent p;is (petitio rei indecentis ) ne conserve pas ce qui fait l'essence de la prire. Ibid., n. 5. 3. La prire, en tant que pelilin. est-elle un acte de la volont ou de l'intelligence ? Suarez, sur ce point, partage l'avis de saint Thomas, de Cajetan et <!< tons les thomistes c'est un acte de l'intelligence, parce que, mme purement mentale, c'est une locutio. Ibid., c. m. n. (i. Ce que dit ici Suarez de la prire-demande ne vaudrait-il pas de toute prire? et la vritable dfinition de la prire, de toute prire, mme de |' oraison mentale , ne serait-elle pas celle de saint Grgoire de Nyssc : converst io et sermocinalio cum Deo? Et Suarez analyse brivement le langage intrieur qui sert la prire mentale si l'on y fait bien attention, dit-il, un langage intrieur ne se fait pas autrement, et ne parat pas humano modo pouvoir se faire autrement, que par la reprsentation ou image mentale des mots de nos langues coin ailles; personne, en effet, et il est facile de s'en rendre compte, ne parle intrieurement qu'en exprimant mentalement des mots dans la langue qui
: i :

La prire mentale est actuelle ou elle n'est pas, n. <S. D'ailleurs, celte prtendue suspension volontaire de l'activit mentale est chose psychologiquement impossible
:

mens nunquam vocal omni

actu. sed

ab uno immdiate transit in alium. n. 11. Quand l'homme se tait et n'entend pas encore la parole de Dieu, mais se tient dans l'attente, il est impossible qu'alors il soit vraiment vide de tout acte d'intelligence ou de volont l'gard de Dieu ou des choses divines, moins qu'il ne pense autre chose, ou ne dorme, ou ne soit extra se. N. 22. Finalement, cependant. Suarez acceptera que cette attente silencieuse de la rponse divine soit encore une prire, a condition qu'on reconnaisse que ce silence attentif comporte des actes d'intelligence et de volont Quoi qu'il en soit de la
:

question de savoir tun, a conseiller,

prire est Utile, opporne parait pas douteux qu'il soil possible, pourvu qu'on ne le fasse pas consister in
si

ce

mode de

il

tis;

vacaitate et carentia omnis aetus intellecius rri miuntacar alors il n'y aurait plus prire, mais >M\. N'. 23. Sur l'oraison de silence, on trouvera rie trs beaux textes dans \' Histoire littraire du sentiment reli-

lui est
1.

familire, Ibid., n. 13. C'est du moins ce qui se passe ordinairement, au

gieux en France de Bremond, notamment des textes de Franois de Gugny, t. vu, p. 317-319; el dans son
1 1

dire de Suarez. Ibid., C. rv, n. H. l'ourlant, mme en Cette vie, mme pour la prire de demande, 'homme ne peut il pas parler Dieu en se servant d'un langage
l

Hum, de
la
le

Intrieur dgag de ces conceplibus verborum sensibi ces images mentales des mois de sa langue, a

manire des ailles ou des mes spares 7 Su. ne/ croit; cela ne lui parait pas Impossible, ni minieu leux, ni trs extraordinaire. Ibid. Mais en quoi consiste
alors celle locutio
difficile

expliquer,
1.

pure SpirituallS? C'eSl une chose il n'y a mme rien de plus difficile.

Ibid.,
5.

n.

Mais parler Dieu, vocalcinenl OU mentalement, ft-ce par ce langage purement spirituel, est-il absolu ment indispensable pour qu'il y ait prire? Il faut dis tinguer au sens prcis du mot, oui, la prire consiste parlera Dieu formellement de quelque manire (pie ce soit; au sens large du mol, non; il peut y avoir prire sans locutio formelle, par ce qu'on pourrait appe 1er le langage du rieur. C'est ce qui se produit dans la contemplation, in altissima contemplatione, lorsque l'me, dans un acte simple et quasi Intuitif, se rend prsente Dieu et se rend >icu prsent et lui est ment unie par le cour et s'absorbe, pour ainsi dire, tellement en lui qu'elle ne peut plus mettre la moindre parole. Ibid., I. Il, c. xn, n. 17. Telle serait, d'aprs Suarez, l'oraison i de silence ou dans le silence doni parlent les myslici doclores nul spirituelles viri; on pourrait dire, la rigueur, qu'alors il se fait dans l'me un silence in/rrniini et spirilualr mais, en cet tal.
:
I .

Introduction In philosophie de In prire, notamment des extraits du i*. Grou. p. 225-227. Cf. aussi Jean Rigoleuc, uvres spirituelles. Paris. 1931, p. 163-183, qui renvoie lui-mme, p. 166, au P. Vlvarea de Paz, au P. Louis Dupont, au P. Maximilicn S.ind rus il au P. de I. angle. 7. Enfin, peut on descendre plus bas encore et admettre qu'il existe une prire qui ne comporterait milie pas ce minimum d'activit meni.de qu'on reconnatl dans l'oraison de silence, l'attente silencieuse, autrenieiii dit l'attention? L'&me prie elle encore quand la distraction Involontaire ou le sommeil viennent la
t

<-

<

l'Ame n'est pourtant pas inerte volont continuent de s'exercer.

l'intelligence et

la

li. Faut-il aller plus loin et admettre, comme le font certains spirituelles viri in theologia muslica multum exercitati, qu'il peut arriver que l'Ame, dans l'oraison mentale ou dans la contemplation, cesse absolument

toute opration tant de l'intelligence que de la \ olont et nanmoins soit cense prier encore actuellement cl pratiquer une sorte d'minente contemplation ? ibid., n. C'est ce qu'ils appellent l'oraison de silence
I

OU

le

sommeil
il

spirituel,

pendant lequel

l'esprit se tient

ne dit rien, mais il coule ou attend la rponse du Seigneur . Ce silence ait eut if serait encore une prire, non plus une prire actuelle si l'on veut, mais au moins une prire virtuelle le pauvre qui a demand l'aumne et qui attend, ne peut-on pas dire qu'il demande toujours? Ibid., n. I. Suarez n'accepte pas ces bnins non, dans cet tat, l'ame ne prie plus, parce qu'il ne peut v avoir de prire mentale sans un acte d'intelligence OU de volonveill;
i
.

surprendre pendant l'oraison mentale'.' On l'a tendu, et \nici comment on l'explique par la prire actuelle attentive, l'Ame a t dune certaine manire jointe el unie a Dieu; or. tant qu'elle m change pas d'elle-mme cette attitude et ne se distrait pas volontairement, elle est cense demeurer dans la mme disposition a l'gard de Dieu; ci. me. en rah et effet, on peut dire que la prire dure, bien que d'Intelligence ou de volont qui constitue la prin actuelle ait cesse d exister. Su. in/. op ni. |. M, c. xii, n. SuareC n'a pas de peine montrer pie l.i permanence d'un effet n'eut raine pas celle de s;, cause quand le mouvement qui produit de la chaleur \ient a cesser, bien que la chaleur persiste, on ne peu pas dire cependant que le mouvement continue (ormaliter, mais tOUt BU plus ri rt un II 1er ainsi en est -il de la prire bien qu'on puise dire que la prire persiste nrlunliler dans son effet (l'union a Dieu), elle ne dure pas cependant proprie et formaliter. Ibid., n lu. Il va sans dire (pie l't union a Dieu dont il s'agit, qui demeure pendant la distraction ou le sommeil, n'est pas l'union par la pense cl par l'amour ou par la pense amoureuse; ce n'est pas l'union mais seulement actuelle habituelle : c'est l'amour qui subsiste au fond du cur quand son objet a disparu du champ de la ionscience; c'est le feu qui couve sous la cendre egt inio.car nwiim vigilat Nous sommes ici dans le domaine de la subeoiiscience. Suarez ne veut pas non plus, el plus forte raison. qu'on donne le nom de prire certains tats purement affectifs OU motifs qu'elle peut produire en nous cl qui peuvent subsister quand clic mme a dj a ss Il arrive (piime :\me qui pensait a Dieu et l'aimait avec suavit prouve de la distraction et pense un objet qui n'a plus aucun rapport avec Dieu, mais conserve nanmoins, pendant cette distraction, eamdem \ 12 Que sensus suavitatem et deleeiabilem affecium,
: .

'.i.

,i

175
peuvent bien tre ces tats
allectifs

PRIRE. DFINITION
en l'absence de
la

17G

prire qui les avait fait natre, sinon une certaine disposition du corps et de ses humeurs, en vertu de laquelle on revient facilement ad priorem a/Jectum, l'occupation qui l'a produite, quand l'attention

thologien se doit d'adopter un langage plus prcis que l'orateur; il a le droit de reconnatre que celui-ci recourt des figures de mots dire qu'une bonne action
;

revient i? N. 14. 3 Conclusion. - Une bonne dfinition, disent les logiciens, doit contenir le genre prochain et la diffrence spcifique; de plus, elle doit convenir toti dfinit

et soli

deftnito. Nous devons clone commencer par nous demander quels sont les actes religieux que l'on dsigne gnralement par ce mot de prire: en d'autres

termes, dterminer son extension d'aprs l'usage. Puis nous faut examiner ce groupe d'actes religieux, voir ce qu'ils ont de commun et de distinctif en d'autres termes, dterminer la comprhension du mot prire, non priori, mais d'aprs l'observation. A suivre ces rgles, il n'y a pas de doute que, des trois dfinitions de demande faite la prire qu'on trouve dans les Pres Dieu, entretien avec Dieu, lvation de l'me vers Dieu , cf. J. de Guibcrt, Essence de la prire et prire pure, dans Revue d'asctique et de mystique, 1930, p. 227, il n'y a pas de doute que ce ne soit la seconde qui s'applique le mieux toti et soli definito toute prire n'tant pas une demande faite Dieu et toute lvation de l'me vers Dieu n'tant pas une prire. Somme toute, on pourrait adopter la dfinition de Mutz une dvote et humble lvation de l'me vers Dieu pour exprimer devant lui nos sentiments et nos dsirs . Ibid., p. 228. Ajoutons d'ailleurs que cet entretien avec Dieu , ou plutt cette locutio ad Deum, peut se faire par le langage du cur aussi bien que par
il
; : : :

une prire ou un sacrifice, c'est employer les mots prire et sacrifice non dans leur sens propre, mais dans un sens mtaphorique. En vrit, cependant, une bonne vie deviendra une vraie prire quand elle baignera, si l'on peut dire, dans la prire quand elle sera rapporte Dieu par l'offrande formelle, plus ou moins frquente, que nous en ferons la gloire de Dieu, quand elle sera accompagne de ce regard amoureux sur Dieu qui constitue la prire du cur et qui, chez les saints, est pour ainsi dire permanent. Cf. Le tmoignage de Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours et de Qubec, texte prpar et publi avec une introduction par D. Jamet,
est
:

Paris, 1932.

Et ceci nous amne ce que Landriot appelle l'esprit de prire, qui s'apparente assez troitement avec la prire pure ou l' essence de la prire de H. Bre-

mond.

Cf. J.

de Guibert,
si

loc. cit., p.

220-234.

L'esprit de prire, dit Landriot, ce n'est


particulier...: c'est,

aucune prire eu

l'on peut s'exprimer ainsi, ta partie subtile et thre de c.iacun de ces exercices, qui remonte dans les hautes rgions de l'me, et y forme comme un rser-

voir habituel de saintes penses et de pieux sentiments dont le parfum s'exhale, lors mme que l'me s'occupe des devoirs extrieurs... L'esprit d'une c.iose est la quintessence de cette

De mme, l'esprit de prire... c'est une nuile essencompose de ce qu'il y a de plus divin (lins les rapports de l'me avec le ciel, et qui, venant surnager dans notre me, y brle perptuellement en l'Iionneur de Uieu.
chose...
tielle,
:

celui

de

l'esprit.

Alors, toutes nos actions, nos penses, nos dsirs, nos volonts, sont imprgns de cette huile cleste; tout dans notre tre et dans notre vie devient une prire continuelle, un

entretien avec Dieu, ou plutt que les termes d'entretien ou de colloque par lesquels on dsigne la prire suggrent l'ide d'un dialogue, notre prire, hlas! n'est bien le plus souvent qu'un monologue. A ce sujet, Bellarmin distinguait trois degrs de prire Le premier est celui de ceux qui prient, mais n'entendent pas de rponse et ne savent s'ils sont exaucs (an audiantur; faut-il traduire s'ils sont entendus?); le second est celui de ceux qui ont quelques raisons de croire qu'ils sont exaucs (habent aliqua signa quod audiantur), mais n'entendent pas de rponse; le troisime est celui de ceux qui vraiment conversent avec Dieu et Dieu avec eux. Ceux-ci reoivent des lumires, n'ont pas de distractions et ne se fatiguent pas en priant, parce qu'ils coutent plus qu'ils ne parlent. Cit par E. Raitz von Frentz, Rev. d'asct. et de myst., 192G.
dit
;
:

Nous avons
ad

hymne

sans

fin,

locutio

Deum

car, bien

L'esprit de prire est

une immolation de tous les instants... comme une vapeur cleste qui domine

toute notre vie, qui l'enveloppe tout entire... L'homme ne peut pas toujours rciter des prires voc des, toujours mditer, toujours tre agenouill dans les glises; mais lou ours il peut avoir en son cur cet esprit de prire qui s'exnalede l'me comme le parfum de la Heur, et qui embjume par une brise cleste toutes les heures de la vie... Le principe, la racine vritable et l'essence la plus intime de la prire, ce qui la constitue et la rend agrable Dieu, c'est la soumission la volont du Seigneur et le dsir de lui plaire... T. m,
p. 83-92. Cet esprit

p.

143.

Puisque prier c'est parler Dieu d'une manire ou d'une autre, c'est exprimer devant lui nos sentiments et nos dsirs , et puisque, selon saint Augustin, ce n'est pas seulement la bouche ou le cur qui parlent, mais aussi notre action, pourquoi ne pourrait-on pas dire que toute bonne action est une prire et que, par consquent, tant qu'on demeure attentif viter ce qui met en danger de dplaire Dieu et qu'on tche de faire en tout sa volont, on prie sans prier, et Dieu entend ce langage ? Bossuet, cite par Landriot, appendice V Instruction pastorale pour le carme 1^62, dans uvres, 2 e d., t. m, Paris, 1864, p. 144. Landriot a recueilli un grand nombre de textes scripturaires ou patristiques, de thologiens, de prdicateurs ou d'auteurs spirituels, o l'on retrouve cette ide qu'une
vie est le meilleur des sacrifices, la meilleure des prires qu'on puisse offrir Dieu; cf. t. il, p. 207209; t. m, p. 91-100, 108-110, 132-146. Que peut-on tirer de ces textes ? Tout juste le contraire de ce que l'on veut y trouver, savoir que toute bonne action, sans tre une prire proprement dite, quivaut une prire on prie sans prier , dit fort bien Bossuet. Le
:

de prire ne nous abandonne pas un seul instant, lors mme que nous n'en avons pas toujours la conscienc" rflchie c'est le soleil de notre me, et au milieu de la multiplicit des affaires, au milieu du bruit de ce monde et des nuages de la terre, ce soleil intrieur luit pour nous et fait tressaillir notre cur par des jubilations d'autant plus profondes qu'elles semblent inaperues. Ibid., p. loi. Cependant, il est dillicile que cette disposition habituelle de l'me, ne se manifeste point souvent par des actes rflchis; quand l'me est pleine, il se lorme ncessairement des puits artsiens, et l'eau vole dans toutes les directions. De li, ces aspirations secrtes du cur, ces oraisons jaculatoires, qui s'l incent coin ne les tincelles d'un feu ardent... Ibid.. p. 117. (C'est nous qui avons soulign.)
:

En somme, de quoi s'agit il Mais tout simplement, nous semble, de ce que les thologiens appellent la dvotion, qui nat de l'amour et nous porte nous adonner totalement et gnreusement au service de Dieu; cf. 1I'-II'\ q. LXXXII. Dvotion serait le terme technique dans la langue exacte de la thologie; les psychologues non thologiens parleraient d' esprit
'?

il

bonne

, les auteurs spirituels d' esprit surnaturel . ces termes seraient, en tout cas. prfrables celui d' esprit de prire , qui repose sur une conception pour le moins discutable de la prire. Pour saint

religieux

Tous

Alphonse, l'esprit de prire est tout simplement l'habitude de recourir Dieu en tout, tout de suite et toujours. Cf. Bouchage, Pratique des vertus, t. m, p. 318319.
//.

PRiftRE et

.\f

fini

ta TlON.

La mditation

est-elle

une prire?

Cf. J.

de Guibcrt, Rev.

d'asct. et de myst..

177
1930

PRIRE. NATURE
mentale, cet Suarez est d'avis que l'oraison
cice
,
.

178
exer-

rpond catgoriquep 337-344. H. Hremond dit expressment Mditer n'est pas prier, non. ment rfrence! Dans le [Aucune Sales. de saint Franois VI. c il. la mditation est Trait de l'amour de Dieu, 1. degr de loraicependant dsigne comme le premier philosophique.] Et plus . son ou thologie mystique tous les mots de ment Mgr Paulot. Pesez, je vous prie, point de Chaque opration, envisage dans son

op.

cit.,

1.

II, c.

i,

n. 5,

tant

Pres et les auteurs spirituels, qui sont, d'aprs successifs


cf
ici
t.

recommande par tes comprend quatre actes


la

ce texte Une mditation forvue formel, est exclusive de l'autre. Quand on mdite, on formelle. prire une pas melle n'est pas. Raisonner mdite ne prie, on on ne prie pas; quand sont deux choses explicitement et prier explicitement mme instant. . Hist. litt..., t. vni,
inconciliables dans le p 362-363; cf. Introd.
:

contemplatio ibid., c a,,m 2 Et meditatio, Y oratio et la tout a la fois distingue de mditation voil du coup la qui est, pour Suarez, la prier, la prire au sens strict, . intgrantes de demande, et range parmi les . parties au sens large Suarez l'oraison mentale ou prire donne la Scala Meditatio accepte la dfinition qu'en
.;

M,

art.

GuiguL,

col.

Scala 1966)

claustrait
:

um

la

leclio.U

est

veritalis notitiam ductu studiosa mentis aclio, occult n. 4. Mais ainsi ibid., investigans. proprim raiionis

philosophie de la prire, pas tant l'oraison la mditation n'est n 66 note [citation, d'ailleurs, l'oraison , l'introduction que fora, son mentale, inexacte de Lchodey, Les noies de de l'oraison p 131 qui avait crit l'introductrice N'est-il pas un Ce n'est pas l'avis du P. de Guiberl : rellement orafson peu exagr de ne faire commencer prend Burnatuqu'au moment o la volont chauffe Bien divinl rcllemcnt contact par l'affection avec le discursifs, de l'intelligence, prcds
la
I

entendue,
prire,

Les actes,

mme

une mditation n'est pas ncessairement sort. au sens large du mot. Pour qu elle le faut d abord Il ncessaires lieux conditions sont orandi, id est colendi Deum qu'elle procde ex afjectu Lamditation satisfera per adm mentis. Ibid. sera un hommage rendu elle condition; premire d'abord, wtendendo ipsarn manires deux D e u Del, en considrant !.. quemdan, meditalionem ut cultum sorte de culte ou une comme mditation elle mme telle. rendu Dieu et en te voulant comme
la

mme

d'hommage
s'exerce
,,.

de prire fervente, .lien liant d'actes mieux comprendre ventes ou Dieu avec l'aide de vrai.- oraison7 mystres, ne sont-ils pas dj une note. . La m< Rev d'asct. et de my st., 1920, p. 184, discursive, n'est pas une Mon, dans l'oraison mentale une partie de cette simple prparation ou prlude, mais vrai que, Il est oraison mme. //., 1930, p. 342. ne nul pas (.uibert de le P. ., ..raison sous ce mot exactement ce que Hremond met sous le mol une prire <|U . au puisque, pour lui, l'oraison n'est Dieu en vue de le sens gnral d'lvation de l'me
prliminaires
I

n , Pest elle pas,


,p,i s'v

.,,

elle., puisqu'elle
a. tes

frquemment par des

s'appuie M,r la de foi et qu-

fo,

soi,,, passe n'a pas d'autre but que de r& Dieu Intelligence notre toujours davantage mditation au culte de dment, en ordonnant .notre proposant dexdter en Di eu c'est--dire en nous y et de te une plus grande estime de la globe 1( ,us esprit de l>n- r.- ..... majest divines, un plus fervent I.a seconde condition dvotion plus ardente. Ibid

requise
|

i mme P. 341 dislingue nettement la mditation de s emploie Le mot de contemplatio, dit-il, la prire l'Intelligence de l'acte pour strict sens parfois en un aussi de mditant les choses divines... Il s'emploie par lequel aine, se faon plus gnrale pour tOUt acte uniquement sparant des affaires extrieures, s'occupe ou manires de Dieu; ce qui peut arriver de deux dans Ecriquand l'homme .route Dieu qui lui parle OU quand lui ture sainte, Ce qui se Tait par la lectioi

mieux servir en
Saint
:

se sanctifiant soi

,.

Thomas

e le rat, que. c'est ad, re qu prire, c'est qu'elle soit ,, des senti BOUS en d'attiser d'exciter OU ., pour but but de l'oraison men mct,, parce que tel doit tre te ne serait pas un acte de religion

pour que

la

mditation

soit

vraiment une

taie;

autrement,
et

elle

ou de charit,
prire.
""</.

par consquent
''

elle

ne serait pas une


.

mme
la

l'I'aiiture. nous ce que Dieu nous d'il dans prsence par tons, grce la mditation, en sa

Quant B parle Dieu, ce qui a lieu dans VoratlO. aux deux autres meditatio, elle est, par rapport nous servant de parties, comme un iul eruiediaire car.
:

pour que te Ces deux condltlpns m Indiques dans la Uon so,t une prire, Suarez les voit Meditatio cordis nui in parole du ps. kviii surtout uvre tuosemper. Bien que te mditation soit mditation du d'intelligence, le psalmlste l'appelle illum Un cur, quia et ex afjectu extre ei ad
;

,,,., mdita

De

se et l'atectlon; et lui tant ainsi

nous metla peu prsents ou ayant


l

en p plus la mditation doit se faire e/us.el quia Iota dbet re/erri ad cultum Dieu cns,,.enl qU DOurOUOl tous les ailleurs spirituels commencer l'oraison mentale par se met!faut

,1

prsence de Dieu

Ibid.

prire (oratio); prsent, nous pouvons lui parler par la [ugues de Saint-Victor, dans le pas et c'est pourquoi
I

religion n acte qui procde del vertu de

p
CI
i

sage cit

De modo orandi,

c.

Est ce bien l
la

que

saint
.

contemplation trouve pas |. disJ'ai beau relire ce chapitre, je ne l'y lecture, tiuuue trois parties dans la contemplation la Mais ,l ne s ensuit (oratio) prire et la mditation la produit par le don de pas que celle Ci doive tre un acte par la mditation, piesagesse, celte Sagesse, bien que ..Se/1/..dist. W.qiv. In /\' parc la voie la prire. commentaire a 1, qu. 2. ad 1 "". Ce texte se passe de mettions en encore que. par la mditation, nous nous ei vel prsence de Dieu (ci prsentamur; prtesentali la prsentem eum habentes) par la pense et l'affection, quj mditation n'est pourtant pas encore la prire, prparaconsiste parler Dieu: elle n'en est que la teut vition ou le prlude pour parler quelqu'un, il se prsendemment d'abord se trouver en sa prsence, texte d'Hugues de ter lui. Simulions, en passant, ce pour la Saint-Victor sur la ncessite de la mditation

Thomas

trouve celte division de

Thomas, Sum. theol., Il Sent, dlst. XV, q. iv, a.


I,

II

I,

M qu.

Lxxxni,a.3; ln/1
2.

prire soil

un acte de

religion,
:

Ecriture

l<

Dirigatur oratio marque dans cette parole du ps cxi. raison le prouve mea sicui incensum in eonspectu tuo. La rei
:

prire
ut

omnino perfecta non comiletur aut

est, Sic ergo orationi sancta meditatio necessarta meditatio esse oratio nequeat, si eam

L'objet propre de te vertu de par ce syllogisme honneur Dieu le respect et c'est rendre de , on les actes par lesquels tous donc et adroit, ,1 auxquels appartiennent a la VeitU de On rend a Dieu ce respect Dleu ce respect, en religion. Or, par te prire, on rend lui et nm pro tant que par elle On se soumet l'auteur de tout bien avoir besoin de lui comme de propre de la Donc, manifestement, la prire releve,, de la somme l'enseignement est Tel religion. n vert de n. n. i. .m pourrait Cf Catchisme romain, part. IV, c. pareil tre de prreligion la de objecter que l'office ses crmonies et que la senter a Dieu son culte et quelque chose a Dieu. prire ne parat pas apporter lui quelque chose mais plutt chercher obtenir de En priant tbtd., ad 3 ; repond, Thomas saint
I , .,

prsecedat, Loc.

cit.

[homme livre Dieu son

esprit, qu'il lui

soumet paru

170
rospc
i.

PHI EUE. KSPhCKS


t

180

quodammodo

d'une certaine manire (et dont il lui fait prsent comme il est dit dans le texte de Denys. Et c'est pourquoi, de mme que l'esprit de l'homme l'emporte
et <|u'il lui prsente
preesentat, c'est--dire

sur ses membres corporels et sur toutes les choses extrieures qu'on emploie au service de Dieu, ainsi la prire l'emporte sur tous les autres actes religieux. Mais, quand ils se posent ce problme ulrurn oraiio
:

alio simili), ne pense nullement, lorsqu'il demande quelque chose, a se soumettre Dieu et l'honorer, ni reconnatre sa toute-puissance et la dpendance o il se trouve son gard, mais est uniquement proccup d'obtenir le bien qu'il dsire ou d'chapper au mal qu'il redoute , ibid., n. 11; cf. Bremond, llisl. titt...,
t.

vu,
II.

p. 10.

sit

actus rcligionis, les thologiens ne se demandent pas seulement si la prire est un acte de religion, mais

* Les parties de la Lus B8PCES dk prires. prire peuvent s'entendre de deux manires il peut
:

encore si elle procde de la vertu de religion, ou de quelque autre vertu, ou de quelque autre habilus de l'me, par exemple de l'un des dons du Saint-Esprit. L'me de l'homme pourrait tre compare un arbre dont le tronc porterait deux branches charpentires,
l'intelligence et la volont, desquelles sortiraient divers

s'agir soit des parties intgrantes, soit des parties subjectives. Par parties intgrantes de la prire, on entend

tout ce qui est requis pour former une prire complte. Les parties subjectives de la prire se distinguent ou selon la diversit des choses qu'on demande, ou selon les diffrentes manires dont se fait la demande. Saint

vertus et les dons. De quelle branche, de quel rameau procde la prire? Or, voici la difficult La vertu de religion, tant une partie potentielle de la vertu de justice, rside dans la volont aient in suhjecto; mais la prire, comme on l'a vu antrieurement, est un acte de la raison pratique, donc appartient la partie intellective de l'me (pertinct ad parlent inlellectivam); donc, elle ne parat pas tre un acte manant de la vertu de religion, mais plutt du don d'intelligence, dont le rle est d'lever l'me Dieu. lbid., objectio l a Dans les Sentences, Inc. cit., saint Thomas s'objecte que, d'aprs certaines dfinitions traditionnelles, on pourrait aussi la rattacher aux dons de sagesse ou de science. A l'objection principale, saint Thomas rpond, ibid., ad 1'"" La volont meut les autres puissances vers la fin laquelle elle tend; rsidant en la volont, la religion pourra donc ordonner l'honneur de Dieu les actes des autres puissances. Or, parmi celles-ci, c'est l'intellect qui est la plus haute et la plus voisine de la volont. C'est pourquoi, aprs la dvotion, qui mane de la volont elle-mme, c'est la prire, par laquelle la religion meut vers Dieu l'intellect humain, qui tient le premier rang parmi les actes de religion. Mais enfin, si la prire est un acte de la raison, dont la religion, c'est--dire la volont, se sert pour tmoigner Dieu du respect , comme il est dit dans les Sentences, Inc. cit., peut-on maintenir cette affirmation, qu'on y trouve aussi, que la prire est un acte licite de la vertu de religion cum Deo reverentiam exhibere

rameaux, qui sont


:

les

Thomas, In IV'<" Sent., dist. XV, q. iv, a. 3, sol Cela propos du texte de saint Paul, I Tim., n,

1.
l
:

obsecro igilur primum omnium fieri obsecraliones, nra~ tiones, poslulationes, gratiarum actiones; duquel il faut rapprocher celui de Phil., iv, (i sed in nmni oratione et obsecratione, cum gratiarum actione, petitiones oestrse innotescant apud Deum. Ces textes posaient un problme parlaient-ils de diverses sortes de prires (parles subjectiv), eu seulement des divers lments qui doivent entrer dans la composition de toute prire pour qu'elle soit complte (partes intgrales) Sa dfinition de la prire devait porter saint Thomas y voir principalement d'abord, puis exclusivement l'indication des parties intgrantes de la prire. Le Catchisme romain, c. m, n. 1, adopta cette manire
: : '

de

voir.
/.

LES PARTIES INTGRANTES DE LA PRIRE SBIjOS saint THOMAS. Dans le commentaire des Sen-

tences, loc.

cit.,

seules, les obsecraliones et les gratiarum

actiones sont considres comme parties intgrantes de la prire; les nraliones et les poslulationes en sont des

sit

actus lalri, oratin actus latrise erit clicitive

'.'

Dans

parties subjectives celles-l concernant les biens de la vie prsente, celles-ci ceux de la vie future. C'est d'aprs cette conception qu'est interprte la distinction des parties de la messe donne par la glose ordinaire tout ce qui se dit avant la conscration peut tre considr quasi qudam obsecrationes; ce qui se dit dans la conscration peut tre appel nralianes, quia sacramentum quod illis verbis conficitur, in via nos adjuvat; ce qui suit la conscration constitue des postulaliones. quia bona wierna postulantur et mortuis el vivis; enfin ce qui suit la communion a le caractre de
: :

de la Somme, clicitive est remplac par proprie. Suarez distingue La prire, dit-il, est un acte produit immdiatement (immdiate elicitus) par la vertu de religion quand afjectum pelendi, c'est--dire pour ce qui concerne le dsir, la dtermination de prier; mais, pour ce qui est de la prire elle-mme, c'est un acte impr, en tant que la locutio, en quoi consiste formellement la prire, est un acte intellectuel, bien que, en tant qu'acte moral et vertueux fin esse moral; et virlutis), on puisse la considrer aussi comme un acte licite, avec un grand nombre de thologiens. Op. cit., 1. I, c. vu, n. 7. Cette distinction n'a pas l'heur de plaire Jean de Saint-Thomas, qui la rfute longuement, Cursus theol., In II* m -//', q. lxxxiii. a. 3, d. Vives, t. vu, p. 759-709; cf. Vermeersch,
l'article
:

gratiarum actiones. Pendant que nous

sommes dans

le

commentaire des
'

Sentences, remarquons, dans la qu. 3 du mme art. 3, les divisions de la prire donnes par Hugues de SaintVictor, qui seront intgres dans l'art. 17 de la II -II*, q. lxxxiii. La supplicatio, la pnstulalio et Vinsinuatio, distingues par le Victorin, sunt partes subjective et dislinguuntur secundum diversos modos. Dans une
prire, en effet,

on peut rencontrer deux lments

l'expos de nos besoins (narralio) et la demande proprement dite (petitio); la prire qui contiendra ces deux lments sera une pnstulalio. dfinie par Hugues
:

op.

p. 6. 1 Sclwlia
cit.,
:

Pour que

la prire soit

un acte de

reli-

n'est pas ncessaire qu'on sache qu'elle l'est et qu'on la veuille comme telle; il suffit que l'on recon-

gion,

il

naisse que l'on a besoin du secours de Dieu et qu'en priant on veuille se soumettre Dieu. Suarez, loc. cit., n. 13. 2 En revanche, il peut advenir qu'une prire

totalement dpourvue de cette qualit, qu'elle ne pas un acte de religion et donc pas une vraie prire si quelqu'un, par exemple, n'envisageant que son intrt (ex nimio afjectu ad suum commodum vcl
soit
soit
:

dctcrminaUe pelitinni inserta narralio. Si l'un de ces lments vient manquer, si nous avons une petitio sine sans narralio, ce sera une supplicatio, dfinie determinatione petilionis, humilis el devota precalin Si. au contraire, nous avons une narratio sans petitio. ce sera insinuatin. dfinie sine petitione per solam narrattonem voluntatis jacta signiflealin. Dans son commentaire de l'ptrc aux Pbillppiens et de la re Timothe, saint Thomas ne voit plus, dans les quatre termes employs par saint Pau), que l'indication des quatre lments qui doivent se retrouver en toute prire Et pnnit quatuor qu necessaria sunt in
: :

qualibet oratione. In episl.


prire, en effet,

ad Phil., c. iv, lect. 1. Toute comporte d'abord ascensum intcllectus

181
in

PRIRE. ESPCES
c'est Voratio
:

182

(dans le commentaire de I Tina., considre comme une mditation sur les ob.iecrationes) en outre, toute prire doit tre faite cum flducia impelrandi el hoc ex Dei misericonlia, et c'est pourquoi elle comporte une obsecratio, c'est--dire une contestai in prr Dei qratiam et ejus sanctilatim (in Phi!.), ou per sacra, sicut per passionem et crucem (in I Tim.); mais, parce que celui qui ne songerait pas rendre grces pour les bienfaits dj accords se rendrait indigne d'en recevoir de nouveaux, toute prire doit contenir une action de grces; c'est alors seulement que l'on peut prsenter sa demande: et lune proponit petiiionem. Si nous y regardons de prs, nous retrouverons ces quatre lments dans oui es les oraisons de l'glise primo enim tnaoeatur Drus (c'est Voratio); secundo lommcmoralur diiunum benefldtun (c'est la graliarum actio); tertio petitur beneflcium; l'er Dominum nostrum, etc quarto ponitur obsecratio In PMI., toc. cit. Cependant, sainl Thomas concde qu'on pourrait voir aussi, dans les quatre expressions pauliniennes, quatre sortes de prires se rapportant ad quatuor quir nos volumus in oratione obtinere. In I Tim., toc. cit. L'art. 17 de la Somme, II"-JfI, q. lxxxiii, synthtise et clarifie encore huiles ces rflexions sur les parties de la prire numres par saint Paul t parti* a remplac species, qui se trouvai! dans le titre de l'art. des Sentences ). Trois choses sont ncessaires pour la prire. D'abord, ut orans accdai ad Deum, ce qui se fait par Voratio, qui est un ascensus intellecttu in Deum. Ensuite, qu'il y ait une demande, et eYst ce qu'indique le terme de postulatio; mais celte demande pourra se taire de trois manires ou bien ilrlrrniiiintr, el ce sera la postulatio proprement dite; ou bien inde-

Deum,

c. ii,

lcct. 1, Voratio est

au catchisme La prire est une lvation de notre me vers Dieu pour l'adorer, le remercier, lui demander pardon de nos fautes et obtenir de lui les choses dont nous avons besoin. La division de Tanquerey. Prcis de thol. ascliq. et mystiq., p. 32, qui de prime abord ne reconnat que deux buts la prire, l'adoration et la demande, se ramne cependant la division classique, puisque, sous le nom d'adoration, il entend non seulement l'adoration proprement dite , mais encore l'action de grces et la rparation de l'offense faite Dieu par le pch.

du

ct de cette division de la prire calque sur celle on trouve une division tripartite en prire de louange, d'action de ijrces et de demande. C'est celle
sacrifice,

.'

de Brancati, cit par H. Bremond, Hist. Iitt., t. vu, p. 8-9, note; de. Schilling. Lehrbuch der Morallheologie, t. m. p. 163, qui signale pourtant aussi l'adoralion (Anbetung) et remarque que la prire de demande s'agit de (Btttgebet) devient une Abbitte, quand il l'expiation ou de la remise de la dette que l'on con traele envers Dieu par le pch. Si par la 'louange de Dieu ces auteurs entendaient l' adoration >. les (\in\ divisions concorderaient, puisque la prire de demande englobe videmment la demande de pardon ; orationem VTOpi C'est ce (pie fait remarquer Noldin tiatoriam, qua remtssio peccalorum ri panarum tulaliir... ad uratinnem petitionit orneralim aeccplnm pertinere manifestum est. Sum. theol. mor., 20 d t. il. 1930, p. 139. Le mme thologien, tout en distinguant la louange de l'adoration, dclare cependant qu'on peut l'y rapporter, si bien qu'il aboutit, bu aussi, une division tripartite adoration, action de
:

;i

grces,

demande

Ibid

D'autres thologiens paraissent distinguer de plus

terminale, el ce sera la supplii all, ut cum i/uis petit pii'iui a l)eo; ou bien enfin la demande sera Implicite el consistera dans l'expos d'un fait, et ce sera Vins!nuatio. Enfin,

pour

qu'il y ait

efficace, requlritur ratio


:

constituera Vobsecralio, qum est per sacra ciailcstalio; i<cl c.r parle pelentis. et ce motif d'exaucement se trouvera dans l'action de grce* rendue Dieu pour ses bienfaits antrieurs. Cf. A. Lemonnyer, La prire chrtienne de demande, dans La

cela peut se trouver vel ces motifs d'exaucemenl

prire, au moins prire impetrandi qund petitur; mais ex parle Dei. el l'Invocol Ion de

nombreuses formes le prires; M^r Paulot, par exem pie La demande n'est pas toute prire, si l'on entend la prire dans le sens large... L'adoration, l'admiration, la louange, l'action de grces, sont des formes emi
:

lieutes el varies de la vertu le i> LlgioU L'esprit ii< sagesse, 2* d., p. 220. M. Saudreau Pour ces anus (imparfaites), la prire est possible, elle l'est toujours mais la prire il'adoral ion. de lOUAUge, d'action de
:

grces, de demande. Pour la prire d'adhrence a ni re chose. Elles n'adhrent gure a la volont divine;

mars 1925, p. r>71-.r>7l. //. Ulli PARTIES 80RJBCTIVB8 f)B l PRtRB OU u:s i)irr(:i;i-:\ri:s B8P&< B8 DB ri:ii RB8. Les parlies subjectives de la prire, lisions nous tout l'heure en saint Thomas, se distinguent soit d'aprs la dlver sil des choses pic nous demandons, soil d'aprs les di rrentes manires dont nous demandons, vel seenndiim dlversilatem eoramqu.ee petuntur, vel secundum diversion
vie spirituelle,
.

mndum

prtendi. Cf. supra, col. IK). En son me, cela revient diviser la prire selon ses objets et selon ses

modes. Cette division peul cire maintenue avec nilion de la prire que nous avons adopte.
1"

la dfi

Les diffrents objets de la prire. La prire, que le sacrifice, a quatre objets Vadoration, faction de grces, le pardon des pches. Vimptration des biens spirituels el temporels Les deux premiers objets regardent Dieu directement et sont, pour celle raison el sans contredit, les plus importants. Les deux derniers regardent nos intrts, qui sol subordonns ceux de Dieu, et que nous ne devons avoir en vue qu'aprs les siens. Le P, GroU, cit par II. liremond. Introd. la philosophie de la prire, p. 229. Il y aurait donc quatre sortes de prires, comme il y a, selon les thologiens, quatre sortes de sacrifices, qu'ils dnomment latreutlque, eucharistique, propitiatoire el iniplrntoire; cf. Hurler. Theol, dogm, coinpciul.. i\ e d., t. m, p. 3Si). On peut presque dire que c'est la division classique de la prire, celle que nous avons apprise
ainsi
: :

devoirs trs e.r.i vin. p I. enfin le P. Baker: La prire est un acte affectueux de l'Ame Intellectlve envers Dieu, lui exprimant, au moins Implicitement, notre entire dpendance comme tant l'auteur el la source de tout bien; une volont aussi prompte qu'efficace de bu accorder tout ce qui lui est di. ce qui n'exprime rien moins que tout l'amour, toute la soumission, toute l'adoration, toute ii gloire ci tout le culte que l'Ame ei toutes les cratures peuvent lui rendre, en s'humiliant. en s'ancautis saut devant lui ; et enfin un dsir et une intention d'as pirer une union d'esprit avec lui -, cit par Devine, Manuel de thologie mystique, p. 203. Dans son Trait de la prire, t. i. I. I. c. ni. Nicole trace le plan d'une mdit al ion OU oraison mentale gnrale. C'est a dire qui ne concernerait pas un sujet particulier, mais notre vie religieuse envisage dans la totalit de ses aspects essentiels; cette oraison (livrait comporter six actes successifs un acte d'adoration, un acte d'action de grces, un acte de componction ou de contrition, un acte d'esprance du pardon de nos fautes et des
elles
v

vis

cit

adhrent seulement pour par liremond. Hist.

lis

Iilt

biens que Dieu promit a ceux a qui les pardonne . un acte de resolution de tendre a Dieu et dohservei ses divines lois dans toutes nos actions , enfin un acte de demande du secours divin ncessaire a cet effet Rcapitulons toutes les sortes de prires, ou d'actes qui peuvent se rencontrer dans la prire, qui viennent de nous tre indiqus adoration, louange, admiration.
il
:

183
culte;

PRIRE. ESPCES
l'quivalent d'une
: ;

184
demande de pardon supposons une
d'avoir reu de Dieu
le

adhrence, soumission, rsolution; amour, action de grces; componction ou contrition esprance du pardon et des biens divins, dsir d'union; demande du pardon ou du secours de Dieu, etc. Nous voil loin de compte avec les trois ou quatre espces de prires gnralement admises par les thologiens. Pourtant, il est bien vident, mme premire vue, que tous ces sentiments ne sont pas mettre sur le mme plan, qu'un certain nombre d'entre eux sont secondaires par rapport d'autres, dont ils dcoulent ou dont ils ne sont que des nuances; en deux mots, un classement, une rduction, s'imposent. Essayons-les. 1. L'adoration est la reconnaissance de notre qualit de cratures, donc de notre absolue dpendance l'gard de Dieu; reconnaissance qui n'est pas seulement un aveu mlancolique, mais une acceptation, rsigne ou joyeuse, de notre condition et de toutes ses consquences. La prire d'adoration est donc essentiellement une prire de soumission ou d'adhrence la volont divine, qu'il s'agisse de la volont divine signifie par les vnements qui nous atteignent, ou

me entirement convaincue
pardon de
ses fautes et

mme

d'tre l'objet de ses

exprime par

les

commandements

qu'elle

nous impose

soumission, rptons- le, qui peut tre en quelque sorte force, arrache l'me par la crainte du Matre, ou, au contraire, libre, spontane, quand elle se teinte d'amour; tous les Fiat sont des prires d'adoration. De cette prire de soumission ou d'adhrence, c'est peine si l'on peut distinguer la prire de rsolution, dont parle Nicole, ou la prire d'offrande du P. Baker: La prire que j'ai en vue en ce moment est plutt l'offrande et le don fait Dieu de tout ce qu'il peut

lgitimement nous demander, c'est--dire l'offrande de tous nos devoirs, de tout notre amour, de notre entire soumission , etc., cit par Devine, op. cil., p. 202; prire dont le ps. xxxix nous prsente un exemple mmorable Tune dixi : ecce venio, ut faciam voluntatem tuam; cf. Hebr., x, 5-7. Par o l'on voit que l'adoration mne l'amour, c'est--dire au don de soi, si tant est qu'on l'en puisse distinguer. 2. La louange divine (laudamus te, benedicimus te, glorificamus te) nous parat, au contraire, nettement distincte de l'adoration proprement dite, telle que nous venons de l'envisager. Elle procde de Vadmiralion qui saisit l'me mise en face des perfections divines Domine, Dominus noster, quam admirabile est nomen luum in universa terra! Ps., vin. Il y a loin de cette exaltation ou de cette exultation de l'me au Fiat de Gethsmani. Remarquons ici que les hymnes de louange peuvent revtir des formes diffrentes tantt ils s'adressent directement Dieu, tantt ils
: : :

complaisances particulires; pourtant, au souvenir de ses pchs passs, elle ne cesse de redire Dieu le regret qu'elle a de l'avoir offens, elle ne cesse dechercher de toutes manires expier et rparer; de mme que la pense des bonts divines son gard la transporte d'admiration et de reconnaissance, la pense de son ingratitude, de son indignit, la remplit de confusion, de douleur; nous avons bien ici affaire une forme particulire de prire. 5. Adorer, louer, remercier, regretter, avons-nous, avec ces quatre premiers objets de la prire, puis tous les sujets d'entretien de l'homme avec Dieu? Nous avons dit que l'adoration menait l'amour, c'est-dire au don de soi, si tant est qu'on l'en pouvait distinguer; nous avions en vue l'amour effectif, l'amour de volont, qui peut tre command Diliges Dominum... Mais l'amour alectif, cette attraction, cette complaisance, cette passion >, que l'on ressent, que l'on prouve l'gard de l'objet aim, qui nous porte vers lui, pour jouir de lui, pour nous unir lui voil bien un sentiment lout diffrent de l'adoration et qui peut aussi tre le sujet de notre prire. C'est l'amour, ou du moins le dsir de l'amour, qui doit porter le chrtien prier; l'amour doit tre l'objet final ou mme le sujet de sa prire; et l'augmentation de l'amour en doit tre le fruit. Grou, L'cole de JsusChrist, t- ii, 1923, p 29. Dans la contemplation , qui est bien aussi une prire, l'me n'a plus d'autre occupation que d'aimer; cf. saint Franois de Sales, Trait de l'amour de Dieu, 1. VI, c. m. G. Il est une prire que l'on pourrait appeler la prire d' abandonnement Dieu ; ce fut la dernire prire de Jsus sur la croix In manus tuas commendo spiritum meum. Peut-elle se ramener l'adoration, la soumission aveugle aux volonts divines? Oui, sans doute, quand elle est pure rsignation l'invitable, quel qu'il soit Dominus est, quod bonum est in
:
:

de confiance, d'esprance In te, Domine, speravi, non confundar in ternum. Sans tre encore une prire de demande formelle, particulire, elle est tout de mme un recours Dieu dans la suprme dtresse, quand tout nous abandonne, quand Dieu mme parat nous dlaisser, nous esprons encore en lui; nous remettons, nous confions ses mains notre sort et celui de notre cause Eliam si occideril m.', in
: : :

oculis suis facial. I quand elle se teinte

Reg.,

m,

18.

Non,

semble-t-il,

ipso sperabo. Job,

m,

15.

s'adressent

aux cratures

qu'ils invitent clbrer les

grandeurs du Crateur (Bcnedicite, omnia opra Domini, Domino), tantt enfin ils ne s'adressent personne et chantent simplement les grandeurs divines (Magnus
et laudabilis nimis). L'action de grces se mlera facilement la louange divine la bont n'est-elle pas l'attribut essentiel de la divinit, et n'est-ce pas pour nous, en dfinitive, que le Crateur a sem tant de merveilles dans la cration? Et pourtant, l'action de grces est un sentiment nettement distinct de la simple louange tout le monde en convient. 4. Mais voici le pch, qui va introduire toute une catgorie de sentiments nouveaux dans le cur de l'homme et donc dans sa prire. L'homme a conscience d'avoir dplu Dieu par son pch et de s'tre attir sa colre il cherchera l'apaiser par la contrition ou componction, par l'expiation ou la rparation. Avons-nous dj affaire, dans de telles prires, la prire de demande ? Implicitement peut-tre. Mais il est des cas o l'expression de tels sentiments dans la prire ne procdera pas d'un motif intress et par consquent ne pourra pas tre considre comme

7. Enfin, nous arrivons la prire de demande, quel qu'en soit l'objet, qu'il s'agisse d'obtenir le pardon du pch, la remise de la coulpe ou de la peine, de la peine prsente ou de la peine venir; ou qu'il s'agisse

Dominus
3.
:

d'obtenir tout ce que nous dsirons pour nous, pour autrui, pour Dieu lui-mme. Nous sommes ainsi amens reconnatre sept espces de prires, distingues d'aprs leur objet l'adoration, la louange, l'action de grces, la contrition, l'amour. l'abandon, la demande. Peut-tre, en cherchant bien, en trouverait-on davantage. En revanche, nous ne nous attarderons pas montrer que toute prire ne renferme pas formellement ou implicitement
:

une demande,
p. S; cf.

comme

le

Bremond,

Hist.

2 Les diffrents

modes de

tale cl prire vocale.

Prire men Commenons par bien prciser


,

litl

pense Vermeersch, op. t. vu. p. 7 sq.


la prire.
1.

cil..

que nous entendons par l. Il ne s'agit pas d'opposer la prire du cur et la prire des lvres, celle qui serait dans le cur et celle qui n'existerait que sur les lvres, en dfinitive la vraie et la fausse prire: cf. Bremond. Hist. lit!., t. x, p. 2. Il n'y a pas d'apparence qu'aucun thologien ait jamais
ce qu'il faut entendre, ce

185

VOCALE PRIRE MENTALE ET PRIRE


:

186

la prire. Benot XIV propos semblable division de note 2, en donne les 3, p. cit par Bremond, ibid., eajst^evou vocalis oratlo d ...Rions suivantes con,uncta sit..., oralio exprimer. Un lamcn ut mens on

sensibili exjdetur vero menlalis sine voce fait confondons pas non plus, comme le

prirementaleetpriresansparoles; opcil t ,p.210 prire formule d'avance ou encore prire vocale et spontane, personnelle, libre, prire ^opposition la prire mentale omm on le fait frquemment. La qui se produrt au prire dont nous parlons ici, cette extrieur , Landr ot, fond de l'me, sans mouvement consister en la rec.tabien trs peut 209, p. ibid de dites vocales, c'cst-a-dire ion "mentale de. prires Bremond. ,bld, dit nous et, faites; ormules toutes sublimes, toute Tl . en dehors de quelques tats s'exprime par , c'est--dire urir mentale est vocale en dehors de cercf. p. 3 Sefir intrieures;communes, l'ora.son de silence peu expriences taines m reste, se glissent toujours du o, exemple, par Imperceptibles... . Quant mots quelques semble-t-il. se tradu. par a celle qui
:

Ne

Landr

ot
|

l'invocation des saints prdication, la prire vocale, semblables taient un obstacle a la et autres choses .. N. 4 40, 10 contemplation et l'oraison affective " ne qu'on ne peut mieux prsenter que Il semble bien qui sembleraient miliraisons les Thomas saint le fait 12. II-- II-, q. lxxxi... a. ter contre la prire vocale. prire vocale est la que dmontrer Elles tendent
.

d'abord

Dieu; or. Dieu connat s'adresse principalement


:

inutile

la prire,

comme on

l'a

vu

art.

donc inutile d'employer la an B a S e du cur; il est la la prire, comme on prire vocale .; puis nuisible or. les sons de la Dieu; lame lever doit 1, dit a l'art. autres choses sensibles, empvoix, comme toutes les vers Dieu; donc. contemplative ascension chent cette employer les sons de la faut pas dans la prire
il

ne voix

par .Icsus-Uirm enfin, dfendue positivement prsente Dieu dans le secret. Patrem tuum ,nnbscond,l; or selon cette parole : ora donc la pr.ere ne dmt pas prire; notre publie la voix loc. et.. l'obstacle Sentences, les Dans . tre vocale l'ascension de 1 me apport par la prire vocale d'une manire plus prcise
.

.'

la prire doit tre

vers Dieu est prsent


il

la

prire vocale, c'est--dire , ordinairement par les paroles les sienes et le plus ans a souvent plu. le consiste Indrlt, ibid., s' elle Un vois basse, cle rcitation, voix haute ou une peut trs bien auss, revtir

sommes obligs de fa.ro rsulte de l'elort que nous retrahit ascensum pour articuler les paroles; cet effort dwimi, quia anima non potest intellectus et aPec/us ad
intense cirai diversa OCCUpari. question que se posait saint

strotvpes, elle suivant fxpron personnelle, et<ort diverse abundantia ex loquilur os constances
:

les clr-

la

problmes au quelques J"Les tholoRiens se posent modes de deux de distinction sujet de cette premire la prire vocale, celle celle de la lgitimit le ,r res mentale, celle enfin .les upriorit de la prier,, la pour qu'il y ait encore conditions strictement requises brivement. vocale. Examinons-les
:

nrire P

a,Ugmmitdelapriirevocale:. Cf. saint Thoma xv, q. .v, a. > Cont. gent., I. III, , n /va Sent, dist.
,

s. Somme aussi bien que dans les .Sque celle de la ncessit d. la tant celle del lgitimit en distinguant la prire nrire vocale. Il v repondait de celle que les ministres nmmone, Cest--dire Wen au nom le tOUl le peuple fidle rr-'elisc Offrent a ou prive, l.a premire do! et 'la prire Individuelle que tous en aient il faut qu' parce tre vocale, dit-il, les ntiments de connaissance, puisqu'elle exprime
.

/,/,,,

rhoraas, dans la net. nt p..

a.

ljSuarez, op.

ctt.,\. III, c. i;

Landriot, op.
foc.
cit.,

cit., t.

h,

tous- on a donc agi raisonnablement prires l'glise prononceraient ces les ministres le parvenir* . haute voix, pour qu'elles pulssenl en soit de cette connaissance de tous .. Quoi qu'il
-,
:

en dcidant que

la

Quelques hrtiques, .lit Suerez, l'usage de condamn d'une manire absolue


:
:

"

n.

1.
|

ont

raison
ti

11

est

la encore entendu aujourd'hui que

r.

tlralen cette consvocaleTllcite les trinltaires ., qui spintuet vertlaU in vangllque Sencedu texte

taire

par Mortel adorare. Gutllor, cit

nremond

foc

cit.,

s en . il n'y a que les illumins qui 16 dclare ,..' un et qui croient que c est dfont (des prires vocales) Sssementqul empche l'lvation de '"P^abso communes qui en ont abso qu'ils renvoient les mes ..De ce* .illumins, de s'occuper pour ument besoin de la prire vocale, on adversaires outes les poques, eccles^hca Documenta les dans JouverS icif doctrines e spectantiadu chrisiian perfectionis studium de Rohrbach soutenu! Guibert, Rome, 1931. Berthold utile on ncessaire que la prire vocale n'est pas ad salutem, mais qu U
|
.

mentalement; vocolemenl el non pas seulement ce que cela comporte nous aurons a dire tout l'heure celle que chacun ,, p r | re individuelle, c'esl dire soi-mme OU pOUl qre en sou non. propre pour mu- expression requiert pas ncessairement
-

,,

l'glise doit se brviaire parles ministres de

autrui, ne
YOl"tlC
"

Cependant, on
adJol ldre p, voix saint Thomas en
,

ne

manque
a

l'homme
suffit

rum.

nagne enseignaient omnia implen mande par un prcepte divin et peream d Importance mais que la prire vocale tait de peu 2 Mme enseiTZoiesse mlmenti)..U. 403.1; 405, La prtn gnement chez les pelagini de Lombardle est de_peu dimmentale prire la vocale compare .1
:

uel molu lablOde prier mentalement s/n VOCC . ou alumbrados a fcs>" t illumins Les N 304 prire mentale tait eom que la

et

que

nihil confrt

mus dans cet .ml-. le la d'abord un moyen d'exciter Intl'me de s'l. rieurement la dvotion, qui permet effet. le rle des.signes en c'est, prire; la dans , D , cu aliqunrum factorum, extrieurs, s/m vocum sive etiam par l'intermdiaire d'agir sur les sentiments de l'me trouvera le dveloppement del connaissance. On dans le t ontra genliles, 1. III. cette premire raison
donne

mme

pas de raisons pour cette prire IndlvidueUe

lxxxiu

C'est

de
c

vocale Moyen d'exciter la dvotion, la prire tous: manire gale pour d'une cependant pas ne loyalement et il c. tire cette saint Thomas le reconnat faudra la prire individuelle. .1

CXIX
l'est

consquence que
user
les

DOrtance;

C'est

comme
vin

comme
vocale

la paille tale perd de sa

la fan.u le son par rapport a menpar rapport au grain La Prire

dans ou hujusmodl tignh dans la mesure intrieure. Ma, s m CCSl pOUT cela sert a reveiller la vie empchement quelconque, nous une distraction ou un principalement de abstenir. C'est le cas
VOCibus
el
il

valeur

comme

te

quand quand est mlang


elle s
il

mut

.r]

la prier.
I

avec-

eau.

les prires

^rituels en vocales et les autres exercices du . N.441.C. ux romaine glise sainte la usage dans de prires yoca es as ne rcitent royaume de Naples 112 En gnral, lesquitistes et ne mditent pas ..N. spirituels, la prtendaient que . la lecture des livres
,

438 2et3.LesquitlstesdelaLlgurie

rouvent

marques extrieures ceux qui n'ont point besoin de ces Contra gentUes se Le dvotion.. la disposs pour tre reprochail .1 quand absolu plus semble, montrait, ce reprouvaient /,.-., corpnralia ta
aux hrtiques qui
qu'ils taient des hommes. uia Deo exllibita, d'oublier la ncessite des reprsenen ce qu'ils mconnaissaient et le sent. ment sensibles pour la connaissance

s'en

faut

tations

intrieurs.

87

PRIRE MENTALE ET PRIRE VOCALE


lieu, c'est

188

En second
:

une manire de rendre

Dieu

son d
tient

l'homme employant
lui,

de

son esprit, mais

le servir tout ce qu'il aussi son corps. Cela con-

vient surtout la prire sous son aspect de satisfaction... En troisime lieu, la prire vocale s'adjoint la prire mentale par une sorte de dbordement (redundantia) de l'me sur le corps, sous la vhmence du sentiment intrieur, selon cette parole du psalmiste : Mon cur s'est rjoui et ma langue a exprim mon exultation (Ps., xv, 9). Le commentaire des Sentences, loc. cit., signale une quatrime utilit de la prire vocale elle fixe l'attention et empoche la distraction, magis enim tenetur ad unum si verba etiam oranlis
:

confunguntur. Enfin, l'art. 1 de la q. xci de la corp. et ad 2 um en indique une cinquime la prire vocale difie le prochain. Sauf la dernire, ces diverses utilits de la prire vocale sont bien mises en lumire par Landriot, loc. cit. Aprs cela, il est facile de rfuter les raisons allgues contre la lgitimit de la prire vocale, du moins la premire et la troisime, cf. q. lxxxiii, a. 12, ad 1 " et ad 3 "" quant la seconde, savoir qu'elle peut distraire l'esprit et empcher la dvotion, saint Thomas l'a concd; les Sentences, loc. cit., ad 3 "",1e reconnaissaient dj le souci exagr de bien prononcer les mots empche l'lvation de l'esprit vers Dieu, comme cela arrive ceux qui doivent dans la prire prononcer des mots difficiles, nimia cura in verbis proferendis, sicut Mi qui verba composita in oratione proferre niluntur; tous ceux qui rcitent le brviaire en ont fait l'expriencel Qu'il nous soit permis de reproduire ici ce qu'crivait Urbain VIII, au moment o il entreprenait Il est de toute convela rforme du brviaire romain nance que la divine psalmodie de l'pouse soit sans ride et sans tache. Elle ne doit rien offrir, autant que possible, qui puisse distraire ou choquer les esprits de ceux qui la chantent, tout attentifs qu'ils doivent tre Dieu et aux choses divines, comme cela se produirait si l'on y rencontrait, de-ci de-l, dans ses sentences ou dans ses paroles, des choses disposes avec moins d'art et d'harmonie que ne le demande un office vou un si noble ministre. Cit par Bremond, loc. cit., p. 36. b) Supriorit de la prire mentale sur la prire vocale. Qu'est-ce dire et de quoi s'agit-il? De quelle supriorit parle-t-on? Et quelle opposition met-on entre la prire mentale et la prire vocale quand on se pose cette question? En quoi une prire peut-elle tre suprieure une autre prire? Sera-ce parce que, la prire tant un acte de la vertu de religion, telle prire constituera un hommage plus parfait rendu la souverainet divine que telle autre prire ? Mais, ce point de vue, il importe peu que cet hommage soit rendu Dieu oralement ou mentalement; on s'accorde mme pour dire que la prire vocale a une valeur religieuse plus grande que la prire qui n'est que mentale . Mennessier, La religion, t. i, p. 274 (traduction de la Somme thologique de saint Thomas). Ce qui est vrai surtout de
affectai

IIMl 89

nairement plus difficile et plus pnible pour le corps, parce que, dans cet exercice mental, le corps magit revocatur a sensibus et quodammodo supra se elevatur. ot par consquent ce repos extrieur, joint une plus grande attention intrieure, est plus pnible pour le corps Guillor, cit par Bremond, Ilist. lit!.... t. x, i Voulez-vous aller jusp. 15, serait du mme avis qu'au secret de ceux qui font ces longues prires vocales ? Ce n'est point autre chose, sinon qu'ils veulent viter la peine qu'il y a prier en esprit, dont la manire est infiniment plus fatigante... La ([trire) vocale ne doit tre que comme un dlassement de l'oraison (mentale). Ibid., p. 17. L'argument ne vaut pas, parce que Guillor suppose que ceux qui se livrent ainsi de longues prires vocales se contentent de remuer les lvres en donnant toute la libert leur imagination , p. 15; s'ils s'efforaient de comprendre et de sentir ce qu'ils rcitent de bouche, s'ils priaient vritablement, on ne peut gure douter que leur prire vocale serait infiniment plus fatigante qu'une oraison mentale de mme dure. Vermeersch, op. cit., p. 60, partage encore l'avis de ses confrres sur ce caractre pnible, mme pour le corps, de l'oraison mentale, et donc sur sa plus grande valeur satisfac:

toire.

Enfin, pour dmontrer la supriorit del prire ou oraison mentale sur la prire vocale, on s'efforce de prouver qu'elle est plus utile. Mais, ici encore, il faudrait distinguer. Veut-on dire qu'elle possderait une valeur imptratoire, une efficacit suprieure? On ne voit pas pour quelle raison cela serait. En ralit, tous

avantages que l'on dcouvre dans la prire mentale viennent non pas de sa qualit de prire mentale, mais de sa qualit de prire libre, personnelle, non strotype. Mais cela est une tout autre question, sur laquelle nous reviendrons. Il faudrait tout de mme s'entendre sur le sens des mots la prire mentale n'est pas plus ncessairement une prire libre, personnelle, que la prire vocale une prire strotype.
les
lui
:

pour que

c) Quelles sont les conditions ncessaires et suffisantes la prire puisse tre dite vocale? La ques-

tion se pose propos de la rcitation prive du brviaire, c'est--dire de celle qui se fait en particulier et non in choro ou avec une autre personne. Les thologiens et les canonistes sont peu prs unanimes

dclarer que cette rcitation doit se faire vocalement et non pas seulement mentalement; cf. Suarez, op. cit., IV, c. vu, n. 2, qui cite Navarre, Commentarius de 1.
oratione,
c.

horis

canonicis, atque aliis divinis

officiis,

la prire

commune

de

la prire

que

l'appelle saint Thomas, les ministres de l'glise offrent Dieu


,

comme

de tout le peuple fidle , compare l'oraison mentale, ft-ce la contemplation la plus sublime. Cf. infra, col. 192 sq. S'agirait-il de la valeur satisfactoire de la prire, valeur qu'elle tient, nous le verrons, de l'effort qu'elle nous cote, des difficults que nous y rencontrons? A ce point de vue, il serait difficile de dire laquelle, de la prire mentale ou de la prire vocale, l'emporterait. Saint Thomas, In 7V' n Sent, dist. XV, q. iv, a. 7, sol 1, ad 1 "", fait ressortir que l'une et l'autre ont une valeur satisfactoire, mais sans dcider laquelle est la

au

nom

>

plus pnible. Suarez, op. cit., 1. II, c. iv, n. 8, s'appuyant sur l'autorit de saint Bonavcnture et sur l'exprience, affirme que l'oraison mentale est ordi-

ayant dit qu'on pourrait soutenir en thorie (disputando) qu'il suffirait de dire mentalement ce qui, la messe et dans les heures canoniques, doit tre rcit secrtement, bien que lui-mme ne conseillt pas d'agir ainsi. Mais ils ne sont plus du tout d'accord quand il s'agit de savoir ce qu'il faut entendre par cette rcitation vocale. Suarez, ibid., n. 5 et 6, connat trois opinions ce sujet celle de Mdina, appuye sur l'autorit de saint Thomas, qui soutient que, pour tre vocale, une prire doit pouvoir tre entendue des assistants, au moins des plus proches; l'opinion oppose, dont il n'indique pas les tenants, d'aprs laquelle il suffirait voeem formare labia nv.ivendo. bien qu'elle ne puisse tre entendue de personne, pas mme de celui qui la profre; en lin une opinion moyenne, qui parait tre celle de Navarre et de Cajetan et qu'il adopte pour son propre compte, selon laquelle il serait ncessaire mais suffisant que l'on s'entendt soi-mme. Si l'on s'en tient au sens obvie des mots, Suarez a raison toute DOX doit pouvoir tre entendue, vix potest (ormari vox qux ob ipso loquente audiri non possit. Vermeersch, op. cit., p. 48-51, admet que, pour qu'il y ait prire vocale, il n'est pas ncessaire qu'on s'enn. 14,
:
:

xx,

comme

189

PRIRE LIBRE ET PRIRE FIXE

190

tende soi-mme; il suffit de produire les mouvements de la lanpue et des lvres ad tff.ciendas vocet, et c'est ce qu'il appelle prononcer les paroles, ce qu<* d'autres appelleraient articuler; il parat, cependant, admettre que ces mouvements donneront un son, puisqu'il dit que Dieu vel lenuissirr.um sonum percipil. Il y a srement dans toute cette question une quivoque s'agitil de son ou d'articulation ? La prononciation ou l'articulation, dit saint Alphonse, cit par Ballerini-Palmieri, Opus theologicum morale, tr. IX, c. il, dub. n, a. 4. n. SB4, peut se faire mentalement ou vocalement; pour qu'elle soit vocale, il faut videmment qu'on entende quelque chose; on pourrait dire que c'est / ar ou l'on exigera dfinition. Alors, de deux choses l'une une prononciation, une prolalio verborum, qui pourra s'entendre, si lgrement que ce soil ou l'on se contentera d'une prononciation qui ne produira aucun son; mais ale)rs on ne voit pas pourquoi il serait encore ncessaire de remuer la langue et les lvres et pourquoi l'articulation mentale ne suffirai! pas. 2. l'rire libre et prire slncti/i ce Aprs saint Bonavcnture et saint Augustin, Suarcz, o[>. cit., 1. III, c. n, n. 3, divise la prire vocale en prire' libre, /'' ///
: : ; -

pour avoir prononc certaines paroles ou form certaines penses, nous avons produit des actes d'amour de Dieu . ibid., p. 23. Si l'me est froide et languissante, dit son tour Duguet, si le cur n'est point
attendri, tout ce lanpajje est inutile; c'est une- espi d'hypocrisie; c'est une illusion que l'esprit fait a
et
i

e
la

volont; c'est une mthode pour se tromper soi-mme pour essayer, s'il tait possible, ele treuiiper Dieu. ibid.,p. 9. Inutile de multiplier les citations; \<>ir ibid., p. t 8, note, le texte de Bossuet, lans Bon Instrin lion sur les tats d'oraison, et Landriot, t. m, p. .">7I
572.
t-

Mais l'abus qu'on peut faire d'une chose- n'a Jamais une raison pour en condamner absolument l'usage,
:

tous les critiques ele la prire strotype souscri Nous sommes raient cette rcstrii lion de I anelriot
et

cl affectu orantis, et en prire juxla aliquani certain formant verborum antea i ru-scriptam. On identifie souvent cette' dernire la prire vocale, comme si l'on ne pouvail pas n citer mentalement une prire teiute faite et comme si la prire libre tait ncessairement une prire mentale. Quoi qu'il t-n soit de ces confusions, on prie, mentalement ou vocalement, soit en se servant de formules toutes laites, soit en se laissant aller a l'inspiration lu

verbis pn.lutis pin arbilrio


fixe, que?
fit

de condamner d'une manire absolue l'emploi de CCS prires que l'imaginai ioi. de- chaque auteur rcimu Velle teins les jours: elles peuvent tre utiles quand elles sont composes a\c un esprit chrtien, qu'on s'en se-rt avec modration et qu'elles deviennent le soutien ele la pense el lu cuir, P. 572. \ "ir le plaidoyer le Nicole en favn ur des formulaires, en Unmonil, ibid.. p. 24-28. Le tout est elone de savoir s'en servir, si l'un ne peut s'en passer, OU si l'on <>fl i_. pai tal d'en faire usage, comme c'est le cas de reux qui sont tenus de rciter le saint office a ce Mljet, bremond cite avec complaisance cet extrait lune
loin
i

--t

se posent au sujet ele formules lans la prire qu'au stije-t le la prire vocale cet mplol est-il lgitime? la prire libre vaut-elle mieux que la prire strotype? a) Lc/itiniitt de l'emploi de ii.in.ulrs fixe de prire. Suarcz s'objectait eljn, ibtd., n. 4, qu'une prire reite d'aprs un formulaire semblerait n'tre pas une vraie prire, tant donn que' les mot! d'une prire ne doivent tre que l'expression des sentiments qu'on s dans le cur; or, quand n prononce les mois d'un i"' molaire, e>n n'a pas encore dans le caui les sentiments eju'ils expriment, puisqu'ils ont prcisment pour but de les produire en nous. L'a/fecitu orantis dott prcedt verla oralionis et non en procder. Suarcz concde le principe, mais il distingue entre un affectua orandi confus et gnral, ce que nous appellerions une attl tude ele prire, qui doit bien effectivement prcder la rcitation de la formule; et les affectua parttculares, correspondant aux phrases successives de la prire qu'en) rcite, epii ne' peuvent pas videmment les pie cUv puisqu'ils en proviennent, mais qui sont, pour ainsi lire, contenus implicitement dans Vaffectua eu m rai. ('.'est cet affectua gnral qui, au cours de la prire, s'accrotra e't se' prcisera paulatim crescii vel extensive, vel cliam intensive, quia rea magia propoattat il attentius ac distinctiua nsideratst n agia nu vent La lgitimit de l'emploi les formulaires ne semblepas avoir t srieusement conteste par personne; les moralistes qui les ont dnigrs paralssenl s'tre borns signaler les illusions auxquelles semt exposes el dans lesquelles tombent, blas! trop souvent i<-s personnes qui en foni usage; la principale consiste s'imai Inei qu'il suint de rciter une formule pour possder vrai ment en son cur lis sentiments qu'elle exprime'. Ecoutons Arnauld Je ne rrois pas qu'il j ait rien de plus pernicieux aux mes que la confiance qu'on leur donne' lans ces actes Imaginaires de contrition el d'i mour ele Dieu, qu'ils pensent assurment avoir Faits

cour, les
l'emploi

mmes problmes
:

ele

lettre le Duguet Aimez la prire... l'r ferez la publi que et la commune A toute autre Regardes les peau mes comme dites par le' Saint-I spril pour VOUS en Ks prononant; particulier; attendrissez vous en entres dans les intentions lu prophte et prtes I paroles un ur le' que le sien ... Ibnl.. p. :;l note, el

<

p.

el- formules rattacher une question epu n'a plus grand intrt pour l's catholiques, mais qui proccupe les protestants, a savoir la prit llturgiqui doit elle tre strotyp e ou peut lie tre abandonne a l'inspiralioil le ce lui qui la prside'? Suauz. cil Il 5, <l laie que la pi nie pllbliepii', c'est a lire la pi ii le farte au nom ii glise, doit tre une prire strotj la raison en est que prcisment le ministre fil'glise <|ui l'adresse t lieu ne la fait pas en son nom. mais au nom ! l'glise, et HttO ul< illn / huit un //, rc t verba oredionia et orondi formtun. si l'on objecte que l'on peut parler au nom le- quelqu'un sans recevoir <l on devra employer, Suanz lui les tenues menus pie rpond que cela se passe ainsi mter lnniiriis, soit, mais l'glise ne permet pas qu'il en suit .niisi DOUT les pi ans pie l'on doit adresser i Dieu en son nom, parce qu'il Importe ad majorent lia reverentlam, et "/ n Eccleaiee tecuritatem, et fidelium deootionan, que rien d'indcent n' se- rencontre en ces prires. On sait, lu reste, ju'il n'en a pas ele- toujours ainsi. Sur la question le savoir si, dans les assembles religieuses litur^e doit prier d'abondance ou protestantes, ! simplement r citer une formule Dxe, Bremond, ibid., p. 341-343, iic quelques extraits <!' l'ouvrage hM. Will. /.< culte, tude d'histoire il de philos gieuses, ou s'ailrontenl les partisans des deux opinions et leurs raisons. Lune Us raisons Invoques par les partisans le la prire strotype est pie celle-ci

293 294. A la question

le la

lgitimit de l'emploi
se-

lixes le prire-s pourrait

>

'

<

mu

>

chappe

a la

subjectivit

a prire libre proi

d'une personnalit Individuelle; quand mme celle u intime nient lie a la communaut, elle ne \ ix rail pourrait jamais (se dfaire) d'une subjectivit pu
S'opposerait celle les autres. 342. duardiiii. L'esprit de In liturgie, trad. Robert d'Harcourt, Paris, 1919, a justemenl lait ressortir le caractre objectif,
|

'.

quand
pour
p.

ils

ont rcite certaines prires pic l'on dresse


elle!
-, cit par Bremond, Ilisl. lit! ... t. x. en vain que nous nous persuadons que,

cet
i

universel,
I>
l

le

la

20;

e'e'st

La

nerc libre

prire liturgique catholique. est-elle su/ rieure lapri


1

191
tgpie?

PRIRE IMJHUQUK ET PRIRE PRIVE


:

192

Nous pourrions rpter ici les questions que nous nous posions lorsqu'il s'agissait de savoir si la de prire mentale est suprieure la prire vocale quelle supriorit s'agit-il ? de quelle valeur de la prire? religieuse? satisfactoire 7 Imptratoire ? Et de quelle prire strotype ? de la prire liturgique ? ou de telles ou telles des plus belles prires composes par les saints ? ou de ces formulaires tudis par Bremond au c. vi de son t. x? En ralit, le seul avantage qu'on relve et qu'on
<

puisse relever en faveur de la prire libre, c'est prcisment qu'elle est libre, qu'elle ne nous astreint pas a exprimer Dieu tel sentiment particulier, qu'elle permet un lancement de l'me vers Dieu plus personnel,
le serait si.

disons mieux la prire de l'universalit des chrtiens, sauf en certaines circonstances extraordinaires, a besoin d'tre excite et aussi surveille. contrle par de bons formulaires. Ceux-ci renferment un sentiment religieux bien suprieur, comme qualit et intensit, celui que nous possdons lorsque nous commenons notre prire la chose est trop vidente pour qu'il soit ncessaire d'insister. Quand l'Esprit ne soulTIe pas, il faut chercher l'inspiration dans ces formules de prires (ou de mditations >, s'il s'agit de l'oraison mentale), qu'il n'est pas tmraire de penser qu'il a suggres lui-mme l'Eglise, aux saints et aux auteurs i spiri:

donc plus sincre; qui ne sera pas feint, comme il rcitant une formule, nous n'tions pas
l'unisson des sentiments qu'elle exprime, et qui ne sera pas brid, comme il le serait si, rcitant une formule, notre me se trouvait dans un tat suprieur celui qui

manent. Cf. Bremond, Hist. litl.... append. i; en particulier p. 343-345. o l'on trouve des extraits d'un sermon de Newman sur
tuels
x,

dont

elles

t.

c.

vu

et

se traduit dans la formule. Les dsavantages des prires strotypes, quelles qu'elles soient, sont leur inadaptation invitable notre tat d'me habituel ou momentan, et ce qu'on pourrait appeler leur tyran-

ce sujet. 3. Prire publique et prire prive. Selon Vermeersch, op. cit., p. 54, l'expression prire publique s'emploierait en deux sens, un sens large et un sens strict. Au sens large, elle signifierait toute prire collective dite dans un lieu destin au culte public ou qui s'accomplit dans une crmonie publique, par

gne la libre expansion du sentiment. Cf. Vermeersch, op. cit., p. 59. En un mot, les thologiens qui soutiennent la supriorit de la prire libre sur la prire strotype se placent uniquement au point de vue utilitaire, au point de vue d'une certaine utilit de la prire, au point de vue de sa valeur comme moyen d'union Dieu. Nous touchons ici la question controverse Liturgie ou contemplation? Cf. tudes carmlinie, qui
:

taines, avril 1932, p. 177-215. Les inconvnients, les dsavantages

de la prire

fixe ne sont pas contests, mme par les apologistes de la prire liturgique. Tout dans les psaumes, dans

comme dans les modernes, adapt uniformment aux besoins religieux de tous... Prire liturgique et vie chrtienne, Louvain, 1932, p. 76 (Semaine liturgique de Namur, 12-16 juin 1932). Et cette inadaptation, fait remarquer Guardini, dcoule de l'essence mme de la prire liturgique L'individu doit renoncer suivre ses voies spirituelles propres... Il devra prier avec les autres, au lieu d'avoir l'initiative de sa prire... Et la consquence pratique de ceci, c'est qu'il lui faudra s'associer des exercices spirituels trangers ses besoins intrieurs du moment, besoins individuels toujours vivement et profondment ressentis... Il y a l une pierre d'achoppement particulirement dure pour l'homme contemporain... Op. cit., p. 144-146. Mais la meilleure critique des formulaires ne se trouve-t-elle pas dans cette thorie des moralistes, que nous reverrons, cf. col. 218 sq., d'aprs laquelle, lorsqu'on rcite l'office divin, il n'est pas ncessaire de penser ce qu'on dit; il vaut mme mieux, selon la plupart, n'y pas penser et se livrer, pendant ce temps, l'oraison mentale sur n'importe quel sujet ? Les mots qu'on prononce ne sont plus ainsi qu'une musique qui occupe le corps tandis que l'esprit s'occupe de Dieu. La rcitation du rosaire, si elle doit tre accompagne de la mditation des mystres , ne peut chapper cette ncessit. II ne serait sans doute pas bien difficile de plaider en faveur de la thse oppose et de montrer les grands avantages que la prire peut retirer de l'usage des formulaires et les inconvnients, les dangers auxquels est expose la prire trop personnelle. Sans doute, la prire, l'lvation Dieu de quelques mes d'lite, certains moments de leur vie religieuse o elles sont plus particulirement visites, inspires par le SaintEsprit, n'aura-t-elle que faire des formulaires, en serat elle mme gne, au point que la rcitation de l'office divin lui-mme leur sera charge: mais ce sont l des cas exceptionnels. La prire de la grande majorit,
les

solennits anciennes

n'est pas

ainsi la rcitation en des litanies, de l'office divin, mme sans l'intervention d'un ministre sacr, est estime prire publique si elle se fait dans une glise, mais non si elle a lieu dans une chapelle de religieuses ; on renvoie pour ce sujet une rponse de la Sacre Congrgation des Indulgences et Reliques du 18 dcembre 1906. Au sens strict, la prire publique serait celle qu a potestalc publica funditur vel imperalur nomine Ecclesi. Comme la formule n'est pas trs claire, nous nous en tiendrons la dfinition de saint Thomas. II-lIse, la prire commune est celle que les q. lxxxiii, a. 12 ministres de l'glise offrent Dieu au nom de tout le peuple fidle ; ou celle de Suarez, op. cit., 1. III, c. n, n. 2 la prire publique est celle qu nomine publicn, et non tantum privato, id est, qu fit a sacerdote nomine Ecclesi, seu qu fit ab Ecclesia per minislros suos, ut laies sunt. La prire publique est donc celle qui se fait au nom de l'glise, par ses ministres dputs cet effet, qu'elle s'accomplisse d'ailleurs en public ou en particulier le sous-diacre qui, dans sa chambre, rcite le brviaire pour s'acquitter de son obligation, le prtre qui dit la messe dans une cagna , mme sans servant, prient au nom de l'glise, et non pas seulement en leur nom personnel; leur prire est une prire publique: les religieuses de chur qui rcitent ou chantent en commun les heures canoniques, n'tant pas des ministres de l'glise, leur prire n'est pas une prire publique. Il n'est peut-tre pas trs commode de fixer les limites de la prire publique ainsi entendue; peut-on dire, par exemple, que tout office liturgique est une prire publique ? Mais alors que faut-il entendre par office liturgique ? Sera-ce tout office, toute crmonie prvue, rgle par la liturgie une bndiction du saint sacrement donne dans n'importe quelle chapelle? D'autre part, toute prire publique est-elle ncessairement un office liturgique? L'glise peut prescrire, en raison de certaines circonstances extraordinaires, guerre, tremblement de terre, etc., des prires publiques qu'on ne pourra gure dnommer liturgiques, par exemple la rcitation du rosaire. A ct des deux sens de l'expression prire publique signals par le I'. Vcrmeersch, n'en pourrait-on pas ajouter un troisime ? Ce serait celui de prire commande ou demande parles pouvoirs publics, par

exemple dans une procession;

commun

>

l'autorit civile, soit titre


:

permanent,

soit

titre

exceptionnel Te Drwn d'actions de grces, messe du Saint-Esprit pour la rentre des Chambres, des cours et tribunaux, etc. Suarez, enfin, ibid., n. 1, signale un quatrime sens, le sens vulgaire , de cette expression: c'est celui de prire dite dans un lieu public, quel

193
qu'il soit,

PRIRE PUBLIQUE ET PRIRE PRIVE

194

de telle sorte qu'elle puisse tre aperue; mais c'est l, ajoute-t-il, une dnomination tout extrinsque et accidentelle ; cette circonstance ne confre pas la prire quelque proprit spcifique. Pour tre complet, signalons la conception de la prire publique qu'on pourrait dgager des pages oratoires que lui consacre Landriot, op. cit., t. Il, p. 224234 elle ne s'accorde tout fait avec aucune des conceptions que nous venons de mentionner, mais elle
;

autant de la prire dite au nom de l'glise par ceux qu'elle a chargs de cet office. Et pourquoi cela? On comprend que la prire commune de plusieurs personnes soit suprieure la prire prive de l'une d'entre elles une somme est videmment suprieure a l'une de
:

pourrait bien tre la vritable notion de la prire publique. 11 s'agit de la prire ou du culte divin clbr en

composantes, le tout est plus grand que la partie. .Mais si nous comparons la prire commune d'une assemble peu fervente la prire prive d'un saint, pourrons-nous dire encore que la premire l'emporte sur la seconde en dignit et en efficacit! Le brviaire, la messe mme d'un prtre tide, l'emportent-ils en
ses

par rassemble 1rs fidles d'une ville ou d'une paroisse, sous la prsidence de l'vque ou de prtres, qu'il s'agisse de la messe ou d'autres olfices; c'est la prire de l'assemble, de l' glise locale, que la liturgie viendra rgler, ordonner, uniformiser dans une certaine mesure, mais qui pourra aussi dborder le cadre liturgique. Entre la prire publique ainsi entendue et la prire prive, individuelle, on pourrait placer la prire semi-publique, celle qui serait clbre en commun par des groupements religieux plus restreints, ct ou l'intrieur du groupement paroissial, eom-

commun

dignit et en efficacit sur l'oraison, ft-ce mme la simple oraison jaculatoire d'un saint? A ces objections, les thologiens rpondent Le fondement objectif de sa supcrini ite de la prire publi que ou liturgique) sur la prire prive rside dans son
:
i

munautes
familles.

religieuses, confrries, collges, sminaires,

Nous rserverons donc


prire individuelle,

le

nom

de prire prive
,

a la

que chacun offre en son nom dit saint Thopropre, pour soi-mme ou pour aul rui mas, loc. cit., et qui n'est pas dite en commun, ajoute rons-nous. Remarquons d'ailleurs que la prire prive ou individuelle peut cl doit accompagner la prire publique OU commune le prtre, la messe, au hic viaire, en mme temps qu'il prie comme prtre, c'(
celle
:

Elle est non seulement compose par mais dite et offerte en son nom par ceux qui sont charg* de cette mission; en elle, ce n'est pas un membre de l'glise qui prie, c'est l'glise elle-mmi qui prie, et qui, tant l'pouse Immacule et bien aime du Christ confre a cet le prire une valeur sanpareille et une force d'imptration en quelque sorteirrt sistible, exaudita pro sua reoerentia. Dans ce sens, on parle de la prire liturgique comme de la Vox tponstt, et on lui reconnat, par del la valeur qu'elle reoit de la saintet et de la pit de qui l.l rcit. operantis miniulri, une valeur objective propre lui venant de l'glise au nom de laquelle elle est offerte, ci opre operato Ecclesiee operantis. MgrL. Kerkhofs,

caractre

officiel.

l'glise...,

Prire liturgique
et

ci

prire priot'e,

ans prire

htm
litiir

vie ilir tienne, p. 135; cf. loin l'ierrel. l.o prire

dire au

nom

de l'glise, doit prier aussi en son

nom
l

les

entiments que l'glise le charge d'exprimer Heu en son nom, elle, il doit videmment chercher les res sentir en son propre cour et les exprimer M'en d'abord en son nom, lui. Il arrivera mme bien son
par une assemble. un groupement religieux quelconque, ne sera pas. a vrai dire, une prire commune, niais la juxtaposition de prires individuelles simultanes; mme en rcitant ensemble des prires qui s'expriment au pluriel, comme le Pater noster, combien de fidles, ou mme de prtres, ne prient vraiment qu'en leur nom personnel et que
vent qu'une prire dite en

dans La vie spirituelle, I*nov. 1932, p. in Nous n'avons pas discuter Ici cette thorie de distincte de la totallti pouse Immacule do Chris! des individus qui composent, a chaque instant de la
gique,
1
i i

commun

socit terres! le qui s'appelle holi romaine, (.'est donc au nom de cette glise ld< mystique, que le ministre de l'glise terrestre, que chaque communaut de cette glise terrestre, offrent a Dieu la prire liturgique. Mais ce n'est pas < assez dire coin me le Christ et II Iglise, C'est tout un finalement la prire publique est une prire dite .m nom du Christ, ou mieux encore ('est la prire mme
(lui ce. la
1
' I

(pie

Nous nous runissons, c'est -dire POUF eux mmes! que nous nous plaons les uns a ct des autres; nos corps se louchent, mais nos ftmes sont solitaires... Quel est celui d'ent rc nous qui pense a son frre quand il prononce la grande parole (le la famille disperse

du Christ. On comprend ds lors qu'elle remporte Infiniment sur toute prire prive, manai elle du plus
grand

En
(Irait

il pas Landriot, "p. cil., p. 228. N'j a beaucoup de prtres qui ne considrent le hr\ iaire. ou mme la messe, (pie comme une prire personnelle qui leur est impose par l'glise, <>u (pie les fidles leur demandent de dire leur profil moyennant rtribu

Notre

l're'.'

de
si

la

saint, en dignit et en efflcadti dignit et en efficacit, nous dit on. encore fau savoir de quelle efficacit, de quelle il valeur prire il B'agit. Quant a sa valeur ivluiciisi

tion?

Plusieurs questions se posent au sujet de la prire publique et de la prire prive: nous en traiterons celle de la supriorit de la prire brivement deux publique sur la prire prive, et celle de la lgitimit de la prire prive ct de la prire publique. a) La prire publique est elle suprieure i / prire
:

prive'.'

Il

s'agit tout la lois

de

la et

prire publique

Suare/, d'une Landriot. d'autre part. 'est (lire de la prire dile au nom de l'glise a personis lgitime ad hoc deputatis (Code eau., n. 1256), et de la prire de l'glise locale, de la paroisse, des fidles rassembls autour de leur vquc ou de leur prtre
telle

que l'entendent
et

saint

Thomas

part,
I

telle

(pie

l'entend

pour

la

prire

collective.

l'emporte sur la prire individuelle en dignit et en efficacit. H. Hoornaert, Liturgie ou contemplation, dans tudes c<irm< lit<iincs,
I.a prire collective
:

avril

1932, p. nier,

177.

Et, sans doute, on doit

en dire

a Dieu et a sa valeur Imptratoln prsuppos que la prire publique est la prire mme du Christ, on ne peut douter de la supi limite de la prire publique sur la prire prive Mais en va de mme s'il s'agit des autres valeurs de la il prire, de sa valeur unitive c'est a due de son apti u de a nous recueillir en Dieu, a nous unira Dieu par la pense et par l'amour, et de sa valeur moralisatrice, de sa valeur ducative? La chose est discutable. Parlons d'abord de sa valeur uuitivi la prire publique, c'est adir la rcitation ou le chant de l'office divin par le prtre isole on par un groupe de prtres, chapitre de cathdrale ou chu ur de moines. ou l'assistance et la participation a la messe ou aux vpres paroissiales, la prire publique rivee a un texte strotyp, astreinte a l'observation de rgles multiples et minutieuses, la prire publique o les sens assigs des Impressions les plus diverses, est elle aussi contemplai ion favorable a la que la prire prl Il Semble bien (pie poser la question, c'est l.i rsoudre les dsavantages, les Inconvnients de la prire vocale et de la prire strotype, avoues par les thologiens ainsi pie nous l'avons signal, et par les liturglstes

d'hommage rendu
l'on

admet

le

m:

rui'.oi,.

CA HOL.
i

Mil

7.

95

PRIRE PUBLIQUE ET PRIRE PRIVE


que
l'on a l'habitude

196

retrouvenl dans la prire publique, qui est une prire vocale e1 strotype. R. Hoornaert, Liturgie ou contemplation, dans tudes carmlitaines, a\ril 1932, p. 177-215, s'efforce de prouver que la liturgie non seulement ne nuit pas a la contemplation, mais lui est favorable Pour nous rsumer, crit-il, nous voyons donc la prire liturgique, louange de l'pouse appelant son poux, nous pousser la recherche de Dieu, unilier nos facults, chauffer en nous la louange intrieure et enfin nous lancer en pleine contemplation des choses invisibles. P. 202. En un mot, la prire liturgique serait une excellente prparation la contemplation, qui parfois mme se produirait au cours de la Liturgie et contemplation, loin prire liturgique d'tre des modes de prire qui s'excluent, sont donc tout simplement deux moments d'un mme et unique mouvement d'amour. Ces deux moments sont mme si peu spars l'un de l'autre qu'en certaines phases moins accuses ils peuvent fort bien se superposer. Bref, non seulement il ne saurait y avoir entre eux aucune incompatibilit essentielle, mais nous croyons qu'il n'y a mme pas toujours entre eux d'incompatibilit chronologique. Ibid. il y aurait beaucoup dire ce sujet. Mais n'oublions pas la question rsoudre la prire publique, en tant que publique, est-elle plus favorable la contemplation que la prire prive? Il semble bien que tout ce qu'on nous dit de l'aptitude del prire liturgique produire la contemplation vaille surtout de la mditation liturgique , dont parle dom G. Lefebvre, dans Liturgia, p. 182-208, ou d'une prire publique qui sera aussi peu publique que possible et qui se rapprochera beaucoup de la prire prive, c'est--dire de
se
: :

d'entendre dans les glises et les chants harmoniss (pie les auditeurs viennent couter. C. i, p. 185, de la traduction Ntinger, Tours, 1928. Il s'assied dans la solitude sans se joindre aux autres pour la psalmodie, et surtout sans chanter avec eux. C. il, p. 194. Alors, quand il plat Dieu de l'en favoriser, un chant monte jusqu' ses lvres et lui fait moduler ses prires dans une sorte de concert spirituel ou se trouve tant de douceur cleste que sa langue en est embarrasse... Il loue Dieu dans la jubilation, mais en silence, et, dans une inexprimable suavit, il exhale son cantique de louanges en prsence de Dieu, sans que les oreilles humaines en puissent rien percevoir. lbid., p. 191-195. Il nous reste parler de la valeur moralisatrice et ducative de la prire publique et de la prire prive laquelle des deux contribue plus efficacement notre perfectionnement, notre sanctification? laquelle est plus apte nous purifier de nos dfauts, dvelopper en nous toutes les vertus, particulirement la charit, l'amour effectif de Dieu et du prochain, en la perfection de laquelle consiste spcialement la perfection chrtienne? laquelle procure notre intelligence plus de lumires sur le devoir, notre volont plus de forces pour l'accomplir? ut et qu agenda sint videant et ad
:

implenda qu viderint convalescant. Dom. infra octavam Epiphuni. Incontestablement, la prire publique, la rcitation attentive et dvote de l'office divin, l'assistance et la participation active la messe et aux offices paroissiaux, liturgiques ou semi-liturgiques, possdent cet gard une trs grande efficacit. Il y a dans les prires de l'glise, dit Nicole, des ides de
toutes les saintes passions et de tous les saints mouvements que l'amour de Dieu doit exciter dans nos curs... Quelle est donc en cela l'intention de l'glise? Elle veut que nous formions dans notre cur ces mmes mouvements, dont elle peint l'image dans notre esprit... et enfin que nous nous transformions dans tous les saints mouvements et toutes les passions divines que le Saint-Esprit a exprims dans les psaumes et dans les autres prires de l'glise. Cit par Bremond, Introduction la philosophie de la prire, p. 210-211.

prire solitaire et silencieuse par exemple, la prire silencieuse du prtre l'autel, du Te igitur la communion, pourvu du moins qu'aucune circonstance extrieure ne vienne le dranger dans son tte--tte avec
la
:

Dieu.

Reconnaissons que la prire publique peut tre parune cause occasionnelle de contemplation quand, aprs le fracas des hosanna, tout coup sur la foule prosterne le grand silence s'tablit, qui n'est plus travers que par les discrets tintements de la frle clochette, l'me apaise peut, en effet, se recueillir en Dieu et se sentir toute proche de lui; ou bien, quand, au retour de la communion, gotant la prsence de son Dieu, le fidle est berc par les voix clestes de l'orgue qui versent dans ses oreilles les sons vibrants de quelque mlodie coutumire, par exemple Le ciel a visit la terre, la paix, la joie peuvent alors envahir l'me soustraite un moment toute proccupation terrestre; ou bien enfin, quand, au cours de sa messe quotidienne, le prtre, qu'une longue habitude a dlivr de toute proccupation concernant les rites extrieurs qui s'accomplissent ainsi machinalement, peut se livrer la prire du cur, peut savourer, mesure qu'elles passent sur ses lvres et devant le regard de son esprit, les penses d'une liturgie qui rpondent aux aspiraions de son cur oui, dans ces circonstances, la confois
:
: I

Incontestablement, la liturgie, par exemple les lectures de Pavant-messe, les psaumes, les leons du brviaire, fournissent notre intelligence ample matire rflexion, mditation, sur nos devoirs; mais encore faut-il, pour que tout cela agisse efficacement sur nous, que nous prenions le temps de le ruminer, de nous l'assimiler, en un mot de transformer la prire publique en prire prive; en d'autres termes, ce n'est pas en tant que prire publique que la liturgie possdera cette

dom G. Lefebvre, Liturgia. revanche, c'est bien dans la prire publique comme telle, en raison spcialement de l'efficacit particulire de la messe et des sacrements, que notre volont trouvera les forces ncessaires pour bien agir et ad implenda qu viderint convalescant. C'est ce que
efficacit moralisatrice. Cf.
p. 181.

En

templation, le recueillement en Dieu, l'union foncire de l'esprit et du cur Dieu peut accompagner la prire publique. Mais il faut bien reconnatre aussi que ce sont l des accidents et que la prire publique comme telle n'est pas de soi favorable, est plutt dfavorable la contemplation. Il n'est, pour s'en convaincre, que de lire Duguet, Trait de la prire, principalement de la publique, o les motifs et les moyens qui peuvent contribuer ii y conserver de l'attention et de la ferveur sont explitius. Richard Kolle, l'ermite de llampole, proclame l' incompatibilit du chant spirituel avec le chant humain , Le feu de l'amour, 1. II, C. m; c'est pourquoi il s'est retir dans la solitude, pour o fuir les auditions

dmontre dom Capelle, dans Prire, liturgique et vie chrtienne, p. 113 sq. [.V. B. Les liturgistes d'aujourd'hui, s'ils reconnaissent la prire publique

une valeur moralisatrice et ducative, proclament nanmoins que la sanctification de l'homme n'est pas sa fin principale, rencontre des ascticistes ; cf. Bremond, Hist. lilt., t. vu. p. 32-35; Guardini.
L'esprit de la liturgie, trad. R. d'Harcourt, Paris, 1929, Le primat du Logos sur l'Elhos; et dom Capelle, c. vu Par sa nature et par son but, l'acte op. cit.. p. 112
: :

liturgique n'est pas ncessairement et n'est pas immdiatement ordonn soutenir la vie morale. ) b) Lgitimit de lu prire prive. - - 11 semble trange qu'on soit oblig de plaider la lgitimit de la prire prive, quand l'vangile est si clair ce sujet Quand tu veux prier, entre dans la chambre, et. ayant ferme
:

197

PRIRE. FORMES PARTICULIRES


dans
le secret,

198

qui e.st prsent ta porte, prie ton l're te le rendra ion Pre qui voit dans le secret
vi 6

et

Matth de Lige .a la Et pourtant Mgr Kerkhofs, vque voit-il pas oblig Semaine liturgique de Namur, ne se rap-

de son d'intituler l'une des sections et la prire prive -Pas ports entre la prire liturgique prire liturgique .7 Et l'exclusivisme de la part de la prire De son ct, la : cette section commence ainsi ni sous-estimer la prire Hturgique ne doit ni supprimer vie chrtienne, p. 137 C est prive. Prire liturgique et ten liturgistes qui auraient des existe qu'il donc ou sous-estimer la prire prive.
:

tude sur

les

dance supprim Et pourquoi voudrait-on d'abord, deux raisons


:

la

supprimer
serait

On

elle

inutile, tous

en donne nos

satisfaits parla prire besoins religieux pouvant tre illgit.me d'aprs la liturgique; ensuite, elle serait QU avee de conception catholique des rapports regard de Dieu, qui au pas n'existe l'individu Dieu prier en son nom perconnat que l'Eglise; nul ne peut doit fre dite au prire toute seul lui sonnel et pour prire donne par le Christ I.. pluriel, selon le modle de est une prire protesurire prive, individualiste, pas dit tante; saint Cyprien n'a-t-i. sed da nobs, qua Pater meus, sed noster: nec Da mihi, precem fieri, ut sclicei unitatis maqister noluit prioatim enim orare proommnuis nro se antum precetur; unum ipse portavit\ El omnes in uno quoniam bus volait, texte que l'oraison domi saint Thomas conclut de ce communi totiu Ecclesla, nicale profertur ex persona 3 Ces! a dire est une IIMI, q... xxxui, a. in, ad prire publique. La prire inutile Non, la prire prive n'est [.as une dit don, Ryelandt, est essentiellement

l'*^

^nfcimm

des jets du cur qui deurs de l'me; tantt ce sont ardentes Donc paroles de forme la s'lancent sous deux varits le soupir, l'oraison jaculatoire prsente prcise d une part, et, 1'. aspiration . sans parole formule, . Mon d'autre part, la courte invocation omnia, etc. C est plus Dieu! . Jsus Deus meus et invocations qu on a particulirement ces courtes jaculatoires, sans doute d'oraisons nom donn le qui rapporte ce qu on d'aprs le mot de saint Augustin Dicuntur /ratres Thba.dc la de disait des solitaires habere oraliones, sed cas in .Kqupto crebras quidem p.culalas. U.men brevissimas, et raptim quodammod Sur la t. xxxm, col.501. Epist., xx, n. 20, P. L., quotidiennes d nature des cent mille . aspirations L. de Grandmaison Rev. d asct P. William lovle, voir p. cf. ibid., 1926 132-137; 1021, p. eldemijst.. jaculatoires;. note On a fait des recueils d'oraisons 137- note, signal. L de Grandmaison, ibid., 1921. p. dans l'dition Lehmkuhl. celui du cardinal Jean Bona. Ir.bourgOpwculaascettca selecta Joannis card. Bona, Hif. Idt..., t. x, Bremond, H. 281-378; p. 1911, en-B exercices of immdiate n 340 celui de Baker, Devout pages ,. une centaine de will, the aei and affection of formule employe par Baker pour
: 1

Bremond

relve
la

la

caractriser

nature des oraisons jaculatoires elles se composent) se tradm ces quelques mots (dont ions, mais, comme dit laker, des raient non pas des nol En d'autres termes, les acte immdiat de la volont. se ramneraient aux formules jaculatoires Oraisons auteur na peut etr, Nul formules non aspirations
: l

mieux parl que lnelon SUT


Landriot,
ibid., p.

ce

sujet

remarque

239, note, qui cite Le christianum

liturgique,

qui, toute belle forme de prire collective et sociale pourra jamais se substituer et sainte qu'elle est, ne au besoin de vie intrieure Personnelle

totalement Pour tous qu'prouvent les Anus que Dieu attire lui. de se former des ceux qui ressent eut soit le besoin les vrits de a foi. convictions senties et intimes sur en dehors ... il faut qu silence. en prier de besoin soit le un temps rservent se ils officiel culte des devoirs du que soit la pour prier en priv et mditer. Quelle des prires itUTgi beaut des textes des psaumes cl priv gardent n. an nues, la mditation et l'oraison en

prsenti aux gen du monde. Nous faisons allusion aux bl Le monosyllabe. du nage de nneonnaul'auteur par donnes' conseils a la contemplation. livrer se Veulent qui -eux Uine a : aspiration une et pure vers Dieu c'est--dire une conLe 199. 191 1926, p. mysliq., cf. Rev. d'asct. et de en particulier a aucun .es

templatif ne doit penser son tre fixer sa pense sur attributs de Dieu, mais cartant de sou esprit tous Simple cl nu ; pour cela, peut appliquer a Dieu, il se les autres mots qu'on considrai in de ce amoureuse et l'aveugle livrera a au candidat s'il te plat, dit l'auteur

m0
i

ii,..sr.

Que

toute vie intrieure moins leur place essentielle en LttUTfltVP- 184 normale. . Cit par don, G. I.cfebvre, en, 1 J8 chrtienne, p. vie cl liturgique rf Prire ct de la chrtienne, vie toute dans comme en fait', place pour la prire priprire liturgique, il v a donc
:

ve.

Non.

la

individualiste,

vo.re prire prive, personnelle. Individuelle, pas ncessairement une prire


n'est

protestante,

ngation du dogme de l Eglise, de d'appartenir l'E-lise. de Dieu. Ne nous la>s passer par l'glise pour atteindre sociologiques sons pas Influencer par les conceptions reprsenter Us rapports de la Durkhelm pour nous pierres vivanl'glise l'individu avec la socit dans restons des personnes qui tes du temple le Dieu, nous rapports personnels peuvent entretenir avec Dieu des notre nom; nous h par chacun connat nous Dieu l'ensemble forsommes pas des tres anonymes dont d'eau rassembles, merait l'glise, comme les gouttes me et tradldit agglutines, forment l'ocan. Dilexit goutte de sang temetipsum pro me. - j'ai vers telle oblige d insister pour toi .. Pourquoi faut-il qu'on soit Cf. do. aujourd'hui sur les vrits si lmentaires'

fonde sur

la

la

ncessit

contemplation, d'envelopper et de de la retenir application de la volont en un mot. afin court cl d'une seule plus facilement, choisis un mot en a deux, car. plus il syllabe; il vaudra mieux que S'il de esprit. Ce l'opration a il convient mieux est court, amour). le mot love OU mol Dieu exemple, le sera par d'autres. -, lu, que ou la ceux w-ux. lu hoisiS celui que d'une syllabe, et hxclc tu prfres parmi les mots loigne pour rien dans ton cur de sorte qu'il ne s'en m, tred. Le nuage de Vinconnaii au monde concerne. NUnger, Tours, 1925, p. 90. Pour ce qui te d'inconvnient que tu n'aies plus aujour|e ne vois pas mditations sur ta misre OU sur la d'autres d'hui celles que tu peux tirer de ce mot sinon bont de Dieu, autre mot pch) ou de ce mol Dieu, ou de tout sin ne faut ni diviser m analogue a ta convenance. Mais il en considrant leurs analyser curieusement ces mots contraire ces mots comme proprits... Prends au bloc pesant, lu un tout. Dans celui de sin, vois un pas de toi quoi, quelque chose qui ne diffre
i:,
i

resserrer cette

ne sais

mme,

Lefebvre, Lilurgia, p. 186. prire. Quelques formes particulires de la Landriot, Ces prires, dit a) L'oraison jaculatoire. lanceop cit l n p 236, consistent en de frquents sont des traits ments de cur vers Dieu; tantt ce aperus, des profoninvisibles qui sortent, sans tre
1

ll'id.. C xxxvi. p. 163-164. si ifs procde pour la prire les contemplai qui est rare, ils > alors ils se servent de paroles, ce moins ,1s en Usent, emploient fort peu de mots. et. duru syllabe mieux ils s'en trouvent. Oui. et un mot deux OU plus, pour cette est prfrable un mot de dans la fine uvre qui est celle de l'esprit; car c'est toujours devrait que l'esprit de et suprme pointe s'\ livrer parfaitement. se maintenir ce ni qui veut
i

Mme

199
Ibid., c.

PRIRE. LGITIMIT
xxxvn,
p. 165.

200
la prire)

Les deux monosyllabes Godai tin sont encore conseills pour la prire, parce qu'ils
tout bien et tout mal Ne t'tonne pas si j'indique ces mots de prfrence tous autres. Si j'en pouvais trouver de plus courts renfermant aussi compltement en eux tout bien et tout mal, ou si Dieu m'avait enseign en employer d'autres, je les aurais pris et aurais laiss ceux-l de ct, et je te conseille de faire de mme. Ibid., c. xxxix. p. 170-171. Et ce petit mot pntre mieux les oreilles de Dieu toutpuissant que ne le ferait un psautier tout entier marmott sans attention par les lvres seules... Pourquoi cette courte prire d'une seule syllabe perce-t-elle les cicux ? C'est sans doute parce qu'elle est dite dans toute l'intensit de l'me... Ibid., c. xxxvii-xxxvin, p. 166-167. Somme toute, cette prire monosyllabique n'est qu'une varit de l'oraison jaculatoire.

ture qui concernent

secundum sunin

superfi-

rsument

ciem.W s'ensuit d'abord que la volont divine peut tre modifie, puis que quelque chose arrive Dieu ex (em-

LGITIMIT ET CONVENANCE DE LA PRIRE. LES difficults et OBJECTIONS. Toute prire suppose trois choses 1. que Dieu existe; 2. qu'il entend, d'une manire ou d'une autre, ce que nous lui disons: 3. qu'il n'est pas indiffrent ce que nous lui disons, qu'il en est au contraire agrablement affect, que notre prire lui fait plaisir, qu'il l'agre, qu'il nous en tient compte, qu' cause d'elle nous lui devenons agrables, qu'il nous en aime davantage, que nous entrons en sa familiarit ipsa oratio quee ad Deum emittilur familiares ans Deo jacit, dit saint Thomas, Opusc., i, Compendium theologi ad fr. Reginaldum, part. II, c. n. En outre, la prire de 4. que Dieu peut nous accorder demande suppose ce que nous lui demandons et 5. que notre prire peut l'amener, le dterminer nous l'accorder si nous savions que notre prire n'exerce aucune action sur le cur de Dieu, qu'elle n'est pour rien dans ce qui nous arrive, que, priant ou ne priant pas, le rsultat serait le mme, de toute vidence nous ne prierions
III.
/.

pas.

Or, tous ces prsupposs sont-ils raliss? La philosophie, la thologie, donnent-elles raison au sens commun, autorisent-elles la prire? Nous ne nous attarderons pas aux deux premires conditions; toute saine philosophie admet l'existence de Dieu, son omniprsence, son omniscience, et ratifie sur ces deux points les intuitions du sens commun. Nombreux sont pourtant les philosophes qui les rejettent et qui, partant, rejettent ou, du moins, devraient rejeter, s'ils taient consquents avec eux-mmes, toute prire. Cf. Fr. Heiler, La prire, trad. d'aprs la 5 e d. allemande, Paris, 1931, L'idal de la prire et la critique de la prire dans la pense philosophique, p. 221-244; F. Mngoz, Le problme de la prire, Strasbourg, 1925, c. i, Le problme de la prire dans la thologie moderne; c. n, L'attaque, p. 10-61.

que certaines choses qui existent lemporalilT dans les cratures sont cause de quelque chose qui existe en Dieu toutes choses manifestement Impossibles . Les deux premires objections que rencontre saint Thomas, quand il se demande s'il convient de prier, sont tires du caractre apparemment anthropomorphique de la prire 11 ne convient pas, ce qu'il semble, de prier Dieu; car, si la prire nous est ncessaire, c'est pour notifier nos besoins celui qui nous l'adressons; unis, convns il est dit en itth., vi, 32 Votre Pre sait bien que vous avez besoin de tout cela. La prire flchit celui qui on l'adresse et l'amne faire ce qu'on lui denvinde. Mais Dieu est immuable et inflexible en ses desseins. Il nous est donc inutile de prier Dieu. II '-II e , q. lxxxiii, a. 2. Sur l'anthropomorphisme sous-jacent la prire nave , voir Vermeersch, op. cit., p. 6 et 24-26. Enfin, la quatrime condition de la prire, savoir que Dieu peut nous accorder ce que nous lui demandons, suppose qu'en considration de notre prire Dieu va intervenir dans le cours des choses et le modifier, l'inflchir d ins le sens de notre demande. Or, pour les penseurs philosophiques, en revanche, il est essentiel que les lois qui gouvernent le mande ne permattent pas une telle intervention, que ces lois soient reprsentes sous l'aspect d'une ncessit causale inluctable, ou bien comme la ralisation tlologique d'un plan divin... Pour le philosophe, seul un enttement puril ou une navet intellectuelle peut vouloir mettre un frein l'action du destin et tenter d'obliger un Dieu infini interrompre le cours normal des lois de la nature et modifier le plan ternellement conu du monde. Heiler, ibid., p. 234. Il n'arrivera que ce qui doit arriver, notre prire n'y fera rien. Saint Thomas Les a bien formul cette objection, cette difficult anciens, dit-il, ont commis, touchant la prire, trois sortes d'erreurs. Les uns ont soutenu que les affaires
pare, et enfin
: :

humaines ne dpendent point de la providence de Dieu d'o l'inutilit de la prire et de tout culte religieux... Pour d'autres, tout, mme les choses humaines, se produit suivant un cours ncessaire; qu'on
:

l'explique par l'immutabilit de la Providence, les influences astrales ou l'enchanement des causes; ils aboutissent la mme consquence prier ne sert de rien. D'autres enfin et tel parat bien tre le sentiment de quiconque use de la prire pour obtenir quelque chose ] admettent bien que les choses humaines, rgies par la providence de Dieu, ne se produisent pas fatalement; mais ils disent que la divine Providence peut varier en ses dispositions et que les prires et autres
:
|

troisime et la cinquime condition de la prire ne supposent-elles pas une conception anthropomorphique, anthropopathique , de Dieu, que la philosophie et la thologie se doivent de rejeter? Toute prire nave, crit Heiler, ibid., p. 232, suppose une croyance l'existence relle et la manire d'tre anthropomorphique du Dieu que l'on invoque... La mtaphysique thiste elle-mme exclut, aussi bien que la mtaphysique panthiste, tout anthropomorphisme de la notion du divin; c'est cette contradiction entre la reprsentation anthropopathique qui est la base de la prire du simple fidle et la notion philosophique de Dieu, qui explique le jugement svre que beaucoup de philosophes expriment sur la prire. Saint Thomas ne nie pas que la prire nave . la prire qu'on trouve

La

pratiques cultuelles peuvent changer quelque chose l'ordre par elle tabli. Ibid., a. 2, corp.; cf. Cont. gent., L III, c. xcvi. Suarez, Tractatus de oratione, 1. I, c. vi, se demande si l'on a le droit de conclure, comme fait
la ncessit du cours des choses de la prire; nous n'entrerons pas dans la discussion de cette question. Il reste une dernire objection supposons qu'on ait rsolu toutes les difficults prcdentes, qu'on ait tabli que toutes les conditions exiges par la prire sont bien ralises, on pourrait encore se demander s'il convient de prier, si la prire ne dshonore pas, ne rabaisse pas Dieu Il est plus libral de donner qui ne demande point qu' celui qui demande; Snque le dit rien n'est plus chrement achet que ce qu'on paie de ses prires. Mais Dieu est la libralit mme. Il ne parat donc pas qu'on le doive prier. C'est le troisime videtur quod non que saint Thomas oppose la convenance de la prire, ibid., a. 2: cf. In IV dm Sent.,

saint

Thomas, de

l'inutilit

dan

f l'criture, la prire de l'glise, soit anthropomorphique, au moins qu'elle en ait toutes les apparences, secundum id quod prima fade apparet, Cont. cent., 1. III, c. xevi; si l'on entend (certains textes de l'cri-

dist.

XV,

q. iv, a. 1, qu. 3.

201
//.

PRIRE. LGITIMIT
SOLUTION DES DIFFICULTS.

202

C'est le rle

du

thologien de lgitimer la pratique courante, de trouver es raisons pour la maintenir, alors que les raisons qui lui ont donn naissance se rvlent caduques et primes: Il nous faut tcher, dit saint Thomas, de concevoir l'utilit de la prire, en nous gardant d'imposer une ncessit quelconque aux choses humaines soumises la Providence, sans pourtant estimer que l'ordre tabli par Dieu puisse changer. Sum. theol., ibid. Il faut trouver la prire une base thologique, il la faut accorder avec la thologie, il faut en faire une prire thologique. Pratiquement sans doute, le thologien, comme le simple Adle, continuera rciter des formules de prires teintes

d'anthropomorphisme: mme dans sa prire spontane, il parlera Dieu comme le simple fidle. Mais, au moins, il sait l'imperfection invitable du langage humain, des conceptions humaines de Dieu, de ses sait rapports avec nous et de nos rapports avec lui; que Dieu ne s'offusque pas de nos faons enfantines de nous le reprsenter et de nous comporter avec lui. Voyons donc ce que la nologie rpond aux difficults que l'on oppose la lgitimit de la prire nave 1" D'abord, il n'csl pas vrai que noire prire il pour but de luire connatre Dieu nos besoins, nos dsirs, ou du moins d'attirer sur eux son attention. Mais alors pourquoi les numrer, les dtailler? pourquoi nous racontera Dieu? C'est, rpond salnl Thomas dans les Sentences, loc. cit., ad 2 u " ,ul afjectum et inlelleclum nostrum dirigamus in illum, pour que nous tournions vers lui notre intelligence et notre cur. a rponse esl un peu courte. Si nous adressons des prires a Dieu, dit " la Son nie ihologique, loc. cit., ad ce n'est pas par
il
I

pour que, brlants du dsir d'obtenir ce que nous souhaitons, nous nous haussions ce point par l'ardeur de notre dsir, que nous devenions dignes d'tre gratifis de ces bienfaits que notre me froide et rtrcie n'tait pas capable de recevoir. 2 La prire a-l-elle pour but de toucher le cur de Dieu, de l'apitoyer, de le flchir, de l'incliner nous exaucer'.' Il le semble bien; autrement, quoi tendraient ces obsecraliones qui sont, d'aprs saint Thomas, une partie intgrante de la prire? Cf. II -II q. lxxxiii, a. 17; Suarez, op. cit., I. II, c. m, n. 9. Ces obsecrationes, ce sont les raisons qu'on peut faire valoir. les titres qu'on peut invoquer auprs de Dieu pour obtenir ce qu'on demande. Ces titres, comme les appelle Suarez, se prennent tantt du ct de Dieu, tantt du ct du Christ, parfois du ct d'autres saints, souvent du ct de l'orant lui-mme. Du ct de Dieu, on peut en premier lieu allguer sa promi
l'exercice de la prire, c'est

ondement, sa bont et sa misricorde... quatrimement, qu'il y va de sa gloire, et autres choses semblables. I.es motifs qu'on peut allguer ex tarte Christi sont les plus appropris... et c'est pourquoi l'glise conclut toute prire par cette obsCTatiou Per Christum Dominum nostrum. Il semble bien (pie l'ortttto, conformment a son sens originel, est une plaidoirie o l'on Invoque les raisons que l'on croit le plus capables de convainc le Dieu, de l'amnera nous accorder ce que nous lui demandons. Or. dclare saint Thomas, animus
i
i

lui si immulabilis bien inutile.


i

et

in fia ibilis.

lonc,

la

prire parait
a

On
t

sait

comment

saint

Thon la s npond
dit-Il,
c

cette oh

ncessit de lui faire connatre nos besoins ou nos dsirs; c'est pour nous faire entendre a nous mmes qu'en pareil cas on doil recourir au secours de Dieu
:

ne se borne pas a tablir (pie tel ou Ici ellet sera produit, lie- de termine aussi en vertu de quelles causes et selon quel ordre- il le sera. Or. l'activit humaine a son efficacit propn neius peiuveins la lue lire au rang eles alises In \eiit par
ion.

La providence de Dieu,

sid ut nos ipsi consideremus in lus ml divinum auzilium esse ret ui retidiim. Celte fois, la rponse est bien un peu subi ile. Au vrai, a quoi en dent ces nuiniial ions, ces descriptions, cet talage de nos misres aux \eu\ de Dieu? Non l'instruire sans doute, niais plutt a l'apitoyer; et donc la premire difficult, s'il en est ainsi, se confond avec la seconde. Pourtant, cet talage, s'il n'a pas d'autre but. pourrait avoir un autre rsultai celui de nous faire mesurer nos propres yeux retendue de nos dficiences et (le nous porter le fervents el pieux dsirs, ce qui pr cise meni nous rend idoines recevoir ce que nous esprons obtenir en priant ". ll\ use., r, loc. cit. On sait le
I (
:

la

(pie.

si

l'homme

doit

agir

ce

n'est
soll
re

polnl
a

pi'

actes puissent changer quoi que ce ne nient tabli; ils sont simplement
tion de certains effets
d'eux...

l'ordre rtlviepiis a la ralisa-

que Dieu

a \eiuiu faire

dpendre

rien polnl dessein, en priant changer a l'ordre tabli par Dieu: nous prions poui ieie obtenir ce que Dieu a d'accomplir par le moyen eles pi nies des mes saintes, ut ut ImpelremUS i/lli d liens disposuit ter ruti mplendum. Ibid.,
1
i t *

Nems n'avons

parti que le 1'. Mennessier pour expliquer la causalit

a tir
le la

de ces derniers mots


prire, cf. /. religion II Im ii/ue de saint
i

f.ommentani cel article, .ban Salnl ["bornai explique que la prire n'agil pas g la manire d'une cause morale ) n pousserait, exciterait el Inclinerai! Dieu a nous accorder ce que nous lui demandons; elle est seulement une condition mise par Dieu a l'obten
a.
'.' i
-

(tlad

franaise
(

de

la

.Se;

me

t. i, p. 349 et 352. Saint Thomas parait bien puni te cite ide saint Augustin, qui, dans sa fameuse Lettre Proba, n. 17. /'. /... t. xxxm, lieu nous de mande de lui expo COl. 51 ). disait (pie, si sei nos besoins, ce n'est pas pour les lui l'aiie connatre, mais < pour que. dans la prire, notre dsir s'accroisse. afin que nous puissions tre en tat de recevoir ee qu'il se prpare nous donner, sed exererri (voluit) in oratienibus desiderium nostrum, quo possimus capere quod prwfarat dure; cela, en effet, est bien grand et nous S( mines, nous, bien petits et bien troits pour le reccvoii Dilate/vous aussi l'on nous dit c'est qu'en ellel nous en recevrons d'autant plus que nous le croirons plus fidlement, (pie nous respirerons plus fermement, que nous le dsirerons plus ardemment, tanto quippe illud quod valde magnum est... sumemus eu/ -acuis, quanta id et /idelius credimus. el s/terumus l'irniius. et desideramus ardentius, Le Catchisme romain, part. IV, e. ri, n. 10. s'inspire aussi de la Lettre Proba dans l'explication qu'il donne du but el de la causalit de la prire Si Dieu veut (pie nous ayons recours a

'lia nias),

avoir

ni

eh' ses elons, tiii.(juiiii: fer hdilii'lu tu et nuilium ositum a Deo, ut non aliter it<it< tur nobis qui d oolumus, tnsi explicando ei nostrum desiderium, pelendo ri subjicienda nos ipsi. Loc, ni., p 755 756 On pourrait presque dire (pie la prire est une- cause physique qui dclenche l'activit divine patet igitur ex prsri quod aliquorum quse flunt " Deo causa sunt oratioi lia desideria.. lire qu'il ne faul pas prieT pour obtenir quelque chose de Dieu, parce que l'ordre de sa provi dence est Immuable, quivaudrai! a dire qu'il ne faut pas marcher pour se rendre d'un lieu un autre, ni manger pour se nourrir, (.mit. cent., I. III. e\ xe \i \ ce propos. Suarez, op. cit., 1. I, c. VI, n 11. soulve une epie-sliem spculative CCS elle-ts demi la ralisation le pend de la prire. Dieu a-t-il dcide leur existence ex prsroisa oratione. ou bien au contraire la prire doitelle son existence ex pnvfiniliotie efJectUS et snlum sit ratio cxecutionis ejus II se prononce, du moins pour ce qui concerne les principaux effets de la grce', pour la seconde hypothse rcal per oraliones obtineantur, efllcaciter prsrordinati sunt unie prsevisam orationem. Jean de Saint Thomas discute cette opinion de Suarez. loc.

lion

disi

cit.,

p.

758.

203
Mais
la

PRIRE. NCESSIT

iD'i

la rponse l'objection est-elle pertinente? prire n'ait pas pour but le changer l'ordre tabli par Dieu, niais d'obtenir ce que Dieu a dcid d'accomplir cause de notre prire, soit; niais le pro-

Que

rechercher les convenances des institutions divines; tant infiniment sage et infiniment bon, tout ce que Dieu fait doit tre marque- au coin de la sagesse et de la bont; or, il exige en certains cas notre prire >; c'est

blme de l'cfTicacit de la prire n'est pas expliqu pour cela: pourquoi Dieu exaucc-t-il certaines prires et non d'autres? Que Dieu soit immuable et inflexible une fois qu'il a dcid que telle chose arriverait en consquence
de telle prire, oui videmment; mais pourquoi telle prire a-t-elle dtermin Dieu, s'il est permis de parler ainsi, produire tel vnement, et non tel autre? Saint Thomas, Cont. gent., 1. III, c. xevi, donne quelques raisons du rejet de certaines prires, comme il a donn au chapitre prcdent des raisons de l'exaucement d'autres prires; Dieu a gard la qualit de la prire. Pourquoi, ds lors, les obsecrationes n'agiraientelles pas sur Dieu? Pourquoi la prire n'agirait-elle pas sur Dieu comme une cause morale? La position de Suarez ce sujet parat embarrasse : Ces titres, dit-il propos des obsecrationes, nous ne les allguons pas auprs de Dieu pour les lui faire connatre; unde nec vidcnlur reprsenlari ut ipsum moveant secundum se, quandoquidem jam ipse per se illos novit, cl per cos a se cognitos moveri polest, si velit. Op. cit., 1. II, c. m, n. 10. Dieu peut tre influenc dans sa dcision d'exaucer telle prire plutt que telle autre par ces obsecrationes, par ces titres l'exaucement qu'elle possde et dont l'autre est dpourvue Suarez parat l'admettre;
:

donc que

la prire nous est utile Voyons donc quelle utilit nous en pouvons retirer. Premirement, elle nous donne fiduciam quamdam recurrendi ad Deum, ce que le P. Mennessier traduit l'assurance de pouvoir recourir Dieu >, ce qui veut peut-tre dire une certaine confiance pour recourir Dieu ; si Dieu ne nous l'avait ordonn, nous n'oserions peut-tre pas recourir lui. Secondement, l'obligation de prier Dieu nous fait reconnatre en lui l'auteur de tous nos biens . Enfin, cette obligation est pour nous une
.

source de bonheur et de gloire. La rponse donne l'objection dans le Commentaire des Sentences nous transporte sur un autre plan. Si Dieu exige que nous lui demandions ce qu'il se propose de nous donner, c'est, dit saint Thomas, pour que nous soyons aptes le recevoir de lui; ce qui ruserait pas, si nous n'attendions pas de lui ce que nous
essef, si

dsirons, ut idonei simus ab ipso accipere; quod non ab co non speraremus quod desideramus . Nous avons dj rencontr cette ide (voir col. 201) et ren-

voy aux dveloppements du P. Mennessier sur ce sujet. Ensuite, rpondant directement, semble-t-il. la
il

parole de Snque, saint Thomas ajoute D'ailleurs, ne doit pas tre dur pour l'homme de se soumettre a
:

mais aussitt, par peur de l'anthropomorphisme, il se rtracte et dclare que ces titres sont invoqus primo in exercitium fidei noslr; secundo ad spem augendam; tertio ad exercitium aliarum virtutum... Cf. Vermeersch, op. cit., p. 25 et 44 : Ces raisons, dit-il, nous les proposons, non pas comme si Dieu lui-mme devait tre dtermin par elles, mais pour nous dmontrer nous-

mmes la convenance de la grce que nous demandons, pour nous exciter et produire en nous les dispositions conformes cette grce. Faut-il en croire les thologiens ou le sens commun? Et que signifie alors la parole de l'vangile Tout ce que vous demanderez mon Pre en mon nom, il vous le donnera ? Joa., xvi, 23. Sans doute, affirmer que certaines prires sont plus puissantes que d'autres sur le cur de Dieu, c'est parler un langage anthropomorphique, mais n'est-ce pas aussi exprimer la manire humaine une ralit? Tout se passe comme si la prire tait une cause morale.
:

3
Il

La

prire est-elle contraire la libralit divine?

de donner qui ne demande pas qu' celui qui demande; car, comme le dit Snque, rien n'est plus chrement achet que ce qu'on paie de ses prires. Mais Dieu est la libralit mme. Il ne parat donc pas convenable de prier Dieu. Telle est la troisime objection la convenance de la prire dans la Somme de saint Thomas, loc. cit., a. 2 la prire mconnatrait la libralit divine. Dans le Commentaire des Sentences, la libralit divine est invoque contre l'obligation de prier Dieu; cf. In IV um Sent., dist. XV, q. iv, a. 1, qu. 3 il ne convient pas que Dieu exige que nous lui demandions ses bienfaits, qu'il mette cette condition l'octroi de ses dons. Voici la rponse de saint Thomas ces objections Dieu, dans sa libralit, nous accorde bien des choses sans mme que nous les lui demandions. S'il exige en certains cas notre prire, c'est que cela nous est utile. Cela nous vaut l'assurance de pouvoir recourir lui et nous fait reconnatre en lui l'auteur de tous nos biens. Considre quel D'o ces paroles de Chrysostome
est plus libral
:

bonheur t'est accord, quelle gloire est ton partage; voil que tu peux converser avec Dieu, changer avec le Christ d'intimes colloques, exprimer en tes souhaits ce que tu veux, en tes demandes ce que tu dsires. Sum. theol., loc. cit., ad 3 um Selon sa mthode coutumire, saint Thomas s'applique
.

Dieu par la prire, comme il le serait s'il s'agissait de se soumettre un autre homme en le priant, parce que tout notre bien consiste prcisment tre soumis Dieu, mais non tre soumis un autre homme. N'ayant rien par nous-mmes et tenant tout de Dieu, notre bien consiste en effet tre rattachs Dieu, tre mis en communication avec la source, avec le rservoir de tous les biens; or, c'est l prcisment le rle de la prire de nous mettre sous l'influence misricordieuse et puissante de Dieu, de nous subordonner la bienfaisance magnifique de Dieu, nous mettant ainsi en disposition ultime recevoir ses dons . Mennessier, loc. cit., p. 352. IV. NCESSIT ET OBLIGATION DE LA PRIRE. De quelle prire s'agit-il ? Quand on parle de la ncessit de la prire, il ne s'agit que de la prire proprement pour obtenir de Dieu dite, de la prire de demande tout ce dont nous avons besoin, est-il ncessaire de le lui demander ? Mais, quand on parle de l'obligation de la prire, il pourrait s'agir aussi des autres sortes de prires, des prires d'adoration, d'action de grces et de pnitence en particulier; mais ces questions ressortissent d'autres traits celui de la religion, o l'on tablit le devoir qui s'impose l'homme de rendre Dieu le culte qui lui est d, spcialement le culte d'adoration et d'action de grces; celui de la pnitence, o l'on se demande si l'homme doit tmoigner Dieu du regret de l'avoir offens par le pch et quand s'impose lui cette obligation. Nous nous bornerons donc ici, pour la question de l'obligation comme pour la question de la ncessit de la prire, la prire de demande. /. la NCESSIT DR la PRIRE. Que la prire soit ncessaire dans un sens large, savoir que sans elle on ne pourrait qu' peine et difficilement, vix et cum magna difficultate, obtenir de Dieu ce dont on a besoin, cela, dit Suarez, op. cit., 1. I, c. xxvni, n. 1, ne fait pas de doute. Mais que la prire soit ncessaire au sens strict du mot, c'est--dire qu'elle constitue le moyen indispensable, irremplaable, d'obtenir de Dieu les secours dont on a besoin pour faire son salut, c'est ce qu'il est plus difficile de prouver. Et, d'abord, elle ne
:
:

l'est

ex natura sua. puisqu'il est d'autres les grces de Dieu, en particulier les bonnes uvres, qui possdent aussi une valeur impetratoire; cf. Vermeersch, op. cit., p. 26. Elle ne le pour-

pas ex se

et

moyens d'obtenir

205
rait

PRIRE. NCESSIT
l'glise, c'est

206

donc Ctre qu'en vertu d'une disposition, d'une loi divine, ex divina lege et quasi pacto, Suarez, ibit!., n. 2,
les

est ncessaire et

Dieu avant dcrt que l'homme ne pourrait obtenir grces ncessaires au salut que moyennant la prire. Mais cette loi exisle-t-elle? Les thologiens le pensent
:

prire;
c'est

si

parce que l'on est persuad que la g que la grce ne s'obtient que par la bien que supprimer la ncessit de la gr<e.
:

supprimer du mme coup la prire, et c'est le reproche que les l'res adressent aux plagiens Des
Iruunt etiam orationes quas facit F.cclesia. dclare saint Augustin, /;/ tueresibu ad Quodvuttdeum, 88, p. L., t. xlii, col. 17; le concile de Mileve leur reproche de vouloir mettre sens dessus dessous tout le christianisme, en enseignant qu'il ne faut pas prier Dieu pou: qu'il nous aide dans notre lutte contre le pch et pour la pratique de la justice , omnino tolum quod clins liani sumus nitunlur evrrtere (docentet non esse rogandum Dcum ut contra peccati malum alque ad operandam juslitiam sit nosler adjutor, /'. 1... t xxxrn, col En somme, on pourrait dire que la ncessit de la prire est une vrit qui fait partie du sens catholique , de la conscience de l'glise, el qui s'exprime dans la vie. dans la pratique de l'glise. SpontaiM ment, les thologiens connue les fidles concluent di ncessit de la grce la ncessit de la prire, encon pie logiquement l'une ne se puisse pas dduire d. l'autre. C'est ce que fait saint Thomas, in l\ Sent dist. XV, q. IV, a. 1. sol . 'l'ont nomme est tenu fjl prier par le fait mme qu'il est tenu de se procurer d biens spirituels qui ne lui peuvent venir pic de Duo et qui, par consquent, ne peuvent lui tre donns qui
I
i <

Oralio est /minibus aduilis vialoribus necessaria ncessitait medii ad salutem, saltem fuxta legem Dei ordinariam. Tanquerey, Synopsis thologies moralis et pastoralis, 8" d., t. u, P127, p. 593. Vermeersch, op. cit., p. 10, qualifie cette ncessit de ncessit latius dicta ou deminuta, parce que, dit-il, non omnibus sed plerisque e lege ordinaria orare necesse
et tablissent cette thse
si t.

Tanquerey dclare la thse certaine certum est. Vermeersch ne lui attribue que la valeur d'une opinion plus commune communior opinio, p. 9. La premire chose enseigner aux fidles, dit le Catchisme romain,
:

qu'on peut de moyen OU de


vrai

ncessit de la prire. Il est s'il parle le la ncessit la ncessit de prcepte, car il les mle l'une l'autre. On pourrait dire aussi qu'il conclut de
part. IV,
c. i,

n 2, c'est
se

la

demander

l'une l'autre, du devoir de la prire a sa ncessit. Vlais voici qui ne peut s'entendre que de la ncessit de

tant de choses cl pour l'Ame et pour le corps qu'il nous faut recourir la prire elle seule peut exposer fidlement a Dieu notre misre et en obtenir ce qui nous manque, tanquam ml
:

moyen

Nous avons besoin de

.';

imam omnium optimum


tent
et

et indigerilitr

nostrte interpr-

s'il

les
\
.

demande.
a

tant donn,

dit saint

Auuust

il

coneiliatricem

eorum quibus egemus. Dieu.cn

ne doit rien personne; et, par consquent, c'est une ncessit pour nous de lui demander par la prire ce dont nous avons besoin la prire est comme un instrument ncessaire qu'il a remit entre nos mains pour obtenir ce que nous dsirons. Et mme il est certain que, sans la prire, il est plusieurs choses que nous ne saurions obtenir de lui il y a, en effet, des dmons qu'on ne peul chasser que par le Jene el la pri r<
elTet,
:

Ibid., n. 3-4.
S'il

n'est
les

remcnl
quoi

aucun (exle de l'criture qui enseigne lai et explicitement la ncessite de la prire, sans
c

proclameraient pas seule une vrit de foi divine, du moins il en est beaucoup qui la supposent. Petite, et dabitur vobis: minus qui petit, aecipit, Mal th., vu, 7-8, pourrait passer pour une recommandai ion plutt que
thologiens ne
la

ment une

vrit certaine, mais

des choses que Dieu accorde ninie SSJU la pi ii comme le commencement de la foi, mais qu'il en est d'autres qu'il n'accorde qu' ceux cpii prient. connue de persvrer Jusqu'au bout, assurment celui qui estime pouvoir par lui mme- \ parvenir ne prier pas a cette Intention, De donc perseverantia c wi. n. 39, /'. /... t. xi \, col. 1017. Enfin, car on ne peut tout citer, l'auteur du De eccleslasticis dogmatibt dclare aussi sur de la ncessite de la prire que cl, I. ncessite de la grce: \ulliun CTtdimus ad salutem nisi lio invitante ventre; nullum salutem suam nisi Ihn mutilante operari; nullum nisi orardem auxiliuir promerert. P /...t xui.eol.121S. Le concile de Trente, reprenant la clbre formule de saint Augustin, sup pose aussi pie la prire est le MU) moyen que nOUS
qu'il

pour un ordre,

el

cette

recommandation
l'on

suppose

ne de m; m de pas, on ne recevra pas, donc que la prire est un moyen ncessaire pour obtenir de Heu quelque chose. V igtlate ri orale ut non inirctis in tentationem, LVfatth., xxvi, ti. prsente videmment la vigilance ei la prire comme les moyens ncessaires pour ne pas entrer en tentation. i. 'insistance avec laquelle l'Aptre recommande l'usage de la prire ne s'explique bien que si elle est un moyen de salut ncessaire Orulmni instantes, Rom., xu, 12; per omnem orationem et obsecraltonem orantes omni tempore in s/iiritu, l'.ph., VI, 1<S; sine inlermissionc orale, Thess V, 17. C'est l'avis de tous les thologiens 1. 'exhortation si frquente cl si multiplie. que nous font le Christ, Paul et les autres aptres, de

comme contre-partie
I

que,

si

ayons d'obtenir les forces ncessali <>mpiiss, ment de certains prceptes Deus impossibilia non jubcl, sed /ubendo tnonet >i facere quod possit / / quod non /m,.wv Se-ss. \ ,, , Nl Denz.-Bannw., n. mu l'eut on dmontrer rationnellement, a priori ou posteriori, que la prire est ncessaire? il ne le serabh pas. puisque cette ncessit rsulte d'un dcret, d'une
i

disposition de nature des choses


libre
:

la

Volont divine,

et

iidii

de

hmu

TUCeSSitatem liindnri aliqUi


vert

modo
honr

m
ri

ipsa

decreto divina

ni natura, consunvnari t* pn videnliss... Absoluie

deereto et dispositions divina ion potuisset introdut tanla ncessitas. Suarc/. op. cit., n >. \<.us pouvons

donc chercher

<.

prier

frquemment

et

Instamment, montre sans aucun

et rouver des raisons de convenance qu lgitiment en quelque sorte cite disposll ion providen ticlle. celle exigence divine; niais nOUS n,- sailli. as proprement parler prouver rationnellement une vriti de cet ordre. (.Hic cette disposition de la dixiiic Provit
.

doute, non seulement l'utilit, niais la ncessit, et valde urgentem, de la prire, i Suarez, op. cit.. n. I. Les Pres de l'glise, surtout partir de l'hrsie plagienne. noncent magis perspicue, dit Vermeersch, p. 17, la ncessit de la prire. Voici les principaux textes cites par les thologiens. Innocent ,r dans sa lettre au concile de Cartilage nisi magnis precibus gralia in nos implorata descendat, nequaquam terrente labis el mandant curporis vincerc ronemur rrrorcm, P. L., t. xx, col. 585; ce texte ne dit pas explicitement, mais il suppose (pie la grftcequl nous est mecs
l ,
:

dence

soit

fonde d'une certaine manire sur


.

la

des choses

c'est ce

que montre

saint

Thomas
.

naluxi en SOI

sairc doit tre

demande par

la prire. Si l'on

prie dans

opuscule Compendium theologist, pari. Il c n Parce pic. dit-il, selon l'ordre de la divine Provi dence. est attribue chaque tre une manire le pai venir sa lin en rapport avec sa nature, aux hommes aussi il a t accord un moyen d'obtenir ce qu'ils attendent de Dieu qui soit conforme l'humaine condition, Par c'est la condition de l'homme d'iiiterposri la prire pour obtenir de quelqu'un, surtout d'un SUp rieur, ce qu'il eu attend. Et voil pourquoi la prii t prescrite /indicta) aux hommes pour que par elfc

207
ils

PRIRE. LE PRCEPTE DE LA PRIRE

208

obtiennent de Dieu ce qu'ils en attendent.


le

La

c'est

un pre plein de bout qui veut tre Invoqu par


:

geste naturel le l'indigent; en l'adoptant, en en faisant une condition ncessaire pour l'obtention de ses dons. Dieu s'est donc conform la nature humaine Que fait le pauvre qui n'a rien? Il s'en va
prire est
:

il veut qu'en le priant tous les jours notre prire se fasse avec plus de confiance; il veut, en nous

ses enfants

accordant ce que nous demandons, nous montrer de


plus en plus tous les jours sa libralit et sa tendresse envers nous. N. 7. Si Dieu veut que nous ayons recours l'exercice de la prire, c'est pour exciter dans nos coeurs des dsirs plus ardents des choses que nous

ouvre une main suppliante, et reoit l'aumne d'un cur gnreux. Landriot, Instruction pastorale pour le saint temps de carme 1861, uvres, t. ni, p. 15. Suarez indique une autre convenance de cette disposition providenfrapper
la

porte du riche,

il

ex online et consuetudine divines proviDieu, dit-il, agit, autant que faire se peut, par les causes secondes et, servata proportione, in operatione l'irtulis vult cooperalionem noslram. Donc, comme nous pouvons cooprer notre salut au moins par la prire, aprs que nous avons t touchs par la grce prvenante, c'est bon droit que Dieu exige de nous cette coopration et qu'il a voulu que la prire ft quasi necessariam causalilalem secund causas ad talem
tielle
:

elle se tire

dentiel.

efjectum.

Ibid., n. 5.

Malgr tout, cette exigence divine parat dure la nature humaine et c'est pourquoi les Pres, les thologiens, les prdicateurs se sont efforcs de la lgitimer, d'en sonder les raisons mystrieuses, de rpondre aux

demandons, afin que nous puissions recevoir ensuite des biens et des grces dont une me froide et, pour ainsi dire, rtrcie par la tideur, ne saurait tre digne. N. 9. // veut, en outre, nous faire comprendre et sentir chaque instant que nous ne pouvons rien de nous-mmes et sans le secours de la grce. Ibid. Saint Augustin s'est-il plus approch des insondables desseins de Dieu ce sujet quand il dit Dieu veut que tu pries pour que tu dsires ce qu'il t'accorde, afin que ses dons ne s'avilissent pas tes yeux , ideo voluit ut ores, ut desideranti det, ne vilescat quod dederit Serm., i.vj. n. 4, P. L., t. xxxvin, col. 379; cf. Landriot, op. cit., t m, p. 31-34. Mais quand bien mme les intentions divines nous demeureraient impntrables, nous
lui
:
'.'

devrions nous incliner devant la


: :

loi

Dieu est

le

Nous avons dj vu saint avec ces difficults, col. 204, et faisant valoir les utilits de la prire comme compensation l'preuve qu'elle impose notre amour-propre. Le Catchisme romain a repris cette tactique Si la prire est ncessaire, elle produit en mme temps des fruits abondants qui doivent nous en rendre l'exercice
objections qu'elle soulve.

Thomas aux

prises

infiniment agrable. Loc. cit., c. n, n. 1. Et tout le chapitre est consacr rappeler celles des utilits de la prire qui sont le plus en harmonie avec la pense contemporaine . Citons-en quelques-unes 1 Le premier fruit que nous tirons de la prire, c'est que par elle nous honorons Dieu... En priant, nous professons que nous sommes dpendants de Dieu, nous le reconnaissons pour l'auteur de tous biens, nous mettons en lui seul notre confiance, et nous le regardons comme l'unique soutien, l'unique refuge de qui nous puissions attendre notre conservation et notre salut. Ibid., n. 1. 2 Un second fruit de la prire, infiniment avantageux et consolant, est celui qu'on en retire lorsqu'elle est exauce de Dieu...; prier est une chose si utile et si efficace que par elle nous obtenons tous les biens spiri3 Un troisime fruit de la prire, tuels... , n. 2. c'est qu'elle est un exercice de toutes les vertus, et qu'elle les augmente toutes; ce qui est vrai surtout de la foi...; la charit s'accrot aussi dans la prire... , n. G et 8. 1 La joie est encore un fruit de la prire omnino inest in precalinne singularis gaudii cumulus, n. 2. Voir ses amis et converser avec eux augmente encore et enflamme l'amiti ainsi plus les hommes pieux conversent avec Dieu par la prire, en invoquant les effets de sa bont, plus aussi ils sentent crotre en eux une sainte joie qui accompagne leurs prires et plus ils sont ports l'aimer et le servir avec ardeur , n. 8. Mgr Landriot a consacr toute VInstruction pastorale dj cite l'utilit, la facilit, la douceur de la prire; cf. uvres, t. in, p. 276-371. Mais faire valoir l'utilit, la facilit, la douceur de la prire, c'est bien nous encourager accepter de bon cur cette condition que Dieu a mise l'octroi de ses dons, ce n'est pas rpondre directement la question que nous ne pouvons manquer de nous poser pourquoi Dieu a-t-il voulu qu'il en ft ainsi? Pouvonsnous pntrer ce mystre? A plusieurs reprises, le Catchisme romain parat vouloir s'y aventurer. Dieu pourrait, il est vrai, nous accorder toutes les choses ncessaires sans prires et mme sans dsirs de notre part, comme il fait par rapport aux animaux, qui il donne tout ce qui est ncessaire leur existence. Mais
:

matre. Il nous a dit Petite et accipietis. La condition est prcise et clairement exprime il faut l'accepter ou renoncer la faveur promise. Landriot, ibid., p. 31. 1 La question //. L'OBLIGATION DE LA PRIEUR. pralable: la prire peut-elle tre matire d'uneobliyation, d'un prcepte C'est la question que se pose saint Thomas, In I V im Sent., dist. XV, q. rv, a. 1, qu. 3. Une prire obligatoire parat tre une contradiction dans les termes. Car qu'est-ce qu'une prire, sinon l'expression d'un dsir, qudam volilorum petitio; c'est--dire un acte qui procde essentiellement de la volont. oratio maxime est volunlali.i. Mais ce qui procde de la volont ne peut procder en mme temps de la ncesquod volnntatis sit, de la contrainte, de l'obligation est, non est necessitatis. Il n'est pas besoin, il semble contradictoire qu'on commande l'indigent de mendier, celui qui se noie de crier au secours. La mme objection est reprise dans Sum. theol., II - II*, q. lxxxiii, a. 3, 2 e obj. Nous nous contenterons de renvoyer saint Thomas pour la rponse cette question purement thorique. 2 L'existence de l'obligation, du prcepte de la prire. Il y aurait eu jadis, au rapport de Mdina. Codex de oratinne, q. ix, De neccssitale orandi menlatiter, diversit d'opinions entre les thologiens sur ce point; pour les mettre d'accord, un thologien aurait imagin une distinction in se et ratione sui et absolule, la prire ne serait pas de ncessit de prcepte divin; mais elle le serait ex supposilione, c'est--dire dans l'hypothse o le salut ne pourrait tre obtenu sans elle, dans l'hypothse o, sans elle, nous ne pourrions viter quelque Mdina, pch ou surmonter quelque tentation. Suarez, rejettent cette distinction et soutiennent cette Simpliciter assethse, qu'ils dclarent commune

'.'

orationem positam esse sub prcepto divine Suarez, op. cit., 1. I, c. xxix, n. 2. Le Catchisme romain, part. IV, c. i, n. 2, est formel La premire chose enseigner, c'est la cet gard ncessit de la prire, dont le commandement ne nous a pas seulement t donn titre de conseil, mais possde encore la force d'un ordre inluctable; ce qui ressort de ces paroles du Seigneur oportet semper orare. L'glise elle-mme nous montre cette ncessit de la prire par cette espce de prface qu'elle rcite avant Pneceptis salutaribus mnnili... l'oraison dominicale Ce devoir de la prire, les aptres ne manqurent pas de l'intimer ceux qui embrassaient la religion chr-

rendum

est

tienne.
giens,

Le fondement

comme

le

scripturaire de la thse, les tholoCatchisme romain le voient surtout

209
dans

PRIRE. LE PRCEPTE DE LA PRIRE


Sent., dist.

210
1.

les paroles du Christ, Suarez, ibid., et plus particulirement dans Voportet semper (irare. Cf. saint Thocite plus mas, au Sed contra de la quastiuncula haut Sur cet oporlel semper orare, Chrysostome fait remarquer ceci en disant oporlel, le Christ indique que
.''.

XV,

q. iv, a. 2, sol.

La

prire indivi-

duelle, dit-il encore, ne requiert pas ncessairement une expression vocale, de hujusmodi oralionis necessiII late non est quod sit uoealis . Sum. theol.. Il ">: q. lxxxiii, a. 12; cf. Suarez, op. cit., I. I. c. x.xix, n.
1.

prire est ncessaire Ic'est--dire obligatoire]. Mais une telle ncessit ne peut provenir que d'un commandement. Donc, la prire cadit sub prsecepto. Dans la
la

III. c. vi, n. 2-5.

La chose

est trop vidente

pour

qu'il soit utile d'insister.

Somme,
texte
est
:

II 8 -II , q.

lxxxiii,

Petite et accipietis,

ad 2'"", il invoque le pour prouver que la prire


a. 3,

de prcepte.

Mme si nous n'en trouvions p;is dans l'criture la mention expresse, la raison sullirait nous dmontrer
l'obligation de la prire, lui effet, tout homme est tenu de prier par cela seul qu'il est tenu de se procurer

lui-mme des biens spirituels qui ne peuvent lui tre donns pie par Dieu, et qu'il ne peut, par consquent,

cette occasion, Suarez se demande s'il n'y aurait un prcepte ecclsiastique obligeant tous les fidles ad aliquam privatam orationem voealem, ne serait-ce qu' rciter de temps en temps l'oraison dominicale. Ibid.. n. 6. On voit immdiatement que. par suite de l'quivoque due au double sens de l'expression prire vocale . la question se dplace il ne s'agit plus maintenant de savoir si l'glise nous oblige a prier vocalement, mais si elle nous fait un devoir de rciter, vocalement ou mentalement, une prire dtermine. Or.
lias

procurer autrement qu'en les lui demandant . Thomas, In IV "" Seul., lue cit., sol. Remarquons, en passant, le motif allgu ici l'obligation de prier est rattache a la charit envers soi mme. Sua
se

Saint

'.',.

rez, op. cit., s'appuie, pour dmontrer cel te obligal ion, sur l'axiome communment reu par les thologiens Tout ce qui est ncessaire au salut de ncessit de moyen l'est aussi fie ncessite de prcepte divin; or, la prire est ncessaire au salut de ncessit de moyen; donc de oratione datvw preeceptum furis divin Les thologiens font remarquer qu'il s'agit ici d'une obligation de droit divin naturel et non de droit divin positif. Elle a bien pu tre rappelle par le Christ, elle n'a pas t tablie par lui; de lout temps, elle s'est impose l'homme. l.e Christ, dit Suarez, <>/<. Cit., 1. 1, C XXVIII, 11. 4, n'a pas donn de prceptes positifs, si ce n'est au sujet de la foi et des sacrements, mais il expliqu plus clairement CC qui tait contenu dans le droit divin naturel; il b d mont r que la prire tail obligatoire prcisment parce qu'elle est ncessaire. Mais les hologiens ne sont pas d'accord sur la ques tion de savoir <id quant virtutem hoc preeceptum spectet, a quelle vertu il faut rattacher ce prcepte, a la charit
;i
I

sur ce point encore, les thologiens ne s'entendent pas. Suarez, ibid., n. 7-9, opte pour la ngative A fortiori, n'y a-t-il pas obligation de rciter l'Ane Maria ou le Salve Regina. N. 10. Il n'j a mme pas obligation, pour les simples fidles, de prier vocalement aux messes de prcepte, ni mme de reiter mentalement les prires de la messe; il suffit que. par la pense et l'intention, ils s'unissent a la prire du prtre: HT, per te toquendo, 13. Iln'ya melius faciunt attendendo et mente orando. Hirc que la pnitence imposte pai le confesseur qu'il faille rciter vocalement; encore taul il qu'il constate suffisamment que le confesseur a prescrit cette rcita

tion vocale. N. 17.


'.'

A ce sujet, les 2. Quand est on oblig de prier thologiens signalent d'abord l'erreur des mess. .liens ou incltes, qui, au dire de saint Augustin, prenant a ire et Oportci la lettre le mol de l'vangile m. n defleere, Luc, xvm, i. et celui de saint Paul Sun- intermissione orale, Thess x 17. prient telle nient que cela parait Incroyable > eux a qui ils par but de leur prire... ils cxaM lent tellement cette pra tique qu'ils mritent par l de figurer parmi les ques . De hsereaibu, lvii, P. L.. L xlii. col i" Selon
:

religion. Nous avons \ u (pie saint Thomas, Commentaire des Sentences, le fait driver de la charit; dans la Somme, au contraire, lue. rit., il le

ou dans

la

le

l.e dsir tombe bien rapporte a la vertu de religion sous le prcepte de la charit, mais la demande sous celui de la religion. l.a question peut paratre oiseuse; elle ne l'est pas cependant, car, si la prire n'est oblige toile qu'en tant qu'elle est ncessaire pour l'accomplis sment d'un devoir particulier cl non pas ex ri st. lui* religionis, celui qui la nglige et qui par la manque ce devoir, pche bien contre telle du telle vcrlu. mais son pch ne se double pas d'un peche spcial contre la veriu de religion provenant de son omission de la prire. Cf. Suarez, I. I. c. \\i\, n. (i-7. Il eu va autre nient s'il y a un prcepte particulier qui nous oblige plier dans nos besoins spirituels a ri solius rclit/imus. Ibid., n. .S. Mais ce prcepte particulier existe-t-U ? Suare/, n. 10. s'efforce de prouver que oui, en avouant d'ailleurs que ce n'esl pas commode. Jean de Saintriiomas. lac. cit., p. 773, parait vouloir marcher sur ses traces, mais en ralit il s'en carte il y a bien, en vrit, une prire qui s'impose nous ex ri solius religionis; niais ce u'esl pas la prire de demande, c'est la prire d'adoration, de louange, d'act ion de grces; ngll ger cette prire est bien en effet un pch spcial contre la vertu de religion. 3 L'tendue de l'obligation de prier. 1. Est-on oblig de prier vocalement '.'-- Tous les thologiens, a la suite de saint Thomas, sont d'accord pour dclarer qu'il n'est pas ncessaire de prier vocalcineiit pour .i' compllr le prcepte divin dont nous parlons, l.a prire prive, dit saint Thomas, peut se faire cl voce el sine voce, a la convenance de celui qui prie . In I \ "
:
:

Thodoret, leur erreur aurait plutt conststi a opposer l'Inefficacit du l'efficacit le la prire perptuelle baptme pour l'extirpation le la racine mme du .'. I; pch; cf. de Guibert, Documenta..., n. 79, Thodore! leur reproche mme, aprs avoir donn un certain temps a la prire, de pass r la plus grande parQuoi qu'il en lie de la journe a dormir. Ibid., n 80, soit de l'erreur des messallens, les textes jont Formels et semblent bien parler d'une obligation de prier sinon absolument toujours, du moins autant que possible, c'est--dire autant que l'obligation de pourvoir aux ncessits de la Vie nous en laissera le loisir. h>ln illo tempore qm d n conoenienli somno et nb aliis actionibus ml riiiun ncci 'ssariit vacuum est. Suarez, op. cit., I, c. xxx. n 2. Pourtant, fait remarquer Suarez, l'usage ci la pratique de l'glise ne permettent pas d'interprter aussi rigoureusement ces textes consacrer i"; loisirs la prire, comme tout son supei tin l'aumne, peul bien elle mallele de conseil, ce n'esl p;is matire de prcepte, licet illa frequentia orathnis eliam nossibilis il et ir.nit du m consilo sil. non Uimcn rsl in \ r.i Ecclesiee. Ibid. (/!/</(/ salis constat ex usu et praxi Mais alors comment faut-il entendu- les textes
.i
i

fi

I.

Thomas en a donne plusieurs ait es ? Saint Interprtations, que Suarez s'est permis de critiquer assez, vertement Voir saint Thomas, In IV Sent,
script
dist.
q.
i

XV,

q.
a.

iv,
;

a.

2,

qu. 3;
I.

Sum
">;

theol..

Il

-IL,

xxxm,

Il

In

/,'..>.. c. i,

lecl
i.

In

Thess.,

v,

leet. 2;

Suare/. op. les prdicateurs et

cil

I.

c.

n.

1-5;

c.

xxx.

n. 3-7.

les

auteurs

.spirituels se sont aussi

semf er orare et du sine intermissione orale. Landriot a consacre a cette question la plus grande partie de V Instruction pastorale
{'oporlel

beaucoup occupes de

21

PRI HE. QUALITS


frquente
:

.'12

uvres, t. m, p. 89-119, sans compter l'appendice celte Instruction, p. L32-1 16, o il a rassembl un grand nombre de textes sur la question (le la prire continuelle par les bonnes uvres , pour rpondre aux critiques de Suarez; le P. Grou, L'cole de
cite, cf.

obligal ergo oratio swpius ac per se ralione

pressentis status. N. 15.

Oui, mais peut-on dterminer d'une manire plus


prcise quelle doit tre la frquence de
est
la

prire ?

On

Jsus-Christ,

M'

leon.

De

la prire continuelle,

l'entend

de la prire du cur . Cf. R. Plus, ('.uniment toujours prier? Toulouse, 1932. Si nous ne sommes pas obligs de toujours prier, c'est--dire de consacrer tous nos loisirs la prire, il n'en reste pas moins vrai que les textes scripturaires paraissent bien nous obliger prier souvent, frquemment. Mais peut-on prciser davantage quelle doit tre la frquence de la prire ? Est il obligatoire de prier eliaque jour, ou mme trois fois par jour, comme le voulait Origne? Cf. son trait De la prire, trad. Bardy, t. xii, 2 e part., p. 62. Pour rpondre cette question, n'oublions pas que nous ne parlons ici que de la prire de demande, qui n'est obligatoire que dans la mesure o elle est ncessaire, et non des prires d'adoration, d'action de grces ou de repentir, qui sont obligatoires d'autres titres. Tous les thologiens sont d'accord avec saint Thomas pour dclarer qu'il est impossible d'apporter des prcisions rigoureuses en cette matire Doctores catlwlici fatenlur prceplum hoc, quatenus divinum et naturale est, non afjerre secum certam et claram temporis delerminationem. Suarez, op. cit., 1. I, c. xxx, n. 8. Le texte de saint Thomas sur lequel on s'appuie est celui de Y In 1 V am Sent., dist. XV, q. v, a. 1, sol. 3 :
:

un peu tonn quand, aprs qu'on les a entendus proclamer si fort la ncessit de la prire, on voit ensuite les thologiens rduire extrmement les exi Je pense, dit gences du prcepte divin son sujet Suarez, que la prire est si ncessaire pour mener une vie honnte, ad reditudincm vitse, qu'il ne faudrait pas
:

La

nate.

prire est obligatoire et determinate et indetermiSont tenus certaines prires determinate ceux

prier tous les ans, ni mme peut-tre tous mois, ut non sit permittenda ditalio unius anni. nec fartasse unius mensis. N. l(i. Encore hsitent-ils dclarer que cette obligation de prier une fois par mois, ou tous les deux mois, soit une obligation grave. Pour le dtail des opinions, voir Ballerini-Palmieri, Optu theologicum morale, 3 e d., t. n, Prati. 1899, p. 237. Pratiquement, il n'y a pas se demander si l'on est en rgle avec le prcepte divin de la prire quand on observe le prcepte ecclsiastique de la messe dominicale. C'est ce que faisait dj remarquer saint Thomas, loc. cit. : Pour tous les fidles, l'glise parait avoir tabli un temps dtermin o ils doivent prier, puisque, d'aprs les canons, ils sont obligs d'assister aux divins offices les jours de fte et de s'y unir d'intention aux ministres qui prient pour eux. Suarez, ibid., n. 11-12, chipote un peu ce sujet, mais Jean de Saint-Thomas, loc. cit., p. 77-1, montre bien qu'il n'y a pas lieu de s'arrter ses chicanes. V. Qualits et conditions de la. prire. II importe de distinguer la question que nous abordons

manquer de

les

qui sont tablis intermdiaires d'office entre Dieu et le de prier indeterminate quiconque est oblig de se procurer des biens spirituels qui ne peuvent lui venir que de Dieu et qu'il ne peut par conspeuple... Est tenu

maintenant de
l'efficacit

celle

de

la prire

que nous nous poserons au sujet de plus tard, nous nous demande:

quent se procurer qu'en les lui demandant. 11 semblerait que le motif de l'obligation suffirait en dterminer l'tendue et les limites nous serions obligs de prier toutes les fois que nous aurions besoin du secours de Dieu pour repousser une tentation grave ou pour accomplir un devoir grave, mais nous n'y serions obligs que dans ces cas de ncessit. C'est, en effet, l'opinion que Suarez dclare commune Est tertia et communis sentenlia, qu hoc tempus determinandum pulat ex necessitale diuini auxilii pro aliquo tempore
:
:

rons quelles conditions la prire sera efficace, c'est-dire sre d'tre exauce; parmi ces conditions figureront certaines des qualits de la prire que nous allons tudier, par exemple la persvrance, mais encore d'autres conditions qui n'ont rien voir avec les qualits de la prire, par exemple qu'elle soit faite l'intention de celui qui prie et non au profit du prochain. Ici,
il

s'agit

de savoir quelles qualits doit avoir


prire,

la prire

pour tre une vraie

occurrentis. Ibid., n. 13.

Suarez la trouve insuffisante, particulirement parce que, selon lui, l'obligation de prier ne repose pas seulement sur le besoin que nous avons du secours de Dieu, mais s'impose, comme nous l'avons vu, col. 209, ex vi
solius religionis; et par

consquent non tanlum nbligat

quasi per accidens propler necessilatem contingentent et extrinsecam sed habet proprium tempus su obligationis, et hoc est quod inquirimus. N. 14. De plus, mme en se plaant au point de vue de l'opinion commune, ce n'est pas seulement en certaines circonstances particulirement graves que nous avons besoin du secours de Dieu, la vie humaine est c'est tous les instants de la vie une guerre continuelle, et par consquent constitue un danger continuel, que nous savons ne pouvoir surmonter que par l'assistance et la protection continuelles de Dieu . N. 15. Donc, ce n'est pas seulement en ces circonstances particulirement graves que nous sommes obligs de prier, mais en d'autres temps encore. Il ne faut pas seulement demander du secours au moment de la tentation pour n'y pas succomber, il faut encore demander d'tre prserv de la tentation. N. 17. On ne peut contester la justesse de ces observations; il faut
:

chrtienne, selon les la tradition catholique. Ces qualits sont fort diverses et difficiles classer selon un ordre logique. Saint Thomas, Opusc, v, dbet Expositio orationis dominic, en numre cinq enim esse oratio secura, recta, ordinata, devola et humilis. Le P Grou, L'cole de Jsus-Christ, 32 e leon, cinq aussi, mais qui ne concident pas tout fait avec celles de saint Thomas Quelle autre prire peut nous inspirer ce divin Esprit qu'une prire attentive, une prire
: :

une bonne prire, une prire enseignements de l'criture et de

une et respectueuse, une prire amoureuse, prire pleine de confiance, une prire persvrante? En outre, parlant, dans la 33 e leon, des dispositions requises pour bien prier, ce qui n'est gure diffrent des qualits de la prire, il en signale trois l'humilit, la simplicit, la docilit. Landriot, dans Y Instruction pastorale de 1864, uvres, t. m, p. 507-594, indique huit conditions l'humilit, et qualits de la prire

humble

l'attention, la ferveur, la confiance, la persvrance, qu'elle soit faite au nom de Jsus-Christ, la puret de
vie, la joie.

Enfin

le

Catchisme romain, part. IV.

c.

vn-

vm, veut qu'on apporte


:

pose par l'opinion dite compas de prier au moment mme o l'on a un besoin plus urgent du secours divin, il faut prier intervalles rguliers et assez rapprochs pour qu'on puisse encore appeler cette prire une prire

donc complter

la rgle

la prire les dispositions suivantes l'humilit et la reconnaissance de sa misre spirituelle; la douleur des fautes qu'on a commises, ou du moins une certaine peine de ne pas s'en repentir assez; une conscience pure de certains pchs et de certaines passions: la foi et l'esprance certaine d'tre

mune

et dire

il

ne

suffit

exauc;
il

la

conformit

la loi et la

volont de Dieu;

faut prier en esprit et en vrit , ce qui veut dire de toute l'ardeur et de toute I'alTcction de son cur ; il ne faut pas prier comme les paens en multipliant les

213
paroles, ni

PRIRE. L'ATTENTION
comme
ser
,

214

les hypocrites; il faut que la prire persvrante; qu'elle soit faite au nom de Jsus-Christ; il faut qu'on joigne l'action de grces la demande et que la prie re soit accompagne du jene et de l'aumne. Et nous n'avons pas encore signal la premire condition de la prire l'intention; ni certaines circonstances qui peuvent influer sur la qualit de la prire le temps, le lieu, l'attitude, cf. Sua-

soit assidue et

vu, n. 3, 7-13, 1(1. Sans compter encore cette condition primordiale de toute prire, savoir qu'elle soit l'uvre du Saint-Esprit agissant en nous par la grce actuelle. Il ne peut tre dans notre dessein de nous tendre longuement sur chacune de ces qualits ou conditions <lc la prire; nous nous bornerons donc aux questions plus importantes et plus difficiles, qui sont gnralement abordes par les thologiens en cette matire. //A' /. L'INTENTION REQUISE POUR QU'IL Y Ml Ne confondons pas l'intention et l'attenPRIRE, tion, comme on le fait quelquefois l'intention est l'acte de la volont qui se propose telle ou telle lin; l'attention est l'acte de l'intelligence qui s'applique tel ou tel objet, qui s'occupe de tel ou tel sujet cf. Sua
rez, op. cit.,
I.

III, c.

pour les dire avec sincrit et conviction. Enfin peut tre en quelque sorte absorb par la pense de la personne qui l'on s'adresse, par quelqu'un des attributs de Dieu, sa grandeur qui impose le respect, sa bont qui inspire la confiance, etc., ou par la pense de la dtresse o l'on se trouve, dtresse qui prcisment nous pousse recourir a Dieu. Telles sont du moins les trois sortes d'attentions la prire que reconnat saint Thomas, In 1 V" ' Sent., dist. XV, q. rv,
l'esprit
a.
cf.

2, sol.

.">;

Sain. Ineol.,

II '-11

q.

ixxxm.

a.

13;

Bolley,

GebeUstimmung undGebet, Dusseldbrf, 1930


I

Saint Thomas s'exprime d'une manire un peu diffrente sur l'objet prcis de la troisime espi e d'attention dans le Commentaire des Sentences et dans la Somme tldologique la, l'objet sur lequel se porte l'attention c'est '" qute petitionem ipsam circumslant,
:

sicut est ncessitas pro


alia

qua

petitur,

Deut qui rogatur,

et

ce sera ad flnem orationis, teilicet arf Deum ci arf rem pro qua oratur. Saint Bonaventure, De profeetu religiosorum, 1. II, c. i.x, distingue aussi trois sortes d'attentions qu'on peut apporter a la

hujusmodi;

ici.

rez,

1.

III, c.

m,

n. 2.

y ait prire, il faut qu'on ait Tintent ion de prier. On ne prie pas si l'on n'a pas l'intention de prier, encore pie l'on prononce des formules de prire le prtre, par exemple, qui lit le brviaire sludii vel rrcreationis causa, ne prie pas; il tudie ou il s'amuse, mais il ne prie pas; et par consquent il ne s'acquitte pas de son obligation. Suarez. ibid., n. 3. El pour satisqu'il
:

Pour

respectivement superficielle, deux premh Tes ((.incident a peu [ires avec (elles de saint Thomas, mais la troisime en diffre; l'attention spirituelle ((insisterait a dcouprire,
et

littrale et

qu'il appelle spirituelle; les

vrir derrire le sens littral des psaumes le sens spiri luel qu'ils reclent; cf. Suarez, I. III, c. rv, n. '_'. Certains auteurs dis! liguent une attention interne cl
i

une attention citerne

celle-ci consisterait a s'abstenir.

quand on
le

faire l'obligation

du

brviaire,

il

faut vouloir prier;

il

de toute occupation Incompatible avec d'attention interne, c'est- duc d'atten tion proprement dite, requis dans la prire; cf. V
prie,

minimum

ne sufft pas de vouloir rciter ou chanter les formules imposes non priecipitur tantum heec actio exterior
:

meersch, op.

cit.,

p.

17

legendi vel cantandi materialiter tumpta... ted preecipi(uraclio Ma exterior ut est oralia nrf Deum cl cultuni e/us. Suarez, 1. IV, c. xxvi, n. 5. Il est bien entendu que cette intention de prier n'a pas besoin d'tre toujours expresse ou formelle, mais qu'une intention implicite et virtuelle suflit, 1. III, c. ni, n. (i; avoir Tint en lion de satisfaire son obligation est une intention implicite ou quivalente de prier. I. IV, ibid.; on sait, en outre, que virtuel s'oppose d'une part actuel et de l'autre a habituel une intention Virtuelle est une intention qui a cess d'tre actuelle, mais qui persvre et dure encore en quelque sorte, parce que c'est en vertu de cette intention que telle action continue; pour (pu:

Enfin, certains thologiens parlent d'une attention formelle ou ad utile et d'une attention virtuelle :celK consisterait dans l'intention, la volont, le ferme propos non rtract d'tK attentif, d'une manire ou
(
i

la prire; ferme propos qui persiste distractions Involontaires, mais qu'interrom Dent les distractions volontaires (jininuliu Ma vol' filai durt, cetuetur altentio rfurare virlualiter, seu moraliter

d'une autre,

parmi

les

(pie c'est la

n. 7. Vermeerscfa fait remarquer, p. it. une distinction imagine pour les besoins de la cause quand on enseigne (pie l'attention est absolument ncessaire a la prire et (pie nanmoins les distractions Involontaires n'en Interrompent pas le

Suarez, tbid.,
:

dure

la prire,

il

faut (pie soit

maintenue l'intention de
la

prier; mais, tant


prire,

que dure cette Intention, dure aussi

du moins la prire vocale, quelles (pie soient les distractions involontaires, ou mme volontaires, qui surviennent nous revenons cela toul a l'heure. Celle intention de prier peut tre vicie par quelque circonstance accidentelle sans cesser d'exister; il J
:

cours, il faut bien recourir ;i ce subtertu 2 L'attention ne nuit elle pus a la prnre Cf. saint Thomas, In I Y ' Sent., !" cit. \ olU um- question qui aurait pique la curiosit de Henri lircmond vide
'
.

lur

orationi noeeedl Hugues de Saintla prire est vrai Victor ne dit-il pas, en effet, (iue ment pure quand, par suite de l'Intensit (le la dvo

quod

attentlo

aura donc prire, puisqu'il y aura Intention de prier, mus prire plus ou moins m-, telle serait la pnsi: de celui qui prierait surtout pour la gloriole ou pOUT l'argent, ex intentione lundis humante, ce/ alicujus corni-,

morfi temporalis, in
roijnt,

illurf

principaliter intuendo; oere


I.

III, c. m, n. 5, quamvis non bene oret. Suarez, C'est du moins l'opinion commune. Et une telle prire est suffisante pour sal Isfaire l'obligation du brviaire. //. DE L'ATTENTION REQUISE DANS LA PRIRE. 1 Distinctions pralables. L'attention tant une application de l'esprit un objet, une action, celle qu'on apporte a la prire vocale se diversifie suivant l'objet auquel l'esprit s'a Hache particulirement (pi and on prie. On peut s'appliquer principalement a bien prononcer les mots de la prire, comme ferait une personne charge de prsenter une requte en une langue tran-

(mena est tellement embrase (pic se tournant vers Dieu pour l'implorer fpoatulatura), elle ne pense mme pas a ce qu'elle demande letiain SUC pctl Or. qui est capable d'un tel lionis ol'lii'iscutur ) . oubli, continue saint 'Thomas, ne semble pas prte! attention a la prire. Donc, il semble bien (pie la vraie prire serait empche par l'attention... La solution de la question se trouve dans la distinction des trois sortes d'attentions, et comme on ne peut tre trs attentif a plusieurs choses en mme temps, il faut reconnatre que la premire attention, si elle empche la seconde, et, de mme (elle ci si elle empche li troisime, nuiront la prire, en ce sens qu'elles en diminueront le fruit l'inverse, d'ailleurs, n'est pas vrai. Cependant, on ne peut pas dire qu'en
tion, l'Ame
I

gre.

peut aussi porter plutt son attention sur le sens des formules qu'on prononce pour les bien rali-

On

gnral l'attention nuise la prire: elle lui est plutt profitable, comme en fait foi l'autorit de s. dut AugUS tin . qui nous adresse cette recommandation cum oratis Deum. hoc rerselur in conte quod projcrlur in ore. Tes raisons qu'on peut apporter pour prouver que
:

215

l'IURK. I/ATTKNTION
:

216

l'attention nuit la prire ne sont pas premptoires la prire pure n'est pas une prire inattentive: s'il lui manque la premire ou la deuxime espce d'atten-

prier,

prire,
il

pour que la prire vocale soit une vritable donc pour satisfaire l'obligation du brviaire; faut en plus une vritable attention interne, que)

cependant la troisime, qui est de toutes la meilleure quando mens per dilectionem in Deum ila rapiturut pelitionis suit immemor sit, atlenlio orationi adest, quamvis non secundo vel prima, sed
tion, elle possde
:

qu'en soit d'ailleurs l'objet, c'est--dire qu'il s'agisse de l'une ou de l'autre des trois espces d'attentions distingues par saint Thomas; il n'est pas ncessaire

terlia...

Ad

l""

Pendant que nous touchons cette question de la prire pure qu'on nous permette d'ajouter quelques rfrences cl quelques remarques le texte d'Hugues de Saint-Victor auquel renvoie saint Thomas se trouve
, :

cependant que cette intention interne soit actuelle elle peut n'tre que virtuelle, c'est--dire qu'elle subsiste moralement tant qu'elle n'a pas t rtracte par la distraction pleinement volontaire et aperue comme telle. La consquence pratique de cette opinion, c'est que la rcitation de l'office qui n'est pas accompagne
:

en Migne, P. L.,
:

t.

clxxvi,

col.

980:

il

faut y joindre la

parole, souvent cite, de saint Antoine, rapporte par Cassien Il n'y a pas de prire parfaite si le religieux s'aperoit qu'il prie. Cf. F. "Vernet, La spiritualit mdivale, p. 137; La vie spirituelle, t. xm, p. 112;

Landriot, op. cit., t. m, p. 539. Autre est cependant la question de savoir si la prire doit tre attentive ou si elle doit tre consciente, et l'on peut avancer sans paradoxe que, moins elle sera consciente, plus elle sera attentive Celui qui, priant Dieu, s'aperoit qu'il prie, n'est pas parfaitement attentif prier; car il divertit son attention de Dieu, lequel il prie, pour penser la prire par laquelle il prie. Le soin mme que nous avons n'avoir point de distractions nous sert souvent de fort grande distraction... Celui qui est en une fervente oraison, ne sait s'il est en oraison ou non; car il ne pense pas l'oraison qu'il fait, mais Dieu, auquel il la fait. Saint Franois de Sales, Trait de l'amour de Dieu, I. IX, c. x, cit par Landriot, ibid.; cf. H. Bremond, Introduction la philosophie de la prire, p. 54-55, 226-227. C'est la distinction entre la prire directe , inaperue, et la prire rflchie , consciente. La prire pure, telle que la dfinit Hugues de Saint-Victor, s'identifie-t-elle avec la prire pure de saint Maxime et d'F vagre le Pontique ? Ce n'est pas le lieu de le rechercher. Cf. Rev. d'asct. et de myst., 1930, p. 250-254. II faudrait aussi la comparer avec la prire de feu , ignea oratio, de Cassien cf. La vie spirituelle, t. vin, p. 210-211. 3 L'attention est-elle ncessaire la prire ? La question se pose surtout pour la prire vocale , remarque saint Tl ornas, Sum. iheol ID-II*. q. lxxxiii, a. 13. Ne devrait-on pas dire plutt qu'elle se pose seulement pour la prire vocale ? cf. supra, col. 184. Quoi qu'en ait dit H. Bremond. Hist, lill..., t. vin, p. 150-107, les distractions involontaires qui nous
: ;

d'attention interne n'est pas valide et la perception des revenus qui en dpend. Telle est l'opinion de Suarez, 1. III, c. iv, n. 3-8; 1. IV, c. xiv et xxvi. La seconde opinion (que saint Alphonse place en dernier lieu), n'exige que l'attention externe, condition, cela va sans dire,

de ce

minimum

donc ne donne pas droit

suffisante pour permettre de prononcer correctement les paroles de l'office divin et qu'on ait l'intention, au moins implicite, de prier. Il s'ensuit que, pendant la rcitation de l'office, laisser son imagination vagabonder ou occuper son esprit d'affaires toutes profanes peut bien tre une irrvrence, mais qui n'excdera pas les limites du pch vniel et n'empchera pas cette rcitation d'tre valide et de donner droit, s'il y a lieu, la perception des revenus qui en dpend. Cette seconde opinion se rclame de saint Thomas et de saint Antonin; elle est professe par un bon nombre de thologiens, entre autres par de Lugo, Vermeersch, op. cit., p. 48sq.,et reconnue comme probable par un grand nombre d'autres. Enfin, saint Alphonse croit dcouvrir dans les Salmanlicenses une opinion tant donn, qui tend concilier les deux autres d'une part, que l'attentionadso/awTftasuffitpoursatis-

qu'elle soit

faire l'obligation, et, d'autre part, que,

pour une

rcitation correcte, il faut absolument au moins cette attention ad verba, avec l'intention au moins confuse d'honorer Dieu, il y aura prire tant qu'il y aura cette attention ad verba; or, il n'est pas impossible qu'on soit attentif bien prononcer les paroles tout en occupant son esprit d'autre chose; donc, on satisfera l'obligation tant que l'on n'aura pas rtract par une volont contraire la volont de se maintenir attentif, unde is bene satis/acicl semper ac per contrariam valuntatem non retractabit proposilum atlendendi. Concina, ajoute saint Alphonse, fait remarquer ce sujet que

arrivent dans l'oraison, entendons-nous bien, les vritables distractions qui nous emportent bien loin de

Dieu ou nous plongent dans


bel et bien notre oraison;
il
:

l'union du

cur subsiste ment comme elle subsiste durant le sommeil, mais c'est une union habituelle, ce n'est pas une union actuelle, ce n'est pas une prire. La prire est un acte, acte du cur ou de l'esprit, peu importe; quand il n'y a plus d'acte, ni de l'esprit, ni du cur, il ne peut plus
prire. Cf. Suarez, op. cit., 1. II, c. v, n. 16 prire vocale peut bien subsister quoad malerialem actum (xlrrnum, quand l'attention disparat; mais la prire mentale ne peut aucunement subsister, quand l'attention disparat entirement, parce qu'elle con:

sommeil, interrompent n'y a pas rpliquer que oui, elle subsiste, exactele

qui se distrait volontairement n'est justement plus attentif bien prononcer les paroles, ou son attention sera tellement attnue que ce ne sera plus une vritable attention. Ballerini-Palmieri, op. cit., t. iv, p. 327. observant que cette opinion attribue aux
celui

y avoir de

Salmanticenses n'est en ralit que la premire opinion, puisque, comme celle-ci, elle exige au moins l'attention ad verba, qui est classe parmi les attentions internes. C'est vrai; seulement elle en dillre parce qu'elle admet que cette attention est compatible avec la distraction volontaire, cum non sit incempi ssibile aliquem ad alia distrahi et simul altcndere ad verba
recte proferenda.

La

siste
(jui

essentiellement dans un acte purement interne

ne peut exister sans l'attention. Donc, il s'agit ici de savoir si l'attention est aussi ncessaire la prire vocale. Saint Alphonse. Theologia moral is, 1. VI, De prseceptis jarticularibus, n. 177, dclare qu'il y a sur cette question trois opinions parmi les thologiens. La premire, qu'il qualifie de communior il probabilior, affirme que l'attention dite externe ne suffit pas, encore que l'on prononce correctement les paroles et qu'on ait l'intention au moins implicite de

et de discuter preuves apportes l'appui de chacune de ces opinions, mais il nous semble que certaines remarques, thoriques ou pratiques, s'imposent, a-t-il d'abord une bien grande diffrence entre les deux premires opinions ? 11 ne le semble pas. Cette attention ad verba dont se contente la premire et l'attention externe qu'exige la seconde, qui doit tre telle qu'elle permette une rcitation correcte des formules, n'est-ce pas peu prs la mme chose ? Il reste bien cette diffrence entre les deux opinions que l'une affirme et que l'autre
les
^i

Nous n'entreprendrons pas d'exposer

nie

prire.

que les distractions volontaires dtruisent la 11 semble bien que ce soit la preQui a raison
'?

217
que
celui

PRIRE. L'ATTENTION
1

218
cur
d'tat -^attention les
|

au bon sens supposer mire opinion. Faisons appel volontairement pesant la ainsi qui se livre
:

ment

quelles penses, rves, calculs, prire, n'importe cependant assez d'attenrflexions, projets, etc., garde correctement les paroles peut-on tion pour prononcer encore, qu'il a cette in tcntion vr men dire qu'il prie requise pour quil y ait absolument est qui de prier en avertit, c'est s'occunous sens bon le prire ? Prier,

dfaillances

du le fruit de l'attention de saint Thomas [c'est l'attention virtuelle ne suspendent de l'attention intellectuelle

H, st. Hit..., t. mi. rfection. pas ncessairement cette volontaires ne paraissent distractions Les note. p 405, la ' entraner par elles-mmes que

non seulement de bouche, pe de Dieu, c'est lui parler, volontairement s'occupe mais de cur; or, celui qui cette intention de autre cho^e ne rtracte-t-il pas commenant la rcitation de prier qu'il a d avoir en xxv,, n. 13. 1. IV, c. son formulaire ? Cf. Suarez, opinion es dclaPratiquement, puisque la seconde grand nombre de Un-,.kg s re probable par un pas puisque aut re ne l'adoptent ne mme ceux qui probabilwr, et pu sque de qualit revendique que la o l'on peut appliquer nous sommes dans un domaine l'usage des opinions probales principes qui rglent bien de IlljttBU oVune 'blcs'tan donn qu'il s'agit sacrement, il n y a pas d'un celle de non mais prire, conscience de fortiori ^quiter la
1

saint Thomas vnielle; mais, s elles constiCulpabilit d'une faute par exemple si ce sont de tuent un pch grave, l'on pche sdsirs pleinement consentis,

mauvais

pche mortellement en priant, outre ce contre la vertu de rel. commettrait un pch grave proposilo mentem adalia discion auando aliquis ex culpa non est prmeipue si in sine tune trait inorando, sunt
>
i

""g""

d.slrahunt, s.cut sponle se occupai qu mentem mens evagelur amtrarium ad si opra; et e Sent., oc. /..ad eliam culpa mortalis eril. In
ali

eZa

M"

s'inquiter, ni

t distraits volonceux qui s'accuseraient d'avoir de leur office; rcitation la de tairement tout au long on p h videmment ils ont mal pri et par l ils ont satisfait tant mais ils ont tout de mme pri. Lis

n'oserait pas aile Vernecrsch, op. cit., p. 53, celui dont parle sain [usqueda; il assimile ce cas d'un bnficier qui Alphonse ibid., n. 178. celui pris la dtermination de a qu'il alors heures rcite ses aduaU ProPosUum pec pcher mortellement, si habet lit s ont Alphonse, communior. candr l'opinion verioret et ne satisfait sou obligation

"

l'assiu.dation pche pas mortellement. Mais Va "'o,W/e est U, meilleure sort- f attention ?

,u

et

homme

est-elle

- Des

Cf. saint A p muse bien que mal leur obligation. ad restituthnem auderem non Unde : 177 n ibid ree'tasset fuie, ojflcium bona beneficiarium.-qm dam'nare fuir panier fructus bona et voluntaria, cum distraction

saint rhoqu'il a distingues, trois sortes d'attention. llaudobl-r, meilleure est secondla nas affirme que
,

^rp^n^,mai.qu'dlelecdela^U^
foc .. .1 U In IV><< .S'en/., toc. Cit. Dans la 11 neceMona; mais en dclare mme ceUe-ci maxime gens tous, mme ut qu'elle est possible a o slon IuLnou. l'avons coiubte, Elle Uwtruction, m.

Dercepisset.

ne sera pas sans miner cette question, les remarques. Et attention actuelle et
Il

Intrt, croyons-nous, Pourter. homas quelde glaner en sainl d'abord lui aussi dis ingue une
I

au

,.

vTpenrad/wemoi//oni../ZicefadDeiimefd
,

consiste dans la intention qui demeure bien


rat

une attention virtuelle permanence de Intention de


1

celle-ci

prier,

quand

l'attention dtepa

effet, de plus naturel f... mmv il en euei, rem pro qua oratur. Qu y a-i-u. oui,. es saint Sentences, les Dans ,., de plus facile ' que cette demie,, te d'attention n'empche d\ pas
i
i

'.'

que .cette involontairement, encore a condition pas trop forte, mais qui distraction Involontaire ne soit s'occupe volntalrene semble pas subsister quand on pas dit formel .-ne. t. ment d'autre chose; cela n'est pense de sainl mais parat bien dans la ligne de la

,,,s

dusquece.an'enipehequoasoUat.entdaprouo,-

paroles qu'on prononce, de penser au sens des

Thomas

cum intention quando aliquis ad orationem aecedit debitum obsequium redaliquid impetrandl, vel Deo orationis mens ad alia dendi, eliam si in prosecutione quod omntno *'P* rapialur; nisi tanta fuit eoagatio oporUt quod 1**!% ois primas intentionls; et ideo Sent., dist. XV, homo cor rcooccl ad seipsum. In I V

iv

Mancl autem

attentio

secundum

virtulem,

parole.; mate. dans la cer correctemenl ce. d'Hugue. de Salnt-Vfcte* .ulte ., la f,,t remarquer. porte ver. DtoU -il ne, qui nous l'ela que parfois Alors le en oublie tout le reste ,:,, si intense qu'on conn.vas.on de la deux choses l'une :ouhien cette prire, et suspend,., la rcitation de la templation n.sepoM.ra.pourees ..liisuarc/.l. III. c iv.n. la quest.o de ravissements extat.ques
,

"*--.

sujets atteints

Savolr comment ils

sol.

4.

La
:

distraction

mme

empche

prire, qui es. l'un les effets de la Tertius effectua orationia est spirituelle mentis; et ad hoc de necessiquantum spiritualia refectlo attentio. Sum. theoL, Il - M , taie requiritur in oratlone pourrait objecter a notre Inter-

Involontata une certaine

Sdion
a
i

brviaire; voira 1932 D 211-212; ou mate alorstll y aura une dra pasla rcitation de l'office, pense sera Locution entre la parole et la pense ,1a
ce sujel

s'acquitteront de l'obi Uon du ludes carmailaines, avril suspenbien la conteniplatlon ne

xxxiii a. 13. On dans dit saint Thomas prtation de ce passage ce que prter proposi qua mentis 3'">oero evagatlo 1-ad nous rpondrions que him, orationis fructum non tollit; autres elle! s de la prire, le cela se rapporte aux deux lesquels saint rhoraas mrite etT'imptration, pour corps te lar.iee. que les -hs dclare, en elfe., dans le empchent pas; et. su tractions involontaires ne les aurons revenir sur ce im Nous 2. v, n. rez 1 III. C. rfection spirituel e de sorte de cette sur del prire,

de ce que disent le. occupe de tout autre choe que pas m uns valide, puisque sera nen prire lvres; la elle n en a ce. ede. im lirt e quelle attention s,,,,, troisime sorte la puisque meUleure. sera mme que

d'attention

l'me qui nat .le la prire au su, de l'attention s'accomplit et qui est insparable doute sur l'ide mme qu U se ce dernier point et sans spirituelle ., H. Bremond ne fait de cette * rfection du moins a ce que s'accorde pas avec saint Thomas, premire vue Thomas sainl penser semble Piny, et, explicitement . Thomassin, et avec lui le P. modernes, tiennent, au ou non. tous les mystiques spirituelle tant prciscontraire, que, la rfection
:

moment mme o

e le

l'emporte sur la seconde. louable, est-ll prfrable Sais es.,1 permis, est-11 dissociation, de ne pas d'oprer volontairement cette paroles qu'on prononce cl des sens au attention faire ou des choses divines, de s'occuper plutt de Dieu sur unnporeque oraison fane de ouune toute des mots qu articule bouche la que sujet, pendant OH a quoi ee que sens autre peuvent avoir OU tout ceux <,u. prient se Cela est permis videmment

Sn une langue qu'ils ne ^telliguntpeliUonisoerba,adoridionemaIladtesa toc. cit. Oui, mais on ,, Saint Thomas. In IV^SenL, pas mieux.prier vaudrait ne s'il demander p'orait se cf. Suarez. 1. III, comprend; en une langue que l'on II. Hremoud. Hisl. v n 3-1 S'il faut en croue c n'et pas t loin Lvii, p. 394 397, rhomassin litt mieux que l'on ne comprit vaudrai, qu'il penser de
'

comprennent pa. :. non

19

PRIRE. AUTRES CONDITIONS


l'on articule,

22U

pas le sens des prires que trangers que l'on prononce n'eussent plus ainsi qu'une valeur musicale et que, somme toute, on en revnt la prire des glossolales de la primitive glise. II oubliait sans doute la critique assez verte qu'en a Si je prie en langue, l'aile saint Paul, I Cor., xiv, 1-28
les
:

que

mots

pit

quam quodorcdioni

vocali est esse ntiale. (allusion pro-

mais mon intelligence demeure sans fruit. Que faire donc? Je prierai avec l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence; je chanterai avec l'esprit, mais je chanterai aussi avec l'intelligence. Vs. 14-15. Voil la charte de la vraie prire. La meilleure sorte d'attention, pour ceux qui en

mon

esprit

est

en

prire,

sont capables, est celle qui porte tout la fois sur ce que l'on dit Dieu et sur Dieu qui l'on s'adresse. C'est l'avis de Lessius et de Lehmkuhl, cits par Vermeersch, op. cit., p. 46, note 3; c'est surtout l'avis de saint Thomas, In I Cor., c. xiv, lect. 3 plus lucralur qui orat et intelligit, quam qui tanlum lingua oral, qui scilicet non intelligit qux dicit; nom ille qui intelligit,
:

rejicitur et

quantum ad intellcclum et quantum ad afjectum; sed mens ejus qui non intelligit, est sine fructu
refectionis.

mais encore faudrait-il que les priqu'on nous oblige rciter aient un sens, et un sens difiant, un sens qui corresponde notre mentalit de chrtiens, nos besoins spirituels. Or, tel n'est pas malheureusement le cas pour toutes les parties du brviaire qu'on nous met entre les mains, en particulier pour le psautier, dont un si grand nombre d'endroits n'ont rien de clair, rien de doux, rien de touchant que pour ceux qui sont remplis de la science du sens spirituel et qui peuvent extraire et sucer le miel d'une pierre . Thomassin, cit par Bremond, ibid., p. 412. Si nous tions tenus d'appliquer notre intelligence la rcitation de l'office, nous risquerions de nous assimiler nombre de passages contraires l'esprit du Nouveau Testament, aux intentions de l'glise et l'esprit de
Soit, dira-t-on,

res

bable au clbre canon Dolentes, De celebr. miss., diversement interprt par les canonistes et les moralistes; cf. Suarcz, 1. IV, c. xiv; le cari. 135 du Code de droit canon ne contient pas ce dvote), certainement elle ne nous impose pas de comprendre et de savourer tous les mots de l'office. Kst-ce dire que notre prire ne serait pas meilleure si nous avions la possibilit de le faire? Kst-ce dire que la meilleure prire ne consiste pas prcisment comprendre et savourer ce que l'on dit Dieu? A condition videmment que cette prire soit comprhensible et vraiment religieuse. Si elle ne l'est pas, que l'glise rforme sa prire; qu'elle nous donne, en particulier, comme le lui ont demand tous les prtres du congrs liturgique de Malines (1924), dans un vu adress au pape, un texte latin officiel de prire, o les passages inintelligibles, obscurs, inexacts de la Vulgate seraient claircis et rapprochs du sens original du psalmiste, en fonction des conclusions les plus sres de l'exgre catholique et sous la garantie de l'autorit pontificale ; ce ne serait pas la premire fois qu'on rformerait le brviaire. Et. quant la ncessit o nous sommes de transposer le texte (des psaumes) sur le plan vanglique , Bremond, ibid., p. 398, de
recourir au sens spirituel ou d'autres industries pour adapter ces vieilles prires des circonstances, des situations bien diffrentes de celles qui en ont t l'occasion cf. Duguet, op. cit., p. 218-239; Choix de discours extraits des Sermons de Neivman, III. De la condition des membres du royaume du Christ, 1. 1, p. 141166, trad. Saleilles, Paris, 1906 elle ne prouve pas que la meilleure rcitation d'une prire qui serait bien adapte la mentalit, la condition, aux besoins permanents de la personne qui prie, ne consisterait pas prcisment en ce que celle-ci entrerait totalement dans la pense et dans les sentiments de celui qui l'a compose et s'y retrouverait compltement. Psalmis et

charit qui

anime

les fidles. Car,

la lettre, ce sont

hymnis cum
proferlur

souvent les dsirs et les demandes du vieil homme que nous exprimons quand nous lisons les critures de l'ancien peuple qui tait encore charnel... . Ibid.,
Saint Bonaventure reconnaissait que, pour retirer quelque fruit de la rcitation des psaumes, il fallait bien souvent s'vader du sens littral et recourir au sens spirituel qualis enim devolio haberetur ex litterali sensu in istis verbis qui emittis fontes in convallibus, etc. , qu tamen omnia ibi scripta sunt juxta sensum spirituatem. De profectu religiosorum, 1. II, c. lx. Enfin, ajoute-t-on, quel effort, partant quelle fatigue, ne supposerait pas l'application ininterrompue de l'intelligence au sens littral d'une prire, qui, pour tre rcite d'une manire simplement correcte et d'une allure assez rapide, exige plus d'une heure A qui voudrait appliquer srieusement son esprit, ligne il parle de l'office par ligne, ce tissu de merveilles quotidien il faudrait plusieurs semaines... On est bien oblig de prononcer tous les mots; mais le savourer, et mme le comprendre, ce qui s'appelle comprendre, ligne par ligne, qui nous persuadera jamais que l'glise attend de nous ce tour de force, d'ailleurs plus saugrenu encore qu'impossible? H. Bremond, ibid., p. 414 Si la longueur excessive des offices, dit Duguet, tait moins autorise, le remde le plus sr et le plus naturel serait de la rformer et de mettre une juste proportion entre les prires publiques et l'attention dont un homme de bien est capable. Trait de la prire publique, d. Sylvestre de Sacy, Paris, 1858, p. 4. Que peut-on rpondre tout cela ? D'abord que l'glise n'attend pas, n'exige pas de nous ce tour de force si l'glise nous impose, au dire de Vermeersch, op. cit., p. 49 et 53, plus que n'exigerait ce qui constitue essentiellement la prire vocale, prceptum dvote orandi horas canonicas, ab Ecclesia latnm, ultra pnreip. 398.
:

Rgula ad
1.

versetur in corde, quod prescrit saint Augustin dans sa servos Dei, P. L., t. xxxn, col. 1379; Suarez,
oratis
voce,

Deum, hoc

in

mentionne un certain nombre ou de thologiens, entre autres saint Bernard, Hugues de Saint- Victor, Gerson, Mdina, qui demandent que, dans la prire, on n'admette pas d'autres pieuses penses que celles qui sont exprimes ou suggres par les phrases qu'on prononce in oratione vocali non licere admittere pias meditationes non pertinentes ad verba quse proferuntur, neque in eis fundatas. Suarez, n. 22, n'est pas tout fait de cet avis; mais il dclare qu' en rgle gnrale, du moins pour les personnes qui ne sont pas accoutumes la haute contemplation, il est prfrable, pendant la prire, de penser aux choses suggres par les mots. medilari aliquid pertinens ad sensum verborum, saltem myslicum, vel quod aliquo modo verba ipsa concernt, de manire que l'action intrieure et l'action extrieure, la pense et la parole, ne forment plus qu'une seule
III,
c.

iv,

d'auteurs

n. 15, spirituels

chose
///.

LE SECO VRS Dl VIN NCESSAIRE A LA PRIRE. La grce actuelle est-elle ncessaire pour prier, pour bien prier, pour prier sicut oportet? Quand on se demande si, pour prier, nous avons besoin du secours divin, la question peut tre entendue de deux maniavons-nous besoin du secours divin pour avoir res l'ide de recourir Dieu dans nos besoins temporels ou spirituels et pour y recourir effectivement, pour adresser Dieu notre supplication? ou bien, avons-nous besoin de l'assistance divine pour bien prier, pour que
:

notre prire possde toutes les qualits requises et pour que, en fin de compte, elle soit exauce? 1 Grce excitante et prvenante. C'est la grce qui nous pousse prier, recourir Dieu pour en obtenir les secours, les grces qui nous sont ncessaires pour

221

PRIRE. AUTRES CONDITIONS


:

Tl'l

l'glise l'a dfini parvenir au salut. Cela est de foi contre les plagiens et les semi-plagiens, qui refusaient Dieu l'initiative dans l'uvre de notre salut. Cf. Denz Bannw n. 17(i et 179 Si quelqu'un dit que c'est grce la prire de l'homme que le secours divin est accord, mais que ce n'est pas grce au secours divin que nous prions, il contredit l'enseignement du prophte Isae, repris par saint Paul. S'ensuit-il qu'il n'est aucune prire qui ne soit d'origine purement humaine? Non, videmment; il ne s'agit ici que de la prire faite pour obtenir de Dieu les secours spirituels dont nous avons besoin pour faire notre salut, faite en vue du salut. Quand la prire n'a d'autre objet que l'obtention de biens purement temporels, la gurison, le succs d'une entreprise, etc., pourquoi ne pourraitelle pas jaillir spontanment, naturellement, du sentiment de notre indigence? La grce de Dieu ne parait pas ncessaire pour nous porter recourir lui dans ces circonstances. Cf. Suarez, 1. I, C. Vlll n. <>-H. Dans ce cas, nous aurions affaire une prire purement naturelle, sans aucun rapport avec le salut en revanche, les textes conciliaires ou patriotiques concernant la ncessit de la grce pour exciter en nous l'ide de recourir Dieu, pour nous porter la prire, n'ont en vue que la
,
:

;i

prire surnaturelle, la prire sicut oportet,

comme

ils

l'appellent. On a coutume d'apporter en preuve le la thse le clbre texte de saint Paul, Rom., vm, 2>-'27 ipse Spiritus s/inclus postulat pra nolns gemitlbus inenurru:

bilibus, en

entendant, avec saint Augustin (De dono

peneverantise, c. xxm, n. 64, P. /.., t. m.\. col. 1032) postulai au sens de poslularc faclt. \ enin itm h, op. cit.. p. 38, note, n'admet pas cette Interprtation 2 Grce adjuvante. I.a grce nous est ncessaire pour bien prier, pour donner notre prire toutes lis qualits qu'elle doit possder. S'entretenir avec Dieu,

sur un sujet qui relve, a vrai dire, du trait de la grce plutt que de celui de la prire. Mais ce que l'on peut ajouter ici, ce sont les consquences pratiques qui dcoulent de cette doctrine et qu'on trouvera partieu lirement bien formules dans L'cole de Jsus-Christ du P. Grou. Si notre prire ne peut tre vraiment bonne pie si c'est le Saint-Esprit qui la produit en nous, il importe donc, avant de prier, de lui demander son assistance, et, pendant (jue l'on prie, de se rendre docile Puisque la prire est un acte surnaturel, a son action il faut demander avec instance Dieu qu'il la produise en nous, et la faire ensuite paisiblement sous sa direction; il faut attirer en nous la grce par notre ferveur et la seconder sans en troubler l'effet. 30 leon, t. n. p. 4, de l'dition Descle, de Brouwcr et Cie, Lille, 1923. Mais, dira-t-on, n'y a-t-il pas ici un cercle vicieux? Pour bien prier, il faut demander l'assistance du Saint-Esprit; mais, pour obtenir cette assistance. ne faut-il pas bien prier? Il faudra donc qu'avant d'implorer l'assistance du Saint-Espril on lui demande nous voila au le nous aider dans cette imploration, et ne nous proccupons pas de cela; rouet ! Rponse taisons de notre mieux, avec l'assistance du SaintEspilt qui ne nous manque jamais, notre prire pn pa ratoire la prire, puis livrons-nous a la prire. L'tat de 17, NCESSIT DB L'TAT DE QRACB. grce est -il ncessaire pour prier, pour bien prier? Sent, dist. \l.\ q. n, a. i. Ci. saint Thomas, in i\ qu. 3 (il s'agit des prires faites par les pei lieins pour xxxm, a. 16; les morts); Sum. theol., II*-II", q. cLXXvni, a. '2, ad 1" : QusesL ditp De potentat, I ix, n.7; Suarez, I. l. <-. vin, n.9; ad 5 q. m, a
:

'.'.

ulrrli.
il

mm.,

pari.

c.

m.

n.

5.

Jean ChrysOStome, est une chose qui dpasse l'homme, moins qui] n'\ soit aid par l'action du Saint-Espril , cit par Suarez, I, c. vin, n. 2. Puisque c'est une chose qui dpasse les loues de l'homme, continue il, il faut que la grce du SaintEsprit, venant en nous, nous fortifie, nous donne confiance et nous apprenne la grandeur de l'honneur qui nous est accord de nous entretenir ainsi avec Dieu. ibid., n. Qu'est-ce donc qui dpasse les forces de l'homme dans ce saint exercice? D'abord et principe lement, de savoir ce qu'il doit demander Dieu, ce qu'il doit dire Dieu, pour que sa prire honore Dieu et lui soit agrable; c'est saint Paul qui nous en aver L'Esprit vient en aide a notre faiblesse, car nous tit ne savons pas ce que nous devons, selon nos besoins, demander dans nos prires. Mais l'Esprit lui-mme prie pour nous par des gmissements Ineffables; et celui qui sonde les COBUTS connail quels sont les dsirs de 9 prit, il sait qu'il prie selon Dieu pour des saints. Rom., vm, 2(i-'27. Saint Thomas, '/< Rom., c. vin, lect. 5, expose bien le commentaire traditionnel de ce
dit saint

les forces de.

suffira, pour rpondre la question, de Iran* rln paragraphe lu Catchisme romain Un autn degr le la prire se trouve dans ceux qui, tant cou pailles de pchs mortels, s'efforcent nanmoins de s. relever par cette foi qu'on appelle morte, et le retoui

ce

I.

m a Dieu... I.a prire de CCS hommes est ailmist devant Dieu, et non seulement elle est exauce, mail encore la misricorde divine Invite avec la plus grandi honte les pcheurs prier Venu 'i mot, lit ell<-, nous
i

ft

tous qui lis affligi

et

charges,

Ainsi
lisien.

le

pulilieain. qui n'osait

et je vous soulagerai pas lever les \eiix au

.'i.

ciel, sortit
i

nanmoins du temple plus juste que le pha Nous n'aurions rien dit de cette question, si la (le II. Prcmond. fonde sui philosophie <h' la prire
la

texte clbre c'est l'Psprit Saint qui dirigerait, qui produirait en nous notre prire; elle s'exprimerait par des gmissements ineffables, Intraduisibles, par des lans du COBUT vers un bien inconnu; mais Dieu com:

prendrait et approuverait ces dsirs obscurs l'Ame elle-mme, qui, provenant de l'Esprit, ne peuvent tre que conformes au bon plaisir de Dieu. Quoi qu'il en soit du sens prcis de ce texte, il en ressort que, pour pie noire prire soit nous avons besoin selon Mien
.,

grce actuelle et la Saint-Espril sur les anus, qu'elles soient ou non Justifies, et sa pr seiiee dans les mes Justifies, ne ii u\ers.in l'eus, ment traditionnel sur cette question. Non pie nous refusions a ta prire lu pcheur, crit-il, Ht. lltt..., vin, p. 371, tout caractre <i<- prire, il semble cependant qu'on ne peut l'appeler prire au sens plein du mot. Quasi prire, prire analogique, essai de prire. El pourquoi? Le Misettit ne serait donc pas une vraie prire'.' Est-ce pie tout le monde ne rci'onnait pas pie l'un des objets principaux h- la prire, c'est l'imploration lu pardon? Orare, dit saint Gr compunctioiu goire le Grand, est amans gemitus resonare, cf. supra, col. 183. Si ce n'est pas l'essence <i< toute prire, c'est au moins une espce le prin Cf. Pottier, S. .1 Pour saint Ignace cl les lixercices contre l'offensive de Bremond, p 30, note
grce sanctifiante, entre l'action
lu
t

une confusion constante entre

>.

r.

LONQUBVR

//:

i._\

PBJBB.

I.a

prire doit elle


Sent., dist
a.
I

de l'assistance de l'Esprit-Saint c'est lui qui doit nous suggrer ce que nous devons demander. L'homme a encore besoin du secours divin pour prier avec la foi et la confiance, avec la soumission la volont divine, avec l'ardeur et la persvrance inlassables, qui sont requises pour la prire comme il faut Nous pensons qu'il est inutile de nous attarder
:

tre longue? Cf. saint \\ q. iv. a. 2, qu. 2:


.

Thomas, in
1
1

11

'

q.

l\ xxxm.

Sua

rez.

I.

111, c.

n. n.

">.
I

<

il n'est videmment question ici pie de la prire facultative la prire obligatoire doit durer au moins le temps ncessaire pour la prononciation correcte les
:

>

formules prescrites, temps qui varie, remarque Suarez,

223

PRIRE.

<MJI

PEUT-ON PKI

1.1:

224

juxla velocilatcm orantis. Pour suint Thomas, la dure, comme la frquence, de la prire facultative doheni tre calcules d'aprs les dispositions de celui qui prie et d'aprs l'utilit spirituelle qu'on en retire; la refile ou le principe pos par saint Thomas n'est pas exactement l, il le mme dans les Sentences et dans la II-'-II
1

':

I);uis la prire, il faut tenir compte de la nous dit dvotion de celui qui prie, et par consquent la prire devra se prolonger autant de temps que la dvotion pourra se conserver; donc, si la dvotion peut se conserver longtemps, la prire doit tre diuturna et prolixa; si, au contraire. la prolixit engendre le dgot ou l'ennui, il ne faut pas la prolonger. Dans la IIM la dure de la prire variera d'aprs le profit spirituel qui en rsultera Toute chose doit se proportionner sa fin. I) convient donc que la prire dure aussi longtemps qu'il est utile pour entretenir la ferveur du dsir. Lorsqu'elle dpasse cette mesure au point de ne pouvoir se prolonger sans dgot, il ne faut pas s'y tendre davantage. Et cette rgle si sage, qu'il emprunte saint Augustin, saint Thomas voudrait qu'on l'appliqut la prire publique aussi bien qu' la prire prive et sicut hoc est atlendendum in oratione singulari per comparationem ad intentionem orantis, ita etiam in oratione communi per comparationem ad populi devotionem. Donc, pas de trop longs offices pour le peuple , et, a pari, pouvons-nous ajouter, que la longueur du brviaire soit calcule de telle sorte que le prtre puisse le rciter avec dvotion et qu'il ne lui soit pas trop charge la qualit vaut mieux que la quantit. De la rgle pose par saint Thomas, Suarez tire cette conclusion qu'on ne doit pas s'imposer une multitude de prires vocales que, vu ses occupations, on ne pourcavendum est ne tt rait rciter qu'en les expdiant
:

rier, condamnes par Martin Y, dans la bulle Ad hoc prcipue du G janvier 1120, ligure cette proposition Oralio non dbet diriiji nisi ad Deum solummodo, et non ad sanclos. De Guibert, Documenta..., n. 333. Le concile de Trente, en sa x.w" session, Denz.Bannw., n. 981, a dfini la doctrine oppose erreur Le saint concile ordonne, tous les vques et tous ceux qui ont charge d'enseigner, d'instruire avec soin les fidles de ce qui concerne l'intercession et
:
i

'

l'invocation des saints, d'aprs l'usage reu ds les premiers temps du christianisme dans l'glise catholique, d'aprs le sentiment unanime des saints Pres et d'aprs les dcrets des sacrs conciles; leur enseigne que les saints qui rgnent avec le Christ ofrent Dieu leurs prires pour les hommes, qu'il est bon et utile de leur adresser des supplications et invocations et de recourir leurs prires et leur aide et secours pour obtenir de Dieu ses bienfaits par l'intermdiaire de son Fils, Jsus-Christ, Notre-Seigneur, qui est notre seul rdempteur et sauveur; et que ceux-l sont anims de sentiments impies 1. qui disent que les saints qui jouissent dans le ciel de l'ternelle flicit ne doivent pas tre invoqus; 2. ou qui prtendent a) ou bien qu'ils ne prient pas pour les hommes; b) ou bien que les invoquer, afin qu'ils prient pour chacun de nous en particulier, est une idoltrie, ou que cela est contraire la parole de Dieu et oppos l'honneur de JsusChrist, l'unique mdiateur entre Dieu et les hommes; c) ou bien enfin que c'est une folie d'adresser des supplications vocales ou mentales des tres qui rgnent dans le ciel. On peut donc commettre ce sujet cinq
: :

hrsies.

La

solution

du problme

se

trouve dans

la considra-

multiplicentur vocales oraliones, ut sese quodammodo impediant, quia, consideratis aliis occupationibus, non

tion de la manire bien diffrente dont nous prions Dieu et dont nous prions les saints, diffrence qui fait qu'en ralit le recours l'intercession des saints n'est

Qui peut-on prier? elle s'adresser qu'a dieu?


VI.

possunl nisi nimia velocitale expleri.


-

/.

la prire
Cf. saint
dist.

ne peutq.

Thomas, In

IV*
a.

Sent., dist.

XV,

q. iv, a. 5;

XLV,
1.

m,

1-2; Ila-II*, q. lxxxiii, a. 4; Suarez,

I, c.

ix-xi.

A premire vue, il semblerait bien que la prire ne peut s'adresser qu' Dieu par dfinition d'abord, comme dit saint Thomas, puisqu'on dfinit la prire ascensus inlellectus in Deum; puis, parce qu'elle est un acte de religion ou, ce qui revient au mme, de latrie, donc un acte rserv Dieu; ensuite. Dieu seul, omniprsent et omniscient, est mme de connatre nos prires, mme celles que nous faisons haute voix; enfin, mme supposer que les anges et les saints qui sont au ciel puissent nous entendre et intercder pour nous, quel avantage aurions-nous recourir leur intercession ? Dieu est infiniment plus misricordieux que n'importe quel saint, et son cur plus port nous exaucer que celui de n'importe quel saint. Il semble donc bien inutile de placer les saints entre Dieu et nous, pour qu'ils intercdent pour nous. D'ailleurs, il semble encore inutile de prier les saints pour une autre Si nous sommes dignes de leur intercession, raison ils prieront pour nous, mme si nous ne le leur demandons pas; et, si nous n'en sommes pas dignes, ils ne prieront pas pour nous, mme si nous le leur deman: :

Suarez, aprs avoir numr tous les hrtila lgitimit de la prire adresse aux saints, Vigilantius, les apostoliques, les cathares, les pauvres de Lyon, les vaudois, Wiclef, Luther, etc., c. x,n 1, rapporte toutes les raisons qu'ils lui opposent, n. 2 il n'en est qu'une que nous n'ayons pas encore mentionne, celle qui se tire de la parole de saint Faul Unus enim Deus, unui et mediator Dei et hominum, homo Christus Jsus, I Tim., n, 5 " prendre les saints comme mdiateurs entre Dieu et nous, c'est faire injure au Christ . Parmi les erreurs de Nicolas Serrudons.

ques qui ont contest

pas une vritable prire et qu'en ralit la vraie prire ne s'adresse qu' Dieu, directement ou indirectement. Il y a deux manires de prsenter sa requte celui qu'on prie on peut lui demander d'accomplir luimme ce qu'on dsire, ou bien de nous le faire obtenir. Dans le premier cas, la prire ne peut s'adresser qu' Dieu... [Je laisse de ct pour l'instant la raison qu'en donne saint Thomas C'est l'autre forme de prire que nous adressons aux saints, aux anges et aux hommes. Ce faisant, nous n'attendons pas d'eux qu'ils fassent connatre Dieu notre requte, mais nous attendons de leur intercession et de leurs mrites qu'elle obtienne son effet... Cette diffrence (entre la manire dont nous prions Dieu et celle dont nous prions les saints) ressort des expressions mmes que l'glise emploie dans ses prires officielles la sainte Trinit nous demandons d'avoir piti de nous ; aux saints, quels qu'ils soient, de prier pour nous. Ila-II, toc. cil. Aucune prire adresse un saint, quel qu'il soit, donc pas mme la trs sainte Vierge, pour ne pas parler de celles qui s'adressent aux saints anges, ne devrait donc lui demander de nous donner lui-mme ce que nous souhaitons, pas mme des biens ou avantages temporels, si minimes qu'ils soient, par exemple de retrouver un objet perdu, mais seulement de nous l'obtenir de Dieu, non quasi per ipsum implenda, sed sicut per ipsum impetranda; cf. Suarez, c. ix, n. t-5. La raison en est que Dieu seul est capable de nous procurer ce que par lui-mme nous dsirons; car ce per seipsum, explique Suarez. comporte quatre choses primo, quod propria virtute possil conferre bonum quod postulatur; secundo, ut in co bono conjerendo, si velit, a nullo pendeat; tertio, quod a nemine impediri possil; quarto, ut ipse sua virtute et voluntate possit vcl aujerre impedimenta, vcl disponerc omnia aliunde necessaria ut
:

talis efjectus fiai. S'il se

l'glise adresse

aux

saints,

rencontre, dans les prires que des expressions qui pa-

12h

PRIRE. QUI PEUT-ON PRIER?

226

raissent contraires cette rgle, si elle leur demande, par exemple, de nous accorder telle ou telle chose, il faut par vos prires, par votre toujours sous-entendre intercession . C. x, n. 7. Suarez concde cependant que de telles expressions peuvent encore s'expliquer par une sorte de pouvoir ministriel qu'il a pu plaire Dieu d'accorder quelques saints pour la collation de certaines de ses faveurs, par exemple pour la gurison de quelque maladie particulire; c'est ce que dit saint Augustin Faciunt ista martyres, i>el polius /Jais, vcl
:
:

entre dans les desseins de la Providence de ne nous accorder ses faveurs que si nous les lui demandons par l'entremise des saints non oramus sanctos quia de divina volunlale difpdamus, sed ut ordinem f'rnvidentise
:

ma
dist.

impleamus; nescimus enim quomodo disposuerit


Saint

aliquid nobis dare.

Thomas, In
a ce

I la

V' u n

Sent.,

thorie du pscudo-Denvs sur les intermdiaires iste ordo est divinitus institutus in rbus, ut per mdia, ultima reducan-

XLY,

q in,

a. 2,

invoque

propos
:

tur in

oranlibu mit cooperantibus

eis.

Ibid.

Revenons maintenait La phrase de saint Thomas que nous avons provisoirement laisse de ct. Pour prouver que, seul Dieu peut nous accorder par luice qui fait l'objet le nos prires, il s'appuie sur ce principe que toutes nos prires doivent tre ordonnes l'obtention de la grce et de la gloire, que Dieu seul peut nous octroyer . Dans Vin I "<" Sent., dist. XV, q. iv, a. 5, sol. 2, [tour prouver qu'on ne doit pas adresser de prire aux saints qui sont encore en ce monde ou au purgatoire, il affirme que l'unique objet de la prire, c'est la batitude et que, par consquent, la prire ne peut s'adresser a ceux qui ne possdent pas encore cet te bai it ode nihil petiiur <ii> aliquo qui non liabel; un/le ciim beuta i>il/i sil qu;r in orando petitur, ad illoa soins dirigi i><>test qui jeun beatam vttam Imbcnt. SuarCZ discute longuement la raison Invoque par saiid Thomas pour prouver (pie Dieu seul peut nous accorder par lui mme ce qui fait l'objet de nos prires. C. IX,n. 3-1 1. Jean de Saint Thomas lui rplique, In //m //', q. i.xxxm, a. I, n. 1-8. Il est facile de rpondre aux objections apportes
\ i
: :

Deum; et, par consquent, ce n'est pas parce que Dieu manquerait de misricorde qu'il faut recourir aux prires des saints pour exciter sa clmence, sed est ad

mme

5. Enfin, hoc ut ordo priediclus conservelur in rbus. recourir l'entremise des saints n'est pas contredire l'enseignement de l'Aptre sur l'unique mdiateur entre Dieu et les hommes. La mdiation du Christ peut s'entendre de deux manires vel i>er modum advocati et orantis, pel fier modum merentit nobis aut satisfacienlis pro nobis; quand nous recourons a la mdiation du Christ, ou bien nous lui demandons d'intercder pour nOUI maintenant auprs de son l're, ou bien nous nous rclamons auprs de Dieu des mrites it des satisfactions de sa vie terrestre: pourquoi les saints, quand ils prient pour nOUS, n'eu feraient-ils p.is autant ? Ou bien ils s'adressent directement au Christ et lui demandent d'intercder pour nous auprs de son l're; OU bien, s'adrcssanl directement BU l're, ils lui demandent de nOUS BCCOItler ses faveurs en considralion des mrites et des satisfactions du (Jirist. Suarez.,
:

I.

X, c. x-xi. U. QUI JfB DOIT v PAS


le

rinr.lt'!

le

prier

Christ, mais

le

Pre par

i Par dfinition , en effet, la prire ne s'adresse tju' Dieu, parce qu'une dfinition ne doit contenir que ta qu per se sunl; or, si aliquo modo on peut appeler prire les supplications: adresses aux saints, proprie et per se la prire ne s'adresse qu' Dieu. In I V '"'" Sent., lac. cit., a. 5, ad 1'"". Casslen nommait deprecatio, et non oratio, la prire adresse aux saints. On pourra remarquer que le dcret du concile de Trente cit plus haut n'emploie pas non plus le mot oratio pour dsi gner la prire adresse aux saints il parle seulement d'invoquer, de supplier, ou d'invoquer en suppliant, suppliciler invocare. De mme que le terme <!' adoration est maintenant rserve au culte de Dieu, celui de prire , si l'on s'entendait ce sujet pourrait peut tre avantageusement se voir rest reinl dans son extension? 2. La prire adresse aux saints n'est pas un acte de religion ou de latrie, au moins directement c'est un acte de dulie, Suarez, c. \. n. 8-9, Au fond, cependant, travers les saints, c'est bien Dieu que nous nous adressons cum sancli orantur, non eis latria exhibetur, sed illi a quo petitio orantis exptenda operatur. In I \' um Sent., Inc. cit., ad 2 um 3. Si les saints ne connaissent pas, par les moyens dont ils disposent, les prires que nous leur adressons. Dieu ne manque pas de moyens pour les leur faire connatre Les bienheureux, dit saint Grgoire, dcouvrent dans le Verbe ce qu'il sied qu'ils connaissent des vnements qui nous concernent, mme ce qui se passe au fond des curs. Or. il convient par-dessus tout qu'ils connaissent les demandes qui leur sont faites, oralement ou mentalement Ils connaissent donc. Dieu les leur dcouvrant, les prires que nous leur adressons. 11 II toc. cit., ad 2 um cf. Mcnncssier, op. rit., p. 264, une note relative la manire dont les saints oui connaissance de nos prires, si c'est in Verbo ou extra Verbum; Suarez, c, x. n. 19-20, et Jean de Saint Thomas, ibid., n. 30-40. 1. Suarez, ibid., n. 21, juge si peu importante la quatrime difficult, qu'il y rpond peine. Ce n'est pas. dit il, parce que nous douterions de l'infinie misri corde de Dieu notre gard, que nous recourons l'intercession des saints, mais parce que, peut tre, il
i
.

xvi ils pchent par d'Orlgne, lie tu prire, c sottise, faute de considration et d'attention, ceux qui prient le Fils, soit avec le l're, voit sans le l're. Vous ne devez pas prier celui qui, pour mois, a t tabli grand prtre par le l're, celui que le l're a fait VOl le avocat mais VOUS devez prier par le grand prtre. par l'aVOCat, qui peut compatir a \ns faiblesses, avant t tent en tout comme vous, fait il dire au Christ il D'est pas raisonnable que ceux la prient leur frre qui ont t juges dignes d'avoir le mme pire; il vous faut offrir votre prire au seul Pre, aoei moi et ; or moi Origne voulait ragir contre la pratique, admise de tout temps dans l'glise, il 'adresser des prires au Christ. Mais pour quelle raison? H ne le cache pas Si nous entendons ce qu'est la prire, peut-tre verrons nous qu'il ne faut prier aucun tre produit, et pas mme le Christ, mais seulement le Dieu et Pre de l'univers, que lui-mme notre Sauveur priait et qu'il nous enseigne a prier. Prier le Christ, aux veux d'Orlgne, c'tait professer son galit, peut tre mme son Idensi l'on entend bien ce tit avec Dieu. car. pour lui. elle ne peut s'adresser qu'A Dieu; or. qu'est la prire il n'admettait ni l'galit ni l'identit du ils ave. le l're ils est diffrent lu l're par l'essence et pai le le suppt il ne faut donc pas le prier Sur quoi, M. Hardy fait cette observation Il est certain que la prire liturgique, ds les plus anciens temps du christianisme, est prsente au l're pal le ils; mais il n'est pas moins certain que, de tout temps, on a prie le
:

1 Qu'il ne faille pas Christ, c'tait l'avis


.

Christ

dans

l'glise,

et

Origne

lui

mme, dans

ses

homlies, se conforme frquemment a l'usage courant. I.e scrupule qu'il tmoigne ici est exagr; il marque une raction strile, mais dangereuse. -outre la pratique universelle. Cf. J. Lebreton, Histoire du dogme de la Trimte. t. n. Cuis. 1928, p. 174-247. Bibliothque patristique de spiritualit. Origne. De lu prire, Irait Hardy. Paris. 1932, p. 77-7N. note. Suarez remarque que l'glise ne prie pas le Christ d'i intercder pour nous, 1. I. c x, n. 16, mais d' avoir piti- de nous et de nous accorder ce que nous lui demandons, chose que nous ne pouvons pas dire aux
<
i

DICT.

DE THltOL. CA.THOL.

Mil

N.

227
saillis;

PRIRE. QUE PEUT-ON DEMANDER?


l'glise

228

Me prie dune pas le Christ en tant tant que Dieu, et cela pour viter le scandale, pour ne pas paratre !< prier tanquam ad purum imminent. N. 1<h. Cependant, per se et intrinsece, ou pourrait demander au Christ d'intercder pour nous, puisque, en ralit, contrairement a l'opinion de I. le Chris! continue de prier certains thologiens, n.

qu'homme, mais en

pour nous dans


terrestre,
n.

le

eiel.

comme

il

le faisait est.

dans sa vie

Mais il faudrait bien prendre garde, si on le faisait, de ne pas tomber dans le ncsloriauisiue, id est non dividende) personas sed mitants. X. 18. 2 L"s mes du purgatoire? Cf. saint Thomas,
15; veriOT senlenlm

In
q.
n.

/V""
2.
r

Sent.,
a. 4,

lxxxiii,
)-2S.

disl. XV, q. iv. a. ad3 um ;a. 11, ad 3 "";

."),

qu. 2; II-I1, Suarez, I. I, c. x,

Suarez constate que la doctrine commune, commuais sententia, enseigne qu'il ne faut pas prier les mes du purgatoire. Elle s'appuie particulirement sur l'autorit de saint Thomas, qui en donne les raisons suivantes D'abord, ce n'est pas l'usage dans l'glise:
:

avoir connaissance de nos prires ? Mdina et Suarez estiment qu'il n'est pas incroyable que nos prires leur soient transmises par le ministre des anges gardiens. Quoi qu'il en soit, conclut Suarez, on ne peut blmer ceux qui estiment pouvoir recourir aux suffrages des mes du purgatoire; d'ailleurs, quand leur preuve sera termine, elles auront sans doute connaissance des prires que nous leur aurons adresses durant temps de leur preuve, et par consquent, un jour ou l'autre, notre prire parviendra destination; et. comme pour Dieu le temps ne compte pas, c'est au moment mme o nous aurons pri les mes du purgatoire que nous pourrons bnficier de leurs suffrages ultrieurs. Cf. J.-B. Walz, Die h' tir bitte der armen Seelen und ihre Anrufung durcit dit: Claubigen auf Erden, Bamberg, 1933. VII. Que peut-on demandes pour qui? /. LA QUKSTIOX PRALABLE : EST-IL PERMIS, EST-IL
I

VANTA QEUX D'ADRESSER

TlCULifilS?
dist.
1.

.1

Cf.
1 ;

saint

DIBO DE8DEMANDES PARThomas, In IV"" Sent.,


,

XV,

q. iv, a. n. 1-2.

ID-II

'

q.

lxxxiii,

a.

5; Suarez,

et

idzo

eorum sufjrgia non imploramus orando,

a.

1,

I, c.

xvn,

ad 3

'" s'il avait trouv l'usage tabli, il aurait bien su dcouvrir des raisons pour le lgitimer). 2. fuis, comme ceux qui so:it en purgatoire ne jouissent pas encore de la vision du Verbe, il n'est pas en leur pouvoir de connatre ce que nous pensons ou disons . tbid. 3. Dieu veut que les tres infrieurs soient secourus par ceux qui leur sont suprieurs. Or, ceux qui sont en purgatoire, s'ils nous sont suprieurs par leur impeceabilit, nous sont infrieurs par les peines qu'ils endurent , a. 11, ad 4 ura et ad 3 nm ; dans les Sentences, au lieu de l'impeccabilit, c'est leur scurit qu'il oppose leur peine, quamvis sinl in majori securitate quam nos, tamen sunt in majori afjlictione; en outre, ils ne sont plus en tat de mriter; donc ils ont plus besoin qu'on prie pour eux qu'ils ne sont en tat de prier pour les autres . 4. On ne prie pas ceux pour qui l'on prie , non est ejusdem orari et quod pro eo oretur. 5. On ne prie les saints qu'en tant qu'ils participent pleinement la divinit; mais ils ne participent pleinement la divinit qu'en tant qu'ils participent la batitude; donc il ne faut prier que ceux qui sont dans la batitude. 6. Enfin, nemo dat quod non habet; < par consquent, comme, en priant, c'est toujours en dfinitive la batitude que nous demandons, la prire ne peut tre adresse qu' ceux qui possdent dj cette batitude . Toutes ces raisons, d'ingale valeur, n'ont sembl premptoires, ni .Mdina, Codex de oratione, q. iv et v, ni Suarez; cf. la note de Mennessier, p. 264-2G7. Celui-ci constate d'abord la pratique prive des fidles qui prient frquemment les mes du purgatoire , pratique que l'glise n'a pas rprouve, donc qu'elle tolre, bien qu'elle ne la confirme pas de sa pratique publique . Pour la justifier, dit Suarez, deux choses sont suffisantes mais ncessaires que les mes du purgatoire puissent prier pour nous et qu'elles puissent connatre les prires que nous leur adressons; encore la seconde parat-elle moins ncessaire que la premire, car elles pourraient toujours prier, comme nous le faisons nous-mmes, pour ceux qui se recommandent spcialement leurs prires, ou pour ceux qui, par leurs suffrages, leur viennent en aide, sans les connatre nommimsnt; Suarez n'admet pas cependant cette restriction pour qu'on puisse prier les mes du purgatoire, il faut, selon lui. qu'elles puissent avoir connaissance de nos prires. Or, pourquoi ne pourraient-elles pas prier pour nous Xi les peines qu'elles endurent, ni le fait qu'elles sont hors d'tat de mriter, ne peuvent les empcher de prier pour nous; les raisons invoques par saint Thomas ce sujet ne paraissent pas trs srieuses Mais peuvent-elles, et comment,

Au rapport de Valre Maxime, dit saint Thomas, Socrate pensait qu'on devait se borner demander aux dieux immortels de nous tre bienfaisants: il estimait qu'ils savent ce qui est utile chacun, tandis que la plupart du temps nous escomptons de nos vux ce qu'il vaudrait mieux que nous n'obtenions pas. Wiclef. dit Suarez, devait penser comme Socrate, puisqu'il prtendait qu'il ne fallait pas prier spcialement pour telle ou telle personne en particulier logiquement cette interdiction entrane l'autre, puisqu'elles s'appuient sur la mme raison. Enfin, Suarez fait encore allusion des hrtiques appels illumins, qu'on dit avoir aussi partag ce sentiment ils dclaraient qu'il ne faut rien demander Dieu, sinon que sa volont s'accomplisse, parce que nous ne pouvons dsirer que cela et que cela est prfrable tous les biens . La raison principale qui semblerait justifier cette interdiction se trouve dans la parole de saint Paul, qui parat faire cho celle de Socrate Quid oremus sicul oportet, nescimus. Rom., vin, 2<>. Si nous ne savons pas ce qu'il nous faut demander, parce que nous ne savons pas si telle ou telle chose ne nous sera pas plus nuisible qu'utile, ne vaut-il pas mieux nous abstenir de formuler Dieu des demandes particulires ? Si Dieu allait nous exaucer, cela tournerait notre dam. Et puis. adresser quelqu'un une demande dtermine, c'est tenter d'incliner sa volont faire ce que nous voulons: or, nous ne devons point tendre ce que Dieu veuille ce que nous voulons, mais bien conformer notre volont la sienne . Enfin, celui qui adresse Dieu des demandes particulires ne parat pas dans les dispositions de confiance et d'abandon Dieu recommandes par le psalmiste Jacla super Dnminum curam tuam. et

: :
:
:

ipse

te

cnutrict.
:

A
et

c'est la

l'autorit dcisive en cette matire, rencontre formule de prire que le Seigneur nous a donne

qui contient

des
:

demandes

particulires.

Aussi,

'?

Suarez n'hsite pas dire que la lgitimit de demandes quod censeo esse de fide, su/Jicienspcifies est de foi lerque probari ex oratione dominica. Le principe de solution de toutes les dillicults souleves contre cette thse se trouve dans la distinction entre les choses dont nous pouvons bien ou mal user, comme les richesses, qui, pour continuer la citation de Valre Maxime, ont t la ruine de bien des gens; les honneurs, qui en ont perdu un grand nombre; les rgnes dont on voit l'issue souvent misrable; les alliances splendides qui plus d'une fois bouleversent fond les familles ; et les biens dont on ne peut mal user et qui ne peuvent avoir d'issue fcheuse ce sont
:

229

PRIRE. QUE PEUT-ON DEMANDER?

230

ceux qui font notre batitude OU qui nous permettent de la mriter; ces biens-ci, les saints dans leurs prires Il' II', loc. les demandent sans condition, absolute. cil. Et les autres, par consquent, ne doivent tre demands que sous condition sous condition que, selon la prescience divine, ils ne nous seraient pas plus nuisibles qu'utiles en vint de notre salut. Et, pour rpondre aux objections particulires, spcialemenl celle qui se tire de la parole de saint Paul, on peut dire que bien que l'homme ne puisse de luimme savoir ce qu'il doit demander, cependant l'Esprit, comme l'ajoute l'Aptre, vieni en aide A notre faiblesse nous inspirant de saints dsirs, il rectifie nos demandes, recle postulare nos facil . Ibid., ad ,im Dans les Sentences, ad1 u,n saint Thomas renvoie l'interla parole de prtation de ce texte par saint Augustin saint Paul ne concernerait que les prires par lesquelles nous demandons d'tre dlivrs des tribulations tem porelles, qui le plus souvent nous sont envoyes pour notre profit spirituel; dans ces circonstances, on peut dire en vrit que nous ne savons pas ce que nous levons demander; mais habit iiellenienl nous savons bien ce qu'il faut demander, comme nous savons ce qu'il faut dsirer de guibusdam bene scimus quod ea petere oportet, sicut et quod desiderare. D'autre pari, si l'on nous reproche de prtendre faire plier la volont divine devant la ntre, au lieu de conformer la nl re la sienne, rpondons que quand, dans la prire, nous demandons ce qui concerne notre salut, nous conformons notre volont celle de lieu, qui veul le salut de tous les hommes . II-Il ad '." m
;
:

petendn perfeclam sanctilalcm, petimus humilem sanctitatem (ut sic dicam) et solidam virlutem, qu;v ela-

mm

tione esse

pour les autres, au contraire, on ne peut les demander qu'avec beaucoup de prcaution, de prudence et d'humilit, donc pas d'une manire inconnon
polest;

ditionnelle
2
Ibid..
c.

absque alla limitatione ? biens spirituels, dont nous venons de dire qu'ils constituent l'essence de la saintet et qu'on peut les demander sans condition, peut-on aussi les demander sans limite ? Si oui, on pourra donc demander d'atteindre a la saintet des aptres, et mme de la trs sainte Vierge, <,und dicere absurdum cv S ,/ Sinon, on ne peut plus dire qu'il soit permis de demander ces biens sans condition; quel que soit le degr de saintet que je demande, il faudra toujours que je SOUSentende a condit ion qu'il soit conforme aux v lies de la

N. 5. Peut-on les demander


xxi, n.
2.

Os

Providence que

je

parvienne

m degr de

sainti

ergo /K,// Ucet sanclilalem absolute petere, maxime in aliquo /le /in Un gradu, sed solum su h eonditione, si id /lient consentaneum divins: voluntati. 'eul -on rpondre a ce dilemme 7 Oui. mais en distinguant les biens spirituels, la saintet, qui peuvent tre obtenus de Dieu secundum legem ordinariam, par les voies ordinaires de sa providence, et les biens spirituels, la saintet, dont l'obtention ncessite une intervention extraordinaire
l

de

)icu

potest peti absolute tota illa perfectio qutt secun-

dum

ordinariam comparari potest per mdia prssstituta a Deo, quai sine miraculu conferri si lent btd., n in lai somme, cela rev ient a duc qu'on peut demani

legem

Il

LA

DEMANDE DBS BIENS SPIRITUELS.


:

l'.eprc

nanl les termes de saint Thomas, Suarez les dfinit d'abord omnia honesta bonaquibus nemopotest maie uti, qu'il s'agisse de la grce el des vertus surnaturelles et des uvres qu'elles produisent, ou des vertus morales Requises el de leurs actes . L. I, c. xvn, n. '' n peu plus loin, il ne s'agit plus que de la vie ternelle el de tous les biens et moyens qui peuvent concourir a son Ou 'on puisse el qu'on doive les Obtention >. C. XX, n. demander Dieu, de hue imita est controversia. Mais quelques questions se posent pourtant leur sujet. i" Peut on les demander indistincte ci absolute Tous les thologiens enseignent, aprs saint Thomas, qu'il y a prcisment cette diffrence, entre les biens spirituels et les temporels, que les premiers peuvent et doivent tre demandes sans condition, et les seconds seulement sous condition. Ibid., n. Pourtant, la possession des biens spirituels n'est pas toujours exempte de dangers elle peut tre l'occasion alieufus gravissimi malt, qnale est prsumptio, superl in. ingrali hulii in Deum vel quidpiamsimile. S. Par consquent, il peut y avoir lieu de ne demander certains biens spn tuels, ceux qui ne sont pas strictement ncessaires au s.iiui, ceux qu'on peut appeler bona supererogationis et
I

der a Dieu, d'une manire inconditionnelle. les biens spirituels, une perfection, une saintet, sans limites lixes. mais vraiment illimits. On ne peut demander, d'une manire Inconditionnelle, d'atteindre a tel ou tel degr' de saintet, d'obtenir ces faveurs particulires, ces miracles de la grce, qui mnent a la haute saintet Dieu a ses privilgis, qu'on pelll envier, mais qu'on ne peut demander, sans condition, d'galer

mm

imn oportet erga ad tue parlicularia deseendere, mulioque minus ad /lelenda siiii/ularia privilgia, uut exIra/Tdinaria dona />cr se non necessaria ad substantialem
sanctilatem.
Ibid.

LA permis de
III

DEUA
les

w
I.

/:

l'i

s
'

'

//

Est-il

demander
I.

Cf. saint 'rb.nu.is. In l\

Sent, dlst.
i i

XV,

q. rv, a. 4,
c. le

qu. 2;
ce pas

Il

II

q. lxxxiii,

Suarez,

vmi.
serait
:
'

pourquoi ne

Saint

Thomas
i ;

en

'_'.

.'!.

donne plusieurs raisons i. d'abord, parce que, sel. l'Evangile, nous ne devons pas les ..li.it h. or. les demander, c'est les rechercher; ensuite, parce que, toujours d'aprs l'vangile, nous ne devons pas mais en soucier, nous en mettre en peine; or. les demander,
i

'_'.

c'est

s'en soucier, s'en mettre en peine: .; de plus, la prire n'est elle pas, par dfinition, uni- lvation divers Dieu ? or. demander des biens temporels,

cujusdam in vit sanctitate, n. I. quesous condition, que si Dieu a prvu (pie ces biens ne sciaient pas pour nous une occasion de ruine Encore faut il distinguer, en ce qui concerne ces biens spirituels surrogatoires, ceux qui constituent, pour ainsi lire, l'essence de la saintet, cl c'est l'abondance de la grce et de la charit, avec les vertus et les dons qui l'accompagnent et, d'autre part, certains biens spirimis qu'on peut appeler accidentels, parce que la saintet peut exister sans eux, comme ils peuvent se rentels sont, par exemple, un certain contrer sans elle degr de contemplai ion eminente. les v isions ou rvla lions, les douceurs ou suavits spirituelles, dont saint
txcellenti
.

au ci ni ra ire l'abaisser vers des choses qui sont au dessous d'elle, petendn tem/ OTalia d- si ndil (mi Us tadea quse infra se sunt; I. enfin, on ne doit demander que ce qui :'st bon cl utile; or. les biens terrestres sont parc'est
I

fois

nuisibles,
.

aussi

bien

temporellement que

spiri-

tuellement
\oila
les

Voici les autorits .pic saint sens contraire 1. le l'nnen; trum quolidianum de l'oraison dominicale, qu'il faut entendre de la nourriture du corps aussi bien que de celle de l'me; 2. le lexte des l'rovci es. xxx.S I ri bue

objections.

Thomas apporte en

tantum
I.a

mat meessana: A celui de saint Bernard Petendn sunt temporalia quantum ncessitas petit.
rie/ai
:

Bonaventure disail qu'elles sont communes aux bons 81 aux mchants; pour les premiers, on peut les demander sans condition, mme sous entendue, parce que, prcisment, en demandant une saintet parfaite, on demande une saintet accompagne d'humilit, quia

solution rationnelle de la question se trouve dans principe nonce par saint Augustin On peut demander tout ce que l'on peut dsirer. Or. on peut dsirer les biens temporels, non pas sans doute princi/>aliter et litre de tin dernire, mais comme des
le

231

PRIRE. QUE PEUT-ON DEMANDER?


: :

232

secours, des instruments, qui nous aident tendre la batitude notre vie corporelle, en effet, trouve en eux son soutien, et notre activit vertueuse les emploie toc. cit. Dans les Sententitre d'instruments . II'-II ces, toc. cit., saint Thomas avanait une double distinccertains tion propos des biens qu'on peut dsirer sont dsirs pour eux-mmes, et d'autres seulement propter aliud; d'autre part, certains peuvent tre dsirs sans mesure, non habent superflaitatcm desiderii, comme les vertus, et d'autres seulement dans une certaine mesure, comme les plaisirs, les richesses et choses semblables. Or. les biens temporels ne peuvent tre dsirs que propter aliud et que dans une certaine mesure, savoir pour autant qu'ils sont ncessaires l'entretien de la vie prsente. Et c'est avec cette double restriction qu'on peut les demander Dieu. Ces principes, ces distinctions, vont servir rpondre 1. L'vangile, disait-on, nous aux objections dfend de rechercher les biens temporels; principalilcr, oui; secundario, non; c'est ce que dit saint Augustin, commentant le discours sur la montagne Lorsque le Seigneur dclare qu'il faut chercher d'abord le royaume des cieux, il veut dire que les biens temporels ne doivent tre recherchs qu'ensuite, d'une postriorit non de temps, mais de valeur; illud tanquam bonum nostrum, hoc tanquam necessarium nostrum ; 2. "Tout souci des choses temporelles n'est pas interdit, mais seulement un souci exagr et dsordonn ; 3. Lorsque notre me se porte aux choses temporelles pour s'y reposer, oui, elle s'y ravale; mais quand elle s'y porte en vue de la batitude, loin de se ravaler leur niveau, ce sont elles au contraire qu'elle lve et rehausse ; 4. enfin, du moment que nous demandons les biens temporels non pas principaliter, mais in ordine ad aliud, par l mme nous demandons Dieu de ne nous les accorder que pour autant qu'ils sont utiles notre
1

f Suarez va plus loin encore non seulement les biens de la premire catgorie, mais ceux de la seconde qui sont ncessaires pour vivre, nous pouvons encore les demander de la mme manire que les premiers, condition que nous ne les demandions pas pour euxmmes, ni en trop grande abondance, mais seulement dans la mesure o ils sont ncessaires ad hujus vita commoditatem. Ibid.,n. 11. lui revanche, on ne peut demander l'abondance de ces biens que sous condition, mme si l'on a la ferme intention de n'en faire qu'un bon usage. N. 12. La raison en est qu'il y a toujours danger possder ces biens en grande abondance. Pourrait-on dire, nanmoins, qu'il y aurait pch a demander sans condition de grandes richesses ou de grandes dignits, i'piscopat par exemple, si l'on est fermement rsolu n'en faire qu'un bon usage ? Suarez, n. 14, n'oserait pas dire que ce soit un acte intrinsquement et partant toujours mauvais; on peut se sentir assez sr de soi pour esprer qu'on chappera aux dangers que prsente la possession de ces biens. 1 Question IV. POUR QUI PEUT-OX DEM AyDER? pralable : peut-on prier pour autrui A cette question
'.'

saint

Sent., dist.

Thomas fait XV, q.


quand nous

les

iv, a. 4,

objections suivantes, Jn /V"" qu. 3 1. Nous devons


:

suivre,

prions, le modle que Dieu nous a donn; or, dans l'oraison dominicale, nous formulons

des
2.

demandes pour nous, mais non pas pour

autrui;

salut.

peut on demander Dieu les biens temporels qu'en vue de la batitude ? Suarez, 1. I, c. xvn, n. 4. Telle parat bien tre la pense de saint Thomas, au moins dans la Ila-II"8 car, dans les Sentences, il ne le dit pas expressment; on pourrait mme croire qu'il dit le contraire quand il dclare que les biens temporels
2

Ne

pour tre exauc; or, l'une des conditions requises pour qu'une prire puisse tre exauce, c'est prcisment qu'on prie pour soi-mme , du moins au dire de saint Augustin; 3. de deux choses, l'une ou bien l'on prierait pour les mchants, et cela est dfendu, d'aprs Jer.. vu, 16 ou bien l'on prierait pour les bons, et cela est inutile, car les prires qu'ils font pour euxmmes sont exauces 1. enfin, prier pour les autres n'est-ce pas usurper un rle qui n'appartient qu'au Christ ? Redundanlia grati ex uno ad alium perlinel ad excellentiam plenitudinis quse fuit in Chrislo secundum quod est capul nostrum. A l'encontre, saint Thomas fait observer que la prire pour autrui est commande par le Christ Orale
prie
:
;

On

>>;

pro persequentibus
et ut salvemini,

et

calumniantibus
saint Jacques
:

vos.

recommande par
Jac,
et

Matth., v, 44, Orate pro invicem,

ne doivent tre dsirs, et par consquent demands, que secundum quod sunt necessaria ad vitam prsesenlem agendam. Pour rsoudre la question, Suarez, ibid.,
biens terrestres en deux catgories sunt per se convenientia natur, ac proinde per se appetibilia secundum reclam rationem, propter bonum et convenientem
n. 3,

v, 1C.

distingue

les

les uns,

comme

la vie, la sant, la science,

mme qu'on doive prier pour autrui, rendre raison, Ce que nous devons demander dans nos prires, c'est ce qu'il nous faut dsirer. Or, il ne suffit pas de dsirer notre bien personnel,
Qu'on puisse
il

est facile d'en

statum natur; les autres, comme les honneurs, la rputation, le pouvoir, les richesses, etc., sunt bona
indifjerentia, qu propter se appetibilia non sunt, sed tantum propter utilitatem ad alia bona per se et honeste appetibilia; et, parmi ces biens indiffrents, il faut encore distinguer ceux qui sont simpliciter vel moraliter necessaria pour acqurir ou conserver les premiers, par exemple la nourriture, les vtements, la bonne rputation, et ceux qui ne sont pas ncessaires, comme de grandes richesses, de grands honneurs, etc. Or, dit Suarez, n. 7, les biens de la premire catgorie, nous pouvons les demander Dieu pour eux-mmes et non pas seulement en vue de la batitude ternelle; non pas

videmment comme
nire,

s'ils

constituaient notre
:

fin der-

mais en tant qu'ils sont des fins prochaines qui peuvent tre recherches pour elles-mmes verum est
absque morali malilia sine tali rclalione ad beatitudinem; quia hicc relalio operanlis non
taie

bonum

peti posse

necessaria ad moralem bonitatem, ut palet de opre eleemosyn facto ex naturali misericordia, sine ulla memoria bealitudinis, nec relalionc jormali aut virluali operanlis. En consquence, ces biens primordiaux, on peut aussi les demander sans condition. Ibid. ,n. 8-10.
est intrinsece

nous devons aussi vouloir du bien aux autres cela fait partie de la dilection que nous devons avoir pour le prochain. Donc, la charit requiert que nous priions pour les autres. D'o la parole de saint Jean Chrysostome Le besoin nous contraint de prier pour nousmmes, mais c'est la charit fraternelle qui nous engage prier pour autrui; et plus douce est la prire qui monte vers Dieu, non point porte par la ncessit, mais confie par un coeur fraternel. II-II ibid., corp. Et voici ce que l'on peut rpondre aux objections 1. L'oraison dominicale, loin d'tre oppose la prire faite pour autrui, paratrait plutt dfavorable la prire qu'on ferait uniquement pour soi, s'il faut en Si nous ne disons pas croire saint Cyprien Mon Pre, mais .Xotre Pre, ni donne-moi, mais donne-nous. c'est que le Matre de l'unit n'a point voulu que la prire ft affaire prive, et que chacun prit pour soi seulement il a voulu que chacun prit pour tous, lui qui nous a tous ports en son unit. 2. Sans doute. prier pour soi est une des condit ions requises pour que l'on obtienne sans faute ce que l'on demande, ad indeficientiam impelrandi; il arrive quelquefois, en effet, que la prire faite pour autrui n'obtient pas ce qu'elle demande, bien qu'elle possde toutes les autres conditions requises cet efi'et. par suite d'un obstacle tenant
: :

233
i

PRIRE
:

EFFICACIT

234

prire ne sera la personne pour qui l'on prie ; cette si elle pas nanmoins dpourvue fie toute efficacit procde de la charit, clic augmentera les mrites de la Non, il n'est personne qui prie, meriloria erit uranli. pas dfendu rie prier pour les pcheurs, ni inutile de // faut prier pour les premiers, prier pour les justes afin fin qu'ils se convertissent, et pour les seconds, qu'ils persvrent et progressent. Sans doute, en ce qui
.'.
:

pcheurs, ne sont exauces que les prires non celles qui sont faites pro prscilis ml mortem; mais, comme nous sommes dans impossibilit de discerner les prdestins les rprou-

couenne

les

faites pro i>r:rdrs(inatis et

refuser personne il s'ensuit que nous ne devons suffrage de nos prires. Quant aux justes, on a trois motifs de prier pour eux d'abord, pane que les prires d'un grand nombre sont plus facilement exauces;
vs,
le
:

Catchisme ne reconnatrait pas une sorte de prire pour les saints, sanctorum omnium causa: ce ne serait plus, il est vrai, une prire de demande, mais une prire d'action de grces, par laquelle nous louons et bnissons Dieu des victoires et du triomphe qu'ils ont remports par un effet de sa bont sur tous leurs ennemis, tant intrieurs qu'extrieurs . Mais ne pouvons-nous pas demander aussi pour les saints, cf. Suarez, I. I, c. xiv, et non seulement cette gloire extrinsque, qui consiste dans le fait d'tre connus, aims et honors de ceux qui vivent encore sur dans le Suscipr la terre, ce que l'glise parait vi^er sancta Trinilas de l'offertoire ut illis proficiat ad honoaccroissement de rent, nobis nulem ml salutem, mais un ont leur gloire essentielle, du degr de batitude qu'ils mrit pendant leur vie terrestre ? Le pape Inno:

que de nombreuses personnes rendent Dieu pour les bienfaits qu'il accorde aux [estes, bienfaits qui tournent aussi leur profit, comme que le dit l'Aptre, II Cor., 1,11; en dernier lieu, afin
ensuite, afin

cent

III, cap.

Cum

Marthse, De celebratimie missarum,

grces

les

Ames plus avances vitent

l'orgueil, en

considrant

qu'elles ont besoin des suffrages de celles qui le sont moins. 1 Enfin, prier pour autrui n'est pas usurper le celui qui prie n'entend pas rle du Christ, pane que obtenir ce qu'il demande propria virtute, sed virlule
ejus quem oral; el par consquent, celui qui prie pour autrui ne s'attribue pas la grce plniere. gratiam pienitudinis, mais il la reconnat en celui qu'il prie el de Les trois qui il sollicite la grce donner au prochain premires rponses, comme les objections corresponla quatrime dans dantes, se trouvenl dans la II II les Sentences. peut-on prier pour quelsubsidiaire t -ne question qu'un en particulier, ou doit-on se contenter de prier pour tout le monde en gnral 1 Wiclcf aurai! soutenu une percelte ide qu'il n'esl pas permis de prier lonne en particulier, pas plus pour soi mme que pour n'importe qui. cf. Suarez, I. I, C xm, n. 1. SOUS prtexte qu'il ne faut priver personne d'un bienfait qui
1 '

rapporte, sans la faire sienne, mais non plus, scmblel'opinion assez t-il. sans la rprouver expressment, rpandue de son temps, d'pres laquelle la gloire des la saints [pourrait recevoir des accroissements Jusqu' que lin du monde et il ajoute que c'est pour cela l'glise de temps en temps pense pouvoir souhaiter l'augmentation le leur gloire, lieel plerique repuieni

non indignum sanctorum glortam vaque ad fudieium


augTnentari,
et

augmenlum

Le pape ne partage pas cette opinion, mais il reconnat qu'ell sous jac enle criailles prires de l'glise Les tholO giens postrieurs se sont rangea l'opinion <lu qui ne VeUi voir dans toutes les formules on II
gloriftcaiionis
I
:

ideo Ecclesia intrim rep et, optari.

mm

demande que
vel
'il'

talit oblalio prosit vel proficiat

haie nando

gloriam et honorent, que la demande de l'augmentation de la gloire extrinsque, tta dbet inii
"il

ut

Ubus.
,,.

ml hoc prosit quod magit ae mag Thomas. In l\ CI. saint


n,
a 2,

Sent., dlst.
:

XLV,
:

qu.

I;

Thomas,
c.

min, Sexta

In II ontrooersia gnerait,
.
I i

Suarez, op. clt KXXIII, II q.


l><

.ban de SaintI

Har
I.

purgalorio,

II,

par lui-mme appartient

que d'ailleurs la prire n'est pas plus utile telle personne dtermine si elle est faite exclusivement pour elle que concile de si elle esl faite pour tOUt le monde. Le
toul
le

momie

et

x\m.
l

Constance, en sa VIII" session, a condamne cette criciir Spciales oraliones applicala uni pertona de Wiclef per prmlalos vel religiosos, non plus prosunl eidem quam
:

gnrales,

cleris

paribus,

Denz.-Bannw.,

n.

L'Ecriture mentionne un certain le failes pour telle OU telle personne en particulier Christ a pri pour Pierre, Luc, xxn. 32; ainsi que l'Eglise de Jrusalem, <\ct xu, 5; saint Paul demande
:

nombre de

prires

IV il l<\< Dl VIII. VALEUBS il es de Saint Thomas rcconnall i la pri< re quatre ipi tant valeurs, dont deux seulement lui conviennent en dans kxxiii, a. 12 el 13 que prire, II II, q sallsfactolre et, l'art. 12, il signale sa valeur d'oeuvre Les effets de la dans l'art. 13, les trois nui us valeurs e premier est coin prire sont au nombre de trois. est h inun a tous les actes qu'Informe la charit
1 i
i
i

qu'on prie pour lui. Eph., vi, 19; Col., i\. 3, etc Suarez, n. :t. prouve que les deux raisons invoques r >-7. I, C. XXVII, n. pin Wiclcf sont sans valeur. Cf., ne qui prier:' poUT "' 2 Pour qui doue peut on el doit Ir peut-on pas? Le Catchisme romain part. IV. c. v, abordant celle question, commence par dclarer que personne au monde ne doit tre exclu de nos prires. ni nos ennemis particuliers, ni ceux qui n'appartiennent orandum est pas noire pays ou noire religion
I.
.
:

mrite. Le second appartient en propre la pi e trolsll n c'est l'obtention ou Imptration celui qu'elle produit dans l'me par sa prsence mme c'est une certaine rfection spirituelle.
I
.

CI

saint

Thomas,
il
.

In

IV
i

Sent.,
a.

dlst.

\\
;

q.

IV,

7.

qu. 2: Il
i

Le. xxn. Suarez, autre acte \er. Il en va de la prire comme de tout dont tucux elle tient sa valeur mritoire de la charit pour objet propre elle est issue, celle cl ayant en effet jouissance est l'objet de nos le bien ternel dont la par Tinter la pi 1re procde de la charit
xxxiii.
7.

ad 2

a. 15;

mrites,

>r,

pro

ulla exceptione vel inimicitiarum, vel genlis, vel religionis; el que noire prire doit viser procurer tous les hommes d'abord le salul de leur

omnibus sine

c'est la la religion, dont elle est un acte Dieu, tandis religion, en effet, de prsenter la prire a

mdiaire de

que

la

Charit nous

fait

dsirer ce dont elle


II", a.

demande

ame, ensuite la conservai ion de leur vie qua m oraHone primum petenda suni qu salutem anima complectuniur, deinde qu corporis; el ceci n'esl pas un simple conseil, c'est un devoir impose par la charit. Puis le Catchisme numre wnc srie de personnes OU de catgories de personnes pour qui nous devons particulireles pasteurs des mes, les princes, les ment prier justes, nos ennemis personnels, tous ceux qui n'appartiennent pas l'glise, les morts qui sont en purga:

l'accomplissement

II

15

Le

mme raisonne-

se rencontrait dj dans les Sentences, avec cette pas que la diffrence que saint Thomas n'j affirmait prire procdait toujours et comme essentiellement de il concluait, la charit, mais seulement aliquando; d'o non pas que la prire est un acte mritoire, mais seule-

ment

toire, les

pcheurs. Enfin, on peut se

demander

si

le

ment qu'elle le peut tre. 11 est une autre condition ncessaire pour que la prire, comme tout autn vertueux, soit mritoire c'esl qu'elle soit faite en tat maison pourrait dire que cette de grce, a 1">. ad 1"
:

235

PRIRE. EFFICACIT
Entre le mrite et l'imptration. ou mieux entn procurer une chose en la mritant el l'obtenir par seul fail qu'on la demande convenablement, il y

condition est renferme dans la premire, parce qu'on ne peut avoir la charit qu'avec la grce sanctifiante. On voil par l que saint Thomas ne parle que du mrite de condigno. l'ourlant, si le mrite a pour objet principal la batitude et si, par consquent, ce que nous mritons par la prire qui procde de la charit, c'est un accroissement de batitude, on peut cependant par la prire, comme d'ailleurs par les autres bonnes uvres qu'on accomplit, mriter autre chose que la batitude, mriter par exemple que Dieu nous accorde tout ce (pie nous lui demandons dans la prire, condition du moins que cela soit utile la batitude et concerne le salut. Ici encore, puisque saint Thomas assimile la prire aux autres bonnes uvres, c'est--dire sans doute celles que nous accomplissons en tat de grce, il n'est encore question que du mrite de condigno. Suarcz, op. cit., n. I, estime que l'tat de grce n'est pas ncessaire pour que notre prire, pnsitis ponendis, puisse nous mriter , mais cette fois dp congruo, que Dieu nous accorde ce que nous lui demandons meritum de congruo sufjicere probabile est ut ratione illius Deus petitionem compleal. Et il ramne au mrite de congruo la causalit dispositive que l'on attribue la prire et qui peut exister mme en ceux qui n'ont pas encore recouvr l'tat de grce. Cf. supra, col. 222, la mention que nous avons faite de cette causalit dispositive attribue la prire.
:

le
-a

Thomas, lu /V u " Sent., toc. cit., que le mrite comporte un rapport de justicec'est la justice, en effet, qui demande que le mrite soit
celte diffrence, dit saint
;

la rcompense: tandis que l'imptration comporte un rapport le boul et de libralit d part du donateur; en sorte que le mrite possde par lui-mme ce qu'il faut pour parvenir la recompi tandis que la prire, abstraction faite de sa valeur mritoire, ne possde pas par elle-mme de valeur

rtribu par

cette valeur lin vient d'une libre dispolibralit de celui qui l'exauce, et idei meritum ex seipso habit unde perueniatur ad prmium, sed oratio impetrarc volentis non Iiabet ex seipsa unde impetret, sed ex proposito net liberulitale dantis ; c'est-dire que, si Dieu exauce nos prires, cela tient a et qu'il a dcid, dcrt librement qu'il les exaucerait, ou bien ce que sa libralit est telle que toute prire

imptratoire sition ou de

la

bien faite est

immanquablement exauce. On pourra


:

donc prouver de deux manires que la prire possde une valeur imptratoire priori, tant donne la libralit divine, et c'est ce (pie fait saint Thomas dans le ('.ont. uent., III, c. xc.v; ou posteriori, en recherchant dans l'criture sainte si Dieu nous a fait
1.

11

Cf. saint

II

II-

1 '.

VALEUR SATISFACTOIRE DE LA PRIRE Thomas. In I V" Sent dist. XV, q. iv. a. 7 q. lxxxiii, a. 12; Suarez, I. I, c. xxn, n. 7-8.
, ;

connatre son intention, sa dtermination d'exaucer les prires qui lui seraient adresses; en d'autres termes, s'il s'est engag , s'il nous a promis d'exaucer nos prires; on pourra d'ailleurs dcouvrir cette intention

dans

le seul fait

possde une valeur satisfactoire intresse particulirement les thologiens qui traitent du sacrement de pnitence ils se demandent si la prire est une de ces uvres pnibles que l'on peut imposer comme pnitence , pour l'accomplissement du troisime acte du pnitent, la satisfaction. La rponse affirmative parat Suarez certa de fuie, cause d'un canon du concile de Trente qui range la prire parmi les uvres pieuses et pnibles par lesquelles on peut donner Dieu satisfaction pour le pch. Sess. xiv, can. 13, Denz.-Bannw., n. 923. Saint Thomas dmontre que la prire possde pleinement les caractres d'une vraie satisfaction pnitentielle. La satisfaction, en effet, dit-il, a pour but de rparer (rcompensai ionern ) l'injure faite Dieu par le pch pass, et de nous prserver, en nous gurissant, d'une faute nouvelle (nous dirions maintenant qu'elle doit tre en mme temps vindicative et mdicinale, cf. Denz.-Bannw., n. 905). Or, la prire possde ces deux proprits tout pch, en effet, a son principe et sa racine dans l'orgueil; ds lors, soumettre humblement son esprit Dieu dans la prire, c'est tout la fois rparer l'offense que nous avons faite Dieu par notre orgueil pass et couper court une faute nouvelle en en retranchant la racine. La prire possde donc bien les qualits ncessaires l'uvre satisfactoire. A vrai dire, il n'tait pas indispensable de prendre ce dtour pour dmontrer que la prire possde une valeur satisfactoire il suffisait de prouver
si

La question de savoir

la prire

selon la

que Dieu nous aura engags prier, remarque de saint Augustin non nos hortarelur
:

ut peteremus, nisi dare vellet;

cf.

II a -II-<% toc. cit.

2 La prire possde une valeur imptratoire, elle est immanquablement exauce, lorsqu'elle est faite dans certaines conditions.

Cette thse
cit.,

est dclare

de

foi

par

Yermeersch, op.
efjicacia oralionis

p.

14

fide certa est in/allibilis

qu

debitis stipata fuerit condicioni-

bus, tant les textes de l'Kcriture sont clairs ce sujet. Il cite le Petite et dabitur vobis, Matth., vu, 7 le Omnia
;

qucumque

oratione credentes, accipietis. Matth., xxi, 22; le texte de I Joa., v, 15 scimus quia audit nos quicquid petierimus, scimus quoniam habepetieritis

in

mus

une uvre pnible; c'est ce que sainl Thomas tablit dans l'ad u ". aussi bien pour la prire mentale que pour la prire vocale. Celle-ci ncessite' un travail, un effort extrieur, et donc comporte une certaine peine ; celle-l, en dpit de la joie qu'elle procure, n'est pas non plus exemple de peine lever son espril est chose affligeante pour la chair, et celle que
la prire est
l

affliction retentit sur

l'me qui

lui est

unie

cf.

Meit

nessicr, op.

cit.,

p.

275.

1 Dis/// VA LEUR ISIPTRA TOIRE /'/.' LA PRIRE. tinctiondel'imptrationet <lu mrite. Cf. saint Thomas, III q. lxxxiii, a. 15; In I Y" " .s'en/., dist. XV, q. iv, a. 7, qu. 3 ; Suarez, I. I, c. xxm. n. 1-2 c. xxvn. n. I.
l
.

petiliones quas postulamus ab eo, ibid., p. 19. Le Catchisme romain, part. IV, c. n, n. 3, s'exprime ainsi ce sujet Il n'esl pas douteux (pie Dieu ne reoive notre prire et qu'il ne l'exauce dans sa bont l'criture en fournit la preuve en une foule d'endroits qu'il est facile tout le monde de consulter... ; puis il en Les exemples de ceux qui ont appelle l'exprience obtenu de Dieu ce qu'ils lui demandaient par la prire sont trop nombreux et trop connus pour qu'il soit ncessaire de les rapporter. Cela pose un problme, et mme deux l'exprience peut-elle tre appele en preuve ou en confirmatur de la thse qui statue que toute prire bien faite est infailliblement exauce peut-elle mme nous garantir que Dieu exauce quelquefois notre prire ? Non, notre croyance l'exaucement infaillible de la prire bien faite ne repose pas sur l'exprience, mais sur la rvlation. La preuve en est que l'exprience parat dmentir la thse et qu'il faut expliquer les checs apparents de bien des prires: le Catchismi romain en fail lui-mme la remarque Il arrive quel quefois (pie nous n'obtenons pas de Dieu ce que nous lui demandons; mais alors Dieu veut encore notre bien ou il nous accorde quelque chose de plus grand et de plus prcieux (pie ce que nous demandions, ou l'objet de notre prire n'tait ni ncessaire ni utile, ou peuttre encore il nous serait devenu funeste et pernicieux Ibid.. n. I. Kn d'autres si Dieu nous l'avait accord, termes, nous croyons que notre prire est exauce. mme si nous n'obtenons pas ce (pie nous demandons
: :
:

>

237 mme
si,

PRIRE. EFFICACIT
:

par consquent, elle parat ne pas l'tre une sur l'exptelle croyance ne repose pas videmment demand rience. Mais alors, quand ce que nous avons noire prire IIOUS choit, SOmmes-nOUS srs que c'esl nous ne que nous le devons, sommes-nous srs que, si quand l'avions pas demand, cela ne serait pas arriv mme ? En un mot l'exprience dmontre-t-elle qu'il notre prire et la pro y a un rapport de causalit entre duction de tel vnement ? Oui, sans doute, s'il s'agil d'un vnement tout fait miraculeux la rsurrection de Lazare, la multiplication du bl dans les greniersdu cur d'Ars, etc. Mais si la ralisation de l'objet de notre de prire n'exige pas une intervention particulire
:
:

c'est--dire toutes les qualits qui sont essentielles a la prire la foi et la confiance, l'humilit, la ferveur de la dvotion. C'esl ce (pie rpond saint Thomas a qui ferait
:

remarquer

qu'il y a plus

de quatre conditions nces-

saires a l'efficacit

pie ne dsignait
lus dicitur,

voit qui
cise.

la

Tout a l'heure, ce mot que medus lalriee, quse alio ru mine / iesecundum quam oratio mcdifcari <lel>ci on comprhension de ce terme est assez imprde
la

prire

D'aprs

le <.' nt.

gent., loc. cil.,

il

faudrait

faire

rentrer tout ce par quoi la crai ure raisonnable Dco a savoir conlemplationem, et dent, un appropinquat et aflectionem, et bumilem ni /imam intentionem:
:

nous demandons, par exemple, la russite Dieu, d'un examen, d'une entreprise quelconque, d'un* bataille ou d'une guerre, la pluie ou le beau tempi 1, nous ne pouvons pas cf. Suarez, I. I, c. xxi, n quelle savoir si notre prire a contribu, et dans mesure, la ralisai ion de nos dsirs. Cf. Chansou, l
si
i

encore l'amour de Dieu, qui fait qu'on accomplit si loi. parce qu'il est crit qui dcimal aurem -nain ne audial
:

legem, (ratio ejus erit exsecrabilis, I rov., nxmh. oiniiilia. parait Cel amour de Dieu, (die Un impliquer la .race sanctifiante. In (Jue penser alors de la pri( rc i\\\ pl h( m"
<

'.':

el

bien
1

V"
16;

Sent,
q.
(
i

loc.

cit..

ad

L"

Il

II, q.

lxxxih,

sources cl l'efficacit de la prire, Paris, 1927 p, 2 3 A quelles conditions la prire esl elle infailliblement lin n, us, 1. L'enseignement de faint exauce?
-

il

XXVIII, a '_'. ad 1 u '". faut distinguer dans


le

nature qui Diei


.,,,

cf.

In /V"
I.

Sent., dlst.
<

XV,

q.
i

iv, a,

7.

qu. 3; Cont
a.

prire c'est
,

Pour rpondre a la question, la le pcheur deui <lns s me, el le p< h qu'il <l t< ste. SI dans pcheur comme tel qui demande,
(
:

gent..
a. 7,

m,

xevi;

il', q.

xxxm,

15,

Bd

dire en suivant ses d( -us coupi

bl< s

Dieu

fait

ad

2"'".

La prire, lisons-nous dans les Sentences, n'a pas toujours une valeur impl rai oii c Infaillible, parce qu'il peut y avoir quelque chose qui s'oppose a ce que la providence de Dieu accorde ce qu'on lui demai L'obstacle l'efficacit de la prire pi ul se trouver parte oranlis, s'il ne prie pas convenablemenl si oratio iirm inordinate emittat; c'est pour carter cel obstacle que l'on requiert de la prire qu'elle soil faite / ie par quoi l'on entend qu'elle doil tre un acte de religion, de chose latrie. L'obstacle peul se rencontre] du cti de la demande, parce qu'il peut arriver qu'elle ne soit pas
i i
:

Mais quand le en ne l'coutant p; s.. de la ,ui piie -nus l'Inspiration d'un bi |,, on pai Justlci , cai i< pcheui nature, Dit a l'i ourvu mrite pas. mais pai pure misi ricoide; m sauvi s i, - quatn t(.ut( fois que " aut, n/ stilicet : no ri s plu
misricorde
,
i i ;

'

salutem, pie et
tions de le n pour b p< ni
<
(

;
.

1er.

il
i.

Mali
i

iie

de
i

la

pi h
le ji

sont d( ne
i

11

que
|

oui

li

'

di

n'est
,

pas requis
(

,-.

si l'on

nfailliblt nu ni que la pi a m si objecte que le pcheur ne peul pas rem-

oui

plir la

au demandeur; el c'esl doit avoir prire, pour tre Infailliblemenl exauce, rapport au salut, el sic ilicilur quod sil ad snliih m L'obstacle peut se trouver ex parle efus pro quo petitur; l'instanl mme o el cel obstacle peul existersoii dans s'coule entre la se Lui la prire, soil dans le temps qui Dans prire el l'obtention de ce que l'on a demande. le premier cas, l'obstacle ne peut se rciicontn r quand mu prie pour soi avec pit, mais seulement quand on plie pour autrui, el c'est pourquoi l'une (les conditions soit faite (le l'efficacit de la prire, c'est qu'elle dans le second cas. l'obslaele esl cart par la quautile
;
1 1

pourquoi

l'on dit

que

la

mil ie condition, m: vide pas la VertU de pi< l. saint cit., que quandcq [es Sentences, la gui / irfafii en tut, m m n habet, sicut a
-

pu

>

pu

''//.

jusla

in,

il

qui

justitite

habilum non habet, sous lin


:

sans doute de la ampb ment pour expliquer le caractre surnaturel de la c. vin, n. ie. au dire de Suarez, I. pi
fluencc
|i
|

'.'.

./.;-.
rejette l'une
n

II. NMII s nt n.oi des conditions exiges par


I

I.

iiue condition exige

pour

(pie la prire soil efficace,

que l'on n'est infailliblement s. un qu< lorsque pour sol. c. xxvn;onesl a usa t> uji ursi quand on prie pour autrui, a condition que celui pour qui l'on prie soit Idoine recevoii ce que l'on N
i

l'on prie

C'esl la glose savoir qu'elle soi! taite persvrantes sur l.uc xi, 5, qui a fourni a s. ont Thomas es quatre conditions de l'efficacit de la prire. es mmes condl et ideo a 15, ad:-"" lions sonl exiges dans la II II ponuntur quatuor condiliones, quibus c ncurrentibus semper aliquis impelrat </</ petit ni scilicet pro se /"< et perseveranter pelt, necessaria ad salutem , Remarquons le tout de suite si ces quatre condl lions sont ncessaires pour que la prire obtienne pas Infailliblemenl ce qu'elle demande, il ne s'ensuil
,
I
1 , : .

|,,,m
pi
,

bu. condition d'ailh uis qui

a la
'

abet ratio poui sol subintelleclam illam conditionem, ni$i ipsi restUt 3.\ ermeei >ch. op. cit., p / ut un ni mu. a suerit 1 et 21, adopte cette manire devoir: in/allibilis <l' n s si'i t i ro alio ul< nei et di lare habitue sin i ro U perfectam universalitaUm probable cette thse efficacit defendimus ut probabilem. Suarez, c xxvi, maintient la condition qui a liait A
re

que

l'on

fait

la

peis,

vrance

la

prire n'est infailliblement


i

FI

(pie toute prire a

laquelle il manquera l'une de ces conditions sera infailliblemenl Inefficace : sed quia his posilis semper oratio efflcaciam habet impetrandi. Seul., loc. cit., ad l"". Remarquons aussi que In

que si l'on ne se lasse pas de prier Jusqu' .que l'on ait obtenu ce que l'on demande, selon les deux paraboles Mais 5 ne. xi, 5 8; xvm, rapportes par s. ont
l
I

il

M""

clic exauce sans que nous recevions Immdiatemenl ce que nous avons demand; nous le recevrons quand le niouienl opportun sera venu :indu bitanter accipit qw <l petit, sedquando dbet accipen esl des demandes, dit saint Augustin, (pie Dieu ne
la

prire lient

d'expliquel quanta debeat esse hsec perseverantia un a tjusdem si Dieu diffre indflnimenl de nein. n.

estime qu'il
'-'
:

est

diil cite

et

qualis
petilio

>i

refuse pas, mais qu'il (libre d'exaucer pour IL loc. cil. Il moment favorable.
'

le

faire

au

Le pie de Thomas, In

la
/ \

premire condition renferme, dil saint Sent., ad <">'"". toutes les conditions

qui sont requises ex parte oranlis-

inquantum

est

orans,

der ce que nous demandons, devrons ncus continuel indfiniment de le lui demander, sous peine de pchei par manque de confiance en Dieu? El puis que Ne nous devient, dans ce cas. la promesse de Die u Pour rpondre a ces ques elle pas illusoire parait ra lions. Suarez, n. :i. distingue entre la prire qui a pour objet des biens temporels et celle qui convoite des biens spirituels pour la premire, si Dieu diffre long
'
.'

239
l

PRIRE. EFFICACIT

240

temps <lc 'exaucer, nous pouvons penser qu'il n'entre pas dans ses desseins de nous accorder ces biens temporels et, par consquent, nous pouvons cesser de les
cela de confiance en Dieu; pour l'autre prire, au contraire, non rsl facile desistendum, il ne faut pas trop facilement cesser de la recommencer, d'abord parce qu'en tout tal de cause une telle prire est toujours utile, et aussi parce que souvent cette prire impetratelhabet efleclum, quamuis nos lateat, possde une valeur imptratoire qui nous chappe par exemple, si nous demandons d'tre dlivrs de quelque tentation et que, nanmoins, la tentation persiste, il faut cependant persvrer dans cette demande parce que peut-tre cette prire nous prserve de tentations plus dangereuses, et tout le moins elle nous empche de succomber ladite tentation.
:

s'agit pas videmment d'un pcheur qui n'aurait aucun repentir de ses pchs et qui nanmoins solliciterait de Dieu quelque bienfait temporel ou mme spi-

demander sans manquer pour

peut se demander quel bienfait spirituel il pourrait bien solliciter dans cet tat I), n. 7, mais de celui qui, se repentant de ses pchs, n'a pas cette contrition parfaite qui rend ipso facto l'tat de grce. N. 6. Sans doute, il est un certain nombre de textes scripturaircs qui paraissent contraires cette thse I Joa., m, 21-22; Ps.. i.xv, 18; Prov., xxvm, 0; Joa., ix, 31 Act., vin, 22 ; Dan., iv, 24 cf. Suarez, n. 1 et 6 mais on peut en donner une explication qui les accorde avec
rituel (on
:

elle.

N.

ment

1. \ ermeersch, op. cit., p. 13, adopte implicitel'opinion de saint Thomas et de Suarez sur la

Saint Thomas exigeait, pour que la prire ft infailliblement efficace, qu'elle et pour objet des choses ncessaires au salut, necessaria ad salutem. Cette condition concernant l'objet de la prire, Suarez, c. xxm, la ddouble pour lui, cet objet doit tre d'abord une chose bonne et honnte en elle-mme et non pas seulement une chose de soi indiffrente, n. 4-6, comme de gagner le gros lot la loterie simplement pour devenir riche; puis il faut que la chose demande ne doive pas devenir un obstacle au progrs de l'me, ut res quie pos:

non sit impedilura majus anim bonum, n. 7, mais au contraire qu'elle doive servir notre sanctification, que Dieu prvoie qu'elle servira de fait notre
tiilaur

sanctification.

Reste la condition pie Suarez propose d'entendre par l que, pour tre infailliblement efficace, la prire doit tre faite sous l'influence des vertus thologales, au moins de la foi et de l'esprance, c. xxiv, n. 1 dicitur pie fieri quod ex inPuxu fidei seu virtutum theologicarum fit; sic enim more theologico quosdam actus vocamus pietalis. Et d'abord, pour tre efficace, la prire doit proeedere ex fuie, n. 2; c'est une condition clairement exprime dans l'criture omnia qucumque petieritis in oratione credentes, aeeipietis, Matth.. xxi, 22. Mais de quelle foi s'agit-il ? S'agit-il de croire, et sans l'ombre d'un doute, que l'on obtiendra certainement ce que l'on demande, selon cette parole de qucumque orantes petitis, crdite quia l'vangile aeeipietis, et ventent vobis, Marc, xi. 24 ? Mais comment pourrions-nous croire d'une manire absolue que nous recevrons certainement ce que nous demandons, quand la promesse que Dieu nous a faite d'exaucer nos prires est conditionnelle et que nous ne savons pas et ne pouvons pas savoir si toutes les conditions exiges pour un infaillible exaucement sont effectivement remplies? Non, notre foi l'exaucement de notre prire ne peut tre que conditionnelle nous croyons que nous recevrons ce que nous demandons, si Dieu juge qu'il convient de nous l'accorder. Sur la foi repose la confiance, si du moins elle s'en distingue s'il faut croire que l'on obtiendra de Dieu ce qu'on lui demande, il faut aussi, pour que la prire soit infailliblement exauce, l'esprer fermement; disposition de la volont, dit Suarez, n. 5, qui fait que notre requte n'est pas timide, mais hardie, selon la recommandation de l'ptre de saint Jacques, i, 6-7 Postule! in fide nihil hsitans ; qui enim hsitat, non stimel quod accipiat aliquid a Domino. Mais, pas plus que notre foi, notre confiance dans le succs de notre prire ne peul tre absolue. N' 7. Quant la charit, Suarez estime que ni la charit actuelle, ni la charit habituelle ou l'tat de grce ne sont indispensables pour que la prire soit infailliblement efficace, c. xxv; sur ce dernier point, il partage totalement l'avis de saint Thomas: 1). Thomse Sententia, qu.se affirmt peccatoris orationem audiri, adjunctis necessariis conditionibus, vera censelur. N. 3. Il ne
:
:
: :

non-ncessit de l'tat de grce pour l'infaillible efficacit de la prire quand il dclare que impetrationi obstat voluntaria pertinaea in statu pcccali, sine aliquo de misera statu dolore, cum status iste consideratur. Bellarmin, De oratione, c. ix, est d'avis, au contraire, que l'tat de grce est indispensable pour que la prire obtienne immanquablement ce qu'elle sollicite. Selon lui, ce n'est pas quatre, mais huit conditions qui sont exiges pour l'infaillible efficacit de la prire la foi, l'esprance, la charit (c'est--dire l'tat de grce), l'humilit, la dvotion, la persvrance, il faut que l'on demande prose et enfin que l'on demande des choses ncessaires ou du moins utiles au salut. Les cinq premires conditions ne sont d'ailleurs que le dmembrement de ce que saint Thomas rangeait sous la condition pie. Le Catchisme romain, c. m, n. 5 et 7, distingue deux catgories de pcheurs ceux qui regrettent leurs pchs et dont les prires sont exauces, et ceux qui ne les regrettent pas et dont la prire n'est pas entendue Mais Bellarmin fait aussi cette distinction les prires de ceux qui demeurent volontairement dans le pch ordinarie non exaudiunlur, dit-il; tandis que celles des pcheurs qui commencent faire pnitence spe imptrant, non ex juslilia sed ex misericordia Dei, et non omnino infallibiliter; part cette restriction, il n'y a pas grande diffrence entre lui et Suarez sur ce
: :
:

point. IV.

VALEUR MORALISATRICE /'/.' LA PRIRE. La quatrime valeur reconnue par saint Thomas la prire est assez difficile dsigner par un seul mot on peut risquer celui de valeur moralisatrice. Le troisime effet de la prire, dit saint Thomas, II '-II as q. lxxxiii, a. 13, est celui qu'elle opre par sa prsence mme, savoir une certaine rfection spirituelle de l'me. Pour que cet effet soit produit, il faut ncessairement prier avec attention. D'o la parole de < Si je prie saint Paul aux Corinthiens, I Cor., xiv, 14 en langue, mon esprit est en prire, mais mon intelligence demeure sans fruit. > En quoi consiste cette rfection spirituelle , qui dpend essentiellement de l'attention qu'on apporte ce que l'on dit ? 11 n'est pas bien difficile de l'imaginer. Nous dirions d'un mot ce sont tous les effets psychologiques de la prire bien
: ;

La prire nourrit notre intelligence en lui four nissant des connaissances religieuses et morales. La prire apporte un aliment notre sensibilit elle produit en nous diverses motions, divers sentiments religieux ou moraux, admiration, respect, crainte, amour, joie ou tristesse, dsir de Dieu, lan vers le bien, rpulsion pour le mal, etc. La prire enfin stimule, fortifie notre volont nous pouvons en sortir plus dcids, plus affermis, plus apaiss. Tous ces effets, dit saint Thomas, la prire les produit par sa prsence mme, prsesentialiter, c'est--dire par la seule prsence en notre esprit des ides, des sentiments exprims dans les mots de la prire tout comme la lecture d'un mauvais livre peut nous pervertir, la lecture de belles formules de prires agit sur nous, alimente notre pit et nous rconforte refectio mentis. Dans son commendite.
:
:

244

PRIRE. EFFICACIT
tus,

242

taire sur la I Cor., c. xiv, lecl. 3 , saint Thomas nomme ce fruit de la prire spirituulis consolatio et devotio cone.epla ex oralione; celui-l en est priv ou qui ne fait

maxime
I

pas attention ce qu'il dit ou qui ne le comprend pas . Donc, conclut Suarez, I. III, c. v, n. 2, l'attention qu'on appelle superficielle, qui ne vise qu' une prononciation correcte des mots, ne suflit pas; il faut au moins l'une des deux autres, parce que cette rfection de l'me est devotio, vel aliqua pin nflectio, mil sancla cogitt in. quse inlctlcetum illuminel in online ad opus. Saint Thomas parat bien exiger l'attention qu'on nomme littrale, la comprhension du sens des formules qu'on prononce, parce que, pour lui, la rfection

normalement rsulter du contenu spiriformule de prire, et non des ides pieuses, mais trangres la [trire mme, que nous pourrions entretenir en nous [tendant la prire.
spirituelle doit
tuel de la
Si

dj

la

prire vocale, car c'est d'elle

videmment

que nous avons parl Jusqu'ici, possde celle valeur nutritive pour l'me, a combien plus forte raison la prire mentale proprement dite, puisque celle ci ne doit tre que sonda rpi.itlum et eonliiuiu COilatio, vel

quod orando animi virtutes et exercemus et augemus, vero fidem. Qui ne voit que la prire met en uvre, nous fait exercer certaines vertus et par le fait mme les augmente en nous ? Il faut passablement de patience, par exemple, pour rciter correctement. avec attention et dvotion, la messe et le brviaire. Concluons: si la thse de Suarez et de Gagliardi peut paratre exagre, elle n'en contient pas moins une grande part de vrit-. Est-ce dire, si, avec saint Thomas, nous reconnaissons a la prire une valeur thique, refectio mentis, qu'il faille mettre cette valeur au premier plan et professer. comme on le reproche a M. Francis Vincent, cf. Bremond, Hist. Iill.... t. mi, p. 26-31), que le but prindpal de la prire est de nous sanctifier, de nous perfectionner, et non pas de louer Dieu ? t La lou. n'est agrable a Dan. crit M. Vincent, cit par Bre moud. p. ipie dans la mesure o elle nous accrot moralement. D'elle-mme, elle n'est rien, si nous ne la ramenons a sa fonction instrumentale, si nous ne la faisons moyen de perfection et stimulant d'amour.
.;.'!.

piarum eogitationum intrim


i

motus. Suarez, I. Il, c. t, tin le rappelle ont Instant aux plagiens, c'est la sainte pense qui vieni (le Dieu qui esi le principe de tout bon dsir et <ie toute boi dtermination de la volont et par consquent de toute bonne action . quelle ne devra pas tre la valeur pratique, la valeur sanctificatrice, la valeur moralisatrice de l'oraison mentale, qui n'est que wminarium quoddam et (ons tanctarum eogitationum, et diuturna illarum exercilalio, ttdiligena ruminatio 1 Ibid La prire mentale possde, en rsum, virtutem quamdam quasi efjectivam ad gnerandum in anima omne virtuiis genus. 9. Et c'est tans la mesure o la prire vocale se double d'une prire mentale qu'elle possde cette valeur de rfection spirituelle qu'on lui rec lait Ce qu'on appelle oral son vocale et office de l'glise n'est autre chose qu'une mthode d'oraison mentale, dans laquelle l'glise nous fournil les pense, mmes des vrits que inuis devons considrer, et l'Ide des mouvements que nous devons exciter en nous... il v a dans les prires de l'glise des Ides de toutes les saintes passions et de tOUS les sailds

successio, ac suavissimus n. 10. Si, comme saint Augus-

Vincent, saint Franois de Sales n'aurait nie. la prire publique, que comme iu\ merveilleux agent de cuit lire Indft iduelle : c'est toujours sous cel aspect utilitaire et pratique onsidi iede prfrence les solennits du culte qu'il Sachant quelle est leur puissance d'iiuolioii, il en fait un de ses grands mo\ens pdagogiques*. Ibid.,
Et, selon
.M.
la

envisag

In

p. :;i 35.

Mais quel est donc le Imt principal de la prit Nous ne pouvons plus rpondre d'une man raie, mais en distinguant les diverses espces de prit il en esi dont h- but principal, immdiat est la louange
divine;
il en est dont h- but principal, Immdiat notre sanctification, en vue videmment de la plus grande gloire de Dieu; il en est mme, et combien nombreuses, dont le but principal, Immdiat, n'est ni la louange de Dieu ni notre sanctification, mail pure ment et simplement l'obtention d'un bien temporel H ne faudrait dont pasdeniander quel est le but principal (le la prire en Rt nral, mais quel est. par exemple, le but principal de la liturgie, dis prires publiques de visel elle davant. loriflcation de l'glise Dieu on a notre sa net ilicat ion Void une pouse qui (tonnera peut tre sous la plume d'un duardini. dans
:
i

'.'

mouvement s que l'amour de Dieu doit exciter dans nos Nicole, cit par Bremond, Introduction lu curs...

philosophie de

lu prire,

p.

210.
:

Revenons
son mentale
prit
le

la formule de Suarez il la prire VOCSle dans

la la

prire ou oraimesure ou elle

la prire ment.de possdenl ta pro produire en nol re me toutes les vert us. virtulem quamdam quasi efjectivam ml generandum anima Omne virtuiis genU8. Nous ne sommes pas loin, si dj mme nous n'y sommes pas arrivs de i' maison pratique . Qu'est-ce donc que l'oraison pratique ? on en trouve la formule dans le 1'. Achille Gagliardi, d'eu elle esl passe dans un ouvrage du I'. \\ al i::.int Des mthodes d'oraison dans notre vie apostolique selon lu le trait le doctrine les Exercices, ouvrage qui serait plus complet que nous avons sur l'oraison pratique, la somme de ['ascticisme Bremond, Hist. litt...,

j'accompagne de

un chapitre consacr au Primat du pal opposition aux dvotions populaires, la litUl propose avant Imite chose de crer l'tal d'esprit htr lien, fondamentalement chrtien. Son ambition est d'amenei l'homme a son vrai rapport, a son rapport essentiel avec Dieu, de manire que/ l'adoration, de l'hommage rendu <i Dieu, de la foi et de l'amour, de la pnitence et du sacrlfh e, il onquire lu
t
i

rectitude intrieure
(c'est

L'esprit de lu

Mut

Notre prire, crit le I'. Achille Gagliardi, ne se contente ni de mditer sur les ver lus, ni de les demander a Dieu c.'esi proprement de la prire elle mme que nous nous servons, comme de l'instrument le plus infaillible, pour exercer ces \ ertus, et par l mme les acqurir , ut per ipsum oralionis exercitium et usum, tanquam per potissimum instrumentum, virtutes exerceat et acquirat; cl encore virtutes orando acquirit per usum ipsarummet in oratione. Ibid., p 262-2G3. Celle ide d'un exercice les vertus dans a prire mme, nous l'avons rencontre dans le < atchisme romain, c. ri, n. 6 et s Accedit eo etiam ille frucI.

VIII, p.

262, note.

nous (pu soulignons); elle semble s'absorber entirement dans la contemplation, l'adoration et la 'e la son dsintresse gloriflcat ion de la vrit di\ Ine ment de tout effort immdiat d'ducation, d'enseignement moral Ce n'est toutefois qu'en apparence que la liturgie parait se dsintresser de la vie morale de l'homme, de son effort, de son action. En vrit, elle sait fort bien que quiconque vil en elle possde la Vrit, la saute su ru. il u relie, la paix intime et que celui qui quitte son rovaume s. nie pour affronter la v le saura v faire rayonner sa force. P. 27G 277 II est bien vain d'opposer thocentrisme et anthropocentrisme en travaillant noire sanctification, nous glorifions Dieu, tout connue en glorifiant Dieu nous nous sanctl
I .

lions,

et

proficiendo celebrare,

et

celebrando

pr<>;

Palis la prsente bibliographie, nous nous bornerons ans niiv ges que nous avons eus entre es mains. Ton les les fois
I I

que

le lieu de publication ne sera |>as Indiqu, c'est que es ronis marqus d'un l'OUVrage aura t dile a Paris.
I

243
asi

PRIRE

PRILESZKY (JEAN-BAPTISTE)

24'i

risquesont ceux desauteurs noncathollques. A.. d' Aies, ms Dictionnaire apologtique de la fol catholique, L022; saint Alphonse de Llguori, Theologla moralis, 1. \\,De prceptis particularibus, c. n. De s//u clericorum, dut). 1 1, Oc ftoWx canonicis; ai. Aman, La prire, l'cole du christ, aux accents du psalmisle, Avignon (1932); saint Augustin, Lettre Proba, l'. /.., t. xxxm, col. 493-517. Irad, franaise dans '.a oie spirituelle, sept, a dc. 1930; Ballerini-Palmleri, Opiu theologicum morale, tr. IX, /Je prceptis particularibus, c. n,
art. Prire, d

DlouX et l.ouvain, 1032; M. Puglisl*, La preghiera, Turin, 102S; (). Schilling, l.ehrbueli der Moraltheolngle, t. n. Munich, 1928; J. Segond, La prire. lude d< psychologie
religieuse, 2' d., 1925; Ed.

Tnamlry,

/.<

vertus thologale,

hur

Avignon, 1933; sainte Thrse, Le chemin de la perfection, dans uvres compltes, I. m, 1924; L. Thomassin, Trait de l'office divin ilans ses rapports mue l'oraison mentale. Ligug, 1894 A. Vol meersch, Qusesltones de virtittibu religionis et pietaHs ac
il lu oie

culture par lu prire

liturgiques,

clericorum, dub. n, />< /ions canonicis, 3 e d., Prati, l'joo; Bellartnin, Dcime quarUe conlrouersise generalis. De reparatione gratise, 3" euntriversia princlpalis, De bonis operibus in parliculari, 1. I, Deoratione, Vives, 1 S7I4 Alph.Bolley, Gebetsslimmung wui dbet, DusseldorI, 1930; saint Bonaventure, De profectu religiosorum} <>. Bon toux, La prire idale d'aprs la Bible, Avignon, 1921; 1". Bouchage, Pratique des vertus, t. m, 1892; H. Brcmond, Histoirt littraire du sentiment religieux en France, t. vil et \ ni, La mtaphysique des saints, 1028; t. x, La prire et les prires de l'ancien rgime, 1932; t. XI, Le procs des mystiques, 1933; Introduction la philosophie de ta prire, 1928; Prire et posie, 1926; F. Cabrol, La prire des premiers chrtiens, 1029; F. Cavallera, Asctisme et prire propos d'une prtendue crise, dans la Revue d'asctique et de mystique, t. IX, 1928, I). 54-90; .1. Chanson, lude de psychologie religieuse sur les sources et l'efficacit de la prire dan? l'exprience chrtienne, 1927; M. Deutin <er, lm Geisl und in der Wahrhcit, Gedahken zu einer Philosophie des Gebetes, Mainz, 1921; Duguet, Trai de la prire, principalement de la publique, o les motifs et les moyens qui peuvent contribuer y conserver de l'attention et de la ferveur sont expliqus, d. Sylvestre de Sacy, 1858; V. Frmoni, Jsus et la prire dans l' vangile ; Saint Paul et la prire, coll. Science et religion, n. 40 1 et 459, 1908; Grou, L'cole de Jsus-Christ, t. II, 30' 40" le., Lille, Descle, de Brouwer et (Me, 1023; B. Guardini, L'esprit de la liturgie, trad. R. d'Harcourt, 1020; J. de Guibert, Documenta ecclesiastica christian nerfeclionis sludiumspectantia, Rome, 1031 le mi'me. Oraison mentale et prire pure, dans Revue d'asctique et de mystique, t. XI, 1030, p. 225-238 et 337-354; Guigues I er Scala claustralium sive tractatus de modo orandi, P. L., t. ci.xxxiv, col. 175-184 Vr. Heiler*, La prire, trad. Kruger et Martv, 1031 ; Bod. Hoornaert, Liturgie ou contemplation, dans ludes carmlilaines, avril 1032, p. 177-215; Hugues de Saint-Victor, De modo orandi, P. L., t. ci.xxvi, col. 077-088; \V. James*. L'exprience religieuse,
/Je .sin/ii
; ; , ;

vitiis

cnntrariis ad

usum hodiernum

scholaslice dixputatee,

Bruges, 1012; J. Vernhes, Le vrai chemin du paradis OU la prire, 1031; J.-B Walz, / ie FT bille der armen Seelen und ihre Anrufung diveh die Glaubigen auf Erden, 2 e d., Bamberg, 1933-

A. Fonck. (Philiope LE), rudit franais du xvii e sicle. N Saint-Waast, il fui professeur pendant quelques annes l'universit de Paris; vers 1660. il fut exil de la capitale pour des raisons que l'on ignore et ne rentra Paris qu'en 1075; il y mourut en 1080. Humaniste fort rudit, il s'est occup surtout d'ditions patristiques en 1664, dition de Tertullien d'aprs celle de Rigault, avec, en appendice, les deux traites de Novatien, De Trintate et De cibis jadaiei

PRIEUR

(voir

18-49); en 1600, dition de saint Cyprien, d'aprs celle de Rigault, avec, en appendice, VOctanius de Minucius Flix, VAdversus ; entes
i,

Sehonemann, Patrum latinorum, t.

liibliotheca

historico-litteraria

trad. Abauzit, 1906; Jean de Saint-Thomas, Cursus thologiens, t. vu. In I/am Zfse.q.txxxin. Vives. 1886; Ant. Koch,

Lehrbuch der Atoraltheologie, 3 e d., Frihourg-en-Brisgau, 1910; l.nndriot. Instructions pastorales pour le saint temps de carme, 1850 1864, dins uvres, t. Il et m, 1864; .1. Lebreton, La firire dans l'glise primitive, dans Recherches de science religieuse, t. xiv, 1024, p. 5-32 et 07-133: G. I.efe'ivre, Liturgia, ses principes fondamentaux, ab'iaye de SaintAndr, 1922; A. Lemonnver, La i>rire chrtienne de demande, dans La vie spirituelle, mars 1925, p. 558-574; Jean Mdina, Codex de oratione, contenu dans le De psenitentia, restilulione cl contractants, Ingolstadt, 1581 F. Mngoz*. Le problme de la prire, Strasbourg, 1925; Menncssier, La religion, trad.de la Somme thologiqne de saint Ti ornas, t. i, ll*-Ilw, q. i.xxx-lxxxvii, 1932; II. Monier-Vinard. La
;

d'Arnobe, et le De errnre profanarum religionum de Firmicus Maternus (cf. ibid., p. 127); en 1079, dition d'Optat de Milve, avec les douze livres de Facundus In defen.iionem trium capitulorum d'Hermiane, (cf. ibid., p. 352-353). Aucune de ces publications ne reprsente un travail original, mais Le Prieur a su y grouper, avec bon nombre des annotations des commentateurs anciens, des rflexions personnelles qui ne manquent pas d'intrt. Il avait tudi d'assez prs l'antiquit chrtienne, comme il le dit dans la prface d'un autre ouvrage De literis canonicis dissertalio. cum appendice de tractoriis et synodicis, Paris, 1075, qui abonde en remarques extrmement savantes. Plus jeune. Le Prieur avait publi, en 1050, sous le pseudonyme d'Eusbe Romain (ce qui a parfois amen l'attribuer Mabillon), une rfutation de l'hypothse pradamite d'Isaac de La Peyrrc Animadversiones in librum ftradamitarum, in quibus confvttatur nuperus scriptor et primum omnium hominum fuisse Adamum defenditur, s. 1., qu'il corrobora par une Epistola ad clarissimum virum Isaacum Peyrerium, Paris, 1058. On a confondu parfois l'ouvrage de Le Prieur avec celui du P. Claude Dormay. Animad: :

versiones in libros Prwadamitarum scu anliexercUatio ners. 12. 13 et 14, cap. V episl. S. Pauli ad Romanos, Paris, 1059 (la confusion est encore faite dans le

super

prire

du P. de Foncauld d'aprs
et

.ses

crits spirituels,

dans

de mystique, janv. 1930, p. 37-62; Monsahr, La prire, philosophie et thologie de la prire, 1006; Navarre (Martin A/pilcueta), Enchiridion (ou Commentarius) de oratione, horis canonicis, alqne /lis divinis oficiis, au t. vi des Opra omnia, Venise, 1618; Eul. Ne'iredi. De oratione secundum divum Auguslinum, siimmosque doclores Ecclesi Joannem Chrysoslomum et Thomam Aquinalensem, Bilbao, 1022-1023; Nicole. Trait de la prire, 2 e d., 1702; du mme, Instructions thologiques et morales sur l'oraison dominicale, la salutation ang'liqne, la sainte messe et les autres prires de l'qlise, I.a Hve, 1710; saint Nil, Trait de la prire, trad. dans La vie spirituelle, juill .-aot, 1925, p. 472-407; Origne, rien! Eyjr, P. G., t. xi, col. 413-562, trad. <;. Bardy, dans Bibliothque pntristique de spiritualit Origne, De la l>rire. Exhortation au martyre. 1032; !.. Paulot, L'esprit de sagesse, 1026; R. Pierret, La prire liturgique, dans La vie spirituelle, nov. 1032, p. 141-159; J. Pinot, La montaigne de contemplacion; 7. a mendicit spirituelle, de Jehan Gerson. filiale de deux opuscules franais de Gerson sur la iirire, I.yon, 1027; B. Plus, Comment bien prier. Comment toujours prier , Toulouse, 1932; Prire liturgique cl vie chrtienne, Semaine liturgique de Namur, 12-t6 juin 1032, Gem-

Revue d'asctique

nale,

Catalogue gnral des imprims de la Bibliothque natiocomparer t. xu, col. 484, et t. xcv, col. 440).

Morri, Le grand dictionnaire, d. de 1753, t. vm, p. 568; Hoefer, Nouvelle biographie gnrale, t. xli, 1S62, col. 39; Hurter, Nomenclalar, 3 e d., t. v, col. 155.

Amann.

><

Jean-Baptiste, jsuite hongrois, n le 16 mai 1709 Prileski. admis dans la Compagnie en 1727. Il enseigna la philosophie, la thologie et l'criture sainte Tyrnau et fut recteur de plusieurs collges. Aprs la suppression de la Compagnie, il se retira chez les piaristes Trentschin, o il mourut le 21 octobre 1790. On a de lui 1 de nombreuses publications patristiques Apoloqi morales S. Ci/rilli, Tyrnau, 1744. 1751 Xotitia sanctorum Patrum qui duobus primis Ecclesiw sculis floruerunt, ibid.. 1753. 1760; S. Cypriani acla et scripla omnia, in sommant redacta et prolnquiis atquc annotationibus illustrala, ibid., 1761; Acla et scripla
:

PRILESZKY

S.

Theophili

et

M. Minuta

Feleis...,

ibid..

1764;

245
S

PRILESZKY
SS
Gregorii Neocsariensis,

(I

LAN -BAPTISTE)
Dans
sources
,1e
:

PRIMASIUS

241

Justini..., Kaschau, 1765; SS. Ireni.. ,ibid., Pontiiei Viclorini..., Kaschau, 1765; S.

Cornelii, Firmiliani,

Leonis papa driniet Methodii Lyeii, ibid., Epjstoi, Sermones ; pars II opra omnia, pars dogTyrnau 1666-1667; 2 plusieurs traites 2 vol in Traciatus theologicus de sacramenlis matiques 1755 De Deo gnre et in specie, 2 vol., Tyrnau, 1753 et prolegomenoibid.. 1754; Theologicorum

1766-

Dionysu Alexan<
:

1766

S.

pas laiss d'en donatiste Ticonius, de / </ cit de Dieu et aussi le un et qui avait compose Augustin antrieur un peu d fasse qu Bien article. son Voir commentaire en rgle. l'crivain donapeu le dgot a l'endroit de
I

d'Hadrumte indique ses sa prface, l'vque sans avoir ter. saint Augustin d'abord, qui, n avait commentaire ex professa sur l'Apocalypse, surtou au parler a plusieurs reprises

x\

quelque
tiste
-

uno

et trino,

rum
.les,,.

libri

duo. Vienne,

1701.

Stoe-'er

.1.,

Societati Scriptores provincial austriacs


,,.

Nomenclaior, Jsus, t. v., col. 1226-1230; Hurter, 3* d.. t. v, col. 391.

Vienne, 1850,

281-282;

SommervoeU BibL del

Comn. de

Primasius tait vque dans la Byza. Sousse), (aujourd'hui d'Hadrumte Trois-Chapitres. au moment o clata l'affaire des linnus. le Carthage,
ecclsiastique (vr sicle).

PRIMASIUS,

J.-P Grausem. voque d'Hadrumte et auteur

perle dans le travailler, c'est chercher une inspir, Primasius s'en est eonsidrahlein.nt de son texteque l'on peut res,1 c'est en partie a laide perdu de Ticonius. Outre tituer [ a teneur de l'ouvrage un autre il permet de prsente en l'vque cet intrt, Apoafricain de texte du exacte dition donner une le retrouve dj calypse, texte fort ancien puisqu'on s'eri appliqu dans saint Cyprien. Ce travail, auquel est impoi avec beaucoup de bonheur J. Haussleiter, plus ancien facilite la reconstitution du
n

fumier

Avec Rparatus, archevque


doyen de Numidic,

dpute a et Vrcundus, il fut poinl de vue Constantinople en 551, pour y soutenir le sait, a toute condamde i'glise africaine, hostile, on le Incrimins. personnages des ei uvres des nation LXVI "' P. Chronicon, Tununum, Victor de Cf aussitt au parti du col 059 A. Primasius se rallia lors de l'excommunication il est avec lui

tant en ce qu'il accord moins d texte grec de l'Apocalypse. On a personnelle de l'vque d'Hadrun distinguer de celle de est bien difficile d'ailleurs de
qu'il

qu en donne ses inspirateurs. \ oir les caractristiques (se rfi \n,,. l Vpocalypse, Paris. 1921 i;
,

l'index

alphabtique,

p.

364).
tte

pape

connaisse outre ce Commentaire, Cassiodore OUlftlU tliam 'aux Primasius un autre ouvrage Quid / livres sur l'Apocalypse) liber unut
:

M aot 551, par celui-ci de Thodore Askidas, le l'accompagne dans Mansi. Concil., t. rx, col. 60 D; il dcembre de cette sa fuite a Chalcdoine. la lin de /.., mme anne. Lettre des clercs italiens, dans /. de Quand se runit au printemps
pape a dclar 553 le concile de Constantinople. O le lui mme d \ quM] 1H paratrail pas. Primasius refuse ibid., assister Papa non prsente, non venio. Mansi, Vigile le Consldu co] 199C.el 11 signe la suite de Mais, comme du H mai 553. P. L.,t. lxix, col. 113 A au point de v lie HU finit lui aussi par se rallier
.

Vigile;

cum
llir

cautissima dispulatione subiunctut

est,

qt
off<

lemploDomini tacrata denaria sanctis altaribus

sx.

col.

cequlpouvail Ue de

faire l'hrtique

1122 C. H s'agissait de dtenni (la second.


t

i.x.x, col. H*'. B.

Cassiodore est obscure), la description de parait plus n plus tard, lsidme de Svllle
n'est

"

qu'une apparence:

Prima

Vigile,

il

les dcisions accepte, le 8 dce 8U dire de concile. Il eut re alors en Afrique, O, du sa palinodie, Victor, il serait devenu, la suite de poursuivi. doyen de la province de liv/acne. el aurail Chapitres. Loc cit. avec pret, les dfenseurs des Trois de mettre en doute col 950 BC. Il v a peut tre lieu soit, a partir de l'impartialit de Victor. Quoi qu'il en Primasius de trace on perd la cette date, venu; avant sou Cet vque n'tait pas le premier occup de dpart pour Constantinople, il s'tait dj dans La capitale le questions scrlpturaires. Son sjour us. qui avec un autre Africain, .lu, ni, 1 mit en rap Importante. De occupait au Sacr Palais une situation sainte sortit le petit leurs entretiens sur l'Kcrit urc compos par Junilius biblique, d'Introduction manuel De parf&us diumst et ddi par lui a Primasius voir la ddicace dans /'. /... t. bXVIlI, leqis libri duo

termoi alricanus episcopus composuii eptscopum, hresibus trs Ubrt s direeti i ad F< riunatum iugusltnus eis quod olim beatissimus explicans Ubrohreseon imperjedum,morli inten (aeiat, primo namqui stendens quid hxrettcum ri

hasileusci

11

d hmreticum d secundo el tertio d Devir. M.,xxii, P. ' .1 lxxxiii col pd voulalentle en tout cas. est perdu kii.coI retrouver dans le Prjedkstij vri - voli se sont rvles sans rondement. ommentain tut V Ipocalypu, le cdant vohimi se.d.ms/- / .. Lxvin, col 113-794, une uni Paul ij pltres d< quatorze des explication neuse mlre dilep compris l'pitn auxHbreux) avait l fois par Gagney, en 1537 elle tique, il n > d'vque d celui-ci a Primasius. qualifi cette attribution que rien a aucun fond fane sui Cassiodore ni absolument ne vient appuyer. 1 n fait ni \ plus attentu e ne connaissent cet ouvrage. commentaire des treize pitres pauiim
in
i i I

'

col. 15-16.

Commentaire sur l'Apocalypse. Cassiodore le men dans son De institulione dioinarum litlerarum,
P. L..
t.

ce

moment, Primasius

avait

dj

compos un

me
c. in.

l.xx, COl.

1122 C. qui

est

des annes 543 544.

examen, le apparu M. Zimmer d'abord, pul comme une correction catholique du clbre commen679 sq. Pourcequi taire de Pelage Voir ici t. xii. col. tat est difficile, dans est de l'pttre aux Hbreux, manire certaine, actuel des recherches, de dlre.de qui lui est cous., quelle est l'origine du commentaire
i

Il

cet te date. Le Commentaire est donc un peu antrieur le cite, cf. Le haut Moyen Age l'a connu: Bde

,',,.

Explan. Apocal., xm, P. L.,t. xcm, de mme, pos de l'explication du chiffre de la Bte l; mme Ambroise Ansbert, dans son commentaire du (voir le texte dans Etienne pape ddi au livre 17). Haussleiler, l.rben und Werke des 11. Primasius, p. Texte dans L'ouvrage de Primasius s'est conserve. C'est, comme on le voit, P. /,.. t. lAvni. col. 793 936. nue explication copieuse, divise en cinq livres, prc un certain Castode dune lettre prface adresse 934-936, qui rius, et suivie d'une recapitulatio, col. prophtie essaie de donner une ide gnrale de la
col

172

( pro-

texte analo n prsente d'troits rapports avec un dans P L tttribusoit Haimon de Halberstadt, moins cxvn col. 819 938, soit .. Reml de Reims (
.

que ce ne du.s \tax.


ce serait,

soit

Rmi d'Auxerre ou Reini de L]

1079-1124; vel. Patrum, t. vin, p. une uvre du au dire d'Ed. Riggenbach, moine Haimon d' \uxcrie. Vers 85
liblioth.
II y a Commentaire de VA dlttons se donnant c lacun. comme 1544 une de Colo ne, 1535; une de Paris. ,,/,., princeps celle de Cologne, mais (rimpression lautive et icuneusede lle aux autres ditions nui n'en a pas moins sers de base .; manque, en particulier > compris celle de P.
1

Tix.ii

t'

,.

au K vi'

sicle, trois
:

Heures

'

1M
I

l'KIM

SU

PRIMAUT DU PAPE
sion OU

248
suprme juridiction reliPOUVOIR DV PAPE dans

dans le Comnu Maire de l'Apocalypse, de ni, 13 ix, 10); une enfin de Baie, 1544, de beaucoup la meilleure. Sur tout cela, \ olr .1. laussleiter, dans Theol. Lllteralurblatt, t. \\v, 190 1,
<ol.
I

un corollaire de
morale. Voir

sa

gieuse

et

l'art.

s(|.

Commentaire des iptlres, publi pour la premire fois par .1. Gagney, Lyon, 1537; rimpression a Cologne, i:js; a Paris, 1543; passe dans la Max. bibliolheca vet. Pairum, t. \, p. 145-339, avec le Commentaire sur l'Apocalypse, et de a dans I'. /.., t. i.xviii. H. Notices et travaux. i" >utre lis vieilles notices il', hulin, Commenlar., col. 132; de Ceillier, Histoire des auteurs..., I" d., t. xi, p. 283, consulter les notices rcentes de G. Krtlger, dans Schanz, Gesch. der roinisclien LiUeratur, t. v b, 1920, S 1238, et d'O. Bardenhewer, Allkirchl. l.ite2
< 1

ralur, t. v, 1932, i>. 332-334. 2" l.o spcialiste de Primasius est


lui
:

.1. Haussleiter; voir de Die Kommenlare <les Viclorinus, Tichonius und Hieronymus zur Apokalypse, dans Zeilschr. fur kirchl. Wissenschaft uud Leben, t. vu. 1886, p. 239-257; Leben uiul Werke des H. Primasius von Uadrumetum, Erlangen, 1887, reproduit textuellement dans la premire partie de l'ouvrage suivant Die lateinische Apokalypse der alleu afrikanischen Kirclic (dans T. Zahn, i'orseluuitjeii zur Gescli.des u-tlieheii Kanons, t. iv, 1891, p. 1-221), on trouvera ici une reconstitution du texte africain de l'Apocalypse. Rsum de tout ceci dans l'ait. Primasius de la Protest. Realenzykloptsdie. Sur les origines du Commentaire de saint Paul, voir
:

t. XII, col. 2070-2772. cours des vicissitudes humaines par o l'glise a pass en s'insrant dans la vie complexe et changeante des peuples, le dogme de la primaut du pape est all se dveloppant et se prcisant, aux [irises tantt avec des autonomies ecclsiastiques et des jalousies locales, tantt avec des ambitions politiques el des comptitions juridiques, plus rarement avec des doctrines de pure spculation, et toujours demeurant substantiellement identique au dessein primitif du .Matre qui en a donn la formule. I. La primaut de saint Pierre. II. La venue de

l'ordre TEMPOREL,

Au

(col.

II.

Zirnmcr, Pclagius in Irland, Berlin, 1901, et surtout les

travaux d'Al. Souter, signals ici l'art. Pi.agianisme, col. 680 et 715. Sur l'origine du commentaire de l'pltre aux Hbreux, Ed. Riggenbach, Historische Sludien zum Hebrcrbrief, fasc. 1, p. 41-201, dans les Forschungen zur Gesch. des neutestamentlichen Kanons, t. vm, Leipzig, 1907. . Amann.

PRIMAUT DU PAPE. La primaut du


pouvoir suprme qui lui appartient dans toute l'amplitude de la juridiction spirituelle, en tant que chef de l'glise catholique et apostolique, vquc des vques, prince des pasteurs, successeur de saint Pierre et vicaire de Jsus-Christ sur la terre. Que ce pouvoir soit distinct de l'infaillibilit papale, cela ressort de la dfinition de chacune de ces prrogatives. Mais, si l'on suit le dveloppement thorique et pratique de ces deux dogmes, on constate qu'ils se ctoient souvent et s'impliquent l'un dans l'autre, l'infaillibilit tant, dans le domaine de la juridiction doctrinale, le couronnement logique de la primaut. En consquence, l'tude qui va suivre recourra maintes fois aux mmes documents, aux mmes faits aussi. qui ont dj t produits propos de l'infaillibilit du
est le

pape

primaut du sige romain la mort de saint Pierre l'avnement du pape Miltiade, f*-nf sicle (col. 266). IV. L'affermissement de la paix constantinienne saint Grgoire le Grand, iv-vi< sicle (col. 270. V. La crise d'adaptation au monde nouveau, vn e -xi p sicle (col. 294). VI. La primatie universelle, xn e -xiii<' sicle (col. 302). VIL La grande crise intrieure, la Renaissance et la Rforme, xivXVIe sicle (col. 307). VIII. L'panouissement du concile de Trente nos jours, xvn c -xix c sicle (col. 327). IX. Conclusions (col. 338). I. La primaut de saint Pierre. Le pape se prsente comme le successeur de Pierre, hritier de ses titres; il nous faut donc tout d'abord examiner les titres et pouvoirs de l'aptre. 1 La prminence de Simon-Pierre, trs marque dans les rcits uangeliques, n'est pas un fait humain. C'est constamment que les auteurs sacrs du Nouveau Testament reconnaissent Simon-Pierre une singulire prminence parmi les Douze. 1. Dans les quatre listes du collge apostolique que nous possdons, l'ordre des noms n'est pas uniforme l'accord est d'autant plus remarquable qui se fait sur celui de Pierre, invariablement dsign le premier.
saint
et la

Pierre

Home

26V).

III.

La primaut romaine, de

Nous tenterons d'viter, leur sujet, les rptitions inutiles, en nous plaant toujours au point de vue spcial qui doit retenir ici notre attention.
pape.

Marc., m, 16-19; Matth., x, 2-4; Lue., vi, 14-16; Act., i, 13. Et cependant rien n'autorise penser que Pierre ft le plus g des aptres. Promus l'apostolat tous ensemble en vertu d'un choix spcial de Jsus, les Douze suivaient le Matre depuis le dbut de sa vie publique. Marc, in, 13-15; Matth., x, 1; Luc, vi, 13. Simon-Pierre semble n'tre que l'un des quatre disciples qui furent appels tout d'abord et simultanment sur les bords de la mer de Tibriade : Pierre et Andr. Jacques et Jean. Marc, i, 16-20, et passages parallles.

une simple primaut d'excellence, de conseil ou d'honneur, en vertu de laquelle l'vque de Rome, primus inter pares, obtiendrait sur les autres vques une prminence ou prsance purement crmonielle; il s'agit bien d'une primaut de gouvernement, d'une autorit relle, exigeant de tous les membres de l'glise, sans aucune exception, non seulement la dfrence et le respect, mais encore la soumission proprement dite, l'obissance extrieure et intrieure. Ce pouvoir, s'il implique
n'est pas

La primaut du pape

Bien plus, le IV e vangile prcise que la vocation initiale de Simon-Pierre suivit celle d'Andr, son frre, et d'un autre disciple. Joa., i, 35-42. Cependant, souligne Matth., x, 2, le premier tait Simon, surnomm Pierre. Plpco-ro jacov Xeyouxvc TK-rpo . Et "la qualification de premier attribue Pierre dans la liste de Matthieu est interprter de la mme manire [que son nom, c'est--dire dans le sens d'une relle prminence]. On ne peut voir l un numro d'ordre, qui superflu ou qui aurait exig pour la suite un aul ie numro devant chaque nom d'aptre. Ainsi pense et crit A. Loisy, Les vangiles synoptiques, Ceffonds, 1907 1908, t. i, p. 529 sq. On ne saurait mieux dire. 2. Lorsque le Matre choisit parmi les aptres trois
serait

du commandement, n'entrane ni la suppression ni l'absorption des juridictions secondaires, ni mme la centralisai ion de toute l'administration ecclsiastique. A cet gard, la primaut du pape s'est diversement comporte, selon les temps el lis lieux, adaptant les modalits aux circonstances. Voir les art. Pape, t. xi, col. 1877-1944, et Patriarches, t. xi, col. 2253-2285. D'autre part, en aucune faon, la primaut du pape ne se confond avec son principal civil, qui n'est que la garantie pratique d'une indpendance ncessaire, ni non plus avec le pouvoir que le souverain pontife a pu ou peut encore exercer OU revendiquer en matire temporelle, comme une extenl'unit souveraine

ou seulement deux privilgis,


de
la
:

soit pour tre les tmoins rsurrection de la fille de Jare, Marc, v, 37; Luc. vm, 51 de sa transfiguration. Marc, ix, 1, 2, et parall., ou de son agonie, Marc, xrv, 33; Matth., xxvi,

37. soit

pour prparer la dernire cne, Luc. XXII, 8. toujours Pierre est de ce groupe restreint et chaque fois il en est le premier, ("est lui enfin qui. malgr son reniement, sera, parmi les aptres, le premier tmoin de la rsurrection de Jsus. Luc, xxiv. 12-34; ICor.

2 4!)
3.

PRIMAUT DE SAINT PIERRE


videmment,
rien ne prouve qu'une autorit formellement reconnue ou confre
!

lier et

de dlier, et qui, un jour, seront assis sur des tr

effective lui ait t

ns. jugeant les

douze tribus d'Isral

Luc., xxii

dbut. Les vanglistes, en nommant les aptres avec ordre et en leur donnant d'emble un chef, se soumettent au droit qui s'est affirm depuis en faveur de Simon-Pierre; mais ils ne laissent nullement entendre que ce soit Simon qui lui-mme aurait conquis le premier ranfj par ses mrites incontests, par son caractre impulsif et entreprenant ou par s;i loi plus ardente. Homme de N'est-ce pas lui qui s'attira ce reproche Matth., xiv, 31, peu de foi... Pourquoi as lu dout Kl n'est-ce pas lui encore, le jour de son investiture peutArrire tre, qui mrita la plus dure des rprimandes de moi, Satan. Tu m'es un scandale; car les sentiments ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux des hommes. Matth., xvi, 23; Marc, vin, 33. C'est lui que Jsus doit reprendre avant la cne, au lavement des pieds. Joa., xm, 10, lui enfin el surtout qui, le plus coupable de tous aprs Judas, reniera son .Matre trois fois. Matth., xxvi, 34, 58-75 et parall. Que ses collgues aient subi volontiers son ascendant c'est ce que con tredisent d'ailleurs les passages o nous les voyons dis cutant entre eux propos du premier rang dans le royaume de Dieu. Matth., xvm, 1, cf. xx, 2-28;
ds
le
:
'.' :

Le magistre

et la judicature des

Douze ne sont donc

>

pas inconciliables avec le magistre surminent, la judicature absolue du Fils de l'homme. Pourquoi la primaut de l'un d'entre les Douze le serait-elle davantage avec le primat transcendant du Fils du Dieu vivant ? Loin d'en exclure l'ide, Jsus [a suppose formellement lorsqu'il nonce les qualits morales qui devront distinguer celui qui en sera investi Le plus grand d'entre vous devra tre votre serviteur. ..Matth.,
;

xxm,
3.

11,
le

Mais

Matre

a-t-il

nommment,

ce chef

voulu dsigner lui-mme, et du collge apostolique, le plus

grand d'entre les Douze ? Il ne s'agit pas dna- indica tion fournie seulement par une amiti de choix. Car d'autres. Jacques, et Jean surtout, pourraient se prvaloir aussi d'une prdilection marque, et nous avons

Marc, ix, 33-37, cf. x, 12-45; Luc, ix, 16- 18, cf. xxn. 24-29. EntreVOient-ilS seulement les vraies intentions du Matre ? Que comprennent-ils au travers de leurs rves de royaut temporelle v Unanimement, ils protestent contre les vises a m bit ieusesdes lils dc/hde
;

vu que, parmi ces prfrs, Pierre garde encore la pre miere place. Il arrive, en outre, qu'il est chai. missions prpondrantes, c'est lui que se sont adrea ses les collecteurs dsireux de savoir si JSUS paiera la didrachme pour le temple, et c'est lui que Jsus charge d'acquitter cet Impt en lui en fournissant miraculeu sment le moyen, Matth.. xvn. 24, 27. C'est lui encore qui donne un ^ite au Sauveur dans sa maison de

Capharnaum. Marc., i, 29, et parall. C'est a lui qu'il emprunte sa barque pour v prcher au copie amass sur le bord du lac. I.uc. v, 1-1. et alall. Ce rAk qui lui
i
|

ont os davantage: Simon-Pierre, une fois de mis en vidence; sur l'ordre exprs de Jsus, charg par lui d'acquitter l'impt de la didrachme, il s'en est all pcher. C'est ce moment pr cis que ses collgues choisissent pour agiter la question qui les proccupe Qui donc est le plus grand dans le Matth.. xvn, 24; xvm, 1. royaume des deux ?

mais

ils

est

plus, vient d'tre

Si Pierre est l'aptre principal, il n'apparat donc pas qu'il doive cette prminence au privilge de l'ge, ni a la priorit chronologique de sa vocation, ni seule ment ses qualits de premier plan ou a son ambition, encore bien moins l'acceptation par les onze autres du fait accompli. 2 La prminence de Pierre est un droit qui lui fui

dvolu pur le Christ lui mime en maintes circon stances l'autorise a prendre la parole an nom de tous. Matth., xiv, 28; xv. 15; xvi. 16 22; xvn. i; xvm, 21 xix. 27; xxvi. 33; Marc, vm. 29; x. 28; h, 21 uv, 2' xv m. 28; kxii, Luc, v m. l. ix. 'jn, 33; mi. Joa., vi. 68; jciii, 6 10, 36. 31 I. Il apparat bien, d'ailleurs, que JSUS s'attache d'une faon toute particulire a la formation de Pierrt Il l'Instruit et le rprimande; m. us aussi u le favorise c'est son lilet que remplissent les deux de prodiges pches miraculeuses. Luc. V, 6: JOSU. XXI, il le fait marc lier sur les eaux. Matth., xiv. 29. L'est Pierre encore qu'il admoneste a GethsmanL M. xiv, 37. Cf. Matth., xxvi, 10, Apres la rsurrection, l'ange lit
; 1 .

confr pur

Certains, pour le nier, ont le Christ. voulu, jusqu' l'excs, faire tat de diverses paroles du Matre, en ngligeant dlibrment tout ce qui, de sa part, relve la personne de Pierre. 1. Sans doute, Jsus, par de vigoureuses rprimai) des, refrne cl corrige les ambitions et les comptitions des Douze. Il leur prche, en effet, la prminence du service sur la domination, l'obligation, pour celui qui veut ou doit cire le plus grand dans le royaume de Dieu, d'y remplir envers ses frres le ministre de la
charit. Matth., xx, 28; Marc, \. 15; cf. Luc, lit voil ce qui loi distinguer les aptre8 et
t

aux saintes femmes


Pierre...
.

Aile/ et dites a ses discipll


7.
;

Le Matre en lin lui prdit, et Lorsque tu auras vieilli, tu tendras les mains, et un autre te ceindra et te portera ou tu ne voudras pas. n dit cela pour suggrer par avant dit quelle mort (Pierre) devait glorifier Dieu.
1.
1

Marc, xv

lui

seul, son

martyre

cela,

il

lui dit
t

Suis moi...

JOSU, xxi. 18-22.

Pu

reste,
laie
lui

pas bnfici d'une prire toute sp< du Sauveur, au moment mme O son reniement
Pierre n'a
il

tait
5.

prdit

Luc, xxn.

31

;( 1.
(

uni,
le

27.

Ce qui

est

prince

nient de

nom que
1 I
;

des aptres

les

rois

et

les

gouvernent avec ostentation,

Celte doctrine, Jsus, en se en limite exactement la porte il a servi humblement ses frres, jusqu' donner sa vie pour ranon, el pour Matre Sel tant il csi Incontestablement le el le gneur . Joa., xm. 13 15; cf. Matth., xxm, m. c'est dire que celte primaut morale, cette primaut dans le service humble cl charitable, n'exclut pas l'autre, la
:

grands de ce monde, qui et d'abord a leur profit. l'appliquant lui-mme,

primaut d'honneur
2.

el
il

Kl, sans doute,

de pouvoir. n'y a qu'un Matre,

le

Christ,

comme

il n'y a qu'un Pre, celui qui est dans les cieux, Mais qui fera on croire que la paternit divine. dans l'intention du Sauveur, doive supprimer toute paternit humaine'.' De mme, il n'y a qu'un seul Matre, le Christ, juge des vivants cl des morts; mais n'y a-t-il pas aussi les aptres, qui seront envoys comme le Christ l'a t, avec le pouvoir d'enseigner, de
t

nus fois 16; LUC, vi. seulement dans l'histoire biblique, il est rapi ort que le Seigneur a hang lui mme le nom propre et person nel d'un homme quand Ahrain devint Abraham. quand Jacob devint Isral, quand Simon Par ,ln.i devint Pierre Dans ce troisime cas, aussi bleu que dans les deux prcdents, l'intention est manifeste, surtout si l'on tient compte de l'importance symboli lu es que qui, dans tout l'Orient, s'attache ,u\ nom. plias, ce qui Simon, le lils de Joua; tu appeler. is C'est une prophtie dont le sens est signifie Pierre. mystrieusement Indiqu par ce nom. inusit tout aussi bien elle/ les Juifs que chez les Grecs, l\r-, ; en ar.inieeii. I; - v ou LTrpO en gTOC, ne Signifiant rien
'.'.
.

pins significatif encore. 'est le Christ impose a Simon. Joa.. I. 12; if. Matth X.

le

change Marc, m.
I

<

d'autre que fia) pierre, c'est--dire le roc solide sur lequel on peut construire. Le nom de Pierre, tant donne la faon dont Marc l'introduit, signifie ce que Simon... devient la pierre fondainen. dira Matthieu
:

2 5

PRIMAUT. LE TU ES PETRI
l

252

taie lu collge apostolique el

nous voici amens au commentaire nom, au texte capil al. :(" La promesse formelle de lu primaut. La cir constance esl solennelle c'esl dans la rgion de Csarc de Philippe, aux confins extrmes lu territoire les douze tribus, dans une contre redevenue paenne, non du Jourdain, consacre par un loin de l'une les sour< temple au lieu l'an. Jsus, faisant halte entre deux mondes, \eut fournir ses fidles l'occasion de confesautoi
is d<

pour le rgne E1 p. 259 sq.


ce

Dieu.

de la socit former A. Loisy, vang. synopt., t. i.

Ki-17. Bien mieux. est la profession de loi qui, manifestement, appelle, en retour, la promesse de la prf. mani. Bref, le texte lu premier vangile, tel qu'il se comporte, est un tout organique dont il semble bien

([n'ait li
Il

sauvegard
a

le

contenu primitif.

ser leur foi librement, l'carl des foules.

Il

les inter1
lis

roge

<

Qui dit-on qu'est

le

Fils

de l'homme

dirent les uns disent .Jean Haptistc; d'autres. lie; d'autres encore. Jrmie ou quelqu'un des prophtes. Il Mais VOUS, qui dites vous que je suis ? Rpon leur dit daul. Simon-Pierre dit Vous tes le Christ (le Dieu). Marc S'arrte la. et de mme Lue, qui l'a suivi, a son habitude. Marc.. viii,27-29; Luc.,ix, 18-20. La rponse complte, appele par la question, est fournil' par saint Matthieu Vous tes le Christ, le Fils du Dieu vivant et c'est l une confession de Lierre, parlant au nom de Ions, qui trouve une formelle approbation et une rcompense immdiate dans la rplique du Sauveur Bienheureux es-tu, Simon, fils de Joua, car ce n'est pas la chair ni le sang qui le l'ont rvl, mais mon l're qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Lierre, et sur cette pierre je btirai mon glise, et les polies de l'enfer ne prvaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Et ce que tu lieras sur la terre sera li dans les cieux, et ce que tu dlieras sur la terre sera dli dans les cieux. Matth., xvi, 13-20. Que vaut ce texte et que prouve-t-il ? Il ne peut tre question de reprendre ici toute la dmonstration dj Infaillibilit du pape, t. vu, faite l'article col. 1639 sq. Il nous faut cependant, en nous plaant au point de vue de la primaut, rappeler sommairement les conclusions acquises. L'authenticit 1. Authenticit du Tu es Pelrus . est admise par la plupart des critiques mme indpendants.
: : : :

Il manque cepena) Absence dans Marc el Luc. dant dans Marc et dans Luc. Mais dans saint Matthieu, remarque justement le P. Lagrange. les vs. 17-19 sont le complment ncessaire de l'interrogation du Christ. Il est bien vident qu'il n'a pas interrog pour s'informer, mais pour faire parler ses disciples, et cela mme n'avait toute sa raison d'tre, selon sa pratique habituelle, que s'il voulait leur donner une leon, tirer la vraie conclusion de leur rponse. C'est Pierre qui rpond, et c'est lui que la rponse de Jsus est adresse!'. Ce qu'il faut expliquer, ce n'est pas le plus de Matthieu, 'est plutt le silence de Marc, suivi par Luc, car la simple recommandation du silence est un raccourci qui remplace, sans la suppler, une adhsion vangile selon saint Matthieu, Paris, 1923, explicite. p. 321. Aussi ne peut-on admettre que le logion de Matth., xvi, 17-19, soit une anticipation commande au premier vangliste par la logique de son thme gnral plutt que par l'ordre chronologique. De ce logion qui ne figure (pie dans Matth., xvi, 1719, il faut noter d'abord le caractre smitique si fortement accus, jusque dans cette comparaison tablie entre l'difice bti sur un rocher et le groupe, la socit, non seulement la subsistant par son chef. Il y a plus confession chrislologique a une couleur aramenne tout aussi indiscutable, surtout dans Matthieu, mais encore lis deux thmes, confession chrislologique et promesse de prrogatives, s'enchanent troitement l'opinion humaine sur le Fils de l'homme, f. 13. rpond, en contraste, rencontre de la chair et du sang, la rvlation du l're cleste sur le Fils du Dieu vivant ,

expliquer pourquoi, dans Marc i dam LUC, l' dialogue de Csarc est interrompu, incomplet. Eusbe avait dj fait l'observation, parlant de .Marc, pie son habitude de passer sous silence tout ce qui pouvait tre a la louange de Lierre explique son omission de la promesse concernant la primaut. Demonstr. evang., I. III, P. G., t. xxn.col. 21G-217. Peut-tre aussi la promesse de la primaut n'allait-elle poinl a son but: alors pie la communaut chrtienne rgie par Lierre se trouvait constitue en face du judasme, i] n'prouvait nul besoin de rendre raison de celle situation acquise. Quant Luc, il n'tait pas davantage sollicit par un tel souci, et surtout, il dpend en premier lieu de Marc. D'autre part, il veut crire l'histoire personnelle du Sauveur, se rservant de faire dans un second livre le rcit de l'tablissement i de l'expansion de l'glise. En face des judo-chrtiens ou des convertis du paganisme, son dessein ne va, ni dans l'vangile ni dans les Actes, lgitimer la constitution interne de l'glise, mais dmontrer qu'en elle seule dsormais se trouve pour tous le salut ternel. On pourrait peut-tre ajouter que Marc et Luc, crivant surtout pour des lecteurs de culture grecque, ont omis dlibrment un passage dont la couleur tait trop aramenne. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la contexture intime du logion entier de Matthieu ni l'absence en Marc et en Luc des versets rapportant la promesse faite Pierre quia fait suspecter ce passage propre au premier synoptique; c'est son contenu, dont le sens obvie heurte nombre d'hypothses reues. Pour chapper des consquences gnantes, on prfre voir dans le texte incrimin une interpolation. Et c'est alors le plus flagrant dsaccord entre les auteurs, lorsqu'il leur faut indiquer une poque et une provenance. Nombreux furent les critiques qui, tenant compte des doctrines ecclsiologiques d'Irne, datrent le Tu es Petrus de la seconde moiti du n e sicle, un peu avant 181-189, y croyant dcouvrir l'influence judasante des Pseudo-Clmentines et l'influence du De aleatoribus; J. Grill, entre autres, a soutenu l'origine romanisante. Mais, comme le caractre aramen du passage entier, dans son allure gnrale tout autant cpie dans les dtails, rend invraisemblable un remaniement romain, il a fallu conclure que l'interpolation s est opre dans un milieu judochrtien, ce qui implique, par voie de consquence, que la primaut romaine tait suffisamment affermie au ir" sicle pour s'imposer tous. Et parce que la cohsion organique du morceau s'oppose l'hypothse l'une retouche quelconque, parce que le premier vangile nous reporte manifestement un style, une mentalit, une situation qui sont du I er sicle, il faut concder que, ds le cr sicle, un judo-chrtien a reconnu primaut romaine. Nous voil bien proches de la 'interprtt ion catholique. Aussi a-t-on cherch une autre solution. Selon
reste
">,
i l

l. Bultmunn.lc logion serait l'oeuvre de la communaut palestinienne, dont Lierre tait l'aptre et le docteur. Mais ici non plus on ne peut chapper un dilemme Ou bien le Tu es Petrus tend dresser la primaut de Lierre en face de l'autorit moindre de Paul, et c'est l'uvre de judasants hostiles l'aptre des gentils: mais les judasants n'taient qu'une minorit fanatique parmi les judo-chrtiens de Palestine comment cette minorit aurait-elle pu faire accepter son texte la majorit, qui demeurait en communion avec Paul, et aussi la grande glise tout entire ? Ou bien ces versets prtendent tout simplement continuer l'autorit de
:

253

PRIMAUT. LE TU ES PETRUS
tumiers dune trs large grande en cette matire.
Petrus dans
la

254
approximation
et

d'une libert
cite le
; il

alors (est que dj la priPierre sans viser Paul; mais dans la tradition la plus maut de Pierre tait admise Geschichte der synopancienne. Cf. Bultmann, Die 1921, p. 84 et 156-157. Gcettingue, Tradition, tischen est une idalisation Pour Spitta, le texte incrimin Pierre ou de sa avec Jsus de rencontre premire de | a Jesu, d'aptre. Streitfragen der Geschichte

Ilu reste, c'est littralement

qu'Eusbe
suit
le

lu

es

Dmonstration vanglique
dtaill,

ne donne

un commentaire

qui

texte,

mot

vocation

Weiss, y Gttingue, 1907, p. 122-123. Selon .1. pour contrebalancer le dceler, soit une tentative de la tradition qui scandale du reniement, soil un cho apparition du Sauveur ratifie Pierre de la premire
des .V. T., ressuscit. Die Schriften
,,,,, t.
.,

on

peut

rase.

I.

On

con-

ne sache auc Klostermann, dans son commentaire, ses le l. Lagrange traite que et prendre quel parti
.

prsente a nous actuelpour mol. reproduit tel qu'il se col. 216-217 On peut lement. L. III, 5, P. G., t. xxii, d'Eusbe, le logion temps qu'au affirmer bien donc exacte et comph teneur sa dans reu tait invoquer plus de vingt cita A.u m sicle, on peut en sicle ? Le Diatasaron lions Mais que nous offre le n fournirait pour cette poque de lai ici esl perdu, qui Cependant, toutes un tmoignage de premire valeur.
les

vangile selon conjectures enl'air explications de dfinitive, elles nont quun taint Matthieu, p. 320. En chapper a la conclusion qui s imseul et mme but Au besoin, on liminera pose en faveur de la primaut. tout ce qui concerne 1 Egli,l texte, comme interpol, interprtation sein. l'on donnera du rsidu une qui rduit la parole Harnack, procde Ainsi tologique. El moi |e t de Jsus a ceci seule. nenl
:
i :

eiles

s.r leurs
,

phrem. Il nesecon vrai en particulier de saint nous intresse Ici des tente pas de taire au logion qui connat les versets allusions plus ou moins directes; il
est

lesvanfoisqueles auteurs syriaques ancienscitenl critiques s'accordent aie peu ils empruntent, les vers 70 citations cette concordance publie
i

authentique portes de l'Hads (la mort) dis que tu es Cphas, et les l'tablissement du e prvaudront point surtoi(avanl

royaume eschatologlque).

Mais cette hypoth

cl sur des assertions ,ur de bien chtives apparences les problmes que posenl la sans rsoudre gratuites,
I

qui contiennent la promesse de la dans son Comi connat dans leur intgralit. Ainsi, El toi, Sion, tu n it lxii, 2, Isole, sur tain sainte, que le un n om nouveau, celui d'Eglise sur celte pi. Seigneur lui mme t'imposera, disant les verrous de l'enfer ne pn je btirai mon treelle. Cf.Lamy, S. Ephrad Syn vaudront poi Hymn sermones, t. n, L890, p. 186. Ulleurs,
il
: : i

primaut,

el

les

re.naiiie.ne.il suppose. A. lu date et la provenance du als dm Fels der B Petrus ber n,ci, Der Spruch des sciences de dans les Sitzungsbertchte de l'Acadmie ce qu'a fort bien mi 1918, p. 637 654. (.'est Berlin Quellort der Kattenbusch dans son essai intitul Der \I 1921, p. 143 Kirchenidee, Festgabe ddi a Harnack,

humni et de Sun l'en


es lu
S,

une autre remarque, laquelle vaut Il est d'ailleurs de l'interpolation, si le rues les tenants contre tous dans les manuscrits, Petrus lut peu a peu Introduit sicle, pourquoi celte ,,!,,. la im h, . et la lin du ,v et non pas dans les retouche dans Matthieu seulement poque dans un Irois synoptiques, runis ds cette ? Les proccu ttramorphe l'vangile unique, recueil origine de seraient a suppose qui l'on (pie pations ne .levaient elles pas agir tout de
i

172.

Bienheureux rv, p. 688 parce que sur loi a t b que les ils de Dieu a promis a laquelle le point contre ellel r ne prvaudronl portes de l'e Sans doute, Justin i' 160) ne fait qu'une allusion, es disciples, mais suggestive, notre texte: A l'un de son ,,,,, ,i qU l'avait, sur une rvlation de comme Christ, et qui reconnu comme Fils de Dieu, d'abord Simon, il donna le surnom de
12,

ibid.,
I

t.

mon.

s'crie

11

s'appelait DtaL, 1"". P. G., Pierre


>

>

cette Interpolation

lac, hic. pour Marc e1 pour Luc, avec une gale toute vident dans un contexte parallle? De habile d tre eu1 penser qu'une traude et t plus ele et que. si la promesse de la primaut plus c exclusivement, c est existe dans le premier vangile de Mal ne toujours l'Eure dans le texte original

argument contre aprs 190), on a voulu tirer un de ce fait que l'authenticit des versets en question l'autorit de l'Eglise a plusieurs reprises de ,, ,,,,,,! pas. Comme s'il tait dmontr r omainc,ll ne les utilise .-nous. Silence relatif, s, hue- qu'il ne les a pas ce ar p qui sont alinait du reste, puisque, s,., prenant .. eux mois non en, ni tunl fun il conclut sur ces
,,

'"' 7 "'''

<

-"

'

"

''

'"

mme

verltate...,

dati

arenam habtrdem in III, xxrv, 2, P teipso lapides mutins. Conl. tuer., temps l'on p.ut voir, en mme col VI rminiscence de Matth. vu, 24 27, une allu .unc u q slon a notn texte.
super
,

unam
l

pclrarn, sed super

'

,,,,-,.

thieu
b)

tel

qu'on
et

le lisait

et

qu'on

le

transcrivait.
rait,

.,,

dernire

......Use.

tous ces

IlorU contre

autl

La

tradition

du

texte.

Et, de

tous

les

ticit

manuscrits

toutes les versions rapportenl int les caractres et ment le logion tanl discut, ave.- tous d'authenticit; ni le toutes les garanties dsirables SinaUicus ni le Vaticanus ne ront exception. texte Ainsi au rv sicle, quoi qu'en ait dit Resch,le

du Tu

Petrus tait certain. Quand deux reprises, que le roc sur lequel le rj 403) dclare, Pierre en per Christ difia son glise n'est autre que logion. H, sonne, il en appelle manifestement ce Si irois autres pa in, 7, /'. c., t. xli, col. 1029. d'Eudu mme Epiphane, si. en outre, huit passages lesquels on ne saisit que dans relevs, tre pu ont sbe notables, au Tu es Petrus, des allusions, avec variantes critique d'en conclure qu un ceril n'est pas d'une sage lus par Epiphane et tain nombre des manuscrits discut, l n Eusbe ne contenaient pas encre le texte et il auteur n'est jamais tenu des citations intgrales d'allusions a un texte dans peut toujours se contenter son dcss.au lequel il choisit les seuls mots qui servent
es

saint

Epiphane

.s dsespoii du Pues Petrus n'ont t h. m.. qu'en thse de la primaut de cause, alors que devant la tentatives demeuraient vaines el Impuissantes les sens du texte ameux. antrieure m< nes contre le Pour les criti Tu es Petrus 2. Historien du l'his ques non catholiques, le sens et, par contre coup, par Ide commands sont Pefrus Tu es du toriclt el du royaume de qu'ils se ront de l'glise, du salut
,

Dieu dans

la

seule c'est surtout

royaume
a

pense de Jsus-Christ A l'heu e pr. du la eonccpt.on eschatologique que l'on fait valoir. Mais l'article oi isi

montr que

['historicit

rien de srieux ne peut tre oppos d'un texte pour celle seule raison qu il

hirarchise. concerne la constitution d'une glise se Des le xiv Sicle, les adversaires de la primante sont qui interprtations des trouver Sont efforcs de de leur attitude doctrinale oppose a la pri-

fonction

maut romaine.
dment
le

il

procdes moder encore ceux des crins de composition, bien moins soil chrtienne, cou vains de l'antiquit, soit profane,
n'y a rien l qui

oui

redise

mme

les

fon tre le L'aptre Pierre, disent ib. ne pouvait fondement , celle de l'glise puisque ce oubienlectfpnas, pierre d'angle c'est Jsus lui-mme; en la divi ce ne pouvait tre que la/o de Pierre
,

roc

nitdu Sauveur, oupeut-trelecoHffeapostohcjuerepr

255
) ; i

PRIMAUT, LE TU ES PETRI

sente j r Pjerre. Ce ne pouvait tre la personne de Pierre que furent promises les clefs du royaume, mais, par Pierre, l'glise universelle. Jusqu'au jour o L'on s'est avis de contester l'authenticit du logion, on a maintenu (et certains, comme Allen, Strack und Billerbeck, Box, maintenaient rcemment encore, et vaille que vaille) ces fantaisies surannes et inconsistantes. Du jour o l'on a cru pouvoir rejeter l'authenticit du texte, celui-ci a retrouve son sens naturel et obvie; et quant aux arguments apports contre l'exgse catholique, on les a ds lors dirigs contre l'authenticit, la position demeurant identique rencontre de la primaut. 11 n'est vraiment pas ncessaire, dit M. Loisy, de prouver que les paroles de Jsus s'adressent Simon, fils de Jona, qui doit tre et qui a t la pierre fonda-

b) Reprenant le nom de Kepha (Cphas) donn a Simon, (ils de Joua. Jsus l'explique et le justifie, en assignant a celui qui le porte un rle de premire importance dans son uvre. Comme, ds prsent, la confession de Jsus, fils du Dieu vivant, est le fondement de la foi chrtienne, ainsi Pierre, dans l'avenir, sera la pierre vivante, non pas la pierre d'angle -,
Is.,

xxvm,
mais

16,
le

expression et rle rservs Jsus

fondement inbranlable sur lequel reposera l'difice que le Seigneur va dilier, l'glise. Ce fondement est un rocher pas plus que la maison du
Christ,
:

sage, Matth., vu, 24-25, la communaut messianique ne sera renverse, 'faut qu'elle devra demeurer sur la terre, car c'est de l'avenir terrestre qu'il est ici ques-

mentale de l'glise, et qu'elles ne concernent pas exclusivement la foi de Simon, ou bien tous ceux qui pourraient avoir la mme foi que lui; bien moins encore, la pierre peut-elle tre ici le Christ lui-mme. De telles interprtations ont pu tre proposes par les anciens commentateurs en vue de l'application morale, et releves par l'exgse protestante dans un intrt polmique; mais si l'on veut en faire le sens historique de l'vangile, ce ne sont plus que des distinctions subtiles et qui font violence au texte. A. Loisy, uang.
synopt.,
t.

de I'Hads, puissances redoutables de la (mort et enfer), ne prvaudront point contre l'glise fonde sur Pierre. Une lutte s'engagera donc, qui jettera toutes les forces de destruction, tous les lments de dissolution contre cette glise; mais. grce la solidit de son assise, elle ne sera point
tion, les portes
cit infrieure

dtruite.
c) Et c'est Pierre encore qui aura la garde des portes de la cit d'en-haut, le royaume des cieux. Autre image de couleur smitique. Je mettrai sur son paule la clef de la maison de David, et s'il ouvre, nul ne fermera, et s'il ferme, nul n'ouvrira , a-t-il t dit du Messie. Is., xxn, 22. Ainsi en sera-t-il du chef des aptrs, il aura sur l'glise pleine autorit. Liant ou dliant, il est assur que ses ordonnances, dfenses ou permissions seront eflicaces, ratifies par Dieu mme. Car lier et dlier signifient en langage rabbinique dfendre et permettre et se disent des dcisions formules par les docteurs dans l'interprtation de la Loi. Ainsi, l'cole de Hillcl dliait beaucoup de choses que celle de Schamma liait. A. Loisy, vang. synopt., t. il, p. 12. Voil bien la primaut. d) Sans doute, le Christ est la pierre angulaire , Matth., xxi, 42-45; cf. Act., iv, 11; I Petr., n, 7: Rom., ix, 33, objet de scandale pour les Juifs; ils l'ont rejete, pour leur propre ruine. Sans doute encore, nous devons btir sur Jsus-Christ comme fondement et ne point nous appuyer sur des intrts humains. Il est vrai aussi, par ailleurs, que le I Cor., m, 11. Christ est pour nous un rocher spirituel, d'o jaillit l'eau vive qui garantit la vie ternelle. I Cor., x, 4: cf. Joa., v, 14. Mais dans ces mtaphores diverses l'analogie est seulement verbale avec celle qui nous occupe; ces textes ne peuvent tre invoqus contre la primaut de Pierre. Et, de mme, si certains Pres ont insist sur la foi de l'aptre, qui est un roc solide, ils la comprenaient concrte et insparable de la personne: loin de songer nier la promesse de primaut quePierre avait reue en retour, ils l'ont, au contraire, surabondamment affirme en maintes occasions. e) Sans doute, enfin, le I er vangile, quelques pages plus loin, xvm, 18, contient un autre texte qui, dans une formule peu prs identique, confre au collge apostolique tout entier la puissance efficace et plnire de lier et dlier . N'oublions pas toutefois que ce second logion, de l'avis des critiques, concerne le collge apostolique uniquement, et non pas l'ensemble des fidles de l'glise universelle. Rappelons-nous de

n, p. 7-8.
'

Remarquons, en premier lieu, que le Tu es Petrus, autant par son contenu que par son caractre smitique, est en parfaite harmonie avec le contexte immdiat et avec l'vangile tout entier. E. von Dobschtz
ne fait pas difficult de reconnatre qu'il reprsente une tradition authentique. Die Kirche im Urchristenlum, dans Zeitschr. fur die N. T. Wissenschaft, 1929, p. 114. Jsus a pu dire mon glise , c'est--dire mon groupe, ma communaut, knischta, comme il a pu dire le

Matth., xm, 41, et 27; Luc, ix, 18; car il veut donner aux disciples une leon sur sa personne et son uvre. J.-B. Colon, La conception du salut d'aprs les vangiles synoptiques, dans Rev. des sciences relig., 1931, p. 391. Ne trouve-t-on pas le titre d' glise du Seigneur , glise de Dieu donn dans l'Ancien Testament l'assemble du peuple ou de pieuses runions ? Deut., xxm, 1, 2, 3, 8; Jud., xx, 2; I Par., xxvm, 8; Mich., n, 5; Neh., xm, 1. Bien plus, ne trouve-t-on pas dans les Lamentations, i, 10, ton glise , 'Exx)y;aav aou? a) Au surplus, le caractre aramen, le rythme videmment smitique de tout le passage, en dominent

royaume du
il

Fils de

l'homme

comme

dit y.

dans Marc,

vm,

imprieusement l'exgse. Le sens est clair, la suite A la profession de foi de Simon, Jsus rpond par une formelle et solennelle approbation, qui en fait valoir aussitt l'importance. La bndiction parat bien promesse et prophtie tout ensemble tre le dcalque de la salutation smitique. Les bndictions grecques, au contraire, ne comportent qu'assez rarement la formule \xay.6pio el. Cf. G.-L. Dirichlet, De veterum macarismis, dans Religionsgesehichtlichc
incontestable.

Versuhe und Vorarbeiten,


L{[i6jv

que

le

t. xiv, fasc. 4, 1914. Le BapivS n'est que la transcription de l'aramen, IV vangile finira par traduire, i, 42; xxi, 15 sq.
1

L'expression chair et sang n'a rien que d'un smitisme indiscutable, et quant au jeu de mots du verset 18, on ne peut soutenir qu'il ait pu tre conu primitivement en une autre langue que l'aramen Tu es (une) kepha et sur cette kepha ; si l'origine en tait grecque, le changement de genre Trarpa-TTTpc aurait t vit. Ce changement, au contraire, s'explique au mieux du fait que, lors de la rdaction grecque du I" vangile, le nom propre ITrp'-c tait dj consacr par l'usage. Dans les portes de I'Hads , on ne peut non plus s'empcher d'avouer un smitisme connu, comme aussi l'opposition terre et cieux .
:

que, pour ces critiques, ce texte du c. xvm n'est pas plus recevable que celui du c. xvi, ne pouvant non plus, selon eux, correspondre la vritable et historique pense de Jsus. Quoi qu'il en soit, et sans nous attarder ici des dmonstrations ou des rfutations qui ont t faites ailleurs, voir art. Aptres, vques, glise, bornons-nous dclarer, rencontre des affirmations intresses ou convaincues de quelques auteurs. Rville, Origines de l'piscopat. p. 37-38; Guignebert. Manuel d'hist. anc. du christianisme, p. 230: Modernisme, p. 90, que l'incompatibilit qu'ils dcou-

mme

25 7

PRIMAUT DU PAPE. LE TU

ES PETRUS

vrent entre ces deux passades de Matthieu est objecti-

vement inexistante. Nous avons montr prddemment, d'aprs les rcits vangliques, la prminence de Pierre parmi les Douze; cette prminence justifie
parfaitement la collation d'une prrogative spciale et unique. 1 e pouvoir de lier et de dlier est confr Pierre en premier lieu, aux Douze ensuite, c'est vrai. Mais celle fonction que partage Pierre avec ses collgues se surajoute une prrogative qui lui est exclusivement rserve, parce que seul il esi le rocher, le fondement de l'glise, et que seul il a reu les clefs du royaume des deux. En dfinitive, ni contradiction ni inconqiai ibilit ne se peuvenl percevoir entre ces deux textes qui successivement nous fonl connatre el la suprme juridiction qui n'appartienl qu' un seul el les pouvoirs du collge apostolique toul entier. 3. Voleur thtologique du Ds lors Tu es Petrus qu'on admet le sens obvie du logion el sou historicit, on lui reconnat une porte thologique de premiei
,

collge apostolique tout entier, se trouve ici prom Pierre, mais un degr unique et surminent du fait qu'elle se trouve unie au pouvoir des clefs et a la pr-

ordre.

rogative de pierre fondamentale, de mme le pouvoir des clefs rserv a Pierre ne consistera pas seulemenl a ouvrir les portes de l'glise, deux fois seulement, aux Juifs et aux gentils, et de mme encore le fondement doit prendre toute sa valeur et toute son importance du fait que l'glise (instruite sur ce roc inbranlable rsistera a toutes les (anses de ruine, a toutes les puissances de destruction. Le texte doit tre interprt selon cette cohrence organique parfaite qui rie pei met aucune dsarticulation arbitraire les trois n pborcs s'clairent et se renforcent l'une l'autre, elles ne peuvent ni ne doivent s'expliquer isolement. Il s'ensuit que, sans nulle quivoque possible, la pron faite a Pierre concerne bien une autorite effective, un principal spirituel suprme sur l'glise de .Ksus. b) Cette primaut de gouvernement, la mtaphon de la pierre fondamentale nous la prsente comme
:

a) Pour les protestants orthodoxes et pour tous ceux qui s'ingnient a en dtourner ou minimiser le sens, ce texte est sans force probante en faveur d'une primaut relle. S'ils concdenl que Jsus a romis a Pierre un privilge, une prrogative, ils ne consentent pas y voir nue autorit vritable de gouvernement, moins encore un pouvoir perptuel et transmissible a des successeurs. Volontiers, ils s'en tiendraient a nue prminence strictement personnelle el purement honorifique; tout au plus admettront-ils (pie Pierre a pu jouir d'une Influence prj ondrante dans la pr< dl cation apostolique et l'tablissement du christianisme. Ainsi pensent, entre autres, .L Bovon, Tholog Nouveau Testament, t. i, Lausanne. 1902, p. 464, el P.-F. Jalaquier, De l'glise, p. 219 221. Mais pour les libraux, pour la plupart des critiques Indpendants, le sens du texte est trop clair, la porte dogmatique en est aussi trop vidente; aussi ne font Ils pas difficult d'avouer (pic- ('est cela mme qui constitue le motif principal pour lequel l'authenticit, ou tout au moins l'historicit, leur en semble Inadmissible. Telle est. a quelques nuances pies, la positions d'A. Loisy, />s vangiles synoptiques, t. n, p. B-15; de .1. Grill /''/ Primai des Petrus, Tubingue, 1904, p. 9 17: de II. Mon nier, Notion de l'apostolat, p. 133 135; de Ch. Guigne bert, Manuel..., p. 226-227. Constatons, une rois de plus, (pic, pour ces auteurs, le dlit se ramne salis cesse el se limite la question de l'tablissement du royaume de Dieu el de la constitution d'une glise. Mais retenons leur aveu quant a la signification et la porte de notre texte. lu Il ne suffira donc pas de voir une application i\ti es Petrus dans le rle de premier plan <pic joua Pierre lors de l'tablissement de l'glise. Qu'il ait ouvert la porte de l'glise aux Juifs cl aux gentils, ce n'est un accomplissement Intgral de la promesse du pou voir des clefs, il ne suffira pas davantage de rest reindre toute l'organisation de l'glise fonde sur Pierre a une oui la rit Icnisclila qui ne rassemble les disciples que ration de la dernire cne. Cf. Katlenbuscb, op. cit., p. 169 sq. A vrai dire, le texte de Matthieu nous met en face de trois mtaphores successives. Celle de la pierre fondamentale pourrait, en toute rigueur, s'entendre d'un privilge qui n'impliquerait qu'un apostolat par liculircnicnt fructueux et bni. Mais il nous faut tenir compte, pour en bien juger, du contexte immdiat, des deux images qui suivent et des pouvoirs qu'elles Blgnifient, La garde des clefs du royaume symbolise la charge d'intendant, d'administrateur suprme. Cf. Mal th., xmv, 15; Luc, xn, 42. Le pouvoir de lier el de dlier suppose le droit souverain de lgifrer cl de dispenser, avec l'approbation mme de Dieu. De mme que cette juridiction . dont sera Investi plus tard le
|
|

ncessaire

et

comme
qu'il
>

De mme

perptuelle. a M(<vs//,

indlei Utilement uni au

pour un KM sur lequel il a


les

(dit'.,

d'tn
et

de
i

construit,
les

pour pouvoir di lui toutes dangers d'effondrement, de


i.i

fou es de ruine
il

mme

a ni

ssit

pour

communaut des fidles de demeurer hirarchise et tout entire difie sur la snpi, me auto rite du chef que lui a donn l< Christ, son fondateur lu es Pierre, el sur cette pane Je btirai mm. l'intention est nettement expt uni-, li on
.

texte la (iimphte et la corrobore singulirement, nous l'avons \ u. La construction messianique tablie sur Pierre doit triompher des puissances de la mort et de l'enfer pu- lie (pie suit l'interprtation pr Isc donne a poi tes de ri lads manifeste ment la prennitc est Ici pro mme, pu mise a glise que gouvernera Pierre,
. i

suite
la

que
i

la

cr| t

mte

d-

la

maison

so| pi se

d'abord

perptuit du fondement, de mme la prennit glise implique au pralable et iiur^iir la assure a prennit de la prrogative accorde au rm <t Simon Pain n -t pasque li tus. n n rsulte puqu'il en est lefon fondement historique de l'glise
i
.

dment adud et permanent : il dure d xd a nos dans une puissance pu lie et dlie, pu l tient veux pu est l'autorit Il lIisi les clefs du ro\aumc. il elle mme, non pas s;ms dnule SOU autorit diffuse, rgime particulier (les communauts, mais une auto il. in laie et distincte, (pu est aux autorits p.irtieli in us ce pie Simon Pierre a t par rapport aux lis,
1

1-

mme... A. Loisy, / t. m. p. 10, a primaut de l'une sera dune transmis si le par \ oie de succession mt mue et K u il nue. Telle est la conclusion pu logiquement dcoule dune exgse rationnelle du texte, conformment d'ailleurs a ce qu'exige la nature d'un ouvoir erma lient dans les Socits humaines. Il f.uil singulirement rtrcir les erspectlves vangliques et les intentions les plus prcises le Jsus pour prtendra que la prl maute de Pierre lui est uniquement personnelle, qu'elle s'puise avec la fondation le l'glise, qu'elle s'teint avec son titulaire, ainsi, du reste, pu- s'teignent aveu eux tous les pouvoirs dpartis aux aptres Que les
pies et Paul lui
I
1

aptres

cl

leur chef aient juin

le

privilges ex

aorili

que premiers prdicateurs le van nier: mais que leur mission gile, nul ne peut songer a de pasteurs, si on la leur reconnat, n'ait pas ih s, peu
naires, en tant
i

1'

peiner, c'est ce qui est inconcevable,

lu

moment

qu

l'glise confie a leurs soins doit atteindre jusqu'aux extrmits de la terre et durer jusqu' la consomma

lion des sicles. es aptres ont lune transmis leurs pouvoirs de pas leurs aux vques, leurs successeurs. De mme, a plus
i

DICT. DIS TIIIOL. CATHOL.

T.

XIII

259
primaut

PRIMAUT DE IMKKHK DANS LES ACTES


ses successeurs les papes, princes des
si

260

forte raison, le prince des aptres, Pierre, a transmis sa

pas

tcurs. Car,

JstlS avail jug ncessaire a son glise,

des aptres, un centre, un fondement suprme qui remplat la sienne, d'exister il n'a pu vouloir qu'une telle primaut cesst aprs la disparition de ceux qui avaient t ses tmoins et ses disciples, alors que, dans une glise plus vaste des pasteurs pourvus d'un prestige et de pouvoirs moindres devraient Caire lace a une situation de jour en jour plus complexe et plus difficile. 4 Confirmation et collation le lu primante Pierre. Le Tu es Petrus n'est pas le dernier mot de .Jsus sur la constitution de l'autorit suprme qui devra rgir son

du vivant

mme

d'unit, une autorit

rement des chapitres qui relatent la rsurrection et les laits postrieurs. Notons toutefois que, pour les critiques indpendants, le c. xxi, qu'ils considrent comme additionnel, reprsente une tradition qui serait troitement apparente a celle des synoptiques et, par suite, d'un caractre beaucoup plus historique, dans son ensemble, que tout le reste du I\ v vangile. Nous ne nous arrterons pas a discuter la prtention des rationalistes d'carter comme lgendaire toute parole prte Jsus ressuscit, sous le prtexte (pie sa rsurrection n'est pas un fait historiquement tabli. Venons-en au texte, au pasce oues meus de Joa., xxi, 15, 17.

et

glise. A la promesse rpondent une collation formelles.


1.

une confirmation

Confirmation. La primaut de juridiction entrane logiquement, dans une socit qui exige d'abord une adhsion de foi, un pouvoir doctrinal de contrle et de direction. Un texte de Luc nous fait constater que ce pouvoir a t confr Pierre. Simon, Simon, s'crie Jsus, voici que Satan a obtenu [la permission] de vous cribler comme le froment... Mais moi, j'ai pri pour toi, afin que ta foi ne dfaille pas; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frres. Luc, xxn, 31, 32. Aucun doute ne s'lve sur l'authenticit, aucune incertitude ne rgne sur le sens de ce passage. Celui que Satan souhaitait surtout faire tomber, c'tait Pierre, le chef des aptres. Jsus a connu le pril qui le menaait; il n'a pas voulu le prserver entirement; mais sa prire a mis l'abri sa foi. Sa foi ne sera donc pas dfaillante, et, revenu de son cart de conduite, c'est lui qu'il appartiendra d'affermir ses frres. Il n'est pas dit d'ailleurs que les autres aptres

Lors donc qu'ils eurent djeun, Jsus dit Simon Simon, tils de Jean, m'aimes-tu plus que ceuxci ? Il lui dit Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Il lui dit Pais ((oaxe) mes agneaux. Il lui redit une seconde fois Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Il lui dit Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Il lui dit Sois le pasteur (h'j'v.xxi^z) de mes brebis. Il lui dit pour la troisime fois Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Pierre fut contrist de ce que Jsus lui avait dit pour la troisime fois M'aimes-tu ? Et il dit Seigneur, vous connaissez tout, vous savez que je vous

Pierre

Il lui dit Pais (picote) mes brebis. La valeur probante du passage est vidente par ellemme. Jsus, qui est le bon Pasteur, Joa., x, 14-16, se

aime.

un vicaire pour patre son troupeau tout entier. Les deux termes du texte grec, dont le Matre se sert
choisit
ici

signifient, l'un et l'autre, fais patre, dirige, et

ils

perdront la foi, puisqu'il ne s'agit que de les affermir. Mais le privilge d'une foi indfectible n'est assur qu' Pierre. Le protestant Bengel a dit avec sa conci En prservant Pierre, dont la ruine sion lapidaire et entran tous les autres, Jsus les a tous prser vs. Tout ce discours du Seigneur prsuppose que Pierre tait le premier des aptres, dont la rsistance ou la chute dciderait plus ou moins du sort des autres. Le texte de Luc, si on l'isolait, pourrait se rapporter seulement la circonstance prochaine du scandale des aptres. Mais sa teneur est absolue, ce qui nous autorise le rattacher la promesse dj faite Pierre, rocher inbranlable sur lequel l'glise sera btie. [Ce terme grec (TT7)psi.v, affermir , s'appareille ce Kepha, si expressif, de Matthieu. La nouvelle
:

s'appliquent spcialement la conduite d'un troupeau. Mais il est remarquer que le terme mi\ixivz a dj un sens plus tendu, dgag de la mtaphore du berger et du troupeau, et qu'il s'applique, en outre, l'autorit temporelle d'un pasteur, chef de peuple ou roi. cf. Matth., il, 6; Apoc, n, 27; xn, 5; xix, 15, et aussi
la juridiction proprement spirituelle dans l'glise. Act., xx, 28; I Petr., v, 2. Quant aux mots a agneaux et brebis , la signification qui en ressort n'a pas besoin d'tre commente. Soulignons plutt l'insistance du Sauveur, qui tient rhabiliter Pierre ses propres

yeux comme devant ses frres, qui connat et qui rclame dans le chef des aptres non seulement une foi plus ferme, mais encore un amour plus fort que dans

ceux-ci

et la solennit
es Petrus,

de cette investiture, qui, ra-

lisant le

montre moins clairement, sans doute, la perptuit, mais plus explicitement l'universalit de la suprme juridiction de Pierre, sa primaut
5

Tu

inamissible.

La primaut

exerce par sainl Pierre.

Il

nous

dclaration du Christ prcise ainsi que cette solidit du roc est celle d'une foi que rien ne peut branler, puisqu'elle est appuye sur la prire de Jsus. Cette prrogative permettra Pierre d'affermir dans la foi mme les aptres, sans parler des autres croyants. Et cela aussi longtemps que durera l'Eglise, contre laquelle les portes de l'enfer ne prvaudront point. Lagrange. I.' vangile de Jsus-Christ, p. 512-513. Sans doute, nous avons l, d'abord et surtout, l'nonc bref du privilge de l'infaillibilit personnelle et active accorde Pierre; mais, par le fait mme que cette attribution n'est faite qu' lui seul, chef suprme dont la foi primera et affirmera celle des autres pasteurs, par le fait mme, et en dpit du revirement prvu, la primaut effective promise Csare se trouve ici confirme solennellement par le Matre. 2. Collation dfinitive de la primaut Pierre. Simon-Pierre avait reni Jsus, et cependant c'est lui que le Sauveur ressuscit apparut le premier. Son prinCipat suprme lui est donc maintenu. L'vangile de saint Jean va nous en raconter la dfinitive collation l'aptre rhabilit. Pour nous, l'authenticit et l'historicit de ce texte se trouvent tre les mmes que celles de l'vangile johannique en gnral et plus particuli-

faut voir, prsent, dans l'histoire de la primitive glise, l'aptre Pierre exerant la primaut dont il est
investi.
1. Dans les Actes des aptres. C'est Pierre qui prside le collge apostolique et qui, au lendemain de

l'Ascension, propose de procder au remplacement de Judas. Act., i, 15-26. C'est lui qui, la Pentecte, se prsentant comme le chef de la communaut vanglique, inaugure la prdication apostolique. Il est bien entour des Onze; mais c'est lui qui est nomm en tte, comme leur chef: Petrus cum undecim... Dixerunt ad Petrum et ad reliquos apostolos... Act., n, 14, 37. Le rle de Pierre dans la gurison du boiteux et dans le discours qui la suivit, m. 1-26, n'est pas moins remarquable. Et, devant le Sanhdrin, c'est Pierre encore qui parle au nom de tous, iv, 5-22, ou Pierre en premier lieu, Petrus et apostoli. v. 27-29, 30-32. C'est Pierre semblablement qui au dbut assume le gouvernement intrieur de l'glise de Jrusalem, chtiant Ananic cl Saphire. v, 1-1 1, ou qui, avec Jean, se rend en Samarie imposer les mains aux convertis que Philippe a baptiss, vin, 1 1-2 1. Le texte, sans doute, f. 14, s'exprime ainsi miserunt (apostoli) ad eos PelrumelJoannem. Mais, outre que ce miserunt peut s'entendre d'une dcision prise en
:

261
commun,

PRIMAUT. SAINT PIKRKK


vain.
i<

ROME

262

ce n'est qu'un mot qui, dans son raccourci, ne saurail prvaloir contre un contexte o nous voyons Pierre user de toute son autorit de prince des aptres
visiter les
Ki.
.'il -

pour maudire Simon le Magicien et pour communauts de la cte palestinienne, ix,


lui

C'est

premier, qui, d'autorit, sur l'ordre de Oicu menu-, ouvre aux gentils les portes de l'glise, en recevant au baptme le centurion Corneille et les siens, x, 1 sq., sans les taire passer parle judasme, xi, 1-18. Pierre ne nous apparat pas moins chef, chef vnr el aim, lorsque, prisonnier du roi Hrode Agrippa, puis miraculeusement dlivr, il est l'objet des angoisses et (les prires de tous les fidles, la cause aussi de leur joie, xii, .'5-17. Enfin, lors de l'assemble apostolique de Jrusalem, Pierre exerce manifestement une primaut que ne lui conteste ni Jacques ni aucun autre, xv, (I sq. Devant cel ensemble de faits, on peut reconnatre que I'ierre est devenu en toute vrit le prince des ap trs, le fondateur de la tradition chrtienne, le fonde ment de l'glise . A. Loisv, Les Acte <lcs aptres, p. 580. Pour qui admet la valeur historique du livre de saint Luc, ces tmoignages sont dcisifs. 2. J)(ins les pttres. Les ('pitres catholiques ne nous fournissent aucun texte sur la primaut, pas mme Celles qui sont de I'ierre. Ce silence n'a rien qui doive nous tonner, lui tout tal de cause ces crits ne cou tiennent rien qui sur ce point contredise ou Infirme les affirmations des vangiles ou du livre des Actes. Les pttres de saint Paul, en revanche, font plusieurs allusions a I'ierre et son autorit. Dans la I" BUS Corinthiens, l'aptre, numrant les chefs dont se rclament les diverses factions, leur fait dire tour tour Ego quidem sum Pault; ego autan Apollo; ego Cephas; ego aulrm Chrisll. I Cor., r, 12. Quoi qu'on ait prtendu, il y a peu de chose til er TOJ uns nous, de celte gradation ascendante. Plus loin, Paul revendique hautement le droit de se comporter pratiquement comme les autres aptres, ticui et ceteri apostoli et fratres Domlni et Cephas. ix, r>. Ici, Pierre est nette ment dtach du poupe (les autres autorits; mais il laid bien avouer (pie, pas plus ici (pie dans rpit re aux c plias liai al es, Paul ne semble professer a l'endroit de une considrai ion part ieulire. Cela n'en donne (pie plus de prix aux dclarai ions o Paul reconnat l'autorit de Pierre el la ncessit de confronter son enseignement avec h' sien. C'est de lui qu'il csl all faire connaissance a Jrusalem :.. vent Jerosolymam vtdere Petrum, <! et c'est l plus manst apud eum diebus quindecim (prune simple visite, c'est un sjour prolong le grec laTopr ooa suppose des entretiens prolongs. Aliuni autan apostolorum vidt neminan, nlst Jacobum fralrem Domini. Cal., i, 18-19. Pourquoi Jacques, sinon pour sa parent avec .lesiis et pour sa situation particulire dans la Ville sainte? El pourquoi Pierre, seul entre Ions les autres, sinon pour sa primaut 7 Ce n'est pas le rcit du contlit d'AntiOche qui peut nioili lier cette conclusion. Cal., u, 21. Ni la doctrine, ni mme l'autorit du prince des aptres ne sont ici mises en question, mais uniquement sou altitude pra tique, prjudiciable aux convertis de la gentilit el contraire la ligne de conduite arrte sous sa prsi dence Jrusalem c'est cette pusillanimit el celte Inconsquence que Paul a os reprocher Pierre, malgr sa primaut. Car c'est bien cause de cet te primaut reconnue de tous que Paul insiste sur l'audace de sou Intervention. M. Loisv l'a bien vu, lui qui a crit L'altitude de Paul l'gard de Pierre cl son langage dans l'ptre aux Caltes prouvent simplement que la primaut de Simon ne se prsentait pas et n'tait pas considre comme un pouvoir de domination; mais le tmoignage mme de Paul atteste (pie Simon Pierre (tait le chef du service vanglique, l'homme avec lequel il fallait se concerter sous peine de travailler en
encore,
lui le
i
: I

vang. synopt., t. n, p. 1 1. Ce tmoignage de Paul rejoint et confirme celui des vanglistes. Ainsi donc, le Nouveau Testament nous livre le dogme catholique de la primaut de saint Pierre exprim formellement et dj ralis dans les faits. L'histoire de l'glise et la tradition vont nous eu montrer le prolongement lgitime dans l'exercice du principat spirituel des pontifes romains. II. La VENUE DE sum Pu. khi. a I'.umi. i.t la priSu i,i. humain. Ce sont deux faits d'un MAl'li autre ordre, mais deux laits gnrateurs de droit, Pierre est devenu qu'il nous faut a prsent exposer l'vque de Rome; en mourant sur ce sige, il a ouvert pour les vques de Rome la succession lgitime a sa primaut universelle. Mue saint Pierre soit venue 1 Saint Pierre a Rome. Rome et qu'il y soit mort, c'est ce qu'admet la presque unanimit des historiens srieux, mme trangers au catholicisme. Seuls, quelques polmistes s'obstinent a soutenir le contraire, pour des lins qui n'ont rien de commun avec la science. Ad. larnack, Die Chronologie
J

elpzig, der altchristltchen Lltteralur bis Eusebtus, t. i. 1K!7, p. 2 1, n. 2, et L. Ihk hesne. Histoire ancienne de
l I

l'glise,

t.

i.

tion

comme

Paris. [906, p. 61 63, considrent la questranche en faveur de la tradition. Ch.


/.

primaut <! Pierre et lu vauux <!> Pierre 1909, qui a prtendu dfendre la thse Oppose, s'est ait ire les justes svrits de P. Monceaux. L'apostolat de saint Pierre " Rome, dans Reo. rf'liisl. et sq. A. Paner n'a pas t <!< Iill. rrl.. Paris, 1910, p. 21 plus heureux dans ses ngations, brillamment rfutes
Guignebert,
Rome,

Pans

par
p.

le

H. P. loehniinghaus,

Vom Crabe

des hetl, Petrus

Zelt, 1918, 251 267. C'est en vain (pie l'on a lente de solidariser la tradi tion historique de l'glise romaine avec les rcits lgendaires concernant Simon le Magicien. Elle en est indpendante et se soutient par des tmoignages de

Funde une Feinde, dans Sttmmen du

premier ordre.

<

L Clment, qui avait sans doute connu les deux aptres, nous fournit, dans sa lettre aux Corinthiens. / Cor., \ 1, 6, crite Rome vers 95, c'est a-dire trente ans au plus aprs les e\ eneinent s, les donnes Mil
.

yeux -.m nos vaillants aptres vvh'/jc inoarXou) Pierre, (pu. victime d'une Jalousie criminelle, souffrit, non pas une ou deux preuves, mais un grand nombre, ei ainsi martyr (>/}-<.) u.7i.-:').r nyi\ s'en alla au sjour de gloire (pu lui
;

xanies

.letons les

>//(-.v roic,

tait

du...

1'.

Monceaux
qu'o

le

lait

remarquer.
f]u.v

le

bon

sens Indique

ici

doit

rapportei

ce qui

suit... Clment de Home invoque ilon, le souvenir des aptres romains, Pierre et Paul, souvenir reste vivant dans la Communaut locale... Celle allusion appelle tout naturellement un hommage aux autres chrtiens de Rome qui on) partag le sort des aptres, tootoi... on>v7)8po(o6r] jtoXu ttXtjo bcXexr&M (cf. la multitudo in grils de facile. A un.. I. XV, C. \ IV et ont laisse a Rome (vJ|u.v) un magnifique exemple, La perscution dont il est question ici ne peut tre (pie la perscution de Nron tous les faits ment ion ns. c, \ v se sont ev demment passs Rome. Ainsi, de ce texte clbre, <>n doit tirer trois indications prcieuses a) clment conde l'glise 'a ul cou une les a aptres sidrait Pierre el romaine; b il admettait le martyre de Pierre Home; C) il plaait ce martyre au temps de la perscution de P. Monceaux, op. ni., p. 226 sq. 'telle est la Nron. seule explication plausible de ce passage fameux elle a conquis tous les critiques auxquels les prjugs ne jettent pas un voile sur les veux Duclicsnc. Les Origines chrtiennes, cours lithographie, p. 7;. On peut d'ailleurs lire dans i. 'ascension d'Isol, i. 2-3, ce texte fort suggestif: Aprs qu'il sera consomm, descendre Bliar, le grand prince, le roi de ce monde, qui la
I
i : i i
:

263
;i

l'Ul.M
il

UT. SAI NT

I'I

ERRE
eccl.,
I.

ROME
i,

264

domin ds qu'il exist; el ment mius la (orme d'un homme, roi d'iniquit, meurtrier de sa mire, qui lui-mme est roi de ce monde. El il
perscutera la plantation qu'auront plante les douze aptres du Bien Aim; des Douze, un sera livr entr ses mains. d. E. Tisserant, Paris, 1909, p. 1 16-1 17. Les historiens les plus srieux admettent que ce Bliar est Nron ! que l'aptre par lui saisi ne peut tre que Pierre. Mgr Tisserant, op. cit., p. 227, cite llarnaek, lequel est formellement partisan de celle identification et y dcouvre un tmoignage de plus en faveur du fait

descendra de son firma-

llarnaek a mme pu citer le Hist. tmoignage du paen Porphyre, d'aprs un texte de Macarius Magns, du sicle suivant. Die Mission und Ausbreilung desChristenlums, t. i, Leipzig, 1906, p. 54, Et voila qui, en passant par l'vque Pierre d'Alexan
III, c.

drie, Epist. can.,tx, P. G.,

t.

xvm,

col. 183, et l'histo-

sous Nron. 2. Saint Ignace d'Antioche, quelque dix ou vingt ans plus tard, dans sa lettre clbre aux Romains, les supJe ne pliant de ne pas le priver du martyre, leur dit vous donne pas un ordre connue Pierre ou Paul ils taient aptres, je suis un condamn... Rom., iv, 3, argument qui n'a de valeur vritable que si Pierre et Paul sont venus Rome et si l'on peut traduire ils taient vos aptres, je ne suis, pour vous, qu'un condamn... . Or, Ignace tait le chef de cette glise d'Antioche qui se glorifiait de possder la premire chaire de Pierre; le tmoin est de poids. Que vaut, ct, le silence de Justin ou d'Hermas, qui, d'ailleurs, ne parlent fias davantage de la venue et de la mort de Il est amplement compens. Paul Rome Aux environs de l'an 180, l'vo3. Saint I rene. que de Lyon, Irne, qui connat la tradition romaine pour avoir vcu Rome plusieurs annes, dit expressment que l'glise de Rome fut fonde par les saints aptres Pierre et Paul. Dans cette page que nous retrouverons, il tablit la srie des pontifes qui se sont succd depuis que les bienheureux aptres confirent Lin la charge d'vque . Cont. hier., III, ni, 1, P. G., t. vu, col. 845.

de

la

mort de Pierre

Rome)

'?

4. De la mme poque, Eusbe nous rapporte deux tmoignages d'importance, l'un d'un homme d'glise nomm Caius , contemporain du pape Zphyrin (dbut du n e sicle), qui, dans un crit o il discute avec Proclus, chef de la secte phrygienne, s'exprime ainsi touchant les tombeaux des deux aptres: Je puis montrer les trophes des aptres. Si tu veux aller au Vatican ou sur la voied'Ostie, tu trouveras les trophes de ceux qui fondrent cette glise ; l'autre, de l'vque Demjs de Corinthe, qui, vers 170, s'adressant aux Romains, leur Vous-mmes avez associ... la crit er ces termes plantation faite par Pierre et Paul des glises de Rome et de Corinthe...; tous deux, partis pour l'Italie, y enseignrent ensemble et subirent le martyre vers le mme temps. Hist. eccl., 1. II, c. xxv, n. 5-8, P. G., xx, col. 208-209. t. e sicle, Cyprien de 5. Au dbut et au milieu du Carthage, Firmilien de Csare, en Cappadoce, Denys d'Alexandrie Fabius d'Antioche, Calliste et Hippolyte de Rome, aussi bien que l'auteur inconnu d'un livre contre Artmon, bref, toute l'glise d'Orient ou d'Occident, admettent ou considrent comme admis universellement que le sige de Rome est le sige mme de Pierre, que l'vque de Rome est le successeur de Pierre. Pour Tertullien, l' heureuse glise de Rome les aptres Pierre et Paul ont vers toute leur doctrine avec leur sang . De prscript., xxxvi; cf. ibid., xxx,
:

Eusbe, trop dpendant malheureusement Actes apocryphes, Hist. ceci., i. il, c xiv, xv, xxv, rejoint l'attestation du chronographe librien. 6. Le Chronographe (librien) de an 354, crit en tte de son catalogue des vques de Rome Pelrus ann. XXV, mens, uno, d. Vint, fuit temporibus Tiberii desaris el Gai et Tiberi Claudi et Neronis a consul. Minuci et Longini usque Serine et Vero. Passus autem cnm Paulo die ni kal. iulias consul, ss. imperanle Keronc. A la vrit, il n'y a aucun fond faire sur les donnes chronologiques fournies par ce texte, qui n'iraient rien de moins qu' faire venir Pierre Rome une date beaucoup trop prcoce. Plus intressante est la Depositio martyrum, qui se rattache au mme texte et nous livre un calendrier de l'glise romaine utilisant peut-tre les recherches faites par Hgsippe vers 160 et o l'on peut relever vin kal. martias natale Ptri de cathedra. /// kal. iul. Ptri in Calacumbas et Pauli Ostense, Tusco et Basso cons. (Ces textes du Chronographe de l'an :J54, dans C. Kirch. Enchiridion fonlium histori ccclesiast. antiq., n. 491, 492.) Nous avons l une indication prcieuse de la double commmoration faite par l'glise de Rome, le 22 fvrier, de l'piscopat ou chaire de l'aptre, le 29 juin de sa dposition . Le consulat de Tuscus et de Bassus, il est vrai, nous reporte l'an 258, au temps de la perscution de Valrien, deux sicles environ aprs la mort des deux aptres. A cette date, a-t-on pens avec beaucoup de vraisemblance, en raison de la tourmente qui svissait sur la communaut romaine, les restes vnrs des aptres Pierre et Paul furent transfrs sur la voie Appienne, au lieu dit ad Catacumbas; prcisment, les anciens itinraires disent que les tombeaux" des saints aptres furent en ce lieu, Saint-Sbastien, pendant quarante ans. Notitia ecclesiarum, dans De
rien
I
:

Rossi,

Roma

sollerranea,

t. i,

p. 139, 141.

Que

ce chiffre

xxxn,

P. L., t. il, col. 48, 42, 44; Scorpiace, xv, 2-5, ibid., col. 151; De pudicit., xxi, 9-10, ibid., col. 1025; Adv. Marcion., iv, 5, ibid., col. 366. Quant Clment d'Alexandrie, Hypotyposes, dans Eusbe, Hist. eccl., 1. VI, c. xiv, rapportant comment fut compos l'vangile selon Marc, il rappelle d'abord que Pierre prchait publiquement Rome la parole et annonait l'vangile sous l'action de l'Esprit . Origne, peuttre influenc par les Actes de Pierre, nous dit de celui-ci que, venu finalement Rome, il y fut crucifi la tte en bas, sur sa demande expresse . Dans Eusbe,

de quarante soit approximatif ou symbolique, suivant la remarque de Duchesne, il n'importe gure; mais l'hypothse du transfert s'en trouve confirme, d'autant plus que ces indications diverses s'accordent avec les nombreux grafti du IV e ou du v c sicle, mis rcemment au jour Saint-Sbastien, avec l'inscription compose par le pape saint Damase et place par lui ad Calacumbas : < Hic habitasse prius sanclos cognoscere debes Xomina quisque Ptri pariler Paulique requiris v. Rien que cette tradition et cette translation suppose aient t rvoques en doute, elles semblent bien tre confirmes par les dcouvertes rcentes. Les fouilles de Saint-Sbastien ont mis jour (1915-1925), entre autres monuments notables, un antique triclinium ou salle d'agapes que les archologues les plus avertis datent de la seconde moiti du ni'' sicle et dont un fragment de muraille montre encore plus de cent cinquante graffiti rappelant des repas funraires clbrs en l'honneur de Pierre et de Paul et des invocations ou recommanda Pierre et Paul, tions qui associent leurs deux noms secourez Primus, pcheur... En l'honneur de Pierre et Paul, j'ai fait le re/rigerium, moi, Tomius Cxlius... Ce mot refrigerium, qui se trouve rpt quatre fois, dsigne en latin l'agape liturgique en l'honneur des martyrs, sur leurs tombeaux, en sorte que nous avons l un mouvant tmoignage en faveur de la prsence Rome du corps de l'Aptre. Voir Atli dlia pont, accademia romana di archeologia, travaux de P. Styger. O. Marucchi, R. Lanciani, A. Ratti, etc.. Rome. sr. II. t. xii-xiv. 1918-1920. Cf. H. Chramy, P. S. S.. Saint-Sbastien-hors-les-Murs, la basilique, le souvenir
:

2G!
apostolique,
et

PRIMAUTE. LES PREMIERS SUCCESSEURS DE PIERRE


les fidles,

266

ail C.ulurumbas , I'aris, 1925, le (iineliere Les catacombes romaines, Paris, 1932, p. 150-151. Contre la translation, Delehaye, Origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1912, p. 302-308, et Le sanctuaire des aptres sur la voie Appiennc, dans Analecta bollandiana, 1927, p. 297-306. 7. Il est superflu d'insister, les monuments abondent, qui attestent le souvenir persistant de Pierre a Borne son tombeau au Val Ican, el aussi les peintures, les vases, les inscriptions des catacombes qui portent son effigie OU son nom. A ces pieuses s'ajoute celle que
:

l'piscopat de Corinthe, et donc aussi celui de Borne, taient collgiaux, xi.iv, 4-6; Ignace ne connat que

nullement l'vque de Home.

n. 2; ix,

l;

a des oracles, des reproches ou des prceptes presbv trs , les pour les chefs , en un mot pour ceux qui occupent ou briguent les premires places, sans jamais une allusion a un voque monarchique.

Hermas

unanime des la tradition constante el glises orientales mme spares. E1 qui ne voit la Signification et la valeur que pourrait avoir leur silence, alors que parmi elles il n'en est aucune qui
nous fournit
revendique l'honneur de possder le tombeau de Pierre Mais elles ne se taisent point OU Sa chaire dfinitive dans leurs liturgies, l'envi, elles clbrenl celui cjui est devenu le premier voque de Home 8. Pourquoi n'invoquerions nous pas enfin le Non veau Testament mme 1 La l a Ptri, v, 13, nous four ait ces mots Salulat vos Ecclesia, qu.se, est in Babylone Infaussaire, si faussaire eoelecta, et Marcus /ilius meus. il y avait, se serait bien gard de dater ce document qui de toute vidence, est de l'ge apostolique, d'un endroit o Pierre n'aurait pas fait un sjour connu de tout le monde. Il faut donc ngliger bs fantaisies des vaudois, de Marsllede Padoue et de tous les polmistes qui aiment mieux chercher l'Apt re en Babylone de Msopotamie que de le trouver Home. Ni le silence de l.uc dans les Actes, ni celui des pilres de saint l'aul, ni celui de Fo si plie ne nous interdisent de reconnatre que Rome est Ici reprsente par Babylone. Renan lui mme en
'.'
: .

Mund.. XI, 2. par ailleurs, que vers le milieu du n'- sicle. l'glise romaine tait en possession d'un catalogue de ses vques. Nous en avons la preuve incontestable dans Irne. Cont. Ii.ir.. III, m, qui nous amne aii\ environs de 180; dans p.usehe. Ilisl.
Vis.,
Il

II,

6;

III,

ix, 7:

est

non moins

vrai,

.'(,

eccl.,

I. I.

III. c.

n.

xiv,
et

xv. xxxiv
(./a-unic. ai

I.

IV.

c.

i,

iv, x.
I,

xix

Y,

c. vi,

XXIV,

qui,

crivant vers 324, utilise ce mme catalogue, en s'appuyanl sur l'autorit d'Inne. d'Hgsippe et de Jules Africain; enfin dans piphane, Hseret kxvii, t. xi. i, col. 372, qui, un demi-sicle plus tard, semble bien, en rptant la mme srie de pontifes romains, avoir utilise- un ancien document. Or, prcisment, nous .avons par Eusbe, Hist. eccl.,1. [V, C XXII, n. 3, que, venu a Rome sous Anicet, le Palestinien H sippe dressa une livle de succession jusqu' Anicet. dont leutbre tait diacre e qui nous conduit aux alentours de l'an 160. El nous lis., n s. en outre, dans le
,

Fragment

de Muratori (vers
:

'_'

ligne
l

7.;.

que

le

lermas, pendant que son frre Pie <<< cupait la chaire de Home vers [50, par consquent. Enfin, In l'imphane, d'autres encore, nous fournissent menls, de source romaine videmment, fournis
ei
i

emment par

convient, L'Antchrist, p, 122. De fait, l'Apocalypse, XVI-XVIII, niais aussi les Oracles sibyllins, I. V, \ 160 (cf. saint Augustin, De civ. Dei, I. XVIII, c. ri, 2, /'. /.., t. xi. i, col. 561), donnent la Rome paenne, capitale d'Iniquit et lover de perscution, le nom de

doute par ri glise de

l'on il rsulte que connaissait non seulement les noms vqUeS, niais encore les faits les plus notables de leur piscopat
le

catalogue piscopal,

Rome

Babylone. D'ailleurs, cette poque, l'antique cit chaldenne ne comptait pas de chrtiens, semble 11, et grand'peine quelques .luifs. On comprend, en dfinitive, que le professeur russe orthodoxe Bolotov ait crit ...Le lait du martyre de Pierre Home est attest si anciennement et par tant de tmoignages, qu'il ne reste aucune possibilit de le nier. Lektsit pu istorti drevnei Tserkui, t. n, Pters bourp, 1910, p. 55. On comprend que le professeur de Berlin, Hans Lletzmann, en ddiant son Petrus und Paulus in Rom la facult de thologie protestante de Toutes les sources les plus Bonn, dclare de mme anciennes laissent clairement entendre... que Mini Pierre a sjourn a Home el qu'il y est mort niait vr... Les hypothses laites en sens contraire... accumulent difficult sur difficult, ne pouvant d'ailleurs se justifier par aucun argumenl positif... Ds lors, je ne vois op. cit., pas mme la possibilit d'une hsitation,
i
:

Concluon tout simplement que, dans les origines, la centralisation du pouvoir et des honneurs n'tait pas encore ce qu'elle devait devenir plus tard, par la force des choses ci par le ra v nullement libre de certaines personnalits et, aussi, que les premiers pontifes s'effaaient volontiers derrire leur glise 1 [II. La primauti romaine, di la moki di badd

l'uni

l'AVNBMBNI
Nul ne

Dl

svisi

doit s'attendre

MlLTIADl ir'nr A constater, immdia-

tement aprs

ta disparition de l'aptre Pierre, une! munie active el intense de ses successeurs sur les communauts chrtiennes, linon- bien moins doit-on el dj reconnatre les modalits vernementales <>u administratives de la papaut moderne. L'histoire pourtant n'est pas muette sur la primaut de l'glise romaine a cette poque recule. l" /.' Eglise de Rome jusqu'au pape saint \ ictor fin du n si. l'n premier point est acquis : quelle que soit la date exacte que l'on admette pour la mort du chef des apl res (eut re 64 el 67), on ne peut relever aucune discontinuit dans la vie de l'glise de Home; elle grandit et s'affermit malgr les perscutions. 1. La fin <lu /' liiele. Si nous ne savons rien de certain sur les successeurs immdiats de Pierre, l.in. Ciel ou Anaclet, il n'en est pas de mme du quatrime vque de Rome, Clment (vers 100). il avait connu les aptres Pierre et Paul, nous dclare Irne, et il s'tait entretenu avec eux >, Cail. Ii;it., I, III. c. m. /'. C. t. vu. co|. S 19. Or. a son poque. l'glise de

s)

vouloir d'ores

2 d., Berlin Leipzig,

est

Rome. Pierre y a prch l'vangile et organis la chrt lente, il y a l abli sa cal hara. Peu importe que son sjour y ait t continu ou Intermittent, que Pierre soit arriv de trs bonne heure a Home OU seule nient une dale tardive, ce qui nous parait plus vrai-

1927. p. 238. 2 Les successeurs de saint Pierre

donc venu

Home,

il

il eu semblable. Il est mort eveque de Home. Mais a des successeurs ? i.a plupart les critiques protestants, avec Lipsius et Harnack, affirment que, jusque vers ['an 150 ou 160, l'autorit piscopale appartenait dans la capitale, une collectivit ce serait seulement avec Anicct OU Pie qu'apparatrait l'piscopat romain unitaire. La preuve qu'ils en donnent, ils prtendent la trouver dans le langage explicite ou dans le silence de Clment de Rome, / Cor.; d'Ignace d'Antioche, Rom.,
I
.

'.<,

Corinthe, glise et apostolique, tait principale depuis un certain temps dchire par de paves dissensions; ['glise romaine estima devoir intervenir par lettre pour faire cesser un scandale m nuisible aux taient ce Chrtiens et si rjouissant pour les paens les Corinthiens eux -mmes qui l'avaient prie d'agir ? Le texte. , 1. de l'pttre qui leur fut adresse PpiSiov
i
I
:

et

d'Hermas. Clment, nous dit-on,

crit

comme

si

V0[l(0U.EV 7Tl.(TTpO.

s6flCI

"Epi. TJV

-'.^TJTVJ-

267

PRIMAUT. LES PREMIERS SUCCESSEURS DE PIERRE

268

(jtvwv Tzixp' (i.v 7rpaY(iT(ov

c'est bien
se

notre avis,
affaires

que notre attention

tardivement, tourne vers les


:

en litige parmi vous, a bien aussi t traduit Nous n'avons pu nous occuper que bien tard, notre Mais, pour se jusgr, des questions par vous poses, tifier, cette lecture supposerait 7rap' &(i>v plutt que TOcp' [i.tv. Href, cette intervention fut vraisemblablement spontane; elle n'en est que plus significative. C'est Clment qui crivit, au nom de l'glise de Rome; sa lettre fut porte Corinthe par trois de ses envoys. Sans doute, elle ne fulmine pas; sans doute, elle parle le langage de la charit et se borne donner des conseils; mais le ton d'autorit n'est pas absent. Sans aucune vise formellement thologique, sans prsentation aucune de ses titres la primaut, Clment a ...Vous nous conscience de son rang et de son rle causerez joie et allgresse, dit-il pour finir, si vous obissez aux conseils que nous vous avons donns par le Saint-Esprit, si vous coupez court l'emportement coupable de votre rivalit, selon l'invitation la paix et la concorde que nous vous faisons dans cette lettre. Nous vous avons envoy des hommes fidles et sages qui ont vcu sans reproche au milieu de nous depuis la jeunesse jusqu' la vieillesse ils seront tmoins entre

:
:

l'amour de l'homme pour Dieu; mais il est plusieurs fois aussi l'quivalent de socit d'amour , dans un sens voisin de celui d' agape ou de < fraternit accoupl avec ;rpoxa0i)|iiv7), il doit avoir ici cette signification concrte. Pour Ignace, dont l'ecclsiologie est si remarquable et qui a si prcis le sens de la hirarchie ['glise de Rome prside la religion de l'amour, l'union dans la charit. L'glise de Rome prside; ce

agi ainsi pour que vous sachiez que toute notre proccupation a t et est encore de vous amener promptement la paix. / Cor.,

vous

et nous.

Nous avons

lxiii, 2, 3, 4, d. Hemmer-Lejay. en a qui rsistent aux paroles que

Et plus haut S'il y Dieu leur adresse par


:

notre intermdiaire, qu'ils sachent bien qu'ils se fourvoient dans une faute et un danger graves. Ibid.,
lix,
1.

Manifestement, celui qui parle ainsi se sent en possession d'un pouvoir considrable. L'aptre Jean vivait encore, phse, et cependant on ne trouve, de sa part, nulle trace d'une intervention que la facilit des relations et la dignit de son auteur auraient amplement explique. Mais c'est de Rome que vint la monition ou la rprimande, vouOeTOvre, dit le texte, vu, 1, et les faits ont prouv que Rome avait le droit pour elle. Les Corinthiens, semble-t-il, se soumirent. Soixante ans plus tard, Hgsippe constatera que l'ordre est rtabli chez eux, et Denys de Corinthe, leur vque, vers 170, nous fait savoir que la lettre de Clment est encore lue et conserve dans leur glise presque l'gal des saintes critures (dans Eusbe, Hist. eccl., 1. IV, c. xxni, n. 11); c'est au moins, suivant le mot de Renan, la premire dcrtale . 2. Le n Q sicle. a) Au dbut du n e sicle (107-117), Ignace d'Antioche adresse une ptre aux Romains, nous l'avons vu, pour les supplier de ne pas s'opposer son martyre. Les adresses de ses autres lettres aux chrtients d'Asie Mineure contiennent dj une srie d'pithtes louangeuses; mais, pour l'glise de Rome, le ton s'lve encore; l'emphase est son comble. Plusieurs expressions sont remarquables, plusieurs aussi

terme dont il ne se sert pas pour une autre glise et qu'Ignace insre deux reprises au cours d'une salutation dont la magnificence verbale est dj un singulier indice, ce terme implique une relle prsidence ou il ne veut rien dire. L'glise de Rome prside la charit: puisque pour Ignace .yy.nr devient un synonyme d'ha^oia., puisque par lui une glise locale peut tre appele &.y.ici\..., pourquoi ce mme mot ne dsignerait-il pas l'glise universelle ? Cette interprtation, peut-tre lgrement force, a-t-e]le chance de l'emporter sur celle qui, dans l'expression de l'vque d'Antioche, voudrait voir simplement un rappel logieux de la prminence de l'glise romaine dans les uvres de charit et de misricorde ? Aussi bien, Ignace marque l'gard du sige de Rome une dfrence parfaite. A ses yeux, les Romains sont purs de toute couleur trangre , ou plutt filtrs de toute matire colorante capable de polluer et d'altrer la puret de l'eau. Leur doctrine est pure comme un filet d'eau de source. C'est que Rome a reu et sait garder fidlement les prceptes apostoliques, Rom., iv, 3; elle n'a pas failli sa mission Vous n'avez jamais tromp personne, vous avez donn d'autres des enseignements; eh bien, ce que je veux, c'est justement la mise en pratique de vos leons et de vos prceptes. Ibid., m, 1. A quels faits particuliers fait donc allusion l'vque d'Antioche ? Au dcisif et fructueux dcret de Clment? peut-tre; car la Prima dmentis est rapidement devenue clbre en Orient. Quoi qu'il en soit, nous avons l un contexte qui prcise souhait la porte de cette prsidence de la charit, de cette primaut romaine, telle que la voit
l :

saint Ignace. Cf. P. Ratiffol, L'glise naissante et catholicisme, 8 e d., Paris, 1922, p. 167 sq.

le

b)

Du

reste, ds cette
le

poque,

les chrtiens les plus

susceptibles d'interprtations fort diffrentes. Nous Ignace l'glise... qui n'en retiendrons que deux prside dans le lieu de la rgion des Romains..., qui prside la charit..., ^-a xal TrpoxO-rTai sv toto X^opCou 'Pojaatov..., 7rpoxa87)u.vr) Tj yd(7r7)... Les critiques se sont acharns sur ces quelques mots et en ont propos les traductions les plus varies (l'glise) qui se distingue entre toutes au pays des Romains..., qui se protectrice do la distingue par sa charit ou bien charit . Il faut admettre toutefois que ycoptou ne peut dsigner l'empire et que ev totw... indique le sige do l'autorit sans la limiter. En outre, 7rpox*0r j.ai signifie proprement prsider , et Ignace l'emploie propos de l'vque, Magn., vi, 1 en revanche, ce verbe ne veut jamais dire tre remarquable ni se distinguer . Quant au mot ymt], amour, charit , il a souvent ce sens premier dans notre auteur et s'applique surtout
: : : ;

ils y accourent des extrmits de l'Orient, voire des contres trangres l'empire. C'est l'apologiste Justin (t vers 166) qui de la Palestine grecque y vint au moins deux fois, y sjourna la fin de sa vie et y tint une cole catchtique. C'est Tatien (t vers 180), venu de l'Assyrie, disciple de Justin et aprs lui didascale, mais finalement fourvoy dans l'encratisme. C'est Rhodon, Asiate comme son matre Tatien et adversaire des hrtiques Apelles et Marcion. C'est Hgsippe, juif palestinien converti, qui, par Corinthe, vint Rome sous le pape Anicet. soucieux de constater la continuit et l'uniformit de la tradition catholique en face de l'hrsie aux cent visages. C'est Abercius Marcellus, cet vque de Ilirapolis, en Phrygie, qui a admir, lui aussi, l'unit de la

marquants font

voyage de Rome;

chrtien c'est lui (le divin pasqui m'envoya Rome contempler la majest souveraine, et voir une reine aux vtements d'or et aux chaussures d'or. Je vis l un peuple qui porte un sceau brillant. (Fin du n sicle. C'est Irne lui-mme, ce prtre originaire de la province d'Asie, qui devait devenir vque de Lyon. r ) Mais les hrtiques sont tout aussi empresss, et d'abord pour recruter des disciples, comme faisaient l'onvi philosophes et lettrs, mais aussi, semble-t-il. pour faire approuver leur doctrine. Ainsi, vers 140. le gnostique alexandrin Valentin. qui est plusieurs fois excommuni. Ainsi le Syrien Cerdon, disciple de Valentin et prcurseur de Marcion. Ainsi Marcion lui-mme. ce loup du Pont , comme l'appelle Tertullien, qui.
foi travers le

monde

teur), dit son pitaphe,

269
reu dans

PRIMAUT. LES PREMIERS SUCCESSEURS DE PIERRE


les

'2

7<

le bercail, en est expuls, lui aussi, en 144, pape Pie I ,r Ainsi la doctoresse gyptienne Marcellina, une lumire de la seete carpocratienne. Ainsi Horinus, ce disciple de Valentin, qui russit se faire admettre, pour un temps, dans le collge presbytral, qui Iriie adresse de si vifs reproches et que dmasque le pape Victor. Tous ceux-l professent la gnose htrodoxe; vers la fin du sicle, voici les fauteurs de l'adoptianisme, avec Thodote le Corroyeur, de Byzance, ou lu modalisme, avec Praxas el pigone, enfin du montanisme phrygien. Sictor, aprs Victor leuthre et Soter, tous les papes de cette poque

par

le

amneront finalement une soumission, chef de l'glise universelle, investi d'une primaut souveraine ? Eusbe, Hist. ercl., 1. V, c. xxiv, P. ;., t. xx. col. 193-497. Pour le dtail, voir
svrits
n'est-il

pas

le

l'art.

Pques,
il

t.

xi, col.

1950

sq.

e) C'est ce

que proclame

saint

Irne.

Tmoin ou

a observ les faits et les a confronts avec le droit. Pourquoi les esprits inquiets OU ambitieux, pour-

acteur,

l'unit catholique contre ces novateurs. Les montanistes s'efforcenl longtemps circonvenir l'glise romaine alors que chez eux, en Phrygie, ils sont vivemenl combattus; en 177. les martyrs de Lj on, du fond de leur prison, adressent en leur la\ eue. ou tout au moins leur sujet, une lettre leuthre, alors vque des Romains, afin <ie procurer la pais des

dfeudroiii

glises

Eusbe,

Jli.-l.

in

!..

|.

V,

c.

nr,

n.

I.

l'n

moment, les prophtes du Parade! croiront avoir gagn un vque romain (Zphyrin? Victor?), branl par les prtendues approbal ions manes de ses prdcesseurs. Tertullien, Adn. Prax., 1. /'. /... t. n, col. 154 l-r r iq. Mais ce pape, au contraire, condamna la nouvelle prophtie. l'n peu plus tarrl. au temj s du
>.
>

pa] e Calliste, viendra


le livre
I

le Syrien Alciblade, qui rpand d'Elksa, lequel se prsente comme une rvla-

du \" sicle. Pourquoi de toutes paris se tourne on ainsi Vers Home ? Sans don le, la capitale de le m pire exen e dj par elle mme une 1res relle al il a m e. Mais c'est
il )
i

ion date de la fin

autre chose encore qui amne a Rome <ie si nombreux chrtiens. l>s le milieu du n Bicle, tout le moins, l'glise de Home est en possession dune rgle de foi. rgula ftdei, d'une formule qui s'impose dj aux autres glises el qui, en Orient comme en Occident, constituera le fond des divers symboles baptismaux. Elle possde aussi la plus ancienne lisie connue des

canoniques du Nouveau Testament, puisque le <lr Muratori (vers 200), donl Harnack a soulign le caractre autoritaire el romain, a vraisemblaiiic ment arrt le ca scripturaire a] rs entente a\ ec
livres

Fragment

les

chrl ienls d'Asie.

Ce que dlient aussi l'glise remaille, c'est la lui de prire, ir.r orandi. El c'est pourquoi Polycarpe, vque de Smyrne, plus qu'octognaire, se rend. \eis 154, auprs du pape Anicei, pour tacher d'arranger avec lui le c on flil pascal, qui mtaux prises l'glise romaine e1 les glises de la province d'Asie. Rome ne cde pas, Polycarpe ne se laisse pas con\ aincre, el bien qu'il ail quitt Home en lions termes a\cc Anieet. la
la

controverse ne tardera pas s'aggraver; bientt, elle menace de provoquer un schisme. Alors, le pape Victor (189 199), pour mel tre lin cette dissidence, sou m et la question au Jugement des autres glises, convoques par lui en conciles rgionaux: tous ces conciles, sauf celui d'phse, la mtropole asiate, approuvent l'usa ge de Home. En consquence, Victor somme Polycrate d'phse et les aut res \ ques d'Asie de s'j conformer a leur tour, et, comme ils rsistent, Victor entreprend de les exclure de la communion ccclsiasl ique. Alors Intervient trne. L'vque de Lyon esl d'accord avec la tradil ion romaine; il ne conteste pas la juridiction ni le jugement de Victor, mais il l'avcrlil respectueuse ment et il le supplie de se relcher dune ligueur sans doute inopportune. La rupture totale est vite, et, bien longtemps axant le concile de Nice, les Asiates auront abandonn leur usage. Ce successeur de Pierre, qui d'autorit runit ainsi en conciles rgionaux l'piscopal tout entier el dispose de la communion catholique ce point qu'il en exclut tout un groupe important, cet vque de Rome, dont

quoi les fidles, amoureux de l'unit dans la tradition catholique, s'adressent-ils a Home ? C'esl avec cette glise, nous dit l'vque de Lyon, a cause de son autorit particulire, que doit tre d'accord toute glise, c'est a dire tous les fidles qui sont dans l'univers... et c'est de fait en elle que les fidles de tous les paj s ont conserv la tradition apostolique Ad liant rriini (Ecclesiam) propler i>iilit>rrm (polentiorem) prineipalitatemneeaseestt mnemeonvenire Ecclesiam,hot esleosgui suni undique fidles, in qua semper, nl< ln^ qui sant undii/iir. eonservata est ea qust est ub apostolis traditio. < oni. hr., I. III. <. m. n. P. G., t. vu, col. 846 sq. Nous ne nous attarderons pas ici a discuter de non \iaii ce texte ni les innombrables interprtations qui en ont t donnes? Voir art. Kl Mil .nui in DI l'.M'i t. vu. col. 16! im ni (Saint) t, vu. brivement les col 2431-2438. Bornons nous (inclusions qui Intressent la primante. La Itre autorit que l'vque de Lyon reconnafl romaine el qu'il fait remonter, d'ailleurs, par une suecession piscopale ininterrompue, jusqu' saint P est bien une prminence juridique, envisage tant au point de vue docl rinal que disciplinaire, une primant non seulement honorifique, mais effective, unique el souveraine, ei il v a ncessit morale, logique poui toutes les 1 lises, s'accorder le apostoliques, de avei elle. Telle est l'explicite affirmation d' Irne, de moins en moins conteste par la critique srieuse exemple de prjugs, qui ne nglige .nu un colitexti. ii ni ou vcu. I ) Un contexte, nous en trouvons mi fort clair dans la orrespondance change entre le pape Sotei 170) et l'vque Denys de orinthe, L'pftre le Sotei on nu celle de Denys el il esl perdue; mais Eusbe a nous en cite quelques lignes. C'esl un magnifique de l'glise romaine r son universelle et inpuisable et aussi cette significative dclaration It, Aujourd'hui, nous avons clbr le saint joui du dimanche, pendant lequel nous avons lu votre lettre: nous continuerons la lire toujours, comme un avei lissemeni, vouOrrcTafai, ainsi que la premire, celle pie Clment nous a adresse. Eusbe, lli^l. tV, c. xxiii, n. 9 12. Soter a loue renouvel le eesti de (binent, et l'accueil fait a ses avertissements <'t avis est |e mme |ui av ail la il a ci-ux <!< son prd cesseur, et voila leurs unis, a tous deux, conservs el lus par les Corinthiens, il v a plus Denys confond les auteurs dans une veiu -ration uni|ue. la lettre de Soter est la deuxime pttrc de l'vque de Rome, a le Corinthe, comme celle de Clment est la pre iniiie. Du reste, observe Duchesne, si l'on met a part les liv res qui portaient en tte, a lori ou aison, les noms d'aptres, la lettre blmcnl el le Pasteur d'Hermas il 10 155) sont les seuls ouvrages qui aient ainsi pris place, en certaines glises d'Orient, soit tans i- canon, soii dans s's appendices. Cet honneur extra ordinaire rendu a deux auteurs romains es| (oui a fait digne de remarque. Eglises spares, Paris. p. 130. Les nombreux apocryphes qui se reclament de Clment (Clmentines, Canons ecclsiastiques, ('"iistitutions apostoliques, Canons </> aptres /. en nous montrant que l'Orient plaait volontiers s.i discipline sous
:

'_'.

<

'

le

patronage de l'glise
le

le

Home, confirment,

ce

point de vue spcial,


i'

sicle, lui

de primaut qui tait universellement reconnu.


droit

ls le

27J
2 L'glise de

PRIMAUT. LK
Rome au iw
sicle et

III e

SICLE

27 2

jusqu' l'avne-

ment
-

sami Miltiade (199-311). Au dbut du ii' sicle, les montanistes liaient, nous l'avons vu. ta Mis Home, et non sans Influence. Bien vite, lu reste, ils se divisrent, partags entre leurs deux chefs, Proelus ci Eschines, contrecarrs en outre dans leurs intrigues par le monarchien Praxas. Condamns, ils en furent rduits dresser glise contre glise; mais vers 202, ils avaient fait une conqute de premier ordre,
<!<

tique, sur laquelle il exerce, lui aussi, la juridiction la plus haute, l Je la sa rputation considrable, jusqu'en n i< ut, et la publication sous son nom de canons et de
<

consl il ut ions, qui ne peuvent tre de lui dans leur tat prsent, mais qui prouvent du moins son influence romaine. Hippolyte, mort martyr, rconcili avec I. glise lgitime, aprs avoir sans doute mis tin volon-

Tertullien (n entre 150


1.

et

160,
-

aprs 240).

Tertullien

proclame

Catholique, Tertullien catholique. la primaut de Pierre, fondement de l'glise,

dpositaire des clefs du royaume des deux, investi de pleins pouvoirs pour lier et dlier. De prsescripl., xxn, P. L., t. m, col. 33-36. Entre les glises apostoliques, l'enseignement desquelles il faut s'attacher, Rome a une place minente Les glises apostoliques mon...Rome, Clment, ordonn par trent leurs titres Pierre... Parcourez les glises apostoliques... L'Italie vous offre Rome, porte de Carthage mme... Voyez quelle foi Rome a reue, transmise, partage avec les
:

glises d'Afrique; elle mle la Loi et aux prophtes apostoliques. De prsescript., xxxn, xxxvi, P. L., t. ii, col. 44, 49 sq. Cf. A. d'Als, La thologie de Tertullien, Paris, 1905, p. 21(i sq. mtaniste. Montaniste, l'imptueux 2. Tertullien Africain ne craint pas de s'affirmer novateur; sans doute, il crit encore Mmento claves (ceeli) hic Diminuai Petro et per eum Ecclesi reliquisse. Scorpiace, c. x, P. L., t. ii, col. 142. Bientt, il constate avec amertume que l'attitude du pape rgnant envers les prophtes du Paraclet ruine l'influence de la secte, et il ne le pardonnera pas. 11 continuera, il est vrai, d'affirmer la primaut de Pierre et de citer, l'appui, le Tu es Petrus. Adv. Marcion., 1. IV, c. xi, P. L., t. ri, col. 380; Adv. Prax., x -ci, ibid., col. 180, 182; De monog., vin, col. 939. La dniera-t-il explicitement ses successeurs Prsumis et ad te deriuare solvendi et alligandi potestatem, id est ad omnem Ecclesiam Ptri propinquam? Qualis es, euertens alque commuions mmifestam Domini intentionem, personaliter hoc Petro con/crentem? De pudicitia, xxi, ibid., col. 1024. On le pensera, si l'on admet que le chef ecclsiastique auquel s'en prend ici Tertullien est le pape de Rome. Le pamphltaire s'en prend un benedictus papa, auquel il reproche un dit autoritaire, peremptorium. Ironiquement, il cite ou prtend citer le dbut protocolaire de cet dit : Pontifex maximus, quod est episcopus episcopoles crits

son schisme, demeure un tmoin qualifi faitdc la primaut romaine, exerce par Calliste et usurpe par lui-mme. Les changements disciplinaires qu'Hippolytc avait reprochs son adversaire comme des abus ne se sont pas limits Rome, commis seulement par les prtres et les diacres de cette ville. Hippolyte constate avec indignation qu'ils ont t renouvels par les vques, en d'autres Eglises. Voil ce qui aggrave ses yeux la responsabilit de Calliste; mais voil aussi qui suppose en L'vque de Rome une juridiction singulire, une autorit etective, qui ne s'arrte pas aux limites de son Eglise particulire, qui le constitue chef, vque des vques et s'tend toutes les glises. Voir article Hippolyte, t. vi, col. 2487-2511; et A. d'Als, La thologie de saint Hippolyte, Paris, 1903. 4. Clment d'Alexandrie. Attir vers la gnose,

tairement

du

droit

comme du

c'est--dire

proccup de vie intellectuelle et morale plus que d'ecclsiologie, Clment sait cependant oppo-

ser l'glise ancienne, apostolique, traditionnelle, aux sectes nouvelles, qui violent la vrit et le canon de
. Strom., vu, 16, P. G., t. ix, col. 545. Dans le Quis dives salvetur, Clment nomme Pierre l'lu, le choisi, le premier des disciples, pour qui seul, avec lui-

l'glise

mme, le Sauveur a pay le tribut , xxi, ibid., col. 625. Et voil qui semble assez explicite, en faveur tout au
moins de
5.

primaut de Pierre. Nous trouvons chez lui des assertions sensiblement quivalentes. Simon-Pierre est le
la

Origne.

fondement magnifique..., la pierre trs solide sur laquelle le Christ a fond son glise..., In Exod., homil. v, 4, P. G., t. xn, col. 329, contre laquelle ne prvaudront point les portes de l'enfer , In Joa., v, 3, ibid., t. xiv, col. 188; il est vraiment le chef du collge apostolique, car le suprme pouvoir des clefs que seul il a reu constitue en sa faveur une prrogative qui le place au-dessus et la tte des autres aptres, qui met entre eux et lui une diffrence d'excellence, bien

rum, edicit... Sans doute peut-on enire que de telles formules supposent que Tertullien connat quelque part un pontife suprme. Mais il est loin d'tre prouv que celui auquel il en a soit prcisment l'vque de Rome, Calliste. Le titre de benedictus papa tait d'un usage tendu, qui dbordait Rome; on a pu penser que tout le libelle tait dirig non contre Calliste, mais contre Agrippinus de Carthage, qui tait lui aussi un vque d'vques ; bref, il est impossible, jusqu' plus ample inform, de chercher dans le clbre libelle un tmoignage dcisif en faveur de la primaut romaine. Cf. A. d'Als, L'dit de Calliste, Paris, 1914; G. Bardy, L'dil d' Agrippinus, dans Rev. des sciences relig., 1924, p. 1-25; P. Galtier, Le vritable dit de Calliste, dans
Rev. d'hist. p.41-51.
ceci., t.

qu'avec lui ils partagent le pouvoir de lier et de dlier. In Matin., xn, 10-14, 31, ibid., t. xm, col. 996-1016 et 1180. Et notre exgte ne croit pas se contredire luimme lorsque, dans la suite du commentaire du Tu es Petrus, il en vient faire bon march de ce sens littral qu'il a si clairement dgag, pour faire du texte une application morale qui convienne chaque fidle, chaque chrtien tant Pierre, une de ces pierres vivantes dont se compose l'glise btie par Dieu. Ibid., xn, 11.
col. 1000.

docteur alexandrin ne dveloppe pas son Comme son matre Clment et comme Irne, il proclame l'importance de la tradition apostolique et il nonce le statut hirarchique de toute com-

Mais

le

ecclsiologie.

munaut chrtienne; il sait que toutes les glises forment un corps unique, In Matlh.. xm, 2 4. ibid..
t.

xm,

col.

1157;

il

n'nonce pas expressment

la pri-

xxm,

1927, p. 465-481, et

cf.

1928,

maut romaine.
l'ignorer.
il est loin de la mconnatre ou de >ans sa jeunesse, il a visit beaucoup d'glises, et il se glorifie d'avoir, au temps du pape Zphyrin, dsireux, crit-il. de voir la trs visit celle de Rome, antique glise des Romains . Eusbe. Hist. ceci., 1. VI. 10. Plus tard, poursuivi par son vque c. xiv, n. Dmtrius, Origne se voit priver de ses fonctions de

Hippolyte. Hippolyte de Rome, rigoriste intransigeant, jalousement attach la tradition, adversaire personnel de Zphyrin et de Calliste, accuse
3. Calliste et

En

fait,

pourtant,

l'un et l'autre de

dnonce

le

compromissions avec l'hrsie et deuxime comme coupable d'un renversePhilosophoumcrui,


ix. 12.

ment de
t.

la discipline.
col.

P. G.,

xvi

c,

3379

sq.

De

Calliste. d'ailleurs,

Hippolyte

conteste l'lection et, se dressant en face de lui, il fonde, premier antipape, une communaut schisma-

didascale et dposer de la prtrise, en vertu d'une sentence prononce par les vques d'Egypte runis Alexandrie et communique aux vques de la chr-

!73

PRIMAUT. LE

III e
tur ,

SICLE

274

tient. Ibid., 1. VI, c. vin, n. 1. Dmtrius obtient des adhsions nombreuses dans l'piscopat, et surtout, en fait notable et soulign l'adhsion de premier lieu Rome. Au tmoignage de saint Jrme, Origne aurait t ainsi condamn par un concile romain. Epist.,

tamen ut unitatem manifestaret, uoitatis eiusdem uno tacipientem sua auctoritate disposuit. Hoc erant utique et ceteri apostoli quod luil Petrus, pari consoi tio pnediti et honoris et potestatis; sed exordium ai> uniorigineni al>

tate

prolictscitur,

ut

Ecclesia

Christ!

uni

monstretur.

De

unit., iv.

\xiii,
crit,

I,

/'.

/..,

t.

xxir, col. 447.

Pour

se justifier,

il

son tour, la plupart des voques, au premier rans desquels Eusbe mentionne le pape Fabien. Hist. eccl., 1. VI, c. xxxvi, n. 1. Aussi Harnack observe-t-il que, dans le cas d'Origne, la voix de Rome parait avoir eu une particulire importance Dans BatifloI, L'glise naissante, X d., p. 393. 6. Saint Cuprien. Ce pouvoir unique et prpondrant d'une glise occidentale jusqu'en Orient, c'est a

La deuxime

dfendue brillamment par preinte visible de Cyprien,


catgorique
:

recension, rtablie par J. (Jiapman et lui comme portant l'emest, dans sa brivet, plus

1,

Loquitur Dominus ad Petrum m post ic-mii lectioiieiu su. un Super iiiiiiin sdilicat ecclesiam
eide

Ego
:

tibl dico

-,

etc.

Et

cette

poque (lin du ir s. et dbut du en") qu'il commence a tre dsign par le terme primatus, usit non

pas a Rome d'abord, mai, dans la province d'Afrique. I-:. Caspar, Primatus Ptri, dans Zeitschrifl der SavignyStiftung, Lan. AbteiL, t. xvi. ldL'7. p. 253-331, spc. lit lire l'emploie p. 324 et 330. Ce terme, primalUS, Il en parlant du Christ, Col., i, H, et saint Cj prien le cite expressment Primogenilus morluis, ni fteret omnibus ipse primalum tenens. Testimon., n. t, Hartel, t. i, p. 63. Appliqu a Pierre, primatus, dans la pense des anciens ailleurs, impliquerait un rapprochement entre le Seigneur .l-sus et son aptre, tous deux exerant la primaut universelle, effecl ivc, le Christ, en son nom propre et de plein droit, Pierre, au nom du Sei une u r ci par dlgation. Quoi qu'il eu soit, on peut de ce mot primatus relever quatre exemples incontests (lie/, saint Cv prien de Caithage. l'n cinquimi ajoute, tir< de la seconde ecensioii du I )/ catholtc Ecclesia unitate, c. rv. On sait, en effet, qu'en ce qui loue lie le tmoignage de Cj prien en mal 1re d'ecclsiologie, plus prcisment sur la question de la primaut, une double difficult surgit, > propos du texte \is ci-dessus et en raison de la controverse baptismale. Il ne rent re pas clans le cadre de cette tude de reprendre la discussion dans le dtail. Il nous suffira de mettre en vidence ce qui importe ici. Aussi bien, la doctrine de Cyprien sur l'glise qu'il appelle catholique, c'est-.c
I
:

es nieas. illi pascend is o es mandat nias. Et quamvls apostolls omnl un parem triauat potestatem, unara tamen catliedram constitutt, ei uoitatis ori inein atque mtlonem su, auctoritate dis <>*ait. Hoc erant utique el ceteri quod luit Petrus, sed primalui '-i r<> il di .. lonslretur... (on bien el d il m. ni una eclesia et
1 1
l

dicit

Pascc o

un.i ecclesia el catiiedra

una monstratui
l

apm

m, /
de saint

cf. A. d'Als, l" 1902, p. ~> Cyprien, 1922, p. m? sep

bind.,

tologie

Il

est

difficile

d'admettre que

la

rdaction
la

la

moins

explicite sur la primaut romaine reflte

d'un adversaire dtermin pendant le baptme cl es hr< tique il est permis de s'en tenir aux
.

doctrine conflit sur le

conclusions de (Jiapman

les deux textes m. lit 1res probablement l'un el l'autre de 251 el ions deux de la main de- l'vque de Carthage, le premier vis.mt le schisme- carthaginois, le second, le schisme romain de Novatien. Cf. J. Lebreton, La double dition du De rf., unitate de saint Cyprien, dans Rech.
: -

cm

t.

1934,
fait,

p.

151

En

les

textes de

c.v

l'glise de

Rome

une primaut

prien qui reconnaissent a relle el effective sont

ceux qui directement mit trait a une situation OU a une personne de cette glise. Quand il s;i^it de dfendre l'lection du pape Corneille, Cyprien crit (fin 251 ou dbut 252), dans sa lettre Vntonius : Pactus est autan
Cornlius eplscopus de Dei
el

Chrisli ejus fudicio...


il

cum

Pabiani locus
p.

ni est

cum

locus Ptri
\ .

gradus cathedra

sacerdotalts vacant.
136. Et

dire universelle,

mais d'abord une et vraie, ne semble pas avoir vari; tout au plus peut on constater de sa
part d'incontestables peser v es sur la pi niant
'i
i

omame

avec le pape Etienne (255). Pour l'vque de Carthage, c'est l'autorit piscopalc qui ralise l'imit dans chaque glise locale, et c'est le schisme qui la rompt, en crant une hirarchie multi
a partir

du

conflit

B, d. Bayard, t. n, schismatiques de Carthage Intrl guent Rome pour en obtenu: la communion et lui faire pice lui mme, il d<i lare, dans >! lettre I niiiie (252) Navigare audent, el ail Ptri cathedram atque ml Ecclesiam principalcm unde unilas wacerdotalis exorta est, ab schismalicis el profanis litlerat /rrrr. nrc

Epist.,

quand

les

piscopale qui fait l'unit de l'glise, m bien, du reste, autour de chaque cathedra qu'au tour de la chaire de Pierre. Episcopatus unus est,cujus a singulis in soltdum pars tenetur. De unit., v, /'. /... I. IV, col. 501. Mais si, bien des reprises. ;\ prien rap pelle l'galit d'ordre et de dignit, la solidarit orga nique aussi, qui rgne entre les voques et les domine comme une ncessit intrieure cl mystique, il ne se prive pas. pour autant, de souligner, dans la jurldic lion ecclsiastique, les distinctions cl les rangs divers. Pour le sige de Carthage, il rclame une autorit relle de direction sur les eveques africains; au sige de Pierre, il reconnat ce mme rle de facteur d'unit; pratiquement, il recourt Rome chaque rois qu'il s'agit de prvenir ou de rduire un schisme, qu'il soit africain, romain ou espagnol. Mais quelle Ide prcise de la primaut romaine peut on dcouvrir dans C\ prien ? l.e c. iv du /)< unitate nous fournit un teinoi gnage formel, o nous lisons
pie. C'esl l'unit
i

cogitare eos esse Romanos quorum /, canle laudata est, ad quoi perfidia habere non i ci. essum. Epist., ix, il. ibid., p. 183. Ce texte est qu'il v a de plus cxpiessjl dans toute- l'ceuvre
i

a
eh'

prien sur h- sujet qui nous occupe. Il faut se garder de trop demander a les crits de ce genre; mais ici la circonstance de' destination explique la vigueur des ternies, lieux mots cependant de cette phrase' fameuse ont s ii se il e des comment aires en seais divers principe lem... exorta es/... Mentionne au passe, cette origine la est) de l'unit sacerdotale (ou piscopale) confre a l'glise de Home une simple priorit chronologl que, | ii la rend principalcm. Ainsi le veulent certains interprtes de la pense eh- Cyprien. Toutefois, il esl permis de chercher dans cette pithte de principalcm
c.v
: i

(cf. la

principalilatem d'Irne) un sens plus fort, une permanente de principe', une priorit' de nat nrc et d'excellence, le verbe au passe. exorta esc', n'exclu. inl pas une action qui se continue lans le prisent
priorit
Cf.

BatifloI,

L'glise naissant,-....

p.

11'.:

A.

d'Als,

Loquitur Dominus ad Pelrum. Ego il dico, inquit, quia in es Pctrus... Super illum unum ecdlflcal Ecclesiam, ci quamvls npostolis omnibus rosi resurrectionem suam pareil] potestatem trlbual cl dicat Sicut mislt me Pater, et c&o mit lo vos. Acclpitc Spiritum sanctum si eu] us remisniiis pecenta, remittentur illi; si en] us tenueritls, tenebunt
> i :
:

op.

388 395. En dpit de ces affirmations, l'vque de c. tribut ne craignit pas de rsister au successeur cle Pierre, dans la controverse baptismale, et il se laissa emporter par l'ardeur de la polmique jusqu' crire que Pierre. au contraire d'Etienne, ne s'est pas targu cle s
p.
:i

m.,

275

l'KIMA UT. LE

III e

SICLE

2lr,

primaut, ut dicerei se primatum lenere, et n'a pas prtendu que les nouveaux venus devaient plutt lui obir; qu'il ne mprisa point Paul, mais qu'il se rendit de bonne grce la vrit et aux justes raisons que J I aul faisait valoir . Cyprien veut que son cas lui soit semblable celui d'Antioche, qui mit aux prises Pierre et Paul. Epist., i.xxi, d. Bavard, t. h, p. 258. Il va plus loin et, dans une lettre crite Etienne, il revendique pour chaque vquc la pleine autorit dans l'administration de son diocse Qua in ce nec nos vim cuiquam facimus ont legem damus, quand habeat in Ecclesiee administratione volunlatis sua arbitrium liberum unusquisque prposilus, rationem actus sui Domino redditums. Epist., i.xxii, 3, ibid., p. 262. On trouve des insinuations tout aussi pnibles et des dclarations plus hardies encore, soit dans d'autres lettres de Cyprien, soit dans les Scnlcntiw episcoporum du concile de 255, dont le proamium porte videmment sa marque. Bref, il n'existerait pas dans l'glise d'episcopus episcoporum qui ait un droit vritable d'imposer ses
:

avait os faire appel Csar. Mais Csar ne s'embarrassa pas dans les intrigues et sut reconnatre et dclarer (pie le bien en litige devait revenir ceux qui taient en communion avec les vques d'Italie et l'vque de

de
t.

Rome ceux qui les vques d'Italie et de la ville Rome en notifieraient la sentence TO Sy^a-ro
:

7tiaT?.Xoiev.

Hist. eccl.,

1.

VII,

c.

xxx,

n. 19, P. G.,

dcisions ses collgues. Il faut donc reconnatre que l'vque de Cartilage n'a pas une ide claire et complte de la primaut romaine. Catholique, certes, romain aussi, puisqu'il reconnat l'excellence de la chaire de Pierre, il est d'abord et dcidment africain. Subissant encore, sans doute, l'influence de Tertullien, il n'aperoit pas les consquences logiques de sa doctrine de l'unit catholique et de la cohsion organique de l'piscopat universel autour de la chaire de Pierre, pas plus, du reste, qu'il ne ralise la porte, non seulement disciplinaire, mais doctrinale, et la tendance schismatique de son attitude intransigeante dans la controverse baptismale. Il reste que, jaloux de l'indpendance piscopale, Cyprien admet et rclame l'intervention de Rome, le droit d'appel au sige de Pierre, quand il s'agit de mettre fin un schisme et de sauvegarder
l'unit.
7. Les deuxDenys. Dans une question d'ordre proprement dogmatique, nous voyons, vers la mme poque (255), l'vque de Rome intervenir avec autorit. Un disciple d'Origne, Denys, vque d'Alexandrie, remarquable par sa science et surtout parl'importance de son sige, reut une lettre de son homonyme, le pape

xx, col. 719. Dcision trs judicieuse, remarque Eusbe. En somme, la primaut et le prestige du sige de Pierre se sont imposs, en celte anne 272, quarante ans avanl Constantin, et unelointaine gliseet un prince au moins indiffrent la foi chrtienne. Conclusion. Qu'il nous soit permis de conclure cette srie de tmoignages fournis parles trois premiers sicles en citant l'minent historien L. Duchesne Ainsi, toutes les glises du inonde entier, depuis l'Arabie, rOsrhone, la Cappadoce, jusqu'aux extrmits de l'Occident, sentent en toutes choses, dans la foi, dans la discipline, dans le gouvernement, dans lerituel. dans les uvres de charit, l'incessante action de l'glise romaine. Elle est partout connue, comme dit saint Irne, partout prsente, partout respecte, partout suivie dans sa direction. En face d'elle, nulle concurrence, nulle rivalit. Personne n'a l'ide de se mettre sur le mme pied qu'elle. Plus tard, il y aura des patriarcats et autres primaties locales. C'est peine si, c sicle, on en voit se dessiner les dans le cours du premiers linaments, plus ou moins vagues. Au-dessus de ces organismes en voie de formation, comme au-dessus de l'ensemble des glises, s'lve l'glise romaine dans sa majest souveraine, reprsente par ses vques dont la longue srie se rattache aux deux coryphes du chur apostolique; qui se sent, qui se dit, qui est considre par tout le monde comme le centre et l'organe de l'unit. L. Duchesne. glises spares.
:

de la primaut romaine DE LA PAIX CONSTANTINIENNE A SAINT GRGOIRE le Grand (iv e -vi e sicle). Quoique la primaut
:

Paris, 1896, p. 155-156. IV. L'affermissement

romaine
premiers

soit fort

nettement atteste au cours des

trois

qui lui reprochait certains carts de en demandait compte. Quelque subordinatianisme semble en effet s'tre infiltr dans l'enseignement trinitaire de l'vque, au grand scandale de certains frres , lesquels, nous raconte saint Athanase, sans avertir Denys, s'taient rendus Rome pour le dnoncer. Ainsi, ces gyptiens n'hsitent pas en rfrer au pape; ils savent que c'est au pape qu'il faut s'adresser. De son ct, le pape Denys accepte le contrle qui lui est demand; il crit Denys d'Alexandrie, et ce dernier, son tour, accepte, sans difficult, de fournir toutes les explications et rtractations qui sont exiges de lui; il a appris connatre le chemin de Rome et il a l'habitude, assure-t-il, d'informer le pape ou de le consulter sur les cas les plus difficiles qui intressent la doctrine ou la discipline. S. Athanase, De doctrine et
(t 268), lui

Denys

surtout partir du iv e qu'elle prend un dveloppement extrieur considrable et rapide. Nous devrons ds lors, pour garder une juste mesure, limiter notre enqute et nous borner, plus que jamais, aux faits et aux textes les plus notables et les plus caractristiques. Les perscutions ont pris fin, la vie ecclsiastique peut s'affirmer et s'organiser au grand jour; mais les hrsies aussi et les schismes vont pouvoir entreprendre la conqute de la libert. L'empereur est dsormais favorable aux chrtiens, il enrichit leurs glises, honore leurs pontifes, estime leur croyance et la partage, apprcie la valeur sociale de leur morale et s'efforce d'en pntrer le vieux droit romain; mais, se dclarant vque du dehors , il oublie trop souvent que son
sicles, c'est

sententia Dioni/sii,

xm et xvm,

P. G.,

t.

xxv,

col. 461,

Eusbe, Hist. ceci.., 1. VII, c. xxvi, n. 1. 8. Le cas de Paul de Samosatc. Il faut bien admettre que l'autorit surminente de l'glise romaine s'imposait de plus en plus, en cette fin du sicle, et non seulement parmi les vques et les fidles, mais encore, comme un fait perceptible, jusque dans le monde paen, puisque l'empereur lui-mme ne l'ignore pas. Aurlien, appel se prononcer, dcida que Paul de Samosate, dclar hrtique et dchu de l'piscopat, maison de l'glise et laisser la devrait sortir de la
500-505;
cf.

pouvoir s'arrte au seuil du sanctuaire. Rome bientt cesse d'tre la capitale de l'empire, et Csar y laisse Pierre, seul chef, avec son prestige ingalable; mais voici que, dans la nouvelle Rome, des ambitions se dressent, des intrigues se nouent, des schismes s'essaient en face de la chaire de l'Aptre, en lutte contre sa primaut divine. Conciles, synodes, formulaires de foi. canons et anatlimes se multiplient, que viennent trop

frquemment fausser ou annuler pratiquement les ingrences du pouvoir civil, que redressent toujours
efficacement les appels

Rome,

les

interventions de

la

place a l'vque lgitime. Peut-tre, tait-ce Paul, jadis puissant et influent aussi dans l'ordre civil, qui

primaut romaine. 1 Desaint Miltiadc la mort de saint Lon (31 1- 161 Durant cette priode qui correspond peu prs la dure de l'empire constantinien. on peut commodment grouper les faits et les tmoignages qui nous intressent autour des grandes irises, schismes ou hrsies. donatisme, arianisme, schisme qui agitrent l'glise
1.
:

277
d'Antioche,
sisme.
1.

PRIMAUT. LA CRISE ARIENNE


plagianlsme,
nestorianisme,

27S

monophy-

la

d'Arles, la reconnaissance d'une juridiction qui, dans question pascale comme en toute autre, ne se limite

Le donatisme.

En

311 mourait Mensuriu, vo-

Ccilien, son archidiacre, fut lu pour lui succder; mais aussitt les vques numides, ayant leur tte Donat, vque fies Cases-Noires, dclarent l'lection Illgitime, l'ordination invalide Ccilien, selon ses adversaires, avait jadis manqu ses devoirs

que de Carthage;

pas l'Italie ou l'Occident, mais qui s'tend, comme dj du temps du pape Victor, jusqu' l'Orient, sur tous les vques de l'empire constantinien. C'est ce qui
ressort aussi

du can.

I)r lus qui in

quibuscumque

locii

d'archidiacre envers
outre,
il

les

chrtiens emprisonns

et,

en

fuerinl ministri, in ipsis loris persvrent. \lansi, Concil., t. Il, p. 171 sq.; Hefele I.eclenq. Ilisl. des conciles, t. i , p. 25 sq.: cf. Batiffol, /.'/ paix

ordinati

avait t consacr par un

consquence, l'on procda Majorin, un lecteur, est lu et plac par Douai, surnomm le Grand par son parti. Comme l'vque de Carthage tait, en fait, primai de l'Afrique latine, le schisme s'lendit sur tout le pays ce fut le plus douloureux dchiremenl que l'glise el encore connu. La cause fut bientt dfre a l'vque de Home par Constantin, devant qui l'affaire avail d'abord t porte. Le bon droit de Ccilien fui reconnu par le pape Miltiade ni 'il 1), ds l'anne 313. L'anne soi vante, un concile est convoqu par l'empereur Arles, o fui confirme la sentence romaine. Les donatistes eurent lu; n appeler l'empereur, ce fui pour entendre Constantin donner force de loi aux dcisions
:

vque tradileur. En une nouvelle lection; consacr, bientt rem-

constantinienne,

p.

287-293;

les articles
t.

Donat, Donai

de Carthage, Donatisme,
2. L'arianisme. arienne, l'vque

iv, col.

a) l)s les de Home est Alexander... ad Silvestrum s. m... significaoit, aide ordinalionem Alhanasii, undecim tum presbytres quant eliam diacones, (puni Arii hseresim sequerentur, te l ski efecisse. Hilaire de Huiliers. Fragm. hist., P. I

1687 sq. origines de l'hrsie inform. Episcoput

t.

x, col. 684.

de

Rome

et d'Arles.
:

Alors, les sectaires n'eurent plus

qu'une ressource contester la lgitimit de ions les pontifes romains depuis Corneille, lapsorum papam, el
dresser pari oui en Afrique hirarchie contre hirarchie. Et bientt ils s'efforcenl d'avoir un vque a Rome; en factions diverses et ennemies. s'ils se divisent
veul avoir son vque de Home. Salnl Aui u Qui, paucis prsident Afris, cril 11 d'un de leurs papes, in urbe Roma, Monlensium vel Cutzupitarum vocabulum propagavit. Episi., lui, 2, P. /.., t. xxxm, col. 196. Optai de Milve avail dj dit la chose eu termes plus formels. I )< s< liismalr iluna listai tun, ii, 2 I, P. L., t. xi, col. 947-951 Bq. Avec leurs vques lgitimes, d'ailleurs, les catholiques africains ont beau Jeu de rpondre au\ prt eut ions des dissidents Non Cctltanus exivit a Majorino aro tuo, sed Mujoriiuis a Cciliano; ne Cseciltanus recessit a catht dia Ptri vel Cypriani, sed Majorinus. Ihn/.. r, 10,

concile de Nice (325), I' &|iooocnoc. fui adopt, parce que, nous dit Athanase, les anciens vques di hi grande Home, quelque cenl trente ans auparavant, el ceux de noire ville d'Alexandrie avaient condamna par crit ceux qui disent que le ils est une crai lire el qu'il n'est pas consubstantiel au Pre Episl. >/.; A/ros, >. 6, /'. (,.. t. xxvi, col. 1040. La fol de Nice es| |e fol de '.ome. li pourtant cen'esl pas le pape Sylvestre qui runit d'autorit ce premier concile oecumnique; commet Arles, c'esl Constantin qui assemble, protge el d Le pape ne laisse pas d'3 avoir de l'action. Au elle de Constantinople, celui la mme qui entreprit d<
I

Au

chac

condamner

tin les en raillera

pape Honoriua st a Sylvestn que les l'eres attribuent la convocation du grand concile de- Nlcc. Mansl, Coneil,, t. xi, p. 661. Et l'on peut, aujourd'hui encore, dans la liturgie grco-slave, relever une louange copieuse lu pape Sylvestre, le saint problgoumne du saint le qui, di\ In corj phe des saints Pres, a onflrnu el qui, le dogme sacr en manifestant divinement li saint aptre Pierre, a conduit au l.hrisl la multitude des iiecs I,i.i n I pain OSlaV. "Il'' la. dans M.d'l
h-

aussi bien qu'a l'euipel eur.

col. 904.

Mais c'est surtout l<' concile d' \rles qui affirme la lgitimit et la primaut de l'vque de Rome, Les cent trois vques assembles les diverses provinces d'Italie, des* unies. d'Afrique, d'Espagne, de Bretagne,
,

de Dalmatle reprsentent

la plus grande partie de la chrtient occidentale. Ils se savent reunis, pour la premire fols, par ordre d'un lis pieu\ empereur; ils le mais ils oui affirm reconnaissent dignement d'abord le lien de charit qui les unit entre eux, pr seuls BU concile, el lous ensemble dans l'unit calhn lique, .suivant l'adresse inine de la Ici Ire Synodale
: :

gny, Thologien /< Ecclesia, t. n, Paris. 1928, p. h Plus tard, lorsque les nicens fidles furent per cuis par les eusblens, cens cl voulurent en finir av Athanase el l<s autres vques qu'ils avaient russi dposer el faire exiler, et Us s'avisrent, aprs un long oubli, d'en appeler A Rome. Le pape lui. informe Athanase et le convoque ;1 piscopat d'gypU adresse une synodale a toute la catholicit, spcial!
i

.,

>

Communi

copula carilalis

et

unitale malris Ecclesise

catholic vinculo inhserentes ml Arelalensium civitatem pitssimi imperaloris voluntate adducti, unie te, gloriosis sime papa, cum mrita reverentta salulamus. Le concile regrette l'absence de Sylvestre Profecto credimus, quia... severior fuisset senlentia prolata, et te pariter nobiscum fudicanle ctus noster majori ltitia exultas .sW. l.es vques runis Arles n'ont pas cru, du reste, devoir limiter leurs dlibrations la cause donatiste; ils ont dict des rgles qui pourront s'appliquer aux diverses provinces; mais ils en rfrent l'vque de
:

dans laquelle il s. a .iules, vque de Home des procds contraires .lux (.nions employs par les ariens el leurs amis, quand ils sollicitent l'ing rene impriale dans le gouvernement des gliSCS Athanase joint sa protestation a celle de ses colli et dnonce le d. limer qui menace l'OlthodOXie l.e p.ipi .iules annule les dci ions du concile di ryr, |ustinc, dans un coin le romain. Mu. cl il \nc\ et \l li.in.is. x rappelle la sentence des trois cents Pres d contre l'arianisme, enfin dclare expressment aux eusblens Ignorez mois donc la coutume qui veut qu'on nous crive d'abord et qu'ainsi la Justice soil rendue ici? l.e fait n'est pas racont seulement pai Vthanase, Apolog. roui, arian., 21 2\. 35, /'. G., xx\ col, 281 288 sq., 308 il est confirm par s les. Hisl, eccL, I. c. xv, el Sozomne, Hist.eccl., I. III.

ment

plaint

>

Placuit etiam antea scribi ad te, qui majores diceceses leurs, per te potissimum omnibus insinuari. Dans son eau. I, on dcide, en effet, que Pques sera partout clbre
les

Home pour

communiquer

tous

le
le

mme

jour
les

el

signifier tous, suivant

sans forcer

remet au pape du soin de la coutume. On peu! bien. termes, voir Ici, de la pari des indices
l'on

s'en

.'est le pape .Iules f encore epu prn\ nque la "eu nion du concile de S.irdique (343), O le droit d'appel au sige de Home esl constate comme un fait, en niini temps qu'il csl incorpore au droit. Il est [ncontestabh que le concile de Sardique n'investit pas l'vque di Home d'un pOUVOir nouveau, puisque l'usage d'en appeler Home de la sentence d'un concile provincial

C)

'

279
est

IMUMAUT. LA CRISE ARIENNE


le

280

tenu par

comnie un usage
cile le

pape Jules, nous venons de le voir, tabli. <>n peul mme dire que le con-

Sardique, par esprit de conciliation, dpouille l'vque de Home du droit de juger en seconde inst ance, puisque la revision sera excute par un concile provincial la dsignation de l'voque de Home et choisi dans une province voisine de la province qui a jug d'abord. Le concile de Sardique relient seulement, pour l'vque de Home le droit de prononcer s'il y a lieu a revision il reconnat l'vque de Home ce que M. Babul appelle une juridiction de cassation sur tout l'piscopat catholique. Batiffol, La paix constantinienne, p. 447-449; cf. ibid., p. 444 sq. Hilaire de Poitiers f 366) nous rapporte de ce concile de Sardique la lettre s\ nodalc au pape Jules, dans laquelle on
: (

bole de N'ice; il fut obi et il accorda des lettres de rconciliation pour tous les vques d'Orient. Voir art. Libre, t. tx, col. 631 659. 3. Le schisme d'Antioche. I.e schisme mltien d'Antioche, l'un des pisodes les plus complexes de la vaste crise arienne, prit son importance de la situation du sige disput - le deuxime alors de l'Orient et de sa persistance pendant plus d'un demi-sicle (361415 environ). Nous n'avons pas le raconter par

lit

Hoc optimum
ad capul,
Iiist.,

et

tur si

id est

value congruenlissimum esse videbiad Ptri aposloli sedem de singulis

qui busqu

Fragm.
dsirer

Domini re/erant sacerdotes. prouinciis n, 9, P. L., t. x, col. 639. On ne saurait une plus belle expression de la primaut

romaine. Mais, en Orient, tous ceux qui ne sont pas infods l'arianisme pensent de mme qu'Hilaire et Athanase. C'est ainsi que Thodoret de Cyr, dans son Histoire ecclsiastique, dclarera que Jules I er en voquant Home la cause des nicens dposs, s'est conform
,

MLCE d'Antioche, t. x. nous sutlise de noter que les divers partis se rclamaient de Rome Meletius, Vilalis atque Paulinustibi hreresedicunt, crit saint Jrmeau pape Damase. EpisL, xvi, P. L., t. xxn, col. 359. piphane, Ambroise, Jrme, Grgoire de Nazianze, Grgoire de Nysse. Basile le Grand, Cyrille de Jrusalem, Jean Chrysostome, prennent parti et agissent auprs du pape; le concile de Constantinople (381) dlgue Damase trois vques qui l'informeront de la cause. Jamais la juridiction du sige romain n'a davantage t reconnue et sollicite. En ?>1\, Hasile s'adresse Athanase, dont le prestigeest si grand et l'glise si proche, non pas pour demander l'vque d'Alexandrie de se constituer juge du conflit ou de le soumettre un concile, mais pour le
le dtail.

Voir

l'article

col.

520

sq. Qu'il

ecclsiastique . Hist. ceci., 1. II, c. ni, P. G., t. lxxxii, col. 996. Et Socrates avait crit dans le mme sens, propos de l'un des nombreux conciles tenus parles ariens ...Jules, vque de Rome, n'y fut pas; il ne se fit reprsenter par personne. Or, la rgle ecclsiastique dfend de dcider quoi que ce soit dans
la
:

coutume

l'glise sans le consentement du pontife romain. Hist. ceci., 1. II, c. vm, P. G., t. lxvii, col. 196.

papaut, on peut le dire, est crible comme le froment . Nous n'avons pas apprcier la fermet du caractre ou de l'orthodoxie de ce pontife, mais nous devons souligner le dploiement extraordinaire d'efforts que mirent en uvre les eusbiens et leur protecteur Constance II pour amener leurs vues l'vque de Rome, en particulier pour le faire souscrire la condamnation d'Athanase et la formule homousienne de Sirmium. On n'pargna pas Libre, vque de Rome..., crit Athanase. On ne fut pas arrt par la considration que ce trne est apostolique, et que Rome est mtropole de la Romania et on oublia qu'on avait auparavant, dans des lettres, trait ces hommes d'hommes apostoliques... On voyait Libre attach la droite foi, ennemi dclar de l'hrsie arienne, appliqu dtourner d'elle tous ceux qu'elle attirait, et on se disait Si nous gagnons Libre, nous les aurons bientt tous. L'em pereur espre que par Libre il attirera lui tout le monde. Athanase, Hist. arian., 35-37, P. G., t. xxv, col. 733 sq. L'historien paen Ammien Marcellin (vers
le

d)

Avec

pape Libre (352-366),

la

330-400), qui, du reste, appelle le pape christian religionis autistes, a fort bien discern le but et la porte de ces intrigues et de ces violences Constance, observe-t-il, avait atteint son but par la dposition d'Athanase; mais il brlait du dsir de voir confirmer cette mesure par l'autorit suprieure qui appartient l'vque de la Ville ternelle, aucloritale quoque potiore setern Urbis episcopi prmari desiderio nilebatur ardenti. L. XV, c. vu, d. Gardthauscn, p. 63. Comment ce paen pouvait-il en venir parler du sige de Rome en des termes qui rappellent [rene ? Il constatait, sans plus, la primaut, que les hrtiques ou autres dissidents n'ont nie que parce qu'elle se tournait contre eux. C'est ainsi qu'en 366 les semi-ariens et
:

supplier d'obtenir l'intervention directe, plus rapide et plus sre que la procdure canonique, de l'vque de Rome, Damase I er Qu'en espre-t-il donc ? Qu'il examine les atlaires en litige, qu'il les aborde de sa propre autorit, aTv a>OsvT? aai 7VEpL t np5.y[iy., et pourvoie par des gens de son choix la correction des coupables. Episl., lxix, P. G., t. xxxn, col. 432 sq. A Damase lui-mme, d'ailleurs, Basile fait les mmes Tout l'Orient est boulevers...; nous dclarations n'esprons de remde que de la visite de votre misricorde; c'est ainsi que, dans le pass, l'abondance de votre charit a toujours consol nos glises... Nous ne demandons l rien d'absolument nouveau, mais au contraire un geste conforme l'usage. Nous savons, en effet..., que le bienheureux vque Denys, qui brilla chez vous par la rectitude de sa foi et par les autres vertus, visita par une lettre notre glise de Csareet consola nos pres. Epist., lxx, ibid., col. 433-435. Il y a plus encore peut-tre, dans cette autre lettre du mme saint Basile l'vque de Rome, o il est question de l'vque Eustathe de Sbaste, qui, dpos par un concile provincial, trouva cette voie, pour se faire rtablir sur son sige, d'en appeler votre autorit. Que lui fut-il demand par Libre, et quel assentiment y donna-t-il, nous l'ignorons; toujours est-il qu'il revint porteur d'une lettre qui le rtablissait sur son sige; il la prsenta au concile de Tyane et fut rtabli; prsent qu'il est publiquement dclar arien, il ne peut tre dpos, sauf par l'autorit qui l'a rtabli. Epist., c.clxiii, ibid., col. 980. Reprsentant de l'cole alexandrine, Didyme l'Aveugle (t 398) appelle saint Pierre le coryphe, xopuato, le chef, Tcpdy.p'.xo, celui qui occupe le premier rang parmi les aptres, zx -pwTea v toI TTocToXoi eycov. C'est Pierre que les clefs du royaume ont t confies, il a reu le pouvoir de rconcilier les lapsi pnitents; ce pouvoir tous les autres le reoivent
. (

par
c.

lui,

y.o

ttxvts
1.

S'.'oeTovS.

De
G.,
t.

Trinitale,

1.

I.

xxxix, col. 408, 417,6ln. 726. A la mme poque saint piphane de Salamine (f 403) parle avec le mme enthousiasme de
U.c. x.xvin. P.
la pierre solide sur laquelle l'glise est fonde.

xxv ii, \\n;

Mais

c'est surtout
:

Jean Chrysostome, prtre d'An-

les

et lui

macdoniens firent une dmarche auprs de Libre demandrent de rentrer dans sa communion.

tioche, ml de prs au conflit, ensuite vque de Constant inoplei 107). qui est, en cette fin du iv sicle, l'un
-

Hefele-Leclercq, Hist. des conc, t. i b, p. 977-978. L'vque de Home exigea l'adhsion formelle au sym-

des tmoins les plus illustres de la primaut romaine. S'cmploya-t-il auprs du pape pour amener avec le Sige apostolique la rconciliation de l'vque Flavien

281

PRIMAUT. LE NESTORIANISME
diseipulis habuit. In ps.
la

282

qui l'avait ordonn prtre 1 Sozomne le dit, Hist. eccl., 1. VIII, c. ni, mais son affirmation n'est pas absolument garantie. En tout cas, lorsqu'il fut dpos parle concile du Chne, il en appela aussitt Home; Halladius, vque d'Hlnopolis, g'y rendit de sa part, en mme temps que quatre vques porteurs d'une lettre de l'exil. Ses adversaires, et jusqu' Thophile, vque d'Alexandrie, tous les intresss, s'adressant au pape Innocenl ,r (402-417), reconnaissaient ainsi manifestement sa suprme juridiction. Innocent, d'autorit, ordonne qu'un nouveau concile statue sur le cas de Jean et rende la paix l'Orient. Abandonn de tous, l'archevque martyr ne trouve plus, devant la mort en exil, d'autre rconfort, d'autre consolation, d'autre scurit qu'en la fidle affection du pape Innocent; et celui-ci, aprs la mort du saint, accorde ou refuse sa communion aux vques orientaux selon qu'ils gardenl ou rejettent de leurs diptyques le nom de Chrysoslomc peu peu, c'est la soumission de tous c* Jugement de Rome, auquel ne se drobent finale ment ni l 'vque d'Antioche, ni celui d'Alexandrie. Voir art. Jean Chrysostome, t. vin, col, 660-690. a ) Aprs le concile de D108 4. Le plagianisme. polis (H5), qui avait innocent la personne de Pelage, celui-ci s'empressa d'adresser au pape Innocenl les actes qui lui servaient de caution, tandis que les eve ques d'Afrique, de leur ct, demandaient Rome, une fois de plus, confirmation des condamnai ions portes par eux dans leurs conciles de Carthage et de Milve (411, 412 et 4ic>). Augustin, en son nom personnel, crivait dans le nu" me sens. Innocent confirma les dcisions des conciles africains et, tout en se rservant de citer son tribunal Pelage el son disciple Clestius et de rformer, si besoin tait, la sentence de )iospolis, il condamnai! la doctrine incrimine. 1 >< h<i< causa duo concilia issu sunt ad aposlolicam Sedan; inde etiam rescripta venerunt, causa flniia est, pouvait dire l'v que d'ilippone, dans un sermon demeur clbre. Scrm., xxxi, 10, P. /.., I. xxxvm, col. 734. Sur ces entrefaites, innocent meurt et Zosime M17418) lui succde. Pelage el Clestius sollicitent leur rconciliation, parviennent surprendre la bonne toi du pape, jusqu' ce qu'un nouveau concile de Cal thage (117) ait renouvel toutes les sentences ant rieures et rappel l'vque de Rome les dcisions de son prdcesseur. I. 'anne suivante, un concile gnral africain dmasque et rprou\ e encore le plagianisme. Enfin, Zosime publie sa fameuse Tractoria (418), qui condamnai! dfinitivement les hrsiarques. Elle lui envoye partout, nous dit Marins Mercator, et reut les signatures des Pres . Dix buii vques italiens ayant refus de la souscrire, ils furent dposes; parmi
l
:

cvin, t. xxxvit, col. 1431. Par chaire apostolique on se rattache aux aptres et l'on est dans la vritable glise.

communion avec

la

Pour Augustin, d'ailleurs, le tmoignage de l'glise d'Occident est lui seul dcisif, parce que c'est en Occident que se trouve le sise du prince des aptres: Puto libi ea/ii parlem orbis su/ficere debere, in qua primum apostolorum voluit Dominas gloriosissL <> martgrio conorare. Cui Ecclesia prtesidentem bealum lnnoeenlium si audire voluisses, jam tum periculosam juuentutern luatn pelagianis laqueis exuisses. Contra Julianum pelagianum, I. iv, 13, t. xi.iv. coL 6 18. li consquence, l'vque d'ilippone soumet luimme son ouvrage au pape Boniface, non pour l'instruire, mais pour solliciter sa censure, s'il v a lien sec trgo qua... respondeo, ad tuam potissimum dirigere sanctitatem, non tam disrenda quam examinanda, et ubi
:

forsilan

aliquid

displicuerit

emendanda,

conslilai.

eux
tor,

se distinguait Julien d'clane, Cf.

Marius Merca
r>7

Cemmonitorium,

1, /'.

/..,

t.

xlviii, col.

sq.. d.
l

Baluze, p. 138. On sait comment les papes Boniface ,r (418-422) et Clestin I" (422 432) continurent contre l'hrsie de Pelage l'exercice le la suprme juridiction. b) Mais c'est ici le lieu de citer les nombreux tmoi gnages de saint Augustin (354-430) sur la primaut romaine, ou du moins les plus caractristiques. L'vque d'1 lippone ne s'embarrassait pas du cas de Cyprien, qu'on ne manquait pas de lui opposer. Avec un grand sens des nuances, il faisait valoir en sa faveur les circonstances attnuantes. EpisL, xcm, /'. /... t. xxxiil, col. 340. En depil de tous les fauteurs de schisme, Augustin reconnat le primat i\u si^e romain: lionuimv Ecclesiss in qua semper apostolica cathedra viguit principatus. Epist., m. ibid., col. Carde Pierre la primaut s'tend ses successeurs Situt enim qusedam dicuntur qua ad apostolum Petrum proprie perlinere videanlur, nec lumen habent illustrent intellectum, nisi cuni referuntur ad Ecclesiam, cujus ille agnoscitur in figura (/estasse persunam. propter primatum quem in

Contra duas tpist. pelag., 1, 1, t. xnv, col. 549-551. Mais Augustin, toujours aux coutes de la tradition catholique, n'est ici qu'une voix, la plus grande,parmJ le concert des tmoins de la primaut. El saint Jrme (340 120) ne pensait pas diffremment sur ce point Egonullum capital, lui qui crivait au papeDamase prirnum nisi Chrislum seguens Beatitudini tum, ni est cathedra Ptri, communione consocior. Super iUam petram adifteatam Ecclesiam scia. EpisL, w, Ad humus., t. xxii coi. 355. Voir art. \i <.i stin (Saint), t. i, col. 2413 sq Batiffol, Le catholicisme de saint Augustin, Paris, 1920. (.Miami clate la crise nesto . /.c nestorianisme. tienne, le souvenir du grand pape Innocent, prott leur de Jean Chrysostome Injustement dpose et exile, est encore prsent Nestorius lui mme devance a Ion ses adversaires, en dlirant sa cause a Ce lest in A son loin 130), et sans tarder, Cv rille d'Alexandrie adresse a Ce lest in les preuves qui tablissent l'hrsie de l'vque de Constant impie. Nous ne v unions pas. crit il. nOUS abstenir ouvertement et avec clat de sa communion avant d'avoir inform votre pit de ces faits, d.,, donc nous faire savoir ce qu'il vous en semble et s il faut demeurer eu communion avec lui ou si personne ne doit plus communier avec lui. Mais |] est indis|ien sable cpie voire senleliec soit manitest emeii signifie aux vques, soit de la Macdoine, soit de tout ro rient, xxv m. eol. SI |q. I.a re Epist., xi. /'. (,.. t. ponse de Home ne se lit LMicre attendre, (destin expdie ipialre lettres. L'une est adresse a Nestorius lui-mme, qui est mis en demeure de corriger ses erreurs dans un dlai de dix jours cl de se rallier a la foi d'Alexandrie approuve par Home; il devra se son mettre a toutes les conditions qui lui sont imposes, sous peine de se voir retrancher de la communion de l'glise catholique. I.a lettre adresse au clerg et au peuple de Constant mople dnote bien en celui (pu l'crit la pleine conscience d'une autorit suprme et le pape v casse d'anlo d'une juridiction immdiate rite les sentences d'excommunication portes par Nea toriUS et s s partisans et fait savoir que, de sa part, investi par lui de pleins pouvoirs, l'vque d'A'exaa drie terminera celte affaire. Aux vques d'Antioche. de Jrusalem, de Philippe*, une troisime lettre an nonce la sentence et les mesures portes contre Ne*
:

I'

torius, liune de

eodem Nestorio

scit

Sanctitas tua a

">

<

latam esse sententiam. Enfin, lest m signifie qu il agir ( v ri Ile. ( de par aulorit; du si^e romain et comme rues i/erens et simple exe cuteiir de la sentence papale Auctoritate igitur teeum nostra Sedis adscita, nostra vice usas, hune exsequeria
i

Nobfc.immo a
.

ctiristu Dru.

dislricto vigore sententiam... Jaff, Regesta, n.

;i7 I. ;i7.

373, :i7i2. (vrille accomplit sa mission avec clrit, s'en refe rant aux prescriptions Impratives de Clestin. Epist.,

283
wii
et

l'IUMAUTK. LA CKISK
xvm.
/'.
(',.,

MONOPHYSITE
i

28'.

i.

i.wvn,

col.

105,

124,
est

Du
bien

reste, les
lins, le

vques orientaux, mme favorables pressent de se soumet lie; lui mme

tfesto

de rcuser l'autorit le l'vque le Rome; il s'en prend ce qu'il appelle l'apollinarisme de ses adversaires. Lorsque enfin le concile d'phse esl runi 131 1, c'est par une adhsion au moins tacite que les Pres, en majorit orientaux, approuvent la dclaration, si formelle en faveur de la primaut romaine, du prtre .Vii/// dubium, imo steculis Philippe, lgat le ('.'lest in omnibus notum est, quod sanclus beatissimusque Petrus apostoloTUm princeps et caput, fideique columna et Ecclesisz calholiese fundamentum, / Domino nostro Jesu Christo, Salvatore hum/mi generis ac Redemplore, claves
loin
(
:

Conslantinople, Eut yeln'-s, qui s'tait signal dans la lutte Contre Ncstorius. crit an pape Lon I" 10 l'.l une lettre o il accuse de nestoriauisine le patriarche d'Antioche. Bientt le pape rpond Nos milem cum plenius quorum hoc improbitate fit poluerimus agnosI
|

cere, necetse est, auxiliante

Domino, providere.

Epist.,
:

regni aceepit, solvendique ac ligandi peccata poleslas qui ad hoc usque tempus cl semper in ipsi data est suis successoribus vivit cl judicium exercet. Mansi, ConciL, t. iv, col. 1295. ("tait d'ailleurs Cyrille d'Alexandrie qui prsidait, en qualit, il le disait du moins, de reprsentant du pape Clestin. Ibid., coL 1124. En tous les dbats, en tous les actes du concile, il tait fait tat et mention d'abord des lettres et des dcisions de l'vque de Rome, et les dissidents, partisans de Jean d'Antioche, eurent bien soin de ne se point heurter, en tenant leur concile, aux lgats de Clestin. En fin de compte, le concile cyrillien ratifiait ou acceptait expressment les prescriptions et sentences de Clestin;
:

xx, /'. /.., t. l.iv, col. 713. Mais Antioche se dfend Eusbe, vque de Doryle, celui-l mme qui jadis avait t le premier dnoncer Ncstorius, dcouvre l'apollinarisme d'Eutychs, que condamne l'archevque <\c. Conslantinople Flavien. Sur-le-champ, l'archimandrite en appelle de la sentence de son vque au jugement du pontife romain: attach de cur, affirme-t-il, a toute la tradition nicenne, il s'en remet la dcision de l'vque de Rome. Obsecro, quse vobis visa fuerit, super /idem proferre senlenliam, et nullam deinceps permillere a facliosis contra me calumniam procedere. Inter Leonis epist., xxi, ibid., col. 714-720. De son ct, l'vque de Constantinople expdie

Rome

toutes
II,

les

pices

du procs.

Ibid.,

xxn,

col. 725.

Thodose

par ailleurs, presse Lon de condamner

en propres termes Censemus et quse defmita fuerunt (r piauxva) a tua reverentia. Ibid., col. 1329 sq. P. L.,
il

le

lui

signifiait

Flavien. Le pape, qui a reu tout d'abord les missives de l'archimandrite et de l'empereur, s'tonne du silence de Flavien; c'tait au pape, en effet, en premier lieu, tre inform. Epist., xxin, ibid., col. 731. Lon demande des explications l'vque de Constantinople et, jusqu' plus ample renseignement, se refuse
ratifier

nos, valida et
col.

fuma perdurare

l'excommunication d'Eutychs, justifiant

d'ail-

t.

t.,

511-522.
le

Aprs
et,

concile, Clestin en

poursuit l'excution,

leurs avec insistance le droit d'appel au sige romain. Epist., xxm, ibid., col. 733. Thodose II, il rpond dans le mme sens. Epist., xxiv, ibid., col. 736.

lorsque Ncstorius exil crira sa justification, loin de rcriminer contre l'autorit du sige romain, il essaiera de s'abriter derrire le pape. Dans le Livre d'Hraclide, crit en 450, il salue avec satisfaction la lutte entreprise dj par Lon le Grand contre le monpphysisme. Sans doute, ces sentiments sont intresss; mais encore peut-on noter que si Ncstorius, qui avait de nombreux partisans, avait cru pouvoir, pour sa dfense, utiliser une hostilit relle ou une opposition quelconque l'gard de Rome, il et t aussi intress le faire et il n'y et pas manqu. Mais la primaut romaine tait, malgr tout, accepte en Orient. Voir Nf.storius, t. x, col. 76-157 ;phse (Concile d' ),
t.

c) Sur ces entrefaites, l'vque de Ravenne, Pierre Chrysologue (t vers 450), mis au courant de l'affaire par Eutychs ou ses protecteurs, crit l'archimandrite pour l'exhorter s'en remettre avec confiance au pape, dont il affirme magnifiquement la primaut
:

ut his quie a bealissimo

sunl,
fidei

papa Eomanse civitalis scripta obedienler allendas : quoniam bealus Petrus, qui
qurenlibus

in propria sede et vivit et prsidel, prstat

vcrilalem.

Nos aulem, pro

extra

consensum

Roman

studio pacis cl fidei, civitalis episcopi causas fidei

v, col. 137-163.
6.

Le monophgsisme.
les

par

la

Si, en ce v e sicle tant agit controverses christologiques orientales, l'appel

Rome

est

une procdure unanimement admise dans

chrtient, rappele comme un droit et un usage traditionnels par tous les papes, il est, d'autre part, certain que le primat de Pierre et celui de ses succs seurs est explicitement affirm parles auteurs les plus divers.

a) Arnobe

le

Jeune (vers 450) crivait alors

Ecce apostolo psenitenti succurritur qui est episcoporum episcopus, et major gradus redditur ploranti quam sublatus
ut doceam illud ostendo quod nullus apostolorum iiomen pastoris aceepit. Solus enim Dominus Jsus C.hristus dicebat Ego sum pastor bonus. Hoc ergo nonien sanctum et ipsius nominis potestatem post resurrectionem suam Petro paeriitenti concessit, et negatus aegatori suo banc quam solus babuit tribuit potestatem; ut non solum rcuprasse quod amiserat probaretur, verum etiam et multo amplius psenitendo quam negando perdiderat acquisisse. Comment, in Psalm., ps. cxxxvm, P. L., t. lui, col. 545.
est denegiinti.
:

Quod

audire non possumus. Epist. ad Eulychem, Inter Leonis epist., xxv, ibid., col. 741-743. Ce que proclame l'vque de la cit impriale de Ravenne, l'vque de la nouvelle Rome ne fait nulle difficult de le reconnatre: dans une seconde lettre au pape, il ne discute pas le droit d'appel dont il sait que s'est servi Eutychs, il s'lve seulement contre les allgations fallacieuses de l'astucieux archimandrite. Commolus igitur, sanctissime pater, ob omnia qu ausus est, dignare per proprias litteras suffragari quidem deposilioni canonice adversus eurn faclse. Sic enim et qux insurrexit hseresis, et ob cam cxcilatus tumullus facile cessabit. Deo cooprante, per Veslras sacras litleras. Voil, certes, qui nous claire sur la religion de l'vque Flavien pour lui, la seule autorit de Lon, ses dcisions personnelles, une lettre de sa main, feront plus et mieux que toutes les autres interventions: la paix sera ainsi rtablie dans toute l'giis?. sans qu'il y ait ncessit de convoquer un nouveau concile cumnique. Prohibcbilur vero et qu evulgatur fulura esse synodus, ut ne sanctissim totius orbis Ecclesisz perlurbcntur. Inter Leonis epist.. xxvi, ibid.. col. 743 sq. Instruit de la vrit, Lon prescrit les mesures prendre contre l'hrsiarque. Epist., xxvn.

ibid.,

col.

752.

Pierre vit, parle dans son glise. Ibid., col. 548. Comme Mose dans le dsert, mais travers les sicles. Pierre offre ceux qui ont soif les eaux salutaires. Ibid., ps. evi, col. 490. b) Cette doctrine, elle n'tait ignore de personne, pas mme en Orient. Ds 448, un archimandrite de

d) Vienne le Brigandage d'phse, la suprme autorit de l'vque de Rome n'apparat que plus inconteste. C'est par fraude, non par opposition ouverte, que Dioscore a pu triompher au concile dont il s'est arrog la prsidence: Chalcdoine. il sera mis en

jugement pour

ce fait

sqnodum ausus

est facere

sine

285
quant factum
leurs,
est.

PRIMAUT. LA CRISE MONOPHYSITE


quod nunquam hfit,nim
t.

286

auctorilatc Sedis apostolic,

Mansi, ConciL,

vi, col.

par le pape, Flav.en nellement condamn et annul de Doryle, avaient appel Eusbe onstantinople, c .qui, en Home par le lgat Hilaire, osant du droit ordinaire et rpute tait Occident, Orient comme en aussi appel de immmorial. Thodore! de Cyr avait contre lui a Lphese par la dposition prononce appel en connaissance de parti de Dioscore. Il avait ecclsiastique.raconte Histoire son dans qui, lui cause,
.

du Brigandage d'phse, qui devait

582. D ailtre solen-

dans sa lui qui core a t justement condamn..., a confie la garde Sauveur qui le celui vis avait fohe, Saintet, et qui avait de la vigne, nous voulons dire Ta mission d unir le pour a qui celui voulu excommunier
.

L.., Inter Leonis episl.. xcvui, / corps de l'glise. Pres de Chalcdoine raticol 951-960. A la lettre, les antrieures: Pierre a parle fiaient leurs dclarations 972Bsq.Alalettre, par Lon. Mansi, ConciL, t. vi, col.

ils

, comment le pape Jules conformment a calomniateurs connatre son tribunal les e^biens dpossde par

la

rg e

lit

d'Atnanase et Athanase injustement C, t. i.xxx... col 996. eux. HisLeccL, LU, cm, P. de la sa lettre, faire la part Si nous pouvons, dans nous .levons y rhtorique et de l'intrt personnel,
:

contemporain. Arnobe le Jeune le moine romain, leur un.- ombre au tableau. cependant U il demeurait > sicle peut-tre Depuis quelque trois quarts de parti d'vques de cour avait en Orient un notable alTcc.a.en par ca eu remuant, et peu scrupuleux, qui vnrer dans le sige ambitieux et par jalomie, de ne ant.que ...;,.la Ville ternelle, de .'mi que ,n;,in r
- 1 .

professaient la

mme

foi a la

primaut du pape que

tresse

et

pacificatrice
tait
.u-

des

nations.

prsent

que
es-

adresse celle -ci a souligner aussi des phrases comme tre en - A vous il appartient d Home de l'vque de ;>'>'"'> '" ?<"*"' rcvra , Sv>. Y*P tout le premier s'en remet a la senourrei... Et surtout Thodoret du successeur de Pierre tence suprme et irrvocable apostolique. Je J'attends la sentence de votre Sige Saintet de me secourir, moi prie et je conjure Votre orjuste Jugement, de qui fais appel son droit et que mon enseimontrer pour vous courir de donner savoir traces apostoliques; je veux
:
.

Bvzance

devenue ('.onstantinople.

ville imper.ale.

et ,,ue l'Occident

gouvernait plus l'Orient, un

plus ou moins poir germail d'quiparer Ds le concle de Consf a nouvelle Rome a l'ancienne.

compltement

gnement

de vous

dposition.

non Unique faut que je me soumette ou attends C'est votre sentence que j me souvous prononcez que je dois me soumettre, Je plus personne au monde, mettrai et n'importunerai EpisL, CXin, remettant Dieu du dernier mot.
s'il

suit les

m'en

adLeonem,P. C,

1314-1317. il ..est t. ixxxm, col. qui fait appel en Thodoret, que propos pas hors de Home, ri hsite pas propres termes a la Juridiction de Ce 1res samt Sige a la a crire au lgat Henalus cxvi, ibid., primaut cumnique des glises. EpisL,
:

Svavattft adopt. tantmople, en 381, un canon, le . L'vq^de CoiustanOnopte rdig: ainsi qui tait :i Jpecoeia TTR "rULTfi) aprs a h, primaut .riionneur que (.onstantinople est la pane Home, l'evque de I, elereq o,, ,,.. t 11 Hcfele Cf. nouvelle Home. pas reu assentiment du M s ,,. Ce canon n'avait l,..\ulcntlavait celui du basileUS. En .j,,-,,.: Jais il insosemble bien lui emprunter l'expression ;,!,! ni II. pour l'engagera accepThodose a sa lettre lite de contre Dioscore d Alexante, u conue que rclame, Home, cui prineipatum sacrrdrie, Lon, l'vque d, ls cainuuT...,facaUalemde dotil saper omnes umoui judicare..., teeandam solemnUatem
(

,!,-

cl

sacerdolibus

iliorum...

Inter

Leonis c,ast.. lv,

P.

L.,

t-

"v.
qui

Galla Pladdla col 859. L'impratrice apostolque. tmoigne sa vnraUon pour h- Sige du .le foi en la primaut profession celte ajoute a
sie.'c

de

mme,

col.

plcnur. Cependant, Lon veut runir un conc.le s'en tienne a celui de l'on que prtend H Thodosc et 'avnemen Dioscore. Il fallut la mort le Thodose, pour que la catholicit pot de Pulchrie et de Marcien J.alccdoinc. Chalcdoine, tenir de nouvelles assises a un triomphe personnel. ce fut pour I.on le Grand, de la primaut mais ce fut aussi le point culminant Valentinien romaine en Orient (151). Ces empereurs
e)
(
:

1321 sq.

rejoint la pense de Pierre une considration qui a savoir que Ion doit bien de Son OIS Valentinien. c'est de uni la Ville ternelle matresse

cette dfrence vers rMd.,col. soi B;cf. tolique, Paris, 1924, p. 523
.m,,!

H
s,,.

Batiflol,

/.'

Sige apos

oue
est
,,-

le

...nous qu.n en soie parmi les de concile de Chalcdoine raolul


.'..lie

dise pllnalres publier. .1 en

un qui semble avoir t minul

.eus.-meiit
difficult

et

Marcien la reconnaissent solennellement divines flaei Sanctttatem, principatum in episcopatu credimas alloquenpossideniem in principio justum per celqualenus, <>m,u Impio errorc sublato, dam circa omnes brandam synodum le auclore maxima pax Leonis eptsL, eniscopos catholic fldei liai. Inter et dsirent xxiii P. L., t. itv, col. 899. Tous attendent reste, a donn ses lgats du qui, Lon, de dcisions les les Instructions les et l'vque le (.onstantinople ont la haute direction plus prcises. Ces lgats, en l'ait, La lettre doctrinale adresse
:

ruom

l'plscopat prsent ne fit .-..vers el contre mettre; a., contraire, il le maintint

prpare de lad

tout

conu H s'agit du fameux 28- canon, ainsi saints suivant en toutes choses les dcrets des cinquante voques ,., reconnaissant h- canon des cent 3' canon du concUe deXonstanlu (le .('tre oui vient mmes rso utlons tinople.de 381). nous avons pris les Rlisc de des privilges de i.. trs sainte a,, sujet Les Pres on. Constantlnople, la nouvelle Rome. l'ancienne Home sec ,,,,, ftvec raison au Sige de
1

des dbats dogmatiques. est acclame, tous les nagure par le pape a Flavlen d Eutychs. Pres s'y rallient cl condamnent l'erreur esi dpos, tandis Dioscore, son audacieux protecteur, prononce que Thodoret de Cyr, malgr la dposition l'ordre des lgats, sur siger, a admis est contre lui. arcluepis quia ,i restitua ci episcopalum tanctissimus cm, adesse sacra- syno copus Lo, d... imperalor sanxii col. 590. do. Mansi, op. cil., C vi, romain et a Cette soumission aux droits du pontife le concile se sa souveraine et universelle Juridiction, dans la un devoir de l'exprimer catgoriquement l'ait lu es Lon. pape au envoie qu'il synodale lettre pour tous as t tu lire, peul-on nous, y venu jusqu' Pierre... Nous l'interprte de la voix du bienheureux eveques. que tu tions l environ cinq cent vingt !>.<"conduisais comme la tte conduit les membres...
,

tait la vdle impriale. privilges, ranc que cite ville ont 1rs cent cinquante eveques ,.. ,... motif, [e

honore (par la rsiaccord que la nouvelle Rome, et Jouissanl des dence) de l'empereur d du Snat

mmes
avoir
,.
,

privilges

que l'ancienne
-

ville Impriale, doll

les

mmes avantages dans


/>

elle. e , tre la seconde aprs


,,

l'ordre ecclsiastique cf. Hefele Leclercq, op.

p.

815

sq.

On

ne pouvait

avec plus
1

.1,

droit divin constidsinvolture passer sous silence le erre, romaine de la chaire de tutif de la primaut qui a parl par Lon prince des aptres, de Pierre, reconnaissaient nagure tte, dont ils se u ce tte ne se les l'eres de Chalcdoine
:

les

membres
sige de

dociles,

soucient plus. Us bussent,

il

est vrai, le

premier rang

contentent, pour Constanau d'une pri.u.tie d honordre, nouvel jusqu' tinople, quels l'Orient. Mais, a voir sur

Home:

ils

se

neur seulement sur

287

PRIMAUT. LA CRISE M ONOPH YSITK

288

motif s, renouvels du canon de .'581, i's fondent cette hirarchie e1 les prrogatives spirituelles du pontife romain, qu'ils ont pourtant proclam l'archet que de toutes les glises , on comprend l'nergique opposition faite par les lgats de Lon cette nouveaut dangereuse, on peut dcouvrir, dans ce 28' canon, le second jalon d'une tradition qui part du concile de 38 et qui dlibrment s'organise pour l'autonomie, pour l'indpendance. Sans doute, Lon et pu accepter, la rigueur, cet accroissement d'honneur al ribu par le concile au sige de Constant inople, mais il a pu lui sembler que c'tait porter une atteinte aux prroga tives d'Antioche et d'Alexandrie, et il lui suffisait d'avoir eu raison de Dioscore sur le terrain de la foi et de la discipline. Surtout le pape ne pouvait sanctionner une affirmation explicite aussi grosse de consquences que celle qui fondait la dignit et la prsance des siges uniquement sur l'importance civile et politique des cits, la primaut de Rome sur une sorte de concession des anciens Pres . Quoi qu'il en soit et qu'elles qu'aient pu tre les intentions caches des Pres de Chalcdoine, ils demandrent Lon de confirmer le 28e canon, comme les autres Nous te prions d'honorer de ta confirmation cette dcision, et, de mme que nous nous sommes pour le bien accords avec toi, qui es la tte, nous avons confiance que la tte consentira aux enfants ce qui convient. Inter Leonis episl., xcviii, P. L., t. Liv, col. 960. Pour prouver que nous n'avons agi ni par partialit en faveur de quelqu'un, ni par esprit d'opposition contre qui que ce soit, nous te faisons connatre toute notre conduite, afin que tu la confirmes et y donnes ton assentiment. Ibid.; cf. HefeleI
l

rang, en raison de leurs origines apostoliques. Epist., cm, coi. 1001. 7. Conclusions. Du donatisme au monophysisme, en passant par la longue et douloureuse crise arienne,

primaut romaine s'est affirme sans cesse et prNous en avons une expression particulirement vigoureuse et claire dans les crits de saint Lon le Grand lui-mme, dont la doctrine a t longuement expose l'art. LON I tr t. ix, col. 218-309, auquel le lecteur voudra bien se reporter. En toutes occasions, dans ses sermons comme dans ses lettres. Lon adirme avec assurance et distinction que saint Pierre a la prminence effective et la souveraine juridiction sur tous les pasteurs dont le Christ est le chef. C'est pourquoi le sige de Pierre est la tte de toutes les Eglises. Telle est la divine origine de ce droit que possde l'vque de Home, d'examiner et de reviser toutes les causes qui intressent l'ordre et la concorde ecclsiastiques. A l'exemple de ses prdcesseurs, mais avec plus d'assurance, coup sr, Lon dlgue aux autres vques les pouvoirs les plus amples: autant que ses plus grands successeurs, il a pleine conscience d'avoir reu de Dieu le soin et le principat spirituel de la
la

cise.

catholicit tout entire.

Leclercq, op. cit., t. n b, p. 837. Cette lettre synodale du concile de Chalcdoine est videmment trs insinuante. Elle veut prsenter le 28 e canon de Chalcdoine comme une simple confirmation du 3 e canon de Constantinople, et il ne faut pas oublier que les vques du concile de 381 ont lgifr pour l'Orient sans rien demander au pape Damase, ni collaboration ni confirmation. En 451, au contraire, le 28 e canon, vot par le concile, agr par l'empereur, par le Snat, par la ville de Constantinople, est tenu en chec par l'opposition des lgats du pape Lon, et le concile crit au pape pour lui demander de le confirmer, on vient de voir en quels termes de dfrence envers son autorit, qui est vraiment une souverainet. Sans Rome, rien ne se fait de ce qui doit
tinople attend

Les faits, cependant, sont plus loquents encore que les paroles. De Miltiade Lon, nous avons constat que Rome recevait des appels de toutes les glises, n'acceptant pas d'ailleurs qu'une cause juge par elle ft porte devant un autre sige, ft-ce en Orient. Nous voyons ce point de droit observ l'poque du concile de Chalcdoine, aussi bien qu' celle du concile d'Arles, et ce ne sont pas les canons 3 e de Constantinople ou 28 e de Chalcdoine qui changent rien ce fait incontestable non plus qu' ce droit reu.
En ralit, crit Batiffol, les soixante-dix ans qui sparent le concile de Constantinople de celui de Chalcdoine sont les annes de la courbe remontante du crdit du Sige apostolique en Orient. Les chelons de cette courbe sont aisment reconnaissables. C'est d'abord le recours de saint Jean Chrysostome Rome et l'action du pape Innocent en rponse ce recours; finalement le succs de cette action, en dpit de la rsistance de Constantinople, d'Antioche, d'Alexandrie. Vingt-cinq ans aprs, c'est l'intervention du pape Clestin en Orient par la sentence prononce Rome contre Nestorius, et le pape obtenant du concile d'phse, d'abord, puis de l'empereur Thodose II, la condamnation, la dposition, la relgation de Nestorius, en dpit des maladresses de l'vque d'Alexandrie, Cyrille, qu'il a charg de tenir sa place, et en dpit de l'obstruction de l'vque d'Antioche, Jean. Vingt ans plus tard, c'est le concile de Chalcdoine, l'entente de saint Lon, de Flavien, de Constantinople, de l'empereur Marcien. le dsaveu du Brigandage d'phse, la condamnation de l'vque d'Alexandrie, Dioscore: au demeurant, le point culminant de la reconnaissance par l'Orient de la primaut de Rome. Batiffol, Catholicisme et papaut, Paris. 1925, p. 37-38. En Occident, cette primaut romaine passe dans le droit civil imprial. Valentinien III (t 455) crit dans

pour l'ordre. Le sige de Constandu Sige apostolique la confirmation de ses droits, en reconnaissance du zle qu'il a toujours tmoign Rome pour la cause de la religion et de la concorde. On voudra bien remarquer que cette primaut laquelle Constantinople rend hommage n'est ici nullement fonde sur la considration du rang
se faire

pour

la foi et

historique et politique de la vieille Rome, mais seulement sur le privilge apostolique du sige romain. Batiffol, Le Sige apostolique, p. 564-565. Malgr les conseils de Julien de Cos, dont il fait son lgat permanent, malgr les instances de l'empereur Marcien et celles du patriarche Anatole. Lon se refuse absolument confirmer le 28 e canon, qu'il considre comme une uvre d'ambition personnelle et comme attentatoire aux canons de Nice. Tout ce qui va l contre est pour lui sans valeur, et, par l'autorit du bienheureux aptre Pierre, il le casse. Epist., cv, ad Pulcl eriam. P. L., t. liv, col. 997. Au patriarche de Constantinople, Lon rpte que le canon allgu de 381 est nul et non avenu pour le Sige apostolique, auquel il n'a jamais t notifi et qui ne connat que les canons de Nice, avec la constitution hirarchique et la division en provinces ecclsiastiques qu'ils ont consacres, Alexandrie avant le deuxime et Antioehe le troisime

ses Nouelles

Cum

i^itur Sedis

apostolicx primatum S. Ptri

nieri-

tum, qui princeps est episcopalis coron.e et romanre dignitas sacra etiam synodi Firmasset auctoritas ne quid pneter aueto.it item Scdic istius illista prsume tio altentarc nitatur (tune enim Ecclesiarum pax ubique servabitur, si reelorem suura agnoscat universitasi, et hsec cum hactenus inviolabiliter fucrint custodita, Hilarius Arelitensis, sicut venerabilis viri Leonis, ronmii pap;v, lideli relitionc comperimus, contumaci ausu illicita quedam priesumenda tentavit, et ideo transalpiuas Ecclesias abominabilis tumultus invasit... Sed lioc illis omnibusque pro le^c sit, quidquid
civitatis,

sanxit vel sanxerit apostolicfB Sedis auctoritas, ita ut quisquis episcoporum ad judicium romani antistitis evocatus

289

PRIMAUT. LA CRISE M O NOPH YSITE


tolique dont nous
cit.,
t.
i

290

vcnirc ncglexerit, per moderatorem ejusdem provincise adcssc coeatur, per omnia servatis quae diVl parentes nostri rv, ronwn.T Ecclesise detulerunt. Novella, 17, P. /.., 1.
col.
6:. 7.

En

Orieni de

mme, au lendemain de Chalcdoine,

le pape Lon cl l'vque de Constantlnople Anatole, inspirateur du canon litigieux, l'empereur Marcicn a promis au pape que l'vque donnerait foule satisfaction. Lon a insist auprs de l'empereur, spcifiant qu'il s'agissail pour Anatole de satisfaire aux lois mmes de l'glise, et l'empereur a dcid Anatole se soumettre. Anatoiios enfin a crit au pape qu'il n'tait pour rien dans la rdaction du 2k e canon, que seuls en taient responsables ses clercs qui l'avaient propos el les vques qui l'avaient vot, cl que d'ailleurs la confirmation de ions les actes du concile de Chalcdoine tait rserve an pape. L'vque de Consl an1 inople Iflchail le 28' canon comme

pour rconcilier

Bossuel

Lon

Dclaration de 1682, et au pape mot. Est-ce l ce que nous appellerons une prsance d'honneur , el quel nom choisir, si l'on ne veut pas entendu- parler de primaut? Cf. Batiflol, Calhollcisn < et papaut, p. 36* 37.
lchera
la

tait laiss le dernier

2
604).

De

Aprs saint Lon le Grand, ce sont encore li s agitations monophysites qui Boni au premier pian des affaires ecclsiastiques orientales. Le clerg byzantin donna bien vite la mesure de sa soumission au basileus, en souscrivant en masse l'encyclique de l'usurpateur Basilisque, en se ralliant ensuite, avec le mime ensemble, la politique religieuse le l'empereur Zenon. Mais les pontifes romains ne laissaient pas primer les droits du sige apostolique. 1, Agitations tnonophysiles ; I' Hnotique <lr Zenon Il faul d'abord signaler et leforn ulaire d'Hormisdas. la lutte nergique mene par le pape Simplicius 168 483) contre les sanglantes rbellions les monophysites de Palestine et d'Alexandrie. Auprs des empereurs, comme auprs des patriarches monophv sites, le pape ne mnagea ni protestations, ni blmes, ni excommunications. Mais c'est principalement contre l'Hnotique de Zenon que dut s'exercer l'autorit de l'vque des vques. Cet dit, publie en 482, consacrait, pour un temps, l'alliance de Constantlnople avec Alexan drie; il insistait surtout sur les analliemes de saint Cyrille et, tout en condamnant Eutychs comme Ns torius, en ralit, il abrogeait Implicitement le concile de Chalcdoine. Seuls, Nice el Constantlnople (381) feraient foi. Bien entendu, il y eut des victimes, qui firent les frais de cet BCCOmmodemenl imprial. Le patriarche orthodoxe d'Alexandrie. Jean Talaa, fut dpos et bientt il porta ses rclamai ions Rome. Simplicius mourul sm les entrefaites; Flix in 183 492) se trouva bicnll sollicite, en mme temps, pai l'empereur Zenon el le patriarche Acace, de Constan tinople. inspirateur U- la politique bnoticienne. Le pape tait Inform, grce la vlocit et au zle des moines acmtes. Il avait envoy Constantlnople deux lgats, chargs d'enquter sur toute l'affaire et d'enjoindre Acace de comparatre devant un concile
1
I

stiini

Hilaire saint Grgoire

le

Grand

161

Mansi, o;,. sommes dpositaires. vu, col. 1053-1065. Une autre lettre mettait l'empereur en demeure de rompre avec l'hrsie, une troisime renseignait le peuple et le Clerg. Malgr la trahison de son defensor Tutus, le pape tint bon. ne mnageant ni a Alexandrie ni a Antioche les complices d'Acace. Acace, au lieu de se soumettre, lit rayer des diptyques le nom de Flix III. rompit toute communion avec Rome et consomma le schisme (484), qui devait durer trente-quatre ans. Flix III runit rie nouveau un concile romain, qui confirma les anatbmes lancs contre les trois patriarches hrtiques, Acace de Lonstantinople, Lierre le Foulon d'Antioche, et Lierre Monge d'Alexandrie. Le pape Glase I" (492-496) devail continuer la lutte pour la vrit catholique et l'autorit du premier A Constantlnople, cependant, il tait soutenu par un groupe de moines acmtes dont l'influence tait assez considrable pour provoquer des InsUl ! tions populaires rclamant l'union avec Romi pape Anastase II (496-498) invite d'autorit l'empe icur Anast ase a se sparer du schismat ique bui esseui d'Acace: mais, comme son prdcesseur, il choue dans ses teidalives devant la politique fuyant) Byzantins. Luis c'est a Lom la comptition de deux rivaux Symmaque et Laurent c'est seulement avec hpape Hormisdas (514-523) que le Sige apostolique peut intervenir avec vigueur. On a dit, l'art. Hormis das, ce que fut cette Intervention, d'abord auprs de l'empereur Anastase. puis auprs de son successeui Justin l". Il convient seulement de souligner ici le d employ par le pape. Il exige de chacun des vques orientaux non seulement une profession de foi conforme aux canons de Chalcdoine, mais encore la condamnation formelle de tous les [auteun schisme, sans en excepter Acace el ses sm esseni s.
i
:

Formulaire d'Hormisdas tait l'clatante affli ination de la primaut du Sige apostolique. On ne peut passer sous silence, j lit-on, la dclaration de Tu es Notre Seigneur .l< sus ht ist qui a dit Pierre...! Cette parole, elle s'est trouve confirm efficacement dans la ralit, car c'est parie Sige aposto lique que s'est toujours conserve sans tache la religion hr catholique. Vienl .dois la condamnation t< tiques Ncstorius. Eutychs, Dioscore et aussi l'ana thme contre Acace et tous les tenant s de l'Hi nolique, l'adhsion explicite a la lettre doctrinale de Lon Flavlen, enfin une formelle profession <ie roi la bu prme autorite du pontife romain ...Nous voulons suivre en toutes choses la communion du Sige BpOS tolique, ou rside l'entire et X :ii<- solidit de la fol chrtienne, o la religion B'eat toujours conserve immacule; nous promettons, en consquence, de retrancher des diptyques (eux qui sont spares de la communion de l'glise catholique, c'est -dire ceux qui ne sont pas d'accord avec le Sige apostolique. Mansi, op. cil., t. VIII, col. It'.T /'. /... LXIII, col. 160
ii
<
,
:

>

,i

romain pour
Misnc,
rsister
les

Malheureusement, Vital el i\vu\ envoys du pape, n'avaienl pas su


s'y Justifier.

aux sductions byzantines et avaient coinniu ni ostensiblement avec le patriarche. Flix Ml runit alors un concile Home, qui dposa les lgats el pronona l'excommunical Ion d'Acace. Dpisl anl la police

onstantinople, en le libellui <\u pape. sans faire la remarque que ce n'tait pas une lettre synodale. La sentence fut excute; les noms des tau teins du schisme raves des diptyques sance tenante Justin ordonna aux autres cvqucs de l'empire de si gnerle formulaire et, le '12 avril 519, ii notifiait au pape cet le mesure, tandis que le patriarche et d'autres
<
:

Les lgats ai teignirent leur bui mars 519 le patriarche .ban signa

du

basileus, des accintes curent l'audace de taire connatre la sentence en attachant la lettre papale au pallium d'Acace, durant une crmonie. Tu es priv de la prtrise, prononait Flix, retranch de la communion catholique; lu n'as plus droit aux fonc-

tions sacerdotales. Telle est


fligent le

la condamnation que l'injugement du Saint-Esprit et l'autorit apos-

notabilits de Constantlnople crivaient Lom un rapport sur les vnements heureux qui venaient de s'v accomplir. Quelle qu'ait t l'opposition que rencontra le formulaire d'Hormisdas a Antioche el Alexandrie, il marque une date dans l'histoire de la primant. maine et de ses rapports avec l'glise de Constanti-

DICT,

DE THOL. CATHOL.

XIII

10.

291
:

PRIMAUT.

S.

GRGOIRE LE GRAND

292

nople moins de soixante dix ans aprs le 28" canon de Chalcdoine, sur la base d'un documenl qui manait du pape seul, le patriarche byzantin Taisait entire soumission au Sige apostolique. 2. De .Iran I ,r Pelage II. La paix procure par rlormisdas ne pouvait se maintenir longtemps, mena ce qu'elle tait sans cesse par les ambitions renaissantes des patriarches de la nouvelle Rome et par le cesaro papisme du hasileus. a ) Avec Justinien, l'empire trouva un unificateur et un organisateur remarquable mais l'glise eut en ce prince un protecteur autoritaire, toujours prt se muer en perscuteur. Dans le conflit de juridiction qui mil aux prises l'Occident et l'Orient, au sujet de l'illyricum, Boniface II (530-532) vit, en 531, le patriarche piphane de Constantinople frapper Etienne de Larisse, uniquement, dclarait ce dernier, s pour se poser en matre et juge les glises de Thessalie . Etienne eut beau taire appel Home et protester que c'est le pape qui est matre directement dans son Illyricum , ce fut peine perdue; il fut dpos, avec la connivence de Justinien. Cf. Hefele-Leclercq, op. cit., t. n b, p. 1117:

sumimis sacerdos, ne leur taient |ias exclusivement rservs, ils taient usits pour d'autres vques. Le litre de sedrs aposlolica tait donn a d'autres siges.
Il n'est pas jusqu'au titre de sernus serooram l)ei, que va adopter Grgoire le Grand, qui ne se trouve dj dans saint Augustin et ne soit employ par de nombreux vques. Aussi bien n'est ce nullement par des innovations verbales, non pas mme par des initiatives fortement accuses, que ce pape fait ligure dans l'histoire de la primaut romaine: c'est par la force mme des traditions apostoliques qui en lui s'accumulent et se maintiennent. a) Grgoire le Grand (590-604) trouvait une situation en apparence paisible, mais de toutes parts mine ou seme d'embches. En Orient, il sait bien que la soumission au sige de Home est loin d'tre sincre et loyale dans tous les curs. Il n'ignore pas que le patriarche Menas a dclar en plein concile, Constantinople, en 536 Rien de ce qui se fait dans la trs sainte glise ne doit se faire sans l'avis et sans l'ordre de l'empereur, et, comme vous savez, nous suivons le Sige apostolique et lui obissons, sa communion est la ntre, nous condamnons ceux qu'il condamne. P. Batiffol, L'empereur Justinien et le Sige apostolique, dans Hech. de se. rel., 1926, p. 193264. Grgoire sait combien est difficile pour un Oriental la conciliation d ces deux principes de conduite. Il le sait d'autant mieux qu'il a rempli lui-mme la cour du basileus et auprs du patriarche ces fonctions d'apocrisiaire, qui sont une reconnaissance formelle, de la part de la nouvelle Rome, des prrogatives de la
:

1119.
b ) Bien plus heureux fut le pape Agapet 1 er (535-530). Thodora avait russi faire lever le monophysite Anthime sur le sige de Constantinople. Amen la cour par des affaires politiques, Agapet le dmasqua
lit dposer. Mais ce succs devait coter cher papaut. Agapet mourait Constantinople presque aussitt, et aprs le rgne phmre de saint Silvre (536-537), arrt et exil par Blisaire, Thodora obtenait en lin le pape de son choix, Vigile (538-555). Ce n'est pas ici le lieu d'apprcier le rle doctrinal de ce pape. La controverse des Trois-Chapitres (545-553) lui donna l'occasion de ragir parfois avec courage et clairvoyance contre les abus de pouvoir du basileus qui le tenait sa merci. Sa primaut n'tait pas discute, mais exploite au profit de l'orthodoxie impriale. II fut invit confirmer les canons et anathmes du V e concile cumnique (Constantinople, 553) ce fut son dernier acte de souveraine juridiction. La pression qu'il subit, en dpit de ses faiblesses, dnonce en lui le chef suprme de l'glise. Il convient aussi de remarquer que le concile, tout en se sparant de lui personnellement, dclara vouloir rester en communion avec le Sige apostolique. Premire manifestation prcise de la fameuse distinction entre sedes et sedens. Son successeur, Pelage I er (555-561), reconnut, lui aussi, le V e concile, dont l'cumnicit ne fut d'ailleurs admise que peu peu en Occident. c) Malgr tout, le droit du Sige apostolique n'tait pas contest en principe par les Grecs. Jean le Scolastique, qui deviendra en 565 patriarche de Constant inople, donne place aux canons de Sardique dans sa Concordia canonum. En pratique, l'ambition personnelle des patriarches, les ingrences abusives des princes entretiennent une perptuelle menace de rupture. En 588, Jean le Jeneur n'hsite pas s'attribuer le titre de patriarche cumnique il occupe le sige de la nouvelle Rome, ville impriale, et le basileus a la prtention, depuis les campagnes de Justinien. d'avoir reconquis toute l'oikoumn... Pelage II (579-590) protesta comme il convenait, affirmant une fois de plus que le Sige romain est, de par l'institution du Seigneur, la tte de toutes les glises . P. ,., t. i.xxii,

et le
la

Rome
les

apostolique.

il traite avec les illustres siges d'Alexandrie et d'x\ntioche, il tient en reconnatre et il en relve

Quand

privilges

saint Pierre a honor

(decorauit)

le

sige d'Alexandrie

en

lui

donnant comme fondateur

col.

738.

La primante romaine sous saint Grgoire le Grand. est digne de remarque que les vques de Home, quant eux, n'ambitionnaient de porter aucun titre
3.
Il

particulier, soucieux seulement de ne se point laisser dpouiller de leurs prrogatives essentielles. Les termes
<le

papa, apostolicus, vicarius Chrisli,

summus

pontifex,

son disciple Marc, l'vangliste; il a affermi ffirmauit) le sige d'Antioche en y sigeant lui-mme durant sept annes; mais il a exalt (sublimaoit) le sige de Rome, qui a t le terme de sa course terrestre et le lieu de sa mort. EpisL, 1. VII, xl, P. L., t. lxxvii, col. 882. On n'a voulu voir ici qu'une politique habile, pour s'assurer contre l'ambition du patriarche prtentions cumniques de Constantinople; on a voulu aussi y dcouvrir l'aveu d'une galit de droits, en raison de leurs origines apostoliques, pour les trois grandes glises d'Alexandrie, d'Antioche et de Rome. C'est faire bon march des termes employs par Grgoire lui-mme pour marquer la dignit de chacune. L'erreur serait grande de confondre le principatus que I'vque de Rome a hrit de l'aptre Pierre et qui lui donne sur l'glise universelle une primaut de sollicitude, de responsabilit, de pouvoir aussi et d'assistance divine, de confondre ce prineipatus avec les droits stricts de mtropolitain qu'il exerce sur les vchs suburbicaires. Le principatus est un secours qui entre en jeu quand on fait appel au pape, et quand le pape juge son intervention opportune, ncessaire le principatus n'a rien d'une centralisation organise et impose. P. Batiffol, Saint Grgoire le Grand. Paris, 1928, p. 188-189. Grgoire, d'ailleurs, ne fait pas difficult de se conformer l'orrfo sedium tabli par Justinien, en confirmation du 28 e canon de Chalcdoine, si rsolument repouss par saint Lon et qui donne le premier rang, aprs Home, au sige de Constantinople. Il en allait tout autrement lorsque Grgoire croyait dcouvrir dans un titre une usurpation, un empitement, surtout une atteinte aux droits de la primaut romaine. C'est en recevant les actes d'un concile tenu Constantinople que Pelage II, eu 588, avait dcouvert que le patriarche Jean le Jeneur y tait dnomm patriarche oecumnique . Pour cette raison, il avait cass
:

293

PRIMAUT. LE MONOTHLISME

294

vocable qui remontait sans ces actes, interprtant ce

l'expression des doute au schisme d'Acace, comme Rome sur une autorit Vises de l'vque de la nouvelle lettre. et une primaut universelles la mort de Pelage, L'affaire n'eut pas (le suite avant la prtres, mais aprs l'avnement de Grgoire, deux firent apcondamns synodalement Constantinople, ades du concile qui pel Rome. Grgoire rclama les du Us avait jugs et, (levant le peu .l'empressement Si je vois que l'on ferme haut et parla il patriarche, rclame le) n'observe pas les canons au (nom desquels que Je dois faire Sige apostolique, Dieu me dictera ce Regesta,n. 1270 contre ceux qui le mprisent. Jaff, constate que (aot 503). Les gesta sont expdis, on y
:

primaut spiripossession d'une active et bienfaisante t. VI, col. 1776tuelle. Voir l'art. GREGOIRE i.i. GRAND, 1781. monde nouveau de V. La cuise d'adaptation au mort de saint Grgoire a celle de Calixte II i \ Tandis que l'Orient grec ne l'accep(viio-xi* s.).
:

s'en dtachera tera que de plus en plus difficilement et jusqu' la sous des prtextes sans cesse renaissants, du schisme, la primaut du pontife

consommation chaque romain obtient en dcident une reconnaissance

le titre

Jean

le

a de patriarche cumnique > est attribu des Jeneur. Alors Grgoire proteste, au nom

ce patridroits imprescriptibles de son gige, contre par ce vocable arche 'lui trouble foute l'glise Sabinianus, sclrat . Jafl, n. 1358, l'apocrisiaire l'empereur, lettre lettre 1 juin 595. Dans une pape condamne expressfort digne mais svre, le Constantinople ment le litre dont se pare l'vque de pret

la papaut jour plus complte. Depuis saint Grgoire, rapidement parmi les voit son influence grandir rice. Jusqu' peuples nouveaux dont elle se fait l'educat papisme contrecarre son acce qu'un nouveau csaro tion et diminue son prestige. des chrtients 1" Du il* nu /.\' siicU : l'organisation ne premire priode nous montre la nouvelles. prinpapaut concentrant ses efforts sur deux points transformation de l'Italie sous h, pou
i

cipaux

la

aux qui est une offense aux lois, aux conciles, pourtant s'est mi ceptes du Christ. Saint Pierre, qui gouvernement de toute confier la sollicitude et le tre appel aptre uni l'glise, n'a jamais prtendu universel. versel.el le patriarche prtend tre l'vque comme s'il tait, en dfinitive, le seul exercer l'pisblasphmacopat. Il faut donc rejeter ce titre comme dignit de qu'il accapare pour un seul la
toire,

catholique des Lombards et la sauvegarde de l'unit deuxime priode est contre le monothlisme; une sous domine par l'ascension politique de la papaut contre l'gide de la nation franque et par la lutte
l'iconoclasiue.
.'est surtout monothlisme " l'iconoclasme. dmls avec l'empire byzantin que le s., primaut. apostolique eut a exercer les droits de pour se troua) il faut arrivera Honorlus (625-638) pisode Intressant le prinve! en race d'un notable i\ 8 615) cipal spirituel. Ses prdcesseurs Bonif ace l'action apostoet Boniface V (619-625), continuant avaient lique de Grgoire t en Grande-Bretagne, poursuivi l'organisation de cette jeune chrtient, le premier, en l'efforant, en 610, de re-ler !.. question instituant l'vque de des rites uniques: le second, en Cantorbrj primat d'Angleterre. Honorlus, a son tour, dveloppe l'vanglisatlon de la grande de. En Italie mme, il parvient a mettre un terme dfinit!! au deschisme d'Aquile, qui dm.- depuis la querelle Cois Chapitres (553). Mais il est moins heureux danl.

Du

dans

ses

parce

Ions.
n

Jaff,

op.

cit.,

n.

1360,

juin

595.

Voir

ibul.,

Constant ia, le 1352, dans la lettre l'impratrice mme reproche l'adresse du patriarche, de vouloir despectis omnibus... soins appellari episcopia. son Grgoire a conscience de dfendre, non pas honneur personnel, mais la cause de tous leBvque. lui mme, il signifie impratile Jeneur

A Jean vement d'avoir

renoncer au

titre litigieux, surtout

aux prlent ions qu'il implique. Car Grgoire ne yeui sans absolument pas admettre que la querelle soit nominis. Pour objet, propos d'une appellalio frivoli pas a dclarer que lui, le dbal est grave, et il n'hsite
ou dsire quiconque prend le titre d'vque universel, le l'Antchrist. prcurseur un est donne, lui le qu'on Batiffol, Sain! Grgoire Jaff, op. cit., n. 1470, 1476; cf. savait la fortune et l'importance le Grand, p. 204 sq. il aussi, des mots dans le inonde byzantin; il savall pOUVOnS-noUS croire, quoi s'en tenir sur les tendances courant des usages pro,i patriarcat. Parfaitement au reu, ('est qu'il tocolaires, s'il rprouve un titre dj il a voulu, inutilement y discerne un danger auquel du reste, parer par un acte d'autorit. main b) En Occident, Grgoire est aussi ferme pour Ces vques tenir intacts les droits lu premier sige. mtropolitain de la de Misne, d'Amalfl, de Naples, le Dalmatie occidentale, dans l'Illyricum, Natalia de
Salone,
le

monophysisme mil l'affaire du monothlisme. Ce Sergius conu vraisemblablement par i>- patriarche
.1

el

des lins politiques, accept par l'empereur liera, lins du rencontra une vive rsistance eu Orient de la part on sait de n patriarche Sophronlui de Jrusalem. nier l'hrsie que le pape lonorius ne sut pas dis.. monothllte el la condamner. Mais ., qui nous Impatliar.be .. cillilcnique porte, c'est .pie SergiUS, de Home. sollicite encore l'approbation de l'vque par ll.i.uluis b) (.outre VEcthiSt (638), publie comme loi (le l'tat, l'Orient, a son ordinaire, ne n adopte en le document Imprial fut faiblement
1 .

que deux conciles de


:

patriarche d'Aquile,

et

nombre d'autres

pu ne vques doivent s'incliner devant une autorit

respect elveut pas tre tracassire, qui tient mme cde ri.n des les autonomies provinciales, mais qui ne

principes constitutifs de la hirarchie. en Caule, en Grande-Bretagne, Grgoire fait sentir de son action. Qu'il reoive des appels, qu'il s'cITorcc la complte l'aire cesser un schisme, qu'il entreprenne vanglique d'une rgion encore plonge dans le pagaconscient nisme, partout et toujours Grgoire se rvle en de ses droits et de ses devoirs d'evque des vques, mme temps que de serviteur des serviteurs de Dieu. monde Plac entre le inonde byzantin qui descend et le deux barbare qui monte, il fait ligure d'arbitre; entre poques, il se prsente comme un admirable facteur
d'unit, de tradition et de continuit: enfin,
il

En Espagne,

mais Les onstantinople < papes Sverin (640) et Jean i\ (640 642) le condam(642 649) poussa nrent courageusement. Thodore patriarches plus avant et dposa successivement les beau PyrrhUS et Paul 11 de Constantinople. l'aul cul il une mltigation du Constant de l'empereur obtenir monothlisme officiel parla publication du Type (648), sort du pie. .dent ce nouvel essai de formulaire eut le (649 653), au concile du Latran le pape saint Martin
(
i : i

(649),

rprouva le moliol helisine sous toutes ses contre ses chefs. formes el pronona l'anathme jusqu'au Jusqu' la prison, jusqu' la dportt ion. mari vie. il demeura inbranlable. Son successeur. conEugne [ (654-657), garda la mme attitude et damna, son tour, la svnodique du patriarche Pierre. ""tes Alors se dela.be la noble ftgUTe de Maxime le droits de la primaut SeUT Ci 662), qui sut dtendre les Ds le moment O le Dieu Verbe et de l'orthodoxie. descendu vers nous et s'est incarne, crit il de
I

est

nous

prsente la

papaut, au

seuil

du Moyen Age. en pleine

Kom toutes les glises chrtiennes rpandues parfondetout ont reu et possde comme unique base et
.

295
ment
(l'glise) trs

1'

HI

M A UT

W
|

O N OC L A S M E

296

grande qui est ici. Suivant la proSauveur, en effel elle ne peut tre renverse par les portes <le l'enfer; elle possde les clefs de la foi orthodoxe en lui e1 de sa confession, et elle ouvre tous ceux qui s'approchent avec piet (les sources) de la seule et lgitime religion, taudis qu'elle ferme et fait taire toute bouche hrtique, clamant dans les hauteurs l'iniquit. EpisL, /'. (,.. t. xci, col. 137, 140. c) Honorius avait eu des successeurs qui largement avaient rendu la papaut son prestige; saint Agathon (678-081) fut plus heureux encore. Aprs avoir tenu Rome un concile prparatoire (070) qui renouvelait les dcrets de 649, il rdigea une encyclique dogmatique contre l'erreur monothlite. Elle fut acclame et adopte par le VI e concile cumnique runi Constantinople (680-G81), sous la prsidence mme de l'empereur Constantin Pogonat et confirme par le successeur d'Agathon, saint Lon II (681-083). lequel s'employa, comme ensuite Benot II (683-685) en faire accepter les dcrets en Occident (concile de Tolde, er 684). Sur tout cela, voir l'art. Honorius dj Mais la paix religieuse fut de nouveau trouble et l'unit catholique compromise par une nouvelle initiative impriale, le concile Quinisexte, de 692, convoqu par Justinien II pour s'occuper de discipline. Parmi les 102 canons qu'il dicta, il en est plusieurs qui trahissent une certaine hostilit contre Rome et l'Occident. Le can. 2, numrant les sources du droit ecclsiastique, omet peu prs tous les conciles latins et toutes les dcrtales des papes. En revanche, il reconnat tous les canons dits apostoliques, tandis que les cinquante premiers seulement taient reus Rome. Les can. 13 et suivants sont manifestement dirigs contre le clibat ecclsiastique, tel qu'il tait ds lors prescrit en Occident. Le can. 55 condamne et interdit l'usage romain de jener les samedis de carme. Le can. 67, par compensation sans doute, rend obligatoire l'abstinence, depuis longtemps tombe en dsutude en Occident, du sang des animaux. Mais c'est le can. 36 qui est le plus significatif. Il est ainsi Renouvelant les ordonnances des II e et libell IV e conciles cumniques, nous dcidons que le sige de Constantinople jouira des mmes privilges que celui de l'ancienne Rome; qu'il sera estim autant que celui-ci pour ce qui est des affaires de l'glise, et sera le second aprs lui. Vient ensuite le sige d'Alexandrie, celui d'Antioche, et enfin celui de Jrusalem. a, p. 560-581. Hefele-Le ler.q, op. cit., t. tant donne la situation reconnue officiellement au pape par la lgislation byzantine, il tait naturel que l'on demandt celui-ci la confirmation de cet ensemble canonique; mais le pape Sergius I er (687-701) refusa de rien ratifier; Jean VII (705-707) en fit autant, et lorsque, plus tard. Justinien II se prosternera aux pieds du pape Constantin I er (708-715) et le priera d'approuver enfin les dcisions prises en 692, il s'entendra rpter que le Sige apostolique n'acceptera jamais que les seuls canons qui ne sont pas en contradiction avec la vraie foi, les bonnes murs et les dcrets de Rome. Des concessions furent faites nanmoins par le pape, sur le dtail desquelles il est dilficile de se prononcer. Voir l'article Quimisf.xte (Concile). e) Le pontificat de saint Grgoire II marque le point culminant de toute cette priode. C'est Grgoire II qui organisa la conqute vanglique et l'tablissement ecclsiastique de l'Allemagne, en consacrant saint Boniface vque pour cette chrtient partiellement nouvelle (722). Dans la haute Italie, en face des inquitants progrs des Lombards, il sut m ntenir les droits du Sige romain; enfin, il eut le premier

messe

mme

<lu

saintes Images. Dans un concile romain, le pape condamna la thologie impriale. Avec saint Grgoire III (731-741), on en vint, une fois de plus, a la rupture
Cf.

Hefele-Leclercq, op.

<it..

t.

l>,

p.

670

sq.

ce temps, en Syrie, saint Jean Damascne (f 749), le dfenseur des saintes images, enseignait que ce n'est point aux empereurs qu'a t donn le pouvoir de lier et de dlier, unis aux aptres et a leurs successeurs. Pour lui, du reste, saint Pierre est le
I)

Pendant

coryphe premier du Nouveau Testament, 6 r/j vfx Sia6V)xr, Kopu(pai5raTo, le digne chef de l'glise inexpugnable, dont il tient le gouvernail, son fondement et son modrateur. Homil. in transfig. Domini, 2, 6, 9, 16,
P. G.,
t.

xevi, col. 548. 553, 560, 509.

Cependant, sous l'impulsion du Sige apostolique, les glises barbares se reconstituaient en Almanie, en Ravire, en Lombardie et, dans la jeune glise d'Angleterre, saint Bde (' 735). faisant cho aux docteurs orientaux, clbrait Pierre, fondement et chef de l'glise universelle, qui vit, parle et agit toujours dans l'vque d; Rome. Homil., 1. II, 15, P. L., t. xciv, col. 214 sq. ...Primalus Petro dalur, ul unitas Ecclesise commendetur. 2. De la querelle des saintes images au schisme de Photius: la papaut et les Francs. Nous n'avons pas raconter ici les origines immdiates et la fondation de l'tat pontifical. La papaut y trouva une scurit plus grande et une indpendance relative, dont profita sa primaut spirituelle, surtout pour rsister l'em:

prise byzantine.

753, en effet, l'iconoclasme atteignait son Constantin Copronyme, dans un prtendu concile cumnique, au palais de Hiria, faisait condamner le culte des images et anathmatiser les iconophiles par 318 Orientaux. Mais les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jrusalem refusrent de prendre part ces palinodies, que Rome avait dj rprouves en la personne du pape Zacharie (741-752) et de ses successeurs. Paul I" (757-767) recueillit les moines iconophiles perscuts et Etienne III (768-772), dans un concile du Latran, en 769, renouvela l'ana-

a)

En
:

apoge

thme contre les iconoclastes. Parmi les victimes de la tourmente iconoclaste, il faut citer le moine Thodore le Studite (t 826), pour
qui la papaut est le centre de l'unit de la foi. La primaut de Pierre, selon lui, a pass ses successeurs, les

vques de Rome. Leur primaut est de droit divin, comme celle du prince des aptres, 0dx -pwTapyia.
sans appel et sans limite appartient de convoquer et d'approuver les conciles gnraux, dont ils dtiennent toute l'autorit. C'est par l'glise de Rome, coryphe de toutes les glises, que l'on peut s'unir celles-ci et aux patriarches eux-mmes. Ei>ist., i, 2, passim, dans Salaville, chos d'Orient, 1914, p. 23-42. Mais, si Thodore est particulirement reprsentatif, il n'est pas isol. Les patriarches byzantins de son temps, saint Taraise et saint Nicphore, tiennent le mme langage que le une studite, et Nicphore va jusqu' dclarer que l'assemble de 787 a t on ne peut plus lgitime et rgulire, parce que, selon les rgles divines tablies ds l'origine, elle a t dirige et prside par cette glorieuse portion de l'glise occidentale, je veux dire par l'glise de l'ancienne Rome . .Xpol., i, P. G., t. c, col. 597. Et, en 700, le martyr saint Etienne le Jeune rejette le concile de Hiria en ces termes Comment appeler cumnique un concile auquel l'vque de Rome n'a pas consenti, alors qu'un canon existe pour dfendre de rgler les affaires ecclsiastiques sans le pape de Roms? Vila, P. G., t. c, col. 1144: cf. .1. Pargoire, L'glise byzantine, Paris, 1905. p. 290 sq. Mais l'htrodoxie impriale maintenait le schisme par la violence.
6etoc

Tro'-p-svap/tx

elle est

sous

le ciel. C'est

aux papes

qu'il

affaire l'hrsie iconoclaste.

Lon

III l'Isaurien avait

imagin cette puration du christianisme (726) et il crut avoir tout sauv en partant en guerre contre les

297

PRIMAUT. L'POQUE CAROLINGIENNE

298

quelle, fut ralise par le b) Une rconciliation, telle VII e cumnique (787), provoqu II eoncile de Nice, l'impratrice Irne, avec l'approet convoqu par et en prsence de bation du pape Adrien I" (772-795) de la vnration des saintes ses lgats La question iconoclaste, forImages y fut traite fond; l'erreur condamne; la doctrine traditionnelle, dfi-

mellement satisfaction sur toute la nie Mais Home n'avait pas 22 canons, dans lesaussi dictait concile ligne car le la rforme de l'Eglise quels' entreprenant de nouveau tous les canons grecque, il insrait la reconnaissance de dclarai ion d'cumnicit dits apostoliques et une Adrien touchant les 102 canons du concile Quinisexte. sa lettre approuva les dcrets dogmatiques, mais dans
au concile
il

des offices et des remirent disposer leur fantaisie mtropolitains, par suite de bnfices. Le pouvoir des de l'insuffisance des l'indignit trop frquente ou de plus en plus l'influence de aussi raison vques en et s'amplifia outre grandit l'glise, de prpondrante pour prvenir, mesure. La papaut dut intervenir, ou clricales, tabliscontre les ambitions laques ou de patriarsement d'glises nationales autonomes
1

cats trop puissants. pisodes mulDe cette lutte, on peut signaler des que fournit l'hisceux sont typiques plus tiples. Les de Reims (t 882), le plus toire d'Hincmar, archevque plus savant des prlats habile le plus Influent et le dpose Rothade, il francs de son temps. En 861,

protesta contre le titre de patriarche de cumnique donl se parail encore le patriarche empitement* et Constantinople; il rclama contre les romain avail eu soullnr les spoliations dont le sige purement et de la part des Byzantins e1 il rpudia

ou ayant dime, en appelle au pape; Htacmar soutient choix, Rojug par des vques de son
accept d'tre

voque de Soissons.

Celui-ci, fort des

canons de

thade a renonc

lui

mme

contrains aux simplement les canons disciplinaires Leclercq, op. cit., droits du premier sige. Cf. Hefele
t.

l'appel; Nicolas I" (858 867) reoit moVel Rothade sera rtabli sur son
l'art.

son appel. Cependant, aura le dernier il voir

la querelle des images rou c) En Chariema va un prolongement. Adrien transmil des actes une version, malheureusement dfectueuse, franc se pidu Vil" concile cumnique. Le prince seplaisail dj r< ouait, lui aussi, de thologie et les Libri Carolini, qui par rpond H l'glise. ter entre les doctrines prtendaient trouverun juste milieu canons de Nice. Charle Iconoclastes de Hi'riael les Francfort, qui magne tint donc son concile, en 794, pour rejeter le runit l'unanimit les Pres prsents une longue et patiente il fallut concile de 787 (pic Rome lit prvaloir tance, qui dura un sicle, pour e concile cumnique, enfin bien les dcrets du VII
i :

b, p.

741 sq. Occident, du reste,

872)

H Nicolas I", t. M, col. 516 sq. Adrien archevrai, contre fut moins heureux, il est
I

vqede Reims, dans l'affaire de la de Laon; mais neveu, Hincmar le Jeune, vque un alli pul harles le Chauve fut pour l'oncle recours Rome. Hincmar de Rehns, (uj(1
,

dposition de son

pointant,

mal

il

savait reconnatre la la concevait la faon des


lui. le

puisque. selon

primante romaine; canons de Sardlque, pape pouvait non pas JU , d'une province voisli
I.pulsqui valides que si elles concorI

causequl sions du

lui

et

p;,|,e

n'taient

compris, lbid.,
il)

p.

1061 sq.
le

ulaires ne respectenl pas s'en tint pas l. Ses capil volontiers il toujours l.s limites de ses pouvoirs, et pour l'tat. Il runit un lgifre pour l'glise comme o, a l'instar grand concile Aix la-Chapelle (809),
et dfli d'un basilcusbyzantin.il taisait dfendre Use doctrine sur la procession du Saint Esprit. Rome approuva. sauve; que l'orthodoxie tait a r 816), dans un concile tenu en 810, con (7 I on de s., fl rma la dfinition d'Aix-la hapelle. Mais, el pour ne pas pleine autorit de chef de la catholicit, cette expression nouirriter davantage les Grecs, que
i

Charlemagne, vque du dehors, on

Balt,

ne

m, s conciliaires. Pour lui. daient avec Us anciens eau. appel sont suspects,! de peu d'autorft. Si les lires juridiction plus consldrabh choix, si l'accusation esl manifi si les luges sont de A Dieu minadmissible. compltement n esl fassions s, peu d< mais que l, Nicolas ;, crii ,i de son pontife que de des privilges -lu saint Sige et
.

et rebattre vos oreilles des controverses concil. portants o non dont les canons du

diffi

tes

assemb

que

les

du pape h

>

<

velle offusquait,
rer
le

il

rerusa l'empereur
le

Fitioque dans

Credo romain,

lbid., p.

harles d Ins 1127-

d et autres pontifes de aux synodes provinromaine, ont confie la solution ""'s si. par hae mtropolitains, ciaux et aux dans une lumires de pas fournissaient canons ne nous par suite, alTalre cause Intrcssanl un vque el que, concile provincial ou ne pt tre dcide dans un de Dieu, comprovincial, nous aurions recou]
i

It pBT l'vque dire au Saint Slgl L., t. d'Orlans au concile de Saint Basle, P.

e'esl

Amolli xxxix,
M'
....
'Il

1133.
ce terrain
il

Charlemagne combattit aussi l'adi ptlanlsme du moins, demeura en plein accord avec Le ede Pierre Adrien [, dans une lettre aux ^ chef de l'Eglise, espagnols, rappelle que, Pierre tant le au Sige toutes les provinces doivent se conformer
:

et.sur

col.
1

peu partout le mme orouve que le danger tait un (Veulent. Sans une l'autorit de !.. papaut en
seraient reuse, les mtropolitains
I

318. CBS des

.1.

elie\ qu.

le

ItaVeline et

le

vite

romain; en consquence,

il

rprouve svrement

les

l'adoptianisme. qui se fausses doct rines, en particulier les pratiques rpand en Espagne, comme aussi toutes de contraires aux usages romains (785). En 798,
cert,
,

\ix -la-( hapelle

rsie
c'est

Imprial laisse point prescrire ses droits. c) Nanmoins, il faut l'avouer,


;

Charlemagne runissent Rome el deux conciles qui condamnenl h dernier mol espagnole. Mais c'est le pape qui a le concile fond sur sou autorit suprme que le condamne et dfinit la primaut romaine ne
Lon
lll et
I

archedevenus entirement autonomes. A Ravenne. Louis II, l'empereur de l'appui malgr .han. vque main de saint Nicolas dut Plier sous la forte senti Milan Vnspcrt brava jusqu'au bout (882) les d'i xcommunication, laissant de dposition
I

soumission totale. Successeur l'honneur d'une

cependant, avait une lgislation ca en 774, avait reu du pape harlemagne, nique Denys le Petit, qu .1 eoileetioi.de [l'ancienne Adrien

-glise
:

Charlemagne

russit

trop souvent maintenir la papaut dans raison dans le secondaire en s'ingrant plus que de vrai gouvernement ecclsiastique. De son vivant, les abus les plus dire, la discipline se maintint, et aprs lui, les criants furent dpistes el rprims; antrieurs, se les ducs, reprenant des usages

un

rle

en 802, promulgua solennellement Aix-la-Chapelle, partir du ix' sicle cire'esl la Dyonisio-Hadriana. A Isidoriana, attriculent aussi la Collectio Hispana ou
I

bue

comtes

Dacheriana. saint Isidore de Svllle, et la de Louis le capitulaires authentiques de Charlemagne, runis Dbonnaire et de I.othaire furent d'autre part, seu.se. C'est sur ces M. par l'abb vers 827, en recueil, et 8 .5, les matriaux divers que travaillent, entre 845
'.

es

et

299
tula

PHI.MA UT.
Angilramni
cl

LE SICLE DE FER

too

faussaires qui, aprs avoir mis eu circulai ion les Capi-

Capitula du pseudo-Benot le Lvite, lancent enfin, SOUS le nom d'Isidore Mcrcator, les Fausses dcrttes. Sur l'origine exacte et la teneur de ces Taux grossiers, nous n'avons pas insister. Voir l'art. Dcrtmes (Fausses), t. iv, col. 212-222, et cf. P. Fournier et G. Le Bras, Histoire des collections canoniques en Occident, t. i. 1931, p. 126-233. Retenons seulement que la dernire en date de ces falsifications encadre les canons des anciens conciles dans une double srie de dcrets pontificaux habilement falsifis ou antidats, souvent fabriqus de toutes pices. Bien que son intention immdiate soit surtout d'affranchir l'glise des empitements dont elle est la victime. l'auteur n'a pas laiss, en lin de compte, de renforcer, pour la protection des simples vques, trop menacs son gr par les mtropolitains, le pouvoir de la papaut les causes majeures des vques ressortissent exclusivement au pape, mme en premire instance, alors qu'elles n'taient juges par lui d'ordinaire qu'en instance dernire et suprme; les dcrets des conciles provinciaux ne deviennent excutoires qu'aprs l'approbation du Saint-Sige. Ces innovations partielles avaient beau tre dans l'air, elles rencontrrent des oppositions dcides. En dfinitive, le pseudo-Isidore
les
:

c.liristi preminere, ut omnes episcopi illum habeanl caput, et ail ejus judicium pendeat quidquid in ecclesias ticts negoliis disponitur; ut ex ejus arbilrio vel maneat constitution, vel corrigatur erratum, net sanciatur quodcumque faerit innovandum. Contra Grsecorum opposila, I. IV, c. vm, P. L., t. cxxr, col. 336. 2 Lu primaut romaine et la fodalit (x e et xr s.).

Ce qui caractrise cette poque, c'est, aprs les lamentables abaissements de la papaut au dbut du x c sicle, le souci qu'elle tmoigne ensuite d'appuyer son autorit suprme sur une organisation canonique de plus en plus prcise, capable de rsister aux empitements du flroit fodal. Il v a pour la papaut de terribles heures vivre c'est le sicle de fer, la tyrannie des Othons, la querelle des Investitures; nanmoins, le preslige du principal spirituel va s'accroissant, du moins en Occident, comme l'attestent les dclarations de soumission et de fidlit de nombreux conciles provinciaux.
:

1. Un fait, entre autre, est rvlateur. En 991, Arnoul, un btard carolingien, archevque de Reims par la grce de Hugues Capet, qui a pens se l'attacher, trahit le roi au profit de son oncle Charles de Lorraine,

dveloppement du droit canonique et supprim bien des conflits, mais il n'a ni suscit ce dveloppement ni t seul le promouvoir les Fausses dcrtales taient, pour une part, conformes aux ides du temps. Presque aussitt, Rothade de Soissons et Hincmar de Laon les utilisent. Quant au pape Nicolas I er il est certain, d'une part, que son secrtaire Anastase en a tir parti, et il n'est pas invraisemblable
a favoris
le
: ,

personnellement usage. De son action il faut pourtant chercher ailleurs la cause et l'explication. Avec une autorit et une svrit jusque-l peut-tre inoues dans un pape et qui se manifestent antrieurement l'apparition des faux isidoriens, il veille ce que tous travaillent instaurer ici-bas la paix et le rgne du Pre cleste, et il surveille l'uvre et la conduite des rois il n'hsite pas excommunier Lothaire II, pour dfendre les lois du mariage, pas plus qu'il n'hsite excommunier Photius. Voir
qu'il

en

ait fait

immense

et profonde,

prtendant la couronne de France. Hugues est matre de la situation et veut punir Arnoul le crime de trahison est manifeste: mais c'est l une de ces causes majeures o un vque, en vertu du droit des Fausses dcrtales, n'est justiciable que du pape. Hugues le sait, mais il n'ignore pas que le pape est favorable au roi de Germanie, dont le joug pse au Captien. Il est dcid qu'Arnoul sera jug par-devant un i concile des Gaules ce fut le concile de Saint-Haslc de Verzy, qui se tint les 17 et 18 juin 991, non sans que l'on et demand Jean XV (985-996) son aide et son approbation, mais sans que l'on et reu la rponse de Rome. L'accus, du reste, finit par tout avouer la question de fait ne se posait pas. Mais, en droit, il s'agissait de savoir si un vque pouvait tre ainsi jug et dpos au concile provincial ou s'il devait ncessairement tre traduit devant un synode romain ou devant un concile prsid par les reprsentants du
:

Sige apostolique.

l'art.

Nicolas

I er

t.

xi, col. 506-526.

Verzy

g) C'est, en effet, sous le rgne de ce grand pape que Constantinople vit clater le schisme de Photius, frapp de l'excommunication romaine, en 863. Mais Photius est audacieux en 867, dans un pseudo-concile, il fait anathmatiser et dposer Nicolas. Il est immensment savant aussi il donne son schisme des bases thologiques subtiles et tenaces. L'addition du Filioque
:

lui fournit un thme qu'il exploite fond, exploite les canons du Quinisextc et du Nicsenum secundum. Photius cart pour un temps, le VIII e concile cumnique clbr Constantinople en 869 fait l'union, sans supprimer les germes schismatiques: car les Grecs s'empressrent de susciter un nouveau conflit propos du rattachement des Bulgares au patriarcat byzantin. Photius profitera des froissements que cause Rome l'attitude du patriarche Ignace et obtiendra finalement de Jean VIII une reconnaissance qui semble bien avoir t dfinitive. S'il est une seconde fois dpos, c'est d'ordre de l'empereur Lon VI, et Rome parat s'tre mue de celte dposition autant que de celle d'Ignace. Il n'en reste pas moins que l'attitude de Photius aura sur l'volution ultrieure de l'glise grecque de graves consquences. Voir l'art. Photius, t. XII, col. 1536Kiiil. et ci-dessous, l'article suivant. Il) Pendant ce lemps, les thologiens de l'Occident,

au symbole
il

comme

Arnoul, vque d'Orlans, fait devant les Pres de le plus sombre tableau de la Rome pontificale et dresse un violent rquisitoire contre les papes misrables qui s'y sont succd; il invoque expressment l'autorit et les maximes du grand Hincmar, comme aussi les canons des antiques conciles africains. Il veut videmment que l'on en finisse en cartant le recours au pape, pratiquement impossible. Gerbert, le futur Sylvestre II, qui nous livre le dtail de tous ces dbat s, nous laisse entendre qu'Arnoul d'Orlans a de nombreux partisans, et lui-mme se range son avis nous avons l une dmonstration collective, la premire, peut-tre, d'un gallicanisme qui se cherche. L'assemble pourtant, n'est pas insensible aux arguments contraires d'Abbon de Fleury (f loi il), qui, ens'appuyanl
:

sur dix-huit fausses dcrtales. soutient les droits du Saint-Sige; et il faut, pour hter la conclusion, une

intervention royale. Arnoul de Reims est dpos et emprisonn. Gerbert lu en ses lieu et place au siye de Reims (21 juin 991). Texte des Acta dans /'. /.., Mais Jean XV a rpondu: il t. cxxxix, col. 287-338. prtend rviser la cause juge, et. cet effet, s'ouvre le concile de Mouzon (995). Les vques franais, sur
interdiction royale, n'y assistent pas. sauf Gerbert. Malgr les efforts de ce dernier, on casse les actes de Verzy, et le sige de Reims est rendu l'archevque dpossd. L'anne suivante (996), Grgoire V (996999) tient en prsence d'Othon III un concile Sainli

alerts en 867 par le

pape Nicolas
(t aprs 868)
:

,r
,

rptent avec

Ratramne de Corbie
romani

Cernimus omnino

pontifteis auctoritatem super cunctas Ecclesias

que, lors de la dposition de vques franais ont mis en pril l'autorit du pape el l'unit de l'glise. Et. dil Pierre y dclare l'archevque Arnoul.
:

les

301

PRIMAUT.

S.

GRGOIRE

VII

montrant que la primaut de Pierre est malgr tout assez forte pour n'affirmer, le pontife publie un dcret aux tenues duquel Arnoul est rtabli sur le sige de Reims.

nouveau entre Moine et Constandu quatrime mariage de Lon le Philosophe, dans laquelle s'affrontent le patriarche Nicolas le Mystique et le pape Sergius III
ports se tendent de
tinople. C'est d'abord l'affaire

Hugues Capel mort (996), Robert le Pieux essaya de s'entendre a\ ce Grgoire V el lui en\ o\ Alilion de Fleury. Arnoul rintgr, il fut convenu que les vques compromis dans sa dposition se rendraient bu concile de Pavie (997). Ils se contentrent de s'j faire reprsenter par un laque. Les sanction"- ne se firent pas attendre Ils furenl suspendus de Nuis fonctions piscopalcs. Quanl Robert, roi de France, avant pous, au mpris de la dfense apostolique, une de ses parentes, il devra donner satisfaction, nm joinictneni avec les vques qui ont approuv cette union Incestueuse. Jaff, Regesta, posl n. 3875. Un peu plus tard (998 ou 999), tandis que Gerberi est devenu archevque de Ravenne, le roi Robert esi de nouveau mis en demeure, par un concile romain, de quitter sa femme Berthe, parce qu'elle esi sa parente, el di sous menace d'anathme, sept ans de pnitence. <>n sait comment Gerbert, devenu le pape Sylvestre il. inaugura son pontifical en rendant Vrnoul de Reims ses droits archipiscopaux, quia ejus abdicalic romano
;i
:

(90 -91 1. ou plutt ileux disciplines canoniques divergentes. Ln 1021, la tentative de Basile II pour arracher au pape .Jean XIX 102 1-1033) la reconnaissance du fit rii

de patriarche oecumnique au profit de l'vque de Constantinople ravivrent l'hostilit cuire Latins et


Grecs.

Dans

le

monde

occidental, dans

le

monde

cluni-

sien surtout, l'indignation fut

norme

et

se traduisit

par la vigoureuse remontrance de l'abb Guillaume de Dijon. Le pape ne cda pas: les griefs s'accumulrent envenimrent au point que l'on osa parla trancher des diptyques d< m de l'vque de Home.

assrnsii carueril.
2.

Ibid.,

n.

3908.

Cependant, el malgr celle persistance de la primaut romaine, une crise d'adaptation au monde fodal esi discernable, que dnonait Saint l'vque Arnoul d'Orlans.
I

La rupture dfinitive fut consomme par le patriarche Michel Crulaire. En il ec i- mtropolitain de Bulgarie el seconde, dans sa polmique. par le Studite Nlctas Pectoratos, il renouvela contre les Latins toutes les accusations de Photius, rprouvant comme autant d'hrsies toutes les coutumes oc (dentales qui s'cartent des u nient Constantin Monomaque r.i\;i il l'union. Le 16 julllel 1054, le cardinal Humberi el les lgats de s;iint Lon i\ (morl depuis quelques moisi dposaient sur l'autel de Sainte Sophie nn bulle sole n ne Ile d'cxcommiinii al ion. tandis que
i
i

o misre d'un temps qui nous pi i\ du patronage d'une si grande Eglise! s'criait 11. Dans quelle ville ds laia trou ver un refuge, quand on voit la souveraine des nations prive de tout secours humain el divin ? il faut le dire tout haut, le confesser ouvertement lu chute de l'empire, Rome a perdu l'Eglise d'Alexandrie, laiss chappe! tatioche, sans parler de l'Afrique et de l'Asie. Voici que l'Europe elle mme se retire d'elle. L'glise de Constantinople se drobe, en effet; le oui- de l'Espagne ne reconnat plus sis lois, C'est cette sparation, dont parle tpotre, nonseuii ment di s nations, mais des glises. il Thess., n, 2. 3. 'approi l'Antchrist semble Imminente puisque ses suppts onl occup les (mules el nous accablent du pouls de leurs roi ces... il d<\ icni claii qu'aprs l'branlement de la puissance de r. m ne ci lu dfaite de larelli ion le nom de Dieu est Impunment dshonor pai les pai |ures. 'observance mi me des lois de l'Eglise est ddaigne des prtres les plus haut placs. Home elle nu me. dj presque rduite o la solitude, --es, parc
<
:

leur tour patriarches orientaux excommuniaient tait fait de la prin Lai ins el le pap romaine en trient. t. En Occident, la rforme entreprise des le milieu ll-elilcllt. d'.ilu.r.l dll sicle et milice si \ l'impulsion d'Hildebrand, ensuite sous s.i direction, quand il de> Inl In goire VII (10 te n i. forme gnrale de lise contribue rendre a la primaut pontificale tout son prestige. Rome, du
les
i

les

<

:.

<

l'

cesse d'intervenir, chaque fois que le dogme ou morale sont en |eu, aussi bien contre l'iu m sie i" n
o.

la

rienne que contre la simonie, l'investiture lalqui nicolalsme (incontinence des len I, bique fois que les Intrts suprieui s de la ch ' ussi bien pour rpandre la paix et la
<

.nissi

"

d'elle

mme en ne veillant ni a sou pu. pie salut des autres... P. L,, t. cxxxix, col. :tii<>.

ni o

celui

Nanmoins, ils soni nombreux encore, el Burtout, parmi les grands moines de ce temps, ceux pii professent, avec Alilion de Fleury, que l'glise romaine, semblable au porte clefs <\y< royaume cleste qui a la primaut sur le collge apostolique, a le privilge de donner la vie toutes les glises qui soni connue ses membres disperss dans les quatre parties de l'univers, en sorte que celui qui s'oppose l'glise romaine s, spare de ses membres et enl re dans le corps des adver saircs du (hrisl Ainsi, la tradition demeure, el aussi le presl Ige mme de l'aptre Pierre, qui soutienl celui de la papaut les plerinages le prouvent, qui culminent tant de
.

Dieu que pour promouvoir les croisadi Les collections canoniques ne cessenl de se multiplier, qui toutes ou presque toutes maintiennent et amplifient les prrogatives du Si< apostoliqui tons la collection du cardinal Deusdedit, ai tu |. 1087, et elled' \nsehlle de I.lleqiles le Di n, ei la Panormh d'Yves de Chartres (1 111 tous ces recueils canoniques rejoignent parfaitement les Dictatus papm de irgoire VII (1 .i\ eC un une d la duel nie pont lin. de OUcliant la primaut spirituelle. s m i.s collections, voir Fournier el Le Bras, op. cit., \ une el u. poque ou. au lu .111 des pu ... .il l\ es hrites de 11 l'vque de Rome va revendique! la prminence tive sur le pouvoir cm pore 1. nul n. ieusement
i
-

<

'

d\nts chrtiens Rome, au travers des guerres partout allumes el de l'universel dsordre. es vques surioui tiennent visiter le tombeau de l'Aptre et, au moins pour les mtropolitains, la coutume du vo; adlimina tend devenir la rgle. Enfin, les moines ,-t surtoul les ordres rforms, religieux de Clunj camal dules et plus lard cisl creiens, de mme qu'ils loin nisscnl la referme de l'glise ses champions les plus nombreux el les plus intrpides, constituent pour la primaut romaine le plus conslant cl le plus actif service le propagande e1 de liaison. 3. lui revanche, ds le dbut du sicle, les rapI
.

contester son principal s pi rit ne SUT toute l'glise. Les thologiens el les juristes impriaux pourront lui disputer la suprmatie politique, ils lui reconnatront, au moins en principe ci en droit, lu souveraine [urldlca lui
I

nm
1

ce. icsi.isi [que.

i\i\ii;siiii i\ii \in vi. VI. La i-iummii n 123 sciait tenu le IN' concile oecumnique, I r du l.airan; M confirmait le pacte calixtln ou concordai de Woiius, qui incitait lin la querelle des Investitures.
i

Mans une chrtient rforme el soumise, en dpil des vicissitudes de leur principal civil, les papes vont, au long des xir el \nc sicles, tenir cinq autres conciles gnraux, qui seront l'expression de leur puissance spirituelle inconteste.

303
1

l'IUMA UT.

L'APOGE
mundum
dala
1.

304
petram /unsrmper /nuisit tnconcussa. Dialogi,
t.

La conscration de la r/orme grgorienne (1121Peu peu, les murs du clerg reprenaient 1154). plus de rgularit et de dignit. Cependant, la querelle des Investitures laissait des ruines et des dsordres nombreux. A Rome mme, en 1 130, un schisme clate au pape Innocent II (1130-1113) s'oppose pendant

spetrsa est Ecclesia... llla su/tra

et

III, c.

BOlidata v, P. L.,

c.i.xxxviii, col. 1213 sq.

Deux

pri:

vilges appartiennent en propre


videlicel

au sige de Pierre

pr omnibus incorruplam puritatem fidei et super omnes potestalem judienndi. Ibid., I. III, c. xn,
P. L., ibid., col. 1 22 S B. Le Dcret de Gratien (t 1158) ne nous enseigne rien qui ne soit contenu dans les dcrtales antrieures, vraies ou fausses; du moins a-t-il eu le mrite de

huit ans l'antipape Anaclet Pierleoni). Innocent II doit chercher en France un refuge. Triomphant enfin, par le secours arm de l'empereur, Innocent runit Rome, devant plus de mille prlats, le e concile cu(

(1230), IIe hrsies de Pierre de

mnique

du Latran, qui condamne les Bruys et d'Arnaud de Brescia et

entreprend de remettre en vigueur les anciens dcrets concernant la rforme du clerg. Mais la tche du concile, qui venait son heure, lut interrompue il ne nous en reste que 30 canons qui prouvent que la papaut, consciente de ses droits, savait les imposer l'glise universelle, quand bien mme, chasse de ses tats, elle se trouvait errante et dsarme. Lorsque, dix ans plus tard, Eugne III (1145-1153) pourra rentrer dans sa capitale, c'est lui, disciple de choix, que l'abb de Clairvaux, saint Bernard (t 1153) adressera ce magnifique pangyrique du successeur de Pierre qu'on dcouvre travers toutes les pages du Dz consideratione. Qu'est-ce qu'un pape? demande-t-il. Et de rpondre Tu es cui claves tradit sunt. Sunt quidem
:

matriaux pars et il a facilit par l besogne des canonistes ultrieurs. Saint Bonaventure (f 1274) nous rappelle que toute la solidit de l'Eglise vient de Pierre, ou plutt d'une seule pierre, qui est le Christ, et d'un seul Pierre, qui est le vicaire de cette pierre divine; et il le prouve par
recueillir les

mme

la

gregumque paslores; sed tu tanto gloriosius quanlo et dif/erentius ulrumjue pr cleris nomsn hreditasli. Habent illi sibi assigntes grges, singuti tibi universi crediti, uni unus. Nec rnido singulos ovium, sed et pastorum tu unus omnium paslor... Ergo, juxta canones luos, alii in parlem solticiludinis, tu in plcnitudinem potestatis vocalus es. Aliorum polestas certis
et alii

janitores

arclatur limitibus ; tua exlenditur et in ipsos qui potestalem

super alios acceperunt. Nonne, si causa exliterit, lu episcopo cselum claudere, tu ipsum ab episcopatu deponere, etiam et tradere Satan potes? Slat ergo inconcussum privilegium luum tibi, tam in dalis clainbus quarn ovibus commendalis. De consideratione, 1. II, n. 15, 1G, P. L., t. clxxxii, col. 751. Aux Milanais, rcemment rconcilis avec le pape, l'abb de Clairvaux donne ce clair aperu des prrogatives du Sige apostolique Plenitudo siquidem potestatis super unii>ersas orbis Ecclesias, singulari prrogaliva apostolic Sedi donala est. Qui igitur huic poteslali resistil Dei ordinalioni resislit. Potesl, si utile judicaveril, novos ordinare episcopalus, ubi hac:

Matth., xvi, 18. De per/ectione euangelica, q. iv, a. 3, Opra, d. Qaaracchi, t. v, 1801, p. 195. De saint Thomas d'Aquin (t 1274) nous attendrions un expos la fois plus prcis et plus serr de la doctrine, si le Docteur anglique avait crit un vritable trait de l'glise. Mais en fait, ces questions taient considres par la thologie d'alors comme ressortissant plutt au droit canonique. Il faut nous contenter de quelques indications qu'il laisse tomber en passant, comme celle-ci qu'adviendra-t-il d'un serment lorsqu'il porte sur un objet manifestement licite et qu'il ne semble pas y avoir place pour une dispense? Si quelque uvre se prsente qui assure mieux l'intrt gnral, on ne pourra que commuer la chose promise, et encore le pouvoir en appartient avant tout au pape, qui a la charge de l'glise universelle, qui habet cura/n universalis Ecclesi. On pourra mme dlier compltement du serment, ce qui est encore du ressort du pape, en toute matire touchant d'une faon gnrale au gou:

vernement ecclsiastique, domaine dans lequel


,

le

sou-

verain pontife exerce un pouvoir plnier, pleniluiinem potestatis. Sum. theol., ID-ILB q. lxxxix, a. 9, ad 3 am
.

Ailleurs, saint

Thomas fait cet te suggestive remarque:

tenus non fuerunt. Potesl eos qui sunt, alios deprimere, alios subtimare, proul ratio sibi diclaueril, ita ut de episcopis creare archiepiscopos liceat, et e converso, si necesse visum juerit. Potest a fini bus lerr sublimes quascumque personas ecclesiasticas evocare, et cogre ad suam prxscntiam, non semel aul bis, sed quoties expedire videbit... Epist., cxxxi, P. L., t. clxxxii, col. 286287. 2 La primaut durant la lutte du sacerdoce et de l'empire (1 154-1254). Les tapes de ce grand sicle, en ce qui concerne la primaut romaine, sont marques par trois conciles cumniques. Il serait fastidieux d'enumrer les affirmations d'une souveraine juridiction qui est indiscute et qui est de plus en plus en possession de tous ses moyens. Il est impossible, plus encore, de citer tous les textes des canonistes qui commentent l'envi le Tu es Petrus et exaltent le pouvoir pontifical aussi bien dans l'ordre temporel que dans l'ordre spiri-

unitalem Ecclesi requirilur quod omnes fidles in Circa vero ea qux fidei sunt, conlingit qustiones mo'jeri ; per diversilalem autem sentcnliarum dividerelur Ecclesia, nisi in unilale per unius senlenliam conservaretur. Exigitur ergo ad unitalem Ecclesi conseruandan, quod sil unus qui toli Ecclesi praesil. Manifcslum est autem quod Chrislus Ecclesise in necessariis non dficit, quam dilexil, et pro ea sanguine.n suum fudil... Non est igilur dubilandum quin ex ordinalione Chrisli unus toli Ecclesi prsil. Sum. conl. genl., 1. IV. De episcopali dignilate et quod in ea unus sit c. i.xxvi
fide convenianl.
:

Ad

summus.
solennels.

s'exprimait alors par des actes 1779, Alexandre III (1159-1181), l'mule de Grgoire VII, tient le III e concile gnral du Latran,

La primaut du pape

En

XI e cumnique, non
la

tuel.

Retenons, pour leur particulire opportunit, les confrences d'Anselme de Havelbcrg (f 1154) avec les Grecs. Il sait fort justement leur faire observer que, s'ils peuvent bon droit considrer comme inviolables les dcrets de leurs voques, ils doivent plus forte raison recevoir ceux de la trs sainte glise romaine, quse per Deum et a Deo et post Deum proximo loco auctorilatis primatum obtinuil in universa, quse per totum

pas seulement pour confirmer paix avec Barbcrousse, mais pour reprendre l'uvre interrompue quarante ans plus tt du statut de l'glise. Il nous en reste 27 capitula, tous disciplinaires. Innocent III (1198-1216), affirma son autorit de pasteur suprme de multiples manires. Il s'leva nergiquement contre l'annulation du mariage de Philippe Auguste avec Ingeburge, qui avait t prononce par certains vqucs franais, et exigea que le roi quittt Agns de Mranie et reprit son pouse lgitime. Le 6 dcembre 1199, Dijon, le cardinal-lgat Pierre runit un grand concile qui s'occupa de l'interdit lancer sur la France. Malgr les efforts du roi. l'interdit fut prononc, et, l'exception d'un seul, tous les vques obirent au pape. Cette union de l'piscopat et du Saint-Sige irrita Philippe, qui estimait Saladin heureux de n'avoir affaire aucun pape , mais elle le dcida aussi, pour viter l'excommunication, ngocier avec Rome; finalement, il se soumit.

305
En
du XII e concile cumnique.

PRIMAUTE. L'APOGE
mais sans romaine.
s'arrter
a
la

306
question

1213, Innocent III lanait les lettres d'indiction Deux choses, y disait le pape, me tiennent surtout cur la dlivrance de la Terre sainte et la rforme de l'glise universelle. Le concile s'ouvrit encore au Latran, le 11 novembre 1215, Aprs trois sessions seulement, il se terminait a la fin de ce mme mois. Il faiil noter que plusieurs prlats grecs y assistaient et que les dcisions de rassemble s'adressaient aussi aux chrtiens orientaux. Mais nous ne possdons de l'uvre conciliaire, outre le dcret sur la reprise de la Terre sainte, que 70 capitula, dont la plu part concernent la discipline des riens et des fidles. Le can. 5 mrite une mention particulire il renouvelle les privilges des anciens siges patriarcaux et
: :

de

la

primaut

ses prdcesseurs; mais,

Clment IV (1265-1268) persvra dans les efforts de en face d'un patriarcat trou-

qu'aprs l'glise romaine, quee, disponente Domino, super omnes alias ordinaria polestatis oblinet priiicipalum, utpote mater universorum Christt fidelium et magislra, l'glise de Constantinople tiendra la pre mire place (depuis 1204, e'e^l un Latin, qui occupe le sige patriarcal); l'glise d'Alexandrie, la deuxime; l'glise d'Antioche, la troisime, el l'glise de Jrusa lem, la quatrime. Lorsque les chefs de ces glises auront reu du pape le pallium, aprs lui avoir prti serment de fidlit el d'obissance, Ils devront gale men-t confrer le pallium leurs suffrageants. Dans toutes les provinces places sous leur juridiction, on pourra leur soumettre le Jugement des voques, toul en sauvegardant les appels au Sige apostolique. Hefele-Leclercq, op. cit., t. v b, p. 1316 sq. Le XIII' concile cumnique, que le pape Inno cent IV (1243-1254), forc de quitter l'Italie, dut tenir Lyon, en 1245, eut encore s'occuper de la dlh rance de la Terre sainte; mais il dicta aussi un certain nombre de canons disciplinaires el promulgua une srie de dcrets pontificaux qui poursuivent la rforme ecclsiastique, en la consacrant par des textes juri diques. Frdric II, en outre, tait excommuni et dclar dchu de toutes ses dignits, 3 Un point culminant : lu fin du XIII* sicle. La conqute el l'occupation de Constantinople par les Latins, en 1204, avaient t marques el suivies par des excs, des \ inlences, des destructions sans nombre et sans excuse, I. 'empire latin, fut, la nouvelle Home cl pour bien d'autres \ il les orientales, une lamentable calamit, o la haine des Byzantins trouva un aliment facile et Inpuisable pour toul ci' qui venait de l'Occident barbare. Dans les deux partis, un s'ing niait renchrir on polluait, on excrait, On rebapti sait, (m fulminai! des anal bnies. En 1232, cependant, la politique aidant, le pa triarche grec Germain il avait crit, de Nice, Gr gOire IX (1227-1211) au sujet de |a dsirable lin du schisme; mais il ne poussa pas la concession Jusqu' la reconnaissance de la primaut romaine. |.e pape eut beau envoyer des lgats, on ne put aboutir aucun rsultat. Hardouin, Concil., t.vn, p. 149;Mansi,< oncil., t. xxiii, col. 17, 27'. :il'.). En l\. 1245, Innocent devani le concile de Lyon, constatait l'chec de toutes les tentatives d'union. ()n n'en continua pas moins de poursuivre les conversations entre les deux glises, surtout aprs la chute de l'empire latin cl la rentre du patriarche grec Constantinople (1261). Pour de multiples raisons, o la politique axait sa grande part, Michel PalolOgue, renoua les relations officielles avec le pape Urbain IV (1261-1264). Celui ci lui dpcha quatre nonces munis de pouvoirs trs tendus. De son ct, Michel envoyait au pontife romain l'vque de Crotone el reconnaissait formellement la primaut du Saint-Sige. C'est alors que, sur la demande qui lui en lui faite, saint Thomas d'Aquin crivil son Contra trrores Grcorum, dans lequel le Docteur anglique s'attache la rfutation des dix erses cireurs ou opinions particulires qui sparaient les Grecs des Latins,
dcide
li
' |

bl, il s'en tint poser, comme condition pralable toute union et a tout concile, l'adhsion des Byzantins au symbole de foi qu'il leur envoya en I2'i7. Grgoire X (1271-1276) crut enfin aboutir. A Constantinople, ce n'tait pas seulement la politique impriale, aussi l'influence de .ban Beccos < 1296) qui travaillait pour l'union. Les vques orientaux, au fond, acceptaient plus aisment la reconnaissance de la primaut du pape <i l'acceptation du principe de l'appel Rome que l'introducl ion du Filioque dans le symbole les questions secondaires, exploites par Photius, passaient au premier plan. la- pape convoqua nanmoins le XIIIe concile cumnique, qui se tint a Lyon 127 1. Cinq nmt vques s el mille de tontes les glises orientales el abbs se trouvrent rassembles. L'union entre que et l'glise latine fut vite rtablie, trop vite. sans doute. Les ambassadeurs grecs, Germain, c\patriarche, Thophane, mtropolitain d Georges ^cropolite, snateur el grand lo deux autres officiers de la cour de Palologue v pi les lettres du basileus, des prlat Ironie, l'an des princes impriaux. L'empereur rptait dans -es biiies b- symbole reu de Rome; il v prof'
i

<

expressment

la

primaut

romaine
et

//"-'/

iiu<,qu<-

sonda romana
ri

Ecclesia

summum

plnum primalum

prlncipalum super universam Eeelesiam quem se ab ipso I>i>m;im in bealo l'iir<> upostolorum principe sine veriiee, cujus romanus ponlifi
oblinet,

successor,
et

eum poleslalis plenitudii radier humtltter recognoscit. Il y demandait pour que le maintien des rites ei coutumes compatibles
I
i

avec

la

doi

tune des con<

les

cumniques,
|

crivait dans le mme s, -us. et les prlats annonaient leur entre dans l'unit de dei la ra nt prts h corder Immdiatement tout ce dont

Andronic

buis prdcesseurs s'acquittaient en v ers le Sige apos loliques avant le schisme. L'union fui donc soient ment proclame et |ure. lefele la-, |en q a, 153 sq. Mais cette union tait superficielle. Malp. gr les efforts le .ban BecCOS, devenu pati malgr la pression ex< r< e par Michel,
I

l<

a bientt controvei un schisme de lait, qui devint officiel cl dclili l'avnement d'Andronlt lusion. Quoi qu'il en pul en que la e,lis,. ne soit pas encore de tout point rforme de ralise par son chef dans ses men n que .tes abus renaissants rclament sans cesse des eii ris ininterrompus, on peut considrer cette im de coin n H' un apoge. La primaut du pape est te, on nue lis Grecs eux mmes, s'ils persistent dans le se] tisme, reprochent a la papaut bien plus les modalits secondaires que b' princ Ipe de sa prminence de juridiction, et bien davanta 'le heurter trop de traditions doctrinales ou disciplinaires des antiques es d'Orient. Le pape rgne. Prcisment, sa pri matie universelle, jusque dans l'ordre temporel milite sur la thologie. "us les matres de cette poque, sans en excepter les plus grands, s'ils tudient le principa spirituel du pontife romain, instituent d'emble une comparaison eut re les deux pouvoirs, civil cl religieux, et tentent d'en fixer les rapports. C'est ce (pic l'on remarque au mieux chez Gilles de Rome (i 1316) el Jacques de Vlterbe. Pour l'auteur
el

veuljoiis

les siibliles

Il

du

/i.

au
ci'

potestate,

si

l'glise a le

pouvoir

pouvoir, le pape le possde, qui adeptu apicem totius Ecclesia n. 12, d. de Florence, p. SX. Le pape, en effet, a tout pouvoir dans l'glise
des clefs,
.

307
Totum passe quod
pontiflce.
est in

R1MAUT.
m,
9,

CRISE DU
I

XI V

SICLE*
el les

Ecclesia reservalur in sununo

Boniface VI II

papes d'Avignon (1294-1378).


s'assoit

pontificem et <kI ejus plenitudinem potestalis spcial ordinale fidei symbolum et slatuere quse <nl bonos mures spectare oidenp.

155. N'ou

ad

summum

Quand Boniface \IJI


Pierre,

sur

la

chaire de

lur. quia, sire

le fuie sire de minibus qusestio nrirelur. ad Ipsum speclaret deffinitivam dure senteniam, ac sla-

une forte concentration de la puissance ecclsiastique dans la main du pontife romain est ralise. Cas rservs, exemptions, appels, rserves apostoliquei
et

expectatives, lgations
les faits el

et

nonciatures, traduisent

tuere, ner

luiii cl l'irmiler

urdinitrc t/uid christatli se/dire

dans

Possunt itaque doctores per viam doctrinte de muribus tractatus et libellos componere, sed quid senleulialiler sil lenrnilum... ad Solum summum pontificem pertinebil. Prolog., p. 7. Bref, le pape est spiritualissimus secundum statum et secundum eminendeberent...
fuie et de

tiam potentiai. i, 1, p. 9-10. Jacques de Viterbe, ds les premires pages de son trait, nous prsente l'glise el le pape sous l'aspect d'un royaume et d'un roi, et il poursuil son exposition systmatique sans se dpartir un instant de cette analogie politique. Les prlats ecclsiastiques sont des princes ou des rois spirituels, le pape est comme leur

dans le droit le pouvoir direct et immdiat que le pape exerce sur l'glise entire. Grgoire VU cl Alexandre III se nommaient en vicaires de sainl Pierre depuis Innocent III prdomine le titre de vicaire du Christ, vicaire de Dieu ,et la tiare orne son chef, la tiare a laquelle Boniface VIII donne la forme d'une double couronne, en attendant qu'un de ses successeurs, Urbain V, y ajoute la troisime. Depuis le XII" sicle, le serment de fidlit au pape est exig des mtropolitains; la confirmation des lections piscopales, dater du xr sicle, passe lentement des mtropolitains au pape, et les veques du xiir sicle
:

empereur
1 1

ii- igitur nous, apud quem est summa potestas spirituaregiminis, est succcssor Ptri, romanus videlicet pontifex, vicarius Jesu Christi... Hic est rex omnium spiritua-

lis

regum, i>astor pastorum, pater patrum, caput omnium Odelium et omnium qui fidelibus praesunt. Unde et Ecclesia, cui prsidet, seilicet romana, mater et caput est omnium Ecclesiarum. Hic... est pontifex omnium christianorum et omnium Ecclesiarum rector, et episcopus l'rbis et Orbis. Qui... immediatum regnum exercere potest super Ecclesiam quamlibet. Hic est sacerdos sumraus et unus, cui onines fidles obedirc debent tanquam Domino Jesu Christo... Hic est generalis judex..., et ipse a nemine judicari potest.
liuni

Hic

est,

apud quem plenissimesunt clavesa Christo


quibus ligat
judicat.

Ecclesise

traditoe,

et solvit, claudil et aperit, excludit et

Une dispoen 1153, rserve au pape les canonist ions. ) 'autres causes doivent lui tre dfres: saint Bernard, dans une lettre a Innocent II Cl 135 et dans le De consideratione il 152), joint sa voix bien d'autres pour reprocher Rome une excessive facilit admettre les appels. 'foules ces mesures avaient leur raison d'tre, et ce l'ut pour rpondre aux besoins de cette situation nouvelle que se constitua, avec son organisation caractristique, la cour romaine, compose du Sacr Collge et de la curie. -Mais, dans cette administration centrale, l'absolutisme, l'intrigue, les passions humaines, eurent beau jeu ct ou en marge des talents juridiques ou politiques. Les abus de la tte s'ajoutrent a ceux des
soni

promusDei
I

et

apostolicse Sedis gralia.


III.

sition

d'Alexandre

recipit. stringit et relaxt, sententiat et

Hic

est

Hic est dispensator sumDei et thesaurorum Christi, et EcclesiEe distributor dignitatum et ofticiorum beneiiciorumque ecclesiasticorum omnium, in quibus conferendis
suminus ordinator divini
cultus...

membres.

mus

et

um versali s ministeriorum

distribuendis primam et summam obtinet partem... Hic summus et universalis condilor canonum, et approbator legum sanctarumque omnium sanctionum, dispositor omnium ecclesiasticorum ordinum, confirmator institutionum et electionum, dtermina tor dubiorum, ostensor omnium quae scienda sunt a singulis, el discretor omnium quse in Ecclesia fiunt. De regimine christiano, II e part., c. v, d. Arquillire, Paris. 1920, p. 206-207.
el

est

Ce pouvoir du vicaire du Christ,


...

il

est sans limites

A nulla alia potestate puri hominis limitatur aut ordr natur aut judicatur, sed ipsa alias limitt, ordinat et judicat..., ordini potestatum aut legibusab ipso positis noncoartatur. Potest enim agere et mediantibus aliis potestatibus et non mediantibus eis; quando viderit expedire, potest etiam agere et secundum leges quas ponit et prseter illas, ubi opportunum esse judicaverit. Ibid., c. ix, p. 273.

On sait assez que, dj sous le pontificat de Boniface VIII (129-1-1303), la papaut connut de terribles checs. Les frres mineurs spirituels, allis des Colonna, ne se font pas faute d'attaquer mme l'autorit spirituelle du souverain pontife, les vaudois regardent l'glise comme la synagogue de Satan, n'acceptant plus aucune hirarchie ni aucun pouvoir suprme. Un des premiers rsultats de l'tablissement de Clment V (1305-1314) en France, puis en Avignon, ce fut l'augmentation des annates. rserves, expectatives et autres droits du Sige apostolique: les revenus que l'on tirait de Rome ne rentrant plus, il fallait, par tous ces moyens, trouver des ressources nouvelles. Le prestige de la papaut n'y gagna rien, d'autant plus que le faste de la cour d'Avignon mritait amplement la cri-

tique.

Clment V. toutefois, voulu! mener


:

bien la

rforme de l'glise

il

runit

le

XV

concile

cum-

Nous ne saurions trouver plus parfaite conclusion cette priode ni expression plus adquate de la primatie universelle de la papaut en ce xnr- sicle, qui finit en
splendeur sur
le

premier jubil de l'glise catholique

(1300). Rien ne faisait prvoir la crise redoutable qui allait clater si tt aprs.

VII.

sance et la Rforme (xiv c -xvi c

La grande crise intrieure; la Renaiss.). La chute des

Hohenstaufen, le sjour de la papaut en Avignon, le Grand Schisme d'Occident, autant d'vnements qui, en branlant la chrtient europenne, favorisent dans
l'glise

mme l'closion

d'une crise intrieure profonde.


:

Mais il est des causes d'ordre ecclsiastique, qu'il importe de ne pas oublier ce sont les abus qui, en viciant le gouvernement de plus en plus centralis de
l'glise, arrtent le

nique, qui se tint Vienne, en Dauphin (1311-1312). Le concile supprima l'ordre des templiers: il reconnut que Boniface VIII tait mort catholique, mais il cassa les actes du pontife qui dplaisaient au roi de France et dicta toute une srie de dcrets et d'ordonnances, que le pape fit runir et insrer dans le Corpus juris canonici sous le nom de Liber Clementinus. Jean XXII (1316-133 D.cut affirmer la primaut du Sige romain dans des conditions beaucoup plus graves. Son adversaire, l'empereur Louis de Bavire, groupa autour de lui le parti des traticelles, avec L'bcrtino da Casale (v aprs 1330), tous adversaires fanatiques de la proprit et de la puissance temporelle de l'glise, auxquels font cho, pour des raisons diverses, des docteurs comme Jean de Jandun ( 1328), Marsile de

Padoue

(t

1342)

el

Guillaume d'Occam
l'art.

(t 13191.

rformiste commenc deux sicles plus tt et ce sont aussi les rvoltes des royauts el des nationalits commenantes, non seulement contre l'ordre fodal, mais encore contre l'ordre social ancien.

mouvement
;

On a expliqu comment celui-ci

fut

Occam, t. amen par ses

xi. col.

866

sq.,

relations avec les

spirituels prendre part a la lutte contre Jean XXII, puis contre ses successeurs. \ celle polmique surtout personnelle, il consacra divers opuscules. C'est surtout dans les Octo qusestiones super polestate oc dignilale

309

PRIMAUT. LE GRAND SCHISME

10

doctrinales. S il ne me papali qu'il exprime ses vues divines de l'autorit pontiflni rorigme, ni la nature en marquer les limites, mme cale, du moins prtend-il l'vque de Rome es dans l'ordre spirituel. Pour lui. successeur, nullement son pas non Christ, du le vicaire par une usurpation que n'est Ce puissance. gal en

sans exemple celui_ci un abus d'autorit jusque-la prononcer la nullit du prtendit, de son propre chef, Maultasch, comtesse cimer mariage de Marguerite de consanguinit qu, et accorder la dispense

du Tyrol,

permettrait a celle-ci d'pouser

le

propre

fils le

em-

condamnable que

les

papes ou, pu s'aUnbucr

la

,,-

d aucune sorte. M< m< nitudo potestatis sans limitation de jnrisdictioneimpe ide dans le trs court Tractatus a. ibid., col. 875. ratons h, causis malrimonialibus. qui eut Jean Le.De/ensorpam de Marsile de Padoue, -I beaucoup plus collaborateur, pour Jandun de premier lieu, toute priradical et plus subversif. En Pierre; l'criture permet toul

l'excommunication. pereur. Le pape pronona altier. En 1 Le basileus byzantin tait moins Jean \ Pi sa visite Urbain V (1362-1370) reut de ^invasion Sue, aux abois devant les progrs
:

Se
bi en

venait

implorer
h-

le

secours de l'Occident.

aja solennellement

Connut

Sade ctail
^Le
(1378-1447)

schisme dans Saint- Pierre e de Rome, Mai l'vque de primaut la ,x,. impossible, -t le retour a. union

maut relle est dnie nue primaut d honneur, au plus de lui reconnatre prvalul pour r, jamais, du reste, l'Aptre ne se l'vque de Rome ns genter ses collgues. En outre, qm peul ren est nullement le successeur de Pierre, tout cas, n y a Paress en qui, Rome, venu point Paul. En dfinitive Son airtorit au-dessus de celle de sur la situation de hgmonie son fond la papaut a sur le prestige d, et aptres des Rome, sur le souvenir de la consulter, son clerg, la coutume s'esl tablie en abandonnant au d'un peu partout, el Constantin, el acheva cett pape l'empire de l'Occident, consacra Padoue, t. x,spi volution. Voir art. Mahsile de Marsile, qui devance les pro
menl
I

Occident autre chose. L'unit, en

mme,

allait

si

inviLes dchirements devenaient s'exaspraient autour au nationalismes les tables; meet la corruption rie pontifical, que l'incapacit suffit du,,- lection Il conclave. chaque naaient a longe la chrtient dans la ,,. ,.

Grand Schisme d'Occident

et la crise

concM

Sie calamit du Grand Schisme

et dans une plus gra> constitutionnelle peut tre contre-gl Ue va U la faveur du schisme, la VI (1 Urbain Aprs renouveau. ,, , im;ilt reconnatre de pape, mais Sclare Wiclef.il ne faut plus d'aprs ses pro ,,,,, vivre comme les Grecs,
<

eter

col, 162-163. Ainsi, dan testants en niant [a primaut de Pierre de sainl Pierre a Rome avec et qui conteste la venue critique du xix sicle, des objections que reprendra la monde de 1 authentiMarsile ne doute pas le moins du Constantin, Mais c'esl pour lui un cit de la Donation de d Illgitime d'un principal spirl-

Si l'on

S
'

son pouvoir on conserve un pape, on rduira


les
.s,
1

fondemenl humain
tU

condamne d'abord, une bulle de Jean XXII une bul e fuldeux hrtiques; le 3 avril 1327, Indirectement mine contre Louis de Bavire, atteint ils sonl excommunis, ses protgs; le 9 avril suivant, devant le Saintdclars suspens et cits comparatre paraissait la bulle qui 1327 octobre 23 le enfin, Sige au les principales erreurs

En

S,

l.s

condamnaH solennellemenl
Defensor parts. Relevons-y vantes
:

les

deux propositions

sui-

Quod mapo>toIohabuitquamaluapostollhabuenint.neci n capurdlroisH rWjulTcaput. Item quod Christus nu


;

beatus Petrus

stolu.

non plus auctoritatis

canonisations, les U -au. qui ;;;;;;; ''''./ doctrine pontificale. Vers cette acheminent plus ou moins consciemi rformateurs tchques, rhoes par les faits, les M 1394) Ssmny.MathiasdeJ. es ' ^eanHusd 1415), tous imbus d. Marsile de Padoue sur la papaut. ,i, de s, primaut, Dations .1 les origines humaines considn esl gnral L..,.,, suprm. dansl comme la seule vritable ai de l'gl se pontifl. universelle, qu'il faut distinguer moins l'instrument de a n au tres 5 voient toul au et comme l'organe n ref orme qui s'impose te de P^lementansrnc gouvernent. C'est Ces conceptlo clsiastique qui prend naiss, ,|,. consistance; mais elles n taler
-imera

m--'

.,.,

1.,

Eurnent
;

^leXnecallquemsuumvIcariumfecit.

2.

Christl auctoritatis Btmplex, sont ex Instituttone


dictlonls eequalts-

e!

|url

Rome aux Marsile en passa aux actes: il fui s'j fil dcerner la de Louis de Bavire quand celui-ci la dchance de couronne impriale, m prononcer

cts

romaine est incontestable ,,, l328) aliarum, Romana Ecclesia domina a, fuda est rectorcatholicusnonludicaturaquoquam,cui -<<>'<< primum Ptri apostoli merilum, deind, '"; auci venerandorum conciliorum Domini
rem

neuves P primaut

Gull.au

Durand

le

Jeune

Ecctesiis tradiderit potatatem.

Mus. m
la

t.,

pri

mautde

Pierre est d'institution divine

pr imaut

sous le nom de Nicolas V, Jean Promu par ce dernier Corvara. de Pierre mineur partagea bientl les Marsile Milan. l'archevch de revers de fortune de ses protecteurs. ad Un excs en appelle un autre la Glossa des juristes de Solita VI calcule, a l'applaudissemenl du pape vaut cinquante m,, la curie, que le pouvoir AJvaro Pelayo (t 1352), tout l'empereur. de celui tois qui dsolent la chrtient e abus les sur en gmissant qui obscurcil la beaut [gnonnaise ax corruption sur la ses membres, ne crainl de rP "lise dans son chef et dans on le vicaire de Dieu, ,,as d'affirmer que, le pape tant limites sa puissance qu ne peut pas plus assigner de toute puissance divine elle-mme.

XXII

el

(il

lire,

.M elle besoin dtrt ecclsiastique, conciliaire. Vussi des divers droits xplique. lucide, en tenant compte Quod primai ecclsiastiques c sculiers per jura etclcsiasRomana: decloretur et distingueretur
:

ssecularia. De modo 1 et 27. fol. Ly on, 1534,


t

""'

lui- et mx> t^le m. Insiste, rclamant contr. Durand que dr oit piscopal uses d'lecMon contre les Kvocafionarllcur au
atte nt

la

Jean XXII, qui dveloppa avoir reu merci nistration pontificale, mourut aprs et recouvre Home, pacifie (1330) Nicolas V l'antipape
1

considrablement

admi-

exemptions c contre tout ce qm porte plus grand avantagi pouvoir des vques, pour le rclamant des anc se loin: plus va Il papal. pouvoir les epi^paux..! synodes les par fanons labors Sig. api comme une barrire devant l'autorit du condere aliqutd ontra sont lorum statuta Patrum Houe apostolicm P'"'""' uelmutare ne, hujus quidem Sedis

^s*

<

;:Ls.//w,/..,.:Uol.v..:.nu,.exquedeMende.m,
vivant pour crer, applique t out m, organisme des c'est la tenue priodique canons: les retoucher ou du ..met la runion dcennale provinciaux conciles
jn ,

pour un temps. lui aussi, Clment VI (1342-1352) -lut rappeler, Bavire. 1 suprme juridiction spirituelle Louis de

sa
ai

:\\
cile

PRIMAUT. LE GRAND SCHISME


cumnique. Le vieux Durand l'objet d'un
droil

312

canonique

est

de

la

et

culte fervent; il a un idal Juridique trs lev; malgr les hardiesses de sa pense, on ne peu! prtendre qu' ses \eu\ le concile gnral

part de

Gerson en tte. On hsite cependant mettre sur pied une vritable Hglise nationale: on n'ose rien promulguer; enfin, Benoit XIII ayant menac, le 19 mai
roi 107, le de France d'une excommunication majeure ventuelle, on passe outre on publie officiellement les ordonnances, le 15 mai 1408. Tout un ensemble de dcrets et d'articles complmentaires,
1
:

dtient l'autorit suprme dans l'glise; en tout cas, il ne le dit pas expressment. Jean de Paris (Jean Quidort, f 1306) avait os davantage, puisque, selon lui, le pape ne doit procder des mesures nouvelles, nisi cum magna maturitate et habita prias concilio generali et discussione facta ubique per titleralos. De poteslale. regia et papali, dans Goldast, Monarchia, t. n.
p.

143.

le Grand Schisme, de telles thories devaient fatalement rencontrer une faveur considrable. Pierre d'Ailly et Jean Le Charlier de Gerson vont s'en inspirer pour construire leurs systmes de rforme in capile et in membris. S'ils se dfient de Marsile de Padoue, ils font confiance Occam, le venerabilis incplor, et Nicolas de Clam anges (f 1137), leur ami. Pierre d'Ailly (t 1420) enseigne que la subordination de l'glise au pape n'est qu'accidentelle; car c'est du Christ et non du pape que dcoule la juridiction des vques et des prtres; l'vque de Rome est la tte de l'glise, mais en tant que principaiis inler minislros..., minislcrialiter exercens, administraliter dispensons. De Ecclesise, ennr. gen. et sum. pontif. aurtoritale, dans Gerson, Opra, t. il, col. 928, 931, 958. Du reste, la primaut a pass d'Antiochc Rome, avec Pierre; elle n'est donc pas attache un sige. On peut toujours en appeler du pape au concile gnral quand il y va du bien commun, car le concile gnral est suprieur au pape, peut le juger, le condamner et, si besoin en est, le dposer. Utrum Ptri Ecclesia lege regulctur..., ibid.,t. i, col. 668f. t. n, col. 951 sq. Pour d'Ailly, en dfi669, 690, 691 nitive, l'glise est pourvue d'un rgime non pas monarchique, mais aristocratique. Voirl'art. Ailly (Pierred'
;
i

Avec

rglent, en octobre suivant, l'organisation de l'glise de France, Courtecuisse et Ursin de Talevende ayant d'ailleurs dclar que Benot X 1 a perdu sa lgitimit du seul fait des attaques qu'il s'est permises contre le roi. Ainsi se constituent, dans cette crise, les liberts de l'glise gallicane du despotisme de la curie on est pass l'absolutisme du pouvoir royal. 10't. d'appliquer aux 3. En vain tentera-t-on. en maux de l'glise un remde estim plus efficace, en dposant, au concile de Pise, les deux papes rivaux; on n'aboutit qu' la formation d'une troisime obdience le remde est pire que le mal. Le concile de Constance faillit bien tre plus pernicieux encore (1414-1418). On a fait justement observer qu'une institution temporelle et sans doute succomb pareille crise et que la reconstitution de l'unit dans de telles circonstances est une merveille qui retient l'admiration de l'historien le plus tranger la foi
1 1
:

t. i,

col.

642-654.

(t 1429), le docteur trs chrtien, n'est pas l'adversaire de la primaut du pape; cet gard, il est probablement moins aventureux que Pierre d'Ailly. Il accorde que l'vque de Rome jouit d'une primaut relle, monarchique, institue par le Christ lui-mme. Mais ce n'est pas dire que le pape soit l'vque universel, et que, comme tel, il jouisse d'un pouvoir immdiat sur toutes les glises et sur tous les fidles la puissance est en lui subjective et ex/'eutive. Ce pouvoir excutif de lier et de dlier, cette juridiction instrumentale et oprative est sous le contrle et la dpendance de l'glise universelle, pratiquement, du concile gnral, qui peut tre convoqu par le premier chrtien venu et auquel peuvent tre appels, pour y dlibrer, non seulement les vques, mais aussi les simples prtres et les curs, voire, certains gards, tous les fidles. Opra, t. n. De auferibilitate pap et De potestate ecclesiastica, col. 201 sq., 2 19 sq., 529 sq. Voir
:

Gerson

chrtienne. Le concile de Constance parvint mettre fin au schisme, c'est un fait Martin V (1417-1431) devint pape lgitime et fut reconnu comme tel par la chrtient, qui jamais n'avait accueilli l'ide d'une multiplicit d'obdiences et demeurait attache l'unit; c'est l un rsultat positif qui s'inscrit au compte de la primaut romaine. D'autre part, le concile consacra de nombreuses sessions l'examen, la discussion et la condamnation des erreurs de Wiclef, de Jean Hus et de Jrme de Prague, erreurs qui, par certains cts, taient nettement opposes la constitution de l'glise et l'autorit de son chef. Mais l'assemble tumultueuse et bigarre de Constance prtendit prluder la rforme de l'glise, en adoptant les thories conciliaires soutenues par les Franais Pierre d'Ailly et Jean Gerson, par les Allemands Langenstein et Gelhausen, par l'Italien Zarabella. Plusieurs, Zarabella, d'Ailly et Gerson, d'abord, sont l, et agissent personnellement sur les dlibrations. Dans les iv e et v e sessions fut proclame la Le concile de supriorit du concile sur le pape Constance, lgitimement assembl dans le Saint-Esprit, formant un concile cumnique et reprsentant l'glise militante, tient sa puissance immdiatement de Dieu; et tout le monde, y compris le pape, est oblig de lui obir en ce qui concerne la foi, l'extinction du schisme et la rforme de l'glise dans son chef et dans
:
:

ses

membres.

l'art.

Gerson,

t.

vi, col.

1313-1330.

Nous

voil,

quant

prsent, bien plus loin que d'Ailly. 2. En attendant, et tandis que se prolonge le Grand Schisme, le rle du pouvoir civil dans l'glise s'accrot outre mesure, s'ingrant, sans dlai, entre la papaut divise et l'intervention hypothtique du concile cumnique. Gerson. d'ailleurs, prche le devoir qu'a tout chrtien de se rallier son prince dans ces heures troubles,
et

plusieurs

reprises

l'universit

de

Paris

ceux qui n'acceptent pas les dcisions royales dans les affaires du schisme. Bientt, de fait, la soustraction d'obdience prive Benoit XIII de ses derniers partisans: on lui retire la
et accuse de lse-majest

blme

collation des offices et bnfices ecclsiastiques

que

dj le prince tienl en main. Puis les ordonnances royales du 18 fvrier 1407 substituent entirement le roi au pape dpossd. Un nouveau rgime s'instaure. avec l'approbation des docteurs, Simon de Cramaud

les Malgr ce qu'il a d'absolu dans l'expression hommes, surtout s'ils appartiennent l'glise terce dcret nelle, lgifrent volontiers dans l'absolu pris tel quel s'attnue notablement, pourvu qu'on le replace dans les circonstances o il fut rdig et promulgu, alors qu'il y avait doute sur la lgitimit des papes en prsence. En outre, il s'en faut que l'unanimit ait t acquise ce texte fameux, et il n'est pas sr mme que d'Ailly s'y soit ralli; le vote a eu un caractre nettement irrgulier et tumultueux. D'ailleurs, jusqu'au concile (le Ble, (pie suivront plus tard les gallicans, personne ne s'avisa de voir l une dcision doctrinale authentique. Enfin et surtout, l'approbation du pape Martin Y, indispensable pour donner une session le caractre dccumnicit et un dcret u\u- valeur dcisive, a t expressment restreinte aux sessions tenues conciliariter, de mme qu'aux dcrets ports in fauorem fidei et salutem animarum. Or. on a pu disentei' sur le caractre conciliaire des sessions

<

313
iv e et

PRIMAUT. LE CONCILE DE FLORENCE


ticuliers, et contre- bien d'autres
la

;!

v. Sans doute, le pape lu Constance vita toujours, pour sauvegarder la paix, de se montrer plus l.'il explicite. Mais son successeur, Kugnc V 147), lorsqu'il ratifia, dans son ensemble, le XVI* concile cumnique, en 16, ne manqua pas d'ajouter absque tamen preejudicio jurts, dignitatis el prseeminentise Sedia apostolicez. C'tait, en ce qui concerne l'oeuvre accomplie Constance, mettre hors de cause la primaut du pontife romain. Du reste, .Martin V, dans la xliii c session du concile, avait publi plusieurs dcrets de rforme gnrale, dont certains portaient remde a quelques-uns des abus les plus criants reprochs a la curie. Le pape conclut ensuite, valables pour une dure de cinq ans. avec chacune des nations, une con vention particulire ou concordat, qui rglail surtout la matire des bnfices, des annales, etc., BOil les principaux points de friction du Saint-Sige avec les cours. Enfin, au grand scandale de Gerson, il dclara que nul tic devail appeler du pape ni rejeter ses dcisions en matire de foi. Gerson, Tract, quomodo et un liceat in causis fldei a Sununo pont, appellare, dans Opra, t. n, p. 303. Sur quoi, la clture du concile fut prononce (1118). Voir Hefele-Leclercq, op. cit., vu a, p. 71-584; art. Constanci >(:<>i\<i\<- iiri, t. t. m, col. I20d sq., principalement col. 1206 <( 1220 sq. 4. Pour continuer l'uvre de rforme, et aussi pour rpondre aux pressions exerces sur lui par les tenants des thories conciliaires, Nicolas Y ouvrit un concile, le 2,'i avril a 123, l'ise; mais, transfre Sienne pour cause de peste, celle assemble ne put gure que renouveler la condamnation des erreurs de us cl former des vux striles pour le Wiclef ci de retour des Grecs l'unit. I.e 7 mars 12 I, la dissolution fut prononce par les lgats pontificaux parce que, pouss par les Franais, le concile entendait rgenter le Saint-Sige. Nanmoins, SUT les instances des princes. Mari in V se ele'-eiela a convoquer un concile gnral BAle, pour 1431. Il mourut aussitt aprs el laissa son successeur, Eugne IV (i l.'d 17). devant ses eni ments el en face d'une opinion Impatiente. Eugne IV
I
( l

abus

--.

In

dcret de
I

xv session prescrit formellement la clbration


l
:

des conciles provinciaux et des synodes diocsains. Mais, avec la XXIII' session, le conflit redevient toutes les rserves apostoliques aigu (25 mars 136) sont supprimes, les rapports du pape ave Collge sont troitement rglements; enfin, a son couronnement et au jour anniversaire, h- souverain pontife prononcera un serment d'adhsion aux dcrets le Constance sur la supriorit du concile. Les 'res de Ble, devant la rsistance d'Eugne 1\. constituent auprs d'eux une- curie, avec chancellerie, chambre, rote, destine a drainer les ressources financires arraches a la curie romaine. Le pape alors prononce la dissolution de l'assemble rvolutionnaire: devant son refus de revenir sur celle mesure, le concile, dai xxx r session (21 janv. 1438), fulmine coi
lire
l

il

session suiv. une sentence- eh- suspense-, et, dan-. dclare sebismatique h- nouveau concile runi par h- Saint Sige < errare. Une xxxm- session (16 mai 139) proclame comme dogmes eh- foi la supriorit du
I i

concile gnra] sur le pape- et l'indissolubilit 'lu concile Enfin les vingl <n\ trente Pres qui s,- sont destins a siger a Bflle dposent Eugne IV et bientt un conclave, eph m- compte qu'un seul ciee te ur ardina), nomme un antipape, Amde, duc de Savoie, -eus le
e

"

< 1

1 < j j-

de llix Y c'i nov. 139). Coin me- il faut a Bon lu des ressources, le concile l'autorise, en violation ! propres dcrets, a |ev e-r des ;inn;ili-\ cl.ins iiim nu SUR cpii dpasse toutes les prtentions de la urie roit Le monde s'alarma de uses cxtr.i ci de- cette menace d'un nouveau schisme; Flix V ne fut reconnu ni par les peuples ni par les princes; les meilleurs esputs. qui avaient t d'abord l'Ame de
1
c
-

nom

l'assemble, h- lgal Cesarinl, m-c rtaire du concile, seni pins brillant thologien, Nie.ii.is is Sylvius,

dut permettre l'ouvert ure du concile (23


ri '
i

juill. 1431).

session gnrale, l'aBsemble se dclara lgiDs la timement runie et proclama le double bul atteindre,

savoir

rforme de l'glise dans son chef et dans ses membres et l'extirpation de l'hrsie husslte La guerre svissait dans les environs de Bflle, les prclals

la

d'autre pari, le pape, Palologue, auiail souhait un concile dans une ville proche de l'Adriatique. Eugne IV, par une bulle du S dcembre, prononail donc la dissolution du concile et en convoquait un aut re, qui devait se runir, dans un dlai de dis huit mois, Bologne. Mais les Pres de Bflle ne l'entendaient pas del sorte; le lgat temporisa, el une n session s'nuv il le 15 fvrier 1432, qui renouvela les dcrets de Con Btance touchant la supriorit du concile gnral sur le pape. Beaucoup de membres u bas clerg sonl l. qui, nettement rvolutionnaires el hostiles toute hirarchie, veulent rduire la papaut rien. On n concile gnral reoil aggrave les textes de 1415 t Immdiatement son pouvoir du Christ, et tout homme, mme le pape, doit lui obir en ce qui concerne la foi, l'extirpation du schisme el les rformes gnrales de l'glise dans son chef cl clans ses membres. Dans In ni" session, on somme Eugne Y de comparatre et de retirer la bulle de dissolution. Dans la v e session, les Pres - ils n'taient que renie deux se disposent dclarer le pontife contumace. Aprs une- furieuse
:

n'arrivaient que trs leiilcmcnt


III

d'accord avec- Jean Y

,i

<

de ('.usa. abandonnrent le parti. Le 16 mal 144 sslpn. tenace assemble clbrait sa xi v et dernli re il concile 5. Pendant ce temps, s'tait tenu le cumnique, convoqu a Ferrare d'abord le 18 sep tendue 1437. Le- cardinaux et vques fidles au Saint Sinc ne lardrent pas a s'v runir. Eugne l\ en perse m ne sv rendit h- 2 Janvier 138, suiv de prs par l'empereur Jean YIII Palologue et on grand nombre de dignitaires et eh- thole recs, entre autres Bessarion de Nlce, Mari d'phseet Gmisthe Plthon. La peste chassa |e pape- cl le coin de. qui dut Se durant quatre mois transporter A Florence (1439) se mesurrent Latins et .ns. On voulut aller, plus qu'en 1274, bu fond des questions litigieuses; on n'en russit que mieux a se donner des preuves non qul veie|ues d'une antipathie mutuelle. Cdant la siie politique, les Grecs consentirent nanmoins a une union, que promulgua le dcret <l u < Juillet. Aprs une mise au point des doc unes et pratiques ontrovei ledcret aborde en ces termes la primaut du pape

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Hfflnimus sanctam a| os tolicam Sedem et omanum


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Ce mil e lonlaill est le successeui du bien eureux ni r. pi inec des ipAt n-. l<v ci iial le ic- nu- du Christ,
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II

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lise,

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pasteui ci le docteur de tous les chrtiens, et que NotreSeii ni-iii


cicnuii-

bataille, le

pape capitule,

retire sa bulle.

Dans

les ses

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sions xx'' el suivantes, h- concile publie d'nergiques dcrets de rforme dirigs contre le concubinage des
clercs,

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mais aussi contre les annales, les appels rpts Rome, les interdits gnraux pour les fautes des par-

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Jesu Christo otestatem tredt-

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PRIMAUT. LA PIN DU XVe SICLE


in nestis

310

cumenicoci in

dans
s:iini s

les

actes des conciles


ci

um

concilioruni

sacris

cumniques
canons.

dans

les

canonlbus contine tur.Denz.Bannw., n. 69 I.


Sur
la rduction

phrase finale du latin, quemadmodum etiam, et sur la teneur exacte de l'exemplaire grec original et des copies, voir Hefele-Leclercq, op. cil., t. vu, p. 1044-1051.

de

la

Carniole, entreprendre rouvrir le concile de Ble et cette extravagance sduira un instant Laurent le Magnifique. Hennissante et Rforme; l'uvre du concile de '/'rente La chrtient branle ne (1447-1605). retrouvait pas sou assiette, parce qu'elle tait loin encore d'avoir fait le tour des ides nouvelles. La Renaissance apportait un humanisme souvent dbrid;
le
.''."

Ainsi, ce n'est pas seulement

le fait

de

lu

primaut

que consacre cette dfinition, c'est encore le droit, droit divin, manant du Christ par saint Pierre, droit ecclsiastique, manant des conciles et des canons de l'glise. Ce n'est pas d'ailleurs sans discussions fort vives et fort passionnes que fut admis et contresign
si formel; ce n'est pas sans aterdcrets de Florence furent promulgus Constantinople, e1 la fte de l'union clbre solennellement Sainte-Sophie, le 12 dcembre 1452. L'anne suivante, la ville succombait aux assauts des Turcs, le dernier Palologue tombait dans la mle. Sainte-Sophie tait transforme en mosque, et le sultan Mahomet II levait sur le sige patriarcal le moine antiromain Gennade (t 1 Kit), lui 1472, sous le troisime successeur de Gennade, Simon de Trbizonde, un synode byzantin rvoquait les dcrets de Florence l'union avait vcu. Hefele-Leclercq, op. cit., t. vu b, p. 951-1052. Elle parut plus sincre et plus durable pour les armniens, les syriens et les jaco-

par

les

Grecs ce texte
les

moiements que

bites. Ibid.,
6.

1079

sq.

Occident, d'autre part, les tendances plus ou moins hostiles au Saint-Sige essaient de se maintenir. Le roi de France Charles VII et l'empereur d'Allemagne Albert II s'efforcent d'exploiter et d'appliquer la doctrine de Constance et les dcrets de Ble. L'piscopat franais runi Bourges tente bien de s'interposer entre les conciles rivaux de Ble et de Ferrare; il russit surtout prparer, l'usage du roi, qui en fait une ordonnance de son royaume, la Pragmatique sanction de Bourges (1439). Elle confirme d'abord vingttrois dcrets de Ble, aprs quelques modifications secondaires. Tout ce qui restreint les droits du pape t les ressources de la curie romaine, tout ce qui sauvegarde les prrogatives du roi Trs Chrtien est affirm et prend ds lors force de loi. Les appels Borne, par exemple, ne sont permis qu'aprs puisement des autres degrs de juridiction ou lorsque les plaideurs n'ont pas faire plus de deux journes de chemin. Une dcrtale clmentine est purement et simplement supprime; les cardinaux seront rduits au nombre de vingt-quatre; en revanche, le droit d'appel comme d'abus au roi et aux parlements consacre l'ingrence du pouvoir civil dans les afaires religieuses. Plus tard, Charles VII et Louis XI renonceront en partie leurs prtentions; mais les parlements dfendront la Pragmatique avec acharnement et s'efforceront de la maintenir en vigueur. Voir l'art. Pragmatique sanction, t. xn, col. 2780. En Allemagne, c'est par les dcisions d'une dite de Mayence, en 1439, que l'empereur prtend mettre profit les dcrets de Ble et de Constance. Mais la dite de Francfort, en 1447, devant la rsistance d'Eugne IV, aboutit un chec des lgistes impriaux, surtout aprs le concordat dit d'Aschaffenbourg, qui, malgr de notables concessions faites de part et d'autre, reste lettre morte. Flix V, le dernier antipape que le monde ait vu, demeurait tranger toutes ces tractations abandonn de tous, il se rsignera, sous la pression du roi de France, abdiquer entre les mains de Nicolas V 19), tandis que les derniers Pres de Ble, qui avaient continu leur conciliabule schismatique Lausanne, se rconciliaient avec l'glise universelle. Mais on verra encore, en 1482, Andr Zuccalmaglio, archevque de
:

En

vieilles hrsies s'amalgamaient trangement; la thologie cherchait sa voie, tandis que la rforme de l'Eglise demeurait perptuellement l'ordre du jour. Les dbats de Ble et de Florence 1. Thologiens. mirent en vidence des thologiens remarquables. Sur le point qui nous occupe, nous pouvons retenir Nicolas de Cusa et Jean de J'orquemada. a) Nicolas de Cusa (f 1 164) entreprit d'abord de justifier l'uvre de Ble, ou plutt de lui fournir un vaste programme de rforme. C'est son fameux De concordantia catholica, prsent au concile vers la fin de 1433. L, l'auteur attaque, l'un des premiers, l'authenticit de la Donation de Constantin et des apocryphes mis sous le nom de saint Clment. Mais la perspicacit du critique ne correspond pas une parfaite exactitude doctrinale chez le thologien quand il se croit en droit d'affirmer que la dfense du privilge divin du SaintSige repose uniquement, ou peu s'en faut, sur ces pices apocryphes. C'tait, sur l'origine mme de la primaut romaine, raisonner comme Marsile de Padoue et Jean Hus, aprs en avoir dtruit la ralit historique. Du reste, dans la Concordance, le pape n'est plus qu'un membre de l'glise, qui a t choisi pour tre son reprsentant, son dlgu, et tout autre vque pourrait tre lu comme chef de l'glise, d'autant plus que le concile cumnique est suprieur au pape et l'glise tout entire. Mais les excs du concile de Ble ouvrirent les yeux ce thologien solide doubl d'un humaniste averti; il se rallia au parti du pape. Ses ngociations Constantinople, entreprises au nom d'Eugne IV, contriburent la participation des Grecs au concile de Florence et l'union. Ses vues s'taient ce point modifies que, devenu lgat du Saint-Sige en Allemagne, il plaida brillamment, la dite de Mayence, pour la
les

suprmatie pontificale. Ds lors, pour lui, le pape est et cela est un chef de l'glise; sans doute vestige de ses anciennes positions le pape n'est pas l'hritier ni le successeur de Pierre, au moins directement, mais l'glise est Vexplicatio de Pierre, dans la multitude cle ses membres, parce que la grce de Jsus est explique en elle. De mme, l'glise est implique et renferme dans le pape, en qui elle contracte tous les pouvoirs divers de sa hirarchie. Voir l'art. Nicolas de Cusa, t. xi, col. 601-612. b) Jean de Torquemada (| 1468) est un penseur moins original, mais c'est un vigoureux scolastique. au courant des ides de son temps. Dans son ouvrage capital Sturuna de Ecclesia, il soumet une critique serre les arguments des adversaires de la primaut et leurs hypothses pour en expliquer le fait. Il dmontre que ce n'est pas des aptres, mais du Christ, que Pierre a reu sa prminence; il dmontre aussi que c'est de Pierre que les vques de Borne ont hrit leur principat spirituel, et non pas des princes temporels, ni mme des premiers conciles, encore bien moins des cardinaux. Summa de Ecclesia, d. de Venise, 1560, 1. II, n. 39, 12. 106, p. 152 sq. et 246 sq. c) Beaucoup plus effac, un thologien allemand de
le vrai

cette

(t 1495).

poque doit tre ici mentionn Son Defensorium obedientiiv

Gabriel Biel
apostoliese

ad

II destinatum, crit en faveur du pape contre son propre archevque de Mayence, Diether d'Ysenbourg, excommuni et dpos pour rsistance aux ordres du Saint-Sige, lui attira la reconnaissance

Pium papam

31'
de Pie
II,

PRIMAUT. LA REFORME
dont sa modestie
lui interdit

ROT ESTA NT E
tient pas
et

d'accepter les

bienfaits.

Pour

Biel, l'vque de

Rome, successeur de

cile ses

Pierre, est, comme lui, vicaire du Christ. Il a donc sur toute l'glise une primante absolue, <t tous, pasteurs et fidles, doivent se soumettre son jugemenl suprme. Chef souverain, c'esl de son pouvoir que dcoule, mdiatement ou immdiatement, toute juridiction Spirituelle, toute dispensai ion ries biens et offices ecclsiastiques. Il a tout pouvoir pour lier ou dlier chaque chrtien; suprieur tout droit positif humain, il a, par suite, autorit el comptence pour dispenser n'importe quel fidle ou clerc d'une loi porte par un concile mme gnral. Le Defensortum, toutefois, n'accorde pas au pape un pouvoir de toul point sans limite, comme celui du Christ. Le pape ne peut rien contre l'criture ni contre le droit naturel ou divin; il ne doil user de son autorit que pour le bien de l'glise el |e salut des mes; pour qu'on puisse cesser de lui

immdiatement de Dieu ne saurait reprsenter l'glise universelle s'il n'est uni au pape. Le souverain pontife, au contraire, a dans l'glise unie autour de lui et par lui, l'autorit suprme, qui lui vient de Dieu et de son

cumnique ne
pouvoirs

qu'il

Christ.

Le coup porta: les prlats de Lise s'murent et dnoncrent aux docteurs de l'universit de Paris t ce libelle suspect, injurieux pour les coin aies de Constance et de Ble (1512). Louis \|| appuyait la requte; il manda l'universit de faire examiner diligemment rfuter par raisons, points le trait de Cajetan et de le lu jeune docteur. Jacques Almain et articles (t 1515), fut charg de ce soin. Son Liber de audoritate
>

le

obir,

il

sullil

qu'il ail

oui repass- les limites

que

lui

Imposent le droit naturel, le droit divin ou l'criture; mais pour qu'il cesse d'tre le chef de l'glise, il faut qu'il cesse, en tombant dans l'hrsie, d'appartenir a la socit chrtienne. Voir l'art. Biel, t. u, col. 81
l

825.
2. Conciles et concordat; politique et thologie. La rforme de l'glise demeurait un facile prtexte aux Ingrences du pouvoir civil dans le domaine religieux la convocation d'un concile, plus que jamais, pouvail en cet le tiu du xv sicle, servir de manceux re conl re le Saint Si^c. Les papes, mls parfois plus que de rai son a la politique Internationale, durent souvent, pour sauvegarder leur' essentielle primaut, consentir des concordats. a ) Pour venir bout de .Iules II, prince temporel Casqu, Louis XII s'en prend au pont le romain, chef de l'glise; il rtablit la ragmatique sanction, puis il assemble contre lui le conciliabule de Pise t">i qui choue misrablement, aprs avoir tent le recom mencer le concile de Baie. Surceci, voir l'art, Latran concile oecumnique <ln), t. vin. col. 2668, .Jules 11, en rplique, ouvre, le mai 1512, 8V6C soixante dix neuf vques, le \\ lit concile oecumnique, V' du Latran, H s'entend avec Maxlmilien pour carter les Gravamina des Allemands, plan de rformes calqu en maints endroits sur la Pragmatique sa net ion de Bourges cl dirig BUrtOUt contre les annales, les rserves et tous les abus, vrais ou prtendus, de la CUXie romaine. Dans la iv session, les Pres frappent d'anathme la Pragmatique, en sorte que la primaut remportait une double victoire. Lon \ (1513 1521), qui termina ce concile, coin plte les avantages du Si^e apostolique. D'une parti il esl lu envers el contre Maxiinilicn, cpii S'tait dresse en comptiteur; d'autre pari, il reoit de Loin-. \ll une adhsion au concile du Latran (pie va confirmer en 1516 la conclusion avec Franois I" du concordat de Bologne. Dans la xr session, le l! dcembre 1516, le pape lil lire la bulle l'rinulii'u Ecclesta, laquelle avait ratifi ce concordat, pour (pie l'approbation
:

1,

conciliorum generalium, advenu* Thomam dans le courant de cette mme tous les anne 1512. toutes les raisons, en effet points, articles et propositions de Cajetan j sont exa mins et critiqus; toul ce qui ne s'j trouve pas cou tonne aux dcrets de Constance et de Ble est repousse. Vprs avoir tabli l'origine divine de l'autorit a Elastique et l'avoir tudie dans sa nature et son objet, Almain en vient au sujet dans lequel elle n side. Pi sans doute, el les papes en la personne de Pierre, l'ont reue Immdiatement du Christ mais l'glise univer selle l'a reue aussi Immdiatement de son div In fonda leur. l'glise universelle. 'est a lire l'ensemble d< tous les fidles, ou de tous les evques. soit disperses, soit runis en concile gnral. <.ar on voit, (ii Matth xviii. 17. (pie l'glise a le pouvoir de Juger tous les fidles, sans en excepter, par consquent, le souverain pont ite lui mme. L'autorit de l'glise ainsi dfinie esl suprieu celle du pape, el c'est pour (c motif (pie le concile il. reprsentant l'glise universelle, a le droit d'imposer ses volonts au souverain tife, de l< juger et, au besoin, de le dposer, lui retirant la suprme autorit executive qu'il possde. (ajetan rpliqua aussitt par son ipologla traclatus
/./

et

Vlo, pal ut a Paris

(V

df comparata auctorttale

papm

et

concilii,
r

Rome,

1512.

.'{

controverse s'teignit peu peu > Paris; la pas encore condamne faillite de thologie n'avait l'ouvrage du dominicain lorsque, le il juin 1516, elle prit connaissance des lettres royales lui enjoignant de surseoir a toute censure le concordat de '.olone tait
la
:

M.ns

conclu.
:i.

/.r

clatait
la

la

protestantisme. L'anne suivante. 1517, rvolte de Luther. Ce n'est pas le lieu de


le

du concile
bulle

lui donnai plus d'clat il lit lire aussi la Pastor seternus abolissant la Pragmatique, cl. avant dclar nuls, sucni ap probante COncilto, cet lus trument el les dcrets et usages qui s\ rattachaient, il promulgua de nouveau la constitution l'iuun sanctam de Boniface VIII, sans prjudice pour la dclaration
;

Voir l'art, la nu c, t. ix. pape, Lut lu- r mena une guerre inexpiable. Il n'est pas une lgende, nom. absurde. pas une table, mme rpugnante, qu'il n'ait exploite avec une verve froce contre son ennemi. Le pape est I' \nlc( lirist. celui qui prend la place du Sauveur. Nous savons comment les rformateurs entendaient les textes (lu Nouveau l'est aillent l'ieiie n'est que la figure du croyant, le reprsentant de toute l'glise fonde Mil' l'unique pierre, le bxiSt, et MM' la foi de ses disciples. Pierre n'a pas reu d'autres pouvoirs que les autres aptres et n'a jamais exerce la primante. Si Us voques de Rome sont parvenus a la suprmatie sui toute l'glise, c'est par une suite de circolist aines O leur ambition a joue le principal rle, aider par les princes, favorise par les evques. eux mmes usurpa raconter par
dtail.
col.

1146 1335. Conl

re le

leurs.

Mentit (le Clment Y. b) Les thories conciliaires ne sol pas mortes pour aillant. Elles sont toujours discutes par les llieolo
Kiens.

Ds le juin 1520, par la bulle Exurge, Lon N prononait l'anal lime contre Luther, et. parmi les pro positions condamnes, il tant en relever plusieurs ton
.">
i

contre le conciliabule de Lise, ('.ajetan Auctoritas papa ri (t 15!! I) publie Home un trait concilii sive Ecclesi comparata. Le clbre dominicain > dfend les droits de la papaut, soutenant que le cou
1511,
:

Lu

primaut pontificale -. Romcuius ponttfex nmi est Chrisli oicartus super omtes iotius mundi Ecclesias, ab i/>so Chrislo in bealo Petro inslttutus. 26. Verbum Christi ad Petrum Quodcum etc. (Matth., xv ii. exlendllur quesoloerts super terram
chant
la
:

Ptri successor,

319
manu

MU

UT. LE CONCILE
par tout

DE TRENTE
m

320

dumlaxat ad ligala ob ipso Pelro. 27. Cerlum est, in Ecclesim uni papa promis non esse slatuere articulas ftdei, iinnw nec leges morum nec bonorum operum. La lutte ne faisait que commencer, et, parmi les sujets les plus frquents de la controverse entre auteurs catholiques cl protestants, la primaut romaine fui
des plus ftpremenl disputs, [liyricus donnait suprme au peuple sous la surveillance des anciens, Calvin la rservait aux seuls anciens, Brenz la confiait au prince temporel, assist d'un conseil de ministres et de notables. 4. Le concile de Trente et la r/orme catholique. Paul III (1534-1549), sur les instances de CharlesQuint, avait, en 1535, envoy en Allemagne son nonce Vergerio, un futur apostat, pour traiter de la question du concile. Une entrevue avait mme, eu lieu avec Luther Wittenberg; les ngociations semblaient avoir abouti; un concile fut convoqu Mantoue pour le 23 mai 1537. Pour arrter leur ligne de conduite, les chefs du protestantisme tinrent une runion pralable Smalkade. Luther y proposa une confession nouvelle, les Vingt-sept articles de Smalkade, o il rejetait expressment la primaut du pape, tandis que Mlanchthon, plus pacifique, concdait encore au pontife romain une supriorit de droit humain. Mais tous furent d'accord pour refuser de se rendre Mantoue et se rserver pour un concile vraiment libre en territoire allemand. Que Dieu vous remplisse de la haine du papel tel fut l'adieu de Luther l'assemble. Le concile de Mantoue fut donc prorog, le parti des rigoristes vit grandir son ascendant, l'Inquisition fut rorganise, et l'Index inaugur. Mais la rgnration de l'glise demandait autre chose, une vaste et profonde rforme, que seul un concile cumnique semblait pouvoir efficacement entreprendre et mener
l'un l'autorit

le >nde comme cumnique, il s'en fallait. en dirai! autant du V* concile du Latran, qui, en certains milieux, n'tait considr que comme une machination d'ordre politique et perdait de ce chef, aux yeux des Intresss, son caractre d'cumnicit. Tan1 que la reprsentt ion de l'piscopat se restreignit a peu prs exclusivement aux vques italiens et ce fut le cas dans les deux conciles de Paul III la question (15 15 1547) et de .Iules III (1550-1552) des rapports du pape et de l'piscopat ne prit aucun caractre d'acuit. Il en fut autrement quand, a la troisime reprise, au concile de Pie IV (1 562-1563), arrivrent a Trente, en nombre plus considrable, tant les

on

bien.
se runit enfin Trente, o les sessions s'ouvrirent 13 dcembre 1545. Interrompu deux reprises (mai 1547-mai 1550, et avril 1552-janvier 1562), violemment agit par les orages qui secouaient le monde politique, il ne put terminer sa tche qu'avec la xxv c session, les 3 et 4 dcembre 1563. Poursuivant de front l'examen et la condamnation des doctrines hrtiques et la promulgation des dcrets disciplinaires, il claircit les dogmes contests, excluant par l mme de l'glise les sectes protestante en mme temps il concentrait les forces du catholicisme et donnait celui-ci une organisation puissante et une discipline
Il

le

un moment ou primaut du pape et celle qui lui est immdiatement connexe des rapports entre le pape et les vques soit disperss, soit groups en
l'autre, la question

prcise et rigoureuse. Il tait invitable que se post,

de

la

concile.

a) Les partis en prsence. Si l'ensemble de l'piscopat catholique rejetait avec horreur les invectives des novateurs contre la papaut, s'il considrait comme de droit divin la place du pape au sommet de la hirarchie, il s'en fallait de beaucoup qu'il ft unanime dan; la manire de comprendre les rapports entre le successeur de Pierre et les successeurs des aptres. Les essais de parlementarisme ecclsiastique de la premire moiti du xv e sicle avaient laiss en divers pays, et notoirement en France, des traces extrmement sensibles. L'ide de la supriorit du concile sur le pape, proclame l'poque du grand danger de l'glise et en vue de circonstances trs particulires, s'tait gnralise. On lui aurait vainement oppos la dfinition de Florence signale ci-dessus, col. 314. Outre que celle-ci, (lest ine aux Grecs, exprimait avant tout ce que nul en France ne contestait, la supriorit du Sige apostolique sur celui de Constantinople, le concile qui l'avait proclame, rival du concile de Ble, n'tait pas reconnu
,

vques espagnols que les vques franais. Peu nombreux au concile de Paul III, totalement absents du concile de Jules III, auquel le roi Henri II tait hostile, ces derniers parurent au concile de Pie IV et ilseurent, partir de novembre 1562, en la personne du cardinal de Lorraine, un chef habile, modr, assez indpendant de sa cour, d'une part, du pape, de l'autre, et dont l'influence se rvla bi;ntt prpondrante. On tenait, dans ce milieu gallican, dont le cardinal tait l'animateur, viter tout ce qui aurait sembl mettre en chec les doctrines de Constance et de Ble. Une alliance ne pouvait que se conclure enti groupe et celui des prlats espagnols, dont le chef tait l'archevque de Grenade, et qui, d'un autre biais, entendait limiter ou plus exactement dlimiter la puissance pontificale. Le grand principe invoqu dans ce milieu tait celui du droit divin des vques (on considrait plutt ici les vques disperss et non groups en concile), et ce quasi-dogme prenait toute son importance propos d'une question d'apparence secondaire, celle de la rsidence des vques. Non sans raison, l'on attachait cette question un intrt considrable. Le concile tait runi avant tout, disait-on, pour promouvoir la rforme de l'glise; la rsidence des vques et, d'une manire gnrale, des bnficiers ayant charge d'me? tait le seul moyen efiicace de parvenir des rsultats tangibles. On croyait donner ce prcepte un appui plus certain en le dclarant de droit divin. On n'tait pas fch d'ailleurs de heurter, ce faisant, les habitudes de la curie romaine, qui, soit par la pratique du cuirul de? bnfices mme majeurs, soit par le fait qu'elle attirait et retenait Rome bon nombre d'Ordinaires, donnait une grave entorse aux principes mmes de la rsidence. Sans doute on ne contestait pas au pape la prrogative, dcoulant de sa primaut, de dcider quelles exemptions comportaient les principes, mais on tenait beaucoup faire proclamer le droit lui-mme. Aussi bien, cette question de la rsidence de droit divin n'tait-elle qu'un des aspects du problme plus gnral d'o vient aux vques leur juridiction? Leur vient-elle de Dieu immdiatement, ou mdiatemenl par l'intermdiaire du pape? La majorit de la reprsentation espagnole tenait pour l'origine immdiate, quelles que fussent les explications, d'ailleurs assez confuses, o s'introduisait le jargon scolastique et par lesquelles on s'efforait de faire intervenir, dans la collation du pouvoir juridictionnel des vques, l'autorit du souverain pontife. A l'extrme oppos de cette manire de voir, si situaient les dfenseurs de l'autorit pontificale, canonistes plus encore que thologiens, qui, rigeant en

principes ternels les pratiques du moment, avaient tout l'air d'absorber compltement l'autorit des vques en celle du pape. Ils dclaraient que nombre de docteurs parmi ceux qui avaient bien mrit de l'glise avaient estim (pie Notre-Seigneur n'avait institu comme veque que Pierre tout seul, que les autres vques l'avaient t par Pierre ou tout au moins par son s voyaient des inconvnients dire, en autorit; reprenant le mot de saint Paul, (pie les vques avaient
i

321
de Dieu; jamais
ils

PRIMAUT. LE CONCILE DE TRENTE


pour gouverner l'glise
i

t tablis par l'Esprit-Sainl

nombre de

n'auraienl concd que les vques

ils vicaires de Dieu pussent tre appels 1rs el acceptaient difficilement qu'ils fussenl nomms les successeurs des aptres. Voir (les textes en ce sens dans E. Ehses, Conc. Trid., t. ix, p. 231-232. Sur la question mme de la rsidence, ils soutenaient que les dfenseurs du droit divin en arrivaienl sparer l'glise de son chef l'aire proclamer la rsidence de droit divin. c'tait garantir l'indpendance de la juridiction piscopale l'gard de Home, ei de celle Indpendance il cl ail possible de conclure que l'piscopat, pris dans son ensemble, tail au-dessus de son chef. Telles les positions respectives, il est ais de comprendre quels rsultats devait aboutir le concile. Sur l'allumt ion mme de b) Les dcision prises. la primaut du pape, il n'y eut jamais de difficult. Au cours des dbat s, mme les plus aigus, il ne fui jamais port atteinte a celle prrogative pontificale. On put entendre le vieux doyen de Sorbonne, Maillard, appe vicaire de Jsus Christ, reetor ei moderalor 1er le pape loiitis Ecclesia , Cne. Trid., t. i\. p. 386, el lesambas sadeurs laques du roi de France parler de mme, en prsentant les articles de rforme demands par leur matre. Ibiil., p. 3'.2. Le cardinal de Lorraine, bien des reprises, s'exprima dans des tenues analogues (voir en particulier son luiiiim. iiini., p. 207 208) el se vit d'ailleurs confier par le pape de trs importantes
:
i

sept, ces articles reprsentaient les doctrines protestantes qu'il s'agissait d'examiner. Le 7 e tait ainsi conu Epscopos non esse //resbyteris superiores neque habere jus ordinandi. Nulle mention n'y tait faite, on le voit, 'lu droit divin. C'est sur les articles en question que travaillrent d'abord les thoii du concile. De leurs observations sortit le 13 octobre, labor par une commission de dfiniteurs, le pi d'expos doctrinal el de canons qui devait tre soumis aux congrgaf ions gnrales. >ans l'ensemble, ce dou:

ble projet av

nitivement les diffrences qui doivent tre remarques. L devenue lec. iv (Denz. Bannw., n. la partie qui e
i

mmes lignes (pie celui qui adopt a la xxnr session. Le sont


ail les
t

fut

faisait allusion la hirarchie,

o se sriaient
:

les diffin

rents ordres,

et

calnolica Ecclesia,

Sequitur s'exprimait ainsi qua u,l simililudinen

son* tu
illius

Hierusalemn

alrit

tira ducripla

est,

hierarchiam per

succedentium ordinum aplissimam distributi ii rn s vicario,roi uno si vivio un bari n \.,Chrisli

>

me. Trid., t. ix. p pontifice constituions I. (0 sq. Le dveloppement suivant rejetait laconcep lion protestante du sacerdoce universel des fidi
dt

ainsi

.m

pouvoir des vques

fSynodus)

dclarai, prlei cleras ecclesiasticas poleslales epit

missions. On pourrait citer nombre d'vques fi am aifi qui parlrent dans le mme sens; nommons au moins ceux d'vreux (ibnl., p. 209), de Verdun (p. L'iui. d'Amiens (p. 21 ), de Chlons (p. 212). Les sentiments de l'unanimit du concile s'expriment, ce sujet, dans le vole qui termina la dernire Bession (4 dc. 1553). A la question pose Placeine uobts huit sacra vcu menic synodo finis imponalur ei omnium ei slngulo mm, qua tam sub Paulo III" et Julio III" quam sub .S'" " l). .V. Pio I V, romanis poniifleibus, in ta dcrta et deftntta suni confirmatio a B mo romano pontifice
:

hicrarchicum ordinem perlinere, <,ui non solum iiii^ eliam supcrioi nom, cum in aposlolorum Un uni successerinl, etc Ibnl.. i. l'existence di 19 sq. On voit que rien n'exprimait droit divin de l'piscopat; ce droit divin d'ail mi> n'tait pas exclu, et es vques taiei cesseurs des aptres. Les can. 5 avaient sensiblement
a presbyleris differunl sed
i(
i
I

ml

hum

la
tel

forme

qu'ils ont

gard*

Lt

qui signalait
II

ne de la liai an lue. ne faisait pas un ni nui. comme canon dfinitif (Denz. Bannw., n. 966), de l'institution divine (divina ordinaliont de cette hirarchie. Le 7% des diffrences de style prs, avait la forme a< tm lie. Il
)

tous les Illemlires prsents, a une seule PETATUH exception pics, celle de l'archevque de Grenade, rpondent PlACET, reconnaissant par l que leur uvre ne prend sa valeur que par la confirmation du souverain pontife. Ibiil., p. 1108. Mais il fui Impossible de faire aboutir aucune dci sion sur les points contests. Laissons de ct, parce qu'elle s'est embrouille plaisir au cours des dbats, la question de la rsidence (le droit divin. On s'en tint, en lin de compte, une formule qui ne donnait aux demandes espagnoles qu'une satisfaction bien Impar
'.'
:

8' canon. rdaction qui s'efforait, semble-t il, d< demeurer neutre, on comparera utilement le texte de la doclrina que Sripandi, on des prsidents <\u oi laborait vers le mme moment. Texti Trid., i. ix, p. n 12. Conu d'une manire beaucoup plus large, cet expos s'efforait dfaire place au pouvoii piscopal et a celui du pape. En dehors des d ordres de l'glise, il signalait l'existence d'un pouvoir plus seulement d'ordre, mais de juridiction, mai quant ainsi une distinction entre ces deux concepts qui tait absente ib s aul les textes.

n'v

av ait

pas de

cette

mm

faite

Cum pracepto ihm\" mandedum

sit

omnibus

Sied

pnetei
et

omnes ims gradua, pneter omnei bos

iplri-

luales
i

quibus (inimuriim runi commisse est oves suas cognos cere, pro lus sacriflcium offerre, dil le dcret adopt a la XXIII' session (ibid., p. 623), laissant tomber, entre eognoscere et pro lus sacriflcium offerre, le mol regere qui avait pain dans les projets de janvier 1563. Ibnl.. p. 367 cl 369, voir surtout la noie 7 de la p. 368. Il est plus instructif de voir' le sort qui lui fait aux textes se rapportanl de faon directe a la primaut pontificale ci aux rapports cuire la juridiction papale cl celle des vques. (.'est propos du sacrement de l'ordre que celle question avait cl introduite, et les discussions Interminables qui s'levrent a propos de ces lexles expliquent que dix mois se Soient coules entre la session xxn sur' le sacrifice de la messe 7 sept ir>()'2) el la session xxiii sur l'ordre (15 juill. 1563). Ces discussions interfraient d'ailleurs avec celles qui taient relat ives la rsidence el elles turent termines en mme temps par- les dcrets dogmatiques el disciplinaires de ladite session. Sitt Unis les dliais sur le sacrifice de la nn sm'. I< s thologiens mineurs avaient t saisis des articles sur le sacrement de l'ordre. Conc. Trid., t. ix. p. Au
(
I

aliqiuuu
i

m m

eccleslasticaa potestates necesse tuit, superiorem Eccleahi esse potestatem, non quantum ad

cr

s in isi vert conset natlonem, sed quantum ad corporis im/siui gubernationem, Mae est eplscoporum potestas qui m m soin a presbyterls dllTerunt, sed iibs nipei lores su ni
i

nain

euiii

in

apostolorum locum successerint...

Lien que ne ft pas mentionne l'origine divine de ce pouvoir Juridictionnel, la faon dont Sripandi ei vaii l'importance tail une indication. Mars cetti reconnaissance des droits de l'piscopal s'accompa gnail d'une affirmation plus formelle encore des droits de la primaut pont Iflcale
:

cum

Ecclesia eathollca
ut

una su. ad cujus unitatem


In

conservandam requiritur
l

mines fidles
r

unius

ftdel

veiilale enuv cuianl atque ut e]us ie unen sil ci .huai uni. necesse esi, ununi totl cclesl praeesse i\ ordinatione inisii... ipso eclesiam suam Invistbillter gubernante il rgente, alium esse votait eplscopum et pastorem, a quo
i i
i
.

\ Isibilltei eclesi catbol eu optimo n- Unine gubernaretur, un pasci retur atque, quod omnium maximum est. in unilale ventalis lnlei cunl incictur. ne pertinent claves ic; ni clorum uni Petro et successoribus ejus promisse.
I
I

.">.

lue

quod

illi

anie passionem

mdav

il

'go r

giwi

DICT.

lu

liror..

c.\

HOL.

Mil

11.

::j:i

l'Itl
1

LE CONCILE
:

DI-.

\ II.
illc

ut- quod ante ascensionem In cselum (Luc, xxii, :t2>. Pasce oves mea (Joa., \ \ 17). Hue, quodad liirisdictlonem pcii plenil udo potestal is...
1
.
1 1

curam babet, qui specuuui dbet quomodo

populum

iuum
iis csi

gubernet, Princlpalis Itaque cura Ecclesbe partieulai : i

Ce texte, d'ailleurs, ne lui pas mis en discussion, el c'est propos du texte officiellement propos le 13 octobre que s'abordrent les deux pari iv y aurait inlcrl tudier de prs les t>ofa qui turent exprims dans la discussion gnrale qui sui\ il spcialement ceux de vques qui apparurent comme les chefs des deux fractions. Voir le votum de l'archevque le Grenade, ibid., is, et, en sens diamtralement oppos, celui de p. l'archevque de Rossano, p. 55. De cette discussion sortit une seconde forme du dcret dogmatique qui fut distribue le 3 novembre. La doclrina, rpartie en cinq chapitres, s'efforait, au c. v, de faire, dans la hirarchie, une place convenable aux vques et au pape.
1 1

ejus cul coimnUi est accessori autem est papse, universall Ecclesia potestatem habet, episcopus, autem in sua sola particulari; alias essel unus episcopus in Ecclesia l>-i <i alii non essent episcopi, ted illitts <// oicarii. Ibid., p. i">x, i. 12 sq.

qui

in

Prter jam commmortes diversos ordinum gradus

ej

spirituales potestates, docet S.synodus, episcopos in Ecclesia catholica sub uno Christi in terris vicario, romano pontilico, per quern sunt in parlent sollicitudinis, non auteni in pleniludineni potestatis vocal i, prcipuum locum obtinere, atque ita, ad similitudinem caelestis 1 Iierusalem, ecclesiasticam hierarchiam per succedentium ordinum aptissi-

niam dispositionem a Christo Domino constitutam esse... Quoniam vero episcopi in apostolorum locum successerunt... pcrspicuum est, eos a presbyteris non soliun differre, sed
illis

etiam superiores
le

esse. Ibid., p. 106,

1.

2!)

sq.

Celte ide que


nire officielle; nier canon (les
:

sollicitudinis paraissait

pape appelait les vques in partent pour la premire fois de maelle s'exprimait aussi dans le 7 e et derautres demeurant inchangs).

Si quis dixerit, non fuisse a Christo Domino (.an. 7 institutum, ut essent in Ecclesia catholica episcopi ac eos, cum in partem sollicitudinis a pontifice romano, ejus in terris vicario, assumuntur, non esse \ eros et legitimos episcopos, presbyteris superiores el eadem dignitate eademque potestate non potiri, quam ad ha;c usque tempora obtinuenint A. S. Ibid., p. 107, 1. 29 sq.
:

Il y a intrt comparer cette formule deux autres, dues l'archevque de Grenade, qui accentuaient davantage le droit divin des vques, tout en reconnaissant celui du pape. Nous les fondons ensemble
:

Si quis dixerit, episcopos [qui in

partem

sollicitudinis a

pontifice vocantur] jure divino non esse institutos neque presbyteris superiores, et eodem jure eos romano pontilici, Christi vicario, in quo solo tanquam in capite omnis plenitudo est potestatis, non subjectos esse A. S. Ibid., p. 107, note 2.
:

summo

de relever, mme sommairement, les diverses variantes qui furent proposes de ce can. 7 (souvent ddoubl en un 7 e et un 8 e parfois un 9 e ). Leur tude serait nanmoins trs instructive, car on y verrait les nuances fort diverses que pouvaient prendre les deux opinions en prsence. Textes, ibid..
Il

Sous une imprcision de termes que le compte rendu analytique a sans doute aggrave, on ne peut s'empcher de trouver ici un effort pour serrer de prs un problme que d'autres noyaient sous des flots d'loquence. Voir, par exemple, le votum de l'archevque de Rossano, prenant violemment parti contre le droit divin des vques, p. 112-122. Plus diplomate que l'vque de Lavaur, moins thologien peut-tre, le cardinal de Lorraine s'expliqua a la sance du 4 dcembre. Il essayait une voie moyenne, et, n'en dplaise aux critiques des thologiens pontificaux, il tait fort partisan d'un canon qui prcist le caractre de l'autorit du pape Ocuwum cunonem necessario addendunt censuit in quo plenaria et universalis polestas summi pontificis staluatur. Il n'en tait que plus fort pour demander la reconnaissance du droit divin des vques, que la formule officielle du can. 7 ne lui paraissait pas suffisamment garantir; il proposait de dire S. q. d. episcopos non esse a Christo in Ecclesia constituas... A. S. Ibid., p. 108, 1. 35 sq. Mais cette institution divine des vques ne disait rien de bon aux adversaires. Lainez et l'archevque de Rossano s'accordaient la trouver fort prjudiciable aux droits du pape. Le gnral des carmes, Nicolas Audet, la taxait tout uniment d'hrsie Non solum error, verum eliunt hresis est diccre quod poteslas prlalorum inferiorunt pup est immdiate a Deo sicul polestas pup. Ibid., p. 223, 1. 36 sq. De ces discussions fort confuses 205 avis furent exprims dans la discussion gnrale sur la seconde formule une conclusion semblait s'imposer. C'est qu'il convenait, si l'on parlait des vques et de leur pouvoir, de parler aussi du pape et de dfinir mieux que par la simple incise in partem sollicitudinis vocali, son droit universel. Les dfenseurs les plus en vue de la primaut, les archevques d'Otrante et de Reggio, mettaient sur pied, en janvier 1563, une formule qui introduisait quelques relouches dans le c. v de la doclrina, mais qui surtout ddoublait le can. 7. Le nouvel art. 7 affirmait l'institution des vques par le Christ episcopos esse a Christo in Ecclesia institutos; il serait suivi d'un art. 8
:

est impossible

p.

108-111.
L'est

prpos qu'arriva,

du texte officiellement 3 novembre, le gros de la dputalion franaise, ayant sa tte le cardinal de Lorraine.
la discussion
le

pendant

Christi institutione inter aposlolos suinniuntqite ejus incarium (remarquer les mmn.s-, qui laisse de la place pour d'autres vicaires du Christ) in terris non laisse, aut in Ecclesia non oportere esse union pontifleem Ptri successorem et cum eo regiminis auctoritate parem, et in romana sede legitimos ejus successores ad hsec usque tempora jus primatus In Ecclesia non habuisse A. S. Ibid., p. 22S, 1. 17 sq.
Si quis dixerit

beatum Petruin ex

primum

summum

Ds

le

parole.

20 novembre, l'vque de Lavaur prenait la Tout en se ralliant, d'une manire gnrale, au


il

schma propos,
vations.
11

faisait sur le can. 7 diverses obserexpliquer plus clairement que les vques taient institus par le Christ, chacun dans son l/lisc. La formule qui in parlent sollicitudinis vocali, etc., emprunte d'anciens documents pontificaux, ne lui dplaisait pas. mais il ajoutait
fallait
:

o l'on tait tenu jour par jour au courant de la discussion, les canonistes pontificaux essayaient de leur ct une rdaction du c. v. o s'affirmerait de manire plus prcise la dpendance des vques. Ils n'aboutissaient qu' un texte embrouill et presque
inintelligible
l :

A Home,

>ocet sant'la s\ on, lus episcopos, >iui a vero Christi Vicario,


,

Papa succedit Petro, sed apostoli, ut Cyprianus ait, habebant eandem auctoritatem cum Petro. Kst igitur Petrus pastor pastorum, non autem episcopus universalis Ecclesia', quod et Gregorius Magnus fatetur. ftaque quilibet episcopus habet summam auctoritatem In ejus (= sua) Ecclesia, sed subest metropolitano et denique summopontiici tanquam ei, qui omnium Ecclesiarum et pastorum

pontifice romano, in universum Orbem primitum tenente beati Ptri apostolorum principis successore, totiusque Ecclesia; capite ac omnium chrislianorum paire, pastorc ac doctore, in partem sollicitudinis assumuntur ex ejusdem Christi institutione in Ecclesia catholica prcipuum locum, dependentem ab eodem Christi vicario, cui in B. Petro pascendi, regendi et gubernandi universalem Ecclestam a 1). \. Jesu plena potestas tradita est. obtinere. Quoniam vero episcopi in apostolorum locum successerunt... Ibid..
p. 233,
1.

17 sq.

:'.'

PRIMAUT. LE CONCILE DE TRENTE


L'uvre

:>,ic>

Le can. 8, ci-dessus propos, tait maintenu, mais avec suppression de l'pithte summus devant vicalius et adjonction d'une finale conforme ce que l'on vient de lire dans la doctrina sur les pleins pouvoirs du sq. souverain pontife. Ibid., p. 234, I. Or, que l'on se reporte maintenant au texte dfinitif promulgu La xxnr session el l'on verra qu'aucune
1

de ce rdactions n'a abouti et qu'il reste peine trace le libell actuel d'une doctrine de la primaut. Le c. iv de la doctrina se contente de dire que les vques, successeurs des aptres, appartiennent d'une manire spciale l'ordre hirarchique et que, placs, comme dit l'Aptre, par l'Esprit-Sainl pour rgi] L'glise de Dieu , ils sonl suprieurs aux simples prpontife a l'es. On voit que la mention du souverain compltement disparu. Cette mention ne se retrouve qu'au can. 8, qui paratra bien grle, compar aux dfinitions si explicites que nous avons rencontres.

dans

mme de la rforme catholique, dans sa conception et dans sa ralisation, le rle prpondrant assum par les pontifes romains pour la russite finale de l'assemble de Trente, la fondation et l'extension des ordres religieux nouveaux, comme celui des jsuites, favorisaient de plus en plus l'autorit du Saint-Sige. La dfense des positions catholiques contre la thologie protestante amenait ncessairement les auteurs catholique a prciser la question du pouvoir pontifical. Bellarmin (f 1621), qui a considrablement dvelopp l'ecclsiologie en reyard des ngations luthriennes, calvinistes ou autres, tablit d'abord que l'glise n'est ni une dmocratie, ni mie aristocratie, ni
une dpendance de
la

socit civile, mais une

monar-

chie spirituelle, tempre surtout par un lment aristocratique. Jsus-Christ, en effet, a fait de son glise, royaume de Dieu, une socit, un bercail avant a si tte, an dessus des aptres et des vques. \ rai.s pas-

Si quis (lixcrt episcopos, qui auctorltate roman] pontlflcls assumuntur, non esse legltlmos et vi-ios episcopos, sed A. s. Denz.-Bannw., n. 968. finmentum numanum
:

teurs

et

vrais princes
et

de

droit divin, saint Pierre, chel

En revanche, on remar([iiera que le droit divin dis vques n'est pas exprim non plus dans le eau. 7 .S7 qttis di.ccril episcopos non cs.se presbyteris superiores. Tout au plus, le eau. <i exprlme-t-11 d'une manire vague que l'ensemble de la hirarchie est d'institution divine Si qilit dixerti m Ecclesia catholica non <ssr hierarehiam divina ordinations irulitulam, qu con: :

pasteur suprme. Saint Pierre ayant fix son a Rome, les vques de Itome. sis successeurs, ont hrit de sa primaut. Si la premire fonction du pape est d'instruire, la seconde est de rgir le troupeau de Jsus-Christ, agneaux et brebis. A cet te lin. il possde la plnitude de la juridiction ecclsiastique. Seul, il lient son autorit

unique

stat ex episcopis, presbyteris cl minislris

A. S. Dcu/.-

liannw.,

la documentation, il est imposde dire comment s'est faite celle simplification, qui est en dfinitive comme u\) aveu d'impuissance. Le procs-verbal de la congrgation gnrale lu ;i juillet 1563, qui prpara le texte del xxii* session,

Dans

966. l'tat actuel de


n.

sible

Jsus-Christ Immdiatement, les autres vques devant recevoir la leur par son entremise. Compare l'ensemble de l'piscopat, mme runi en concile rai, il garde sa prminence effective; car les jugements conciliaires demeurent encore subordonna ceux du juge suprme, le pontife romain. Bien plus, le pape n'es! justiciable d'aucune juridic lion bumaine. Si un pape venait a tomber formellement dans l'hrsie, par le fait mme, cessant d'tre membre de l'glise, il
(le

cesserait d'tre

le

vicaire

du christ,

le

concile n'aurait

\, p. 601, en deux lignes (Conc. Trid., 35) el constate simplement l'accord final sur les deux dcrets de l'ordre et de la rsidence, Qu duo dcrta tandem conclusa w approbata fueruni i>ost decetn et ultra menus, qui bas magnis contentionibus ci disputationibut super eis dispuiatum est. Ce n'est certainement pas dans cette sance, bien qu'elle ail dur si\ heures, que le travail

tient

1.

accompli, el les renseignements mmes que fournissent les sources complmentaires (num ires ibid., p. 602, note ne concernent en somme que des dtails de rdaction. De l'histoire fort complique des rapports changs enl re Rome, e1 Tient e de janvier a juillet, il semble rsulter que, 'le guerre lasse, le pape 'n' Y lui ni rue demanda a ses lgat s de laisser tomber les articles litigieux. Dans l'impossibilil e de trouver une formule qui satisfit aux desiderata des deux part is, il prfra qu'il ne fut pas touch, dans un texte qui aprs tout tait relatif au sacrement de l'ordre, a la question si dlicate des rapports entre juridiction du pape el juridiction des vques. Beaucoup plus large d'esprit (pie les caiionistes et les thologiens de son entourage, dsireux avant fout de faire aboutir le concile, respectueux de la libelle d'une assemble dont il attendait de grandes choses, proccup de runir pour les votes dcisifs l'unanimit inorale, il sacrifia, il, une dfinition dont la de bonne grce, semble ncessit ne lui paraissait pas s'imposer. Du moins. cette histoire mont ici elle que l'un des problmes soulevs par le dogme de la primaut pontificale tait encore trs loin de sa soin ion. Sur foule celle histoire, voir I'. Richard, /.< concile de Trente (suite de Hefele Leclercq, Histoire des conciles), p. 651-925, malheureusement confus el partial. Se rapporter de prfrence aux textes officiels publies par E. Ehses, 5. Les thologiens postrieurs ou concile de Trente. o) Malgr toul la doctrine axait progress qui affirme
dfinitif
tut
I )
l

qu'a constater cette dchance. En consquence de s., juridiction souveraine, le souverain pontife exerce sur Ions les fidles, dans l'ordre spirituel, un pouvoir x <i laide el direct, connue les primes sur leurs sujets dans l'ordre temporel. Bellarmin complte son expos en traitant des principales applications et modalits <\u pouvoir pontifical jugement des (anses majeures et appels; convocation, prsidence et approbation des conciles; lection ou confirmt ion d< s \ ques canonl saiion des saints; approbation des ordres religieux; dispensai ion des Indulgences, etc. Voir l'art. Bi n w vus, I. de La Sel \ Il, col. .")lin s(|.. jpC. 590 591 La thologie de Bellarmin, Paris, 1908, p. 7 sq. Moins original sur la thologie pontificale, plus thtique peut tre, el plus systmatique aussi qui Ici lai ini n. Su arc/ 1017 n'a pas manqu de rev is, les positions catholiques et d'abordei toutes les objet lions des novateurs. Dans son traite De loir catholica, la disp. \ est tout entire consacicc a la primaut de l'vque de Home, successeur de Pierre. Dieu (pie tous les aptres aient reu du Christ Immdiatement les plus amples pouvoirs, c'est a Pierre seul (pie fui donno la juridiction suprme sur l'glise universelle, et d< ou joui s. en ce pouv ou un SUi ((die sorte qu'il eut scur. ce qui n'a pas ete donne aux autres aptres. l'< est 'c sens de iu es l'drus. dont Suaic/ discute en dtail les in Ici prtai ions diverses, anciennes ou moi Ici lies; telle est de mme la conclusion des autres textes du Nouveau Testament concernant les prrogatives d<
i

Pierre.
t.

XII, p.

De /nie cathol., disp. \. sect i, )pera, d. \ iv es. 280 Sq. Mais celle primaut effective de saint
.

'

la

primaut du pape

et

sa supriorit sur

le

concile.

Pierre, elle s'est transmise a ses successeurs sur le sie^c de Rome, et c'est de droit dix in que le i" utile romain esl le pasteur suprme de l'glise universel!, deuxime point est tabli avec un luxe de preuves (pu prouve le souci de rpondre pertinemment aux nom b l'eu ses obj cet ions historiques faites par les prol est an s.
t

327
Le
sur
trait s'achve sur le
la

PRIMAUT. LE GALLICANISME
mode de
dsignation
<lu

pape,

du Sige romain
coule
les

certitude que peut comporter la lgitimit de tel pape en particulier, sur l'inamovibilit de la dignit et de la fonction papales. Ibid., sect. ii-vi, ]>. 291 sq. Ailleurs, en divers traits, Suarez examine les principaux eus. spcialement en matire de dispenses, d'approbations, de mesures coercitives, o s'exerce la priet il affirme cet gard qu'il ecclsiastique et que seul il peut crer une obligation qui s'tende l'glise uni-

a la

maut du pontife romain, suprme juridiction


\

ci selle.

b) Ainsi, l'on constate que les thologiens privs devancent notablement les dfinitions officielles. Ils devancent aussi, par exemple, le Catchisme romain
et

(1560), qui affirme bien l'autorit du prince des aptres de ses successeurs, mais en la rattachant comme une ncessit logique l'unit de l'glise, sans parler ex

du primat, comme tel, de l'vque de Rome. Conclusion sur celle priode. La crise conciliaire et les tentatives d'insubordination n'taient pas termiprofessa

soit une caractristique de l'hrsie, qu'il paroles par lesquelles le Christ a tabli l'aptre Pierre chef de l'glise Et sur cette pierre je btirai mou Eglise. Par suite, celui-l n'appartient pas a l'glise, qui ne s'appuie pas sur la pierre que la bouche du .lu s a si grandement magnifie. Et, puisque le mme Christ a coniie ses brebis a la garde de Pierre, elle n'est |>;is brebis du Christ, celle qui ne veut pas avoir Pierre pour pasteur. Que les hrtiques ne viennent i>as aprs cela prtendre que le pontife romain n'est pas le successeur de Pierre ou que l'autorit accorde a Pierre n'a pas cl transmise au pontile romain; car, celte autorit avant t confre a Pierre pour le bien commun de l'glise, elle n'a pas du cesser avec Lierre, lequel devait disparatre par la mort au bout de peu d'annes, mais durer autant (pie l'glise militante, qui demeurera Jusqu' la lin du monde; par consquent, l'glise doit avoir un successeur revtu de l'autorit mme dont 'oussait Lierre. Or, personne n'a jamais t appel par l'glise successeur de Lierre, dans ce sens, en dehors du pontife romain. Reconnaissons donc, ce qui est vrai, que le sige du pontife romain est celle pierre sur laquelle a t btie l'glise, vritable bercail du troupeau du Seigneur...
:

<

nes,

quand, dans

le

mouvement complexe du

protes-

tantisme, s'amalgamrent toutes les rcentes hrsies. Tandis que les positions thologiques taient entirement renouveles par la controverse, la primaut du pape, aux prises avec les tendances rgaliennes, csaropapistes ou nettement schismatiques, sauvait l'essentiel de ses prrogatives, en concluant des concordats, et maintenait plus fermes que jamais les principes sur
lesquels s'appuierait une discipline puissamment rorganise. Si le concile de Trente n'a pas consacr expli-

Et Franois de Sales ne se prive pas de citer les nombreux tmoignages des l'res, de saint Cyprien saint Bernard, qui abondent en son sens. Opuscules, ibid., t. xxm, p. 144 sq. L'vque de Genve cependant n'ignorait rien des
difficults pratiques toujours possibles entre les v-

ques et
le

la curie,

presque invitables entre

les princes et

pontife romain.
2

citement le triomphe de la doctrine de la primaut romaine, il faut reconnatre que son uvre tout entire, dont le principal mrite revient la persvrante action de la papaut, a prpar l'inluctable et formelle dfinition du concile du Vatican. VIII. L'PANOUISSEMENT DU CONCILE DE TRENTE Avec le pape Cla nos jours (xvn c -xx e s.).
:

Le dveloppement du gallicanisme et des doctrines Malgr la bulle de Fie IV (1559-1565) promulguant officiellement le concile, le 26 janvier 1564, et dans laquelle taient rvoques toutes les concessions de privilges ou d'exemptions contraires aux dcisions tridentines, les gouvernements, qui
rgaliennes.

(1592-1 G05), qui donna une dition rvise de la Vulgate et publia un nouveau catalogue de l'Index et les livres liturgiques rforms, on peut considrer l'uvre du concile de Trente comme acheve. Une nouvelle priode commence, pendant laquelle la papaut devra lutter pour assurer l'acceptation et l'application de cette uvre, en dpit des oppositions des princes, des lgistes et parfois de certains prlats. 1 La thologie moyenne : saint Franois de Sales. voque de Genve, fort au courant des objections protestantes et des thses rajeunies des thologiens pontificaux; trs au fait, par ailleurs, des vises des gouvernants et des juristes, Franois de Sales (t 1022), contemporain de Suarez et de Bellarmin, est moins un thologien spculatif qu'un controversiste et surtout qu'un aptre travaillant directement les mes, un vque aussi de la reforme catholique. Qu'il s'agisse de dmontrer ses adversaires que l'glise catholique est unie Je ne en un chef visible , il va droit l'essentiel m'amuserai pas beaucoup en ce point, dit-il. Vous saves que tous tant que nous sommes de catholiques reconnoissons le pape comme vicaire de Nostre-Seigneur l'glise universelle le reconneut dernirement Trente,quandelles'addressa luy pour confirmt ion de ce qu'elle avit rsolu, et quand elle receut ses dputes comme presidens ordinaires et lgitimes du concile.

ment VIII

avaient tant rclam la rforme ecclsiastique, ne montrrent que peu ou point d'empressement l'accueillir. Ni en France ni en Suisse, il ne fut permis de publier les dcrets conciliaires. Selon les parlements franais, c'et t porter atteinte aux liberts de l'glise gallicane, et c'est vainement que le clerg en rclamera encore la rception pure et simple aux tals gnraux de 1614. Il est vrai que les conciles provinciaux avaient souvent pass outre et mis en vigueur la nouvelle discipline, du moins quant l'essentiel. Sur ce point voir V. Martin, Le gallicanisme et la rforme catholique : essai historique sur l introduction en France des dcrets du concile de Trente (1563-1615),
Paris, 1919.

Les controverses, part. I, c. ni, art. 2, dans uvres compltes, d. d'Annecy, t. i, 1892, p. 91. Cependant, l'aptre du Chablais insiste, quand il y a lieu, sur la primaut du pape et, par exemple, lorsqu'il s'agit de

dmontrer que

La cinquime caractristique des hrtiques du Sige apostolique, point o

est le

mpris

excelle Luther... Si l'on retranchait de Luther et de Calvin les insultes et calomnies dverses contre le Sige apostolique, il en resterait bien peu

En Italie, saint Charles Borrome (t 1584) avait sans relard travaill puissamment l'application des dcrets du concile et leur parfaite assimilation par le clerg italien. Mais en Espagne, Naples, dans les Fays-Bas. Philippe II n'avait donn son acceptation que conditionnelle, sans prjudice des droits de la couronne En revanche, les princes catholiques de l'Allemagne reurent le concile de Trente la dite d'Augsbourg de 1566, sans aucune rserve; ainsi agirent la Pologne, le Portugal et la rpublique de Venise. Mais, pratiquement, un peu partout, les gouvernements deviennent absolus et prtendent tout rgenter, mme la religion de leurs sujets, en n'accordant qu'un respect fort diminu et une obissance fort intermittente au chef suprme de l'glise. - A Venise, l'occasion d'un 1. Le gallicanisme. grave conflit de la Srnissime rpublique avec le Saint Sige, le pape Paul V (1605-1621) fulmina l'anathme et l'interdit, le 17 avril 1606, pour dfendre les droits de l'glise en matire d'immunits et de mainmorte. Le servile Fra Paolo Sarpi (t 1623) tait alors le thologien officiel du gouvernement. Il tait surtout le chef d'une opposition la fois politique et religieuse la cour romaine. Car non seulement il prit tche de
.

de

|)igcs. lit,

cependant,

si

quelqu'un doute

(pie le

mpris

dmontrer que

les

immunits ecclsiastiques,

loin

329

Tli

[MA UT. LE GALLICA


de

!',

130

d'tre de droit divin, ne reposaient que sur les conces sions des princes; il crivit encore une histoire du conn'est qu'un long acte d'accucontre le concile lui-mme et surtout contre la papaut. C'est au mme conflU polit ico religieux que se rattache l'volution qui devail mener l'anglicanisme l'archevque de Spalato, Marc Antoine de Dominis, dont le !>< republica christiana commenait paratre en Til7. La primaut de droil divin du pape y tait clairement attaque. Voir Domicile

de Trenle (1619), qui

sation dirig

Paris (1663). Sur ces deux derniers actes, voir Y. Martin, op. cit., p. loi sep, 21^ sq. In dit royal du X\ mars lli2 tit de la dclaration une loi d'tat et rendit obligatoire en France l'enseignement des quatre articles. La Sorbonne y lit bien

nis,

t.

iv, col. 1668.

Il y aurait injustice confondre avec ces polmistes outranciers les reprsentants les plus avancs de la thologie gallicane, le lgiste Pierre Pithou (t 1596) ou mme le syndic de Sorbonne, Edmond Richer(t 1631 s l'un et l'autre les ardents bien qu'ils se soient champions des liberts gallicanes. Le clerg de France,
I,
I

opposition pendant quelque temps, moins par souci d'orthodoxie que par indpendance il fallut se soumet re. A la demande du roi. Bossuel essa\ a l'apologie de ce qu'il considrait un peu comme son uvre, dans sa Defensio declaralionis gallicans, remanie sans jusqu' son dernier jour et jamais publie de son vivant. Le P. Maimbourg en fit autant, par son Traih
:
t
i

historique
l'glise de

de

l'tablissement
et

Rome

et des prrogative de de ses vques, Taris, 1685. Le galli-

;i

d'ailleurs,

d'tre natre

au premier tiers <\u xvn sicle, tait loin compltement acquis ces ides. Il faut recon nanmoins que les thses soutenues jadis a Constance et lia le n'avaient pas eut ie renient disparu l'absolutisme gouvernemental tait tout dispos a s'en
.

canisme s'infiltra de proche en proche jusque chez les savants bndictins du xvrr sicle et, parmi les historiens de l'glise, chez Tillemont, Launoy, Alexandre, plus lard l'Ieiii \ Le pape Innocent XI (1676 L689) et aprs lui Alexandre VIII (1689 1691) protestrent contre la dclaration. Alexandre VIII, en 1690, la cassa formellement,
rtablit
le

comme

nulle

et

sans valeur. L'entente


et
le

lu
s.

Se
.us

Richelieu voulut tenir la balance gale, et. taudis qu'il faisait brler le Mn re <iu jsuite Santarelli, De poleslate summi ponlifleis, Rome, 1625, par la main du bourreau, il obligeait, en 1629, Edmond Richei une rtractation. La crainte de la prpondrance des jsuites, partisans dtermins de l'autorit pont Ificale, la naissance et les progrs du Jansnisme, la complaisance royale, tout concourait a grandir l'cole ^;illi cane en 1636 encore, on \o\ail une portion du clerg demander le rtablissement de la Pragmatique. Sur tout ceci, voir Y. Martin. Le gallicanisme politique et le clerg de France, Taris, 1929. Tant que les conflits furent circonscrits dans les limites des questions temporelles ou mixtes, la primaut du pape ne fui pas mise en cause proprement parler. Mais, en 1681, Louis \i\ convoqua une assemble extraordinaire du clerg, qui compta trente six prlats et treille huit dputs <\u Second ordre, choisis a la dvotion de la cour. La question de la rgale lut l'oc casion d'une dclaration au sujet de la puissance siastique en gnral et de l'autorit spirituelle du pape in particulier. BoSSUel (f 1704), qui avait une nm Fiance mdiocre en ceux qui allaient ainsi lgifrer, S'effora de maintenir les dbat! dans la ligne de la tradition catholique. Mans son sermon d'ouverture, nous savons par lui mme qu'il eul grand soin de ne pas attnuer les droits du pape el qu'il voulut expies sment maintenir intact ce mol de harlemagne que. quand celle Eglise (l'glise romaine) imposerait nu JOUg a peine supportable, il le lalicllail souillai plutt que de rompre la communion avec elle Nanmoins, l'assemble adopta les quatre articles si fameux de la dclaration du clerg de France. Voir l'article D< \ ration de 1682, t. n. col. 185 205, a complter par V. Martin, op. Cit. Si le premier article peut elle cou si dre comme respectant siillisainineiil le principal spi rituel du pontife romain, il n'en esl pas de mme des trois autres. Le deuxime, en eflet, professe expresse ment la validit des dcrets de Constance sur la sup lioril du concile. Il est d'ailleurs erron, puisque ni les papes n'ont approuv ces dcrets, ni la pratique de toute l'glise ne les a confirms. >u troisime art Icle, le moinsque l'on puisse dire, c'esl qu'il esl forl Imprcis en ralit, il s'claire par le prcdent et revient pic tendre que l'exercice de l'autorit pontificale est rgl par les canons conciliaires, qui lui sonl suprieurs, et aussi par les coutumes, maximes et canons de l'glise gallicane, opposes aux dcrets disciplinaires de Trente. Le quatrime, plus vague encore, \ise restreindre l'infaillibilit pontificale, rencontre des prcdentes dclarai ions du clerg de France (1625) et de la facult
servir.
a.
:
.

entre Louis

XIV

Saint Sige
les
a

que

pontificat d'Innocent

XII (1691-1700):

membres

des vchs n'obtin n ut du pape leurs bulles qu'au prix d'une rtractation ftt, et rivit et d'une lett re de repentir, et le roi. de son au pape, le septembre 1693, pour lui annoncer le reliait de son dit. Mais les tendances gallicanes pei sisit reni longtemps parmi les thologiens du clei France. Le plus reprsentatif, sans doute, de ces matres de la thologie gallicane, esl Honor rournlj (1 qui reconnat, vrai dire, la primante de Pierre, m. us n'accorde ses successeurs qu'une primaut diminue, subordonne celle des conciles el des canons. \"ir
( l l
I

de l'assemble de 1682 promus

1096 1137. w rclame fort de Gcrsonel s'appuie surtout sur le concile d< Constance, il faut signaler la piimaneiuc de la tradition ultramontaine, acquise a la plenitudo potestalis revendique pai le saint Sige. Elle esl brillamment reprsente par les thologiens des grands ordres religieux, mais aussi pai des auteurs moins Intress! aux prrogatives romal cnelon ns. Citons 1715), lent la Dissertatio !<
.

l'art. .Aiiii

wismi

vi, col.

En

face de celle tradition, qui

summi
ment

pontificis auctoritate,

ide de 1682, est explicitement

compose aprsl'a! favorable non seule


i

<

il

a la supime Juridiction spirituelle, mais encore tlfe. Citons au magistre infaillible du souverain encore Jean Claude Sommiei (1 1737), donl V Histoire dogmatique du Saint Sige, ddie n../f< .x,n/.,' /c /<i//v Clment \ 1 7 vol., Nancy, 7 1. 1733, n'tail pas simplement destine gagner les faveurs de Tonne el qui renferme tant de pages solides; citons Mathieu Petitdidier (t 1728), donl le Trait thologique pour l'autorit el l'infaillibilit du pape, Luxembo 1724, fui violemment attaqu par les jansnistes, qui en obtinrent mme la suppression, par arrt du parlement de Met/ et de Paris (8 juin et l" Juill. 1724). du mme auteur, Dissertation historique et critique sur le sentiment du com il>- </< Constance, tout fiant l'auto7J7. rit fi l'infaillibilit des papes, Luxembourg, /.c fbronianisme. Le plus opinitre des cano nistes gallicans fut, sans contredit, le Flamand Zcger Bernard Van Espen (1 1728), professeui a ou v ain, qui dut se rfugier en follande pour av olr relus. d'accepter la bulle Unigenilus. Il eul comme Jean Nicolas de llontheim {' 17nii), auxiliaire et vicaire gnral de l'vque-lecteur de Prves. Pet suad que les excessives prtentions de T.. une axaient creuse la scission dans l'glise, pi ln< ipaleliieiit a\ ce les dissidents du protestantisme. lontbeim citv il. SOUS le pseudonyme de Fbronius, en 1763, un ouvrage reten. 1 1

,i

'_'.

33

PRIMAUT. LE GALLICANISME
:

332

romani

Eeclesi deque lgitima polestate n'y reconnaissait au pape qu'une simple primaut d'honneur, sans la primaut de juridiction, dniait radicalement a l'glise son caractre monarchique et subordonnai! formellement le pontife
Lissant

De

siniii

poniificis.

Il

romain au concile gnral. En consquence, il invitait avec instance le souverain pontife renoncer aux droits et prrogatives qu'il devait soit aux concessions de ses pairs, les autres vques, soit aux Fausses dcrtales, soit mme a la violence. Les vques, du reste, et les princes taient vhmentemenl exhorts sauvegarder l'glise menace dans sa constitution divine, eu contraignant Home se dsister de ses prtentions, si les conseils et les prires n'y suffisaient pas. L'ouvrage servit quelque temps, malgr les ingalits et les contradictions qu'on y pouvait relever, alimenter les polmiques des dissidents contre la hirarchie catholique et surtout contre la primaut pontificale. Ds 1704, le pape Clment XIII (1758-1769) le condamnait et ds lors toute l'Europe fut inonde de rfutations et d'apologies. Au premier rang des adversaires de Fbronius, il faut distinguer le jsuite Zaccaria (t 1795), avec son Antifebronio, Pisaro, 17(57: Pierre Ballerini (t 1 764), avec son trait De vi ac ratione primatus rornanoTum pontificum, Vrone, 1770, et Nicolas-Sylvestre Bergier (f 1790), qui, malgr ses prjugs gallicans, sut crire contre l'audacieux trait de Fbronius une lettre fort pertinente au duc Louis-Eugne de Wurtemberg, le 12 octobre 1775. Enfin, l'incomplte rtractation de Hontheim, en 1778, le cardinal Gerdil (t 1802) opposa une remarquable critique, Animadversiones in commentarium Justini Febronii in suam retractalionem, Home, 1793. Joseph II, 3. Le josphisme et le synode de Pistoie. empereur d'Allemagne, sut accommoder ses fins politiques et ses vises philosophiques les thories de Fbronius. Il soumit son placet toutes les bulles pontificales (1781); il abolit la rserve papale et reconnut aux vques le pouvoir d'absoudre de tous les cas rservs (1781); il supprima de mme les empchements canoniques des troisime et quatrime degrs de parent (1783). En mme temps, il s'attaquait au pouvoir des vques, fermait des couvents, limitait le nombre des sminaires et s'ingrait de mille manires dans l'administration ecclsiastique et jusque dans les moindres crmonies du culte. Lopold II, successeur de cet empereur sacristain , rapporta les lois novatrices dans les Pays-Bas, mais en Autriche le josphisme, le droit du souverain circa sacra, survcut; il prdominera jusqu'en 1850. Une autre manifestation de fbronianisme, approuve par Joseph II, ce fut, en 1780, le congrs d'Ems. L se runirent, pour protester contre l'rection d'une nonciature Munich (1785), mais surtout pour assurer l'indpendance des archevques envers Home, les dlgus des archevques-lecteurs de Cologne, de Trves et de Mayence, auxquels s'taient joints les reprsentants de l'archevque de Salzbourg. De cette assemble sortit une punclation en 23 articles qui abrogeaient toutes les exemptions, supprimaient les recours et demandes de dispenses Home, comme aussi la prestation par les vques du serment de fidlit et d'obissance au Sige apostolique. De plus, les bulles et les brefs des papes n'entreraient en vigueur qu'aprs acceptation et publication par les vques. Lu dfinitive, les lecteurs prtendaient rduire les droits et les pouvoirs du pape ceux qu'il avait durant les trois premiers sicles. Ce ne fut l qu'une dmonstration sans suite la majorit de l'piscopat allemand demeura dans la soumission au Saint-Sige, qui, en la personne de Pie VI (1775-1799) et du nonce de Cologne, Pacca, garda une attitude ferme et rsolue. En 178'.). les trois lecteurs reconnurent expressment le droit du souverain pontife

envoyer des nonces et a accorder des dispenses, et l'ie Y I, dans sa rponse, mit en pleine lumire le fond. ment de ce droit et des autres prrogatives du chef de l'glise. Du reste, en 1780, le pape Pie VI, dans son bref Super soliditates, avait condamn la fois le fbronianisme et la punctation d'Kms. la plupart Eli Italie, la lutte n'tait pas moins vive des cours montraient une hostilit grandissante contre le Saint-Sige. Le grand-duc de Toscane, Lopold. frre de Joseph 1, second dan les affaires ecclsiastiques par un prlat imbu d'ides jansnistes et gallicanes, Scipion Ricci, vque de Pistoie-Prato, et d'un professeur de Padoue, Tamburini, introduisait nombre de rformes inconsidres dans les diocses toscans. Pour vaincre les rsistances, Lopold provoqua la runion d'un synode, qui se tint Pistoie, par les soins et sous la direction de Ricci. On y toucha, par une foule de mesures, au droit canonique, au culte et aux prrogatives du pouvoir civil cirai sacra; mais on y professa au ;si le jansnisme et le gallicanisme, jusqu'aux quatre articles de la dclaration de 1682 inclusivement. .Malgr la pression du gouvernement, la plupart dis dix-sept vques de la Toscane "e refusrent adopter les dcisions de ce conciliabule; le peuple mme se rvolta contre les innovations le palais de Ricci fut menac, et la mort de Joseph II, quand l'archiduc devint empereur, Ricci dut rsigner son sige (1790). La bulle Auclorem fidei, du 28 aot 1794. condamna le synode de Pistoie et ses doctrines nettement htrodoxes. Il faut signaler, en particulier, la condamnation, comme hrtique, de la dnomination attribue au pontife romain de chef ministriel de l'glise.
:

Insuper, quae statuit, romanum pontificem esse capul ministeriale, sic explicata ut romanus pontifex non a Christo in persona beati Ptri, sed ab Ecclesia potestatem minKterii accipiat, qua velut Ptri successor, verus C.liriiiti vicarius ac totius Ecclesia caput pollet in universa Ecclesia Iheretica.
1

est rprouve la tmfrauduleuse du synode, qui a os louanger et adopter les quatre articles gallicans de 1682. malgr les condamnations des papes Innocent XI et Alexandre VIII. Ricci se soumit en 1799 et renouvela sa rtractation, en 1805, aux pieds de Pie VIL Voir l'art. Pistoie (Synode de), t. xn, col. 2134-2230. La papaut avait malheureusement moins bien dfendu ses prrogatives en cdant, de guerre lasse, l'offensive des cours et des gouvernements, qui exigeaient la suppression de l'ordre des jsuites. La Compagnie de Jsus supprime par le pape, qu'elle avait toujours vaillamment servi, allait manquer l'glise pour un temps, qui serait particulirement tourment
la lin
rit insigne et
et prilleux.

du

mme document

De

la rvolution franaise

le jansnisme ou contre le quitisme; il est remarquer, ce propos, que si le gouvernement royal, en France, sut retrouver la vritable notion du magistre pontifical pour demander la condamnation du jansnisme et du quitisme, les parlementaires gallicans lirent finalement partie avec les disciples dgnrs d'Arnauld pour faire front contre l'autorit suprme du Saint-Sige. Tandis qu' Utrecht, ds 1723. un schisme positif se dclarait et se consommait, en opposition la bulle Unigenitus, en France, jansnistes aigris et gallicans obstins taient prts pour des entreprises de plus vaste envergure. 1. La constitution civile du clerg. La constitution civile du clerg fut. en effet, l'aboutissement non pas seulement des menes des philosophes , mais encore des rancunes et des prjugs accumuls et coaliss contre Home depuis cent cinquante ans et plus. Ce (pie nous devons signaler ici. dans cette nouvelle et rvolu-

(1789-1870). papes contre

Nous n'avons rien

au concile du Vatican dit de l'action des

333

DOCTRINE PRIMAUT. RENOUVEAU DE LA


le

tionnaire pragmatique du

mme temps que

n 1790, c est bouleversement des lois et des cou.2


juillel

'1rs rupture presque complte et la mconnaissance liens hirarchiques avec Rome de la primaut du pape. Chantas, Pie VI Le 13 avril 1791, par le bre! violation des droits cette solennellemenl condamnait interdisant, du mme coup, ,1c L'glise et de son chef, la constituaux ecclsiastiques de prter le serment plusieurs articles, sacrilge, schtion hrtique en Saint-Sige, aussi matique, renversant les droits du qu'a la nouvelle oppose l'ancienne discipline par a persOn sait comment le schisme s'aggrava atteignit I je vi perscution cette comment cution et ses ennemis, le lui-mme, qui devait tre, suivant Constitution civile du dernier pape. Voir l'art.

tumes canoniques,

la

l'enseignement les quatre articles allemands. epcmdant, une srie de concordats les diffrents ron'ers entre la papaut et donnaient a 1 autorit du Saintle congres de Vienne, au pays de Luther et de s'affirmer de Sige ^occasion catholique y rennouveau qu'un Fbronius, tandis son prestige dans la littraa la vieille foi romaine

dans

les

sminaires,

taises

dait

ture et dans les arts. fa V En France, le comte Joseph de Maistre (J l*2J> pape, Pans, 1820 Da fameux livre son paratre sait par mais thologie, s'attache a dmontrer non par la comment li;glise universelle choses , a rl ature des 1

.nia. hb suprmatie pontificale, et cel e-c. 1 en pontife. L'ordre naturel, c est, liVe du souverain toute a soit gouverne comme effet nue l'glise gouvernement soit une monar association , que son

app elk

la

clerg,
2
182:5),

t.

m,

col.

1537

sq.

cW
col

Pie Concordai cl Articles organiques. aprs sou successeur de Pie VI, presque aussitt son autorit, avec avnement, put rtablir en franc concordai sign en 1801, libre exercice du culte. Le
le

v.inxnn M*"" VU

tant donn , de l'empire . Voir

le

noml

re

des sujets et

tend.

l'art.

Lamenna 1663-1678. L'abb Flicit de semblables, pnn, soutenait au dbut des ides
religion ******* lement dans son ouvrage De la ans.
ses
-,

^"JV'^-/t
et eloil,
1

,p.

devenu

d'tat en 1802, consacrait, une fois au Concordat, trait la primaut romaine. Toutefois, Bonaparte Ht accoler soixante-dix-sepl bilatral, Insu du lgistes, articles organiques, rdigs par ses ls le Concordat, comme s. avec promulgus et pape, indivisible (8 avril 1802). A toul un lui avec formaient sauvegarder les l'ancien rgime, on veut
loi
l

de plus,

loquence contre le surs ous deux s'levaient ai ec qui ne pouvait conec gallicanisme vieux ce vants de
voir, disaient-ils, les liberts
|,

rapport avec l'ordre politique

de l'glise de Frana

dans l'asservissement l'tat. ,hoe du gallicanisme Blen tt,

et lu l.beral.s.n

l'Instar

est l'exequatur gouvernemental des vigueur mis,en et la requis pour la publication de 1682 sera obligaactes pontificaux; la dclaration appel sminaires; les toirement enseigne dans sonl prvus, comme d'abus est rtabli, e1 certains cas du Conseil justiciables o les ecclsiastiques sont peut se tenir sans autorisad'tat; aucun concile ne l'arsenal dsuel del tion du gouvernement. Bref, toul .'est en vain que monarchie est de nouveau utilis, on celle addition. Par ailleurs, Pie VII protesta contre organiques ont servi fane

de

[Iberts gallicanes

tendances, au cours du conjonction parfoisd< ces deux plus manifeste que Jai X ix sicle, font apparatre,
la ncessit

d'une suprme iiiridlrtton splritueft l'insurrection de.la changements de rgime, en Fnmce, de Pologne, d \ Grce, de soulvements le Bla men, les IrlandaU, des mnie, l'mancipation le Wsorffimento, bonarisme italien, les agitations poiir pontife d Interxi autanl d'occasions pour le souverain encyclique (1829 1830), dans s., premire nil pi e \ ces sophlsl '.,, m ai 1829, s'lve la fols contna toutes (l(1 l qui ouvrent le port du salut
.

du

nu dire que les Articles l'opposition acharne qu passer le Concordat, malgr ne dsarma la fraction revanche, en Rien, soulevait. Petite-glise, en France, la de anticoncordataires des Belgique qui, les uns et les autres. et des stvnistes en qu'un attentai sacri nevoyaient dans l'acte de 1801 el dcli aux droits imprescriptibles de l'glise I,.,,,. nouveaux, exemple paient la Juridiction des vques hs manhar que suivra, en 1809, la srie tyrolienne la Bavire. par envoys prtres des l'gard
11

fa. ces socits secrtes d'hommes perdn l'glls. el dsoler s'appliquent lieux qui la lgislation antl n Vllemagne, c'esl contre ,,,,,

sicle

rions

et contre

ft

mixtes qu canonique concernanl les mariages bref du 25 mars agir le ihef de l'glise, par un
ptr un,s,,,,,,

tiens

Encore faut 11 ici souligner cel acte le VU par lequel inou dans les faslcs de la papaut, dmission demandait toul l'ancien piscopat une
I

considrable

pure
rail

titulaires.

cas de relus llpassc et simple et dclarait qu'en siges les anciens outre, dpossdanl ainsi de leurs xix sicle, c'tail une solennelle

-rae.es d'autorit. En Portugal, el ivh. 1846), dans les annes 1833 (1831 rire XVI canoniques peines des II Marie el Pedro menace dom que cesse la perscutionidln les plus svres el obtient he au tsai H rei ge contre le clerg. En 1845. a Injustices de son gouvernement las [ CS brutales des ... obtient l'attnuation l'gard des catholiques et les catholiques, aux p. lois perscutrices. En Suisse, sont vigoureusemenl sectaire, gouvernemenl avec m, du pasteur suprme, dans l'encyclique
|

Au seuil du

affirmation, par un pontife romain.

l'ait

immense.de

la

primaut du

dfendus par le le libralisme religieux ,7 mal 1835. En France enfin, par l'encyclique Miran de Lamennais esl condamn
r.. s

de 1834.

dans l affaire du Ni les exigences de Napolon, Pie \ M refusa de mariage de son frre Jrme, que que l empereur dclarer nul, ni la procdure gallicane son propre mariage, ni mil en uvre pour faire casser pape prisonnier pour lui arrala pression exerce sur le de onze articles prliminaires du concordat

mesure que les ncessites s'intensifie encore, au fur et en Italie. Josphlamc Libralisme l'exigent. de l'heure la rprobation du Autriche, appelle,,! tour tour

Wee

Pie

l\ (1846 1878), l'action du pontife rom

cher les raison de la rsistance Fontainebleau (1813), n'eurent faire abandonner les droits de Pie Y 1 1 et ne purent lui le pape au dernier essentiels du Sige apostolique manuvres moment parvint se ressaisir eu dpit des ,1e l'empereur. catholique. renaissance et Restauration 3 VII une nouvelle Louis XVIII conclut avec le pape Pie ex juin 1817, laquelle ne fut jamais
:

en 1857 a 1860. il * pape, tandis qu'en Uleraagne. de srie nouvelle de concoravec les principaux tats une Angleterre, par un bref du dats pacificateurs el que. catholique. 1850, il rtablit la hirarchie septembre 29 "' Quoi l'encyclique avec surtout c'est Mais que s'affirme la primaut. le Sullabus (8 dc 1864) routes les erreurs ritU eiie du vicaire de Jsus-Christ, rationalisme et du libraissues du gallicanisme, du une fois de plus. Retenons lisme x sont rprouves visent propositions condamnes, celles qui

eonvention.lcll
dans

parmi

les

en partielaisss cute.Maisles Articles organiques furent

particulirement

la

primaut du pape
el

ministre ,1e \ illele. l'oubli jusqu' CC que. sous le ordonner de nouveau en 1824, un dcret royal vhil

xvm

uveralns ponUles
ries

ques se sonl carts

conciles cecun usurp limites de leur pouvoir, onl


les

IMUM
1rs droiti
leur-,

I'

l'.

LE CONCILE DU VATIC
in

N
perptuel
l'glise, a
et
le

tromps dans certaines de i' et de morale. xxvin. il n'esl pas permis aux vi ques de publier mme les lettres apostoliques sans la permission du gouvernement. kxxiv. La doctrine de ceux qui comparent le pontife romain a un prince libre cl exerant son pouvoir dans l'glise universelle est une doctrine qui a prvalu au Moyen Age. xxxv. Rien n'empche que, par un dcrel d'un concile gnra] ou par le fait de tous les peuple-, le souverain pontifical soit transfre (le l'vque cl (le la ville de Rome a un autre vque cl a une autre ville. - XXXVII. Ou peut instituer des l'lises nationales soustraites l'autorit du pontife romain et pleinement spares de lui. xxxvni. Trop d'actes arbitraires de la part des pontifes romains ont pouss la xlix. L'audivision de l'glise en orientale cl occidentale. torit sculire peut empcher les voques et les fidles de communiquer librement avec le pontife romain et rciproquement. l. L'autorit sculire a par elle-mme le droit de prsenter les vques et peut exiger d'eux qu'ils prennent en main l'administration de leurs diocses avant qu'ils aient reu du Saint-Sige l'institution canonique et les lettres t.i. Bien plus, la puissance sculire a le droit apostoliques. de dposer les vques et de les priver de l'exercice de leur ministre pastoral;... elle n'est pas tenue d'obir au pontife romain en ce qui concerne l'institution des vchs et des vques. Texte latin dans Denz.-Bannw., n. 1723 sq.
ci

des princes

se Boni

perpetuam

salutem ac
I

bien
d ois

(le
la

dfinitions,

mme

en matire de

perenne

Louiiiu

aclesia-

institue-

instituit, id

eodem auctore

in Lcclesia, quse fundula super petram ad liuem saculoruin usque filma slabit, jugiler durare necesse e Xulli sane iluhiuin, imino
I .

personne du bienheureux apAtre Pierre, il faut. avec son aide, que cela dure d nis cette glise, qui, fonde
pierre, doit demeuinbranlable jusqu' Nal la fin des miJcs. ne doute, tous les sicles savent (pie le glorieux saint Pierre, prince et ce! des aptres, colonne de la foi.

sur
rer

la

sieeuiis

omnibus notum

est,

qUOd
pie

salictus
l'etius,

bcal issmiiis

apostolorum
ftdeique

princeps et caput

columna ci Ecclesia; catholica- lundamentum, a Domino iiostro Jesu Christo, salvatore humant generis
ac redemptore, claves regni accepit qui ad hoc us:

fondement de

l'glise catholique, a reu de NotreSeigneur Jsus-Christ, sau-

que tempus

et semper in suis successoribus, episcopis sancta: Romanse sedis, ab

veur ci rdempteur du genre humain, les clefs du royaume et que, jusqu'aujourd'hui,


il \it toujours, prside, juge dans ses successeurs, les vques du saint sige de Home, fond

ipsofundatae ejusque consecrata? sanguine vivit et prasidet et

judicium exercet.

divers pays, Italie, France, Russie, le pouvoir publication du document pontifical. Mais en France, l'piscopat et l'opinion catholique, sans distinction d'coles ou de partis, levrent contre celte interdiction d'nergiques protestations; ceux-l mme qui seraient un peu plus tard les adversaires de la dfinition de l'infaillibilit pontificale se firent alors les dfenseurs de la suprme juridiction du chef de
civil interdit la

En

(Conc. Ephesinum, act. 3 a ; cf. Mansi, Concil., t. iv, col. 1295.) l'nde quicumque in bac cathedra Ptri suecedit,
tri
is

secundum

Christi

institutionem primatum Pin

universam Ecclcsiam
<

obtinet. Manet ergo dispositio verit itis, et beatus Petrus in accepta forti-

tudine peine perseverans suscepta Ecclesia; gubernacula non reliquit. (S. Lo, Serm., m, De suo natali, 3.

l'glise.

du Vatican cl la dfinition de la primaut romaine. Au reste, la primaut du pape n'tait pas directement mise en question parmi les thologiens catholiques, mais seulement l'infaillibilit personnelle du pontife romain, consquence logique de sa suprme autorit spirituelle; encore ne voulait-on discuter que l'opportunit d'une dfinition de cette pr4.

Le

concile

rogative.

Quoi
cer
:

qu'il

en

soit, la

primaut continuait de s'exerla

le

14

dcembre 1869,

constitution Apostolicse

du 12 octobre prcdent, modifiait, sans attendre l'ouverture du concile, toute la lgislation canoniScdis,

que des censures et des cas rservs. Le 29 juin 1868,


avait publi la bulle d'indiction du concile. dont il fixait l'ouverture au 8 dcembre 1869. Les 8 et 13 septembre, deux autres lettres apostoliques avaient t adresses, l'une. Arcana divinse Providentise, tous les vques schismatiques d'Orient, l'autre, Jam vos omnes, aux protestants et aux membres des autres communions dissidentes. Mais aucun prlat grec ou oriental ne parut au concile, ni aucun reprsentant des autres confessions spares. Nous n'avons pas tudier ici en dtail l'histoire du concile, voir l'art. Vati\\ (Concile du), mais seulement marquer le rsultat auquel il aboutit sur la prsente question. Le 18 juillet 1870, dans la IV e session publique, s'ouvrit le scrutin dfinitif, par lequel fut adopte par une majorit importante la constitution Paslor selernus sur l'glise, (pie Pie IX promulgua sur-le-champ. Le c. IV aborde cl dfinit le magistre infaillible du pape, tandis que les chapitres prcdents concernent sa primaut. Le c. I er reconnat et proclame la primaut de saint Pierre, en condamnant toute assertion qui tenterait de la nier
Pie
t

IX

P. L., t. liv, col. 146). Hac de causa ad romanam l-'cclesiam propter potentiorem principalitatem necesse semper fuit omiieru convenire Lcclesiam, hoc est eos, qui sunt undique fidles S. Irena?us, Contra hivresen, 1. III, c. ni, ?,, ]'. G., t. vu, col. 849), ut in ea sede, e qua vencranda- communionis jura (S. Ambrosius, Epist., xi, 4, P. /.., t. xvi, col. 946) in omnes dimanant, tanquam membra in eapite eonsociata in unamcorporis
i

consacr par son (Conc. d'phse.) Quiconque ds lors succde Pierre sur cette chaire, celui-l, selon l'institution du Christ, dtient la primaut de Pierre sur toute l'glise. Ainsi demeurent les dispositions prises par la vrit mme, et le bienheureux Pierre, qui garde la force une fois reue de lu pierre, n'abandonne point le gouvernail de l'glise qui lui fut confi. (Saint Lon.) C'est pour cette raison que de tout temps il fut nces-

par

lui et

sang.

saire, qu'avec l'glise romaine, cause de son pou-

voir

tout spcial, se mit d'accord toute glise, en d'autres termes les fidles de partout (saint Irnel, pour (pie, en ce sige, source, pour tous, des droi ts d?

ta communion (saint Ambroisc), ils se fondissent on un seul corps, tant les

membres

associs a

la tte.

compagem

coalescerent.
Si
lors,

Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi insti-

quelqu'un prtend, ds

tutione seu jure divino, ut beatus Petrus in primatu

que ce n'est point par l'institution du Christ, et donc de droit divin, que le
bienheureux
Pierre a des successeurs de sa primaut sur toute l'glise, ou (pie le pontife romain n'est pas le successeur du bienheureux Pierre en ce qui concerne la primaut, qu'il soit ana-

super universam Kcclesiam habeat perpetuos successores; aut romanum pontift-

cem non esse beati Ptri in eodem primatu successorem A. S. Denz.-Bannw.,


:

n. 1824, 1825.

thme.

ou de

la

ramener

une simple primaut d'honneur.


<

Le

dfinit spcialement la perptuit de celle primaut de saint Pierred ans ses successeurs, les ponc. ii

tifes

romains

Quod
apostolo

aiitem
l'elro,

in

beato
princeps

Ce que
tcurs, le

pastorum et pastor magnus ovium, Dominus Christus,

des Jsus-Christ, pour

le prince des passouverain pasteur brebis, Notre-Seigneur

primalus romani ponlificis, prcise bien que le pape est, par le fait, investi d'un pouvoir direct et immdiat sur toute la chrtient, sur toute la hirarchie, sans prjudice d'ailleurs des droits de la juridiction ordinaire cl immdiate des vques qui sont trs explicitement rappels. Par consquent, le pape doit jouir du libre exercice de son ministre apostolique et de la libre communication avec tous les membres et toutes les parties de l'glise; en toute cause canonique, on peut interjeter appel son jugement lequel est indformable mme par un concile cumnique. Voici les passages essentiels de ces textes

Le

c.

m, De

vi cl ralione

le

salut

Docemus et declaramus. Ecclesiam romanam. dispo-

Nous enseignons
ions (pic
l'glise

et dcla-

romaine,

33:
nente Domino, super omnes ordinarbs potestatis obtinere principatum, et

PRIMAUTE. CONCLUSIONS
par une disposition du Seigneur, a sur toutes les autres
niin

esse

ordinariam
sive in

et

alias

immediatam

omnes

nue

prminence

(lui

banc romani pontiflcisjurisdictionis potestatem, qu;i' vore episcopalis est, Immeuni esse, erga quam cu'I i;i
t

Juscumqueritusetdignitatis pastorea atque fidles, tam scorsum slngull quam siiiuil omnes, offlcio hirarchies subordinations veraeque obedientlae obatringunt m

non

soluiii in reluis
ci

qu nd

sed etiam in iis, qu ad disciplinant et regimen Ecclesiaa per totum ni lu diffuaae pertlnenl ila t, cuatodlta cum romano pontiflee tam communionls quam ejuadem Bdel professionia unitate, Ecclesia
s,

lidcm

mon

confrant) un pouvoir ordinaire; que ce pouvoir de juridiction du pape, pouvoir qui est piscopal, est immdiat; que ce pouvoir oblige pasteurs et Adle de tout rite el de toute dignit, pris a part OU considres en bloc, aux devoirs de la subordination hirarchique el de l'obissance vraie, non seulement en matire de foi el de morale, mais aussi en ce qui touche la discipline el le gouvernement de l'glise

ac singulas Eccleslas sive in omnes et slngulos pastorea


et n.

diat sur toutes et chacune des glises, sur tous et chacun des pasteurs et des fldles,

qu'il

soit

anathme.

fidles

A.

S.

Ibid.,

is:n.

Dsormais. la dfinition solennelle de la primaut du pape est acquise, et la thologie se devra d'en faire tat. Ce n'est pas que les apologistes n'aient plus a en Pie X (1903-1914), j nst lier les fondements historiques en condamnant le modernisme, par le dcret Lamentabili, en 11)07, rprouvera encore deux propositions qui ont trait prcisment aux origines du dogme et du fait de la primaut romaine
i ;

hristi

sit

nnus grex sub


I

unoaummo pastore...
liannw., n. ]H27.

>enz.

rpandue dans le monde. >c la sorte, en gardant avec le pape l'unit de communion ci la profession d'une mme loi, l'glise du Christ est un seul troupeau, sous un seul
I

suspic itus quidam unquain est, sibi a esse prima tu in in Kcclcsi i. Christ o demanda tu -56. sia romani non ex divina- l'rovidenl i;e ordm ilione. sed ex
.').").

Simon Petrua ne

mre

politicia

cilecta est.

Denz.-Bannw.,

conditionibua caput omnium n. 2055, 2056,

Eccleslarum

abest, ut li:rc sumini pontiflcia poteslus officiai ordlnarl ac Immdiats illi episcopalis jurisdictlonis potestatl, qua eplscopl, <|ni positi n Spirltu tanclo in apostolorum locum successerunt, tanquam veri pastorei assignatoa sibl gregea ilngull slngulos paccunl cl regunt, ni cadem b supre mu et univei sali pastorc asseratur, roboretur ac vinilicelur... //in/., n. 1828.

Tantum autem

pasteur suprme... Loin d'ailleurs que ce pouvoir du souverain pontife porte prjudice au pouvoir ordinaire et Immdiat

de

la luridict Ion plscopale, qui l'ail des vqueS, tablis par le Saint-Esprit et successeura des aptres, les vrais pasteurs qui doivent

Au vrai, nous reconnaissons ces assertions; mais le thologien n'a plus qu' ajouter les prcisions et les conclusions utiles. L'article Papi t. m. col. 1877-194 i. expose en dtail et prcise comment, dans le gouverne meiii ecclsiastique, toul aboutH au pape, il ne nous reste prsentement qu' noncer un certain nombre de conclusions. I\. CONI LUSIONS. I)U loue expos- qui prcde, il
.

rsulte que le gouvernement suprme de l'glise cal ni iique est attach au sige de Romi que celle |uridl<
.

lion universelle

du pontife romain

est

un

>

ni\

>ir

sans

chacun patre et diriger, poui son compte, le troupeau qui leur esi assign; ce pouvoir des vquea n'en est que mieux affirm, renrorc, dfendu par lepastcui

appel. Illimit eu choses ecclsiastiques, ordinaire et Pasdirect, Immdiat aussi sur tout le troupeau du enfin que celle primante spirituelle du teur ternel successeur le Pierre s'ordonne l'unit du corps du Christ, c'est sur ces trois points qu'il nous faut Insister
:

il
lolicl

quonlam divino aposprimatui Jure roma-

inis

pontifes unlverstx Rcclc


prasest,

Suprme et universel... Puis doue que c'est pai le droit divin de sa prim iule apostolique que le pape v-\
a
la
ii

pour
l"

finir.
l

sue

docemua etiam
!

te

de

l'i

Iglise

unh

ei

el declaramui eum esse udl cem supremum ndelliim el in omnibus causis ad exa

eccleslasticum spectantibus ad ipsius possc nd ii- mi recurri Sedis vero apoatollc, cujua auctorii
i i

nien

nous enseignons el selle, dclarons aussi qu'il esl le iune suprme des fidles el que. dans toutes les affaires ressortissant au contrle
Ique, il est loisible de recoin n a son ti ibunal.
isi

eeelesi

tate major non est, Judlcium a nemine tore retrac tandum, neque cuiquara de
:
i

us

lies ri

Quare
licere

judic are |ud!i a recto \ eritat is ra


\ i

mite aberrant, qui affirmanl

(juani au Sige apostolique, n'j ayant aucune autorit suprieure a la sienne, ses jugements ne peuvent tre e\ ises par personne, et nul n'a le droit de Juger son
i

.n quel sens Primaut du pape et tige >i< Honu et a quel titre la primaut le Piei rc el de ses succs \.< droll divin de leurs si elle lie au sli rom lin Pierre lui mme a son origine dans la volont du Icmcnt Inde Christ, constituant son glise sur un fcctlble. C'est de ce droit divin encore que les su seurs lgitimes de Pierre, les vques de Rome, tel si le fall tiennent, leur tour, leur primaut que nous livre la tradition catholique, en sorte que, de droll divin.au m uns mdlatement, les vques de Home sont a perptuit les vicaires du Christ, Investis de la mme primaut qui fui confre Pierre. Ainsi parle le concile du \ alii au. Mais est il de foi que la primaut spirituelle Voulue
i
!

romano uni pont ificum ad cumentcum concllium tanquam ad auctoritatem romano


ni>

Judlclia

|ugement.
s'cartent de

\insi
la
\

ceux

de

oie droite

Chrlsl doive tre Indissolublement lie au Cl sommes nous tenus de croire que nulle autorit, pas mme celle du pape, ne puisse transfrer

par

le

Home

.'

la Vrit, qui allument qu'il est licite d'en appeler

de

pontiflee superiorem appeltare, lhiil., n. 1830.

des sentences du pape au


concile oecumnique comme a une autorit suprieure fi celle du bou\ erain puni ire.
si quelqu'un lit pape a simplement Ilice de surveillance ou de direction et non un pouI

cette primaut un aul re sli Tour rpondre a celle question complexe, qui n'est pas neuve, il faut, en dfinitive, examine! les onditiona
<

si
i
i

<|nis
i

mu: m ii

ii

|i(ini

ttaque dixerit, iirnn haberc


i

tes lors,
le

que

tantummodo
spectionis
niimi
vel

offlcium

In-

directionis,

non autem plenam et suprepotestatem Jurisdictlonis In universam Ecclcaiam, non solum in rbus iin;c ad fldem et nions, sed etiam in iis quos ad disciplinam et regimen Ecclesire per totum orbem diffusa: pertlnenl aut cum haberc tantum potiores partes, non vero totam plenitudinem
;

olr Jurldlcl lonnel

plein et
l'glise,

suprme sur toute non seulement en

il

1re

de loi ci de morale, mats encore en ce qui touche ta discipline et le gouvernement de l'glise rpandue dans tout le monde; pie de ce pouvoir suprme il n'a

sige de par le fait, les modatih s historiques et juridi de s, s (pics en vertu desquelles la primaut de Pierre successeurs demeure el doit demeurer lie au romain. Quatre solutions sont en prsence. 1. Le privilge du sige de Home csi de droit divin c'est un ordre formel du Christ qui a dtermin le choix de la Ville ternelle, \insi ont pense des thologiens comme Melchlor Cano, Grgoire de Valentia el d'au trs, en tte desquels il faut citer saint Robert Hcliarmin. Mais il semble bien que cette opinion ne puisse

qui actuent

e1

situent

le

droit divin

dans

le

Home

et,

tre thologiquemenl
2.

dmontre.

iin.jns

suprem
ejus

potestatis;

uni

hanc

potestatem

non toute la plnitude; OU encore que ce pouvoir n'est pas un pouvoir ordinaire el Imm-

que

le

principal

et

Pierre lui mme n'ont voulu primaut au sige romain. La connexion que nous constatons n'est qu'un simple fait historique, humain. Ainsi pensaient certains jansnistes du xvhf sicle, les tenants du synode de Pistoie condamn par

Ni

le

Christ ni

mme

lier

la

339

I |{

MA UT. CONCLUSIONS
tait

iH

Pie VI, Fbronius el un certain nombre <lc gallicans. Ainsi enseignait Nuytz, professeur de Turin, condam n, lui aussi, par Pie IX. en l s r> el de nouveau dans le Syllabus. La consquence d'une telle doctrine, c'esl que l'glise pourrait, indpendamment mime du pape, transfrer la primaut tout autre sige piscopal que celui de Home opinion qui, supposant nue autorit ecclsiastique suprieure celle du pape, se tiouve par l mme carte tant par la tradition que par la constitution Pastor eeternus. 3. lue opinion, moins radicale et que les l'res du concile du Vatican se sont abstenus de rprouver formellement, a t soutenue par D. Solo, Hanez, Paludanus et d'autres thologiens. Selon eux, Pierre a librement, de sa seule dtermination propre, fait lection de Home pour y tablir son sige dfinitif et le centre de l'unit catholique, en sorte que le pontife romain, son successeur, peut, avec la mme libert, prendre une dtermination diffrente, qui transfrerait la primaut un autre sige piscopal. 4. L'opinion communment reue, celle qui s'accorde
i
:

uns des membres de l'opposition taient d'avis qu'y bon non point de limiter, mais de dlimiter l'autorit universelle attribue au pape. Ce qui fut tait pour la prrogat Ive de l'infaillibilit, dont l'objet et lei conditions turent soigneusement prciss, aurait d tre fait, pensaient -ils, pour la primaut elle-mme. Rien ne ferait mieux comprendre ce qu'tait celle-ci que la comparaison des droits rciproques du pape et des vques. Le temps malheureusement ne permit pas au concile de mener bien celle discussion. Telle qu'elle fut propose aux l'res, le 9 mai 1870, la constitution Pastor eeternus dclarait, dans son c. m, que le pouvoir de juridiction du pape tait un pouvoir

mus,

piscopal, ordinaire et immdiat docemus et declaraliane, qux proprie est episcopalis jurisdiclioms
:

immediatam. Cf. MansiCe sont exactement les mots qui seront employs dans la dfinition mme, ci-dessus, col. 336 sq. Le projet ajoutait d'ailleurs, presque immdiatement, que ce pouvoir du souverain pontife n'tait pas en opposition avec le pouvoir de juridicpoleslas,
esse
et

ordinariam
t.

Petit, ConciL,

lu,

col. 5 1).

et des conciles, avec l'ensemble des thologiens, estime que ce n'est poinl sans une intervention spciale de la Providence que Pierre a finalement choisi Home comme son sjour. Cette doctrine est dfendue par Franzelin, Palmieri, Perrone, Hillot, Bainvel, Tanquerey, de Groot, Schultes, Van Noort, Mgr d'Herbigny. On la qualifie volontiers de thologiquement certaine. Mais il faut, pour demeurer dans cette note, ne pas exagrer la porte de la thse. Il faut affirmer, sans doute, que l'lection de Rome par Pierre a manifestement t confirme par Dieu, sans cependant avoir t formellement l'objet d'un prcepte divin antcdent. 11 faut en dduire que ce choix ne peut tre chang par aucune autorit humaine, pas mme par le souverain pontife en personne. Mais il faut ajouter que le pape demeure libre de choisir le lieu de sa rsidence, c'est--dire de sa prsence effective et relle, pourvu qu'il demeure en droit et en fait vque de Home. C'est du reste ce qui advint pendant le sjour de la papaut en Avignon, ce qui tait arriv bien des fois auparavant, ce qui devait arriver encore bien souvent dans la suite. Enfin, il ne saurait tre question de considrer Home comme ternelle, en tant que ville, et de faire de cette perptuit un dogme de foi ce n'est pas ncessaire la primaut de l'vque de Rome. Il reste que la succession de Pierre dans la primaut est lie au sige de Rome par /c fait mme de Pierre, agissant non point ncessairement en consquence d'un ordre formel du Christ, mais sous l'action de la Providence, sans qu'il paraisse absolument indispensable de faire appel une rvlation au sens prcis du mot. Les Actes des aptres mentionnent la manifestation surnaturelle qui invita Paul passer d'Asie en Macdoine. Act., xvi, 9. Rien n'empche de supposer que Pierre, en venant Rome, aurait t guid par de semblables avertissements. Rien non plus ne le dmontre, et il convient, en ces matires o l'histoire a son mot dire, de ne pas affirmer plus que l'on ne peut prouver. Il reste du moins que Rome ne confra pas la primaut ses vques, qu'elle la reut par suite d'une particulire et prcise disposition de Dieu. 2" /{apports de la primaut pontificale el de la juridiction des vques. Nous avons dit que, devant les dillicults d'une solution de ce problme, le concile de Trente avait finalement renonc prendre parti cl avait mme laiss en suspens la dfinition projete de la primaut du pape. A l'poque du concile du Vatican, le sujet tait assez clarifi pour que l'on piU essayer de donner des prcisions qui n'taient pas possibles au xvi8 sicle. A dfinir la primaut pontificale, nul ne voyait de difficults; nanmoins, au concile, quelquesle

mieux avec l'enseignement des Pres

comme

tion des vques, lequel tait, lui aussi, ordinaire et immdiat, ibid.. col. ti A, texte qui fut de mme finalement adopt. Bien qu'il ne soit dit nulle part que ce pouvoir piscopal est de droit divin, c'est ce qui ressort nanmoins de l'ensemble de la constitution et aussi de textes que nous verrons plus loin. Nul n'aurait song l'poque du Vatican faire de l'piscopat, en tant que tel, une institut ion de droit positif humain. C'est de droit divin qu'il existe des vques, et, puisque leur pouvoir juridictionnel est dit ordinaire, c'est donc qu'il n'est

pas simplement une dlgation du pouvoir pontifical. La difficult restait, vrai dire, de montrer le rapport entre ces deux juridictions, toutes deux piscopales, ordinaires et immdiates. Dans les critiques qui furent adresses, lors da la discussion gnrale, au du projet distribu par la dputation de la foi, il c. convient de retenir celles qui furent faites par Mgr Dupanloup, la sance du 10 juin; l'vque d'Orlans y reprenait, comme il le dit lui-mme, les arguments noncs avant lui par d'autres orateurs de l'opposition: La primaut du pape, disait-il. nous l'acceptons tous, c'est--dire la plnitude de son pouvoir. Mais, de mme que l'ocan a des limites, de mme nous pensons que la primaut a les siennes et doit tre rgle dans son exercice. Les mots j>oteslas episcopalis, immediala, ordinaria, employs pour caractriser le pouvoir pontifical, ne lui plaisaient gure, et comme jadis Trente l'vque de Lavaur, ci-dessus, col. 323, il rappelait le mot de saint Grgoire Si anus universalis est (episcopus) restai ut vos episcopi non silis. Je ne nie point, continuait-il, que, dans un sens trs vrai, la juridiction du pape sur chaque diocse soit piscopale. puisque le pape est le chef des vques, qu'elle soit ordinaire, puisque coup sur elle n'est pas dlgue, qu'elle soit immdiate, puisqu'elle peut s'exercer directement sur chacun. Mais, puisque la juridiction le

l'vque, elle aussi, est piscopale, immdiate et ordinaire, que ces mots par l'usage, par le droit, par la nature mme des choses sont consacrs, quand il s'agit de l'vque. je ne serais pas d'avis que ces mots fussent employs, afin que les juridictions de l'vque et du pape soient marques comme distinctes et diffrentes, bien que drives de la mme source et tendant la mme lin. bien que limites le manire diffrente. Je m'associe donc aux amendements qui ont dj t
point. Ibid., col. 573-574. essentiel tendait remplacer le mot jurisdiclio episcopalis par celui de jurisdiclio primatialis; c'est son sujet que parla aussi, non sans habilet. l'vque de Saint-Brieuc, dans la mme sance. Ibid.,

proposs sur

c.-

L'amendement

col.
la

f:;i

592-593. Le schma propos par la dputation de fusait tat du mol de s mit uaon. meus hoiw
(

i'll

l'IUMAUTK. CONCLUSIONS
selle. I.e

::'.>

honor universalis Ecclesia; non sans malice, le prdemandait que l'on n'arrtai pas trop tt la citalion et que l'on ajoutai les mois du vieux pape .S; sua unicuique episcopo jwisdictio non savatur, quid atiud agitur nisi ut per nos, per quot ecclesiaslicus custodiri dbet ordo, confundatur? Ibi<l., col. 596 B. Mais la dputation de la foi tint bon sur ces mois: voir ibid., col. 10-11, les rponses faites aux amendements proposes. Sur le mot episcopalis, elle renvoyait aux explications qui seraient donnes dans la 1" partie de la Constitution De EccUsia Chrisli; elle expliquait le mot immdiat, le justifiant par les rponses de Pie VI aux punctatcurs d'Ems , o le pontife faisal valoir, ponr appuyer ses dires, des mois fie Gerson et mne de BoSSUet; elle dveloppait enfin les raisons pourquoi Cette juridiction ne pouvait porter ombrage a celle des voques. Elle faisait d'abord remarquer que le schma propos expliquait nettement que la Juridiction des voques tait, elle aussi, ordinaire et Immdiate elle ajoutait Les difficults faites proviennent de fausses supposit ions ou d'explicat ions inexactes de ce pou\ oir Immdiat que le schma attribue au pape on lui fait lignifier qu'il pourrai! n'j avoir pas. de droit divin, dans l'glise des vqucs. qui sont les pasteurs particuliers, ou (pu- le pape pourrait un Jour gouverner l'glise sans voques, sans pasteur? particuliers quasi
est

lat

dernier paragraphe essaie ensuite de montrer ce droit se raccorde au droit suprme du souverain pontife

comment
At

quoniam primatus Petro datas

est,

ut

una Ecclesia

Christi et cathedra una monstreretur, romano pontifie! ceteri prsides nibjecti sunt, tum singuli in propriis Eccles iis adminlstrandis, tum nniverat in eommunlbus Kcclesianegotiis gerendis. Ad enhn hierarebam pertinet nova* Ecclcsias instil lien-, jani inslitnlas allis linibus cil

summum

cumscribera aut

promu
et

aboiera, tnpiH proprioi pastores

vei eligere vel electos conflnnara,

horum potestatem etiam

ordinartam ampliare
sive s\

nodorum est, a munere removere. N'eque lu pro untveraall eclesia quidquam disponere vel discernera poasunt, nisi a regnanti
i
:

restringere, acta rive siriKulorum (Ujudicare, ipsos quoque pnesules, uni opus

pontilicc in partein solljcjliidinis VOCati et liect. al) eo congregati, tanquam vert indices et Rdel dcrta et disciplina- te^es coudant, romani pontiQcis est geoeralia eonnn
concilia

non solum convocara

el

dissolvere,

sei

etiam

diri-

gera

et

conflnnara. Ibid., col. 310.


cet cllorl

Sur
on ne
S.

de serrer d'un peu plus prs

le

pro

blme dei rapports entre deux pouvoirs de droit


lira
.1.,

dix in.

pas sans intrt le rapport <\u I'. J. Kleu' rdig aprs ici turc des observations faites pat divers membres du concile, sur e qui concerne, dit-il. la pari qu'ont les xqucs dans le gouvernement d< l'glise el (e pii touche l'autorit des conciles, il ne semble pas \ axoir de difficult. Les exques app
<

stgniftcaretw ont episcopos, qui suni pastores parliculares, non esse in Ecclesia jure dioino semper debere, mit romanum ponltflcem regere unquam posse Ecclesiam absque episeopis seu pastoribu parlicularibus. Mais, ce qui est vrai, c'est qui' le pape a sur l'glise universelle un pouvoir ordinaire cl immdiat en ce sens que, soi vaut une constitution de droit divin (ex staiulo diviniIns online /, il appelle partager sa sol lie il ude des v pies particuliers, qui, avec un pouvoir ordinaire et immdiat, paissent ci gouvernent les troupeaux parti CUliers qui leur sont cou lies. Ces explications donnes par la dputai ion de la foi devaient s'inscrire dans la Consiitutto dogmalica II' il, Ecclesia Christi, qui ne pui tre discute. Voir le texte t. i.nr, col. 308 sq. on y reprenait, somme imite, tes dfinitions prpares a Trente sur l'organisation gn raie de l'glise cl de sa hirarchie. Le c. iv, qui \ Isiblement s'inspire de certains des textes prsents jadis. expose pie l'glise n'csi pas un agrgat de membres ^aux; les ministres qui \ accomplissent les fonctions sacres ne s'y distinguent pas seulement d'ailleurs par des droits ingaux au point de vue des sacrements. Outre un pou\ oir d'ordre plus tendu, les \ ques mil en plus des simples prt les. le droit de g0U\ enici a\ ce un pouvoir propre cl ordinaire, les BglisCS (pli leur son! confies. El le texte ajoute
. :

par le pape a partagel s,, sollicitude ne sont point (b Simples conseillers; de COnceri avec le pape, ils publient de vrais dcrets comme juges et dflniteurs; ces di ont une autorit souveraine ci obligent imite l'gllsi
ceci pose,

quelque

a aucun doute (pic les e\epies n dans l'enseignement et le gouvernement. Mais, d'autre part, il est dfini au can. de la rr tant
il

n'v

rle

titution (pie le souverain pontife est dpositain poinl de la pari pi incipale de l'autOI it, niais de tout*
partes, sni roi

plnitude du pouvoir suprme non potiOTCt tanlw \m plenitudirum tupremm potatatii s'eiisuil donc que ce pouvoir suprme est dans un don ble sujet dans le corps des e\ quex uni au pape et dans le pape seul. C'est ici qu'il paratrait \ avoir dlfficulti i:i hoc videatur difficile este. Mansl Petit, Concil., t. LUI, col. 321 BC.
la
i
.

Ilaquc et sinnuli in sua quisque Ecclesia et congregati in synodis de doctrine et disciplina decernunt, leges feront, Judlcium exercent Neque las est presbj teiis i> e a lus cleri.

cis

m id in gradu et munere quidquam sine antistltis auctort taie ancre ut Ecclesia super episcopos consl itual ur et
:

munis actus Ecclesi per eosdem prepositos gubernetur. Verum etiam supreml muneris docendi et gubernandt unlversam Ecclesiam episcopl expertes non mimi. Illud enn llgandl et solvendl pontlflclum quod Petro soll datum est, collegio quoque apostolorum, suo tamen capltl con Juncto, tributum esse constat, protestante Domino (suit le texte de Matth., xvm, 18). Quapropter Inde ab Ecclesia!
prtmordils cumenicorum conciliorom dcrta et statuts jure merito tanqnam Del sent en lia- et Spii il us sancti placita
siiiniiia

pour rsumer cette discussion, b une particu larit qui empi he de le comparer a aucun des droits existants. L'glise n'esi pas a coup sur um fdration, mi des dynastes plus ou moins autonomes se groupe raient autour d'un prsident, mme Investi de ti> s grands pouvoirs, comme les divers souverains de r \ll, magne de 1871 -e groupaient autour de l'emp< allemand. Ce n'est pas non plus un tal centralisi selon la bu mule napolonienne, ou opreraient dans les diverses portions du territoire, des prfets ad nuliin:. simples dlgus du pouvoir central. C'est quelqui Chose de Iles particulier, ou il tant fane la part t.inl des Institutions de droit divin que des dterminations que les vnements oui apportes a ce droit. est au pape, somme toute, qu'il appartient, dans
lai dfinitive, et

droit constitutionnel de l'glise prsente

<

veneratione

et

pari obsequio a

Odellbus suscepta

sunt.
voit le souci qu'a le texte d'tablir le droit divin des vqucs, leur rle de docteurs, de pasteurs et de

On

ju^cs, cl non .seulement de chacun dans son glise particulire, niais encore, quand ils sont groups en concile, pour enseigner et gouverner l'glise univer

plnitude de son pouvoir, de concilier son droit et el le droit des v ques Selon une Sagesse cl une discrtion imites de celles du cleste, il prendra les mesures qui lui sembleront !c plus utiles au salut des .'unes, loi suprme. Primaut signifie pas absorption de toutes les Juridictions inf ie 111 es; surtout primante ne signifie pas cent rails .itlmiiiistr.il iv e illimite, vu v ieaire du Christ de Serrer ou de desserrer les liens qui rattachent au prcinii sic : les autres sicues. -clou des besoins et des exlgell ces toujours variables dans l'espace comme dans le temps. .a papaut, dans l'ensemble de son histoire, a fait suffisamment preuve de ce sens suprieur des opportunits fcondes, en rectifiant, le cas chant, la
la

sa mission av ce la mission

343
c

PRIMAUT DU PAPE D'APRS LES GLISES SPARES D'ORIENT


pour que l'glise doive
lui

344

ligne de Bon action,


rdil cl

faire

confiant

e.

Enfln il convient Ici de Primaut el unit. remarquer brivement que la primautdu pape s'or3

donne
n'j

Il l;i ncessaire unit de l'glise <lu Christ. aura qu'un seul bercail el qu'un seul pasteur .. .Ion.. \. 16, c'est la volont du l're cl de celui qu'il a envoy. Joseph <lc Maistre a magnifiquement dmontr comment le pape, pasteur suprme <lc l'glise uni-

PRIMAUT DANS LES GUSES SPARES D'ORIENT. est d'un grand


Il

1005; Charles (.crin, Louis XIV el le Suinl-Sirqe, 2 vol., Paris, 1898; le mme, Rechercha histor. sur l'assembl ilin/r ih- France '!< 764-', Paris, 1870; Pastor, Histoire de pape depuis la /in du Moyen Age, 10 vol. parus en Iran Pans, 1888-1934 (10 vol. d. allem., Fribourg-en-B.); .1. Tixeront, Histoire (lis dogmes dans l'antiquit chret., 3vol., Pau., 1904-1912. G. Glez.

verselle, es1

le

d'unit dans dispensable unit de doctrine et de gouvernement et, par suite, la vritable catholicit; par lui seul peut se maintenir indfectible l'apostolicit, avec le progrs et
la fcondit de l'vanglisation; lui seul, dominant de son principat spirituel toutes les puissances terrestres, peut assurer l'glise indpendance et libert. Les faits sont l, du reste, plus loquents (pue toutes les dmonstrations, qui prouvent que les Kglises spares souillent la division, l' endettement mme et jusqu' l'anarchie, faute d'une autorit suprme unificatrice. Seule, l'glise catholique, ainsi que le remarquait Vladimir Soloviev (1853-10(10), n'est ni une glise nationale, ni une glise d'tat, ni une secte fonde par un homme; seule, elle traite avec les puissances du monde, au nom de Dieu, sans en accepter de loi ni de credo; seule, elle prtend l'unit dans la doctrine et dans le gouvernement des mes. Seule, elle peut entendre et approuver sans rticence cette profession de foi d'une me prise d'unit Comme membre de la vraie et vnrable glise orientale ou grco-russe, qui ne parle pas par un synode anticanonique ni par des
:

seul principe possible, le principe divin l'glise. Par lui seul peut se raliser l'in-

intrt

pour

l'histoire

du

dogme de
la

la

primaut

romaine de connatre sur cette question


schismes qui

doctrine des

Kglises dissidentes d'Orient, aprs les hrsies el les les ont constitues en groupes spars de l'unit catholique. Au moment o ces schismes se sont produits, c'est--dire partir du v* sicle, la croyance la primaut de saint Pierre et celle de son sui seur, le pontife romain, tait commune en Orient,

comme

le

prouvent

les

nombreux

faits et

tmoignages

rapports ci-dessus. Les traces de cette croyance n'ont pu disparatre du jour au lendemain dans les crits des historiens et des thologiens des Lgliscs spares, d'autant moins que ces Eglises ont continu vnrer tous les Pres el docteurs de l'glise des quatre premiers sicles et qu'elles en conservent les crits comme les trsors authentiques de la tradition ecclsiastique
primitive.

Ce qu'il faut reconnalre tout d'abord, c'est que les fondateurs des groupes dissidents, s'ils n'ont pas toujours ni la primaut romaine, en ont amoindri la porte en n'y voyant pas ncessairement incluse l'infaillibilit

doctrinale, lui brisant l'unit ecclsiastique,

ils

employs du pouvoir
illustres

sculier, mais par la voix de ses Pres et docteurs, je reconnais pour juge suprme en matire de religion celui qui a t reconnu comme tel par saint Irne, saint Denys le Grand,

saint

Athanase

le

Grand, saint Jean Chrysostome,

saint Cyrille, saint Flavicn, le bienheureux Thodoret, saint Maxime le Confesseur, saint Thodore le Studite, saint Ignace, etc., savoir l'aptre Pierre, qui vit dans

entendu en vain les paroMatth., xvi. 18; Luc. xxn, 32: Joa., xxi, 15-17. Vladimir Soloviev. Lu Russie et l'glise universelle, p. i.xvi. cit par Mgr d'Herbigny, Theologica de Ecclesia, t. u, p. 211. Ainsi se rejoignent et se Tu es Pelrus... ut compltent les paroles du Matre
ses successeurs et qui n'a lias
les

du Seigneur

unum
I.

sinl.

Sources. Les principaux documents ecclsiastiques sur la primaut du pape se trouvent commodment rassembls dans Cavallera, Thsaurus doctrines culhnlictr, Paris, 11)20, n. 31 1-388. Les autres te\tes ont t indiqus au cours
le

cet article.
II.

les

Travaux.- En dehors des ouvrages de P. Batiffol et autres travaux mentionns au cours de la prcdente tude; en dehors des nombreux articles de ce dictionnaire qui traitent spcialement des auteurs, des papes, des documents, des doctrines et des faits doctrinaux relats propos de la primaut du pape, il faut surtout signaler les articles Papaut, par Yves de La Brire, A. d'Als, G. Neyron et S. lurent, dans le Dicl. apolog. de la foi catholique, t. m, col. 1333-1534; l'art. glise, par A. Mdebielle, dans Suppl. mi Dici.dc la Bible, t. n, cil. 15-691 1'. Schepens,L'au(ftenticit de saint Matthieu, A 17, JS. dans liech. de sc.relig.,t.w, 1920, p. 269-302; M.-J. Lagrange, vangile selon saint Maintien, Paris, 1023; vangile selon saint lue, Paris, 1921; vangile selon saint Jean, Paris, 102.">; ptlre aux Galaies, Paris, 1018; L. Duchesne, Histoire ancienne de l'glise, 3 vol., Paris, 1007-1010; le mme, L'glise au VI' sicle, Paris, 102.">; le mme, ludes sur le Liber pontificalis, Paris, 1887; le mme, glises sparas, Paris, 1896; E. Vacandard, ludes de critique et d'histoire religieuse, II' sr., Paris. 1910; G. Mollat, Les pa/'cs d'Avignon, Paris, 1912; !.. Salembier, /.< Grand Schisme d'Occident, Paris, 1902; Nol Valois, La France et le Grand Schisme d'Occident, Paris, 1800 et 1902; le mme, La crise religieuse du A sicle. vol., Paris, 1909; A. H iiuliillart, Quatre cents ans de concordai, Paris-l.illo,
I
."> ; I >'

ont pch contre la rgle premire de cette unit, dj explicitement formule, ds la fin du n e sicle, par saint Irne dans le texte fameux expliqu plus haut, col. 270 Ad hrme Ecelesium propler potiorem principulitalem necesse est omnem convenire Ecclesiam. Il suit de l que les tmoignages qu'on peut trouver dans les crits des dissidents orientaux sur la primaut romaine ne regardent que la primaut de rang ou de juridiction, abstraction faite du privilge de l'infaillibilit. Il est vident, en effet, que, s'ils admettaient que l'glise romaine n'a pu et ne peut se tromper, il ne leur resterait aucune raison de demeurer hors de son sein. Un autre point aussi est noter dans l'histoire de la thologie dissidente sur la question qui nous occupe un grand nombre de thologiens n'ont pas admis une connexion ncessaire entre une vritable primaut de juridiction accorde par Jsus-Christ Pierre sur les autres aptres et la transmission de cette primaut faite par Pierre son successeur sur le sige de Rome. Admet tant la premire, ils ont ni la seconde pour des raisons diverses. De ce qu'un auteur dissident a enseign trs expressment la primaut de Pierre sur les aptres, il ne s'ensuit pas ncessairement qu'il ait reconnu l'vque de Rome une primaut semblable sur les autres vques, successeurs des aptres. Nous divisons cette tude en quatre parties I. La primaut de saint Pierre et du pape dans l'glise ncstorienne (col. 315). II. La primaut dans les Eglises
:

''

monophysites (col. 351). III. La primaut romaine dans l'glise byzantine partir du ix sicle jusqu' la dernire tentative d'union avec Rome, au concile de Florence (col. 357). IV. La primaut romaine dans
1'

l'glise grco-russe, aprs le concile

'_>

de Florence et jusqu' nos jours (col. 377). Nous aurons soin de ne pas rpter ce qui a t dit ailleurs dans ce dictionnaire et de renvoyer aux divers articles particuliers, Notre tude sera avant tout d'ordre thologique et rapportera surtout les tmoignages des thologiens. Bien que la primaut romaine apparaisse souvent plus dans les faits que dans les crits, nous parlerons principalement des crits. Pour ce qui regarde, en effet, l'histoire des deux schismes

345

l'IUMAUT D'APRS LES NESTORIENS


frontires de la Le Christ a tabli pour pre et pour chef, comme une partie de lui-mme et son image, Lierre, le chef des Doti/.e. Celui qui
celles qui

de Photius el de Miche] Crulaire, celle des conciles unionistes de Constantinople (869-870), de Lyon (1274) de Florence (1438-1439), les tentatives perptuelles

dbordaient

les

compar

a Pierre,

chef des aptres

d'union
partir
les

entre'

Rome

et

Constantinople pendant
dil

la

priode byzantine

et les relations

des deux glises a

du xvr sicle, l'essentiel a l articles Constantinoi'u: ( I \ v

on

le

scia

dans
t.

concile de),

ni,

col.

1291-1296; Constantinople (glise de), t. m, col. 1307-1519; Michel Crulaire, t. x, col. 167717o:(; Photius, t. xn, col. 1586-1640; Lyon (llconcile </>),
t.
t.

ix, col.

l.'57

l-l

10;

Florence
i
i

(Concile de),

vi, col.
1.

24-50; Schisme oriental. La primaut de sain Pierre


i

ou pape dans

1" La primaut de saint l'glise nestorienne. Pierre. 2" La primaut romaine. L'glise nest. LA PRIMAUT DE SAINT PIERRE. torienne, dans des documents officiels, et ses meilleurs thologiens, dans leurs crits, ont enseign, d'une manire particuliremenl explicite, la primaut di

trne catholique (de Sleucie-Ctsiphon) esl Lierre, car il esl l'hritier (h- Lierre. Et, s'il veut tre Lierre, il doit tre tel que doit tre Lierre: car si celui qui esl Lierre n'est pas avec Lierre, il ne Si/nod. orient., p. 2 17 et 517. peut tre Lierre. Si, aprs les synodes, nous interrogeons les th yiens. nous les voyons tout d'abord affirmer la !' hodore de Moj. lion par Pierre de l'glise romaine. sueste, le matre et l'interprte par excellence l'glise nestorienne. est catgorique sur ce point.
sur ce

lui-mme

Cf.

Fragmenta

in epist.

ad Romanos
i

et

Proatmium
i

in

juridiction de l'aptre Pierre sur

le

collge apostolique,

primaut communique directement par JsUS Christ. Dj antrieurement la querelle nestorienne et au concile d'phse, nous trouvons dan-, [es A< tes du synode de Markabla de Tavyay, tenu en 12 mois le calliolicos Dadiso', un magnifique tmoignage sur cette primaut. On sail (pie ce concile promulgua la charte d'autonomie complte ou auloccplialic de l'glise orientale . Celle-ci rompait toul lien de subordination l'gard des Pres d'Occidenl c'est a dire d'abord el directement avec le patriarcal d'Anl ioche el ses ml ropoles, puis indirectement a\cc l'vque de Rome lui-mme. Un des Pres du synode, Agapit, vquede Bell La plia pour appuyer l'autorit plnire el souveraine qu'on allait reconnat re au catholicos Dadlsd', lut une lettre des Pres occidentaux (entendons des prlats du patriarcat d'Antioche), envoye au temps du catholicos Mar Papa (vers 310) dans laquelle se trouvait le passage suivant De mme que le l're de vrit esl un. que moi Fils, le Christ Sauveur, est un. pie bob Esprit vivant cl
1
i .

evang. Joannis, I'. G., t. wi. col. 728, 789 A, s7.'f D. 876 C. Narsai le Lpreux (399 502) lui fait cho Simon (il entend' un Sermon sur la Pentecte . el il leur annona sou nouveau sur la terre de Ri lut des dis la puissance d'un crateur unique. Le ciples obtint en partage la mre des cits et, commi dans une tte, il J planta les veux de la foi. (.il
:
i

<

(cornes bed Jsus Khayyatb, Syri orien Chaldmi nestortani et romanorum ponliflcum prbnatus,
1rs martyrs, Patrologia orienultrieuremenl P.O.), t. vu, col. 17. le prtre [sale aprs 570) salue en Pierre le chef exprimenti des pcheurs et l.i tte du collge .iposi olique, tandis \ers 610), parlant de la (pie lleiiana d.Vdiabcnc gurison du mendiant boiteux, par Lierre cl Jean, Belle Porte, dclare que Jean se tenant a son rang, n'osait prendre la parole avant Pierre. Sermon pour le vendredi d'or, /'. <>.. t. vu, p. 62; cf. p. 67, ou Pierre est appel la tte des disciples. Mar Barhadbiabba 'Arbaya (1 aprs 628), vque d'Alwan, un des disciples de Hcnana, dans sou Dis cours d'inauguration de la reprise dis cours des dire le scruta appelle Saint Lune le badOUqa, 'esl >r. on s. ni l'cole (h leur de l'COle du Christ. | u'.i Nisibe le badouqa remplissait a la bus le rle nome, de prfet de discipline et de bibliothcaire. Barhadbiabba ajoute qu' c badouqa qu'est Pierre, le Christ confia les hommes, lis femmes el les enfants, pour leur fournir la pliure spirituelle. Discours inetu aurai de la \amwi des coles, /'. ".. t. i\. coi / eplication des offices d< L'auteur anonyme de l'glise (ix s.), donne a Pierre le beau Mire de vicaire du Christ l'ii/ard dis aptres. Ld. R, Il l.oiiuollv. Corp. script, christ, orient., c mm. p. 71; cf. p de la menu et 121; texte syriaque dans le i. \< collecl Ion. Ce titre de vicaire du Christ revient sous la plume d'lie, vque d' Vnbar aprs ''J.;.. avei di s explications qui en montrent la porlce Pourquoi, dil il. le Sauveur, qui esl la pi' il appel pie ne et partie capitale de l'difice table, a Simon, ti|s (h- .louas?... (est que, sur le point de mon ter au ciel il voulut tablir son vicaire sur terre et l'appela pierre de l'difice, (.'est Pierre ipii esl l'imagl el joue le rle de son Seigneur et Matre sur la terre esl le mdiateur entre nous et le |i|s. le pontife Il modle sur son exemplaire... Le (.luis! donna a Lien. son propre nom. Personne axant lui n'avait t appel Pierre pour tre le fondement et la tte de l'difl Centurie;, pari. 11. serm, vi, te Cf. Khayyath, op. cil..

Lom. ix7ii. p. Dans son hismurs sur


.s.
:

talts (cite
i

.i

consolateur

esl

un: de
il

qu'un seul Intendant

fidle,
fait

mme, le Fils ne '-'est choisi Simon bar Yna, surnomcelle promesse


cl
:
:

Sur celle donnerai les mais il n'a pas t dil a Sur VOUS je btirai .le mois ni tOUS les disciples donnerai. Le don du sacerdoce a t concde a huis les aptres, mais le principal unique, c'est a dur lu patei ntt spirituelle, n'a pus t donn tous el. pour un seul Dieu vritable, il n'y a aussi qu'un seul conome fidle, oui esl le chef, le directeur el le procureur de ses frres. Synodicon orientale ou Recueil des synodes Historiens. d. .1. H. Chabot, Paris, 1902, p. 18 du texte sj riaque; p. 202 de la trad. (t. xxvii des Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothque nationale et autres biblio
Pierre, qui
a

>

pierre, je btirai mon glise clefs du royaume des icux


<
i

,1c le

thques).

pice lue par l'vque Agapit, en tant (pie document du iv sicle. n'cs( pas a l'abri de tout soupon, on peut j \oir un apocryphe fabriqu pour les besoins de la cause, de Dadiso'. Cf. .1. Labourt, Le christianisme <lans l'empire perse.
la

L'authenticit de

Paris, 1904, p. 125, noie i. Mais il tmoigne sre ment de la croyance des vques de l'erse au dbut du V sicle. Dans les actes des synodes nestoriens postrieurs,

comme
r
(.

celui d'zchiel (576), celui d'ISoyahb l" de Georges I" (680), nous m' trouvons (pie l'affirmation gnrale que Pierre esl le prime des aptres et qu'il a reu les clefs du royaume. Cf. S i/ieon orientale, p. ,'(7 1. 420, 505. Mais le s\ uode d'Ile naniso' II (775) dit quelque chose de plus. Le patriarche iicsiorien, qui exerait une juridiction souveraine cl plnire sur toutes les glises nestoriennes, mme sur
)85), celui

dans

p.

9 l.

Dans

s,s

Commentaires

bibliques,

Aboul Faradj

\i.

dallah dm al rayyib C 1043) interprte dans le sens catholique les textes vangliques relatifs a la priLes mois maut de Lierre. Il dit, par exemple Lais pour moi mes brebis signifient Remplis mon rile. Par les bliers, les agneaux el les jeunes brebis sont dsigns absolument Ions les Fidles des
:

1'

H M
I

LIT

D'APRS LES NESTORIENS


\iai successeur de Pierre, devient

348

que les moyens et Khayyath, op. cit., p. 15-17. Il faut remarquer cependant que plusieurs exgtes nestoriens, la suite de Thodore (\<>ir en particulier le Liber ad baptizandos publi rcemment par A. Mingana, Woodbrooke studies, t. v, Cambridge, 1932,

deux
les

sexes, ;uissi bien les premiers

derniers.

ils

pour eux, du jour proclament leur autonomie absolue, c'est--dire

p. 112; t. \r, Cambridge, 1933, p. 23), ne signalent, spcial privilge l'occasion de ces textes, aucun accord Pierre. Le Tu es Pelrus est accommod soit l'ensemble des fidles, soit aux prlats de l'glise, qui dtiennent les ciels du royaume des cieux. C'est le cas

de Babai
Irad.
p.

le Grand (f vers 628) dans le Liber de unione, Vaschalde, Corp. script, christ, orient. t. lxi, 3-4, qui entend la pierre de la loi de Pierre, commune
,

a tous les fidles.

Epist.,
t.

t.

i,

d.

().

Le catholicos Timothe Ier (t 823), Braun, Corp. script, christ, orient.,

i.xvn, p. 11, et lie de Nisibe (| aprs 10 ni), Demonsallemande de L. Horst, veritatis ftdei, trad. Des Metropolitan Elias von Sisibus liuch vom Beiveis iler Wahrheit des Glaubens, Colmar, 1X86, p. 87, s'expriment dans le mme sens, Quant l'exgte Iso'dad de Mcrv (vers 850), il dclare que les clefs du royaume des cieux ont t donnes l'universalit des fidles dans la personne de Simon: que la prire du Sauveur pour Pierre (Lue., xxii, 31, 32) se rapportait aussi aux autres aptres, et que la scne du lac de Tibriade Pasce agnos, pasce oves (Joa., xxi, 15-17), est une allusion au triple reniement de Pierre ainsi qu'aux trois degrs du sacerdoce. Commentaria in Evangelia, d. de M. Dunlop Gibson, The Commenlaries of ISo'dad of Merv, bishop uj Hadatha, in syriuc and english, t. i (trad.), p. C6, 197. 287-288. Au demeurant, ces interprtations, donnes en passant ou dans un recueil succinct comme celui d'Iso'dad, ne prouvent pas que les auteurs indiqus aient ni la primaut de Pierre et n'aient pas partag l'opinion commune de leur glise. Si nous consultons les livres liturgiques, nous n'y trouvons rien de bien explicite au point de vue doctrinal, mais la rptition telle quelle des passages vangliques, et le titre de prince et chef des aptres donn couramment saint Pierre. Dans les offices Tu liturgiques revient souvent l'antienne suivante es heureuse, Rome trs clbre, ville royale, servante de l'poux cleste, dans laquelle comme dans un port ont t placs les deux prdicateurs de la vrit Pierre, le chef des aptres, sur la fermet duquel notre Sauveur a tabli son glise fidle, et Paul l'lu et l'aptre. Voir les deux commmoraisons annuelles des saints aptres Pierre et Paul, le second vendredi aprs l'Epiphanie et le vendredi aprs la Pentecte.
tratio
:
: :

ds 42 l, lecatholicos-patriarche de Slcucie-Ctsiphon, vritable chef monarchique de toute l'glise nestorienne, celle de l'intrieur du royaume des Perses, comme celle de l'extrieur, qui s'accrt dans des proportions remarquables par les missions en Asie centrale, aux Indes et jusqu'en Chine. (X art. glise NESTORIENNE, I. xi, col. 187-218. Au synode de 121, le mme vque Agapit, qui affirma si nettement, comme on l'a vu, la primaut de juridiction de Pierre sur le collge apostolique, dclara, la fin de son discours Exposons-nous a toutes les morts pour notre pre et chef, qui est notre directeur, notre dispensateur, le distributeur de toutes les richesses des trsors divins, le catholicos Mar Dadiso', qui est pour nous le Pierre, chef de notre assemble ecclsiastique... Qu'il reprenne le gouvernement sur nous, selon le prcepte du Christ Pierre, chef des aptres! Synod. orient., p. 49-50 et 294. Cette ide que le patriarche de Ctsiphon est pour l'glise nestorienne (c'est--dire pour la seule vritable glise fonde par Jsus-Christ dans la pense des thologiens dissidents) le vritable successeurde Pierre, orn de toutes ses prrogatives, se rencontre commu:

nment dans

les

documents

officiels

comme dans

les

crits des thologiens et des canonistes. Elle est aussi

incarne dans l'organisation ecclsiastique. Les prrogatives reconnues au catholicos-patriarche sont vraiment papales. Il juge ses collgues, mtropolites et vques, et n'est jug par personne. // n'est justiciable que du tribunal du Christ, comme le dclare, ds 424, le synode de Dadiso' Nous dfinissons que les Orientaux ne pourront se plaindre devant les patriarches occidentaux de leur patriarche. Que toute cause qui ne pourra tre rsolue en prsence de celui-ci soit rserve au tribunal du Christ. Synod. orient., p. 296. Il est la source de toute juridiction pour les mtropolites et les vques, et, pout bien marquer cette sujtion, tout nouvel vque ou mtropolite reoit de ses mains une sorte de complment de son ordination par le rite dit de la perfection, qui est une rptition des principales crmonies de l'ordination elle-mme. C'est le patriarche qui institue ou supprime les mtropoles et les vchs, convoque et prside les synodes, rgle
:

les rites sacrs et les offices liturgiques,

approuve ou

condamne, comme juge de

des sur certaines glises ou certains monastres soumis l'autorit des Ordinaires. Cf. Assmani, B//f'oMeca orientalis,
la foi, les livres traitant la juridiction

questions religieuses, se rserve

Cf.

Khayyath, op. cit., p. 2-1. //. LA PRIMAUT ROMAINE. Nous n'avons trouv aucune allusion la primaut romaine dans les crits
thologiens nestoriens avant l'apparition des canons arabes de Nice (vers le vnr2 s.) et leur inserlion dans les collections canoniques. Ce silence peut
s'expliquer assez facilement par la situation spciale de l'glise de Perse, si loigne de l'Occident, si ferme toute influence venue d'ailleurs, au point qu'on a peine dcouvrir les traces d'une vritable subordination hirarchique non seulement envers Rome, mais mme envers le patriarche d'Antioche ou l'une de ses Pres d'Occident dont mtropoles. Les lettres des parlent certains synodes et certains auteurs ou sont notoirement apocryphes, ou sont suspectes de l'tre, telle celle que lut l'vque Agapit au synode de Dadiso', en 424. Cependant, chose remarquable, les thologiens nestoriens qui ont affirm d'une manire si satisfaisante la primaut de juridiction de l'aptre Pierre au point de l'appeler le vicaire du Christ sur terre, ont aussi une vision trs nette de la permanence de cette primaut dans l'glise. L'hritier de cette primaut, le

des

t. b, p. 631-643; Labourt, op. cit., p. 326-339: Synod. orient., passim. Les titres qui lui sont donns dans la Profession de foi des vques, le jour de leur ordination, correspondent bien cette juridiction plPre des Pres, tte des ttes, nire; il est appel pasteur suprme, conscrateur des pontifes, distributeur des biens clestes, questeur spirituel, catholicos patriarche de tout l'Orient et du pays habit par les orthodoxes. Voir cette profession de foi, dans P. O..
:

t.

ix, col. 82.

Il suit de l pie la conception que se font de l'Eglise en gnral les premiers thologiens nestoriens, avant l'apparition des canons arabes de Nice. est au fond la L'glise est une socit hiconception catholique rarchique, monarchique, gouverne par un pasteur suprme, successeur de saint Pierre dans sa primaut et vicaire de Jsus-Christ sur terre. Cette conception ne reste pas l'tat de thorie elle est, en fait, ralise dans l'organisation pratique de l'glise, et elle s'est maintenue travers les sicles jusqu' nos jours. Envisage de ce point de vue, l'glise nestorienne rend
: :

un magnifique tmoignage

la

primaut romaine

et

contraste nettement avec l'autocphalisme national ou

49

PRIMAUTE D'APRS LES NESTORIENS


si

350

phyltique qui a prvalu dans les autres glises d'Orient, aprs leur sparation du centre de L'unit. Une autre conception pourtant se [ail jour, la fin du VIe sicle, au synode de Sleueie. sous Isovahb Ier , Aprs que en 585. Nous y lisons le passage suivant les aptres et les soixante dix disciples se furent endormis, l'Esprit constitua des siges el des rones en divers lieux par la division des Pres. Il tablit quatre patriarches dans la rgion occidentale pour diriger par eux toutes les principauts de cette rgion. Jl choisit aussi un cinquime patriarche pour la rgion orientale, et, de mme que les quatre principauts du pays o le
:

l'vque qui en appelle l'vque de Rome demande de lgats pour prsider a la rvision de sa cause, les lgats romains devront avoir le premier raii" Principatum hubeunt lgat i. Kl profecto obedienilunt in hoc est siatimque acquiescendum in causa illius episcopi atque judicio de ipso lato, qua consenlaneum rectumque i>isuin fuerit episcopo romano \>n\>;r. bed
a celui-ci l'envoi
:

Jsus, op. et lue.

cil.,

p.

111-1

I.",.

Ces dcrets, un

|e

voit, reconnaissent
les

au pape une
/,/;/-<

vritable juridiction

ches

et

vques,

et

immdiate sur cela en vertu du

autres patriar.

droit divin.

qu'il tient la place de Pierre tlmts l'glise universelle

soleil se

couche rglent

cl

gouvernent

les

assembles

des prtres el ries fidles qui s'j trouvent, de mme la principaut du paya o le soleil se lve a reu mission de diriger la contre, premire de on les, ou les peuples embrassrent la vrit. Cette principaut, resplendissant pur la vraie foi, tient le sceptre noble el aposto lique de la mre des principauts, a l'instar de Pierre, le chef des Douze, el de l'aiil. l'architecte des glises. A cette principaut paternelle sont soumis tons ceux qui dtiennent la principaut cl les siges des Pres, c'est--dire les met ropolitains el les v ques, a qui sont confies les assemhles des glises. Si/imil. orient., p, 160 et. 419-420. Nous avons la un cho de la thorie de la penlarchie, qui commence a prendre corps dans l'glise byzantine ds l'poque de Justinien, sans ce pendant s'opposer encore a la notion catholique de la
I

las thologiens et les canonistes nestoriens les ont reus comme des canons authentiques du concile cumnique. Ils font allusion a leur contenu dans leurs
le patriarche imo Ihe l", dans une Lettre nu prince des fidles indiens, cite par Aboul Faradj ibn al Tayyib dans son Nomo canon, compos- en arabe, se rapporte visiblement au can. Il cit plus liant, lorsqu'il ccril
I
:

crits et leurs compilations. Ainsi,

si
pi

nu

mtropolite Ucueril consecrationem aecipen e suis cpiscopis seipso mleiiore, llcebit etlam

.i

quo

prcs|>\

lens epUcopoi ordlnare, et dJaconii Itldem presbyteroa, a. proInde luperlor Inferiorl iiibmlttere detxeret eique parre. Al.pii eCClesiasUcui cnion pracipit ut interna p.neii luperlori. El sic ab omnibus obedJentla demum pa venlt ad p iiii.iieiiaiu romanum; Ipse enim Shnooia Ptri locum obtinet. Kha; yath, op. ni p. 38-48.

primaut,
divine
la

iloyahb l" parait attribuer une origine pentarchic ecclsiastique, mais en mme

assez clairement que, seule, a son principaut orientale, </</' " eu le prmices le In loi, conserve la vraie loi de l'ierre cl a pal' cons quenl hrit de sa primaut. Ce qui esl sur. c'esl qu'il s'attribue une Juridiction semblable a celle de Pierre sur son Kp,lise. Habitus ainsi concevoir l'glise comme une monarchie, les ncsloriens ne trouvrent pas de difficult accepter comme authentiques les canons arabes de Nice, labors dans un milieu melchite ol hodoxe sur la lin du v ir sicle ou au dbut du vnr. Cf. Renaudol Perptuit </< /" foi catholique, I. IX, c. vi, d. Migne, t. m, col. 1184. Ces canons nous prsentent l'glise universelle comme partage en une sorte de
il

temps

insinue

poque,

la

Les canonistes Elle de Damas (dbut du \ \bmil Faradj Vbdallah Ibn ai rayyib dans leurs compilations canoniques, donnent aussi i,tmoignage des canons arabes sur la primante de c. l'vque de n Quant a Ebedjsus, le dernier grand nom de la thologie nestorienne, aprs avoir rappel dans son Eptlome canonum, tract. |\. c. |,
i

ed. Mai, op. cit., p. in (5, l'existence des cinq patrt arcats de Babylone, d'Alexandrie, d'Antioche, de Moine el de Ifv zance. il ddale que Rome CSl If premier
i

ttrarchle, mais une ttrarchie hirarchise dans i<sens monarchique. Il y a quatre patriarches, mais le premier de tous est le patriarche de Rome, successeur de saint Pierre, chef des api'ilrcs. Sa Juridiction SUT les trois autres patriarches est assimile (die de chacun les patriarches sur ses subordonns respectifs. Voici, du reste, les passages capitaux des eau. 37 et i. tels qu'ils se prsentent dans la rdaction publie par Abraham Ecchellensis, celle qu'on trouve dans les col ici lions nestoriennes
i
:

synodo cumentcae quatuor Patres esse in iiniveiso mundo, vcluii quatuor evangelistcc, et ni veluti quatuor flumina, et etlatn quatuor Mues orbls, sicut et ii>si sapidits ssecull dicunt quod quatuor sini elementa,
c.an. \\l
.

Placult

sige et lu tte des patriarches, n cause ,/, Pierre, le prince dis aptres, et <tc l'uni, i, docteur </< s nattons. (.race aux .allons arabes. l'glise nestorienne eut donc une notion exacte de la primaut de Juridiction de l'vque de Rome, sur l'glise universelle mme cra un vritable embarras a ses canonistes, qui durent expliquer comment, aprs le I" concile oscu mnlque, le sige de Sleucie-Ctsiphon, d'aboi. dpendant du patriarcat d'Antioche, et ait devenu abso lument auto ne e1 son titulaire un viai patriarche. On inventa pour cela deux lettres apo.rv plies des Mans la premire est affirme Pres occidentaux l'origine apostolique du sige de Sleui le, cl les quatre pal ai elles prev us par les canons arabes lui concdent tous les drops patriarcaux, C< sont eux qui, en cas de conflit, au a juger le nouveau patriarche Pa triarchst judtcium palriarchia reseroelur, et <//> istia causa, non ni' ejus discipulis cognoscatur. Dans i., seconde, le recours aux pal lai'chcx pour jui^cr le
i

patriarche de Ctsiphon

est

lui-mme supprim, pour


ci,

Uomaiius, luxta eanonibus. ii vero succdai AJexandrinus, cul succdai Epheslnus, qnem exciplal Aiiiioeiieniis. bedjsus, Collectio can, sgnod., dans Mai, Script, ueter, nova collectio, i. i,p. 155. \"ii aussi 1rs canons arabes dans Mansi, Concil., I. II, col. '.UT sq. llonnr pli iaiclce lan<|uam pains Can. Il (exilait super lilios domlnatur. Et quemadmodum patriarcha potestatem habel factendl quodeumque vull congruenter clrca eos qui potestatl ejus subsunt, suniliter potestas sil patriarcha! romano supra omnes patrlarchas, slcul beatus Petrus supra totam communltatem, quandoqutdem locum etlam Ptri tenel in universa Ecclesta llle qui Romte sedet. Ebedjsus, op. et /oc. cit.. p, 165.
e\
(|iiil)Ms
lit.

mandas

Sil

aulcni Caput

prceptum apostolorum, quod tulerunt

In suis

couper court aux i.msscs accusations contre celui qui. dsormais, ne relvera plus que du tribunal
Christ
.s/

d\\

Patriarcha

omnium

chrislianorum

ors,

autan patriarcha fudei es/ Christus. Voir ces deux Ici lies dans bedjsus, 2 pitome canonum, d. op. ci/,, Mai. p. 161-164, et dans Assmani,
judex, ipsius
i

orient.,

d'autocphalisme, le patriarche Tiniotliee I" leur donne une belle anli quit : il date le premier de la quarantime .unie, aprs la mort des saints aptres Pierre el Paul, el il fait remonter le second, dont le but visible csi de donner un londeinciil au dcret de Dadiso' en 12 1. au temps du mtropolite PapS, c'est--dire tout au dbut du
t.

ma,

p.

56. Ces brevets

Clic

Le cm. 70 contient un rsum des canons du con de Sardique sur les appels au pape. Il v est dil que,

iv sicle. Celle notion catholique de

la

pentarchic tire des

35J

PRIMAUT D'APRS LES MONOPHYSITES

352

canons arabes de Nice prparait les nestoriens l'union avec l'glise romaine. Sans doute, comme les autres dissidents, ils sparaient la primaut le juridiction de l'infaillibilit doctrinale. L'un d'entre eux, au ix' sicle, nous dclare que l'Orient anathmatisa Memnon Jean d'ntioche, Cyrille d'Alexandrie, d'phse et Clestin de Home, pour avoir condamn
l'orthodoxe Nestorius. Exposilio ofjiciorum Ecclesiae, d. H. -II. Connolly, dans Corp. script, orient., t. xci, ]). 1 15-1 1(>. Le concile de Chalcdoiiic, malgr les Sympathies que quelques auteurs lui ont tmoignes, a t gnralement rejet par eux comme entach d'hrsie et admettant dans le Christ une seule hypostase. Mais, sous le rapport de l'organisation ecclsiastique, la voie l'union tait ouverte. Aussi, ds les premiers pourparlers avec les reprsentants de Home, au xnr sicle, le patriarche SabrisV V (1226-1256) adressa, en 12 17, une lettre au pape Innocent IV, dans laquelle la primaut romaine est expressment reconnue. Innocent est appel non seulement Pre des Pres, chrubin corporel et sraphin terrestre, ce qui ne tirerait pas beaucoup consquence, mais encore le pape de lottes les rgions du monde devant Dieu. Cf. Samuel Giamil, Genuiruc relationes inter Sedem apostolicam et Assyriorum orientalium seu Chutdorum Eeclesiam, Rome, 1902, p. 1-3; art. Nestorienne (glise), col. 220. Ce ne sont plus des titres pompeux, mais une vritable profession de foi en la primaut romaine qu'envoyait, le 18 mai 1301, au pape Benoit XI, le catholicos Yaballaha III (1283-1318) Profilemur insuper sancium romanum pontifleem et patrem universulem omnium fidelium Christi, et confitemur guod ipse est successor beati Pelri, universalis vicarii Jesu Christi super omnes filios Ecclesiae ab Oriente usque ad Occidenlem; cujus amor et dileclio in nostris cordibus est firmata, et nos sub ejus obedientia sumus, et requirimus et imploramus ejus benedictionem. Giamil, op. cit., p. 8; art.
:

MONOPHYSITE /glise COpU), t. X. col. 2271-227i. L'article Syrienne (glise) racontera les relations
des Syriens jacobites avec l'glise romaine et leur atti tude l'gard de la primaut. Nous ne signalerons ici que les tmoignages de la liturgie jacobite et la dot trinc des thologiens anciens sur la primaut de saint Pierre. Nous croyons ni ile de signaler' la doctrine des premiers docteurs monophysites sur la primaut romaine l'poque o les trois groupes monophysites se sont constitus en hirarchies spares et autonomes, c'est-dire dans le courant du \t sicle, et la conception gnrale de l'glise qui en a logiquement dcoule. conception qui est en contradiction avec plusieurs sources thologiques et canoniques communes aux trois groupes en question. D'o la division suivante 1 Attitude des premiers docteurs monophysites a l'gard de la primaut romaine. 2 Conception de l'glise universelle chez les monophysites. Sources thologiques et canoniques favorables la primaut romaine. 3 La primaut de saint Pierre chez les Syriens jacobites cl les Armniens.
.1
:

/. ATTITUDE DES PREMIERS THOLOGIENS UOSOPHT81TES A L'OARD />/: /..l PRIMAUT ROMAISE (v e -vi e s.). Le grand schisme monophysite a commenc par une ngation pratique de la primaut

romaine. A Nice, au dbut de septembre 451 (presque la veille de la runion de Chalcdoine), Dioscore d'Alexandrie osa lancer l'excommunication contre l'vque de Rome. Ce ne fut pas cependant parce qu'il niait la primaut romaine qu'il se porta cette extrmit, mais parce qu'il accusait saint Lon d'tre tomb dans l'hrsie de Nestorius, en confessant deux natures en Jsus-Christ aprs l'union. C'tait donc directel'infaillibilit doctrinale du pontife romain qu'il attaquait, non sa primaut proprement dite; mais, d'aprs lui, la chute dans l'hrsie faisait perdre la primaut. Ainsi ont raisonn plus ou moins explicitement ceux qui ont suivi Dioscore dans sa rvolte. Nous trouvons cependant quelques thologiens monophysites de la premire priode qui ont fortement attnu ou mme ni la primaut romaine considre en elle-mme.

ment

Nestorienne

(glise), col. 223.

xvi e sicle, commencent les vritables tentatives d'union avec l'glise romaine. Plusieurs patriarches et prlats envoient des professions de foi tout fait satisfaisantes sous le rapport de la primaut. On peut les lire dans le recueil de S. Giamil ou l'ouvrage de

Au

Khayyath.
La plupart des sources ont t cites au cours de l'article. Plusieurs, et des principales, sont utilises ici pour la premire fois, (in ne les trouvera ni dans l'ouvrage de Georges bedjsus Khayyath, Syri orientales seu Chaldiri nesloriani et romanorum pontiflcum primatus, Rome, 1870, o les tmoignages recueillis sont de valeur fort ingale; ni dans le recueil de Samuel Giamil, Genuinse relationes inter Sedan apostolicam et Assyriorum orientalium seu Chaldivorum Eeclesiam, Home, 1902, spcialement dans l'introduction, p. xxm-xxv; ni dans l'article de D. Emmanuel, Doctrine de l'glise nestorienne sur la primaut, dans Rei>. de l'Orient chrtien, t. i, 1896, p. 137-148. Nous donnons plus de dtails dans le t. v de la Theologia dogmatica christianorum orientalium ab Ecclesia catholica dissidentium, p. 42-53. Sur la primaut de saint Pierre d'aprs les livres liturgiques, voir P. Martin, Saint Pierre et saint Paul dans l'glise nestorienne, dans Itev. des sciences eccls., 1875, t. xxxi, p. 126166, 209-228, 101-124; t. xxxn, p. 41-65, 97-108, 286-308. L'auteur a traduit en franais tout l'office de la cominmoraison des saints Pierre et Paul.

Signalons d'abord Philoxne, vque de Mabboug Dans sa Lettre Maron, lecteur d'Anazarbe. il dclare clairement qu'il n'y a point de primaut ni de pouvoir lgitime l o il n'y a point l'orthodoxie de la doctrine. C'est pourquoi la sentence porte par le concile de Chalcdoine contre les hrtiques n'a point de valeur, parce que le concile et ceux qui le reoivent se sont carts de la vraie foi
(t 523).
;

Potestas ligandi atque solvendi sicut in terra, ctiam c;elo Petro prius data est pro eo quod recte credidit

in in

Christum certumque
riri

qui confessionem

est ejus potestatem apud eum repeejus tenet. Si ergo symbolum Chalce-

done factum cura Petro unum confiteatur Christum, putan-

dum est eos qui illud definierunt habere Ptri potestatem. atque recipiatur oportet etiam rejectio et excommunicatio qua: processit adversus prsedictos hareticos. Si vero quoad lidem non recte se liabent ,... necessario putandum est etiam quoid anathema infirmos esse. Epist. ad Maronem Anazarbensem lectorem, xin, d. .1. Lebon, dans Le Muson.
t.

xliii, 1930, p. 67-68.

IL La primaut de saint Pierre et du pape dans les glises monophysites. La doctrine des glises monophysites sur la primaut de saint Pierre et du pape est examine l'article qui traite de chacune d'elles. 1. 'article Armnie religieuse n'ayant donn qu'un bref rsum de l'enseignement actuel des thologiens dissidents sur la primaut romaine, t. i, col. 1953-195 1, et se taisant sur la primaut de saint Pierre et les polmiques anciennes, doit tre complt ici. Pour l'glise copte, l'essentiel a t dit l'article

aux moines de Senoun. le mme auteur la primaut du sige de Rome. Ne pouvant la nier, il parait la rduire une simple primaut d'honneur, qui n'aurait pour fondement qu'une simple coutume. Parlant des lgats que le pape Hormisdas avait envoys en Orient pour mettre fin au

Dans

la Lettre

fait

clairement allusion

schisme d'Acace,
Qui

il

crit

venerunt, tanquam veri ha-retici et nestoriana hseresi plane Lnlecti, primatu honoris treti quem ex consuetudine liabent, palam impietatem tradidere et Chalcedonense conciliuin amplexi sont... Leonis quidem nuctoritati inniiuntur propter honorent primatus quem sedes illa de more liabct; synodo vero Chalcedonensi, propter episcopoi

Rom

353

PRIMAUT D'APRS LES MONOPHYSITES


le

traduction Cod. syriac. NU. -'. toi. 105, 130, ... d'Assmani, dans la Bibl. orient., t. u, p. 12-

mm numerum.
Il

feront plus tard les thologiens csaro-papistes de

moines d'Orient

tyranniques les condirconciliation tions poses par le pape liormisdas a la des glises. Lebon, loc. cit., p. 219. primaut Plus radical et plus franc ngateur de la romaine nous apparat le philosophe-thologien Jean
et qualifie de

reparle

(les

mme

lgats dans sa Lettre tous

les

les Byzance, il dnie au pape le pouvoir de convoquer pour prouver conciles pour l'attribuer l'empereur, et, pass au Brigand sa thse, il se base sur ce qui s'est concile de Constan19). Dans l'histoire du d'phse puise un il tinople des cent cinquante Pres (381), nouvel argument contre la primaut romaine. A la manire dont il parle, on voit fort bien qu'il ne dis|

thosi grande influence sur ta vif sicle, (.'est logie monophysite dans le courant du dans son ouvrage contre le concile de Chalcdoine, extraits dont Michel le Syrien nous a conserv de larges dans sa Chronique, que nous trouvons sa thorie sur au sige l'origine cl la porte de la primaut attribue

Pbiloponos, qui eut une

tingue pas entre concile


culier
Il
:

cumnique

et

concile parti-

de Home. Chose piquante, c'est au concile nous voulons dire au laineux Chalcdoine
qu'il

mme

de

28'

canon

emprunte le

principal
:

argumenl

qu'il lait valoir

d'autre fondecontre celte primaut capitale de ment que la grandeur de la ville de Rome, Mai S, andis l'empire, cl l'autorit Impriale elle mena'. que les rdacteurs du 28 canon parlent d'une interattribue la vention positive des Pres, qui auraient prsance au sige de l'ancienne Rome, parce que cette Philoponos, lui, ville tait la capitale de l'empire,
celle-ci n'aurait
I

di pas au pouvoir de l'vque de Home, node, mus au poUVOil des empereurs. Il en fut pai la ainsi du II' concile d'phse, que runit Dioscore volont de Thodore. A propos de cela, l'vque Lncensius, Qu'il rende raison de son reprsentant de Lon, dit pas; il g o* ment, car il a r..vi le rle de juge, qu'il n'avait enniasion de ce trne a| ostolique. tenir un sj node sans la dissentiments on de Jugei seul les Qui donc a permis ton ecclsiastiques? Cai il est notoire que. dans le nom!

n'est

dit-il.

faire

un

s\

cvquedi cent cinquante Pres, il n'\ avait aucun onstantini i. cent cinquante P< s de la
I
,

rdren.

'arrogance de
la
.

Damase

et

des autres de
m
,.

Rome,
nie
et

nomment, avant

leur. l'Eglise

d'A

certain usage. dclari que ce privilge s' si tabli par un a la C'est l'intervention <\n lgat romain Paschasinus, premire session de Chalcdoine. demandant de la part de saint Lon l'exclusion de Dioscore du nombri

et Us appellent l'I glise d< vraiment apostolique a c iu di Ja< qui !,.,,, la nu ie de toutes les glises premier voque, <t des mystres qui s'j sont Chronique de Michel le Syrien, loe. cit., p. 102; 1. I. m, col. ...Sa; t. Ml. col.

li

s. s.,,,

:|

polmique de Philoponos contre

la

primauU

pres

et

fixant sa place au

anc des accuss, qui


|

tn

spire au polmiste

contre

monophysite sa virulente diatribe primaut romaine. Le passage vaut la d'tre cit, tant parce qu'il Se trouve dans un OU constirare et difficilement abordable, que parce qu'il directe tue, a notre connaissance, la premire attaque
la

aine prsent e ceci d'intressant qu'elle dvalue la mlque photienne et byzantine. Nous retrouvi rguments sous la plume de Photius, lorsque i> lui se sera rvolte contre la scnlem e dll pa| e Nil ol avob en il parait les thi oloi iens monophysites,
>
i

Parmi peu d'imitateurs, du moins dans

la

priode ancii
i

contre

la

primaut de

droit divin de l'vque de


:

Rome

Nous avons Paschasinus, reprsentant de Lon, dit pas dans ordre de l'archevque Lon que Dioscore ne sige etc. Quel canon eccl l'assemble, mais qu'il soil chass Mastique, quelle lot Impriale ont donne a l'vque de Rome veut, promulUne puissance telle qu'il puisse taire ce qu'il agu guer lgitimement un dcrel en dehors du synode, n'est d'i ccord av Illgalement, et, lois mme que personne
ce qui lut plalt Cela est le propre des seuls tyrans. de le S'ils mettent en avant l'autorit apostolique ..ni t donnes, qu'ils s'ils croient que les clefs du ciel leur l'aurole considrent les autres villes qui sont ornes de dirige apostolique. Je passe sous silence la ntre, qui ige de Marc l'Evangllste; quant a celle des Ephslens, institue pal l'aptre Jean, elle est dirige par un auti est celui de Constantlnople, parce que le sige de l'empire est convaincu transfr l. Quoi doncl si l'vque de Rome chanj ero de penser mal, a cause de ce tronc apostolique, on parmi tons les disciples i\u la foi de toul le monde? Et qui reven ne Christ songe a l'imiter? Pourquoi ceux d'Antiochc diqueni ils pas pour eux la prsance premirement, parce grande Pierre, sur lequel les Romains appuient leui
lui, taire
li
i

allons na ine voir Us glises monophysites ac p les dOCUJl 1er dans leurs collet lions canoniques sa thse. D'ailleu qui contredisent ouvertement bn fut lui mme condamn par ces glises commi

Nous

tique, au
//.
I
,

mus
r

de
8IT1

la

controverse trithiste.

COXCI ii

QU81
B6
I

'

i:s

UOXOPBi
I

/ .1 AJfON/Ql BS FA VOl U LES ne lois spars de la communion romaine


:

TBi 1I.1M

et

st

il

que

iur.il. seconsidi rent comme les tous les hrtiques en le lieu as U e n'est s.uls dtenteurs de l'orthodoxie. de raconter leurs divisions intestines et les nombreuses lu vi Sicle, Sectes cluses dans leur sein BU COUTS x.il.i er l'im s. du reste, dont il ne faillirait pas portance. ci art. Monophysismi t. x, col. 2241 Ds le dbut du vir sicle, le gros des dissidents se stabilisa en irms glises autonomes, professant l< monophyslsme svrien et unies entre elles parles liens d'une toi commune et de relations fraternelles, dont
:

ucs en groupes dissidents, les

monophj
I

sites,

comnu
I

prtention,

a
le

tout

d'abord exerc
le

l'autorit,

ensuite,

le

chrtien obtint dioit de cit? Pourquoi pas celui de Jrusalem?... dans la e l'vque de Home seul eut l'autorit Parc tous les autres, par ville Impriale, U obtint la prsance sur

parce (pie

la

nom honorable

Un certain usage,

cause de

la

grandeur de

la

Ville cl

de

n'a l'autorit Impriale. Mais aucun canon ecclsiastique de Rome Institu, aucune loi Impriale n'a tabli l'vque ' autocrate de tout le monde. Articlis contre le concile Syrien, Chalcdoine, c. iv, dans In Chronique de Michel le u, p. 101-102. 1. VIII, c. xin. d. Chabot, trad., t.

tait, comme dans les patrii principal signe catholiques, l'envol des lettres Irniques ou enthronls alri.il. es, Dans 1, s pi, tiques, lors de l'lection les miers sicles, les relations lurent assez suivies entn ave. Coptes d'Egypte et Jacobites de Syrie, plus rares la fol n'tait pas compltement a les Armniens,
<

l'abri

Philoponos continue

sui ce ton, Faisanl allusion

de tout soupon, cause d'infiltrations julla eut aussi, de temps en llistes dans leur tholofi c. Il > portant. temps, des querelles entre les trois groupes, sur des usages purement liturla plupart du temps, as la rupture de la n'entranant giques, mais
|

qui venait de se passer au le contre les Trois Chapitres, il accuse d'arrogance pape Vigile, parce que, invit au concile, il ne voulut point s'y rendre, bien qu'il se trouvt en ce moment Constantlnople, mais confirma ensuite, par crit, dans telle con part soi, les dcrets des Pres. 11 voit par duite un orpucil insupportable, une discordance faite avec Jsus, doux et humble de cour. Puis, comme

Ve

concile

cumnique

(533)

communion.
l'glise

de cette situation une conception de diffrente de la conception catholii des glises C'tait, dj ralise en fait, l.' systme nos autocphales nationales ou phyltiques, qui de

rsultait
tort

ce systme,

Dans jours a prvalu dans u- groupe byzantine slave. chaque glise se gouverne d'une manier. absolument indpendante des glises Meurs. Comme
T.

DICT.

DE THOL. CATI10L.

Mil

12.

PRIMAUT D'APRS LES MONOPHYSITES


autorit visible commune, il ne reste que le concile ecumnique, au cas o il se runirait. Or, autant les glises autocphales de rite byzantin se proccupent, notre poque du moins, d'un concile cumnique ventuel, autant celte question a laiss indiffrentes les glises monophysites, au cours de leur histoire. Certains thoriciens en sont mme venus, de nos
jours, considrer comme inutile tout nouveau concile cumnique et dclarer que, depuis le concile
I

356

oui d'abord, ces Kylises ont de commun avec nous toute la tradition de l'ancienne glise jusqu' la veille

de Chalcdoine. Elles n'excommunient aucun des Pres de cette premire priode qui ont reconnu la primaut romaine. Elles reoivent les Actes du concile d'phse, o celte primaut se manifeste avec clat,

comme

d'phse 131 ), rien d'obligatoire, pour l'ensemble des chrtiens, ne saurait tre dfini par une assemble quelconque. Telle est la thorie dveloppe par le
(

l'ont montr certains travaux rcents: voir en particulierrart.de V. Grumel, Le concile d'ph \ni\>e et te concile, dans chos d'Orient, t. xxx, 1931, p. 293-313. Dans leurs collections canoniques, elles ont introduit les canons de Sardique sur les appels au sige de

patriarche armnien Malachia Ormanian dans son ouvrage L'glise armnienne, Paris, 1910, p. 85-80 L'glise armnienne, dit-il, ne saurait admettre qu'une glise particulire ou nationale, si vaste soit:

puisse s'arroger le caractre d'universalit. Elle soutient que la vritable universalit ne peut exister que dans le groupement de toutes les glises autour du principe imitas in necessariis, o se rsument les principes fondamentaux du christianisme. Cette condition une fois admise, chacune est libre de varier sur les points secondaires. Ces principes, l'glise armnienne les rduit la plus stricte signification. Elle n'admet comme ncessaires que les dfinitions des trois premiers conciles cumniques, dfinitions qui remontent une poque o les glises particulires gardaient encore entre elles leur unit et leur communion respective. De sorte que toute glise qui reconnat les dogmes de la Trinit, de l'incarnation et de la rdemption, peut, suivant son opinion, faire partie de l'glise universelle et, ce titre, elle confre ses fidles le droit au salut ternel. C'est, on le voit, la thorie des articles fondamentaux applique a la situation spciale des glises monophysites, qui arrtent, en fait, tout progrs dogmatique aprs le III e concile cumnique. Il va sans dire qu'Ormanian, quoiqu'il entende parler au nom
elle,
'

Pierre et fait bon accueil, tout comme les nesloriens, aux canons arabes de Xicc. Or, nous avons vu plus haut que ces canons affirment expressment la primaut de juridiction de l'vque de Rome, successeur de Pierre, sur l'glise universelle. Entre ces documents anciens non encore renis officiellement et l'attitude

actuelle des thologiens dissidents, la contradiction Pour se donner une apparence de logique, ils ne devraient point nier la primaut romaine, mais la dclarer sans effet par le fait de la chute dans l'hrsie. Ce fut, nous l'avons vu, le raisonnement de Dioscore et de ses premiers partisans.
est flagrante.
///. LA PRIMAUT HE SAINT PIERRE CHEZ /.ES SYRIENS JACO UTES ET LES ARMNIENS. Comme
-

dans toutes

les liturgies orientales,

nous trouvons dans

des Syriens jacobites des affirmations gnrales de la primaut de saint Pierre. Celui-ci est communment nomm le chef des aptres, et l'on rappelle les textes vangliques relatifs sa primaut. Plus importants sont les textes o Pierre est compar Mose, tel celui-ci qui se lit au n c nocturne de l'office
les livres liturgiques

frial

du lundi Mose fut le chef de l'ancienne Loi; Simon est le chef de la Loi nouvelle. L'un ressemble
:

l'autre, et

Dieu habite dans les deux. Mose, descenmontagne, apporta les tables de la Loi; Simon reut les clefs du royaume des cieux. Mose
dant de
la

de toute l'glise armnienne, n'exprime, en fait, que son opinion personnelle. La thse classique des glises monophysites sur l'glise universelle est que celle-ci est constitue par toutes les glises particulires autonomes qui admettent les formules de la christologie monophysite en opposition avec la formule catholique arrte Chalcdoine. Quant au principe en vertu duquel les glises autonomes se multiplient, il est
irrductible l'unit. Pour expliquer les fractionnements des glises monophysites, il faut faire appel tantt l'origine apostolique des glises, tantt l'autocphalisme national ou phyltique, tantt au droit cr par la prdication de l'vangile, droit en

construisit l'arche d'alliance; Simon a difi l'glise. Cyrille Benham Henni, The tradition of the si/riac

Church

o/

Antioch concerning primacy and the prroga-

and of his successor the roman pontifjs, translalcd limier the direction of the aulhor by the Rev. Joseph Gagliardi, Londres, 1871, p. 17, o l'on trouvera plusieurs passages du mme genre. Cf. aussi Sgnod.
tives of St. Peter

Libancnsis Syrorurn in seminario Sciar/ensi anno 1SSS


habita,

Home.

1891,

p. 15.

vertu duquel nous voyons encore l'glise d'Abyssinie dpendre dans une certaine mesure de l'glise copte d'Alexandrie, tantt enfin l'ambition des prlats, qui seule cxpliqre, par exemple, la constitution des cinq patriarcats armniens d'Etchmiadzin, d'Aghtamar, de Jrusalem. Cf. art. Sis, de Constantinople et de

Armnie,

t.

i.

groupes monophysites sont la primaut romaine de droit divin. Tout au plus concdent-ils que, dans les premiers sicles, l'glise romaine a joui d'une certaine primaut d'honneur reconnue par les conciles. Cf. .Malachia Ormanian, Le Vatican et les Armniens, Home, 1873, p. 15 sq., 112 sq. Ils ont visiblement subi l'influence de la polmique anticatholique mene, ds le liant .Mo\ en Age, par les Byzantins sparatistes. En opposition avec cette ngation, il est fort intressant de relever dans les sources thologiques et canoniques reues communment par ces glises des tmoignages ion! fail explicites en faveur de la primaut de droit divin de l'vque de Rome, successeur de s.iinl Pierre.
nos jours, tous d'accord pour rejeter

De

les

anciens thologiens jacobites affirment aussi trs clairement la primaut de saint Pierre. Voici, par exemple, ce qu'crit Mose bar Kpha ! Jsus-Christ 903) dans son Trait du sacerdoce confra le sacerdoce suprme non Jean, malgr son zle trs ardent, mais Simon, qui avait t mari et avait connu par exprience sa faiblesse, lorsqu'il le renia. De sacerdoli tract. II. c. vu. Cit par Benham Henni, op. cit., p. 45. Le mme auteur, dans sa Premire homlie sur la ddicace de l'glise, affirme que Simon bar Jona, surnomm Kpha, c'est--dire Pierre, prince des aptres, vint Home, o il fonda une glise, qu'il tablit sige du prince des aptres. Il la gouverna lui-mme vingt-cinq ans durant. Uvnliani Henni, p. 78. Pour ce qui est de l'glise armnienne, elle a dans ses livres liturgiques de nombreuses affirmations gnrales de la primaut de saint Pierre sur les autres aptres, analogues a ee:ies qu'on rencontre dans les livres liturgiques des autres glises. Dans le canon de la semaine sainte, Pierre est appel la pierre de la foi. et [e coryphe (arakelabed) des aptres. Dans le rituel, une oraison pour la bndiction de la premire pierre d'une glise dbute par ces mots Domine Deas noslcr.
Plusieurs
(

i,

oui

nomen sandi principalis apost di Ptri vocasti petram et super eum dificasti uniuersam Ecclesiam

357

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. LE


1

IXe SICLE

358

catholicam. Etienne Azarian, Ecclesis armenss traditio de romani pontiflcls primait! jurisdictionis el inerrabili !S7o, p, 36 sq., o l'on trouvera magisterio, Rome, d'autres tmoignage! semblables. Parmi les thologiens armniens qui ont enseign clairement la primaut de Pierre on peut citer 1 Serkis, surnomm le Docteur melliflue (xir s.;, r|ui
:

11. A PRIMAUT ht: SAINT P1BRRS ET DU PAPE DANS L'OLISE i.Y/a KTINE AU COCUS /<' ix 8li l.E.
L'tude historique de la primaut romaine dans la tradition crite et la vie de l'glise grecque jusqu'au ix'' sicle a montr que cette primaut avait t souvent reconnue, et quelquefois trs solennellement, tant en actes qu'en paroles par les docteurs, les conciles, les prlats et les fidles de cette partie de la chrtient. Celle tude a eu aussi a relever des rsistances opinitres, de formelles dsobissances, de vrais schismes, qui ont dur de longues annes. Au seuil du ix sicle. qui Va tre le Sicle de PhotiUS, ce qu'on peut appeler les forces centrifuges par les forces centriptes et rapport au centre de l'unit catholique se coudoient
et se balancent a peu prs. A considrer les choses d'un il superliciel. ce IX' sicle byzantin, pour ce qm regarde les relations <ie l'glise byzantine ave l'glise romaine, ressemble fort aux sicles pr dents. On y dcouvre les mmes alternatives d'union et de rupture, les mmes affirmai ions catgoriques de la pri-

adresse ;iu prince les aptres la prire suivante Precor te, Pater venerabilis, eaput, dur, apostole et preefecte uiii'i fderis et populi, universam pleniludinem Eccle$iee commendabia Domino Verbo, ut inconcussa flr:

supra fundamenlum professionis tue et cono/i. cit., p. oX; 2 Jean d'Orodn, thologien du xiv sicle, qui dclare que le Sauveur a confr a Pierre quatre prrogatives qui lui sont propres, savoir d'tre le fondemenl de l'glise, le bel de Nuis les fidles, le pasteur de l'glise et le jlltfe de tous. Azarian, op. cit., p. 78. Il y eut cependant, aux xnr xrv' sicles, quelques thologiens hostiles l'union avec Home, qui attaqu renl directement la primaut de Pierre el enseignrent l'galii de tous les apl res entre eux. Ils en dduisaient logiquement que tous les vques taient aussi gaux el que l'glise romaine, fonde pal Pierre, n'av ait pas plus d'autorit que les autres glises d'origine apostolique. Parmi ceux qui raisonnrent ainsi il tant citer Mekhitar de Dachir el Vartan de Partzerp (xiii s.), qui composrent des dissertations spciales contre la primaut romaine, dalann, au I. III de son ouvrage Conciliatio Ecclesite armense cum romana, Home. 1661, passe en revue icuis arguments. Rsu r>2, p. 228 mous, litre d'exemple, un des arguments de Mekhl tar si Rome se glorifie d'avoir t fonde par l'aptre Pierre, l'Armnie peut se rclamer des aptres Barthlmy, Judas, lils de Jacques, el Simon le Zclolc. Si vous nous reprochez, nous autres Armniens, d'tre venus lard a la connaissance de l'vangile, il n'v a pas eu en cela le not re faute. .< matre de la vigne ne nous a appels qu' la onzime heure, mais nous aurons la Blme rcompense (pie les premiers appels, On voit que le thologien armnien considre l'galit des aptres enl re eus comme un principe Indiscutable. Les adversaires plus rcents de la primaut romaine sou
milale
stet

feaaionia. Azarian,

Byzance

maut romaine dans


foules

les crits el lu soin h-

aussi dans lis

ai les,

les lois |u'on a

son Intervention;

les

rsistances passives, voire la rbellion ouverte et les oui limaces i la la ni es. chaque fuis que ICxiTi ne de celle primante contrarie les Intrts OU h-s ambitions,

mmes

oit pie

II-

y regarder de plus prs, cependant, on s'aperschisme cuire les Iimix glises, lalilll depuis

ii

plusieurs sicles, est en progrs I a tendance a passer en habitude. n grand vnement politique se produit en Occident, au h but mme du >i< le, qui \a accrotre la dsaffection les <,rs a l'gard de la papaut par ] pape saint h- couronnement de Charlemagne Lon [II comme empereur d'Occident est un adieu de
1
:

Rome a l'Orient. Il a beau n'tre qu'un vnement politique; a Byzance, l'tal et glise sont si troitement unis pu- les vnements politiques uni leur cou Ire coup dani h' du niai ne ecclsiastique. ) surin. 11 s. les Byzantins auront plus de rpugnance a se soumettre un pape <|tii n'est plus l'un les leurs el qui demande protection aux barbares, .m milieu desquels [] vtt.
1

tiennent
col.

la

mme

Ihse.

Voir art.

ARMNIE,

I.

I,

1953 1954.

M. Jugie, / a primaut romaine d'aprit let premiers thologtens monophyslles, dans chos d'Orient, i. kxxiii, 1934, p. 181-189; Cyi llle Benliam Bennl, / he tradition ../ the tgrlac Church i)/ Aniiiicii concernlng prlmacg and the prerogatto i o/ St. Peler and >>j lus successor l/ie roman ponltffs, Iranslated ululer i/ic direction <>/ the aulor t>u the Re. Joseph Gagltardl, Londres, 1871 (srie de textes syriaques, avec trad. an lalse, <loni li plupart appartiennent les Pres ortuodoxes honores par l"| lise |aCObite ou .1 des tholo ii'iis ncslo
s d'aiiliiu s monopliysltes liens; lies peu le teinoi 11 Galino, Conclllalta Eccleslm armante cum romana, 1. 1661, 1. 11. pars '->-, 1. m; tienne Azarian, Eccleslm
1;

armeme
ci

tradllta de

romani

pontiflcls i>rim<iiu

furlsdtcllonls

tnerrabili magisterio,

Le Vatican et les armnienne, Paris, 1910.

Rome, 1870; Malichla Urminim, Armniens, Home. 1873; le mme, '1


1

III. LA PRIMAUT ROMAINE DANS L'OLISE iiv/v\ TINE A PARTIR DU IX e SICL1 JUSQU'A LA DERNIR1 llmn Al CONCIL] 10 II" TENTATIVE D'UNION ai nce, i" La primaut de s. nui Pierre et du pape dans l'glise byzantine au cours du ix sicle. primaut romaine Byzance aux x cl xr sicles. L'attitude le Michel Crulaire et la consommation du schisme. Partisans et adversaires byzantins de la primaut de saint Pierre partir du xn' sicle. Par lisans el adversaires de la primaut romaine du xir sicle au concile de Morcuce. A| eru sur les

un

'

1,

'_'

.1

.">"

di\ erses eu nce pi ions


les

de l'glise chez
1ns.

les

thologiens

el

canonistes h\ zant

Dans la seconde moiti de ce sicle, la dposition anticanonique lu patriarche Ignace dlvisi hwaiitiin' en deux camps rivaux. Pour mettre lin au schisme, on recourt a Rome. Le procs trane en longueur. 1 la sentence r aine provoque un schisme qu'envenime, au moment mme, l'affaire bulgart schisme ne ressemble pas a ceux qm ont pi n'est plus directement la roi qui est '-I le conflit l' deux Juridictions. Photlus mi^i cette s ion pour prendre l'offensive non pas aussitt conl re 1.1 primaut romaine trop bien faillie pour ouvertement, mais contre la roi mme et les u^auis de l'glise d'Occident. H entre dans h- schisme par la mme voie que les nestoriens ci les monophysltes il attaque l'infaillibilit romaine pour pouvoir s- soustraire sa primaut, Cela est un rail nouveau gros de consquences. La polmique anticatholique est me ,t Ile puiie dj en germe tout h- schisme byzantin. Cet lment nouveau misa pari, nous rti v uns I. m s niant, el plus peut lie. qu'en aucun autre, des tmoignages formels sur la primaut <! saint Pierre et du pape dans les crits des thologiens comme dans hs dmarches des prlats. Nous attachant surtoul aux tmoignages crits, nous relverons brivement les principaux, ne citant les textes pie ce qui] J a de vraiment important et dcisif. Nous ne sparons pas pour cite priode la primaut de saint Pierre de Presque tOUS les pass.r es que nous Celle du pape aurons signaler se rapportent, en effet, a l'une comme a l'autre. \<>us groupons ces tmoignaces en i\vu\ s ies 1 tmoignages antrieurs a l'affaire photienne; 2" tmoignages contemporains de celle affaire ou l'ayant suivi.- immdiatement. Nous signalerons, en
1
:

359

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS.


i

1.1.

IV SICLE

3G0

dernier lieu, les premiers essais de polmique sp< ulative contre ta primaut romaine <i l| ont vu le jour au cours du schisme de Phoi ius. l" Tmoignages antrieurs l'affaire pholienne. Les trois patriarches orthodoxes qui onl tenu le sige de Constantinople au iv sicle, avanl saint Ignace, trois saints, savoir Taraise (784-806), Nicphore [ (806-815), Mthode I" (843-847), ont reconnu 1res clairement la primaut <lc saint Pierre et du pape Taraise, dans sa Lettre ((mire la simonie, adresse au pape Adrien I", aussitt aprs le II' concile de
Nice,
et

tine, <> cl
:

termes aptre Pierre... C'esl lgitimement et parla volont de Dieu qu'elle prside toute la hirarchie religieuse... Aussi, nous obissons aux paroles sorties de votre bouche 'H SeXiX] Gu.6Jv [spo7?ps7C7) p/ispwa'jvr y) sv0scu.co xai xoer 0eo (SoiSXijcriv Trp'jTaveuouac t/)v epxp/ixr,v yioTsav. J.-B. Pitra, Juris ecctes. Grcorum hist. et iwn., t. n, Home, 1868, p. 305, 309.
:

insre dans le Corpus juris de l'glise byzanl<- est reste jusqu' nos jouis, dit en propres Votre Saintet a hrit du sige du divin

successeur, l'vque de Rome. Pour lui, Pierre cl l'vque de Rome ne font qu'un. Le prince des aptres continue toujours a vivre dan es successeurs poifl gouverner l'glise universelle. Le pape est le chef divinement tabli, le coryphe des patriarches, le pasteur suprme de l'glise de la terre. Sans sa participation et son approbation, pas de concile cumnique pus sible. Il est depuis toujours la source limpide de l'orthodoxie, la pierre de la foi. sur laquelle est btie l'glise catholique. Impossible d'numrer ici tous lc^ tmoignages. Les principaux ont t recueillis par S. Salaville. La primaut de saiid Pierre et du papt d'aprs saint Thodore Studile, dans chos d'Orient. t. xvii, 1914-1915, p. 2.'M2. Voir aussi J. Pargoire, L'glise byzantine de S2i a 847, d., Paris. 1023. p. 200-291, 291-205. Citons seulement ces trois courts passages pour montrer comment Thodore unit intimement l'aptre Pierre a l'vque de Rome. On lit
'.',

Saint Nicphore nous a laiss, dans ses crits, trois ou quatre tmoignages de sa foi en la primaut romaine. Dans le premier de ses Antirrhtiques contre les iconomaques, d'abord, o il tablit la lgitimit du VII e concile cumnique parce que, selon les rgles

lettre au pape Lon III, crite en 810 C'est Pierre, c'est--dire son successeur, qu'il faut soumettre toutes les nouveauts hrtiques introduites dans l'glise universelle par ceux qui s'cartent de la

dans une

divines tablies ds l'origine, il a t dirig et prsid par cette glorieuse portion de l'glise occidentale, je veux dire par l'glise de cette ancienne Rome, sans laquelle tout dogme agit dans l'glise ne peut, quand bien mme il aurait la sanction pralable des lois canoniques et des usages ecclsiastiques, tre regard comme approuv ni comme dfinitivement arrt, car c'est Rome qui dlient le principal du sacerdoce et la dignit des coryphes apostoliques. Apolog. pro sacris imaginibus, i, P. G., t. c, col. 597 A. Dans son Symbole de foi, voulant prouver que les iconoclastes sont retranchs de l'glise, il en appelle aux lettres rcentes du trs saint et bienheureux vque de l'ancienne Rome, c'est--dire du sige premier et apostolique.

P. G., t. xcix, col. 1017-1020. En 817, Thodore interpelle en ces termes le pape Pascal I er coute, tte apostolique, pasteur prpos par Dieu aux brebis raisonnables, porte-clefs du royaume des deux, pierre de la foi sur laquelle est btie l'glise catholique, car tu es Pierre, toi qui gouvernes le sige de Pierre. Ibid., col. 1152 C. Et, dans sa lettre dog matique adresse au concile des iconomaques, il dit C'est en toute assurance que nous nous appuyons sur le Sige romain, dont le Christ a dit Tu es Pierre el sur

vrit.

cette pierre je btirai

mon

glise, etc.

Ibid., col.

1 1

17

LS.

du reste, seulement en paroles, c'est aussi par des actes que l'higoumne du Stoudion proclame la primaut du sige de Pierre. C'est au pape qu'il ne cesse de faire appel pour restaurer Byzance la discin'est pas,

Ce

pline canonique et la foi orthodoxe.

Papadopoulos-Krameus, 'AvXexxa -rr, tepoaoXu[j.i.t. i, p. 460. Pour lui. quiconque est condamn par Rome, ou n'admet pas la foi de l'glise romaine et n'est pas en communion avec elle, est par le
tix?, Pi6Xio6y)xy),

exclu de l'glise de Jsus-Christ. C'est ce qu'il rpte encore dans l'Apologeticus minor pro imaginibus, P. G., t. c, col. 841 CD. Voir aussi sa Lettre synodale au pape Lon III, P. G., t. c, col. 193-196. Cf. V. Grumel, Quelques tmoignages byzantins sur la primaut romaine, dans chos d'Orient, t. xxx, 1931, p. 423-427. De saint Mthode, tout dvou au Saint-Sige, qui, en 821, ose porter l'empereur Michel II le Bgue le grave document romain qui condamne une fois de plus l'iconoclasme (Vila Methodii patriarches, dans les Acta sanctorum, junii t. n, p. 440-447), nous pouvons citer un beau tmoignage sur la primaut de saint Pierre, qui se trouve dans VOfjicc de la rconciliation des apostats, compos par lui et faisant partie de YEuchologe ou rituel de l'glise byzantine; Pierre y est appel le coryphe des aptres, qui les clefs du ciel ont t remises par Dieu et sur lequel le Sauveur a difi son Kglise Acttotoc Kp'.e 6 Qzhc, tjhwv, r xXe rij fiaaiXea aou LTsTpco tco xopuaco twv noaTXcov xocTeiATuaTSera xal tt 'gctco tyjv yxv aou'ExxX'^alav oxoSo[i;a<;. Goar, Euchologium Grsecorum, Venise,
fait
:

mme

Son homonyme et contemporain de Syrie, Thodore Abou-Qourra, vque de Haran (t vers 820), proclame, lui aussi, trs nettement et la primaut de Pierre et sa permanence dans son successeur, l'vque de Rome. Dans son huitime mimar ou trait, qui est une brve dmonstration chrtienne et catholique, il crit Il faut noter que les aptres avaient pour chef saint
:

Pierre, qui le Christ avait dit Tu es Pierre etc.: qui il dit aussi trois fois, aprs sa rsurrection, prs
:

Simon, m'aimes-tu? etc., pour toi afin que tu ne perdes pas ta foi. Vous voyez bien que saint Pierre est le fondement de l'glise... Les paroles du Seigneur J'ai pri pour toi etc., ne dsignent pas la personne de Pierre ni les aptres eux-mmes. Le Christ a voulu dsigner par ces mots ceux qui tiendront la place de saint Pierre Rome et les places des aptres... Dire que le Christ a voulu dsigner saint Pierre et les aptres en personne, ce serait priver l'glise de ce qui doit l'affermir aprs la mort de saint Pierre. Constantin Bcha, l'n trait des uvres arabes de Thodore Abou-Kurra. vque de Ha
:

de la mer de Tibriadc
:

et ailleurs

J'ai pri

ran, publi

et

traduit en franais, Paris, 1905. p. 31. 35.

p. 690. ct de ces patriarches de Constantinople, apparat leur illustre contemporain, saint Thodore Studite (t 826), dont on peut dire qu'il est le grand docteur grec de la primaut romaine. C'est chaque page de sa correspondance qu'on peut cueillir des textes sur la primaut de saint Pierre et les prrogatives de son

1730,

Lorsque en 808 clata Jrusalem la querelle du Filioque entre les moines francs du mont des Oliviers et un moine grec de Saint-Sabas, le patriarche de Jrusalem, Thomas, envoie, ds 809. une ambassade au pape Lon III pour lui soumettre la question. Cf. Vie de Michel le Syncelle. dans I"EXXt)v*.xo tpiXoXoyixO o'jikXoyo, supplment archologique aux t. xxiv-xxvi. 1896, p. 25, et Le Quien, Oriens christianus, t. m. col. 350 D. En 8 11, saint Grgoire le Dcapolite et ses amis iconophiles font un geste semblable en sollicitant, par l'intermdiaire de saint Joseph l'I lymnographe, le secours du pape Grgoire IV contre l'hrsie iconoclaste.

km

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. LE


l'ajouterai
le

Xe

SICLE

362

A la veille moine de la querelle photienne, un appel au pape particulirement intressant est celui de Grgoire Asbeslas, mtropolite de Syracuse,

futur con-

scrateurde Photius. Dpos par le patriarche Ignace, ce prlat, se basant sur les canons de Sardique, une des sources du droit canonique byzantin, interjeta appel de cette sentence auprs du pape Lon IV (847855). Cf. Epist. Nicolai I ad Pholium (866), /'. /... t. ex ix, col. 1050; Episl. Styliant Neocaesariensis ad sirphanum V, Hardouin, Coll. conciliorum, i. v, col. 1121. 2" Lu primaut romaine et lu querelle photienne. Il ressort clairement de l'histoire si complique du schisme de Photius qu' celle poque l'vque de Home cl ail considr a liw.ance comme le primai de la Catholicit, le centre de l'unit el le juge suprme des causes ecclsiastiques. Les ignatiens comme les plioliens en appellent a plusieurs reprises au Sige apostolique. Si les uns comme les autres lui dso bissent tour tour, c'est quand la sentence romaine est en leur dfaveur. Cette versatilit, qui lui particulirement criaille chez PhotiUS, loin de dposer contre la primaut, esi au contraire la preuve clatante qu'elle tait universellement reconnue. Laissant de ct cette preuve, dcoulant directement des faits ci largement mise en lumire a l'article PHOTIUS, signalons seulement quelques tmoignages recueillis dans les crits des principaux antagonistes. Photius vient ici en premire ligne. Quand il n'est pas en rupture ouverte avec Rome, il parle de la pli

ma bure, qui, je le crains, est dj trop longue. Les vrais canons doivent tre gards par tous, mais principalement par ceux que la Providence a appels a gouverner les autres: et parmi ces derniers, (eux qui ont en partage la primaut doivent briller entre tous par leur fidlit les observer, car, plus ils sont haut placs, plus ils doivent s'attacher a la rgle... C'est pourquoi Votre Batitude, prenant soin de faire observer la discipline ecclsiastique et suivant la droite ligne des canons, ne doit pas recevoir indistinctement, sans lettres de recommandation, ceux qui vont d'ici a Rome et qui, a la faveur de l'hospitalit qui leur est accorde, jettent des semences de division. Ibid., COl. 616. En crivant ces lignes. PhotiUS songe au moine Thognoste, qui russit a tromper la sur veillance de la police de Bardas et porta a Home
Cf. M. Jugie, Lu vie et les mures <iu Thognoste. Sun tmoignage sur l'immacule conception, dans Bessarione, t. xxxiv. 1918, p. 162 17 1. Apres l'clat du conciliabule de 867, o l'on os,, dposer le pontife romain Photius ht au fond amende honorable au pape au concile de Sainte Sophie de 879-880. Quelles (pie soient l'Origine et la valeur des

l'appel d'Ignace

munir

du pape comme tout le el poque, cl n'est point du tout le Farouche adversaire de cette primaut, comme cei talni polmistes modernes voudraient non-- le faire croire, i.a primaut de saint Pierre, il l'affirme aussi neiieineni (pie quiconque. Non seulement Pierre esl pour lui le coryphe des aptres, le premier et le plus

mani de

saint

Pierre

monde en

parlai! a son

Actes de Ce COn< lie tels (pie nous les possdons ,i< tuelle ment, il esl remarquable que les lettres de ban \ III proclamant trs clairement la primaut romaine furent lues au concile et approuves de tous. Iimis h canon mme ou le concile dclare que Photius con damne ceux que Jean VIII condamne, et vice versa, il s<;//\ que celle disposition porte atteinte en \ a la (danse i/uui que ce toit, soit /nr le /irtsmi, ^mi pour l'an aux prioili get attachs au Iris saint V ge de Romains el ton chef, u,7j8cv r7>v n
:

6vTO)V TCp

'/--.-a

lev des disciples, celui a qui le Seigneur, en recoin |icnse de sa foi, a confi les clefs des portes eclesles et l'enl re des cieux mais encore il dclai c que lieu per mil sa chute parce que, devant recevoir le gouverne aeul de l'univers, il axait a apprendre par sa propre exprience a re misricordieux envers les pcheurs, 2u.e7.Xe zr otxo cv xaT0C7noTeea6ai.
; I
I

c,

prche dans l'glise Sainte- Irne, C.onsl anl inople. le vendredi s.iinl de 'anne 8(11 il dit en propres en ns Voyez Piei re a la voix d'une servante, il renia son matre, dclarant avec serment ne pas le connailre. Mais il lava les souillures de son apostasie par des larmes si alion danles qu'il ne dchul point de sa dignit de corj phec du chur apostolique, qu'il a t tabli pierre ion damentale de l'glise el qu'il a t proclame par (ilui qui esl la vrit mme porte-clefs du royaume des cieux. s. Aristarchis, (Dcailou Xyot 6u.iX( i, i. t. Constantinople, 1901, p. 181 182. Voir plusieurs autres Icxlcs dans notre dissertation, Photius et lu primaut de saint Pierre cl du pape, p. "> 8, extrait du Bessa rione, i. xxx\ (1919 1920), cl Theologia dogmalien dissidentium orientalium, i. i. Taris. 1926,
col.

Qustto 608
l

xevu
C.

<id

Amphilochium,

/'.

G.,

t.

m.

Dans une homlie


i

roevrat. Hardouin, "/' cit., quelques annes plus tard, on conteste a Constantinople la lgitimit de l'lection du pape Marin i". c'est affaire h- droit canonique, non de thologie; el quand, sur la lin de s.i vie, Photius tprit rdige son Ouvrage sur la M<; loin d'attaquer l'glise romaine, Il se prvaut, au contraire, quoique bien a tort, de l'approbation don ne a sa thse hcrclique par une dl/ame de papes. Aprs Photius, il nous faut entendre son adversaire plus d'une ci s.i \ lime le patriarchi fois, fait la sourde oreille aux Injonctions et aux ri la mme f.ulh encourir l'excom mations romaines: il munication de Jean VIII, juste au moment de mourir; pas moins certain qu'il a pro< lame en termes il niai esi tout a faii catgoriques le dogme de ii primauti de s, / el exlr.nl maille. Qu'on (Mi |uge pal otius Nicolas I'. crite en 867, aprs l'expuls

[ir-t vjv, [ir,zc el


t.

vi. col.

320.

si.

ii

.i

du trne patriarcal

Pour gurir

les

blessures

et

les

i\

wwi

p.

119-123.

Quant la primaut du pape. Photius lui a rendu tmoignage non seulement par sa conduite, mais aussi par ses dclarai ions crites. Mans sa seconde lettre crite au pape Nicolas I", aprs la dposition d'Ignace au concile de 861, il appelle le pape son pre spirituel,
qui
il

esl

met

Ire

en

juste cl pieux d'obir, a qui il veut se sou loutes choses v nSoi fO JTClfrrjVlOM '(,
:

Trarpix/j

9uXdc(T(rei.v

Szl yp r reGvxa xo TraTpai rxvx S[xai6v rs xal Saiov TeiOapxev. /'. (/'.. I. en, col. 596, 609. C'est bien la primaut de Nicolas qu'il fait allusion lorsqu'il crit Ce qu'il faut dire et ce que j'ai presque oubli, je
TC(.SetxvlvTec;

yi-r,...

meurtrissures qui sont dans les membres de l'homme, l'art a produit de nombreux mdecins...; pour gurir celles qu] sont dans les membres du Christ, notre Sauveur, la tte de l'glise catholique el apostolique. le no suprme, le Verbe tout puissant, l'ordonnateur universel, le Dieu matre absolu de l'univers, n'a cr< qu'un seul cl unique mdecin, a savoir votre fraternelle Saintet ci votre fraternelle Bienfaisance, en disant a Tues Pierre, ri sur Pierre, le plus grand des aptres celte pierre ic btirai mun Eglise, etc. Ces bienheureuses paroles il ne les a pas circonscrites cl limites, par un privilge spcial, au seul prime des aptres, mais il les a transmises par lui a tous ceux qui, comme lui et aprs lui. devraient tre les pontifes de l'ancienne Rome C'est pourquoi, ds les temps les plus anciens, chaque lois (pic l'hrsie cl la prvarication se sont fait jour, vos prdcesseurs sur ce sige, c'est a due les su seuls du prince des apdres et les imitateurs de son zle pour la foi chrtienne, ont arrache l'ivraie et
:

363
dtruit les

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. LE


avons
de
la
:

IX'

SICLE

364

membres corrompus ou atteints d'une faon - <5 toiccutoc j.-/.y.-/p[rc pcov o y.v.zi. incurable xtva TidcvTo iroxX^pcoatv tc, KopucpaUp u.6vcp rrepiypaycv, '/.'/. Si'a-ro xai jrpo -.'i-.y.c tou xr'licevov Hardouin, Izpyp/y. Jtpeaourpa 'Pjutj. -7p.-sy.y0. o/i. ,//., 1. v. col. 1038 1040; cf. col. 791-793; Bernardakis, Les appels ///jc dans l'glise grecque jusqu' Photius, dans chos d'Orient, t. vi, 1903, 'J.'i 256. Le mme Ignace en avait appel au pape, l>. au nom des canons de Sardique, du conciliabule photien de 861, qui le dposa. L'adresse, rdige par le
1

la la premire expression de la fameuse thorie translation de la primaut de l'ancienne Rome h la nouvelle, que l'hotius et ses amis vont mettre en avant au plus fort de leur querelle a\ ec le pape Nicolas. L'aptre des Slaves a traduit ce commentaire comme

le

reste, mais sa foi catholique lui a dict la rfutation premptoire que voici
:

moine Thognoste
prsident
et

tait ainsi

conue
:

Au bienheureux
successeur
zi~>

patriarche de tous
et

les siges,

du coryphe
xai
epaou

pape oecumnique
TcvTtov

|i.axapici>T7.7<;)

7rarp!.7.p/)

SiocS/co

xai
c/.,

Hardouin, op.
col. 856.

twv 6p6vcov xai to x.op'joixoou.evix NixoXacp rra. t. v, eol. 1013, et P. G., t. cv,

concile de Constantinople, VIIIe cumnique (869-870), les privilges du successeur de Pierre furent aussi reconnus par l'piscopat byzantin, malgr certains incidents regrettables et certaines tirades

Au IV

(le 2S' canon de Chalcdoine accepte par le bienheureux pape Lon, qui occupait alors le sige de l'ancienne Rome. Il n'approuva pas sur ce point le siint concile de Chalcdoine, mais il crivit au concile qu'il ne pouvait accepter pareille nouveaut m ichine par le douteux Anatole, alors vque de Constantinople. Aussi bien, quelques vques prsents au concile refusrent de souscrire a ce canon. Et il n'est pas vrai. comme l'affirme ce canon, que les saints I'res ont accord la primaut a l'ancienne l'orne parce qu'elle et it la capitale de l'empire; mais c'est d'en haut et des l'oiLine que, pal la grce divine, cette primaut a t constitue. C iiise du degr de sa foi pie lierre, le plus lev des aptres, a entendu ces paroles de la bouche mme de Notre-Seigneur lierre, m'aimes- tu 7 Pais mes brebis. Jsus-Christ (l'est pourquoi il possde parmi les hirarques le rang prIl

faut savoir que ce dcret

ne

fut lias

ambigus sur

la

pentarchie. Voir les art. Constanti-

minent
cienne

Photius. Signalons le tmoignaged'undes principaux champions du parti ignatien, Stylien de Nocsare, crivant au pape Etienne V aprs la seconde dposition de Photius Sachant que nous devons tre rgis et gouverns par votre Sige apostolique, nous vous prions d'accorder votre pardon au peuple, qui pour de graves motifs a reconnu l'ordination de Photius rcei 8k au.ev, 07'. ix to KTtcffTOixo 'jpuov Opvou to iOveo-Gat. xai xavovieaOai syou.ev. Kjiist. Styliani ad Stephanum papam, Hardouin, op.
concile de) et
:

nople (IV e

premier sige. Car, si, comme l'allirmc la dcision prcite, c'est parce qu'elle tait c ipitale que l'anet le

Home

possde

la

primaut, c'est videmment Con-

ci!., t.

v, col. 1128.

Pendant que se droulaient les divers actes du drame photien, l'aptre des Slaves, saint Mthode,
poursuivait l'uvre d'vanglisation commence en Moravie avec son frre Cyrille. Quelques mois avant sa mort, il traduisit en langue slavonne, entre autres ouvrages, la collection canonique appele le Komocanon des cinquante titres. De cette traduction primitive, le savant canoniste russe A. Pavlov (f 1898) a dcouvert des extraits importants dans plusieurs manuscrits slavons s'chelonnant entre le xn c et le xvi e sicle. Deux de ces manuscrits contiennent un article spcial sur Les privilges du trs saint sige de Constantinople, dont le savant russe a trouv le prototype grec dans un manuscrit de la Laurentienne de Florence (cf. Bandini, Catalogus codd. mss. graecorum bibtiot. Medic. Laurentictnse, t. 1, p. 45) remontant au xn e sicle et reprsentant une recension du Nomocanon des cinquante litres, telle qu'elle devait exister au ix' sicle. Dans ce recueil, le texte du fameux 28 e canon du concile de Chalcdoine. qui parat nier l'origine divine de la primaut romaine en l'attribuant un dcret des Pres qui auraient accord la prminence (x 7rpa6ea) au sige de l'ancienne Rome, parce que cette ville tait la capitale de l'empire , est suivi d'un bref commentaire ainsi formul Il faut savoir que les Pres donnrent le second rang l'glise de Constantinople parce qu'alors l'ancienne Home tait aussi capitale de l'empire. Si donc, comme l'affirme ce saint concile, les Pres mil accord la primaut l'ancienne Rome cause de son rang de capitale, maintenant que. par la bienveillance divine, celle ville [de Constantinople] est l'unique capitale, c'est elle qui, juste titre, possde le premier rang Et Toivjv. v.yJ)i ep7)civ r yia axY] cvoSo 8i to paaiXseiv ttjv 'Pwu,7)v oi arsps x rcpsa'ea SsSwxaoi, u.6vy) vv s&oxia 0eo TaoTq ty) nXtco [3aariXeyoa). eIxoto fi-r/j xai tyjv irpoTpav xxvzjTai. On voit que le commentateur anonyme du 28e canon de Chalcdoine a tir la consquence logique du faux principe qui y est contenu. Nous
: : t

stantinople, actuellement capitale de l'empire, qui a hrit de cet honneur. .Mais tout le monde sait que, bien que les empereurs aient sig Milan et l'.avenne et que leurs palais s'y trouvent jusqu' nos jours, ces villes n'ont pas reu pour cel 1 le primante, c n dignit et la prminence de l'ordre sacerdotal n'ont pas t tablies par la faveur du pouvoir civil, mais par le choix divin et l'autorit a] ostolique. Si donc les saints i'res, voulant honorer la ville de Jrusalem cause du Hoi des rois, Notre-Sei; neur JsusChrist et de sa passion digne de toutes louanges, lui confirmrent bien le rang de mtropole, mais ne lui donnrent pas les privilges patriarcaux, parce qu'il ne leur tait pas possible de changer les bornes fixes par les prdicateurs de la vraie foi, comment serait-il possible a cause d'un empereur terrestre, de dplacer les dons divins et les privilges apostoliques et d'introduire des innovations dans les prescriptions de la foi immacule? (".'est pourquoi les privilges de l'ancienne Rome sont inamovibles jusqu' la tin. Parce que son vque prside toutes les Ef lises, il n'est pas oblig, cause de cette primaut, de se rendre aux saints conciles cumniques; mais, sans sa participation manifeste par l'envoi de quelques lgats, tout concile oecumnique est inexistant, et c'est lui-mme qui tient la premire place dans le concile. Si quelqu'un veut nier la vrit de ce
1
i

que nous avanons, qu'il se rfre aux lettres du mime trs saint pape Lon Marcien, Pulchrie, de pieuse mmoire,
et aussi l'vque de Constantinople dj nomm, Anatole. et il sera convaincu qu'il en est bien ainsi. A. Pavlov, Un article grec anonyme sur les privilges du sige patriarcal de Constantinople et sa traduction /ml oslave c deux importants complments, dans la Vizantiskii Vremennik, t. n.

1897, p. 150-152.

Ce magnifique passage sur

les privilges

du

sige

le

Pierre suffit, lui seul, dissiper les nuages que certains critiques avaient amoncels, en ces derniers temps, autour de l'orthodoxie de l'aptre des Slaves.

quelques mois avant sa mort qu'il criMais ces lignes sont-elles de lui? A. Pavlov y voit une simple traduction d'un original 1. F. Grivec, qui a grec aujourd'hui perdu. Loc. cit., p. longuement tudi et comment le morceau dans son opuscule, Doclrina byzantina de primatu et intitule Ecclesise (Cerkoeno prvenstuo i edinstvo po bizantiskem pojmovanju), Lubljana, 1921, p. 81-100. est du mme avis. Nous serions en prsence de scolies du vni" sicle d'origine monastique. Nous croyons, pour notre part,
C'est, en effet,

vait

ces

lignes.

Mthode lui-mme par dans le manuscrit qu'il traduisait, du commentaire du 28e canon signal plus haut. Cette rfutation de la thorie del translation de la primaut romaine, mise en avant, comme nous allons le voir, au cours du schisme photien. venait son heure. Contre
qu'elles ont t inspires saint
la

prsence,

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS LE


elle saint

-V

SICLE

366

Mthode voulut prmunir


la

ses

nophytes.
t

Au
a

divers,,

demeurant,
fait ici

question de savoir

si

saint

Mthode

uvre

originale, ou sil a t simple

radueteur,

reste secondaire.

L'important est qu'il ait insr le canonique qu il passage en question dans le recueil Le Cf. notre article livrait ses entants spirituels. slave et la primaut du plus ancien recueil canonique 46-55 ou pape dans le Bessarione, t. xxxiv. 1918, p. des thologiens cathol'attention attir avons nous jusque-l inaperu en liques sur ce document, rest que nous avons traduction premire Occident La trouvera dans donne doit tre corrige sur celle qu'on dissidentium orienlahum, p. IE>t i de la Theologia
:

sunt dite, gerendum modis omnibus defimmm. (parmi les Actes du liardouin, op. cit., t. v, col. 868 VIII* concile cumnique). primaut roDe ces crits polmiques contre la plus haut (Ils.: tou / signal l'opuscule maine, est un beau spcimen. -Vo,',,, rcpro <>y v.:, -ne, prend d'abord a la primaut de Pierre.
?,

le

de F. Grivec, op. cit., 227, et qui s'inspire de celle 96-97 p spculative contre la 30 premiers essais de polmique nous ['avons dj dit, Comme nmaine. primaut ce qui en photien, schisme le caractris ce qui a die, malgr sa d< gtitula gravit excepth
'

auteur s'en saint Pierre ait t le premier vque II ne nie pas que ne s'ensuit pas, d aprs lui. de Rome, mais de ce lait il Veul-on un exemple nue le Sige romain soit le premier. pour dmontrer sa des sophismes qu'il accumule S, C est a ...us,piques thse'' Voici l'Un des plus tv la premire place. cherche Rome que dll coryphe a .ans.- d Andr. est Byzance qui est le premier sige son frre, i.ar Andr p. premier appel et plus g que assez longtemps avant qu.- son fut vque <te Byzance au \ enant des Romains.
:

[rre

devnt

l'vque

la es fameux texte vanglique Sachez que ce n'est pas a cause de


:

Pelrus,
l'Eglis.

il

crit

diri -s premires attaques directes mre, ce contre la foi de l'Eglise occidentale. Trullo avait dj os condamnei I e concile m
,.,,,,
,!<

usages rituels et disciplinaires. du mnouches avaient prcd sur la question paru dans n'axait de grave encore rien Filioaue. Mais proprement dite. H tail rserv le domaine de la foi annes qu il fui en Photius, pendanl les quelques Byzance la rupture ouverte avec Rome, d'inaugurei
ses

Quelques

qui est Non, cesi ,,,. C es paroles ont t prononces. et toute |udaque raisonner d'une manire misrable rgions et a que de limiter le bienfait divin certaines que son efficacit doit s tendre
certains endroits, alors

galement
cette pierre

a tout.- h,
,

terre.

Quant
;

> ces

mots

5>ui

quel est l'impertinent qui o ont d< l'impudence jusqu' les tourner qu'ils o! romaine? H est manifeste, en effet,
de 1- confession qui a du Christ, n. par ell iu tout l'univers leu privilg. Poui .".d

de

la pierri

polmique antlcatl
rite le litre

pour cela qu il mqu on lui a ressorl de ce qui (...mire 11 suite, la donn dans la primaut avons dit plus haut, ses attaques contre mme quelles romaine furent de courte dure. Il semble
que,
el c'esl

de

pre du schisme byzantin

A l'adresse de aient t honteuses. Si l'opuscule intitul ceux qui disent que Rome est le prem -<,- 8p<voe.), si court \ Tciu-T] to XiYovra, -t toul porte le mais si dense, est bien de lui nous ne penl'uni, .s. col. 1544)

de Sardiqui s'appuient sur les canons du concile ipostolique h droit :. reccyod reconnaissent Phi IIuj d,-, appels d, toute l'glisi gnait particuliren l'autorit de ce concile, qui le Cesi en effet au nom des canons de Sardiqui soudaine de ' avait protest .-mire son levai las
1

l'tat

croire(voir reste.il ne lu: Ml sons pas qu'il l'ail jamais sign. Du historiques s cou pas grand honneur, car les erreurs qui nous soi dolent les purilits. Dans les crits romaine que venus sous son nom, il ne vise la primaut canonique, non d'une manire Indirecte el par le ct qu parle ct dogmatique. Il est sur nanmoins les annes entre se produisirent ordre cet attaques de plUS la 863 el 869, C'est duc pendant avons pour preuvi aiou de la rupture. Nous en \< et les Actes du COI lettres du pape Nicolas sa Lettre Htm romain de 869, sous Vdrien 11. Dans
1

art.

cilequ'Ignaci en avait ap| eu au de ce mme conciliabuli d 81 I. Poui dqi du sentence pape de la va jusqu' mettre en avant la Photius ncllc Hosius,qui belle raison suivante consentant .. tomba ensuite dans l'arianisme en uni position d'Athanase el en souscrivant
:

laque a ['piscopat. C'est

mssien

n>

Mil

le

ptrinc contraire celle qu'il avait "" ,l en d'autres termes, Hoslus, Vaut rien. une raute; donc, le COnciU qu'il pr. romain.- notre vritable origine de la primaut paen Vurtpolmiste la voit dans l'acte de l'empereui
i" 1
1
,

mai

de Reims et aux autres viques du royaume 1" dclare que les souve Nicolas Chauve), (le Charles il ne dit pas Photius rains byzantins Bulgarie en ten des lgats ri mains se rendant de condan imprial une profession de roi o taient l'glise d Occident. certaines croyances et pratiquesde a] e rail allusion aux \ la lin de l'numration, le attaques contre la primaut en ces termes Romana urbe tmpera en, m alque perhibent, quando de

li,.

tablissanl l'vque

.h-

Rome
d

arbitre
/'

du

conflit
x

de

entre la
,.,.

communaut catholiqm
Cf.
1

Paul de Samosate.

usbe,

"

putride 18 Voil.dil 11, le fondement c mais vi es romains. Il ne s'arrte pas l el dans les \eles des conciles cumniques

XNN

des pn

posi d. tains faits de l'histoire ecclsiastique ms.ste. cela va Il lives contre la primante romaine. Constantinople sans dire. sr 1. ..m. 3 du concile de
j1

tores

Constantinopolim sunt translatif tuncet Ecclesiam irons romance sedis ad constantinopolitanam etiam Ecclesia migrasse et cum dignitatibus rems ejusdem moa privilgia translata fuisse, ita m

pnmatum

romanm
sot

Home devait sa primaut scnplis Photius etiam ipse se in suis l'empire. appellet. Eglise archiepiscopi m alque universalem patriarcham l'histoire de Enfln.il signal ertains faits de avait 1> 1 cxix.col. 1157. Ces attaques, Nicolas les C'est sou l'autorit du pape dfavorables d'Orient lui avait adresse * lues d'abord dans la lettre que attaqu sans vent dil il, que les vques de Romeonl et dont Michel III aprs la condamnation de Photius, sans arriver leur porter Dieu, de pontifes les raison rponse m. me du nous connaissons la substance par la gagnat de se n-and prjudice. Tout ce qu'ils j ont Par ailleurs, l'.onuuivs pape, date de 865. P. L., t. exix, col. 948. eux mmes de houle. Ainsi, les couvrir des flammes aux condamne el Macc.to le concile romain de 869 ne pas reconnatre Euphmius beau eurent apos le Sige contre crits de Photius et de Michel lit cela n empche nius H patriarches de Constantinople, (pur. vins jam Eglise Similiter de cteris scripturis, loliquc soit clbre dans toute mmoire leur que pas Salem tempore nominatis auctoribus, conlru eamdem
Ecclesise
.

-tan s,. accordant le second rang au parce que cette ville est la nouvel* dcret 28 de .liai, .dome. qui continua CC s,,,- |e .an l'ancienne que clairement plus encore en dclarant Ae a s., qualit de capitale
u,,.. pie.
(
I

367
.1

l'IUMA UT D'APRS LES BYZANTINS. LE XI" SICLE


<

368

cause des glorieux combats qu'ils ont soutenus. l'ou- justifier sa conduite, d'avoir accept le trne patriarcal la plaie d'Ignace injustement dpos, il trouve dans l'histoire de l'glise byzantine plusieurs cas plus ou moins similaires, ('.'est a ce genre d'apologie qu'il se livre aussi ex pro/esso dans un autre opuscule intitul: DuvaywY w^ rcoSeiei xpioc ouvY)Xey(jivai v. tv auvoSixv xal [oTopixv yp<pv rrepl Trt,ax7Twv y.ai [i.7)rpo7roXlTv xal rpcV vayxcdtov sTjT^iJtdtTtov, y-". G., t. civ, col. 1210-1232. Cf. HergenrOther, Pholius von Konslantinopel, t. n, p. 558-570; t. m, p. 105-170, qui analyse longuement le contenu. Sans attaquer directement la primaut romaine, il en rabaisse la dignit et en diminue l'autorit surtout dans les deux premires questions. Il rappelle en particulier le cas du prtre africain Apiarius, la confusion faite par les Romains entre les canons de Nice et ceux de Sardique, la condamnation du pape Honorais par le VI e concile. On le voit par ce court aperu, la polmique contre la primaut romaine est bien ne au cours du schisme photien, comme aussi a t srieusement amorce la controverse sur la procession du Saint-Esprit. Pendant longtemps, on ne prta gure attention, Byzance, cette sorte de littrature; mais, mesure que s'envenimrent les relations entre les deux glises, les polmistes allrent puiser des armes contre les Latins dans l'arsenal photien, y ajoutant, au fond, peu de chose. C'est pourquoi ce ix e sicle byzantin qui nous a fourni des tmoignages si nombreux et si explicites sur la primaut romaine, prparc cependant, d'une manire plus prochaine que la priode antrieure, la rupture dfinitive entre Rome et Byzance.
'-' 1'

Sergius il n'y a rien de clair ni de certain, et les rcentes recherches d'A. Michel sui
II

(99&-1019). .Mais

priode, dans son ouvrage, Ilumbert und Kerullurios. 2 vol., Paderborn, 1925-1930, n'ont, au fond, apporterien de nouveau. Tout ce qu'on sait, c'est qu'en l'anne 1009, Pierre d'Antioche voyait le nom du

pape inscrit aux diptyques de Sainte-Sophie. Epistola Michoelem Crularium, P. G., t. cxx, col. 800. il n'est pas prouv du tout qu'un schisme soit intervenu sous le patriarche Sergius II (999-1019); mais de srieux indices permettent de supposer qu'une rupture de fait entre les deux glises se produisit aprs l'chec de l'ambassade de l'empereur Basile II (9631025) et du patriarche Kustathe (1020-1025; auprs du pape Jean XIX, par laquelle le prlat byzantin demandait que lui ft olliciellement reconnu le titre de patriarche cumnique avec la juridiction sur tout l'Orient byzantin quatenus cum consensu romani ponliftcis
ail
:

AUX X e ET MICHEL CRVLAIRE ET la consommation du schisme. La priode qui


//.

LA PRIMAUT ROMAINE A BYZANCE

XI'-

SICLES. L'ATTITUDE DE

Ecclesiam constantinopolitanam in suo orbe, sicuti romuna in universo, universalem dici et haberi. Raoul Glaber, Histori, 1. IV, c. i, P. L., t. cxlii, col. 670672. Ce que les Byzantins postulaient, c'tait la reconnaissance de droit de ce qui existait dj depuis longtemps en fait et qu'avait sanctionn le fameux canon du synode photien de Sainte-Sophie de 879-880 par rapport Jean VIII et Photius une sorte de dtjarchie, o le pape gardait encore sa primaut, mais se donnait un brillant second en la personne du patriarche byzantin. Ayant essuy un refus, de l'opportunit duquel, la distance o nous sommes de l'vnement, il est permis de douter, les Byzantins ne se soucirent plus de la communion romaine et ils en prirent leur aise avec le Saint-Sige. Nous en avons un indice dans une addition au Synodicon du dimanche de l'Orthodoxie, qui apparat dans les manuscrits
liceret
:

cette

poque

s'coula entre la fin du schisme photien et le patriarcat de Michel Crulaire fut fatale l'influence romaine en Orient, et l'ide de la suprmatie spirituelle du sige de Pierre s'affaiblit dans les milieux byzantins au point de disparatre peu prs compltement. On connat les causes de cette clipse. L'glise romaine traverse alors l'poque la plus triste de son histoire. Les papes ne font que passer sur le Sige apostolique, faits et dfaits ou massacrs par les factions. Le x e sicle n'en compte pas moins de soixante. Comment auraient-ils pu s'occuper des affaires de l'Orient, voire entretenir avec Byzance ce minimum de relations ncessaires pour maintenir le contact entre les deux glises et assurer au moins le statu quo? Pendant la mme priode, au contraire, le sige de Constantinople est occup par plusieurs patriarches remarquables, et de 897, date de la fin du schisme photien, 1043, date de l'avnement de Michel Crulaire, ne

ternelle!

Aux

Photius, patriarche orthodoxe, mmoire sentences et aux crits contre les saints

connat que treize titulaires. Le x e sicle dbute par une triste affaire, celle de la tlragamie. L'empereur Lon VI le Sage se souvient de la primaut romaine, mais c'est pour lui faire jouer un rle odieux. Voulant convoler en quatrimes noces contre l'usage canonique de l'glise byzantine, il en appelle au pape pour obtenir une dispense et force le patriarche Nicolas le Mystique, rfractaire ses dsirs, dmissionner. Celte affaire amne une rptition de la tragdie d'Ignace et de Photius. Lon VI mort (912), un schisme s'ensuit et se termine pniblement, aprs 920, dans des conditions encore mal connues. De ce malencontreux pisode, le prestige de Rome sort amoindri. Que se passe-t-il entre Rome et Byzance pendant tout le reste du x' sicle? Nous l'ignorons peu prs compltement. Certains documents parlent de ruptures Intermittentes sous les trois patriarches Nicolas II Chrysovergs (984-996), Sisinnius II (996-998) et

et Photius trois fois anathme ! M s. de Madrid de 1025-1028; cod. Monacensis 380, transcrit entre 1025-1050. Cf. A. Michel, op. cit., t. i, p. 2010; t. n, p. 22-40. Les acclamations dlivraient un brevet d'orthodoxie Photius et annulaient pratiquement le concile cumnique. Sous cette forme, elles taient incompatibles avec la communion romaine. Ce qui est parfaitement tabli, c'est que Michel Crulaire, son avnement (1043), n'envoya point au pape sa lettre enthronistique avec la profession de foi coutumire. Cf. art. Michel Crulaire, t. x, col. 1680. Quelle fut son attitude l'gard de la primaut romaine pendant l'essai d'union politique entre le pape saint Lon IX et l'empereur Constantin X Monomaque contre les Normands d'Italie, le mme article Michel Crulaire l'a parfaitement mis en lumire. Tout comme Photius, Michel s'est bien gard de nier ouvertement la prminence du sige de Pierre. Il a mme vit d'entrer directement et personnellement en lutte avec le pape. Ce n'est pas contre lui qu'est promulgu l'dit synodal du 20 juillet 1051, mais contre ceux qu'il appelle jusqu' la fin ses (aux lgats, suborns par Argyros. Bien plus, il a laiss entendre, dans sa Lettre Lon IX, qu'il tait prt faire la paix aux conditions proposes par son prdcesseur Kustathe. quelque trente ans auparavant. C'est bien, en effet, ce que signifie celte phrase, que nous a conserve le pape dans sa rponse Si una Ecclesia romana per te habet nomen noslrum, omnes Ecclesia per totum orbem dispersas per me luibebunt nomen tuum. Epist. ad Michaelem, P. L., t. c.xliii, col. 770. Mais que pensaient, en Orient, les contemporains de Crulaire touchant la primaut romaine? Baressont les documents qui nous renseignent sur ce point. Pourtant il en est un particulirement suggestif parce qu'il vient non d'un adversaire, mais d'un partisan de l'union

patriarches Ignace

VHP

369
:

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. LE

NI

1 '

SICLE

370

avec Rome nous voulons parler de la Lettre de Pierre d'Antioche Dominique, patriarche d'Aquile. Comme il ressort de su correspondance avec Michel Crulaire, avec saint Lon IX et mme avec Dominique, Pierre est oppos au schisme; il veut maintenir l'union des glises; mais il se rvle imbu d'une conception absolu m eut fausse de l'glise universelle. Cette conception n'est autre que la fameuse thorie de la penlarchie pousse sa dernire limite et excluant la primaut de Pour le juridiction du patriarche de l'Occident. patriarche d'Antioche, la catholicit est di\ ise eu cinq patriarcats, ni plus ni moins. Ils correspondent aux cinq sens du corps m s si [que du Jirisl qui est l'glise. Oc mme que le corps humain ne compte que cinq sens, de mme il ne saurait y avoir plus de cinq patriarches tans l'glise. Dominique de Grado est vertemenl repris d'avoir os prendre? le titre de patriarche, puis qu'il serait le sixime, ce qui csl impossible, Chose plus grave et qu'on n'avait pas oue jusqu'ici, mme quand on faisait allusion aux cinq patriarches, Pierre enseigne la parfaite galit des patriarches entre eux. Dans ce petit collge des cinq, tout se dcide la pluralit des suffrages Sri tjv TtXeiovov i|/r,<po<; xpa-re. La voix d'un seul ne compte pas, s'il a contre lui les quatre autres: el Se oSel. C'esl pourquoi les Latins sont invits abandonner l'usage <h\ pain a/\me pour se rallier au rite des quatre patriarcats orientaux. /'. ''.. I. cxx, col. 760, 77b. Le patriarche d'Antioche dbite cette norinil avec une sereine inconscience. On \nit tout le chemin parcouru dans la voie du schisme depuis Photius, depuis les dclarai ions pentarchiques de quel ques membres orientaux du VIII e concile cumnique. Pierre n'est malheureusemenl pas le seul penser et
(
,

Thophylacte de Bulgarie, il parle de la primaut de Pierre a peu prs dans les mmes termes que saint Jean Chrysostome. Pierre a la primaut sur tous; a lui seul jrXiv va a t confi le gouvernement de l'univers
:

olxouuivTj Trpooraoicxv Xa66Vra oV/. ->: uT<xvobx. In eoangel. Lucas, /'. <.. t. cxxni, col. Pi7.' I): cf. Enorrat. in eoang. Joannis, t. c.xxiv, to [Irpcfp rijv irpoorooiocv tv col. 309
7vpcoTs-/

y.j-oij

y.y.

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/./-

PARTI 1RS ET AD\ PRIltAVT DE PIBRi


III.

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JRDl

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Ml 81CLB
l

La

Jj

bien tablie dans la tradition ii\res liturgiques de glise byzantine rendent un clatant tmoignage, continua, aprs le schisme de Crulaire et jusqu'au seuil de la priode moderne, a tre affirme par un grand nombre de thologiens byzantins, par ceux surtout qui ne se mlrent point de polmique antilatine, La plupart, du reste, ne paraissent pas songer au lien ncessaire qui unit la primaut- de saint Pierre .1 celle de l'vque de tome. A ct de ces partisans de- l'ancienne tradition commencent a apparatre, surtout A partir du xm- sicle, les polmistes antilatins. Les relations entre Grecs et Latins s'enveniment aprs la quatrime croisade el la prise de (.onsl;inl inople. en 1204. >n tablit, en Orient.

primante- de Pierre, que, a laquelle

si

les

<

Constantinople mme, une hirarchie latine. Les tentatives d'union sont continuelles, mais n'abou tissent jamais. I.es Patins, dans les pourparlers et les diseussions, font sans eesse appel a la primaut du comme successeur de saint Pierre. C'est alors que les polmistes Lie. s se sou\icuncn! lit petit OpUSCUle de Photius contre la primaut- romaine, et. pour
et

palier ainsi. Son contemporain, .Michel l'sellos. fait une allusion transparente la mme thorie quand il crit Crulaire, au sujet des patriarches L'un d'entre eux gouverne l'Orient, un autre Alexandrie, un autre la Palestine; un autre a obtenu en partage la vieille Home. C. Sathas, Meoaitovix^ pi6Xio0r xT), r i. n, p. >0!>. L'ide qu'on se fait, Byzance, du pontife romain, au xr sicle, appareil bien dans l'en tte du laineux opuscule Intitul Contra Franco, rdig dans l'entourage de Crulaire Romanus pontifex et quoi

miner celle-ci par le fondement, s'enhardissent Jusqu' enseigner que t<uis les aptres taii ni gaux entre eux et que la primaut- de Pierre n'a t qu'une prsance honorifique fonde sm l'ge ou le mrite, ou bu-n ils prtendent que. si Pierre a eu une primante, celle-ci lui t personnelle et n'a ete transmise a personne. Nommons quelques reprsentants de l'un et de l'autre
.1

TOU]
I

e.

Les tenants

</<

l'ancienne tradition.
s,,

Parmi eux,

nous trouvons au xir


ulhymi Zi gobent de Thophylacte et
/

'/;//

sunt ex parte Occidentls cfwistiani extra sinum Tonium, Itali, Longobardi, Franci... et reliqui prseler

Calabrorum gentem..., omnes una cum /<o/>" a mullis jam annts extra catholicam Ecclesiam degunt. Monumenta ad Photium efusque historiam pertinentia, Ratlsbonne, 1869, p. 62 bit. <>n ne nie pas que l'vque de

Home
si^e;

soit

le

successeur de
ci

Pierre, qu'il
qu'il ail
I

occupe son
tous
les prl

mais on n'en conclut pas


il

vllges de Pierre, car celui

aussi a t

vque d'An

lioche et

ronde Alexandrie par son disciple saint

qui marche sur les traces Interprte a peu pris dans le mme sens que lui les textes vangliques relatifs a la primaut d< Pierre ave< les mmes rminiscences de saint Jean Chrysostome Pierre a reu la pa l'Ire le momie eut 1er. alors que .la. qui- s n a reu q iule sige de Jrusalem, las aptres ne crurent pas les saintes femmes leur annonant la rsurrection de Jsus, mais ils ajoutrent l"i .1 Pierre, pan e qu'il tait le chef de tOUS, .'
: 1

Marc.

Comment,
la

in

Joannem,

/'

C,

iwn,

col.

i"

Quanl

primaut

mme

de l'aptre saint Pierre,

1500; In
l'api tre

Marcum,

ibid., col. B 18 B.

nu ne la nie pas encore; on la proclame mme avec autant de nettet qu'en plein ix' sicle, in anonyme du \'' xr sicle dit de la sainte \ ier: e qu'tant encore sur terre elle considrait Pierre comme le londeinent de l'glise cl traitai! Jean comme son Mis selon ta
grce 'Il ny.pObj'ic Ilirpo xoci 'Iojvvf] toi; Xl XOpu<p0c[oi TVJ -'.r>7o>,0)V OUVfilTJYS ~> p-v c'o 8eu.eX(<p t7, 'ExxXvjota, t> Se : >':<> xtj v.y-y. /piv. Pour Pierre d'Antioche, saint Pierre est ton jours le coryphe les aptres, sur lequel la grande glise de Dieu a t difie, <p'v 7, - il 'ExxXjcla i-o)v.>/$< [ir-y.:. Episl. ad Michaelem Ceeru tarium, P. G., t. cxx, col. 800. Philippe le Solitaire, dans sa Dioptra, dclare exprs sment que les ciels du rovaunie des CCUX ont t confies Pierre seul qui avait reni imis ois le Christ, |, I, c. xi. /'. G., I. CXXVII, col, 7 13 7 Quani au grand exgte byzantin du xr sicle.
:
I
i

Thophane Kirameus, dans ses homlies, salue en Pierre le fondement des disciples du Christ, xpT)7rS rv u,a07)T< Homil., xxxvii, /'. G.,
I.
1

xxxn.
la

col. 704, 7"'.. celui

dont
lui

le SeiL.li.-ur

p.r

mis

chute parce
des

qu'il devait

confier

le

nemenl
Xoyixi

brebis raisonnables.
cit..

gOUVer Jv
il-

mil.. I.v. loc.


lent

col.

'<

Balsamon et Zonaras dans \omocanon byzantin, comme une d'une authenticit dont ils ne doutent point, la fameuse Donatio Constanlini, qui affirme d'une manire si claire la fois la primaut universelle de Pierre et celle de son successeur, l'vque de Rome va, n
i,1 :

/.s canonistes byzantins

(-

iXwv p/txr.v otow


:\z

i
1.

tj ytJv

-Z''""1

'

Nomocanon,

tit.

\m. c

37

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. LE


cf.

XII1
:

SICLE

372

1H77 (.; /'. G., t. civ, col. cne. Il Antioch., P. G., t.

Balsamon, in dm.
col.

//

d'une manire vasive


I.

cxxxvn,

1312 C.

III. c. ix,

Au xnr sicle, le Russe Cyrille, vque le Tourov, honor co te sainl par l'glise russe, proclame Pierre le fondement inbranlable de l'glise, le pasteur du bercail spirituel du Christ, le porte clefs du royaume des cieux Macaire Bulgakov, Histoire de l'glise russe [en russe ]. i. m. p. 165), tandis qu' Arsne Autorianos, deux fois patriarche de Constantinople (1255-1259 et 1261-1267), dans un opuscule polmique dirig contre
(

l'olcsl esse quod dids. Dialoiji, CLXXXVHI, col. 1221, 1223. Beaucoup plus catgoriques dans le sens de la m
/'.

/.., t.

lion furent les rponses des Cres dans les discussions qui suivirent la prise de Coirstant inople par les croiss en 121 1. Dans une lettre adresse au pape Innocent III, le patriarche de Constantinople, Jean X CamatrOi (1198 1206), dnie expressment toute primaut a Pierre sur les autres aptres, en faisant appel aux paroles du Christ Vos autem ladite vocari Rabbi.
:

Latins, crit ces mots Cela, Pierre l'a dclar, Pierre le bienheureux, vraiment Pierre de la pierre, &Xt)6c5 TTTpo Tj TrTp-yc, la pierre sur laquelle le Christ a difi son glise, Pierre, qui dtient les clefs du royaume des cieux, qui en sa qualit de coryphe et de chef, xopuqxxo xai 7rpooTT>), terrassa, a
les
:

Omnes

nos fralres estis.

Qui major

est

vestrum

sit rester

minister. Malth.. XXIII, 8-11. Dans les textes vangliques sur lesquels les catholiques appuient les privilges du coryphe, il ne trouve lien qui ne convienne

Rome, Simon le Magicien, le premier voleur et disciple du diable dans l'invention des hrsies. 'Ajt6Seil
TO 7TTE Xal 8t TWOV f) T^Q 'Pw(jlY) ^STTSCTSV opuscule publi par M. Gdon. 'Ap/eov iy.y.Xrpia.cs-iy.rfi oropf, t. i, fasc. 3, Constantinople, 1011, p. 331, d'aprs un ms. de l'Athos dat de 1320. Sur la lin du mme sicle, Maxime Planude, dans son long Pangyrique des saints aptres Pierre et Paul. dclare expressment que Pierre a t choisi par JsusChrist pour tenir la place mme du Christ auprs des aptres; que, sur les bords du lac de Tibriade. Jsus l'leva au-dessus de tous les autres aptres, l'tablissant pasteur et docteur de toutes les nations, et cela pour toujours. /'. G., t. cxlvii, col. 1072 Ali. 1097 C. Au xiv e sicle, Grgoire Palamas enseigne que Pierre fut tabli par Jsus-Christ coryphe des coryphes, xopjato tv xoputpatcov u vo xoivo SectoStou xaroTir]. Il le compare Adam, tte du genre humain, et
Tpl

'V.y.y.Xrclx,

aux autres aptres r \j.z\z yp oSv >ttov rara oavoofieOa xal ~spl -Cri ScXXwv {ferroarXcav XptaroO. Lettre indite, dans le cod. Paris. 1302, du XIIIe sicle, fol. 271 v" 272 v. Dans une discussion qui eut lieu, le 30 aot 1200. entre Grecs et Lalins en prsence du premier patriarche latin de Constantinople. Thomas Morosini, le diacre Nicolas Msarits. qui devint ensuite mtropolite d'phse, rpta mot pour mot les sophisme-, de Photius flans son opuscule: .1 ceux qui [/retendent que Home est le premier sige (voir ci-dessus, col. 305 sq.); i La puis il ajouta de son cru primaut de Pierre se rduit une prsance d'honneur et de rang, comme celle du fils an dans une famille ox ouoia Spxo-'~ry.<,(-.i. -y.'/.'/.y. tcTjv 7tpocnpcvT<ov olov XPvtP ~" /
: ( :

pa0|/<7>. y.i.-'j. toto Irpo 7rcpave<mr)xev fatoarXciW. A. Heisenberg, Neue Quellen :ur Geschichte des laleinischen Kaisertums und Kirchenunion, n Die Unionsverhandlungen vom 30. August 1206, .Munich. 1023. 24, 25 (extrait des Sitxungsberichle der bayer. p. Akademie der Wissenschaften. Philos.-philol. und hist.
:

l'appelle le chef suprme el le pre de la race des croyants, TTOtTpa xal p"/r Y''1v to twv Osoaecov yvoij, celui qui a reu la prsidence de l'glise du Christ, ttj to
/

Klasse, 1923).

ttjv irpocrracuav xsxXrpcoTOa. SS. aposl. Ptri el Pauli, P. G., t. c.i.i, col. 356-357, 3C4 A. Cf. HomiL, v. In Occursum Domini, P. G., t. ci.i, col. 09 BC. La primaut de Pierre, on la trouve affirme jusque dans le fameux Tome synodique du concile de Constantinople de 134), relatif la controverse palamite Pierre y est appel le fondement de la foi et le coryphe des disciples. Tamis synodicus contra Barlaam et Acindynum, P. G., t. eu. col. 689 B. Calliste II Xanthopoulos, avant d'tre patriarche de Constantinople (1397), a crit un opuscule asctique o il affirme expressment que Pierre a reu du Christ l'hgmonie

XpiCTToG

'r2xx.\r csiy.
l

HomiL, xxviii,

//( /est.

sur les disciples,

txi

IIsTpov,

&

y.y.i

tyjv

TjYsjJ.ovtav
/'.

twv
t.

fj.a07)T(7)v

sv-(,aT'J<jaTo.

Opuscula

ascetica,

G..

A la mme poque, un polmiste anonyme, fait prisonnier par les Latins en 120 1. crit sa virulente diatribe intitule IIsp. to tcoi layuac xoeB" rucv i AaTvc, dans laquelle il passe en revue tous les textes script uraircs invoqus par les Latins pourtayerla primaut de Pierre. Comme Jean Camatros. il ne trouve rien, en tous ces passages, qui ne s'applique galement aux autres aptres. Ce n'est pas Pierre, mais sa confession de foi orthodoxe qui est la pierre sur laquelle l'glise est btie. Tous les aptres ont reu, connue Pierre, le pouvoir de lier et de dlier, et il serait ridicule de rservera Pierre seul le pouvoir de remettre certains pchs plus graves. Si nous voyons Pierre, aprs la Pentecte, prendre toutes les initiatives, parler et agir toujours le premier, c'est une preuve de l'humilit des autres aptres, non un signe de prminence chez celui qui se met ainsi en axant. Si Jsus dit aux saintes
:

cxlvii,

col.

647

I).
1

femmes

Simon de Thessalonique I* 129) est encore un tmoin non seulement de la primaut de Pierre, mais aussi de celle du pape, comme nous le
sicle.

Au xv

verrons plus loin. Cf. Dialogus contra hreses, P. G., t. clv, col. 36 H. 100 D. 2 La tendance nouvelle. C'est sous l'influence de l'esprit polmique et gnralement dans des discussions directes avec les Latins que certains Byzantins de cette priode sont amens nier la primaut de Pierre, parce que celle-ci est prsente comme le fondement de la primaut romaine. Nous trouvons les premires traces de cette negat ion dans les paroles de Nictas de Xicomcdie, telles tpie nous les rapporte Anselme de llaxclbcrg dans se^ Dialogues (1136). Le prlal byzantin insinue (pie tout ce que Pierre a reu du Seigneur, les autres aptres l'ont eu galement. Il n'insiste pas cependant sur ce point, et Anselme expliquant les textes vangliques relatifs la primaut de Pierre, il finit par rpondre

Ile, dicite discipulis eius et Petro. ce n'est point pour mettre en relief la primaut de Pierre, mais pour rappeler celui-ci que son reniement est pardonn. De mme, s'il reoit par trois fois la garde des brebis, c'est par allusion son triple reniement et il confirmera ses frres qu'il a scandaliss, par l'exemple de son repentir et du pardon qu'il a obtenu. Les autres aptres ils axaient abandonne n'taient pas sans reproche leur Matre, En voyant Pierre obtenir le pardon de son pch plus grave, ils ne dsespreront pas de la misricorde du Sauveur. Arsenii. Trois opuscules d'un crivain grec inconnu du dbut du Mll sicle (texte grec et version russe), Moscou. 1892, p. 86-87, 100-102, 105:

100.

un spcimen de la manire des celle que nous retrouvons au xi\' sicle, dans les opuscules polmiques de Barlaam encore attach a l'glise dissidente (cf. /'. G., t. eu. col. 1262 Cl. (4 dans ceux, beaucoup plus violents, de Matthieu Ange Panarlos. Cf. 1'. Hisso. Matteo Angelo
l

Nous axons

polmistes.

C'est

:i7:

FLORENCE PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. AVANT


1914,
za
-'
.

374

Panarelos e cinque suoi opuscoli, Grottaferrata, < l'Oriente. p 32-33. Extrait de Roma A la veille lu concile de Florence, Macaire d'Ancyre, consacre dans son grand Trait contre les Latins, ne primaut de pas moins de sepl chapitres a attaquer la seulement Pierre n'avait Pierre. Il enseigne que non mais encore aucune juridiction sur les autres aptres, sans leur consentement, qu'il ne pouvait rien faire il comme le tmoigne l'lection de saint Mathias; qu en certaines cirtait envoy par eux; que Jacques, lui a rsiste, constances, a eu le pas sur lui; que Paul
tous les aptres, parce qu'il tait rprhensible; que les vicaires de Jsusoui t Pierre, seulement pas et dans le lu.o Christ, etc. Kern* Aartvwv, c. XI-XVII, 20. /.rjvjXisj.xfc de Dosithe, Jassy, 1692, i>. impur On aurait tort, cependant d'ajouter trop d les produire lance a ces sorties polmiques. On n'osail d'union ds qu'il tait srieusement question pri Home. C'est ainsi qu' Florence la question de la
I i

_;,-,,

.Ces litres. 1, tradition cent. ip/i e sige est apostolique les dcerne aux patriar tesdeRome.i ierre. s il est est dit le successeur de el chu qui l'occupe -t atf.ee a la vraie roi. Personne de ceux qui pensenl contredira cela parlent selon la vrit ne
,-,.
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IC-V...

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JK.p--.pT

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Oue

roi de s> Martin et de nous le proclamerons venaient apostolique l;1 el comme le premier des ponti et nous le considrerons comme a Pierre, mais nous lui ....nous non seulement -',1 n'esl comme au Sauveur lui ne me. Mus pas non plus l'britiei du sie de la toi des s dnts, il ne sera ..s l'a ostolique, ni le remier, ,1,. terre; il < sera jam p,.,,. mus au contraire l'adversaire et le dvastateur et

l'voque de
.
,

Rome
de

..,,,.

Lon, de

proresse seulement Libre, de

la

[ennemi des aptres. P.


\vaiit

...

t.

cxv, col. 120-121.


se

Simon. Nil Cabosilas, au risque de


avait parle a peu prs dans
le

con

(redire
-,.,, h,

sens.dans

son opuscule Qepl t?. yrfi

maut de
flll

lui moins On discuta de la primaut du pape CC en pour la nier que pour en restreindre l'exercice

saint Pierre ne se [.osa

mme

pas.

et

sur

la

que

le

pape reste dans

la vrit,

il

" a vail " ne perd pas

Orient.

ROMAINE, DV ZIP SICLE M CONCIL1 Une l'ois la sparai ion des deu Eglises
l'tal
le fait,

IV

PARTI8A VS ET

.D\ EIl,

II

'

'

''''
'
'

"

principal vritable. Il est la tt. le et pontife suprme, h- successeur de Piem xi i\. t. des autres aptres, et il faut lui Obir. P. belles dclarations ne col 728 Malheureusement, ces pas avec ce qu'il axait dit plus haut en

primaut,
se, h-

'

passi

nous voyons

les

tholoi

intins

concordaient romaine non attribuant l'institution de la primaut mais aux Pres <t aux conciles. Ibid.,
col. 709.

sur l'Egli soutenir les thories les plus disparates Il gnral el la primaut romaine en particulier. dlvcr pas rare mme de rencontrer des conceptions des entes chez le mme nuleur. C'est un peu au gr de la situations el les circonstances.au gr aussi
position. tique impriale, pie l'on adopte telle ou telle Au demeurant, il faut bien le lire, pendant toute

cette priode

la

primaut romaine, du ctbyza

t,

demeure

des controverses. Quand il et ces pourparlers s'agit de pourparlers unionistes c'est toujours autour sont pour ainsi dire continuels le l'addition du de la procession .lu Saint Esprit, toute autre Filioque au symbole, les azymes ou de de ce genre, que roulent les discussions.

l'arrire-plan

avis m au contraire, esi de "-< n< l\ Simon Dans une lettre adresse au pape le pre coin avant le concile de More,,,,-, il l'appelle munel le pasteur unlvei s. Lambros, M p.310.1 lus tard, au plus rtwTjoiaxi,t.i,Lci P dogme catholique de la cuire le polmique sa f.,rl de sprit.il dclare que le papeseul, ion du saint eu sa qualit de suprieur, di peut mettre Hn au schisme, en usant isc mot c'est dm- en supprimant le
,.
i
.

ges

Scholarios,

nomie,

dans
vou .
i

h-

symbole, pour

bien de

divergence
Ainsi,

eurenl lieu h Nici Nvmphe (1232-1234) entre les franciscains dl du par le pape Grgoire IX et les reprsentants pro patriarche Germain 11. on ne s'occupa que de la Pendantla cession du Saint-Esprit et des azymes. conclue au -lande conl inverse suscite par l'union

aux confrences

<|ui

m-nu.r
,sion du

trait,

sur la

son,/ Esprit
t.

dans-;
192

iptttcs

de
''

Georges Scholarios,
dialogue sur
i

h, Paris,

II'

concile
la

le

Lyon

sur

sera

question encore ainsi du byzantine n'attaque pas directement la primaut C'est la pape, mais son orthodoxie, son Infaillibilit lactique qu'elle adopte pour L'aider son auton a chaque r>is que la politique impriale veut la torcei
le la

(1274), la polmique se concentre procession du s. uni Esprit. H en a Florence. Officiellement, l'I

ession du Saint Esprit, dans m, Paris, 1930, p. 11. Ailleurs. |. compltes, thologien ne connat que deus d
la pro,
la
|

entre Grecs el Latins: celle quia trait distini la sprlt cl celle pu re.al.le du S.unl son opration Cl pn entre l'essence divine et
I

au Rsumt
compltes,
2

delaSommt
t.

'

tlk

1931
est

p.

2.

l'union.

La primaut

d'origine canont

primaut romaine. I" Reconnaissance thorique de la Certains thologiens, el des meilleurs, adoptent cette soit altitude. Ils ne nienl pas que l'vque de Rome

Pierre dans sa primaut, que le successeur de saint ils celte primaut soil effective et de droit divin; mais pas ortho refusent d'obir au pape parce qu'il n'est Thessalo doxe. C'est le cas, par exemple, de Simon de dans son Dialogue contre 1rs hrsies. Ses paroles

cette conception, qui ne s'oppose nous rencontrons la thoi lillibilit du pai e. Ique Ses partisans menti origine la primaul primaut romaine et en font une tnslitu

directement

qu

divine de
capitale

la

siastique,

motive par

le

rang de

nique singu mritent d'tre rapportes, car elles contrastent temps lirement avec les dires les polmistes de son poque. et surtout le ceux de noire

par l'ancienne Home. Ils sur le 3> canon du hrtique doctrine cette appuient ci surtout sur le 381 de onstantinople concile de recon il faut >\o concile de Chalcdoine, et
autrefois occup
t

dehors de leur contexte natre que ces dcrets, pria en mots, favorisent historique et dans le sens obvie des se fondent les prlvi cette conception. Sur ces dcrets
lges
1 1

mon

"Nous n'avons
qu'ils

pas. .Ml
la

revendiquent

contredire les Latins, lois primaut pour l'vque le Rome.


11,
.<
1

montrent seule Cela ne peut nuire h l'I pllse. Qu'ils nous .eue. qu'il est ment que le pape persvre dans la roi de coi vraiment son successeur sous ce rapport, et nous lui lerre, et nous le reconnaissons rivilges de .Ions tous les
i ,

la

capitale

po.n

le

chef,

la

lte

le

pontife suprl

me

/.s:

icAvra

elle a cess d tre thorie de la translation l'empire monarchie canonique de la primaut, qui aboutit la d'autres, les du sige de Constantinople. D'aprs

primaut canonique du jour O


le
'

p rs certains

nouvelle Home. du sige de Constantinople, perdu Interprtes, l'ancienne Rome a

37!
<ai h

PRIMAUT D'APRS LES BYZANTINS. AVANT FLORENCE


ms
conciliaires, tablissent tant qu'elle se maintient
les anciens canons, l'vque de garde un droit de prsance envers celui de Constantinople, mais c'est toute sa supriorit l'endroit de cet gal. Au patriarche cumnique ils attribuent tous les privilges dont se prvaut le pape, d'o que viennent ces privilges, en vertu du principe -; nonc dans le 28 canon de Chalcdoine

une dyarchie .'l'ancienne dans l'orthodoxie, garde le premier rang vis--vis de Constantinople; rang purement honorifique el de prsance; car les canons

tne.

Pour eux. d'aprs

Rome,

Home

accordenl la nouvelle Home les mmes prrogatives, r i'aa Tzpcn ea, qu' l'ancienne. Si celle-ci tombe dans l'hrsie, il ne reste plus que Constantinople, qui devient alors la seule hritire de la primaut canonique avec tous les privilges que ce titre comporte
:

TzpsrsKsv.

y-.',z'.\i.'j:i

-.<]>

7,c

/-/:

'P<>u,T)

Opvco. C'est

honorifiques, mais impliquant une vritable juridiction suprme sur les autres glises. Au fond, l'poque dont nous nous occupons, la divergence des deux interprtations est purement thorique. Pratiquement, puisque l'ancienne Rome est dchue de la vraie foi, Constantinople seule possde la primaut, une vritable primaut de juridiction sur l'glise universelle, mais une primaut canonique, d'origine ecclsiastique. Nombreux sont les thologiens et les canonistes qui ont adhr celte thorie sous l'une ou sous l'autre de ses formes. Elle a eu, cela va de soi, la faveur des patriarches de Constantinople. Plusieurs d'entre eux ont revendiqu au nom des anciens canons, une vritable primaut de juridiction sur les autres glises, y compris les patriarcats. Voici, par exemple, ce qu'crivait, en 1330, le patriarche Isae au catholicos des Armniens, qui cherchait s'unir l'glise byzantine Le Seigneur, dans sa misricorde, vous a ramens la mre commune des glises. Pour vous, en efet, et pour tous ceux qui veulent tre chrtiens et dignes de ce nom, nous tenons lieu de mre, comme vous le. savez bien. C'est de nous, en effet, que partent les dogmes de la pit pour se rpandre dans l'univers entier [irjzpb Xoyov ^(JLe iny/j\iv np re Gp. xal uvra xo poiAopxvou ypicmavo xal elvat xal vofxeaQai. Miklosich et Millier, Acta patriarchatus Conslantinopolilani, t. i, p. 159; cf. P. G., t. clii,
privilges
: :

non purement

tous

qu'Us accordent au patriarche de Constantinople honneurs concds au pape par la Fameuse Donatio Constantini. Sur un point cependant, le hirarque byzantin restera infrieur au pape il ne pourra porter les pantoufles de pourpre parce que le
ainsi
les droits et
:

basileus s'est
t.

cxxxvn,

col.

rserv cette distinction. Cf. l>. G.. 321-325. 483-492, 1433-1444. En vertu

principe, Zonaras restreint au seul Occident d'appel reconnu au pape par le canon du concile de Sardique, parce que le patriarche de Constantinople, d'aprs les anciens canons, ne peut recevoir d'appels que de l'Orient. Pour qu'il y ait galit, il faut que le pape ne puisse recevoir des appels que de l'Occident. Ibid., col. 1111 H. 3 La pentarchie. Une troisime conception de l'glise a cours dans les milieux byzantins concurremment avec les deux prcdentes c'est la thorie de la
le droit

du

mme

pentarchie. Voir art. C'est celle que l'on

Patriarcat, t. xi, col. 2269 sq. met surtout en avant, quand on


:

veut repousser

les prtentions romaines. Elle se prsente sous deux formes la forme monarchique et la

forme oligarchique. Dans sa forme monarchique, elle revient pratiquement au mme que la thorie de la primaut canonique. L'glise universelle est divise en cinq patriarcats. Parmi les cinq patriarches, celui d'Occident a reu des Pres et des empereurs une vraie primaut de juridiction, qu'il conserve tant qu'il se maintient dans l'orthodoxie: qui passe de droit au patriarche de Constantinople s'il fait dfection. Or il a
fait dfection.

col.

1355-1363) crit au clerg de Tirnovo en Bulgarie pour protester contre la conduite du prlat de cette ville, qui refusait d'inscrire le nom du patriarche cumnique dans les diptyques Si le sige de Constantinople revoit, approuve et confirme les dcisions des patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jrusalem, comme les sacrs canons l'ordonnent et comme en tmoigne la pratique ecclsiastique, fortiori notre sige exercera-t-il son pouvoir sur l'glise des Bulgares 'O tt Kcov<TTav"n.vou7r6Xea> flp6v. xal t<x twv aXAwv TraTpiapytv xplcEi... xal Travaxpvet xal 8ie>j6eTs xai Im^iZzTty.i xal t6 xCpo SIScctiv. Epistola ad clerum Trinovii, P. G., t. clii, col. 1384 BC. Le patriarche Philothe, dans une lettre au grand kniaz de Russie, Dmtrius, crite en 1370, se nomme le pre commun, tabli par Dieu, de tous les chrtiens de la terre w xow TOcr/p avcoOev izb QeoG xaraoTa s to 7ravTa)(o5 v?; yt; supiaxou.vou ypiartavo. Miklosich et IMiiller, op. cit.. t. i, p. 516. Nous avons bien ici la monarchie du sige de Constantinople se substituant la primaut romaine. Nommons, parmi les partisans de la translation proprement dite, le canoniste Arislne qui, interprtant le 3 e canon de Constantinople et le 28 e canon de Chalcdoine, o il est dit que le sige de Constantinople aura la primaut, Ta 7tpea6ea, aprs l'vque de Rome, p.T tgv tt 'Py-rfi nlmonov, entend la prposition [iTa d'une succession dans le temps, non d'un ordre hirarchique, de telle sorte que le sens sera celui-ci aprs l'ancienne Rome, la primaut a pass au sige de Constantinople t yp |i.ETa ivTaCOa o tt) Tt[zr,, XX to xP 0V u otI 8)X<otlx'jv. In can. 3 foncil. Const. II, P. G., t. cxxxvn, col. 325 D. Balsamon el Zonaras ne sont pas de l'avis d'ArisCalliste (2,
:

1208 BC. Le patriarche

Mais la vraie notion de la pentarchie est celle qu'a expose Pierre d'Antioche Dominique de Grade Voir plus haut, col. 369. Elle suppose l'galit parfaite des patriarches entre eux. Celui de Rome, s'il est orthodoxe, garde la primaut de rang et d'honneur; sinon, le premier rang est dvolu au patriarche cumnique. Il faut pourtant mentionner la fantaisie du moine Nictas Seids, au xn e sicle. Celui-l a trouv une recette pour dmontrer que la primaut n'a jamais appartenu Rome en aucune faon. Selon le plan divin dit-il, cinq siges patriarcaux ont t tablis dans le monde, qui sont les ttes, en grec xdtpai, des autres glises. Or, il se trouve que chacune des lettres de ce mot xpat. dsigne un des patriarcats. Si l'on prend le mot tel qu'il est, nous avons les patriarcats dans l'ordre qu'ils occupent actuellement K = Kcovcrrav = Alexandrie: p = Rome; a = AnTtvoT:oX'. tioche; i = 'Iepco-0>'jii.a. Si. au contraire, on le prend en anagramme, on a la liste des patriarcats dans l'ordre historique de leur apparition Jrusalem vient le premier, tabli par Jsus lui-mme, avec saint Jacques pour titulaire. Puis c'est Antioche, fond par saint Pierre: puis Rome, constitu parle mme saint Pierre: puis Alexandrie: enfin, Constantinople. Par o l'on voit que, pour les patriarcats, s'est ralise la parole du Sauveur Eruv.l primi novissimi, el noDissimi primi, et que Home n'occupe jamais le premier rang, mais
: ;
: :

toujours

troisime. partisans de la pentarchie monarchique, il faut signaler l'archimandrite Nil Doxopatris. Dans sa Notice sur les siges patriarcaux, rdige en 1143
le

Parmi

les

pour

le roi

Roger

11

de Sicile,

il

commence par

dve-

thorie des cinq patriarcats considrs comme les cinq sens du corps mystique du Christ, puis il ajoute Parce pie Home a perdu la dignit de capi-

lopper

la

37

PRIMAUT SELON LES GRCO-RUSSES


IPERV GNRAL 8DR LA CON1 / CHANT LA PRIMAI T ROMAINE DANS L'OLIt

avait attribu talc de l'empire, cause de laquelle on lui qu'elle est maintenant au le premier rang, et parce pouvoir des barbares, elle a perdu sa primaut, qui a

ipartirdi

.1/

11CLB.-

Aprs le concile de

pass Constantinople, devenue a son tour la ville de home enl l'empereur... De mme que l'vque roui autrefois le privilge de recevoir des appels Constanautres patriarches, de mme l'vflue de
privilges de Rome, peut juger les trois autres patriarches inel Kcvo-tocvti'(jr/c npovuia, z\/J,-a:z y.-v. w,n'jlz(,)q D.y.'.e ta ~r,c SvaTca Sixeiv to Jtpoetp)uvou rpe
tinople, qui a obtenu
les
'
:

de

du pape entendue Florence, la question de la primaut d'hondans le sens non d'une primaut de rang ou suprme de juridic neur mais d'un vritable pouvoir
dogmatiques devient l'une des principales divergences grco-russe. entre l'glise catholique et l'glise polmiques qui suivirent mime Si dans les traits procession du le concile la question de !..
diatmeni
premire place, a partir Saint Kspril OCCUpe encore la dans la du xvr sicle, plusieurs thologiens voienl juridiction effective mr prtention des papes a une universelle la principale cause du SChiSIW
l'glise

lion

d'une

)../'(.

comme

s'expriment

les

polenu

oto rca-p^p/a. Notitia palriarchaluum, I'. <-.. t. cxxxn, n'ose pousser jus-pi au col. 1100-1101. On voit (pie Nil bout la consquence logique de son principe, puisqu'il ne dit pas (pie l'v.que de Rome est somnis lui aussi au patriarche byzantin. On trouve, aussi de l'inconsquence, voire une vraie contradiction, dans les dclarations du canon Thodore Balsamon, qui fui patriarche d'Antioche. D'une part, en effet, dans sa Rponse canonique sur que les cinq 1rs privilges des patriarches, il allirme
patriarches, qu'il corps de toutes les glises de Dieu, tantt aux cinq sens de ttes des mmes glises cl tantt aux cinq l'unique corps mystique dont le Christ est la tte, sont

moins zaniin D'autres lui accordent une importance au et en traitent gale a h. procession du Saint-Esprit immdiatement aprs cette dernier.- question, quand des monographies spciales. ils ne lui consacrent pas aussi a partir de cette poque que b- appellations
C'est

compare tantt

a l'unique tte

du

de papistes et de papoltns commencent tes pour des, cm nloyeS par les polmistes les plus jours, et depuis la dfi gner les catholiques. De nos suri., primaut et l'infail nition du concile du Vatican hologlens personnelle du pape, la plupart de
ern
I

a tre

libilit

gaux en tout

rgissent d'une manire indpendante loonuiav v le territoire soumis a leur juridiction a7ractv t/ouni..."\''.y.'/ri-> J c t>,v &7tove(iei,6eoav arcjj 8to(
el
:

xjaiv

vepyVet uovoeiS.

/'.

<

papal.dissidents dclarent que la monarchie .-il, obstacle a l'union des glises, comme uns grande cause du schisme. Quelques la
1

est

le

,.

t.

gkxxviii,

col.

1016

et 102-1. Au contraire, quand il commente les plus conciliaires, il attribue, comme nous l'axons vu liant, une vraie primaut de Juridiction d'ordre cano

canons

avouent que c'est la seul.- divergence dogmatique orientale vraiment senei.se entre l'Orthodoxie de la polmique catholicisme; ;.n-i. ton-, les .-ib.ris depuis cinquante ans. sont-ils tournes

nique au pape et au patriarche cumnique, donnanl ainsi son sullrage une sorte de dvarcbie ecclsiassi le tique, qui se mue automatiquement en monarchie pape est dclar dclin de l'oit bodoxie. An demeurant, la pentarchie oligarchique a beau byzantins ci M- dcrite et approuve par les thologiens pour les besoins de la polmique, c'esl une pure tho .e patriarche de Conslaii rie contredite par les faits. tinoplc, aprs Michel Crulaire, joue en Orient, le repose sur rle d'un vrai pape. Seulement, sa primaut
1

grco-russe, Piern contre les privilges du successeur de constitution (ait. depuis le xvr sicle, sur la ,1
I

les thologi. de l'glise, nous trouvons chez mmes conceptions russes .s mmes imprcisions, les que chez les divergentes, les mmes contradictions priode prcdente. thologiens byzantins de la

une base humaine. Elle est d'ordre canonique, et le temps pourra venir ou cette base sera branle. C'est ce qui est arriv. comme nous allons le voiren tudiant
l'attitude des thologiens grco-russes a l'gard
le

la

pentarchie sous ses deux formes monar sur la Bn de la priode chique et oligarchique. Dj, .t.renoncer .. 1.. byzantine, ou avait senti b- besoin des cinq sens du pentarchie. La thorie Ingnieuse plus, .lu moment que le corps mystique ne tenait mutiler le corps patriarche d'Occident s'obstinait a les en ne .selon l'expression de Ni. .t., s s,.,

i"

ta

ttrarehie.
a
1..

Nous vovons d'abord

la ttrarehie

succder

de

l'I

glise

primaut romaine pendant


i.es
la

la

priode moderne.

s'unissant

pas aux quatre autres patriarches.


t

Il

nv

sources ont t Indiques au cours de l'article. primaut romaine bByzance, au iv sicle, avant Photlus,
Pargoire, L'glise bgxanltne de 687 a

Pour

avail

plus, en ralit, qu'un,

et

rarchie.

et

il

fallait

847, Paris, voir ,1. ses diverses 1905, i>. 289-295. Sur la doctrine de Photlus et altitudes a l'gard de la papaut, voir M. Jugie, Pholius el Pierre et du />/"-, dans le Bessarlone, /(i primaut ,/,- saint

1919-1920) et tirage pai t. On trouvera une t. xxxv-xxxvi lude d'ensemble, pour toute la priode tudie, avec de nombreux dtails et de copieux extraits des thologiens byzantins, dont beaucoup n'ont pu tre signals Ici, dans et iv de not rc7'/ii-'>/m;i'<i rii nhiliiim dlsstdentlum (t. I, les t. 320-351, p. 113-153, 224-254, 279-285, 351-354; t. h, p. 306-375,379-398, 125 137, 150-463). IV. l.A PRIMAUT ROMAIN! DANS L'OLISl ORBCOI 1

ne tarda pas trouver un.- comparaison approprie- On de foi rdige en a 1.1 dcouvrir. Dans un.- profession de Constantinople pour le |52 par l.-s antlunlonistes orientale est .on. hussite Constantin Plastris, l'glise les quatre colonnes que par soutenu un diilec a pare premiei sont l.-s quatre siges patriarcaux. Le
1

celui de
T.y.y.

Constantinople
6
:
1

n
''"-

psiS

Kojvm
de Dosithe,
p.

r""
331.

D ans

,:-x-.i,-

RUSSE, APRS LE CONCILE DE FLORENC1 il JUSQU'A 1" \percu gnral sur la controverse NOS JOURS. touchant la primaut romaine dans l'glise grco russe, partir du xvi sicle. Conceptions divergentes sur la constitution de l'glise. 2 La primaut de saint Pierre el les thologiens grco-russes modernes. 30 Origine et dveloppement de la primaut romaine
d'aprs les historiens et les thologiens grco russes de raisons la priode moderne el contemporaine. I" Les thologiques des polmistes contre la primante romaine. 5 Les livres canoniques et liturgiques de l'Eglise grco-russe et la primaut de sainl Pierre et du

document, c'est la ttrarehie sous la forme monarchique qui est Indique, le pain.,., le- de Con canonique stantinoplc est dit possdei une primaut
l) ,-.

ce

dc

juridiction

et

d'enseignement
y:/7-.c,

sur

les

autres

p.,

lriar)
IMtTi

nes
rite

yr. X6XOVI

ixxXTjoiacri

pape.

Loc. cil. c'est dans le mme SiSaoxaXtq patriarches de pendant toute la priode moderne, les leurs Constantinople entendent la ttrarehie. Comme prdcesseurs cl avec plus d'insistance qu'eux, ils trois autres rclament un vrai pouvoir papal sur les du mois patriarches d'Orient. Dans le Tome synodal patriarcat de de mai 1590, par lequel la fondation du nouveau Moscou tait officiellement reconnue, le comme s, patriarche .lob tait invite considrer

sens que.

379
tte et

l'KIM
:

WTK

SELON LES GRCO-RUSSES


I

380

smi primat le sige de Constantinople l'exemple des autres patriarches xal xeaXv)v octo xal irprov s/siv xal j'.yJ.'lz'.-j 7'j'j tfatoaroXix s> 9p6vov KwvoravnvowjXecjj, gj xal '/i Xoinol i/'.'t<v. TtaTpipxai. \Y. Regel, Analecta byzanlino-russica, Saint Ptersbourg, i>. 85-91. Quelques annes auparavant, le patriarche Jrmie II, dans sa Premire rponse aux thologiens de Tubingue (15 mai 1576), avait appel l'glise de Constantinople la patrie et la tte de toutes les glises, possdant la primaut de l'orthodoxie
:

:raTp

tv ExxXiqoiv, xal

r --s[j.'jvsl
l

-~r
t

yvo'jcrs'....

-y.

Tipeaosta tj pBoSo^ta eX7)g x.ai s xeaXrjv xeraxTai. Gdon de Chypre, Kpvrr) tj Xr/kia, t. i, Leipzig, 1758, p. 73. Les textes abondent, dans les documents du patriarcal oecumnique de la priode moderne, o des expressions analogues se rencontrent. On en trouve de semblables en plein xix sicle. Encore en 1850, dans le tome d'autocphalie dlivr l'glise
1
'

de Grce,

le

patriarche de Constantinople se considre


:

comme
xal

investi par Dieu de l'administration et du soin de toutes les glises r,usl,. ol co 0so "rijv ~oo-ToXtx/jv pxpiu.vav Tcacv tv 'ExxXtjolcv vaSs8sYU,voL
Ti,

Trepl

u- olxovouia

eu.7re7CLOTeuu.evoi
t.

ttjv

Sia/spvjc.v. Mansi-Petit,

Concil.,

xi.,

col. -i(il-4(>2.

Jusqu' une priode trs rcente, le patriarcat cumnique intervenait dans les affaires intrieures des autres patriarcats orientaux, recevant des appels contre leurs titulaires, s'occupant de nommer ceux-ci
et allant jusqu' les dposer. Cf. Delicanis, Ila-piap/ix

'YYpxa,

spcialement

le

t.

m.

Ces

faits

monlrcnt que la primaut de Constantinople n'a pas t un vain titre. Cependant, tout comme au Moyen Age, il se trouve des thoriciens qui, fermant les yeux sur la ralit, soutiennent l'galit absolue des quatre patriarches, n'accordant celui de Constantinople qu'une simple primaut d'honneur. C'est le cas de Mtrophane Crito Il y a, poulos, au c. xxii de sa Confession de foi dit-il. entre les quatre patriarches l'galit qui convient des pasteurs chrtiens. Aucun d'entre eux ne s'lve au-dessus des autres; aucun ne s'estime digne d'tre appel la tte des autres. Jamais on n'a ou dire, dans l'glise catholique, qu'un homme mortel et sujet de nombreux pchs tait la tte de l'glise... Ils vivent sur le pied d'une parfaite galit et, en dehors de la prsance, aucune diffrence entre eux aTol Se p.otlu.w Sicr ouai xaO'auTO v Tccao. IIXyjv y P "")?
:
:

Orthodoxe, elle avait perdu, par le fait mme, celle primaut, que, d'aprs les canons conciliaires, les avaient d'abord accorde a l'ancienne Rome p qu'elle tait la capitale de l'empire. C'tait .Moscou que revenaient -y. tact npeaoela du 28' canon de Chalcdoine, puisqu'elle tait la capitale du seul empire orthodoxe alors existant. Moscou devenait la troisime Home. Il se trouva un moine russe, Philothe, du couvent d'Eleazarov, prs Pskov, pour dvelopper, tout au long et d'une manire trs logique, la thorie de MOSCOU, troisime Rome. L'ide lit fortune. Elle sourit aux tsars encore plus qu'aux thologiens. Ivan IV commena par se faire couronner et consacrer tsar ou basileus parle mtropolite de Moscou, Macaire, en 1.">I7, et obtint, aprs de pnibles ngociations, que le patriarche de Constantinople, Joasaph II, ratifit, sinon la lgitimit de la crmonie du sacre, du moins le litre de (JaotXs, qu'il s'tait fait dcerner (1501). En 1589, Fodor Ivanovitch et Boris Godounov profitaient d'un voyage de Jrmie II Moscou pour faire consacrer patriarche de Moscou et de toutes les Russies le mtropolite Job. La thorie de la troisime Rome aurait exig que le nouveau patriarche fut proclam d'emble le premier de tous. En fait, il n'obtint mme pas le troisime rang, que Jrmie II lui avait imprudemment promis. Il dut se contenter de la cinquime et dernire place. Encore avons-nous vu que les Grecs feignirent d'ignorer son existence, ou tout au moins le considrrent comme un patriarche de second ordre. 2 U L'autocphalisme national. A partir du xix c sicle, sous la pousse des vnements, la ttrarchie s'est dfinitivement croule, comme aussi a disparu toute thorie donnant un primat l'Eglise universelle. Un

est n. cadrant avec les faits celui de l'autocphalisme national, voire de Vautocphalisme phgltique. Il tient dans cette phrase Toute nation politiquement indpendante les Bulgares ont dit toute race ayant sa langue propre a droit une orga:

nouveau systme

<

nisation ecclsiastique absolument autonome et indpendante. Plus d'autorit commune s'imposant aux glises nationales autocphalcs, sauf celle d'un nouveau concile cumnique, que beaucoup proclament impossible et quelques-uns, indsirable. Il ne reste place, dans ce systme, pour aucune primaut vritable,

v.a.Oib'py.,

[xera oSsfiia tl aXX) Siaopa cs-zi totcov. Kimmel, Monumenla fidei Ecclesise orientalis, Ina, 1851, p. 209-210. t. il,

Dans une Rponse la secte anglicane des non-jureurs, date de 1718, les quatre patriarches orientaux font quatre colonnes de la sainte glise , allusion aux sans laisser entendre qu'il y ait quelque diffrence entre

ces colonnes, lui thorie,


gales. Mansi-Petit, op.

comme

entendu qu'elles sont col, 108. Tout Mtrophane Critopoulos, ils oublient que l'anil

est

cit., t.

xxxvn,

cienne pentarchie a t rtablie en 1590 par

la

d'un patriarcat Moscou. Ou plutt ils viennent, mais ils considrent le patriarche moscovite comme tant d 'un rang infrieur. Ils l'appellent archevque de Moscou et patriarche de toute la Russie. On voit qu'ils tiennent la comparaison des quatre colonnes. La ttrarchie a rgn dans l'esprit des thologiens grecs jusqu'au dbut du xix sicle. Athanase de Paros, en parle encore dans son 'E t,xjy.y\ tv Oe'.cov
1'

cration s'en sou-

mme purement canonique. Tout au plus, par vnration pour les anciens canons, reconnatra-t-on une simple primaut de prsance au patriarche de Constantinople et mme au pape de la viei'le Rome, s'il consentait jamais entrer dans le concert de l'orthodoxie. Telle est la thorie actuellement rgnante bien qu'elle rencontre quelques contradicteurs, certains prnant le retour une primaut canonique en faveur du patriarche cumnique, dont le troupeau diminue de jour en jour et menace mme de disparatre brve chance, si quelque vnement imprvu ne vient changer le sort de la ville de Constantin. Du reste, 'autocphalisme national lui-mme s'effrite sous la pousse de l'autocphalisme phyltique ou des divisions intestines. C'est ainsi qu' l'heure actuelle la ville de New- York, qui, d'aprs les principes de l'autocphalisme national, ne devrait avoir qu'un vque pour tous les Grco-Russes qui s'y trouvent, n'en comptent pas moins de sept, un Grec, un Roumain, un Syrien et quatre vques russes de diverses obl

diences.
//. /..t PRIMAUT DE SAIXT PIERRE ET LES THOAlors que, dans LOGIENS GRCO-RUSSES ifODERXBS. la priode prcdente nous avons encore moissonn un nombre impressionnant de tmoignages sur la primaut de saint Pierre, une primaut vritable de juridiction sur les autres aptres, dans la priode moderne nous ne trouvons plus que des adversaires de
-

Soyi/oc-T

v,

dite en 1800. p.

.'50-

lu.

t combattue, au xvi e et auxvir2 logiens russes, qui essayrent de ressusciter, au profit de Moscou, la thorie de la translation de la primaut canonique, base sur le 28 e canon de Chalcdoine. Du moment que Constantinople, la seconde Home, avait cess, en l 153, d'tre la capitale d'un empire chrtien

Celle thorie avait sicle, parles tho

cel te

mme

primaut.

381

PRIMAUT SELON LES GRCO-RUSSES


la

Cela s'explique par l'hostilit croissante contre

primaut du pape, <l<>nt celle <!< Pierre <-si le vritable rondement. Les thologiens dissidents ne connaissent plus que la thse <!< l'galit parfaite des douze aptres. D'aprs eux, Jsus Christ n'a institu aucune primaut vritable dans le collge apostolique. Tout au pins concdent-ils Pierre une primaut de rang el d non neur due son mrite personnel ou son ge. Ils distinguent nettement entre la simple primaut (t ".<>
reov, d'aprs les Grecs; pervenstvo, d'aprs les Russes) et le principal /, v.y//,, d'aprs les Grecs; glavenstvo, mot mol capitalit, d'apns les Russes). Pierrea pu
(
:

superdiflcati super fundamenium apostolorum et proEt munis cioiphetarum, et a l'Apocalypse, xxi, 1


l
:

avoir
phe,

le le

rcptaTeov ou

rp//,,
c'est

pervenstvo, il n'a jamais reu glavenstvo. Sans doute, on l'appelle le cory-

mais e'esi le coryphe d'un chur d'gaux; un frre entre les frres, un primus inter pares. Ce n'est pas une tte ni un pre, Ainsi s'exprime, en ls, Mlce Pigas, patriarche d'Alexandrie dans un trait intitul Aoyo nepl to t oriv ? y/rUr^. kocOoXixt] 'ExxX^oia, y.'/i rcota ienv^ yvrjota xa /c/ir,: /.-.si'ir !'(,;;/:. J&VTfc, Xttl y.'i.-rj. TT, p/.., TO -7TT7. TTC dit pai- Dosithe, dans le T6u.o xoep, p. 553 Contre la primaut de Pierre, ces thologiens font 1" des raisonnements valoir trois sortes d'arguments thologiques; '2" une exgse ngative des textes scripturaires sur lesquels les catholiques appuienl la primaut; 3 des attaques positives appuyes sur
:

habens fundamenta duodecim. bans le texte. Eccletiam meam dsigne chaque glise particulire plutt que l'glise universelle. Cf. Philarte Drozdov, Slovai rietchi (Sermons et discours), t. 11. Moscou, 1874, serm. xxvm. p. 107- lux. D'aprs le Russe Anatole Martynovskii, si par le Tu es Petrut Jsus-Christ avait \ ml u signifier la primaut de Pierre, il aurait compar l'Aptre non au fondement, mais au toit, au faite de l'difice de l'glise. Le fondement d'une maison, en effet, esi. la plupart du temps, invisible, tandis (pie le chef d'une socit doit apparatre aux \eiix de Ions. I.e roi moule sur le troue il 11e se cache pas dissous. Avdias Vostokov (pseudonyme d'A. Martytatis
-\ rapports avt novskii), L'glise romaL autres /.'(///ses chrtiennes et <o<< tout !> 'l'urr humain, 2 vol., Saint-Ptersbourg, 1857, ouvrage tr.nl. en

'

ure et la tradition. l" Voici quelques spcimens de leurs raisonnements

Chiesa romana nei suoi ru/>'/" <i con tutto il gnre umano, Rome, 1874. I.e pa^.i.e cit se trouve dans le 1. 1, p. 7 ",M, de hi traduction italienne Pour d'au res thologiens, super hanc petram dsigne Jsus Christ lui- mme. (.Cst 'exgse d< Mlci dans son 'OpOSoo SiSaoxaXia, 2 'd.. 1769, p. 137; celle de Gabriel Svros, op. cit., p. 8. Mais 1.1 plupart s'en tiennent a l'interprtation de certains entendue dans un sens exclusif bien loign de leur pense la pierre, c'est In fot, lu confession il'' l"l ilr
italien sous le titre
ir
:

/."

porti con

altre

Ch

pas besoin de chef ni de eux mmes, puisque chacun d'eux avait reu iinmdialemcnl de Jsus Christ un pouvoir plnier pour gouverner l'glise, Ainsi parle, par exemple, le liasse Alexandie .ehede\ dans son ouvrage <> glavenlsvi papy /De lu primaut du ///-y, ! d., Saint Ptersbourg, 18. 1903, p. 2. Ils avaient tous t constitus vques (cilinniques el doclcurs universels par JsUS-Christ. Ils taient Indpendants les uns des autres et poux aient agir leur nuise. Comme vques cumniques, ils
guide,
Ils se suffisaient

bologiques 1. Les aptres n'avaienl


:

Pour fortiher cette explication, le lius^, s Souchkov a cm hou de recourir a la philologie dclare que les mots PetrU et fulni. en gTO Il
Pierre.

Il

-zTpy. en

s\ 10

chaldalque Kepha

et

Keph

ne sont pas
:

synonymes. I.e premier est un adjectif et sie m iie ptri nus dur comme lu pierre; h- second est un substantif el simili he pierre, rot her. Le sens est alors
:

f<

te dis ipie lu es
C'est
je

</<

pierre (pclrinUM

I,

el

sur

<

lli
l.i

[urrrr.
p

a dire, lu /ni.
il

qui le rend dur on


1

irai

mou

glise.
<!<

Contre la fausse doctrine du prin-

cipal universel

naine (en russe

Sainl

Ptersbourg

n'taient attachs
a

aucun

siye en particulier. Pierre


I

Mme
:tl
:

1891, p. 12 13. arbitraire dans l'interprtation de Lui

xxu,
(

le tant pu fonder le sit,c de Home, comme il en a d'autres, AntiOChe par exemple; mais il n'a pas t vque de Home au sens propre du mol. I.'cxcque de Home n'es! pas plus son successeur que l'c\ que d'An tioche. Cet argument, plusieurs thologiens byzantins il l'avaient trouv dj, est rpt par quelques modernes. Cf. Gabriel SvrOS, ll..;. -f : -/:./ : TO
;

Constantinoplc, 1627, p. sq.; Elias Mniats, llrpa oxavSXou, Athnes, in m. p, 94. :i. La reuve que Pierre n'a reu aucune prrogative spciale, c'est qu'il a t ordonne vque au mme titre (pie les autres aptres, Jsus Christ ne lui a cou in. .iiiciui degr spcial du sacrement de l'ordre, qui aurai) t le signe de sa primante sur les autres, Cf. Gabriel Svros, op cit., p. 3 tv tt, leptoaowj ttoou t/,v i naroXoi iiro ro XpiOTO... Ilirpoc Sv f.t/E [X7)S'Sv0t / /.y XOtl 77. xo p.ovr/iy.v TOU, -/>./.-/ 77 iicbuipCTa xoiv& Ta z'; /rrsi.'i ' KTcaroXoi, xal c: ^o to Kpionro. Noir aussi A, Lcbedev, 0/1. cit.,
Tcomct,
i

32 Rogavi pro te, ni non defteiat fldes tua... flrma /rat res tuos D'aprs les nus. i< sus a prie pour ions ei non pour Plei re seul, aprs d'au! a eu pou, but d'obtenir Pierre la grce du repentir pour son triple reniement La i"i dont q s;il;iI est l.i loi II! lise univerque Pierre devra confirmer sont, d aprs certains, non les aptres, mais les Bdi rai. D'autres concdent (pie ce sont aussi aptres; mais ci u, onDrmation sera d'ordre puremi .miles par la prdication muette de son repentir, par l'espoir du pardon qu'il inspirera aux pcheurs, par de fraternelles exhortations a fuir le pch< en la misricorde \\ ne N'eel ilem, M rad. latine de l'anglican Allix Sectarii tioimperii papa Ecclesiam, Londres, 1702, p briel Sr\iin\ ..;.. ,./. p. 20-21; l\. Perov, Oblitchitt 6* d., 1 oula, bogoslovie (Tht 905,
l

.1

|.

|<

<

p.

254.
2"
pri-

Quanl aux icxlcs scripturaires relatifs la maut de Pierre, les thologiens prco russes les

tor-

turent de toutes faons pour leur enlever toute signi fication qui attribuerait Pierre un privilge spcial. Sur le Tu rs PelrUS, ils oui produit de \ raie rou\ ailles.
. 1

Quelques-uns concdent pic les mois super hanc petram dsignent la personne de Pierre; mais Pierre, dais le cas, reprsente tous 'es autres aptres Eux aussi sont pierre cl fondement de l'g'ise au mme titre que lui Et ils ren\ oient saint Paul, l'.ph u, 20
:

Les paroles de U sus u Pierre sur les bords du lac xm 15 I7i sont communment nbrladc (Joa entendues non de la collation d'une primaut quelconque, mais de la rintgration de Pierre dans le collge apostolique par un. expiation publiqui de son triple reniement. Le Pasct oves meas ne don aucun prix ilpe pari iculicr, mais lui rcs( il ne sa dignit d'aptre, qu'il avail perdue. On trouve celle explication dans la plupart des manuels et des traits pol es quatre patriarches d'Oi enl l'adoptent iniques. dans leur encyclique de ISIS, adresse a tous les
de
1

383
orthodoxes
.-i,r,-t',').o)-j
:

PRIMAUT SELON LES GRCO-RUSSES


tv Xoitcv to [iaxaptou ITrpou, y.'.n-.y. o"z tv Si<

384

lux

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Inl

>.>.'-/TT>.r, ti &7TOX0CT(a raai KUTO irooToX^v, ?j x7ce7CTcox 9jv Si t -rptTTv tt; pvrjoeu. Mansi-Petit, /;. <//.. t. xi., col. 393 A. Quelques uns prfrent dire que le Pasce ovesmeas s'adresse a tous les aptres dans la personne de Pierre. Ainsi pensent Mlce Pigas, 'Op06Soo BiSacxaXta, p. 158, qui fait remarquer que Jsus n'a pas dit Su ~<X\y/x->z, lu pasce, niais simplement \\'X\i.v.'.\>z. pasce; Nectaire de Jrusalem, op. cit., trad. Allix, p. 168-169; les patriarches orientaux dans l'encyclique aux Antiochiens, de 1722. Mansi-Petit, op. cit., t. xxxvn, col. 141. 3 Aprs s'tre dbarrasss de la sorte des tmoignages invoqus par la thologie catholique, les polmistes orientaux essaient de prendre l'offensive tant sur le terrain de l'criture que sur celui de la tradition. Ils en appellent d'abord aux passages vangliques o Notre-Seigneur recommande l'humilit aux siens et proscrit de son glise la manire autoritaire des rois des nations (Matth., xx, 20-28; Luc, xxn, 24-27); o il dit Vos aulem omnes fratres estis. Matth., xxiii, 8-11. Les Actes des aptres leur fournissent plus d'un argument. Ils insistent sur l'lection de saint Mathias; sur l'expression Miserunt Petrum et Joannem, Act., vin, 14; sur l'humble attitude de Pierre devant ceux de la circoncision, aprs la conversion du centurion Corneille, Act., xi, 2-18; sur le rle de premier plan jou par Jacques au concile de Jrusalem et sur le fait que ce n'est pas Pierre seul, mais tous les aptres avec les anciens qui crivent aux fidles d'Antioche, de la Syrie et de la Cilicie. Act., xv, 6-30. Ils font remarquer que les autres aptres se taisent absolument sur la primaut de Pierre, et que saint Paul parat la nier par ce qu'il dit dans l'ptre aux Galates, i, 11, 16-17; n, 6-18. Il nomme en effet Cphas aprs Jacques, lui rsiste en face et lui fait la leon devant tout le monde. Ils dcouvrent des indices dfavorables l'existence de toute primaut dans l'glise primitive dans certains passages des ptres pauliniennes, notamment dans I Cor., i, 12-13; m, 4-9; Eph., n, 19-20; et dans l'Apocalypse, xxi, 14. Pierre lui-mme, disent-ils, ne parat pas avoir conscience de sa prminence puisqu'il s'appelle simple auu.Trpetr6Tpo, I Pet., v, 1, et nomme saint Paul son frre trs cher. II Petr., ni, 15. Dans leur encyclique aux fidles d'Antioche, en 1722, les patriarches orientaux vont jusqu' relever comme incompatible avec la primaut de Pierre le fait que Paul, Jean, Jacques, ont crit leurs ptres son insu et sans le consulter. Cf. Mansi-Petit, op. cit., t. xxxvn, col. 148; Philarte Goumilevskii, Thologie dogmatique orthodoxe, 3 e d., t. n, Saint-Ptersbourg, 1883, p. 263; Trouskovskii, Thologie polmique, 2 e d., Moghilev, 1889, p. 39-43; A. Lebedev, op. cit., p. 247-253; Souchkov, op. cit., p. 43-66. 4 Pour ce qui regarde la tradition patristique, la conduite des polmistes anticatholiqucs est bien simple. Ils font ressortir tout ce qui, dans les crits des Pres, parat tre dfavorable de prs ou de loin la thse catholique. Ils s'arrtent spcialement sur l'exgse du Tu es Petrus donne par saint Cyprien, et quelques-uns dclarent que c'est l'interprtation de ce Pre qu'il faut ramener tout ce que disent les autres. Cf. I. Perov, op. cit.. p. (16. Si un mme Pre donne d'un mme texte vanglique deux interprtations diffrentes, ils rapportent celle qui est la moins favorable la primaut de Pierre et passent l'autre sous silence. C'est ainsi qu'ils accumulent les citations o les mots .super hanc petrum sont entendus de la foi de Pierre, de sa confession de la divinit de JsusChrist, dans le but d'opposer la foi de Pierre sa personne. Se trouvent-ils en face d'une affirmation vidente de la prminence du chef des aptres, ils s'en

S^WV auro,

t})v

passages de ce genre sont (les loges oratoires, qu'il faut bien se garder 'li prendre a la lettre, (.'est avec ces principes d'exgse qu'Alexandre Lebedev, op. cit., p. 269 270, par exemple, arrive compter parmi les adversaires de primaut de Pierre saint Jean Chrysostome lui-mme, qui l'affirme si explicitement en plusieurs endroits de ses crits; cf, plus haut, col. 280 sq. Le mme dcouvre des difficults contre la doctrine catholique la ou un critique inform ne saurait en apercevoir l'ombre, comme dans le silence des canons apostoliques, dans le lait que le Pasteur d'IIcrmas ne place pas saint Pierre dans les fondements de sa tour, dans les paroles de la Liturgie de saint Jacques disant que l'glise est fonde sur la pierre de la foi. 0[i. cit., p. 254, 256-257. Pour enlever toute valeur probante l'argument de tradition en faveur de la primaut, il suflit d'autres de dire que les Pres donnent des textes vangliques des explications divergentes et que, par consquent, on n'en saurait rien tirer de certain, tant que l'glise runie en concile cumnique n'en aura pas formul une interprtation authentique. Cf. Avdias Vostokov,

dbarrassent en disant que

les

| ;

op.

cit..

t.

p/wv, Leipzig, 1863,

(trad. italienne), p. 43; p. loi.

Damalas, Hepl

///. ORIGINE ET DVELOPPEMENT l<K LA PRIMAUT ROMAINE D'APRS LES HISTORIENS ET LES T11OWGIENS GRCO-RUSSES DE LA PRIODE MODERNE El

contemporaine. Nier la primaut de saint Pierre un moyen radical de ruiner par le fondement la primaut romaine. Une autre voie tout aussi efficace
est

d'arriver au mme rsultat est d'affirmer que la fonda tion de l'glise romaine n'a rien voir avec saint Pierre, soit que saint Pierre ne soit jamais venu Rome, soit qu'il n'y soit venu que pour souffrir le martyre, sans s'occuper d'y organiser une glise dj existante et de s'y donner un successeur. 1 La thse de la non-venue de saint Pierre Rome. soutenue par certains critiques d'outre-Rhin du sicle dernier, a t adopte par plusieurs polmistes grcorusses, malgr la tradition unanime de l'glise grecque depuis les premiers sicles. Mme aprs que la critique indpendante a abandonn cette position intenable, celle-ci a gard des partisans en Orient. Il n'y a pas longtemps que le Grec Nectaire Kphalas la prenait

encore son compte. MsXstt] LaropiXT] rcepl twv otIcov to axiayuxxo,, t. i, Athnes, 1911, p. 12-40. D'autres, sans oser soutenir expressment la ngative, se contentent d'mettre des doutes. Ainsi firent les quatre patriarches d'Orient dans leur encyclique de 1848. Mansi-Petit, op. cit., t. xxxvn, col. 391 A 'O Opvo tj 'Pcjj.Y](; x [uv.c, Ttvo ~hr apaSoasco vou-^era'. Tiyxrfizl, 7rapx to u.axaprj'j Ilrpou. Le patriarche de Constantinople Anthime VII, en 1895. dclarait que l'activit apostolique de Pierre Rome est compltement ignore par l'histoire Ilarpiap/ixT) xal ouvoSixy) yxxXio, 14, Constantinople, 1895. Un plus grand nombre donnent leur faveur l'opinion qui attribue saint Paul en personne, ou l'un de ses disciples, la fondation de l'glise romaine et ne fait venir Pierre Rome que pour y souffrir le martyre entre les annes 65 et 67. D'abord mise en avant par l'ex-catholique Vladimir Guette. Exposition de la
:

c,

doctrine de l'glise catholique orthodoxe, 2 d., Paris. 1881, p. 122, cette thse a t dveloppe ex professa

par Serge Souchkov, dans l'ouvrage cit plus haut. Ses conclusions sont les suivantes 1. Aucun aptre n'est all Rome avant saint Paul: 2. l'glise romaine n'a pu tre fonde avant les annes 65-67: 3. son pre mier vque fut le disciple de saint Paul. Lin, ordonn par l'Aptre lui-mme; 4. Paul est donc le premier fondateur de l'glise romaine: 5. saint l'ierre n'arriva Home, par Corinthe, que sur la lin de l'anne 65 ou en 66. Il collabora avec l'aul pour parfaire la fondation
:

385

PRIMAUT SELON LES GRCO-RUSSES


uvres de

386

de l'glise romaine, el mourut martyr sous Nron, en 67 ou 68. Op. cit., p. 85-1 18. Souchkov a trouv plusieurs disciples en Russie. Quelques-uns pourtant, tel Alexandre Hieliacv, De l'union des glises, Serghievl'ossad, 1897, p. 87-89, donnent comme fondateur de
l'glise romaine non saint Paul lui-mme, mais un de ses disciples. 2 Transformation progressive de la primaut. MC-inc quand on nie que saint Pierre soit venu Home

saint Lon le Grand l'expos prcis a de toutes les prrogatives romaines, telles qu'elles ont t depuis dfinies par le concile du Vatican . Lutin, nous 5 Retour a des ides plus saines. devons signaler quelques rares auteurs russes qui, dans les dernires annes qui ont prcd la chute du rgime tsariste, ont expos objectivement les manifestations

OU qu'il ait fond L'Eglise romaine, la question de la primaut de l'voque de Home n'est pas rsolue pour l'historien, car il est incontestable que, dans les premiers sicles et bien avanl le schisme byzantin, le pape a t considr comme le primai de la catholicit. Nous trouvons chez les Grco-Russes, historiens, thologiens ou polmistes, plusieurs solutions divergentes ce problme.

La thse classique, qui a la faveur des polmistes de profession, parce qu'elle met en bonne posture l'glise dissidente, est que, avant Pbotius, l'vque de Home. n'eut qu'une primaut d'honneur, primaut d'origine
ecclsiastique accorde par les l'res et les empereurs en considration du rang de capitale de la ville de Home. C'est dans ce sens (pie sont interprts les

anciens canons sur les privilges <\i\ siue de Constate linople (3 e de Constantlnople en 381, 28< de Chalcdoine, 36 du synode inTrullo). 1. es manuels de thologie russe, mme les plus rcents (cf. Sylvestre Malevanskii, Opijt pravoslavnago dogmatitcheskago bogoslovta, 2- d., t. iv, Kiev, iH'.t", p. 332; Malinovskii, Otteherk

pravoslavnago dogmatitcheskago bogoslovta, t. n, Serghiev-Possad, 1908, p. 300), ne font commencer la monarchie papale qu'au vnrMX* sicle. Avant cette

poque, nul prlat n'exerait sur l'glise universelle

une vritable autorit. Quelques :w La primaut d'origine canonique. auteurs, devant l'vidence des tmoignages anciens qui iMius montrent les papes exerant, en certaines circonstances, une vritable autorit souveraine lard en Orient qu'en Occident, dclarent que. dans les premiers
sicles,

la primaut romaine dans les premiers sicles et ont reconnu que cette primaut, un vritable pouvoir de juridiction, non seulement s'est exerce sur les glises d'Orient, mais a t officiellement reconnue par elles. Dans le t. x de son Cours d'histoire de l'glise, intiDoukhovcnslDO drevnei vcelenskoi tserki'i il.' tul clerg de I aneienne glise cumnique, des temps apostoliques au i.\- sicle), l'historien Alexis-Petrovitch I.ebedev (f 1908) consacre tout un chapitre a l'origine n et au dveloppement de la primante romaine, affirme que toujours et invariablement, l'vque de Home fut suprieur aux autres patriarches et il le prouve par les tmoignages des trois premiers sicles, bien connus de la thologie catholique, A partir du iv sicle, continue I.ebedev, l'autorit de- l'vque deRome S'accrot de plus en plus et arrive-, au milieu du v sicle, un point cpii ne laisse- presque l'Ius rien a dsirer. Pendant cette- priode, l'Eglise d'Orient, par Home- dans l'ide s;i conduite, continue l'vque <bqu'il est rellement suprieur BUS autres c-vcpies. Elle reconnat, par ses conciles et par les actes de ses prlats, lela primante- romaine. Tout l'Orient capitule devant pape Lon a propos du 28 canon de Chalcdoine. e h. pi reOp. cit., p. 22x '-Mi. L'ouvrage qui ont m n lut publi a Moscou en 1905, a u\\ moment ou chma que-lque- peu la censure ecclsiastique et ou l'on respira en RuSSle, pour une oui te- priode, l'air de la libert l.e mme Alexis I.ebedev .iv;ilt dite, quelques annes

de

>

auparavant,

le-

I.

de-

son COUTS sur {'Histoire de


i\
.

la
v

sparation des

glises aui
iv

et

.w

suites.

Il

l'vque de Home tait investi d'une vritable primaut de juridiction. Celle primaut lui avait t reconnue pour des raisons iliv erses. Elle n'tait point d'ordre divin, mais d'origine ecclsiastique et reue par la coutume. Nous trouvons celle opinion dans le Cours de droit ecclsiastique du canoniste grec Eutaxias, cours rest manuscrit, p. 204, 208-210. Le polmiste Alexandre I.ebedev, que nous avons dj cit plusieurs lois, se rapproche de cette opinion quand il lit qu'une primaut canonique de juridiction suprme avait commenc s'tablir dans les premiers sicles au profit de l'vque de Home. Mais, d'aprs lui. les agissements ambitieux des papes empchrent l'volution normale de celle primaut, vers laquelle l'glise tend spontanment. Us en falsifirent la vritable notion, et la spa ration des Eglises arriva avanl que les droits et l'exel dlinis. cice de celle primaut eussent ele clairement Op. cit.. p. 172-177, 202. l'Ius nombreux sont ceux qui I" L'usurpation. parlent d'une vritable primaut de Juridiction nsur pe par les vqucs de Rome bien avanl le schisme phOtien, D'aprs les uns, celle usurpation aurait coin menc ds l'origine mme de l'glise romaine, ci. Nec taire Kphalas, op. ci/., c i, p. 10. D'autres en d couvrent les premires traces ds le m' sicle. Cf. .1. Overbeck, L'glise catholique orthodoxe, Protesta lion contre l glise papale (en russe), Saint-Ptersbourg,
1869, p. s. I.a plupart ne font pas difficult de reconnatre qu' partir du iv sicle les prtentions papales a la domination sur l'glise universelle sont nettement 1900), affiches. L'historien russe Basile Boloto\ dans ses Leons sur l'histoire de /' glise aneienne. t. m.
;

Une prlilarehie oltgOt chique constituant le suprme gouvernement ecclsias ticpie sciait dj tablie, excluant toute primaut et reconnaissant des droits gaux a chacun des cinq
dclarait qu'aux
et
v

sicles,

cpii

.'(17.'II*. pas I.ebedev Cen'tait I'. patriarches. avait parle abus, mais la censure ecclsiastique, COmme l'aVOUa I.ebedev lui mme a un ib s,s amis. Alt ci. M. Jugle, Un historien russe de l'glise

Pelrovitch

Lebedeo,

dans

fcAos

d'Orient,

c
i

xxvi,

1927, p. 103. dl En 1912, N- canoniste n. Souvorov, clans la ion le- son Manuel le droit i" lsiasttque, Saint Ptent
e

bourg, p. 16 50, rptait, en abrg, l'expow d'Alexis I.ebedev et dclarait que les patriart hes et les vepics orientaux, t les conciles cumniques eux-mmes, avaient reconnu, en certaines circonstances, par leurs actes et leurs paroles, la primante de droit divin de H 1909, P, lapin, dans son ou [Ue de Rome
I

grave intitule- Sobor kak vyshii organ (serkovnyt vlasti il,, oncile considr comme organe du pouvoir clt siat tique), Kazan, 1909, p. 97 98, avait affirm la mme chose, insistant sur les appels rcpcle-s des evques Orientaux au pape entre le- iv et le l\ sicle. On voit, par ces opinions divergentes, quelles elitii cultes rencontre la simple vrit historique pour s, -s milieux dissidents. taire jour dans
|

IV.

//'s
i

RAISONS
/.'./

nu
/
/

Saint-Ptersbourg, 1913,
DICT.

p.

280-301, trouve dans

les

Nous ne nous HO VAINS. arrterons pas aux objections d'ordre historique que les adversaires de la papaut vont chercher dans l'antique tradition pour battre en brche ses prre tives. Ces Objections sont connues le tous. HappeIons seulement que les Grco-Russes ont utilise pour leur polmique tout ce que les controverses occidentales sur la primante et l'infaillibilit pontificale ont produit d'hostile aux prrogatives papales. Us insistent
u
i'

DE THOL. CATHOl

T.

XIII

13.

387

PRIMAUT

SI

I.ON

LES GRCO-RUSSES

-iS.S

spcialement sur le cas de sainl Cyprien el de son conde Carthage de 256, dont les Actes, grce au smhhIc m TrullO, ont pass dans le CorpUS furiS oriental; sur l'histoire du prtre africain Apiarius, au temps des papes /os in ie et lion il ace Ier (417-422); sur les can. 3 de Constantinople (.'(Ml et 28 de Chalcdoine. Il ne sera pas sans intrt de signaler quelques-uns des arguments de raison thologique que les polmistes rcents ont invents contre les prrogatives romaines. Sur ce terrain, les disses surloul se sont signals par la fcondit de leur imagination. C'est d'abord le titre de chef ou tte de l'glise, donn au pape par les catholiques, qui provoque leurs attaques. Pour eux, Jsus Christ seul est la tte de L'glise, et c'est lui taire injure que de dcerner ce titre un simple mortel. C'est aussi faire du corps
cile

COpat. C'est donc (pie la papaut est une institution purement humaine, contraire au plan du Christ et la vritable nature de l 'glise. Cf. Alexandre Lebl
op.
"p.
cit.,

p.

cit., t.

28, 96-98, h. p. 61 E.
:

137-138, 351 353; Malinovskii,

Akvilonov, L'glise. Dfinitions


Saint-Ptersbourg,
1894,

scientifiques
p.
ILi'.l

de

l'glise,

s(|.

Nos polmistes n'oublient pas de s'approprier les arguments de certains adversaires occidentaux les prrogatives reconnues au pape par le concile du Vatican la primaut et l'infaillibilit papales rduisent a
:

nant

la

dignit

piscopale

et

rendent

les

conciles

absolument inutiles. Dans le systme du papisme, les vques deviennent les humbles vicaires du vicaire de Jsus-Christ. Cf., par exemple, Alexandre Lebedev,
op. dt., p. 214-218.

mystique du Christ, qui est l'glise, un vritable monstre en lui donnant deux tls pur sophisme, qui s'vanouit ds qu'on met en parallle le rle de Jsus Christ comme chef de l'glise considre dans ses trois tats et le rle du pape, chef visible supplant de la
:

Certains dcouvrent enfin, contre

la

doctrine catho-

glise militante attaque maladroite, qui se retourne contre ses auteurs, attendu que les Confessions de foi du xvii' sicle, celle dite de Pierre Moghila. et celle de Dosithe, rdiges contre les erreurs protestantes, revendiquent pour les vques de chaque diocse les titres de vicaires du Christ, T07roTY)p/)Tai to XpiaTO (cf. Confession orthodoxe, I re part., q. i.xxxv) et de ttes de lEylise : ox v y.y-OL/rpzi Xx xupUo p/ xal xeepaX too th.ctxtto'j sO^xs to Ilvspa to yiov {Confession de Dosithe, c. x); de sorte que la grande diffrence qui existe entre l'glise grcorusse et l'glise catholique sur le terrain de l'ecclsiologie se rduit ceci la premire donne l'glise militante un nombre indfini de ttes visibles, la seconde se contente d'une seule. Cf. C. Tondini, Le pape de Rome et les papes de l'glise orthodoxe d'Orient,
seule
:

lique de la primaut du pape, successeur de saint Pierre, une difficult spciale tire du fait de la survivance de l'aptre saint Jean a saint Pierre. D'aprs cette doctrine, en effet, saint Jean, aprs la mort de saint Pierre, a d tre soumis la juridiction du suc

Paris, 1876. On s'en prend aussi au titre de vicaire du Christ,

autre nom du pape dans le vocabulaire catholique. A en croire le Russe Alexandre Lebedev, op. cit., p. 3950, 118-128, 330-339, ce titre produit sur la mentalit des catholiques les etets les plus nfastes, outre qu'il droge la dignit du Christ. Ce polmiste nous reprsente le pape comme une sorte d'cran qui cache le Christ l'me du croyant et fausse toute sa vie spiri tuelle. Pour le catholique, point de vraie foi, car son regard se porte continuellement sur le pape visible, non sur Jsus-Christ invisible; point de vraie saintet, car c'est le pape, dont la vue l'obsde, qu'il cherche imiter, non Jsus, qu'il ne voit qu' travers le pape. Aprs avoir dcrit sous les traits les plus noirs la tyrannie papale et l'esprit de servitude qu'il engendre chez les catholiques, il en arrive cette conclusion Ce papisme latin est condamn par la parole de Dieu. Ces catholiques restent spars du Christ et ont perdu la grce de Dieu. Op. cit., p. 58. L'ouvrage de Lebedev, qui a eu deux ditions, avait pass en rsum dans plusieurs manuels de thologie l'usage des sminaires
:

cesseur de celui-ci, Lin ou Clment. Or, il y a une souveraine inconvenance ce (pie l'aptre bien-aim du Seigneur ait t ainsi subordonn quelqu'un qui lui tait infrieur sous le rapport des charismes de l'apostolat Quis audiens dicentem, dit Nectaire de Jrusalem, op. cit., trad. Allix, p. 251-252, non probris excipiat, ut scilicet discipuli apostolorum essent super apostolos ratione successionis Ptri',' Voir aussi Philarte Drozdov, Dialogues entre un chercheur et un convaincu, Saint-Ptersbourg, 1815, trad. grecque de Vallianos AiXoyot 7tepi Op6o8otoc t7, KvaToXujc, xaGoXixj 'ExxX/;oac ulzz'xv'j peuvTj-ro xal e-oiOto:, Athnes, 1853, p. 98. Telles sont les principales raisons que les thologiens et les polmistes grco-russes de notre poque opposent la doctrine catholique de la primaut romaine. Nous ne nous arrtons pas aux diatribes violentes, aux calomnies, aux dformations, volontaires ou non, du dogme catholique, qu'on rencontre et l chez certains auteurs.
:

V. LES LIVRES CANONIQUES ET LlTURGlQVEs DE L'GLISE GRCO-RUSSE ET LA PRIMAUT DE SAINT pierre et du PAPE. Le bref aperu historique que nous avons donn de l'volution de la doctrine de l'glise grco-russe sur la primaut romaine, du ix e sicle nos jours, met en vif relief le contraste qui existe entre le point de dpart et le point d'arrive. On a vu comment, mesure que la sparation entre

les deux glises devenait plus tranche, l'hostilit a l'gard des prrogatives de Pierre et de son successeur

russes

Contre la primaut du pape, les polmistes russes contemporains reprennent le vieux raisonnement de le pape n'est pas supNil Cabasilas, au XIV e sicle rieur aux autres vques parce qu'il ne reoit aucun ordre spcial suprieur l'piscopat. Or, pour transmettre les prrogatives exceptionnelles que les catholiques attribuent l'vque de Home, il faudrait un sacrement spcial, un signe sensible, qu'on ne trouve nulle part. On pourrait admet Ire. la rigueur, que
:

Jsus-Christ ait accord' a l'aptre Pierre, de vive voix, de pareils privilges, mais on ne voit pas comment ils peuvenl arriver au pape, puisque, de l'aveu des cal ho liques, celui-ci ne reoit aucun ordre suprieur l'pis

s'tait accentue dans la mme proportion. Entre les positions des thologiens byzantins du ix> sicle, v compris Photius. et celles des Grco-Russes du xv. l'cart va jusqu' la contradiction la plus flagrante. Parmi les glises spares du centre de l'unit catholique, c'est le propre de l'glise grco-russe de ne point se piquer de logique et de se signaler par l'incohrence de sa conduite. Tout en disant anathme au dogme catholique de la primaut et de l'infaillibilit du pape, successeur de saint Pierre, elle continue d'honorer d'un culte liturgique les grands saints d'Orient et d'Occident, les grands papes, qui ont enseign le plus expressment les prrogatives du prince des aptres et de ses successeurs sur le Sige de Home. Signalons, parmi les Orientaux, les saints Basile, Grgoire de Nazianze, Jean Chrysostome, Sophrone de Jrusalem, Maxime le Confesseur. Jean de Dama-. Taraise, Nicphore, Thodore le Studite, Ignace. Mthode, aptre des Slaves, et, parmi les Occidentaux. les saints pontifes romains. .on le Grand, Grgoire le Grand, Martin 1". sans parler des pres comme

3S!>
saint Ambroise.

PRIMAUT SELON LES GRCO-RUSSES


De
primaut du pape, spcialement dans le-, offici S des saints papes ports au calendrier de l'glise byzantine: Clment, Sylvestre, Lon le Grand, Grgoire le Grand
la
el

plus, la mme glise garde, dans qui contiennent sa discipline canonique el sa liturgie, des tmoignages non quivoques de l'antique foi de l'Orient chrtien aux privilges du sif^e qu'on appelai) autrefois le Sige apostolique par excellence, le Sige apost olique (oui court. La primaut de Pierre sur les autres aptres esl
les livres officiels

Martin

I".

Aux

vpres de

la
:

fte de saint

(24 nov.), on ut, par

exemple

Pierre,

le

Clment coryphe
:

affirme par les nombreux litres d'excellence qui lui sont dcerns dans les livres liturgiques byzantins. Lui seul, l'exception 'les autres aptres, est appel le porte-clefs du royaume des deux .
neiieineni
<j

des aptres, se donna en ta personne un digne sn seur; aprs lui. tu as excellemment gouvern l'glise kto SkxSoxov y.y-y.'/ z/ 'j'.-.z iov [ie6'v ttjv 'ExxXt; niv.-/ y.y'i i-,z Sux.ya.yayv... Le 'i janviei saint Sylvestre est compar a une colonne de feu qui :i montr h lu min au s, uni concile de Nice orXo itpiQrfi j
( :

xXeiSoxo

-rij

oopavv

ptaaiXeta;

1'

conome

et h-

TrporjYouxvo lepo owrrijudcro.

Il

est

appel*

Adle dispensateur du royaume , Tocuia o-aXrj -.-.y/ nj izla-ty, paaiXefa; la pierre de la loi le sige 'le la loi. la hase Inbranlable des ceo dogmes, tj Tinrzojr zy/.. t\',-y.-j.-.<-,'i 'yi<-,:z JcoeioTo; la base et la pierre de l'glise , rrrpa, (tpwrtc, tj, le le prfet, prsident de l'glise ExxXTjoia
.

/,

coryphe du concile, qui le coryphe des aptres qui a confirm dogme


\>

illustr le

coryphi
t

sige du des maints

rs saint

ro a

atou y.'/0/T(j-/ z/.'.n-i.rn-/ : xopuao lepv itarpaj


Tuva.
la
le

'

Quant

saint

8 f>

r.

I,

il

esl

salu
^a

comme

TrpocnxTij, TrpE^pot;

r7,c;

'ExxXr ata.
(

Par rapport aux autres aptres Pierre esl dit non seulement le premier el le coryphe, irpro, xopu ato; le prsident, Tipoeopo l'occupant du premiei si^e, 6 TtptoTOpovo mais aussi l'exarque ocpxo,, irpoepxcav; le pat ron, 6 npooTrne, la cime suprme, xopuaiOTOCTo le fondement principal des aptres, 'r xopuipccloc y.prjc, tv dbroorXcv. Ces derniers titres suggrent l'ide non d'une simple primaut de rang tau Il el d'honneur, mais d'une vritable autorit, di.ni aussi signaler les nombreuses homlies des Pres Insres dans certains livres liturgiques, tel celui que les Russes appellent le Prologue, dans lesquelles la primaut de Pierre est expressment enseigne, par exemple, par saint Jean Chrysostome, saint Kphrcm, saint Jean de Thessalonique {Discourt sur la dormi lion de Marte, cf. art. Jean di Thessalonique, t. vin, col. 824), etc. Par rapporl l'glise romaine. Pierre est appel son premier vique, xrfi 'P>y."K --r-ow;
.

lumire de l'univers, successeur de Pierre,


II:--.'/,

-/;

olxi

hritier

de

primaut,
r

xal rjv -.-,.-in-/z la colonne de l'orthodoxie, btjjX; ;>/;. Comme un nouveau Mose, il est
StSoyot;
,

apparu au

peuple de Dieu, aprs ;,\oir grav les enseignements de la foi sur (les labis ;,;,!lieu. \ la oire li irand 2 mars sain appel le successeur de Plein tant sur s, ni sige (pudans son /ele, ro /: '.ri: KQcO
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1

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des

glises, qui

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sein, arrose la terre entire

du

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doctrine orthodoxe
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sape, qui

p.iv

proclame

la

primaut
1
1

di

l'I

gllsi
:

romait
essai tardil
t

disparu des ditions rcentes des menes el houleux de met i.i liturgie d'
thologie actuelle.

avi

7Tp<0TTCr7X07T';, TJ imU,\Uyl<ttO\J 7(.w -'<).fi,v.


,i

L'opposition entre ce que l'on chante l'glise el ce que l'on enseigne dans les manuels de thologie est tellement criante qu'en ces derniers temps les autorits ecclsiastiques ont opr quelques suppressions, Ainsi. le litre de Ilrp-x tyj 7TrjT<oc, qui revient si souvent disparat de certaines ditions grecques des menes, S 13, tandis que les ed il ions lusses le ion partir de servent. Mans une dition grecque des menes parue a Venise en 1895, on a supprim- aussi le titre de Trp(oT7r[axo7roc tj 'PtijxTj el les passages de l'office du 20 juin, OU il esl dit (pie saint l'icrn el s.iinl l'aul
I

ces tmoignages sm la primaut romaiiu n'imp sionnent pas plus les polmistes anticatholiques qui les titres dcerns l'aptre Pierre. Ils \ Muent de simples loges, des expn ss -.m- grandi poi liqui porte doctrinale, qui peuvent parfaitement s'en tendre d'une simple primaut d'honneur Ici eni
;i

venus Home. celte Pour enlever toute valeur dogmatique preuve liturgique, les polmistes anticatholiques onl l'habitude de dire qu'il n'j a l que des loges de rh torique qu'il l'aul bien se garder de prendre la lettre; que, d'ailleurs, les mmes litres ou des titres simi laires sont donns d'autres aptres. Les loges ne sont pas des dogmes, r lyxuxa Sv eve Syu
son!
.i

e-d la preuve patristique, ii sont h-s faits historiques (pu fournissent le commentaire authentique des pi de la liturgie. si des livres liturgiques nous passons .oix recueils i. tiques, nous j rencontrons .m^-i plusieurs docu inenls anciens, tmoins di la foi primitive de l'Orient chrtien a la primaut romaini e sont l< s anons de Sardlque sur les appels au pape; les dcrets de Jusii llien et autres empereurs proi l.ini.inl h pape d' Home le premier de Ions les pielals ,1 nii.uni |.,
.

Elias Mniats, HcTp-x oxotvSixXou, d. cit p. 83 Sans doute, il ne laui pas exagrer la porte dl certaines appellations, produits de l'emphase orientale. Siius don le aussi, la liturgie grecque al tri hue d'autres
crit
el
.

121.

aptres

le

litre

de SsuiXio

ttj 'ExxX-rjota.,

de y

voire celui de xoputpao. Mais Pierre seul en reoit quelques-uns d'une manire exclusive. Lui seul esl le cors phec lout court, XOpiKpaO (avec l'article); lui seul a le superlatif 6 xopo<pai6T<XTO<; -< > r7oo~r';>.o>v. Reconnaissons que la preuve liturgique toute seide ne nous mnerait pas bien loin. si elle n'tait l'cho fidle de ce que nous dit l'antique tradition
tt, TriaxEoj,
:

premire de toutes les glises; la lettn de saint raraise au pape Adrien I" sm la simonie, donl nous avons signal le passage sm la primaut; la Donatia onstan Uni elle mme, insre au Vi moi anon des lexii' sii Nous avons vu aussi plusieurs anciens \'omocanona slaves cous, rv. mt jusqu'au xvr sicle le magnifique tmoignage de l'aptre des Slaves sain) Mthode, il esl vrai que ces mmes collections canoniques n nfermenl des puces qu'on peut lacilenienl exploiter contre le dogme catholique tels les \itcs du concile africain de 256; les canons ,i lettres des synodes de arthage sur les appels a Rome, spcialement dans l'affaire
<
:

<

d'

Vpiarius; plusieurs dcrets du concile in Trullo faisant la loi a l'glise romaine; les canons sur h-s priv

byzantine encore au sicle de Photius. Ce n'est pas seulement la primaut de saint Pierre qui esl affirme ou insinue dans les ii\ res liturgiques; on \ trouve aussi des allusions suffisamment claires a

lges du sige de Constautinople; les novelles el constitutions impriales exaltant le patriarche byzantin au dessus des autres siges orientaux, sm-- parler de certaines diatribes postrieures au schisme, (pion a introduites dans les Directoires canoniques, ou II des diverses glises autocphalcs Mais l'histoire

391
iiniis

l'I'.l

TI-;

DU PAPE

PRISCILLIEN
;

rvle l'origine

et

la

valeur de ces documents.

La conclusion vidente de toul ce que nous venons de dire esl que l'glise grco russe de nos jours ne pense pas du sige de Rome et du pape ce qu'en pensait l'glise byzantine du i.v sicle, il s'est donc- produit
une solution de continuit dans la doctrine sur ce point particulier. Du point de vue dogmatique, le fait
est

gros de consquences.
touch
la

question pour celle dernire priode. Voir A. Palmieri, Theologia dogmatica orlhodoxa, t. il, Florence, l'.iKi; Th. Spacil, Conceptus et doctrina de Ecclesia juxla Iheologiam Ortentls separati,
l'eu d'ailleurs catholiques ont
l'.i2:t-i'.2l (Orienlalia christiana, tasc. :i et 8); Grivec, Cerkev (en Slovne), Liubliana, 1924; Acta Acadmies Velehradensis, t. x, i>. 265-379, pour indications bibliographiques; C. Tondini, Le pape de Rome et les papes de l'glise orthodoxe d'Orient, Paris, 187(1; M. d'Herbigny, Theologica de Ecclesia, 2 vol., 3* d., 1927-1928.
l'.

Home,

On trouvera un expos d'ensemble avec l'indication des principaux traits et dissertations polmiques contre la primaut romaine crites par les Grco-Russes depuis le xvi c sicle dans le t. iv de notre Theologia dissidentium orientalium, Paris, 1931. Pour ce qui regarde la primaut de saint Pierre et du pape d'aprs les livres liturgiques russes, voir .Joseph de Maistrc, Du pape, 1. I, c. x; P. (tagarin.dans ludes de philosophie et d'histoire, t. n, 1857, p. 64-72; C. Tondini, La primaut de saint Pierre prouve par les titres que lui donne l'glise russe dans sa liturgie, Paris, 1807; Flosculus veritatis de Ecclesiarum unione ex variis orienlalis Eeclesi libris studio RR. PP. ordinis S. Basilii Magni Balasjaluensium collectus olim et semel iterumque ditas nunc denuo novis recensitus curis, Rome, 1862,p. 13-16;
Nilles,

ils interdisent encore de jener le s'absenter de l'glise pendant le carme, pour tenir des conventicules dans les montagnes ou dans les villas; de recevoir l'eucharistie l'glise sans la consommer: de s'absenter de l'glise pendant les trois semaines qui prcdent l'Epiphanie. Le 5e canon prescrit aux vques de ne pas entrer en communion avec ceux qui ont t excommunis par un autre vque; le 6e excommunie OU soumet une dure pnitence les clercs qui prtendaient quitter leur Office OU se faire moines parce que le clerg sculier leur paraissait trop attach au monde; le 7e interdit que personne s'attribue le nom de docteur, except ceux qui en ont le droit, et le 8 e ne permet pas aux vierges de prendre le voile avant l'ge de iO ans. La plupart de ces mesures, si elles se rapportent bien aux groupes indiquent priscillianistes, qu'ils se manifestrent d'abord surtout comme des groupes d'asctes, et le e 6 canon rvle une opposition, qui est naturelle et se constate un peu en tout temps, entre le clerg rgulier et les asctes. A. Puech, Les origines du priscillianisme, dans Bull, d'une, litter. etd'archol. chrt., t. n. 1912, p. 175.

taire des crit lires


et

dimanche

de

Kalendarium manuale

utriusque

Ecclesia-,

t.

i,

Inspruck, 1896, p. 51, 72, 106-107, 121, 137, 193, 244.

Bien que le nom de Priscillien ne figure pas dans les canons de Saragosse, on ne saurait douter que les membres du concile ne l'eussent expressment vis. et n'eussent pris des mesures pour empcher la secte de poursuivre sa propagande. Ces mesures se rvlrent impuissantes. Grce l'appui d'Instantius et de Salvianus, grce la faveur d'Hygin de Cordoue qui venait de se dclarer pour lui, Priscillien fut lev
l'vch d'Avila. Une fois consacr, il se trouvait tre l'gal de ses adversaires et capable de leur tenir tte. Mais ceux-ci se tournrent d'un autre ct. Ithacius

M. Jugie.
hrtique de la fin du iv e sicle. L'histoire de Priscillien et la doctrine qu'il a enseigne soulvent encore des problmes difficiles rsoudre. Nous devrons ici nous contenter d'insister sur les points qui semblent dfinitivement acquis.
I.

PR SC ILLIEN,

Histoire.

Les origines du priscillianisme nous


H

sont surtout connues par l' istoria sacra, 1. II, c. xlvii.i, de Sulpice-Svre, qui crivait dans les premires annes du v e sicle, donc peu de temps aprs les vnements, et qui tait un fort honnte homme. SulpiceSvre nous raconte donc qu'un gyptien du nom de Marcus serait venu en Espagne, aux environs de 370, et y aurait prch une doctrine secrte apparente au ^nosticisme. Il aurait russi convaincre quelques disciples,

d'Ossobona et Hydacius de Mrida demandrent l'appui du pouvoir imprial et obtinrent de Gratien un dcret de bannissement contre les manichens; ce terme vague tait alors appliqu aux priscillianistes: il offrait l'avantage de pouvoir l'tre bien d'autres
encore.
Priscillien, Instant ius et Salvianus durent alors (381 passer les Pyrnes; ils sjournrent auze, puis Bordeaux. Durant leur sjour en Aquitaine, ils prchrent leur doctrine et firent des proslytes, dont les plus notables furent Euchrotia et Procula, femme et fille du rhteur Delphidius. Ces deux personnes s'attachrent leurs matres et les suivirent en Italie, o ils allaient solliciter le secours du pape Damase et de l'vque de Milan, Ambroise. L, les Espagnols n'obtinrent aucun succs saint Damase refusa de les recevoir; saint Ambroise ne leur fit pas un meilleur accueil. Ils parvinrent cependant, grce l'intervention du matre des offices, Macdonius, et du proconsul d'Afrique. Volventius, obtenir l'annulation de l'dil d'exil port contre eux, et ils purent rentrer en Espagne. Ce fut pour peu de temps. Maxime, proclam empereur par les lgions de Bretagne et install Trves, n'eut rien de plus press que de se concilier les bonnes grces des vques catholiques. Ithacius obtint de lui qu'un concile serait runi Bordeaux et reprendrait l'examen de l'affaire (384). Instantius comparut devant rassemble et y prsenta sa dfense il fut d. posfi de son silge. lu-, illien refusa de se laisser jugci par les vques; il demanda que sa cause ft plaide devant l'empereur lui-mme. C'tait une grave imprudence. Amens Trves, les priscillianistes y furent suivis de leurs accusateurs. Kn vain saint Martin, alors prsent Trves, supplia-t-il Maxime, s'il condamnait la doctrine hrtique, d'pargner du moins les personnes. En vain mme, effray au dernier moment de sa responsabilit el des protestations souleves par sa conduite. Ithacius renona il poursuivre l'accusa) :
:

parmi lesquels une femme nomme Agape et un rhteur Elpidius, et ces deux personnages auraient

t les premiers matres de Priscillien. vrai dire, le rcit de Sulpice-Svre n'est pas au-dessus de tout

soupon nous connaissons par saint Irne un hrtique appel Marcus, qui prchait dans la valle du
:

la fin du IIe sicle, et saint Jrme identifie ce Marcus avec le matre de Priscillien. Epist., lxxv, 3; In Isaiam, xvn, 64. Il pourrait se faire que SulpiceSvre et mal interprt certains bruits qui ratta-

Rhne

chaient l'enseignement de Priscillien celui de Marcus, cl et pris pour un contemporain un hrtique du


pass.

En

tout cas, nous savons que Priscillien,

liomme

in-

struit et des plus

recommandables par

murs, commena aux environs de Mrida

l'austrit de ses propager ses ides vers 370-375,

cl de Cordoue. Il groupa bientt autour de lui un certain nombre d'adhrents. des femmes surtout, mais aussi des vques, Inslan-

lus et Salvianus, Il fut d'ailleurs immdiatement combattu par d'autres voques, surtout par Hydacius de Mrida et Ithacius d'Ossobona. Ds octobre 380, un concile se runit Saragosse et condamna sinon Priscillien nommment, du moins les erreurs qu'on lui attribuait. Les canons conciliaires dfendent en consquence que les femmes soient mles aux hommes dans des runions ayant pour objet la lecture et le commen
i

393
lion
:

PRISCILLIEN
celle-ci fui reprise
le

394
doctrine de Priscillien.
orthodoxe
et qu'il

Rufus;
trines

prfel

qute. Priscillien

par deux vques, Magnuset du prtoire, vode, conduisit l'enfut convaincu le malfices et de doc-

lui condamn morl el excut il de ses partisans, les diacres Asarbius el Aur lins, Flicissimus et Armnius, toul rcemment passs la secte, le pote Latronianus et la matrone Eu chrotia. L'vque Instantius el le rhteur Tibrianus lurent exils; on les relgua aux lies Scilly. On ne s'en imi pas l. Une commission militaire fut expdie en Espagne, avec la charge le rechercher les priscillianistes et de procder contre eux. Os mesures hrulales soulevrent les protestations de (ous les honntes gens, mais ceux-ci ne pouvaient pas grand'chose aussi longtemps que Maxime se maintenait au pouvoir et gardail sa confiance Ithacius. Sans doute le pape saint Silice refusa il sa communion aux partisans de l'vque d'Ossobona et saint Ambroise lit-il de mme. Il fallut al tendre la chute de Maxime l.'iKKi pour voir se llhacius lut alors dpos de produire une raction l'piscopat; lui et son collgue Hydacius <le Mrida furent Interns Naples, tandis que les restes de Pris illien el des autres supplicis de Trves taient joui plialemenl ramens en Lspane. Pendant quelques annes, la secte put librement se rpandre Priscillien tait honor par ses partisans comme un martyr, sou tombeau tait un centre de plerinage; ses ii\ res taient lus avec respect. L'vque d'Astorga, Symposius, tait la tte du mouvement cdant l'enthousiasme populaire, il consacra de nom brCUX vqueS priscillianistes; aprs peu de temps, la province de Galice sembla dfinitivement perdue pour

immorales;

avec

six

Est-ce dire ne faille voir en lui qu'un simple prdicateur d'asctisme? M. Babut a rcemment tent de le rhabiliter et de prouver que sa doctrine n'avait rien de rprhensible, de sorte qu'il aurai! t simplement l'innocente victime d'une cabale de prlats mondains. A cette ((inclusion simpliste s'opposent l'ensemble des faits (pu- nous connaissons, et aussi les tmoignages qui nous restent sur l'enseignement de Priscillien. 1 Ouvrages priscillianistts. Quels sont au juste ces tmoignages? lui 1889, l'attention du public savant fut vivement excite parla publication, dans le Corpus de Vienne, d'un volume cpii. n croire le titre, contenait les uvres de 'lise illien. On savait aSSUn nient par saint Jrme, De vir. ///.. 121. (pie Priscillien avait compos de rs nombreux Opuscules. Mais on ni connaissait Jusqu'alors aucun de ces opuscules et l'on s'accordait a penser qu'ils avaient tous disparu voici (pic l'diteur G. Schepss, annonait onze traits de Priscillien retrouvs dans un m--, de la bibliothqui de 'universit de WurtzboUTg. \ v rai dire, ces traite S sont anonymes dans le nu., mais la preuve de leut origine semblait si bien administre (pie les doutes n'taient pour ainsi dire plus permis. Voici les titres d<
II.

I.v

pie Priscillien ait t

.i

ces

laites

dans le ms.; appel Liber apologelicus par l'diteur, qui j vit d'abord un plaidoyer prononci en 380 au o mi le de Saragosse; il s'agit beaucoup plus probablement d'un plaidoyer adress au concile di
1.

Sans

litre

<

Bordeaux en
2.

.'i<s

t.

l'orthodoxie.
Il devenait urgent d'aviser. Les vques des autres provinces d'Espagne se runirent a SaragOSSe, puis a Tolde; ils n'arrivrent a aucun rsultai pratique, bien que Symposius e( son fils eussent fait mine d'accepter les conditions poses par saint Aml>roise et promis de condamner la doctrine de Priscillien. En 100, il fallut assemblera Tolde un nouveau concile, devant lequel consent irent comparait re les vques galiciens. Les dbats lurent animes parmi les priscillianistes, les uns acceptaient de se soumettre, les autres se montraient Intraitables; du ct orthodoxe, >\i-u\ opinions gale ment se faisaient jour, celle des modles, qui taient prts, moyennant certaines conditions, a entrer en communion avec les priscillianistes repentants, et celle (les Intransigeants, qui exigeaienl la dposition Imm diate de toul l'piscopat galicien. H lallut recouru a l'arbitrage du pape Anastase et de l'vque de Milan Simplicien. Ceux-ci se prononcrent pour les solutions lres qui, avec le temps, linuent par prev a loir. Cependant, le priscillianisme ne disparut pas tout le suite. Vers 17, l'vque d'Astorga crivait encore a saint Lon pour lui dnoncer les agissements de l.i secte. Entre hrtiques et orthodoxes, la lutte se poiu suivit sous l'orme de traits, de symboles, de canons conciliaires, l.a dernire grande manifestation contre le priscillianisme eut lieu au concile de Braga de li.'. o dix-sept anathmatismes furent ports contre tes divers points de son enseignement, Ce tut le coup de grce de l'hrsie. A partir de celte date, il n'en est a peu prs pins question. .1. Tixeront, Histoire des dogmes, l. n, Paris, 1929, p. 2:i.">. Telle est, dans ses grandes lignes, l'histoire extrieure ^\\\ priscillianisme. Cette histoire n'est pas sans prsenter des obscurits le procs de Priscillien eu particulier n'est pas clair, el trop d'influences politiques et mondaines entrent en jeu dans une cause o seule la doctrine aurait d tre examine, l.a condamnation de l'hrtique et de ses part sa us nous apparat ainsi, comme elle ('apparaissait dj saint Martin el saint Ambroise, d'une souveraine injustice.
:

Liber </ Damasum episcopum; sans doute la dfense adresse eu 'AS 382 BU pape hainase. Ion (pie Priscillien et ses compagnons vinrent a lioine. De flde (et de apoeryphis; apologie en faveur des
>

.'i.

livres
bloc.
I.
~>.

apocryphes qui doivent tre lus avec pic a ut ion. sans doute, mais qu'il ne faudrait pas coud; miner en
V/i/i latut

Pas

Tractalus Genesis, sur h- rcit de la cration. i;. Tractalu Exodi, sur la loi de Paque il x 7. Traclalu primi psalmi. H. Traclalu psalmi tertii. a. Traclatus ad populum I sur le psaume xiv IX. 10. TraclalUS ml populum II. sur le psaume
. l

Benediclio super fidles. Les huit derniers rceaux, sept sermons et prire, sont loin d'avoir l'importance des trois pn miers.Ce sont des homlies. dans lesquelles rgne l'ex< Lse allgorique et (pu ne siiitiseiii pas rvlei une thologie caractrisl [que. Aux Opuscules contenus dans le seul malins, lit de Wurtzbourg, l'dition de Schepss ajoute des
I

I.

.i

<

Pauli apostoli epistolas, compilation forait lions et de lelcreuees el destine a fournir des EU nients a un prdicateur. Ces canons, qui Bgurenl dans plusieurs manuscrits, surtout espagnols, ont t assez rpandus pour que de bonne heure un orthodoxe du nom de PrgrinUS ait tenu les retoucher. La Iccl me des laites de \\ in /liour- n'a pas t sans dcevoir l'attente des spcialistes. Sulpice-Svre en effel nous parlait de Priscillien comme d'un or.iteiii abondant et disert. Or, les traits sont crits en un style diffus, lourd el pnible. D'autre part, on esprait trouver dans les crits, prtendument authentiques, de Priscillien d importants renseignements sur sa doc trille, et cet espoir a ete trompe a peine quelques revendications en faveur des charismes prophtiques ou des livres apocrv plies; cela ne sullisail pas a expli quer pourquoi Priscillien avait ete coud, uiine ds Saragosse et finalement excute. Il est vrai que les trois premiers opuscules sont des apologies prsentes a des adversaires et. par suite.
in
I I
:

;;'.>:

PRISCILLIEN
que
les

qu'ils doivent adoucir ce

thses nouvelles pou

valent avoir de trop trange ou de trop compromettant. Mme en tenant compte le celle circonstance, la banalit, m l'on peut dire, en est difficile ; comprendre.

du dualisme, la conet du monde matriel, avec les consquences naturelles de cette condaminterdiction du mariage, asctisme exagr, nation
surtout, c'tait l'enseignement

damnation absolue de
:

la

matire

propos de rsoudre le problme en attribuant la paternit les onze truites, non pas Priscillien, mais [nstantius, qui comparut en effet devant le concile de Bordeaux, O Priscillien refusa (le
a

Diim Morin

rendre, et qui recul l'ordre d'y plaider sa cause. Cette attribution est en effet vraisemblable, et nombreux sont les savants qui v ont adhr. Quoi qu'il en soit, si les onze rail es de Wurtzbourg m- suffisent pas nous renseigner sur le priscillianisme, quels moyens avons-nous de le connatre? 12" /.es- anathmatismes du concile de Braga (563). L'expos le plus clair, le plus complet, de la doctrine priscillianiste nous est fourni par les anathmatismes du concile de Braga en .">(>3. Prs de deux sicles sparent ce concile des origines de la secte, qui en un si long espace de temps a pu considrablement voluer. Nous retrouverons tout l'heure cette question. Il est utile, en tout cas, d'avoir tout de suite sous les yeux la dernire forme prise par l'hrsie; en voici le rsum, tel que le donne .1. 'Fixeront 1. Les priscillianistes nient la distinction relle des personnes divines; ils sont sabelliens. 2. Ils admettent en Dieu une sorte d'manation ad intra d'ons ou d'tres divins; il y aurait dans la divinit trinitas trinilatis. 3. Le Fils de Dieu, Notre-Seigneur, n'existait pas avant de natre en Marie. 4. Ils sont doctes et ne croient pas que Jsus-Christ soit n in vera hominis natura. Aussi jenent-ils le jour de la naissance du Christ et le dimanche. 5. Les anges et les mes humaines sont des manations de la substance divine. 6. Les mes humaines ont pch dans le lieu cleste o elles habitaient et, cause de cela, ont t prcipites dans des corps humains sur la terre. 7. Le diable n'a pas t d'abord un bon ange cr de Dieu il est sorti du chaos et des tnbres; il n'est pas cr; il est le mal substantiel mme. 8. Il est, dans le monde, des cratures qui sont l'uvre du diable c'est lui qui est l'auteur du tonnerre, des clairs, des temptes et de la scheresse. 9. Les mes et les corps humains subissent l'influence des astres. 10. Les douze signes du zodiaque correspondent aux diverses parties du corps et de l'me et sont en rapport avec les noms des douze patriarches. 1 1. Le mariage est mauvais, et la procration des enfants condamnable. 12. C'est le diable et les dmons qui forment au sein de la mre le corps de l'enfant. La chair ne ressuscitera point. 13. La chair n'est pas l'uvre de Dieu, mais une cration des mauvais anges. 14. Les priscillianistes s'abstiennent de manger de la chair et mme des lgumes cuits avec de la viande, non par mortification, mais parce qu'ils regardent la chair comme une nourriture impure. 15. La secte enseigne que les clercs et les moines peuvent, en dehors de leur mre, de leur sur, de leur tante ou d'une trs proche parente, retenir auprs d'eux des femmes trangres et cohabiter avec elles. 16. Le jeudi saint, contre la coutume de l'glise, les priscillianistes clbrent, l'heure de tierce, des messes pour les dfunts et rompent le jene. 17. Enfin, le dix-septime analhmatisme dclare que Priscillien a corrompu les critures il interdit de lire et de dfendre les traits que I'vque Diclinius avait composs avant sa conversion, aussi bien que les crits fabriqus par les hrtiques sous le pseudonyme des patriarches, prophtes et aptres. .1. Fixeront, op. cit., p. 236-238. 3 Erreurs reproches aux priscillianistes. Somme toute, il ressort de ces canons qu'en 563 on se reprsentait le priscillianisme comme une forme peine renouvele du manichisme; ce qu'on lui reprochait
se
i

ajoutait a cela d'autres griefs: sabellianisme, orlgnisme, astrologie, plus ou moins troitement lis aux premiers. Nous avons dj remarqu que les adversaires les plus acharns de Priscillien. Ithacius et Hydace, l'avaient prcisment accus de manichisme auprs de l'empereur Gratien; si vague, si imprcise que soit cette accusation sous sa forme gnrale, elle peut trouver son fondement dans les pratiques asctiques de Priscillien et de ses premiers adeptes les canons de SaragOSSe en 380 nous ont fait connatre quelques-unes de ces pratiques telles que le jene du dimanche et l'loignement de l'glise pendant le carme. Mais elle peut aussi se justifier par des faits prcis, et force nous est bien d'examiner ce qu'il en est. Erreurs trinilaires. 1 Remarquons d'abord l'accust ion de sabellianisme porte par le concile de Braga Priscillien. ou Instantius, condamne sans doute le patripassianisme, mais il ne laisse pas d'employer parfois des formules suspectes Tu enim es Deus, qui...
etc.
:

On

unus Deus
et

crederis, invisibilis in Ptre, visibilis in Filio

unilus in opus duorum sanctus Spirilus inveniris. XI, d. Schepss, p. 103. Ailleurs, en parlant de l'incarnation Invisibilis cernitur, innascibilis nascilur. incomprehensibilis adtinetur. Tracl.Yf, p. 74. Rapprochons de cela la condamnation porte par les Pres du concile de Tolde en 400, contre la doctrine du Filins innascibilis, et ajoutons que Symposius d'Astorga, un priscillianiste de la premire heure, doit alors convenir qu'elle est employe dans la secte. De telles formules auraient pu tre entendues dans un sens orthodoxe avant le concile de Nice. Prs de soixante-quinze ans aprs, il tait difficile de les interprter avec indulgence. D'autre part, le synode de FJraua 2. Manichisme. reproche aux priscillianistes leurs doctrines sur l'origine des mes qui ont t prcipites par les dmons dans les corps humains cause de leurs pchs et sur la fatalit astrale qui est cense s'exercer sur elles. Dr. nous lisons dans le Traite sur l'Exode la phrase suivante, longue et embarrasse, mais d'une doctrine suspecte Enfin, dans celui des deux Testaments qui est le premier, comme nous l'apprend la lecture d'aujourd'hui; afin que, l'Egypte ayant t punie, le peuple de Dieu ft ramen la joie pour la clbration de la fte de Pque, sont dtermins la nature des victimes, le jour du mois, le temps de l'anne; au contraire, dans celui qu'on appelle le Nouveau, les animaux, selon l'vangile, ayant t chasss du temple et le monde ayant t clou la croix, le Christ montant pour nous au gibet est la victime offerte, et l'une est appele la Pque du Seigneur, l'autre la ntre, afin que, le sens respectif de chacun des deux livres tant bien compris, nous comprenions que tout ce qui arrive et est arriv pour le salut de l'homme nous a t montr, afin que la nature du corps, qui est appele par l'Aptre la ligure du monde et le vieil homme, quoiqu'elle ait t faite de la main de Dieu, puisqu'elle est apparente aune origine terrestre, parce qu'elle est forme de limon, et que. divise par les jours, les temps, les annes, les mois et toutes les sortes de vices qui sont sous le soleil, elle a prouv la race des hommes en les emprisonnant dans les souricires d'un domicile terrestre; Le corps corruptible appesantit car le prophte dit l'me, et l'habitation terrestre rabaisse l'esprit aux vastes penses (Sap.,IX, 15); afin donc que la nature du corps, corrige ncessairement par la loi de l'Ancien Testament, et offerte comme un tabernacle de Dieu, ne doive plus rien dsormais aux jours et aux temps.
Tract.
:

39:

1MUSCLUKN
.

mais que, devenue pareille la chair du Christ faisant partie d'un corps virginal, elle mette mort en prsence du Seigneur la forme du pch qui opre en elle cl qu'elle meure en quelque sorte sur la croix du Christ comme l'agneau parfait, mle, immacul, avec la totale destruction des vices, ainsi que le dit l'Aptre J'ai t attach avec le Christ en croix; ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui \it en moi (Gai., h,
:
i

On

le

voit, c'est

toujours

la

mme

accusation de

manichisme qui reparat. Ne faut-il pas qu'elle ait t fonde, au moins sur des apparences, pour qu'elle
se retrouve, aussi prcise,

d'un bout

a l'autre

de

l'his-

toire
'.i.

du priscillianisme

20). o /// Exod., d. Schepss, p. 77. L'ide fondamentale de celle phrase embrouille semble bien tre que les pcheurs doivent se purifier de leurs fautes et s'attacher a la croix du Sauveur. Ide courante, mais qu'accompagnent ou que troublent des Formules dangereuses. Sans doute, l'auteur (lu trait dclare expressment (pie la nature du corps a t faite pal la main de Dieu il carte ainsi l 'hypothse d'un
I!),
:

du Dieu suprme; mais il admet (pilla nature humaine est appesantie ou mousse par l'lment matriel qui entre dans sa composition n'est-ce pas une condamnation de la matire? El
dmiurge
distinct
:

encore il parle 'le l'influence des jours, des mois, des temps, des saisons, en termes tels qu'on s'inquite de savoir s'il ne professe pas ;m fond un fatalisme astrologique.

Paul Orosc, dans son Commonilorium, accuse formellement Priscillien d'avoir admis un tel fatalisme, et il cite un fragment d'une lettre de l'hrtique qui semble lui donner raison La premire Science, aurait ('crit Priscillien, c'esl de reconnat re dans les types des
:

les nat lires des vert us di\ incs cl (de reconnat re) disposition du corps dans laquelle le ciel semble li, et la terre et toutes les puissances du sicle semblent enchanes; mais e sont les dispositions des suints qui
la
i

mes

l'emportent. Car le premier cercle cl le contrat divin dis mes qui doivenl tre envoyes dans la chair, (contrat) fabriqu par l'accord des anges de Dieu et de toutes les fi mes, sont en la possession des patriarches ceux au contraire qui ont en leur possession l'uvre de la milice formelle... I.a phrase s'arrte ici. et nous n'avons auctltl moyen de retrouver le sens de la partie perdue. Cf. /'. J... t. XXXI, col. 1213 B. Mais ce que nous lisons est dj suffisant l'me humaine semble bien enchane par les lois des astres. Or, si Priscillien admet que l'me et le corps sont des manifestations de deux principes opposs, ne sommes nous pas amens croire (pic. malgr toutes ses pr (aillions de langage, il aboutissait logiquement au dualisme mtaphysique? Nous (levons ni rappeler le texte de l'hilasli ius. Celui-ci a publie le Dr liirrrsibux Vers 383, c'est a duc en un temps O la controverse pi iseillicnne battait son
;
:

Ajoutons que l'attiOpposition <i I" hirarchie. prise, des l'origine, par Priscillien et :;r tes disciples n'est pas faite pour nous donner une pleine confiance en l'orthodoxie de leurs doctrines ? Priscillien se pose comme un docteur, et il revendique le droit des charismatiques. Prtention trange et dangereuse, qui a toujours t (elle des bret iques et contre laquelle ne peut pas ne pas s'lever avec force l'glise hirarchique. lui mme temps, Priscillien se plat a faire usage des livres apocryphes. Parmi les traits publies sous son nom se trouve un livre consacr spcialement a lgitimer cette pratique. Les arguments mis en avant par l'auteur du rait peuvent tre matriellement exacts il est v rai (pie quelques crivains canoniques ont ut dise les apocryphes, (pie l'pltre de saint .Inde cite des textes qui ne figurent pas dans |a Bible, (pie saint Paul recommande aux Colossiens la hit un- d'une pltre aux Laodlcens qui n'est pas canonique, etc. Il est ei vrai que tout n'est pas ncessairement mauvais dans les apocryphes et que tous les crits de cette nature n'ont pas des hrtiques pour auteurs. Mais ces arguments n'empchent pas que l'glise n'ait jamais pu reconnatre aux apocryphes une autorit comparable celle des liv res inspires. Les premiers sont suspects de velinalit de leur nature; On in- peut lis lire (pie srieuses prcautions. I.es seconds contiennent la parole de Dieu, et l'glise a mission d'en dresser le canon authentique, d'en fixer aussi les rgles d'Interprtation, lin voulant accueillir les apocryphes el en plaidant pour eux. Priscillien S'engage en une von dangereuse. \piutons enfin que les premiers priscillianistes t.ure bande a part, a aiment a se sgrger de l'glise, s'environner de mystre, les canons du concile di
tude
|
i : i

son! caractristiques a ce sujet. Bien plus, les prlscil

pas a faire l'apologie du mensonge Us dclarent qu'il est permis de mentir, toutes les fois qu'on a des raisons srieuses pour dissimuler la vrit
liaiiistes n'hsitent
et

lu iniiis. compose nu' nie un traite inti dans lequel il dveloppe iitte lu orie ell l'appuyant sur des exemples nombreux emprunts a on l'criture. Comme le note finement L. Duchesne, n'est si prcautionneux que (pi. nul on a quelque hose

Un

des leurs.
I.iItu.

tille

plein et o, d'autre part, il tait difficile d'en connatre autre chose (pie la rputation. Or. PhlIastrluS pense sans doute Priscillien cl ses disciples lorsqu'il crit sou hrsie 84 H j a d'autres (hrtiques) chei les Gaulois et les Espagnols et en Aquitaine, qui sont comme des abstinents; ils suivent galement la secte 1res pernicieuse des gnOStiqueS et des manichens et n'hsitent pas prcher les mmes docl rines que ceux ei. sparant les poux par leurs conseils et faisant pro lession, en matire d'aliments, d'une abstinence qui a t accorde par le Christ comme une grce la volont des hommes, non selon un prcepte de la Loi, mais pour les l'aire avancer dans la voie >\{i ciel el les lever en dignit... IN font cela afin (pie, mesure qu'ils mprisent les aliments, ils en viennent les dire mail vais, el ainsi soutenir qu'ils n'ont pas t accords par Dieu a l'homme pour sa nourriture, mais qu'ils sont l'uvre du diable; ils pensent ainsi, et en cela ils s'efforcent de mont rer (pie la crai ion n'est pas l'uvre de Dieu, mais celle du diable, et, par ce mensonge, ils ont sduit beaucoup d'mes. Unies.. 84, d. Marx,
:

mu. n. p. :>i7 l" Conclusion. Priscillien a Que conclure de la commenc par prcher l'asctisme, et ses premiers dis
cacher
.

Hitt.

,i,

''

CipleS se sont livres, sous sa conduite, a des pratiques asctiques, s'il n'avait fait que cela, 11 n'aurait pas t
suri ont il n'aurait pas trouv, pour s'lever contre ses doctrines, les plus ardents dfenseurs de las ctisme dans l'glise, saint Ambroise, saint SulpiceSevre. saint Jrme lui mme, qui a pu hsiter a le blmer tant qu'il ne le connaissait pas. mais qui a lini par prononcer les paroles d< isives. Saint Martin, qui a tellement lutt pour empcher l'effusion du san;:. qui, aprs l'excution de Priscillien el de ses disciples, n'a pas cesse de se reprocher, connue une faute grave, la faiblesse qu'il avait eue de communier avec les voques responsables de la mort des hrtiques, n'a jamais pro nonce une parole qui permette de penser qu'il parta geait les opinions des condamns. En fait, l'asctisme de Priscillien se fonde sur des prsupposs doctrinaux Son appel a des charismes, sa revendication t\u droit de tous les fidles a recevoir l'Esprit, sa prtention au titre de docteur, tout cela branlait la hirarchie cl la discipline, comme son recours aux livres apocryphes compromettait le canon. Son asctisme n'tait donc
.
:

coud a n n ic;

p.

15;

P.

J...

t.

mi,

col.

l!)(i.

399

l'MSCIU.I EN

PRIVILGE
d'hit!,

l'A

II

100

pas un asctisme parfaitement orthodoxe, ci. en nous tenant ces quelques faits incontestables, nous constatons dj qu'il s'j mlail une suite de montanisme attnu. A. Puech, art. cit, p. 211. Faut-il aller plus loin, et parler du manichisme de Priscillien ? Ses premiers adversaires n'ont pas hsit a le faire. Nous ne ciomiiis pas dmontr qu'il y ait eu des relations directes entre Priscillien et les manichens, ni mme que l'enseignement de celui-l doive quelque chose la doctrine de ces derniers. Mais les tendances de Priscillien l'orientaient vers le manichisme, tout au moins vers quelques-unes des opinions prches par les manichens la condamnation de la matire, la mchancet fondamentale les uvres de chair, etc. Ces opinions taient depuis longtemps condamnes par l'glise; il tait naturel qu'elles fussent rejetes une fois de plus lorsque Priscillien essaya de les dfendre. Sans doute, le priscillianisme reste encore, par bien des aspects, une doctrine mystrieuse, et le dtail de son histoire risque de n'tre jamais tir au clair. Il y a l-dedans trop d'intrigues; la politique, la jalousie, la haine, tiennent trop de place dans les manuvres d'Ithacius et d'Hydacius contre Priscillien. Mais tout cela n'empche pas que Priscillien ne soit pas rest orthodoxe, que sa doctrine mrite la qualification d'hrsie que lui a donne l'glise.

eccle., 1926, p. 530-538; A. d'Als, Priscillien, dans Recherches de n ience religieuse, t. xxm, 1033, p. 5 1,
1

120-175.

G.

Bardy.

PRIVILGE PAULIN.
du
privilge (col.
101).
III.

[.Notion. II. 1 Discipline de l'interpella


s

tion (col. 106). IV.


1.

Dure

et cllct
1 1.

du privilge

(col. 113).

V. Interprtation (col. 11

qu'est

Nous n'avons ici qu' rappeler ce la facult qu'a le conjoint privilge paulin infidle qui se convertit et reoit le baptme de cou tracter un nouveau mariage, si l'autre conjoint refuse
Notion.
le
:

obstinment de se convertir ou de cohabiter pacifiquement; par cette nouvelle union se trouve dissous le lien du mariage contract dans l'infidlit. Cette drogation la grande loi de l'indissolubilit du mariage a t promulgue par saint Paul, I Cor., vu, 12; de l son nom. On l'appelle aussi, et pour la mme raison, cas de l'Aptre; ou encore privilge de la foi, parce qu'il est accord en faveur de la vraie foi, c'est--dire du baptme.

I.

Sources.

Les

sources qui nous renseignent sur

Sur la nature du privilge et ses fondements dans l'criture et dans la tradition, nous renvoyons l'art. Mariage, t. ix. col. 2060-2062. Ouant l'origine, les auteurs sont loin d'tre d'accord. Les uns veulent que ce privilge soit de droit divin immdiat, c'est--dire tabli par le Christ et promulgu seulement par l'Aptre. Cette opinion est adopte gnralement par
tous ceux qui dnient au pape le pouvoir de dissoudre le mariage des infidles. Parmi ses plus illustres reprsentants citons en premier lieu Benot XIV, De synodu dicesana, 1. VI, c. iv, n. puis Sanchez, saint Alphonse de Liguori, Perrone, auxquels il faut ajouter Pesch, Billot, Vlaming et Wernz- Vidal. Cette manire de voir semble confirme par le Saint-Oflice, qui, dans son instruction du 11 juillet 1866 au vicaire apostolique du Natal, dit expressment et plusieurs reprises au sujet du privilge paulin qu'il a t concd par le Christ et promulgu par saint Paul, a Chrislo Domino concessum et per aposlolum Paulum promulgatum. Cf. S. C. Propag., ColleeL, n. 1295, 1297. Les autres prtendent que le privilge est fond sur le droit humain, que certains appellent de prfrence apostolique, c'est--dire port par saint Paul, en sa qualit d'aptre, pour les seuls Corinthiens et tendu ensuite toute l'Eglise par son chef. Ce point de vue est celui des thologiens ou canonistes qui admettent que le pape a le pouvoir de dissoudre le mariage des infidles, mme consomm; ds lors, disent-ils, il n'est plus ncessaire de faire intervenir immdiatement le Christ pour accorder ce privilge la rupture du lien se fait en vertu du pouvoir extraordinaire de l'Aptre et du pouvoir ordinaire du pape. Cette seconde opinion, qui fut celle d'anciens canonistes comme Abbas, Palu(tanus, fut soutenue au XVIe sicle par les professeurs du Collge romain dans un mmoire prsent Urbain VIII en 1582. Dfendue par Lemkuhl, elle est admise aujourd'hui encore par Vermeersch, De casu aposloli, n. 2, et par Cappcllo, De sacramenlis. t. m. n. 767, qui l'appelle probable au mme degr que la premire. Le cardinal Gaspard, qui semblait autrefois incliner dans ce sens, Tractalus canonicus de matrimonio, d. 1904, n. 1329. reconnat, dans l'dition de 1932, t. il, n. 1 135, que cette controverse n'a pas grande importance et qu'elle cache souvent une confusion d'ides . Il est vident, en effet, que l'indissolubilit du mariage tant exige par le droit divin, seul l'auteur de ce droit peut y apporter une drogation en consquence, le privilge dont il est ici question doit driver de quelque manire du droit divin. La controverse reste cependant sur le point de l'origine mdiate
,',
:

Priscillien et sa doctrine sont de plusieurs catgories. Avant tout, il faut placer les crits de Priscillien et de ses partisans. Les onze traits de Wurtzbourg et les canons sur les ptres de saint Paul figurent dans l'dition de

G. Schepss, PrisciUiani quse supersunt, Vienne, 1889. Contre l'authenticit de ces traits, G. Morin, Pro Inslanlio, dans Rev. bnd., 1013. Pour l'authenticit, J. Martin, Priscillianus oder Instantius? dans Ilislor. Jahrbuch, t. xlvii, Dom de Bruyne, Fragments retrouvs 1927, p. 237-351. d'apocryphes priscillianisles, dans i?ei>. bnd., t. xxiv, 1907, p. 318-335; G. Morin, Un trait priscillianisle indit sur la Trinit, dans Rev. bnd., t. xxvi, 1909, p. 255-280, et dans tudes, textes, dcouvertes, Paris, 1913, p. 151-205; .J. Chapman, Notes on the early history / the vulgate Gospels, Oxford, 1908, p. 217-288, attribue Priscillien ies prologues monarchiens sur les vangiles; Dom de Bruyne, La rgula eonsensoria, une rgle des moines priscillianisles, dans Rev. bnd., t. xxv, 1908, p. 83-88, croit avoir retrouve une rgle monastique des priscillianistes. Viennent ensuite les canons des conciles, particulirement ceux du concile de Saragosse de 380, Mansi, Concil., t. ni, col. G33. Les actes du concile de Tolde de 400 ne nous sont parvenus que dans des fragments insrs dans le protocole d'un autre concile tenu en 447. Le point de vue orthodoxe est reprsent par Philastrius de Brescia, De lucres., 61 et 84; saint Ambroise, Epist., xxiv, P. L., t.xvi, col. 1034; Maxime, E/tist. ad Siricium, P. /,., t. xin, col. 592; saint Jrme, De vir. illuslr., 121; Epist., cxxvi, cxxxin; Sulpice-Svre, Historia sacra, 1. II, c. xlvi-li; Dialog., m, 11-13; Paul Orose, Commonilorium de errorc priscillianistarum et origenistarum, P. L., t. xxxi, col. 121 3 sq. sain t Augustin, Epist., ccxxx vu Contra mendacium, ouvrage rdig spcialement pour rfuter

la I.ibru

du

priscillianiste Dictinius et sa thorie


;

du men-

songe permis; De hsresibus, 70 Contra priscillianistas et origcnislas, rponse Orose; Pastor, Libellus in modum symboli; Syagrius, De fuie: sur ces deux derniers cf. G. .Morin, Pastor et Syagrius. deux crivains perdus du V e sicle, dans
Rev. bnd.,
t.

X, 1893, p. 385-391.

Parmi les travaux consacrs Priscillien et a son hrsie, citons seulement F. Paret, Priszillianus, ein Re/ormator des IV. Jahrhunderls, Wurtzbourg, 1891 .1. Dierich, Die Quellen zur Gesehtch.lt Priszillians, Breslau, 1807; K. Ktnstle, Anlipriscilliana, dogmengesch. Vntersucluingen und Texte ans dem Streite gegen Priszillians Irri'Iire, Fribourg, 1905; E.-Ch. Bahut, Priscillien et le priscil: ;

IL Travaux.

lianisme, Paris, 1909; A. Puech, Les origines du priscillianisme et l'orthodoxie de Priscillien, dans Bull, d'une, litt. et d'arch. chrl., t. n, 1912, p. 81-05, lfil-213; J.-A. Davids, De Orosio et sancto Auguslino priscillianistarum adversariis commentatio historien et philologica, La Haye, 1930; Rev. 1). Suys, I.a sentence porte contre Priscillien, dans

ou immdiate.

Quant aux

rgles de l'application pratique

du cas de

401

PRIVILGE PAULIN CONDITIONS

402

l'Aptre, le Code est bref, can. [119-1127; il n'apporte pas sur ce point une discipline nouvelle el renvoie souvent des documents antrieurs, dcisions, instruc-

manes du Saint-Office ou de la Sacre Congrgation de la Propagande, auxquelles il j aura lieu de se rfrer. Lien que le cas de II. USAOE DU PRIVILGE. l'Aptre trouve son application surtout dans les tel ritoires de mission, il peut se raliser mme dans nos pays chrtiens. Ce n'est plus chose Ires raie a l'heure actuelle de rencontrer des unions purement civiles, contractes entre personnes non baptises; si l'un des conjoints vient se convertir el reoit le baptme, le privilge de la foi peut trouver son application De fait, dit Fourneret, Le mariage chrtien, d.. p. 77. dans le diocse de Paris, c'csl plusieurs lois par an que le cas se prsente. L'usage du privilge paulin esl subordonn aux 1" mariage contract quatre conditions suivantes dans l'infidlit; 2" conversion et baptme d'un des conjoints; '!" Interpellation adresse au conjoint rest infidle; I" refus de conversion ou de cohabitation pacifique de la part de celui ci. Lorsque ces conditions sont ralises, le conjoint converti a le droit de cou tracter un nouveau mariage de va ni l'glise catholique et c'csl a ce moment iiiine que se rouve dissous le lien
tions et rponses
:

''>'

Lorsque, en effet, une dispens,- de disparit de cull accorde, le mariage est cens avoir t contrai t la condition explicite de cohabitation pacifique. l'infidle n'observe pas cette condition, il n'v a qu'a usera son gard les moyens de contrainte prvus pal sinon, les conjoint s n'ont qu' se sparer quoad le droit forum d habiiationem, mais non quoad vinculum; d'o il s'ensuit que le fidle ne peut ilu vivant du conjoint in/iAinsi rpondit le dle, songer une nouvelle union. Saint-Office le aot 1759, excluant clairement, par ces paroles, l'usage du privilge paulin dans le cas expos. Le seul remde el' ut une intervent ion pontificale pour dissoudre le lien de ce mariage en tanl que legitimum. Mais la pratique du Saint-Office, hier comme aujourd'hui, est de ne pas accorder cette sorte de dispense; ce qui, note Gasparri, n implique nullement un dfaut de pouvoir du pape a iet gard. f. Irai tutus mu. de matrimonio, d. 1932, n. 10!- I7n. 2" /.'/ seconde condition est in conversion d'un di i
;
.

<

conjoints maris dans l'infidlit; elle est expressment formule dans h- texte laineux d'Innocent III. D
l.

[V,

lit.

xi\.

c.

Si riiim aller infidelium

conjugum

ad fidem caUiolicam convertatur,


Dcn/.
l'.annvv..
n.

altero vel nullo


il

m
(oi

du mariage antrieur. 1 Lu premire condition

est

que

contract dans l'infidlit, c'est a

le mariage ml t due entre deux pei

sonnes non baptises; il s'agit donc exactement du mariage qu'on appelle lgitimant, consomm ou non. eau. 12(1, S 1. Ce n'est donc pas le cas de deux apOI lais qui auraient pass de la religion catholique lin fidlit et y auraient contract mariage; ils sont inha biles user du privilge. S. Ollic. 23 juill. I(>!)X. De mme, si un seul des poux Catholiques vient passer l'infidlit ou au schisme, il ne pourra jamais se rclamer de la laveur de l'Aptre (S. OfflC, 20 mars 1675); l'autre conjoinl rest Adle ne pourra prtendre un nouveau mariage du vivant du dissident, mme si ce dernier refuse de se convertir ou de cohabil ci pat Bquement, car d'une pari le privilge paulin ne s'ap
1

.i

catholique? Lis tant anciens que modernes sont loin d'tre d'accord. Ils l'accordent a dire que la conversion doit aller jusqu' la rception valide du baptme d'eau, qui est le sacrement de la loi. si ce baptme n'tait pas ncessaire, il s'ensuivrait qu'un simple catchumne, dj sur le chemin de la foi, pourrait user du privilge avant d'avoir revu le ment qui fait chn len. Or, Il esl ei ain qui chunienes. eu i.mi que tels oui positivement exclus, mme si leur foi tait en danger du fait de hors pro ches; ainsi en a dcid la Sacre grgation de la l'rop. ii4. iode en 1803; ainsi rpondu le Saint Office le
t
i

105 ailleurs

Que

faut

entendre par

plique pas ce cas


;

el

d'autre pari

le

lien n'est

nulle

ment rompu ce dernier

par le mit moleslam eohabitationem, mil affectatam abtentiam h conjuge, dissolut posse matrimonii vinculum, \. S.
:

point a t dfini comme de fol concile de Trente Si qui ilxiril propler h.rrrsim

13 mars 1901. >ja au xvii sicle, on avait souml Sacre Congrgation de la Propagation de la Fol don le suivant Esl ce que les paroles de s.niit Paul Quod si infldelis discedit,discedat, doivent s'entendre itne pjt aussi des catchumnes, de telle s !ei eliumne. puisse pOUSe ha. at et huinene, repu diee par son mal fol? Infidle a cm rponse fut d le le 13 janviei 1683 en ces termes Les paroles (le saint l'aul ne doivent pas s'enteildie des catchumnes, mais seulement des bapl Le point prcis qui divise les auteurs est le suivant
I

l<

Dr inutr., can. Quant aux conjoints qui oui cm racle mariage dans l'hrsie ou dans le schisme, il v a lieu de distinguer
Sess. xxiv,
.">.

le

baptme

doit

il

iicessaircinenl

tre
<

reu

dans

il

pas t baptises avant leur mariage, ou si leur baptme a l invalide, ils sont considres comme maris dans l'infidlit, el le privilge pourra trouver son application en cas de baptme de l'un d'eux. Si. au contraire, leur baptme, antrieur au mariage, tait valide, aucun d'eux ne peut, mme en cas de couver sion l'glise catholique, prtendre au bnfice du privilge, car le mariage n'a pas t contract dans
s'ils

n'onl

l'infidlit.

Les catchumnes qui, avant leur baptme, ont contract mariage soit cuire eux. soit avec un Infidle, son! aptes -S user du privilge, dans le cas o l'un d'eux s'obstinerait dans le paganisme. Mais le conjoint cou vert ne pourrai! jouir de la fav eux avant d'av oir effec ti vement revu le sacrement de la rgnration. Le can. 1120, $ 2, exclut formellement du privilge le cas du conjoinl catholique qui aurait pous un Infidle avec dispense de disparit de culte. Cette mesure disciplinaire reproduit en substance les dispositions prises par le Saint-Office le 5 mars S.'>2 et le aot 17.V.). Elle s'explique par le souci qu'a l'glise de ne pas tolrer une pratique qui favoriserait la malice des hommes et risquerait de ruiner le bien des mes.
i I

1/ glise* atholique, ou bon le baptme <> u valldemcnl dans n'importe quelle confession chrtienne esl il sul lisant? La question rc\ ient celle-ci : les hrtlqu schisiuat iques peuvenl ils hcncliiici du privilgl paulin'' La raison du doute vient surtout de l'ainln :uite des termes fratet cl soror employs par salnl l'aul. faut il les entendre au sens lai -c englobant tous (eux qui ont la foi au hrlst et ont reu son baptme, ou seulement au sens strict, restreint a ceux qui sont en communion avec les pasteurs lgitimes? La grande majorit des matres de la morale et du droit canonique incline en laveur du sens lai
(

a dire

pour la Suffisance du baptme, mme reu dans une secte. Ils appuient leur sentiment sur ce fait que le fondement du privilge esl le baptme validemenl revu, plus encore que la vraie loi. car, disent Ils, lis Pres de l'glise appliquent les termes de Adle, frre, sieur, tous les baptises; saint VugUStin applique
donatistes le texte de l'Aptre. Parmi les plus illustres reprsentants de cette opinion, citons eu particulier BallerinI, Palmieri, Pesch, Wernz, Billot, Lemkuhl, Feije, Konings, N'oldin, Santi, De Smet.
;

mme aux

C'est encore aujourd'hui

le sentiment de Vermeersch, Arendl. Vidal, Creusen; Cappello tient cette opinion pour certaine, Dr matrimonio, n. 769; voir rfrences.

10:
ibid.

I'

Hl VI

LGE

I*

l'I.I

V CONDITIONS

40^

Le cardinal Gasparri, qui la tenait jadis comme plus probable Traclatus can. de malrimonio, 2 e d.,
.

n. ]<i.">, adopte aujourd'hui l'opinion contraire, qu'il appelle certaine. Cf. d. 1932, t. n, n. 1136. Il fonde son assert ion sur les paroles <r innocent dj cites Si l'un <les poux infidles se convertit la foi catholique , paroles extrmement claires qui ne peuvent en aucune faon tre entendues du scliisine OU de l'hrsie. Rosset, De sacramento matrimonii, t. i, n. tilti. soutenait aussi que plus probablement le privilge paulln ne concerne pas ceux qui ne font pas profession de foi catholique. De nos jours, Vlaming, Prlect. juris matrimonii, t. n, n. 720. pense que le privilge tabli en laveur de la foi ne saurait profiter ceux qui n'ont pas la vraie foi. La question, agite depuis longtemps, fut voque devant le Saint-Office en 1859. La cause fut discute en prsence de Pie IX, qui, devant la divergence d'opinions des consulteurs, ne voulut pas trancher la controverse; il lit rpondre Dilata, et la question n'a pas fait un pas depuis. La discussion restant libre, il semble que l'on puisse, dans la pratique, user de l'opinion plus large, qui accorde aux hrtiques et aux schismatiques le bnfice du privilge. Nous verrons
1 1

vilge ne peut S'appliquer. Il sera jug de sa sincrit principalement par le moyen de l'interpellation. Lorsque deux poux nilideles se cou vertissent et consomment le mariage aprs leur baptme, leur union devient indissoluble, et ne peut tre rompue, mme par l'apostasie subsquente de l'un des conjoints. Si, au contraire, un seul des poux se convertit, tandis que l'autre s'obstine dans l'infidlit, il y aura lieu de voir si ce dernier consent cohabiter pacifiquement, 2. La cohabitation ne doit pas tre seulement matrielle, par le fait de la vie commune sous le mme toit, mais elle doit tre pacifique, c'est--dire humainement tolrable. Elle cesserait de l'tre si le converti tait de

en elet qu'en matire douteuse celui-ci jouit de la faveur du droit, can. 1127. Il faut noter d'ailleurs que le privilge ne pourra tre appliqu, dans ce cas, que si l'on observe scrupuleusement les rgles de l'interpellation. Sous ce rapport, les dissidents se trouvent dans une condition moins favorable que les catholiques, car le Saint-Sige ne leur accorde jamais la dispense de l'interpellation lorsque celle-ci est requise. Une question connexe peut se poser, depuis la promulgation du Code canonique, au sujet d'un hrtique validement baptis, qui contracterait mariage avec une infidle ou vice versa. Avant le 19 mai 1918, un tel mariage et t nul, cause de l'empchement dirimant de disparit de culte, auquel les hrtiques taient soumis. Il n'en est plus de mme aujourd'hui, attendu que, seules, les personnes baptises dans l'glise catholique ou converties de l'hrsie et du schisme sont soumises l'empchement, can. 1070; il s'ensuit qu'un tel mariage serait valide. On peut se demander si cet hrtique (ou schismatique) pourrait user du privilge de la foi, dans le cas o il viendrait se convertira l'glise catholique. Certains l'ont prtendu, ainsi le P. Michel, Ce qu'il y a de plus pratique dans le Code, 4 e d., n. 325; L'ami du clerg, an. 1920, ]>. 669, et 1921, p. 69 et 234. Mais il faut le nier tout l'ait, car il n'y a dans le cas ni mariage contract dans l'infidlit, ni conversion par le baptme, selon les exigences du can. 1121 conjux convenus et baplizatus. Cf. Cappello, op. cit., n. 770; Wernz- Vidal, Jus matrimoniale, n. 631, note c; Yermeersch-Creusen, Epitome
:

part du conjoint infidle l'objet d'injures frquentes, de svices, s'il se voyait priv de nourriture ou de moyens de subsistance. Car il n'est pas ncessaire que le conjoint non converti se spare en haine de la foi; cela ressort de la rponse donne par le Saint-Oflice, le 5 aot 1759, une consultation de l'vquc de Cochin (Inde); la seconde question tait ainsi formule An id fprivilegiumj solum liabeat locum quando infidelis discedit odio fidei, an etiam quando discedil propter discordias, vel aliam causam a fide diversam? Il fut rpondu par ordre de Clment XIII Ad 2 am : Cum militel ex parle conjugis conversi favor fidei, eo potest uti quacumque ex causa, dummodo jusla sil, nimirum, si non dederit juslum ac rationabile molivum alteri conjugi discela
: :

dendi...

L'loignement ou sparation du conjoint infidle peut donc tre physique, en ce sens que celui-ci refuse catgoriquement la cohabitation, soit qu'il abandonne lui-mme le domicile conjugal, soit qu'il en chasse le conjoint converti. Il pourrait se faire que la cohabitation soit empche par un obstacle indpendant del volont de l'infidle, ou mme agissant contre sa volont. Peu importe le motif d'o procde le discessus : haine del foi, dsir du gain, amour d'une vie plus libre; il sufft que la sparation soit un fait; ds qu'elle est
relle et constate, elle autorise l'usage

du

privilge.

La

seule condition est que le conjoint baptis ne soit pas lui-mme la cause de l'empchement ou de la sparation. Ainsi, s'il arrive qu'une pouse non baptise, interpelle si elle veut se convertir ou cohabiter pacifiquement, rponde qu'elle le voudrait bien, mais

qu'elle en est

empche par un second mari, ou par un crancier qui ne lui permet pas de s'en aller dans ce
:

cas, le conjoint baptis


se

peut licitement et validement

ne

marier avec une femme chrtienne, pourvu qu'il soit pas lui-mme cause de l'empchement qui

juris can., t. n, n. 428. 3 La conversion et le


dles n'ont

. S. Off., 12 juin 1850. a dclar, le 8 juillet 1891, que le mari converti pouvait user du privilge lorsque l'pouse infidle avait t enleve et qu'il ne restait plus d'espoir de la racheter ou de la retrouver, encore que celle-ci consentt se convertir ou cohabiter;

retient l'pouse

non convertie

La mme Congrgation

baptme d'un
de briser
le

(/es

conjoiiils infi-

pas pour

effet

lien

matrimonial

cum per sacramentum baptismi non solvantur conjugia, sed crimina dimillanlur, dit Innocent III, Decr., 1. IV, lit. xix, c. 8.Une troisime condition doit tre ralise, savoir l'loignement fdiscessus) physique ou moral du conjoint rest infidle, selon le mot de l'Aptre Quod si infidelis discedit, discedat. s. 15. Que faut-il entendre par l? Deux choses le refus de l'infidle de se convertir et le refus de cohabiter pacifiquement. L'obstination doit porter conjointement sur les deux points, car, si l'infidle, tout en refusant de se convertir, acceptait la cohabitation pacifique, le cas du privilge de la foi ne serait pas ralis. 1. Le refus de conversion ou obstination dans l'infidlit doit tre rel et non pas seulement suppos; sinon, il n'y aurait pas le discessus requis. Si donc le conjoint promet srieusement de se convertir, le pri-

mari ne perdrait pas son droit au prividans le cas o il aurait lui-mme vendu son pouse, pourvu que cette vente ait t faite avant le baptme. S'il arrive que l'infidle ait une juste cause de se retirer, le baptis n'a pas le droit de contracter un nouveau mariage, sous peine d'invalidit. Can. 1 123. Le bienfond des motifs qui justifieraient une sparation est
bien plus,
lge,
le

mme

apprcier d'aprs les rgles de la justice et de la droite raison. Parmi les justes causes qui se vrifient le plus frquemment, citons-en deux principales a) D'abord, l'adultre que le converti aurait commis aprs son baptme; si le conjoint infidle se spare pour ce motif, le baptis ne peut user du privilge, car.

dans ce tion o

ne peut imputer qu' lui-mme l'obligatrouve de garder la continence. S. C. l'ropag.. 30 janv. 1807. Mais, si l'adultre remonte l'poque antrieure au baptme, le droit au privilge
cas.
il
il

se

405
ment

PRIVILGE PAULIN. L'INTERPELLATION


40 Ainsi

i06
dans l'applica-

par le sacren'est pas perdu, car la faute a t efface

qu'on

le

voit, le point dlicat


le

rie la c'est le sens de la rponse mme commis date du 17 janvier 1717. L'adultre, conjoint converti aprs le baptme, ne priverait pas le commis le mme de son droit, si l'infidle a de son ct t la cause. Dans pch, s'il l'a pardonn, ou s'il en a infiserait le fail du seul conjoint le cas o l'adultre demander la sparadle le baptis aurait le droit de

Propagande en

demandait pardon mais il ne pacifiquement; cohabiter consentait et privilge du l'usage a pour autant pourrait prtendre un nouveau mariage. paulin, c'est--dire contracter aux autres tantes S C. i'ropag., 4 mars 1816, Quant aprs son bapque le converti pourrait commettre
tion

quoad torum,

mme

si

l'autre

de la question est sparation elomncde savoir quand il y a vraiment infidle lai.t ment (discessus) de la part du conjoint n'est pas certaine, tant qu il volont mauvaise sa que par le refus de se conn'a pas manifest d'obstination Aptre le cas de pacifiquement, cohabiter vertir ou de ne peut tre question de rompre n'est pas ralis, et il De plus, il y aura lieu, ainsi qu te premier mariage. n est si le conjoint baptise Vient d'tre dit, de vrifier dsunion, (.est afin pas lui-mme la cause de la la plus ddain .es diffrents points, qui sont de tablie la discipline de int qu'a importance, haute
tion

du

privilge,

vritable

nud

terpellation.
III
I

tme,

si

l'infidle n'en

prend pas prtexte pour

se spa-

Discipline

de l'interpellation.

rer, soit

pane qu'il les Ignore, soit parce qu il pas au baptis le pas attention, ces fautes n'enlvenl aot 1759; I'. avril OIV.. 6 S. du privilge. droit d'user 1899. .. ., sparation pourrait clic bj Une autre juste cause de nul le ait srail dont une crave maladie contagieuse, vie commune conjoint converli. et qui rendrait la la lpre. Si impossible ou trs difficile, par exemple, par sa faute, n maladie telle une a contract le baptis ncessite ou il se ne pourra que s'imputer a lui mme la ou continence. Mme dans le cas

n y lait

interpellation est l'acte lgal par lequel

Nature. le con-

trouvera de garder la sa part, le mal sans faute aucune de il aurait contract car lui serait encore Interdit, le recours au privilge el de refuser la l'infidle a un |uste motif de s'loigner le converti cohabitation. Si. en dpil de sa maladie le seul inox en trouvait occasion d'un nouveau mariage, au souverain pontuc de le raliser serait de demander dans mil contracte mariage premier dispense du
I |

Infidle s'il veut se ;,, converti demande a l'poux refuserait, s'il consent a convertir et. dans le cas o il du Crateur. cohabiter paciiiqueme.it sans offense donc doublera demande 'objet de l'interpellation est sur les deux points suidoi1 porter ncessairement acceptation de la cohaconversion, de vants volont de plusieurs dclart ions du 1 bitation; cela dcembre inn->. aussi Saint-Office, * juin 1836 et du can. 1121. Selon la bien que des termes exprs c'est aprs /- bapUmi rigueur de ce mme canon, mariage que dexta.cnt imux.au le axant et lement ',,111111 ,nr,rantequam interpellations les avoir lieu conlranal... m et baplizaltu novum matrimonium valide qu'une exi toutefois que ce Ile SOil la Il semble bien Interpellations ,.,...- du droit ecclsiastique et que les laides, pourvu que Ptes avant le baptme soient x, persexele dans m1 obstmasoit sur que l'infidle
I

|n
I

;1

si l'infiEn dehors de ces cas et autres semblables, obtient cause, le fidle dle se spare sans une juste justes noces avec une aussitt le droit de convoler en la dissi personne catholique, l'ourlant, mme lorsque est vidente, pal converti conjoint dence du
'

Saint Sige a parfois accorde .pic. les interpellations certaines circonstances particulires,
|on
I

dans

)e fait

le

mm

antrieur au bapexemple quand contracte une nouxelle tme, ou quand l'infidle a dj utiliser le priviunion, le nouveau converti ne pourra d'avoir fait les interpellations ou d en BVOil
cet

loignement

est

pour des raison, cette modification de la discipline formule des ri ves se trouxe mme inclus dans la Permittendl, ut facults dlivres par 1.. Propagande conlugii tnftdelu aeeedenU gravi raina, inlerpellatio " / '"' " Irrrl "" r l"' n aule t<i<in"" /""""- /' '"' / Dans,.1. , p- 138. possil Cf. Vermeersch, Periodica,
:

prcdassent

le

baptme.

Le pouvoir de permettre

cas
1

le

avant obtenu dispense.


lge
|

use

sparation entre

les

conjoints peut nctre aussi

S'entendre
divin, soil

de catchumne nef a. il pas encore membre doit iiute.xei.tion du pouvoir ecclsiastique cm, me une interprtation du d
SOil

que morale,

et elle SUffll

a elle seule

pour permettre
I

le

Infidle recours au privilge. Elle est ralise lorsque bapt Is sans Injure refuse de cohabiter avec le conjoint Que tant il au Crateur, absque contumelia Creatoris. d'Innocent III. entendre par la? D'aprs les textes Crateur est IV. tit. MX. c. 7 el H. l'injure au Drrr blasphme converti non le conjoint lorsque ralise
I

directement la habituellement le nom dix in. attaque sur lui une contrainte ph\ loi du baptise ou exerce pcher mortellement, Sique ou morale pour l'amener a Mais c par exemple commettre un acte d'idoltrie, lorsque le mpris du Crateur se vrifie galemenl .le praliquci conjoint infidle empche le neo converti la bu. s oppose a enlever lui de S'efforce sa religion, mme lente de l'ducation chrtienne des cillants, ou soit, par exemple l'entraner au pch grave quel qu'il op. cit., t. n, contre la chastet; car, dil Gasparri, noie :*. tout pch est une injure faite au Cra
p.

aprs un.- dispense ou ratification, avant. lad a t qui de ce le baptme, n'est que le corollaire |',r SB nature, l'interpellt ion expos Paul et de logique de h. doctrine de uunt Le privi d'innocent lll s... le mariage des infidles. sorte que conditionnel le |ge de la foi n'est en quelque contracter un nouveau conjoinl bald.se ne peut se convertir .m de mariage que si l'infidle refuse de de s'assurer si la naturel moyen Le paix. en cohabiter Intesl d'Interroger ralise est vraiment condition interpella discipline de ress en personne. De la la d.t Benot \i\. De ignodo, tion qui n'a d'autre but. d'amener le conjoint a manl c. xxi, n. 4, que L'Interpella ses disposition- .1 ses ...tentions t'est. substantielle equ.se h o est donc moins une solennit

comme

\n
1

21

1.

leur.
Il

,.
1

de l'poux Infidle lui mme, el non Dieu de sa famille: car si la pression Ment membres pas des moyen de s x seulement de l'entourage, le fidle a le occasion soustraire en quittant la maison o il trouve droit de briser de pcher; mais cela ne lui donne pas le d'en contracter un second. le lien de son mariage et de la Propa Ainsi en a dcid la Sacre Congrgation
doit venir
I

faut noter toutefois

que

l'incitation a

,v offense ae
i

qu'un moyen D our l'usage valide du privilge, remet ncessaire pour et abl.r le .ut de l'obstination assez justement .. de l'infidle; on pourrait la comparer circonstances .m exige pOUT la preuve qu'en d'autres tablir la mort d'un les conjoints. De l'emploi de ce moyen naturel. 2 Ncessit.
rguli
I

l'glise a fail

une obligation positive trs stricte; discipline qu'elle 1 UTge est tellement attache a celle esl mme dans les cas o l'obstination de l'infidle mutile ou un manifeste, alors que la dmarche parat la double interpossible. On dex ra donc toujours faire volont de conversion et sur la cohabisur
pellation
la

elle

garnie

le

r
.

>

mars 1816.

tation

et

ha semper

fieri

debent, dit

le

can. 1121,

nul

'.(17

PRIVILGE PAULIN. L'INTERPELLATION


gitime de l'interpellation, c'est--dire sans dclaration du Saint-Sige, rendrait le second mariage du conjoint baptis invalide de droit aicltiatliqut, par suite d'une sorte d'inhabilet dont l'glise frapperait dans ce cas le nouveau converti? Cette opinion, qui prtend avoir pour elle plusieurs rponses des Congrgations romaines (cf. Cappello, op. cit., n. 770, note semblerait confirme par le texte du Code, dont le can. 1121.5 s'exprime ainsi Avant que le conjoint converti et baptis contracte validement un nouveau mariage.... il doit interpeller le conjoint non baptis. Toutefois, les tenants de cette opinion admettent euxmmes (pie ces arguments ne sont pas dcisifs, car le Code et les Congrgations ne parlent que de la ncessit des interpellations en gnral, mais ils ne font pas clairement allusion aux cas particuliers dans lesquels les interpellations sont inutiles ou impossibles. D'autre part, il faut reconnatre que cette inhabilit hypothtique restreindrait singulirement l'application du privilge, alors que nous savons, de faon certaine, que l'glise lui accorde les faveurs du droit dans les cas douteux, can. 1127, et qu'elle a d'autre part, tendu a tout l'univers les concessions particulires faites par Paul III, saint Pic V et Grgoire XIII, enfin qu'elle dispense parfois de l'interpellation, alors que la dissidence de l'infidle n'est pas vrifie. On ne voit donc pas pourquoi l'glise, qui affirme si nettement le droit que conserve le conjoint baptis de contracter un nouveau mariage, mme aprs une longue cohabitation pacifique, can. 1124. se montrerait si exigeante non seulement sur le fait et la ralit du dsaccord, mais encore sur la manire dont ce fait devrait tre tabli. De ces controverses, il rsulte en dfinitive que silice second mariage contract sans interpellation pralable pserait un doute de droit. Or, dans ce cas, les lois mme irritantes ou inhabilitantes n'urgent pas. Can. 15. D'autre part, le mariage a pour lui les faveurs du droit, et l'on doit le tenir pour valide jusqu' preuve contraire. Can. 1014. Enfin, nous verrons qu'en matire douteuse le privilge paulin jouit des faveurs du droit. Pour toutes ces raisons, le mariage ainsi contract sera tenu pour valide jusqu' ce que le Saint-Office, auquel on devra recourir sans retard, ait statu sur le cas. C'est la solution qui fut donne parla Propagande dans son instruction de 1883 sur les jugements en matire matrimoniale Quatenits vero ncque inlerpellalio neque ejusdem dispensalio pnveesseril, primum matrimoniurn obstabil qitidem secundo, sed Ordinarius judicium suspenderc debebit cl caswn cum omnibus suis circumstanliis ad S. Sedan remittere, quse ipsi Ordinario, quid jaciendum sit, indicabit, 45. 11 semble que. si l'omission de l'interpellation avait t un obstacle la validit'et non pas seulement la licit du second mariage, le texte et t plus catgorique. Quoi qu'il en soit, le Saint-Sige tant saisi du cas, il pourra, si nullit il y a. accorder la sanalio in radie, qui, revalidant le second mariage, brisera par l mme le lien du premier. 3 Forme. Le droit de l'glise, qui exige imprieusement l'interpellation, en indique aussi la forme, mais sans l'imposer avec la mme rigueur. I. Deux /ormes sont prvues et reconnues lgitimes par le can. 1122 a) la forme juridique, qui peut tre
1
,
:

Sedes aposlolica aliud declaraverit. Donc, sans aucun doute, nul ne saurait user licitement du privilge pau lin sans avoir pralablement accompli cette grave tor

m alit.
plus dlicat est de pour l'usage valide du privilge, <!< telle sorte que leur omission rende le second mariage nul. Thoriquement et d'aprs la notion mme de l'interpellation, celle-ci cesse d'tre urgente lorsqu'il y a certitude morale de l'obstination du conjoint infidle. Lorsque le relus de ce dernier est manifeste, il semble que l'on ne puisse exiger uni'

Mais un point plus important


si

et

savoir

les interpellations sont requises

dmarche spciale pour l'interroger, chaque fois qu'il y aura impossibilit absolue ou danger grave le faire. Ce sentiment est celui de canonistes minents, et Benot XIV qualifie leur opinion de plus commune ; toutefois, cette certitude de danger ou d'impossibilit devra s'appuyer sur des faits prcis et non sur des prsomptions gnrales. Quelle que soit la valeur spculative de cette opinion, il faut prendre garde que, mme dans ce cas, l'apprciation du discessus infidelis est exclusivement du ressort du souverain pontife, qui se rserve tout jugement de fait par crainte des abus qui pourraient se lisser dans une affaire de cette importance. Quand le Saint-Sige juge que les interpellations sont inutiles, Code nisi Sedes aposlolica aliud 1121; si interpellations ex declarationes Sedis aposlolica: omiss fuerint, can. 1123. C'est dire qu'en cette matire le Saint-Sige veut toujours tre consult. Il suit de l que, dans la pratique, l'glise, ne tient aucun compte de l'opinion de Benot XIV, et qu'elle exige toujours que les interpellations soient faites ou qu'il en soit demand dispense Chaque fois qu'il est certain que le conjoint infidle ne veut ni se convertir ni cohabiter avec l'poux baplis sans offense du Crateur, les vques, en tant que dlgus du Saint-Sige, et les vicaires apostoliques pourront dispenser de l'interpellation, pourvu qu'il y ait urgente ncessit et que le temps de recourir au Saint-Sige fasse dfaut. Ainsi a dclar le SaintOffice, le 11 aot 1859; on peut juger par l avec quelle jalousie il se rserve le contrle de l'usage du privilge paulin. Mais alors que penser de la valeur d'un mariage contract sans qu'aient t faites les interpellations requises et sans que dispense en ait t demande? Pour rpondre, il faut distinguer 1. Si l'obstination (discessus) de l'infidle est douteuse ou inexistante, l'omission des interpellations rendrait le mariage subsquent invalide sur ce point tous les auteurs sont d'accord; en effet, le fondement du privilge paulin, la condition sine quu non de son usage tant le refus de l'infidle et son loignement, si cette condition n'existe pas, le lien du premier mariage subsiste et s'oppose la validit du second. C'est la pense nette de l'glise. 2. Mais, si la mauvaise volont de l'infidle est certaine, on ne peut conclure de faon sre l'invalidit du mariage subsquent, en dpit de l'omission de toute interpellation et de l'absence de dispense. En effet, par sa nature, l'interpellation n'est qu'un moyen normal et rgulirement ncessaire pour tablir le fait du discessus infidelis; or, la valeur du mariage dpend de la ralit de ce fait et non pas de la preuve qu'on en donne. Donc, l'interpellation n'est pas requise de par la dfinition mme du privilge, ni de par le droit naturel lorsque par d'autres moyens on acquiert la certitude de l'obstination de l'infidle. Faut-il dire avec certains auteurs, comme Cappello,
il

le dclare,

dit le

dcclaraverit, can.

op. cit., n. 770 t. n, n. 430;

Yermeersch-Crcusen, Epilome juris can., et matrimonio, n. 352; Vlaming, l'ruiect. juris matrimonii. n. 722; Chelodi, Jus matrimoniale, n. 158, que l'omission ill;

De Smet, De sponsalibus

ou extrajudiciaire, et bl la forme prive. La forme judiciaire, qui n'est jamais requise, mais que le Code suppose par le mot saltcm du can. 1122. comporte une citation en rgle de l'infidle devant le tribunal de l'Ordinaire et un interrogatoire en forme sur les deux points de la conversion et de la cohabitation. Questions et rponses sont transcrites par un greffier comme dans un procs. Mais, habituellement, on se contente de la forme extrajudiciaire ou sommaire, moins solennelle, bien qu'elle soit authentique et sous l'autorit de l'Ordinaire
judiciaire

/.Il' ()!)

Mil
s'il

LGE PAULIN. L'INTERPELLATION

10

peut convoquer devant lui l'infidle cl accepte de se ((invertir ou du moins de cohabiter sans offenser le Crateur, si l'infidle ne se prsente pas. l'Ordinaire ou le juge peut le faire interroger par un Mers. Questions et rponses seront habituellement rdiges par crit, et l'acte sera muni de la signature de l'Ordinaire ou de son dlgu. Lorsque l'interpellation ne pourra se faire par crit, il
lieu. Celui-ci
lui

du

demander

de rtracter spontanment la rponse ngative qu'il a donne, mais il n'y a pas a l'interroger de nouveau. Toutefois, si, ds le dbut, dispense des interpellations avait t obtenue, il y a de nouveau obligation de faire celles-ci au bout d'une anne. S. C. Propag. 26 juin 1820.
/armes
les interpellations ont t faites dans les ont reu toutes les deux une rponse aj/irmutive, la solution est claire le privilge de la foi ne s'applique plus, et toute voie vers une nouvelle union se trouve

5.

Quand
et

pas interdit de procder oralement dans ce cas, afin qu'on puisse en faire la preuve, il faudra faire appel deux tmoins ou tout autre moyen reconnu aple par l'Ordinaire une relat ion sommaire de l'entre\ ne sera rdige cl dment aid lient ique par des signaures. Cette forme Juridique sommaire, bien que non Strictement obligatoire, est pourtant, aux ternies du eau. 122, la forme rgulire; il ne sera donc pas permis de s'en carter sans raison. I.a forme prive est toujours suffisante pour la valin'csl
; ;
i

dit
le

elle consiste

simplement dans l'interpellation que

baptis adresse au conjoint Infidle sans aucune inter\ eut ion de l'Ordinaire. Pour que cet le manire de pro:1er scif II: lie il fanl quil !it impossibilit soit absolue, soit morale, par exemple un inconvnient grave, d'employer la forme Juridique. Facilement, les baptiss non cal Indiques seront excuss de ne pas avoir recourt l'Ordinaire; il sullira (pic les questions aient t rcllemeiil poses cl de faon claire. Au for externe, la preuve de l'interpellation prive sera exige avant qu'il SOil procd au second mariage. Voil pourquoi on prendra soin de faire constater le fait de l'interpellation par deux tmoins, ou l'on en dinonl rcra la ralit par un acte authentique ou tout autre mode lgitime, si, aprs le mariage, on m- pouvaii apporter la preuve (pie les Interpellations ont t faites en forme prive, la nom (die union ne pou irait tre objectivement axe de nullit pourtant au for externe, pserait sili;
I

y a lieu cependant de s'assurer que la par l'infidle est srieuse et non feinte. Si l'on a des preuves certaines de la mauvaise foi du conjoint paen, on pourra considrer sa rponse affirmative comme une rponse ngative et permettre au nouveau baptis de contracter un autre mariage. En cas de doute, il faudra recourir au Saint-Sige pour obtenir dispense des Interpellations, D'aprs la JurisprudencedesCongrgationsromaines, on peut considrer la rponse comme ngative (/ si l'infidle n'a pas rpondu en temps utile ou dans le dlai fix; b) si, lgitimement interpell, il garderepondre. silence, bien qu'il puisse facilement le

par

la

ferme.

Il

promesse

faite

ce mariage un doute qu'il faillirait s'ellorrcrd'claircir: sinon, il y aurait lieu d'en rfrer au Saint Sige.
2.

ngative responderit expresse vil tu futilement dis dlais ou s'il se cache pour chapper ;i l'interpellation. Dans ces diverses hypothses, il faut (pie les circonstances ambiantes permettent de conclure avec une certitude morale que l'infidle ne veut sincrement ni se convertir ni biter en paix. S'il reste un doute, on recourra au Saint Sige afin d'obtenir dispense des interpellations. S. Off., 11 aoiit 1859; s. c. Propag., "> mais 1816, ad ii. si l'infidle rpond ngativement la premin question et affirmativement a la seconde, c'est -din consent a cohabiter pacifiquement, tout en refusant de se convertir, la plupart des ailleurs s'accordent a dire (pic le conjoint baptise- ne peut user du pri\ et ne doit pas se remarier, sous peine de nullit di nouvelles nOCeS. (.'est le sens des paroles de l'Ap
cf.

can.

12:1

si

ci

s'il

demande

<

En

r/i/c/s

termes faut-il faire l'interpellation?


il

Aucune formule n'est impose, mais est requis que la demande porte sur les deux points exigs par le
conjoint infidle \etil Se Convertir et, dans la ngation, s'il accepte de cohabiter pacifique nient, (as deux questions doivent cire poses claire ment ci directement. Ainsi, il ne suffirait pas d'exhorter
droit
,

lia lu lare

Si qui /rater cuni

uxorem liabel in/idrlem. ri li.n consentit non mmiiim iii wi. Il w i/ua 1II0,
I

savoir

si

le

simplement l'infidle a se taire chrtien, sans faire aucune allusion au mariage en question; et. en cas de refus ou d'obstination, de passer sans plus a une non
velle union. Ainsi l'a dclar le Saint -Ollice, le 3 jan vier 1777. Une Interpellation indirecte (obliqua) ne
serait
lut

fldeltl liabel l'irum tnfidelem, cl lin consentit Cor., vu. habitart un illo, non dimittai virum... 12 13. Mais, dans cette invitation a tarder la vie coin mune Intgrale quoad forum, mensam et cohabitalionem, bs uns veulent voir un ordre formel, les autres un simple conseil, de telle sorte (pie. le lien COn

millier

pas admissible non plus, i.a mme Congrgation Interroge sur la valeur de la formule suivante Scisne, isla uxor, a te antea ilimissa mit fugiens, nune intravit in islam novam religionem Europeorum, et
:

sauf, il serait loisible a l'poux chrtien c, sparer de l'infidle. ette doctrine est elle du Saint Office dans sa rponse du 29 novembre 1882, ad o il cite le iil' concile de Lima, approuv par Sixte Quint; au c. X. a. 2. dis actes de ce svnode. on peut lire ces mots juxta apostoli consilium... consulat Imbi lare... Mme enseignement de Pierre Lombard, S< I. IV, dist. \\\l\.e. a. de saint l'humas. //, /\

tant

quserit

allum virum

an. si ml

te rediret,

adhue reciperes

Sent.,

dist.
''"

pro uxore tua, ri cum illa pacifie cohabitant, et quam nunc habes uxorem dimitteres? Le 23 novembre 1769, la Congrgation rpondit Quoad prseteritum acquiest, faclo oerbo cum Ssmo; sed posterum tnterpellaliones esse omnino faciendas juxta formas ab Ecclesia prss:

In

Sent., dist.
.'('

XXXIX, q. 1: de saint Bonaventurc. XXXIX, et de beaucoup d'autres


I

scriptas.
3.
//

n'est

pas ncessaire d'accorder toujours


.

l'infi-

nu dlai pour rflchir. Cependant s'il sollicite ce dlai ou s'il est postul par les circonstances. l'Ordinaire devra accorder Un temps convenable, en avertissant l'intress que, les dlais une fois passes, .son silence sera considr comme une rponse ngal Ive. ('.an. 122. I. En droit strict, une seule interpellation, portant sur les deux points, est requise et suffit. Mais la charit demande souvent que l'on en fasse plusieurs, s. Off.,
dle
1

tant anciens que modernes. f. d'Annibalc. Sirn. theol. d.. n. 374. Tous s'accordent a dire que moralis, chrtien agirait mieux en demeurant avec son oui joint, saint l'aui justifie son conseil en attribuant a cette cohabitation une certaine sanctification ext rieurc de l'poux infidle, laquelle peut tre le prlude d'une sanctification intrieure: ou peut esprer d'ailleurs (pie les prires et les bons exemples du baptise amneront peu peu le paen a la vraie foi. et que du moins les enfants seront elcv.s chrtiennement. Il reste cependant (pice simple conseil peut deveII

12 juin 1850. Lorsqu'elles onl t faites rgulirement,


il

est diffr

n'y a pas a les renouveler, mme si le second mariage pour un temps notable: l'infidle reste libre

nir, en certaines circonstances, un prcepte, un devoir de charit, de telle sorte que le conjoint baptise soit tenu de cohabiter avec l'infidle, par exemple, si Celui-ci tait atteint d'une maladie grave et dsirait vivement la prsence de son conjoint a ses ctes. Dans ce cas. la sparation ne serait certainement pas per-

',

PRIVILGE PAULIN. L'INTERPELLATION


rit; c)

12

mise, au moins propler carilalem. Gasparri, "/' cil., n. 1152. i" Dispense. faul noter tout d'abord que le Iode n'emploie pas le terme le dispense lorsqu'il veul dsigner l'omission ou la remise de l'interpellation accorde par le Si^e apostolique; il use du mol dclaration, can. 1121 et 1123. H semble que les rdacteurs de ces canons n'aient pas voulu trancher la controverse qui divise les ailleurs au sujet <ln pouvoir que possde le pape de dissoudre le mariage lgitime des infidles; lorsque l'un des conjoints vient se convertir. Cf. Wernz-Vidal, Jus canonicum, t. v, Jus matrimonial/-. n. 635. Les documents mans des Sacres Congrgations romaines, au contraire, emploient rgulirement le mot dispense; ce que nous ferons, nous aussi, tout en l'expliquant et sans prtendre trancher la controverse. Souvent, en matire d'interpellation, ce que nous appelons dispense n'est qu'une dclaration romprhensive du privilge paulin; dans bien des cas, en effet, cette dispense est une prcaution (ad caulelam) bien plus qu'une ncessit. Nous axons dit que, par sa nature et en tant que moyeu d'information, l'interpellation est superflue si la mauvaise volont de l'infidle est certaine, vidente: lorsqu'il en est ainsi, la dispense quivaut une dclaration faisant connatre de
1
1

<

si l'poux converti ne se souvient plus quelle a premire femme lgitime; d) si, du fait de l'interpellation, pouvait rsulter un grave dommage temporel ou spirituel pour le converti ou les chrtiens; c si l'on doute si i< usement que le conjoint baptis ait jamais donn un vrai consenti nient matrimonial dans ses unions prcdentes:// si ['on ne connat pas la premire pouse lgitime, ou qu'il soit difficile d

-a

retrouver.
I.

L'effet

principal

et

singulier de la dispense d<\

interpellations est de consacrer jamais la validit du

nouveau mariage, mme dans le cas o une des conditions du privilge paulin aurait fait dfaut. Celte doctrine ressort de l'instruction envoye par le Saintlvrier X'U. au vicaire apostolique du Office, le .lapon Le mariage ainsi contract, y est-il dit en
t
:

substance,

est valide et

ne saurait tre bris,

mme

si,

faon authentique que l'on peut procder un nouveau mariage. Dans les autres cas, il y a dispense proprement dite, c'est--dire exemption d'une formalit requise par la loi; il arrive mme que la dispense renferme implicitement la dissolution du lien antrieur, en dehors du privilge paulin, lorsque les conditions de celui-ci ne sont pas toutes ralises: c'est du moins
l'opinion la plus
1

dans la suite, on s'apercevait que l'infidle a t raisonnablement empch de manifester sa volont, et mme dans le cas o il se serait lui-mme converti avant le mariage du baptis. Mme enseignement dans la constitution Populis ac nalionibus de Grgoire XIII. date du 25 janvier 1585, et dans la constitution In supremu de Benot XIV. Ce dernier avait, comme docteur priv, soutenu la mme opinion dans son De synodo dicesana. I. XIII. c. xxi, n. en voici
."> :

commune.

souverain pontife peut dispenser de lu loi de l'interpellation: il le fait ordinairement par l'organe du Saint-Office (can. 247, 3, et 19(32), qui est comptent galement pour accorder des pouvoirs de dispenser soit en gnral, soit dans des cas particuliers. Ces pouvoirs dlgus (ou facults), lorsqu'ils ont t accords pour des rgions dtermines ou des cas spciaux, ne peuvent tre tendus d'autres rgions ni d'autres cas, mme si des raisons de similitude militaient en faveur de cette extension. Parmi ces interprtations extensives qui manquent de fondement, il faut signaler l'opinion de quelques auteurs anciens qui auraient
Seul
le

tendance limiter, dans les pays chrtiens, l'interpellation de l'infidle la premire question seulement veut-il se convertir: la question de la cohabitation, constituant un danger de perversion, serait superflue dans l'ensemble des cas et pourrait tre omise. Formule en termes aussi gnraux, cette assertion est
:

plus caractristique Quod quidem indultum (aposlolicum), cum nulli conditioni sil alligalum, seeundi mutrimonii validitatem et ftrmitatem perpetuo asserit, et redilum inlercludit ad prima connubia, eliamsi guis probare ronlenderel primo conjugi interpellalo non fuisse liberum respondere, vel cum jam tune chrislianse religioni umplectend paralum fuisse, imo anlc illum diem. guo sceundum malrimonium a conjuge converso celebratum fait, ipsum guoque Christo nomen ddisse et baplismum suscepisse. 5. Constitutions apostoliques sur la matire. Pour terminer, il nous faut dire un mot des fameuses constitutions de Paul III.de saint Pie Y et de Grgoire XIII (cf. appendice du Code, documents vi, vu et vin), dont les dispositions ont t tendues par le can. 1125 tous les autres pays pour tous les cas de mme nature. La premire, Altitudo, de Paul III (1 juin 1537). prvoit le cas de l'infidle polygame, qui ne se souvient plus quelle femme il a pouse en premier lieu. L'extension du privilge consiste en ce que cet inlid'e converti se trouve dispens d'interpeller celte premire pouse lgitime: en mme temps, il aura le droit d'le

passage

le

pouser
et

celle qu'il

celle-l n'est peut-tre

aura choisie dans le nombre, mme si pas la premire pouse lgitime

insoutenable. Cf. Rosset, op. cit., t. i. n. 605-61 1. Signalons toutefois que le can. 1125 a tendu tout l'univers les concessions particulires faites par trois

mme

si

elle reste infidle.

papes au xvie
2. Iji

sicle.

dispense peut porter soit sur les deux interpellations, soit sur une seule. Dans le premier cas, le conjoint baptis peut immdiatement contracter un nouveau mariage avec une personne catholique; dans le second cas, il n'aura qu' poser au pralable la seule question dont dispense n'a pas t obtenue. 3. Le Saint-Sige n'accorde pas de dispense des interpellations sans de justes causes; fortiori, les dlgus infrieurs ne pourraient-ils en accorder sans raison \alable; ces motifs existeront, dit l'instruction du Saint-Office au vicaire apostolique du .lapon mridional, lorsqu'une enqute sommaire cl extrajudiciaire aura dmontr que l'interpellation est ou impossible.

inutile, ou gravement prilleuse (-1 fvr. IN'.M). Voici quelques-unes de ces causes les plus courantes d'aprs les instructions et formules de facults a ) si l'on ignore o habite l'infidle; b) si celui-ci habile des contres loignes qu'on ne peut atteindre avec scu-

ou

constitution. Romani pontifices, de aot 1571). visait les Indiens convertis, jadis polygames, qui recevaient facult de se marier avec l'pouse qui recevrait le baptme en mme temps qu'eux ou le recevrait dans la suite. L'intrt de l'extension de ce privilge rside dans ce fait qu'il comporte dispense d'interpeller la premire pouse, seule lgitime jusqu'alors; il permet aussi de prendre comme lgitime pouse, sans autre formalit, celle qui reoit ou recevra le baptme. La dernire constitution. Populis. de Grgoire XIII (25 janv. 1585), accordait la facult de dispenser de l'interpellation les Indiens convertis, pourvu qu'il ft ttafc que le conjoint ligitime it ut absent il ie pouvait tre averti, ou qu'averti il n'avait pas fait connatre sa volont dans les dlais fixs; cette dispense vaut mme pour le cas o l'on apprendrait plus tard que le conjoint absent tait lui-mme converti au moment du mariage de l'autre conjoint. Les pouvoirs prvus dans tes deux premires constitutions peuvent tre mis en application aprs une
saint Pie

La seconde

(2

I"

li

VILGE PAUL!

N.

EFFETS
i

'.

simple dclaration de l'Ordinaire, du cure, du confesseur ou de toul autre interprte qualifi, pourvu que soient vrifies les conditions requises. La troisime facult, qui comporte dispense proprement dite de l'interpellation, est, dit Grgoire XIII, entre le-, mains des Ordinaires, des curs et des missionnaires de la Socit de .Jsus, approuve pour les confessions. Signalons enfin que, pour faciliter l'usage du privilge, le Saint-Sige accorde aux vicaires et aux prfets apostoliques, ou mme aux autres Ordinaires, la [acuit de dclarei en son nom. dans certaines circonstances, que l'interpellation peut tre omise parce qu'elle est inutile ou impossible. <.e pouvoir appartient d'ailleurs aux Ordinaires de par le droit gnral dans tes cas et sous les conditions prvues au can. 81. De plus, par un indull spcial contenu dans les feuilles de pouvoir destines aux vicaires apostoliques, le Saint-Sige accorde ordinairement aux polygames qui se convertissent en mme temps qu'une de leurs Femmes et ne se trouvent pas dans l<-^ conditions prvues par les trois constitutions susdites, la facult de ne poser a la premire pouse, seule lgitime, que la la conversion, sans palier de la question relative cohabitation. [ Dure. IV. Dure et effets di privilge. lv>rs mme (pie le conjoint fidle aurait vcu maritale ment avec L'infidle depuis son baptme, il garde idroit de contracter un nouveau mariage avec une i" sonne catholique, si le conjoint Infidle, changeant le volont, se spare de lui sans mol if lgitime, ou ne veut plut cohabiter pacifiquement sans injure au Crateur. Can. 1121. Cf. Saint -Ollicc. 5 aot 7.V.I et I" juillet 1866. (-elle concession en laveur du privilge de la foi esl sans limite de temps; le conjoini converti peut en u-.er mme si une longue priode s'est coule depuis son baptme, lue telle survivance s'explique par le souci de sauvegarder toujours les prrogatives del vraie foi; du moment que les conditions du cas tic l'Apdt rc se trouvent ralises, l'poux fidle use simple ment de son droit, pourvu qu'entre temps il ne l'ail pas perdu, en donnant a l'infidle une juste cause de sparation. Si le privilge se prescrivait par un certain laps de temps, Ce serait au bnfice de la malice de l'infidle, alors (pie le Converti, dj du par la mail v aise foi du paen, se verrait imposer la mi v il llde d'un clibat forc. Or, ce n'est pas ce qu'a voulu exprimer .\mi urvitutt subjeetua al l'Aptre lorsqu'il a dit Irnicr nul soror in hujusmodi. Cor., vu, 15. Ce CBS de sparation tardive srail ralise si I'iiiIi dele, aprs av oir promis de ne |i;h inquiter >on pouse baptise dans la pratique de la religion chrtienne, refusait de renvoyer ses autres femmes Illgitimes. Si. a ce m unie ni il refusait d'observer la loi le l' vangile sur la nu garnie, la convertie pourrait chercher un autre mariage, car dans ce cas serait vrifie l'offense au Crateur. Le droit >\u conjoini converti a l'usage du privilge s'teindrait, au contraire, le jour ou l'poux infidle, lournanl sa volont v ers le bien, recev rail le baptme, ou promettait srieusement de le recevoir. Saint Ollicc, juill. 1866; cf. /Ver.. I. IV. lit. xix. c. .s. 2 /'.'//c/s. Le baptme de l'un des epoux Infidles, la dissidence de l'autre n'ont pas pour effet de briser le lien matrimonial qui les unissait; le conjoini con verti V puise seulement le droit de rompre ce lien en contractant un nouveau mariage. L'effet immdiat du privilge paulin est donc la Facult ou permission d'un second mariage avec une personne catholique; l'effet mdiat ou Indirect est la rupture du premier lien. rupture qui sera le rsultai de la nouvelle union. 1. Si, avant cette union, le conjoint Infidle se con Vertll a la vraie loi. l'poUX baptise perd toul droit a contracter une nouvelle union. Dans le cas o dj les
;i
t

poux

il habilatione, le baptenu a reprendre la vie commune a' no-converti si celui-ci le demande. Lien plus, si le fidle avait embrass l'tat religieux ou reu les ordres

se seraient spars a toro

tis serait

devrait rgulirement rejoindre son conjoint rgulirement car il est probable qu'un ici changement d'tat, provoqu par linjustc sparation de l'infidle, excuserait le premier converti de l'obligation de reprendre la \ ie commune: mais le lien
sacrs,
il

nous disons

matrimonial subsisterait.
t.

Cf.

Wernz-Vidal, op.

i:i..

631, note (67). Dans le cas ou le conjoint infidle accepterait le baptme, mais refuserait d< prendre la vie commune ;i\n li conjoint con> celui-ci, avant fait l'interpellation rgulire, .un..
iv. n.

de passer a une nouvelle union, pourv u qu'il pas donne a son conjoint une juste an dsaccord.
droit
n'ait
e

2.

Le

lien

moment ou
s'ensuit (pie

du premier iii.mi.i.i n'tant rompu qu'au le nouveau esl contract, can. 1126, il l'infidle m- retrouve l'tal bbr< qu

mme moment. Toute tentative d'union Faite rieun nient est certainement invalide, el s'il plaisait au converti >ie garder perptuellement le clibat, dele demeurerait li aussi longtemps que \ivr.ui son conjoint. C'est au moment mm< de l'changi consentements que le premici lien est bris; ! second tonn; .un un intervalle n'esl requis, sinon un intervalle de raison, entre la dissolution du pn mariage et la perfecl ion du second hangi d, sentements agit a la faon de la profession
I

I<

<

la dissolution du malrimonium ratunx auteurs, avec une subtilit admirable, vont ju dire que le lien primitif n'est bris absolument que lorsque le second conjoini ;i donn a son tour son ion senti nu lit. car. disent ils. le consentement donne par

pour

le

premier conjoini reste toujours soumis


:

.>

eett<

ilitmii

pourvu qu'entre temps le conjoint implicite Infidle m- vienne pas a la fm.. Di i.i sorte est tauvi arde la dignit du sacrement en menu temps q respect a la foi jure lors du pn mu mariagi
i

riere. Prteleel. theol.,

i >,

malrimonio,

t.

i,

n.

271.

!t. Le conjoint fidle qui use du pi iv lige paulin doit contracter mariage avec mu personne catholique, dit le cm. 1123. Cf. s. ol.. 17 julll. 1850 <. pou.. st de i.i droit ci clsiast iq m-, .n rigueur le souverain tiie pourrait accorder la dispense de disparit d. ou de religion mixte, si ta personne si infldh ou tique. Mais on comprend que le s. uni srieuses difficults pour accorde! une telle dispi si autoris qu'en faveur de <ai le nouveau mariage n la loi. cl de la v raie foi. I.a question devient plus dlicate da Saini Sige a pralablement accord dlspt ii. on se demandi si. oui. p. m un pellatlons empchements de disparit de culte mixte, le converti pourrait rontractci rnliitrmcnl un inaii.ee avec un Infidle ou un hrtique, s.m^ une permission spciale du pape. Kn effet, celui-ci, disent quelques-uns, ne dispense des Interpellations qu'a la condition expresse que le set ma clbr avec une personni catholique, condition dans l'espce, m- seiait pas ralise, il ne sembU que le pape- veuille fane de cet U condition une Irritante; du moins, il ne l'a |amais lit de Faon Foi nul U- on pourra ib. m applique .e cas la rgle du
,
i

.i

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I<

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eau.

I.

En matire douteuse, de la toi jouit des Faveurs du droit Telle est la rgle d'interprtation pose par U ode. can Elle existait dj auparavant, ainsi qu'il ressort et., dcisions, insl ruct ions ou rponses des Sa< -alions romaines t. s. Off., N juin 1824, 5 juill 185 .. 7 juill. 1880, 29 nov. 1882, l" mai
V.

Interprtation.

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lige

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VILliGE PAULIN.
15 dc.
fait
le

INTERPRTT ION

4 1G

Benol

XIV,

lettre

Probe

Puisque

la discipline lu
il

le du Code ne

1751,

27.

que sanctionner
guider
.selon la

l'ancien droit,
lgislation

sera ncessaire

se

ou la jurisprudence antrieures. Mais la premire rgle tant de s'en tenir au sens propre des mots, il nous taul examiner tout d'abord la porte du texte fourni par le droit. Le ean. 1127 parle seulement de matire douteuse Le doute dont il est ici question est celui qui, malgr une enqute srieuse et des recherches prudentes, laisse subsister des probabilits dans l'une comme dans l'autre hypothse, ou lie permet pas d'arriver a une certitude morale. Dans certains cas dtermins, le droit lui-mme aide rsoudre le doute en tablissant de sages prsomptions. Ainsi, en prsence d'un acte pos, d'un mariage contract, la validit est prsume jusqu' preuve conau contraire, si c'est l'acte lui-mme, traire, ean. loi le fait du contrat qui est mis en doute, le principe est que les faits ne doivent jamais tre prsums, mais

polygame ne se rappelle plus quelle femme il a pouse en premier lieu. .">" Sur la sincrit de la rponse de l'infidle, sur son sens ou sa porte exacte, lorsqu'elle est ambigu telle serait la promesse faite par un polygame qui renverrait ses autres femmes, mais refuserait de se convertir. Si le doute positif subsiste, on tiendra la rponse allirmative de l'infidle pour ngative, en faveur de la foi du nouveau converti. Le cas serait plus dlicat si l'infidle, ayant de justes raisons pour se retirer, allguait, pour justifier son refus de cohabiter, un motif injuste: la plupart des auteurs inclinent accorder au nouveau baptis le bnfice du privilge de la foi. Cf. Vromant dans Xouv. rev. thol., 1932, p. 451. 6 Le doute peut porter encore sur la suffisance des motifs pour accorder dispense des interpellations. Dans ce cas, il n'y a qu' suivre les indications du ean. 84, 2. In dubio de su/licienlia causie, licite pelitur (dispensa:

nt)), et potest licite et valide eoncedi.

tre prouvs.

sens strict du ean. 1 127, et selon les rponses et instructions du Saint-Sige, la faveur du droit ne concerne que les cas o s'applique douteusement le privilge paulin; celui-ci, supposant toujours un mariage conclu entre deux infidles, n'est pas applicable, pas plus que la faveur, un mariage dont un au moins des contractants est certainement baptis. Pour juger de l'existence du doute, il n'est point ncessaire de faire intervenir l'Ordinaire ni le Saint-Sige, car le jugement du doute n'est rserv personne. Cependant, les prtres ou missionnaires, en se prononant sur ces doutes dont, les effets intressent le for externe et comportent de grandes difficults, auront soin de s'en tenir aux ordres ou directives donns par les Ordinaires des lieux, ean. 296, et sauront, au besoin, s'clairer de leurs conseils. Cf. Vromant, dans Xouv. revue Ihologiqne, mai 1932, p. 444. La faveur du droit doit s'entendre non seulement comme une concession bienveillante du droit purement ecclsiastique, mais comme une drivation du droit divin dont relve le privilge. Cette faveur ne doit pas s'entendre comme comportant dispense d'un empchement de mariage quelconque, qu'il soit certain ou douteux, prohibant ou dirimant, ni comme une supplance quelconque une condition exige par le droit naturel

Au

7 Sur la dure du dlai pendant lequel on doit attendre la rponse de l'infidle, lorsqu'aucun terme n'a t fix. Si le doute persiste et que le cas soit urgent, on permettra sans tarder au converti de contracter un nouveau mariage. 8 Enfin, on pourra douter en gnral de la vrification de toutes les conditions du privilge les unes sont certainement ralises, d'autres restent douteuses. Dans tous ces cas, on admettra gnralement la solution qui favorise la libert du conjoint converti, afin de lui permettre de contracter mariage avec une personne catholique, ou bien afin de valider son nouveau mariage dj contract avec un fidle. En particulier, si le doute porte sur le baptme ou sur le mariage contract dans l'infidlit, plusieurs dclarations du Saint-Olfice suggrent qu'aprs un srieux examen pour rsoudre le doute on tienne le baptme et le mariage pour valides ou invalides selon que leur validit ou invalidit ouvrira la voie au baptme et l'usage du privilge paulin. S. Off., 7 juill. 1880. 18 mai 1892, 26 avril 1899, etc. Cf. Wernz- Vidal, op. cit., t. iv,
:

n. 631.

Notons en terminant qu'aux termes mmes du


En matire douteuse, le priean. 1014 le principe vilge de la foi jouit des faveurs du droit , ean. 1127, Le mariage jouit l'emporte sur cet autre principe des faveurs du droit et doit tre tenu pour valide jusqu' preuve du contraire , ean. 1014, car cette affirmation est tempre par cette rserve salvo preescripto canonis 1127. En cas de conflit entre les deux, il y aura lieu de voir si le privilge paulin et la foi du converti sont intresss ou non ce que le premier mariage soit reconnu valide. Si non, on tranchera le doute en faveur de la nullit. Si oui, on laissera jouer le ean. 1014, qui maintient la validit. Cf. L'ami du cierge, 1925, p. 221.
: : :

ou mme ecclsiastique, par exemple le consentement mutuel des poux, la forme de clbration, etc.; elle quivaut pratiquement une intervention du pouvoir suprme pour rsoudre le doute en faveur du mariage catholique. Mais cette intervention suppose que le souverain pontife a la certitude de ne pas rompre, mme en faveur de la foi, un autre lien indissoluble. C'est ainsi que, mme en faveur du privilge paulin, le pape ne pourrait dissoudre le mariage de conjoints hrtiques ou schismatiques dont le baptme est douteux d'un doute positif et probable: car. tant que ce doute persvre, il est impossible d'exclure l'hypothse d'un mariage ratifi (ralum) et consomm, lequel ne peut tre dissous par aucune autorit humaine. Cf. Creusen, dans Xouv. rev. thol., avril 1925, p. 227; mai 1932, p. 149. Le doute peut porter principalement sur les points
suivants
1
:

I. Textes et documents. Codex juris canonici: Corpus juris canonici, d. Friedberg; Collectanea S. C. de propaganda fde, 2 e d., Rome, 1907.

II.

Commentaires et ouvrages spciaux.

Wern/.-

Sur le fait du mariage contract dans l'infidlit y a-t-il eu vraiment intention de contracter, ou simplement vie deux pour un temps, puisque les formalits usites dans le pays ont t omises? 2 Sur la validit du mariage, parce qu'on souponne le lien d'un mariage antrieur ou la violence
:

Vidal, Jus canonicum, t. v. Jus matrimoniale, Rome, 1925; Gasparri, Tractatus canonicus de matrimonio, 2 vol.. Vatican, 1932; Cappello, /'c sacramentis, t. m. De matrimonio, Turin. l'.>27; Ballerini-Palmieri, Opus theologiciim morale, t. vi. Prati. 1894; Carrire, l'nvtectiones thologien; De matri-

laite la

femme,

etc..
la

Sur le fait du baptme d'un des conjoints, ou validit de ce baptme. 4 Sur l'identit de la premire pouse, lorsque
3

le

monio. t. i. Paris, 1837; Rosset, De sacramenlo matrimonii. t. i, Maurienne, 1895; Fourneret, Le mariage chrtien. 3* d., Paris, 1921 Vermeersch-Creusen, Epilome juris canonici, ;>' d., t. n, Malines; Cance, Le Code de droit canonique, t. n, Paris, 1932; A. Oc Smet, De sponsalibus et matrimonio, Bruges, I'.i27: A. Vermeersch, De casu apostoli, Bruges, 1911; l'ami du clerg, an. 1921, 1922, 192">. passim; Pri' dieo de re canonica, morali et liturgica, t. xvn et xx; .Voiivellereoue Ihologique, P.i2.">, i>. 227; 1932, p. H). A. liniDE.
; 1

417

PROBABILISME. SOLUTIONS MDIVALES PROBABILISME Le mot est n dans Liguori (col. 558). VI. De saint
la

'
I

Alphonse de Liguori

seconde moiti du xvir sicle, parmi les querelles dont nous raconterons l'histoire. Le sens en doit i re entendu en liaison avec le milieu polmique et doctrinal o il est employ, car il est avant tout la dnomination commode, brve et fixe d'une ralit historique, et donc mouvante et complique. Voir A. rnauld, Cinquime dnonciation du philosophisme..., 1690, avertissement, pliilosopliisme o l'auteur, pour s'excuser du mol s'autorise d'un exemple Comme il y a longtemps qu'on est en possession lorsqu'on traite la matire de la probabilit, de dire probabilisme ou probabilisles, au lieu d'employer beaucoup de mots ce qui est imporA. Arnauld, uvres tun quand cela revient souvent. 177<>, p. 298. Pascal avait t. xxxi, Paris-Lausanne, vit le mot, et Possuel ne se le permet (pie dans des crits expressment thologiques.
.

nos jours
I.

(col. 592).

VII. Conclusions (col. 602).

POSITION ET SOLUTION DES PROBLMES


Il

y a lieu de considrer distinclittrature morali destim guider la pratique de la confession. I. La thologie mdivale. II. Les Sumnue confessorum (col. 137). On chercherait en I. La THOLOGIE MDIVALE. vain du probabilisme a ici Age le la thologie. Pour autant, ne la jugeons pas d'emble trangre a notre sujet. Le probabilisme concerne ces situations de la conscience ou l'homme demeure incertain de son devoir. Le cas en est a ce point rel et il pose les pro-

au moyen aqe.
tement
la

thologie

et

la

Il dsigne en gnral les thories des moralistes qui admettent comme rgle lgitime 'le conduite une opinion probable connue telle, quand mme << murs sur le /joint dbattu une opinion reconnue plus probable. Voir Th. Gonzalez, Fundamentum thologies moralis, Colo gne, 1694, diss. Il, Intr., p. 13. Non dpourvu dans le principe d'une nuance pjorative et employ de prf rene par les adversaires, le mot lut bientAI d'un usage universel eu thologie morale. Le grand bruil qu'on lit son sujet lui a valu dioil de cit dans la langue flan caise. Voir Lit li, Dictionnaire.... au mol l'robubilisnie. avec lextes de Voltaire el de Marmontel; \. Lalande, Vocabulaire technique et critique <le lu philosophie, au

mol. A la faveur du mol ainsi rserve, il huit se garder de croire pie seul le probabilisme tolre |'u de la probabilit, ce qui d'emble engagerait un juge ment taux sur l'histoire des doctrines morales el in e rail au dtrimenl d'autres thories un prjug in rite. De nos jours, en Tel al actuel des doctrines, le pi ci les babilisme dsigne l'un des systmes moraux (puis vont du rigorisme au laxisme classification plus commode qu'exacte ci qui risquerait cette fois, mais encore au bnfice du probabilisme, de simplifier curieusement la ralit de l'histoire. Sous le mot, seule impolie en elle! la ralit- histo rlque qu'il recouvre. Pour connatre le probabilisme et en juger, une seule mthode est comptente, qui est d'en suivre l'origine et les vicissitudes dans le temps. Toute doctrine gagne tre ainsi tudie; celle-ci ne peut l'tre autrement. Nous croyons que l'tude du probabilisme en est essentiellement l'histoire, ordon ne. bien entendu, \ u la mal 1re en cause, une appi e dation thologique, mais qui sera ds lois assure de rencontrer une ralit, il serait toutefois asse hors de propos d'invoquer en cette affaire le tmoig des l'res ou des premiers crivains ecclsiastiques. dont il est clair qu'ils n'ont pas conditionn, ni en thorie ni en pratique, le phnomne tardif qui doit ici nous occuper. En revanche, nous croyons important de rechercher si le Moj eu Age, qui a prtendu sj stma User les doctrines morales non moins (pie les do tiques, o s'est forme au surplus une abondante littrature l'usage des confesseurs, ne fournil pas des informations relatives au problme qui sera celui du probabilisme. A partir de l. il n'est plus (pie de suivre le cheminement des doctrines et d'assister a rclusion puis l'histoire mouvemente de celte thorie morale. Au tenue de l'enqute nous appa ratra le probabilisme ici (pie l'a fait l'histoire, et sur lequel doll porter aujourd'hui le jugement dfinitif du thologien, compte tenu et des enseignements du passe, el de l'attitude actuelle de l'Eglise. D'o l'ordre de l'expos: 1. Le Moyen Age. II. De saint Thomas d'Aquin H. de Mdina (1584) (col. 139). III. DeB. de Mdina 1656 (col. IV. De 163). 1656 1700 environ (col. 501). y. De 17IKI environ sain! Alphonse de
.
:

mme

dlicats qu'on Imagine malaisment une morale devant laquelle il passe Inaperu. Mais n'exigeons pas qu'on le traite invariablement dans les termes lu probabilisme. Il se peut que la thologie mdivale soit fort dcevante a qui l'aborde en fonction des systmes postrieurs, alors (pi .-Ile a trait peut tre les mmes problmes, mais a sa et fourni un ensemble imposant de rponses, mais qu'il v a lieu de lire comme -Iles turent conues. '/' / /. 1.1. PROBLl Ml. F0J //. /..i conseil vce. l'ou apprcier quitablement l'enseignement que nous recherchons, disons d'abord comment pour ici te thologie, se pose le problme. Il tient a l'ide qu'on S'j lait de l'action morale. laquelle est d'un mot une conformit. Avant toute action (le noire p. ut. il v a la loi, depuis la majest de la loi ternelle jusqu'aux prescriptions mobiles et mul liples des lois positives, le tout formant un seul sv s leine et un seul ordre, ou Dieu domine. La valeur de

blmes

si

rflexion

'

l'action esl

de
esl

s'v

idei

le

p(

Ile

etl

pi

opl cillent

morale esl reprs aussi comme un dveloppement de l'homme; elle esl alors commande par l'Ide de On plutt que par l'ide de loi. Mais n'oublions pas que cette tm est elle-mme une ralit, qu'elle s'entend en fonction
dsordre.
(1

vrai

que

la vie

d'une nature

qu'elle relve A son toui l un ordre. Il il ne s. iui.nl v BVOil non plus iien d'arbll raire dans |'ai lion pu la pri
el

n'v a lien d'arbitraire eu elle;

quelque endroit qu'on la regarde, la conception m du Moyen Age esl rigoureusement objectiviste. L'homme est pris dans un ordre, el toute s.i ressoun e esl de s'v conformer. On le reconnafl du reste bien quip en vue de rpondre a cette exigence. Il possde une sorte d'instinct moral roncier, pice constitutive i< sa nature qui, sous le nom de syndrse, lui donne le neinenl londainelil al du bien et du mal. ave
(

ri
|.

de suivre l'un et d'viter l'autre. Il dtient en sa raison certaines dterminations mmes de la loi ternelli point Inscrites en lui qu'on parle a leur propos le loi naturelle. M est doue du pouvoir de raisonner, d< parer, de dduire, en Sorte qu'il est capable de s,- loi nie!- des jugements rglant jusqu'au dtail de s., con duiie ei garantissant, autant qu'il se peut, la confor mit (le ses actions particulires avec la loi ternelle. n ces conditions, h- Moyen Age entretient notant ment une conception de la conscience dont ('limes formules paratraient aujourd'hui choquantes. Soit, par exemple, le texte v pique en la matire o devait ni se scandaliser d'Age en Age l's gnrations des listes itiiiit auleni quod agitur contra legem semp< malum nec excusalur per hoc quod est secundum scientiam. Saint Thomas, Quodlib, vm, a. 13. Peuton davantage humilier la conscience? On la traite comme une pure Servante de la loi. s;ms autonomie, sans droits propres. Mais c'est qu'au gr le s auteurs il n'v a point deux principes l< l'obligation morale d'une part la loi. d'autre pari la conscience, loule la force obligatoire de la conscience drive de la force obligatoire de la loi dont Ile n'est (pie l'api
I

i,

DICT.

DE THOL. CATHOL.

T.

XIII

I.

',

1!)

PROBABIl.ISMi;. soi.UTluNS

MDIVALES SUR L'IGNORANCE


cette thorie doit
faiblesse

.Ml
la

Mon. On ne peul dissocier de la notion mdivale de conscience celte ide d'application, qui dflnil juste meut tout sou rle. L'acte contraire la loi est toujours mauvais, attendu que cette contrarit n'es! que la dfinition mme du moralement mauvais; et il n'est pas excus par le lait qu'il est conforme a la conscience, attendu que lotit le rle >'! dune tout le soin de la conscience <loi\ eut cire de se conformer la loi. Axant d'examiner les cas o, m dur le soin qu'elle en prend, la conscience manque son rle et ne rejoint pas la loi, le rapport de la il tal 1 ail rappeler celle doctrine conscience > la loi j esl exprim en ce qu'il a d'essentiel, confonn nent l'objectivisme fondamental de la morale mdivale. Que de tels cas se prsentent, on ne songe pas en effet le nier (et le texte cit ne signifie pas que saint Thomas le mconnaisse voir noire tude Eclaircissements sur Qaodlibet vin, <irt. 13, dans Divus Thomas, Plaisance, 1935, p. 12-iil); mais ilfaut avouer que dans ces condit ions le problme de la conscience fausse prend chez les thologiens du Moyen Age une acuit inattendue. Ils se sont demand si elle oblige. Et tous n'ont pas rpondu affirmativement. L'cole franciscaine a pens que l'erreur relative aux actes bons ou mauvais spcifiquement n'emporte aucune obligation; bien plutt pche-t-on s'y conformer; le seul devoir est de se librer de l'erreur. Le jugement de la conscience ne fonde de lui-mme une obligation qu' l'endroit des actes de leur nature indiffrents, D'autres auteurs, il est vrai, rsolvent moins simplement le problme reconnaissant au jugement de la raison la fonction de prsenter la loi, faute de quoi elle ne s'applique pas, ils disent que la conscience mme errone oblige; mais ils prescrivent de la dposer et de rejoindre la vrit. Saint Thomas est de ce parti, enseignant que toute conscience oblige sans que toute conscience excuse. Voir sur ce problme de l'obligation de la conscience La valeur fausse au Moyen Age l'tude d'O. Lottin normative de la conscience morale. Les premires solutions au Moyen Age, dans Ephem. theol. Lovan., t. iv, 1932, p. 409-431. Il y a dans cette solution plus d'art que dans la premire puisqu'elle mnage la dcisive entremise de la conscience entre la loi et son sujet. Mais l'une et l'autre sont fidles au postulat commun de toute la morale mdivale, et c'est que la rgle unique de l'action est la vrit. La conscience n'est que son interprle. Nos docteurs n'ont jamais imagin que conscience vraie et conscience fausse dussent avoir la mme valeur normative. L'une garantit toujours le bien; il advient que l'autre excuse du mal quoi elle oblige. Mais cette dernire clause ouvre une issue. Il se peut qu'agissant rencontre de la loi l'homme cependant n'encoure aucun pch. Le principe est capital,
: ' :

mesurer

le

degr d'adaptation

et le

Moyen Age

l'a pos.

Nous touchons

ici

l'exact

point de rencontre entre cette thologie et les proccupations spcifiques du probabilisme. Notre sujet demande donc que nous considrions de prs le sens et la porte de ce principe l'poque. Et nous allons constater que, non content de le poser, on en a entrepris une laboration trs circonstancie, o bien des recherches postrieures auraient trouv dj leurs solutions. Distribuons sous trois chefs les doctrines l'ignorance, le doute, la explicatives de ce principe
:

probabilit.

1 Le cas de l'ignorance. La notion d'ignorance permet nos thologiens, si soucieux de conformit, de faire leur part aux conditions humaines de la conscience. Elle leur te beaucoup de l'intransigeance qu'on serait tent de leur imputer. Il faut comprendre en ell'ct la thorie de l'ignorance non pas comme une thorie morale particulire, mais comme une pice organique, telle que le systme entier en devient humainement praticable. Le degr de perfection de

Or, le jusqu' l'extrme. Ces distinctions nous sont devenues familire, dont on peut suivre l'apparition et les variantes a travers les auteurs de ce temps (bonnes tudes sur le sujet M. Mller, Ethik und Recht in der Lehre der Verantworllichkeil, Ratisbonnc, 1932, spcialement i). 16-169, 177-1X1; O. Lottin, Le problme de i Ignorantia juris de Gratien saint Thomas, dans Rech. de tliol. anc. et md., t. v, 1933, p. 3 (5-368) ignorance du fait et du droit ( quoi sont assimiles les ignorances particulire et universelle d'Aristote); ignorance du droit positif et du droit naturel; ignorance invincible et vincible, celle-ci son tour divise notamment en ignorance ngligente et en ignorance affecte; ignorance antcdente (cause du pch) et concomitante. On dispose ainsi d'un jeu mobile grce auquel on peut mesurer aussi exactement que possible l'effet de l'ignorance sur le volontaire; et, comme il n'est pas indiffrent cette fin de savoir si l'ignorance est elle-mme ou non coupable, on s'est enquis avec soin du pch d'ignorance (sur ce point spcial, O. Lottin, La nature du pch d'ignorance, dans Revue thomiste, 1932, p. C34-652, 723-738; on peut voir sur ce cas prcis combien l'ide du pch d'ignorance, loin de reprsenter une apprciation morale rudimentaire, a exig de ces thologiens une laboration trs affine de l'ide de pch). Selon les diverses sortes d'ignorances ainsi considres, on value l'excuse dont bnficie ou non l'action issue d'une conscience en dsaccord avec la loi. Elle correspond exactement l'atteinte porte par l'ignorance au volontaire. Les apprciations ainsi obtenues ne soulvent gure de difficults elles sont devenues classiques et font partie dsormais du bon sens moral traditionnel. Signalons nanmoins dans cet ensemble quelques points qui seraient plus litigieux. Il est notoire que, pour les thologiens du Moyen Age, l'ignorance du droit naturel n'excuse pas. Sur quoi l'on se rcrie comme devant une intolrable svrit. Mais il ne s'agit pas alors d'une parcimonie dans l'indulgence. La conviction est profonde chez ces thologiens d'une rgle morale inscrite au cur de l'homme, d'une insertion dans la nature mme de certains jugements pratiques, tels que l'ignorance leur propos, quand elle n'est pas un vain prtexte, leur semble due toujours quelque forme de mauvaise volont. Tandis que nous souponnerions de prime abord en l'ignorance du droit naturel une impuissance, ils y redoutaient une secrte complaisance pour le mal. On n'en doit pas juger exactement comme de l'ignorance du droit positif, o il y a plus de chance que l'ignorance excuse. Ajoutons que, sur le contenu de cette loi naturelle, nos thologiens ne sont pas de la dernire prcision et qu'ils n'ont gure envisag les cas exceptionnels (auxquels nous sommes particulirement sensibles), d'o la possibilit d'une dtermination plus nette et plus circonstancie de ces obligations que l'ignorance n'te pas. Il y a l une tche pour la thologie postrieure, mais non pas, semble-t-il, la ncessit pour elle d'attnuer quelque svrit outre. On sait aussi qu'au gr de saint Thomas, par exemple, l'ignorance concomitante (telle que, si l'on et t inform, on et pos nanmoins le mme acte) n'excuse pas du pch commis; la seule ignorance antcdente (privant de la science qui et empch effectivement de poser l'acte) entrane le bnfice de cette excuse. Sum. theol., I'-ID', q. lxxvi. a. 3. Mais, ici non plus, on ne doit voir un excs de rigueur. On marque entre les deux ignorances un effet diffrent quant au volontaire, ce qui n'est pas niable l'une rend l'acte commis contraire la volont, l'autre fait simplement que l'acte ainsi commis n'a pas t voulu. D'o chez
:

humaine de celle morale tout objecli viste. Moyen Age a pousse- l'analyse de l'ignorance

421
la

PR0BAI3ILISMK. SOLUTIONS MDIVALES SUR LE DOUTE

Vil

premire un pouvoir d'excuser, c'est--dire d'ter positivement de cet acte le mai dont autrement il serait charg, tandis que la seconde laisse l'acte sa nature; mais il est clair qu'il n'est pas imputable, puisque, tel qu'il est, il n'estpas volontaire. Il n'y a pas lieu d'attribuer une correction des commentateurs cette interhomas. prtation qu'impose le texte bien lu de saint On ferait reproche enfin aux thologiens du Moyen u el saint Thomas en particulier, d'avoir ut tach une responsabilit l'acte commis par ignorance au mm le l'origine volontaire de celle-ci. Mais n'( >omi en juger a partir d'uni- conception elle-mme trop indulgente? Nous croyons qu'il y a dans celle ipprciation mdivale un sens affin du volontaire el
I
[i
.
(

dlivrer sur l'avis de son pasteur et pratiquer comme devant les relations conjugales. Mais s'il est dans la situation d'une eredulitas probabilis el diserela, quoique non vidente et manifeste, debitum quidem reddere potesl, we i>oslulwe non dbet, ne in alterulro vel contra legem conjugii vel contra judi-

cium conscienli commillal offensant. Ibid., col. 9 dcrtale Pelitio (VU) Can. 21, De homicidio, Y, xn d'Honortus fff (1216-1227). A un prtre qui a pris part a un coup de m un contre des ennemis de la loi, le pape ordonne quatenus, si de inierfeclione cufusquam in illa eon:

fliciu lun conscienlia te

reoerenter,

quam

remordet, u mtnisb no allaris uOstineas consullius in hujusmodi dubio abslinere lemere celebrare. Ibid., col. 804.

quum

sit

mes les plus subtiles el non pas, comme le docteur Millier, op. cit., qui cde ici l'entranl de sa thse, un reste d'esprit juridique mal assimilable en doctrine morale. Le doute intresse son tour 2 Le cas du doute. le principe dont nous parlions. que les thologiens Il v a ici un tat de la conscience du Moyen Atfe n'ont pas mconnu et qu'ils ont vit de ne pas savoir et douter confondre avec l'ignorance mil deux conditions de l'esprit absolument dissein blables. N'attendons pas qu'on juge galement de l'une et de l'autre. Tandis qu'on s'attachait a mesurer
i,

i.,i

pense

le

aussi

excuse

exactement que possible combien l'ignorance et dans quels cas, on proclamera que le doute,
le

le rgle du plus sur ne limire pas parmi lesquatrevingt-huit rgles de droit promulgues en 1298 par Boniface VIII et insres dans les Dcrttes a la suite du Se .le. Mais elle a v ail des lois ai qui s droit le cite thologiens, auxquels Innocent III, on vient de le voir la di en taie Inquistioni tait tort connue des (texte V thologiens), avait donn l'exemple d'un usage moral de Incipe; car le douti lie la conscience, il ne motive pas seulement des dcisions juridiques. Relevons chez les thologiens un choix (h- textes ou s'affirmera leur mthode constante de trancher h- dont.- eu laveur du la valeur plus sur, en mme temps que morale et l'exacte porte de la 1, Une question typique de la thologie mdivale est la suivante Chacun est il tenu de s.ivoir de tout
1

I,

loin d'autoriser

choix entre

les partis

en prsence,

dans l'obligation <\'ui/ir un plus sur: faute le quoi, il n'vite pas le pch. I.e sentiment en est alors universel. Il a trouv son expression dans cer lestes juridiques, o il est intressanl d'en exa miner les formules

met

le

sujet

(I)

Can.

3,

De sponsallbus, IV,
153),
i
-

mnl

</",/

certius

cation de foi d. Frledberg,


/,,//
il,'
i

on on lii islimamus /, m re debemus, a\ ec une appll externe autorise de ce principe. Corp. fur. can.,
:

dcrtale Juvents d*l u Quia igilur In his qua dnlo


i :

u, col. 661 (II) Can. 12, De homicidio, Y.


t.
;ii

\n
1,

dcret Je

Id audien;

on le principe t'nonce .nui ni (1187-1191 Quum in duoiis sententlam debeamus digre luliorem, <[ la suspense d'un mande mie application canonique n, qu'on peut tenir pour cause d'une mort violente. u
:

Question ou se trahit la crainte que n, soit porte prjudice a un ordre de v aleurs ipie tout notre devoir cependant esl de respecter. Et, tandis (pie certains admettent a ce pr pos des rances lgitimes, telles qu'elles excusent du (ainsi Roland (h- Crmone), d'autres jugent qu' dfaut de savoir on est tenu pour le moins de douter. Guillaume d'Auxerre est des solution qu'a pi h- doute v apparat comme une plus significatives sauvegarde grce a quoi, dans l'Impossibilit mme o nous sommes d,- reconnatre tout pch mortel, restons cependant en mesure d'viter l'acte dsordonn; car, des 1,1 qu'on doute d'un acte s'il est pch mortel, on ne le commet plus sans pch
mortel
qu'il
est

mortel?

/(>/.. col.

7U7 798.
.,,

(III) c.nn.

De

clerico, V,

\\> n

dcrtale lllud d'Inno

cenl III (1200). Le pape reproche .i un voque excommuni i, n'avoir pas observ l'excommunication, --nus prtexte Llcei qu'il n'avait pas notification officielle de celle-ci mil in lia- non videalur omnino culpabillt extilisse, quta eum tamen in dubiis via esl lulior eligenda, thi de lata tenlenila dubilaret, dbiterai tamen potius se abslinere quam
:

ode non quiUbet tenetur sdre de quolibet peccato mor'.m el per sed leneiiu si e i.di .puni su mort di hoc v il. u r. 1 it enlm rgula quod, tt allquls dubltat de allquo 1.1, iiiud. il peccat mortaliter. Guillaume an su m, aide ei d'Auxerre, Summa aurea, l. II, tr. XXIX, c u q. ui, d. PtL'ensemble d, s gouchet, Paris, 1500, toL \, n v dans relatifs au problme dont nous venons de parler, (. oiiin, le luitorisme du \ /// il etc. dans RecA. d<
1
.
;

une

el ne./., t. \.

1933, p. 292-301.

amen la

ecc/csiaslfca perlraclare.

Ibid., col. 8
:

dcrtale Italiens (IV) Can. 3, De presbijlero, III. xi.m d'Innocent III (1206). Quelqu'un qui a reu tOUl les ordres pas n'a t baptis en due |usqu'au sacerdoce dcouv re qu'il forme: il y a doute entre les doctes sur la validit des ordres reus. Nos, circa latorem prseniium in hoc dubltabili casit
711,11/

quenles, fraternitali lu 1 r apostollca scrtpta per singulos ordtnes usqut n,/ sacerdotfum promovere cures, el permuta* eum i" sacerdotio ministrare, quia non intelligilur iteratum quod ambigttur
tulius est
s'

albrin.it ion. Nous la retrOUVOIU, vigoureuse, chea Guilt une d'AuVCrgne, mais munie de la just ilicat mn qu'adopteront tous Us thologiens. On pose la question de la pluralit des bnfices; mais n'est ce pas prsomption que d'y rien dfinir, vu la division d.s auteurs?

n'y

a la

qu'une

particulirement

mandamus quatenus ipsum

In

quo divimus
i

quia,

si

dulmun

est

lieeal. Ipi

dnluelas eeitiludn

est rt delerniin.il 10

uliiim liceat vel non quia pin

esse factum.
1

Ibid., col.

,\ dcrtale Signifcanii Can, 18, d'Innocent III (1209), au sujet d'un prtre dont le coup a In hoc du Mo peut-tre trappe mort un voleur sacrilge lanquam homicida dbet haberi etsi forte homlclda non sii, u sacerdolali o[ficio abslinere dbet, quum in hoc casu cessare si/ intins quam lemere celebrare, proeo quod in allero nullum, in reliquo uero magnum periculum timeatur. Ibid., col. 800-801
: :

648-649. De homicidio, v, xii

cul dubio non llcet, Nulll enlm dublum est quod non Ucet dlscriminl autem se cornalicul commit t re se discrimtnl mittit qui allquod lacera pnesumll de que dubltat an Hun mortale slt. Quare, slcut dlclmus quod Ipsa du' ni 11
: 1

propter hoc vttandum ex necessltate, quare el il luit mu. Guillaume d' \uv ergne, ' rweinius de eollatione bene/lciorum, c. v 1. "/'ira omnfa, 1. u. Paris (Rouen), 1674, p. J.">s (suppl.).
efflcll

hoc dlscrimlnosum,

et

i\
lioni

li

Can

il,

De

sententta, Y.

xxxix

dcrtale Inquisi-

d'Innocent 1 1 (1209). Si l'un des conjoints dcouvre un empec lemont au moi ige, on distinguera soigneusement l'et ai de sa conscience, n.ms le c isde certitude, il renoncera tout commerce charnel avec si partie, quand urine il ne peut faire ta preuve de l'empchement mieux vaut encourir rexcommiinie.it ion que de commettre un pch mortel. Dans le cas d'une eredulitas levis el temeraria, il pourra s'en
1

I.e choix du plus sp r est donc commande par cette pense qu' faire autrement on se jette dans le pril, et il n'est point permis d,' eoui ir ce risque quand il d'un pch mortel. Mme pense dans la s'agit Somme dite d'Alexandre de 11

Siniiliter quatitur de illo qui dubital de aliquo uliuiu sit simonia vel non. eo quod quidam jurisperitl dicunt esse

423
simoniam
Ignoret?

l'Itummi.ISMK. militions MDIVALES SUR LE DOUTE


el

124

quidam non. Quid ergo [aciendum

est,

cura

la

lumire.

Grce

celte
fait

rgle,
le

notre pratique esl

Ad (|in>(i respondendum quod abstinendura esl ah hujusmeliut enim modJ contractu ne commlttat 8e discriminl
:

esl ut iiu-id

il

ii)

damnum

temporale
i, <|.

quam

lituale, id esl

minus mal iim. Alex, de

In spiIhils, Siiininu theol.,

damnum

jugement directeur. Car le doute Signifie justement une raison aux abois, allant d'un parti l'autre, inapte dans le cas sa fonction l'action en sera- elle a son tour livre au hasard?
garantie

quand mme

dfaut

part. Il, 1. Il, Inq. :s. tr. 2, sect. racchi, t. m, p. s.\2, a. :i2.~>.

2, Ut. I, c. 8, d.

Qua-

Sur un autre
rgle
:

cas, saint

Bonaventure avance

la

mme

objicitur de venialibus, quod dubium est mortalia; dicendum quod in tali casu nisi certificetur pasnitens per aliquem virum sapientem cui possit adnibere (idem, tenetur illud utique conQteri; si autem tollatur dubitatio et sciatur esse veniale lune non obligatur. Sicnt si conscientia alicujus probabiliter dubitat de aliquo utrum sit mortale, tenetur amplius illud non [acere manente dubitatione; sed Minuta tali conscientia, non tenetur. In

Ad

illud
sini

quod

utrum

Reste la rgle de la scurit, o le Moyen Age a rencontr dj ce plan solide du pratique indpendant des vicissitudes de la raison, que certains modernes croient avoir dcouvert. Il > a une certitude possible de la bonne action la mme o la raison n'est qu'incertaine, mais on ne la Imuvc que dans la scurit. Le dernier texte cit nous permet d'entendre dans le sens unanime du temps un texte laconique et peut-tre ambigu d'Albert, dans le mme article
.

'uni

Sent., dist.

XVII, a. 2,

q.I,

ad4" m ,d. Quaracchi,

t.

IV,

p. 458.

siint Albert le Gr.md, certains ont pens qu'il chappait cet esprit de son temps et qu'il librait la conscience douteuse de l'obligation que tous alors affirment. Mais s'aperoit-on de quelle singularit on
le

De

Quaeritur hic de rgula quorumdam dicentium quod, si aliquis est dubius de aliquo an sit mortale peccatum et lacit illud peccatum, mort aliter peccat propter contemptum. Ponamus enim quod dubitel et habet probabiles rationes ad oppositum non tamen sullicientes tune enim non videtur contemnere eo quod sequitur magis probabile. Duplex igis esse est dubitans, scilicet dubitans supponens aliquid quam non esse, et de tali intelligitur rgula; et est dubitans
:

nihil
(le

supponens

et

hoc non

esl

verum.

Ibid.

marque

ainsi?

Il
c

thologien du
l'ordre

xm

ne pouvait venir la pense d'un sicle que le doute laisst au sujet


il

la libert d'agir

l'entend, au risque d'offenser doute ( la diffrence de l'ignorance) lui notifie sa faon. Les textes bien entendus d'Albert le disculpent, croyons-nous, de cette exception. Il gradue la force obligatoire de la conscience selon la certitude o elle atteint et il dclare que l'obligation tombe quand la conscience n'en est qu'au dubium ou Yambiguum :

comme

que justement

le

Ad id quod ulterius quaeritur solvendum, recolenda est distinctio quam supra posuimus, scilicet quod aliud est dubium et aliud est ambiguum et aliud persuasum vel creditum et aliud scitum. Unde quod est in conscientia habet
se per aliquem istorum modorum et secundum hoc magis et minus obligat Sed sine prsej udicio loquendo dicimus quod non obligat ad faciendum nisi sit ut opinatum vel creditum vel scitum id quod est in conscientia, et tune obligat sive con.

doute o l'on ne suppose rien (le deuxime; n'estl'ignorance? On comprend que la rgle alors ne s'applique pas. Mais elle joue, dit l'auteur, si le douteest positif et quand mme on pencherait d'un ct plus que de l'autre, pourvu, bien entendu, qu'on ne parvienne pas opter; car alors il n'y aurait plus de doute. Pas n'est besoin d'ailleurs d'insister outre mesure sur un texte de rdaction rapide et imparfaite ceux qui l'entourent nous garantissent le sentiment de saint Albert le Grand. On sait combien saint Thomas abonde dans le sens de ses devanciers. Son texte le plus clbre en la matire est sans doute ce passage du Quodlibet vin, a. 13 (1256 ou 1257), o est dbattu le problme de tabli la pluralit des bnfices (nous citons le text dans notre art. cit, claircissements..., d'aprs le ms. Val. lai. 781. fol. 41 r a)
il

i>as

scientia sit erronca sive ratio erronea; et hoc propter contemptum, sicut probat objectio. Sunana de crea(urix,part. II, q. lxxii, a. 2, d. Vives, t. xxxv, p. 601.

Mais entendons le texte formellement en tant que douteuse ou ambigu la conscience ne lie pas, ce qui est fort soutenable puisque le doute ne fait que dnoncer l'impuissance de lier o est pour lors la conscience. Mais le cas n'est pas rsolu pour autant reste considrer s'il n'y a point pril en l'un des deux partis, et le texte ne dit pas qu'il n'en faut pas tenir compte. Remarquons bien d'ailleurs qu'un texte comme celuil est lire comme une analyse de l'obligation et non pas du tout comme procdant du souci de rduire plus ou moins le champ de l'obligation: il rpond une recherche scientifique sur ces matires morales et non pas du tout aux proccupations qu'on appelle pratiques. Au surplus, voici dans le mme article un complment de l'auteur lui-mme et qui concerne justement l'usage de la rgle du plus sr
: :

opinio non est vera sed magis contraria quam iste sequitur quod vere licet habere plures praebendas, et tune distinguendum est quia aut talis habet conscientiam de contrario et sic iterum peccat contra conscientiam faciens, quamvis non contra legem; aut non habet conscientiam de contrario secundum certitudinem sed in quandam dubitationem inducitur ex contrarietate opinionum et si, manente tali dubitatione, plures praebendas habet periculo se cornmittit et sic procul dubio peccat. utpote magis amans beneficium temporale quam propriam salut em; aut ex contrariis opinionibus, in nullam dubitationem adducitur et sic non committit se discrimini nec peccat, et sic patent objecta.

Aut

illa

Quaritur de hoc quod etiam datur pro rgula quod dubia


securior enim in securiorem partem interpretanda sunt videtur pars esse qu:e plures habet rationes ergo videtur est quod plures habet quod dubium in hoc interpretandum rationes. Ad id quod ulterius quaeritur, dicendum quod duplex est securius, scilicet remolius a falso et remotius a periculo. Et secundo modo intelligitur rgula. Ibid.
: :

le

interprtera donc les doutes en faveur du parti prilleux. A dfaut d'une vrit inaccessible. la scurit devient rgle de l'action. Elle commande la dcision d'un homme de qui la raison n'a pu dcouvrir d'elle-mme la voie O marcher. Elle se prsente comme une sorte de ressource suprme lorsque manque

On

moins

Le sens de ce texte est certain, en dpit des interprtations contradictoires auxquelles il a donn lieu dans l'histoire de la thologie morale. Supposons, dit saint Thomas, que l'opinion soit vraie, qui tient pour licite la possession simultane de plusieurs prbendes. Disculpera-t-on aussitt tous ceux qui la pratiquent? Il en faut juger sur leur conscience. Ou bien ils sont persuads en conscience que la chose est dfendue en ce cas, ils pchent, bien qu'ils n'offensent pas rellement la loi. Ou bien, non certains en conscience que la chose esl dfendue, ils en viennent le craindre, voyant le conflit des opinions sur le sujet, et en ce cas. suppos que leur doute persiste, s'ils acceptent plusieurs prbendes, ils courent le risque, donc ils pchent, prfrant un avantage temporel leur salut ternel dont ils ne savent en effet si leur dcision ne le compromet pas. Ou bien enfin le conflit des opinions n'engendre aucun doute, et l'on demeure en conscience convaincu de la licit de cette multiple possession alors on ne se jette en aucun pril et l'on ne pche point. Le pch d'agir au moins sur en dpit du doute est dune ici fermement affirm el nettement analys. Pire
: :

42
que
pch

PROBABILISME. SOLUTIONS MDIVALES SUR LE DOUTE


l'on doute, c'esl
:

dire

il

n'y aurail

que l'on craint d'un ct le aucun autre moyen de dissiper

d'ailleurs existant.

que de rsoudre le doute. Mais, si l'on suppose qu'il persiste, la crainte de pcher y est indissolublement attache. Que, dans ces conditions, l'on opte pour ce parti, qu'est ce dire? Qu'on accepte le risque de pcher et c'est pcher dj, puisque ds maintenant la volont consent au mal: (die ne courrait
cette crainte

Il est curieux de voir comment on a tent d'interprter ce texte innocent, o saint Thomas ne fait que redire le rle de la raison ou de la

conscience, ministre de la loi auprs de nous, tel que notre jugement quel qu'il soit nous oblige, (prit te a ne pas toujours nous excuser. Voir un exemple de l'exi probabilisle du texte, invariablement pareille depuis
-

les

polmiques du

wir
:

sicle.

Y.

<;.,

Quid

teruerit

pas le risque si elle voulait, quoi qu'il en cott, viter -on a l'origine d'un tel le mal. Aussi bien discerne parti la convoitise d'un bien prissable prfr au bien Spirituel, laquelle seule dcide une volont qu'et retenue sans cela la crainte de pcher. Saint Thomas
t

enregistre donc une explication propose avant lui et qui justifie l'usage moral d'une rgle Invoque dj au for externe. Il est vrai que celle ci motive des dci sions juridiques, en dehors mme de tout jugement sur

dans Gregoriamim, t. m, 1922, p. 147-451. Comment peuton opposer ce texte (sans rflchir combien il est curieux de n'en point trouver de mme sens dans le leste de l'ouvre Ihoniistei Quodlib. VIII. a. 13. dnonant un pch contre la loi chez qui mme n'a
s.

Thomas

'/<

principio

lez

dubm

iu,n obligal,

;i

responsabilit de l'intress: mais elle prend valeur d'une rgle morale l'usage du sujet en tat de doute quand on signale, ce qui du reste saute aux yeux, le pril de pch accompagnant le doute. S'il \ a donc en cela dpendance des thologiens par rapport aux jurisl es quant la formule, il n'y a de leur pari aucune confusion des ordres, mais sentiment vigoureux des exigences propres de l'ordre moral. On observe a et la. chez saint Thomas, a l'occasion de diffrents problmes, l'application de la rgle ainsi justifie. Nous relevons quelques textes, propres a illustrer nos dires
la
:

\<\ (lr Sur /'i confession des pch mortels douteux, tertium dlcendum quod, quando allquls dubltal de allquo sii an peccato mort a le, tenetur lllud confHeri dubltatlone manente quia qui allquld committil vel omlttit m quo dubitat esse mortale peccatum, peccat taliter discrl iiniii se- eommillens. El siniililei peiiCUlO se commit il qui non de hoc quod dubltal esse mortale n<-^i i|/i conflteii tamen dbet asserere lllud esse moi taie, sedeum dubltatlone toqul et Bacerdotis expectare, eujus est discernera Inter lopram el lepram. lu I i'" " Sent., iiisi .XXI, q. u, a. :t.
:

pas agi contre sa conscience.' Comment v voir le premier pas dans une vole 00 bientt l'on dira dans le doute, poiirt d'obligation? Entre tous les thologiens, saint Thomas devait connatre celte fortune tn de patronner les thses les plus contraires s:i pei n examen historique du cas ne laisse rien subsister de ces procds. rancher le doute en faveur du plus sur est donc au Moyen Vue la rgle universelle dis moralistes el qui msavaient tels, Le doute, leurs yeux, n'est pas une libral ion. Quiconque en cet tal court le risque de pchei son pch est des lors commis. Voici donc um- situa (ion de conscience aussi diffrencie que possible de au lieu que celle ci de s.i nature ex< usi l'ignorance quitte a examiner ses modes ou complications. / douU entrane l'obligation prcise au parti tanpt </< pckt L'objet rv isme fondamental le la morale mdivale dcouvre ici l'une tic ses consquences elle n'aggrave
:

<

se

Qu'on veuille bien remarquer la dernire clause, o dcouvre en celte thologie un esprit de |ustlce et de bienveillance. En prescrivant d'opter pour h' plus
ne cde pas a des ^ols de rigorisme, elle
et uni'
.

mais elle fait vivement sentir tpie nous sommes dans un ordre tic choses que nos hsitations n'ont pas la vertu le changer. \ ce point le notre expose, on voit tic quel prix est h- grief, adresse a la morale un du vale. tic n'avoir pas connu la distinction capitale du pch matriel et du pch formel 11 est d'abord Inexact puisque, admettant comme nous avons dit
rien,

l'excuse le l'Ignorance, ette moiab reconnat qu'il est tics actes matriellement drgls et qui ne sont pas tics pchs. Il est surtout frivole puisque cet te dist im ion
i

Sr, elle

obil
c

aux exigences de la ralit, mande un adoucissement ou


<.)ui

signale, chei ceux qui l'adoptent, une conception


raie

quand

mo

celle-ci

rserve,

elle

l'accueille a\ec
1

un gal cinpi esseinenl


religion,

ai.nl
oti

vu d'entrer en
il

s'il
i

n'est pas
11?

admis

dans l'ordre
dit saint

voulail entrer,
s'il
:i

une
:

tera

Qu'il voie,

Thomas,

vou d'entrer en religion en gnral

se

OU dans cet outre en particulier SI autrui liiibitrt qUOmodo m vovendo habuertt, dbet lultorem vtam eligere ne se dts
i

absolument divergente de celle qui prvaut au Moyen Vge Ci simple mot de pch matriel signifie la substitution au ralisme mdival d'une mor.de de la svsicine tout nouveau, qu'il faudrait conscience dmontrer. Il ne l'a pas t; mais nous verrons qu'il fui mis en uuv le. 't 'est SUr qUOl il sera possible dt le
:

|uger

crtmini commtttat. lu a. :t. qu. t, ad t"'".


I

Sent., dlst.

XXXVIII,

q.

t,

Saint humas n'imagine donc pas un instant que le doute libre cet homme du vu qu'il a fait; s'il l'a fait, une obligation est rellement contracte, que ne change

en rien l'ide qu'il en peut avoir, qu'il ne risquerait pas Impunment d'enfreindre.

De ce qui prcde n'allons point conclure que les thologiens du Moyen Nue. dts qu'un doute surfit en matire morale, invoquent aussitt leur rgle du plus doute don il sur s;uis autre forme de procs parle jusqu'ici est celui qui reprsente le dernier mot iflit conscience et suppose puise tout moyen de solution.
I
I

Mois la scurit fournit, ressource suprme el SOUSl

rail

comme nous avons dit. la lui nm aux effets im ci

A propos du prtre qui, au cours de la messe, se rapquelque empchement esi nonce cette maxime ^<u< rate 'bl difflcultas occurril, semper est accipiendum lllud quod habet minus de pertculo. Sum theol., lll'.q. rxxxin. a. 6, ad :t'" n
r

pelle

Le plus sr supple,
vrit douteuse.
Il

comme

garantie de l'action,

la

est tout fait vain, en prsence le ces icxtcs et de enseignement constant, d'invoquer, comme le principe d'o pourront sortir les solutions de l'ge post

cet

rieur, l'art. 3

de

la q.

xvn De

veritate. Saint

Thomas

tablit

qu'un prcepte ne lie qu' condition d'atteindre le sujet par la connaissance que celui ci en prend aussi longtemps qu'il ne le connat point, on ne voit pas comment le sujet se trouverait li par un prcepte,
:

tains de l'impuissance de l'esprit Mais qu'en prs. rut' d'un doute il faille d'abord tenter de le rsoudre, ce ne sont ni les prceptes ni les exemples de ces tholo qui nous en dissuadent IN recommandent qu'en ces cas on recoure la prire el ils oui confiance ru l'efficacit de ce qu'ils appellent l'onction divine; ils suggrent que l'on consulte ses suprieurs ou que l'on s'informe auprs ,u s saucs Ils pratiquent eux mmes, sur les donnes de toute sorte que rencontre leur investigation, la mthode naturelle de les rsoudre, qui est d'j rflchir et d'en disputer, roui l'effort scientifique de ce temps n'est il pas justement une sorte de lutte systmatique cl opinitre contre le doute? Les choses morales n'y ont pas chappe II faut admirer chez les plus grands

427

PROBABILISME. SOLUTIONS MDIVALES

>V\\

I.I-.

DOI.TI.

Yib

d'entre eux avec quelle dcision ils conduisent ces dbats sur une matire mobile et complexe, et quelle nettet est celle de leurs conclusions. Que l'on com parc, par exemple, sur celle question classique de la pluralit des bnfices, le jugemenl encore sommaire de Guillaume d'Auvergne reproduit ci-dessus et la

pntrante de saint Thomas, l'on convient de voir communment le modle l'un difficile cas de conscience discut cl rsolu. 11 y a l dans la thologie mdivale un type de travail et <!< progrs, qui satisfait aux exigences les plus embarrassantes de la pratique. Rien ne serait plus injurieux ces moralistes que de leur attribuer sur les choses de l'action humaine des spculations savantes mais spares des conditions relles del vie et conduites en dehors du souci de les appliquer. Ils n'ont pas eu de plus chre ambition que de fournir ses rgles l'action; ils ont mis la main aux problmes particuliers que posent les contingences de la vie et, s'ils apprenaient que leurs contemporains taient inquiets de telle ou telle conduite ou diviss son sujet, ils ne refusaient pas d'y rflchir ni ne ddaignaient pas d'y rpondre de leur mieux. Ils n'ont pas failli leur fonction de moralistes, qui est de diriger vers le bien les consciences qui le cherchent. La forme aigu du doute est ce qu'on appelle alors la perplexit : situation dramatique d'une conscience cerne, si l'on peut dire, par le pch. Quelque dcision qu'elle prenne, il semble, engage comme elle est, qu'elle ne puisse viter la faute. Sur quoi nos thologiens ne nous laissent pas dmunis. Il arrive que cette perplexit soit apparente : ainsi, l'homme qui s'est donn une conscience fausse et qui, li par elle, pche ne la suivre pas et pche l'observer; reste qu'il dpose son erreur et se refasse une conscience droite. Mais il arrive que la perplexit soit relle. Quelle issue alors nous propose-t-on? Nous signalons comme un exemple particulirement suggestif de ce genre de recherches (peu connu, croyons-nous) un chapitre de la Somme d'Alexandre de Hals, loc. cit., c. 4 (d. cit., t. m, p. 391-397; les notes des diteurs signalent quelques devanciers de l'auteur). On y observera une perspicacit de bon aloi qui dcouvre une issue des
recherche diligente
Quodlib. ix,
a.

et

L5,

On a remarqu ci-dessus cette rserve bienveillante de saint Thomas qui, prescrivant l'accusation des pchs douteux, ajoute qu'on ait soin de les confesser comme douteux. Il demande ailleurs s'il faut viter les excommunis sur l'excommunication desquels il y a divergence d'opinion chez les doctes, Quodlib. iv, a. 1 1. Il ne rpond pas aussitt qu'il faut se ranger au plus sur et donc viter ce suspect, mais, adaptant sa rponse au cas en litige, il disinitie selon qu'un jugement ou non a t officiellement port a ce sujet. Avant le jugement, qu'on interprte le doute, dit-il, in mitiorem jmrtem : puisque c'est ici chose essentiellement juridique, on pratique les rgles du jeu, et, tant que n'est pas intervenue la sentence, il n'y a pas lieu dlie plus svre que l'autorit; le dlai qu'elle se donne, elle le donne tous. Mais, une fois le dbat jug, magis est standum sententise judicum. Non que d'autres avis soient dsormais insoutenables, mais la dcision des juges fait loi et rgle notre attitude. On entrevoit ici avec quel soin et quelle attention constante au cas particulier un auteur comme saint Thomas use d'une rgle cependant solide et prouve. Peut-tre faudra-t-il se dfier des formules ou des systmes trop gnraux qui prtendent rsoudre uniformment les doutes, ngligeant l'examen propre de chaque problme avec ses circonstances sinl'on pourrait craindre.
t

gulires.

En

cette rsolution d'aller au plus sr,

il

n'y a pas

non plus de la part des thologiens que nous tudions la mconnaissance de toute une ralit humaine. Ils parlent du doute conu par un esprit normal et sain. S'il advenait que le doute ft l'effet d'un esprit craintroubl et qu'il et caractre de scrupule plutt que de doute, leur intention n'est point d'imposer ces consciences un joug intolrable. Un ouvrage attribu saint Albert le Grand, mais qui est l'uvre de
tif et

de Strasbourg, l'un de ses disciples, contient suggre cette remarque. A h conscience qui lie. il oppose ce qu'il appelle la crainte

Hugues

un texte qui nous

de la conscience
:

Sed contra timorem conscientiae facere non semper est peccatum quia talis timor non est semper ex diflinitiva
sententia rationis per quam judicet se teneriad aliquid sed ex eo quod vacillt inter dubia, nesciens quid sit melius vel ad quid teneatur potius, cum tamen non omitteret, quidquid sciret esse placitum divin* voluntati. Compcndiurn theol. oeritalis, 1. II, c. i.ii, dans les uvres de saint Albert le Grand, d. Vives, t. xxxiv, p. 74.
:

situations

apparemment

dsespres,

que l'on

s'y

trouve par sa faute ou autrement; on y relvera l'usage d'une rgle de saint Grgoire de deux maux choisir le moindre, ce qui garantit du pch ( propos du glaive qu'on a jur de rendre et que rclame un furieux; cette solution sera bientt amliore par le recours Yepikeia, voir plus loin); mais on y devra
:

Le texte prend son vrai sens quand on lit la marque immdiatement prcdente, que certains
tonneront de voir crite au

res'-

constater aussi que certaines situations sont telles que, pour chapper au pch, des renonciations ou mme l'hrosme s'imposent. Qui s'en tonnera? Et qui s'en plaindra? Les moralistes ne sont point faits pour changer la nature de la vie morale, et, quand elle commande le sacrifice, leur devoir n'est pas de se mettre l'esprit la torture pour s'y soustraire. Qu'une telle situation soit la suite d'un pch, qu'il faut savoir pour ainsi dire dfaire aprs l'avoir fait (le bnficiaire simoniaque qui il reste de se dmettre), ou qu'elle provienne des circonstances de la vie (l'pouse de l'usurier, qui acquerra par ailleurs et aul remenl les moyens de vivre que lui administrait le pch de son mari), une conscience droite y fera honneur, et l'on achtera ce prix la gloire d'une vie pure. Quand mme on chicanerait sur telle ou telle solution, l'esprit qui les a dictes est irrprochable. Et nous sentons combien le mot de rigorisme serait ici dplac ou mme odieux. La rgle du plus sr n'est donc pas une faon de bloquer la recherche et de rendre la conscience captive malheureuse de ses doutes. 11 faut dire aussi que dans
l'application

xm

sicle

Cavenda est conscientia nimis larga et nimis stricta. Nain prima gnrt prsumptionem, secunda desperationem. Item, prima dicit sa'pe m dura bonum, secunda e contra bonum malum. Item, prima sa>pe salvat damnandum. secunda e contra damnt salvandum. Ibid.
11 y a l un ordre de proccupations remarquables. L'auteur s'intresse aux diffrences individuelles des consciences et il adapte chacune son conseil loin que la rgle du plus sr s'entende sans discernement. Ces textes bauchent ce qu'on pourrait appeler une morphologie des consciences et prparent aux ges suivants la matire d'une recherche plus circonstan:

cie.

Nous ne disons pas (pie le Moyen Age ait tout connu quant aux problmes dont nous nous occupons.

mais nous pensons qu'il tmoigne leur propos d'un sens moral irrprochable. Pour complter notre expos et pour mieux signaler l'usage de ce principe du plus sr. nous devons enfin voquer la thorie mdivale de la loi. telle qu'elle a

de la rgle, quand elle s'applique, nos thologiens vitent la raideur ou la brutalit que

mme

Thomas sa perfection. Cette fois encore, on a affaire un systme o sont concilis aussi exactement que possible et le respect du la loi
trouv chez saint

429

PROBABILISME

SOLUTIONS MDIVALES SUR L'OPINION

',30

et Ja diversit les conditions o s'en prsente l'application. Le succs en e-sl au prix d'une analyse et, si l'on peut dire, d'une articulation dlicate des ralits

en cause. N'attendons pas que le doute sur la loi devienne une dlivrance de l'obligation^: pas plus ici qu'ailleurs nos thologiens n'y songent, d'autant que l'on a cette fois la ressource de faire trancher le doute au lgislateur lui-mme Quantum ad jus, dit brivement Alexandre de I Iules, nullus dbit esse perplexu : nullus enim est in tali statu quin posait ab an
:

dubietat juris, !<><. cit., c i, a. i. d. cit., n. 393; la formule a besoin d'tre assouplie, niais elle traduit bien la raction premire d'un thologien de ce temps devant un doute relatif a la loi. Cela doit s'dain ir. Saint

Thomas ('nome dans


sit,
ei ii

le naine esprit Si enim ilubium dbet vel secundum verba legis mine, vel tuperiora ulere. Sum. Huit.. \< P' q. XCVI, a. 6, ad 2 0m
:

Ces thologiens croiraient traiter la loi avec lgret ii accorder au doute une Force Immrite en levant 11 a son occasion l'obligation de la lui. Mais, ce principe pos, il ne manque pas chez eux de notions et de rgles qui adapte ni dmirabli ment la maj< t de la loi a la ralit de l'exprience humaine, Ils :,:-. la iits] ense (dont l'usage est du reste rgl), qui sous trait la loi par dcision du suprieur un sujet ou un donns. Ils ont prvu l'interprtation de in loi, qui l'ajuste le mieux possible la complexit impn \ ue de cas. Ils ont examin lis conditions de cessation dei lois. Ils ont fait sa part a la coutume, BVeC laquelle il arrive que la lui doive compter (quelques texte forts de saini 'lia mas sur la coutume abolissant et
:

premires, car une loi naturelle comme est la restitution du dpt a son propritaire p' ut devenir inapplicable (le furieux rclamant son glaive). Que le cas signal soit manifeste, et l'on usera d'epikeia. Et si mme l'action souffre dlai, il n'y a pas lieu de recourir au suprieur in manijestis non est opus interpretatione sed execulinne, dit hardiment saint Thomas, loc. cit., q. (xx. a. 1, ad 3 um Mais si le eus est douteux, on recourra au suprieur, ainsi qu'on fait toujours dans les doutes en matire de loi. Si l'on ne peut attendre, on optera pour la lettre de la loi. A moins (pie le doute la- puisse tre rsolu sans recours, comme il arrive si l'on peut raisonnablement penser pie le suprieur prsent dt prescrire d'agir diffre mmenl du texte de la loi C'est alors non proprement Vepikeia, mais un de la loi. dispense <pie- perte- a\cc soi la ncessit d' Il faudrait ne- pas oublil dcrit l'attitude des moralit s lu Moyi n Kge l'endroit ehla loi. Parce qu'ils ont d'elle un grand respei t. il faux de croire qu'ils ont nu onnu et son im|
:

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1 1

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nitale-

et

hs

situations
t

ee.n-

l'homme.

,, Peul tre n dans le traitement de cette chose Juridique qu'est la loi qu'ils onl le mieux mani h ur qualit de moraliste au it m de la ralit e1 non pas eh s formuli n plus que
i

li

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que
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la

loi

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l'esprit
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l'obligation
I

Interprtant les lois


:

Qui
::

dlib. n, a. 7 et 8;
q.
.

Sum.

theol.,
a.
i.

II

II',

xxix,
la

q.

vu. Iquc de
i

xi

ad dissimulation
et

avec
i.

Qui dlib. ix. ad notion cai


a.

loi

pie DlUlgUI

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et

2,

constances,
lui

assouplissements
s.

les

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donnent son
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Ils

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1 1

oit

i--

la qui vinrent connatre, cette notion aristotlicienne de Vepikeia on de l'quit, qui est comme un correi if suprieur de la loi. Car ils avouent bien volontiers que h s lois crites ne sont pas parfaites dis l qu'elles sont des noncs gnraux, il est invitable qu'elles conviennent mal certains cas particuliers oin d'eux la pense d'imposer alors la loi cote que cote IN distinguent a Cette occasion la lettre de l'esprit et autant ils nous tiennent assujettis l'un, autant ils nous librent de l'autre. On pratique alors ;i Uni gr une Justice supt
:

Grand du moins

Thomas d'AquIn

quelle
t

pt Ion ree
loi
li

appi
lu

Ile \ eilon
11
11

tut

me
bien
te

puisque lans

h- eloiite
i

Moi.
avons
dit, el

b-

Moj en Agi mi nous pri doute qui


e

Tu

y a plus

non pas n'impoi

qui

mme
aussi les tats pas h- doute, m- s,, ut point
i

nous

rieure;

on

est

minemment

fidle

la

loi

dans

le

temps

o l'on se drobe sa formule. El l'on ferait mal si l'on demeurait assn \ celle ci puisque le cas est tel (pie la loi applique tourne eonl ie l'inti n tion mme de qui l'a promulgue. N'\ a il pas dans celle quit une conception audacieuse de l'inlii mit des lois et le sens tout spirituel de la Justice? Il s'ensuit, pour qui esl ('pris de la justice, une sorte de libert Suprieure dans la soumission ,mx lois. un pouvoir de les plier au rel chaque lois que celui ci en dicte la ncessit. Le maniement en peut tre dangereux, et c'est pourquoi il y a lieu de rappeler les rgles qui mesurent, an gr de saint Thomas. l'usage de Vepikeia; cf. Sum. theol., l-< II, q. xevi, a. b; Ib'-Ipe. q. (xx. Elles nous donneront la juste Ide de cette harmonie i\,- libralisme ci de svrit qui fait le prix, croyons nous, de la prsente thorie mdivale.
i I

mme

titude, cependai nous allons b- dire De plus, dans le as mme lu doute, nous avons Indiqu eh- quelle faon humaine moralistes ont eux mmes compris l'applii eh- leur rgle vit ons donc que b- mot eh- tutiorisme e faillite employ l'attribution au Moyen \ d'une raidi m d'une outrance qui ne fun nt assur

comme

ment pas son

fait

sm
loi.
i-ii

notions que nous venons nombreux travaux. >n en trouvera


lis
i
i

.i

La

ui

ipbie,

le dans le commentaire legt Van Hove, Matines, 1930, aux diffrent chapitres Vepikeia, ajouter notamment m m a lice. / r helt. tus und i/o / Un oon der Epikie, dans Lious r/iomai, t. xu. Ibourg, 103 i. 165-182. Onaui notre objet n'est pas d'tudlei ces notions m. os de signalei combien
/

no exemi
\.

sm
I
i

>

i-

m."

le-

\-

;>

sagement entendu l'application

de-

la

loi.

Hors 3 e l< cas le l'opinion et le la probabilit. l'ignorance et b- doute, il se peut qu'on n'ait p une certitude relativement a l'action. Le Moyei n'a point nglig ce \aste champ de nos imparfaites
adhsions que dsignent
habilite
les

mots d'opinion

et

de pro

Vepikeia Joue dans les cas o l'application du texte de la loi.


o
est

seulement absente la (en sorte que si tous eussent t pareils on peut penser que la loi n'et pas t promulgue), on n'chappe point pour autant la rgle, qu'il n'y a celle fois aucun mal appliquer (reste (pie l'on recoure la dispense, mais elle est un acte du suprieur}. Les premires lois naturelles ne donnent jamais lieu a epikeia. On lit les

y aurait du mal en Si un cas s,- rencontre raison qui inspira la loi


il

L'erreur se-rait norme cette- fois eh- penser, a la faveur prcisment de ce mot de- tutiorisme, que les thologiens d'alors n'ont parl du probable que pour le bannir de la vie morale-. Guillaume d'Auxcrre. dont
eai
e-ite-

communment un

texte sur
t.

le
i.

sujet

(par ex

Prummer, Manuale

theol. moral.,

n. 345),

em

est

permis l'usage d'une opinion plus probable et non encore certaine, n'est en cela qu'un homme de son

':!l

PROBABILISME. SOLUTIONS MDIVALES SUR L'OPINION


ait
le-

132

temps. Autant ces thologiens <>ni refus de se con tenter de l'opinion sur le plan de la connaissance scien tiflque, autanl ils nui accueilli la probabilit comme direcl rice immdiate de l'action. La dcision en dpend chez eux d'un sentimenl trs aigu de la contingence du particulier o ils savent bien que se dploie l'action. Ce sentiment, ils l'ont hritde la tradition classique h singulirement d'Aristote, car on s;iii combien insiste le philosophe en ses thiques sur la ncessit o l'on est alors le s'en tenir une certitude d'un rang plus modeste et qui n'a plus rien de la rigueur ni de l'infaillible prcision des mathmatiques. Non qu'ils aient l-dessus imit de tout point Aristote, car ils ont cru pouvoir tablir avec une entire fermet les principes de la vie morale; a partir de la, ils ont prtendu Conduire leurs certitudes aussi prs que possible de l'action: aussi ont-ils ralis une science morale plus scientifique que l'thique du Grec. Il y aura lieu ci-dessous de rappeler ce caractre. Mais o le Moyen Age rejoint Aristote. c'est sur le plan de la ralisation morale, l o les principes rencontrent les circonstances particulires et contingentes de l'action effective. Alors, il faut renoncer aux prtentions de l'idal scientifique; on y a affaire une matire impar-

comme

choix des opinions dont l'une serait reconnue avant moins que l'autre chance d'tre vraie. I.< te poser la question de la lgitimit de l'opinion moins probable comme rgle d'action, le Moyen Age ne songe innie pas que l'opinion inoins probable, en-

tendue comme il vient d'tre dit. soit un objet lgitime d'adhsion intellect uelle et comment rgleraiton sa conduite sur un principe auquel on ne croit pas? La probabilit n'est pas une valeur en soi. Hors de la vrit, dont elle gre les intrts, cl de l'adhsion de l'esprit, qu'elle sollicite de ce chef, elle n'est rien. Elle est donc sans emploi dans la vie morale. Voir les textes relatifs a cette matire dans notre tude sur le mot l'robabilis au Moyen Age. dans Rev. des se. phil. et
:

faitement saisissable, et l'on y aura obtenu une rgle de conduite irrprochable quand on se sera donn l-dessus une probabilit. Il n'est que de bien s'entendre sur ce mot de probabilit. Qu'on n'y voie pas une renonciation cet objectivisme cl a cette vrit dont nous disions qu'ils sont l'inspiration de la morale mdivale. Il ne signifie pas un dcouragement et comme un scepticisme de l'intelligence devant les complexits du rel. La probabilit du Moyen Age est au contraire toute pntre de l'ide de vrit. D'une conqute moins facile et d'une prise moins sre, cependant il ne peut s'agir encore que d'elle. Est probable ce qui, grce aux chances de vrit qu'il porte en soi, est digne d'obtenir l'adhsion de l'esprit. Aucun autre motif, en dernier ressort, n'emporte ici la dcision. La diffrence du probable et du certain n'est pas que, dans un cas, on cde la vrit; dans l'autre, quelque motif d'une nature nouvelle; mais seulement que dans un cas la vrit est manifeste et emporte irrsistiblement l'adhsion, au lieu que, dans l'autre, elle ne se livre que sous des vraisemblances. L'objet de l'esprit ne change pas, et, qu'on ait affaire au ncessaire ou au contingent, il ne peut
tre

que

la vrit.

Savoir ce que d'autres ont pens n'est point le terme de la connaissance. Les penses des autres ne elles sont prdoivent pas nous tre indiffrentes cieuses, au contraire, et il faut s'en informer; mais on ne s'en informe que dans la mesure mme o elles sont propres nous conduire la vrit. Le Moyen Age n'a point tenu pour probable ce qui fut une fois pens, et sur ce seul titre. D'autant que. sur le mme point, il a comment l'esprit t pens toutes sortes de choses serait-il satisfait de cette incohrence? Sur un point donn, il n'y a aussi en dfinitive qu'une seule probabilit, quand bien mme auraient eu cours l-dessus les opinions les plus nombreuses et les plus divergentes.
: :

t. xxii. 1933, p. 260-290. Mais, comprise comme nous avons dit, la probabilit joue en morale son rle lgitime et important. Elle ne porte pas prjudice a l'idal de vrit qui est indfect ibl ement celui de cette morale: elle tient compte de la matire contingente ou se ralise invitablement l'action humaine. O fait dfaut l'entire certitude, il y a place encore pour une rgle d'action qui n'est pas tout coup la scurit. La scurit s'impose dans le cas de doute, o elle est le remde pratique l'impuissance de l'esprit. Mais lorsque, cdant a sa nature et suivant ses lois, l'esprit accde la mrit sous l'espce mme du probable, il n'y a pas de raison pour qu'on invoque une autre rgle que cette vrit. Se dfier du probable, lui dnier la dignit de rgler l'action, ce serait ne pas comprendre la nature mme de l'action et rver pour la pratique d'une rigueur et d'une ncessit dont s'accommode seule la spculation des essences ou des ralits ternelles. L-dessus, la pense mdivale est assure. Elle ne prtera diffrences, chez ceux qui la suivront, que sur la question de savoir quand et quelles conditions l'esprit opine probablement en matire morale. Les uns demandent moins, d'autres exigent plus ces derniers feront donc usage encore de la rgle tutioriste quand les premiers useront du bnfice de la probabilit. La conciliation de ces divergences serait le fait d'une mthode du consentement de l'esprit l'opinion probable. Nous croyons que. selon les cas. ce consentement serait plus prompt ou plus rserv, tolrant dans le jugement probable plus ou moins de crainte. Ce qu'il faut dire ici, c'est la hardiesse avec laquelle un saint Thomas adopte pour siennes des opinions moins sres mais certains \ auxquelles il a reconnu la probabilit voient une inconsquence, le sachant tutioriste, et ils triomphent, comme si saint Thomas abandonnait devant les exigences de la pratique une rgle qui ne se soutient que dans la thorie. Loin de l. il faut voir en ces dcisions (par ex.. In 1 V " Sent., dist. XVI. q. m. a. 2, qu. 5; dist. XVII. q. m, a. 1. qu. I) l'indice d'une vigueur d'esprit qui dcouvre le probable o il est et qui s'y tient. La sret plus grande a perdu son intrt quand on a reconnu ailleurs l'action qui s'impose en vrit. O l'on possde le vrai, le dbat

thol.,

est rsolu.

Ou

bien eu elet elles taient fausses, cl elles sont indignes d'tre retenues; ou bien elles avaient leur part de vrit en ce cas, ou bien cette vrit est assu me dans l'opinion retenue comme probable, ou bien elle signale un aspect dillrenl de la ralit, auquel cas on retiendra deux opinions diverses sur ce (pie l'on croyait tre un mme problme, mais qui l'examen s'est rvl divers, "tirant donc matire une connaissance mull iplie. Les ides de moins probable et de plus probable se rduisent au Moyen Age ce que nous venons le dire. Kl les ne signifient pas le moins du monde que, sur un mme et unique problme, l'esprit
:

N'est-ce pas. cette fois le mot de probabilisme qui exprimerait au mieux la position de la thologie mdivale'.' Si ce mot ne signifiait rien d'autre que l'usage en morale de la probabilit bien entendue, il conviendrait ici. Et l'on voit que ce probabilisme ne serait en rien empche de s'accorder au mieux avec le tutiorisme de tout a l'heure. Mais l'histoire a donn ces mots un sens qui les rend impropres, employs sans prcaution, traduire les doctrines plus anciennes. Celui de probabiliorisme aurait des inconvnients semblables. En sorte qu'il vaut mieux tcher de voir la morale du Moyen Age comme elle est. quelque nom qu'on lui donne. Du moins ne serons nous plus dupes des classifications sous lesquelles on s'est plu les ranger.

433
//.
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PR0BAB1IJSME. SOLUTIONS MDIVAUX.


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DE

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1)1.

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534

LES RES801 RCES OFFERTES PAR LA fin DENCE i i>< problme. Grce aux notions e\ aux thories de la probabilit, du doute, de 'ignorance, le Moyen Age a donc rpondu au problme des impuissances de la conscience, celui que pose au thologien
i

solution

tout spcialement en ces fonctions on elle regarde le particulier, de sorte qu'on se dbrouille cl se reconnaisse en celle complexit mme ou l'esprit d'abord est

droit l'exprience de la vie sans mconnat re jamais l'aul orit de la loi ni la condition subalterne de la conscience, d'o pour des esprils modernes les impressions de svrit; mais sans fermer non plus les yeux aux trop relles Infirmits (liez l'homme de la connaissance morale. d'o ces excuses et ces adaptations que nous avons pu relever. Et par la semblent avoir t concilies de la fai nu la plus attentive ces deux exigences, facilement antinomiques, mais l'une et l'autre inalinables, de l'bjectivisme de l'action morale cl des conditions SUbject ives (le la moralil e Mais de celte conciliation mme un problme non veau surgit, (air, en dpit de ses auteurs, il semblerait que iciic conciliation s'Oprt en dernier ressort au dit riment de l'objectivisme et de la vrit, d'abord poss Comme les rgles suprmes de l'action morale. On nous permet de suivie le probable; mais n'esl ce pas tolrer l'erreur, le probable tant justement ce qui n'est pas Infailliblement certain? On accepte l'excuse de cei taines Ignorances; n'esl ce pas celle fois ouvertement avouer qu'on renonce dans le cas a la prtention d'une action vraie'.' On prescrit bien, dans le do ni e. d'agir au plus sur. et l'on se garde ainsi des plus dommageables erreurs; mais ce n'esl pas viter un dplacement de la norme morale. ransporl c de la vrit a la scurit, en sorte (pic des actions se trouvent ainsi prescrites ou dtendues, qu'une connaissance meilleure et laisses
a

comme

tout

homme

morale.

Il

l'a

l'ail

embarrass. Il est admirable comme cette cole de moralistes a mis en uvre un plan soign d'ducation de la raison pratique. L'homme prudent est doue dis qualits qui le rendent propre a juger non seulement des principes, mais de l'action en sa singularit. Il y a une manire propre d'attraper la certitude en cet ordre de ralits, a quoi une ducation est aussi adapte. il nous apparPour l'analyse, voir lait. Prudenci tient seulement de dgager ici l'esprit de cette doctrine en loin lion de notre problme. Mais la prudence est aussi une culture de la volont ci gnralement de l'apptit, car il n'est pas indiffrent il est mme ^mm tiel a la dcouverte cl a l'excution de l'action vraie, que l'on soit en son cur accord avec elle. La recherche morale procde d'un amour Au principe, il impolie que l'on dsire le bien et que l'on en soit pris. Il v a ici une condition propre de la vrit morale dont facile de ne pas tenir compte, mai'- e est .m dtriil esl
:

ment du problme (pu- l'on dbat. Au tin- de uns auil est normal, il n'est pal abusif qu'on tasse appel la bonne volont de l'homme quand il S'agit de s.ivoir CC (pie ici homme doit faire; cette facult a un rle dans ce cas et sa pari a fournir. Il n'en va pas comme
teurs,
;i

s'agissait d'une question universelle a laquelle n'esl requise (pie l'intelligence. Cette lois, on travaille dj pour la vrit quand on rectifie les mouvements de son en ni Mon que la vertu soitis, ,, la connaissance; 'esl un autre excs (pie d'entendre ainsi nos auteurs ,1 qui rendrait inutiles ces qualits de l'intelligence dont nous venons de parler. Voir, par exemple, la irilique de
s'il
i

dans l'indiffrence, si les thologiens du Moyen Age ont tenu compte des conditions subjectives de la mo ralit, n'est-ce pas qu'ils eu oui pris leui parti comme d'une ncessit de la vie humaine, mais sans accorder ces concessions avec leur ide Originelle de la moralit
'

P, liousselol.

dans

/,'.

il,

te. rrl..

III.

1912, p

195

Pour s'tre dplac, le dfaut du systme n'en sciait pas moins tangible, cl c'esl de toute faon celle exl gence initiale d'objccl iv isuie cl de vrit que l'on cou serverait le droit d'incriminer. Ce problme nouveau et plus aigu n'a pas chapp a la thologie mdivale. discussion eu doit tre .a cherche au trait de la prudence. Bien qu'il j ail de Celui-ci des essais elle/ les thologiens antrieurs (cf. o. Lot lin. Les dbuis du trait de lu prudence au Moyen A ge, dan-. Un h. de Un ni. anc. et md., t. iv, 1 932, p. '_'7n 293), on ne le trouve complet (|u'aprs 'introduction de l'thique aristotlicienne, cite/ Albert le Grand ci elle/ Thomas d'Aquin. Nous devons signaler c |g ,1,,, Irine de ce dernier auteur, en qui les efforts de ses devanciers, quant au point spcial qui nous occupe. rouv cul leur aboul isseinent. Disons d'abord qu'avant mme de rpondre au pro blme pose, la duel me de la prudence donne au\ rgles
I

en effet excessive en ce sens d ii i;. n/. Die Synteresis nach dan heil. Thomas, dans Beitrge tur Gesch. der Phll. des M. t. x, fasc 2, ce dernier aiil.ur a du reste le mrite d'avoir 1911 signal une diffrence de fond entre la morale de s. uni
196, sur l'Interprtation
\
,
i ;

boni.

s ci

les
la
i

hologles modernes,

notamment

connaissance ne se passe pas de la veriu. sous cette lies,-, on perut de la p.ui de ces moralistes une concept ion de la vie ni ni .de connue clan et un nie jaillissement, loin qu'elle ne soit qu'obissance subie. Conformit, celles, comme nous disions plus haut, et subordination a la loi Mais entendons-les connu, la
iT
l
'

Mais

lition grce a laquelle


cl

l'homme trouvi ion propn

ivement l'ignorance, au doute, vritable sens. Elle nous dil sur quel Ion les entendre. Celles, il v a ces imperfections
relal
la probabilit, leur

avances jusqu'ici

de

connaissance morale, mais elles ne sont pas eut le renient invitables. >u peut disposer l'homme afin qu'il n'y tombe pas cl. tout en prvoj ant pour lui les rgles susdites, le mettre en mesure de n'en pas user. Il appartient au moraliste de signaler les habilets int rleures grce auxquelles l'homme peul au mieux salis faire a sa vocation morale. Pourquoi la morale ne lien (Irait elle aucun compte de l'ducation possible de l'homme et comment le moraliste ne srail il pas aussi un ducateur? La prudence rpond a celle Intention;
la
<

elle s'adresse a
la

elle est (aile pour ce sujet de conue pour que l'homme ft par elle rendu capable de poser des actions conformes la raison droite. Elle est une culture de l'intelligence,

l'homme;
l'a

moralit. Aristote

naiiue sou accomplissement. Il n'v a dans sa c lutte soumise rien ipii vraiment le contrai ('.elle humble vie morale ou il abdique Son indep< n daine (mais n'est ce pas l'indpendance qui en ralit lui est ,1 rangre? le cou du H a ses desl in ces Comment n'v mettrait il pas de l'i m cl ne r.chci, lierait il pas la vrit' de ses actions avec tOUi son eu ni Dans les conditions qu'on Vient de rappeler, les im perfections de la connaissance morale se prsentent comme ce qui a rsiste a l'ducation, non comme des Conditions sans remde d, la vie morale Loin il A droit d'emble, on les traite comme des infirmits et l'on s'emploie a les corriger. Nos moralistes quipcnl l'homme en vue de la certitude morale, a laquelle ils renoncent le moins possible. IN souhaitent que diminuent les Ignorances, que soient rsolus les doutes et atteintes les probabilits les plus heureuses Cetti intention est prsuppose aux rgles qu'on a lues plus haut. Et puisque ces infirmits ne peuvent tre supprimes absolument, du moins ne sont elles plus que celles de l'homme prudent, marquant la limite de son ducation cl non pas le rgime normal de sa vie DU) rate. Il est bon de le dire en prsence de systmes ou la part de l'ducation, de l'adaptation <lc l'homme a son mtier d'homme est a peine voque dans les dbats qui nous occupent. En ce sens, le mot de conscience qui
bien,
sa
i

''

PR0BABIL1S.ME. SOLUTIONS MDIVALES, CONCLUSION


rgne sur ces recherches risque dj de dforme] la ralit dont il s'agit. Il signale une activit purement rationnelle, o le devoir est Impos l'homme d'une
ainsi dire trangre lui-mme, si mme question d'une ducation <le la conscience, on nglige le concours que fournil l'apptil la dcou verte de la vrit morale et a son excution. On y traite nu peu trop les choses comme s'il s'agissait de solutions trouver et non de dcisions prendre. Bien diffrentes sont l'investigation thorique d'un devoir et la recherche de l'acte destin tre accompli. Seule la prudence fournit le a climat intrieur o une telle recherche puisse aboutir. est vrai que, chez l'homme prudent lui-mme, 11 subsistent les imperfections de la connaissance morale. Rejoignons donc le problme d'abord nonc, celui que posent, dans une morale toute commande par l'objectivisme et la vrit, les dsaccords de la raison par rapport la loi. Nous demandions si la thologie mdi valc s'est contente de les accepter comme une nces sil empirique, ou bien si, fidle son inspiration premire, elle a pu les insrer en une conception cohrente de la vie morale. Grce la notion de vrit pratique, nous pourrons opter pour ce dernier parti. Saint Thomas a ouvertement avou les incorrigibles infirmits de la prudence mme. Plutt que de concevoir le prudent comme la rgle vivante de l'action droite, dont les dcisions font autorit, il le tient pour soumis aux rgles universelles de l'action que le rle propre de la prudence est d'appliquer; ds lors, la diffrence d'Aristote, il est conduit l'ide d'une prudence faillible. 11 admet que le probable chez l'homme prudent, s'il rencontre le plus souvent la vrit, verse quelquefois dans l'erreur. Or, cette ide d'une prudence faillible n'est pas le dsaveu de l'exigence de vrit proclame d'abord. Il faut dire plutt que prend alors son sens exact ce mot de vrit introduit en l'ordre pratique. Conformit, disions-nous, mais entendons la conformit d'une action et non proprement celle d'une connaissance. L'ordre de l'agir n'est pas celui du pur connatre, et, si le connatre y intervient, il n'est l que pour diriger l'agir. Formellement, l'agir relve de l'apptit, la bont de l'action de la rectitude de l'apptit. C'est le mrite d'Aristote d'avoir corrig en ce point l'intellectualisme intgral de Soerate et de Platon, d'avoir reconnu l'apptit son titre et sa dignit de valeur humaine spciale. Sur ce tournant dcisif en l'histoire des conceptions morales, voir la thse clbre de W. Jaeger, dans son Aristoteles, Grundlegung einer Geschichte seiner Entwicklung, Berlin, 1923. Au fond, cette conception se rfre la nature mme du contingent, qui est ce que nous le faisons, sur lequel la volont dtient une certaine souverainet, la diffrence du ncessaire auquel nous ne pouvons que nous accorder.

manire pour
est

il

vrit fait dfaut, l.e Jugement de la prudence, Inspir par l'apptit droit et s'achevanl dans l'excution de l'action juge bonne, dtient donc une valeur morale en tout tat de cause, et qui permet de parler propos d'une infaillible vrit pratique. Il a la vrit d'un Jugement de direction puisqu'il est pntr d< boute- morale, quoique non peut tre la vrit d'un jugement de spculation. Dira on que c'est ici, quoi qu'on veuille, la capitulation de ce pur objectivisme auquel on prtendait si tort'.' Nous croyons (jue c'en est plutt l'exacte dfinition. Car la moralit n'est pas une science. On s'insre dans un ordre, non par l'ide qu'on en prend, mais par l'action que l'on fait. Aussi longtemps qu'on en est prparer l'action, il y a lieu de prtendre a la vrit, conformit avec le rel, et nous avons dj dit que le bnfice en peut tre conduit trs loin vers le particulier. Mais, au moment mme o est ralise l'action, lorsque l'on prend contact avec le particulier en ses espces concrtes, alors peut se perdre cette rigoureuse conformit avec le rel qu'opre l'intelligence: comment se perdrait nanmoins dans l'apptit et dans l'action, dirigs par les vrits plus gnrales el tendus au bien, ce qu'on peut appeler encore une conformit, mais telle qu'elle convient un ordre de ralisation? Encore une fois, il ne s'aait pas proprement de connatre ce qui est, mais de crer quelque chose d'encore indit, d'introduire une ralit nouvelle parmi les ralits dj prsentes. Il en faut juger sur la volont, facult de l'action. L'application, dont nous avons dit qu'elle dfinit le rle de la raison en morale, s'entend selon ces conditions, et non pas la manire d'une conclusion dduite des principes sur un plan purement scientifique. On voit quelle force et quelle importance prend ici cette liaison de la prudence l'apptit dont nous parlions dj plus haut, mais en termes plus psychologiques. Elle autorise cette ide de vrit pratique o l'inspiration morale du Moyen a trouv son expression la plus labore. O il n'y aurait que la conscience, c'est--dire une raison pure, il n'y aurait plus cette vrit, mais seulement les in.

vitables dfaillances

du jugement
la

relatif

au

particulier,

valeur morale issue de l'apptit droit. Nouveau et suprme motif de ramener dans l'atmosphre de la prudence les dbats dont nous
traitons
///.
ici.

non compenses par

Ainsi se prsente la thologie CONCLUSION. mdivale quant au point qui nous occupe. 11 apparat
n'a pas ignor ces problmes qui bientt devaient faire fortune et qu'elle en a labor des solutions pour le moins respectables. Parler ee propos d'une enfance de la pense morale serait une erreur historique. Il faut prendre son parti d'une maturit de cette thologie, quitte reconnatre les perfectionnements dont elle a besoin, quitte s'informer des efforts postrieurs, de leur nature et de leurs rsultats. On ne doit pas non plus prononcer ici les mots de svrit et de bnignit, comme si ces solutions procdaient par approximations plus ou moins affectives, et non d'une recherche dsintresse, par-dessus tout attentive la nature des choses Si elles mritent la critique, encore faut-il que celle-ci s'lve au mme niveau. Les prfrences personnelles n'y ont point comptence. Nous ne croyons pas non plus que les rigueurs de ces solutions soient attribuables des restes d'influence juridique dans l'ordre moral en ee sens, la thse rcente de
et qu'elle
:

Sum. theol., IMpe, q. lvii, a. 5, ad 3"">. Ds lors que l'on recherche la vrit partir d'un apptit rectifi, que l'on applique avec une intention vertueuse le jugement tenu pour vrai, il peut y avoir dans tel cas chec intellectuel, il n'y a certainement pas chec moral. Une valeur subsiste, que note point l'erreur de l'esprit. S'il n'y a point dans l'esprit une conformit absolue avec le rel, il y a dans l'apptit une conformit absolue avec la raison, o la vertu est sauve. Cf. II a -II q. i, a. 3, ad 1"'" Virtutes perfcientes partent appetitivam non excludunt totaliter falsum. Nous n'aurions ici un chec moral que dans une conception o le moral est rduit au spculatif, le pch l'erreur, la vertu la connaissance vraie (exemple d'une interprtation abusivement intellectualiste de la morale de saint Thomas J. Pieper, Die Wirklichkeit und dus Gute, nach Thomas v. A., Munster, 1<)31). Si le bien au contraire forme un objet distinct, fondant l'ordre moral, il n'est pas empche de subsister l mme o la
Cf.
,
: :

M. Mller. est trop simple (ci-dessus, col. 420). S'il est vrai que l'on doit aux juristes maintes dcisions ri reuses et non fondes en nature des choses, en sorte qu'une morale les doive ramener la mesure objective. pourquoi de son ct la vrit n'aurait-elle pas ses exigences
le et

n'imposerait-elle pas des acl ions qui, sans tre

moins du monde d'origine juridique, n'en seraient pas moins rigoureuses? Relevons notamment que l'analyse

437

l'ROBARIMSME. LES PREMIRES SUMMM CONFESSORUM


j

L38

de plus en plus pntrante du volontaire , saisi jusqu'en ses formes les plus dgrades ou les plus dtournes, tend le champ de l'obligation morale et de la res ponsabilit au del de ce qu'et estim le sens commun: il n'y a la absolument rien de juridique et cependant il y a une exigence accrue l'endroit de l'action h muai ne M. Millier esl conduit voir dans les attnuations successives qu'il dcouvre chez les thologiens plus rcents comme une seule de libration du moral par fapport au juridique, alors qu'on y doit voir, au moins dans certains cas, un affaiblissement 'lu n omt tout court, car la vril, encore une fois, et non le droil
seul exerce sur l'homme ses contraintes. S'il Fallait qualifier d'un mol la thologie que nous venons d'ex poser, nous dirions, sans prjuger les autres systmes

dcisions du droit sont ici invoques en vue des ments de for interne que doit porter le onfesseur. Il y est trait- du mariage, de la simonie, des ordres sept pchs mortels, de l'homicide et du suicide, des pchs de la chair, des parjures, des sacrilges, des injustices, des hrtiques, schismatiques et excommunis, de l'ivresse, de l'eucharistie, de la pnib l)u nouvel ordre des prcheurs sortent bientt aprs plusieurs Sommes, dont l'une devait connatre une particulire clbrit. Elles se rattachent par leurs auteurs au foyer d'tudes juridiques qu'est alors l'universit de Bologne, auprs de laquelle saint Dominique a tabli le (en Ire de sa fondai ion A T. ml de Hongrie revient

la

Summa
et

de pnitentia crite a Bologne

mme

vers

1220

laquelle

il

n'est

morale de l'honntet que, au del mme de sa valeur scientifique, elle donne satisfaction ce sens du juste cl i\u bon qui est l'acceptation la plus pure du mol de conscience.
(i

possibles, qu'elle reprsente une

I.es sources le

l'expos qui prcde sont

les

thologiens

des sic cl mu' sicles jusqu' sainl Thomas inclusivement. Beaucoup de textes Indits, relatifs a notre sujet, ont t<

rassembls et publis dans les articles cites ii'< i. Lottln. Soi l'ensemble de ces articles, voii le compte rendu critique du
Bull, thomiste, 193 I, p. 21 1-222. es travaux oh sont touchs ces problmes lionnes en coins (l'expose.
i

Dominique en personne ait Sun nui il'- psenitentia bution, voir I". Mandonnet, /." (Magister Paulus magislri Pauli presbyteri S. Nicolai t de de Hungaria, 0. I' '2,1, dans Mittelallers... Martin Grabmann... gewidmei, 1 [, MunIle comprend une parti- sur la ster, 1935, p. 525 confession une a ut re sur les vertus et sur les vices, o dis v e| 11- c.ilili, il s'agira des vices Capitaux cl Pour les prcheur- de Taris fui compose par des reliI .">
I I I

pas invraisemblable que collabor. Sur cette attri-

gieux du couvent de Sainl


<>ni

lacqui

une

Summa

supra
as
le

mer
des

virtults il ritni /uni

nom
ci

de

//..s

summarum

(cf.
i

Mandonnet
l

II. I.l s

Si \im.i.

oM

ssupi M

On a VU
les

sus q lie les

hologiells

du Moyen Age, et

plus

g]

d'entre eux, ne se sont pas dsintresss de la pratique morale. C.erlains oui mme donn a leurs rccliei ches un caractre casuistique assez accus Lisez les Sen tenliarum libri quinque de Pierre de Poitiers, disciple du Lombard, et vous y trouverez le premier essai de casuistique. La Somme thologique le Pierre le Chantre rge de cas de conscience; celle de iobert de COUT von esl entirement faite de questions canonico morales. Les Qusestiones de matre Martin, celles d' tienne Langton, la Somme de Godefroid de Poitiers cl avec celui-ci nous sommes vers 1215 traitent avant toul des quesi ions pratiques. O. Lottin, / e rle dr la raison dans l'thique d'Albert le Grand, dans Alberto Magno, Atli dlia seltimana albertina, Rome, 1931, p. 175. Mais c'esi un genre lii traire distinct o la casuistique trouve abus sou expression de beaucoup la plus Importante Il nat dans le temps mme ou s'laborait la tholo gie pie nous venons d'exposer. Les Summse conf rum remontenl aux premires annes du mit sicle Elles ne sont pas sans lien avec la littrature pniti n tiellc cl canonique de l'ge antrieur (voir l'art. Pni tence, passim); elles s'en distinguent nanmoins par des caractres nouveaux. Le genre esl d aux ncessl les du ministre de la confession, dont l'obligation rgulire est promulgue par le l\- concile du Latran en 121"), cl auquel s'appliquera avec un grand Ele l'ordre des prcheurs fond vers ce temps par sainl Dominique, bientt imit par les mineurs, qui reurent leur tour en 1237 la charge de confesser. Sur ce point voir P. Mandonnet, art. cit. plus loin. Il tait urgenl de munir les prt res de l'information spciale requise ce ministre. D'o ces ouvrages essentiellement utiles, o le confesseur mme moins Ins1 mil puisse trouver toutes faites les solutions dont il a lu-soin selon les occasions. Un chanoine de Saint-Victor, charg d'entendre les confessions des tudiants l'uriiv ersit de Taris, Ho bert de Flamesbury, a l'honneur d'ouvrir celle srie d'ouvrages dont les auteurs dsormais et Jusqu'au xvi c sicle appartiendront exclusivement aux deux grands ordres mendiants. Son l'anilcutiale, compos entre 1207 et 1215, en dpit de son titre, annonce les Sommes que nous allons recenser. Les origines juridiques de l'ouvrage Sont trs apparentes: mais les
:

ni une ad de type, ou Ton remarque quel< rfrences au Mali re des Sentent mme temps, entre \'ssj. et 1228 d aprs P. Mandon

frres

d'Alli

Summula du mme

net (ibid. ), entre \--.: et 1 celle dei ni d'aprs enitentia


theol.
l

ant

mma
d

il*

Raymond
p
i

Lov.,
i

i.

v.

1928,

moud

hem. de

ion. la s. .mine qui dont on retrouve un nombre extraordit lie dut de manuscrits allant des mm.. 100. Ins., .1. s,,., son succs a sa COnd Ion et a la tenu Le prologue de l'auteur dit ex< ellenunent la des item tination de cette sorte d'o
'i

Piafoi

ompi

ire ci

i.

Summulam
rum

ex ./n'i/wv auctoritatibi

compilaoi; ut si quando fra.; fudicium anlmarum in foro pseniteniiaU forsilan dubitaverint, pet ipsius f'insihis i/imni in fudiciis qusestiones malcitium luin
dietis diligenli studio

rdinis nostri fil alh cin

ins et iiisus varios a,

difficiles

les dare. La matire est distribue en trois livres (rime-, commis contre Dieu: les Mimes commis contre

prochain: les irrgularits, ordinal ions, pi ni Te trait du mariage qu'ajoutent les di lions fut a l'origine un crit indp< ridant d.- la Somme, mais dont la destination est toute pareille (ainsi A lacil. art cit.) Sous celte distribution se retrouvent les matires qu'tudiait I! de Flamesbury. Les dci sions de Raymond paraissaient svres un auteur du xv sicle, Jean Nyder (voir plus loin) Raymundus
le

tciiccs. etc.

qui inter furistas striclse valde oidelur Use... (Consolatorium..., III part., c xvii); elles n'en oui pas moins fait loi dans le monde Indien Bientt, vers 1250, la Somme de Raymond est commente par|

'

dominicain Guillaume de Rennes, Ipparatus in on en signale vers le mme temps une adaptation mtrique par le cistercien Arnulphe de Louvain i\ reetaert, art. cit.); clic fut rsunn maintes reprises; enfin, elle a servi de source principale pour la plupart des Sommes qui l'ont suivie au
le

Summum Raymundi;

xrie

sicle

(ibid.

i.

Ta premire Somme franciscaine parait vers due a un certain MonaldUS. Elle adopte Tordre alpha btique, initiative qui devait tre fort imite. Te titre
'

significatif en est Summa juris canonici sive </ risibin conscienti. Plus clbre et d'un plus grand mrite est

i39
la

I'

lion AIN LIS M

1..

i:

W.I. INI

ERMDI
rgles

VIRE, LES
pour
la
clic/, le tiers

THOLOGIENS

i40

con/essorum compose vers le mme temps prcheur Jean de Fribourg. il > faut remarquer l'utilist ion des grands thologiens de l'ordre, Albert Pierre de Tarentaise. le Grand! Thomas d'Aquin, Avanl 1298, un rsum en est fail par Guillaume de Cayeu, dominicain franais; et, vers la fin du xin4 sic cle nu le commencement du xiv, une adaptation allemande l'usage 1rs laques en est publie par le prcheur Berthold, galement sous forme alphabtique. La Summa casuum le Burchard de Strasbourg, 0. P., est trs protiic de Raymond le Penafort, tandis qu'Albert de lrescia. (). P., essayant une manire plus originale, compose une Summa de ofllcio sacerdotis compile des livres el questions el traits de frre Thomas d'Aquin ; elle n'eut pas grand succs. La coexistence de ce genre d'ouvrages, appels, comme nous le verrons, une vogue croissante, et des livres de thologie est un phnomne historique fort important. A l'origine, ils sont nettement diffrencis.

Summa
le

par

Mais ils traitent des mmes matires. D'o une influence qui, pour le moment, va des livres de thologie aux Sommes des confesseurs, ainsi qu'il est normal, mais qui pouvait risquer de se renverser, au grand dam de la thologie la suite de cette histoire nous montrera ce qui en est advenu.
;

L'tude essentielle est celle de J. Dietterle, Die Snmiiuv von ilircn Anfnconfessorum (sive de cusibits conscientiee) gen an bis :u Silvester Prierias, dans Zeilschr. fiir KirchenPnitence, t. \n, voir dtail l'art. le gesch., 1903 et 1907; col. 918; quelques renseignements dans A. Teetaert, La confession aux laques, Bruges, 1920.
II. DE SAINT THOMAS D'AQUIN A B. DE MEDINA (1584). Entre l'accomplissement de la tho-

rsolution du doute engendr naturelleen prsence du conflit des mai' Considrer d'abord, dit-il, ce qui en est au juste d( matres eux mmes; sur quoi nous est fournie toute une srie de rit res grce auxquels on puisse se faire une ide sur la qualit de leur prsent enseignement: comment ils se sont rvls en leurs autres dterminations, vlidiques, incertains nu mensongers: comment ils vivent; s'ils sont amis de la vrit moins en paroles qu'en actions, etc. Considrer ensuite, ajoute l'auteur, les raisons et les fondements de leur sentence, lequel de ces matres a les raisons les plus solides et les autorits les plus expresses. Considrer enfin la condition des intresss, s'ils sont capables de juger des opinions en prsence, ou s'ils sont des simples, rduits a croire ce qu'on leur dit. Selon le jeu et entre-croisement de ces diffrentes considrations, nous comprenons, poursuit Henri de Gand, qu'il puisse tre pch mortel l'un d'opter pour le parti prilleux, tandis qu'un autre le fera innocemment. Qu'un auditeur comptent se rende compte que les chances de vrit sont pour le docteur contraire l'opinion prilleuse, et que nanmoins il se conforme cette dernire, il pche sans aucun doute, agissant contre sa conscience. Mais qu'on ait affaire maintenant un auditeur simple, incapable d'apprcier cette supriorit du mme docteur, et croyant en la probit de l'adversaire ou prsumant ce alors cet homme, s'il s'exdernier plus digne de foi pose au pril, ne pche point mortellement puisqu'il

ment

<

logie scolastique et la premire proposition

du

proba-

bilisme . au sens consacr de ce mot, il y a lieu, en vue d'une meilleure intelligence du phnomne historique auquel nous assisterons bientt, d'observer le sort des doctrines tablies comme le mouvement des esprits. Au cours de cette priode, le genre thologique s'largit, allant des crits scolaires et didactiques aux ouvrages de caractre pastoral et pratique, ce qui n'est point sans intrt pour les doctrines elles-mmes. Notre expos doit tenir compte dsormais de cette diversit. Par ailleurs, les Summ;v confessorum continueront leur carrire, et nous ne pouvons manquer d'y tre attentifs. Nous mettrons part et tudierons en dernier lieu l'cole thologique de Salamanque au xvi e sicle qui forme un groupe dfini et d'o devait sortir BarthI. La thologie. IL La suite des lmy de Mdina. Summse confessorum (col. 451). III. L'cole de Salamanque au xvi e sicle (col. 457). I. La thologie. Tenant compte la fois de la diversit cls genres et de la chronologie, nous partagerons cet expos selon trois groupes d'ouvrages. 1 Parmi l'abon/. LES OUVRAGES SCOLAIHES. dante production scolaire de l'universit de Paris la e sicle, un texte concerne trs directement fin du notre problme, auquel il fournit une contribution remarquable la question xxxm du Quodlibet iv de Henri de Gand (Nol 1279, d'aprs M. Glorieux), dite dans Quodlibeta magistri Henrici Gthals a Gandavo, Doctons solemnis socu Sorbonia st archidiacom 1ernacensis, cum duplici tabella, Paris. 1518; le texte en question, fol, cxlvii r et cxivni r. On demande si. dans le cas o les docteurs sont d'opinion contraire sur quelque action et qu'il y ait dans un sens pril de pch mortel, dans l'autre non. l'on pche en choisissant d'agir dans le sens prilleux. nonc qui nous rappelle le Quodlibet vm, a. 13, de

n'estime pas qu'il y ait pril, quand mme il y eu aurait rellement un. Sur quoi l'auteur fait une observation nouvelle s'il y avait rellement pril, bien que l'homme dont on vient de parler ne doive point pcher en s'y exposant, il pche nanmoins, faisant quelque chose que dfend la rgle de foi, encore que lui soit cach l'objet de cette prohibition. Car cette ignorance n'est pas du fait, mais du droit, laquelle n'excuse personne. A moins, corrige-t-il encore, qu'il ne faille distinguer entre ce qui concerne les principes de la loi naturelle, comme les prceptes du Dcalogue, et ce qui se dduit de ces principes, dont l'ignorance peut tre accorde ceux qu'un esprit trop faible rend impuissants con:

natre ces lois drives. En cette dernire partie de la discussion, le Docteur solennel semble entendre trop juridiquement la rgle de l'ignorance non excusante de la loi naturelle, bien
qu'il s'en

rende compte

et

cherche se corriger. Nous

ci-dessus (col. 420) quel sens il fallait donner cette pense des thologiens scolastiques. Lu ce qui prcde, le plus apparent de la rponse est que, selon l'auteur, l'homme ne peut qu'agir selon sa conscience, et qu'il ne peut se former la conscience

avons

dit

xm

Thomas (ci-dessus, col. 124). La comparaison donc tre intressante entre les deux docteurs, dont on sait que les thses sont loin de toujours se rencontrer. Le premier soin de Henri est de fournir des
saint

doit

qu'en recherchant la vrit. Il admet qu'une mme action soit coupable ou non. selon les ingales consciences d'o elle procde: mais c'est que la vrit n'apparat pas a tous et quand mme on l'a sincrement dsir?. On voit du reste quelle difficult il prouve excuser totalement celui qui a matriellement pch, quoique en toute bonne foi. Si le principe du tutiorisme mdival n'est pas ici littralement nonc, l'esprit certainement en est prsent. Henri de Gand tient pour pch de s'exposer au pril, sauf le cas. d'ailleurs rserv aux simples. O l'on tient lgitimement cette action comme autorise. Et l'on voit, eu sa rponse ad 2 um que le pch serait encouru lors mme que, dans la ralit, l'acte commis ne serait pas dsordonn. Entre ces solutions et telle de saint Thomas, la communaut d'inspiration ne semble pas contestable. La manire est seulement moins hardie cl plus accus le souci d'chapper a u doute. 2 D'un disciple de Henri de Gand, Godefroid ii< Fontaines (t 1306), appartenant au mme milieu de l'universit de Paris, une dispute quodlibet ique concerne aussi notre histoire. Quodlibet i\, q. x\l (dit
,

441

PROBABIL ISMK.

L'AGI<b
j

NT K R MD1AIRE, GERSON
i -

\i

par J. HofTmans, Le neuvime quodlibel de G.

/'..

dans

Les philosophes belges, textes et tudes, t. iv, fuse. 'i. Lou vain, l!28). Elle dbat une question plus spciale, mais (|ui sera beaucoup tudie par la suite, donnant lieu des positions caractristiques. Si un pnitent, auteur d'un pch mortel dont il ne se l'ait pas conscience, accuse tous ses autres pchs, sauf celui-l, et que le confesseur le sache coupable de ce pch, doit-il lui en faire conscience, exigeant qu'il s'en repente et l'accuse'.' d. cit., p. 264 266. La rponse procde sur le pch, dont tout le d'une double distinction inonde tombe d'accord ou non; sur le confesseur, qui v>\ ordinaire ou facultatif. Si le pch est tel qu'on dispute a son sujet, le confesseur ordinaire engagera le
:

Le Commentaire de Pierre de La Palud 1342) est d'un caractre pratique plus accus que les prcdents et dlit un grand nombre de cas. Sans y relever des dclarations de principes, nous devons remarquer le texte qui intresse les rapports du confesseur avec son
pnitent, In
Paris. 151
I.

Sent.,
:

dist.

XVII,

q.

n, a.

t.

d.

pnitenl se bien informer, surtout si personnellement opine pour le pch; mais si le pnitent persiste en son propre jugement, pourvu qu'il procde d'une raison probable et non de l'obstination, le confesseur l'absoudra. Un confesseur facultatif en ce cas s'abstiendra plutt d'absoudre. Mais, si le pch es1 Incontestablement et de l'avis commun un pch, toul confesseur en fera conscience au pnitent a qui l'abso lut ion scia refuse s'il ne renonce a son sentiment. Nous observons ici la fois le sens el le respect de la droit probabilit, sans nulle complaisance pour le du pnitent . On rduit autant qu'il faut la soumission du confesseur a l'opinion du pnitent, mais sans en mconnatre le cas chant la lgitimit ni Imposer alors de force a C dernier une opinion qu'il est libre de ne pas partager.
il
.
!

confesseur sait OU croit probablement que le pnitenl ne se souvient pas d'une taule ou bien se trompe, n'estimant point mortel ce qui l'est, il doit lui rappeler son pch ou lui en faire conscience: autrement, il absoudrait sciemment un indigne. Mais si le confesseur n'tait pas certain que ce pii lu- fut mortel et (pie h- pnitenl lui dit qu'il a in le conseil de yens avertis, desquels il est ainsi agi probable, vu leur vie et leur sa\oir. qu'ils n'ont pu conseiller (pie le bien, le confesseur peut se conformer leur jugement. Il en irait autrement si lui mme tait cei tain du contraire. Solution apparente, on h- voit, a celle de dodefroid de Fontaines, sauf qu'est omise i< la distinction du confesseur ordinaire et du confesseur
fol.

7K

Si le

facultatif.
II.
I

11

TRA

I '

/./.

THOLOOIQl S PI

Nous

La thologie scolastique continue de s'laborer forme principalement de Commentaires sur les Sentences. Ils abondent, mais on \ trouvera, au cours du xiv sicle, peu de choses sur notre sujet. Tandis que les auteurs disputent de la nalurc el de l'obligfl
:;

sous

la

ils

lion de la conscience, distinguant la vraie de la fausse, ne posent pas de questions sur ses degrs de certi
la
le

tude. Nous axons seulement sur des textes d'occasion que


cle

ressource de constater

Intimisme du \in
I

divergents,
ci

alors, chez les auteurs par ailleurs les plus une position inconteste. De Du/lS Se 1308), voici deux passages significatifs
:

demeure

multa In actibus humants sunt dubla peccata mortalia, etlaro supposltls omnibus doc trinis doctorum et expositorum; respondeo non est dubla via vilulls simplicilcr. quia a tallbul laii<|iiam a peiiculosis sii>i debel homo cavere et custodire se, ne tu dum mexponit periculo Incldal In peccatum. Quod si noluerll qurere salutem sed non curando exponaf se periculo ubl torte de gnre actus non est peccatum mortale, tamea pec cabit mortaliter se tall periculo exponendo. lu /'"" Sent.,
Et
si

objicias

ut ni

si

ni

trouverons davantage pour notre sujet et un mouve ment plus dcisif des problmes en la littrature tho logique d'une forme plus libre, et d'uni d< tination plus concrte, dont le genre se dveloppe alors Jean <lr Dambach. En son titre mme, /' un de solatione thologies (que reprendra Gerson pour ses traits), un ouvrage de Jean de Dambach, domininu il cain allemand du xiv sicle (achev en 3" d n. n ablc. s I. n. d cf. Hurler. Nomenclati i COl. 663), annonce ce que nous Mirons tre une pi.... CUpation dominante des auliiiis de ce temps. Le quinze livres du trait contiennent le remde des cou solations contre toutes les tribulations possibll l'instar de Boce, l'auteur introduit daine rhologie avec son cortge de jeunes vierges, compos selon limai qu'il s'agit de gurir. L'une de ces consolations est pour l.i liislcsse due a une conscience errone ou trop troite, I. XIV. c. mm. Douze consolatrices prennent successivement la parole. Sous leur style gracieux, on ni mit le langage de la thologie classique, sans qu'il soit Imagin rien (le nouveau mi d'inquitant pour la stricte doctrine, comme l'objet de l'ouvi ne imitation plus cl. lue aurait pu le (aire raindic de celui ci nous montrera tout a l'heure la COI1SI
i i
.

>

tinii
j"

du

Relire.

Gerson.

on

sait

l'activit multiple et l'uvre

vin, p. 113. sicni in morallbus quando sunt altercationes de aliquo peccato quando primo est mortale. nt si omis peritus In selentia dicat quod non Ucel sic mercarl et alius dlcat quod licet, tutius est non procedere sic nec su-, sed exspectare quousque veritas pateat aliunde. Si entra Ita esset quod unus doctor (lui ki aliquem peccare mortaliter msi su [aceret, et alius quod peccaret si sic lacent, tune simples foret perplexus. Ideo bene videndum est in morallbus antequara allquid asseratur. In 1 1 /'"" Sent., dist. XXV, q. i. n. 8, d. Vives, t. xv, p. t:i.
15, d. Vives,
t.

prol., q. h, n.

abondante du chancelier Gerson (1 1429), typ< de hologien fort diffrent du pur professeur ou de vain technique. Par ses doctrines non plus, il n'est pas de l'cole (voir l'art, Gerson, numratlon d. opuscules de morale, t. vi, col. 1323 1324). Il se trouve avoir traite de nos questions et selle prononc SUT l'usage du doute et de la probabilit. La certitude probable donne toute scurit t.erson fermement, quoique avec une curieuse le dclare rserve qui nous rappelle le texte ci dessus ctudii de
i
i

leiiri
1

de

rand
m

Qu'on remarque spcialement ce dernier conseil el sobrit qu'il recommande, en regard duquel la multiplication des opinions morales nous apparatra bientt comme le signe d'un esprit chang. Chez Du rond de Saint Pourain (t 1334), autre thologien orl ginal, un mot dcouvre la mme pense. On n'est pas oblig, dit cet auteur, de se confesser aussitt le pch commis, sauf en cinq cas. dont l'un nous montre l'obll gation attache au scrupule, c'est dire au doute de
la

siiilllls in BgeOdO, dbet ipililelll ISS6 .m mi neipie \iituli eoul r.u Hun sed leteil ipia cei Minime sufllcil cinin ceilituilo nnnalis ni x ri non sis in peccato, iiinii t.uis quod In te est. aut saltem peccatum non tncurris novuxn per temeritatem. Opra omnia, t. m,

tipie aliquis

sit

eeitiis illnil este


I

Invers,

1706, p.

181

A.

la
i

conscience

L'une des insistances de l'auteur est d'ailleurs sur la nalurc propre de la certitude en morale, qui n'est point celle des mal hciiiat iques a son tour, comme les grands scolastiques, il invoque le texte d'Aristote, au dbut de l'thique Nicomaque. Sur la manire d'a
;

tulntus quando aliquis ex scrupulo conscienti crdit se teneri ad statim confltendum. in M' um Sent., dist. XVII,
q. x, 6, d.

Lyon,

:.:>;,

[ol.

296.

qurir cette certitude, plusieurs recommandations qu'on s'informe de ce qui arrive le plus souvent, ibid., t. n. p, :it D; ou bien que l'on se dcide sur une
:

PROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE, NYDKK


autorit, ainsi feronl les commenants; que l'on s'en remette sa propre rudition, ainsi peuvenl taire les
si

444

raisonnables; l'on se conforme son habitude el son exprience, ainsi feronl les parfaits. Ibid., t. i, p. 17n 176. En gnral, on prfrera l'avis des suints
<
j

u<-

p.

Pres aux sentiments des novateurs. //>/., t. in, 158 B. A ces conseils se rattache une belle page du
theologix,
d.

de notion mme vers un sens appauvri et si l'on venait a l'adopter en morale, dangereux. Il s'agit de justifier que les pieuses cio\nnc<- s relatives aux saints, u leurs visions, a leurs miracles, etc., peuvent tre diversement partages par les fidles
se trahit le glissement possible
,

l'on veut,

mais on

la

Compendium
tienne pas
;i

ouvrage imprim parmi


cit.,
\
.

les

uvres de Gerson,
de

t.

i.

quoiqu'il
triple

n'appar-

ici auteur. <)n


la

expose une

inire

dposer

conscience

c'esl dire

de passer de

une suffisante fermet d'opinion. Il apparat dans ces conseils, el dans l'accent qui les traverse, avec quelles prcautions cl dans quels sentiments graves ces anciens auteurs envisageaient la formation de la conscience. In esprit est sensible, qui est bien celui de la thologie dont nous avons relev jusqu'ici les enseignements. Ou bien on dpose- sa conscience dc soi-mme, par une forte et fervente mditation et discussion du cas et de ses raisons, par une diligente tude des opinions des doctes. Ou bien on la dpose en s 'informant avec discrtion et diligence auprs des personnes comptentes, que recommande surtout la probit de leur vie. La premire manire est pour les hommes instruits, la seconde pour les simples. Mais, dans l'une et dans l'autre, sont surtout ncessaires l'humilit de l'esprit et un assujettissement de l'intelligence, prte croire les plus sages. Ou bien enfin on dpose sa conscience en tournant son esprit vers Dieu, en implorant son conseil par une humble, frquente et dvole oraison telle est la ressource qui nous reste quand fait dfaut le conseil humain, encore que celle manire ne doive pas tre absente des deux premires, mais bien plutt concourir avec elles. Et l'auteur de conclure Qui dpose sa conscience d'une autre manire, comme il arrive frquemment chez beaucoup, il encourt de grands dangers et plus qu'on ne croirait communment. Ce n'est pas alors proprement dposition de la conscience, mais grave mpris et superbe prsomption. Loc. cit., p. 407. S'il advient qu'on ne puisse rsoudre son doute, il n'y a pas alors d'autFe issue, selon Gerson, que le choix du parti le plus sr, par exemple, t. m, p. 12. Qui s'expose au pch pche dj. Gerson prend soin cependant de distinguer ce propos plusieurs sortes de doutes, en sorte que tous ne tombent point sous la rgula magistralis. Pour que le doute oblige au plus sr, il doil tre autre chose qu'une conjecture lgre, qu'un soupon tremblant et scrupuleux provenant d'une crainte excessive du pch; l'avis d'un seul docteur n'est pas non plus suffisant pour nous empcher d'agir. 11 faut que le doute rende la partie prilleuse au moins aussi incertaine que la partie sre. Aussi longtemps qu'on penche vers la licit plus que vers son contraire, on ne se commet pas au pril et l'on ne pche pas. T. m, p. 180-181, 325; cf. t. n, p. 498; t. m, p. 79. Voyons en ces dernires formules une revendication nergique de la pense traditionnelle sur l'usage de la probabilit, et dont l'exacte porte doit s'valuer justement d'aprs les conditions ci-dessus requises la dposition de la conscience. 11 faut signaler enfin une doctrine trs dtaille de la loi dans le De vila spiriiuoli du mme auteur. Les vues originales et mme audacieuses n'y manquent pas. Nulle part, il ne vient l'esprit de Gerson que la loi douteuse pourrait ne pas obliger. Voil donc un thologien indpendant qui n'a fait aucune rvolution dans les doctrines dont nous nous Occupons. Il les a revues et en a fait usage, n'estimant pas qu'elles puissent tre contestes. l'n seul texte de Gerson, tranger d'ailleurs au prsent problme, nous semble annoncer les ges prochains. On y observe un usage caractristique du mol de probabilit, lgitime.

l'incertitude

credulitas non super veritate vcl talsitate, se<i tantummodo super apparentij vel probabllltate; et hoc utlque non est periculosura vel falsum, quia constat de apparentia et probabilitate, dam falsitas sel vrits Ignota est. Propterea sapientissime dixit Hicronymas quo'd de talibus elui.nliinis est pie du lit.ne quum temere deflnire. Sicul si it quodlinet contradictoriorum esse probabile, et union stat cinii altero non in veritate sed probabilitate. Declaralio verllalum quie eredend sunl <!< iiecessitate salutis, t. i, p. 1 1.

Cadit exiatimatio vel

pi

En cette dissociation de la probabilit d'avec la vrit et l'adhsion de l'esprit au rel, nous retrouverons l'un des traits marquants de l'ge probabiliste. Il est instructif d'en relever l'innocente apparition tiez
un auteur bien tranger ces systmes. - Le dominicain bavarois Jean 3 Jean Nyder. Nyder (f 1438) (voir son article) a donn tout son clat et acquis tout son succs au genre dont tmoignait plus haut Jean de Dambach, et il a beaucoup emprunt Gerson, qu'il a pu d'ailleurs connatre personnellement
s'adresse

au

concile

de

Constance.

L'crivain

non aux coles, mais aux pasteurs et aux fidles eux-mmes, et, s'il est dans son abondante production une inspiration commune, il semble qu'elle
de prsenter la vie chrtienne sous son aspect rconfortant et d'encourager les m?s timides et scrupuleuses. Ce dessein apostolique, n de l'exprience des mes plus que de la mditation de la doctrine (et qui s'accorde chez Nyder avec le got de l'austrit il fut en Allemagne le champion de la rforme de son ordre), donne son cachet et son charnu la thologie, d'ailleurs classique, mise en uvre dans ces livres. Nous y voyons se confirmer l'un des caractres de ce temps, visible en France chez Gerson comme en Allemagne chez les deux consolateurs dominicains. Dans Y Expositio prxceplorum Decalogi, destine aux confesseurs et prdicateurs (remarquons cette distribution de la matire morale selon les dix commandements, nouveaut d'origine pratique et dont la fortune sera grande chez les thologiens de l'ge suivant), un chapitre est consacr la conscience douteuse. Prc, l um c. v, Paris, 1531, fol. xv sq. Nyder y doit Gerson l'interprtation misricordieuse de la rgle du plus sr. numrant jusqu' treize adoucissements de l'axiome. Il cite avec satisfaction le texte d'Albert le Grand que nous connaissons, sur la conscience douteuse et ambigu. Ces pages reprsentent la fidlit au tutiorisme mdival combin avec le souci d'apaiser les consciences. Elles sont un effort de conciliation entre les rgles classiques et les ncessits concrtes et embarrassantes de la vie. l'n autre passage signale plutt la prudence de l'auteur qui recommande, d'aprs Jean de Dambach et Gerson, de trancher les doutes sur l'exemple des gens de bien et les jugements prouvs des sages. Ibid., c. xxn, fol. i.xix. On trouve mme un nonc de la rgle tutioriste valable aussi longtemps que n'est pas rsolu le doute
soit le dsir
:

quando sunt altercationes de aliquo peccato quando est peccatum mortale, ut si uniis dicat expertus in scientia quod non licet sic merc.iri. alius dicit lutins est sic non procdera quousque Veritas quod sic pale.it aliunde. Sic dicit Scotus in forma et directe concordat Thorax. Ibid., l um c. n, fol. vi.
Sicut in moralibus,
:

L'ouvrage prcdent
sicle ici.
I

s'est
il.

Iurter.

t.

col. 865).

beaucoup rpandu au Le fut plus encore.

semble-t-il, le Consolatorium timorat conscienli, crit pour les Fidles. Ce livre est une compilation, mais il a

l'ROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE.


probablement le premier en date des ouvrages tout entiers consacrs la conscience, devenue l'ide matresse et organisatrice. Il se trouve que la conscience en reoit un relief considrable et apparat comme le centre de la vie morale. Premire et loinlaine origine d'un caractre dsormais invtr de nos modernes thologies. La partie du livre de beaucoup la plus tendue est la troisime, avec trente et un cba
cet intrt d'tre
pitres,

NYDER

i46

De conscientiu proul

in aliquo trpidt.

La
t<

ten-

dance misricordieuse des prdcesseurs de Nyder trouve l son entier dveloppement et toute sa On remarquera que toutes ces considrations, o se rouve intresse la docl rine de la conscience douteuse, tremblement , sont introduites sou, les espces du dans une intention de remde, de la pari d'un auteur qui se rvle averti des maladies de la conscience. La dposition figure Ici comme lment d'une thrapeutique morale. Elle se doit oprer selon sept rgles convenable prparation la grce de Dieu; 1. la '' la 2. l'investigation applique del sainte criture; persvrance en la dvote oraison; I. la sre lection de quelque opinion; 5. l'humble imitation de l'obist

l'exemple de saint Thomas (dont nous avons dit qu'il adopte comme probables des opinions moins sres;; il y ajoute sans peine d'autres tmoignages. Plutt que l'laboration d'une doctrine nouvelle, nous voyons ici un confesseur expriment ragir (outre les effets funestes de la doctrine classique mal entendue, parce qu'elle est considre part lellement. Il relev ce qu'il y a en elle de bnignit; il [nui le faire sans la forcer. On prendra garde aussi (pie le vocabulaire de Nyder est libre et flexible; il use des mots techniques, mais non ainsi celui de doute, au dbut du techniquement de l'esprit c. xiii, signifie trs largement tout tat
:

infrieur a la certitude; il ferait croire que l'auteur combat le tutorisme, alors qu'il revendique simplement la probabilit. La conclusion du mme chapitre
ru

de justilier notre interprtation


est

Et condudendum
:

ex praedictia omnl tus quod pro-

lance; 6. l'nergique limination des scrupules; 7. la discrte et quitable interprtation des prceptes.

premires rgles, on rapprochera les c. vin parlie, o se retrouve cette gravit religieuse observe dj ci dessus en matire de dposition de la conscience. I. 'auteur y autorise mme de ..h une proposition relative a l'ignorance du droit divin, plus audacieuse peut tre que ne l'et dite un (.'est une rgle gnrale de thologien du xih sicle

Des
i

trois
la

babilia certltudo luJQcil in moraliOus ut non exponat se pus perieuio ut. su ni dicunl doclores de cel trente et simili ois, h jj requlritui staus uratia-, quod iiullcll probabilis conjectura quia certitudo alla dne rvla Uone non siuuendum habetur, prout in Moralibtu dlcit tristotelea esse cel tllllduielll ll^ur.illtel et jiro-.se. ,|u.e (eitiludo non removet omnem un irobahilitatem vel opintonem aJteriua partis, Ucel iiu r h dcline! ad Istam quant ad allam, quod suiiuit. Verba uni pne per totum CancellarU tract, /v

de

II''

contractlbui. C.
Il

mm.

chancelier, trait De regulis moralibus, que l'ignorance coupable du droit divin ne tombe pas sur qui fait ci' qui est en soi, car l'I'.spritSaint est prt enseigner Immdiatement cet homme des choses ncessaires au subit, et qui excdent sa facult. Mais la quatrime rgle est pour nous ta plus xvi; en importante; elle esl explique dans les c.
thologie,
dit
le

comme

voici l'nonc pi us circonstanci

Sunt enim aliquando de aliquibus m iteriis moralibus docopinionum contrariarum, et lune scrupulosl dubttant quant partent possunl cura bona conscientla ellgerc. Pro enodatlone hujus dlfflcultatl* notandum In prlmls quod cunt bona conscientla potest quls tenere unam partent allcujua optnionis et secundum eara operart, sa Item excluso icantores
dnlo, quai pars babel pro se notabilcs seu notabtllores doc

tTOUVe seulement qu.- dans cet ensemble sont la lumire des vnements comme dis anticipations. Elles prtent abus et contienne ni un risque. Celle-ci, par exempl '.que Nyder dit tirer d'un vieux livre dorai des rponses raies de inieain ou ont cl Il dit encore qu'un frre slmpli matre Albert mme tout homme, sans compromettre sou salut, peut suivre dans les conseils quelque opinion qu'il veut, pourvu (pie ce soit celle d'un grand docteur -fibiil.): propos Innocent dans ce contexte; mais l'histoire nous a appris depuis quel sens tmraire on v peut donner. La derhiri des ept ri les s'appelle dans le latin de Nyder Vepikeysatio. Signalons d'abord, a propos de ce t. non seulement comme une curiosit philologique, mais comme l'indice d'une notion fort rpandue, le verbe plquler, employ eu franais par .ban Petit.
m'

insres des phrases qui, a postrieurs, apparaissent

contra expraasam auocontra determlnatlonem toritatena sacra acn Ecclesl catholtcae, dummodoque ex contrarietate tallura opinionum non Inducatur quia ad dubltandum, >ed k mi m consclenllara seu (Idem ibl formel de probabillore parte, pnecipuc in t.ili casa quaiidn (pus adaiaet dili ;cnl i.nn Inqulrendo an llceal, nec Invenlt aliqutd quod eum suintalls
sil
i

dummodo

oplnlo non Scriptura nec

licutcr

moveat ad hoc quod

sit

illicitniii. (..

XI.

que la recommandation de se former une probabilit pour agir selon elle? Nyder s'en
tient la thologie classique. Il insiste seulement, l'usage des timides, sur la possibilit de sortir du doute,
les
et

lit-on autre chose

divergences d'opinions ne mettant pas a tout coup sans plus, dans l'obligation d'aller au plus silr. Et, quand l'auteur ajoute
:

Ex qutbus secpii videlur expresse quod non oportet sentper tutiorem opinionem ellgere de necessltate sduiis, M -d
tutam eligere. Nam tutior est gradus comparativus prasupponens posttivura, sclltcel allant tutara esse opinlo nem. Patet illud. quia tutlores vtdentur esse oplnlones
suitu'it

pra'lala'
il

aliomnt quant

(pi as

S.Tlioni

is

Ibl telle t. etc. (tl'itl.),

ne refuse pas l'axiome lutioriste du \iii' sicle puisqu'il envisage alors une situation o cette thologie ne l'a jamais entendu, celle o l'on dispose d'une probabilit en faveur du parti le moins sur, mais auquel une scurit est attache du fait de sa probabilit mme. Bien plutt rencontre-t-il ici la doctrine et l'usage de
la

II. c.ovilie. Jean Petit. /." question du tyrani un commenct meni du ir sicle, avec, p. 221, une tlon de .1. P. Eplquler la dicte loi a l'entente de la tin et non pas au sens littral. Chez Nyder, il faut conve qu'on trouve ici uwr docirine sensiblement dlff rente (le la grande scolastlque. Nous avons dit ce qui en esl de Vepikeia au Mil- sicle (COl 129). Notre auteur l'entend, mains strictement, de l'interprtation bnigne des lois et d'un penchant a la misricorde en leur application. Il estime que le juste milieu de la vei lu en devient plus large, que la rigueur de la loi en gnral s'en trouve tempre d'indulgence, mieux accorde avec la ralit. Et derechef il fournil huit rgles sur le bon usage de Vepikeia, empruntes a Jean 1. entre de Dambach, dont il consacre la tendance l'interprtation bnigne cl l'interprtation svre de la loi. opter pour la premire, cseleris paribus; 2. ni Dieu ni l'glise n'entendent obliger par leurs prceptes cela qui esi difficilement possible; 3. ils n'entendent pas non plus (pie l'observation de leurs prceptes rende ridicule, (lu moins aux veux des sa ns; I. qui v eut cl rc dcharg de l'obligation d'un commandement, il suffit qu'en la mente matire il accomplisse quelque chose par exemple, on excutera au del de ce qu'il doit sans scrupule le dimanche quelque uvre servile sup

Cf.

pose ncessaire,
tieut d'ordinaire

et

exclu

le

scandale,
le

quand on

aurait
ir

grande scolastlque,

et

il

Invoque

juste

raison

quer, soil durant la semaine; des gens de bien doit nous sci v

si l'on s'en absdroit de s'y appli5. dans le doute, la vie

de rgle

6.

eu matire

'.'.

PR0BABIL1SME. L'AGE INTERMEDIAIRE.


se confier

S.

\\u\l\

de prceptes positifs, accorder un grand crdil a la coutume; 7. se persuader que l'excommunication n'est encourue qu'o il 5 eul pch mortel; 8. ayanl com mis un pch mortel, on pourra en de certains cas ne pas se confesser avant la communion. Il esl manifeste que le ><>ei auteur et ses pareils manient ici une matire des plus dangereuses. Bien que leur texte, lu avec bienveillance, soit sans reproche, ils lancent le. ides et des formules donl on dirait cette fois qu'elles sollicitent l'abus, ('.'es! ainsi, et parmi les plus louables jutent ions. que peuvenl commencer les grandes dviations doctri nales. Saint Anlonin lui-mme, nous le verrons dans un instant, semble avoir eu peur devant ce passage de Nyder. Quelques autres consolations seraient aussi assez inquitantes au C. XXVI, O serait rduite a l'excs la gravit d'une faute commise sous l'empire d'une ignorance coupable en sa cause; aux c. xxvn et kxviii, o l'on nous parle d'une double latitude par rapport l'observation de la loi, en sorte que s'carter de la moins large ne serait qu'un pch vniel; et d'un intermdiaire entre le prcepte et le conseil, que Nyder appellerait monition. 4 Saint Antonin de Florence. Pour sa tendance gnrale, pour sa fidlit et ses innovations. Nyder nous semble donc historiquement un auteur important
l :

au parti prilleux, comme on a le droit de dans le monde sans faire de pch. Voici du reste comme il expose une autre rgle, que celui qui aime
rester
le pril
\

prira

Sed ad hoc respondetur quod utique Ule <|ui agit orienter id de quo dubitat esse mortale, permanente dubitatione, mortaliter peccat, etiamsl Ulud m se non esset mortale, sumendo proprie et stricte dubitationem, videlicet proul rationes [sunl aeque pondrantes ad utramque partent nec magis declinanl ad iinam quam ad aliam. Sed si dubitet leviter et i>cr modum scrupuli, sicut dubital et formult habens opiiiioneni de aliqilO, quia ita inha-rct uni sentent i;e <|iiod taraen formidat de opposito; sic agendo contra taie dubium non peccatur dum adhaerel opinioni alicujus doeloris et habet rationes probabiles pro ips:i ni agis quam pro opposita opinione, etianui ipsa opinio quam tenet non essel vera. Et hoc nisi ipsa opinio sumpta esset contra maniiestum testhnonium Scripturae vel determinationem Ecclesise. Talis enim non operatur in dubio mortaiis sed secundum opinionem probabilem. Ibid.
1

Il en faut rapprocher saint Antonin, archevque dominicain de Florence (t 1459) (voir son article), avec sa Summa moralis, ainsi que l'appelle l'autographe (voir dition de Florence, 1741). L'ouvrage, qui n'est qu'un ample dveloppement des Summse confessorum, dont il prtend avoir la destination pratique, visant moins la science que la commodit, se trouve avoir pris rang dans l'histoire de la thologie morale; il le doit ce dveloppement mme et l'insertion de matriaux doctrinaux parmi ses recherches et ses solutions concrtes. A ce titre, en dpit des intentions de son auteur comme de la bonne qualit de ses rgles morales et de

nous craignons qu'il n'ait reprsent une tape vers la confusion des mthodes et des genres, dont le Moyen Age fut nettement exempt, mais qui sera bientt chose accomplie, au grand dommage de 'authentique thologie morale. 11 se trouve que, sous cette forme et grce de pareilles proccupations pastorales, saint Antonin concide, trs peu de chose prs, avec les auteurs dont nous venons de parler. La tendance que ceux-ci reprsentent a gagn l'Italie au xv sicle. outre la France et l'Allemagne. Le mode de compilation qu'il adopte (il dnomme sa Somme un collectarium) permet du reste Antonin d'emprunter beausa casuistique,
l

Tout revient donc cette fois encore revendiquer la probabilit comme rgle lgitime de conduite, malgr la crainte qui subsiste en L'opinion, rencontre de l'impression trop forte faite sur les mes scrupuleuses par l'axiome tutioriste. lequel bien entendu conserve sa valeur. L o il tudie l'obligation en conscience de la loi civile (I a part., tit. xvm), Antonin ne dit absolument rien qui ressemble la rgle plus tardive de la loi douteuse qui n'oblige pas. On n'est libr du doute que s'il est converti en opinion, et l'on ne passe de l'un l'autre que par des voies objectives, contrles au surplus sur l'enseignement de l'criture et la dtermination de l'glise. S'expliquant plus au long sur le choix des opinions, Antonin adopte exactement, un peu plus bas, la quatrime des rgles de Nyder, que nous avons expose. O il tche au surplus de justifier l'usage des probabilits avec leur risque d'erreur il ne parle pas del vrit pratique, une notion dlicate que ces thologiens mineurs n'ont pas retenue; mais, s'inspirant de Gerson.il raisonne de la morale par comparaison avec la foi de mme qu'il n'est pas funeste de
: :

se

tromper en matire de

foi,

pourvu que

l'article n'ait

coup, et littralement, ses prdcesseurs. Il institue un chapitre de la conscience, laquelle obtient dcidment droit de cit dans les livres de morale (I a part., tit. ni, c. xi), o il traite son tour de la conscience scrupuleuse. Son dessein mme conduit l'auteur dnoncer les abus de l'axiome tutioriste. Il le fait en
ces termes
:

eligere viam tutiorem connon prsecepti, alias oporterct multos ingredi religionem in qua tutius vivitur quam in sieculo. Non ergo de necessitate oportet tutiorem eligere quando etiam alla via potest eligi tuta. Sicut enim divers:' vise tendunt ad imam civitatem, lieet una tutior alia sit sic ad civitatem cselestem alius sic, alius sic vadit, et tute, licet aliquis tutior.

Sed ad hoc respondetur quod


est,

silii

pas t dclar par l'glise, de mme on ne se nuit pas en agissant contre une rgle dont il n'y a dans l'criture ni dans l'glise expresse dtermination: il suffit dans les deux cas que l'on soit prt se ranger au sentiment autoris, ds qu'il sera connu. Col. 380-381. A dfaut d'une explication formelle, du moins avonsnous ici le tmoignage du mme problme qui s'tait pos aux thologiens du Moyen Age. Pour dposer la conscience scrupuleuse, saint Antonin recommande son tour Yepikeizatio. Il l'entend selon les mmes rgles qu'a numres Nyder, avec cette diffrence remarquable qu'il omet la quatrime, dont il ne dit mot. Il l'aura juge trop peu sre. Ce texte de Nyder se trouve ainsi reprsenter un essai qui ne devait gure survivre en thologie morale: la sagesse de saint Antonin l'a dj cart. Parmi les rgles de droit , au nombre de cent une, insres en forme de catalogue dans cette Somme morale. a part., tit. xx, figure cette fois la maxime
I

tutioriste

In dubiis tutior via

est

propos de laquelle Antonin distingue

eligenda, n. xvi, le dubium pro-

d.
Il

babile (noter celle expression, indice de l'effacement

cit.,

t.

1,

col.

:i7:s.

apparat assez que cette exgse l'usage des scrupuleux n'est pas la dngation de la rgle classique.

Anlonin oppose
Il

tutior laid, le

periculosa. l'entendait

l'assimile

au plus parfait.

le

Moyen Age Moyen A.ge


la

progressif dis distinctions si nettes introduites par le les entre les tats incertains de l'esprit) raisons sont pour ainsi dire gales des deux ctes, et la rgle s'applique, et le dubium scrupulosum qu'il faut dposer. I.a rgle de la possession In pari detirlo rcl

Moyen Age

comme

la seule issue

permise. D'o

con-

clusion que l'axiome a valeur de conseil, non de prcepte, inoue chez les thologiens du XIII e sicle. Mais elle tient au dplacement du sens des mots. Anlonin n'entend certainement pas (pie. dans le doute, on puisse

causa potior est conditio possidentis (11. xi.i = i.xv de Boniface VIII) est interprte sur le plan du droit pour les seules matires de justice. I.a plupart des rgles nonces ici n'ont gure du reste qu'un intrt juridique leur prsence dans nu ouvrage de morale atteste
:

449
le

PR0BAB1LISME. L'AGE INTERMDIAIRE, CAJETAN


risque de confusion que nous signalions
ci-

i50

mme

son mariage) accusent


;

la

mme

tendance, ou semble

dessus. 5 Conclusion.

Les auteurs que

nous venons

d'tudier, et qui couvrent

un

sicle,

du milieu du xi\"

diprccit la probabiliti im.liL- de rgie d action, bu n qu'y soient rectifis les excs ou dangers de l'interprtation bnigne analyse ci-dessus. Adrien admet d'ailleurs
fort bien que le dissentiment des docteurs n'entrane pas infailliblement le doute, et donc l'obligation du plus sr, chez tous les intresses. Oustiones auodlibetic xn, l'aris, 1531; Quodlib. h, fol. 24-44. Au passage d'Alexandre de Ifahs relev plus haut (col. 422), on comparera chez Adrien l'tude de ces doutes dont l'une et l'autre issue semblent rencontrer un

celui

du xv, forment donc, quant au problme qui nous occupe et malgr leurs autres diffrences, un groupe homogne. Sous l'effet de proccupations pasdu besoin

non pus doctrinales, en fonction, semble-t-il, spcial des Ames de leur temps, ils interprtent la rgle tutioriste de la thologie mdivale mais sans sonner un instant l'abandonner. Leur effort
torales et revient insister sur l'usage lgitime de la probabilit pour rtablissement de laquelle ils signalent des rgles. Avouant que le doute impose le choix du plus
sr, ils s'ingnient ouvrir des issues hors <\u doute, d'ailleurs de bon aloi. Il est remarquable que leur dessein

pratique et misricordieux s'accommode d'une thologie rpute intransigeante et dont ils utilisent en vue de leur objet une authentique donne. En substance, celle thologie entre leurs mains ne bouge pas. Pal ailleurs, ne nous dissimulons pas que la tendance de ces auteurs est fort diffrente de l'inspiration du Moyen d'une part, les droits del vril. de l'autre, ceux de la conscience; l, un souci de rectitude, ici de bnignit (on peut en toucher un exemple dans l'exi que font ces auteurs du Quodlib. vin, a. 13, de saint Thomas; voir l'ail, cit claircissements...); une pro habilit approche de la certitude chez les uns. plus mlange de doute chez les autres. La tendance nouvelle n'est pas sans danger, Lux mmes emploient des mots et des formules qui, isols de leur contexte, sein bleraient une dnonciation du tutiorisme. A force de les dire cl de les rpandre, on prpare un esprit peu conforme a celui qui les a dicts. Nous avons pu recon natre aussi dans celte littrature, cl pour la premire fois, quelques traits qui s'affirmeront dans l'ge su! vanl la priorit de l'ide le conscience; la dislribu lion de la matire morale selon les prceptes du >ca logue; la distinction moins nette <\u doute et de l'opi nion; la confusion des genres scientifique et utilitaire; voire une formule O le mol probabilit a perdu son philosophique. Le vocabulaire esl d'ailleurs assez instable et le juridique se mle au moral. A nous cpn sa\ons ce qui a suivi, il est impossible de ne pas voir en ces ouvrages el en leur succs, sans prjudice- de la fidlit essentielle des auteurs a la thologie medie valc, une soi le de disposition favorable a l'closion prochaine de penses ci (le systmes nettemenl nouveaux. Nous trouvons l eu somme les caractres divers el presque contradictoires des ^cs de transit ion. Ile pourra faire ///. LA THOLOGIE DIDACTIQl l'objet d'un Jugement plus simple. i" Adrien d'Vtrecht. Nous la trouvons reprsente, quelque temps de ces auteurs, par Adrien d'I Itrecht, plus tard le pape Adrien VI, dont un Quodlibet disput Louvain en LU rencontre les mmes problmes doni nous venons de voir l'laboration pratique. El sa posl lion se dessine propos de l'un des mots engags dans l'affaire, celui de scrupulus. Pour Gerson, lit il, le scrupule contre lequel on peut agir signifie l'hsitation
:

pch; il les dcide selon le moins dangereux combin avec le moins vraisemblable mathmatique assez subtile. comme il le reconnat lui-mme. Ibid., el surtout hr restitut., j Quia In /V um Sent., circa sacr. ptenit., jam dictum est sq., Venise, t~>22, fol. 16 sq. 2 Jean Major. Sans nous arrter a Gabriel l'.iel 195) eie.nt le Commentaire sur les quatre Itvn Sentence ne semble contenir rien d'important sur mitre- sujet, mentionnons un passage de Jean Le Maire livre (f 1540), ebmt h- Commentaire n-vise- du l\ parat a l'aris en 1516. Sur la qucslieeii de saveur epiel parti prendre en cas d'opinions divergentes, il conclut qu'en matire morale il faut tenir h- plus sur. qu'on a le choix si les opinions en prsence muiI galement taines. pie- le prudent suivra l'opinion eles s,,_, s plutt mar(pu- l'avis eh- quelques uns Johannis iiim Senlentiarum, Paris, 1516, q. it. in prologum,
: l
i

fol.
;

II.

/.es commentateurs </' taint Thoma premiers commentaires publies de la Somn Thomas, au commencement du vm sicle, saint reviennent sur ces mmes questions, a la vrlti i"< / brivement. En 1511, h- dominicain allemand Conrad Koellin, avec l'approbation lu maille gnral de SOU eirdre-. Thomas Cajtan, publiait mui enseignement eh- l'uni ve-rsiie eh- fieidelberg sous la feerme- d'un commentaire littral et complet del l* II" eh- saint Thomas; le commentaire de Cajtan lui mme sur cette partie de la Somme thologique est date du 29 dcembre 1511. Sur les origines ele- ce genre nouveau, voir lai m ors, vi. col. 889 890, 905 908 On s.,it que, 1' les art et 6 le la q. xix Intressent dans celtela conscience. Dans le commentaire h- Koellin on ne trouve cet endroit sur la conscience douteuse que la mention suivante, o saint Antonin a l'honni ur d'tre cite comme h- matre en la matire

l.es

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materU an

aliquii
1

conformant
i

quse (tint peecata mortalia Vide i>. S. Quodlib. mm. a. 13, Ita m "" tenena venus el nia hit oplnionem, autem de ejus verttate, dlclturquod ne. Ici lODgUin III dollllllei Antonio... \ ide- (le- ist:i III. (tell. ftun-jns Ang, isilio eommentaria prima...
consclentlsc dublcG
tiis
1
I

.te;..

Venise, 1589,
a

p.

164.
il

se contente sur le menu- endroit la dposition ele la conscience d'une rflexion relativeerrone. Pas n'est besoin, lit il. qu'on soit alors capable de- se faire une raison contraire; il suffit qu'on n'.u cepte pas cette erreur, ft-ce pour h- dplaisir qu'elle

Quant

Cajtan,

;i

ou la crainte accompagnant l'opinion prpondrante conue l'avantage du parti contraire. A quoi Adrien oppose saint Thomas, Quodlib. vni, a. in. dont il donne, h la faveur d'un mot corrompu, une interprtation outre. Voir l'art, cit: claircissements... El il refuse que l'opinion plus probable puisse toujours pr valoir sur le doute ou lliesilalion l'accompagnant. 11 rduit le scrupule contre lequel on peut agir une crainte due des apparences, et telle qu'on la trouve chez qui mme a la foi ou la science du contraire. La suite de la dispute et certaines dcisions qu'y dfend '.'auteur (par ex., sur l'obissance due au prlat ou la conduite de l'poux pris de doute sur la validit de DICT.

cause-.

On agira alors impunment a l'encontre de- nqu'elle prs, rit. L'exemple qu'il invoque donne son sens exact a sa proposition. Originale et intressante,
quoique d'une porte limite, elle ne- sera pas retenue dans la thologie morale. Mais nous sommes ave-rlis par aille-urs de l'intrt port par i-cs deux mail res thomistes an problme de la
conscience douteuse. Plusieurs fois, sur les ques prat iepies. Koellin a consulte Cajtan. qui semble avoir eu pour lui de l'estime. Voir dans les Opuscula de Cajtan, i. i. tr. XXXI. resp. i II i. L'une- des consultations s'nonce prcisment Quid importai scrupulus
:

ientisequostante licite operamuropposilum, Loc.


T.

cil..

DE THOL. CATHOL.

Mil

1"..

551

PROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE, LES


du
9 fvrier L521, lu h. vu, Venise, 1596,

SI

M M E CONFESSOIWM

452

resp. 13, date


p.

et devrait l'tre aussi, d'aprs le prologue, selon les dix

Sur quoi, Cajtan rapporte les deux opinions qui lui Bemblent avoir cours sur le sujet ceux qui distinguent la quantit d'ambigut et permettenl d'agir selon ce que l'on croit davantage licite, o nous reconnaissons le groupe prcdemment tudi; ceux qui exigent une certitude absolue en faveur du parti moins sr, faille de quoi on se jette dans le pril si l'on peut agir ['encontre de son scrupule, c'est qu'il n'est pas une hsitation vritable mais apparente, o nous reconnaissons le Quodlibetll d'Adrien VI. Cajtan pour son compte propose une distinction o peut tre sauve celle du doute la vrit de chacune des deux parties spculatif et du doute pratique. Le premier regarde le genre mme de l'action en cause est-il permis de jouer de la musique le dimanche? Le second concerne l'action m'est-il particulire avec ses circonstances concrtes permis aujourd'hui dimanche de jouer de la musique, telle ou telle circonstance intervenant? Or, taudis qu'on ne peut passer outre au doute pratique (satisfaction la seconde opinion), il advient qu'on puisse agir rencontre du doute spculatif (satisfaction la premire opinion); car celui-ci n'est pas exclusif d'une
132.
:
:

commandements; maison ne retrouve gure


nire division

cette der-

dans le corps de l'ouvrage. Cette Somme ne semble avoir connu aucune diffusion. La desl inal ion de ces livres s'accuse en celui d'un frre prcheur, que l'on croit tre un Allemand, hardiment intitul Summa radium (vers 1334-1338); rien d'original dans le contenu, certes, m lis un ouvrage bien adapt aux sacerdotes simplices et minus periti, a qui il est expressment adress. Il faut rattacher au mme genre une compilation alphabtique du dominicain Kaynier de l'ise (pie rditait encore Nicola Lyon en 1654, (t 1351 et que l'on connat sous le nom plus pompeux de
).

certitude pratique, laquelle suffit l'action (comme il advient en revanche qu'on ait, avec une certitude spculative, un doute pratique, et l'on est alors li par
celui-ci).

L'intrt principal de la distinction est d'lucider le doute lui-mme, gnral ou particulier, et de signaler

indpendance de ces deux plans de la connaissance morale; en ce sens que, dans le passage du gnral au particulier, de l'action considre en sa nature la mme action considre en l'une de ses ralisations concrtes, toutes sortes d'lments peuvent intervenir qui modifient le jugement particulier sans toucher au jugement gnral. C'est enregistrer un caractre frquemment vrifi de la connaissance morale. Et pratiquement on se guide sur l'apprciation particulire, qui est en effet la rgle immdiate de la conduite. Distinction o se trahit de la part de Cajtan son intelligence formelle des choses (la conscience est applicatio ad opus), et qui permet de dcider maints cas o l'on se laisserait prendre un doute spculatif sans s'aviser que l'enqute morale n'est pas toujours tel genre d'action est puise quand on peut dire peut-tre dfendu. Prenons seulement garde que les mots de spculatif et de pratique, ainsi que la compatibilit du doute spculatif avec la certitude pratique (et rciproquement, ne l'oublions pas!) n'ont pas du tout chez Cajtan le sens qu'ils recevront bientt chez car le passage du spculatif au prales moralistes tique est chez Cajtan, nous l'avons dit, celui du genre au cas singulier dans le genre, par des voies d'information objective mais plus circonstancie; chez ceux-l, il sera l'vasion hors du doute particulier lui-mme, trangement qualifi de spculatif, et par des voies qu' ce point de notre histoire nous n'imaginons pas encore. Une fois de plus, en ces matires morales, les mmes mots recouvriront des doctrines sans commune mesure. Ce II. La suite des Summ.-e confessorum . genre, dont nous avons dit l'origine, prospre sans dfaillance dans la priode qui nous occupe. Voir Dietla relative
: ;

Pantheologia (cf. Hurler, Nomenclalor, t. u, col. 661Un autre dominicain pisan, Barthlmy a Sancto Concordio, est l'auteur de la Summa confessorum, dite Pisana (1338), qui supplantera pour un sicle environ les Sommes antrieures. Alphabtique, elle dut son succs son maniement facile, et surtout, mis part l'ouvrage inconnu de Durand de Champagne, elle tait la premire qui tnt compte des dterminations du Sexle et des Clmentines. Elle devait recevoir en 1111 un Supplcmentum du franciscain Nicolas d'Ausimo, grce quoi elle prolongera sa carrire de plusieurs dizaines d'annes. Les versificateurs continuent rduire en hexamtres ces matires mdiocrement potiques on signale une Summa mdrica de la premire moiti du xiv e sicle, et vers le milieu du menu sicle, offerte elle aussi la clientle des clercs pauvres d'argent comme de science, la Summula de Summa (ou Summa pauperum) qui rsume saint Raymond de Pefiafort. L'une et l'autre sont d'origine allemande. A son tour, un frre prcheur de Cologne, dans la.seconde moiti du xiv c sicle, donne un Manuale confessorum metricum, o il combine le procd de versification avec l'ordre alphabtique des matires. Le genre s'entretient donc par ces variantes dans l'exposition comme par son adaptation aux dveloppements du droit canonique. Il ne laisse pas de trouver beaucoup de lecteurs ou plutt d'usagers. De la Summa moralis de saint Antonin, dont nous traitions ci-dessus et qui, nous l'avons dit, n'est qu'un exemplaire amplifi de ce mme genre, drivent les divers crits du mme auteur plus immdiatement destins l'information des confesseurs production assez confuse qu'a dmle P. Mandonnet, art. Antonin (Saint), t. i, col. 1452-1453. Ces publications brves et commodes, latines et italiennes, ont t des plus rpandues. Ouvrages du mme type, V Interrogatorium de Barthlmy de Chaymis (| 1498) et le Confessionale de Rosemond. S'est impose son tour, succdant la Pisana et son Supplemenlum, qae d'ailleurs elle
I)<i2).
:
:

utilise

beaucoup,

la

Somme du

frre

mineur

italien

Clavassio, dnomme l' Angelica (entre 1471 et 1484). Elle adopte l'ordre alphabtique, dont la

Ange de
vogue

est

dsormais consacre

on

le

retrouvera dans

clbres qui vont suivre. Elle s'enrichit du procd de l'interrogation. Sur la mthode et l'esprit, le prologue fournit une dclaration intressante cet ouvrage concernant le for de la conscience, dit l'auteur, il est arriv qu'on n'ait pas suivi l'opinion

toutes les

Sommas

terle, art. cit.

1 Sommes diverses. La Surnma de casibus conscienli d'Astesanus d'Asti, O. F. M., publie en 1317, est un ample ouvrage o les thologiens sont cits en

assez grand nombre. Vers le mme temps, un frre mineur franais, Durand de Champagne, confesseur de la reine, crit une Summa collectionum pro confessionibus audiendis, o il entend faire face des cas nou-

veaux

et tenir

compte du VI e
est

livre des Dcrttes.


les

La

matire morale y

partage selon

pchs capitaux

des docteurs, surtout canonistes et lgistes, pas sembl convenir la vrit de la conscience et de la thologie, conscientiali et tlieologicx veritati. 'Aeitschr. fur Kirchengesch., t. xxvn, p. 300, note 2. Contemporaine de celle-l est la Somme d'un autre mineur italien, Baptista de Salis, dite Baplisliana. L'une ("t l'autre furent les sources principales d'o le frre prcheur Jean Tabiensis tira en 1515 sa Summa de casibus conscientise, appele Tabiana ou Summa summarum. L'auteur est un professeur de Bologne, qui ddia son ouvrage Cajtan. A la dilrence de son devancier de l'A ngelica. il semble avoir de ses fonctions

commune
quand

elle n'a

453

PROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE, LES


riste,

SUMMM CONFESSORUM

454

de casuiste une ide plutt juridique puisqu'il dclare dans le prologue que, pour vivre comme le requiert notre batitude, on ne peut rien trouver de plus propos que de connatre les moyens d'embrasser la vertu et d'viter le pch, toutes choses relevant de cette discipline qui explique le droit divin et pontifical. Ibid., t. xxvin, p. 404. Un dessein de discussion et de concordance des opinions est annonc dans le mme prologue. Mais, par une fcheuse concidence, paraissait en mme temps que cet ouvrage une Summa summarum

due Sylvestre l'rierias, autre prcheur italien, et dont la popularit fut aussitt considrable. Elle ne devait pat tre imprime moins de quarante et une fois. Elle contient en ordre alphabtique sept cent quinze articles, couvrant l'quivalent de huit cents pages in-4. On s'accorde reconnatre dans la SUvestrina l'aboutissement du genre inaugur au xm e sicle et comme la somme accomplie de la casuistique labore depuis lors dans l'glise. Sur ce dernier
de casibus conscienti,

moyennant une double distinction dont l'une partage le doute en probabile et en scrupulosum (prenons dcidment notre parti de ces mots). Le dernier doit tre dpose sur le conseil d'un homme de bien et quand mme on doute si l'on a prsentement alaire un doute scrupuleux. Tandis que le doute probable est celui dont Antonin dit, avec les gloses du droit, qu'il y a pch grave a n'en pas tenir compte, vu le risque couru du pch mortel. Sur quoi Sylvestre ajout' remarques dans le cas ou l'opinion plus sre est notablement moins probable, on peut ne pas la choisir. puisque aussi bien il n'y a plus de doute; si elle est moins probable, mais non notablement, mme alors il n'y a pas ncessit (le la choisir; car c'est pour un tel
:

Cas que s'entend le texte d'Albert le Grand exemptant de l'obligation la conscience douteuse ou ambigu (on

auteur, voir

la

Pricralis ord. prd.

dissertation de Mlchalski, De Silucstri Mag. S. Palaiii vila et scriplis,

Munster, 1892. Car, pour rpondre aux ncessits du ministre de la confession activement exerc, et travers la llttra ture donl nous avons fait une recenslon sommaire, il s'est form peu a peu dans ['glise une casais! [que v l table. Le mol n'existe pas encore, mais nous avons vu plusieurs de ces ouvrages s'intituler Somme de cas (/< conscience. Il s'agil avant tout de poser des cas cl d'en fournir la solution. Pour le mieux faire, on crit mme en ce temps-l, outre les ouvrages gnraux mentionns, des traites consacres a quelque problme s|u i.H et embarrass, comme le Seplipartitum oput <ii iractibus, dit en 1500 Haguenau par Conrad Summenhart, professeur a Tubingue. Les informations des uns cl (les antres sol prises principalement BU 'h "il ecclsiastique, sans ngliger les donnes convenables de la nologie. Et comme, d'un auteur l'autre, il j a, nous l'avons vu, de larges et couslanls emprunts, comme ces livres oui reu la conscration de l'usage cl on1 devenus les guides couts de la multitude des confesseurs, mi peut dire que nous assistons depuis le commencement <\n \nr sicle, paralllement l'effort thologique qui se poursuit (plus faiblement il est vrai depuis celle grande poque), h l'introduction dans le monde chrtien d'une casuistique peu pics unanime
I

notera cette exgse qui lit ici non la condamnation la permission de suivre une probabilit); mais, si la probabilit est gale des deux parts, faut choisir ncessairement la plus sure, a cause du il pril. Au mot (ex, nulle trace d'une non obligation de la loi douteuse. Sous celui d'opUlio, aprs une exacte mise au point de cet tat de l'esprit, deux questions A ton le droit de suivre l'opinion de son docteur, laquelle en ralit se trouve tre fausse'.' I.a rponse est affirmative, mais entoure de circonstances montrant bien qu'on n'entend pas jusiiiier une libert d'opiner a plaisir. Quelle opinion choisir quand il y a dlvei On rpond par Une topique. O l'auteur tche d'ev a lin r et de comparer la force persuasive de la loi, de l'anciennet, du sentiment commun, des thologiens, 'fis Juristes, des quatre Pres de l'glise, du concile

du tutiorisme. mais

rai,

du pape Nous) retrouvons le menu


i

vede

l'tablissement d'une opinion, dj remarqu be2 des ailleurs pi ce a di lit s. Sous le mol <| probabiU (absent de
t

Baptuiiana comme de VAngeliea), la distinction d'un sens Juridique, o le mot s'oppose a Voccultum et dsigne Ce qui peut tre prouve par tmoins, et d'un sens Intellect uel, ut tel quid pertinent ad opinionem. Sur ce pi.m. il signifie ou bien l'objet mme de l'opinion auquel on adhre, ou bleu la cuise de l'opinion nioti vaut l'adhsion. Acception toute classique du mot. Sur l'usage du probable en morale, Sylvestre affirme avec dcrsoii. dapres Aristote, que ce genre de certitude est Justement celui qui convient a cet ordre du savoir. Rien encore que de traditionnel.
la

des fidles Boni effectiveeffort, chez un Sj Ivestre Prierlas par exemple, l'tendue de cette casuistique esi considrable avec le temps se sont Introduits dans les Sommes non seulement des amendemenls de forme et d'exposition, niais un enrichissement de la matire traite, au risque de rendre moins maniables des
Ion laquelle les

murs

ment

rgles. A.u

terme de cet

volumes destins cependant


consultations.

de frquentes

et

faciles

lit la rputation de svrit l'un saint de Pefiafort. En son ensemble, cette pre mire casuistique chrtienne passe communment pour grave et srieuse (par px. art, Casuisttk, dans le Kir

Nous avons

L'tablissement dune casuistique considrable ne lit donc pas dans l'glise au prix d'une rupture avec les rgles thologiques labores au xur ilch cause n'en est pas que ces ailleurs Inclinent de p rene a la svrit Sylvestre vient de nous confirmer leurs dispositions Indulgentes, >< (ait ces sommes, les les premires, ont pour le confesseur des conseils de boute, s'insplrant des recommandations mmes du i\ Que le prtre soit dis concile du Latran en 1215: erct ei prudent a la faon d'un habile mdecin, qu'il
se
I

Raymond

rpande

le

vin

et

l'huile

sur

les

plaies

du

blesse.

chenlex., 2 d.;

Millier, op. cit., p. 109-117).

Quant

notre problme, elle le traite comme nous l'avons vu faire aux autres ailleurs. On peut le vrifier che/ le dernier des sommistes, qui reprend les thmes de ses
devanciers, avec des complments
et

recherchant avec soin les circonstances ci du pcheur et du pch, par on il puisse comprendre prudemment quel conseil lui donner, recourant a diverses tentatives pour gurir le malade. M.uisi, Coticil., t. xxu. col. loin. Ainsi faii notamment Paul de Hongrie, de qui nous citons ce beau texte relatif au confesseur
;

des clalrcisse

ment s.
Sons
retenir.
le

Adsjt bciicv oins, paralns critre et secum omis poil. ire;


tiabeal

dulcedlnem

mol de conscientia,
saint

mictlone, pletatem

alterius cri-

recommandation de
Sous
de ce

la SUvestrina, sauf une .\ntonin. noua offre peu

celui de scruptllus, tout est pris des p auteur (voir ci-dessus), donl nous voyous qu'il devient comme le docteur classique de la cons cience scrupuleuse, avec l'addition d'un texte juridique du xiii' sicle dans le mme sens. Sous la ru brique De dubiis jacti cl juris est expos l'axiome tutio-

mme

mine, dlscratlonem in vartetale; adjuvet conflteatem lentendo, consolando et ipera promittendo et. euno opiu tue rit, eiiam Increpando; doeeat loquendo. instruit operando; sit participa laborts qui partlceps vult tien eoiwolaltotils et doeeat persvra a ttam. i t. art. cit. de r. Mandonnet.

On comprend le succs qui s'attacha des |, dbut au ministre des prcheurs. Ces Sommes ne manquent pas davantage d'enregistrer la clbre tequitas fepik

PR0BAB1LISME. L'AGE INTERMDIAIRE, LES


sens misricordieux qu'on ni bientt exprimer ;i ce mol (voir par ex. la Silvestrina; cf. au mot fus des recommandations analogues). Les rgles de la thologie classique ont donc subi l'preuve de la pratique. 11 csi vrai qu'on les a exploites, nous l'avons dit, dans le sens le plus favorable; mais elles s'y sont prtes sans se briser, Cette honntet des principes dont nous parlions ne s'est pas rvle inconciliable avec les exigences du ministre et les ralits quotidiennes de la vie morale. Au moment o va natre le probabilisme, ce n'est pas seulement une thologie, mais une casuistique qui se sont fixes dans l'Eglise. Pourquoi deviendraient-elles dsormais insoutenables? Avec cela, la tendance propre de ce temps doit nous rendre inoins inintelligibles, nous l'avons dit, les changements prochains du moins ceux ci ne se prsenteront-ils plus

SI

M M

I-.

CONFESSORUM

i56

dans

le

quand on

pu convertir quelque Opinion en une certitude morale, comprenant la raison qui la fonde (on notera dans ce texte le sens du mot opinion, signifiant les opinions en cours, les avis des docteurs). Sous prtexte qu'on n'a point une certitude mathmatique, il ne faut pas pour autant confondre la certitude morale avec une pure opinion. Il est interdit seulement d'agir selon une opinion qui n'te pas la crainte du contraire
a

nous
2

comme une libration. Lu Summula de Cajtan.

Des Sommes conti-

sicle, qui ne dplacent pas les positions acquises. Le grand Cajtan lui-mme n'a pas ddaign de contribuer ce genre modeste. Il nous explique qu'aprs une anne de repos, au terme de son labeur des commentaires de saint Thomas, il a voulu composer un ouvrage pour les confesseurs peu instruits. On le lui a

nuent de paratre au cours du xvi

demand pour remdier


barras de bien des

l'encombrement et l'emIl

de peccatis, o l'on suit l'ordre alphabtique. Elle fut termine en 1523, parmi les soucis de la lgation hongroise , et dite Rome en 1525. Rien de notable au mot conscientia; pas

Sommes en usage. uvre de simplification, une Summula

a donc fait

de mot dubium ou dubitatio. Sous

celui

d'opinio, un paragraphe de l'usage de l'opinion comme rgle des actes, tant intrieurs qu'extrieurs. Quant aux matires morales (distingues des matires de foi), une affirmation vigoureuse d'abord du tutiorisme, sous la forme d'une interdiction de s'en remettre l'opinion de n'importe qui, sous prtexte qu'elle est une opinion. Car toute opinion est ambigu, explique Cajtan, qui contient la crainte de l'autre partie. Et comme on suppose que le choix porte sur la partie moins sre, il en rsulte que l'opration est commise une rgle ambigu, versant peut-tre dans le pch; donc on s'expose au pril de pcher, ce qui est manifestement
illicite.

c'est

Et s'il s'agit d'un pch mortel, il est clair que un pch mortel de faire sciemment une oprasi

tion dont on doute

elle est

mortelle

puisque

le

sujet

aime mieux accomplir sa volont dans une telle uvre, mme si elle est mortelle, que de s'en abstenir; par l il prfre la divine amiti cette uvre, n'ayant cure de la perte que celle-ci lui fait encourir de la divine amiti. En quoi Cajtan ne bannit point, remarquonsle, tout usage du probable, imposant le plus sr chaque fois qu'on ne possde pas une certitude absolue sur la matire. Car il ajoute aussitt
:

courir. Ici, l'opinion dont parle Cajtan rejoint le doute, cette parfaite incertitude ou il nous arrive de demeurer devant les avis des autres, tandis que la certitude morale dont il parle rejoint l'opinion, au sens d'une adhsion de l'esprit, fond* bonne probabilit. Le dplacement du vocabulaire ferait croire Cajtan plus intransigeant qu'il n'est. Il reste qu'il dfend qu'on agisse avec la crainte de l'autre partie; or, la probabilit dont nous revendiquions l'usage lgitime ne comporte-t-elle pas essentiellement cette crainte? Elle la comporte, en effet, pour autant que la crainte distingue la certitude morale de la certitude mathmatique; mais ce n'est pas celle-l que vise ici Cajtan. Elle ne la comporte pas pour autant que cette crainte serait commune la probabilit et au doute, signifiant une hsitation de l'esprit et la peur dise fixer; et c'est quoi pense Cajtan. Xous reconnaissons d'ailleurs que cet article de la Summulu donne un sens trs fort la probabilit dont l'usage est lgitime; il accorde donc une grande extension au tutiorisme mdival, se distinguant par l des moralistes du temps, plus soucieux de le restreindre. Cajtan est indpendant de ceux-ci et il doit certainement davantage son contact assidu et direct avec saint Thomas. Sous le mot scrupulurum medicina, o il a d'ailleurs de sages conseils, il ne dit rien sur cette dposition de la conscience scrupuleuse, si chre aux auteurs que nous avons tudis. Du moins nous est-il confirm ainsi qu'il n'y a pas le moindre relchement d'objectivisme dans la distinction du spculatif et du pratique nagure propose par le mme Cajtan. 3 Aprs Cajtan. L'article de Cajtan semble avoir inspir Barthlmy Fumus, dominicain italien, dont la Somme, parue Venise en 1550, a reu de son auteur le nom pittoresque 'Armilla aurea (cf. Hurter. Nomenclator, t. n, col. 1561). Sous le mot opinio, on retrouve le vocabulaire et les dcisions que nous venons de lire, avec cette circonstance que l'quivalence du doute et de l'opinion cum formidine alterius partis d'une part, de l'opinion sine tali formidine et de la certitude d'autre part, est clairement reconnue dans la rdaction. Remarquons-y en outre, en faveur de la conformit licite l'opinion certaine, cet argument que l'on n'est pas tenu de suivre le meilleur, mais qu'il suffit de suivre ce qui est reconnu bon
et laisse le risque a

Sed quando format

se in opinione nlicujus doctoris

quam

Et liaec intellige de opinione proprie dicta ut diximus, qu est cura fonnidine alterius partis, et per se loquendo. Non enim proptera aliquid opinione tenetur quia diversi doctores contraria sentiunt quoniam cum hujusmodi con:

quod una pars sit ratione sufficiente ad moralem certitudinem fulta et jam non est opinio apud capientes rationem illam. Sed quia nesciunt multi discernere inter certitudinem moralem et mathematicam omnia quodammodo locant sub opinlonibus. Dixi quoque per se
trarietate stat
:

loquendo; quia per accidens contingit nescientes discernere inter notuin opinione et notum certa ratione moral! errare et excusari, credentes absque fonnidine alterius partis viris
probis et dortis dicentibus
fieri.
:

veram crdit, lieet credat aliam opinionem esse meliorem, non propter hoc exponit se mortali, quia non sequilur aliquod de quo ihibitet esse falsum, licet credat minus bontim. Variante de l'argument dcouvert chez Nyder et saint Antonin, d'aprs lequel le sr est suffisant l mme o est aussi le plus sr, et qui se fonde en dfinitive sur ce que la scurit est hors de propos une fois reconnue la vrit d'une action; mais argument dont nous verrons plus loin la fcheuse dviation. Signalons aussitt, dans le voisinage de ces Sommes, un pur recueil de cas de conscience publi en langue vulgaire par le dominicain Et. Razzi. Florence, en 1578 Cento
:

tacite sic,

quia potesl

licite

Non

eniru exigit

hoin nis

pu.

rllvina

Deus ab liomine plus quant conditio sa enha disponil omnin sua\ iter.

Cajtan admet doue premirement qu'on agisse en s'en remettant une opinion autorise quand on adopte cette opinion en confiance et bonne foi, sans crainte du contraire. Et. deuximement, qu'on agisse

grces finale garantit l'inspiration du livre, s'adressant, aprs Dieu. l'anglique saint Thomas d'Aquin et au trs docte cardinal Cajtan. son commentateur
cusi di coscirnza. L'action de
.

Au

reste, cette littrature

commence

devenir

peu

prs Innombrable. Des catalogues en sont tablis, o l'on peut s'informer des titres et des auteurs. Il est fort

457

PROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE


lier

L'COLE DE SALAMANQUE

heureusement Buperflu d'en faire la recension complte en ce travail, o nous tchons de suivre le mouvement les problmes, chacun de ces exemplaires tant fort loin de les faire avancer. Il suffira de signaler VEnchiridion ou Manuale (n'esl ce pas la premire apparition du mot?) du clbre canonistc Martin d'Azpilcueta, dit Navarrus, et publi en premire dition espagnole a Salamanque en 1557, puis en latin Anvers en 1575. L'ouvrage fui trs rpandu, bientt orn de gloses ou
cit., t. ni, col. .'il I). Il n'est pas alphabtique, mais il reprsente une certaine organisation de la malien- morale, selon les lignes suivantes l'me humaine, la confession, les dix prceptes de Mien, les cinq prceptes de l'glise, les sept sacrements, l'orgueil el les pchs capitaux, les uvres de misricorde, les pchs des divers tats, h-s censures; le toul en vue de la solution de presque tous les doutes qui surviennent ordinairement dans les confessions au sujet des pchs, absolutions, restitul'eu de diffrence de tions, censures ei irrgularits a ouvrage aux prcdents, dont il amplifie le genre; mais plutt accueille il les propositions varies mises pai les auteurs sur une mme matire, non sans peut tre quelque confusion. Noir une analyse de la position morale de Navarrus, compare a celle d'Antoine de Cordoue 1578), auteur d'un Qusestionarium theologicum, dans A. Schmitt, /.ur Geschichte des Pro babilismus, (nspruck, 1904, p. 23-39, Voir une liste de traits pratiques sur les matires de justice publis cette poque, dans Hurter, Non enclator litcrarius, m, col. 132-133.

abrg

(cf.

Ilurter, op.

une

Somme

semble Ires aigu). Vitoria veut en somme qu'on ait gard la bonne foi du pnitent et, s'il va de sa part une ignorance (ainsi en va-t-il dans le cas o effectivement il se trompe), a ce qu'il y a d'invincible en elle (puisqu'on ne peut rendre manifeste la vrit): par ailleurs, il est sans complaisance pour une opinion improbable. Les premiers, nous l'avons vu, Koellin et Cajtan. l'occasion des art. 5 et 6 le la q. \ix de la I'-II", avaient propos la question de la conscience douteuse. La mthode du commentaire de la Somme est inaugure par Vitoria a Salamanque, ou elle connatra une glorieuse fortune. Sur h- mme passage, la question de la Conscience douteuse est dbattue Cette fois avec ampleur; dsormais nous tenons la l'un des lieux o trouver notre problme. Du commentaire de Vitoria sur la D il. nous possdons une reporUAio, celle du cours profess- en 1533 (non dite; le texte nous intressant
p. 55-56,
a

publi-

dans Ephem.

theol.

d'aprs le nu. Val. lui. 4639). l.a qui stion est ainsi pose .si ce pch d'agir contre le doute. -dire, si l'on a un doute en matire morale, agir contre
:

un tel doute est-il un pch? Elle esl donc dgage du cas particulier de l'incertitude due au conflit des opinions chez les matres. La rponse distingue h- doute Lu premier membre fait valoir qu'on peut agir selon
une opinion probable, donc ('encontre peut d'une autre opinion, probable pour son compte, avant elle aussi ses chances de Vrit. S'il plat d'appeler elle dernire un doute, on nous permet don. .litre un doute La formule est nouvelle; la maladresse en (tait peut ite moindre dans le cours oral du matre Le fond est assure. Car en permettant d'agir selon une opinion probable, les auteurs ont toujours accept qu'on pt agir a l'en, outre d'une autre opinion et qui pouvait prtendre de son ct reprsenter la v. En optant pour l'un., on s'oppose l'autre. Le tout est d'optel bon escient el de bonne fol Vitoria ajoute du reste que. si l'on estime une opinion probable et l'autre Improbable et qu'on agisse contre la premire, on pche, agissant contre la prudence. I.. se. membre achvera de nous persuader, ^i le doute si.nihe une absence d'adhsion de l'esprit, n'inclinant en aucun sens de prfrence a l'autre, on pche en agissant contre son doute, puisqu'on se commet au pril, contre sa conscience ou nous retrouvons, jusque dans la formule mme, l'enseignement traditionnel \ ces .non nraux, Vitoria (qui en a dcidment le adjoint l'tude de quelques cas. d'o il vient a dire qu'on n'a parfois d'autre ressource que de choisir le moindre des deux maux O l'on est cern, a moins mme .pion ne choisisse n'importe lequel lorsqu'ils sont gaux (mais cela n'arrive autant dire jamais, note l'auteur). Cette rgle concerne des conseil nces fausses, Vitoria se plaant dans l'hvpothse de leur erreur. Dans les ,as envisags, un saint Thomas aurait tainement dit qu'il faut dposer cette conscience fausse, l.e langage est ici nouveau, tenant a la le. on naissance d'une ralit que le Moyen Vge entendait par dessus tout dissiper. Lu aspect du mme problme est repris dans le commentaire de la II 11 que nOUS possdons dans une reportatia du cours profess en 15 dite dans la Biblioth. des
.

ai K.vr> sicle. On renaissance thologique Opre en ce sicle et en celle universit sous l'impulsion de Franois de Vlto na. il P., et quelle imposante ligne de thologiens a procd' de lui. I. 'cole s'est vigoureusement dfinie. Dans les pro blmes qui nous occupent, elle esl particulirement digne d'attention puisque d'elle sortira Barthlmy de Mdina, dont le nom a l el demeure al lai lie ans ori cilis du probabilisme. Il en faut donc suivre l'ensel gnement, et parmi les questions assez diverses o te retrouve notre objet. La littrature Lhologlque de
III. sait la

L'cole de Salamanque

.,

,i

Salamanque a cette poque esl devenue, ces temps dei niers. beaucoup plus accessible, grce aux travaux de critique et d'dition dont cette cole a fait l'objet, mais
grce en outre aux controverses dont ses positions mo laies et son rapport au probabilisme ont t l'occasion. Nous ne pourrons nous dispenser d'observer de prs les lextes chronologiquement ordonns, donl l'influence peut tenir des circonstances de pense ou de rdai tion plus qu'au fond mme des doctrines. 1 Franois de Yilnriu est le lu f de l'cole. Me ses textes IntreSSanl noire problme, le plus ancien pcul
.

dans la repor/afio d'un disciple, publie.' en 1561, contenant un cours sur le rv livre des Sentences, sous le litre de Siinmiti siicnimcnluriim lrlrsi.r: la fidlit en semble suffisamment garantie (texte dans Ephem. theol. Lov., 1930, p. 56 57). Vltorta traite de la licit de l'absolution en cas de conflit en ire l'opinion du con fesseur ci celle du pnitent, leux conclusions ou l'o pinion du pnitcnl est sans probabilit, el il ne faut pas l'absoudre: ou elle esl probable, et il faul l'absoudre. quel que SO1 le confesseur, ordinaire ou non. N'esl donc lias retenue la distinction des deux confesseurs a\au ce par Godefroid de Fontaines (cf. col. lin et adop te par Conrad Sunimenharl (dans l'ouvrage ci dessus menti i,quaest. c ; texte dans Temus,Vorgeschichte..., p. 24 25), mais qu'avait omise dj Pierre de l.a l'alud (cf. col. 442) Vitoria connaissait ces trois devanciers. Par opinion probable, entendons ici une opinion plan sible. capable d'elle prouve, ainsi que l'attestent les semplcs de l'auteur (chez qui le sens des cas partiel!
tre est
l
:

/' Commenlartos u Ut Seconda secundst ! sanlo Tomas, par \ Beltran de [eredia). sur la question de savoir si la prudence est une vertu, q. xivn. a. C t. it, 1932, p. 358 359, l'auteur dfend la thse .1.- la meilleure thologie dans les termes les plus .ur

0.

tiques

IA hoc

oritur aliud

dum
bene

siiiin-iat

iii.iralitcr

dubium an ad bene moreliter a oplnio de agendis... Dico nlhilominus quod ad agendllDI solli. il oplnio, ita quoi! non i.
:

459

PROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE, L'COLE DE SALAMANQUE


suivre.

400

ritur sclentla nec Ddes. Probatur, quia actiones morale* Mini circa contingentla de qulbus non potcumua habere evldenttam; sed, ni dlcil Pbllosophus, in moralibui debemui esse content) crassis el humants conjecturis, quae non

Quant au second sens (opinion = adhsion de l'esprit), si l'on craint que l'action ne soit illicite et
il a ne pas la faire, qu'on l'omet te juge qu'elle est permise, en prsence mmi opinions partages ce propos, et quoique le contraire soit plus sr, on peut la faire. Suivent dans le mme article quelques autres cas o la contribution propre d>Cano est moins importante. 3 Dominique Soto. - Maints ouvrages de ce thologien, successeur du prcdent engagent not rc question. Sa Relectio de ralione tegendi el delegendi secretum. tenue Salamanque en 1552, est l'ample tude, comme l'annonce le titre, d'un cas de conscience, nous confirmant l'intrt des thologiens de cette cole pour les problmes de la pratique morale. La question gnrale du doute y est dbattue dans les termes plus concret, appropris ce cas (membr. m, q. n, Venise, 1590. p. 271-288). L'infrieur doit-il obir son suprieur lui commandant de rvler un secret, alors qu'il doute que le suprieur ait le droit de lui en do. nier l'ordre? L'analyse rvle cette situation fort complexe. S'il n'y a pal pril rpondre, qu'on obisse; l'intervention du prlat fait alors pencher le doute en sa faveur. S'il y a pril rpondre, c'est--dire danger d'un mal qu'on ne peut vouloir sans pcher, qu'on vite de le faire. S'il y a pril enfin dans l'une comme dans l'autre conduite, qu'on choisisse la moins prilleuse. Les explications de Soto font ici fortement valoir le rle de la scurit en morale. Mais si les crimes dont le suprieur tente de s'informer sont tels qu'ils tournent au dommage public, comme la trahison, les cas de lse-majest, l'hrsie et autres semblables, alors, dans le doute, il vaut mieux rvler que celer. En somme, un bel exemple de discussion circonstancie et objective d'un cas malais. Le trait De justifia et jure, dit Salamanque en 1556, est d'une richesse casuistique extraordinaire. Peut-tre inaugure-t-il en thologie (on notera au prologue d'intressantes considrations mthodologiques sur ce genre d'tudes) les imposants travaux auxquels s'appliqueront sur la mme matire Lessius, Banez, J. de Lugo, etc. Plusieurs passages y doivent tre rele-

qu'il n'y ait point pl


Si l'on

faciunt evldentlam el certltudlnem, sed faclunt qiianrlam

apparentlam

el

certitudinem

el

bumanam

probabilitatem.

Suit un texte, l'un tour assez compliqu,


tifler

pour jus-

qu'on peut agir contre le scrupule el la crainte. La rdaction parat avoir souffert en la reportatio, mais l'accident manifestement ne tire pas consquence. Un point particulier est touch dans la Relectio de jure belli, dub. III (du 19 juin 1539, dite dans les Relectiones theologic, Lyon, 1557; le texte en cause dans Ephem. tlieol. Lov., [oc. cit., p. 53-54). Le sujet doutant de la justice d'une guerre doit-il la faire et obir son prince? Le cas en est dcid par l'affirmative depuis Gratien, au nom d'un texte d'Augustin et pour des raisons qu'il n'est pas difficile d'tablir. Cajtan avait adopt cette solution dans la Summula, sons le mot bcllam. Vitoria la dfend contre l'opposition d'Adrien VI en des termes sages, qu'il conclut sur cette remarque, o nous avons une mise en uvre excellente de la distinction du doute spculatif et pratique, dans le sens que nous avons dit tre celui de Gajtan
:

Adrianus autem videtur errasse in hoc quod putavit, m dubito an hlium sit justum principi, vel utrum sit causa jusla hujus belli, quod statim consequitur quod dubitem utrum liceat milii ire ad hoc bellum nunc. l'ateor enim quod

modo licet facere contra dubium conscientia_'; et si dubito an liceat milii facere hoc neene, pecco si faciam. Sed non sequitur dubito an sit justa causa hujus belli, ergo dubito an liceat mihi bellare vel militare in hoc bello. Imo oppositum sequitur. Si enim dubito an bellum sit justum, sequitur quod licet mihi ad imperium principis mei militare. Sicut non sequitur lictor dubitat an sententia judicis justa sit, ergo dubitat an liceat sibi exequi sententiam. Imo scit quod tenetur exequi. lit idem est de hoc dubio dubito an ha?c sit uxor mea, ergo teneor ei reddere debitum.
nullo
: :

2 Melchior Cano succda Vitoria dans la chaire de Prime. Son commentaire de la Ia-II 33 report d'aprs un cours profess vers 1545, contient un long
,

dveloppement sur
tiel

la q. xix, a. 5 (dit

pour

l'essen-

289, dans Ephem. theol. Lov., loc. cit., p. 57-62). Deux questions, amlioration sur Vitoria, sont distinctement poses et rsolues. La premire est de savoir si l'on peut agir contre

d'aprs le ms.

Vat. Oltob.

M.

le

doute, entendu au sens classique. Et la rponse principale est que, si l'une des parties est sre, il faut la suivre. A quoi Cano adjoint d'autres rponses dans lesquelles il renchrit sur les cas, proposs par son prdcesseur, o l'on est pris entre deux maux. La seconde question est de savoir si l'on peut agir contre l'opinion. Sont ici clairement distingues l'opinion au sens d'un avis dfendu par certains et l'opinion signifiant une adhsion de l'esprit. Quant au premier sens, o il y a entre docteurs diversit d'opinions probables, chacune est sre au for de la conscience. Cano n'exige rien d'autre. Nous approchons nettement de B. de Mdina, qui dira mme si l'une de ces opinions est moins probable, on peut la choisir. Cano vient de faire un pas vers le probabilisme. Il permet qu'on agisse d'aprs quelque opinion probable des autres, sans spcifier la ncessit d'une adhsion de l'esprit l'opinion choisie. Peut-tre ne l'exclut-il pas, mais il fallait le dire. Que l'on compare cette proposition avec le Quodlib. vin, a. 13, de saint Thomas, o le problme est justement de prendre parti entre des opinions contraires; qui ne le peut, qu'il agisse au plus sr. riger en rgle d'action une opinion dtache de l'esprit du sujet agissant est une faon de parler dont nous verrons qu'elle exprime merveille l'un des prsupposs du probabilisme. S'il advenait, ajoute Cano, que l'opinion ft en faveur d'une action prilleuse et en mme temps soutenue par de moindres docteurs, il n'est plus permis de la
:

Quand le droit est douteux et qu'il y a plusieurs opinions entre les docteurs, le juge ne peut-il suivre tantt l'une, tantt l'autre, au gr de ses amitis? L. III, q. vi, a. 5, Lyon, 1559, p. 196-197. Il se conformera l'opinion plus probable. Dans la spculation et pour l'exercice de l'esprit, il est permis de dfendre le probable contre le plus probable; mais non dans la pratique, o est en jeu l'intrt d'un tiers. Quand les opinions sont galement probables, ce n'est pas une faute manifeste de choisir tantt l'une, tantt l'autre: il est difficile nanmoins de le faire sans scandale. Pour ce dernier cas. ne retrouvons-nous pas chez Soto cette position dj signale chez Cano la permission de choisir entre des opinions, d'ailleurs probables, mais qui ne semblent pas adoptes par l'esprit? Soto est alors rserv, mais on et prfr qu'il trancht en faveur du plus sr l'indcision du juge. Mme tolrance dans un autre passage, 1. VI, q. i, a. 6, fin, p. 404-406 au terme d'une discussion sur les monts-de-pit, o Soto estime usuraire l'usage d'exiger des emprunteurs une rtribution pour la garde de leur dpt, il observe que l'glise n'a pas tranch le dbat. En quoi elle ne laisse pas les mes en pril puisque, lorsqu'il y a des opinions probables entre graves docteurs, qu'on suive l'une ou l'autre, on a la conscience en sret. Sur l'poux doutant de la validit de son mariage, Soto accepte la solution traditionnelle, mais en ajoutant que. s'il cherche rsoudre son doute et n'y parvient pas. il peut alors non seulement rendre, mais demander le debitum. L. IV, q. v, a. 4, p. 236 sq. Ailleurs est tudi le cas de l'enfant qui a fait un vu avant l'ge lsai
vs.
: :

461

PROBABILISME. L'AGE INTERMDIAIRE, L'COLE DE SALAMANQUE


1

162

de la pubert. L. VII, q. m, a. 2, p. 500. On ne le regardera comme li en conscience que si l'on est certain qu'il et alors l'ge de raison. Soto se justifie de ne pas trancher pour cette fois le doute en faveur du vu, en disant que, sauf preuve contraire, il y a lieu dans ce cas de suivre la prsomption du droit; que le principe de possession joue in a l'avantage de la libert de l'enfant; enfin, que cette solution est favorable plutt que contraire au vu, celui-ci tant chose trop importante pour qu'on s'y croie li si on ne l'a mis en toute raison Vasquez reprendra svrement Soto de cette solution. Il est difficile en eflel de n'j pas voir, ainsi que dans la prcdente, au moins une tendance chapper au tutiorisme qui semblerait devoir
rgir ces cas.

raux, soit dans s commentaires de la Ia-11* de saint Thomas, soit en d'autres crits: ils ont en gnral le sens et le got des cas concrets. Leur doctrine est en somme conforme l'enseignement traditionnel, dont elle ne diffre pas gravement. Quant au doute, ils

demeurent gouverns par l'axiome tutioriste, quittes a pencher vers une restriction de son usage. Mais le plus remarquable ici, par rapport a l'ge prochain de la
thologie morale, est qu'ils n'imaginent point le passage du doute la certitude par la voie de principes qui auraient cette vertu; du principe de possession, ils n'ont fait en ce sens qu'un usage limit et rserv. Quant l'opinion, ils la tiennent pour rgle b^itime d'action, l'instar de la thologie classique. F.t le

Le cas du confesseur et du pnitent d'opinions contraires parat au commentaire In /V" " .S'en/., dist. XVIII, q. ii, a. 5, Douai, 1613, p. 448-449. La solution est traditionnelle, appuye de cette explication que le confesseur absolvant son pnitent dont l'opir

remarquable, cette fois, est que, autorisant le choix de quelque opinion probable, jamais il ne leur vient a la pense qu'on puisse agir selon une opinion moins probable. Pour ces raisons, il faut maintenir qu'il y a une diffrence essentielle entre l'cole de Sala manque jusqu'en 1576 et ce qu'on appellera le pro
babilisme.

nion esf probable entre docteurs srieux agit bien au rebours de sa propre connaissance spculative, mais non de sa conscience, laquelle en effet doit avoir gard
l'opinion d'autrui, qui a sa probabilit.
I.a tradition se poursuit a Salamanquc d'annexer aux articles cits de la L-II' l'tude de la conscience Incertaine. Le commentaire de Soto serait un coins enseign cidre 1517 et 1551. Le passage qui nous Int ressc a t dit par Tcrnus, VoTQUChichtt..., p. 54-61, d'aprs le ms. Monac. lai. 2H110. Y sont distingus doute, l'opinion, le scrupule. Sur le doute, au sens classique, la rgle tUtioriSte. Aussi longtemps (pie l'esprit n adhre pas, explique Soto, les apparences plus favo rablesa la pal ie moins sure ne sont pas dcisives iihiih alors on optera pour le plus sr. Et, tentai Ive nouvelle, il value la gravit du pch commis par qui enfreint cet le rgle. Pour l'opinion, l'auteur veul d'abord qu'elle suit
1
'

li

raisonnable

et

srieuse.

On

peut

.alors la

suivre,

mme

dans le sens plus dangereux, l'ar exemple, persuad que l'on n'a pas le droit de mentir mme pour sauver la vie d'un homme, on vitera de mentir quelque pril (pie cet homme en doive encourir. Le pch toutefois est moindre d'agir contre une telle opinion que d'agir contre une certitude. Quanl au scrupule, Soto l'entend comme une crainte de 'opinion contraire, fonde sui une vritable apparence. Ainsi les changeurs, qui ont
l

Scrupule au sujet de leur opinion (en effet draison nalile el fausse). On ne peut agir Contre cette crainte. Ces changeurs ne sont pas excuss de suivre leur propre opinion. Mais, dans le cas d'une opinion bien fonde, on ne tiendra pas compte du scrupule, condition que ce soit sans danger. Sont remarquables enfin les rgles de Soto sur l'usage de l'epikeia (au sens propre), o l'auteur rejoint l'enseignement de la thologie mdivale. De jtistitia
ri

Par ailleurs, et cette (inclusion tablie, on observe chez eux, a la faveur sans doute d'un vocabulaire indcis OU mme quivoque et d'autant (pie leurs formules gnrales sont le plus souvent dpendantes des cas particuliers qu'ils traitent, des propositions dont on comprend (pie le probabilisme ait l'influence. Ainsi acceptent-Us l'erreur ou l'ignorance invincibles plus prompteiiieni que les thologiens m divaux, d'o la rgle du moindre mal (instante hez eux. Ils font un usage |udicieux de la distinction du spculatif et (lu pratique, s'en tenant aux conditions lu as en cause; mais d'autres ne s'aviseront ils pas de systmatiser l procd) ils s'intressenl aux as d'ailleurs anciens du confesseur el du pnitent d'opinions contraires, du sujet doutant de l'ordre de son prlat, du citoyen incertain du ln.it de son pi entreprenant la guerre tous cas bien rsolus; mal exemples sont ainsi consacrs o il est permis d selon une opinion autre que la sic Il se tTOUVe que cette lois nos thologiens n'ont p. s laiss a leui cesseurs le soin de tirer cette consquence, lux mmes accordent qu'on agiss, en gnral selon quelque opinion, sans marquer expressment pie la sfn< re adh< sion de l'esprit est aims de rgle \ux textes mentionns ajoutons celui ci de 'I bornas Meiea|o. un de leUTS contemporains, tmoignage d'une attitude asse rpandue dans ce milieu de Salamanque (dans la

l
:

II. y conlratos, Salamanque, 1569, dans Eph. Uuol, I Quand, a propos d'un contrat, il \ a de bonnes opi nions pour l'une t l'autre partie entre docteurs, cha nui est libre de suivie celle qu'il Imisira Certes, nos thologiens parlent alors d'opinions probables; mais
tic

Suma
C.

irait, s

V; texte

jure,
I"

I.

I,

q.

m,

a. S.

d. cit.. p.

.'{,X-10.

nir.

Les SUCCeSSeim lie Solo peuvent moins nous rite Pierre de Sotomayor, en son commentaire le la I*-II (cours professe vers 1560-1564; texte d'aprs

le

ms, Vat. Ottob.

lui.,

t634

,i

363 dans Ephem.

theol.

Lov., toc. cit., p. 63-64), traite brivement de la conscience douteuse el du scrupule en des ternies qui ne nous signalent rien d'original. Pour Jean Mancio du Corps lu Christ, professeur de 1564 1576, son commentaire de la IMIob, conserv dans le ms. v<ii. Ottob. lai. 1004, va de la q. xix, a. 7, la q. xxi, a. I: puis de la q. xi.ix, a. 1, la q. i, a. J. Ce dernier fut le prdcesseur Immdiat dans la chaire de Prime de 15. de Mdina. Voir l'tude documente de Y. licltran de Heredia, El maestro Mancio del Corpus <:iiristi, dans La Cicncia tornista, t. eu, 1935, p. 7-103. 5 Conclusion. Cette ligne de thologiens a donc accord une grande ait eut ion aux problmes moi

notable est qu'ils n'exigenl point de la part de l'esreconnaissance le la vrit tans l'opinion pr* fre. Ils substituent un choix libre au devoir de s.faire une opinion raisonnable. Ils envisagenl une action morale qui ne procde plus d'uni' on v ht ion Intrieure. On croirait percevoir che/ eux quelque chose de cel extrincsisme qui rgle une action sur un a\ is tranger, non plus sur le Jugement propre h- l'agent, tut ce un Jugement fonde, dfaut l raisons bien comprises, sur l'autorit de plus butes, mais agr comme l'ex pression de la vrit. D'o che/ nos thologiens l'importance nettement accrue les docteurs, de qui les opinions font loi. On esl sur ! point (! rendre inutile la topique traditionnelle qui permet le dposer sa conscience el le prendre sagement parti, topique dont nous avons vu combien |usqu'alors elle esl a l'honneur parmi les moralistes Nous croyons que la est le point de plus grande proximit entre l'cole le Sala manque avant Mdina et le probabilisme. Peut-tre
le

prit la

',(,.

PROB ABILISME.

A.V N E
ils

M EN
:

T,

MED NA
I

164

cette Influence dopasse telle leur intention, mais l'ont exerci e.

Jointes aux rflexions dj faites en ce chapitre, celles ci ikiiis donnent peut-tre la juste ide (le CC qu'on appelle parfois la prparation ou la prhistoire du probabilisme. Jusqu'au temps o nous sommes, il n'y a pas de probabilisme, et les positions fondamentales des thologiens comme des casuistes ne vont pas en ce sens. La thologie mdivale que nous avons dcrite r^il encore l'enseignement moral. D'autre part, le phnomne auquel nous allons assister ne sera pas un commencement absolu. Dans l'ge qui le prcde, et un peu partout dans la chrtient, on discerne quoi il si' rattache et comment il a pu apparatre. Il faut tenir ces deux vrits que l'histoire impose et qui se concilient en l'tat d'esprit assez divers du plus grand nombre des auteurs que nous venons d'tudier.

Nous avons indiqu a mesure les sources de notre expos. Quelques travaux l'ont t aussi. Il ne faut plus mentionner ici que la bibliographie rcente relative l'cole de Salamanque et 15. de Mdina, que l'on chercha comprendre l'un par l'autre, a lin de mieux dterminer les rapports du dernier avec le probabilisme M. -M. (lorce, art. Mdina (Barthlmy de), t. x, col. 481; I.-G. Menendez-Reigada, El pseudo probabilismo de fray B. de Mdina, dans Ciencia tomista, 1928, p. 35-57; J. Tennis, Zur Vorgeschichte der Moralsysteme non Vitoria bis Mdina, Paderborn, 1030 (textes et tude); J. de Blic, B. de Mdina cl les origines du probabilisme, dans Epkem. tkeol. /.on., 1930, p. 16-83 (textes); 264-201 (commentaire); M. -.M. Gorce, .1 propos de B. de M. et du probabilisme, dans ibid., p. 480- 181 le mme. Le sens du mol probable et les origines du probabilisme, dans Reu. des se. Tel., 1930, p. 460-464; J. de Blic, -1 propos
:

Qu'est-ce que la conscience? 2. Les espces de La conscience errone oblige-t-elle la ience. suivre? 1. Quel pch est celui d'agir contre sa conscience? 5. Comment et quoi oblige la conscience? O l'on reconnat les problmes classiques, tels notamment qu'ils s'taient lixs Salamanque. La cinquime partie de cette tude doit seule nous retenir. Elle se divise son tour en six questions distinctes, dont les noncs ne nous sont non plus inconnus a) Doit-on dposer la conscience errone ou la suivre? b) Quel est le moindre pch agir contre sa conscience ou s'y conformer, suppos que l'erreur en procde d'une ignorance invincible? c) La conscience errone oblige-t-elle plus que le prcepte du suprieur? d) Est-ce pch d'agir contre la conscience douteuse? e) Est-il licite d'agir contre sa propre opinion? j) Est-il licite d'agir contre le scrupule? Les trois dernires questions nous introduisent dans le vif du dbat. 1. Est-ce pch, d'agir contre la conscience douteuse? Sous cette forme, adopte dj par D. Soto, reoit toute sa gnralit la question mdivale du parti prendre entre les opinions contraires. La conclusion Dicendum ex principale de Mdina est ainsi nonce cerlissima thcologia quod facere id de quu dubitamus an sit peccatum morlale esl peccalum mortale; et facere id de
sion
1.
''>.
: : :

du j>robabilisme, ibid., p. 659-663. Ajoutons que tout travail sur l'cole de Salamanque est redevable au petit livre fondamental du cardinal F. Ehrle, publi en premire dition espagnole, avec corrections et Los augmentations, par le P. J.-M. March, sous le titre manuscritos vaticanos de los teologos salmantinos del siglo XVI, Madrid, 1930.
des origines
:

quo dubitamus an sit peccatum veniale, esl veniale. Reste qu'on entende cette conclusion selon les nombreuses prcisions qui vont suivre. Et d'abord, commence Mdina, cette rgle ne dfend pas de s'exposer la perte de son salut, par exemple en disputant avec les hrtiques ou en communiquant avec des femmes perdues, et l'on ne commet alors aucun pch. Mais la remarque est-elle ad rem? Nous constaterons que l'ordre des penses n'est pas irrprochable chez Mdina.

En

voici aussitt

un nouveau signe

sous l'tude an-

III. L'AVNEMENT ET L'TABLISSEMENT DU PROBABILISME (de B. de Mdina 1656).

nonce des doutes dont les deux issues sont prilleuses, on dfinit des rgles intressant le cas o l'un des partis est sr. N'insistons donc pas, et contentons-nous d'enregistrer les dclarations de l'auteur mesure
qu'il les livre.

La priode

ainsi dlimite est

communment reconnue

comme l'ge

d'or du probabilisme, o le systme prospre pour ainsi dire sans opposition aprs s'tre donn ses formules essentielles. Celles-ci sont dues principalement quelques thologiens, chez qui nous les tudierons. Ensuite, nous suivrons la diffusion et l'affer-

On peut avoir, nonce-t-il, avec un doute spculatif une certitude pratique. Salamanque avait recueilli dj cette distinction due Cajtan. Mdina la retient en sa signification authentique, estimant que du jugement
gnral la dcision particulire des considrations surviennent, qui convertissent le doute en certitude. C'est ainsi que le devoir d'obir au prince dirime un doute sur la justice de la guerre; le principe de possession, un doute sur une lgitime proprit ou un lgitime mariage o Mdina inscrit sous la distinction susdite des cas traditionnellement dbattus. Bien plus, ajoute:

missement du probabilisme jusqu'au moment o l'histoire s'en compliquera de srieuses rsistances. I. Les grands initiateurs du probabilisme. IL Prosprit du probabilisme (col. 481). III. Les premires rsistances
I.

(col. 497).

Au nom

Les grands initiateurs du probabilisme. de Barthlmy de Mdina, infailliblement cit aux origines du probabilisme, il y a lieu d'en joindre
quelques autres, sous peine de n'obtenir, comme nous verrons, qu'une ide incomplte d'un systme auquel ce thologien concourut effectivement mais partielle-

ment. 1 Barthlmy de Mdina. Selon la tradition de ses prdcesseurs dans la chaire de Prime Salamanque, Barthlmy de Mdina a comment la Somme thologique de saint Thomas; la diffrence de ses prdcesseurs, il a lui-mme publi son enseignement, sur l'ordre formel qu'il en reut de son matre gnral. L'Exposilio in /""-// parut en 1577. Sur les art. 5 et G de la <[. xix esl dveloppe cette fois encore, mais plus copieusement que jamais, l'tude de la conscience. La proposition fameuse, qui fit dsormais de Mdina un si^ne de contradiction parmi les moralistes, y est con-

tenue.
sition

Nous suivrons d'aussi prs (pie possible l'expode l'auteur, en vue de le comprendre Ici qu'il est

(dans l'dition (le Venise, 1580, p. 173-170). L'tude de la conscience procde selon cette divi-

non seulement il est licite d'agir rencontre d'un doute spculatif, mais encore d'une opinion et d'une science vidente. Mais que veut-il donc dire? On il arrive qu'un le comprend d'aprs l'exemple qui suit juge condamne selon les rgles de la justice un accus dont il connat, mais par des voies prives, la complte innocence. Prenons donc garde aux noncs gnraux de Mdina, qui sont la formule plus ou moins russie de solutions particulires fort lgitimes. Si le doute. poursuit l'auteur, concerne l'action que l'on va poser et (pie, des deux partis en question, l'un soit certain. c'est pch de suivre celui qui est douteux, en vertu de In dubiis tutior purs eligenda. Avec cette la rgle remarque aussitt propose Il faut faire grande attention que cette rgle n'est pas toujours vraie. Cette fois encore, (pie veut -il dire? Les exemples de nouveau le dclait nt si le suprieur impose son sujet une charge tus pnible et que le sujet doute du bon droit de son suprieur, bien qu'il puisse sans danger obir aussitt, on lui concdera de vrifier si l'ordre est lgitime. Mdina emprunte celte dcision D. Soto et il s'avise d'en faire une exception la rgle du plus sur. De
t-il,
:

P
mme,
si

ROB A

11

S.M K.

A V N

I. \l

\ T.
le

M EDI N

A
nous analysons).

qu'il puisse le

l'on rclame a son possesseur un bien, encore donner sans dlai, on lui permettra de
le

ment dans
passons
a

commentaire

(pie
:

Nous

un nouvel nonc

rclame et de s'assurer s'il n'est pensait jusqu'ici, le vritable propritaire. 1-es penses 'le Mdina sont plus inollensives que ses formules. Enfin, continue l'auteur, quand le doute atteint les deux partis et qu'on ne peu! le dposer, on agira au plus sur; si aucun des deux n'tait sur, qu'on se range au moins prilleux. Sur cet le dernire dcision, traditionnelle Salamanque, Mdina signale nanmoins pour son compte qu'entre deux prils on peut aller au plus grand si militent en sa faveur des raisons plus urgentes. La prpondrance des arguments l'emporte alors sur la sret; en quoi nous touchons peut iie une diffrence de Vledina a 1). Soto, chez qui la sret avait grande efficace; mais l'exemple classique
vrilier les titres de qui

Aiiquando tenemur agere contra propriam opinionem.

pas,

comme

il

dont
elle
*

la
loi

formule est accompagne (l'pous doutant si rendre le debitum) ferait hsiter cette fois

Mdina entend alors fournir la rgle relative au confesseur trouvant chez son pnitent une opinion contraire a la sienne, mais raisonnable. Rien (pie de lgi tirne lu rapprocher de la solution donne plus haut. col. 464, sur le juge qui condamne l'innocent lgalement convaincu du crimei. Mais l'auteur n'a cure de dissiper les abus auxquelles prterait sa rgle, puisque le voila aussitt discutant des sacrements, pour dfendre que, dans le cas d'une ncessite ou d'une grande utilit, il est licite, plutt que de s'abstenir. deproi eder a leur administration selon une forme ou une matire qui ne serait (pie probable, quitte a courir le risque d'invalidit; avec cette formule. Insparable certes du Nom in contexte, mais dont on voit assez le danger
:

omnibus
injuriam
Il

negotiis, etiam

magni momenti,

et in

maximum

encore.

Les formules de Mdina ne doivent donc pas tiom per. Comme ses devanciers de Salamanque et de partout, il apparl ienl a la radil ion tutioriste, c'est--dire qu'il n'a d'autre recours que la scurit pour <l<'t i<in le doute pratique. Entre la thologie mdivale et les dclarations (pie nous venons de relever, il j a l'inter Million de maints cas particuliers auxquels s'est adapt l'axiome tutioriste; il n'j a pas le passage d'une mthode autre mthode. La vieille rgle demeure efficace. En celte partie de son commentaire, Mdina a recueilli et plus nu moins heureusement classe des soin lions reues, sans prtendre rien Innover. On ne ['ou hliera pas tout a l'heure; cl quoi (pie ce thologien doive enseigner de la conscience probable, sa doctrine de la conscience douteuse demeure acquise. 2. Est-ce pch d'agir contre sa propre opinion?
t t
t

tertii, licitum est sequi optnionts probabiles. aurait de quoi satisfaire le laxisme le plus t.

s'il fallait entendre ces mots s.ms prcaution. 1K n'ont pas ce sens redoutable dans la pelisi e de \b dilia. mais convenons (pie notre auteur n'excelle pas dans la

raire

ion de ses formules.

\ peille

il

<i lit

(elle

qu'il passe a la

position
la

mai/nu qUSCSlio ou sera la failli Use proDevons /eus suivre l'opinion plus probable,
'

demande maintenant Mdina,


:

il a dans l'esprit h- cas du confesseur et du pnitent d'avis contraires. El il nonce d'abord

si (piis

Bgat

probabilis,

secundum opinionem dequa dubltat an lit peccatum commlttit. Nam qui sic operatur dubl
I

tat an illuit q agit licitum sii .m llllcitum; ergo operatur contra consclentlam dublam; ergo tenetur mou sequl talem

opinionem.
dcision de ). Solo relat ivc l'opinion draisonnable, c'est a dire un avis mal fond, ayanl toutes les chances conlre lui (connue celui qui approuverait la pluralit des bnfices) et qu'on pieu (Irait pour rgle de sa conduite. Sous prtexte qu'il est une opinion (l'opinion de certains), on ne s'expose pas moins au pril, vu son Improbabilit, omnino improba bilis, et l'on pche comme si l'on agissait contre la conscience douteuse. Voil du moins carte un proha hilisine extrme. Vient ensuite
(

probable tant alors carte; ou suffit ilcb suivrt nion probable sous cette forme distint te et dans dite, la question est nouvelle, pose ni pour la premire fois dans l'histoire de la thologie morale. Selon les plus constantes doctrines reues jusqu'alors, on n'j peut rpondre (pie par oui au premier membre, par non au second. Mdina le sait bien, lui qui Ite en ce sens Sylvestre Prierias, Conrad Summenhard et. (pu plus est. dit il. Cajtan. Il rapporte mme un pas entici de l>. soto i.i qui ses pages prcdentes doivent beaucoup), ou est expressment prescrit dans la pratique h- choix du plus probable (tir. du />< w*\ou cl dessus). iiim ri fure, III. q. \t. a. '>. ad Mdina prendra donc parti en connaissance de cause. assumant la responsabilit non seulement d'une soin lion particulire, mais d'un principe plus ut neial de Conduite car. tout pes, d dcide ainsi
I t
<

lu est

adopte

la

rte

arguments vldentui optima,

si ,t

mihl videtui quod

si

opinlo probabltb licitum est probabilior lit


est

aam

tequl, Ucel opposlta

Suivent les raisons justificatives. Le texte intgralement traduit art. Miinsv (Barthlmy
t.

.i

x. col.

183.

La proposition est donc crite Le SOTt en st Jet Si une opinion est probable, il est permis de lu suivre, quand mime es/ plus probable l'opinion opp< n Mdina

Quando utraque opinlo tain propria quant opposite est aeque prfibabilis, licitum est Indiflerenter utramque sequi.
contre

Aulic dcision de D. Solo. Mdina met eu garde le danger de scandale attache a l'Usage de cet te et contre la facile illusion d'estimer galement probable ce qui l'est moins, mais repond mieux au dsir. Ici. nanmoins, s'accuse celle position de Sala-

manque
l'esprit

selon laquelle l'action se rgle sur des opi

nions extrinsques,

indpendamment de l'adhsion de

une vrit reconnue. \\ec cela, on voudra bien observer (pie la prsente formule est loin de 'lier, en dpit de la ressemblance littrale, ce qu'on appellera plus lard l'cquiprobabil isine. Les opinions en cause sont les rgles gnrales de conduite relatives a

quelque action on en permet le choix indiffrent. Mais le doute survenait dans l'application mme (tant donne telle rgle adopte, suis- je ou non tenu de taire ceci'?), en ce cas nos thologiens trancheraient pour le plus sur (voir la rponse de Mdina au dernier argu:

si

envisage la situation ou, a propos d'une action, des opinions ont cours, jouissant de probabilits Ingales, les unes tant plus, les autres moins probables, Situation enregistre, nous l'avons vu, depuis d. lions de thologiens et (h choisies Mus. dans cette situation. Mdina considre le sujet choisissant l'opinion selon laquelle agir, non par mode de reeli ordonne a la vrit, mais en se rfrant a la probabinon en \ ne de s.i\. lit dont cette opinion jouit quoi adhrer, mais uniquement selon laquelle (itte position est relativement nouvelle, introduite chez les thologiens de Salamanque a la faveur d particuliers on importait justement la probabilit dont ainsi jouissait une opinion devant 'esprit d'un autn par excellence le cas clbre du confesseur et du pnitent: niais tendue, au moins selon certaines de leurs formules, a toute la conduite morale. La fut un tournant dcisif et. nous l'axons dj dit. Mdina n'(
:

En cette position, l'on a pu et dj que. (levant deux opinions galement probables,


lias l'initiateur.

467
le

PROBABILISME.
csi

\\l.

\I.MI.\T
dire, des degrs

MEDINA
dans
le

sujet

en droll de choisir indiffremment L'une


crit

bien;
I

il

ou

l'autre.

vrai, toute question se rsolvant

n'\ en a pas dans le en dfinitive pour l'es-

cours (m peut choisir


lequel
cela
il

maintenant que le deux opinions en la moins probable, Mdina ne tait qu'abonder dans le sens de ce premier nonc, sans
il

Quand

le

mme position <lu problme soutient

sien ne se ft pus aussi aisment affirm : la l'un et l'autre. Avec

apparat que, de sa proposition plus hardie, en la nouveaut qu'elle contient, .Mdina porte seul la responsabilit Personne jusqu'alors ne l'a avance, non pas mme Salamanque, o l'on a dit plutt le contraire, quelque ide que l'on s'y soit faite du choix d'une opinion. En un sens, Mdina pourrait s'entendre s'il voulait signifier seulement (pie, des opinions en prsence, c'est l'opinion rpute, moins probable que l'on peut reconnatre le plus de chances de vrit, dlaissant alors celle qui est rpute plus probable. Car une diligente et sincre apprciation ne conduit pas infailliblement l'esprit du ct le plus frquent et le plus applaudi. Il advient, et le geste en est beau, qu'on opte
:

pour

le

secrte.

parti faible, mais o l'on a reconnu une force Un thologien de la qualit de saint Thomas

nous offrit cet exemple. Telle n'est pas la pense de Mdina. Il n'envisage pas cette assimilation personnelle et vivante de la vrit. Il n'a pas ainsi pos le problme. Il ne considre que le choix d'une opinion pour agir selon elle (en dpit de l'un des arguments invoqus Nam licitum est interius assentiri huic conclusiuni...). Et, dans ce sens, sa conclusion, qui lui est propre, est certainement irrecevable. L'argument principal de Mdina est que l'opinion moins probable, bien qu'il y ait avec elle, pour ainsi dire sur le march, une opinion plus probable, conserve sa probabilit. L'une a plus de chances d'tre vraie, mais il reste celle-l toutes les siennes. Dire que l'on ainsi raisonne-t-il peut choisir la moins probable n'est qu'une consquence de ce qu'on a toujours dit, peut-tre mme une autre faon de le dire, savoir que l'homme peut agir selon une opinion probable. Mais l'argument ne fait que dcouvrir le dplacement signal du problme moral il est vrai que la moins probable conserve sa probabilit en dehors de l'esprit appel juger, mais il est souverainement faux qu'elle la conserve pour l'esprit et dans son adhsion. L'esprit cherche la vrit qu'elle lui soit propose selon des voies divergentes, il va o il croit la reconnatre; le reste ne compte plus. Et quand mme la recherche de
:

ne fois vu ce malentendu proposition de Mdina est irrecevable. En elle on touche dj ce qui est notre avis le dsaccord irrparable des morales probabilistes et de la th' classique celle-ci fait de la vie et de l'action une ail de vrit; celle-l, de probabilit pure, c'est--dire, en dfinitive, de convention. Ce grief formul, il faut rendre justice l'intention louable de Mcdina. Il craint qu'autrement on ne tourmente les consciences, qui seront inquites de savoir si elles ont agi selon l'opinion plus probable, dont le dis cernement est loin d'tre toujours facile. Mais cette bonne intention mme nous trahit un Mdina dcidment gagn 1' extrinscisme Il peut tre malais de juger les degrs de probabilit des diverses opinions reprsentes; mais le tourment est-il si grand de m faire pour son compte une opinion de bonne foi? Car en cela exactement est notre devoir. Du moins peut-on essayer d'y rendre l'homme moins malhabile, et c'est quoi s'vertuaient les thologiens d'autan. Il faut dire surtout que Mdina ne reconnat une proposition la dignit de probable que moyennant certaines conditions, lesquelles, si elles laissent sauf le principe pose. en limitent dans l'usage les effets les plus fcheux, les applications extravagantes: il veut que cette opinion ait pour elle non seulement des apparences de raison et des partisans, mais des partisans sages et des raisons excellentes. Nous croyons qu'une rserve comme cellel dcouvre un auteur encore attach la bonne doctrine et tout pntr des exigences de vrit qui sont celles de l'action morale. Mcdina serait meilleur que sa thse; mais il l'a soutenue, et l'on devait en abuser. Devant la prsente thse, n'oublions pas l'autre. S'il admet que toute probabilit est une suffisante rgle de conduite. Mdina n'imagine pas que le doute en soit une et, comme tout le monde jusqu'alors, il a recours dans le doute la scurit. Nous l'avons observ cidessus. On peut l'observer encore dans la dernire partie de son commentaire sur la conscience scrupuleuse. Il crit l une fort bonne page, o est assum une fois de plus le tutiorisme de la tradition morale. Pour cette raison, il n'est pas juste de regarder Mcdina
prit par
le

oui ou par le non.

initial,

la

la vrit se ferait le plus


l'esprit

ne pourrait se

humblement, quand mme guider que sur le degr de proba-

dont jouissent en dehors de lui les diverses opinions, selon sa nature il irait vers la plus probable, et la moins probable dsormais ne serait plus probable pour lui. Mdina manifeste l'artifice du problme pos comme nous avons dit. Jusqu' lui, le sens des lois naturelles de l'esprit avait empch cette consquence. En la tirant, Mdina dissipe toute illusion. Il est clair maintenant que les opinions sont ici traites comme des choses trangres l'esprit. On se passe de l'adhsion intellectuelle. On adopte une morale sans pense. L'esprit n'est plus de la partie. Et quand il compare le cas au choix lgitime du bien, prfr cependant au meilleur, Mdina confirme ce dissentiment fondamental; car il s'agit de vrit. Autant il est lgitime de choisir le mariage, qui est bon, en dlaissant la virginit, qui est meilleure, autant il est contraire la nature de l'esprit de s'en tenir ce qui est moins vrai au dtriment du plus vrai, ou plutt de renoncer la vrit pour se contenter de ce qui a moins de chances de l'tre. On peut ne pas poursuivre la perfection et ne point pcher; mais on ne s'expose pas dlibrment l'erreur sans pcher. L on suit l'apptit naturel du bien, ici on fait violence l'apptit naturel du vrai. Il y a, dans le sens qu'on vient de
bilit

comme l'initiateur pur et simple du probabilisme tel qu'historiquement il s'est dvelopp. Outre la libert o Mdina porte une de choisir le moins probable responsabilit, encore qu'on dt plus tard dmesurle probabilisme comment appliquer ce principe porte, nous le verrons, une limination radicale de ce tutiorisme auquel Mcdina demeure fidle, le doute tant alors lev par des voies absolument tram au thologien de Salamanque. Cette seconde moiti du probabilisme n'est gure moins ngligeable que la premire, et nous n'en avons pas aperu jusqu' prsent

l'origine.

Outre son commentaire thologique. Mdina est l'auteur d'une brve Instruction l'usage des confesseurs (une dition italienne Rome, 1583). Le conflit d'opinion entre confesseur et pnitent y est rsolu derechef comme nous savons dj. L. I, c. vin. L'ouvrage contient aussi un chapitre sur la consolation des scrupuleux, apparent avec l'ge prcdent beaucoup plus
les auteurs probabilistes. thse de Mcdina se rpandit bientt. Elle semble avoir eu du succs et s'tre ralli des partisans, lu tmoignage en est dans une dispute quodlibtique anonyme, des environs de 1580, qui se rfre de prs a notre auteur. Sur sa provenance, voir Tennis, op. cit.. p. 89. Elle est conserve dans la ms. Vat. Ottob. lot. et le texte ici en cause dit dans Kphem. theol. lac. cit.. p. 74-82. La question et la position de Mcdina tant ici adoptes, la dispute peut servir d'claircisse-

qu'avec

La

469
ment
sur les intentions

PIIOBABILISME. AVNEMENT, VASQUEZ


qudam
I

70

du texte que nous avons analys. On y remarquera avec quel soin est circonscrite si elle tait rpucette moindre probabilit lgitime te moins probable par la plupart des docteurs, reconnue par tous comme probable sans qu'aucun ou presque la tnt comme plus probable, il ne serait plus permis de la prfrer. De plus, distinction omise chez Mdina et qui fera son chemin dans le probabilisme, sont excepts de la permission les mdecins et les avocats, lesquels, ou dans le traitement de leurs malades
:

vero versantur circa res, an scilicet aliquid ita sit. an liax domus sit propria vel alina. Ji< iruus ergo et deopinionibus prions generis verum est posse hominem sequi probabilem opinionem relicta probabiliori. Caterum de

opinionibus secundi generis non est universaliter verum quod possit homo sequi opinionem minus probabilem, maxime quando potest sequi aliquod periculum contra honorem Dei aut utilitatem proximi.

ou dans l'information de leurs clients, doivent s'inspique pour leur compte ils estiment plus probable; mais l'exception n'est tendue ni aux juges, ni aux conseillers non rmunrs. L'auteur sait donc bien que dans sa thse gnrale il tolre d'agir selon l'opinion des autres, indpendamment de la propre opinion du sujet. Mien plus, il va Jusqu' dclarer expressment qu'on peut agir rencontre de celle-ci. Reproduisons ce texte, des plus significatifs, o se touche du doigt le divorce de l'action et de la
rer de la sentence

autre trait est ici apparent le licite et l'illicite comme un ordre en soi. indpendant de la ralit, et donc soustrait au rgime de la vrit. 11 est vrai qu'on ne juge pas du licite comme d'une chose : nous l'avons expliqu plus haut. Mais on ne peut se dispenser de juger du licite en relation avec l'ordre des choses, sous peine- de concevoir l'activit morale sur un t\pe purement juridique, Isole de la nature et du est bien ainsi qu'an fond tend se la reprrel. El
:

Un

conus

conviction intrieure qui fut notre principal grief contre Mdina, o apparat en mme temps le premier gauchissement de la distinction du spculatif et du pratique, dtourne dj dans un sens rflexe, comme dira le probabilisme
:

senter le probabilisme. 2 Vasquez. Peu aprs Mdina, Gabriel Vasquei dbat avec ampleur, au mme endroit lu commentaire de la Somme, le problme de la conscience. Sa contribution est remarquable. Ce thologien est aussi le pre-

Proinde vir doctus,

cum

judlcat

banc opinionem esse


<

minus probabilem, simul cognoscit


lion-m ab iiliis il'ict pitur et rectlus Judicanl
:>iii

lllam reputail probabl issiinis, |udicatque quod r<Mie Ipse <l<

qui Tam censenl

veriorem.
alil

lnordinatum faciel si, pnetermissa opii ipse probabillorem reputat, sequatur aliam quam doctissimi reputant esse magii probabilem, quamvii illi

Krgo

niliil

mier que nous rencontrions de la Jeune Compagnie de Jsus, dont le rle en cette histoire sera bientt prpondrant. A ce double- titre, nous devons observer ses dires. Nous tenons de l'auteur lui mme qu'il en Igna p- d'abord pendant quatre annes, partir de i,i 1579, au coi!,:.,- le la Compagnie Alcala; il reprit la plupart h- ces matires pendant pus de h un annes au Colle-' romain ion il fut l- successeur du jeune II Su. ne-/.. qui \ avait expose eut re autre s sujet s t.,
l

quam

non

enfin,
lieu

il

y revint, clans h-

apparent illa major probabilltas; confonnatur enim tpse tune consensui aliorum doctorum. l-.x quo sequitur non esse UJicitum per se loquendo lacre contra propriam <>pi
nioHeni,
est

non deposita propria opinione; quod quldem non

facere contra conscientiam, quia practlce |udica1 se posse secpii opinionem quai plaai doctissimis vlrls, licel Ne ei necessai lum est quod pi. i])si spculative displiceal priiun sensum prseferat circa opinionem moralem aliorum
.

doctorum
Nf'esl

placitls.

exprim ce qui scia un trait constant du probabilisme? Le consentemenl les auteurs est substitu a la convie ion du sujet SOUS les
ce

poinl

puremenl

son sjour de Rome. en 1597, sous le titre- ci,- Comment/tria m disputa//' stim. theol. s. Th. .te/. /tiona .' 'tude eh- la conscience va des disputes LXVII, elistribuee selon les thines Ulsae Tes il, la conscience ei de son obligation; de la conscience pr> bable; <! la conscience huite-use-; de la conscience scrupuleuse. Sur h- second, la question !< Vasque '.nielle opinion embrasser relativement la suivanteaux actions a faire pour a\>ir un droit Jugement de

collge d' Alcala, ..prs L'impression h- l'ouvrage eut

mme

'

espces de

la

dfrence envers

les

doctes

et

de

la

mo

destie intellectuelle, on risque d'j faire bon marche de la premire vertu de l'intelligence, qui n'est poinl la modestie, niais l'attachement la vrit, Celle la n'est

conscience? \ l'Instar t<- Henri et,- Gand, il p.'' rponse selon deux nonces. Intressant le premier l'homme Instruit, h- second l'illettr. Quant au pre mier, la rdaction de la thse- principale- est Importante et pour ses allusions historiques et pour la justlflca tion thorique qu'elle

la

une vertu que comme garante de celui ci. Elle ne l'est plus si on l'entend comme l'indiffrence conue a l'en droit de ce que l'on pense. Nous voil dsormais dans un monde bien loign de celle thologie mdivale que nous avons d'abord considr) Autre tmoignage de 'intrt pris au problme, dans M.-B. Salon, ermite de Saint \uguslin. profesl

existbno sententiam quam sequitur Barth. Mdina m art. e, hujui qwst., |amque m s,-i>,,iis ,t multo -^s, contra aille- communia tint, nempe viro docto licitum tuam opinionem quam probabillorem arbltratui operari ecundum opinionem aliorum etst oplnlo aliorum sit minus ' tuta <-i sue. judiclo inmii- probabilis, dum Uun< a ratkme
Verara
l|

Itui

probabilitate destituta Venise-. 1608, p. :!':<.

non

s>t.

Pis].

i\n.

e.

m.

i.

i.

seur Valence, auteur de Controuersi de fuatitia ri jure atque de contracliluis, Valence, 1581. Voir son comnicn taire sur IIMI3 q. LXin, a. 2. controv. 2: il est d'ailleurs curieux que l'auteur n'y nomme pas Mdina (cf.
,

Confirmant notre Interprtation

'i-

Medma, Vasques
le-

admet donc
fidle a sa

une- sorte

de dualit

clic/

sujet

moral

Ternus, op. cit., p. 29). Tmoignage d'une adhsion importante et, semble-t-il, tout naturellement acquise, dans Dom. Banez, successeur de Mdina dans la chaire de Prime. Il rencontre le problme au cours de son commentaire sur la IIo-lI* (dit en 1584), q. x, a. 1. Venise, 1G02, col. 194. Banez a tabli que l'infidle qui l'vangile prch apparat comme plus croyable que les autres religions est tenu d'y adhrer sous peine de pch, d'infidlit. Sur quoi ces rflexions
:

quis respondeal licitum esse homini sequi <>pinlonem probabilem etsi si minus probabills, ergo non tenetur homo ex duobus credibilibus credere quod est magis credihile; dicimus ad hoc opiniones esse in duplicl ciifYcrcnUa. Qusedam enim versantur circa actionem aliquam exei cendam, ut an aliquis contractus si licitus vcl lllieitus;
si
t t

Quod

propre opinion, laquelle il estime tre attaches plus de chances le- vrit, il agira nanmoins selon une opinion d'emprunt a laquelle il ne croit pas. mais qui a pour clic de jouir auprs d'autres esprits d'une srieuse probabilit. Tout le soin de l'auteur, en Ce qui suit, est de justifier cette situation. Sans doute. f>is adhrer il en convient, un mme esprit ne peut a la a une opinion et a son contraire en vertu des seuls principes intrinsques, ceux qui tablissent la pre mire vraie fondant du mme coup la fausset, d< l'autre: mais, fidle sa propre opinion intrinsquement justifie, ne peut il Juger probable l'opinion contraire en vertu de l'autorit des docteurs qui la

dfendent? lai

mme temps
moins

squement

justifie celte proposition,


le

que l'on tient pour intrinpar exemple


:

Oui choisit

eliune a l'exclusion

du plus digne

171
iloil
;i

l'Uni; UUl.lsMi..

\ \

l.

\i.\li. NT,

V \m.)I

EZ

i72

rparer l'endroll de celui ci Le dommage qu'il lui caus Est probable l'o ne peul on dire et penser pinion qui dit qu'en ce cas on ne doil pas rparation )cs l<M's. on se formera le jugemenl <lc conscience selon celle dernire, donl on avoue qu'elle a sa probabilit. Essai significatif m;iis inefficace. Vasquez utilise les ilcii\ genres de principes traditionnellement reconnus comme fondant l'opinion pour tablir sur eux, relativement la mme question, deux probabilits concurrentes et simultanes. Mais il est clair que l'une de ces deux n'engendre rien dans l'esprit. Elle quivaut la reconnaissance d'un l'ait extrieur, savoir l'adhsion des autres, nullement l'engagement de mon propre esprit dans un jugement de vrit. En logique classique, les autorits concourent pour leur part informer l'esprit de la vrit cherche; on les combine avec les raisons pour obtenir la probabilit efficace.
.
:

'.'

temps dont nous parlons. l'our lui. il avoue ne point voir de diffrence, quant au point en question, entre les deux espces de doutes Car toute la cause pour laquelle dans le doule de fait on doit adopter le parti le plus sr, est (pie, si on ne s'y conforme, on risque de commettre ce qui en ralit est mal et pch; or. il y a le mme pril dans le doute de droit; donc mme en
:

Vasquez disjoint les deux types d'arguments pour donner consistance cette probabilit trangre, bonne tout au plus diriger l'action. Vaine subtilit,
laquelle s'oppose invinciblement la nature de l'esprit. Vasquez ne peut faire qu'en ce systme on n'agisse selor des opinions au lieu d'agir selon la vrit. Et c'est pourquoi l'objet mme de la recherche morale est dsormais dplac : on s'informera de la probabilit extrinsque, telle que Vasquez vient de nous la dfinir. D'o

il faut choisir le parti le plus sr. D'autant adversaires sont en peine d'assigner une rgle exacte pour dire quand, dans le doute de droit, on peut et quand on ne peut pas suivre le parti moins sr. A propos du vu notamment et de la solution de Soto. Vasquez refuse nergiquement comme dcision du doute le recours au principe de possession rserv exclusivement aux matires de justice, en dehors d'elles il ne prouve rien. S'il tait alors valide, la rgle du plus sr serait compltement abolie. Celui donc qui doute s'il a mis un vu fera beaucoup mieux de l'accomplir. Les dclarations de Vasquez sont ici des plus vigoureuses. Il ne s'interdit pas avec cela d'examiner de prs certains doutes dtermins, o peuvent jouer des considrations spciales. Il est conduit de la sorte apprcier

celui-l

que

les

les

rgles

du droit communment invoques en matire


ici

de doute, et nous avons


tutiorisme
:

l'exacte expression de son

notamment chez
cette dbauche de
il

les

probabilistes de l'ge suivant

et de citations, dont n'y a d'exemple dans aucune discipline autre que la thologie morale. Quant l'illettr, Vasquez lui permet son tour de suivre toute opinion probable. Il s'en justifie dans un raisonnement o perce peut-tre ce qu'il y a, faut-il le Puisdire? de sophistique chez ce brillant jouteur qu'un homme docte et probe peut suivre son opinion, exclue celle des autres, mme si la sienne est moins sre, pourquoi l'homme inculte ne pourra-t-il agir selon la mme opinion, se fiant, comme il le doit, la doctrine et aux murs de celui-l? Ibid., c. vin. La consquence n'est pas bonne. Le docte s'est fait pour son compte une opinion lgitime en cdant aux indices les plus vraisemblables. Ainsi doit faire l'inculte, dont l'esprit n'est pas d'une autre nature. Et, puisqu'il ne peut comprendre les raisons intrinsques, il n'a d'autre ressource que de suivre l'opinion son sens la mieux
:

noms propres

Existimo igitur trs praedictas rgulas superius memoratas hoc ordine sese habere ut secunda deroget prima! et In dubiis tulior est tertia secundae. Prima autem rgula est pars eligenda. Unie autem in materia justitne derogat secunIn pari causa melior est conditio possidentis. Huic da autem pneferenda est etiam in materia justiti;o tertia alia rgula Cum sunt obscura jura partium, faoendum est potins reo quam actori. Quare censeo lias rgulas et caetera jura quibus statuitur id quod his regulis continetur ipsam naturalem aequitatem expressisse. Disp. LXVI, c. vm.
:

L'tude de

l'epikeia,

nements d'usage

et ne

o Vasquez opre les discermarque point de divergence

autorise.

Sur la conscience douteuse (disp. LXV-LXVi), Vasquez tient que c'est pch d'agir contre elle. Certes, il n'est pas dpourvu de ressources pour tirer l'esprit du doute, ne serait-ce que l'adoption d'une opinion sur la seule considration de sa probabilit . Reste qu'il tient ferme sa conclusion, et il entend bien que le doute imposant le plus sr n'est pas celui qui subsisterait aprs une rflexion sur le doute, mais dj ce qui s'appelle simplement le doute. .Surtout, il applique sa thse aussi bien aux doutes de droit qu' ceux de fait, rencontre de quelques recenliores qui rservent au second cette rgle de conduite. Soto, avec sa solution sur le vu (cf. col. 4 GO, au bas), est de ceux que blme ici Vasquez (on notera ce fait curieux un probabiliste Soto). Vasquez, plus svre qu'un probabilioriste Peut-tre Suarez est-il aussi vis (voir ci-dessous; on sait les rapports difficiles et les dissentiments doctrinaux qu'ont entretenus ces deux thologiens;
: .

cf.
c.

11. de Scorraille, Franois Suarez, Paris, 1912, 1. II. V; le point donl nous parlons n'apparat d'ailleurs

pas dans

les griefs qu'ils

levrent l'un contre l'autre).

Vasquez

insisle

sur
dit

la
il.

n'ayanl trouv,

nouveaut de cette position, aucun auteur scolastique qui la

soutnt jusqu'ici (disp.

LXV,

c.

m.

d. cil., p. 368)

tmoignage prcieux de la pari d'un thologien bien ses sources. inform et contrlant gnralement Le tutiorisme mdival a bien subsisi jusqu'aux

grave d'avec la tradition, confirme son tutiorisme. Rien n'y annonce la non-obligation de la loi douteuse. Disp. CLXXVI, c. m, t. ii, p. 167-169. On dcouvre ainsi, tant chez Vasquez que chez Mdina, la permanence d'un sens objectiviste de la vie morale puisqu'ils redoutent qu'on n'offense rellement l'ordre en adoptant le parti moins sr. Il n'y a donc pas, dans leur probabilisme mme, l'intention de dplacer la rgle fondamentale de l'action et qui est sa conformit avec l'ordre et la loi; bien plutt, les prcautions qu'ils prennent alors en faveur d'une srieuse probabilit attestent leur fidlit a cette conception traditionnelle. Ainsi n'est-il point paradoxal d'affirmer que l'une des plus grandes rvolutions qui aient boulevers la thologie morale fut inaugure par des auteurs qui ne l'ont point voulu faire. Mais la probabilit qu'ils ont mise en circulation ne tardera pas. selon sa propre nature, causer un dommage rel au renne de la vrit sur l'action. Bien plus, chez ces auteurs mmes, il faut avouer que le tutiorisme. indpendamment des retouches d'application qu'on y observe, n'a plus la signification vigoureuse de ses origines, et pour cette raison prcisment qu'il y coexiste avec un probabilisme. S'il est vrai qu'on peut rgler l'action sur toute opinion probable, quoi de plus facile que de sortir du doute en adoptant quelque probabilit? Du moins, la tentation esl elle grande dsormais de crer, sur toute question qui se pose, des opinions probables, au choix des intresss. L'histoire de la thologie morale nous fera assister a celle inull iplication prodigieuse. O le tutiorisme, mmesi on ne l'avait expressment rpudi. perd toute efficace. Restent du moins chez Mdina et chez Vasquez, rsistant au gnie de leur probabilisme, les doutes de fait auxquels il est encore impossible d'chapper autrement que par le choix du plus sur. Ce

473
dera pas

PROBABILISME. AVNEMENT, SUAREZ


n'avaient point rcus mais nergiquement dfendu. Dsormais, on retrouvera partout les deux raisons entre lesquelles hsite ici Suarez: la possession de la libert, promulgation de la loi. l'insuffisante Nombre de probabil ist es prtendront dcouvrir la seconde au moins dans saint Thomas; nous p vons ici quel contresens historique ils commettent. Suarez n'invoque ni saint Thomas ni personne. Il a prfr mme ranger le cas ainsi dcid sous le principe gnral du tutiorisme, ^los-, il est vrai, en termes inattendus /(/ eue agendam quod juxta materia exigenliam et negotii qualilalem minora imbrt incommoda omnibus pensatis. Ds la que les avantages ou les inconvnients d'une conduite s'rigent en critre moral, substitus a l'ide de scurit e1 de pril, le vieil axiome perd I" aueoup de sa rigueur, Au fond, on peut le dis< crin Suarez est mu par la crainte non blmable en soi d'imposer aux mes un joug Intolrable Me mme mobile qui lil commettre a Mdina son erreur) t ... H est souverainement dur (pie l'homme soit toujours oblig au plus sur puisqu'il devrait alors toujours ou jener ou restituer, etc., chaque i"is qu'il doute s'il Mais la rgle du plus sur est loin d'avoir y est tenu. celte inflexibilit; elle s'entend moyennant des pr< isions ci adapi al ions qui avaient t le soin des 11 giens jusqu'alors et de ceux l mme qui en avaient les premiers introduit l'usage comme rgle des murs Indiennes. Ou bien on doute non pins de l'existenci mais du sens de la loi connue connue promulgue. Su.iie/ en dcide selon la mme rgle (I pour la mnie raison; avec cei le seule rserve que dans un tel cas on recourra au suprieur si l'on peut le faire facilement. Pour d'autres doutes, au contraire, il renon appliquer sa rgle, limitant donc lui mme mil. ment l'extension de celte libert qu'il a octroy* mais, pas plus (pie Mdina ni \ asquez pour les huis. M ne matre de son principe, et d'autres en porteront beaucoup plus loin l'usage. Si l'on sait la loi pi UlgU qu'on ne doute point de son sens, doutant seulement si elle oblige dans un cas particulier, alors la ri raie veut, sj| n'\ a point de raison d'excuse suffisante ci probable, qu'on obisse a la lof, car elle possde son droit qu'il Importe par dessus tout d'observer, le bien
:

dernier refuge solide de la morale mdivale ne tara tre son tour emport.

La contribution de Franois Suarez au 3 e Suarez, probabilisme, tel qu'il s'est historiquement tabli, tel qu'il devait prosprer, concerne prcisment ce tutiorisme traditionnel dont l'autorit es1 jusqu'alors maintenue. L'omission srail grave de ne point mentionner. aux origines du probabilisme tel qu'on l'a de lait entendu et pratiqu, ce thologien de qui les thses en matire reprsentent par rapport aux prcdentes une nouveaut el non point une consquence. Si Mdina el Vasquez oui en l'affaire la pari que nous avons dite, Suarez a la sienne, dont nous verrons
I
i

qu'elle est loin d'fitre ngligeable. Il a touch aux problmes de la conscience en trois au traite de la endroits principaux de son uvre
:

bont el malice des actes humains, don! lepremiei en scellement remonte aux annes 1581 1582, au Collge romain; la premire dition, qui est posthume) est de
1()28 (sur ces dates el lieux, cf. l'ouvrage cit de
li.

de

Scoraille, passim; dans l'dition Vives, t. iv, tr. III, disp. XII, p. 437-454); au trait' des lois, enseign' a

Combre, dans la chaire le Prime, en 1601-1603, dit par l'auteur en 1612 Cd. Vives, t. \ vi) ; au trait de la vertu et de l'tal de religion, dit par l'auteur en 1608-1609, en l'lude du vieil, tr. VI (d. Vives, I. XIV,
p.
'X',:,

940).

L'une des insistances de Suarez csl la ncessit d'une certitude au moins pratique pour la licilc de l'action. peut tre pratiquement II entend (pie la conscience certaine quand spculativemeni elle ne l'est pas; en quoi il suit Cajtan, qu'aval! eu l'occasion de rcuser Vasquez. Mais il en vient a une Ide de la certitude pral Ique qui. par rapport Cajtan, est une nouveaut. Sur le passage du spculai il au pratique, Silure/, ai trait des actes humains, a ce texte
:

Dbet ergo flerl es nifflcientl aliqua auctoritate va ratione, vci per suflclentia principia practlca, per qu bomo siin ratlonabillter persuade! lue ci aune licite posse non tri |uxta taie judiclum speculatlvum, et tune ui deposita conscientia formallter alla. De bon. el mal. hum. net., disp. XII, secl. IV, I. IV, p. 117.

-,

Quels sont ces

principes pratiques
les

donl

le
cl

nom
mis

mme
en

est

nouveau? Nous

Mirons

Justifis

uvre

scion les diffrents doutes a convertir en cei


droit,
il

titudes.

Quant aux doutes de


cei neiii l'existence
ri'
i

advient

qu'ils

ion

de la loi : fut-elle ou non porte? En nonce Suarez, la rgle gnrale est qu'il n'j a point obligation. Mais commeni Justifie il cette soin tion? il n'invoque, remarquons-le, aucun auteur. Nous touchons ici l'initiative d'un thologien qui prend sur lui d'introduire dans les matires si dlicates et si prilleuses du doute moral un principe nouveau de BOlUtion, cl dans un sens qui s'oppose direcleincnl a celui de la tradition (le got de la nouveaut lut sou vent reproch a Suarez de son vivant) de la pari mme des siens; cf. IL de Scoraille, op. fil., passiml. Le bref nonce de la rgle est aussitt suivi de son
;is,
i

plus facile A Su ajtan et autres. Ou bien, poursuit 11, le doute cerne l'obll gatlon de la loi dans la concurrence d'une autre OU choisira abus le moindre mal Ou bien on doute si le pie impose csl Justl IS, nouvelle ilistmc
\
Il

commun
(die

(tant intresse.
a

est

lois,

de renvoyer

saint

Thomas,

<

explication

Ratio peii potest ex Ulo principia quod


est

in

dubiis melior

conditio possidentls; homo autem contins! Ubertatem suain. Vel ccric ex Ulo, quod in materia notandum est, quod tes non obligat oisl sit sufuclenter promulgata quamdiu autem ratlonabillter dubltatur an lata sit, non est sufllclen
:

ici

promulgata.

Ibtd., sect. \, p.

lis.

D'un

sommes

seul coup, et sans autre forme de procs, nous celle foison plein probabilisme. Le texte (pie

nous venons de lire ne signifie rien de moins que la rupture consomme avec l'un des principes les plus Inviolables de la thologie morale, consacre par un usage sculaire el l'adhsion des thologiens, que Mdina el Vasque/, eux-mmes, hardis initiateurs.

hon si le doute se rfre a la Juridiction <\u suprieur, on obira S'il s.- rfre a la nature de l'action commande, on vrifiera si ion doutait de sa licit ds .1 avant le prcepte, auquel eus on BU pli., pli ou si. ihs avant le prcepte, on la tenait certainement pour Illicite, auquel as on s'assurera si elle est ou non Intrinsquement mauvaise dans la ngative, elle peut tre rendue licite par le prcepte mme, alors ou obi Les doutes de droit sont mentionns encore au traite des lois, 1. \ l.c \n mu. t. vi, p. 30 sq. Nousn'j avons pas retrouv la rgle de la non obligation de la loi douteuse en son existence OU en son sens. Lien plutt, au chapitre de la promulgation de la loi. loin d'identifier le doute une Insuffisante promulgation, l'auteur a\ouc que. s'il fallait en tendre la promulgation de la parfaite (laite de la loi. ne laissant place a aucun doute ni a aucune opinion, elle appartiendrait non l'essence, mais a la perfection de la loi El diligentia humana adhiberi (/un oiteniur dubia qum circa
:

legum intelligentiam oriunlur. L.

I.

xi,

t.

\. p. 50.
t

y aurait lieu d'lucider cette divergence des deux les sur le mme point, lai l'tude de l'epikea

rai

est

PROBABILISME. AV N E M
confirme l'obligation de la loi pour qui doute si tel cas particulier y chappe ou non, I. V I, C. vm car alors, explique Suarez, il n'y a aucun principe moral qui permette de dposer pratiquement cette conscience douteuse; de plus, la loi est alors possdante. Quant aux doutes de fait, voici les conclusions de Suarez au trait des actes humains
;

ENT

SU A H E Z
Il

J76
le

prend cette supposition.

y a dans

doute un conflit

Circa dublum tact! primo servanda est IHa rgula juris lu dubiis melior es/ conditio possidenlla, qu, cleris paribus, verum tiabef In omnj miterla quoad hoc quod nullus dbet spoliari re sua quam rattonablliter possidel propter soluni dubium, sive debeat spoliari ad exercendnm actum juslitiie ut est restituera, sive ad actum rcligionis ut est implerc VOtum seu a<l alla simili;i. Secus vero est quoad alios usus, quia non semper uti licet re sua cum dubio De bon. et mal. Iium. act., ilitlse vel damni. aUcujus disp. XII, sect. v, t. IV, p. 4-19.
:

de raisons contraires, tel que l'esprit demeure en suspens, mais il n'est pas garanti que cette incertitude reflte un quilibre rel entre le devoir de restituer et le droit de retenir. La rgle du droit ne fait pas correspondre au doute de l'esprit une situation objective quivalente. Mais, prenant acte du doute, elle fonde sur la possession le droit de ne pas se dfaire du bien possd. On comprend cette dcision en matire de jus-

O l'autorit sociale dtermine le droit. S'il s'agit ici qu'en justice le doute par sa nature n'apprend rien sur ce qui est en effet; d'autre part, qu'on dtienne la chose, qui peut-tre fut promise, ou (pie n'aient pas t accomplis encore les actes tombant sous le vu douteux, ce fait dcouvre-t-il qu'on n'est pas oblig? Il le dcouvrirait dans le cas o le
tice,

du vu, pas plus

cet nonc, dont on peroit la gravit, le dveloppement se trouve

De

nouveaut et la dans l'tude du

sujet pourrait se dire

Si

j'avais tait ce

vu, certaine-

vu,

laquelle contient, pour l'histoire de notre problme, des passages dcisifs. De virt. et statu religionis, tr. VI, De voto, 1. IV, De obligatione voli, c. v, De obligatione voti de quo dubilatur an laclum sit, t. xiv, p. 935-940. Le premier, Soto semble avoir soustrait ce cas, o l'on doute si l'on a vraiment mis un vu, la rgle du plus sr; Vasquez (cit par Suarez) l'en a svrement repris. Mais, ni chez Soto, ni chez aucun des auteurs allgus par Suarez, on ne trouve la discussion ex professa engage ici, ni la porte gnrale qu'en reoit le cas dbattu. Le doute positif cart (o l'on a une opinion probable, soit en faveur des deux partis, soit l'avantage de l'un), et retenu le seul doute ngatif (o l'on est sans opinion), qui est suppos avoir rsist une diligente recherche, Suarez nonce
:

qui post moralem diligentiam dubius minet de voto emisso et non potest ferre probabile

His

positis dico,

eum

Mais alors le doute est rsolu, et la possession prend rang d'lment objectif changeant le doute en certitude. Tel n'est pas le cas vis pai- Suarez. Il entend que, dans cette galit o, selon lui, on est mis par le doute entre le devoir d'excuter le vu et le droit de n'en rien faire, la possession de la libert donne la prpondrance ce droit et te l'obligation douteuse. Comment ne pas voir l une ptition de principe? Car la possession de la libert est elle-mme engage dans le doute. Se demandant si l'on a fait le vu, ne se demande-t-on pas du mme coup si l'on a pas alin sa libert? Et le fait qu'on a conserv jusqu'ici sa libert ( moins qu'on ne le considre comme une preuve objective de la non-mission du vu, mais telle n'est pas, encore une fois, la pense de Suarez), comment confrerait-il le droit de la conserver encore puisque le sujet doute si elle lui appartient? On ne rsout pas un doute avec cela mme qui est en doute. Mais, si le doute n'est pas rsolu, d'o viendrait
je

ment

m'en

serais dj acquitt.

judicium quod gationem.

illud emiserit,

non

teneri ad talis voti obli-

le le

droit d'agir

comme

s'il

l'tait?

En

justice, la socit

le principe de possession , qui en faveur de la libert. Et tout l'effort de Suarez est de justifier qu'on invoque dans le cas ce principe, valide, soutient-il, en dehors mme des matires de justice. Nous assistons cette fois l'introduction d'une rgle juridique en morale comme principe de solution du doute mentionn. La rgle tutioriste venait aussi du droit, et nous avons montr sa validit morale. En ralit, Suarez tente ici d'y substituer, et sur le mme plan moral, la rgle de la possession, qui doit conduire des solutions tout opposes. Sur ce point aussi, nous savons Vasquez en dsaccord avec son mule. Voir col. 471. Mais Suarez l'emportera, et cet usage du principe de possession sera bientt l'un des traits caractristiques du probabilismc. Il y a donc lieu de suivre attentivement sa dmonstration. Toutes les raisons, explique Suarez, qui peuvent justifier ce principe en matire de justice sont de nature le justifier ailleurs. On en dcouvre quatre, qui semblent exhaustives. Et d'abord, par ce principe, il est signifi que l o il y a doute il y a galit entre l'obligation de restituer et le pouvoir de conserver; la pos-

La preuve invoque

est dit jouer ici

dans son rle. Entre ma conscience et Dieu, qui peut me le donner? A moins que Dieu mme ou son glise en son nom ne prononce que le doute dlie, personne ni rien ne peut me dlier. Il y a ici extension une matire o il ne vaut pas d'un principe strictement limit, aux dpens d'une obligation com-

donne

et elle est

munment

considre

comme

certaine.

La

thologie

session confre alors un droit qui fait prvaloir ce dernier parti. Ou bien on signifie qu'il n'y a pas lieu, cause du doute, de changer l'tat des choses. Ou bien que l'ignorance invincible, qui est bien le fait d'un tel doute, excuse de l'obligation. Ou bien enfin que l'obli-

morale vient de faire un nouveau pas vers le juridique. Son objectivisme sculaire en est atteint d'autant. Ou bien, nous disait-on, la rgle de la possession est fonde sur ce que dans le doute mieux vaut laisser les choses en tat. La raison cette fois est peut-tre bonne, et l'on comprend que le souci de la paix ait dict ce principe. Mais, en matire de vu, quel bien y a-t-il laisser les choses en tat? On a promis un bien meilleur: le rendre, il n'y a que l'inconvnient de la privation ou du drangement que l'on s'impose. La transposition dans ce domaine de la rgle de justice ne se justifierait que si l'on concevait l'obligation du vu comme essentiellement onreuse et indsirable. Il est permis de ne point partager ce prsuppos du raisonnement de Suarez et de prfrer le bien de Dieu au dsavantage temporel d'un homme. Ou bien la rgle du droit suppose que le doute en question quivaut une ignorance invincible, laquelle
excuse de l'obligation. Cette fois, la raison est franchement inefficace. Quoi qu'il en soit du droit, jamais on ne justifiera comme rgle de conscience ces quivalences le doute, l'ignorance, la non-obligation. Voici l'une de ces confusions que le soin de la thologie classique fut surtout d'viter. 11 y a un abme de l'ignorance au doute. Ignorer, c'est ne pas savoir. Douter, c'est hsiter fixer son jugement sur l'un des partis possibles et, si l'on tient que c'est aussi ne pas savoir, du moins est-ce ne pas savoir en des conditions absolument diffrentes de l'ignorance. Rien n'est mortel
:

gation tant chose onreuse en soi, elle ne s'impose pas si l'on n'est pas assez certain. Cette philosophie de la rgle juridique ne parat pas incontestable, et l'application qu'en fait Suarez au vu est certainement illgitime. Que le doute, tout d'abord, signifie une galit entre l'obligation de rendre et le pouvoir de conserver, on ne voit pas d'o l'auteur

477
<ic

PROBABILISME. AVNEMENT, JEAN DE SAINT-THOMAS


comme
la

478

une juste apprciation des choses

ngligence

ces distinctions lmentaires et capitales. Trans:

crivons ici le raisonnement de Suarez, o par le moyen des mots sont assimiles des choses htrognes

proposita vel promulgata homini; unde, cura obligatio non urget donec sit ex se onerosa et quodammodo odiosa, certius de illa constet. Neque contra hoc urget aliqua ratio. quia tune rvera non est contraria pars tutior in online ad conscientiam neque Ibi est aliquod dubium practicum nec

Qui habet du!>ium negativum voti, rvera non scit se tiabere votum; ergo habet ignorantiam negationis de tali voto. Ad hanc enim ignorantiam non est necessarium scire votum non esse; salis est non scire votum esse...

periculum. Ibld.

(Ile
celles-l

drision

droit lui-mme.

Sous prtexte donc que dans le doute on ne sait pas, conle doute ne ferait plus qu'un avec l'ignorance, qui que siste aussi ne pas savoir. Il faut dire l'inverse
.1
-,

des applique une rgle contraire

intresse les opinions relatives au Suarez distingue tris nettement de opinions au traitement desquelles il
:

savoir se vrifie selon deux

modes

Quando opiniones versantur circa rei ipsas an sint natune ni condition!*, sape tenetur borna pnefern
quando
lum

talil

irrductibles,

qui son! l'ignorance et le doute. Le caractre commun deux tats de l'esprit esl qu'on y est priv d'un Mieni terme; mais, de l'un l'autre, quelle diversitl Le vice du raisonnement est de rduire un seul
i

nionrni certain probabill et probabiliorem minus probabili, SCilicet ex justilia vel cantate tenetur vitarc d.imniini vel 1111 ommoehun (piod in re ipsa subesl. vel pericuejus.
//'ii/..

p.

I.'.l!.

:oncept ngatif,

comme

Prenons acte de l'exception, qui restreint en


probabilisrae de
qu'il

effet le

si

non blanc voulait

Suarez,

comme

il

limit

dj

la

toujours dire noir. Ou bien enflnlargle juridique esl fonde suruneconep1 Ion de ^obligation comme onreuse, qu'il faul donc reindre el n'impose que si elle est certaine. Mais une telle considration ne peut avoir cours en morale L'obligation n'y esl pas plus onreuse que le bien, sou objet. Il n'j a d'odieux en morale que le mal. Nous retrouvons l'esprit dj pr ent dans le second argument ci-dessus. Fonder l-dessus la non-obligation du doute est pour le moins hors de propos. Mais on CODD prend que chez qui est imbu de cel esprit les Ment le tour que nous apercevons ici. Nous entre voyons (pie le probahilisme ne consiste pas seulement
i

libert revendique

dans le doute. Mais la justification en propose ne fera que confirmer notre principale
:

objection

(oniuin iiur e\ dlOerentia tnter ludlchim de jure vel de le. Sam piiiuum diclf ordmein ad oprrantrm et ouinino toiiii periculum malttiss; lecundiim vero dleil ordmem ad rem Iptam ri non tolUt periculum dtriment! <pi.d eat m
//Ml/.

en des thses. Il exprime un gnie nouveau dans la thologie morale. I.a page (pie nous venons d'analyser signale donc, uns nous, un moment dcisif dans l'histoire qui nous suivons. Le tutiorisme mdival et traditionnel \ est radicalement vince. El l'Opration consiste eu somme en la cration d'une zone rflchie de la cous morale, ou rgneront dsormais des principes
i-

Sous l'apparence d'une raison, n'est ri- pas in l'aveu d'un des prsupposes constants de Suarezl Et pour tant m h- droit m 1.1 bu m- dpendent de l'apprciation du sujet. Il n'est pas vrai qu'on s'abstient de les offenser en effet pane qu'on a dcid que telle ailloli lie les offensait pas. Pour n'tre pas absolument Inflexibles aux conditions de la conscience, nous l'avons dit, les rgles morales n'ont pas nanmoins la souplesse pie
Ici Mianz. El la cause eu est qu'elles m- retr pour leur compte a la ralit. En sorte que l'antithse mme du fus et de la res que le texte fait valoir est dj contestable, et c'est .m bnfice de l'ordre moral entier qu'il y a lieu d'tendre cette exception au probahilisme que reconnat Suarez. li l'tude de la conscience scrupuleuse, nous ne relverons rien, Sauf peut tre une tendance- prononce a l'indulgence. De ce qui prcde, M ressort assez que contribu pour une part capitale a l'avne Suarez ment (lu probahilisme. Ses lirses nr sont pas le simple dveloppement des donnes qu'auraient fourmes un Mdina ou un Vasquez. Elles lui appartiennent en proce thologien dans son sens 1,. plus pre i mritent fort, pu rapport aux doctrines qui nous occupent, le titre d'initiateur. Dsormais, les thmes sont poses dont est fait le prohabil isiiie. Au passage, on aura reconnu dj chez Suarez lui mme quelques-uns des principes lavons de s. uni Alphonse. Av.inl de suivre la

leur prle rent

auxquels, sans que rien soit chang rellement, on dclarera le doute couvert en cerl il ude. le mot de pi .1 tique rserv celle ci devant la doter du eai., m; en compensation, on appel requis d'un lera spculatif le doute antrieur la rflexion, et qui ne fail (pie reprsenter le rapport de la conscience a la vrit. En l'tude de la conscience probable, au trait des 1rs humains. Suaiez 'nonce des propositions apl'.i a distinction du renies a celles qu'on vient de lire. probable et du douteux, hritage du Moyen Ait. perd d'ailleurs de plus en plus de son intrt. Et, comme
i

<

1.

.1

nous signalions chez Mdina ou Vasquez la facilit nouvelle le passer du doute a la probabilit, dans la position de SuarCZ on tendra a traiter la conscience probable selon les rgles labores pour le doule. Dj les dnominations de doule positif et de doute ngatif, rencontres ci-dessus el volontiers employes par Suarez, tmoignent cette attraction du probable dans la sphre du douteux. Au fond, la seule rgle d'action devient celle certitude pratique dont nous parlions l'Instant, en laquelle le probable non moins que le don leux sera aisi ment converti. Aussi, avant expos les diffrentes doctrines relatives l'usage moral de la il probabilit, Suarez nonce
1 :

diffusion
il

cl

les

esi

utile

d'examiner
1

vicissitudes de cette thologie nouvelle, la position d'un grand tholo

gicn qui, s'il n'a ien cr en ce domaine, a confirme de son autorit et de son nom dans une cole illustre une doctrine qui J esl en ralit absolument cirai, Comme les prcdents, l" Jean de Saint-Thomas. pis de l'Espagne, la terre d'lection du probabl il est Usine. Son Cursus theologicus est repute l'un des coin

Primo quotiescumque est opinio probabills hanc actio tiem non esse matant vel pioliibilam vel pi :ecept .un. polcsl aliquis lonuaic conscicnliani certain vel practicain conforme!!! tali opinion!. De bon. et mal. /non. ne/., disp. XII,
sn
t.

VI, t. IV, p.

151.

mentalres les pins pntrants de la thologie thomiste. Il renseigna a Alcala. a l'universit principalement, de lti:!ii a 1643. L'dition en fut revue par l'auteur 11' ivoir NVII1 de la 644), jusqu' la disp l'art. .h v\ m Svini rHOMAS, t. vin, col. 803). L'tude disp. Nil, au de la conscience forme en cette partie
I
I

El la justification de celte rgle nous ramne l'une des thories ci-dessus exposes, nous dcouvrant le mme esprit :

Quamdiu est judiclum probabile quod nulle sit lex prohl bens vel pnreipiens actioncm, lalis lex non esl sullicicntcr

Vives, t. VI, un; 193). Celte lude est trs ample, la manire de l'auteur. el divise selon les chapitres ordinaires. Certains ments v relvent de la tradition thomiste: d'autres, du travail thologique postrieur au Moyen Age, mais
ternie
p.

du

trait des .nies

hum. lins

(d.

479

PROBABILISME. VNEMENT. JKAN DE SAINT-THOMAS


La
loi

.80

conforme son esprit. Avec cela, on ne peut mconnatre que Jean de Sainl Thomas soil Ici pntr du gnie de min temps, et nous ici rouvons en cette dispute les traits distinctifs du probabilisme tel 'indu l'labora
en quelques mies des pins grandes cbaires <lc thologie sont en de la Pninsule depuis Mdina. Les art. 3 el ce sens particulirement significatifs. Selon not re hologien, on peut agir avec une probabilit pratique, bien que l'oppos apparaisse plus
l t

probable et plus sur , a. 3, n. I. mme si la partie contraire apparat plus sre eL plus probable , n. 5, mme si l'autre partie semble plus sre et mieux garantie ou plus probable . N. 10. Sur le sens de ces propositions, un texte te toute incertitude
:

Respondetur non teneri aliquem sequi quod prudentius apparel neque ex parte rei cognitse aut volitae, aeque ex parte modi cognoscendi, iil est neque ex parle melioris medii ad aliquem linciu. quia potest eligere mdium sullicicns et utile, nec tenetur semper eligere utilissnum et optimum: neque ex parte directionis seu modi cognoscendi, quia non
tenetur quis esse prudeiitissinius et majori claritate vel scientia procedere dummodo sulcienti prudentia utatur, ila ut temerarie et imprudenter non procdt. Neque hoc est signum animi parum lirmi, siquidem habet suflicientem lirmitatem qui prudenter procedit et non temerarie, licet non habeat maxiniani firmitatem et perfectionem prudentiae.

Uni!., n. 12.

Amplification dialectique de l'argument de Mdina. Il est vrai qu'il sufft d'tre prudent et bon, sans l'tre au superlatif. Mais choisir le moins probable de prfrence au plus probable, n'est-ce pas ne plus tre prudent du tout? Comme chez Mdina, il y a sous ce raisonnement une notion altre du probable; aussi, l'auteur entreprend-il sans retard une dmonstration tout fait significative en faveur de la thse ainsi nonce
:

douteuse en son existence ainsi que le vu loi prive) dans les mmes conditions ne causent pas l'obligation. A. :s, n. 21. Sur le voeu, voir encore le commentaire de la il il disp. XXIX, a. lin. Jean de Saint Thomas introduit ce principe fcheux en sa topique par ailleurs intressante de la probabilit. Il avoue en toutes lettres que la loi enellet est une chane (pie nous imposons a l'infrieur, le rduisant pour ainsi dire en servitude et obissance; or, dans le doute relatif a la Servitude et a quelque pnible Obligation, chacun possde sa libert i. L'hritage suarzien est ici manifeste en l'un des plus constants adversaires de Suarez. Ajoutons (pie. plus strict que ce dernier, notre auteur ne dispense pas de l'obligation si le doute est relatif au sens de la loi. Il tient aussi, comme Suarez l'avait dj fait, que le doute sur l'application au cas prsent de la loi laisse celle-ci sa force, moins, dit-il, que ne soit vidente la ncessit de l'exception. De Suarez (qu'il nomme d'ailleurs parmi d'autresi drive aussi chez Jean de Saint-Thomas le principe de possession rig en instrument de rsolution des doutes. A. 1. A ce principe est mme trs nettement ramen le principe tutioriste (auquel son pass mrite des mnagements), en des termes, il est vrai, assez expditifs puisque la possession permet de trancher le doute en faveur du possdant, n'est-ce pas dsormais le parti le plus sr? On en vient se demander si ces thologiens d'autrefois n'avaient pas leurs heures d'ironie. Il est
(qui est une
.

,'i

repugnare circa idem formari diversas et oppositas sententias probabiles etiam practice, quia neutre alarmt aut negat absolute veritatem sed soluni probabiliter aut
fallibiliter. Ibid., n. 44.

Non

La dmonstration, n. 38-53, revient ceci Il n'y Ceci m'apa pas contradiction qu'un homme dise parat vrai , et du mme objet en mme temps Le contraire m'apparat vrai aussi. Car il peut y avoir des apparences dans l'un et dans l'autre sens. La probabilit, on le voit, est clairement rduite n'tre qu'un jugement sur les apparences et non plus sur la chose. En logique et en morale classique, une opinion est exclue par sa contradictoire. La fameuse formido ne se comprend du reste que si l'esprit est engag l'endroit du rel. Pour qui se contente de dire Ceci m'apparat vrai , aucune crainte n'est en jeu; car il est certain que ceci lui apparat vrai. L'tat de l'esprit auquel s'arrte Jean de Saint-Thomas et sur lequel il entend rgler l'action est antrieur l'opinion vritable. Il opre une interruption indue du mouvement naturel de l'esprit, lequel tend au rel et ne juge des apparences qu'en vue de s'engager quant la chose. Il est arbitraire de rgler l'action sur un jugement qui n'appartient qu'au temps d'laboration de l'opinion. La manire de ce thologien est moins crue que celle de Vasquez, lequel disait sans broncher Agissez rencontre de votre opinion pourvu que ce soit selon l'opinion probable des autres. Cette fois, on nous invite suivre notre propre opinion, mais il s'agit d'une opinion relative l'apparence et qui peut subsister dans l'esprit avec sa contradictoire, c'est--dire, pour parler franc, d'une opinion avorte. Mais, dans les deux cas, l'autorisation de choisir le moins probable mconnat la nature de l'esprit et compromet la vrit de l'action morale. A son tour, Jean de Saint-Thomas excepte de la rgle qu'il vient d'tablir les cas o est engag le bien d'un tiers; il veut qu'on agisse alors selon le plus probable.
:

clair que la considration du pril objectif, me du tutiorisme mdival, a cess chez un Jean de SaintThomas d'tre un principe dterminant de la conduite. Pour justifier cet usage du principe de possession, notre thologien invoque une ide de la volont comme possdant sa libert et son indiffrence, et de l'obligation comme l'en dpossdant. Comme si la volont tait la loi dans le rapport du possdant au prtendant, et non du principe d'action sa rgle. Une mtaphore cette fois soutient le raisonnement; Suarez fondait l'un des siens sur un mot. Le thomisme du clbre commentateur fut donc permable aux influences de son milieu et de son temps. L'intention gnrale d'une entire fidlit saint Thomas n'est pas douteuse chez ce thologien. II ne s'accorde mme pas la libert d'abandonner son matre sur des points particuliers. Avec cela, il se trouve dfendre les thses les plus contraires l'inspiration comme aux textes de saint Thomas dans le moment mme o il croit commenter celui-ci nous venons d'en relever un exemple, qui prend toute son acuit dans l'exgse du Quodlib. vin, a. 13, entendu par Jean de SaintThomas au rebours du sens original (voir notre art. claircissements...). Nous ne croirions pas que ces exemples abondent et nous pensons que la pntration du commentateur a heureusement exploit maintes ressources de la doctrine thomiste. Mais il faut aussi les constater quand ils se rencontrent. Qu'on ne s'tonne pas outre mesure de les rencontrer en effet! De saint Thomas son commentateur du xvn e sicle, il n'est pas sr qu'il y ait une tradition d'cole sans rupture ni mlange. De plus, ce thologien ne retourne pas saint Thomas, comme nous l'entendons aujourd'hui, mais il le commente, en fonction d'un milieu doctrinal dtermin, o lui-mme volue. D'o cette large infiltration trangre en son thomisme. Sans rien crer, Jean de Saint-Thomas a par l contribu la diffusion du probabilisme parmi les thologiens s'autorisant du Docteur anglique, jusqu'au jour o les excs du systme leur auront rvl la mprise. Autour des grands noms que nous venons de citer gravitent certainement en ce temps-l maints auteurs moindres, collaborateurs de leurs initiatives. Voir, par exemple. A. Schmitt, op. cil., c. m-v. Il importait de
:

481
dgager sur
les

PROBABILISME. PROSPRIT, LES THOLOGIENS


cas plus illustres
la

582

tonnai ion progrs

sive et la nature propre du probabilisme, duquel aussi l)icn ces professeurs influents, ces thologiens rputs, oui la responsabilit principale. Une ironie de l'his
toire <i voulu que la Somme de saint Thomas leur ft l'occasion de cet enseignement. Une autre, que ces thories nouvelles vinssent des matres en doctrine, non des juristes ni (les praticiens. L'ordre des prcheurs
cl la

Compagnie de

.Jsus ont

ici

collabor, plus dpen-

dants l'un cl l'autre on ne sait de quel esprit nouveau dconcertant, a quoi l'Espagne est principalement hospitalire, que fidles, chacun pour son compte, des doctrines spcifiques. Vasquez est [dus semblable a Mdina, Jean de Saint-Thomas a Suarez. lai ces Conditions, le probabilisme ne peut (pie crotre et pins prer. Il est sur le point de connatre en effel le temps de ses plus glorieux destins.
et

nion probable, en laissant de ct la plus probable. l'A il ajoute qu'avec Mdina beaucoup de thologiens, entre autres les thomistes, sont de cet avis. Sccunda parte de /</ Summa..., 1605, tr. VIII, c. xxii, concl. il. d. latine, Tournai, 1636, p. 558-560. Grgoire Marlinez, 0. I'. ('' 1637), auteur de Commentaria supra I il Valladolid, 1617, est rput avoir lch beaucoup les rnes de la probabilit Contenson. Theologict c. n. mentis et cordis, I. VI, diss, Martin Becamu, S. .1. 1624), avec qui nous quittons l'Espagne pour les universits de Vienne et de Mayence, s'est arrte plus longuemi ni sur le problme en sa Theologia scholastii a (l^d., 1612), oles mal ires sont distribues selon l'ordre de la Somme de saint Thomas. Il traite de la conscience a l'endroit corres.

m.

L'expos
('.es

s'est

inspir des source qu'on > cites a mesure.


1 ,

du probabilisme oui de discute dans vaux relatifs a Salamanque cl a Mdina, cits a la


origines

les ir<jlin

du

prcdenl chapitre. L'ouvrage cit d'A. Schmitt avait dj


trait le mme problme. tude spciale :E. Ruffnl Ivondo, // possesso ni lin leologia morale post-lridenlina, dans Rivisla di storia del (liriiin Ualiano, t. il, fasc. 1, 1929; lin part,
.i

Home,

:(8 p.

Des tholoII. Prosprit du probabilisme. giens qui les ont labores, les doctrines nouvelles se communiquent chez leurs confrres, et nous en relve rons des tmoignages. Mais, relatives a la conscience morale, elles suscitent l'attention de tous ceii\ qui,
sans tre

a q. kix, a. 5 (part. II. c. iv, q. vi-x, Op. omn., t. i. Mayence, 1630, p. 219 225). un trOUVe les thses et les preuves (pic nous DnnaiSSOnS, avec ce surcrot d'un beau raffinement ou s,- dcouvre de mieux eu mieux l'esprit dj signal Notre sentence est aussi probable (pu- la contraire. Donc, il est pratiquement permis de la suivre autant qui autre. Donc, elle rend sures toutes les autres opinions probable. Et avec cette aggravation quel'auteui pei met le choix d'une opinion probable l mme ou l'on dispose pour ((induire ,i, n. ,n d'une science certaine la raison en est qu'outre cette opinion il v a de, principes pratiques d'o l'on peut clairement dduire que
I
1 1 .
<
: i i

pondant

l'un et l'autre parti sont

pratiquement

s.

I.a

proprement
:

des
et

ans

rgles

le conscience doctrines lut considrable, dterminant une mthode nouvelle qui se rservera dsormais le titre de thologie morale et favorisant l'closion d'une casuistique len siblemenl diffrente de celle (pie nous avons ci dessus rencontre. Jusqu'aux premires grandes ractions. en 1656, te pi nbabilismc s'tablit ainsi dans l'enseigne ment et dans l'usage, peu gn encore par les querelles et les rsistances isoles auxquelles il donne lieu durant

de conduite par la. nous

thologiens, B'intressenl a la Solution des cas de verrons, l'influence de ces

diffrence de l'honnte (o l'opinion probable est une rgle sre) et du rel (o souvent ou choisira la plus

probable)
dides.

est de mmi exprime en ter s En somme, nous taisons l'honntet;

trs
'-n,

can

commode
Me son
la

de la rflexion ct, Franois Siloius, un sculici professeur a l'universit de Douai, dliai les questions

a notre consi ience; elle nat

(il le priode.
/./ .,s /. TBowaisim. La plupart des thologiens de ce temps commentent en leurs cours cl en leurs crits la Somme de saint Thomas. N'attendons pas qu'ils conservent ou plutt retrouvent la morale que nous avons expose au dbut. Dsormais sont enregis tiers comme patrimoine de la thologie, sans distinction d'coles, les nouveauts (pie nous s.ivnns. u |,n| dpouillement des ouvrages nous le montrera assr/. l'eu de chose encore cluv. Grgoire de Valence, s. .1.
(

conscience dans s, s Commentarii Siimmam homee, louai, 1620 1635, a l'endroit ordinaire II", q. xix. a. "m. Et, s'il maintient le principe dututio risme au chapitre de la conscleno douteuse, M eu affaiblit beaucoup l'efficace en agrant aussitt ..pies le choix de la moins probable, silvius entend qu'elle soit vert probabilis, se gardant ainsi de, ex< es prai iques dont est menace cette position mais h accueille sans rserve la notion nouvelle du probable, allant [usqu' dclarer aprs Vasquez (pie l'homme docte, quand une opinion est rellement probable, la peut suivie contre sa propre opinion; bien plus, conseiller tes autres dans
I).
I
l
1

de

le

de due

sens. Significative aussi chez bu cette faon redire que l'opinion probable est sre, alti ration de l'ide tout objective de la scurit au Moyen
cl

mme

1603), de qui les Commentarii theologU p. naissent en quatre tomes, de 159] 1597, Ingolstadt, o u enseigne. Rencontrant l'lude de la conscience a pro pos de [a ||e q X N ;l ;, j| invoque Navarre, sans rien dire de Mdina, pour justifier qu'on puisse sortir du doute en choisissant une opinion probable, quoique
( i
,

non plus probable cl plus sre, choisir cette dernire tant seulement de conseil en matire de roi et de murs. A mesure qu'on frquente cette littrature, l'impression grandil que la proposlt ion de Mdina tait pour ainsi dire dans l'air et que ce thologien a donne leur formule des apprciai ions di uses ipii v tendaient. Une conclusion plus prcise chez Pierre de Ledesma, <>. 1'. (y 1616), titulaire de la chaire de Vpres Sali
11

de 1608 a 1616 (voir son article, t. i\. col. 126), o se retrouve l'enseignement exact de Mdina. Car, demandant si le juge, en prsence de deux opinions juridiques ingalement probables, peut choisir la

manque

moins probable,
!il,

tive (qu'il attribue entre autres

mais
le

il

avoue d'abord que la rponse ngaBanez) a sa probabi dcide ensuite (pie l'affirmative remporte
il
:

selon

droit divin cl naturel, le juge peut suivre l'opi


.

Age. saut l'absence de l'axiome de la toi douteuse qui n'oblige pas ci une mention brve du principe de pos session, nous observons donc la facile invasion des doc irines nouvelles chezee commentateur de saint homas. Marc Serra, <>. P. 1647), (pu nous ramne en Espagne, n'est pas ns dcevant en sa Summa // l>. Thomte, dite d'abord menlariorum i a Valence avant de paratre a Rome en 1653. \u mme endroit, q, xix. a. il donne sou halte de la conscience, ou il permet de suivie l'opinion probable, mme si elle n 'cst pas plus probable et plus STC. Mais l'Opinion t\'y\u seul docteur, imprime dans un mu approuve, est elle de ce hei rendue probable, comme certains l'affirment (voir en effel c il. 18 r' Je ne rais pas facilement, dit Serra, car. encore que peut tre l'Opinion publie d'un tel auteur s,,,t cense pro bable, ce n'est point a cause de son autorit, mais parce que d'autres, probes et doctes, ne trouvent rien qui rpugne a sa probabilit Ibid., dub. iv. t. i. Rome, moins voit on vers ou VOgUe le pro 1653, p. 116. babilisme. Serra n'est pas moins libre en matire de sacrements. Dans le cas d'un doute sur la loi. il tient
i
:

"m

.">.

li

> 1 1

DICI

DE

IIKOI..

CATHOL.

XIII

ld.

483

l'KOB Alill.ISMi;. PKOSPKIUTK,


faon
les
t

LES MORALISTES

i84

pour la non-obligation; et quand mme le cloute con cerne l'application au cas prsent (l'une loi d'ailleurs certaine, il estime seulemenl p) us probable l'obligation .J'ai lit plus probable, de choisir le plus sr, ajoutant car le contraire ne manque pas de probabilit, soutenu par de nombreux et graves docteurs. Ibid., dub. v, p. 137. Dj Suarez parall svre. A son tour, un compatriote de Serra, -Iran Ildefonse Baplisla, 0. P. t 16 18), titulaire de la premire chaire de thologie l'universit de Saragosse, el qui publia en 1646, fruit d'un enseignement de plus de trente annes, ses Commeniaria et disputaliones in I //', verse dans les thories du temps, au cours du long trait de la conscience insr q. xix, a. 5-0, t. m, Lyon, 1048, p. 377-005. Son probabilisme notoire devait plus tard lui attirer des reproches dans son ordre, encore qu'il et publi son ouvrage, dont le mrite est par ailleurs certain, sur le commandement exprs du chapitre gnral tenu Home en 1044. Cf. QutifEchard, Scriptores ord. prd., t. n, p. 558. Nous [jouirions renouveler ici les r flexions faites ci-dessus au sujet de Jean de Saint Thomas, tant il est vrai que les commentaires ou expositions de ce temps-l sur la Somme de saint Thomas ne signifient pas une infaillible fidlit sa doctrine. Chez Jean de Ltigo, S. J. (t 1000), qui enseigna principalement au Collge romain de la Compagnie de Jsus, on lit quelques textes qui, sans tre une reprise du dbat, le montreraient touch par l'esprit de son temps. De sacramento pnil., disp. XXII, sect. n, 2, d. Vives, t. v, p. 279 sq.; De justilia et jure, disp. XXXVII, sect. x, d. Vives, t. vu, p. 714 sq. Par ailleurs, texte remarquable, ce thologien a trs bien dnonc, quoique dans une dispute sur la foi et sans se rfrer aux problmes moraux, l'quivoque o tombent certains confondant deux choses croire que cette conclusion est probable, croire probablement cette conclusion. Dans le premier cas, on peut tenir en mme temps le contraire pour probable. Mais, si l'on adhre l'une, on ne peut en mme temps adhrer sa contraire, ft-ce d'adhsion probable. De virl. fidei divin disp. X, sect. i, d. Vives, t. i, p. 340. Lugo en devait plus tard recevoir de l'honneur chez des adversaires du probabilisme (par ex., V. Baron, voir col. 503). Il reste que les thologiens du temps sont unanimement gagns la nouvelle doctrine morale. Un examen plus tendu confirmerait notre enqute, limite aux auteurs plus significatifs (listes dans Hurter, Nomenclator, t. m, col. 588-590, 880-884; pour la Compagnie de Jsus, voir l'art. Jsuites, t. vm, col. 1088-1089). Rappelons seulement, pour conclure ce paragraphe, ne serait-ce que pour son air de parent avec la thologie contemporaine, le passage du Discours de la mthode, o Descartes expose la deuxime maxime de sa morale par provision (III e part., d. Gilson, Paris, 1925, p. 24-25, avec la lettre explicative de Descartes et les claircissements de son commentateur, ibid., p. 242:

ou

hses caractristiques, non sans introduire ici trait personnel et, l'on peut dire d'une faon gnrale, non sans renchrir sur les thologiens
la

quelque

mmes, Chez Jean Azor,


d' Instiluliones

l'tude de la
et entre

jsuite espagnol (f 1003), auteur morales parues Home en 1000, o conscience prend des proportions normes

dans un dtail infini, les rgles essentielles du probabilisme sont admises, encore que le tutiorisme semble tre sauvegard en conscience douteuse; l'tude des cas particuliers l'emporte d'ailleurs dans l'ouvrage

sur la discussion des principes. -Mais dj chez Thomas .Souciiez (f 1610), Espagnol et jsuite galement, nous assistons a un progrs des doctrines en son Opua morale in prcepla Decalogi,
:

ouvrage posthume paru en 1611, il admet, I. I, c. ix, n. 7, t. i, Lyon, 1001, p. 28, que l'autorit d'un seul docteur probe et savant rend une opinion probable et qu'on peut conseiller toute opinion probable, ft-elle contraire celle qu'on tient, pourvu qu'elle soit probable. Sanchez a du reste un don d'exprimer ces tmrits avec la plus grande nergie, jusqu' ce trait o il Il suit de l l'emporte sur Becanus, cit plus haut contre certains novateurs (on notera l'empressement avec lequel les probabilistes indigent leurs adversaires ce nom de neolerici) que, si quelqu'un estimait plus probable la non-licit de l'opinion moins probable, il pourrait encore suivre cette dernire, pourvu qu'il croie probable le droit de la suivre. Il retient en effet, dans ce cas, un jugement dictant probablement hic et nunc que cette conduite est permise. > Ibid., n. 17, p. 30. Les sacrements n'chappent plus absolument aux mmes facilits. Ibid., n. 33, p. 32. Sans tre encore universelle, la non-obligation de la loi douteuse est tendue au cas o l'on doute si telle chose tombe
:

sous la
ici

loi.

Ibid.,

c.

x, n. 32-34, p. 42-43.

Il

y a du reste

auteur des rserves et des prcautions qui rappellent curieusement la gravit de l'ge prcdent. Elles sont moins perceptibles, en dpit de ses formules complexes, chez l'Italien Martin Bonacina, S. J. (f 1031), de qui l'on possde une collection d'crits de morale parus en premire dition en 1021. Voir De legibus, disp. I, q. i, punct. ult., 2, t. n, Lyon, 1078, p. 40 sq.; De peccatis, disp. II, q. iv,
l chez cet

ou

punct.

7, p.

125 sq.

Chez Paul Laymann, jsuite autrichien (f 1635) (voir son article), de qui la Theologia moralis remonte 1626, nous trouvons un texte o l'altration de la notion de probabilit et, consquemment, de l'action morale, telle que nous l'avons dcrite plus haut, est exprime dans les termes les moins quivoques. Il est licite, explique-t-il, de suivre dans l'action la sentence probable. Et qu'on puisse le faire, bien qu'elle apparaisse au sujet spculativement moins probable et sa contraire plus probable, on le dmontre ainsi c'est que cette apprciation spculative, du fait mme
:

2i:>).

Mais les thologiens du type //. LES MORALISTES. prcdent cessent, vers ce temps-l, d'tre les principaux reprsentants des doctrines morales. Le soin de rsoudre les cas de conscience et de guider les confesseurs n'est pas alors une nouveaut; nous avons dit quelle importante littrature est ne de ce dessein depuis le XIII e sicle. Elle poursuit dsormais sa carrire, mais dans des conditions encore inaperues, O elle devient la forme souveraine de. l'enseignement moral, en mme temps qu'elle s'ouvre toute grande aux tho ries du jour. L'importance du sujet et les jugements qu'il appelle nous commandent cette fois de subdi\

qu'elle est incertaine et menace d'erreur, ne peut tre rgle d'action; ds lors, le sujet doit suivre une autre

dans les questions douteuses relatives aux murs, chacun peut agir selon la sentence que des hommes doctes dfendent comme probable et sre en pratique. Et il n'est pas vrai qu'on agisse alors contre sa propre conscience, puisque la conscience ne consiste pas dans quelque apprciation spculative, mais dans un jugement pratique certain de l'action, lequel, dans le cas dcrit, peut tre form
rgle, et qui soit certaine, savoir que,

par rflexion . L. I. tr. I, c. v, 2, Venise, 1710, p. 5. Il est difficile de parler plus net. On voit si les principes
rflexes onl gagn la partie. En dfinitive, grce cette rflexion on agira plus certainement selon l'opinion moins probable que si l'on s'en tait tenu
,

iser l'expos.

1 Le plus grand nombre des moralistes adoptent le Ils en reprennent et noncent leur probabilisme.

l'opinion plus probable. Il est impossible de dire avec plus de force que la vrit objective n'est plus la me-

485
mme plume

PROBABILISME. PROSPRIT, LES MORALISTES


qu'il n'est

486

sure de l'action. Aussi lira-t-on sans surprise sous la

nullement draisonnable qu'un docteur consult signifie son client une opinion estime probable par des auteurs comptents et qu'il est donc permis de suivre, encore que lui-mme soit spculativement convaincu de sa fausset et ne puisse donc la suivre. Ibid., corol. 2, p. 5. Eli matire de doute, Laymann dcide pour la libert ou la loi selon la possession; il est fidle cette rgle qui sauve certaines obligations; mais on s'en dissimule de plus en plus malaisment l'arbitraire quand on le voit en user (comme dj Sanchez, qu'il invoque) de cette manire doutant un jour de jene que la journe soit finie et que minuit ait sonn, on ne peut manger de la viande jusqu' ce qu'on soit certain du fait; mais si le jene est le lendemain, on peut continuer de manger de la viande aussi longtemps qu'on doute raisonnablenu ni
:

l'obligation de restituer, pour tre exempt de celle-ci il en faut venir juger qu'on n'est pas oblig; il ne
suffit pas de juger que les autres estiment qu'on n'est pas oblig, si l'on ne partage soi-mme ce jugement; autrement, on agirait contre sa conscience. iJs lors, si l'on retient sa sentence probable ou plus probable de l'obligation, on pourra tout au plus juger que d'autres ne sont pas de cet av is, mais non se tenir pour non oblig. C'est pourquoi, quand cm veut agir selon l'opinion des autres, on doit dposer son jugement probable ou plus probable de l'obligation, et on le peut puisqu'il n'est pas vident ni clair au point de ravir l'adhsion. Ibid. Conclusion dconcertante, qui ne laisse plus place la probit intellectuelle en dehors de la certitude, mais cpii s'impose pour qui entend maintenir le probabilisme aprs avoir clairement reconnu la notion de probabilit qu'il engage. I.a pense est alors livre a tous les garements. El c'est pour avoir prive- d'abord la pense de sem contrle naturel, qui est la vrit, que les probabilistes, des maintenant et de- plus en plus, se doivent d'ImprOViser toutes sortes de limites, el,- i. ves, de prcautions, epii rendent viable- le- Systme. Il s'ensuivra une- complication croissante- en ce* d"i trilles, dont on Veut peut tre des Ici qu'il n'est juere facile de- les lire-r au Clair. Car c'est le pi obabi isine- quj esl compliqu, et l'ancienne morale- qui est simple, >u mme auteur, retenons encoi tant naturelle-, texte ou l'une cle-s une blsions familires du pmbabl lisine- est Ingnument dfendue. Les doetrurs .m n-, leurs de- quelque liane ne- sont pas tenus d 'enseigne! ce epii leur Semble plus probable, car de telles opinions SOnt souvent moins ;ie| niise-s et prouves, elles MM lent tonnement cm scandale, et ce serait un joug
I

qu'il soit minuit. Ibid., c. v,

4, p. 9.

de Castro Palao, Jsuite espagnol (f 1633), il existe un OpiU morale (1631-1651) qui n'est pas moins riche de passages signi lirai ifs. L'auteur est probabiliste parce que la vie morale, dfaut de ce systme, est un tourment perptuel si vous les tenu, dit-il en toutes lettres, de suivie l'opinion qui VOUS parat la plus probable sans pouvoir vous en remettre l'opinion probable des autres, vous voil livr a mille Scrupules, oblig tout instant de changer votre conduite, puisque c'est tantt une opinion et tantt l'oppose qui vous parat plus probable, l'art. I, tr. I, disp, II, punct. 2, Venise, 1702, p. .V II excelle du reste
:

De Ferdinand

moins probable; rai. a pai 1er formellement, explique-t-il aprs Jean Sanclnv. entre opinions probables, il n'en est pas une qui soit plus sre que l'autre; si l'on dit parfois de la plus pro bable qu'elle esl plus sre (comme disaient en effet cer tains probabilistes pour qui le sr tait suffisant mme en prsence du plus sur), on entend une scurit mat rielle, garantissant contre une Infraction matrielle de la lui mais, quant la scui formelle, toute Opinion
a faire valoir la scurit

de

la

il

elle entrane 'infrac ion L'auteur rivalise' en raffine menl avec 'l 'bornas Sniichc/ quand cm agit, dit-il, d'aprs une opinion probable, du mme coup on agii d'aprs la plus probable, car l'opinion plus probable est qu'on peui agii d'aprs la probable, omise la plus pro lialilc. Ibid. Il reprend a son tour la question de savoir si l'on peui en mme temps |uger probables deux opl nions contraires l'une l'autre. A/or avait la dessus adopl Vasquez; Thomas Sanchez avait renchri sur

pro!

alili- la

fournil,
la
loi.

mme
Ibid.

si

matrielle de

pesant impose- aux inaitle-s s ils avaient l'obligation d'enseigner ce qui leur apparat plus probable. En vc-iin de- cette obligation Us devraient valuer d'asse pies lis raisons favorables a l'une- et a l'autre partie, et souvent l'opl n epu hie-i leur apparaissait plus pro bable, aujourd'hui le deviendrait moins; ils seraient ainsi contraints de changer tous les jeuus d'avis dans leurs crits. Il suffira don, qu'ils enseignent ce qui possde- a leurs veux quelque probabilit. Ibid., puni
n. 7.
|

Sans crire un aussi gros

livre,

Franou

>ir

Lugo,

jsuite espagnol, a son tour publie a Madrid, en

que des raisons Intrinsques non seulement extrinsques pouvaient fonder le second assentiment, puisque celle opinion contraire possde aussi ses chances de vrit, quelle cpie sent a
l'un et l'autre, en disant
et

son propos l'adhsion des doctes; cl ce n'csl point l, concluait -il. adhrer deux contradictoires, puisque
l'intelligence
parlie,

n'affirme pas certaines l'une

el

l'autre
:i

mais affirme l'une et l'autre probables. c'est dire qu'aucune n'est CC point certaine cpie l'une et l'autre ne puissent tre probablement soutenues. o/>.
cil.,

Castro Palao, qui, clairement le sens alors accorde au mot de probabilit, s'en explique comme on va voir. Il re omiail qu'on ne- peut donner eu mme temps deux assentiments contraires, qu'ils proviennent de princl pes extrinsques ou intrinsques. Mais on peut fort bien, poursuit-il, juger Sa propre opinion plus probable et l'autre probable. Or, ce n'est point ce jugement seul
I.

I,

ix, n. 12, p. 29. Survient

VOyanl
i

trs

qui dirige l'action; il n'csl p ,s | e jugement probable (cpie l'auteur revendique comme suffisant), mais un
;

un Discursui prmoiut ad theologiam moralem, ou il de la conscience et du volontaire. Les thses les plus avances lu probabilisme v sont ae vue-il ie-s. comprend ds maintenant qu'Antoine de Etcobar t/ Mendota, a qui nOUS arrivons, en son liber theol moralia (Lyon, 1644; mus l'ouvrage tait dj tics rpandu en Espagne avant cette elate-i n'eut qu'A pui ser en effet dans le- trsor commun de la C.oinpa niede .icsus pour mettre les propositions epii devaient le rendre clbre. Il peui s'autoriser dj de vingt quatre grands noms, qu'on nous pardonnera de n'avoii pas tous relevs ci-dessus. Ne retenons qu'un chantillon du nouvel ouvrage. Quelqu'un agit en doutant si son acte esl pch mortel ou vniel, sac liant seulement que c'est mal. sans pins. Quel danger v a il? Valence dil contre Nasepiev que l'acte commis n'est que pch vniel, car vouloir la malice' en gnerai est vouloir une malice epii n'excde pas le vniel si elle l'excdait, elle ne serait pas commune au vniel et au mortel. Procsmium, examen :f. c vi, n. 36, Lyon, 1659, p. 30. \vant les grandes querelles, un jsuite allemand, Uermonn Busenbaum (t 1668), a le temps de produire sa Medulla theologitt nwralis, dont la premire dition parait Cologne eu 1650. >es ouvrages prcdents,
s'agit
I

>

jugement vident; car il esl vident qu'on juge plus probable ceci, et d'autres probable cela. Et qu'il ne suffise pas de lui-mme rgler l'action, en voici la preuve, Car, si l'on jugeait plus probable par exemple

elle ne

ingue cpie par la brivet et la clart; elle dut a ces qualits sa mande diffusion. Bientt aprs, en 1654, le jsuite sicilien Thomas Tamburtni (t 1675) ediie a Venise son Explicatlo Decalogi, compose sm
se-

ebst

487

MtOHAmi.ISMK. PROSPRIT, LES MORALISTES


i

i, l'ordre de son gnral. Pas n'est besoin, selon celui qu'on soit certain de la probabilit de l'opinion adop

te;

il

suffit
:

qu'on

<'n ait

une opinion probable; d'o

la

probabiliter probabilis, nouvelle varit dans celle flore touffue et que nous voyons, pour- ainsi dire, pousser sons nos yeux, lui fait connue en droit, toute

formule

probable est sre. Et cette rprimande l'adresse des confesseurs svres, taxs d'ignorance ils croient bien faire en obligeant les pnitents restitution; mais si les pnitents avaient voulu savoir ce qui est plus Sr, ils n'auraient pas demand conseil,
opinion
:

les

tant bien capables par eux mmes de le trouver; en y obligeant, le confesseur est donc injuste l'gard de son client qui ne veut ni ne doit restituer, moins qu'il ne puisse vraiment taire autrement. L. 1. c. m, n. 15, Venise, 1683, p. 15. Et, pour justifier ses propres variations qu'on ne me dise pas contraire moimme, proteste-t-il, si l'on s'aperoit que j'approuve maintenant une opinion rejete ailleurs; je ne le fais que dans le cas o je liens l'une et L'autre comme probables; ce n'est donc pas entrer en contradiction avec moi-mme, mais signifier plutt que l'on peut agrer en toute sret ces opinions, comme il plaira. Jbid.,
:

nous les signifie la dist ri but ion de l'enseignement thologique dans la Compagnie de .Jsus, ou ces ouvrages ont surtout pris naissance. Il y a d'une part les professeurs de thologie scolastique chargs d'exposer la Somme de saint Thomas; on leur recommande- de s'en tenir strictement a leur objet et. pour ce qui regarde la morale, qu'ils se contentent de quelques principes gnraux comme en disputent d'ordinaire les thologiens, omettant l'explication plus dtaille des cas de conscience. Institutum Soc. .) ., Ratio studiorum, rgulas professons scholaslieae iln-ol.. t. n, Prague, 17.">7, p. 18 1186. Celle-ci revient en etiel a des professeurs spciaux, dont la fonction est de former de sages administrateurs des sacrements. L'un d'eux expliquera en deux ans tous les sacrements et les censures, les tats et ollices des hommes; l'autre dans le mme temps le Dcalogue, ajoutant au 7' commandement l'tude des contrats. Pour ces professeurs, est dicte la consigne suivante Bien qu'il leur soit absolument ncessaire de s'abstenir des matires thologiques dont la con.

c.

m,

7,

p. 18.

Les auteurs jsuites sont donc d beaucoup au premier rang dans le genre d'ouvrages que nous recensons ici. Nous n'en avons mme rencontr encore aucun autre. Pour nous pargner un jugement exclusif, survient heureusement Jean Martinez de Prado, dominicain et qualificateur de l'inquisition, titulaire de la chaire de Vpres l'universit d'Alcala, qui publie en cette ville, en 1654 et 1656, ses Theulogi moralis quiestiones prcipme, d'un type tout pareil aux ouvrages prcdents. II est moins audacieux dans la doctrine. Combinant curieusement l'ancien et le nouveau, il a l'ide d'invoquer une distinction fort commune per se, on suivra le plus probable; per accidens, il est souvent permis en pratique de suivre une moins probable, du moins sera-t-on souvent excus de la suivre. Il admet au for de la conscience le principe de possession. L'auteur est de son temps, tout en tchant de ne pas trahir le pass. Son bon fond apparat mieux dans l'appendice dut. il (1656), o il institue une critique de la Tlieologia fundamentalis de Caramuel (voir col. 492), ra:

nexion avec les cas est pour ainsi dire nulle, il leur faudra nanmoins dfinir brivement le moment venu des notions thologiques d'o dpend la doctrine des cas, dire par exemple ce qu'est le caractre et combien il y eu a, ce qu'est le pch mortel et le pch vniel, ce qu'est le consentement et choses semblables. On leur recommande en outre de justifier de telle sorte leurs opinions que, si quelque autre est probable et munie de bons auteurs, ils aient soin de la signifier aussi comme probable. Ibid., Rgule professons casuum conscienlim, t. n, p. 192-193. Une ordonnance de la VIIe congrgation gnrale, au commencement de 1616, prvoyait expressment l'adjonction aux leons d'criture sainte et de thologie scolastique, dans les collges de la Compagnie, d'une leon de thologie morale, o soient expliques ex professo et solidement, quoique avec concision, les matires morales qu'omettent ou ne font que rapidement toucher les professeurs scolastiqueDecr., xxxin, Institutum, t. i, p. 599. Les ouvi dont nous parlons sont videmment le fruit de l'enseignement ainsi dfini. Ils procdent donc du dessein d'organiser l'tude des cas de conscience selon un statut propre et distinct. Rien que de trs lgitime dans le propos d'initier
.

gissant ainsi contre l'un des pires excs des doctrines la mode. Sans ajouter de nouveaux noms, d'autant que ces auteurs se doivent beaucoup les uns aux autres et demandent tre apprcis dans leur ensemble plutt que sur la contribution personnelle de chacun (malaisment discernable), nous sommes en droit de rflchir quelque peu sur l'effort et les tendances dont tmoignent les ouvrages relevs en ce paragraphe.
2 Tendances gnrales de ces auteurs. Dans la littrature qu'explore notre tude, leurs ouvrages sont un genre nouveau. D'une part, ils ont une destination pratique et entendent diriger principalement le ministre de la confession. En cela, ils ressemblent aux Summse ils en ont et les confessorum des sicles prcdents matriaux et leur traitement casuisl ique. D'autre part ces ouvrages tendent se muer en thologies morales. On aura remarqu (pie, d'un si grand nombre de Sommes des confesseurs parues depuis le XIIIe sicle, aucune jusqu'ici n'a revendiqu le titre de thologie; l'pithte mme de morale ne fut prise (pie par la Somme de saint Antonin (dont nous avons dit qu'elle glissait vers la confusion des genres). Entre ces ouvrages et les livres (le thologie, on ne peut se mprendre, et, s'il y a communication des uns aux autres, c'est pour autant que les sommistes, comme il est biensant, s'inspirent des thologiens. Celte fois, nous trouvons sur plusieurs des volumes ci-dessus recenses thologie morale . Le fait n'est pas fortuit. le titre de 11 rpond une conception et un dessein tels (pie
:

futurs confesseurs leurs fonctions spciales; rien trs louable dans le soin d'ordonner un tel enseignement selon ses exigences propres. Il y avait liea cependant de prvenir quelques dangers. Il tait craindre (pie la thologie morale , comme la nomme le dcret de 1616. devenue un enseignement spcial, ne prt une autonomie indue l'gard de la thologie scolastique o sont traites, qu'on le remarque, les matires morales de la IDpars de saint Thomas; que, ds lors, la thologie scolastique ne ft considre comme n'ayant qu'un intrt de spculation, y compris en ses matires morales. Le danger s'est vrifi. L'un de ces enseignements perdit de plus en plus ['efficace pratique, qui lui revient cependant de droit, civ la thologie est une seule science, et ses doctrines, surtout quand elles touchent des questions comme la lin dernire, le pch, la grce et autres semblables, sont appeles rgler la vie chrtienne. L'autre, au contraire, usurpa d'autant le gouvernement de la conduite morale, soustraite ds lors aux grandes influences spirituelles que vhicule la thologie, sou ce rgime spcial (pie dfinit justement le trait de la
les

que de

du nouvel dipar l'introduction dans philosophie mol'ensemble de l'enseignement d'une laquelle fut rserve de plus en plus l'tude des rale principes fondamentaux de la vie morale. Cf. art. Jsuites, col. 1089. Voir les rgles du professeur de philosophie morale dans le Ralio Studiorum, Institutum,
conscience, devenu
fice,

la

pierre angulaire

l.e

phnomne

fut facilit

489

[PR0BAB1LISME. PROSPRIT, LES CASUISTES


ginel
el

490

195-196. Il se trouve ainsi que la thologie l. ii. p, morale, telle que le type s'en esl affirm alors el a prvalu jusqu'il nos jours, est marque de certains caractres, qui sonl prcisment ceux des ouvrages dont nous parlons. Le premier est un amoindrissement le l'exigence scientifique. Os ouvrages ordonns l'utile se contentaient de juxtaposer les matires en un ordre principa lemenl pragmatique. La synthse en est fort incertaine voir, par ex., les variations des auteurs sur la place du trait de la conscience; cf. B.-H. Merkelbach, Quelle place assigner au trait de la conscience? dans Rev. des
(

L70-183). Dans le trait. xii, 1923, p. des quesl ions, el celte l'ois en vert u des liones de la conscience, admises connue on a \u par ces auteurs, ils procdent moins par dtermination de la vrite que par juxtaposit ion des opinions en cours. Nous touchons ici la consquence en mthode thologique de ce dplacement signal de la rgle d'action, o le soin
se.

phil. etthol.,
ni

de

la

morale devient

.a thol vrit perd son primordial intrt. de prfrence un recueil d'opinions,


I

propre de l'homme. Nous avons dit (col. 175), de celle conception el combien elle tait passe dans les ouvrages dont nous parlons. Loin que morale soit la promotion d'un bien dsirable, .11 elle applique une loi qui est un quid odiosum. D'o l'effacement d'un trait comme celui de la lin dernire. D'o la prfrence donne a une organisation selon les prceptes. Quand bien mme on retient les vert os, prit est celui-l. D'o cette tche sp< ifiquede mesurer aussi exactement (pu- possible l'action a taire, en vue de limiter l'obligation et de mnager la libert; tandis que l'ancienne thologie proposait a l'homme les biens (pii lui conviennent. Il est bien vrai qu'une thol principalement casuistique se doit d'tre attentive a lac Mon particulire et d'valuer surtout les pchs; mais n'y peut on mettre un esprit et viv ilier mme es omme recherches? Ces ouvrages y ont manqu, ils sont aux nouvelles proccupations. Entre autres consquences, cette limitation inflige a la thol morale devait conduire a l'mancipation de ce qu'on appelle maint eiianl la thl tiqUe el mystique.
l'origine
i
.
l

(lasses selon ce qu'on appelle leur probabilit. D'o l'absence de ces qualits de prcision el de dcisionqu'on

autrefois contenue dans l'unit de

la

science tholo

gique

et

de son inspirai
'

Mais qui songerait dsori

matires concrtes, chez pu voir (col. 185) quelle ide se l'ont les nouveaux ailleurs de l'cllort Intellei tuel el de la fermet de l'opinion dans l'esprit, lu tho logien jsuite s'en plaignait ds 1591, llmri Htnriquez, professeur au collge de Salamanque, dans le prologue lis intressant de sa Summa thologies moralis, parue ne pouvoir mieux faire, lors en 1591 ... Ils croient qu'ils ont cit le tenanl d'une opinion OU rapport une raison probable, (pie de prsenter l'une et l'autre sen leucc comme probable el sre en pratique; dans cette pense, ils commandenl a l'avocat, au juge ou au cou l'esse m de dormir traiiquillcmcnl sur l'une el l'autre oreille. A quoi bon la vrit puisque le probable suf I.'objel mme el donc la liai lire de la thologie lit'? morale oui chang. Voil jusqu'o porte l'amoindris sment signal de l'exigence scientifique. Le second caractre est qu'en celle thologie on ne lient plus gure compte de la culture morale de l'homme. Il esl dtl celte l'ois aux proccupai ions cas uis tiques des ouvrages dont nous parlons. On y fournit des solutions, el leur gloire esl d'embrasser ions les cas
les

pouvait admirer, jusque sur thologiens d'antan. On

les

a rgir la \ ie spint ne Ile selon le'ad ion morale Il ressort de ces observations que la thologie morale - venons d'aujourd'hui, hritire des ouvrages que de voir paratre, est en " alit dan- la suite des anciennes Sommes des confesseurs et non de ce qu'on appelait jusqu'au \\n- sicle thologie morale, laquel demeure pour ainsi due eu disponibilit; et que la mme ou sont rcuses bs thses formelles du pp biilsme, l'empreinte de celui cl demeure visible en <cdivers caractres que nous avons brivement indique-..

mais
l

Voir l'art. Moral: ( Thologie), t. x, col 24 fui le ceux dont nous \e ///. / / 18U18TE8. nous de parlei ont rang de asuistes en e temps d'innombrables ailleurs. Vvec ou s. m-- prtention de thologie morale, se multiplient alors les resolutionei ohm iciu es sonl de toute simili. Les exploiteurs des
.

<

ioi,e.

Ils

crivent en latin ou en langue vulgaire,

fis

adressent aux pnitents

arborent cette prtention ds leur titre. comme des Instituliones mura les in quitus universse qusestiones ad conscienliam recte uni prave factorum pertinentes breviter tractantur; Laj manu dii du sien Theologia moralis in qulnqut libres pariita, quitus materise omnes practiese cum ad exlernum ecclesiasticum tum internum conscientise forum spec tantes, nova methodo explicantur, el Tamburinl Explipossibles.
Ils

\/oi prsente son livre

confesseurs buis Sommes, leurs Trsors, leurs (.lutines. Certains disser tent encore du probable et du douteux; d'autre* s'appesantissent sur des matires particulires, comme le bre entre tous est le jene, les contrats, le mai bornas volumineux De s. malrunnnii sacramento (le

comme aux

calio Decalogi... in

<jiki

omnes

fere conscientise casus...

declaraniur.

bien de vouloir diriger la pratique, mais celle-ci ne consiste pas dans la seule applica lion des solutions. Elle procde de l'homme, (pu se prpaie a v russir par une culture approprie. I.a tho
Il

est

omm Sanchez, dj nomm. Nombre de ces ci prcdents, mlent le droit la morale, norme littrature de laquelle les prochaines querelles retiendront quelques exemplaires, mais qui ne feront gure qu'ex pier les tmrits de buis pareils. Listes de ces publications dans iiuiiei. Somenclalor, t. m, col. 35' 1601 II (de 1581 a col. 590 603 (de col. ssd soi, ide 1621 1640); col. 1185 1202 (de 1641 Reuw h, tllinger el r. 1663); cf. I. von
1
1

-.

1.

schichle der Moralstreitigkeiten

in </<r

rmisch-katholi-

classique y avail pourvu grce a la prudence. Celle pice organique de la vie morale tombe dsor mais en discrdit. Si mme elle est nomme, (die figure parmi les vertus morales connue un reste de l'ancienne ordonnance, mais inutile. Et pourquoi, en effet, mettre l'homme en mesure de prononcer un jugement de v
logie

srhrn Kirche..., L i. Nrdlingen, l 1-31, et les Jsuites, t. > m. ri, col. 1859, ci art. Casi isi iqi col. 1089 1090. \otie lche est in de deluiir le rapport de cette casuistique avec le probabilisme, Elle entend trancher de Luit et envelopper la vie morale entire du rseau de ses solutions. Le Irait en
i . t
.

tait

visible dj

dans

les

pratique si tOUt l'art Consiste choisir parmi les opinions dclares probables? Autre effet donc dans la thologie morale du changement de la rgle d'action, car la disparition de la prudence tient profondment cette raison l on ne sait plus qu'en faire parce qu'elle est remplace. Le troisime caractre est l'importance en thologie morale de l'ide d'obligation, considre comme une entreprise de la loi sur la libert, qui serait le bien ori
nie;

nous disions
biliste,
les

qu'il caractrise

et thologies morales une casuistique proba


.

Nous ie retrouvons, comme bien l'on pense, chez casuistes de mtier, entre lesquels se distingue, quant a ce point, le tbeatin sicilien Antonin Diana. grand personnage romain en son temps (1585 1663;
thatins fournirent au xvir sicle un grand nombre Ses Resolude casuistes et non des inous audacieux tiones murales ne contiennent pas moins de 6595 rso lutions, o sont traits environ 20 000 cas de conscience.
les
i.

PROBABILISME. PROSPRIT, LES CASUISTES

192

L'ouvrage fut consacr par un incroyable succs (\oir dansHurter, <>p. cit.,t. m, col. 1192-1193, la liste des Compendia qu'on en lit sur une \ Lngtaine d'annes). On imagine que, de tant de cas, certains sont extravagants. ils rpondent moins une ncessit des consciences qu' l'on ne sait que] got vertigineux, de la part des casuistes qu'on appellerait de race, pour la solution de ces sortes d'embarras. Un Diana a la passion des cas, comme d'autres celle du jeu. Plus ils sont difficiles, bizarres, irrels, et plus on (lirait qu'il est content, car il exercera
d'autant mieux sou ingnieux esprit. Lui et ses pareils imagineront les monstres pour avoir le plaisir de nous reprsenter jusqu'o va l'intrpidit de leur mthode. Devant ces abus, il est plaisant d'entendre revendiquer pour la casuistique le droit d'appliquer le raisonnement aux questions de morale, o les grandes donnes naturelles ou surnat urelles ne suffisent pas. Avouons qu'elle n'y a pas failli. Mais il arrive qu'on draisonne force de raisons. Au vrai, nous sommes loin avec ces auteurs du grand et passionnant problme de l'usage de la raison dans les choses des murs chrtiennes, qui est le problme de la thologie morale tout court. On n'a pas attendu l're des casuistes pour le rsoudre; ils ne succdent pas un ge fidiste ou irrationnel. Ne mlons pas les propos. On a affaire ici non au noble besoin humain de raisonner, mais une dmangeaison de subtiliser et de compliquer, qui est celui-l comme

une maladie est la sant. Les nouveaux casuistes n'ont plus chre prtention que la bnignit. Leurs devanciers furent loin d'tre durs aux pcheurs, nous l'avons soulign. Mais l'indulgence est chez ceux-ci plus habile. Puisque est
rige en rgle d'action l'opinion probable, grce quoi les doutes, qualifis de spculatifs, sont tranchs en toute scurit et convertis en certitudes pratiques, rien d'ais comme de restreindre les obligations et de sous-

plication des opinions probables, nous avons l'aveu le plus franc dans cet autre texte du mme Escobar, o il semble donner a distance la rplique aux dolances de lenriquez, enregistres plus haut Combien n'ontils pas tort ceux qui se plaignent qu'en matire de conduite les docteurs leur produisent tant et de si diverses dcisions! Mais ils devraient plutt s'en rjouir, en v voyant autant de motifs nouveaux de consolation et d'esprance. Car la diversit des opinions en morale, c'est le joug du Seigneur rendu plus facile et plus doux. La Providence a voulu dans son infinie bont qu'il y et plusieurs moyens de se tirer d'affaire en morale et que les voies de la vertu fussent larges afin de vrifier la parole du psalmistc Via tuas. Domine, demonsIra milii. Universa theologia moralis, Lyon, 1052, promium. Se dfendant contre les accusations que l'on sait, Escobar ajouta quelques lignes la prface de son Liber theologite moralis en la rdition de 1659, o parait invinciblement le mme esprit qui est, sans qu'il Que si je y songe, le plus grave tort de sa morale donne l'impression d'adhrer aux opinions quelque peu relches, ce n'est pas qu'alors je dfinisse ce que je pense, mais j'expose ce que les doctes, sans lser leur conscience, pourront appliquer en pratique lorsqu'il leur semblera expdient pour apaiser l'me de leurs pnitents. On se rappelle un propos semblable de Tamburini. Avec les meilleures intentions du monde, comment prendre parti pour une telle bnignit? Hurter, op. cit., t. iv, col. 276, porte sur Escobar un jugement curieux Nous ne nions pas qu'il ait t souvent plus bnin que de raison, peu exact en ses citations,
I
:

au pch. En mme temps que s'accuse chez ces auteurs l'un des soucis initiaux du probabilisme, qui fut de pourvoir la srnit de la vie morale, on les voit de moins en moins exigeants l'gard de la probabilit. Quelle opinion dsormais ne prtendra la dignit de probable? Cette fois, on loue de la part des casuistes un respect souverain des consciences et le scrupule de ne majorer aucune obligation. Que ne l'ont-ils concili avec un gal respect de la loi et le scrupule de n'en pas diminuer les exigences A la diffrence aussi de leurs prdcesseurs qui songeaient de prfrence aux mes scrupuleuses, portes entendre rigoureusement des rgles en ralit fort praticables, ceux-ci s'adressent aux consciences normales, voire quelque peu larges, l'usage desquels ils laborent leurs adoucissements. Il est significatif qu'arrivant au chapitre de la conscience scrupuleuse les ouvrages de ce temps ont prodigu dj chemin faisant toutes leurs
traire les consciences
1

preuves et quelque peu obscur en ses cependant fort bien mrit de la thologie morale. Mais que fallait-il donc pour qu'il en dmritt? Entre les casuistes de cette gnration, nous ne pouvons omettre de dpeindre brivement le clbre Caramuel, grand homme en son sicle, bientt le centre d'une imposante littrature, o ses critiques mmes le traitent avec les plus respectueux gards. Les traits que nous venons de signaler sont en lui reprsents au vif. Bien diffrent d'Escobar pour le temprament ce dernier tait bonhomme et placide, au tmoignage des
ses

peu solide en
discours;
il

curieux qui allrent


surpris

facilits.

Ainsi comprenons-nous fort bien que le mot de bniautant que celui d'opinion probable, soit alors la mode. Tamburini l'affiche ds son titre mme Explicatio Decalogi... in qua omnes fere conscientise casus... mira brevitate, claritate ac quantum licet benignitate declarantur. La bnignit est un critre du choix des opinions, et cette dclaration d'Escobar ne vaut pas moins dans les matires morales qu'ailleurs Chaque fois que s'offre moi une chose qui est dite pnale chez les interprtes du droit civil ou canonique, ou bien qui relve de l'odieux et non du favorable, alors des deux sentences contraires relatives au problme je choisis celle qui est plus bnigne et plus douce, selon la rgle du droit Odiosa sunt restringcnda. Cit par K. Weiss, P. Ant. de Escobor g Mendoza als Moraltheologe in Pascals Ilclciiclilung und im Lichic dcr Wahrheit auf Grunde der Quellen, Fribourg-en-Brisgau, 1911, p. 105. Et du lien de la bnignit avec la multignit,
:
:

voir aprs les Provinciales, tout nom et s'excusant de ses maximes sur ce que d'autres docteurs taient plus relchs que lui (voir dans les uvres de B. Pascal, coll. des Grands crivains de la France, t. v, p. 384, n. 1; cf. Sainte-Beuve, Porl-Rogal, t. m, p. 52, n. 2) rien n'est plus remuant et imptueux que ce personnage, en qui se dcouvre comme un rejeton attard et abtardi de l'humanisme un prodige en son genre, mais qui manque le seul grain de bon sens qui et donn leur prix ses qualits (voir son article). Un jugement peu sympathique et fort vraisemblable sur Caramuel. dans Nicole, Liller provinciales..., Cologne, 1665.
le

du bruit

fait

autour de son

append. n, p. 612-613. Mais de l'un l'autre, comme de ceux-l leurs pareils, le fond doctrinal et l'inspiration morale sont identiques. On doit seulement au tour d'esprit propre au dernier d'en pouvoir lire des expressions plus savoureuses. Rien n'est drle et bouffon comme ses titres et ddicaces, comme les dclarations d'amiti qu'il prodigue envers Diana (et que Diana lui rend bien), comme son style, sa verve et son entrain. Mais lien n'est attristant comme les apprciations morales prodigues au long de ses courses et aventures par
ce cistercien, cet abb, cet vque. Relevons-en quel-

ques exemples. En morale, il n'y a que des opinions, point de certitudes. Nous sommes des hommes et non des anges: qui se souvient de sa condition n'attendra pas des docteurs vidences et dmonstrations, quand ils ont dj grand'peine discerner le plus probable du moins probable.

93

PROBABILISME. CAUSES DU SUCCS


ment revenus,

i94

Il n'est pas bon que le commun des gens juge des probabilits intrinsques, afTaire de thologiens; la proba-

bilit

extrinsque vaut mieux pour eux et elle est sre. On en jugera selon ses partisans les dtenteurs de chaires illustres ont alors le pas sur tous. Et quand mme leur opinion serait contraire tous les docteurs d'autrefois, si elle est soutenue par Lorca, ou Vasquez, ou Suarez, ou Basile l'once, ou Lessius, ou l'un des deux Sanchez, ou Diana, elle est garantie. Pour des auteurs d'un moindre' rang, on convient qu'il en faudrait quatre. Le bruit tant venu Caramuel de cette exclamation d'un brave homme () heureuse P.glisc primitive (pie n'accablait pas ce grand nombre d'opinions et de docteurs i il s'en Erreur manifeste Ces opinions indigne cl s'crie

moralement plus
:

multiplies sont le sicme du salut plus facile et plus excellent. Loin d'en cire rendue malheureuse, l'glise peut ainsi conduire vers le ciel son troupeau benigniwi ri facilius. Beaucoup seraient damns que sauve une

probabi listes d'aprs la grande crise y sont lgitimesoit qu'ils cartent les pires solutions de la casuistique, qu'ils limitent l'effet de libration du doute ou affermissent l'ide de la probabilit. C'est ainsi qu'historiquement le probabilisme parvint se distinguer du laxisme. Mais il faut bien voir que cette position est une dfense contre des excs d'abord commis. Et il n'est pas interdit de penser qu'elle reste preaiie. Des le commencement il y eut dans le probabilisme quelques inconsquences mal excuses nomme lesquelles sont celle du jus et de la rrs (liez Suarez alles par la suite s'aggravant et se compliquant mesuie que, voulant sauver les principes, on tenta d'viter les abus ou ils portaient. En somme, on n'a dfendu efficacement le probabilisme contre le laxisme qu'en y remettant une mesure de scurit et de d'or de l'ancienne thologie morale.
.

i.

sentence probable, damnarenlur plurimi quos


tim probabiliias saluai.
bar.
Il

senle/i1

On

y a (pie celui-ci est

vu qu'ainsi pensait infatigable sur ce thme.

L'in/! fluence du probabilisme sur la casuistique n'est donc pas moins notable que son effet sur la nologie morale. Devant le phnomne que ce temps vient de nous
.

>

Offrir,

Par exemple, poursuit il, si l'on pense (pie seule l'attention extrinsque est requise la rcitation de l'office divin, on peut avoir l'assurance de n'avoir jamais commis en le rcitant, au cours de nombreuses annes, aucun pch vniel. Qu'ils osent avoir la mme scurit, ecux qui requirent a ce sujet une attention intrinsque!
est
Il

est clair

que sur ces positions Caramuel

Indmontable. Voir surtout sa Theologia regularis,

disp. VI.

Une casuistique ainsi comprise est trop menace de laxisme pour n'y point verser en effet. On appelle laxisme le systme qui se montre aussi Favorable (pie possible l'abolition de l'obligation dans le doute, aussi peu exigeant que possible l'endroit de la pin habilit, prt accueillir une opinion SUT l'autorit la plus rduite et la raison la plus tnue; on taxe aussi de laxistes certaines solutions de cas de conscience particulirement tmraires ou scandaleuses. Mais le laxisme ne s'esl ainsi dgag cl dfini (pie sous l'ellel des ractions dont nous parlerons bientt. Au temps o nous sommes, il est peu prs partoul ml cl con fondu avec le probabilisme chez des auteurs dont on vient de voir quelle conviction ils avaient de leur innocence. Quiconque a seulement feuillet l'immense littrature morale de l'poque n'ignore pas quel empire exercent les tendances (pie nous avons dites. Il est difficile a l'historien de n'en point imputer quelque les ponsabilit au probabilisme, qui eut en cette casuis tique la part que l'on sait. De fait, on en vint l le plus naturellement du monde. H est vrai (tue les premiers initiateurs axaient une ide relativement honorable de la probabilit et relativement restreinte de la libell' confre par le doute. Mais ils ont admis (pie action ne ft pas conforme au jugement de son auteur mme, et cd une inspiration de bnignit telle qu'ils reconnurent au doute une certaine vertu d'mancipation ei tolrrent l'usage de l'opinion moins probable. Il se trouve que ces principes livrs eux mmes et pour ainsi dire leur force native, exploites en toute libert et comme dans l'ivresse de la dcouverte, conduisirent vite au relchement de la rgle morale. Pour aboutir l. il ne fut ncessaire que de cder ces principes. On ne dut point les altrer ni former quelque nouveau sj stme. l.e Systme fut pos, et l'a Itra lion essentielle coin n lise, ds qu'un Mdina ou un Suarez eurent dclare leurs thories. Ds alors, le laxisme menace. Kn ce sens, il y a une affinit entre laxisme et probabilisme; en ce sens, le laxisme reprsente le probabilisme en ses outrances extrmes. Caramuel n'est que l'enfant terrible des doctrines nouvelles de la probabilit. Par ailleurs, il est
I

on se demande nal urellemeiil don \ ilit le soi es presque unanime dune mthode dont les rtsquet pendant sont manifestes. Kn un demi mi. le fut pour ainsi dire empoi te l'ancienne conception de la morale. Les nouveaux casuistes, moralistes et thologiens sont bs mailles victorieux de la situation. Comment expll quer un tel su< <>u serait tent de \oir Libration du rigorisme? en leur mthode la libration d'un rigorisme (pu et jusque-l treinl les consciences. D'o cet empr ment et (cite lieMe de faciliter la X le morale, suite naturelle d'une grande contrainte. Mais l'histoire ne nous dcouvre pas ce rigorisme suppose, tes longtemps, nous l'avons xii, on s e-t sond d'apaiser les inquitudes et de relever dou< emenl les pi leurs. Seul< ment. Jusqu'alors, on s'tail par dessus tout effon de on. lier la misricorde avec i<- respect de la Lu .-t. si l'on fut suave, on tcha que ce ne dit point au (h triment de l'obligation morale et de l'ordre qu'elle reprsente; de la les usages pn aul ion lieux que DODIRVOnS de. itv Sous le rgne de la probabilit, on passa en ralit lion de la ligueur a l'indulgence, mais de 'indulgence a la bnignit. Cette histoire le dmontre axe. force. Les intentions de ce* auteurs ne sont pas en cause. M l'on excepte la fougue d'un Caramuel. qu'il serait difficile d'excuser sans le Jugement quelque peu drang du personnage, on a communment affaire en ce temps axe le desji sincre et louable de retenir dans la vie chrtienne ceux la qui, traites svrement, risqueraient de s'en aller. Mais (.-Ile disposition ne laisse pas d'tre prilleuse. Elle devient bientt l'art d'Ater de la
.
i

>

certain que la rserve des initiateurs tait relle; les

meilleure foi du momie le pnible des obligations Nos thologiens ne pensaient ils pas que Dieu mme en avait agi de la SOlte cl (pu de l'Ancien lestameiit. loi de crainte, au Nouveau, loi d'amour, la diffrence Consistait en ce que Dieu eut relche quelque chose de s. rigueur et adouci ses obligations? Ils le disent sous Imites les formes et a tout propos, voile a propos de la Charit, dcouvrant que dsormais, par un effet admirable de la honte de Dieu, il ne nous est pas tant command de l'aimer que de ne point le har. Voir An' moud. S. .1.. /.(/ dfense de la vertu, Paris. 1641, p. 18. A v regarder de prs, toutes les grandes querelles morales du temps car le probabilisme n'est que l'une d'entre elles sur l'administration du sacrement de pnitence, sur la suffisance de l'attrition. sur le com mandement d'aimer Dieu et. plus tard, sur le pch philosophique, dpendent d'une certaine ide qui s'efforce .le prvaloir de la facilit du salut. Grce aux bonnes intentions ainsi mises en pratique lut ralise en fait la tentative de conserver des chrtiens a qui ne fut plus ncessaire l'esprit du christianisme, les solut

i95
ceux

ROBABILISME.

SES DU SUCl ES

lions de cette casuistique s'adressenl de prfrence l <|ui n'ont pas prouv l'moi Ion chrl lenne, ou

qui l'ont oublie. Morale sans inspiration, l'usage de essai qui n';i point devanl l 'vangile ni cout le Christ dans la ferveur de son me. L'insoutenable
1
1 1

gageure fut alors mise l'essai d'difier une morale chrtienne sans les amours qui soutiennent cependant tout le christianisme, l'amour les pauvres, l'amour de la chastet, l'amour de Dieu mme, puisqu'ils ont rduit la charit, on vient de le VOir, a n'tre que l'absence de la haine. Mais sans ces ferments de l'vangile, comment lvera la pte? En leur zle htif et maladroit, ces ailleurs ont oubli les principes spirituels <l i:u le leste tire \ u Si ikj il n s a pas de glande \ i; humaine sans une gnrosit initiale, comment sans gnrosit pratiquera-t-on um- vie chrtienne? La tche premire de la thologie morale est de rappeler cette exigence, et le devoir premier de la casuistique d'en tenir compte. Est-ce trop demander? .Mais c'est alors le christianisme lui-mme qu'on dclare impraticable. On conviendrait plus aisment de ces choses si d'emble l'on n'avait isol la pratique chrtienne de ses ressources spcifiques; car o donc trouver un trait de la grce en ces livres normes de thologie morale, o donc une tude des vertus thologales qui ne soit pas la morose valuation des obligations qu'elles nous crent? En ce sens et la lumire de ces considrations, la thologie et la casuistique d'alors, loin d'apparatre l'historien comme une rnovation ou une raction ncessaire, lui reprsentent un phnomne de vieillissement. Elles n'ont t possibles que dans un temps o le grand nombre prouvent la lassitude d'tre chrtiens. Elles sont pour qui n'est plus chrtien d'esprit et donc cherche l'tre le moins possible en action. D'o tant d'accommodements et de compromis; d'o cette frivolit d'opiner, si trangement contraire la gravit traditionnelle de la vie chrtienne. Le probabilisme est venu point en de telles conjonctures. Et l'on comprend que ces casuistes se soient pris pour des librateurs et qu'ils aient rendu grces Dieu dsormais plus indulgent. Si le probabilisme tel que nous le dcrivons ici n'est pas n plus tt, l'une des raisons, et non la moins profonde, en est que le sens chrtien avait encore chez la plupart sa vigueur et quelque chose de sa jeunesse. Nous ne nions pas que le probabilisme ait tent de rpondre un problme rel et qui n'est pas l'effet du temps celui du bien et du meilleur. Il est visible que Mdina et d'autres en sont proccups. Sous prtexte de vie chrtienne, mettrat-on l'homme dans la ncessit d'une sorte de tension morale permanente, o il ne se permette rien qui ne soit tout ce qu'il y a de mieux? Ne faut-il pas accorder sa nature quelque rmission et se contenter d'une bonne action l mme o une meilleure tait possible? Le christianisme et l'exigence de perfection qu'il inclut n'interdisent pas qu'on donne ce problme une solution humaine; nous ne blmons pas ces probabilistes de l'avoir prfre. Mais nous croyons qu'ils l'ont formule fort mal, et dans des conditions qui devaient conduire sparer bientt de la vie spirituelle, rserve aux mes privilgies, l'ordre moral, ouvert au commun des chrtiens. Ds lors, on achetait la tranquillit des consciences au prix d'un appauvrissement vritable de l'esprit chrtien. A ce compte, le probabilisme
i
:

respondance est mal assure du thorique au pratique, en sorte que l'action ait des certitudes o la spculation demeure hsitante? Le probabilisme se prsente ainsi comme le systme qui ii'iil enfin compte de l'ordre propre de l'action, qui a le sens des difficults et des complications de la vie pratique, et l'on a pu sincrement penser qu'en dehors de la il n'j avait que l'issue ou du rigorisme ou de la conscience tourmente. Le principe de la mthode fut cach facilement a ses auteurs comme a ses premiers adeptes cette altration de la notion classique de probabilit et cette pure invention d'un ordre pratique irrel, obtenu par la rllexion sur tat de la conscience. Pour qui accept positions initiales et combien n ont j un us imagine qu'elles fussent contestables il n'y a pas de rfutation possible du probabilisme. Il faut ajouter que, dans ce Systme, grce a l'application des rgles qui le constituent, rien ne semble plus ais (pie de conduire sa vie morale. A la recherche du rel, toujours indit et divers, est maintenant substitu un art assez lmentaire et- d'un fonctionnement rgulier, tel (pie. sans
t : I
i

aet ion requise. En raprobabilistes versent de cette faon dans le gnral el le thorique, rsolvant les diffrents cas par des principes communs plutt que d'en poursuivre la solution propre, originale, raliste. Au vrai, les thoriciens, ce sont eux, et les ralistes, leurs adversaires. De plus, ils furent amens, et de plus en plus dans 1? suite de l'histoire, pour adapter la ralit un systme

tourment d'esprit on dcouvre


.

lit,

les

connu une grande prosprit. 2" Apparence d'vidence. I

Il

la

connut pour une

autre raison, qui est l'apparence d'vidence et de bon sens qui s'attache au systme. N'est-il pas vrai qu'on ne peut a toul coup en matire d'action obtenir la certitude? Et, si la probabilit doit suffire, n'est-ce pas une dduction immdiate de dclarer suffisante encore l'opinion moins probable, laquelle conserve sa probabilit? D'autre part, n'est il pas vrai aussi que la cor-

conu en dehors d'elle, le subtiliser et lecompliquer, tellement que le maniement en devienne malais: nous observions dj ci-dessus ce paradoxe du probabilisme. Reste qu'il apparut comme le langage du bon sens et comme une simplification de l'enqute morale; d'o son succs. 3 Le got de la nouveaut. A ces causes ajoutons chez les thologiens et les casuistes dont nous parlons une disposition psychologique dont l'effet va dans le mme sens. En gnral, ces auteurs ont le sentiment d'appartenir un ge nouveau et de trancher nettement sur le pass. Ils furent des modernes en leur temps. Ils apportrent leurs contemporains les solutions convenables au sicle o l'on tait et pour quoi les docteurs d'autrefois sont d'une ressource mdiocre. Esprit de corps trs prononc chez les crivains de la Compagnie de Jsus, et dont on possde un monument dans VImago primi sculi Societatis Jesu, publie en 1C40 par les jsuites de Belgique, un autre, concernant proprement notre sujet, dans l'ouvrage cit d'Escobar, Liber theologise moralis viginti qualluor societatis Jesu docloribus rescratus. Esprit de corps non moins prononc chez les casuistes sans distinction, qui se citent, s'admirent, se louent jusqu' faire plus grand cas de l'un d'entre eux que des docteurs les plus illustres du pass, l'n tel sentiment est chose fort humaine, et l'on sait combien il commande l'apprciation des choses. En l'espce, il s'entretient de cette juste pense (pie la science morale, faite pour diriger l'action, est soumise, comme les circonstances mmes de la vie. un renouvellement perptuel, en sorte (pie les auteurs plus rcents y dtiennent de ce fait un avantage sur les meilleurs du p Mais il n'est point sur que nos casuistes et thologiens aient un sentiment gal de la nature propre de leur science qui, morale el pratique, n'en esl pas moins une thologie, c'est--dire une pense drive de la tradition chrtienne. I.a distinction devenue commune des alors des choses de la foi et des choses des murs ni rail point sans pril si on l'entendait en ce sens que la rgle des murs est plus ou moins trangre la foi. A rester trop attentif aux cas et l'actualit, on risque de perdre le contact avec l'esprit et ce qui doit s'introduire d'ternel dans les murs chrtiennes, lai ce got d'innover et en cette conscience du moderne que

497

PROBABILISME. LES PREMIRES RSISTANCES

498

nous avons dits, on n'est pus loin de toucher, fie la part des auteurs dont nous parlons, plus qu'une fcheuse disposition psychologique, une erreur de mthode. Profondment, un thologien n'est jamais un novateur et, plus (pie partout, il est funeste en cette profession d'aimer trop l'aventure. Le thologien labore m\ i donn ; il reoit l'hritage d'un pass dont il ne se sparerait qu'en ruinant sa science mme. I.e moraliste, s'il est thologien, n'chappe pas a cette loi. El c'est pourquoi, la distinction du dogme i-l de la morale qui pourrait recouvrir l'ide de deux mthodes, liomas. il y a toujours lieu de prfrer celle de saint qui. respectant expressment l'unit de la thologie, divise cette science en spculative et pratique. Ainsi peut-on comprendre h- succs d'une mthode et d'un systme dont les mrites n'galent certainement pas les faveurs qu'ils obtinrent. Mais le cas est il unique dans l'histoire, et Singulirement celle des doctrines,
I

distinction des opinions en deux genres, celles qui concernent la licit dune ait ion et celles qui se rfrent a la nature des choses (voir en effet col. 169 au bas). \v el-

prcdent, on cite aussi, depuis Gonzalez, comme l'un des premiers quoique encore timides anl iprobabil le jsuite portugais Fern. Rebello (f 1608), auteur d'un trait De obligationibus institut-, religionis cl carilatis, paru a I.v on en 1608. Ni l'un ni l'a ut re de ces deux ouvrages ne semblent avoir t- beaucoup rpandus (voir Hurter, op. t. m, col. 678-679). D'une plus haute autorit est saint Hubert Bellarmin, dont il faut rappeler le texte tutioriste bien connu. Il se lit dans l'Admonilio ad ep liuni Theanum nepotem suitm, l'an--. 1612, et il est intressant en sa brivet', a la loi-, pour la fermet d dclaration et pour l'allusion qu'il semble contenir aux
le
i

doctrines du temps
Si

d'une disproportion de
III.

la

valeur

ci

de

la

renomme?
lai

Les premires rsistances.

ici te
ici

p
la

riode de prosprit inconteste se marqurent

ou

quelques rsistances, dont

est ais', mais dont il n'est il pas superflu de faire le dnombrement. Elles Mirent peu d'effet en leur temps. Mais en pleine re probables te tdles attestent la permanence d'autres penses comme elles annoncent les prochaines et retentissantes

nino quia velu m tutu siliitiin sii.uii eollocare, idebel certain veritatem Inqulrcre e( non respicere quid niolii hoc tempore dicant aut taciant et il rel certitudo non i>o>sii ad iiqiiidum apparere, dbet omnlno lu' partem sequl, et nulla ratione, nullius Imperlo, nulla utilitate temporal] proposlta, et un mi tutam partent decllnan Agitur entra de lumm re cura de ilute terna trai tatur. il f.irilliiiiuiii est conscientiara erroneara exeniplo allorum Induere, et en modo consclentia non remordente ad eum locura descendere, ubl verrais non moritur et Ignls non
:

protestai ions.

ixl

III

lllllll.

Signalons d'abord que s'tablissait eu mme temps que la catholique uni' casuistique protestante, beau coup moins florissante il est vrai, cl qui refuse nette ment le pi obabil isme. Voir l'art. Cvsi [STIQl II, col. 1876-1877. Des informations dans DllingerReusch, op. cil., t. i,p.25 28;0. Dittrich, Geachichteder Ethik, t. iv. Leipzig, 1932, p. 382 394. Dans ce dernier volume noter aussi des indications sur les rapports de la thologie protestante avec les systmes moraux du catholicisme, passun; von l'index alphabtique. Dans le monde catholique, on discerne d'assez bonne in un des rcriminations contre le nouveau tour et la Facilit de la morale; il \ aurait lieu du reste de faire le dpari entre les motifs lgitimes et les raisons intrt sces de ces interventions. Voir un document en ce sens dans l. de Scm raille, op. il., Ici a de i. p. 226 2'27 Vigil Quiftonez, premier conseiller de rolde, au nonce de Madrid, ou on Ml ces lignes Ces l'res, avec tous leurs raffinements de doctrine et leurs nouveauts, sont en train de si bien dbrider les consciences dans ce royaume que, si l'on n'y met ordre, l'glise de Dieu ne tardera pas souffrir quelque malheur ou a donner du scandale. Cette lettre est date de 1602. Mais la premire intervention thologique contre le probabilisme Semble tre celle du jsuite italien, l'uni Comitolus (<- 1626), qui lit une place aux nouveaux problmes en ses Responsa murttliu. parus a l.vnn en 1609. Il attribue la si ne irmilla aurea (comme il autres, on l'a vu, Navarre) cette (cda prolapsio de permettre qu'on suive l'opinion probable de prfrence la plus probable; c'est se tromper sur l'auteur, mais c'est bien connatre la doctrine en cours. Il rejette
i

leva ni

xvin

sicle,

al.,

Dllinger Reusch, op. d'autres aprs lui. jus qu'aujourd'hui, tiennent q m- ces conseils ne s'adressent qu'a uuevque voulant mettie son .'une en n'est non au commun des chrtiens. Mais cet gure naturelle cl elle semble trahir un emb II PlutAI contre l'abus de la casuistique, et non d -mi tour Frantement contre le probabilisme
morali
'

min. gn en thologie
t.
i.

texte malaisment flexible, un auteur du \eiii..iuei S .dcouvrait que Bellar excellent pour la doi truie, n'a jamais rien ensei
ili.
.

f.

p.

32.

I.e

mme

et

ois

Ghetti

(1

1639), dominicain Italien, auteur d'une

<

p. nue a PlaiTheologia morali j/i sance eu 1628 1629. Il signale, a l'instar d'Henriquez trente ans plus tt (cf. col. 189), la diversit et la ion (rariete des multiple-, opinions en cours, crant une situation tics confuse pour les consciences. El il se piopose. adoptant d'ailleurs l'ordre alphabtique, de dcider les cas de conscience uniquement selon saint Thomas d' Vquln, le qui les principes bien tudis per mettent, dit il. de rsoudre nombre d" a--, sans qu'on doive entrer dan-- le dtail d'une inimit de solutions part ii-ii li res. h v a l un essai lgitime de 1 1rer de saint
i

Thomas un
aussi une
t

il

le

parti immdiatement pratique, comme bauche de nui hodologie casuisl ique don le audacieux de l'ouv .me mai-- un peu gflts peut
:

tre par des dclarai ion s coin nie celle

ne peut rien Imaginer au sujet de la thologie morale qui n'ait 'te ou explique ou insinue par l 'omniscient saint lh" mas. sauf un petit nombre de questions dtermines l're aprs sa mort par divers souverains pontifes.
ci
:

<

>n

nergiquement cette proposition, et sur despreuvesqui se ramnent en somme la revendication de la vrit' comme rgle des murs. C'tait du premier coup tou cher juste. Des cinq preuves, nous citons la troisime,
qui
in
est

On voit si Ghetti devait trouver audience auprs des moralistes contemporains! Il put nanmoins r diter son ouvrage sous un nouveau litre a Milan, en 1639, et enrichi de closes explicat ives empruntes a des
face.

peut tre

la

plus expressive

disciplina obstruerc sitii vtas Indagandte veri tatis gravis est culpa; sed 1(3 tacit qui, rejecto magis prob ibili, minus probabile adscisclt siquidem ad veritateminve uiendam multo certior est nota ac via munitior Id quod est magis STlile ipiani quod est minus... Idro inii|uimi est certiores conjecturas veritatls contemnere ut minus certas captemus. t.. V, q. xv.
:

morum

T l n peu plus bas, Comitolus l'ail allusion un thologien que l'on reconnat tre Banez. de qui il rcuse la

auteurs thomistes, ou l'on trouve cette remarque SUg gestive Quant aux autres rcents auteurs de cas de conscience, c'est a dessein que je les omets comme des crivains proltaires, tanquam proletarios scriptores. Je vengerai nanmoins de leurs injures les anciens aut eurs, aulaul que je pourrai. Les prochaines ractions cou lie la non v elle morale de v aient prolonger l 'actualit du livre de Ghetti, dont on donne une dition revue a \nvers en 1681. Aux dolances de cet auteur fait cho son confrre sicilien. Dom. linwiivi. qui publie Naples
:

499

PROBABILISME. LES PREMIRES RSISTANCES

500

en 1641 un Cherubim parodiai S. Thomas Aq. charade ri bus diuinm sapienli illustratus; il > dplore en passant (1. IV, c. v) la licentia opinandi qui a cuirs dans les choses de la conscience, au grand dam des mes.

Avec le pelii livre d'Andr Bianchi, jsuite italien, publi sous un dguisement Gnes en 1642, De opinionum praxi disputatio, auctore Candido Philalelho Genutnsi presbytero, nous avons au contraire une attaque directe contre le probabilisme, et peut-tre est-ce la premire publication qui soit exclusivement consacre ce sujet (selon Concilia, Difesa dlia Compagnia di Ges, c. i, n. 11, le gnral de la Compagnie avait interdit que l'ouvrage part sous le nom vritable de son auteur). Les questions bien distingues se
rfrent

prfrence contre la Compagnie de Jsus, d'o le soupon possible d'un imparfait dsintressement dam la controverse doctrinale. A l'instar de l'abb deSaintCyran, qui avait ds 1020 dnonc dans la Somme du P. Garasse, S. .1. (mais s;ins aucune animosit contre la Socit), plusieurs propositions d'une morale tout fait drolatique et dshonorante dans un chrtien (Sainte Beuve, Port-Royal, t. m, p. 45; cf. t. i, p. 320), Ant. Arnauld, en 1643, en liaison avec la Sorbonne (circonstance piquante puisque les Provinciales, dont c'est ici un prlude, natront des dmls du mme cette facult), lance la Thologie morale des jsuites, extraite fidlement de leurs liores, o sont rassembls les enseignements les plus extravagants des casuistes de
i

manifestement

l'tat

contemporain

du

la

Compagnie

(voir

ici

Laxisme,

t.

i\, col.

10;.

<

dbat. La rfutation du choix licite de l'opinion moins probable est solide et pntrante, avec cette formule qui est dcisive
:

.Kquivocalio igitur et causa, ut puto, erroris est pro eodem accipere, htec duo longe diversa judicare utramque contradictoiiam probabileir. et judicare ))robabiliter utramque contradictoriam veram; nam primum fieri potest, non secundura; et primum non erat illud quod sufficeret, ctiam
:

secundum

dicta alias ab adversariis,


in praxi

quendum

ad opinandum et aliquam propositionem. Q. ni, concl.

se-

Bianchi parle d'or.


suivre une

On

observera qu'il permet de

proposition notablement plus probable, quand mme la contraire est plus sre. Ce premier des adversaires dclars du probabilisme ne verse pas pour autant dans le rigorisme. Loin de l, il fait une concession audacieuse quand il permet, dans le doute de fait, de ne pas suivre toujours le plus sr, et grce au principe de possession; il veut en revanche qu'on suive le plus sr quand le doute est de savoir si l'action est licite ou non. La critique de Bianchi suscita une rplique d'un de ses confrres siciliens, Franois Bardi, dans les Disceptation.es morales de conscientia recta qu'il publiait Paenne en 1050 (cf. Hurter, op. cit., t. m, col. 1189 et 1200) modeste prsage des controverses prochaines. Plus copieux et dj violent est l'ouvrage d'Antoine Merenda, un laque (l'un des rares qui soient entrs dans cette querelle d'hommes d'glise), professeur de droit Bologne. Il parat en 1655, ddi au commissaire de l'inquisition Borne, le P. Pretus, O. P.
:

publication n'est que le plus notable indice d'un conflit ds alors certain (voir quelques autres faits dans Sainte-Beuve, loc. cit.). On y fit des reproches d'imposture auxquels Arnauld, comme bien l'on pense, ne se fit faute de rpliquer (ces crits, d'une ironie un p u lourde, ainsi que la Thologie morale des jsuiles, sont imprims au t. xxix des uvres compltes d'Ant. Ainauld, Paris-Lausanne, 1770). Le corps du recueil est prcd de trois propositions gnrales, dont les deux premires ont l'intrt d'noncer le sentiment du milieu universitaire parisien sur les questions l'ordre du jour de la probabilit
:

n'y a presque plus rien que les jsuites ne permettent aux chrtiens, en rduisant toutes choses en probabilits et enseignant qu'on peut quitter la plus probable opinion, que l'on croit vraie, pour suivre la moins probable; et soutenant ensuite qu'une opinion est probable aussitt que deux docteurs l'enseignent, voire mme un seul. Pour obliger le monde suivre les nouveauts pernicieuses qu'ils ont introduites dans la morale chrtienne, ils enseignent que nous devons apprendre la rgle de notre foi des anciens Pres, mais que pour celle des murs, ii la faut tirei des docteurs nouveaux, qui est une chose trs injurieuse ;> tous les Pres de l'glise. d. cit., t. xxix, p. 74.
Il

Une campagne
le

mme temps

feste

(ccxxxvi-758

p. in-8,

non compts

les index).

Le titre:

Disputatio de consilio minime dando, etc., est moins clair que le dessein annonc dans la prface
:

In

qua ostenditur usum probabilitatum receptum hoc

saeculo adversari consuetudini universali et canonibus S. Ecclesiae, Scripturis intellectis juxta sensum communcm, principiisque naturalibus ac theologicis; ejusque motivis distincte sic satisfit ut deendi non possint probabiliter;

defectus insuper grandes demonstrantur doctrinarum pro ejus defensione editarum.

L'objet propre du corps de l'ouvrage est de


trer qu'il est illicite qui est consult sur

monun cas de

conscience controvers de proposer une opinion probable concurrence par une autre galement probable, plus forte raison par une plus probable. L'ouvrage, crit d'une seule venue, sans aucune division, est illisible. Mais on y dcouvre aisment que l'auteur lutte sans rpit contre ce qu'il nomme Vusus probabililalum. Quelqu'un y dcouvrit mme cette expression que le probabilisme est un eommentum diaboli. Elle disparut de l'dition corrige, qu'avait exige un dcret de condamnation du 13 novembre 1G62 et qu'autorisa un dcret du 20 novembre 1063. Voir Fr. H. Reusch, Der Index der verbotenen Bcher, t. n, Bonn, 1885, p. 502. A ces diverses rsistances particulires, ducs l'initiative de certains auteurs, il faut ajouter le fait plus considrable d'une hostilit comme celle de la Sorbonne, o ne semble gure avoir eu cours la nouvelle morale. 11 est vrai que ce grand corps est intervenu de

a los fieles ensenan, defienden y praclican universalmente les jesuitas, publi sous le nom de Gregorio de Esclapes, et qui parat aussi Louvain en 1646. Y rpondit un opuscule. Ladre me el porro y no me muerda, Le chien aboie aprs moi et ne me mord pas , d soit un franciscain du nom d'Aguila, soit au jsuite Matthieu de Moya, de qui ce serait la premire entre en scne. Ces deux crits furent mis l'index espagnol, mais non l'index romain. Voir Beusch, op. cit., t. i, p. 499. Sans attendre ces peu charitables avertissements, les gnraux de la Compagnie de Jsus n'avaient pas manqu de mettre en garde leurs sujets contre l'abus possible des nouvelles mthodes, attestant ainsi le mme danger que les adversaires dnoncent comme s'tant vrifi. Dans une instruction du l"fvrier 160!, adresse par Cl. Aquaviva aux suprieurs, on recommande aux confesseurs, propos de la chastet, qu'ils vitent de toujours juger vnielles et non prilleuses les fautes de leurs pnitents, ainsi qu'y inviteraient certaines opinions rpandues dans la Compagnie
:

toute semblable est dclenche dans en Espagne, dont tmoigne le Manide Christo de las doctrinas perversas que

Dent operam ut pestifrs quasdam et nimis laxas oplniones penitus evellant. hoc illudve non esse mortale. magni moment! non esse, neeessarium non esse ut distincte confltendo explicetur. Meminerint denique sic tenant paulatim alluvione Consumi, et cujusmodi puritas in soeietate requiratur, ut omni cura invigilent et mala pnevertant. C. v, De caslitate, Institution, t. n, p. 299-300.
Plus gnralement est dnonce chez les professeurs une tendance la libert d'opiner dans une lettre du mme, adresse toute la Socit le 1 dcembre 1613
I

Attendant etiam diligenter doctriiue firmitatem multum imminui in- eniaque confundi plusquam credi possil ex ea

501
Ubertate
uti

PROBABILISME. LA RACTION DOMINICAINE


se soutient en se
:

>02

quam sibi magistri faciunt, quamlibel opinionem probabilem problematice tuendi. Quo lit ut discipuli nesciant uhi pcdcm figant ideoque studeant profcssores opiniones solidiores lgre acdefensare.Dans Serry, Hiatoria eongregationum de auxiliis, Venise, 1740, ]. ]\', c. xxxi, col. 633.
Rien plus expresse encore est une lettre de Mucius 1 janvier 1617 aux suprieurs, o sont touchs divers points de discipline jugs plus opportuns. Le choix des opinions en est un
Vitelleschi, adresse le
:

dfendant et en s'adaptant. iJc ractions, quelques-unes visent de prfrence la casuistique au service de laquelle nous avons dit que le probabilisme fut efficacement enrl, dette forme de controverse, on s'en est aperu dj, est antrieure la date que nous choisissons comme limite de la prsente priode, bien qu'elle prennu prcisment en 1656 une force et un relenl issemenl encore inous. On l'a tudie l'art. Laxisme. Elle doit nous retenir pour autant qu'elle engage une offensive l'adresse du probabilisme lui-mme. 1)- fait, les liaisons de la casuistique relche et du probabilisme imposrent que mail donnes historiques relatives notre sujel fussent introduites en l'article cit, d'o pour mais une lil d'abrger donl nous userons autanl qu'il se peut. D l'enchevtrement des vnements qui nous attendent, n'est gure ais de tracer 'les lignes de partage qui il soienl la fiis entiremenl nettes et historiquement significatives; tout systme a les Inconvi nients. Nous nous arrtons a lisi inguer une priode qui va h' inde condamnation d'Innocenl XI, le - mars 1679; une autre qui s'tend le l a la condamnation promulgue par l'assemble lu clerg fi(Ton. \ l'intrieur h- chat une, nous ordonnerons l'his loin- scion les pisodes m les ensembles plus lm| au nia m n al ion d'Innocent XI. 1. De 1656 a la a ni s. II. De la condamnation d'Innocent \l rassemble du clerg de 1700 (col. 53 I. |)| 1656 \ I\ CONDAMNATION D'InNOCENI \l <)n assiste en ce temps a plusieurs (2 mais 1679). attaques Indpendantes diriges plus ou moins imm diatemenl (mire h- probabilisme. Elles dterminent des controverses, ou se trouve intresse sp< [lment i.i Compagnie h- lsus. Apres une premire Interven en 1665 el n liait', la position lu tion d'Alexandre Y magistre se confirme avec la condamnation proi ce par innocent XI, a la date Indique. .1' TIOS DOUlNICAIBi T. LA Au chapitre g lierai des frres prcheurs LIBMS. runi a Rome en juin 1656, sous la prsidence lu matre gnra] J.-B. le Marlnls, fut notifie a tous les pro fesseurs de l'ordre une ailinomtion i, Insre dans les actes Officiels de l'assemble, pii marque un tournant dcisif quant aux rapports le cette famille religieuse avec le prohuhi isme. On rappelle aux professeurs qu'ils aient a s, mettre en garde Contre la dcinan-eaisnii des opinions tranges el peu (informes a la lettre gnulne le s. uni Thomas, tant en philosophie qu'en hcologie. mais sp cialement n morale, o le salul des Ames es! plus engag.Qu'ils prudence, les opij vitent donc, avec grand soin et nions lches, nouvelles et peu sres; qu'ils s'abstiennent les paradoxes et monstruosits qu'on Voit en crimes dcisions m ai certains problmes d'auteurs modernes, plus favorables a la vanit <! a une dangereuse ostentation qu'a la vrit. Enfin, qu'ils s'efforcent non seulement de s'attacher en tout ci trs Adle ment a la s^ine doctrine lu tocteur anglique, qu'il a lui-mme emprunte aux Sources lies pures des saints Pres, mais encore de se plier a sa langue, en sorte qu'on s'carte le moins possible de son Style, le ses locutions, el qu'on vite ainsi plus srement toutes les innovations verbales comme les recours trop empresss aux probabilits extrinsques. Qu'ils veillent en outre suivre les suis chemins des anciens et et lbrcs thomistes, el. partout o naissent des opinions divergentes (litre les thologiens le ce temps, qu'ils s'en ho remettent la lettre el au sens antique de s. uni mas avec scs fidles Interprtes, dont ou ne se sparera d'aucune faon, lit le document ajoute pour conclure : Pour (pie tous excutent ces avis a\ ec plus de promptitude, nous leur notifions qu'ils sont hautement conformes l'expresse volont lu pape Alexandre VII,
i

Nonnullorum ex societate sententi in rbus praesertim ad mores spectantibus plus nimio libre, non modo periculum est ne ipsam avertant, sed ne etiam Ecclesise Dei univers insignia afferanl dtriment. Omni itaqne studio perflciant, ut qui docenl scribuntve minime hac rgula et Tueri piis <>norma in delectu sententiarum utantur venmi ad Auctore non carel test. Probabilis est. eas sententias accdant, quae tutiores, qua graviorum marrequentatse, sunl Buffragiis jorisque nominis doctorum (pue bonis moribus conducunl magis, quae denique pietatem alere et prodesse valeant, non vastare, non perdere. Quonlam vero constitutiones, dcrta, rgulas probe callenl hS. Thoma sequendo, de non provehendis ad cathedras, aul etiam removendis, qui ejusmodi doctrinam pan facere aul cordi non tiabere prae se ferunt, praesertim si novitatum amantes deprehendantur, qui nulla sunl ratione terendi,
: i

serventur, utimaximi rem moment i, quam ardentissime possum urgere. Epislol prtep. gner. ad Patres et fralres Sac. ./., Anvers, 1635, p. 432-433.
reliqiium milii praeteren nihil est,
nisi, ni haec ipsa

catalogue des propositions dont l'enseigne prohib dans la Socit, annex l'Ordinalio l>r<> studiis super iori bus qu'envoie aux provinciaux le gnral Fr. l'iccolomini en 1651 (Institution, t. m, p. 233 sep), saut la proposition disant que tous les pchs luxurieux contre nature sonl de la mme espce infime, aucune, ne concerne la morale. Avec ces interventions esl engage dj en matire de probabilisme l'attitude officielle le la Compagnie de Jsus, dont nous suivrons bientt le dveloppement. Car elle ne peut manquer de se ressentir des ractions que nous allons voir s'affirmer, o les rsistances enregistres jusqu'ici vont prendre une puissance nouvelle. A l're de la prosprit doil succder maintenant une priode de luttes ei d'adaptations, dont les pripties vont faire l'objet de noire rcit.
le

Dans

1.

ment

est

<

Outre les ouvrages tombanl sons notre analyse ei que nous avons cits mesure, nous avons fait usage, comme on a vu, des textes lgislatifs de la Compagnie le Jsus, un primes dans les recueils cits, principalement V Instltutum Soctetatis Je.su, publi en deux volumes a Prague en 1757, Nous avons aussi cit pour la premire fois les travaux d'I. von Dllinger et Fr. II. Reusch, Geschichte >lir Moralsireitigkelten
(le

in

der rmisch-kalholischen

Kirche...,

\>t.

gen,

second contenant les documents justificatifs), Nordlln18S'.); Fr. il. Reusch, Der Index der verbolenen Bcher, Monn, 1H8r>; l'un et l'autre nous seront utiles poiir toute la suite h' cette histoire. Le Port-RoycU de Sainte-Beuve sei vira de nouveau dans le chapitre sur Pascal ci le |ansnisme; de mme les uvres le Pascal dans l'dition cite des Craints crivains de la France. Nous avons renvoy en outre au Nomenclalor de Hurler, dj cit plus haut et qui le sera encore dans la suite; ans articles lu dictionnaire, Casi is tique, Jsuites (La thologie morale dans la Compagnie de Jsus,) Laxisme, qui nous seront utiles le mme cl-des sous; enfin quelques ouvrtes intressant des personnages ou des points particuliers. Signalons une page d'occasion, mais pntrante, sur la casuistique du x\n sicle, dans le premier volume rcemment dit des uvres de aberthonire, tudes sur Descaries, t. i, l'aris, 1935, p. r> c.:>.
i i

IV.

LE PROBABILISME EN DIFFICULT

1656 1700). Au cours des trois quarts de sicle environ qui prcdent 1656, le probabilisme a pu se former et S'tablir comme nous avons dit. Il se trouve que celle dernire date marque le commencement de plusieurs ractions, nes de causes diverses, et dont le dveloppement ainsi que les consquences doivent faire au systme dsormais une situai ion nouvelle il
:

(de

503
qui
.1

l'Iioli
bii n

\HI LISME.
lui

I.

RACTION DOMINICAINE
ii

504
fon

voulu ordonner qu'il


i>.

ainsi

pi e

ci

el

le

pape

tait
p. ir

lass de tant

d'opinions nouvelles introel


t

signiiie l'ordre entier, hoc

summe consonare
ini
ita

expi
\>a

duites
aC

ce sicle en thologie inorale, (pli

volunlali

s.

,\.

Uexandri divina providenlla


preescribt

II.

i/iu

istud unit

significari clementissime imperavil.

chert,

\<tu
Il

Texte dans Rei capitulorum generalium ord. pr., t. vu,

1902, p.

I.i porte de cel acte. L'ordre met contre un danger, o nous reconnaissons clairement les doctrine s el les tendances du temps. L'avertissemenl signifie sans doute que certains religieux \ avaient trop vers. Nous axons dit la part qu'uni me (les frres prcheurs eu l'tablissement du probabilisme. Mais le chapitre gnral vise de prfrence ceux qui oiil abus du systme en la dcision des cas de conscience, Rien de surprenant que de tels crivains se soient trouvs dans l'ordre, encore que le mal semble avoir t moins grave qu'ailleurs; les polj mistes dominicains que nous verrons se lever bientt s'efforceront de disculper leurs devanciers de tout probabilisme tactique de controverse, quoi riposteront sans dlai des hses contraires. La vrit est qu'on tut peu prs unanimement probabiliste, ici comme ailleurs, jusqu' celte date de 1656 prcisment. Et quant aux c'asuistes dominicains, quelque peu suspects de relchement, le plus notable est peut-tre Vincent Candi do, un Sicilien, matre du Sacr Palais sous Innocent \. auteur d' Illustriores disquisition.es morales..., une somme de cas de conscience disposs en ordre alphabtique, parue Rome en 1638-1643. Selon Echard, l'ouvrage aurait dplu au matre gnral, Thomas Turco, qui en interdit la lecture dans les couvents a cause de la complaisance marque par l'auteur envers certaines opinions relches. Qutif-Echard, Scriptores..., t. n, col. 580; cf. art. Laxisme, col. 71. La liste des auteurs dominicains de casuistique, dans

on

\cnt s;his peine


les siens

en -aide

mes, au grand danger de leur salut, et qu'il voulait surtout que nos thologiens, en remde a ce mil cach dont souffre l'glise, prparent un ouvrage tir de la doctrine svre el sre de saint Thomas, grce a quoi ft supprime comme au cautre cette licence des murs el (les opinions qui s'aggrave tous les jours. Texte
reli lier la discipline
les

vanglique

rompent

reproduit dans la prface a l'dition d'Anvers, 1681, de la Thologie morale de Ghetti, voir ci-dessus. Voil du moins comment comprit les choses un important
capit ulaire de
1

656.

Mais dj,
nelle,

el

sans attendre

cet te

invitation solen-

un religieux dominicain. ./. Mercorus, inquisiteur a Mantoue, avait prpar un important ouvrage, celui-l prcisment que Baron prsente au matre gnral dans la lettre cite, el qui rpond aux vux du chapitre comme du pape. L'objet en est une mise au
point attentive de l'usage des probabilits,
titre
:

comme

le

Basis totius moralis theologise, hoc est l'annonce praxis opinionum limitata... adoersus nimis emollientes nui plus quo exasprantes jugum Chrisli, .Mantoue, 1658, o l'on voit par surcrot <pie le soin d'viter la rigueur n'est pas moindre que celui d'chapper au relchement chez cet adversaire du probabilisme. Dfait, .Mercorus prend garde de ne verser dans aucun excs. Il use mme de formules et de procds prcautionneux l'endroit des probabilistes, d'o peut-tre certaines concessions superflues. Mais la pense est de

bonne qualit;
solide.
Il

l'laboration,

originale;

la

position.

en faut juger en fonction du vocabulaire tabli dans la I partie. Le livre n'est point de controverse, mais d'effort doctrinal. Il attira nanmoins sur l'auteur des attaques, et venant des deux extrmes entre lesquels il avait prtendu se situer. Nicole le flicitera d'avoir plac le dbat moral sur le terrain de la probabilit, mais il le blme fort d'avoir admis une ignorance invincible du droit naturel. D'o des explications de Mercorus Solutio trium nodorum in opre de opinionum praxi limitanda agentium juxla censurant D. N. de A'., doctoris Parisiensis, 1663. Il y maintient son principe. Du moins, la critique de Nicole est-elle pour notre auteur un brevet de non-jansnisme. Voir les Liiterx provinciales, Cologne, 1665, append. h, p. 576 sq. Mercorus eut d'autre part l'occasion de venger Fagnanus (voir ci-dessous, col. 512) des attaques de Caramuel, Apocrisis pro doctrina de probabilitate Prosperi Fagnani adrersus apologiam Johannis Caramuel, 1664. Mais son principal ouvrage fut apprci de tous ceux qui en ce temps luttrent comme lui contre le probabilisme. A l'appel du chapitre gnral rpondit avec un zle particulier la province rforme de Toulouse, prospre et illustre cette poque de l'histoire dominicaine. Voir A. Mortier, Histoire des matres gnraux de l'ordre des frres prcheurs, t. vu, c. il, p. 28 sq. Baron y appartenait. Dans leurs cours de thologie, nous voyons les professeurs prendre position, sur le problme de la conscience, dans un sens bien diffrent de leurs con:

Qutif-Echard, op. cit., t. n. Index materiarum, p. 965 sq. Il se trouve que les Actes du chapitre gnral de 1656 s'ouvrent sur l'loge funbre de V. Candido (t 1654), o il n'est pas fait allusion cette dfaillance, mais o nous prenons au contraire une haute opinion de ses vertus. Pour obvier aux dangers comme aux abus, l'ordre ne prescrit rien d'autre, constant en ses directives doctrinales, qu'un attachement plus fidle et presque scrupuleux saint Thomas d'Aquin. Il insiste sur la ncessit de rester docile l'ancienne tradition thologique, tmoignant ainsi, rencontre de la mode du temps, une salutaire dfiance de la nouveaut cultive pour elle-mme. En faveur de ses monitions, il peut invoquer l'expresse volont du pape Alexandre VIL chez qui nous saisissons ainsi, ds le commencement de son pontificat, les proccupations que traduiront dix ans plus tard les condamnations que l'on sait. Et nous entrevoyons combien il comptait sur l'ordre des frres prcheurs et sur la doctrine de saint Thomas pour la conservation dans l'glise d'une saine et bienfaisante morale. Aucun commandement cependant n'tait donn, ni par k pape ni par le chapitre, d'entreprendre quelque campagne contre les opinions relches ni contre le probabilisme En fait, l'acte dont nous parlons devait avoir celte consquence, dont nous pouvons penser au surplus qu'elle n'tait pas absolument trangre aux intentions qui le dictrent. I ne lettre de Vincent Baron, l'un des dflniteurs du chapitre de liiti. au matre gnral fait allusion l'affaire en des termes

frres de la gnration

prcdente

ainsi, le P. Pierre

qui enseigna au couvent de Toulouse une Theologia scholaslica secundum illibatam D. Thomas doctrinam. Son effort spcifique est comme une tentative de libration l'endroit de thses qui s'taient peu peu introduites en l'cole thomiste. Voir l'-ID'. q. xix. t. m. Toulouse, 1659, p. 132 sq. Qu'on ne puisse agir

Lab

t.

moins rservs qui la rdaction officielle Il me souvient, dit Baron, qu'entre autres avis nous confis par votre Paternit au nom du saint-pre, en vue du
:

bien

el

de
le

la

renomme de
el

l'ordre,

il

avait celui-ci,

souverainement glorieux la religion dominicaine comme que l'cole thomiste


de tous
plus grave
i

la moins probable, cet auteur en donne une preuve excellente, et c'est qu'on ne voit pas. dit-il. quel mol if peut dterminer le choix d'une telle opinion, sinon un intrt temporel, ou un attachement arbitraire de la volont, ou quelque autre considration extrinsque; niais rien de cela n'est de nature

selon

505
lois

PROBABILISME. LA RACTION DOMINICAINE

506

fonder un jugement prudent. P. 145. Le retour aux de l'esprit ei le sens de la vrit ne peuvent que rendre intenable le probabilisme. Labal combat aussi l'ide de l'assentiment simultanment accord a deux contradictoires, et sou argument rencontre exactement Jean le Saint-Thomas, qu'il rfute. Il rsout encore l'objection tire du droit qu'on a le ne pas suivre le plus parfait, dont nous savons qu'elle vient le Mdina ce droit ne joue plus, rpond Labal, plaint le moins parlaii comporte le risque d'un mal, ce <|ui est le cas de l'opii ion moins probable, laquelle l'ait courir un risque d'erreur. Ce redressement d'un thologien dominicain contre ses devanciers du mme ordre est tout (ait significatif. Nous pensons du reste que la raction de
:

rmii rigorem nwdiu stad. On n'interprtera don* p son dsavantage la signature qu'il accorda en 1660, avec deux autres professeurs de la facult h- th< de Bordeaux, au dcret dclarant exempt d'h< l'ouvrage latin de Nicole. I.ud. Monlaiti Litterse provin-

commande
de

plus pragmatique que doctrinale, bien plus par le souci de limiter les fcheux effets du probabilisme qu'inspire d'une mditation r< nouvel* e

Labal

est

la pense de saint Thomas. E1 c'est pourquoi sans doute on observe chez cel auteur de curieuses concesl'existence est douteuse sions il avoue que la loi dont n'oblige pas aprs un diligent examen, pie le principe de possession s'entend en toute matire. Du moins on pas de rigorisme ce nouvel adversaire n'accusera du probabilisme. On connat davantage ./. -H. Gonet, de la mme pro vince dominicaine, professeur l'universit de Boi deaiix, auteur du laineux Clypeua thologie thomUticse, paru Bordeaux de 1659 1669, et dont une neuvime dition paraissait a Lyon en 1681, anne m mourut Gonet, On y trouve, la suite du trait de la moralit les actes humains, une dissertation de la probabilit, publie a Bordeaux des 1664, mais revue depuis par l'auteur. Le lil re en esl dj SUggest il DissertatlO lliiii logica de conscientia probabili seu /< opinionum proba bilitate, contra intolerabilet nooorum casuislarum laxi taies et nimium jansenislarum rigorem. Gonet a son tour entend combattre les excs des casuistes par une cri
: i
:

l'examen de cette facult par le parlelu dcret dans l'ouvrage en cause, Cologne, 1665, prol I). La dissertation de Gonet reprsente parmi les garements lu temps une thologie sinon trs profonde, lu moins suffisamment correcte, l.a racl ion dominicaine en cette priode n'a rien produit de meilleur. (.mit et Labat sont des professeurs. Baron, que nous retrouvons ici. est un polmiste. Vous avons relev dj un tmoignage le son zle. Au vrai. ii il a dfendu quelques auteurs di son ml le tout parti, combattu un plus grand nombre d'auteur con Iraires. Caramuel (qu'il traite cependant comme un hopersonnage considrable), Matthieu de Moya, phile Raynaud, etc., mais miissj Nicole. Il a inl blemeni crit; il s'est dit el rdite h- mme, d'o une produit ion littraire quelque peu confuse. Voir Qutii Echard, op. ci7.,t. n,p. 655-656; Hurti n omenciales, dfr a

ment de

la

ville (texte

el d'autre part il ne outrances jansnistes pie le relchement du parti oppos. Il rcuse le choix de l'opinion moins probable comme rgle de conduite. Mieux inspire que Labat, il rend la rgle du plus sur son efficace en matire de doutes, tant de droit que de fait, rservant !> principe de possession aux choses de la justice et au tor judiciaire. Sous le titre de Probabi lilatum monstra (art. 5), il recueille un lot des plus normes propositions de Caramuel el de Tamburini. Par ailleurs, il entreprend une rfutation en rgle de Nicole, qui, scion Gonet, n'admet aucun usage <! la probabilit puisqu'elle ne peul excuser si elle est fausse, ni aucune ignorance invincible du droit naturel. A quoi Gonel oppose ces conclusions quand l'homme esl tenu d'agir, il peut suivre la sentence probable si, aprs sui lisante recherche, une autre plus probable ne lui appa rail pas; qui agit d'aprs une opinion probable fausse el COnl raire a la loi divine, mais qu'il pense in\ ne il le menl tre vraie el conforme la loi divine, est excuse h- pche. El railleur dnonce la racine de l'erreur |.ni seniste eu ces matires, qui esl une distinction lu

tique des thories de


lienl

la

probabilit,
les

pas moins suspectes

281 283. Ses livres sont Interminables, latinit. Mais quelle importance relle eurent ces crits di circonst Pleins de renseignements sur les controvi ours, ils semblent avoir fait un sort littraire aux ides des autres. Ou moins, les dmls de Baron avec Rome attestent ils pu- ses publications furent remarques (voir i Icssunsi Dans l'ensemble, auteur, bien qu'il se dfende d'en prohibe) absolument l'usage, peni vers une dfiance excessive de la probabillti e rgle d .n mu que le st m le certain, si la ni n une probabilit n'est pas favorable a la loi, il la r r.n ailleurs, il vite de fonder s.i critiqui mu i.- principe qui exclut l'ignorance Invini Ible du droit naturel. Il dnonce avec di Lugo l'quivoque l uni adh< simultane a deux propositions contraires ! rejette la certitude obtenue par rflexion sur h- doute f-i
elator,
I
ii

t.

tv, p.

n pie

d'un latin qui sent encore sa

que l'extension du principe de possession en deh<


justice. Plus personnelles peut l'adresse de Caramuel, dans la ddicace moralis... pan pri'ir. Il l'appelle h
la

flexions A
d.

-..

ni..

id

dnonce liez lui un fonds d'agnosticisiw qui est un jugement pntrant sur l'esprit d outrancier probabiliste. Nous avons d l'une dcadence du si ns de la vente, beaucoup plus qu'une dcadence lu sens moral, explique chez es auteurs l'origine du probabilisme. Voici quelques traits de la
sicle
ci
i

mentalit dpeinte ne rien adui pas rejeter les opinions des autres; ne
:

p. s

ne |, adhrer

absolument aux siennes; lien rien n'est absolument vrai, il


Idalilc; chercher attendant qu'on
la

n'es!
n'j

.dis.

il

liment faUX,

que du vraisem

droit positif et

du

droit naturel telle pu- l'ignorance


:

du

vrit, niais ne pas l 'esprer; en trouve, tablii la probabilit que Caramuel dfinit, selon Baron, une vrit- virtuelle; et le en lin lis ternies av ce ont es les coles el enliser Ver la paix. .Initiions a cel excellent aperu un lie. moii\ cnienl de aron
la
I

second esl toujours vicieuse mauvaise thologie lu pche originel pie Gonet s'emploie rectifier. Cf. An guslinus, I. 11, e. n sq. Il partage pour son compte en trois zones les prceptes naturels el. admettant qu'il n'y a point Ignorance Invincible quant aux deux pre mires (donc pour des prceptes comme ni' pas lorin quer. ne pas voler, ne pas mentir), il le nie de la lien sieme (tel eonlrat esl illicite). Ou voit loue se tonner nettement chez Gonet celle position ! juste milieu, qui sera le souci de plusieurs gnrations de moralistes. Il le dclare expressment lui-mme lins une conclu
sion qui rejoint son titre
:

\i\

unquam
nnslri
et

Iceronem de

ils

vita liumirus
i

olficiis dis-

seieiiiein euiii nostris theologl moralis scriptoribus

sacuh
il

a et pne dolnre ibeac im, ob deilecus seiupitei nuui. Vun, si lue iiieuni seiisuin apeur, vulenlur milii theologl etliiiue locuti, el ieein SCripsiSSe ni lieoln :us il eln isl i.uiiis. Nescles an Iste acrius pro honesto an illl pro util! et lib tate
para quin robore suflund
I

eelesi e

>

pugnent. Ibid.
Vincent Contenson, al lire lins l'ordre des fr prcheurs par le prcdent (Qutii Echard, "/>. cit., t. n, p. ti,">ii). est en effet l'hritier le son zle et de son esprit. Comme il arrive, il dpassa mme les penses qu'il admire. Mort a 33 ans. en 1674, il a laisse une

Unde

oeritas thomistica inter

novorum casuistarum

laxitales

et

minium janseniana

,07

PROBABIL1SME. LA REACTION DOM NIC


I

NK

508

imposante Theologia mentis et cordis, dont il serait sur prenant que tous les chapitres fussent autant de chefsd'uvre. Sa dissertation de la probabilit, I. VI diss. III. d. Vives, t. ii, p. 95 206, est hardiment intitule De nouello probabiliiatis commento. Elle Invoque surtout, et c'est le point o il reprocherait Baron une trop grande complaisance pour Mercorus, qu'il n'y a point d'ignorance invincible du droit naturel. Outre les preuves d'autorit, qui ne s'imposent pas, il argu qu'on ne tombe jamais en cette ignorance qu'en suite d'une faute personnelle. Dieu en effet offre sa lumire, qui claire tout homme venant en ce monde, toujours prsente et enveloppante; mais, cause de l'amour pervers des cratures, on s'en dtourne. Gontenson n'ignore pas la distinction des prceptes absolument premiers et des prceptes secondaires du droit naturel: mais il tend sa thse tous nihil est in jure nalurali
:

tera que

ses

jugements n'aient point prvalu dans

l'cole toulousaine.

tam abslrusum quod

vel ignotum. Tandis que l'ignorance invincible de la foi peut tre peine du pch sans tre pch, l'ignorance du droit naturel est un pch, car la foi n'est pas inscrite dans la nature, tandis que ces prceptes le sont. Selon cette position, est ruine d'avance toute excuse tire de l'erreur et donc tout usage de la probabilit en ce domaine du droit naturel. Gontenson proteste qu'il n'est pas jansniste puisque les anciens thologiens, dit-il, soutenaient dj la mme thse sur quoi, il a cette boutade Je le dis cause de certains modernes importuns et impertinents qui, dpourvus de bonnes raisons, accusent sottement de jansnisme quiconque nie l'ignorance invincible du droit naturel, et, comme ceux qui
esset

clausum

Eli dehors de cette province, le chapitre gnral de 165 6 ne demeura point sans cho. Le cours de thologie de Dominique de Mariais, frre du matre gnral et futur archevque d'Avignon, paru a Lyon en 1663, sous le titre d'Expositio commentaria in II' partem Summm duel. tint/. S. Thomse, offre cette particularit qu'entre '1'-, lieu du trait les art. 6 et 7 de la q. xix de la habituel de la conscience, l'auteur insre une note pour annoncer (pie, dans un ouvrage destin aux tudiants, il ne traitera pas des questions ordinairement dbattues en cet endroit, qui ont pris trop d'ampleur. Il les remplace par quelques conseils prfrer le sentiment des anciens et "raves thologiens aux faons ingnieuses de philosopher en choses morales telles que des modernes les ont adoptes, plus conformes des principes spculatifs et mtaphysiques que pratiques; rechercher en morale la certitude approprie, qui n'est point la mathmatique, la diffrence de certains hallucins du temps qui, repoussant l'intolrable licence des uns, sont tombs en l'autre extrme. Xous entendons l un homme de bon sens qui juge de ces querelles avec srnit et non sans quelque ddain. A l'inverse du prcdent, le dominicain /.. Minutolo, qualificateur du Saint-Office, traite expressment les questions litigieuses de la conscience dans la seconde partie de son livre intitul Brevis nolilia eorum quse
'

souffrent de la jaunisse voient tout en jaune, ainsi

ceux-l taxent indment de jansnisme et de nouveaut toute sentence contraire leurs relchements. P. 111. Il est vrai que Contenson dfend sa conclusion sans invoquer le pch originel, au nom d'une puissante lumire naturelle qu'obnubilent les seuls pchs personnels; la diffrence est remarquable, mais le contenu de la thse concide avec ce qu'on ne peut nier tre spcifiquement jansniste on verra ci-dessous que Nicole y tient plus qu' tout, sans que lui ni personne aient le droit de s'autoriser en cela de la thologie classique. Au surplus, une dclaration de Conpuisque les tenson dcouvre ses vrais sentiments Pres, dit-il, ont retenu des paens eux-mmes ce qui est bon, pourquoi ne sera-t-il point permis d'avoir quelque chose de commun avec un auteur d'ailleurs catholique, grave et instruit, bien que, ainsi qu'on dit, tomb par irrflexion et sans obstination sur quelques points, et trs dvot au Sige apostolique? P. 124. Cette fois, la raction a dpass la mesure. Le temprament de Contenson y est pour une part on le sent tout feu; sa manire est plus abondante que soigneusement rflchie; son style est oratoire, ponctu d'apostrophes, dbordant de paroles plus que de penses. Attribuons la mme cause cette dfense maladroite qu'il entreprend, l'instar de Baron, des anciens thomistes tombs dans le probabil isme. Il dit par exemple de Jean de Saint-Thomas Bien qu'apparemment il soit favorable la moins probable, il entoure toutefois sa thse de tant de prcautions et conditions que, par ce
:
:

pertinent ad justiliam commulativam et ad probabilitates opinionum, paru Venise en 1665. La substance de l'expos, de l'aveu de l'auteur, est prise de Mercorus. Minutolo a tir un bon parti de son prdcesseur et, sous l'appareil compliqu de ses dmonstrations, il dfend une doctrine judicieuse, o sont touchs les son tour, il a vu points vifs du nouveau systme. dans le drglement de la probabilit la cause des relchements de la casuistique. Avec ce livre, nous pouvons dire qu'on possde ds alors une srieuse rfutation du probabilisme. La partie historique du travail est moins heureuse, o l'auteur tente de sauver les anciens thomistes engags dans l'affaire. Lui aussi revendique pour sa position la bnignit, mais il en rectifie judicieusement la notion, tenant pour bnigne l'opinion qui garantit mieux le salut ternel, circonstance mdiocrement apprcie des casuistes. De son ouvrage nous retiendrons de prfrence une page bien venue, o est dnonce une fois de plus et, rptons-le, avec un trs exact discernement, la crise d'ordre pistmologique qui affecte le probabilisme et la casuis-

tique drive de celui-ci

moyen,

la

moins probable

est

contenue dans

la ligne

et les limites de l'opinion sre.

P. 158. C'est ainsi

qu'avec de trop bonnes intentions on fournit des armes l'adversaire. Mais on ne niera pas la justesse d'un Les Pres, en qui abondait la lumire autre trait divine, craignaient le faux sous l'apparence du vrai; ils redoutaient de tomber et d'entraner avec eux les autres dans le mme prcipice; cependant qu'il n'est aucun probabiliste qui ne s'estime propre au ministre des mes, sr de ses probabilits non moins que de la rvlation de Dieu. P. 132. Plus de zle en somme que de sage thologie. Gonet tait plus mesur; on regret:

ils rsolvaient des questions morales, retenaient dterminment l'une des parties et excluaient l'autre, non sans rpondre aux arguments opposs leur thse. Ils avaient alors la science des choses morales, puisqu'ils dduisaient les vrits pratiques des principes moraux comme leurs conclusions, rsolvant les difficults contraires. Aujourd'hui, aucun effort pour jugei quelle partie de la contradiction est vraie ou fausse, aucune application de l'esprit pour satisfaire aux objections; mus tout le soin est de juger de la probabilit de quelque partie, sans s'inquiter de l'autre, fut-elle plus probable et plus sre. Cela fait, on considre la question comme tranche. Suppose en effet la rgle de l'usage de toute opinion probable, cette solution boiteuse, irresoluia resolulio, suffit pour que chacun sache ce qu'il peut (aire ou non... D'ici peu. les livres qui traitent ainsi des questions morales seront nglige ibles-.ilslesontds maintenant. Bien plus, toute la science morale est tenue pour absolument vaine, car le cas survenant chacun ou bien sera facile ou bien difficile. S'il est facile, nul besoin de livre et d'tude pour sa solution. S'il est difficile, tant donn que nous voyons les propositions difficiles avoir des raisons probables dans l'un et dans l'autre sens, on se rendra compte aussitt de la difficult du cas et l'on comprendra que les deux solutions divergentes sont probables sans autre recherche, on choisira donc en toute siirete de conscience l'une ou l'autre, comme on voudra. Mais alor^
:

Les anciens docteurs, quand

509

PROBABILISME. LA CRITIQUE D E
tement
sorti

F.

FAGNAN
crit
Il

510
romain, un format

pourquoi l'tude? et pourquoi consulter les livres en vue de diriger les consciences? Il sullit qu'on sache la grammaire, puisqu'il n'est plus ncessaire de rsoudre les raisons contraires, mais seulement de comprendre ce que disent les
auteurs. Je souhaite me tromper, mais je sais qu'en pratique les choses se passent ainsi; la plupart de ceux que l'on consulte sur les opinions probables ne sont capables de rpondre rien voil ce qui est enseign par tel ou tel d'autre que ceci auteur. Si d'aventure ils fournissent des raisons, ou elles ne sont pas fondes, ou elles le sont sur des exemples, toujours incertaines cl n'ayant que des apparences. Et cependant on les adopte volontiers parce qu'elles favorisent les concupiscences, l'art. II, an. 2, d. cite, p. 150-151.
:

indpendant,

essentiellement
fut dit sous
:

du milieu

pontifical.

maniable, a l'.ome. en 1665, sous le titre De opinione probabili tractatut ex commeniariis Prosperi Pagnani su/jrr hrrrelalibus seorsum recusus, avec un index alphabtique des matires. Nous le citerons d'aprs le
a 19. numrotage, qui va le Fagnanus lii-m la question en jeu pour grave et Le dbal en esl railleurs nouveau, ne difficile. remontant pas a plus de cent annes; a ce titre, il est dj suspect. Mais, parce que cette doctrine s'est beaucoup propage el 'impie d'innombrables partisans, tant princes que personnes prives, il en faut parler.
l
1

additions publies en 1667, Mlnutolo est plus directement polmiste, et certains de ses accents sont nergiques en consquence. On remarquera qu'il dsigne couramment les fauteurs des opinions relche

Dans

les

iliil on aller contre le courant. selon les degrs de plus en plus

I.

'lude en sera li\ise


sys-

accommodants du

du nom de
nous
laire

probabilist. Plus modeste, le tmoignage de docilit thomiste que

offre le dominicain Lculs lianccl, premier titude la chaire thologique fonde Avignon par l'archcvquc de Marinis, nomm ci dessus. Sa Morali divi Thom doc t. oiif/., parue en 1077 a Avignon, est une somme alphabtique o, sous chaque mot, figurent les textes appropris de Bain! Thomas, mais sans dis cussion ni rfutation des thories contemporaines. Ne sont personnelles que la recherche el la disposition des matriaux. Ainsi se prsente la raction dominicaine inspire. par le chapitre gnral de 1656. Ds alors, l'ordre se dtache lu probabilisme. Dlllnger Reusch mention nent rominr tant en Espagne le dernier dominicain probabiliste Pedro le Tapia (f 1657), "/<. cit., i. i. 12; nous relverons cependant les traces de pro p, babilisme chez l'un ou l'autre dominicain postrieur. Vi ir ihiil.. p. 13, quelques noms de dominicains ad\ er principe, celle attitude saires du probabilisme. Dans nouvelle n'esl poinl due a une revision doctrinale, mais l'moi prouv devant l'tal dfait des consciences el de l'enseignement moral. Elle se donna nanmoins ses justifications thoriques, en sorte que sortit bientt, de l'ordre des Frres prcheurs, par le moyen de ses professeurs ou de ses crivains plus comhattifs, une rfutation d'ensemble du probabilisme. dnonc de prfrence comme un drglement de la mthode en thologie morale. La casuistique j devenait justiciable de la mme critique. Les meilleurs le ces auteurs non seulement on1 l'intention d'viter, mais vitent le fait 1rs excs rigoureux du Jansnisme, observant entre les doctrines en rouis un juste milieu, qui leur vaut d'en trer en controverse avec les adversaires moins mesu les du probabilisme.

tme. Et d'abord, en morale, est-il permis de suivre l'opinion probable en elle mme, abstraction faite de la probabilit h- l'opinion oppose! N. 14-121. l'es vingt-six arguments accumuls en faveur de la rponse ngative, dgageons la pense exacte <l l'auteur, Le probable n'est pas r gle d'action morale, tant ouvert au faux (mime au vrai. <hi n'agit bien que m l'on est objectivement certain de bien a^ir. La crainte atta che a l'opinion rend illicite l'action qu'on > conforme Ces propositions sont claires. Mais, suivre le raison nement, on dcouvre que Fagnanus entend le probable tans h- sens ,\ is al\ is.hk s el qu'il nfusc l'usage des opinions dites probables, adoptes comme rgles d'a< tion, au seul titre le cette probabilit nominale. Il le il refuse a bon droit. Mais qu'accepte au juste? Son dernier argument est le plus net (n. 98 108) Il lis tingue la certitude probabilis et la certitude >x probabi .n confirmant que la premire n'est libus. d'action (elle est a son gr un concept contradictoire, la certitude lisant dtermination, el la probabilit l'intelligence), il agre que la indtermlnatl le seconde le soil El il entend par la une certitude engen drc pal des raison, probables: car ou une s. ni. r.n son ne peut engendrer la certitude, plusieurs, si elles sont convergentes, ont cet effet; mme une prsomp lion violente j parvient. Certitude assurment liii renie de celle pi'eli^indre mie laisoii formelle et vi
t

authentique certitude. Sans tre dmons excde les limites du probable. Nous ne croyons pas qu'en cet effort Fagnanus rejoigne tiluile probable l'un saint Tlmni.is. dmil on Volt qu'il refuse au moins le nom; car saint Thomas admet une
lente,
lis

trative, elle

crainte en cet tat de l'esprit, qui, si assure qu'il soit, n'a point l'absolue fermet de la certitude pure >i .ilii.iuiis incline fort a l'liminer. simple, tandis que
I

De

plus, saint

hoin.is considre la certitude

probable

//.

CRITIQUE DU PR08PBH /U'.viw.s.

Au

cours des controverses le ce temps, on voit faite une place de choix, soit que certains l'attaquent, soit que d'autres h' dfendent, au traite <! l'rosper l-'agnamis
(|

personnage alors unanimement considr, le la curie romaine. A la demande d'Alexandre Y 11. ph l'ouvrage est ldi, cet auteur publia un monumental commentaire
l()7.s),

canoniste minent

pluribus; elle souffre donc erreur; vraie ni Fagnanus, au contraire, semble bien tenir sa certitudo ex probabilibus comme toujours vraie puisqu'il la qua litie d'infaillible, quoiqu'on relve chez lui n remarque ... nullam formidinem habet <l- fal I errt Imc utomnino per accident et prteter intentionem. N. 111. Mais cette dernire concession ne nous ramne pas encore a l'opinion classique, o vrit et erreur sont
:

comme

sur les cinq livres les Dcrttes, en tte duquel, l'occasion de la constitution Se innitaris, est insr un trait de l'opinion probable, dont on peut penser qu'il ne dplaisait point au pape de le voir en cette plaie. L'dition du Jus canonicum sive Commentaria absolu tissima in libros
le

dans le rapport 'ut in pluribus et ut in paucioribus, non de per se el per accidens. Il semble donc bien que

V Dcrttes <'u( lieu Home en 1661 permis d'imprimer esl de 1657, mais la composition en remonte plus haut encore, comme bien l'on pense. Le trait qui nous intresse csi certainement ant rieur la composition de l'ouvrage de Mercorus (voir COl. 504), comme on peut le dduire des dclarai ions de Fagnanus lui-mme. De opinione probabili..., n. 108 et 111. Nous pouvons donc en placer l'tude avant
:

celle des Provinciales, desquelles

il

esl

du

reste parfai-

Fagnanus force ls exigences de la thologie classique en matire de certitude pratique. In texte le con firme, sur la distinction de deux craintes, o Fagnanus ne mettrait pas d'intermdiaire entre l'quivalent le la certitude probable de saint Thomas el l'hsitation, la Ductuation, le doute en un mot. N. 398. On aper oit que lui fait prcisment dfaut (cf. n. 19 et 116 Bn) celle notion rgulatrice le vrit pratique, dont nous avons dit qu'elle concilie en dernier ressort les exi gences le la loi objective avec les conditions <!< la conscience. La critique lu probabilisme amne donc un auteur dpasser quelque peu l'exigence dont il est

PROBABILISME.
que
ce

I.

CRITIQUE DE
raison dicte

P.

FAGNAN
l

fait trop bon march. Vicispenses humaines! En cela se vrifie ce qu'on a appel depuis saint Alphonse le rigorisme le Fagnanus vocable nouveau, que nous rencontrons a ce poinl de notre enqute, mais qu'il tant aussi prendre soin de ramener sa signification relle, que seule nous livre l'histoire. Par ailleurs, on a vu que Fagnanus ne bannit pas absolument de la morale L'usage les probabilits, puisqu'il admet que leur convergence forme une certit ude. Ajoutons qu'une fois acquise la certit ude il admet expressment n. 110, cpi'on la suive, et quand mme la contradictoire serait d'une plus grande scurit, car on lient celle-ci pour fausse, et un jugement vrai ne cesse pas de l'tre quand est favorable du moins sr. il On renchrit sur la doctrine que vient de rejeter Fagnanus quand, non coulent de faire de la probabilit une rgle d'action, on permet, entre deux opinions contraires et galement probables, ou presque galement, de suivre n'importe laquelle, au gr de chacun. N. 121-152. Sur quoi l'auteur pose cette premire conclusion qu'en prsence de deu\ opinions d'une probabilit gale (et suppos qu'il ne dispose de rien d'autre pour se dcider) l'esprit est dans le doute. A travers les arguments accumuls, on discerne ici la distinction autre chose est de reconnatre qu'une opiessentielle nion est probable, autre chose d'adhrer l'opinion reconnue probable, distinction que l'auteur fonde sur quatre caractres diffrents des deux cas. Il n'a pas de peine confondre d'quivoque les adversaires qui l'ont omise. Nous savons qu'elle est capitale. Le passage de Fagnanus est cette fois excellent, et son intrt historique non ngligeable. Cette distinction, du reste, fut faite trs tt contre le probabilisme, et Fagnanus luimme en attribue l'nonc Bianchi, cit en efet cidessus, col. 499. Or, poursuit une deuxime conclusion, n. 171-218, celui qui est dans le doute en matire morale, o est engag le pril du salut, est tenu par prcepte de suivre le plus sr. C'est ici l'emploi abusif du principe de possession que rencontre Fagnanus, et dont nous avons vu qu'il fut en efet substitu l'antique rgle tutioriste. L'auteur montre dans les meilleurs termes ce qu'il y a d'irrecevable en cette application aux choses de la conscience d'une rgle du droit il est piquant que la leon en soit administre aux thologiens par un canoniste. Voir dans le mme sens les n. 237, 271, 273. Devant les excs de la conscience

vrai

systme avait
les

situdes ordinaires

puisque opiner n'est rien d'autre 'pie de juyer une proposition comme probablement vraie. N. 257... La

comme devant tre fait ce a quoi assentiment de l'esprit est suffisamment incline pai des motifs raisonnables. N. 'J.">8... Dans l'ordre de faction, qui n'apporte point la diligence morale requise pour connatre ce qui est vrai ou faux, il n'est pas douteux qu'il pche. N. 262... Combien sont loin de saint Thomas ceux qui, en dpit des protestations de la
conscience, laquelle suit les raisons plus valides et les motifs plus forts, s'efforcenl de la dtourner vers cette partie o, vu la prpondrance de la partie contraire, d'aucune faon et non pas mme physiquement elle ne

peut tre incline. N'est-ce pas la former la conscience contre la conscience et opiner non selon ce qui apparat de la ralit, mais feindre la vrit selon ce qu'il nous plat, ftngere verum ex nostro arbitrio? S. 270. Ces formules sont irrprochables. Elles ramnent le dbat sur le vrai terrain, ou il est aussitt rsolu par la nature mme de l'esprit: car le probabilisme n'a pu
natre et la querelle s'en entretenir que

moyennant

ce

rflexe on comprend que Fagnanus refuse aussi la distinction du spculatif et du pratique raction outre,
:

mais qu'expliquent les abus qu'on fit de ces mots (correctement entendus par Cajtan, comme l'on sait). Par
ailleurs, et ceci corrige

derechef

le

rigorisme

de notre

auteur, il a soin de spcifier que la rgle du plus sur vaut dans les cas de doute, mais ne joue plus ds qu'on adhre l'un des partis, ft-il le moins sr. La dernire conclusion enfin est pour noncer que, dans les cas o le plus sr n'apparat point, reste qu'on choisisse selon
les rgles positives

que dnonce Fagnanus. Citons encore cette rflexion l'adresse de qui permet qu'on suive tantt l'une, tantt l'autre des deux opinions opposes Comme celui qui a mlang du poison dans l'un de deux breuvages, mais a oubli dans lequel bien qu'il puisse sparment estimer probable (pie celui-ci ou celui-l n'est pas mlang de poison, nanmoins, s'il absorbe l'un et l'autre il est formellement certain de boire le breuvage empoisonn; ainsi qui conseille ou juge selon les opinions probables opposes, il est formellement certain que dans un cas il suit le faux, bien que la faiblesse de l'esprit humain l'empche de discerner de quel ct se trouve l'erreur. N. 312. Quant la limitation imagine par quelquesuns en l'usage de l'opinion probable, interdite au mdecin, par exemple, au nom de la charit due au prochain, voici comme notre auteur en juge Si la charit ou l'amour du prochain demande que nous secourions le malade le plus certainement que nous pouvons, comme l'avoue Sanchez, pourquoi l'amour du vrai et du droit, que nous devons considrer en toutes nos actions, ne demande-t-il pas galement que nous le recherchions avec toute la certitude possible? X. 295. A quoi l'on ne peut rien rpondre, moins qu'on ne tienne vrit et droit pour du conventionnel. Outre cette rfutation thorique. Fagnanus ne manque pas de rapporter des faits de relchement, consquences des nouvelles doctrines. Relevons celuici, auquel on comprend que Rome ait t particuliredes religieux refusant obissance au ment sensible Saint-Sige qui leur imposait des rformes, au nom de l'opinion, tenue comme probable par quelques auteurs, qu'un religieux ne peut tre oblig qu'aux usages en
initial
:

dplacement

du

droit. N. 219-240.

atteint l'extrme probabilisme quand, entre une opinion moins probable et moins sre d'une part, et une opinion plus probable el plus sre d'autre pari. on permet de suivre la premire. Contre cette thse

On

vigueur lors de sa profession. X. 322-326. Fagnanus est donc excellent dans sa critique. Elle louche le probabilisme l'endroit dcisif. Il l'est moins dans sa propre thse, o, sans mriter absolument la facile rputation de rigoriste qu'on lui a faite, il tend
forcer la certitude requise l'action. En controverse. ces moindres outrances sont fcheuses, car elles ne

manquent de

susciter leur tour des protestations,

toute moderne. Fagnanus, pour tablir la sienne, ne dispose pas de moins de quarante-deux arguments. N. 253-403. Mais sa critique revient en somme ce reproche fondamental (pie les modernes ont substitu la recherche du vrai celle du probable, devenu pour eux une qualit extrinsque l'esprit. Il nous suffira donc d'en relever les expressions les plus caractristiques Pour que nos actes soient droits et possdent une bont morale, il ne suffit pas (pie. dans le jugement pratique, nous suivions ce que nous jugeons tre probable, mais il est ncessaire que nous suivions le vrai,
:

rendant vaines par l les justes critiques qu'on a faites par ailleurs et favorisant des quivoques: on en viendra penser (pie seuls les probabilistes ont admis en morale l'usage de la probabilit. Mais Fagnanus conserve le mrite d'avoir revendiqu, non le premier, mais avec un luxe d'arguments nouveau et l'autorit al lche son nom. la vrit comme rgle de l'action morale. Son ouvrage nous l'avons dit. fut remarqu. qu'attaqurent Il suscita des rpliques de Caramuel, leur tour Mercorus et Baron (voir col. 504 et 506). D'autres auteurs devront Fagnanus le meilleur de

513
leur

PROBABILISME. LA RACTION JANSENISTE


critique
:

.14

du probabilisme. Nicole louanl son ne manque pas de dire que seule J manque la llise de l'ignorance non excusante du droit naturel. Comme autre exemplaire, mais d'une Influence Incomparablement moindre, de la libre raction d'un moraliste contre le systme en VOgue, signalons les Resolutiones morales du mineur conventuel Alex. Jiubeus de Lugo (publies en Italie des 1653, d'aprs Hurler, op. cit., I. III, col. 011, note; mais dans notre
trait,
c.x<
(I,

mplalre, dat de 1664, les licences d'imprimer sont H, (il). Ce recueil de cas de conscience n'appartient

pas la tradition casuistique du temps; il se rclame de Scot et de saint Thomas. Sur la probabilit, ou y lit disp. X V, resp. 12, qui deux passages, disp. IV, resp. tmoignent un attachement Adle a la morale clas1
:

sique.
///.

LA
-q.J.
-

BACTIOS JAN8N18TE
I-es lui les

I.T
le

(1656

engages par

SES SI jansnisme en
<

la morale relche sont de beaucoup les plus clbres et lurent en effet les plus retentissantes. Mais nous savons dj qu'elles ne sont pas un rail isol. Hors de France et hors du jansnisme se sonl leves vers ce temps-l des oppositions pareilles ci dont l'initiative doit tre cherche beaucoup plus du (le de la

France contre

Chacun peut mettre, proposition le restera toujours nul ne |ieut oter. N. 913. L'ardeur des saints a (lui cher le vrai tail inutile si le probable est sr. N. '.il 7. Ds la .V Provinciale, 20 mais 1656, la premire de la sri( des lettres sur la morale relche, le bon explique a son visiteur que la doctrine des opinions probables est le fondement et l'a b c de toute morale, el les claircissements qu'il donne sont pris en effet des auleiiis (pie nous connaissons, le -cul airangement, et il est piquant, tant de l'as. Provinciale dnonce h- progrs fatal des probabilits, passant insensiblement de la spculation, ou en les propose d'abord, a la pratique, en mme temps qu'elle signale de faon cinglante l'arbitraire de faire respecter certaines lois de l'tal quand on permet la violation de celles de Dieu, lin tout cela. Pascal lie s'esl pas rompe. Il avait plus que le droit de reprocher cette moi ah- de n'tre point une recherche si m re de la vrit. Inspire par l'amour de 1 )ieu. Il n'v a pas (pie du jansnisme dans ces lettres d'un |ansniste. Mais.
! i

>

quand au probable
le

il

oppose

le

sur.

il

semble mi

naiiie l'accord possible du probable bien entendu avec


dtruit.

cour romaine que du cd de Port-Royal. 1 Les Provinciales. L'attaque jansniste sera, il tant le reconnatre, d'un caractre moins dsintress puisque, travers la morale relche, elle vise, on le sait, la Compagnie de Jsus. Ce qu'il y a de certaine ment abusif et ce rpi'il y a d'autre part de fond dans
l'identification qu'elle se platt marquer, l'histoire que nous racontons, ce que nous avons dd cl ce que nous dirons bientt, permettent de l'apprcier. On sali aussi
(pie les Provinciales, le plus

mmorable
voir l'art.

cette querelle ( leur sujel


col.

Pascal,

dot unienl de t. x.

2083-21 10), procdenl par examen des cas el font appel l'indignation de l'honnte homme; on a vu d dessus, art. Laxisme, t. ix, col. 17, que la vrit gnrale de leurs griefs est suffisamment tablie et qu'il et mieux d'insistance; qu'on valu ne pas les contester avec <i rapproche de la collection de Pascal la liste de Gone (loc. cit., art. 5) el (die de Fagnanus [loc. ni., n. 335 336). \ ce titre, cet cril laineux concei ne moins notre sujel que les dissertations thoriques analyses ci dessus. Mais on ne peut dissimuler qu' l'occasion des cas les Provinciales t particuliers donl elles traitent moignent un esprit qui a dans l'affaire son importance, lilles rptent que l'vangile cl les Pres sonl les sources de la morale chrtienne; elles dnoncent en la mauvaise casuistique un empitemenl du rationnel dans un domaine sacr. Pascal en cela n'vite pas un excs, allant jusqu' mettre en antithse .lesus christ et la raison. A ce compte, on renierait toute thologie morale el non seulement sa corruption. Mais il faul bien reconnat] e en sa revendical ion un esprit chrtien donl l'absence esl lie las sensible chez trop de a su si es. Il croit qu'on ne peut foimer des chrtiens (pu n'aient plus le got de l'vangile et des Pres l'en blmerons nous? D'autant qu'il v a dans ces passages un accenl
1 1

ne remplace il gure ce qu'il curieux aussi qu'il n'ait dd mot du principe de possession indment appliqu, m de l'obligation olce par la loi douteuse. Mais son oiijei ne requrait gure les discussions scolastiques. La thologie des Provinciales doit cherche de prfrence dans les notes donl Nicole a m m- leur d n. ion latine Ludov Montaitii I Provinciales <i< morali cl polilica fesuilarum disciplina, a Willelmo Wendrockio...; la premire dition esl d de Cologne, 1658; la quatrime (Cologne, 1665) con tieui des additions considrables, notamment sut les questions le la probabilit. Nicole signale pour son compte le vice d'une probabilit qu'on peut tenir pour telle si mme on est convaincu de --.i fausset, et il montre dans (es thories dis probabilist (un moi, nous l'avons dit, que jamais n'employa Pa cal) la SOIIKc de les le .ic lll II lellt s. Ul s M. ils l'tnsisl principale de cel auteur, nous le s,i\ons dj, et qui donne sans conteste un loin jansniste .i tes proti lions, esi son lus d'une Ignorant e invincible du droit naturel, en sorte qu'agir en cette matire selon une opinion i. uissc, \ ft on sincrement attai h, demeure un pii lie. diminu mais non totalement ei l'ignorance le la bu naturelle pari d'un vice; on la peut surmonter par la prire ci l'exercice des vertus. Mme en matire de droit positif divin, Nicole n'ose affirmer (pion en puisse avoir encore une lgitime aprs la promulgation de l'vangile. En revanche, il admet cette ignoi .une. et totalement ex< u saule, en droit positif humain, lin COmp thses avec la thologie mdivale, on peut jugei de
vrai.
t

Du moins
est

Il

<

ou verse Ici ce thologien, spcifiquement jansniste aussi ni. Auguslinus, I. I. c. vm, Paris, h. il. I. n. p. 9) cl s,- .il t. o liant a une thologie outre du
l'excs
i

qui ne trompe pas. car il arrive lu-/ Pascal (pic l'indi gnation du chrtien l'emporte mme sur l'habilet du polmiste. \ son tour, il dnonce les thories de la probabilit

connue l'une des origines de


les
:

la morale relche. Dans Penses, on trouve l-dessus des rflexions saisis sautes la probabilit donne peut tre la sret de la conscience, mais seule la vrit lui donne le repos; d'autres soins (pie la vrit induisent dcouvrir le pi (diable < Nous ferez VOUS accroire que... si la mode du duel n'tait point, vous trouveriez probable qu'on se peut battre, en regardant la chose elle mme?
:

pch originel, l'ide de l'incomptence de la raison en morale: c'est pourquoi le thologien humble el vraiment chrtien est autant habitu a mpriser sa raison qu' rvrer la lumire divine, ci il se sert surtout de sa raison pour s persuader que ru n n'est plus forme a la raison que (h la soumettre la loi divine el de contenir son Inconstance dans les liens tus heureux de l'autorit divine. Par le mente de cette obissance, il parviendra a saisir par sa raison mme la souveraine
t

N.910;

Les opinions probables se multiplienl ncessairement puisque, une fois classse telle, une
cf.

n. 922.

quit des prceptes divins. Op, cit., I' d., p. 115. Pas plus que Pascal, et l'omission en est ni plus sur prenante, Nicole ne traite du principe de possession ni de la loi doulcuse non Obligeante. 2 {.utourdes Provinciales On sait quel ch croise d'crits cl de censures a suscite l'intcrv eut ion de Pascal. L'affaire passe (lu pouvoir ecclsiastique au
.

DICT.

lu.

III

ni. CA

lll(>I..

T.

XIII

17.

:,

PROBABILISME. LA RACTION JANSNISTE


des

:.!;

pouvoir civil, des cures a la Sorbonne, aux veques, au Parlement, au ministre, aux vicaires gnraux, au lieutenant de police, sans compter le roi en personne. ""n deux OU trois aimes, il pousse ainsi en langue franaise une littrature considrable. Pour la suite exacte de ees crits et des vnements, voir l'dition cite des uvres de Pascal, t. iv sq.; un rcit et un jugement
1

aux premires. A l'ouvrage de Pirot riposte un crtt cuns de Paris dont la rdaction est attribue Pascal. Parmi les arguments de circonstance, il contient des dclarations doctrinales, dont on ne sera pas

surpris qu'elles rejoignent les Provinciales et les Penses (dit avec les Ecrit suivants attribus a Pascal
cit., t. vii sq.). Vers le mme temps, Apologie s'insurgent les curs de Rouen, dans l'crit desquels on lit ce texte significatif ... Comme si messieurs nos confrres de Paris n'avaient pas reconnu dans les excs qu'ils ont prsents a l'Assemble que la question n'est pas s'il y a des opinions probables dans la morale, personne ne dou tant qu'il n'y en ait, quoique le nombre en soit infini ment plus petit (pie ne s'imaginent ces thologiens

dans

les

uvres, d.

dessus, art. Laxisme, col. is sq. De l'aveu gnral, les rponses furent faibles et, pour ne rien dire des questions de fait, elles ne font certainement pas avancer la doctrine. La plus retentissante lut V Apologie, pour les casuistes, du P. I'irot, publie vers la mi-dcembre 1657. Retenons-la comme le premier en date des crits dsorleur sujet,
ci

contre
i

la

mme

sive.

le probabilisme passe la dfenvoit s'y dessiner comme une position doctrinale improvise, que l'attaque vient du rendre ncessaire, et dont rtablissement sera ds lors la proccupation dominante du probabilisme, entr dans une phase nouvelle de son histoire. On serait surpris de

mais innombrables o

On

retrouver jusqu'aujourd'hui maints arguments la Pirot, qui ont rsist aux censures de son livre comme au dcret solennel du Saint-Office, qui le condamna en aot 1659. L'auteur tente d'allier la cause des casuistes celle de saint Thomas et d'Aristote, de qui ils sont son gr les successeurs, car les uns et les autres usent de la raison en morale. C'est tirer parti assez grossirement de l'un des excs de l'adversaire. Il dit aussi que la morale des jansnistes est d'une rigueur impraticable, une morale de Turcs et de mahomtans ; comme si en dehors de la morale relche il n'y avait que la morale svre, et non pas aussi la morale srieuse. Sur la probabilit, il faut avouer que Pirot excelle Si vous croyez nous couvrir de confusion en nous reprochant la probabilit des opinions, nous, au contraire, tenons honneur de la soutenir par un des plus universels et des plus solides principes de la morale ecclsiastique et temporelle. Et nous disons qu'il n'appartient qu' des esprits superbes qui prsument de connatre toutes les vrits, ou des mes abuses qui se persuadent d'avoir des rvlations de tout, de blmer les opinions probables et de dire qu'une opinion probable ne suffit pas pour agir prudemment et pour exempter de pch celui qui la suit. 6 obj. Mais l'auteur se dpasse en l'loge des casuistes, o nous voyons portes l'extrme cette bonne opinion de soi et cette persuasion de leur rle indispensable que nous avions remarques comme un trait de la profession Nous avons lu les livres que vous blmez. Nous jugeons qu'il faut des sicles entiers pour porter de si grands gnies. Nous les admirons tous les jours, et, quand nous comparons les auteurs des sicles passs avec ceux du sicle dernier et de celui o nous vivons, nous ne trouvons point parmi les canonistes et jurisconsultes d'auteurs qui surpassent les Sanchez et les Basiles, les Pontius, les Sotus, les Silvester et les autres que vous traitez de racaille. Quand nous comparons les jurisconsultes du dernier sicle et de celui que nous courons avec les sicles prcdents, nous trouvons que l'antiquit ne l'emporte point sur ces derniers sicles. J'en dis autant de la scolastique (sans y comprendre saint Thomas, qui, en tous les sicles, sera reconnu pour le mat re |, et je soutiens que, s'il y a du relchement dans les opinions de la morale, il ne vient pas depuis cent cinquante ans, et que les auteurs que vous calomniez sont plus troits que ceux des sicles prcdents. Suarez est incomparablement plus troit que les anciens scolasl iques; Sanchez. plus troit que les anciens canonistes. Les sentences larges que vous reprenez en ceux de la Socit ont t enseignes longtemps avant que
<

problmatiques d'est et non est, licet et non licet, peccat non peccat, tenetur et non tenelur. Dans V Apologie pour les casuistes, Cologne, 1058, pagination spciale, p. 35-36. Au premier crit des curs de Paris rpliquent deux rponses jsuites. D'o, en avril 1658, un second crit des mmes, rdig par Pascal. Un troisime et un quatrime suivront, qui ne sont pas de sa main, mais peut-tre d'Arnauld et de Nicole. On y remarquera ce passage, o l'on dnonce le procd qui traite les opinions probables comme des princip3s assurs d'o sont dduites de nouvelles opinions probables plus relches que les premires (ces derniers crits dans le recueil intitul Divers crits des curs de Paris, Rouen, Xevers, etc., pour servir de suile aux Lettres provinciales, s. 1., 1762; p. 65-114, 114-132). Un cinquime sort le 11 juin 1658, attribu Pascal, qui, selon Marguerite Prier, tenait ces pages pour le plus bel ouvrage qu'il et fait. Le sixime, du 24 juin 1658, est vraisemblablement de la mme plume. Le fait est donc constant, et l'on ne peut le ngliger, que les curs de Paris ont sign collectivement des crits manant de l'auteur et du milieu des Provinciales. La protestation premire s'largit: elle n'est plus celle d'un parti seulement, mais devient une clameur universelle. Il semble au contraire que l'adversaire demeure rigoureusement seul. Il devait y avoir jusqu' dix crits des curs de Paris dont le dernier fut prsent le 10 octobre 1659 aux vicaires gnraux du diocse pour demander la condamnation d'ouvrages de Tatnburini, rcemment parus Lyon et dont on aimera lire au moins les titres outre Y Explicalio Decalogi... que nous connaissons, il y a un Methodus expedilse confessionis, un De sacratissima communione expedile peragenda, un De sacrificio miss expedile celebrando. Mais cette nouvelle affaire n'eut pas de suites. Entre temps, lin juin 1658, comme l'crit de Pirot tait eu instance de condamnation la Sorbonne, avait paru une pice anonyme, et dont l'auteur serait le P. de Lingendes ou le P. Nouet (cf. uvres de Pascal, d. cit., t. vin, p. 36-39), o. sous le titre Le senliment tics jsuites sur le livre de l'Apologie pour les casuistes (dans l'd. cit. de l'Apologie, p. 129-140), on sparait la cause de la Compagnie d'avec cette premire et malheureuse dfense. On y trouve une page. qui est une interprtation inattendue de la mthode probabiliste mais elle nous dcouvre comment on croit devoir prsenter les choses aux esprits dsormais mis en garde et devenus dliants

el

ce que l'glise permet tous les auteurs orthodoxes, de chercher la vrit partout o ils la peuvent trouver, et, lu o elle est inaccessible, de s'arrter au vraisemblable. Mais elle ne leur te pas la libert de choisir, parce qu'elle n'en veut pas faire des martyrs de l'opinion
Elle

permet

[la

Socit

celle

Compagnie ft au monde. P. 219. Ces rpliques en suscitent d'autres. Les dernires Provin les rpondent dj aux rponses adresses

mais de la foi. ni captiver leur entendement sous le joug du raisonnement humain, qui est extrmement fautif, niais sous l'autorit de l'vangile, qui est toute cleste et divine. Elle se contente de leur prescrire des bornes o tous les ~ it;cs trouveront leur sret, et (pie les tmraires ne peuvent outrepasser sans pril, les obligeant ;\ fuir galement

517
ces

PKOBABILISME. LA RACTION JANSNISTE


l'un
la

518

de s'attacher des opinions qui soient voix publique et bannies communment de l'cole, l'autre d'en inventer de nouvelles qui n'y puissent tre favorablement reues. Et quoique en ce point il ne soit pas moins dangereux de pcher par une excessive rigueur que par une trop grande lchet, elle veut nanmoins qu'ils usent d'une si grande rserve que, s'il y avait quelque excs dans le temprament qu'elle garde, ce serait que, pour s'loigner davantage de tout soupon, elle penche plutt du cot de la rigueur. Se peut-il rien voir de plus ordonn et de plus juste? 1. 134-135.

deux cueils, condamnes par

Appartient la mme campagne de dfense et sort du mme loyer du Collge de Clermont la Qustio facti, du P. . de Champs, parue Paris en 1659. L'objet cette fois est de soustraire la Compagnie au reproche de promouvoir une morale relche qui lui soit propre. L'examen porte sur les propositions qui permettent de choisir en prsence de la contraire l'opinion moins probable et l'opinion moins sre. Et la conclusion tient que ces sentences, loin d'tre la spcialit de la Compagnie, o l'auteur avoue qu'elles furent dfendues, ont reu de la part de thologiens jsuites des limites ou subi mme des oppositions qui dgagent singulirement leur ordre du mauvais dessein qu'on lui prte. Les attributions historiques de de Champs ne sont pas irrprochables, mais il est certain que les outrances, les maladresses et les inexactitudes des adversaires ce propos lui rendirent la besogne rela-

tivement facile. Ces dveloppements et ces complications du mouvement imprim par les Provinciales signalenl assez le succs de la campagne de Pascal. A vrai dire, elle ne fut plus la sienne seule ni celle de ses Inspirateurs jansnistes, mais reprsenta bientt la raction d'une large partie de l'glise de France. voques, curs, fidles, n'en sont pas devenus pour autanl les allis d'une doctrine rprouve. Il esl bon (ie lire ce qu'en pensait un haut prlat romain, le cardinal d'Aguirrc. qui, dans une lettre du 10 septembre 1695, exhortait Bossuet et avec lui l'vque d'Avranches, Pierre Da niel Iluet, prendre la charge de rfuter ces morales nouvelles, sous la conduite et avec le zle et la haute pit de tant d'vques franais, des docteurs de Sor bonne, des curs de Paris et de Rouen loigns l'extrme de toute noie d'hrsie, alienissimi al> omnt lirescos nota, et sans consentir le moins du inonde quelqu'une des cinq thses fameuses et jusleinenl condamnes par tous les catholiques, ils ont pris soin d'll miner et de rprimer le probabllisme en pleine prosp rite, depuis le temps d'Urbain VIII jusqu' prsenl Dans la Correspondance de Bossuet, coll. des Grands crivains de la France, I. vu, p. 204-205. De toutes les ractions de ce temps, celle-ci fut de beaucoup la plus riche de consquences. On lui attribue Communment d'avoir arrt ou du moins srieuse ment gn ce dbordement de loi le casuistique, dont l're est dsormais passe. Elle attacha un ridicule ternel de certains noms qui Jusqu'alors avaient fait i.i loi. En ce sens. Pascal a gagn, lui un autre, Pascal fut battu, il n'a pas vraiment vinc le probabllisme. La cause en est pour une part que ses accusations, si elles s'inspirent d'un noble sentiment chrtien, ne sont pas munies des ressources thologiques propres a les rendre doclrinalemenl efficaces. Ou plutt la tho:

conditions de la science et de la vie morales, ont cru ne prvaloir qu'en liant partie avec les victimes des Provinciales. Pour cette raison, la raction jansniste est doctrinalement moins intressante que celle d'un Fagnanus et des meilleurs auteurs dominicains, qui s'est davantage confine dans l'cole. Nousimputcrions moins svrement a Pascal la dconsidration ou est tombe devant l'opinion profane la thologie morale en gnral, confondue avec ces finasseries scandaleuses des casuistes auxquelles on prfre une simple et robuste honntet naturelle. Car rien n'est plus fort dans les Provinciales que l'appel aux Pres et a l'vangile, inspirateurs reconnus de la vie chrtienne, et d'autre part les dfaillances prolonges de la thologie morale expliquent peut-tre assez son discrdit. Mais nous avouons que Pascal joue un jeu dangereux. Enfin, en dirigeant trs expressment leurs attaques sur la Compagnie de .lesus, et sans considrer mme la qualit des griefs formuls, qui n'est pas irrprochable, les jansnistes ont siiseite de la part de celle-ci comme il tait naturel, une dfense, laquelle ira s'orna nisant, comme devait se perptuer d'ailleurs la littra turc d'hostilit inaugure avei les Provinciales. La tentative de Pirot esl grossire, mais on j peut ol server les lignes matresses o s'tablira le probabllisme, comme sur une p sitlon de repli. En ces condi. lions, un corps religieux considrable tend a faire d,. plus en plus sienne une doctrine morale A la forma, tion de laquelle il avait seulement contribu, quoique de bonne grce, el cela dans le moment o on or<ir,. thologique comme les frres prcheurs se tourne ouver. tenir nt contre elle, o la Sorbonne et le cierge franaig pour une bonne part tac lient de la rduire. O P.om,. elle ni en ie semble marquer a son endroit une dfaveur Les Provinciales ont ainsi provoqu un certain isolement de la Compagnie de J< sus. en laquelle l<- probabl auraient lisme trouvera sou pins solide refu donc assure la permanence de ela mme dont elles sein bl aient triompher, (.es divers effets doivent du reste l coin lin es a\ee eus <l<s a ut les le.n ions et bientt des condamnations romaines, en suite de quoi [] sera intressant d'obser\er les adaptations du probabl lisme. auxquelles il doit sa surviva A l'agitation dtermine pai les crits de Pascal SUCCda bientt dans le menu milieu de la Soi lionne.
les faire
c

l'i'

du Parlement
cause
le

livre

et du clerg franais, celle qui eut pour du jsuite espagnol Maltin. u de Mova.

Opusculum singularia universel fere tha complectens..., publie sous le pseudonyme


Gulmenius.
col.

On

pu

lire

>

dessus,

art,

d'Amedseus Laxismb,

logie

qu'ils brandissent, lui et


est

les

siens,

entre

tous

Nicole,

elle-mme trop vulnrable pour s'imposer. D'un extrme qu'ils dnoncent, ils risquent d'entraner
vers l'autre,
bai

outre, ces polmistes ont plus ruin

qu'difi, lai

casuistique, ils valoir la ncessit de la bonne. En dnonant les probabilits frivoles, ils n'ont pas mnag sa juste place la probabilit saine et bien entendue. Par

condamnant une mauvaise

n'ont pas

fait ass, z

l. ils
il

ont cr une quivoque, non encore dissipe. Car

ne

manque pas de bons

esprits qui,

comprenant

ces

complique de cette nouvelle nous repu -.ente comme nu cas de contagion dans la controverse puisque l'opuscule de Moya ripostait principalement a des attaques espagnoles (voir ci dessus, toi. 500), et avait paru a i.miliei u puis a Paenne (en 1657, d'aprs rlurter, op. <</. t. i\. sq.i. puis a \ ah' n ce (eu 1661 col. 61 avant de paratre Lyon en 1664. La censure de Sorbonne esl (oit difiante. I.e traite de 'opinion probable dans l'opuscule ne l'est pas moins. Il s,- rduit a deux propositions Mien qu'une opinion soit fausse, on la peut suivre en sret de conscience, a cause de l'autorit de qui l'en seigne. Les conseillers du mi. quand Us imposent les tributs, ne sont pas tenus de choisir l'opinion plus probable, mais il suffit qu'ils choisissent une opinion probable; les sujets peuvent lie pas acquitter les Pour soutenir ces eiioi mit es. l'auteur n'a pas impts. le tactique plus constante que d'allguer pour elles (les auteurs trangers a sa Compagnie, de prt, dominicains. Sur la premire proposition, il avoue que saint Thomas ferait difficult; mais il ne manque pas d'auteurs, ajoute il. qui ont entendu son texte dans un sens bnin. Voir noire article claircissements..,
54-58,
l'histoire
affaire. Elle
I

1,

'

,19

IMiulJAUlUSMK. LA RACTION
i

LOUVAIN
el

120

3 Autres manifestations anliprobabilistes. Dans la suite de la raction jansniste, ou du moins comra un effet de la mme disposition d'esprit, apparall un

ouvrage d'enseignement, les morales probabilistes

labor
:

pour

supplanter
les

suggestifs, 1. III, c. xin, xv et kvi; les irtlcles (l'A. Dsert, Raction des Prouinci \ur la thologie morale en I r<;/,<v, dans Itull. il<- littrature eccli iaslique, l'un Ion se, nov. el dc. 1913; la srie d'article*
d'1
.

Sainte-Beuve, Jeunes encore

Baudin,

/."

thologie morale ou rso

/." critique pascalien.ru

La

vie intellectuelle, dc.

</< lu casuistique, <l:ms 1929, fvr. avril, mai, juin 1930,

lution drs cas de conscience selon l'criture sainte,

canons et 1rs saints Pres, compose sur ordre de Mgr Le Camus, vque de Grenoble. Rdige par Franois Gent 1702), professeur a l'universit d'Avignon et au sminaire d'Aix, elle parat Paris dans les annes 167 J et suivantes. Le titre de l'ouvrage, comment par uiw prface de Mur Le Camus, en dcouvre bisn inspiration ipparsnt~e ive< l.i vi u tion que nous tudions ici. Dans l'ouvrage mme, on professe que l'ignorance du droit naturel est pch en tous ceux qui ont l'usage de la raison, mais avec celte
:
i

rserve

Et quand mme il pourrait arriver dans quelque cas extraordinaire qu'il n'y et point de notre faute dans cette ignorance, nanmoins, comme cela
:

IV. LA UK.V TION A LOI VAIS. Ds longtemps, la facult de thologie de LouvaI avait montr de ht dfiance envers les nouvelles morales, censurant et dnonant a Rome, avec l'appui d'vques de Belgique, des propositions relches, non sans succs, comme on a pu le voir, art. Laxisme, col. 65-70. Il n'est pas sr nanmoins que la raction contre le probabilisme y ait t de pair avec celle-l, qui visai! des abus particuliers. Si Caramuel a pu signaler l'enseignement antiprobabiliste de Libert Fromond, l'diteur de ['Augustinus, en 16,'JiS. anne de son sjour a Louvain
(cf.

Th. Gonzalez, Fundamentum...,


op.
cit., t.

diss.

X,

n.

.'>-.

sur

Fromond, voir Hurter,

m.

col. 1038).

on a

serait toujours trs rare et trs difficile discerner,

nous devrions toujours dans la pratique juger que nous avons manqu lorsque en effet nous avons fait T. i, quelque chose de contraire au droit naturel. p. 41-42. On remarquera aussi que la thse en est fonde non sur le pch originel, mais sur le caractre naturel de cette loi, telle qu'on ne l'ignore que par sa faute; Contenson, on se le rappelle, raisonne de mme. la moins probable. Il est interdit de suivre jamais Devant deux opinions galement probables, l'esprit est dans le doute, et il faut agir au plus sur. Mais, quand une proposition est plus probable, on la peut suivre, encore qu'elle soit moins assure. On entendra selon ces rgles le rigorisme outr qu'on impute volontiers Gent. Nous y noterons toutefois, comme un signe plus tangible de l'excs o verse cette raction, la position du problme traditionnel des rapports du confesseur et du pnitent divergeant d'opinions, interprt comme s'il s'agissait de dcider si le confesseur
>

des indices d'une vogue assez prolonge du probabilisme en cette universit: tmoignent en ce sens le
jsuite

Guillaume Le Maire (ci-dessous, col. 522j, lui-mme ardent dfenseur du systme; plus tardivement, l'un des ennemis de la probabilit, le bndictin Matthieu Petit-Didier (auteur de l'Apologie des Lettres provinciales..., t. i, Rouen, 1697, p. 105, 113 sq.); enfin, le dominicain J.-Y. Patuzzi, l'un des champions de l'antiprobabilisme au xvm c sicle, dans son Trattato dlia regola prossima de lie azioni umane. t. n, Venise, 1758, p. 276-277; voir col. 579 sq. 1 Jean Sinnigli. Ces auteurs rapportent mme que fut en son temps probabiliste, comme tout le monde l'tait alors, le thologien qui devait Louvain se retourner bientt le plus nergiquement contre cette doctrine, l'Irlandais Jean Sinnigh. Il se peut que celui-

peut juger, selon ce qu'il sait tre faux, t. iv, p. 275278 sous cette forme simplifie, il ne peut appeler bien entendu qu'une rponse ngative. Mais la question traditionnelle est plus complexe, et sa solution plus dlicate. Hurter indique, op. cit., t. iv, col. 945, des Remarques de J. Raymond crites contre cette thologie et prohibes en 1679. L'ouvrage de Gent devait tre lui-mme censur par la facult de Louvain en 1703. Ibid. Mais il fut bien accueilli Rome jusqu'auprs d'Innocent XI et il eut du succs parmi de nombreux voques franais Cf. Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 43, n. 5; Pastor, Geschichle der Ptpsle,
:

t.

xiv b, p. 973. Hors de France, mais sous

l'effet

du

mme

esprit,

parat la Theologia moralis christiana du thologien belge Laurent Necsen (1612-1679); voir son article. Plus violent, le livre que publie Cologne en 1688 l'infatigable Grrberon : La rgle des murs contre les fausses maximes de la morale corrompue, pour ceux qui veulent suivre les voies sres du salut cl faire un juste discernement du bien et du mal. Il nous est interdit cette fois de suivre mme l'opinion la plus probable si elle n'est en mme temps la plus sre (Utrecht, 1735, p. 301), et l'on nous signifie que, s'il y a une ignorance invincible du droit naturel. ce n'est, comme dit saint Thomas, que dans les enfants, les fous, les phrntiques . Ibid., p. 313. Mais des esprits graves comms l'abb de Ranc et Mabillon faisaient leur tour chu aux dolances enregistres en ce chapitre (voir Dllinger-Reusch, op. cit.. t. i, p. 113-116), et qu'il n'est plus permis dcidment de traiter comme la manuvre habile et dloyale d'un parti aux abois.

ci ait t encore probabiliste lors mme qu'il tait dj jansniste, cf. Hurter, op. cit., t. iv, col. 100 sq.; Reusch, Index, p. 463-464 phnomne qui ne doit pas nous surprendre outre mesure, l'antinomie des deux systmes ne s'tant dcouverte que peu peu l'occasion des vnements, loin qu'elle reprsente une sorte d'article fondamental du jansnisme, de mme que les jansnistes n'ont dcouvert aussi que tard et occasionnellement ce qu'Arnaud appellera aussitt l'hrsie du pch philosophique. Noir Pche, t. xn, col. 256 sq. Quoi qu'il en soit parat Louvain en 1662. dment approuv, le t. i du monumental Saul cx-rex, une sorte de trait du chtiment des rois ou de politique tire de l'criture sainte, o se dclare de la faon la plus catgorique l'hostilit de Jean Sinnigh pour les casuistes nouveaux et leur probabilisme. Trente chapitres en effet sont insrs dans l'ouvrage I, c. (1. xciii-cxxiii), qui traitent de la morale. La raction de l'auteur s'y dveloppe l'aise. Elle invoque de prfrence le caractre coupable de l'ignorance, dduit de l'insertion en la nature de l'homme de la loi naturelle et de ses prceptes particuliers; Sinnigh a l-dessus les formules les plus nergiques. L'opinion n'excuse pas mieux que l'ignorance. Elle est ici rabaisse autant qu'il se peut, impitoyablement livre au mpris. Relevons ces lignes, qui donnent le ton de la pense de Sinnigh
: :

On trouvera l'art. Pascal la bibliographie relative aux Provinciales. Nous ne retiendrons ici comme plus apparents notre sujet spcial que les chapitres du Port-Royal de

Ces appuis ne sont que les produits monstreux de l'esprit humain corrompu par le pch et donc dsordonn; jamais un esprit sain n'et enfante- ces produits s'il et persvr intact en sa sant premire... L'opinion humaine, quand elle est fausse, est un monstre et elle quivaut un monstre quand elle est vraie... Au reste, qui se livre l'acte d'opiner sans ncessit urgente s'expose spontanment et inutilement au pril de pcher, car il ne sait si l'acte qu'il va faire est vrai ou faux. Or. il ne semble pas que se prsente jaunis la ncessite qui le presse de se livrera un tel acte... Preuve le cette mineure car on pourra partout et toujours vincer toute prtendue ncessit de celle sorte, imitant les
:

521
hommes
ici

PROBABILISME. LA RACTION
en
l'tal d'intgrit

LOUVAIN
i

522

premire, lesquels (Sinnigh cite

que

ou bien eussenl toujours port sur toute chose un jugement vrai dans le cas ou ils connaissaient la chose, <>u bien se fussent abstenus <le tout jugement dans le e;is oils l'ignoraient, ou bien eussenl suspendu leur affirmation dans leur esprit, m;iis incertaines ou le eus de ehoses proposes ambi ;us. Oui, dans ce dernier cas, reprend Sinnigh, se livre un jugement d'opinion se rvle atteint d'un dsordre de l'esprit, s'expose au pril d'erreur suis ncessit et donc encourt la culpabilit de l'erreur; il s'inflige la noie de tmrit, enfante un fruit monstreux de l'esprit, et, comme s'il et ail pourvu dj de la connaissance suffisante au bien agir, il abandonne le soin de poursuivre ses recherches. I.. I,
listius)
:i
-,

amis publirent en 1667. Si l'on en croit le le ce tome, o ne reparatront plus les questions le morale (elles n'taient dans le prcdent qu'une norme digression), le pape Alexandre VU aurait foi gnements dj publis de got les Sinnigh, j compris sa critique de la morale relche. Pour Nicole, il esl sur qu'il a couvert Sinnigh d'li Au dessus le Fagnanus el de Mercorus, il nui celui-l au premier rang des flagella casuistarum. Son mrite suprme esl d'tre all- jusqu' la racine du mal en
ses

prologue

c.

scvii,

36

tablissant pic l'ignorance 'lu droit naturel n'ei jamais et ne peut lie invincible. Il est d'ailleurs

i.

manifeste. Compares la thologie classique que nous avons expose en commenant, ces lignes dcouvrent l'cart dont esl capable une pense tendancieuse, mais qui eut sans doute t moins grand si ce! auteur n'avait eu devant les yeux les excs cou

L'outrance

esl

curieux pie Nicole estime devoir exposer cette rgle de Sinnigh, qui veul pion n'agisse que selon des certitudes, (air il voil bien pie l'application en est maintes fois empche. On aura pourvu au mieux, lii Nicole,
si

l'on opte alors lans le sens


la

du moindre

pril.

traire s.

l'n passage, dans le voisinage de celui l, devail connatre une clbrit inattendue. I.'aiileur s'lve contre la prtent ion Intolrable des casuistes de donner leurs opinions pour rgles infaillibles d'aclion. et il cite le mol de Caramuel lisant qu'il sutlil de rpondre a qui demande si telle ou telle chose est permise Diana Contre quoi Sinnigh relve Diana l'a dit dixit, l'importance qu'il y a de ne pas se tromper en morale, plus grave que dans les autres sciences puisqu'il J va celle fois du salut El il poursuit
:

ordres sains, par exemple, ni' va pas sans danger; mais s'en abstenu ou s'j drober quand par ailleurs on semble bien dispos si bien plus dangereux encore. Il faut donc aller dans le sens lu plus probable. En ces cas, on sera a la fois Incertain ai on s'j certain le ce qu'il faut fane, cl certain dtermine par e principe trs certain pie de deux
voir

communion ou

les

"

il faut choisir le moindre; Incertain si l'on va bien agir, puisqu'on a pu s, tromper en estimant, p ir ne crainte subexemple, que l'on tait bien dispos. sistera donc, qui est bien dans la condition hum qui esl admirablement propre, au surplus, a entretenir

prils

Personne n'ignore nue toute opinion humaine encourt le risque d'erreur du fait mme qu'elle ne dpasse point tes limites de la probabilit. Si donc il arrivait qu'en ralit elle lui ausse, comme il peut arriver, celui qui s'j sera conform en agissant ou en n'agissant pas aura ete deeu pal elle, e n'est donc pas vers la vie mais vers la mort qu'elle conduit, in subira ternellement la peine selon le m. ii de i.aeianee de si sottise si l'on a eie dupe .m pai une personne frivole ou Sur pai une opinion fausse. quoi il tant remarquer que l.ael inee parle non de l'npin Improbable, mais simple ment de la fausse, telle que peut l'tre celle qui se prsente non seulement comme probable, mais un me eninine la plus probable entre les probables, qualii potesl eue ea qute non solum probabilis sed ellam Inter probablle* probabllissiina existit. De mme en elTel que l'opinion, soll moins probable, soit moins que probable, peut tre vraie, de mme Inverse ment l'opinion plus probable ou nu nie la plus probable peut ilre fausse. Aussi longtemps donc qu'on se lient dans les limites de la probabilit, on n'est pas garanti pie ment :t.">7. contre le pril de l'erreur. I.. 1, c. \<\,
i
:

<

dans l'humilit, somme le toute religion. Op. append. n. sed m. .h Cologne ic p 638-640 Ce passage esl prcieux puisqu'il montre ragissant contre l'outrance de Sinnigh un thologien jansniste mme, plus subtil pie le dot tetll de Couvain, et qu'il nous dcouvre le jansnisme admettanl un usage h- la probabilit. Le rigorisme est dcidment plus souple que d'aUCUnS disent, Poursuivant sa critique et dans
i
.

'_'.

le

mme

esprit, Nicole proteste contre l'attribution a


est

saint

Augustin de cette doctrine que l'opinion

ton

*i

jours vicieuse : quand elle esl vraie, plus sre et moins prilleuse que l'oppose, on ne voit pas quelle faute ce serait de siiiv ri' l'opinion, on voit plutt que c serait une faute de m- point la suivre. Ibal art p 642. 2 La riposta a .If an Sinnigh. On pense bien que les ripostes ne manqurent pas au livre de Sinnigh. lai 1671, on avait extrait de son grand ouvrage et I. ceux la dite sparment les c. xxxm du justement qui colle! lient la nouvelle morale, sous |,i . '..

xxm

la formule qui pas dans l'une des propositions condamnes par K Alexandre VIII (voir col. Dans la pense de Sinnigh, qu'il vient d'appuyer d'un texte de Lactance, qu'il appuiera un peu plus bas de citations de saint Augustin et de saint Grgoire le Nazianze, il y a ici. l'encontre des damnables tmrits d'un Caramuel cl de ses pareils, une faon d'branler la prtendue scu rite de l'opinion cl le revendiquer les droits de la vrit, et-elle contre soi la multitude. .c passage mme que nous avons soulign ne faii que dclarer le risque d'erreur attach tout ce qui n'est pas certice qui en rigueur est vrai. Mais il est par tude ailleurs assur que l'ensemble du texte, en parfait accord avec la pense dominante de Sinnigh, prtend bannir toul usage de l'opinion dans la vie morale ce que retiendra prcisment pour le condamner, le docu ne ni pontifical. D'aprs Hurter, op. cit., t. m, col. 36, Sinnigh n'aurail Faii ici que se conformera l'enseignement d'un de ses prdcesseurs .ouvain. .lean liesse lins (! 1566), dans son Explicatio in Decalogum. L'ouvrage de Sinnigh suscita l'attention, l ne deuxime dition de ce l. paraissait Couvain en 665. L'auteur mourait en 1666, mais il avait compose son I. il. peine moins volumineux que le premier, et

On auia reconnu au passage


."> I

sera

provocant de Vindiciss decal onsidrant icsus connue principalement offense dans l'affaire, un jsuite, le \\ Guillaume !.< Maire, publia une Statera SaulU i rgi., quatenus eontinei Vindicias Decalogicas nuper dictas, vertus farraginem injuriarum contra theologos Societatis Jau. Le livre est dai e de Cologne, n>7:i. approuv par Nicolas Du Bois, ani ddi' a saint Ignace et au gnral P. Oliva burini est la principale victime dont on entreprend la rhabilitation. Rien le remarquable en ce nouveau produit de la littrature dfensive. L'auteur venge le probabllisme force d'auteurs invoques en sa faveur est plus Intressant quand, passant a l'attaque, il Il raconte dans sa II'' partie quelles doctrines digni leurs nouveaux adversaires ont dfendues nagure les l'histoire docteurs de Couvain, ci dans sa lit
t

ilre

la

Compagnie de

-l

il.:

us-

de

l'origine

cl

de

la

fortune

des

articles

rprouvs par cette facult .en 1653 et en c icsorinais.la facult de Cou va in dploiera une grande activit contre les nouvelles morales Elle continuera notamment d'en ngocier la condamnation en cour le Rome (voir ci dessous, col Vin Sq.1. On peut sivoir pie! le situation exacte s rfraient ses dolances el protestations grce au rapport envov en 1678 au pape Innocent \ par .lit ert de ChOJ seul, ev que le Tour
1

23
nai op.
(le
cit.,

PR0BAB1LISME.
document
t. i,

I.

COMPAGNIE DE JSUS
:

'

'.

p.

analys 289-292).

dans

Dilinger-Reusch,

Sur Jean Sinnigh que nous venons de spcialement analyser, une monographie rcente: Fr. Deinlnger, O. s. B., Johannet Sinntch. Der Kampl ri<r Lwener Uniuemilt gegen rien Laxismus, Dusseldorf, 1928.
LA POSITION OFFICIELLE ET DOCTRINALE DE LA Les attaques dont elle fut l'objet privilgi suscitrent de la part de la Compagnie de Jsus des ripostes de nature polmique; nous les avons mentionnes. Mais il ne se pouvait qu' l'occasion de ces vnements, et quoi qu'il en ft des griefs de l'adversaire comme des improvisations de la dfense, la Compagnie ne chercht dfinir son attitude soit en des examens doctrinaux, soit par les directivcs de l'autorit II y a lieu d'observer cet effort. Mous serons par l mieux en mesure d'apprcier en quel sens et jusqu'o le probabilisme, eu cette priode dcisive o chacun vrifie ses positions morales, doit tre dit la doctrine de la Compagnie de Jsus. 1 Fm XI e congrgation (Hi(il). Ds avant 165(i, nous l'avons dit col. 500, la Compagnie s'est montre soucieuse, par les actes de ses gnraux ou de ses congrgations, d'chapper au laxisme. Le gnral lu e congrgation en 1652, Nickel, satisfit par par la plusieurs lettres au vu exprim par cette assemble, rclamant l'avance du nouveau gnral qu'il rprimt la tendance au laxisme. Voir l'art. Jsuites, col. 1083. Sous son gouvernement, la XI e congrgation, en 1661, porta sur ces matires un important dcret, le 22 e dont voici le texte
V.

le conserver jusqu'en 1681 annes particulirement fcondes en vnements, qui permirent ce suprieur d'exprimer ses volonts et ses penses quant au problme qui nous occupe

COMPAGNIE DE JSUS.

Ds 1666, il recevait les plaintes fort curieuses, suggestives, modres, d'un jsuite franais, le P. La Quintinye, de la maison de Pau. L'un des professeurs de ce collge disait que l'opinion refusant l'excuse totale pour la mauvaise action faite de bonne foi esi Un nid d'erreurs. aprs laquelle il faut crier comme au loup i. La rponse d'Oliva est plus que sche: le gnral est videmment loin de partager l'indignation
inquitudes de son sujet. Celui-ci rentra dans son Innocent XI tant devenu pape, il transmit directement au Saint-Sige ses dolances pour nous fort instinctives. Rcit de l'affaire
et

les

silence jusqu'au jour O,

textes et rfrences, art. Oi.iva. t. xi, col. 992. Mme attitude envers un autre religieux, l'Espagnol Michel de Elizalde, qui lui avait exprim la crainte que le probabilisme ne devnt bientt doctrine spcifique de la Compagnie, comme tait dj la science moyenne. Le gnral le rassure et lui promet qu'une telle chose ne se passera point sous son gouvernement. Lettre du 24 dc. 1666. Texte et rfrence dans Dbllinger-Reusch. op. cit., t. i, p. 52. Mais, quand le mme religieux demande l'autorisation de publier un ouvrage contraire au probabilisme, en 1669, elle lui est refuse. Il paratra nanmoins, comme nous le dirons ci-dessous. L'interdiction de publier fut de mme notifie en 167 a un autre jsuite espagnol, Thyrse Gonzalez, qui avait compos une critique circonstancie du probabilisme
1

et

demand son approbation, prcisment en vue de


Compagnie de

Complurium provinciarum postulatio fuit ut, cum Societas ita nunc passim maie audiat et traducatur quasi nimis
laxas in moralibus opiniones doceat et in praxi sequatur, aliquod adhibeatur elicax tanto malo remedium. Congregatio amplexa judicium deputatorum pro studiis, statuit Primo, monendos serio professores theologia: moralis, caute omnino ut doceant, neque quod aliquid probabile reputent, illico sibi licere arbitrentur illud in publicum scripto verbove protrudere sed ad id attendant maxime quod monet congregatio V, decr. 41, an comniuni scolarum sensui congruat; ac prrcterea scandalum vel ofl'ensionem aliquam uspim parre possit. Superiorcs autem, si quosnovitatum amantes aut parum cautos in docendo compererint, a munere docendi submoveant, speque omni illius privent, pnis etiam aliis, si forte opus iis esse senserint, coereeant. Secundo. In librorum editione, onerandam censorum fidem et conscientiam, severos ut se potins quam molles exhibeant, neque aliquid etiam dubii ad Societatis famam periculi sine gravi censura abire patiantur; et si quid taie occurrerit, Patri nostro sincre et fideliter prodant. Tertio. In privatis congressibus et responsis diligenter cavendum nostris ne aliquid promant quod vulgari minime vellent; nunquam autem scripto respondeant, in rbus prsesertim gravioribus, nisi consulto et probante superiore. Quarto. Texendum elenchum sententiarum in morali periculosarum, exquisito primum provinciarum sensu de sententiis qu apud singulas scandalum aut olensionem
: :

du public le probabilisme d'avec Jsus. Le rapport des cinq censeurs (parmi lesquels le P. Esparza, dont nous reparlerons) est des plus significatifs; il est difficile en le lisant de ne pas voir dans le probabilisme la position officielle de la Compagnie cette date. Il se termine sur ces mots ... Non expedit opus istud in lucem edi, ne jactent adversarii nostri jesuitas tandem aperuisse oculos et arguments convictos paulatim ab errore suo recedere, et qui in
dissocier dans l'esprit
la
:

aliquam habent adjunctam, eumque mittendum ad singulas et in singulis examinatum, iterumque Romse recognitum ac probatum, rite communicandum omnibus.

Ce dcret constitue donc la mesure officielle dtermine par les attaques dont la Compagnie est alors
l'objet.

illa doctiores sunt (sic enim et ipsi loquuntur ) viam aliis monslrare quam sequi debeant. Le texte intgral de ce rapport dans Patuzzi, Lettere teologico-morali... di Eusebio Eraniste, t. vi, Trente, 1754, p. lxxviiilxxxi. En revanche, on voit paratre, sous ce gnralat, dment approuvs, plusieurs ouvrages nettement probabilistes, ceux que nous recensons ci-aprs. Au fond, il semble qu'Oliva ait t d'une part trs soucieux de rprimer les opinions trop bnignes et d'autre part tout fait convaincu que le probabilisme ne l'empcherait pas d'y parvenir; en adoptant le probabiliorisme, il aurait cru verser dans un excs de rigueur. Ces sentiments paraissent trs clairement dans la lettre qu'il crivit le 3 fvrier 1669 au P. Fabri. un champion du probabilisme (voir ci-dessous col. 527), et que celui-ci a rapporte. Xous transcrivons de larges extraits de ce document des plus significatifs. Autres lettres d'Oliva dans le mme sens mentionnes cidessus, art. Jsuites, col. 1083.

On est frapp de sa rserve. Il prescrit plusieurs prcautions destines viter la divulgation d'opinions tmraires, sans qu'il soit donn de directives doctrinales proprement dites. On y prend grand soin de la renomme de la Compagnie, mais on n'y condamne rien ni personne en son sein. Un mot sur l'laboration du document dans une lettre du marchal de Fabert Arnauld d'Andilly, du 22 juin 1661. Voir J. Bourellv, Le marchal de Fabert, t. il, Paris, 1881. p. 281-282. 2 Attitude d'Oliva. En 1664, le gouvernement de la Compagnie tait assum par .1.-1'. Oliva, qui devait

Rem igitur gratissimam facturant se mini persuadeal [Reverentia vestra si paulo severiorem in hac parte se gerat. nec quidpiam in christianis moribus statut quo vel ecclesiastica disciplina remittatur, humanis cupiditatibus habense laxentur, vel christianse vite ratio a sancto illo antiquorum rigore defiectat. Sanctissimus patriarcha noster Ignatius... Societatem instituit non soluin ut infidles... converteret, verum etiam uteorruptos catholicorum mores, restitueret; unde et contra Societatis et sancti Patris Ignatii mentem, et contra dlserta prpositorum generalium dcrta iret. qui theologia moralis plaeita. beniirnaruni opinionum obtentu, plus aequo molliret extremse igitur orse, ut periculosae, nobis utrimque tugiend sunt ut nec omis illud
1
1

lioininibus

iinponamus

quod

Deus

ipse

non imposuit,

525

PROBABILISME. LA COMPAGNIE DE JS1


cation, on la reconnat
la

520
[(al-

'equcndi semper in omnibus probahiliorem partem; ne quamlibet iis probabilitatem, quantumvis dubiam et ereperam, peimittamus, quasi eanj tuto ac libre sequi possint; nempe ut opiniones illas certo ac vere probabiles non damnamus, ex quibus certa sequitur cl Btatultur conscientia, illas minime indulgemus de quibus jure dubitamus an probabiles sint, ne proinde lues ad cei tam conscientiam satis
i ; i

plus persuasive, ou bien


s'il

un coup de volont? L'auteur parle comme

l'en-

ssc non possunt. Kx his 1'. V. nicntem meam salis asse quuta impense curabil ne vel latuni unguem ab ea deflectat. Ilae autem sciri ab omnibus vclim, ac prsertim a nostris; imo si li. V. ita expedire censuerit, luis litteras evulgandi plenam illi facio potestatem. Dans II. Fabri, Apologeticua doctrines moralis ejusdem societatis, prannium.
(

leur ct, les thologiens de la Compagnie dfinissent alors leur position. Elle n'est pas uniforme, il s'en faut

3 Diverses altitudes dans la

Compagnie.

De

tendait en ce dernier sens. Il faut dire alors que, tout en restreignant, et notablement, le probabilisme d'un Caramuel, il n'chappe pas encore au -x sterne, lu dominicain fianais l'en reprit fort. qui. sous le nom de Jacques de Saint-Dominique, publia (outre lui une Compendiaria thologies moralis explicatio, ce qui nous vaut une III partie de la Crisis, parue en 1680, el non moins serre que les deux premires. Concilia devait se montrer moins rigoureux envers Cardenas (citations dans Dllinger-Rensch, op. it., i, p. 16). Avant de mourir ce dernier eut h temps d'crire une
<
t
.

mme

de beaucoup.

lit

nous proposerions d'j recon

natre trois groupes, dont deux ont d'ailleurs des points de contact, et l'intrieur desquels subsistent.

commentaire [V partie (approuve en II des soixante-cinq propositions condamnes par Innocent X nous en (liions dessous l'esprit (col qui confirme la parent de Cardenas ave< le probabiI
: i i

lisme.
2. Les probabilistes tans rserve. D'autres auteurs sont probabilistes sans rserve. Ainsi le Belge Ani

bien entendu, le: diffrences d'auteur a auteur. Certains sont pro Les probabilistes avec rserve. babilistes, mais avec une rserve ou une limite qui signale justement leur contribution personnelle au dbat. Ainsi le Franais Georges Rhodes, auteur d'un cours de nologie (Hurler, Nomenclator, t. m, col. 948), dont le probabilisme prcautionneux est pris xixe nient partie par Conlcnson. op. cit., I. VI, diss. III, d. cit., t. il, p. 190-198. Ainsi l'Espagnol Martin de Esparza (qui sera l'un des censeurs de don/aie/). professeur au Collge romain, dont l 'enseignement
i
.

Alphonse Sarasa, qui publie a Anvi 7. un petit non technique, promis a une large diffusion de nombreuses traductions, l'An semper gaudendi. Le probabilisme est en (tut une faon trop efficace de s'pargner du tourment pour ne point liuurcr d,,i art de se tranquilliser dans tous les cm nements de la Vie comme dit le titre d'une (les traductions franaises c; d Strasbourg, 1764); il est reprsente au v trait par lune de ses propositions les plu- corn
livre
. (
,

(orme le Cursus theologicus in decem librot et duos tomos dislributus..., paru avec la licence d'Oliva en date du '2X novembre 1665. Mais le .III de l'ouvrage, De actibus humants, avait t dit sparmenl a Home en l(i.r>(). Y est dtendu le probabilisme ordinaire, avec une tendance peut l le restreindre l'usage de la moins probable Q KXIII. L'auteur nanmoins reste nettement oppos aux francs adversaires <\u probabilisme, comme en tmoigne son examen critique de leurs objections paru en L 669 en Appendix adqutes tionem de usa licilo opinionis probabilis. Le plus remarquable ouvrage en ce groupe esi la Crisis theologica sive disputationes selectst ex morali theologia, publie en Kwi) a Lyon par Jean '/' Carde nus, de Svillc. L'ouvrage est ;ivant oui une critique de Caramuel, mais minutieuse, insistante, Interminable. H s'agit en somme, toute rvrence te au personnage, de relever l'ide de probable poui
l I

modes
Mais
icllli
le

grand ouvrage probabiliste de

publie a Lige, en 1668, l'A Tertllus, professeur au Collge anglais de la


(pie
Ville,

'allie

Comp
totiu

dans cette
logtrn

intitule

/ iiiidanuntiiru
conscientia,

qua qu rattone, i,na auclorltate irrefragabiti usus cujusvis opitractatus d.

moralis

mu

ou probabilis demonstratur l'histoire doctrinale du probabl Usine II est tout entier el formellement consacrt a > m d< S probli nie. a la dilb O il
nionis frai
tice

marque dans

laquelle celui ci avait montr dcidment peu d'exigences. Par ailleurs, c.ardcnas argumente contre Baron

Fagnanus, auxquels il reproche d'exiger trop. Sa position lui nous semble heureusement dfinie dans ce passage, que nous extrayons de la masse de ses
ci

raisonnements
dclare

ci absolument certaine est celle qui d'adopter en vue de la pratique toute sentence vraiment ci pratiquement probable. El clic est telle d'abord si elle a pour soi des raisons graves et urgentes, dignes le l'homme prudent alors que les raisons contraires sont lgres ou nulles... Troisimement, dans le cas on sont proposes a l'esprit une opinion connue plus probable el une autre comme moins probable, l'homme peut encore s'accom raoder licitement en pratique a l'opinion inous probable, encore qu'elle soit favorable la libert contre la loi D' bord parce qu'il peut croire qu'il se trompe en jugeant l'autre plus probable. Ensuite el surtout, parce que, d'aprs ce <pie nous axons dit au chapitre prcdent, art. 9, lemotil plus probable demeurant incertain, il ne contraint pas l'esprit B l'adhsion; aussi, la volont peut-elle commander l'adhsion en taveur de la partie moins probable el, comme celle ci a pour soi des raisons graves et termes, l'assentiment ne peul tre dit tmraire, mais prudent el digne d'un homme pru dent. Op. cit., part. I, disp. XV. Venise, 1700, p. 132-133.

La sentence vraie
licite le tait

Le texte n'est pas absolument net adhre ton la moins probable parce que, en dpit de cette classifi:

ne sert que d'introduction, el des Cours de il.il ne forme qu'un chapitre. El pour la premire bus (pour la dernire aussi) on j volt la tentative de don mi un air doctrinal a un systme dont l'Inspiration pragmatique n'esl pas niable. Tertllus donne touti force a celte rflexion, qui fut. nous l'avons dit. une trs prompte dcouverte du probabilisme, gro quoi se convertit en certitude, sans (pu- rien soit ch dans l'esprit, un doule ou une probabilit On D ainsi a une action, prive rellement de rail livre a toutes les flexibilits des opinions, le prestige de se ((informer a une certitude. Terillus lait un pas. \on content de dire ces .niions certainement rgles, il entend qu'elles le sonl non plus sut la conscience seule, de quoi il axait bien fallu (pic les probabilistes Jusqu'ici se contentassent, mais sur la loi ternelle. Il n'accepte pas qu'il x ail dissentiment entre la conscience et la ralit. L'ide de pche matriel lui semble une concession inutile. Entre Cette action el la loi.il y a conformit: mais comment la concevoir? En considrant, dit Terillus, qu'il 3 a eu Dieu outre la loi directe, (pie les thologiens mit toujours reconnue, une lai rflexe, (pic nous de x uns maintenant admettre Car. axant prex u les erreurs et les ignorances des hommes, Dieu a dcid pie leurs actions eu ce cas pourraient n'tre point celles que la loi directe a prescrites qu'Us fassent ce qu'ils croient devoir faire, qu'ils omettent ce dont iK sont Incertains que Dieu l'ait ordonne, en tous les cas ils se ('(informent a la loi rflexe de Dieu, faite justement pour de telles circonstances. Per accidens, Dieu veut prcisment ce que ces hommes ont fait et qui droge a sa loi directe, \oiis louchons ici les extravagances o verse un probabilisme a prtentions
:
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MJII.ISM

I..

I.

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l.

DE JS1

.28

quelles consquences contient le s\s'accepte poinl de l'enclore dans la seule conscience. Terillusn'a point fait cole. Le probabilisme mais, plutt que continuera d'invoquer la rflexion
doctrinales, iniir si r
et
:

de faire correspondre celli cl une- ralit, il se contentera de dfendre les principes mmes de cette rflexion, savoir pu-, dans le doute, la loi n'est ni promulgue ni obligeante, el qu'il en va alors comme tans le cas d'ignorance invincible. Ce n'est que jusque-l que saint Uphonse imitera plus tard Terillus. Mais la tentative le celui ci demeure fort significative pour l'historien. Elle attira sur son auteur l'ai (eut ion de son temps et bientt les critiques d'un te ses confrres espagnols, Ignace de Camargo, et lu dominicain Daniel Concina, deux auteurs que nous retrouverons. D'intention plus directement dfensive est le gros livre d'Honor Fabri, paru Lyon eu 1670, et Cologne, augment du double, en \>'<~2. Apologeticus doctrines moralis ejusdem societatis. La lettre d'Oliva que nous avons cite est en tte de ce volume, que neuf hologiens de la Compagnie se sont accords approuver. L 'auteur entend fournir la rfutation complte de tout ce qui a t dit depuis vingt-cinq ans contre la doctrine morale de son ordre. Il rpond successivement aux diffrents adversaires, o nous retrouvons, parmi quelques inconnus, des noms que nous avons dj recenss. La forme dialogue entend donner ces fastidieuses dissertations un tour littraire et agrable. Pour complter l'arsenal, Fabri a joint ses Dialogues une seconde partie, compose des crits dj publis par certains jsuites contre des adversaires. Son livre, o Fagnanus et Baron taient assez vivement pris partie, valut Fabri quelques msaventures, y compris son arrestation Rome, en 1671, par l'Inquisition romaine (l'histoire de ces dmls, dans DllingerReusch. op. cit., t. i, p. 45, n. 2 Reusch. Index, p. 503). II s'attira aussi plus tard une riposte d'Etienne Gradius, prfet de la bibliothque Vaticane. Disputatio de opinione probabili cum P. H. Fabri, Rome, 1(378, qui, ayant fait devant la Congrgation de l'Index un rapport favorable Baron, s'tait vu accuser par Fabri d'tre hostile la Compagnie de Jsus. La critique que fait Gradius du probabilisme cette occasion est loin d'tre sans mrite. Fabri tait un esprit curieux; il avait renom de savant. Il a donn occasion un mot de Leib Je niz (cit dans Reusch, op. cit., p. 504, n. 1) m'tonne qu'un aussi habile homme entreprend de dfendre cette morale ridicule de la probabilit et ces subtilits frivoles, inconnues l'ancienne glise et mme rejetes par les paens. (Leibniz a t attentif cette dispute de la probabilit au sein de l'glise romaine. Voir un mot dans une lettre Bossuct du 18 avril 1692, dans Bossuet, Correspondance, d. cit., t. v, p. 129.) D'autres auteurs probabilistes decetemps et de la Compagnie de Jsus sont nomms dans Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 45-46; y remarquer Richard Arsdekin (ou Archdekin), un Irlandais, professeur Louvain et Anvers, dont l'ouvrage, mis l'index en 1700, parut amend en 1718 (dtails dans Reusch. op. cit., p. 511). Nettement distincts des 3. Les anliprobabilistes. groupes prcdents et mme, comme on verra, combattus par l'un ou l'autre des auteurs que nous venons de citer, quelques thologiens de la Compagnie prennent parti contre le probabilisme, continuant l'opposition dont nous relevions plus haut les premiers indices.
I
; :

de la conscience probable, L'auteur les traite d'une manire personnelle el dans un esprit qui ranche sur le probabilisme. Le livre porte le permis d'im mer du pro\ Incial de Belgique. \I.us plus importantes et signiflcal ives sont la publication el la doctrine de l'ouvrage indiqu plus haut de Michel di Elizalde, adversaire rsolu du probabilisme. Sa suggestion de 1666 avait reu du gnral Oliva l'accueil sommaire que nous avons dit. La proposition dcomposer lui-mme un ouvrage contre le probabilisme lui vint lu cardinal jsuite Pal lavicini, qui, ayant profess nagure cette doctrine, s'en tait maintenant dtourn au point d'avoir eu le projet d'crire une conversion rtractation. Ce fait del de Pal lavicini
t

notamment son pisVoir aussi d nis l' Appsndix cit d'Esparza, Dme. 669, p. 7S. une information intressante sur le sujet. D'autres cas le telles conversions sont connus, notamment celui du cardinal bndictin d'Aguirre, nomm ci-dessus. Dans la Compagnie mme, plusieurs des grands adversaires du probabilisme, Elizalde lui-mme, Gonzalez, Camargo, avaient commenc par adhrer au systme. Il existe sur le sujet une littrature dont on trouve les pices dans Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 52 sq.; cf. p. 120122; les tmoignages de Gonzalez et de Patuzzi sont particulirement intressants. Quoi qu'il en soit, l'alest
t

res

fermement
I

abli, grce

tolier,

publi a

{uni'

en 18

18.

lavicini

trs positivement le travail entrequi serait, disait-il, fort agrable Alexandre VII lui-mme. L'approbation de son gnral lui ayant t refuse, Elizalde fit paratre son livre De recta doc Lyon, en 1670. sous un pseudonyme Irina rnorum libri IV, auctore Antonio Celladei; accessit Appcndix de nalura opinionis. En 1681 parut Fribourg la deuxime dition de l'ouvrage (augmente d'une II e et d'une III e partie), mais non plus approuve que la premire. Elle portait le nom vritable de l'auteur, mort en 1679, et qui avait crit en tte de la partie indite Voici la II e partie du De recta doclrina morum, que j'avais promise dans la I re qui a commenc dj d'tre imprime, bientt interrompue ou plus exactement empche, et dont je ne sais absolument pas si elle verra le jour ou non. Nous devinons combien d'incidents sous ces paroles; cf. DllingerReusch, op. cit., t. i, p. 51-55. A la fin de l'ouvrage, i J'atteste cette protestation non moins significative avoir crit... avec cette foi trs instante selon laquelle

encouragea

pris d'Elizalde,

je crois qu'il n'est

mme
lui

pas le disciple du Christ, qu'il n'est pas digne du Christ, celui-l qui aime plus que un pre ou une mre quelconque, soit une nation,
terre,

ou une
56,

ou une famille, ou une

cole...
cit.. t.

i.

On trouve dans

Dllinger-Reusch. op.

p.

55-

un chantillon du style d'Elizalde. Sa doctrine ne devait pas moins dplaire aux probabilistes. Il la rcapitule sous deux chefs, part. I, 1. III, q. xvm 1. la loi de Dieu est la premire rgle des actes humains; 2. la
:

raison en est la rgle secondaire.


tre

Donc

la raison doit

subordonne la rgle divine. Donc le probabile consuetum (tel que l'entendent en ce temps la plupart) n'est pas une rgle d'action. Mais le probabile conscientin' le devient (lel que le plus souvent on y est en
effet

d'accord avec

la loi

de Dieu). Trs originale

est la

III e partie, dont les

tuls
et le

deux livres VII et VIII sont intirespectivement De invenibilitale veritatis m>ralis


:

On
de

peut classer parmi eux un professeur du collge


:

Louvain, Louis de Scildere, dont le livre, ddi l'archevque de Malines, parait Anvers en ltiiil I )< principiis conscienti formandse tractatus sex, lum in jure nalur ae divino, tum in humano, canonico ac civili fundati, livre principalement canonique, mais o son! touches les questions le la conscience douteuse

ignorantiis in specie et !)< modis inoeniendi veritatem moralem seu de gladio missu in terrant a Saloatore, On voit l'inte t On. Par ni les moyens de dcouvrir la vrit morale. Elizalde dveloppe longuement celui qui consiste dans la charit, 1. VIII, q. xn elle nous en:

seigne en rendant notre cur pur; parce que chacun joue le la tin et les moyens selon ce qu'il est en nous faisant juger droit lu facile et du difficile; en nous faisant aimer la loi et non pas discuter avec elle: eu
;

529

PROBABILISME. LES INTERVENTIONS ROMAINES


rvle a

530

nous faisant chercher avec diligence; en nous tirant d'incertitude, parce que le Seigneur garde ceux qui enfin parce que, pour qui aime Dieu, il y a l'aimen! maintes questions morales qui ne se posent plus, sunt de subjecto non supponente. Les dveloppements sont dignes de ces thmes. Elizalde a mis le doigi sur l'une
;

des mprises originelles du probabilisme, o tout se passe comme si la charit n'tait qu'un mot. Il j a l une douzaine de pages qui sont uniques, croyons-nous, en l'immense littrature du probabilisme. Elles sont d'une inspiration trop pure et elles \iennenl trop bien

la fois son innocence et son prjug. Il veut n'observer qu'un juste temprament, mais il croit trop pnible le devoir h- rechercher la vrit et d d'aprs elle. On peut le dplorer d'autant plus (pie les hommes n'ont pas manqu dans la Compagnie, sous son gnralat, qui ont admirablement compris le problme (d qui eussent restaur dans l'glise l'antique et salutaire, thologie morale.
VI.

temps,

propos pour n'tre pas signales ici avec admiration. L'ouvrage d' Elizalde a suscit dans la Compagnie de Jsus une vive et durable opposition. Contre la I' partie, la seule parue jusqu'alors, Terillus y alla d'un trs gros livre, qui n'est (pie la rfutation dtaille des propositions de son confrre Rgula morum sive

Ds LES CONDAMNATIONS ROMAINES. Rome avait pris parti dans les querelles montais sous la forme relativement discrte d'ouListe dans S classs dans le catalogue d'- l'Index. ii. Index, p. 309 319.
I

1 Les mises l'index. ne srie de condamnations atteint des crits inspirs par la nouvelle morale voir propositions relches; el frappe en eux des
i

de sufficienti </</ conscient iam rite formandam rgula. L'ouvrage parut a Lige en dition posthume, en 1677, par les soins du Collge anglais de la Compagnie en celte ville. En 1689, un examen des
tractalus
ini><iriiius

quatre derniers livres d'Elizalde aboutit au tus svre lapporl qu'ont reproduit 1)61 linge] lielisch. op. Cit., t. II, p. 2:5-15; on a lieu de penser qu'LsIrix (ci dessous col. 17) en est l'auteur. Dol lin^er teusch, 12 111. En 1692, en vue de crer des cm op. cit., p. haras a Gonzalez et d'empcher indirectement la publication de son livre (ci-dessous, col. 538), on s'en tendit pour dnoncer l'ouvrage d'Elizalde a l'Inqulsl tion; aucune condamnation ne s'ensuivit, Dollu Reusch, op. cit., I. i, p. 156 1">7; il n'est point fait mention d'Elizalde dans le livre publi de Gonzalez, mais nous savons par le rapport d'un censeur (pie cet auteur tait souvent nomm dans le manuscrit; Gon zalez l'a effac dans un dessein d'apaisement (voir cl dessous). Beaucoup plus lard, lors du renouveau des querelles morales, les adversaires de Conclna mon lirent qu'Elizalde n'tait pas oubli le I'. Sanvitale notamment lui rserva un jugement peu cordial. D01 linger Reusch, op. cil., t. r, p. 56. Il faut dire du reste qu'un dominicain, Vincent Ferre, dans un livre pain en loxi (voir col. 559), attaque de son ct Celladei, a qui il impute une doctrine excessive. Il se pourrait que le frre prcheur, en l'occasion, ne fut pas le plus irrprochable des deux. I" De tOUS ces fails ressentent Conclusions. plusieurs conclusions. On ne peut parler en loute ri MiKiir du probabilisme comme de la doctrine spcl liquc de la Compagnie il n'en va pas de celui la coin nie h- la science moyenne. Bien plutt devine on au sein de l'ordre des divergences sur l'attitude qu'appellent les attaques violentes dont celui-ci est l'objet en son enseignement moral. Mais on ne peut nier que, dans l'ensemble et auprs de l'autorit suprme, prvale la fidlit au probabilisme, enseign de longue date dans
I
1
:
:

col. 70-71. Dans le li\ re du thatln A. M. Ve Qusestiones morales el lgales, paru en 165 prohib en 1654, on lit cette dclaration d'un proba bilisme extrme Puto passe me operari secundum "i'inionem cujusvis recentioris contra communem el contra propriam opinionem, quanwis judicem illam esse falsam ei principiis inlrinsecis. Reusch, "/'. cit., p. 318. D'autre part, ibid., p. 184 sq., l'Inquisition public, le

Laxisme,

ricoli.

dcembre 1657, un dcret condamnant les dix huit numres l'une api es l'autre, sans nom d'auteur. Mais, le 21 aot 1659, nous l'avons dj Indl
6

Provinciales,

Compagnie. Au moment le plus critique, aucune directive doctrinale n'est donne qui dtermine un changement; on se contente de prescrire des prcau
la

lions contre un laxisme qui dshonorerait la Socit. Au principe (le celte prfrence, il y a. semble il. le
I

souci de ne point se ddire publiquement, la suite de reproches inspirs par d'autres sentiments (pie l'ami-

une tactique bien humaine. Mais il v a plus profondment, chez le plus grand nombre des jsuites cl chez leur chef Oliva. non certes les tnbreux deseins pie leur prtait l'adversaire leur enseignement est d'ailleurs moins uniforme qu'on ne croirait mais une trs sincre impuissance discerner le vice radical du probabilisme, corrlativement une sorte de parente prouve entre ce systme et une conception pour dire inne en eux de la vie morale et du ministre des mes, l.e mot d'Oliva, parlant du plus probable comme d'un fardeau que Dieu n'a pas Impos , nous
ti
:

c'est

que, venait h- tour de V Apologie des casutstes.hesl des (uns de Paris m- furent pas prohibes, ni dav.i la traduction latine des Provinciales, accompagne des notes de Nicole. La radin tion franaise de CCS inclues notes, publie en 1712. avec le texte franais des Provinciales, devait elle-mme chapper a la censure: quoique la traduction Italienne du tout, en 1761, dt tomber sous l'Index des 1762. En revanche, la rplique d'i lonor Fabrl a Nicole, Nota notas Wilhelmi H drockii..., publie Cologne, en 1659, est condamne en 1678. >eux a ut res crits du mme relatifs a la n le nie querelle, r Ipologeticus en sa deuxime dition et une rfutation des Provinciales, Lad. Montallii rpisi ml Provincialem re/ulati..., Cologne, libelli avaient t prohibes dcpi 1672 et en 1673; cf. Reusch, op. iii.. p. 503 506. Mus les publications |an senistes ne laissaient pas d'tre atteintes encore, soit par le dcret du in avril 1666 porte contre r Inonymt cujusdam liber Inscriplus Theologia moralit fesuilarum, sent en 1671 par la condamnation du t. de la M pratique des jsuites ; le t. n ne devait tre misa l'Index qu'en 1687, avec le Teatro fesuitico espagnol; les tomes suivants ne l'ont jamais t, mais une rponse du 1'. Le lellicr, jsuite, aux deux premiers tomes de la M"r<ilc pratique, intitule Dfense des nouveaux ehri allait rejoindre a l'index, en 1694, Iduv raue quelle ululait. Quant au libelle de Matthieu de Moya, cm a s, p. l'histoire tourmente coi. lu l'art, l.vxisvn de sa condamnation. Les autres catgories de combat t. ml s ne sont gure plus pargns. Caramuel est touche d'abord dans la dfense crite en sa faveur par l'r. \ erde. imprime a Lyon en 1662 el prohibe en 1664; plus directement, dans l'crit qu'il avait lui inclue compose contre Fagnanus etdont le seul titre trahirait dj l'auteur Apologema pro antiquissima et universalissima '/"
I

i.

singularem l'r. Fagnani opinationem, Lyon, 1663, prohib en 1664. L'onde Merenda fut interdit puis libr un an d'intervalle. comme nous avons dit ci dessus. Du cde dominicain, le pi us zl de leurs crivains, \. Baron, cul maille a partir avec l' Inquisition. En 1663, en prenait prtexte de l'approbation donne a l'un de ses livres parle l'. Caplsucci, matre du Sacr Palais, pour forcer la dmission de celui-ci. Sur cette affaire et ses suites. voir le rcit savoureux du P. l.abal 1
trina de probabilitate contra
.

53 i
et
cf.

<

>

AIMI.ISMK. LES
1731,
p.

INTERVENTIONS ROMAINES
103;
le

en

Italie,

t.

vin,
cit., t.

Amsterdam,
h, p. 729.

101

Echard, dp.

Les cinq tomes

sa

style

Thologie morale, tous crits contre les ennemis cl en le controverse, taient condamns le 27 sep1(172; le

iii*- seulement avec la rserve donec Reusch, dp. cit., \>. 502 503. Sur les circonstances le celle condamnation voir quelques informt ions et rflexions piquantes dans les lettres le dom Antoine Durban, procureur gnral de la congrgation de Saint-Maur pics la cour de Rome, crites en juillet et aot 1672, publies dans la Revue Mabillon, l. xxn,

tembre

corrigatur.

rale chrtienne, la simplicit vanglique et la doctrine des Pres. Indicat ions des plus prcieuses parce qu'elles intressent l'esprit mme des mthodes nouvelles. l.e moins qu'on puisse dire d'un tel texte est qu'il est gnant au probabilisme. les propositions condamnes elles le sont comme au moins scandaleuses , avec interdiction de les mettre en pratique et peine d'excommunication qui les enseigne, dfend, etc.Ies26e et 27 e intressent de quelque faon la doctrine de la probabilit. La 2'
I

ainsi

formule

1932, p. 253, 256-257. Il n'est gure facile de tirer de ces condamnations diverses une indication doctrinale quelque peu ferme et prcise, d'autant que des considrants d'un autre ordre peuvent dterminer ces mesures on l'a fait
:

Quando

litigantes

habent

Quand
oui

les parties

advi

pro se opiniones a-que probabiles, potest judex pecuniMiii accipere pro ferenda sententia in tavorem unius
prie alio.

pour elles des opinion! galement probables, le juge peul accepter de l'argent pour prononcer en faveui de
l'une
le

Jsuites, col. 1080, et Laxisme, col. 71-72. La correspondance cite de dom Durban est instructive en ce sens. De mme ces observations du P. Daniel (voir ci-dessous), de qui l'on retiendra cependant qu'il est une victime de l'Index, crivant au P. Serry, dominicain ... Quoi qu'il en soit, vous savez mieux que moi, vous qui tes sur les lieux, que de ce qu'un livre est mis l'indice il ne s'ensuit pas toujours qu'il contienne une mauvaise doctrine. Il ne faut pour cela qu'avoir manqu observer certaines rubriques
art.
:

remarquer aux

prfrence a l'autre.

le Saint-Sige a autrefois sagement prescrites et qui ne sont point en usage en France. Recueil de divers ouvrages du P. Daniel, etc., t. il, 1724, p. 365. Dans ce qu'ajoute la mme lettre sur les dominicains de l'Inquisition, il y a bien une pointe de mauvaise humeur; on vient de voir que Baron ne dut rien sa robe blanche. Il reste que l'ensemble des mesures prises Rome indique un succs assez limit des nouvelles morales en ce milieu elles doivent compter avec les coups dont on les frappe. Mais les solennelles interventions d'Alexandre VII, puis d'Innocent XI, sont sur le point d'claircir la situation. 2 L'intervention d'Alexandre VII. Nous avons
:

que

Elle reproduit la 11" des propositions censures ., et transmises Rome en 1657; voir Laxisme, col. 69. Est en cause ici la question d'argent. Sous forme, les casuistes aggravaient ou mme dformaient une dcision plus ancienne (voir, col. 460. le passage de D. Soto) permettant que, devant deux opinions galement probables, le juge dcidt tantt selon l'une et tantt selon l'autre, non sans prendre des prcautions. Cette dcision n'est pas atteinte par la condamnation nonce comme elle l'est. Aucune rgle n'est donc ici fournie quant l'usage des opinions galement probables. La prop. 27' est plus ad rem :

Louvain

Si liber sit alicujus junioris et

On

doit

tenir

pour pro-

moderni, dbet opinio

censeri probabilis dum non constet rejectam esse a Sede apostolica tanquam impro-

babilem.

bable l'opinion d'un auteur rcent et moderne, tant qu'on -t n'a point prouv qu'elle rejete comme improbable par le Sige apostolique.
i

diverses occasions, ds le dbut de son pontificat, aux questions morales, et devin dj ses prfrences. Le train des vnements et les affaires portes Rome ne devaient plus lui permettre de dtourner de l son attention. Les circonstances des dcrets du 24 septembre 1G65 et du 18 mai 1666 sont connues; elles sont lies aux controverses suscites en France et Louvain sur ces questions voir Laxisme, col. 58; cf. Reusch. Index, p. 498. Sur l'origine des propositions condamnes, voir Laxisme, col. 67, 69. La plupart relvent de la casuistique relche; treize d'entre elles viendraient de l'Espagnol Thomas Hurtado, des clercs mineurs rguliers, auteur de Traclatus varii resolutionum moralium. parus Lyon en 1651; cf. Dllinger-Reusch, op. cit., t. i. p. 30. Voir le texte et le commentaire, art. Alexandre VII, col. 730-747. Nous retenons du document pontifical cela seulement qui peut concerner l'objet du prsent article. A ce titre, les considrants du dcret
:

dit l'intrt

marqu par Alexandre VII en

Est par l condamne une pointe extrme du probabilisme, o les conditions requises la probabilit sont, on le voit, plus que complaisantes. Premire et discrte puration dans un complexe dont l'lment exclu s'appellera le laxisme. Il apparat aussi en l'nonc de cette proposition que le Saint-Sige entend sparer sa cause d'avec tant de moralistes opinant et probabilisant plaisir. Il dclare ici ne point prendre la responsabilit de ces abus commis par de? hommes professant la thologie catholique. La tche lui serait vraiment surhumaine de rectifier tant d'opinions qu'ils produisent. Sans rien dire de la probabilit, la l re des propositions condamnes expiime fidlement l'une des pires dformations infliges par ces auteurs la morale chrtienne
:

Homo
suae

nullo

unquam

vitse

L'homme

n'est tenu au-

tempore tenetur elicere actum fidei, spei et caritatis ex vi pneceptorum divinorum ad cas virtutes pertinentium.

cun moment de sa vie de produire un acte de foi, d'esprance et de charit en vertu des prceptes divins ayant spcialement ces vertus pour
objet.

sont extrmement significatifs

SS. D. N. audivit non sine magno animi sui msrore coniplures opiniones christiance disciplina? relaxativas et anima-

O
res

les vertus thologales

elles-mmes sont consid-

rum perniciem

inferentes, partim antiquas iterum suscitari, partim noviter prodire; et summam illam luxuriantium ingeniorum licentiam in dies magis excrescere, per quam in rbus ad conscientiam pertinentibus modus opinandi irrepsit alienus omnino ab evangelica simplicitate sanctorumque Patrum doctrina, et quem si pro recta rgula fidles in praxi sequerentur, ingens eruptura esset Christian vit

uniquement comme matire prcepte, passibles donc de cette diminution de l'obligation qui est comme
au lieu de reprsenter les fonsolides et les sources jaillissantes de la vie

la devise des novateurs,

dements

corruptela.

document contre le probabilisme mme. Il s'agit en effet de parer au plus tt au danger des mes d'o un choix de propositions dtermines,
:

chrtienne. Rien d'autre en ce

particulirement pernicieuses. Pour

Sont donc dnonces, outre les opinions particulires, une fivre et licence d'opiner tous les jours croissantes et dangereuses aux mes. A cette mode rpandue, le pape oppose, comme rgle sre de la mo-

cependant

elles taient lies,

on

le

le systme auquel dnonce en ce qu'il

a d'videmment outr, sans entrer en des discernements plus savants, mais sans dissimuler non plus une dfiance de son esprit et de sa mthode. Devant celte pre-

53;

PROBABILISME. LE DCRET D'INNOCENT XI

,34

mire intervention pontificale, les adversaires du probabilisme furent srement plusl'aisequesespartisans. D'aprs un tmoignage du temps, la premire pense d'Alexandre VII et t d'extirper le mal en sa racine; conseil de il aurait opt pour la mthode suivie sur le Pallavicini; cf Dllinger-Reusch, op. cit., t. i. p. 38 et note 2. Innocent XI 3 Intervention d'Innocent XI. entend continuer l'uvre d'Alexandre VII, comme le dclare le prambule de son dcret. Sur la nature et les circonstances de cel acte (qui ont t parfois l'objet d'interprtal ions tendancieuses, par ex. l'astor, Geschichte der Ppste, t. xiv b, p. 973-978), voir l'art. Laxisme, col. 72-74. Cette fois, des 65 propositions condamnes et qui proviennent a leur tour del casuistique relche, les quatre premires concernent
.

ant celle de son prdcesseur, a donn lieu au discernement exprs du laxisme et du probabilisme, l'un et l'autre n'ayant t jusque-la que l'usage plus ou moins libre de la probabilit, beaucoup plus semblables par ce qu'ils avaient de commun que spars par ce qu'ils avaient de diffrent. Dsormais, on accusera leur sparation et l'on sauvera le probabilisme en le protgeant de tout laxisme l'attitude est nouvelle et ien significative. Clle date des documents que nous anal] sous. Par
: I

il est certain que les condamnations romaines n'interdisent pas cette opration. Plutt (pie le probabilisme en son essence, elles atteignent l'extnuation de l'ide de probabilit, permettant donc (pu- l'on nse, sauf en des domaines rservs, d'une probabilit solide.

ailleurs,

l'USage de
col. 71).

la

La prop.

probabilit (texte et traduction, ilml., ienl qu'il n'est pas illicite de suivre
I I

l'opinion probable relative la valeur d'un sacrement. de prfrence a la plus sre, sauf dans l'administration

baptme, de l'ordre sacerdotal ou piscopal. La condamnation en quivaut la prescription d'un unidu


versel tutiorisme sacramentaire, a ['encontre des
foi-

mules quivoques de certains auteurs (nous les avons rencontrs ci dessus), quoique non de tous les probabi listes. D'un domaine bien dfini, voila donc nettement exclu l'usage 'le la probabilit. La prop. 2 dchue pro baille (pie le Juge puisse juger selon 'opinion moins probable. Strictement est condamne la probabilit de
l

cette proposition. Il en sera de mme des prop. 6, 35, I. 57, ouest atteinte, sur des exemples dtermins, cette licence d'opiner qu'avail blme eu gnral Alexan
I

die VII. El dans la 2'' est en outre atteinte la proposition mme la faveur de quoi fut introduit le probabillsme; car c'est au sujet du Juge, on se le rappelle, que Mdina nona sa fameuse rgle. Il faul distinguer nanmoins dans le cas la probabilit de la sciilcin e appliquer et celle de la partie qui l'appliquer. Mdina pensait a l.i premire seule et pas du tout la seconde, qui empoi terait un relchement bien plus grand, Le document pontifical ne distinguant pas. il semblerait que fussent atteintes l'une et l'autre. Celle condamnai ion rem lui it nettement sur la prop. 26 d'Alexandre \ II. Passons aussitt laprop. dans le prsent dcret qui est d'une porte pareille la prop. 2, puisqu'on J excuse du pche d'infidlit l'homme qui refuse la fol au nom d'une opinion moins probable. Cel Usage du probabilisme avait ele essay, encore qu'un Pariez, par exemple, nous l'a VOnS dit, l'et expressment rvoqu (des informai ions qur ce point dans NJUinger-Reusch, op. cit., 1. 1, p 109 112). Ici encore est condamne une application de la probabilit. De ces dix-erses restrictions imposes, il ressort dj (pie la probabilit n'est pas une mthode infaillible et (pie le pape agit dans un sens contraire aux prtentions audacieuses de nombre de probabllistes. Mais il prend soin de s'en dclarer expressment eu condamnant la :'- proposition. Celle-ci nonce une rgle gnrale, aux tenues de laquelle agit toujours prudemment celui qui use d'une probabilit soit Intrinsque soit extrinsque, si tnue qu'elle SOlt, pourvu qu'elle demeure une probabilit l.a prop. 27 d'Alexandre VII est ainsi assume et tendue. Elle dfinissait ce qu'on peut entendre par tnuit extrinsque; de la tnuit Intrinsque, on a
;i
I

Rome ragit contre un abus, elle ne proscrit pasl'u encore que l'abus, aux yeux de l'historien impartial, ft dans la tendance originelle du probabilisme. Au total, le mouvement Intrieur du probabilisme ne sera pas arrt, mais il sera gn; car on ne pourra dsormais maniei sans prcaution l'axiome favori du systme Prudenier agit qui probabililer mut. XI Ces longues listes d'Alexandre VHctd'Inn tre ont efficacement protg les murs chrtiennes les Intemprances de la casuistique jusqu'alors auteurs catholiques, plis ihms leur inte. Ces ensemble, se distingueront dsormais non plus omme les zlateurs <l- l'opinion probable, purement >t simplement, mais p.n un souci de modration en leurs jugements pratiques, tendance qui a boni ira a un saint Alphonse. Mais l'uvre de rectification doctrinale reste a faire, qu'appellent les drglements <l<- la p. thologique dans h- probabllismi Ces document pon ils tifleaux ne l'inaugurent que fort disi poursuivaient des tins plus urgentes. Cette uvre appartient aux thologiens, et l'on sait de surcrotl combien elle rpond aux veux d'InilOCCnl \I aussi bien qu' ceux d'Alexandre \
:
' i
1

11.
si
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i

iv

CONDAMNATION d'InNOCENI XI
Ml:
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\
I

ni

\\i

17

damnations
affaire

tiflcales ne

Celles d'Innocent

XI

turent

mirent pas im .mx dbats. mme l'occasion d'une

Inattendue et considrable, l'un <h-s pli pisodes de Cette longue qileielle de la piob.dulil 1690, le successeur de ce pape, vh xandie \ III interDe vient a son tour, quoique dans un sens diffrent nouveaux sursauts de polmique entu h- auteurs marquent les annes suivantes, Jusqu'aux dcisions de
rance en 1700, qui, ai l'assemble du clerg di tuant et consacrant, pour ainsi due la raction probablliste, n'auront pas non plus la vertu le clore pour tout de bon la querelle. Nous n'aurons donc pas fini ave< ce chapitre d'en suivre les vicissitudes
i

/.

Il

01

Ri

/'

!'

OOnzalbx. Comme tait parvenu a Madrid le dcret du 2 mars 1679, le nonce du pape en Cette ville M. Uni, manda a Innocent XI qu'un professeui <L Sala manque avait crit quelques annes auparavant dans un sens contraire aux propositions condamnes, no laminent la 3, sans qu'il ait pu obtenir de ses SUp
rieurs ['imprimatur nous avons dit ci dessus (col 5J24) les refus qu'avait essuves en effet (oui, 1 Le dcret de 1880. Le pape ayant pris intrt a
:

dans
la

le dcret mme d'Innocent XI des exemples avec prop. 2 et '-elles (pie nous nommions son propos.

Ces probabllistes foui observer qu'est ici proscrit l'usage d'une trs faible probabilit, mais non de la probabilit srieuse, le laxisme et non le probabillsme (voir par ex. la note dont est munie celle proposition dans l'Enchiridion de Denzinger). H serait plus exact de dire, conformment aux rflexions avances plus haut, que cette condamnation d'Innocent XI. renfor-

la nouvelle, un exemplaire de l'crit fut envove a P.omc. o on l'examina. De la devait sortit le clbre dcret du 26 juin 1680 rendu par la Congrgation du s.iintGonzalez Offlce, et dont il a t question dj aux ai svx vi v Thyrse 1, Innoceni XI, Oliva Jeandi Paiil). Une bibliographie importante J est attache. ainsi qu'aux vnements conscutifs (voii a la fin du prsent paragraphe). La premire partie du dl intresse Gonzalez lui-mme; la seconde le gnral de la Compagnie de .lesus. P. Oliva. Quant au premier, les cardinaux dcidaient que le secrtaire d'Et il et
t

.1

535
crire au
fit
I

PR0BABIL1SME. LE DCRET D'INNOCENT

izalez les
i

nonce d'Espagne, afin que ce dernier Mjini encouragements du pape


:

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I

P.
i

Is,
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relatione per P. [.auream contentorum in litteris .'m/ ilez, s. !.. s inctissimo lotnino nostro duce Eminentissimi domini dixerunl scribend dieu quod

m
>

si

<

du dcret tel Gonzalez en 1693, l<- seul donc qui conserve une valeur juridique. Mais il est certain aussi qu'a exist la premire ridait ion. la plus forte, soit quille reprsente le texte officiel transmis par le
qu'il lut

faible, reprsente seule le texte dfinitif

communiqu

--i

'

itui

pei

secretarium

iii

irmii

ni

signifie!

dus nuncio apostolico Hispadicto P. Tnyrso quod Sanctltas sua


si

acceptis ac non sine laude perlectis ejus litteris, ni ipse libre el intrpide prdicet, doceal el defendat opinionem ra igis probabilem, neenon viriliter impugnel sententiam eorum qui asserunl quod in concursu minus probabilis opinionis cum probabiliori sic cognita et judicata, licitum sit sequi minus probabilem; eumquecer tiun racial quod quidquid favore opinionis magis probabilis <'^im e1 scripserit gratiun eril Sanctitati sus.

bni
-il

iniuil:i\ii

niKi

Cette partie du texte n'est sujette aucune contestation. On en voit la force. Cette fois, le probabilisme mme est vis eu sa thse essentielle qui permet l'usage de l'opinion moins probable. Il est vrai que le jugement
pontifical est notifi un particulier, mais il l'est par des voies officielles (qui ne passent point parle gnral

de la Compagnie), en des conditions qui permettent qu'on l'enregistre comme l'un des actes du SaintSige contre le probabilisme. Gonzalez fut inform de cette haute approbation, maintes fois renouvele auprs de lui par les agents du pape, comme il l'atteste lui-mme
:

Ex quibus et ex pluribus litteris quas proferre possum, nomine suie Sanctitatis ad medatis ab Eminentissimis cardinalibus C.iho le secrtaire d'tat et Mellini, duo manifes( ]

tissime constant alterum, me vehementissime et frequentissime impulsum fuisse a Sede apostolica ad impugnandum intrpide probabilismum; quamvis ego qui per Dei gratiam
:

neminem timebam praeter Deum ipsum, expect ivcrim quantum potui ut pontificia mandata exequerer, silvo Societatis honore; alterum... Libellas supplex oblatus SS. I). N. dmenti XI pro incolumilate Soc. ./. a prposito generali Thyrso Gonzalez, anno 1702, publi par Concina dans sa ilella Compagnia di Ges, Venise, 1767, p. .30. Des lettres de Cibo et de Mellini Gonzalez ont t recueillies par Patuzzi dans ses Osservazioni..., t. Il, p. xcv-xi \ i.
Difesa

Cette partie du dcret fit tardivement l'objet de controverses entre ceux qui, moyennant une exgse subtile et inattendue, tentaient d'en affaiblir le sens {Segneri, Gagna), et ceux qui en revendiquaient la signification naturelle (Concina, Patuzzi, loc. infra cit.). Retenons-en qu'elle embarrassait les probabilistes. En sa seconde partie, le dcret du Saint-Office dclare que soient enjointes au gnral de la Compagnie de Jsus, par ordre du pape, des instructions relatives l'enseignement du probabilisme en ce corps religieux. On sait que nous possdons de ce texte une double rdaction, et dont la diffrence est importante; voir l'art. Oliva, col. 993. Selon l'une, le gnral ne doit permettre d'aucune faon ses sujets d'crire pour l'opinion moins probable et de combattre la doctrine selon laquelle il est illicite de suivre l'opinion moins probable dans le concours d'une plus probable connue et juge telle. Selon l'autre, le gnral doit permettre ses sujets d'crire pour l'opinion plus probable et de combattre la doctrine affirmant licite de suivre la moins probable dans le concours d'une plus probable connue et juge telle. Sur ce qui suit, les deux rdactions se retrouvent d'accord l'intention du pape, au sujet des universits de la Compagnie, est q ne chacun ait la libert d'crire en faveur de l'opinion plus probable et de combattre la sen:

Saint Office au gnral Oliva en 1680 (en ce cas, les attnuai ions de la seconde rdaction auraient t apportes lors de la communication de 1693 a Gonzalez), soit qu'elle ne reprsente qu'un projet n'ayant jamais eu la valeur d'un document promulgu. Reste que l'ordre notifi a Oliva, en sa forme mme la plus douce, devait embarrasser ce gnral, lel que nous le connaissons. L'esprit du document est maniil signilie une dlaveur du probabilisme auprs feste du Saint-Sige. 11 ne concide certainement pas avec l'esprit montr jusqu'alors par Oliva. Comment celuici excuta-t-il l'ordre reu? A la rception du document, il lit rpondre qu'il obirait au plus tt, bien que ni par lui ni par ses prdcesseurs les membres de la Compagnie n'eussent jamais reu l'interdiction d'crire ou d'enseigner en faveur de l'opinion plus probable (annexe au procs-verbal de la runion du SaintOffice, dat du 8 juill. ](>8U}. Cette dernire remarque est exacte, et l'on peut mme ajouter que, de fait, des jsuites avaient crit dans ce sens; nanmoins, les partisans de la plus probable taient loin de se sentir soutenus par l'autorit de la Compagnie. Mais comment fut tenue la promesse d'obissance? On possde une circulaire envoye par Oliva la Compagnie le 10 aot 1680, et dont le texte intgral a t reproduit ici, art. Oliva, col. 993-994 (lire vers la fin moderalio justa non displicel). Les ordres du gnral y correspondent mdiocrement aux injonctions lui faites par le SaintOffice. Le document tourne plutt l'apologie des actes de la Compagnie; il y est expressment dclar que les jsuites ne sont pas contraints en toute controverse de rejeter les opinions plus bnignes . Du moins Oliva reste-t-il semblable soi-mme. Cette circulaire est-elle la mme dont le jsuite Gagna (voir col. 546, au bas) dit qu'elle fut compose le 1 er aot et soumise aux cardinaux de l'Inquisition? Rien, en tout cas. ne fut jamais notifi la Compagnie qui lui promulgut
:

ainsi que Gonzalez tmoignait plus tard. Libellus supplex..., loc. cil., p. 33. Pour expliquer ce fait, on a suppos des ngociations, conduites entre le gnral et le Saint-Office, aboutissant un adoucissement des exigences du dcret; par ailleurs, il est difficile de ne pas voquera son propos certaines rflexions et certaines instances du P. La Quint inye en sa lettre Innocent XI (texte dans Dollinger-Reusch. op. cit., t. n. p. 18-19). Xous adoptons sur ce point dlicat le jugement qu'on peut lire ici, art. Oliva, col. 994. La XII e congrgation gnrale de la Compagnie, runie en 1682, lut comme successeur d'Oliva le religieux que celui-ci avait institu dj son vicaire gnral sur tout l'ordre, Charles de Xoyelle. Cette assemble rdigea un dcret, le 28 e qui doit s'entendre en liaison avec les vnements dont nous venons de parle
,

exactement l'ordre du Saint-Office,

ler.

En

voici le texte

et que le gnral leur commande rie soumettre absolument l'ordre de Sa Saintet. On voit la nature de la diffrence dans un cas. interdiction d'crire en laveur du probabilisme et de combattre l probabiliorisme; dans l'autre, libert d'crire en faveur du probabiliorisme et de combattre le probabiisme. Il est certain que la seconde rdaction, la plus

tence contraire,
se

Quamvis contra novitatem laxitatemque opinionum pnesertim in rbus moralibus abunde provisum si et pnepositorum generalium ordinationibus et superiorum congregationuro decretis et constitutionibus ipsis. quibus jubemur sequi in quavis tacultate securiorem magisque approbatam doctrin un; in re tamen tanti momenti, postulante pro suc /cln l'aire nostro omniumque conspirantibus votis, nihil prsetermittendum rata congregatio prtesens, decretorum quibus novae illae laxioresque opiniones doceri typisque mandari prohibentur vim totam renov.it. roborat et connn Commendat prseterea in primis Patri nostro ut non ta n tu ni transgressores loco et cathedra moveat, aliisque graTins pro modo culpae peenis subjiciat, seil ipsos etiam superiores, si qu indu in cohibenda liberiorl illa opinandi licent
t i
1

:j7

PROBABILISME. L'AFFAIRE GONZALEZ


]

li:i

negligentiores fuerint, severe puniat. Institution Soc. )'.,


i,

I.

'iijj.uc,

17.">7,

p.

655

sq.
le

La mme
1661, et
la

pense, on

voit,

que dans
le

le

dcrel de

mme
:

rserve. Sous

nouveau gnralat,

Gonzalez ritra ses instances en faveur de l'approbaen vain, apparemment. tion de son livre 2 L'lection de Gonzalez comme gnral des jsuites. Gonzalez en perso ne tait envoy par la province e congrgation gnrale, charge de I de Castille la X donner un successeur au P. de Novclle. moit le 12 d1 1

XI. le dsir exprim par Innocent devait tre lu gnral del Compagnie le 6 juin 1687, mais au troisime lour de scrutin seulement et par quarante-huit voix sur quatre-vingt-six (son prdcesseur avait t lu au premier lour et a l'unanimit).

cembre 1686. Sur


il

tmoign que le pape, lors de la premire -etioii, lui du ir qu il i\ ni il: audience qui SUH il i.ni gnral afin de retirer la Compagnie de l'abme ou sienne elle semblait se prcipiter en embrassant coi la sentence plus large sur l'usage des opinions probables. Libellas supplex..., lue. cit., p. 2X; cf. Dllinger l'.cusch. ii/i. cit., tans ce sens, et sur le dsir i. p. 132, note 2. formel que lui en exprima aussi le pape, le nouveau rai nomma professeur de thologie au Collge romain un dfenseur de l'opinion plus svre, le I'. Joseph d( Vlfaro, Jusqu'alors professeur a Salamanque, de qui l'on sait qu'il lit soutenir en effet, en 1689, les thses antiprobabilistes mais il ne publia pas d'ouvrage Im portant. Sur le dsir du secret aire d'tal d'Innocent \ l. le mme cardinal Cibo avec qui il tait en rapport depuis longtemps, (ion/aie/, pria en outre la COngrga lion gnrale, qui sigeait encore, d'mettre un dcret qui spart la cause de la Compagnie d'avec le probabil sme. Non sans efforts, il obi in d'elle le texte sui vanl (dcrel 18")
(ion/aie/, a
I :

<

probable lune concession que Gonzalez ne maintiendra pas) (pie sa contraire. Car les opinions relches ne sont pas nuisibles par elles-mmes; Iles ne le deviennent qu' la faveur du principe affirmant licite de suivre mme le moins probable, pourvu qu'il soit probable, l'atuzzi. ibiiL. p. rxm-i.xvi. Innocent X I mourut le 12 aot 1689. Son sua -scur, Alexandre VIII, condamnait le 21 aot de l'anne Niiivante deux propos it ions relches, l'une sur l'amour de Dieu, auquel on n'esl Oblig ni au principe ni au cours de la vie morale, l'antre sur le pch philosophique (voir art. Pch, col. 256 sq.); quelques mois plus tard, il proscrivait une srie de propositions, d'origine contraire, dont nous reparlerons ci-dessous, col. 547. Innocent xil lui succdait le 12 juillet 1691. Depuis la congrgation gnrale de 1687 el maigri la libert qu'elle avait proclame, aucun auteur jsuite n'avait encore crit en faveur de la sentence- plus svre; Gonzalez dcida d'intervenir en personne et il faisait imprimer en 1691 Dillingen, dans des conditions plus ou moins rgulires, un Tractaliu succincttu d* ri 'in usu opinionum probabilium... Cette Initiative lut pour
cas. aussi

gnral la cause des plus pnibles difficults. I. litre cinq assistants, le diffrend clata -.ms retard. Le P. Paul Segneri, appi l Home en 1692 ommi dlcateur du pape-, el qui jouissait d'un crdit consid rable auprs d'Innocent XII. Intervint trs active ment dans l'affaire contre son suprieur. Il crivait A ce dernier le 8 juin de la mme- anne une lettre d'une nergie surprenante pour le dissuader de laisser ne dcision poniiiic.de. prescri paratre son livre, vanl qu'on diffrt cette- publication jusqu' la pro chane congrgation des procureurs de la Compagnie,
le lui et ses
i

(.uni rclaium fuisset ad congregationeni aliquoi In ea esse xi su: isione, quod Socits communlbus quasi studlia tuen
siiii

qui ccnsciit in agendo licitum esse Bequl opinionem minus pro babllem (aventem libertati, relicta probabiliorl ttante pro praecepto, declarandum censuil congregatlo Socletatem nec prohibuisse nec prohiberequo minus contrariant lententiam tueri possent quibus ea magis probaretur. Institution Sur. ./.,
d
cit.,
t.
i,

dam

siiinpsisse

connu doctorura

sententiam,

p.

<ii'>7.

Plus Ici nie que celui de 1682, ce dcrel ne satisfaisait pas encore eut irement Innocent \ l. coin me en tmol gne Gonzalez. Libellas supplex.... loc. cit., p. 31. Ici qu'il est, il devait attirer au gnral de la part des siens des reproches, assez notables pour qu'il voulut s'en
jusl Hier.
(pie
p.
Il

l'a lait

dans l'une

les dissi-i

at

ions qui corn

posaient son 'raeltilus SUCcinclliS... (voir col. 538), nous a conserve Patuzzi. Osservazioni..., t.

H
il.

dans le cas, dit il, et nous reconnais sons l l'inspiration fondamentale de son labeur et de sa vie, dans la crainte (pie beaucoup ne confondissent le probabilisme avec l'enseignement spcifique de la
sq.
Il

lvh

agit

Compagnie

autant il accepte (pie la science moyenne le soit, autant il le refuse du probabilisme. Qu'il faille a tout prix viter celle confusion. (, ou/alc/ en donne plusieurs raisons, qui forment la substance de sa disse lat ion. L'une d'elles esl cuire oui es remarquable, 00 il dnonce la dpendance du laxisme au probabilisme en quoi il n'est pas d'un autre avis qu'Innocent XI lui mme, qui, au tmoignage de Gonzalez en un autre endroit, voyait dans le probabilisme la source don taient sorties les cent dix propositions condamnes par lui cl son prdcesseur. Texte dans Dllinger Reusch, op. cit., I. i, p. 132, note '2. Il esl impossible. explique t-il,que les papes a tout instant prohibent les opinions trop indulgentes qui se font jour; il faut aller jusqu' l'origine du mal cl rendre impossible l'effet mauvais de ces opinions, c'est -dire exiger de l'opi nion moins sre qu'elle soit plus probable ou. en tout
: i I ;

le mois de novembre suppression de l'ouvrage, dont un exemplaire a t retrouv depuis peu pai le P Vs train a Saint Isidore de Madrid in connaissait jusqu'alors que le chapitre sauv par Patuzzi, \ou dessus). Mais rien n'empchait Gonzalez d( poursuivre sous une autre forme son pie mie dessein. Les annes qui suivent sont remplies des tractations les plus actives, au cours desquelles l'affaire s tend et se coin plique. Segneri crit en 1693 deux lettres sur le- proba bilisme et contre Gonzalez qui ne sonl pas aussitt Im primes mais dont on rpand les copies Le conflit du gnral et des assistant s'envenimi pro Il vincesel prend les proportions d'une vritable isc au sein de la Compagnie, es mmoires abondent, cents pour l'un el l'autre pai Le cardinal d tout dvou au gnral, adresse une lett re au roi d'1 sp pour le prier d'agir dans un sens favorabli a ionzalez, ce qu'il lit en effet par un dcret eiu 8 juin 1693 son e-ciic-, l'empereui d'Autriche tente- de peser dans la aurait pens loigni r balance, n moment Innocent X (on/aie/ de Rome, comme le gnral avait lui mme loign l'un de se s adversaires, le jsuite Caneda. Lu publication du Itre ,ie Gonza Mais le pape confiait bientt trois censeurs de- la ompagnie le nouveau manuscrit de Gonzalez, sur ce-, entrefaites et a l'occasion de ces ngociations, vers la tin de juillet, le cardinal Cibo mettait la main sur une lettre ancienne de Gonzalez, laquelle conduisit dcouvrir dans les archives de l'Inquisition le dcret du 26 juin 1680, tombe depuis dans un complet oubli, c'tait un appoint important pour la cause- du gnral. On ion nail le nom des trois censeurs dsigns par le pape, mais on ne- possde le rapport que d'un seul, le P. Christophe Zingnis, substitut de l'assistance d'Aile magne, dont le texte a t publie par Concina, />'/< p, 53 56, et par Patuzzi, Osservazioni..., t. ri, p. \\i\ cxxix. il ((inclut a l'impression eh- l'ouvrage, moyen liant certainecorrections, dont bon nombre intc ressent h- mauvais etlet ou le scandale (pie pourrait

convoque

Rome pour
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quivalut bientt

la

1.

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539
suscitei
la

PKOHAHI

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L'AI

A R
I

i;

GONZALEZ

540

premire rdaction; mie autre concerne l'inpropose des dcrets de la Compagnie relatifs aux opinions larges, outre au gr lu censeur. Gonzalez a certainemenl tenu compte de cette censure, encore qu'il n'en approuvt point toutes les observations, comme il ressort d'autres crits de lui. A la suite de cet examen, le matre du Sacr Palais dsignait son tour, pour la revision de l'ouvrage, deux qualificateurs de l' Inquisition, l'un carme dchauss, l'autre cistercien et consulteur de l'Index. Leurs rapports favorables, dats de janvier 1694, figurent en tte de l'ouvrage imprim, suivis de V imprimatur du matre du Sacr Palais, le P. Ferrari, dominicain. Dans l'intervalle, les assistants avaient formul de nouvelles plaintes au sujet de ce livre auprs de la curie pontificale et du pape lui-mme. La congrgation des procureurs ne fut pas saisie de l'objet; mais elle avait dcid, la majorit d'une voix et dans des circonstances fort agites, la convocation anticipe de la congrgation gnrale, mesure hostile au I'. Gonzalez; d'o nouveau conflit, aboutissant le 3 aot 1694 une dclaration de non-validit du dcret en cause, prononce par une commission de cinq cardinaux que le pape avait institue cet effet. Gonzalez demeurait matre de la
terprtation
place.

constitu en ce dplacement mme. Du moins saisit-on ici les prcautions de Gonzalez, proccup de rduire les diffrences de sa doctrine d'avec les ides reues. 1. Lu partie critique de l'ouvrage atteint le probabilisme en ses thses vives. Et d'abord cette conclusion, diss. III, que L'intelligence ne peut adhrer la proposition qui lui parait inoins vraisemblable que la contradictoire, c'est--dire qui lui semble plus fausse que vraie. L'auteur dclare avoir dfendu cette th( Salamanque ds 1662. D'o il dduit qu'agir d'aprs la

moins probable c'est agir non pas moins prudemment, mais imprudemment, cette prtendue moins probable n'tant pas probable du tout; qu'il n'y a pas lieu, pour
de vouloir qu'elle soit videmment fausse. Il ajoute que, s'il est permis de suivre n'importe quelle opinion probable, l'tude de la thologie morale devient inutile, car il suflira ds lors d'tablir un catalogue des opinions probables, sans plus se soucier de la ralit, objet de cette science (on se rappelle la critique pareille de Minutolo, ci-dessus, col. 508), comme devient inutile le zle de prier et supplier Dieu pour qu'il fasse connatre sa loi et la vrit. De plus, permettre qu'on suive la moins probable conduit cette affirmation que la loi n'oblige pas tant que son existence n'est pas certaine et vidente. Gonzalez a ldessus des paroles dures, qu'il dit atteindre Caramuel, mais dont nous savons qu'elles touchent aussi d'autres
la rejeter,

Contre le gr des paraissait sous le nom de son auteur, et, contre une remarque du P. Zingnis, le nom du P. Gonzalez tait suivi de son titre de prpositus generalis Societatis Jesu. En la dissertation prliminaire, il tait seulement spcifi que l'auteur publiait ce trait, non comme le chef, mais comme l'un des thologiens de la

Son

livre tait sorti ds janvier.


il

assistants,

noms.
Dicere autem quod le.x non obligat nisi ejus existentia sit cognita certo et evidenter ab oprante, est res absurdissima et qu;e uno ictu innumera praecepta de medio tollit et facit licitas res omnes qu in controversiam vocata: sunt a theologis. Unde sulciet scire quod disputatur inter theologos an aliquis contractus sit illicitus, aliqua actio prohibita, ut statim absque ullo scrupulo possit quis ejusmodi contractum et actionem exercere quia hoc ipso quod scit id vocatum esse in disputationem a theologis recte inlerre potest non esse manifestum et evidens quod sit prohibitum. d.
:

Compagnie, sans exiger des membres de celle-ci qu'ils adoptassent sa doctrine, mais en laissant tous l'entire libert de dfendre la thse qui, aprs examen, leur paratrait la mieux fonde. L'ouvrage de Gonzalez est
intitul

Fundamentum
Il

theologi moralis id

est tractatus

theologicus de recto usu


ostenditur...
la qualit

opinionum probabilium,

in

quo

cit., p.

46-47.

est d'ordre scientifique, suprieur

pense la plupart des crits consacrs au mme sujet. Ses dfauts sont la prolixit du style, dont les thologiens espagnols ne sont jamais exempts, quelques accommodations historiques, largement excuses par la situation particulire de l'auteur, et une distribution imparfaitement ordonne des matires, due surtout aux additions et remaniements que reprsente cette dition par rapport la premire rdaction de l'ouvrage, ancienne d'environ vingt annes. Mais la pense en est dment rflchie et labore, fidle aux convictions que s'tait faites l'auteur depuis sa renonciation au probabilisme, survenue au cours de ses missions apostoliques en Espagne. La valeur de l'ouvrage, jointe au retentissement qu'il obtint, nous commande d'en prsenter l'analyse. 1 La doctrine de Gonzalez. La dfinition de la probabilit, labore ds le commencement, engage bien la recherche. En voici une formule entre plusieurs

de

la

pour du temps

Opinio ergo probabilis est illa qu concipitur ob rationem vel rationes talem pra: se ferentes apparentiam veritatis, ut ob illas vir prudens sine ulla pra-cipitatione et passione judicet rem esse veram, lieet agnoscat non repugnafe quod sit falsa quia videlieet mdium assentiendi non est demonstrativum. d. de Cologne, 1694, p. 11.
:

l'on revient la notion classique

du probablede
l'esprit.

dfini en fonction

du vrai

et de l'adhsion

Quand Gonzalez dclare

teurs de son sicle, s'ils nion probable, entendent une opinion dont le sujet pour son compte est persuad, bien que sa contraire pour plus probable, il soit tenue communment avance une distinction en soi fort intressante, mais mal applique; en fait, on est pass d'un sens l'autre ds la premire heure du probabilisme, qui s'est

l-dessus que beaucoup d'aupermettent qu'on suive l'opi-

III e dissertation est d'une vigueur et d'une exactitude dans la critique qui dnoncent le bon auteur sous la modestie dont il s'enveloppe. On en rapprochera la V e dissertation, dirige contre cette thse (voquant pour nous le nom de Vasquez) selon laquelle le docte qui tient pour telle opinion en vertu de raisons intrinsques peut suivre et conseiller la contraire, sur la considration des autorits qui la dfendent. Une autre conclusion refuse cette certitude rflexe o les probabilistes pensent atteindre en vertu d'un sylloil est permis de suivre toute gisme comme celui-ci opinion probable; or, cette opinion est probable; donc, il est permis de la suivre; ou qu'ils se donnent en considration de la multitude des docteurs enseignant qu'il est licite de suivre la moins probable. Rien de tout cela, dit Gonzalez, ne rend plus vraisemblable l'intress la proposition en litige, par exemple la justice de tel contrat. Avec cette rflexion, on en arrive une situation o d'une part on tient pour plus vraisemblable la malice d'un contrat, cependant que d'autre part on estime ce contrat permis. N'est pas davantage admise la rflexion sur la possession de la libert ni. on le pense bien, sur la prtendue non-promulgation de la loi ou sur l'ignorance o. grce au doute, on serait de celle-ci. Seule est lgitime et autorise le jugement pratique certain cette i rflexion o l'on assure qu'on tient connue plus probable, et comme l'objet de l'adhsion intellectuelle, une opinion communment consi-

Toute cette

dre

comme moins probable. Gonzalez traite aussi du cas o l'esprit se trouve en prsence de deux opinions galement probables, l'une

la libert, l'autre la loi. En ce cas rien n'autorise l'adhsion, les motifs qui agissent SUT l'esprit

favorable

54

I*

Il

OBA B

SM E.

I-'

A FFA K E G O N ZA L E Z
I
;

542

en sens divers tant supposs se compenser exactement on demeure dans le doute, on agira au plus sr. Il est vain de dire qu'on souffre alors d'une ignorance invinsans doute est-on excus de ne pas cible de la loi savoir, mais pourquoi ne resterait-il pas le devoir d'agir? Le vice de ce raisonnement, dit Gonzalez, consiste tranfrer l'action l'excuse qui vaut seulement pour le dfaut de science. Vain aussi d'invoquer le principe de possession comment arguer ici de la possession del libert qui est justement l'objet en cause, exactement aussi douteuse (pie l'obligation sur laquelle on
: :

hsite?

On voit l'inspiration de cette critique et le postulai qui la soutient, dclar d'ailleurs ds la dfinition du probable c'est savoir que la vie morale est chose de
:

est le vrai, auquel elle

par l'intelligence dont l'objet va selon les lois de sa nature. Sous [es conclusions que nous venons de reprsenter, il y a de la part de Gonzalez une sorte de retour la nature, le sentiment profond et indcsl nid Ible que l'action relve d'un jugement rgl en dfinitive par la Vrit seule. A ce titre, nous nous sentons avec sa crisincrit. Elle est rgie

attache a la foi et a la science, mais non hsitation et doute. Elle s'accorde a\'ec une certitude morale. Gonzalez rejoint iciCajtan, bien qu'il dise un peu plus bas se sparer de lui (p. 168), mais sur un point assez menu. Le problme difficile de l'ignorance du droit naturel est trait avec une modration pareille, pour aboutir a cette conclusion qu'il peut y avoir ignorance invincible quant aux conclusions trs loignes des premiers principes de ce droit, et sur lesquelles il y a des opinions divergentes chez les doc leurs catholiques. L'ouvrage finit sur les preuves positives de la doctrine soutenue, suivies de la rfutation des objections a vannes par les partisans de la sentence bnigne. Gonzalez a lui mme attache le nom de probabiliorisme a la position qu'il adopte (p. 13), ou est requise une plus grande probabilit pour que soit admise l'opinion moins sre. Dans sa pense, cette position tient le milieu entre les auteurs trop faciles et les auteurs
trop exigeants.

De

fait,

il

suffirait

de

lgi

retouches

pour que

ses rgles fussent irrprochables

Au

tique en parfaite sympathie.


2. L'i partie constructrice. sertation, Gonzalez tablit
-

partir de la

dis-

sa propre doctrine. lient dans cette proposition capitale


:

Elle

Nemini

licituiu est sequi scntcntiain

taventem

libellai

de la thologie classique, la principale insufflsano de l'ouvrage est L'omission de la prudence, avec la perfection doctrinale et le redressement inoral que cette vertu comporte. Tel qu'il est. il avait certainement de quoi persuader gagner les esprits. En fait, quel son suces? Le livre lui t..i ei largement rpandu. En 1694, on en signale trois ditions a Home et neul en
1
1

adversus legem, quin posl dillgentem verltatla Inquisitlo nem, cltra passionein et culpam, appareat Ipsl in actu primo
opposite stanie pro lege adversus libertatem,
p. 12").

di lirent es villes

d'Europe,

il

fait l'objet

d'une analyse

vol iinlce verisimilis, vel claie et sensiblliter verislmillor et Idclrco ab illo judiceturvera judicio absolutonon fluctuante. d. cit.,

attentive, au dbut de 1695, dans les A, lu mulil Tiim. publication protestante de Leipzig De nombreuses lettres parvinrent a Gonzalez de la part d'hommes qualifis, jsuites et a II Iles, le flicitant de si m OUVI

avec
excellenl eu ce qu'il restaure la vrit rgle d'action en ce qu'il admet qu'on adhre
;

les

lettres

nonc

Compagnie en

1693, qui

manes de diverses provinces de la demandaient la publication


l

comme

de l'ouvrage, elles forment un recueil Indit, conserv

'aisemhlahle ((plant a la certitude exige du jugement de vi-ii, nous l'appr cierons mieux en coins de dveloppement). Moins irrprochable en cette antithse de la loi el de la libert, pie Gonzalez reoit de ses adversaires el o il prend part) spontanment en Faveur de la loi la tho logie classique, nous le savons, pose le problme moral en le -s de bien, S 'pargna ni ainsi l'apparence de rigueur attache au parti d'un Gonzalez, quoiqu'elle tienne aussi tenue a l'exigence du devoir. ()n retrouverait une pointe d'outrance en l'Interprtation pro pose plus bas, diss. I\, du QuodUb. VIII, a. 13, de saint Thomas (voir noire article claircissements...). De mme en l'interprtation de la :<,' proposition con damne par innocent XI, ou Gonzalez voit branle le fondement du probabil isme (d. cit., p. 131): nous pro
les
\
l :

au vrai SOUS

espces du

dans la Compagnie; voir Astraln, Histori de // paUa de Jess en lu asistencia </< Espaiia, t. m. p. \. blbliogr. n. 3. Bientt on ht de l'ouvrage, dans la Compagnie mme, des rsums >i synopses, eux mmes rassembls en recueils, par exemple Sun triplex tractatus theologia <t< pinionum probabilium luce publica donati u//> initium anni /
*

li.

P. Thyrso Gongalex, prrnp. gen.


l

annum recusi, Lyon, abondent mme les puces


intra

1698 n ce dernier volume de mis latins nu est cll


le

en ineiies
zalez,

el

en strophes classiques,

mente de G

ou mme est exprime, el non sans prcision, la technique de la probabilit. Le principal auteur de ce genre inattendu est i,- P, Jean Blanchet, jsuite di
les vrais potes ont raison des plus ingrats Poitiers sujets! l'eut tre faut il voir des Imitations de l'on
:

noncions ci-dessus, col. ">:( i. un jugement plus modr. Mais par ailleurs (ion/aie/ prend grand soin le dis tinguer sa position de certaines autres, plus rlgou reuses. Il dclare alors en huiles lettres que, pour se servir de la sentence moins sre, il n'est pas requis que l'on se forme un jugement tout l'ail certain de l'hon lltet de l'objet; niais il sulhl que l'on se persuade. d'un jugement d'opinion prudent el n'excluant pas de sm toute crainte de la malice, que L'objet est honnte OU du moins non dfendu Diss. \. d. cit.. p. 142. Entre tous ses devanciers, plutt que Mercorus et Fagnanus, c'est Gonet chez, qui Gonzalez retrouve le mieux celte sage conclusion qui est la sienne. Il a le droit d'invoquer comme il le fait des tmoignages traditionnels eu ce sens. Sur le point sensible de la crainte permise dans le jugement (oh nous trouvions Fagna nus mal assure el penchant vers l'excs), il a cette heureuse dfinition Elle n'est pas autre chose que la connaissance selon laquelle l'esprit connat que la chose opine. dont il juge et nonce dlerniinenieiil par l'opinion, qu'elle esl ainsi, peut tre autrement qu'il ne la juge. P. 165. Crainte qui est dfaut de celle fermet
. : .

vrage de Gonzalez en des publications

comme

li

conscientia humana, du minime Franois Palam o, paru a Salamanque en 1694, ou la Dispulatio thologien de

opinionum
las,
cit.,

delectu
a

parue
t.
i.

Rome

rbus moralibus, d'Antoine Charen ic tsilingei Reus< h, />.

.mi

258, ..' Attaques contre Gonzalez. Il ne se pouvait toutefois qu'un livre de celte nature, cl publi dans les circonstances que nous avons dites, fil l'unanimit des suffrages. Des avant son apparition, nous avons vu Segneri crire deux lettres contre les doctrines de Gonzalez, publies avec la troisime dont nous allons parler, Cologne, en 1732, sous le titre Lttterc del Padre /'</,,/,, Segneri sulla materia del probabile. La premirt des trois avait paru dj, sous le pseudonyme de \l issimo degli Afflittl a Cologne, en 1703, puis a
p.
:

Dollinger Reusch, op. cit., 1. 1, p. 182. Concilia, au temps de qui ces Ici fies eurent un regain d'actualit, feignit de supposer qu'elles uYtaint point de Segneri, dont la sagesse et la pit taient en si grande rputation. Storia del probabi
etc.
;

Xaples en 1726,

cf.

lismo...,

t.

i.

p.

311,

isi

ik.-,.

;,(;

568

Elles

nous

543

PROBABILISME. L'AFFAl RE GONZALEZ


(le

le plus opinitre, et, dironsnous, le plus naf. Biles procdent en effel de cette conviction absolue que combattre le probabilisme, c'est promouvoir une svrit Intolrable, si la sen tence bnigne favorise la prsomption, la rigide con Pour (luit au dsespoir, qui est un plus grave pcb.

ramnent au probabilisme

seul

condamn des

crits relatifs

au

livre

de Gon-

zalez) et rfut plus tard par le jsuite Muniessa.


i. - La XIV e congri Succs relatif de Gonzalez. tion gnrale se runit en novembre 1690. En dpit des oppositions qui s'taient annonces. Gonzalez \ lut cout. (l'n mot d" Bossuet sur le sujet, dans mu-

moi, dit l'auteur, je confesse la vrit, h c'est que je samais difficilement comment me sauver si je devais tout coup suivre la plus probable. d. de Cologne, 1732, p. 17. En quel affreux dilemme nous voil donc enferms! La premire lettre traite lu probable en gnral. La seconde rfute, ligne par ligne, un crit compos en faveur de Gonzalez, entendons l'crit de Gonzalez lui-mme; sous le style infiniment contourn, OH sent celte fois la plus radicale hostilit. L'auteur va

la Correspondance, Je crois qu' la lin. de bon ou de mauvais jeu. ils deviendront orthodoxes. Il obtint notamment un dcret relatif aux questions toujours litigieuses de renseignement dans la Compagnie, o la morale est aussi en cause
1

lettre

du

septembre 1696, dans


<;i-ii2
:

d. cit..

t.

vin, p.

...

Probato a congregatione postulato plurimn provinciarum de conficiendo quamprimum elencho opinionuiii <|uas nostri docere non debeant, tuin in philosophia
~>.

Decretum

jusqu' dire qu'en prescrivant de suivre la vrit juge telle, Gonzalez enseigne la dfiance envers les docteurs et favorise la dsobissance. Ce qui nous apparaissait en cet ouvrage comme un retour la sincrit et une restauration du naturel, Segneri le dnonce comme un dangereux subjectivisme, o chacun s'rige en juge de la vrit si les docteurs ont jug quelque chose comme probable, qui tes- vous, nous dit-il, pour oser le rvoquer en doute? Et il ne donne pas d'autre motif de la rprobation des censeurs que le principe faux de ce livre, constituant pour rgle des murs la vrit, relle ou imaginaire, on ne sait, et d'o suivent des bvues normes . P. 177. Le cas de Segneri est certainement dsespr. A l'argument qu'on n'use du moins probable nulle part ailleurs, ni en affaires, ni en sant, etc., que rpond-il? Qu'il ne le fait pas non plus en morale puisque la sentence moins probable est celle des adversaires, qui obligent au plus probable. La troisime lettre fut crite l'ouvrage paru. Elle est cette fois ouvertement tourne contre Gonzalez et s'intitule dans laquelle sont abattus les fondements d'un nouveau systme qui, chassant en fin de compte la probabilit de la rgle des opinions probables, voudrait y substituer la vrit assure . Jamais probabiliste n'a jou plus franc jeu. Segneri estime que la vrit est trop incertaine et trop difficile; il y faut substituer en morale la probabilit. C'est la distinction pousse bout du spculatif et du pratique; Segneri y est fidle, on dirait jusqu'au cynisme s'il n'tait si saint homme. Il est un des plus frappants exemples de la sduction que peut exercer l'esprit de systme sur une pense; depuis quarante ans qu'on attaque de partout le probabilisme, il est clair que cet homme n'a rien appris; il nous aide partiellement comprendre pourquoi, devant des dmonstrations comme celle d'un Gonzalez, le probabilisme cependant a tenu et s'est perptu. Ces crits partirent l'insu de Gonzalez. Il fut au contraire averti des protestations du jsuite allemand Christophe R;ssler, professeur Dillingen, de qui on lira les msaventures et l'obstination dans DllingerReusch, op. cit., t. i, p. 235 sq. pour finir, les censeurs du gnral refusrent l'approbation son ouvrage. Plus habile, le jsuite espagnol Bernard Sartolo, professeur Valladolid, fit paratre une rfutation (car il semble bien en tre l'auteur) sous le nom emprunt d'un jeune docteur de Salamanque, intitule Lapis lydius recenlis antiprobabilismi sen disserlalio thologien contra nuperos ejus propugnatores, Salamanque, 1(197. Cet ouvrage, qui attaquait directement Gonzalez, suscita deux rpliques, l'une sous le nom d'Anlonius Florentius, Toulouse en 1702, ddie Bossuel l'autre du jsuite Ehrentreich, professeur l'universit d'Inspruck, l'auteur d'un des rsumes du Fundamentum dont nous parlions ci-dessus, parue Home en
:

tum in theologia speculativa et morali, Ii. I'. generalis rozavit congregationem, placeretne, inlwrendo vestigiis superiorum congregationum, prsesertim XI et XII, declarare quantum Societas univers:) abliorre.it et semper abhorruerit al) omni opinium tam novitate in omnibus quant pi tim laxitate in moralibus; gratum habuit congregatio tam s inctum Patris nostri zelum et quamvis compertum illi sit nostris prolessoribus et scriptoribus tam religiose sancita cordi esse, commendavit tamen impense eidem prseposito gnral] ut eorum excution] invigilet, curetque conlici pradietum elenelium communicandum provinciis priusquam ultiini ei minus apponatur, Institutum Soc. ./., t. i, Prague,
17.">7,

p.

(Si)'.).

Le catalogue prvu ne fut jamais excut ou du moins promulgu. On peut lire dans l'ouvrage cit de R. de Scorraille, Franois Suarez, t. I, p. 193-194. une lettre adresse ce sujet Gonzalez par un jsuite espagnol, le 11 septembre 11397, et qui tmoigne les rsistances que dut rencontrer le gnral en cette entreprise, en dpit de la commission de la congrgation gnrale et du surcrot d'autorit qu'il en retira. Luimme crivit en 1699 et 1700 un nouvel opuscule demeur indit, malgr les instances qu'il fit plus tard auprs de son vicaire et des assistants pour qu'on le publit. Le titre seul en devait inquiter plusieurs Opusculum hislorieo-theologicum de ortu et origine pro:

babilismi, cjusque progressu et fallaciis ac quivocationibus falsisque suppositionibus, absque ullo solido principio in quo nitatur et de ejus dcrmenta alque imminente interitu ex decretis romanorum pontificum et episcoporum conspiratione (dque quamplurium theologorum recentium valida impuynatione. Le manuscrit est la bibliothque Casanate, Rome. Cf. Astrain,
op.
cit., t. vi, p. xn, n. 17. Les publications relatives l'ouvrage principal de Gonzalez ne cessent pas cependant de paratre. Favo-

rables aux thses du gnral sont les livres des jsuites franais Antoine Bonnet (sous le nom de Xoel Breton), Toulouse, 1696; Jean-Franois Malatra. Lyon, 1698; Jean Gisbert, Paris, 1703, de qui le livre porte en vedette le titre d'Antiprobabilismus, et du jsuite espagnol Thomas Muniessa. Saragosse. 1696. Mais le plus

1719.

tranger

la

Compagnie semble

tre

l'crit

publi Gnes en 1694, Crisis de probabilitate..., attribu au bndictin Bernard Bissi, mis l'index en 1697

important des ouvrages antiprobabilistes d'origine parus sous le gnralat de Gonzalez est la Rgula honestatis moralis seu tractatus theologicus tripartitus de rgula moraliter agendi.... de l'Espagnol Ignace de Camargo. professeur Salamanque, et publi a Xaples en 1702, avec l'approbation de Gonzalez. L'ouvrage est ddi Clment XI. L'auteur dclare avoir t probabiliste, mais l'tude et l'exprience l'ont dtach de ce systme; il tmoigne que d'autres Salamanque sont dans le mme cas. Mais, tandis que le probabilisme lui semble tre en baisse partout ailleurs, il signale combien la vogue en demeure grande en Espagne, o l'on suscite des ennuis ses adversaires. Cf. Dllinger-Reusch, <</>. cit., t. i. p. 256-259. On rapprochera de ces informations celles que fournit le mme Camargo dans une supplique adresse de Salamanque le 22 octobre 1706 au pape Clment XI il y
jsuite
:

545
expose combien

PROBABILISME. L'AFFAIRE GONZALEZ


ce qui en ralit n'est pas fait de
fait

546
bonne
foi; elle dit tre

le probabilisme est entr dans les des fidles et quelles difficults rencontrent les missionnaires quand ils lchent de corriger ces abus; et il dplore l'attachement trange qu'ii voit professer de la part de ses confrres jsuites pour un systme ailleurs dcri (le document est intgralement reproduit, avec la lettre d'envoi trs favorable du nonce Madrid adresse au cardinal labroni, en date du 27 octobre 170(i, dans Concilia, Difesa..., p. <>0-

murs mmes

La mme anne et dans la mme ville que l'ouvrage de Camargo paraissait un livre du 1*. Ricci, jsuite italien, qui est un essai de conciliation ou plutt d'unification entre la doctrine de Gonzalez et celle des jsuites probabilistes; le livre est ddi a Gonzalez lui-mme. Le genre devait susciter quelques m il al ions. En dehors de la querelle, la Synopsis thologies practicie..., Douai, 1698, du jsuite Taberna, tmoigne une position qui, sans rompre avec tout le probabilisme, plus forte raison sans verser dans le tutiorisme, s'apparente avec l'antiprobabilisine, en s'appuyant principalement sur les condamnai ions d'Innocent XI. Il ressort de ces publications et de ces faits que Gonzalez est loin d'tre rest isol en sa raction, et il est difficile de ne voir que de l'opportunisme dans les doctrines que nous venons d'voquer. Avant Gonzalez, nous le savons, il y avait eu de l'anl iprobabilisme dans
65).
i

Compagnie, et l'attitude du gnral a pu librer seii lement des convictions et leur permet tre rie se produire, comme elle a pu gagner aussi a sa doctrine des esprits sincres. L'opposition toutefois n'a jamais compltement dsarm. Si l'norme in-folio du jsuite bavarois Jacques Illsung, Arbor scienti boni et mali.
la
.

avec une bonne conscience ce qu'en ralit on fait sans bonne conscience ou contre sa propre conscience... Celte sentence est donc la cause d'innombrables pchs et de la damnation des mes. X. '. Mais aujourd'hui, aprs les interventions des prcdents pontifes et de nombreux vques ou assembles d'vques. vu le discrrlit ou est tomb le systme dans l'ensemble de l'opinion catholique, les rfutations qu'on en a faites et surtout l'inclination du Saint-Sige, telle qu'on peut tenir les principaux dogmes probabilistes pour proxime damnabilia, Gonzalez estime difficile qu'on professe sans pch et de bonne foi cette doctrine, mme dans la spculation. Il exprime l'espoir que Clment XI voudra continuer l'uvre de ses prdcesseurs. Maintenant qu'ont t condamns l'cxtrimrigueur (voir ci-dessous, col. 548) et l'extrme reltuaient, il resterait que ft montr le juste milieu. Lu tout cas, en CC qui om crue la Compagnie de .lesus. il est ncessaire que le pape intervienne. Document d'un homme qui touche au ternie de- s.i arrire, ou siiinr l'efoi d'une \ie. Son accent de sincrit- et d'inquitude n'esl pas niable, il fui communiqu le 21 aot 1702 a Fabio Olivier!, secrtaire des brefs, pour qu'il voult bien le prsenter au pape. Lettre de Gonzalez A oiivieri. dans Concilia, Difesa..., p. 34. Le sep timbre, le P. Sagarra tait nt a en audience p.ir ci, meut XI, qu'il entretenait de cette supplique cueil et la di ision du pape sont exprims dans l'addition faite au Libellus

<

Dillingen, 1693, qui dfend avec quelques limitations le probabilisme ordinaire, esl antrieur la publical Ion de Gonzalez, en revanche le jsuite italien. I B de Benedicl is, sous le pseudonj me de Fr. de Bonis, publie en 1698 un crit violent contre la publication pos

Item gratlsshn umSanctitatisuse factura tupei tatis, si pnestent ni |esuitte obstine ou doi end t et d denda lententia qua -- ut Licttum esse usum oplnlonii un nus probabilii et minus ut -. cum Sanctitatl nue eomperiiim sit lta .ni u ixpedire ad mcolumitatem et honorent
.i
t
i

Sixulatis.

thuinc du mineur conventuel B, CiafTbni, qu'il nomme les deux adversaires gentiment un singe de Pascal devaient tre mis l'index en 1701. Cf. lieuse h, op. cit., p. 511-512. L'activit polmique que dploie vers ce temps-l en France le P. Daniel (voir col. 550) ne peut non plus tre considre comme rpondant aux vux du gnral. Mais l'impression demeure que parmi tant de contradictions l'uvre de Gonzalez fait son chemin dans la Compagnie. Les sentiments suprmes de ce grand lutteur, qui ne devait mourir que le 27 octobre 1705 mais ses der nieies annes furent d'un homme diminu sont contenus dans l'mouvant Libellus supplex... qu'il envoya Clment XI en 1702 et que nous axons dj plusieurs fois cit (outre Concilia, loc. cit., Patuzzi nous en a aussi conserv le texte dans ses Lettert teologtco morali... di Eusebio Eraniste, l. m. p. i.xiv sq.), Il j supplie le pape d'intervenir auprs de la Compagnie de Jsus en vue de la garder des prils o Gonzalez craint qu'elle ne tombe aprs sa mort, si elle ne se dtache dcidment du probabilisme. Il sait bien avoir fait quelque chose d'efficace pour son ordre; son livre a produit des fruits abondants ; mais il n'esl pas sur que la lutte ne recommence, qui srail dsastreuse poulies siens. Gonzalez est plus dur que jamais au probabilisme Bien que soient excuss de pche les auteurs qui jugrent de bonne foi comme Vraie la sentence des probabilistes, et donc l'ont suivie de bonne foi dans la spculation, personne nanmoins, sauf preuve, ne doit tre cens avoir mis eu pratique une telle doctrine pour diriger sa conscience ou celle d'un autre car toujours et partout ce fut. c'est, ce sera un pch trs formel que de pratiquer une telle doctrine. I.a raison en est facile, car la fausset de la sentence rflexe du probabilisme consiste en ce qu'elle dit qu'il n'y a pas pch l o il y a pch; elle dit tre Tait de bonne foi
:

C'tait consacrer, en desir du moins, l'uvre ntl< n de Gonzalez. Ce qui en adviendra et comment hroque tentative le restauration lut sans lendi durable, selon pu- l'avait redoute Gonzalez, lis pro chains pisodes de la querelle nous en informeront.
i i

l'affaire

1rs documi nts ortglnaua relatifs au dcret de 1680 et Gonzalez nous ont t conservs, comme on l'.i \u.
1
:
i

par Concilia, d. mis si Dt/esa delta Compagnla <ii <..>,;. \, nisc. 17U7 (d. Lit. Vindictm Socti tattt ./.mi, \ enlse, et par Patuzzi, dws ses Letltrt teologioo-marall... ./i ; u bio Eraniste, t. \ i. Trente, 1754, append., p, i\ dai Ossavaxtoni s../>r.i part puntt d'istoria leUerarla..^ t. u. Venise, 1756, append., p. lvii-cxxx. On en trouve une o tion il. ois DOtUnger ReUSCO, "/>. rif.. t. il. 1 1.1. n-liicl.. p., ssini. Retenir aussi i., dposition de Gonzalez .m (.nus de* tractations prparatoires au procs de batification d'Inno cent XI, Sae. Rfl, t 'ongr. Em. et rto. i >. tard, i rr.in<: Hum. bealtflcaiionk ri canonlialionU oen. tervi l'ti Innocenta papm XI. Poslllo taper dubio, un stl tignanda commissio
i

<

2'

Inlroduclionts causa fn eosu, etc., Rome, 171 ;. In-fol., pagint., p. 180, n. 21,24' tmoin, Parmi les documents manuscrits signals par le P. Astr.iin (cl dessous) -ont d'un Intrt spcial pour cette histoire : le ms. 9671, de la u ite .i Rome, Bpistolat etrea probabilia (correspondance de .on/ativ avec les gnraux Oliva et Noj elle, ainsi qu'avec
i

le provincial de Castille, 1667 1687, collection rorme par Gonzalez); le ms. 140/, de la mme lu iliothque, qui est i'Opusculum de 1699 1700 dont n..us avons pari; les Eptstolm ex oariis provinciis Socielatis, en possession le la

Compagnie de
del
./.-/

Jsus.

1732, lett. u et m; Concilia, Dfia storia del probabilismo rigorismo, etc.. Lucques, 17 ;. t. i, diss. u, Cl ,\ t. ,,,
< 1 ;

2" l'es historiques .le l'affaire se trouvent dans les / I'. Paolo Segneri sulla materia del probabtle, Cologne,

dlss.

Ill:
1'.

Gagna,

Lettere d' Eugnie

ipologlsla...

ml un

col

lega del
t. II,

Concina, Lubiana, 17 15, lett. o sq.; Patuzzi, / ic/i Eusebio Eraniste, .; d., [rente, XVI t. VI, 1754, lett. xi m. 8 Enfin maints travaux modernes ont tudi cett< affaire. L'ouvrage cite de Dfillinger-Reusch en a r.ni m,
tere teologico-morali...

17.M2. lett.

rcit

circonstanci,

t.

r,

p.

120-173, Sur

le

dcret d<

DICT.

DE

1IIHOT

CATHOL.

T.

XIII

18.

54

PROBABIUSME. L'INTERVENTION D'ALEXANDRE


parl.
col.

VIII

spcialement consulter les articles <l<- .1. Brucker, s. i., ii.m* ludes, de mars 1901 a nov. 1903; du P. Mandonnit, 0. P., dans la Beo. thomiste, de sept. 1901 ii jiinv. 1903, Le dcret d' Innocent XI publi! sparment sous le titre contre le probabilisme, Paris, 1903; l'tude de Fr. Ter Haar, r. ss. H., I)(ls Dekrel des Papstes Innnccnz XI. berden Pr<>babilismiu, Paderborn, 1904. >ans l'ouvrage d'A. Lehmkuhl, Probabilismus uindicatus, l'iibourg, 1906, les p. 78-111 concernent ce sujet; de mme dans celui de J. Iirucker, S. J., La Compagnie de Jsus, Paris, 1919, les i>. 524 sq. l'n rcit trs dtaill dans A. Astrain, Historia de ta Compaha de Jess en la asistencia de Espafta, t. VI, Madrid, 1920, p. 1 19372, avec des chapitres d'introduction sur le probabilisme avant le P. Gonzalez: en tte de ce tome, une prcieuse bibliographie d'indits sur le probabilisme, spcialement autour de rafaire Gonzalez, p. x-xn. Dans le mme sens que ce dernier ouvrage voir l'art. Probabilisme, dans le Dicl. apologtique..., t. iv, Paris, 1922, col. 331-332; Pastor, Gcschichte der Ppsle, t. \i\ b, p. 979-983, 1110-1123. Nous avons dj renvoy aux articles prcdents publis ici
les
:
1 :

Sur Ivstiix, voir Hurter, Nomenclator, t. iv, 328, 271, 283, 954. L'une des doctrines prises u partie en son ouvrage, c. n, sect. i, dogma '>. est en effet la suivante Xulla ignorantia legis naturae inuincibilis sil, excust agentem contra legem. Et l'auteur en attribue la paternit Macaire Havermans, un prmontr d'Anvers, avec lequel Estrix, aprs son confrre Philippe de Homes, changea quelques pices de controverse. Doctrinalemenl, cette proposition ne se soutient que moyennant une conception exorbi:

Gonzalez, Innocent XI, Oliva.

(1690).

LA CONDAMNATION PORTE PAR ALEXANDRE VIII Entre la condamnation d'Innocent XI en 107'. et celle d'Alexandre VIII en 1690, un certain nombre d'crits ne laissent pas d'tre mis l'index, manant d'auteurs d'ailleurs obscurs et fauteurs d'une morale trop complaisante. Voir Reusch, Index, p. 510//.

511.

En aot 1690, Alexandre VIII intervenait en condamnant, nous l'avons indiqu dj, deux propositions venues du camp de la morale large. Mais il proscrivit, en dcembre de la mme anne, une srie de propositions venues du camp adverse. Au nombre de trente
et une, elles intressent toutes sortes de matires thologiques o la morale, au sens d'alors, n'est que faiblement reprsente. De ce chef, il faut aussitt le remarquer, ce nouveau catalogue ne fait point pendant ceux d'Innocent XI et d'Alexandre VII, lesquels sont uniquement composs de propositions de morale. Il n'y a jamais eu une casuistique rigoriste comparable la casuistique laxiste. Sur les dnonciations, examens et tractations qui sont l'origine de ce dcret, sur sa nature aussi, voir l'art Alexandre V III, t. i, col. 751, o l'on trouvera en outre l'analyse dtaille du document. On remarquera que les notes de la condamnation s'entendent du tout respectivement , c'est--dire que chacune des propositions mrite quelqu'une ou plusieurs des qualifications dites, sans devoir vrifier la totalit de celles-ci. Seules relvent de notre tude les 2 e et 3 e propositions. La 2 e , relative l'ignorance du droit naturel, est ainsi libelle
. :

tante du pch originel, que dnonce prcisment le mme ouvrage et qui deviendra la l re proposition de la srie condamne par Alexandre VIII lien doctrinal qui nous loigne davantage de la thse refusant purement et simplement l'ignorance invincible du droit naturel, telle du moins que l'entendaient certains de ses dfenseurs. Les accusations d'Estrix ont donc t retenues dans la liste de propositions condamnables envoye Rome en 1680 par l'archevque de Malines et les vques des Pays-Bas (cf. l'art. Alexandre VIII), compensation des dboires prouvs en sa carrire de polmiste: plusieurs de ses crits sont en effet l'index et la 21 e proposition de la srie d'Innocent XI tait loin de lui tre trangre. Reusch, Index, p. 518. Le livre mme que nous avons dsign avait t prohib par l'archevque de Malines, Alphonse de Berghes (t 1689), cf. Reusch, op. cit., p. 519, contre quoi d'ailleurs l'auteur avait protest. Sur les difficults d'Estrix avec l'Index voir aussi les lettres de dom Durban cites col. 531 y ajouter la lettre du mme, 22 mai 1674, dans Revue Mabillon, t. xxiv, 1934, p. 167-168. La 3 e proposition s'nonce
:

Non

licet

sequi opinionem

vel inter probabiles probabi-

lissimam.

II n'est pas permis de suivre l'opinion mme la plus probable d'entre les proba-

bles.

Elle vient,

comme

la prcdente,

de Louvain et
l'avons re-

prcisment de Jean Sinnigh,

comme nous

et expliqu, col. 521. Son intrt systmatique est manifeste, l'une des questions centrales de la controverse tant ici touche, et pour dclarer qu'un certain usage de la probabilit est permis, au moins celui

marqu

Tametsi detur ignorantia


naturae, liaec in statu naturae laps:c operantem ex ipsa non excusat a peccato iorninli.
invincibilis
juris

Suppos

qu'il

ait

une

ignorance invincible du droit naturel, elle n'excuse pas d'un pch formel dans l'tat de nature dchue celui qui agit d'aprs elle.

de l'opinion la plus probable entre toutes les probables prsentes. Nous avons vu que la ngation de cette thse ne peut tre attribue indistinctement mme au jansnisme, puisqu'un Nicole en personne corrige et affine ce propos les outrances massives du thologien de Louvain. Encore moins oserait-on l'attribuer aux adversaires du probabilisme en gnral, la plupart d'entre eux, nous le savons, se gardant soigneusement d'excder en leur raction mme et professant observer un juste milieu. Mais il serait encore inexact de
considrer cette condamnation comme une victoire du probabilisme, la conscration d'un rsultat d aux moralistes de cette tendance, grce quoi serait dsormais introduit en morale, au moins sous cette forme restreinte, l'usage de la probabilit. On usait de la probabilit longtemps avant le probabilisme, et point ne fut besoin de ses revendications pour qu'on et aperu et expliqu cette condition de la vie morale. La thologie classique accueille la probabilit beaucoup plus largement mme que ne l'impose la condamnation d'Alexandre VIII, ainsi que nous l'avons montr en la I re partie de cet article. Bien plutt est ici condamne une raction excessive, qu'avaient appele les excs mmes du probabilisme, historiquement les premiers, raction dont nous savons qu'elle demeura incomparablement plus limite, soit pour l'importance qu'elle prend chez ses auteurs, soit pour la quantit des auteurs

proposition condamne ne nie donc pas qu'il y une ignorance invincible du droit naturel, selon la thse favorite de Sinnigh, de Nicole, de Contenson et, moins nettement, de Baron. Mais beaucoup plus crment, suppos qu'il y ait cette ignorance invincible, elle refuse d'y voir une excuse au pch. Sous cette forme, la proposition avait t nagure dnonce dans

La

ait

petit livre intitul Status, orign, scopus reformalionis hoc tempore attentat in Belgio circa adminislrationem et usum sacramenti pnitenti, juncta piorum supplicatione ad Clementem X, P. M., que publiait Mayence

un

en

1(575,

sous

le

jsuite Gilles Estrix, trs

pseudonyme de Franois Simonis, le ml aux querelles tholo-

giques de Louvain et qui devait devenir dans les dernires annes de sa vie (t 1691) le secrtaire de Gonzalez; il appuya son suprieur au point d'crire dans le sens du Fundamcntum... une Logislica probabilitaturn, publie dans le recueil des Synopsis dont nous avons

mmes, que n'avaient t les garements laxistes du probabilisme. L'intervention pontificale sanctionne donc, moins au bnfice du probabilisme qu' l'occa-

549

P R OB AB I L I S M E

U VEL
site

I.

r,

P u L MI Q U
e

I .

550
tablit a

sion des disputes du temps, l'un des enseignements traditionnels de la thologie morale, que certains n'a-

bilistes
il

du xvn comporte

sicle,

nous savons dj quelle divei

et

comment chaque auteur

vaient mconnu que pour avoir trop nergiquement protest contre des altrations la fois antrieures et plus profondes. L'usage a prvalu dans les manuels de thologie morale de classer les systmes moraux entre les extrmes du rigorisme et du laxisme, condamns
celui-ci par Alexandre VII et Innocent XI, celui-l par Alexandre VIII, selon un ordre de svrit dcroissante qui passe par le tutiorisme. le probabiliorisme,

une mesure propre, sa doctrine. Il en va de mme des degrs extrmes du tutiorisme et du rigorisme, sous lesquels on comprend les tenants de la sentence rigide, dont l'importance historique, nous
sa faon et selon

l'quiprobabilisme,

probabilisme. Classification d'intrt pdagogique beaucoup plus qu'historique et doctrinal. Elle consacre cette faon de juger de la science morale selon la difficult qu'il y a ou non de mettre ses conclusions en pratique, alors qu'il en faut juger, somme le toute science, selon son rapport avec le rel, c'est--dire sa vrit. Elle mconnat qu'avant de se distinguer par leurs exigences plus ou moins strictes ces systmes dpendent de conceptions morales qui en
le

apparentent plusieurs, cependant qu'elle* les opposent radicalement aux autres, et c'est l-dessus d'abord qu'il les faudrait juger il y a ceux qui admettent et ceux qui excluent les principes rflexes avec la certitude qui s'ensuit, ceux qui poursuivent un objectivisme de l'action et ceux que domine l'ide de conscience. Enfin, cette classification donne un sens fixe et dtermin des vocables essentiellement relatifs, risquant par l de simplifier, non sans dommage pour le jugement historique, une situation en ralit plus confuse et des positions quelquefois plus et quelque fois moins tranches. Nous avons dit (col. 634) eu quel sens il convient d'entendre la distinction du probabilisme et du laxisme. Nous retrouverons ci-dessous l'quiprobabilisme. Quant aux trois premiers systmes leur nom voque la raction conduite contre le probabilisme, dont nous sommes en train de faire l'histoire Il vaut mieux ne pas comprendre la thologie clas sique sous ces dnominat ions; nous avons dit que le mol de tutiorisme comme du reste celui de probabilisme lui seraient applicables, si de fait Us n'appartenaient a un contexte historique et ne reprsentaient un espril qui ne sont point ceux de cette nologie. Mme le mot de probabiliorisme notre a\is ne lui convient pas. car. s'il est vrai qu'on prescrit en celte thologie d'
:
i

l'avons dit, fut loin de reprsenter les proportions et le danger de la sentence relche. Ce partage en rigorisme et en tutiorisme est a son tour une approximation des diffrences sparant les auteurs en cause, car leur pense est plus subtile qu'on ne croirait, mis part le simplisme d'un Sinnigh. Ajoutons que les auteurs classs comme probabilioristes seraient pour une part qualifiables en termes de tutiorisme et mme de rigorisme, et parce que leur doctrine comporte des thses de Ce type, et parce que ces mots sont minemment flexibles. Ainsi doit -on comprendre une classi lient ion qu'on n'accepterait pas telle quelle sans de srieux inconvnients ///. NOUVEAUX 8UMSAI FI DM POLMIQUA*. an dis que les Provinciale* et leurs rfutations taient alles peupler de longtemps le catalogue de l'Index (voir col. 530) paraissaient en 1694, dates ele Cologne, mais en ralit a Rouen, les Entretient <i< Clandre et Eudoxe sur les Lettres mi provincial. Ils sont dus au remuant crivain que fut le P. ,-/ brick Daniel, jseiite (voir son article, t. iv, ml. 104), D'honntes gens j dialoguent, faisant un gros effort
;i

pour dissimuler le rquisitoire. La tactique adopte OOUS ramen- au temps rvolu. I.a eloet nne- de-s opinions probables est comnusne aux jsuites et aux docteurs catholiques: voyez, lit Daniel, la Qnsssno factt, qui ne- opinion n'est paraissait, nous le savons, en 1659. reconnue probable- pu- moyennant plusieurs et graves
i

ses

Conditions. I.es e.isuisles ne- eloi\e-nt pas tre- eqipo aux l'ere-s. ele- qui ils ne font qu'adapter les ri gnrales. Et puis la morale Jansniste st Impra
i

ticable.

gir selon le plus probable,


et.

on le fait en des conditions climat moral tout diffrents lies systmes voqus par ce mol. Nul animent l'opl mon plus probable, en thologie classique, signifie l'opinion dont on s'est convaincu et laquelle l'esprit
dirions nous, en un
.

pas lieu d'attacher une valeur privilgi) demeure on ouvrage de U constance prtant a sou tour beaucoup A la critique, au nom soit ele- l'histoire-, soit de la thologie- L'auteur et les siens semblent avoir attach do prix par ele-ssiis tout a la forme- de I'oiivi.il. ,1 lente- de- iiv.i User en cela avec l'crit Incrimin On multiplia les ditions et traductions des Entretient; vob des dt ils piquants dans Reusch, Indt c,p sy 189. L'anne mme de leur publication, il e-n paraissait une traduction

H n'\

cette nouvelle riposte, epn

l.ll

ine-

sincrement attach, devenue simplement pro bable pour (pu la pense, et c'est en vertu de ce juge gemenl de vrit que l'on agit chez ceux qu'on appelle probabiliorislcs. et nous axons \ u (col. 12) un (ion calez, par exemple, revendiquer pour soi ce il re, il est prescrit de suivre le plus probable, mais sans qu'on insiste toujours comme il faudrait sur la conviction intrieure de vrit qui doit commander la conduite on accepte encore, bien qu'on en corrige les suites, la position extrinsque de la probabilit qui fut le postulat initial du probabilisme. H est donc prfrable de ne pas comprendre la thologie classique sous la classl licalion dont nous parlons. Mais il faut viter pour autant de concevoir que cette thologie est reste trangre aux problmes devenus plus tard si reten tissants. Elle se les est poses, nous l'avons dit. et elle en a labor une solution la fois souple et systmatique, humaine et objective. A la faveur des systmes moraux classs connue nous avons dit, on risque de mconnatre ce mrite et l'on ne s'avise plus de chercher en cette direction le rglement heureux des conflits dont on s'embarrasse. Quant au probabiliorisme mme, tel qu'il s'est form dans les luttes antiprobal'est
; t

parti adverse ne pouvait u s laisse s. m s rponse 1697 paraissait A Paris une- Confn nce di Diod <lc Thotime sur les Entretient de < h andre 1 1 n</. .i.-. due a Gerberon (voii sou article), et A Rouen une Apologie
le-

En

<

il: s

Louitdt M- ntalte contre laderPires jsuites intitule Entreliens de Clandre et Eudt te oeuvre de Matthieu Petit l)ielie-r. epn- nous ;ivons dj signale Voir aussi t. xu. COl. 1346. Il.uis la SCCOnde partie ele s.i vie. ee elernieT
Lettres provinciales de
tl<s

nire rponse

dsavouer son Apologie des Provinciales, rvo quel son appel le- la bulle- Vnigenitui e-i rompre avec les Jansnistes. Son ouvrage- est compos de lettres, au nombre- de- elix huit semt rectifies notamment >, (v lettre) les doctrines attribues par Daniel a Win drock, et lans un se-ns qui attnue- le- rigorisme imput A e dernier. La discussion est en gnral prcise el
eh-vaii

documente. On trouve dans evs

lettres

nombre

d'in-

formations historiques sur l'affaire ele- la probabilit. La violence > est trs grande contre les Jsuites. <>n signale- une- rponse lu P. Daniel A ee-tte- Apologie; if lans le Recueil de divers uvrages, t. i, p 597 i>i I, une i Lettre ele monsieur l'abb de- ... a Eudoxe O il v a quelques rflexions sur les quatre premires U-tlre-s de
i .

Petit-Didier.

551

PR0BABIL1SME. NOUVELLES POLMIQUES


:

,:,>

Ce retour d'une vieille querelle devail trouver son pilogue devant les juges de l'Index. La traduction latine des Entretiens tait prohibe en 17":* par l'Inquisition; l'auteur eu fut fort mcontent, si l'on en juge par sa lettre au P. Serry, dominicain, dont nous avons donn un extrait plus haut; mais l'ouvrage franais n'en fut pas moins rimprim dans le Recueil de divers taient leur tour conouvrages en 1724. lui 17<>
|

v choisit habilement l'endroit vulnrable, qui est rgle 13 ainsi nonce

la

opiniones probabiles concurrunl in materia moquorum altra tavd legicontra Ubertatem, altra libercontra legem, nefai est et iUicitum eam amplecti ci mcundum Durai agere quae rtat pro Ubertate rejecta altra qiue legi consona esl ac proinde probabilior.
itim
tatl

Cum dus

damnes

les

deux rponses que nous avons


p.

cites.

Reusch, Index,

188- 189,

peine dlivr de ses Entretiens, Daniel se chargea d'une nouvelle affaire. Elle eut pour occasion des incidents survenus dans le diocse de Rouen en 1696, o tait mle la Theologia dogmatka et moralis du P. Nol Alexandre, dominicain, parue en 1694; ils sont raconts dans Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 617-623; cf. ici l'art. Pch, t. xn, col. 268; l'origine de la prsente controverse, dans le Recueil de divers ouvrages, t. n, prf. Dix lettres de Daniel sont nes de l, adresses Nol Alexandre, qui, dans l'intervalle, ne manquait pas d'y rpliquer une interdiction royale vint mettre fin leur littrature. Les lettres de Daniel sont reproduites dans le Recueil cit, t. il, p. 1-233; on trouve celles
:

donc licitement dans le sens de la libert pour elle une certitude; de deux opinions probables, il semble que la plus probable soit par dfinition du ct de la loi. Pour autant, l'auteur n'tait pas empch de formuler sa rgle 18 en ces termes
n'agirait

On

que

si

l'on possdait

Tutiorem opinionem sequi non tenemur cum opposita


sentent ia verior et probabilior
est.

polmique voulaient que Daniel fordeux noncs et retnt de prfrence le premier. Il a beau jeu pour dire cette conclusion impraticable. Alexandre rpond comme il peut ces griefs; du moins sa rponse confirme-t-elle qu'il
la

Les rgles de

t l'opposition des

d'Alexandre dans le Recueil de plusieurs pices pour la dfense de la morale et de la grce de Jsus-Christ contre un libelle et des lettres anonymes d'un Pre jsuite, Cologne, 1698. Une partie de cette documentation intresse la probabilit, Daniel ayant cru habile de mettre l-dessus le litige, avant d'en venir aux questions de la grce. L'un des gros problmes ainsi agits est celui de la participation dominicaine au probabilisme; on ne cherchera une information impartiale ni chez l'un ni chez l'autre des deux adversaires. Daniel son tour, aprs Pirot, taxe sans hsiter de jansnisme
la raction antiprobabiliste
;

n'oblige pas suivre toujours le plus sr et ce qui est d'une plus grande perfection. Quant Daniel luimme, qui plaide avec tant de chaleur pour la probabilit, on le voit tout d'un coup, au cours de la vi c lettre, changer de personnage et se dclarer, en ce qui le concerne, dit-il, contre l'usage de la moins

probable. Et le voil montrant excellemment que ce systme repose sur deux principes incertains, savoir qu'on agit prudemment en s'inspirant de quelque opinion probable, et que la loi est insuffisamment promul-

gue dont on doute si elle oblige. Il se rallie alors ce qu'il appelle ce sentiment mitoyen o je vois que tant de monde donne aujourd'hui i (p. 70), permettant qu'on
dlaisse le plus sr quand le contraire est plus probable. Et voici comme il achve sa profession inattendue En un mot, ce principe Dans le concours de deux opi:

et

quant aux condamna-

d'Innocent XI, que son correspondant, bien entendu, lui avait assenes, voici avec quelle aisance Je vous demande si le pape Innoil en triomphe cent XI, sollicit, comme il fut pendant tout son pontificat, de condamner la doctrine de la probabilit, c'est--dire cette proposition qu'on peut suivre l'opi nion probable quand elle est vritablement probable , et qui, s'tant fait instruire de part et d'autre, n'en voulut jamais rien faire; si, dis-je, ce pape, en condamnant ces abus particuliers condamns de tout temps par les plus habiles thologiens qui enseignent la probabilit, a eu dessein de condamner la doctrine de la probabilit mme, toute diffrente des propositions qu'il condamne, et de laquelle il n'a point fait la moindre mention. Loc. cit., p. 44. Mais Daniel ne manque pas d'en venir son adversaire mme de qui il critique la doctrine de la probabilit, dfendue au trait des pchs en la Theologia doymalica et moralis. Alexandre en cet endroit avait en effet expos les rgles gnrales relatives au choix des opinions (tr. VII, c. iv). Son insistance (rgles 13-31) est que la vrit, non la probabilit, dirige la vie morale. Il ne s'agit pas de balancer entre loi et libert, mais d'aller au vrai. Les rgles des murs comme celles de la foi doivent tre demandes la tradition. Dans les cas indcis, que l'on recoure aux rgles canoniques ou, leur dfaut, aux autorits charges de statuer en matire de vie chrtienne. Si le doute persiste, on choisira le plus sr; de mme dans le cas de deux parties galement probables. Le principe de possession ne tranche le doute qu'en justice. Le confesseur n'est pas tenu d'accommoder son jugement l'opinion moins probable du pnitent; il trahit son ministre s'il absout un pnitent fidle l'opinion moins probable, car il est juge et mdecin (l'auteur suppose ici que l'opinion plus probable est l'opinion vraie et que le pnitent n'invoque rien, sinon la probabilit reconnue de sa propre opinion). On voit si ces thses devaient plaire aux probabilistes. Daniel
tions
:

faut suivre la plus sre lorsqu'elle la plus probable, est une rgle des murs moralement certaine, et elle n'a point les inconvnients et les absurdits o l'on tombe en soutenant qu'on est oblig de suivre toujours le plus sr,
il

nions probables

est

en

mme temps

moins probable; au contraire, les rgles que suivent les probabilistes ne sont point moralement certaines, comme je crois l'avoir bien prouv. P. 77. Ds la v e lettre, Daniel passait aux questions de la grce. N'est-il qu'un homme disert, dfendant les causes opposes pour le seul amour de l'art? Il n'est certainement pas exempt de ce travers. Pour cette fois, le changement soudain de son attitude ainsi que les formules calcules qu'il emploie donneraient plutt l'impression qu'il excute une consigne reue. On tait alors sous le gnralat de Gonzalez. Parmi les lettres suivantes de N. Alexandre, deux reviennent sur la probabilit l'occasion d'une thse de thologie soutenue par les jsuites dans leur collge de Lyon, le 26 aot 1697. La conversion de Daniel ne l'empche pas dans des lettres adresses au dominicain Serry, en 1705, de se divertir reproduire des passages de la 5 e (sur la probabilit) et de la 9 e Provinciales (sur les quivoques et restrictions mentales). o le jsuite de Pascal est remplac par un jacobin, qui soutient le mme personnage et cite des casuistes de son ordre. Daniel a laiss aussi un Trait tliologigue des pchs d'ignorance, imprim au t. i, du Recueil.... p. 719-790, l'un des exemplaires de la position de la Compagnie sur cette matire apparente la probabilit, lui 1701. Alexandre publie Delft ses Paralipomena thologies moralis seu variai de rbus moralibus epistolse, dont les premires pages concernent la probabilit et dfendent les thses de son grand ouvrage. On h' voit dans ce nouvel crit pencher l'excs vers les solutions svres l'occasion des cas particuliers.
ft-il le

.53
Il

l'KnHABILISMK. L'ASSEMBLEE

UI"

CLERGE DE FRANCE

L700

certainement pas un moraliste irrprochable comme il fut aux querelles de son temps, il ne donna point ses adversaires l'ide exacte de la thon'est
et,

ml

logie classique, qu'il tait cens reprsenter (voir son


article,

IV.

er col. 709 sq.). t. I L'ASSEMJiLE DU CLERG DE FRANCE


,

7<>0).

On

a dit l'art. Laxismj:, col. 58 sq., les circonstances

de la censure prononce en 1700 par l'assemble du clerg de France de cenl vingt-sepl propositions, dont bon nombre intressent la morale. Beaucoup d'vques en leurs diocses respectifs avaient prononc ds longtemps des censures particulires sur l'une ou l'autre de celles-l. L'assemble de 1682 devait intervenir mthodiquement et solennellement dans la mme querelle. Trop tt dissoute, elle ne
et l'importance

put rien dcider; mais un projet le dcret avait t rdig, dont Bossuet est l'auteur. Intitule Decretum de morali disciplina, il comprend, aprs un prambule, une I r partie qui est la liste des propositions condamnables, au nombre de cent quarante, distribues en vingt-quatre groupes; et une II e partie, contenant la
<

saine

doctrine

relative

ces questions.

I.e

dernier

groupe des propositions, de 114 140, est De rgula morum cl probabilitate; un long expos positif \ cor respond dans la partie doctrinale (ce document est dit m extenso dans quelques ditions des uvre compltes de Bossuet, par exemple d. Lcht, Paris,
Vives,
t.

xxii, 1865, p. 675-720).

On

ne peut nlei

le

giand caractre chrtien ni la sagesse morale qu'ex prime ce projet. Sans valeur juridique puisqu'il ne lut ni dbattu ni promulgu, on peut s\ rfrer aujourd'hui encore connue a des pages de doctrine classique, ('lites dans la plus belle langue latine. BosSUet nous apprend qu'taient acquis a ce projet l'archevque de Paris. Franois de Harlay, ainsi que les meilleures ttes de l'assemble p. Il l'a lui mme comment dans deux lettres crites en juillet et en octobre 1682 a li. ni Dyrois. Correspondance, d. cit., t. u. p. 309 sq., 317 sq. On entendait par l, explique il. adopter et complter Idiivre des papes Alexandre Y et Inno cent XI, de qui les dcrets sont insuffisants et promulgus dans une forme non reconnue en France. De propos dlibre, ou n'a insr aucune proposit ion la tive l'ignorance invincible; cela nous aurait Jet dans les disputes et d'ailleurs ne nous servait de rien, puisque nous trouvions de quoi condamner la fausse probabilit sans nous embarrasser dans ces quesl ions
t

le livre de Gonzalez qu'il tmoigne connatre, auraient entretenu, s'il avait t besoin, son zle entreprenant. Dans l'assemble de 1700, il fut l'me du combat men contre le probabilisme et la morale relche. Entre ces innovations et sa nature, l'antinomie tait entire. Sa constance et son habilet lui valurent cette fois une pleine victoire. Rapporteur de la commission charge d'examiner les propositions en cause, l'vque de Meaux rendit compte devant l'assemble des mesures envisages, avec cette loquence imprieuse qui est sa manire et dont les procs-x crbaux ont gard la trace Le b septembre..., Mgr l'vque de Meaux dit... (pie le grand inconvnient de la probabilit consistait dans la manire d'examiner les questions de morale, l'ai (elle nouvelle mthode, on ne cherchait plus ce qui tait vrai ou faux, juste ou injuste, par rapport a la vrit et a la loi ternelle, mais seulement ce qui tait probable ou non probable. c'CSt adir (pie. sans plus se mettre en peine de ce que Oicll avait ordonn, on cherchait uniquement ce que les hommes pensaient de ses ordonnmes; ce qui conduisait Insen siblemeni a rduire la doi trine di s murs, a l'exemple des pharisiens, a des commandements et a dis tradi lions humaines contre la parole expresse de No Seigneur Collection des procs-verbaux '/-s a gnrales du <t<r<i' de France, depuis l'anne 1690 jus qu' prsent..., t. \i. Paris, 1771. cl. 193 m,/, des propositions censures, n. T 127, groupes ous le .'ai. De rgula morum et probabilitate, intressent notre sujet. En complment de l'analyse donni ou celles ci furent expressment l'art, I.vxismi m'is. nous reproduisons ces propositions avei leurs censures respectives. Texte dans la
:

que

.1

s'

cf.
1

Bossuet, uvres, d
I

Lcht,
1.

xxn. p

721

7.

'Il

olllloa esse lloille

examint. 1. cl hoir ob rem in omni mati pneclpue m morali libentlui


lllelius

qu'aujourd'hui tout a t mieux examin, et c'est pourquoi en toute nui


I

pi os.

I.

1.

cl

pi

1111

>., Il

1111-11

cil
\

juniores
lego Bdi
ei
1

morum
petenda.

antlqulorea lequor... Doctrina vetertbu, doeti Ina magli a lunlorlbui

quam

monde,
Ion)

je lii ci
1,

mus plus

auti
1

un
Il

que
G

les ancti us...


I

faut
|.

>

nei

les

mi la (loi un- de la anciens, celle di s

mui s

lie/ i.s

modernei
(

PrOpOSil ion
la

Soi

et

elllpl n la censure de iuimni bonne. (e\ ici 1665 (voir Laxismi "i que rassemble qualifie comme il suit
:'.
1 .

tbid.,

p.

315-316; l'expos doctrinal

fait

allusion,
justifie

fermement

et

prudemment,
:

Comme

toutefois son cor

respondant lui avait rapport des critiques, Bossuet se dans les termes les plus forts l'ont ce qui cl
la

de

probabilit,

si

l'on ne veut qu'effleurer les choses,


il

ne faut en effet (pie frapper sur trois ou quatre propositions; mais, si l'on veut attaquer le mal dans loul son venin intrieur, le dtruire dans sa racine, le poursuivre dans ses pernia fait jusqu'ici,

comme

on

proposltlo temerarla oui dosa, pernlciosa, et erronea, SS. Patrtbut antiqula doctoi Ibus contumeliosa ipreta m moi Ibus ein lstianoi uni componendta neeessaiia Script 01 .11 mil BC radiiionis auctoi Itate et In tel prctalione. ninralem then
est, se
. 1

lia.

ii

t..

proposition
s,
1
1

mmin
1

est h mdaleuse, peml

leute, ron< e, Injurieuse s.iinls Pres cl aux an en us doctOUI s 11 nu pi is.uil

aux

l'autoi
la

ne

ci

l'Intel
crlt

pn

ta)
et

ncessaire de ri
I1.11l1tn.il

me

de
Il

dans

l'oi.lon

ll.inec
Iles,

les

inou

logiam
\

arbil rai

i.iin

i.icii.

elle

lenil

s Chrl 1. arlullalle

la

en mettre au jour la malignit, en faisant voir tant la fausset des principes que l'ab surdit des Inconvnients, on ne trouvera rien d'inutile dans nos propositions. //>/,,.. p. 322-323. Il faut surtout renverser cette prtendue probabilit fonde sur l'autorit des modernes, \oiic d'un seul d'entre eux, et cette faon de prfrer eu morale les novateurs aux anciens. Si l'on veut mettre une bonne fois la main aux plaies de l'glise, il faut loul d'un coup aller jusqu' la racine d'une doctrine qui repousse tout entire en un moment, pour petite (pie soit la libre
1

leuses

consquences

et

is lamque parai ad hum ci tradlttones doctrinal, Christo prohibante, itab heu. las.

prpara a l \ tablissemenl de et traditions de doctrines humaines, malgr l'Interdit


tin
la
\

ologte morale ci
..n

lion

>lii

Christ

(>n atteignait

estime tre

le

nouveaut et pour lui la pure contradiction de


le

par la ce que Bossuel axait toujours fondement de la doctrine, 11 got de la ce ddain de l'ancienne tradition qui sont
l'esprit cluct ien.
I

>.uis

qu'on

lui laisse.

Ibid., p. 321.

moins de six propo sitions, n. ni 119, sur la matire, et Bossuet le justi lie avec force dans la lettre que nous axons signale
projet de 1682,
il

n'x

avail pas

Dix-huit ans plus tard, Bossuel reprenait son premier dessein. Les encouragement s pressants qu'il avait reus dans l'intervalle du cardinal d'Aguirre (voir la
lettre cite col.

Correspondance,

t.

u,

p.

324

sq.

on

n'a

retenu
1 I
">

ici

517 et celle du Correspondance de Bossuet, d.

mme
cit.,
t.

lluct.

dans

la

vu. p.205), ainsi

qu'une proposition combinant les n lit et du premier projet. C'est Intentionnellement, bien entendu, qu'elle ligure en tte de la srie si l'on condamne le gOt de la nouveaut, dit Bossuel devant rassemble.
:

PROBABILISME. L'ASSEMBLE DU CLERG


i" septembre, il faut <i |1( le probabilisme tombe, puisqu'il n'est qu'une opinion nouvelle dont on sait la date.
te
'

I>K

FRANCE
genus,
tra<li-

(1700)

aovumque prudentls
nullo scripturarum aut
tionis
luit.

fundamento cum mapericulo,


--t

but une nouvelle rgi' murs et un nouveau gi de prudence, sans aucun lon-

Les cinq propositions suivantes concernenl blissement de La probabilit.


lis. Kx auctorttate unius tanturn potest <i opinionem in praxi iinipleeti, lieel a principiia Intrmsecis faisant
i

l'ta-

gno animarum

;i-

dment
lionncl,

script uraire

ou tradlpril

au grand

des

mes.

-~

Sur l'autorit d'un seul, on adopter une opinion dans 1m pratique, bien qu'en
peut

Le groupe suivant concerne plutt des consqut ou des applications de la probabilit.


\'Si.

el

Improbabilem existimet.

119. Hsec proposltlo : Sexdecn ad probabilitatem requiruntur, non est probabilis.

Si

surieiunt

sexdeeim,
si

sufnciunt quattuor; ciunt quattuor,

suffi-

vertu de principes Intrinsques on L'estime tausse el Improbable, Seize Cette proposition auteurs sont requis pour faire une probabilit, n'est pas probable. Si seize suffisent, quatre suffisent; si quatre
:

Si quis vult sibi con-

sidi

secundum eam

nem
eam

qua: sit peccat qui non


consulit.

opiniofaventissima,

secundum

Si un consultant \ eut qu'on lui rponde selon l'opinion la plus favorable, on pche en ne le faisant pas.

Emprunte
en 1682
le n.

la

censure de Guimne, elle portait

131.

On

la qualifie

en ces termes

suffldt

suffisent,

unus... Ad probabilitatem sullieiunt quattuor; sed quattuor, imo viginti et supra, testantur unum sullicere; ergo sufficit unus.

Quatre une probabilit; ou plutt vingt


tage,
suffit;

seul suffit... suffisent pour faire


or,

un

quatre,

attestent

davanqu'un seul
et

donc

il

suffit

d'un

seul.

L'une et l'autre proposition empruntes la censure de Guimne; elles figurent dans le projet de 1682, la premire, sous le n. 124, la seconde sous les n. 122 et 123. On les frappe d'une qualification commune
:

fisc propositio, quae docet blanda et adulatoria consilia et contra jus exquirere et contra conscientiam dare, falsa est, temeraria, scandapraxi perniciosa losa, in viamque deceptionibus aperit.

Cette proposition, qui enseigne rechercher contrai-

rement au droit et donner contrairementla conscience


des
conseils

caressants

et

flatteurs, est fausse, tmraire, scandaleuse, pernila

cieuse en pratique, et ouvre voie aux tromperies.

propositiones falsa? sunt, scandalosae, perniciose; spreta veritate quaestiones nioriim ad numerum auctorum exigunt, et innumeris corruptelis viam aperiunt.

Hae

Ces propositions sont fausscandaleuses, pernicieuvaluent les questions morales d'aprs le nonibre des auteurs et sans tenir
ses,

ses; elles

compte de
ouvrent
la

la vrit, et elles

voie a d'innombrables ravages.


120.
j

Les trois propositions qui suivent, n. 124-120. reprenant les n. 137-139 de 1682, reproduisent littralement les trois premires propositions d'Innocent XI (texte et traduction, art. Laxisme, col. 74; commentaire ci-dessus). La dernire proposition, qui figurait cette place en 1682 sous le n. 140, est nouvelle; on y met sous le patronage de la probabilit une doctrine tenue en particulire aversion auprs de l'assemble
:

Si

liber

sit

alicujus

unions ac moderni, dbet

livre est d'un auteur rcent et moderne, son opi-

Si

un

127.

In morte
si

mortaliter
attritione

Vous ne pchez point mortellement si, en danger de mort, vous recevez le sacrement avec la seule attrition, bien que vous omettiez librement alors l'acte de contrition. Car il est permis a chacun de suivre l'opinion moins probable en abandonnant la plus probable.
s

non peccas

cum

opinio censeri probabilis dum non constet rejectam esse a Sede apostolica tanquam improbal>ilem.

nion doit tre cense probable, tant qu'il n'est pas dmontr que le Saint-Sige l'a rejete comme improbable.

tant uni sacramentum suscipias, quamvis actum contritionis tune omittas libre;
licet

enim unicuique sequi

Reproduction littrale de la 27e proposition du dcret d'Alexandre VII (voir ci-dessus, col. 532), insre dj dans le catalogue de 1682 sous le n. 125.
121. Non sunt scandalosae aut erroneae opiniones quas

opinionem minus probabilem


relicta probabiliori.

Eeclesia

non

corrigit.

Ne sont pas scandaleuses ou errones les opinions que l'glise ne corrige pas.
de Guimne,
elle

Les quatre dernires propositions sont frappe


d'une

commune

censure

Emprunte
dans
lia;

la censure

figure

Doctrina his proposition!bus contenta est respective


falsa,

la liste

de 1682 sous
:

le n. 126.

Avec

la

prcdente,

elle est ainsi qualifie

absurda, perniciosa, erronea, probabilitatis pessi-

propositiones, quateet
la

Ces propositions, en tant


qu'elles tiennent le silence et

mus

fructus.

La doctrine contenue en ces propositions est respectivement fausse, absurde, pernicieuse, errone, le pire fruit de la probabilit.

nus silentium

tolerantiam pro Ecclesiae vel Sedis apostolica' approbatione statuunt, falsae sunt, scandalosa?. saluti animarum noxia'; patrocinantur pessimis opinationibus quae identidem te-

tolrance pour approbation de l'glise et du SaintSige, sont fausses, scandaleuses, nuisibles au salut des

solennelle censure du clerg de France a donc telles quelles les propositions relatives la probabilit contenues dans les listes d'Alexandre VII et d'Innocent Elle ne reprend point l'excs contraire

La

adopt

XL

patronnent les pires conceptions qui main-

mes;

elles

condamn par Alexandre VIII, non que l'assemble


n'en ft pas d'accord, mais parce qu'elle estimait le danger beaucoup plus urgent du ct du probabilisme: Bossuet le dclarait en sance Ainsi, il y a raison de conclure que, comme on doit improuver l'excs de eux qui rejettent les opinions, mme celles qui sont les plus probables entre les probables, il ne faut pas moins s'opposer l'autre excs... etc. Coll. cite, col. 502, Aux propositions pontificales, elle ajoute, outre la condamnation de l'esprit de nouveaut (n. 117), quelques noncs relatifs l'tablissement de la probabilitt (n. 118, 119, 121), et deux applications particulirement funestes de la doctrine (n. 123, 127). C'tait donc la fois promulguer en France les dcisions pontificales, ce qu'on voulait faire dj en 1682, et les tendre ou prciser quelque peu. Par l, Bossuet estimait avoir coup de toutes parts les racines du mal, comme il ressort des explications donnes l'assemble le I e ' septembre. Du reste, il ne faut pas manquer de complter les censures par 1.
:

mere obtruduntur, atque ad Evangelicam veritatem iniquis


pra-judiciis

tes reprises tentent tmrairenient de s'imposer, et elles

opprimen-

dam viam

parant.

prparent la voie anantir sous d'injustes prjugs la


vrit

de l'vangile.

122. Gnera Uni dum probabilitate sive intrinseca sive extrinseca quantumvis tenui, modo a probabilitatis finibus non exeatur, confisi aliquid agimus, semper pru-

gnral, quand nous agissons appuys sur une probabilit soit intrinsque,
soit extrinsque, si faible qu'elle soit, pourvu qu'elle reste dans les limites de la

En

denter agimus.

nous agissons toujours prudemment.


probabilit,

reconnat littralement reproduite la 3 e propod'Innocent enregistre en 1682 sous le n. 127. Elle est censure comme il suit
sition

On

XL

Hacc propositio falsa


ciosa;

est.

temeraria, scandalosa, perninovammoruiu rgulant

proposition est fausse, tmraire, scandaelle leuse, pernicieuse; ta-

Cette

55'
Dclaration

PROBABILISMK. SURVIVANCE ET MITIGATIO^


36. Voir aussi Dollingei-Reusch, op. articles cits de Degert, et Pastor, t. xiv b, p. 112<;-1 128.
cil., t.
i.

558
p.

doctrinale qui les accompagne, o se retrouve la substance de quelques propositions de 1082, particulirement fortes, contre le probabilisme Oi. 128, 129, 132- 1 35), et qu'on pourrait tre surpris de ne pas retrouver dans la liste te 1700. De fait, en dposant devant l'assemble, le 20 aot, le catalogue qui devail qu'il y avait tre admis, Bossuet faisait observer deux points importants sur lesquels la commission par sa prudenee avait jufj a propos, sous le bon plaisir de l'assemble, de procder plutt par une dclaration de la saine doctrine que par des qualifications expresses , deux points qui se trouvent tre l'un la ncessit de l'amour de Dieu dans le sacrement de pnitence, l'autre la matire de la probabilit. El ce sonl les rpres-

273-282
Ppste,

Geschicblt der

Les auteurs appartenant a la priode 1656-1 Ton sont ici vs dans Hurter, Nomendalor, t. ni. col. 1185-1202; t. n. col. 270-291, 598-635. On y trouvera bien entendu des noms que nous n'avons pas cites, mais s;uis inconvnient pour le sens de l'histoire. Voir aussi DoDinger-RetlSCh, Op. cit., t. 1,
p.
4,'l,

n.

<>.

SURVIVANCE ET M ITIQ ATIONS DU PROBABILISME DE 1700 A SAINT ALPHONSE DE LlV.

QUORI.

Dans

le

demi-sicle ou a peu
le

[ires

que
i
.

que contient la Dclaration, intgrante, qu'on le remarque, des actes de l'assemble. On y proclame que, dans le doute, le choix du plus sr est de prcepte, non de conseil on n'chappe au plus sur que le doute dpos; qu'eu probabilit on prenne pour rgle la plus probable, o est
sions les plus dcisives

partie

expressment proscrite

une nouveaut tmlie parat pas a l'intress la plus probable ou une opinion moderne non conforme aux doctrines des Pres. L'assemble a du reste eu soin, en tte de ce chapitre, de se sparer de l'erreur qui nie l'usage licite de la plus probable
raire la libert de suivre la sentence qui

comme

entre les probables. Celle Dclaration doit tre celai re par l'expos qu'en lit Bossuet devant l'assemble, la sance du 2 septembre. L'opposition a donc seulement obtenu, sur le point de la probabilit, la transformation de certaines propositions (le premier projet de Bossuet en comptait cent soixante neuf, la liste officielle cent vingl sept) en le mnagedclaration. Il y faut voir une Intentl

ment, non un dissent

inieni doctrinal.

La dclaration,

non moins que les censures, fut en ellet signe pal l'unanimit de l'assemble, aprs que la dcision eut t emporte deux ou trois voix de majorit. Tel qu'il est, ce document de 1700, considr dans son ensemble, reprsente une Intervention du plus grand poids contre le probabilisme du temps. Il conclut en France, en les purant mais en leur donnant raison quant au principe, les ractions diverses que nous axons enregist res. dsormais, l'glise de France, non un parti, une cole, ou des thologiens, a rompu Vec le probabilisme, et selon la forme la plus soleil nelle qu'elle puisse donner ses dcisions. Quel grave COUP cela fut pour la casuisl ique. on l'a dit ci dessus, ail. LAXISME; il est certain (pic le probabilisme en fut aussi pour un temps branl: les condamnai ions pon tiflcales en reurent en France plus de force, cl la coni

tant

fusion fui pour une pari dissipe. O il tait fatal que de querelles eussent men nombre d'esprits
i
>

suite de notre rcii

montrera plus prcisment ce

qu'il

doctrine rprouve. censures et la Dclaration, rassemble de 17(10 signait une circulaire, rdige par Hossuel cl des tine an clerg de France, o ces documents taient communiqus cl prsents comme le couronnement d'une uvre entreprise de longtemps et (pie seules des circonstances extrieures, non un dessein prconu, avaient empch de mener encore bonne lin. Des le mois d'octobre de cette anne, le cardinal de Noailles promulguait les actes de l'assemble dans son diocse de Taris, avec un mandement dont Bossue! disait qu'il n'tait rien de plus docte et de plus saint. Lui-mme notifia son clerg les dcisions auxquelles il avait tant travaill dans la circonstance solennelle de son synode diocsain le 1" septembre 17<H.
la

advint de

Avec

les

probabilisme a beaucoup perdu. Parti d'une situation pour ainsi dire incontestt maintenant rduit a la dfensive et a une condiil est tion humilie. Contre ses Outrances se sont levs dis thologiens et l'glise mme. Il a fait l'objet de rfutations et de condamnations. Mitant il s'tait Impose dans la priode prcdente, autant il est dcrit dancelle ci. (In s'en dtache comme OU s'en (tait d'abord ^iris; moins universellement toutefois. Sous les coups qui viennent de le fiapper. le probabilisme n'est pas mort; nous le verrons mme bientt se relever, cause en est pour une part un certain excs, Voire un esprit d'hostilit que nous avons vu s'introduire dans la raction dcrite d'o di s sursauts de protesl et 'affirmation ritre de la doctrine critiqu) autre cause en est la rserve des condamnation: d'Alexandre \ il et d'Innocent XI, qui, telles qu'elles sont et quelles qu'aient t les lot* ntlons de ces papi laissent place a des adaptations Quelques proposition condamnes par Alexandre VII1 seront utilises a oett< fin par les probabilistes AU surplus, il se trouve (pu la Compagnie de Jsus, an terme des conflits Intrii un que mais avons dits, en lev ndra de plus en plus al'ei prit et a la position d'Oliva, aux dpens de G OUI de qui le succs, chrement achet, se rvlera pht mre Le probabilisme en somme sut v iv ta a sa dfait) si pourquoi nous en devons continuer l'hlsl On pense bien qu'elle ne se dveloppera point san~ (le nouvelles luttes et complications L'une des plus remarquables, rsultai de la situation faite dsormais au probabilisme, sera la foi mat ion d'un systme dlstin gu de (lui la. mais dont l'esprit et les concept pralables, et s.uis (pic l'auteur SOngt a les Ulcttri (i question, seront exactement (eux du probabilisme, prolifrant la mme on l'on croit voir s, lever l'un de ses adversaires, tant s'est insinue dans le inonde tb.i dont il fut la pure cxprcssioi logique le gnie moi. On devine (pic nous abordons une poque assez agit* et confuse ou nous tcherons de mettre mi p'-ud'oidn en conduisant l'histoire selon les formes ou les centres d'activit les plus saillants, jusqu' SOinl Alphonse dl Llguori, qui la ((inclut dans les conditions auxquelles prcisment nous venons de faire allusion. Les Ira vaux thologiques, il La littrature relative aux con damnations (col. 566). lll les polmiques mineures (col 571). IV. Coin ^ainl Alpl574) \

nous venons d'tudier,

II

il

(col.
l.

580)

l'origine des documents utiliss dans paragraphe. Un historique de rassemble de 1700 et de la liait qu'y prit Bossuet, dans l'Histoire ./< J.-B. ]i<>ssu<i, fvfquede Mratix. par de Bausset, i. iv. Versailles, 1814, p. 1
'

Nous avons indiqu

x rtfoLOGiQ) is Peu d'ouvrage; priode prcdente, lestent trangers aux querelles dont nous avons parl, M nous sera d'autant plus facile de les signaler, Quitte a le mont ci au del de I70t nous le faisons ici. ou ils seront joints sans Inconvt nient aux travaux de la prsente priode Nous dis trlbuerons le tout principalement selon les affinits d'COle ou de p. IV s 1 Mlions ,11 tte la LholOgll di s cW lues arnu dl d, Salamanque, On doit ceux ci une double sci publications, a plus rputi est le s., vaut commentaire de saint Thomas qui tonne le Ohm/ s S( holaslii u> On n'v trouve rien sur notre sujet. Ou plutt l'on ci trouve la seule promesse. Arrives aux q xix xxi de I. les ailleurs dclarent en ctlct n'avoir rien rdigt

Les ii:ww

en

la

i,

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I*

I.ISM

I-..

LE

DBUT DU
restent
isols

\YIII<
t.

SICLE
et
i,

dbattu ailleurs cette matire. qu'on a (iminnic d'instituer sur la rj. xix, on le trouvera plus loin, o l'tude en est aussi fort bien situe, au tenue du trait des luis. dus. theol., tr. XI. Dr hou. et mal. act. hum., q. xviii, fin, d. Palm, t. vi, p. 185. Nouvelle et pareille indication Un peu plus lias, tr. XIIJ, De viiiis et pecc, dis]). XIII, d. cit., t. vn, p. 513. .Mais ce trait les lois ne devait jamais et re crit. En ralit, comme nous l'apprenons des auteurs du Cursus mon/lis, l'autre srie sortie du mme collge, Cursus T i. p. 12, on avait jug theol. moralis, t. vi, Madrid, que l'tude de la conscience appartient de prfrence eetle seconde forme de l'enseignement thologique. Cherchons-y donc la position des cannes de Salamanque sur Le problme qui nous occupe. Au t. m, paru en 1668, est le trait des lois. Il y apparat que le principe de possession a acquis droit de cit pour la solution des doutes les auteurs l'noncent avec une entire assurance, comme une doctrine bien acquise. Tr. XI, c. il, 6, t. in. Madrid. 1709, p. 48-50. On a seulement le souci d'accorder cette thse avec le principe tutioriste, cf. tr. II, c. vn, 3, t. il, p. 440, aux dpens d'ailleurs du sens traditionnel de celui-ci. Il advient toutefois que des doutes soient tranchs au bnfice de la loi si elle possde. L'usage de l'epikeia est revendiqu pour les cas o l'application de la loi serait dommageable au bien particulier ou seulement onreuse. Tr. XI, c. iv, 3. t. ni, p. 81.1

leur excision, avant

Quant au

trait de la conscience, ajoutent-ils,

gia moral, paru en 1705 linger-Reusch, op. cit..

longtemps rpandu. Cf. Ddlp. 319. Mais ces auteurs parmi leurs confrres dominicains. Les

82.

Au

trait de l'tat religieux,

il

est considr

comme

admis que l'on puisse abandonner son opinion plus probable pour une autre probable. Tr. XV, c. vi, 6,
t.

Ouvrages ne manquent pas alors qui attestent l'entire fidlit de l'ordre aux directives de 1656. Soit le ours complet de thologie morale publi par Ph.-M. Grossi a Modne en 1694, Traclatus m universam theologiam moralem..., dont le plan est d'ailleurs une bizarre (oui binaison de la Somme thologique et des modernes thologies morales; mais la question de la conscience t. i. 16 19, y est sagement rsolue. Soit le trait de p. morale gnrale de I'. Petrucci, paru a Rome en 1698 sous le titre de Lucerna moralis Aquinatici solis illustrata splendoribus, ou on lit de fort lionnes pages sur la ncessit de se former un jugement Mai, p. 279, ou sur l'inanit de la rflexion inapte transformer le moins probable en certain. 1'. 326. Soit encore l'ouvrage expressment consacr au probabilisme de Thomas Luccioni de Bonifacio, paru en 1702. a Milan, sous le titre de Veritatis moralis seu doclrinx probabilis investigatio sludiose elaborala; la doctrine en est meilleure que le style, oratoire et outr; l'auteur dnonce justement l'altration moderne de l'ide de probabilit; il dfend en gnral des thses traditionnelles; parlant du livre de Gonzalez, il dit i avoir lu ce remarquable ouvrage aussi sain que docte avec un extrme plaisir P. 11. En revanche, la suite de son matre V. Ferre, il permet qu'on suive n'importe laquelle de deux opinions galement probables. 1'. 58. Ouvrage tout pratique, au contraire, celui que publie en 1703 le rgent du collge de Vienne, Martin YVigandt; mais le proba.
.

146 sq. Ces indications sont assez significatives. Elles ne sont pas corriges dans le t. v de ce Cursus, paru beaucoup plus tard, en 1712, encore que la prface de ce volume dplore la licence d'opiner partout rpandue. 11 semblerait nanmoins que sur le point prcis de l'usage de la moins probable l'auteur soit plus hsitant que ses devanciers; mais il ne prend pas nettement parti contre le probabilisme. 2 Les thologiens dominicains reprsentent dsormais l'attitude que nous avons dite. L'un d'entre eux cependant, l'Espagnol Vincent Ferre, professeur Salamanque, puis Rome, est encore mal dgag des anciens errements. En son enseignement, publi sous la forme de Traclatus theologici, il a rserv notre problme une part importante. Tract, theol. in / am iv, p.

7/ D. Thom, Salamanque, 1681, tr. VI, De probabiopinionum moralium. Son propos principal est Nous entendons soubien exprim dans ces lignes tenir en ce trait qu'entre les probables seul peut nous rendre certains de ne point pcher ce probable dont on est certain qu'il est en pratique vraiment probable. Les autres, dont on a seulement l'opinion qu'ils sont probables, ne peuvent en pratique nous rendre certains d'agir sans pch. d. cit., t. n, p. 64. Mais, la faveur du certo probabile, Ferre agre mme l'opinion moins probable, dont la probabilit, dit-il, peut encore tre certaine. P. 145. En quoi il est en rgle avec la condamnation d'Innocent XI, en fonction de laquelle
litale
:

est labore sa distinction principale, mais sans rejoindre la doctrine traditionnelle. 11 n'aurait pas critiqu comme il fait Elizalde s'il l'avait rejointe. En revanche, Ferre passait pour trop rigide auprs de Cardenas. Dans la discussion qu'il reprend son tour, p. 134, de l'adhsion possible ou non deux probables contradictoires, o il dfend Jean de Saint-Thomas contre une objection de Mercorus, il rvle la mprise initiale qui est la sienne sur l'objet de l'opinion qu'il croit tre le vraisemblable, et non pas, comme il faut dire, le vrai peru travers le vraisemblable. A Ferre on peut joindre son compatriote, Fr. Larraga de Santiago, auteur d'un Promptuario de la teolo-

bilisme y est aussi vit, comme le t itre dj l'annonce: Tribunal confessariorum el ordinandorum. declinato probabilismo. complectens... Par une innovation en ces sortes d'ouvrages, et pour mieux chapper au labyrinthe des probabilits , comme dit l'auteur, la matire est ici distribue selon l'ordre de la II* pars de la Somme thologique. On fit plusieurs reprises des rsums de ce gros livre. A son tour, le Franais ,J. Mayol tmoigne le souci d'observer un juste milieu entre les doctrines extrmes, selon les principes de saint Thomas, en sa Summa moralis doctrines thomisticae..., parue Avignon en 1704. D'Espagne mme sort bientt une rfutation fort judicieuse du probabilisme avec l'Epitome cursus theologici ad mentem I). Thorax Docl. angelici..., de Vincent Ferrer, professeur Valence. L'ouvrage parait dans cette ville en 1725. L'auteur est un bon esprit, raisonnant solidement et dcidant net. Il critique notamment l'usage en morale des principes rflexes. Sa dispute de la conscience, t. n, disp. IV, avait t dite part en 1715. D'excellente qualit aussi l'ouvrage du mme type. Theologia scholasticodogmatica juxla mentem D. Th. Aq..., que publie Bologne, en 1727-1735, L.-V. Gotti, futur cardinal. La critique de la probabilit s'y exprime en formules trs heureuses, par ex. t. n, Venise. 1793, p. 98, et dont le prix est accru du fait que l'auteur vise videmment la modration et la conciliation. Gotti a une faon personnelle et rflchie de dbattre ces questions qui achve de rendre son livre remarquable. Vers le mme temps et dans la mme ville parat une autre tholo-

monumentale, due Jean Siri l'vadano l'nirersa thomistica theologia dogmatico-speculativa... Au t. n. une longue dissertation de la probabilit, dont la doctrine est toute semblable celle des ouvrages prcdents
gie
:

tous les auteurs dominicains d'alors. Ch.-R. Bilun Franais, est le plus connu. La premire dition de sa Summa S. Thomse hodiernis academiarum moribus accomodata... parut Lige en 1746-1751; cf. l'art. Bii.m'ahi. On trouve dans l'ouvrage, insres au trait des act es humains, une dispute de la conscience et une dispute de la probabilit et du choix des opinions. T. iv. Paris. 1895. L'tude de la conscience douluart.

De

,1,1

PROBABILISME. LE DBUT DU XVfHe SICLE

562

tcusc est embarrasse de distinctions qui renchrissent sur les usages (specufafHW-pratique, procfico-pratique), mais qui permettent l'auteur des noncs aussi conciliants que possible l'endroit du probabilisme, encore que le fond de la pense soit intransigeant ou bien on dposera le doute par des voies objectives, OU bien on agira au plus sur. Sur la probabilit, il traite trois qncsl ions. Est-il permis de suivre l'opinion moins probable et moins sre, relative l'honntet objective 'le l'action, dans le concours d'une plus probable
:

pas encore ramene au-dedans de l'homme. Ht par la le probabilisme, en son esprit du moins, n'est pas abso-

lument vinc. Cette faiblesse se trahit notamment dans l'ide que s'est faite un Billuart des rapports de la prudence et de la conscience, ou il laisse chapper l'originalit de celle-l (dans h- Trait des actes humains,
diss.

Y; surtout t. iv, p. 1X7). ('ne insuffisance des critiques rie l'ge prcdent se perptue ainsi. Les dfenseurs de la saine doctrine, comme il arrive, rest.
leur insu victimes de la dviation qui doctrine qu'ils rfutent

donna

lieu la

e1

d'une plus sre? Rponse ngative. Elle

est

com
:

niiiue,

note Billuart, beaucoup plus commune que l'oppose; ce qu'il illustre un peu plus loin comme ceci Depuis l'anne 1699 jusqu' la prsente anne 1747,

Quelques autres noms dominicains pour cette priode m 1er. Nomenclalor, t. i\ col. 616 et 1638; D0U1 dans leuscii, ni i. rit., t. i. |>. 302-303. Voir surtout Qutif-chard,
1 1 ,

trs peu ont crit en faveur du probabilisme, beaucoup .h contraire pour le probabiliorisme; et, si nous parlons des thologiens, tant ceux qui crivent que les autres, nous en voyons tons les jouis un grand nombre passer du probabilisme au probabiliorisme, tandis que personne ne va du probabiliorisme au probabilisme: de sorte que, si le R. P. Hermo a pu dire qu'eu son temps.

Scriplores uni. \>r., t. n. et. ., partir 1700, l'dition corri ge, augmente et continue de cet ou% i;^i- par t'.. Toulon, Paris. 1910.
1
-

<

c'est--dire en 1710,

y avait vingt probabilioristes contre un probabiliste, nous pouvons dire aujourd'hui qu'il y a quarante probabilioristes contre mi probabi liste. P. 219. Rconfortante statistiquel Mais Billuarl le style volontiers gnreux. Pour lui, il prouve s;i conclusion moyennant foi ce arguments d'autorit, m il faudrait [aire un choix, et par des arguments de raison, flanqus d'une rfutation de l'adversaire, ou l'on
il
.i

peut voir quel dveloppement dialectique ont pris les deux tbses, dont l'antagonisme est toit simple. Ces pages de Billuart sont claires et solides, quoiqu'un peu harges, comme il convient une mthode qui accu mule les raisons plus qu'elle n'en dgage l'esprit. Seconde question Dans le <i in it de deux opinions galement probables, relatives a l'honntet objective de l'acte, est il permis de suivre la moins sre, favorable la libell, la plus sre, favorable a la lui. tant abandonne? Rponse ngative, fonde principale ment sur ce (pie, en un tel cas, aucune les deux propo sitions n'a de quoi se faire approuver comme vraie; des lors s'applique l'ancienne maxime in dubiis, lutior pars eligenda. Sur quoi Billuart entreprend de ce principe une lude positive, bien fonde Sur les textes; H peut ainsi le dfendre contre l'interprtation amoindrie des probabilistes. ('.es pages (231 -236) reprsentent des ns tudes sur la question. Les arguments probabilistes de la loi non promulgue, de l'ignorance invincible, de la possession de la libelle, invoques en ts, sont ensuite soigneusement refuies; te dernier inspire mme Billuart une page Ironique et pressante (p. 238), qui est l'un des traits de sa manire. Troisime question Est-il permis de suivre l'opinion plus probable moins sre dans le concours d'une moins pm bable plus sre quand il s'agit de la seule honntet objective de l'acte? La rpons/ est cette lois affirmative. Elle marque la diffrence entre le probabilio lisine de Billuart et de ses confrres dominicains et ce qu'il appelle le tutiorisme d'auteurs comme \i Sinnigh. En conclusion, un mol de l'assemble du clerg de France de 1700, dont la doctrine. Billuart
i

11

le

dclare, est tout fait la sienne.

ci dessus recenss forment donc un groupe homogne, sauf une ou deux excep

Les auteurs dominicains

3 Particulirement digne d'attention en cette priode la position des thologiens /Vsi///<s. Le proba biliorisiue se trouve alors possder parmi eux quelques .1. Gisbert, professeur a Toulouse, qui reprsentants rtracte en 1703 le probabilisme qu'il adoptait depuis Vingt ans; I. Simonne!, pluie. seul a l'ont a Mousson. dont les Instilutiones theologicse... paraissent a Nanc> en 1721 17J.S; mais surtout P, G. Antoine, qui publie a Xancv eu 17'jo. avec l'approbation du provincial de Champagne, une Theologia moralit unirsa..., d'une doctrine qui n'a rien a envier a celle des frre(heurs contemporains. L'ouvrage, a l'usage des curs et confesseurs, est du type des thologies morales cres au sicle prcdent et dont nous avons relev de nombreux exemplaires; M eu conserve le plan, les proportions el les Inconvnients; mais, sur h- point qui nous occupe, les thses sont letoiunei s |)aus le doute, on suivra le plus sur. Il n'est jamais permis de suivre la moins probable favorable a la libert quand il j a pour la loi une plus probable, ni mme, entre deux galement probables, de choisir (elle qui favolise la libert, les lui cipes rflexes des probabilistes sont Inefficaces; h' principe de posssession lie Vaut qu'en matire de justice; dans le cas de deux opinions galement probables, il est Inexact (pie la loi soit Insuffisamment promu] Mais, si le moins sur est plus probable, on peut le s in v ii s.iui eu u si r et dans l'administration des sacrements, Et ainsi de suite Loin qu'il s,- cache de ces doctrines, l'auteur explique au contraire, eu dis termes qui eussent enchant don/. lie/, que personne dans la Soi lete n'a cinbrasssc ci professa h- prnhabilisine. dont raiiteur. dit-on. est it Mdina, d'un autre ordre, non plus que personne n v a cent en sa faveur, avant qu'il se soit propag au point dlie devenu la doctrine com lllllllc (le toutes les coles Car Vasque/, le prellli. noire socit qui lait embrasse profeSSO, atteste qu'il tait alors commun entre les docteurs, \u ion traire, les premiers qui combattirent le probabilisme venaient de noire Socit "/' cit., Botnc. p. 69. Il ajoute (pie. tous les jouis, nombre de profes seuls de la Socit combat lent le probabilisme L'on vrage d'Antoine a connu un rs grand succs les lions en turent nom bien ses (celle de Home en 1765 Insre la disserlal ion de Pag na un s SUT l'opinion probable); on en lit des rsumes; ou l'orna de notes 11 eut la faveur de Benoit \ l\ qui en prescrivit l'usage au collge de
;

ii

lions, d'ailleurs assez discrtes.

Ils

s'inspirent,

comme

ceux de

gnral ion prcdente, des directives de et reprsentent une doctrine modele et solide. La faiblesse .m est (pie. en dpit du patronage thomiste
la

dont

Propagande; plusieurs voques Italiens et franais imitrent cet exemple pour leur- sminaires. Par ailleurs, les tenants de l'autre sentence lui ont fait une rputation de rigueur, et un certain Cassicn Fenici, comte d'Artenberg, en critiqua quelques propositions dans ses
la

se

ment

rclament ces ouvrages, on n'y a pas sufflsam critiqu la position mme du problme, Ici le que le

probabilisme la lit valoir. On accepte de choisir entre des opinions ingalement ou galement probables, alors qu'il s'agit de se faire nue conviction. La morale n'est

Institutiones theologia asectico moralis, Cologne, Voir limier. Nomenclalor, t. rv, col. 1351-1352 Sur Antoine et la littrature s'v rapportant, ainsi que sur les deux auteurs prcdents, voir Dllinger Reusch, op. cit., t. i. p. 283 284
I

Ko h AHII.I^M

..

LE HKIH'T DU

XVII I SICLE

lui revanche, d'autres auteurs Jsuites dfendent le probabilismc en France mme, Fr. Perrin, quoique prudemment, dans un Manuale paru Toulouse en 1710; surtout en Italie. Ch.-Ant. Casnedi, <!< Milan, qui en introduit un ample expos dans sa Crisis theologica, parue en cinq tomes in-folio a Lisbonne de 1711 17 Ht. Voir Dllinger-Reusch, <>]>. cit., 1. 1, p. 284, 301, o sont cits quelques autres noms de mme tendance. Surtout, nous verrons des auteurs jsuites appliqus sauver cette doctrine en des ouvrages relatifs aux condamnations pontificales et dans les violentes polmiques du temps, de quoi nous parlerons col. 566 sq. 4 Des ordres franciscains est sortie en ce temps sur le problme qui nous occupe une littrature thologique assez notable. Patuzzi (Traltato.... t. il, p. 247) a rapport le texte d'un directoire des trois ordres franciscains, imprim Rome en 1688 et approuv par Innocent XI, o il est recommand tous d'enseigner et d'embrasser les doctrines plus sres et plus probables . Le sens de cet avis ne semble pas avoir t aussitt compris. En 1C>92 parat Munich la Thologie morale du frre mineur ReiffenstucI, dont le probabilismc sera plus tard, nous le verrons, soumis une nergique correction. De 1694 1705, en six volumes in-folio, les Consultas morales varias, du capucin Martin de Torrecilla, renouvellent en Espagne mme certains excs laxistes. Cf. Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 319. Du probabilismc aussi dans l'ouvrage destination pratique du mineur rcollet bavarois, Benjamin Elbel, dont les ditions devaient se renouveler jusque dans notre sicle, depuis la premire qui parut Venise en 1731 Theologia moralis Decalogalis... Les cas y sont dbattus en dpendance de l'expos gnral, mais dont chaque lment est cens fournir un principe de solution aux questions pratiques appropries. Curieuse faon d'entendre le rle directeur de la doctrine! L'auteur admet franchement qu'on tranche le doute par le principe de possession, et il dclare que, absolument parlant, il n'est pas illicite de suivre l'opinion moins probable et moins sre en abandonnant mme la plus sre et la plus probable, dans les questions de droit, savoir o il s'agit de la seule honntet de l'action . Mme tendance dans le Cursus theologiiv moralis du mineur conventuel R. Sasserath, ouvrage didactique celui-l, fruit d'un enseignement l'universit de Cologne. La premire dition en remonte 1754. Il faut citer quelques extraits de la prface, qui donnent la note de ce probabilismc en mme temps qu'ils sont l'aveu ingnu de l'intention du systme
:

pas de rapprocher cette rforme de l'ordonnance du chapitre gnra] des frres mineurs, runi a Mantoue en 1762, o se trouve nerglquemenl confirm le directoire de 1688, selon ce texte
:

Cupiens gnrale capilulwm ea scandala ab ordine reinovere qnas ex nimia opinundi licentia, in doctrinis pnecipue ad mores pertinentihus, oriri et suscitari possent, rnovt et confirmt eas orancs constitutiones quse in aliis praecedentibus generalibus capitulis de doctrinis in nostris scholis
et a nostratinus seligendis dcrta sunt. Et ad hune effectum mandat et pra:cipit sacrae theologiae lectorihus aliisque omnibus quatenus doctrinal tutiores et probabiliores sem-

per doceant

et

amplectantur. Texte dans Patuzzi, La causa

del probabilisnv) richiamata ail' esame, Ferrare, 1761, p. 255. Cf. Analeeta juris pontifiai, juill. -aot 1888, col. 98-103.

octobre 1762, le ministre gnlettre du des franciscains dict des peines pour les religieux qui transgresseraient cette ordonnance du chapitre de Mantoue. En mars 1763. le commissaire gnral envoie son tour une circulaire o la mme ordonnance est mande excution. Cf. Analeeta..., ibid.
1

Dans une

ral

Sur l'un des lments de la position franciscaine en ce temps, une tude spciale de .1. Reinhold, Zum Slreit um die Moralsysteme des Probubilismus und Probabiliorismus Jahrh., dans bei den schsischen Iranziskanern im XVIII Franzish: Sludien, 1934, p. 109-124.
.

souvent les sentences plus bnignes, non pour donner envie de les suivre, mais pour montrer ce qui est parfois permis. Il est permis de suivre l'opinion vraiment probable, mme dans le concours d'une plus probable et plus sre...; et qui suit pour une cause raisonnable une telle opinion plus bnigne, tant donn qu'il agit encore prudemment, appuy sur un fondement grave, on le taxe imprudemment et injurieusement de relchement. Toutefois, il ne convient pas d'user toujours de cette permission, mme dans les cas non excepts, ce qui serait le signe d'une conscience insuffisamment timore. Tout m'est permis, dit l'Aptre, mais tout ne convient pas. L'usage des probabilits est trs ancien; il a t cr et permis non pour le relchement des consciences, comme certains le proclament tort, avec plus de rhtorique que de thologie, mais afin
J'ai introduit

5 En dehors de ces coles dfinies, des ouvrages doivent tre signals qui intressent notre problme. Ds 1701, et dans un esprit conforme aux rcentes dcisions de l'assemble du clerg, paraissaient Paris les Principes de la thologie morale tablis sur l'criture sainte, les canons des conciles, le droit canonique et la tradition des saints Pres, dus au prtre sculier Pierre de La Font. L'ouvrage est moins jansniste que le titre ne le ferait croire. L'un des principes tablis est celui-ci Lorsque les raisons qui prouvent qu'une (pr. 14) chose n'est point dfendue par la loi de Dieu sont plus probables et plus fortes que celles qui prouvent qu'elle est dfendue, on peut la pratiquer en sret de conscience, quoiqu'on ne soit pas oblig d'agir et qu'il y et plus de sret et de perfection ne point agir: quand mme l'opinion qu'on suit, et qu'on croit plus probable, serait fausse. Cf. Dllinger-Reusch. op. cit.. I, p. 284 et note 3. Plus nettement jansnisante, et d'ailleurs assez mouvemente, l'intervention du carme belge Henri de Saint-Ignace. Son Ethica amoris sioe theologia sanctorum..., comprenant trois gros tomes parus Lige en premire dition en 1709, est un trait de morale d'une conception originale. Les chapitres ordinaires y sont transposs, si l'on peut dire, au registre de l'amour. L'tude du volontaire s'appelle amor volunlarius; celle des circonstances, amor circumspectus. Mais le got en est chez cet auteur plus qu'une fantaisie il insiste sur le primat de la charit et sur l'ordre de la vie morale la fin dernire, qui sont en ce temps-l, on l'avouera, une note opportune. Il reste que l'ouvrage est violem:
>

t..

ment antiprobabiliste. La discussion est l-dessus longue et minutieuse. Le relchement de la morale est imput un abus de la raison, mconnaissant l'autorit

d'viter les scrupules. Le plus probable, voire le plus sr, soi sont conseiller; mais les hommes n'y doivent pas tre astreints l'excs.

des critures et des saints Pres. Un chapitre est consacr tablir que ne probabiliorum quidem opinionum usus indistincte licitus est, 1. XI. c. lxxxt; un autre taxe de pch contre la loi, quoique non contre
la

de

conscience, l'acte contraire la


foi.

de bonne

Mais nous voyons en

17(i5

un

frre mineur, profes-

du livre dnona

loi naturelle commis i.xxxm. La publication mme avait donn lieu dj difficults; Fnelon le

Ibid.. c.

seur l'universit d'Inspruck, Flavien Ricci, refaisant l'ouvrage de son devancier nomm ci-dessus, avec un titre sans mnagement JR. P. Reiffenstuel... Theologia moralis ad saniorem doctrinam revocala. Le nouvel ouvrage est muni de l'approbation de l'ordre. On n'vite
:

sition prohibait

en 1711: trois ans plus tard, l'Inquit. i. et en 1722 l'ouvrage entier. Reusch, Index, p. 665; cf. Dllinger-Reusch. op. cit.. t. i. p. 287 288. Mais l'auteur, dont nous verrons bientt le zle polmiste, avait eu maille partir dj avec les autorits romaines.

le

Home

565

PROBABILISME. EXGSE DES CONDAMNATIONS


Migazzi, de Simon von Stock et du dominicain Gaz zaniga, est dfavorable a la casuistique et au probabilisme, mais bienveillante aux auteurs thomistes et aux crivains franais de la raction antiprobabiliste. Diebolt, <ip. cit., p. il- 19. Oint re Gazzaniga et sa doctrine de la conscience crivit le jsuite Gaspai de- SgOVe, dans une Dissertalio de opinione probabili, Rome, 1795. Par ailleurs, l'dition augmente de la Medulla de Busenbaum, publie par le jsuite Lacroix en 1710ou1711, connat une grande diffusion; en 17.">7.
I

Plus pacifique, le manuel l'usage des sminaires que public en Belgique aussi, un peu plus tard, Pierre Dens, Theologia ad suprieur du sminaire de Afalines iisiun seminarioTUm. Il est une refonte de l'ouvrage de Neesen (voir son article). La premire dition remonte 1777 (voir l'art. Dens). La doctrine est antiprobabiliste, fonde sur les arguments ordinaires. Est significative la position prise sur la question L'opinion plus
: :

probable moins sre, dans le concours d'une moinsprobable plus sre, est-elle une sre rgle d'action? Car l'auteur rpond en dfinitive que la sentence ngative bien que de Louvain... semble plus vraisemblable l'opinion en effet soit suppose plus probable, elle demeure cependant dans les limites de la probabilit; autrement dit, elle n'est pas moralement certaine; donc, en la suivant sans ncessit ou juste cause, on s'expose au pril moral de pcher . T. i, Malines, 1862, Tmoignage de la permanence Louvain d'une l>. 434. doctrine plus exigeante, mais dont on peut voir qu'elle est loin d'appartenir tous les opposants <lu probabilisme au xvnr sicle, En France, Pierre Collet ajoute a la clbre Thiola aie de Tournly une partie morale, 1733-1760, dont l'inspiration esl, elle aussi, antiprobabiliste. Hurler, Womenclator, t. iv, col. 1112; Dllinger-Reusch, op. cit., t. I, p. 287. Dans le sens oppos, il y a lieu de signaler, phnomne singulier en cette histoire la thologie probabiliste d'un ancien probabiliorlste, C. Roncaglla, parue en 1730, el une dmonstral ion mathmal [que du probabilisme de J. de Patavio, en 1717. Dllilger Reusch, "/). cit., t. i, p. 302.
:
<

<>/>.

liniques autres noms, qu'on peut Joindre aux auteurs signals en ce dernier paragraphe, dans DttUJnger-Reusch, cil., t. i, p. 2X7, 302-303.
6

Une

place a part doit


la

et le

faite

ni

XVIII

sicle,

spcialement dans
raie en

seconde moiti,

Autriche, o rgne l'eflervei Allemagne ri cence de l'Aufklrung. lion ouvrage sur le sujet .1. Diebolt, La thologie morale catholique en Allemagne au temps du philoBophisme ri de lu Restauration, 17501850, Strasbourg, 1926. Celte science est alors soumise a de nombreux essais de renouvellement, tout trangers aux routines scolaires, mais par ailleurs largement ouverts aux phllosophles rgnantes et mme soumis a
:

a la thologie

ma

des influences politiques.

Dune
l.es

faon

gnrale,

ils

enveloppent une raction contre la casuistique et le probabilisme, elle-mme comprise sous une critique de
auteurs Franais du exercent sur ce inouve meut une action marque. Diebolt. op. al., p. 21-22. Quelques noms plus notables J.-C. Saettler I77'm. auteur d'une Thologie morale l'usage des confesseurs, a qui l'on fait mrite d'avoir banni le probabilisme du diocse de Strasbourg; Reif (t 1790), l.e< hlcil ners
la

mthode

scolastique.

xv

il-

sicle, ninie jansnistes,

vrage tait condamn par le parlement de Toulouse. Ddllinger-Reusch, op. cit., t. i. p. 335 sq. Eusbe Vmort (t 1775), chanoine rgulier en Bavire, reprsente un probabilisme moyen. Il fut eu querelle avec (.oncina au sujet de la traduction du Dictionnaire des cas de conscience de .1. de Pontas, entreprise pai l'un et par l'autre, mais par Aiimrt dans un sens insuffisamment probabiliorlste au gr de Concina. Cependant, les ouvrages successifs d' Vmorl semblent indiquer une prfrence croissante pour l'antiprobabilisme; aussi le voit on bientt en polmique avec le jsuite .1 Hi/ler. d'Ingolstadt. Voir Diebolt, op. cil., p 39 10; Dllli Reusch, "p il p. 324 325. I.a Theologia Wircebui sis, d'origine jsuite, contient en son u, 1768, un traite de la probabilit fa va ira hic au probabilisme-. Dllingcr Beusch. op. ,it.. t. i, p. 325 'niant m jsuite si al 1er. professeur l'universit d'Ingolstadt, il perptue mme quel pus unes des sol ut ions lmi i" sq. la mauvaise casuistique. Diebolt. op. cit., p De la art d'un illustre- philosophe d .dur Kinm. Kanl, signalons un mot IUT h- probabilisme. le seul qu'il ail prononc, mais n ttement dfavorable, dans son ouvrage de l.a religion dans la limites de la s; raison, 1793; <f \ Del bos, /.<< philosophie proinpir dr Kanl, 2" d., p. 7 Conclusion. ruse relie est i.i situation que dcouvre un examen de- cette priode Si l'on ne- peut dire que le probabilisme ><>it en laveur, il faut reconnatre qu'il n'esl pas non plus absolument ll mine. Nettement en recul sur certains fronts, il lient ferme sur d'autres. Dans l'ensemble, il compte plus d'adversaires que- D- partisans Mais, s.iut e-n France, o l'on veiit des Jsuites mmes devenus probabilio listes, il semble rgner encore efficacement sut les consciences. Ile-st particulirement vivaceen Espagne, en dpit de certains vques qui s'en plaignent Rome avec force. Voir Dllinger-Reusch, op ri'f., t i, p 118321. De meiins e-n moins cependant on ne- peut lui accorder l'excuse d'tre la seule morde pratlcabU si quelques uns ehses ennemis excdent en leui '! tiipie-, nous iviins observ une fois de- plu- la modra lion du plus grand nombre de se-s adversaires
>
.

<

I.

I. V

ei

i;

IUX CONDAMNATIONS.

Schanza

(t 1787).

Lauber

(t 1810), ces

deux derniers

de tendances nettement jansnisantes. Sur ces auteurs voir Diebolt, op. cit., p. 60, 61,84,86. Dans l'Allemagne du Sud, vers le milieu du sicle, les discussions sont lies vives sur la pratique de la confession. DollingerReusch, op. cil., i, p. 323. H y a dans l'ouvrage sp Clal de M. Gerbert (f 17!>:S), abb bndictin. Dr recto cl perverso usa thologies scholastica, une critique de la mthode mme a laquelle esl lie l'cclosion du probabilisme. Il y oppose dans ses Principia thologies mo ralis juxta principia cl legem evangelicam la ncessite d'un retour l'esprit chrtien, d'o le probabilisme s'est spar. Il exprime celle tendance dans son ide singulire de la thologie mystique conue comme pic par, il ion la thologie morale, l.a reforme univers! taire entreprise eu Autriche sous Marie Thrse el Joseph II. puis tendue en Bavire, laquelle sonl lies les noms des archevques de Vienne liant son et
t

Les ouvrages qui prcdent semi de types connus. cette poque une- littrature thologique Mais il nait d'un genre nouveau, en liaison ive-e les condamna lions pontificales que nous s.iveuis. devenues h- point de- dpart d'e-xplie at ieins et d commentaires considrables, c.e-s ouvrages m- peuvent manquer de- nous renseigner fort exactement sur l'histoire dont nous traitons. Quelques-uns sont antrieurs a 1700, mais. conscutifs aux Interventions pontificales, ils appai tien m- nt la priode de la survivance du probabilisme ils se-ieiut ici a Uni place e-t n certain nombre d( crits se sont ait ire- les prohibitions de l'Index; d autres qui chapprent a ce-lte- s. met ion ne laissent pa-. tendancieux; rares, nous h- verrons, semt h-s ouvt de cette- sente- qui marquent un inconl e-st alite progrs de- la nologie morale l" I.e premier exemplaire du genre, de peu posti rieur au dcret d'Alexandre Vil. est peut tre- l'on vrage d'un professeur de Couvain. Nicolas Du (qui eh-vait approuver plus tard h- livre- de- d- Maire
.i
-

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5G7

1>M (H;

Ml I.IS M
:

I..

EXGSE DES CONDAMNATIONS


.">.

contre Sinnigh, voir col. 522) Ad quadraginta quinque propositions* m praxi perniciosas <i imper damnatas ac quasdam censurai tractalus duo, Louvain, <><><>. Catalogue des erreurs condamnes, avec leurs ailleurs. leur rfutation, le sens de la condamnation, on y peroit cette thse que elle/ tous les moralistes il y a des erreurs, chez ceux qui censurenl aussi bien que chez les censurs; donc, il est ncessaire qu'un pontife infaillible dtermine la rgle des murs. Du Bois est rput un fougueux ennemi des jansnistes. Le prsent ouvrage fut pour lui l'occasion d'une grave querelle avec le recteur de l'universit. Cf. Hurter, Nomenclator,
l

AU hoc

dcret uni statut


sit

um

sit

c\ iiiatura

dlit

lions?
ti.

An hoc deeretum

dclara toi ioni simul et prohiln


deflnttto pontiBcia?

toi

llllll'.'

7.

An hoc deeretum
i

sit

.s. Quanta cei il iidine tcnenduin sit pontlQcem errare non potuissc in hoc decreto? \t qua censura notandi sunt qui propugnaverint propositiones damna tas?

propositionem esse scandalosam? \n propositio scandalosa in materia morum neei rio sit tatea el improbabilis? il. An hoc deeretum obliget in provinciis in quibusnon
9. '.iiiid sit

10.

est

promulgation?

12.

An

I.

iv. col.

112.

non acceptationem
gari?
13.

per rgis aul runi supplicationem aul per populi possit hoc deeretum suspendi autdero-

Les condamnations d'Innocent XI semblent avoir dtermin des polmiques plus vives. Comme la dputation Rome de quatre docteurs de Louvain en 1(377 n'avait pas t trangre a leur promulgation, ainsi devaient-elles susciter en Belgique une particulire effervescence. On disputa sur l'origine des soixante-cinq propositions, attribues par plusieurs des thologiens rguliers, notamment de la Compapagnie de Jsus. Sous un pseudonyme. Estrix intervint dans la nouvelle querelle. Reusch mentionne (p. 523) comme mise l'index en mars 1(180 sa Hejutatio accusatoris anonymi..., Mayence, 1679. Mais l'auteur n'en publia pas moins en 1680, dans la mme ville,
2

auctoritas doctorum qui an te hoc deerein eo damnatas.' 14. An opiniones ex quibus inferuntur propositiones daninata; aut qua- ex liis damnatis intcruiitur maueant damnatae aut antiquatse? 15. Qualiter peccent violantes hoc deeretum.

An minualur

tum docuerunt opiniones

Quinze questions pralables, dont il ne semble pas qu'elles soient poses par un enthousiaste partisan du
dcret. Mais voyons comment cet auteur explique la 3 e proposition. Diss. III, Venise, 1696, p. 176-187. Certains, dit-il, ont prtendu y voir la condamnation de la probabilit. Non, autre est la tenuiter probabilis, autre la minus probabilis, celle-ci pouvant jouir d'une trs grande probabilit. Soit, ne taquinons pas Cardenas sur cette exgse. Mais il va plus loin il distingue la tenuiter probabilis mme de la probabililer probabilis
:

un

crit pareil qu'il dirige contre trois accusateurs et

En juin 1680 et en juin 1681 sont prohibes de mme d'autres pices de polmique sur le mme sujet, dont quelques-unes en langue franaise. Reusch, Index, p. 523-521. Sur l'interprtation mme des propositions condamnes, un jsuite italien, Charles Casalichio. publiait Naples, ds 1681, une Tuta conscientia seu Iheologia moralis... qui tait inscrite l'Index en 1683. Le carme espagnol Raymond Lumbier, avec ses Obscrvationes thologies?, morales circa propositinnes ab Alex. VII et Inn. XI damnatas, Barcelone, 1682, n'tait gure plus heureux, se faisant prohiber en 168-1. Reusch, op. cit., p. 524-525. En outre, il s'tait attir une rponse du dominicain sicilien L.-M. Pisani, dans l'appendice d'un livre au titre belliqueux paru Paenne en 1683 Gedeonis gladius, proposiliones a SS. D. N. Inn. XI damnatas angeliei Doctoris ope penilus profligans radiqu'il intitule Confutatio triumvirorum.
:

Dans l'ordre pratique, prudemprobablement sont synonymes; donc, celui qui forme un jugement probable de la probabilit d'une opinion forme un jugement prudent; donc, celui qui agit d'aprs une opinion probablement probable agit

par ce raisonnement

ment

et

se prsentant tude thologique des propositions condamnes en 1679, nous trouvons, exemple remarquable du genre nouveau, l'ouvrage du thologien jsuite dj mentionn ci-dessus, Jean de Cardenas (t 1684). Il parut en dition posthume Sville en 1687, muni des Crisis theoloprivilges et approbations, sous le titre gica in qua pluies selecl difficultates ex morali theologia ad lydium veritatis lapidem revocantur ex rgula morum posita a SS. D. A'. Innocentio XI in diplomate damnante sexaginla quinque propositiones. L'ouvrage

citusque conuellens. 3 En dehors de la polmique, et

comme une

connut plusieurs ditions et figura bientt comme la IVe partie de la grande Crisis theologica de l'auteur. Il est compos de quarante-deux dissertations, o sont examines les propositions en cause: sur la premire seule, l'auteur n'accumule pas moins de cent quinze pages in-8. En tte figure une dissertation prliminaire sur la valeur thologique du dcret. Il est intressant d'en relever les chapitres; nous assistons la cration d'une vritable mthodologie relative ces interventions du magistre
:

la probabilit qui est telle absodiminution. N. 18. Cette fois, l'exgse est tendancieuse. Elle le devient davantage quand l'auteur dclare que tenuiter probabilis n'est plus proprement de la probabilit, celle-ci tant solide par dfinition. Pour lui, il entend tenuiter probabilis de l'opinion dubisc probabilitatis. sauvant ainsi toute force la probabilit du coup qui l'a frappe, comme si jamais n'avaient t prsentes et tenues pour probables, sans adverbes ni pithtes, des propositions dont Innocent XI a jug qu'elles n'taient en effet que tenuiter probabiles. 11 est manifeste que nous assistons ici une complication du systme, inspire du dessein de le maintenir en prsence des condamnations. Rien ne devait plus embrouiller l'histoire du probabilisme que ces retouches faites aprs coup, issues non du gnie propre de cette morale, mais de la ncessit de l'accommoder. Cardenas complte son uvre quand il va jusqu' expliquer que, dans une trs grave ncessit, on peut se servir d'une opinion tenuiter probabilis. Comme devant les quinze questions pralables, le bon sens est mal l'aise devant cette fausse finesse qui prodigue les distinctions pdantesques et \-erbalcs. On voit si ces imposants commentaires, qui ont l'air de

bien.

Nous parlons de
et sans

lument

faire

honneur aux documents pontificaux, respectent


les

en effet les intentions qui

ont dicts.

4 Les condamnations d'Alexandre VIII suscitrent des gloses de la part du camp oppos. Elles avaient t fort mal accueillies chez les jansnistes, encore tout

contents de

la

condamnation prononce quelques mois

1.

in in

materia
2.

An romanus pontifex loquensex morum? An romanus pontifex loquens ex

cathedra possit errare cathedra possit errare

materia probabili circa mores?


:;.

i.

An hoedecretum prodieril immdiate ab Innocentio XI? An hoc deeretum sit romani pontificis loquentis ex

cathedra?

plus tt par le mme pape du pch philosophique. Des nuits svres furent propags. Reusch, Index, p. 527: Pastor, Geschichte der Ppste, t. xiv /. p. 1070-1071. Ils crivirent aussi, non sans dommage. La IXe partie des Difficults proposes it M. Stegaert (docteur de Louvain, l'un des quatre dputs de 1677 Rome, auteur A'Annotationes sur les propositions condamnes, cf. Hurter, Nomenclator, t. iv, col. 719 sq.), par Aut. Ai-

569
naud,
<iui traite

PROBABILISME. liXKGJiSK DES CONDAMNATIONS


de la condamnation d'Alexandre VIII,
:

70

fut mise l'index en 1705; l'avait t dj en 1703 un bref mais piquant crit de Quesnel Lettre d'un abb un prlat de la cour de Rome sur le dcret de l' Inquisition du 7 dcembre 1690 contre trente et une propositions,

Toulouse, 1691 Par ailleurs, d'autres crits de la mme inspirai ion chappaient la prohibition, des Nota brves ac modestie in prof). 'Jl S. Inquisitionis dcrta proscriplas, Cologne (Louvain), 1691, dues vraisemblablement Hennebel et contre lesquelles s'est lev Steyaert; une Queeslio juris pontiflcii irca decretum ab Inquisitione romana adv. 31 prop. lalum, d'aprs
.

est illicite. La 3' proposition est de beaucoup plus importune Viva institue sur elle une dissertations laborieuse et embarrasse (ce commentateur est du reste rarement limpide). La difficult est de dfinir cette fameuse lenuis pmbabilitas. N'e serait-ce pas le cas d'une proposition qui n'est que probablement probable, ou bien qui n'est probable que dans la spculation sans parvenir a l'tre dans la pratique? Du moins maintient-on les affirmations essentielles, quitte a les munir de quelques adverbes supplmentaires

probable
la

<

laquelle le dcret serait invalide ipso jure. Reusch, op. cit., p. 527-528. Ajoutons celle littrature une Censure des trente et une propositions faite pur un dcret du pape Alexandre VIII, du 7 dcembre 1690, en latin et en franais, avec des remarques sur les propositions et la censure, 1691. Voir l'art. Alexandre VIII, col. 763. Contre ces critiques et ces interprtations, le Jsuite A. -M. Bonucci publiait Home en 1704 des V induis sequisstmi decreti Alexandri. VIII, P. M. advenus prop. xxxi in eo damnai as. Cf. Hurter, <>/. cit., col. 1306
1307. 5 L'Ouvrage rest le plus clbre dans le genre que nous signalons Ici est celui du jsuite Dominique \ iva,
la Compagnie Naples, o Cardenas se trouve tendue aux trois grandes sries des condamnt ions pont ilicalcs. I.a pre mire dition en parut Naples en l~u.s. sous le titre Damnatce thses ab Alexandro VII, Innocent io XI et lit neenon Jansenii ad iheologicam truliilexandro nam revniiil.i- jmla pondus sain luarii elle fut suivie d'un grand nombre d'autres; la douzime paraissait

Prudenter operatur <pii sequitur ductum opinionis prucnon vero spculative dumtaxat probabOJs. niversim bumanis actionlbuj Ucitum <-,\ aequl opinionem solidi probabilem fa ventera Ifbertati, etiani In conflictu probabitice
in
I

lioris

faventii

li

La moins probable

n'est

donc nullement empche

d'tre solidement probable. \ Iva le dduit de nouveau de ses explications sur la :; proposition d'Alexandre \ III. ou. dnommant tutioristes les partisans de la

professeur au collge de

l'entreprise de

proposition condamne, il essaierait en outre de jeter une suspicion sur l'axiome entendu comme un prcepte que dans le doute il faul boisir le plus sir. On voit l'esprit le cite ex< infirmant di C irdenas, elle nous reprsente assez Bdli mi que fut le rsultai rel des condamnations pontificales dans le camp probabiliste autant elles semblent avoir effectivement rprim h s solutions scabreuses de la casuistique la mode, autan! elles laissrent subsister
i

le probabilisme mme, ampute seulement de quelques excroissances el envelopp de quelques prcautl il est clair que de \ iva el di Cardenas a leurs devanciers le la gnration prcdente, en dpit des docu-

en 1722. Cf. Hurler, op. cit., t. [V, col. 946. L'auteur procde par mode de commentaire sur chacune des propositions condamnes, composant ainsi une ven table soin me de cette sorte de thologie, qui dut rendre son ouvrage prcieux. Nous l'j voyons soucieux de se tenir dans le juste milieu entre ce qu'il appelle le risme el le laxisme. Celle attitude, qui s'esl dessine ds les premires ractions antiprobabilistes, s'auto rise maintenant les condamnations portes contre les deux extrmes de la facilite el de l'Intransigeance. En quoi il y a bien une simplification des choses, comme nous avons dit, mais qui n'est pas au dsavantage des probabilistes, les plus louches par les condamnations romaines, viva a certainement contribu leur en assurer le Bnfice. M a fourni eu outre des condamnations pontificales une exgse qui rduit au plus strict leur porte Fcheuse au probabilisme el sauve ainsi des nouvelles morales tout ce qu'on en peul sau ver. Commentant la 27 proposition d'Alexandre \ II. Viva trouve le moyen de justifier cette rgle, qui est du plus pur esprit probahiliste que l'on peul consulter plusieurs hommes savants, jusqu' ce qu'on en trouve un qui vous dlie de l'obligation de jener, par exemple, ou de restituer. En ajoutant que ce dernier docteur doit tre d'un trs grand poids, etc.. il limite bien le danger el l'intrt de la mthode, mais on voit assez, qu'il n'a pu y renoncer pour tout de bon el qu'chapper l'obligation lui semble toujours tre le dsir lgil iine de chacun. Devant les premires propo sillons d'iunoccnl XI, Viva maintient, bien entendu, son probabilisme. Sur la 1"'. il s'avise qu'il n'est pas dfendu pour autant de n'apporter au sacrement de pnitence que l'ai tri ion, omise la contrition plus sre, puisque la sentence de la suffisance de l'attrition n'est pas seulement probable, mai trs probable, bien plus, moralement certaine . Sur la 2, Viva explique que, si le juge doit juger selon l'opinion plus probable, c'est en vertu d'un certain contrat implicite avec la rpublique ; il ajoute nanmoins qu'a chaque fois qu'est engag l'intrt d'un tiers l'usage de la moins
1'
:

ments romains survenus dans


tlnuit;

l'intervalle,

il

un langage plus circonspecl ne fait pas des uns aux autres une essentielle diffrence Les suggestions m invitai ions que pouvaient rvler les dcrets pon locaux dans le sens d'un changement d'attitude furent
t

vile ananties sous les SUT* h.um y de lOUTS gloSCS trop savantes. De l'ouvrage de \iva. nous n'avons n pie quelques traits significatifs, sur l'exactitude hi^ toi h pie de sis citations, spcialement sur l'ai tribut ion qu'il fait a maints auteurs dominicains le pi op.. Itlons

condamnes, on prendra mu- Ide dans l'examen cri tique Institu a ce sujet ave. grand dtail par Patuzxi, dans ses Lettere... date tn luce da Eu m
t

Trente, 1753, lett. xxiv kxvi. Plus pratique el moins Intress l'ouvrage du frire minein \ Malt hein ri. O nous t.uuhons un point de l'volution les traditionnelles Summs fessorum, celle ci prenant pour matire el pour fondement les conil.iinn.il ions pontificales Cautela fessarii pro /"r.. sacramentali occasiont decretorum Alexandri VII, Innocenta \i tri \ llleidem ai cseteris animarum rectoribus exhibita, Venise, 7 sur chaque proposition, on donne la doctrine m et l'on rsout les questions pratiques correspondantes Le titre de cautela, comment dans la prface, dcouvre le souci de juste milieu qui esl celui de l'auteur. Mme inspiration trs exactement, jointe au dsir de
et

iv.

montrer dans
pe
lis
1

saint

Thomas

la

condamnation

antici-

propositions en anse, chez le dominicain belge Van Ranst, rgent du collge 1<- son ordre Anvers, qui publie dans cette ville, eu 1715, une las in medio seu l>. Thomas, /'"</. ang., proposit omnes circa theoriam et praxim, rigorem ac Invitaient versantes a Baianis usque ad Quesnellianas /''/ inclusive pet tulissima et inconcussa alipic ab omni extremo remota dogmata prdamnans. Comme le prcdent, cel ouvrage fut plusieurs fois rdit. Il mil son auteur aux prises avec Quesnel. Moins heureux fut le manuel lu capucin espagnol J. de Coreglia, O taient expliques les proposil ions condamnes par Alexandre Y
i

Itult

^.BILISME.

l'ol.K M
:

IQUES M

EU RE5
:

[nnocenl \ l. mais dans un sens qui dplut l'Index prohiba en 1710 ci 171'J la traduction Italienne de cette Pratique du confesseur, vingl quatre fois imprime en Espagne, lue traduction latine en paraissait encore Vrone en 1723. Reusch, Index, p. 513. 7 Le genre que nous signalons a connu longue vie. En 1738, 1739, 1740, le dominicain italien, P.-T. Mitante publie coup sur coup ses Exercitationes dogma
cl
il
,j

proposiliones proscriptas, le t. i sur les propositions d'Alexandre VII, le t. n sur celles d'Insur celles d'Alexandre VIII. L'aunocent XI, le I. teur ne ddaigne pas quelque solennit dans le style, mais il a de fait donn toute son ampleur a cette thologie. Chacune des propositions condamnes devient le thme d'une abondante et docte explication, charge au surplus d'rudition historique. Elles se trouvent acqurir par la un relief considrable et devenir de plus en plus des principes directeurs de la thologie morale. o l'on oublie quelque peu de quelles occasions elles sont nes et quelles contingences elles faisaient face. Des dires et des faons de l'auteur, il ressort que la querelle est loin d'tre apaise, comme nous allons le voir en effet ci-dessous; quiconque se dclare pour la saine morale est encore dnonc comme rigoriste et jansniste. Milantc crit pour son compte de bonnes pages contre le principe du probabilisme. La rigueur dont on lui a fait rputation ne l'a pas empch d'entrer en conflit sur un point particulier avec son confrre dominicain Concina, de qui nous parlerons bientt. Mais elle a priv peut-tre son honnte ouvrage du succs que rencontrait celui de Viva, venu plus tt du reste et mieux son heure.
tico-morales

Voir dans Hurter, Nomenclator, t. iv, col. 963-967, la liste complte des commentaires des propositions condamnes pour les annes 1701-1720. Une liste de ces crits galement dans Dollinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 39-40.

Par ce qui prcde, on devine que les condamnations romaines n'ont pas mis fin aux querelles de la morale. Celles-ci vont retrouver au xvnr2 sicle une trs grande violence. Mais avant d'en arriver l'pisode principal, il faut relever quelques moindres combats. L'vque d'Arras avait condamn en 1701 l'dition des uvres morales du jsuite allemand G. Gobt, entreprise par ses confrres de Douai. L'affaire donna lieu une littrature agite, o se mlrent jsuites et jansnistes. Les pices dans Hurter, op. cit., t. iv, col. 271; cf. Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 292-294. Le carme Henri de Saint- Ignace, avant le grand ouvrage que nous avons dit, s'tait exerc dj dans la controverse, sur un thme arbor au titre de son crit
III.
:

Les polmiques mineures.

attaqu la rigueur excessive dans un crit anonyme paru a Rome en I7<r> Cleriau romanus contra nimium rigorem munilus duplici libro...; son nom ne parut que dans des ditions postrieures. Apologie des modernes, dans le sens le plus contraire l'esprit d'un document comme les Actes de l'assemble du clerg de France, le livre atteste la persistance, sous les attaques et les condamnations, de cette prfrence de la nouveaut que dnonait Bossuet, sans compter que l'administration bnigne du sacremenl de pnitence y est justifie dans les termes les plus inattendus. La riposte vint sans retard, sous la forme de 434 pages in-8 d'un Clericus lirli/a clericum romanum muniens... ipsamque Francolini doctrinam urbi et orbi denuntians, Lige, 1706. Elle tait due a J. Opstraet, ml a nombre de querelles thologiques de son temps. Mais un dominicain intervenait aussi, Antoine Bourdon, professeur a Rome, qui dnonait pour son compte les relchements du clerc romain Francolinus cleri romani pdagogus..., Delft ('?), 1706. Moins heureux que son adversaire et qu'Opstraet mme, il voyait son livre prohib en 1707. Une autre rfutation de Francolini avait le mme sort en 171 I, \vsLeltere apologeliche... publies N'aples en 1709 par l'avocat Maioli de Avetabile. Ces lettres contenaient entre autres des extraits d'un crit du jsuite napolitain, Biaise Visconti, dirig contre le confrre de Rome. Voir Reusch, Index, p. 512-513. Il se cra plus tard autour de l'ouvrage du jsuite J.-M. Gravina, Conclusiones theologicse critico-ethiese de usu et abusu opinionis probabilis, Palerme, 1752, une nouvelle controverse dont les pices sont releves dans Hurter, op. cit., t. v, col. 237-238. Il faut avouer que l'ouvrage mritait ces critiques. Les thses historiques en taient celles-ci le probabilisme est n chez les thomistes et a t rpandu par eux; l'antiprobabilisme est conduit presque exclusivement par les jansnistes les jsuites n'ont fait que soutenir et perfectionner le probabilisme contre les attaques jansnistes. Et les thses doctrinales l'usage du probabilisme est tout fait sr; l'usage du probabiliorisme est tout fait dangereux; le plus authentique probabiliorisme doit conduire au rigorisme. La dmonstration rpond ces noncs. Kn voici un exemple Nous professons le bnignisme sans la moindre note de laxisme il est lgitime, abondamment prn par la loi civile aussi bien qu'ecclsiastique...; dominicain, embrass ds les premiers temps par cet ordre illustre...; pieux, excitant la pit; thomiste, puisque saint Thomas l'eut en affection, lui qui, dans les seuls livres des Sentences et dans la Somme, a enseign deux cents opinions et plus favorables la libert, d'aprs Cardenas, et pour une bonne part intrinsquement moins probables que
: :

Artes jesuitic in sustinendis pertinaciter novitatibus

Salzbourg (?), 1703. A cette dnonciation, la rponse de Rome vint sous la forme d'une mise l'index de l'crit en 1709. Une deuxime dition, augmente de moiti, date de Strasbourg, 1710, est prohibe de mme en 1711. Mais l'opinitre auteur lance Strasbourg en 1717 une troisime dition, contenant une dfense des deux premires, laquelle chappa la condamnation. Un jsuite, A. Huylenbrouck, avait attaqu le carme combattit; il s'attira une rplique Ad artes jes. appendix..., qui ne fut non plus prohibe. Dans l'intervalle. Henri de Saint-Ignace avait lanc contre les mmes adversaires un nouveau cri d'alarme Tuba inirnm clangens sonum ad Clementem XI..., 1713, qu'il rptera sur des tons successivement plus levs. Tuba altra majorent cl. s.. Tuba magna mirum cl. s., en 1714 et en 1717; mais ces clameurs n'veillrent pas d'cho, non pas mme sous la forme d'une condamnation. Voir Reusch, Index, p. 665666; cf. Dllinger-Reusch, op. cit., t. i, p. 287-288. D'autre part, le jsuite Balthasar Francolini avait

dumnabilibusque Sociorum

laxitatibus...,

leurs contraires, comme le dmontre Xavarrus; chrtien enfin, si cher et si familier au Christ que rien n'est au-dessus. Exemple de la dcadence o peut tomber
>

une controverse thologique. Cependant, F. -A. Zaccaria, S. J., n'a pas jug l'crit indigne de figurer dans son Thsaurus theologicus. t. IV, Venise. 1762-1763. p. 335-350 (le passage cit ci-dessus, p. 349). Sur Zaccavoir Hurter, op. cit.. t. v, col. 484-498; sur son actidu probabilisme, voir Dllinger-Reusch. op. cit., t. I, p. 316. Comment l'crit vita l'index, voir Reusch. Index, p. 975. Le dominicain V. Diez. de Paenne, dirigea en 1753 contre ces tmrits de Gravina un Antiprobabilismus vindicatus... DllingerReusch, op. cit., t. i. p. 403. De mme esprit et de mme qualit, l'ouvrage du jsuite Fr.-X. Mannhart. professeur l'universit d'Inspruck, qui publie en 1759 Augsbourg. contre le dominicain G. Kaltenhauser et sa Theologia thomistica, parue Trente en 1742. une Ingenua indoles seienfia? mdite, probabilismi ac gratin' effleacis. Dans la partie relative au probabilisme, l'ouvrage dfend des
ria,

vit en faveur

.73

PROBABILISME. L'ACTION DE CONCINA


prises au

57'

thses toutes semblables celles de Gravina. Ou la trouve derechef dans le recueil de Zaccaria, t. iv, p. 398450. A cette dfense, le bndictin R. Gutrath, professeur l'universit de Salzbourg, opposa une Genuina indoles doctrinse ecclesiastic, Salzbourg, 1773; cf. 1 lutparaister, op. cit., t. v, col. 22-23. La mme anne o ses c >nsait Augsbourg le livre de Mannhart, un de faisait frres, prdicateur la cathdrale de c.ettte ville, en ses sermons l'loge du probabilisme et le procs des doctrines adverses. Les thomistes s'en jugrent offenbachelier du collge ss. D'o un livre de Reichard, dominicain d'Augsbourg, crit d'un style assez mouvement et ddi aux personnes cultives Animad"< utiversiones thologiens in innocentiam, prudentiam Vugsbourg, 1760. litatem probabilismi Dans l'innombrable littral me polmique lance par Compagnie de les jansnistes au xvnr sicle contre la Jsus sont mentionns, bien entendu, la morale relche et le probabilisme. Les appelants <le la bulle Uni:

xwir sicle les crivains rationalistes et les apologistes catholiques. Ce que sont devenus chez ceux-l les griefs de Pascal, on en peut voir un exemple dans l'une des Lettres persanes, la lvh*. La critique entend bien cette fois atteindre la morale chrtienne elle-mme. Et c'est de prfrence la supriorit de celle-ci sur la morale des paens qui fait le thme des rponses catholiques. Voir quelques titres d'ouvrages dans Diebolt, op. cit., p. 24-25. IV. CON'CIXA, SES ENNEMIS. SES SUCCESSEUBS. La querelle est donc loin d'tre apaise. Elle eut son plus
grand clat en Italie, autour du dominicain Daniel Concilia. Sur la carrire et les crits de cet auteur, voir
l'art.

Ciincina. t. ni, col. 070-707. L'ouvrage de Concilia. A la suite d'une premire publication relative a l'observation du jene et des
1
lui
lire les Lettres

genitus (1713) se plaignent volontiers que la coiislitu tion doive tre l'occasion d'une recrudescence de ces dsordres. Cf. Dllinger-Reusch, op. cit., t. i. p. 327 332. Ainsi dans le violent crit souvent attribu a l'ora

avait attires (on lui conseillait du I'. Segneri. alin de s'j instruire du probabilisme), Concilia crivit son ouvrage le plus retentissant, connu sous le nom de Stonu del probabilismo, mais dont le titre exact est l)> Un storia

rpliques qu'elle

dans l'une de

del

torien Boyer, mais qui est peut-tre d'un laque nomme Pan, aussitt condamn au feu par le Parlement et mis l'index en 1732, intitul Parallle del doctrine des paens avec celle des jsuites et de la constitution du

Unige qui commence par ces mots Amsterdam, 1726, et dans les d, libelles composs par le mme pour la dfense de cet crit. Voir Heusch, Index, p. 754. Dans l'Abrg de l'histoire ecclsiastique contenant les vnements C0 drables de chaque sicle, avec des rflexions, t. xn, Copape Clment
:

XI

nilus Dei Filius...

probabilismo e dei rigormo dissertazioni teologiche, morali e criliche... (Les circonstances dtailles de la publication dans l'art, cit, col. 681-682.) L'ouvi ddi au cardinal Nerio Corsini, comprend deux tenues parus a Lucquea en 17 1.1 II est crit en langue vul gaire, comme on voit, l'un des buts de l'auteur tant d'intresser le public A la querelle; voir t. i, p, i. sans tre proprement une histoire du probabilisme, l'ouvrage contient nombre d'informations historiques et

demeure
Il

l'un les

travaux Importants sur


il

la

m.itieie
i

est

de plus un en

de circonstance

logne, 1755 ( l'index en 1757. p. 708), sont plusieurs articles sur

dont

le

relchement

est dit

Ucusch, op. cit., morale des jsuites procder des erreurs de cet
cf.

la

Pres sur la grce, ce qui n'est pas jiislilie; allusions B la morale aussi dans des Lettres d'Eusbe Phtiallhe a XL Franois Mornas..., Lige, 1755, voir lett. \n el xvm). Un chapitre considrable est consacr au probabilisme dans les Extraits des assertions dangereuses cl pernicieuses en tout genre, que les soi-disant jsuites ont dans tous les temps et persuramment soutenues.

tmoignages de la campagne qui devait aboutir la suppression de la Compagnie. Sur les auteurs, voir Barbier, Dictionnaire des anonymes, au mot Extrait; Reusch, op. cit., p. 921. Au t. i. p. 25322, recueil de citations allant de llcmiqucz (1600) a Trachala (17.V.)) (ce dernier est l'auteur d'un Lavacrum conscientise, mais peut tre ne tut il pas jsuite; voir Hurter, op. cit., t. iv, col. 1017, avec la note). Quelques chapitres encore sur la morale dans le Problme hlsto rique : Qui, des jsuites ou de Luther et Calvin, ont le plus
Paris, 1702, l'un des

nui l'glise chrtienne:' Avignon, I7.">7. au tu; du semble P. Casnedi, nomm ci-dessus, on > dit qu'il avoir cume tout ce que les probabilistes ont dit de dans un plus absurde sur la probabilit , p. 54, ouvrage qu'on pourrait appeler le panthon de sa Compagnie . P. 55. L'crit fut mis a l'index en 1759. Reusch, Index, p. 815. La suppression mme le la Compagnie (1773) ne mit pas lin ausssltot cette littrature, comme le tmoignent les Lettres d'un tholo gien M*** o l'on examine la doctrine de quelques
i

crivains modernes contre

les incrdules. 1770. diriges contre les ouvrages d'anciens membres de la Compa ou avoue (pie les gnies; la lettre v est sur la morale auteurs incrimins n'ont pas reproduit les maximes discrdites des casuistes; mais les principes y sont encore. A la diffrence des prcdents, ce dernier exemplaire d'une littrature polmique somme toute peu intressante ne ligure pas au catalogue de l'Index. Il faut signaler enfin que probabilisme et casuistique eurent leur part dans les controverses qui mirent aux
:

polmique, Conclna dont il n'eut pas l'Initiative. Mais il est aussi un livre de doctrine o la position de l'auteur est nettement dessine. D'O intrt multiple de l'ouvrage, crit d'un style anime et limpide a la fois. Con< Ina eul dfendre d'avoir Imit Pascal,* omme le lui reprochaient ses adversaires, sentant la force- de ce nouveau coup Aprs la ddicace, la prface et un avis au lecteui ion Conclna raconte comment il en vint a crire son livre), la premire des cinq dissertations, 1. 1, p est un historique du probabilisme, divis selon les de 1577 a 1620, n.ilss.iti. les suivantes p humbles commencements; de 1620 A 1656, pro 0, dcadeno de 1690 1743, la dca de idnie extrme et dernire. Nombre de p.i_i s sont anei dotiques, el plusieurs franchement amusantes: la que relie du jeune, p. 241 246; le H"lil qu'on lui a trouve de carriolaro ou ramasseui de poubelles, p. 299 Concilia proteste avec force contre cette tactique d< adversaires d'appeler jansniste quiconque l> s rfu tes. Q dmontre que les s.iints Pres sont des m. litres en matire de morale non moins que le dogmes. En passant, il se dtend contre les Injures ou calomnies dont 11 a t l'objet. La il dissertation, t. i, p 572, roule sur les deux premires lettres de Segneri et contient un historique dtaille de l'affaire Gonzalez La critique selle de pies le texte de l'adversaire, a qui Conclna joint Terillus II est difficile, aprs un si grand nombre d'crits, que ces rfutations apportent du non veau. Tant de dialectique el dent tain risque ninie dlie de peu d'elle! quand on sait que le probaln lisme procde avant tout d'un esprit plus rsistant que les thses ou les arguments dont il s'entoure, lu appendice, p. 57.1 682, termine ce 1. 1; l'auteur j a con sign des rflexions diverses, dont les plus notables soin aux c. i\ vi, sur l'ignorance. P. 627 sq
tre
I t
.

porte un arac rpondant a des attaques


el

,i

Au
lir'

t.

u. la

111'

dissertation, p.

1-256,

examine

la

de Segneri et constitue de ce chef une tude doctrinale sur maints lments du probabilisme; Teril lus y est de nouveau pris a partie, avec des auteurs plus rcents Les dcrets d'Alexandre Vil et d'inno
lettre

../:>

PROBABILISME.

I.

ACTION DE CONC1
grand succs
et

NA

> sont apprcis. On remarquera dans cette dissertation le c. vu, p. 162-167, o Concina donne, s'inspirant d'ailleurs de Camargo (voir col. 544), un bref aperu d'ensemble de la probabilistica machinazione. La IV dissertation, p. 257-332, explique la vritable et suinte rigueur de la morale chrtienne , compare avec les relchements de quelques casuistes modernes. On y peut voir dcouvert l'inspiration propre le Concina. Il louche celte lois et dnonce l'esprit mme du probabilisme. Enfin, la \ dissertation, p. 333-504, examine diverses propositions, les unes taxes de rigorisme, les autres de laxisme. Concilia y explique clairement que ces noms de rigoriste et (le ut iorisle lui sont attribus par ses adversaires et pour le discrditer (exactement comme le nom de probabiliste fut cr avec une signification pjorative); Une les

cent XI

Raction provoques.

tions vinrent a gnent quelques-unes des lettres recueillies en appendice de l'ouvrage de D, Sandelli (= V.-D. Fassini, 0. P.), De Danielis Concina vita et scriptis commentarius. Brescia, 1707 (ce rcit, crit la louangi Concilia, fournit l'information dtaille d'un contemporain sur toutes les affaires o fut ml le fameux thologien); le pape Benot XIV lui-mme fit expri-

L'ouvrage connut un provoqua de l'motion. Des approbal'auteur de toutes parts, dont tmoi-

mer

l'auteur sa satisfaction. Mais, d'autre part, bien l'on pense, il se leva contre cette Storia une lgion d'adversaires, qui amenrent Concina se

comme

prend pour lui le Fausse rigueur, dit Concina. celle qu'on nous reproche; comme fausse bnignit, celle dont vous vous flattez. Il y a dans cette dissertation une vraie campagne contre les confessions faciles, avec des passages d'une belle et rave loquence, rapprocher de certaines pages des Provinciales, par exemple, c. v,p. 484-486. Kn appendice dut. n, Concilia a insr une dissertation apologtique relative aux querelles d'o est sorti le prsent ouvrage. La doctrine de Concina se rencontre avec les thses communes aux antiprobabilistes. Par ailleurs, il se dfend, on vient de le voir, de jansnisme, de rigorisme, de tutiorisme. De fait, il ne mrite pas la rputation redoutable que lui ont cre ses adversaires, thologiens prompts juger rigueur ce qui n'est qu'un juste sentiment du srieux de la vie chrtienne. Des protestations dont sont faites les dissertations IV et V, il y a beaucoup plus retenir qu' blmer. A-t-il tort de dnoncer la contradiction des livres spirituels et des livres de morale, ceux-l exhortant la vertu, ceux-ci acharns diminuer les pchs? Il ragit contre l'ide d'une vie chrtienne savamment concilie avec tous les plaisirs du monde, et contre l'abus qu'on a fait de la diffrence des sculiers et des religieux, des prceptes et des conseils. Il rpand une belle et traditionnelle lumire doctrinale sur ces questions o les modernes, dit-il, ont cr des quivoques et mis de la confusion. Tout au plus observerait-on de sa part une insistance sur la difficult du salut; de mme, tout en permettant les divertissements, etc. (il est plus humain ici queBossuet), il soulignerait l'excs le danger qu'ils reprsentent pour la vie chrtienne. Mais, quand il explique en quoi consiste la suavit du joug chrtien, non point affaiblissement de l'obligation, mais effet de la grce et des vertus, n'a-t-il pas de nouveau mille fois raison? Sur des questions plus prcises et dlicates, comme celle de l'ignorance, sa doctrine se garde de Concina dclare nettement fausse l'excs jansniste
accepte pas
et l'on voit ailleurs qu'il

titre d'antiprobabiliste.

dtendre et reprendre la plume. D'o un nouveau et considrable dossier en cette querelle du probabilisme, comparable celui qu'avaient inaugur les Provinciales, prs d'un sicle plus tt. (Les pices recenses dans l'art. Concina, col. 683 sq.) Se liguent contre Concina avec le P. San Vitale, jsuite, son premier attaquant et qui sera le plus obstin malgr ses dboires et son grand ge, d'autres jsuites, les PP. Ghezzi, Zaccaria, Lecchi, Bovio, Richelmi, Gagna, sans compter l'auteur mal identili de l'odieux libelle Ruratiazione solenne..., o sont impudemment pousss l'extrme les plus indignes procds de controverse; cf. art. cit. col. 689-690. On crivit des justifications des auteurs attaqus dans la Storia, on feignit de produire des supplments l'ouvrage, on imagina des lettres et des dialogues, on publia des avertissements toutes les formes de ce genre littraire, avec les variations ordinaires de style, du doucereux au violent, du plaisant
:

l'injurieux.
celle-l,

Des querelles voisines


celle des

se greffrent sur
>-,

droit naturel n'excuse pas de la faute, t. i, p. 634-635; sur la ralit ou non d'une telle ignorance, il s'explique aussi en des termes trs loyaux, le conduisant une solution qui est sagesse. Ibid. Un seul point nous a paru franchement contestable en sa doctrine s'il consent que l'ignorance invincible excuse, il refuse nergiquement que l'acte commis en ces conditions puisse tre mritoire, t. i, p. 464-467, 646; l'appui qu'il prend alors sur saint Thomas n'est pas fond. Nous ne croyons pas non plus que son opinion soit traditionnelle dans l'cole thomiste. Nous touchons ici un cas mais c'est quoi se rduit cette intolde svrit rable rigueur communment impute Concilia, moins sur la foi de ses textes que de la renomme. On voudra donc bien, une fois de plus, propos de cet auteur, rectifier le sens des mots de rigorisme et de tutiorisme si toutefois on tient encore les lui appliquer.
la thse
:
;

que l'ignorance invincible du

mamillaires ainsi nomms par allusion un cas de conscience pos par le jsuite vnitien Benzi. Le bruit s'en rpandit en France, o le dominicain Franois Du Four traduisait en une lanue chtie et dans un style de salon l'un des crits de guerre de Concilia, Les quatre jiaradoxes, Avignon, 1751. Peu prendre en cette multitude d'crits pour l'historien des doctrines. Il faut seulement noter cette coalition d'crivains jsuites, dfenseurs tout prix du probabilisme contre l'antiprobabilisme que reprsente un dominicain la lutte doctrinale devient ici celle des deux ordres entre eux; ils n'avaient plus t aussi bruyamment aux prises depuis les grandes disputes de la grce. Bientt s'adjoignent Concina quelques-uns de ses confrres, comme lui appartenant la congrgation rforme du bienheureux Jacques Salomon Venise, et notamment Patuzzi, que nous verrons bientt en lutte avec un plus insigne adversaire. Il intervint ds l'abord l'occasion d'un nouvel crit du P. San Vitale, auquel il opposa les Leltcre teologicomorali di Eusebio Eraniste..., Trente, 1751, qui devaient se multiplier jusqu' remplir six volumes. Des informations historiques et des documents y sont rassembls, qui les rendent prcieux (nous en avons fait usage ci-dessus, comme on l'a vu). Concina de son ct recueillait des pices qu'il insra dans sa Difesa dlia Compagnia di Gcs, publie aprs sa mort Venise, en 17ti7. L'tablissement de ces documentations historiques fut peut-tre l'effet le plus heureux de ces quelque vingt ans de littrature polmique. De la Difesa... parut Venise, en 1769, une dition latine. Vindicise Societatis Jesu.... contenant sept documents supplmentaires, les uns sur l'affaire Gonzalez, les autres relatifs Concilia lui-mme, ses dmls avec la Compagnie comme ses rapport s avec le Saint-Sige. Car le Saint-Sige n'a pu manquer d'exprimer son sentiment sur des matires aussi violemment dbattues. Quelques pices seulement de la polmique tombrent sous la prohibition de l'Index. Voir Reusch, Index, p. 816 sq. La Storia, qui fut dnonce, demeura indemne de condamnation. A travers les pripties et

dont

577
les

PR0BABIL1SME. L'ACTION DE CONCINA


pchs,
les

&/i

incidents de toute l'affaire, dont on trouve un rcit bien inform l'art. Concina, il semble que la faveur

de Benot XIV soit pour Concina, qu'il encourage, qu'il dfend, en public e1 en priv. On remarquera notamment avec quel soin le pape, qui avait interdit tout nouvel cril entre Concina, San Vitale etGhezzi, lit savoir que la dfense ne concernait rien d'autre et qu'il n'tait pas du tout interdit Concina ni aux dominicains en gnral d'enseigner, d'crire et de dfen die la doctrine du probabiliorisme comme la plus plausible et la plus sre . Sandelli, op. cit., p. 58. I* 'il lustres

personnages de

la

cour romaine tmoignrent

cina leur sympathie OU

mme

leur amiti. Art.

Con Con-

<-in v. col. 702-705. Par ailleurs, le pape n'entend point entrer dan s la querelle cl prendre parti pour l'un contre l'autre; cf. Correspondance de Hem, il XIV, d. E. de sans indul 1 Ici ckcren, t. I, Paris, 1912, p. 50; il juge gence les excs O put verser Concilia au cours de ses

polmiques contre
1X2.
et
il

les jsuites, ibid., t. u, p. 157, 162, redouterait mme de la part de cet auteur une interprtation force des doctrines du Saini Sige sur tel [joint de morale, par exemple le pu
I

.,

intrt. Ibid.,

1. 1,

p. 244.

Il

reste

que dans l'ensemble

la campagne de Concina el la doctrine qu'il reprsente semblent rpondre aux vux el aux proccupations de Benot XIV. tels que le tmoigne une lettre prive (h < Nous dirons a ... ce pontife, <\t< 26 avril 1743 Votre Kminence que la morale chrtienne esl en in s mauvais tal par le grand relchement qui s'est In1 ro (luit dans les opinions, el nous pouvons l'assurer que ce qu'il y a de mieux parmi les jsuites en conv lent el qu'on a fait tort plusieurs d'entre eus de les regarder comme des auteurs de mauvaises maximes. On a rendu inutile la condamnai ion (pie nos prdcesseurs ont faite de diverses propositions en donnant a ces propo sitions des interprtations forces. On a trouv le moyen d'accommoder ensemble l'assistance a la messe et aux assembles mondaines, la frquentation des sacrements et celle des daines, cl cela parce (pie les confesseurs ne suivent pas les vraies masinies touchant
:

vertus opposes, les sept batitudes. Aucun souci, on le voit, de ramener la thologie morale a s,,,, ordonnance classique; le mot de dogmatique dans le titre fait allusion aux fondements sur lesquels Concilia entend tablir sa morale: mais, sur chacune des matires tudies, une multitude de problmes pratiques d'obligation et de licit, ou Concina donne ses soin lions. Kn somme, une sorte de ontre-casuistique. dont le dtail ne le cde en rien aux modles du mure. Il n'est gure ais d'apprcier infailliblement celle-ci. Nous ne ferions pas difficult d'avnu.i que, SUC tel ou tel point, Concilia est plus exigeant que de raison, ou plutt qu'il est permis de juger autrement que lui. Il si en raction, ne l'oublions pas, contre des abui tains, don le risque d excder eu sens contraire. Mais la rputation gnrale de rigueur dont il jouit n'est mrite que comparativement; il est pins rigoureux que la masse des asuisles. mais eu soi il n'est qu'un moraliste pntr de la gravit de la vie chrtienne. Il est du leste remarquable que. dans la polmique a laquelle donne lieu a son tour la Theologia christiana, et dont on lira les dtails <t l'imbroglio l'article Con cina, col. 692-694, on reprocha violemment a l'au leur ses attributions aux moralistes psuit, s de prODO sitions relches, mais on m- lui lit griel < lui mme d'aucune outrance oppose, (.niant au svsteme moral de Concilia, nous le retrouvons, telle lois sous I, s formes didactiques, dans VApparatu qui, dans s,, pense, sert d'introilin khi au orps de son OUVTagC \u de .cite sorte d.- mthodologie, l'auteur revient t. ii tout au loue sur le probablllsme, el Ion peut voir la J mme doctrine que nous avons dgage le la Sloria, siu les points notamment qui oui t mentionns I... diffrence de Concina ci des moralistes jansnlsti plus que jamais manifeste II dveloppe en effet des
(
-,
I
i

clionc es
i

comme

ceux

l'occasion prochaine, laquelle ne consiste pas.


le sait

comme

bien Votre Kminence. dans les actes extrieurs ci consomms, mais encore dans les ailes Intrieurs et (le simple dsir. > Ihul., I. i. p. 50. On peut donc penser, el nous le verrons continue plus lias, que persis

opinlonem mlnui tut. un vidente] pro babllioram advenus tutloran pro loge mlnui prafeabllem. leiiuiii esi amplectl opintonem vidente! nrobablUorem ex gravtbui momentii pro llbertate, relicta minus probabili tutlore pro lege. vt in u. operandum sunlcll dlctamen v, ,, probablle aeu moralitei certum, luxta SS. rtiomam, Vnlo iiiiuiiii. ailosque communltei t. un aoliquos quam rcentes antlprobabilistas. App., t. n, III. iih- \.
t
I ,

oit uni est icqul

sentiments dont Innocent \ l'as plus a la date O nous sommes qu'au sicle prcdent, le probabilisme n'a le droit d'invoquer pour soi les laveur-, pontificales. Il s'esl dfendu el perptue de sa propre nu tiative, par ses seuls moyens, sous son exclusive respon sabillt, Ce nouvel pisode de la querelle marque une appropriation croissante du probablllsme de la part de la Compagnie de .Jsus, l.a disjonction iulio duite grand'peine par Gonzalez cuire le svsteme el celle-ci, dont l'effet a quelque peu subsiste aprs lui, quoique en des conditions toujours prcaires, ne semble plus gure promise a de longs et paisible?
(aient alors
les
l

Rome

ralit,

avait

le

reprsentant,

espoirs.

Theologia christiana </< Concina, La un type original d'ouvrage, inspire a Con cina par les circonstances. Tandis qu'il l'crivait, il avait commenc dj un monumental ouvrage d'un type beaucoup plus rpandu, une thologie morale a la
/.c

voulu s'en morale elirel nulle. La Theologia christiana tait ddie A Benoit \i\ Oc ce pape. Concina a consign dans l'Apparatus t. t. c. xviii. un grand nombre de constitutions relatives la morale u reproduit aussi une lettre Italienne (rite. dit-il, de la propre main lu souverain pontifi '-'(juin 1749, aux patriarches, an In v .pies et vqUCS, sur la prparation de l'anne sainte. //>;,/.. t. n, 1 III, diss lll. vin. Benot \l\ v donne des avertisse la confession oit. aprs avoir cit ments ici. dits le prambule lu dcret l Alexandre VII, il lignes remarquables el dont l'intention chappe aux chicanes textuelles
la
<

Concina perptue en un temps qui dtacher l'une des rgles traditlonnelli

.i

Sloria tait

mode du temps, mais o


tifler les

il

solutions dvies de

entendait prcisment rec la rcente casuistique,

sans entrai dans aucun dtail particuliei m dans les questions Inexti Icables qu'on peut soulev] soi crdit des auteurs -t i- iiiiis doctrines, nous nous contenterons ddire pie i- bon confesseur, tans les matires douteuses, ne doit son opinion prive; 111. os. avant de rpondre, pas se nei qu'il ne se contente pas de voir un sent in re, mais qu'il conI.

.i

les luttes que nous avons dites n'empchrent point niant crivain de publier ds 1749 sa TViei christiana dogmatico-moralis, dont les douze ornes in I" taient termins en 1751. I.e plan s'en distribue a la faon devenue commune le Dcalogue, les pie ptes de l'glise, la justice et le droit, les sacrements, les bnfices, la simonie, les censures, les vices et les
l
: =

plus respectables; ensuite, qu'il pins appuy pai la raison et par l'autorit. Vmsi nous expliqi is-nous dans notre encyclique sur les usines fia lettre buis e t. de notre Bullaire, si Suis privalis opinionibus nenimis adhareanl, su! priusquam responsumreddantpluresscriptores ruminent qui magis inter r.rt,r<>s prdicanlur, deinde eus partes suscipianl quas tum ratione tum auctoritate plane confirmtes
livres
les

sulte entre

les

lacune

le

parti qu'il

ei

i.,

mm

intelligent.

\ous

le

rptons maintenant,

la

maxime

nir.T.

DE THO]

CA

Ilot

T.

XIII

19.

'I

I'

liol
.<

kBILISM

E.

I.'

ACTION DE

S.

ALPHONSE
1
1

-M

devant pas tre restreinte la seule matire de l'usure, mais tre tendue a toute autre chose appartenant au loi mente! el aux rgies de la conscience.

thologique depuis

..">;

et

que Patuzzi
:

comme Con-

cina illustre vers ce temps

Concina cona bien il avait agr l'hommage de sou livre, parmi les difficults que suscitrent a l'auteur ses anciens adversaires, renforcs notamment du I'. Noeelli. S. .1. Cf. art. Concina. !<><. cil. Aux cts du matre dominicain vint se mettre alors l'un de ses confrres, le I'. Dinelli. (lui crivit des Epistoite ad Nocetum. Concilia mourut
le

Ce pape eui l'occasion

montrer

cniin [erendum est ut quura babeanl divlno beneflcio quein sequantm moralis scientiae Magistrum... banc [dod 'inam temere dc-enoil el commit tant mi;i culpa ut cum sua aliorumque pernicie in alterutram fortasse partent imprudentes dclinent, ut aui christianam vivendi severitatem ab evangeUca el ecclesiastica institutione revoceul ad consuetudinis libertatem licentiamque sentiendi; aui immoderate pneceptorum acerbitate homines a cultu virtu

Non
11
i l

loi

tis

absterreant. I>:ms Miscellanea dominicana,

Rome,

r>2.;.

Venise
I"

21 lvrier 1756. Les successeurs de Concilia.


le

p. 1112.

reuse donne pal' lui a l'anl point dcliner de sitt. A peine publie sa Theologia Chris tiana tait sortie du mme couvent vnitien la somme de L'enseignement qu'y donnait un de ses con-

L'impulsion vigouiprobabilisme ne devait

Sur la matire du prsent paragraphe, une Information documente dans DoIIinger-Reusch, <;/. cit., t. 1, p. 303 sq.;
cr. p.

314-315.

V. Saisi

ALPHONSE

LlOUORI.

Dans

le

mme

Fulgence Cuniliati, une Universa thologies moralis accarata complexio instiluendis candidatis accom~ modata, Venise, 1752. souvent rdite. Sur le type des thologies morales du temps, avec un souci doctrinal peu accus, l'ouvrage reprsente sur les questions de la conscience les dises de l'antiprobabilisme. 11 atteste l'activit et la cohsion du groupe dont Concina fut le grand personnage, l'n cadet de celui-ci, J.-Y. Patuzzi, a pris une part importante, nous l'avons dit, aux controverses en cours. Il devait bientt intervenir en son propre nom, avec des ouvrages qui prennent la suite des publications de Concina. 11 donne en deux tomes Venise, en 175H, un Trattato dlia regola prossima dlie azioni umane nella scella dlie opinioni..., desine. comme la Storia, un publie tendu. La doctrine est exactement celle de Concilia. Il n'y manque pas non plus une partie historique, trs abondamment documente. Ouvrage de critique, dans l'ensemble, plus que de construction, mais, en ce genre, tout fait raisonnable. Nouvelle publication trois ans plus tard, en 1761, Venise, sous le pseudonyme habituel d'Eusebio Eraniste et sous la forme cette fois de Leltere ad un minislro di Slato sopra le morali dottrine de' modrai casisti e i gravissimi danni che ne risultano al pubblico
frres,
I

temps ou se produisent les ouvrages et les controverses que nous venons de dire, mditait de son ct sur ces questions de morale le fondateur d'une rcente congrgation de missionnaires des campagnes, lui-mme consacr a ce ministre et proccup de la sage administration de la pnitence, saint Alphonse de Liguori. Aprs une premire et brve adhsion au probabiliorisine. bientt abandonn comme doctrine rigide et malaisment applicable, vint chez lui une priode probabiliste dont tmoignent les premires ditions de la Thologie morale, 1748, sq. (qui ne fut d'abord, on le sait, que la Medulla de Busenbaum annote) et deux Dissertations
de 1749
titres et
et

17. Cette priode ne fut d'ailleurs pas


et

exempte d'hsitations
les

de ttonnements. Voir

les

bote, alla societ civile e ai dirilti, autorit e sicure::a dei sovrani, douze lettres intressant la suite des polmiques de Concina. Patuzzi, qui s'y tait dj employ
celui-ci nombre de est il des casuistes remarquable que la trs grande part des auteurs incrimins appartient au xvn e sicle. Et la cause n'en est pas l'imitation de Pascal, de laquelle son tour Patuzzi se dfend, mais le dclin certain de la casuistique folle des premiers crateurs du genre. Vient enfin l'ouvrage didactique, fruit de l'enseignement, le troisime en dix ans qui sort du mme couvent rform de Venise, YEthica christ iana sine theologia moralis. Elle parat a Bassano-Venise, en 1760, en trois tomes in-folio; elle est rdite en 1770 el mise en Compendium en 1783. Le plan gnral, comme le tilre lui-mme, rappelle de fort prs l'ouvrage similaire de Concina, dont il semble que l'influence ait fortement marqu Patuzzi. Les exposs se partagent en Doclrina et Consectaria, celle-l se rclamant de saint Thomas et introduisant un peu de levain en cette niasse de cas; ceux-ci se rfrant aux discuss^as du temps et ragissant contre le relchement. Il faudrait redire des solutions (h Patuzzi ce que nous avons dit de Concilia morale grave, certes, mais non rigoriste ni impraticable aux chrtiens. Nous le verrons dcouvert dans les crits les plus notoires de Patuzzi, dus la cont roverse qui le mit aux prises avec saint Alphonse de Liguori. Au terme de ce paragraphe, il n'est pas hors de propos de citer l'extrait d'une lettre envoye l'ordre des frres prcheurs par le maille gnral Thomas de

dans l'ouvrage prcdent, relve en


propositions relches prises

plus dtailles, art. Alphonse de Liguori (Saint), t. 1, col. 906-02(1; voir aussi la biographie classique du P. Berthe, Saint Alphonse de Liguori, t. 1, Paris. 1906, p. 177 sq.: et F. Delerue, Le systme moral de saint Alphonse de Liguori, docteur de l'glise, Saint-Etienne. 1020, passim. En 1761, dans la cinquime dition de son Istruzione e Praticu, c. 1, p. 3, n. 30 et 32. apparat une nouvelle attitude o est exclu l'usage de l'opinion moins probable. Saint Alphonse est ds lors entr dans la voie o il demeurera jusqu' sa mort (1787) et selon laquelle il procde l'laboration du systme auquel son nom est rest attach. Notre tude peut ngliger les crits antrieurs 1761, et parce qu'ils n'intressent pas la pense dfinitive du saint, et parce qu'ils ne font que reprsenter le probabilisme connu. Leur examen relve d'une biographie doctrinale de saint Alphonse, qui n'est pas notre objet. Xous retenons pour l'exposer ici et l'apprcier la doctrine dfinitivement adopte et dfendue par saint Alphonse: ensuite, nous considrerons la destine et l'autorit de cette doctrine.

informations

/.

LIGUORI.
lica est

LA DOCTR1XE MORALE DB SAINT ALPHONSE 1>E La brve indication de Y Istruzione e pra-

bientt suivie, en 1702. d'une dissertation circonstancie, qui restera un document capital de la pense alphonsiehne Brve dissertazione dell' uso moderato dell' oplione probabile. Son objet d'ailleurs est beaucoup moins de combattre le probabilisme, dont cependant n'est plus
:

Boxadors,
ciel

le

30 avril
esprit

du

mme

I7.">7. nouveau tmoignage offque nous observons en celte cole

la thse favorable la moins probable, que d'liminer le rigorisme, ainsi que parle l'auteur. Aussi les attaques lui vinrent-elles de ce ct: ce n'tait pas la premire fois on avait dj dnonc comme trop bnigne la deuxime dition de la Thologie morale; cf. Berthe, </'. cit., t. 1. p. 54 sq. Aprs la lettre d'un religieux anonyme parvenait l'auteur de la dissertation, en 7 un opuscule de J.-V. Patuzzi, dissimul sous le nom d'Adolfo Dositeo, intitul La c<ms<t dei probabilismo richiamata air esame du Monsignor />. Alfonso de Liguori e convinla nooellamente di falsil (le 1'. de Liguori tait devenu vque de Sainte- Agathedes (oths. le 11 juillet 1762). Ce fut ds lors entre les deux adversaires nu change d'crits et. de hi part de

admise

>

.81
siiini

PROBABJLISME. L'ACTION DE
critiques
1
;

S.

ALPHONSE
cit., t. ii. p.

les

Alphonse, un souci de dfendre son opinion contre entendues. Titres et dates, art. cit,
:

d'o nouveaux crits de saint Alphonse. s ui ces vnements et les autres difficults rencontres par ce
dernier, voir l'ait, cit; Berthe, op.

Berthe, /' cit., t. n, p. 153 sq. Delerue, <>]>. cit., Il r;m protester conl re le ton le ces ailleurs l'endroit de PatUZZi. S'il est coupable de quelques fanfaronnades, sa doctrine est srieuse, cl l'opposition qu'il fil a saint Alphonse digne d'tre prise en considration.) Cette controverse a notablement contribu a l'laboration cl la justification du s\stemc alphonsieu. Elle aura donc l'avantage de mettre en relief les celle thologie morale. traits caractristiques de Rien n'est plus dbattu en celle querelle que l'oblide la loi douteuse. I.a solution ngative que saint Alphonse avait adopte ds le dbul semble tre alle se confirmant a mesure que les arguments s'changeaient, jusqu' devenir le principe majeur el v pique de son systme moral. Nous avons signal elle/
col. 91

270

sq.,

p.

50

sq.

330

sq.; Delerue, op.

cit.,

p.

"il

sq.
I

En 17<i7. dans la sixime dition de la morale, paraissait pour la premire bas la dissertation sur le systme moral, remaniement dis crits de controverse et fruit de ces quelques annes de discussion. Avec des additions et des amendements, elle burcra
la huitime dition (1779), l'dition dfinit! 1 l'ancienne dissertation, selon l'avis d'un admirateur du saini. atteint sa perfection et constitue b chefd'uvre de saint Mplionsc comme thologien n liste Delerue. op. Cit., p. 7.'!. Nous serons donc entie riment quitable en exposant et en apprciant d'aprs

dans

,i

Suarez, col. I7.'i, l'origine absolument premire de cet te solution nos auteurs ont perdu de v ne ce loi ni ai n pu cdenl et Patuzzi se contente de remonter jusqu' Se et Terillus; il esl certain en tout cas pie saint Alphonse a rouv l'ide dans le prul nihilisme en cours.
; ,
i

o il l'emprunte. Patuzzi la lui reproche de toutes tes manires. Vous confondez, dit -il son adversaire, la pro mulgal ion ncessaire el suffisante de la loi avec la connaissance prive le la mme loi. i.a causa..., p. 7. Nous ramen/ indment a la qualit d'opinion une loi au sujet de laquelle on doute, avec des raisons a peu prs gales dans les deux sens. Ibiil., c. m. Vous raisonnez mal quand vous nie/ que de la loi dont lise puisse rsul ter une obligation certaine. lbid.,c. rv. Vous identifiez raison le doute d au conflit de deux opinions qul valentes avec l'ignorance Invincible. Ibid., c. v. Et, comme l'auteur de la dissertation avait invoqu' en sa faveur saint Thomas d'Aquin, Patuzzi lui rtorque: Incroyable, monseigneur, est le grand abus que vous laites de la doctrine anglique de saint bornas, sans malice, je veux le croire, et par simple prvention en laveur de la sentence adopte par sous, laquelle vous occupe tout l'esprit el vous fail entrevoir ce qui jamais m- lut enseign parle saint docteur, cependant que vous ne remarquez pas ses sentiments vritables exprims par ailleurs avec une entire clart. Ibid., p. 69. Que rpond saint Alphonse la critique capitale de Pa luzzi? lai substance ceci Il est certainement contra dietoire de dire (pie la loi. probablement existante el probablement non existante, esl certainement Inexis
1
l
:

stme alphni,- icn. concerne te choix des opinions et l'u habilit, scion te sens fcheusement restreint qu'a pris le mot de systme moral dans la thologie modi On se tromperai! du tout .m tout en cherchant ici une doctrine morale compli te el ordonm saint Vlphonsi se garde bien d'j prtendre, n'ayant souci, dit-il par un raisonnement curieux, pie du salut de son lecteui el de celui des anus |.,- relie! privilgi ainsi reconnu aux questions de la conscience consacre ( dpl ment de la thologie morale que nous avons cl dessus critiqu, bus de ses premires manifestations. Ainsi entendu, le systme alphonslen tient en trois proposielle le sv
Il
t

ions.
I.a
Si

premire exprime
opinlo qua
i

le

probabiliorisme de l'auteur
Theol. n,r..
.net.
I.

itat

pro lege vldetur eerte probabilior,


I.

lp*
n. 54.

oo lectarl tenemui
l'dll

tr.

I.

cm.

(Nous citons d'aprs

Elle esi demeure,- trangre aux difficults sus. l'auteur de son vivant il s, trouvi qu'on en dispu Ici a plus tard, oui me nous dirons I.a pu liant oui un
.1
;

elle se prsent e. elle

de lin M

la Correct

|U.

s|

un

pose

a lui

mme
i
|

saint

Uphonsepai rapport
I

1re n ces ant leilfes. il .lit lue si ne Y. al s, qui du piobabilisme L'opinion moins probabli ment connue comme telle n'esl plus poui l'auteui une
I

I,

rgle lgitime de conduite

las deux autres propositions Intressent lis ,,s ou sont en conflit deux opinions galement probables. En voici l' ic essentiel
:

tante; niais
esi

il

n'est pas contradictoire

gante, pour

probablement existante et la raison que l'opinion contraire (savoir

de dire que la loi certainement non obll

qu'elle n'CXiste pas) est. elle aussi, probable, puisq e alors, n'lant pas suffisamment promulgue, elle n'induit pas obligation. - Di/esa dlia dissertazione, 1765, Opre, t. xxxvin, Venise, 1834, p. 152. (in l'on passe, comme il est manifeste, d'un dmite sur l'existence a une certitude de la non-obligation, sans pie soit Invoqu de l'un l'autre aucun moj en tenue: au lieu que, pour Pa
tuzzi, un doute surl'existenceemportedu mme coup un doute rigoureusement gal sur l'obligation. Comme il avait dit nagure dans son Tntlt<il,>, 1. 1, p. 234, au sujet des partisans de la loi douteuse non obligeante Ils devraient plutt proposer leur principe comme ceci Quand il v a des opinions probables dans l'un el dans
:

qutt si ,i pro litx probabllli vel cque probabilii bc altra qua st.,i pro lege, nec et tara Ipsam qui sequl pot est, eo quod sit probabllls Nain ad licite operandura sola non iiirTicit babllltas; sed rcquirltui moralls certltudo di
si

liieo

secundo quod,

op

i.iiihini

aclionls...

Propterea ralsum reputo elTatum

lllud

commune
agit, pru-

Inter probablllstas.

nlmlrum

Qui probabilit)

s'tend commander ou dfendre quelque action, la loi certainement ne s'j tend pas. El ils verraient alors sur-le-champ la Fausset et le ridicule d'un principe qu'ils chantent sur tous les Ions. Aucun des deux adversaires ne convainquit l'autre, mais sain Alphonse, nous l'avons dit, ne fit que s'approprier de plus en plus le principe litigieux. Patuzzi mourait en 1769. Deux autres crivains entrrent aprs lui dans la mme

l'autre sens, sur la question de savoir

si la loi

denteraglt. Ibid. n Dtco tertio q t. duabus aeque probabilibui opln luis concurrentlbus, quamvis opinlo un nus tut.i teneri non possii quoniam, ut dixunus, s,.i probabilits (nota, */.( probabilitas) haud Drmum pncbel fundamentum ad licite operandum; ta mon oplnta 111a qua stat pro llbertate, cum n>quall potl itui probabilitate ai opposite qua stat pro grave quidem Immittil dubium an existai x qui actionem prohibeat ac proInde sufllcientei promulgata minime dlci potest; Ideoque dum eo casu promulgata non .si. acquit obligare; tanta mai Is quod lex Incerta non potest certain obligatlonem Inducere. hafc est sententia t>. I' quara e; o sequoi el qim certa mthl apparel etc. Ibid.,
i

t<

Par celle faon d'amener cl d'noncer s., solution. \lphonse donne tout le relief possible au principe rflexe, par la vertu duquel exclusivement sera dite bonne une action qui. sans lui. ou le prix lame, et
saint

l juge

illgitime.

ce

principe

esl

son

tour

que
I

relie et

dans

le

mme

sens, l'un en 1769, l'autre en 177

expressment dclare, cl c'est qu' une loi dont on doute si elle interdit ou non une action It'obligl pas. n'tant point promulgue quant au cas don' nient on doute Nous revenons don C a la position qui

i83
a
si

PROB VBILISM
icni

L'ACTION DE

S.

ALPHONSE

scandalis

e1

qu'a
sainl

si

f 1

combattue Patuzzi.

Le principal soin de
s<s explications,
est

Alphonse, dans la suite de de dfendre el de justifier son


<!<

de la loi. on exigeant rsoudra cette incertitude dans le sens de la non-obligation, assimilant le doute (par une nouvelle et sur-

vis a vis des titres obligatoires

principe, rencontre des arguments

son adversaire.

promulgal ion soii de la raison mme de la loi, el il es1 bien entendu que non promulgue une loi est dpourvue de toute vertu obligatoire. Il nous parait moins (aident a premire vue qu'un doute conu au sujet d'une loi doive quivaloir au dfaut de promulgation de cette loi. Telle est pourtant l'affirmation de saint Alphonse il ne con sidre pas le cas o, de la part du lgislateur, la loi et t mal promulgue, telle qu'on dt la considrer comme n'tant pas promulgue du toul mais, quelle que soit sa promulgation effective, el celle-ci tant mme suppose irrprochable, il tient qu'un doute conu par le sujet relativement la loi, et il s'agit, on l'entend bien, d'un doute sincre, impuissance de s'assurer de la prohibition porte par la loi, il tient que ce doute a la vertu d'assimiler la loi une loi non promulgue et clone non obligeante. Au point que l'auteur tend son principe aux cas o le sujet doute, non pas mme de la promulgation de la loi et de son existence. mais de la dpendance d'une action particulire liairapport une loi dont il sait sans le moindre doute qu'elle est promulgue; saint Alphonse estime qu'alors, relativement cette action particulire, la loi n'est pas promulgue et qu'on demeure libre. Il ajoute enfin que le principe ainsi tabli s'entend de la loi naturelle comme de la loi positive. Ne cherchons pas au nom de quel moyen terme est opre cette identification du doute et de la loi non promulgue. On ne le trouverait pas plus ici que dans les rponses faites Patuzzi. Cette identification fut ds l'abord et elle est demeure pour saint Alphonse une vidence que rien n'a dissipe. Qu'elle se soit impose son esprit avec cette force, on ne le comprend que moyennant une certaine conception de la loi, sousjacente cette affirmation. Dire que quiconque doute de la loi chappe de ce fait l'obligation de la loi procde de cette pense premire que la connaissance qu'on en prend fonde l'obligation de la loi. .Mais, s'il est tabli par ailleurs que la connaissance n'est qu'une condition de l'obligation de la loi, dont la valeur obligatoire est d'ores et dj fonde, en ce cas et le prsuppos alphonsien et le systme qui en procde se trouvent singulirement menacs. Or, on se persuadera que le rle de la connaissance est non de fonder la valeur obligatoire de la loi, mais de raliser chez le sujet une condition de son application, si l'on veut bien considrer que la promulgation de la loi est une ralit absolument distincte de la connaissance que le sujet en prend. I.a promulgation, acte du lgislateur, est un caractre objectif de la loi, antrieure la connaissance du sujet et indpendante d'elle, tout en
la
:

Nous ne mettons pas en question que

prenante Identification, mais hrite, elle aussi, de Suarez) a l'ignorance invincible. Daiu le premier cas. on en demeure a ce qui est savoir que l'on doute d'une loi dont on sait (pie la force obligatoire ne dpend pas de la connaissance qu'on en prend: dans ce doute mme, qui est le fait du sujet, encore une fois, et non du lgislateur, sur qui nous ne pouvons tout de mme transporter et a qui nous ne pouvons faire subir les infirmits qui sont celles de notre connaissance, dans ce doute il se peut (pu- la loi existe, dment promul:

gue.
loi?

partir de

la,

courra-t-oii
le

le

risque d'offenser

la

Mais comment
auquel cas

frerait-il ce droit?

A
la

spcifi,
lois,

doute conu a son propos conmoins que le lgislateur ne l'ait situation est tout autre, le doute

si elle existe. Ds (prune issue, et c'est qu'on atiisse au plus sr. lue fois reconnue l'analyse lmentaire que nous venons de rappeler, aucune autre conduite n'est justifiable. Bien plus, loin que le doute soustraie la loi, on le considrera comme la notification l'esprit d'une ralit possible, qu'on et sans cela mconnue, mais laquelle dsormais on prendra garde. Le doute est une supplance de la connaissance certaine, grce a quoi, quand mme celle-ci ne nous est pas donne, nous vitons de porter atteinte l'ordre des choses, dont la

laisse entires la loi et son obligation,


il

n'j a

loi est

l'expression.

s'adressant elle. Ds qu'elle est pose, la loi oblige. Il est bien vrai qu'tant promulgue et revtue de sa force obligatoire une loi n'atteint un sujet que moyen-

nant la connaissance qu'en prend celui-ci. et c'est pourquoi un sujet ignorant invinciblement une loi dment promulgue ne portera pas en conscience la responsabilit de l'avoir enfreinte; en ce ras. la distinction que nous rappelons et que sainl Alphonse n'a point faite est sans consquence pratique: lui et nous en jugeons tout pareillement. Mais la distinction prend son importance prcisment dans le cas du doute. Car douter d'une loi qui a force obligatoire avant d'tre connue du sujet, ou bien d'une loi qui contracte sa force obligatoire dans la connaissance qu'en prend le
sujet, n'est ce pas s'orienter vers

dessein cette ide mdivale du doute tenu, non pour une libration, mais comme une sauvegarde. Elle nous permet de dcouvrir aussitt le malentendu foncier d'o procdent en dernier ressort les deux solutions divergentes que nous venons de dire. L'une relve d'une conception morale o l'on juge de l'action sur sa conformit des valeurs relles, celle que nous exposions l'entre de ce travail: l'autre, d'une conception o l'action est toute dfinie par les rapports de la loi et de la libert. Saint Alphonse est pour la dernire, que pas un instant il n'a song mettre en question. Il l'a reue toute faite de la tradition probabiliste. Il vit tranquillement sur ces penses. La libert y est traite d'emble comme le bien originel de l'homme. Agir sa guise, tel est son premier droit, tel est son premier bien. Qu'une rgle s'impose l'action, elle gne d'autant la libert et donc empite sur le bien. En morale classique, on agit en vue de quelque bien objectif, et les vertus, principes habituels de l'action droite, ne se diffrencient que dans l'exacte mesure o se distinguent et se distribuent les biens offerts nos prises. La rgle y est donc essentiellement aimable puisqu'elle conduit au bien. Elle est en morale alphonsienne essentiellement contraignante. Elle entame d'autant le bien primitif et proprement ntre de la libert. Rien de plus significatif en ce sens que la notion de loi naturelle chez saint Alphonse. Nous pensions qu'elle tait l'ordre mme de la nature, inscrit en sa constitution. On nous explique ici qu'avant d'tre li par la loi naturelle mme l'homme est libre: il y a donc lieu que la loi fasse ses preuves; tant
qu'elles ne sont pas faites, la libert prvaut. Ainsi, jusqu' l'obligation de la loi naturelle qui est onreuse Une heure de mtaphysique peut-tre et dissip
!

Nous rappelons

cette ide et celles qui s'ensuivent. Mais nous avons dit qu'elle a rang chez Alphonse de Liguori d'axiome indiscut, constituant sa structure intellectuelle de moraliste, cela justement que l'on met en uvre, sans
y rflchir, dans tous les raisonnements qu'on entreprend, cela ou se heurtent les plus doctes arguments de l'adversaire. En ces conditions, comment n'et-il pas

deux attitudes nette-

ment

diffrentes? l'obligation de la

comme

la

second cas, on dira que loi est mal assure, exactement connaissance mme, et, parce qu'on est fort
le

Dans

conclu que le doute dlivre? A son tour, la peur 1res sincre du rigorisme que l'on voit tre le moteur de sa dialectique et l'me de
.

PR0BABIL1SME. L'AUTORIT DE
sa persvrance, s'explique partir des prsupposs donl nous parlons. Observons en passanl que, sous le rigorisme en question, il faut entendre mme le probabiliorisme des adversaires de saint Alphonse nouveau <( libre emploi du mot, qui ne favorise pas la prcision. En quoi donc est-ce montrer de la rigueur que d'exiger de l'homme qu'il tienne compte le son doute? Car c'est ainsi que l'on peut exprimer la diffrence de notre ils veulent qu'on auteur el <le ceux qu'il critique prenne le doute en considration; lui, permet qu'on fasse comme si l'on ne doutait pas. Il arrivera dans un Systme qu'on S'impose une action laquelle de fait on n'tait pas oblig; mais on y aura la scurit ni re de ne point offenser l'ordre ni la loi. Il arrivera dans l'autre qu'on s'exempte d'actions auxquelles de fait on
: :

S.

ALPHONSE
cet

il

pour toute compensation l'avann homme pour tage d'avoir bien us de sa libert qui le bien n'est point ce libre usage, mais la conformit avec l'ordre el la correspondance de son action
tait tenu, et l'on aura
-

avec le rel, ne peut hsiter entre les deux, et dans la certitude de bien agir il trouvera non une rigueur, mais un admirable rconfort moral. Rappelons aussi, pour achever noire observation, que la solution des doutes en faveur du plus sr n'esl que l'issue dernire d'une situation a laquelle il a pu tre pourvu selon d'autres
voies; qu'on songe toul cel ensemble de rgles dii les par la morale classique pour les cas fort divers ou

auteur non comme le prinun corollaire en son systme, le principe fondamental tant que la loi douteuse n'oblige pas. Sur ce point, voir Delerue, <]>. il., append. i, p. 169-177. Historiquement, cette intervention du principe de possession chez saint Alpl s'explique par l'usage qu'en avaient fait les tholo probabilistes, o nous lavons vu natre et prosprer, concurremment avec le principe devenu capital chez notre auteur. On peut comparer l-dessus Alphonse de Liguori avec Suarez II. DESTINE ET AVTORITl Dl LA DOl TRI : I >u vivant de DE SAINT ALPHONSE DE UOUORJ. l'auteur. Il ne semble pas que. de son vivant, l'uvre moi. le de saint Alphonse ail joui d'une faveur exceptionnelle, de prfrence celle d'un Concina, par exemple, conduile. ainsi que l'on sait, dans un esprit fort diffrent. Quelques indices en << sens Diebolt, i, op. cit., p. l'i: Dllinger Reusch, op. cit., p \l\. qui soutint Concina 125. De la pari le Benoit online nous avons dit, m signait un loge a ad d'une thse particulire dfendue par saint Alphonse, t Berthe, op. cit., t. i, p. 179, ainsi qu'une lettre de remerciement pour la ddicao de la deuxime dition de la rhologie morali en 1755; de la pa (.huant \lll. une n- de remerciement en forme inri poui h renvoi d'un ouvrage (les documents

mme

est

prsent par

cipe fondamental, mais

comme

l'interprtation de la loi fait difficult. Par rapporl < ce systme soigneusement labor, l'universel axiome de saint Alphonse, l.r.v iliibin non obligat, fait figure

d'trange et regrettable simplification. Selon ce qui prcde, nous tenons donc qu'entre Alphonse de LigUOrl et Thomas d'Aquin il v a la dit rence de la morale moderne et de la morale classique vrai que celui la s'est rclam du Docteur ange Il est lique avec une pieuse insistance; il a cru lui tre fidle et il s'est considr comme son disciple avec la plus sincre conviction, connue avec la plus sincre oui vielion il traitait de rigoriste qui ne partageait point son axiome. Mais la confrontation des deux doctrines ne laisse pas a la morale alplionsienne le bnfice effec lif de ce patronage ni de celle dpendance. Patuzzl
avait
lignes

se ^>nt ra pontificaux favorables saint \ipi ides en tte de l nstitutionea morales alphonsian, de Cl. Mai. Mais eu but de rapports ave< le Saint Sige, l'pisode le plus remarquable de la carrire <l- saint Alphonse tut uw Incident h soutenue contre la polmique Patuzzi. Ce derniei avait fait grand cas de d< poites contre des thses de thologie raie manant rente (o nous du cur d'Avislo, dans le diocse de retrouvons, chose curieuse, quelques unes l< s p u^ siiions les plus tranges de Gravina, de qu
|

lions

Iraient

Lmoignagi du crdit que ci-dessus alors de ces snrlis d "livrais, sebm l'atu//!.
i

ces
.

mmes
ti

thses avaient t dfendues en


la

olli .

Compagnli de Jsus
t.

1754, bu Paenne, o nous


l
.

dix fois raison

quand

il

crivait

ce sujet

les

que nous avons cites. Sur le poiid prcis de la promulgation de la loi subsiste entre les deux dOCteUTS le dsaccord que nous avons dnonc. Mais il n'esl que l'affleurement d'un dissentiment profond et gnral, cl que nous avons essaj de le dire briv ement et qui, concernant les conceptions primordiales de la vie morale, doit rgner sur le dveloppement entier des
t

O l'inspiration esl diverse, les thses par Meulires se rejoignent malaisment. L'entreprise est fausse ds le principe el elle devienl bientt dcevante de dcouvrir dans saint Thomas l'attitude morale de saint Alphonse el les promesses de son systme. Voir nos observations sur l'effort lente en ce sens par F. Delerue, dans l'art. claircissements... Pour nous. qui avons suivi jusqu'ici les vicissiludes de la tholo gie morale el assist son radical dplacement, ni ce dsaccord ni la persuasion contraire de saiul Alphonse ne sont surprenants. Ils s'inscrivent le plus naturelle ment du monde dans la suite de celle histoire, comme un phnomne que les prcdents ont prpare l'inspiration morale de saint Thomas tait alors depuis longtemps perdue, au point que les siens eux mmes, nourris de ses cuvres. en retrouvaient non la source, mais seulement certains effets. Pour complter notre expose du svsU'mc moral de saint Alphonse, signalons que le principe de possession est selon lui susceptible d'applications favorables a la loi. Il arrive que les doutes conus doivent elle Iran ehs dans le sens de l'obligation. En lait, ces cas sont relativement rares, et le principe de possession lui
doctrines.

ravina rsidait en effet) prohibes en 1761, bientt Imit par l'Inquisition romaine, dont le dcret tut confirm par Clment \ Documents dans la Causa del probabisur quoi Patuzzi, insistant et prs lisma p. 237 sq sant, proclame condamn l'usage du probabilisme pui et simple, v compris la proposition cher* a s "ii advei s.nie de l'usage licite de t'galement probable avo alite la libert Saint Mphonse ne pouvait l'entendit ainsi et H soutint que h s unies de la c lamnatlon portaient sur l'ensemble des thses et non sur h d'elles en particulier. Il en lisi ute longuement el mi nu avoir Inti tieusement en Un de compte, il dessus, pour plus de suiele. deux cousiiltcurs ,|n Saint Office, le mail le du Sac le l'a lais cl le secrtaire de ITndex. leur rponse, qu'il reproduit, donne m effet rai son a son interprtation. Il est toutefois Observ dans l'une que la condamnation, si elle n'atteint pas le pro babilisme, ne le favorise pas poui autant. Bien plus, saint Alphonse adressa la mme demande au cardinal pnitencier Galli, le priant de s'assurer du sens de la condamnation auprs du pape lui mme. Il en reut une rponse assez prudente, mais qui lui confirmait l'intention de condamner l'ensemble des Muses, sans qu'on prtendu prohiber celles qui sont librement lis pilles dans les coles catholiques. Textes et discussion dans Dell' ii^,, moderato..., 1765, p. 282 sq Patuzzi revint a la charge. Il ti'v a pas lieu le lui donner rai son. Le probabilisme ne lut pas alors condamn, bien que saint Alphonse semble avoir eu quelque crainte qu'il ail pu l'tre, H en ressort |n< son interprtation
Trente
les avait
1

savons que

>

< 1

87
que

l'KoBABI I.ISM
li

I..

L'AUTORIT
nititur

Dl.

S.

ALPHONSE

de ce dcret fui la plus sage, il sa doctrine morale ail t juge


'.'"

n'en ressort nullement


Illeure.

Lis procs de batification et de canonisation. Le exceptionnel donl jouil Alphonse le Liguori c ence avec les actes relatifs sa batification. Us comprirent un examen le ses crits, que conclut un dcret du ik mai 1803 portanl qu'on le rem irque sur l'uvre entire lu serviteur de Dieu, et dont la
crdil

apud omnes dicecetii sua- qui cumin gnial animanon, quorum nonnullis impugnantibiu Theologiam moralem beatl Alphonsi Marie a Ligorio tanquam laxam nimia,
riculosam saluti et saue moral! contrariam, sacra: Poitentlari oraculum requirit, ac i|>si unius theologix profespi

sons tequentia dubia proponil lolvenda uni lacne theologix professor opiniones, quas in sua Theologia morali profltetui B. llphonsus b L., sequl tuto
:

possii ac profiter!?

formule essentielle esl que nihil in eis censura dignum repertum fuit, Mare. loc. cit. Aucune note thologique dfavorable n'esl donc applicable aux enseignements du saint (voir l'numrat ion de ces uni es dans l'ouvrage de Benoit XIV, De servorum Dei bealiflcatione..., I. II.
c.

clul

xxviii, n. 5. t. h, Prato, 1840, p. 271); ce qui n'expas, bien entendu, la libert de contester la vrit intrinsque de ses opinions, pourvu qu'on le
:

manire que demande Hennit XIV qu'on paroles des personnages vnrables, ditil, dans le sens le plus favorable; si cm ne peut le faire, errorem modeste esse notandum, et cum honoris pnr/atione nam... errores Patrum sunt ad instar defeclus luminarium, quse nonnunquam sustinent detrimenla splendoris, sed non desinunt esse quod sunt. Ibid.. n. x. p. 275. On notera au surplus dans une lettre du postulaD'aprs ce que j'ai pu teur Giattini celle explication saisir, bien que l'examen soit secret, notre vnrable
lasse de la

An sii in ruietandus co ifess irius qui omnes B. Alphonal sequitur opiniones in praxi s icri Pnitentue tribunalia, hac sola ratione quod a sancta Sede apostolica nihil in operibus censura dignum repertum fuil ? Confessarius de quo in dubio non legH opra beati doctoris nisi a<i cognoscendum accurate ejus doctrinam, non perpendens momenta rationesve quibus varia; nituntur opiniones; sed existimat se tuto agere, eo i|)so quod doctrinam qiue nihil censura dignum continet, prudenter judicare queat nam eaae, tutam, ne ullatenus sanctitati evangelics contrariant.
J..

a L.

interprte

les

La
s.

dcision romaine fut

ainsi

rdige

Poeniteutiaria, perpensis expositis, R" in Christo Patri s. t{. E. card. arch. Vesontionensi respondendum censnit
:

Ad " qusesitum Affirmative, quin tamen inde reprehendendi censeantur qui opiniones ab aliis probatis auctoribus tradilas sequuntur. Ad 2 um qusesitum : Ngative, habita ratione mentis sanct;e Sedis cirea approbationem scriptorum servorum Dei ad
1

11

tique.

aurait t considr comme antiprobabiliste en pra Berthe, op. cit., t. n, p. (138. En 1807 fut publi le dcret constatant que le vnrable Alphonse-

effectuai canonizationis. Marc, loc.

rit.

Marie de Liguori a pratiqu hroquement les vertus thologales et cardinales . Selon les explications de Benoit XIV. l'hrocit de la prudence s'entend de la direction de la conduite, sans signifier aucunement quelque excellence doctrinale. Saint Alphonse s'est hroquement gouvern; il a pu gouverner de mme son institut le dcret, quelle que soit la plaidoirie de l'avocat de la cause (cf. Berthe, op. cit., t. ir, p. 640641), n'a pas une autre porte. Voir Benoit XIY. <>p.
:

La seconde rponse prcise donc la porte pratique du nihil censura dignum prononc en faveur des uvres de saint Alphonse ce confesseur ne doit pas tre inquit, il a le droit d'agir comme il fait. La pre:

1. III, c. xxiv, 1, t. m, p. 255 sq. Aprs une interruption due aux malheurs des temps, le procs de batification fut conclu eu 1816, sous Pie VIL On rapporte que ce pontife invita les vques du territoire pontifical introduire la Thologie morale du bienheureux dans les sminaires. Marc, loc. cit. lui 1821, un livre paraissait contre le semi-probabilisme du bienheureux Alphonse de Liguori, o l'on protestait contre le crdit accord par quelques-uns cette doctrine, sous prtexte qu'elle venait d'un homme de Dieu. Un rdemptoriste, le P. Basso, rpondit cet crit. Bientt, une nouvelle querelle s'leva entre deux autres personnages sur le sens des dcrets pontificaux relativement aux doctrines du bienheureux. D'autres oppositions se firent jour, notamment en France, o plusieurs vques avaient interdit sa Thologie morale

cit.,

mire confirme expressment la libert laisse par le mme dcret, qui n'entend nullement imposer comme seule recevable la doctrine approuve: il en est d'autres dans l'glise, qui conservent leur valeur. Dans une audience prive qui suivit de peu de jours la dcision de la Sacre Pnitencerie. le cardinal de Besancon en obtint du saint-pre la confirmation orale, avec l'approbation du projet form de la publier par une lettre pastorale. Cf. Gousset, Justification de la Thologie morale du bienheureux Alphonse, Besanon. 1832.
p. 251. C'est la suite de cette affaire que le vicaire gnral de Besanon publia son livre, qui contribua tendre en France l'influence de la morale alphnn-

sienne.

Ds 1818, Pie VII avait permis qu'on ouvrt le provue de la canonisation. En 1825. Lon XII autorisait les informations apostoliques sur deux miracles attribus au bienheureux. Dans le dcret du 3 novembre 1K2'. dclarant solennellement l'authenticit de ces miracles, il y a de nouveaux loges des
cs en
crits pieux et doctes
la
le

d'Alphonse. Us sont repris dans bulle de canonisation, promulgue par Grgoire XVI 26 mai 1839. avec cette insistance o est mis en
:

leur clerg ou leurs sminaires, cependant que paraissait Amiens, en 1S27, un livre fort peu sym-

valeur

le nihil censura dignum du premier procs Illud vero imprimis notatu dignum est quod, licet copio-

pathique son autorit. Berthe, op. cit., t. ri, p. (>(>7Dllinger-Reusch, op. cit., t. i. p. 468. Rosmini tenait en mdiocre estime la thologie de saint Alphonse, dans les principes de laquelle il relevait nomtire de contradictions (texte cit par Mondino, Studio storico-critico sul sistema morale di s. Alfonso M. de /... 13-145). Par ailleurs. Lon XII, en 1825, envoyait p. mu lettre d'encouragement l'diteur Marietli, qui entreprenait la publication des uvres du bienheureux. Marc, loc. cit. En 1831, sous Grgoire XVI, v nenienl plus important, une consultation fut adresse la Sacre Pnitencerie par le cardinal de BnhanChabot, archevque de Besanon, l'instigation d
i>72;
1

son vicaire gnral,

le

futur cardinal Gousset, libelle

comme
l.ud.

il

sud

sissime scripserit, ejusdem tamen opra inoffenso prorsus pede percurri a fidelibus passe, posi diligens institutum examen, perspectum fuerit. Pie IX son tour confirma les jugements de ses prdcesseurs. Il accepta la ddicace de la Thologie murale de Scavini. principalement inspire de saint Alphonse; sous son pontificat, en 1855. la Sacre Pnitencerie permit un consultant de suivre les doctrines de saint Alphonse, bien qu'il et fait le serment de suivre les doctrines de son universit, o rgnait le probabiliorisme; surtout, en 1871, le 23 mars, tait publi solennellement le dcret levant saint Alphonse de Liguori au rang des docteurs de l'glise. Il y tait tenu compte de l'ensemble de son uvre, mais aussi de sa Thologie morale, dont l'loge est ainsi rdig
:

Aug., cardinalis de Rohan-Chabot, archiepiscopus Vesontionensis, doctrinas sapientiara et unitatem tovere


l'r.

Siquidem
nis

taie

errorum tenebrasab incredulis etjanseniadiffusas, doctis operibus maximeque Theologia


ipse

589

PROBABILISME. L'AUTORIT DE
le

S.

ALPHONSE

>90

moralis tractt lonibus dispulil atque dimovit, obscura insuper dilucidavit dubiaque declaravit, cum in ter duplexas theologorum sive laxiores sive rigidiores sententias tutam ctraverit si un. per quaai ehristifldeliuni animarom mode ratores InotTenso pede incedere possent.

systme de l'auteur (pie les solutions pratiques avances par lui. Elle poursuivait ainsi l'uvre rparatrice a laquelle (Ile S'appliquait eu morale depuis Alexandre VII. Avant limine par diveises ondamnac

Os expressions sonl reprises dans le bref pour la confirmation du Mire de docteur, en date du 7 juillet 1871. Les papes postrieurs eurenl leur tour des paroles logieuses pour le saint docteur. Ions ces textes dans Marc, "/'. cit. n'es! 3 Autorit de saint Alphonse de Liguori. Il donc pas douteux que l'glise n'ail adopt la doctrine de saild Alphonse rie LigUOri, \ compris sa morale. Le sens et l'tendue de celle adoption doivent tre cherchs dans les textes mmes que nous venons de relever, Il s apparat que l'glise apprcie par-dessus tout le juste milieu o s'est tenu le moraliste, entre les extrmes contraires du laxisme et du rigorisme. Celle position est en ellel celle de saild Alphonse. Ainsi dfinie, elle lui est commune avec d'autres auteurs, notamment Patuzzi et Concilia, qu'on ne taxe de rigorisme, nous l'avons dit, que par un abus de Ce mot. Nous avons du reste observe (pie le juste milieu avait t le souci d'un grand nombre de heo logiens depuis les premires ractions antiprobabl listes, et (pie maints ouvrages depuis lors s'taient inspirs de cet te pense ceux qu'on nom me probabilio lisies l'ont particulirement revendique. En ce sens, Alphonse consacre ce vaste la glorification de saint mouvement de rectification commenc un sicle avant lui. dirig par les couda m nal ions pont ihcales et piSCO pales, et dont il lui sa Faon l'hritier. En ce qu'il a de propre par rapport ans probabi lioristes, c'est--dire eu la solution qu'il donne aux doutes dus a la probabilit gale des deux opinions contraires, le systme alphonsieii a il reu une appui lit ion particulire? Il n'a t fait ment ion de 'ipnpi lia lu II sme que dans la pi ai don ie de av oc al de la cause rpondant aux objections du promoteur de la i"i. au cours du procs sur l'hrocit des vertus (cf. ci dessus); puis de nouveau dans le rapport de l'un des deux hologiens consults sur le dossier le lai il au doc loi al Cf. Berthc, op. cit., t. u, p. 702-703. Ces |ugements n'appartiennent qu'a leurs auteurs. Nous devons chercher celui de l'glise dans la teneur de ses dcl sions officielles. On n'y trouvera pas l'loge spcial de l'quiprobabilisme. A la suite mme de ces dcisions, l'autorit romaine eut l'occasion de dclarer leur exacte porte, car mie consultation de nouveau lut adresse bientt la Sacre Pnilenccrie. qui la transmit la Congrgation des Rites, sur le sens des paroles Contenues en l'acte du mois de mars 1871, o l'on demandait s'il fallait entendre une prfrence accorde par l'glise l'quiprobabilisme. A quoi il tut rpondu dans les termes suivants
I

casuistique di ou les maximes outres de quelques auteurs ion traires. elle trouve maintenant une somme de cas de conscience dont l'auteur joint un jugement sage et modr a l'indubitable saintet de la vie: dans le dsarroi et parmi les contradictions ou tant de- querelles ont jet les consciences, elle estime ce livre salutaire et en sanctionne l'autorit. Par la. elle sait que seront vits dans le gouvernement des mes les abus qu'elle rprouve; elle fournit aux confesseurs des ,i, sions dont aucune ne mritera censure. I. bonne m de saint Alphonse est d'avoir accompli lnuvre dont l'glise en son temps avait besoin. Il a limit la nocivit pratique du probabilisme et du jansnisme. Et v u la si nation de son sicle, vu l'tat des problmes et des esprits, peut cire valait il mieux pour porter remde aux maux d'alors que mm v ml un homme dont la xtruclure intellectuelle lut celle du temps, et qui, se tenant galement loin des partis extrmes, n'et mme pas l'air de favorisa l'un plutt que l'aul re. Telle qu'elle est, cette mission providentielle i| \| phonse de Liguori et l'clatante confirmation qu'en a donne l'glise signalent un moment dcisif dans l'histoire que nous racontons. Nous n'avions rien relev jusqu'ici qui lut de la pat du Saint Sige une approbation vritable des nouvelles morales le pio
,

tions les intolrables excs

dune

diei

nonmillls v erbls qu leguntur in decreto I rhis ,-/ orbis martU 1871 de dclara houe cl extcnsionc ad uiiiv ci sain Bcclesiam tituli doctorls in honorera s. Alphonsl Malin de Llgorlo, occasionem assumpsistl petcndl solutionem Inse quentlum dubiorum a S. Pnitcntiaria apostolica, videlicet an verba lnter implexas, etc. Bequtprobablllsmum deno lent; 2 an per ea requiprobabillsmus pi ; probabllisml
I

\
1

systemate commendetur. Prdicta autem dubia a memorata Pnitentiaris trana inisva cum tuerint ad liane s. Rituum Congregationem, u.' aune ejusdem s. Congregationis secretaril notum tibl tacere debeo quod eadem dubia locum non habeant, quum s. on gregatto hs verbis nullam voluerlt oplnlonem damnare aul unam alteri prferrc; sed solum ractum designare abomnl lais admissum quod videlicel s. Alphonsus suo systemate
<

'lit

sive

laxiores

sive

rigidiores

evitare
1

sententias.

Texte dans la Revue les sciences ecclsiastiques, 1875, p. 302303; reproduit par Mondino. op. ri/., p. 19-150.
et

ressort de l (pieu l'exaltation de saint Alphonse de sa morale, l'glise semble avoir considre moins
II

babilisme avait seulement chapp aux condamna lions, dans des conditions il est vrai qu'il jugeait he.iiives. et il continuait de subsister. Cette fois, sans approuve! exclusivement ou spcialement l'quipro babilisme, comme nous venons de le due. il est clan qu'on lui reconnat droit de cit dans l'glise; et sui tout, parce que la morale alpboiisienne est un v pilles ie pi esc ni ai il des thologies in -es ds le xvii sicle, avec lequel le probabilisme revendique trs justement maintes affinits (en dpit d'une thse divergente), on peut duc que voila accrdite dans glise une cou ception morale but diffrente de la thologie m Vale l.e fait en est indniable et le thologien lu- doit pas s'en dissimuler l'Importance, il n'j a pas lieu poui lui. remarquons-le, d'attnus cette- diffrence que nous avons souligne Le |ugemenl que nous pronon (ions la dessus reste entier l.utie- Saint MpIl'Ulsc et saint boulas, subsiste le des.ii cil d le deux systmes Inconciliables. Tout ess.n de com illation, nous l'avons dit. est [cl voue ncordisme, c'esl a dire a l'art! tic e. c'esl a clire a bec tu n'ev incera pas la ralit historique de leur malentendu, il serait vain pu ailleurs de se rfugiel dans l'ide d'un s, nul li.unas matre du dogme, tandis que- saint Uphonse serait le matre de la morale, ou. moins grossirement, niais lus faussement encore, dans l'ide d'un saint bornas docteur de la morale spculative, au lieu que Saint Alphonse demeure celui di la morale pratique. Leurs tches m- sont pas aussi licitement distribues. Rien n'est plus Inacceptable que de rduire la morale de saint iiouias a n'tre (pie spculation, alors que son auteur la conoit comme une science essentiellement pratique cl sans autre lin que de fournir ses ie-_lcs a l'action Par ailleurs, le souci tout pratique de saint Alphonse- ne le soustrait pas a la ncessite d'cnonce-i des principes ni ne le dispense pas de porter dans l'esprit une cert aille- concept ion de la vie morale es deux dm leurs se rencontrent sur le mme terrain. On n'vite pas d'opter pour l'un ou pour l'autre. Saint Alphonse dpend de ce dplacement de la thologie morale que nous avons observ, il est absolument inexact de due cpie ce thologien ne fait que tirer les conclusions un mdiatement applicables des principes de saint ho
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dans il si- meul il travaille dans un autre esprit une autre atmosphre; il es) d'un autre temps. Une sorte de dterminisme temporel co ande ici les dit Frences des deux docteurs. Avec cela, il n'est pas douteux que la thologie morale de saint Alphonse.

ritico sul gislema morale di S. il/onga M.deL., Mon/.,. !prsente comme mes,- de doctoral a l'universit de bourg eu Suisse (lit] ). Soi la priode tudie dans ci- chapitre, on trouve. listes de Hurler dans Nomenelator, t. i\. col. 1294-1308, 1312-1313, 1624-1641, 1649-1650, et t. \. col. 225-239.
i

comme
encore
part
il

celles qui s'j apparentent, en vertu de l'appro Mal ion de l'glise, n 'chappe, au moins pour une pari, a la critique du thologien, l n thomiste en parlera-t-il

VI.

DE SAINT
I.a

ALPHONSE DE LIGUORI
gloi
i

NOS JOURS.

licat ion

de saint

Alphonse

comme
le

faisait

Patuzzi?

il

semble qued'une

doive, puisqu'il professe la mme conviction (le la vrit de la morale de sainl Thomas; mais, d'au tre part, comment le fera-t-il sans mconnatre le jugement de l'glise favorable a saint Alphonse-.' Car il ne peut qu'intgrer en son apprciation un tel juge-

ment, avec toute la signification qu'il doit comporter. Nous rencontrons donc ici un problme nouveau, un beau problme de mthode thologique, qu'ludent l'avance tous ceux-l pour qui de saint Thomas a saint Alphonse il n'y a que des diffrences apparentes. Il nous faudra le dbattre au terme de notre enqute historique, en conclusion de ce travail. Spcifions seulement ds ici que le dsaccord des deux auteurs se situe au plan de la science morale, o nous l'avons envisag, plutt que de l'action pratique. Nous sommes loin de penser qu'entre les solutions particulires de saint Alphonse et celles qu'a nonces saint Thomas, ou qu'on tirerait bon droit de ses principes, il y ait dans tous les cas opposition pure et simple; il est sr que bon nombre concident. Bien plus, en vertu du jugement de l'glise, tous les fidles, y compris les disciples de saint Thomas, aux prises avec les difficults d'une action concrte adoptent lgitimement telle des dcisions de saint Alphonse pour en inspirer leur conduite; car il advient que l'homme prudent agisse selon les rgles ou le conseil des sages, incapable qu'il est lui-mme, fut-il docte, de dcider un cas particulier. Ne dissimulons pas cependant que les solutions alphonsiennes ne sont pas toujours d'une entire nettet, car l'auteur n'chappe qu'incompltement cette manire des casuistes d'accumuler sur une mme question des probabilits multiples et embarrassantes. Dans l'numration mme des solutions antrieures, qui est une des pices matresses de son systme, il est souvent fort inexact, comme le prouve surabondamment l'dition Gaud. Il n'est pas certain non plus que toutes ses solutions satisfassent tous les esprits ou agrent toutes les consciences qui se serait convaincu de l'erreur de l'une ou l'autre s'interdit du mme coup, bien entendu, le droit de la suivre. Enfin, la contrarit doctrinale dont nous avons parl ne perd pas tout son intrt, mme quand les deux docteurs s'accordent sur une solution particulire alors qu'on ferait la mme action, il est certainement trs diffrent d'inspirer sa conduite de la thologie morale de saint Thomas ou de saint Alphonse de Liguori.
: :

Sur le crdit accord par l'glise romaine saint Alphonse, il s'est lev de la liait des protestants une importante littrature critique. Rfrences dans 1 r. ter I [aar Dos Dekret des P. Innocentius XI. iiber den Probabilismus, Vorwoit, p. i-ix. Voici le spcimen d'un titre Auszge mis <lcr non den Ppsten Pins IX. iind /.co XIII. ex cathedra (ils Norm fur die rmisch-katholische Kirche sanktionierten 'MoralIheologie des heil. Dr. Alph. M. de Liguori, und die furchlbare Gefahr dieser Moraliheologie fur ilic SittlichkeU der Vlker, par H. Irassmann, Stettin, 1900. Dans leur ouvrage souvent cit, Dllinger-Reusch ont consacr saint Alphonse une trs longue tude, et dans un esprit semblable au prcdent. En Angleterre, Xcwman dut interprter l'usage de ses compatriotes tonns la glorification de saint Alphonse; cf. Dllinger-Reusch, op. cit., 1. i, p. 470-472. Les rponses catholiques aux critiques protestantes ne sont pas toujours exemptes de maladresses. Sur la question du systme moral de saint Alphonse et de ses rapports avec la doctrine de saint Thomas, il faut encore recommander l'excellente tude de St. Mondino, Studio sto:

au xi\' sicle, avec l'autorit qui dsormais s'attacha a son nom. a favoris dans la thologie morale la permanence de certaines conceptions et proccupations, telles (pie nous les dgagions au chapitre prcdent. Elle n'a pas opr pour autant l'unification des jyttmes concuremment a l'quiprobabilisme subsiste et mme lit encore son plein, du moins ici ou la. le probabilisme des ges prcdents, non sans tenir compte de son voisin nouveau, cependant que des essais indits se l'ont jour, d'un intrt peu dcisif. Elle n'a pas non plus impos universellement le rgne de ce docteur, et de moins en moins, semble-t-il, mesure que l'on s'inspire d'coles plus anciennes et que, sous l'impulsion de Lon XIII, par un phnomne dont nous soulignons la nouveaut, sont (le mieux en mieux exploites les ressources morales de la thologie du Moyen Age, considr comme un sicle privilgi de la thologie. I. Regain de faveur du probabilisme. II. Probabilisme et quiprobabilisme (col. 593). III. Formules nouvelles (col. 595). IV. lui dehors du monde thologique (col. 597). Y. tat actuel (col. 598). I. Regain de faveur du phouabilisme. Rtablie la Compagnie de Jsus en 1814, sous le pontificat e de Pie VII, le probabilisme a connu au xix sicle un regain de faveur. A vrai dire, le systme avait toujours fait l'objet, mme aux pires heures, d'une garde vigilante. Concilia tait encore rfut en 1792 par E. de Payva, ancien jsuite portugais, dans un livre publi Assise sous le titre de Probabilismus vindicatus...; cf. Hurter, Nomenclator, t. v, col. 548-549. Au xvi ii sicle aussi, J.-B. Faure, de la mme Compagnie, dfend les ides chres aux siens de la suflisance de l'attrition et de la facilit de la confession. DllingerReusch, op. cit., t. i, p. 346 sq. t n autre de ses confrres. G. -Y. Bolgeni, publiait en 1X1 1. a Brescia, un livre trs rpandu et traduit en diverses langues // possi principio fondamentale per decidere i casi morali. iltustrato e dimostrato, dont on voit assez l'intention. Ibid.. p. 345. Ces auteurs et d'autres sans doute ont fait le lien entre la tradition de la Compagnie de Jsus et son activit nouvelle, dont le Collge romain fut le principal foyer. De l en effet sortit l'ouvrage qui marqua pour le probabilisme un glorieux recommencement, le Compendium thologies moralis, de J.-P. Gury, publi Lyon-Paris en 1850, et dont des ditions successives et augmentes prolongrent l'influence jusqu'au temps proche de nous. Son plan est celui que nous avons signal dans les ouvrages similaires; son probabilisme celui de la plus belle poque. Le systme moral de Gury tient en quatre thses (d. de 1874, p. 52 sq.)
:

sequi opinionein probabilem nec probabiliorem, relicta tutiore, quoties adesl obligatio absoluta alicujus finis dtermint] obtinendi, quem usus medii probabiliter inepti in periculum adduceret; tune igilur pars tutior
1
licet

Non

est

sequenda.

1>"

Non

licet

sequi opinioneni lenuiter probabilem, relicta

tutiore.
:; Licet sequi opinionem probafcilissimam, et etiani probabiliorem, relicta tutiore. ubi de sola actionis honestate
,

agitur. Licet sequi opinionem vere et solide probabilem, relicta tutiore seque probabili vel eliam verc probabiliori, ubi do solo lieito vel illicito agitur.
t
'

On

voit

comment
et

est

souligne

la

limite de ce pro-

combien l'nonc s'en inspire soigneusement des condamnations pontificales. En ralit, a la


babilisme

.93
faveur
rie

I'

OB A
le

151

1.

M E ET

QUIP ROB AB1L] S M

rentre,

probabilisme fait sa pratiqu. Car une opinion est classe probable que tiennent pour absolu ut vraie cinq ou six thologiens excellents en pro seiail bile, en jugement, en science p. 51; le loul de voir jusqu'o l'on se montre difficile en la vrification le ces qualits. L'argument de Gurj est que, <lans le cas o sont en prsence plusieurs opinions probables non certo constat, gales ou non, la loi cesse d'obliger non obligamur. Il le confirme par les inconvnients du probabiliorisme, d'o suivent, dit-il, p. 29 sq., une excessive difficult pour les confesseurs, <ic trs g nanles difficults pour les fidles, une perptuelle ne tuation de la doctrine. De la part d'un probabiliste,
la

quatrime thse,

tel qu'il fui

communmenl

...

lie (h rnire remarque est assez inattendue. Dans les rponses qu'il l'ait aux objections achvenl (le paratre quelles conceptions sur la nature de la vie morale cet auteur porte dans l'esprit. Il publia bientt, en 1862, des Casus conscientise appels pour leur compte a une longue fortune. Le systme de la Thologie morale \ est derechef expose; niais on voit celle lois en la soin lion les cas de conscience ou conduisent ellccl i\ einent ces principes. Gurj oblige a restitution le confesseur qui imposa au pnitent la rparation d'un dommage, dans le cas o deux opinions probables ont coins cul re
ci

thologiens sur
Taris,
i

le

sujet.
il.

xii, c. ix, p.

Casus de conscienlia, Lyon Sur le droit de changer d'avis

selon que le requirenl nos intrts, il n'esl pas moins dcid. Voici l'Un des trois cas envisags, avec sa
solul ion (ibid.,
e.

xi, p.

I(i-

17)

testamentum m sul favorem conditum, quamvis qulbusdam debitls tormalit


[.ucianus haeres admlttil ut validum
i

on l'appela, tait pose. Les plus minents morali de l'un et de l'autre camp entrrent en lice, et leurs crits constiturent un dossier nouveau qui ne le ni pour l'abondance, ni pour la vivacit, aux pi dnis que nous a\ons ci-dessus rencontrs; il semble l'emporter mme pour la subtilit. Bibliographie en d'un des livres jets dans la bataille. /.,/ question tinti'iParis, (899; pour rienne, par le p. Le Bachelet, s. les ecrils parus aprs cette date, voir l'article du P. Vermeersch, s. .1.. Soixante mis de thologie morale, dans la Nouvelle revue thologique, 1929, p. 873 874. Le diffrend consiste en ceci l'opinion certainement plus probable que prescrit de suivre saint Alpl n'est pas autre chose pratiquement, disent les uns. qui l'opinion trs probable ou moralement certaim probabil istes; l'opinion certainement moins probable qu'il ne permet pas de suivre n'est pas autre chose pratiquement que l'opinion faiblement ou dont' ment probable, regarde aussi connue insuffisante par les auteurs classiques du probabilisme. <)n voit l'intention de celle Interprtation (moins dissimule les dclarai ions de certains jsuites revendiquant a leiu bnfice la glorification de saint Alphonsi Dllinger Reusch, "/<. cit., t. i. p. 356-357), el qu'elle touche l'un des points du systme alphonsien qui chappa du vivant de l'auteur a la contnn erse. A quoi les autres rpondent que seul l'quiprobabllisme repn sente le svslenie personnel el dfinitif de Saint Alphonse et qu'il se distingue du probabilisme par une bese essent ici le. relative pi ci ismenl a l'opinion moi us probable l'es arguments historiques, textuels tiques oui cl- invoqus dans l'un et dans l'autre m-ih.
,

die,

tibus caicai, Innixus probabill doctoruni sentent la. Sed alla mutata sententia, Juridice postulai el obtlnel Irrltatlo neni aliciins testament) panier Informls, in favorem ail
I

conditi, ut Ipsc propior haeres colligal hreditatem. Lucianus lgitime potuit mutare sententiam. in praxl clrca valorem testament! aliqua forma legall carentis, pro varlis clrcumstantiis, quia semper oplnloncm vere probabllem seciilus esl. Ilcnim stbl seivando liai dil a in. m.ii ob sianie defectu toi nue, anie sententiam ludicls, licite egit,
i
I

(uni |u\i.i oplnlonem verc probabllem et prit; sed non Ideo cessavil judicare oppositam ut solide probabllem, nec re n m nt ia\ il juri quod cullibel clvi competit, prosequendi Irrl tationem altcrlus testament!, -a Iwc Irrltatlo i|>m faveal ergo, Irritationem legatl Juridice postulando, |ure suo iimis est Luclanus; erg Inlmc Inquictandus.
la casuistique d'axant Pascal n'esl M pas de nouveau prsenl ? On trouvera d'autres exemples des solutions le Gurj dans Dllinger Rcusch, op. cit., t. i, p. 13 sq. Il n'esl pas outre mesure surprenant que les ouvrages de cel auteur ci leur Introduction dans les sminaires aienl donne lieu en Allemagne el en Suisse, vers 1868 1869, a .les campagnes de livres ci de presse, el qui ne furent pas sans succs. Dllingei Reusch, op. a., i. i. p. 172 711. Il est possible que Gurj soii l'inventeur de celle graduation des systmes moraux dont nous parlions ci dessus, cl qui esl passe,de sou Compendium, n. .'i, tous les manuels de tho logie morale.

b- problme ne se soutient et la thsi probabilistes notamment ne subsiste que moyennant des distinctions malaisment saisissables. l.a probabl une la lit, munie d'adverbes ci d'pithtes, s'en propagea aprs les premires condami devient matire a combinaisons et discernement apparat! avec une vidence croissante l'artifice d'une notion de la probabilit ainsi traite, selon une tabli mathmatique, l.a probabilit vivant' quoi il pai le a l'esprit, celle que l'esprit accueille el rpond, e. happe a de telle-, valuations, comme la vuaux rflexions puisantes qu'on peut faire sur lli

Ainsi pose,

il

<

>

L'espril de

ici

II.

ProBABIMSMI

loi limon vnil Isvn

In
que

Irait

nouveau du probabilisme de (lurv

esl le soin

prend cel auteur d'apprcier l'aulorile de saint Alphonse el de dfinir par rapport a celle la sa propre position. Tmoignage d'une proccupation qui aura bientt loui son relier dans la dissertation De morali sustemate S. Alphonsi Marie de Ligorio, que lisait le P. Ballerinl l'ouverture solennelle des cours du Col lge romain de la Compagnie de Jsus, en 1863. l.a thse soutenue en celle circonstance dtermina des protestations de la pari des lils de sainl Alphonse. inaugurant une querelle qui devint bientt publique et

de ces savants calculs. L'objet l'entrane, et non pas la connaissance qu'il prend de sa probabilit. Historiquement, ce nouvel du probabilisme nous apparat! a rail tout effort analogue aux diverses adaptations que s'esl uni" le svslenie, eu vue de lane lue aux contradictions successives qu'il rencontrait; il esl toujours all dans le sens d un ainenuiscineiii de ses affirmations primi lives. Il ne s'est sauve (pieu v n Mec lllvs.l ni n'est pas le moindre de ces exercices que lui Imposa la promotion de s. uni Alphonse. Quant a e dernier, nous avons essay d'apprciei son systme pai toute sa structure intellectuelle, avons non-- dit par son el principi de la bu douteuse non obligeante, H dpend des morales probabi listes. Mais il semble bien difficile de le rduire au probabilisme pur et simple qui admet l'USage de la moins probable, .dois qu'il le rejette. On voit ce que peuvent dduire les prohalul is|,s du juge ils -il abusent ment de l'glise sur sainl Alphonse quand ils voudraient v von- une approbation de leur sv si ci ne en " qu'il a de spcial, d'autant, nous lavons dit, que l'quiprobabilisme lui mme n'esl pas mellement l'objet de ce jugement d'autant, pouvons nous ajouter, que des prcautions furent prises au coins du procs pour limiter l'approbation aux docl'esprit

nature de

tient

lieu

trines dfinitives
t

que renouvelai!
les lettres

la

lin

du

saint, l.a

t\u xix8 sicle la publication question liguorienne comme


.

du saint. \ oir tel ente op. cit., Par ailleurs, n si certain que l'glise a sanctionn une thologie morale d'un type bien diffrent de la morale classique c'est <\>- quoi les probabilistes au
I
;

:,!).-

PROBABILIS.ME. ESSAI M. FORMULES


pu
s

NOUVELLES
et
:

.96
infailli

se glorifier; c'esl de quoi, nous l'avons dit, thologiens doivenl aujourd'hui tenir compte. )n est surpris que les probabilistes n'aient pas exploit << thme, o ils auraienl plus srement triomph i. thse du P, Ballerini n'a pas cess jusqu'aujourd'hui d'tre celle de la Compagnie de Jsus, comme le tmoigne l'article Probabilisme lu Dictionnaire apo loglique, i. iv, col. 320 327, <lu R. P. .). de Blic.

raienl

tous u
i

morale constitue une puissance autonome Me, soustraite a l'emprise de l'intelligence

il

en faut

1 Le III. Formules nouvelles. compensa lionnisme En dehors de cette querelle, mais non systmes moraux on assiste encore du monde des au xi\'' sicle une tentative originale laquelle est li le nom de compensai ionnismc Le principal initia teur en fut le dominicain M, A. Potton, du couvent de Carpentras. Il publiait Paris, en 1874, un opuscule, I h theoria probabililatis, o il propose, la suite, <lii il. de deux sulpiciens, Manier el Laloux, ce systme du probabilisme compensation Essentiellement, on y a affaire une mitigation de l'axiome Lex dubia non obligat : avant de dcider qu'elle n'oblige pus. tient l'auteur, il faut valuer l'importance <lu doute et l'inconvnient qu'il y aurait ne pas observer la loi. Selon le rsultat de ces oprations, et si la non-obsercompense , on vation de la loi est suffisamment pourra suivre l'axiome; autrement, il ne joue pas. On voit l'esprit de conciliation qui inspire cette laboration et que ce nouveau systme n'est encore qu'une demi-mesure, explicable devant le prestige tout rcent de saint Alphonse. Comme ses prdcesseurs, le I'. Potton suscita des oppositions, o l'on essaya m me de couvrir de ridicule cet auteur pourtant bien honnte
. .
.

respecter la certitude Instinctive, qui n'a pas besoin de raisons explicites. Remplaons la science des deonde sur la convicvoirs objectifs par la conscience tion personnelle. >ieboll ,op. c/L, p. 266-267. On voit dj quelles directions diverses prend la critique chez ce, thologiens mal rattachs aux traditions classiques. Le clbre J. A. Mhlcr(t 1838) s'est montr si pour la casuistique el les jsuite.. Il tient que la Rforme fut la cause indirecte de la morale relche:
I I

argument ad hominem contre le protestant Chr. Laur. m put ail la casuistique au catholicisme comme tel. Les jsuites reprsentent dans l'histoire le contraste extrme du protestantisme. Ils lui ont emprunt, pour mieux le combattre, son esprit et ses faiblesses. Pour rconcilier les hommes avec la svrit de la morale catholique et les conserver a l'glise, ils pensaient peu a peu. l'exemple des protestants, devoir constamment tenir compte de la pauvre nature humaine. Ils poussaient l'opportunisme jusqu' croire ncessaire de relcher les exigences morales pour assurer le repos des consciences. Quoi d'tonnant que ces mauvais principes des jsuites qui taient entrs dans l'glise d'une faon purement extrieure aient t condamns par elle? Mme parmi les jsuites, il s'est trouv des dfenseurs intrpides de l'intgrit de la morale catholique, Diebolt, p. 299, d'aprs la Sumbolik (1832) et les Neue Untersuchungen... (1834). En eux-mmes, casuistique et probabilisme reprsentent un rationalisme Impropre conceoutr introduit dans la morale
qui
i

et

pacifique. Malgr les probabilistes,

le

systme

lit

son petit chemin, et quelques auteurs l'ont adopt. 11 semble mme jouir d'un certain crdit puisqu'on assistait rcemment, nouvelle complication en cette histoire, un essai de conciliation du compenst ionnisme avec le probabilisme. K. Cruysberghs, Collectanea
Mechliniensia, 1929, p. 581-584. De son ct, en 1894, un autre dominicain, professeur l'universit de Fribourg (Suisse), le P. M. -A. Boisdron, publiait une et ude des Thories et systmes des probabilits en thologie morale, o il adopte en lin de compte un compensaionnisme quelque peu modifi. Mais cet ouvrage contient dj une critique des systmes el marque la volont d'en sortir, en des pages fort intelligentes qui sont la promesse de temps meilleurs. 2 La pense allemande. A la faveur de la restauration de la pense catholique succdant dans l'Aile magne du xix' sicle au philosophisme de l'Aufklrung, la thologie morale es! soumise en ce pays a une critique beaucoup plus radicale. De nouveau, casuistique et probabilisme en l'ont les Irais. Les motifs et le degr de l'opposition sont d'ailleurs divers, lis aux thories propres de chaque auteur, car les thories abondent alors. Entre autres manifestations, et pour nous en tenir aux auteurs dont l'influence a t le plus marquante, signalons d'abord l'uvre de J.-M. Sailer ( 1832), qui crivit un Essai sur lu casuistique: sans admettre qu'une doctrine solide des devoirs reluirait
I

voir en sa vrit et en son caractre absolu le principe infiniment saint de la morale chrtienne, le procd de la raison discursive dcomposait le tout en des cas particuliers et rduisait la morale en pure casuistique.

Puisque, dans une telle conception de

la

morale,

la

force infinie de l'enthousiasme moral et religieux ne jouait plus son rle, l'unique question tait de dteril fallait agir dans des cas particuliers et comment l'gosme pouvait russir se cacher lui-mme. Au lieu d'apprendre aux hommes suivre leur inspiration chrtienne avec vigueur

miner avec prudence comment

courage, la morale se transformait en probabilisme se rduisait des rgles de prudence. Certes, dit Mhler. une morale qui prtend diriger la vie ne peut se passer de la casuistique, car les bons sentiments intrieurs ont s'accommoder aux circonstances individuelles pour se manifester dans l'action extrieure. Mais il faut que la casuistique se subordonne toujours a
et
et

l'aspiration mystique et que les dcisions particulires soient animes de l'esprit chrtien. Diebolt. p. 300, d'aprs Theol. Quartalschrift, 1826, p. 500 sq. A ces

dernires
rserve.

rflexions,

on ne peut qu'applaudir sans

J.-B. Hirscher (t 18t'>.">) a conu la morale comme ralisation du royaume de Dieu dans l'humanit. La
vie surnaturelle tant un tout organique, elle rpugne absolument, selon Hirscher. la mthode casuistique. La casuistique qui en fait une poussire de cas isols. nous habitue une conduite purement lgale et extrieurement correcte, favorise les scrupules au prjudice de la gnrosit du vritable esprit chrtien el nous apprend plutt accumuler et compter les bonnes uvres qu' faire des progrs continuels dans la perfection intrieure. Ibid., p. 328. d'aprs un des premiers crits de llirscher. Sur le rapport de l'Evangile avec tu thologie scolastique d'aujourd'hui dans l'Allemagne catholique, 1823. La mme ide se retrouve dans l'oiiv rage principal de cel auteur La morale chrtienne comme doctrine de l<i ralisation du royaume de Dieu dans l'humanit. 183."); dans la cinquime dition de ci dernier ouvrage, 1851, Hirscher reconnat toutefois que casuistique et scolastique ne sont pas
:

inutile la casuistique,
ce

il

combat

les

abus

lies

dsormais

autorits substitues au raisonnement, le got tles cas imaginaires, le compte minutieux des pchs non quilibr par l'appel aux inspirations de la Charit. Diebolt, La thologie monde catholique en Allemagne.... p. 204-205. Dans l'cole hermsieiiue. on es! soucieux que la casuistique ne porte point prjudice
:

nom

les

au caractre scientifique
P 256.

le la

thologie morale. Ibid.,

de Gnther, il faut nommer Cl. 1888), de qui le Systme de l'thique chrtienne, 1850, contient une critique expresse i\w probamoral. En ce systme, bilisme, qualifi d' atomisme on confond, dit-il, le jugement de la raison avec la die te relle de la conscience morale. La vraie conscience

Parmi Werner(t

'es disciples

l'Itcl".
I

VBILISMK.

\(

I.

598
solutions

Personnelle bsolument. // ment, ce thologien semble professer une doctrine !.!> de doute Mir une obligation, nous
devons, selon
l<-

qu'il

dit.

casuistiques,
refusait
le

ranger en rgle gnrale lu l'opinion plus probable. Nous sommes eepen


lui.

iiinh

autorises,

Moyennant des chantillons de ". lequel il argumenta en faveur de l'art. droit d'enseigner aux congrgations non Mgr Kreppel ayant tax l'.ml Beri de falsl

obligs
lis

l<-

i-hoisii

misons
souffrii

parti le plus sr, quoique prpondrantes ne soient pas en


le

exemple, il esl plus sui qu'il iu- d'en commettre, il du tort ni paver une seconde fois une <Mlr dont l'ac quittement reste douteux tout en restant trs pro 5 d., I. n. p. 227. La morale chrtienne.. bable. Pour dterminer la responsabilit morale, l'auteur net pour ainsi dire pas l'excuse de l'ignorance. Il
iveur. Puisque, par

mieux

<|

il

p.ir

t.
-

situation d'un homme <|ni viole l'ordre 1pch originel et ignorance :i\ l'tal sur l'Ecriture et l'exprience. lit- opinion Noir Diebolt. op. rit., p. 339. i. p. 217.
.i

tentatives taient peut-tre trop originales el >ur exercer une influence dcisive mu ilution de la thologie morale dans l'glise catho De fait, il ne semble pas que l'tal contemporain doctrines, sauf peut-tre en Allemagne mme,

in ateur de textes, celui ci publia son discours copieu sment orne des ci lai ions propres a just il ici ses conclu sions. On n'attendra pas que la critique de Paul Berl soit irrprochable aux yeUX du thologien; il joue plus ou moins sincrement el habilement le son thme il reste que la matire lui en fui trop gnreusement administre par d'au! henl iques casuistes, o Gurj a le premier rang, Par ailleurs, des crivains s,- sonl aviss de dfendre le probabil isinc. dont ils avaient eu connaissance par Pascal; mais ces apologies suit peut tre plus funestes au systme que les objections des adversaires. Qu'on en juge d'aprs les insupportables bavardages de Remj de Gourmont, dans /.,- chemin de velours, o l'auteur justemenl semble avoir pris des sein le contre pied du discours de Paul lier!. \ \( ;i v m la question. De nos jours, on n'a pas cess de parler du probabilisme. l.rs manuels. Les manuels fonl eu gnral une place de chois a ce systme comme ses rivaux, qui
:
.

doive beaucoup. L'esprit routinier, dont on ne lire que soient exempts tous les thologiens, v est
In

reste
|\.
rs

pour quelque chose.

Ils

mme

MU DEHORS I>1 MONDl du monde thologique,


l

II

mi.h.h
el

En
la

dans

suite

controverse ouverte par les Provinciales, dont on aujourd'hui encore quand elle sera close, on ve .ni cours du \i\ sicle quelques pisodes int notre sujet. sait quel procs du jansnisme el le Pascal a de Maistre dans son ouvrage lie V glise <i<ilh s qu'il y parle d'ailleurs de la morale el .i\. lit lieu ou non de blmer les jsuites. Il est .in que l'hostilit .linsi entretenue contre le jans ivoris la persistance du probahilisme, conu de plus en plus par bien des gens comme l'antidote de ueur menaante. ne des rares joies que l'enquteur la littrature dont nous faisons st le chapitre o, dans son Port-Royal, I. III. S nte fleuve donne la rplique .1. de Maistre tend contre s.i fougue les chers vieux auteurs tant de secrets. Il faudrait signaler aussi l'influence sur noire sujet de ce grand livre si la tvhe n'en devait tre trop longue. Disons du que l-s jugements de Sainte-Beuve peuvent agir esprit de l'historien el du thologien par manire tants, et qu'il \ a toujours bnfice savoir ce os problmes un laque, au surplus sinment cultiv et pntrant. ois de plusieurs degrs avec un certain .ru en I- raine vers 1846, o sont une fois de plus, tant le genre semble promis les propositions les plus scandaleuses des mais -ans l'assaisonnement d'une mise en Ique peu spirituelle. L'crit nanmoins ne rponse: elle s'appelle curieusement du Code 'Ir* jsuites, ou explication de texte* - cnmpris. fur un lve rfr IXtfi. Cette rpons,- rvle un nt .ui\ mmes errements qui jadis colre. Nous renonons a donner des uscule. o le burlesque le dispute au lui attestent comme un 'M '* de la querelle, au moins dans les esprits
lit
!
i

d'indispensable introduction la thologie Par la. ces organes t\^ l'enseignement se montrent dpendants en leur conception et en leur mthode de leurs prcdents du xvir sicle. Il n'en est point qui ait encore Irancheineiil rectifi la position mme <lu problme, qu'ils acceptent telle pion memporte, l'an la lgue depuis celle poque el qui
servent morale.
s

nous

assez, dit.

un nouveau

el

fcheux espril dans

thologie morale. Si l'tude a laquelle nous venons de nous livrer doit avoir quelque utilit, ce serait notamment de faciliter, la lumire de l'histoire, une rforme touchant au fond mme des conceptions mises eu oeuvre en ces sortes d'ouvrages. Le besoin en est d'ailleurs plus ou moins confusment prouv. Certains manuels prfrent le plan des vertus au plan des pr ceptes; ils tendent la place faite aux questions pins docl rinales; l'un \ a mme jusqu' insrer les quesl ions de la conscience au trait de la prudence. Mais ces
la

pas encore, il s'en finit, jusqu'o l'on souhaiterait et, si audacieux qu'ils paraissent, ils ne le sont pas assez, tant sonl entres dans l'usage des conceptions et les habitudes en ralit accidentelles,
essais ne vont

manuels thomistes euxpar l'appareil nolionnel OU l'ordre de la matire plutt que par la qualit de la pense. Il esl d'ailleurs naturel que ce genre don vrages ne profite pas en premier lieu du renouveau dont peuvent tmoigner des tudes plus scientifiques de thologie morale. Entre eux, les manuels se distinguent selon le choix qu'ils font d'un systme, le probabil iorisme, ou l'quiprobabilisme, ou le probabi lisnie. auxquels s'ajoute, nous l'avons dit, le coinpe.i sal ioiiuisme. adopt par un petit nombre. Le probabi lisnie e>( reprsent par les manuels tort rpandus.
mais qui
firent

fortune. Les

mmes

justifient leur titre

s ni celui de Gury, qu'on! rajeuni a plusieurs reprises des confrres de l'auteur, soit ceux d'auteurs jsuites plus rcents, chez qui le systme trouve non ses seuls, mais de fervents adeptes. Il est du reste remarquable que chacun des systmes en cours semble se recoin mander du patronage spcial d'une famille religieuse, encore que cette gographie ne sol1 pas infaillible. On peul Expos moderne du probabilisme.

quelque trente ans plus lard, el m. Dans les discours qu'il pronona m cours des dbals il suprieur, Paul Berl
des
je

prendre une ide du probabilisme tel que les sicles quelqu'un de ces manuels, soit mieux dans l'article consacr au sujet par le P. Vermeersch, dans le Dictionnaire apologtique, t. iv. col. 340 361. En ce dernier travail, les rgles de l'action font notamment l'objel d'un expos circonstanci, Bie qu'elles engagent des principes divers de science
l'ont fait soit en
i

es,

ainsi

le et

des

onsidral ions posi! ives, qui ne relvent

599

l'UniJAHI LISM

E.

KT \T
strictement
licit .

\t.TI
s'il

il.
de validit, moins
s'il

GOO
s'ayit

poinl proprement de la prsente tude, nous en pr sentons ici un rsum, pour autant qu'on j voit l'effort d'un esprit modr, cherchant concilier avec sa fidlit au probabilisme certaines exigences reconnues de la \ i<' morale. Le probabilisme joue dans le champ des doutes de droit, c'est dire quand il s'agit de savoir si une action es! licite ou non; en d'aut res termes, l'honntet pra tique de uns actes n'est jamais douteuse lorsque, dans l'ordre thorique, cette honntet est srieusement Mais, applicable tous les droits, le proba probable bilisme ne s'applique aucun doute de fait, au moins immdiatement. La porte de cette restriction doit du csie s'entendre concrtement selon quelques situa tions dtermines. L'administration des sacrements, tout d'abord, o l'on tranchera le doute dans le sens garantissant la validit, sans prjudice toutefois de la supplance par l'glise d'une juridiction probable ni de la licit d'administrer le sacrement un sujet douteusement capable de le recevoir. De mme, quand salut, o un il s'agit d'une condition ncessaire au devoir de charit envers nous-mmes nous oblige tre tutioristes . Si le litige concerne une matire de justice et que l'lment dcisif en soit un l'ait tel que la possession ne puisse jouer, tant elle-mme mal assure, en ce cas, on partagera les biens selon les titres de chacun des prtendants et au prorata des incertitudes. Si la loi impose un juge de juger selon sa persuasion et sans gard pour les controverses, l'usage du probabilisme lui devient du mme coup dtendu en ses dcisions judiciaires. Si l'on doute de l'accomplissement d'un prcepte, le probabilisme ne peut non plus intervenir directement. Il reste que des rgles peuvent encore tre fournies en dehors du champ d'application immdiate du probabilisme. L'auteur propose les suivantes. Dans le domaine des probabilits de fait, il arrive
.

s'agit

de

Reste la question de l'emploi simultan ou successif Notre rponse ne de deux probabilits divergentes. causera aucune surprise qui rflchit que l'usage de la probabilit n'impose aucun effort d'adhsion a l'intelligence. Pour nous dispenser d'une obligation qui n'est que probable, il n'es nullement requis que, d'une faon plus ou moins force, nous opinions par voie directe que cette obligation n'existe pas: mais il suflit <pie nous en constations l'incertitude. La probabilit nous offre ainsi souvent le choix entre deux partis. El comme, dans le champ des actions honntes, notre conduite peut varier selon les circonstances et nos dsirs, nous pouvons de mme adopter pratiquement tantt lel parti et tantt tel autre, en prenant, dans les deux cas. pour guide une probabilit srieuse. D'o Rien ne nous interdit d'essayer, par l'auteur dduit des moyens loyaux, d'obtenir l'excution d'un testament informe qui nous est favorable et de nous dispenser des obligations d'un autre testament informe deux testaments sont deux qui nous serait onreux causes spares. Mais nous ne pourrions traiter le mme De mme, testament la fois de valide et de nul. il nous est loisible de consulter l'une des deux montres pour la rcitation du brviaire, et l'autre pour le jene et l'abstinence. Ce sont l des prceptes distincts. Cette facult d'option subsiste plus forte raison pour les cas o le lgislateur a lui-mme prvu le choix entre
I
: :

le temps moyen, le temps lgal. Des ludes plus spciales ont pris le probabilisme pour objet. Les plus neuves d'entre elles, s'autorisant de la logique classique du probable, mieux et plus savamment connue, ont critiqu la notion mme de probabilit adopte dans les systmes moraux et cette ncessit qu'ils supposent de choisir entre plusieurs
le

temps astronomique,

que le lgislateur ait prvu cette situation et pris des mesures y relatives il est trs facile alors de trancher le cas. Il se peut aussi que les probabilits de fait se
:

rel

probabilits; quoi ces auteurs opposaient le jeu natude l'esprit, adhrant au plus probable aux dpens des probabilits concurrentes, lesquelles cessaient alors de l'tre. Ainsi, et non, bien entendu, sans quelques

convertissent en probabilits de droit le probabilisme recouvre alors sa comptence. .Mais les probabilits de fait sont parfois irrductibles il ne reste, en ces cas, que d'agir au plus sr, faute de quoi on encourt la responsabilit de la consquence fcheuse qui peut s'ensuivre, moins cependant que la moralit de la consquence ne soit modifie par le doute invincible. Ne pas oublier non plus qu'un inconvnient relativement notable affranchit de ia loi positive et que l'effet mauvais, mme prvu, mais non voulu ou poursuivi, n'est pas imputable qui a rempli l'obligation positive de l'viter . Dans le domaine des doutes ngatifs, on distinguera s'ils sont de droit, savoir le cas o aucune raison ne nous fait douter de l'honntet de l'action celle-ci est dans alors certainement permise; ou s'ils sont de fait ce dernier cas, il se peut que le parti le plus sr s'impose avec vidence. Mais il peut aussi ne pas s'imposer. Certains moralistes invoquent alors le principe depossession (par exemple, permettant de manger de la viande si le doute survient dans ia nuit du jeudi au vendredi, l'interdisant si l'on doute entre le vendredi et le samedi). .Mais le mieux et le plus universellement applicable est de rsoudre les diffrents cas selon la volont raisonnable du lgislateur. On distinguera en ce sens les lois qui se bornent des prohibitions et celles qui contiennent des injonctions. rien n'empche le lgislateur Quant aux premires. d'o d'tre indulgent en matire d'interdictions dcision du doute ngatif en faveur de la libert. Les secondes, en nous obligeant certains actes, nous imposent un soin raisonnable pour les remplir dans les conditions voulues ; celles-ci sont vrifier plus
:
: : : .

PP. Mandonnet, en conclusion de la dans son opuscule La eerlitude probable, 1911 (extrait de la Rei>. des
diffrences, les
srie d'articles cite ci-dessus; Gardeil.
se. phil. et thol.), et

surtout Richard, en de

nombreux

Revue thomiste, parus de 1923 1927, en son ouvrage Le probabilisme moral et la philosophie, Paris. 1922, et. tout rcemment, en la seconde moiti de ses tudes de thologie monde, Paris, 1933. le dernier paru sans doute, jusqu' nouvel ordre, dans la longue srie que nous avons recense, des livres consacrs au probabilisme. Il y a dans celui-ci, outille thme prcdent, un essai de restauration de la vrit pratique , qui est une excellente pense, encore que la faon dont s'y prend l'auteur doive appeler peut-tre quelques observations. Les noms qui prcdent, auxquels on ajoutera H.-D. Noble, pour le judiarticles de \a

cieux chapitre consacr la conscience incertaine et aux systmes de moralit en son rcent ouvrage, Le discernement de la conscience, Paris, 1934, c. xix. tmoignent qu'il n'y a plus trace, chez les thologiens dominicains d'aujourd'hui, d'une certaine complaisance pour l'quiprobabilisme alphonsien, effet du (ledit de saint Alphonse et d'un homisme trop timide chez un auteur comme le P. R. Beaudouin, en son Tractatus de conscientia, paru en dition posthume Tournai en 1911. La critique de la probabilit (pie nous venons de dire a suscit des dbats dont tmoignent un certain nombre de revues contemporaines de philosophie ou de thologie: Rev. no-scolast. de phil., 1921, 192.'!. 1921. articles de P. larmignie. E. Janssens. C. Sentroul; ludes franciscaines, 1923. article de Jean de Dieu; Arch. de phil.. 1921. article de M. Nivard;
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Ranwex
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JUGEMENT
geisligen
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ll.

L'HISTOIRE

602

1929, article d'E

Gregoria
diffrents

irticle

de

.1.

de
les

Bile,

les

ces tudes onl signes de lassitude ne manquent pas de la pari de certains thologiens qui, van-, mconnatre la ncessit de la casuistique, souhal nt remettre la thologie morale en sou milieu spl rituel Indispensable et l'ouvrir davantage aux Influen cm ilu dogme. Le phnomne en es! peut tre plus observable en Allemagne, o il continue la tradition des thologiens de lu restauration, Ainsi les manuels de

comptes rendus critiques auxquels


lieu.
I

*.u

ailleurs,

Linsemann 1878), de Koch I905),de Schindler (1907), 1 Mausbach, el en ce rcemmenl de Schilling moment mme un Handbuch der katholischen Sitten1

plus

<'t

1-

dont la publication a Dusseldorl esl dirige par llmann, o rparai) le uot de la \ ie chrtienne, Ion une formule toute charge de spiritualit, bien ifjce donc do usages scolaires de la thologie mo raie, celle de l'imitation du Christ, Il est du reste pro bable que la connaissance de la thologie du Moyen laquelle notre temps s'applique selon dis m thodes et un esprit qui reprsentent une nouveaut dans l'histoire des doctrines thologiques, en entire rmite avec les constantes recommandations de ise, admirablement ritres par Lon XIII, conune conception de la \ ie morale duira le plus en plus o le probabilisme est inassimilable, sans le moindre dommage, bien entendu, pour la direction pratique de l'action et la solution des -.is particuliers. Mais, ds aujourd'hui, il faut mettre au compte d'une grande illusion ou de beaucoup d'audace cette faon que l'on de nous prsenter le probabilisme jouissant, nous as la conduite des mes el dans la pense di
Irhrr.
.i

Interprtation du probabilisme, voir Pr, ISrnst, Papst und fengeneral rltrter Justixskandul und selni Grundlagen, Bonn, 1930 (dans l'esprit de Dllln leusch l. Nous avons cit n mesure les travaux el sources intres s.oii chaque partie de noire expose, omme travaux d'ensemble sui le probabilisme, outre le livre souvent cit de DAIlingei lleusch, il n'> n gure que des articles de diction uaiies ,1 ms lunli- u/.oii. I. VIII, 1803, ail. Moral le h systme, par II. Noldtn, col, 1870 1889; d ois le liicl. apolog. de la foi cal/lof., t. iv, Paris, 1922, art. Probabilisme, par,), de BliC el \. \ ei nieeisch, col. 301-361, Tous les manuels de thologie morale donnent un aperu du systme et de sou histoire, mais qui ne reprsente gure un travail original. Du cote protestant, l'article de la Realencyklopdii fur profesfonffscfle rhologie und Kirche, t. xvi, 1905, art. Proba btlismus, par /.oc 1er. p. 66 70, Ce dernier article mentionne une bibliographie protestante de la question, a laquelle nous renvoyons, Itons seulement l'un des auteurs les plus clbres, A. Harnack, dans son Lelirbuch ilm Dogmengeschicbte, V d., t. m, 1910, p. 7 t.s 7.">i>.
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vogue
doctrine
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universelle
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autorise.

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cumnique
1
.

Recherches de

18.

Le Code de droit
noit

canonique promulgu par Belois

Le probabilisme est cette dont nous avons essay d'crire l'histoire. On ne le connaM qu'au prix de l'investigation laborieuse que nous nous sommes impose. Du moins sommes nous eu mesure mainte nant de prononcer a son sujet quelques jugements, La nature mme de l'objet comme des phnomnes liis toriques en cause nous impose ici une mthode attende quoi ces conclusions risquci nient de ptive, faut cher par quelque endroit. On peut juger du piohalii lisme, tel que nous le connaissons maintenant, au nom de l'histoire mme et d'une certaine conception morale que l'on porte dans l'esprit. On en peut juger en prenant en considration prcisment l'attitude esl clair que, il observe par l'glise sou propos chez un thologien, ces deux jugements ne sont pa,s indpendants; mais le premier ne peul que se subordonner au second, comme nous l'expliquerons, lui
Vil.
ralite

conclusions.
successive
et

complexe

<

\Y
mon
il

contient au chapitre des


ainsi

ecclsiastiques

conu

est avantageux de distinguer l'apprciation il du systme d'avec celle de la pratique o il conduit,

outre,

juris

Leges, etiam irritantes <( non urgent; in duhio autem

comme
Lnliabilitantes, in
facli potest Ordiin qul-

mus

in fis

dispens

ire,

dummodo

agatur de legibus
solet.

!>us

romanus pontitex dispensare


;

qu'on juge approuv par constants du probabilisme? Il est certain que nous reconnaissons dans le canon cit des moralistes de cette cole, mais la siynj. un en est ici bien diffrente. Les probabilistes entendent noncer un principe relatif la mit ure mme loi et efficace en dehors de toute disposition sp'iii. Nous axons cette fois, au contraire, un cas o le lgislateur en personne dtermine de s.i lui et dcide, de son autorit, qu'il tend pas her si le sujel doute du droit. Clause il a l'initiative el qui s'applique exclusivement aux lois dont il est l'auteur. Le tort des probabilistes en l'espce des attributions qui ne sont que du lgislateur. \ compris le Matre de la nature, puisqu'ils appliquent sans faon leur principe mme la loi naturelle. Qui l'insertion de cette rgle le de droit canonique soit un effet de son iprs ries moralistes, cette circonstance ne
cette occasion
se l'un des principes

esl indispensable de dire quelle il pratique d'une conception de la vie morale o le probabilisme ne serait pas retenu. Moyennanl ces discernements, nous esprons porter sur une matire entre toutes litigieuses (il n'y a pas d'exemple encore qu'un auteur ail clos cet te conl n>\ erse) une apprciation la

ressort

I. Le jugement historique et ferme et quitable, II. Le jugement de la thologie, (col. 606). Les rgles pratiques (col. 609). IV. Pour un III. renouveau de la thologie morale (col. 615). I. LE rUOEMENT HISTORIQUE II DOCTRINAL. V juger du probabilisme en historien des doctrines et au nom d'une concept ion morale dt ermine, celle qui, n cours d'enqute, a inspir nos rflexions, voici, nous semble il. les conclusions qui s'imposent. - Il l" L'origine et les vicissitud s du probabilisme. n'est pas n pour rsoudre un problme mconnu ou mal dbattu. Il n'est pas n pour sauver le monde

fois

doctrinal.

chrtien d'une treinte de rigueur qui l'et jusqu'alors enserr. Il n'est pas n du besoin d'une casuistique jusqu'alors inexistante. La casuistique tait la lin du xv sicle un genre prospre el dont l'origine remontait a prs de quatre cents ans. Les moralistes
i

rien

le

sens exact

qui

du xv* sicle notamment tmoignent une grande


citude pour
les

solli-

Ile

reoit .dois,

et

qui

fmes craintives

el

s'ingnient

leur

nature de la loi, mais relve d'une expresse du lgislateur. Sur l'extension mon. voir le> eanonistes, par exemple lit 's. Malines Home.
la
2
-

9;

1068,

montrer combien est praticable la vertu. La grande thologie du xm sicle offre une solution ('tendue et systmatique des problmes relatifs la conscience incertaine. Le probabilisme est ne d'une altration de l'ide mme de probabilit signifiant dsormais non
plus
lion de l'esprit
fait

ire. voir les

noms dans
i

lui ter,
I7!l
.

mrite d'une proposition au regard de l'adh qui l'adopte l'estimant vraie, mais le qu'une opinion a t adopte comme probable par
le

sur une a liai ie en cours, o

>-i

engage une

d'autres, qui l'auront

fait

bon escient. Comment on

603

I l

<

Ji

1.

I..

JUGEMEN1 DE L'HISTOIRE

604

uliss;i vers cette Ide nouvelle, la lois proche el trs diffrente de la notion classique, nous avons cru l'aper <'ovoir dans l'attention prte certains cas particu heu en eflel le sujet), on il \ liers de juge, le soldai de rgler sa conduite sur une opinion trangre. Plus profondment, qui sait si l'on n'a point l une application inopportune de celle attitude gnrale de l'humanisme qui, a la diffrence du Moj en Age curieux
.

:I

de

la vrit intemporelle, se donne pour tche matresse de connatre la pense des aul res? Cf. 101. < rilson,

naturalisme antique, dans Arch. du Moyen Age, \>. > .'7. spcialement les dernires pages. Le probabilisme s'est inspir d'un senlimenl mal critiqu de bienveillance ci de misricorde envers les mes, car on estimait pnible pour elles de rechercher le plus probable parfois confondu avec le meilleur), ce qui est un premier et immdiat elle! de l'altration qu'on vient de dire. Il

Le Moyen Age
cl

et

le

d'hisl. docir.

litt.

est peut-tre fastidieux

de rechercher

le

plus probable,

mais est-il onreux de rechercher la vrit? La fatigue, dans tous les cas, en esl saine: elle appartient notre mtier d'hommes, el il esl crit dans l'vangile que la vrit nous dlivrera. On croyait aussi, et l'ide s'en est tablie avec mie force encore inbranle, que l'obligation morale est chose de soi contraignante et que le bien originel de l'homme esl l'usage de sa libert. Cel te conception n'tait pas le fruit d'une doctrine labore, mais un prsuppos et comme un postulat emprunt

aux plus humbles ractions du sens commun. Ainsi le systme a grandi et fait une fortune immense.

n,

Bientt, en effet, le probabilisme s'annexe les principes qui tendront au champ entier de l'incertitude le bnfice du systme. Ils ne sont pas en euxmmes justifiables, mais procdent du mme souci de mesurer aussi strictement qu'il se peut l'obligation, qui conditionna l'apparition premire du probabilisme: hors de l, les raisons dont ils s'entourent perdent leur efficace. Le systme possde ds lors son armature thorique. L'histoire que nous avons suivie n'est pas celle d'un dveloppement doctrinal. Nous allons dire dans un instant ce qu'elle fut. De bonne heure, le probabilisme est devenu l'inst ru menl d'une casuisl iq ue incroyablement fertile, et qui usurpa le nom et les fonctions de l'ancienne thologie morale ce phnomne nous a paru des plus importants, et nous avons tent d'en dire les caractres. Ce rgne incontest du probabilisme nous a permis de l'observer, pour ainsi dire, en foute libert, en son essor naturel et dans les consquences les plus conformes son gnie. L'abus provoqua la raction. De celle-ci, nous avons dit les hautes origines et les formes diverses. Elle a dtermin de la part du probabilisme une attitude nouvelle, qui le caractrisera dsormais et sera la loi
:

constances historiques que nous axons racontes. La recherche morale a poui critre formel la vrit. Il adviendra (pie celle ci soit svre, il adviendra qu'elle soil commode ces qualits sont accidentelles et de toi ne renseignent en rien sur la valeur de la solution. Elles dpendent de la sensibilit, de la gnrosit ou de la mollesse, foules conditions du sujet dont est parfaitement indpendante l'exigence du devoir. Il esl vrai que la morale esi srement praticable, et c'est pourquoi l'on inclini naturellement a juger de l'exactitude d'une obligation selon le degr d'effort qu'elle demande de nous ou, si l'on veut, d'un sujet moyen. Mais qui ne voit (pic cette valuation est tout empirique cl qu'il appartient justement a une science morale de juger de l'obligation sur (les critres assurs, auxquels il ne nous reste plus qu' adapter notre senlimenl particulier du praticable el de l'impraticable? Ainsi l'a toujours compris la thologie classique. I. catgories de svrit et d'indulgence n'y jouent pas, si familires aux moralistes d'aujourd'hui. La morale mdivale ne fut pas pour autant, nous l'avons dit, une mconnaissance des conditions du sujet. Mais elle ne s'est pas fonde sur celles-ci. Des moralistes issus du probabilisme aux moralistes d'avant ce systme, il y a un dplacement intressant l'ide mme de la science morale. 2 Le bilan du probabilisme. Quel bnfice cependant devons-nous aux longues et fastidieuses querelles que nous avons suivies? Il n'est pas douteux, comme nous l'avons dit, que l'opposition n'ait contraint le probabilisme se surveiller et se contenir, conditions de sa survivance. 1011e fit qu'on ramena la casuistique chrtienne des bornes plus raisonnables, au point que l'Eglise a pu ranger parmi ses docteurs un moraliste dont L'uvre est principalement casuistique. L'urgent et grave danger qui mit en branle jadis tant de lutteurs fut cart et, pour une part, il le demeure. Il reste qu'un tel bnfice s'value en fond ion mme de la perte qu'on a failli subir. Positivement, on serait enclin attribuer aux thologiens de l'ge probabiliste l'laboration de la casuistique mme, qui est tn effet un besoin dans l'glise. Il est vrai que ces tudes ont pris alors une ampleur considrable et que, non content de rsoudre les cas rels, on en cra d'imaginaires. Mais. sans compter ce qu'il y a d'un peu vain dans une tentative de cette envergure, comme nous le dirons ci-dessous, sans compter mme les dangers attachs une entreprise aussi norme (qu'on se rappelle la grave parole de saint Thomas Omnis quirstio in qua de mor:

de son histoire. Sans renoncer ses principes, il se l'ail plus prcautionneux et plus attentif, grce quoi il se
fraye un chemin travers les indignations, les critiques et les condamnations. Il ne doit qu' lui-mme de s'tre perptu. Il est vrai qu'on ne l'avait point banni, mais il a utilis habilement el persvrammenf la libert qu'on lui laissait de vivre. En ce sens, plutt que d'un dveloppement, son histoire est celle d'une survivance. Autour de lui, cependant, el par l'effet del raction dont est l'objet ce phnomne primitif, d'autres thories closent, qui no laissent pas de se dfinir par rapport lui. On ne voit rien qui brise cel le suite de cercle enchant o par le probabilisme fut enferme la thologie morale. L'effet peut-tre le plus significatif de cette situation esl l'importance souveraine pic prend dsormais chez les moralistes, avec l'ide de systme moral , le souci du juste milieu, don! les extrmes contraires s'appellent laxisme cl rigorisme, Nous il est contingent, issu des cirle croyons naturel
:

peccato qiurrilur. nisi expresse verilas habealur. Quodlibet. ix. a. 15), on periculose delerminatur. n'oubliera pas qu'avant cet ge une casuistique existait, ouvrage d'une tradition dj longue, une casuistique probe, tendue, classique sa faon. On ne peut historiquement attribuer au probabilisme d'en avoir
tali

cr le genre. On ne lui attribuera pas davantage d'avoir consacr l'usage en morale de la probabilit. Beaucoup de bons esprits, nous l'avons dit, ont peine se

dtacher absolument du probabilisme. dans le sentiils sont (pie la probabilit n'est pas bannissable de la vie morale, et il leur semble que. rpudi le probabilisme. ils chapperaient difficilement quelque thorie illusoire et inhumainement austre. Ils confondent la probabilit des probabilistes avec la probabilit naturelle et conforme la nature de l'esprit. Ils ne s'avisenl pas qu'avant 1re probabiliste la thologie classique et la philosophie aristotlicienne avaient accueilli la saine probabilit, tenue pour rgle lgitime de l'action, Au point, nous l'avons dit. (pie le Moyen Age a labore a ce propos une doctrine exacte, qui justifiai l'usage des jugements probables dans uni morale domine par l'ide de vrit. Non certes (pie le Moyen

ment o

l'Uni;
l.n^N.it rien
ilii

VBILISM

.1

UG

II

OLOG

GOti

.< faire aux gnrations suivantes et sur tout le dernier mot de la science ma raie. Sur l'tendue de l'ignorance du droit naturel, sur les conditions de rtablissement de la probabilit, sur ncessit o l'on peut tre le suivre l'opinion d'au .1 1res esprits, sur les varits individuelles il-- consclen sur d'autres points sans doute, il laissait plan' .1 des recherches et un progrs; sans compter que chaque ge amne avec soi des situations nou velles et inattendues, dont peuvent juger seuls les en ce sens, il est mme impos moralistes du prisent slble que la science morale soit quelque |our dflniti ventent close. M. un. parce qu'il obit des proccupa lions moins scientifiques que pragmatiques et pane qu'il s'inspire de principes nouveaux, le probabilisme n'a pu fournir a if\ recherches que des contributions sujettes a contrle et sans proportion avec l'norme littrature morale qu'il a mise sur le march. Non-, avouons tre bien plutt frapp de la stagnation Impose sous son rgime a la thologie morale. Comme il arrive assez souvent, comme il est arriv cotte fois dans des proportions exceptionnelles, un problme dtermin a capt sou profil l'attention raie et lionne lieu a cette production dmesure. La renomme qu'il a prise et la plaie qu'il s'est faite en thologie morale n'ont pas t sans gner Tel iule

qu'il el

Si la thologie morale esl en retard aujourd'hui sur tant de problmes que posent les cou dit ions nouvelles de la Vie, c'est peut tre que le n loi nie va trop vite, mais c'est aussi qu'elle manque d'anima tion. En la dispensant trop cimipluisainuicnl de dcou vrir le vrai, on l'a prive de son meilleur excitant. \insi. c'est au plan ininc de la casuistique, qu'il sein Mail avoir avant tout Favorise, que le probabilisme a retenu l'essor d, la thologie morale. v nu .n m. n Mais l 'endroit 1. l.i .u i.i vu si m lu probabilisme, l'glise a adopt une attitude qu'il importe souv erainenienl de prendre en considration. Nous avons racont ci value ces faits de notre mieux. Jusqu' sainl Alphonse, le probabilisme ne peut celles se flatter d'avoir t l'objet des laveurs du magistre, encore que les condamnations ne l'eussent pas atteint en ses positions essentielles. I.a glorification de ci- doc leur, bien qu'elle ne visai point spcifiquement son

semble pas niable.

systme ou ses conceptions morales, ne peut manquei dsormais le confrer celles-ci une autorit dont elles ne pouvaient se prvaloir jusqu'alors, cl nous savons
quille parente il v a de ces conceptions au probabi lisine. en dpit d'une thse nettement divergente de

d'autres problmes, rduits bientt les proportions drisoires, quand ils n'ont pas t jamais soustraits a la considration les moralistes. Nous dira ton qu'on
les

Alphonse. Depuis cet vnement capital, il esl le probabilisme, dont nous avons dil quel regain il connut au XIX' sicle, esl en usage dans l'glise, sans avoir toutefois ce crdit universel que ses
sainl

notoire que

retrouve tans
et

les

cours de

thologie scolastique

amplement

tement qu'ils

doctement traites? Le malheur est jusse trouvent l, a moins que certains

d'entre eux n'aient t relgus jusqu'en philosophie morale, alors qu'ils devaient donner la thologie morale son vrai caractre. A qui s'est rendu familire une thologie morale de type thomiste, il n'est pas point un serrement de cur [.le de n'prouver quaml il compare cell ci les thologies morales d'aujourd'hui. El la comparaison n'en est pas hors de propuisque ces dernires entendent diriger la prat ique comme le voulait prcisment celle-l. Mais quelle pratique appauvrie et quelles sches directives d'un tandis qu'il v a de l'autre d'immenses ressources le pense morale, que ngligrent trop de moralistes, distraits de ce labeur magnifique par la vogue des problmes lies aux difficults des consciences Et cependant ne s,- donnaient-ils point pour des niait ri s en \ ie
'.

partisans lui attribueraient trop promptement. Il est lgitime d'arguer en sa faveur de ce l'ait, car il v va de la vie chrtienne, objet par excellence de la vigilance et du gouvernement de l'glise, laquelle rgil les murs comme la foi. On peut mme renforcer l'argu ment en considrant un usage des Congrgations romaines qui, consultes sur quelque point de morale. renvoient volontiers aux i>r<>b<iti auctores, desquels certainement on ne peut exclure, dans l'intention de ces organismes officiels, les thologiens probabilistes; en observant en outre quedes instances Eurenl faites auprs du Sainl Sige en vue de condamner ce systme, sans que l'autorit suprme sortit pour autant de sa rsen e. Cf. Noldin, t. r, 1929, p. 238-239. En ces conditions, il

chrtienne? H n'v a pas de plus beau rle, ils s'en firent. il faut l'avouer, une ide bien modeste, dont ptit aujourd'hui encore la thologie morale. Bien plus, il n'est pas certain que. dans lechamp mme rohlmes pratiques, ceux qu'il revendiquait pour le probabilisme. chez les auteurs du moins qui le reprsentent en toute sa force, n'en ait pas rendu plus difficiles l'tude diligente et l'exacte solution. Car il se ute volontiers de la probabilit. Il ne prtend |Miint a la rponse ncessaire et dont l'autorit vince litres. Il proclame cette entreprise malaise, et |eut-i"t re certains ont -il s peur qu'on n'v russisse trop bien, car une conduite unique alors s'imposerait, qui ut le choix et cne la libert-. Le mouvement de intelligence parvient malaisment ainsi jusqu' son terme naturel. Son allure initiale en es| retarde d'au\|ors que les problmes, mesure qu'ils sont plus
.

que nous rencontrons ici un problme fie mthodologie thologique, a la lois dlicat et intressant, sur lequel nous nous expliquerions comme il suit 1 // appartient au thologien d'adhrer it une docD'une pari, il est assur trine morale dtermine. qu'entre uni thologie morale thomiste el celle qui se rclame ou s'inspire du probabilisme. il y a non point passade pur el simple du spculatif au pratique, non
apparat
-

point

progrs

doctrinal

(comme

certains

le

disent.

chappant ainsi au problme que nous abordons), mais ce dissent iinenl que nous avons observ, suivi 1 apprci. Les recti fixai ions que s'esi imposes le probabilisme a mesure qu'il persvrait laisseiil a peu pies
1

entires ces divergences initiales d'esprit et de ms de thode. D'autre pari subsiste le fait que nous ve rappeler. De celui-ci, on tirerait certainement une consquence indue si. en son nom. l'on interdisait en matire de probabilisme un jugement de valeur ou, ce qui revient au mme, si l'on imposait a Ions de penser

difficiles,

demandent qu'on

d'allgresse intellectuelle

qute,

le

aborde avec une sorte dans l'entrain de la conprobabilisme n'offre l'esprit que l'espoir gaiement valables; si mme l'une
les
el

plus faible, elle aurait encore tous


Militions,

les

In

que s'quivalent les diverses conceptions morales en ous dans la thologie cal holique. On trahirai! par l une -rave mconnaissance de la nal un- de la nologie, laquelle, a partir des donnes qui se rsument en l'enseignement actuellement acquis du magistre, porte ses jugements propres et dont elle assume la respoi liilit. Son rle n'est point d'enregistrer purement el simplement ce qui se dil ou mme ce qu'on a le droif de dire. mais, s'en tant diligemment inform, de pronon
c
I

ire

mme

quel lan prenlister laborieusement la vrit derclisposition psychologique drive du probabilisme, el dont l'effet ne

cer a son tour son

Ainsi

lirenl

li

thologiens, el c'est pourquoi apparemment il v a dans l'glise des penses thologiques diverses, telles qu'un mme esprit ne peut adhi

607

PROBABILISME. JUGEMENT DE
il

I.A

THOLOGIE

Ii08

en esl notoire en maintes questions de dogme; pas plus surprenani en morale.

n'est

toire ni Impossible si l'on veut bien distinguer dans une doctrine morale ce qu'il \ a en elle de dtermination

Rien du reste ne permel de pense qu'en approuvant des docteurs dissemblables entre eux l'glise entende limiter l'efforl proprement thologique; elle signifie au contraire que le choix reste entier, l'intrieur de ses directives. Au thologien donc de poursuivre ses investigations, mettant en uvre les procds qui le peuvent conduire jusqu' une dterminal ion plus prcise et fonder sa prfrence. Il est clair que son souci esl alors de dcouvrir la vrit et que c'est au nom de celle-ci en dfinitive qu'il adhre une conclusion plutt qu' une autre. Car au nom de quoi voudrait-on qu'il le fil'.' Son esprit esl de l'espce commune. Cette recherche et ce parti sont d'autant plus lgitimes que le thologien se guide en sou travail non sur des conceptions personnelles ou sur une vue originale des choses, mais sur une doctrine expressment autorise, comme est celle de saint Thomas d'Aquin. Nous n'avons rien fait d'autre que de juger en thomiste, aussi fidle que possible son matre, la matire que nous livrait l'histoire. Bien entendu, le thologien, il si l'on peut dire, est pris alors son propre jeu adhre sincrement aux conclusions qu'il a dcouvertes, et il y adhre parce qu'il les tient pour vraies. N'est-ce pas ainsi encore qu'ont toujours fait les grands thologiens? Entre les opinions en cours et les penses permises, ils se sont fait la leur plus que U ur
: :

due a l'effort rationnel, aussi largement d'ailleurs qu'on comprenne ce mot, et ce qui eu elle tombe sous la garantie de l'glise. Quand il s'agit de thologie dogd'une part, matique, cette distinction est familire
:

l'interprtation dont lit; d'autre part, la


te,

thologien porte la responsabidonne de loi entirement respecle

grce a quoi son Systme est de ceux que l'glise approuve-. Quand il s'agit d'une doctrine morale, nous (liions que la garantie de l'glise signilie qu'une telle doctrine, de quelque conception qu'elle relve en
ses

dterminations propres,

est

apte a conduire au
telle

semble bien tre l'intention formelle de l'glise quand elle exclut ou quand elle relient une doctrine morale, o il s'agit au

salut celui qui s'y conforme.

Car

se sont trouvs, nous l'avons dit, qui, sous les espces de la modestie intellectuelle, proclamaient tmraire la ferme adhsion de l'esprit quelque opinion; tendre cette apprciation la thologie en gnral, sous prtexte de docilit, serait le reniement de la thologie mme. Nous sommes pour notre compte, au terme de ce travail, convaincu de la supriorit de la morale thomiste sur la morale probabiliste ; nous le proclamons de toutes nos forces. Que le probabilisme soit venu plus tard, ce n'est point contre cette conclusion une raison dcisive, d'autant que rien n'empche sans

droit, c'tait l leur devoir.

Des probabilistes

la conduite de la vie chrtienne elle proclame dans l'une il y a danger de se perdre, tandis qu' l'autre on peut se remettre en scurit. Reste qu'il y a plusieurs manires de conduire les mes au salut, fort diffrentes entre elles, et c'est pourquoi mme les bonnes doctrines morales peuvent se diversifier, en sorte que l'on s'attache l'une de prfrence l'autre, exactement comme on prfre toute autre une interprtation dtermine du dogme. In thologien portant dans l'esprit cette distinction, donl la ralit ne semble pas contestable, n'aura donc aucune peine concilier l'adhsion qu'il accorde une certaine doctrine morale avec la valeur qu'il
;

tond de

(pie

doute une morale thomiste d'tre une morale moderne, non moins que l'autre. c n'est pas impropre satisfaire aux problmes que s'est poss le probabilisme nous le montrions en commenant, nous le confirmerons ci-dessous. Si nous sommes rprhensible en la conviction que nous professons, ce serait non d'avoir fait un choix et cd l'attrait de la vrit, mais pour avoir failli par quelque endroit la bonne mthode en notre investigation mme la crainte de l'avoir fait en un champ aussi vaste et encombr est la seule rserve que nous puissions mettre en notre conviction. 2 // y a lieu pour le thologien d'agrer de qwlque faon les diverses doctrines morales reues dans V Eglise. Mais du mme fait de l'attitude de l'glise on ne tiendrait pas un compte suffisant si, le reconnaissant en lui-mme, on ne tchait de l'inclure dans
et
I
-2

1 1

l'apprciation dfinitive que l'on porte sur un objet donn, dans le cas sur le probabilisme. Nous venons de dire que ce fait n'te pas la libert de prfrer une doctrine une autre parmi celles qui sont admises, et que cette prfrence se fonde sur la conviction de la vrit. Par ailleurs, cette libert ne va certainement pas jusqu' permettre au thologien thomiste par exemple de dire que la morale alphonsienne ou la morale probabiliste sont irrecevables. Un tel jugement atteindrait l'glise elle-mme, qui, agrant ces morales, les sousaussi premptoire. au nud du problme mthodologique que nous nous sommes impos. Au tond, il s'agit de savoir comment, professant la vrit d'une doctrine, cependant on n'exclut ni m- condamne les doctrines adverses (pie l'glise n'a point condamnes. Or, cette disposition d'esprit ne semble ni contradictrait

du

mme

coup

un verdict

Nous touchons, on

le voit,

reconnat aux autres, ce qui revient de sa part reconnatre la limite ou, si l'on veut, le relativisme dont est marqu son propre jugement. Il tient pour la vrit de sa doctrine sans qu'il s'attribue le droit d'vincer l'autre. Son adhsion n'en est pas moins ferme, remarquons-le, mais elle n'a pas l'efficace que l'on croirait rencontre de la doctrine adverse. Il y a l une condition propre au jugement thologique. En toute autre science, la conviction d'un esprit a valeur absolue; au nom de celle-ci il exclura comme irrecevable tt fausse toute pense contraire. De quelle autre rgle voudrai ton qu'il se rclamt? .Mais le thologienne pense pas indpendamment; sa propre pense se meut comme l'intrieur d'une pense pi us ample, qui est celle de l'glise en sa totalit, d'o la rserve qui marque de droit sa pense propre et l'accueil qu'il fait aux doctrines adverses, dont il pense qu'elles sont aptes conduire les mes au salut, selon que le pense l'glise elle-mme. Dans ces conditions, le thologien s'abstiendra de thologique , qualifier de telles doctrines d'une note c'est--dire jetant quelque suspicion sur l'aptitude qu'on vient de dire. Nul thomiste, non pas mme le plus attach ses penses, ne traitera soit un thoricien, soit un pratiquant du probabilisme comme les uns et les autres auraient le droit de traiter, par exemple, un rigoriste, au sens o cette catgorie tombe sous les condamnations de l'glise. On verra ci-dessous une application pratique de cette rgle. Concrtement, entre les probabilistes et nous, de quoi s'agit-il? Nous tenons que l'action morale est rgle par le jugement de l'esprit, lequel a pour objet la vrit: nous disons cpie cette vrit se prend des choses et de la valeur relle qu'elles ont. l'exclusion des principes rflexes; nous disons que la loi est ordonne au bien et qu'elle a sur son sujet une autorit dont ne la prive pas de soi un doute conu son propos. Le probabilisme admet qu'on hanche le doute autrement que dans le sens de l'obligation; il fait usage des principes rflexes; il avoue que toute opinion probable, mme celle qui l'est moins qu'une autre, pourvu toutefois qu'elle le soit solidement, rgle lgitimement la conduite. Il y a l. nous le rptons, deux conceptions inconciliables, et seule la premire est nos yeux justiliee. Il reste qu'en se conformant la seconde on peut

PROBABILISME. CONCLUSIONS PRATIQUES


apper point aux exigences du ulut. La garantie n'en Ira pa> du reste vin-, que le systme prenne tout lution contre les dangers qui le menacent. Il l'a (.ut Certains donnent mme plus d< force a cette des ion. soil en faisant valoir In bonne qualil moins probabilits admises, fussent elles parmi soit en insistant sur la ncessit d'tendre probables autant qu'on peut en morale le champ de la certl tude; suit en avouant iin'il est toujours loisible aux .1- s'en tenir ces strict s aine- plus exigeantes de ne erniis Dons ces conditions de f it. o des liniite- iln
l
.

610

notre gr il appartient a chacun di choisir parmi les opinions diveises revues en thologie luoiale, ou mieux, et plus gnralement, selon quels |ugements a chacun de dterminer concrtement sa il appartient conduite. Nous dgagerons ainsi de la doctrine morale que nous avons dfendue l'attitude pratique qu'elle Implique, o sa valeur propre, nous l'esprons, ai lie
rgles a
v

era d'apparatre.

ibilistrs

vont jusqu' ragir contre l'inspiration

du probabilisme. non- comprenons qu'on puisse


>e remettre .1 quelque Opinion probable, ou bien user de principes rflexes, ou bien trancher le doute en faveur de la libert, sans pour autant verser Qu< l'usage pratique du probabilisme ntre sauves en etlet le- exigences du -alut. et non- comprenons en outre l'attitude que tmoigne vers le systme lui-mme. Ainsi nous semble qui nous frappait, et rsolu r tre compris le fait le problme mthodologique qui s'imposait nous.

ou bien

les cas ou chacun menu' de ceux o l'action est la pense d'un autre, soit qu'on dpende de lui. soit qu'il dpende de nous. i" L'agtnl moral n'a affaire qu' soi mime. Pour qui, matre de son action, n'a que le soin de diriger sa

Nous croyons devoir distinguer

n'a affaire qu'avec soi lue de quelque faon a

pro| rc conduite,

il

est li

par

la

certitude qu'il en peut

III

mi

Les rgles pratiques conformes a ces juoi le probabilisme e-t tout ordonne a ses appli 11- pratique-. L ->mt particulirement sensibles
s.

lut en !a priode

le distinguent aujourd'hui de ce qu'il de -a premire prosprit. Les inter ont eu pour objet et pour effet principalement d'liminer de la thologie morale ces solution- particulires o l'exigence du salut se trou

qui

obtenir. El nous entendons bien la ccit it mie objecl iv e. qui n'est pas inaccessible dans tous les cas. Il arrive que le devoir soit clair aussitt; il arrive qu'il le devienne et parce que la rgle gnrale est assure (la fornication est un pche), et parce que son application est manifeste (cet acte serait une l'ornieal ion I. En ce cas, la conduite est trouve. Il appartient la science morale bien entendue, comme nous le dirons ci dessous, d'tablir autant qu'il se peut ces rgles certaines qui garantissent une action droite. On n'obtient pas a tout coup la certitude, soit que las-e dfaut la rgle gnrale, soit que l'application offre des difficults. Il advient alors qu'on obtienne, tout
:

tives,

compromise. Pour mieux satisfaire ces direcnous avons vu le probabilisme se limiter et ender, en sorte que l'on parle communment d'un probabilisme modr, inspirateur d'une casuistique. Au fond, il > a la. comme nous le us haut, un retour rel quoique implicite t\it de la morale classique. Tel qu'il est, le piomporain se rclame en sa part ie casuistique de la mme attitude de l'glise que nous avons On peut penser qu'elle signifie en effet pour semble des solutions en cours une disposition me nous avons tent de l'valuer a pro| - du -v stme lui-mme. Seules, toutefois, les solupratiquesde saint Alphonse, auteur expressment ppn rtent aussitt a cet usage prudent dont nous parlions a propos de ce docteur. On scia plus
-

quant a la conduite h nir dans le cas une probabilit. Nous avons tabli ci-dessus que la probabilit, entendue comme nous l'avons dit, est une refile lgitime d'action. La difficult, dans ce cas, est d'valuer quelle est pour l'action droite la probabilit suffisante et ncessaire. Nous avons l-dessus observ des diffrences, chez les moralistes mmes qui sont fidles l'inspirt ion de la thologie mdivale Nv der, Gerson, saint Antonin, seraient moins exigeants; Adrien VI, Ca]tan,Fagnanus, Gonzalezleseraienl davantage, chacun du reste avec sa note propre. En principe est requise une probabilit authent ique, entendons l'adhsion sincre a la proposition pratique d'un esprit qui a recher-

compte

fait, et

prsent,

celles-ci font l'objet

ch le vrai selon les voies qui normalement y conduisent: d'une topique de la probabilit, laquelle nous avons vu appliqus nombre d'anciens

l'admission des solutions divergentes, inque une approbation de cette sorte. L'une des propositions condamnes par Alexandre VII, liber sit alicujus junioris et moderni, etc.), le une limite toujours impose i nos choix. amp des solutions particulires, la prfrence que nous avons accorde a une doctrine morale ne va quence. Il serait d'ailleurs assez vain de uter sur des principes dont tout le sens est - une conduite si dans la pratique on se rejoien un complet accord. Subsiste d'abord, comme le mentionnions a l'occasion de saint Alphonse, cl d mme l'action concrte est la mme de part et ffrence d'esprit elle ressort de tout ce ivons pu dire au cours de ce travail des oppotif
i-n

moralistes; les raisons et les autorits demeurent la division matresse de cette mthode. Mais ajoutons qu'en murale l'tablissement de la probabilit tiendra compte de la gravit de l'enjeu on sera moins difficile pour juger probablement qu'aujourd'hui n'est point jour de jeune, plus difficile pour juger probablement
:

que ces tmoins diseid la vrit ou qu'un animal et non un homme est cach dans le fourr; en ce dernier
probabilit concidera avec la certitude l'examen des cas serait ici beaucoup plus clairant que ne peut l'tre un nonc de principes gnraux. Nous observions ci-dessus avec quelle maladresse un Barthlmy de Mdina traduisait en formules abstraites les exemples particuliers qu'il avait dans l'esprit il faut toujours craindre une msaventure pareille lorsqu'on entreprend nu effort du mme genre. Une fois obtenue In probabilit, on es/, bien entendu, li par elle. Car on juge alors, on affirme rpie telle action est requise. On l'affirme avec sincrit cl conviction, quoiqu'on rserv e la possibilit qu'il en soil autrement rserve qui est la seule diffrence de la probabilit par rapport la certitude. Mais, si l'on s'est fait une opinion, commenl userait-on pour diriger son action de l'opinion d'un autre, que l'on ne partage pas. dont on ne peut se convaincre qu'elle soit vraie, encore qui ses partisans la prsentent comme pro M est clair qu'on agirait alors sans sincrit- ou. ce qui ic\ ient au mme, avec duplicit fil est bien entendu que nous dans leur sens tymologique), une
la

cas

mme,
I

sensible.

)u reste,

les qu'i nt retient


rt

a la

une morale probabiliste morale thomiste; nous la dfinirons us en parlant des conditions d'une meil-

'rinc morale.

Quiconque
:

a le sens des

ie

ellt

une diffrence de cet ordre, capable qualit d'une \ ie. Mais il est
<iu probaahili'mc modr, divergent de Je thomiste. On n'en ferait le

lue par

1.

!
seulement

dfailli
u,

de

selon

qo

T.

XIII

l'o.

61

PR0BAB1LISME. CONCL1 SIONS l'UATini

612

duplicit que peut bien recouvrir mais non ftter le Jugement rflcxlf de certitude qu'introduisenl ici les probabilistes. El l'on tmoignerait par l n'avoir cure de la vrit de l'action, ;i laquelle il suffirait d'tre cou-

sans crainte. Rptons en outre que la loi, chose majestueuse, n'est pas cependant inflexible il arrive qu'elle s'applique, il arrive qu'elle ne s'applique pas; la dter:

opinions reues comme probables, sans qu'elle le soit au jugement de son auteur. Peuttre i'st-ii permis de concevoir ainsi les choses lorsqu'il ne s'agit que de se mettre en rgle avec une loi, dont

ronne L'une

les

plusieurs interprtations sont autorises, c'est -dire lorsque l'action se tient un plan purement juridique; niais en morale, certainement non. C'est ici des proba-

nous une diffrence irrductible. L'action morale n'est pas chose de convention, mais une ralit de la vie humaine. Chacun est responsable de celle qu'il commet, il en a le contrle exclusif, il en juge avec sa propre pense. Fondera-t-on le prtendu droit de suivre quelque opinion probable sur ce que l'agent
bilistes

ne tient pas la sienne avec certitude? Mais, si la rserve met en son adhsion n'a pas de quoi cependant dtacher de celle-ci son esprit, elle ne peut davantage l'autoriser suivre un jugement tranger. On voit le sens de notre critique nous ne refusons pas qu'un esprit, pour se faire une opinion, tienne compte de la pense des autres et de la probabilit attribue aux opinions en cours; nous disions au contraire ci-dessus que la considration des autorits appartient de droit une topique del probabilit. Mais nous refusons qu'un esprit, s'il s'est fuit une opinion, nglige la sienne et emprunte celle d'un autre pour diriger son action. Il arrivera qu'on ne se fasse pas mme une opinion. Comme la certitude, la probabilit parfois se drobe. Entre les opinions qui se proposent, parmi les probabilits qui le sollicitent, l'esprit se sent incapable de
qu'il
:

choisir. La difficult est prcisment alors qu'il se fasse cette conviction laquelle nous voulions l'instant que son action ft conforme. Reste peut-tre une ressource. Il se pourrait qu'aux opinions en prsence des degrs divers de probabilit fussent communment

reconnus, du plus probable au moins probable, et le fait en serait assez constant pour que, priv de tout autre critre, l'esprit s'en remt du moins celui-l. En ce cas, son choix irait infailliblement l'opinion classe la plus probable, c'est--dire celle-l qui aurait le plus de chances d'tre vraie. Aucun autre objet que le vrai ne rpond l'inclination naturelle de l'esprit. S'il choisissait alors la moins probable en vue de conformer sur elle son action, l'agent n'viterait pas cette contradiction avec soi-mme que nous avons dnonce. A dfaut de tout critre pouvant dcider l'esprit,

on demeure dans le doute. La distinction mdivale du doute et de la probabilit, que nous avons constate aller s'effaant, conserve pour nous tout son prix. Il y a l deux tats spcifiquement distincts de l'esprit (comme nous avions l'occasion de dire, propos de Suarez, la distinction spcifique du doute et de l'ignorance). De mme que conserve pour nous tout son prix la rgle qu'nonaient pour cet tat les anciens moralistes, et dont nous savons quelle autorit elle a longtemps possde. Rien ne nous a sembl satisfaisant des tentatives faites pour exempter de l'obligation celui qui doute. Mme s'il ne s'agit que du licite, mme s'il ne s'agit que des doutes de droit, on ira au plus sr. Il n'y a point l le joug intolrable que certains pensent. Tous les chrtiens l'ont port sans plainte jusqu'au xvi c sicle. Entendons qu'il s'agit de ce qu'on appelle proprement un doute, c'est--dire de l'impuissance o est l'esprit de se fixer sur un parti, mme probablement. Rappelons aussi que de ce doute on peut chercher l'issue, s'il en est ds le Moyen Age, les moralistes avaient l-dessus des conseils que nous rapportions plus haut il arrive qu'ils soient efficaces, et. si l'on trouve d'autres moyens, pourvu qu'ils dissipent rellement le doute, on en usera
;
:

mination en est, il est vrai, dlicate, mais une thologj/ morale coin me celle du Moj en Age ollrc dj l'exemple d'une doctrine labore en ce sens. Si mme le lgislateur en personne a prvu que des doutes conus au sujet de sa loi exemptent de l'obligation, toute question csi alors tranche, et la conduite est claire. Oisons en lin qu'ici connu- plus haut des formules gnrales risquent de mal traduire la ralit et que des cas sont possibles dont la solution semblerait la ngation de ce tutiorisme; nous en trouvions des exemples chez saint Thomas lui nirn.. L'nonc le plus correct serait celui-ci Chaque fois que le choix du moins sr, de la part de celui qui doute, siguifi le risque dlibrment couru de pcher, le pch est commis. Quant changer le doute en prtendue certitude jtratii/ue par le moyen d'une rflexion , c'est prcisment le procd qui nous a sembl dpourvu de toute efficacit. 2 L'agent moral est li la pense d'un autre. 1. // dpend d'un autre. On n'est pas toujours le matre de son action. Il arrive qu'on se conduise non d'aprs ses dcisions propres, mais selon celles d'autres personnes de qui l'on dpend; ou que l'on agisse non en son nom personnel, mais au litre d'une fonction que l'on exerce. Des situations spciales peuvent alors se prsenter pour la conscience, que ne connat point L'agent moral considr jusqu'ici; car un dsaccord peut rgner entre les deux penses en jeu. Soit qu? le citoyen tienne pour injuste, par exemple, la guerre o l'engage son prince, ou l'infrieur illicite l'action que lui commande son prlat; soit que le juge connaisse titre priv l'innocence d'un accus dclar coupable selon les voies lgales. Et le dsaccord se vrifie, que le citoyen, l'infrieur, le juge, aient une certitude de leur propre pense, ou simplement une probabilit, ou un soupon ou un doute en ce mme sens. Ce genre de cas est tomb assez tt sous l'examen des moralistes. Nous avons mme observ que par cette voie notamment est entre en thologie morale l'habitude de considrer la pense des autres comme rgle de l'action morale, sans qu'on discernt si elle s'imposait ou non l'excutant. Sont engages dans la solution de ces cas une thorie de l'obissance quant la conduite du sujet ou de l'infrieur, une thorie de la fonction judiciaire quant celle du juge, et ainsi de suite pour les diverses situations de mme type qui peuvent se prsenter. Autant de chapitres de la thologie morale o joueront des considrations appropries. Il n'y a pas lieu de les crire ici. Disons seulement que rien n'em:

pche,

moyennant

les

conditions requises selon les cas,

que le sujet comme sujet, le juge comme juge, se conforment l'ordre reu ou aux rgles de la fonction, faisant alors ce que d'eux-mmes ils n'eussent point fait ou n'eussent fait qu'avec hsitation. Cette dtermination n'a rien voir avec le probabilisme; elle relve de critres trangers ce qu'on appelle maintenant un systme moral; un saint Thomas dj l'autorise. L'erreur du probabilisme fut mme de s'emparer de ces cas trs dtermins pour en tirer des rgles de conduite plus gnrales quoique nous rcusions cellesci, nous ne versons pas dans l'intransigeance au sujet
:

des situations o, originellement, elles s'appliquaient. 2. Un autre dpend de lui. Un peu l'inverse des prcdentes, la situation peut se prsenter o l'on doit rgler non son action d'aprs la pense d'un autre, mais l'action d'un autre selon sa propre pense. On le fait des titres divers. Comme un chef ou un matre, tout d'abord, ayant autorit sur quelque sujet. Des devoirs spciaux concernent cette condition, garantis, selon saint Thomas, par une prudence, exactement comme il nomme pru-

I'

ROB \BILISME. CON( LISIONS


la

IMi

ATlni
lui

.I

dence

l-i

vertu qui garantit


.1

conduite Indlv IdueJle

la

l'autre es! qu- celle cl es! mile dillrence de l'une ordonne au bien d'un seul, celle l du groupe sur qui
le

confrerai! elle le droit de vivre la vrit dans l'erreur? 11 aurai) mieux valu a ce compte que le christianisme ne ft pas annonc, el par le Seigneur en
se

rendu-

chef

.1

autorit.

'esl

dire q m- le
.1

mme

soin

<li'

la

Incombant chacun pour son compte, Incombe quiconqut gouverne la conduite des autres, mmes rgles que nous avons ci dessus nonces
vrit pratique,
.1

ili-> particuliers, toutes dduites de cette exl de vrit clans l'action, se rctrouveroni donc Ici, transposes .1 l'uv^i' dos chefs. Mais les disputes que nous avons racontes ont peu retenu de ces cas, aux quels avait t trs attentive la thologie mdivale. ont en revanche dbattu a loisir ceux du cons

l'usage
.

i>

personne, a tan! de gens qui devaienl > faire la sourde L'ofRce propre de quiconque a charge d'mes es| de les clairer, non de les mnager, quoiqu'il puisse les clairer en les mnageant si la lumire alors dm! mieux pntrer en illes. Mais il tant viter de laire une lin de ce qui n'est qu'une condition. D'autant que la vente porte avec soi sa vertu: elle esl de sa nature
oreille.

seiller et

du confesseur. wt au conseiller, il

dira ce qu'il pense, c'esl

.1

dire

avec le degr de certitude qu'il j attache; il mentionne ra, s'il les connat, les opinions r&entes et dir.i quel jugement il porte sur elles. En d'autres termes, il pratiquera l'attitude qu'on adopte
ce qu'il juge tre vrai,

dirait que certains mora dans l'un ou l'autre des ouvrages rencontres en notre enqute, quelle maigre libert ils laissent au confesseur et mme de quels chtiments ils le menacent pour peu qu'il ait exerce quelque contrainte sur l'opinion propre du pnitent. Devant le jugement du confesseur, il arrivera que le pnitent se rende le problme alors esl rsolu. Mais il arrivera qu'il conserve son opinion, et quand mme le
et

conqurante
listes

salutaire.
a

On

l'ont

oublie,

voir,

spontanment chaque fois que l'on veut donner quelqu'un un bon conseil, en quelque ordre de choses que ce soit. On s'inspire .dois du sentiment que ces sortes le relations sont gouvernes par le soin de la vrit. Le consultant recevra le conseil dans le mme
de connatre quel est vritablement snu devoir. Nous ne lui permettons pas de se mettre en qute de l'opinion la plus commode, quoi qu'il en soit de sa vrit, ds l qu'est engag dans nro un intrt proprement inoral. A plus forte 111, et dans le cas encore o un tel intrt se trouve e lui permettons-nous pas d'adopter sur le mme objet, selon que le demande son intrt, tantt l'une, tantt l'autre des opinions contradictoires le
esprit, soucieux qu'il est

ernant. Si telle action est vraie et juste quand elle tourne son avantage, comment ne le serait-elle plus quand elle lui devient onreuse? Vrit en de de mes intrts, erreur au-del, n'est point une maxime qui puisse gouverner la vie morale. Nous croyons ne rien dire en tout cela qui ne si it le langage de la nature. :nl au confesseur, il ne semble pas non plus trop de. quoique le cas soit plus complexe, de tracer
la voie qu'il doit
Il

confesseur est assur de la vril de la sienne propre. Que l'opinion du pnitent soit singulire el commune nient estime intenable, telle que le confesseur y peut opposer le sentiment unanime des thologiens dans l'glise, il m doit certainement lui faire aucun crdit, mais la traiter comme une erreur, el le pnitent en consquence. Mais il se peut (pie l'opinion du pnitent soil de celles qui entre thologiens sont reues OU tol res, telle donc que des lidles la peuvent lgitimement partager. Le confesseur discernera alors si son pnitent > est attach de bonne foi, estimant qu'elle reprsente la vrit. En ce cas. le pnitent est bien dispos, et le confesseur, tout en divergeant d'avis, tout en estimant pour son compte que le pnitent se trompe, ne pourra que lui accorder l'absolution. Ou bien le pnitent est al tach cet te opinion, insoucieux de sa vrit (peut-tre mme estime t il que celle du confesseur a plus de chances d'tre vraie), mais uniquement parce
qu'il
la

sait

soutenue

comme

probable

et

qu'elle a

suivre cidre
foi-,

les

ya

lieu

de

ci

tuilier cette

l'autorit

extrmes contraires. du confesseur

inscience du pnitent. En principe, il apparconfesseur d'clairer le pnitent et de lui dire l'il estime tre la \crit. et cela quand mme le pnitent se tromperait de bonne foi; car la bonne foi d'une conscience n'est p.is d.ms tous les cas un tat
.111

sincrement la vrit. sincrement attach l'erreur. Dans la pratique, l'intervention du confesseur tiendra compte de la Liruvit du cas ion sait quel averdfinitif
:

elle l'est
p;is
si

si

l'on croil

-t

l'on est

icnt solennel a donn Pie NI aux confesseurs, l'encyclique Casli ronnubii, sur le devoir de ne

point laisser d.ms l'erreur

touchant

le

prcepte

ont charge), de la certitude de s,,n propre jugement, du degr de volonqui pourrait tre impliqu dans l'erreur du pniles
ils

dont

tent

otamment o
la

celle-ci serait

absolument

matire soutire dlai, le confesseur pourrait ne dire la \rit qu'aprs avoir peu peu distendent la mieux recevoir. Si le pnitent
sionnel et que l'on ne dut erreur [pourrait faire
1

plus

le

revoir, la

confesseur tromper aussitt. Il st superflu de lire que le pnitent tiendra rompt, r de ipprcie la prule

que

coins dans l'glise. Il montre en ce cas une disposition que le confesseur a le droit de juger imparfaite et qu'il peut s'employer amliorer. Que le pnitent rsiste, on a affaire manifestement quelqu'un qui entend faire son salut au meilleur compte; mais, parce qu'il se tient dans les limites admises, parce qu'il recourt un critre auquel le confesseur ne peut que se soumettre, celui-ci absoudra le pnitent. Nous touchons ici la consquence pratique annonce plus haut quand nous parlions du respect auquel a droit toute doctrine morale agre dans l'glise et au nom de cet agrment mme. Comme le thologien, le confesseur ne peut que se ranger ce fait, qui a valeur de soi. Nous aurons complt cet expos des rgles pratiques de la direction de l'action si nous ajoutons que l'application en doit tre mesure selon la qualit des consciences. Elles s'appliqueront avec plus d'urgence aux consciences biches el insouciantes, avec moins aux consciences minutieuses et scrupuleuses. On ne laisse pas d'tre objectif en tenant compte de ce fadeur. A chacun de l'apprcier en ce qui concerne sa propre conduite: a tous ceux-l de le considrer aussi, qui rglent la conduite des autres. La connaissance s'en acquiert surtout par l'exprience; elle est comme une sorte de tact, dont on voit aussitt combien il est prcieux el ncessaire. Une bonne morphologie des consciences et de leurs varits facilitera du reste
l'acquisition de cel te qualit.

qualit que

le

plus bel expos

Mais quant au devoir ois ne vov ons pas


lent
\ 'irait
I

y
lui
il

pouti

le

droit

qu'on ne

formt point la esl di ne point

pas Il n'est 3 La nature dt nos rgles pratiques. ncessaire qu'on inscrive sous un systme les r| que mois venons d'noncer. N'Ois avons dil plus haut quel sens relatif esl celui des vocables dsignant dsormais les systmes en cours; mme le mol de proba biliorisme, nous prfrerions qu'on ne nous l'appliqut pas. il ne s'agil point pour nous de choisir

G15

PROBABILISME. DU RENOUVEAU DE LA MOHALE

16

savamment entre des probabilits ou opinions poses devant l'esprit, mais de suivre la nature de l'esprit) lequel tend au vrai. On ne marquerait qu'insuffisamment cette diffrence en parlant propos des gles ci-dessus d'un systme de la probabilit unique, par opposition aux systmes des probabilits miilti/ s. Notre soin est justement d'chapper aux systmes. Au fond est-il certain qu'un systme soit indispen.

sable qui veut rgir connue il faut sa conduite ou celle des autres? Les rgles qu'on vient dlire s'inspirent du seul souci de la vrit pratique, objet formel du

jugement moral; nous avons seulement tenu compte des situations diverses o se trouve la conscience laborant son jugement. La morale veut qu'on soit naturel. Qu'on n'entende point par l un refus de voir les complications qui sont rellement celles de la pratique. Naturel ne veut point dire fruste. Rien n'empche que notre fonds de rectitude se cultive, s'affine, s'adapte, devienne savant. On n'et pas invent les systmes moraux si l'on n'avait substitu cette ducation des procds tout faits, d'un maniement plus sommaire, mais aussi d'une bienfaisance plus contestable.

Parmi
logie

IV.

Pour un renouveau de la thologie morale.


les

proccupations pratiques qui l'ont inspir

et soutenu, le probabilisme et ses drivs nous sont apparus comme tant avant tout une crise de la tho-

morale comme science. Nous avons port ce jugement sans mconnatre le crdit qu'ils ont dans l'glise. Sans le mconnatre davantage, d'autant que
toutes nos observations ne doivent pas atteindre l'unanimit des probabilistes indistinctement, nous pouvons maintenant indiquer, en dernire conclusion de ce travail, selon quelles matresses conditions s'oprerait notre gr, d'un commun accord, le relvement que tant de vicissitudes passes rendent souhaitable, en sorte que la thologie morale ft rtablie en son entire dignit de science de la vie chrtienne. 1 De quelques caractres de la doctrine morale. En cette science signalons d'abord l'exigence de la certitude. L'espoir comme le besoin d'tre certains s'est affaibli chez les amis de la probabilit. Leur tendance fut de multiplier les opinions probables, sans prendre assez garde que la tche du moraliste, s'il prtend la science, est d'obtenir d'abord et autant qu'il se peut des certitudes. L'une des causes en est la proccupation utilitaire qui dominait leurs recherches. D'emble, ils considraient les choses morales non en leur nature, mais avec Farrire-pense des applications qui vont s'ensuivre. Le moraliste peut tablir avec certitude qu'il est mal de faire un faux serment; aucune hsitation n'affecte une telle proposition. Il advient seulement (phnomne propre la science morale et qu'ignore, par exemple, le mathmaticien dmontrant que 2 et 2 font 4), il advient qu'tablissant cette proposition des cas particuliers se prsentent son esprit o il lui semblerait qu'un faux serment dt tre assez bien en situation. Qu'il les retienne alors, et le voil tent d'noncer qu'il est seulement probable que le faux serment soit toujours dfendu. Les proba-

mal ces sortes de tentations. Ils passent donc des noncs probables parce qu'ils ne considrent plus assez purement les essences morales. L'impression des cas particuliers l'emporte chez eux sur la vue nette des principes. Partis pour faire de la science, ils risquent de verser dans l'empirisme. A ce point de vue, rendre la thologie morale sa dignit scientifique comporte qu'on y rtablisse l'universel. Il n'est pas moins lgitime ici qu'ailleurs, s'il est vrai qu'on y a affaire du rel, lequel est partout de mme toffe. Que l'esprit du moraliste se dsencombre des cas. Tout ne tient pas dans l'individuel. Il y a un temps pour l'universel e1 po r la certitude. Le respecter est de la mthode mme de l'esprit humain. Ensuite de quoi
bilistes rsistent

Viendra en morale la considration du particulier. Mais on y passera partir de l'universel et sans perdre devant la dconcertante contusion du concret le bnfice inapprciable d'une certitude absolument vraie. A ce compte, la thologie inorale prendra un tour plus tranch, plus dcisif, disons plus vigoureusement intellectualiste. Les ttonnements viendront leur heure; mais le moraliste n'est pas vou ne se prononcer qu'avec hsitation. Il n'use pas seulement du peut-tre et du probablement; il lui est permis de parler comme le demande l'vangile et de dire est, est; non, non. Non que les certitudes doivent s'imposer tout coup au plan de l'universel. Mme l, et a mesure que se resserrera la considration pour se rapprocher de l'Aie elnunc, nous concevons que des hsitations aient lieu et que des opinions divergentes se fassent jour. La probabilit n'est pas exclue de ce domaine. Mais qu'elle soit, de grce, une probabilit persuasive, agissant sur l'esprit qui la reoit. Il ne suffit pas de savoir qu'un docteur ou plusieurs l'ont ainsi pens, ni que des raisons ont t avances en ce sens. Sur l'objet en lause, avec le secours des raisons comme des docteurs, le moraliste exercera un vritable effort intellectuel, grce quoi il accde une conviction que motive la vrit. L est dans tous les cas la prtention naturelle de l'intelligence. La probabilit est une qualit, et non l'objet de l'adhsion. Moins assurs de la vrit, c'est la vrit nanmoins que nous voulons tenir. Que certains se bornent enregistrer les opinions en cours, nous ne les blmerons pas, surtout s'ils le font avec soin, et il se peut qu'ils rendent service; mais ils ne mritent point le titre de moralistes, au sens o le mot voque une science. Il n'est du reste pas souhaitable que de tels auteurs se multiplient. Quant aux moralistes proprement dits, ils feront comme nous venons de dire. A ce compte, on sera moins prodigue de probabilits. Si les probabilistes les ont accumules, c'est qu'elles leur cotaient peu de choses. Dans les premiers temps, certains faisaient du probable comme les faux monnayeurs de la monnaie. Moins d'opinions, mais mieux prouves (selon l'un des beaux sens du mot probable). Revenons cette belle gravit des anciens thologiens, pour lesquels dcouvrir une probabilit tait une conqute prcieuse, sagement prpare, comme un gain effectif ralis par de probes travailleurs qui savent le prix de l'argent. Sans donc prendre indistinctement des airs tranchants, sans mconnatre ce qu'il y a de plus instable et fuyant en sa matire, la thologie morale ainsi comprise portera un caractre de fermet intellectuelle, en sorte qu'elle ne dtonne point outre mesure parmi ses surs les autres sciences. Ainsi rtabli l'universel, la thologie morale dirigera mieux la vie chrtienne. Pas plus que la vie morale tout court, celle-l ne consiste exclusivement dans le dtail des actions. Et quand on connatrait sans dfaillance la solution de tous les cas possibles, et quand on saurait tout coup sans hsiter ce qu'il faut faire, encore manquerait-il cela mme qui donne aux actions particulires leur sens et leur intrt, savoir l'es/ rit qui les anime. A travers la multitude des actions o elle s'exprime successivement, une vie humaine est marque de quelques grands caractres, elle conspire vers quelques grands objets, et nous savons bien que l est son prix. De mme n'est-on pas chrtien seulement parce que l'on fait ceci ou vite cela, mais parce que l'on aime Dieu et que l'on met au-dessus de tout sa possession dans la vie ternelle. Qui nous informera de ces suprmes vrits morales, sinon la thologie du mme nom? Toute science morale serait dfectueuse, qui. inquite de rsoudre les cas, ne fournirait aussi les principes. Le dfaut en serait plus sensible qu'ailleurs en thologie o nous sont demandes des actions plus difficiles, o
:

PROBABILISME.

I>r

RENOUVI M

DE LA MORALE
.1

618

sont plu-, admirables ri mouvants. Il se trouve que, voulant trop tt tre pratique, on l'est moins bien. Le plus pratique serait encore il- commencer par ne l'tre pas. Son dsintressement rcompene moraliste. En ce sens, il n'hsitera pas a tendre investigation et a rechercher des certitudes du s permanentes, apparemment loignes de la pratique, et dont la connaissance meilleure est d'un mdiocre secours en effel pour la solution des cas; elles sont l'un bienfait incomparable quant :it le nos actions, c'est a dire quant n notre vritable vie morale I ne mesure de ralisme spirituel, un front lev de temps en temps vers le ciel, et non pas nment pench sur les embarras des consciences de quoi les morales probabilistes ont perdu l'habitude et dont les chrtiens ont le .plus grand besoin. A c rflexions, les thologiens dont nous p. nions repondront qu'ils font leur mtier de moralistes, |aislutrcs le som de rgler de plus liantes \ ies. Ils ent pour le commun des finies, non pour l'lite. Ils entendent sau\ egarder la simple honntet et non promouvoir la saintet. Nouveau dissentiment entre les probabilistes et nous! Ils tiennent pour consacre en distinction de la morale, de l'asctique et de la mystique; nous \ voyons un phnomne historique contingent et dont le dtriment doctrinal n'est pas laquelle corresniable. Il n'y a qu'une vie ehretienn pour la diriger une seule science qui s'est appele, l'an x\n sicle, la thologie pratique ou morale.
: i

pour l'opinion des autres est propre l'aggraver suis limite. On aura dj beaucoup l.ul pour une meilleure casuistique si l'on j rgle l'usage de recouru aux auteurs. I.a thologie morale telle qu'elle est abuse dis
trop, elle les vrifie mal. Il j a bien quelque paradoxi de la part de ces moralistes qui mobilisent ciel et terre pour dfendre l'autorit des opinions el qui les rapportent si ngligemment. Les plus illustres ne seraient pas en cela les moins rpreitalions; elle en fait

tique ne

hcnsibles. Par ailleurs, les modles d'excellente casuismanquent pas. On les trouve moins chez les

CaSUiSteS de profession que elle/, les thologiens, el les plus savants d'entre eux, un Cajtan, un saint Thomas d'Aquin. des exemples de qui on tirerait sans trop de peine la mthodologie d'une plus qu'estimable

Casuistique. L'un des traits en serait sans doute l'examen attentif du fait OU des ensembles de faits soumis il faut juger de ce qui est, de l'apprciation morale ce qu'offre la relle exprience de la vie humaine, ce qui demande qu'on s'informe de celle-ci avec soin el selon
:

',

oindre action du plus humble chrtien engage la La saintet n'est pas d'une autre essence que l'honntet chrtienne. Il \ a certes en vie chrtienne des degrs et des \ arits mais il n'y a pas deux
ternelle.
;

principes. Qui entend s'occuper d'elle, en quelque catde chrtiens qu'il la considre, ne peut en oublier

ncipe unique et l'unique esprit. Il n'y a rien de plus beau en ce monde que la foi, l'esprance et la charit sont le lot de quiconque se rclame du nom de
:

-Christ et aspire a la vision le Dieu. La diffrenin du moral, de l'asctique et du mystique n'est comme on croirait d'abord, un progrs vers la pr1: elle est la rupture d'une synthse. On dcoulit dans l'histoire bien des partages de cette sorte, qui ne font qu'ofTrir l'esprit une illusoire facilit, aux dpens de la vrit totale et de l'unit relle des objets. Le pire effet de la prsente distinction est sans doute ent de la vie morale, que rgit une rdinairement coupe de ses ressources docles et spirituelles. Le retour de la thologie morale aux grandes penses et l'lan du cur ne indu d'un genre l'autre, mais le rtablissement de cette science en vi naturelle dignit. 2 D-s conditions d'une meilleure casuistique. Il ait dj que nous ne bannissons pas de la thoile l'tude des cas particuliers. Nous avons diqu qu'elle vienne son heure- et en son lieu. En mme, nous croyons que des amliorations s'imposent. La casuistique est notre avis chose difficile et qui requiert chez qui l'entreprend des qualits diverses nplmentaires. En un seul cas si rencontrent, outre

l'universel et le particulier, maints problmes qu'il y faut dmler, ordonner, dcider. Mis en prsence de la casuistc ne saurait oublier les principes
et

des voies garanties. Des empites positives el mthodiques, des observations prcises, contrles, scientifiques, apparaissent ainsi comme la condition pralable d'une srieuse casuistique. D'autre part, en de certaines matires du moins, il ne semble pas que le jugement moral puisse tre port avec quelque garantie si l'on n'a acquis sur l'Objet en cause des informations techniques, relevant de quelque science, par exemple quand il s'agit des choses de l'ordre conomique ou des oprations financires. On souhaiterait en ce sens que quelques uns parmi les moralistes se fissent une comptence spciale en l'un ou l'autre de ces domaines d'accs difficile, o la conscience d'un grand nombre se heurte aux plus embarrassants problmes. Le got de la vrit fera, nous le disions plus haut, qu'on aborde avec hardiesse et vigueur de telles recherches o sont requis tant de soins. Ajoutons une remarque. Les casuistes ont multipli avec Intrpidit les opinions; on n'imitera point leur audace, spcialement quand il s'agit de choses dlicates et propres froisser les consciences. Il arrive qu'on n'ose approuver ni blmer. Les anciens thologiens invoquaient en de tels cas la dcision du lgislateur. Vu les garanties dont une loi est entoure, vu l'autorit ncessaire sa promulgation, on n'a pas redouter que la reconnaissance par elle de certains actes ou usages ne facilite une extension du mal. A ce point de vue, la casuistique fut chez quelques-uns et pour une part l'usurpation indue de l'office du lgislateur. Ces moralistes ont fait le prince ils ont avanc des dcisions qui eussent demand de l'autorit. A rencontre de leur faon, le casuistc averti se souviendra de sa fonction subalterne et qu'il n'est auprs des consciences que l'interprte et non l'auteur de la loi. Mais l'amlioration essentielle dont a besoin la casuistique est une restauration de la vertu de prudence. Il y a une impuissance congnitale de la casuistique, et nous entendons la meilleure el la plus complte c'est qu'elle est dconcerte par la vie. Les quelque vingt ou trente mille cas de Diana sont encore infrieurs la ralit. Impossible que chacun
: :

trouve exactement dans un livre

la

rponse que son

renoncer a s,, qualit de thologien, mais il ne peut non plus mconnatre, sous prtexte de fidlit aux prin. difficults ou dmentis que semble leur
Attentif l'une des considran'aura garde d'omettre les autres, qui librer. Selon son temprament, il risque une solution trop nette et trop simple, ou t a rien di ider et de conclure approxir est de beaucoup le plus menaant en probabilisme. Le crdit qu'on y professe
infli.
I

-ne.

cas appelle. La prtention el. [jour quelques uns d'entre eux. la frnsie des casuistes ont t de fournir rponse tout, fis ont jou avec la vie qui serait le plus fertile en difficults. Ils ne pouvaient qu'tre battus, la \ ie 'tant la fois pins simple el plus impr-

vue que

leurs inventions.

Une

saine casuistique est

du sentiment de son insuffisance, mnage la place une autre habilet, faite d'une autre toile et. puisqu'il s'agil de bien vivre, appartenant elle mme a la vie. De toute antiquit, la prudence fut conue pour satisfaire a cette tche. Elle reprsente
celle qui, pntre

Iil9

U 01*

\ 151

LIS M

I.

PROCS ECCLSIASTI01
pour
1.

ES

620

l'quipement Intrieur dont est muni un homme appel se mouvoir parmi le rel el diriger sans re lche sa conduite. Elle rpond la ncessit djuger

du bien consiste
ralise

et

en

du mal sur le plan de l'acl ion concret! Elle un ensemble le ressources morales el
.

ils 11e sont pourtant pas synonymes. jugement, judicium, qui dsigne originairement une opration de l'esprit, consiste avant tout dans la connaissance 'le la cause, d'o dcoule la dfinition du droit controvers; le Jugement proprement

l'autre,

I.e

intellectuelles, spirituelles

el

sensibles, grce quoi se

dit

commence
la

a la citation et se

termine normalement

au mieux de nos vertus l'incessante adaptation qu'exigent de nous le train <les choses el nos propres \ icissi tudes. Aucune Soin me ne supple celte ducation intrieure. Moins fru de casuist i<pie. on jugera mieux de ce qui convient, si la prudence veille au-dedans de l'me. En n'exploitant que secondairement cet hritage de l'ancienne thologie, le probabilisme s'est priv de la ressource essentielle qui dt favoriser prcisment ses lins pratiques et toutes concrtes. Jusqu'aujourd'hui mme, il ne semble pas s'tre avis encore de la perte qu'il a subie. A la vrit, nous le comprenons bien. Que la prudence, au sens (,11e nous venons de rappeler, ait cess d'tre, dans les thologies morales, cette pice organique qu'elle fui jadis; que son tude el sa recommandation n'y tiennent qu'un rang modeste, bien infrieur l'expos des systmes moraux, il y a l plus qu'une concidence. On s'est pass d'elle au nom du mme esprit que nous avons observ au long de cette histoire, et dont nous rptons qu'il a donn au probabilisme sa consistance. La prudence est rendue peu ncessaire dans une doctrine o l'on insiste moins sur l'laboration du propre jugement pratique que sur le choix d'une opinion parmi celles qui ont cours, et de moins en moins mesure qu'on tend largir la libert du choix. Elle n'est plus gure requise dans une conception de la vie morale o il semble qu'on acquitte ses obligations comme on excute une consigne, exactement mais sans amour. Car il faut remarquer en fin de compte cette curieuse rduction de l'acte humain laquelle pratiquement se tiennent certains moralistes ni l'intention initiale du bien et l'empressement de le trouver, d'o drive dans l'action, si l'on peut dire, sa sve; ni la dlibration intrieure avec ses qualits et ses difficults propres; ni la dtermination convaincue du devoir, telle que l'enqute objective y a conduit l'esprit, aucun de ces moments ne leur semble ofrir de l'intrt ou demander une attention et une vertu spciales. Du livre l'excution, du livre o est inscrite toute faite la formule de l'action l'excution qui s'y conforme de justesse, ne semble-t-il pas que trop d'auteurs raisonnent comme si l'acte humain ne compor:

par
2.

sentence.
le

droit dertalien, le mot procs marqua actes judiciaires poss par le juiic: en ce sens, le procs n'est qu'une partie du jugement. Cf. Ber., I. II. lit. ix, c. 5; I. I, tit. m, c. 22; I. I, tit. xxi, c. 18: 1. Y, tit. xi, c. 2 in Clcm. Chez les modernes, au contraire, il dsigne tous les actes poser pour dcouvrir la vrit et protger le droit le terme a donc une extension plus grande que le mot jugement puisqu'il comprend tous les actes prliminaires aussi bien que toutes les fonctions executives qui accompagnent ordinairement la conclusion d'une cause. C'est dans ce sens plus large qu'il faut entendre le titre inscrit en tte du 1. IV du Code, De processible. La signification de ce mot est gnrique : il dsigne non seulement la srie des actes requis pour rgler les litiges entre particuliers, mais encore la manire d'expdier toutes les affaires ou contestations dans lesquelles le bien publie est intress, par exemple le culte rendre aux serviteurs de Dieu, ou la faon de procder dans certaines questions d'ordre semiadministratif, semi-pnal. Plus rarement le terme procs est employ, au sens restreint de jugement, pour dsigner simplement l'ensemble des actes dvelopper devant les tribunaux dans un ordre dtermin : c'est ainsi que l'on parle parfois de procs contentieux, procs criminel, publication du procs. Can. 1859. 3. La procdure est plutt l'volution extrieure et pratique d'un procs. Le mot est tir du Code civil franais; il est souvent employ comme synonyme de jugement ou de procs.

Dans

surtout

les

4.

Nous avons du jugement

ecclsiastique

une

dfi-

nition authentique au canon 1552 du Code : Conlroversise in re de qua Ecclesia jus habel cognosetndi. coram Iribunali ecclesiaslico. lgitima disceplalio el
deflnitio.

tait rien d'autre? En ces conditions, il est clair que la prudence, mme si l'on en parle, est d'un prix diminu. Elle prend au contraire toute sa valeur dans une morale o l'homme tout entier se livre en ses actes, o l'action se dtache de lui comme un fruit mr et savoureux. Il est certain qu'on n'agit bien qu'avec toute son me. Du jour o tous les moralistes entendront cette formule avec la mme force, peut-tre leurs diffrends particuliers se composeront-ils plus facilement et le probabilisme aura-t-il cess d'tre des uns aux autres un objet

a) Ce qui spcifie et limite le jugement ecclsiastique, c'est avant tout son objet : res de qua Ecclesia habel jus cognoscendi; il doit porter sur une matire qui est du ressort de l'glise, soit de pai le droit divin, soit par concession, dvolution, ou tout autre titre. Cet objet est en gnral un droit controvers, un conflit de volonts, pour la solution duquel il est fait appel l'autorit sociale. De faon plus prcise, le. can. 1552, 2, spcifie que le jugement a pour objet

litigieux.

PROCS ECCLSIASTIQUES.
tion et histoire.
(col.
(523).

Th. Deman.

II.

III.

I. NoLe pouvoir judiciaire de l'glise Des procs en gnral (col. 627).

des personnes physiques ou personnes peuvent avoir des droits, qu'elles poursuivent ( persequenda ) s'ils sont personnels, qu'elles revendiquent (vindicanda) s'ils sont rels. Le jugement peut porter en second lieu sur des faits juridiques que le juge a pour mission de dclarer. Les faits juridiques sont ceux dont dpend l'habilit acqurir ou exercer des droits, ou bien encore L'acquisition mme, la mutation ou la perte de ces mmes droits: par exemple l'tat matrimonial,

en premier lieu les morales; seules en

droits

effet ces

De quelques procs en particulier (col. 635). Y. Des causes de batification et de canonisation


IV.
(col.

638).

VI.

De

quelques

procdures spciales

(col. 6 11).

1 Xotion. I. Notion et histoire. Trois termes principaux servent habituellement dsigner, dans le langage juridique comme dans le langage courant, l'ensemble des actes par lesquels une personne revendique ses droits devant l'autorit publique jugement, procs el procdure. Employs souvent l'un
:

majorit, la qualit d'hritier, la luiimit de la naissance, le paiement d'une dette, etc. Enfin, les dlits peuvent tre l'objet d'un jugement lorsqu'une information est ouverte leur sujet en vue d'infliger une peine ou de la dclarer. b) Le sujet du jugement est double. Il y a le sujet passif : ce sont les parties en cause, bien qu'elles soient actives par rapport a la controverse: elles portent les noms de demandeur, ador (qui prend le litre d'aceusalor dans les causes criminelles), et de prvenu, reus. Le sujet actif est le juge, c'est--dire la personne lsiil'tat libre, la
t

PROCS ECCLSIASTIQUES. HISTOIRE


tiim-iiitiii

iV22
des

constitue pour connatre de


'aidants,
'a jorn
i-

la

cause

et

elle fui

l'hritire

.1

l'arrive

barbares.

Bile lui

du procs comprend l'ensemble observe! au des solennits |urldlques dbuts el pour le proni nc <U- la sentence. I. Le jugement ecclsiastique es! si m "ii que la cause porte ordinaire ou d un juge muni du pouvoir ordinaire ou seule
l

'unit,

ictcs il
-

;i

emprunta sa procdure, comme .lie lui avait emprunt beaucoup de ses lois, ainsi qu'il ressort des lettres de saint dieu' oirc le Grand crites au del Mit du Vil" sicle.
c. 7 cau. XXI, q. vi, c. Le 185) entra plus axant dans celle \oie en dclarant le droit romain source subsidiaire du droit canonique. Mais cela n'empcha point la pm lion dans la procdure de l'glise de quelques lments germaniques; parmi les plus heureuses cil on s ce ri aines

if.

1,1,1.'..

mus.

11. q,

1,
I

'-'.

pape LuciUS 111(1181

ment
dfinir, le jugemeul peut des causes poiic mu des causes purement spirituel'^ ou unies aux causes spirituelles, par exemple
ilson
>
.1

11e/

*i

la nullit d'un sacrement, ou une ques de bnfice ecclsiastique; il est dH temporel s'il ur but de dfinir des intrts temporels, par validit d'un contrai pass entre cleri ment est ptiloire si la controverse perte sur un droit ou sur la proprit d'une chose; 011 l'appelle sque seule la possession d'une chose ou ssession d'un droit est en cause, iison de la lin. le procs est dit contentieux (nous dirions en France au civil) lorsqu'il vise prinliant la poursuite ou revendication de droits pn\ es ou .1 dclaration de faits juridiques concernant ersonnes physiques ou morales. Il prend le nom / lorsqu'il a pour luit d'infliger ou de dclarer une peine, a la suite d'une transgression intressant

la

Juridiction,

tii'ii

exigences concernant le nombre des tmoins, la valeur des documents, le serment dcisoire, les tmoin: de se pi ici ne main. Enfin, l'glise j ajouta ses propres prescriptions au cours du Moyen Age. I. es compilai ions canoniques font une place la procdure judiciaire ds le Ml' et le MU'' sicle, et la seconde partie du Dcret de Gratien nous montre assez qu'au milieu du \ii' sicle les procs canoniques n'taient pas dpour \ us de perfection relative. En conciliant les lments opposes du droit romain el des coutumes germaniques, en en temprant les rigueurs et en en corrigeant les dfectuosits, l'glise devint ainsi l'auteur d'un nouvel ordre judiciaire qui ne fut pas sans influence sur le droit civil lui-mme. Surxicni Bernard le Pavie, qui. dans les 1. [ e1 il de sa premire compilation (1187 1191), insre les

canons

et

les

dcrtales, leur

donnant pour

titre res

ial.

foi me, on distingue les jugements au cours desquels sont observes toutes les formalits requises non seulement par le dreit naturel, encore pat le droit pesitif, et les jugements s, dans lesquels on omet les formalits du
I.

En

raison de la

nels,

judicium. Cet ordre, qui s'imposa aux autres compilations, fut retenu par Grgoire IX pour sa collection authentique des Dcrtales. Toute la matire concernant les procs y est traite aux I. itit. \ a m. mi. I. Il dit. x\x). et dans quelques
pectif judex
el
I
1

itres (lu

I.

V.
I

humain, susceptibles de retarder la marche du ur ne conserver que 'es sol imites du droit naturel. Notons que le ('ode n'a pas retenu cette derdistinctinn et qu'il ne connat pas proprement es sommaires. Le can. 1555 ordonne au are de suivre ponctuellement les prescriptions nues dans le IV, sauf s'il s'agit de jugements
droit
I.

rnant

le

renvoi de religieux
lie

can.

65-1

668) ou

d'un.

devant le Saint-Office, ce tribunal abservanl une procdure qui lui est propre.
peuples primitifs laissent de se rendre justice euxue la civilisation apparat, l'autorit puhlique intervient pour rsoudre les conflits. Plus parfaite, plus elle restreint le droit des se faire eux-mmes 'es dfenseurs ou les
Seuls
les

3" Histoire.

particuliers

le

soin

s
I

droits.
(

'glise, institue pai le


ite.

lnist

comme

une so.it

ne tarda pus
li

intervenir peur rgler les conni soi! entre les fldli -. soit entre est pas du premier coup qu'elle
.1

complet le procdure judiciaire. Ses furent d'abord trs simples, se rduisant le nt .1 l'application des principes du droit na

iit Us droit s de l'accus, ne le cou ilpahilitlait pleinement dmoli-

rait

d'appel
le

et

proportionnant

la

ainsi labore ne laissai pas d'tre longue el quelque peu complique) surtout lorsqu'on y eul introduit l'criture. Aussi voit-on certains papes dispenser les juges dlgus de certaines solennits Alexandre III. Decr., I. II, tit. 1, C. l>: Innocent ni. ibi !.. 1. 11, m. vi, c. Boniface VIII, I. I. / ". tit. vi, c. 43, in Clment V axait ordonn de simplifler la forme du jugement pour certaines causes matrimoniales et bnficites. Cf. I. II. lit. 1, c. 2. inClem. Afin de prciser cl d'uniformiser celle rforme, il publia en 1306 la clbre constitution Ssepe, qui organisait une procdure nouvelle qu'on a appele son n aire. Les pontifes des XIV e et xvie sicles dictrenl leur tour quelques prescriptions en matire judiciaire. Mais la vraie rforme vint du concile de Trente. Celui-ci accrut et fortifia les pouvoirs judiciaires de l'vque et rduisit de justes proportions les solen nits de la procdure. Cf. sess. \m, <. i-vin, De rf.; SeSS. xxix c. v el XX SeSS. xxill. C. VI sess. xxx c. X. Apies le concile de Trente, les causes majeures furent instruites par les diverses Congrgations romaines: de plus, divers dcrets furenl ports pour interprter authentiquement et complter les prescriptions du concile en matire judiciaire. 11 faut mentionner en particulier larorganisation, par Benot XIV, des procs concernant la nullit du mariage ou la nullit de la proi isiion religieuse constitution Dei mise:

La procdure canonique

Au

.,

niions,

nombre des causes


astiques
alla
/; onarhorum, procdure jusque-

ralione du

''

>x

embre

et

Si datam du

mars

7 18.

trihuna

Cette dernire constitution fui tendue en 1838 aux causes de nullit du sous diaconat Le mme pape pro mulgua encore le p juin 1711 la constitution Sacra.

devint
'.

insuffisante, el
stal le

il

fallut
et
1.

songei .1 lui plus solennelle.


22. C'est quoi

Instil.

|.

11. lit.
s

n entum pseniteniise, sur la procdure a suivre dans les cas de sollicitation, et une autre, id mililantis Eccleti, sur la question des appels judiciaires.

d'Afrique,

n
us. \

du iv
li

spcialement mi d'Ande Chalcdoine l'.l


1

1.

I.

q.

i\

.,iiv.

|.

q.

1.

urs

au

droit

romain,

dont

Au cours du xix' sicle, le procs canonique subit de nouvelles rformes, spcialement en matire mai ri moniale el criminelle. Au concile du Vatican, divers x UX furent mis par !es\ ques prsent s pour obtenir la simplification el l'unification de la procdure dri

PROCS ECCLSIASTIQ1

ES.

LE DROIT DE L'GLISE
a
i

624

\(t du Corpus jtiris. Alin de rpondre ces vux, Lon Mil adressa le il juin 1880, par l'organe <!< la Sacre Congrgation des vques el Rguliers, une instruction sur la manire de procder dans les causes
disciplinaires et criminelles les clercs; il autorisail les vques d'Italie, auxquels seuls l'instruction taii

Matth., XVIII, 18, comme si le Seigneur s'engageait ai Hier de son autorit la sentence prononce par son
glise.
2.
/.'/

Le bnfice de
1
I

adresse, sui\ re dans ces cas une procdure sommaire. celte concession fut tendu d'autres nal ions, la France en particulier, par un resent janvier 1882. dat Mu Enfin, Pie X, reformant la curie romaine, confina
les
il

Congrgations dans

les

questions administratives;

leur retira de faon habituelle tout pouvoir judiciaire qu'il transfra la Rote romaine et la Signature

apostolique.

Aujourd'hui, en dehors des coutumes lgitimes ou des privilges particuliers, le droit de l'Eglise concernant les jugements est tout entier dans le Code. Depuis la promulgation de celui-ci en 1017, la Sacre Congrgation des Sacrements a publi, le 7 mai 1923, un dcret contenant les rgles spciales suivre dans les causes de dispense super malrimonio ruto el non consummato; une instruction De processibus, du 27 mars 1929, est venue complter ce dcret. 1 ExisII. Le pouvoir judiciaire de l'glise. tence. X. Le pouvoir judiciaire de l'glise esl la consquence logique de son pouvoir lgislatif. Le Christ, ayant fond sur la terre une socit visible et parfaite, l'a dote de tout ce qui lui est ncessaire pour atteindre son but. Dans le pouvoir de rgir confi Pierre, Matth., xvi, 17; Joa., xxi. 15, est inclus, n'en pas douter, le pouvoir de faire des lois, d'dicter des prceptes. Les aptres l'ont entendu ainsi (cf. Act., xv, 28 sq.; xx, 28: I Cor., xi, 2, 33, 34; I Tim., n et m) et, aprs eux, toute la tradition catholique. Cf. Eugne IV, const. Llentur cli, 6 juill. 1439; Pie VI, const. Auclorem fidei, prop. 4; Pie IX, encycl. Quanta cura, Denz.-Bannw., n. 1697; concile du Vatican, const. Paslor ternus. Or, il est de toute vidence qu'un tel pouvoir serait vain et inefficace s'il n'tait doubl du pouvoir judiQuia ciaire, selon la juste remarque de Jean XXII igitur parum esset jura condere, nisi qui ea tuealur existai. Exlrav., 1. II,tit. i, cap. unicum; cf. Dig., 1. I, tit. n, lex 2, 13. Ce que rclamait la sagesse naturelle, le Christ a Si pecpris la peine de l'exprimer en termes formels caverit in le frater tuus, vade et corripe eum inler te et ipsuin solum; si le audieril, lucralus cris fralrem tuum. Si autem le non audieril, adhibe lecum adhuc unum vel duos, ut in ore duorum vel trium leslium stet omne ver-

bum. Quod
canus.

si

non audieril
dico
vobis,

eos, die Ecclesite; si

autem
publi-

Ecclesiam non audieril,

sil tibi sicul

ethnicus

et

Amen

qusecumque

alligaveritis...

Matth., xvm, 15-18. De ces paroles, il est facile de dduire la preuve du pouvoir qu'a l'glise de juger les crimes de ses fidles, non seulement au for interne de la conscience, mais encore en forme solennelle devant ses tribunaux. Lorsque l'avertissement charitable et l'arbitrage pacifique ont t puiss en vain, il reste en dernier ressort le die Ecclesise, c'est--dire la dnonciation aux pasteurs de l'glise , dit saint Jean Chrysostome; l'vque , dit saint Cyprien, Epist., lxvi, 8, Hartel, p. 733. Dj, nous trouvons, dans la manire de faire indique par le Christ, comme une premire forme, un embryon de jugement. On y trouve nonc le dlit, un demandeur, un prvenu, des tmoins, un juge; il n'y manque mme pas une accusation rgulire, la sentence et une sanction pnale pour les contumaces. On peut noter en outre que les paroles cites sont suivies immdiatement de cette autre dclaration En vrit, je vous le dis, tout ce que vous aurez li sur la terre sera li dans le ciel , etc.,
:

pratique des aptres confirme cette manire Nous voyons paroles du Christ. ceux ci rendre la justice avec la pleine conviction qu'ils en ont reu le pouvoir. a) En face de l'incestueux de Corinthe, qui scandalise la communaut des fidles, saint Paul n'hsite pas un instant. Cf. I Cor., v, 1. Aussitt inform, il s'rige en juge du coupable, judicavi Ut pnesens; et il porte la sentence en vertu du pouvoir reu du Christ, eum virlule Domini nostri Jesu. A lire ce texte, on ne saurait douter que des jugements au for externe n'aient t en usage ds ce temps; pour en sauvegarder une rgle naturelle, saint Paul, par une fiction, se reprsente comme s'il tait rellement en face du coupable. b) Le mme aptre enseigne galement avec quelle prudence et quelle rserve il faut recevoir les accusations portes contre les presbytres Adversus pr'sbylerum accusalionem noli recipere, nisi sub duobus aul tribus teslibus. I Tim., v, 18. Ces paroles s'adressent un vque qui, n'en pas douter, exerce le pouvoir judiciaire et devant lequel on a coutume de porter des litiges ou des accusations; saint Paul exige que toute la discussion de l'afTaire se fasse devant tmoins, donc au for externe. 3. Les premiers pasteurs qui succdrent aux aptres revendiqurent constamment pour eux le pouvoir judiciaire. Ils portrent de vrais jugements sur les On juge, dans les assemquestions ecclsiastiques bles chrtiennes, dit Tertullien, avec grande circonspection, certains que nous sommes d'tre en pr sence de Dieu. Apol., 39, P. L., t. i, col. 467 sq. Saint Cyprien parle aussi des rgles concernant la comptence des divers triounaux. Epist , Lix,l 1 et 12, Hartel, p. 678 sq.; plus haut il parle d'un hrtique qui comparut devant un synode africain et fut condamn par quatre-vingt-dix voques Ibid., 10, p. 677. Et ces jugements devant les vques n'taient pas des exceptions, mais des choses assez frquentes pour que saint Augustin allt jusqu' se plaindre de la charge qu'elles lui imposaient. En ce qui me concerne, dit-il, combien j'aimerais mieux chaque jour travailler de mes mains et employer mes loisirs lire et prier, plutt que d'prouver, au milieu du tumulte, les angoisses que m'occasionnent les diffrends des autres, alors qu'il me faut rsoudre des affaires sculires par un jugement ou les trancher par un arbitrage. De opre monachorum, c. xxix; cf. Sermo, cccli, n. 10, P. L., t. xxxix, col. 1545. Il n'y a qu' lire les can. 74 et 75 du concile d'EIvire (vers 300) sur les faux tmoignages et les dnonciations calomnieuses, les 13 e et 14 e canons d'Arles (314) sur les traditeurs et les faux dnonciateurs, pour nous convaincre que l'glise eut ds les premiers sicles un for judiciaire distinct du for pnitentiel. Sans doute l'appareil devait en tre des plus modestes, surtout en temps de perscution. Mais, aprs le iv e sicle, on voit les causes des hrtiques discutes dans les conciles et les sentences portes dans les formes usites cette poque: ce fut le cas d'Arius Nice (325), de Xestorius phse (431), de Dioscore Chalcdoine (451). Il serait donc faux de prtendre que la procdure ecclsiastique date du xi e sicle; s'il y eut alors des innovations en matire judiciaire, ce fut. seulement dans la forme et les solennits extrieures. 4. Enfin, la doctrine de l'glise concernant son pouvoir judiciaire n'a jamais vari. Nous avons dit qu'elle organisa peu peu ses tribunaux; elle le fit comme en une matire qui lui est propre et qui rentre dans la sphre de sa comptence exclusive. Or, l'glise ne saurait se tromper en gnral sur l'objet et l'tendue
d'interprter les
:

PRCM
ivoirs,

CCI

SIAS HOUES. LE DROIT DE

'
l

G LISE

C26

nul doute donc que

quoi qu'il en soit des applications parla puissance Judiciaire une pleinement sur l s choses

devoh aux voques de recevoir h leur audience tous ceux qui solliciteraient leur Jugement, Hritire du droll romain a la chute de l'empire,
n.' continua rendre la Justice, par siiile de la carence phis ou moins constate <ie toute autre autorit sociale. Elle continua duranl le Moyen Vge,sans prtendre cependant tablir sa Juridiction sur des choses qui n'taient pas de son ressort. Vers les xii* et \i\' sicles, les princes sculiers allirniciit le plus en plus leur autorit et restreignent les droits de l'glise en matire de Jugements; c'esi l'poque des statuts de Clarendon (1164), sous Henri 11 d'Angle terre, puis l'poque des luttes de la monarchie siei lienne contre l'glise en Italie, puis de Philippe le Bel lance. I.cs au! res Kl al s eut r relit et de ses cuis les en tt ou tard dans cette \oie. ne laissant a l'glise que les cuises spirituelles. L'ambition, tout autant que la persvrance d'anciens errements, poussa mme divers SOUVerains empiter sur les droits de l'glise. Celle ci se dfendit en condamnant ces prtentions exagres. Souvent, cependant, e1 c'est encore le cas aujourd'hui, en face de l'absolut isme maudissant des gouvernements, elle est contrainte, dans la pratique, ou de faire quelques concessions surdes questions secondaires par des concordais, ou de tolrer des abus qu'elle ne peut supprimer, atin d'viter de plus grands maux. 1. Le Code dtermine les causes qui sont de la com ptence propre el exclusive de l'glise. Can. 1553. Ce
I

Uqui
tions dogmatiques sur ce poinl de doctrine ni pas abondantes: cela s'explique par le boucJ qu'eut l'glise de dfendre surtout son pouvoir attaqu par l<s hrtiques. Kn dfendant ce dernier, elle protgeait indirectement son pouvoir Judi.

qui en est la suite logique et le complment l'ourlant, lorsque surgirent des erreurs for-. l'intervention du magistre ne lit point dfaut. que le concile de Trente dfinit, contre les droit exclusif qu'a l'glise de Juger mses matrimoniales. Sess. xxiv, can. 12, Denr.Bannw. n. 982. Mme assertion au can. i960 du Code atrin onialts intr biflizitos jure proprio </ </ judicrm eeclesiaslicum spectant.CA. Syllabus, prop. 71. Lon \lll proclama l'origine divine du pou Judiciaire de l'glise, consquence, lit il, de son
.
. i :

1 '

Rncycl. Immorlale Dei,% 19, Rvera. du Code sp iBe lis causes dont iement appartient en propre et exclusivement qu'il nous faut tudier plus amplement. tendue. 1. Le pouvoir Judiciaire de l'glise ne .1 qu'aux personnes soumises sa juridiction, il ire tous les baptises, mme hrtiques ou smatiques, et eux seuls. Les infidles, mme les ne sauraient donc tre cits lgitimement devant un tribunal ecclsiastique, sinon de indirecte a cause de relations juridiques avec un tulele baptis, par exemple en cas de mariage, la rgle pose par saint Paul Quid enim mihi de his qui foris sunt judicare? Cor.. v, 12. En revanche, tout baptis, <lc quelque dignit qu'il soit, peut tre devant un magistrat ecclsiastique; il n'y a eption que pour le souverain pontife, l'gard duquel aucun tribunal, pas mme le concile cumnique, n'a de comptence, selon l'antique adage nemine judicalur (can. 1556), a moins cependant qu'il ne consente lui-mme se soumettre

pouvoir

lgislatif

In, le

can. 1553

sont
<i)

Les causes qui concernent

les choses spirituelles

ou

la premire catgoappartiennent toutes les choses qui directement OU indirectement sonl sacres et intressent la vie spirituelle, par exemple ce qui concerne la foi et les murs, les sacrements et les saeramentaux, le sacrifice de la messe, les indulgences, le culte, les vux, serment, les droits et obligations des clercs, les le
lies

aux choses

spirituelles.

rie

offices ecclsiastiques, etc.

un Jugement humain. Quant la matire des procs, il est certain que icun pouvoir sur les causes purement temporelles des laques: ce pouvoir, elle ne l'a jamais ils pontifes du Moyen Age ont au contraire proclam l'incomptence des tribunaux ec< lpus dans cet ordre de choses. Cf. Deer.. 1. II.

Les res spirilualibus adnex, sont des choses temporelles de leur nature, mais lies aux choses spiriinspatuelles; elles peuvent l'tre de deux faons rablement, c'est--dire de telle sorte et avec une telle
:

cohsion que, si l'on enlve l'lment spirituel, la chose n'existe plus dans son entit, par exemple an bnfice, un t'roit de patronage. les dmes, la spulture ecclsiastique, etc.: de faon sparable. de telle sorte que, si l'on supprime l'lment spirituel, la chose temainsi serait l'inscription porelle subsiste cependant des baptiss dans les registres de l'tat civil, une question de dot, de donation dans une cause matri:

6; I. II. tit. xxvm. c. 7; I. II. tit. i. c. 10; I. IV. tit. xvii. c. 3. Si donc des causes purement tem norelles ont t. au cours des sicles, portes devant rite judiciaire de l'glise, ce ne fut qu' titre
tit.
i.

en vertu d'une concession (au moins it par le libre consentement plaideurs, soit en raison de circonstances partitOUt

premiers sicles de

l'glise,

les

suivant
i,

la

recommandation

faite

par saint

vitaient de porter leurs :ifTrends int les tribunaux des paens, soit par crainte de soit pour \iter des actes d'idoltrie frqoei procs. Les Statut i Ecclaix nntie jusqu' menacer d'excommunication 7U ' li porteraient leurs causes devant qui n'avaient pas la foi. Can. 87. Cf. conc.
0.
.
'

'

moniale. Seules les choses temporelles insparablement lies aux choses spirituelles sont du ressort exclu sif de l'glise. Les autres sont des choses mixtes qui peuvent tre juges sparment quant au point de vue temporel par la socit civile, quant au poinl de vue spirituel par les tribunaux ecclsiastiques. b) Les causes qui ont pour objet la violation des lois ecclsiastiques. Rien de plus naturel il appartient celui qui fait les lois de juger de leur transgression et de punir les dlits. c) El tout ec qui a caractre de pch, mais seulement pour mesurer la gravit de la faute et infliger au besoin des peines eeelsiast iques. Quand, en effet, un acte
:

quelconque viole une loi humaine, fortiori une loi divine. l'glise a le droit d'en juger d'abord au for
interne, en tant que charge de la saule spirituelle de chaque individu. Mais si. en mme temps, coi acte est, au for externe, nuisible la fin spirituelle qu'elle poursi.il. par exemple en raison du scandale, ecclsiastique est comptent pour dfinir la gravit de la faute et infliger un chtiment soit spirituel, soii mme temporel l'glise, dans ce cas. ajoul e ses peines
l<
:

in.

!'.

A mesure que
ise

les

magistrats civils
l

se relcha

.'rite:

mporelles des laques, ne


irituclles.

ant

in.

P* n;
fiv ils.

aprs son arrive au pouvoir. rieurs litiges devant

ni

Arcadius

et

Honorius

firent

ceux un

relies

du pouvoir

civil,

ou

mme

punit

elle seule

(27
des dlits que
la
loi

PROCS ECCLSIASTIQ1
civile

ES.

GNRALITS

628

ne rprime pas, Cf. can.

2353
il)

sq.

L'glise se rserve encore

elle

seul*

le

juge

ment des causes conlenlieuses ou criminelles qui con cernent les personnes jouissant </" privilge du for. Le privilge du for consiste en ce qu'un clerc, ou toute
ne puisse juge laque, qu'il s'agisse de procs contentieux ou de procs criminel (eau. 120); mais il peut y tre ci comme tmoin ou titre d'expert. En revanche, un clerc a le droil le citer un laque devant un tribunal civil pour une affaire d'ordre temporel. Cette immunit, qui facilite ceux qui en bnficient l'exercice <le leur ministre, est formellement et immdiatement de droil ecclsiastique. Introduite par les empereurs chrtiens, elle fut confirme dans le autre pers
tre cit
te

couverte par

le

privilge,

comme prvenu devant un


'
t

droit dcrtalien,

1.

II, tit.
c.

n,

c.

sq., et

au concile
for
:

de Trente, sess. xxv,

xx, De

rf.

D'aprs
clercs,

le

Code jouissent du privilge du

a. les

c'est--dire ceux qui ont reu librement la tonsure, encore qu'ils soient suspens, irrguliers, cen-

surs ou dposs (can. 2303); mais ils perdent leur droit au privilge par la dgradation ou la privation perptuelle de l'habit ecclsiastique; b. les religieux

vux solennels ou vux simples, sans vux, ainsi que tous leurs novices. Can. 614, 680. faut noter que ce privilge, qui fut reconnu durant tout le Moyen Age et la plus grande partie de l'poque moderne, a reu en beaucoup de rgions, surtout depuis le xix e sicle, de multiples drogations, soit par les concordats (avec la Sardaigne en 1841, avec l'Autriche en 1855, avec le Wurtemberg en 1857), soit par des coutumes centenaires (en France, en Belgique et en Allemagne). L o le privilge existeencore, ses violateurs sont punis des peines dictes par le can. 2341. Les concordats rcemment conclus par Pie XI ont conserv pour la plupart au moins quelques souvenirs de ce privilge ainsi le concordat avec la Lettonie (1922), le concordat avec la Pologne (1925) et le concordat avec l'Italie (1929). 5. A ct des causes qui sont de la comptence propre et exclusive de l'glise, il y a celles que l'on appelle du (or mixte, c'est--dire pour lesquelles l'glise et la socit civile sont galement comptentes, soit en vertu de la nature mme du litige, soit en vertu d'un privilge, d'une coutume ou d'une concession expresse ou tacite. Ces sortes de causes sont ordinairement des affaires temporelles par leur nature, mais auxquelles vient s'ajouter une qualit spirituelle sparable, ou bien des causes spirituelles qui prsentent par quelque ct un aspect temporel; par exemple un acte ou un contrat confirm par serment, un testament de laque contenant des legs en faveur de causes pies, l'existence d'un fait spirituel comme le baptme, le mariage, la question de la valeur du sacrement mise part, la violation d'un cadavre, d'une spulture, etc. Dans ces sortes de causes, il y a lieu prvention,
et religieuses

ou

mme

1 1

grandes lignes de cette organisation assez complexe, qui montre le souci qu'a l'glise de sauvegarder, autant qu'il esl possible en ce monde, les droits sacrs de ses fidles. Les spcialistes se rfreronl aux ouvi techniques, dont les principaux seront indiqus dans la bibliographie. Notons d'abord que l'glise n'aime pas les proi sources de division et souvent de haine entre les hommes. Pour les viter le plus possible, du moins en matire content ieuse. elle propose deux moyens OU remdes prventifs transaction et {'arbitrage. la Can. 1925-1932. La transaction est uni- composition l'amiable, une sorte de pacte ou contrat entre les parties dissidentes, portant sur l'objet litigieux ! axant pour but de prvenir un procs ou de mettre lin a une action dj engage. La transaction doit se faire selon les rgles du droit civil de chaque pays, pourvu que celles-ci ne soient pas en opposition avec le droit divin ou le droil ecclsiastique; mais un tel pacte est interdit, sous peine d'invalidit, dans les quatre cas suivants 1 dans une cause criminelle, car alors le promoteur de la justice trahirait le bien commun; 2" dans une cause de nullit de mariage, attendu que le mariage est indissoluble de droit divin; 3 en matire bnriciale, lorsque le titre mme du bnfice est en cause, moins que n'intervienne l'autorit lgitime; 1 dans les (auses spirituelles, toutes les fois qu'intervient une question d'ordre temporel qui s'y ajoute, car une telle transaction serait simoniaque. Can. 727. L'arbitrage est une convention librement consentie entre les parties adverses pour remettre la solution du conflit au jugement d'un ou de plusieurs experts. Lorsque ces remdes ne peuvent tre employs ou qu'ils l'ont t en vain, il n'y a plus qu' porter le con:

flit

devant l'autorit

sociale.

Nul ne saurait tre jug que Le for comptent. par un tribunal comptent. La comptence est la juridiction en tant que limite certaines causes ou certains lieux. Le dfaut de comptence ou l'incomptence peut tre absolue ou
1

premire entrane la nullit radicale de la sentence (can. 1892" la seconde peut tre supple par la volont des parties. 1. L'incomptence de tous les juges infrieurs est absolue dans les causes suivantes rserves au SaintSige, savoir a ) Le souverain pontife en personne a seul le droit de juger les souverains, leurs fils et leurs filles aussi bien que leurs hritiers prsomptifs, les cardinaux, les lgats du Saint-Sige, et. au criminel, les
relative; la
: :

vques

mme titulaires.

b) Aux seuls tribunaux du

Saint-Sige il appartient aussi de juger les vques dans les causes civiles, moins qu'il ne s'agisse que de leurs droits temporels; les diocses et autres persennes morales ecclsiastiques qui n'ont pas de suprieur au-

que le premier juge, soit laque, soit eccldevant lequel l'affaire a t lgitimement dfre, en prend en quelque sorte possession et a le droit de porter le jugement. La saisie de la cause se fait par la citation des parties ou leur prsentation spontane devant le juge. Des peines sont prvues au can. 155 contre le demandeur qui porterait devant le juge sculier une cause du for mixte lgitimement introduite devant un tribunal ecclsiastique. III. Des procs en gnral. Dans ce paragraphe, comme dans ceux qui suivent, il ne saurai! tre question de faire un expos complet des rgles de la procdure ecclsiastique. Ce qui en sera dit suffira du moins en donner une ide gnrale et tracera les
c'est--dire

siastique,

dessous du souverain pontife, comme les religions exemptes, les congrgations monastiques, etc.: enfui, toutes les autres causes que le pape aurait voques son tribunal. Can. 1557. 2. Pour les autres causes non rserves au SaintSige, la comptence les tribunaux infrieurs est fonde sur des titres prcis spcifis dan- le droit: il faut noter toutefois que. dans cette catgorie de causes, Incomptence du juge ne serait que relative. Le grand principe qui domine toute la matire de la comptence est le suivant aclor sequilur forum rei. c'est--dire le demandeur doit poursuivre le prvenu devant le tribunal auquel ressortit ce dernier. Il y a pourtant des causes pour lesquelles la loi ellemme a choisi un for spcial comme convenant mieux au juge aussi bien qu'aux parties, c'est ce qu'on appelle
l
:

le

for ncessaire. C'est


/c

le

cas

dites

spolio, c'est--dire
le

ai de toutes les actions concernant des choses on


:

des droits dont

demandeur

a t dpouill: elles

|>ROliS

KIXLSIASTIQUES GNRALITS

tO

du lieu o se trouvent les choses en question b) de toutes les causes ruant un bnfice mme non rsidentiel elles dol vent tre > oques devant l'Ordinaire <lu lieu du bn - causes concernant une administration, qui vont .1 juger devant l'Ordinaire du lieu de la gestion; iini de toutes U-. causes concernant les hritages, eux; leur ri l> mut propre esl celui de l'Ordi naire du lieu o le testateur avait domicile. Can. 1560. n del ors de u- cas. la comptence est dtei mine ii Ut du prev cmi. Poui Rome peut 5 tre cit tant, le voyageur de passage me s il > avait domicile; il conserve nanmoins le cr son renvoi a son propre Ordinaire; i|ui habite Home depuis un an peut dcliner ordinaire et exiger, s'il le \ eut, sa citation le for de son it un tribunal de la ville. Le vagus a son propre for dans le lieu o il sjourne actuellement; un rell- !e lien o est sise sa maison. (.111. 1562 1563. mptence est encore dtermine /' par le lieu o se en litige par le lieu dans lequel le il) par le lieu o le dlit a t coin .r le fait de l'union ou connexion d'une cause une autre, a moins que la loi ne s'oppose ce que u\ soient juges par le mme tribunal; // en lin. droit de prvention, lorsque deux juges sont lenu-nt comptents. Can. 1564-1568. ribunaux : espces et degrs. Au-dessus de toutes Us juridictions et dans un rang hors pair se plaant les tribunaux du Saint-Sige, auxquels il peut toujours tre fait appel par tout Adle, pour toute cause. intne non rserve, et tout stade du procs engag it n'importe quel tribunal. Can. 1569. Les tribunaux autres que ceux du Saint-Sige ne \ en juridiction: il y a entre eux une hirarchie, de telle sorte que l'on peut d'un tribunal infrieur en appeler un tribunal .suprieur; il y a aussi entre eux une coordination, le sorte qu'ils peuvent et doivent se prter un mutuel secours lorsqu'ils sont sollicites par l'un d'eux Can. 1570. 1. Le tribunal ordinaire de premire instance. On
doiv rut tre intentes devant l'Ordinaire
;
!

joindre deux assesseurs a titre de conseillers, Mais, dans toutes les causes content iciiscs qui ont pour objet le lien matrimonial ou celui de l'ordination, les droits ou les biens de l'glise ai bedraie. de mme dans les causes criminelles concernant la privai ion d'un bn
1.1 c Inamovible, el chaque fois qu'il s'agit d'infligei ou de dclarer la peine de l'excommunication, le Code requiert un tribunal collgial compos de fro Juges. ,e nombre de ceux ci doil et re porl cinq lorsqu'il est question de del il s qui comportent les peines de la dpo sition, de la privation perptuelle de l'habil ecclsias tique ou de la dgradation. Pour les autres causes qui soni d'une plus grande importance ou prsentent quel nue difficult particulire. l'Ordinaire peut taire appel un tribunal collgial. la majorit des voix; ES sentences sont portes les assesseurs du tribunal collgial doivent elle choisis parmi les juges synodaux, c'est dire choisis par l'vque en synode; ils sont appels prosynodaux lorsqu'ils ont t nomms en dehors du sj node. Is doh ent pro cder c'est dire tous ensemble, collgialemenl sous la prsidence de l'ollicial OU du vieeotliei.il. Can. 1574-1576. (t) Le prsident doit dsigner un des juges comme rapporteur frelator) ou pi tient fponens) pour faire au tribunal un rapport de la cause .-i rdiger par crit la sentence, ('.an. 158 1. ri En mitre. l'Ordinaire peut constituer, soil a litre permanent, soit pour une cause en particulier, un ou plusieurs auditeurs ou juges d'instruction: le juge, lui aussi, a la faiult d'en nommer un. mais seulement pour uni cause pendante devint lui el si l'Ordinaire n'y a pas dj pourvu. Le rle de l'auditeur esl de citer les tmoins, de les interroger, en un mol d'instruire la cause selon la teneur de son mandat, mais non il.' por ter la sentence dfinit iv e. I ) Dans chaque diocse doivent tre tablis un pro moteur de la justice et un dfenseur du lien. Ils sont choisis par l'Ordinaire soil pour chaque cause en particulier, SOit pour l'ensemble des causes, et alors leurs fonctions ne cessent pas la vacance du si",e piscopal. il est requis qu'ils soient pitres, de rputation intgre, docteurs en droit canonique OU du moins
1
I

.1

.1

l'appelle aussi

ffieialit. Il

doit tre tabli

dans chaque

n premier ressort toutes les causes qui ne sont pas rserves aux tribunaux suprieurs. ce tribunal est un juge de premire ne. qui peut tre 'voque en p ci sonne; mais il st nable que b chef du diocse se dcharge de cette n sur rl< - auxiliaires coni| tents; d'ailleurs, si sur les droits ou les biens temporels de mente piscopale ou de la curie romaine, -ire doit tre dfre se it a un tribunal diocsain de l'oflicial et les deux plus anciens juges au juue immdiatement suprieur.
l

instruits de cette discipline, d'une prudence et connus pour leur zle de la justice.
I

prouve

s causes Le promoteur a un rle remplir dans content iciiscs auxquelles se mle une question de bien public et dans les causes criminelles. Le dfenseur du lien a sa place obligatoire dans Imites les causes qui traitent du lien matrimonial ou du lien des ordres

sacis.

'

pourquoi, bien que l'vque puisse, en ptes par le droit, exercer par luipouvoir judiciaire, il est tenu de choisir un /. distinct autant que possible du v Icaire gnral, qui aura le pouvoir ordinaire de juger les causes por;t la curie diocsaine. L'oflicial constitue un seul et mme tribunal av ec <v que du lieu on ne peut r proprement parler de sa sentence ne peut jiiLi-r le- causes que

est

.1

peuvent tn adjoints <i< s aides, que une l'oflicial, ils doivent e rputation intgre, docteurs en droit m du n . dans cette science, et ^ moins d< Leurs fonctions ne et ils ne peuvent ipitulaire: mais ils ont besoin ar le nouvel voque.

'

mire instance peut toujours

s'

;i

ii

g) A lout procs doil assister un notaire, choisi par Ordinaire ou par i; juge parmi ceux qui mit iU au pralable lgitimement constitus. Le rle du notaire est de rdiger ou du moins de signer les actes du pro ces, spcialement les actes extrajudiciaires. Quant aux actes judiciaires proprement dits, leur rdacteur porte le nom de greffier (acluarius i. qui peut net re pas dis tind du notaire. // Enfin, le tribunal se complte, s'il \ a lieu, par les huissiers et les appariteurs. Ces derniers ont pour mis sion. dans la thorie, de faire excuter les sentences et dcrets du juge. Les buissiers (cursores) soni chargs d'inl imer aux intresss le-, actes judiciaires. Les uns et les autres peuvent elle des laques, saut quelques exceptions indiques par la prudence. Ils sont COnsti tus soit pour toutes les causes, suit pour une Cause '-n particulier. La mme personne peut templir lesdeux Offices, et l'on doit avoir recours a leur ministre, moins de coutume contraire lgitimement approuve. Le tribunal ordinaire de seconde nis/ame. Celui qui a examin une cause a uw degr quelconque de juridiction ne peut en connatre a un autre ,!
I

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PROC

ECCLSIASTIQUES. G

Y.

R A LIT

632
.

Can. 1571. i.Ysi pourquoi, du tribunal de l'vque suffragant, on fait appel au mtropolitain. Des causes traites en premire instance devanl le mtropolitain, on tait appel l'( ordinaire <lu lieu, choisi par le mtropolitain une fuis pour toutes, avec l'approbation du Saint-Sige. (C'est ainsi que. de la sentence de l'archevque de Paris, cm (ait appel l'vque de Versailles en deuxime instance; du sige de Lyon celui d'Autim. etc.) Lorsqu'un archevque n'a pas de sufTragant s ou qu'un Ordinaire du lieu n'a pas de mtropolitain (parce qu'il est rattach immdiatement au Saint Sige), les causes sont traites en seconde instance devanl le mtropolitain choisi une fuis pour oui es pour faire la convocation au concile provincial (can. 1594), sauf dispositions spciales dans des cas particuliers, par exemple Metz et Strasbourg. Le tribunal d'appel est constitu et fonctionne connue le tribunal de premire instance. Il doit tre ncessairement collgial si celui de premire instance l'a t. Can. 15!)."). 1596. 3. Les tribunaux du Saint-Sige. Le souverain pontife, en tant que juge suprme de l'univers catholique, peut juger toutes les causes, recevoir tous les appels, et de sa sentence nul ne saurait appeler. Il exerce son pouvoir judiciaire soit par lui-mme, ce qui est rare, bien que non inou, soit par les tribunaux qu'il a institus cet etet, soit par les juges qu'il dlgue. a) Les tribunaux ordinaires du Saint-Sige sont a. La S. Bote romaine, dernier tribunal d'appel, qui juge galement certaines causes en premire et en seconde instance. Can. 1599. Elle est compose de juges appels auditeurs (au nombre de onze habituellement), dont le premier porte le titre de doyen . Voir Cour romaine, t. m, col. 19G8, complter par les can. 15981601 du Code. b. La Signature apostolique, tribunal suprme dont les attributions ressemblent assez celles d'une cour de cassation. Elle reoit et juge les rclamations leves contre les sentences de la Rote; elle prononce la remise en tat (reslitulio in integrum) des droits et des biens, et tranche les conflits de comptence qui s'lvent entre les tribunaux infrieurs. Can. 1602-1605. b) Les tribunaux extraordinaires du Saint-Sige sont le Saint-Office pour les causes qui intressent la foi; le tribunal de la Sacre Congrgation des Rites pour les causes de batification et de canonisation; enfin le tribunal suprme du Concile gnral. 4. Les juges dlgus. Ils forment une catgorie part, car, outre les rgles gnrales des procs, ils doivent tenir compte des canons qui rgissent la juridiction dlgue. Can. 199-207. Si la dlgation vient du Saint-Sige, le juge dlgu peut se servir des auxiliaires constitus dans la curie du diocse o il doit juger; mais il peut aussi en choisir d'autres son gr, moins d'une indication contraire contenue dans le rescrit de dlgation. Quant aux juges qui reoivent leur dlgation des Ordinaires des lieux, ils doivent se servir des officiers de la curie diocsaine, moins que, pour un motif grave, l'vque n'ait jug opportun de constituer des ministres extraordinaires pour la circonstance. Can. 1607.'
-

prtent serment c. Il de bien remplir leur office et sont tenus au secret professionnel dans toutes 1rs causes criminelles et parfois dans les causes contentieuses. Can. 1621-1624. -d. Xi le juge ni les auxiliaires m- peuvent recevoir le moindre e. Le prsent a l'occasion d'un Jugement a rendre. sic_;c ordinaire du tribunal est uni; salle de l'vch; les jours et les heures des sessions sont lixs par l'Ordinaire; aucun acte judiciaire n'a lieu les jours de fte de prcepte ni durant les rois derniers jours de la semaine sainte, a moins qu'une ncessit, la charit chrtienne ou le bien public ne l'exigent. - /. Ne doivent tre admises aux sances du tribunal que les personnes que le juge estime ncessaires a l'expdition de l'affaire, par exemple un interprte: les autres doivent tre cartes, de mme tpie les assistants qui troubleraient la sance, les dbats n'tant pas publics de leur nature. Can. 1771 et 1782. g. Enfin, tous les actes judiciaires rdigs par crit et autant (pie possible en latin Csauf les dpositions des tmoins), doivent tre conservs avec soin et dment authentiqus par les signatures exiges par le droit. Can. 1643. Quant aux documents utiliss au procs, le juge les rendra aux parties, moins que le bien public n'exige qu'il les retienne soit pour les conserver, soit pour les dtruire (lettres anonymes ou lettres calomnieuses). Can. 1615. Elles portent dans le Code b) Les parties en cause.

deuxime instance. Can. 1620.

'actor et de reus. Le demandeur factor), appel aussi requrant, plaignant et accusateur dans les causes criminelles, peut tre une personne physique
les

noms

trui.

ou morale, agissant en son propre nom ou au nom d'auN'importe qui peut tre demandeur, moins qu'il

n'en soit empch par le droit; c'est le cas des excommunis et aussi des religieux, sauf les exceptions prvues au can. 1652. Le dfendeur (reus), qu'en matire criminelle on nomme accus, prvenu, inculp, est oblig de rpondre quand il est lgitimement cit; au cours du procs, il lui est loisible de se dfendre par des arguments posilifs. mais il peut aussi se comporter passivement, car c'est au demandeur de faire la preuve des faits qui fondent ses prtentions. Demandeur et dfendeur peuvent avoir un procureur, qui les reprsente et tient leur place dans les dbats. Dans le droit civil, on l'appelle avou. L'emploi du procureur est facultatif, sauf dans les cas o le juge l'estime ncessaire et o le Code l'exige. Can. 1655, 4. L'avocat est le personnage charg de dfendre les intrts d'une des parties devant le tribunal. Le Code exige la prsence d'un avocat dans tout procs criminel pour assister l'accus: de mme dans les affaires contentieuses lorsque des mineurs ou les intrts de la socit sont en cause. En dehors de ces cas, l'assistance d'un avocat est facultative.
2.

Des actions

et

des exceptions.

"L'action n'est

3 De la procdure. 1. Des personnes qui interviennent au procs. a) Au premier rang, il faut placer le juge et les ministres du tribunal. Les can. 1608-1626 leur tracent minutieusement leurs fonctions. C'est ainsi que . S'ils sont comptents, les juges ne peuvent refuser leur ministre qui le sollicite lgitimement mais ils ne doivent pas engager de procs, sinon la demande des parties, moins que le bien de l'glise ou des mes ne l'exige. b. Les membres du tribunal ne peuvent faire traner les affaires au del de deux ans en premire instance et d'une anne en

autre chose que l'objet litigieux dduit en justice : dduire un droit vrai ou cens tel devant un tribunal, c'est agir. A l'action s'oppose V exception, ou contestation, voire exclusion de l'action; afin de se dfendre, l'accus excipe, rencontre du droit de l'adversaire, d'un droit oppos. Le nombre des actions et exceptions n'est pas limit en droit canonique comme dans le droit romain. Il y a des exceptions dilatoires, qui ont pour but de retarder l'action du demandeur; d'autres sont premploires si elles visent luder l'action ou la dtruire totalement. Le Code prcise quel moment du procs les unes et les autres doivent tre examines par le tribunal. Quant aux actions, elles sont trs nombreuses: mais le droit soumet certaines d'entre elles une procdure particulire qu'il n'y a pas lieu d'examiner ici. Les actions contentieuses s'teignent par la prs-

PROCS

CCL1 SIA5 flQl ES. G

RALIT]

cription.saul celles qui concernent l'tal Juridique des >nnes (mariage, ordre sacr, profession religieuse), qui ne s't< ignent jamais. Les actions criminelles s'tei-

gnent
dlit

i>.ir la mort du coupable, la condamnation du par l'autorit lgitime, ou encore par la prescrip

retarder ou mme a tel miner le dbat par ex< mple la contumace, ou refus de comparatre d'une des parties on mme de l'une et l'autre, d'un tmoin Important, eti l'Intervention d'un tiers ayant quelque Intrt dans la cause, ou encore un attentat commis SUT la
. .

La procdure propreconduite du pri et* ment dite commence a l'introduction de la cause el se termine par la sentence dfinitive. Entre ces deux extrmes, le procs passe thoriquement par une srie que nous allons brivement dcrire, tout en taisant remarquer qu'un seul et mme procs ne les De
Ui
-

litige, l'oues ces questions Incidentes doivent tre rgles avant la continuation les dbats .m fond: elles le soirt par les sentences dites Interlocutoires ou
la cause tant termine a lieu aussitt la publication du procs, c'est lue que fa-

chose en

par un dcret du Ju d) L'instruction de

porte pas ncessairement toutes. ni La cause est introduite par une requte adresse

au Juge comptent,
-

soit

oralement,

soit

n, nui contient, outre l'expos


libellas lit! introductorius.

par un crit du dbat, un


:

preuves susceptibles de l'tayer

c'est

le

Le Juge, aprs avoir examin le fond de la requte, l'admet ou la rejette. S'il l'admet, il cite dans les fordfendeur d'abord, le demandeur ennus suite. Cette citation est un acte important dont le la question dsormais 1725 souligne les effets plus entire, le dbat est entame; le juge prend de la cause; la juridiction dlgue devient ferme et n'expire plus avec le droit de celui qui l'a conla prescription se trouve interrompue, le procs devient pondant, d'o l'application de la rgle du droit talien Lite ptndenlc, nihil innooetur. b) Grce aux arguments contradictoires apports par lev deux parties, le juge arrive dterminer le point de droit qui fait l'objet du dbat c'est la contes:

tation litigieuse, litis contestai io. Lorsque l'objet du nsi prcise, le demandeur ne peut plus inodi-

requte.
ors aux parties un dlai pour prsenter arguments, et V instance commence aussitt; elle durera autant que le jugement lui-mme, moins que le demandeur n'y renonce lui-mme ou ne la laisse primer en ne faisant aucun acte de procdure (dans le dlai de deux ans en premire instance, d'un an en
leurs

de
c
)

instar.'

du

L'instruction de la cause se poursuit par les soins Juge; elle est mene a bien grce a l'interrogatoire
la

des parties,

recherche des preuves ou des indices,


et

enfin la solution des questions incidentes. interroges doivent rpondre

dire la

d'un crime commis par elles. Le leur dfre habituellement le serment, sauf a lans une caue criminelle. Le demandeur et roquement le dfendeur, le promoteur de la ji:su le dfenseur du lien, ont le droit de suggrer au jue des questions ou des points sur lesquels il aura interroger l'une ou l'autre des parties. ^ b. ne sont ncessaires ni pour les faits notoires, ni pour les faits admis par les deux parties. ni pour les faits prsums par la loi En dehors de es ive s'tablit par l'aveu judiciaire des parties, "ris et les tmoignages, par les rapports par h le transport du tribunal sur 1-s lieux du documents publics ou privs, par le ou par d'autres qui ne seraient

s'il

s'agit

donne aux intresss de prendre connaissance des preuves jusque la restes secrtes, d'examiner les actes et mmo d'en demander copie; le but do cette publication est de permettre aux parties ou leurs avocats de prparer la dfense. Si, aprs celte communication du dossier, les plaideurs dclarent n'avoir rien a ajouter, le juge prononce la clture de l'instruction. A partir de ce moment, aucune preuve nouvelle n'est adrrrise. sauf s'il est tabli qu'elle n'a pu et io fournie auparavant, ou moins qu'il ire s'agisse de causes concernant l'tal juridique des personnes. Le juge laisse alors aux pallies el a leurs avocats le temps de prparer leur' dfense. 'Poules les plaidoiries doivent se faire par crit: un exemplaire du texte est remis chacun des Juges ainsi qu'au promoteur de la justice et au dfenseur du lien. Le prsident du tribunal peut mme exiger l'impression des dfenses avec celle des principaux documents et du sommaire des celte pratique est de rgle an tribunal de la actes Rote. Lorsque les parties ou les avocats ont donn leur rplique, le promoteur ou le dfenseur du lien ont le droit de faire leurs remarques I animadversiones toujours par crit; aucune plaidoirie orale n'est admise; le juge peut permettre cependant quelques explications de vive \oix devant le tribunal pour faire la lumire sur un point jug (diseur. La prsentai ion de la dfense s'appelle discussion de In cause; elle tient avoir lieu aprs la clture de l'instruction. Can. 1803 et 186C. e ) La parole est ensuite au juge pour le prononc del sentence dfinitive qui termine la cause principale. Cette sentence doit porter sur l'objet mme de la requte; elle doit tre juste, c'est--dire conforme au droit, et tre fonde sur une certitude morale que le juge aura jniise dans les actes et les preuves du procs. A dfaut de cette certitude, le juge doit, en principe, dbouler le demandeur et renvoyer le dfendeur. Quand le tribunal est collgial, les juges se runissent au jour fix, munis chacun de leurs conclusions rdiges par crit: le ponent lit sa conclusion le premier, puis les deux autres juges dans l'ordre des prsances; aprs une courte discussion, le ponenl rdige le texte de la sentence d'aprs l'avis de la majorit.
cult est
:

Quand

il

n'y a qu'un juge, c'est lui seul

qu'incombe

ce devoir,

:is le

droit,

pourvu

qu'elles soient tires

La sentence doil dfinir la controverse, statuer de faon prcise sur les droits et obligations des parties, contenir le- raisons de droit et de fait sur lesquelles elle s'appuie et enfin r;. 1er la question des frais du procs. Sous [reine de nullit, elle doit porter l'indication de l'anne, du mois, du jour, du lieu, avec la signaturc du juge ou des juges el celle du notaire. Une foi- rdige, la sentence sera aussitt publie,
c'est--dire communique aux parties; trois modes sont indiqus par le can. 1X77 mr bien citer les parties ef leur en donner lecture au tribunal, ou bien les inviter venir en prendre connais-aine, ou enfin leur
:

d'un
qui.
'

fait

certain

et
(.f.

prudence du ru pour\u cependant qu'elles soient


I

dtermin, en rapport direct l'art. 1353 du Code civil franais. ne aux lumires el a la la question des prsomptions,
:_r.i\es.

prcises

et

d'insuffisance de-

preuv<

r.

!'".

urs au serment judiciaire, urs de 'Micti'-n peuvent survenir il vu-, ou incidents de prrn dui
!

de.

nature

..

modil

parvenir mie copie authentique par lettre a\ ec accus de rcept ion. Contre une sentence qu'elles estiment injuste, ou trop onreuse, les parties peuvent interjeter appel dans les dij jours, sauf dans les cas excepts par le droit. Can. 1880. H peut y avoir' aussi plainte en nulen
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ECCLSIASTIQUES

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ou opposition d'un tiers qui se croil ls. A dfaut de l'emploi d'un de ces moyens, la sentence passe en chose juge elle est prsume vraie et l'tat <Ujuste, jouit des garanties lu droit et ne peul tre attaque directement. Dans certains cas cependant o l'injustice est manifeste, le droit accorde, sous certaines conditions, la rintgrande ou complte remise en tat des choses. Can. 1902-1908. a sentence ne peut tre excute avant qu'elle I) soit passe l'tat de chose juge; dans certains cas urgents, cependant, il pourrait tre procd une excution provisoire, en prenant toutes prcautions pour
<
;

2. H faut noter tout d'abord que le procs criminel ne poursuit plus aujourd'hui que des dlits publics, jamais des crimes secrets. Encore est il que certains dlits de caractre spcial (clercs non rsidents ou conCUbinaires, curs ngligents, etc.) relvent d'une procdure' particulire pour l'application des sanctions pnales. Can. 2168 sq. Il en sera parl a la fin de cet

art icle.
3. Les rgles rie procdure dans un jugement criminel sont les mmes que pour un jugement ordinaire, sauf les dispositions suivantes a) Seul le promoteur de la justice est apte remplir le rle d? demandeur et, dans l'espce, il prend le titre d'accusateur. Can. 1934. Tout fidle peut se faire dnonciateur d'un dlit; il le doit mme en certaines circonstances (can. 1935, 2), mais seul le promoteur a qualit pour entreprendre une action judiciaire. b) Si le dlit est notoire ou certain, l'Ordinaire du lieu passe immdiatement la correction judiciaire, c'est--dire la monition accompagne d'une certaine pnitence. Can. 1947. Ce n'est qu'en cas d'impossibilit d'appliquer la correction ou d'insuccs de ce remde que le promoteur institue un procs en forme ordinaire. Can. 1954. c) Si le dlit n'est ni notoire ni absolument certain, mais connu seulement par la rumeur publique, une dnonciation ou une plainte, le procs sera mixte, c'est--dire que l'accusation devra tre prcde d'une enqute. Can. 1939 sq. Cette enqute, que l'Ordinaire peut faire lui-mme, mais que gnralement il confiera un juge synodal choisi pour la circonstance, sera mene avec toute la discrtion et la prudence possibles pour ne pas veiller les soupons et diffamer peut-tre un innocent. Cf. can. 1941-1944. Si l'enqute a donn des rsultats ngatifs ou n'a apport que des preuves insuffisantes pour une accusation formelle, les documents sont classs et conservs dans les archives secrtes. Quand au contraire les preuves que l'enqute a fournies donnent la certitude du dlit ou du moins une probabilit suffisante pour formuler une accusation, l'inculp est cit comparatre s'il fait des aveux, on le soumet, selon les cas, soit la correction judiciaire, soit au jugement criminel complet. d) Rappelons qu'au criminel l'accus est assist obligatoirement d'un avocat qu'il choisit lui-mme ou que le juge lui donne d'office. Can. 1655. Enfin, lorsqu'il inflige la peine, le juge est libre de faire bnficier le coupable du sursis, dans les cas et les conditions prvues par le can. 2288. En rsum, en matire de jugement criminel, le Code canonique s'est appropri beaucoup des formes modernes du Code civil franais. Tout est organis pour que l'innocent ne soit pas victime d'une erreur judiciaire et pour que l'accus ne soit ni tenu pour coupable ni dshonor, avant que preuve certaine scit faite de sa culpabilit. L'enqute est secrte. La correction judiciaire, recommande toutes les fois qu'elle est possible, a l'avantage, moyennant quelques monitions et pnitences salutaires, d'carter nombre de procs criminels et de laisser vierge le casier judiciaire du dlinquant. Le rle de l'avocat est entour de toute libert utile, et c'est lui qui a le dernier mot dans les dbats. Enfin, grce au sursis, l'application mme de la peine peut n'tre que conditionnelle. Ainsi sont sauvegards. dans un esprit de haute quit et de sage modration, les droits de la socit et la rputation de l'accus. 2 Les causes matrimoniales. Elles sont de deux sortes et suivent une procdure diffrente selon qu'elles ont pour but 1. de trancher la question de validit ou d'invalidit du lien matrimonia; 12. ou bien
:

sauvegarder les droits du condamn dans le cas o la sentence viendrait tre rvoque. Can. 1917. C'est l'Ordinaire du lieu o a t prononce la sentence de premire instance qu'il appartient de la faire excuter; il ne le peut cependant avant qu'un dcret d'excution ait t port par le juge. Can. 1918-1920. L'excution doit tre immdiate pour les actions relles: un dlai de quatre mois est accord par le droit pour les actions personnelles, moins que le juge ne prolonge ce dlai ou ne le ramne deux mois. L'Ordinaire peut user de contrainte l'gard des rcalcitrants, au besoin par des peines spirituelles et des censures. Can. 1921-1924. g) Tout procs au contentieux est onreux et entrane des frais pour les parties, moins que la pauvret absolue de celles ci ne leur fasse accorder le bnfice de l'assistance judiciaire gratuite (can. 1914-1916); une diminution des frais peut tre accorde par le juge ceux qui ne pourraient en payer la totalit. En principe, c'est la partie qui succombe dans le dbat qu'incombe la charge des frais judiciaires; cependant, assez frquemment, le juge les rpartira entre les deux parties. Les tarifs oes frais judiciaires sont tablis, pour les tribunaux romains, par les documents pontificaux; pour les tribunaux infrieurs, il appartient au concile provincial ou l'assemble des vques d'une rgion de dterminer la rtribution des avocats, procureurs et ministres du tribunal. Le juge a le droit d'exiger du demandeur une provision ou caution pcuniaire pour indemniser les tmoins, payer les honoraires des experts et couvrir les frais de procdure. Il n'est pas accord de droit d'appel proprement dit contre la rpartition des dpenses, mais la partie qui se croit lse a la facult de faire opposition dans les dix jours devant le mme tribunal. Can. 1909-1913. Aprs IV. De quelques procs en particulier. avoir dcrit les principales phases de la procdure commune tous les jugements, il reste, conformment l'ordre suivi par le Code, signaler certaines rgles spciales une catgorie de procs dont la conduite est 1 les procs plus particulirement dlicate. Ce sont criminels; 2 les causes matrimoniales; 3 les causes concernant les ordinations. 1 La procdure criminelle. 1. Il y avait dans l'ana) Le cien droit quatre sortes de procs criminels procs accusatoire priv; l'glise en avait emprunt la forme l'ancien droit romain et l'avait suivie jusqu'au temps des Dcrttes : un simple fidle accusait un dlinquant et prenait la charge de prouver l'accub) Le procs inquisitorial : sation devant le tribunal. le juge, mme sans y avoir t incit par une dnonciation, enqutait sur des dlits souponns et poursuivait ainsi, huis clos, jusqu' la sentence finale. Ces deux premires formes n'existent plus dans le droit actuel. c) Le procs accusatoire public, dans lequel le promoteur de la justice accuse, soutient l'accusation et a la charge d'en faire la preuve. Cette d) Enfin, le forme a t conserve. Can. 1934 sq. procs mixte, fait d'enqute et d'accusation: c'est la seconde l'orme du procs criminel d'aprs notre Code actuel. Can. 1939 sq.

de prouver

la

non-consommation du mariage

ratifi,

afin d'obtenir,

raisons suffisantes, la dispense pontificale. Ce sont la les seules causes matrimoniales proprement dites: il peut exister d'autres

moyennant des

dbats concernant

le

mariage, par exemple l'action

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eo

ECC1 Sl VSTIQl

CAUSES MATRIMONIALES

638

pour rupture de fianailles sparation perptuelle des conjoints il !"'; l'enqute sur la mort du conjoint avant iser a un second mariage, etc La solution de ces diverses questions n'a pas suivre 1rs formes solennelles de la procdure, <>u lu moins pas de procdure

dommages
1017);

Intrts

!.i

mentionne aussi certains cas


le fait tant clairs, ou peu! se contenter d'une procdure sommaire ' c'esl lorsqu'il -rtai:i que dispense n'.i pas ete demande pour hements publies dont l'existence esl lu isle testation. Cf. eau. 1990 1992. -a) Sauf les causes de nullit du lien, l.: nu souverain pontife ou aux tribunaux du saint Sige tean. 1557 et 1962), c'esi normalement ,t l'olllcialit diocsaine que sont portes ces sortes :ires en premire installe. Le juge comptenl est du lieu o le mariage a ete clbr, ou bien celui du lieu oa la partie dfenderesse a domicile ou quasi-

lesquels, le droit et

ile.

Le tribunal, obligatoirement collgial, est comde trois juges. Le dfenseur du lien a sa plaee s; il rdige et su^ie les questions aux tmoins, il a le dernier mot i parties ,-t tendre ii discussion: tous ses efforts doivent cher la dclaration de nullit, ('.an. 1968-1969. De plus, d a le devoir de faire appel si la nullit est prononpremire instance '1 peut aussi de nouveau faire si la nullit est prononce en seconde instance, s admis a introduire une action en nullit il lin/s, pi urvu qu'ils ne soient pas eux-mmes upable de l'empchement qui a provoqu la nullit: b. le prom >leur de lu justice, dans les cas d'empchement public, ('.an. 1791. Afin d'empcher des eu cette matire, la commission d'interprtation du Code a prcise que la notion d'empchement .m mariage devait s'entendre aussi de tous les vices de
b)
i
; :

COUrs d'un procs en nullit pour cause d 'impuissant e. un juge arrivait a tablir que le mariage n'a pas t consomm, il devrai! transmettre tous les actes et documents a la Sacre Congrgal ion susdite, qui proc lierait par mode 'le dispense, s'il j a lieu. b) Le tribunal dlgu m' compose d'un seul juge instructeur; celui ci esl obligatoirement assiste tin de fenseur du lien, dont le rle est tic soutenir la consom mat ion du mariage et tic v ciller a ce qu'aucune fraude ne se uiisse dans Ksi moignages ou les expertises. Les actes sont rdigs par un notaire ou un greffier, et les citations se font comme pour un procs ordinaire. Dans les causes matrimoniales, qu'elles portent sur la nullit ou la non consommation, les parents ou allies des conjoints sont admis a tmoigner. En outre, dans les seules causes d'impuissance ou de non cou sommation, le droit exige que chacun des conjoints introduise eu sa laveur sept tmoins tic moralit telles seplirnse manus) qui puissent affirmer, sous la foi du serment, que les poux sont honntes cl incapa bles tic mentir, mme en leur propre faveur, dans l'affaire eu question, ('.an. 1975.
i

Outre ces tmoignages, le Code requiert une exper ou inspection corporelle de chacun tics conjoints ou au moins tic l'un d'eux, confie des hommes de
tise
l'art, choisis

asserments. observer scrupuleuse ment ont t donnes en la matire par la Sacre Congrgation des Sacrements le 7 mai l'.t'J3. Acta apost.
le

par

juge

et

Des rgles

trs prcises et

ajout

1923, p. 388 137. La mme Congrgation a ces rgles un nouveau dcret, du 27 mars 1929, indiquant les prcautions prendre pour vitei les substitutions frauduleuses de personnes dans l'examen corporel. Cf. Acfa apost. Sedis. 1929, p. 190- 192.
Sedis,
a

(can. 1081-1093): chaque fois donc que ou l'un d'eux mettent des conditions illicites ou dshonntes a leur consentement, ils se privent par la mme du droit d'attaquer leur mariage ;t un tribunal d'glise. Mais a partie innocente rponses des 12 mars 1929 et oit

item

'ut

injoints

1933; cf. Acta apost. Sedis, 1929, p. 17": 345. Le mariaue ne peut tre attaqu (pie du vivant de l'autre conjoint aprs la mort de ce dernier, le mariage i\"ir t valide: aucune preuve contraire moins que la question ne surgisse incidemment. Can. 1972.
17 juillet
p.
:

lu
les

le sens de la nulreconnue l'incxislien. Pourtant, les causes matrimoniales sont qui ne passent jamais a l'tat de chose juge: peut toujours tre repris avec de nouveaux vu que ceux ci soient graves et non Rote romaine, 19 mai 1921 cf. Acta apost.

sentences conformes dans


aires

pour que

soit

'mises d'ordination. Ces sortes de procs ont pour but d'attaquer 1. soit les obligations qui dcoulent d'une ordination reue sous l'empire d'une crainte soit la validit mme du sacrement de l'ordre, grave; par suite de l'incapacit ou du manque d'intention elle/, le sujet ou chez le ministre; 3. soit enfin cette mme validit du sacrement, mise en doute par l'omis sion d'un rite substantiel. Dans les deux premiers cas, la requte doit tre adresse la Sacre Congrgation tics Sacrements dans le dernier, seul le Saint-Office est comptent. Il n'appartient qu'au clerc qui estime n'avoir pas contract les obligations attaches ia rception d'un ordre tle demander en tre relev. Si au contraire c'est la validit de l'ordination qui est en cause, celle-ci peut tre attaque non seulement par le clerc intress, mais encore par l'Ordinaire qui est son suprieur, ou par l'Ordinaire du diocse o a eu lieu l'ordination.
:

'_'.

droule devant un tribunal collgial de d'un dfenseur du lien de l'ordination, comme dans les causes matrimoniales. Il faut de mme deux sentences conformes dans le sens le la
se

Can. 1994. Le procs

trois ju^cs, assists

nullit, et l'appel se fait selon les rgles

du

droit

com-

de mariage non consomm. - C'est une dur- diffrente, le but de l'enqute tant avant tout d'tablir de faon indubitabl le fail le la nonution. puis de rassembler des motifs qui puis vent inciter le souverain pontife a accord r une dis-. a

La pr

mun. Can. 1995-1998.


Ces sortes de causes sont rares dans l'glise, ainsi le tmoignent les archives des tribunaux. Faut-il qu'elles soient devenues plus frquentes en ces dernires annes pour que la Sacre Congrgation des Sacrements, dans l'instruction envoye aux trdi na ires le 20 mars 1931, ait insr une formule faire signer sous serment par chaque ordinaiid avant chacun tics ordres sacrs, et ou il atteste qu'il en connat parfaitement toutes les obligations et qu'il est pleinement libre? Cf. Acfa apost. Sctis. t. xxm, 1931, p. 120 sq. ion aura pour ellet de )u moins, cettl rduire encore le nombre les procs de ce genre. vnoMY. ES DE BATIFICATION ET lu. svii" 'OUT la doctrine aussi bien que pour le

que

lit

.-.

relaxation du lien. Cette dispense, comme est une r/T'ir.-, a la diffrence du procs dont la sentence est un acte de justice. jnels les preuves apportes et les motifs uverain pontife reste absolument libre r la dispense, le la Sacre Coi tente: aucun juge ustruire un pro< es d sans d'elle un.a formelle, si mme, an
<
i

tl

'

639

l'HOCKS ECCLSIASTIQUES. BAT]


che des crits
,

I-

IC

ETIONS
:

G40

dveloppemenl historique de la procdure, nous renvoyons a l'art Canonisation, t. n, col. 1626 sq. Cf. aussi l'art. Batification, t. II, col. 493. Les indications donnes aux col. 1645-1656 sur la procdure ont besoin d'tre compltes et mises au point par les can. 1999-21 11 du Code. Le rsum que nous eu taisons ici donnera une ide de la marche a suivre pour l'introduction cl la conduite de ces sortes de causes. 1" Gnralits. 1. Les procs de batification ci de canonisation peuvent tre instruits de deux faons a) par la voie ordinaire d'absence de culte (per viam non cultus); dans ce cas, la batification ou canonisation sont dites formelles; b) par la voie extraordinaire de culte, ou de cas except (per viam cultus seu casus

du postulateur, entreprend une triple tche 1. recherdu serviteur de Dieu, 2. instruction du - informa tif super fuma sunctilatis, virtulum in yenere vcl martijrii et miruculorum; 3. procs sur l'ab

sence de culte.

Pour mener a bien son entreprise, l'Ordinaire aconsun tribunal qu'il prside lui-mme ou qu'il fait prsider par un prtre qu'il dlgue, mais, dans ce dernier cas, il doit lui adjoindre deux juges synodaux. 11 peut au besoin envoyer des commissions rogatoires dans les diocses trangers, spcialement pour rassemtilu

bler les crits.

excepli); la batification est dite alors quipollente. 2. Le jugement de ces causes est exclusivement rserv la Sacre Congrgation des Rites, mais les tribunaux diocsains ont souvent intervenir soit pour
les actes prparatoires, soit

pour les enqutes faire de la Sacre Congrgation. 3. Les personnes qui ont intervenir au procs sont a) Le demandeur ou actor, qui peut tre n'importe quel fidle ou association de fidles; il demande que le procs soit introduit auprs du tribunal comptent. Si cette demande est agre par l'autorit lgitime, le solliciteur a le droit de poursuivre l'instance soit par lui-mme, soit par un procureur, le procureur est ncessaire si le procs est entrepris par une femme, fl est noter que l'Ordinaire peut, de lui-mme ou d'office, b) Le postulainstruire une cause de batification. teur, personnage ncessaire dans toute cause, et qu'il faut constituer tout d'abord. Il doit tre prtre et rsider Rome; il a la facult de s'adjoindre un ou pluau

nom

sieurs vice-postulateurs. C'est sur lui

que pse
:

le

plus

charge de conduire le procs il pousse la cause, fait les dpenses ncessaires, indique au tribunal les documents et les tmoins entendre, rdige les articles ou points sur lesquels devra porter l'inc) Le cardinal ponent ou rapporterrogatoire, etc. teur, choisi par le souverain pontife parmi ceux qui font partie de la Congrgation des Rites; il a pour rle de prsenter ses collgues un rapport sur les dossiers ou preuves fournies par le postulateur et le promoteur de la foi. d) Le promoteur de la foi, appel vulgairement avocat du diable ; il rdige les questions proposer aux tmoins, veille l'observation du droit et soulve les exceptions ou objections qu'il croit e) Le notaire, charg de opportunes contre la cause. rdiger les actes; les religieux sont exclus de cette fonction. f) Enfin, il peut y avoir des avocats ou procureurs comme dans un autre procs. 4. Dans les causes de ce genre, on n'admet que des preuves rigoureusement convaincantes, et seulement celles qui proviennent de documents ou de tmoignages. Ne peuvent tre tmoins ni le confesseur, ni le postulateur, ni l'avocat ou procureur de la cause, ni celui qui aurait fait fonction de juge dans la cause, mais on admet les parents, les allis, mme les hrtiques ou les infidles; les familiers du serviteur de Dieu ou ceux qui l'ont connu de prs sont tmoins d'office. Le nombre des tmoins exig par le Code varie suivant les causes et mme suivant les stades d'une cause; les rgles concernant leurs qualits sont trs strictes on distingue les tmoins oculaires (de visu), d'ou-dire immdiat (de audilu anidenlibus ,),de tradition orale (de auditu auditus), de lecture (ex leclione). Cf. can. 2020. Ne sont pas admis comme ayant valeur probante les tmoignages extrajudiciaires, les loges funbres et les articles ncrologiques composs aussitt aprs la mort du serviteur de Dieu, ni les loges crits de son vivant. 2 Batification formelle. Premier stade. Le prola

lourdement

Deuxime stade. Lorsque les divers dossiers de ce premier procs ont t dment authentiqus et soigneusement scells, ils sont transmis, par l'intermdiaire du postulateur, a la Congrgation des Biles. Celleci nomme deux examinateurs pour reviser les crits et se rendre compte par la du caractre, de la vertu et aussi de l'intgrit doctrinale du serviteur de Dieu. Si l'on dcouvre quelque chose qui ne soit pas tout fait conforme la foi ou qui soit capable d'offenser les fidles, on en rfre au souverain pontife, qui dclare si, oui ou non, il convient d'aller plus loin. Puis les cardinaux runis en congrgation ordinaire examinent le procs informatif sur la saintet, le martyre ou les miracles; le ponent pose alors la question Faut-il signer la commission d'introduction de la cause? Si l'avis donn est favorable, on soumet au pape la signature de cette commission, dont on fait un dcret. Ce dcret ne donne plus au serviteur de Dieu le titre de vnrable, comme c'tait le cas avant le Code, mais il soustrait la cause toute autre juridiction pour la soumettre uniquement la Sacre Congrgation des Rites. On examine enfin le procs sur l'absence de culte, et, selon les cas, la Congrgation confirme ou annule la sentence de l'Ordinaire.
:

Troisime stade. Alors commence le procs apostoIl est ordinairement double l'un porte sur le renom de saintet, des miracles et du martyre, le second sur les vertus elles-mmes, les miracles en particulier ou le martyre (car pour un martyr les miracles ne sont pas exigs rigoureusement). Souvent, le premier procs est omis, surtout s'il a t fait convenablement par l'Ordinaire et depuis peu de temps. 1. Pour instruire ces procs dans la curie diocsaine, cinq juges sont dsigns par Rome, dont trois doivent toujours tre prsents aux sances. L'Ordinaire peut tre l'un d'eux. Le promoteur gnral de la foi dsigne deux sous-promoteurs et leur envoie les questions poser aux tmoins. Le tribunal choisit un notaire avec un adjoint, et un expert au moins, pour le procs sur les miracles. Ce procs doit tre achev en deux annes. Entre temps, le tribunal a fait une reconnaissance juridique des restes du serviteur de Dieu. Une fois achev, le procs est renvoy la Congrgation, qui juge de sa
lique.
:

validit.
2.

cit des

C'est alors que se place la discussion sur l'iirovertus ou bien sur le martyre. Cette discussion

se fait dans trois congrgations, dites antprparatoire, prparatoire et gnrale. A cette dernire assistent le souverain pontife, les cardinaux, officiers et consulteurs des Rites. Aprs les observations contradictoires du promoteur de la foi et de l'avocat, tous les prlats prsents mettent un vote consultatif, aprs lequel le pape prononce son jugement. C'est alors qu'est publi le dcret sur l'hroicit des vertus le serviteur de Dieu
:

est vnrable.
3. Vient ensuite la question des miracles: il en faut au moins deux pour la batification, parfois trois ou mme quatre. Cf. can. 2117. Pour un martyr, quand la cause est vidente et que les miracles font dfaut, la Sacre Congrgation dcide si les signes sont suffisants ou s'il faut demander au pape dispense des miracles.

cs

commence devant

l'Ordinaire. Celui-ci, la prire

641

PROCS ECCL1

51

VS riQUl

HMI NISTR VTIFS

642

cit i!is

se f.iit comme celle de l'hrol vertus en une triple congrgation. Le dcret d'approbation des miracles tant publii il u'\ a plus qu'a dcider, en une dernire runion, la question de la batification, si le pape donne son approbation, on publie le dcret de tuto qui ouvre la

La preuve des miracles

la

batification solennelle.
uipollente.

dans chaque cas. de sorte qu'elle laisse peu l'ai'hi traire du suprieur, \\anl 1918, l'vque n'tait pas dpourvu de pouvoirs ncessaires pour rgler ces ques tiens dlicates; mais il procdait <lr faon paternelle et ne poux ait Infliger que des peines lgres. Il n'a plus maintenant qu'a s'en tenir aux rgles <\n droit, qui, en cette matire, n'tend pas mdiocremenl ses attrl
butions.

tous ce
qu'
soit

Les caus - traites des serviteurs de Dieu qui, par justolrance, obtinrent un culte depuis Alexandre
titre sont celles
1

Nous suivrons
les

l'on Ire

du Code,

rgies gnrales qui rgissent

qui, aprs avoir pos celle partie, parle

la ilaie

fixe par la constitution d'T rbain VIII,


1

entre les annes 181 el 1( 34. Il appartient aux Ordinaires 'a' conserver un culte n et immmorial il<>nt jouissent les serviteurs de Dieu; mais. si on veut que ce culte soii approuv par U- souverain pontife de telle sorti- qu'il qui vaille a une batification, l'ordre a sui\ re est If suivant i. A la demande du postulateur, l'Ordinaire du lieu ou If celte est tabli entreprend la recherche des crits, instruit le procs su/ er fama sanctitalis il miracutorum, et aussi mu l'existence ef la survivance du culte. .Niiltats de ce procs sont transmis a la Sa mu des Rites, qui. aprs examen, les approuve et siunc l'introduction de la cause. \lors Rome dlgue <ti's juges dans la ou lis mus diocsaines pour instruire le procs apostolique sur le \i -dire sur le fait du culte, ses origim s pt, c'est
1
:

continuit. i. Le dossier du procs esl retourn Rome, disi ut eut n- l'avocat et le promoteur gnral de la toi, en conilion ordinaire. Si le souverain pontife confirme la aee diocsaine, le fait du culte immmorial est
et
s.,

uis.

un nouveau procs apostolique, dans le ou les diocses, sur les vertus ou le martyre (il n'\ a de miracles). Les conclusions de ce procs examines et discutes dans une triple congrgation. Si le souverain pontife ordonne de publier un dcrit sur le fait du culte immmorial et l'hrolcit des \ertus et s'il confirme le culte par un autre dcret il. le serviteur de Dieu est batifi de faon quia lieu
.

Mors

successivement du dplacement administratif les cins seit amovibles, soii Inamovibles, par retrait d'emploi (amotio); de la translation ou du change ment des cures (translatio); des clercs non rsidents: des clercs concubinaires; des cures ngligents dans l'accomplissement des devoirs de leur charge; enfin le la suspense ex informata conscientia. Il sera trait de cette dernire procdure au mol SUSPENSE. i' Rgles gnrales. - Les procs dont nous allons parler doivent tre conduits avec les formalits sui vantes A chaque sance ou intervention devra assister un notaire, qui consignera tous les actes par crit; ces actes seront signs de Ions ceux qui prendront part au procs et lisseront conservs aux archives.Lesmonjtiorts, lorsqu'elles seront prescrites, se feront ou bien de Vive VOiX en prsence du chancelier ou le deux tmoins, ou bien par lettre recommande avec accus de rception. Le secret est impos aux examinateurs, consulteurs, ainsi qu'au notaire. La procdure est en (orme sommaire; elle comporte au plus deux ou trois ts moins: encore faut-il que ceux-ci ne soient pas introduits pour entraver les dbats. Contre le dcret de l'autorit en ces matires, le seul remde est le recours au Saint-Sige; en cas de recours, tous les actesdoivent tre envoys Rome: en attendant la dcision du Saint-Sige, l'Ordinaire ne saurait confrer personne, de faon stable, la paroisse ou le bnfice dont
:

le clerc a

t priv.

pollente. Can. 2125-2135. 4 Canonisatmn des bienheureux. Deux conditions requises pour qu'un serviteur de Dieu soit canonisa 1. il faut avoir la certitude, par un document

authentique, qu'il a t batifi formellement ou de faon quipollente ; 2. il faut en outre que deux nui ades accomplis aprs la batification soient approuvs; si la batification u t quipollente. trois miracles sont
requis.

postulateur se croit en possession des il peut demander au Saint-Sige une commission de reprise de la cause Alors ont lieu le s apostolique super miraculis et sa discussion la Ration des Rites comme pour les causes de batification. Si le jugement est favorable, le soud pontife, dans une congrgation gnrale, approuve les miracles et dcide, de l'avis de l'assemble, de publier un dcret de tuto en vue de la canonisation
-

que

le

niir.:

-.

11.
i

VI.

Dr

qui

'.ai s
il

proi

dires

sPcrAi.i:s.

it

est trait a la lin

du

1.

Les 1Y revtent

un caractre semi-administratif, semi-pnal. Dans lima primitif du Code on les avait intitules De
ssibus administratifs, titre qui fut abandonn qu'il eut pu laisser supposer que ces sortes taient d'une nature strictement judiciaire, dures onl -s prcisment afin :ter l'ordre judii iaire, dont les solennits et les lonurraient tre prjudiciable* au bien commun en des matires o il faut tre expditif.
<

Dplacement administratif des curs par retrait d'i n filai, can. 2147-2161. Autrefois, le dplacement des curs inamovibles donnait lieu a l'usage de la procdure criminelle, les vques tant dmunis sur ce point de pouvoirs disciplinaires. Souvent, nanmoins, il n'y avait pas lieu d'entreprendre un jugement criminel ni de recourir une destitution pnale, et pourtant le ministre des mes avait souffrir en beaucoup de cas, sans qu'il y et de remde lgal. Dj, le 11 juin 1880, la Sacre Congrgation des vques et Rguliers avait dtermin les grandes lignes d'un procs sommaire, dont l'usage tait concd aux Ordinaires qui en faisaient la demande; une concession analogue avait t faite en 1883 aux vques des tats-Unis. Enfin, sous l'impulsion de Pie X, la Sacre Congrgation Consistoriale organisa pour l'glise universelle une procdure de dplacement administratif des curs, dcret Maxima cura, 20 aot 1010. Les dispositions de ce dcret ont t substantiellement conserves par le Code. La procdure de dplacement est diffrente selon qu'il s'agit de curs amovibles ou inamovibles. (Le dcret Maxima cura n'avait institu qu'une procdure uniforme pour tous les curs.) Mais les motifs qui justifient ce dplacement sont les mmes pour les deux
2

catgories.

La

'.<

numn
.

ces d'affaires soumises

soigneusement

dtermine

gnrale, ministre d'un cur nuisible ou Inefficace, encore qu'il n'y ait aucune faute gra\ e de sa pari Le Code en iiuinre cinq principales a) L'impritie du cur ou une infirmit permanente de corps ou d'esprit qui le rend inapte remplir les devoirs de sa charge, attendu que. d'autre part il n'est pas possible de lui donner un vicaire eoadjuteur.
l
.

'anses de dplacement.

D'une manire
-

ce sont toutes celles qui rendent

le

DICT.

DE THOL. CATHOL.

'I

XIII

21.

643

PROCS ECCLSIASTIQUES
les
el

\D\1I

NISTRATIFS
:

paroissiens, mme si elle est qu'elle empche le cur <lc remplir utilement son ministre e1 qu'elle ne soil point passagre, -c) La perte de sa rputation auprs les gens honntes e1 srieux, provenant de la lgret

b) L'hostilit

injuste

restreinte,

pourvu

malits suivantes Le cur qui icfuse l'offre de l'Ordinaire doit exposer ses raisons par crit. L'Ordinaire examine ces raisons en prenant conseil, sous peine
d'invalidit, de
persiste

dans son dessein,

deux curs consulteurs. Si l'vque il exhorte de nouveau pater-

de sa conduite ou de la rvlation rcente d'un dlit ancien dj couvert par la prescription en regard du droit pnal, ou bien encore du fait que ses familiers ou parents, vivant sous son toit, le compromettent, et d) La proque leur renvoi n'arrangera pas l'affaire. babilit que le cur a bien commis le dlit qu'on lui impute, si l'Ordinaire, dans sa prudence, prvoit qu'il pourra en rsulter un scandale pour les fidles. e) Enfin, une mauvaise administration temporelle dont soulfre la paroisse ou le bnfice, si l'on ne peut apporter d'autre remde que le retrait d'emploi. 2. Curs inamovibles. La procdure pour leur dplacement est deux degrs : a) Au premier degr, l'Ordinaire examine le cas avec deux examinateurs synodaux, dont il entend les avis. S'il juge qu'il y a motif d'intervenir, l'Ordinaire adresse au cur une invitation dmissionner dans un laps de temps dtermin, en indiquant les raisons qui motivent cette dcision. A dfaut de rponse dans les dlais prescrits, l'vque, certain que le cur a t rgulirement inform, peut procder immdiatement au retrait de la paroisse, sans tre oblig de donner l'ancien titulaire une compensation (par la collation d'un autre office ou bnfice) ou une pension. Si le cur dmissionne de son plein gr, l'Ordinaire dclare la paroisse vacante. Si, au contraire, le cur refuse d'accepter les motifs allgus par l'voque, celui-ci lui donne un dlai pour s'expliquer. L'Ordinaire doit, sous peine d'agir invalidement, peser les raisons apportes par le cur et prendre l'avis des deux examinateurs synodaux; il accepte ces raisons ou les repousse; mais, dans l'un et l'autre cas, il signifie sa dcision l'intress par un dcret. Le cur inamovible seul a le droit dans les dix

nellement le cur se rendre ses dsirs. En cas d'obstination de ce dernier, il lui ordonne de se rendre flans un dlai dtermin dans la nouvelle paroisse assign.), faute de quoi, le dlai une fois pass, la paroisse est dclare vacante. Can. 2162-2167. 4 Procdure contre les clercs non rsidents, can. 21082175. Il s'agit de bnficiers qui ne gardent pas la rsidence laquelle ils sont tenus en vertu de leur

bnfice.
1. L'Ordinaire leur fait d'abord une monition en leur rappelant les peines par eux encourues, can. 2381, les pnalits auxquelles ils s'exposent, can. 188, n. 8, et en leur enjoignant de rintgrer leur domicile dans un dlai fix. Si le bnficier n'obtempre pas dans le temps prescrit et ne donne aucune raison de son absence, l'Ordinaire peut dclarer le bnfice vacant. Dans le cas o il ne rentrerait pas, mais donnerait des explications de son absence, l'Ordinaire examine, de concert avec deux examinateurs synodaux, si ces raisons sont lgitimes; s'il ne les trouve pas recevables, il enjoint de nouveau au clerc de rentrer dans un dlai dtermin. 2. En cas de nouveau refus de la part de celui-ci, la procdure varie selon la qualit du bnficier. a) S'il s'agit d'un cur amovible, l'Ordinaire peut, les dlais passs, le priver de sa paroisse; si au contraire, le titulaire revient, il lui interdira de s'absenter dsormais sans une permission crite, sous peine de privation de sa paroisse ipso facto. b) Si le bnficier absent jouit d'un titre inamovible et qu'il apporte de nouvelles explications, l'Ordinaire doit procder un nouvel examen de ces raisons en s'aidant des deux examinateurs synodaux. Les raisons n'tant pas satisfaisantes, l'Ordinaire enjoint au clerc de rentrer dans un laps de temps dtermin, sous peine d'encourir la privation de son bnfice. En cas d'obstination, l'Ordinaire le dclare priv de son bnfice; si au contraire le clerc revient, il lui fait les mmes injonctions qu'au cur amovible. 5 Procdure contre les clercs concubinaires, eau. 21762181. Le dlit qu'il s'agit de poursuivre est celui des clercs qui, en violation du can. 133, gardent demeure ou simplement frquentent des femmes suspectes. La procdure est sensiblement la mme que pour le dfaut de rsidence, mais avec des pnalits diffrentes L'Ordinaire avertit le clerc de se soumettre aux lois de l'glise, le menaant, dans le cas contraire, des peines prvues au can. 2359 suspense a divinis, privation des fruits de son office, bnfice ou dignit. En cas de contumace, s'alliant au silence du coupable, le Code prvoit l'application immdiate des peines suivantes 1. suspense a divinis; 2. en outre, pour un cur, privation de sa paroisse; 3. pour un clerc qui n'a pas charge d'me, privation de la moiti des fruits de son bnfice s'il ne s'est pas amend au bout de six mois; aprs trois nouveaux mois, privation de tous ces fruits et, aprs un second trimestre, privation du bnfice lui-mme. Si le clerc contumace, tout en refusant de s'amender, apporte l'Ordinaire des raisons pour s'excuser, celuici les examine avec deux examinateurs synodaux. La procdure, ensuite, est la mme que contre les clercs non rsidents; elle tient compte de la distinction entre cur amovible et clerc muni d'un bnfice inamovible; les peines qui frappent les contumaces obstins sont celles qui viennent d'tre numres. 6 Procdure contre le cur ngligent des devoirs de sa charge. Il s'agit videmment de ngligences graves

jours d'adresser un recours l'Ordinaire contre le dcret de dplacemnt pris par cslui-ci. b) C'est alors que commence pour lui le second degr de la procdure. L'Ordinaire doit, peine de nullit, faire appel aux lumires de deux curs consul teurs pour examiner les nouvelles raisons que le cur aura fournir dans les dix jours, ou entendre les tmoins qu'il voudra bien produire. Si le dplacement est maintenu, l'Ordinaire devra encore prendre l'avis des curs consulteurs pour savoir s'il transfrera le cur une autre paroisse, s'il lui assignera un autre office ou bnfice, ou s'il lui accordera seulement une pension

de

retraite.
3.

Curs amovibles. Pour eux, la procdure est de moiti plus courte et un seul degr. L'Ordinaire seul invite paternellement le cur dmissionner en lui indiquant le motif canonique. En cas de refus, le cur doit fournir ses explications par crit. Pour agir validement, l'Ordinaire doit peser les raisons allgues de concert avec deux examinateurs synodaux. S'il trouve ces raisons insuffisantes, il invite de nouveau le cur renoncer sa paroisse, en lui fixant un dlai. Pass ce dlai, l'Ordinaire est en droit de dclarer la paroisse vacante. 3 Translation. Lorsque le bien des mes demande qu'un cur soit transfr d'une paroisse, qu'il administre d'ailleurs utilement, une autre paroisse, l'Ordinaire lui propose le changement en l'invitant l'accepter pour l'amour de Dieu et des mes. En cas de refus, le cur inamovible ne peut tre chang sans une permission spciale du Saint-Sige. Si le cur qui refuse est simplement amovible, il peut

tre

ne

soit

chang malgr lui, pourvu que la paroisse offerte pas sensiblement infrieure celle qu'il

occupe.

De

plus,

il

est ncessaire d'observer les for-

PROCS ECCLSIASTIQUES
portant sur les devoirs essenl tels, tels que clbration paroissiaux, administration des sacrements, spirituel des pauvres ei des malades, catchismes et Instruction des Bdles, prdication. v \,rti par l'Ordinaire, m- s'amende pas. cv dernier peut lui Infliger une rprimande d'abord, pais une peine proportionne sa faute, non sans en
|

PROCESSIONS DIVINES
cession, signifie
,

646

iiipanivant avec deux examinateurs, et cur la facult de se dfendre. .1 ces mesures resteraient sans effet et

mauvaise volont du dlinquant persvrerait Manifestement, l'Ordinaire peut, sans attendre, priver de s.i par. lis-,- le cur amovible. Quant au cur inamovible, Ordinaire procdera par degrs, le privant d'abord d'une partie de la totalit des fruits de son ce. puis, son obstination tant patente, du bn lire hal-mme. ('.an. 2182-2185.
que- la
l

marcher en avanl De l le tenue de procession rserv aux marches religieuses. Pro cder de signifie marcher en partant d'un point de dpart, sortir d'un point d'origine. Le point de dpart est le principe de ce mouvement; le i>ut ou point d'arrive en est le terme. Au sens philosophique du mot, on appelle par ana logle procession l'origine ou l'manation d'un tre ou d'une opration relativement son principe l'effet procde de la cause, la facult procde de l'me, l'opration procde <ie la facult.
i
:

2.

Procession d'opration
:

et

procession de terme.

Dans l'ordre cre, une chose procde d'une autre de deux manires comme oprai ion ou comme uvre opre
la volition procde de celui qui veut oprai ion. mais l'uvre accomplie procde de loin rier comme terme. Thologiens et philosophes ont coutume d'appeler la premire processif) operationis, prcisment parce qu'elle ne produit aucune ralit distincte de celui qui opre. La seconde, qui produit une ralit nouvelle cl distincte, est dite processio secundum operationem ou processio operali. 3. Procession transitive et procession immanente. La procession de terme est elle-mme double, transit i\e ou immanente. ad ci Ira ou ad inlra. Voir ces mots. t. i. col. 39.X. La procession est transitive, ad extra, au dehors, lorsque le terme passe au dehors, comme la statue sort des mains du sculpteur, comme les cratures sortent de la tcute-puissance divine. La procession est ad intra, au dedans, immanente, lorsque le terme demeure dans son principe, comme notre verbe mental, qui procde de l'intelligence et y demeure. Ainsi, en Dieu, le Fils cl le Saint-Esprit, tout en procdant, l'un du l're, l'autre du Pre et du Fils, demeurent dans l'essence divine avec laquelle ils s'identifient. 4. Distinction entre le principe, l'opration et l'oeuvre opre, dans les processions. Dans les tres crs, chez qui seuls peut se rencontrer la procession d'opration, il existe, certes, une distinction entre le principe oprant et l'opration elle-mme qui constitue la procession. Mais cette distinction est celle qui intervient entre le sujet et sa modification accidentelle. Ainsi, l'acte mme de vouloir est une procession d'opration qui se distingue du sujet voulant, comme l'accident de la substance. Dans la procession de terme, la distinction entre le sujet oprant et l'uvre opre peut tre ou substantielle ou accidentelle. Distinction de substances, comme cela peut se produire dans la procession ad extra, si l'uvre opre est elle-mme une substance, par exemple la maison par rapport l'ouvrier qui la bt il. Distinction de substance et d'accident, si le terme produit est un simple accident perfectionnant l'agent, comme il arrive dans les processions ad intra des tres

ou terme. Ainsi,

comme

hekts. Codex juris canonici. Home, |.l elpzlg, 1881; 1917; Corpus juris canonici (d. Friedberg), tententim, de 1909 1923; les Salis. Aeta apottoliat HMM1 ni M m s ani lu RS II. illUIIS II NI I; M \ Il di Piridng, .'"s canonicum, 1674-1678; HcitTcnJus canonicum unii>ersum, Freising, 1700; SchmalzItniflHT. Jus ecclesiast. universum, Ingolstadt, 1712; Devoti, Institution eanonicir, 1. 111. Home, 1802; Bouix, De judiParis, 1S.YV. De Angelis, Prerleeliones juris can., ran.. Home, 1877-1887; Nanti. Prsrlectionta juris M Pliillips, Compendium juris ceci., Ralishonne, 1.S7.'>: lofa, Prmlectiones in textum juris canonici de judiciis ceci., t. i\. Home. 1896; Wemz, Jus decretalium, t. \. / v judiciis, Prati, 191 l; Bassibey, Procdure matrimoniale g+nerulc, 1899; Bassibey, Le mariage devant les tribunaux ecclsiastiques, l'ari-. 1899; Fournier, Les officialits en Age, Taris. s sniiNs C.ODE CONCERNANT III. COMM NI uni s les procs. Noval, De processibus, pars I, De judiciis, Rome. 1920; Roberti, 1 processibus, 2 vol.. Home, 1926; Blat. I>e processibus. Home. 1"27; \\ ernz-\ idal. Jus canonicum, t. vi, De processibus, 2 vol.. Home, 1928; Cocchi, Commentarium in Codicem, 1. IV. De processibus, Turin, 'tt des Codex juris Canonici, Vcrmeersch-Crcusen, F.pilome juris can., Padcrt>orn. 1^21 t. m. Matines, 1925; Cance, Le Code de droit canonique, t. m. Taris. 1932; Clayes et Simenon, Monnaie juris canonici, t. m. (.and. 1931 Augustine, A comnnnlary on the new Code 0/ canon I.aw. t. vu, I ondres 1925.
I
1 1 I i
. :

i .

IV. Traites s pi m \ oi m \ni ris de procdure. S. \ iscont, Traclalus canonicus de malrimonio ralo et non consummal. Home. 1828; Santarelli, Codex pro postulaloribus. Home. T.i2'.': l-anicr. (iuide pratique de la procdure matrimoniale en droit canonique. Taris, l'.27.
c i

PROCESSIONS DIVINES.
Dieu.
il
:

A. Bride.
.

Fn

seul

Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit >ieu, et ces trois personnes ne sont qu'un seul et mme f>icu telle est la formule qui est consacre par dont on ne doit s'carter ni droite ni gauche. Chaque personne se distingue des autres par dations d'origine, c'est--dire par son mode de Voil encore un mot consacr par l'glise. -non. tudes sur la Trinit, t. i. p. ">">. prsent article a pour but d'tudier la signification et l'emploi de ce terme dans la thologie du mystre de la Trinit. On suppose ici ce mystre rvl par Dieu et propos la foi des fidles par l'glise, et l'on s'en tient exclusivement a la considration des procsdivines. I. Les processions divines en gnral. IL Les deux processions divines icol. 649). III. Le principe formel des deux processions divines (en]. i'..">3 i. IV. mination des deux processions divines
' 1

\
I.
I

i
.

orollaires fcol.

!..

IN GNRAI.. 1 Noprocessions possibles en


1
.

umaines.
F.n
:

-i'>,-(Tt;,

procession en pro-

par exemple l'ide ou verbe mental conu par notre intelligence. 2 Les processions possibles en Dieu. 1. // faut liminer de Dieu la procession d'opration, parce qu'elle implique une imperfection, dans le principe mme dont elle procde, lui effet, l'opration, dit saint Thomas, est la perfection de celui qui opre . De veritale, q. v, a. 2, ad 7 um Donc, mettre en Dieu une procession d'opration serait supposer en lui la possibilit d'un perfectionnement ce serait le faire capable de changement, de composition, toutes choses qui rpugnent. Il ne peut donc y avoir en Dieu d'autre procession que les processions de terme. 2. La procession de terme ad exlra est, par rapport Dieu, non seulement possible, mais relle. Nous supposons ici dmontre le fait de la cration. Voir ce mot. En Dieu, par rapport au monde cr, il faut admettre une action cratrice, immanente lui, mais dont l'effet est ralis ad extra, sans que cette procession de
crs,

647

PROCESSIONS DIVINES. GNRALITS


l'intelligence;

648

terme Implique en Dieu une mutation quelconque. Voir t. m, col. 2133-2139. Ainsi, bien qu'en Dieu la
slon
est

procession d'opration soil Inconcevable, la procs <ic terme, ad extra, rsultanl de l'action cratrice,

mais relle. ad intra n'est pas concevable en Dieu pour l'intelligence humaine avant que la rvlation la lui lasse connat le. Sans doute, du lait de l'existence de processions de terme ad extra, la raison peut dduire que, si la foi enseignait l'existence de processions de tenue ad intra, on devrait affirmer tout d'abord que ces processions n'impliquent aucune pro-

non seulement

possible,

il terme opr dans lequel esl le s'achve l'intellectfon, terme immanent l'intelligence et prcisment parce qu'il esl immanent, transportant dans l'intelligence mme, d'une faon intentionnelle, l'objet qu'il reprsente, cf. Saint Thomas, De polentia,
,

3.

La

procession de terme

q.
q,
le
1.

mu,

a.
a.

1;
l,

Quodl.,
;

v,

a.

9;

Sum.

thol.,

',

ad 2 nm Conl. gent., I. IV, c. xi. Voir commentaire de Sylvestre de Ferrare, ConL >jent.,

xxxiv,
c.

I,

un.

cession d'opration. .Mais, laisse ses seules lumires, la raison humaine se demanderait toujours si une pro-

cession de terme ad intra ne crerait pas en Dieu une composition accidentelle ou ne multiplierait pas la substance divine. Si la foi nous oblige admettre en

Dieu des processions de terme ad intra, il faudra donc concevoir ces processions comme ne multipliant pas la substance divine, ne lui apportant aucune composition substantielle, ne lui ajoutant aucune ralit nouvelle. C'est pourquoi l'glise a banni de sa terminologie toute expression qui laisserait entendre quelqu'une de ces impossibilits si elle admet, par exemple, que
:

ad intra ait un principe , elle interdit de lui attribuer une cause ; s'il est licite d'affirmer que le terme opr procde , on ne saurait dire qu'il provient .
la procession divine

compare les deux expressions principe et on constate que le mot cause exprime surtout une activit efficiente, qui s'exerce dans une action, et qui produit un effet essentiellement diffrent de sa cause. Quant au mot principe , il ne rveille que l'ide d'une relation entre deux termes, en vertu de laquelle l'un est l'origine et la raison de l'autre. L'ide de principe est donc plus gnrale que l'ide de cause. On peut bien dire que toute cause
Si

l'on
,

cause

est un principe, car la cause est en quelque sorte l'origine active et la raison de son effet; mais on ne peut pas dire que tout principe est une cause. L'unit est le principe du nombre; elle n'en est pas la cause. Dans une science, les axiomes sont des principes et non des causes, car les dductions ne sont pas les effets des axiomes. Cette mme analyse s'applique aux mots procder et provenir . Le premier est plus gnral que le second. Si tout effet procde de sa cause, tout terme ne provient pas de son principe. On ne dit pas que le nombre provient de l'unit ou que la conclusion d'un syllogisme provient des prmisses. Et pourquoi cela? C'est que le concept exprim par le mot provenir contient, du moins dans notre ducation chrtienne, le concept exprim par le mot devenir. Ce qui provient devient, c'est--dire est fait ce qu'il n'tait pas. Provenir est donc le propre d'un effet qui commence d'tre par l'action d'une cause efficiente. Voil pourquoi l'glise catholique, sachant qu'en Dieu il n'y a rien de produit, rien qui devient, rien qui commence d'tre, a banni toute expression qui ferait imaginer dans la Trinit une

dans le cas o l'intelligence n'est pas immdiatement unie son objet, l'intelleclion qui dnote simplement une opration immanente se complte par la diction, en vertu de laquelle l'opration de l'intelligence se termine par la production d'une ide, du verbum mentis. Ce terme, immanent lui-mme a l'intelligence tout en s'en distinguant rellement, n'ajoute dans l'esprit cr qu'une perfection accidentelle se superposant la perfection accidentelle qu'est dj, par elle-mme, l'opration intellective. Malgr l'imperfection d'un tel verbe, il constitue cependant un excellent point de dpart pour nous conduire, par voie d'analogie, quelque ide de la procession du Verbe substantiel en Dieu. 2. Moins facilement saisissatle est l'analogie de la procession de terme dans l'opration de la volont cre. Car, encore une fois, mme ici, il ne saurait tre question de chercher, dans une simple procession d'opration, la comparaison utile pour s'lever la connaissance analogique de la procession du Saint-Esprit. Et l'on ne voit pas bien ce qui, dans l'opration de la volont, peut tre considr comme un terme opr. Cependant, les thologiens font observer qu'il n'est pas ncessaire que ce terme soit rellement distinct de l'opration il suffit qu'il soit conu comme tel. Ainsi, de mme que, dans notre intelligence, les choses dont nous concevons l'ide se trouvent, par cette ide mme, prsentes en nous, de mme, dans notre volont, les tres ou les objets que nous aimons se trouvent en quelque sorte prsents nous. Non point que le terme de notre amour nous soit immanent, comme c'est le cas pour le terme de notre intellection, mais parce que l'amour qui nous porte vers un tre ou un objet aim produit en nous une impulsion, une inclination, une affection qui nous fait tendre vers l'tre ou l'objet aim pondus meum, amor meus; eo feror, quoeumque feror, disait saint Augustin. Confessiones, 1. XIII, c. ix,
Ainsi,
:

10, P. L., t. xxxn, col. 849. Cette impulsion, inclination, affection ne se distingue vraisemblablement pas

causalit,

une action, un
les

effet. Elle

garde uniquement

et

procder, terme , afin que leur gnralit mme tienne l'esprit lev au-dessus de toute conception trop humaine et prvienne toute assimilation aux choses d'ici-bas. De Rgnon, op. cit., t. i, p. 56-57

consacre

expressions

principe,

veut trouver, dans capables de nous donner quelque ide des processions divines, il faut avant tout liminer les analogies cherches dans les processions d'opration, toute procession d'opration tant, on l'a vu, ncessairement exclue de Dieu. Les seules analogies acceptables sont les processions de terme, selon les oprations immanentes de l'intelligence et de la volont. Cf. Saint Augustin, De Trinitalc, 1. XV, c. x, 19, P. L., t. xlii, col. 1071. 1. Une premire analogie, concernant la procession du Verbe en Dieu, se trouve dans la procession du verbe cr. D'aprs l'opinion de saint Thomas, ce verbe, espce expresse ou ide, termine l'opration de
3 Analogies humaines.
Si l'on
les choses cres, des analogies

de l'opration mme de la volont; nanmoins, elle prsente une formalit distincte, en tant qu'elle est comme une force par laquelle l'objet exerce dans le sujet aimant une attraction vritable dont il est le terme rel. Cf. Saint Thomas, Conl. gent., 1. tV, c. xix. Prcisment parce qu'il ne se distingue pas de l'opration de la volont, cet attrait n'a pas reu de nom spcial. C'est toujours l'amour de l'objet aim. Cependant, pour maintenir plus compltement l'analogie avec la procession du Saint-Esprit, nous lui avons appropri les noms d'impulsion, d'inclination, d'affection. L'analogie sera plus accentue encore si l'on observe que la volont ne se porte pas vers son objet, moins que cet objet ne lui soit au pralable prsent par l'intelligence qui l'a conu comme un bien propre la dlecter. Ainsi, l'impulsion qui nous porte vers un bien dsirable procde la fois du principe intelligent et du principe aimant. Mais il faut de plus indiquer une dillrence essentielle de ces deux processions de verbe et d' amour . La philosophie insiste sur le caractre assimilatif de la pense tout concept, quel qu'il soit, est la reprsentation, l'empreinte, l'image de la ralit connue; l'ide est le double intellectuel de l'objet par la pense, nous nous saisissons d'un tre et nous l'enfantons
: :

PROCESSIONS DIVINES. AFFIRMATIONS DOGMATIQUES


i-ii

nous. Toal
la

le

mouvemenl
est

traire,

volont

esl centripte; au con centrifuge. Essentiellement,

il

doit en elle ainsi


t-'ils

la

seule

dpendance d'origine

l'amour est tendance a sortir de soi, a se diffuser, se rpandre au dehors en se donnant...; tantt on s'empare lu rel, tantt on est absorb i>ar lui: aussi, le verbe est-il semblable l'objet qu'il reprsente; l'amour no ressemble point a celui \crv lequel il s'lance. N us pouvons donc conclure que la notion analogique du verbe contient dj en soi un lmenl de similitude qui fait dfaut a la notion analogique d'amour, lit. comme des notions analogiques ne changent pas de naturc par le fait qu'elles se ralisent selon des modes foncirement divers, cette diffrence entre le verbe et l'amour persistera quel que soit le plan d'tre o ces deux termes se retrouvent. > M. r Penido, Le rle de l'analogie en thologie dogmatique, 1 'aris. ;>:> p. 29 l

par rapport au l're. Voir spcialement col. 2-121. 2433, 2436, 2441-2443, 2445, et P. Galtier, De vs. iruuiaie in se cl in nabis, Paris, 1933, th. iv vi. La tradition concernant la procession du Verbe.

du

marque mieux encore, s'il est possible, celle Vrit dogmatique. On la trouvera, suffisamment Indique, a sq. Fi i.s Di Du r. pour les Pres apologistes, col. 2 pour [rene, col. 2-12,") ;pour Dppolyte, Tertullien, No v ai ton, col. 2 130 sq. Clment d'Alexandrie, col. 2 135 Origne col. 2438; Saint Athanase, col. 2450; Saint Augustin, col. 2460. Voir quelques textes dans Van der Meersch. TraetatUS de Dca uno et trino, liruges,
."> 1
1

1928,

n.

701.

les thologiens admettent cette analogie, proavec plus ou moins d'hsitation par saint Augustin, mais plus nettement par saint Thomas. Mais un certain nombre n'y voient qu'une analogie assez lointaine, simple comparaison ou image de la Trinit. v thomistes analogie > trouvent, au contraire, une mtaphysique de proportionnalit propre qui, une fois le dogme propos a notre croyance, permet d'atteindre formellement la ralit divine. Penido, op. cil.,
-

Taus
.

Sur cette double analogie, on consultera Billot, De trino, prolgomnes, s un. ci surtout Penido, .. p. 258-311. n AnnulaII. LBS DEUX PBOCESSIONS DIVINES. tions dogmatiques. 2 Spculations thologiques. 1 Affirmations dogmatiques, Le dogme affirme en l'existence de deux processions, celle du Verbe ou Fils, procdant du l're: celle du Saint-Esprit, proint du l're et du Fils comme d'un seul principe, et il exclut de Dieu toute autre procession. 1. Procession du Verbe ou Fils. On a vu. l'article i>e Dur. l'indicat ion des documents script u rai les Btristiques concernant l'origine du Fils, par consquent sa procession du l're. Voir particulirement, I.s textes du 7, IV vangile rapportant l'enseignement de .lesus lui-mme, notamment Joa., m. 13. 16; cf. wi. v, 17-19; x. 24-38; col. 2405, l'enseignement johannique, dans le prologue et la itre. et. col. 2402, les textes pauliniens dnotant
l

L'enseignement officiel de l'glise apparat dans tous les documents o se trouvent affirmes la gnration du Fils, sa dpendance de la substance du l're et, nonobstant celte dpendance, sa divinit et sa consubstantialit avec le l're. Le symbole de Nice confesse Notre- Seigneur Jsus-Christ, Fils de Dieu, unique engendr du l're, c'est--dire de la substance du l're. Dieu de Dieu, lumire de lumire, vrai Dieu toutes expressions qui indiquent de vrai Dieu expressment la procession du Fils par rapport au l're. Cavallera, Thsaurus, n. 518; Denz.-Bannw., n. 54. On retrouve ces expressions dans le symbole de saint piphane, ('.av., n. 521 Denz.-Bannw., n. 13. Voir aussi le 11*' anatbmat isme de Damase, Cav., n. 523; Denz.-Bannw., u.69; la profession de foi de Pelage, Cav., n. 565 celle du II e concile do Tolde
:
.

et

le

_'

anathmatisme
la

du

mme

concile,

n. 567,

508;

profession de foi

du XI e

Cav.. concile de

'_>.s

l'origine

du

Fils,

image du
et

l're.

Col.,

1,

1").

splen1,

deur de sa gloire
1-14.
I

figure

de sa substance, Hebr.,
se
lit

Tolde. Cav., n. .">7.">: Denz.-Bannw., n. 270; le symbole de Lon 111 aux glises orientales, Cav., n. 589, et l'ptre synodale de Nicphore au mme pape, Cav., n. 591 le dcret Pro Jacobitis du concile de Florence, ('.av., n. G03; Denz.-Bannw., n. 703, etc. Les textes les plus 2. Procession du Saint-Esprit. explicites en faveur de la personnalit du Saint-l^sprit sont ceux qui fournissent la thologie catholique la preuve la plus convaincante de la procession du SaintEsprit, du Pre et du Fils, > Art. F)spiut-Saint, t. v, col. 690. lai ce qui concerne la procession ex Paire, on retiendra spcialement, dans l'enseignement du Christ, les textes johanniques, Joa., xiv, l(i-li), 25-26; XV, 26-27: xvi. 7-15; dans l'enseignement des crivains 5: inspirs, I Cor., n, 10-12: Rom., vin, 9; Gai., iv, voir art. cit, col. 690-691. L'expression procde se
:

lit
i

dans Joa., xv, 26


r-.y.py.

Ilapx/.yjTo, ov
Wiz~)\j.y.

7t[x<jjci>

Joa.. vin.

-12

"('>

jjtv

toj LTccrp, t6

-rr^

Xv/Jea, 8

Verl
f.

<

;t>0'/; -/.-L: ?/.(.,. Cette procession du finement ad inlrn en raison mme de la nnalit divine qui appartient au Fils de Dieu. Joa., 1, 1 Heb., 1, 2: Joa-, v, 19, exposs par Billot,
j

!..

th.
la

I.

Tout,-

ment

tradition chrtienne confirme cet enseignelire puisqu'elle s'applique a marquer la

reap toC riarpoc: sx-opee-rai. La procession du SaintEsprit, du Pre et du Fils a l tudie, t. v, col. 7(12773. Enfin, la procession du Saint-Esprit est ad intra, puisque l'Esprit-Saint est une personne divine! distincte du Pre et du Fils, mais consubsl aul ielle a eux. Les formules dont se servent les premiers Pres, notamment les Pires apologistes, pour marquer la

nelle du Fils et a affirmer sa personnavino distincte, qui l'exclut du rang des simples nration ternelle, voir plus loin, Sur la personnalit divine distincte du Fils, >:i V chez les Pres apostoliques, N s pres apologisti 2 il 1-2416;
:

procession de l'Esprit-Saint par rapport au Pre et au Fils sont encore assez Imprcises. Nanmoins, on en voir sur peut dgager la doctrine de la procession
:
,

Tertullien

mparer t. vn, col. 2444); Novatien, col. 2430-2432; .."ndrie. col. 2435; chez Origne, toute l'histoire de la controverse
et

q.

\ oir

aussi, col.

2450

sq..

rieure jusqu' saint Augustin.

nisnie

lui-mme pourrait prsenter un

la procession dfectueuses qui le pouvait tre restreint (et plus d'une fois

en faveur du

dogme de

ns

700; Thophile d'Antioche et Tatien, col. 701. Mme doctrine bauche par saint [rene, col. 702-704 (cf. I. vu, col. 2 16). De la doctrine, si difficile saisir, d'Origne sur le Saint-Esprit, voir t. v. col. 704-711 (cf. t. xi, col. 1520-1523), se dgage nanmoins l'affirmation de la procession divine du Saint-Esprit, Origne considrant toujours le Pre connue la source de la divinit, comme la racine don germent le Fils et le Saint-Esprit . Voir les textes expliqus cl comments, art. col. 77 ESPR1 -S vis 775. A part ir de cet le poque, la doctrine de la procession du Sailli Esprit esl de plus en plus nettement exprime par les l'eus. Nous
saint Justin, col. 698; sur

Athnagore,

col.

654

PROCESSIONS DIVINES. SPCULATIONS THOLOGIQUES


:

n'avons pas y revenir on se reportera l'art, cit, col. 775 s<|. Le magistre a maintes fois sanctionn ce dogme. En plus de l'article du symbole de Constantinople, ht to ITaTpo xTcopeu6(xevov, Cav., n. 528; Denz.Bannw., n. 86, nous trouvons des formates analogues dans un grand nombre de symboles, qui s'chelonnent du v e au \iii' sicle, voir Cavallera, n. ">.';:s, 534. ouant aux conciles, on trouvera ici leurs professions de foi,
;i
-

Aucun" rpugnance
la

admettre deux processions, car

simplicit divine n'est pas affecte de ce qu' la double virtualit divine, intelligence et volont, puisse correspondre un double terme rel, leur ralit n'ap-

portant,
faite et
2.

comme

composition

on l'a dit, aucune multiplication on dans l'essence divine, infiniment parcit.,

inflnimenl simple. Galtier, op.

n.

217.

t.

v, col. 807-812.
3.

Toute autre procession doit tre exclue. Cette affirmation peut recevoir deux sens a ) Dans la Trinit, deux personnes seulement procdent , le Fils et le Saint-Esprit, le Pre ne procdant pas, mais tant, au contraire, le principe le toute procession. Cette proposition est de foi parce qu'elle est formellement contenue dans les assertions du magistre concernant le Pre, inengendr et ne procdant de personne, principium sine principio, comme le dclare le dcret Pro Jacobilis. ('.av., n. (i03; Denz.-Bannw., n. 704. Voir le symbole d'Atbanose Pater a nullo est ; symbole du XI e concile de Tolde Palrem non geniluni... ipse a nullo originem durit: la profession de foi du IV e concile du Latran Pater a nullo. Cav., n. 561574, 599; Denz.-Bannw., n. 39, 275, 428. Voir aussi Pre, t. xii, col. 1188. b) En Dieu, il n'existe pas d'autre procession que celles du Fils et du Saint-Esprit; et donc il n'y a pas de quaternit . Cette proposition est au moins proche de la foi, car elle n'est qu'une conclusion immdiate de la doctrine traditionnelle professe par l'glise catholique de la trinit des personnes en Dieu. Sans doute, le IV e concile du Latran a dfini qu' en Dieu il n'y a que la trinit, non une quaternit , Cav., n. 001 Denz.-Bannw., n. 432, mais cette dfinition qui exclut une quatrime personne constitue par l'essence divine n'exclut pas directement une quatrime personne qui serait en vertu d'une troisime procession . Galtier, op. cit., n. 218. 2 Spculations thologiques. Le dogme ne saurait tre objet de dmonstration rationnelle. Mais la raison peut apporter l'affirmation dogmatique un triple
: : :
:

Des raisons de convenance accrditent le dogme des processions divines. C'est en partant des analogies humaines que nous pouvons nous lever a une certaine conception des processions divines. a) Dans notre intelligence, la procession constitue par l'opration intellectuelle se termine dans l'ide ou verbe mental. De mme, en Dieu, nous pouvons concevoir analogiquement la procession du Verbe. Non pas que, par un raisonnement, nous puissions aboutir, en partant du verbe humain, dmontrer l'existence d'un Verbe personnel divin; mais, l'existence de ce Verbe divin une fois connue par la rvlation, nous pouvons, en partant du verbe humain, dont nous liminerons successivement toutes les imperfections, nous lever une conception analogique du Verbe divin. Dans un opuscule De differentia verbi divini et humani. qui, en ralit, est un extrait de son commentaire sur le prologue de l'vangile de saint Jean, saint Thomas mai que les trois principales diffrences du verbe humain par rapport au Verbe divin d'abord le devenir verbum nostrum priu's est formabile quam formatum..., sed Verbum Dei est semper in aclu; ensuite, la multiplicit et l'inadquation nos concepts ne nous livrent la ralit que par fragments, et ainsi nous sommes obligs de multiplier les ides pour connatre les choses, tandis que le Verbe divin, infiniment parfait, est ncessairement unique; enfin, le caractre accidentel notre verbe n'est pas notre intelligence, mais un simple accident qui la perfectionne; le Verbe divin est consubstantiel Dieu. Cf. In Joannem, c. i
: :
:

De

n, a. 1 q. vin, a. 8; q. ix, a. 5; Cont. genl., I. IV, c. xi. Mais, cette triple limination faite, il restera que deux

rationibus

fidei,

c.

m; De

potentia, q.

caractristiques
le fruit

munes au verbe humain

un appoint ngatif, en montrant que le dogme ne renferme aucune rpugnance; un appoint


appoint
:

proportionnellement comau Verbe divin celle d'tre de l'intellection, terme distinct auquel aboutit
seront
et
:

l'activit intellectuelle, cf.

I a,

q.

xxvn,

a. 1, et celle

positif,

en mettant en

relief certaines raisons

de con-

venance qui l'accrditent; une vritable confirmation, en partant des donnes rvles certaines, pour dmontrer, par l'analogie de la foi, la vrit du dogme propos. Sous ce triple aspect, la spculation thologique vient apporter au dogme des processions divines une
lumire nouvelle. 1. Il n'y a aucune rpugnance admettre, en Dieu la procession de terme, ni concevoir deux processions de ce genre. Aucune rpugnance du ct du principe : sans doute, il rpugnerait que l'acte pur ret une perfection dont il serait le sujet. Mais, en liminant de Dieu la procession d'opration, pour ne conserver que la procession de terme, on peut concevoir un terme rel, substantiel, et non reu dans le principe comme dans son sujet. La doctrine des relations divines montre que le terme de la procession peut tre la fois substantiel sans multiplier l'essence divine et sans faire de l'essence divine un sujet rceptif d'une nouvelle perfection. Aucune rpugnance du ct du terme : aucune succession de temps ou de nature dans la production du terme. En Dieu le terme de la procession est pos par le principe dans une parfaite simultanit logique, qui ne laisse au principe qu'une priorit d'origine: aucune infriorit dans le terme, car la ralit du terme est la

d'tre relatif l'objet connu et semblable lui, cf. Cont. gent., 1. IV, c. xi. Reste proportionner cette notion Dieu. La foi nous oblige y voir un verbe subsistant, et nous trouverons, l'aide de la notion

analogique de la gnration, que ce Verbe est engendr en Dieu, qu'il est par consquent en toute vrit et proprement Fils. Voir plus loin. Cf. Penido, op. cit.,
p.

278-280.
b)

De mme, la procession de l'amour-terme dans notre volont nous permet de saisir la procession du Dieu se Saint-Esprit et sa convenance en Dieu connat et s'aime. Il s'aime, et son amour jaillit du fond mme de son tre. Mais il s'aime en se connaissant, et son amour jaillit aussi de cette connaissance. C'est donc un seul et unique amour qui procde de toute la vie divine comme un panouissement terminal, et la foi nous apprend que ce terme est une personne. Ce n'est point par le Saint-Esprit que Dieu s'aime. Mais, par l que Dieu s'aime, il respire l'amour,
:

comme un fleurs. Au
Thomas,

arbre, par l mme qu'il fleurit, se couvre de point de vue de cette procession, dit saint

ralit

mme du

principe:

subordination du terme, sauf c'est--dire de la procession Galtier, op. cil., n. 213-216.

la

aucune dpendance ou dpendance d'origine,

mme comme

telle.

Cf.

aimer n'est pas autre I, q. xxxvn, a. 2, chose qu'mettre un souille d'amour, comme dire est produire un verbe, comme fleurir est produire des fleurs . De Rgnon, op. cit., t. n, tude 9. p. 200-201. Nous avons not plus haut la diffrence qui intervient entre la procession du verbe humain et celle de l'amour. Celle du verbe contient un lment de similitude, en raison mme de la procession, qui fait dfaut

PROCESSIONS DIVINES
.

SPCULATIONS NIOLOGIQUES
Kotiom philosophiques et position du probL 'ans toute opration, on peut distinguer deux prln cipes le sujet qui agit, dsign par 1rs philosophes stiques par l'expression de prlncipium quod; la puissance ou faculie par laquelle agil le sujet, c'esl a
i

de l'amour. a thologie pai Ira de cette consta pour expliquer comment, analogiquement, on ilt\r.i concevoir en Dieu la procession >lu Verbe, comme une vritable gnration, tandis que le Saint ne pourra tre dit engendr. Sans doute, parce qu'il est le terme d'une procession divine, il sera en tout semblable au Pre et au Ris, mais cette simi lit uili- parfaite en nature ne rsulte pas de sa procs
1
i

talion

dire

est le

omme
i

telle.
il

\ olr

plus

loin.

convenable que la vie divine, vie parfaite s'il en est. prsente quelque fcondit, car la dite est un su ne de la pei fect ion. >i la fcondit Implique la procession, c'est a dire la production d'un vivant, tirant son origine de l'tre fcond. Cette plus intime l'tre fcond que lit.- est d'autant
n,

est

ment
son

En Dieu, l'tre souveraineparfait, vivre et se connatre sont Identiques tre mme: aussi, l'image que son intelligence
tre est plus parfait.

principium quo. Ainsi, dans la cration, Dieu principe qui auil mais il agit /'"' sa puissant et sa volont, qui seul ainsi le principium </"" le pi Irti Ipe par lequel s'exerce l'activit divine. Bien plus, dans ce principe formel, on peut distinguer encore le principe loigne et le principe prochain. Dans le cas de la cra Lion, le principe formel loign srail la nature divine, et le principe prochain et immdiat est la puissance ou la volont. Certains auteurs appellent principe radical le principium quod; principe immdiat, le principium </" Cf. V. A. Goupil, Dieu, t. r, Paris
le
:

I,

p.

130.

forme de lui-mme, l'amour substantiel qui procde ai, ne peuvent que lui tre immanents, s'identiBant avec son tre mme, tout en se distinguant par
leur origine.
c.

xi, et

Cf. saint Thomas, Cont. gtnt., 1. IV, surtout Rossuet, lvations sur les mystres,

il.
n enfin apporte une confirmation vritable au dogme, en parlant de l'analogie de la foi. Des dondo la rvlation, en effet, nous pouvons dduire
S.

La

rais*

une h nelusions ncessaires, La chose est particulirement saisissable dans la question des proceses relations divines. Cf. Mattiussi, In tract. it Dto uno et trino adnotationes, Rome, 1913, p.77sq, tholique nous enseigne qu'il j a trois ras n Dieu. Or. le seul moyen d'liminer toute
1

Analogiquement, les mmes distinctions philoso phlques peuvent Intervenir propos des processions divines. Ainsi, nous poux on s nul re de l'ordre dans nos ides et parvenir une connaissance plus approfondie des aspects Intimes du mystre de la Trinit. 2. La doctrine des processions divines s'inspire des mmes considrations. Le l're est le principe qui engendre Fils; le Pre e1 le Fils sonl le principe qui met l'Esprit. Mais il reste a se demander par quel attribut s'exerce l'activit du l're l'gard t\n Fils, l'activit du Pre cl i\u Fils l'gard de l'Esprit. En
1

!<

contradiction de ce mystre profond, c'est de concevoir trois personnes comme constitues par des relations subsistantes: cf. De potentia, q. vm, a. 1. Ces relations subsistantes sont identiques, quant au titre de leur ralite, avec la substance divine; mais elles se distinguent l'une de l'autre par leur opposition selon leur origine, c'est--dire selon leur procession le Fils se distinguant du Pre, parce qu'il est le terme relatif d'undans laquelle il s'oppose, comme "ii engendr, au Pre qui l'engendre; le Saint-Esprit se distinguant du Pre et du Fils, parce qu'il est le terme relatif d'une procession dans laquelle il s'oppose, -pire au Pre et au Fils, dont il procde. Ct Hugon, o. P., Traciatus dogmaliei. t. i, p. :?.'>.">
:
.

Rien pins, quoi qu'en pensenl l'cole nominaliste ilogiens * lectiques, on doit, av se saint :>!es. affirmer que la raison exige qu'il n'v ail pas. en Dieu, plus de deux processions. ntres processions, spcifiquement diffrentes, lent incom car tout attribut divin, concerne principe d'opration ad infra, se ramit a l'intelligence, soii la volont per m natitru mt a la procession per tnodum

d'autres termes, on se demande quel est le principe formel de la procession du Fils, de la procession du Saint-Esprit. La rponse commune des thologiens, rponse certaine en thologie, est que du Pre procde le Fils par l'intelligence et que du Pre et du Fils procde l'Esprit par la volont. Sans doute, les oprations divines de l'intelligence et de la volont ne se distinguent pas rellement entre elles, puisque en Dieu tout est acte pur. identique a l'essence divine elle mme. Mais. ainsi qu'on l'a rappel a l'art. Attributs divins, t. i, COl. 2231, entre les perfections divines, nous devons, en raison de la transcendance mme de l'tre divin, placer des distinct ions virtuelles, avec fondement rel. Sous peine de tomber dans les quivoques nominal istes, il faut s'en tenir a celte formule traditionnelle, qui permet a notre intelligence de parvenir a une connais sauce analogique mais formellement exacte de Dieu. En effet, en raison de cette transcendance divine, l'identification des attributs n'quivaut pas une confusion destructrice : il y a indistinction par excs. Par le fait qu'intelligence el v olont se rejoignent dans l'essence unique, cl les ne s'abolissent point pour autant au contraire, dans celte ineffable Eminence, tout se passe comme si l'intelligence et la volont subsistaient spare me ni de sort e que l'une el l'aul re peuvent tre fcondes faire sourdre de soi un terme indpendant. Nous ne comprenons pas. certes, comment une
'.i.
:
. c
I

pareille

inlelleetus.
lia.
c.

Sum.

Ihrol..

I,

q.

xx\

u.

a.
.

q.
t.

De potenCamp, theol.,

identit n'exclut point cette indpendance, mais nous voyons bien que cela doii lre ainsi, car. si Di< u possde une qualit, elle doii subsister en lui

l\

sonii'

parat dre un autre Fils, ou que nt-Esprit soient principe d'autres pertinction des persom plique en

numriquement dist Mes. car il

incl es.

d'intensit el donc remplir elle, et fonction propre; autrement, Dieu n'aurait de ces perfecl ions que u nom il ne serait pas, en toute vrit, juste, bon, intelligent, ce qui cont redit
elle

son

maximum
seule

sa

aux exigences de
p.

la

mtaphysique.

Penido, op.

cit.,

265

quaternit
l'essence
divin-:.
( f.

Ga

!..

n.

220-223; Penido, op.


i

cil.,

III.

Le

Dm
prob

ssions bilosophiques el position du pe forme] prochain. 3" Principe

l. Une opinion singulire, qui confl rreur nominaliste, s'est fait jour sur ce sujet au dbut du xiv sicle et eut pour dfenseur Durand deSainl Pourpain. Durand estime que les processions divines sont sans rapport avec la distinction de l'int el de la volont divines, et que la procession du Fils comme celle de l'Esprit a pour principe formel prochain la nature divine elle mme. In Sent., dist. VI, q. K.

655

PROCESSIONS DIVINES. SPCULATIONS THOLOGIQUES


:

656

De son opinion, il apporte quatre raisons principales a) les Pres enseignent que le Fils procde par la nature et non par l'intelligence; b) les processions rsultent de la fcondit de la nature; c) dans les cratures, la production naturelle rsulte de l'activit immdiate de la nature elle-mme; ri) enfin, si la procession du Fils se faisait par l'intelligence, puisque
l'intelligence est

Verbe, qui seul a vu Dieu et, tant dans le sein de Dieu, a parl lui-mme , i, 18. b) L'expression splendeur de la gloire de Dieu ,
4-5; c'est
lui, le

commune aux

trois

personnes et que

l'intellection leur doit tre pareillement

commune,

il

n'y aurait aucune raison pour que n'engendrassent pas.

les trois

personnes

la voie de la nature principe prochain de toute procession. Sans doute, la fcondit de la nature est la source premire de tout le processus trinitaire; mais il est impossible de s'en tenir l. Ce qu'on cherche, c'est une analogie qui permette d'expliquer pourquoi l'criture nomme la seconde personne Verbe et non pas Amour; pourquoi l'une est dite Fils et non pas l'autre; pourquoi le dogme affirme que l'Esprit procde du Fils et non rciproquement le Fils de l'Esprit. A toutes ces questions, Durand ne sait que rpondre. Il doit interprter mtaphoriquement des textes scripturaires qui peuvent s'entendre au sens propre; aussi, son opinion est-

Durand n'admet donc que

comme

elle dlaisse.
5. Derrire saint Thomas, quoique avec des nuances diverses, l'unanimit des thologiens catholiques s'est

tous admettent que la procession du Fils : selon l'intelligence; la procession de l'Esprit, selon la volont. En raison de sa conformit aux critures et toute la tradition catholique, cette doctrine est qualifie par Suarez de doctrine commune ou mme thologiquement certaine. De Trinitate, 1. I, c. v, n. 4. D'autres auteurs, et non des moindres, qualifient l'opinion de Durand d'opinion tmraire, prilleuse et mme proche de l'erreur, Bafiez, In / am part., Jean de Saint -Thomas, q. xxvn, a. 5, concl. 1 //) /am pari., disp. XII, a. 5, n. 17-18; a. 6, n. 2; Scheeben, Dogmatik, t. i, 116, n. 935-943. D'autres auteurs, tout en la rejetant, ne lui infligent aucune censure Billuart, De Trinitate, diss. II, a. 1; Franzelin, De Deo trino, p. 406. D'autres enfin lui accordent mme quelque probabilit Tournly, De Trinitate, q. il, a. 3, concl. 1; Frassen, Scolus academicus. De Trinitate, disp. I, a. 3, q. i; Estius, In T' m Sent.,

groupe

est

!.% -?,-. 86y) (~'j~j (dt'j'i), Heb., i, 3, applique au Fils, montre que celui-ci procde de Dieu comme la lumire procde de la lumire en raison de l'acte intellectuel incomparable par lequel Dieu comprend luimme sa perfection infinie. Cette perfection divine s'exprime ici par voie de connaissance intellectuelle, la gloire n'tant que la connaissance claire jointe la louange , clara nolilia cum laude. La mme vrit est suggre par les noms de sagesse et d' image donns au Fils de Dieu. Les livres sapientiaux, Prov., vm-ix. Eccli., xxiv; Sap., vu, 22-30, nous reprsentent la Sagesse divine comme une personne, et saint Paul, appliquant au Christ le terme Sagesse de Dieu , I Cor., i, 25, montre que le Fils est cette personne. Si le Fils de Dieu mrite personnellement le nom de Sagesse, c'est qu'il procde de l'intelligence du Pre, l'intelligence tant le principe de la sagesse. Le nom personnel d' image est aussi donn au Fils. Col., i, 15. Or, la notion d'image exige que l'image soit ressemblante au modle, en vertu mme de son origine. Or, en Dieu, le seul acte immanent duquel provienne, en vertu mme de l'origine, une similitude de nature, c'est l'acte d'intelligence. c) On peut trouver une confirmation dans Joa.. v, 19 Le Fils ne peut rien faire de lui-mme, s'il ne le voit faire au Pre; car ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. C'est donc du Pre, c'est--dire par voie de procession, que le Fils tient son opration et, partant, son tre. La vision dont il est question ensuite marque le mode de procession, par l'intelli;/.<-,
:

~y.

'j-

a. 3; Perrone, De P. de Rgnon, op. cit., t. m, p. 394 sq., pense mme que l'opinion commune, dont le point d'origine lui parait, juste titre, tre saint Augustin, n'a pas, proprement parler, de fondement dogmatique. Voir ce sujet Galtier, op. cit.,

dist.

X,

a.

2;

dist.

XXVII,
Le

S. Trinitate,

c. vi,

n. 400-404.

p. 164,

note

1.

2 Principe formel prochain. 1. Le principe formel prochain de la premire procession, celle du Fils, est
l'intelligence.

C'est, en
le Fils

effet,

en vertu

mme

de sa

procession que

dpend de

l'intelligence divine.

Il semble difficile d'interprter diffremment les textes scripturaires se rapportant la procession du Verbe

ou du
Joa.,

Fils.

Ayo, est le nom propre du Fils. xix. 13. Or, ce nom. appliqu au Fils, prsente un rapport rel l'intelligence divine. C'est bien un Verbe intrieur, immanent, qui est le a) Le
i,

Verbe

1, et

Apoc,

fruit, le

terme de l'opration

intellectuelle.

Verbe

int-

rieur, puisqu'il est

en Dieu, puisqu'il est Dieu. Cf. Joa., i, 1. Terme de l'opration intellectuelle, le nom de Verbe, nom propre ainsi que le suggre le sens littral et que l'admet toute la tradition, l'indique suffisamment. Cette vrit est d'ailleurs confirme par la suite du texte johannique c'est le Verbe qui claire tout homme, r, 9, parce qu'il est lui-mme la vie. c'est-dire la lumire des hommes, lumire qui luit dans les tnbres et que les tnbres n'ont point touffe, i.
:

gence. Billot, op. cit., th. i, 2. La tradition, d'ailleurs, entend unanimement ces textes dans le sens d'une procession selon l'intelligence. L'assertion de saint Augustin Eo Filius quo Verbum, et eo Verbum quo Filius, De Trinitate, 1. VII. c. ii, 3, P. L., t. XLii, col. 936, reste la norme des interprtations. Saint Thomas l'adopte, I a , q. xxxiv, a. 2, ad 3 um et Pie VI la consacre dans la condamnation du synode jansniste de Pistoie, sub fine, Cavallera, n. 606; Denz.-Bannw., n. 1597. Le P. Galtier, op. cit., n. 232-233, numre les autorits suivantes saint Justin, Apol., i, n. 23; Dial., n. 61, P. G., t. vi, col. 364, 613; saint Hippolyte, Conl. Noelum, n. 16, P. G., t. x. col. 825; Tertullien, Adu. Praxean, c. v, P. L., t. n, col. 183; Denys d'Alexandrie, dans son Apologie, cit par saint Athanase, De sentenlia Dionysii, n. 23, P. G., t. xxv, col. 513-516. Au IVe sicle, contre les ariens, les Pres dfendent la divinit du Fils en partant de ce principe que le Fils est le propre Verbe de Dieu saint Athanase, Conl. arianos, orat. i, n. 28, P. G., t. xxvi, col. 70; cf. De dcret. Nicsen. synodi, n. 11, 17, t. xxv. col. 444. 452. Le verbe humain est l'image d'o nous pouvons dduire ce qu'est le Verbe divin. Conl. arianos, orat. n, n. 36, P. G., t. xxvi, col. 223; saint Basile. Nom. in illud : In principio eral Verbum, n. 3. P. G., t. xxxi, col. 477: saint Grgoire de Nazianze, Oral., xxx (theol., iv), n. 20, P. G., t. xxxvi, col. 129; saint Grgoire de Xvsse. Conl. Eunomium. 1. II. I. IV' Orat. catech., n. 1. /'. G., t. xi.v, col. 506 B-510 B. 624, 16; saint Cyrille d'Alexandrie. Thsaurus, assert. 6, 19, P. G., t. lxxv. col. 76 et 80: cf. 56. col. 321 In Joannem, 1. 1. c. v. t. lxxiii. col. 81 saint Jean Damascne, De fuie orth.. 1. I, c. vi, P. G., t. xr.iv. col. 801-S04. Les Latins suivent sur ce point saint Augustin (voir ici. t. i, col. 2319) et surtout De Trinitate. I. XV. c. x. 19: c. xiv. 23; cf. I. IX, e. iv. 1; c. v. 8. P. I .. t. xlii. col. 1071, 1076. 963, 965. Sur la sagesse, applique au Verbe de Dieu, voir l. VII, e. i. 1 sq.. col. 931 sq. : cf. Phbade d'Agen, De Filii divinitateet consubstan: , : : ;
:

tialitate, n. 6,

P.

I...

t.

xx.

col.

12.

Pin
\

SSIONS

ni

SPC1 LATIONS THOLOGIOl


s.

r58

cette tradition, dsormais fixe, stiques ajouteront une prcision nettement l'Intellection de la diction, Verbe est form. Cf. saint rhomas, 1'.
q.

les thologiens en distinguant par laquelle le

q.

\wi\.
i\.
a.
. i

a.

i.

ail

;;

q.

xxxvii,
q.
;

a.
a.

1-2;
i.

xxvu, a. De veritate,
i

Damien, Opusc, i, c. n, /'. /... t. cxlvt, col. 23-24; mu. uni \iiseinie. Monologtum, n. M 53, /'. / .. I. col. 201-202; saint Bernard, In ('mil., serin. Mil, /'. / Fran/elin, De DeO t. ciwxill. col. 810 sq. Cf. trino, th. xxvi Janssens, Tractatus de Deo trino,
I i

..

q.

2;

image
/

a. 2 \ oir De veritate, q. i\ a. ;i. 1 principe formel de ta seconde procession, celle du


l
.

De potentia, q. xxxv,

\.

Sur

le

terme
.

est
les
.i\

Mais. ici. la dmonstration Saint-Esprit, est la volont. plus difficile. l'Esprit n'ayant pas de nom propre et

lui donne par appropriation n'ayant volont qu'une relation moins vidente. L*ne premire preuve est tire des noms donns la Esprit-Saint, Amour, Charit, troisime personne lion. Don du Pre, Nud du Pre et du Fils, Le
,

noms qu'on

> la

mot

esprit, souffle

signifie

un mouvement, une force

qui emporte; par mtaphore, il dsignera les actes de la volont, car c'est de la volont que vienl le mouve ment. L'adjectif saint complte cette signification la s.imti'ti m rapporte a la volont, comme la sagesse a l'intelligence. L'Esprit divin est dit Saint parce qu'il procde d'un principe immdiat tris saint, la volont commune du Pre et du Fils. Les autres termes se rapportent plus troitement encore la procession selon la volont. Cf. saint Thomas, [, q. xxxvii, a. 1. corp. et ad es interprtations toutefois ne prennent figure de vritable argument que si elles sont juxta la doctrine trs certaine concernant la procession du Fils par l'intelligence. La seconde personne est expressment le Fils unique, l'unique enr qui procde du l're selon l'intelligence. Donc, la troisime personne ne peut procder de mme puisqu'elle n'est pas le Fils. Reste donc qu'elle procde selon l'opration de la volont. nelusion. que l'ensemble des thologiens estime thologiquement certaine, trouve sa continuation dans l'criture et la tradition. L'Ecriture -me nulle part (pie l'Esprit procde selon la te: mais elle prsente les oprations ad extra attnl sprit-Saint de telle sorte (pie. seule, la selon la volont peut en rendre raison. A l'Esprit Saint, en eflet. sont attribues les uvres divines qui manifestent l'amour de Dieu l'incarna.u Verbe. Luc. i. :(."<: la justification et la sanction des hommes. Tit., m. 5-6: la distribution des charismes. Cor., xn, 1-12: l'habitation de Dieu dans
:

'

615 sq. Reste a rfuter les raisons mises en avant par Les trois premires ont Durand de Salnt-Pourain. pourpoint de dpart que le l'ils. dans la tradition patristique. est dit procder pur nature ou le lu fcondit du Pre, ou encore par l'activit immdiate de la nature divine. Mais les anciens auteurs n'ont employ ces expressions que pour exclure l'interprtation arienne d'une procession ad extra, ni ncessaire ni naturelle, mais rsultant d'un acte libre de la volont divine et dans le temps. D'ailleurs, il n'est pas difficile de montrer que, dans l'tre spirituel, une procession selon '. l'intelligence est une procession selon la nature, cf. q, xxvn.a. 3;q. xxx. a. 2. ad 2'"": De potentia, q. x. a. 2. ad l ul ". Des arguments de Durand, il reste donc seulement (pie la nature divine est le principe loign de la procession du Fils et de l'Esprit. Mais il faul encore rsoudre la difficult souleve du l'ail que l'iu telligence et la volont, en Dieu, sont communes aux trois personnes. Ce qui nous oblige rsoudre la question du principe formel immdiat, propre chaque procession, et qui. en Dieu, se diffrencie du principe formel prochain commun aux trois. 3 Principe formel immdiat. Position de la l. question. Dans la procession du Fils selon l'intelligence, de l'Esprit-Saint selon la volont, s'agit-il de la volont et de l'intelligence essentielles communes aux trois personnes, ou d'une intelligence el d'une volont personnelles? S'il s'agit d'attributs essentiels, par consquent communs aux trois, comment admettre que l'intelligence cl la volont ne seront fcondes qu'en telles personnes et non dans telles autres? S'il s'agit d'attributs personnels, nous arrivons cette contrap.
'..

diction

(pie.

dans

la Trinit,

il

existerait

une

ralit

positive, particulire l'une ou l'autre personne, en dehors de la relation subsistante constituant la per-

sonne. La question se pose non seulement pour le principe de la procession, mais pour l'acte mme de la procession. Est-ce un acte notionnel ou un acte essentiel?
2.

Opinions.

Nous sommes

ici
:

en pleine spculaest

tion scolastique. Trois opinions

\ l. 19; la tutelle et le unuverncAd., xni. 2: \\. 28. Or. ces ruvres :it des tmis personnes; si l'attribution en est dment a l'Esprit, c'est qu'elles prsentent un rapport certain au caractre propre de la troisime iractre doit donc tre la procession

es justi

s.

Cor..

a) Le principe formel immdiat

seulement

la

selon l'attribut

la volont. bien hsitante, la tradition eonBrroi ient. Les uvres attribues par prit-Saint sanctilb ation, inspiration, manibont divine, nous font arriver a la n. Voir Esprit-Saint. Quelques textes plus peuvent cependant tre glans La saintet est dans l'Esprit-Saint, comme dans sa source Thaumal ure,e. Expositio mit Athanase, Ail Seran. 22-23. /'. (,.. t. xxvi. col. 581-585; \m. n. lo tir Spintu sancto,
I :

de l'amour,

relation personnelle, laquelle, bien qu'elle constitue la personne, c'est a-dire le principium quod, peut tre nient considre comme le principe formel quo immdiat. C'est l'opinion de Durand, In />"" Sent., dist. VII, q. I. suivi par de rares auteurs. b) Le principe formel quo immdiat embrasse simultanment et l'intelligence et la volont essentielles, d'une part, et, d'autre part, la proprit relali\e ou personnelle. Mais. ici. certains ailleurs allri buent tout l'lment formel du principe a la proprit relative ou personnelle: c'est, nous assurent ses diteurs, l'opinion de saint l'.onaventure, Opra, t. i.

mium.

I.

III.
r

,.

i.

t.

qui unit

mi. cl. 261, 136; Ado. Eunoxxix. col L< Saint-Esprit le l'ils. et h- nom d'A

.'il

VugUStin, />. c. \> i. IO;c

'/

riiulatr.
i

I.

VI,
le

Quaraccbi, 1882, p. 137-138; opinion expose et rfun: i. VI, te par Suarez, De Trinilate, 1. I. c. vu, n. c. v, n. I. el dfendue par les Wirceburgenses, n. 369 sq. D'autres auteurs admettent que l'un et l'autre lment l'lfont partie, au mme litre, du principe formel ment essentiel es! !a raison de la communication des proprits essentielles; l'lment personnel est l'ori gine de la relation personnelle. Telle est la solution propose par Grgoire de Valencia, In /" M /""/.
I
:

xxm.
/'. /...

:;.

/'. /...

ire
q.

homil.,

xxx.
'

n.

1,

t.
S

xxm.
les

dans

jusqu'ao

int

Pierre

IL q. xv, punct. 2, S. Thomee, h< Triniiale, disp. dont l'opinion est relate el rfute par Suarez, op. cit., I. VI, c v, n. 5; cf. I. I. c. vu, n. 5-8. Le principe formel i/tiod. comme tel, n'inclut rien qui soit proprement relatif OU personnel il dsigne
( i
:

659

PROCESSIONS DIVINES. SPCULATIONS THOLOGIQUES


(in

666

directement

recto)

el

intelligence ou volont,

formellement un lment, purement essentiel; mais en

la personnalit pralable la procession. !>' sorte que l'Intelligence ou la volont essentielles ne peuvent tre principe formel Immdiat qu'en tant que possdes par la personne, ainsi conue en possession de l'intelligence ou de la volont avant que se ralise la procession.

connotant Indirectement (in obliquo)


est

qui

Ainsi, l'intelligence est conue

comme appartenant

au

Pre pralablement la procession du Fils, de sorte que, sans contradiction, on ne saluait concevoir le Fils procder de lui-mme selon l'intelligence. C'esl l'opinion de saint Thomas, 1', q. xli, a. 5 poleniiam generandi significare in reclo naturam divinam, serf in obliquo generationem; ou encore poteniiam generandi, quantum ad essenliam qtue significatur, communem esse tribus personis; quantum autan ad noiionem qu connotatur, esse propriam person. Palris, ibid., ad 3" cf. In /"'" Sent., dist. VII, q. i, a. 2. En ce sens Suarez, op. cit., 1. I, c. vu, n. '.)-12; 1. VI, c. v, n. 0-10, et tous les thologiens en gnral. On trouvera une bonne mise au point de l'opinion de saint Thomas dans Galtier, op. cit., n. 247-255. En consquence, le terme formel de la procession n'est pas l'essence considre simpliciler, mais l'essence en tant que communique une personne, ou connotant la personne qui elle est communique. Ainsi explique, cette opinion montre bien pourquoi la formule de l'abb Joachim de Flore on opposa au IV e concile du Latran le texte Illa res (essenlia) non est generans, neque genita, nec procedens; sed est Pater qui gnerai, et Fitius qui gignilur, et Spiritus sanclus, qui procedit. Cav., n. 601 Denz.-Bannw., n. 432. La formule de Joachin signifierait la multiplicit des essences. Le mot essence ne saurait tre pris ici pour un terme concret dsignant la personne. Toutefois, si l'on trouve chez d'anciens auteurs le terme essence pris en ce sens concret, il faut l'interprter bnignement, ut sic dicatur quod essenlia divina gnrt, quia Pater qui est essenlia divina, gnerai. Saint Thomas,
: : 1

du Latran, (.av.. n. 601; Denz.-Bannw., rfi Enseignement des thologiens, voir Pin in Mi.r, col. 217D sq. 2. Sur la procession du Saint-Esprit, qui n'est pas une gnration, voir Esprit-Saint. La dmonstration de cit te vrit repose sur l'affirmation constante que seul le Fils est engendr a) La sainte criture n'appelle jamais la troisime personne ni Fils, ni engendr; au contraire, elle appelle la seconde personne Fils unique. b) Les Pres ont mis en relief cette vrit ( l'exception d'Hermas, voir t. v, col. 694-695,2411-2413). Il n'y a qu'un Fils unique, mais l'Esprit procde du Pre et ne saurait tre appel Fils. Voir saint Athanase, Ad
concile
n.

iv

432; te.
I

Contra errores Grcorum, c. iv; cf. I a q. xxxix, a. 5, ad 5 um Actuellement, une telle faon de parler serait inadmissible. Voir Noms divins, t. xi, col. 792. IV. La discrimination des deux processions
,
.

1 Le dogme. 2 L'explication thologique. divines. 1 Le dogme. Le dogme tient en deux assertions et a t suffisamment expos ailleurs la procession de la seconde personne est une gnration vritable de l'ordre intellectuel; la procession de la troisime personne n'est pas une gnration. 1. Sur la gnration du Fils, voir l'art. Fils de Dieu, t. v. a) criture sainte, col. 2391-240G; b) Pres : Pres apostoliques, col. 2409; Pres apologistes, col. 2415-2416; cf. col. 2419-2421; saint Irne, col. 2425; docteurs antimonarchiens du in e sicle, col. 2430; Clment d'Alexandrie, col. 2435; Origne, col. 2440; Pres grecs du iv e sicle, col. 2450; Pres latins, col. 2452, et surtout, en ce qui concerne saint Augustin, col. 2459-2460; c) Documents du magistre : la formule genitus, non factus, ou mme unigenilus, se retrouve dans les professions de foi les plus anciennes symbole de Nice-Constantinople, Cavallera, n. 518; Dcnz.Bannw., n. 54: symbole d'piphane, Cav., n. 517; Denz.-Bannw., n. 13; Fides Damasi, Denz.-Bannw., n. 15; Libellus lastoris, Cav., n. 560 Denz.-Bannw., n. 19; symbole dit de saint Athanase, Cav., n. 561; Denz.-Bannw., n. 39, 40; le pape Denys, dans sa lettre Denys d'Alexandrie, Cav., n. 514; Denz.-Bannw., n. 49; saint Damase, Anath., 11, Cav., n. 523; Denz.Bannw. n. 69; III e IV e et VI e conciles de Tolde, Cav., n. 567, 570, 571; XI e concile de Tolde, (.av.. n. 575; Denz.-Bannw., n. 276; cf. n. 579, 281 symbole de Lon IX, Cav., n. 761; Denz.-Bannw., n. 761;

xxvi, col. 569; EpisL, cxxv. n. 3, P. G., t. xxix, col. 665; t. xxxil, col. 549; saint Grgoire de Nazianze, Oral., xxv, n. 16, P. G., t. xxxv. col. 1221 ;Ora/.,xxxi, n.8 xxxix, n. 12, P. G.,t.xxxvi, col. 141, 348; Didyme l'Aveugle, De Trinilate, 1. I. c. xv, P. G., t. xxxix, col. 320; saint piphane, Ancoratus, n. 7, P. G., t. xliii, col. 28; saint Augustin (voir t. i, col. 2349); cf. surtout De Trinilate, 1. XV, c. xxvi, 47, P. L., t. xlii, col. 1094. c) Les symboles et les conciles sont explicites symbole d'Athanase, Cavallera, n. 561; Denz.Bannw., n. 39; XI e concile de Tolde, Cav., n. 576: Denz.-Bannw., n. 277; IV e concile du Latran, Cav., n. 599, 601 Denz.-Bannw., n. 428-432. d ) Sur les thologiens, voir Esprit-Saint, col. 815 sq. 2 L'explication thologique. Quand il s'agit de donner la raison pour laquelle la procession de l'EspritSaint n'est pas une gnration, les Pres sont hsitants. Saint Basile et saint Grgoire de Nysse laissent entendre que la procession du Saint-Esprit, venant aprs la gnration du Fils, ne saurait tre une nouvelle gnration. On n'en voit pas trs bien la raison. Basile, Epist., xxxvni, n. 4, P. G., t. xxxv, col. 329; Grgoire de Nysse, Quod non sinl trs dii, P. G., t. xlv, col. 134. Saint Augustin a tent plusieurs explications, mais sans s'arrter aucune, bien qu'il paraisse avoir entrevu la solution propose plus tard par saint Thomas. Les principaux endroits, par ordre chronologique sont De ftde et sgmbolo, c. ix, n. 19, P. L., t. xl, col. 191 De Trinilate, 1. V, c. xiv, 15; 1. IX, c. xn, 17, t. xlii, col. 921, 970; In Joannis evang., tr. XCIX. n. 8, t. xxxv, col. 1890, qu'on retrouve De Trinilate, 1. XV, c. xxvu, 48, t. xlii, col. 1095; Contra Maximinum, 1. II. xiv, 1, t. xlii, col. 770. Le premier texte contient l'nonc de la difficult; le second apporte une distinction destine faire fortune Exiit (Sp. s. t, non quomodo nalus, sed quomodo dalus; le quatrime donne une raison franchement mauvaise filius nullus est duorum nisi palris et matris. Absil aulem ut inter Deum Patrem et Deum Filium aliquid taie suspicemur. Le troisime et le cinquime indiquent dans quelle direction il faut chercher la bonne rponse elle est psychologique . Seulement, l'auteur prsente des observations, soit inexactes, soit insuffisamment pousses. Ainsi. I)e Trinilate, 1. V, c. xrv, 15 l'amour prcde la connaissance, car il met en branle la pense et il la suit, car il se complat en elle: or, l'acte intellectuel tant dj une parturition, ce qui le prcde ou le suit ne saurait prtendre ce titre: De Trinilate, 1. XV. c. xxvu, 4<s tout (ils est l'image de son pre: or, l'amour n'esl pas l'image du Verbe. Indication prcieuse, mais inexploite par Augustin. Enfin, le dernier texte postrieur de douze ans au De Trinilate n'exprime que le dcouragement en face de l'obscurit du problme. Tout s'achve donc sur un aveu d'impuissance. Pcnido, op. cit.. p. 289-290. note 1. Au Moyen Age, Richard de Saint-Victor opine que le Saint-Esprit procde de telle faon qu'il ne peut
i,

Srrapionem, ep. saint Basile, Adv.

n.

16,

P.

'}.,

t.

Eunomium,

1.

II, c. vi;

Mini ESS10NS DIVINES


le Fils, la rcondtt naturelle que tout un ne son pre, car du Salnl Esprit De rrinitale, I. VI, c. xi, win. xx. Pour lionaventurv, l'Esprit ne saurait procder par ution. c'est dire tre fils, parce qu'il ne peut nier, avec !a perfection >lu Verbe, le Pre en tant " Sent., ine qui procde. /" I que principe d
.'ir,

ru.

662

comme
i!i-

tient

parfaite de l'Immanence. De plus, cette Imma mme exi gc que les processions et leur terme ne soient en Dieu qu'au nombre de deux, les ailes imma

plus

nence
iieuts

de

l'tre spirituel et.mt

simplement

le

connatre

:i

Immanence nous permet de comprendre quelque peu comment l'Esprit Saint ne


et
le

vouloir. Enfin, cette

XXXI,
i

part.

II.

a.

I.

q. n.
u!

Alexandre de Hals
ass,

de cette expll-

vient qu'en troisime lieu aprs le Pre et le Fils, la procession immanente selon l'intelligence devant avoir une certaine priorit sur la procession selon la volont.
s

en allumant que
-

le

''s procde per minium

parfaites

et

ternelles.
:

En

Dieu,

natur

La
tonde
selon

rint-Esprit, per modum voluntatis. raison donne par saint Thomas est plus pro
et

procde l' Esprit-Saint de la volont; il procde comme ..r; s'il est semblable au l're et au Fils, ce n'est formellement en raison de sa procession, mais
plus convaincunte
:

l'opration

aucun passage de la puissance l'acte donc, les pro cessions du Fils et de IT'.spril Saint ont la perfection mme de la coexistence ternelle au l're aucune infriorit, aucune postriorit, sinon dans l'ordre
:

d'origine;

similitude,
le

galit.

Intimit

parfaite,

le

que toute l'essence divine


ition.

lui est

communique.

terme de chaque procession ti nanl toute leur perfection de la mme ralit. Van Noort, De Dea
principe
ci

(end la similitude de nature, snilitudinem naturse; la procession d'amour implement arec la ressemblance de nature cum Aussi, dit saint Thomas, ce qui timilitudine n tur.i
telle,

comme

frio, n. 193-195.
l.:i question <b-s processions touchant .c la plupart des aspects du problme trini taire, la bibliographie devrait indiquer un nom ire imposant d'ouvrages et d'tudes con cernant ce problme. <'n se contontera ici d'indications sommaires miis utiles et visant directement la question spciale des processions. On devra, avant tout, consulter saint Thomas, Sum.

en Dieu procde par mode d'amour ne procde pas comme engendr ni comme fils, mais plutt comme (spiralio : et par ce nom on dsigne un certain mouvement et lan \ ital. selon qu'on ilit que quelqu'un ni et emporte par amour vers quelque chose. I. q. xxvii. a. t: cf. In 1 Sent., dist. XIII, q. i, a. ;!.
:

Iheol.,
I.

I*.

q.

IV.
i

c.

xi. et

xx\h. q, xxxvm-xxxix; Sum. cont. gnies, Us commentaires de Cajetan et de Sylvestre

\\l\.
\

q.

ii.

a.

'-'
:

Conl.
1

gcnl..

I.

IV.

de

errai c.

De potenlia, q. \. a. 2, ad l" :n et 1- ". Voir commentateurs des deux Sommes, ainsi que les Salmanti censs, De Trinilale, <lisp. [II, dub. ii-iv. st la raison que nous avions laiss eu! revoir, en humaines de la Trinit. Cf. Penido, Car non Spirilus sa ne lus a Ptre Dru genitus? ugustinus et S. Thomas, dans la Revue thomiste,
\
:

Pour la partie positive, on se rfrera a Petau, De iriuilate, V-VII; au 1'. de Rgnon, ludes de thologie positive
1.

V. Corollaires. De ce qui prcde, on peut conclure que les processions divines sont l" ncessaires et naturelles en Dieu; 2 immanentes et relles: :V' par:

I. n et m, Paris, 1802-1898, passini. didactiques De Trinitale ont un chapitre les processions divines. On ne manquera pas de s'y reporter, en consultant non seulement les grands thologiens du Moyen Age et les commentateurs de saint Thomas postrieurs au concile de Trente, mais encore les auteurs modernes de traites thologiques ou de manuels. Parmi ces derniers, on doit mentionner spcialement leDeSS. Trini-

sur

hi sain!,-

Trinit,

Tous

les traits

sur

lale

du

kamp

P. < allier. Paris, 1933, et le (trad. lat.i. Paris. 1933.

t.

du manuel de
:

l>ic

partant ternelles. 1 Processions ncessaires et naturelles. D'une part, elles ne sont pas le rsultat d'une contrainte exerce sur Dieu ou d'un mouvement aveugle; d'autre part, elles ne sont pas le terme d'une dtermination librement prise ab mlerno par Dieu. ICI les sont la fois natu it--dire provenant d'une activit conforme a la nature mme de Dieu, et cependant ni parce qu'elles rpondent aux exigences intimes nature de l'Etre suprme, intelligence et intellifaites et

Parmi les monographies rcemment parues M.Seliniauss, Die psychologische TriniUUslehre.des heil. Augustinus, Munster 1927; F. Cavaliers, Les premires formules trinilaires de saint Augustin, dans I)ullclin de litt. eccl., Toulouse, 1930,
p. 07 s<|.; M.-T.-L. Penido, Le rle de l'analogie en thologie dogmatisai; Paris, 1931, La Trinit, p. 258-345; et, quelque peu plus anciennes. J. Slipyi, De umore mulUO et reflexo in processions Spiritus sancli exi>licanda, Breslau, 1923;

A. stiidie.

De

iirocessionibus di niais.

PROCLUS,
I.

Fribourg (Suisse), 1895. A. Michel. archevque de Constantinople.

Vie. II.
1.

uvres.

parfail.
la que l'existence des reset naturelles quoad Deum, nous apparaisse nous comme telles. La raison nous montre
Il

ne s'ensuit nullement de

Vie. Proclus naquit vers l'an 390, probable ment a Constantinople. Il lit ses ludes littraires dans Cet te \ Ole, qui possdait alors des coles renommes, et s'appliqua surtout l'art oratoire, sur les coles de
cette poque, voir le mmoire de Fritz Sclieinmel. Die Hochschule von Konslantinopel im iv. Jahrhundert, dans les Neue Jahrbcher fur Pdagogik. Leipzig, 1908, p. 17 sq Trs jeune, il fui lev

avec que Dieu m. comprend et s'aime: mais, ans rvlation, il nous est impossible de savoir si le en comprenant toute la vrit incluse dans divine, engendre un Verbe substantiel disle lui. ou en Dieu un principe spira'eur disti spnt qui en procde. Mme aprs la ition, nous ne comprenons pas pourquoi le Fils, bien qu'il se comprenne lui-mme, n'engendre pas un
'

Constantinople

au lectorat.

Pan enu

l'ge

d'homme,
(

il

fui

admis dans

l'intimit de l'archevque Atticus 107- 125), qui lit de lui sou secrtaire e1 qui lui confra successivement le diai on.it .-t la prtrise, a la mori d' Atticus, Proclus fut

aime,

lui

ment

nt-Esprit, qui comprend et rincipe ni d'un autre Verbe, -prit. Et pourtant nous concevons assez qu'il ne peut exister en Dieu deux Verbes et
et la

colonie divines
d'intellection

Dut l'objet de

fions immanente
la foi

</ relles.

Relles, elles

nous oblige

l'admettre
;i

un

terri;

tiel,

la

ronsub

terme disconsubstand'ailleurs la forme la

mis en avant par une partie notable du clerg pour lui succder sur le trne piscopal, tandis qu'une faction adverse lui opposait l'historien Philippi de Side. Mais l'lment laque in pencher la balance en faveur d'un vieux prtre du faubourg d'la, nomm Sisinnius (28 fvr. 126). nps aprs son lection, le nourchevque dsigna Proclus pour occuper le sige tulaire venait de mtropolitain de Cyzique, donl le mourir. Mais, les habitants de cette ville ayant dni a Sisinnius le droit de dsigner leur voque, el avant lu le moine Dalmatius pour gouverner leur glise, proclus ne put prendre possession de son sige. Du reste,
i

663
il

l'IOCI.I s

DR CONSTANT! NOPLE
vques d'Armnie s'adressa

664

ne semble avoir Fait aucune tentative pour vincer son comptiteur. Il demeura Constantinople, o il

s'adonna la prdical ion. La mort de sisinnins (2 dc. 127) ayant rouvert la succession patriarcale, on revit la candidature le l'inclus concurremment avec celle de Philippe de Side. Mais l'empereur Thodose II dsigna Nestorius, t|ui fut intronis en avril 428. Cette aime n'tait pas encore coule que Proclus avait pris position contre les con1

ceptions christologiques du nouveau patriarche. Dans un sermon prononc, le dimanche 23 dcembre 428, dans la grande glise de Constantinople, en prsence du nouveau patriarche, Proclus proclama la maternit divine de Marie, qu'il nomma expressment Thotokos, ainsi que l'unit dn Verbe, Fils de Dieu et fils de Marie. Sur la date de ce sermon, voir plus loin, col. 666. Ce discours eut un grand retentissement et fut plus tard insr dans les Actes grecs du concile d'phse. Marins Mercator a conserv la rplique que Nestorius donna sance tenante au sermon de Proclus. Voir P. L., t. xlviii, col. 782 sq. Loofs, Xestoriana, p. 337 sq. Elle est assez modre dans la forme, mais Nestorius a d voir en Proclus un de ses principaux adversaires, car dans le Livre d'Hraclide il reproche ceux qui recherchaient l'piscopat d'avoir troubl la concorde dont jouissait l'glise de Constantinople . d. Nau, p. 92. Il est clair que Proclus, dj deux fois candidat au sige de Constantinople, est vis cet endroit. 11 n'est pas probable que Nestorius ait pu user de reprsailles contre Proclus, qui, du reste, ne semble pas avoir jou un rle actif dans la suite de la controverse nestorienne et ne parut pas au concile d'phse. Lorsqu'il s'agit de donner un successeur Nestorius dpos, la candidature de Proclus reparut; mais des hommes influents lui opposrent le 15 e canon de Nice, qui prohibe la translation des voques. A leur avis, Proclus, ayant t sacr vque de Cyzique, ne pouvait monter sur le sige de Constantinople. C'est ainsi qu'un vieux prtre, Maximin, fut lu le 25 octobre 431. Socrates, Hist. tccl., I. VII, c. xxxv, P. G., t. lxvii, col. 817 A. A la mort de ce dernier, le jeudi saint 12 avril 434, une partie de la population rclama bruyamment la restauration de Nestorius. Mais l'empereur Thodosell fit immdiatement introniser Proclus, le jour mme de la mort de son prdcesseur. Voir la Synodique de Proclus, dans le Synodicon Casinense, c. cl, dans Schwartz, Acta conciliorum cccumenicorum. t. i, vol. 4, p. 173; cf. P. G., t. lxv, col. 886. Dans une lettre au prfet du prtoire Taurus, le patriarche Jean d'Antioche se rjouit de l'lection de Proclus, mais les partisans obstins de Nestorius, comme Mlce de Mopsueste et Alexandre de Hirapolis, dclarrent ne lias vouloir le reconnatre s'il ne rompait avec Cyrille d'Alexandrie et ne condamnait ses anathmatismes. Voir la lettre de Jean dans le Synodicon Casinense, c. cxxiii celle de Mlce, c. cxi.v celle d'Alexandre, c. cxlx. Schwartz, op. cit., p. 154, 169, 173. Toutefois, Proclus n'eut pas se proccuper de ces derniers partisans de Nestorius ce fut Jean d'Antioche qui s'en chargea; pour lui, il n'eut vincer que Dorothe de Marcianopolis en deuxime Msie. Il est fort probable que Proclus ne fut pas tranger la promulgation de la constitution impriale du 3 aot 435, qui prescrivait de brler les livres de Nestorius et dfendait ses partisans, qu'on devait dsormais nommer simoniens, de tenir des runions. Voir cette constitution dans le Synodicon Casinense, c. ex ci. Schwartz.
;
:

a Proclus pour savoir si Rabbulas avait raison. Il joignit sa lettre un certain nombre d'extraits desuvresdu dfunt vque de Mopsueste. Sur cette affaire, voir Innocent de Marone, fje his qui un a m ei Trinitale vel unam subsislentiam seu prrsi, nain Dominum Xoslrum Jesum Chrislum conflteri dubilant, dans Schwartz, Actaconc.cec, t. iv, vol. 2, p. ()H>-q. Voir aussi la lettre des vques d'Armnie Proclus, retraduite du syriaque en grec par Schwartz, p. xxvn. La lettre publie dans P. G., t. lxv, col. 851, n'est pas

authentique; elle est de l'archimandrite Basile, dont il sera question plus loin. Proclus leur rpondit en leur envoyant son clbre Tome oui Armniens, dans lequel il rfutait la position dogmatique de Thodore sans le

nommer. Peu de temps

aprs, Ibas, qui avait succd Rabbulas sur le sige d'desse, traduisit en syriaque les extraits de Thodore que les Armniens avaient envoys Constantinople et s'effora de dmontrer leur orthodoxie. Proclus fut trs irrit de la manire d'agir d'Ibas. Il envoya son Tome aux Armniens Jean d'Antioche et y joignit les extraits de Thodore. Dans sa lettre d'envoi au patriarche Jean, il qualifiait durement le procd d'Ibas, jugeait svrement les extraits de Thodore, toutefois sans prononcer le nom de leur auteur, et demandait au patriarche d'Antioche de donner sa signature au Tome et de condamner les extraits. Il est fort probable qu' ces documents Proclus avait joint une lettre explicative adresse aux vques du patriarcat d'Antioche, dans laquelle il exposait en quel sens on peut dire Unus ex Trinitate crucifixus est. Deux fragments de cette lettre ont t conservs par Innocent de Marone et par Jean Maxence. qui les attribue

faussement au Tome aux Armniens. Voir la lettre de Jean Maxence au pape Hormisdas, dans Schwartz.
Acta...,
t. iv,

vol. 2, p. 6 sq.

Le

concile

du patriarcat

d'Antioche consentit signer le Tome aux Armniens. dont il loua la belle ordonnance ainsi que sa conformit

aux critures

et la tradition des Pres.

Mais

il

refusa

de condamner les extraits de Thodore, estimant cet vque comparable aux grands docteurs de l'Kglise et ne se croyant pas en droit de juger un mort. Voir la lettre de Jean d'Antioche Proclus, dans P. G., t. lxv, col. 877. Proclus rpondit Jean qu'il n'avait pas demand la condamnation de Thodore ni d'aucun mort et protesta que les chapitres qu'il avait joints sa lettre taient subtilitatem non habentia piclatis. Voir P. G., t. lxv, col. 879. Dans une lettre son diacre

Maxime,

qu'il avait envoy Antioche pour traiter cette affaire, Proclus rpte qu'il n'a jamais demand Jean d'Antioche et aux vques de son ressort que la

op.

cit.. p. 2(ll.

Vers celle poque, Rabbulas d'desse et Acace de Mlitne mirenl en garde les vques d'Armnie contre la doctrine de Thodore de Mopsueste. dont les crits venaient d'tre traduits en armnien. Le concile des

signature du Tome aux Armniens et la rprobation des chapitres qu'il y avait joints et dont il ignorait l'auteur, nu cujus sint ignoramus. Voir P. G., t. ixv. col. 880. Quoi qu'il en soit de cette dernire assertion, il est avr que Proclus refusa d'exiger que Thodore ft nommment condamn, malgr les objurgations que l'archimandrite Basile lui adressa et les manifestations que Cyrille d'Alexandrie, pendant un ceitam temps, multiplia en faveur de cette condamnation. Voir Bauer. Proclos von Konslantinopel, p. 82 sq. Schwartz. Ueber echte uni! unechte Schriftendes Patriarclicn Proclus. p. 27 sq. Voir aussi la lettre de l'archimandrite Basile a Proclus. dans P. G., t. LXV, col. 851 (indique comme tant la lettre des vques d'Armnie Proclus l. Il est assez vraisemblable que Proclus fut l'inspirateur de la letire par laquelle l'empereur Thodose II recommandait m concile d'Antioche de ne nui entreprendre contre des hommes morts dans la paix de l'glise. Voir cette lettre dans le Synodicon Gasincnsc. c. CCIX, Schwartz. Acta.... t. i. vol. 4. p. 241. Cette lettre impriale, qui donnait gain de cause aux vques du diocse d'Orient, tout en paraissant dire que les
;

PROCL
difficults

S
i-

DE CO NST.A \TI NOPLE


2
i (

li(Ki

par iu\

.1

concernant Hicodore avaient it suscites '! en passant --ou-, silence la condamna \ chapitres extraits de ses crits, mil Hn

unie ses prdcesseurs, i >roclus s'effora d'ten v limites du ressort de Constantinoplei c'est ainsi

que

i>.ir

dsigna lui-mme un vque pour Csare de Cappadoce et pour Gangres. Mansi, vu. col. -".:. ->". IIS: Socrates, Ilisi. eccl., I. VU. cxlviii, P.u.. t. i.xvii, col. 840. Il essaya aussi idre son autorit sur 1' |||\ ricum, i|iii rclev ail de la Juridiction romaine; il russit faire insrer au Cod thodosien une loi qui rangeait cette province sous la Juridiction des archevques de Constantinople, mais il ne parvint pas ,i v faire reconnatre son autorit. Sur question, voir le mmoire de Duchesne, L'IUyqu'il

deux fois il d'KpIuHe et

intei

int

dans

l'lection

du n

ricur
n'est
p.i>

ttique, dans glises spares,?. 259 sq. Il improbable que la lettre intitule Epistola
-

siimi

pi constantinopolitani, directa uniformis ad smgulos Oecidentis episcopos, ail t vritablement adresse aux vques d'illyrie et M>it un ves le la tciit.it i\ e de Proclus pour tendre sa juridiction en Occident. s fondant mit une lettre de Thodoret Flaven, TUIcmont a avanc que, sous l'piscopat de Proclus, un ile runi Constantinople avait fix les droits et prrogatives de l'vque de la capitale. La chose est ble. quoique non certaine. Proclus aurait de la ouvert la voie au fameux eau. us de Chalcdoine. Voir la lettre de Thodoret a Flavien, /'. G., t. i.xxxiu. col. 1280; Tillemont, Mmoires, t. xiv. p. 713; Bauer,

octobre, dans /'. <,.. i. xvii, col. 125, et les Menes de novembre. Venise, 1895, p, 123. v ki s i' Les discours. II. il Vlngl cinq s r nions sont attribus a Proclus dans les manuscrits. Vingt sont Intituls Orationes, et cinq Homili, Ces cinq dernires onl t publies pour la premire lois par le cardinal Mai. le plus grand nombre de ces sei mons onl t prononcs a l'occasion de ftes de Notre Seigneur, comme Nol (hom, ivi; la Transfiguration (orat. vin); le dimanche les Hameaux (orat. ixi: le jeudi saint loi al. xi; le vendredi smiit (orat. XI); la R surrection (orat. xn). Plusieurs sont des pangyriques en l'honneur de la sain le Vierge (orat. i. v v <i d'au i. saint trs saints, comme saint Paul (oral, xv Andr du v sosloine (oral. xx>. saint (orat. xixi. saint Jean Clment, martyr d'Ancyre (hom. v La question de l'authenl icit <le plusieurs de ces pices n'est pas encore slillisaminenl lucide. Le plus long des semions, l'orafj'o v i. en l'honneur de la sainte \ lerge, n'est srement pas de ProdUS. Il contient un Ioiil; dialogue entre Marie et Joseph qui rappelle le genre littraire nomm Konlakia, cultive plus tard par Romanos. Sur le Kontakion byzantin, voir le mmoire de Maas dans la Byzantinische Zeitschrift, i. xix. 1910, p. 285 sq. On a aussi mis des doules sur l'authenticit de VoTatio il, qui traite de L'incarnation, de Voratio iv. qui esi un sermon de Nol, et <\\\ pangyrique de saint Etienne, orat. xvn. Toutefois, il est probable que des uvres oratoires de Proclus se trouvent encore enfouies dans le tonds indit les bibliothques. Bien des discours attribus par les ma miser il s a saint Jean Clin sostome, cl dont la critique a reconnu la non-authenticit, doii
i

).

111 sq.

27 janvier 137. Proclus procda la translation du de saint Jean Chrysostome de Comane, lieu de dans l'glise des Saints-Aptres, a Constantinople Cette translation, qui se lit avec une pompe (ordinaire, amena la rconciliation avec la grande dis johannites partisans intraitables du dfunt vque. Socrates, Hist. eccl., 1. Vil, c. xi.v, P. G-, t. i col. 836; Thodoret, Wisf. eccl., 1. V, c. xxxv. kxii.coI. 1265; Bauer, Proklos, p. I6sq. Socramsidre cette rconciliation des johannites comme une preuve le l'esprit pacifique de Proclus. Il le loue pour sa rpugnance a recourir l'autorit impriale contre les hrtiques. Hist. eccl. ,1. VII, c. xlj.P. G.,
i

wu.

i.xvii. col. 832. videmment, Socrates. qui semble priser fort la mentalit irnique de Proclus, veut par la
t.

mettre sa manire d'agir envers les hrtiques en oppoavec celle de Nestorius. Toutefois, on a pu consque. lorsqu'il s'agissait des partisans de Nestorius. lus n'tait pas prcisment accommodant. Un, Proclus baptisa Volusien, l'oncle de Mlanie une, venu a Constantinople pour conclure le ma idocie. tille de l'empereur Thodose 11. avec l'empereur Valentinien III. Avant sa mort. Volusien
que. s'il \ avait a Rome trois hommes comme Proclus, il n'y aurait plus aucun paen dans ville. Itampolla. Snnlfi MelaniaGiuniore, p. 72 sq. voulu voir en Proclus l'auteur du Trisagion; tout ce qu'on peut dire, est qu'au temps de son piscopal lamation tait connue a Constantinople.
a
i

vraisemblablement cire restitus a Proclus. Les discours de Proclus sont tous brefs Voratio vi, fort longue, n'est pas authentique. Ils contiennent peu de rflexions morales et visent expliquer le dogme. Pour la forme. Proclus Imite saint Grgoire de N'azianze, mais en exagrant ses dfauts. Il vite les longues priodes, s'applique exprimer sa pense en petites phrases rythmes qui affectent le paralllisme des membres. Sur la forme des serinons de Proclus, voir Norden. Die antike Kunslprosa, t. n, p. 855, qui a donn une srie de textes bien caractristiques <le la manire de Proclus. Uoratio i a lut prononce en prsence de Nestorius, le 23 dcembre 428. Les anciens critiques croyaient que cette homlie avait t prononce le jour de la fte de l'Annonciation. Mais nous savons maintenant que du temps de Proclus celte fte n'existait pas et que Proclus n'a pu louer l'incarnation qu'en connexion avec la fte de Nol. Voir Abraham d'phse, avec la note de Bardcnhcvver. dans Miirirn/iridifilcii (1er patristischen
veiti
:

il, p. 107, 109. )ans cette homlie. Proclus confesse la maternit divine de Marie et l'unit du Verbe divin. pj| s de Dieu et Fils de la Vierge. Ds le dbut, il s'crie que c'est en l'honneur de la vierge Marie Thotokos que les tideles sonl assembls- P. <>.. t. lxv, col. 689. Il fait remarquer que celui qui est n de la \ ierge n'est ni uniquement Dieu, eo o '(x>\jm6 ni simplement homme v6p<7C0 o <|iXo. Rpondant celte objection qu'il n'est pas convenable pour Dieu d'entrer dans h- sein d'une femme, il expose qu'il ne aurait

Z<

sq.

mourut probablement en 146


ai
Il

et

il

eul
lui

le

de (.balcdoine

de draiid. Mansi. p. cit., t. vu. fut soin. -ut nomm- et eiti sous l'empereur

mps de

la

controverse thopaschite
s.

milieu uls quelet


le

du Moyen
octobre nin; \h
le

d'habiter la maison lui pas di shonor en crant le sein de la femme, il ne saurai! tre dshonor en v naissant. Dans une longue apostrophe au sein de la Vierge, il l'appelle le temple dans lequel Heu est devenu prtre sans changer de na1 ure, mais en ml celui qui est selon l'oldre de Melelu 31 r|. h Prcisanl sa doctrine christologique, il dclare que, si Dieu n'a pa habit le sein de la Vierge, notre chair maintenant n'est pas assise sur le trne de Dieu Celui qui est impassible de sa nature es! devenu sujet
tre

ignominieux pour

l'art hitei te
si

qu'il a construite e1 que,

Dieu ne

667

la

PROCLUS DE CONST

NOPLE

CG8

souffrance en vertu de nu misricorde. Le Christ pas devenu Dieu par suite de ses progrs, mais, tant Dieu, il est devenu homme en vertu de sa ml corde... Nous ne proclamons pas un homme devenu Dieu, unis nous croyons qu'un Dieu est devenu homme. - Le Christ, 'lit il ensuite, esl de sa nature (comme Dieu) suis mre cl selon l'conomie sur terre
n'est
-

n'avaient pu leur procurer que l'ordre de la vit teriestre, Ignorants qu'ils taient de la Mutable vie. En revanche, les vertus chrtiennes ne se bornent pas ordonner la vie prsente, elles lvent aussi l'homme vers Dieu. Les principales vertus chrtiennes sont la roi, l'esprance et la charit, l a l"i communique aux boulines les biens surnaturels, ~'J- Jrp oiv, et l'as

(d.ms l'incarnation) ;ans pre. C'est ainsi que saint r..Tup, Paul a pu le proclamer sans pre e1 sans mre, ;j.y)T<op. S'il n'tait qu'un homme, contine-t-il, il ne pourrait tre sans m ire, et, s'il n'tait que Dieu, on ne le pourrait dire sans pre, car il a un Pre (dans la Trisa nit). Maintenant, le mme Christ est sans mre en qualit de crateur et sans pre en sa qualit d'homme. Tous les hommes, tant pcheurs, devaient tre livrs la msrt, moins que cette peine ne ft rachete. Or, comme ni un ange ni un homme ne pouvait fournir cette expiation, il fallait qu'un Dieu la prt sur lui et subt la mort. Voir ibid., col. 685. Si le Christ est un autre que le Dieu Logos, alors il n'y a plus de Triade, mais une Ttrade. A la lin de son discours, Proclus fait allusion la doctrine de Vuterus clausus. Le Christ, comme il y est dit-il, est sorti du sein de la Vierge entr, par l'oue, Si'cbcoj, il fut mis au monde comme que la Vierge et en ptir, il fut conu, il y entra sans dcraxco, et il en sortit d'une manire ineffable. Ibid.,
692. L'oratio n a a d tre prononce aprs la condamnation de Nestorius, car Arius, Macdonius, Eunomius et Nestorius y sont appels le quadrige du diable .
col.

le

fond de ce discours est sensiblement de l'oratio i a Notons cependant que cte Proclus enseigne que, si Dieu forma Eve de la d'Adam pendant le sommeil de celui-ci, c'tait afin que l'homme, ignorant le mystre de la naissance de la femme, ne prtendt pas lucider le mystre de la naisIbid., col. 693. Le que celui

mme

sance du Christ. Ibid.,


L'oratio

col.

697.

du temps de Proclus

chrtiennes clbres naissance du Christ, la sanctification de l'eau (Epiphanie), la passion, la rsurrection, l'ascension et la descente du Saint-Esprit. Ibid., il col. 705. Revenant sur le mystre de l'incarnation, enseigne que la naissance du Christ fut le commencemsnt et le non-commencement de celui qui naquit ce jour-l, le commencement de l'humanit, tandis que la divinit n'a pas de commencement , et ralisa l'union sans mSlange des deux natures du Verbe et de la chair. Dans l'oratio xn a nous lisons que la lumire d'en haut s'est incarne dans la Vierge TpsjtTw, su-o^o, SiaipTC, sans subir ni changement, ni mlange, ni
a

numre
:

les ftes

la

aux tres spirituels. L'esprance donne la ferme confiance qui nous fait vaincre le prsent en reprsentant a notre pense l'avenir qui n'est pas encore prsent. Enfin, la charit est le point principal de la religion, "'est elle qui a provoqu l'incarnation. La foi est le miroir de la charit, et la charit est la consolidation de la foi. Ibid.. col. Aprs avoir brivement parl de la cration, du pch d'Adam, de la servitude par la loi mosaque, Proclus aborde l'expos du mystre de l'incarnation. H prcise que le Verbe divin n'est pas entr dans un homme fait, e tssiov avOpwTrov, mais qu'il est remont au principe de la gense de l'homme >, c'est-dire s'est pli la conception et la naissance. Il ne s'est pas non plus transform en homme, la divinit demeurant au-dessus du changement. L'criture enseigne que le Verbe est devenu chair et qu'il a pris la forme de l'esclave. Joa., i, 14; Phil., n, 7. En choisissant le terme yveTO, il s'est fait chair, l'vangliste a indiqu l'unit du Verbe incarn; en employant l'expression // a pris la /orme d'esclave, l'Aptre fait ressortir l'immutabilit du Fils de Dieu. Devenu homme, le Dieu Logos n'a subi aucun amoindrissement dans sa nature immuable et, par sa communaut de soullrance, En il a manifest sa parfaite similitude avec nous. expiant le pch, il a rendu la nature la noblesse qu'elle avait perdue, ayant par son incarnation honor la nature qu'il avait lui-mme forme de la terre, t II n'y a donc qu'un seul Fils; honorant la Trinit consubstantielle, nous ne lui ajoutons pas une quatrime ralit. Il n'y a qu'un seul Fils, n du Pre sans commencement..., qui, s'il parut sur terre, ne fut pas spar du Pre. Ce Fils voulut sauver ses cratures et il les sauva aprs avoir habit le sein qui est la porte commune de la nature, le sein qu'il a sanctifi en y sjournant et qu'il a scell par sa naissance; par son enfantement qui surpasse la nature, il a dmontr que son incarnation surpasse l'entendement. Le Christ n'est pas un autre que le Dieu Logos la nature divine ne connat pas deux Fils; l'Unique a engendr le Fils unique... Si le Christ est autre que le Dieu Logos, alors le Christ n'est qu'un simple homme, mme s'il est le temple de Dieu... Si le Christ n'est qu'un simple
soeie
:
:

a sparation. Ibid., col. 789. Dans l'oratio xv prononce le jour de Pques, Proclus donne, dans une interprtala doction du prologue de saint Jean, un expos de trine trinitaire dans la ligne de saint Grgoire de
,

homme, comment
genou devant
P. G.,
t.

les tres clestes ont-ils


Il

pu

flchir le

lui? Phil., n, 10.

est

Dieu de Dieu.

800 sq. Les manuscrits ont conserv un certain nombre de lettres de Proclus. Dans la collection publie dans la P. G., la premire de ces lettres est donne comme tant celle que les Armniens envoyrent Proclus quand ils le consultrent sur l'orthodoxie de Thodore de Mopsueste.
Nazianze. Ibid., 2 Les lettres.
col.

remarquer que cette indication vques d'Armnie n'tant conserve que dans une traduction syriaque, que Schwartz a retraduite en grec et publie dans les Acla cumenicommconciliorum, t. iv, vol. 2, p. xxvn. La premire crite Prolettre publie dans Migne est celle qui fut clus par l'archimandrite Basile pour lui demander de

Nous avons dj

fait

est fausse, la lettre des

condamner nommment Thodore. T. i.w, col. 851. La deuxime lettre de la P. G-, ibid., col. 856 sq., est le clbre Tome aux Armniens. Proclus dbute en
exposant que
les philosophes grecs avaient eu raison de distinguer les vertus cardinales, mais que celles-ci

lxv, col. 860 sq. Proclus rappelle ensuite que ceux qui estiment la crche, les langes, le sommeil, la faim et la soif indignes d'un Dieu, nient 1' conomie , parce qu'ils nient la souffrance. En niant l'conomie, ils ne croient pas l'incarnation et, en niant l'incarnation, ils ruinent leur propre vie. Quant moi, continue Proclus, je ne connais qu'un seul Fils et je confesse une seule hypostase, TTaTao-'.v, du Logos incarn... qui a endur les souffrances et accompli les miracles. Ibid., col. 864. Ses adversaires objectaient: La Trinit consubstanticlle est au-dessus de la souffrance; or, le Dieu Logos est de la Trinit; par consquent, il est au-dessus de la soullrance. A ce syllogisme, Proclus rpond En raison de la divinit, la Trinit est consubstantielle et au-dessus de la soullrance; en disant qu'il (le Logos) a souffert, nous ne prtendons pas qu'il a souffert sous le rapport. t<o Xyco. de sa divinit, la nature divine tant inaccessible a toute soullrance; mais en confessant que le Heu Logos, l'un de la Trinit, tgv Sva T7j TptSo, s'est fait chair, nous expliquons ceux
:

PROCLUS

PRODIG

\l.l II

670

qui cherchent, en gardant la foi, pourquoi il s'est rail tir vaincre les passions ei la souffrance, Dieu :.nt homme puisque la souffrance el les passions ne peuvent atteindre que les tres composs, tandis que la nature divine est essentiellement simple; mais, en devenant un homme, le Verbe ne cesse pas d'tre Dieu. A ceux qui avanaient que celui <|ui est n d'une fantme ne pouvait ncessairement qu'tre un homme, us ri'|>oiul que la naissance virginale ilu Sauveur nerve ce raisonnement et implique la di\ Inlt de celui qui est n de Marie. Il'ul.. col. B Proclus termine en insistant de nouveau sur l'unit lu Verbe incarn qui .1 cr le monde, inspir la Loi s prophtes et qui s'est fait homme la tm des temps .. Il invite les Armniens a ne construire leur fol que sur l'unique fondement qu'est le Christ et ne point se laisser induire en erreur par une fausse science.

plagien ci qu'elle visail la doctrine augustinlcnne. Or, argumente Schwartz, il est Inadmissible que Pro lus ail scuis ( ril aux ides des amis de Thodore de

Mopsueste et de Nestorius. Par consquent


sciait

la

lettre ne

Mais Die kamp fait remarquer que celte polmique ne contient rien de spcifiquement plagien ci traduit simplement les ides gnralement reues dans l'glise, et tout pal licuiirement chez les Grecs. Rien ne s'opposerait donc .1 l'attribution de cette lettre a Proclus. Theologische Revue, 1917, p. 355 sq. Voir la letl re AdOi cidentis pis sq. copos, dans Schwartz, Acla..., I. i\. vol. p. Le r. et lus de lr, dili< ne dii'iiue rniss.e, /'. (/'.. t. i.xv, col. 849 859, n'tst pas de Proclus. Il en est de mme d'une explication de l'oraison dominicale, publie en 1898 par Krasn seljecev. Surcel crit, voir Krumbacker dans Byzanlinischt Zeilschri/t, t. vin. p. 230.
pas de Proclus. Konzilstudien,
p. 36.
'_'.

<;.">

Le Tome aux Armniens a joui d'une grande autorite et il fut traduit en syriaque, en armnien et en latin. Innocent de Marone a cit comme provenant d'un
Ibiil
.

me Tom: aux Armniens un fragment qui pol contre la conception subordinatienne de la Trinit. La tradition historique ignorant compltement stence d'un second Tome aux Armniens, l'attribution de ce fragment a un second Tome ne peut tre que fautive. Toutefois. Schwartz va trop loin en dclarant que ce fragment n'est pas de Proclus, Koniiltludien. p. 17. Nous avons dj fait remarquer que l'orafio xv contient un expose de la doctrine trinitaire. Il est fort possible que le passage cite par Innocent de Marone provienne d'une homlie ou d'une lettre de Proclus. Voir ce fragment dans Schwartz,
..

Les dtails de la vie de PrOCluS se trouvent dans Sociales, i.xvu. Histoire ecclsiastique, I. VII, passim, /'. C. t. es crits de Proclus, dans /'. (,.. t. ix\, col. 680 Sq. Bardenhewer, Geschichte der cdlkirchlichen Lileratur, t. rv, 1924, p. 202 sq.iBauei, Proklos ixiu Konslanlinopel, .Munich, toi i; Y. Grume), Les regestes des actes du patriarcal de Constanlinoplc, t. i. tasc t. 1932, p. 36-43.
I

(i.

itnz.

t.

i\.

mme

vol. 2, p. 72. Innocent cite

deux autres fragments de

Proclus. qu'il attribue a un Liber de fuie. Nous axons vu qui- ce Liber de fuie n'est autre que la lettre explicative jointe par Proclus au Tome aux Armniens
l'il envoya cet crit aux vques du diocse nt. Proclus polmise contre ceux qui refusent lettre que le Christ de Dieu a t crucifi. Il leur dilemme: Celui qui a ete crucifi est un de l.i rinit ou un autre: s'il est un de la Trinit, la question est rsolue; si c'est un autre, alors le Seigneur est une quatrime entit hors de la Trinit. /'. G., t. i.xv. ans le deuxime fragment, nous lisons In crucifi dans la chair qu'il est devenu, ne in >)a foetus est, non dans la divinit par laquelle il est uni au Pre et au Saint-Esprit... Si nous il a ete crucifi dans sa divinit, nous attriI :

Procope de Gaza naquit vers 170. il enseigna avec grand succs la littrature et la rhtorique dans la clbre cole de sa ville natale. Il mourut Gaza vers 530. Procope est surtout connu comme auteur de chanes. Sur celles-ci, voir l'art. l'rocope de Gaza, du Dictionnaire de la Bible t. v, col. 686. Notons cependant qu'il ne saurait lrc question d'une position exgtique prise par Procope il n'est (pie compilateur et transmet simplement les explications puises aux sources, l.a Patrologie de Migne donne cent quatre lettres de l'rocope; la collection des Epistolographi Gruci en contient cent soixante-trois. Le vieux philologue allemand YYester:

PROCOPE DE GAZA.

buer!

france a
I

la

Trinit. Mais, en disant qu'il

liair.

Trin

icifi,

nous affirmons qu'un de la mais que la nature de la Trinit


I

marui apprcie ainsi ces lettres eas de minuits rbus ac de nihilo plcrumque salis urbanitalis jormulis agere. De epistolis grcis commeidarius. t. i, p. 15. Kn effet, leur intrt historique est nul. Le pangyrique de l'empereur Anastase I" prononc par l'rocope au dbut du vi e sicle glorifie les vertus et les faits et gestes de cet empereur, mais sans souiller mot de sa politique religieuse. Anastase y est compar aux hros de l'antiquit, Cyrus, Agsilas, Philippe de .Macdoine. Voir ce pangyrique. P. G., t. i.xxxvn, col. 2793 sq. La description de Sainte-Sophie de Constantinople, attribue a Procope de Gaza, voir ibid., col. 2827, n'est pas de lui, mais de son homonyme, Procope de Csare. La Monodie sur l'effondrement de cette mme glise n'est pas de notre Procope, mais de Pscllos. Voir cette
:

de
li:

le

irnes, ni le
1

souffrance... Ce qui s'est Pre et le Saint-Esprit ne Pre ni le Saint-Esprit n'ont

de

la

Trinit s'est incarn, le Iils; sa

Monodie, ibid., col. 2838 sq. Le fragment d'un ouvrage polmique contre le philosophe Proclus n'est que le xi \i" chapitre de la rfutation de Proclus par Nicolas de Mcthone, thologien byzantin du xir sicle. Voir

divin

meurc impassible, c'est dans la chair, h 'il a endur la souffrance. ". Voir ces fragments dans
;

ici, t.

xi, col. 620.


les crits

Tous

de Procope se trouvent au

t.

lxxxvii de

Schw
Laletti
trinitaire et
I

i\. vol. j. p. 73.

lOccidentisepitcopos, rcemment bute par un bref expos- de la doctrine ch |ue. Vient ensuite une contromtre les ngateurs du libre
idant

la ]'. i'i. Voir aussi l'.ardenhew er, (irsehicllte der altkirclllichen Lileratur, t. \, 1932, p. Mi sq.; K. Seitz, Die Schulevon Gaxa, Heidelberg, 1SU2, ]. 9 sq.

C. Fritz.

PRODIGALIT.
la

lue tude thologique de


I

prodigalit doit se rai tacher a une double

lad il ion

que

bat

actions humaines sont L rmission des pchs par le lent mise en relief. On a Suppos
les
1

a celle ipie

commande
Il

Luc., xv.

24,

et

parabole de l'cnfanl prodigue, celle des philosophes moralistes.


la

episropos de l'Illyricum, qui. par

due a l'Occident. polmique contre les arbitre ne pouvait provenir que d'un

La premire est pins oratoire, moins prcise, plus mouvante; la seconde, pins technique. Il existe nanmoins entre les deux traditions un accord substantiel. La faute de l'enfant prodigue ni st pas prcise avec
la

que

la

dernire rigueur par

le

texte vanglique.

Deman-

der, le pre vivant, sa part d'hritage n'est pas de soi

H7I
rprhensible
Bis, ci
il
;

PRODIGALIT
semble que
toutefois, ce geste peul dnoter chez le ici suit le cas ici. une certaine prassez habituelle aUX jeunes yens. Celle

672
rectifi.

tueusement

tre juste, temprant,

iiiiscricor-

cipitation,

apparence se confirme si l'on prend garde a la rapidit avec laquelle il ralise ses biens, a son gOl les a\cn lires, puisqu'il va loin, a sa prodigalit imprudente Lagrange, vangile selon saint Luc, 3e d., p. 122. Par ce dernier trait, le commentateur dsigne une dissipation rapide et Irrflchie. La suite de la parabole n'in(

dieux, bienfaisant et magnifique ne dispense point de eette vertu de libralit qui apprend simplement a faire acte de inaitrc, d'homme libre, dans l'usage de la
richesse.

siste

pas sur l'usage qui a t fait les richesses le iv acoTco, que la Vulgate traduit vivendo luxwiose, n'exprime gure qu'une vie de dpenses. Il est vrai que chez les jeunes gens la prodigalit vienl souvent du liberti nage; de. plus, l'indiscrtion du lils an, peut-tre bien renseign, nous apprend (pie le prodigue a mang avec des courtisanes la part de son hritage. Enfin, nous voyons qu'au heurt de la dure ralit le prodigue s'est assagi, rentrant en lui-mme, et que sa conversion sincre lui rend avec les laveurs de son pre sa place de fils au foyer. C'est sous ces traits que se prsente la notion traditionnelle de la prodigalit en thologie biblique et pastorale pch de jeunes consistant en un dfaut de prudence quant l'usage des richesses. li une certaine prcipitation de l'esprit et d'ordinaire en dpendance d'un temprament exubrant qui prdispose en mme temps aux faiblesses de la chair, ce vice n'est pas foncirement antipathique, comme le serait l'avarice, parce qu'il ne semble pas dtourner la nature de ses voies essentielles, parce qu'il est exempt d'opinitret et parce qu'il trouve pour ainsi dire en soi sa limite et son remde. Tel est dans ses grandes lignes le portrait classique du prodigue; en l'tablissant d'une manire plus scientifique, la thologie morale ne le modifiera pas essentiellement. Nous allons exposer celle-ci, telle que l'a labore saint Thomas d'Aquin. I. Nature. Au dire de saint Augustin, De lib. arbitrio, 1. Il, c. xix, la vertu consiste dans le bon usage des choses dont on pourrait msuser. Au nombre de celles-ci figurent assurment les biens extrieurs; quiconque les possde dtient l'gard de ceux-ci un pouvoir et un droit d'usage qu'il sied de mettre en uvre vertueusement. Voir l'art. Proprit. Cette rgle vertueuse a pour matire propre toutes les ralits extrieures dont il est loisible l'homme de faire emploi. Cependant, la richesse pcuniaire mrite de retenir notre attention un titre particulier, car elle mesure et reprsente toutes les autres. Sum. theol., IlaII^, q. cxvn, a. 2, ad 'if. Quiconque use vertueusement de son argent est cens capable de la mme vertu dans l'usage des biens naturels, pourvu que l'on considre ceux-ci strictement sous leur aspect de richesses employer. Car toutes les richesses et l'argent lui-mme peuvent tre traits selon des points de vue diffrents. L'usage des biens de consommation doit tre gouvern par la vertu de temprance ou par l'une ou l'autre de celles qui prsident la modration de la dpense; la justice gouverne l'usage de l'argent si l'on considre celui-ci comme le moyen d'teindre une dette, c'est--dire de rtablir une galit relle, objective et extrieure entre les uns et les autres; la vertu de bienfaisance intervient de son ct si par le don se ralise le vouloir bienveillant d'un cur pris de dilection; il s'agira de misricorde si l'on donne pour combler une misre; est-il question enfin de dpenser largement en vue de raliser de grande* choses, c'est la magnificence que l'on aura affaire. Ibid.. q. cxvn, Sans autre a. 3, ad l am q. cxvm, a. 2, ad 2 um rfrence, c'est l'usage de la richesse en lant que ri chesse, de. la monnaie en tant que telle, qui intresse la vertu de libralit. Quel que soit le mobile extrinsque qui nous pousse faire usage de nos biens, ce! usage pur et simple mrite, pour lui-mme, d'tre ver: :

Notons-le toutefois, l'argent ni les richesses natune sont matire immdiate de la vertu de libralit. Celle-ci consiste exactement a mettre bon ordre aux sentiments que l'on nourrit a l'gard de ces biens amour et dsir, d'ou rsultsnt dlectation a les pi der et tristesse a s'en dfaire. La libralit a donc pour objel immdiat ces passions humaines, mais celli en tant qu'elles sont affectes par l'argent et les richesses. Aussi ces ralits extrieures demeurent-elles, de faon mdiate, matire propre de la libralit, et celleci a-t-elle pour dernire vise d'en rgler l'usage. Ibid., ad 3. Quelque but q. CXVII, a. 2, ad 1""; a. que l'on vise en usant de ses biens, il faut en effet se pntrer de cette vrit que l'usage de la richesse doit s'accorder la nature de celle-ci et l'espce de pouvoir qu'obtient sur elle son lgitime possesseur. Argent denres, maisons, bijoux, crdit, si on les considre sous leur commune raison de richesses, sont essentiellement des biens utiles, c'est--dire des biens qui n'ont d'autre fin que d'tre employs. Ibid., q. cxvn, a. 3. On peut et l'on doit les estimer et les rechercher, mais pour cette valeur d'utilit et pour cette possibilit d'emploi, et non davantage, moins que telle richesse ne vaille accidentellement, un autre titre, comme uvre d'art par exemple ou comme souvenir d'une personne aime. D'autre part, si les biens comme tels ne peuvent tre estims qu'en vue de leur emploi, on ne conoit pas non plus que leur possesseur jouisse leur gard d'un autre droit que du droit d'en user. Qui s'y attache au point de les rechercher avidement et de ne pouvoir, l'heure venue, s'en dfaire, ou qui s'en dsintresse jusqu' ngliger de s'en munir et de contrler leur usage, marque bien qu'il mconnat leur ralit de biens utiles et manque la vertu de libralit, l par avarice, ici par prodigalit. On voit comment la prodigalit s'oppose en mme temps l'avarice et la libralit. Celle-ci suppose chez le matre des sentiments tels qu'il puisse user de ses biens correctement, en homme libre, mais aussi en homme srieux, conscient de ses responsabilits et prvoyant. L'avare excde en ce sens qu'il a trop d'allection pour l'argent, mais il pche en dfinitive par dfaut puisque, ne pouvant se dfaire de ses biens, il omet de les employer quand et comme il faut; le prodigue, au contraire, ne prisant pas assez les biens de la fortune, en fait un usage excessif puisqu'il les dpense quand et comme il ne faut pas. Ibid., q. exix. a. 1. On voit aussi pourquoi c'est l'occasion de la justice que la thologie aborde les questions de la prodigalit, de l'avarice et de la libralit. Il ne suffirait pas de remarquer que la libralit est ncessaire qui veut payer exactement ses dettes, vu que l'avarice rend ce paiement trop douloureux et que le prodigue se met dans le cas d'tre insolvable. Ces consquences de la prodigalit aussi bien que de l'avarice ne sont pas moins funestes aux actes de misricorde, de bienfaisance, de magnificence, lui manquant la libralit, le prodigue ne manque pas la justice le libral donne du sien propre, tandis que le juste donne chacun son du; de plus, la libralit rectifie directement les affections, la justice met avant tout bon ordre aux oprations. Il y a nanmoins une certaine accointance entre la justice cl la libralit parce que l'une et l'autre vertu, quoique des degrs ingaux, s'occupent et de biens extrieurs et de rapports avec autrui. Mme l, il convient de faire la prodigalit un sort spcial: on sait en effet que l'on ne peut enfreindre la justice que par dfaut des deux \ ices opposs la libralit, l'avarice
relles
:

.'i,

PRODIG U.ITK
par dfaut et l.i prodigalit par excs, le second ne soufTre pas de cette disgrce spciale de ressembler a .li- l'injustice. Ibid., a, cxvn, a. 5; De malo.
q.

\m.

a.

I.

Pour discerner plus exactement encore la nature de prodigalit, il faut se rappeler que l'usage des ser des richesses prsente une certaine complexit,
la
l

biens extrieurs ne consiste pas, sans plus, a les con sommer pour satisfaire ses besoins directement el Immdiatement. C'esl encore user des biens extrieurs que de les transformer, les rpartir, les conserver, les amnager en vue d'une plus satisfaisante consomma
lion.

jamais eu repos, confiant dans son toile, excit par les convoitises de la chair et par les sducl ions de la gloire, tant de biens capiteux sollicnl a lui cl 'eut rainent qu'il en conoit moins d'estime pour l'argeill cl pour l.i scurit qu'il procure, il le dpense sans regrel pour satisfaire a ses multiples besoins, rels ou imaginaires, mais Immdiats. La vision de l'avenir avec ses alas, ses responsabilits, ses charges, avec la perspective d'une vu- moins intense el d'une activit moins eon qurante, de l'avenir qu'un mnagement judicieux de s.i fortune pourrait assurer, ne le louche pas encore, loiil ce qui lait l'imprudence de la jeunesse [ail aussi
l

On

<-n

use encore puisqu'on les emploie, mais on

sa prodigalit.

n'en
tion

fait cel

davantage
q,
.1

usage prparatoire que pour les appliquer leur usage dfinitif, a leur destinal.

essentielle, qui esl leur consommation. Ibid., Le libral connat el pratique la me cxvn, sun- convenable a chaque tape. Sachanl el voulant dpenser, tant pour ses besoins propres que pour ceux d'autrui, il ne nglige pas de s'en donner les moyens en amassant, en conser\ ant, en administrant. l.'av are, trop attach la possession de l'argent, amasse, conserve el administre, sans dpenser. Le tort lu prodigue, faute de prendre en considrai ion la valeur de 'argent, est de dpenser a tort et tra\ ers. sans souci de gagner
l

conoit, l'ge importe moins ici que l'quilibre l'es personnes d'un naturel exubrant el prime-sautier conservent sous les cheveux blancs leurs
le

On

du caractre,

entranements prodigues. D'autres, de complexion physique moins gnreuse, <m que la vie a plus tt mries, que la misre a peut tre dj touches, sont dis le jeune ge ennemies de la prodigalit el mme enclines l'avarice. Il semble que les causes de la prolin de compte se renconlier en ce carrefour le commandement prudentiel qui dclenche l'usage des biens extrieurs se trouve corrompu, sons certaines influences affectives, dans quelques uns de

digalit doivent en
:

ni

de conserver. - choses ne vont pas toujours


.

\;\.

a.

l.

ad

um

a.

:!.

ne montrent nulle ngligence a Il arrive en effet au prodigue, par ncessit, s'il veul que dure son train de vie dispendieux, ou par drglement moral, s'il n'a plus souci de la mesure vertueuse, lercher et de prendre son bien un pin partout et
scrupule. Le voil doue attentif,
et plus

simplement. Ibid., ad _'". Tels prodigues poursuivre les richesses.


si

antcdents rationnels, ('.es influences affectives variables; le plus souvent, le prodigue se voit entran par l'intemprance ou par les vices de prsomption, d'ambition et de gloriole. Ses dficiences
sont

ses

dans

prudeiitii Iles les plus ordinaires sont la prcipitation |e conseil et l'inconsiderat ion lu jugement. En

oui re. la ngligence lui te habituellement la sollicitude ncessaire a l'acle mme du com mande ment prudentiel,
ce qui si- traduit par du laisser-aller dans la gestion de ses biens el par je ne sais quel dfaut de suite dans
la

comme

le

libral

encore que le libral, a gagner, a administrer, a amasser; mais ce n'est point libralit, c'est la suite d'une prodigalit qui se soutient. it-il ajouter que l'excs et le dfaut dont il est ion ne se rapportent pas une mesure dtermine quantitativement? Si l'avare dpense trop peu et le rop. c'est par rapport a la mesure vertueuse qui convient et que la prudente seule dfinit. Quand il le faut, le libral n'hsite pas dpenser largement et plus que ne ferait peut-tre le prodigue. Il fait preuve de libralit parfaite et non de prodigalit, celui qui
!

dpense. Voir Prudence. III. Gravit du vice de prodigau

i'..

On

aurait

distribue tous
'

s, biens pour suivre le Christ dans un bernent complet et effectif. Ibid., q. exix, a. 2,
-,

Il

LA PRODIGALIT

(cf.

Slim. thcuL. II'n'est vi-

II, q.

cxvn,

a.

1,

ad

'

i.

La jeunesse

demment

pas une cause propre de la prodigalit. Si la Jeunesse est souvent prodigue et la vieillesse avare, par rencontre, Car il se trouve que la considralion des richesses, trop nglige du prodigue, s'acquiert -dment avec l'exprience de la misre: il est naturel que les jeunes gens, s'ils ne connaissent la rputation, fassent peu de cas des biens
urs.

d'imputer connue essentielle la prodigalit la malice des drglements qui peuvent l'engendrer ou qu'elle peut accidentellement provoquer. C'est ainsi. par exemple, que les habitudes d'intemprance fournissent maintes occasions de prodigalit; c'est ainsi que le prodigue est souvent conduit s'carter de la justice ou de la bienfaisance, s'tant rendu incapable de pav erses dettes ou de remplir le devoir de l'aumne. Mais ces considrations ne doivent pas nous retenir. Stim. IheoL, UMI* q. c.xix. a. 3, ad 2 " La malice propre du vice de prodigalit est relativement lgre. Dr malo, q. xm, a. 2, ad 2um sed contra; II II*, q. exix, a. 3, corp. et ad 3". Cette conclusion ressort d'une triple considration. Tout d'abord la prodigalit conserve, dans les grandes lignes, beaucoup d'analogie avec la libralit, laquelle elle ne s'oppose qu'en exagrant son allure; le libral avant tout esl
tort
11
1

1 -

de chrir particulirement ce (puvieillard qui, au prix de patients iolidement assis sa fortune craint de compromettre sun uvre et verse aisment dans l'avarice. Le jeune homme, au contraire, s'il est riche de naissance si enrichi subitement par un coup de fortune, n'prouve pas cet te corn plaisance particulire a Te Lard de l'argent n'av ant pas eu la peine de le gagner, il n'y attach et il le gaspille aisment. 'm. plus profondment, les caractres naturels de osent celle-ci la prodigalit, tandis prdispose par les siens a l'avaune homme est dbordant de vie. d'activit, le projets; il si> dcide de prime saut el supIl

est naturel aussi


fait.

donnant et dpensier ; il se dfait sans peine ni trouble de ses richesses. A contretemps sans doute el trop aisment, le prodigue en use de mme; tout excs, mis a part, son orientation est la bonne, elle est conforme a la nature des choses.
est vrai que la prodigalit enpour plusieurs de ses proches ou Obligs des consquences lcheuses, celles-ci sont ncessairement limites. La manne distribue en excs n'est pas perdue pour tout le monde, et celui-l mme qui s'appauvrit par d'intempestives largesses, outre la satisfaction trs pure de faire des heureux, retire de son mi profil certain il esl entour, considr, il n'a pas de peine exercer une influence sociale ei gagner tous les curs. Il est juste d'ajouter, avec saint Albei le Grand commentant Aristote, que le prodigue peut trouver la encore une autre occasion de pch, par exemple d'intemprance ou d'ambition. In l\ "

Le

En

second

lieu,

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le

sujet

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le

moindre
flVTIIOL.

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dans l'excul ion

Elhic,

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I.

c.

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io.

Tlll.ul..

T.

XIII

675

PR

D GAL T
I I

PROFESSION DE FOI

676

Enfin, la prodigalit a ce1 avantage estimable de se gurir aisment et comme de soi. C'est que le prodigue est amen trs tt, par la fore des choses, restreindre ses largesses, incapable qu'il est de soutenir son train de dpenses. C'est pour lui l'heure de la rflexion et sans

doute du salut. Et, d'autre part, mesure que les annes passent et avec elles la ferveur bouillonnante de la jeunesse, le prodigue tend a s'amender. Plus riche d'exprience, plus conscient de ses obligations chaque jour plus nettes et plus urgentes, il voit aussi s'apaiser l'ardeur de vivre, le dbordement d'activit, la vivacit des impressions, l'exubrance et l'eut ralliement des dsirs et des passions. Le dclin de la vie physique
le rend plus incertain du lendemain et dsonnais moins soucieux de risquer que de retenir. IV. Remdes a la prodigalit. L'ge et la pauvret, s'ils limitent ou attnuent en fait les carts du prodigue, ne rectifient pas ses murs. Ce sont des freins plutt que des remdes. Mais la prodigalit ne relve-t-elle pas d'une cure proprement morale et spcifique? Nous avons mentionn parmi les causes de ce vice certains entranements passionnels. Il va de soi que pour gurir le prodigue il sied de remdier aux vices d'intemprance, de prsomption ou d'ambition, qui provoquent le plus souvent ses largesses excessives; le traitement moral doit s'adapter aux circonstances de chaque espce. En mme temps que l'on tche de rtablir l'quilibre affectif du sujet, on doit redresser son quilibre prudentiel, uvre de longue haleine, pour le dtourner de ses habitudes d'irrflexion, de prcipitation, d'imprvoyance, de ngligence. Mais, si l'on ne connat pas de spcifique luttant directement contre la prodigalit, il est juste et rconfortant de constater que tout progrs moral concourt gurir le prodigue. Tout ce qui apaise ses entranements passionnels, tout ce qui veille et assure en lui le jugement prudentiel, lui donne l'gard des richesses plus de matrise. La victoire sera complte si, utilisant la vivacit et la gnrosit de son naturel, on sait inspirer au prodigue le got rflchi d'une entreprise considrable et excellente par l, les plus grandes dpenses seront justifies, et notre prodigue s'lvera la magnificence et la libralit parfaites.

extrieur de foi risque beaueQUp de perdre la foi totalement; l'abstention en cette matire, l'exprience le prouve, amoindrit les convictions et favorise le doute, tandis qu'une profession ferme et ouverte fortifie la croyance intrieure. Celte abstention ne va pas d'ailleurs sans une irrvrence rave a l'gard de Dieu, a qui n'est pas rendu l'hommage universel qui lui est d, et sans un grave dommage pour l'me, qui. s'abstenant de professer sa foi, s'abstiendrait, par exemple, de frquenter les sacrements. Enfin, elle suppose une certaine lchet de la part du chrtien, qui n'ose conformer sa conduite sa croyance; elle fait de lui un citoyen indigne de l'Eglise, socit visible, qui rassemble ses membres en une mme unit par la profession extrieure de la mme foi. 2 Si l'existence du prcepte ne fait de doute pour personne, la dtermination de son extension est plus dlicate. On peut y distinguer deux aspects l'un affir:

matif, l'autre ngatif.


1. En tant qu'affirmait), le prcepte, comme tous les prceptes aflirmatifs non dtermins, n'oblige que quelquefois, mais cette obligation peut, en certains cas, aller jusqu'au pril de la vie. Toute la difficult consiste dterminer les temps et les circonstances dans lesquels un chrtien est tenu de confesser extrieurement sa foi. Laissons de ct les cas o la profession de foi se fait implicitement l'occasion de l'exercice d'une autre vertu, par exemple de la vertu de religion telle l'assistance la messe ici, aucune difficult, l'acte de profession de foi tant dtermin par une obligation venant d'un autre prcepte. Il va de soi galement que tout fidle est tenu de confesser sa foi extrieurement au moins de temps en temps dans sa vie, en tant que membre visible de l'glise; mais il suffit pour cela qu'il remplisse ses devoirs ordinaires de chrtien assistance la messe, rception des sacrements, etc. Mais il y a plus; il est des cas o le prcepte divin oblige tout chrtien une profession directe et formelle de sa foi. A la suite de saint Thomas, Sum. Iheol., II a II q. m, a. 2, les moralistes avaient indiqu deux circonstances dans lesquelles cette confession s'imposait, savoir quand son omission enlverait Dieu l'honneur qui lui est d, ou priverait le prochain d'un avantage qui lui revient . Ils avaient soin de noter d'ailleurs que le prjudice caus la gloire de Dieu ou l'dification du prochain devait tre grave, ou du moins en matire notable, car le seul fait de ne pas procurer Dieu tout l'honneur possible, ou au prochain tous les avantages spirituels dont il pourrait bnficier, ne saurait suffire crer une obligation positive de professer sa foi. Cf. saint Alphonse, Theol. moral., 1. II,
:

Saint

cxix; De malo, q.

Thomas d'Aquin, Sum. Iheol., lia-Il*, xm; In IV Elhie.; Saint Albert

q.
le

cxvnGrand,

Coin, in IV Etliic, tr. I; Nol Alexandre, Theologia dogmalica ei moredis, t. il, 1. III, c. VI, art. 10; Sylvius, Coinm. in totam Secundam Secundss, q. exix.
J.

TONN.EAU.
droit divin.

PROFESSION DE FOI.

I.

Le

IL Le droit ecclsiastique (col. 679). I. Le droit divin. La vertu de foi dont la ncessit pour le salut a t dmontre (voir Foi, t. vi, col. 513) doit tre exerce non seulement par des actes

tr. I, n.

1 1

Ballerini-Palmieri,

Opus

theol. moral., t. n,

n.

68-70.

internes,

Marc, xvi,
I

16;

Rom.,
23;
cf.

I,

17; Gai.,

m,

11;

Hebr., x, 38;

Joa.,

m,

Conc. Trid.,

sess. vi,

c. 7; Alexandre VII, 24 sept. 1665, prop. 1; Innocent XI. 2 mars 1679, prop. 16, 17, 65, Denz.-Bannw., n. 1101, 1166, 1167, 1215, mais encore par des actes externes, et cela de droit divin. C'est ce qu'on appelle la profession de foi . 1 L'existence de ce prcepte ressort de renseignement mme du Christ, qui veut que ses fidles professent extrieurement par leurs paroles et par leurs actes ce qu'ils croient de cur Quiconque m'aura confess devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Pre qui est dans les cieux. Et celui qui m'aura reni devant les hommes, je le renierai devant mon Pre qui est dans les cieux. Matth., x. 32: Lue., ix. On croit 26; xn, 8-9. Saint Paul dclare son tour de cur pour tre justifi; on professe de bouche pour
:

Le Code de droit canonique, en rappelant le prcepte divin, a prcis les occasions dans lesquelles il y a, pour les fidles, urgence confesser extrieurement leur foi;
chaque fois que le silence, la tergiversation manire d'agir entraneraient ou une ngation implicite de la foi, ou le mpris de la religion, ou une injure l'gard de Dieu, ou enfin le scandale du prochain . Can. 132"), 1. Le silence et la tergiversation sont en opposition directe avec le prcepte positif de la confession de foi: la manire d'agir, qui comprend les paroles ambigus aussi bien que les actes, les signes, les vtements, les fictions, etc., s'oppose plutt au prcepte ngatif, ainsi que nous le verrons. Mais. dans, toutes ces attitudes, ce sont la plupart du temps les circonstances ambiantes qui donneront aux paroles et aux gestes leur signification spcifique et dtermineront, en dernier ressort, si leur usage ou leur omission sont en rapport avec la profession de foi. Cf. saint Alphonse, op. cil.. I. II. c. [II, n. 14.
savoir

ou

la

<

tre sauv,

Rom.,

x, 10.
le

On comprend que

fidle qui

ne

fait

aucun acte

PROFESSION DE
.

FOI.

LE Mtoi' DIVIN
/'
/

678

Le silence serait Interprte comme un reniement Implicite de la fol m. par exemple, on tiilu- Interrog sur sa religion, se taisait alors qu'un autre rpond A sa place qu'il n'est pas chrtien, il en ir.iit autrement si constances ou l'ambiance permettaient de consl drer le silence comme un acquiescement persvrant
Il fOI.

de la religion serait ralis si un chrtien tait contraint le manger mas un Jour o l'glise rend, en haine de la foi et par mpris pour l'auto
-

rite ecclsiastique.

Gnralement

il

un

fidle gardait

le

y aurait injure l'gard de Dieu si silence alors que, devant lui, on

tourne en drision l'glise et sa doctrine; il ferait preuve, dans la circonstance, de respect humain ou d'inconstance dans sa foi. De mme, si quelqu'un tait Interrog sur sa foi par une autorit publique, il devrait ifesser ouvertement et s.ms hsitation, du moins dans tous les cas ou une tergiversation de sa part serait injurieuse pour Dieu ou quivaudrait une apostasie. pourquoi Innocent X.I a condamn la proposition suivante Si a pottstate publica quis interrogetur, ftdem ingnue canfiteri, ut Deo et fldei gloriosum consulo : tacere, ut peecaminosum per se n mdamno. Ce n'est pas. ainsi que le fait remarquer Suarez, De flde, dist. \IY. sect. m, u. . qui' la qualit de celui qui interroue puisse crer une obligation en la matire, mais, dans les eas de cette e, l'honneur du Dieu et a la religion exige la plupart du temps une profession ouverte. Dans un cas il pourtant, ou ne saurait taxer de faute une habile tergiversation devant un magistrat, alors qu'il n'y a pas de scandale a craindre ni de dommage pour la religion; c'est pourquoi, dit Vermeersch, Epitome, t. u. n 659, dans les contres o la loi interdit de s'enqurir de la religion des citoyens, il sera parfaitement licite de se taire en faisant appel au texte de la loi. Lorsque c'est une personne prive qui interroge, on peut licitement se drober et repousser l'importun, moins que. dans un cas particulier, la question ne soit en haine de la foi et que le silence ne puisse tre inte: ne une ngation. Enfin, si dans une cir'omission de la profession de foi devait diminuer de faon notable le respect et l'estime que les ut pour Dieu et sa religion, il y aurait nces:
.

foi fausse implique d'abord, l'abandon de la vraie foi, ou apostasie, et. de plus, l'adhsion a une doctrine errone. Cette adhsion peut se traduire soit par des paroles par exemple le chrtien qui se dclarerait publiquement juif, musulman ou sectateur de Bouddha; soit par des actes ainsi llechir le genOU devant une idole, lui offrir de l'encens, communier la cne des hrtiques, Serait considre connue une profession de judasme la circoncision pratique avec l'Intention d'accomplir un rite religieux, et non par mesure mdicale ou d'hj Uine. De mme, le fait de revtir des habits ou insignes qui signifient l'adhsion une secte indique une profession de la foi de cette secte, par exemple les insignes maonniques, moins que le vtement en question ne serve dsigner la nationalit plus encore que la religion, tel jadis le turban turc. Saint Alphonse,

l.a

profession d'une

pour un

iidie.

(OC. cit.. n.
Il

15.

e
ti >

cette profession publique.

Le scandale du prochain dont il est ici question tidre d'un scandale coupable, car il n'y a pas ition stricte d'viter tout scandale indirect, mais nent celui qui ne serait pas compens par une proportionne. Cf. Vermeersch, ibid. Or. il y auupablc si l'omission de la profession de

uis telle circonstance conduisait les autres fidles

mer

leur croyance et confirmait les infidles


ir.

Genicot ajoute qu'une grande utilit pour le prochain peut exiger une confession ouverte de la part d'un chrtien lorsque son exemple serait capable il les paens a la vraie foi. Theol. moralis,
t.
i.

En

tant
la

que ngatif, le prcepte nier la vraie foi, en professer


simuler. -ous
.

dfend trois une fausse ou

it

aucun prtexte et de quelque par une parole ou par un geste, il us de renier la foi, sous peine d'encourir nonce par le Christ. Mattli., x. 33; Luc, f. II Tim., ii. 12. C'est pourquoi l'glise a eux de ses entants
i

dans temples des hrtiques pour les visiter par simple curiosit, ou pour y accomplir un devoir de pure civilit (cf. S. Off., janv. 171S); mais si cet accs prsentait les apparences d'une coopration aux rites sacrs ou une approbation de l'erreur, il quivaudrait une apostasie. C'est pourquoi jadis le pape Paul V interdit svrement aux catholiques anglais d'entrer dans les temples des protestants pour y assister aux prires et entendre les prdications selon les prescriptions de ledit nival, l. encore ce sont les circonstances et l'ambiance qui feront connatre les actes qui revtent un caractre d'apostasie ou d'adhsion une secte condamne. Parfois aussi, l'glise, par l'organe de son magistre, a dtermin la conduite suivre dans des cas particuliers. Cf. S. Off., 10 mai 1770; S. C. Propag., rponse de 1674. c) Il n'est pas davantage permis de simuler extrieurement une religion fausse, mme sans conviction intrieure, afin d'chapper la raillerie ou mme la perscution. Cette simulation, outre qu'elle expose ceux qui la pratiquent perdre la foi, est une lchet qui offense Dieu et un mensonge qui scandalise le prochain. C'est ainsi que l'glise primitive considra comme des pcheurs publics et spara de sa communion les libellatiques, qui, durant les perscutions du iii c sicle, achetaient aux reprsentants du pouvoir public des attestations crites, bien que mensongres, de leur abjuration du christianisme. Voil pourquoi aussi Benoit XIV fit savoir aux chrtiens chinois du xv m" sicle qu'ils ne pouvaient, en conscience, donner des tmoignages extrieurs d'adoration une idole, tout en ayant l'intention intrieure d'adorer la croix qu'ils cachaient sous leur vtement. Const. Ex qui/ singulari 17 12). De mme, la Sacre Congrgation de la Propagande a dclar, le 19 fvrier 177 1, que c'tait simuler l'infidlit que d'assister au saint sacrifice de la messe sans se dcouvrir, sans faire un signe de croix ou un acte quelconque de religion, par crainte dis Turcs prsents la crmonie par curiosit. (Udlcctanea, n. 1653. Dans ce mme dcret, la Sacre Congrgation susdite dclare galement coupables de faute grave les fidles qui s'assoient aux tables des Turcs aux jours de jene el d'abstinence, et y mangent des mets dfendus par l'glise, ou du moins feignent d'en manger; cette simulation, dit le dcret, ne peut que donner penser qu'ils ne sont plus soumis aux lois de l'glise et qu'ils se considrent comme de vrais musulles
1
1
(

n'est pas interdit ni contraire la foi d'entrer

mans
'.i.

i,

Ibul.

utions, renirent leur foi suit totairticles, afin d'chapper [ue tout reniement,
-t

un mensonge qui, en Dieu et, le plus sou-

prochain.

n'est jamais permis de simuler une fausse croyance, il n'est pas toujours dfendu de dissimuler ou de m -lier lu vraie foi. Cette dissimulation, qui n'est pas mauvaise en soi. devient licite a deux conditions, pourvu qu'il n'v ait pas d'obligation urgente cons.i loi et que d'autre part il y ait une raison
S'il
i

679
grave ou
elle
la

PROFESSION DE
<lu
si

FOI.

LE
plus,

DROH
effet,

ECCLS1

\STI.i

moins un motil proportionn. Bien


la

peut devenir obligatoire pour devait avoir de fcheuses consquences l'honneur de Dieu ou l'dification du prochain, ainsi, dit saint Alphonse, qu'il peut 5 avoir avanl les hr< sa toi lorsqu'on se trouve au milieu
loi
l

profession ouverte de

cacher

eux et leur faire tiques, afin de pouvoir rester parmi tre un i, 6. Ce peul (I, ri. du bien. Theol. moral.,
I.
i

devoir de dissimuler sa toi lorsque, en la professant, on d'exasprer risquerait de la taire tourner en drision, lis un tyran, de provoquer une sdition, d'exciter Il semtroubles sanglants e1 autres choses semblables. pas manifester sa ble aussi qu'il est prfrable de ne la dfendre honoratoi lorsqu'on se sent incapable de 21-22. blement. Noldiu. Deprseceptis Deiet EecL, t. n, n. ou Ainsi, un catholique traversant un pays infidle le hrtique peut manger gras les jours o l'glise ne dfend s'il craint qu'une, manire d'agir diffrente non pas seulelui attire de graves inconvnients (et ment des railleries OU de lgres vexations). La loi de pas dans un tel l'glise, dit saint Alphonse, n'oblige sa foi, car l'usage pril, et, agir ainsi, ce n'est pas renier

signe des aliments gras n'a pas t institu comme un mauvais de profession religieuse, attendu que de les circhrtiens ne s'en abstiennent pas. Si pourtant constances faisaient de cette abstention un signe certain contraint de religion, par exemple si quelqu'un tait et par d'user d'aliments dfendus en haine de la foi sans l'glise, il ne pourrait s'y soumettre

mpris pour
n. 14, 10.

loute ne pes sur l'intgrit de la foi qu'auc de ceux qui doivent, par leur doctrine et hui exemple, difier tout le troupeau. Celte pratique de la profession " Dans le pass. de toi solennelle est des plus anciennes dans glise. Ds les premiers sicles, elle tait exige des catchumnes, de ceux dont la foi tait suspecte et des hrtiques qui demandaient a rentrer dans l'glise: les candidats aux ordres sacrs, les vques nouvellement lus, les souverains pontilcs eux-mmes, faisaient une profession solennelle de leur foi avant leur conscration. A partir de la fin du vir sicle, on commena ajouter le serment la profession de foi. selon In introduit par le XI' concile de Tolde (7 nov. 6 Cl. Hefele-Leclercq, Hist. des conciles, t. m. p. 311 sq. Les erreurs multiples qui se propagrent a la suite de la Rforme dcidrent le concile de Trente rendre plus stricte l'obligation de la profession de foi. Cf. xxv. c. il. De rf. Le c. xn de la xxiv session dterfaire profession pumine les personnes qui devront blique de leur foi et crance orthodoxe, dans le dlai de deux mois dater du jour de leur prise de possession', jurant et promettant de demeurer et persister dans Ce sont tous (eux l'obissance de l'glise romaine qui sont pourvus de bnfices avec charge d'mes; de mme, les chanoines et dignitaires des glises cathdrales, sous peine de perte des revenus de leurs bnfices, les primats, archevques et vques ont la mme obligation dans le premier synode provincial auquel ils
l

commettre un acte gravement rprhensible.

Op.

cit.,

prennent part. Le pape Pie IV, par


13
foi.

se librer a prix Il n'est pas dfendu non plus de d'argent d'une enqute prescrite au sujet de la croyance des citoyens; souvent mme, dit saint Alphonse, c'est une marque de grande vertu de savoir Dieu avec discrtion conserver sa vie pour la gloire de Ibid.. 1. et cacher sa foi par des moyens honntes . A un dit gnral prescrivant aux fidles de se prsenpar ter devant les tribunaux ou de se faire reconnatre

la bulle Injunelum nobis. du novembre 1564, donna une formule de profession de

qui fut en usage jusqu'au concile du Vatican: en les il tendit l'obligation de la profession tous prlats religieux, mme ceux des ordres militaires. Pie V en fit une loi pour tous les candidats au grade de docteur et aux fonctions de matre, rgent ou prooutre,
fesseur, et
sententis-,

l'usage de certains signes extrieurs, nul n'est oblig dire d'obir; car, d'une part, personne n'est oblig de d'autre part, la vrit s'il n'y est invit en particulier; l'abstention en l'espce ne saurait gnralement tre regarde comme une apostasie; il n'y aurait que le cas
spcial
tels

ajouta la peine de l'excommunication latst avec privation de bnfice, pour tous ceux qui oseraient promouvoir un sujet ces grades sans
il

ladite profession pralable. Ces dcrets devinrent obligatoires partout


cile

o des chrtiens, manifestement connus comme auparavant, n'auraient d'autre moyen leur dispoleur foi. sition pour prouver qu'ils n'ont pas abandonn sa foi. Le 4. Enfin, fuir la perscution n'est pas renier
Christ lui-mme l'a conseill ses disciples. Matth., x, fuir si 23. Parfois mme il peut y avoir obligation de pasteurs d'mes le bien public l'exige. Il n'y a que les qui ne sauraient, sans pch, abandonner totalement
leur troupeau;

o le conde Trente fut publi et reu. Beaucoup cependant tombrent en dsutude. Le pape Lon XII en rappela les exigences pour tous les gradus, qu'il s'agisse du baccalaurat, de la licence ou du doctorat (bulle Quod
divina sapientia); l'omission de cette formalit entranait de plein droit la nullit des grades. Le 20 janvier 1877, Pie IX, par les soins de la Sacre Congrgation du Concile, fit insrer dans la formule traditionnelle quelques additions concernant le dogme de l'immacule conception et les dfinitions du concile

un ils le pourraient cependant pour ou s'ils sont seuls viss par les perscusoit par teurs, pourvu que le soin de leurs ouailles vi, ailleurs assur. Voir Fuite de la pefiscution, t.
temps,
592 sq. Outre le prcepte IL Le droit ecclsiastique. divin de confesser extrieurement sa foi, dont le ecclcan. 1325 n'est qu'un rappel, il existe une loi siastique qui oblige certaines personnes mettre, dans foi solenles cas prvus par le droit, une profession de est nelle selon une formule dtermine. Cette formule une sorte de rsum des articles de foi que l'glise procol.

du Vatican. La mme Congrgation prcisa, en une rponse du 15 dcembre 1866, que les curs mme amovibles devaient renouveler la profession chaque fois qu'ils taient transfrs une nouvelle paroisse. Enfin, ordonna que cette profession serait confirme Pie par serment et signe par ceux qui la feraient. Const.

Saerorum antistitum,
2 Aujourd'hui.

pose notre croyance. de solennits, constitue un acte de culte; elle a pour but de fortifier les convictions de ceux qui la font, elle d'difier le peuple chrtien qui en est tmoin, et peut, l'occasion, servir dmasquer les faux frres. spciale C'est pourquoi l'glise en fait une obligation aux reprsentants du magistre ecclsiastique, aux bnficiers et tous les clercs qui ont quelque office a exercer l'gard du peuple chrtien. 11 importe, en

Une

telle confession,

entoure

1406-1408 du Code prcisent de manire authentique quelles sont les personnes soumises l'obligation de la profession de foi et la manire dont elles doivent s'en acquitter. Sont tenus d'mettre la profes1. Les personnes. sion de foi selon la formule approuve par le Saint-

Les can.

1 er

sept. 1910.

Sii;e

a) Ceux qui assistent, avec voix dlibrative ou consultative, un concile cumnique ou particulier ou un synode diocsain. Le prsident fait profession devant l'assemble, les membres devant le prsident ou
son dlgu. b) Ceux qui sont promus la dignit cardinalice. font profession devant le doyen du Sacr Collge,
Ils
le

PROFESSION DE
premier
romaine.
l's

n>l

PROMPSA1

682

naux diacres

cardinaux prtres, ! premier l-- cardl et le carmerlingue de la sainte glise

Devant le dlgue du s.unt su";c ceux qui sont promus un sige plscopal, mme non rsidentiel, au gouvernement d'une abbaye on prlatura nullius, ou
.1

Elle Ile ceux qui doivent mettre la profession, mais aussi ceux qui doivent la recevoir, de sorte que les premiers seront dispenses u- l'obligation si les sccoihIs se drobent, ci. Vermeersch, Epitome,
les rcalcitrants.
t. u. n. 739. Si l'on n'a pas s.it isiait au prcepte, celui u continue urger jusqu' son accomplissement. /; Les rites extrieurs consistent simplement a pro noncer la formule, puis a faire le serment, la main sur

d'un vicariat apostolique. Le vicaire capitulaire, levant


cathdrale.

le

chapitre de

la

Devant l'Ordinaire lu lieu ou son dlgu en mme temps que devant le chapitre, ceux qui sont pro iiiih une lignite ou un canonicat. // Devant l'Ordinaire lu lieu ou son dlgu et devant les autres consulteurs, ceux qui ont t nomms
.1
.i

l'vangile. Si plusieurs font ensemble la profession le toi. il suffit que l'un d'entre eux lise haute voix la toi mule et que. la lecture finie, chacun prte serment en touchant lT'.vaugilc. dont h' texte peut tre pris dans un missel ou mme dans un brviaire, dfaut d'vangliaire.

ooosulteurs diocsains. Devant l'Ordinaire


arai,
le fiirt-

d'un bnfice, mme d'Ames; dans les sminaires, le suprieur et les professeurs de thologie, de philosophie et de droit canonique, .m commencement le chaque anne scolaire, ou du moins lors de leur entre en fonction ceux qui doivent tre promus au sous-diaconat; les censeurs char:

ou son dlgu, le et tous ceux qui sont pourvus amovible, comportant charge
lu

lieu

Toute coutume contraire aux rgles dictes par Code au sujet de la profession h' loi est expressment rprouve; elle ne peut donc subsister si elle existe et ne peut prescrire eu aucune manire pour
/ /

le

examen les livres publier; les prt res qui ont tendre les confessions; les prdicateurs, avant de recevoir leurs pouvoirs. ni Dans les universits ou facults canoniqueincnt s. le recteur fait profession devant l'Ordinaire du dlgu; les professeurs, devant le recteur lieu ou s. cela au dbut de chaque anne scolaire ou du moins leur entre en charge; de mme, aprs subi l'examen, ceux qui reoivent des grades acate 1.

(".an. 108; Cf. can. 27. 2. Enfin, le droit prvint des moyens de contrainte contre les rcalcitrants. Ils doivent d'abord tre avertis d'avoir faire profession dans un temps dtermin. Ce dlai passi\ le contumace sera puni de peines diverses pouvant aller jusqu' la privation de sou office, bnfice, dignit ou emploi. Entre temps, el a partir de la monition, le coupable ne pourra s'approprier les fruits

l'avenir,
Il)

dmiques.
ii

Dans

les

religions clricales, le suprieur fait


le

profession devant

chapitre ou

le

suprieur qui

l'a

nomm, ou devant
de
la

leurs dlgus. D'aprs la rponse

commission d'interprtation du 26 juillet 1926, suprieurs des compagnies de prtres sans vux, dont parlent les can. 673-681, sont soumis la mme
ition.

qui. quittant
i

profession doit tre renouvele par tous ceux un emploi, sont nomms un autre office, dignit, ft-il de mme espce, s il exige laprofession. Can. 1 106, 2. D'aprs ce canon, le sseur ou le prdicateur qui recevrait simplement rmation ou renouvellement de ses pouvoirs ne pas tenu d'mettre une nouvelle profession de
!
|

tprs les rponses de la Congrgation Consistoivant le (.ode. il semble bien qu'on ne

urger l'mission le la profession pour un prou un confesseur qui. ayant dj satisfait a l'obligation, reoit les pouvoirs dans un autre diocse, -t. 1910,24marsl911,20juinl913.
:as

ur

Fions requises.
I

a) Le texte

officiel

au-

liu:

impos
'

est

la

elle

de

l'ie

formule insre au dbut du IV. avec les additions faites par

IX.

par

li

"ir

pour mettre la profession est lix ou les statuts particuliers. Pour les mt ou dans l'acte mme de prise de posl'il): pour les vques, c'est avant de l'institution canonique (can. 332, j 2); pour lires, chanoines ou bnficiers, c'est avant la ssion (can. Hi.j, 2); pour les autres, le ires au can. 106.
utile
lral
1

de son bnfice, office ou emploi; il devra les restituer. Can. 2403. 3. A la question de la profession de foi se relie directement la question du serment antimoderniste, prescrit par le motu proprio Sacrorum antistilum du I e* sep tembre 1910, pour combattre une erreur particulirement dangereuse celte poque. Depuis la promulgation du Code, on pouvait se demander si ce serment gardait sa force obligatoire, attendu que les canons n'en font aucune mention. Le Saint-Office, consult, dclara, le 22 mars 1918, que cette mesure devait tre observe jusqu' ce que le Saint-Sige en ait dcid autrement. Acta apost. Salis, t. x, 1918, p. 136. Cf. l'art. MoDEHMSMi;, t. x. col. 2b(9 sq. D'aprs le molu proprio susdit et les dclarations subsquentes de la Sacre Congrgation Consistoriale (25 sept., 25 oct. et l(i dc 191U), ceux qui sont soumis au serment antimoderniste doivent auparavant faire la profession de foi de Pie IV, puis signer de leur main la formule du serment. De ce lait se trouve largi le cercle de ceux lui, temporairement au moins, sont soumis la profession de foi. Aux personnes nuinres au can. 106, il faut ajouter les candidats aux ordres majeurs avant chacun de ces ordres; les officiers des curies piscopales et des tribunaux ecclsiastiques; les prdicateurs de carme; les ofliciers des congrgations et tribunaux romains, en prsence du cardinal-prfet et du secrtaire de la congrgation ou du tribunal auquel ils appartiennent; les suprieurs et les professeurs des familles et congrgations religieuses, avant leur entre en charge. Celui qui possde plusieurs offices ou bnfices n'est tenu qu'a un seul serment. De mme, si plusieurs sont runis pour prter serment, il suffit que la formule soit prononce par l'un d'eux, mais tous doivent la signer. Cf. S. C. Consist., 25 sept, et 25 oct. 1910; Acta apost.
i
1

Srrfis, 191 n. p. 7 11 et N."i7.

m
Il

de faire profession est personnelle, le qui s'en acquitte par mandataire ne


:>te.

Les ouvrages consulter en la matire sont, pour premire partie, les auteurs de thologie morale; pour seconde, les commentateurs du Code. A. Bride.

la

la

PROMPSAULT

Jean-Henri-Romain,

eccl-

in.

107.
la

faut

une autorit qualifie pour recevoir


l<il

pro

nul efTct

si

elle est faite

devant

un suprieur qui n'est pas corn.

t.

vu

les

peines qui atteignent

siastique el publiciste franais (1798-1858). N Mon tlimar en 1798, il fut quelque temps professeur au grand sminaire de Valence, puis cur d'une paroisse rurale dans le mme diocse, vint en lin a Paris, o il fut aumnier de l'hospice national des Quinze- Vingts ; c'est l qu'il mourut le 7 janvier 1HH.

683

PROMPSAULT

PROMULGATION DE LA LOI
lateur,

684

Jeune, l'abb Prompsaull g'tail occup assez activement le littrature mdivale {uvres de Fronait Y Mon; Sermons franais de saint Bernard ; Discourt sur les publications littraires du Moyen Age, Paris, 1X35); il avait traduit en franais le Pastoral de saint Grgoire le Grand el divers textes de Thomas a Kempis. Rus tard, il s'adonna de prfrence l'tude du droit canonique et plus spcialement de la lgislation civile ecclsiastique. C'est ainsi qu'il rdigea, dans la premire Encyclopdie thologique de Migne, un Dictionnaire raisonn de droit et de jurisprudence en matire civile ecclsiastique, 3 vol., Paris, 1849, t. xxxvi-xxxvin de ladite collection. Trs anim contre le gallicanisme politique, il critique avec verdeur les tendances des Portalis et des Uupin, se montre particulirement hostile aux Articles organiques et, dans la discussion des liberts de l'glise gallicane, fait bon march des vieilles thories des Pithou et des Dupuy. Comme il le dit dans sa prface, il entend montrer les vices de la lgislation

moderne, inconstitutionnelle dans son principe, antichrtienne et contraire la raison. Mais il s'en faut qu'il soit ultramontain , comme on disait alors, et, bien qu'il se dfende d'tre gallican, il laisse apercevoir o vont ses prfrences; la Dclaration de 1682, dont il prsente un expos quelque peu tendancieux, est signale sans un mot de blme. On comprend assez que, se produisant la date que nous
civile ecclsiastique

avons dite, au moment o 1' ultramontanisme prenait en France une allure tant soit peu agressive, l'ouvrage de Prompsault ait suscit des critiques assez vives. Voir par exemple celles de l'abb Andr, dans le Cours alphabtique de droit canon, 3 e d., 1860, t. VI, p. 479; celle de l'abb Crouzet, dans son Essai de bibliographie canonique, cit ibid. L'encyclique du 21 mars 1853 fournit l'abb Prompsault l'occasion de manifester

bruyamment

ses dispositions.

Le document pon-

occasionn, on le sait, par les violentes querelles entre catholiques franais (affaire des classiques paens, lutte entre Mgr Sibour et L' Univers), exprimait en passant un blme sur un livre qui venait de paratre (en provenance, a-t-on dit, de l'entourage de l'archevque de Paris) Mmoire sur la situation prsente de l'glise gallicane relativement au droit coutumier, octobre 1852. L'auteur anonyme y protestait contre divers procds de la Congrgation de l'Index, contre divers changements aussi apports par Rome aux dcisions des rcents conciles provinciaux. Pour dfendre ce Mmoire, qui reproduisait des thories qui lui taient chres, l'abb Prompsault fit paratre des Observations sur l'encyclique du 21 mars 1853. Elles furent vivement attaques dans les feuilles ultramontaines. Pour se dfendre, Prompsault rdigea un petit livre Du sige du pouvoir ecclsiastique dans l'glise. Lettres M. de Rgnon, fondateur et rdacteur de L'unit catholique , octobre 1853. Ce livre fut condamn par le cardinal Bonald, dans un mandement du 11 novembre 1853; l'archevque de Paris essaya de sauver Prompsault en publiant une dclaration de celui-ci. Il ne put empcher la mise l'Index du volume (22 avr. 1855).
tifical,
: :

ou lu moins par l'autorit du suprieur jui a le pouvoir en mme temps <|ue l'intention d'obliger les sujets. C'est pourquoi on la dfinit communment l'intimation de la loi faite la communaut par celui t. i, lui en a la charge . Wernz, Jus decrelalium, n. lot; f. Vermeerscb, Epitome furis can., t. i. n, En droit civil, la plupart des codes modernes distinguent gnralement un triple stade dans la promulgation de la loi le premier acte est la sanction lgislative donne un texte et lui confrant force imprative; vient ensuite la promulgation proprement dite, acte solennel du prince ou du reprsentant de l'excutif, reconnaissan la loi comme telle et ordonnant sa mise en vigueur; enfin, la publication, acte man de l'autorit comptente, ayant pour but de porter l'existence de la loi la connaissance des citoyens. Le droit canonique, lui, ignore la sanction lgislative en tant qu'acte pralable et juridiquement distinct de la promulgation; car, aux termes du can. 8, 1, l'institution ou tablissement de la loi est l'effet propre de la promulgation leges instituuntur, cum promutgantur. Selon la force de ces mots, on ne saurait non plus trouver une vritable distinction juridique entre la promulgation et la publication. Sans doute il y a souvent dans la promulgation des lois ecclsiastiques, et spcialement des lois pontificales, deux actes successifs, savoir la signature ou sanction lgislative donne parle suprieur au texte de la loi, ensuite la publication authentique ou intimation faite au peuple chrtien selon le mode prvu par le droit. Mais, de ces deux actes, seul le second a un effet juridique complet et mrite le nom de promulgation; le premier ne crait la loi aucune obligation nouvelle pour les sujets n'tait donc pas institue , prcisment parce qu'elle n'tait pas promulgue. Voir l'art. Lois. t. ix, col. 893: cf. galement le can. 9, o il est dit que les lois pontificales ne sont vraiment promulgues que lorsqu'elles sont publies dans les A cla apostoliesc Sedis. 1 Pour qu'une loi ait force obligaII. Ncessit. toire, il est dans la nature mme des choses qu'elle doive
:

tre porte de

sujets.

Saint Thomas s'en exprime en ces termes

faon authentique la connaissance des


:

Lex

imponitur aliis per modum rgule et mensur; rgula aulem el mensura imponitur per hoc quod applicatur his qu regulantur et mensurantur : unde ad hoc quod lex virlutem obligandi obtineal, quod est proprium legis, oportet quod applicetur hominibus, qui secundum eam regulari debent; talis autem applicatio fil per hoc, quod in notitia eorum deducitur ex ipsa prcmulgatione: unde promulgatio ipsa necessaria est ad hoc quod lex habeal suam virtutem. I a -II, q. xc, a. 4. En d'autres termes,
la loi est destine tre la rgle et la v.esure des actes

J.-B. Glaire, Dict. universel des sciences ecclsiastiques, t. n, Paris, 1868, p. 18f>4; II. Reusch, Der Index der verbotenen

Bcher, t. 3 e d., t. v

il,

Bonn, 1885,
1353-1354.

p. 1105;

Hurter, Nomenclalor,

a, col.

PROMULGATION
I.

Amann.

DE

LA

LOI.

Ncessit (col. 684). III. Mode (col. 686). IV. Vacation de la loi (col. 689). I. Notion. A s'en tenir l'tymologie, la promulgation (pro, vulgare) ne serait autre chose qu'une divulgation ou publication de la loi, c'est--dire le fait de porter la volont du prince la connaissance des

Notion.

II.

des sujets elle ne saurait tre efficace si elle n'est connue d'eux comme telle; la loi est un prcepte commun tous il est indispensable qu'elle soit impose la communaut tout entire; enfin, la loi est un ordre du prince, man de lui en tant que personne publique il suit de l que cette volont devra tre manifeste d'une faon publique et solennelle, afin que tous les intresss en soient saisis. C'est donc de la promulgation que la loi tire sa valeur et sa force obligatoire. Il n'en faudrait cependant pas conclure que les sujets ne sont pas lis par la loi s'ils n'en ont t authentiquement et personnellement informs. Bien que des fidles, par exemple, ne pchent pas en conscience en agissant rencontre d'une loi ecclsiastique qu'ils ignorent invinciblement, il n'en est pas moins vrai qu'au for externe ils sont considrs comme lis par
:

sujets. En ralit, pour qu'il y ait promulgation, il faut que cette divulgation soit faite par l'autorit du lgis-

lgitimement promulgue. un acte du prince: elle diffre de la connaissance qu'en peuvent avoir les sujets, et ne dpend nullement d'eux; il peut se faire que les sujets soient informs de la volont du prince avant que la loi
cette
loi,

du

fait qu'elle a t est

La promulgation

PR0M1
:

riON DE
diss.

l.ol

cette Information ne cre pour eux soil promulgue aucune obligation. Mais la promulgation une loi-- forte,

Us M>nt. de par le droit, censs ne pas Ignorer la loi el considrs comme tenus d'obir aux prescriptions qu'elle Impose. Can. 16,
ncessaire pour toutes les lois siastiques, quelle qu'en soit la nature. Mme les lois irritantes ou inhabilitantes, qui produisent leur effet
/

lement l'opinion de liilluart, Summa theol.. De legibus, i. ,i. ;;, de d'Annibale, Summula theol, mor,, i. i. n. 162; de \\ cru/. Jus dcrtai., t.i.n. 100, ad 1'". Parmi les contemporains, citons encore Ojettl, Commentartum
/tir.

in Cud.

can..

t.

i.

p.

80; .Maroto. InstUuliones fur.

(i

promulgation

est

la connaissance qu'en ont les doivent tre promulgues non seulement parce qu'il est indispensable que les hommes sachent comment ils pourront poser des actes va lides, mais encore parce que, --.ins promulgation, une loi Irritante ne saurait avoir aucune espce d'efficacit. Hove, De legibus eccl., t. 11, n. lu."', p. 116. En consquence, m uni' loi irritante devait avoir un effet rtroactif, l'irritation des actes antrieurs no jouerait qu'a partir de la promulgation et non auparavant. <Uerprtation de la loi elle-mme a besoin d'tre

indpendamment de
16,
?
i

sujets (can.

>.

mu., t. i. n. iss; Chelodi, De personis, n. 62; M. Conte a Coronata, Institutiones fur, can.. 1. 1, n. 1; De Schep per, De promulgat, legis, dans Collt, Brugenses, t. x\. 1020, p. 239 242; Lot tin, La dfinition classique de la Un. dans la Revue nio~scol.de philosophie, t. xxvi, 1925, p. 269 271. Quoi qu'il en soit.ii est certain que le can. 8 du (.ode: leges instituuntur cum promulgantur, n'a pas tranch la controverse, car son nonc est tir textuellement du

[ pars. dist. IV, c. li. Il a t enpeut l'tre encore dans les deux sens. D'ailleurs, cette question subtile et de peu d'utilit , au
Dcret de Gratien,

tendu

et

tmoignage
n.
:

du

P.

\ ci ine.rscli.

Theol.

moral.,

t.

promulgue, non seulement lorsqu'elle est extensh e ou restrictive, mais encore chaque lois qu'elle explique une loi douteuse. Cm. 1"
dfinitions concernant la loi et les ma urs, lorsqu'elles ne contiennent rien de nouveau mais sont

161, ne prsente gure qu'un intrl thorique et spculatif pratiquement la loi n'c\isic. c'est adir ne remplit son rle de norme destine a rgir les actes des
.

Quant aux

simplement une interprtation de la loi divine, une proposition ou dclaration de la rvlation, il va de soi qu'elles n'ont pas, a strictement parler, besoin d'une promulgation; elles obligent les fidles a donner leur
liment intrieur de foi ds qu'ils en ont connais2. Mais si, comme c'est le cas le plus Can. 1322,
. >-

frquent. e< s dfinitions obligent a une ol issance ou profession de foi extrieure, en \ertu de la loi ecclsias tique, elles suivent la loi gnrale et doivent tre promulgues pour obtenir leurs efTets canoniques. Can.
-

est-elle un lment essentiel de la une que-tion prcincnt discute, parmi les thologiens et les eanonistes. de sa\oir si la promulest un lment essentiel et intrinsquement itutif de la loi. ou si elle en est seulement un lment extrinsque, une condition sine quu non, une

La promulgation
C'est

promulgue par le prince. de la loi lu. manie et non de la loi divine, laquelle n'a pas toujours besoin de promulgapar exemple la loi ternelle. Mais, en droit canotion si la promulgation de la loi nique, on peut dire que n'appartienl pas l'essence de la loi, elle esl du moins Cf. Cicognanl, Comment, ncessaire a son existence lib. I Codids, p. 74, d. Avant (il acte du lgislateur, la loi. si parfaitement rdige qu'elle soit, n'est pas une loi, c'est--dire une norme publique et obligatoire impose en vue de procurer le bien commun ce pourra tre un projet de loi, capable de diriger le lgislateur qui l'a conu, mais non les sujets qui l'ignorent, puisque aucune communication ne leur en a t faite. Kt c'est prcisment le fait juridique rsultant de l'intimation publique de la volont du lgislateur que nous appelons promulgation, et qui semble bien faire partie de l'essence de la loi. Cf. C. Michiels, A'orm.c gnrales, t. i, p. 155-157.
sujets, (pie lorsqu'elle est

Nous parlons en
:

cllct

III.

Mode de PROMULGATION.

De pur

le

droit

partie intgrante.
il Thomas parait pencher pour la premire opinion lorsqu'il insre la promulgation dans la dfinition mme de la loi I--ID-. q. x<\ a. 1) et lorsqu'il enseii

naturel,

gna que la loi a pour but essentiel de rgler les actes humains: or. elle ne saurait remplir ce rle si elle n'tait ablement connue l.ex de sui rutione duo hubet, primo quidem quod est rgula humanorum actuum, secundo quod habet oim coactivam... Ibid.. q. xevi, a. ommentateurs du grand docteur ont enseign lent cette doctrine B. de Mdina. Expositio in /m.// q. X( Venise, 1590, p. 481; Suarez, B:

aucun mode dtermin de promulgation ne s'impose, 'foute mthode est acceptable, mme la plus simple et la plus rudimentaire, pourvu que la volont du lgislateur puisse moralement parvenir toute la communaut. 11 suffira donc que la promulgation soit
:

">.

publique, s'adressant tous les sujets, sans qu'il soit ncessaire pourtant de les atteindre individuellement par un mandat spcial et personnel; c'est assez que la connaissance leur arrive graduellement et de proche en proche; 2. authentique, c'est--dire revtue de signes ou de solennits susceptibles de faire connatre que l'on se trouve bien en l'ace d'un ordre man du chef de la
1.

De

legibus.

I. I. c, xi. n. tationes in /n./;*, >t

'A; Vasquez, (.ummenluria et dhp. CLV, c. n. n. M. Lyon,

communaut.
Ces conditions tant sauvegardes, le lgislateur a toute latitude pour dterminer le mode le plus apte obtenir le rsultat cherch ce mode sera variable selon
:

aussi l'opinion de Sylvius,


;

;m-//i
f

q
1.

Anvers
n. n. 16.
le

Commentaria in Pichler, Jus


jours,
le

canonicum.

I,

lit.

De nos

P.

Yert.
I,

les

temps

et les lieux. Cf. Fie

X, const. Promulgandi,
t. i,

meerscli s'en est fait

dfenseur, Theol. moral.,

29 sept. 1908
2

Acla apost. Sedis,

p. 5.

En

droit ecclsiastique, le

mode de promulgation
ou de
lois

rencontre, un nombre impressionnant d'auteurs nt que la promulgation de la loi n'est ni la loi ni une ntielle de la loi. mais seulement l'acte par lequel on la fait connatre aux sujets, ce qui suppose sa prexistence pralable in actu primo. Mais ils reconnaissent que, in actu secundo, la promulgation est pour que la loi oblige; elle est plutt une
j

diltre selon qu'il s'agit de lois pontificales

s/ne qua non : I t lex oblige! in actu secundo. aliqua rju* promulgatio necessario rrquiritur... Promulgatio non est de essenlia legis, uut ratio formalis illius, sed dumlaxat condilio necessario requisita. ut aitualiter
obliqet <thi lubditot.
tr.

Gonet, (Aypeus
I.

V,

De

legibus, disp.

art.

I,

theol. thomtsticee, f 1, n. 55, 57, C'esl ga-

portes pat les conciles particuliers ou les vques. i. Lois pontificales. a / Dans les premiers sicles de l'glise, on ne rencontre aucun mode de promulgation fix et nettement dfini. Le plus souvent, et surtout partir du iv sicle, les pontifes romains adoptent les ils usages de la chancellerie impriale en la matire transmettent leurs dcrttes et les canons des conciles aux vques cl mtropolitains, en leur envoyant des lgats (prtres, diacres, acolvtes ou simples fidles), porteurs de lettres dites a pari ou a paribus, c'est-dire ((informes a l'original conserv dans les archives pontificales. Les destinataires, choisis soit en raison de
:

687

PROM ULGATJON DE
(\/ii

LOI

688

leur dignit, soit cause de la facilit de leurs relations avec les voques circonvoisins, recevaient l'ordre fle

promulguer
mais encore

les

leurs

dcrets non seulement ;i leur peuple, collgues des provinces ou rgions

circonvoisines. C'est ainsi qu'en '.w~> le pape Sirice I". envoyant une dcrtale l'vque le Tarragone, lui enjoignait de la faire connatre aux vques voisins el mme ceux de Carthagne, de la Bel Ique, <iu Portugal et les Gaules. Jaff, Regesta, n. 355. Cette manire de procder demeura longtemps en usage, encore qu'elle ne ft pus L'unique mode de promulgation les papes, en elct. ne se considraient pas comme obligs d'intimer leurs volonts jusque dans les diocses les plus
:

auteurs dans Jcrraris. Prompla biblioau mot LeX, art. 2. n. 7 et 8) lient pour suffisante la promulgation laite a Rome publicalio Vrbi fada, orbi facia. Elle s'appuie sur le texte d'Innoeeni lll insr dans lesDertala (1200): ... I<l solum
la

srie des
v,

theca,

I.

sufficit, ni

ml fins [constitutionis pontificl] observait-

tnun teniatur, i/ui noverit eam solemniler ditant, nul publie promulgatam. Decr. Greg. I.X. I. I. tit. v, c. 1. l'ourlant, saint Alphonse, interprtant de faon bnigne la pense du Saint Sige, admettait qu'une pro-

mulgation plus universelle tait ncessaire pour cerlaines lois irritantes ou portant suppression de la juridiction. Theol. moral, t. i, De legibus, n. 90. l'autre ex1 rmit, ceux qui exigeaient pour les lois universelles

loigns pour leur donner force de loi. Cf. Bouix, De principiis fur. can., part. II, sect. n, c. vi. On vit aussi des lois pontificales promulgues dans des conciles provinciaux ou nationaux runis cet effet. b) Lorsqu'il s'est agi, beaucoup plus lard, non plus de lois particulires ou isoles, mais de collections authentiques de dcrtales, la promulgation en tait faite d'ordinaire par l'envoi du recueil aux universits les plus clbres de la chrtient. C'est ainsi que les Dcrtales de Grgoire IX furent adresses aux docteurs et tudiants de Bologne , et probablement aussi ceux de Paris, par la constitution Kex paci ficus du 5 septembre 1234. Cf. Cicognani, Jus canonicum, t. i, p. 329. Le Sexte de Boniface VIII fut envoy l'universit de Bologne, bulle Sacrosancla', 3 mars 1298, puis Paris et aussi Salamanque. Cf. Cicognani, ibicl., p. 342. c) Ce fut vers la fin du xiii e sicle que l'on commena afficher les lois pontificales dans les lieux les plus fr-

une promulgation faite dans les provinces ., faisaient appel a la novelle fit; de Justinien (538); par ce recours au droit romain, ils supplaient, disaient-ils, aux incertitudes du droit canonique et faisaient valoir d'autre part les nombreux inconvnients de la promulgation faite exclusivement Borne. Les plus illustres dfenseurs de cette opinion taient des gallicans ou des fbroniens Pierre de Marca, De concordia sacerd. el imperii. 1. II, c. xv Van Espen, Tract, de promulg. legum eccl. ac speciatim bullarum el rescriptorum, c. n, dans Opra, t. iv, Louvain, 1778, p. 125 sq.; Fbronius, De statu Eccl. et lgitima potest. rom. poniificis, c. v, 2. Mais cette opinion, qui n'eut jamais l'approbation du

quents de Borne ou de la ville o rsidait le pape. Il semble que ce fut Martin IV qui inaugura l'usage, le 18 novembre 1281, en faisant afficher, aux portes de la principale glise d'Orvieto, l'excommunication prononce contre l'empereur Michel Palologue. d) Au xv e sicle, des hrauts pontificaux furent chargs de proclamer haute voix les constitutions des papes dans les basiliques de Saint-Pierre du Vatican et de Saint- Jean du Latran. Le texte de ces proclamations restait en outre affich aux portes des deux basiliques ainsi qu' l'entre de la chancellerie pontificale et au Champ-de-Flore. Peu peu, la lecture publique des documents tomba en dsutude, et l'affichage dans les lieux les plus clbres de la Ville ternelle subsista comme mode principal de promulgation. Dans l'intention des souverains pontifes, cette promulgation faite au centre de la catholicit tait valable pour toute l'glise souvent mme, les bulles ou constitutions contenaient une formule indiquant que cette publication devait tre considre par tous et chacun
;

Saint-Sige, fut peu peu abandonne, et la mthode d'affichage au centre de la catholicit resta lgitimement en usage jusque vers 1870. e) Ce fut cette poque que s'introduisit l'habitude de promulguer les actes des Congrgations (devenues les principaux organes lgislatifs), les rgles de chancellerie et les dcrets du Saint-Sige, en les faisant simplement publier au secrtariat du dicastre qui les avait rdigs, avec l'approbation expresse ou tacite

du souverain
f)

pontife.

cette manire de procder, bien et lgitime, manquait de la solennit qui convenait aux actes de l'autorit suprme, Pie introduisit une nouvelle discipline, par la constitution Promulgandi, du 29 septembre 1908.

Toutefois,

comme

que parfaitement valable

des intresss

comme

s'adressant eux personnelle-

ment. D'ailleurs, les papes ne ngligeaient pas les moyens de divulgation leur porte, comme l'envoi de copies authentiques aux vques, avec charge d'en informer leurs diocsains. Bien plus, pour certaines lois d'une particulire importance, telles que les lois irritantes, la promulgation fut dclare obligatoire dans tous les lieux de la chrtient le fameux chapitre Tcunetsi du concile de Trente, concernant la clandestinit des mariages, devait tre publi dans toutes les paroisses pour y avoir force de loi. Sess. xxiv, c. i, De rf., Denz.-Bannw., n. 990 sq.
:

Quelles que fussent sur ce point les intentions et la pratique du Saint-Sige, il se trouva des auteurs de renom qui prtendirent que les lois pontificales, pour avoir force obligatoire dans l'glise universelle, devaient ncessairement tre promulgues au moins dans les diverses provinces ou les divers diocses. La question fut prement discute surtout au temps du jans-

nisme

et

du gallicanisme.
I.

univers.,

I,

tit.

Beilenstuel, Jus can. n, n. 114-131. L'opinion commune


Cf.

Cette constitution fut publie dans le premier numro du priodique officiel intitul Acla apostolicw Sedis. paru le 1 er janvier 1909. La promulgation de toutes les lois, de tous les dcrets et constitutions du SaintSige, qu'elles manassent du pape, des congrgations ou des offices de la curie, devait se faire dsormais par l'insertion de ces actes dans l'organe officie), et sa publication sur l'ordre du secrtaire ou du prlat majeur de la congrgation ou de l'office intress. C'est de cette faon que fut publi en 1917 le Codex juris canonici; il l'orme lui seul un volume dans la collection des Acla apostolic Sedis. La constitution de Pie X laissait cependant la voie ouverte d'autres modes de promulgation que le Saint-Sige pourrait trouver plus opportuns ainsi, le 20 dcembre 1913, la Secrtairerie d'tat dclara que toutes les lois et constitutions contenues dans les quatre volumes des actes de Pie X devaient tre considres comme pleinement promulgues, au mme titre que si elles avaient t textuellement insres dans le recueil officiel. Cf. Acla apost. Sedis, t. v, 1913, p. 558. g) Le Code, au can. 9. a reproduit substantiellement les dispositions de la constitution Promulgandi : Les lois du Sige apostolique sont promulgues par leur publication dans le recueil officiel des actes du Sige apostolique, m'oins qu'un autre mode de promulgation n'ait t prescrit dans des cas particuliers. Ces paroles sont claires et se passent de tout commentaire. Notons seulement les points suivants L'dition les Acta suppose un tirage un certain nombre d'exemplaires dont une partie au moins sont mis
: :

l'InM
I
l.i

ULG

l'IiiN

DE

I.

Lui

690
;

ilu public. Selon la teneur du canon, promulgation n'est pas celle qui esl indi que la Un du document, mais celle qui est Inscrite en tte tu Fascicule officiel contenant la loi, a moins rime irai ion contraire faite expressment. Ce fui le cas par exemple du motu />r.'/>r;.- du J.'i mars 1917 i|iii supprima la Sacre Congrgation de l'Index le Jour mme, alors que le document ne fut publi que plus >< mme. Pie \1. ilaus sa lettre du 24 janvier

disposition
la
.1

elle peut tre grandement utile en particulier lorsqu'il s'agit de lois universelles, dont la divulgation dans toutes les parties de la catholicit ne peut se faire instantanment, On comprendra aussi son opportunit pour les lois irritantes, dont les effets sont graves et dont les effets sont produits mme lors

lument ncessaire,

que
lois

la

loi

est

ignore pour quelque cause que ce

s<nt.

L'utilit de la vacation est

moins apparente pour les particulires qui n'intressenl qu'un territoire res

dclara dissoute a cette date mme l'Association des jeunes claireurs catholiques la letl re ne parut aux fev rier suj\ ant. Il faut noter que tous que liU-s documents insrs dans le recueil officiel n'onl pas
.

de

loi.

Pour en

faire

une discrimination com:

Secrtairerie d'tal avait dcid, le 5 Janvier 1910, de di\ isor chaque numro en deux parties l'une officielle, rserve aux lois proprement dites, l'autre it a la jurisprudence. Cette division ne fut pas introduite, seuls les titres ,les documents peuvent inla

mode,

diquer
les
\

si

le

raie.

lgislateur a voulu ou non porter une loi Par l'insertion d'un texte lgislatif dans
s
s,

tremt. Il est mme des cas o le bien public peut exiger une application immdiate de la loi sans aucun dlai, positif de prciser les 11 appartiendra donc au droit suggestions et les convenances du droit naturel, en dterminant l'opportunit et la dure de la vacation. i" Vacation des lois pontificales. l. Avant le c<i</c. le droit canonique ne contenait sur cette matire aucune disposition gnrale, aucune prescription d'en semble. Tour certaines lois en particulier, un temps le vacation avait ete spcifi dans le texte lgislatif lui-mme. lonorius III, crivant l'vcquc de Ainsi, le pape
1

faite

promulgation devient parLes Ordinaires n'ont, de ce fait, aucune obligala

tion spciale de publier a leur tour les lois gnrales de ise ainsi promulgues. Toutefois, comme la fonction des vques est de fane observer les lois ecclsias tiques h an. 33ti). il peut tre utile qu'ils favorisent la

Bologne en 1224, l'informe qu'il excommunie les hrtiques et violateurs des liberts de l'glise, qui n'auront pas amend leurs crits dans les deux mois. Drrr. I.e dcret 'amrtsi du Greg. IX. I. V, tit. xxxix, c.
I'..

divulgation de la loi en l'insrant dans quelque priodique diocsain: c'est uniquement une question de zle et de prudence. Cf. Cance. Le Code de (Irait canonique, t. i. n. 36, p. 16, note 1. Il peut arriver d'ailleurs que cette publication soit demande expressment aux Ordinaires par le Saint-Sige; c'esi alors une forme tionnelle de promulgation, qui doit tre observe pour que la loi obtienne force obligatoire. Dans son du 7 dcembre l'MS sur le renouvellement frquent des saintes espces, la Sacre Congrgation des s ordonna que les prescriptions dictes fuspublies dans toutes les feuilles diocsaines. Cf.
t

concile de Trente ne devenait obligatoire que. trente jours aprs sa promulgation dans la paroisse. I. a cou si tution de Pie IV Dominici gregis (1564) accordait une vacation de trois mois aux lois de l'Index. I.e dcret Ne temere concernant les mariages clandestins, promulgu le 2 aot 1907, ne devint obligatoire qu' Pques de l'anne suivante. I.a constitution Divino
i

s,
-

t.

xi. r.M'i. p. s.
u.

de l'glise.

En dehors

des lois

jamais eu de rgles ncernant le mode de promulgation des luis. Aussi tait-ce une doctrine communment admise ds que les luis piscopales ou portes en -lins, provinciaux et nationaux pou tintement promulgues, quelle que ft i le mode employ, pourvu qu'il ft convenable, c'est-ipte a porter la loi la connaissance de toute la tunaut. On pouvait donc choisir entre une lecture publique dans l'glise cathdrale, une proclamation faite sur la place publique, l'affichage dans un lieu publii d'avance, ou l'insertion dans un priopontificales,
le

droit de l'glise n'a

du l M novembre 1911, portant rforme du psautier de l'office divin, n'imposait ses modifications qu' partir du i* janvier 1913. Acta apost. Sedis, t. m. 1911, p. 637. Dans l'ensemble des lois pontificales cependant, aucun temps de vacation n'tait dtermin. De l des discussions entre les auteurs pour savoir d'une part s'il fallait reconnatre a ces lois une vacation quelconque et d'autre pari quelle dure on devait attribuera celle-ci. Les uns. s'appuyanl sur la nov elle lit; de Justinien. rclamaient deux mois de vacation au moins poulies lois disciplinaires. Certains textes pontificaux pouvaient laisser supposer galement qu'une certaine vacal ion tait convenable ou mme en usage ainsi Innocent IV (12511), I. III. tit. vu. c. 1. in VI". et Pie IV dans la constitution Sicut ad sacrorum, du 18 juillet 1564; cf. Michiels, Normse gnrales, t. i, p. 160. Saint Alphonse, aprs avoir expos la controverse. Titrai, mural.. I. I, n. 96, qualifie de plus probable et mme
afflatu,
r
:
<

diqui
-

i.

Cf.

Suarcz. De legibus,

I.

IV,

c.

x\.

ner

h-

U tuel du Code laisse pareillement aux aux autres lgislateurs le droit de dtermimode de promulgation le plus apte. Can. 335, 2. pales publies en synode n'ont pas beautre promulu.it ion. aux termes du can. .'li'2.
'

de trs probable ou la plus probable l'opinion de ceux qui pensent qu'une loi pontificale n'oblige pas avant qu'elle puisse moralement tre connue de tous lis sujets: a son avis, un dlai ou vacation de deux mois est une mesure de prudence. Cf. Homo apostolicus,

du mme auteur. Cependant, la doctrine plus communment admise tait qu'aucune espce de vacation n'tait admise par
n. n. X.
c.

mcilcs plniers et provinciaux. ^sembles qu'il appartient de

mode de promulgation. Can.


IV. \
\.

291,

1.

De legibus, I. IV, Reiffenstuel, Jus can. univers., I. I, tit. n, <S 7 sq. n. l.">: d'Annibale. Summula theol. mur., t. i. p. Wernz, Jus decretalium, l. i. n. 101. Tout au plus, par
le

droit gnral de l'glise. Cf. Suarez,

xv.
1

n. 11

<

"

mu!;.
tion,

question de la prode la Vacale s,, us om |' intervalle qui. par oue entre le jour ou la promulgue et celui ou elle devient obligatoire, mer aux sujets le temps de onnaltre la loi
i

\ii,,n di
:

|.,,|.

I.,

loi est

intimement
,

lie celle

,.

i.

5.
;

est
:

*-nt

pas de l'essence de la loi celle produire tous srs effets des qu'elle ion n est pas abso(
i
'

une interprtation favorable (le la pense du l^isla leur, faisait-on une exception en faveur des lois irritantes. Cl. Scbmalzgrueber, Jus cal. univ., 1. I, tit. n, n. 28. Dans les dernires annes qui prcdrent la publication du (.ode. l'opinion la plus commune, sauf quelques rares opposants, tait que les lois pontificales, mme irritantes, n'avaient a connat re aUCUIU paruHun. El (elle opinion trouva une confirmation dans la jurisprudence romaine lorsque, en 1909, la Sacre Congrgation des Religieux dclara que toutes les profi

G91
sis (3

PROMULGATION DE

I.\

LOI

PROPAGATION DU CHRISTIANISME
la

692

sions solennelles niises en violation <lu dcret Perpen mai 1902), c'esl dire sans avoir t prcdes de trois ans de vux simples, taient invalides, nonobs tant l'ignorance de ce dcret et nonobstant mme l'impossibilit matrielle de l'avoir connu. Acta apost.
p. 699. <)n accordait pourtant qu'en pnale le juge lail en droit de prsumer l'ignorance chez le dlinquant durant deux mois, en dehors de la cour romaine; a Home, au contraire, on pouvait procder contre le dlinquant ds le lendemain de la promulgation.

Sedis,

t.

i,

1909,

matire de

loi

Pnitencerie du 10 dcembre 192*. concernant les confesseurs coupables d'absoudre les partisans de L'Action franaise, demandait une application immdiate. Acta apost. Sedis. t. xx, 1928, p. .'',98. Les interprtations, qui ne sont que l'explication d'une loi dj claire, n'ayant pas besoin de promulgation (can. 17, 2> ne comportent pas non plus de vacation. /;. La loi elle-mme peut fixer spcialement et expressment un temps de vacation plus long ou plus court;
c'est a ce dlai

qu'il

faudra s'en

tenir.

L'exemple
:

le

2.

Le

droit actuel.

Le Code apporta
:

a la discipline

antrieure de notables modifications il statua une vacation ordinaire pour toutes les lois pontificales et en fixa authentiqucineut la dure. a) Les lois qui manent du Saint-Sige n'obligent que dans un dlai de trois mois partir du jour indiqu en tte du numro des Acta upostuliciv Sedis o elles sont publies. Can. 9. a. Les trois mois doivent tre compts suivant le can. 34, 3, n. 2, c'est--dire qu'une loi publie dans un numro des Acta qui porte la date du 10 mars commencera obliger le 10 juin; en effet, le point de dpart, qui est le jour inscrit sur le fascicule et non le jour de l'dition ou de la publication, peut parfaitement tre assimil au commencement du jour. Cf. Van Hove, De legibus, p. 140-141, et les auteurs cits par lui; rencontre. Michiels, Norm gnrales, t. i, p. 241, prconise le eomput du can. 34, 3, n. 3, tort, selon nous. b. L'effet de la vacation est tel que, tant qu'elle dure, toute efficacit de la loi est suspendue, mme s'il s'agit d'une loi favorable. Pour en user avant l'chance, il faudrait un induit. Une faveur de ce genre a t accorde par Benot le 20 aot 1917 aux Ordinaires et

plus clbre est celui du Code lui-mme promulgu par la constitution J'ronidentissimu mater en date de la Pentecte 1917. il ne devait entrer en vigueur, aux termes de la mme constitution, qu'a la Pentecte de l'anne suivante. 19 mai 1918 (voirie texte en tte du Code). Le dcret de la Consistoriale imposant aux vques un nouveau formulaiie eut une vacation de plus de deux ans. Acta apost. Sedis. t. x. 1918, p. 487. 2 Les autres lois ecclsiastiques. En dehors des lois pontificales, le Code ne spcifie aucun dlai de vacation, tout comme il n'impose aucun mode de pro-

mulgation.
1.

Pour

les lois

des conciles plniers et provinciaux,

aux Pres du concile le soin de marquer le temps o les dcrets promulgus deviendront obligatoires. 11 y a, semble-t-il, dans cette formule une invitation discrte accorder un dlai quelconque, sans toutefois rien imposer. 2. Pour les lois piscole

can. 291 laisse

pales,

au contraire,
ds
l'instant

la rgle

gnrale est qu'elles obli-

gent

qu'elles

ne
2.

de leur promulgation, moins contiennent une disposition contraire.


indiqus
les

Can. 335,

XV

Aux ouvrages
1

l'art.

pourra ajouter utilement


Traits gnraux.

bnficier immdiatement de certains pouvoirs ou privilges contenus dans le Code, dont la vacation se prolongeait jusqu'au 19 mai 1918. Acta apost. Sedis, t. ix, 1917, p. 475. c. Les lois liturgiques sont, de l'avis commun, soules faire

aux cardinaux pour

mises la vacation. De mme les rponses de la Commission d'interprtation du Code toutes les fois que l'interprtation est extensive, restrictive ou porte sur un point douteux. d. Certains commentateurs ont prtendu excepter de la vacation les lois purement permissives (Vermeersch, Epitome, t. i, n. 66) ou mme les lois prohibantes dont l'observation immdiate ne ferait tort personne et n'intresserait pas la validit des actes. Cappello, Summula juris can., i, n. 72. Cette interprtation, qui va contre un texte clair, ne semble pas dfendable objectivement juridiquement parlant, la loi n'est pas encore en vigueur. Il reste vrai nanmoins que les sujets peuvent plus aisment se former la conscience, surtout si l'on approche de l'chance pr;

juris cunoDevoti, Insiitutiones canonic, Anvers. 1613; Reift. i, Rome, 1785; Suarez, De legibus, lenstuel, Jus canonicum universum, Paris, 1864; Ferraris, Prompia bibliotheca, t. v, Paris, 1852, art. Lex; Wernz, Jus decretalium, t. I, Rome, 1898; Bouquillon. Thcologia muralis fundamentalis, Bruges, 1903; Yermeersch.TTieo/ogia moralis,
nici, Paris, 1852, part. II;
t. i,

Bouix, De principiis
:

Lois, suivants

t.

ix, col. 909,

on

vue et si le lgislateur se tait ou ferme les yeux subjectivement donc, leur acte peut mme tre mritoire s'il dnote un empressement se soumettre la volont du lgislateur; mais nous sortons du droit strict et
:

du Code. Maroto, InstituMadrid, 1919; Clielodi-Bertagnoli. Jus de Epitome juris Trente, Yermeersch-Creusen, personis, 1927; can., Malines, 1927; Cappello, Summa juris canonici, Rome, 1928; Clayes-Bonnaert, Manuale juris can., t. i. Gand, 1930; M. Conte a Coronata, Insiitutiones juris eccl., Turin. 192S; Van Hove, De legibus eccl., Malines, 1930; Michiels, Xormsc gnrales, Lublin, 1929; Cance, Le Code de droit canonique, t. i, Paris, 1930. 3 Articles de revues. Simier, La promulgation des lois pontificales, dans Rev. aiigustinicnne, t. n, 1909, p. 154; R. de Schepper, Le promulgalionc legis, dans Collationes Brugenses, 1920, p. 239; Lottin, La dfinition classique de la loi, dans Rev. no-stolaslique de philosophie, t. xxvi, 1925, p. 269; P. Gillet, De lege data et non jiromulgata, dans Jus ponlificiiim, t. vin, 1928, p. 216; Teodori, Vacatio legis, dans Apollinaris, t. in, 1930, p. 126; J. Brys, De vacatione legis, dans Collutiones Brugenses, t. xxx. 1930, p. 1-11.
liones juris can.,

Rome, 1926. 2 Commentaires du livre 1

A. Bride.

objectif.

faut noter enfin qu'il n'y a pas de vacation pour les actes pontificaux qui n'ont pas le caractre de vritables lois telles, par exemple, les instructions des congrgations, les rescrits, les concessions d'indulgences, etc. b ) En posant en rgle gnrale la vacation de trois mois, le can. 9 formule deux exceptions : a. Il n'y a pas de vacation lorsque les lois pontificales obligent immdiatement par leur nature. C'est le cas de toutes celles qui rappellent ou interprtent le droit divin naturel ou positif; de celles aussi dont le bien commun exige l'application, sans aucun dlai. On peut dire que les lois de l'Index intressant la foi ou les murs ne supportent pas de vacation. Le dcret de
e.
Il
:

CHRISTIANISME.

PROPAGATION

ADMIRABLE
I.

DU

La question au point

de vue gnral de l'apologtique de l'glise. II. Prsentation de l'argument (col. 695). III. Valeur probante de l'argument (col. 706). I. La question au point de vue gnral de Il ne s'agit pas ici de l'apologtique de l'glise.

historiques qui constituent la trame de la propagation du christianisme travers le monde au cours des sicles. On envisage simplement le fait de la propagation du christianisme dans des conditions telles qu'humainement parlant son extension est inexplicable. On en conclut qu'une propagation aussi admirable constitue un vritable miracle d'ordre moral, marquant une intervention positive de Dieu en faveur
retracer
les faits

PROPAGATION
tin iiu'tif

\ l>

\HI.I-:
tes,
l.

lU

CHRISTIANISM1
(

694

du catholicisme. Par consquent et c'est la conclu don la propagation admirable du catholicisme est
de crdibilit
il<'

saint

l'glise catholique.
la

I. c. vi. Sur l'utilisation de cet argument par Thomas, \oir rabiuaiiu. Die Lettre des heil. Thomas von Aquin von der Kirche als Gotteswerk, Ra

Cette dmonstration de

vrit

du catholicisme
est la

est,

on
l.i

le

volt, directe et -.impie.


.1

Par

la elle se

distingue de

dmonstration

deux degrs, i|m

dmonstra

tlon classique; dmonstration chrtienne, dmonstra tion catholique, esquisse ici mme, voir Apolog
b, t. 1, col. 1519 i.">;>". En pargnant l'apologiste de passer d'abord par la dmonstration de la religion chrtienne, distingue de la religion catholique, cet non! lui permet de ne pas s'engager dans le ddale des problmes d'exgse et de critique historique; il se contente d'un coup d'oeil jet sur l'expansion <lu chrls Uanisme, les moyens dont la religion disposait, les obstacles qu'elle rencontra, et, ayant constat l'insul Bsance tics premiers p.ir rapport aux seconds, \.i droit la crdibilit du magistre divin de l'glise catholique, considre comme tmoin vivant et par laut qui prouve lui-mme sa mission divine par ses tres subsistants \. Le Bachelet, art. Apolog.1
.

dans DM. apol. de la foi catholique, t. 1. col. 232. Cet argument, tir d'un aspect de la vie de l'glise catholique, a t mis en relief plus particulirement Mes du \iv sicle, surtout aprs le carpar li dinal Dechamps. Le concile du Vatican l'a lui-mme
tique,

indique

et

eu a consacre

la

valeur

(juin etiam Ecclesia per se

suam nempe admirabtlem


nii.tni

propagationetn,

exi-

sanctltatem
111

et

inex-

bonis fecunditatein, oh catholicain unitatein Invictamque stabilitateni.

omnibus

magnum quoddani

etiium est raotivum iht.itis et divinit sue legalionis testunonium irre-

Bien plus. cause dr son admirable propagation, le sa saintet eininenle et de son Inpuisable fcondit en toutes sortis le biens, a cause de son unit catholique et le son Invincible stabiliti lihsi- est, i>ar elle-mme, un ^ranil et perptuel motif de crdibilit, en mme temps

83 sq. de la Rforme, Bellarmln Indique comme troisime noie de la vritable glise duratto diulurna nec umquam interrupta, Conlroo., I. IN c. vi, par opposition l'instabilit des hrsies, et il en appelle a 'autorit de saint l.con Pal les perscU fions. l'glise n'est pas diminue, mais elle s'accrot, cl le champ du Seigneur se recouvre d'une moiSSOU plus abondante, tandis que les grains, un a un tombs en terre, renaissent multiplis. Serm. natali apostolorum Ptri et Pauli, lxxxh, c. vi, /'. !.. 1. u\. col. 126. Cette note est complte chez Bellarmln par la neuvime, l'efficacit de la doctrine d'autres notes el les fruits d'un apostolat missionnaire, qui. en peu de temps, con\ cri il le inonde au christ ianisme la dixime, la saintet, tout d'abord, des premiers prdicateurs de la vrit, par opposition aux hrsiarques la onzime, la -loue des miracles qui. depuis l'origine jusqu' nos jours, se sont accomplis en laveur de la religion et l'auteur cite les miracles de Franois de Paule et de Franois-Xavier. Ibid., c. w. En toute vrit, le thologien jsuite prlude au concile i\u Vatican. Aprs le cardinal Dechamps. Entretiens sur lu dmonstralion catholique le lu renie chrtienne, dans [es uvres compltes, t. 1. Malines, 1874, ci surtout les Lettres philosophiques el thologiques sur lu dmonstration de lu jui. v lettre tholbgique, t. vu. p. l")!' (voir ici. t. iv. col. 180), cl quelques autres qui, avant le concile, s'inspirrent de lui. notamment Heinrich, dans sa Ira duc lion de l'ou\ rage du cardinal. Christ 11 s uml AntiLisbonne, 1903,
p.

Au moment

theol.,

qu'un tmoignage Irrcusable de sa di\ ine mission. Il en rsulte que, comme

Mayence, 1859, p. 136 sq., et dans Dogm. apolop. 305 sep. de nombreux thologiens gistes ont, d'aprs la formule du concile, prsent la crdibilit de l'glise d'une manire directe. Liions
christen,
t. I.
.-I

Quo gnum
'

ut ipsa veluti ,si(valuai in nationes


lit.

un tendard

lev

aux yeux

Iv. XI, IJi et ail se invitet,


et

qui iiondum crediderunt,


1

ertiores

faeiat.

BrnUssimo

inti

fundamento
profltentur.
n.

dis nations, clic appelle a soi Ceux qui ne croient pas encore el donne a ses enfants la pleine assurance que la foi qu'ils profissent repose sur

11'.,

171

1.

un

trs

ferme fondement.

Pralectiones dogmaticte, 1. 1. n. 2 in sq.; t. 1. n. 166; Ottiger, Theol. fundament., t. 1. p. 846 903; l. n. p. 238 sq. et passim G. Wilmers, De religione revelala, Ratisbonne, 1897. p. 133-657; J.-V. Bainvel, De vera religione et apologetica, Paris, lui l. p. 204 sq.; .1. Didiot, Logique surnaturelle objective, Paris, 1892, n. 317 sq.; M. d'Herbigny, Theologica de Ecclesia, th. xxix, t. n. p. 219 sq.; Tanquerey,
(.h.

Pesch,

Compendium,

ment de
n'a
|

1'

cependant une erreur de croire que l'arguadmirable propagation du christianisme


'iiu et

Synopsis thologies fundamenlalis, Tournai. 1906, p. 213 sq.; I. Millier, De vera religione, Inspruck, 1901,
182-647; Schiffini, De vent religione. Sienne. 1908. 1H| sq., et surtout Th. Specht, revu et rdit par Bauer, Lehrbuch <lcr Apologelik oder Fundamentaltheo
p. p.

employ par
sq.

les

auteurs des pre


point, CRDIici

tien
BILIT,
t.

mi

se reportera, sur ce

m.

col.

2239
117,
1.

H
<;..

sullira
t.

'in.

Dial.,

P.

vi. col.

/'. G., t. vu, col. mi. xxxvii; cf. Ail Scapulam, c 11. P. /... t. 1. col. .{117. 162, 7'"'; [),_ prmscript., c. xx. t; Ado. .lui., ,s, c vu. P. /... t. 11. col. 31, 1, 610; Crlsum. 1. III. 26, P. (,.. t. xi, col. 661, \rnobe, Adc. nationes,]. I, n. 15-16,1.11, 11. G.P.L., t. v. col. 737 sq.. sic,; Eusbe <!.Csare, Hist. ceci., sq., p. ,;.. t. \\, col. 7 10 sq. I. VIII, c. saint Augus-

x,

d'indiquer 717: saint ::,1 Tertul;

logie,

2e d., Ratisbonne, 192

1,

p.

233

sq.

(bonne

biblio-

graphie).
I.a valeur de l'argument a t mise en relief dans l'apologtique d'Esser-Mausbach, Religion, Christen tum, Kirche, V d., .Munich, 1921, par I.-I'. Kirsch, Die Gescluchtc der Kirche ein Zeugnis ihrer hhercn

lien.

Apologelicus,

c.

Sendung,
Kullur.
t.

et

I.

Mausbach, Die Kirche

uiul die

moderne

tin,

De

fide
I.

rerum qua- non videntur,


,
.

c. iv. n.

7:

tale Dei.

WII.

De
t.

civixi.i.

v,

vm,

/'. /.., t. xi.,

col. 17i'.;

167 sq., 339 sq.; par E. Krebs, Dogma uni I.eben. I'aderborn, 1923. p. 23-11; par llergenrther-Kirsch, Handbuch der allg. Kirchengeschichte, V d.. t. 1, Fribourg-en-B., 191 1, p. 136. iarnack, tout en admettant les faits, s'efforce d'en amoindrir la \ alcur
p.
I

m.

Sur saint Augustin, voir Th. Specht, Die LehrKirche nnch dem heil. Augustin, Paderborn. 1892, p. 224 sq. [. storzko, L'apologtique de saint Augustin. Strasbourg. 1932. Sur les auteurs des
;

en gnral .1. Zahn, Die apotogetische Grundgedanken m drr Literalur der ersten dm Julirhundertc. Wurtzbourg, 1890, p. 68 sq.; <,. Schmitt,

P rei "

der drei ersten Juhrhunderte in hisL-si/stem.


p.

su

iq.
'I

iastirpn-s.
:

,|

lin ait utilise cet

semble que seul saint boargument. Sum. cont. ren-

apologtique. Mission und Ausbreitung des Christentums in den ersten drei Jahrhiindertrn. d.. Leipzig, 1923 mous citons ici d'aprs la 2' dition, 1906). Lors de la premire dition de cet ouvrage (1903), le P. de Grandmaison publia un article dans les tudes, L'a parution du christianisme d'aprs M. Harnack, t. xevi, 1903, et M. Rivire, dans la tienne pratique d'apologtique (1") mars 1" juill. 1906), en lit la critique, travail depuis (-dite- en brochure (collection Science et religion), Lu propagation du christianisme <luns les trois premiers sicles, Paris. 1907.
!

69:

PROPAGATION
repris,

K A BL

I.

Dl

CHRISTIANISME

696

II.

L'argument a t Dieckmann, br

du ct des catholiques, par

Ecclesia, tractalus hislorico

dogma

lici,

Fribourg-en-B., 1925, i>. 515 sq.: Garrigou-La grange, De reoelatione, i. n. Rome Paris, 1918, p. 273; P. Buysse, L'glise de Jsus, Paris, 1925, p. 17, et, trs rcemment, A.-l). Sertillanges, Le miracle de l'glise, Paris, 1934. A l'aide de trs pauvres arguments, A. Bayel a essay de ruiner l'apologtique de- l'glise tonde sur la propagation admirable <lu christianisme, dans Les religions de salut et le christianisme dan* l'empire romain, (huis la srie Le problme de Jsus et les origines du christianisme, par Alfaric, Couchoud, Bayet, Paris, 19.'52; le P. Huby lui a rpondu dans Les mythomanes de l'Union rationaliste, Paris, 1933. L'apologtique consacre par le concile du Vatican dpasse certes la simple considration de la propagation admirable du christianisme. L'glise, en effet, y est considre soit comme socit doue d'existence, soit comme principe agissant. Son existence in fieri, voil le point de vue spcial de l'admirable propagation; in facto esse, c'est son unit catholique et son invincible stabilit. Principe agissant, l'glise manifeste sa saintet minente et son inpuisable fcondit en toutes sortes de biens. .Mais, en ralit, tous ces aspects de 'argument gnral propos au concile se compntrent, et il est bien difficile (on le constatera dans la prsentation de notre argument) de sparer compltement l'un des points de vue des autres.
l

ment, en mme temps qu'une extension considrable, h- sentiment que l'glise a eu, des le premier jour-, d'tre destine a la conqute du inonde entier.
.1.

II.

Prsentation de l'argument.

Pour pr-

senter l'argument dans toute sa force, il faut mettre en relief l'absolue disproportion qui existe entre ce qui a t ralis et les moyens dont disposaient les premiers propagateurs du christianisme. Il faut donc, en consquence, rappeler 1 la rapide diffusion du christianisme dans le monde; 2 la grandeur du but vis; 3 les obstacles de toutes sortes qui s'y opposaient, en insistant trs particulirement sur les perscutions, qui, loin de diminuer la force vitale de l'glise, n'ont fait que l'accrotre; 4 l'insuffisance des moyens naturels dont disposaient les prdicateurs de la foi. La conclusion s'impose d'elle-mme une telle propagation, en de telles circonstances, est un vritable miracle d'ordre moral, impliquant l'intervention divine en faveur de la vrit. 1 La rapide diffusion du christianisme dans le monde. Pour donner l'argument toute sa valeur, Dieckmann fait justement observer que, ds le dbut du christianisme, rgnait dans l'glise la persuasion que la religion prche au nom du Christ devait s'tendre tout l'univers universalit du royaume messianique, prophtise dans l'Ancien Testament (voir les rfrences dans Dieckmann, op. cit., n. 207); entrevue, quoique sous un angle exclusivement national, par les Juifs mmes dans leurs livres extracanoniques, ibid., n. 208; ouvertement annonce par Jsus-Christ dans les vangiles, ibid., n. 213-226; dogme fondamental de la prdication de saint Paul, ibid., n. 227-231 cf. n. 382, 391 et dont la force se retrouve dans tous les crits de l'ge subapostolique. Ibid., n. 232-233. Cette persuasion va se renforant mesure qu'on constate le dveloppement historique du christianisme naissant, sa pntration sociale, son expansion gographique.
: :

Rivire, op. cit., p. 16. Harnack a recueilli les testes des trois premiers Sicles attestant cette expansion du christianisme. Op. cit., t. i, c. n, p. 52!) sq. Voici les principaux qui dcrivent a la luis rvolution progressive le l'glise et la persuasion de ses dirigeants Didach, ix, l; x, .">; / a dmentis, v, 6; vi; xi.n, 2: i.ix. 2; saint Ignace Ad Eph., m. 2; Pline Trajan, EpisL, X, xevi (d. Mller, Leipzig, 1903, p. 291); le Pasteur d'Hermas, Si m.. VIII, m. 2; IX. jtvn, 1. Harnack numre quarante-trois localits o l'existence du christianisme est atteste au t sicle, et il faut y ajouter les provinces d'Arabie, de Syrie, de Cilicie, de Cappadoce, de Bithynie et de Pont, d'Illyrie et de Dalmatie, o les ptres de saint Pierre et de saint Paul supposent des chrtients. Ainsi, le christianisme est dj rpandu dans l'Orient, en Palestine, en Syrie, en Asie .Mineure, Alexandrie, en Occident, en Grce, en Macdoine, Rome surtout, peut-tre en Espagne. Au n c sicle, les tmoignages sont plus abondants saint Justin, Apol.,1, 1,25,26,32, 40, 53; Dial., 4M, 52, 53, 91, 117, 121, 131; Epist. ad Diognetum, vi, 1-4; Denys de Corinthe, Epist. ad Romanos, dans Eusbe, Hist. eccl., 1. II, c. xxv, n. 8, P. G., t. xx, col. 210; Hgsippe, dans la Srie des vques romains , chez Eusbe, Hist. eccl., I. IV, c. xxn, n. 1 sq., P. G., t. xx, col. 378; l'aveu de Celse, dans Origne, Cont. Celsum, I. VIII. 69, P. G., t. xi, col. 1620 (la perscution de Marc-Aurle ayant extermin les chrtiens partout); pseudo-Clment, II Cor., n; Marturium Carpi, Papi/ti, Agathonices, 30, dans Kirch, Enchirid. font, eccles. histori, n. 81; Mliton de Sardes, dans Eusbe, Hist. eccl., 1. IV, c. xxv, P. G., t. xx, col. 393; saint Irne, Cont. ha>r., 1. I, c. x, 2; 1. II, c. xxxi, 2: 1. III, c. iv, 2; c. xi, 8; 1. V, c. xx, 1, P. G., t. vu, col. 551, 824, 856, 885, 1 177 l'pitaphe d'Abercius, Kirch, op. cit., n. 155 Clment d'Alexandrie, Slromata, 1. VI, c. xvm, P. G., t. ix, col. 396; Polycrate d'phse, dans Eusbe, Hist.
:

'

eccl.,

1.

V,

c.

xxiv,
sicle,

n. 7; le
c.

paen Ccilius, dans Minut.

cius Flix, Octavius,

ix, P. L.,

A la

fin

du

II e

Harnack compte

ni, col. 270, etc. trente-trois com-

rparties en Asie Mineure, en Thrace, en Thessalie, dans les les grecques, en Italie, en Afrique. Il relve des dsignations collectives de chrtients autour d'Antioche et de Smyrne, en Asie, en Msopotamie, en Egypte, dans la Grande-Grce, en Gaule, en Germanie, en Espagne le christianisme existe dans toutes les provinces et dj mme, par les glises de Msopotamie, dborde les frontires de l'empire. Aux confins du m* sicle, nous avons les textes classiques de Tertullien, Apol., c. vu, xxxvn, P. L., t. i, col. 358, 524; Ad naliones, 1. II, n. 8, ibid., col. 668;
:

munauts

De

Dveloppement historique. Annonc par le Matth., xxiv, 11; xxvm, 19; Act., i, 8, il se ralise par la prdication des aptres, qui, d'abord Jrusalem et dans la Palestine, Act., n, 41; iv, 1; v, 1 vin, 1-4. puis dans les contres avoisinantes, Act., xi, 18-21; xi, 2(i; I Petr., i, 1, et enfin dans le monde entier, prchrent la parole de Dieu. Marc, xi, 20;
1.

Christ,

cf.

Rom., i. 8; Col., Apoc, vu, 9.

i,

6,
Il

23; I Thess., i, 8; I Tim., m, 16; est vident qu'il ne faut pas pren-

dre ces paroles la lettre et que ces textes signifient

baptismo, c. v, ibid., col. 1313; Ad Scapulam, c. v, 783; De corona, c. xn, P. L., t. n, col. 114; De fuga, c. xn, ibid., col. 136; Adv. Judseos, c. vu, ibid., col. 650;Depra'Script.. c. xx, xxxn, ibid., col. 31, 14; cf. Adi'. Marcionem, 1. III, c. xx, ibid., col. 335; De anima, c. xvn, ibid.. col. 716. Mais les dveloppements de Tertullien se ressentent de certaines exagrations hyperboliques. Les tmoignages d'Origne sont plus objectifs. In Matth., comment, sries, n. 39, P. G., t. xin, col. 1653 sq.; Cont. Celsum,\. III, 8, 9, 15, 20, 30; 1. VIII. 69. P. G., t. xi, col. 929. 932, 937, 957, 957, 1620; De principiis, 1. IV, c. i, n. 1 sq., ibid., col. 341. Cf. Hippolyte, Philosophumena. 1. X, c. xxxiv. P. G., t. xvi c. col. 3454; saint Cyprien, Ad Demetrianum, c. xvn, P. L.. t. iv, col. 576. Au dbut du iv sicle, le triomphe du christianisme est bien prs d'tre ralis. Nous en avons des tmoignages non quivoques rapports par Eusbe, Hist. eccl., 1. I, c. m, iv; 1. II, c. m; 1. III, c. i, xxxvn; 1. IV,
ibid., col.

PROPAGATION
e.
I.

\ l>

115

Ul.

I.

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col.

CHRISTI A NISM1
1065
l

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I.

VIII,

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etc.

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II

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c.

i\. cel

historien rapporte
.1

que Diocttien

leur, ohtient de celui

lierai ion

en litre de des du cl icn


I

mpe

ils svir quand M.iMiuifu Hercule se dcidrent presque tous les hommes abandonner le culte P. (... des dieux pour s'aflllier au peuple chrtien \ \ il B, 213. 292, 316 A. 186 D, 1^ renseignements d u sq 7 in sq., 825 a. n'apportent, il est vrai, il' donnes prcises qu' partir de la tin <lu n sicle; cel historien marque nan moins le-- grands traits de la propagande chrtienne,

damnes aux mines de


l.

SanlaiLMie.

PMlOSOphumena,

virent

nui s'affirma victorieuse surtout dans le demi-sicle qui prcda la perscution de Domitien (260-303). pn larnack l'appelle iule. Au dbut du christianisme, ce sont tration intensive Cf. Matth., surtout lc> p.iu\ res qui sont vangliss i'or, 1. 26 30. Cette situation dure M>ir surtout longtemps; Ion polmistes paens v trouvent nia tire a plaisanterie. Lucien, Mort de Prgrinus, 12, 13. ipologistes s'en vantent plus qu'ils ne s'en dfen dent. Minucius Flix, Octavius, c. \. vin, xn, P. / ., Origne, Cont. Celsum, I. 1. t. m, col 14; I. VIII, 7. /'. (,.. t. xi, col. 712, 1629. Toutefois, ds la premire heure, les personnages importants, hommes et femmes, jusque lin dan-- la unir impriale, sont convertis a la lui tienne. Act., xm. 7-12; xvn, 12: xvm, 2-26; Rom., or., vu, 12; \i. 5; l'Iiil.. n. 3, 32. Pline wi. 1-15; trouve en Bithynie des chrtiens dans tous les ordres.
I
.
.

l\. e. \n. /'. G., t. xvt c col. 3382 c. Des chrtiens sont .m palais de Sepiiine Svre, et son iiK Caracalla eut une nourrice chrtienne, rertullien, Ad Scapulam, /'. /... t. 1. col. 782 \. \ alrien, d'abord favorable c. i\ aUX chrtiens, dont la COUT et .ul pleine, se tourne en suite contre eus cl dict des pnalits spciales con tre les csariens. Denys d'Alexandrie, dans Eusbe, llist. eccl., I. VII, c. x. /'. G., 1. xx, col. 657 660. Sons Diocltien, la cour de Nicomdie esl remplie de chrd
.

premiers diis voudront l'purer. Eusbe, VIII, ci, P. G., I. xx. col. 740-744. Don,, des la premire heure, les chrtiens s'introduisirent la cour et. a la longue, ils avaient fini par en constituet une pallie Importante larnack. op. cit., p. 10. La pntration de l'arme fut plus lente, en raison de l'opposition que les rigoristes trouvaient en ire l'tat militaire ei l'tal de chrtien. Cependant, sous MarcAurle. la lgion fulminata comptait un grand nombre de chrtiens. Cf. Eusbe, Hist. eccl., I. V, c. v, P. t,.. t. XX, COl. III A. Elle devait fournir plus lard les qui ranie martyrs de Sbaste. Le cas du soldat que Ter
liens, cl les

Hist.eccl.,

I.

tullien glorifie

pour avoir refus


devait

la

couronne militaire,
exceptionnel.

entache
trait,
il

d'idoltrie,

tre

Du
'.'.'t.

xcvi. Sous

rajan.
\

la

communaut romaine
s.

semble bien rsulter que ce geste fut blm par les camarades. De corona, c. 1, /'. /... I. 11. col. Eusbe cite d'autres exemples de soldais chrtiens.
xi. 11: I. VIII. c. iv I. \. 533 A. 609 C. 613 H. 749 D. 694 H. En rsum, le christianisme n'a jamais t. la diffrence du culte de Mithra, la religion des camps. el ce n'est pas par les soldats qu'il s'est rpandu. .Mais

puissante pour que


qu'elle ne l'arrache

mit

au

m art

re.

Ad Rom.,

Ignace redoute vi, 2-3; vin, 3.

Hist. eccl.,

I.

VI,
t.

e.

v.

xn.

c.

vin.

/'.

t;..

w.

col.

Hermas m plaint introduit dans les


1

du relchement que la tort une a murs. Mand., X: Sun., VIII, IX. i^t assez riche pour verser 200 000 sesterces ommunc. Tertullien, De prscript., c. xxx,
11,

les
\

/'.

/ ...

t.

col.

18
:

science a ses reprsentants

ds

les
'_!

temps apos1 :

toliques, l'loquent Apollos. Act.,

12; m, 1-6. Les apologistes culture, et il faut en dire autant de certains docteurs tiques comme Valentin. Tertullien tait un juriste

Cor., 1, xvm, taient hommes de haute


1

chrtiens furent nombreux l'arme, el. comme ils taient plus exposs, on s'explique le nombre assc/ urand de soldais maiiv rs. On a vu plus haut que, ds l'ge apostolique, les
joiircnl
alla s'aeeentuant

femmes elles-mmes
rile

un ride dans l'glise. Ce mesure que les femmes conver:

Clment d'Alexandrie signale de plusieurs philosophes. Simm., I. VI,


-t

la
c.

conversion

xvm.

167,

100 C. L'cole thologique d'AlexanI. en pleine vigueur depuis le milieu du ir sicle et produit des hommes de l'envergure d'Origne. >i s le rgne de Commode, l'aristocratie romaine a prsentants le martyr Apollonius tait peut 61 e ur. Eusbe, Hisl. eccl.. I. Y. c. xxi. P. (,.. t. xx. 188 \. A la lin du 11 sicle, les inscriptions chrtiennes portent les noms des Annwi et des Pomponii. hrtiens sont au snat et parmi les clarissimes.
1
:
1

ties appartenaient des classes sociales plus leves. Couvert ies ou favorables au christianisme Domicile, Clemens: Marcia. favorite de la femme de Flavius Commode; Julia Mamma-a. mre d'Alexandre-Svre;
el la fille de Diocltien. Cf. Rivire, D'autres indications dans Tertullien, Ad Scapulam, c m. /'. /... t. 1, col. 780; dans Eusbe, Hist. ml.. I. VIII. c. 1. />.<;.. t. xx. col. 740 C. Un dcret de Calliste aurait autoris les femmes nobles cont racler des unions illgales avec des esclaves. l'on il ressort (pic le christianisme n'a jamais t la religion d'une caste, mais qu'au contraire il a t rpandu dans lous les ran.us et dans toutes les classes. Cf. Arnobc. AdO. ventes. I. II. c. v, /'. /... I. v. col. 816. Les documents sont Expansion gographique. rares ei fragmentaires et trs certainement, ds avant Nice, il y avait des chrtiens dans bien des end roi s o l'on ne peut pas en faire la preuve. Pour les dtails, on se reportera a larnack. op. cit.. p. 70-262, bien utilis par .1. Rivire, <>\>. cit.. p. :w sq. Voici, rsumes, les conclusions du savant allemand. Au dbut du IV Sicle, on peul rpartir les chrtiens eu quatre groupes a les provinces ou le christianisme comptait prs de la moiti des habitants cl formait la religion domi nanl e Asie Mineure, sud de la Thracc, Chv pic. Armnie, ville et territoire d'desse; l>/ les provinces ou le christianisme avait ga^n une pallie notable de la population cl exerait une influence sur l'lite dm gante et pouvait tout au moins rivaliser avei les autre religions Antiochc, Cl-Syrie, Egypte, Thbalde, surtout Alexandrie, Rome avec des parties de l'Italie centrale et mridionale, Afrique proconsulaire el Nu midie, Espagne, principales parties de la Grce, cte

enfin, la
cil.,

femme
36.

op.

p.

Tertullien.
P.
/...
t.
I,

Apol.,
col.

c.

xxxvu; Ad Scapulam,

c.

rv-v,

-Y.!",

ire

les
.

A, 781 sq. Ledit de Yalricn est (hrtiens des hautes classes. Saint
(

.'.

\\x. n. 1. Hartel, p. 83 .i. On trouve hrtiens jusque parmi les employs de l'tat, a r exemple. Kusbe, Hist. eccl., I. VI, 11, /'. G., t. xx,col.605sq. En Phrygie, toute univille est chrtienne. \ compris les fonctionnaires. Ibid., I. VIII, c. Des axant Constantin, et 11, col. 7 1" sq. k. religion chrtienne a pntr dans le publique de l'empire, comme, par Clment et (ait son entre dans la science. ir. les chrtiens deviennent puissant-.. Quoi
1 .

qu'il

en

soit

de

la

religion (orientale, juive, chrtienne)


1

matrone Pomponia Gra-cina,


I.
|i

de. Ann.,
rt

XIII, 32, sons probable que, sous Domitien. le cou Flavius Clemens, tait chrtien. xvm, t. dans Kirch. op. cit., n .11.de de nombreux
1
1

-.

I.

IV,

c.

xxx,

n.

l.

/'.

C,

699

PROPAGATION
:

DM

AHLK
le

DI

CHRISTIANISME
).

700

mridionale de la Gaule; c) les provinces o le christianisme tait peu rpandu Palestine, Pbnicie, Arabie, quelques districts de la Msopotamie, intrieur de la pninsule grecque avec les provinces danubiennes, nord el est de l'Italie, Mauritanie et Tripolitaine;d) les provinces et pays o le christianisme tail tout rail villes de clairsem et n'existait pour ainsi dire pas l'ancienne Philistie, ctes nord et nord-ouest de la mer Noire, ouesl de la haute Italie, centre et nord de la Gaule, Belgique, Germanie et Rhtie, Bretagne et Norique. A considrer l'ensemble, il n'est pas douteux que le christianisme a pris une extension puissante, et, comme il n'est pas restreint une classe de la socit, comme il a pntr la fois les villes et les campagnes, il s'impose comme un facteur important de l'empire. On admet gnralement qu'il y avait mille huit cents vchs (de dimensions fort ingales d'ailleurs) la fin du rgne de Constantin; ce nombre un peu rduit peut reprsenter l'tat de l'glise au commencement du IV e sicle on ne se tromperait gure en supposant pour cette poque de huit cents neuf cents vchs en Orient et de six cents sept cents en Occident. D'o il suit que le triomphe de l'glise tait dj virtuellement accompli et que Constantin n'a fait que le reconnatre.
:

fait non de quelques individus, mais d'une multitude. Cette rforme prend plus de relief encore si on la compare aux vertus des paens. Cf. Gatti, cit par
I

Garrigou Lagrange, op. al., p. 27<i. Rformes sociale* profondes. La vie familiale restaure: dignit de l'pouse dfendue contre la licence des murs paennes; unit et indissolubilit du mariage; virginit el chastet conjugale. Protection de l'enlanl, par les pnalits portes contre l'avortement, la rpression des expositions, ventes et meurtres d'enfants si frquents (liez les paens. Amlioration de la condition des esclaves, l'esclavage devant finalement tre aboli (liez les chrtiens. Sur fous ces points, voir Lacordaire, Confrences de Sotrc-Dame, annes 18111845; A.-D. Sertillanges, L'glise, Paris, 1917, 1. IV; M.-S. Gillet, O. P., L'glise et la famille, Paris, 1917; A. Cochin, L'abolition de l'esclavage, Paris, 1862; P. Allard, Les esclaves chrtiens, Paris, 1900, et d'excellentes pages de Joseph de Maistre dans Le pape, 1. III. La socit civile elle-mme et les relations entre tats devaient la longue ressentir une influence souverainement bienfaisante fondement divin de l'auto:

1 ; rsistance aux lois injustes, Act.. v, 29; quitable libert des sujets et rejet

rit lgitime,

Rom., xm,

Rivire, op.

cit., p.

59.

2 La grandeur du but vis. C'est ici surtout que notre argument, pour tre complet et probant, devrait revtir toutes les modalits dcrites par le concile du Vatican. Il s'agissait, en effet, de renouveler le monde dans ses croyances, dans ses murs, dans ses aspirations.
Cf. saint

du principe tyrannique; constitution des monarchies chrtiennes. Dans l'organisation des socits, l'glise
se

proposa toujours d'amliorer

la

condition des

hum-

bles et de rgler, conformment aux exigences de la justice et de la charit, les rapports des riches et des

pauvres, des employeurs et des employs, des matres


et des serviteurs.

Dans

les relations internationales,

l'glise s'est efforce, ds le

Thomas, Cont. gnies, 1. I, c. vi. 1. Credendum tam ardua. Saint Thomas, toc. cit. L'argument peut ici tre prsent comme un commenI
:

dbut et plus encore au cours des sicles, d'introduire les ides de justice, de charit, de paix le code de la guerre a t transform
:

par

elle.

taire de

crucifi;

Nous, nous prchons le Christ Cor., i, 23 pour les Juifs, vrai scandale; pour les gentils, folie; mais pour ceux qui sont appels soit Juifs, soit Grecs, vertu de Dieu et sagesse de Dieu. Faire abandonner aux Juifs l'ide d'un Messie temporel; leur proposer comme un Dieu adorer celui-l mme qu'ils avaient crucifi; leur faire admettre la cessation de la Loi et des rites mosaques! Aux philosophes grecs, imbus de sagesse tout humaine, faire accepter une doctrine, en apparence tellement oppose aux exigences de un Dieu, trine dans son unit, le Fils de Dieu la raison devenant homme sans rien perdre de sa divinit; cet
:

On ne peut qu'indiquer en traits gnraux ces influences salutaires de la religion chrtienne dans le monde, qui relvent de sa saintet et de sa fcondit en toutes sortes de biens. Cf. Garrigou-Lagrange, op. cit.,
p.

281 sq.
3.

la mort la plus honteuse, juste et le sage par excellence! Les esprances d'une vie future dans la communication mme du bonheur de Dieu, avec la rsurrection promise aux corps! On sait comment Paul fut accueilli l'Aropage. la foule des paens persuader que les Act., xvn, 32. idoles, par elle jusque-l adores, sont de vains simulacres, doivent tre brises, leurs temples renverss, les sacrifices et les superstitions que des sicles de pratique idoltrique avaient consacrs, doivent devenir un objet de haine
lui, le

homme-Dieu s'exposant

Sperandum tam alla. ld., ibid. Ici encore, c'est une transformation radicale des aspirations humaines que se propose le christianisme. D'une part, le christianisme prcise en regard des esprance humaines les conditions de la vie de l'audel, avec la terrible alternative du bonheur ternel sans mlange ou du malheur ternel sans espoir. D'autre part, il pose comme condition au bonheur du ciel la pratique des vertus austres et le renoncement tout ce qui, dans les biens de ce monde, pourrait faire obstacle la vertu. Il institue mme des coles de perfection, les ordres religieux, o il invite les mes d'lite
la pratique des conseils vangliques. On relira sur ces points les Confrences de Lacordaire, 1844. Tout cela dpasse de beaucoup les horizons auxquels, en dehors de la foi chrtienne et de la religion catholique, sont fixs les regards des hommes. 3 Les obstacles. Arrivs ce point de la prsentation de l'argument, un certain nombre d'apologistes (guids d'ailleurs en ceci par le souci d'une objectivit historique qu'on aurait tort de critiquer) exposent les causes favorables l'expansion du christianisme. Nous prfrons reporter l'expos de ces causes au paragraphe suivant, o l'on dmontrera simultanment qu'elles ne sauraient constituer une explication suffisante de la propagation de la religion chrtienne. Nombre d'obstacles l'expansion du christia1. nisme tiennent la grandeur mme du but rformateur cherch par la religion nouvelle. A sa doctrine tout d'abord. Le culte et la notion mme du Dieu spirituel paraissaient trop austres a bien des mes, de sorte que les chrtiens, qui n'avaient pas d'idoles ni de sacrifices, taient accuss d'athisme

Operandum tam difjicilia. Id.,ibid. Ici, c'est toute Conversions individuelles : la rforme des murs. les hommes doivent abandonner leurs habitudes et coutumes vicieuses invtres et passer des fautes de
2.

crimes contre nature, de l'orgueil d'une fausse sagesse une vie chaste, humble et pauvre. Cf. saint Justin, Apol.. i, 14, P. C., t. vi, col. 348; Lactance. Divin instituliones, 1. III, c. xxvi, P. L., Eusbe, Prseparatio evangelica, 1. I, t. vi, col. 431 c. iv, P. (i., t. xxi. col. 39. Ces conversions furent ralises les crivains paens eux-mmes en tmoignent. Pline le Jeune, Kpist.. 1. X. xevi Lucien, Mort de P< r, grinus, n. 12, d. Dindorf, p. 691; l'empereur Julien lui-mme, au tmoignage de Sozomne, Hist. ceci.. I. Y, c. XVI, /'. '/'.. t. i.xvn, col. 1262. Ces conversions sont
la chair, des
;
: :

roi

PROPAGATION ADMIRABLE
i

lu

CHRISTI ANISM1

702

beaucoup plus encore que les Juifs, cependant que, d'un autre ct, le culte lu Crudit les couvrait de
Rivire, op. cit., p. 105. >onl>u- point sur apologistes durent se dfendre. Minucius \. P. /... t. m, col. 27.">; ..mil Justin, f., c i. ii. ... /' t. vi, col. 336, 13; Athna gre, / t jalio /)/-<> christiania, n. 3, /'. G., t. vi, col. 896. christianisme effarouchait le d'autorit, tfion l.i raison a la fols exigeante el sceptique des paens. Voir des citations de Celse, Porphyre et Ccilius, dans ni 11". Ses mystres excitaient if., p. ll.irn de \ Ives rpugn mees Porph> re critique l'eucharistie, qu'il entend en un sens matriel el condamne comme vuu . el absurde, plus absurde que toute absurdit, Cit plus sauvage que la plus grossire sauvagerie rif., p. 197, note 1. Paradoxal lut par Harna k, tre d'abord, pour tous les paens en gnral, comme les Athniens, le dogme de la rsurrection de la chair et du jugement dernier. Cf. Minucius Flix, op. cit., m, P. /... t. m, col. 277: Tcrtullien, ApoL, c. m.viii.
ridicule
I

cette religiosit publique, qu'elle ait t, en somme, (loris s.mte ou dcrpite, n'csi pas l'unique lment dont il faille tenir compte. Dans toutes les provinces el dans toutes les \ities. a Rome aussi bien qu'il Uexandrie, en Espagne, en

lequel

les

en Egypte, il 5 avait les Idoles dans l'intrieur des usons et des familles, avec des usages, siiperst il ions et crmonies de tontes sortes. La littrature s'en esi rarement occupe; ni ils les pierres et les chambres mortuaires, les papyrus magiques nous en ont apport la connaissance. On \ voit que chaque fonction domestique avait son gnie protecteur, ipie toutes les alles el \ eiuies taient soumises a la direction de quelque dieu. Ce monde religieux restail intact, cette religion de second Ordre tait partout \i\ante et agissante. Harnack, <>/. cit., p. 243-244; trad. J. Ki\ 1re,
\sie.

p, 106,

.i

L'opposition du paganisme au christianisme engen


drait. contre ce dernier, 1rs pires calomnies.

la plu-

part des esprits cultives,

le clirisl

ianisme apparaissait
l

p.

/...

i.

il

527; Athnagore, De rsurrections mor/'.

7i,

passim,
s

Ci., t.

vi. col.

973

sq.

mirtes du christianisme taient ga it un obstacle considrable a son expansion mer des passions longtemps caresses; rompre les habitudes enracines, telles que la frquentation les thtres et la participation aux; jeux publics; cuir du luxe sous toutes ses formes et suivent des es relations de socit, facilement entaches de id d triques. iabitues au mal, quotidienbes par la corruption universelle, trouins la religion mme, depuis l'envahissement des culte avant tout un instrument d'excitaax, malsaine et un prtexte a des dsordres de toute (Duchesne, Les origines chrtiennes, p. 10), combien les Ames se sentaient affaiblies P. Buysse,
:

une doctrine absurde, que seule la crdulit ou 'ignorance pouvaient admettre. Tertullien, A pal., c. 111. /'. /... t. 1. col. 328. On affirmait d'ailleurs que les chrtiens adoraient le soleil, ta croix ou mme une tte d'Ane; que. dans leurs runions nocturnes, ils se livraient a des orgies suivies de dbauches innonnnnbles; qu'ils gorgeaient un cnfanl pour se nourrir dises membres sanglants. Les plus libraux parmi les paens les jugeaient tout au moins, en raison de leur intransigeance et de leur manire de vivre, des ennemis du genre humain. Leur impit et leurs sortilges taient cause de tous les llauv. Toutes lgendes qu'ont

d rfuter les apologistes. Cf. Minucius Flix, op. cit., c. vm-ix. P. I... t. m, col. 266 sq.; Tertullien, ApoL, C. vu-vin, xi., /'. /... t. 1. col. .V>8 sq., et, plus tard, saint Augustin, De cioitate Dei, 1. II, c. ni; Enarr. in
/'. /... t. xi. 1, col. 49; t. xxxvn, racontars, colports par la rumeur publique, excitaient le fanatisme haineux de la foule. Mais, d'une faon gnrale, pour tout paen, le christianisme tait une superstition superstitio prava et immodica, dit Pline le Jeune, cf. Kirch, op. cit., n. 30; superstitio nova el malefica, renchrit Sutone, ibid.. n. 40: rxitiabilis superstitio, ajoute Tacite, qui juge les chrtiens coupables et dignes des derniers chtiments,

Psalm., i.xxx.
H..i.

n.

1,

col.

De

tels

op.

cit.. p.

Mauvaise prparation a comprendre, goter, e jusqu'au dernier souille une inorale dont la chasrigoureuse, l'humilit sans rserve, la mortification des sens, |'am uir du prochain, tant d'autres sacrila trame et qui exclut mme la pense et tupable! Les aspirations chrtiennes apportaient jusqu'au sein des familles ce redoutable obstacle que constituent les luttes du devoir et de l'affection. La religion chrtienne tait souvent ce glaive de sparation dont a

forment

s infes et nooissima exempta rneritos. Ibid., 11. 34. Minucius Flix, de multiples endroits de son Ocluuius, nous rapporte ces calomnies, dont Harnack donne un bref

pariparfi'

'

itth., x. 21
-

.'U-:iS.

Le baptme donnait
:

intimes enfants dshrits par un pre en fureur; pouses rpudies par un mari qui ne s.iit supparter leur vertu. Tcrtullien. ApoL, c ni. P. L.. t. i. c il. 12S s [. laits plus odieux des femmes fureat > au juge parleurs maris; des jeunir leurs limes. Saint Justin. Apol., il, 1-2. /'. '/ t. vi. cal. 112 sq. En tout cas, sparation is-i, qui pouvait devenir tragique aux
: .

Allard, op. cit., la cessation de ces accusations grossires, on reprochera encore, dans le camp paen, leur stupide crdulit aux chrtiens.
p.

aperu,
p.
1

228-229,
fin

108-440;

cf.

I'.

17-121. Si la

du n"

sicle

marque

ard.

ution. C Dix lems sur

Il

le

il

189-231. -. p mit ainsi dire essenfaut placer ceux qui lui vinp.

irnack, op. rit., mirtyre, 10'le.,

p.

.'5'

>-.Ti

rent de l'opposition du paganisme. ai-ci.m il gr le discrdit dans lequel il tait tomb, gardait tout l'clat du culte public et le prestige de la tradition nationale. Il plongeait des racines tenaces au plus profond des h ibitu ss familiales et sociales
I
:

Marc-Aurle, Penses, xi, 3, dans Kirch, op. cit., n. 77. Les philosophes paens attaqurent le christianisme au nom de la raison. Raison d'Ktat chez Celse (vers 178). Ce philosophe, patriote et politique soucieux de dfendre l'unit de l'empire, exploite contre le christianisme la division des sectes. Il raille l'histoire vanglique. Le Christ est un illumin, sinon un imposteur; ses miracles sont dus a la magie; sa morale est copie sur celle des philosophes, Sa rsurrection n'est qu'une hallucination de Madeleine. Le christianisme, issu des fables rptes par les aptres, est un dfi port la fois au bon sens et la Providence. On peut sans doute faire quelques concessions aux chrtiens; mais les chrCf.

tiens doivent quitter leur particularisme et se rallier a

l'unit nationale. Cf. L.


l'glise,
t.
1.

Duchesne, Histoire ancienne de

p.

201.
l'ou-

'
-ire

mpris, de railleries et de
lisme. Mais
qu'il

Contre Porphyre
le
('

la

doctrine chrtienne, un sicle plus tard.


et le

crira quinze livres de controverses,

cm

se

tromseule-

en

tait ;nnsi partout.

Non

Qcielle,
I

mais un

encore a ces prescriptions reliKiomqui arrivaientd'Orient rites m les plus suranune nouvelle lignification. De plus.

plus pntrant qu'on ait jamais rit contre te christianisme Harnack, op. cit., p. c Duchesne, op. cit., p. 553-555. Porphyre s'attache d '-lruirc les mythes chrtiens en montrant qu'ils n'ont p h de fondement historique dans l'criture. Pour lui. le Christ est un homme trs pieux: mais son ima
plus riche
.

7<i:!

PROPAGATION ADMIRABLE Dr CHRISTIANISME


fusion
le

'ni

dfigure dans l'vangile par des tiaits invraisemblables el Inadmissibles. I. 'Ancien Testament ne fournil aucune preuve prophtique de l'glise. S;iini Paul es1 un rhteur barbare, sans logique el sans bonne toi. Trois points surtoul heurtent la raison daru chris tianisme la cration el la fin du monde, l'incarnation, l,i rsurrection. Voir l'art. Porphyre. l.es apologistes rpondirent sans doute; mais leurs ouvrages pntraient difficilement dans les milieux paens. Au dbut du iv sicle, l.actance constate en le
li
:

dplorant qu'il n'y a pus d'auteurs chrtiens pouT le public lettr. Divinse inslit., I. V, c. i, P.. L., t. vi, COl. 551. En Orient, seuls les ouvrages d'Origne pntrrent dans les milieux paens, sans pouvoir toutefois y crer un courant durable. Un dernier adversaire du christianisme doit tre signal le pouvoir politique. C'est toute la question des martyrs chrtiens qui a dj t aborde ici, voir t. x,
:

COl.

233

sq.

runir tous ces obstacles dans une mme vue d'ensemble, comme ils furent runis dans la ralit, on voit que le christianisme trouva conjur contre lui tout le pouvoir et ce qu'une socit peut avoir de forces l'opinion, la science et le prjug, la politique et la philosophie, pendant qu'il portait en lui-mme, ct d'incontestables attraits, au moins autant de principes de faiblesses et de causes de rpulsion. J. Rivire,

op. cit., p. 1 15. 4 L'insuffisance des

du christianisme. Les moyens employs par les prSaint Paul l'a dclar en queldicateurs eux-mmes. ques mots suggestifs Les armes de notre milice ne sont pas charnelles. II Cor., x, 4. Les aptres viennent rpandre dans le monde la foi au Christ, prcisment en luttant contre les habitudes les plus invtres
1

moyens favorables l'expansion

et les prjugs les plus enracins, sans mme avoir le secours de l'loquence naturelle, de la science, de la philosophie, du pouvoir politique! La manire dont le monde a t amen la foi parat, celui qui la considre attentivement, vraiment incroyable. Des hommes compltement trangers aux disciplines librales, n'ayant reu aucune culture des sciences d'ici-bas, ne possdant ni les ressources de la grammaire, ni les armes de la dialectique, ni l'avantage d'une loquente rhtorique, voil les pcheurs que le Christ a envoys en trs petit nombre avec les seuls filets de la foi vers la mer de ce monde! Et c'est ainsi qu'il a captur des poissons en si grand nombre et mme, chose d'autant plus admirable qu'ils sont plus rares, les philosophes eux-mmes. Grce un nombre infime d'hommes inconnus, faibles et sans habilet, le inonde a t conduit la foi; et il en fut ainsi parce qu' l'aide de tmoins aussi misrables la divinit s'est impose plus admirablement. Saint Augustin, De civitale Dei, 1. XXII, c. v, P. L.,t. xi.i, col. 756. Cf. I Cor., n, 2-5.
2. Les moyens favorables issus des circonstances sont eux-mmes insuffisants. Ces moyens favorables peuvent se ramener l'influence du milieu, l'attirance de la doctrine chrtienne, la contagion des exemples donns par les premiers fidles. a) Le milieu. La paix et l'unit romaines favorisaient l'expansion des ides les grandes voies mili-

taires coupaient de leurs chausses de granit les sables de la Syrie comme les forts de la Gaule; et, comme

l'hellnisme avait cr une certaine unit de langues et


d'ides, d'Antioche Cadix, d'Alexandrie Bordeaux, le marchand, le soldat, le professeur, taient partout

chez eux. Mais, on le voit, cette facilit tait toute matrielle et ne concernait pas spcialement les ides religieuses. Toutes les difficults inhrentes au dveloppement du christianisme subsistaient. Le diserdit du polythisme, qui augmentait rapidement, tait certes un lment favorable. Mais la dif-

l'vangile n'en lut avantage que dans une Les pires ennemis des dieux, crivains ou philosophes, lurent aussi les adversaires les plus actifs du christianisme. Stociens et no-platoniciens rivalisrent de zle contre la religion nouvelle. Sans doute encore il faut compter les aspirations religieuses de nombreux paens comme un lment favorable l'expansion du christianisme. A mesure (pie la civilisation pntra le peuple romain, que le thtre des luttes armes s'loigna, que les arts de la paix furent cultivs, que les lettres et la philosophie ouvrirent a l'troite imagination des Quintes des horizons nouveaux, la vie individuelle se dveloppa. !>s lois, des besoins, que n'av aient pas connus leurs anctres, se tirent joui dans l'esprit des Romains. Ce que la religion nationale ne leur donnait point, ils le demandrent aux cultes trangers, a ces cultes profonds et mystiques, o le symbole cachait une philosophie, o les crmonies flattaient les sens, o les mystres, en se dvoilant, donnaient a l'me l'lment qui lui manquait. Andr Baudrillart, La religion romaine, p. 43; P. Batiffol, L'glise naissante et le catholicisme, p. 16sq. Ainsi, dans l'empire romain tout entier, les cultes; d'Isis et de Srapis, d'Adonis et d'Astart, de Mithra, de Cyble et de Sabazius, rcoltrent d'innombrables adeptes. Pour reprendre une expression de L. Duchesn, ces divinits nouvelles ont empch le sentiment religieux de mourir et lui ont permis d'attendre la renaissance vanglique . Histoire ancienne de l'glise, t. r, p. 540. Peut-tre mme, avec A. d'Ales, faut-il ajouter qu'elles ont labour le champ du Christ . Lumen vilse, l'esprance du salut au dbut de l're chrtienne, Paris, 1910, p. 73. Nanmoins, il faut se garder des exagrations. Le culte de Mithra s'attardait sur les confins de l'empire; son influence sur le christianisme naissant est, proprement parler, inexistante. Noir A. d'Als, Mithra (La religion de), dans Dicl. apoloy., t. m, col. 578 sq. Quant aux autres cultes, o on doit avouer qu'ils taient pauvres de vie spirituelle soucieux au premier chef des impurets toutes matrielles, entre autres de l'effusion du sang qu'il y ait eu crime ou non et du contact avec un mort, avides de la domination du monde (ft-ce du monde au del du tombeau) et dsireux d'en capter les forces d'une manire mystrieuse, grce des rites magiques, comment seraient-ils devenus les pionniers ncessaires du christianisme, de cette religion que caractrisent des aspirations contradictoires aux leurs la poursuite de la nettet morale et l'amour du dtachement? On sait d'ailleurs qu'Aurlien les opposa l'envahissement de la foi chrtienne. P. Buysse, op. cit., p. 30. Cf. Lagrange, Les mystres d'Eleusis el le christianisme, dans Rev. biblique, 1919, p. 157-217; L. Duchesne, Hist. anc. de l'glise, t. i, p. 542 sq. P. Allard, op. cit., p. 47: M. Brillant, Les mystres d'Eleusis, dans Le Correspondant. 10 janv. 1920; G. Bardy. recension, dans Rev. pral. d'apolog., 1 er mars 1917, de l'tude d'E. Jacquier, Mystres paens (Les) cl saint Paul, dans Dicl. apoloq., t. m, col. 964-1014. et l'abondante bibliographie qui suit cet article. Le judasme lui-mme a rendu d'immenses services la cause du Christ dans l'empire. Au I er sicle, rpandus sur tous les points importants, les Juifs formaient environ 14 des sujets de l'empire. Mais, loin du Temple et pour les besoins de la propagande parmi la socit romaine, ils avaient simplifi leurs observances, rduisant leur doctrine quelques traits essentiels, monothisme lev et morale pure. Des mes d'lite, lasses du polythisme grossier, altres de vie meilfaible mesure.
:

caractre trop national du judasme les a rebutes, elles se sont naturellement tournes vers le christianisme.
le

leure, ont sans gion, et, lorsque

doute t attires par une

telle reli-

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CHRISTIANISM
les

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artlcularit peut tre la pins favorable fui e syncrtisme, crtl A. Baudrlllart,


1

mier
la

est la

lation.

En

t'opre par un double procd. Le prednationalisation des dieux e1 leur assimidiminuanl le nombre des dieux, il favorise
.

marche vers le monothisme. Le second est beaucoup plus hardi. Aux yeux de leurs adorateurs respecuna qum mnia Srapis (Zeus tifs, le Haal s> rien. Isis Srapis), Miilir.i. sont chacun le dieu unique. Les aulne dits, auxquelles on ne refuse pas le culte, sonl Vu iv M>it comme lis noms diffrents du dieu
-

<

I,

dire que, si la paix et conditions de l'expansion du christianisme, elles n'en ont pas t Us causes. II. si Us autres circonstances oui pu avoir quelque Influence naturelle en faveur de la piopagation chr tienne, cette Influence lut secondaire et n'atteignit jamais les masses. Il reste donc a conclure que seul un miracle d'ordre moral peut fournir une explication
l'unit

En conclusion, on peut donc


romaines ont t

satisfaisante.
i; III. \ Al PBOBANT] DE L'ARGUMENT, Cette conclusion est elle vraiment lgitime? L'argument at-ii. par lui-mme, une valeur rellement probante'.' Cette dei nlre question peut prsenter deux sens diff-

unique. soit comme les gnies secondaires. C'esl ainsi que, sans manquer a la logique, un dvot peul se faire initier au\ mystres le plusieurs cultes, exercer mme c'est la divinit; il l'honore, et plusieurs sacerdoces varis sont le-, modes qu'il emploie, plus il croil l'honorer. Le christianisme, avec son Dieu unique et transcendant, ne pouvait que profiter d'un tel <iat
:

rents.
i

On

de r

peut tout d'abord demander si l'argument, tir pris admirable propagation du christianisme
.

rit.
A- ;

La

tes traits font

doctrine chrtienne, en effet renfoi ce \ i\ ement amen taux, issus du syncrtisme. Un Dieu
.

unique, plac au <ie-.su-. les races et des peuples, Pre provoquant l'amour plus que la crainte; le combat qu'elle ordonne contre toute tendance mauvaise capaternir la _r.'ue de l'Ame; la fraternit humaine, : l'appel a une vie profonde, laquelle pcheurs comme justes sont convis, et surtout un Sauveur, Dieu fait lu mine, prodigue de bienfaits, victime du pch, vainqueur de la mort, devant penser les bons et punir les mauvais, n'est-ce pas couronnement des aspirations syncrtistes? eep< ndant, ici encore, il ne faut rien exagrer. Le mme tat d'Ame qui orientait le* paens vers la doctrine du Christ les en dtournait aussi.
l<
I t

caractris par l'acceptation prcaire sous reserve de l'autonomie persvlc l'esprit et de l'action le christianisme, au contraire, rte par la soumission a l'autorit et le don intuuiits ,|,- l'un ont beau se retrouver idengral il> tiquement dans l'autre (ce qui prte a controverse i. la man\trv tir et l'opposition des consquences pracreusent un abme entre les deux systmes. Plutt qu'a syncrtisme devait donc aboutir aux sectes les mmes tendances, mais accueillaient de plus les conceptions disparates et les murs fantaisistes. Monothiste en son fond comme le christianisme, la gnose, dieux subalternes, souriait davantage religion de Mithra prsentait au\ curs crateur et ami des hommes, outre la mption les sacrements l'ascse et la vie future, un ai rable et mme dcisil la tolrance- des nationaux et la bonne fortune des laveurs impriales. I'. Hu>sse. op. m., p. 33-34.
1-1

lyncrtisme

ments

choisis,

sparn ent des autres considrations nunircs par le concile i.u Vatican, constitue un motif de crdibilit suffisant, OU s'il convient d'j adjoindre les motifs tirs de la saintet minente, de l'inpuisable fcondit, de l'imite catholique et de l'invincible stabilit de l'glise, pour avoir l'argument pleinement satisfaisant pour la raison humaine? Au cours de l'expos de l'argument, nous avons constate pins d'une lois qu'il ne prenait sa signification totale qu' condition d'englober dans r admirable propagation Us transformations d'ordre moral qui accompagnrent cette propagation parmi les hommes et lui donnrent prcisment son caractre admirable. L'unit catholique dans son invincible stabilit ne saurait gal* ment et re limine n'avons-nous pas constat que cet lment est primordial pour rduire ses proportions infimes, on l'a vu justes proportions l'influence du syncrtisme religieux dans le dveloppe-! ment de la foi chrtienne. 11 semble donc que l'argument ne prenne toute sa force qu' condition d'elle maintenu dans le cadre plus complet trac par le conci'e du Vatican. Ce qui n'empche point que la considration exclusive de 1' admirable propagation du avec les moyens naturellement insuffichristianisme sants dont disposaient les premiers missionnaires et on peut encore, toute proportion garde, en dire autant
-

de sa piopagation actuelle peut constituer, pour toute une catgorie de personnes, un argument de crdibilit relative tis suffisant.

<

niasse populaire chappait l'attrait .. L. Duchesne, op. cit.. p. 549, 1!'*; cf. I le u du christianisn e d'aprs llarnark, \udes, t. 1903; L. All, nngtte en face du syncrtisme paen, Paris. 1910. dont furent tmoins Us premiers
allcurs. la
.

interprtation soit conforme la pense chose parat indubitable. Les Actes nous font voir, en effet, que le premier texte soumis aux Pres proposait simplement l'glise connue un grand et perptuel motif de crdibilit, sans numrer aucun des cal acte] es miraculeux qui lui confrent col avantage quinimo Ecclesia n Chrislo fundata in seipsa est n agnum quoddam et perj>etuum credibilitatis molivum, et divines sua legationis irrefragabile testimonium. Trois amendements turent proposs. Le premier supprimait

Que notre
concile,

du

la

mm.
/*

temps du christianisme et l'exen / // (n t des pn rrirrs en devaient provoquer dans leur entourage immdiat un enthousiasme, dont l'influence doit clic
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nombre des

plus puissant
cit.,

moj eus de conLe meilleur cha-

!..
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sne, op.

p.

1
:

>7.

celui de la moralit

saintet extraordi*;ins

le paragraphe relatif la crdibilit de par elle-mme. Le second intercalait, avec quelques variantes Insignifiantes de texte, L'nunu ra tion des caractres apportant l'glise sa propre r< dibilit. telle que nous l'avons aujourd'hui dans le document conciliaire. Un troisime amendement ajou tait les explications suivantes (hsee vel "lia proponrndu. disaii la proposition d'amendement): ...tumjugi vati ciniorum de ea existentium complemento, tum mira sua

simplement
lise

:uise charit,

dvouement
entions.
est

bornes surne
suffit

origine

et dilaiatione, turn innumerabilium suorum mar(yrum testimonio, tum inlemerala inter perennes infen-

ment

bon: mais
l'expansion

il

pas

sissin osque hostes conservaiione,

llcment

du

rhristia-

Isa

tum doctrines unitate, plurimorum filiorum suorum sanctitate, cet

us bortu

lintet,

barile exquise, ce ne sont pas

liari

tissimisque u iraculis per eos pairatis, qum absque pei u Dei interventu explicari non possunl.
lin. vque de Paderborn, fut l'interp Dputation de la fol pour rejeter le premier amendement el maintenir le texte relatif la crdibi
la

uite. il resterait proud'ordre moral ont eu une influence es. Il n'y parait pas.
T.

Mgr Mai

de

DE THOL

CATHOI

T.

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23.

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\D\llli \m.i-:

CHRISTIANISME

l'HOPHTIh

708

de l'glise pai elle mme; accepter l'addition propose en premier lieu el laisser de ct l'numration, |)ius complte peut-l re, des cara< tres miraculeux lel'glise, sa1 Isfacl Ion suffisante lui l anl accorde par le prcdenl amendement. Cet amendemenl est accept, dclare le rapporteur, parce qu'il esl une belle exposition ilu motif de crdibilit que contient l'glise. Cf. Vacant, tudes sur les constitutions du concile du Vatican, t. ri, Paris, 1895, p. 383; cf. p. 151, 359. L'glise, avec tous les caractres miraculeux qu'numre le concile, ne forme qu'un motif de sa propre crdibilit. Ajoutons qu'il n'en saurait tre autrement puisque le concile dclare ce motif perptuel La propagal Ion admirable n'est donc pas ncessairement, de nos jours du moins, un accroissement numrique et gographique, mais la permanence a travers les sicles, nonobstant les difficults de toutes sortes, (le la mme foi, des
.

complexe d'une propagation mettant en relief, a ct de l'expansion surprenante du christianisme nonobstant obstacles el difficults de toutes sortes, l'inpuisable fcondit de l'glise eu tous biens, sa saintet, son unit Catholique, son invincible stabilit, alors

aucune comparaison

n'est possible

pour rapprocher

les

mmes

institutions, de la

mme

vie rayonnante.

Ici

encore, c'est la formule complexe du motif de crdibilit perptuel qu'il convient de se rallier. D'o il suit encore que, si l'argument de !' admirable propagation du christianisme retient l'attention des apologistes surtout au cours des trois premiers sicles de l'glise, on ne doit pas le restreindre exclusivement cette poque. L'expansion du christianisme l'poque actuelle peut et doit entrer dans les lments du motif gnral de crdibilit. Le cidre de cet argument plus gnral a t trac par le P. Brou, dans l'art. Propagation de l'vangile du Dict. apolog.A. iv, col. 362 sq. 2 On peut, en second lieu, se demander si la valeur de l'argument n'exige pas que la propagation admirable soit tellement particulire au christianisme qu'il soit impossible de rencontrer un phnomne analogue en d'autres religions. La rponse affirmative ne saurait faire aucun doute. Si des religions autres que le christianisme pouvaient prsenter, dans leur propagation, des caractres aussi exceptionnels que le christianisme, celui-ci ne trouverait plus, dans sa propagation admirable un vritable motif de crdibilit. Les adversaires de la foi chrtienne n'ont pas manqu d'insister sur l'tonnante propagation de certaines bouddhisme, culte des Csars et de Mithra religions Rome, mahomtisme, plus rcemment protestantisme. Nous n'entreprendrons pas ici un travail de comparaison, d'ailleurs bauch en certains manuels, qui nous entranerait hors des limites fixes cet article. La plupart des auteurs, suivant en ceci la marche trace par saint Thomas pour le mahomtisme, Cont.
:

autres religions du catholicisme. A ces religions, il manquera toujours l'un ou l'autre des caractres transcendants, dont [ensemble forme le motif de crdibilit puissant et irrfragable, possession exclusive de l'glise catholique. C'est ce point de vue formel qu'a compltement ngliu A. Bayet dans sa confrence sur Les religions de salut et le christianisme dons l'empire romain. Trois religions pouvaient conqurir l'empire le mtroacisme, le mithriacisnie. le christianisme. Seul ce dernier a survcu et s'est dvelopp, sous l'influence des pouvoirs publics, parce que seul, exclusif et intolrant par essence, il pouvait raliser l'unit politique en mme temps que l'unit religieuse. L'auteur oublie que la bienveillance des pouvoirs publics ne fut accorde au christianisme qu'aprs trois sicles de perscutions, tandis que, malgr la bienveillance impriale, les deux autres religions ont priclit. La situation n'est doncpas identique. En concdant qu'au dbut du ive sicle la doctrine et les pratiques chrtiennes reurent du pouvoir imprial un siieux appui, il resterait expliquer comment le christianisme avait pu progresser jusqu' s'imposer aux empereurs. Il resterait surtout montrer comment, dans la suite des annes, l'expansion chrtienne a pu maintenir l'unit de sa foi, la saintet de ses principes et de ses institutions, sa stabilit apostolique, que trop souvent compromit l'ingrence des empereurs et que le schisme et l'hrsie ne cessrent d'attaquer toutes les poques.
:

bibliographie sulfisaiite a t donne dans l'histoire I. Mais, sur les dbuts du christianisme et la disparition du paganisme, on consultera avec profit, nonobstant ses tendances protestantes, l'ouvrage d'I. Geffcken, Der Ausgang des griechisch-rmischen Ileidentums, Heidelberg, 1920, dont la bibliographie est remarquable. Sur la lutte entre paganisme et christianisme voir aussi P. de Labriolle, La raction paenne. lude de la polmique antichrtienne du I er au VI' sicle, Paris, 1934.

Une

de l'argument, au

s,

gnies,

1.

I, c.

vi, s'efforcent

de montrer que

la

propa-

gation de ces diverses religions, soit pour la rapidit, soit pour les moyens, soit pour l'extension gographique et sociale, ne saurait approcher mme de loin la propagation du christianisme. Cf. Garrigou-Lagrange, op. cit., p. 407 sq. P. Buysse, op. cit.. p. 42 sq. E. Beurlier, Le culte imprial, Paris, 1891; A. Stein, tJ nlersuchungen zut Geschichtc und Verwaltung Mgyptens unler rmischer Ilerrschaft, Stuttgart, 1915; H. Dieckmann, Der Kaiserkult unler Augustus, dans Slimmen der Zeit, t. cxvi, 1918, p. 46 sq., 129 sq.; G. Herzog-Hauser. Kaiserkult, dans Pauly-WissowaKroll, Real-Encyklopdie der klass. Altertumswissenschaft, Supplementband iv., Stuttgart, 1924, p. 806X53; lergenrother-Kirsch, Handbuch der allg. Kirchengeschichle, t. i, Fribourg-en-B., 1911, p. 361 sq., 382 sq.: Esser-Mausbach, np. cit., t. in, p. 321, etc. La position que nous avons adopte nous permet de ngliger mme ces ludes comparatives sur le point prcis de la propagation et de ses moyens. Si, en effet, l'argument complet, irrfutable, en faveur de la mission divine de l'glise repose non seulement sur le fait matriel d'une propagation rapide et apparemment inexplicable, mais sur ce fait bien plus remarquable et
; :

A. Michel. L'objet de cet article est strictement parallle celui de l'article Miracle. Il ne s'agit donc pas d'exposer l'histoire et d'interprter la ralisation des prophties relatives au christianisme. On s'en tiendra aux considrations gnrales concernant la notion de prophtie et l'emploi de l'argument prophtique comme motif de crdibilit. La division de l'article sera la mme que pour le miracle I. Notion; IL Possibilit (col. 720); III. Constatation (col. 728); IV. Valeur probante (col. 735). 1 Dfinition. I. Notion. Le mot grec Tzporr^, de Trpovai (icpor^i), correspond l'hbreu nfci, interprte, hraut, porte-parole , ou encore r' ou hz, voyant . Sur l'emploi de ces deux expressions dans l'Ancien Testament voir Dict. de la Bible, art. Prophtie, t. v, col. 728. Ainsi Aaron est dsign par Dieu comme le prophte de Mose. Ex., iv, 14-16: vu, 1. Cf. saint Augustin, Qu.vsl. in Hepl., 1. II, q. xvn, P. L., t. xxxiv, col. 601. Voir, sur cette tymologic, A. Condamin, Prophtisme isralite, dans Dict. apolog., t. iv, col. 386-387; Eric Fascher. Ilpor-r,;. Fine Sprach- und religionsgeschiclitliche Untersuchung, Gicssen, 1926. L'tymologie -p-avco, retenue par Eusbe de Csare, Demonstr. eoang., 1. V, prol.. P. (1.. t. xxii, col. 336, et par saint Thomas, Sum. theol., II - II', q. clxxi, a. est moins sre, quoi qu'il 1, en soit des affirmations d'Isidore, Elgm., 1. VII, c. vin, P. /.., t. lxxxii, coi. 283.

PROPHTIE.

IMiiU'H

111.

NOTION
l

h)

cessalremenl Quoi qu'il en soit, une priorit chronologique. Le prophte est celui qui utre dans le cas prsent, qui parle aux hommes .tu nom de Dieu. Prophi iser est donc, en Boi, ,n me de proclamer, de n ce sens,
:
i

danl

s'accommode du ministre Intermdiaire des


de
la
:

rinn epentus... denuntians

quivaut
,

.\

revi

utefois, ce

->'iis

ne

usif. Cf.

Condamin,

art. eiti

col.

105,

irtentioi

de James Darmesteter,
Saint

ThoII

mme
wi.
t ,

rc

onnu
1
;

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il

prol.:
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In
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F.,

ect.
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I.

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"*

I,

-i.

lions ('u
ions
1.
;

vi'

mot ramnent

retrouve sous clans l'criture. Ces prophte


a
'

connaissance vraiment prophtique. Re il s'agit d'une connaissance ml Us vnements futurs, mme Indtermins, tandis qu'une prophtie' naturelle ne peut avoir pour objet que dis vnements plus ou moins dtermins dj dans leurs causes. Immobili nerilate : la prophtie naturelle a toujours quelque pat d'incertitude, tandis que la vritable prophtie prvoit les vnements futurs d'une manire absolument infaillible. Q. xu, a. saint Thomas distingue encore la prophtie du songe et de la \ ision. encore qu'il admette les sonnes el les visions prophtiques. Ibid.Ct. l. Mennessier, 0. P., la religion, t. n. trad. fr. de la Somme thologique <!< saint Thomas, d. des Jeunes, note 74.
.'!.

prophtie Esi rpute toute parole mise sous l'influence d'un inst Incl dh In, pour objet l'interprtation le la sainte criture et principalement des prdictions qu'elle contient, ou toute exhortation morale, tout entretien confines, le chant mme des divines ; des prophties dans l'glise. C'est l le de la prophtie dont parle saint Paul a pluor., xu, 10, 28; Rom., \n. 6; Eph., rietm d'tat lu n. u. \ infant du charisme, les sacerdotal tenaient lieu lu don de prophtie. t. i. c. xv. 1. ilaus Punk. Patres apostoUci. f. F. l'iat. /.; k saint Paul. 17-' d., 00. Mir 1rs actes des prophtisants, voir t. I, xu. t. :t. \. 5. 24. 31, 38: cf. Nura., xi,
!

'

l'ar..

xxv,

1-:!.

l'arec nie les

prophtes

nnaient parfois leurs prdictions par des miracles, eux-mmes taient appels prophties. i.. XLviu, 14: cf. IV Reg., xm, 21; Eccli., ents d'Elise et ceux de Joseph ont

il

La prophtie est la connaisdes vnements occultes, qui ne :re naturellement connaissantes l'homme. n'est |>as ncessairement question de choses ou Futurs. La prophtie est alors la consurnaturelle d'vnements ou passes qu'il
i

s ['lus slrl. -

Mose prophicontant les origines du inonde: cf. saint ThoSfnt.. dist. I. q. i. a. ">: ou prsents, toute connaissance humaine nnut par prophtie ce que son serviteur v, 26. La prophtie
iible

de connatre

ainsi

innaissance surnaturelle des choses

du cur,
quefois
:.

mme,

la

xpu7tToyvGot el simple familiarit

connaissance des secrets divins, leur prrophties. Ainsi furent appels aham, lien., xx. T. et. en partie du Deut., xxxiv. 10. sens trs strict. La prophtie doit alors tre s de connaissance surnaui ne concernent pas spcialement des vnen peut la dfinir la connaissance surla

la

futurs

naturellement xxi, q.
<
i

prdiction infaillible imprvisibles. Cf.


a.
1
:

De

ueritate,

Ile

se dis:

qui mari';
:

simple conjecture itude, et de la divination. eu. mais du dmon, (.f. q. xxv,


|g

"in.

...

i.

P.

/...

t.

rxx.

col.

12,

2 Bu quel sens le magistre de l'glise entend-il la prophtie?1. Les indications scripluraires, L'criture, prenant la prophet ie dans toute la complexit de se- acceptions, ne fournit au magistre qu'une base imprcise. On a VU plus liant que le prophte est un voyant , un Interprte un porte-parole . La prophtie esi donc une vision de Dieu, communique par Dieu. Reg., i\. l: cl. Ez., i. 1: VIII, ! XL, 2. \ ision est Ici s\ non\ me de parole de Dieu. Reg., m. I, l: i\. 10-18, et dsigne, dans son acception la plus large, toute rvlation divine. Ez., t, 9; ri, 2; m, .">; v. 0: vi, i. etc. Cette acception large se retrouve frquemment la O les prophtes rapportent les rvlalions dont Dieu les a favoriss. Is., vr, 1 xxi, 6; .1er., wi\ Ez., i. l: m. 23, etc. ; Jol, m, 1 km., vu, 8; lab.. n. \ m. 'J: Zach., t, 8;n, 4, etc. c'est Dieu qui, en rvlant, fait voir. ,1er.. xxiv, l; Ez., xx., I; Ain., s(|. vu. \ m, Zach.. n, .': ni, 1. Mais, en tant que le prophte est un porte-parole, la prophtie est alors i\nc parole rvle par Dieu, nebh. Cf. Il Reg., vu, 17: Par., xvn, (la parole est ici jointe la vision); Ez., mi. 23; .1er., xxm, 16 lil s'agit ici de faux prophtes); on voit la parole, III Reg., xx n, 19; Is., i, n, l xm, [;Am.,i, 1. etc.; Abd., i. 1: Midi., i. 1: Nah., i, 1: Ilah., i. 1: .1er., i, 11-13. Jrmie affirme mme avoir une vision de la bouche de Dieu xxm. 16. Plus expressment, la prophtie, nebh, dsigne un oracle. Esd., vi, 11; II Esd., vi, 12; Il Par., xv, .s. En sorte que l'Ancien Testament enseigne simplement d'une manire gnrale que i la prophtie consiste en une action exl dinaire ou surnaturelle, par laquelle Dieu communique au prophte certaines lumires ou connaissances, a\ ec mission de les transmettre aux autres hommes . Dict. de la Jiible, arl Prophtie, t. v, col. 728. La mme complexit se retrouve dans l'vangile. Prophtie y a parfois le sens de prdiction , Matth., xm. 14; Joa., xn, 40; Act., xxvm, 26, 27, et les vanglistes ont certainement prsente l'esprit cette acception quanti ils montrent, dans l'histoiredu Christ, la ralisation des anciens oracles. Mais on y parle aussi frquemment des prophtes de l'Ancien Testament considrs simplement dans la plnitude de leur rle historique. Cf. Matth., V, 12, 17: vu. 12; xi, 13: xm, \iiisi. dans le mme sens, le 1. 17; Luc, xxiv, 25, 27, titre de prophte est donn Jean-Baptiste, Luc. r,76; vu, 2: Mal th., xiv, ; xxi, 26; Jsus lui mme se verra att rit nier cette qualit. Matth., XVI, 1: xxi. 16; Marc. m. l: Luc, \ n. 16; rx, 8, 19; xxiv, 19; Joa., mi, 40. En dfinitive, le prophte est un envoy divin, Matth., x. Il; xi, 9; xm, 57; xxm, 34, 17: Luc, vu, 39; -loa., iv. 19; IX, 17: aussi doit-on se dfier des (aux prophtes. Matth., vu, l: x\tv. 1. 24; Lue.,
. i

.">

strict

une

!6;cf.

Petr., n, 1;

Joa., iv,

1.

toute
iratio.

Les

eei ils

rerum venlus
<

La

proph
I

denuntian

mitif

apostoliques gardent toutes ces nuan Jfle l'criture tout enl 1re, P constitue un des de la priCor., xu, 10, Rom., mi. 6; toi
1
1

71

l'Kol'lihTI

E.

NOTION

712

pntration <lc-> mystres el don de la parole, comme a t dll plus haut. On peul donc dire que, pai le nom de prophtie, l'criture, ancien el Nouveau Testament, dsigne toute illumination surnaturelle
Il

(les

ion pr cieuse au sujet de l'argumenl apologtique tir de la ralisation <i<s prophties, entendues au sens stricl lu mol prdiction des Futurs libres que l'intelligence
:

mes. Cependant, nous y trom mis dj une indical

sur l'entre de Jsus Jrusalem. Dial., n. 13. 53, 78, 120, ibid., col. 569, 592, 657, 753. Dj saint Ignace d'Antioche avait invoqu l'autorit les prophtes -n faveur de Jsus Christ, Ad Phil., v. 2: i\, 2. Saint [rene reprend la prophtie de Miche l'occasion du sacrifice eucharistique. Conl. heer., IV, xvii, 5; xvin, 1, P. (,'.. t. vu. col. 1023 sq.

humaine ne

peul nal urellemenl connatre. Les vang-

listes et les aptres,

en

effet,

aimenl

montrer que

le

Christ cl ses mystres sont dj prdits dans l'Ancien Testament el qu'il :i ralis preuve <te sa divinit et de sa mission ce que les critures avaient annonc du Messie futur. Dans saint Matthieu : i, 23, ef. Is., vu, 14; il. 11, cf. Midi., v. 2: n, 15, cf. <>s.. XI, 1: IV, 1"),
cf. Is., ix,
1
;

xi, 5, coll.
5,
cf.

Is..

i.xi, 1.

xn,

17, coll. Is.,

Zach., i.\. 9; xxvi, 54; xxvii, 9, col. Zach., xi, 12; xxvii, 35, coll. Ps., xxi, 19;xxviii, G. Dans saint Marc : n, 2, cf. Is., xl, 3; ix, 11, cf. Is., li, 3, 4; xn, 36 (Matth., xxii, 44; Luc, xx. 42), cf. Ps., cix, 1 ; xiv, 49;xv, 28, coll. Is., lui, 12: xvi, 7. Dans saint Luc iv, 18, cf. Is., i.xi, 1 xxii, 37 cf. Is., lui, 12; xxiv, 25 sq., 46. Dans saint Jean : ni, 14, cf. Num., xxi, 9; v, 46: xn, 14, cf. Zach., ix, 9: xix, 24, cf. Ps., xxi, 19 ; xix, 28, cf. Ps., lxviii, 22 xix, 37, cf. Zach., xn, 10. Saint Pierre reprend le mme argument dans les Actes des aptres, il, 30, cf. Ps., cxxxi, 11 n, 34, cf. Ps., cix, 1 ; m, 18; ni, 22-26; iv, 11, cf. Ps., cxvn,22,et Is., xxvin, 16. Saint Etienne invoque aussi l'argument prophtique, Act., vu, 52. Saint Paul galement, et plus spcialement quand il s'adresse aux Juifs, Act., xm, 16 sq. Hebr., i, 5 sq. vu, 1 sq. ; cf. I Cor., xv, 3, 4. Et mme, dans son enseignement sur l'insuffisance de la Loi, il invoque constamment l'autorit de l'Ancien Testament. Gai., m, 6, 11; Rom., i, 17; iv, 3. 2. L'argument prophtique dans la tradition. La mission du Christ tant accepte de la premire gnration chrtienne, il n'y a rien d'tonnant que l'argument prophtique, dans les crits des Pres apostoliques, ait frquemment cd la place la doctrine mme du Christ. Cependant, la Didach rappelle, au sujet du sacrifice eucharistique, la prophtie de Malachie, xiv, 3, et, au sujet du jugement, Zach., xiv, 5. Le Pasteur d'Hermas fait aux prophtes deux fugitives allusions, Vis., II, m, 4 (prophtes Eldad et Modat, Num., xi, 26, 27); Sim., IX, xv, 4. Mais l'ptre du pseudo-Barnabe fait un constant appel TAncien Testament pour dmontrer la vrit du Nouveau, et l'auteur ne sait pas toujours se mettre en garde contre les exagrations. On notera cependant la prophtie d'Isae, lui, 5-7, invoque pour justifier la passion du Christ. La / a dmentis commente tout le psaume xxi, en l'appliquant au Sauveur, et s'appuie constamment sur les prophtes de l'Ancien Testament. Chez les apologistes, les prophtes occupent une position privilgie. Saint Justin a appris d'eux tout ce qu'il sait de la vie, des miracles, de la mort, de la rsurrection, de la glorification du Christ. Apol., i, 31, P. G., t. vi, col. 375. La moiti de cette apologie est ordonne prouver que 1' Esprit-Saint a annonc d'avance par les prophtes tout ce qui se rapporte Jsus . Ibid., 30, col. 373. Mme tendance gnrale dans le Dialogue, n. 13 sq. Ibid., col. 569. La ralisation des prophties garantit la mission divine des prophtes et la vrit de l'conomie prdite. Apol., i, 53, ibid., col. 405. Les prophties du Christ sont appeles elles-mmes comme argument. Ibid., 12, col. 345. Plus expressment se retrouve la prophtie le Malachie, Dial., n. 117, ibid., col. 745; la prophtie de Mielle sur le lieu de naissance du Messie: celle d'Isae sur sa conception virginale, la prophtie de Zacharie

mu,

l;xxi,

L'argumenl tir de la prophtie les soixante-dix semaines de Daniel fut invoqu par Clment d'Alexandrie, Slromata, I. I, <-. xxi, I'. <-'.. t. rai, col. 853 sj. C'tait un argument qui avait sa place aussi bien ians la controverse juive que dans la controverse paenne. Nous n'avons pas tudier ici les diffrentes solutions qu'y apportrent les apologistes et les Pres. Nous signalons simplement les auteurs pii s'y rfrrent. Tertullien, Adv. Judos, c. vin, P. /.., t. u, col. 612; Origne, dans ses Stromtttes, cit par saint Jrme. In Danielem, c. ix. P. L., t. xxv, col. 5 18: saint Hippolyte, In Danielem, P. G., t. x, col. 652-656: Eusbe, Demonst. evang., 1. VIII, c. n, P. G., t. xxii. col. 577; saint Athanase. De incarnalione, c. xi. P. G., t. xxv, col. 165: saint Cyrille de Jrusalem, Catech., xu, 19, P. G., t. xxxni, col. 748; saint Jean Chrysostome, Homil. adv. Judos, c. v, n. 10, P. G., t. xlviii, col. 898; l'auteur des Qustiones ex veleri Teslamento, n. 44, P. L.. t. xxxv, col. 2245; saint Isidore de
Sville,

De fide calholica, l.V, P. L., t. lxxxiii, col. 461. Dans son ensemble, l'argument prophtique tait

consacr dans l'apologie du christianisme, et sous une forme bien dtermine, depuis saint Justin, qui, on l'a vu, avait insr dans sa premire Apologie les oracles de Jajob, de Miche. d'Isae et d'autres prophtes relatifs la venue du Messie et aux circonstances de cette

venue. La conclusion qui s'en dgageait tait l'attestation divine en faveur de la mission du Christ. On retrouve cette apologie chez saint Cyprien, Quod idola dii non sinl, n. 13 et 14, P. L., t. iv, col. 579, 580; chez Lactance, Dioin inslituliones, 1. IV, c. xi; 1. V, c. m, P. L., t. vi, col. 476, 560 chez saint Jean Chrysostome, Quod Chrislus sil Dcus, n. 11, P. G., t. xlviii, col. 828; et saint Augustin y recourt frquemment, Enarr. in Psalmos, ps. lvi, enarr. 9, P. L., t. xxxvi, col. 666 :De fide rerum qu non videnlur, c. v-ix, ibid.. t. xl, col. 174-179; De unitale Ecclesi, c. xix, n. 50, ibid.,
;

t. t.

xliii, col. 430. Cf. Epist., cxxxvn, 16, P. L., xxxin, col. 323. Les auteurs qui, au Moyen Age, crivirent contre les Juifs utilisrent en passant l'argument prophtique pour prouver la vrit de l'incarnation et la mission divine du Christ. On peut citer Amolon, Liber contra Judos, P. L., t. cxvi, col. 141; Fulbert de Chartres, Traclatus contra Judos, t. cxli, col. 305; saint Pierre Damien, Antilogus contra Judos, t. cxlv, col. 42; Guibert de Nogent, De incarnalione contra Judos,
t.

clvi,

col.
t.

chrisliano,

489; Gislebert, Disputatio Judi cum clix, col. 1005; Pierre le Vnrable, Trac-

latus contra Judos. t. clxxxix, col. 507; Ablard, Diulogus inler philosophum, judum et chrislianum, t. clxxviii, col. 1611; Pierre de Blois, Contra perfidiam Judorum, t. ccvii. col. 825. etc. Saint Thomas d'Aquin a tudi la prophtie beaucoup plus en thologien qu'en apologiste; voir ci-aprs: c'est donc tout fait accidentellement qu'il s'est servi de l'argument prophtique pour dmontrer la vrit chrtienne. Voir cependant Sum. cont. gnies, 1. I, c. vi. L'apologtique chrtienne s'est renouvele au xm c sicle, on ce qui concerne l'usage de l'argument prophtique, avec le dominicain Raymond Martini. dans son Pugio fidei. Ce savant dominicain avait tudi la littrature talmudique; il avait constat que les anciens rabbins avaient cru aux prophties messianiques tout comme les Pres de l'glise, et il entreprit doue de prouver aux Juifs la divinit de Jsus-Christ

713
par leurs propres docteurs,
/ i i

lMJnl'Il
'esl

II
la

I.

NOTION
n'importe quelle vrit rvle ne remplirait pas ces conditions. 1. 'annonce d'vnements futurs. [nd( mines dans leurs causes prochaines, el par consquent naturellement Imprvisibles, constitue au contraire une preuve de la rvlation. i>e tels vnements ne peuvent tre connus que de Dieu; car il s'agit de futurs contingents, dont la connaissance requiert la science Infinie de Dieu. La prophtie, entendue en ce sens, est donc vraiment une preuve de l'intervention divine, aussi certaine que la preuve des miracles de l'ordre physique. ajoutons, avec la constitution, que c'est une preu\ e la porte de l'Intelligence de tous les hommes. Tous les hommes, en effet, Comprennent que leurs Mines dtermint ions ne peuvent et c connues a l'av ance que par Dieu seul. De plus, il esi facile de constater l'exis tence d'une prophtie vritable puisqu'il suffit de rap procher deux laits tort simples d'une part, l'annonce d'un vnement longtemps avant sa ralisation: d'au ire part, la ralisation de cet vnement comme il avait t annonc. laisse de ct le texte Mais pourquoi le concile a il d'Isae pour s'arrter au texte de saint Pierre? C'est que. prcisment, s'appuyanl sur tes prophties pour dmontrer la vrit de la rvlai ion chrtienne, il s'arrte avec complaisance aux prophties messianiques Nous possdons les oracles qu'a en vue la II-' Ptri des prophtes dont la certitude est affermie (firmiorem propheticum sermonan), sur lesquels vous laites bien d'attacher vos regards, comme sur une lampe qui brille en un lieu tnbreux. De toute vidence, ce texte prsente les prophties messianiques de l'Ancien Testament comme une preiiv e excellente de la divinit de la mission et de la personne de Jsus-Christ. Sur le sens du comparai if firmiorem, le concile n'a rien dtermin, et il semble difficile d'j rouver une comparaison vritable avec la certitude apporte par d'autres faits dont vient de parler saint Pierre. Cf. A. Vacant, tudes thologiques sur les constitutions du concile du Vatican,
i
:

.nn^i

que dans

prophties messianl ques l'aide <li"> traditions rabbiniques, et, >lau> la l'imite, III*, il dmontre successivement la ilist. 1. i. m, in le pch originel, dlst. 11. c> vi; la di\ Init il u Messie, dist. III, c. i-m.
.

c.

sq.,

il

dmontre

les

ris,

consacres
<

;>tr le

concile

du

a-

'ommission biblique. L'argument prophtique, prenant comme point de la prophtie entendue en son sens trs strict nnaissance surnaturelle et prdiction d'un vneet- dflnltivemenl con .1 ment futur imprvisible du Vatican. On se reportera aux testes t. \. col. 1799. aires reproduits a l'art. Mirai Dans la constitution Dei Filius, le concile place les prophties sur le mmo plan que les miracles, et il les appelle ds arguments extrieurs de la rvlation . faits divins... qui, pare qu'ils manifestent excel Uniment la toute-puissance di\ Ine et sa science Infinie, sont dis signes trs certains et appropris a l'intelliile t"iis Et, comme confirmation de son assertion, le concile apporte le texte de Il Petr., i, 19: //</fcfin. m propheticum sermonan, eut bene facitiendentes quasi lucern lucenti in caliginoso loco.
fiean et les dcisions rcentes de la
t

>

m. De

pde, Denz.-Bannw., n.
la

ides se

formule du serment antimoderniste col. 1799. Ibid.. n. '21 15. Voir l'art. Mirai Depuis, Us deerets de la Commission biblique sur [sale r (29 juin 1908), dub. i-m;surles psaumes (l* mai 1910), 1 juill. 1933), 10-11 dub. mu: sur le sens du ps. sur les prdict ions proprement dites renfermes dub. erits. montrent bien en quel sens l'autorit Mastique entend le mot prophtie en apologtique. ut. les prophties doivent donc tre envisaonimede v rais miracles, mais d'ordre intellectuel, l.i g miracles proprement dits manifestent la toutedivine; les prophties manifestent son infiteience. Mais une fois tablie cette diffrence, les atteres de faits, prternaturels, divins et sont communs au miracle et la prophtie. prophtie est un fait de l'ordre intellectuel. Car il dans la pense du concile, non de la vrit ellemme qui est prophtise, mais de la manifestation qui -t faite; or. cette manifestation est toujours un fait, qui se passe une date et en un lieu dtermins. Tour tre prophtie, cette manifestation doit tre

retrouvent dans

t. ii, p.

I.

'

Ajoutons enfin que, bien que le texte de saint Pierre ne s'applique qu'aux prophties de l'Ancien Testament, le concile propose cependant comme preuves manifestes de la rvlation, non seulement les prophties de Mose et des prophtes, mais encore et surtout
quarc tum Moi/ses et Prophtie, lum ipse maxime Christus Dominas multa el manifestissima miracula el prophetias ediderunl. Denz.-Bannw.,
celles de Jsus-Christ
:

maturelle et divine, c'est--dire qu'elle doit venir eu par voie de rvlt ion. Enfin, celte manifest a-

doit tre sensible, de manire pouvoir devenir pour tous une preuve de la divinit du christianisme. Mais il y a plus le concile entend par prophtie non lanifestation de toute vrit rvle, mais l'annem?nt futur. En effet, dans la premire lion du texte conciliait.-. 1rs thologiens se sernon du mot prophtise, mais du mot valicinia ion premire. signifie annonce de nir En outre, le texte scripturaire invoqu s II Petr., i. 19, mais ],.. xli, 2.'5 Annunnt in fulurum, et sciemus quia dii
:

n. 1790.

3 Analyse thologique de la notion catholique de prophtie.


q.
il
i
i

Nous suivons
i.xxiv
;

ici

saint

Thomas,
la

II a -II ,

\\m

De

veritate, q.
:

xn. Sur

vonl

ne laisse aucune place l'quivoque. tuant le terme prophelia valicinia e le iint Pierre a celui d'Isae, le concile n'a pas ration relative aux que nous lisons dans le dcret a force probante des prophties ne serait pas omprise dans le sens de n'importe quelle vri vrai d< , prophties entendues au
:i

y a quatre choses examiner mode de la connaissance prophtique, la division de i.xxi. prol. la propht le. Voir q. 1. Essence. La prophtie est un miracle d'ordre intellectuel; donc, quel que soit le sens auquel on l'entende, elle appartient a l'ordre de la connaissance. tans son sens strict, accepte par le concile du Vatican, elle est d'abord connaissance par le prophte des vnements futurs humainement imprvisibles, ensuite annonce de ces vnements. Nous avons conserv cel ordre dans notre dfinition. Saint Thomas, q. CLXXI,
le

prophtie, son essence, sa cause,

a.

l )e

veritate, a. 2.

'

-iet.

lophties
lation di\ ine, dont elles sont.

Or.

la

appromanifestation de

Cette connaissance, dans l'intelligence du prophte, n'est [>as une habitude: elle est une passion ou mieux une impression qui passe: aussi, les prophtes n'ont ils pas toujours la facult de prophtiser, si la lumire surnaturelle le la prophtie appartenait l'homme d'une manire permanente, son intelligence srail habilite a connatre Dieu dans son essence mme, ce ce qui est impossible a l'homme, mme propht
i,

ici

bas. Ibid.,

a.

2: lie veritate, a.

1.

715
La lumire divine tanl sance prophtique, cette
s'tendre toute vrit, laquelle elle reoil sa lui
il

l'Iioi'll
le

T1
donc

E.

(S'OTIO

16
lans l'me du pro-

principe de
la

la

connais

posit
.

conna

comme

science divine de

il la psychologie el la flnade la prophtie. Psychologiquement, la prophtie appartient l'intelligence dont l'ai

dre moral laui en jugi

lit

Mais la prophtie ayanl pour objet ce <|ni est loign de notre connaissance, une chose lui appartient d'une manire d'autan! plus propre qu'elle est plus l conn sance humaine. Or, cel trois ni petit revtir degrs. Le premiei comprend les choses loignes de la connaissance de tel individu..., mais non de ions les hommes... \insi, Elise connu! prophtiqui ment ce que soi ciple Gizi lit en son absence, IV Reg., \, 26; ain penses du cur sont manitestes prophtiquement un autre. Cor., m\. 24-25. Le second degr renferm choses qui dpassent la connaissance de tous les hommes... parce que la connaissance humaine es1 trop imparfaite poui les atteindre. Te) le mj stre de la Trinit... Le dernier cininasse les choses <| li sont loin de la connaissance le tons les hommes parce qu'elles ne peuvent tre connues en ellesmmes ainsi les futurs contingents dont la vrit n'est pas dtermine... Cette rvlation des vnements futurs est ci <|ni appartient le pins en propre a la prophtie. Ibid.,
i I
1

mne
proph

la

charit.

De

ce chef, la

donc pas
plus, la

du prophte. De

de grce dans prophtie est une


l'tal

tuitemenl donne, axant pour fln l'utilit di ., xil, 7. niais non l'union de la volont du prophte Dieu par la grce sanctifiante. Ici en mme conclusion que prcdemment. Toutefoi psychologie el la finalit de la prophtie montrent que la perversit des murs est un obstacle la prophl ie. lar la prophl ie exige la plus grande lvation de l'me pour la contemplation des choses spiritu el e lvation est empche par la violence des pase1 sions et l'occupation drgle des choses extrieures.

i
I

a.

:i;

De

veritate, a. 2.

tanl une participation transitoire de la vrit ternelle, portera non sur tout l'objet de la science divine, niais sur certaines vrits

La lumire prophtique,

dtermines, celles-l mmes qu'il plat Dieu de faire connatre par son prophte. Ibid., a. 4. Le vrai prophte, au sens plein du mot, connat luimme cette lumire prophtique qui l'clair, et sa certitude des choses par lui prdites est absolue. Comment pourrait-il parler aux hommes au nom de Dieu? Le simple instinct prophtique, qui rsulte de l'habitude de prophtiser, ne lui olre pas la mme certitude il ne peut pas toujours distinguer les penses qui viennent de l'inspiration divine et celles qui viennent de son esprit propre. Ce fut le cas de Nathan, II Reg., vu, 3, oblig ensuite par Dieu, ibid., vu, 5, de se rtracter. Saint Thomas, q. ci.xxi. a. 5. Enfin, la prophtie inconsciente, comme celle de Caphe, Joa., xi, 49-51, n'est appele prophtie qu'improprement. Cf. Lagrange, vangile selon saint Jean, Paris, 1925, p. 315, note 51. Saint Thomas n'y voit qu'une inspiration prophtique. Q. clxxiii, a. 4. La prophtie tant le signe divin de la prescience de Dieu, il est impossible que ce qu'elle annonce soit faux. Ce qui ne veut pas dire que l'vnement arrivera toujours tel qu'il a t annonc, comme dans le cas des prophties dites de menaces . Ibid., a. 6 et ad 2 Lim cf. q. clxxiv, a. 1 De veritate, a. 11. 2. Cause. Prise en son sens strict, la prophtie ne peut avoir de cause naturelle. Sans doute, avec les seules ressources de son intelligence, l'homme est capable de pronostiquer, jusqu' un certain point, l'avenir. II a -II, q. clxxii, a. 1; cf. I a q. lxxxiv, a. 3, 6, 7. Mais cette prvision humaine, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, se diffrencie doublement de la vraie prophtie, qui seule peut atteindre des vrits dpassant les forces de la raison et les atteindre d'une manire infaillible. Or, cela requiert une cause suprieure toute cause cre, une rvlation divine. Q. clxxii,
:
;

De veritate, a. 5. Le ministre anglique dans la communication de la lumire divine aux prophtes pose le problme de la prophtie venant par l'intermdiaire des dmons. Dieu, d'aprs saint Thomas, ne se sert pas des dmons pour communiquer aux hommes des vrits divines, m en raison de leur science suprieure la science humaine, les dmons peuvent communiquer aux hommes certaines rvlations tonnantes, bien que toujours intrieures, en soi. aux rvlations proprement diviIbid., a.
! :

nes

phtes,

ainsi faut-il expliquer l'existence des faux prodes prophtes des idoles, comme les

nomme

l'criture. Ibid., art. 5. Ces prophties diaboliques prsentent d'ailleurs des caractres qui les font discerner

des vraies prophties. Elles ne s'tendent pas aux futurs contingents, ignors des dmons; par elles, l'intellect du prophte ne reoit aucune lumire: c'est l'imagination qui est excite d'une manire sensible;
enfin, l'incertitude et l'erreur s'y mlent la vrit. De plus, des signes extrieurs permettent de faire la disi

a. 1.

Pour communiquer aux hommes ses rvlations, Dieu se sert du ministre des aimes. Ibid.. a. 2. Il semble bien que, d'aprs saint Thomas, le ministre des anges soit requis, tout au moins pour la formation des images ncessaires exprimer en langage humain
les ides

prophtiques.
ainsi

De

veritate, a. 8.

de la lumire divine de sa source originelle, la prophtie ne prsuppose, dans l'me du prophte, aucune disposition Dieu peut simultanmenl intellectuelle antrieure produire, avec l'effet spirituel, la disposition qui convient Ibid., a. 3; De veritate, a. 1. Quant aux dis-

Venant

uniquement

comme

crimination c'est toute la question de la finalit du vrai miracle qui se pose ici propos de la prophtie, et que saint Thomas rsout en quelques mots. Ibid., ad lui", ad 2"m, a d 30m. a i S) d'autre part, les prophtes des dmons peuvent parfois dire des vrits, lorsque leur inspirateur veut se servir de la vrit pour faire pntrer plus facilement l'erreur, ou encore lorsque, par une disposition expresse de sa providence. Dieu entend se servir des faux prophtes pour proclamer la vrit, ainsi qu'il arriva jadis Balaam, N'um., xxii, 12 sq. Ibid., a. 6. 3. Mode de la connaissance prophtique. La connaissance prophtique qui doit disparatre au ciel, I Cor., xiii, 8, ne saurait tre identifie avec la vision de l'essence divine, de sa nature immdiate, inamissible, principe d'impeccabilit et de flicit sans mlange. Voir Intuitive (Vision), t. vu, col. 2386 sq. La prophtie comporte la vision, sous l'influence d'une lumire divine, d'images reprsentant les vrits qui sont sous la prescience de Dieu. Q. clxxiii, a. 1 Dans l'art. 2, saint Thomas analyse cette vision des vrits divines, par comparaison avec l'ordre de la connaissance naturelle. Dans la connaissance naturelle, les choses extrieures parviennent l'intellect possible par l'intermdiaire des reprsentations sensibles, coordonnes par l'imagination et finalement illumines par l'intellect agent. Et c'est seulement aprs cette prise de contact avec l'objet de sa connaissance que l'intelligence peut formuler un jugement sur les objets ainsi reprsents. La connaissance prophtique comporte pareillement la reprsentation dans l'intelligence d'un vnement futur et un jugement infaillible sur sa ralit. Quant au premier lment, reprsentation d'vnements futurs, l'enseignement humain, qui se fait l'aide des signes du langage, peut faire comprendre comment Dieu instruit les prophtes.
:

l'Knl'Il

III

DIVISION
les vritables prophties, saint Thomas unie av< sou que, l'esprit du prophte tant an Instrument dfectueux, les \ rais prophtes ne connaissent pas toul ce que sprlt Saint s'est propos dans leurs visions, i bu!., a. leurs paroles mi leurs actes I. Cette dernire remarque, jete comme en passant, est cependant d'une Importance considrable. Elle explique que la chute de la prophtie n'est pas toujours, mme pour le prophte. l'une nettet absolue dans Imites ses part ies. Plus loin, saint Thomas exposera que la prophtie comporte toujours une certaine obscurit, un certain cl ni ..ne me ut de la vrit intelligible Il xxiv, [I q. a. 2, ail ' Elle laisse surtout ouverte la porte une explication psychologique a laquelle les auteurs mo dnies ont di'i avoir recours pour expliquer certaines Invraisemblances apparentes dans d'authentiques pro phties, le manque de perspective les prophtes.
i

renient, et, sur

permettant
Infaillible,
le

ne peut pas clairer sou lve intrieu le point prcis <lo l'Illumination divine au prophte de formuler un Jugement terme de comparaison nous Fait dl

reprsentes pai Dieu icurcincnl .1 l'entendcnu-nt des prophtes, au moyen c< qui tait crll sur la mu iim Daniel x \. J.'i l>.m l'autol 1rs ressemblances sont produites n. uns. .|"< Dieu imprime dans l'Ame - passer pur U". sons, comme si, dans l'ima .h d'un uxcu.lc mi. mi imprimait 1rs reprsentations -- nus. s. Mini nrninRc ci ordonne des >'.i ii ou s (mu nus par les sons ainsi .leromie vit une

mes

sensibles -,>nt
1

1 1

iiIh.isi r iln i-oto di- l'aquilon, .lor.,

i.

13

'

nfln.

Dieu Imprime parfois dlreetemenl dans l'intelligence des

comme ce (ut le cas do Salomon et des rvvuront la science ou la sa; esse infuse. ut la lumire intelligible. Dieu la communique a il humain, ou ion pour jiu or ce que d'autres ont \ u.
s

intelligibles,
i

comme comme
xxn.

le

lit

Joseph expliquant
le

les

s,>n, es

du pharaon,
iiitH

aussi ce (ut

cas

les

aptres auxquels Dieu


I

r trtir

ftnrr onni/<reii<irr 1rs

criturcs.

Luc.,

ralisation lu plan divin, <|iii Comporte les tapes spares par des laps de temps considrables, n'en est pas moins une tans son ensemble 'I se prsentera
I.a

distinctes,

!.'>. et c'est ce qui constitue le don d'interprtation; u pour juger conformment a la vrit divine certaines choses perues par la s, uv raison naturelle, ou encore dterminer avec vrit et efficacit ce que l'on doit

IM.I.. a. 2.
Il

ressort le cette analyse


tient

principal

tic

la

que la lumire divine esl prophtie, lment toujours

au prophte pour foi initier un Jugement cer la vrit les choses annonces. Quant aux sentations les choses prophtises, Dieu peut ou rvir de reprsentt ions naturelles dj existantes. .aluire ilans l'me lu prophte les reprsentanouvelles ou tout au moins un arrangement non de reprsentations dj acquises, te analyse permet encore d'expliquer comment le prophte ne saurait faire abstrait ion s extrieurs quand la rvlation prophtique se ralise par l'impression le formes sensibles: il est tient, en d'autres cas. au contraire, ncesprophte fasse abstraction de ses sens, afin que l'apparition les images (imprimes intrieurement (apporte pas ce qu'il sent extrieureIbi<l.. a. ment Ce dernier cas est celui les prophties nge. par \ ision imaginai ive, <>u au ou d'un ravissement. La thologie mystique note la ralisation le ces principes on consultera Condamin, Prophlisme isralitc, dans Dicl.
sur
,

Images enchanes entre elles, amenant a la lumire, des vnements futurs, les seuls faits et les sonls traits qui marquent la continuit du dessein providentiel. Les prcisions numriques et les concidences de dtail, sans ftre ncessairement exclues, sont ici de peu; notre vieille tendance au littralisme sera due. 'optique de la prophtie n'esl pas celle de l'histoire. L'histoire, crit le cardinal Billot, / a parousi'e, Paris. 1920, p. 212. a son poste d'observation dois la plaine, elle suit les vnements pas a pas, au fur et mesure m'ils se drouih-s

donc au prophte sous


taisant abstraction
<l<-s

intervalles, et

hors

iin

iieu\ e

anonyme

.'i.

<pii. ayant l'abord enregistr succession des laits, les prsente ensuite par ordre les mis aprs 1rs autres, s.ms |amais enjamber sur les Intermdiaires, m autant de tableaux correspondants et distincts, Mais la prophtie, au contraire, se lient sur ces hauts sommets qui dominent tout le cours du temps, illumines qu'ils sont par le seul soleil h' la prescience de Dieu... Quoi d'tonnant alors que la description prophtique ne soit pas assujettie aux mmes rpies que la narration historique? qu'il lui arrive de brler les tapes qui relativement a nous jalonnent la route de l'avenir? que souvent, franchissant, comme d'un bond tous 1rs Intermdiaires, elle joigne, dans un mme tableau, les vnements que devront pourtant sparer les uns les autres de longues sries de jours, d'annes, \ olre mme de sicles? de randmaison, Jsus-Christ, t. u. p. 2'<2.

lent, t.'est

un cinmatographe

la

marche

et la

<

>n

lits

trouvera ii mme prophtiques; voir


t.

les

applications de ces
[saie,
t.

modai'>'2
:

les art.

vm,

col.

410. diffrentes manires de recevoir

iv, col.

communication

par rapport aux vnements prophet rtent pas de modification la certitude que la lumire divine peut donner au prophte. T. es autours spirituels font cependant ce sujet quelques s. Parmi les moyens dont Dieu se sert pour nuniquer a une me la vrit, il en est un qui, par
ce divine

exclut illusion et erreur


tuelle,

c'est la vision intel-

image mentale, et la parole intellectransmission de la pense sans mots, sans signes i\-s ou mme les songes
des moyens sujets illusion et certains cas, l'illusion et l'erreur r la lumire divine ce cas se produit ment dans l'hypothse d'une prophtie eonvlation universelle, est dire d'une re une doctrine ou un
v
: i 1

2050. 1. Tout ce qui prcde permettra le Division. mieux comprendre les principes qui prsident a la division de la prophtie. Le I'. Garrigou-Lagrange, l>r rve latione, il, p. a donn, d'aprs saint Tlioin; s. un excellent schma de la matire. Le prophtie peul tre considre, quant son objet, l'vnement futur annonc et. quant son sujet, !< mode de la connaissance dans le prophte. De l deux grandes divisions, commandant les autres subdivisions. Voici ce schma, transpos lu latin en franais
XI. col.
t
.

Parousie,

.'!.

La prophl
a
i

le

se

dh

ise

En

raison de ['objet connu

a.
le

Quant

{'extension
a l'v-

La prophl ie dtermine ou non l'poque mme o se ralisera l'vnement,


l'origine divine le la pro-

In

connaissance
futur.

nement

phl

ie

d'eux un assentiment de
:

fication

elle-mme, la signide la chose pro


s'agit

Condamin,

art.

<

M,

col. Il

l.

phtise.
S'il

phte ne comprend pas lui qu'il annonce, par exemple il fait, par exemple les soldats sioeiits du f.luist. Mais c'est le cas n imparfaite et qui, avons-nous

d'un
rie

futur
pre-

absolu, prophtie
b.

Quant
<lr

la

nature

science.
S'il

mime

l'vnement futur.

s'agit

d'un

futur

conditionnel, prophtie de

nom. Cependant,

mme dans

menace.

PROPHTIE.
h)

DI
II'
II

VISION
1

20

En

raison

du mode de connaissance
tellecl uelle.

Prophtie pur
Prophtie imaginai Ive. Prophtie
sensible.

[sion ln-

a.

l'ornicllemenl.

par

vision

par

vision

le rsula. 2, peuvent modiflei nous obtenir misricorde au lieu du ad 2; q. clxxiv, a. 1; chtiment. <.) clxxi, a. lu- verilale, q. xii, a. 10 c, et ail 7 "". 8 . 9 ". 1" In I3 um a. 11. ad 13< s|.: In Jrrcmiam, c. x\ lu Matth., <. i. Ainsi, bien que l'effet Isaiam, c. xwi
,

q.

clxxiii,
e et

tat le la

mena'

;.

Prophtie dans
\ eille.

l'tat le

b.

Matriellement.

ou

Prophl ie dans l'extase le ravissement. Prophtie dans le som-

prdit ne s'accomplisse pas, la prophtie n'est pas fausse parce qu'elle Indique ce qui arriverait, si les dispositions de causes effets n'taient pas modil par notre libre intervention, postrieurement la prophtie. Ibid., q. clxxi, a. ii. ad 2 U '; De verilale, q. xn, a. 11, ad 2"'": (.ont. gnies, I. III, c. clv.

meil.

ai Division en raison de

l'objet.

".

Par rapport

l'extension de la connaissance de cel objet, la prophtie

admet quatre degrs de perfection dcroissante. Le premier, le plus parfait, comporte la connaissance de l'vnement futur, du temps o il se produira, de la signification prophtique de cet vnement et de l'origine divine de la prophtie. Cas extrmement rare.
Lagrange, Pascal cl les prophties messianiques, dans la Revue biblique, 1906, p. 540. Dans l'Ancien Testament, on a voulu en trouver un exemple dans les soixante-dix semaines de Daniel. Voir t. iv, col. 75. Dans le Nouveau Testament, on peut citer les prophties du Christ relatives son retour Jrusalem, aux souffrances qu'il devait y endurer, sa mort, sa rsurCf.

La prophtie laite avec serinent, cf. Ps., CIX, 1, est toujours absolue. Exemples de prophties comminatoires, don., m, 1: ls.. xxxviii, 2. b) En raison du mode de connaissance, la prophtie peut tre considre soit formellement, soit matriellement.
a.

intellectuelle,
col.

Formellement, elle se divise en prophtie par vision Imaginative, sensible. Voir ci-dessus,
sq.

716

vision intellectuelle rend la prophtie en soi plus parfaite, car la manifestation de la vrit divine dans
la

La

rection le troisime jour. Matth., xvi, 21; xvn, 22; xx, 19. Ou encore la prdiction du triple reniement de Pierre, la nuit mme de l'arrestation de Jsus, avant le chant du coq. Matth., xxvi, 34. Le second degr comporte la connaissance de l'vnement futur, de sa signification, de l'origine divine de la prophtie, mais non de l'poque o se ralisera cet vnement. Cette indtermination rsulte frquemment du manque de perspective historique des prophties, comme on l'a expos plus haut. Voir les cas dis., vu, 14, et de Matth., xxiv, 1-3G. Le troisime degr comporte simplement la connaissance de l'vnement futur et de sa signification pro-

temps de sa

phtique; mais l'origine divine de la prophtie et le ralisation sont ignors. C'est le cas du simple instinct prophtique, dont parle saint Thomas, a II -II , q. clxxi, a. 5; q. clxxiii, a. 4, dont les prdictions peuvent tre parfois incertaines ou fausses. Le quatrime degr ne comporte que l'annonce d'un vnement futur, mais le prophte ignore l'origine divine de sa prophtie et mme la signification de la chose annonce. C'est le cas de Caphe. Quant la signification de la chose annonce et en raison de sa surnaturalit ou de son caractre purement naturel, la prophtie, dit encore le P. GarrigouLagrange, comporte deux degrs ou bien elle implique une lumire surnaturelle quant la substance s'il s'agit d'une prophtie concernant un mystre de la foi, ou bien elle s'accommode d'une simple lumire surnaturelle quant au mode s'il s'agit d'un vnement
:

contemplation pure de la vrit est suprieure a toute manifestation de la mme vrit smn l'image de choses corporelles elle ressemble davantage a la vision cleste qui fait voir la vrit dans l'essence divine . Ibid., q. clxxiv, a. 2. Toutefois, parce que la prophtie implique une certaine obscurit et un loignement de la vrit intelligible, on donne, en un sens plus propre, le nom de prophte celui qui voit au moyen de la vision imagint ive . A. 3. La vision Imaginative se produit soit l'aide de formes imaginaires imprimes dans les sens intrieurs, cf. ls., vi, 1 sq. Ez., i, 3 sq. Ara., vu. 7 sq., soit dans des visions symboliques. Ez., n, 9 sq., xxxvn, 1 sq. xl-xlvi. Elle comporte de multiples degrs et aspects la lumire prophtique est plus vive l'tat de veille que si elle emprunte le songe pour se communiquer; les paroles directement perues sont plus expressives que les simples signes, symboles de la ralit prophtise; plus les signes sont expressifs, et plus haute est la prophtie; et si le prophte non seulement entend, mais voit celui qui lui parle, le degr de la prophtie sera plus parfait au rang suprme, s'il voit en celui qui lui parle une reprsentation de Dieu mme, comme jadis Isae.vi, 1; moins parfait, si un ange apparat: moins parfait encore, si l'interlocuteur n'est qu'un homme. La prophtie par simple vision sensible est celle dans laquelle le prophte reoit communication de la vrit par le moyen mme de ses sens externes. Ainsi Abraham vit trois anges. Gen., xvm, 2; Mose, le buisson ardent, Ex., m, 2; Daniel, les caractres mystrieux, Dan., v, 25; cf. vin. 15. Cf. seint Thomas, q. clxxiii,
:

a.

3.
b.

Matriellement, la prophtie est ralise dans


:

un

triple tat possible

d'ordre naturel. b. Par rapport i la nature du fait futur annonce, la prophtie se subdivise en prophtie de prescience ou en prophtie de menace. La prophtie de prescience ou absolue atteint l'objet prdit dans sa ralit mme et se ralise toujours. La prophtie de menace marque simplement le rapport des causes aux ellets; elle signifie que la disposition des causes infrieures, soit qu'il s'agisse d'vnements naturels, soit qu'il s'agisse d'actes humains, est telle qu'il en doit rsulter l'effet prdit . L'vnement n'arrive pas toujours pour autant tel qu'il tait annonc; cette prophtie n'est qu'hypothtique, car nos prires, nos mortifications, nos sacrifices, toutes choses prvues par Dieu dans l'ordre des causes aux effets,

de veille, l'tat d'extase ou de ravissement, l'tat de sommeil. Cf. q. clxxiv, a. 1. 2. 3. Il n'y a dans les Livres saints qu'un exemple de rvlation faite par songe au prophte lui-mme. Dan., vu, 1. Voir, dans le Dictionnaire de la Bible, l'art. Songe, t. v, col. 1833-1834, et ici Extase, particulirement col. 1881-1884. Cf. saint Thomas, IIMI, q. cxxxv,
l'tat
a.

2, 3.
11.

Possibilit.

Xous exposerons d'abord


la possibilit

la

dmonstration catholique de
phtie,

de

la pro-

ensuite les difficults souleves contre cette possibilit, tant au point de vue de la doctrine qu'en

regard des faits. 1 Dmonstration catholique. Pour comprendre toute la porte de cette dmonstration, il f?ut, sa base, poser que l'argument prophtique engage la

721
i

l'Iiorill.
e infinie

:.

P0SSIB1 LITE

>>

de Dieu,

ainsi

que

le

dclare

le

concile

du Vatican. Il faut donc montrer que Dieu, el Dieu l'homme la connaissance peut communiquer
.1

prophtique, entendue au
M'.
1.

mus

strict

que nous avons


la

Dieu
t

,.

uniquer l'homme

connaissante

Cette assertion n'est, en somme, qu'un fUque. particulier ilu problme plu-, gnral de la possi bilit le la rvlation. L'objet spcial de la prophtie entendue au sens --t rivt est le futur contingent, ou ts intimes des curs que saint Thomas rattache la prophtie stricte. Cf. I" II", q. exi, a. i: \\i. .1. ;;. ad II II, q. or. d'une part, il est certain que Dieu connat d'une
,

nation. L'argument prophtique doit tre une preu\ e convaincante de l'intervention divine en faveur d'une Institution ou d'une vrit il faut doue, de toute ncessite, que la connaissance des vnements futurs h lue s et des secrets des eu lus m puisse l re coin ni uni que par un an! re que Dieu ans angeSOU aux hommes. on cette seconde proposition l'enscl Aussi rattache gnement de saint rhomas louchant la connaissance des choses lutines par les anves. Sum. theol., I'. q. LVII, touchant la divination, II*- II*, q. xcv; a. 3, et.
:

cf. q.

i.xxn.

a.

">.
I

faon

certaine
libres,
et

et
le

infaillible

les

vnements
1

futurs,

mme

curs. Ce point sera > ailleurs (voir Scikmj divin |; mais, tant donla souveraine perfection de Dieu et son immutabilit, il apparat nettement qu'il ne peut en tre autrement. Si Dieu ne connaissait pas de toute ternit et infailliblement tous les futurs libres et les secrets dis science ne serait ni parfaite et infinie ni progressive, elle passerai! de elle et immuable l'imperfection a la perfection, de la puissance l'acte. plus, elle recevrait sa dtermination des vnements extrieurs, au fur et a nu-sure de leur succession. imme, Dieu serait instruit par les cratures ellesmmes. Or. tout cela est impossible. Dieu est acte pur; aucune potentialit en lui. Comme l'explique saint Thomas, sa science n'est pas cause par les choses; elle qui. jointe la volont toute puissante, est Vinsi donc Dieu connat de toute ternit tous les futurs contingents et libres. Sum. '., / I*. q. xiv, a. 8: In Sent., dist. XXXVIII,
secret
les
:

'

qu'on l'a expose, la nui ion de prophtie corn porte la connaissance et la prdiction infaillibles d'un vnement Mine lutur. connaissance et prdiction essentiellement distinctes de la simple conjecture. Or, Dieu Seul peut avoir une telle con naissain e des e\ eue ments lutins. Donc, lui seul peut en donner communication aux hommes. Que Dieu seul puisse avoir cet te conn. lis'-. m ce infaillible et certaine, cela resuite, d'une pari en ce qui concerne Dieu, de sa science parfaite, coexistant ternellement a tout ce qui se droule dans le temps et ayant, par sa causalit mme, mw vritable priorit de nature sur la ralisation mme des vnements; d'autre part, en ce qui concerne l'intelligence anglique cre, de l'imperfection relative de celte intelligence, qui, n'tant pas cause des vnements, doit s'accommoder de la succession mme les choses concevoir. De sorte que, si parfait que soit, par rapport l'homme, l'esprit anglique, il ne peut cependant prvoir l'avenir que d'une manire conjecturale, dpourvue de toute certitude infaillible, lue telle connaissance ne saurait, communique l'homme, mriter le nom de connaissance prophtique. Cf. S. Thomas, Sum. theol.,
Pelle
I

!.

I.

c.

1x1. i.xn: Deverilale, q. a,


T.
-

'.

q, r\

11.

a.

;'>:

De

veritate, q.

m,

a. 12.

cf.

De
a.

nuili'.

q.
1

xvi, a.
a.

Sum.
I:

theol..

I'.

q.

xi\.

13;
11.

q.
a. a.

wwi.
: Cont.

:<.

In
I.

7"
I.

!11

Sent.,

XXXVIII,
tritate, q.
.

Gnies,

c.

I*,

q.

xiv.
q.

a.
i.

Sum. 12; Quodl., XII. q. 111. />" Sent., 1">: q. xix. a. 7: In


a. 2.
.">
:

lxvii;

XXXVIII,

dist.

XXXIX.

q.

1.

a. 1.

Ve veritate, q. 11. a. Cf. L. de Grandmaison, Christ, t. 11. p. 249-251. \>>us n'avons pas a entrer ici dans l'expos tholoord <le cette prescience divine avec la
.">.

'

humaine. Les diffrents systmes proposes par atholiques ont t prsents ici mme d'une abondante (voir les art. Coxcoi/ns divin, Pr1: il nous suffit d'ailleurs de savoir
.

connaissance des secrets des curs, s'il est possible aux anges el aux hommes eux-mmes de les discernera travers leurs effets extrieurs, il appartient Dieu seul de les connatre infailliblement tels qu'ils son! dans les esprits ,| les volonts. La raison en es1 que la volont d'une crature raisonnable n'est sou mise qu' Dieu et que Dieu seul peut agir sur elle, lui qui est son objet principal el sa fin dernire, comme on le dira (q. i.xni. a. 1. et q. cv, a. 5). Aussi, les choses qui ne dpendent que de la volont ou qui n'existent '. q. i.vii, qu'en elle ne sont connues que de Dieu. /> veritate, a. I: q. vni, a. 13. Pareillement donc. un ange, si parfait qu'il soit, ne pourra connatre d'une

Quant

la

faon certaine ces secrels

el

les

communiquer

un

toute ternit, sait d'une science parfaite muable tous les vnements rsultant du jeu des pour <pie nous puissions conclure a la iimnunication le cette science a .us hommes choisis de Dieu. Si la rvlation des proprement dits est possible, grce a l'intelliue qui nous en pouvons avoir (voir t. x. col. 2.V.M). a plus forte raison la communication de vrits, qui ne sont surnaturelles que :ie possible dans le triple genre de tuelle. imaginative. sensible, que nous ssus. voir Il ol. 12". suffit que imprime dans l'Ame du prophte le nouvelles telliphlcs on de nouvelles images, ou qu'il acquises en \ 11e d'exprimer nents futurs, et qu'enfin il accorde a l'intel prophte la lumire qui lui permettra de ifaillible sur cette
le

que Dieu.

homme.
2 /es difficults souleves contre la possibilit </< la prophtie proprement dite. -- 1. Au point de vue de la doctrine spculative. La possibilit de la prophtie est nie spculativemenl par les philosophes qui refusent a Dieu la prescience des fiilurs contingents. Tels
-

les

anciens picuriens

el

stociens, tels les

modernes

socinieiis et de

nombreux

rationalistes. I.a raison mise

op.
th.

cil.,

t.

11.

vm.
nner
l'

I#ulilelm
:

hommi
t

lingents
i-s.it

'1rs

en avant pour nier cette prescience est la prtendue ncessite de sauvegarder la libert humaine. La possibilit de la prophtie mne droit au fatalisme. Ainsi. Wegscheider crivait Toute prdiction divinement manifeste, par laquelle serait annonc expressment le destin invitable d'un homme ou d'un peuple, en dpendance de faits dont l'accomplissement dpend d'eux, rpugne a l'ide d'un >ieu rs sainl ci rs bon, favorise le fatalisme et supprima la libert morale de l'homme. Inslilutiones theologica chrislianse dog maticm, Halle, 1826, 1. 1, c n, S 50, 1. 189. Sur ce thologien rationaliste protestant, qu'on a appel iiru bekanntesten Dogmaliker des Ralionalismus, voir II. Hoffmann, dan- Protest. Realencyklopdie, t. xxi,
: l
1 1

porte de cette seconde tqucllc l'apposition "eut donne toute sa


la

p. 34.

I.a

rfutation de semblables objections appartient

.,..

PROPH
<lc

T1

!..

POSSIBILIT
aux m\ stres, a craindre les menaces divines, a esprer lis rcompenses (sil fallait trouver ici de l'imperfection rpugnant a la sagesse divine, il faudrait condamner
la
il

suffit d'indiquer ici il mettre en relief. D'une part, convient de montrer qu la connaissance des lui urs libres pur Heu n'impose ceux-ci nces
:>n

domaine
il

la

philosophie,

brivemeni

le

poinl dlicat

<

<

1 1 1

1 1 1 1

vertu d'esprance
i

et

la

site.

ncessaire, mais, l'i de leurs propres cuises, les (futurs libres) demeurenl contingents ils si .ni (lune contint ents toul court, car le
est
:

La science divine

enfin
d'elle
la

trs

accommode

la et

contrition imparfaite); rvlation, qui


l

une preuve de sa vrit

comme mu- marq


I

prcisment ce qui n'est pas dtermin dans su cause. A l'gard de Dieu, rien n'est contingent...; mais ce n'esl pas la une qualification en soi'el qui rponde au langage ce n'est qu'une \ rit de point de vue, contrairement ce qu'a cm Renouvier, qui renverse ici l'ordre des rapports. De mme que ce qui esL infini en soi peut tre lini pour Dieu, ce qui est contingent en soi peul tre ncessaire pour Dieu, ou [jour mieux dire suprieur l'un et l'autre, vu que Dieu est au dessus de touie diffrence, dpassant et contenant en soi la double sphre du contingent et du ncessaire. De mme, en ce qui concerne proprement la vision, la supriorit de Dieu par rapport au temps
contingent
est
:

que le temps n'est pour lui qu'un attribut quelconque des choses, et qu'il n'prouve pas plus de difficult a voir une chose prsente ou future qu' voir une
lait

divinit. Kuoil. Instituliones iheologi dogma pars l\ Inspruck, 1852, 5 69, p. 17. 2. .1// point de nue des /ails. Nombre de ceux qui, en regard de la science div ine et de la libert humaine, ont voulu nier la possibilit de la prophtie on! mand a l'histoire compare des religions et la psychologie de rduire et d'expliquer les faits propl ques anciens, pour dmontrer la non-existence de la vritable prophtie. L'impossibilit spculative : prophtie n'esl pas pour autant affirme, car l'axiome reste toujours vrai a non esse ad non posse, non illatio; mais du moins on affirme avec conviction que, si thoriquement on peut concevoir une prophtie vritable comme possible, en fait, une telle prop n'a jamais exist, et sa possibilit pratique demeure
:

ainsi alatoire.

Le

travail

fondamental contre

la

doctrine catholique
le et

ce qu'on veut dire quand on affirme qu'il voit le futur comme prsent. A.-l). Ser-

chose bleue ou rouge,


tillanges,
I.
i.

(.'est

reste, sur ce point, celui

d'Abraham Kuenen, dans

second volume de sa Recherche historique

critique sur

Somme
,

thologique de saint
1

Thomas, Dieu,
l

a.

note 126. Cf. saint Thomas. Suit', ad l um ad 2 "", et parall. 13,

theol.,
:

a
.

q. XIV,

In

ll

">

Sent.,

disi.

Deveritate, q. n,

: Cont. gnies, I. f. c. lxvii; 12; Quodl., XII, q. m. D'autre part, nonobstant la certitude infaillible de
a.

XXXVI II,

a.

connaissance prophtique, de l'acte prvu ne peuvent tre mises en cause. Les auteurs font ce sujet diffrentes rflexions opportunes. Tout d'abord, mme en admettant que la prophtie concerne une personne dtermine, mise elle-mme au courant de ce qu'elle
la

l'vnement futur dans

ni la libert

humaine

ni la moralit

la composition ri la collection des livres du Vieux Testament, t. n (en nerlandais), Leyde, 1863. 2 e d.. ouvrage traduit en allemand, en anglais, en franais, et qui a inspir toute la critique librale. Toute la thse revient, sous plusieurs formes dillrentes, et avec de multiples arguments, prouver que le phnomne dsign sous le nom de prophtie est naturellement explicable, sans faire intervenir la science divine et une communication de Dieu a
I

l'homme.
ont eu leurs prophtes et que les Hbreux n'ont fait que copier cette institution ancienne et tout humaine. L'origine arabe du prophtisme, soutenue par C.-H. Cornill, Der Israelilische Prophetismus. 2 d.. Strasbourg, 1896, p. 12, et par T.-K. Cheyne. Encyclopdia biblica, t. m, col. 3857, ne repose sur aucun argument srieux simples tymologies ou dtails de costumes. L'origine chananenne est affirme par Kuenen, qui exploite les passages de la Bible relatifs aux fils de prophtes , au temps de Samuel. L'closion du prophtisme daterait du temps de Samuel. L'poque des Juges, explique Kuenen, fut remplie par les luttes entre Hbreux et Chananens, avec des rsultats trs divers la religion du vainqueur supplantait l'autre, ou bien une fusion s'oprait. Un renouvellement religieux s'opra en Isral la fin de cette priode la prophtie fut une des formes de ce rveil religieux. Les phno:
: :

a) On s'efforce tout d'abord de religions antrieures au judasme

dmontrer que des

fera dans l'avenir, ni sa libert ni sa responsabilit ne sont contraries par la prophtie, car la prescience divine n'enlve aux vnements rien de leur caractre propre. L'exemple typique est ici le reniement de saint Pierre prdit par Jsus, et qui nanmoins s'est produit

responsabilit de Pierre fussent ft. Mais il peut se faire aussi que, si la prophtie prvoit un vnement futur libre, elle laisse de ct la dsignation de la personne par qui cet vnement se produira. Auquel cas, d'une faon indiscutable, la responsabilit morale de l'agent humain demeure entire. Cf. F.-X. Schouppe, Elemenla theologi dogmatiese, t. i, Bruxelles, n. 165, p. 108. Enfin, si l'vnement futur libre ne dpend pas de la libert humaine (par exemple, un miracle), la difficult tombe d'elle-mme. Voir Ottiger, op. cit., p. 247. On insiste en affirmant que la prophtie, faisant prvoir l'avenir aux hommes, est une occasion et mme une cause de moindre mrite et de moindre effort pour le bien et contre le mal. A quoi il convient de rpondre que, si la prophtie devait intervenir tout instant dans la marche de ce monde, l'objection pourrait tre formule avec quelque apparence de raison. Mais, fait exceptionnel et insolite, la plupart du temps ignore de la grande masse quand elle est formule, la prophtie, comme le miracle lui-mme. non seulement n'est pas un obstacle aux fins de Dieu, de l'homme, de la religion cl de la rvlation, mais les aide admirablement. ii ) trs digne de Dira, qui, par elle, manifeste Elle est ses perfections, notamment son omniscience, suprieure a tous les esprits crs, et confond les faux oracles b Iris conforme la nature de l'homme, qui est par instinct nature! port vers la connaissance des choses futures: c) souverainement utile la religion, car les prophties excitent l'homme honorer Dieu, croire
la libert et la

sans que

diminues en quoique ce

mnes d'exaltation extatique, crit Kuenen. qui jusqu'alors ne s'taient vus que chez les sectateurs des dieux du pays, et qui certainement n'avaient point
pass inaperus des Isralites, se propagrent chez les serviteurs du Dieu national Jahv. II se forma des associations de prophtes de Jahv. Comme les associations pareilles des Chananens, elles excitent l'enthousiasme de leurs adeptes par la musique et par le chant. Ce qui se passe chez les prophtes de Jahv est attribu a l'opration de l'Esprit de Jahv... P. 156. Kuenen rejette l'tymologie qui donne mi M le sens de porte-parole, d'interprte . Il veut voir en ce mot un driv de mi bu' avec le sens de bouillir, bouillon.

ner pour exprimer l'effervescence, l'exaltation prophtique, et cela, avoue-t-il ingnument, afin que ce sens puisse s'appliquer aux deux catgories de prophtes, les Chananens et les Hbreux. Cette thorie, qui a trouv un succs assez considrable prs d'un certain
.

PROPH
muni
s

POSSIB1 LITE
ralit, l'expression
fils

ts

il

rationalistes,

ne

de prophi

plique pas

|uc sur de -uni''

niflcatlon de disciple de prophte, d'o est


l'ide <ie.

venue

les

prophtes chanai - et introduits dans l'histoire pour les v ex sti ce d< ces bandes de fana des derviches esl une hlablrs proptu tes que deux I! n'esl question de pareils plus tard, et encore ne sonl il- pu Ires-prophtes du Haal tyrien. cnl ubel. Le nom de n Un n'a d'ailleurs prunt .m\ Chananens le inouvemcnl que .-ii Isral tant, nous lit on. un inouvenienl liftieile le penser que, pour le dsigner, Hbi eux soient alls chercher le- ternies tran avant eetle poque, le prophtisme exis alitions anciennes consignes
iliile
i .

.1

le

IVntateuque

et

le

livre le- Jupes, sur Mose,

Mane.
i

20, les soixante-dix sceur >le Mose, Ex., us il u peuple. Num.. \i. 2-1-30: Pborah, Jud., i\ ithouiel, Gdon, Samson. Jud., m. 10;
.

19: xv,
le.

1.

Cf.
t.

Condamin, Prophtisme
iv. col.

dans

390. L'opinion

menne du prophtisme sur l'on ujourd'hui presque entirement abandonne. On trouvera <lan- Condamin. ibid.. la bibliographie des Me Kuenen chez les protestants. Il ne faut pas accorder plus d'importance l'opinion au prophtisme d'Isral une origine gyptienne, opinion propose par li.-O. Lange, l'occasion de fragments de papyrus contenant un texte de la \l\ d nastie, assez mal conserv. Communication richte der lierliner Akademie, Ipouwcr, sq. On \ voit un prophte. un malheur a venir, une rvolution sociale. u- trangres, puis un librateur qui apporte Mit l'ordre. N'est-ce pas le schma des futures prophtie- messianiques en Isral? L'hj pol hse kit d'autres auteurs; Condamin cite:
de

Kuenen

de prophtes; elle signifie simple ment membre de l'association des prophtes. En sorte que le> ni- des prophtes sonl simplement de- proph entre eux, vraisembl tes d'un genre spcl un but religieux, pour dfendre el main blem tenir Intacte (non pour Institue] la religion de Jabv et pour lutter contre l'entralnomenl vers le culte de Loin de voir dans ces coles de prophtes des groupements d'individus fanatiss, bandes d'nergumnes couranl le pays, la faon le- derviches hurleurs el danseurs, Il srail plus exact de comparer leur- manifestations aux prdica Uons du temps de la Ligue, ou encore, de no- joui-, aux manifestations de l'Arme du salut. Sur ton- ces point-, on de\ ra consulter Condamin, art. <-ii. col. 39339 I. Quoi qu'il en soit, mme i parfois ces prophtes furent favoriss le mouvements extatiques provenant de l'esprit divin, on ne -aurait en conclure qu'ils reurent de- Inspirations u des rvlations d'origine divine. H existe une diffrence essentielle entre ces prophte- el les personnages choisis pour annoncer des
ili
i
| .

'

vrits caches.

,rd

Meyer.
il.

I>i<

Hall.
fr.

Xachbarsl'mme, Maspcro, Sew light on ancient par E. Lee, Londres, 1908, c. xxxi,
Isriirliten uiid ilire

veut galement dtruire le caractre surnatuprophtie et, par l, uiner la thse catholique de sa possibilit el de sa ralit, en rdulsanl les prophte- n'tre que de- homme- providentiels, suscits par le cours normal des vnements, -an- intervention miraculeuse de Dieu, comme purent l'tre Confucius, le Bouddha, Zoroastre, Platon. C'est la thse de Kuenen et, en gnral, des rationalistes. Ces auteurs conservent !<- expressions de rvlation, miracle, surnaturel, mais il- les vident de leur -en- classique pour n'y le loger que des concepts nal uralistes. Ainsi, la noti prophtie esl ruine par la base les prophtie- ne -ont plus que les preA isions de quelques hommes de gnie, les esprances religieuses de quelques saintes mes, des aspirations via'.- un avenir idal et, en somme, de pures conjectures dont la ralisation prouverait
'n la
rel

de

seulement

la

perspicacit de leur auteur


396.

Condamin.

\
epistles

remonter cette prot-tie. .1 histuru of tlic ancient Egyp-. p. loi :Ch.-F. Kent. The sermons,
d.

qui

fait

art. cit, col.

<i; Israel's prophets, Londres, Mais l'In pothse a t rduite a sa juste valeur de simple description d'une grande dtresse cause viles, par A. 11. Gardiner. Voir les

and

>/

Cette notion de la prophtie est contraire la conviction des prophte-, qui se considrent comme des messagers de Jahv en un sens trs spcial. Leurs tmoignages sont formel-. Am.. vu. 15; I-.. vi, 8-9;
.1er.,

point dans Condamin. art. cit, col. 391. u des critiques rationalistes euxmmes, si l'institution de la prophtie avait t rellement emprunte par les Hbreux d'autres peuples, subi chez .'ii\ de telles transformations qu'ell evenue une sorte de cration nouprophtisme hbreu possde troi- caractris- qui font un phnomne tout fait |ui parle. l<-s vrits qui -ont proclames, i-i-h-n. Prophecy prophte. Cf. F.-C. Sew- York, p. 18, 22. Corniil
:

12-15; Ez., n. 2-5; Zach., n. 13 (9); luder, les rationalistes interprtent en un sens naturaliste ces a criions de- prophtes et en proposent trois explication- possibles l'imposture : les prophtes se rclament ouvertemenl el formellei.

7: xxvi,

iv.

etc.

Pour

les

ment d'une miion divine, surnaturelle, sans


reue
et

l'avoir

sans

croienl

mme y croire: l'illusion les prophtes cette mi ion surnaturelle, mais cette
:

croj anceest en ralit une. illusion de leur part, ils sont des illumin-, des hallucin-: enfin l'explication dite psychologique, de beaucoup la plus spcieuse et la plus

lui

manire de voir.
hi
'

dment

l'existence le prtendues dan- un sens favorable aux olutionnistes. Les groupes de

plusieurs

que
l'un enthoi

le

proph-

'x dont la conicune manifestation

rpandue les prophte- voient dan- cette mission un devoir impos par les circonstances, un rle conforme aux desseins de Dieu, qu'ils se sentent appels jouer, non envoys de Dieu ce qui leur permet de se dire au sens -trid et par un message direct, mais au sens large d'une mission providentielle. La rvlation divine, atteste par ces mots Dieu <m. Dieu m'envoie, Dieu parle signifie donc tout simplement ui)e conviction intime du prophte. pro< Limant ce qu'il imagine tre parole ou volont divine, encore qu'il ne connaisse
:

Condamin.
-.

art. cit,

dans

le

n de,

udes prpai lions prophtique du monothisme hbreu. En


:

.-t

,-i cette volont par voie de personnelle. Ci lie dernire explication, la seule qui jouisse encore d'un certain crdit, se trouve chez Kuenen. Histoire critique des tiares de l'Ancien Testament, trad. Pierson, t. n. p. 28 30; elle esl -oppose par Ewart, Die Pi

nullement cette parole

7 J 7
//;/

PROPH
Deux Mondes,
.'>
i

T1

E.

CONST
mand,
art.

\T \Tlu.\
noiiv.
col.

Sinith,
i/r.s

des Allen Blindes, 1867, trad. angl. par .). Frdricki. i. 1X7:,, p. 29-40; par Albert Rville, Revue
juin

d.,

1900, p.

15;

cit

par Condamin,

cit,

105.
i

1867,

p.

826

sq.

Elle

est

explicitemenl propose par Auguste Sabatier, Esquisse d'une philosophie de la religion, l* d., p. 158-159. William .lames \ ajoute l'explical ion subsidiaire tire de la doctrine moderne du subconscient, qui, d'aprs lui, rend compte des visions, des voix, des extases, des rvlations Fulgurantes Chez les prophtes, l'inspiration automatique ou semi automatique... parat avoir t frquente ou mme habituelle . L'exprience rctigieuse, essai de psychologie descriptive, trad. Frank Abauzit, 2 d., 1908, p. 399, 100. Cette explication psychologique, mme avec le perfectionnement de la thorie du subconscient, ne saurait tre accepte. Elle se heurte aux tmoignages les plus formels des prophtes. Ceux ci comprennent parfaitement que la parole de Jahv ne vient pas le leurs propres penses ni de leur cur , c'est--dire de leur propre esprit. Ils savent, au contraire, quand cette parole leur est venue et qu'ils la doivent une communication divine. El prcisment ils reprochent aux taux prophtes de faire passer comme parole divine leurs propres paroles. Cf. Ez., xm, 3-7; xxn, 28; Jer., xxm, 16-22; xxvm, 15-17. De plus, la thorie du subconscient suppose une priode d' incubation , de crbration pralable l'closion de l'ide forte , dont l'apparition brusque peut produirel'illusion d'une influence trangre qui s'impose. Or, les illuminations des prophtes d'Isral n'ont pas t prcdes de cette priode d'incubation. Ce sont des illuminations soudaines et imprpares. Voir les cas de Balaam, Num., xxm, 8-2C; xxiv, 13; de Nathan, II Reg., vu, 4-5; de Miche, III Reg., xxn, 14 sq.; d'Isae, rectifiant, soudainement son premier oracle zchias, IV Reg.,xx, 1-5. En ces circonstances, la parole de Dieu se fait connatre l'improviste et d'une faon inattendue. Bien plus, le prophte reoit parfois sa mission contre sa volont ainsi, pour Mose, Ex., iv, 13. Elise et Amos sont choisis par Dieu sans prparation leur ministre. IV Reg., n, 14-15; Am., vu, 15. Isae, que Dieu a appel dans une vision, est d'abord terrass par la majest et la saintet de Jahv. Is., vi, 5 sq. Jrmie se plaint de sa faiblesse, i, 6, et des ennuis que lui attire l'esprit de prophtie auquel cependant il ne peut rsister, xx, 7-9. Les conditions dans lesquelles est envoy zehiel sont peu attrayantes, n, 4-8; ni, 6-7. Baruch se lamente d'tre le porte-parole de Dieu. Jer.,
.

III. Constata ns. La prophtie ne sa niait avoir valeur de motif de crdibilit si nous ne pouvions en vrifier le cai actre prternaturel. Il faut donc, comme pour le miracle, que sa constatation soit possiMe. Puisque la prophtie est une prdiction infaillible d'un vnement naturellement imprvisible, sa constatation comporte ncessairement deux lments 1 constatation du fait de la prdiction elle-mi 2 constatation du fait de sa ralisation. 1 Constatation du fait de. la prdiction elle-mme. -Sauf le cas exceptionnel o le souvenir personnel peut intervenir, celle dmonstration, comme toute information historique, doit se faire par la recherche et par la critique des tmoignages et des textes crits. Par ce moyen, on doit aboutir une certitude historique
:

vritable. Le critique doit, dans sa dmonstration,

prciser

plusieurs points
1.

xlv, 3. Toutes ces remarques font constater combien peu la prophtie rpond, chez ces personnages, l'ide que nous en donnerait la philosophie du subconscient, ce deux ex machina, comme dit Pierre Janet, auquel on fait appel pour tout expliquer. Les mdications psychologiques, t. n, p. 282. Il ne reste qu'une hypothse valable pour expliquer le phnomne prophtique de l'Ancien Testament, c'est que Dieu a vraiment parl

aux prophtes.

Cf. II Petr., i. 21. C'est aussi la conclusion laquelle aboutissent certains thologiens protes-

tants conservateurs. Voir C. von Orelli, art. Prophetenlum des A. T., dans Protesl. Realencyklopdie, t. xvi, p. 92. Les paroles suivantes d'Ed. Riehm sont citer Le prophtisme de l'Ancien Testament est inintelligible si l'on n'admet pas la rvlation divine proprement dite, c'est--dire une opration extraordinaire de l'Esprit de Dieu sur l'esprit des prophtes... Car c'esl un l'ait indniable un fait attest chaque page des crits prophtiques les prophtes avaient la conscience claire et certaine d'exprimer non leurs propres penses, mais les penses de Dieu qui leur taient rvles... C'esl prcisment sur ce point qu'ils insistent quand ils montrent comment ils se distinguaient des faux prophtes. Messianic prop/iecy, trad. de l'alle:

Dmontrer que la prophtie est une annonce prd'vnements ultrieurs et non une formule gnrale pouvant s'adapter galement des faits trs diffrents. Ces formules gnrales et quivoques sont employes par les devins et les chiromanciens. Les anciens oracles sibyllins rentrent dans cette catgorie. Mais des prdictions de ce genre ne sauraient tre appeles prophties. Plusieurs rationalistes, notamment James Darmesteter, Auguste Sabatier, Reuss, ont voulu rduire les prophties bibliques ces simples gnralits que l'habilet humaine suffit expliquer. Cette thorie est insoutenable quand on examine un grand nombre de prophties de l'Ancien Testament ainsi Isae annonce de faon prcise l'chec de la coalition syro-phramite, l'invasion des Assyriens, la prochaine humiliation du royaume du Nord, la chute de Damas, la ruine de Samarie, la dlivrance miraculeuse de Jrusalem bloque par Sennachrib, la gurison d'zchias atteint d'une maladie mortelle. Ainsi Jrmie prdit la mort d'Ananias brve chance. Ainsi beaucoup des dtails de la naissance, de la vie et de la mort du Messie nous sont prdits par les prophtes. Dans le Nouveau Testament, les prophties de Jsus relativement sa passion, sa mort, au reniement de Pierre, sa rsurrection aprs trois jours, la venue du Saint-Esprit, la ruine de Jrusalem avant la disparition de la gnration contemporaine, ne peuvent en aucune manire s'expliquer la faon des oracles sibyllins ou des prdictions des devins ou des chiromanciens. 2. Dmontrer que la prophtie n'a pas t crite ou Affirtout au moins arrange aprs les vnements. mer, pour ruiner la valeur dmonstrative de la prophtie, qu'en ralit toutes les prophties ont t crites aprs coup, vaticinia post eventum, c'est l une thorie A. -15. Davidtrop commode. C'est la pire de toutes son, dans Hastings. Dictionarg of the Bible, t. iv.p. 120 h. Elle est aujourd'hui totalement abandonne, mme des rationalistes, tant elle est contredite par l'esprit et le ton des uvres prophtiques. Mais, du moins, les prophties pourraient-elles avoir t compiles, arranges aprs les vnements? Ainsi, Renan affirme que les extraits des anciens prophtes ont t faits d'une manire tendancieuse... Les passages n'ont pas t fabriqus, mais ils ont t choisis. Histoire du peuple d'Isral, t. II. p. 439. note 1. Pour le mme auteur. Ose ne serait qu'une compilation dont, aprs coup, on n'aurait gard que ce qui se serait vrifi. bid., p. 467, note 2. Mais l'opinion, sous cette forme adoucie, n'est pas plus acceptable que sous sa forme brutale. Il est facile l'apologiste catholique de montrer qu'une telle hypothse rpugne au caractre manifeste de sincrit des auteurs bibliques qui s'attachent ne rien cacher en bien comme en mal de ce
cise
:

PR0PHTI1
consquent, Font preuve d'une qu'on ne peut les accuser d'avoir iprs coup leurs crits, ntrer que la prophtie nliment, d'une simple intuition de (/"un distinguer de ce qui pourvoit tre simple si l, vrai dire, le point dlicat dans la constatation du rail il' la prophtie comme telle. Tout d'abord, il convient de reconnatre que cette discrimination de la prophtie proprement dite et de la conjecture hum. mu- n'est pas directement possible dans tous les cas. Il est cependant o l'apologiste peut l.i f.uit apparatre nettement, soit d'une faon directe |>;n l'intelligence il-- textes eux mmes, suit d'une faon indirecte, par l'examen des circonstances lesquelles se produisent prophtie ou conjecture.
qu'ils savent et qui, par
telle

CONSTATATION

30

bonne

foi

ri

.1

D
et

rimination directe
le

de

Ai Mi,'i/i/r conjecture.

Ici

employs, selon

tir lu prophtie vritable )eux procds doiv ent tre genre de prophtie avec quoi
I

l'apologiste .i alTaire. Parfois, il pourra considrer la prophtie sur tout comme un miracle de prescience c'est dans le
:

nombre, la prcision des dtails concernant

les

vnements

luturs imprvisibles qu'clate le caractre prophtique de prdiction : mthode d'analyse et plus populaire. Plus la prophtie comporte de dtails concernant les des vnements futurs, plus longtemps

dtails, et plus il apparat question d'une simple conjecture ou d'un pressentiment humain. Or, l'apologiste catholique n'aura aucune peine montrer que bien des prophties ont prvu, non d'une faon dubitative ou quivoque, mais avec certitude et prcision, des cirs et de-, faits de dtail, contingents et libres. devant se produire dans un avenir lointain, dans des onctures multiples et complexes et en dpendance complte de la libre dtermination de plusieurs nnnayes n'ayant aucunement l'intention d'agir pour raliser les prophties. Les prophties messianident de ces prcisions particulires qui sufstinguer sans hsitation possible de ce qu'auraient pu tre, en pareils sujets, de simples conjechumaines. Bossuet insiste sur cet aspect, analytique cl populaire, de l'argument prophl ique considr l'abondance et la prcision des dtails, quand il

mec

sont

annoncs ces

qu'il ne saurait tre

ensemble, l'apologiste catholique ne s'arrtera pas aux dtails pour marquer ce qui spare la vi.ue prophtie les simples pressentiments humains, des paies COIIJOI turcs. Il trouvera dans la prophtie le signe d'une acti n divine longue chance sur l s destines religieusesdu m nd action qui va se dveloppant et se pr cisant au milieu des agitations humaines, travers les vicissitudes des vnements el nonobstant les cimes contraires des volonts libres. Mthode synthtique cl plus philosophique. Ici. en effet, pour discriminer la prophtie des sim pies conjectures, intervient le principe philosophique de finalit applique a l'ordre gnral impose par la Providence a la marche du monde. Cet ordre gnral relev de Dieu el non des hommes, loul d'abord dans la marche des vnements eux mmes qui aboutissent a ce nue Dieu av ail prvu, voulu el siuni lie aux limu nies par les prophtes, sans que cens ci aient pu. par leurs seules lumires et quelle qu'ail pu tre leur puis sauce d'intuition, prvoir ou pressentir un tel aboutis sment. Cet ordre gnral relve encore plus spciale menl de Dieu parce qu'il doit se raliser en maliens contingentes, dpendant des dterminai ions libres d'hommes, souvent peu disposes par eux -mmes chercher l' accomplissement des dcrets divins, comme par exemple la volont des bourreaux du Chrisl dans la crucifixion. Enfin et surtout, cet ordre gnral relve uniquement de Dieu en ce qu'il comporte la prvision de miracles dpendant de la seule volont- divine l'incarnation du Fils, sa rsurrection, la mission du Saint Esprit, la propagation admirable de l'glise, sa dure
,
:

indfectible ['ous ces mimiles ne sain mut fctre pies sentis d'un simple pressentiment humain. Sous cet aspect, la prophtie, considre comme

signe de l'action divine dans la marche du monde, doit tre dgage des lments accessoires qui pourraient l'obscurcir l'apologiste retiendra surtout les lignes gnrales qui en font ressortir la trame! le dveloppe:

ment aux

diffrentes poques sa ralisation


:

du monde en attendant

crit

tut

m prophtes
in

n'ont pas moins vu

le

mystre du
liant,

voit Bethlem, la phi-, petite aille de Judo, illus-

n iiss
il

nue.

et

en

mme

temps, lev plus


il

voit

une autre n

ilssance,

par laquelle

suri de toute ter-

>on l're (Midi., v, 2. L'autre voit la virgi'in

sein virginal, et

Emmanuel, un Dieu m>ec nous ils., vu, un enfant admirable qu'il

il.,

Celui-ci le voit entrer dans ni, li; cet autre le voit glorieux dans son Uun-

fcriiu.

ou

la

mort

a t vaincue
lls

Is.,

XI, 10; LUI, 9).


s, -s

ne taisent pas
le

lu Pool vu

tu, ils

mit su

nombre
et

et

En puopprobres. des imite l'emploi


i

ram
l'ont

ils

l'ont

vu grand

vu

/'<

Zach., XI, 12, 13). En n. 13), ils item (Is., hir nu milieu des hommes; bassesse que par sa un-- le douleurs
i

rsaiii

il

mconnu; dfigur par


:irne

un

eri-

minel: nv

\s,

et

s>

lieront,

comme un agneau
longue po

innocent, paisiblement <i la mort: une de lui iibid., un par ce moyen, etla
i

ir s.

m
.

peuple incrdule. Min que rien ils ont innes in<loins de s'aveugler,
<

il

l'hisinin

i\

rtdre

Nous retenons, comme rsolvant bien des difficults, l'opportune distinction, mise en relief par M. Touzard, ent re les lments essentiels et les lments accessoires des prdictions. L'argument prophtique, dans la Repue pratique d'apoles hommes de logtique, i. vu, p. 92. Sur les premiers, Dieu insistent ds le dbut; ils reviennent et renchrissent a qui mieux mieux, fournissant les uns aprs les autres leur apport de progrs el de dveloppement, tout en sauverai dani une parfaite continuit de direction i. Parmi ces prdictions essentielles, il faut nommer celle du replie universel de Jahv dans la religion, la justice et la paix; celle du jugement qui devait prludera l'inauguration de ce rgne; celle du royaume qui devait grouper tous les individus de tous les temps et de tous les lieux, en qui et par qui s'tablirait le rgne de Dieu; celle du roi messianique, futur reprsentant de .lalive, a la tte de la nouvelle socit, appel a ce litre a prsidera son Inauguration et son dveloppement, et, pour tre digne de celte mission, revit u par une in 11 ne ne les spciale de l'Esprit de Dieu, de toutes les vertus morales et religieuses qui doivent fleurir dans le royaume. Telle encore l'annonce de la continuit qui doit rgner entre les diverses interventions de Dieu dans le monde, son intervention dans le royaume d'Isral et de Juda, sua intervention dans le royaume messianique, continuit telle que le royaume futur aura des Juifs pourpremier noyau et point de dpart, que le futur roi sera de racedavidique. Les autres lments, tout en occupant une place importante dans les prdictions messianiques, n'occupeii pourtant, a raison de leur caractre mme, qu'un rallia daire, une pi ice accessoire. Ils constituent comme tes enveloppes, la gaine qui devait renfermer, entourer les les prsenter bous une forme acceplments essentiels,] table aux premiers destinataires des prophties; mais leur dl de se rompre, de se dchirer et finalement de dis'( le jour ou le liuil en serait venu a sa pleine ni du il le savant auteur mentionne, comme exemples rite. tout ce qui tend a resl reindi e le
I I

731
royaume de Dieu au

PROPH
:

l'.l E.

CONST

\T

Tl

<

>

voir terrestre d'Isral

reconstitution du pouprolll d'Isral tail prpara autrement pie

comme

toire aux vnements futurs, conqutes terrestres d'I extension terrestre 'le- ni domination, prosprit physique, \r .h .1 , Chrisi i. \ m, col. etc.
. i
.

Les efforts de la critique rationaliste portenl suite point prcis !i\ aurait aucune intervention il (Usine dans la marche religieuse de l'humanit, qui tout entire s'expliquerait par les lois de l'volution.
:

Le monothisme hbreu aurait ainsi naturellement succd au polythisme primitif. La supriorit du monothisme sur les religions polythistes environnantes aurait persuad les lbreux de leurpropre supriorit et fait natre en leur esprit la persuasion de leur lui un grandeur. Une re de gloire et de dominai ion universelle leur tait rserve, et ainsi apparut naturellement l'esprance messianique. Renan ajoute. Vie de Jsus, p. 1, que l'esprance messianique a cr d'une certaine faon le Messie. L'ardente imagination des Juifs, l'attente universelle du Messie, avaient tellement, exalt les esprits qu' l'arrive de Jsus-Christ ses contemporains lui imposrent le nom et les attributs du Messie. Et Jsus lui-mme, inconsciemment, peu peu se persuada qu'il tait le Messie, et ses disciples n'eurent d'autre proccupation que de montrer qu'en lui les prophties messianiques taient accomi

srieux dont il faut tenir compte. Si. au contraire, le prophte prsent e tous lis aspects de la saintet, on peut tre certain que le mensonge tout au moins n'existe pas. Si plus tard la prophtie se ralise, on peut conjecturer avec une certitude morale qu'elle venait de Dieu. Cf. II Petr., il, 1-3. 2 Constatation du fait de la ralisation. Cette constatation comporte deux lments vrification du l'ait matriel ralisant la prophtie: dmonstration d rapport rel existant entre la prophtie et sa ralisa
:

tion.

En principe,
ment

!.

Vrification

du

fait matriel ralisant la prophtie,

devrait tre extrm simple. D'un ct, en ellet, la prophtie; d l'autre, sa ralisation concordance de l'annonce et di la ralisation. Pour certaines prophties, il en est ainsi comme Jsus avait prdit Pierre son prochain reniement, ainsi en fut-il dans la ralit. Mais il arrive frquemment que cet acte de la vrification ne soit pas aussi simple. H est en effet dans l'ordre que la vision des vnements futurs reste plus ou moins confuse, soit parce que l'avenir, surtout quand il est transcen dant, dborde trop les notions et les cadres dont dis
ecl te vrification
:

plies.

telle conception est en opposition avec toutes donnes de l'histoire. Nous ne faisons que la signaler ici la rfuter serait reprendre toute l'histoire du monothisme juif, des prophties messianiques, de la manifestation messianique et divine de Jsus-Christ. Voir Juif (Peuple), du Dict. apolog., t. n, col. 1566 sq., la premire partie montrant que le monothisme juif est un l'ait primitif, unique dans l'histoire des religions, et ne trouvant pas son explication dans les conditions naturelles du peuple juif; la seconde partie marquant l'origine divine de l'esprance messianique, laquelle accentue la transcendance du monothisme juif et trouve sa ralisation en la personne et dans l'uvre de Jsus-Christ. Voir aussi dans le prsent dictionnaire l'art. Jsus-Christ, t. vm, col. 1110-

Une

les

pose le prophte, soit parce que celui-ci, en consquence, y mle ncessairement une part de ses images et de ses conceptions. L'action divine ne change pas, sur ce point, les conditions de la nature humaine. Aussi, loin de relever du seul empirisme, la vrification d'une annonce prophtique demande-t-elle le plus sou vent l'interprtation pralable de la prophtie elle mme pour y distinguer le fond substantiel de son revtement imaginatif. Moyennant cet esprit de finesse, qui s'efforce de restituer les proportions et les nuances, il n'est pas impossible, au moins dans certains cas, de mettre en suffisante vidence, force de rapprochements, la continuit essentielle de la promesse la ralit. J. Rivire, art. Prophtie, dans le Dict. prat. des connaissances religieuses, t. v, col. 841. Ces remarques trouvent frquemment leur application. On en notera deux particulirement frappantes. La premire concerne la ralisation des prophties

1123, 1137-1138. La mthode de disb) Discrimination indirecte. crimination indirecte s'emploie surtout pour dcouvrir les fausses prophties. C'est exactement le mme procd qu' l'gard des miracles d'ordre infrieur. Voir l'art. Miracle, t. x, col. 1843 sq. Certaines prdic-

dans leurs dtails. Nous avons dit plus haut que la clart de la prophtie n'est pas toujours telle pour le prophte qu'il en puisse distinguer, avec toute la nettet voulue, tous les lments.

De

l trs

souvent un

aux apparences prophtiques, peuvent avoir pour origine le dmon. C'est par l'ensemble des circonstances qui conditionnent ce prodige d'ordre intellectuel que l'on pourra discerner son origine relle, le classer comme surnaturel divin ou comme prternaturel diabolique. Notre mthode est indique par saint Thomas, Sum. theol., IIa -Il q. clxxii, a. 5, ad 3 La prophtie des dmons peut se distinguer de la prophtie divine par des signes extrieurs. Aussi, saint .ban Chrysostome affirme-t-il que certains prophtisent par l'esprit du dmon, tels les devins; mais on les distingue en ce que le dmon dit parfois des choses fausses, tandis que l'Esprit-Saint n'en dit jamais. On devra donc, en face d'une prophtie douteuse, se demander si elle se prsente entoure de circonstances favorables srieux, honntet, esprit religieux, ou si, au conl raire, elle respire l'impit, la vaine curiosit, le dessein de nuire aux mes. Il faut aussi considrer la personne qui prophtise. Sans doute, absolument parlant. Dieu peut choisir accidentellement un pcheur et s'en erv ir pour l'utilit des autres; cependant, d'une manire gnrale, ses prophtes sont des mes d'lite. En consquence, si l'indignit de sa vie n'est pas une prophte n'ait pas parl au preuve directe que le nom de Dieu, c'est cependant un lment de doute
tions,
,
: :

perspective qui fait projeter sur un plan prochain des vnements trs lointains. Il appartiendra donc l'apologiste de faire le dgagement que n'a pu faire le prophte lui-mme, afin de restituer la prophtie sa perspective exacte et d'en fournir la vritable interprtation. La seconde concerne la ralisation des prophties messianiques prises dans leur ensemble et manifestant l'action divine sur la marche religieuse de l'humanit. Nous avons dit plus haut. col. 730. que ces prophties comportaient deux sortes d'lments, les uns essentiels, les autres secondaires, ceux-ci n'tant que le revtement donn ceux-l pour les rendre acceptables aux premiers destinataires. Il sera donc indispensable l'apologiste de rendre la prophtie sa physionomie vritable pour qu'il puisse ensuite en faire constater la ralisation. De plus, sur ce premier point de la vrification du fait matriel ralisant la prophtie, il faut, pour prvenir certaines objections, noter que la prophtie conditionnelle ne se ralise pas ncessairement, tout en tant en soi une vritable prophtie. Voir ci-dessus,

manque de

Thomas. Conl. gentes, 1. III. c r.i.v. Certains rationalistes, notamment Kuenen, n'admettent pas de prophtie conditionnelle, moins que la condition n'ait t expressment formule par le prophte, ce qui leur permet de trouver un certain nombre <K- prophtes en dfaut. Mais d'autres, Kautzsch par
col. 720. Cf. saint

I"

lni'll
<i
1

II

CO NSTATATION
l*es choses semblables, annonces comme telles, [r I. quenunenl ou toujours, ne sauraient tre ralises pai le
<l ois lis dltlrentes prophties de r Vncli tament. Us m, mes vnements snni toujours annoncs, lemetii ce qui concerne la personne el les oeuvres <l Messie. De telles prophties ne peuvent donc tre ralises par le has ird. iiun. il esi Impossible de taire de la rell Ion chrtienne le rsultai d'un hasard el d'en exclure l'Inten lion du me. Or, toute la religion ludalque esl pour ainsi due une prophtie dont l'accomplissement esi la rel chrtienne, n tel accomplissement n'esl pas l'oeuvre ihi hasard. Gan Dt reoelalione, t. il, p. 129-130.

pie,

comprennent

itt

bien

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prdiction

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sti.i vol.,

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tonnes catgoriques, itionnel >. Hastlngs,


["outefols,

luis ird,

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les

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proplu tiescoiuin n itoires peuvent, en raison tances nui les entourent, c' re discernes des turcs humaines et, prcisment p disent pas dans telles conjonctures pr levenir un argument apologtique.
.

|i

V
Il

ffl

s'agit lie

dmontrer que

ilisation de la prophtie n'est pas l'effet lu hasard ou d'une causalit naturelle entrevue conjecturalemais qu'elle dpend uniquement de la prescience cl de la volont divines (sans exclure d'ailleurs le jeu el des causes secondes, mme libres}. dmonstration, ici, est conduite par voie d'exclu ni le li. isard ni la prvision conjecturale des rap.

En bref, l o apparaissent un ordre, une coordina tion s'imposanl aux causes secondes pour aboutir la ralisation d'un vnement prdit, le hasard n'esl pas une explication. Au principe de cel ordre el rie celle
rouver la cause premire de loul Dieu. b) La prvision conjecturale des rapports naturels de causes effets ne saurait expliquer la ralisation des /*/" phtics. La dmonstration de cette vrit s'appuie sur les mmes principes que la rfutation le la thse du hasard. A un ordre manifeste dans l'agencement des causes et des effets pour produire un effet naturelle ment imprvisible correspond connue seule raison suf lisante la direction transcendante impose pur la volont divine, claire par la prescience. Pour COU natre et prdire infailliblement les vnements, rsul tats derniers de cet agencement des causes (donl plusieurs sont libres) el des effets, la simple prvision humaine conjecturale ne sullil pas; il l'an! une communication de la prescience divine.
i-oordin.it ion doit se
I

ordre.

naturels de causes elets n'expliquent la ralisavnement annonc; donc, la seule explica-

tion possible reste l'influence de la prescience et de la volont divines. ne saurait donner une explication rationnette

de l'accomplissement des prophties,

mmo

s'il

iniquement d'un dtail particulier. Si. avec as thologiens on invoque ici le calcul des probabilits, la probabilit en (aveur de l'accomplissement d'une prophtie devient pratiquement nulle. Cf. Chr. Prxlectionrs dogmatiew, t. i, n. 211. Mais cet i,

mcanique du calcul des probabilits, tout en exprimant une part de vrit, ne rpond pas absolument aux conditions du problme. Il s'agit, en effet,
:

its

dont

la

ralisation

dpend d'une

srie

[ue nul, sinon Dieu, ne peut prvoir, 'ncement des cuises leurs effets que prsuppose tion de l'vnement prdit ne saurait tre

l'ordl
se

hasard; il faut en venir l'intervention unique, transcendante, imprimant s leurs effets la direction voulue pour tel vnement dtermin.
i

Quatre considrations [ont valoir la force de ce argument l'ordre du monde ne peut provenir d'une 1. Comme ncessit aveugle, parce qu'ainsi le plus parfait sortirait du niions parlait, le plus du moins, l'intelligible du nnn-iiilclligible; ainsi l'ordre des prophties et leur accomplissement ne peuvent provenir d'une ncessit naturelle sans lu
i
:

oir.iit

ents principes qui montrent que l'ordre du tre le resuit it du li.is ml mollirent cgalcqui existe entre l'accomplissement d'une r. dis ition fortuite d'une conjecI

De multiples

sullisaiite.

mses ne peuvent concourir fortuitement dtermine autrement, cette imite r. dans l'accomplissement de le multiples causes concourent pour lisent dtermin et prdit, lix'emple
!
:

<

direction suprieure de la divine Providence. 2. De plus, sous cette direction divine, l'ordre des prophties et de leur accomplissement n'est pas encore naturel; car les vnements annoncs ne sont pas des effets naturels el ncessaires, dtermines dj dans leurs causes naturelles; ce sont des vnements futurs contingents et libres, dpen liant frquemment de la libert de plusieurs individus qui n'entendent pas accomplir une prophtie, comme il apparat dans la crucifixion du Christ. 3. Bien plus, le tutur contingent annonce est souvent un telles l'incarnation miracle dpendant de la libert divine du Fils, sa rsurrection, la mission de l'Esprit-Saint, la pro:

on

cl

s, rsurrection,
:

en indi-

qu mt

les

princip des circonstances


et le l'ils le
i\

l'homme
Is,

Voil que nous monsera livre aux princes


i

anciens;
et

ils le

condamneront
et, le
il

ils

l'insulteront, cra-

. lieront
I

et le
.;
;

tueront:
il.
I

ire. \.

mme,
de
I

troisime prdit le
les les

ibilit
i>
t

l'glise,

ilem.
s

proannonc diverses vertus


><
(

mme,

aux faits de

vie.

peuvent provenir fortuitement


i

et essentiellement consimple promesse du Rdemp-

pagation admirable de l'glise et sa dure indfectible. or, le miracle, parce qu'il dpend immdiatement de la libert divine, ne peut provenir ni du hasard ni de la nces siie naturelle, et la Providence, qui s'tend non seulement a la substance du miracle, mais ses circonstances, ne peut r mi miracle qui viendrait accidentellement en confirmation d'une fausse prophtie, puisque Invinciblement cette prophtie srail admise comme vraie et que h s hommes seraient par Dieu lui-mme incits a l'erreur. i. Enfin..., l'esprance messianique n'est pas apparue naturellement eue/ les .luifs; bien plus, frquemment les .luils refusaient har crance ans prophtes et [es tuaient \m.. vu; Os.. i\, 5-14; [s., x x \ ni. 7-13; Midi., m, .1er.. xi\, x\, l>; KXVI-XXIX. .t il n'est pas vrai comme l'insinue lien. ou nue les aptres el les vanglistes se
I

nom

ire

lellement

et

par-

soient efforcs d
ju_'s.

les

rails historiques

leurs pr

ih s

prop

retienne ...
re

lue

foi tuite;

voulant a tout prix montrer les prophties accomplies d m s ii vie de Jsus-Christ. Cet accomplissement des prophties anciennes est, en effet, une vrit historique, attest) non seul. -m ut par h i es, m lis encore par d'autres
uns.

(ortlliteulent
i

Quant aux aptres, pendant

la

passion
.

et

la

cru-

d'innomconlllll's

-ir"\ ienl la

cifixion du Sauveur, ils ne comprenaient pas encore que tout arrivait afin qui s'accompitl l'criture et, le trol sniue ii.ui. ils s, refusaient ii rsurrection, Garcroire
i

que, pui-

;i

On
i

l'a

icu.

constat plusieurs des arguments ni iiisi plus haut pour discriminer la

7:;

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E.

VA

LEUR
produit
cit,

l'Hun
i
i

NT

736
J. Rivire, art.

prophtie de

]<
1

conjecture.

M:iis

avaienl

lans

un ordre plus lev.

galement leur place Ici. Enfin, sans tomber dans un cercle v icieux, on doit priori supposer que la rali >a tion d'une prdiction manifestant, par sa finalit mme el parles circonstances qui la conditionnent, un lien Intime avec la religion el le salul des runes ne saurait tre relie l'intelligence lu prophte par un simple lien de conjecture. Une garantie divine est ncessaire l o le si^ne apparat comme un tmoignage divin en laveur de la vrit.
IV.

col.

842.

l'intelligence de Ions'/
col.

Comment l'argument prophtique s'adapte-t-il a Nous avons constat plus haut,

72 l, <|u'' l'apologiste pouvait employer deux procds pour tain- \ aloir l'argument prophl ique, 1. Il peul le considrer, au sens le plus strict du mot prophtie, comme manifestant un miracle de presci snce. C'est l'apologtique parle dtait des prophties.

I" Doctrine de l'glise. i>houa\ii:. Nous avons vu plus haut que le concile du Vatican, couronnant toute la tradition le l'glise sur l'emploi de la prophtie comme argument en faveur le la vrit rvle, place les prophties sur le mme plan que les miracles, el qu'il les appelle les arguments extrieurs de la rvlation , les faits divins..., qui, parce qu'ils

Valeur

une argumentaC'est la. dit encore J. Rivire, ibid., tion d'architecture simple, de forme prcise et de rsultat premptoire Sans doute, la rigueur dialectique de l'argument a pour contre-partie la difficult de son tablissement; aussi, l'apologiste ne pourra-t-il mettre ici en avant que des textes d'authenticit certaine et de signification bien dfinie, ce qui oblige une exgse pralable toujours longue et parfois dlicate . Mais enfin c'est l'apologiste de faire ce travail difficile et pralable une fois en possession des lments certains de son argumentation, il n'a plus qu' proposer ses auditeurs ou lecteurs sa dmonstration, qui sera ainsi merveilleusement adapte l'intelligence de tous. Qu'on ne dise pas que cette preuve, s'attachant aux concidences de dtail, perd en importance ce qu'elle gagne en prcision. Un dtail, s'il manifeste une intervention miraculeuse de Dieu, prend la proportion d'un
.

manifestent excellemment la toute-puissance divine et sa science infinie, sont des signes 1res certains et appropris l'intelligence de tous . Voir col. 7i:i. L'expos que l'on a fait plus haut de la nature de la prophtie montre le bien-fond de cette doctrine. 1. La prophtie est un fait divin, connu comme tel par les hommes, dans lequel, par consquent, Dieu engage son autorit. C'est un l'ait d'ordre intellectuel, manifestation d'une vrit connue de Dieu seul. C'est une manifestation divine et prternaturelle, par voie de rvlation. C'est une manifestation sensible, c'est-dire extrieure, de manire pouvoir devenir pour tous une preuve de la divinit du christianisme. 2. Les prophties sont, comme les miracles, des arguments de la rvlation, dont elles sont, parce qu'elles manifestent la toute-puissance divine et sa science infinie, des signes trs certains. o La preuve de la rvlation par l'annonce prophtique de l'avenir n'est (donc) pas moins certaine que la preuve par les miracles de l'ordre physique. J.-A. Vacant, tudes thologiques sur les constitutions du
concile
3.

vnement considrable. De nos jours, on a peut-tre un peu trop sous-estim


l'argument prophtique des dtails. Pourtant, l'expos des dtails, dont la ralisation s'est faite en JsusChrist, est la thse classique et traditionnelle, celle
tales,

qu'on retrouve dans toutes les thologies fondamencelle qu'a esquisse saint Thomas d'Aquin, Sum. theol., II a -II1E , q. clxxiv, a. 6, et utilise
Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, loc. cit., et lvations sur les mystres, x e semaine, lvations sur les prophties. Ainsi que l'a fort justement rappel le R. P. Lagrange, Revue biblique, 1917, p. 594, la mthode des grandes lignes ne doit pas faire oublier celle des prcisions dtailles . 2. Mais l'apologiste peut considrer l'argument prophtique dans l'ensemble des prophties. Voir col. 730. Moins rigoureuse en apparence, la mthode qui consiste chercher l'argument prophtique dans les intuitions et anticipations du plan divin, fussent-elles [es plus confuses, ne demande au point de dpart que des donnes plus gnrales, faciles mettre en uvre. A dfaut de preuve gomtrique, elle est susceptible de fournir un ensemble d'indices plus tnus, mais capables de faire ressortir par leur convergence un de ces cas de finalit historique o se rvle la main de la Providence. Toutes suggestions qui sont appeles a convaincre l'esprit, sans perdre ce caractre religieux dont la dmonstration chrtienne ne saurait jamais se dpartir. J. Rivire, art. cit, col. 843. C'est sous cette forme que M. Touzard a prsent I' argument gnral de la prparation messianique . Comment utiliser l'argument prophtique? Paris, 1911, collection Science et religion, p. 36 sq. Voir galement le P. Lagrange, Pascal et les prophties messianiques, dans la Revue biblique. 1906, p. 553, et surtout Le messianisme chez les Juifs. Paris, 1907, p. 258 sq. D'ailleurs, une mthode n'est pas exclusive de l'autre, et c'est prcisment le judicieux emploi les deux mthodes, en conformit des exigences pratiques du sujet, qui parvient dissiper toutes obscurits et a accommoder parfaitement l'argument prophtique

du Vatican, t. n, n. 586. Enfin, le concile dclare que l'argument tir des prophties doit tre rang parmi les arguments
inlelligentiie

omnium

Thoriquement,

la

accommodala. chose est indubitable. Tous

les

hommes, mme

d'intelligence trs moyenne, comprendront facilement que leurs libres dterminations ne sauraient tre connues d'avance par aucun moyen naturel et qu'en consquence Dieu seul peut les prvoir. Il leur est en outre facile de constater l'existence d'une prophtie vritable il suffit pour cela, comme on l'a montr plus haut, de constater deux faits d'une part, la prdiction d'un vnement futur, imprvisible
:

naturellement,
la ralisation

et faite

plus ou moins longtemps avant

de cet vnement; d'autre part, cette ralisation mme, survenue de la faon dont elle avait t annonce d'avance. Pratiquement, l'argument prophtique peut parfois
prsenter, pour certaines intelligences, des difficults inhrentes la manire dont il est expos. Mais ces difficults ne sont pas telles qu'elles puissent en aucune faon infirmer la vrit de l'assertion du concile. Quoi qu'il en soit, si l'on compare, l'argument prophtique celui du miracle, il prsente tout d'abord une double infriorit. Par rapport au miracle, la prophtie est manifestement de caractre moins sensible et, par suite, d'efficacit moins saisissante. De ce chef,

l'argument du miracle est la preuve populaire par excellence, tandis que l'argument prophtique convient surtout aux esprits cultives. En second lieu, par sa nature mme, la valeur de la prophl ie reste suspendue jusqu'au moment de sa ralisation. Mais, d'un point de \ ne plus gnral, ces deux inconvnients se tournent en avantage la prophl ie fournit une preuve d'autant plus profonde et durable que l'intervention divine se
:

Nous avons nous-mme tent une esquisse de l'emploi des deux mthodes conjugues dans l'art. Jsus-Christ, t. vint, col. 1112-112 3. Remarquons pour terminer que l'argument prol'intelligence de tous.
1

phtique accommod l'intelligence de tous ne prtend pas s'appuyer surtoute prophtie indistinctement.

l'

il

or

il i.

ii

PROPRE CUR
d'aucun

:;s

Il est Irop vident que, lorsque l'obscurit d'une prophtie prsuppose elle mme une mise au point pralable du sens el de la porte de la prophtie, cette mise .m point est ncessaire m l'on veul construire un argument valable, ('.'est le cas des prophties qui manquent de la perspective ncessaire pour que leur objet appaclairement dtermin. Dans ce cas spcial, il semble bien que l'argument tir <le l'ensemble des pro phties puisse apporter une aide srieuse aux arguments tues .1rs dtails obscurs.

au point 'argument prophtique peut tre envisag c'est a ce point de \ ue que de vue strictement doctrinal. l'on sYst presque exclusivement plac dans cet article. <>n pourra consulter, h cet gard. Vacant, / tudes thologiques ititulions du concile du t'alican, t. u, art. 101, ^. 87; saint rhomns, Srnn. theol.. Il '11 q, eiwi.i\\i\; De verHate, q. xn; Suarez, De fid, dlsp. VIII,
I
:

-,

looke, Tracl. de vera religione, diss. 1 1, dans Mune. i.iiji.r. t. u; 1. Ottiger. s. J., rheologia lundulis. t. i. Fribourg-een-B., 1897, 22-24; IL Garrigoulir. Pesch, elatione, t. u. Paris, loi S. e. \\ imaticiv, t. i. l'rihourg-en-B., 1915, n. 209Monsabr, Introduction au dogme catholique, t. il, De partition rationnelle de l'acte de /"i pur l'examen d' s ;ro|)hf(ir x; t.. de lirandmaison, Jsus-Chrisl, Paris, 1928,
l
;

vue historique, critique et exgtique. On du problme que d'une faon extrmement sommaire et par .le simples indications gnrales. Pour tudiera lond le problme historique du prophtisme et les prophties, il faudrait se rfrer aux commentaires publis
vu point
<lr

spect

sur les livres des prophtes. Les indications gnrales sont lent indiques par !< P. C.ondamin, M. Touzard, le
.

dans

les

PROPRE CUR.
destinit avant
747).
le

tudes indiques au cours de l'article. A. Michel. 1. Gnralits. II. La clan(.ode (col. 738). III. Le droit du

tmoin et ne pouvait tre juridiquement prouxe. tantt celui qui n'avait pas t clbre devant l'glise, a fade EcclesiSt, ordinairement sans l'assis lance de tmoins et sans la bndiction du pi l rc. A ces deux espces de clandestinit vini s'en ajouter une troisime lorsque le IV concile du I.alran (1215) eul exig que tout mariage fut prcd de la publication des bans; le mariage tait clandestin si cette formalit avait t omise. Jusque la. les solennits requises n'ciaieut qu'une forme accidentelle n'intressanl pas la validit du contrai. Ce tut le concile de Trente, dont le dcret ramelsi exigeait comme forme substantielle rois tmoins, la prsence' du propre cure el de <\vu\ ou qui cra une quatrime espce de clandesl inilc. la quelle avait pour clcl de rendre le mariage nul. C'esl la clandestinit proprement dite, A noter que la clandestinit ne nuisait pas a la validit des mariages contractes dans les pays o le dcret Tametsi n'avait pas t promulgu. Pour ces diverses raisons, on ne saurait donc identifier toujours mariages clandesl ins et mariages nuls, clandestin n'est pas davantage synonyme de secret, car des mariages onl pu cire clbres jadis dans la forme du concile de Trente et peuvent l'tre encore aujourd'hui selon toutes les prescriptions du Code sans tre nanmoins publies ni inscrits dans les registres habituels de l'glise; c'est le cas des mariages de conscience (can. 1104 107), que l'vquc peut autoriser pour des raisons 1res graves et trs urgentes. Ajoutons qu'aujourd'hui le Code ne parle plus de clandestinit (le mot se trouve cependant dans l'index analytique, avec- un renvoi matrimonium), mais de /urine de clbration du mariage, laquelle forme es! impose a toute l'glise latine, ainsi que nous
I

l'expliquerons,

I. GNRAUTi s. La question du propre cur en matire matrimoniale n'est pas sparable de celle de la ifinin ou de la (orme du mariage. 1 De lu solennit du mariage. De droit naturel, le mariage consiste essentiellement dans l'change du mutuel consentement que se donnent, en vue de la vie conjugale, deux personnes habiles contracter; aucune formalit ou solennit extrieure n'tant requise, il est hors de doute, que le contrai matrimonial est valide mme s'il est conclu sans la prsence de lins. Cf. l'art. Mamage, t. x. col. 2044 sq. Mais, e que le bien commun est intress la publicit ti s de contrats, le droit positif est intervenu pour dterminer certaines solennits dont il a rendu

:i" Du propre cure. L'appellation de propre cure' relativement au mariage est encore un legs du concile de Trente. Afin de remdier aux graves inconvnients qui rsultaient cls mariages purement clandestins, il fut s( alu que dsonnais les unions, pour tre valides, devraient tre contractes en prsence du cur et de deux ou trois tmoins, ("est ce prtre que la jurisprudence subsquente a qualifi de i>roj>rc cur, parce qu'il tait le cur du domicile ou quasi-domicile des contrac-

tants.

L'expression mme n'a t retenue par le dcret Ne temerc (1907), art. Kl, el par le Code, can. 1097, S 3, qu'une fois en passant et pour exprimer une disposition qui n'intresse que la licit.
II.

Lv clandestinit avant le Code.

Le droit

de l'glise

l'usa.
a

il ces solennits, (elles que les Imposes le droit ecclsiastique, qui ont reu le nom du mariai; tte forme prsente un double aspect juridique, en concerne le mariage envisag comme Ile liturgique, qui regarde le mariage comme une un sacrement. La forme juridique, au moins depuis le concile de Trente, se divise en substantielle. dont l'observation est requise pour la validit, et lentelle. qui n'intresse que la licit, par exemple la proclamation des Pans. La forme liturgique, si on la comme spare de la forme juridique, n'a qu'u identel, par exemple la bndiction le aprs l'change des consentements. En gnral, on donne le nom os- en \ iolation d'une loi qui une publicit ou solennit. S'agissant du ment l'omission de Mais ette forme ayant terme clandestinit a revt u is. iiaiis l'antiquit <-t jusqu'au
:
'

concernant la forme de clbration du mariage a franchi une triple tape avant d'arriver aux dispositions contenues dans le Code actuel. La premire priode, d'allure assez, incert aine, v a des origines au concile de Trente, Les prescriptions du chapitre ou dcret Tametsi marquent la seconde et restent la loi gnrale jusqu'au dbut du ,w sicle. Le dcret Ne temere du 2 aot 1907, promulgu par Pie X, instaure une nouvelle discipline, qui prlude celle du (aide cl demeure jusqu' la mise en vigueur de celui-ci, le
19

mai 1918.
I

qui
DICT.
I>r.

contract

s.,iis

indestin tantt celui solennit ni prsence

Des origines au concile de Trente. Thologiens et canonistes sont d'accord pour reconnat rc- l'glise, en ce qui concerne le mariage, le droit d'tablir, outre les conditions requises par le droil naturel, des solennits positives, soit comme forme accidentelle, afin de clou ner au contrat une- publicit qui en facilite la preuve, soil mme comme forme Substantielle et sous peine de nullit. Cf. YVernz v idal. I )e inatriin.. n. .'il Mais c'est une question dbattue entre historiens du droit de savoir si. en fait, l'glise a use- de ce droil durant les quin/c- premiers sicles. I. Coutumes en dehors du christianisme. Il esl bois de cloute- cpic-, chez la plupart des peuples, le mariage- a
.

THEOL. CA1 BOL.

T.

XIII

21.

739

PROPRE

(.1

R.

LE DROIT
roi. '(7.
Il

VI

l.

\
:

740

revtu un caractre public el sacr; souvent mme sa clbration a t accompagne de nies religieux. "/ ('.liez les Hbreux, les noces taient prcdes de tractations entre 1rs parents, d'accords au sujet del dot, de fianailles conclues du consentement de la jeune fille et rigoureusi int gardes; enfin, au jour fix avait lieu la conduite le ['pouse dans la maison de. l'poux. Ces divers actes s'accompagnaient de rites et

dit

ailleurs

Unde SUfficiamw ad rnarruni-

de prires, en souvenir de la bndiction donne par Dieu au premier couple humain. Gen., t, 28; cf.Tob., vi, 7. b) Des tractations et des crmonies analogues se retrouvent chez les Grecs et les anciens Germains. Cf. Wernz-Vidal, Jus canonieum,t.v, n. 525; rfrences, ibid., p. 618, note 1. c) Chez les Romains, la loi reconnaissait que le consentement mutuel suffit constituer le lien matrimonial. Cependant, le vieux droit patricien prvoyait pour les gens de cette classe une crmonie religieuse appele confarreatio : c'tait un sacrifice olert Jupiter en faisant usage d'un pain de farine d'peautre; cette offrande, qui avait pour but d'associer solennellement la femme au culte priv du mari, se faisait en prsence du grand pontife et de dix tmoins. G. May, lments de droit romain, n. 41, 8" d., p. 114. Pour les plbiens, la forme tait moins solennelle, mais les signes de consentement restaient habituellement accompagns de rites religieux. Cf. Rosset, De sacrumento matrimonii, t. v, n. 2849, et Wernz- Vidal, Jus canonicum, t. v, n. 525. 2. Attitude de l'glise. La place prpondrante donne au consentement dans le droit romain se concilia facilement, dans le droit de l'glise, avec l'lvation du mariage la dignit de sacrement. En sanctifiant le contrat, le Christ n'avait impos aucune forme solennelle pour sa validit. Il semble bien tabli de nos jours, en dpit des hsitations et des rserves des Pres du concile de Trente (cf. Pallavicini, Hist. conc. Tridentini, 1. XXII, c. iv), que l'glise n'a pas, avant le xvi e sicle, prescrit de solennits substantielles accomplir sous peine de nullit du mariage. Toutefois, ds la plus haute antiquit, elle blma et prohiba les mariages clandestins cause des abus trs graves auxquels ils pouvaient donner lieu, du fait de la malice des hommes. Concile de Trente, sess. xxiv, c. i, De rf. matrim. Tout d'abord, elle accepta ou laissa

subsister les diverses formalits extrieures introduites

par les lois civiles ou la coutume, telles que la demande en mariage de la fiance ses parents ou tuteurs, le consentement accord par ceux-ci, la dotation pour cause de mariage, la tradition ou conduite de l'pouse la maison de l'poux, l'imposition du voile ou de la bandelette (vitta rosea) qui joint les fronts des poux, la remise de l'anneau, de pices d'argent, etc. Cf. Esmein, Le mariage en droit canonique, spcialement t. i, p. 153163, 196-198; t. il, p. 163-170. Des documents anciens nous apprennent que, ds l'origine, l'glise s'ingnia donner aux unions entre fidles une certaine publicit et que, de bonne heure, ses ministres intervinrent pour assister ces mariages ou les bnir de quelque manire. Sans faire tat d'une lettre apocryphe attribue par pseudo- Isidore au pape variste (96), et insre dans le Dcret de Gratien, caus. XXX, q. v, c. 1, ni de la lgende du brviaire romain (26 oct.), qui lui attribue un dcret imposant la clbration publique du mariage avec bndiction du prtre, on peut citer le tmoignage de saint Ignace, martyr IIps7m toi ytxu,oa(. X<xl -rat Y a jL0U jL svai. [lezi 7vw(i.y] to 7riaxr:ou ttjv
:

Evcoaiv TroteaOxi,
col.

(.'va

y&\io

fj

xar

K'jpiov xoel
v, P. G.,
:

u.r)

xoct' STtiOupiav. Epist.

ad Polycarpum,

c.

t.

v,

723. Tertullicn affirme de son ct

Apud

nos

quoque con.junction.es, id est non prias apud Ecclcsiam professe, juxta mchiam et fornicationem
occulte

judicari periclitantur.

Dr

pudicitia,

c.

iv,

P. L.,

t.

n,

quod Ecclesia conciliai confirmt oblatio, <> obsignat benediclio, angeli renun liant. Pater rato habet. Ad uxorem, I. Il, c. ix. /'. /. n, roi. :;ii_!. )n sait le reproche, qu' tort ou a raiso Hlppolyte lait au pape (.aliste d'avoir autoris dan certains cas des mariages clandestins entre de jeunes patriciennes et des hommes de basse extraction. Si injuste que soit le grief, il montre (pie l'opinion ehr tienne considrait avec dfaveur de telles unions. Voit Philosoph., 1. IX, c. xn, 24, d. Wendland, p. 250. Saint Ambroise donne comme une rgle tablie de son temps Ipsum conjugium velamine sacerdotali el benedictione sanctificari... Epist., xix. Ad VigiL, 7, /'. /.., t. xvr, col. 981. Malgr leur caractre apocryphe, les canons dits ;s arabes attribus au concile de Xice, ainsi que le 13 e canon des Statutie Ecclesite anliqua, faussement attribus un certain concile de Cartilage (398), res tent des tmoins de la pratique de l'glise vers la fi du v e sicle (cf. Hefele-Leclercq, Hist. des conciles, t. I G. Morin. dans Rev. bndictine, t. xxx, p. 511 sq. 1913, p. 334-312); ils nous montrent les poux se pri sentant devant le prtre l'glise et recevant de lui la bndiction. Cf. Gratien, caus. XXVII, q. n, c. 50; caus. XXX. q. v, c. 4. Souvent aussi, la clbration du mariage tait accompagne par l'offrande du saint sacrifice de la messe qui se substituait ainsi aux sacrifices offerts par les paens aux fausses divinits. Mais toutes ces formalits, tous ces rites, n'taient pas regards comme essentiels, et le mariage clandestin, c'est--dire conclu sans leur observation, n'tait pas considr comme nul, quoique gravement illicite. 3. Discipline ultrieure en Orient. En Orient, on constate une rprobation semblable des mariages clandestins de la part des conciles et des Pres. Cf. Canons dits de Laodice, 1. Bientt, les lois impriales viennent confirmer les rglements de l'glise. Justinien exige que les futurs poux se prsentent l'glise, devant le prtre ou l'vque, qui, en prsence de trois ou quatre clercs, rdigera un acte en forme, dat et revtu de la signature des contractants et des tmoins. Xovelle 74, c. iv Illud; cf. novelles 22 et 117. A cette publicit on ajouta, partir du ix e sicle, la pratique de la bndiction et du couronnement des poux par le prtre, parfois avec menace de peines l'gard des contrevenants. Mais jusque-l nul n'avait fait dpendre de cette publicit et de cette bndiction la validit du mariage. L'tape fut franchie en 893 par l'empereur Lon le Philosophe, qui dclara nuls et sans effet les mariages contracts sans la bndiction de l'glise. Pourtant ds sr.ii. dans sa rponse aux consultations des Bulgares. le pape Nicolas I er avait oppos la coutume occidentale celle de l'Orient et prcis que seul le consentement faisait le mariage, que rien ne saurait le remplacer et que toutes les crmonies que voulaient imposer les Grecs n'obligeaient pas sous peine de pch. Gratien. caus. XXX, q. v, c. 3; Denz.-Banmv., n. 334. 4. Les coutumes germaniques et l'glise. Les Germains convertis au christianisme conservrent leurs anciennes coutumes relativement la clbration solennelle des mariages. Afin d'en sauvegarder le caractre public et sacr, les papes, spcialement Nicolas Ier leur recommandrent de conserver les solennits traditionnelles constitution de la dot, prsence des tmoins, sans oublier les rites sacrs, entre autres la bndiction par le prtre. Gratien. caus. XXXI, q. il, c. 4; cf. caus. XXVIII, q. i, c. 17; caus. XXX, q. v, c. 6. Mais, comme beaucoup des formalits en usage ne convenaient gure la saintet des glises, les Germains, habitus traiter leurs affaires en plein air, se mirent clbrer les mariages devant la porte de l'glise; c'est l que le
(elicitatem ejus matrimonii,
ut
i
.

dam

<

7'.

PR0PR1
ait les futurs

R.

D( Kl
2

TAME1

si
Tametsi
.

poux

et

leur donnait

-.1

Le propre cur du

dcret

i.

Tnconv

ensuite dans le lieu saint pour \ assiste,' .m saint sacrifice. Cette coutume, pasmce et ou Angleterre, \ demeura en us.i^c durant tout le Moyen Age et jusqu'au xvi sicle. C est contracter devant l'glise ou en ce qu'on appelait ncc de celle ci in elTort tente pour donner aux noces publicit et solennit ne dut pas aller sans rsistance, si l'on en juge s proscriptions lances contre les mariages clan is par les autorits civile et ecclsiastique. Des ulaircs de Lharleniagne ipar ex. cap. 3">, nu ment aux fiancs de venir dclarer leur projet au ni ci est tenu de faire une enqute avant de miiciii. o/>. cit.. t. i, p. 2 el der au mariage. >q. Plusieurs s> nodes ou conciles pro\ inciaux rap ainsi pellenl l'obligation de contracter publiquement ide de \ er (755) ut muncs homines lait i publicas ttun nobilcs quain iynobiles, can. 1">. Hefele-Leclercq, op. cit., t. m, p. 938. Les synodes le rrosiy, au diocse il>' Soissons (909), eau. 8, et de minster. 1173). can. Il, s'lvent pareillement contre les noces clandestines. Ibiti.. t. rv,
diction;
ils

entraient

la validit |usque l nients de Iti clandestinit. r.iiement reconnue aux mariages clandestins c< m] or Lut de graves Inconvnients elle rendait difficile la pleuve de ces sortes d'unions, donnant lieu a les con
:

dits entre le for Interne et le toi externe et A de m m breux abus que signale le concile de rente Mi.lh suni qui oagantur et tneertas habent st tirs, et, ut impn sunt ingenii, prima uxore relicta, aliam et plerumque plures illa vioente diversis in locis ducunt, sess. xxiv c. vu. De Lsincin. op. cit., t. u. p. LJ7 r</. mut ri m.: cl. ibid., c. sq. En envisageant les moyens de rforme de la discl pline matrimoniale, les Pres du concile durent d'abord constater (sance prparatoire du 20 juin. 1563) l'insuffisance OU l'inutilit des prohibitions el pnalits dictes par l'glise contre les mariages clandestins. Il fallait, de toute ncessit, en venir des mesures plus
I
:

radicales.

1060. Le pape Alexandre III alla juspeines pour frapper les contrevenants aux taient passibles d'une pnitence, et le pitre qui les avait unis en secret se voyait infliger une Mh de son office durant trois ans. Decr. Grey. IX. I. IV, tit. iv, l>>- liainl. dts p., in fine. Enfin, ds le dbut sicle, on voit s'tablir dans certains lieux du ne une lgislation particulire, la pratique de faire annoncer publiquement par le prtre la promesse de mariage des fiancs. n synode de Londres (Westminster), tenu en 1200, pose en rgle que le mariage sera ic trois /ois et qu'il sera clbr in /acte Ecclesi et ntt sacerdote, can. 11.1 lefele-Leclercq, op. cit.. t.v, rtes de denunciationes ou lians taient ians l'Kglise gallicane vers cette poque. L'est afin de lui ter plus bans. nt contre les abus des mariages secrets que <it III tit de ces proclamations une loi oncile du Latran en 1215. L)rrr.
25;
t.

v.

p.

r les

Aprs bien des dlibi ra Tametsi de nombreuses discussions (cf. Pallavicini, 1. c. i: I. XXII, c. rv, vin, ix: op. cit., surtout I. I, XXIII, c. v. ixi. on dcrta, ainsi que le dcinan daient les ambassadeurs du roi de France, que serait nul dsormais tout mariage qui n'aurait pas t a ntract tlims lu forme spciale (/ni tait dsormais <lr rigueur. Cette dclaration est contenue dans le chapitre de la xxiv session, lest clbre sous le nom de dcrel Tametsi,
'_'.

Le dcret
et

lions

En
Qui
de

voici

le

passage essentiel concernant

la

forme

xm

aliter

quam pbsi nte parocho,

vel alio sacerdote

i lisais parochi seu ordinarii licentia, et duobus vel reiBus jisinus matrimonium attentabunt ros sancta synodus ad sic contrahendum omnino inhabiles reddit, et

hujusmodi contraclus
ras

irritas et raillas esse decernit, irritas

pn

ni

annullat. Denz.Bannw., n. 992. La rdaction mime de ce texte se ressent des difficults et discussions doctrinales dont elle lut entoure. Le concile ne dit pas sont seuls valides les mariages conclus devanl le cur... il tafacit
et
: :

prsenti dcrte

IX.

I.

IV.

tit.

iv,

c.

3.

pratique s'introduisit

que

la lgislation n'tait

difficilement, peutpas assez prcise et

interprtation en tait incertaine. Le


s
;

nombre des
:

dtermin rigoureusement le pluriel indiquait pourtant qu'il en fallait au moins


lient

abandonns

a l'arbitraire

du

re.

D'autre part, on n'indiquait pas la ligne de ;r lorsque les fiancs appartenaient diffrentes ou lorsqu'un tranger arrive prsentait pour contracter onciles nul en rappelant la
i-

.tracter
-

mariage
:

in facie Ecclesi, fixent

publications
les

ordinairement trois, dimanches ou jouis de fte. lauts de Mavencc

irt.
1

Hefele-Leclercq. op. cil.," t. v, Certaines assembles diocsaines ou nt jusqu' prescrire une certaine forme Acluatlt les laques, surtout les femmes. er le lien. la pn sence du cur n nombre de tmoins: le 17 canon tenu Arand uiert on, la prsence de cinq lbr a la maison. Ibid.,
17.

Cf.

une sorte d'incapacit personnelle les contractants eos omnino inhabiles sancla sgnodus reddit. I) ajoute aussitt, mais comme par voie de consquence, que le contrat lui-mme est nul et sans valeur. En ralit, c'tait bien le contrat el non les personnes qui directement tait soumis la nouvelle forme, sous peine de nullit. Cf. Esmein, "/>. cit., t. tr, t. ix, col. 2236 sq. p. 155-163. Voir aussi l'art. Mariagi A la thorie du contrat matrimonial purement consensuel admise jusqu'alors dans l'glise, c'tait substituer la ncessit du contrat solennel. Les prescriptions du concile onl t substantiellement conser ves jusqu' nos jours; les modifications subies ne sonl qu'accidentelles la clandestinit ou dfaut de forme est devenue et demeure un empchement dirimant,* les vux qu'exprimrenl certains vques au concile du Vatican en laveur de l'abrogation pure et simple iU\ dcret de Trente ou du moins de son attnuation aux tins de rduire l'assistance du propre cur une simple question de licit. Ce lied. Lacin.,
blit, semble-t-il,
: .
:

">

IX sq.

t.

vin,
.'i.

p.

842.

LL

<:

noniste centimp., 1906,


<

p,

154 sq.

La prsence du propre cur. Le ur. / arochus, dont le dieu! Tametsi exige la prsence, est l'ecclsiastique plac a la tte d'une paroisse, soit a titre de soii comme dlgu de l'vque ou du propritaire titulaire. Cf. Sanchez, Dr main m.. I. III. disp. XXXI.
.

"n

s\ r

.,

chteau Gontier

lestins

ne sont pas toli.l. Ibid., t.\. prludaient en que levait apporter le

rite.

Mais il ne sullit pas d'un parochus quelconque; il faut le parvenus proprius des conjoints. Le dcrel de rente ne contient pas la mention expresse de l'adjectif propre, mais c'est le sens qui es donn par lin! ei pnlat ion commune, en confo . semble il, ce que le IV concile du Latran avait statu relativement a la confession el a la communion pascale dans le canon (jmnis utriusque Decr. Greg. ix, I. Y, tit. xxxvm, c. 12.
'l
|

743
La consquence
te par la doctrine
If

l'Roi'lt

I.

(.

'Il

LE

DEC RET TAME1


nombreuses

SI

cette prcision restrictive appoi


la

Jurisprudence lui d'attribuer une comptence en lusioe au cur lu domicile ou quasi domicile des conjoints. Lorsque ceux ci appartenaient des paroisses diffrentes, les deux curs taient lemenl comptents pour une assistance valide, le rouirai tant indivisible; pour la licit, la coutume
cl

parfois

la

loi

particulire

posaient

comme

rgle

du cur de l'pouse. Mais tout mariage conclu, mme par erreur, devant un autre prtre que le propre cui. tait, a moins d'autorisation
l'assistance habituelle

expresse de ce dernier, frapp de nullit. La comptence du propre cur tait personnelle, de tulle sorte ([u'il n'tait pas ncessaire que le mariage ft clbr sur sa paroisse; le cur de la fiance pouvait intervenir dans la paroisse du li inc, cl rciproquement; les deux curs pouvaient mme procder au mariage de leurs paroissiens hors du diocse et en Lotis lieux. Le cur conservait sa comptence matrimoniale, encore qu'il ft suspens, irrgalier, excommuni, interdit, non encore ordonn, putatif: bien plus, son assistance restait valide mme s'il tait contraint ou refusait positivement de la prter. S. C. Concile, 1" dc. 1598, 3 mars 1599, 31 juill. 1627, 29 mars 1653.
Cf. l'art.

Mariage,

t.

ix, col.

2248

sq.

L'Ordinaire tait assimil au cur pour le mariage de tous les diocsains; par Ordinaire, on entendait aussi le vicaire gnral, bien que la chose ne ft pas claire au dbut. S. C. Concile, 4 juill. 1602. A ct du tmoin qualifi, cur ou Ordinaire, tait requise la prsence d'au moins deux autres tmoins deux ou trois , dit
:

le texte.

Nous n'entrerons pas dans l'expos des controverses qui s'levrent propos du sens originel du mot
parochus dans le dcret de Trente. Fallait-il l'entendre seulement du propre cur? A vrai dire, si le mot proprius est absent du passage concernant la forme, il se trouve dans le contexte qui prcde et qui suit, propos des proclamations de bans. Quoi qu'il en soit, on interprta et on appliqua le dcret comme si le texte avait port les mots prsente proprio parocho. La discussion thorique se poursuivit et dura jusqu'au xxe sicle. On peut voir les arguments impressionnants de part et d'autre dans Le mariage et les fianailles, de Mgr Boudinhon, p. 23 sq., et le votum de Mgr Sili, Acla sanctse Sedis, t. XL, 1007, p. 533-541. Pour 4. La promulgation du dcret Tametsi . saisir toute l'tendue de la rforme introduite par le concile de Trente, il faut rappeler brivement la procdure de promulgation qui fut prescrite spcialement pour le chapitre Tametsi. a) En raison de sa nouveaut et de son importance, il tait ncessaire de porter la nouvelle lgislation d'une manire sre et efficace la connaissance des fidles. C'est pourquoi il fut dcid que les dispositions relatives la forme du mariage seraient publies en langue vulgaire dans chaque paroisse, puis inculques et rappeles plusieurs reprises, la loi ne devant entrer en vigueur qu'un mois aprs la premire promulgation. b) Une autre raison portait les Pres du Concile recourir ce procd exceptionnel, unique dans l'histoire du droit ecclsiastique. Ne voulant pas frapper de nullit les mariages des protestants et ne voulant pas d'autre part faire une place dans la loi ces fils rcemment rebelles, ils dcidrent que les solennits nouvelles seraient requises, peine de nullit, pour tous les baptiss, sans distinction de catholiques et d'hrtiques. La promulgation, devant se faire par paroisse, ne pouvait avoir lieu dans les contres entirement protestantes; pour les paroisses population mixte, les vques taient laisss juges de l'opportunit de la promulgation. c) De fait, le dcret ne fut pas publi en d'assez.

rgions. Toute la France le reut et y fut Soumise, sauf le territoire de Mont bliard, au diocse de Besanon, qui dpendait ries ducs de Wurtemberg et tait pass au protestantisme. Ailleurs, il (allait faire la distinction entre les lieux soumis au derrf Tametsi et (eux ou il n'tait pas en vigueur. La dtermination tait difficile, souvent impossible, aucun catalogue officiel n'existant sur ce point. On peut en juger par les tables que publirent quelques canonistea et dans lesquelles ils s'efforcrent, avec combien d'incertitudes, de dtailler les rgions ou paroisses soumises au dcret. Cf. Gasparri, De matrim., 2 d., 1803, allegatum vi, p. 182-521; Deshayes, Questions prati. ques sur le mariage, 1898, p. 286; Bassibey, Lu clandestinit dans le mariage, 1904, p. 337 sq. d) A ces hsitations s'ajoutrent celles qui survinrent du fait de l'admission en doctrine du principe suivant le dcret peut tomber en dsutude par une pratique contraire prolonge; inversement, il peut lre promulgu par un long et constant usage. e) D'autre part, mme publi dans un lieu dtermin, le dcret n'obligeait pas toujours tous les habitants si les non-catholiques formaient des communauts distinctes, si une paroisse jadis catholique tombait dans l'hrsie, on admettait la validit des mariages clandestins de ces dissidents lorsque ceux-ci formaient la majorit de la population. / ) C'tait encore un principe de droit reconnu que. si l'une des parties n'tait pas soumise la forme prescrite, elle communiquait l'autre son immunit. g) Enfin, le dcret de Trente avait une efficacit la fois territoriale et personnelle dans les lieux o il tait promulgu, tous les mariages clbrs clandestinement taient invalides; dans les rgions exemptes, la nullit ne frappait que les contractants venus dans le terri; :

toire in

fraudem

legis, c'est--dire

pour chapper aux

formalits imposes par la loi. Dans la pratique, on jugeait de la fraude objectivement, sans se proccuper de la bonne ou mauvaise foi des contractants quiconque n'avait ni domicile ni quasi-domicile dans le territoire exempt tait inhabile contracter validement. 5. Complications amenes par le dcret. Mme pour les rgions o la loi de Trente s'appliquait intgral ment, on s'aperut, 'usage, que beaucoup de rgles taient fort compliques ou manquaient de prcision. La question du domicile et surtout du quasi-domicile, qui servait dsigner le propre cur , tait une des plus pineuses. L'anirnus manendi, qui en tait la base, a toujours t difficile dterminer; mais cet inconvnient atteignit au cours du xix 1 sicle une gravit et une extension auparavant inconnue, par suite de la facilit des communications et de la frquence des dplacements. Ajoutons que la thorie mme du quasi-domicile tait incertaine, flottante, et ne fut dfinitivement fixe en droit que tardivement, pal l'instruction du Saint-Office du 7 juin 1867. Encore est-il que ce document, d'abord peu connu et discute. en dterminant le droit, ne fit pas cesser les inconvnients pratiques. De l beaucoup de mariages douteux
:

<

'

o exposs au danger de nullit beaucoup aussi qui. par l'ignorance ou la fraude des contractants, furent trouvs absolument illgitimes et nuls et dclares tels par l'autorit du juge ecclsiastique. Cf. les considrants du dcret Ne temere. A la demande de quelques vques, des efforts furent faits pour remdier cet tat de choses. Par dcision du Saint-Office en date du 9 novembre 1808. une. concession particulire fut faite, au diocse de Paris, permettant de prsumer le quasi-domicile aprs un sjour effectif de six mois, sans y ajouter d'autres recherches sur l'anirnus manendi. Canonisle contemporain. 1899, p. 219. Dj en 1884 le concile plnier de Baltimore avait demand un induit limitant un mois
;

ou

PROPRE CUR.
le

Ll

PI

Kl

ME RE
Pques de l'anne suivante,

sjour requis pour la validit du mariage, el le Saiul Ofllce avail accord cette raveur, le 6 mai 1886, pour loul le territoire des tats l ms. Cf. Canoniste l, 18 p. 591. La mme concession fut faite au l'an- le 20 mai 1905. /.',/.. 1905, p. 502.
ce n'taient
e

te
2.

jusqu'

la

fte

de

10 avril 1908.

la

que des mesures


catholiques
et

locales.
I

e/i/re

prolestants.

ne

controverse s'tant leve ttu sujet le la validit mariages clandestins contracts entre protes tant s, et aussi entre protestants et catholiques danle- Provinres-lTnics de Hollande el <!< Belgique, le novembre 1741, sa pape Hennit \1\ publia, le fameuse dclaration Matrimonia, reconnaissant la validit de tous les mariages clandestins dan- ces provinces, ceux ilu pass et ceux de l'avenir, lorsqu'ils \t mixtes ou conclus entre protestants: seuls lecatholiques s'unissant entre eux restaient soumis la forme de rrente. fui dclaration bndictine Depuis ce temps, la lue par le s. mit Sige a d'autres pa\ s qui se troul

Son contenu. En dehors des considrants, le du dcret comporte on/c articles, dont <\eu\ concernent les fianailles, l'our le mariage proprement dit, les modifications les pins Importantes concernent l'assistance >iu cure. II n'j est plus question du propre cur au sens du concile de Trente, encore que les qualits de celui ci soient equix alenmienl requises pour une assistance licite; cette dernire tant expressment
dispositll

tantt les seuls dans une situation analogue it mariages des dissidents taient dispenss de la forme: tantt les mariages mixtes bnficirent de la mme ir; pour le .lapon el Curaao, le privilge lut tendu mme aux union-, purement catholiques. Pour la liste dtaille, cf. Dcshayes, Questions pratiques sur le mariage, p. 19. note I, et p. 263 264.
:

Parmi
sur

les
la

nombreux documents mans du

Saint-

question de la clandestinit, il faut citer dment la constitution Providu de Pie X. qui rva son efficacit pratique jusqu' la lgislation du Code. Date du 18 janvier 1906, elle dclarait valiavenir tous les mariages mixtes et acatholiques (d'hrtiques ou de schismatiques) clbrs clandestinement dans tout Vempire allemand: de plus, elle pront la sanation de toutes les unions qui, de ce eut t invalidement contractes dans le territoire avant le !."> avril 1906. C'tait une amorce rforme plus ample qui se prparait. Acta sanclse xxxix. p. Kl; cf. Canoniste contemp., 1906, p. 244 el
I
;

</yLc Setemere 1. Sa ncessit. de promulgation du dcret Tamelsi impos par le concile de Trente avait eu pour rsultat imprvu de ruiner en grande partie le but que s'tait
.
-

trs spcial

Plusieurs localits, dit reforme, furent prives du bienfait de la lgislation du concile de Trente, el en ijourd'hui encore, demeurant ainsi expoaux imprcisions et aux inconvnients de l'anl'illustre
-

propose

assemble.

le

prambule de

s.i

ipline.

bi

semblait urgent de rgler d'une faon De plus, rme la question du mariage des non-catholiques
il
-

mixtes. Enfin, l'heure semblait venue de modifier la publicit du mariage en faisant droit aux vaux formuleoncile du Vatican par les vques de liions, notamment par ceux de raine. contemp., 1906, p. 154 sq. Ils demanI

iux mille erreurs

pas subordonde niasi domicile si l'on voulait conserver aire ,i peine de nullit, que du in propre n/r fut rduite a une oudinhon, Le mariage et
ilidite fui
si

du mariage ne
:

faciles sur les questions

distingue de l'assistance valide. ai Sont dclares seuls valides les mariages contrac les devant le cur, ou l'Ordinaire du lieu, oue prtre dlgu par l'un des deux, et devant au moins deux tmoins Art. 3. I.a question du propre cur mise part, c'est en somme la discipline du concile de Trente, mais nonce de faon plus claire el plus Incisive il ne s'agit plus de l'inhabilet des contractants, c'est le contrat lui mme qui est frapp de nullit en cas de violation de la loi. Mais d'autres prcisions sont donnes qui vont modifier la discipline ancienne. b) La comptence du cur et de l'Ordinaire n'est plus dsormais personnelle, mais exclusivement territoriale, en ce sens qu'elle ne peut s'exercer en dehors du territoire, mme l'gard de sujets, et qu'elle peut s'exercer dans les limites de ce mme territoire, mime a l'gard des trangers. et Celte comptence commence au jour de la prise de possession canonique; elle cesse si le cur ou l'Ordi naire ont t nominativement excommunis ou dclares suspens de leur ollice. d / Le mode d'assistance est aussi modifi. Le cur n'est plus un tmoin purement passif, ou surpris, ou contraint. II est un tmoin volontaire, ayant t pralablement invit et ayant men l'enqute requise pour la toute contrainte ou licit; il est un tmoin libre Violence grave son endroit srail cause de nullit: enfin, il est un tmoin actif puisqu'il doit requrir le consentement des poux. C'est pour jamais la porte close l'abus des mariages dits de surprise , qui, parat-il, n'taient pas chose si rare. Cf. Boudinhon, op. cit., p. 59-63. e) Cinq dispositions sont prvues pour une assistance licite : a. le cur devra s'assurer pralablement que rien ne s'oppose au mariage des futurs, en particulier qu'ils sont libres l'un cl l'autre des liens du mariage: b. il procdera au mariage de ses seuls paroissiens, c'est--dire de ceux qui onl sur la paroisse domicile ou du moins sjour d'un mois (]a question du quasi-domicile n'est pas souleve, peut -tre comme trop pineuse et en raison des controverses souleves dans |c droit prcdent i: demandera, il C. sinon, sauf le cas de ncessit, l'autorisation du propre cur ou de l'Ordinaire; d. la permission de l'Ordinaire ou d'un prtre dlgu par lui a cet effet est ncessaire pour l'assistance au mariage des vagi ; e. enfin, la rgle est que, s;iui juste cause, le mariage soit clbr devanl le cur de l'pouse. Art. 5. Le mode de dlj ) Prescriptions complmentaires. gation lui-mme est dtermin. Les cas extraordinaires de pril de mort et de l'absence prolonge du cur sont prudemment prvus et sagemenl rgls. Art. 7 et s. Surtout, les diverses catgories de per.

-i

sonnes assujetties a la dtermines. Art. il. registre des mariages


regist re des

foi

me

prescrite sont nettement L'inscription de l'union au

points que porta principalement par le di rel Se lemere; ins sur la discldont l.i plupart sont encore en la document, publi par l'organe le. portait la date vigueur fut repoi
i

et la mention du mariage au baptmes est impose. Art. 9. Enfin, des


l<

peines sont prvues contre les curs qui violeraient prescript ions du prsent dcret, et le prl requi usurperait les fonctions lu propre ur en assistant indment au mariage de\ rail restituer celui-ci les droits d'tole. Art. 10. dispositions ayanl pass peu prs intgrale
i I

717

PROPRE
dtail.
i

CI R.

LE DliuiT
comme tmoin

M.

I,

748

menl dans le Code el avec les termes mmes usits dans le dcret, c'est dans la discipline actuelle que nous
les

tudierons en
h

3. .Ses- effet.

Selon

la

teneur
se
ci

mme du

texte, la

promulgation lgale devait


de
le

[aire

documents aux Ordinaires. Ceux


faire connat re
el

par l'envoi des recevaient l'ordre


les glises

qualifi, c'est--dire revtu de certi prrogatives spcifies par le droit, pour recevoir le entemenl des parties au nom de l'glise l'Ordinaire, ou le cur, ou le prtre dlgu par l'un d'eux: les deux autres personnes assistent connue
:

expliquer dans

parois-

siales.

tous
l le

b) L'entre en vigueur tant fixe au 19 avril 1908, les mariages conclus avant cette date devraient re jugs selon 1rs disposit ions de l'ancienne discipline, dcret n'ayant pas d'effel rtroactif. i- ) Enfin, la porte du dcret tait universelle; toutes

tmoins ordinaires. I. Les Sous tmoins ncessaires. a) Le cur. ce litre, il faut entendre fout d'abord le prtre titulaire dune paroisse comportant charge d'mes. Jadis, un cur pouvait assister validement au mariage mme s'il n'tait pas prtre. Ce n'est plus possible aujourd'hui, le Code avant -statu (pie nul ne peut tre valide-

ment
tale.

nomm
Can.

cur
Il

concernant la forme substantielle depuis la dclaration de Benot XIV se trouvaient supprimes. Il n'y eut qu'une exception en faveur de la constitution Provida de Pie X; les faveurs qu'elle accordait aux mariages mixtes de l'empire allemand furent maintenues la validit de ces unions tait reconnue, mme si elles taient clandestines, pourvu qu'aucun autre empchement ne vnt s'y ajouter. Bien plus, la constitution Provida fut tendue la Hongrie par un dcret de la Sacre Congrgation des Sacrements en date du 23 fvrier 1909. Une lettre circulaire du secrtaire de cette mme Congrgation, adresse aux yques de Hongrie le 16 mars 1909, spciliait les territoires qui devaient tre compris sous la dnomination de royaume de Hongrie. Cf. Cappello, De m rimonio, n. 703, 3. Deux interprtations restrictives de la constitution Provida furent donnes parla Sacre Congrgation du Concile le 28 mars 1908, et par la Sacre Congrgation des Sacrements le 18 juin 1909. La premire dclarait que l'exemption de la forme ne valait que pour des sujets ns eu Allemagne el contracles
la loi
:

exemptions de

153.

s'il n'a reu l'ordination sacerdofaut entendre aussi sous le nom de

tant mariage sur le territoire; il suffisait cependant que l'un des deux contractants ft natif de l'empire. La

seconde dclaration exigeait strictement que les deux Allemagne ou en Hongrie, spcifiant que le mariage serait invalide s'il tait contract entre conjoints dont l'un serait originaire d'Allemagne, l'autre de Hongrie, et rciproquement. Le dcret confuturs fussent ns eu

non le domicile. d) Les dispositions du dcret Ne temere restrent en vigueur jusqu'au 19 mai 1918, date o les canons du Code prirent force de loi. Ceux-ci, n'ayant pas d'effet rtroactif, ne touchent pas la valeur des mariages clbrs antrieurement. Mais, dater de la Pentecte 1918, tous les mariages de l'glise latine sont soumis la nouvelle lgislation, qui reproduit substantiellement celle du dcret de Pie X. Quant la constitution Provida et aux diverses extensions qu'elle reut, elle n'est plus, en face du Code, qu'une loi particulire , laquelle, se trouvant en opposition avec les prescriptions du can. 1099, se trouve abroge. Can. 0. 1. Commission d'interprtation du Code, rp. du 30 mars 1918.
sidrait l'origine et

cur les quasi-curs des pays de missions, can. 216, el ions les vicaires paroissiaux qui ont plein pouvoir. les vicaires dsigns au can. -171, 4 (vicaiCe sont res du monastre ou chapitre auxquels est unie une paroisse); le vicaire conome ou administrateur, eau. 173: le vicaire substitut, qui remplace le cur absent ou priv de son bnfice; mais, si l'absence du cur a t prvue, il ne peut exercer son droit qu'aprs approbation de. l'Ordinaire, can. 465, I: si, au contraire, l'absence n'a pu tre prvue, le prtre ou vicaire supplant n'a pas besoin de cette approbation, can. 40."). 5; cf. Commis, d'interprt. du Code, rp. du 1 juill. 1922; dans l'un et l'autre cas. si les curs font des rserves ou exceptent des pouvoirs, il sera n saire de se tenir l'expression de leur volont; le vicaire coadjuteur, lorsqu'il est muni de pleins pouvoirs, can. 47"), 2; enfin, le cur de la paroisse voisine ou le premier vicaire cooprateur qui prend en main l'administration de la paroisse vacante, avant la nomination d'un vicaire conome. Can. 472, 2. Xe tombent pas sous la dnomination de cur et par consquent n'ont pas de comptence pour tance au mariage en vertu de leurs fonctions tous les vicaires cooprateurs (ce que nous appelons les vicaires tout court), hormis le cas de vacance signal plus haut les chapelains (dits vulgairement et sauf dlgation aumniers) ou recteurs de maisons pieuses, col; monastres, hpitaux, prisons, moins qu'ils ne soient
:

!;

',

exempts

Le droit du Code. Il est expos au c. vi du vu, eau. 1091-1103. Le schma primitif de rdaction avait intitul ce chapitre De matrimonii forma. L'intervention du P. Patmieri le fit changer en celui que nous lisons aujourd'hui De forma celebrationis matrimonii; cette rdaction carte l'ide de forme sacramentelle et exprime mieux l'ide de forme juridique, la seule dont le Code ait s'occuper, la seule aussi que nous traiterons ici. Pour la question du sacrement, voir l'art. .Mariage, t. ix, cul. 204 sq.
III.

titre

Mprenant mot pour Les comMions de validit. mot le texte du dcret Ne temere, le can. 1094 dfinit la forme de clbration du mariage eu ces tenues Sont seuls valides les mariages contracts devant le cur ou l'Ordinaire du lieu, ou le prtre dlgu par l'un des deux, et devant au moins deux tmoins, La forme juridique est donc essentiellement constitue par la prsence d'au moins trois personnes, dont l'une assisie
1"
:

et n'aient plein pouvoir curial l'gard personnes de leur tablissement: les recteurs nu suprieurs de sminaires, en vertu d'une exception spciale du droit, can. 1308; les curs intrus. Cl. parri. De malrim.. t. n n. 938. Les curs putatifs ou ceux qui ont t lgitimement dposs, bien qu'ils n'aient par eux-mmes aucune juridiction, peuvent parfois jouir de celle que l'glise supple dans le cas d'erreur commune ou de doute positif et probable. Can. 209. En efTet, le droit d'assister au mariage, tout en n'tant pas proprement parler un acte de juridiction, y est cependant assimil, parce qu'il est attach l'office et peut tre dlgu. C'est le sentiment commun des canonistes aujourd'hui. Cf. Gasparri, op. cit.. n. 936; Cappello. De malrim., n. 649; Maroto, Instit. jur. canonici, t. , n. 09 1: Vermeersch-Creusen, Epitome, t. n. n. 391. Quant aux prtres qui ont une juridiction curiale comme c'est le cas frquent pour personnelle (can. 261 les aumniers militaires, les prtres qui ont charge de groupements constitues par des nationalits ou des rites diffrents, ils doivent s'en tenir strictement aux termes des pouvoirs qu'ils ont reus soit du SaintSige, soit des vques. Can. 451. lui gnral, s'ils n'ont aucun territoire, mais seulement une juridiction directe sur les personnes ou les groupes, ils sont comptents pour tre partout tmoins du mariage de leurs sujets. Si au contraire ils ont en plus territoire dtermin, encore qu'ils n'y aient pas juridiction exclusive, leur assistance est valide dans les limites de ce territoire, conjointement avec celle d'autres prtres qui

i.

PROPRE
ont
n.
i

Cl

R.
op.
cit.,

1.1

IHini

II

750

juridiction

territoriale.

Cf.

Cappello,

qu'il faut
Ifl

Il s'agit de l'Ordinaire du Weu, tinairt. entendre selon les dterminations strictes du En consquence, les cardinaux n'ont aucune tence au pi>mt de vue matrimonial, mme dans

Est donc Insuffisante la dlgation prsume ou interprtative, celle qui aurait t donne sj le cure av.iil t la, s'il j avait song; de mme la dlgation tacite. le cure sachant que le mariage se clbre et gardant le silence alors qu'il pourrait lacileincnt s'j opposer;

avant

le

iode,

la

dlgation

tacite

tait

considre

leurs

titres

respectifs,

cela

U-v''^
1 1

la

constitution

d'innocent \ (17 sept. 1692). Sont galement dpourvus de pouvoirs en matire <l assistance .>u mariage les lgats a latere dans les provinces de leur lgation, les archevques dan-- les dio de Ifiir suffragants, aussi bien que les nonces, internonces <>u dlgus apostoliques. Cf. can. 198, 266
\

suffisante. Cf. Aefa apost. Sedis, t. ti, p. 206, el i. xi. p. 154. il n'est pas requis que la permission soii explicite; il sullil qu'elle soit implicite pOUTVU qu'elle

comme

noter que

la

territoire n'exclut pa-> celle

comptence il<' l'Ordinaire dans son du cur, et rciproquement.

que peut, l'insu ou mme contre la volont des cures, assister validement. par lui mme ou par un tous les mariages clbrs sur son territoire.
encore pie ce ne
juste cause.

pas propos, du moins sans mule cur peut tre validement tin des unions contractes dans sa paroisse, indimment de la permission ou de la dfense de aaire: il n'agirait cependant pas licitement contre le gre de celui-ci. u de l'Ordinaire. a. L'Ordinaire, le cure et tous ceux qui ont qualit pour assister ement au mariage peuvent, aux Urines du can. se substituer un autre pitre pour remplir les fonctions de tmoin qualifi; cf. Commis, d'interprt. aposl. Se, Us. t. xvi, de. rp. du 20 mai 1 1. Cette substitution n'est que la mise en applicap. Qui facit per alium est le l'antique rgle de droit perindt ac si faciat per se ipsum. Heu. juris lxxh, in Y /". Mais il est entendu que la comptence du dlgu ne saurait en aucun cas dpasser celle du dlgant, en vertu de cette autre rgle \emo potesi plus juris erre in uliuni. quant sibi rontpetere dignoscatur. uiris xxix, m VI A noter que le Code emploie indiffremment les deux expressions de permission ntia) ou de dlgation, encore qu'il ne s'agisse pas d'un acte proprement juridictionnel; cf. can. 1094S'ous userons de la mme latitude. t>. Les conditions de validit de la dlgation sont strictement prcises, can. 1096. a La permission doit
soit

De mme,

exprime, par exemple celle qui srail contenue l'octroi <ic pleins pouvoirs curiaux, ou exprime en ces tenues Je VOUS accorde tout ce que nous m'avez demand de faon dtermine. Enfin, il n'est pas ncessaire que le dlgu exprime son acceptation; celle cl est suffisamment donne par le rail qu'il assiste au mariage. c. Toutes les dlgations gnrales donnes en vue de l'assistance au mariage sont <ie nul effet, moins qu'elles ne soient dnues des vieillies COOprateVLTS (ceux qu'habituellement en France nous appelons les vicaires de la paroisse) el seulement pour la paroisse laquelle ils sont attachs. \ux termes de ce can. 1096, les vicaires cooprateurs sonl donc seulement dlga bls ad unirsitatem causarum, et non pas dlgus ipso jure. L'Ordinaire OU le cure n'oiuelt ront donc pas de leur donner une dlgation expresse. Les vicaires ainsi dlgus peuvent sous-dlguer pour un cas dtermin. Commis, d'interprt. du Code. rp. du 28 dc. 1927; Acfa apost. Sedis, t. xx. p. 61.
soit

dans

</. On peut se demander, en outre, si le prtre dlgu' pour un mariage dtermin peut sous-dlguer son pouvoir. Assurment, il ne le peut s il n'a reu une facult spciale cel effet. Can. 199, l. Mais la question est de savoir si l'octroi de semblable facult est possible. Longtemps, l'opinion ngative lui la plus commune;

niais, le
t

ion

28 dcembre 1927, du Code a dclar que


la

la

le

Commission d'interprtadlgant pouvait donner

au dlgu

permission de sous-dlguer uw autre

prtre dtermin pour assister a ce

mme mariage
,

dter-

Actaapost. Sedis, i. xx. p. 61. D'aprs r texte, semble bien que la dtermination du prtre SOUSil dlgu soit laisse au prtre dlgu, pourvu que ce soit pour le mme mariage. Cf. Periodica, l.xvn, 1928,
i.

min

p.

I.

peu importe qu'il soit muni m de l'approbation pour les confessions. (3) Ce est--dire suffisamment lie par rapport au dlgant, encore qu'il puisse lui tre personnellement inconnu: la dtermination pourra se faire soit par le nom de ce prtre, soit par sa fonction (le premier vicaire, le second aumnier, etc.), le toute autre manire qui permette l'identifica.

La dlgation en matire d'assistance au mariage del mme manire que la juridiction. Cf. can. 207. On S'est demande a ce propos si elle cessait avec le droit du dlgant. par exemple par la mort du cure OU
e.

par la perte de son office la quest ion est pratique en ce qui concerne le \ icaire coopcralcur qui ient sa dlga ion du cur. Vu la rponse dj cite de la (ami mission d'interprtation du (aide el le rescril envoj a l'e\ que
:

ion serait insutlisante

si

elle tait

accor-

de Lige parla Sacre Congrgation des Sacrements, le 4 juillet 1928, il faut rpondre que la dlgation cesse
si

vemple, au prtre que dsigneront les poux. choisi par le suprieur religieux: ainsi ommission d'interprtation du Code, le
l

elle a t

donne pour un

rus parlii ulier

el

quel'ex

t. xvi, p. 1 l. .Mais une bien dtermine peut tre communique


.

dlgant peut
!

mme

dsigner

simultanment plusieurs prtres dtermins, condiindiquer lui-mme les raisons qui feroni choisir l'un plutt que l'autre. y) La dlgation doit porter sur un mai la dtermination se fera soit pari oms des conjoints ou de l'un d'eux, par la ion du jour, de l'heure du mariage, du n seul a< te de dlgation peut n\ ci mdition que ries permissions donnes [mur tous mois, pour ceux qui se prsenteront pendant uni lient m OU dl-

<

cution n'est pas commence si res sit adhuc intgra; que la dlgation garde au contraire sa valeur si elle a t gnrale, sans addition de clause qui prcise le moment de la cessation. Cf. Clayes-Simenon, Monnaie jur. can., t. n. 362. i, il Les (leur tmoins non qualifis. Il sullit que. de droit naturel, ils soient capables de tendre tmoignage au sujet du contrat conclu en leur prsence. Le droit ecclsiastique n exigeant rien de pins, ces tmoins peu \ent tre des infidles, des hrtiques, des excon nis mme n ta ml i. des enfants ayant l'ge et l'usai la raison, des femmes, des clercs, des moniales, etc. Certaines lgislations particulires excluent quelques ories de personnes; ces pu-script ion s n'intressent que la licit. l'n dcrit du Saint Office du 19
i

gue.

1891 ( arie les tmoins htrodoxes pour les mariages des catholiques, tout en dclaranl qu'on peut iei- pour une cause grave. Collecl. S. C. Prop. fide,
|<

I'

ROPR

CUR. LE DROIT ACTUEL


nu du diocse, le cur ou l'vque assistent validement non seulement au mariage de leurs sujets, mais encore
des trangers, a noter que les limites du territoire doivent s'entendre physiquement et non moralement, de telle sorte que de la distance d'un lias peut dpendre la validit ou la nullit du mariage, supposer que ces liuiil es soient cei laines et indubitables. Si leslimitessont douteuses, on tiendra pour valide le mariage dj clbr, conformment aux principes du droit. Can. lui ). 3. Le mi.de d'assistance. Dummodo neque vi neque metu gravi conslricli requirant excipianlque con* Irahentiiun consensum. Can. (095, 1, n. 3. Ce sont les termes mmes du dcret Ne temere. qui ajoutait que le cure et l'Ordinaire devaient tre invits et pris, invitati et roguli. Le (iode n'a pas cru devoir maintenir ces deux expressions qui visaient surtout supprimer les mariages de surprise mais il a maintenu pour l'assistance valide du tmoin qualili les deux dispositions essentielles qui suffisent prvenir le retour d< abus ce sont l'activit et la libert. a) Le cur ne peut plus tre un tmoin passif puisqu'il doit demander recevoir le consentement des futurs, peine de nullit. Aucune forme d'interrogation n'est prescrite, mais bien l'interrogation elle-mme, que le prtre peul faire, par lui-mme ou par un interprte, de vive voix ou par crit, par signes mme. Quant la rponse, il faut qu'elle soit donne de faon affirmative et perue comme telle par le prtre. Cf. Periodica, t. xxiii, 1934, p. 201*. Cette manire de procder est toujours requise et ne comporte pas d'exception, mme pour les mariages mixles. Sont donc abroges les dispositions du SaintOffice du 21 juillet 1912, permettant au prtre de se comporter passivement dans les unions de ceux qui auraient refus obstinment de fournir les garanties exiges en pareil cas. Cf. Acta aposl. Sedis, t. iv, p. 443. b) La libert suppose, aux termes du droit, l'absence de violence ou de crainte grave, venant l'une et l'autre d'une cause extrieure et libre. Peu importe que la crainte ou la violence viennent des contractants ou d'un tiers. La ruse ou la fraude dont useraient les futurs ou d'autres personnes pour amener le cur assister au mariage ne nuisent pas la valeur du contrat, mme si, sans l'emploi de ces moyens, le prtrs aurait refus son assistance. La crainte dont il est question doit tre provoque pour extorquer en quelque sorte l'assistance du cur. Le droit ne distingue pas entre crainte juste et crainte injuste; cette distinction ne s'impose gure, car on conoit peine que des menaces puissent tre justement profres l'gard d'un prtre pour obtenir sa prsence, moins que ce ne soit la menace d'un recours au suprieur, ou des peines qui pourraient frapper un refus injustifi ou une ngligence grave dans ce cas, l'assistance ainsi contrainte serait certainement valide. Toute violence grave, qu'elle soit ou non accompagne
ji
.

m. ixr>.">. Pour viter le scandale, on s'abstiendra rgulirement de prendre des personnes frappes de cen sure ou vivant publiquement dans le pch. Sauf cou ume 'ont rai ri- ou loi particulire, le droit de choisir les tmoins appartient aux contractants et non pas au cur. Il n'est pas ncessaire que les tmoins soient requis et choisis formellement en tant que tels; il suint qu'ils puissent affirmer que le mariage a t vraiment conclu. Leur prsence doit donc fitre physique, corporelle, de telle sorte qu'ils soient tmoins oculaires ou auriculaires; une prsence qui ne serait ralise qu'a l'aide du tlphone, du tlgraphe ou du tlescope ne serait pas suflisante. La prsence doit aussi tre morale, en ce sens que le tmoin doit comprendre la porte du rite accompli sous ses yeux. Il ne le pourrait s'il tait priv de raison, ou endormi, ou sourd et aveugle; mais un tmoin pourrait tre ou sourd ou aveugle et se rendre compte suffisamment du mariage clbr devant lui. Une assistance purement passive sullit. mme si les tmoins ont t amens par ruse, violence ou crainte grave. Il convient, certes, que les tmoins soient avertis l'avance, mais, pour la validit, on peut se contenter du tmoignage des personnes prsentes au lieu du mariage et qui ont vu et compris la crmonie accomplie devant elles. Enfin, la prsence des deux tmoins doit accompagner celle du tmoin qualifi. Cette simultanit est indique dans le texte mme du Code : corarn parodia... et duobus lestibus. Can. 1094. 2. Les limites de la comptence. a) La comptence commence, pour le cur ou l'Ordinaire du lieu.au jour de prise de possession de leur bnfice ou de leur entre en charge s'ils n'ont qu'un office. Pour l'vque rsidentiel, la prise de possession se fait par l'exhibition au chapitre des lettres apostoliques, conformment au can. 334, 3. Le cur prend possession suivant le mode prescrit parle droit diocsain. Can. 1444. Mais il faut bien se garder de confondre la prise de possession avec l'intronisation ou installation; la premire seule a un effet canonique. Pour le vicaire gnral, dont la fonction est seulement un office, la comptence commence par l'actuelle entre en charge au jour fix par
i

ses lettres

de nomination.
:

b) La comptence cesse par la perte de l'office ou du bnfice, quelle qu'en soit la cause renonciation, translation, dmission accepte, privation administrative ou pnale. Voir sur ce point les can. 183 et 188,

en notant que la perte de l'office entrane avec elle la perte du bnfice qui y est annex. c) La comptence est suspendue, malgr la persistance de l'office ou du bnfice, lorsque le titulaire est excommuni, interdit ou suspens ab ofjcio par sentence dclaratoire ou condamnatoire. Ce n'est donc pas la censure seule, mais la sentence qui supprime la comptence. La publicit de la censure ou de la sentence n'est donc pas ncessaire pour entraner la perte de la comptence comme le demandait jadis le dcret Ne temere; on fait justement remarquer toutefois que l'absence de cette publicit pourra facilement servir de fondement l'erreur commune. Cappello, De matrim., n. tiii2; Chelodi, Jus matrim.. n. 132. L'interdit dont il est ici question est l'interdit personnel. La suspense qui sup-

de crainte, rend l'assistance, invalide. 2 Les conditions de licit.


mariage.

donc aussi
1.

le

mariage,

a)

Avant

d'assister

Les prliminaires du au mariage, le cur ou

prime
la

la

comptence

est,

aux termes mmes du canon,

suspense ab officia; elle est comprise dans la peine de suspense totale, mais dilre de la suspense ab online, a divinis, a bnficia, et mme a jurisdictione, qui laisse la comptence matrimoniale intacte, attendu qu'elle n'est pas proprement un acte de juridiction. WernzVidal, Jus matrim., n. 530, note 3 1. d l La comptence est limite au territoire sur lequel le cur ou l'Ordinaire a juridiction; autrement dil, la comptence n'est plus personnelle, mais territoriale c'est la canonisation de la grande rforme introduite par le dcret Ne temere. Dans les limites de la paroisse
:

l'Ordinaire devront s'assurer de i" tat libre des contractants, c'est--dire de l'absence de tout empchement prohibant ou dirimant, spcialement de l'inexistence d'un lien antrieur. A cet effet, ils auront recours aux interrogations, certificats de baptme et publications. conformment aux can. 1020-1031. Le Code ne parle pas, sur ce point, des devoirs du prtre dlgu, attendu que la responsabilit de l'enqute pralable incombe au cur ou l'Ordinaire qui donne la dlgation.

Can. 1096,
soit de

2.

b) Il faut en outre qu'au

moins

l'un des contractants

quelque manire sujet du cur qui assistera au mariage. Le Cud.- indique cet effet quatre chefs de

PROPRE
sujtion domicile.
le il<>nt

Cl) R.
:

Il

DROIT
ses laites a
l

\i

TUEL
1,
,

'

domicile, ce fut toujours le droil le n n.i il n'tait plus question dans le dcret \ >is, dj connue de ce la demeure il'im mme dcret il ne s'agit pas d'habitation proprement mais d'un simple sjour, .1 titre d'hte, de voya d'artisan, etc. Pour calculer ce mois, il est fait abstraction de l'intention du contractant; seul entre en ligne ilt compte le sjour effectif; le temps f-t calcul selon les rgies lu can. 34, 3. Le sjour devra
->

nient continu jusqu'au moment du mariage; une interruption d'un ou deux jours ne nuirait pas cette continuit, mais le sjour devra se poursuivre Jusqu' la clbration du mariage; s'il tait termin auparavant, fui ce seulemenl depuis quelques jours, le cur perdrait tous ses droits. Enfin, la simple demeure 'le suflit dterminer le propre cur des vagi; ommoralio suppose pourtant un sjour de quelque dure, une sorte de poinl il al tache momentan qui ne va pas jusqu'au sjour d'un mois. Le cur n'omettra pas en outre, pour la licit, d'en rfrer l'Ordinaire avant de procder au mariage des vagi, sauf i-.is de lincessit, can. 1032; pour ceux qui n'ont qu'un domicile ou quasi-domicile diocsain, le propre cur est celui ilu lieu o ils demeurent actuellement.
.1

par suite 'occasion du mariage, si l'pous de la multiplicit de domiciles ou quasi domiciles, a plusieurs propres curs les droits d'tole seront par tags entre tous ces derniers. :;' Les cas extraordinaires. Ils sont au nombre de deux, que le droit excepte lormelleuienl de la loi gn raie concernant la forme, lorsqu'il j a Impossibilit morale d'avoir le tmoin qualifi, ('.an. 1098. 1. En pril de mort, le mariage contract devant les seuls tmoins esl valide et licite si ['on n'a pu. sans

grave Inconvnient,
cure, ni l'Ordinaire

faire venir

du

lieu,

ni

ou aller trouver ni le un prtre dlgu par

,:ie les

conditions de sjour ne vint pas ralises tsus. il faut, pour assister licitement au

l.e pril de mori ne doit pas ncessairement imminent, ainsi que l'exigeait le dcret Ne temere : m imminenti mortis periculo (art. 7); il suffit qu'il soit probable, apprcie moralement selon l'estimation commune. Cf. can. 940 el 1043. -b) [1 n'est pas requis que les deux futurs soient en pril de mort, mais seulement l'un d'eux. c) l.e mariage sera valide, quelle que soit la cause de ce pril maladie, excution capitale, opration, assaut -- il 'eu importe galement le mol if qui po lisse les futurs s'unir; les rest rict ions cou en lies dans le dcret Ne temere : ad consulendum conscienli cl. si cnsiis ferat, legilimationi prolis, sont supprimes. ej l.a prsence des tmoins est, aux termes du can. 1098, requise pour la validit; aucune qualit par-

eux. ni
tre

mariage, demander la permission du cure ou de l'Ordinaire lu domicile, ou du quasi-domicile, ou de la rsidence actuelle de l'un des contractants, dette permis licentia. n'a rien de commun avec la dlgation; elle n'intresse pas la validit et ne vise que le maintien du bon ordre: a la diffrence de la dlgation; elle peut tre donn." d'une manire gnrale et peut se prsumer avec une raison suffisante. Elle n'est d'ailleurs pas ncessaire chaque fois qu'on se trouve en ue de l'agi actuellement en voyage et qui n'ont de demeure proprement dite, OU encore lorsque survient une grave ncessit qui fait cesser l'obligation mander cette permission qui de droit. Can. 097, cf. Wernz- Vidal, <>p. cit., n. 542. _'. La lbration du mariage, -ni lui rgle gnrale. _ doit tre clbr devant le cur de la future juste cause excusante. Le Code oppose ordinairement cause juste ou cause raisonnable a cause grave. ite du eau. 1097 n'obligeant pas sub gravi, il ralement d'une cause lgre, comme serait faire b ir le mariage par le cur du fianc, il d'un des c intractants, une plus grande facilit - ilennemant pour les noces dans l'autre pa(dite pour entreprendre le voyage de. pie celte cause raisonnable existe, il n'y 1- d obligation de demander la permission au cur de l'p >us.-: il esl cependant convenable de l'avertir. bi Une excep rgle gnrale est faite pour ntre catholiques appartenant rents tmixli rilus) a moins ds disposi1

spcial, ne sonl exigs d'eux: il formellement prsents au moment de l'change des consentements. j ) Quant l'impos sibilit d'avoir un tmoin qualifi, il n'est pas ncessaire qu'elle soit absolue: il suffit qu'elle soil relative, c'est--dire que ce tmoin ne puisse tre appel ou rencontr sans i/ruve inconvnient. Cet inconvnient peut tre d'ordre matriel ou moral; il peut concerner les futurs ou le prtre lui-mme, une tierce personne ou le bien commun: ainsi, les futurs ne sonl pas tenus de s'imposer des dpenses au dessus de leurs moyens, ni d'entreprendre un voyage relativement dur et pnible, ni de courir un danger srieux; le prtre, non plus n'est pas oblige de s'exposer une l'aligne excessive ou de compromettre sa sant ou sa rputation: le confesseur ne saurait non plus, en exigeant la prsence d'un prtre qualifi, exposer son pnitent a une grave infamie. La gravit de l'inconvnient sera donc; apprcie dans il chaque cas suivant les circonstances. g) Y a obligation, pour atteindre le cur ou l'Ordinaire, de
ticulire,
suffit

aucun acte

qu'ils soient

recourir a des moyens extraordinaires ou considrs tels, selon les milieux, encore que d'un usage assez courant, tels (pie tlgraphe, tlphone, automo-

comme
bile,

chemin de

fer.

motocyclette, bicyclette? Pour

l'avion, les auteurs s'accordent le considrer

comme

un moyen de transport qui actuellement sort de la normale. Ouant aux autres moyens cits, les avis des ailleurs sonl partags les uns, comme Ylaming, pen:

sent qu' l'heure actuelle ce ne sont plus des

moyens

du/'.

du droit particulier, c'est dans |<- rite mt son propre cur que doit tre clbr

l. dcret -Ve temere avait prvu, qui contreviendraient ses prescription de peines dont la dtermination res. A-t. 10. Le Code n'a pas ions pnales, lis il a conserv la s
t

qui oblige le cur clbrant sans mission-, requises par le droit a cur des contractants :s droits
I

ibligation orge en justii t, si le droit viol est


!'

le
I

ils

messe

ni

<\<l'pouse que ne comprennent les autres dpen-

extraordinaires, mais d'un usage quotidien (Prselectiones jnris matrim., n. 587); les autres, comme Cance, Le Code de droit canonique, 1. n. n. 324, sont d'avis qu'il faillira tenir compte du milieu et de la facilit de l'usage, mais semblent pencher pour l'absence d'obligation; le. ual Gasparri, De matrimonio, t. n, n. 1008, ne cite que l'avion comme moyen extraordinaire decommunication. Wernz Vidal, Jus matrim., n. 544, noie 63, dit sagement que. dans l'tat actuel des choses, le tlgraphe el le tlphone ne sonl pas considres comme des moyens normaux pour rsoudre des questions juridiques c'esl pourquoi, jusqu' dcision contraire du Sainl Sige, la possibilit de recourir ce double moyen n'enlve rien a l'urgence du cas Dans la pratique, l'obligation n'tanl pas certaine, le recours a ees moyens ne sera pas impos. Aide faclum, on pourra en conseiller l'usage; post faclum, si l'on n'en a pas us-, le mariage sera tenu pour valide.
:

...

PROPRE CUR. LE DROIT ACTUEL


le mariage clbr tmoins non qualifis esl valide deux conditions que les futurs ne puissent, sans grave inconvnient, faire venir ou aller trouver le cur ou l'Ordinaire ou le dlgu; el qu'ils prvoient prudemment que la situation se prolongera ainsi durant un

,.,

En

dehors du pril de mort,


:

devanl

les seuls

que pourtant l'omission de cette dmarche soit un la validit. Can. 1098, 2". Dans le dcret Ne temere, la prsence de ce prtre tait requise pour la validit, mais seulement en cas de pril de mort. Art. 7. i" Les sujets de la lui. l. Sont assujettis la forme
Obstacle a
-

substantielle

IIIU1S.

L'absence du prtre c tre une ptenl <i<>i absence physique; ainsi en a dcid la Commission d'ina)
i

terprtation du Code le li mars 1928, .Mais cette absence peut avoir pour cause une (li/]icult< morale el non seulement un empchement d'ordre physique maladie, loignement, incarcration, etc. C'est le sens de la dernire rponse de la Commission, en date du 25 juillet 1931. En consquence, il est maintenant certain que la crainte des peines graves que prvoient quelques lgislations civiles, soit contre le prtre, soit contre les contractants qui n'observent pas les formalits lgales, est une raison suffisante pour que le mariage
:
:

soit clbr devant les deux seuls tmoins. Gasparri, op. rit., t. il, n. 1014-1017; l'autorit de ce cardinal, qui lut prsident de la Commission, est une garantie du

sens authentique de la dcision. Cf. Perioilica. t. xxi, 1"32. p. 42. Maroto lui attribue une porte diffrente dans Apollinaris, anne, 1931, p. 381. Tous les auteurs qui ont crit de 1928 1931 devront gnralement modifier leur rdaction pour la mettre en conformit de la dernire interprtai ion donne au can. 1098. La chose mrite attention, car le cas d'impossibilit morale de clbrer le mariage dans les formes prescrites
1''

tous ceux qui ont t baptiss dans l'glise cl tous ceux qui se sont convertis aprs avoir appartenu au schisme et a l'hrsie (encore que dans la suite ils aient fait dfection), chaque fois qu'ils contractent mariage entre eux. Can. 1099, 1, n. 1. L'glise indique par la son intention de soumettre sa loi matrimoniale tous ceux qui, en pleine conscience, donc aprs ge de raison, ont fait, au moins extrieurement, profession de catholicisme. Ceux qui, aprs cette profession, mme s'il elle n'a t que temporaire, passent l'hrsie, a l'apostasie el au schisme, ne sauraient bnficier de l'exemption. Que faut-il entendre par baptme dans l'glise catholique? lui premier lieu, le sacrement demand par les adultes ou reu en pleine connaissance aprs l'ge de raison. Pour les enfants, on considrera l'intention de ceux dont ils dpendent juridiquement les parents, ou seulement l'un d'eux, le tuteur. A dfaut de ceux-ci. on Mendia compte de l'intention du ministre; le baptme sera cens confr dans la religion de celui-ci. Pratiquement, le registre des baptmes fera preuve jusqu' preuve contraire certaine. Gasparri, op. cit., t. i,
ai
catholique
1 :

n. 568-"i7.">.

peut se vrifier mme en pays chrtien dans les tats de l'Amrique du Nord, o la loi civile prvoit des peines graves contre le cur qui assisterait aux unions interdites entre noirs et blancs; en France, o la loi punit svrement le ministre du culte qui procde au mariage religieux avant que soient accomplies les formalits civiles. Or, souvent il n'est pas possible de procder d'abord au mariage civil, par exemple en cas de pril de mort; dans le cas de l'existence, au for civil, d'un empchement non reconnu par l'glise; l'impossibilit d'obtenir le consentement des parents au mariage d'un mineur et la menace de graves inconvnients (dont l'Ordinaire est juge, can. 1034), si le cur y assiste; le cas du militaire auquel est refuse l'autorisation de se marier, cause de l'insuffisance de dot de la future; la difficult ou l'impossibilit d'obtenir un tat civil en rgle en vue du mariage, spcialement s'il
:

b) La forma s'impose encore chaque fois que les personnes ci-dessus indiques contractent avec des noncatholiques, baptiss

ou non baptiss,

mme

si

la dis-

s'agit d'trangers.

Dans

loi civile

les rgions, dit Gasparri, ibid., n. 1017, o la dict des peines contre le ministre du culte, si

l'on peut conserver la


les seuls

sans s'exposer ces peines,

tmoins serait l'Amrique du Nord, il suffit parfois d'aller clbrer le mariage religieux dans l'tat voisin, o la loi rpressive n'est pas en vigueur. Mais si, le mariage civil tant
impossible, le cur s'expose des pnalits graves, la forme substantielle n'oblige plus , pourvu que soit ralise la seconde condition, savoir h) La situation, selon toutes prudenles prvisions, doit se prolonger encore durant un mois. Selon une interprtation authentique de la Commission d'interprtation du Code du lu novembre 1925 (Acta upost. Sedis. I. xvu. p. r>83). le seul lait de l'absence du cur ne suffit pas; la pr\ ision prudente doit cire fonde suides raisons srieuses, une enqute ou un fait notoire; pratiquement, elle doit aboutir la certitude morale que, durant un mois, les fiancs ne pourront ni faire venir le cur ni aller le trouver. 3. Dans les deux cas (pril de mort, absence du prtre comptent) cl pour la licit seulement, si un autre prtre non qualifi peut tre prsent, il faut l'appeler, et il devra assister au mariage avec les tmoins, sans
:
.

forme substantielle prescrite le mariage contract devant invalide et illicite; ainsi, dans

pense de l'empchement de religion mixte ou de disparit de culte a t obtenue. Can. 1099, 1, n. 2. C'est l'abolition dfinitive, dj ralise par le dcret Xe temere, du principe de la communication de l'exemption issu du concile de Trente il suffisait jadis qu'une des parties ne ft pas soumise la forme pour que l'autre bnficit de l'exemption. C'est aussi l'abrogation des concessions faites l'Allemagne en 1906 (constit. Provida) et la Hongrie en 1909 (dcret de la S. C. des Sacrements du 27 fvr.), en vertu desquelles, dans ces contres, les mariages mixtes n'taient pas soumis la forme moyennant certaines conditions. La rponse de la Commission d'interprtation du Code du 30 mars 1918, qui dclarait ces concessions lois particulires ne et non pas induits ou privilges (cf. can. 4 et 6, n. 1 fut pas publie dans les Acta apost. Sedis, mais communique de faon prive. Archiv fur kalhol. Kirchenreeht, t. xcix, 1919, p. 61. c) Enfin, les Orientaux catholiques sont assujettis la loi quand ils contractent mariage avec des latins astreints la forme substantielle. Can. 1099. 1, n. 3. S'ils contractent entre eux, mme dans les pays o seule existe la hirarchie latine, ils sont exempts de la loi du Code, qui ne concerne que l'glise latin?, can. mais ils peuvent tre tenus par les lois spciales de leur rite. Cf. Cappello, op. cit., appendix de iure Orientalium,
:

1,

<;

n. 924.
2.

Ne

sont pas assujettis la forme substantielle du


:

mariage

a) Tous les non-catholiques, baptiss ou non baptiss, lorsqu'ils contractent entre eux,

moins que

les

deux

conjoints n'aient fait dfection aprs leur baptme dans l'glise catholique ou aprs leur conversion au catholicisme. Pieu que les non-catholiques baptiss soient, en droit, sujets des lois de l'glise, le Code a sagement maintenu en leur faveur l'exemption dj contenue dans le dcret Ne temere afin de ne pas exposer leurs unions une nullit prjudiciable la saintet du mariage. bi Sont exemples de mme, quand ils contractent avec une partie non catholique, tous ceux qui, ns de

PROPRE CUR
s ur >nt t le> es schisme, l'infidlit, ou sans aucune on. mme s'il* ont t jadis baptiss dans l'glise Can. 1099, 5 2. Les dispositions de ce catholique conllrmcnl ce que nous avons dit pins haut, que l'glise ne veut pas obliger aux formalits 1I11 mariage catholique ceux qui n'ont jamais rail pro ite do l'atholicisiue, encore qu'ils aient revu le baptme avant l'ge de raison. A deux reprises, immission d'interprtation du Code a prcis, et tendu au moins la premire fois (cf. Acta apost. Sedis, t. xxm. rp. du 25 juill. 1931), la porte de certaines pour qu'un enfant soit dit n s de ce canon il suffit que l'un des deux de parents non catholiques pas catholique (baptis ou nom (20 juill. 1929, 'is, t. xxi, p. 573); par infants ns de parents non catholiques, il faut entendre aussi les fils dire de ceux qui ont totalement est
.;'<
.'

Pli>P

I!

l'hrsie, le

.1

abandonn
I

la foi.

in.

125; cf. Apollinaris,

t.

\.

1932,

thologien proccups de cet objet; il est Indlspen de discerner leurs |ioiuls de \ ue respectifs. Au regard de la philosophie, la question de la pi'o prit se prsente comme un chapitre particulier de toute tude relative a la loi naturelle et au ihoil li.it il ici exprim par celte loi. Des lors, on apprcie l'instl tution dans la mesure o elle dispose l'homme vivre honntement, a raliser les fins individuelles et sociales que lui assigne s,i nature d'tre raisonnable. Pour le juriste, la proprit est axant tout r parle droit positif, ecclsiastique ou laque, priv ou public. Ce droit positif, ayant pour but l'amnagement de justes relations Individuelles el sociales au sein d'une socit dtermine, revl ncessairement un caractre de contingence ou de particularit, mais en revanche se parc d'une certaine vigueur excutoire allant jusqu' la ont rainlc. La sociologie dcouvre dans la proprit un rail social de premier plan qui modifie el sp< ifle les reprsentations collectives d'un groupe donne. Elle se procsaille
(

qui. bien

mmes de la loi, il ressort que les enfants que baptiss, n'ont pas i.nt de premire com muniou. ne se sont jamais confesss et n'ont jamais idu parler de religion, ne seront pas soumis forme du mariage si, perses rnnl dans l'indiffrence, ils -sent plus tard a une partie non catholique. La question d'assujettissement la forme substanpropos de l'union des nis de nontielle peut se poser oliques. dont parle le canon, lorsqu'ils contractent s Orientaux catholiques, non soumis iptions du Code. V dfaut de texte explicite qui les concerne et \ u la \ aleur sensiblement gale des is que l'on peut apporter pour ou contre l'exempes

termes

cupe d'analyser ce
fique.

l'ail objectivement, de classer --es manifestations, d'en donner une explication scienti-

.1

011
Il

peut considrer
est

la

chose

comme
.1

douteuse en
c:is la rgle

donc permis d'appliquer


principe juridique
1:

ces

tiiun irritantes... in
.

dubio iuris non

le

In ohscuris

minimum

telles unions, mme informes, considres comme valides. C'est l'opinion soutenue par lie Smet, De sponsalibus et matrim., n. 13; 1924, p. 563.
il
1
.

jm iralique, de

xxx.

1/1

VI

.11

consquence,

la

swn.1 m.itierc.

Mariage, passim, avec une une abondante indication mi\ de monde ou de d r oit canonique. Nous ment les ouvrages ou articles spciaux sur ainsi que les travaux rcemment publies
1.

i\.
'

.1

l';i

ri

l'.-'j:(17.

li

rie marinqe fclandestinit),


on, le mnri'iijr
et les

l'ianetiillrs,

Paris.

aent

t.

iv

et

!< mnlrimnnii, Paris, 18I; spBassibey, De // clandestinit dans le iux, 1904; les Commentateurs des tlina tlt tponsaliont : Cance, unique, t. n, Paris. 1932; Cimetler, la\ (--Simenon,
(

".. t.

n,

l)i

iiand-1-ige, 1031
li

ment

aux
ont
ienl

articles

de revues complte dans le


\.

PROPRIT.
III.
I

I.

Bride. Introduction l'tude tho


II.

droit de proprit.

Gnralits
rient

(col. 759).

ilique traditionnel sur le droit

Que rest et il faire lorsque la thologie a recueilli les conclusions mises par la critique philosophique, juri dique, sociologique du droit de proprit? roui reste taire en vue d'assumer ces conclusions dans une morale chrtienne. On exilera Ici une confusion. Le point de x ne thologique ne se caractrise pas prcisment, comme on le dit parfois, par une rfrence au domaine dix in. pouvoir souverain de Dieu, crateur et providence, dont une dlgation ou une drivation descend jusqu' l'homme, image de Dieu par sa raison et ministre de Dieu par son activit libre. Il ne sutlit pas en elle! de remonter d'chelons en chelons la hirarchie des tres jusqu' la cause premire pour entrer en thologie. Au vrai, il n'existe pas d< mtaphysique dcide el complte qui ne men la pense jusqu' l'tre transcendant, analogiquement et ngativement connu: toute mtaphysique, en ce sens, est religieuse. Mais la thologie est surnaturel 1< dans ses principes et dans sa lumire nous sommes donc amens, si nous voulons trader thologiquemenl de la proprit, reprendre l'laborai ion philosophique en fonction des principes et sous la lumire thologiques, ou, en d' ni res termes, repenser ce problme, immdiate* ment relatif la loi naturelle, dans un contexte nouveau, plus vaste, o la loi naturelle s'esl insre par le lait du Christ et qui n'esl autre que la loi nouvelle. Or, la loi nouvelle consiste primordialemenl dans la grce de l'Espril Saint el secondairement en certaines dispositions propres introduire celte grce dans les mes (ordre sacramentel) ou lui permettre de s'exer\ l'endroil d<- ces dernires, l'usage lgitime de la grce prenant corps dans les uvres inspires p charit surnaturelle et la loi nouvelle se bornant au ncessaire, le Christ n'avait, pour l'extrieur, qu' reproduire les prceptes moraux de la loi naturelle, en soulignant, pour l'intrieur, le prcepte de la hant el de l'intention droite. En outre, ct des prceptes ncessaires, certaines dispositions contingente ca ii de i'a\ o pables, pour ci riser le rayonnement extrieur de la charit
:
i

catholique

dveloppement del grce,

V. Erreurs rela
!

En

ce qui touche

le

font l'objet dis conseils. droit de proprit, le


'

VI. Observation

I-

LIE

DU DROI1
l-ellc

iudrc une ques


'

.Ire

la

t!;.

peut donc bon droit se rfrer l'enseignent! ni de la loi naturelle: il ne s'carte |>:i< pour autant de la mthode thologique, puisqui son dessein ne laisse pas un instant d'tre domin par la principalitas nova legis qui est la grce chrtienne. Sans doute, U coute le philosophe, il lui donne la main, il rpte ses propos,

iprit

On

voit

avec

ur

le

phil

juriste,

ne, le

lui il cherche l'tablissement d'une vie honnte, irme aux dispositions de la loi naturelle; mais

.9

I-

1>

lil

T. DFI NITION
sant vindicandi, conjungitur

'60

pour le thologien spcialement


est

la

perspective de fond

cum

facullaU percipiendt

plus lointaine, cel instrumenl de vie honnti veut tre conu comme un instrumenl de vie chrtienne, parce qu< l'honntet na1 urelle conditionne ncessaire ment, secundum quod sunt de necessitate virtutis, l'usage correct de la grce dans les uvres de charit. On notera ensuite que cet exhaussement des \ises comporte une transformation, sinon de la ralit mme en quoi consiste techniquement le droit de proprit, du moins des vertus et des actes attachs l'usage chrtien de ce droit, (les verl us doivent tre des vert us infuses surnaturelles; ers actes, des actes surnaturellenient mritoires, chez le chrtien l'tat normal et vivant, c'est--dire en tat de grce. Enfin, le thologien, plus que le philosophe, sera sensible l'appel des conseils de perfection et notamlique.

omnem

ex re utilitalem. I.'- droit canonique a reu sans la modifier la pseudodfinition des civilistes; toutefois, il possde de la res une notion assez profonde et de quelque porte philo:

sophique mdia ml Toutes les

Re* 'le qui bus in tua- libro agilur qiueque Ecclesise fi/iem ronseqnendiim... Can. 726. lois (pie Ion parlera de droits rels, et la pro-

prit offre de ceux-ci le type achev, l'on ne devra jamais perdre de vue leur fonction instrumentale. Cette

ment, en l'espce, l'attrait de la pauvret vangNon que le fait de prner un certain dtachement suffise a caractriser le thologien hoc enim et
:

Craies fecit philosophus, et niulli nlii divitias contempserunt, dit saint .Jrme. Mais de suivre le Christ par la pauvret, voil qui fait le chrtien parfait, comme de suivre le Christ par l'usage vertueux des richesses et des droits, voil qui est de ncessit pour le chrtien.

destination essentielle aux res. qui les met au service des humains, a t marque par Domal en termes aussi Les lois civiles tendent les dislevs (pie prcis tinctions qu'elles font des choses tout ce que Dieu a cr pour l'homme. Et comme c'est pour notre usa^e qu'il a lait tout cet univers et qu'il destine a nos besoins tout ce que contiennent la terre et les deux, c'est cette destination de toutes choses a tous nos diffrents besoins qui est le fondement des diffrentes manires dont les lois considrent et distinguent les diffrentes espces des choses, pour rgler les divers usages et les commerces qu'en font les hommes. Les loix civiles dans leur ordre naturel, t. i. p. 52. Il n'en reste pas moins que le droit, tant civil que
:
-

En rsum, le trait thologique de la proprit ne se distinguera pas du trait philosophique correspondant par un apport intrinsque de notions et de rgles indites; en fait, il a plu au Christ de ne pas modifier sur ce point la loi naturelle, et celle-ci n'a pas besoin de la rvlation pour tre certaine et complte en soi; sa construction est solide et se suffit harmonieusement, btie par la raison. On ne s'tonnera donc pas de voir le thologien emprunter au sociologue, au juriste, au psychologue, au philosophe toutes les donnes matrielles de cette tude le droit de proprit est une ra:

lit sociale et

une institution juridique que le thologien n'a pas construire, mais observer: il n'en feindra pas une notion arbitraire, mais il s'efforcera d'en pntrer la contexture relle avec le soin et l'objectivit
qu'il

l'acte

met analyser le mcanisme psychologique de humain ou des passions. Mais l'esprit de la loi
:

nouvelle intervient le fait historique, social et juridique de la proprit passe l'tat de fait thologique, ce donn naturel devient commensurable au donn rvl, par sa collocation dans une exprience chrtienne totale, soit dans la foi individuelle des fidles, soit dans la foi collective de l'glise, inspire par l'Esprit-Saint. C'est par l que la proprit peut devenir objet de dfinition dogmatique et qu'elle intresse le
thologien.
II.
prit'.

canonique, laisse dans l'ombre le nud mtaphysique de la proprit, comme aussi les obligations morales qui pourraient ventuellement dcouler de ce droit. On se bornera donc pour l'instant recueillir les traits classiques par lesquels on dcrit l'objet, le sujet, la relation juridique, engags par le droit de proprit. 1. L'objet du droit de proprit. Au sens le plus gnral, c'est la chose, res, qui constitue l'objet de ce droit. Considre sous cet aspect, la chose prend un nom technique c'est un bien ; entendez un lment du patrimoine. Primitivement, les choses appropries ou biens consistaient en objets corporels, d'o cette dfinition du droit de proprit Jus perfecte disponendi de re corporali, nisi lege prohibeatur (Barthole). Mais cette rigueur ne pouvait que cder devant l'volution conomique tendant dmatrialiser la notion de valeur, en accentuant sa base psychologique on parle aujourd'hui couramment de la proprit d'une crance, d'une obligation ou d'une action on connat la proprit

littraire,

Gnralits.

ou industrielle, c'est--dire le droit exclusif des auteurs, artistes ou inventeurs sur les profits qui peuvent rsulter de la publication, de la reproduction, de l'exploitation de leurs uvres ou dcouvertes; on est propritaire d'un fonds de commerce, d'un office ministriel, d'une chaire, etc. En
artistique,

1 Dfinition
les ternies

du

droit de pro-

L'art. 544
le

du Code

civil franais dfinit le

droit

de proprit dans

suivants

La

pro-

prit est

droit de jouir et disposer des choses de la

manire la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohib par les lois ou i>ar les rglements. Cet article traduit la clbre dfinition d'Ulpien Dominium est jus utendi et abutendi rc sua, quatenus juris
:

gnral, toute chose capable de satisfaire, directement est susceptible d'appropriation. On objecte, il est vrai, que certains biens naturels trs abondants comme l'air et l'eau, quoique grandement utiles, ne souffrent pas l'appropriation. Mais cette objection repose sur une vue abstraite l'air et l'eau, que l'on considre comme des genres, ne peuvent tre, comme genres, appropris

ou indirectement, quelque besoin humain

ratio palitur.

s'attardera pas ici critiquer philosophiquement cette dfinition. Toutefois, en vue simplement de la bien entendre, il faut noter que le mot abuli ne signifie pas ici abuser, selon l'acception vulgaire, niais dispeser d'une chose jusqu' sa pleine et dfinitive consommation, ce qui s'oppose uti, droit d'user d'une chose en respectant sa substance. Mais on remarquera

On ne

qu'Ulpien se borne dcrire. e1 encore d'une manire incomplte, les droits subjectifs ou pouvoirs rsultant pour le propritaire de ce qu'une chose est sienne. En pur praticien, il nglige d'analyser prcisment cette appartenance de chose a personne, l'olhier. ce seul point de vue des effets, es1 plus complet Plnum dominium dicitur in quo facilitas de rc disponendi, eam (unis:

parce qu'ils ne peuvent tre, comme tels, utiliss. Pratiquement, l'homme utilise une quantit dtermine de ces genres, et rien ne s'oppose ce que des quantits ainsi dfinies soient appropries; elles le sont, en fait, par l'usage actuel. a) Les universitates et les biens individualiss. La ncessit de cette dtermination n'exclut pas la possibilit de biens constitus par un ensemble d'lments. On distingue eu effet, parmi les objets de proprit, un certain nombre de choses isoles et nettement individualises, en regard de biens qu'il faut considrer

comme

des tout s. des universalits (universitates ) : le patrimoine, l'hrdit, la dot, sont des universitates juris. parce qu'ils impliquent des biens disparates (pie le droit considre comme lis et traite eu bloc; les

PROPRIT. DFINITION
fonda de commerce sont des unioersitates facti, parce Impliquent des lments dont la cohsion fait la valeur. Plus importantes sont les distinctions qui vont suivre il qui s'appliquent traditionnellement aux biens pris dans leur Individualit. b> s et biens incorporels. Pour avoir matrialis leur notion l- proprit, les Romains ont .nul m i^ -i onsidrer cr il roi comme une chose; on ihv.nl mon bien, m.i chose, ma proprit, c'est .1 dire la chose dont j'ai la proprit. Cette tournure concrte le l'esprit Juridique .1 entran une consquence impr distinction des biens en biens corporels vue la (choses) et en biens incorporels (droits conus comme
qu'ils
i i
:
.

tableaux, statues) sont galement considrs comme immeubles. Inversement, certains biens naturellement Immobiliers, comme des recolles ou des coupes de bois ai tcnanies .m sol, sont quelquefois considrs comme meubles, en cas de saisie ou de vente; il en \ a de n nie quand on vend des matires a extraire du soi (sable, chaux, pierres, etc.) ou des matriaux a provenir de la dmolition d'un btiment. Enfin, la distinction des biens en meubles et Immeubles lui tendue .iu\ biens incorporels, dont logiquement ou ne peut concevoii des droits sol qua qu'ils soient l'un plus que l'autre Unes d'immobiliers si telle esi la nature de l'objet au
1
:

quel

les

chOS4
les

tomplibies et biens non consomptibles biens corporels, il en est don) on ne peut se servir s. m-. les faire disparatre >lu patrimoine par la sommation matrielle ou juridique (alination)

ils s'appliquent (servitude, droits d'usage et d'habitation, toute hypothque, saul l'hypothque mari time, in. une a objet immobilier, action tendant a la

Parmi

qu'o en fait. L'usage futii d< ces choses se confond laite de disposition fabuti). Au contraire, cer tains biens supportent un usage prolong (maisons, outils, terre-., vtements) ou admettent des usages in quemment rpte-., van-- disparatre, du moins de apprciable ce sont des biens non consompti bls dont l'u/i est indpendant deVabuti. La consompllbilitou la non-consomptibilit est une qualit dfait. <// Biens fongibles et non fongibles. On confond souvent cette distinction avec celle qui prcde. En fait, il se trouve que l'immense majorit des choses imptiblcs sont en mme temps choses fongibles m vent lire par l Us choses qui ne se dterminent Individuellement que par le nombre, la mesure ou le pouls. Dans un mmo genre le choses fongibles, toutes quivalentes entre elles et interchangeables; il sittlit de les individualiser par un nombre, une mesure ou un poids identique (bl, vin, monnaie, etc.). Au contraire, les choses non fongibles sont individualises
1
: :

reconnaissance d'un droit immobilier, etc.); inverse ment, tous les droits qui ne se rfrent pas a ui\ immeuble SOI estims meubles incorporels (droits rels portant sur des meubles, proprits incorporelles d'offices, de tonds de commerce droits d'auteurs ou d'inventeurs, crances d'argent, actions et intrts dans les socits, renies, valeurs mobilires, etc.). lai tudiant Biens naturels, produits, capitaux. / de l'utilisation des le processus de l'exploitation et biens par l'homme, les conomistes oui coutume de distinguer en trois groupes les objets susceptibles les biens naturels, les produits, les d'appropriation capitaux.
I

l.a catgorie des biens naturels comprend (ont ce que donne gratuitement la nature et qui ne requiert aucun travail humain. Ces biens peux eut l re d'abord propres

satisfaire nos besoins (eau de la source, fruits spon-

de telle sorte qu'elles constituent des corps certains, uniques, irremplaables (tel objet, tel animal, celui l in un autre). Frquemment, le caractre fongible ou non d'un objet dpend de l'intention des parties un exemplaire de tel ouvrage en vaut un autre aux du libraire et de son acheteur (chose fongible); si l'on prte un li\re de sa bibliothque, c'est celui la que l'on rclamera, considr dans son identit (chose non blet; des pices de monnaie qui circulent comme instrument de paiement sont rputes fongibles; des * de monnaie prtes pour figurer a une exposi lion ou a la vitrine d'un changeur sont considres in et rputes nnri fongibles. ?> llirns meubles et immeubles. Celte distinction, <)in reoit de multiples et importantes applications pratiques, n'intresse logiquement et n'intressait primitivement que les biens corporels. D'eux seuls en prinon peut se demander s'il-, sont ou non susceptibles \ ce point de Mie. on classe comme Immeubles par nature les terrains, les vgtaux tenant il, les difices, tandis que l'art. 528 dfinit comme nblei par leur nature les corps qui peuvent se r d'un lieu a un autre, soit qu'ils se meuvent
:

tans de la fort, miel sauvage, gibier) ou fournir matire un travail ultrieur de l'homme destin a satisfaire un besoin humain plus complexe par exemple, le rognon de .silex pour l'homme prhisto rique. l'argile que va ptrir le potier, le minerai de fer. Dans ce dernier cas, le bien naturel prend le nom plus prcis de matire premire. Les produits sont un rsultat de la mise en uvre des matires premires par le travail humain. Ils sont dfinitifs s'ils sont des tins satisfaire tels quels nos besoins; dans le cas contraire, ce sont des produits intermdiaires, rsultat par rapport au travail antrieur, matire premire par rapport au travail ultrieur, et doivent se trans former en d'autres produits. Quant aux capitaux, la terminologie esi loin d'tre fixe. Rodbertus, puis
:

mme s animaux, soit qu'ils ne de place que par l'effet d'une force comme Us choses inanimes Cependant, pratiques contraignirent d'assouplir h lion rijjoureusemenl logique tout d'abord naturellement mobilires furent Irai bls a ause de leur rA ilination qui lient un immeuble ou cause durable de ces meubles un ibb-s (animaux, machines) m ploitation ndustrielle ou com ir destination; ceux qui rptuelle d< meure sur un mur (glaces,
l<

:er

'

.1

: ,

Hohm liavverk. ne reconnaissaient sous ce nom que les instruments de production cl les matires premires; Stanley .levons, uniquement les stocks de provisions accumuls en vue de la production; pour Walras, il convient d'appeler capital la seule richesse durable, ce que l'on nomme gnralement capital lixe. par opposition aux matires premires, aux approvisionnements et mme a certains outillages qui disparaissenl au cours de la production cl qui appartiendraient au revenu. Sans nous engager dans ce dbat, d'ordre Strie tement conomique, on peut convenir d'une distinc tion logique et rationnelle; le capital doit tre formel lemenl dfini par deux traits: le capital est un produit. par quoi il s'oppose aux biens naturels cl d'o l'on peut infrer (pie la seule constitution <lu capital repr sente une activit productrice: d'autre part, le capi tal est un instrument de production, c'est a dire un gnrateur de produits, par quoi il s'oppose non seule ment, ce qui va de soi. aux produits dfinitifs, mais aussi aux simples produits intermdiaires qui. en ri gueur d'expression, ne reprsentent que les tats sue cessifs de la matire transforme, tandis que le capi tal se lient, comme tel. du ct de l'agent producteur, au titre d'instrument. Il reste d'ailleurs qu'une ralit donne peut fort bien, suivant rle qu'on lui attribue dans le processus de la production, faire fonction
l<

763

l'Uni*

It

T. DFI NITI

764

de produit dfinitif, de produit intermdiain ou de capital. Bien mieux, grce au crdit, toute valeur conomiquement apprciable peut tre capital isi l'on base sur elle une activit productrice. D'o vient que la monnaie, signe commun des valeurs, esl le capi t;il par excellence, l'instrument oblig, en tait, de toute production. Le sujet du droil 2. Le sujet du droit de proprit. de proprit est toujours, au sens prcis de une personne. A << |H>in! de vue encore, les proprits pourront se distinguer. La proprit collective s'oppose ;i la proprit individuelle en ce que le sujet de la premire esl une collectivit, tandis que le sujet <le la seconde esl
i

qui n'ont pas de matre, on signale Us terres d'un pays inhabit e les animaux sauvages. On sait qu'en France toutes les tei res vacantes et sans maiie appartiennent l'tat; autrement dit, il n'y a plus en France d vacantes et sans matre. Mais on considre le gibier, les poissons, les crustacs et les mollusques, les produits de la mer. les choses abandonnes ou ret licla (qu'il ne faut pas confondre avec les paves, c'est duc avec les objets gars ou perdus) comme autant de biens vacants el sans matre. notion traditionnelle du droit de proprit - Le droil Nature du droit de proprit. de proprit est un droit rel, ('est adir un droit en vertu duquel une chose se trouve soumise au pouvoir d'une personne, par un rapport immdiat opposable tous. C'est cette rfrence directe et simple de la cho la personne qui caractrise, dit-on, le droit rel. Au contraire, le droit personnel ou, mieux, le droit de crance, confre une personne un pouvoir la reliant directement a une autre personne et permettant a la premire d'exiger de la seconde l'accomplissement d'un fait OU une abstention. Cette distinction, trs ancienne et trs importante en pratique, n'a qu'une origine
3.

/."

un individu.

Une nuire distinction se superpose la prcdente la proprit sans concider exactement avec elle prive et la proprit publique, suivant que la personne propritaire est de droil priv ou de droil public. On confond assez, frquemment proprit prive et proprit individuelle; en logique, il faut les distinguer, car il existe des personnes collectives ou personnes morales de droit priv. Quand on verse dans cet le confusion, on attache d'ailleurs au qualificatif de priv un sens qui m* l'oppose pas public, mais qui dnote plutt le caractre exclusif, incommunicable, du droit de proprit, par opposition communaut; on souligne alors un trait qui se retrouve ncessairement en toute
:

espce de proprit. d'opposer la proprit, tant il convient en effet individuelle que collective, tant prive que publique, la communaut ou communisme des biens par quoi l'on dsigne une universalit de biens ou certains biens
individualiss comme appartenant un groupe non personnalis et donc comme soustraits au droit exclusif de qui que ce soit. On ne confond donc pas en principe la proprit collective dont une personne morale est la propritaire exclusive et la communaut de biens, qui carte l'ide mme de proprit, aussi longtemps que la multitude intresse ne constitue pas une personne collective juridiquement reconnue. Bien des questions qui n'offrent plus aujourd'hui qu'un intrt thorique ou rtrospectif se posaient autrefois du fait que des tres humains (esclaves, femmes maries, enfants) qui n'taient pas sui juris, qui taient donc privs de la personnalit civile et incapables d'aucune proprit, pouvaient en fait disposer d'un certain pcule. Une question analogue se pose aujourd'hui encore, dans certaines lgislations, au sujet des associations non dclares; celles-ci sont parfaitement lgales, quoique nulle personnalit juridique ne leur soit attribue, et cependant, en leur nom, des actes de proprit sont exercs, des contrats sont passs; il se constitue donc, en fait, une sorte de patrinistr au

moine acphale, tenu en mains communes et adminom de ses membres; ceux-ci, en l'absence
de personnalit sociale juridiquement reconnue, sont les vritables propritaires de leurs apports et de leur part indivise dans les biens communs, avec obligation contractuelle de conserver ceux-ci dans l'indivision pendant une priode convenue ou jusqu' dissolution de l'association de fait, il semble nanmoins que la technique juridique manque ici de souplesse et ne s'adapte qu'imparfaitement la realit sociale. Au point de vue du sujet, l'on oppose aux choses appropries les choses sans matre celles-ci se divisent en choses qui sont considres comme communes et non susceptibles d'appropriation, et en choses qui accidentellement n'ont pas de matre. La mer, l'air, l'eau eau de pluie jusqu'au moment o elle courante. atteint le sol, sont des exemples classiques de choses communes; on formule des rgles juridiques pour leur usage. Parmi les choses susceptibles d'appropriation el
:
I

procdurire, sans prtention philosophique. Le droit romain ignorait le fus reale et l'aclio realis. Mais il connaissait en procdure Vactio in rem et Vactio in personum, suivant que l'action visait dlerminment telle chose certaine contre toute personne quelconque ou telle personne certaine propos de quelque obligation de donner, de faire ou de s'abstenir. C'tait au fond une question de commodit pratique et de clart. De Vactio in rein on tira l'expression correspondante jus in rem. et de Vactio in personam on tira jus in personum ou jus a<l rem. ce que l'on traduisit beaucoup plus tard par les formules droit rel et droit personnel. Mais les juristes qui ne sont pas purs praticiens se rendent compte de l'ellipse que recouvre, dans sa simplicit apparente, l'expression de droil rel. La relation dequel personne chose n'est pas d'essence juridique droit opposer l'gard d'une chose, quelle obligation correspondante mettre sa charge, quelle justice satis faire entre personne et chose'? autant de questions qui ne peuvent se poser et qui prouvent bien, par l'absurde, que le droit, comme objet de justice, ne peut intervenir qu'entre des personnes. Oe la personne la chose. des relations de pur fait, d'usage, de jouissance s'tablissent; le droit peut considrer ces relations de fait, les prendre pour objet matriel, mais en lui-mme il doit lier personne personne. C'est par cette relation strictement juridique qui le rfre d'autres personnes dtermines ou dterminables, que le titulaire d'un droit rel se distingue d'un usurpateur; propritaire et voleur entrent identiquement en rapport avec la chose, mais nul ne doit respecter l'attitude prise par le voleur, tandis que tout le monde doit reconnatre pour inviolable l'attitude du propritaire. Il n'en est pas moins vrai que l'attib) Espces. tude du sujet l'gard de la chose, en tant qu'elle intervient comme objet ou contenu matriel du droit, fonde une distinction et une classification objective des droits rels. La distinction se prend, i>er prius et posterius. partir de la notion de pleine proprit, c'est--dire du droit rel parfait, en vertu duquel une chose se trouve soumise, d'une faon absolue et exclusive, l'action d'une personne. Le propritaire obtient donc le pouvoir de disposer librement de la chose elle-mme, de ses fruits et de toutes ses ut ilils. dans les limites de la loi et des
:

conventions rgulires, C'est

le domaine parfait. contraire, le domaine imparfait consiste dans un dmembrement de la pleine proprit. On en observe la nue proprit confre au propriplusieurs types taire le droit de disposer lgitimement de la chose.

Au

l'IUil'
il

KM

II.

DFI
I

ITln

.,

ili
l

respecter
usufruit

la

libre |ouiss

autrui; uvoir d'user et


i

son titulaire de jouir, sa vie durant, de biens rtt'iiant ii'ii nue proprit) u une autre personne librement que celle-ci en userait el en jouirait, \ n In substance, c'esl .1 dire
ioser dfinit ivemeul
:

doune

l'usage, au sens

.mue que
-

l'on considre

ici, est

un droit qui donne

a l'usagci li pouvoir de se servir de la chose et d'en voir les fruits, mais seulement autant qu'il lui Code ut pour sis besoins et ceux il<' vi famille
,

e domaine s'tait dcompos sous h rgime fodal, par suite de multiples concessions contractuelles rset vanl la proprit au seigneur, mais attribuant au vas s. d un droit le jouissance tendu el durable. L'im tance et la Stabilit de la tellure eurent une couse quence pr> Islble le tenancier passa pour un vritable propritaire, axant le domlnium Utile, taudis que le seigneur se \ii attribuer une sorte de proprit ml nente. dominium directum. Mais dj sous l'Ancien
:

permet son litudans la maison d'aument une catgorie assez disparate et qui n'est pas limitativement fixe; on ne peut les dfinir que d'une manire gnrale. Une servitude impose sur un hritage pour l'usage et l'utilit d'un autre propritaire. Code clv., art. 637. On s'en tient provisoirement aux tres traditionnels, qui conviennent, mutatis /nule

droit d'habitation
les siens

de demeurer avec

directe seigneuriale avail cesse d' re consl proprit; on 3 voyail cou ramment une servitude, une charge difficilement expll cable, pesant sur la proprit vritable du tenancier. l.e domaine direct l'othier criv ait au x\ 11 r sicle n'est plus qu'un domaine de supriorit el n'est plus que le droit qu'ont les seigneurs de se faire reconnatre connue seigneurs par les propritaires et possesseurs d'hritages tenus d'eux et d'exiger certains devoirs et

Rgime,

la

dre

comme une vritable

redevances

is,

aussi bien la pleine proprit qu' ses

dmem-

brements.
o. / c droit

rcognitifs de leur seigneurie... C'est, l'gard des hritages, le domaine utile qui s'appelle le domaine de proprit. Celui qui a ce domaine se nomme propritaire... Celui qui a le domaine direct

de proprit est un droit absolu. lui dpit souleves autour de cette pithte, on

peut

se

conformer non seulement a la lettre du Code mais a la tradition juridique et philosophique dans l'art. 544, en admettant ce ternie.

s'appelle simplement seigneur... Ce n'est pas lui, c'est le seigneur utile qui est proprement propritaire de l'h ritage, Trait du droit de domaine de proprit, n. 3.
lit qu'entriner l'tal de fait, et le mit en Formules juridiques en affranchissant la proprit foncire de cette charge dsute que faisait peser sur elle la directe seigneuriale. Depuis la nuit du aot 1789, la proprit pleine, ainsi alrau chic des droits seigneuriaux, est la seule qui existi

La Rvolution ne
le

(.ode civil

quitte a l'expliquer.

Quand on repousse
proprit, on
le fait

le caractre absolu du droit de par souci de moralit et de justice. itime qu'un droit ne saurait tre absolu pour cette
1

dcisive que tout droit est relatif une lin et que, du reste, rien n'est absolu en dehors de i'Ipsum Esse. Ce raisonnement prouve trop; il nous conduirait oscrire l'usage du mot absolu dan-- le langage vul011 scientifique. Tout est relatif ici-bas, et plus qu'ailleurs en matire murale et juridique. Doit-on sser la rigueur jusqu' ce point de n'user plus du qualiticatif absolu qu'a propos de Dieu? Ce serait un manifeste, si tout est relatif, nos concepts n'ecette loi, et celui d'absolu ne fait pas -que nuis rencontrons un tre d| ;uelque endroit et sous quelque rapport, de telle limite ou de telle condition d'existence, nous sommes rler d'absolu sans erreur ni absurdit. [ue de l'esprit qui entend ce mot dans un contexte prcis, sous un jour dtermin. Quelle drision que d'attribuer le i>"tii'oir absolu
.

juridiquement en France. El c'est ce que l'on entend par son caractre nhsolu. assurment, c'est une question de savoir s'il est ncessaire ou s'il e.st opportun d'attribuer tous ceux qui occupent le sol ce type quiritairo et absolu de proprit. Mais, avant de poser cette question, il tait
ncessaire d'en lucider tous les termes. Il serai! trop de s'indigner contre une notion paenne, idoltrique, immorale, goste de la proprit. On voit que le caractre absolu de la proprit, si on l'eut end en son sens technique, ne lgitime pas. lui seul, ces reproches. Il implique un mode particulier d'appropriation runissant au bnfice du mme titulaire le domaine
ais

direct

et

le

domaine

ni lie.

qu'est l'homme? Cependant, s'il est politique, si l'on \eut signaler que nie. en vertu de la constitution, ne se heurte un pouvoir lgal indpendant du sien et comptent pour le contrler, on parlera s,ms absurdit de Nul ne s'\ trompe, au surplus, et chalativit paradoxale des pouvoirs dits

us.

Il

en

dique

droit de proprit, sainement compris. te nulle obligation morale ou jurijamais sur l'exercice du droit de pro[u'aucune sanction, voire aua
le
'

de

mme

pour

s.,

tu doit

tre

Ce qu'Ol a appel le domaine minenl de l'tal ne constituerai! une objection au caractre absolu du droit de proprit que si l'on considrait, la mode fodale, la proprit comme une concession de l'tal suzerain aux sujets vassaux. En ralit, sons l'expression domaine minenl de l'tat, se trouve une ralit toute diffrente c'est que l'tal peut, non pas res treindre prcisment le droit de proprit en lui mme, mais amnager son champ d'application concrte, qui varie avec l'tat conomique el social, el prvoir cei taines rgles lgales organisant le rgime de la pro prit pour le bien commun de la socit politique. D'aucune faon, l'tal n'exerce, titre de propritaire minenl. une sorte de domaine direct sur les biens que
:

rontrainte, ne puisse corriger l'usage de ce droit. Plus profondment, on ne veut pas dire que le droit olu comme le serait une lin en soi premier, ce qui l'empcherait d'tre

d'une

fin

ou d'tre

la

cou

ni principe.

verra plus loin qu' supprime intime allgeance n lui te prcisment sa raison in ordre donn, dans une discipline ribuer au mot absolu 1111 sens
I

On

ce qui s'est produit


l'histoire sul

de proprit,

el

mprendre.

des particuliers possderaient en domaine utile. L'tal se trouve aujourd'hui a l'gard de tous les propritaires ce qu'il tait l'gard des alleutiers dpom \us des droits souverains de justice. On pu en effel toujours discerner certains alleus, soumis a la juridil lion du souverain justicier (non propritaire!: le pro justice i, mais pritaire alleutier n'avait donc pas la le seigneur justicier n'avait pas la proprit. C'est ce que Portails, dans son expos' des motifs au Corps [gi latif sur la loi de la proprit (26 nivse an XII notait justement, aprs l'othier. I.ovseau el l'.odiu. parmi les qu'il reconnat dans tincelles de raison iode que. dans les cou le drod du Moyen Vge, il tres O les lois fodales dominent le plus, on a cout

'67

PROPRIT. MODES D'ACQUISITION


les

768

stamment reconnu

biens libres

ei

allodiaux, ce qui

est

prouve qu'on n'a jamais regard la seigneurie fodale comme une suite ncessaire de la souverainet... On celle de supdistingue dans le prince deux qualits rieur dans l'ordre des licl's cl celle (le magistral |>'>litique dans l'ordre commun... On a toujours tenu pour maxime que les domaines des particuliers sonl les
:

perptuel, mais on convient que ce trait ne lui est pas essentiel. L'usufruit est essentiellement un droit
viager.

Le dominium perfectum

lui

mme

est

expo

proprits sacres qui doivent tre respectes par le souverain lui-mme. Le caractre absolu du droit le proprit ne rencontre-t-il aucun empchemenl tenanl au souverain domaine du Crateur sur les cratures? ici encore, la rponse est certainement ngative si l'on rserve leur sens technique el a l'pil hte d'absolu et l'expression de souverain domaine du Crateur. On verra plus loin que c'est par illusion antliroponiorphique que l'on attribue au domaine divin sur les choses, par opposition au domaine humain, les caractres d'un domaine direct par opposition un domaine utile. Cette illusion s'apparente celle du concours simultan. En ralit, loin de limiter le domaine humain, d'entrer en relation de contigut ou en comptition avec lui, le domaine divin le fonde en droit comme il le supporte en lait sans aucunement l'amoindrir. On peut dire du propritaire humain ce que Loyseau disait du souve Le prince n'est rain pas moins suzerain (et, disonsnous, l'homme n'est pas moins propritaire) pour tre subiet Dieu. Bien au contraire.
:

s'teindre (expropriation pour cause d'utilit publique, classement des cours d'eau navigables et flottables) ; le droit de superficie, le droit des auteurs, la proprit des concessions de mines, ne pensent tre que temporaires; enfin, la proprit peut tre affecte dune conrsolutoire qui la rende prcaire. Il convient cependant de remarquer que le caractre perptuel de la proprit explique qu'on ne puisse perdre ce droit simplement par- h- non-usage; nulle prescription n'-

dition

teint ce droit ni. en principe, l'action en revendication.

D'ailleurs, en l'absence de toute prescription extinctive. une proprit peut se trouver dplace du fait d'une prescription acquisitive au profit d'un tiers. Et

mme, en
tions,

droit franais, par- suite d'autres considra-

l'action en

a l'gard de ne s'agit que de meubles. Toutes ces dispositions tent quelque peu de leur importance au caractre perptuel du droit

une prescription extinctive existe


revendication quand
il

de proprit.
Les /uits attributifs de proprit ou modes d'acqu1. On acquiert le droit de proprit par certains faits juridiques reconnus et classs traditionnellement. D'aprs la porte plus ou moins tendue de l'acquisition, on distingue les modes titre universel et les modes titre particulier. D'aprs leur caractre conomique, on distingue les modes titre gratuit et les modes titre onreux. Selon le moment de l'acquisition, les transmissions entre vifs s'opposent aux transmissions par dcs. Enfin, suivant que l'acqureur est ou non l'ayant cause d'un propritaire antrieur, on distingue les modes d'acqurir drivs ou le mode ori'!

rir.

Le b. Le droit de proprit est un droit exclusif. droit de proprit est exclusif en ce sens qu'il attribue la libre disposition et l'entire jouissance d'une chose une personne dtermine, l'exclusion de toute autre.
C'est par l, disons-le en passant, qu'on voit bien la relation juridique s'tablir entre des personnes. Le droit de proprit tablit son titulaire, en ce qui concerne la matrise d'un bien dtermin, dans une situation unique l'gard de quiconque. En principe, il est loisible au propritaire d'interdire toute autre personne l'usage de sa chose, dt-il ne souffrir aucun dommage ni aucune gne de cet usage. tous les tiers s'impose donc l'obligation vritable de ne rien entreprendre sur la chose sans le consentement du matre. La proprit collective ne contredit point l'exclusivit du droit c'est au bnfice exclusif de la personne morale ou du groupe personnifi que cette proprit s'organise. Il en va un peu diffremment de la proprit indivise. Alors que la relation exclusive s'accommode sans peine d'un sujet collectif, elle est directement intresse par l'indivision. Il y a ici, en effet, plusieurs sujets, entre lesquels se partage un mme droit de proprit. En cas d'indivision, le droit de chaque propritaire porte sur l'ensemble de la chose commune; ds que le droit porte sur une portion, on est sorti d'indivision. On conoit donc la relation juridique comme un rseau solidement nou du ct de la chose, mais se divisant de l'autre ct en autant de fibres qu'il y a de sujets propritaires; chacun de ceux-ci est donc en relation avec toute la chose indivise, mais il la tient pour sa quote-part, c'est--dire pour une part abstraite qu'il reste dtailler. A prendre les choses philosophiquement, il semble que la proprit indivise soit elle s'actualise, et ralise une proprit en devenir alors la notion parfaite de proprit, soit par le partage, qui dtermine concrtement dans la chose des parts proportionnelles aux parts abstraites que chaque copropritaire possdait sur l'ensemble de la chose, soit par rduction l'unit des divers copropritaires. De toute faon, l'indivision, lorsqu'elle n'est pas exige par la nature mme de la chose ou de l'usage qu'on en fait, semble un phnomne transitoire, remplac tt ou tard par une proprit divise, individuelle ou collective. c. La perptuit du droit de proprit. On admet gnralement que, de sa nature, le droit de proprit

ginaire.
tion,

L'unique mode d'acqurir originaire est Yoccupapar laquelle on prend possession, avec l'intention d'en devenir propritaire, d'une chose susceptible

d'appropriation et qui n'appartient personne, ('.est par occupation que l'tat devient propritaire des biens vacants et sans matre, c'est--dire des immeubles abandonns, des successions en dshrence. Les particuliers ne peuvent acqurir de la sorte que des biens meubles, par la chasse, la pche, la rcolte des produits de la mer, l'invention d'un trsor (on sait que par dfinition le trsor est un bien sur lequel personne ne peut plus justifier de son droit). Le droit des prises au profit des marines de guerre des tats belligrants et l'acquisition des paves maritimes, fluviales ou terrestres (objets perdus) se rapprochent de l'occupation parce que le propritaire antrieur, bien qu'il existe toujours et n'ait pas abandonn sa proprit, ne peut justifier de son droit; en ralit, il y a mode driv d'acquisition, en vertu de la loi ou par usucapion. 2. Les modes drivs sont les plus nombreux et les plus importants; ils effectuent non simplement une acquisition, mais un transfert de proprit. A cause de mort, la proprit est transmise par succession ( titre universel) ou par legs testamentaire ( titre universel ou particulier). Entre vifs, le droit romain connaissait plusieurs modes de transmission titre universel
:

Vadrogatio, la conventio in

manum,

la venditio

bonorum; en droit commun, toute transmission entre vifs se fait aujourd'hui litre particulier, et nul ne peut renoncer son patrimoine ou en tre dpouill. La convention, qui peut tre titre gratuit (donation) ou onreux {vente, change, etc.), transfre les biens moyennant le consentement de l'ayant cause en mme temps que de son auteur. La volont de l'auteur n'est jamais prise en considration, et la volont mme d'acqurir n'est pas toujours discernable chez l'ayant cause lorsque Yusueapion confre la proprit d'une chose

I-Koritl III.

ENSEIGNEMENT SUR LE

Dltull

(>

^session prolonge un certain temps el revtue de certains caractres, ou lorsqu'en vertu de l'accession le propritaire d'une chose acquiert la pro pri t de ce qui s'unit ou s'incorpore a sa chose, soit par un fait naturel (accession d'animaux tels que :i-, lapins, abeilles; accession d'alluvions et par un fait artificiel et notamment par son
;
I

et le travail d'autiui.

ieaditionnei m t il DBOIT l>l PROPBIl il. - le titre (le cette m. lion suffit a montrer que l'on n v trouvera pas un -. systmatiquement labore, mai-- seulement le rsum de l'enseignement commun en matire de proprit. D'autre pat, nous n'insisterons pas sur maint questions connexes dont l'importance justifie une
111.

L'enseignement cathouqui

tuile spciale

du

travail,

En

conception chrtienne le la richesse, pauvret, jugement sur le salariat, sur me. sur le solidarisme, etc. ce qui concerne le droit de proprit, les ency:

le la

cliques Rerum novarum et Quadragesimo anno facilitent notre tche. Sans prendre parti dans les querelles d'coles, elles expriment, avec une prcision el une autorit incontestables, l'enseignement ordinaire

de l'glise sur ce point, et il nous suffira presque de 1rs paraphraser. Nous les citerons d'aprs l'dition commode du lt. 1'. Rutten, La doctrine sociale </< l'glise,

tions du Cerf, Juvisv. 1932. Tenons avant tout jour assur que
.

ni

lion X11I

thologiens dont l'glise inspire et contrle l'en ment n'ont jamais ni et contest le double t. individuel et soeial. qui s'attache la proprit selon qu'elle seit l'intnit particulier ou regarde le bien commun... Il est donc un double cucil contre
ni les
il importe de se panier soigneusement. De nnnie. en effet, que nier ou attnuer a l'excs l'aspect et public du droit de proprit, c'est verser dans l'individualisme ou le ctoyer, de nu' me. a contester OU a \oiler son aspect individuel, on tomberait infailliblement dans le collectivisme, ou tout au moins on risquerait d'en partager l'erreur. Quadr. anno, p. 32G. le double caractre, tout la fois individuel et social du droit de proprit, est une de ces vues gnrales qu'il ne faudrait jamais abandonner lorsqu'on traite ;te question. Il ne s'agit pas seulement de dcouvrir en ce domaine des lments individuels et des lments sociaux. On a l'impression, d'aprs le langage de l'encyclique, que iliaque lment revt, comme tout ce qui est humain, un double aspect et peut tre dr du point de vue individuel ou du point de \uc social. Lors mme que le propritaire se verra \u d'avantages particuliers, on n'oubliera pas que cette concession mme tend rtablissement d'un leur tat social. En revanche, toutes les rgles et rientes \ii- le bien commun seront de telle sorte qu'elles respecteront lis intparticuliers essentiels et. tout prendre, assureront les conditions gnrales requises leur complet loppement. Sous le bnfice de cette remarque ilable, et pour contenir dans de justes limites lis UT la proprit et les devoirs qui lui incombent, il faut poser tout d'abord le principe fondamental tabli par Lon XIII, a savoir que le droit confond pas avec son us, Quadr. anno. p. 327. Sur cette distinction fondamentale toute la doctrine catholique des ride la proprii ui concerne le droit de proprit lui-mme, on trouve dans l'enseignement de l'glise des preuves en v ue de -on amnage-

lequel

(,'n.n/r. anno, p. 326, Nous verrons un peu plus prive, lom que certains thologiens tondent le droil de proprit sur une sorte de droit divin. Il convient dnoter que l'enseignement commun se montre rserve sur ce point; m lion \lll ni l'ie \1 ne ineiil ionnent le rle d'usufruitier qui reviendrait au propritaire humain, sous le domaine divin, plnier el minent, Sans doute, quiconque a rei,'U de la divine Houle une grande a bon daine, soit des biens externes el du corps, soit des biens de l'Ame, les a reus dans le dessein de les laiie serv ir a son propre perfectionnement el toul ensemble comme ministre de la Providence, au soulagement des autres Rer, nov., p. 265. Mais il v a loin de ce thme gnerai aux dev cloppcmclil s prcis par lesquels eei nuis prdicateurs el quelques thologiens ont voulu expli quer le droit de proprit humain par une drivation spciale du pouv oir souv erain propre au Crateur. Selon renseignement commun, le propritaire n'est pas nn mandataire ni un usufruitier, mais un propritaire, et c'est ce droil de proprit, non un autre, qu'il s'agit de lgitimer; or, l'explication immdiate ci suffisante de ce dioit rside dans la nature humaine, et, si elle lait appel Dieu, c'est en tant que la nature, avec toutes ses prrogatives, est l'uvre de Dieu. Le droit de proprit est donc de dioil naturel plutt que de droit divin si l'on veut parler avec quelque rigueur. On objectera que la nature, c'est dire son Crateur, a donne la terre en jouissance au genre humain toul entier , et donc que le droit de proprit ne s'enracine pas aux profondeurs du droit naturel, mais rsulte de la convention, de la violence, de la coutume, bref de quelque amnagement positif ultrieur. Tel n'est pas le sens de cette vrit. Elle signifie uniquement que Dieu n'a assign de part aucun homme en particulier, niais a voulu abandonner la dlimitation des proi
.

prits l'industrie

humaine

et

aux

institutions des

quoique divise en proprits prives, la terre ne laisse pas de servir la commune utilit de tous, attendu qu'il n'est personne parmi les mortels qui ne se nourrisse du produit des champs... De tout cela, il ressort une fois de plus que la proprit prive est pleinement conforme la nature... n Rer.
peuples.
reste,

Au

nov., p. 251. 2. Le droit de proprit f>rive est

>

une exigence de la nature humaine, rationnelle cl libre. Lorsque l'on parle de droit naturel, il faut avoir en vue, non pas une foi mule abstraite, les requtes d'une nature en l'air, mais les exigences de l'tre humain. Pour les discerner, il n'est que d'observer ce qui diffrencie l'homme des autres animaux. Il y a en effet une trs grande diff rence entre l'homme et les animaux dnus de raison. Ceux-ci ne se gouvernent pas eux-mmes; ils sont dirigs et gouverns par la nature, moyennant un double instinct, qui d'une part tient leur activit constam ment en veil et en dveloppe les forces, de l'autre provoque tout la fois et circonscrit chacun de leurs mou vements. Un premier instinct les porte la conserva tion et la dfense de leur vie propre, un second la propagation de l'espce; et ce double rsultat, ils l'obtiennent aisment par l'usage des choses prsentes et mises leur porte (quic adsunl quseque prwsenles sunt). Ils seraient dailleurs incapables de tendre au del, puisqu'ils ne sont mus que par les sens et par chaque objet particulier que les sens peroivent. Bien autre est la nature humaine. Chez l'homme, d'abord, rside en sa perfection toute la vertu de la nature sensitive et des lors, il lui revient, non moins qu' celle-ci, de joui] les objets physiques et corporels. lier, nov., p. 249 250. A ce point de vue. l'ordre universel, ainsi que le

aient.

remarque
mite du droit dr proprit.
durel.

saint

Thomas, veut
les
Il

que

les tres

impai

\.

l.f droit

de

taits existent
i.
.

<

C'est de la nature et donc du reu le droit .) pr< pri t

q.

peur ixvi.a. 1.

plus parfaits i. Sum. theol., il v a donc entre les ralits phj


et

siques de cet univers

l'homme une proportion


T.

Mil

71
proque
le
:

PROPRIT. ENSEIGNEMENT SUR LE


tices,

DP. ol
J

772

chez elles une sorte le disposition naturelle, vocation au service de l'homme; chez celui-ci, un droit naturel en user, c'est dire ls appliquer a ses propres lins. Cependant, cette vue ne nous conduit qu' autoriser l'homme consommer les ralits Imm-

citoyens t. Rer. non., p, 256. lu dehors donc des injusdes ris(|iies de misre, des discordes auxquels donnerait lieu l'abolition le la proprit prive, c'est la personnalit mme de l'homme qui serait atteinte.
Il

prsentement utilisables, sur lesquelles lui donne barre sa nature sensitive. Mais la vie sensitive, mme possde dans toute sa plnitude, non seulement n'embrasse pas toute la nai ure humaine, mais lui -si bien infrieure el faite pour lui obir et lui tre assujettie. Ce qui excelle en nous, qui nous fait hommes et nous distingue essentiellement de la bte, c'est la raison ou l'intelligence, t en vertu de cette prrogative il faut reconnatre l'homme non seulement la facult gnrale d'user des choses extrieures, mais, en plus, le droit stable et perptue] de les possder, tant celles qui se consument par l'usage que celles qui demeurent aprs nous avoir servi. lier, nov., p. 250. On observe le progrs de la dmonstration. C'est une exigence de la nature humaine, laquelle est raisonnable, de pouvoir non seulement consommer, mais organiser sa consommation, notamment en la prparant par une utilisation judicieuse des moyens de production. La nature humaine, en effet, transcende le monde des phnomnes sensibles, dpasse la ralit immdiate; elle observe des squences causales, elle tablit, en vue de fins elle, des relations de causalit dont elle escompte les rsultats. C'est dans ce processus d'ensemble, complexe, productif, que consiste l'usage des choses proprement humain. On voit par l que le travail est naturel l'homme puisqu'il n'est pas autre chose qu'appliquer les nergies de l'esprit et du corps aux biens de la nature ou se servir de ces derniers comme d'autant d'instruments appropris . Quadr. anno, p. 331. On voit aussi qu'il entre dans les vues de la nature, entendons de la nature humaine rationnelle, de possder un certain droit de disposition sur les sources de richesses, l'effet de les exploiter. Ainsi le droit de proprit cesse-t-il de se limiter aux ralits immdiates et prsentes. L'homme embrasse par son intelligence une infinit d'objets, et aux choses

diatement
i

et

mtaphysiquement libre; physiquement, dpendant et asservi et, en fait, semblable l'animal .Joamies laessl. Le travail, p. 282. Un animal bien nourri, peut tre, mais un animal, c'est--

resterait

il

serait

dire l'esclave d'impulsions trangres,


3. Le droit de proprit est r<-<iuis comme une exigence de justice l'gard du travailleur. Il ne saurait tre question de discuter ici la thse socialiste confrant au travail le monopole de la productivit et donc de la jouissance. On sait que, du point de vue de l'enseignement catholique, autant pie du point de vue rationnel, cette thse absolue doit tre carte. Mais les considrations qui prcdent, en reconnaissant l'homme la proprit d'instruments de production en vue de leur utilisation par le travail, nous permettent de mettre en meilleure lumire la ncessit naturelle du droit de proprit. Le travail, lui seul, ne semble pas devoir tre considr comme le fondement ultime de l'appropriation. Cependant, il est une manifestation naturelle de l'activit libre et finalise; par l, il s'insre dans un ordre naturel de causalit qu'il oriente efficacement vers certains rsultats dont on ne peut le frustrer sans lser, travers lui, le vu de la nature. Le travail est, en effet, le moyen universel de pourvoir aux besoins de la vie. Rer. nov., p. 251. Cette remarque vaut aussi bien pour le le travail du corps que pour le travail de l'esprit travail du corps, au tmoignage de la raison et de la philosophie chrtienne, loin d'tre un sujet de honte, fait honneur l'homme, parce qu'il lui fournit un moyen de sustenter sa vie. Rer. nov., p. 260. Cette noblesse du travail vient de son caractre de ncessit

prsentes

il

ajoute et rattache

les

choses futures;

il

est

d'ailleurs le matre de ses actions; aussi, sous la direction de la loi ternelle et sous le gouvernement univer-

de la Providence divine, est-il en quelque sorte et sa loi et sa providence. C'est pourquoi il a le droit de choisir les choses qu'il estime le plus aptes non seulement pourvoir au prsent, mais encore au futur. D'o il suit qu'il doit avoir sous sa domination non seulement les produits de la terre, mais encore la terre elle-mme qu'il voit appele tre, par sa fcondit, sa pourvoyeuse de l'avenir. Les ncessits de l'homme ont de perptuels retours satisfaites aujourd'hui, elles renaissent demain avec de nouvelles exigences. 11 a donc fallu, pour qu'il pt y faire droit en tout temps, que la nature mt sa disposition un lment stable et permanent, capable de lui en fournir perptuellement les moyens. Or, cet lment ne pouvait tre que la terre avec ses ressources toujours fcondes. Rer. nov., p. 250. Cette considration donne ouverture un droit naturel de proprit, portant sur des ralits directement impropres la consommation, mais utilisables par l'homme la terre, ses ressources stables et permanentes, comme aussi toutes les ralits susceptibles d'tre fcondes par le travail de l'homme. On pense aux capitaux et aux moyens de production. Soustraire ces ralits au domaine humain, c'est bien, semble-t-il, restreindre ou supprimer le champ naturel de la libert humaine, et Lon XIII le dclare expressment, puisque, au nombre des fmes! es consquences qu'il redoute du socialisme, il compte une odieuse et insupportable servitude pour tous les
sel

lui-mme

pour travailler comme du caractre rationnel que lui imprime l'ouvrier humain. Or, la raison intrinsque du travail entrepris par quiconque exerce un art lucratif, le but immdiat vis par le travailleur, c'est de conqurir un bien qu'il possdera en propre et comme lui appartenant . Rer. nov., p. 248. Ce but peut tre ralis de deux faons, suivant que le travailleur est son compte ou bien met la disposition d'autrui ses forces et son industrie, mais, en tout cas, il est clair que la proprit prive est exige par la justice due au travailleur. La terre, sans doute, fournit l'homme avec abondance les choses ncessaires la conservanaturelle
(

l'homme
)

est fait

l'oiseau

pour voler

et

tion de sa vie et plus encore son perfectionnement, mais elle ne le pourrait d'elle-mme sans la culture et les soins de l'homme. Or, celui-ci. que fait-il en consumant les ressources de son esprit et les forces de son corps pour se procurer ces biens de la nature? Il s'ap-

plique pour ainsi dire lui-mme la portion de la nature corporelle qu'il cultive et y laisse comme une certaine empreinte de sa personne, au point qu'en toute justice ce bien sera possd dornavant comme sien et qu'il ne sera licite personne de violer son droit en n'importe quelle manire. La force de ces raisonnements est d'une vidence telle qu'il est permis de s'tonner que certains tenants d'opinions surannes puissent encore y contredire, en accordant sans doute
l'usage du sol et les fruits des champs, le droit de possder en qualit de propritaire ce sol o il a bti, cette portion de terre qu'il a cultive. Ils ne voient donc pas qu'ils dpouillent par l cet homme du fruit de son labeur; car enfin, ce champ remu avec art par la main du cultivateur a

l'homme priv
lui

mais en

refusant

chang compltement de nature

il

tait

sauvage,

le

voil dfrich; l'infcond, il est devenu fertile: ce qui l'a rendu meilleur est inhrent au sol et se confond tellement avec lui qu'il serait en grande partie impos-

Plul'lil II.
ilble
i

ENSEIGNEMENT
faut chei de
le
la

SI

II

DHnli
:

de en sparer. Or, la Justice tolrerait i ih qu'un tranger vint alors s'attribut cette terre arrose des sueurs itt- celui qui l'a cultiver De mme que l'eflel mit la cause, ainsi est il Juste que le fruit du travail
Rer. no., p par nilleurs, notons i|iu' l'ouvrier travaillant sur ds et pour li- compte d'autrui ne serait pas moins ls dans ses dn Ils que le travailleur libre par la oppression de l.i proprit prive; car, s il nul .1 la .itii'ii d'autrui ses forces et son industrie, ce n'est pats videmment pour un motif autre, sinon pour obtenir de quoi pourvoir .1 son entretien et aux besoins de l.i \ le, et il attend de son tr.i\ uil non seulement le droit salaire, mais encore un droit strict et igoureux d'en hure l'emploi qui lui semblera bon. Si donc, rduisant penses, il est arriv .1 l'aire quelques pargnes, et m, pour s'en assurer la conservation, il les a par exem pie ralises dans un champ, il est de toute vidence que ce champ n'est pas autre chose que le salaire trans (orme le fonds ainsi acquis sera la proprit de l'art! ai mme titre que l.i rmunration mme de son travail. Mais qui ne voit que c'est prcisment en cela que consiste le droit de proprit mobilire et iminobiAinsi, cette conversion de la proprit prive en proprit collective, tant prconise par le socialisme, n'aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus prcaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant par le fait mme tout espoir et toute possibilit d'agrandir leur patrimoine et d'amliorer leur situation. Rer. nov., p. 248. Au droit du travailleur m rattache troitement le droit reconnu au premier occupant. En bien des cas, de occupation, la pure prise de possession d'an bien vacant constitue une activit, accompagne de de risques ivovaues de dcouverte, prospecte mines, pche, chasse, tic 1. D'autre part, le fait de l'occupation, s'il n'est pas purement formel, re dans une trame d'activit productrice qui tend une tin rationnelle, humainement respectable. Ce qu'elle a cot, ce qu'elle promet, voila de quoi lgitimer l'occupation comme titre originaire de proprit. fait, contrairement a certaines opinions, il n'y a aucune Injustice a occuper un bien vacant qui n'appartient personne. Quadr. anno, p. :i'M>. On pourrait dire en eilet que. si le travailleur a quelque droit, il faut lui reconnatre avant tout autre celui de mettre la main sur son outil et sur une portion de matire prem de l'occupant n'est, tout prendre, qu'un Liste de travailleur. Le dmit de proprit prive est naturel l'homme eonsidirr comme r/ie/ ou membre d'une famille. Jusqu'il i. nous n'avons considr l'homme qu'en luimcie ouvert, dans sa nature d'tre Intelligent et libre, plusieurs raisons de lui attribuer certains droits de proprit prive. ridant, ces droits, qui sont inns chaque homme pris isolment, apparaissent plus rigoureux sidre dans leurs relations et leur eon: devoirs de la vie domestique. Nul dont. qu>, dans le choix d'un genre de vie, il ne soit loisible a charun ou de suivre le conseil de .JsusChrist BUT la virginit, ou le contracter un lien conloi humaine ne saurait enlever d'aucune naturel et primordial de tout homme au rire la fin principale pour laquelle tabli par Dieu des l'origine Croissez et mutliu travailleur.

.1 l'homme constitu pas assez en passant dans la socit domestique, ce droit j acquiert d'autant plus de force que la personne humaine j reoll plus d'extension, La nature impose au pre de famille le devoli sacr de nourrir et d'lever ses enfants, Bile va plus loin, Comme les enfants refltent la physionomie de leur pre et sont une sorte de prolongement de sa per sonne, la nature l'incite se proccuper de leur avenir et a leur crer un patrimoine qui les aide a se dfendre, dans la prilleuse travers* de la vie. contre toutes les surprises de la mauvaise fortune. Mais ce patrimoine il le leur crer sans l'acquisition et pourra la posses sion de biens permanents el productifs qu'il puisse leur transmettre par voie d'hritage? Rer. nov., p. 'J">:i. ('.es considrai ions familiales rcnlorcent donc l'exl gence et tendent la police des arguments prcdents. Elles militent eu faveur d'un taux de salaire sullisant aux charges normales du foyer; elles exigent un titre nouveau et rigoureux une certaine permanence dans la possession des biens; elles invitent enfin instaurer pour la stabilit du lover un rgime de stabilit pain moniale, dont la pice maltresse consistera normale ment dans la transmission hrditaire. /.< droit de proprit prive se limite sur des motifs Les fondements meta d'ordre social et conomique. physiques analyss jusqu'ici, tirs de la constitution essentielle de l'tre humain, lurent, on l'a remarqu, principalement labors par Lon XIII. Ils n'tenl rien de leur valeur a une srie d'arguments tirs d'une observation plus concrte de la ralit sociale et qui, par Lon XIII, saint Thomas et la tradition chrtien ne

maintenant
famille;

transfrer
n'est

c<

."1

remontent aux Politiques d'Aristote.


a La proprit prive favorise le travail. On admet sur la foi d'une exprience constante que, sans la proprit, sans la connexion psychologique qu'elle tablit entre l'effort el sa rcompense, les hommes ngligeraient la plupart des travaux pnibles, longs el lash dieux, grce auxquels l'humanit s'affranchit peu peu ('.ai de la misre et s'assure une vie [dus aise. l'homme est ainsi l'ait que la pense de travailler sur
1

un fonds qui est a lui redouble son ardeur et son application, Rer. nov., p. 2N.">. Chacun donne des soins plus attentifs la gestion de ce qui lui appartient en propre qu'il n'en donnerait un bien commun tous ou plusieurs; en ce cas, en effet, chacun vite l'effort
et

laisse

aux autres

le

soin de pourvoir l'uvre cou,

mune:

qui arrive l o il y a un grand nombre Suni. theol., Ila-II*, q. ixvi, a. 2. de serviteurs.


c'est ce

la proprit aurait

Lon XIII peut donc conclure que la suppression de pour rsultat, entre autres incon
1
.-

talent et l'habilet privs de leur stimu ncessaire, les richesses taries dans leur source; enfin, a la place de cette galit rve, l'galit dans le dnuement, dans l'indigence et la misre 1. lier, nov., p. 256.

vnients,
lant et,

comme consquence

Si d'avenb) La proprit prive favorise l'ordre. ture, aprs la suppression de la proprit prive, les hommes, pousses par de bons instincts, secouaient

leur apathie

s'astreignaient un labeur nergique, mise en oeuvre de capitaux communs, ces efforts productifs s'effectue raient capricieusement, se porteraient au hasard, de ci de l. sans vue lointaine, sans scurit, sans suite m
el

a l'pargne, l'organisation et la

tiente,

thodique; on ne s'lverait pas une production paprvoyante, aux fcondes penses d'avenir.
:

mc

la

famille, c'est--dire la socit petite s.uis doute, mais relle


politique, a laquelle, fies

ribuer certains
nit

olumenl indpendants de de proprit que nous avoi


ir

nom

l'individu,

il

outil et tracerait son sillon sans plan concert d'o rsulteraient la perturbation dans tous b-s rangs de la socit, une odieuse el insin, portable servitude pour tous les citoyens, la |"> t( ouverte tous les mcontentements, toutes le pb:s d lier, non., p. 256. Il ' COTdeS dans l'administration des biens ci uni

Chacun pousserait son

PROPR] T. ENSEIG M.
tandis que ce serait la confusion si tout le s'occupait indistinctement de tout Sum. II', q. i.wi, a. theol., II c) l.n proprit prive favorise lu i>mx cuire les hommes. Enfin, si l'on voulait a tout prix, sans proprit, contraindre les hommes ;i ravailler et ravailler dans un ordre mthodique, l'exprience assure que l'un serait conduit a sacrifier un certain nombre de valeurs sans lesquelles la prosprit matrielle la plus brillante est dest [tue de sa dignit humaine, des biens tels que la joie, la paix, une certaine libert dans la faon de concevoir la vie et de couler ses jours. Certes, au prix d'un caporalisme inexorable, l'orga-

Ml.
ties

SI

LE DROIT
:

77<,

sonne,

monde

'.:.

nisme conomique fonctionnerait comme un mcanisme bien rgl; chaque individu recevrait sa pitance moyennant une prestation le travail dtermine d'autorit. Mais ne disons pas qu' ce prix les besoins humains seraient satisfaits, car ils ne le peuvent tre s'ils ne le sont humainement. En effet, ce n'est pas simplement de vivre que nous avons besoin, c'est de vivre en hommes. Or, dans notre hypothse, sous la direction d'un comit omnipotent, inquisiteur, tyrannique, dispensateur infaillible, la multitude mnerait une vie dgrade, infra-humaine. Le dtail de son existence, de ses relations, de son travail, de son repos, de sa vie spirituelle et sentimentale, de ses plaisirs, le niveau de son ducation et la qualit mme de ses penses, tout dpendrait pour elle d'un arbitre tranger. Plus d'activit personnelle spontane, plus de responsabilit, plus de libre disposition de soi, de son temps ni de son effort. Il est naf de supposer qu'un tel rgime puisse se stabiliser, heurtant de front les inclinations les plus profondes et les plus constantes de l'humanit. Plus que tout le reste, le succs mme d'une telle entreprise sur le plan de la machine et de la productivit matrielle la condamne se transformer, en affinant les psychologies, en suscitant des lites, en procurant la multitude le loisir de penser avec l'invitable nostalgie
de la libert spirituelle. Du reste, il s'en faut que l'exprience communiste,

mme par la violence, puisse carter les injustices et touffer les rvoltes. Dans l'hypothse communiste, toute ingalit fera figure d'injustice, et, contre elle, nul recours que dans la rvolte. Rien ne vient adoucir l'amertume des comparaisons, panser la blessure de l'envie, au spectacle d'une chance aveuglante et inexplique. L'homme se rvolte alors, non pour ce qui lui manque, mais pour tout ce qu'il attend. Or, la rbellion, supposer qu'elle russisse, ne rsout rien; elle profite au vainqueur, mais le problme demeure pos, quoique les termes en soient dplacs; et, en attendant, la rvolte des individus et des partis trouble la production et l'usage des biens communs. Au contraire, l'appropriation prive cre, en faveur de chacun, une sorte de prsomption, un vrai parti pris de satisfaction, parce que notre domaine, tout
petit qu'il est, est notre uvre, ou du moins le thtre o se dploie notre activit, et cette considration, sauf injustice manifeste et flagrante ingalit, nous incline l'aimer et mme nous en contenter. Que si toutefois nos ambitions ne peuvent s'y restreindre, elles ne nous acculent pas la rbellion. Bien loin de nous aigrir, les comparaisons nous aiguillonnent vers d'audacieuses entreprises et nous soutiennent en de longs travaux. Par l, accroissant notre patrimoine priv, nous crons aussi de nouvelles richesses qui, par mille

sous un rgime de proprit prive, (.'est ce qu'exI.a paix entre les hommes est Thomas mieux garantie si chacun est satisfait de ce qui lui appartient; on constate, en effet, de frquentes querelles entre ceux qui possdent une chose en commun et dans l'indivis, i Sum theol., II 'II', q. LXVI, a. 2. ii. i.c iimii de proprit prive est sanctionn \><>r l'au- C'est donc avec raison que l'univertorit positive. salit du genre humain, sans s'mouvoir des opinions Contraires d'un petit nombre, reconnat, en considrant attentivement la nature, que dans ses lois rside le premier fondement de la rpartition des biens et des proprits prives; c'est avec raison que la coutume et tous les sicles a sanctionn une situation si conforme la nature de l'homme et a la vie calme et paisible des socits. De leur ct, les lois civiles, qui tirent leur valeur, quand elles sont justes, de la loi naturelle, confirment ce mme droit et le protgent par la force. Enfin, l'autorit des lois divines vient y apposer son sceau, en dfendant, sous une peine trs grave, jusqu'au dsir mme du bien d'autrui. Tu ne convoite ras pas la femme de ton prochain, ni sa maison, ni son champ, ni sa servante, ni son buf, ni son ne, ni rien de ce qui est lui. (Deut., v. 21.; lier, nov., p. 252. On prouverait aisment, par l'exemple des justes de l'ancienne Loi, dont plusieurs taient de grands propritaires, par l'attitude, par les paroles et les relations de Xotre-Seigneur, par les recommandations de saint Paul, que Dieu approuve la proprit prive. Le Dcalogue se propose de la faire respecter. Saint Augustin, dans un texte cit par saint Thomas au sed contra de l'art. 2 de la q. lxvi de la II*-H*f fait grief aux apostoliques de ce que, contrairement l'enseignement de l'glise, ils refusent tout espoir de salut ceux qui usent des biens dont eux-mmes s'abstiennent. De tout temps, l'glise a repouss ces exagrations. Par sa pratique, elle autorise la proprit: elle n'a jamais admis qu'on la rprouve au nom de l'esprit vanglique ou des traditions apostoliques. Pic IX condamne le communisme dans les encycliques Qui pluribus (1846) et Quanta cura (1864). Comme les prcdents documents, le Syllabus le qualifie de peste . La proprit, par ailleurs, est revendique en
prime- saint

encycliques Quod apostolici mu(1891) de Lon XIII, et Quadragesimo anno (1931) de Pie Sa lgitimit fait partie de l'enseignement ordinaire et universel de l'glise. Spicq, O. P., La justice, t. il, p. 313, trad. de la Somme thologique de saint Thomas d'Aquin. Paris, libr. Revue des jeunes, 1934. On trouvera plus loin quelques rfrences intressant particulirement cer-

termes exprs dans


neris (1878) et

les

Rerum novarum

XL

taines erreurs condamnes.

2 Amnagement positif du droit de proprit. Ici plus que jamais l'glise nous invite ne jamais perdre de vue le double aspect, individuel et social, du droit de proprit. L'encyclique Quadragesimo anno. maintes reprises, signale le double cueil, les deux extrmes viter, savoir le libralisme individualiste et le socialisme communiste ou collectiviste. Elle loue

dtours infaillibles, profiteront la communaut. El si. malgr nos efforts, le domaine de notre voisin dpasse encore le ntre, et si sa prosprit nous blouit, il nous reste cette ressource, propre nous satisfaire. de lui reconnatre un gnie suprieur ou de lui attribuer une chance exceptionnelle. De toute faon la paix des curs et donc la paix publique seront mieux garan-

ne demande rien au libralisme, le premier s'tant rvl totalement impuissant bien rsoudre la question sociale, et le second proposant un remde pire que le mal, qui et fait courir la socit humaine de plus grands dangers . Quadr. anno, p. 309. Un peu plus loin, on explique l'hsitation de certains esprits a entendre l'enseignement de Lon XIII. qui. renversant si audacieusement les idoles du libralisme, ne tenait aucun compte de prjugs invtrs et Quadr. anno. p. 310. A propos anticipait sur l'avenir de l'intervention des pouvoirs publics en matire conomique, propos le la constitution des syndicats, propos de la ncessit attribue aux prtendues lois

LonXIII de

ce qu'

il

rien

non plus au socialisme,

Plit-I'llll

II

EXSEIGNEMEN1 SUR LE
due

1?

I'

77 S

conomiques, Pie \l prend rudement a partie le libralisme. Mais ses instances sont plus pressantes encore pour mettre les fidles en garde contre l'autre danger,
actuellement plus redoutable, le socialisme ou le com munisme collectiviste. De l'ensemble, il rsulte que lis' suit, en matire de proprit, une voie moj enne que l'on peut caractriser de la manire suivante l. L*atnnagement positif de la proprit prive n'est contingence, de variation, sur un fond ^aire et stable. Pas plus, en effet, qu'aucune autre institution de la vie sociale, le rgime de la proprit n'est absolument immuable, el l'histoire en tmoigne, ainsi que nous l'avons nous-mme observ en une autre circonstance. Combien le formes diverses la proprit a revtues depuis la forme primitive que lui ont donne les peuples sauvages et qui de nos jours encore s'observe en certaines rgions, en passant par celles qui ont prvalu a l'poque patriarcale, par celles qu'oui connues les divers rgimes tyranniques (nous donnons [cl au mot sa signification classique), par le- formes fodales monarchiques, pour en venir enfin aux ralisation-, s] - de l'poque moderne. Il es! clair cependant que l'autorit publique n'a pas le droit de s'acquitter arbiment de eette fonction. Toujours, en effet don ent intacts le droit naturel de proprit et celui de Mens par voie d'hrdit. Quadr. anno, r ses
:

concours d'ordre gnral, qui consiste d.ms l'conomie tout entire des luis ei dis Institutions, Nous voulons
qu'ils doivent faire en sorte que, de l'organisation
ci la socit, dcoule spon sans efforts la prosprit tant publique que prive. Rer. nov., p. 272. Concrtement, l'tat reoit Il faut l'Invitation expresse de protger les proprits que les lois public pies soient pour les proprits prives une protection cl uwc sauvegarde... Envahir la proprit trange] e, sous le prtexte d'une absurde galit c'est close que la jusliee tond. mine et que ['intrt commun lui mme rpudie... Que l'autorit publique Intervienne alors et... qu'elle protge les lgitimes proprits contre le pril de la rapine. Rer. nov., p. 278,

mme

du gouvernement de
et

lancine nt

Pie

\l
:

se

profonde
proprit
tenir

expose la raison de l'intervention de l'tat en matire de


explicite;
il

montre plus

Que K-s hommes, en cette matire, aient compte non seulement de leur avantage person nel. mais de l'intrt de la communaut, cela rsulte assurment du double aspect, individuel et social, que
nous avons reconnu la proprit. A ceux qui 14011 veinent la socit, il appartient, quand la ncessit le rclame et que la loi naturelle 11c le l'ail pas, de dfinir plus en dtail cette obligation... Lorsqu'elle concilie ainsi le droit de proprit avec les exigences de l'intrt gnral, l'autorit publique, loin de se montrer l'en nemie de ceux qui possdent, leur rend un bienveillant service: ce faisant, elle empche en effet la proprit prive, (pie. dans sa providence, le Crateur a institue pour l'utilit de la vie humaine, d'entraner des maux Intolrables et de prparer ainsi sa propre disparition. Loin d'Opprimer la proprit, elle la dfend: loin de Quadr. l'affaiblir, elle lui donne une nouvelle vigueur. anno, p. 328-329. Incontestablement, le pape a en vue une intervention qui dpasse la simple rglementation de l'usage; il admet (pie l'tat joue u\\ certain rle dans l'institution positive du droit de proprit en lui-mme. On en a la preuve un peu plus loin en prsence tics dictatures conomiques, il regrette que l'tat ne joue pas son rle, gouverner de haut, comme souverain et suprme arbitre, en toute impartialit el dans le seul intrt du bien commun cl de la justice Quadr. anno, p. 356. Diriger, surveiller, stimuler, contenir selon (pie le comportent les circonstances ou l'exige la ncessit. Quadr. anno, p. 345. Il n'est pas question de voir en ces formules un aveu du souverain pontife en laveur d'une conomie dirige . au sens courant de ce mot. Mais il semble difficile aprs cela de refuser a l'tat h- pouvoir de rglementer, en vue d'une politique sociale donl nous verrons incessamment les tendances, l'institution concrte du droit de proprit. Si l'utilit commune l'exigeait, l'tat pourrait par exemple retirer du domaine priv certains biens intressant la scurit publique ou confrant a leurs propritaires une puissance exagre; il peut galement, sans injustice, organiser certaines institutions de contrle (certificats, carnets de coupons, suppression du titre au porteur, droit de regard sur la gestion des socits de capitaux, publicit des transactions importantes) si, tout bien pes, il lui semble que la
:
.

Il

est

impossible de ne pas entendre, en ces paroles.

un cho des prcieuses dcouvertes que la science moderne, par ses travaux d'histoire compare, de pielire,

d'ethnologie

et

de sociologie descriptive,

rcemment accumules. L'glise se garde bien de vertus un volutionnisme inconsistant, mais, par la plume d'un pape historien, die revendique toute Ile de vrit. Le rgime de la proprit, d'aprs
!

nient mme ne l'encyclique, est appel d'incessantes variations selon les circonstances histo50( ial< s. Cependant, la variabilit n'en est pas illimite: il reste un droit naturel inviolable portant sur le principe de la proprit et sur

de l'hrdit. En termes d'cole, on pourrait exprimer eette vrit eu disant que le rgime de la proprit appartient ai: jus gentium : en effet, il suppose -tente stable et inconditionne de quelques printiels. lis strictement la nature immuable
celui

homme,
-

ipre et

tre raisonnable, libre et responsable de de la \ic des siens: d'autre part, il principes valables communment, reconnus

par l'ensemble <ies peuples civiliss, appliqus gnralement, sauf les conjonctures except tonnelles et enfin, il supporte un lot de rgles nombreuses, traditionnelles, le le sont 1rs socits humaines, et qui m les circonstances la mise en uvre du droit de proprit. Il semble qu'a s'exprionsi on ne s'carte aucunement de l'enseignement mun, mais qu'on se borne a le formuler en langage
.

le.

Intrrrentinn lgitime, mais mesure, de l'tat. ns de Pie \ que nous venons de citer,
I

et

ulte

qm-

qualifi

pour amnager

justice sociale les


libre,

requiert

comme

les

de la proprit. rons que son intervention s'tendra aussi mentation de l'usage; in. us. dis l'amnagedu droit de proprit, il faut compter avec lui. onclusion de l'encyclique Rerum novarum est un collaboration de l'tat en matire sociale la part qui lui incombe... Que Hivernants fassent usage de l'autorit protectrice
:
'

me

efficaces a la fraude.

Tout

ceci tant dit

seuls remdes d'un tat sain.

uniquement soucieux du bien commun, aussi capable d'apprcier l'opportunit que de masquer les limites de ses propres intervenl ions, non point d'un Etat impuissant ou incomptent, prisonnier d'un faction ou esclave de parti [iris idologiques.

d.

s
:

institutions.

l>. 297. Il faut avouer \III n'a pas cru devoir exposer
:

d'tnand

ntervention d'abord aux gouven

'

un

Les tendances gnrales de cet amnagement du --Le caractre qui distingue le rgime de la proprit, selon la conception chrtienne, est l'quilibre ou la modrai ion. Ce caractre se manitend feste gnralement par une triple tendance a quilibrer le pouvoir de l'tat, en matire de pro
.'{.

droit de proprit.

PROPRIT. ENSEIGNEMEN1

SI

LE IHtol

prit comme aill< urs en lui cherchanl un contrepoids dans des pouvoirs dcentraliss; tendance quilibrer apitalistes el des tra entre elles les deux cla ises d< vailleurs; tendance corriger les dsquilibres sociaux invitables par l'intrl tmoigm aux faibles. n) Premire tendance recherche de contrepoids au pouvoir de l'tat. On ne conteste pas que l'autorit effective implique un certain pouvoir d'intervention conomique, une matrise sur les proprits; mai rle de l'tal peut tre dangereusement exagr; l'tat peut oublier que ce n'est pas des lois humaines, mais de la nature qu'mane le droil de proprit indi
i

collectivit, plus

viduellc

et

se laisser aller a en disposer arbitraire


se

\\ee un sens averti des ralibornenl pas proclamer les limites du droit de l'tat, ils indiquent le remde l'tatisme dvelopper les associations il consiste instituer et prives dont le caractre naturel et dont les bienfaits sont affirms nettement De ce que les socits prives n'ont d'existence qu'au sein de la socit politique, dont elles sont comme autant de parties, il ne s'ensuit pas, a ne parler ([n'en gnral et ne considrer que leur nature, qu'il soit au pouvoir de l'tat de leur dnier l'existence. Le droit l'existence leur a t octroy par la nature elle-mme... C'est pourquoi une socit politique qui interdirait les socits prives s'attaquerait elle-mme puisque toutes les socits publiques et prives tirent leur origine d'un mme principe, la naturelle sociabilit de l'homme. lier. nui'., p. 288. Ce principe ouvre des perspectives sur une politique dcentralisatrice, qui accorderait sinon des pouvoirs d'ordre politique, du moins des pouvoirs

ment.

lier,

noo., p. 286.

ts, les

papes ne

grandes seront l'autorit et la puisheureux et plus prospre l'tal dei affaires publiques. - Quadr. anno, p. 344. Du reste, il suliit. pour s'en convaincre, de considrer les ' gi -;i\ es dommages qui rsultent d'une fcheuse confusion entre les (onctions et devoirs d'ordre poliique et ceux d'ordre conomique; telle, pour n'en citer qu'un d'une extrme Importance, la dchance du pouvoir lui qui devrait gouverner de haut, connue souverain et suprme arbitre, en toute impartialit et dan le seul intrt du bien commun et de la justice, il est tomb au rang d'esclave et devenu le docile instrument de toutes les passions et de toutes les ambitions Quadr. anno, p. 35G. Cette vue de sagesse de l'intrl sur la diffrenciation hirarchique des relations et ries groupes au sein de la socit se traduit, en langage conomique, par une certaine autonomie et une certaine proprit, reconnues a la famille, a la profession,
(oclale, plus
t
:
.

la corporation, toute socit prive, conformment ses naturelles et lgitimes exigences. Les encycliques

expriment

cette conclusion en ce qui concerne la famille, lorsqu'elles demandent au profit de l'ouvrier un salaire assez lev pour parer aisment ses besoins et
a ceux de sa famille et qu'elles affirment h- caractre naturel de l'hritage. De mme, en recommandant
l'institution de corporations et de syndicats,

Lon XIII

l'ait

une allusion expresse


lier,

la proprit corporative et

syndicale,
b
)

nui'., p.

Deuxime tendance

La tendance modratrice de renseignement catholique en matire de proprit se manifeste ici hautement. Le rgime de proprit, tel qu'il se prles classes.

295. : recherche de l'quilibre entre

effectifs et

reconnus dans l'ordre

social,

aux

socits

prives telles que, avant toute autre, la famille, puis la profession et les diverses associations qui donnent satisfaction, sur les divers plans spirituel, intellectuel. qui esthtique, conomique, au penchant natun pousse les hommes s'unir. De telles socits, notons-le, ne se posent nullement en barrires, limitant purement et simplement la comptence de l'tat; l'encyclique Quadragesimo anno ne s'en tient pas une doctrine Depuis que l'individualisme a russi aussi ngative briser, touffer presque cet intense mouvement de vie sociale qui s'panouissait jadis en une riche et harmonieuse floraison de groupements les plus divers, il ne reste plus gure en prsence que les individus et
1
:

sente dans notre civilisation occidentale, implique la distinction de deux classes, dont l'une dispose et dont l'autre ne dispose pas du capital. La lgitimit mme du capital n'est pas conteste elle se fonde sur ce double fait que, en principe, le capital nat du travail et qu'il collabore utilement avec
:

celui-ci

dans

la

production.

Condamner sans nuance

le

capital, c'est

donc

retirer l'ouvrier son salaire,

ou du

du rgime social ne laisse pas de nuire srieusement l'tat, sur qui retombent, ds lors, toutes les fonctions que n'exercent plus les groupements disparus, et qui se voit accabl sous une quantit peu prs infinie de charges et de responsabilits... On ne saurait ni changer ni branler ce de mme principe si grave de philosophie sociale qu'on ne peut enlever aux particuliers, pour les transfrer la communaut, les attributions dont ils sont capables de s'acquitter de leur seule initiative, ainsi ce serait commettre une injustice, en mme temps que troubler d'une manire trs dommageable l'ordre social, que de retirer aux groupements d'ordre infrieur, pour les confier une collectivit plus vaste et d'un rang plus lev, les fonctions qu'ils sont en mesure de remplir eux-mmes... Que l'autorit publique abandonne donc aux groupements de rang infrieur le soin des affaires de moindre importance o se disperserait l'excs son effort elle pourra ds lors assurer
l'tat. Cette dformation
: ;

de son salaire, et priver son d'un collaborateur puissamment efficace et pratiquement indispensable. Par ailleurs, la ncessit de cette liaison entre le traIl ne peut y vail et le capital est nettement affirme avoir de capital sans travail ni de travail sans capital. Rer. nov., p. 259: Quadr. anno. p. 332. D'o il rsulte
la libre disposition

moins

travail

que, si la distinction des deux classes de travailleurs et de capitalistes n'est pas. en soi, condamnable, la collaboration de ces deux classes est ncessaire L'erreur capitale dans la question prsente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies l'une de l'autre, comme si la nature avait arm les riches et les pauvres pour qu'ils se combattent mutuellement dans un duel obstin. C'est l une aberration telle qu'il faut placer la vrit dans une doctrine oppose; car, de mme que dans le corps humain, les membres, malgr leur diversit, s'adaptent merveilleusement l'un l'autre, de faon former un tout exactement proportionn et qu'on pourrait appeler symtrique, ainsi, dans la socit, les deux classes sont destines par la nature
:

s'unir

quilibre.
l'autre.

harmonieusement et se tenir dans un parlait Elles ont un imprieux besoin l'une de

plus librement, plus puissamment, plus efficacement fonctions qui n'appartiennent qu' elle, parce qu'elle seule peut les remplir; diriger, surveiller, stimuler, contenir selon que le comportent les circonstances ou l'exige la ncessit. Que les gouvernants en plus parfaitement sera soient donc bien persuads ralis l'ordre hirarchique des divers groupements selon ce principe de la fonction suppltive de toute
les
:

7?er. noi'.. p. 259. Cette convenance rciproque et cette liaison ncessaire des deux classes supposent entre elles un quilibre naturel, conforme au plan divin. Mais l'quilibre risque d'tre rompu, et l'encyclique Quadragesimo anno n'a pas de peine a dcrire cette rupture, lorsque le capital ou, plus prcisment, la libre disposition du capital se trouve concentre entre quelques mains, tarrdis que la classe laborieuse, la plus nombreuse, se voit rejete dans la condition dplorable du prolta-

81
ii.it.

rivuMM

II.

NSE1G

MM

NT

-l

L'US VG

La tendance modratrice de l'glise \.i donc jouer pour restaurer l'quilibre naturel, en condamnant, d'une i.ir(, la concentration excessive d'un pouvoir iiliste discrtionnaire el en encourageant, d'autre part, le relvement iii- proltaires par l'accession a la
Ici

remde doit tre cherch, comme nous le Verrons, dans l'usage vertueux des richesses el dans l'emploi social du superflu. Mais, ds l'institution <\u rgime de proprit, il
semble que
l'on doive tenir compte de celte Ingalit inluctable eu rglant le jeu de la rpartition de telle sorte que les plus pauvres reoivent autant que pOS
sible un traitement de faveur. On aurait tori de soup onner je ne sais quelles Influences dmocratiques a l'origine de cette tendance on n'j trouvera jamais que la prdilection du Christ l'gard des pauvres. Misereor su/ut turbam. La pauvret n'est pis un opprobre, et il ne faut pas rougir de gagner son pain a la sueur de son iront. C'est ce que Jsus Chrisl Notre Seigneur a confirm par son exemple, lui qui, tout riche qu'il tait, s'est fait indigent pour le salut des hommes... C'est vers les classes infortunes que le cii-ur de Dieu semble s'incliner davantage, Jsus Christ appelle les pau\ res des bienheureux il invite a\ ce amour a venir a lui, afin qu'il les console, ions ceux qui souffrent et qui pleurent il embrasse avec une charit plus tendre les pet ils et les opprims. Kcr. nov., p. 2652t'a'>. D'o il suit que l'tat doit fournir tout ce qui, de prs ou de loin, parait de nature amliore!
:

proprit.
l.i doctrine catholique redoute, ce n'est pas l'accumula concentration des richesses que t ion d'une norme puissance, d'un pou\ oir conomique discrtionnaire, aux mains d'un petit nombre d'hommes tiui d'ordinaire ne sont pas les propritaires, nuis mples dpositaires et grants du capital qu lls administrent leur gr. Ce pouvoir est surtout consi drable chei ceux qui, dtenteurs et matres absolus de l'argent, gouvernent le crdit et le dispensent selon fan bon plaisir. Par l, il- distribuent en quelque .i l'organisme conomique dont ils tiennent la vie entre leur- mains, m bien une. sans leur lentement, nul ne peut plus respirer. Quadr. anno,

que

i.int

l.i

D'autre part,
releve
!
:

la

condition

<lu

proltariat doit tre

faut

doue tout mettre en uvre, afin que,

l'avenir du moins, la part les biens qui s'accumule aux mains des capitalistes soit rduite une plus quitable mesure et qu'il s'en rpande une suffisante dance parmi les ou\ riers..., pour qu'ils accroissent par l'pargne un patrimoine qui, sagement administr,
les

leur sort.

lier,

Sans doute,
o qu'ils
se

la

nov., p. 275. justice doil tre

sauve

Les droits,

de faire face plus aisment et plus de famille. Ainsi, ils se dlivreront de la \ie d'incertitudes qui est le sort du proiat. Us seront armes contre les surprises du sort et (porteront, en quittant ce monde, la confiance oir pourvu en une certaine mesure aux besoins de Quadr. anno, p. 335. qui leur survivent ici-bas. Il ne s'agit loue pas de rejeter le contrai le travail: mdition de salarie ne rpugne pas la doctrine pendant, la formule juridique du contrat de t ra\ ail ne Hoit pas. a raison de sa rigidit technique, faire obstacle au progrs soei.il. Celui-ci plus appropri aux conditions inde, comme tant de la vie sociale, de temprer quelque peu, la mesure du possible, le contrat de travail par Qurnlr. lments emprunts au contrat de socit Les formules juridiques propres ralisont diverses et variables: nulle ne s'imabsolument; la tendance seule importe, qui con-

mettra

mme

nient a leurs charges

trouvent, doivent tre religieusement res pects, et l'tat doit les assurer tous les citoyens, en prvenant ou en vengeant leur violation. Toutefois, dans la protection des droits privs, il doit se proccu per d'une manire spciale des faibles et des indigents.

La classe riche se l'ait connue un rempart de ses richesses el a moins grand besoin de la tutelle publique. La classe indigente, au contraire, sans richesse pour la mettre a couvert des injustices, compte surtout sur la
protection de
titre tout

l'tat. particulier,

Que
la

>.

compte, pour distribuer aux travailleurs conomique et pour les faire participer au progrs social, de ce fait, chaque jouiplus manifeste, que le travail et le capital ont besoin l'un de l'autre, que les classes sont solidaires et que le chacune conditionne celui de l'autre.
i

tenir

leur part de la production

Troisime tendance
'urres.
-

intrt plus attentif

marqu

qui appartiennent a la nov., p. 277. Ce souci du pauvre entraine une consquence remar quable pour le cas d'extrme ncessit. On verra plus loin que le superflu des riches doit tre consacre au ser vice de tous, dans la communaut, et spcialement en faveur des misreux. Cette rgle, on le voit, vise L'usage du droit de proprit. Mais, au jugement de Lon \IIf et de la tradition chrtienne, l'extrme indigence change la face du problme et porte atteinte au droit Ds qu'on a suffisamment donne au mme du riche ncessaire et au convenable, c'est un devoir de verser le superflu dans le sein des pauvres. Ce qui vous reste, donnez-le en aumnes. (Luc, xi, 41.) C'est un devoir, non pas de stricte jusi ice. sauf les cas d'extrme ncessit, mais de charit chrtienne; un devoir, par cons
:

l'tat se lasse donc, un providence des travailleurs classe pauvre en gnral. Rer.

Quoi que l'on fasse, le rgime du droit roprit ne sera jamais si bien quilibr qu'il ne t. un certain nombre de malchan est impossible que, dans la dshrits. Il
e civile, tout le

monde

soit

lev au

mme

niveau.

-t la ce que poursuivent les socialistes; contre la nature tous les efforts sont \ains. C'est en effet, qui a dispose parmi les hommes des diffsj multiple, que profondes diffrences d'inde talent, d'habilet, de sant, de force: d'o riait spontanment l'inS'il en est qui promettent au rc une vie exempte de souffrances et de peines, de perptuelles jouissances, ceux ment trompent le peuple et lui dressent des h lient pour l'avenir des calamits t. Le meilleur parti telles qu'elles sont et, comme hercher ailleurs un remde capable r nos maux. ]<<r. nov., p. 257
:

dont on ne peut poursuivre l'accomplissement voies de la justice humaine, Rer. nov., p. 264. On ii remarqu l'incidente sauf Us cas d'extrme site. >onc, dans ces cas, selon l'enseignement ordinaire de l'glise, il n'est pas question pour le riche de faire simplement une aumne charitable; en versant son superflu, il remplit un devoir de justice stricte, qui pourrait tre reconnu comme tel par la juridiction humaine; autrement dit. en prsence de l'extrme misre, le droit mme du riche sur son superflu est atteint; ce superflu ne lui appartient plus; c'est, en justice Stricte, le bien de l'indigent.
< l

-il

par

les

IV.

L'enseignement catholique
ii
.

sm

l'usage de

Rapports du droit <-l 'le l'usage. sur l'usage des richesses, voici l'enseignement, d'une excellence et d'une importance extrmes, que la philo sophie a pu branler, mais qu'il appartient l'glise de nous donner dans sa perfection et de faire descendre de la connaissance ht pratique. Le fondement de cette doctrine est dans la distinct ion entre la juste possession
la PROPnri
1

783
les

PROPRIT. ENS E1G

\ I.M

ENT SUR L'US


(librien
le

\'.l.

784

el leur usage Lgitime. La proprit prinous l'avons vu plus haut, es) pour l'homme de droil naturel; l'exercice de ce droil esl chose non seule nient permise, surtoul qui \it en socit, mais encore absolument ncessaire. Rer. nov., p. 263.

richesses

cette libert

ve,

Celte distinction entre le droil el L'usage e reprise avec une nettet encore plus vigoureuse par l'encyclique Quadragesimo anno, l'aide de formules vivement tranches et contrastantes, o se manifeste la volont le mettre au poinl certaines ides plus riches de gnreuses intentions que de vrit prcise. Le droit de proprit ne se confond pas avec son usage. C'est en elle! la justice que l'on appelle coininul at i\ e
I

esl in ralione) et, par le fait propritaire de ses responsabilits moi aies et sociales. Aprs cette capilis deminulio, il n'\ a plus de vrai propritaire, de dominus, et d'aucuns s'en consoleraient aisment mais l'enseignement chrtien condamne une telle mutilation qui. la

mme,

dcharger

limite, dnature

l'homme et le rduit la condition d'un instrument irresponsable. Toute vie comporte des risques; la grande erreur serait de s'en garantir en renonant a vivre. Ce risque proprement humain tient a l'usage del libert; on ne l'vite pas au prix d'une dchance. 2" Caractre commun <!< l'usage. Maintenant, si

le respect des divers domaines et interdit a quiconque d'envahir, en outrepassant les limites de

qui prescrit

l'on

demande

en quoi
doit

il

biens. l'glise

rpond sans hsitation

faut taire consister l'usage des sous ce rap:

son propre droil. celui d'aulrui; par contre, l'obligation qu'ont les propritaires de ne faire jamais qu'un honnte usage de leurs biens ne s'impose pas eux au nom de celte justice, mais au nom des autres vertus; elle constitue par consquent un devoir dont on ne peut exiger l'accomplissement par des voies de justice. C'est donc a tort que certains prtendent renfermer dans des limites identiques le droit de proprit et son lgitime usage; il est plus faux encore d'affirmer que le droit de proprit est prim et disparat par l'abus qu'on en fait ou parce qu'on laisse sans usage les choses possdes. Qiuidr. anno, p. T27. Cette page est d'importance. Il va de soi que le pouvoir reconnu au propritaire, pouvoir fond en nature humaine, pouvoir prcis par les conditions sociales de la vie, pouvoir dtermin dans ses ultimes ralisations concrtes par le droit positif, n'a pas d'autre but que l'honnte usage. Le pouvoir ne se conoit qu'en vue de l'acte, un pouvoir lgitime en vue de l'acte lgitime. Ce droit finalis par l'usage emprunte donc, en tout ce qu'il est, l'honnte usage, sa dtermination, sa mesure, sa rectification. De l vient que, sans lser le principe du droit de proprit, sa dfinition positive est sujette s'tendre ou se restreindre, selon la conjoncture sociale. L'Etat peut modifier l'assiette de ce droit, organiser de faon concrte, et donc, avec une individualit prcise et limite, son institution juridique posilive. Quelle fin lgitime et mesure cette intervention ncessaire? Nulle autre que l'usage honnte promouvoir. Pour obtenir ce rsultat, il conviendra parfois, nous le savons, de soustraire certains biens l'appropriation prive, et en d'autres rencontres, pour rpondre des ncessits nouvelles, de soumettre ce droit des objets nouveaux, conus de toutes pices par le cerveau d'un technicien ou lentement labors par l'effort de praticiens innombrables et anonymes. Et cependant le droit de proprit, dans les limites de sa dfinition, confre son titulaire une autorit souveraine et absolue en ce qui concerne cette orientation, cette rectification, aux fins de l'honnte usage. Entre le pouvoir et son usage, il n'y a pas un lien de ncessit. Et c'est dans ce libre jeu, dans cette dtermination autonome, que gt, en ce qu'elle a de plus caractristique, l'essence du droit de proprit. Il n'est fait que pour l'usage honnte, mais il est fait par essence pour le libre exercice de cet usage. Bien entendu cette autodtermination, comme tout usage de libert. n'a rien d'un jeu gratuit; suivant la direction qu'elle prend, elle trace dans le champ de la ralit un sillon correct ou une ornire tortueuse, ce qui ne laisse pas
d'tre caractris moralement et d'entraner des suites diverses, heureuses ou funestes. La libert n'en subsiste

pas tenir les choses extrieures pour prives, mais bien pour communes, de telle sorte qu'il en fasse part facilement aux autres dans leurs ncessits. C'est pourquoi l'Aptre a dit i Ordonne aux riches de ce sicle... de donner facilement, de
port
:

l'homme ne

communiquer

leurs richesses.
la

lier,

nov.,

p.

201.

Lon XIII, pour exprimer


l'usage commun de saint Thomas,

doctrine catholique sur des biens, emprunte le langage mme

Sum.

theol.,

IL-IL.

q.

i.xvi. la

a.

'2.

Mais

borne rpter ditionnelle, dj formule par Aristote


celui-ci son tour se
:

leon traIl

est vi-

prfrable que la proprit soit particulire et que l'usage la rende commune. Polit., n, 1. Sans entreprendre ici un expos constructif, bornons-nous recueillir, dans les encycliques Rerum novarum et Quadraijesimo anno, la leon irrcusable du christianisme. Quoique divise en proprits prives, la terre ne
laisse

demment

pas de servir la commune utilit de tous, attendu qu'il n'est personne parmi les mortels qui ne se nourrisse du produit des champs. Rer. nov.. p. 251. Cette vrit, primordiale selon le vu de la nature, obtient une vigueur plus pressante si l'on fait intervenir le fait surnaturel de l'incorpViration de tous les hommes dans le Christ, qui est le premier-n de beaucoup de frres. Tous les biens de la nature, tous les trsors de la grce, appartiennent en commun et indistinctement tout le genre humain, et il n'y a que les
indignes qui soient dshrits des biens clestes. Si

vous tes

fils,

vous tes aussi hritiers

hritiers de

pas moins. On voudrait parfois, pour conduire infailliblement son but le droit de proprit, retirer au propritaire ce libre pouvoir d'user; mais on fait fausse route. Emousser cette fine pointe d'autorit
souveraine revient mconnatre, en dnaturant le droit de proprit, le trfonds rationnel o s'enracine

Dieu, cohritiers de Jsus-Christ. Rer. nov., p. 267. Communaut de nature humaine, communion de grce dans le Christ c'est sur cette base que repose, dans la doctrine chrtienne de la proprit, le devoir de l'usage commun. De quelle faon ce devoir doit-il tre entendu et accompli, c'est ce qu'il nous reste montrer, en disant quelles vertus, selon l'enseignement commun de l'glise, le propritaire est tenu de pratiquer dans l'usage de ses biens. 3 L'usage moral de la proprit. La doctrine traditionnelle est fort nette, et l'on n'a que l'embarras du choix entre tous les exposs o elle s'exprime correctement. Les tendances propres chaque auteur ne doivent pas tre mconnues, mais elles se bornent gnralement une manire plus ou moins originale de prsenter une vrit commune, ("est ainsi que les uns verront dans l'usage vertueux de la proprit une fonction sociale de ce droit, d'autres une limitation que la morale lui apporte: pour d'autres encore, la proprit prive est considrer comme un avantage grev de charges correspondantes. Tout cela peut tre discutable d'un point de vue systmatique (voir ci-dessous. Essai de synthse, col. 831 sq.), mais ne laisse pas en pratique d'tre admissible. Quoi qu'il en soit, nous nous contenterons ici d'exposer les rgles vertueuses prsidant l'usage de la
:

proprit,

telles

qu'elles

ressortent
et

notamment
le^

des
Il

encycliques

Rerum novarum
trs

Quadragesimo anno.

semble que l'on puisse

objectivement

grouper

PR0PR1
i

II

ENSEIGNEMENT SUR

L'US

\.G

I.

con< eption chrtienne de la richesse usage vertueux de la proprit l. l.a conception ci de la pauL'attitude traditionnelle de l'enseignement catholique esl toute d'quilibre et ii- sagesse sur ce point. tse elle-mme, ou la prosprit temporelle Elle peu! accidentellement n'est pas un mal en soi.
lu [s
:

sous deux

la

et

de

la

pauvret;

que jamais ncessaire, l'es lors, un beaucoup plus grand nombre d'hommes, unique ment proccupes d'accrotre par tous Us moyens leui fortune, ont mis leurs Intrts au dessus de tout cl no -o sunt lait aucun scrupule inoue dos plus grands
qu'elle devenait plus

devenir, selon l'usage qu'on en f.t Que vous diea en richesses et on tout ce qui esl rput biens de la fortune, ou que VOUS en soyez prive, eela n'im porte nullement a l'ternelle batitude; l'usage que nous en ferez, voil ce qui importe. Rer. nov., p. 262. dans une socit bien tivement, on affirme, que. constitue, il doit se trouver une certaine abondance de l>ions extrieurs, dont l'usage est requis a l'exercice do la vertu. Rer. nop., p. J7.">. Kt. par ce biais, toute
U:

m. (itiailr. anno, p. 171 crimes contre le prochain, pourtant, quoi servira aux hommes de gagner tout l'univers par une plus rationnelle exploitation de ses ressources s'ils viennent a perdre leurs mes? A quoi servira de leur Inculquer les srs principes qui doivent gouverner loin- activit conomique s'ils se laissent dvoyer par une cupidit sans ci u ol un gOSmC sur par cette soif Insatiable dos richesses et des dlde biens temporels qui, do toul temps s.ms doute, a pmiss
1
1

la \ ie

tion. s'insre

conomique, l'change, le tra\ ail. la consommadans notre destine surnaturelle, comme

un moyen ncessaire et honnte. Mais ces intrts demeurent leur place secondaire, que la vraie dignit de l'homme et il faut se rappeler excellence rsident dans ses murs, c'est -dire s.) vertu; que la \ortu est le patrimoine commun
i

de Dieu el a fouler aux pieds du prochain, mais qui, dans le rgime inique moderne, expose la fragilit humaine tomber beaucoup plus frquemment? Quadr. muni. p. 369. A quarante ans de distance, ces paroles taisaient cho aux protestations de Lon XIII contre l'tat de l'ait qu'il avait sous les yeux Tout principe et toul

l'homme

violer la loi

les droits

airtols. a la porte de tous, des petits et des grands, d<s pauvres et des riches; que seuls la vertu et les mrites, n'importe on quel sujet ils se trouvent, obtiendront la rcompense de l'ternelle batitude Rer. 266. A "il l'ordre chrtien et providentiel que Nous entendons le pape Pie XI souhaite si vivemenl parler ioi de eet ordre parfait que ne si' lasso pas de her l'glise et que rclame la droite raison ellemme, de cet ordre qui place on Dieu le ternie premier et suprme de toute activit cre, et n'apprcie les monde que comme de simples moyens dont user dans la mesure o ils conduisent celte il faut fin. La sagesse chrtienne ne croit pas que l'humble des choses humaines, la production, l'change, le profit, la consommation, soit indigne de cette sublime ori< ntation. Loin de dprcier, comme moins orme la dignit humaine, l'exercice des profeslucratives, cette philosophie nous apprend au contraire a \ voir la volont sainte du Crateur qui a l'homme sur la terre pour qu'il la travaille et la rvir a toutes ses ncessits. Il n'est donc pas interdit a ceux qui produisent d'accrotre honntement leurs biens; il est quitable, au contraire, que quiconque rend service a la socit et l'enrichit profite lui u sa condition, de l'accroissement les biens communs, pourvu que, dans l'acquisition de la fortune, il respecte la loi de Dieu et les droits du prochain, et que. dans l'usage qu'il en fait, il obisse aux rgles de la foi et de la raison. Quadr. anno, p. 372-373. b Celte conception esl ta /ois excitante et modraL'homme est encourag par la perspective du but .sublime qu'il doit atteindre et qui consiste en ce vivant en socit et sous une autorit manant u. il cultive et dveloppe pleinement toutes scs [acuits a la louange a la -loin- di son Crateur et que. remplissant fidlement les devoirs de sa profesou de sa vocation, quelle qu'elle soit, il assure son
. ; :

>

sentiment religieux ont disparu des lois et dos institutions publiques, et ainsi, peu a peu. les travailleurs isoles et sans dfense se sont VUS, avec le temps, livres a la merci do matres Inhumains el la cupidit d'une concurrence effrne, lue usure dvorante est venue ajouter encore au mal. Condamne plusieurs reprises par le jugement de l'glise, elle n'a cess d'tre pratique, sous une autre forme, par des hommes avides i\f gain, d'une insatiable cupidit. lier, nov., p. '2\~. ii En condamnant es cirs. l'glise ne perd pas <l<vue la ralit pour prner je ne sais quel ge d'or idyllique O, tout le monde tant vertueux, les soulranoes et les ingalits seraient inconnues, lai regard do sa conception dos richesses, il existe une conception chrtienne de la pauvret el des ingalits et souffrances qui s'en suivent. Nous avons vu que l'galit absolue n'est qu'un mythe et que nul ne peut ici bas viter son fardeau de souffrances. Mais l'glise ne se borne pas constater ce. fait, elle l'explique. Cette ingalit tourne au profit de tous, de la socit comme des individus, car la vie sociale requiert un organisme 1res vari et des fonctions fort diverses, et ce qui porte prcisment les hommes se partager ces fonctions, c'est surtout la diffrence de leurs conditions respectives... U en est de mmo de toutes les autres calamits qui ont fondu sur l'homme; ici-bas. elles n'auront pas de fin ni de trve, parce que les funestes fruits du pch sont amers, pres, acerbes et qu'ils accompagnent ncessairement l'homme jusqu' son dernier soupir. Oui, la douleur et la souffrance sont l'apanage de l'humanit, et les hommes auront beau tout essayer, toul
tenter pour les bannir, ils n'y russiront jamais, quelques ressources qu'ils dploient el quelques forces le prequ'ils mettent en jeu. Rer. nov., p. 258. Aussi, mier principe mettre en a va ni c'est que l' ho m nie doil prendre en patience sa condition Rer. nov., p. ->'>~. Mais l'on ne nous prche pas l'inertie ou une rsigna.

'

tion

fataliste.

Jsus-Christ

n'a

point
la

afflictions qui

forment presque toute

supprim trame de la

les

vie

Uuadr. anno, tmour du travail, la joie au travail mritent 'ts. dans ci contexte surnaturel qui fait de la plus humble une vritable vocation; l'en tire maintes consquences relatives aux condimemes du travail, lesquelles doivent respecter la imaine. Par ailleurs, l'ide que notre patrie sur cette terre exerce une influ
la fois et

temporel

ternel.

ir

l'activit

conomique

et

sur

le

dsir

plore qui- l'conomie


u

moderne

moment ou

le rationalisme s'implantait, car modratrii e se trouvant utralise, alors

mortelle: il en a fait des Stimulants le la vertu et des sources du mrite, en sorte qu'il n'est point d'homme qui puisse prtendre aux rcompenses ternelles s'il ne marche sur les traces sanglantes do Jsus Christ. Si nous sou lirons avec lui. nous rgnerons avec lui. D'ailleUTS, en choisissant de lui mme la croix et les oui monts, il en a singulirement adouci la force et l'amer liime. et. afin de nous reluire encore la souffrance plu supportable, a l'exemple il a ajout sa grce el la pi" messe d'une rcompense s ans lin. Ainsi. 1rs riches de e monde sont avertis que les richesses ne les mettent pas a couvert de la douleur, qu'elles ne sont d'aucune uli lit pour la vie ternelle, mais plutt un obstacle;
I
.

s:

l'Uni'li

'

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LES VERT1

NCESS

ES

788

doivent trembler devant les menaces Inu que Jsus Chrisl profre contre les riches; qu'enfin, viendra un jour o lis de\ ront rendre >ieu leur juge, un compte trs rigoureux de qu'ils auront usagi Quant fait de leur fortune. Rer. nov., p. 262 263. aux dshrits de la forl une. ils apprennent de L'glise (]iie, selon le jugement de Dieu Lui mme, La pauvret n'est pas un opprobre et qu'il ne faut pas rougir de gagner son pain la sueur de sou front. Rer. non.,
(|n'ils
il
i i

compte en toute prudence. Le chrtien n'attend pas


d'tre propritaire pour se croire oblig l'exercice de toutes les vertus; mais, s'il est riche propritairi prudence lui indique selon quelles modalits prcises,

adaptes a sa situation, il sied de les exercer, et il est certain pie ces modalits ne sont pas celle, qui conviendraient au cas de l'indigent. \nssi bien, une lecture attentive de Iterum nooarum
surtout peut-tre de Quadragesimo unno montre bien que tel est l'enseignement ordinaire, sinon cls auteurs, du moins de l'glise. Celles, les encycliques ne se proposent pas de dpartager les coles de thoet

p.

265.

Ainsi les souffrances, les ingalits cessent d'tre un scandale pour l'esprit droit et gnreux. Tout cela

prend un sens, tout cela doit tre vertueusement ordonn au bien des individus eomme des socils. C'est (huis ce contexte que prennent place les rgles relatives L'usage moral de la proprit. 2. Les vertus chrtiennes dans l'usage de la proprit. a Position du problme. Il est vain de chercher ramasser en quelques formules la morale du propritaire, comme si elle constituait, dans le domaine de la moralit, un compartiment spcial, justiciable de prini

morale ni mme de dgager l'enchanement tmatique des vertus morales. Il n'en est pas moins significatif de voir avec quelle insistance et quelle larlogie

geur de sues elles font appel toutes les vertus chrtiennes, comment elles prconisent avant tout la rforme des murs, lors mme qu'il s'agit, semble-t-il. de rsoudre un problme prcis d'organisation sociale.

Nous devons
b
)

cipes qui lui lussent propres. lui pleine homognit avec tout l'ensemble de la morale chrtienne, la morale du propritaire ne se dis-

Il

suivre cette indication. Solution chrtienne du problme. . Lu prudence. n'est pas besoin d'tre propritaire pour se sentir

tenu de pratiquer

tingue du reste que matriellement; ni ses objets formels ni les vertus que ces objets dfinissent ne constituent un corps de doctrine autonome ou mme distinct. Qui possde des proprits dispose, nous le reconnaissons, d'un domaine nouveau pour y exercer les vertus du chrtien, et une responsabilit plus lourde accompagne ces possibilits d'action plus tendues. Mais les vertus du propritaire, jusque dans l'usage qu'il l'ait de ses biens, ne diffrent aucunement des vertus chrtiennes. 11 les lui faut toutes, mais il n'a pas en chercher de nouvelles. Son opulence lui permet de les pratiquer avec un effet extrieur plus magnifique: elles n'en sont pas moins requises, en toute hypothse, de tout chrtien, du moins titre de disposition intrieure; par ailleurs, il suffit d'tre vraiment un chrtien pour les possder habituellement et pour les mettre en uvre, ds que l'occasion s'en prsente, par l'usage des richesses ou autrement. 11 est regrettable que les auteurs aient pris l'habitude de souligner exclusivement un petit lot de vertus justice, charit, libralit, et de les prsenter comme spcialement requises du propritaire comme tel. On en vient mme se figurer ces vertus comme la ranon, l'excuse du privilge que serait la proprit; celleci, pour tre juste ou du moins tolrable, devrait tre en quelque sorte greve d'un service ou d'une charge sociale, consistant dans la pratique obligatoire de la charit aumnire, de la justice, de la libralit et de quelques vertus dtermines. Et l'on conoit aisment les dveloppements que comporte cette doctrine Tout avantage, dit-on, appelle une contrepartie; tout se paie. Vous tes propritaire, et ce titre vous disposez librement d'un certain pouvoir conomique doubl d'une autorit sociale. En compensation, vous devez accepter un certain nombre d'obligations morales, quitable redevance, impt lgitime, sinon prime d'assurance. C'est ce que l'on appelle limitation morale, ou charge, ou fonction sociale de la proprit. Il nous semble que cette vue est beaucoup trop courte et que la doctrine chrtienne est plus profondment morale que ne permet de Le souponner cette reprsentation mercantile. Riche ou pauvre, grand ou petit, chacun est d'abord tenu de pratiquer toute la morale chrtienne, c'est--dire l'ensemble des vertus. Une circonstance contingente, telle que la situation de propritaire ou celle de proltaire, n'ajoute pas vrai dire un article nouveau aux obligations morales du chrtien, mais dtermine les conditions concrtes dans lesquelles il lui faut s'en acquitter et dont sa raison tient
:

la vertu chrtienne de prudence; mais, si l'on est propritaire, on aura la pratiquer, entre autres circonstances, dans l'usage de ses biens. A souligner plus frquemment cette vrit toute simple, on donnerait valeur vertueuse et chrtienne

aux dons de sagacit, d'habilet, de circonspection, de prvoyance, d'application que le propritaire chrtien met en uvre dans l'administration de ses biens. Lorsqu'il s'informe de la conjoncture
la sollicitude lgitime,

conomique,
faire acte de

lorsqu'il dlibre, lorsqu'il dcide,

il

doit

prudence. Sans doute lui arrive-t-il de le faire sans s'en douter; cette circonstance ne saurait nous dispenser de reconnatre la vrit psychologique et morale une vertu est charge d'clairer et de dter:

miner pratiquement les dcisions du propritaire chrtien en vue de l'usage chrtien de sa proprit, et cette vertu n'est autre que la prudence. Ainsi, lorsque Lon XIII remarque que l'homme, sous la direction de la loi ternelle et sous le gouvernement universel de la Providence divine, est en quelque sorte lui-mme et sa loi et sa providence ; lorsque le pape nous dit que la nature inspire au pre de famille de veiller l'avenir de ses enfants et lorsqu'il conseille l'ouvrier d'tre parcimonieux et de faire en sorte, par de prudentes pargnes, de se mnager un petit superflu qui lui permette de parvenir un jour l'acquisition d'un modeste patrimoine; lorsque Pie XI loue les sages prvisions de la production; lorsque l'on nous apprend

discerner le ncessaire, le convenable, le superflu, il est manifeste que la vertu de prudence est convie trs spcialement intervenir pour faire rgner son ordre rationnel dans l'usage pratique de la proprit. L'exprience ne prouve-t-elle pas d'ailleurs que les vices opposs la vertu de prudence s'talent au grand jour prcipitation. dans le mauvais usage de la richesse tmrit, dfaut de considration attentive, de circonspection, de prcaution, inconstance, laisser-aller ngligent, astuce, et que les vices d'intemprance et de luxure qui corrompent l'usage vertueux de la richesse ne procurent d'ordinaire ce rsultat qu'en troublant l'activit prudente de la raison?
:

Au nom b. Les vertus thologales. a) La charit. de quels principes la prudence gouverne-t-elle l'activit rationnelle? Ne cherchons pas. pour l'usage chrtien de la proprit, d'autres fins que les fins constantes et communes de l'activit humaine. le bien vertueux, pour nous plus prcisment le bien divin surnaturel. Bien entendu, il n'est pas inutile de le redire, la qualit de propritaire ne met pas sur les paules du chrtien, comme un fardeau supplmentaire, l'obligation de tendre ces lins, c'est--dire d'aimer Dieu, d'aimer le

PR0PRIT1
prochain, de respecter
i

SAGE MORAL,
conduire

ES VI
rancur

li

II S

SSAIR1

le

droll d'autral, de m-

honntement dans le plaisir el dans la peine; tout cela st tiu'ii plus profondment enracin dans la nature Je de l'homme que ne l'es! la proprit prive el

comme une obligation qui nal de celle-ci ou comme une charge <nii la grverait. M apparat au contraire clairement que l'homme bien que le chrtien rgnr par la grce saisit avec empressement, dans l'usage de vi proprit, une occa entre beaucoup d'autres d'ailleurs, de remplir ses obligations naturelles et surnaturelles, c'est a dire de raliser ses plus chres volonts et de suivre ses pnis les plus profonds. Ces deux faons de voir sont que l'on ne dise pas qu'en Dn le toutes diffrentes
pool tre considr

la place que la divine Providence leur a assi gne, ou plutt ils en feront grand cas. comprenant que tous, en accomplissant leur tche, ils collaborent Utilement el honorablement au bien commun el qu ils Suivent de plus prs la race de celui qui, tant Dieu, a
1

compte
aie,

les

deux conceptions aboutissent aux mmes

VOUlU, parmi les hommes, tre un ouvrier el l le d comme un fils d*OU\ lier. Cet hymne la charit montre le rle primordial. architectonique de cette vertu dans la synthse morale et sociale. El il est clair que le propritaire n'est pas le seul a V elle oblig; niais nu cuiicoil aise ment ce que deviendra l'usage de la proprit sous l'empire d'un sentiment aussi profond el universel. La charit animera. a\cc toul le reste, l'activit cono inique; le but suprme dc> la production, les modalits
de la rpartition, les renies de la consommation, toul cela est gouvern de haut par la charit. Sous l'oppo sition relative des intrts privs, des rapports cou

a la pratique de l'aumne, de la Justice distributive ou coinmutative, de la libralit, de la magnificence, etc. En ralit, ce sont deux conceptions de la morale et de l'homme, deux conceptions del nature humaine et de la grce, qui s'affrontent en
tats,

conomique

tractuels, des changes, chaque partie engage au jeu se seul une sympathie naturelle el sur

.qui concerne l'usage de la proprit comme en ce qui rue tout usage moral de notre libert. ri dire que l'usage prudent de ses biens, pour un propritaire chrtien, doit tre, comme tout le reste de activit, oriente et m par la charit. Et gardonsd'une notion trop troite de la charit. L'amicale dilection que l'Ame chrtienne porte au bien divin el qui donne le branle toute l'activit vertueuse en mme temps qu'elle rend celle-ci mritoire de vie ternelle est un mouvement profond et universel, l'instar d une tendance de nature: elle ne saurait se styliser en este dtermine comme serait le geste de l'aumne. Rien ne doit chapper son impulsion, qu'il s'agisse de donner ou de recevoir, de dpenser OU d'acqurir, de lil OU le repos; quoi que l'on fasse, au nom de la charit s'tablit une rgle inviolable qui ordonne l'homme de chercher avant tout le rgne de Dieu et sa ms la certitude que les biens temporels euxmmes lui seront donnes pai surcrot, en vertu d'une promesse formelle de la libralit divine (>uadr. aimo. C'est en effet d'une abondante effusion de chap. 3~:<. qu'il faut principalement attendre le salut. lier. nor.. p. 2!';S. Quelques rformes que l'on puisse pour les assurer pleinement, il faut compter tenter, t tout sur la loi de charit, qui est le lien de la perfection. Combien se trompent les rformateurs imprudents qui. satisfaits de faire observer la justice tnutative, repoussent avec hauteur le concours de la charit I... La justice seule, mme scrupuleusement tue, peut bien faire disparatre les causes des ix, elle n'opre pas par sa propre vertu le rapprochement des volonts et l'union des curs.
.

naturelle l'gard de son partenaire. Certes, il y a un ordre dans la charit', et il est parfaitement chrtien de travailler cl de ngocier dans l'intention de se dve lopper personnellement et de pourvoir ses propres ncessites: mais la mme vertu de charit nous fait considrer le bien de nos frres comme ntre et nous

donne un

irrsistible et

joyeux penchant

le leur pro-

curer dans la mesure du possible. Le sens de la collaboration est inn che/. le vrai chrtien. Il s'exprime sous les tonnes les plus diverses: dans l'apprciation du salaire; dans la conception que l'on se fait des rapports entre classes, entre employeurs et employs, entre fournisseurs et clients, entre concurrents et entre associes; dans l'orientation que l'on donne son activit productrice OU sa consommation. La charit soustend en quelque sorte tous les rapports humains, elle

conomique comme le reste. mesquin de restreindre la notion de charit celle de l'aumne. Celle-ci n'est qu'une manifestation partielle et pisodique du penchant, qui, sans cesse, nous lient en veil l'gard du bien divin, aim en Dieu, en nous et autour de nous. Le penchant de charit se traduit d'abord psychologiquement en relations spirituelles et humaines d'amiti, de joie, de paix, de misricorde, qui devraient, au sein d'une chrtient vivante, rayonner jusque dans le domaine conomique, comme une atmosphre spirituelle, au lieu de l'attitude hargneuse et rigide qui semble s'imposer ds que l'on traite d'affaires. Mais, si ce penchant de charit est sincre, il s'exprime ncessairement en uvres extinvestit l'activit

On

voit qu'il est

les

le

parmi

institutions destines a favoriser l'enhomme--, m bien conues qu'elles ivent leur solidit surtout d'un lien spiles

qui unit les membres entre eux. Quand ce lien dfaut, une frquente exprience montre que les formules restent sans rsultat. Une vraie
1

boration de tous en vue du bien commun ne s'tadonc que lorsque tous auront l'intime conviction membres d'une grande famille el les enfants d'un nirr. leste, de ne former mme dans le il qu'un seul corps dont ils sont rciproquement sorte que, si l'un souffre, tons soutirent lui. Alors, les riches el les dirigeants, trop longtemps indiffrents au s.,rt de leurs frres moins fortul'iir donneront des preuves de charit effective. leilleront avec une bienveillante sympathie leurs s, cv useront et pardonneront leurs erreurs et leurs fautes. De leur ct, les
blira

ront sincrement les sentiments de tuteurs de la lutte des classes d'habilet; il ront s;ms
'

s'entendre de plusieurs faons. que l'amour du bien divin, en nous et autour de nous, nous soutient dans la pratique fies autres vertus justice, force, temprance, prudence. D'une faon directe, en ce sens que l'amour de Dieu el de nos frres nous demande certains gestes extrieurs, gestes chargs d'amiti pure et significatifs de cette amiti, s'il est vrai qu'aimer d'amiti c'est vouloir le bien de l'ami, aimer quelqu'un d'une amiti vritable c'est lui faire du bien toutes les fois qu'il est possible et qu'il sied de lui en faire. Non voulons (loin que le riche se souvienne de cette obligation et qu'il prenne Liot rpandre des bienfaits. S'il ne peut combler tout le monde en particulier, qu'il observe dans la bienfaisance l'ordre que les circonstances lui marqueront suivant la nature des biens dont il abonde et qui peuvent tre des biens spirituels ou temporels, suivant la nature el le degr des liens qui l'unissent au prochain et qui peuvent tre des liens de parent ou de communion spirituelle, d'affinit intellectuelle OU de solidarit nationale OU professionnelle, on conoit qu'un riche comble plutt telles personnes dtermines de telles sortes de bienfaits D'ailleurs, il n'est pas
rieures,

ce qui

peut

D'une faon

indirecte, en ce sens

91

PROPRIT.

SAGE MORAL. LES VERTUS


:

NEl ESSAI

RES

ncessaire d'tre pauvre, il suffll d'tre aim pour tre un digne objet de bienfaisance; en revanche, il n'est ici s indispensable d'tre propritaire, mais celui qui aime est toujours assez riche pour se sentir capable et tenu d'exercer la bienfaisance d'une Faon ou d'une autre.

que les convenances el la biensance imposent a sa personne nul, en effet ne doit i>u>r<: contrairement aux convenances. (Sum. Quoi., II-II q. xxxn, a. <>.\ .Mais, des qu'on a sullisamment donn a la ncessit et au dcorum, c'est un devoir de verser le superflu dans
,

Cependant, certaines circonstances aiguilleront la bienfaisance dans une voie prcise, (.'est le cas notamment de la n lisr o se trouverait ventuellement celui

le sein

des pauvres.

lier,

nou., p. 204.

L'homme

n'est pas autoris disposer au gr de son caprice de ses revenus disponibles, c'est--dire des revenus qui

que nous aimons d'amiti. La charit se nuance alors de misricorde parce qu'un coeur vraiment pris ne
pas de se considrer comme soutirant personnellement de la misre qui accable son ami. De quelque nature que soil cette infortune dont soutire le prochain, le chrtien ne peut manquer de la considrer
laisse

son mal propre. Faut-il ajouter que ce sentiment de misricorde, obligatoire au nom de la charit, implique rgulirement, toutes les fois que la chose est
possible, l'obligation de soulager cette misre, et voici ouvert le champ des aumnes, c'est--dire des uvres de misricorde, aussi varies que le peuvent tre les misres humaines. Aux misres spirituelles correspondent les aumnes spirituelles la prire, l'enseigne:

comme

ne sont pas indispensables a l'entretien d'une existence et digne de son rang. Bien au contraire, un tre; grave prcepte enjoint aux riches de pratiquer l'aumne. Quadr. anno, p. 329-330. C'est un devoir non pas de stricte justice, sauf le cas d'extrme ncessit, mais de charit chrtienne. lier, nou., p. 264. Lu considrant l'aumne comme un devoir de charit et non de stricte justice, l'glise n'en attnue aucunement le caractre obligatoire. L'obligation de charit n'est pas moins stricte que l'obligation de justice; elle

convenable

si l'on sait ce que signifie la chrtien. - L'influence de la foi et de |) La foi et l'esprance. l'esprance sur l'usage vertueux de la proprit appelle

l'est

mme davantage
un

charit pour

ment de la vrit, le conseil, la consolation, la correction fraternelle, le pardon des offenses, le support. Les aumnes corporelles remdient aux dfaillances de l'ordre physique procurer le manger et le boire
:

ceux qui ont faim et soif, le vtement ceux qui sont nus, donner l'hospitalit, visiter les malades, racheter tes captifs et ensevelir les morts. Cette numration traditionnelle des uvres de misricorde ou des espces d'aumnes se ressent du milieu social qui l'inspira et date manifestement d'un tat conomique o la richesse montaire tait rare. Certes, les aumnes spirituelles que l'on vient d'numrer s'imposent aujourd'hui comme hier et s'imposeront toujours. On est tent, en revanche, de remplacer indistinctement par

un secours en argent

les

uvres diverses de misricorde

tendant relever les misres corporelles; l'argent ne permet-il pas de les soulager toutes? Mais une telle simplification ne laisserait pas de porter quelque atteinte au caractre spcifique de l'aumne qui consiste traduire par un geste expressif le sentiment de misricordieuse sympathie veill dans un cur chrtien parle spectacle d'une misre; le secours en argent, d'application commune et indiffrencie, n'exprime qu'imparfaitement, d'une manire trop schmatique et quivoque, le sentiment si personnel de la charit misricordieuse, mue par le spectacle de telle misre concrte fondant sur tel individu en chair et en os qui
est notre frre.

moins de dveloppements que celle de la charit. Cependant, nous ne pouvons la ngliger. La foi claire l'esprit de telle sorte sur l'excellence divine et sur la destine humaine que l'on se fait une ide nouvelle des biens extrieurs et de leur utilit. Le don de science, correspondant la vertu de foi, ne nous inspire-t-il pas une connaissance suprieure des ralits de ce monde, dont un bon nombre se tiennent notre service? Au surplus, on peut, par un usage entendu de sa fortune, tmoigner sa foi au dehors, collaborer la prdication et l'enseignement de la vrit divine, nourrir enfin et clairer indirectement ses connaissances de foi. De mme, il est vrai que l'esprance de la batitude suprme et l'assurance du secours divin nous lvent bien au-dessus des pauvres richesses de ce monde et de la confiance que nous plaons aisment en leur secours. Mais les moyens de la fortune, dans la mesure o ils peuvent, par l'emploi mritoire que nous en faisons, nous aider obtenir de Dieu sa grce en ce monde et sa gloire en l'autre, sont dignes d'tre dsirs et valent que nous nous appuyions sur eux d'une ma-

Par consquent, sans carter le mrite et parfois la ncessit de l'aumne en argent, il convient d'en souligner le caractre subsidiaire et imparfait. C'est vraile riche

ment faute de ne pouvoir faire mieux et davantage que usera de cette aumne de remplacement. Et il n'oubliera jamais d'accompagner et de commenter ce don par un regard, une parole, un geste plus person-

nels et plus expressifs. Il n'est donc pas ncessaire d'tre propritaire pour tre tenu et pour s'acquitter du devoir de l'aumne. Peut-tre mme la possession de grandes richesses matrielles, avec les proccupations incessantes qu'occasionne leur administration, ne favorise-t-elle pas les formes suprieures, vraiment personnelles et exquises de l'aumne. Il faut plaindre alors le riche s'il ne peut donner que son argent; mais cette aumne-l du moins, on le comprend, est rigoureusement exige de lui comme un minimum indispensable. L'enseignement chrtien s'est toujours montr inflexible sur ce point; il prescrit au riche de verser dans le sein des pauvres tout son superflu. Nul assurment n'est tenu de soulager le prochain en prenant sur son ncessaire ou sur celui de sa famille, ni mme de rien retrancher de ce

A hommes considrs nos frres, comme nos proches, nos amis et nos semblables, nous avons tout ce qu'il faut ayant l'essentiel qui est la charit. La seule volont du bien humain suffit dans l'ordre naturel, et cette volont orne de la vertu de charit suffit dans l'ordre surnaturel pour nous mettre au niveau de nos obligations l'gard du prochain. Il n'en va plus de mme l'gard des autres. l'gard d'autrui comme tel. Certes, les diffrences entre les hommes et entre leurs conditions sont relatives; l'unit essentielle de la famille humaine ou divine n'en est pas affecte. La charit nous enseigne toutes sortes d'attentions dlicates envers nos frres, mme si, par quelque endroit, ils se distinguent de nous et mme s'opposent nous. Il n'en est pas moins vrai que la mise en ordre rationnel des relations avec les autres comme tels prsente une difficult spciale. La volont, mme avec la vertu de charit, ne s'intresse pas au bien de l'autre en tant qu'autre. Et pourtant il y a lieu d'entrer en rapport avec les autres prcisment considrs comme tels; il faut donc une disposition vertueuse spciale qui incite la volont rendre autrui le bien qui, ce titre d'autrui, lui est d. C'est la justice. Il n'est pas question de traiter le bien d'autrui comme le sien propre, de se mettre, comme on dit, la place des autres res tendances l'assimilation unifiante naissent de l'amiti humaine ou divine. La juslice demande prcisment que l'on traite les autres comme il convient de les traiter du moment qu'ils sont
comme
:

nire secondaire et relative. c. La justice. l'gard des

l'Kol'KI
i

II.

VGI

MORAL,

Il -

RT1

SSA1RI

il' leur vouloir el de leur faire le rvt ili autres, bien qui leur convient de ce chef. Que l'on ne dise pas que la charit, faisant mieux que la justice, rend celle cl Inutile. .1 charit poursuit le de l'humanit rgnre, considre a la faon d'une communion intime; mais elle laisse subsister entre li-* hommes les distinctions et les oppositions secon daires bien mieux comme ces diversits sont normales incourent nu bien total, elles prennent une valeur humaine et chrtienne nui 1rs rend respectables et dsirables pour elles-mmes dans une juste mesure. l.i charit, qui trouve son bien partout <> il \ .1 quelque valeur d'humanit, le dcouvre ici mme. Bien l<nn de niveler ces diffrences, von-, le beau prtexte d'une humanit plu-, fondue et plus fraternelle, la charit nous m\ ite .1 les .umer comme une pari de ce toul coin plexe et ordonn qu'est le bien hum. un. Ainsi, les hommes sont nos frres, nos amis; cola nous engage les aimer comme nous-mmes. Mais [|s sont autres nous ne les en aimerons pas moins, mais nous aime puis, en outre, jusqu' ce trait qui les diffrencie et qui est ncessaire pour la beaut de l'humanit. Bien loin par consquent de rendre inutile la justice en nivelant ou en dissimulant ces lgitimes et salutaires distlnc5, la charit, en got du bien total et le dcouvrant cet ordre mme, exige que. sur le fond d'unit tiellc, s'organise et s'adermisse entre hommes un .11 de relations et d'changes respectueux de ces
.1
i I
;

compose de pallies distinctes, hirarchises, limes dans un dessein commun. Lois donc que le propritaire se
trouve ainsi a la tte d'une entreprise qui n'est plus strictement sou affaire personnelle, il est tenu, en vertu de la |ustice distrlbutive, de prendre en consid ration le ride dvolu dans l'u-uvic collective a chacun de ses collaborateurs et de traiter chacun selon son grade. Poussons l'ide plus a fond s'il existe dans une socit donne diffrentes lasses d'homme-., dfinies par leurs fonctions spciales dans l'organisme econo nuque, la justice distrlbutive impose ans classes dni gantes el responsables l'obligation d'amnager de telle sorte la rpartition du revenu social que toutes les classes collaborant a l'activit conomique atteignent un niveau d< vie convenable. La dtermination de ce niveau ne peut tre abandonne l'action aveugle d'un phnomne en quelque sorte mcanique comme la libre concurrence, mais doil tre fonde, en justice dislributive. sur l'importance el le rle de chaque classe dans l'organisme social. En tout cas, la justice distrlbutive se trouverait nettement viole si. par un arlilice quelconque ou par violence, certains collaborateurs ou certaines classes de la socit ne profitaient pas ou profitaient trop peu d'un progrs conomique gnral qui n'a t ralis qu'avec leur concours. Notons d'ailleurs, en passant, que cette obligation de justice distributive ne vise pas formellement le pin pritaire usant de sa proprit. Elle incombe, proprement parler, aux dirigeants d'une eut reprise, d'une
:

.1

distinctions.
la

En un mot, si la justice n'existait pas. charit qui l'inventerait. Inutile d'ajouter que la pratique de la justice s'im.1 tout chrtien: sa liaison ncessaire avec la chan fait iche

mm un conseil, mais un prcepte. Que l'on ou pauvre, propritaire ou non. l'on doit en

toutes rencontres pratiquer la justice, c'est--dire resr les droits d autrui. Qu'il convienne le pratiquer \oir dans l'usage de sa proprit comme en toute autre circonstance, c'est ce qui ne fait pas l'ombre d'un doute. Toutefois, dans ce cas particulier, l'obligation raie d tre juste revt-elle un caractre plus presu plus prcis? On ne le discerne pas trs bien a "re vue. Il faut mme dire que la proprit, par

choses sans parti pris. a autrui plutt qu'une obligation prcise de justice acquitter envers qui que ce soit. Bref, le propritaire, en usant (1rs qui lui appartiennent lgitimement, est tenu. 1e tout le monde, de respecter le droit dautrui. rver la teneur des engagements qu'il a pu conle reparer les dommages qu'il lui arriverait mus le seul fait qu'il use de son droit de ne lui impose aucune obligation spciale de de qui qui re soit. n, la justice peut faire retour par d'autres d'abord qu'en cas de ncessit me tout. redeviennent communes le peut donc empcher l'indigent rduit remit.- de pr.ndre ce qui lui est ncessaire; vrai dire, nous sortons de l'hv pothse, puisque le droit mme de proprit prive st rsolu dans h- cas et dans
et re

mme

considrer les

un

droit

opposable en justice

l'user

xtrme indigence; il ne saurait tre justement d'un droit dsormais inexisux autres vues par o l'obligation de d'un droit de lue. Il arrive que, pour user plus
le

ut survenir, aile, tant l'usage

propritaire s'assure le ou-

la

par exemple
n de Ion

forme juridiqui la technique


participation,
iHt sociologique et
et

diffn

Or. chacun sait (pie l'ause trouve pas toujours lice a la proprit des capitaux mis en u-uvre; et. mme dans l'hypothse d'une conomie socialise, les dirigeants seraient tenus de ce devoir de justice distributive. Si la mme obligation incombe au propritaire, c'est pour autant qu'il exploite socialement sa proprit et qu'il est chef responsable de cette exploitation sociale. On peut faire la mme observation en ce qui concerne la seconde voie par o la justice intervient pour rgler l'usage de la proprit. Il s'agit cette fois de la justice sociale ou lgale. Comme tout le monde, le propritaire appartient diffrentes communauts, dont il doit, en justice, servir le bien commun. I.a charte constitutive de chaque socit, la coutume, la jurisprudence, la loi dans la socit civique, dterminent positivement quelles obligations psent sur les particuliers l'endroit du tout social. Les propritaires ne sont jias seuls viss, car toute activit humaine, par l'endroit o elle intresse le bien commun, peut tom lier s.ius le coup de la loi el devenir objet d'une obligation de justice sociale. Mais il est clair que les propritaires ne doivent pas chapper aux disposil ions lgales, vu l'importance sociale qui s'attache toujours a l'usage de la proprit, (/est pourquoi l 'enseignement chrtien a toujours admis l'intervention du lgislateur en cette matire. Certes, la loi se propose avant tout de sauve garder la scurit de la proprit, qui Importe elle aussi la paix et la concorde dans la cit. Mais la loi n'outrepasse nullement sa comptence lorsqu'elle oriente, limite, corrige, en vue du bien commun, l'usage que les propritaires font de leurs biens. Que les hommes, en cette matire, aient a tenir compte non seulement de leur avantage personnel, mais de l'intrt de la communaut, cela rsulte assurment du double aspect, individuel et social, que nous avons reconnu la proprit. A ceux qui gouvernent la socit il appartient. quand la ncessit- h- rclame et que la loi naturelle ne le tait pas, de dfinir plus en dtail cette obligation. L'autorit publique peut donc s'inspiranl des vri tables ncessits du bien commun, dterminer a la lumire de la loi liai lin Ile div ine l'USage que les pp, pritaires pourront ou ne pourront pas faire de leurs
socit.
tels.

au\ chefs

comme

torit en matire

conomique ne

795
biens. celle

l'IHH'l
Quadr. anno,
|)olili(iii(

ET
p.

USAGE MORAL, LES VERTUS NCESSAIRES


<i

sociale

328. Les grandes oui t esquisses

lignes de <li ssus,

lorsque l'on tudiait l'amnagemenl positif du droil de


proprit. Ce soni les mmes (c'esl -dire un souri gnral d'quilibre entre les parties du corps social, blcs) avec un intrt plus spcial en Faveur les qui doivenl caractriser nue juste rglementation de
l

l'usage.
il. L'usage de In proprit au regard de la vertu de reli L'ide gion et des autres vertus annexes ii l<i justice. ne viendra personne de soutenir que le fail d'user de sa proprit entrane pour le propritaire une obligation spciale de religion. El pourtant le propritaire, s'il est religieux, dcouvrira en certaines circonstances l'occasion de pratiquer celle vertu dans l'usage de ses biens. L'aumne, uvre de charit, peul revtir le caractre l'une offrande religieuse. Le propritaire chrtien fait uvre de religion lorsqu'il offre Dieu les prmices de ses rcolles, lorsqu'il acquitte la dme, contribue pour sa pari et selon ses moyens 'entrelien du culte et des ministres de Dieu: il peut, par le vu de pauvret, faire un usage dfinit il el souverainement religieux, de tout son patrimoine. On comprend sans peine l'utilisation que le propritaire peut faire de ses biens en vertu de sa pit filiale ou patriotique. Il mettra sa fortune, son crdit au service de ses parents et de ses proches, en tmoignage de rvrence et d'hommage ou pour soutenir ventuellement leur pauvret. Il en usera de mme l'gard de sa patrie, heureux de dpenser et de travailler pour assurer celle-ci un rang honorable ou pour l'aider
l

loi que les biens en nature, quoique ceux-ci, bien entendu, ne Soient pas exclus... Or, l'argent est, dani la vie, un bien ni le, un bien qui est fait essentiellement pour servir. Voil pourquoi l'acte de la librait! sera de sa\ oir se bien servir de 'argent, aussi bien dans le-, frais qu'on a a faire pour soi mme que dans les don, faire aux autres, ceci tant d'ailleurs plus libral <pie cela. Et non seulement savoir se servir de l'argeni avec parfaite honntet et courtoisie, mais savoir l'acqurir et savoir le garder dans les mmes dispositions de la trois actes relatifs au bon usage de l'argent et intressant la libralit amasser. <_;rer. dpenser, ce dernier tant videmment l'acte le plus propre et le plus immdiat de la vertu et, s'il est au bnfice d'aul

;i

plus parfait. Dpenser [jour le bonheur des le gesle libral par excellence. Ce geste, d'ailleurs, pour tre utile et vraiment vertueux. demande beaucoup de tact. Il est parfois plus difficile de bien dpenser son argent qu'il ne l'est de l'acqurir ou de le conserver. Ce sciait gter la libralit que n'y laisser percer l'insouciance et l'inexprience de quelqu'un qui ne sait pas ce (pue vaut l'argent, ou, au contrui,
le

autres, voil

exprience de celui qui tmoigne trop que l'argent lui a coul et qui aime son bien comme une chose trs prcieuse dont il semble ne se dessaisir qu' regret. Le vrai libral s'attriste seulement de deux choses de ne pas avoir donn quand il et t dcent de le faire, d'avoir donn quand il ne convenait pas de le faire du reste, il regrette moins ceci que cela.
traire, la lourde

ce

vaincre l'adversit. Le chrtien utilisera ses biens pour pratiquer la vertu de respect puisque des biens extrieurs, consacrs rendre un certain culte et des honneurs aux personnages constitus en excellence et en dignit, peuvent servir exprimer le sentiment intrieur de respect qu'on leur porte. La gratitude ou reconnaissance, son tour, se flicitera de disposer de quelques richesses afin de pouvoir en rcompenser son bienfaiteur au del mme du bienfait qu'elle en a reu. Par ailleurs, dans le commerce de la vie quotidienne, on se doit d'observer, au nom de l'affabilit, les rgles de la biensance, de se montrer agrable vivre. Or, l'exprience ne prouve-t-elle pas qu'aux gestes attentifs et aux paroles civiles il n'est pas toujours inopportun de joindre quelques menues gracieusets, propres entretenir d'amicales relations et qui sont bien l'un des emplois les plus doux que l'on puisse faire de sa fortune? Plus gnralement et abstraction laite de l'affabilit, la libralit consiste proprement dans un usage gnreux des biens accords aux hommes pour soutenir leur existence, et en vue de ce bon usage, dans une disposition intrieure rglant l'amour, la complaisance et le dsir relatifs ces biens . A.-D. Sert illanges, l.n philosophie morale de saint Thomas d'Aquin, 1922. p. 321. Ce qui empche en effet, le plus souvent, le bel usage des richesses, c'est l'affection dsordonne qu'on porte celles-ci, soit qu'on ait pour elles un attachement excessif ou qu'on n'y accorde qu'une attention insuffisante. Il y a de la vertu se montrer larr/c, c'est--dire ouvert tous et plein de bons procds; libral, c'est--dire assez libr des biens de la proprit et de la garde de son bien ainsi que des attaches intimes ce mme bien, pour tre mme de le dpenser aisment au profit et pour le bonheur des autres. sans du reste se ngliger soi-mme ni se priver du bonheur qu'il y a prcisment a donner... Ce qu'un homme peut le plus facilement donner un autre homme, c'est de l'argeni ou toute autre chose pouvant se mesurer prix d'argent. Voil pourquoi la matire

en outre qu'il n'a pas faire des largesses tort et travers, que ce serait l le moyen de n'en pouvoir plus faire opportunment; il se montre large, mais avec intelligence. Dernire prcision tre libral ne consiste pas tant dpenser beaucoup qu' le faire bien et courtoisement, par habitude vertueuse. On peut tre pauvre et se montrer libral. Ce qui importe, ce n'est pas tant la quantit du don que la qualit du geste et la bonne grce qui l'inspire. De l vient que la li lierai it a pour matire d'abord les passions intrieures se rapportant l'argent, ensuite l'usage mme de l'argent. R. Bernard, O. P., Les vertus sociales, trad. de J.-D. Folghera, O. P., append. i. p. 425-427. Voir ci-dessus art. Prodigalit. Riche ou pauvre, le chrtien, lev un tat de libert suprieure, se doit donc d'tre libral en toute rencontre; toutefois, il semble bien assur que cette vertu se rapporte plus qu'aucune autre l'attitude du propritaire usant de ses biens; dans cet usage, nous comprenons d'ailleurs, avec saint Thomas, toutes les oprations habituellement distingues au cours du processus conomique, la production des richesses, leur rpartition, leur conservation, leur administration. jusqu' l'utilisation dfinitive qu'on en fait par la consommation c'est en elTet chaque phase que l'on peut se laisser aller l'avidit (avarilia) ou la prodigalit. Plus que tout autre, le propritaire chrtien doit savoir se dgager noblement, en homme pleinement libre, de cette activit: y consacrer le temps et le soin convenable, sans plus; s'en occuper, mais ne jamais s'y enchaner servilement. Du reste, cette vertu caractristique du propritaire suppose chez celui-ci le sens et le dsir des fins vertueuses auxquelles il conla libralit vient d'appliquer les biens extrieurs
11

sait

carte les obstacles, dgage le propritaire, le met mme d'user vertueusement, mais elle n'indique pas. de soi. les lignes directrices de l'usage. A vrai dire, elle ne rgle pas l'usage de la proprit d'une faon positive, mais, quel (pie soit cet usage, vers quelque tin vert ueusc qu'il s'oriente, elle lui donne un air d'aisance souveraine cl mme de dtachement tout fait digne de l'homme et du chrtien, de celui qui est la fois le roi de la cration el l'hritier de Dieu, en marche vers
le

de

la libralit, c'esl

proprement parler l'argeni pin

royaume.

PR0PR11 M
e.

SAGE MORAL,
la

VI

KM

SSA1RES
considrables.

,98
Voil

L'iismie d? lu proprit
I

est aussi

et les vertus annexes de d'une faon Indirecte, en aidant

collectivit,

d'intrts

publics

surmonter certains obstacles, que la force e! la tem prance peuvent trouver lieu de s'exercer dans l'usage
de
l.i

En

proprit. ce qui concerne la force, on ne srail voir intervenir Ici que si l'on oubliait
la

surpris de

que l'usage

rationnel et chrtien de la proprit ne consiste pas tout uniment dans la consommation ou la jouissance des biens extrieurs. On use de ses biens lorsque l'on s'en M-rt utilement, de quelque faon que de soit. Entre autres modes d'usage, l'un des plus notables consiste I administrer, a fconder son bien par un travail producteur. Or. chacun sait que, si le travail est, en soi.

pourquoi le magnifique ne se bornera pas tablir son train de vie personnel sur un grand pied, a cclchui avec pompe les rites nuptiaux ou funbres qui mar quent le cours de sa vie domestique, s'difier i\n palais imposant, a s'entourer d'une clientle nom breuse; tout cela qui reste prive lui parait encore mes quln, et c'est sur le plan des intrts gnraux, au sei vice du bien commun de la cit, ou a la tte d'entre
prises

qui

intressent

de

vastes

collectivits

qu'il

de

joie

et

activit

rayonnante

|>ur

l'tre

peul se heurter accidentellement, en fait, a mille difficults rebutantes, la fatigue el au dgot. II est \r.ii que la fon-o nous arme en principe contre <le

humain,

il

d'action digne de lui. Il est clair que le chrtien ne peul se refuser celle deur vertueuse, et, s'il possde des biens abondants, il doit faire de son disponihle un usage magnifique. Les modalits concrtes de cet usage seront appropries aux circonstances et au milieu social. En mme temps

trouve seulement un

champ

la

maux contre la teneur que nous inspire contre l'abattement o nous plongeai les coureurs de cette mort la maladie, les infirmits, les souffrances. Mais la force n'en est pas moins qualifie, au moins par les vertus qui lui sont annexes,
plus grandi
:

que de pratiquer l'aumne et la bienfaisance, un trs grave prcepte enjoint aux riches d'exercer la m licence, ainsi qu'il ressort du tmoignage constant cl
explicite de la Sainte l'.crit lire el des l'res de l'glise. Des principes poss par le Docteur ungcliqtic, nous

mort

et

pour nous faire surmonter les difficults, gnralement moins impressionnantes, que nous rencontrons dans l'usage rationnel de nos biens et spcialement dans le travail. Aggredi et sustintre : deux attitudes en vue lelles elle nous affermit. Le chrtien saura s'attaquer a une besogne pnible et surtout y persistera tout le temps ncessaire. On reconnat l. en notation tho-

ne
utiles

et

chrtienne, certaines qualits humaines fort


:

dans l'activit conomique l'esprit d'entreprise et l'esprit de suite ou la tnacit. Ces vertus s'opposent -prit timor, la fausse intrpidit qui ne doute de rien, la folle audace qui attaque et entreprend tort uistoire conomique fournirait aisment
;ues portraits illustrant cette analyse.
I

dduisons sans peine que celui qui consacre les res sources plus larges dont il dispose dvelopper une industrie, source abondante <le travail rmunrateur. pOUTVU toutefois cpie ce travail soil employ a produire des biens rellement utiles, pratique d'une manire remarquable et particulirement approprie aux be soins de notre temps l'exercice de la vertu de magnificence, i Quadr. anno, p. 330, L'USage vertueux des biens extrieurs, SUTtOUl au sein de la mdiocrit, n'est pas toujours exempl de tristesse: cependant, on ne s'en dtournera pas. si l'on est arm de patience. Les dceptions, les pertes, les privations, doivent tre chrtiennement supportes lorsqu'en dpit de nos soins diligents elles fondent sur nous. L'homme doit prendre en patience sa condition, /x'er. noo., p. 257. Et, s'il faut vaincre cette dilli culte spciale de pratiquer longueur de temps, sans

es

hommes forts aspirent vertueusement

jouer de accomplir de grandes actions, qui soient

grands honneurs. Cette disposition magnanime peut s'allier a la pauvret; toutefois, les biens de la fortune facilitent l'excution des grandes entreprises magnanimit ne et la conqute des honneurs. La ne pas l'usage de ces biens extrieurs, encore qu'elle ne les recherche pas indiscrtement et ne me nullement diminue par leur perte, inverse ment, l'usage des biens de la fortune se trouve corrompu lorsqu'il se met au service d'une mgalomanie imptucuse. de l'ambition ou de la gloriole, ou lors qu'il se trouve en quelque sorte paralys par un sentiment pusillanime, comme il arriva au serviteur que ingile nous montre enterrant l'argent de son matre au lieu de le faire fructifier. magnanime se porte naturellement vers tout grands rles, grandes penses, grands ms. grands honneurs, pourtant on ne le confondra tique, spcialement enclin a mettrandeur dans sis uvres, a faire grand, sti-s proportions a tout ce qu'il ralise; pour cela, il ne recule pas devant de grands frais. nificence soit relative el que, par ituation mdiocre, le pauvre lui-mme ind. et quoique la vertu de magnificence n premier lieu dans une attitude d'esprit. lire grand, il n'en reste pas moins gniflque de ses biens, est le n ndre une grandeur absolue et

intrieures.
tll

vraiment

l'aise

lorsqu'il lui

-t

un

part

hii

permis de dploj er son ad iv it sur non celui de sa personne OU de ses de sa maison ou de son d<- l'tat, de une vaste
i I

perspective prochaine d'amlioration, toute une vie durant quelquefois, cet usage chrtien de biens extrieurs mdiocres el dcevants, dans une condition ingrate et dprimante, on sera tenu d'exercer encore une autre vertu, celle de persvrance, qui ne dtend pas aisment son etorl au cours des longs travaux. encore qu'elle ne s'y entte point aveuglment. /. L'usage de lu proprit et les vertus annexes de lu Nous considrons maintenant ce qu'il \ temprance. a de dlectable user ou. comme on dit communment jouir de sa fortune. Si les caractres affermis gOtenl une joie saine dans le travail et jusque dans l'adminis dation exacte d'une fortune, tout le monde esl sensible sinon au plaisir de dpenser, du moins aux plaisirs que l'on achte en dpensant. Dans ce (pie l'on appelle le procs de l'activit conomique, le dernier stade, affect a la consommation, n'offre gure que dlectation et attraits. Cette particularit le rend spcialement justiciable des vertus du type de la temprance. Non pas. sans doute, de la temprance elle mme, car celle vertu se mesure avec (les attraits singulirement plus naturels et plus pressants que ceux ci: mais de vertus modratrices analogues la temprance cl. pour ainsi dire, procdant de celle-ci. Le besoin s'en fait sentir d'autant plus vivement que les biens de la fortune ne prennent vraiment toute leur valeur (pie dans l'opinion que l'on s'en Tait et qui peut, au gr de l'imagination, s'exagrer ou s'amenuiser sans proportion avec la ralit. Du reste, la vertu de temprance elle-mme, par un dtour presque infaillible, retentit sur l'usage des biens extrieurs. Toul s'achte en effet, mme les vo lupis. s'il est d'exprience notoire (pie le prodigue des richesses a souvent pour but de satisfaire les vices de luxure, de gourmandise et d'ivrognerie,

799

l'Iiol'Iil

T.

USAGE MORAL, LES VERTUS NCESSAIRES


:

800

l'inverse doit tre galemenl tenu

pour vrai si l'on est parvenu modrer son penchanl pour les plaisirs, m l'on a accoutum d'observer la mesure vertueuse dans
fonctions de la nutrition et de la reproduction, l'on par le fait mme cart de son chemin des obstacles qui s'opposent communment l'usage correct de la
les
;i

fortune.

Nanmoins,
vertus

cet

usage

rgl par certaines vertus

modratrices espces de la modestia, et qui s'exercent en des domaines moins redoutables que celui des grandes volupts ou mme que celui de la colre. Dans ce groupe, suint Thomas comprend l'humilit charge de modrer notre dsir d'exceller, la studiosit qui contient notre penchant connatre, la retenue dans nos gestes extrieurs et dans la recherche des dlassements, enfin la modestie proprement dite de notre mise ou de notre apparat extrieur. Notre dsir d'exceller se nourrit de tout ce qui peut nous distinguer; il s'exprime donc quelquefois par une recherche raffine ou par une somptuosit prtentieuse dans l'usage de la fortune; par ce biais, l'humilit exerce sur cet usage une influence modratrice. Au contraire, l'orgueilleux cherche tablir sa supriorit dans ce domaine en se vantant de possder ce qu'il ne possde pas, en s'attribuant plus que de raison le mrite de sa richesse ou encore, par un sentiment complexe de mpris et d'envie, en ne supportant aucune concurrence et en visant rgner seul sur les ruines de

trouve plus directement annexes de la temprance, qui peuvent tre considres


se

comme

les

ses rivaux.
studiosit rgle directement l'activit de l'esappliqu connatre. Quel qu'en soit l'objet, cette fonction veut tre exerce sans ngligence comme sans curiosit dsordonne; la studiosit lui fixe son juste milieu. Or, l'esprit s'applique connatre tels objets plutt que d'autres et avec plus ou moins d'empressement, selon que la volont se trouve leur endroit plus ou moins affecte. C'est pourquoi l'avare est curieux des moyens de s'enrichir, tandis que le prodigue nglige gnralement de fixer son esprit sur les moyens de grer et d'accrotre ses biens. Le propritaire vertueux

La

prit

prudemment la qualit de ses distractions, l'importance des sommes qu'on y consacre on qu'on y risque el la passion qu'on \ met, le tout selon son tat et selon l'opportunit. Enfin, le radie extrieur de la vie, depuis le vtement jusqu'au dcor de l'ameublement et a la recherche de l'architecture, mrite lui aussi d'tre accord a la manire d'tre du sujet vertueux. Une espce de modestie \ pourvoit, qui loigne toute singularit et toute affectation. Jci interviennent des considrations d'ordre social le vertueux ne se dsintresse pas compltement de la mode ni du qu'en-dira-t-on; son habit, sa voiture, son lo^is. son ameublement, se conforment aux habitudes de son milieu et de sa condition, tant que la morale, le bon got, le bon sens, n'en soutirent pas. On considre aussi les circonstances le cadre du travail est autre que celui de la vie de famille, du dlassement ou des solennits liturgiques; certains travaux plus nobles, tels que les fonctions de la magistrature, veulent un dcor particulier; aux jours de fte conviennent une mise et des atours plus recherchs et la demeure elle-mme sera orne dcemment. Cette juste mesure, dont il faut s'inspirer dans l'usage des biens extrieurs, risque d'ailleurs de se trouver corrompue par les mauvais sentiments de vaine gloire, de sensualit, de proccupation excessive ou, au contraire, par un laisser-aller ngligent ou par une orgueilleuse affectation d'austrit. Ajoutez cela les prils propres la toilette fminine dont une sotte vanit ou une concupiscence perverse se sert trop souvent pour susciter des convoitises mauvaises. On ne serait parfois excus de cette immodestie que si elle procdait non point d'un sentiment drgl, mais uniquement d'une coutume gnrale, d'ailleurs condamnable. Ainsi, la vie chrtienne se trouve enveloppe de dispositions vertueuses, depuis le premier et intime sen:

doit viter l'un et l'autre cueil : il montrera un certain un vritable got s'informer, surveiller, contrler, spculer. Cependant, il vitera tout autant de se laisser obsder par des proccupations professionzle,

timent d'amour pour Dieu et pour le prochain jusqu' ses manifestations extrieures les plus humbles. Tout entire, la vie prend ainsi un sens chrtien et obtient une valeur mritoire. Et, toutes les fois que le chrtien s'intresse aux biens de ce monde, pour en acqurir une quantit suffisante, pour en faire un mnage judicieux, pour les appliquer adroitement satisfaire ses besoins, cet usage de ses biens lui fournit l'occasion d'exercer tour tour, suivant l'opportunit, peu prs toutes les vertus chrtiennes. A vrai dire, on voit bien

que de les ngliger. L'attitude mme que nous prenons, nos gestes extrieurs, mritent d'tre rgls par une sorte de retenue digne, convenable notre ge et notre tat, qui s'appelle modestie. Gnralement, l'attitude extrieure reflte les dispositions intimes; on doit donc veiller ce que celles-ci ne soient pas trahies ou gnes par des apparences entaches d'affectation ou d'incorrection. Indiquons ici, quoique l'on n'y prenne pas garde habituellement, que les gestes ou l'attitude qu'on assume dans l'usage des biens extrieurs, dans le travail, dans la dpense, dans la consommation, devraient, comme les autres, reflter l'quilibre vertueux des sentiments intrieurs et s'orner d'une grce enjoue l'gard d'autrui.
nelles

que les actes les plus spirituels des vertus se droulent dans une rgion o la richesse extrieure ne sert de rien directement. Mais on ne se tromperait gure si l'on disait que toutes les vertus peuvent, selon les cas, intervenir pour commander ou rectifier certain usage de

Une morale vraiment humaine,

et la

morale chr-

La vie humaine est ici-bas tenue de prendre en considration les biens terrestres; ses activits les plus hautes ont besoin d'eux, indirectement au moins, et elle ne ddaigne pas en retour de les traiter comme un domaine gouverner, une matire ennoblir, en projetant sur leur usage un reflet du caractre chrtien. En face de la libert humaine, l'univers s'offre la fois comme une condition matrielle d'existence et d'opration et comme une uvre parfaire; on s'en sert et on l'amnage pour le rendre plus efficacement
la fortune.

tienne l'est parfaitement, n'exclut pas le jeu. La vertu nous invite nous dlasser et elle rgle nos dlassements. Une double consquence est retenir quant l'usage vertueux de la proprit. Tout d'abord, il sied d'interrompre parfois son labeur professionnel, non seulement en vue de vaquer des activits plus releves dans l'ordre de la vie spirituelle ou contemplative, mais mme afin de se dtendre et de se livrer des plaisirs honntes, pourvu qu'on le tasse en temps convenable et de manire raisonnable. Par ailleurs, il est lgitime d'affecter une part de ses dpenses au dlassement et au jeu, condition qu'ici encore on contrle

l'univers est donc l'instrument ncessaire et perfectible de la libert humaine. Les vertus chrtiennes, qui surlvent cette libert sans la dtruire, ne mprisent point cet outil providentiel toutes s'en servent et beaucoup s'occupent de le rendre humainement et chrtiennement plus parfait. C'est pour cela que l'enseignement de l'glise s'est toujours montr svre aussi bien pour ceux qui
utile;

constamment

refusent de reconnatre la valeur, la bont essentielle de l'univers matriel et des biens extrieurs, que pour

ceux qui, purilement

satisfaits

tique outil, en ngligent

de possder ce magni ou en mconnaissent l'usage

ROPR]

II

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Kl

RS

802

vertueux. L'enseignement K- l'glise affirme que les biens extrieurs nous appartiennent mais que notre libert, enrichie des vertus chrtiennes, doit en taire un usage chrtien. Par ailleurs, s'il souligne l'imporK- vertu Fondamentale comme la tance de telle ou mus charit, ou l'opportunit de telle autre en cit. instances, par exemple lu magnificence, l'enseigne ment chrtien se garde de dresser une liste limitative usage correct des biens ext .lis vertus ncessaires rieurs: en effet, toutes peuvent avoir a s'exercer luis cet usage comme toutes ont besoin de s'j alimenter. \ gard, contentons nous de renvoyer 6 la con, t
.1

.1

qui est trs justifie. Mais auparavant il sied de rap peler une erreur, ou plus prcisment une attitude mentale, qui sape par la base la proprit en faussant la vraie conception des rapports entre l'homme et la nature. On constate en effet que priodiquement, surtout aux poques troubles, il se produit une lerinent al ion doctrinale de caractre dualiste ou panthiste, avec 111.111ifest.il ions immorales et antisociales. I.a croyance en deux principes antagonistes, le principe du bien et le principe du mal, dans la mesure o elle repose sur

nno. On v voil clusion de l'encyclique Quadra que la solution des problmes conomiques et sociaux dpend de la solution pralable d'un problme moral. \ on&idrer les choses plus a rond, il apparat avec vidence que cette restauration sociale tint dsire

une rflexion philosophique, dcoule logiquemenl de que certains esprits cherchent s'expliquer l'univ ers sans pouvoir se reprsenter la causalit du premier tre autrement que sur le mode matrialiste de la par
ce

une complte rnovation de cel malheureusement tropsouvent perdu ceux <iui s'occupent des questions conomiques; sinon, tous les efforts seraient Nains, on construirait Quadr. non sur le roc, mais sur un sable mouvant. anno, p. 367. Suit une page mouvante o le souverain pontife analyse les causes du mal dont soutire l'conomie moderne; il les dcouvre dans la dchristianisation le la socit, dans la ruine des disciplines morales. Il pourquoi le remde principal consiste, au jugement de l'Eglise, dans la reforme des m. cuis. Non que la vertu chrtienne dispense des rformes techniques
tre prcde par esprit chrtien qu'ont
toit

ticlpatlon et de l'manation. Nous ne pouvons que Signaler ici cette erreur mtaphysique tenace, dans laquelle versent Infailliblement tous ceux qui ne s'l

ait
le la

oublier les exigences

mmes

de

la

charit

et

justice. Mais les reformes purement techniques ne suffisent pas; bien mieux, elles ne sont gnralement mmes (pie si l'on carte au pralable

beaucoup le haines, d'golsmes, de lchets et de conDonc, de toute faon. Pie XI peut fort bien distinguer, avec Lon XIII. le droit de proprit et l.e premier se trouve uaranti ds (pie chacun observe la justice commutt ive. tandis que le
L'obligation qu'ont les proplus exigeant de ne faire jamais qu'un honnte usage de leurs biens ne s'impose pas eux au nom de cette jusSi l'on ajoute a inais au nom des autres vertus.
ni est
:

vent pas au degr d'abstraction d'une philosophie premire fonde sur analogie de l'tre. En tait, l'historien ne se croit pas autoris tablir entre toutes les manifestations de cette mtaphysique un lien prcis de dpendance ou de continuit. Il constate nanmoins une liaison troublante entre certaines prmisses panthistes et certaines consquences pratiques subversives de l'ordre moral et social sous couleur de libert d'esprit. Les sectes no-platoniciennes, les manichens, les doctes prouvent l'gard de la matire nue insurmontable horreur; l'homme spirituel 1 ne peut se diviniser qu'en renonant non seulement au droit de proprit, mais, si possible, tout contact avec les ralits matrielles, tout usage, mme purement naturel, des biens de ce monde. En thorie tout au moins, on considre que les conditions communes de la vie humaine, le mariage, le gain, la consommation, font l'objet d'un interdit. On les tolre dans l'homme charnel , mais
I

le

lique,

parfait s'en abstient. Le conseil de pauvret vangpour ne rien dire de la continence, devient, au moins pour les spirituels, une stricte obligation. On

taires

cela

que l'tat
bien
-

est qualifi

pour extirper
exiger
la

les vices nui-

pratique des vertueux dans la mesure o l'exige le bien coin mon, on ne sera pas surpris de voir l'glise reconnatre loi civile un droit de regard et un pouvoir de ition, a l'effet d'obtenir des propritaires un usage nierai et vertueux de leur droit de proprit. Au nom

commun, pour

justice lgale, l'tat

peut

et

faciliter l'usage

doit organiser le vertueux, dcoura

ou interdire lus. me goste, modrer ou exciter


s..if

d'acqurir, l'instinct de l'pargne,


il

dpense:
-.

doit seconder les initiatives

les

nr qu'une partie de son programme; la lgislation n'ayant d'autre but que d'organiser, dans une socit donne. l'usage vertueux de la libert, le libre usage de ses biens par le propritaire ne pose pas un problme exceptionnel. On le traite comme une libert- a organiser
dnient.

susciter au besoin et. en cas d'urgence, lui-mme. Aussi bien, cette tche n'est

reproche donc aux clercs, aux glises, les biens qu'ils possdent. Mais on gnralise parfois :1e droit de proprit lui-mme est branl dans ses fondements; on le considre comme un fruit du pch et le rsultat de la corruption humaine. Il suffit de signaler cette attitude de refus pralable, avec sa racine mtaphysique. Au cours des sicles, elle se manifeste de faon chronique, entranant rgulirement avec elle des crises d'anarchie. D'aprs Clment d'Alexandrie, le gnostique hrtique piphane, fils de Carpocrate, prconisait au 11 e sicle le communisme alias intgral, en se fondant sur la justice de Dieu violata esset juslitia Dei qu consista in qualilaie communionis et se ostendii in ro quod omnia omnibus communia fecit. Strom., 1. III, c. ir, P. G., t. vin, col. 1106. Saint piphane mentionne au 111 sicle une
:

secte

d'hrtiques
les

qui

s'appelaient
,

apostolici

ou

apostalici, c'est--dire

d'imiter

renonants aptres en ne possdant

et se glorifiaient

rien.

Sous

le

mme

nom

d'apostoliques, dix sicles plus tard, Iionorius III.

dans

la tradition chrtienne s'insre sagesse rationnelle et. en admettant gttimit du droit de proprit prive, elle exii;e

Ainsi,
la

IV et lionifaee VIII s'efforcrent de rprimer une sorte d'ordre mendiant anarchique qui, sous prlexle de reproduire la vie et la pauvret des aptres.
.Nicolas

la

ligne de

combattait la proprit prive. De mme, sous couleur de perfection vanglique, les spirituels prchaient le
des biens. Toutefois, les historiens ont peine a discerner une doctrine conomique ou philosophique dans cette effervescence; ils y voient plus volontiers un socialisme par le fait, une crise d'anarchie sociale, de meurtres et de pillages. Le spectacle n'est gure diffrent lors de la guerre des Paysans (1522 1525), avec les a na ba pi isl es. au moment on les troubles
iOCiaUX mls a
leurs fruits
les
la

que

Je par de
lois
.

belles et
le

bonnes
dj
'

communisme

comme

voulait

V.

Erreurs

ri

vttves m- droit
IStiqueS
-

nr.

propre m
tels

rcents,

que
:

les
le

erreurs sou-, deux chefs

disme

et le libralisme, selon qu'elles

s'attaquent

d fus...

de proprit ou qu'elles en corrompent

formerons

cette distinction,

plus amers.

Rforme allemande allaient portei Mun/er prchait violem


T.

PIT. D1

THOl

Ml

XIII

26.

l'ItHT,
ment le nouveau
naiil
('

l'.l

I.'

I.

li

REU
i.a

I!

LIB

I'.

M.I.

retour

l'tal

prlmitil
el

i,

l'avnement
la

l'un

rgne de Dieu

notammenl

commu

des biens.

soetc i des conomistes, malgr qu'elle en et. l'influence de la philosophie du xviii* sicle. c'est dire d'une pense rationaliste, prise tout a la
subit
fois
les

En mme temps que la crise goctale, une crise intellectuelle marque cette priode. La Renaissance remet en honneur, dans les milieux cultivs, le communisme
idaliste
et

romanesque de
cit

l'antiquit.

L'Utopie de

Thomas Morus(1516), Lu
(1602),

du

Soleil

deCampanella

Salent e dcrite clans Tlmaque (1694) la dcoulent de celle \eine et ne l'pulsent pas. D'autre part, toute une littrature ethnographique, hautement apprcie et ingnieusement utilise pour des lins d'apologtique morale et religieuse ou de critique politique et sociale, concourut au succs du communisme romanesque. Quelques missionnaires, en particulier, en dcouvrant et en glorifiant le bon sauvage , renouvelrent cette tradition. Le sauvage de Iati, le luron, le Tartare, furent proposs en exemple, pour la honte des civiliss libertins. C'est pourquoi sans doute le socialisme utopique, par contraste avec le socialisme moderne, est plutt asctique qu'hdoniste. Il est une forme du got de la simplicit primitive. C'est pourquoi aussi ce socialisme ancien est agraire plutt
I

qu'industriel

.
i,

Ren Maunier, L'anne


p. 894.

sociologique,

nouv.

sr., t.

On

est tent de rattacher la crits


e

mme

inspiration les

par lesquels publicistes et philosophes du xvm et de la premire moiti du xix e sicle critiquent la proprit la Basiliade, de Morelly (1753); le Voyage en Icarie, de Cabet (1842); les Doutes sur l'ordre naturel et essentiel des socits, de Mably, (1768); la Lgislation, du mme auteur (1776), sont franchement socialistes. En 1780, Rrissot de Warville, qui plus tard dfendra la proprit avec ses amis les girondins, l'attaque dans ses Recherches philosophiques sur le droit de proprit. Mais il faut savoir rsister cette tentation, car, entre le socialisme moderne dont nous trouvons l les germes et le socialisme de l'antiquit et de la Renaissance, il y a une diffrence profonde. Non que la veine panthiste et sentimentale soit tarie nous en retrouvons jusque chez Jaurs la trace persistante; mais la philosophie du xvnr2 sicle et l'avnement de la science conomique fournirent au socialisme
:

nombreux

de la rigueur mathmatique mise a la mode pai progrs scientifiques et par l'influence cartsienne, et d'un positivisme assez court, hrit pour une lar^tpart de l'utilitarisme sensualiste anglais. Cette atmosphre rationaliste a pntr l'conomie orthodoxe. La notion de loi naturelle, lors mme que les distes lui imposaient l'tiquette d' ordre providentiel , se ramenait exactement a l'ide dterministe de rapport vident et ncessaire. En prnant la libert, les physiocrates n'avaient nullement l'intention de la faire rgner positivement dans l'ordre conomique la nature, ce rseau ncessaire et infaillible de lois qu'ils comprenaient sous ce mot, la nature seule revenait la direction. Et c'est pour mettre la vie conomique sous le joug ncessaire et bienfaisant de la nature qu'ils rclamaient la libert, entendez l'absence de toute direction artificielle, nous dirions rationnelle s'ils ne prtendaient pas que le rle de la raison consiste prcisment entrer dans le dterminisme des lois naturelles. Le retour la libert, en effet, devait selon leur systme restituer l'empire de la raison; mais cet empire se bornait constater la liaison ncessaire des phnomnes, constater l'ordre naturel et immuable tabli dans l'univers et s'y conformer. Bien entendu, les physiocrates ne se rendent pas compte du caractre dterministe que revt leur doctrine; ils se piquent de ne pas philosopher. A leur sens, en l'absence de loi posi:

une atmosphre intellectuelle et des idoles nouvelles. Lors mme que ses conclusions se rencontrent prati-

quement avec
nistes,
il

celles des anciennes doctrines

commu-

est impossible de confondre les systmes.

C'est pourquoi, sans chercher tablir une continuit logique qui n'existe pas entre le socialisme ancien et le socialisme moderne, nous devons, pour comprendre

nous instruire d'abord du systme conomique orthodoxe c'est en effet au libralisme des conomistes classiques que le socialisme contemporain doit ses bases philosophiques et son armature technique. Pour l'histoire ancienne ou la prhistoire du socialisme, nous renvoyons donc aux ouvrages spciaux et notamment aux articles suivants du Dictionnaire : Albigeois, Anabaptistes, Apostoliques, Apostatiques, Arnaldistes, Bghards, Bguins, Biens ecclsiastiques, Bonagratia de Bergame, Carpocrate, Cathares, Communisme, Dulcin, Hussites, Fraticelles, Frres du libre esprit, etc. Voir aussi F. Ehrle, dans les t. i-rv de YArchiv fur Lit. und Kirchengeschichte des Mittelallers ; J. Guiraud, Histoire de l'inquisition au Moyen Age, t. i, Paris, 1935. Quant aux condamnations de l'glise, voir Denzinger, n. 144,485, 191,575,576,577,590,596,612.613,616,
celui-ci,
:

de rglementation extrieure, il y a libert; ils n'imaginent point que leur conception de l'ordre naturel puisse contredire profondment leurs prtentions librales Les lois (de l'ordre naturel) ne restreignent point la libert de l'homme..., car les avantages de ces lois suprmes sont manifestement l'objet du meilleur choix de la libert. Quesnay, Droit naturel, dans Physiocrates, t. i, Paris, 1846, p. 55. A la violence contre nature que les interventions tatiques opposent l'conomie, ils prfrent une ncessit naturelle; car il va de soi, pour eux, que le libre choix ne consiste en rien d'autre qu' mettre plusieurs partis en balance et se laisser dterminer par le plus avantageux. Pour un tre dou de raison, tre libre consiste chercher son intrt vident. On sait que Quesnay a crit dans l'Encyclopdie l'article vidence, inspir de la philosophie de Descartes et de Malebranche. Bref, le pre des physiocrates, sans le formuler, substitue le principe hdonistique, expression d'une ncessit psychologique, la notion de libert. La raison n'est qu'une balance dont l'vidence est l'aiguille indicatrice. Par ailleurs, la ncessit se fait jour encore sur cet autre point que la recherche de leurs intrts particuliers par les individus conduit videmment, par des voies infaillibles, la ralisation de l'intrt commun
tive,
: :

y aurait donc une sorte d'harmonie prtablie entre tous les mouvements naturels. Pourvu que nulle intervention violente ne vienne du dehors fausser ce mcanisme, il y a toujours identit profonde entre l'intrt et le devoir moral et social.
il

619, 624, 639, 656. 681, 685. 1 L'erreur librale. Il peut sembler paradoxal de voir dans le libralisme conomique le fruit d'une phi-

losophie dterministe, incompatible avec la notion de vraie libert. Telle est pourtant la vrit qui s'impose de plus en plus l'historien.

Ainsi, la philosophie sous-jacente aux thses de l'conomie orthodoxe se prsente comme un dterminisme utilitaire et naturaliste. L'optimisme qui carac trise l'cole franaise est un trait secondaire, issu de Les lois sont irrvocables, elles la croyance diste tiennent de l'essence des hommes et des choses, elles sont l'expression de la volont de Dieu... Tous nos intrts, toutes nos volonts viennent se runir et former pour notre bonheur commun une harmonie qu'on peut regarder comme l'ouvrage d'une divinit bienfaisante qui veut que la terre soit couverte d'hommes heureux. Mercier de La Rivire, L'ordre naturel el
:

essentiel des socits politiques,

dans Physiocrates,

t. i.

rimi'iu
amble de
iel

i-

ii.

i;

i;

i;

mu

i;

\i

80G
sommes
destines.
le

cet

optimisme pro

pour cire
la

le

moyen par
a

lequel nous

sera atteint par Bastiat.

connue cause seconde,

perptuer

grand uvre de

K- dterminisme physiocratique es1 a dterminisme historique ou volution liste. Cependant, l'attitude foncire, au point de vue philosophique, est la mme mconnaissance de la humaine. En passant chei i<- Anglais, l'conomie orthodoxe chit de donnes concrtes, d'observations. Mais, successeurs d'Adam Smith, l'optimisme fait pl.u< au pessimisme. Certes, Malthus et Ricardo droulent avec beaucoup d- srnit les consquences
\^>.[

On

que

lieues ilu

cration et a coopre! aux \ lies de son auteur. Leur scurit est si complte qu'ils no craignent pas d'opposer nettement la classe oisive des propritaires

productive des travailleurs agricoles. Mais consquence de cette opposition n'est pas celle que nous attendrions aujourd'hui, l'viction de la classe Oisive. Bien au contraire, toute production provenant exclusivement de la terre, le premier service cono inique consiste a lournir celle ci. Or, tel est le rle du
a la classe
1.1

Inluctables de l'ordre naturel; d'autre part leur phi hnthropie est Incontestable. Mais ils dcouvrent parmi es, a ct les harmonies nul nrelles, des antinomies qui ne le sont pas moins par exemple, la limitation fatale des aliment.; indispensables a la vie
:

face de la multiplication pratiquement incoercible diches a nourrir: ou encore la loi de la rente qui

enrichit

d'autant

plus le propritaire oisif que les plus rares et que les a (Ta mes sont plus nom

breux. De telles constatations tirent le l'conomie orthodoxe une science sinistre et suscitrent la rac ttou critique du socialisme scientifique. Karl Marx est
le

disciple de Ricardo.

ce contexte philosophique, la thorie de la pro prend une valeur en quelque sorte symbolique. On admet qu'elle est une ncessite naturelle et e\ dente: ensuite, on s'efforce de montrer que cette ne S intrieure a la rflexion rationnelle, que ce peninstinctif n'a qu' se dvelopper sans entrave pour engendrer automatiquement le bien-tre rai. Le libralisme fonde sur un dterminisme aussi bien la ncessit de la proprit que son aux hommes utilit sociale. S 'adressant aux pauvres, ibeur et de privations .. Bastiat leur expose cet providentiel avec une loquence sincre. Il ne jaillit pas une tincelle dans une intelligence qui n' a quelque de-ic votre intelligence; il ne s'accomsous le mobile propritaire, qui ne ;>our vois un progrs: il ne se forme pas une ne tende votre affranchissement, pas un tal qui n'augmente la proportion de vos jouisIravail. pas une acquisition qui ni pour vous une facilite d'acquisition, p;:s une proprit
prit
i

Pans

ne soit d'largir, votre profit, le de la communaut. L'ordre social naturel a artistement arrang par le divin Ouvrier que les dans la voie de la rdemption vous dn secourable, volontairement OU leur ent nu non la conscience: car il a disile telle ^"rtr qu'aucun homme ne peut dler honntement pour lui-mme sans travailler lme temps pour tous... n a confi la ralisation la plus active, la plus intime, la permanente de nos nergies l'intrt personnel, ludiez donc le d. tel qu'il est sorti des mains du grand
1

.ine

les travailleurs reoivent de lui la terre, propritaire source de toute richesse: aprs Dieu, c'est le pioprie taire qui met la disposition du genre humain cette source inpuisable et irremplaable, l'our que Cette argumentation valt dans la pense des physiocrates, il fallait que, dnus de tout sens historique, Ils tinssent pour videmment naturelle cl ncessaire une certaine organisation sociale comportant des classes diffrentes, rurgOt a une vue moins absolue et plus relle lorsqu'il attribue un fait historique contingent, l'occupa tion. l'origine de la classe propritaire et lorsqu'il cherche dans les services rendus la lgitimation de ce fait. Mais il importe de souligner pie cette faiblisse de la doctrine physiocratique, lie une vue trop courte de l'ordre social, n'entrane pas la ruine de la thse librale. l'eu importe, au fond, la reprsentation que l'on se fait le l'ordre naturel; ds l qu'on admet qu'il v a un ordre naturel cl que cet ordre se ralise par une sorte de jeu spontan ou de mcanique infaillible en librant l'instinct individuel de l'homo conomicus, on est essentiellement un libral, c'est --dire qu'on admet comme un <l gme le dterminisme des lois conomiques ncessaires et bienfaisantes. Cela est si vrai que le cai actre rationaliste du libralisme ira en s'at en liant il accentuera plutt son caractre pragmatique, positif, quelque peu sceptique l'endroit de la raison et de ses prtentions rformatrices, Une socit, di1 A. Schatz, est un phnomne naturel, amoral, soumis des lois propres de dveloppement sur lesquelles la raison n'a pie trs peu le prise. On sourit alors des rves socialistes qui supposent toujours que la raison peut dominer les instincts, dtourner le cours des forces naturelles et organiser selon un plan l'organisme conomique. On se borne a constater qu'il existe des forces inluctables, tendant un quilibre relatif dans un ordre en quelque sorte spontan, assez analogue
:

l'quilibre l'un organisme sain laiss lui-mme. Et, avec un parti pris d'objectivit scientifique, on con-

clut pie la libert et la proprit individuelle doivent tre sauvegardes, puisque sans ces deux institutions le jeu naturel des forces ne peut se produire ni leur qui-

.1

On voit que. sous-jacente aux formes nouvelles du libralisme, se retrouve toujours la conception dterministe, sinon fataliste, d'une nature rfractaire au pouvoir librateur et organisateur de la
libre se raliser.

ri;

vous resterez convaincus

qu'il

tmoigne

d'une universelle sollicitude qui laisse bien loin derel vos chimres. Peut-tre alors. prtendre refaire l'uvre divine, vous vous
la
I,

bnir.

dores compltes,
c.

Harmonies conomiques,
en moins, tout.
ibstituer
.

vm,

Proprit,

me

thodoxe pense

la nature et son ordre inmicien L'instinct de la pro pour les phvsiocrates le fondement de turel: l'ide ne leur vient mme pas que cet puisse tre discute nt Il est impos La Rivire, de ne pas reconnatre omme une institution divine

infrastructure philosophique toujours se reprsenter les arguments libraux en faveur de la proprit. C'esl par ce contexte qu'il les faut interprter. On se gardera n consquence de confondre l'enseignement chrtien d'une proprit fonde sur le droil naturel avec l'enseignement libral qui use apparemment du mme langage cl qui voit dans la proprit un lait naturel le mol nature es1 employ ici el la dans un sens tout diffrent. I'our l'glise, nous l'avons vu. il s'agit le nature humaine, essentiellement rationnelle, libre el morale: pour la
qu'il faut
:

raison humaine. (.'est donc sur celte

philosophie librale, pour la physiocratie comme pour toutes les doctrines qui se soni partag mi transmis l'hritage du libralisme, il ne saurai! tre question que d'une nature physique, justiciable le lois ncea ^aiies et mcaniques, la seule nature connaissable exp

su;

PROPR

T. LES

I.

R R El

RS

SOC1

\ 1.

rimentalement et scientifiquement, d'ailleurs tran gre au monde de la libert el de la moralit. En ce sens, on peut affirmer qu'il > a une cireur librale, mme dans la dfense de la proprit. Quant au dtail des arguments, souvent trs ingnieux, il ne nous parait pas qu'il soit opportun de nous y attarder on les trouvera dans tous les manuels classiques d'cono mie politique.
:

dis nations, allait, en 1776 prcisment, mettre en cir-

culation une thorie de la valeur qui devait longtemps s'imposer. Il distingue valeur d'usage et valeur d'< change, tudiant celle-ci sans rfrence celle-l. pour dterminer la valeur d'change sans tenir compte des dsirs subjectifs, Smith oseille entre deux printantt, il admet que le travail c'est--din que Chaque chose cote de peine et de trouble celui est la mesure relle de la valeur qui veut l'acqurir changeable de tous les biens; tantt, il mesure le prix rel de la chose son vrai cot de production. Les deux sont distinctes. Dans une socit prcapitaliste, en effet, le rle des instruments tant pratiquement ngligeable, le travail seul, c'est--dire le temps que l'on perd et la peine que l'on prend pour atteindre tel rsultat conomique, mesure la valeur de ce produit. Au contraire, dans une socit capitaliste, le cot de production doit comprendre, outre le salaire du travailleur, la rmunration due au propritaire de la terre et des autres capitaux. Cette dernire rmunration est-elle lgitime? Smith l'affirme, en arguant non plus de cet ordre naturel, vident et ncessaire, selon lequel le propritaire tait prdestin, au gr des physiocrates, mettre la terre la disposition du travailleur agricole, quitte s'acquitter des avances , c'est--dire consentir les frais d'amnagement; mais en arguant de ce que le profit doit en justice rmunrer le travail du propritaire, conu comme un entrepreneur (Smith n'a pas su distinguer le rle de l'en-

cipes

2" Les erreurs socialistes.

Nous qualifions de

so-

>,

cialistes les doctrines qui excluent le principe


la

mme

de

proprit.

Le socialisme Un
rait

est

aujourd'hui une erreur, ou plutt

recueil d'erreurs nettement

condamnes;

il

mrite-

en lui-mme et pour lui-mme une lude importante. Plus qu'un systme conomique, plus qu'une technique de la production et de la rpartition, plus qu'une solution au problme des rapports entre capitalistes et proltaires, le socialisme est une conception philosophique de la destine humaine. Il pouse en quelque sorte la destine de l'homme. M. Aim Blanc, La vie socialiste, du 13 avril 1929. Il trouve ncessairement ses mobiles dans les profondeurs d'une mystique et d'une foi. M. Lvi-Strauss, La vie socialiste du 30 mars 1929. Il est une rgle gnrale de vie , une catholicit , selon M. Lon Blum, une civilisation appele succder deux autres grandes civilisations la civilisation paenne et la civilisation chrtienne . M. Laurent-Esticnne, La France libre du 9 oct. 1921. Sous cet aspect, qui lui est essentiel, le
:

socialisme dborde largement les limites de l'article prsent. Mais nous n'aurons garde de ngliger ses bases philosophiques, bien faites pour donner tout leur sens aux attaques portes par le socialisme contre le droit de proprit prive. Il importe en effet de souligner ce fait que le socialisme contemporain est n et a grandi en raction contre l'conomie orthodoxe, ce qui revient dire que le socialisme a beaucoup emprunt au libralisme. Il
est ais de montrer que l'armature technique du socialisme scientifique est un dmarquage des thmes orthodoxes, notamment des thmes pessimistes dvelopps par Ricardc. Mais il faut noter surtout que la philosophie matrialiste et dterministe rencontre chez les libraux se retrouve chez les socialistes, abstraction faite d'un socialisme plus sentimental et gnreux que scientifique, o l'on voit percer l'ancienne tradition utopique et panthiste. Ajoutons que le dpart est souvent malais entre les deux socialismes dans un
:

trepreneur et celui du capitaliste), couvrir ses risques de perte et couvrir les risques courus par le prteur de
capitaux.

mme

deux tendances se combinent aisment, puisque toutes deux conduisent des conclusions identiques et que seuls leurs principes mtaphysiques s'opposent dialectiquement. De l, pour le dire en passant, la force et la faiblesse du socialisme
esprit, les
il

sduit sans peine la foule des


et les

hommes gnreux ou

Ricardo s'empare ce point de l'argumentation et pousse fond avec la logique qui lui est habituelle. A quoi bon distinguer ainsi la rmunration du travail et celle des capitaux? Une telle distinction n'a d'intrt qu'au point de vue comptable. En ralit, lorsqu'on rmunre un capital, on rmunre un travail antrieur, le travail dpens pour former le capital c'est--dire du travail accumul . Harcel d'objections, Ricardo finit par renoncer cette dfinition trop simple de la valeur Je peine ma tche, crivait-il Malthus, et j'essaie de comprendre la plus difficile des questions de l'conomie politique. Un mois peine avant sa mort, il avouait n'avoir pas russi rsoudre le problme de la valeur. Cependant, en dpit des hsitations de leur matre, les disciples de Ricardo, Mac Culloch et James Mill, continurent de soutenir la mme thse. James Mill et Mac Culloch sont deux disciples intransigeants qui apportent leur propagande conomique le zle du religionnaire cossais. Mais il arrive (pie leur intransigeance les emporte au del de la doctrine du matre. Ricardo admettait qu'il y et des limitations, des exceptions, ses principes
la
:

groupe pour une uvre de destruction, mais, s'il s'agit de construire et de vivre en socit, ce qui ne peut se faire que sur la base d'un idal commun, l'quivoque fondamentale ne tarde pas clater, et le groupe se dchire. Quoi qu'il en soit, il est impossible de comprendre les formes contemporaines du socialisme si l'on oublie ce qu'il doit aux conomistes orthodoxes ou libraux. C'est par eux que le socialisme, de romanesque, d'thique, devient en outre un systme conomique.

mcontents

James Mill et Mac Culloch, ngligeant systmatiquement toutes ces restrictions, seront plus ricardiens.
pour ainsi dire, que Ricardo lui-mme. E. Halvy, Le radicalisme philosophique. 1901, p. 56.
Les premiers socialistes anglais n'eurent qu' transmettre cette conception de la valeur Karl Marx. Celui-ci s'en empara et en fit le pivot de sa critique du capitalisme. Puisque, entre les choses diffrentes que l'on change, la justice exige qu'il y ait une valeur commune, seul le travail peut tre ce quid communt. Tout le reste peut diffrer en elles, mais, en tant que valeurs, toutes les marchandises ne sont que du travail cristallis Il proteste donc contre ce qu'il appelle un si toute la valeur reprsente du mystre d'iniquit travail, mieux encore, si le travail est la substance mme de la valeur, pourquoi tout le prix ne revient-il pas au travailleur? Le socialisme scientifique tait n. trouvant dans son berceau, contre la proprit, une
.
:

1.

La

notion de valeur.

la

scientifique

semble

tre

Le pivot du socialisme notion conomique de


ds
1770.

valeur

Encore que Condillac

ait.

thorie psychologique de la rieure l'ide que s'en faisaient les physiocrates, cette thorie ne devait pas connatre avant la seconde moiti du xix'' sicle la faveur qu'elle mritait, lai effet, Adam Smith, par son fameux ouvrage sur La richesse

expos une valeur, notablement sup-

arme emprunte aux doctrines

librales.

I'i;nl'i;i
1

III

ERREURS
infecte

S()(
v

VLIST1

810
i

t socialisme trouva son Ricardo en la personne de Rodbertus, hritier de- .mil simoniens, qui, vins se mler aux agitations populaires comme Karl Marx, combina dans un expos vigoureux les Ides sociales les plus avances ri le programme politique le plus conservateur. Lassalle, avant tout bomme d'action et tribun. est surtout connu pour la rormule retentissante

du

IrUS petit bourgeois, le proltaire n '.lequel

qu'au prix d'efforts, prolongs pendant plusieurs gn rations, l'espril de solidarit communiste, d'acquiesc ment ahsoiu a la volont gnrale, de soumission parfaite et spontane aux Intrts de la collectivit arguments du socialisme. 2. Les Le socialisme appme ses attaques contre la proprit prive sur trois

la

la loi d'airain des salaires par laquelle il dsignait thorie essentiellement classique, depuis rurgot, Malthus et Ricardo. du salaire ncessaire ou <ln salaire

do

fondements bien distincts, qui rcapitulent en sorte les phases de son volution historique,

quelque

minimum. Marx donna au socialisme une charpente


Ce
fut a lu fois

doctrinale.

une faiblesse, car, si l'allure scientifique et la fermet du marxisme rendirent plu-. la propagande socialiste, il faut reconnatre en revanche que beaucoup de thses socialistes, lies pour un temps aux catgories marxistes, subirent le mme sort que celles ci: or, les thses essentielles de la doctrine de Marx sont aujourd'hui primes. Sans nous attarder a l'tude du marxisme, notons en ce qui coni't
i

une force

a) Fondement thique. Le socialisme n'a pas il ne renonc aux forces sentimentales et morales. Suffit pas, dclare li. \lalon, de faire appel aux Intrts car le socialisme conomiques el aux haines de classe ne se laisse pas enfermer dans la coquille du procs
.

conomique Sympathique et
sus

C'est la. avouons aussi le plus tenace


.

le,

l'aspect le plus

du socialisme. Les

cerne

la

doctrine de

la

proprit

la

vraie

aleur des

marchandises se mesure au quantum de travail social qui s\ trouve incorpor; bi l'ouvrier qui livre son travail pour un salaire n'est pas rmunre pour la valeur issue de son travail, mais strict emenl pour la valeur de son travail, laquelle est dtermine par le quantum de travail socialement ncessaire pour produire les denres et objets indispensables a l'entretien de l'ouvrier et sa reproduction la diffrence entre la valeur du travail et la valeur produite par ce travail ncaisse par le capitaliste, comme plus value: mcanisme entrane un antagonisme Incurable entre la classe qui ne dispose que de son travail et celle qui. disposant en propre des moyens de production, prlve la plus-value: d comme la plus value devient capital a son tour et. par suite d'un nouveau travail.
;

engendre mu' nouvelle plus-value, cet antagonisme entre le travailleur et le capitaliste, dans un rgime de proprit prive et de libre concurrence, ne peut qu'aller en s'aggravant, jusqu'au jour o la collectivit expropriera les derniers capitalistes et s'emparera des

Dialogues socialistes d'Ed, Berth, 1901, glorifient la valeur moralisatrice du socialisme, qui mancipe les deux puissances les plus aptes moraliser l'homme le travail et l'amour; le travail lev du rgime du salariat au rgime de l'association, l'amour rnov au sein de la famille ou entre les sexes par l'indpendance donne a la femme. Charles Andler estime lui aussi que l'on est d'abord socialiste par I' adhsion du cur un idal qui se propose nous pour sa beaut Le travail dbarrass de proccupations gostes et mercenaires tel srail l'idal du socialisme: il ajoute aussitt que ce socialisme-l n'est pas le socialisme que l'on rencontre aujourd'hui... Sous ces sentiments infiniment respectables et tout l'honneur de ceux qui les ont conus, que dcouvrons nous de prcis? I.a nause d'un rgime o la possession des richesses semble la Bn de tout effort humain, le but unique du travail et souvent mme le honteux carcan o touffent nos plus spirituelles aspirations. C'est de cela qu'on accuse l'institution de la proprit prive, considre comme le pivot du rgime capitaliste tout entier et comme l'instrument de toutes les spoliations et de toutes les servitudes. Plus prcise, mais b) Fondements conomiques. plus discutable, se prsente la base conomique du
: :

moyens de production.
Cette construction ne rsista pas l'preuve des faits. Selon l'expression de (,. Sorel, le marxisme s'est

socialisme.

Dans une thse ironiquement


sociale de la proprit individuelle.

intitule

L'utilit

1901, Ad.

Landry

La dcomposition du marxisme. 1908.


rejette les thses pas rvolutionnaire, le syndicalisme rvolutionnaire, d'autre part. qui. sans souci des thories, n'a retenu que la lutte des classes, l'action directe et la yrve gnrale, lui ont succd. Rcemment, sous le nom de no-socialisme, des esprits distingus, comme

Le no-marxisme, d'une part, qui


et

marxistes

n'tst

oppose cette institution l'intrt social. Le producteur, parce qu'il est m par l'appt du profit individuel. peut tre amen orienter ses efforts dans une direction nuisible au bien gnral; ce qui l'intresse, c'est moins la productivit i que la rentabilit de son

A. Philip, J. Moch. 11. Dubreuil, professent une thode rationalisation gnrale, d'organisation conomique visant a crer des biens par les entreprises les
rie

mieux
-.

tablies, avec les cots de production les


et

moins

raccourcir

les

routes de

la

circulation de.

producteur jusqu'au consommateur F. I.eitd.. 1926. Vnlernehmung, attitude n'offre rien de spcifiquement socialiste et n'attente pas la proprit. De mme, nous n'avons nous occuper des thories dites intervention-, ni du socialisme d'I'.tat. jour la mme raison. Quant au communisme (anarchisme, cole libertaire t. il enseigne un individualisme outrancier et n'entend abolir la proprit prive que parce qu'il v voit, aprs l'rmidhon. le moyen d'opprimer les non-possdants; il l'ailleurs supprimer toute autorit, persuad- que
puis
le

ner.

\\

irtscha/tslehrr der

">

entreprise il a intrt a jeter la mer ou brler une partie de sa rcolte de bl ou de caf, afin de maintenir les cours et d'obtenir un bnfice dfinitif plus grand; il peut substituer l'levage a la culture sur ses terres. Dans les deux cas. son intrt individuel l'emporte donc sur l'intrt social, prcisment a cause du caractre individuel de la proprit. I.a consommation, son tour, est mal servie a cause de la proprit prive il parat juste de pourvoir aux besoins essentiels de l'humanit avant de satisfaire des besoins moins intense., ou artificiels, ou mme nuisibles. Or. aujourd'hui, la consommation qui exerce la plus mande influence si r le march, cause de la proprit individuelle combine avec la libre concurrence, est la consommation des riches; en ce sens d'abord qui les riches, par la hausse des prix, obtiennent seuls les den:

res de premire ncessit' si celles ci v iennelil a se ai fier: de plus, en ce sens (pie la product ion, oriente par
i

-on

et la

science tabliront
et

homme- un
pour
le

ordre naturel

demain entre tous les spontan. Le bolche\ isme,

moment, s'efforce de raliser le marxisme. Iran indispensable entre le r< ipitaliste el le mmuniste. car. avili par l'esclavage millpeu homogne peu souple, individualiste eni

demande des consommateurs fortuns, s'applique des industries de luxe, sans souci d'autres activits qui seraient moins rmunratrices, mais dont le besoin
la

se fait sentir
i

tragiquement pour la roule des misreux. Fondements philosophiques. Sans prtendre uiei qu'il v eut d'original dans l'ouvre de Karl Mais.

81
il

PROPRIT. LES ER
Facile

EU RS SOC1

LISTES

812

est

pas
rie

de constater que le marxisme ne se borne emprunter aux conomistes libraux leur tho
ait, le

socialisme scientifique repose sur une Infrastructure philosophique o l'on reconnat la conception dterministe de l'histoire propage avec quelques variantes en Allemagne par les disciples de Hegel, en France par les positivistes, el en Angleterre par les utilitaristes radicaux. On voit qu'il ne faul accepter qu'avec beaucoup de rserve l'opinion cou rante selon laquelle l'anne 18 18 marque un renverse ment inopin et dfinitif de l'histoire socialiste avant 18 18, il n'y aurait eu qu'utopie et sentiments lit. toutes les revendications socialistes reposant sur quelque idal moral ou religieux; 1X18 aurait VU l'ave nement d'un socialisme doctrinal, systmatique, arm d'une conception de l'univers, d'un socialisme objec tif et prcis comme une science exacte. L'originalit de Marx est d'avoir group ce qui tait pars avant lui... La paternit des ides n'appartient pas moins leurs vrais auteurs. Or, c'est Fichte qu'appartiennent la critique de la thorie conomique de la valeur el l'antithse de la valeur et du prix; Lamennais, l'ide de la loi d'airain des salaires et celle du surtravail; Owen, l'ide que, l'homme tant le produit du milieu, il faut changer le milieu pour changer l'individu; Saint-Simon, l'ide que la socit est de longue date partage entre une classe laborieuse et une classe oisive dont l'antagonisme explique les crises historiques; Auguste Comte, l'ide que les eapitaux tendent
:

de la valeur. Malgr qu'il en

pas, au gr de Marx. Il esi \rai que celle gnration ncessaire de l'idal par le lait historique s'impose, semble 11, comme une loi universelle. Marx est pris au pige. Parce qu'il pose en loi la dialectique ncei du rel, charg de son germe volutif, il rend a la mtai

l'assujettir la

aveugle au moment qu'il croit du fait matriel. Sans doute, il veut ne connatre aucune loi de l'idal; mais il a rintroduit la loi idale, sa ncessit, son universalit, au cur du rel. Les lois naturelles de l'volution sociale formules par Marx ne sont qu'une autre forme symbolique, adapte a notre poque d'athisme, de cette loi sup-

physique un

hommage
loi

rieure qui

domine les destines humaines et qu. gnrations antrieures appelaient Dieu. L'volution
Il

est pour Marx un Dieu svre, violent et exige des hommes qu'ils sacrifient a un but reconnu invitable absolument tout, jusqu'au sentiment de leur propre volont. A. Philip. Henri de Mon ri lu irise doctrinale du socialisme, 1928, p. 109. On ne saurait mieux dire la loi volutive du matrialisme historique, malgr Marx, devient pour lui en fait un axiome suprme d'explication mtaphysique, ce que les thistes appellent cause premire; les libraux, ordre naturel et ncessaire: Blanqui, lois mcaniques de la matire et du mouvement, etc. Cf. B. Jacob. Lt matrialisme historique, dans Rev. de met. el de nv)r., 19(17. p. 101-420. Dans cette vue, la proprit capitaliste trouve son

conomique
cruel...

s'accumuler dans les mmes mains el que la disparition de la petite entreprise est invitable; Fourier et Considrant, l'ide que de l rsulte une nouvelle fodalit; Mil] enfin, l'ide que l'mancipation les sala-

avant tout leur uvre. Gaston Richard, question sociale et le mouvement philosophique au xix" sicle, Paris, 1914, p. 201. Quelque dcevantes que soient toujours ces recherches de paternit, et mme si les attributions, comme nous le croyons ici, demeurent discutables, elles offrent du moins ce rsultat positif de nous donner une meilleure intelligence du systme de pense socialiste en en fouillant les origines. Or, il est incontestable que ces origines se placent dans un fort courant matrialiste. Entre autres prcurseurs, Blanqui exposait dj les thmes conomiques du matrialisme marxiste dans la Critique sociale, crite deux ans avant la publication du Capital. En philosophie. Blanqui tait matrialiste comme Marx. Il a expos ses vues dans une uvre trange, L'immortalit par les astres, o la
ris doit tre

La

conception mcaniste de la nature est conduite logiquement ses consquences extrmes. L'individu perd toute esprance d'immortalit personnelle, mais les lois mcaniques de la matire et du mouvement garantissent un quivalent de l'immortalit par une sorte de mtempsycose ou de retour ternel. Gaston Richard, op. vit p. 201-203. Il n'importe gure, aprs tout, que Marx ait emprunt. Au point de vue historique, on ne peut nier que le socialisme scientifique ait trouv en lui son expression. Celle-ci, on le sait, fut marque par l'volutionnisme de l'poque et par l'idalisme hglien. Mais ce qui constitue la trouvaille de Marx, ce l'ut, notre avis, et peuttre sous l'influence de Feuerbach, de renverser les lermes de cet idalisme pour al ribuer au fait matriel la dialectique hglienne de l'ide. Le matrialisme historique joue vraiment dans la doctrine marxiste le rle de /leus ex machina. Tandis que l'idal, selon Hegel, rsorbai! par synthse la thse et l'hypothse contradictoires, c'est le lait, pour Marx, qui porte en soi, avec le germe de sa propre destruction, la Ici volutive de son progrs. Toul fail se prsente donc avec

explication marxiste, explication qui, par moments, rappelle les explications a quia, purement descriptives. La proprit ne dpend d'aucun principe idal, mais elle est inscrite ncessairement dans la phase capitaliste du processus historique. Que, du reste, on ne se rassure pas. car cette ncessit est toute provisoire. Dans le fait capitaliste, ct de la thse proprit, Marx aperoit l'antithse expropriation, qui se ralise fatalement, par le droulement invitable de l'exploitation capitaliste. Le capitalisme, par sa loi interne, est son propre fossoyeur puisqu'il se concentre en quelques mains de plus en plus rares et engendre une proltarisation de plus en plus gnrale. La synthse s'bauche, se dessine une socialisation complte du capital, c'est--dire l'viction de la proprit prive. La rigueur systmatique du marxisme ne tarda pas se dtendre grce aux exigences de l'action sociale et politique et grce au positivisme mme des doctrines librales qu'il avait vaincre. Pour B. Malon, le progrs n'est plus, comme dans la doctrine de Marx, une ncessit; le socialisme intgral, c'est--dire envis sous tous ses aspects, dans tous ses lments de formation, avec toutes ses manifestations possibles, est l'aboutissement synthtique de toutes les actions progressives de l'humanit prsente. Le socialisme n'est pas exclusivement conomique, son objectif est aussi philosophique, politique et social: il embrasse la pro>

prit, la famille, la religion, l'tat. L'ide, le senti-

ment, sont des facteurs du progrs au


les forces

mme

titre

que

organiques.
L895, p.

social,

Paris.

G. de Greef, Le translormism* 289.


i

sa loi ncessaire:

la

loi

abstraite

el

universelle n'existe

Cet largissement, cet assouplissement de l'idologie marxiste tt ut ig prtvttlr, car le matrialisme dialectique a l'tat pur ne caractrisait pas assez nettement, aux yeux de la Ion le et pour l'action, le nouveau socialisme. Est-ce que logiquement, le marxiste n'aurait pas d, comme l'optimiste libral, laisser faire et laisser passer sans prtendre arrter ou seulement modifier le processus historique? Du reste, une reviviscence des philosophies idalistes et criticistes rvlait la faiblesse de la conception matrialiste de l'histoire. On vil donc le marxisme se vider peu peu des thses les plus caractristiques de Karl Marx. Aujourd'hui, l'on serait en peine de dcouvrir entre toutes les formes <\c socialisme les liens d'une unit philosophique relle.

l'Iiiil'lil

II

II -

ER RE
sur

11-

S0(

MIS
:

ll'.s

si

s m' distinguent pu leurs mthodes d'action el pu l'tendue des revendications qu'elles affichent; mais l'unit spirituelle leur manque cruellement,

Kl K

Sous cette rserve, il rapidement l'attitude des diverses coles socialistes, non pas pour suivre l'volution d'un systme ou les variations d'un p. mi. ce. qui ne nous intresse pas ici, mais pour voir ce qu'y
varits de socialisme. n'est pas s. m-. Intrt de dcrire
;>.

La

devient

bout luire de Poussant ivernement des choses laquelle le nom du comte >ir Saint-Simon demeure attach, le socialisme, sous sa forme collectiviste, prconise une organisation complte de la production, de la distribution el mme de la consommation, sous l'autorit de l'tat. La proprit est donc absolument exclue, en tant que pouvoir le lihrt dtermint!) n en matire conomique. L'autorit seule apprcie les besoins, organise la production, rtribue chacun en imites de \aleur dire selon le temps de tra\ ail de qualit sociale, C'est
l.e

la

notion de proprit,
.1
.

cottecttpisme.

produit du travail pour les besoins publies. Ce qu'un changement d'tiquette, ou peut tre un danger de surcrot le l:<hiv ci neuient conomique exei cera une autorit au moins aussi pesante qu'un tat politique, et son intervention ne pourra mme plus se colorer de mobiles honorablement idalises; quant aux prlvements sur le produit du travail, ne sembleront ils pas plus dlicats a Justifier cl plus douloureux a subir, plus proches de la corve, du service personnel, que les impts supportes aujourd'hui? C'eBl du reste la tare profonde du socialisme; aprs avoir sape la proprit, sous prtexte qu'elle permet de trop frquentes de trop injustes exploitations de l'homme par el l'homme, il organise un rseau d'obligations personnelles qui donneront l'homme, tout homme, la certitude dlie exploit, mais lgalement et mthodiquement, pu la collectivit ou ses reprsentants, b) l.e socialisme d'tat. Ce qui dfinil les diffle

n'est

.1

donn la production. Ainsi, l'on se flatte d'liminer du haut en bas de l'chelle les divers prlvements que l'on > opre aujourd'hui sous le nom

moyenne

qu'il a

de loyers, de dividendes, d'intrts. Plus de profits ni de salaires: la distinction entre capitalistes el salaries Mouit. Plus d'changes individuels ni de commerce priv; en dehors des objets dbites par les entrepts publics, il ne peut v avoir aucune vente de marchandises entre particuliers. Plus de monnaie au actuel du mot. Bourguin, Les systmes socialistes, p. 11. La logique marxiste peut ici se donner libre carrire, en tirant toutes les consquences de l'ide de valeur-travail, pour raliser sans dtour, sans institution intermdiaire, l'change direct des travaux contre les produits. Pc bon de travail n'a pas la signification d'une monnaie: il n'est qu'un certificat Un certificat quelconque, un bout de papier imprim, un fragment d'or ou de fer-blanc, constatera le temps de travail fourni et mettra l'intress en mesure d'changer ces marques contre les objets de tout genre dont il aura besoin. 1 Bebel. La femme, p. 273. La proprit est donc radicalement exclue, aussi bien la proprit des moyens do production que celle des objets de consommation, puisque ceux-ci sont obtenus par les travailleurs non pas suivant la productivit de leurs instruments de travail (cette base de rtribut ion ouvrirait en effet les voies l'ingalit), mais suivant un barme administratif dterminant dans chaque catgorie le produit moyen d'une heure de travail. Cette apprciation, qui ne peut chapper au soupon d'arbitraire, enlve en ralit au travailleur tout espoir de consommer une valeur exactement correspondante l'efficacit de son effort et ne lui permet d'escompter que le niveau de vie dtermin pour lui pu l'administration. On blesse au vif l'ide de libre disposition, essentielle
.

rentes sortes de socialisme d'ICtal. c'est la socialisateins. tion limite aux seuls moyens de production usines, moyens de transport, crdit. Mais on renonce a l'identification marxiste de la valeur el du travail social. Pa valeur des produits el des services se dtermine selon le sv slmc libral de l'offre et de la demande
:

faveur duquel interviennent les apprciations personnelles des consommateurs. Au prix de cette entorse aux principes marxistes, le socialisme d'tat ralise, avec moins de peine que le collectivisme, l'quilibre de la production et les besoins. Pa possibilit de suivre le jeu spontan de la loi de l'offre el de la demande procure un guide sr aux producteurs, c'est--dire aux fonctionnaires de la colils auront la chance de satisfaire de vrais lectivit besoins et de ne pas s'entter dans une production inutile el socialement ruineuse. Pc danger est celui que prsente un monopole absolu. Pa valeur esl bien lixe par la loi de l'offre el de la demande, mais l'offre se trouve artificiellement concentre aux mains de l'tat, seul et universel producteur, qui jouit en somme des pouvoirs illimits d'un trust gigantesque, maitre de toutes les branches de l'conomie. Sans doute cette puissance n'esl pas ncessairement nocive; en se mettant a la tte de la production, l'tat recueille l'ensemble des prolits que jusqu' prsent se partageaient les industriels, les actionnaires de socits, les ban quiers, les entrepreneurs de transport, etc., et rien ne l'empche, aprs avoir couvert ses frais el pourvu aux rserves opportunes, de faire un emploi judicieux de ses bnfices pour le bien de la collectivit. On satisfait ainsi la requte fondamentale du socialisme la suppression de l'exploitation capitaliste par intrts et profits. Pa rente conomique subsiste, mais elle passe entirement a la collectivit, ce qui paral se justifier pleinement puisque c'est le dveloppement des besoins
a
la

libres, variables ci

collectifs
Il

qui engendre cette rente.


la

la proprit.

reste ipie

machine administrative ncessaire au

devine les inconvnients du systme responsabilits crasantes de l'tat et retentissement catastrophique de la moindre erreur dans lis prvisions administratives: risques de la routine et fin laisser-aller chez les fonctionnaires, de qui l'on attend le progrs riel, le dveloppement de la production, la critique constante et la mise au point des mthodes, le de comprimer les cots de revient: difficults quasi insurmontables dans l'adaptation de la production aux onue comme une besogne administrative, donc lente et rigide; caractre oppressif de inisation collectiviste non seulement dans |<- choix de la profession et dans son exercice, mais Jusque dans l'apprciation des besoins et l'orientation de la ionsommation. Certains croient carter le reproche d'opion en remplaant l'tat par un gouvernement les impts par nu simple prlvement
: I
'

On

fonctionnement du socialisme d'tal est aussi pesante el complique qu'en rgime collectiviste; que le progrs technique, ici el la. dpend du zle apport leur tche par les fonctionnaires: que la libert du travail,
l'activit professionnelle, la satisfaction des besoins, se

subordonnent au pouvoir tatique. c'est pourquoi nui ne prconise l'avnement du socialisme dl .lai considr comme un bloc homogne. On le nuance gnralement de socialisme dcentralis
par rgions,
rserve

pu

communes, par

professions,

et

l'on

une marge a la production individuelle. Le programme de disme ainsi nuanc s'oppose moins <pie celui du collectivisme a la thse traditionnelle
et
i

hrtienne de
la

la

proprit; celle
soi)

ci

n'exige pas

que toute
priv
cipe,
et

production
la

aux mains du capitalisme

elle n'a

contre

socialisation

pas d'objection a prsenter, en prinde certaines entrep

815

PROPRIT. OBSERVATION DES FAITS


:

816

particulirement puissantes el importantes postes, transports, banques, assurances, mines, constructions mcaniques, fabrication d'armes, voirie, distribution d'eau, de gaz, d'lectricit, assistance, hospitalisation, dans le cadre rgional ou communal; organisa lion drs loisirs, des retraites, de l'apprentissage dans le cadre professionnel, etc. Bien entendu, on n'approuve |ias pour aillant la philosophie du socialisme. 3 La proprit et le La thorie sociologisme .

groupe m- l'a pas engendr a la vie autonome, libre, du moi personnel. A mesure que s'opre cette diffrenciation, prend valeur aussi, par participation, tout ce qui se rattache aux groupements mineurs, puis aux

individus, en qui s'incarne progressivement la valent collective. Synthse puissante et ingnieuse coup sur. o se trahit une exigence intellectuelle trs respectable; mais synthse hypothtique, fonde sur cedeus ex machina qu'est le social ralit transcendante,
,

sociologique del proprit appartient un systme doctrinal, qui se distingue nettement du socialisme. Pourtant, au point de vue philosophique, il n'y a
rapprocher les deux exposs puisque le prjug volutionniste leur est commun et que, par des voies diffrentes, ils mnent des conclusions assez voisines. Si l'cole sociologique repousse le matrialisme historique, c'est pour remplacer l'volution dialectique du fait matriel par celle du fait social, considr lui-mme comme objectif, transcendant, progressant d'une marche qui lui est propre et entranant l'volution ncessaire des ides, des murs, des esprits. En ce qui concerne la proprit, l'cole sociologique souligne avec raison son caractre social. La notion mme de valeur est un fait social; on considre cette dernire comme un produit de la collectivit, variant dans sa constitution et dans son fonctionnement selon les socits. On ne nie pas l'influence des circonstances conomiques, mais on tient pour trop troite une explication qui ne se fonderait que sur elles et qui ngligerait le rle d'autres faits sociaux, comme les croyances, les murs, les lois, la contrainte sociale. Et l'on construit la courbe volutive de la proprit en fonction de l'volution propre et autonome de l'tre collectif. La proprit fut d'abord collective parce qu' l'origine le groupe seul existait, les individus ne s'tant pas encore levs une personnalit diffrencie. La diffrenciation des proprits s'est opre en mme temps que

qu'avantage

existant par soi. valable par soi, matrice fconde de tout l'ordre humain, qu'il s'agisse d'conomie, de religion, de murs individuelles ou familiales, aussi bien que le politique et d'esthtique. La loi volutive du social progresse, sur le plan idal, avec la mme implacable ncessit (pie la loi dialectique du fait matriel selon Alarx. Est-ce que, plus heureuse que cette dernire, l'volution du social a laiss dans l'histoire quelques traces perceptibles, dans lesquelles l'hypothse sociologique trouverait une opportune confirmation? C'est ce que Durkheim et ses successeurs ont cru pouvoir tablir en accumulant des volumes prcieux d'observations ethnographiques, d'o il rsulterait que l'volution de la proprit reproduit effectivement la courbe voulue par leur systme. Ces tentatives offrent trop d'importance pour que nous les ngligions, lin socialistes et sociologues se rencontraient et effet, s'paulaient ici, dans la critique d'une conception traditionnelle, o la proprit faisait figure d'institution immuable, videmment ncessaire , fonde sur la nature mme de l'homme. Il faut carter cette objection pralable que, sous prtexte de science objective, on oppose la doctrine chrtienne de la proprit. Le terrain une fois dblay, il ne nous restera qu' critiquer philosophiquement cette doctrine et l'exposer sous une forme aussi cohrente et dmonstrative que
possible.

s'oprait la division

amorphe du clan

travail social et que l'unit primitif se distribuait en petits

du

Vf. Observation des faits en matire de proIndpendamment des services qu'elle est prit. appele nous rendre dans la critique de l'volution-

groupes plus ou moins tendus; l'avnement de la personnalit individuelle, par un progrs de la conscience dont l'volution mme de l'tre collectif peut rendre raison, dut concider avec l'avnement de la proprit individuelle. C'est le dveloppement de l'individualisme et de l'galit civile, l'affaiblissement de l'ancienne structure familiale, les progrs d'une classe bourgeoise porte au pouvoir en raison de son rle conomique, et enfin la suppression du systme fodal qui ont amen la constitution de la proprit individuelle et libre. L o est affirme la valeur de la personne humaine, est galement reconnu son droit disposer librement des choses qui constituent son patrimoine, et, comme le travail est de plus en plus considr comme le facteur essentiel de la personnalit, c'est galement par le travail qu'on tend justifier le plus souvent cette extension de la personnalit sur les choses, de mme qu'en plaant dans la libert l'essence de la personnalit, on est conduit respecter la proprit comme la suprme garantie de la libert. Mais il faut bien se pntrer de cette ide qu'il n'y a aucun lien logique entre le travail ou la libert et la proprit. Ce sont l des reprsentations collectives, dont il est possible d'expliquer la gense et qui restent fonction de tout notre systme de valeurs morales. Ren Hubert,

socialiste ou sociologisant, la description objective de quelques faits de proprit vaut par elle-mme, titre d'enseignement positif. Elle est de nature enrichir notre notion de la proprit, en lui donnant plus de souplesse et de relativit analogiques. Seule

nisme

une
nie,

telle notion, ainsi affine et plus strictement dti-

pourra satisfaire aux exigences d'une critique

rationnelle.

Les lments de la prsente description sont pour une bonne part emprunts aux travaux des volutionnistes eux-mmes, qui eurent le mrite d'accumuler de prcieuses observations ethnographiques; pour le reste, on utilise l'histoire, notamment l'histoire conomique et sociale. Quant au cadre, nous acceptons celui qui nous parat le plus commode et en mme temps le moins sujet caution d'abord les observations d'ordre ethnologique, groupes selon la mthode viennoise des cycles ou cercles culturels; puis l'analyse sommaire de quelques civilisations, historiquement accessibles, que
:

leur influence sur la culture occidentale rend particulirement dignes de nous retenir.
1 Donnes ethnologiques. 1. La proprit ehe: les On peuples de civilisation plus ancienne ou primiline. groupe sous l'tiquette assez conventionnelle de primitives trois et peut-tre quatre civilisations humaines, les plus simples qu'il nous soit permis d'atteindre :1e systme culturel central (Pygmes, Pygmodes, habitant les rgions centrales du globe, les les du Su et du Sud-Est asiatiques et l'Afrique centrale ; le systme austral (Tasmaniens, Australiens du Sud-Est. Fugiens, habitant la partie mridionale du globe): le systme septentrional (primitifs du Nord-Est asiatique, du Nord-Est amricain, de la Californie, que l'on trouve plus au Nord). Il faut vraisemblablement

Manuel

lmentaire de sociologie, Paris,

p.

407.

Ces formules sont remarquables tous gards. Elles nous aiguillent, la suite d'une mtaphysique inconsciente, vers une reprsentation moniste de l'univers. La source primordiale, la cause premire de toutes les valeurs, est le groupe au sens le plus large, l'tre social. l'tre collectif. Rien n'existe ni ne vaut que s'il participe aux valeurs collectives. L'individu n'existe pas, comme tre conscient, comme personne, tant que le

PR0PR1
annexer

I.

Imi\

NES

!.

III
et

\ul.tu.
son

[QUES
est

SIS
proprit

a ces Irois civilisations dites primitives celle


.

forme

importance, l'habitation

en est pourtanl distincte el qui semble un peu plu-- volue (couches anciennes de r Australie, Soudan mridional, rgion du Nil, couches anciennes de l'Amrique du Nord), N itons le, dans ces civilisations, on ne trouve pas le
ilu
iini

boumerang

familiale, les voyageurs parfois ngligent de le rap porter, tant la chose va de soi; ils notent des faits d'habitation commune, prcisment parce que ces faits
rien affirmer touchant toute premire origine de la proprit', nous devons nanmoins constater que nous ne connaissons aucun peuple, quelque simple que soit sa eiv ilisat ion. qui n'en possde la notion prcise cl claire. Cette nul ion est plus ou moins strictement dfinie selon les catgories d'ob jets considres, mais elle ne se prsente pas originelle lolemistes. ineiil comme le produit d'clucubrat ions C'est une donne plus solidement enracine el plus
la

demeurent excepl lonnels. On le voit, si nous ne voulons

totmisme parfait ou totmisme de clan. Le totmisme de sexe et le totmisme individuel, trs rares dans la civilisation centrale, se rencontrent le premier dans la civilisation australe, le second dans la civilisation septentrionale, mais ils n'v jouent qu'un rle secondaire.
Or, la proprit esl connue. Certes, les biens suscepl Ibles d'appropriation chez des peuples aussi simples ne sont ni nombreux ni Importants; Ils consistent principalement tu objets de consommation, qui vont en effet presque toute la richesse a ce stade de civilisation; ils comprennent en outre quelques outils rudimentaires et des armes trs simples; on ne songe pas encore a s'approprier II' sol. (i; En ce qui concerne les denres <lr consommation, l'on sait que deux thories se sonl fait jour. Selon les uns. la recherche des aliments, aussi bien que leur

constante.

consommation, se srail l'origine effectue collectivement, dans nu communisme parfait. Pour d'autres, et notamment pour K. Bcher, l'individualisme aurait rgn on matre; chacun aurait cherch et consomm
sa nourriture, sans souci de personne.

En

ralit, ces

affirmations ne correspondent aucune donne observable. L'individualisme et le collectivisme l'tal pur ne s,- rencontrent nulle part. L'homme rel, celui (pie l'ethnologie observe, vit en famille ds les civilisations primitives, et ce caractre clate avec une vidence particulire clic/ les Pygmes et les Pygmoldes, qui semblent les plus simples des peuples primitifs.Or.ee fait social de la vie familiale commande une organisation de la proprit, aussi loigne du communisme radical que de l'indiv (dualisme absolu. La famille, comprenant au sens strict le pre, la mre et les enfants, constitue l'unit de production et l'unit de consomles denres alimentaires. ne connat pas de civilisation, si ancienne ri si simple qu'elle soit, o l'homme n'use pas d'un minimum d'outils, d'armes, de vtements, etc.: ce sont aussi ibjets de proprit. Et cette fois on s'aperoit qu'il s'agit d'une vritable proprit individuelle. I.e pre a s outils: la mre, ses paniers; chacun a son allume-feu. ses vtements et ses parures. Or. tous urs s'accordent a reconnatre que chacun dispose en matre et exclusivement des objets qui lui appartiennent et dont il s,- sert. Chez des peupla chasseurs, ignorants de toute agriculture et adonns au nomadisme, l'ide mme le rit foncire doit tre inconnue, semble-t-il. Il est vrai que le sol ne fait pas l'objet d'une appropriation individuelle ni mme familiale: c'est en un certain sens la proprit il.- la communaut, a savoir du groupe. Ces deux, trois ou quatre familles qui campent de compagnie disposent ensemble d'un certain terrain plus ou moins tendu: le sol n'tant utilisable que comme territoire de chasse ou de cueillette, il est inutile le le morceler entre les familles. Quant a le dlimite! prcision, cela ne devient indispensable que dans certaines circonstances, par exemple lorsque plusieurs lisinent dans une mme rgion aux ressources

D'autre part, la proprit primitive n'a rien d'une concession que l'tat, sous les espces du groupe de familles, du clan ou de la tribu, aurait faite aux familles ou aux individus. Le pouvoir public esl peu diffrenci, presque inconsistant, en lace des familles unies et des individualits pleines de v ilalil. Toutefois ne repoussons pas priori l'intervention politique dans l'usage, dans la rpartition des biens. Maintes fois, lorsque l'autorit et la comptence propres de la famille sont en dfaut. l'tat y supple. Il esl avant toul le propritaire du sol. en ce sens qu'il prside au choix, a la garde, a la dlimitation du territoire de chasse el de cueillette. De plus, le groupe assume des
charges sociales qui lui donnent l'occasion d'entreprendre sur le droit individuel de proprit. On rapporte d'un groupe de Boschimans qu'une part notable du butin y revient rgulirement aux veuves. Aprs les randonnes de chasse en commun, l'Andamanais peut, s'il est pre de famille, disposer de sa part de prise pour soi et pour les siens; mais ce que rapporte un clibataire doit tre partag par les anciens au profil des infirmes el des vieillards. Dans une tribu d'Esquimaux, le pouvoir public peut contraindre en temps de disette celui qui a l'ail une belle capture en laisser profiter tous les membres du groupe. Il est donc arbitraire d'imaginer, aux origines de l'hu inanit, soit un communisme absolu, soil un individualisme absolu en matire de proprit, bai lait, c'est tantt la proprit individuelle et tantt la rglementation autoritaire qui l'emporte, mais les deux tendances se retrouvent toujours, et, au del de ces oscil htions superficielles, il rgne toujours entre elles une
sorte d'quilibre. 2. La proprit chez 1rs peuples de civilisation ancienne ou primaire. I.a suite de l'volution historico-cul-

mation en ce qui concerne


b)

On

l'homme s'est souvent loign de ce juste milieu, en matire de proprit comme dans le domaine des relations politiques ou familiales; mais l'alternance des actions et des ractions autour de ce pivol rvle bien l'attrait en quelque sorte naturel
t

urelle

mont

re (pie

exerc par l'idal d'une proprit quilibre, o


libert individuelle trouve son
vite, o, d'antre part, le bien

la

champ normal

d'acli

commun

nbl ient quelques


les

garanties essentielles. a) lue des civilisations anciennes


a cel

plus curieuses

gard

esl

la

civilisation dite de la grande chasse.

L'homme a perfectionn sa technique de la chasse; grce ce progrs et grce aux conditions favorables prsentes par des rgions giboyeuses, son activit
une importance extrme, laissant le travail de cueillette, dvolu a la femme. I.a grande chasse pro cure des vivres abondants, des loisirs; elle exi^e le groupement de nombreux associs qui, au repos, s'adonnent a une vie politique intense et complique. Le totmisme, les classes, avec leurs interdictions et buis

limites.

Au

contraire,
Iles

si

la fort

est

tendue

et fertile.

conomique

pris

comme aux

familles en profitent pour se runir en plus grand nombre et constituer sur un territoire commun des groupes plus importants. proprit immobilire des primitifs se prcise en concerne leur habitation. Simple hutte provili soire, rideau fie branchages tresss que l'on oriente pour se garantir du soleil ou du vent, cabane demironde ou entin conique, quelles que soient sa
les

Andaman,

loin

derrire elle, presque sans intrt,

strictes divisions sociales, caractrisent cette civil lion ancienne. La proprit, dans ses grandes lignes,

819
offre la

PROPRIT. DONNEES LUI

S O LOGIQUES

S 20

mme structure qu'au sein des civilisations primitives, avec son double caractre d'individualisme et de collectivisme. .Mais ces deux (rails, ici, sont plus pousss, 'l'ou d'abord, l'intervention de l'tal tot miste se fait plus frquente, plus effective, plus pesante cause de la vie plus sdentaire, l'tal est tenu de
:

le bufs ei mille nesses. Le I'. w. Schmidt remarque que es chiffres ne doivent pas tre considrs comme pieusement ou potiquement exagrs et il cite Atkinson rapportant qu'un chef de Kirghiz possdait prs di dix mille chevaux, que certains propritaires de la

mme

tribu en possdaient de cinq sept mille, sans

chaque subdivision de la tribu, aux clans, un territoire beaucoup plus nettement dfini que parle pass, comme domaine de chasse ou de cueillette; en outre, l'acquisition et la consommation des denres
fixer

compter un grand nombre de chameaux, de btes cornes cl plus de deux cent cinquante mille moutons. W. Schmidt et W. Koppers, Vlker und Kulturen, 1925,
p. 218.
Il

va de

soi (pie le soin


:

de tout ce btail exigeait

alimentaires sont soumises des prescriptions tatiques souvent minutieuses et rigides; on doit en livrer des portions importantes certaines catgories, notamment aux vieillards, ou bien en certaines circonStances dtermines, telles que l'initiation des jeunes gens. En second lieu, le sens individuel de la proprit prive devient beaucoup plus aigu pour tous les objets d'art, d'industrie, que le perfectionnement des techniques, l'augmentation des loisirs, le progrs du trafic et du commerce permettent de multiplier. b) La civilisation ancienne de droit maternel (avec e.rogamie) rsulte du dveloppement apport la simple cueillette, transforme parles soins de la femme en petite culture jardinire la houe. L'activit conomique de la femme devient prpondrante; sa situation sociale se fortifie; dans la grande maison carre, solidement construite, la femme rgne en matresse; c'est elle qui, la premire, est reconnue propritaire individuelle du sol. L'invention et le perfectionnement des techniques fminines, comme la fabrication des paniers, des poteries, comme le tissage, ajoutent au prestige de la femme. Aujourd'hui encore, dans les pays qui ont conserv cette structure sociale de droit maternel, comme en certains districts de l'Inde antrieure et au del du Gange, la femme se trouve toujours propritaire du sol et prside la vie conomique. On constate un flchissement de l'quilibre dans le sens individualiste, au profit de la femme. Les hommes tentent de ragir organiss en socits secrtes au crmonial compliqu, au secret rigoureux, ils terrorisent les femmes jardinires et propritaires, exercent sur elles un vritable chantage, pour contenir leur puissance conomique et en dfinitive pour leur arracher une part des fruits de leurs jardins. Par ce biais, une sorte d'quilibre se rtablit entre les prrogatives individualistes d'une proprit rigoureusement personnelle et les ncessits de la vie communautaire. Cette raction sera du reste pousse si loin, que l'homme considrera la femme comme une source de richesse exploiter et bientt comme une esclave. c) La civilisation des peuples nomades, leveurs de troupeaux, issue de la chasse primitive organise et perfectionne par l'homme, exera une grande influence sur l'volution de la proprit. En ce qui concerne la proprit du sol, cette civilisation ne diffrait gure des civilisations primitives de chasseurs. La tribu disposait d'un certain territoire, plus ou moins exactement dlimit; sur ce territoire, les groupes et les familles allaient et venaient sans entraves, pourvu toutefois que la place ne ft pas trop resserre et que le lieu ft riche de ressources suffisantes. Mais, en ce qui concerne la proprit mobilire, des perspectives pour ainsi dire infinies s'ouvraient aux pasteurs. Avec de l'adresse, de la persvrance, en utilisant le croit naturel des animaux, chacun pouvait se constituer rapidement de grands troupeaux. Le plus difficile cl ail de commencer sa fortune; elle s'di liait ensuite d'elle-mme. La Bible nous fait connatre la richesse de Job. un pasteur bdouin il possdait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents paires de bufs, et cinq cents nesses; aprs toutes ses preuves, il reut en rcompense le double, c'est--dire
:
:

un nombreux personnel de l l'importance de la famille patriarcale, comprenant les femmes, leurs enfants, les pouses des
lils

et

leurs enfants, avec

une

nombreuse domesticit. On considre assez gnralement le rgime conomique des pasteurs nomades.
avec les ingalits sociales qui s'ensuivent, comme une forme de capitalisme. Ajoutons que la grande famille
patriarcale concentre en soi la plupart des fonctions le patriarche est roi. juge, prtre, chef de guerre l'occasion. L'viction du groupe politique est donc compense par l'extension du groupe familial, et la tendance individualiste est freine par les charges sociales nombreuses, indfinies et perptuelles, de la famille patriarcale. La proprit au sein des civilisations moins anciennes ou mixtes. a) On rencontre aujourd'hui dans la mer du Sud cl en Afrique, on souponne l'origine de certaines grandes civilisations de l'ancien Orient (Egypte, Assyrie, Babylonie) et l'on reconnat en Europe, aux dbuts du nolithique, une forme de civilisation notablement rpandue, qui combine la grande chasse totmiste et le jardinage de droit maternel. On y trouve runies la proprit urbaine, artisanale, industrielle et la proprit rurale. Mais cette union ne va pas sans complication. Les divisions sociales usites en
polit iques
:

.'i.

rgime totmiste se compltent par une sorte de mur d'argent ; la monnaie fait son apparition; elle s'accumule en certaines mains; l'usure ne tarde pas svir, le taux de l'intrt atteignant couramment 100 %; cependant, les emprunteurs ne manquent pas, car l'argent seul permet l'ascension sociale. Les riches, pour manifester leur haute situation, luttent de prodigalit en dissipant leurs richesses, en dtruisant leur
i

mme leurs esclaves, l'occasion de certaines solennits (potlaehs). En ce qui concerne la proprit du sol, l'habitude totmiste de glorifier l'homme et de lui accorder la prpondrance sur la femme s'oppose au rle de propritaire qui revient celle-ci dans la civilisation maternelle de petite culture; les chasseurs totmistes transmettent leurs biens
vaisselle, leur mobilier,

leurs propres enfants, tandis que dans la civilisation matriarcale les biens du frre passent aux enfants Seligman de la sur; ici. un compromis intervient rapporte de certaines tribus de Mlansie que le pre partage sa fortune entre ses propres enfants et ceux de sa sur. D'aprs C.odrington et Rivers, dans ces rgions, la succession passe d'ordinaire aux neveux, mais les enfants reoivent de la sur des dons personnels. Ailleurs, c'est le pre qui, de son vivant, gratifie ses fils; mais, sa mort, il laisse l'hritage aux enfants de sa sur. Schmidt et Koppers, op. cit., p. 569-570. b) La civilisation patriarcale des pasteurs nomades,
:

se combinant avec celle de droit maternel, a donn une forme nouvelle de matriarcal, caractrise parla grande famille, hritage des pasteurs, mais aussi par la vaste
et solide
les

demeure familiale que la vie sdentaire permet d'emprunter au rgime matriarcal. Le btail, outre

quatorze mille brebis,

six mille

chameaux, mille paires

ressources alimentaires qu'il fournissait aux noet qu'il procure, plus varies et plus abondantes que jamais, permet de perfectionner l'agriculture eu assurant la traction de la charrue. L'entreprise agricole, connue celle de l'levage pastoral, exige un nombreux personnel la mande famille matriar-

mades pasteurs

S2I
raie

Pi;

o PHI T.

DONNKS HISTORIQUES
et

reproduit assez fidlement la grande famille patriarcale. Ce stade de iv llisation offre une tendance
>

remarquable

l'conomie communautaire

une

sorte de proprit collective, ce qui demeurait Inconnu tant de la civilisation patriarcale nomade que de la
civilisation

gauloises une aristocratie militaire ci terrienne et une dictature soutenue par une dmocratie le petits .un sans ei de dbiteurs remuants, de clients (ambacls ri de cultivateurs mcontents, se disputaient alternati
:

>

matriarcale

stricte.

\>n

seulement

une

grande ramille, mais plusieurs habitent la mme grande maison et travaillent en commun. Pendant la seconde moiti >iu palolithique, la
civilisation des chasseurs totmistes et celle des agri culteurs a droit maternel prirent une extension notable

mais, a cause de leur sdentarit, ces civilisations ne pouvaient esprer jouer un rle mondial, il en allait autrement de la civilisation des nomades pasteurs. Ceux-ci, .m dbut tlu nolithiqui devaienl Be rpandre dans toutes les directions, Jalonnant leur route de nombreuses spultures qui nous permettent aujourd'hui de les suivre tant bien que mal, comme a la piste. Dans la >n de l'Alta et de l'Inissi, par exemple, au des >u- l'un niveau de spultures appartenant une civilisation do cultivateurs caractrise par la prsence d'us tensiles le bronze et par l'absence d'animaux domestiques, on trouve mie srie de tombes o abondent les armes de fer en rapport avec de nombreux squelettes le chevaux. On devine le passage des nomades guerriers Km!-. le la Sibrie. Faisant irruption chez des peuples cultivateurs ou totmistes, qui, paisiblement installs mit les bords d'un fleuve, avaient atteint un liant degr de civilisation agricole ou industrielle, ces envahisseurs commencrent par tout saccager; mais ensuite une nouvelle civilisation fleurit, plus complexe, plus riche que la prcdente et caractrise par l'oppo.

vement le pouvoir. D'autre part, on constate que, moins d'un sicle aprs la conqute, Claude pouvail introduire des (laulois dans le snat romain et se fli citer de leur complte assimilai ion. Tacite, .\iin.. I. XI, c. xxiv. Des troubles sociaux antrieurs a la conqute et de la facilite avec laquelle la Gaule se plia a la le^is lation romaine, on peut induire que la civilisation gauloise n'tait pas ns profondment implante cl
rencontrait encore des rsistances. On s'expliquerait situation si l'on se rappelait que les Gaulois, connue les Celles et les Ihro Ligures, faisaient dans notre pavs figure d'envahisseurs; lorsqu'ils s'j taient installs, cinq ou six sicles avant noire re. ils v avaient trouve une civilisation agricole nolithique assez avance et solidement enracine dans les campagnes. Cf. <i. Roupnel, Histoire de la campagne fran ciu.se, Paris. 1922. Les nouveaux venus s'taient enipa res du pouvoir, avaient constitu une classe aristocratique, mais n'avaient pu videmment liminer la pnpu lation autochtone, que d'ailleurs ils exploitaient.
celle

conqute romaine, la Gaule aurait donc tonne de civilisation mixte, dans le genre des civilisations composes de nomades conqurants et de

Avant connu
CUlt 2
iv

la

la

ateurs.

Donnes historiques.

l.

/."

(rire ancienne.

Au cours du vir

sicle

proprit dans la avant noire

sition (tune classe arisi icratique et

d'une classe

inf-

premire, matresse du pouvoir, de la richesse, Bre et soucieuse <le la puret <lc son sang, appartiennent les descendants des barbares envahis seurs; i.i seconde, laborieuse, soumise et timide, groupe les vaincus. Monarchie absolue, aristocratie, esclavage plus nu moins rigoureux telle est la structure de
rieure.
la
:

<

peuple grec entrail dans l'histoire. On constate ds lors qu' Mgare, Athnes, Syracuse, depuis les celles de l'Asie .Mineure jusqu' celles de l'Italie el de la Sicile, se droulent d'pres luttes sociales. Pour les irecs, qui vivaient en majorit de l'agricult lire, la pro prit foncire eut toujours une importance capitale. En dehors (les politiciens qui passaient leur vie en ville, l'exploitation directe du sol par le petit proprire. le

taire taii
fut

la

rgle, l.e

mouvement

colonial

lui-mme

cette civilisation.

autochtones n'a pas crise sociale. Les conqurants se sont persuads qu'ils sont depuis toujours les vrais et lgitimes propritaires du sol; les autres n'ont pas tard leur reconnatre ce droit. sauf rappeler dans leurs pomes ou leurs lgendes le souvenir de leurs anciennes liberts. La religion, le plus souvent, sanctionne cet tat social l'aristocratie propritaire se considre volontiers connue d'une race divine; l'empereur est divinise. L'expropriation des indignes au profit des pasteurs conqurants se prsente sous des formes trs diverses et plus ou moins accuses selon les pavs. Schmidt et Koppers, op. cit., p. 593. Dans l'Egypte ancienne, le paysan jouissait. moyennant certaines redevances, d'un droit utile presque assimilable en fait une vritable proprit: mme situation dans l'ancienne Msopotamie. Dans l'Inde, la classe dirigeante des envahisseurs (bralunesi trop peu nombreuse pour exproprier effectiveBeat les cultivateurs du pays, mais elle aboutit au mme rsultat par des procds psychologiques, en inculquant aux cash s infrieures celte ide qu'elles devaient s'est imer heureuses de pouvoir sel v ir les tr< S suprieurs et divins que sont les brahmes. L'ancien Japon a connu une expropriation plus nette l'empereur et la haute noblesse possdaient en propre le paj s ils en investissaient leurs vassaux, et ceux ci divisaient leur fief en parcelles qu'ils affermaient la population laborieuse et productrice du Japon m- comprenait donc
la

Mien entendu,

proprit

<l< s

travers sans

dommage une

telle

avant tout pour les Grecs une entreprise d'agriculteurs; a peine dbarqus, les colons commenaient par se partager les terres. .1. Laurent. Essais d'histoire sociale, i. I.a Cre antique, p. 95 sq. Or, la terre, l'aube de l'histoire grecque, reprsentait une proprit nettement familiale. Le pre l'administrait plus qu'il n'en disposait.

Chaque gnration,
les

tour de

rile.

avait

la

jouissance

biens immobiliers

qu'elle occupait; mais aucune d'elles n'en avait vrai dire la pleine el entire possession. Cuiraud. /.(/ proprit foncire en Cre. 1893, p. 170. Dans la maison,
la

famille

patriarcale se

pressait

nombreuse

Le

magnifique palais de Priam contient cinquante chambres nuptiales, construites l'une prs de l'autre... L reposent auprs de leurs pouses les lils de Priam. De l'autre ct cl en lace, dans la cour des femmes, s'lvent, l'une prs de l'autre, douze chambres nuptiales aux toits superposes, o reposent auprs de leurs chastes ('pou ses. les gendres du roi. Iliade, v. 2 13. Ce
i

palais,

comme

aussi celui de Nestor, s'harmoniserait

correctement avec une civilisation de type matriarcal, avec la grande famille et le primat de l'activit agricole. Mais la prsence d'une classe infrieure d'esclaves, de vilains, de pauvres hres, travaillant pour le ((impie d'une classe noble ci riche, nous rappelle l'invasion des
pasteurs. Odysse,

m.

113.

En dehors de

que des non-propritaires, des


semblable dans
le

ferai

util tmraire d'imaginer mie situation


la Caille d'avant des troubles sociaux dans la

conqute?

nombre de

cits

proprit potes ne craignent pas d'numrer complaisammenl les richesses, les armes de prix, hs bijoux qui honorent le guerrier et (pie convoite le pauvre: on se partage les dpouilles des morts. pin Il arriva un jour ou la terre elle mme devint prit individuelle, en mme temps (pie se disloquait la

terre qui appartient a la famille, la individuelle est solidement tablie. Les


la

823
grande famille
ter (fin

IM'.M'I!
du

T.

DONNEES

11

ISTORIQ

ES
l

824

el que s'introduisait la libert de tesvi e sicle pour .\i hnes, du [V poui Sparte). La proprit devenue mobilire, la plbe pul j accder. L'endettement ei la concentration les proprits sont les deux effets opposs que peut engendrer la

priode, la Pninsule devait porter une population assez dense, a en juger par 'importance el la richesse les stations lacustres el des terramares qui en restent. .Mais, depuis lois, par vagues successives, divi

libert.

Pour
il

les

carter,
<le

philosophes

el

hommes

et tantt un mini possder des terres au del d'une tendue dtermine, ou bien, en de d'une cer taine tendue, la proprit foncire serait indivisible cl inalinable. Pour conserver le patrimoine, non seu lement on pratiqua l'indivision, ce qui tendait reconstituer artificiellement la grande famille d'autan, mais Sparte- admit en certains cas la polyandrie, cl Athnes lgalisa le mariage du frre et de la sur, pourvu qu'ils ne fussent pas ns de la mme mre. Les femmes n'tant pas appeles succder, si l'hritire tait une tille, on la nommait piclre c'esl adir adjointe au patrimoine; son plus proche parent devait l'pouser, s'il voulait recueillir la succession: s'il ne le voulait ou ne le pouvait, il renonait l'hritage, (lui passait alors avec la tille au plus proche parent suivant. Du reste, on admettait le divorce, en ce cas. tant pour librer une piclre dj marie qui ne prfrait pas renoncer tous ses droits pour rester avec sou mari, que pour permettre un parent de se marier avec une

d'tat fixaient tantt un


iiiiini;

maximum

serait

interdit

riche piclre. Pour corriger les excs individualistes de la libre proprit, les Grecs ont-ils admis certaines formes de communisme? Rappelons l'usage frquent Sparte des repas de munificence privs, celui des repas officiels et obligatoires ou syssities. Ces institutions eurent pour

populations s'installrent dans le pays, aprs avoir soumis et dpossd les habitants. Les premiers sicles de Home chappent encore a l'histoire. Tout lait supposer que les premiers Romaine ne diffraient gure des autres populations de race latine, pasteurs conqurants commenant a s'enraciner, adonns a l'levage et la culture, sous un rgime de grande famille patriarcale. La gens tait l'origine cette grande famille. Elle portait le nom (nomen gentililium) de l'anctre ponyme dont, par les mles. Ions ses membres descendaient. Chaque gens possdait un territoire plus ou moins tendu. Heaucoup plus tard, sous la rpublique, un territoire sera encore l'accessoire indispensable d'une gens. Le Sabin Atta Clausus, qui avait obtenu le droit de cit romaine, reut le sien aux bords de l'Anio pour sa gens et ses clients. Tite-Live, 1. VI, c. xx. Mais la fondation de la ville tmoigne dj d'une volution sociale peu favorable a la gens. Les gnies, trop nombreuses, s'taient divises. Ions leurs membres ne pouvant plus cohabiter: les branches cadettes constituaient leur tour des domus. ou grandes familles au sein de la gens. Les gentes demeuraient toutefois en principe propritaires de leur territoire; une sorte de collectivisme agraire rgnait entre les domiis individualises, sur le territoire gentilice qui leur tait sans doute priodiquement rparti. Peu peu, les patres familias, probablement par dsutude des reprises de lots et des partages, virent se consolider leur droit sur la parcelle qu'ils cultivaient; la

aux riches et l'tat la charge de nourrir les pauvres. L'tait, si l'on peut dire, du socialisme d'tat. Mais les Spartiates ne pratiquaient pas le vrai communisme; seulement, l'galit absolue rgnait entre eux pour la manire de vivre, c'est--dire en ce qui concerne l'utilisation des richesses. Le collectivisme des gens de Lipari ressemblait davantage au communisme; mais Lipari tait un nid de corsaires, dont la constitution demeure exceptionnelle. Jamais le communisme ne tut admis Athnes; cependant, les Athniens se partageaient le plus possible les revenus de l'tat par des distributions de bl. par des repas publics, par les honoraires accords aux citoyens pour l'exercice de certaines fonctions, voire par la rpartition entre eux d'excdents budgtaires. D'autre part, chaque cit grecque possdait des
rsultat d'imposer

domus

se trouvait insensiblement promue la proprit de son lot. Mais le droit de la gens revivait en certaines circonstances ainsi, dfaut d'hritiers
:

pacages communaux. Bref, l'volution de la proprit prive en Grce n'obit pas un principe simple. Sans doute, depuis le vm e ou le vn sicle jusqu' la conqute romaine du e sicle, on constate que la proprit familiale cde la place une proprit individuelle qui semble de plus en plus dgage d'entraves; mais, en revanche, on constate aussi que les abus de la libert ont rgulirement suscit des correctifs plus ou moins satisfaisants; la proprit du sol, c'est--dire du moyen de production par excellence, demeure prive, mais l'usage des produits demeure sensiblement gal et commun, grce aux distributions d'argent et de vivres, aux repas communs, aux frquentes rductions ou abolitions des dettes prives et aux mille artifices du socialisme d'tat. Cette analyse des laits explique l'importance attache par Aristote au problme social de la pro-

aux gentiles; de gens fournissait tuteurs et curateurs aux chefs de famille incapables, non dans l'intrt de ceux-ci, mais au profit de la gens elle-mme. Notons encore que les clients de la gens recevaient frquemment, titre de concession prcaire et en rcompense de leurs services, un lot de terre cultivable; leur profit galement s'opra une consolidation graduelle, et ils devinrent les propritaires effectifs de leur parcelle, moyennant la prestation de certains obsequia et d'operse. Une plbe agricole se formait. Les gentes entrant en relations se fdrrent en tribus; chaque tribu eut son centre distinct. Les ncessits d'une vie ..ociale de plus en plus dense amenrent les tribus s'unir entre elles leur tour ce fut l'origine de la cit. Il fallait en effet un centre nouveau, qui ne se trouvt sur le territoire d'aucune tribu, d'aucune gens, un centre d'changes, un lieu de culte, un forum
naturels, la succession tait dfre
la

mme

judiciaire et politique. Le territoire fdral avait t divis en trente curies, chaquedomus recevant 2 arpents de terre afin d'y tablir son domicile urbain. Ainsi, la

prit, source principale des rvolutions.


qu'il

La

solution

de gestion

en propose, par une distinction entre le pouvoir et de disposition, qui appartient au propri-

taire titre priv, el ['usage des biens, qu'il faut s'efforcer de rendre commun, s'inspire, on le voit, de l'exp-

rience.
2.
et.iil

La

proprit dans
le

la

liorne ancienne.

L'Italie

peuple ds

dbut du nolithique. Durant cette

gens demeurait matresse en principe sur son territoire, mais, par l'organisation en curies. l'tat entrait en contact direct avec les domus; celles-ci chappaient d'autant l'autorit gentilice. A ct de cette population qui y faisait de courtes apparitions aux jours de march ou de culte, le territoire de la cit accueillit d'autres lments, ceux-l en marge de la vie politique et civile commerants et artisans immigrs, clients vads du cadre de leur gens, rfugis de cits voisines et peut-tre aussi descendants des populations autochtones, qui avaient bien pu tre vaincues et soumises, mais non pas tout fait limines. Cette plbe, profitant des avantages de la vie urbaine et remplissant des fonctions conomiques importantes el lucratives, s'organisa avec la faveur des premiers rois en corporations et confrries de mtiers.
:

PROPRIT. DONNES HISTORIQUES


s.mi progrs devait l'opposer au populua romanus des gnies, qui soutenait chaque |our plus dillclleraent sa prtention a monopoliser la vie civile et politique. Les rois furent, dans cette lutte contre l'ordre social tonde

raires

professionnels,
etc.
'

solde,

succession

maternelle,

dons personnels,

mit

la gens, les allis constants de la plbe. Diverses rformes politiques (par exemple le recensement des patriciens et des plbiens rpartis en quatre tribus urbaines uniquement d'aprs leur domicile, le veto et la Juridiction criminelle reconnus aux tribuns de la

plbe, l'lection de ces derniers transfre aux tribus) marquent les principales tapesde cette lutte sculaire. A plusieurs reprises, l'existence mme de la cit parut compromise; mais il n'tait plus temps de rompre. Les ncessits conomiques, le besoin qu'il avait, le profit
qu'il
tirait
lu

l.a proprit familiale exclut, dit on, toute libert testamentaire. Si cette formule tait exacte, le testa ment serait demeur inconnu a Rome. Or, il n'en est rien, sans doute, pour qu'il > ait testament et mme pour qu'il v ait succession, il faut une Certaine notion de la proprit individuelle, lorsque la gens, en bloc, tait propritaire, la mort du chei n'avait d'autre cou squence que l'avnemenl d'un autre chef, sans vri table transmission d'hrdit. Mais nous savons que,

commercium, amenrent

le

populus

transiter avec la plbe. Les \1I rbles (an 304 de Rome) enregistrent une lgislation galitalre et unitaire.

-l'Util ire.

la proprit, primitivement accorde au systme -.'adapta, quand la gens dclina, au groupe


de
la

plus restreint

aYunus. Les plbiens obtinrent,


gnies, les
lot-,

quoique trangers aux

de terre culti-

vable. Ainsi, tous les citoyens, les quirites, et eux seuls primitivement, accdrent ils a la proprit. Le contenu de le proprit mobilire s'accrt et se

rythme de la civilisation du commerce et des conqutes esclaves, monnaie en lingots ou frappe instruments de travail, denres agricoles, autres marchandises. La fortune immobilire, issue de la dissolulution des gnies et des assignationes ou lotissements opres par l'autorit publique, se dveloppa galement. Reconnue primitivement sur Vager romanus, elle fut tendue ensuite a toute l'Italie et enfin aux colonies assez rares, qui furent, sous l'empire, assimiles au sol Les terres provinciales appartenaient, par italien. droit de conqute, au peuple romain: celui-ci en annexait une partie au domaine de l'tat fagri publie! ) ; il rendait le reste tagri redditi) aux anciens possesseurs, qui pouvaient l'occuper, le possder, en user, en jouir (habere, possidere, uli. frui licelo) sans titre, sons le bon plaisir du peuple romain. Cet le situation prcaire se consolida \<ts la lin de la rpublique, lorsque l'on imagina, peut-tre pour faciliter quelques itesques manuvres de spculations foncires, de ddoubler le domaine des terres provinciales, en rservant la proprit quiritairc au peuple romain et en
diversifia au
:

trs v ite, l'autorit i\\\ chef de famille prit un caractre d'autonomie, d'initiative personnelle, au service de sa domus. l.a grande proccupation du paler conscient de ses responsabilits tait de ne pas mourir Intestat, il rglait minutieusement, par nue sorte de charte testamentaire, le sort de la famille et du patrimoine pour le temps ou lui inine aurait disparu; avant tout, il instituait donc un hritier, c'est a dire un successeur responsable, un continuateur de son iciivre. charg de perptuer le culte domestique; secondairement, il marquait a cet hritier les grandes lignes de sa tche, au mieux des intrts familiaux. Ainsi entendu et pra tiqu, le testament ne s'oppose nullement, on le voil. la proprit familiale: bien au contraire, par son caractre de charte constitutionnelle, par l'institution d'hritier qui lui est essentielle, il forme une pice

accordant aux occupants un droit d'ailleurs mal dfini, sous le nom de possession ou d'usufruit. Ce droit, dont l'octroi avait provoqu une hausse Incroyable de la valeur des terres, linit par ressembler au droit de proprit, dont il constituait un type original; la proprit pro\ inciale tait seulement assujettie un impt foncier, que les terres italiques ne payaient plus, et donnait lieu a dis modes de transfert et a des formes de procdure qui la distinguaient de la proprit quiritaire. Enfin, cette complication disparut au vr sicle.
lorsque Justinien supprima toute distinction entre la proprit provinciale et la proprit quiritairc. La proprit demeura toujours familiale chez les Romains, c'est--dire affecte a la vie du groupe de parents soumis a la puissance du palet familias. Les murs d'abord, le droit ensuite, temprrent ce que rejc pouvait avoir le rigoureux. I.e paler pouvait autoriser ses enfants et ses esclaves a possder un pcule, pratiquement distinct du patrimoine, s'il voulait se dcharger sur eux d'une partie de l'exploitation ou s'il leur permettait d'exercer quelque activit co nomique indpendante (industrie, ngoce). I.e droit prtorien, constitu en marne des lois sous l'inspiration de l'quit et sous la pression des besoins, reconnut pcules une individualit. On en vint mme, sous l'empire, a exclure du patrimoine familial tous les biens que l'enfant ne tenait pas directement du pre (hono

matresse du rgime. Plus lard, les croyances religieuses et les murs s'tant relches, on v il le testament s'carter de sa fonc lion originelle cl servir les rancunes, les fantaisies ou les faiblesses de pres moins pntrs de leurs obligat ions. Alors le lgislateur dut intervenir et, par des restrictions la libert de tester aussi bien qu' la facult de disposer entre vifs, par le dveloppement des incapacits et des causes de caducit, il s'effora de rserver aux familles une part importante des biens qui leur sont naturellement affects. Ainsi, les lois remdiaientelles aux excs de l'individualisme. L'interventionnisme tatique se transforma au BasEmpire en un vritable socialisme d'tat. Il semble que l'on puisse mettre en parallle le mouvement de dsaffection l'gard des valeurs familiales un ce qui concerne la condition des personnes ou la condition des biens) et la marche progressive du socialisme d'tat. Les cadres sociaux intermdiaires s'taut presque tous dissous. l'tal entra en contacl immdiat avec l'individu, veilla directement sur ses intrts les plus divers et prit personnellement en charge la ralisai ion de son bonheur. Dans les villes, le socialisme d'tat s'organisa sur le plan syndicaliste dis collegia. Tout homme, s'il n'tait proltaire (auquel cas il vivait directement aux crochets de l'tat), devait et re assign a une quipe; bien rares lureni les vacantes ou les oliosi qui avaient russi a esquiver cet te SUJt ion. Les quipes, collges, anciens ou rcents, s'acquittaient d'une tche conomique ou administrative, sous le contrle de l'tat. L'quipe affecte aux charges et honneurs municipaux, respon sable de la rentre des impts, le consortium urialium. dont l'activit, la perptuit et le recrutement impor taient a l'tat, mrita dlie rglemente avec une particulire rigueur. In statut lgal s'imposait aux collegiati et aux curiales, comportant de multiples restrictions a leur libert' individuelle, des atteintes a leur droit de disposer, l'obligation la rsidence sous peine de contrainte par corps et de confiscation univer selle, l'obligation de s'acquitter personnellement de celle charge et l'interdiction d'embrasser telle proies sion (arme, clrical me, profession religieuse ou philo SOphique) qui serait incompatible avec elle. Lorps et biens, les curiales ('taient donc dvous a l'exei cicr de leur fonction collgiale, au profit et sous la surveillance tatillonne de l'tat.
<

82;

PROPRIT. DONNES HISTORIQ1 KS


comprenait
nier tiers,
les
la

Dans les campagnes, ce fui sur la base conomique du domaine agricole ou de la villa que s'tablit le socialisme d'tat. Le grand propritaire rural lui charg d'un bon nombre de Fonctions publiques, fis-

deux

tiers des terres

ci

les

bois; te der-

tertio

notamment, considr comme dbiteur solidaire de l'impt foncier et de la capitation personnelle l'gard <!< ions les contribuables (cultivateurs, com merants, artisans) tablis sur le domaine. Le propri taire se trouva naturellement revtu d'une certaine autorit de tait, qui finit par s'imposera l'tal lui mme. Pour assurer les rentres d'impts, on lui al lcher la glbe les tenanciers toujours disposs a dguerpir familles sen il es fixes sur la tenure par la volont du matre et inscrites au cens parmi les iuslru ments d'exploitation, affranchis retenus par Vobse quium envers le patron e1 l'obligation aux opras, lin bares concds par l'administration aux possessores dans l'intrt de la culture et assujettis ceux-ci dans celui de l'ordre social, familles libres tablies sur leurs tenures par convention ou acceptation tacite des
cales
:

barbares ne se dsireux de s j incorporer, ils reconnaissaient l'autorit des empereurs, concouraient souvent a leur lec ion. comptaient les annes par les consuls, obissaient aux agents de Rome et notamment aux magistri milituin. Ils abandonnrent Rome peu a peu, au fur et a mesure pie Rome mme s'abandonnait et versait dans l'anarchie; c'en tait fail a la lin du v sicle. Du reste, en matire de proprit, les Germains avaient ds lors dpass le stade, not par Csar, du
t

Romani, restait a l'habitant. Li nullement de ruiner l'empire;

<

communisme
I

agraire

et

mme

celui

(pie

dcrivait

rglements domaniaux, mais peu disposes s'arracher une vie sre pour des fortunes douteuses. Declareuil, Rome et l'organisation du droit, p. 356. Le lien de l'homme la terre, partir du iv sicle, gagne dfinitivement toutes les provinces. Ces lments, fondus ensuite dans le colonal passrent sous l'autorit immdiate du grand propritaire, qui obtenait ou qui prenait sur eux certains pouvoirs d'ordre disciplinaire, rglementaire et mme juridictionnel. Pour passer du socialisme d'tat au rgime seigneurial, il suffira qu' celle autorit rgulire se mlent des pratiques illgales le grand propritaire, le potens, capable de fronder les reprsentants d'un pouvoir lointain el affaibli, de rsister aux exigences fiscales toujours accrues, de repousser mme les incursions de l'arme, exercera sur ses gens et sur les petits propritaires qui accepteront sa protection, d'abord en fait, puis en droit une autorit souveraine.
:

un sicle aprs la conqute romaine de la Gaule. Com. d<- bello gallico, 1. IV, c. i; I. VI, c. xxii; Germania, c. xvi, xxvr. Les lois barbares connaissaient au V e sicle les cltures des champs; elles admetlaient l'alination entre vils des terres, mais seulement avec l'agrment de la famille; elles ignoraient encore le testament; elles excluaient les femmes de la succs sion aux immeubles tous ces traits donnent penser que les envahisseurs pratiquaient un rgime de communaut de village, complt par une proprit famiacite,
:

En bref, les invasions ont modifi la rpartition des proprits foncires; elles ont provoqu beaucoup de brigandages et de meurtres aux dpens des particuliers, mais elles n'ont pas boulevers la structure de la socit ni surtout offusqu la notion mme de proprit. Par la suite, grce au contact avec la civilisalion romaine, les barbares s'achemineront rapidement vers un rgime de proprit individuelle, tempr par certaines institutions que les origines germaniques
liale.

expliquent aisment et qui s'inscriront dans la tradition d? l'ancien droit franais (distinction des propres et des acquts, rserve coutumire des quatre quints,
reirait lignager, etc.).

La 3. La proprit dans la civilisation occidentale. Caule, comme les autres provinces de l'empire, connut le rgime de la proprit romaine. Les invasions des barbares, au v sicle, ne laissrent pas de porter quelques atteintes ce rgime, mais elles ne semblent pas l'avoir boulevers de fond en comble. C'est que la pression exerce par les barbares sur les frontires de l'empire n'tait pas un l'ait nouveau. Avec une tnacit et une ingniosit remarquables, les empereurs avaient russi contenir le flot des envahisseurs; mais depuis longtemps des infiltrations s'taient produites. Beaucoup de barbares taient admis et s'installaient dans les campagnes, qu'ils cultivaient titre de colons ou d'esclaves; parfois, ils recevaient aux frontires, en qualit de ltes, des concessions de terres, aveccharge de les dfendre. D'autres contractaient un engagement militaire, entraient comme auxiliaires dans les armes romaines, et c'tait une des charges imposes aux propritaires provinciaux que d'accueillir ces htes et de les hberger; leur temps fini, les ltes demeuraient

Jusqu' une poque toute rcente, la physionomie du rgime occidental est dsormais trace en matire de proprit. Le principe de la proprit prive et individuelle est acquis; sanctionn par les rgles civiles et canoniques, il s'imposera aux consciences jusqu' tenir en chec, parfois, l'intrt d'une monarchie patrimoniale ou l'avidit besogneuse des souverains. Le roi Trs Chrtien, en plein absolutisme, n'osera pas violer cette loi fondamentale de droit naturel, proclame par Loyseau, par Bodin aussi bien que par Beaumanoir, et universellement reconnue en chrtient. Aprs la Renaissance, les philosophes, les lgistes et les hommes d'tat ne s'accorderont pas longtemps sur le fondement naturel ou rationnel de la proprit. En fait, cependant, quelles que soient les thories, nous devons constater que le prestige de la proprit individuelle n'a gure t branl. La phrasologie rvolutionnaire, la chose vaut d'tre releve, s'est montre extrmement conservatrice sur ce point: sous l'Empire, les annes, en imposant l'Europe le Code Napolon, prchrent le culte de la libert en mme temps que celui de la proprit. Mus il s en faut (pue la propruU pri\t; et indiM duelle rgne en matresse unique el souveraine. Cela d'ailleurs ne s'est jamais vu. Kn fait, cette proprit est rgulirement greve de charges au profit de la collectivit familiale, professionnelle, religieuse ou politique; bien plus, a ct d'elle, subsiste toujours une zone plus ou moins tendue de proprit publique et de proprit collective. L'Italie elle-mme, berceau de la proprit quiritaire. a toujours connu cette complexit de rgime. M. Valent i. cit par M. de Laveleve. estime que les Communanze datent d'avant l'poque romaine. Quand les progrs de la culture de l'olivier et de la vigne favorisrent les progrs de la proprit prive. toute la rgion montagneuse resta nanmoins proprit communale. Lors de la dissolution de l'empire romain
><

souvent sur place et se confondaient avec


des colons.
sicle,
il

le

menu peuple

Cependant, au dbut du Ve

ne s'agissait plus

d'infiltrations; l'on avait affaire une invasion massive, non pas violente d'ordinaire, mais irrsistible. Les

nouveaux venus furent d'abord, selon


en htes,
la

l'usage, traits

charge des propritaires; bientt, on fut contraint, par la force des choses et pour permettre aux barbares de vivre en travaillant, de procder un partage des terres aux dpens du fisc et des grands propritaires fonciers. La loi des Iiurgondes nous apprend ipie l'on accordait l'hospes barbare un tiers des esclaves (considrs comme matriel d'exploitation indispensable) et deux tiers des terres arables. Selon la loi wisigothique, la part du barbare (sortes barbariese)

l'Uni'
et

Il

M
i

DONNEES
prit

HI

SO

It

L'ES

30

raine des \ Ules, la population s parpilla dans levs et ; forma cette foule u- petits lia ineaux, qui bientt, pour s'entr aider, s'infodrent .1 une commune centrale, D< la proprit et dt t primitives, 5 i*i p 280. >n connatl plusieurs rgle ts archaques qui organisaient pour le mieux l'ex ploitntion des communaux. Les terres arables taient

de

la

les lieux

partages priodiquement pour que chaque famille loi en outre, les habitants exeraient cet tains droits de jouissance, non seulement sur les biens des communes, mais mme --m ceux des particuliers. Par exemple, la servitude >li pascuo consiste mener le btail sur le pturage communal ou mme sur les terres des particuliers certaines poques el aprs la rcolte ni les champs ont t emblavs; c'est la vaine pflture. servitude 41 legnare, legnatieo, donne aux usagers le droit de ramasser le bois mort, mme parfois de se procurer du bols do chauffage et de construction, el surtout de mener patre le btail dans les forts. La servitude dt aaninart permet aux ayants droit de semer et de rcolter iln bl, non seulemenl sur les terres communales, mais aussi sur les proprits prives Inter //>/</.. p. villes dtermins. On observe des coutumes analogues en France, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Allemagne. ins historien-, de la fodalit introduisent parfois, contre la vrit, cette Ide que l'usage des communaux tait une concession du souverain, proprit semblant Mais I.ovseau. nuniraiil les lie souverainet. des seigneuries, exclut les comdroicts profitables
eut -.on
;

en quelque >ortc hue. 01c de la pro essentiellement individualiste, est loin de rgner sans partage dans notre civilisation mu derne, La tradition juridique a conserve, les ncessits de la vie sociale ne cessent d'inspirer de multiples dis positions qui temprent la libelle individuelle, en principe absolue, reconnue au propritaire. Les rgles de fond et de forme Imposes a certains actes Impoi t. mis. notamment eu matire de donation, de tutelle, de succession, de contrat le mariage, visent a garantir les intrts familiaux. Notons toutefois (pic ces me sures protectrices oui t conues eu fonction d'une
l'idal abstrait
<t

quirituire,

la proprit foncire. Aujoui dmatrialise ; les valeurs ou titres de crdit donnent la proprit, avec une reniai quable fluidit, le moyen d'luder la plupart des pics

conomie que dominait


d'hui, la richesse s'est

criptions lgales.

manquera

pas.

si

Il est certain (pie le lgislateur ne ce n'est dj fait, d'dicter des prs

criptions nouvelles, mieux adaptes aux formes 1110 dnies, particulirement fuyantes, de la proprit.

munes

et usages, c'est--dire les prairies

ou

Ixiis dlais-

l'anciennet la commune des habit ans d'une ville ou village, quia smit proprie unioersilatis . Trait leigneuries, e. xu. n. 120. C'est par voie de fait et usurpation que eette vrit fut mconnue. La noblesse dpensire et besogneuse, partir du w' et du x\t siele surtout, s'empara des communaux. Le plaisir noble par excellence, la chasse, a aussi entran la disparition de nombreux communaux, transforms en forts. En Angleterre spcialement, le principe fodal, appliqu d'une manire plus absolue qu'en France par onqurants, devait aboutir au rgime des latifunitia; par ailleurs, le recul de l'agriculture, le dvelopnt de l'industrie lainire et de l'levage du mouton, la dsertion des campagnes, tirent disparatre roup de communaux, transforms en prairies d'levage ou de plaisam ordonnances royales en France, autant pour limiter la puissance fodale que pour favoriser les communes, interdirent ces usurpations et autorisrent maintes fois les habitants a rentrer en possession de leurs biens communaux. La Rvolution franaise suivit d'abord l'exemple des rois: mais, sons l'influence des philosophiques rgnantes, elle s'effora de rparuni tir aussitt eu petites proprits individuelles les munaux a peine rcuprs. En vertu de la loi du 10 juin 17'.'3. les biens communaux furent partags par souvent a vil prix, entre les habitants rie la commune. Malgr tout, plusieurs communes ont conserv en France jusqu' ce jour d'importantes proprits commun. On en cite, dans les Vosges, qui, non des de dgrever leurs habitants de toute impo ou taxe municipale, rpartissent entre eux le produit des coupes et des ventes rie DOIS eflect lies
<

Quant a l'intrt public, un interventionnisme de plus en plus accus, surtout dans la plus rcente volution sociale, s'efforce d'y pourvoir. Nombre de pratiques devenues courantes, telles que le dosage savant de la progressivit fiscale, le moratoire ou mme l'abolition des dettes prives, certaines lgislations des loyers, la faillite directe de l'tat ou diverses formes de faillite plus discrte connue l'inflation, la dvalorisation des monnaies, la conversion des rentes, certaines tendances protectionnistes, etatistes, sv ndicalistes, toute la ltfis lation sociale enfin, conspirent manifestement enfer mer la proprit prive dans un rseau de plus en plus serr et mme modifier arbitrairement la rparti tion individuelle de la richesse en vue du bien suprieur de la collectivit. Cf. Prcis de sociologie, Mar seille, 1934 p. 2:5'.). Il n'est pas question, certes, d'approuver tout ce qui se fait pour cette seule raison que cela se fait; mais le rapide coup d'reil que nous avons jet sur les princi paux faits de proprit suffit nous montrer tout ce
>

qu'il v a d'arbit raire

dans la courbe d' vol ut ion imagine ou par les adeptes du SOC-iolOgisme. Il est taux de dire que la proprit volue ncessaire ment du collectivisme absolu un individualisme coin plet, ou vice versa. En ralite, elle n'volue pas selon une formule aussi simple. L'individuel et le social, a des degrs divers, s'y retrouvent toujours; c'est leur dosage relatif qui varie sans cesse. Il est aussi faux de
par
les socialistes

dire (pie la proprit traverse les ges, immuable

comme

une ide pure ou comme

formule d'une dfinition Il est vrai (pie la proprit montre par gomtrique. tout et toujours une si met me essentielle identique. mais cette structure esl complexe. On y voit conslain ment combins un pouvoir individuel de libre disposition, l'exercice d'une fonction familiale et enfin l'accomplissement de devoirs sociaux plus larges que ceux )e ces rois lments, c'est l'un ou l'an (le la famille. qui domine ou qui passe au second plan, selon les cil constances; mais nul ne s'impose jamais au poinl d'liminer compltement l'un (h s deux autres. Et, par ailleurs, tout excs dans un sens provoque, par une sorte le logique interne, une raction proportionne. Par la
la
I
I

le fait

social de la proprit rappelle le

comportement

la

fort

communale.
s'esl

S'il

est

\rai. enfin,

que

le

dvelopp dans les a mentions urbaines pour assurer et promouvoir la libert du commerce et ae l'industrie, il n'est pas moins re que le mouvement municipal s'est dclen dvelopp et a survcu dans les campagnes, en vue d'assurer la gestion des biens communaux. D'ailleurs, il sullit d'observer, sous la formule du la ralit juridiqi le, pour voir que
!

mouvement municipal

d'un Organisme naturel, ass, / souple pour s'adapter sans dommage aux conditions de vie changeantes qui lui sont offertes, mais assez constant et identique lui mme pour ne perdre aucun de ses traits spcifiques
239-240. L'observation impartiale des laits nous autorise donc carter les objections que le socialisme el le sociologisme, en vertu de leurs conceptions volution nisles. opposent a la notion traditionnelle de proprit Nous n'insisterons pas davantage sur ces erreurs, qui
Ibid., p.

83 i
doivent

PROP

1:1

ESSAI

DE SYNTHSE
et
il

tre exposes el rfutes pour' elles-mi Mais il nous reste exploiter les rsultats de notre enqute d'une manire positive. Il y a lieu en ef< de critiquer ces donnes de rail par une analyse rationnelle, afin d'en dgager la loi explicative. C'esl cette tche que l'on veul maintenant se livrer, dans l'esprit de la philosophie thomiste. L'enseignemenl cathoVIL Essai de synthse. lique que nous axons expos, les erreurs librale el socialiste que nous avons rappeles, se rfrenl manifestement a une nol ion pari ieuliere de la proprit, a la notion que l'on s'en fait de noire temps, dans notre type de civilisation. Cela se conoit l'glise enseigne des fidles concrets et rels, en hutte des difficults dfinies et exposs des tentations d crin nes par les circonstances; d'autre pari, les erreurs ne prennent corps et ne se propagent que si, dans le milieu, elles rencontrent des rsonances favorables. Cependant, le devoir du thologien comporte d'autres exigences. S'il ne veut pas se borner prendre parti dans les disputes de son temps, distribuer blmes el loges, s'il veut servir la vrit et se rendre plus vraiment utile tous, il doit faire un effort de
I : I

simple animal, comme sige de mouvements chimiques, physiques et mcaniques analogues a ceux qui peux eut survenir en des corps inanims. Dj, l'on peut voir comme une bauche d'appropriation, dans le fait que l'tre humain s'assimile de faon exclusive diverses ralits extrieures, de mme que le grain de bl cach dans le sillon s'approprie, en un certain sens, l'eau et les sels de la terre, (.(pendant, il n'yapas encore de vritable relation de personne chose; tout se passe de ehose a chose, l'tre humain tant considre jusqu'ici comme une chose. Pour qu'il y ait vraiment relation de personne ehose, il faut que ces rapports de pur fait entrent dans la mouvance de la volont humaine, affleurant par l mme au plan de la moralit. C'est prcisment parla rationalit, dont la volont libre est l'expression, que l'tre humain est constitu personne, et c'est dans la
porte ue tout point

un vgtal,

est

comme un mme le

sagesse et d'organisation suprieure. Pour cela, l'important est moins de dpister les sophistnes et de dnoncer les erreurs, que de mettre la vrit dans tout son jour, en la dbarrassant des reprsentations phmres sous lesquelles chaque poque l'accommode ses gots et ses besoins. Cette tache est urgente en ce qui concerne la doctrine de la proprit, particulirement

mle aux mouvements sociaux


ter les influences contingentes.

cera donc de dgager le institution sans se laisser dcevoir par les figures si varies qu'elle offre l'observation superficielle au sein des diverses socits. Certes, il n'a pas imaginer, construire, mais observer cette ralit sociale, avant de lui faire une place dans sa synthse. Et c'est pourquoi nous avons runi dans la section prcdente une gerbe de faits emprunts la sociologie descriptive et l'histoire sociale, afin d'effacer les ides trop troites de la proprit qui nous ont t enseignes par le milieu social dtermin o nous vivons. Mais, sur ces donnes d'observation, il convient que le thologien exerce son sens critique pour en ngliger les caractres particuliers et changeants, pour en retenir les lments essentiels et donner ainsi son uvre scientifique une valeur universelle et durable. Un tel travail, notre connaissance, n'a pas encore t accompli; il ne pouvait d'ailleurs tre tent avant les rcents progrs de la sociologie. Ce sont les rsultats de cette science que nous essaierons d'assimiler thologiquement en insrant la notion sociologique de proprit dans le cadre synthtique offert par la II a -II'E q. lxvi, a. 1 et 2. ljLe pouvoir prjuridique de l'homme sur les clioses. Lorsque l'on parle du droit de proprit, on vise tantt, au sens prcis, le droit lui-mme et tantt, au sens large, la ralit objective que le droit sanctionne sur le plan social, en lui attribuant une valeur juridique. Ce donn
,

prompte en reflLe thologien s'efformcanisme essentiel de cette


et

mesure o l'on se met consciemment et volontairement en rapport avec les choses, que l'on peut parler de relation de personne chose. Or, nouer ainsi des relations volontaires avec les choses, c'est prcisment en user. Avec le volontaire, avec l'usus qui entrane les choses extrieures dans la mouvance du vouloir, on se trouve dans le domaine de la moralit; tout usus est justiciable de la distinction morale du bien et du mal; tout usus est susceptible de rgulation vertueuse ou de corruption vicieuse. Le premier mot de la science morale ne consiste-t-il pas dfinir le sujet humain comme une personne, un tre per se poteslalivum, cr l'image et la ressemblance divines, dou de raison et de libre arbitre ces traits dressent la personne en face de l'univers des choses. La nature des personnes et celle des choses donnent aux premires vocation l'usage des secondes. 2. Relation de droit naturel. En un certain sens, qui demeure mtaphorique, on peut ds maintenant parler d'un droit de la personne sur les choses. La relation que nous tudions entre la personne et les choses, par exemple la contemplation par l'homme du spectacle de la nature, le travail de la terre, la consommation d'un aliment, en devenant un usus sur le plan volontaire et moral, reoit en effet, par mtaphore, des dnominations empruntes l'ordre juridique. Parce que l'usage des choses par les personnes satisfait le vu de la nature chez celles-ci comme chez celles-l, on peut dire, sans mtaphore, que cet usage est correct, juste, droit. On entend par l quecet usage, sur le plan de la moralit, est conforme la nature et conduit les personnes comme les choses leur fin. Mais volontiers on dit plus, et il convient de noter que l'on verse ds lors dans la mtaphore, car on se sert de termes emprunts la technique du droit pour exprimer des ralits prjuridiques. A raison de circonstances contingentes d'ordre historique et social surlesquelles il est superflu de s'appesantir, mais qui exercrent sur le dveloppement des thories morales une influence incontestable, le monde des murs fut tudi, notamment depuis les stociens, en fonction et
:

prjuridique offre par lui-mme un immense intrt et du thologien; il n'est pas autre chose en effet que le libre pouvoir exerc par l'homme sur les choses extrieures. Il convient de l'a-

comme

sur

le
:

modle du monde politique. Et cela sur

aux yeux du philosophe

nalyser.

C'est une rela1. La relation de personne ehose. tion de l'homme aux choses. A cet gard, il existe dans relation purebien des cas une relation de pur fait ment mcanique de l'tre humain au sol qui le porte, relations physiques et chimiques du corps au soleil qui l'chauff et le vivifie, l'air qu'il respire, l'eau de la source qui le rafrachit, la pression atmosphrique qui le tient en quilibre interne et externe. A ne consi:

drer que ces sortes de relations, l'tre humain

se

com-

d'abord sur le plan cosmique, parce que l'on prit l'habitude de concevoir l'univers la faon d'une monarchie unitaire et strictement hirarchise, sur le pied d'un vaste empire. Ds lors, l'enchanement des causes et des phnomnes se prsentait comme une loi, l'ordre des activits naturelles se ramenait celui de l'obissance et de l'infraction; la rectitude morale, fonde sur la nature, s'exprimait par des traits empruntes au droit ou la justice civique. D'autre part. sur le plan microcosmique, parce que l'homme, considr son tour comme un petit univers complexe et hirarchis, lit lui aussi dans la doctrine figure d'tat politique, on voyait en lui un gouvernement central, la

deux plans

PR0PR1T]

ESSAI

DE SYNTHS1

834

raison, reflet ou manation selon certains de la raison divine conduisant l'univers, et des sujets, organes dlibrants, pouvoirs de dcision et agents d'excu lion: la vie vertueuse consistait a faire rgner dans ce petit monde un ordre analogue l'ordre pacifique et Juste d'une cit, ou chacun demeure a vi place, remplit su fonction et s'acquitte par consquent de ce
qu'il doit.
SI l'on prenait ces

morale
elle

serait toute relative a


et
cl est

mtaphores au pied de la lettre, la un tat social dtermin;

lions oui pu servir exprimer en un temps la vrit de tous |eS temps; mais il est neeess.un' de lis ciiliqucr, de montrer leur relativit et de les dpasser, le qui se peut du reste en fidle orthodoxie thomiste, ar, selon bornas, la relation esseii la doctrine mme de saint tielle de personne a chose se conoit anl cneui cmciil el sans rfrence a un tat social donne; c'est donc une ralit prjuridique, si l'on admet que le droit, a proprement parler, 01 donne la v ie en socit, Ile onslste dans un lait moral l'utilisation rationnelle des choses
i

>

mriterait peut lu- de disparatre aussi bien, en face de la critique socio logique, le danger que courent certaines morales fondes mu une philosophie Insuffisamment critique, nui
risquerait
lui.
1

par
l\

les

avec

ser cet usas,

personnes aux on VOI

lins

de celles

ci.

si l'on
ici

qu'il n a pp. n lient

veut .ma bas (pi 'aux

voir en Dieu un lgislateur, dans la du mal un code de prceptes positifs et ngatifs, dans l'acte bon une obissance, dans le pch une Infraction, dans la batitude un salaire, et dans la perdition une pnalit.

ntentent du bien

le

et

Or, en ee qui concerne le droit de la personne sur les choses, le danger est pressanl de verser dans une telle

Ce rapport de personne chose se trouve ralemenl formule en termes Juridiques, emprunts a une technique fortement pntre d'influences sociales historiquement dtermines. Par suite de cette illusion. on croit avoir analys fond la relation de personne chose lorsqu'on a reconnu la premire un droit aliso lu. ^ans autre limite que le droit des personnes voisines
illusion.

lgales et rglementaires. A la vcette analyse n'est pas fausse sur le plan particulier de la technique juridique; mais elle n'puise pas, peine ctllci.rc t elle la ralit morale et humaine -ce dans la relation de personne chose. Victimes
et

Us prescriptions

rit,

d'une illusion analogue, mais soucieux d'aboutir des quences pratiques diffrentes, d'autres esprits ireent de mettre en lumire les devoirs moraux incombant a la personne dans l'usage qu'elle fait des

Pour soutenir leur dessein, ces esprits produisent les moyens emprunts aux menus catgories historiques o leurs adversaires s'taient dj fournis, et attribuent a ies moyens, valables sur leur plan particulier, une signification qu'ils ne comportent pas sur le plan moral. Par exemple, une doctrine rcente et d'ailleurs ingnieuse, pour montrer que le droit de proprit est grev de devoirs moraux, s'efforce d'assouelle confre au plir le concept technique le ce droit propritaire un droit assez analogue a ce (pie la langue juridique appelle droit d'usage, sorte de proprit ampute de ses attributs les plus caractristiques; mieux. elle considre parfois le propritaire, non pas mme comme un vritable usager, mais comme un simple administrateur ou mandataire, tenu de faire fructifier la chose pour le compte et selon les instructions du vritable propritaire, Dieu ou l'tat. Usager, administrateur, mandataire, l'homme se voit donc dpouill de sa proprit prcisment pour apprendre a s'en servir moralement. On ne lui laisse qu'un vague dominium subordonn, concept mouss qui. sous le couvert de l'analogie, a perdu son trait distinctif de souveraine indpendance. Or, c'est ce trait qui dfinit la vraie proprit et qui donne une utilit technique a sa
:

choses.

cratures rationnelles. I n anthropomorphisme assez gracieux attribuerait volontiers aux tres infrieurs un certain domaine, une matrise d'usage, l'gard des cailles qui leur sont ncessaires. La nature, dit on. a dpos au creux du sillon l'humidit el certains sels minraux l'intention de la semence; et, lorsque, brin brin, l'oiseau bt il son nid et le capitonne de Qocons, entre dans le plan providentiel. Ne pouvons nous il pas concevoir une sorte de droit naturel au profil de la tige vivante sur les lments chimiques ncessaires a sou dveloppement, en laveur de l'oiseau sur le nid qu'il s'est construit? Tout tre appel parle Crateur a Crotre et se perptuer ne trouve t il pas dans cette vocation le droit d'apprhender ce qui lui est ncessaire et d'en user? La rponse thomiste est ngative et elle se fonde sur une analyse rigoureuse de l'usus. Pour le vulgaire, user consiste a consommer; l'on attache d'ailleurs cette ide une intention pjorative, discernable surtout dans les expressions telles que s'user ou us. On voit que les hommes soul sensibles a celle misre des choses qui ne les met qu'un temps noire disposition et qui, trop tt notre gr, les trappe d'impuissance nous servir. Toutefois, ce n'est l que le revers de l'usage, sa ranon ordinaire, mais non sa loi ncessaire, lui fait. les choses offrent d'autant plus d'utilit qu'elles s'usent moins et que l'on peut en user davantage sans les user. Au positif, en quoi consiste donc l'usage? On use vraiment des choses lorsqu'on les assume par un libre exercice du vouloir et qu'on en applique les proprits natives ou acquises la ralisation d'une lin selon un plan rationnel. C'est pourquoi, d'une part, les cratures irrationnelles ne peuvent user de rien; elles peuvent consommer et en un certain sens jouir, mais il n'est d'utilit qu'au jugement d'une personne capable de
i

saisir

rationnellement l'application,

la liaison

de

telle

l'humus s'puise au service de la [liante, l'oiseau occupe son nid, le renard sa tanire, mais il faut un esprit pour dcouvrir en ces faits un usage. C'est pourquoi, d'autre part, l'usage
une
fin;

consommation

ainsi,

le propre des agents qui agissent propler finem; une personne ne peut entrer en rapport volontaire et conscient, c'esl -dire se comporter en personne, avec les choses qu'en usant de celles ci. Non seulement l'homme peut user de tout, mais il ne peut qu'en user, et il se manquerait s'il n'en usait pas, c'est a dire s'il ne les appliquait pas son propre panouissement.

est

En

user ainsi, c'est faire figure

d'homme. Se

nourrir,

dfinition.

respirer, pntrer par son esprit les lois de l'univers. s'enrichir l'imagination, se reposer les veux au spec-

on

voudrait

parfois

tion en l'attribuant saint

recommander Thomas. Il
-

cette

concep-

tacle de la

liai lire,

modeler
:

la

est vrai

que

la

mer des formes


-,

artificielles

qui

matire brute, lui impril'humanisent et en

omiste, en matii n de proprit, s'inspire elle certaines historiques manifestement tributaires le la sociologie mdivale. La relation de l'esprit divin ou humain aux choses s'y trouve formule en termes de droit fodal, se rfrant a la hirarchie verticale des conditions suzeraines et vassales. me aux chanes superposes des proprits libres et minei proprits subordonnes pour lesquelles on doit hommagi ce. Ces reprsenta-

dgagent toute l'utilit' Ici est l'usage humain de! O se mlent le travail des mains el celui de l'esprit, la contemplation et l'action, Ne nous arrtons pas considrer ce que cel usage peut parfois nous couler: il nous est le soi profondment naturel. A en user de la sorte, nous nous rvlons dans la vrit de notre nature raisonnable et libre. 3. L'usage </ l'appropriation des choses. On doit
distinguer
l'usage des choses
et

leur appropriation,

mer, de

OJL.

T.

III

27.

PROPRIT. ESSAI DE SYNTHSE


c'esl
;i

836

dire

leur affectation exclusive

la

personne

ell'et deux notions aisment sparantes. nous nous proccupons ordinairement d'utiliser les choses matrielles, et c'est parce que les biens matriels utiles se restreignent dans des limites impo ses par la quantit, que nous concevons leur utilisation la faon d'un accaparement. Mme si nulle ide de dgradation ou d'usure ne l'affecte, l'usage d'un objel matriel tel qu'une montre ou un diamant comporte ce caractre d'exclusivit. Avoir un livre a son usage, n'est-ce pas, en psychologie concrte, e le rserver? Mais l'usage ne se confond pas avec cette affectation exclusive; celle-ci se prsente comme une condition de certains usages et comme un signe de leur prcarit. Nous sommes en effet des tres composs de matire; il y a donc une part de nous-mmes que nous ne matrisons pas pleinement, qui nous chappe chaque minute et dont notre vouloir ne peut user qu'en pourvoyant sans cesse son renouvellement. Or, ce renouvellement ncessaire de notre tre physique se fait aux dpens du milieu matriel. Il nous faut donc user des biens de ce monde, non pas comme feraient de purs esprits, mais en partie pour y puiser les lments ncessaires l'intgrit de notre corps; c'est seulement au prix de l'assimilation, c'est parce qu'une certaine quantit d'lments matriels se trouvent incorpors notre substance et identifis numriquement avec elle, de manire exclusive et incommunicable, c'est par l que nous en usons. On voit bien qu'une telle ncessit ne rvle pas l'essence positive de l'usage, mais trahit seulement la prcarit et l'imperfection de nos moyens d'user. D'ailleurs, il faut le dire, nous ne sommes pas toujours contraints de nous approprier les choses de cette manire pour en user. Il y a en effet chez nous des activits, et des plus ntres, qui n'ont pas pour but de combler la dfaillance chronique de notre tre corporel. Nos meilleures faons d'user de ce monde chappent cette faiblesse. La contemplation esthtique, l'laboration d'une uvre d'art, une entreprise dsintresse, le jeu, voil la connaissance scientifique et philosophique des faons d'user de ce monde qui n'impliquent aucune appropriation exclusive. C'est donc dans la mesure o nous sommes faibles et besogneux, que, pour user des choses, nous devons nous les appliquer et nous les affecter de faon exclusive. En principe, la nature rationnelle de l'homme lui confre d'abord et sans rserve le pouvoir et le droit d'user des choses. C'est seulement indirectement, par un dtour, que, suivant les cas, la nature exige ou admet le fait de l'appropriation exclusive des choses par l'homme dans l'usage qu'il en fait,

qui en use. Ce sont en

parfaite, acheve et dfinitive, consistant dans l'application d'utilits naturelles ou artificielles la satisfaction des besoins humains; c'est la consommation au

En

fait,

sens 1res large, accueillant maintes activits gratuites prises pour elles mmes, telles que le jeu, le sport, l'tude dsintresse, la contemplation ou la recherche
et
il y a une phase extrmement lastique d'usage prparatoire, relatif, qui vise dgager, rechercher, a amnager, a accrotre par le

scientifique. D'autre part,

travail la somme d'utilits disponibles. On use des choses lorsqu'on les applique ses besoins; on en use encore lorsqu'on les amnage pour les mettre mme de nous mieux servir. Quelle que soit la phase considre, il s'agit en tous les cas de ce que saint Thomas appelle l'usage des choses extrieures, par opposition leur nature, dans l'art. 1 de la q. lxvi. La nature des choses ne dpend pas de la volont de l'homme. L'usage des choses, au contraire, est au pouvoir de l'homme quia per rationem cl l'oluntatem potesl uti rbus cxlcrioribus ad suam ulililatem, quasi propter se jadis. Il consiste essentiellement exploiter les proprits naturelles des choses, ce qui peut se faire d'une manire simple et directe en satisfaisant des besoins dtermins par l'application d'utili-

manire rflexe et en quelque sorte au second degr, en amnageant les diverses proprits des corps, de l'air, de la vapeur, de l'lectricit, en vue de multiplier les rapports d'utilit. Toute cette activit est donc bien une uvre de raison, un fait humain, non seulement une ncessit pour l'homme, mais une attitude digne de sa nature. Cependant, quelques remarques s'imposent sur la porte de la division binaire que nous traons dans l'paisseur de Yusus rationnel des choses et sur les caractres distinctifs qu'il faut reconnatre chaque lment de ce
ts correspondantes ou, d'une

couple. Notons a) Porte de la division binaire introduite. tout d'abord qu'en donnant une structure binaire l'usage humain des choses, on ne prtend aucunement dresser un catalogue biparti, o tous les actes d'usage viendraient se ranger sous deux chefs distincts. Il s'agit en ralit d'un schme binaire de fonctions abstraites et non d'une rpartition concrte des oprations. Il s'agit moins d'une classification d'espces fixes que d'un instrument d'analyse, propre expliquer la suite rationnelle des activits. Telle opration concrte, consistant par exemple moudre des grains de froment, pourra, selon le point de vue d'o on la considre,

figurer dans le premier ou dans le second temps de l'usage. C'est que l'laboration des utilits nouvelles, aussi bien que leur application la satisfaction des

cette exclusivit est ncessaire ou favorable cet usage. Cette conclusion s'clairera si nous analysons la structure complexe de l'usage. 4. La structure complexe de l'usage : utilisation parL'usage humain des faite et usage d'laboration. choses rvle l'analyse une structure complexe
si

tenant son caractre rationnel. L'homme, en effet, ne se contente pas d'utiliser simplement les ralits extrieures propres satisfaire ses besoins, de tirer parti d'utilits existantes et prsentes. On sait que les primitifs eux-mmes, adonns la petite chasse et la simple cueillette, usent d'un outillage rudimentaire (arc et flches, rcipients) et se livrent des oprations d'une technique sommaire, rationnellement conduites en vue de dgager des utilits. On discerne l en germe toute la complexit rationnelle que le progrs matriel apportera l'usage des choses par l'homme. Ds l'origine et jusqu' nos jours, cet usage de plus en plus complexe rvle
l'analyse u\\ finie part,
I

comporte des sries d'oprations dont l'ensemble est enchan de telle sorte qu'un mme acte peut servir de confluent o trouvent leur emploi les utilits dgages au cours de multiples enchanements prparatoires et servir de point de dpart, ou de chanon intermdiaire en vue d'applications ultrieures. C'est ainsi que la mouture du froment constitue un acte d'application l'gard de toutes les utilits dgabesoins,

rythme constant, essentiellement


il

binaire.

une phase ncessaire d'utilisation

ges par l'industrie des engrais chimiques, par celle des machines agricoles, par l'agriculture, par les entreprises de transport, etc. Cependant, si la minoterie vise dans une certaine mesure satisfaire des besoins immdiats en farine, elle fait fonction son tour d'entreprise prparatoire, elle s'insre dans un nouveau processus de production en dgageant des utilits qui trouveront leur emploi dans l'industrie du pain. Entre les activits de pure laboration, comme l'extraction des matires premires, et les activits que l'on |ieut considrer comme de pure application, telle la consommation des aliments, il existe un entrelace ment de chanes dont chaque anneau constitue l'application des utilits prcdemment dgages et la

PROPRIT. ESSAI DE
prparation d'utilits a appliquer ultrieurement Des enchanements analogues ont t observs par les co Domlstes au cours de la production, et l'on a Justement le que l'immense majorit des oprations cono miques joue tour tour le rle de prparation et d'utice 11. selon qu'on les rlre a ce qui les suit ou qui les prcde, route oprt ion conomique efficace comporte en effet une dsutilit au sens de M. Mai duc une comtptio, une dpense ou une shall, c'est application d'utilits, en mme temps qu'une generatio c une fixation ou une laboration d'utilits nouvelles qui trouveront plus loin leur emploi. Mais cette analyse, exacte en matire conomique, ne l'est pas moins en d'autres domaines. Tout usage des choses p.ir l'homme, et non seulement leur usage conomique, selon ce schuie binaire des qu'il procde par un discursus rationnel le moyens tin. ce qui est bien

>U

HKSK

838

.1

se multiplient, chacun d'eux se t. ni moins intense, et d'ordinaire les nouveaux venus tout disparatre les anciens. Au contraire, l'usage d'laboration ne visant pas directement le besoin peut s'tendre Indfiniment sans rencontrer de limite naturelle, L'Industrieuse raison peut se dpenser s.ms frein a quiper l'univers, a l'or

.i

ganiser utilement, a dgager de leurs virtualits une masse Indfinie de ressources, fabriquer en quelque
sorte
ci

thsauriser un
l'en

velles.

Oui

empchera,

nombre illimit d'utilits nousi Ninnunc trou\e sa joie a

Bgir de la sorte. a\ec l'orgueil de dominer? Ce moine ment est d'ailleurs soumis a une loi d'acclration me canique, dont le capitalisme niodeine fournit l'illuslors, pion est parvenu a matriser les forces tratlon naturelles et qu'on les a transformes en complices et servantes, en gnratrices infatigables d'utilits, on voit celles ci se dgager chaque instant en plus grand nombre et se multiplier automatiquement. On reconnat cela un mcanisme logiquement agenc; c'est la raison humaine qui exerce sa matrise, non seulement en employant les choses utiles aux besoins de l'homme,
:

si

le propre des agents qui agissent propter /ineni. On dis cerne toujours dans l'activit d'une personne usant des choses une phase ncessaire, principale, logiquement premire, mme si elle se ralise effectivement ensuite, et qui consiste pour l'homme satisfaire ses as en appliquant a ceux ci les utilits dont il dis et l'on discerne, ds que l'usage des choses par l'homme atteint un minimum de complexit ration uelle, une phase secondaire, conditionne, qui consiste pour l'homme se mnager, par son ingniosit et ses efforts rflchis, des utilits nouvelles ou. ce qui re\ lent au mme, a ordonner les ressources dont il dispose en
.

d'accrotre leur utilit efficace. Et, si le ut tre considr tantt comme

mme

acte

un amena-

nt prparatoire d'utilits et tantt comme la mise ipplication d'utilits prexistantes, si ce schme en quelque sorte au lil de l'usage, s'apbinai

pliquant successivement a chaque degr, on reconnat te mobilit et a cette souplesse l'origine rationnelle, le caractre abstrait de ce schme; a l'analyse, il le li aucun contenu individuel et concret, ontre accueillant a l'gard de n'importe quel nu. pourvu que la raison humaine y dessine son de prparation et d'application. Si distinctifs de chacun des termes. poursuivons notre analyse de Vusus, nous obserque l'usage secondaire, appelons-le usa'_ c d'lastingue par plusieurs traits de l'usage principal, que nous pouvons nommer usage d'applica

it

ingale.

La facult d'extension propre


celle

lernier est
ion.

moindre que
les

dont bnficie l'usage


ils

doute

deux

u^aiics sont lastiques, car

itielletnent

lue dis besoins


lios.s

de deux quantits variables: humains, retendue du pouvoir p r l'homme. L'usage d'applica;i

pond

des utilits enires pas (pie la civiliez les primitifs, les besoins sont limits plus tement, et il faut peu de chose pour les satisfaire; ont plus complexes, nous sommes plus Mais l'usage d'laboration est beaucoup plus que l'usage d'application. Celui-ci, en effet, ut a satisfaire des besoins; or. s'il est on peut ressentir des besoins nouveaux cl des besoins factices, on rencontre nanmoi: limite. Nos aspirations spiriune porte infinie et ternelle, mais mt pas en cause ici les besoins auxquels nous des ralits cxti icures -ont plus sinon une fois moins au jour le jour. I.a psychologie une extension indfinie
int a
iins dfinis

des bes

''ne s;uis cesse,

du

mme

mais en organisant techniquement la production des choses utiles. En ce domaine de l'usage d'laboration, elle triomphe aisment, elle accumule les ressources et promesse sans limite. Tandis que l'usage d'application, axant pour but la satisfaction des besoins, se trouve limit par ceux-ci. l'usage d'laboration est pratique ment illimit; la raison ne se lasse jamais de concevoir et de construire des dispositifs de plus en plus ingnieux et efficaces pour multiplier ce qu'elle considre comme utile. Il en rsulte que, selon le type et le niveau de la civilisation matrielle, l'usus des choses par l'homme sera soumis des variations d'ampleur ingale; ces variations seront plus prononces quant l'usage d'laboration, elles le seront moins en ce qui concerne l'usage d'application, lui d'autres termes, ce qui diffrends surtout deux mv: aux de civilisation mat; rielle, c'est moins une ingalit dans l'usage d'application, puisque les besoins en gros ne soni gure diffrents et que, hors le cas de crise, ils se trouvent satisfaits dans une proportion analogue; c'est plutt une ingalit dans l'usage d'laboration, en ce sens qu'au sein des civilisations imparfaites l'laboration des utilits se trouve rduite quelques oprations en somme assez simples, telles que la chasse, la pche, la cueillette, la culture, l'levage, dont on sent la relation immdiate avec le besoin sa1 isfaire, tandis que, dans les civilisations matrielles avances, l'laboration des utilits revt une grande complexit l'change, la division du travail, le capitalisme technique, le crdit, avec leurs raffinements subtils, soni autant de manires non naturelles mais suprieurement rationnelles de mettre au jour et de mettre en circulation des utilits. Priorit naturelle de l'usage d'application. b. L'analyse critique de l'usus montre que sa phase d'laboration n'a d'autre raison d'tre, psychologiquement et rat ionnellemenl que d'introduire la phase d'application. C'est, sur un plan plus large, ce que les conomistes observ eut dans leur domaine spcial, lorsqu'ils consta:

tent (pie

la

production a pour raison d'tre

la

consom-

mt

ion.

Cette vrit n'appelle gure de dveloppement. Elle ne se fonde pas sur un principe a priori tel que le prin cipe hdonistique aux termes duquel l'homme met en balance l'eflorl et le rsultai et ne se livre a aucune activit s'il n'en attend un profit. Elle dcoule analytiqueineiit
I

du concept mme d'utilit. L'utilit actuelle parfaite se ralise au moment de son application au besoin, et c'esl seulement d'une manire drive et

un moment donn
is
s.

et

dans une
s'ils

,nt

toujours limits;

analogique, //'/ poslerius, dans la mesure ou elles introduisent cette application, que les oprations pra labis qui constituent la phase d'laboration secolorenl

839
de quelque
utilit.

PROPRIT. ESSAI DE
lit,

YN

III.-!.

-'.il

L'exprience des crises conomiques le processus rationnel d'laboration n'esl pas infaillible; il lui arrive de se dployer en oprations complexes, donl les rsultats, quelque impressionnants qu'ils soient par leur masse, se trouvent dnus d'utilit, parce que prcisment la liaison est rompue entre l'usage d'laboration et l'usage d'application. La fivre du productivisme consiste justement a faire des efforts gigantesques et onreux, en vue de dgager les utilits nouvelles, sans avoir pourvu a leur applical ion aet uelle par une epar it ion large et judicieuse. L'analyse rationnelle montre clairement (pie les utilits ainsi dgages, des qu'elles ne

prouve d'ailleurs clairemenl que

plus de vritable usage, par consquent aucune raison de s'attacher quoi que ce soit a ce litre. b) L'usage d'laboration et V appropriation de lait. La situation est ici plus complexe. On sait que l'usage

d'laboration ne s'exerce pas pour Lui-mme, mais qu'on s'y livre pour constituer une masse d'utilits dont on disposera ultrieurement. L'analyse doit se faire plus subtile, si l'on veut apercevoir les exigences prcises de l'usage d'laboration en matire d'appropriation.
Il apparat tout d'abord naturel que l'homme, conscient de ses besoins sans cesse renaissants, s'eflorce d'y faire face par des actes d'pargne prvoyante. Toutes les oprations qui ont [jour effet de mettre en rserve, de tenir en disponibilit des biens utilisables appartiennent rationnellement l'usage d'laboration. C'est en effet produire vritablement de l'utilit que de conserver des ralits actuellement inutiles jusqu' l'heure o elles pourront satisfaire un besoin.

s'aiguillent plus vers les actes d'application, c'est-dire vers leur utilisa' ion actuelle, ne mritent plus
le nom d'utilits. Ces prtendues utilits n'en sont plus, parce qu'elles ne se rattachent plus au principe de toute utilit, la satisfaction immdiate des besoins par l'usage d'application. 5. La structure complexe de l'appropriation. En dcrivant ci-dessus la relation gnrale d'usus, nous avons pris soin de distinguer celui-ci de l'appropriation. Nos meilleures faons d'user des choses n'impliquent pas que nous nous les affections titre exclusif. L'appropriation se prsente en gnral comme la condition de certains usages et en signale la matrialit. Nous nous approprions l'aliment de manire exclusive, parce que notre corps a besoin de se l'assimiler entitativement. Sans l'infirmit besogneuse de l'usager, l'usage ne rclamerait pas cette affectation exclusive. Mais, maintenant que nous connaissons la structure binaire de l'usus, il convient d'examiner comment l'usage

que d'une manire quivoque

Mais cette mise en rserve, s'il s'agit de ralits matrielles, n'exige-t-elle pas leur appropriation de fait? Il le semble bien, mais il faut convenir que cette exigence ne revt pas en tous les cas une rigueur absolue. Il suffit de concevoir l'appropriation de fait comme

d'application et l'usage d'laboration se comportent chacun au point de vue de l'appropriation. Il s'agit toujours, on ne l'oublie pas, d'une appropriation de fait, sans rfrence l'ordre juridique o s'tablit le droit proprement dit de proprit.

a) L'usage d'application et l'appropriation de fait. est ici assez simple. L'appropriation s'explique et se mesure par le besoin satisfaire. Chaque homme doit donc s'appliquer les utilits qui lui sont ncessaires et nous savons que, de l'un l'autre, le dosage du ncessaire varie mdiocrement, parce que les besoins matriels sont psychologiquement limits et sensiblement gaux entre tous les participants d'une

une dtermination de comptence une personne dtermine dtient une chose en sa possession pendant le temps et dans la mesure exigs par la conservation utile de cette chose. Il est prvoir que le temps et que l'exclusivit de cette dtention varieront suivant les catgories d'objets en cause. Tenir en rserve la nourriture du lendemain ou s'assurer l'usage ventuel d'une source, d'une fort, voil deux usages d'laboration qui imposent l'appropriation des conditions trs diffrentes de dure et d'exclusivit. Tout ce que l'usage d'laboration rclame, c'est une possession qui assure l'usage d'laboration sa conclusion normale ou, en d'autres termes, qui permette au dtenteur d'exercer rationnellement, lorsque l'heure en sera venue,
:

La rponse

mme
tefois
:

civilisation.

Le jugement moral

se

nuance

tou-_

l'usage d'application. D'autre part, l'usage d'laboration comporte, outre les simples oprations d'pargne, les actes beaucoup plus nombreux et importants qui constituent la production proprement dite. L'acte de production n'est pas une cration instantane, mais un mouvement d'organisation rationnelle, modifiant les lments utiles prexistants et les conformant de telle sorte
qu'ils offrent ensuite aux besoins humains de nouveaux rapports d'utilit. Si l'usage d'laboration ainsi dcrit appelle une appropriation de fait, c'est--dire la

toutes les vertus qui prsident la consommation, la modration du luxe, la dpense librale, aux gnrosits charitables ont ici dire leur mot qui diffre d'un personnage l'autre, d'une poque de prosprit une priode de gne, etc. La rgle est que tous les hommes ont le mme titre naturel et surnaturel se rassasier, se vtir, se loger, se protger du froid, tre soigns dans leurs maladies, et ainsi de suite. De plus, des considrations sociales se font jour, car l'individu n'est pas la seule unit naturelle de consommation les groupes naturels, au premier rang la famille, ont des besoins qui leur sont propres et un mme titre les voir satisfaits, par l'application d'utilits. Individus, familles, socits naturelles, tats ont des besoins lgitimes sans nous prononcer encore sur le rgime juridique de proprit, nous concluons que ces besoins doivent tre satisfaits. Il faut donc qu'une masse d'utilits soit constitue et rpartie entre toutes ces personnes pour leur tre applique . Propritaires ou non, il n'importe pour l'instant. On ne voit que des personnes ayant mme titre employer leur usage l'ensemble des utilits existantes et admises se les appliquer, par une appropriation de fait s'il le faut, si l'application des utilits aux besoins requiert cette affectation exclusive. En revanche, la limite du besoin, en bornant l'usage d'application, borne aussi l'appropriation de fait. Au del du besoin, il n'y a plus d'uti:
:

possession exclusive de telle utilit par telle personne, c'est don.: dans la mesure o le processus de production requiert cette appropriation. En thorie, on imagine parfaitement que la raison pratique puisse marquer les choses de son empreinte et les modifier utilement sans se les attacher de manire exclusive; mais, en fait, comme notre raison ouvrire s'attaque au domaine de la matire et use d'organes et d'outils matriels, le phnomne d'individualisation que nous avons dj not propos de l'usage d'application se retrouve dans l'usage d'laboration. Les productions de l'esprit, qui ne sont pas les moins fcondes en utilits, chappent de soi cette loi d'appropriation. Mais, ds que la production intresse les ralits matrielles, met en uvre des moyens matriels, on voit poindre cette exigence pour que telle ralit extrieure reoive la forme que mon industrie lui destine, il faut que je la distingue et la spare du milieu, (pu- je la prenne entre mes mains, sous mon pouvoir physique; que, pendant quelque temps, je la dtienne un titre particulier et, sous ce rapport, exclusif; par ncessit, si je veux l'informer de mon ide, je ne puis plus la considrer purement comme une chose, mais il faut que, d'une certaine manire et pour un certain temps, j'en fasse ma chose.
:

PROPR] III

ESSAI

DE

SYNTH
Ici

SE
a la dispensatio.

*\2
Vois

L'appropriation est la condition, la ranon m l'on veut, de la matrialit qui caractrise nos gestes humains les plus courants soit que nous absorbions el nous appliquions des utilits, soit que nous en laborions,
I i

ts nouvelles, la procuratio et

aractres gnraux

el

divers de l'appropriation.
\

Nous avons a.lmis que l'usage d'application,


a satisfaire des besoins prsents
utilits existantes,
>tli

Isant

en leur appliquant des


d'lasticit

moins

d'laboration.

Il

est

prvoir

que l'usage que l'appropriation de

fait jouit elle .uism d'une Ingale f. nulle d'extension, selon qu'elle s'attache l'un <>u l'autre usage. Et, de mme que la ncessit d'laborer des utilits n'est pas Immdiate, mais conditionne par celle d'en consommer qui est seule absolument rigoureuse, le mme il y

en pleine contingence historique et sociale. Rien de plus variable que les rgimes de production; or. chacun d'eux a ses exigences particulires en matire d'appropriation. Essayons de nous en rendre compte sans verser dans un dtail qui nous retiendrait Indfiniment. Il existe, in tous les rgimes, une part d'activits pro ductrices qui reviennent aux individus ou au groupe restreint de la famille; cette part est relativement Importante dans les ci\ il is.it ions simples; elle va en dimi nuant mesure que le reseau des relations sociales se
resserre el s'enchevtre. Voyons comment un Pygme rsout le problme alimentaire. Il s'empare d'une branche toile et souple, il la faonne longuement et

sommes

c'esl celle qui par l'usage d'application, tandis que l'appropriation qui sort l'usage d'laboration n'est que d'une ncessit conditionnelle et relative. Mous non-, rencontrons ici. aprs bien les travaux d'approche, avec la doctrine exprime dans II 11 , Observons cependant qu'en cet article, q. i\\i. a. saint Thomas parle absolument tVusus pour dsigner te que nous avons appel usage d'application et que maints auteurs nomment Jouissance ou consommation. A l'usus ainsi entendu fait face la procuratio et dispensatio: cela videmment n'est pas autre chose qu'une manire particulire d'user, mais qui correspond plus prcisment l'laboration. Le R. P. Bru-

une appropriation indispensable


et

s'opre dans

'_'.

minutieusement pour en faire un arc: il conserve par devers lui de manire exclusive cet outil de producl ion. afin de pouvoir s'en servir en temps utile; il abat une pice de gibier; il conserve et prpare celle nourriture jusqu' l'heure o il se l'approprie dfinitivement par la consommation. Cet homme s'est comport en fait comme un propritaire absolu et exclusif, parce que celte attitude lui tait impose par les conditions mmes de la production. S'il s'tait dparti un moment de sa proprit de fait, la srie des oprations logiquement ordonnes la production se ft trouve inter-

rompue.

net interprte

exactement cette nuance

lorsqu'il

dit

que. dans l'usage gnral tel (pie le conoit l'art. 1. par opposition la natura rcrum. soumise au seul pouvoir de Dieu, dans l'utilisation humaine il faudrait distinguer administration d'une part, ou si l'on veut, en langage moderne, production et change (potestas irandi et dispensandi }. et. de l'autre, jouissance ou consommation (usus) . La proprit prive chez Maint Thomas, dans S'onvelle renie thologique, nov.dc.

Comparons ce type la manire dont se ralise la production des utilits dans un rgime conomique de grande chasse la technique de la chasse s'tant perfectionne exige un personnel nombreux aux fonctions spcialises; le groupe social intervient plus frquemment, pour la rpartition des terrains entre les familles ou entre les quipes de chasseurs, pour la distribution du butin entre tous ceux qui prirent part de prs ou de
:

loin l'expdition, pour l'observation des prescriptions rituelles relatives la chasse et des rglements de

concerne Vusus ou usage d'application, nous savons qu'il entraine une appropriation de fait,
F.n ce qui
la

scurit dont l'opportunit a t juridiquement reconnue. Le processus de production n'est plus men

consommation mme, du moins

s'il

s'agit d'u-

terme par un seul homme, mais il se ralise par une collaboration fonde sur un change de services et une
multiplication sociale des efforts de. chacun. Il suit l que la rigueur individuelle de l'appropriation se relche l'outillage d'armes et de filets appartient au groupe qui le fait entretenir par des spcialistes; d'au-

matriel de biens matriels. Et, par ailleurs, nous que cet usage d'application s'impose directement a tout homme, au mme titre du besoin, dans la mesure du besoin, avec la rigueur d'une ncessit naturelle. L'appropriation de fait inhrente l'usage d'application ne peut donc tre considre comme le priquelqucs-uns. ni comme un droit prescrip tible ou cessible, (.'est en ce sens que les utilits extrieures doivent tre considres comme communes non habsre res exteriores ut proprias sed ul communes. formule n'carte pas l'appropriation de fait, n exclusive de telle chose telle personne, condition ncessaire de la consommation: elle exige lient que tous aient part, sans exception, dans la re de leurs besoins, a cette consommation, parce que tous v ont droit au mme titre. Remarquons d'ailleurs que e droit de tous ;i l'usage d'application n'implique pas un rgime juridique de proprit individuelle gnralise. Pendant des millnaires, la plupart
ns
:

de

demeure pas ncessairement aux mains de l'homme qui s'en est saisi, mais il est distribu selon les prescriptions de la coutume ou la volont du chef. Il n'est donc pas ncessaire que chacun se comporte en propritaire exclusif et absolu pour que se
tre part, le gibier ne

<

humains, soumis la i>ut,'\t<is d'un paler ou d'un matre, ne pouvaient prtendre a aucun droit de
trs

proprit pas
naturel

mme
et

a l'existence lient

juridique;

ils vivaient

leur imprescriptible a Vusus d'application. ippropriant de f.iit les utilits ncessaires a leur port, il n'y a pas de diffrence essenun milliardaire, entre le scuux rpii renonc a tout droit rie prola
;i

par

consommation

droule elTicacement la srie des actes de production. Cela suffit expliquer pourquoi, selon les rgimes conomiques, les plus grandes variations s'introduisent dans les conditions de la proprit. Tantt la plupart des gens, pour subvenir leurs besoins par l'usage d'application, se livrent aux mmes oprations de production simple; celle galit dans l'usage d 'laborai ion suppose qu'ils dtiennent tous, en appropriation de fait, une quantit peu prs gale de moyens de pro duel ion chacun a par exemple son arc chaque famille son lopin de terre, sa barque, son troupeau. Tantt, grce au dveloppement et la diffrenciation des techniques, OU pour des raisons d'ordre social (telle la prsence d'une classe noble de prtres ou de guerriers, ou d'une caste issue d'anciens envahisseurs), on ralise l'usage d' p| /lient ion au pro lit de tous sans s'attacher conserver entre tous cette galit dans l'usage d'laboration. Les fonctions se distinguent, et entre elles l'quilibre s'tablit grce l'change d'utilits (den res ou services). En mme temps, des hirarchies co
: :

va autrement de l'appropriation inhrente rat ion, c'est--dire le l'appropriation roduction et ruenl des utilii

nomiques
autres
ratio
et

les

:i

se dressent, subordonnant les unes aux diverses activits de production. La proCU dispensatio, l'usage d'laboration devient le

843
l'ait

PROPRIT. ESSAI DE SYNTHSE


les

de quelques uns,

autres

aidant par leurs seri

D'o il suit que l'appropriation <le fait, en tant que la postule l'usage d'laboration, se- irons gaiement rpartie. Le seigneur du domaine ou le hel d'industrie dtiennenl eu leur pouvoir exclusii les masses importantes de ressources naturelles, dont ils
vices.
<

A ct d'eux, le proltaire ne possdent quasi rien sur quoi ils exerceraient leur pouvoir de procuratio et dispensalio. Saint Thomas ne proteste pas contre cette ingalit.
s'efforcent de multiplier les utilits.
serf

ou

le

semble naturel et ncessaire que tout homme exerce, dans la mesure de ses besoins, l'usage d'application en consommant les utilits existantes, il ne lui parat pas naturel au mme degr, ni rigoureusement ncessaire que tout homme s'emploie l'usage d'laboration en produisant des utilits, ou que ceux qui s'y livrent le fassent tous sur un pied d'galit. Il y a entre les hommes des ingalits naturelles en ce qui
S'il lui

concerne leur capacit d'laboration fconde; la socit y ajoute d'autres diffrences qui ne sont pas toutes illgitimes; il est normal que l'organisation de la production s'en ressente et s'en inspire. L'essentiel est que les utilits ainsi labores, quelque rgime conomique et social que l'on admette, aillent toutes leur destination naturelle, c'est--dire servent l'usage d'application ou la consommation dfinitive dont nul homme ne peut tre exclu. Il est vrai que le rgime de production ne sera pas sans influence jusque sur cette orientation de la consommation et il faut s'attendre que, suivant les conjonctures, selon l'tat des murs prives et publiques, tel rgime qui avait fait ses preuves se rvle par la suite inefficace et fasse obstacle Vusus commun. C'est affaire d'apprciation

entre les individus et la socit ou entre les individus en tant (pie membres de la socit. Ces relations ainsi tablies ou modifies sont elles troubles par un fait illicite. L'impratif social pse sur le dlinquant et ragit par une sanction, de faon < restaurer l'ordre ls. On n'a pas insister sur cette thse gnrale, a montrer que l'impratif juridique, oeuvre de raison, n< confond pas avec l'arbitraire, ni rappeler que cet impratif a une valeur morale, non pas essentiellement raison de son contenu, dont la teneur peut souvent laisser la morale indiffrente, mais prcisment en tant (jue tel, car l'impratif juridique supporte l'ordre social que notre nature postule; par le bien commun, toute prescription juridique se trouve donc conforme au devoir tre moral, expression de notre tre. On peut supposer cela admis. Nous 2. Le contenu positif du droit de proprit. avons dj not que le donn prjuridique en matire d'appropriation est d'tendue variable, selon les conditions concrtes de la vie sociale. On peut s'attendre des variations analogues en ce qui concerne le contenu du droit de proprit. Mais tout le donn n'est pas assum juridiquement, et ce qui en est assum ne l'est pas prcisment parce qu'il est donn, et enfin le contenu du droit accueille des lments qui ne sont pas

donns.

d'amnagement positif; le thologien doit se garder de toute opposition de principe rencontre d'une volution qui permettra peut-tre de mieux satisfaire les exigences essentielles, les seules imprescriptibles, de la consommation.
concrte,
2 Le droit positif de proprit. Nous avons dlibrment cart jusqu'ici la considration du droit de proprit proprement dit, nous tenant au plan prjuridique. Cependant, l'usage des choses par l'homme, tel que nous l'avons analys, comme une donne psychologique et sociale, comme une matire moraliser par la pratique de nombreuses vertus, constitue en mme temps une donne pour la construction juridique. Et c'est seulement au terme de cette construction, c'est aprs l'information juridique de cette matire, que se ralise le droit de proprit. Nous ne pouvons donc nous dispenser de signaler cette dernire

Toutes ces diffrences tiennent au caractre spcidu droit, dont l'impratif ne vise pas raliser le mieux possible les exigences de la morale, mais tablir le mieux possible la vie en socit. Il suit de l que l'impratif juridique ne s'intresse positivement et n'accorde sa sanction qu'aux actes et aux relations ayant un rapport au bien commun, c'est--dire aux conditions de l'ordre social, et qu'il ne les assume que dans la mesure o cela convient l'tablissement et au maintien de cet ordre. Il est clair que, par le biais de la justice sociale, toutes les vertus concourent au bien commun; mais il n'est pas sr que leur rglementation juridique y concoure en tous les cas. Ainsi, cerfique

taines immoralits, plus spcialement anti-sociales, sont-elles rprimes par la loi; d'autres, qui ne sont pas pour cela moins graves au point de vue moral, ne le sont pas. Par ailleurs, l'impratif juridique va chercher son bien en dehors des catgories morales et il l'y trouve souvent, puisque des prescriptions de caractre

purement technique, sans espce morale, peuvent

ser-

vir le bien commun. Il est ais d'appliquer ces notions au cas spcial de la proprit. La forme juridique essentielle de ce droit, consistant en une reconnaissance et une sanction socia-

tape. L'usage 1. L'lment formel du droit de proprit. d'une chose par une personne est un fait intressant le sociologue, l'conomiste, le moraliste. Ce n'est pas encore un droit, mais une matire qui peut tre juridiquement informe. La forme juridique se manifeste par certains procds techniques, par un formalisme aux exigences varies, plus ou moins compliques et plus ou moins rigides. Mais il y a lieu de distinguer entre la forme elle-mme, ralit simple et constante, et les formalits accidentelles qui rvlent et manifestent extrieurement la prsence de la forme. Celle-ci consiste essentiellement dans un ordre impratif, uvre de raison, intim par la socit, et assumant sur le plan juridique, avouant comme sienne telle matire donne. Peu importe assurment l'organe qualifi pour prononcer cet impratif au nom de la socit. En dfinitive, c'est celle-ci qui se prononce et qui donne valeur juridique positive ce qu'elle agre et sanctionne. L'ordre conu par le prince, par le parlement, par le peuple, exprim par le dcret, par la loi, par le

lement autorises de l'usage des choses par l'homme, n'affecte pas tous les lments que nous avons analyss au plan prjuridique. Seuls sont retenus ceux qui intressent spcialement le bien commun ou l'ordre gnral de la socit. L'usage d'application, sous lequel on range les faits de consommation, la libre jouissance des ressources naturelles, la facult d'aller et de venir, de respirer, de contempler, de s'instruire, ne comporte aucune rglementation de principe; ce sont des droits fondamentaux que l'on reconnat juridiquement sous le nom de liberts personnelles. Et, cependant, la consommation et le libre usage des biens naturels se voient limits parfois, sur des points prcis, pour des raisons d'ordre social ou public (interdits alimentaires, lois somptuaires, rglementations de police relatives au logement, la circulation, etc.). Il est certain que la
rglementation doit tre discrte, et elle l'est gnralement; mais on ne peut l'exclure absolument. Quant l'usage d'laboration et au pouvoir de libre
disposition (procuratio et dispensalio ) qui lui est inhrent et ncessaire, ce sont l des activits que l'autorit sociale est tenue de rglementer plus minutieusement. On voit sans peine le rle considrable que

rfrendum ou par

la

coutume,

se ralise

dans

les rela-

tions sociales, modifie quelque chose dans les rapports

PROPRI
jouent

PROSPER
du travail et le cette Im

I'

\oi

II

SAIN!

846

dans une socit donne, le rgime l'organisation conomique. C'est a raison

en B., 1908; le mme, Die Staats und Soxlallehrt de hetl Thomas , Aquin, Munich, 1930; Schwalm, lu propriti
d'aprs lu philosophie ds saint Thomas </' lauin, dans Rev. christianisme, Paris, thomisti 1895; Sei ii i.i nes. Socialismi 1905; Valensln, trait de droit naturel, i. u, Paris, 1928, ci; Venneersch, rhologie moralis, t. n; le mme, Dossiers en ('Action populaire, 25 Juin 1930,
. t
i

portance sociale que le rgime d'appropriation est Juridiquement amnag. Pour permettre l'laboration d'utilits abondantes, pour nu-t n- plus d'ordre dans l'administration el la gestion des entreprises, pour affermir la paix entre les hommes, bref, pour que l'u
t

II.

Doctrines librales bt socialistes

sect

v),

omplexe d'laboration

se droule,

sans heurl

el

fructueusement, au profit il- tous les consommateurs, on constate que les socits politiques s'accordent a sanctionner juridiquement le droit de proprit pri> e, quittes rglementer son usage de faon pins ou moins troite, selon que l'exigent les circonstances.
contenter d'une conclusion mo Quelle part attribuer l'appropriation prive au regard des moyens de production socialiss? Une ilisation excessiv e trouverait aisment un dmenti dans les faits, car le contenu de la proprit se renouvelle Incessamment; les modalits du pouvoir reconnu juridiquement au propritaire cl qui sont en quelque sorte les rules concrtement Imposes par la
Il

faut savoir

ici

se

Phgstocrales, 1846, 2 vol.; Bastlat, <' uures compltes, 1862, 8 vol.; Leroj Beaulieu, rrafM d'conomie politique, 1900; Aftalion, Les fondements du socialisme, 1923; Bourguln, / et sgstmes socialistes, Paris, 1006; Cas telein, Le socialisme et le droit de proprit, Bruxelles, 1896; Fournire, Les thories socialistes auXII' sicle, de Babeuf Proudhon, Paris, 1904; abriola, Essais sur lu conception matrialiste de l'histoire, Paris, 1902; Le Bon, Psychologie du socialisme, Paris, 1898;
l

il. de Man. Au del du marxisme, Paris. 1929; Nitti. /< Philip, Henri de Mur. el la socialisme catholique, Paris. xu crise doctrinale du socialisme, Paris, 1928; Villey, Le
i
;

socit l'usage d'laboration, varient

constamment.
:

lisme contemporain, Paris, ism,,. Eludes gnrales. Gide et Kist. imiques, P. ois, 1926; Gonnard, conomiques, Paris. 1923; Pirou, Les en France depuis 1870, Paris, 1930; sociale ci le mouvement philosophique
191

Histoire des doctrines Histoire des doctrines doctrines conomiques Richard, La question

discerne bien quelques grandes directions stables un pouvoir individuel, que la pression sociale du clan. de la famille ou de l'tat ne parvient pas liminer; u\w fonction familiale, qui tantt passe au premier plan et tantt s'amenuise excessivement sans que jamais on prive la famille du viatique minimum que requiert sa stabilit; des devoirs sociaux plus larges, dans la sphre professionnelle, municipale, provinciale, au sein de
.

On

ami

wviil. Histoire du I, Paris, 191 1. III. La PROPitn.i i.


l;

mouvement

social en

au XIX* sicle, France


(sec t.
v

Pari-.
|

nws

ils

nus

i.

l'tat

ou de

l'glise.

A
il

l'intrieur de ces cadres, euxn'est

menus

assez souples,

pour

ainsi dire rien de

le droit de proprit porte sur des objets noun abandonne d'autres, selon l'volution des techniques, il se revt de pouvoirs plus ou moins tendus selon la densit et le relchement des relations v Dans une conomie fonde sur l'laboration individuelle des utilits par l'artisan, par le petit cultivateur, la proprit individuelle obtient naturellement la premire place. Dans une conomie fonde sur l'change, sur la collaboration des classes, sur l'accumulation de capitaux anonymes et sur cet unanime vouloir vivre que suppose le crdit, la proprit individuelle, sans jamais disparatre, passe au second plan sur le thtre de la production. Il ne faut pas tonner si l'usage d'laboration, c'est--dire le le de production, y devient lui aussi plus communautaire. Il ne faut pas s'en plaindre si finalement nmun d'application, c'est--dire les possibilits gnrales de consommation, s'en trouvent
1

ICoppers, \'oilu rund Kulturen, t,Gesellschafi mu! Wirlschafl ilcr Vlker, Ratisbonne, 1924; w. Koppers, nie Anfngedes menschlichen Gemeinschaflslebens, Gladbach, 1921; J. Laurent. Essais d'histoire sociule. I, / o Grce antique, Paris. 1933; J. DeclareuiL Romeel l'organisation du sis .I2I; >e l.aveleve , De la proprit el de droit, Paris. m E. C.lieiion, llislnire gnrale formes primitives, Paris, du droit franais public et i>rii<c, des origines isir>, Paris, 1926 et 1929; A. Lemonnyer, J. Tonneau et R. Troude, Prcis de sociologie, Marseille, 1934. iiiiinri s (scet. VII). IV. l-'.xi'osi s A. llorvath, Eigentumsrecht nachdemTnomas von Aquin, (ira/, 1929; J. iv-

W.Schmidl etW.

'.

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re/.

oatee

J.

Tonneau.
tholo-

largies.
'

PROSPER D'AQUITAINE
gien gaulois

(Saint),

dans

(sect. ni et IV). Rerum nooarum, texte Lon XIII. t. m. Bonne p. 18-71; Quadriigesimo anno, dans .!rl<i apostolic \ p. 17''i sq.; Action populaire. L'encgMque sur lu ration de l'ordre social Quadragesimo anno >, Paris, voir aussi Les documents de lu oie intellectuelle, t. vu.

ST CATHOLIQUE ORDINAIRE
-

I.

du v e sicle. Nous savons peu de choses de Vie ft uvres.

Textes

officiels.

l'.ncycl.
<lr

1rs
.

Lettre!

apostoliques

texte des deux encycliques est donn par la / 'ocumencatholique, 1931, n. 569; se trouve aussi, avec un commentaire analytique dans i. .-('.. Rutten, I.<t doctrine de l'Eglise, d. du Cerf. Juvisy, 1932. Autres textes
n.
:i.

l.c

Mfan

il

d ins l.c. hitrurrhir catholique cg-Iique > Rerum nooarum

M. Hnin.

I.n

rite

problme social dt /fins l'en(1891-1931), Paris, 1931; chrtienne d'aprt s les enseignement pontiri
(<

11.

2* lu ,' >. Q-lique


.

cote norm de sociale. Commentaire pratique lierum nooarum w/r fa condition des ouvriers, Union internationale d'tudes sociales(Malines), l'iris. 1I27; Antoine cl Du Passage, Cours
I
:

xvi; Cavallera, Prcis de h, doctrine sociale fane, l'.ins. 1931, p. 1 13-1 is Chnon, Le rle todalde l'Egliu-. Paris, 1922, <-. m; Garrfaguet, Rgime del proprit, Pariv r'T. Haessl, / Irai ail, Paris, .:;:>,; Schflttng,/iefdklum und Eigentum in der nltkirchlirhni l.ilerulur. FribOUTgde. c.
.

en Aquitaine, vers la tin en 420, lorsque clata la controverse semi-plagienne; il tait laque au plus peut-on admettre qu'il menait la vie de serviteur de Dieu, sans tre incorpor au monastre dirig par Cassien. Et il ne semble pas qu'il ait jamais t ordonn diacre ou prtre. Vers cette date. (26-427, Prosper crivit un certain Rufinus une longue lettre au sujet de la race, /'. / ... t. u, col. 77-90; il s'y levait avec force contre certains impies qui ne craignaient pas d'attaquer Augustin et il prenait chaleureusement la dfense de l'vque d'IIippone et de ses doctrines. Les impies, stigmatiss par Prosper. n'taient autres que certains moines de Marseille et de Lrins ceux-ci continurent leur campagne au cours des annes suivantes, et, la fin de 128, Pro per. reprenant la plume, crut devoir crire saint Augustin lui-mme pour l'informer de l'opposition que rencontrait Ba doctrine et lui demander des explila vie

de saint Prosper.
il

du

iv e sicle,

habitait

Marseille

cations.

/'.

/...

t.

1.

col.

67-74.

S'. 7

PROSPER
j

D' \(.)i;iTAI

M.

VI

A cette lettre, Augustin devail rpondre >; r le De prdestinatione sanctorum et le De dono perseueranlt, deux livres aujourd'hui spars, qui ne formaient primitivement qu'un seul ouvrage. En attendanl l'arrive <U' cette rponse, Prosper, pour occuper ses loisirs et pour opposer une apologie nouvelle des thses augustiniennes leurs adversaires, se mil raduire en quelque sorte en vers sa lettre l'.ulin. Le Carmin de ingratis, en 1002 hexamtres, n'est pas autre chose en effet qu'une reprise des doctrines et des arguments dj exposs dans cette lettre. P. L., t. u, col. 91-1 18. Lorsque l'ouvrage de saint Augustin arriva a Marseille, son auteur tait prs de mourir; il n'en connut pas les rpercussions. Celles-ci ne tardrent pas cependant deux prtres gnois, Camille et Thodore, ne lurent pas sans inquitude le livre du grand docteur; ils tirent part de leurs doutes Prosper, qui rpondit par les Pro Augustino responsiones ad excerpta Genuensium, P. L., t. i.i, col. 1 87-202, chaleureuse apologie du Dr prdestinatione. La mort de l'vque d'Hippone laissait le champ libre ses adversaires. Prosper, de plus en plus isol en Provence, prit le chemin de Rome, avec un ami, Hilaire, sans doute afin d'y obtenir l'appui du pape Clestin et la condamnation des doctrines professes Marseille et Lrins. Il ne fut qu' demi satisfait. La lettre de saint Clestin aux vques gaulois, P. L., t. l, col. 528-530, vite de prendre parti dans les controverses doctrinales et se contente de demander le silence et la paix. Prosper, ne pouvant obtenir davantage, retourna en Gaule. Le pape, cependant, prchait dans le dsert immdiatement aprs sa mort et l'avnement de Sixte III, la querelle reprit de plus belle. Cassien publia ses Confrences, Vincent de Lrins son Commonitorium, Arnobe le Jeune son Prdcstinatus. A ce moment, Prosper tient tte tous les antiaugustiniens. 11 crit coup sur coup, le De gratia et libero arbitrio contra Collatorem, P. L., t. li, col. 213-276; le Pro Augustino responsiones ad capitula objeclionum Gallorum calumniantium, ibid., col. 155-174; le Pro Augustino responsiones ad capitula objectionum vincentianarum, ibid., col. 177-186. Les trois ouvrages, peu prs contemporains, doivent dater des annes 432-434 ils marquent
t :

cher des solutions nouvelles aux problmes de la grce cl le la prdestination. Ses derniers crits ne sont que des compilations; il forma de la sorte un recueil de sentences, Liber sententiarum ex operibtu sancti Augustini delibatarum, /'. L., t. li, col. 127-496, qui est une srie <le 392 penses, adaptes d'une part de 17. posilio psalmorum et, de l'autre, directement inspires des uvres du grand docteur. Puis il essaya de mettre en distiques son florilge ce sont les Epigrammata ex sententiis sancti Augustini ibid., col. 197-532. Ces Epigrammala, dans lesquelles on trouve des allusions trs nettes a Eutychs, durent tre la dernire uvre de Prosper. lue Chronique, dont il avait entrepris depuis longtemps la rdaction et qu'il poursuivait tout en s'occupant de thologie, nous conduit, dans sa dernire dition, jusqu'en 455. L'auteur ne dut pas vivre beaucoup aprs cette date. La chronique de Marcellin le mentionne encore en 463 son tmoignage n'a pas de valeur pour nous renseigner sur la date exacte de la mort de Prosper. II. Enseignement tiiologkjue. Si le tableau que nous venons de tracer de la vie et de l'activit littraire de Prosper d'Aquitaine est exact, on comprend qu'il n'est pas possible de parler en bloc de son enseignement thologique, comme si celui-ci n'avait
i

jamais vari.

En ralit, saint Prosper, aprs avoir t un dfenseur ardent des formules les plus absolues de saint Augustin, adoucit peu peu ses expressions et tempra sa pense, jusqu'au point de rdiger un trait sur l'appel de toutes les nations. Et telle est la distance qui spare ce dernier ouvrage de ses premires compositions que son authenticit a t souvent mise en doute et qu'elle reste encore conteste par de bons auteurs. Mais il faut, semble-t-il, se rendre aux arguments de dom Cappuyns la controverse avec Cassien et les lriniens tant une fois acheve, et sous l'influence apaisante du pape saint Lon, Prosper a tempr sa rigidit premire et adopt des solutions moins dures que celles pour lesquels il avait d'abord combattu.
:

Dans

ses

premiers

crits,

Prosper insiste fortement


:

sur la. gratuit absolue de la grce

tel est le

fondamental de VEpistola ad Rufinum;

la lettre

thme aux

le

suprme

effort

de Prosper en faveur de son matre

prfr.

Cassien mourut en 435; en Gaule l'orage se calma, et Prosper, ds ce moment, alla s'installer Rome. II publia d'abord un commentaire des psaumes qui utilisait d'ailleurs les Enarrationes de saint Auguslin. Cette Expositio super psalmos, P. L., t. i.i, col. 277426, est une uvre de paix. C'est galement une uvre de paix et de concorde que les capitula annexs la
lettre

xxi du pape Clestin, si vraiment ce recueil est de notre auteur, comme on est tent de le croire. Dom M. Cappuyns, L'origine des capitula pseudoelesliniens contre le semi-plagianisme, dans Rev. bnd.
xli, 1929, p. 156-170.

t.

Les capitula semblent appartenir la priode 435442. Dans le milieu romain, Prosper retrouvait la tranquillit de l'esprit et du cur. Les fonctions importantes qu'il occupait, d'aprs ses biographes, la chancellerie pontificale, auprs du pape saint Lon, ne lui laissaient pas le temps de s'occuper beaucoup du problme de la grce. Il ne l'oubliait d'ailleurs pas. Aux environs de 450, il rdigea le De vocatione omnium gentium, P. L., t. li, col. 647-722; ouvrage capital, qui adoucissait ce que la doctrine augustinieune offrait de trop rigoureux et qui marquait, de la pat de son auteur, de relles concessions. Dom M. Cappuyns, L'auteur du

Gnois traite surtout de la prdestination et accepte d'enthousiasme les solutions que vient de donner saint Augustin dans le De prdestinatione sanctorum : Des Tyriens et des Sidoniens, crit-il, que pouvons-nous dire d'autre, sinon qu'il ne leur a pas t accord de croire, puisque la Vrit elle-mme dclare qu'ils auraient cru s'ils avaient vu les signes miraculeux qui ont t accomplis chez les non-croyants? Pourquoi cela leur a-t-il t refus? Que le disent, s'ils le peuvent, nos calomniateurs, et qu'ils expliquent pourquoi le Seigneur a fait des signes chez ceux qui ils ne devaient pas servir, et pourquoi il n'en a pas fait chez ceux qui ils devaient servir. P. L., t. i.i, col. 198 A. A partir de 132. l'volution de saint Prosper commence se dessiner. Le Contra Collatorem ne dit pas un mot de la prdestination; il se contente de revenir sur la gratuit absolue de la grce, sur sa ncessit pour le commencement mme de l'uvre du salut et sur son

De

t.

vocatione omnium gentium dans Jev. bnd., xxxix, 1927, p. 198-226. Aprs cela, Prosper ne se proccupa plus de cher.

que la libert du converti reste entire, sa conversion est cependant l'uvre de Dieu, et ses mrites sont aussi les dons de Dieu. Les rponses aux calomniateurs gaulois reviennent en revanche sur le problme de la prdestination saint Prosper avait t mis en quelque sorte au pied du mur; il ne pouvait pas ne pas rpondre. Or. il adoucit les formules de saint Augustin il dclare sans doute que les lus ont t prdestins gratuitement. indpendamment de toute considration de leurs bonnes uvres, ut et qui salvantw ideo salai sint quia
efficacit; bien
:
:

illos

voluit

Drus

\idr<is jieri

mais

les

mchants n'ont

PROSPEB
la
:

D' \>l

\l

M.

(S

PROTESTA NTISM]

850

redestins In damnation qu'en consquence de prvision de leurs pchs </"(/. quia Dei prms< tiam ne latuit ne (efellit, sine dubio talent nunquam

imiiiiu

in

prdestinant

et

periturum nunquam ah rtedestinati non snnt.

choix parmi les autorits pal risl iipies. Plus encore, elle consacre par le concile d'Orange de 529, donl les canons sont, pour une partie, emprunts aux Stnttn tilt extraites le saint Augustin par saint Prosper
a ete

quai taies
l\

jutiiri
l ...

ex voluntaria pratvarieatione prstsciti


col.

t.

n.

158,

161.

doctrine tl.ui>> les rponses aux objections formules par saint \ Incent de 1. crins, [cl encore, saint Prosper affirme que la rprobation des mchants esl postrieure a la prvision de leurs pchs et que Dieu Il faut croire et professer en veut le salut le tous toute sincrit nue Dieu \ ont nue tous les hommes s.ui\,s Car l'Aptre, dont telle est l'opinion, nous ordonne avec sollicitude, ce i|ui d'ailleurs est trs pieusement observ dans les glises, de supplier Dieu pour tous les hommes. P. L t.u, col. 179 B; cf. ibid., eol. 184 A. 186 B. es capitula marquent un progrs dans la voie des concessions; assurment, ils condamnent formelle ment l'erreur des semi-plagiens sur la possibilit pour l'homme de concevoir par lui-mme de bons dsirs et tintes penses, de commencer sans la grce l'uvre de la conversion et du salut, de correspondre par ses propres fores a la grce le Dieu; mais les questions difficiles le la prdestination et de la prescience divine sont cartes d'une manire dcisive. Ce n'est pas. dit l'auteur, que nous mprisions ces problmes tudies avec soin par ceux qui ont combattu les hrtiques; mais il n'es! pas ncessaire, pour avoir sur la il de Dieu une foi saine, de les avoir rsolus les dcisions du Sige sullit d'accepter simplement Comment ne pas souligner, dans ce pasilique. l'omission du nom de s. dut Augustin? C'est lui. n pas douter, qui est vise lorsqu'on parle de ceux qui ont combattu les hrtiques; mais on vite de le lur plus clairement et l'on dcide de s'en tenir aux actes du Saint-Sige, c'est--dire aux doctrines proclames par les papes Zosime et Innocent I er L'attitude prise ici par Prosper est celle qu'adoptera saiin r/n., xxm, 4; xxxv, 3; xlix, 3;lxvu, 2, ... et il n'est pas tonnant que l'on ail parfois attribu saint Lon lui-mme ces capitula que saint Prosper a crits auprs de lui et peut-tre sous son
: .

Mme

lis CBUVraS de s. ont Prosper ont t dites par .1. I!. .e les Marottes et D. Mangeant, Paris, i7t c'est cette dition qui est reproduite dans />. ;,., i. u, s, \aientm, uni Prosper d'Aquitaine, tude sur la lilti rature latine ecclsiastique au sicle en Haute, Toulouse, M. 1900; Jacquln, La question le lu prdestination aux I- VI* sicles ; saint Prosper d'Aquitaine, Vincent de Lrins, Cassten, dans lier, d'hist. eccls., t. vu, 1906, i>. 269 300. Aux deUX articles tle doni M. appu\ ns cits au cours de notre eimle. ajouter, du inine auteur. / e premier reprsentant le l'auguslintsnu mdival : Prosper d'Aquitaine, dans Recherches le thologie ancienne et mdivale, t. i, 1929, p. 309-337. Je dois beaucoup a ces trois articles.
I

Brun
i
.

(i.

PROSPER URBANUS,
tuel italien.

BARDY.

frre

l'rbino, dans la

mineur convenMarche d'Ancne,

vers 1533, d'une famille patricienne, il revtit l'habit franciscain chez les conventuels, chez lesquels il exera la charge de premier rcent des tudes. Il fut un thologien renomm, familier du duc d'Urbino cl inquisiteur Sienne. Il mourut (Jrbino le 13 aot 1609. Il composa un abrg de la Somme d'Alexandre de Hals l'usage des tudiants et des professeurs Summula resolutinum Summse AA.exa.ndri Halensis theologiese, Urbino, 1603, in- 1". Il serait encore l'auteur de Commentarii libres in sumbolwn S. Athanasii, Urbino. 1604, et d'une Oral in le Yerbi Dei incarnationis mysterio, argumenta ex mathematica jaeultate pelilis demonslrato. Quant l'autre ouvrage Difesa a javor dlia sereniss. republica di Venezia, nella quale pienamente si risolvono le opposizioni introduite contra di
:
:

lei

nel

libro

di

Emmanuel

Tordisiglia,

slampalo

in

1616, intitolato Relazian verdadera , ove si discorre la materia dei Uscocclii e dei presenti moli d'armi in Friuli per cagion loro seguiti, qui est attribu Prosper l'rbanus dans deux ditions de la

Madrid l'anno

influciut

ne omnium gentium va encore plus loin. L'auteur veut concilier, avec l'existence en Dieu d'une volont salvilique universelle, qu'il admet, le fait le la rprobation d'un grand nombre. Il distingue effet deux sortes de -race une grce de salut le qui est oiTcrte tous les hommes, virtule una, quantilute diversa, r nsitin immulabilis, opre multiformis, et une nr.'ice spciale, spe. ialis grati I r<iitas. spemisericordia, qui n'est due a personne, mais qui onne actuellement a beaucoup et qui les conduit effectivement au salut. Pourquoi cependant (rite ale n'est pas dispense a tous et pourquoi elle si ux-ci et non pas a ceux-l, l'auteur ne peut le dire. 11 se voit oblig pour se lirer d'embarprofondeur insondable des divins t. Histoire des dogmes, t. m, Paris.

bibliothque Casanatense de Rome (une sans aucune indication de lieu ni de date, l'autre portant 1617), les continuateurs de .1.-11. Sbaralea, Supplementum, t. n, p. 3SS. soutiennent que cet ouvrage ne peut tre attribu notre Prosper l'rbanus. Le titre du livre et le texte lui-mme s'opposeraient cette paternit. Ce trait constitue en effet une apologie de la rpublique de Venise, dirige contre l'ouvrage d'Emmanuel Tordisiglia, intitul Relation verdadera et dit seulement en 1616, donc sepl annes aprs la mort de

Prosper Irbanus.
I..

Wadding,

Scriptores ordinis

minorum, Home,

1906,

J.-H. Sbaralea. Supplementum ml scriptores ordinis minorum, t. n. Home. 1021, p. :sss.


p. l'7;

PROTESTANTISME.
cle

A. Teetaert. - Renvoyant a l'arti-

difficiles mal ires, i,- der de Prosper d'Aquitaine. Parti de l'augustiinsme l<- plus intransigeant, Prosper abouti! a des celles de l'glise romaine re principale a t- de discriminaeffet, il de marquer qu'il fallait retenir de renseignement de sain! Augusni.it
it
<

ude de la naissance, des des caractristiques des diverses confessions protest ailles, on n'tudiera, dans le prsent article, que l'tal acluel du protestant isine. I. Gnalogie les confessions actuelles. IL Le luthranisme actuel (col. 856). III. Le calvinisme actuel IV. L'anglicanisme actuel (col. 88(3). (col. 870). \. Symptmes de l'opposition l'anarchie doctrinale
imimi
i 1

Ri orme

sian

1.

l'l

premiers dveloppements

et

(col.
I.

il

I.

GNALOGIE DES CONFESSIONS M

II

11.11. S.

Biles sonl extrmement nombreuses. <>n eu dans les seul, pays de langue anglaise, plus

(le

compte, deux

qu'il

pom.
r

l'en

laisser

tomber,
l'in-

une

telle attitude. e,ir


le

sur les thologiens de

une. qui

lui a.

cordenl une plat

de

Ce pullulement, dont de se fliciter Auguste Sabatier, effraye au jourd'hui les rforms qui voient clair dans le jeu de celle dissolution. Certains von! jusqu' dire qu'il le pch d.- la constitue Rforme D'autres, tels Andr- Bouvier, tchent de minimiser les dissidenct
cents, issues de l'anglicanisme.
affectai!
.

851

PROTESTANTISME. LES DIVERSES CONFESSIONS


et

dclarent que ce sonl de simpli


les

nuances qui sparent groupements. Nous savons qui sonl parfois les fosss, que l'on n'a pas encore combls aprs tanl d'efforts de concentration et d'appel o cumnisme. u Chez les luthriens, les sectes avaient t fort nomI

de dnoncer l'ingrence de l'tat rclamrent la libert, par la formation d'glises libres. Vinet, Frdric Monod el le comte de Gasparin commencrent une campagne de presse, qui aboutit.
cs, prirent le parti

breuses et lori irrites les unes contre les antres, du vivant mme de Luther et pendant tout le xvi sicle. La scolastique luthrienne du icvir3 sicle avait multipli encore davantage les dissidences. Mais, aprs la victoire de la pense de Lessing, le luthranisme a abandonn les thmes scolastiques ou thologiques qui le divisaient et s'est trouv comme transform, dans une nouvelle manire d'tre. Nous ne parlerons pas des sectes issues du luthranisme il n'y a aujourd'hui que des formes politiquement plus ou moins fidles la notion ecclsiologique de Luther, o se meuvent des fidles partags entre des multitudes de systmes religieux. Ceux-ci, ou bien se rfrent la doctrine originelle de Luther, qu'ils tchent de conserver, mme s'ils la dforment, et ils constituent l'aile droite ou orthodoxe du luthranisme; ou bien se livrent toutes les hardiesses de l'exgse moderne, sans souci de la pense de Luther; ils constituent l'aile gauche ou librale ou libre penseuse. Cela pour la doctrine. Quant au type ecclsiastique, il varie avec les traditions politiques de chaque pays. En Sude, le luthranisme est rest trs conservateur Gustave Vasa n'en voulait pas au culte romain, son rite, sa hirarchie. En Suisse, il a subi l'influence dmocratique et zvdnglienne; il est devenu asacramentaire
:
:

Des communauts lurent organises, que l'on groupa le nom d'glises vangliques <lr France (1819). (.'tait une ppinire de hardis thologiens par qui la doctrine calviniste fut malmene et pour ainsi dire
sous
Mais, travers Calvin, la doctrine chrtienne tait, par eux, sensiblement atteinte. En 1872, on essaya, malgr les plus sombres pronostics, de tenir un synode national. Les calvinistes n'y employaient plus la mme langue et ils ne s'entendirent sur aucun point; il fallut clore l'assemble. Il y eut dsormais deux fractions rivales et ennemies la secte orthodoxe, qui s'appelle aujourd'hui glises vangliques et la secte librale, ou fit/lises rformes. En 1906, les deux groupes essayrent, Jarnac, de trouver un terrain d'entente, mais ils provoqurent la formation d'une troisime secte qui, n'ayant pu vivre, se fondit en 1912 avec le groupe des libraux ou glises rformes. Cette division entre disciples de Calvin a franchi les frontires de la France. Partout o le calvinisme s'tait
pulvrise.
:

implant

en Hongrie, en Bohme, aux Pays-Bas, en

certaines parties de l'Allemagne et du nouveau monde, il faut distinguer le fidle croyant ou orthodoxe et le

et trs laque.

En Allemagne,
l'a

il

est fort ml; l


il

calvinisme ne

pas imprgn,

est encore

o le saeramen-

du calvinisme. C'est l l'aspect gnral dont nous analyserons bientt les dtails. 2 Quant au calvinisme, les schismes les plus terribles
taire et ritualiste; ailleurs, fort voisin
le dchirer. Nous ne rappellerons, pass, que la scission voulue par Castellion, le vritable anctre du calvinisme actuel; le schisme des sociniens; le schisme arminien, aux Pays-Bas; le schisme des latitudinaires, qui dchirrent l'glise e sicles; le schisme calviniste pendant les xvir8 et

n'ont pas tard

mancip ou libral. Ces deux cadres abritent d'ailleurs de multiples formes d'orthodoxie et de plus nombreuses espces de libralisme libre penseur. On doit y faire entrer, sur la foi de leur parole, de vritables agnostiques, qui n'admettent plus rien du christianisme positif, mais qui se rclament vaguement du Christ de leur conscience, dclar plus vrai que le Christ de l'histoire. On ne saurait suivre les innombrables degrs par o passe un christianisme de moins en moins consistant.
disciple
3 C'est surtout l'anglicanisme qui a produit les sectes
les

pour

le

plus htroclites.
sait

xvm

de l'unitarianisme au xix e

sicle,

qui est, en

somme,

une rsurrection des thses sociniennes.- Ce dernier


schisme
affaiblit

surtout

les

glises calvinistes hon-

groises, anglaises, amricaines.

Plus prs de nous, le calvinisme a t profondment divis par la querelle qui, en France, mit aux prises orthodoxes et libraux. Commence vers 1840, arrive sa phase critique vers 1880, relance sur une voie nouvelle vers 1890, elle n'a cess de provoquer les discordes parmi les adeptes de Calvin, qui se proclament

orthodoxes quand ils conservent la doctrine de l'inspiration biblique, de la divinit du Christ, de la rdemption par la mort du Christ; ou libraux, quand ils abandonnent tous les points doctrinaux la science rationaliste, en affirmant l'entire libert du chrtien en matire de dogme. Il y a donc autant de sectes librales qu'il se produit de manires d'expliquer le contenu dogmatique du christianisme. Et mme se dclarent rforms libraux certains thologiens qui, sans croyance positive au contenu traditionnel de l'vangile, estiment suffisant de se dire du Christ. C'est plus une attitude qu'une foi; une adhsion pleine de rticences qu'un abandon de disciple croyant. Cette sparation thorique des orthodoxes et des libraux dans le calvinisme actuel date des vnements suivants. Au milieu du xix sicle, les lments libraux ou latitudinaires menaient une campagne fort vive contre les orthodoxes. Pour se protger, ceux-ci invoqurent la constitution mme du calvinisme franais, qui remettait au pouvoir sculier le droit et la charge de punir les trublions. Les libraux, ainsi mena-

les confessions non conformistes rgne d'Edouard VI et comment l'inlluence calviniste a peu peu corrompu la doctrine primitive du Prayer book (ditions de 1549 et de 1552. Les efforts d'Elisabeth pour organiser V glise tablie ne furent pas plus heureux; les schismes surgirent de tous cts. Mais c'est surtout aux environs de 1840 que l'anglicanisme subit sa transformation la plus profonde. Le mouvement d'Oxford l'a branl et oblig se scinder en fractions rivales. Les anglicans qui refusrent de suivre Newman jusqu' Borne et restrent la suite de Pusey constiturent bientt un groupe A' anglo-catholiques, ou ritualistes, ou puseyisfes, que l'on appelle ordinairement aujourd'hui la Haute glise. A l'oppos, la Low Church prtend conserver l'anglicanisme traditionnel. Mais, sa gauche, s'est constitu un groupe agissant de latitudinaristes, libraux, modernistes, voire libres penseurs, qui forment la Broad Church. Nous rattacherons l'glise anglicane l'glise protestante piscopale des tats-Unis, qui date des environs de 1790. Sa constitution intrieure est identique celle de l'glise anglicane, sauf qu'elle ne connat pas d'archevque-primat. L'glise presbytrienne, fonde en 1560 par J. Knox. de type calviniste, se distingue nettement de l'glise anglicane par sa confession et son organisation dmocratique. Cependant, l'anglicanisme y compte une branche, mais qui s'est dtache du tronc principal. Cette glise anglicane est disestablished, ou indpendante de l'tat. Reconnu par Guillaume III comme Eglise officielle ou Established Church of Scotland, le presbytrianisme ne tarda pas donner naissance de nombreux schismes. Le premier fut l'uvre du pasteur Archibald Came-

On

comment
le

ont apparu ds

PR0TESTANTISM1
s

LES DIVERSES CONFESSIONS

854

n>n. covenantalre tu on 1680 el dont les disciples, ou presbytriens rigides, formrenl nous le nom de cam-

une

glise presbytrienne

rforme
l'on

(R

d'hui plusieurs millions et aux tats t m. Forment le groupe religieux le plus considrable (huit million! ei demi) aprs celui les catholiques romains (vingt
millions). Mais la cration le Wesley fut bientt ai proie aux dissensions el aux schismes, l'ai Angleterre, le wesleysme reste dmocratique; aux tats Unis, il a

presbytery).
e elle les

En

1706, cette secte


et

troubla sanglants en Ecosse,


prs

provoqua des dut envoyer

troupes rgulires, qui mirent en droute les camroniens. Au xvur sicle, devant les progrs lu latitudinarisme, l'glise tablie inda de nouveau, les presbytriens rigides refu s. mi lie pactiser .i\c<.- le libralisme doctrinal. IL cons tit lirent, en 1733, une glise distincte, appele {'glise de lu scession, qui m- morcela a son tour. En 1752, nou quelques pasteurs, mcontents d'une veau schisme ion <lu synode gnral, fondrent une Eglise libre, trelij) des l.i Relief Church, en vue lu soulagement

d'Edimbourg

adopt la forme piscopale. on distingue aujourd'hui trois branches principales les mthodistes wesleyeus, les mthodistes primitifs, qui donnent un grand soin aux
:

chr tiens opprims dans leurs liberts chrtiennes indpendante de l'Eglise d'tat, cette glise prten dait refouler l'ingrence des autorits civiles dans u-s
affaires ecclsiastiques.

In 1843, Thomas Chalmers (1780-1847) organisa une nouvelle glise presbytrienne libre d'Ecosse (Free Church of Scotland pour protester, non plus eont re des abus le l'autorit civile en matire religieuse, mais contre certaines nominations provoques par des
)

patrons ecclsiastiques. Sorties le l'anglicanisme ou du presbytrianisme, le multiples sectes ont pullule, dans les pays anglo-saxons, qui n'ont conserv presque rien de leur origine. Encore mme ce qu'elles reprsentent aujourd'hui ne icsseinble-t-il que de trs loin ce qu'elles furent primitivement. Vers 1580 apparaissent les indpendants, qui ne naissent aucun clerg constitu. D'eux descendent, a la suite d'adoucissements dans les rites, les congrgationalistes. dont le caractre principal i'st l'autonomie de chaque paroisse, qui choisit son pasteur et adhre un emio particulier. Les puritains migrs tats-Unis y organisrent cette secte, qui y est aujourd'hui trs nombreuse. De la secte congrgationaliste sortit, par schisme, la secte des baptistes, entre 1620 et 1l>30, qui donnent le baptme aux adultes, qu'ils rebaptisent en cas de premier baptme. Cette secte compte environ huit mille fidles aux tats-Unis, rpartis entre dix-huit ses diffrentes, o le morcellement des croyances continue effriter le bloc principal. En 1649, Fox organisa la secte des quakers ou Socit des amis. Non seulement les quakers ne reconnaissent aucun clerg, mais encore ils poussent l'extrme la luthrienne du sacerdoce universel et de l'inspi-

questions politiques et sociales cl restent trs conservateurs en thologie, cl les mthodistes unis, qui, se groupant ai une glise lis diffrente des deux autres, sont surtout aujourd'hui orients vers !'s solutions ultra-librales et modernistes les problmes religieux. Du presbytrianisme <'st encore sortie, vers 1830, la seele des irOigiens. Sous la pousse d'un mvst ieisine que la libert presbytrienne rendait de plus en plus exigeant, quelques fidles cossais prtendaient taire revivre !'s dons le gurison et le prophtie le la pri initive glise. Le thologien Pldward Irving (1792 1834) sui\ il le mouvem mt, et, quand l'glise officielle refusa d'admettre les trangets du culte nouveau, il s'en spara et fonda une communaut. L'irvingisme se prsenta comme un extraordinaire amalgame le pra tiques rituelles d'un mysticisme exalt el de croyances reprises l'glise romaine la notion de l'eucharistie. l'institution divine du sacerdoce et de la hirarchie sacerdotale, la prire pour les morts, le culte de la \ ierge. L'irvingisme se rpandit en Ecosse, faiblement en Angleterre, a Genve, en Allemagne, en Amrique. De l'anglicanisme sortit, vers la mme poque, la secte des darbystes. Elle relve du mme mouvement mystique qui secouait alors l'glise presbytrienne. Il s'agissait de faire revivre l'glise apostolique, ses rites et ses manires de vivre. Indpendantes (le la vie du monde. I.c mouvement partit de Dublin, en X'J.S. dclench par A.-N. Groves, ancien dentiste devenu pasteur, qui partit comme missionnaire pour la Perse. Le groupe form par Groves fut connu sous le nom des frres de Dublin. Mais Plymouth se constitua un second groupe, troitement uni celui de Dublin, lai 1832, l'uvre de Groves passa aux mains de JohnNelson Darby, ancien avocat devenu pasteur Wicklovv, qui lui donna une impulsion toute nouvelle. Darby partageait un grand nombre d'ides d'Irving sur l'glise apostolique et le retour plus ou moins dtourn certaines pratiques romaines. Surtout, il attachait une importance singulire aux prophties, qu'il
:

individuelle.

Vers 1740, l'anglican John Wesley, avec sou frre ries et son ami Whitefield, entreprit de rformer ise officielle, de laquelle il commena se dtacher par un schisme cur de la mdiocrit du elerti ican. le moins vivant de toute l'Europe, le plus igent dans ses devoirs, le moins austre dans ses murs . John, alors pasteur de vingt ans. groupa quel ques tudiants fervents de l'universit d'Oxford dans une sorte de congrgation protestante. A l'asctique tlique on empruntait la pratique des austrits et la soumission une rgle rigoureuse, (aniline ces jeunes rformateurs prtendaient suivre une mthodt \ie religieuse, on les appela par drision mrtftcdistrs. En 1738, ils vinrent s'tablir a Londres, se mirent a prcher dans les rues <' exercrent leur aposparmi les paysans et les mineurs. Cinquante ans premiers efforts, el a la mort de Wesley (1791 1, thodistes taient a peine cent mille. Mais leur philanthropique continua de s'exercer iveur ! la rigoureuse observation du dimanche. des fondations d'hpitaux, de la rforme dis prisons, et
jj
t

interprtait de manire assez curieuse. Les darbystes vivent dans l'attente du retour lu Christ, qui rtablira l'glise dans sa puret primitive. Le darbysme s'est assez fortement implant en Suisse

aux tats-Unis, mais les groupes auxquels il a donn naissance sont si nombreux qu'il n'est gure plus possible de retrouver l'ide de Groves, perdue dans ces foisons de schismes. En 1878, le protestantisme anglo-saxon vit ciore un groupe d'indpendants que son fondateur appela \ mire du salut. C'tait I' William Booth, premier gnral de cette, nouvelle glise, qui essayait de jeter l'anglicanisme dans une voie nouvelle celle de la pbilan thropie, devant laquelle s'effaaient toutes les inquitudes dogmatiques. Cette secte est, vrai dire, a peine une glise puisqu'elle si' dsintresse les formes ecclsiastiques, qu'elle ne voit dans le christianisme qu'une mthode de gurison pour les misres phj siques et morales de l'humanit, sans contenu propreet
:

ment dogmatique.
1

Viennent ensuite

les

multiples sectes O

l'est, rit

luthrien, calviniste "U anglican n'apparat

mme

i>/us.

leur

nombre ne

cessa de s'accrotre.

Ils

ont

aujour-

mais qui vont d'un latitudinarisme voil aux plus radicales formes de la libre pense. Tout d'abord, la secti de unitaires, qui regardent

85!

PROTESTANTISME. LE LUTHRANISME, VOLUTION


issues des trois branches principales de la Rforme mthodistes, congrgationalistes, baptistes, moraves,

comme une idoltrie le culte rendu Notre Seigneur Jsus Christ et, n'admettant qu'un seul Dieu, une seule personne divine, onl pouss ses extrmes la thse les antitrinit aires. Ne en Angleterre, cette secte J compte aujourd'hui plus de trois cent cinquante glises, e1 a t rpandue aux tats-Unis grce aux efforts de Channing (1780-1842) el de Parker (1810 1860). Puis la secte des universalistes, qui admettent le salut universel, eu quoi ils tournent franchement le dos In doctrine traditionnelle de la Rforme sur le petit nombre des lus par prdestination ternelle. C'est d'ailleurs moins une secte religieuse qu'une cole philosophique, puisque, ct du Christ, ils met eut, et sur un rang qui ne semble pas infrieur, tous ceux qui, par leur sagesse et leur influence, peuvent tre considrs comme les prophtes de l'humanit, et puisque, ct de la Bible, regarde comme livre divinement inspir, ils numrent comme presque aussi divinement inspirs les divers livres religieux ou philosophiques qui ont marqu une tape clans l'histoire de la pense
t

disciples

mennonites, adventistes, scientistes, Eglises du Christ, du Christ, etc. comprennent environ trente millions de membres avec plus de cent quatre-vingt-

sept mille glises.

Aujourd'hui mme, l'anglicanisme et toutes les formes du non conformisme en Angleterre subissent une nouvelle amputation, grce au mouvement des fraternits (brothcnruod navement). Ce sont des runions d'hommes, de deux cents douze cents membres, qui ont lieu le dimanche aprs midi. Chacune d'elles est entirement autonome, ne reconnat l'autorit d'aucune confession, d'aucun pasteur et elle grandit sans souci de dogme, de culte, de hirarchie
sacerdotale. L'office religieux comprend la prire, une hymne, la lecture de la Bible suivie d'une allocution dont se charge un assistant, qui peut tre parfois tranger aux fraternits. Les signes morbides du prophtisme et de l'inspiration qui rendent si pnibles les scnes du banc du repentir dans certaines sectes protestantes rapparaissent parmi ces fraternits que ne contrle et que ne dirige aucune autorit comptente. 6 Afin de mettre quelque ordre dans ce dsordre des croyances, on peut accepter que les sectes protestantes doivent tre catalogues d'aprs leurs affinits constitutionnelles, les unes mettant la base de leur organisation l'autonomie de la paroisse; les autres, la forme synodale sans hirarchie ecclsiastique; les dernires acceptant la hirarchie piscopale. On obtient alors, d'aprs MM. A. Bouvier et A. Paul,
le

humaine. Procdant des baptistes dont nous avons vu l'origine, il faut citer les dunkers et les disciples du Christ. Ceux-l sont une secte des baptistes allemands venus en 1719 en Pensylvanie, et s'en distinguent par leur
hirarchie, qui comprend des diacres, des ministres et des anciens. Ceux-ci furent dtachs en 1807 du presbytrianisme par Thomas Campbell et ils pratiquent, comme les baptistes, le baptme par immersion, sans avoir d'ailleurs un credo fort dfini, tant tout prs d'accepter l'union avec les autres confessions qui admettent, tout le moins, le Nouveau Testament. Les frres unis en Christ constituent une secte peu prs uniquement rpandue aux tats-Unis, o Philippe Otterblin l'organisa la fin du xvm e sicle. Comme les prcdents, ils se montrent trs peu exigeants pour le credo et se contentent d'une vague affirmation du rle surnaturel du Christ. Ils ont une hirarchie avec des vques-surintendants. Assez prs d'eux par leur constitution hirarchise, il faut citer encore les fidles de l'Association vanglique. Jacob Albright l'organisa, en 1819, en Pensylvanie, parmi des colons allemands; aussi a-t-il conserv beaucoup de points des confessions luthriennes. Parmi les plus rcentes fondations de sectes, issues des glises dj nommes, les adventisles forment un groupe trs singulier. Un certain William Millier prtendit en 1840 que le retour glorieux du Christ prdit dans l'vangile allait bientt se raliser, et, sur cette affirmation, l'adventisme s'organisa, toujours du dans ses esprances, mais toujours en progrs... Aprs les prdications de J.-N. Andrews, en 1874, l'adventisme s'est rpandu en Europe, surtout en Angleterre, en Suisse et jusqu'en Extrme Orient. Citons encore les Christian scientists. organiss par Mrs. Baker-Eddy (1821-1910). Ces nouveaux chrtiens prtendent que toute maladie vient de l'me et que gurir celle-ci par l'infusion de la foi au vritable Bien, c'est, par contre-coup, gurir le corps. La foi au Christ devient un talisman de sant. Ces extravagances ont t rcemment diffuses en Europe, et surtout en Angleterre et en France, par une habile et tenace campagne de presse, qui ne semble pas toutefois avoir fait avancer chez nous les affaires de la doctoresse amricaine. 6 En

dnombrement suivant
1.

glises
:

congrgationalistes

(ou

paroisses

auto-

nomes)

les congrgationalistes, les baptistes, les ad-

: les glises luthriennes et moraves, les glises rformes, presbytriennes, l'glise vanglique ou glise unie de Prusse, les mthodistes

ventistes, les disciples taires, les fraternits. 2. glises synodales

du

Christ, les darbystes, les uni-

d'Europe,
listes.

les

mennonites,
:

les

dunkers,

les

universa-

3.

glises piscopales

certaines glises luthriennes

moraves, l'glise rforme de Hongrie, l'glise anglicane, protestante-piscopale d'Amrique, mthodiste d'Amrique, l'glise des frres unis; l'Association vanglique, l'glise irvingienne, qui accepte une hirarchie sans cependant le titre d'vque. Il nous reste tudier, pour les principales de ces
et
sectes, l'organisation,
la

doctrine, la liturgie, telles

qu'elles ressortent de l'tat actuel de la pense pro-

testante.
II.

Le luthranisme actuel.

rale des ides.

l'infinie varit

l'extraordinaire morcellement et des credo et des sectes, on peut essayer de fixer quelques points de repre. Les unitariens el les universalistes libraux possdent, en Amrique, plus de cinq mille glises, avec un million el demi d'adhrents. Les orthodoxes luthriens, presbytriens, rforms piseopalistes, possdent plus de quarante mille Eglises el six millions de fidles. Les multiples sectes

somme, dans

paradoxal de parler d'un luthranisme actuel, totalement diffrenci du luthranisme primitif. Luther ne se reconnatrait point dans son ouvrage et il se hterait d'apporter sa rforme dans une Bforme rvolte contre lui. De cela, les luthriens clairs conviennent de bon gr, quoiqu'ils prtendent continuer la ligne trace par le rformateur. Mais quand commence ce luthranisme actuel? A quelle date mettrons-nous la brisure entre les deux tronons de la pense de Luther? A mon avis, il faut remonter jusqu'aux alentours de 1770, jusqu' l'influence du philosophe Lessing (1729-1781). C'est lui qui imprima son Eglise une impulsion dont les consquences se droulrent au courant du xix e sicle et sont en train, l'heure actuelle, de jeter le luthranisme allemand en d'inextricables embarras. 1. L'influence de Lessing. En quoi Lessing a-t-il modifi l'ouvrage de Luther? En y insrant la pense de quelques sceptiques fameux, tels Mendelssohn et
Il

volution gn-

n'est pas

Spinoza.

'

PROTESTANTISM]
Jusqu'alors,
le

Il
ce

LUTHRANISME,
que
rien

Ml

TION
,

luthranisme

tait
:

rest

Luther avait
i
i

si

ardemment recherch
et

la religion lu

s u n'esl prlnclpo de vie. La vrit esi nue ration de l'action. Hors de l, il n'est que logomachie entre

m>ii autorit souveraine, indiscute, parole mme de >u-n et Installe au se, 1111111110 le principe de toute fol et de toute pit; or, S| >u u'.-.i avait renvers ou croyait ces axiomes traditionnels. Il refaisait l'avoir fait l'histoire humaine de la Bible, en dcouvrait le sens naturel, montrait les contresens le la pit populaire Mir des textes qui ne signifiaient rien de ce que les Odlcs \ voulaient \ iir.it finalement, ne reconnaissait en la Bible qu'une espce de code de la pit. Taudis mprgnait de cette exgse rationaliste que qui dcouronnait le Livre cher a Luther, il prenait

Bible

thologiens.

pprist

comme

la

construction dfinitive de la religion selon Les donc sous les formules suivantes ce n'est pas la voix de Dieu qui, par rvlation, a donn un code religieux a l'homme. C'esl de la nature mme de l'homme qu'a jailli le besoin religieux, s'afflnant sans cesse et sans cesse aboutissant des formes \isi bls qui objectivent ses aspirations Invisibles; aussi la religion ne peut elle tre considre commi un tout Immuable, un bloc immobile et superbe. Elle suit les mouvements de nos aspirations profondes et se n nou
1

sim; apparaissait

connaissance d'une uvre manuscrite d'un fameux hhralsant de Hambourg, appel Samuel Reimarus. C'tait le rationalisme spinoziste sans le panthisme. Lessing on fut profondment frapp. Ds 177 i. il le publia par parties, qui toutes tirent scandale. Le pasteur Goeze, de Hambourg, s'effora vainement d'enrayer cette publication impie Lessing couvrit d< ridicule son contradicteur. Puis il s'attaqua aux vandont il mit en vidence les origines humaines, o il fit voir les caractres le l'humaine infirmit. Enfin, il tudia la notion de rvlation, aprs avoir ainsi sape
.

constamment. L'vangile ternel, c'est cette parole mystrieusement grave au tond de nos curs. [lise est celle qui traduit ces paroles profondes, tantt sous une forme, tant M SOUS nue autre, mais que nul n'a le droit d'arrter dans ses transformations ncessaires. Le Christ est celui qui prit une connais sauce particulirement aigu de ces aspirai ions et qui,
voile
i
i

un rvlateur. Il de l'humanit leve jusqu'aux limites de la divinit; mais il reste un homme que la conscience religieuse a tardivement confondu avec Dieu.
ile\int
vie,

les annonant aux hommes, demeure un idal, idal de

idal

l'autorit des

textes rvls. La rvlation, disait-il, pas un acte particulier de la divinit ouvrant sa an- le secret des viriles transcendantales: elle est inouissement progressif de la conscience humaine. Il v a. au fond de la nature de l'homme, des besoins et ispirations qui viennent progressivement la lumire. Quand l'homme les peroit, est capable de les ure it se dclare matre de la vrit, il lve ce travail de la conscience jusqu' un degr divin et l'appelle du nom de rvlation. Mais, en fait, ce n'est pas qui parle a l'homme, c'est l'homme qui se rvle

nomme. Arm de ces principes ngateurs de

la foi

chrtienne.

coue de belle faon l'idole de la Rforme allemande, le docteur Luther. Du portrait qu'il a de ce faux grand homme, on peut dire que pas mme celui de Bossuet n'gale la verdeur ni la svrit

Telles sont les ides directrices de Lessing, el il est incontestable que chacune d'elles a laiss un sillon profond et lointain dans l'histoire du luthranisme. Lessing esl le pre des systmes modernes du pintes tantisme. Lessing n'tait cepen2. Le rle de Sclileirrmnclwr. dant ni thologien ni mme croyant; aussi son prestige demcura-t-il longtemps confin en d'troites limites. Mais l'un de ses disciples assura le rayonnement son action ce lui Schleiermacher 1768-183 1). Sabatier l'appelle le Messie de l're nouvelle et un anglican. M. Leighton, l'ullan. crit qu'il fut the mosl imposing figure in Gernum prolestantism since Luther. Schleiermacher part de la mthode subjective ou d'in:

mprisante. pendant, Lessing prtendait rester vrai luthrien et vritable chrtien de la faon suivante il distinguait Bible et religion, lettre et esprit, thologie et sentiment religieux. Bible, lettre, thologie, sont connexes meurent le fait de la spculation qui triture des &, de faon y retrouver un code, une loi. Mais religion, esprit et sentiment sont aussi connexes et relvent d'une force diffrente, qui se perd au fond du cceur humain. On retrouve l l'influence de Zinzendorf, qui fut en etfe! prpondrante, avec celle de Spinoza, sur la formation de Lessing. Puisque la vraie religion nfond avec le sentiment et non avec la thologie, rendre la primaut d'honneur la pit, non tn ne. De l.i une onception nouvelle du christianisme ce n'est pas un dogme, c'< si une vie il n'est pas intolrante, mais mouvement de l'amour d'une me pour son Dieu. Le sentiment est le; le christianisme ne peut tre une formule immuable: il suit les ondulations du ment. Plus de biblicisme, plus de dogmatique mais un joyeux lan de la vie formes de plus en plus parfaites d'une pit imc. Que l'on m parle doue plus de -tination c'esl la part des thologiens. le l'Evangile est amour, que le >ir. que Dieu est amour, et qu'en cela lu christianisme. Par une consiturelle. Lessing rduit la religion a une suite n'a pas connu le mot, mais il a
: i : : :

tuition dont nous avons vu les grandes lignes dans l'uvre de Lessing. Nous avons, dit-il, la conscience immdiate de Dieu. Contact intime, exprience individuelle, qui assurent la connaissance de l'Etre souverain. Voil l'origine de la religion. Sous sa forme gnrale, elle appartient a tout homme, et en ce sens la religion est un phnomne proprement humain. Sous sa foi me plus particulire de religion chrtienne, elle est la conscience d'un rachat ncessaire, d'un tat meilleur que celui de notre nature imparfaite et de notre incapacit raliser celte substitution, o s'enferme notre destine. C'est ce que les hologiens ap] client le sent inienl du pch. le besoin de la rdemption, et qui est dj l'exprience de la rdemption, l'exprience du Christ sauveur. Celle notion d'exprience va prendre dans le systme de Schleiermacher une importance considrable, et, bien que dj invoque par Lut lier, elle va dsormais revt ir une signification pins ample, plus profonde, et s'im posera ions les systmes du protestantisme moderne. Quand notre conscience a produil l'exprience du pch, relie de la rdemption, celle du salul. celle du Sauveur, elle a ralis le christ ianisme. Celui ci n'est pas autre chose que l'union de l'homme avec Dieu par l'intermdiaire du Christ. Les diverses expriences dont nous avons vu l'origine tablissent prcisment ce contact direct, immdiat et bienfaisant avec la figure du Christ. Alors se produil en nous une tran toi mation l'homme ni qu'il est affranchi du pch. Ainsi se sont tour a tour transforms les premiers disciples du Christ, et les premires gnrations chr
I
:

tiennes,

et

toutes

les

mes qui

croient en

lui.

De

cela

il

rsulte

Pour

lui

le

dogme

n'est

religieuse est la vritable ori gine de la saintet, de la vie surnaturelle.

que ['exprience

859
aux

PROTESTANTISME. LE LUTHRANISME, VOLUTION


l'introspection de pi tendus faits psychologiques. Le fait primitif est donn par l'individu. La science ne connat pas d'abord l'espce. D'o Ritschl tirait deux consquences graves. <i i La prtendue intuition de la ralit divine- par l'union immdiate de l'me avec Dieu est une illusion, et toutes les consquences tires de ce subjectivisme
religieux crent
1'

Scbleiermacher, ayant ainsi a peu prs tout donn forces psychologiques, ne \it aucune utilit conserver les forces historiques du christianisme. Le Christ intime, celui que la l"i cre en chacun de nous,
esi

pins rel et plus actif que le Chris) u- l'histoire. tudions plutt ces ractions de l'me que les difficiles

cheminements de

la

pense religieuse cherchant

rduire en formules dogmatiques les rsultats de la vie psychologique, Cet apport de la thologie n'est pas la vraie religion, il est mtaphysique; elle esl sentiment. Lessing avait dj fortement indique- celle disi incl ion. Il no faut pas pour autant ngliger l'tude de la d matique; mais il suffira de lui laisser son importance relle, qui est secondaire. Elle est la cristallisation du contenu de la conscience religieuse un certain moment, la dfinition des besoins du cur raliss une heure de l'glise. Elle est ainsi une science d'observation, non une science normative. Une seule chose est normative la vie et les besoins de la vie. Altitude extrmement dangereuse, qui va dcider de toute l'orientation des recherches de la dogmatique protestante d'aujourd'hui. Le dogme ne dit pas ce qui doit rire; il dit ce qui a t, ce que la vie, un moment, a /('(', exige, mais qu'elle a entran aussi dans le tourbillon do ses transformations incessantes.
: i

illusionisme

b) L'individu ne rvle pas ce qui serait une corruption de l'espce humaine par le pch originel. Donc ce
nos prises. Pareillement, alors pie Schleiermacher attendait des rsultats dcisifs de l'exprience religieuse et surtout de l'exprience du Christ sauveur, Ritschl dclare ces investigations psychologiques dnues de valeur. Ce n'est pas une exprience d'me qui peut nous faire connatre le Christ, sa personne, sa nature. Enfin, d'une manire plus gnrale, alors que son prdcesseur croyait tirer la notion de religion d'une analyse psychologique, Ritschl dclare ces essais subjectivistes antiscientifiques, crateurs d'une idole mtaphysique . Il n'y a qu'une seule thodice celle qui nous vient de la rvlation. Et l'on voit comment se trouve ds lors bouleverse tout le systme subjectiviste jusqu'alors en honneur dans le luthranisme. Ritschl ne laisse devant lui que les Livres saints, la rvlation, un fait extrieur la conscience humaine. Et puisque la rvlation a revtu deux formes, celle de l'Ancien Testament, et celle qui est annonce par le Christ, la dogmatique ne peut tre que la description du contenu de la rvlation, c'est-elire les deux Testaments, et de rien d'autre. Jusqu'ici, la mthode de Ritschl aboutissait une rhabilitation clatante de l'autorit de l'Ecriture sainte, envisage en elle-mme et non dans les reflets qu'en peut donner une conscience religieuse. Reste dfinir l'attitude du croyant ou du penseur devant ces textes sacrs. Pour Luther et l'ancien protestantisme, une seule attitude le Livre est la parole de Dieu, qui s'impose, que l'on ne discute pas, que l'on n'explique pas, mais dont on reoit, par une illumination du Saint-Esprit, l'intelli:
:

dogme chappe

Et c'est pourquoi l'influence de Schleiermacher a t, vrai dire encore plus importante que celle de Luther. Celui-ci en appelait, avec beaucoup d'imprudence, l'exprience religieuse de chaque fidle, et laissait celui-ci le soin de l'interprter sa guise. Il fut. par ce dtour, le pre de l'individualisme protestant. Schleiermacher ajouta que l'exprience religieuse cre le dogme lui-mme et, pour tout dire, l'objet de sa foi. Il fut ainsi le pre du rationalisme et du scepticisme de la rforme actuelle. .Mais c'est l que rside sa faiblesse. Ce philosophe
jectifs,

vu du complexe chrtien que les caractres subnon les conditions objectives. Il est vrai que la rdemption a pour effets souvent sensibles la conscience du croyant de nous dlivrer du joug du pch, de nous donner le sentiment d'une libration,
n'a

qui cre la paix intime, la certitude religieuse et la de l'me. Ce sont l des phnomnes intrieurs sur lesquels il n'est pas mauvais que s'exerce la thologie, car ils marquent la valeur relle d'une vrit religieuse capable de transformer les mes. Cette exprience intrieure, cette connaissance des ralits intimes, dvoilent les effets du dogme. Mais le dogme lui-mme est autre chose et ne se confond pas avec ces effets. Il affirme, en dehors de nous, la rconciliation du pcheur avec Dieu et le rtablissement d'une relation dtruite. Cette relation, ce n'est pas la conscience qui la produit, en l'envisageant. Elle est extrieure elle, quoique intrieure en elle. Elle implique des ralits externes le pch, le pardon, la misricorde d'un Dieu, la valeur d'une rdemption voulue et accepte par Dieu. Ce sont l des faits qui sont, en vrit, la cause des besoins analyss et des suavits ressenties par l'me croyante. Les ngliger, c'est mutiler la nature de l'homme et la nature del religion. Schleiermacher fut un philosophe trs grand, mais ayant des
joie
:

illres.

3. Albert Ritschl. Un succosseur son hgmonie ne tarda pas apparatre, qui prtendait refaire le travail moiti russi de Schleiermacher. Il s'appelait Albert Ritschl (1822-1889). C'tait un disciple rvolt de l'cole de Baur, dont il venait de rfuter les thories historiques dans un livre intitul L'origine de l'ancienne glise catholique 1850). Ritschl gardait de son passage l'cole de Tubingue le sens de l'histoire, le got des ralits, la dfiance pour les constructions mtaphysiques. Il apportait dans l'tude de la religion une tendance nettement objectiviste. Le fait prime
1

gence claire et parfaite. C'tait encore du subjectivisme critique. Ritschl cherche une rgle objectivement valable. Il la trouve en l'accord rel des deux Testaments. L'accord, crit-il, de la pense religieuse d'un crit du Nouveau Testament avec l'Ancien, est un critre infaillible pour juger de l'authenticit de cet crit, o L'criture se trouve donc explique par ellemme. Nulle vue de l'esprit, mais soumission de l'esprit aux faits. La chose peut paratre plausible. En ralit, elle tait meurtrire pour le Nouveau Testament. S'il ne s'y trouve d'authentique que les passages en accord avec l'Ancien, autant dire que tout ce qui fait prcisment l'originalit, la richesse, l'incommunicable caractre de l'enseignement de Jsus sera tenu pour suspect. Et l'ironie de cette mthode, c'est qu'elle dcouronne justement le Christ, qu'elle rduit tre je ne sais quel cho de Mose. Rsultat plutt ngatif, et qui sullit juger de la valeur du principe. Mais il y a autre chose. Ritschl, mis en prsence du Nouveau Testament, fui amen se demander si la rvlation vangliqne doit se confondre avec celui-ci et s'il n'y a pas, dans ce texte vnrable, des traces, des lments d'une pense trangre la rvlation mme faite par le Christ lments d'origine rabbinique, ou hellnique, ou philonienne. La difficult est donc d'apprhender le fait exact et pur de la rvlation chrtienne. Par quelle mthode l'atteindre? Ritschl carte tout procd subjectiviste, et propose le suivant, qui semble conforme la ralit mme il faut tudier le texte sacr en se mettant au point de rue de la communaut. La premire gnration chrtienne, celle mme qui l'a prpare en
:
:

PROTEST A NTISMl

II

LUTHRANISME, VOLUTION

8 1) 2

transmettant de bouche a bouche renseignement Matre, voil o le critique trouvera la plus il du parfaite comprhension de la rvlation. Mais, m le critre semble juste, la manire dont RiUchl le dclare maniable est bien [aite pour inspirer toute Inquitude. ncnt nous mettrons nous en effet au i><>mt le vue de cette communaut? En nous Imaginant couter Jsus ot prouver en nous la valeur pratique de ses
lui

Poules celles qui seront vin-, action sur notre once ne seront pas de la tradition primitive... Sous les rejetterons du dpt do la rvlation. L'escha;ie des pitros, les rgles sociales de l'vangile qui luvaicnt valoir que pour la premire socit chr tienne dont on attendait l'imminente transformation, m- prsentent plus de valeur actuelle. Le principe Ritschl permet de nat isto joue a leur dtriment drer ces pages comme trangres a la rvlation. \ as ne pouvons que signaler l'extraordinaire Importance que ce principe nouveau a pris dans lepro ttisme moderne. La religion du Livre a pris lin. blicisme luthrien ou cal\ iniste ne peut survivre cette attaque. La Bible est a la fois dclare dpt de la alion et dpt suspect Ritschl a ien voulu dis-. dans cette rvlation mlange de vrit el
es.
:

une certaine vrit qu'il assimile et confond valeur religieuse et morale ayant un caractre le permanence. I.e luthranisme, d'abord docile ce critre, ne tardera pas a s'affranchir de cette norme, dont le caractre fantaisiste ne fait en effet aucun doute. Il ira ds lors l'aventure, essayant de sauver du naufrage un texte dont on lui rpte vins cesse qu'il est impur et peu digne de crance; ou. en dsespoir de abandonnant tout le texte la critique ngative. D'autre part. Ritschl, qui se glorifiait d'avoir rintgre l'objectivisme dans l'tude de la religion, soumettait en ralit toute sa mthode l'arbitraire d'un choix essentiellement subjectiviste. Qui. en effet, garantira que la page dclare par nous vide de sens moral ou de valeur religieuse n'apparatra pas, un jouiprochain, lourde de richesses dogmatiques? Les variadu jugement de l'homme ne doivent-elles pas interdire de porter une apprciation dfinitive sur l'criture? En sorte que la mthode ou bien un leurre ou bien un pril, dans as incapable d'assurer une certitude. quelques-unes de ses conclusions, dont l'influence a t dcisive sur l'orientation du luthranisme
ur,

-.

actuel.

a) Ritschl dclare que l'ide fondamentale de l'cnseilent

du Christ

fut

celle

du

royaume de Dieu

prdication de Jsus ne pas. dit-il, a devenir, dans la pense des aptres, aume du Christ, qui devait s'inaugurer au second ment du Ressuscit. Ainsi, l'vangile aurait trahi. sur ce point, la pense du Ml smc. lit saint Paul aurait cette trahison, en sorte que
la

e qui tait le

but de

lisciples a distinguer, a

oppo

christianisme selon
l'ion.

Jsus et le christianisme Paul. Nous verrons la fortune de cette

vantes . Or, le Christ nous a montr ce que peut une Volont qui toujours se dusse au dessus des baSSOSSCS de la nature cl (pu a affront la mort pour nous ensel gner qu'elle ou\ re la vole la \ ritable \ le. \ oll com ment il a rachet l'homme, Quant dire que cette mort nous ou remet nos pches. Ritschl justifie dclare celle notion trangre a la pense du Chrisl parce qu'elle n'a lien de conforme .i l'ide rituelle du sacrifice dans l'Ancien Testament, .lesus, simplement, nous a montr la valeur du sacrifice, qui libre et nous rapproche de Dieu, (le taisant, Ritschl Jette bas la notion lut lier ien ne de la just ilicat ion par la foi cl relia bilite au contraire la notion catholique des bonnes uvres, cratrices de vie surnaturelle. Ces notions fondamentales dans le christianisme oui subi, par l'action de Ritschl, des transformations si profondes (pie tout le lut heranisnie en fut connue mtamorphos. C'est la pense de Ritschl que l'on retrouve, aujourd'hui mme, dans les multiples dog matiques qui font du luthranisme actuel l'un d< s plus extraordinaires muses des constructions mtaphj siipies. C'est a ce dernier si ade de la pense lut herienne qu'il convient de. nous arrter un peu. i. Il faut mettre un rang sp Adolphe Harnack. Cial, un peu en dehors de la ligne thologique mais a Une place hors de pair, l'historien luthrien Adolphe Harnack. Non qu'il ait. comme les penseurs dont nous venons de parler, imprim au luthranisme une orientation non. elle, mais il y a dvelopp un sens de l'histoire religieuse qui, au dbut, lit le plus grand tort a la foi et. sur le tard, il essaya de rparer les ruines qu'il avait contribu accumuler. Nous ne pouvons ici analyser celte uvre immense, ni dfinir les caractres de son action. Tenons-nous aux plus grands. Harnack a sap, en sa jeunesse, la valeur du Nouveau Testament en poussant ses limites extrmes l'ide de Ritschl sur la contamination du texte sacre. Lui, a pat iemmeut dcortiqu toutes les phrases, les penses les iccits, et a cru pouvoir dterminer la formation du texte, et les apports htrognes de la pense, philosophique et du .sentiment chrtien primitif. Non seulement il a appliqu cette mthode xt reniement dlicate et fort souvent aventureuse l'tude du Nouveau Testament, mais encore il s'est appliqu montrer que ce Testament ne fui pour h s chrtiens qu'un exercice d'adaptation dans leur zle pour retrouver le Messie en la personne de Jsus, ils auraient reconstit ne cet le figure, cet e existence, cette destine, en lui appliquant exactement les caractres qu'avaient prts au Messie futur les crivains de l'Ancien Testament. Ainsi croulent l'argument des prophties et le dogme de la divinit du Chrisl. Plus tard, et surtout dans son livre sur L' essence du christianisme, il apparatra plus juste a l'gard du Christ, fondateur d'une religion absolument nouvelle. Il consacrera mme ses dernires annes a mener le bon combat contre ses propres disciples mancips, qui niaient toute valeur l'ide chrtienne et jusqu' l'existence
i
i
: l

mme du
rien,

Christ.

Il

reste

que ce

fut

un trs grand

histo-

b)

certainement
plus jusl

le

rvlateur de

Dieu,

aine, plus (pie lui. n'a


lui.

donn

uni: ide plus

_ird de qui personne, plus que

n'a vcu dans une soumission plus grande une intimit plus affectueuse. Et c'est pourquoi les prel'ont dclar, lui aussi. Dieu. Mais, sur
'nielle,

dont la trace sur les destines de l'histoire des origines chrtiennes est celle d'un matre. ".. /.a dogmatique luthrienne. Revenons a la dogmatiqui luthrienne. D'environ 1900 1914, elle a t reprsente par quelques thologiens qui ont surtout dvelopp les principes anarrhiques dont nous avons retrouv les origines chez, les grands initiateurs du
xix- sicle.

nous ignorons tout. Les


r.-lle

II.

du Pre.

Dits, h!

latique .m seuil de la va- divine.


pleur,
.us
si

l'homme comprend

avons, dit-il, l'exprience de notre aspiration au rachat, et de terreur devant la mort, la reine des pou.

Parmi les plus importants, il faut signaler Wilhelm h rm an n. Parti de la notion subji cl iviste de reli aboutit a cette conclusion logique que seule importe il la religion personnelle et que le concept d'glise est irrationnel, ou mme antireligieux. La conscience est religieuse quand elle s'abandonne a ses besoins supia
I

863
elle

PROTESTANTISME. LE LUTHRANISME, VOLUTION


tales. Toutefois, de mai juillet 1933, la campagne des Deutsche Christen prit une tournure extrmement violenie. Le pasteur Friedrich Wieneke, en une brochure publie en juillet, dfinit la thologie nouvelle. Aux n neuf glises des \ paj s se substituera une glise du Reich. Plus de parlementarisme dans l'glise comme dans l'tat (ce qui implique la ngation des corps constitus, synodes, etc., et mme des liberts diverses et de la libert d'examen). La foi en JsusChrist sera conforme a l'esprit allemand. L'glise devra combattre aux avant-postes, en premier lieu contre toutes les formes du marxisme. La race devient le fondement et la pierre angulaire de la nouvelle aucun lment n'j sera tolr, qui ne soit pas glise authentiquement aryen, d'o puration, non plus d'aprs la fidlit aux dogmes, mais d'aprs les origines ethniques exclusion du sang tranger et particulirement des juifs, dont la conversion est dclare un grave danger pour l'essence nationale . L'glise reconnat sur le fondement de la foi la haute autorit de
i

sensibles. L'glise se prsente comme un code rigide; ne peut que tuer ces aspirations. On s'efforcera

doue de constituer un christianisme sans glise. Prs de Hermann, le prof esseur Thodore Hring a joui d'un grand prestige. Avec lui, c'est l'agnosticisme pur qui triomphe dans la dogmatique. Hring distingue nettement la foi et la science de la foi. Celle l est souple et changeante comme la vie. Or, la science suppose des phnomnes stables, soumis des lois uniformes. 11 ne peut donc y avoir science dogmatique l o il n'y a, d'aucune faon, stabilit et uniformit. La dogmatique luthrienne devra se contenter de dcrire les phnomnes religieux propres un individu ou un temps. Son objet propre ne peut aller au del de Tinte) ligence que nous prenons des vangiles et du profit moral que nous retirons de l'criture. Hors de l, tout est coulement et poussire.

1 1

dogmatique en partant d'un autre point de vue. La dogmatique, dit-il, suppose une connaissance certaine de la
install le scepticisme

Le professeur Wendt a

vritable pense de Jsus et de sa vritable intelligence les gnrations chrtiennes. Or, la pense de Jsus est noye dans un fatras d'apports htrognes et trangers, que la critique ne parvient pas laguer des textes vangliques. Incertitude invitable! Et l'histoire est encore incapable de distinguer ce que les gnrations ont conserv de proprement chrtien et ajout au dpt chrtien. Encore incertitude non moins invitable! Nous parlons au sujet de textes pleins d'obscurits. Une seule voie reste possible la dogmatique reconstruire un systme de la doctrine chrtienne selon le critre, tout fait subjectif mais seul possible, de l'utilit pratique des pages vangliques. Le pragmatisme dcide de la vrit des vangiles. La dogmatique luthrienne en tait l de sa dsagrgation quand la guerre survint. Puis ce fut Hitler. 6. La crise du hitlrisme. Le mouvement politique dclench par Hitler a ht la crise du luthranisme

par

l'tat national-socialiste et que la croix gamme et la croix du Christ vont de pair . L'extraordinaire tait que l'on visait appuyer sur de prtendus commandements de Dieu ces notions d'glise raciste, oppose la piti, excrant le pacifisme qui est antichrtien . Wieneke dclarait mme que l'Ancien Testament n'est qu'une parabole pour les Allemands ce qui veut dire sans doute que le nouveau christianisme des Deutsche Christen n'a que faire de cette parabole. Or, ces dogmes, que l'on dirait d'un esprit en dlire, ont fait leur chemin et, durant les mois de juillet novembre 1933, ont trouv des thologiens pour les entriner, les dvelopper, les durcir. L'un des moins excits, le docteur Emmanuel Hirsch, professeur Gttingue, dclare que la fin de l'glise est d'aider l'tat maintenir le respect et la fidlit au sang > et de proposer au peuple une fusion de la morale et de la rgle de vie vanglique avec la morale nationalesocialiste
.

allemand. Jusqu'au triomphe du Fhrer, on semblait ne pas apercevoir les rpercussions religieuses de manifestes racistes. Ce ne fut d'abord qu'une vive raction contre les adeptes du marxisme. On en comptait beaucoup dans les rangs des thologiens; quelques-uns furent emprisonns; Schmitt, Bonn, et Tillich, . Francfort-sur-le-Mein furent mis en cong. En avril 1933, la vague hitlrienne emporta l'ancienne organisation de
l'glise luthrienne.
Il fut entendu que, dans une nation allemande rgnre, l'glise devait se renouveler selon les mmes principes rgnrateurs de la nation. Le 25 avril, vingt-neuf lgions ecclsiastiques runies en synode dclarrent vouloir rorganiser l'glise des Deutsche Christen. Le mouvement se prcipita en Prusse, o l'glise se donna un commissaire d'tat o une constitution fut labore en une commission prside par l'aumnier Millier, ami personnel de Hitler; o des lections donnrent une victoire crasante aux Deutsche Christen. Or, ceux-ci, selon le manifeste de leur chef Millier, prtendaient fonder non pas une glise d'tat, mais une glise vanglique du Reich, pour laquelle la grandeur de l'tat nationalsocialiste ft un article de foi, et qui serait l'glise des chrtiens allemands, c'est--dire de chrtiens de race aryenne . Visiblement, les nouveaux chefs s'apprtaient mettre l'glise au service d'un idal politique, matre de l'heure actuelle, et adopter quelques principes du mouvement politique, levs la hauteur de formules religieuses. L'un des plus essentiels et des plus dangereux tait le principe raciste, ou aryen. L'attitude nouvelle de l'glise allemande pouvait surprendre. Luther a dclar que les contingences politiques et autres ne regardaient point l'glise vritable, qui est l'glise invisible. L'adoption du principe raciste devait bientt scandaliser par ses consquences bru;

C'est prcisment de quoi ne veulent pas convenir les thologiens rests fidles la traditionnelle organisation de l'glise luthrienne. Karl Barth a pris rso-

lument

la tte

de ces protestaires. Le personnage est


le

dj redoutable par

prestige qui l'environne.

Il l'est

davantage par la franchise, la nettet, la sret de ses attaques. Sa brochure, parue en juillet, a connu une norme diffusion. Elle engage le combat contre une doctrine avec laquelle il est impossible de pactiser Barth dmontre le paganisme de cette prtendue doc.

trine,

de son principe raciste, de son hostilit contre les non-aryens, de sa servilit l'gard de l'tat, de son appel aux armes , de son acharnement dtruire les cadres traditionnels d'une glise de charit, de misricorde livre un nouveau Fuhrer ecclsiastique, contre toutes les liberts vangliques. Et, en effet, les Deutsche Christen travaillaient faire reconnatre leur homme. Millier, comme chef de l'glise du Reich. Dus de voir nommer comme vque M. de Bodelsctrwing, le crateur des oeuvres de Bthel, ils n'eurent de repos que celui-ci ne renont sa charge. Mais la querelle de l'vque eut une consquence inattendue le sud de l'Allemagne regimba contre les prtentions des Deutsche Christen, et en Prusse un commissaire rgional, choisi parmi les Deutsche Christen, perscuta les pasteurs souponns de tideur l'gard de Mller. Bodelsclrwing dmissionna. LT n commissaire du Reich, M. Jaeger. fut

nomm, qui destitua un grand nombre d'autorits ecclsiastiques et labora une nouvelle constitution
vanglique, qu'il fit approuver par un vote des Deutsche Christen. Selon cette constitution, l'glise vanglique obit V* vqi:e du Reich , flanqu de quatre membres, trois d'un ministre spirituel

PROTESTANTISME.

Il

LUTHRANISME, ORGANISATION
Zurich,
la

866

thologiens it un Juriste, et d'un synode national de soixante membres. Comme tontes ces autorits seront des nationaux socialistes, la mainmise de l'tal mit im> protestante sera complta. la pression des forces nationalistes, M. Millier S fut lu vque du Reich -, tandis que M. Hossenfel lcr. vque de Berlin, tait promu chef des chrtiens

rforme swingllenne; aux cantons de langue

franaise, la rforme calviniste. D'ailleurs, en chacun de ces territoires politiques et ecclsiastiques, des quart

'

allemands
-t ce moment que s'est aggrave la crise proprement religieuse du protestantisme allemand. Selon les curieux principes de la nouvelle thologie, dont nous avons vu quelques formules il.wis l'opuscule de
.1

Wh

leke,

certains thologiens ne gardrent

plus de

nu Mire. L'un, M. Krause, de Berlin, rejette l'Ancien restament et ne veut garder de l'vangile qu'une image hroque de Jsus Christ. Blasphmes que l'vque de Berlin fut contraint de blmer; M. Krause fut rvoqu. Les protestants se sont alors spars. Ceux de rhuringe prennent fait et cause pour M. Kraudsavouent M. Hossenfelder; ceux du Sud. Bavire, Wurtemberg, Bade, et ceux du Palatinat, de
<

de subdivisions de la secte principale, et l'emprise d'un ces. u opaplsme qui n'a cess que de nos jours, fort relativement d'ailleurs. Cette crise <lu rgime les glises d'tat dveloppe aujourd'hui mme ses consquences, que nous tudierons. Examinons d'abord Ce qu'est devenu, au point de vue doctrinal, le pro testantisme issu de ces trois branches initiales. l. volution doctrinale. Dire qu'il > a encore une doctrine ewinglienne ou luthrienne serait aventur! il n'j a plus iprune mentalit elle se caractrise par une opposition violente, presque de parti, contre l'glise romaine. Les haines de Luther et de Zwingli se sont
tites
:

transmises,

plus qu ailleurs, aussi

simplistes dans

la liesse, runis .1 Stuttgart, dclarent se sparer des Deutsche Christen, qui mettent en danger la religion. i*n s'est runi a Weimar alin de rechercher un terrain d'entente. Cependant, MM. Hossenfelder et Millier mthodes parlemenprtendent ne pas accepter ces taires dans l'organisation autoritaire de l'glise , et jouent aux dictateurs religieux. Mais, Bonn, Karl Barth dnonce ces nouvelles autorites, qui, dit-il, ne sont au pouvoir qu' la faveur d'une usurpation. relie est. a l'heure actuelle, la situation du luthranisme allemand. Si le hitlrisme est dcidment vainqueur, il est probable que s'ouvrira une re de Kulturkanxpj contre les luthriens dissidents. Si cette fivre

garde ici des sympathies pour Us doctrines scramentalistes; l. une aversion pro fonde. Mais d'originalit dans la pense, point. La thologie allemande et celle d'A. Sabatier, d'A.Loisj et des principaux rforms fianais d'aujourd'hui, pntrent la dogmatique helvtique. Sur l'influence actuelle de la pense de Calvin en Suisse romande, le pasteur A. Fornerod crit A l'heure actuelle, vous ne rencontre/, pas un seul calviniste pur. parce que le dogme de la prdestination, tel qu'il a t formul par Calvin, heurte trop la conscience moderne, qui ne saurait admettre que Dieu prdestine, de toute ternit, des cratures aux peines ternelles. Le principe du
leur aveuglement.
:

On

protestantisme, Lausanne. 1923, p.

16.

Le pasteur Maurice Nccscr nous avertit aussi que le ternie d'orthodoxie a chang de sens et que les orthodoxes d'aujourd'hui, parmi les pasteurs, ne sauraient /.(/ sparatre les orthodoxes d'il \ a quarante ans
.

doit bientt

tomber, l'glise du Reich restera, pour temps encore, blesse et affaiblie par l'acceptation

tiiin

Genve, 1919,

p. 31.

de principes paens, politiques, antireligieux et certainement antichrtiens. 2 Organisation du luthranisme en Allemagne. ganisation le l'glise vanglique \ it nt de ralilepuis '<2> un srieux progrs. Tous les candidat s au pastoral s,,nt obligs, une fois leurs tudes acheves dans une facult de thologie l'universit, de passer un an dans un grand sminaire. Leur formation ecclque s'y achve par des cours et des exercices pra1

font les catchismes et s'initient aux uvres la Mission intrieure. D'ailleurs, le :ge du petit catchisme de Luther est fort en trouve qu'il n'est plus adapt l'heure prsente, tt beaucoup vont jusqu' dire que l'enseignement catchistique ne convient plus notre socit. On tend le remplacer par la lecture directe des critures, commentes et discutes. Quant la liturgie, on distingue le service religieux du matin et celui de l'aprs-midi. Pour le premier, on se sert d'une lit ur<jie fixe, qui est, peu de chose prs, celle du luthranisme primitif ou du calvinisme. Pour le second, chaque pasteur peut l'organiser son gr. Il icontestable que le mouvement liturgique a pris, innes, une grande ampleur. Les pasteurs s'intressent au culte catholique, notre liturgie,
tiques.
si

Ils

importantes de

On
ou

ornements, a nos ftes, a nos groupements pieux. vu des pasteurs organiser des services de requiem

mme d.-s processions en l'honneur de la croix. 3 Lt protestantisme en Suisse. DUinger a dj marque On n'a jamais essay d'tablir Suisse une seule et grande glise pro:
'

Aujourd'hui, chaque pasteur enseigne Genve sous 11 fait ou choisit son catchisme et ses dfinitions dogmatiques. Celui de M. Frank Thomas, paru Cenve en 90'., et celui de M. Paul Yallotton, paru Lausanne en 1919 et qui en si a son cinquantime mille, sont profondment diffrents dans la manire mme de \ ider de leur sens originel les anciennes formules du Credo. Sur l'attitude que cette Eglise est appele conserver l'gard de la Hible, quelques aveux sont loquents. Le pasteur Charles Chenevire, de Genve, n'hsite pas crire Je ne vois pas aujourd'hui un seul pasteur de notre glise croyant l'inspiration littrale des Ecritures. L'glise et tes jeunes. Genve, 1919, p. 11. Les thories modernistes concernant la format ion, la valeur historique et l'inspiration de la Hible ont ravag l'glise helvtique, et l'on peut suivre l'tendue de ce mouvement dans un livre assez rcent de M. M. Necser. I.ct Hible et l'autorit de la foi dans le protestantisme, 1916. Quant aux tendances de l'exgse relativement la personne de Jsus, rien n'est plus strict eineiit suggestif que le livre du pasteur G. Berguer, intitul Quelques traits de la vie de Jsus, au point de vue psychologique et psychanalytique, Genve, 1920. Toutes les hypothses aujourd'hui mises en avant par la pense rationaliste ou protestante librale sont appeles a rsoudre l'nigme chrtienne. Les uns y voient un syncrtisme de la mythologie grco-orientale, par quoi s'expliquent les doctrines eh rtien ns del n carnation, de la rdemption, di la rcsiirrect ion ( des sacrement s. l'aut res, le produil d'une exaltation mystique, par quoi s'expliquent tous
sa propre responsabilit.
1
(
:

Suisse a t un carrefour, o les sont rencontres, heurtes, installes


la

que

ur un

mand
DICr.

mon eau du territoire. Et les conditions ques "nt contribu stabiliser et a diffrenformations diverses. Aux paj s de langue allefini' luthrienne; aux territoires de
DI
IHIOI.. ('M MOL.

naissance, aux mirai les. a la divicroix. On ne peut dire qu'une raction soit encore en faveur auprs des thologiens de cette glise helvtique livre a toutes les fantaisies de la ri! ique moderniste. M. Berguer n'prouve aucune hsitation avaliser toutes les suggestions de la Il affirme, avec une ('gale cermthode historique
les rcits relatifs a la

nit

du Christ, mort en

T.

28.

867
titude,

PROTEST

MTISM

LE LUTHRANISME, ORGANISATION
la vie religieuse. Zwingli a cr une glise d'tat, tandis qu' Genve Calvin instituait un tat vanglique. L'ide de Zwingli a t battue en brche, vers 1845, par le pasteur Vinet, qui protesta, au nom de la libert, contre la tyrannie de l'tat. A la suite de Vinet, les deux tiers des pasteurs du canton de Vaud se sparrent de l'glise institutionnelle pour fonder uniglise libre. D'ailleurs, ces glises libres, autonomes, et qui ne comptent pour assurer leur dveloppement que sur elles-mmes et la gnrosit de leurs adeptes, n'ont pas cess de dcliner, au moins autant du point de vue matriel que du point de vue spirituel. Aujourd'hui mme, la question de l'organisation de l'glise helvtique proccupe les pasteurs, et quelques-uns, que met dans l'embarras l'antinomie fatale entre la libert vanglique et le concept d'glise organise, n'hsitent pas conseiller la suppression radicale des glises et l'instauration d'une communaut religieuse sans pasteurs ni Bible. Cet effondrement de l'glise nous parat ncessaire, invitable, une libration. Toutes les glises sont des organisations passagres, trop petites et trop troites pour retenir l'esprit de celui qui apporta la bonne nouvelle au monde. 11 faut que le vase soit bris pour que l'odeur du prcieux parfum remplisse la maison. Hans Faber, Le christianisme de l'avenir, 1920, p. 188. D'autres, moins radicaux, souhaitent simplement voir se multiplier des i glises beaucoup plus restreintes et plus diffrencies qu'elles ne le sont actuellement . Frommel, tudes religieuses et sociales, 1895. En somme, une pullulation de sectes, vaguement unies par une vague foi commune. Mais on n'avait pas prvu la fortune de sectes assez trangres au protestantisme helvtique qu'elles mettent aujourd'hui en vritable pril. Telle glise se donne la secte des frres dissidents ou dcrbgstes larges, telle autre la Christian science, telle autre aux adventistes du septime jour, telle autre, V Assemble du corps de Christ. Cette course l'individualisme pur aboutit ce que l'on a appel les glises multitudinisles. Ce rgime, d'une libert sans frein pouvait, la rigueur, ne pas trop effrayer, aussi longtemps que toutes ces formes religieuses restaient sous le contrle et l'influence et l'autorit bienfaisante de l'tat. Mais, depuis le. 30 juin 1907, la situation s'est trouve subitement transforme. A Genve, la sparation des glises et de l'tat fut vote. 11 fallut, songer rorganiser une nouvelle glise nationale protestante genevoise. La ncessit s'imposa de grouper les fidles et de limiter leur libert d'action et d'examen. On ne vit pas d'autre moyen pour sauver de la ruine l'glise en pril. On labora donc une constitution (7 juill. 1908), laquelle furent censs adhrer tous les protestants qui se considraient comme faisant partie de l'glise . D'ailleurs, aucune obligation ni juridique ni dogmatique. Il suffisait de voir en Jsus, de quelque manire qu'on le comprenne, le grand inspirateur des mes. La constitution l'appelait cependant le Sauveur des hommes. Elle se rfrait la Bible librement tudie la lumire de la conscience chrtienne et de la science . Elle acceptait l'vangile comme une source de vie ternelle et de progrs individuel et social . C'est ce compromis entre la libre pense et la foi que s'arrtrent les pasteurs, trop aviss sur la situation vritable de leur confession pour risquer le grand refus, s'ils avaient nettement pos le problme de la foi chrtienne aux regards de leur glise en dsarroi! M. Neeser, La sparation Genve, 1919. Dj, les ncessits de la vie ont apport des modifications profondes au rgime de la sparation. En fait, les destines des glises dpendent encore de l'attitude des pouvoirs civils leur gard. On y distingue toujours les glises officielles et les glises libres. Comme

que les fragments historiques de l'vangile sont entours d'une gangue mi-partie lgendaire, mi-partie dogmatique; qu'il est nanmoins Impossible de reconnatre et de distinguer ces trois lments; mais qu'il est Indispensable de renoncer leur signification, afin de restituer la figure du Christ historique, et que la seule et lgitime voie esl de reconstituer SOI1 histoire d'aprs les Interprtations que la psychologie et la psychanalyse permettront, sans d'ailleurs confrer
aucune
d'elles la

met

moindre certitude. Ce que M. Berguer

assure avec tant de confiance, un autre professeur de thologie Genve, M. G. Fulliquet, l'avait dj pro pos en partie en nous rvlant que Jsus avait pris connaissance de la notion du Fils de l'homme, dans les ouvrages de la Perse Les problmes d'outre-tombe, 1918. D'une faon gnrale, l'influence de Harnack, auteur de L'essence du christianisme se fail sentir en tous ces milieux; Jsus leur apparat comme le prophte d'une religion qu'il aurait voulue sans prtres et dont la tradition ecclsiastique a transform le sens primitif. L'influence de Loisy est encore assez active, et rien n'est plus commun que d'entendre reprocher au Nouveau Testament et l'glise originelle d'avoir, par une longue erreur, annonc la proximit de la fin du monde, ce qui obligea peu peu les chrtiens rnover leur foi autour de principes compltement nouveaux, mais dtermins par la persistance d'une glise que l'on avait crue assez tt destine disparatre dans la gloire du royaume des cieux. On a pu remarquer que la jeunesse studieuse ressent le contre-coup de ces batailles d'ides o se perd la foi traditionnelle. Elle va d'une solution une autre solution contraire, et cette alternance d'affirmation et de recherche traduit fort bien, dit-on, ce qu'est l'me religieuse en notre temps . M. Ch. Clerc, Journal de Genve, 29 sept. 1923. Du point de vue dogmatique, la Rforme suisse semble donc aujourd'hui livre aux plus actives forces du rationalisme allemand. Son attitude en face du culte et de la liturgie ne sera pas moins confuse. On y conserve gnralement la haine aveugle de Zwingli contre toutes les crmonies du culte catholique guerre aux sacramentaux, guerre aux manifestations liturgiques prires vocales, chants, prode la pit catholique cessions, prostrations, objets sacrs du culte. On n'utilise pour la cne que des coupes et des plats de bois, on s'y montre extrmement dfiant l'gard des innovations rituelles, que la liturgie anglicane, par exemple, adopte de plus en plus nombreuses. Des pasteurs, comme M. M. Neeser, y dnoncent en termes d'un trange archasme des traces de clricalisme et prvoient avec une terreur comique que ces innovations innocentes ne tarderont pas entraner aprs elles l'piscopat et la confession auriculaire, et le mysticisme sacramentel qui exigera, sur des autels rtablis, autre chose qu' une indfinissable hostie . Bref, le mouvement liturgique est accus de servir de vhicule la foi romaine, et c'est quoi les pasteurs se dclarent hostiles. Il est en effet bien craindre que l'hostilit bute de ces thologiens, qui l'indfinissable hostie ne dit rien que superstition et idoltrie, n'touffe, pour de longues annes, les timides essais de restauration liturgique que certains avaient tents au temple de Lausanne. Le mouvement de la Haute glise anglicane et allemande n'existe encore pour ainsi dire pas dans l'glise helvtique. 2. Organisation. Reste montrer ce qu'est devenue l'organisation de l'glise helvtique telle que Zwingli l'avait dcrte. Pour Zwingli, la libert vanglique doit se concilier avec la notion d'glise d'tat. Celle-ci domine, et l'on assure que celle-l ne souffre pas de cette mainmise. Le nationalisme dirige la pit, ou plutt se sou! ,

PROTESTANTISME.
le

ISM

I.,

ORGANISATION

870

protestantisme reprsente en Suisse les trois cinla population el que la classe paysanne n'y est pas encore domine par la classe ouvrire Irrll les forces nationales continuent de secourir les fait s, qui \ conservent un dmocratisme tout conforme l'esprit public et national. La plupart des cantons suisses ont leur propre glise, soit officielle, M>;t libre. 1 es glises officielles sont en majorit >i tiennent conserver l'appui Mes tats ou cantons, afin mieux prserver contre le catholicisme, qui pro un peu partout, rt contre les excs de l'indivl dualisme protestant. Os glises officielles ont form une fdration depuis 1920. Malgr le principe de la ition, glises et cantons s'entendent tacitement tolrer un certain contrle civil sur les manifes tatlons de la vie religieuse, sans toutefois que 11 tal

qnimes de
.

.1

valeur sociale du christianisme. Cet aspect d'un christianisme vide de son contenu dot; matlque semble avoir permis a l'glise helvtique de contrecarrer la propagande du socialisme et de l'irr ligion sur les masses populaires, auxquelles on ne
c'est dire sur la

une dogmatique troite. mais simplement d'tre lu Christ, proclame Initiateur de charit, de justice et d'humanit. Le grand pro blme actuel du protestant isme en Suisse esl desavoir si ces nouveaux adeptes se content cronl d'une glise rduite a un systme de philant luapie ou si, dus dans leur soif d'un idal surhumain, ils ne rejetteront pas dfinitivement un christianisme qui n'apprend plus regarder au del des vicissitudes humaines. C'esi sur tout aux efforts de Ixutter et de RagOZ que l'on doil cet actuel dveloppement du christianisme social.

demande aucune adhsion

slngrc dans 1rs affaires proprement peelsiastiques. organisent leur activit comme elles l 'entendent, l.i plupart conservent l'organisation pies ienne. leurs synodes sont mixtes, c'est--dire composes de pasteurs et de laques. Leur autonomie est trs accuse. Les paroisses lisent leurs pasteurs. stituent pour fautes graves, taxent leurs meml'inbres, disposent de fonds spciaux, surveillent
.

Aujourd'hui,
dsarroi
lll.
et
1.1

la

Rforme helvtique
des chemins.

est

en plein

la croise

A prendre encore

struction religieuse et l'organisation du culte.


elles ni

Comme

peuvent cependant couvrir la totalit des frais cultuels. l'tat en supporte la majeure partie. Ce sont populaires , o se perptue, plus ou la les glises moins modifie par l'esprit rationaliste que nous avons dcrit, l'influence de la pense zwinglienne ou
calviniste.
te de ces glises privilgies, les glises libres font ligure de parents pauvres. F.lles ont t pour la plupart rrees par opposition la suprmatie de l'tat.

Les individus ont prfr leur sens propre au do et se sont rvolts contre des formes patronnes par l'lment civil. Elles renoncent ainsi a la tutelle de l'tat, niais aussi ses largesses. F.lles ont une double origine. Les unes sont issues du Rveil qui fut. dans le protestantisme du xix e sicle, la rvolte des fidles au principe de la libert d'examen et de l'indpendance religieuse, contre l'autorit civile s'ins le; affaires religieuses. Les autres sont
traditionnel
-

ilsation trangre. N'ous

avons vu com-

ment mthodistes, baptistes

autres sectes anglo'iit installes en Suisse ces dernires armes. Certaines enfin proviennent du pitisme allemand. La vie religieuse semble plus active, plus profonde en ces centres d'opposition. Il y a encore l l'ardeur des noplrj sur l'ensemble des autres glises les observateurs s'accordent a reconnatre que s'tend l'indiffrentipeuple ne comprend plus les rites traditionnels: il ne les aime plus, car ils ne parlent plus a son ulte reste en gnral trop austre et trop le. l'ne liturgie s;ms dcor, la prdication de la Bible entre quelques cantiques et des formules de a un Seigneur lointain. Le peuple suit ir atavisme, sans clan du eu m. L'instruction mi gure que les enfants. ht les masses, les essais d'vanglisaet
'
1

1" Organisation. calvinisme au sens le plus gnral et en ngligeant les multiples formes qu'il a lev tues, ou peut dire que l'organisation de l'glise de Calvin dpend de la notion d'glise prolire celui-ci. Sans doute. Calvin concde que l'Eglise ne peul errer aux choses ncessaires au salut , mais, par la distinction qu'il tablit entre cette inerrance et le concept catholique d'glise, il montre bien qu'en dfinitive l'glise ne lui parait qu'une institution secondaire pour l'uvre du salut. Les catholiques, dit-il, attribuent autorit l'glise hors la parole; nous, au contraire, conj oignons l'une avec l'autre insparable ment... Us babillent que l'glise a puissance d'approuver l'criture... Mais assujettir ainsi la sagesse de Dieu la censure des hommes, qu'elle n'ait autorit sinon en tant qu'il lui plat, c'est un blasphme. Comme si la vrit ternelle et immuable de Dieu tait appuye sur la fantaisie des hommes. L'organisation ecclsiastique est donc un lment de mdiocre importance la parole de Dieu esl tablie une fois pour toutes. L'assistance du Saint-Esprit assure tous les chrtiens, leur permet d'en prendre l'intelligence par un contact direct, personnel et par une exprience qu'aucun dcret tranger n'est capable de suppler. La libert d'examen arrache le fidle la tyrannie d'une direction prtendument religieuse. Pour tous ces motifs, Calvin rejoint Luther dans la conviction que la parole de l'criture est tout, que la Bible
le
:

calvinisme actuel.

suffit, et

tielle

que l'ecclsiologie est la partie la moins essenla Rforme. Cependant, Calvin, devant les excs commis en son temps, par les adeptes de la libert d'examen absolue et de l'antisacerdotalisme, essaya de ragir. Sans doute, dil il. le Christ a promis son assistance un chacun fidle <n particulier >; mais il convient de faire une place particulire a la compagnie des fidles ou aux conseils de vrais veques , parce que, dans ces groupements o la prsence du Christ est plus efficace,
de
doit se trouver des lumires plus grandes. Voil rhade la hirarchie ecclsiastique. L'historien rcent de Calvin, M. le pasteur -J. Pannier, a pu
il

bilit le principe

multiplient, mais ce qu'elles gagnent ne va plus aux K?lises officielles. Ainsi naissent les
peti*.

qu'elles
lilue

n,-

fortifient la

lutonomes, qui affaiblissent plus grande Rforme suisse. Celle-ci

montrer que. malgr l'absence apparente de hirarchie dans son clisc, Calvin avait personnellement une certaine sympathie pour une forme ecclsiastique hirarchise comme dans L'glise romaine. Mais la tendance fondamentale de son uvre fut plus forte les
:

dans un endettement fatal. Il a donc paru qu'en vue de reformer une unit a ,.-. peu force tait de ne plus s'arrter aux iques, mais de s.- rapprocher sur le .m pratique. Le christianisme social, venu de mment conquis plusieurs communauts Il s'appuie, comme nous [tudierons un peu plus loin, sur la prdication du royaume de Dieu
' ,

rforms taient appels se librerdu joug des prtres, de la superstition du sacerdoce et a se rfrer au Livre seul, a la Bible, souveraine de la pense et de l'action. Le calvinisme tablit une forme religieuse qui parait fonde sur la dmocratie et hostile toute hirarchie. Avec encore plut de toree que Luther. Calvin a enseign a combattre le principe d'glise d'institution, ou l'on prtend que le travail invisible du clcrfl tend
;i

871
;'i

PROTESTANTISME. LE CALVINISME, VOLUTION


magistrats seront
les

-:_
.

assurer la prminence lu sacerdotalisme. C'est parce que leur existence requiert des ministres pour les <list ribuer que l'Eglise conserve les sacremenl s et toute une hirarchie de puissances ecclsiastiques, dette armature clricale, Calvin en a libr son glise en dtruisant la caste sacerdotale. Cependant, le calvinisme a une ccclsiologie bien plus nuance que celle du luthranisme ou du zwinglianisme. D'aprs M. Doumergue, l'historien le plus dvou Calvin, le concept calviniste d'Eglise est un habile moyen terme entre l'anarchie du sacerdoce universel et la tyrannie de l'autorit ecclsiastique. Toute son organisation repose sur une constatation de fait Calvin envisage l'glise
:

lieutenants de Dieu

Mais

l'glise reste matresse de son credo et de sa liturgie.

contraire de Luther, qui avait prconis pour ses Eglises le systme territorial, chaque prince ou gouverneur tant chef le l'Eglise tablie sur ses terres. Calvin a institu le systme thocratique, mais, ce faisant, il est revenu aux glises d'institution, qu'il avait prtendu
abolir. 2 Doctrine et liturgie.
il

Au

De

la

doctrine calviniste,

n'est pas tmraire de dire

que presque rien ne sub:

comme une association d'individus. Mlle est une association en ce sens que ses membres font une mme profession de foi et adhrent une vrit objective qui constitue le lien de l'association. .Mais l'individu rgle
les destines de l'association. On a dit que le calvinisme tait, beaucoup plus que le luthranisme, dmocratique, par le rle actif qu'il accorderait chaque fidle dans l'organisation de l'glise. En ce sens il est vrai que Luther, en cdant les droits des fidles

lui-mme

au pouvoir sculier qui dirige l'glise a moins bien compris que Calvin le

sa guise,

dveloppe-

ment logique d'une rforme qui prtendait librer la conscience individuelle. Mais ce sont l des apparences. L'glise de Calvin n'est certes pas dmocratique; son organisation ne repose nullement sur le suffrage universel. Il s'oppose mme l'action des ensembles, mesure que les intrts deviennent plus gnraux. En s'levant du consistoire aux synodes, le calvinisme demande les conseils de membres de moins en moins nombreux, de plus en plus slectionns, et c'est une conception aristocratique qui prside aux destines de cette Eglise. Par la manire habile dont Calvin amalgame le concept dmocratique et le concept aristocratique, il a su gagner les hommages d'un luthrien moderne d'esprit fort averti, M. Troeltsch, et d'un anglican fort cultiv, M. Loi gh ton Pullan. L'Allemand
avoue que l'organisation calviniste
est

admirable pour

s'adapter aux besoins des diverses civilisations. L'Anglais admire Calvin pour avoir su raliser la synthse entre l'individu et l'glise, entre l'autorit et la libert.

En

fait,

l'organisation

calviniste

ne tient presque

aucun compte de l'individu, sinon pour l'assujettir une volont de groupe, puis d'ensemble. Calvin organisait son glise d'aprs ce qu'il avait trouv dans
l'criture, les quatre ordres institus par le Christ : pasteurs, docteurs, anciens et diacres. Pour contrebalancer cette organisation ecclsiastique et clricale, Calvin cra le consistoire, qui peut reprsenter la

volont de la communaut et temprer la force clricale par la force laque. C'est l'apparence; en fait, le consistoire n'est rien d'autre qu'une simple juridiction, un conseil disciplinaire. D'autre part, afin de mieux soustraire le ministre proprement dit l'influence dmocratique, la volont populaire, Calvin enseigne que son autorit ne vient pas du peuple, que la communaut ne l'institue pas, que sa doctrine n'est pas assujettie la censure des hommes . On ne permettra pas un fidle quelconque de prcher sa vrit, sous le prtexte que le pasteur fait fausse route . Dieu, dit Calvin, a commis en dpt ce trsor son glise; il a institu des pasteurs et des docteurs pour enseigner. Ces principes commandent l'organisation de l'glise
calviniste. Elle est thocratique, comprenant une masse de fidles organiss, soumis des chefs de la doctrine

aujourd'hui. En rform suisse a os, nagure, Que faut-il garder du poser l'impertinente question calvinisme de Calvin? Et il y rpondait par une critique pertinente de tous les points doctrinaux o s'appuyait le rformateur. On ne conserve plus la thorie de la prdestination, qui est cependant le fondement mme du calvinisme; plus d'excs logiques sur la justification par la foi seule, sur la grce, sur le symbole eucharistique, sur l'inamissibilit de la justification, sur la corruption totale de la nature et l'absence de libert humaine, sur l'impossibilit du mrite, sur la nature de la grce sacramentelle; plus de croyance en l'glise d'institution, cration du Christ, charge de prcher la doctrine et de distribuer les sacrements. Ayant limin tout ce fond doctrinal, M. P. Vallotton crivait qu'on ne pouvait conserver du calvinisme que le principe de la libert d'examen, ce qui est d'une belle ironie ou d'une rare mconnaissance de l'histoire, Calvin ayant surtout frapp de sa main impitoyable tous ceux qui, invoquant ce principe luthrien, osaient exprimer une pense personnelle, en contradiction avec le dogme fix par le rformateur de Genve. Paul Vallotton, Que faut-il garder du calvinisme de Calvin? Genve, 1919, et E. Ptavel-Ollif, Les bases logiques d'un no-calvinisme, Montbliard, 1911. Il y a mme une sorte de joie pour les calvinistes modernes rejeter la paternit du rformateur Il appartient chaque rform de lire la Bible avec sa conscience et sa raison. Que tout protestant se fasse donc sa religion en prenant dans la Bible cela seul qu'admet sa raison. Cette religion raisonne et tout individuelle, qui n'est pas du tout l'orthodoxie impose tous les fidles par l'autoritaire Calvin, c'est le protestantisme libral dont le pre est incontestablement Rousseau. Un autre crit En ralit notre protestantisme moderne, tout au moins notre protestantisme libral, vient moins de Calvin que de Sbastien Castellion. Traducteur de la Bible, exgte, critique, thologien, thoricien de la tolrance et de la pense libre, il n'est aucune de nos voies qu'il n'ait dblaye devant nous. Nous sommes ses hritiers, plus, beaucoup plus que ceux de son irascible antagoniste. Cit par le pasteur Nol Vesper, olias M. Nougat, dans Les protestants devant la patrie, Paris, 1925,
siste
:

p. 91, 146.

Ce n'est donc pas l'tude de la pense de Calvin qui nous permettra de comprendre le calvinisme actuel. Ni l'tude de la pense de Rousseau et de Castellion. 3 Les origines du calvinisme actuel. La doctrine calviniste, depuis le dbut du xix c sicle, a souffert

d'une absence totale d'originalit. La pense des rforms s'est oriente de jour en jour vers les nouveauts des thologiens luthriens, qu'elle s'est docilement
incorpores. 1. Facteurs

gnraux de l'volution doctrinale.


l'tude des origines

Nous avons vu dans

du luthra-

de la discipline, qui eux-mmes se soumettent la parole de Dieu, seule souveraine. L'tat ou puissance sculire ne peut dominer un organisme cr sur la parole divine. L'Etat doit tre chrtien, protger l'glise, y maintenir au besoin la saine doctrine et la rgularit des murs, et, selon le mot de l'criture, les
et

nisme actuel l'importance des uvres d'un Lessing, d'un Schleiermacher et d'un Ritschl. Elles ont exerc la mme influence sur les chefs du calvinisme. Mais
leur action s'est ajoute celle de la pousse pitiste, connue sous le nom de Rveil. Vers 1818, Cook, disciple

de Wesley, parcourait

la

France avec

ses mission-

PROTESTANTISME. LE CALVINISME, VOLUTION


liant"-,
.iiin

s:

de rveiller

lame

protestante. Sous leur

plus seulement

le

principe d'autorit ou de libell

Inspiration, les glises calvinistes, Jusque-l Eglises il Kt.it ou Institutionnelles, comprirent les bienfaits de l'indpendance ei ds lors aspirrent I ane forme nouNotre veile d'organisation. Cook avait beau rpter dessein n'est pas de tonner des glises libres au sein
:

d'examen qui
matiques
et

tait tudie,

mais

les

fondements dog-

de l'glise rforme, mais de vivifier cette glise eu fait, les glises qu'il .i\.iit vivifies ne songeaient <in'.< s'manciper, pour vivre librement leur christia nlsme, s.inv les entraves d'une organisation officielle. Le pasteur Edmond de Pressens tait l'ardent promoteur do ce mouvement. Le 18 mars 1839, il lana une prole caractre fession de foi qui marquait nettement individuel de la fol et l'indpendance de l'glise en de l'tat. Selon la tradition mthodiste, ces nouveaux convertis enseignaient que le christianisme se rduisait, ou presque, a l'lan du cur, et que le dogme tait secondaire. Le Roeil jeta la discorde parmi les calvinistes, soit libraux, soit orthodoxes, Une longue polmique s'engagea autour des notions d'glise et d'autorit, las orthodoxes restaient fidles a la pense il- Calvin sur les glises d'institution. Les libraux et les putistes s unissaient trangement pour rhabiliter
.

historiques du Christianisme J taient continuellement sapes par les l'clissiei'. Emile Rolierlv. Aristide Vigui, Charles Wagner, Franois Puaux, Ubert Rville, Coquerel pre et liK La hardiesse de ces pionniers tait telle (pie Ferdinand Buisson, lasse de soutenir plus longtemps une attitude quivoque, engageait l'aile librale du protestantisme passer, sa suite et sans recitence. au camp des libres penseurs. tre protestant libral, disait il. c'est une des manires d'tre libre penseur. Le thologien ortho-

doxe E. DOUmergUe, les accusait, lui aussi, de n'tre que (les iucrovauls canioiiMes et les poussait vers la porte de sortie de l'glise Calviniste. Nous ne pouvons
ici reprendre les diverses tudes produites par celle cole dite librale qui a tleui de 1850 a ISSU environ. Mais voici quelques professions de foi. qui permettent
i

l'tat d'esprit de ces soi disant historiens objectivisles . L'un crit Nous affirmons nettement (pie ce qui est irrationnel est inadmissible. Ce qui est irrationnel est faux. Ce qui froisse le sens du vrai et du faux, du bien et du mal. qui est en nous,

de Juger

principe du libre examen et la tendance antisacerMais cette collusion ne pouvait durer les pitistes conservaient leurs croyances, en les appuyant sur le sentiment. Les libraux allaient vers un rationalisme de plus en plus ngateur de la foi. Sous la conduite de deux pasteurs. Athanase f.oquerel et Samuel Vincent, les libraux entreprennent de rduire tOOa les dogmes eh retiens un sv mbolisine naturaliste. Ainsi u- dogme du pch origine] devient, leurs veux, le symbole de l'fforl de l'homme se dgageant pniblement de s. m humaine misre: ainsi, par opposition, le dogme de la rdemption par le sacrifice de la croix symbolise le triomphe de l'esprit sur la chair, sur la mort, ralise par le Christ. Voir surtout le livre de Vincent. Vu- s sur le protestantisme franais, 1859. I.a position des libraux dans le calvinisme avait pris une importance particulire depuis le consistoire de 1848. qui avait admis que les consistoires et les con"i aux n'auraient plus connatre des questions dogmatiques et (pie la libert individuelle reprendrait tous ses droits, en dpit de l'orthodoxie. De cette permission les libraux usrent pour dclarer que l'glise officielle ne cessait d'opprimerleur pense et. prtextant Ins manifestations de l'indignation des orthodoxes devant leurs impits, ils firent schisme, crrent une Union des glises vangliques de France et harcelrent leurs ex-coreligionnaires. L'orthodoxie se tourna vers les pouvoirs publics, implorant aide et secours, lai 1852, les pouvoirs publics ne rptrent pas Ica fautes commises par les princes allemands, supplis en l.~>2."> par Luther. Les orthodoxes se dfendirent par leurs propres moyens et. au synode de 1872,
le

ilotale.

un instinct qui est l'uvre de Dieu. Toute ide pour tre comprise, cl une ide (pie nous ne comprenons pas n'existe pas pour nous. 11 ne faut donc pas Invoquer le grand nom de mystre pour imposer a l'esprit des ides Incomprhensibles, puisque ce serait imposer le nant. Th. Bost, Le protestantisme libral 1865, p. .">">. Cette intrpidit dans l'affirmation, qui n'a pas le moindre souci de mieux examiner des ternies confus comme ceux d'irrationnel, de sens du vrai. d'instinct, d'ide incomprhensible, est tout fait caractristique d'un tat d'esprit commun vers 1860, mais aujourd'hui prim, et que d'authentiques protestants n'hsitent pas a condamner. Les thologiens de la Revue de Strasbourg, crit M!, le pasteur Bertrand, se sont laiss entraner manquer de mesure et de dcision tout la fois, au cours de leur raction contre le dogmatisme orthodoxe. Bertrand, La pense religieuse
froisse
est

laite

au sein du protestantisme libral, 1903. p. 132. Quant aux productions historiques de l'cole librale, elles ont t compltement imprgnes de la pense de quelques historiens allemands Hiedernianii.
:

Lipsius. Pfieiderer, Raur, qui ne voyaient

dans

l'histoire

de leur toriens libraux convenaient de ces arrire penses. Albert Rville avouait franchement qu'il tait hget, comme tel, voyait dans l'histoire religieuse, spcialement dans l'histoire des dogmes, le mouvement naturel la inarche de l'humanit, qui oscille entre des affirmations contraires thse et antithse et tend vers un point de vue suprieur, o se concilient les contraires. Mais celte philosophie de qui apparaissait alors incontestable et l'histoire laquelle Renan lui-mme s'est docilement soumis. n'est plus aujourd'hui qu'une dfroque de la pense

eux-mmes moyen d'appliquer les thories matre commun, le philosophe Hegel. Nos hisque
le

lien

et

proposrent de constituer un synode ayant autorit itroK. de juridiction et de pnalit l'gard de tous hs consistoires... Les libraux ripostrent en r ant menac le principe mme de la Rforme le
:

libre

examen,

et

menace

l'glise calviniste,

o l'on
:

d d'introduire un lment de catholicisme l'auquoi les protestants libraux continurent d'inonder la France de leurs productions exgtiques et thologiques, ou triomphait la tendance rationaliste des thologiens allemands. -t que prcisment, entre les libraux de Paris et les rationalistes d'outre-Rhiii. l'cole protestante de oiiri remplissait un rle de trait d'union extri

humaine dont les historiens se librent. La mtaphysique n'a pas expliquer les faits historiques. Sa des tne est de les dformer. Les travaux conus selon les principes hgliens sont soumis a une rvision totale.
de l'uvre historique de l'cole librale calviniste. tout est remis sur le chantier. Quelques protestants en conviennent. Parlant de ces historiens. M. Andr Arnal crit Ce sont les notions hgliennes de l'absolu et de l'infini qui sont gnratrices de leurs systmes et de leurs erreurs. Or, ce sont des notions fausses. Arnal, /.</ personne du (.hrist et le rationalisme allemand contemporain, Montaubaii. 1904, p. 313. M. Arnold Rev mond, aprs avoir constat que l'anarchie doctrinale du protestantisme actuel provient en partie de la confusion que l'on a tablie, dans les milieux hologiques,
et
: t

mement

actif.

Strasbourg qui servit a fondre les deux penx "ii' l'influence de Colani et de Scherer, on crait Strasbourg, qui. de 1850 a 1869, remplit un tique corrosive fort Important. Ce n'tait

ST.",

PROTESTANTISME. LE CALVINISME, VOLUTION


:

B76

entre thologie el philosophie, ajoute En principe, pense protestante n'est lie aucune philosophie officielle. En tait, le protestantisme a subi toutes les fluctuations des grands courants philosophiques qui se sont fait jour au cours de ces derniers sicles. Jici'iic de thologie et de philosophie, 1923, p. 117. 2. L'action d'Auguste Sabotier. Tandis que le calvinisme franc us ;t Ut linsi discoci travaille affaibli la pense allemande finit de le conqurir, grce un homme de trs grande valeur intellectuelle, thologien subtil, historien averti, crivain-n, vritable ouvrier des lettres, Auguste Sabatier. Jusqu'en 189(i son influence s'tait surtout exerce sur ses lves et un groupe d'amis, Sabatier enseignant la thologie l'universit de Paris. Mais, en 1896, le grand public fit un accueil triomphal son livre intitul Hxquisse d'une philosophie de la religion d'aprs la psychologie et l'histoire. Sur l'action exerce par ce
la

nous montre la succession progressive de la religion primitive, infrieure et grossire, volue puis devenue bbrafsme, qui lui-mme a volu et est devenu le prophtisme, l'vanglisme et finalement le christianisme, foute cette histoire, dit Sabatier, aboutit Jsus. Celui-ci a simplement rveill la pit. Or, on a cras son uvre sous une armature dogmatique. Sabatier explique cette dformation par l'volution de la primitive religion du Christ. Elle a chang, en passant par les tapes de la premire gnration chrtienne, puis celle de saint Paul, qui a systmatis ce qui tait une ellusion du cur du Christ, puis celle des vangiistes, puis celle des philosophes hellniques et enfin celle des docteurs du haut Moyen Age. A travers toutes ces tapes se sont formes, cristallises, enrichies et mtamorphoses des formules thologiques et philosophiques, que l'on appelle des dogmes. Ils naissent d'un besoin de l'me chrtienne. Ns du cur, ils deviennent la proie de la raison, qui ratiocine sur eux selon des systmes de philosophie rgnants. Ils sont ainsi toujours retouchs, en fonction des systmes en vogue. Ils sont donc relatifs et n'ont qu'une valeur de symbole. Ils demeurent comme des images toujours changeantes, qui refltent des penses toujours en devenir. Sont vivants les dogmes qui suivent ces modifications de la vie. Ceux que l'on a figs en des formules dfinitives sont dj morts, tant inadquats aux besoins des mes toujours renouvels. L'histoire enseigne donc l'origine humaine des dogmes. Ces ides, Sabatier les dfendit, les fortifia par d'innombrables articles qui accrurent son prestige et dcuplrent son action. Quand il mourut (1901), il avait rellement modifi le calvinisme traditionnel. Aprs la mort de Sabatier, on fit paratre de lui, en 1904, un ouvrage non moins essentiel, intitul Les religions d'autorit etla religion

volume, nous pouvons en croire M. Mngoz, qui l'appelle le plus grand livre dogmatique de la thologie protestante depuis l'Institution chrtienne de Calvin . Et, en effet, le calvinisme franais est encore, l'heure actuelle, sous l'influence directe de ce livre, qui. a presque relgu dans l'ombre celle du grand livre de Calvin. Il est donc important de connatre les ides fondamentales o s'appuie la dogmatique calviniste
actuelle.

L'Esquisse est une adaptation l'esprit franais des multiples systmes labors en Allemagne au xix e sicle. Ce fait, aujourd'hui reconnu, nous permet de rpter que le calvinisme actuel a fait preuve d'une originalit de pense fort mdiocre et, d'autre part, d'une incroyable soumission la pense de thologiens luthriens. Ainsi s'est accomplie la fusion des dogmatiques des deux sectes de la Rforme. a) Sabatier analyse le concept de religion. A la manire de Schleiermacher, il y voit une cration de la conscience, crase par le sentiment de sa dtresse, et objectivant ses besoins et ses aspirations. Toute religion positive implique la notion de rvlation. A la manire de Lessing, Sabatier rduit la rvlation aux conceptions de plus en plus hautes que la conscience se cre elle-mme au cours de ses expriences. Toute religion positive enclt sa rvlation dans un livre, qui est pour le christianisme la Bible. A la manire de Lessing, Schleiermacher et RitschI, Sabatier ne conserve de la Bible que les pages utiles nos mes, qui prsentent une valeur morale. Pour les autres, rcits, histoires, dcrets rituels ou formules dogmatiques, l'esprit de vie n'est pas l . b) Sabatier analyse alors les concepts de miracle et d'inspiration, qui sont les motifs de crdibilit invoqus par les religions positives, et particulirement le christianisme. Le miracle est ce que la pit admire et ce que la science refuse d'admettre. L'inspiration est une extase qui devient, par le travail de sublimation naturel aux prophtes , une divine possession de l'homme par l'esprit crateur. Ainsi, la religion repose sur deux illusions. Voil ce que la psychologie enseigne des origines de la religion. c) Et voici ce qu'enseigne l'histoire: la loi des faits, c'est la loi de continuit par volution (thse de Hegel). II n'y a pas de commencements absolus. Tout va de l'imparfait vers une perfection indfinie, qui peut-tre ne se ralisera jamais en perfection totale. Or, la religion se donne comme un commencement, parfait ds son origine. C'est une contradiction la loi de la marche du monde. Donc, il convient de prendre ce qui est le fond mme de la religion positive (le dogme) et de montrer que, comme toute chose, il a t soumis au devenir. Sabatier brosse alors un tableau fantasmagorique des tapes parcourues par l'ide de religion. L'histoire

de l'esprit.

Les religions d'autorit, on s'en doute bien, c'est d'abord le catholicisme, dont les deux organes d'autorit sont le pape infaillible et l'glise divine. Sabatier prtend exorciser ces deux fantmes par l'histoire, en montrant l'volution des ides qui les a naturellement fait clore. L'infaillibilit pontificale, Sabatier prtend en fixer les origines humaines, aprs avoir tabli qu'elle tait trangre la premire communaut chrtienne. L'glise divine Sabatier prtend qu'elle n'a rien de
:

divin, tant une cration assez tardive du labeur ecclsiastique et clrical. Le Christ ne l'a ni voulue ni institue; les thories pauliniennes l'ont peine dgrossie;
les traditions

juridiques grco-romaines ont assur son les vnements historiques du Moyen Age ont dfini son armature. Quant ses organes essentiels, piscopat et papaut, l'histoire en montre les origines humaines et la formation tardive. Telle est la partie critique o Sabatier prtend avoir raison du catholicisme religion d'autorit II y a une autre forme d'autorit celle qui est donne non des hommes, mais un livre. Ainsi du protestantisme, qui n'admet que l'autorit de la Bible. Sabatier examine la valeur de ce livre et tablit l'illusion de cette autorit. On apprend alors que la Bible est d'origine purement humaine, que son seul but tait d'ordre pratique, crateur de vie et non rgle de foi, que le canon des Testaments est sans valeur, que doit tre regard comme divin tout livre profitable la pit, que doivent tre exclus de ce canon tous autres livres, mais qu'on peut introduire dans le catalogue sacr d'autres uvres trangres, telle l'ptre de Polycarpe, o cirinspiration plus apostolique que dans la cule une seconde ptre de Pierre La conclusion est que nulle autorit externe (institutions, hommes ou livres) n'est productrice de la vraie religion et que la seule autorit de l'esprit, c'est--dire de la voix de la conscience et du sentiment, doit dcider les mes religieuses.

organisation;

>-.

PROTEST
...

IN
I

ISME. LE CAL INISME,


C'est dans l'en millime exerce

VOLUTION
.

S7S

La pmtit calrimste actuelle. semble de CM mouvement-, et dans

vritables par a. Sabatier qull faut rechercher les D'uni put. .ruines de l.i pense calviniste .utuelle. sponceUe-d est caractrise par un manque absolu de suivre les thoriciens tanit; elle n'a gure fait .pie lu allemands, > autre part elle diffre essentiellement vritable cou calvinisme le Calvin. Elle a ralise une pure entre deux protestantismes, qm s'opposent comme la libre pense s'oppose la croyance. La dogmatique de Calvin tait prcise, imprieuse et somme
l
.

d'autres encore, pie l'on dclare Irrecevables Dans lo Nouveau Testament, un esprit cultiv .lesiis. de sa mort les rcits de la naissance virginale de l'acte de foi. et de sa rsurrection seront rejets de L'histoire nous demande de les sacrifier, niais M. Men les interprter gOI propose le les sauver, condition de bien

pour

>

ealvitoute anime l'une foi profonde, l.a dogmatique du niste utuelle repose sur des principes ngateurs

!< correctement Par exemple, souvenons nous que Christ enseignait faire liait re en soi un homme non dans la veau. Cette notion morale s'est concrtise prtondue naissance de l'homme nouveau, par la est volont du Christ sorti du tombeau. Or. l'vangile historiques, comme l'on donne que faits de rempli contre toute vraisemblance. L'glise va-t-elle imposer

dont surnaturel et est oriente vers un naturalisme nous verrons les manifestations. Enfin, elle est caracIntellectrise par une Incoercible closion d'anarchie ou radicale - du tuelle, qui pousse l'aile gauche le calvinisme franais a perptuellement retoucher dogme traditionnel dans un sens de plus en plus ratio nahste et antichrtien, et qui met l'aile droite - ou

faisant aux chrtiens la croyance ces rcils, en en M. Mngoz enseigne que une condition de salut ? sous la l'on doit librer la foi de l'histoire et n'envisager gangue des faits que le pur enseignement du Christ.

orthodoxe eu posture
dfaite.
lin

ainsi pie
le

On

le

irrsolus. le entre, groupe les combattants trop souvent rsigns la Bervit bien en 1010. au congrs tenu

A plus forte raison faut-il librer la foi de la philosophie qui pntre les concepts religieux. La mtaphysique emplit la religion de ses alTirmations gratuites. Dgager la formule de foi do l'apport do l'esprit philosophique. C'est lui restituer sa puret primitive. Or, la
vrit evanglique a t dforme par la

mtaphysique

par le protestantisme libral, puis en 1012. la Pans. runion que tinrent au temple de l'Oratoire, a lu centre des les reprsentants officiels le la gauche et par concesses reformes. On recherchait l'union \ rciproques. M. Mngoz nous apprend que. s'il du eut des concessions, elles vinrent toutes de la part centre, pii eedait et abdiquait, tandis que la gauche ne faurenonait a aucune de ses thses rationalistes. Il pas drait tre aveugle, ajoutait M. Mngoz, pour ne voir les infiltrations continues et progressives du Bdbme dans les milieux de la droite... L'orthodoxie
-

platonicienne du Logos, d'o drive le dogme de la prexistence ternelle de Jsus; par la philosophie paenne d'Aristote ou des Alexandrins, ou des penseurs de l'Orient, qui sont responsables de la christologie mystrieuse des Livres saints. A plus forte raison, les

> sur toute la ligne. J'en parle bon escient. no faut donc plus parler de doctrine calviniste, mais de doctrines provisoirement acceptes par des ces fractions opposes du calvinisme franais. Parmi fractions nous distinguerons, suivant l'ordre chronologique des faits, celle qui s'intitule le groupe des puis le groupe du christianisme social, le groupe enlin qui commence poindre dans des milieux sources calvinistes en qute d'une foi retrempe aux

s'eflrite
li

Elle est professe svmbolo-fidistes , ou symbolistes , qui par les reconnaissent comme chef le pasteur E. Mngoz. Collgue d'A. Sabatier la facult de thologie de Paris. M. Mngoz avait surtout retenu de l'enseignement de son collgue la valeur de l'explication symbolique des dogmes chrtiens. Il restait tirer les consi

traditionnel le a) La doctrine symbolo-fidiste.

formules dogmatiques nonces par les conciles sontmtaphysiques elles sous la dpendance des diverses l qui avaient alors la faveur de l'glise. Il n'y a rien de la parole de Dieu . Que reste-t-il. au terme de cette double tentative d'liminations, comme objet de la foi ? M. Mngoz prtend bien que le fait mme d'prouver de la complaisance pour certaines paroles des Livres saints est signe rvlateur de l'action de l'Esindpendant prit. Un facteur mystrieux, spirituel, de notre esprit et le pntrant nanmoins au point de Saintse confondre avec lui, agit en nous; c'est le mais Esprit. Fait d'exprience intime que l'on sent, des qui ne se dmontre pas. Ayant fait bon march des textes solides, qu'il est possible de juger d'aprs mthodes prcises qui ne nous font point perdre pied
et quitter la ralit.

M. Mngoz s'vertue nous persuader de cette action mystique, indmontrable et


coup sr. Vainement prtend-il que Dieu immanent dans l'esprit de l'homme nous est immdiate, perue par la conscience , que nous trouvons l dans le domaine de l'intuition spirinon tuelle de cette certitude morale qui est le rsultat de la rflexion ou du raisonnement, mais d'un tmoignage intrieur portant en lui-mme le cachet de la vrit . Tous ces mots cachent mal la part d'illuminisme qui est celle de cette nouvelle doctrine. Que l'intuition, dont un esprit averti ne voudra admettre, non sur une la ralit que sur tmoignages probants et prtention d'me en proie l'illusion, soit la condition de l'acte de foi, au sens de ces mythologues du symbodfiance lisme, c'en est assez pour veiller toute noire une l'gard du contenu mme de cette foi. En voici vue d'ensemble, qui permettra do juger des innovations apportes par cette dogmatique fidistc. M. Mngoz dcouvre d'abord au cur de l'homme un sens aigu de sa misre. C'est le sens du pch, qui s'accompagne d'une aspiration vers un bonheur, consiinsaisissable,

l'action de

quences extrmes de ces principes. M. Mngoz s'y employa. Le croyant, dit-il ne peut exprimer sa foi que dans le langage de son temps, et cette expression tributaire de la conception du monde formant l'atmosphre spirituelle dans laquelle il vit. L'objet de foi dpend donc de la philosophie et de l'histoire, qui sont les facteurs matriels de l'expression dogmatique. Ainsi, il faut dgager la foi de l'histoire ou, en d'autres Livres sacrs tout ce qui est apport tana
historique, rcits de la Bible et rcits du Nouveau Testament. Or. il n'y a pas. dans la Bible, un seul rcit que on soit autoris a riger en article de foi . Bien plus. ces rcits sont suspects, du seul point de vue historiI

que On considre les rcits bibliques comme divinement inspirs et l'on s'efforce d'imposer aux chrtiens la croyance a ces rcits, alors que leur historicit Oe cela, est controuve ou du moins fort contestable. M. Mngoz ne doute pas depuis que les sciences
:

ont dcouvert de prtendues ontradict ions On jette par-dessus bord les s de la cration, du paradis terrestre, de la chute, du dluge, de alliance de Jabv avec son peuple et
:elles

rcits bibliques.

dr comme la dlivrance, le salut de l'homme libr du pch. Possder la certitude que l'on a secou sa misre et son pch, c'est avoir le salul. Or. c'est Dieu qui rvle clic certitude lu salut. Survivance luthrienne, dont M. Mngoz convient lui-mme qu'elle mais cela, ajoute! prsente de grandes difficults Cette affirmation il, ne prouve rien contre sa vrit
.

8 7!)
est

PROTESTANTISME. LE CALVINISME, KVOLUTI<>\


trange,
lu

880
:

d'une logique l'tablissement

mais

elle

es!

ncessaire

conscience suint

symbolo fldisme, car, si la prendre une connaissance certaine

.le suis, disaitl'affirmation renforce de son principe il, Intimement convaincu que cette doctrine est con-

de ses souillures et de sou lection par Dieu, ce sentiment Intime constitue; la vraie religion, h toul le re te
est surrogatoire. Reste tablir ce qu'un chrtien peut attendre de cette action de la conscience claire par Dieu. O'aprs
il peut en attendre la rvlation immdiate de Jsus. Le chrtien, en effet, pouss par l'Esprit-Saint, dcouvre devant lui la figure du Christ et s'aperoit, par une intuition mystrieuse, que jamais homme n'a peru plus clairement et plus purement le tmoignage du Saint-Esprit, que jamais homme ne fut aussi qualifi pour rvler au monde la pense de Diou . L'expdient saute aux yeux; un fidiste n'accorde aucune attention aux tmoignages externes de ce rle de Jsus ni textes vangliques, ni miracles, ni rien de semblable. Il fallait cependant sauver du naufrage la personne de Jsus on la rend sensible aux yeux du curl... Mieux encore, ce Jsus nous parle, et nous entendons sa voix. Nous la reconnaissons pour la voix de Dieu, car elle est en pleine harmonie avec la voix divine dans notre conscience. Cette merveilleuse plasticit de la conscience, laquelle les fidistes doivent bien accorder de singuliers privilges s'ils veulent donner un minimum de crdibilit leur foi, remplace les critures, les miracles, les motifs externes de la croyance. C'est la premire transformation que la doctrine de ces no-calvinistes a fait subir au principe cher Calvin de l'inspiration du Saint-Esprit en chaque lecteur de l'criture. Voici ce que devient un autre axiome calviniste le dogme de la justification par la foi. L'vangile se rvle comme un message de pardon apport par Jsus aux pcheurs, la seule condition qu'ils aient foi en un Dieu d'amour. La clef de ce message, elle est dans ce texte Celui qui croit celui qui m'a envoy a la vie ternelle , c'est--dire sera sauv, est dj sauv. Qu' cette leon d'amour rdempteur se rduise l'essence de l'vangile, M. Mngoz s'en dit assur par un mouvement de sa conscience. Et aussi que les deux Testaments n'ont pas une autre signification Quand nous tudions ces documents, nous y retrouvons, sous les expressions les plus varies, la profession la plus unanime et la plus harmonieuse de la doctrine de la justification par la foi. Le fidisme sauve donc un second principe de la doctrine calviniste, mais quel prixl Calvin lui-mme n'aurait pas voulu de ce fondement doctrinal, tay sur un aussi capricieux subjectivisme. Quoi qu'il en soit, sur ces deux piliers authentiquement calvinistes, les fidistes n'difient aucune doctrine vritable. Leur thologie est essentiellement ngative. liminer tout ce que notre raison ne saurait s'assimiler, voil le principe de la thologie vanglique moderne. Si la raison dclare inassimilables les donnes vangliques, que fera la thologie moderne? Soumettre la raison un principe mystique qui la dpasse? Ou rejeter l'vangile? M. Mngoz a aperu le danger et, pour l'carter, a cru dcouvrir en effet un principe mystique suprieur la raison. Nous avons, dit-il, le sens des affinits spirituelles . Expression vague, mais commode expdient pour conserver, au nom de l' affinit , ce que la raison rejetterait, au nom

lui,

les fldistes,

forme l'enseignement de Jsus-Christ. Autour de on tait beaucoup moins convaincu, et l'on observait que cette faon toute subjective <ie proclamer ce qui, dans les Ecritures, <?//7divin, constituait un abus de l'autorit et qu'on devait s'en tenir a proposer ce qui paraissait divin, sans imposer un verdict. La critique de M. Lobstein, dont nous rappelons ici le point principal, porta coup et conduisit M. Mngoz a avouer que toute sa thologie tait le produit de ses impressions . Il n'en faut pas davantage pour apprcier cette doctrine impressionniste. En voici le schma: pour Jsus-Christ, l'unique condition du salut, c'estla foi, qui se confond avec la repentance et le don du cur Dieu. Le Christ n'a jamais fait dpendre le salut de la croyance des formules dogmatiques ou des
pratiques rituelles. Ainsi, nos erreurs doctrinales, si notre foi est vive et le don de nous-mme Dieu total, ne nous seront pas imputes. (Luther disait que la foi couvrait les pchs, mme nombreux, mme normes.)

D'o indiffrence au contenu dogmatique, non par


(les fidistes se dfendent d'tre des agnostiques), mais par fidlit aux prceptes du Christ. De ce no-calvinisme, M. Mngoz a os crire qu'il tait conforme aux dispositions actuelles des esprits et rpondait aux besoins des temps modernes . Il assure mme que cette doctrine est la conception vraie et le

agnosticisme

dveloppement normal du dogme de la justification par la foi . Cela a pu tre vrai pour la gnration forme par l'cole librale de 1890, mais ne l'est dj plus pour la gnration de 1930, qui cherche la ralit et se
reprend croire l'intelligence. Le symbolo-fidisme apparat dj comme un vestige d'une pense abme dans la poussire du pass. b) Le christianisme social. Il faut se rendre compte des effets dsastreux obtenus parmi les rforms par l'offensive des libraux et par l'aveu de la dfaite proclam par les fidistes, qui, renonant lutter, se rfugiaient dans une foi de sentiment et d'irrationnelle certitude. En 1927, un organe protestant, vangile et libert, adjurait les pasteurs d'enseigner carrment et ouvertement aux fidles les rsultats de la critique la plus ngative, qui enlve au Nouveau Testament toute valeur historique et dogmatique. On entendit en effet des sermons dans le genre pamphltaire, o l'on fixait les bornes de la croyance moderne Non, JsusChrist n'a pas vers des larmes et su du sang Gethsmani pour l'amour d'une glise hirarchise,

ou sacramentaire, monacale ou pour l'amour d'une glise luthrienne, calviniste ou wesleyenne. Il n'existe ici-bas aucune glise particulire qui, mme vanglique, mme librale, mme protestante, se propose expressment les fins morales, sociales et spirituelles que le Rvlateur avait en vue quand il groupa autour de sa personne les douze aptres. Les catholiques s'garent lorsqu'ils attribuent au prophte de Nazareth la fondation d'une glise sacerdotale. Les fils de la Rforme se trompent quand ils veulent ramener le christianisme du Christ l'affirmation de la pense libre et de l'individualisme religieux. Quel contre sens! Il n'est pas venu inaugurer une acadmie, mais lancer
doctrinaire, ritualiste

mystique, ni

mme

de

la

vraisemblance humaine.

Notre conscience

reli-

gieuse sent ce qui est religieux, et notre raison natuqui rentre dans l'ordre des choses scientifiques, historiques et philosophiques. Instinct divin, disait jadis J.-J. Rousseau. M. Mngoz ne dit rien de plus fort, et tout cela n'a pas laiss de provoquer le sourire parmi les rforms eux-mmes. L'inventeur de ce sens exgtique, religieux, moral, fut pris partie par M. Lobstein et ne trouvait d'autre rponse que
relle sent ce

un mouvement, un programme d'action fraternelle pour l'extirpation du pauprisme et de la guerre... W. Monod, Notre culte, Paris, 1927, p. 12-13. C'est
d'une belle assurance. Ainsi, le monde entier aurait fait erreur sur la pense de Jsus, erreur sur la notion d'glise, sur le contenu dogmatique de l'vangile, sur les concepts religieux qui commandent le systme
chrtien. En 1911, les attaques taient devenues
si

pressantes

que M. Henri Bois lui-mme, adversaire de

l'cole lib-

PROTESTANTISME. LE CALVINISME, VOL1 flON


m>m drapeau, philosophiques et il, ne nous permettent orthodoxe de la limite,
rule. repliait

882

ou presque. Nos conceppsychologiques modernes, gure d'admettre le dogme qu'il a t formul dans le symbole Quicumque. Revue de thologie, 1911, p. 300La divinit du Christ sombrait <iu mme coup, et La vraie l'on en convenait avec quelque rticence.
tions
t
<.

Les espoirs furent grands, cl les premires manifesta tions du groupe naissant loi tapageuses. \ Bergerac,
I

en 1926, ou ne parlait de rien moins que d'assurer. la rnovai ion spirituelle grce a la nouvelle exgse, ci sociale du protestantisme . Ces tendances s'allirmaicnt aussi parmi les sectes de l'Amrique, sous le titre de Fdral council, ov Conseil
fdral des glises du Chrisl en Amrique, s'elail organis eu 1908, Philadelphie, un ser\ Ice d'entr'aide qui. pour tre efficace, glissait sur les oppositions doctrinales et ne retenait que le rle de coopration sociale joue par les glises chrtiennes. Le secrtaire du Fdral council tait le docteur Charles Macfarland.

encore, n'est-elle pas qu'il faut car ter le dogme de la rrinit ontologique, pour revenir au vrai monothisme des prophtes et de Jsus, et qu'il faut renoncer a une conception de la prexistence du Devant cette expansion de la critique ngaChrist 1 d'origine germanique, il semblait que le christianisme ne pouvait tre sauv, dans l'Ame prolestante. que par un dtour de la logique. On abandonnera tout
conclusion, dit
il

lequel entrait

compltement dans les vues du chrisl ia nisme pratique qui s'laborait en Europe. Et, comme

contenu doctrinal, purement dogmatique; on ronon cera appuyer sur la raison la vrit chrtienne: on et. dans l'enseifera appel aux forces du sentiment
lo
>

les Eglises piscopales amricaines, runies en congrs Cincinnati, eu 1910, dcidaient de fonder l'eut r'aide protestante sur une certaine unit doctrinale concer-

gnement de Jsus, on dcouvrira un grand cri de piti humaine. Grce a quoi, le prestige et l'action le ingile pourront tre prservs pour une priode
indfinie.

nant

order),

M. le pasteur W. Monod nous servira illustrer cette nouvelle tendance du calvinisme franais. Parlant un jour aux fidles de l'Oratoire sur le Credo, il formait ainsi leur me croyante. A quoi bon, s'crialt-il, une confession de foi? Toutes, elles sont l'uvre d'un travail sacerdotal, qui couvre et altre le donn primitif -clique Abolissons-le donc dans le culte, et rallions-nous sur le terrain des sentiments. I.a logique l'et en effet demande, si les prmisses sont exactes. Mais s'agit bien de logique! Un tour d'esprit va rin- ce qu'une hardiesse avait condamn. Abolir le Credo, c'est ouvrir la carrire toutes les fantaisies biques des fidles. Or. l'glise ne peut vivre sans une foi qu'elle proclame et rpand. Un credo est donc inutile et prcieux; vestige d'un tat d'esprit sacerdotal aboli et moyen ncessaire de cohsion. Mais qu'on ne donne a ces formules aucune dfinition trop prcise. une ne les reconnatrait pour siennes, car il n'y a pas deux chrtiens qui versent dans ces termes le
:
'.

gouvernement de l'glise (jailli and apparut urgent de raliser une autre union, moins doctrinale que pratique. Sous l'inlluencc de l'archevque luthrien primai d<- Sude. Nathan Sderblom, on dcida, en 191 1, Upsal, le fonder un
la foi et le
il

groupement pour

la

Vie

et

l'action (Life

mut

u/ork).

Le

Christianisme devenait, l encore, un lment de pro grs social, une condition de civilisation particulire, mais non un credo auquel s'obligeaient ceux qui voulaient vivre de sa v ie divine. Le courant Life and WOrk a travers le protestantisme avec une force accrue par le prestige et l'action rellement habile de Nathan
1

mme
Op.
cit.

contenu

intellectuel,

mural

ou

religieux

A l'Image de ce rnovateur du culte calviniste, certains pasteurs se dclaraient excds de la traditionnelle prdication et bien rsolus prcher un Evan.

uon mutil =. A. Ducros, Le mouvement social actuel dans le protestantisme franais, Cahors, Mors, on vit des pasteurs qui, ngligeam doctrinal et le contenu spcifiquement eux de l'criture, s'acharnaient classer les texicres d'aprs leur enseignement social. In vif courant de sympathie se dclara pour deux pasteurs morts rcemment. Oherlin et Fallot. dont la piincipale originalit avait t de rvler a leurs coreligionnaire-. les doctrines sociales de l'vangile Marc
gile

complet

et

Sredcrblom. En 1917. les Britanniques y adhrent; en 1920, quatre-vingt-dix -dlgus de diverses sectes europennes et amricaines se runissent Genve afin de prparer une vaste confrence cumnique qui runirait enfin tous les proleslantismes sous l'tiquette du christianisme pratique. Sderblom est choisi comme prsident de la commission europenne; l'archevque de Cantorbry, de la commission anglaise; le presbytrien A.-J. lirown, de la commission amricaine. Sderblom dcidera bientt les orthodoxes s'unir au mouvement. Lu 1921, il prside en effet son comit Peterborough et obtient l'adhsion du patriarche de Constantinople, qui dlgue auprs de lui Mgr Germanos, archevque de Sleucic. En 1923, le mouvement a gagn les glises de vingt-trois nations qui se font reprsenter au concile de Zurich, lai 1921, congrs de Birmingham, o se runissent quatorze cents dlgus des glises d'Angleterre et d'Amrique, et o l'on traite uniquement les questions politiques,

pense de T. l-'ullol, Paris, 1926, Tout cela paraissait si neuf et si opportun, en ce moment de cruelle anarchie doctrinale, que le Hev. Charles Macfarland osait s'crier .Vous avons ivert le principe divin du monde moral; le principe de l'unit dans la diversit. Unit des curs ints pour la richesse sociale des leons vanliversit des intelligences sollicites par des ns de plus en plus divergents, sans dommage pour l'unit essentielle. Le calvinisme semblait avoir son principe dvastateur 1 la libert Individuel* rit enfin devant un vangile nouveau, :t>un christianisme plus jeune, intelligent, actif, ainsi que disait un curieux manifeste paru en 1896. On proposa de l'appeler le christianisme pratique , iristianismt et le pasteur Gounelle les chrtiens soliri;, listes .
et la
: :

Boegner, La oie

conomiques et civiques, c'est--dire, le programme du christianisme pratique (British confrence on ChrisLu 1925, le tian polilics, conomies and citizenship) congrs de Stockholm marqua l'apoge du mouvement Life and work, car les questions doctrinales y furent, de parti pris et pour cause, laisses de ct, tant, soulever l'une quelconque d'entre elles, on redoutait l'invitable scission. Ce fut un congrs de thologiens, mus en jurisconsultes et faisant ligure de philanthropes, qui aborda le problme du foyer, celui de l'ducation, mme celui des races, et les questions conomiques du travail, du chmage, avec une timide discussion des devoirs politiques, des conflits qui peuvent opposer la conscience individuelle aux lois de l'tat, et des
,

I..-

devoirs dcoulant de la vie internationale. En 1927, le mouvement du christianisme pratique sembla fortifi par la fondation d'un Institut international du christianisme social, sigeant Genve. En 1928, un congres se tint Prague, o les dlgus des Eglises parlrent dans l'absl rait du dsarmement. La dernire session du comit excutif du conseil cumnique du christianisme pratique, tenue du 9 au 12 septembre 1933, en Yougoslavie, sous la prsidence de l'es que anglican de Chichester a rendu plus sensible celle faiblesse vieux
;

ss:i

PROTESTANTISME. LE CALVINISME, VOLUTION


i

platoniques contre l'antismitisme hitlrien, inquitudes sur certains aspects de la rorganisation ecclsiastique par le rgime hitlrien; mais de directive assure, aucune. il nous reste dfinir les principes lu christianisme pratique. Deux oui une importance fondamentale; l'un, d'ordre exgtique, qui rduil l'essentiel de l'vangile la notion, pour ainsi (lire matrielle du royaume de Dieu; l'autre, d'ordre moral, qui fait dpendre la conception de la religion du droit reconnu chaque tidlc d'assurer son salut .

terrain de la vie en laissant de cot les questions doctrinales, liturgiques, ecclsiastiques . Message de Stockholm la clirtient, 2. Tout le protestantismi trouve ainsi secou sur ses bases. Il a'\ait enseign le salut par la foi sans les uvres; on proclame que le
i

Cherchez premirement le royaume de Dieu et sa le reste vous sera donn par surcrot. du Christ, le protestantisme luthrien avait donn une exgse particulire. Partant de son principe fondamental, le salut par la foi seule, il considre les uvres comme intolrables lorsqu'elles prtendent tre source et moyen de saintet, et comme acceptables lorsqu'elles n'entendent que manifester et extrioriser la saintet issue de la foi. En consquence, l'glise ou royaume de Dieu comprend un domaine invisible, qui est le royaume de la foi (glise invisible, seule ncessaire), et un domaine o s'exercent les uvres, diriges par des organismes contingents qui sont des glises visibles, la rigueur non ncessaires au salut des fidles. L'homme intrieur demeure tran

justice, et tout De celte parole

salut s'< pre par les uvres, sans la foi des formules contingentes. Il avait dnonc la corruption radicale de l'homme qui le rendait incapable de bien; on proclame que l'homme a des sources profondes d'activit bienfaisante, qui peuvent transformer ce monde mauvais. Il enseignait que la religion est affaire de conscience individuelle; on proclame qu'elle n'est rien si elle n'est sociale. Il enseignait que le rgne de Dieu s'opre dans les mes et ne concerne que l'me regnum Dei intra vos est; on proclame que le rgne de Dieu se confond avec la rgnration d'un monde qui aspire dnouer l'treinte du malheur. Ce sont l des antinomies indniables qui expliquent les conflits qui clatent, de temps autre, entre les disciples de la pense de Luther et les nouveaux docteurs du christianisme pratique. Ceux-ci font d'ailleurs grand tat d'un second principe, auquel ils ont donn une allure tapageuse. Tout
:

ger aux manifestations des uvres et des glises. La voil le royaume de Dieu; tout le reste est indiffrent. Or, ce reste est tout le domaine moral, civil, politique, conomique, rituel. Aspects humains de la vie vritablement religieuse, ils n'intressent pas Luther, qui les abandonne au monde, au pouvoir sculier. Ainsi fut fonde la thorie qui lgitima l'intervention constante de l'autorit publique dans la vie de l'glise, thorie qui a fait, au plus haut degr, des glises d'Allemagne des glises d'tat. Maurice Goguel, Lnlher, 192(5, p. 23. Et, comme Luther apercevait dans l'ptre de saint Jacques sur la ncessit des uvres la contradiction inconciliable, il dcida que saint Jacques avait dlir , que son ptre tait de paille et contraire Paul et toute l'criture sainte . L'exgse luthrienne ne semble pas avoir caus une inquitude particulire Calvin. Son ecclsiologie, quoique dpendant du principe du salut par la foi seule, fait une part considrable l'organisation matrielle de la communaut et de l'tat, qu'il s'efforce de convaincre qu'il a un rle jouer celui de lieutenant de Dieu. De l son souci trs profond des applications pratiques de l'vangile dans le domaine moral et social. C'est ce que l'on a appel l'activisme calviniste . Le royaume de Dieu se conquiert par la foi, mais s'organise par les uvres. Les chefs du moderne christianisme pratique ont chang tout cela. Pour eux, la vraie notion du royaume de Dieu, c'est prcisment dans un texte de saint Jacques qu'on la dcouvre, o la religion est celle qui protge les orphelins et prserve des souillures da inonde . Jac, i, 27. Voil l'essentiel; tout le reste est secondaire. Mais quel est ce reste? Rien de moins que les formules de la foi, les symboles, les dogmes, les sacrements, et, d'une valeur moindre, les questions liturgiques et l'organisation ecclsiastique. Voil ce qui doit tre subordonn l'action, car le salut est attach non pas aux croyances, mais aux uvres. Les sentences du jugement dernier, Mat th., xxv, 31-46, ne suffisent-elles pas l'tablir? Qu'importent donc les diversits de croyances sur la Trinit, la divinit du Christ, la rdemption, la grce, les sacrements, voire sur l'immortalit de l'me et la ralit de la vie future! Le christianisme pratique dclare inutile le souci de rduire les dissidences sur ces principes, mais ncessaire l'effort qui orientera les disciples du Sauveur vers un programme d'activit pratique, et cela sur le
foi,
:

disent-ils, a droit au royaume de Dieu et, par consquent, droit au salut. Ils entendent par l que tout homme a droit aux conditions matrielles de l'existence qui lui permettront de dvelopper en lui la vie chrtienne et de se sauver. On peut retrouver les origines de cette formule dans une confrence que le pasteur Gouth, d'Aubenas, donna en 1887 sur le rle du pasteur dans les questions sociales. Prcher l'vangile n'est rien d'autre que prcher le royaume du Christ, et celui-ci est ici-bas... Nous devons revendiquer pour chacun le droit de faire son devoir, c'est-dire la possibilit matrielle de remplir tous ses devoirs, de dvelopper son individualit, de penser son me dans les loisirs du dimanche et les heures de repos de la semaine, en un mot, de raliser sa destine temporelle, morale et spirituelle. Eugne Bersiei frappa la formule d'aprs ces paroles de piti humaine, et en 1902 le pasteur Gounelle faisait de la formule trouve un principe essentiel du christianisme social. De l les multiples interventions des nouveaux docteurs dans tous les domaines de l'activit humaine vie
<

homme,

familiale, vie professionnelle, vie politique, vie inter-

nationale, problmes des races, de la guerre et de la paix, du droit pnal, et, ces derniers jours encore, interventions l'occasion des tendances racistes, xnophobes et singulirement antismites du protes-

tantisme allemand. La formule paraissant heureuse, clatante et fconde en applications, le christianisme pratique en a fait un considrable usage. En 1925, l'assemble de Stockholm y vit une sorte de mot de ralliement, et son message officiel lanc la chrtient proclamait Le premier droit de l'me est le droit au
:

M. W. Monod justifiait bientt ce principe dans une loquente mais trop personnelle ppraphrase du royaume de Dieu. Cependant, ds 1909, M. Mngoz opposait tous ces exgtes nouveaux une raison de bon sens O M. Gounelle, disait-il, a-t-il trouv dans l'enseignement de Jsus la moindre trace d'une
salut.

ide pareille? Publications diverses sur le //disme, t. n, Paris, 1909, p. 62. Au vrai. cet enseignement est tout plein de proccupations diffrentes la confiance au Pre interdit une excessive sollicitude l'gard des ncessits de la vie. Luther avait ferm les yeux aux sages tempraments de l'vangile et n'avait retenu
:

la confiance. Les docteurs du christianisme social restent sceptiques sur la Providence et ne retiennent que la sollicitude humaine, les uns et les autres se

que

heurtent sur une exgse incomplte, mais que les uns les autres dclarent seule conforme la pense du Christ. De l les conflits qui, surtout au concile de
et

l'Un
les

II

s l'A

NT

I-

Ml

NGL1CANISM
Us
le

E,

ORGANISATION

886

Stockholm, en r.'2.">. ont dross les luthriens contre Ihniels, novateurs calvinistes. L'vque do >.i\>
.

montra

ce qu'avait d'arbitraire et d'insolite

le

sens

la formule adopte par le christianisme social, et le docteur WoM s'leva contre la prtention de rduire l'glise chrtienne a un rle d'intermdiaire politique s mission spcifiquement religieuse, -dire doctrinale. Le docteur Klingemann dnia mne, avec one certaine brutalit, que le progrs des aflalres de ce monde vers plus de charit et de solidaun pas vers la ralisation du rit intamatlonales fut royaume de Dieu La thse luthrienne restait Invio sparation du royaume et de la politique ou de lo l'ordre social. Cependant, quelques luthriens moins fervents se laissrent gagner par les pathtiques adjurations des pasteurs franais Gounelle et W. Monod. A la suite de l'vque d'Upsal, Nathan Sderblom, ils concdrent que les deux conceptions contradic ont beaucoup apprendre l'une de l'autre es
i

congrs vangllques sociaux Naumann pousse hardiment le niouv eineiit a ses consquences e\t renies pour lui. la religion n'est qu'un moyen de transformer la politique, et l'indiffrence au contenu doctrinal n'em pche pas ses adeptes de se pi oclainci du cl ions sociaux.
;

nu

'

elles sont ncessaires toutes les

deux

et qu'il faut

une synthse . Ce fut le prince de Sude qui tira la moralit de l'aventure et fixa l'attitude con venante. Devant ce chaos d'opinions, il proclama que l'unit do confession notait point ncessaire et que les chrtiens avaient un terrain commun o leur activit le terrain de l'action. C'tait rcerait de concert prcisment ce qu'avaient proclam les calvinistes franais, lasses de rechercher l'unit des croyances et rsignes se contenter de l'unanimit les efforts dans l'ordre moral et social. Mais, qu'on le voulut ou non. . cela, dcouronner le christianisme et I.' ravaler au rang d'un organisme bienfaisant, que d'habiles philanthropes manient avec dextrit pour assurer le bien-tre d'une humanit malheureuse. Quels ont t les rsultats obtenus par le christianisme pratique'? Du point do vue de l'action bienfaisante, sans avoir apport des crations d'institutions charitables comreher
:

Aiin de se distinguer de ce mouvement devenu ratio naliste. Stacker fonde les Confrences ecclsiastiques sociales, ou la foi luthrienne est malgr toul prserve et affirme, Enfin, sous l'influence des pasteurs Kutter, Ragaz, 11. util. Hartmann et MennieUe.se sont fonds dernirement des groupes do religieux sociaux, qui accordent beaucoup plus d'importance aux besoins sociaux qu'aux questions doctrinales. Ces groupes oui joui' dans I' Ulemagne moderne un rle inattendu. Sous le fallacieux prtexte pie l'homme doit accepter la volont de Dieu Inscrite dans les vnements, et que la pOUSSe socialiste actuelle est l'une de ces \olontes. ces pasteurs a\ aient enseign la rsignal ion passive. A leur faon, ils ont fait, eux aussi, le lit du socialisme d'tat. On sait comment les excs de ce socialisme ont engen dr mie raction nationaliste d'une force in comparable,
le

mouvement

hitlrien, qui a boulevers ces


religieuses.

concepde

tions

prtendument
tats-Unis,

Aux

ce

fut

Channing,

fondateur

.1

l'unitarisme, qui. vers 1830, rvla le christianisme social, qu'il rduisait d'ailleurs la morale, sans se son eier des symboles de la toi. Vers 1889, sous l'influence dos pasteurs Sheldon et Herron, apparaissent les chrtiens sociaux Les protestants fidles a la COH
.

parables a celles qui existaient dj on toutes les Eglises protestantes, le christianisme pratique a aborde certains problmes sociaux actuels, tels que la lutte contre

pornographie et le malthusianisme. C'est un appoint ix de bonnes volonts: ce n'est pas une croisade mene par des croyants pour la victoire d'un idal relila

gieux.

point do vue des rpercussions sur les diverses protestantes, le christianisme social peut invoquer les succs suivants. Il a organise un comit excutif, qui s'appelle le conseil cumnique du christianisme pratique, lequel groupe l'glise orthodoxe d'Orient, l'glise anglicane dont l'vque de Chichester est actuellement prsident de la session du comit.
ses

Du

-lises i-sucs

de

la

Rforme en Europe

et

on

Am-

rique et l'glise vieille-catholique. Les dlgus de ces diffrentes glises sont-ils la voix autorise d'un grand

nombre d'adhrents ou de quelques initis? En AnglcIc mouvement chrtien social a pris une relle importance. Depuis les efforts de Charles Kingsby trence tenue a Lambetb en 1888 prit

ception luthrienne du royaume de Dieu firent opposition aux efforts de ces novateurs, sous la conduite du pasteur l'eabodv. Mais le scepticisme du protest an lisine libral a fait de tels ravages parmi les sectes amricaines que, pour conjurer un plus grand dsastre, nombreux ont t les pasteurs qui se sont rallis a la formule du christianisme pratique tout pour l'action, sans considration des croyances. En 1908. on convoqua Philadelphie un conseil fdral des glises du Christ, auquel adhrrent trente sectes protestantes, et qui se dclara nettement on faveur d'un programme moral et social, selon les directives du christianisme pratique. Quant aux glises orthodoxes, toujours fidles aux formules dogmatiques, aux -sept sacrements, a la messe, au culte de la Vierge et des saints, des images et des reliques, la hirarchie sacerdotale, toutes choses que les protestants exorcisaient comme idoltries et superstitions, elles sont venues aux divers congrs du christianisme social. 11 fallait les gagner a l'cumnisme du christianisme pratique. Ncessit fut de fermer les yeux sur leur opposition doctrinale. On songeait a les englober dans l'orbite protestante, sous prtext de les fdrer ; mais les orthodoxes n'ont pas tard se ressaisir. Sous la fdration, ils ont voulu comprendre ce que serait l'unit de ce nouveau christianisme. Quant a eux. ils affirmrent, par la voix
:

Kn

1908.

position en faveur des rformes sociales. docteur Price Hughes prchait le sens me du royaume de Dieu. Nous avons, disait-il, rcher le royaume de Dieu et sa justice ici-bas.
le

'nent

rouillards do Londres,
etilanentt,
:t

non dans le paradis. groupes de jeunes gens qui

imprieuse de leur mtropolite, qu'ils no pouvaient songer a s'unir avec des sectes si profondment dsunies entre elles. Ils demandaient a celles ci de raliser tout d'abord cette union dos croyances. Demande impossible satisfaire! Le christianisme pratique termine son effort de fdral ion par un aveu de scepticisme religieux. 11 est l'aboutissement imprvu niais

vangliser
lise

milieux les plus hostiles a l'ide anglicane donne aujourd'hui une Ite vanglisation par les mthodes
les

du protestant isnie libral qui, lui mme, moins une religion qu'une philosophie. Sons son dernier aspect, il n'est plus qu'une cole de philan
ncessaire
tait

thropie.
IV.

charit.

L'anglicaxismi

ictuel.

Organisation.

Kn Ulemagne,

heurta a une diffiparticulire. le luthranisme tant en principe ion pratique du royaume de Dieu. udant. vers Dviu. ), pasteur Adolf Stocker, avec d' \.!..;' \\ agner. Harnack et N'aumann. inaugure
i,-

mouvement

se

Jusqu' ces dernires annes, l'glise anglicane pouvait passer pour avoir conserv sa vieille organisa lion aussi puissante que jadis. Cert ains incident s oui n grand nombre d'anglicans dvoil sa relle ai blesse. reconnaissent que la principale cause de cette faiblesse
I

887

PROTESTANTISME. L'ANGLICANISME, ORG WISATION


est

888

de L'heure prsente
l'tat sur l'glise. l. En Angleterre.

l'rastianlsme

<>u

mainmise de

11 y a en Angleterre et au pays de (.ailes deux provinces ecclsiastiques celle <le Cantorbry, dont l'archevque, primat de l'glise anglicane, a sous sa dpendance trente vques, et celle d'York, dont l'archevque en a treize. Six autres diocses appartiennent l'glise dstablie du pays de Galles. Certains diocses, plus peupls ou plus tendus, sont dots d'vques sufragants, dont l'institution remonte l'anne 1870, sous le ministre Gladstone. Le roi nomme directement par lettres patentes ces suffragants, sur la proposition de l'vque diocsain; ils sont actuellement une trentaine. Ils ne sont ni titulaires ni autonomes et ils peuvent tre congdis par un nouvel Ordinaire. On propose aujourd'hui de soumettre leur nomination la confrence diocsaine et de les faire siger la Chambre haute, sans toutefois qu'ils prennent part au vote. Du point de vue de la hirarchie ecclsiastique, certains dfauts constitutionnels affaiblissent cette organisation. Premirement, les doyens des cathdrales et les chapitres forment un collge lectoral, qui se regarde comme peu prs indpendant. Les vques assurent la surveillance de leurs diocses par les archidiacres et les doyens des districts ruraux. Ce droit d'inspection se borne constater si le desservant conserve la rsidence, n'est pas l'objet de plaintes, observe
:

L'vque accueille celles-ci, mais ne peut refuser l'institution canonique que pour l'un des cinq motifs suivants ge (2 ans) et mauvaise sant, mauvaise mora:

la liturgie officielle et se

conforme au Prayer book.

En

impit, dettes, invalidit des ordres dj reus et simonie. Encore le candidat cart peut-il recourir an tribunal ecclsiastique de sa province, puis au King"t bench, enfin au comit judiciaire du conseil priv. Si l'vque refuse d'agrer la prsentation du candidat, le patron peut le traduire au tribunal du Kiny's bench. L'vque peut avoir discuter les titres d'un candidat avec un patron dissident, juif, libre penseur, et des conflits dlicats surgissent parfois. Aussi se sont crs des trusts qui rachtent les patronats, afin de s'assurer de la nomination des pasteurs. Plusieurs de ces trusts ont une tendance antiromaine et veillent carter les candidatures de clercs anglo-catholiques. Depuis 1898, plusieurs acts ont essay de rglementer l'usage des act de 1898, qui s'attaque la simonie et patronats fixe le droit des vques de refuser l'institution canonique ;act de 1924, qui rgle la vente des advowsons; act de 192.3. qui rgle l'usage de la pluralit des bnfices (complt par un act de 1930); projet de loi de fvrier 1933 pour autoriser les conseils paroissiaux racheter les advowsons ayant chang de mains depuis 1923. En somme, actuellement, sur 13 775 bnfices, 7 000 appartiennent des particuliers, 850 des collges ou des universits, 900 la couronne, 3 000 aux archevques et vques, 760 aux chapitres, 1 265 des curs, soit 5 025 bnfices appartenant l'glise. Les desserlit,
:

tout cela, les liens de subordination se rvlent fort


lches.

D'autre part, la nomination des vques remet aux mains du pouvoir sculier. Par VAct in reslraint of annals de 1534, quand un sige piscopal devient vacant, le roi envoie au chapitre du diocse un cong d'lire with ail speed (sans dlai), cong qui s'accompagne d'une lettre missive contenant le nom de la personne lire. Ne pas lire le candidat du roi serait considr comme un acte de rbellion. Les chapitres s'inclinent donc docilement. Dans le cas contraire, ou s'ils tardent plus de douze jours faire l'lection, le souverain peut nommer lui-mme l'vque par lettres patentes, et le chapitre encourt les peines prvues dans les Statutes of provisors. L'archevque ou les vques qui refuseraient de consacrer le candidat du roi peuvent encourir les mmes pnalits amende pouvant aller jusqu' la confiscation des biens, emprisonnement, privation des droits civils. Comme c'est en ralit le premier ministre qui remplit ce rle de la royaut, il peut arriver qu'un baptiste (comme l'tait Lloyd George) ou un presbytrien (comme M. Mac
l'glise
:

vants nomms par des patrons sont des incumbent. Quelle est la condition ecclsiastique du clergyman ? Il doit dclarer qu'il accepte les trente-neuf articles et le Prayer book, qu'il n'a pas us de simonie, et prter le serment d'allgeance au roi et d'obissance canonique l'vque. Des tentatives, jusqu'ici peu heureuses, ont t amorces pour interdire au clergyman de recourir une juridiction autre que celle de son vque. Mais cette extension de la juridiction ecclsiastique a paru attentatoire aux droits du pouvoir laque qui admet l'appel des tribunaux trangers l'officialit.

Le clergyman bnficier est considr comme propritaire rel de son bnfice, dont il ne rend compte personne et dont personne ne peut le dpossder, sauf pour faute grave prouve devant les tribunaux; aussi,
son indpendance est trs grande vis--vis de son vque et de ses paroissiens. Cependant, quelques procs rcents ont montr que, dans des conflits d'ordre thologique survenus entre parsons et paroissiens, l'vque a dplac le desservant. Depuis 1932, chaque diocse doit tre pourvu d'un Board of patronage, charg de se substituer aux patrons privs. En attendant qu'elle soit dlivre de ce patronat laque, l'glise anglicane subit une emprise civile qui

Donald) fasse prvaloir ses candidats. Quant aux chapitres, rarement essaient-ils de regimber, et leurs protestations restent individuelles et platoniques. Aussi bien sont-ils organiss pour la sou-

mission. C'est en effet le pouvoir civil qui dsigne les doyens des chapitres sur une liste de deux candidats prsents par les chapitres. Le doyen entrane ses
collgues.

somme toute, dommageable. D'autant plus que le conseil judiciaire du conseil priv, tribunal suprme ecclsiastique, comprend quatre laques, assists des archevques de Cantorbry et d'York et de l'vque de Londres, qui y figurent
lui est,

comme membres
Il

consultants, sans voix dlibrative.

qui concerne les diocses des colonies, la nomination des vques n'appartient pas au roi, mais
ce

En

y a cependant une justice ecclsiastique, organi-

se

comme

il

suit

aux

fidles.

L'vque est-il indpendant l'gard du pouvoir pour la nomination aux cures? L'glise anglicane, fidle aux habitudes mdivales, reconnat encore l'usage du patronat , par lequel certaines familles, dtentrices de bnfices ecclsiastiques (revenus, dmes terres, etc.), qu'elles tiennent ou par hritage ou par acquisitions rcentes, ont le droit de prsenter leurs candidats ces bnfices. Quand le patron prsente le nom d'un clerc l'vque, les marguilliers sont requis de l'afficher pendant un mois la porte de l'glise, et ils ont vingt-huit jours pour prsenter leurs objections.
sculier

a) L'vque peut faire comparatre, pour dlit en matire de doctrine et de rituel, l'un de ses subordonns devant la cour provinciale, selon une procdure fixe par le Church discipline act de 1840. b) Contre les innovations des ritualistes, il peut invoquer la procdure fixe par le Public worship rgulation act de 1874. c) Contre toutes sortes de fautes contre la morale.il peut engager, indpendamment de la sentence du tribunal sculier, une action en consistoire diocsain, suivant le Clergy discipline act de 1892. L'vque peut mme faire appel d'une sentence ren-

es

PROTl STANTISME. L'ANGLICANISME. ORGANISATION

890

trois sorte* de procdure, devant une juridiction suprieure. Il peut ainsi voquer une affaire, d'abord Juge a son tribunal appel consistory court, par un juge laque appel chancelier, devant les cours nciales. Ce sont celles des deux archevques: celle s'appelle la cour des arches; celle d'York ili Cantorbr)

duc par lis

ancery court. Chaque archevque j est assist d'un fonctionnaire laque, le vicaire gnral le la province, qui est Inamovible. Au dessus de ces deux cours, esl l.i cour suprme d'appel ou comit fttdlciaire du conseil tribunal pratiquement compos de seuls laques, Institu par Henri VIII. Il faut ajouter que l'glise anglicane est soumise au rgime des assembles ou convocations, institues en l>nur renforcer son autonomie, mais qui n'ont plus aujourd'hui que l'apparence de l'indpendance. l.i n constitue le s) node de la province, et l.i loi reconnat al'piscopal anglican toute libert pour organiser ces runions. Mais, pratiquement, la eonw>cation est doue de privilges illusoires depuis l'acte de soumission du clerg de 1533, elle ne peut dieter de canons sans une permission royale pralable et l'assen tintent du roi ensuite. Les vques ne peuvent d'ailleurs ni modifier les articles de la doctrine, ni la liturgie, ni le droit coutumier, en ce qui concerne le
. :

de l'exgse de l'criture sainte, du Prayer book,.c limite de 11 -lise. Celle de 1908, ou assistrent 242 vques, s'occupa du modernisme, du Prayer book, du mariage et de l'intercommunion, Celle de 1920, ou furent prsents 252 vques, lana un appel retentis s.mt en fa\eur de la runion des glises. Celle de 1930, avec 260 vques, aprs avoir discut sur l'autorit des critures, commit l'impardonnable erreur de dcider sur le />/r//i control, admettant, par une lamentable abdication de 193 VOlX contre 67, les procdes nialllui siens et recevant la communion les dh orcs remaris. Pieu que les dcisions des confrences de I.ainbelh n'aient pas fore de loi. elles sont considres connue l'expression la plus haute des dirigeants de l'anglicanisme, et a ce itre. engagenl la responsabilit de cette glise tout entire. On l'a bien VU l'motion que souleva dans tout le monde anglican, la rsolution de l'assemble de L930 sur le birth control. Mais on a vu aussi comment ces dcisions poux aient tre regardes comme non avenues lorsque les confrences de IH'.ii et de 101 ni condamnrent les innovations des Titualistes romanisants, usage de l'encens, des cierges et de la rser\ e cucharist [que, qui, toutes, subsistrent en dpit
.1
.

clerg.

Tout au plus, leur a-t-on concd la facult d'admettre des vux qui seront ports devant la l.hambre des lords et la Chambre des communes, qui en discuteront en dernier ressort. Ces dcisions lgislatives deviendront alors lois de l'glise, eu sorte qu'une Chambre, en majorit compose de non anglicans, lgifre sur la doctrine et la constitution de
l'glise anglicane!

sont composes de deux chambres LesC chambre haute (upper house I, compose des \ ques lOUS la prsidence de l'archevque, et la chambre basse fhwer house), comprenant des membres d'office et des membres lus appels proctors. En 1932, la c nvoca:

la

tion
et
l

Ci lus, soit
I

de Cantorbry, comprenait 82 membres d'office 225; celle d'York, 31 membres d'office


lus, soit 95.

Au-dessous du synode de la province, il y a les synodes diocsains, rservs l'vque et son clerg, qui avaient a peu prs disparu et que l'on essaie aujourd'hui <le restaurer. Au-dessous, les assembles des, o, sous la direction d'un doyen rural, les urts forment le chapitre du doyen, et les laques une
i

confrence ruri-dcanale. Pour la grance des biens temporels du diocse, ou mme afin d'envisager les mesures utiles au bien gnral. mais sans comptence sur les matires de doctrine, chaqui diocse possde une confrence diocsaine, depuis VEnabling act de 1919. Elle est compose de que. de la chambre du clerg et d'une chambre de laques. Elle se runit au moins une fois par an. Sur ce mme modle, chaque paroisse possde une nble appele Parochial Church council, compose du cur et du vicaire, des marguilliers et d'un certain nombre de laques, lus parmi les communiants inseil paroissial administre les affaires de l'glise, distribue les fonds le secours, tablit le budget, fait oOectes. H reprsente l'lment laque que les reformateurs avaient introduit dans la constitution de
leur
P.

Depuis 1867, l'glise anglicane a superp' institutionnels un nouveau mode d'assemble plnire de tous les vques d'Angleterre et des colorons les dix ans, CeUX-Ci Se rU lissent a Londres. au palais de Lambeth, rsidence du primat de Cantorque toutes ces confrences ont marqu une importante dans le dveloppement de la pense ne. Pour nous en tenir aux plus rcentes, celle ;ui runit 194 vques, tudia les problmes

de ces condamnt ions. Depuis 1919, l'glise anglicane fait un effort dises pr pour chapper au principe de la mainmise de l'tat sur l'glise et obtenir enfin la libert de se gouverner elle-mme. A la suite d'une agitation cause par des mesures vexatoires prises contre le clerg romanisanl de la High Church et le clerg moderniste de la Low Church. le docteur Temple, devenu archevque d'York en 1928, organisa une campagne Life and libcrtij movement, qui aboutit faire voter VEnabling act de 1919, autorisant la cration de la Church assembly. Celle-ci est compose de trois chambres, la chambre des vques, la chambre du clerg, la chambre des laques, dont le nombre oscille entre 320 et 360. Elle se runit une fois par an. sous la prsidence d'un des deux archevques. Elle tudie toutes les propositions qui ont trait aux intrts de l'glise d'Angleterre, mais est incomptente pour donner ses dcisions force de loi. Cela est l'affaire du pouvoir lgislatif civil, et, malgr ses efforts, l'glise anglicane reste toujours sous la dpendance du pouvoir sculier. Aussi, beaucoup d'anglicans dsirent-ils la sparation des glises et de l'tat, qui librerait leur glise, mme prive de certains avantages matriels et honorifiques. Telle est l'armature de l'glise d'Angleterre. 11 nous reste voir quels en sont les effectifs. Il y a en Angleterre (Ecosse et Irlande non comprises), 35 389 993 habitants, qui se rpartissent ainsi environs 3 millions; congrgationalistes, catholiques environ 500 000; baplisles, de mme; mthodistes, environ 900 000; quakers, environ 20 000; mthodistes des (ialles du Nord, environ 300000;/reeC/iurc/(esoumme indiffrents, environ 20 millions; anglicans, environ 7 millions. On compte en outre 3 millions d'anglicans aux tats-Unis et 8 millions en d'autres pays. Le clerg anglican compte prs de 12 800 bnficiers et 1 22 vicaires, soit environ 17 000 clergymen. Depuis le mouvement d'Oxford, le rveil de la vie religieuse et monastique a donn naissance a de vritables congrgations religieuses. En 1810, MaricRbecca Hughes fonde la Socit de la Sainte-Trinit, lai 181"). Pusej fonde? une communaut Park Village West; en 1848, miss Sellon cre Devonport les S02UTS de la Merci; en 1849, Thomas Chamberlain fonde Oxford la communaut de Saint-Thomas le Martyr; de 1850 1860, ou compte cinq fondations; de 1860 1870, sept; de 1X7" a 1880,ix,et, l'heure prsente, l'anglicanisme comprend 58 congrgations de femmes, sans compter les diaconesses, ei une dizaine 'h- congre:

.i

S'il

PROTESTANTISME. L'ANGLIC VN1SME, DOCTR1 NE


d'hommes
:

Socit de Sainl Jean l'vang )."> Society </ the par Benson en sacretl mission, (onde en 1891; communaut <l<- la Rsurrection, fonde en 1892, par Charles Gore; Soci l de la Divine-Compassion, cre en 1894. On obtien drail ainsi de 500 2 000 religieuses et environ 500 religieux. Cependant, l'glise Ignore offlciellemenl ces congrgations, qui parfois se dclarent absolument exemptes de toute juridiction piscopale cl parfois acceptent que l'vque du diocse soit leur visiteur canonique. Quant l'ordre des diaconesses, il date de 1920, o la confrence de Lambeth l'autorisa. La diaconesse s'occupe d'oeuvres charitables, remplit l'office de catchiste, a l'autorisation de rciter a l'glise les prires

nations
liste.

Fonde

durer trente ans. Ces polmiques que provoqua dans toute l'glise anglicane sont loin d calmer. Ces vques, assembls a Lambeth en 1930, se tinrent peureusement dans l'quivoque, mais le groupe anglo catholique, ou est rfugi en ce moment, il ne faut pas l'oublier, la vritable spiritualit de L'me anglaise, protesta contre l'abdication de la foi traditionnelle devant les exigences de confessions, dont quelques-unes sont a peine chrtiennes. Les conflits prirent une acuit soudaine quand on entendit des vques anglais concder que les ministres des m non piscopales, qui ne sont mme pas ordonns, n'en consacrent pas moins l'eucharistie et qu'ainsi l'intercommunion, telle qu'on la propose aux Indes, est tout
loit

cet accord

a fait lgitime.

A l'heure actuelle,

lesthses s'affrontent,

du matin

et

du

soir et parfois d'y prcher.

Rpandues

et les anglicans sincres de l'Inde

aujourd'hui travers toute l'Angleterre, les diaconesses ne sont pas trangres au mouvement qui se dessine afin de leur accorder des pouvoirs plus tendus, la prtrise, le droit de clbrer l'eucharistie et d'entendre les confessions. Quelques vques soutiennent ces trangets contre la majorit de l'piscopat anglican. Au pays de 2. L' anglicanisme hors d'Angleterre. Galles, l'glise anglicane comptait quatre diocses, rattachs la province de Cantorbry. Depuis le Welsh Church art de 1914, ces diocses sont spars, dstablis, et forment, depuis 1920, une nouvelle province indpendante, qui compte aujourd'hui six diocses, sous l'autorit de l'archevque de Saint-Asaph, pour une population de 2 650 000 mes environ. Une assemble, Governing budy, compose du haut, du bas clerg et de laques, se runit une fois par an et dcide des questions doctrinales et temporelles. En Irlande, l'anglicanisme compte deux archevques et onze vques, pour environ (>00 000 anglicans communiants . Un synode gnral compos des trois ordres exerce un pouvoir lgislatif et administratif, dict des canons et lit les membres du Reprsentative bodij. Celui-ci, compos des deux archevques, des onze vques, de treize clergymen, lus un par diocse, de vingt-six laques et de treize personnes choisies parle Reprsentative bodij lui-mme, s'occupe des questions financires et administratives. En Ecosse, l'glise anglicane ou Scoltish episcopal Church, comprend sept vchs pour 00 000 pratiquants, et est administre par le Reprsentative Church council. Aux tats-Unis, l'glise piscopale comprend soixante-treize diocses pour environ 5 millions d'adhrents que dirigent environ 6 300 clergymen. Les vques amricains ont leur tte un prsident, qui, avant 1925, tait le doyen d'ge, mais depuis cette date est lu. Aux Indes, l'glise anglicane, fonde en 1805 et reste jusqu'en 1927 district missionnaire, est devenue indpendante en vertu de l'Indian Church act. glise autonome, elle lit elle-mme ses quatorze vques, et l'tat ne les paie plus. Cet anglicanisme indien prsente aujourd'hui un intrt extrme, depuis la tentative du South India scheme (1929). C'est un essai d'union entre les anglicans de l'Inde (cinq diocses et 400 000 fidles) et les presbytriens, congrgationalistes et mthodistes de ces pays. Commenc en 1919, l'accord fut conclu Madras en 1929. Les conditions dogmatiques de l'accord sont trs larges. On accepte la forme piscopale, mais cette autorit est limite par la coopration du clerg et des laques. La confirmation est facultative, les wesleyens ne l'acceptant pas. La liturgie est bigarre, chaque groupe conservant ses usages particuliers. L'ordination ne parait plus un sacrement ncessaire, puisque les pasteurs non conformistes, qui n'ont reu aucun ordre, sont cependant regards comme vraiment ordonns et peuvent officier dans d'autres groupes. Ce rgime, qui assimile aux des ministres non conformistes, pitres anglicans

rpugnent, de plus en plus, a consommer l'union et l'inlercoininuiiion avec des sectes congrgat ionalistes qui rpudient avec horreur le sacerdoce. La situation est rendue tragique du fait que, sur cette question o se joue la foi mme de l'glise anglicane, les vques de l'Angleterre se divisent la suite des modernistes, ou des timors, ou des
est
Il est incontestable que l'anglicanisme une heure grave de sa destine. En Afrique du Sud, l'anglicanisme comprend quatorze diocses, pour environ 312 000 Europens et

politiques.

120

(toi)

indignes.

L'Afrique orientale comprend douze diocses, avec environ 570 000 chrtiens; et l'Afrique occidentale, quatre diocses avec environ 150 000 chrtiens. Au Canada, l'Eglise anglicane comprend vingtquatre diocses, formant quatre provinces unifies en 18G3, dont le primat est lu par la chambre des vques. En Australie, on compte vingt-deux diocses, formant quatre provinces, dont le primat est lu parmi les archevques, et un synode gnral s'occupe des questions administratives de cette glise. 3. L'effort missionnaire de l'anglicanisme reprsente encore aujourd'hui une grande chose. Il date de 1799 seulement, et, bien qu'il demande ses ressources aux seules contributions volontaires, il dispose d'un budget annuel de 500 000 livres sterling. La socit ou Church missionary society, compte, d'aprs le rapport de 1930. un million d'adhrents. A ct de cette uvre essentiellement anglicane,
ts se sont formes,

un certain nombre d'autres

soci-

en Angleterre, en Ecosse et en Irlande, qui relvent de sectes diffrentes et se rservent l'vanglisation d'une contre particulire. En 1933, on en compte prs de quatre-vingts. L'ensemble de leurs budgets formait, en 1927, le total de 2 349 502 livres sterling; cette somme, les anglicans doivent contribuer pour environ 1 600 000 livres sterling. On peut dire que l'effort d'vanglisation des anglicans reprsente le septime de la propagande protestante mondiale. Les territoires ainsi vangliss forment douze provinces et cent trente-sept diocses. Les vques n'y sont pas nomms par la couronne et restent indpendants de Cantorbry. Ils lisent dans chaque province un mtropolitain. Les statistique-* tablissent cependant que l'anglicanisme en pays de mission est en rgression notable, et dans telle province, comme dans le Chantung, on compte 40% de baptistes, 30 % de presbytriens, 10 % de mthodistes
et

A ct des deux cents sectes qui composent les protestantismes de l'Angleterre, l'glise anglicane apparat comme une institution ferme, fortement traditionnelle. Ce sont l simples apparences. En ralit, elle-mme est livre de multiples causes de ruine et. en premier lieu, l'instabilit des formules dogmatiques. Nous ren1. vnements caractristiques rcents. voyons a l'article Rforme pour toutes les varia-

3 d'anglicans. 2 Doctrine et liturgie.

PROTESTANTISME. L'ANGLICANISME
tlons>qui ont successivement transform la reforme de Henri VIII. I"n dcembre t">i7. bitt sur h- sacrement, En 1549, pre qui sera donn sous les deux espces nier i'riii/rr book de Cranmer, o, sous l'influence du calvinisme, la liturgie de la messe t'nl .1 exdure l'Ide n 1552, nouveau formulaire <lu Prayer de sacrifice. oit Cranmer jette enfin le masque en adoptant nettement la thorie de Calvin sur l'eucharistie <t la messe. On transforme aussi l'ordinal, d'o sont exclus les passages exprimant l'intention <l>' taire les prtres En 1551, organisation d'un plscopat rifleateurs la suite du sacre de Parker. Bref, le formunouveau, laire de la f>i et de la prire oscille entre des courants celui du catholicisme gnralement main contraires tenu dans l'anglicanisme primitif, et celui du plus jusqu' ce qu'il trouve son texte troit calvinisme phase le la croyance dfinitif en 1662. De cette anglaise, nous ne dirons rien Ici, mais, en 1927, une nouvelle s'est ouverte, qui est elle-mme l'aboutissement d'une longue priode de ttonnements. mou veinent d'Oxford axait eu pour rsultai de et d'acclrer tourner les esprits vers le romanisme le retour a certaines pr.it iques rit uelles, \ olre cert ains culte pour le saint es de l'glise catholique neut. croyance la prsence relle et toute la suite logique les crmonies en l'honneur d'un Dieu prsent dans l'eucharistie. L'anglicanisme rintgrait en lui-mme, sous l'action de plus en plus vive des eatholiques.la substance de la foi catholique, que Cranmer avait rejete de son Prayer book. Le texte de ne pouvait doue plus suffire ni aux anglo-catholiqiies. de plus en plus impatients de se librer du vieux calvinisme inocule a l'glise anglicane, ni aux parti;./ Church, dont le modernisme n'acceptait plus les formules du Prayer book jug inadquat l'esprit moderne, et seuls quelques groupes d'anglicans, paresseusement installes dans leur antique croyance, indalisaienl des coups portes parla HighChurch Church. Dans ces conditions, une revision du Prayer book s'imposait et elle eut lieu, en janvier 1927, au palais de Lambeth. projet mis sur pied est de toute premire Imporil tance tmoigne de ce que devait tre l'anglicanisme modifi, adapt, allg de ses vieilleries, rajeuni. prfaee du nouveau Prayer book est symptomatique. Les vques reconnaissent que la vrit est soumise l'volution de s, m expression verbale, que di conceptions peuvent tre encloses dans les mmes mots selon les temps et que l'influence de la - divers ges peut modifier ces concepts en idaptant une manire de penser diffrente, ('.'est. ment la thse que soutenaient Tyrrell et s initier. Malgr ce ton assez dgag l'gard le l'immuable vrit religieuse, les voques anglicans taient les innovations suivantes le culte les saints s'enrichit de plusieurs ftes; on clbrera, le
I
.

DOCTRINE
.1

dient.
les
le

dans l'impasse, ont recouru un explu .mon de 1662, ils ont propose mi texte nouveau, en laissant aux paroisses le choix entre
vques, pris

ct

lieux ht urgies, ce qui tait se dsintresser

du dogme

un moment particulirement grave. 11 convient de rappeler que, l'heure actuelle, on compte sept cents glises OU chapelles ou l'on a lev un tabernacle qui contient l'hostie consacre, que les
l'eucharistie
fidles viennent adorer. Dans sou propre diocse (Birmingham), l'voque Haines, ayant trait d'idoltrie ces pratiques, provoqua la rbellion le la moiti de ses
fidles.

.1

Le problme de
la

croyance

la

lion

(rserve). rserve, l'eucharistie avant pour unique raison d'tre

la conscration entranai! celui de prsence relle et celui de la rserva L'anglicanisme n'admettait pas la

2 novembre, la Commmoration of ail s<>tils. ou prire pour tous les dfunts, ce qui implique la croyance au
lu

la communion. Les anglo-catholiques obtinrenl cependant que la rservation pouvait tre pratique, en vue de communier des malades. Quant aux autres consquences (visites au saint sacrement, culte du saint sacrement), les vques laissrent aux chefs des diocses le soin d'agir comme l'intrt le demanderait. Voila l'expression suprme de la doctrine anglicane tiraille entre deux partis contraires. Cette manire bien anglaise de rsoudre les difficults dogmatiques trouva d'ailleurs son juste salaire, ('.outre ces dcisions s'affirma l'unanimit il's protestants, les uns irrits, les autres scandaliss. L'vque leadlam, de Glocester, lit entendre les menaces contre les romanisants et exprima l'espoir que l'anglicanisme allait oprer une vigoureuse concentration. Ce qui se ralisa, ce fui d'abord l'hostilit de la Chambre les communes, <pii. en dcembre 1927, carta le projet des vques. e1 ensuite un conflit aigu sur l'opportunit de la spara lion des glises et de l'tat. Il parut utile d'dulcoier les formules que les dputs des Communes avaienl rejetes certaines concessions faites aux anglo-catho liques disparurent; la rubrique noire (qui dclare l'adoration des saintes espces une idoltrie) fut l'es taure; la rservation, strictement limite certains cas. Nanmoins, le Chambre des communes carta encore, le juin 1(2S. ce second texte; mais l'pis copat, bless, regimba, et le nouveau primat d'Angle terre, le docteur Cosmo Lang, dclara Dans L'tat actuel des choses et jusqu' nouvel ordre, les vques sont d'avis que le nouveau Prayer book est compatible avec le loyalisme aux principes de l'glise anglicane. Ainsi rpondait-il aux dputs qui accusaient l'piscopat d'tre infidle la doctrine protestante , d'tre incapable de rtablir la discipline dans l'glise qu'il prside , de favoriser le romanisme et de viser Mais, l'heure actuelle, l'glise anglil'autonomie cane a fait la preuve pie sa doctrine tait aussi insl able que sa politique et qu' vrai dire il n'y a pas plus d'unit de vues et le croyances dans le corps des vques que parmi les fidles. Cet anglicanisme n'est plus qu'un protestantisme sans vigueur qui, en grande partie, tend
l
:

l'agnosticisme.

Sauveur

lans la messe, la doctrine

du

au mrite de nos actes, la rversibilit des mri' ommunion des saints, toutes ides dont le protestantisme avait fait une vritable hcatombe. ;ues dclarent encore facultatif le symbole >'nt Athanase. que les anglo catholiques rcitent. a l'instar des catholiques romains. Ils permettent toud'oraisons pour les besoins les plus divers. comme lans le rituel romain. Ils permettent, avecquelque hsitation, l'usage les vtements liturgiques, du rite romain. Mais la pice matresse >n de la messe et. lans celui-ci, la f>rmiile de la conscration. Le Prayer book de 1662 prsence relle, que holiques proclament le nouveau. Les
itoire,

Ce caractre apparat encore fort bien dans l'attitude que l'glise anglicane a adopte, ces dernires annes,
a l'gard de confessions diffrentes, mme de celles qui se sont affranchies b's dogmes chrtiens. C'est surtout depuis 1 !2 que les anglicans s'elorceiit de raliser l'union avec les orthoiloxes. In premier formulaire indiqua sur quelles bases l'union pouvait tre tablie.

dclaraient

Anglicans, orthodoxes et mme vieux-catholiques, accepter la foi traditionnelle, les sacrements et le culte de l'glise historique, l'autorit des critures canoniques, le Credo de Nice, les dcrets rendus par les conciles oecumniques. Mais, serrer de plus prs ces dclarations, les orthodoxes s'aperurent que les divergences essentielles n'taient point rduites, et que si les lli>ih Church pouvaient, a la rigueur,

895
signer bien
les

P R OTES
articles
<l<'

A N T

L*

A NGL1 C AN! SME,

>

OC T H N E
I

896

leur roi orthodoxe, ni les

Low Church
le

ni

surtout
ils

les

Broad Church ne pourraient

faire sans

quivoque.
vieille

De
sions

leur ct,
le

la

constamment
validit
.succession

n'osaient encore contredire les dciorthodoxie, <|ni avait Jusqu'alors refus de reconnatre aux anglicans la

de leurs ordinations et, par consquent, la apostolique. Depuis 1921, les anglicans essaient de rassurer les orthodoxes par des confessions de foi confuses ainsi les Suggesled ienns oj intrreommunion, de J.-A. Douglas, en 1921, et The genuine leaching of the English ('.lunch (Enseignement authentique de l'glise anglaise), rdig en 1922 par V English Church union. Ce document allirmait la foi des anglicans l'criture, la tradition, aux conciles cumniques, aux crits des Pres, o est expose la foi de l'glise chrtienne. 11 admettait les sept sacrements gnralement revus; la foi 'eucharistie, sacrifice non sanglant, que l'on offre pour les vivants et pour les morts; la loi la prsence relle par la conscration, en sorte que par la communion les fidles reoivent le vrai corps et le vrai sang du Christ; il dclarait que par la pnitence le prtre remet les pchs; que le culte de la Vierge, des saints et de leurs images est digne de respect. C'taient l des concessions trs importantes, mais le document n'tait sign que par un petit nombre (3 715) de pasteurs High Church auxquels on opposa bientt un document tout diffrent, sign par des pasteurs Broad Church et Evangclicals.
:

par ces ordinations incontestes et valides, l'anglicanisme retrouverait cette succession apostolique que Home lui a solennellement dnie. .Mais a quel prix l'obtiendrait -elle? Et quel problme nouveau est en traill d'aggraver les problmes anciens: 11 est vrai que l'glise anglicane avait dj donn un exemple remarquable de cette comprehensiveness dont se glorifient les protestants libraux, mais qui inquite les anglicans fidles leur foi traditionnelle. En 1920, la confrence de Lambeth avait dclar admettre la communion les luthriens de l'glise de Sude et permis leurs pasteurs de prcher dans les glises anglicanes. Mme deux vques anglicans avaient pris part, Upsal, la conscration de deux vques luthriens. En 1032, l'archevque de Cantorbry a enfin dlgu un de ses vques subordonns la conscration, a Upsal, du docteur Erling Eidem, successeur de Nathan Sderblom, comme archevque d'Upsal. Les diffrences dogmatiques des deux glises n'ont paru

compter pour

rien.

11

est vrai

que cette intercommu-

Nanmoins,

les

orthodoxes tinrent

la

promesse

qu'ils avaient faite de reconnatre la validit des ordinations anglicanes. Ce fut un change de bons procds

mais o se rvla, de la part des insulaires, une plus grande hte gagner les orthodoxes qu' exprimer la pense gnrale de l'glise anglicane, et, de la part des orthodoxes, une lgret vritable contredire toute la tradition de leur Eglise, que ne parvenait pas juspolitique qui les avait incits cette abdication. Bref, de 1022 1930, les divers patriarches orthodoxes se rsolurent, avec plus ou moins de bonne grce, reconnatre la validit des ordinations anglicanes, et aujourd'hui, ce point tant dfinitivement rgl, la question de l'union et de l 'intercommunion doit pouvoir tre rgle avec moins de difficults. Mais, si les orthodoxes consentent discuter les professions de foi dulcores des anglo-catholiques ou de la confrence de Lambeth de 1030, que vont-ils faire, en trouvant en face d'eux la fraction des Evangelicals, des Low Church, des Broad Church, qui tous refusent de souscrire des professions qui n'expriment rien de leurs croyances et qui adhrent des doctrines nettement opposes celles des orthodoxes? Cette attitude des anglicans, incertaine et louvoyante, apparat encore fort bien dans la tentative d'union avec les vieux-catholiques. L'affaire trane depuis 1874-1875, o Dollinger runit Bonn deux congrs, auxquels les anglicans envoyrent quelques reprsentants. Aprs de nombreux incidents qui opposrent un moment les vques anglicans l'archevque des vieux-catholiques, domicili Utrecht, les symptmes de rapprochement se multiplirent. En 1025, l'archevque d'Utrecht crit celui de Cantorbry qu'il reconnat la validit des ordinations anglicanes, et, en 1930, la confrence de Lambeth, les vques vieux-catholiques vont jusqu' proposer d'admettre les anglicans leur communion, jusqu' permettre aux vieux-catholiques de participer la communion des anglicans, et offrent de faire de concert les ordinations. Les vques anglicans concdent en 1031 que cette intercommunion peut tre ralise sans se proccuper d'obtenir l'identit de doctrine. Aujourd'hui mme, des clergymen sont consacrs vques, avec la participation d'vques vieux-catholiques, esprant ainsi que,
tifier le calcul

nion n'a pas encore t ratifie par les convocations qui reculent devant l'audacieuse entreprise. C'est par une semblable indiffrence au contenu de la confession de foi que l'glise anglicane a poursuivi, ces dernires annes, la runion avec toutes les sectes dissidentes, sans en excepter celles qui ont abandonn toute croyance surnaturelle et qui refusent d'admettre la divinit de Jsus-Christ. En vain prtend-on que cette union n'est pas preuve d'uniformit, mais seulement un signe de coopration dans l'uvre de l'vanglisation; ce subterfuge n'efface pas l'essentielle contradiction de cette attitude, qui prtend faire avancer la croyance au Sauveur du monde l'aide de ceux qui sapent cette mme croyance. Pour en venir cette extrmit, l'anglicanisme d renoncer ce qui tait jusqu'ici sa force le maintien ttu des propositions du Prayer book de Cranmer, infect de calvinisme troit et origine de l'intolrance brutale de l'glise anglicane l'gard de tous les dissidents. Le spectacle est aujourd'hui singulier d'une Eglise qui renonce sa propre pour croyance ou agit comme si elle y renonait collaborer avec des sectes qu'elle n'a pas renonc officiellement combattre. Ce mouvement est connu sous le nom de Home reunion. Commenc en 1013 dans les pays de mission par des missionnaires de sectes diffrentes qui s'entendirent, sous la prsidence d'vques anglicans, pour laborer une constitution commune et raliser entre eux l'intercommunion, ce mouvement s'est dvelopp en Angleterre, surtout depuis 1919. Une runion d'anglicans et de dissidents se tint Oxford; on y dcida que le ministre des diffrentes sectes tait d'gale valeur, ce qui entranait la possibilit de l'intercommunion et de l'change rciproque des ministres sans ordination pralable. Au total, toutes les formes de la vie religieuse chrtienne mises sur le mme plan, et toutes dclares dpositaires de la vrit. Les manifestes, les ptitions, se succdrent en ce sens, et si les anglo-catholiques n'avaient fait entendre leur protestation, l'glise anglicane subissait, sans raction, cette humiliation inoue de dclarer, sous la pression des non-conformistes, inutiles ses ministres,
:

ses ordinations, sa liturgie.

Depuis 1920, le conflit a rebondi, car, l'occasion de timides rserves faites par la confrence de Lambeth sur l'change des ministres, les non conformistes ont ripost par une fin de non-recevoir. Qui cdera, en fin de compte, des vques anglicans, qui s'eforcent de sauver les apparences, en maintenant la ncessit d'une vague dlgation par l'Ordinaire de pouvoirs sacerdotaux, ou des non-conformistes, qui rappellent le principe spcifiquement protestant du sacerdoce universel. par quoi l'ordination de l'vque est parfaitement inutile? La question divise profondment aujourd'hui

PROTESTANTISM]
.1

L'ANGLICANISME, DOCTRINE
I

398

-. autre, sous la pousse anglicane De iiMi|^ d'an leader / iivClwi A ou Broad Chureh, libral et moderniste, une proposition est lance dans le public ou soumise aux eonoocati ris, l'effet d'admettre A la com-

munion Us non conformistes, s.ms se soucier des questions de dogme ou de l'pineuse difficult de l'ordination Ces propositions, jusqu'ici rejetes ei remises plus tard, n'ont pas vaincu l'opposition; mais, dans

mesure o l'glise anglicane se laissera envahir par l'lment moderniste, la rsistance s'affaiblira, et l'on n'entendra plus parler de diffrences essentielles entre licanisme dpouill de sa foi traditionnelle et les s non conformistes, dont le protestantisme se conla
le plus souvent avec l'agnosticisme. Or. ce danger est-il une realite prsente et quelle m intensit'.' ('.'est ce qui va ressortir de l'analyse des positions des diverses branches anglicanes devant le dogme chrtien. Ce que nous venons de dire siitlit

fond

dj a montrer combien la foi anglicane est aujourd'hui vacillante, instable, soumise aux caprices des modes et sensible aux intrts d'une politique variable, enfin, combien ses dirigeants et protecteurs semblent avoir

par un chant ou une psalmodie de matines, se continue par la lecture d'un chapitre de la llble que le prdicant commente ou paraphrase; puis a Heu le service de la communion administre sous les deux espces. c; La Broad Chureh, non moins antiromaine, apparat comme le refuge de tous les modernistes qui suivent sans rpit les thologiens formes par la science allemande ou franaise. Leur position dogmatique correspond assez, bien a ce qu'tait en France la position d'Auguste Sabatier ngation du Surnaturel dans l'origine du fait religieux, ngation du miracle, du dogme et de l'institution ecclsiastique. En prsence du Christ, explication rationnelle de son rle, de son Influence, de ^a morale, et ngation de tout le caractre divin que les vangiles prtent a Jsus point de naissance miraculeuse, poinl de rsurrection, point de personnalit divine, niais une conscience de plus en plus atfiuc de sa filiation mystique a l'gard du l're. considr comme le Pre commun des hommes. Aux thories de Sabatier. ces anglicans ajoutent celles de William James, qui rduisent la vrit l'utilit passagre, et celles de la science volutionnisle. qui leur
: :

perdu

la

on peut tenter de dcouvrir

direction assure de leur propre doctrine. les causes internes

apparat
1

comme un dogme nouveau


1

et incontestable.

de tes mouvements giratoires qui ne s'expliquent pas tous par la succession d'vnements capables d'entraner une glise qui n'a pas su les prvoir et les
_'.ier.

L'glise anglicane est Etat d'esprit actuel. a droite, la aujourd'hui dissocie en trois partis High Chureh; a gauche, la Loir Chureh; l'extrme icbe, la Broad Chureh. High Chureh. Au premier groupe appartiennent les anglo-catholiques ritualistes, eux-mmes diviisfaits de vivifier l'anglicanisme par le retour certaines pratiques rituelles ou certains lu romanisme , mais foncirement hostiles un retour Rome mme: les autres, les renj high Chureh, sympathisant ouvertement avec Home et proccups de raliser soit individuellement, soit en >. la runion de leurs fidles avec Home. On y disle les successeurs des traclariens, tel leu lord Halidont on connat le rle pour le succs du retour Home, et les libraux, tel le docteur (.h. Gore, ancien [ue d'Oxford, qui voudraient concilier le moderavec les principes de Pusey et de Keble. Quelle est la position dogmatique de cette fraction cane? On peut voir qu'elle diffre selon les nuanaimes, extrmement diverses, de la tendance High Chureh. Les plus hardis ritualistes ne sont spars de Rome que par des dissidences peu graves ou peu nombreuses. Ils croient la prsence relle, la transitantiation, au sacrifice de la messe, au purgatoire, auriculaire, tous les sacrements catholiques, au culte de la Vierge et des saints, et pratiquent un crmonial de tout point semblable celui de itholique. D'autres choisissent dans le bloc catholiques, selon leur fantaisie. Quelquesuris -catholiques, qui sont touchs par l'incrdulit moderniste, mais ils sont rares, et leur mo timide et miti( b) La Low Chureh est foncirement protestante, antiromaine et gnralement Adle au J'iai/rr book ni a prter une oreille complaisante aux nouveauts modernistes. I. confession de fol comprenait gnralement la croyance
:

Ces modernistes ont aujourd'hui pour chef de file le docteur larnes, c\ que de lirmingham, espce trange du SClentlste qui affirme avec candeur ce que les vrais savants proposent douteusement. Il est, dit-il, absolument impossible d'harmoniser la conclusion des sciences avec la thologie traditionnelle , ne se doutant pas qu'il appelle conclusion ce que les sciences proposent comme hypothses, et thologie traditionnelle les \ieux commentaires de l'criture, fort diffrents des dogmes. Avec Haines, il faut citer le docteur Inge, doyen de Saint-Paul Londres, le Hev. Campbell et le docteur Norwood, dont on connat les intemprances de langage contre les vques coupables d'ignorer les dcouvertes de la science . Kux assurent que l'on peut tout dtruire des dogmes de la cration, de la chute originelle, de la rdemption sans endommager le gros des croyances chrtiennes . Quelle est la force de chacune de ces fractions? On value environ trois millions les anglicans pratiquants; sur ce nombre, les anglo-catholiques compteraient de cinq cent mille sept cent mille adhrents; les modernistes seraient donc une petite minorit, mais extrmement agissante. L'opinion publique, quoique de plus en plus gagne par rindiflrentisme, suit avec inquitude les manifestations tapageuses des modernistes, et avec rserve les hardiesses des ritualistes. Cependant, on a pu voir, en juillet 1930, en plein Londres, l'occasion d'un congrs, l'action du groupe anglo-catholique. La messe fut clbre en plein air, Stramford Hridge, et, dans onze glises, on fit vingtquatre heures d'intercessions continuelles. La menace de la sparation des glises et de l'tat, un instant imminente, fut carte quand on comprit que la mesure profiterait aux anglo catholiques, qui la rclamaient afin de se librer. Ceux-ci ont contraint les voques anglicans rviser le Prauer book, o ils ont fait pntrer plusieurs de leurs revendications en matire de dogme et de liturgie, car on craignait, en refusant leurs dolances, de les voir passer l'glise romaine. Ce sont la des signes de force.

que l'anglo-catholique est ipso facto cl dsireux de la runion , c'est une mconnaissance profonde de l'tat actuel des
croire

Quant

tourn vers

Home

;il

du

Christ, a une

rdemption trique

et

ion, l'inutilit des

ou\

rcs,

calviniste,

incorpo
rduisait

par Cranmer. La

nu

souvent pas d'autel une croix sans


L'office

commence

Les conversions Individuelles ont t nomaujourd'hui encore, ce mouvement, bien qu'affaibli, reste important. On value environ dix mille par an le nombre des conversions; mais quand on a envisag les conditions d'une corporate runion, d'une conversion en corps de toul 'anglo catholicisme, les divergences <>m apparu profondes. Elles onl
esprits.

breuses:

HOL

T.

Xlll

29.

899
la
les

l'UOTKSTA NTISM

E.

1/

NGLICA NISME, DOCTR] NE


les

900

M ilines o s'affrontaient thses anglo-catholiques el les thses romaines. L'incident est d'importance il a contraint les anglocatholiques les plus intelligents, les plus zls, les mieux au courant le la pense thologique, dfinir les positions extrmes qu'ils pourraient occuper. Nous n'avons pas raconter ce long pisode, dclench par lord Halifax depuis 1889, mauvemnt jusqu'en 1895, arrt en 1896 par la bulle Aposlolicee corsa, remis en mouvement en 1921 par lord Halifax et son ami l'abbc Portai, avec la sympathie de lord Davidson, archevque de Cantorbry, et celle du cardinal Mercier. Mais voici quelles diffrentes expressions s'arrta la pense religieuse des anglicans en dcembre 1921 par l'organe d'A. Robinson, doyen du chapitre de Wells, et du docteur Frre, qui devint quelques mois plus tard vque de Truro, on convint que les trente-neuf articles pourraient tre rendus susceptibles d'une interprtation catholique, que l'on admettait le caractre sacrificiel de la misse et la confession, que l'on ne rpugnait pas la rordination, mais que l'on n'acceptait pas l'cumnicit des conciles de Trente et du Vatican. Quant au Vatican, on convenait de la primaut du pape, la plus haute autorit, infaillible en ce qui concerne l'enseignement de l'glise, mais on limitait sa juridiction sur le clerg anglais, l'archevque de Cantorbry devant tre regard comme une sorte de patriarche. On demandait encore l'usage de la langue vulgaire dans la liturgie, la communion sous les deux espces et le mariage du clerg. En 1923, lord Halifax lana une brochure retentissante, Furlher considrations on bzhalf of reunion, afin de gagner ses coreligionnaires la notion de la primaut de Pierre, de droit divin. El novembre 1923, les confrences prirent une allure dcids de controverse religieuse, charge d'examiner fond les raisons de la dissidence anglicane. Les anglicans avaient dlgu l'vque Gore et le
mort des conoertatioru de
: :

accusant d'troitesse de vues et d'tre de mauvais

thologiens! L'vque d'Oxford, le doyen d'Exetcr et le professeur Watson, d'Oxford, prirent parti pour le

docteur Headlam et engagrent la polmique. Il se trouva vingt voques d'Angleterre pour signer avec le fameux limes, vque de Birmingham, un manifeste favorable la tentative des ministres de l'Inde. Un nombre important de chefs de public schools, de doyens de chapitre, d'archidiacres, d'ecclsiastiques et mme de laques influents s'exprimrent de mme, allant jusqu' crire que le sacerdoce n'est pas d'institution divine. En 1931, l'occasion d'une confrence traitant de la doctrine eucharistique, on avait pu constater que l'accord tait impossible sur l'acceptation de formules prcises. Les modernistes refusrent de rien abandonner de leurs thses destructrices de la foi. A la suite de Harnes, vque de Birmingham, de Headlam, vque de Glocester, de Henson, vque de Durham, et du docteur Inge, doyen de Saint-Paul de Londres, les anglo-catholiques ont laiss s'orienter vers le modernisme quelques-uns de leurs meilleurs sujets N.-P. Williams, D. D. de Christ Church, le Bv. Goudge, professeur de thologie au mme collge, le Bv. Wilfred L. Knox, suprieur de l'Oratoire, le Bv. Milncr White, fellow de King's collge. Lui-mme, l'vque Charles- Gore, si vnr parmi les anglocatholiques, ne manquait aucune occasion d'opposer aux thses catholiques des affirmations, dont l'origine devait tre recherche chez les crivains de l'cole moderniste. L'un de ses discours les plus couts sur la primaut du pape, qu'il pronona la chapelle de Grosvenor, n'tait qu'un tissu de propositions prtendues historiques, pleines de la pense d'Auguste Sabatier. Cette attitude explique qu'il ait pu crire, en 1920, son livre intitul Roman catholic daims, o il note et excite l'aversion l'gard de Borne du groupe anglo-catholique. C'est pourquoi la principale difficult qu'aiment soulever les historiens anglo-catholiques d'aujourd'hui
:

docteur Kidd, d'Oxford, qui se rencontrrent avec Batiffol et l'abb H. Hemmer. Le point vif de la controverse apparut avec le problme de la primaut de Pierre. Los anglicans admirent que l'criture et la tradition sont en faveur de cette primaut, mais ils la dfinirent une primaut d'honneur et de responsabilit, non de juridiction, la grande rigueur un pouvoir de

Mgr

est l'infaillibilit pontificale.

Harnack lui-mme

est

direction spirituelle

a spiritual leadership. D'ailleurs,

en 1924 et 1925, des voix anglicanes exprimrent le regret de toutes ces concessions aux catholiques. L'anne 1925 se passa discuter des mmoires pour et contre la papaut et, en janvier 1926, la mort du cardinal Mercier arrta les conversations. Comme l'crivit l'vque de Darham, Henson (sympathisant aux madernistes) L'glise d'Angleterre est malvenue de ngocier avec d'autres glises, tant qu'elle n'aura pas prcis sa propre doctrine et fix loyalemant quel idal de christianisme elle entend prconiser. La remarque tait hargneuse, mais vraie. On a pu voir, par l'expos des querelles intestines qui dvorent aujourd'hui ce qui fut l'anglicanisme, que l'on ne sait quel credo est celui de l'Angleterre, ni quelle glise est aujourd'hui l'glise d'Angleterre. 3 La pousse moderniste. Ce qui aggrave chaque jour cette situation, c'est l'infiltration de la pense moderniste non seulement parmi les broad clergymen, mais jusque parmi les anglo-catholiques. On a pu voir, en 1932 et 1933, avec quelle rapidit cette infiltration se continuait. C'tait l'occasion de la runion des anglicans avec toutes les sectes non conformistes dans l'Inde mridionale. Quand parvint Londres la dcision prise en mars 1932 de raliser l'intercommunion, quelques anglo-catholiques, assez peu romanisants mais loigns des thses modernistes, protestrent contre cette dmarche; mais l'vque Headlam, de Glocester, leur rpondit dans la presse,
:

plus prs des thses catholiques qu'un historien comme Puller ou un thologien comme Charles Gore! C'est sur cette question de l'glise et de la papaut que se jouent, l'heure actuelle, les divergences entre catholiques et anglicans de toutes nuances, et principalement modernistes. Pour ne citer que les derniers traits parus, nous rappellerons Wakeman, Introduction to the liislory of the Church of England, 1927; Spencer Jones, Calholic reunion, 1930 (trs antipapal); Bv. G.-F. Pollard, Ecclesia anglicana, 1930; Langfordlames, The bridge Church, 1930 (dfense passionne de l'indpendance del' glise d'Angleterre), et The Church undthe Church of England, 1930; Bishop Headlam, The Church of England, 1924; F.-W. Puller, The primitive saints and the see of Rome, 1893; nouv. d., 1914: William-Ernest Bect, The rise of the papacy, 1910; G. Edmunson, The Church in Rome in the firsl cenlury, 1913; C.-F. Bogers, Rome and the earlij Church, 1925. Si l'anglicanisme dsorient de l'heure prsente divis contre lui-mme, de moins en moins attach sa doctrine traditionnelle qu'il laisse s'effriter ou qu'il abandonne aux attaques des non-conformistes et des modernistes, se laisse envahir par le flot moderniste, il ira, par une voie rapide et fatale, l'agnosticisme et la libre pense. Ce que le luthranisme et le calvinisme sont devenus, sur le continent, sous l'incessante action des thologiens libraux et modernistes, et contre quoi l'on commence, un peu partout, ragir, l'anglicanisme le deviendra son tour un chaos de systmes philosophico-religieux, d'o la foi s'vanouira et o rgnera la pense anarchique d'esprits trangers la vie du Christ.
.

901

PROTESTANTISME. RACTION CONTRE L'ANARCHIE


nisme
'les

902
la

\ Symptmes db l'opposition \ 1/anarchie do< tki\ m r. Comme on l'a vu, les excs des principes de la Rforme ont dvelopp! en tous les paya protestants, un profond malaise qui atteint l'ide religieuse elle mme. Une poussire de sectes s'esl leve d'une battue par une arme de thologiens. Opposes entre elles, elles ont dvelopp en elles mmes les gerraes le la dsunion, car, invoquant le principe le la libert d'examen, elles ont permis a tous leurs adeptes de retenir et le rejeter ilu corps de doctrine commun ee qui leur agrait ou leur rpugn lit. L'excs <lu mal a provoque, ces dernires annes, un mouvement le .>n, qu'il est indispensable de simuler afin de arquer les tendances qui semblent devoir s'affermir et donner aux protestantismes une orientation non En tous pays, elles apparaissent et ce caractre d'universalit est dj un symptme de la profondeur du mouvement. Nous ne parlerons mme pas de la raction connue s.hin le nom de Haute glise, qui, suit en Allemagne, soit en pays anglicans, est l'extrme pointe de l'opposition, toute prte a se dtacher des poupes qui officiellement constituent une glise. a l'intrieur mme des glises luthriennes et listes, il est ais le percevoir des voix nouvelles qui annoncent une volont de rnovation, non plus le sens du libralisme sceptique et du modernisme rationaliste, mais de la traditionnelle faon de comprendre et de vivre l'vangile. Premire manifestation de cet tat d'esprit : l'oppoDepuis sition au subjectii'isme de lit R/orme. iermacher surtout, le protestantisme s'est vertue a rechercher, en dehors de toute donne rvle, les le la religion dans la conscience humaine. De aient sorties, au fur et mesure des aspiraent l'homme, toutes les formes de la vie e religieuses. La psychologie expliquait principes ont command toute la moderne le subjectivisme extrmiste de 1' prne exprience du salut rg, Cremer, Khler et Ihmels, et toute la ileurs et des t postulats de l'cole de Entre le moi et Dieu, il n'y a pas, pour ces is, de passage possible; l'homme est enferm le cercle de fer de son moi . C'tait, transpos sur le domaine thologique, le systme de Kant relatif a la connaissance le l'objet, inaccessible au moi. subjectivisme excessif ne pouvait tre combattu par la rhabilitation de l'objet, du non-moi, de l'tre conu et peru comme une ralit distincte. lia, d'une faon assez peu scientifique un norme succs, le mystique danois Sceren
-

anthropocentriques

qui fout dcouler

religion des seules aspirations

du CCBUret ramnent a

l'homme toute
des

l'activit religieuse; et l'Illusionnisme

thocentrlques excessifs, qui ne volent dans le fait religieux que l'uvre de Dieu, sans la rponse de l'homme. Pour Bucken, le monde est un ensemble, et l'homme lui-mme est un ensemble qui recherche V unit. Dans le tout cosmique, l'homme cherche a s'insrer avec un maximum le bonheur. De la ses aspis vers la joie qui tendent s'panouir. Mais cette rai pousse <le notre nature profonde est mauvaise en soi; elle dchane l'golsme. Par une mystrieuse intervention, une force suprieure la contraint se replier et faire cder la nature a l'esprit. Ce refoulement, ce renversement le nos aspirations, accept et ralis par la conscience qui s'humilie, voil la religion. Elle n'est loue pas. comme le disait Schleiermachcr, cre par nos aspirations qui se dveloppent et s'affirment, mais
i 1 1

elle est antrieure ces aspirations, qu'elle refoule el

qu'elle domine. ressent

Quand l'homme

sent

sa

dfaite,

il

eu mme temps sa grandeur, car elle vient d'une prsence divine, et c'est Dieu qui se fait sentir Immdiatement sa crature, il ne faut donc plus parler de passage du subjectif l'objeel if, ni de l'impossible apprhension de l'objet par l'esprit mur dans ses frontires. Il n'y a pas de frontires, de murs cl de
foss.
Il y a simplement une large atmosphre divine, o se meut naturellement l'homme et qu'il aspire dans le premier conflit qui oppose sa tendance goste

'

l'ensemble lu cosmos. En 1909, l'offensive fut continue par le docteur Erich Schaeder dans son trait intitul Theozenlrische Thologie. Par une dialectique qui n'est pas sans analogie avec celle de .Malebranehe lal. lissant la vision divine en toute notre activit psychologique, ou celle des ontologistes, ralisant l'tre dans une aperception
instinctive et dcisive, Schaeder chappe au subjectivisme el professe l'objectivisme le plus hardi. Quand l'homme, dit-il, prend conscience de ses aspirations qui l'arrachent au inonde et l'lvent vers un monde invisible mais pressenti comme une ralit bienfai-

M.S-l.s.V>).

La

religion,

disait-il,

est

de Dieu se faisant connatre, dans .ment, par les rvlations qu'il accordait prophtes, et, dans le Nouveau Testament, par ement de son serviteur humili et frapp , le Christ .lesus. Ix;s prtendues exigences de la conscience crant en elle la religion, s'levant aux dogmes, s'incorporant l'uvre du Christ, sont des romans inventes par l'cole de Schleiermachcr et de Ritschl. Cette premire offensive s'appuyait sur un grand fonds de mysticisme, qui paraissait ne rien entendre aux bases scienti tiques du subjectivisme protestant. 2 M l'anne 1904, nous trouvons une autre mene par de vigoureux esprits, qui prtendent renverser par raisons valables l'idole jusqu'alors inviole. A Leipzig, le docteur Rudolf Euckerj se faisait connatre par un livre tout de suite rcmarvheilsgehalt drr Religion, que suivit, eu -'. un autre trait. Die Ilauidproblrme der Religionsphilosophie der Gegenwart. Dans la complexit du philosophique d'Eucken, nous nous eontente:\ ides matresses l'illusionlix

MU

immdiatement et instinctivel'exprience de Dieu mme. Voil l'objet de sa foi concrtis, ralis, personnifi, et qui n'a plus rien d'une connaissance seulement notionnellc. Dieu s'est rvl, et l'homme a pris conscience de cette rvlation. La thologie est sortie le ce premier eontael direct entre Dieu et sa crature. Elle est donc au premier chef thocentrique . C'est Dieu qui continue sa rvlation, qui nous permet de pntrer un peu plus dans son existence divine, soit qu'il se dfinisse lui-mme, soit qu'il nous envoie son divin Fils, JcsusChrist. De toute faon, l'homme vit en pleine communication divine, en pleine ralit objective du divin. 3 Une troisime offensive, de lis grand style, fut dclenche, en 1919, par un professeur de Munich, le
sante,
il

se convainc,
fait

ment,

qu'il

docteur Karl Barth, devenu, du jour au lendemain, aussi clbre que les plus grands thologiens libraux, par la publication d'un Commentaire de l'cpllre aux Romains. Sans entrer dans les dtails de cette thologie d'aspect si original, qu'il sullise ici l'indiquer qu'elle marquait une dcisive sparai ion d'avec le systme psychologique de Schleiermachcr et de la thologie librale. La psychologie n'explique pas le surnaturel. Elle peut produire une anthropologie; mais le surnaturel est autre chose, essentiellement diffrent. En partant de lui-mme, l'homme ne peul donc retrouver Dieu. Les expriences subjectives sont un mot, mais elles ne crent mu une ralit rariscendanle. Dieu ne sort pas d'une exprience religieuse , ni, m plus forte raison, le Christ. Barth signifie leur cong a tontes les spculations prtendument psychologiques le l'cole de Ritschl et du protestantisme moderne.
I

903

PROTESTANTISME. RACTION CONTRE L'ANARCHIE


<

904

Il affirme que 'esl Dieu, au contraire, qui, du dehors, produit en nous une exprience de sa prsence aussitt que, conscients de notre lai blesse nous recherchons un appui moral. Quant au Christ, les modernes libraux n'ont russi qu' dfigurer sa physionomie et sou rle, parce qu'ils sont les esclaves d'une thorie mtaphysique et historique dont Hegel est le grand responsable; tout devient, rien n'est les ehoses vont du plus bas degr de l'tre vers leur perfection c'est la loi de l'volution progressive. On ne peut admettre qu'une chose soit, ds son principe, parfaite et chappant des lors l'volution universelle. Les commencements absolus sont inintelligibles. Ainsi, la ligure du Christ ne fut pas celle de l'homme parlait, puisque l'homme va toujours vers sa perfection; son enseignement ne fut pas dfinitif, puisque les choses parcourent des tapes ncessaires; les dogmes chrtiens ne furent pas, ds l'abord,
;
:

va de soi que les besoins spcifiquement religieux ne peuvent tre suscits que pal' des objets religieux dj
s et par la connaissance pralable de ces objets que, par consquent, ils n'expliquent d'aucune faon ces derniers. Les objets religieux existent d'abord, et ce sont eux qui veillent dans l'homme le besoin de s'occuper d'eux, c'est--dire les aspirations et la nostalgie spcialement religieuses. Tout besoin doit et peut tre expliqu, mais il n'explique jamais rien lui-mme. Ainsi, l'erreur de la thologie protestante moderne a t de s'ingnier dans le vide et de raisonner sur des illusions. Sa pense gravite autour d'un moi s'appauvrissant de plus en plus. Elle se contente de rpter toujours les mmes ides et n'a plus la force de s'abandonner courageusement l'< tre . Quand on a vu, ainsi que nous l'avons montr plus haut dans un tableau un peu rapide, comment prcisment, depuis Lessing, mais surtout depuis Schleiermacher et Ritschl en Allemagne, et depuis Sabatier en France, luthriens et calvinistes ont cru bon de renverser l'axe de leur foi chrtienne en faisant reposer celle-ci non plus sur l'tude directe des textes et des faits qui expliquent les cris de la foi, mais sur l'analyse de la conscience, d'o driveraient toutes les manifestations de la croyance, on comprend que cette apologie un peu rude de l' tre et cette critique juste de l'illusion subjectiviste aient fait rflchir les thologiens protestants sur la valeur de leur mthode psychologique. 4 Pareillement, plusieurs rcentes professions de foi de personnalits considrables les incitent aujourd'hui examiner plus impartialement la valeur de ce qu'ils appellent le principe essentiel de la Bforme la libert individuelle dans l'uvre de la foi. C'est en 1911 qu'un professeur l'universit de Zurich, M. F. -AV. Foerster, publie un ouvrage intitul Autorit et libert, Lausanne (2 e d., 1920). (Voir un article chaleureux du pasteur Marc Boegner, dans Le christianisme social. 1922, p. 712-71C.) M. Foerster ne craint pas de signaler avec vivacit tous les mfaits de la libert individuelle dans le domaine religieux. Elle produit le dilettantisme, oppose l'exprience des sicles et au consensus sapienlium, son non-sens individuel, livre carrire aux bavards et aux cyniques, fait de l'acte religieux une sorte d'impressionnisme, aggrave la confusion des comptences et livre la parole sobre d'un sage aux lu cubrations sduisantes d'un rhteur ou d'un illumin et fait de la cit un chaos de disputes. Cela est contraire la notion mme d'glise celle-ci comporte fatale ment et sagement une hirarchie des valeurs et des ordres, les docteurs y ayant pour rle naturel d'enseigner avec autorit; les fidles, celui d'accepter l'enseignement autoris. M. Foerster convient que ces consquences vont rtablir le protestantisme dans un cadre fort voisin de celui du catholicisme. Mais il ne s'en meut pas et il s'en flicite, bien au contraire; car le concept protestant de libert est une erreur manifeste. Il produit une religion gocentrique , alors que la vie

existant

et

>

la ralit n'est qu'un tourbillon. Barth n'hsite pas renverser ces idoles. Le Christ, dit-il, est bien un commencement absolu, comme l'a t sa doctrine, comme le fut toute dfinition religieuse par lui donne ses aptres. Ce qui fait la transcendance du christianisme, c'est prcisment ce caractre d'immdiate et absolue per-

parfaitement dfinis, puisque

mouvement, un

fection, qui ne s'explique

donc pas par

le

dveloppe-

progressif des aspirations de la conscience, se crant, peu peu, elle-mme, ses ralits divines. Barth a rtabli les droits de la science objective, et son originale hardiesse consiste encore librer cette science des textes sacrs de toutes les entraves qu'un Luther avait arbitrairement forges de toutes pices. Il n'est pas ncessaire de poser comme principe pralable de l'explication scripturaire que le tout de l'vangile et des ptres est d'enseigner le salut par la foi seule, ni que saint Paul s'oppose Jsus, ni que le Christ de l'vangile est diffrent de celui des ptres...

ment

Barth se libre de ces prtendus axiomes et, par l, rend un signal service l'exgse vritablement indpendante et rellement objective. Quand on connat la faveur qui a accueilli ces nouveauts hardies, il est permis de penser qu'une nouvelle tape peut tre parcourue par la pense luthrienne. L'objectivismc rallie des disciples de plus en plus nombreux. A ct de ce courant purement thologique, on peut discerner un effort parallle, dans le domaine de la philosophie, afin de discrditer le subjectivisme outrancier du systme kantien. A la tte de ce mouvement, le docteur Karl Heim se fait remarquer par son habilet et sa tnacit. Il en veut Kant d'avoir soulev des problmes qui n'en sont pas et comporte d'avoir cr des difficults que la ralit pas. Entre le moi et le non-moi, quelle que soit son essence, ne cessent de s'tablir des contacts directs, et Heim tend ceux-ci la ra it divine elle-mme. Le fameux pont qui nous sparerait de l'extrieur est un mythe. L'objet nous enferme de toutes parts, nous circonscrit, nous pntre, et de mme nous l'enfermons et le pntrons. Ces contacts relvent de l'aperception et, pour Heim, ils deviennent certitude religieuse ,

religieuse est d'abord la soumission


lit

suprieure, qui s'impose

du moi une ranon un individu, mais

et foi chrtienne quand ils s'tablissent entre notre conscience et la personne de Jsus-Christ. Voir ses principaux ouvrages Das Weltbild der Zukunft, Berlin, 1904; Glaubensgeivissheit, eine Vnlersuchung ber die Lebensfragc der Religion, Leipzig, 1916, 1920, 1923; Leitfaden der Oogmatik, Leipzig, 1921-1923. Nous pouvons ajouter ce courant de raction antisubjectiviste un nom catholique, car cet auteur a eu une profonde influence sur les crivains protestants
:

un ensemble. Le protestantisme a mconnu le caractre universel de la religion quand il l'a rduite une
les erreurs juge, prtend juger pour lui, d'une manire souveraine, ce qui a t confi au sens de l'glise universelle. Les dogmes, les critures, appartiennent une vie commune, non un tribunal particulier. Celui-ci, quand il dcide, le fait en conformit de la vie universelle de l'glise. Au rebours, la libert protestante n'accorde de valeur qu' ce qu'accepte le jugement personnel. C'est une mthode qui vicie la nature de son objet; elle est donc ellemme radicalement fausse, et M. Foerster ne craint
l

activit individuelle.
la

De

dcoulent toutes

de

mthode protestante. L'individu

celui

Scheler, Vom Ewigen im Menschen. (Ce qu'il y a d'ternel dans l'homme). Ne retenons de sa dmonstration de l'interpntration du rel externe Il et de la conscience que ces lignes caractristiques

de l'abb

Max

PR01 ESTANTISME. RAC1 ION


nfaste Apercevoir cette erreur de l'appeler fondamentale, c'esl retrouver la tradition el toul ce culture que le catholicisme entend par ce mot, la celle des premires gnrations, des Pres chrtienne et les conciles, des docteurs et dis confesseurs qui nous transmettent In \i\ lu pass, auquel les catholiques ndenl se relier, tandis que les proie-.!. mis affectant de les tenir pour ngligeables, au regard de leur est de cette tradition, rit M. foi personnelle. -ter. le eette continuit que l'Eglise universelle
i

ON

R]

RCHIE

906
I

protestantisme libral el sceptique du xix sicle e ton a Chang; on ironise moins, parce que l'on coin prend mieux. On revient mu les ngations de l'cole
librale, et
s'agit l'on
est

beaucoup moins

dcisif

quand

il

tire

s.i

supriorit sur toute autre autorit ecclsias-

tique.

Ou comprend que ces notions ainsi rhabilites entranent aprs elles la justification de l'glise, le naturel d'enseignement et de saintet. I -es protestants ne consentent a la regarder que comme un ne de saintet. L'erreur est vidente, et la libert une l'autorit, comme la saintet s'accorde avec l'enseignement. Ce sont la des attitudes nouvelles et qui ont provoqu dans certains milieux rforms une attention sympathique. En Suisse, ces ides se rpandent, et certains matres les plus couts des jeunes ne craignent plus de critiquer prement les ides fondamentales de la Rforme. Les ouvrages du pasteur Maurice Neeser refusent d'accepter les notions d'autorit, de libert, de libre examen, d'individualisme, qui lui semblent caractriser prcisment les points faillies de la Rforme. C'est par cela que la Rforme leur est de moins en moins sympathique, bien qu'ils s'obstinent proclamer sa bienfaisance, puisqu'elle a permis la religion des consciences individuellement libres et fraternellement associes . Quant a dfinir clairement en quoi cette association permet la libration et o se trouvent les limites de la science libre qui veut cependant rester associe d'autres consciences religieuses, nul ne s'y aventure encore. Mais il est intressant de noter la dsaffection de pour des notions reconnues t nfastes , qui semblaient jusqu'ici intangibles. Il est enfin possible de discerner un dernier elTort ict ion contre les excs de la thologie moderne, avons vu que. reprenant une ide chre Lui lier, ."dnies thologiens ont fait une place prpondrante au sentiment. Entendons par ce mot non pas l'adhsion a une vrit que l'intelligence n'a pas russi ircir ou imposer a son jugement et que le cur

de rejeter le corps de doctrine traditionnel, mais beaucoup plus dsireux de conserver toul ce qui peut l'tre. Entendons bien que ce nouveau conservatisme est encore bien relatif el tOUl oppresse par le poids des longues an nes de scepticisme qu'a traverses le protestantisme. Mais enfin on aperoil ce mouvement le rc.li lion, qui sait roux er parfois des accents profonds o se rvle une .'une nouvelle. En France, l'influence des pasteurs Marc loegner, fenri Monnler, Alexandre
I
l

assurment bienfaisante. Marc Boegner osait, en 1912, en plein congrs de Jarnac, attaquer les ihscs de l'cole librale, il affirmait, contre elles, que Pierre tait alle Rome, qu'il \ tait mort martyr, que entre les judo-chrtiens et les le prtendu conflit pagano Chrtiens dont les libraux axaient tir de si tranges conclusions contre la doctrine paulinienne tait purement Imaginaire : que le pch ne pouvait cire ramen une simple dchance physique; rejetait la thorie du serf arbitre et donnait de la grce une notion qui se rapproche de la notion catholique. Les derniers lix res de M. Boegner ou de M. 1. Monnier sur la rdemption marquent un progrs fort important dans celte voie de la raction. Ce n'est pas ces thologiens, qui prtendent faire encore uvre d'historiens, qu'il faudrait demander de s'en remettre l'exprience religieuse . ce roman mythologique qui semble agoniser enfin dans une certaine cole franaise. Entendons bien que ces tendances ne ramnent pas encore aux positions voisines du catholicisme. Tel matre de la pense protestante franaise, comme M. Goguel, malgr son indniable indpendance, reste encore visiblement la remorque des rationalistes allemands. Ses uvres, fort remarquables, drainent encore beaucoup trop de cette pense trangre qui n'est pas, pour autant, messagre de certitude historique. On souhaiterait des ngations moins dcisives sur des arguments trop peu convaincants. .Mais enfin c'est une chose nouvelle que d'avoir limine l'attitude stupidement ddaigneuse de l'cole librale l'gard des textes sacres et de les examiner comme signes valables et infiniment respectables de la foi primitive

Westphal

est

accepte, mais le fait que la conscience srnt, prouve et reconnat comme dix ins certains x nements iroles. Le fld'.e sent Dieu, et le chrtien l.siisC.hrist. Nous sentons la divinit de certaines de l'Ecriture et l'origine humaine de certaines autres. D'un mot, la religion et la foi sont l'uvre de
fortifie et

mouvements mystrieux de
ris

la conscience humaine. vu l'abus qu'a fait de cette mthode la moderne des rformes. Elle a vritablement
e moderne et des expdont les protestants se sont monemps tellement friands. ncessaire que les droits de l'histoire fussent

riences religieuses
Il

les rsultats positifs de ces divertendances ractives, on ne peut manquer de souligner les mouvements qui se produisent aujourd'hui dans le luthranisme, l'anglicanisme et, en une trs faible proportion, dans le calvinisme franais. Chez les luthriens, c'est la formation, depuis 1918, de la Haute Eglise; chez les anglicans, le puissant dveloppement du groupe failli and order qui a tenu en chec, par le congrs de Lausanne de l'.i27. les apparentes victoires du protestantisme sceptique Stockholm, en 1925; chez les calvinistes, quelques aspirai ions rcentes vers une rgle de vie plus imprgne de foi chrtienne et la

chrtienne. Or, si l'on cherche

ses

tait

de

que la certitude scientifique pas ,ur le pragmatisme. Il semble bien que l'on ait commenc par faire un sort mrit a l'aphocertains thologiens modernss Dieu, utils, nous donne un esprit de xrile qui nous penn iverainemenl le dpart, dans la
rtablis,
II l<:

nouveau

rhabilitation des pratiques asctiques, qui n'ont, y regarder fixement, aucun sens dans un protestan-

tisme
t

authentique.

pasteur, Adolf Deissmann, ne craint plus de prendre en bloc l'Evangile, sans opposer, la suite de llarnack, les Innovations le Paul aux prmisses
ii

'ion chrtienne, entre ce qui esl ternel e( divin qui est transitoire et humain, entre les clments

lments scientifiques. (E. Mnf de l'cole franaise semblent r de elle sorte d 'illuminisme aux plus rigoureuses mthodes de la historique. Mais la diffrence esl grande l'uvre historique de ces thologiens el celle du
'

les

iv les plus rcents

R. P. Parkes Cadman s'lve avec contre le subjectivisme protestant el demande le retour aux tudes objectives d'un texte reconnu comme digne de confiance. Le luthrien Zllner ne nettement une transformation de la science protestant! de sacrifier l'objectif au subjectif, alors que la vraie voie srail de donner toujours plus a la sainte Ecriture sa prrogative, comme norma normans Ces voix nouvelles'peuvenl el doivent jetei

de Jsus. Le

907
le

PROTEST tNTISMK

PROVERBES
cien

l.l \

I.

DES

908

protestantisme d'aujourd'hui vers des destines <|ui rapprocheraient l'heure des grande! rconciliations.

Nous ne pouvons donner ici qu'une bibliographie succincte.


I.

Outre

l<

is

ouvrages cits dans

le

rcit,

on pourra

consulter: Hcrgenrther, Handbuch derallgemein n Kircliengeschichte, Fribourg, 1911; P. Hinneberg, Die christliclie Religion, Leipzig, 1906; Andr Bouvier, Voire enqute sur les Eglises protestantes <ln monde, 1925; V.ndr Paul, L'unit chrtienne, Paris, 1930. II. E. Fontans, lude sur Lessing, Paris, 1867; W. B. Selbie, Schleiermucher, Londres, 1913; M. Goguel, La thologie d' A. Rilschl, Paris, 1905. Sur les dernires phases de la dogmatique luthrienne F. Smend, Adolj von Harnack, Leipzig, 1927; J. Bixler, Men and tendencies in
:

(livre DES). Livre d<- l'AnTestament, faisanl partie, dans la Bible hbraque, des hagiographes (ketobtm) et plac a la suite des Psaumes e1 de Job, rarement entre les deux; dans les Septante et la Vulgate, aprs Job et les Psaumes du moins pour l'ordinaire. Mss. dissidents, voir S. BerHisloire de la Vulgate, Nancy, 1893, p. 331-339. I. Titre. II. Contenu. 111. Canonicit. IV. Compi tion, auteur et date. \. Texte et versions. VI. Caractre religieux et moral. VII. Enseignements doctrinaux. VIII. Commentateurs.
livre a

PROVERBES

Germon

religious thought,

dans Harvard theological review,

Dans la Bible hbraque, le TlTRE m livre. pour titre Mil Selmh, Proverbes de Salomon . l'eu correctement, des traits du Talmud, Bab.
I.
:

1930; du nu me, The new theologisms, from Harnack t<> Burth, dans le Times, il avril 1929; Grutzmacher, Alt und Neuprolestanismus, Leipzig, 1920; E. Vermeil, /" pense religieuse d'E. Trozltsch, Strasbourg, 1922; A. .lundi, LTne nouvelle tendance de la pense religieusi : Karl Barih et son cole, dans Revue d'Allemagne, 15 avril 1932; Ch. Journet, L'esprit <lu protestantisme en Suisse, 1925; Raoul Patry, I.a religion dans l'Allemagne d'aujourd'hui, Paris, 1929; O. Holtzmann, Commentaire du souvenu Testament, Berlin, 1930 (c'est la plus rcente manifestation du rationalisme le plus aigu de la dogmatique luthrienne). III. Mme Coignet, L'volution du protestantisme franais au XIX' sicle, Paris, 1908; Lon Maury, Le rveil religieux dans l'glise rforme ( ls 10-1850), Paris, 1892; Ch.-Th.Grold, / a facult de thologie prolestante de Strasbourg f 1803-1872), Strasbourg. 1923; E. Frommel, tudes de thologie moderne, Paris, 1909; uvres d'E. Mngoz ; Hector Haldimann, Le fidisme, tude critique, Paris, 1907; P. Lobstein. Dogmatisme et symbolisme, dans Revue de thologie et de philosophie de Lausanne, mars 1914; La revue du christianisme social, 1805-1933. IV. Rv. G.-l'. Pollard, Ecclesia anglicana, Londres, 1930; A.-C. Headlam, The new Praijer book, Londres, 1927; Rv. Mackensie,77ie confusion of the Churches, Londres, 1925; Couturier, Le Book of common praijer et l'glise anglicane, Paris, 1928; G. Coolen, L'anglicanisme d'aujourd'hui, Paris, 1932; Rv. F. Woodlocl<, The Church of England and reunion, Londres, 1927 (excellente bibliographie de l'activit anglo-catholique). V. Max Strauch, Die thologie Karl Burtli's, Strasbourg, 1924 (sur son influence qui dj s'exerce en France, voir H. Monnier, La mission historique de Jsus, Paris, 1906, et La rdemption, Paris, 1919, prface); Alex. Westphal, Exprience chrtienne et probit scientifique, Paris, 1925; Goguel, Wilhelm Hermann et le problme religieux actuel, Paris, 1905.

Bath., lM5a Schab., 152 b Aboi. Zar., 19, le dsignent par abrviat ion sous le nom de Miil, proverbes de... faisant abstraction fin rgime nominal, nom fie l'auteur prsum. Dans les menus conditions, Origne l'appelle Mislot (MioX66), Com. in Psalm., l. /'. G., t. xii. col. I(i8l (selon Eusbe, Hist. eccl.,1. IX, c. xxvi.MktXo'iO. /'.<;.. 1. xx. col. 397) et saint Jrme,
1

Masloth,

l'r.rf. in lib.

Salom., P.L.,

t.

xxvm,

col.

1241,

formes plurielles fminines, construites de celle de Mes tlo/li, parfois employe par les rabbins de prfrence la forme masculine Meialm, seule atteste par la Bible. Ouclquefois aussi, le Talmud le nomme Sefer hokmh, livre de [la sagesse . Il importe de bien prciser ds le dbut et de fixer le sens de l'appellatif maSal (plur., mtS ilm) non intentionnellement appliqu, bien qu'en apparence applicable, par le titre gnral, toutes phrases et propositions du livre. Ce sens se rvle, du reste, constant dans toute la Bible hbraque quelque moment que ce soit du dveloppement de la langue sainte. Les plus anciens textes o nous le trouvons sont ceux de Nom., xxiii, 4-7, 16-18; xxiv, 1-4, 15, o il dsigne la parole mise par Jahv quatre reprises, aprs concession de rvlation ou de prsage , dans la bouche de Balaam, devin , sage et prophte (cf. Jos., xm, 22), et traduite par celui-ci en mc.Sal de style imag, figur, potique, mesur et strophique. Num., xxm, 7, 18; xxiv, 3, 15. Et dans les psaumes les plus
]

rcents, tels
citations),

PROU

ou

PROUST

Dedieu. J. Claude (1648-1722),

reli-

gieux clestin, naquit Orlans vers les clestins, et y lit profession le 15 Il passa les dernires annes de sa vie Verdelais, prs de Bordeaux, et c'est
le

1648, entra chez novembre 1666.

au monastre de l qu'il mourut,

20

dcembre 1722. Le

P.

assez grand

nombre

d'crits difiants,

Prou a compos un dans lesquels on


:

trouve quelques notes thologiques intressantes Les regrets d'une me touche d'avoir abus longtemps de la saintet du Pater , Orlans, 1691, in-12; La vie de
suint Lue, solitaire de Jieauce, Orlans, 1694, in-8; Rflexions chrtiennes sitr la virginit, Orlans, 1693,

que xi.ix, 5 (hbreu, et ainsi des autres ou encore lxxviii, 2, il garde toujours ce sens de sentence ou enseignement divin inspir. Mme quand il a l'apparence de n'tre parfois qu'un proverbe ou dicton populaire, comme dans I Reg., x. 12, tel mcSal traduit en ralit un signe . une leon , telles dispositions arrtes par Jahv. l'ne nigme , une parabole proposes au peuple sont aussi des paroles divines, Ez., xvn, 2; xxi, 5; xxiv, 3, des mcSalim pour la maison d'Isral . Il court, dans la masse, de faux meSallm, expression de visions de mensonge , de divination trompeuse Ez., xn, 22ils seront infirms et remplacs par de 24; xviii, 2 vrais oracles mans cette fois de .Iahv,xm, 1 sq.,
<

rimprimes en 1700 sous le titre li flexions importantes sur la virginit; Le guide des plerins de Notre-Dame de Verdelaus, Bordeaux, 1700, 1705, 1708, 1725, in-12 (d'aprs le P. Gobillot, Notre-Dame de Verdelais, p. 149, c'est la runion, avec remaniements du texte, de deux ouvrages du P. Sal); Dispositions ncessaires pour gagner le jubil de l'anne sainte, Bordeaux, 1700, in-12; Instructions morales touchant l'obligation de sanctifier les dimanches et les ftes, Bordeaux, 1705, in-12.
in-8,

Richard et Giraud, Bibliothque sacre, t. XX, p. 271 Feller-Weiss, Biographie universelle, t. vu, p. 76; Morri, Le grand dictionnaire historique, d. de 1759, t. vm, p. 591592.
;

J.

Carreyre.

Hab., n. 6 sq.; Job, xm, 12. de Jahv, le maSal contre le roi de Babylone. Is., xiv, 3-33. Parole de Jahv, le maSal chanter en complainte sur la race perverse des riches convoiteux et ravisseurs. Micli.. n, 1-4 sq. Vivant maSal, vivante leon, signe de la colre de Jahv, Ez., xiv. 8, l'idoltre consultant, qui Jahv rpond luimme en le retranchant du milieu de son peuple. Et il en est tout de mme du peuple livr, vendu aux nations. IV. xi.iv. 15. rejet de Dieu, II Par., vu, 20, du roi et des princes frapps de la vengeance divine en face de tous les royaumes de la terre. Jer., xxv. 9; cf. Dent., xxvm. 37; III Reg., ix. 7: Ps., i.xix. 12. Le vieux proverbe de I Reg., xxiv. 14 : Des mchants vient la mchancet , qui parat si banal, a le caractre sacr de proverbe venant des aeux , des temps antiques o domine parmi les hommes la sagesse
6-7,

8-10; xviii, 3:
i

Oracle

Ill'l

PROVE

RB1

S
.

LIVR1

DES
de Jahv
.

CONTEN1

910

Mois mille maximes divine rvlatrice. Les ou proverbes, prononces par Saiomon, III Reg., v, 12, sont les heureux effets de la sagesse donne par Dieu an il roi. Ibul.. 9. Tout mcial du livre sera donc sidrer essentiellement comme une instruction, un lient, une leon ou un exemple d'inspiration e, assimilable aux oracles rendus parles gardiens sorts ou les prophtes sentence ou maxime d'ordre
:

7, le principe fondamental de cello-cl, adresse a douze reprises diffrentes ces avertissements comme le ferait gnraux a son tils ou a ses fils un pre ou un niait rc soucieux de leur instruction et
.
.

de leur ducation
21 35; iv.
i

9;

n, 1-22; m, , 8-19; 10 19; 20 27; x, 1 23; vi,


:

10;
i

5; 20 35;

mi.

27.

Deux
>

lois.

i.

20

:>J. el

eux ou nuirai enxeloppcc dans une image, une


araison expresse ou latente qui
ur

demande

l'an-

ou au lecteur l'effort de pntration ticessaire en saisir le sens et la porte. Bible grecque intitule le livre [apoiu.(at HoXojxtJvTo. Adages (ou Proverbes) de Saiomon I.e mot hbreu nu il s'y trouve cependant traduit le plus souvent par irapa6oX'/j et le titre secondaire de \w. I, porte rrai&elai, instructions de Saiomon. lieux mots refltent mieux que -apoipio le sens
.

fondamental de mcial, en faisant droit, pris ensemble, et la tloul>le acception de celui-ci, comparaison enseignement . exemple et leon parabole et maxime . Comme. les rabbins du Talmud, les Pres n'ont pas manqu de donner au livre le nom de saint Justin. />/<;/.. 129, P. G., t. vi, E 771; Meliton de Sardes (dans Eusbe, Ilist. ceci., kvi, /'.<;.. t. xx. col. 397): Clment d'AlexanClment ig., n. 2. P. G., t. vin, col. 121, et c 57. /'. a., t. i, col. 324, le cite par les Xiyct f, rravotprro ao(a, et saint Grgoire de inze. l>r.. vm, 9, /'. <>'.. t. xxxv. col. 785 r
.1
.

ocla. a Vulgate hironymienne a traduit le mot maal ans le titre gnral du livre, t. 1. aussi bien que dans les titres secondaires, x. 1. et xxv, 1. L'ancienne Vulgate portait Proverbia (Prtef. in lib. Cette douMe traduction est atteste aussi dans vers passages bibliques cits plus haut, lue fois, IV. xi iv. 15, saint Jrme a traduit similitude), faiver ailleurs. Episl., evr, lit Alioquin in Bebraieo ila scriplum reperi : Posuisli nos proveringentibus En quelques passages, l'quivalence rbium et parabuhi se trouve clairement indique \xiv. 3; xviii, '2. 3; .1er., xxiv. 9; en d'autres. paraboln et exemplum : II Par., vu. 20; proverbium et
y.r
I
:
.

exemplum
ii.

:
:

Ex., xiv, 8:

proverbium

et

fabula

Dent.,

31

III Reg., ix. 7.

Proverbia annonce donc lui aussi tout uitre chose qu'un recueil de proverbes ou dictons aires, impersonnels et anonymes, teints d'un
titre latin

utilitarisme

vulgaire,
livre

et

tombs dans
la

le

domaine

sagesse des souvent contestable, mais de la Sa e, toujours claire et judicieuse, leveet morale. Bt l'on peut aftirmer qu'il ne contient aucun proo nous entendons habituellement ce si un livre de lia) Sagesse, selon saint Cyprien, Teslim.. m. 5 i. /'. /... t. iv, col. 761 Sapieniit: l'glise le range au nombre des livres tiaux i. et le missel iui donne concurremment ci le titre de Liber sapientin: 11. Contenu du ijvre. Le thme ou sujet du c'est la Sagesse qui s'affirme, s'tablit, se eloppe en huit sections nettement dlis bien que d'ingale longueur. Aprs un court abule, ou avant-propos, qui d'abord en une seule . i. 1-1. donne le titre gnral de l'ouvrage. 1, ir le collecteur di s proverbes de Salolils de David, roi d'Isral 2-1. puis invite le
.

mun. Le

ne procde pas de

devenir faux tmoin vou la haine de .lahve. Pour finir, le double banquet al u oi ii] ne de la Sagesse, i\. 6, e1 de la Folie, 13 18, spars par on parallle entre le sage et le fou (moqueur) dans leur attitude en laie de la rprimande. 7 12. Pans un style lgremenl diffus, avec quolques rptitions, et suivant un dveloppement assez peu rgulier, niais sur un ton noble et lev, <'l avec abondance d'images vivantes el <ie prosopopes hardies, ces morceaux exhortent la recherche empresse do la sagesse, partant de diverses considrations sur sa valeur intrinsque, ou sur le profit ou le dommage qui rsulte de son acquisition ou de son abandon i. 8 19, ne point s'associer ceux qui veulent raliser le gain par la violence; 20-33, la ruine est la consquence du eliis d'couter les appels de la Sagesse; n, 1-22, les plus grands avantages de l'ordre religieux et moral sont attachs a la poursuite de la SaiCsso: m. 1-1(1, la sant, la prosprit, une longue v ie le bonheur sont le prix d'une sage recherche de Jahv: 11-20, la correction Inflige par Jahv celui qu'il aime assure la possession de la Sagesse plus prcieuse que les plus grands trsors; m. 21 35, garder la sagesse acquise, c'est s'assurer la protection divine et la paix avec le prochain; i\, l ;>. couler les enseignements de l'crivain bien instruit lui-mme par son pre, les observer en acqurant la si estimable sagesse; 10-19, la voie de la sages' e est sre, celle du mchant ne l'est pas; 20-27, la droiture est un guide sur le bon chemin: v 1-23, viter la femme trangre, adultre, et s'attacher la femmt reu, dans la jeunesse Jahv chtie le pcheur: vi. l-, viter de cautionner autrui; 6-11, la paresse amne la pauvret; 12-19, la duplicit du querelleur et du faux tmoin cause sa ruine et elle est odieuse Jahv; vi, 20-35, et vu, 1-27, dangers (pufait courir la femme trangre par ses intrigues; vm. -36, la Sagesse demande que l'on coute ses paroles de v crit. parce que seule elle donne la science, la richesse, la gloire et la justice; ayant en Jahv lui-mme ses origines, seule elle attire la faveur de Jahv; ix, 1-0, la Sagesse invite l'insens son banquet pour qu'il devienne sage; 1I5-18, la Folie, pour qu'il en meure; 7-12, il y a profit pour le sage tre repris et instruit le fou, qui se moque de la rprimande, portera la peine de sa
le
i

ie personnifie I ne lois, vi. 6 il.

elle

mme

vm, 36, la Sagesse ses appels ou son loge.

paresseux

est invit'

saj e et, vi,

12 19, le

querelleur

el

folie.

<

>

2" lie premire collection de proverbes salomoniens, x-xxii, 16. Ces proverbes , au nombre de 373, sont tous, sans exception aucune, de simples distiques dont chacun nonce une maxime particulire de conduite, le plus souvent sans connexion avec ce qui prcde ou ce qui suit. Quelques sries se rattachent pourtant un mme sujet, ce sont xi, J-8, les fruits de la droiture et de la perversit; xi. 17-21,

ceux de la justice et de la mchancet: xn. 17-1'.), les pchs de la langue; xv , 10-15, les devoirs et la faveur des rois; xi, 9-11, l'action du juste et de l'impie dans la cit. Il est impossible de donner l'analyse de
ces

maximes sans

les

reproduire toutes, ce qui serait

hc

e ir a
:

l'attention, 5-6, nous lisons

donc

vivement

ne s.rir d'avertissements gnraux de la Sagesse, L'auteur, qui s'identifie en quelque manire Liesse qu'il enseigne, ayant pos dans la > crainte

mais tous les traits de leur doctrine religieuse et morale seront groups plus loin. Ces maximes sont de style simple, mais lgant, frquemment enveloppes dans le voile transparent d'une comparaison fini
excessif;

provoque
leon.

la rflexion

et

fait

pntrer

et

retenir la

91

l'IHiY
Une
collection
</<

ERBES

l.l\

i:

I.

DES).

CONj

I.

NU
i
.

'M 2

xxn, 17 xxiv, prcoptes ou 'le- conseils plus dvelopps pour la plupart que les prcdents proverbes de Salomon. Le simple distique y est du moins lis raie (xxn, 28; xxin, 9; xxiv, 8, 9, 10). L'exhorlils tation lu pre ou du matre son ou son >\f ciple y reparat, xxn, 17 sq.; xxiii, i">, 19, 22, 26; xxiv, 13-21 c'est la manire des neul premiers cha pitres. Apres mie introduction invitant le disciple plusieurs fois dj catchis par crit tre attentif 'i bien s'appliquer, x\n, 17-21, sont donns les conseils pratiques de ne pas opprimer le pauvre, 22-23, mais, au contraire, de porter secours aux malheureux opprims, xxiv, 11-12; de fuir la socit de l'homme colre, xxn, 24-25; de ne point se porter caution pour dettes, 26-27; de ne dplacer point les bornes des champs, 28 et xxm, 10-1 de se rendre habile l'ouvrage, xxn, 29; de pratiquer la temprance la table des grands, xxm, 1-3; de ne point se tourmenter pour s'enrichir, 4-5; d'viter la table de l'envieux, 6-8; de ne parler point sagesse l'insens, 9, fauteur de pch, xxiv, 9; de s'appliquer aux enseignements de la sagesse, xxm, 12, pour faire le bonheur du matre sage, 15-16, et des parents gs, 22-25; de so garder de la gourmandise, xxm, 19-21, de l'ivrognerie, 29-35, de la courtisane trangre, 26-28; de ne point porter envie aux mchants, xxiv, 1-2 et 19-20; de ne point se rjouir du malheur d'un ennemi, 17-18; de n'pargner point la correction l'enfant, xxm, 13-14. On reprend enfin l'loge de la sagesse, qui est un miel pour l'me, xxiv, 13-14, et comporte les plus grands avantages pour la conduite des affaires, xxiv, 3-6. L'invitation craindre Jahv , scelle en quelque sorte ce morceau, xxm, 17-18, et xxiv, 21-22, comme elle avait introduit les avertissements gnraux de la Sagesse, i, 7, crainte rappele cinq fois au cours de ces avertissements mmes, i, 29; n, 5; m, 7; vm, 13; ix, 10; neuf fois signale dans la collection salomoniennc, x, 27; xiv, 2, 26, 27; xv, 16, 33; xvi, 6; xix, 23; xxn, 4, et ne devant plus reparatre que tout la fin du livre.
.'>"

paroles des sages,

la

22.

Petits groupes

de-

i. Palestine, que Gcn., xxv, et I Par., i, '>*>, peubis <\ Ismal plent de La suite du verset (xxx. 1), rendue par lis versions grecque < latine de faon

presque inintelligible, constitue peut-tre aussi, par l'effet d'un regroupement des consonnes hbraques en mots diffrents, la premire de ces paroles d'Agur annonces par le titre: Cet homme (Agur) a dit: Je me suis lass, Dieu!... et (maintenant) je cde
(je cesse

mes recherches);

car sans esprit suis-je plus

que personne. Cette petite collection, qui ne renterme qu'une maxime formule en un simple distique, les autres se dveloppant plus longuement, ollre deux sries de; proverbes de genres diffrents l'une, introduite par une suite d'interrogations anxieuses touchant la science et la puissance du Dieu saint 1-1, exalte la parole de Dieu , 5-6, engage au respect de son nom 7-9, rprouve la calomnie du serviteur auprs du matre, 10, condamne le fils irrespectueux,
: .

17, moque l'orgueil et la colre, 32-33; l'autre, qui appartient au genre nigmatique, comporte six proverbes numriques, o sont numres soit en nombre fixe, des choses, btes ou personnes runies et compares sous une notation morale identique ou analogue xxx, 11-14, quatre races perverses; 21-28. quatre animaux petits, mais sages soit en gradation ascendante, de deux trois, de trois quatre... galement sous un mme rapport xxx, 15, 16, deux, trois, quatre choses insatiables; 18-20, trois, quatre choses mystrieuses; 21-23, trois, quatre choses nfastes; 29-31, trois, quatre cratures braves et de belle

allure.

7 Des Paroles du roi Lemuel , xxxi, 1-9. Roi de .Massa ainsi peut-on traduire en ngligeant (avec les Septante, le targum et le syriaque) la ponctuation massortique Lemuel est instruit par sa mre, la reine mre qui le conseille dans sa jeunesse, de trois maximes de bonne conduite royale xxxi, 2-3, se garder des femmes qui perdent les rois ; 4-5, se

xxxi, 30-31.
4

Une

antre petite collection de paroles

xxiv, 23-31. Elle recommande de juger sans avoir gard aux personnes, 24-25; quelques maximes touchant la conduite tenir envers le prochain, 26-29; le champ du paresseux, 30-34.

des sages

du vin et des liqueurs fortes - qui font oublier la loi (le laisser au malheureux pour qu'il oublie ses misres, 6-7); 8-9, juger selon la justice et protger le dlaiss et l'indigent. 8 Un portrait d'une femme vertueuse, xxxi, 10-31.
dfier de l'usage

Pome alphabtique

par

proverbes de Salomon recueillis zchias, roi de Juda , xxv-xxix. Au nombre de 127, ces proverbes sont aussi noncs en distiques pour la plupart; ne font exception que xxv, 6-7, 9-10, 13, 21-22; xxvi, 18-19, 24-26; xxvn, 10, 15-16, 23-27; xxvm, 10. Parmi eux se trouvent aussi quelques sries traitant d'un mme sujet xxv, 4-5,

Une

collection de
d'

les

gens

(ou acrostiche) compos d'autant de distiques qu'il existe de consonnes dans l'alphabet hbraque, chacun d'eux commenant par une de ces consonnes dans l'ordre habituel. C'est la peinture d'une femme vivant et agissant dans la sphre de son propre foyer domestique, comme pouse fidle et laborieuse, comme mre de famille sage, prudente et soigneuse, comme matresse de maison diligente et perspicace
:

dangers que cause le mchant; xxv, 6-7, se tenir humblement devant les grands; xxv, 8-10 et 16-17, pratiquer la discrtion xxv, 21-22, prendre en piti son ennemi dans le besoin: xxvi, 3-12, quoi ressemble l'insens; 13-16, le paresseux; 20-26, le rapporteur et le haineux: xxvn, 23-27, prvoyance au pturage. De style moins concis que dans le premier recueil salomonien, les maximes de cette section sont plutt d'allure populaire et d'intelligence plus facile. 6 Des Paroles d'Agur, fds de Iaq , xxx. Ce personnage d'Agur, que saint Jrme, dans la Vulgate, a considr comme un personnage symbolique, rendant son nom propre par le nom commun congregans, collectionneur (de proverbes), analogue celui de khlet dans Eccl., i, 1, n'est pas autrement connu des crivains bibliques, non plus que son pre Iaq (Vulg., vomens); mais le mot hbreu suivant, lgrement amend (lire hammass' au lieu de hammass i'), donnait peut-tre son nom patronymique le Massate, ou l'habitant de Massa, rgion de l'Arabie, au sud-est de
;

pourquoi son mari est heureux et honor, ses enfants respectueux et dociles, et sa maison prospre. Cette femme le pote parat viser quelque personne de lui connue a surpass toutes les autres en force et en vertu c'est qu'elle a prfr les actions vertueuses aux soins de la beaut, et qu'elle a eu pour mobile la crainte de Jahv . 9 Remarques gnrales sur le contenu. Il convient de signaler dans quelques unes de ces sections d'assez nombreuses rptitions. Plus d'un proverbe se trouve reproduit textuellement, ou trs peu prs, de l'une l'autre, ou encore dans la mme collection. Ce dernier cas est toutefois le moins frquent; ainsi, l'on ne peut noter dans la premire collection de proverbes salomoniens que les deux rptitions, xiv, 12, et xvi, 2."); xvi, 2. et xxi, 2. Plus nombreuses sont-elles d'une collection l'autre: ainsi de la premire la deuxime collection salomoniennc xvm, 8, et xxvi. 22; xix, 24, et xxvi. 5 xx. 16, et xxvn, 13; xxi. 9, et xxv, 24; xxn. 2. et xxix. 13; xxn, 3, et xxvn, 12; xxn, 13. et xxvi, 13. Deux distiques touchant le paresseux des paroles des sages . xxiv, 33-31, sont
c'est

PROVERBES
iluits

LIVR]
la

DES). CANONICITl
liant
les
les

',

au cours des ave


i

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il

il-

gnraux de

II.

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Beaucoup plus souvent encore,


prove
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.1
1

e>

dans une

mme

collection,

rive que de ou d'uni co

i\

ils

s,

mi

dclarations divines, taxa, m\ Juifs \eu!ent rester attachs el pour lesquels prts mourir si cela est ncessaire . Contra

rarement toutefois), colnci dent pour la moiti du distique seulement, l'autre moiti tant diffrente; ainsi, dans la premire colle \. 8 el Uon salomonienne \. 2, el xi, 14; \. 6 el nviii. II; xi, 13, el \\. 19; xi, 21, el mi. 14; xiii, 2, el xviii, 20; xm, 14, el xrv, 27; >: w. :;.;. il xvni, 12; xvi, 12, el 11, el xvii, w. 28; xix, 2, \\. 2. \\. i". el \\. 23; dans la deuxime xxvi, 12, et \\i\. 20; de la premire la deuxime \. I, el xxix, 3; xv, s. ,-: xxix, 22;xv, 23, xvi, 12, et xxv, 5; xvn, 3, et xxvii, 21; al xxv, Il P. unies des sages I, el xxviii, 6; dans les
l'autre (cela plus
:

\l.us on poul noter que la mmoire garde i. 8. docteurs du l'almud et quelques crivains juifs posl talmudiques d'anciennes controverses relatives la valeur canonique des Proverbes montre assez, clai relient que la dcision ion, liant la canonicit de ce livre ne remonte pas une trop liante antiquit Autrefois, on disait le. Proverbes... doivent tr< (dclares apocrj plucar Ils contiennent des

A pion.,
les

par

ft

1.

xxii, 28,
.1

el

xxiii, i". xxiii, 17-ls. el \\i\. 19 20.

En

pense se trouve exprime quelquefois diffrents endroits dans des termes non tout a fait identiques; ainsi constituent de simples uariad'un menu proverbe x, 14; xm, 3, el xiv, i>: \.
iche. lu
:

mme

\. 28, et

xi, T: xi,
el

">.

el

ml

22,

>".

xxix, 2. salomoniennes \ xxn, 16, el rx\ wi\. ne semblent pas avoir t ordonnes sul<ju<-!qiie principe visant grouper toujours des proverbes de mme nature ou de pense analogue; el auteurs et commentateurs ont bien pu ranger nmes sous des titres trs gnra ix ces multiples maximes, ce n'a t que ngligeant beaucoup de Is rebelles l'ordonnance du plan prsum le plus naturel et le plus logique. Cf. O. Z kkr. Die Spri lie
12, 28, el

xv, 8; \i\. 27, xxvii, 15;


lections

xvi, 22.

xm.
1.

ti;

xi, 20;

18, et xviii,

l. Nathan. on rsolut de les cacher, Ab ///. c. i. en cho du trait Schabb il h. 30** : On vou lait... cache;- le liv re de. l'rov erbes parce qu'il renferme des contradictions; mais on ne l'a pas fait... Ces contradictions furent dfinitivement leve, au synode de Jamnia (Jabn) vers l'an 10 aprs Jsus Christ, et le livre fut maintenu dans le canon. Elles portaient a peu prs unique ne:il sur l'opposition apparente des deux passages xxvi, Ne rponds pas l'insens selon sa folie.., Rponds et ibid., 5 ramener simplement une l'insens selon sa folie... question d'opportunit, Les docteurs juifs prfrrent

paraboles...,

el

xxvm,

rapporte;gieuses.

aux chose

de

la terre et 5

aux choses

et

reli-

Une autre difficult, souleve pricope de la femme adultre, vu. 7


;

propos de

la

10-13, avait

t rsolue de la mme faon le. descriptions passionnelle, de ce passage, juges d'abord inconvenantes

.1

comme trop ralistes et trop suggestives, furent interprter dans un sens purement allgorique. On peut souponner enlin que ces lgres fluctuations de la tradition juive touchant la canoni
pour un livre sacr
Proverbes masquaient un sentiment de doute relativement la c imp isil ion du livre dais son eni ier par Salom ii, vu L'trange opinion, rapporte dans Baba Bithra, il' 15, qui faisait d' zchias ot de ses aille, Us auteurs des livres d' Isae, des Proverbes, du Cantique et de l'Ecclsiaste. Les chrtiens ont re;u de; Juifs le livre des Proave- la Bible grecque, et donc le considrent. is comme livre eau inique. Les crivains apostoliques le citent en effet, ou e .[ire. sment courue criture Jac, iv, i) l'rov., m, :t D; Rom., tu, l (l'rov., i. 16); Rom., xii, 20 iIVov.. xxv. 21, 22), et comme exhortation divine: le >.. xu, (Prov., m. 11-12); ou librement, sans formule d'introduction, l'effet d'in culquer leurs lecte irs des prceptes de morale reli
1
i

cit des

Bielefcld. aely,

1867.

p.

2<.

Paris, 1879, p. Introductio spe ialis in libros Vet. Test., t. n, Il n'est 5, 1SS7. p. 137-13 '. pas p tssible hou p'us d'introduire dans le long morceau des avertisse-

Le 30, cits dansR. Corel


II.

Lestre,

mm

ments le la S igesse 1. 7-ix, 18) des divisions et subdividons rigoureuses, bien que le sujet traite soit unique e' que l'expos se droule d'une seule haleine du comit a la lin. Aucun plan ne --e re narque 11 >n plus dans les autres collections. Paroles des muo;. 17-xxjv, 34, et d'Agur, xxx. Pour obtenir une vu- gnrale c! complte de. prceptes et maximes du livre des p suivant presque chaque brandie de la morale pratique, il fa 1! regrouper ces proverbe- d'aprs leurs sujets en triant telles quelles de Tamis toutes et chacune de ces perles p ur le. e ifller en chapelets diffrents (Le travail a t fait en partir par H. F. Horton, The biok 0/ Proverbs, 1891 ( The erpositor's fiible i. - Le traducteur mec de l'EcclIII. Canoxicite. |ue tmoigne indirectement l'admission dj sc ilaire du li\re des Proverbes au canon hbreu, lors qu'il loue son grand-pre d'avoir voulu crire, lui tre appliqu longtemps la lecture de la /. i, des Prophtes et des mitres limes de nos pres , un traite d'ducation tt de sagesse . Il est vident que ce nouveau traite de morale de Jsus, dis de Siracb,
1

gieuse

Il

m.

I);

Luc,

Cor., ix. 7 (Prov., xxn. 9); vm, 21 (l'rov.. xiv. lu (Prov., xxv. 6, 7; Ile')., xu. 13

(l'rov., iv, 26); I Petr., ri, 17 (l'rov.. xxiv, 21); iv, 8 (l'rov.. x. 12); iv. 18 d'rov.. xi. 31); v, 5 (Prov.,

m.

34); II Petr., n. 22 Pres suivent leur

ment Romain,
Ephes., .">; Seul dans

.W

Prov., xxvi, il), etc. Les premiers exemple Barnabe, EpisL, v; Cl Cor., 14, 21, 30, 56, .">7; Ignace, Ad ii/ii 12: I'olvcarpe, Ad Philip.. 6.
i
:

lu

recueil d( mme caractre, celui des par le nouvel auteur dans la collection des mires livres, dj constitue pour une
1

seulement verbe-, Kihn, Tho dor von Mopsuestia, Fribourg, 1880, mais leur contesta toute inspiration divine, p. 78, au dire du concile gnral de Constantinople de 553, qui le condamna Proverbia... quee ipse (Salomo) EX SUA PERSONA urt ulinriini iitilittitem composuit. qillim prophtise quidem gratiam non accepisset, pruden
;

l'antiquit, Thodore de Mopsucste non des Pro nia l'inspiration prophtique

honne

trouve

/<ro/. Le recueil salomonien se probablement signal dans Eccli., \lvii, 18 (Vuj., 17) entre le Cantique el l'Ecclsiaste ime mane du grand roi dbor-

part.

Eccli.,
fort

tise vero gratiam, quss evidenler

vi

era

est preeler illam,

mme

Cf. xxiv, 23 27, peut aussi tre assur que umptait les Proverbes au nombre des quatre hymnes et prescriptions morales qu'il ajoutait aux livres de Moisi- el aux treizes livres ries propl tes ' parfaire la somme des vingt-deux livres io:ite
. t

III Peg.,

m.

9.

11-12.

On

Pauli vocem I Cor., xu, N (per Spiritum datur sermo sapientiee). Mansi, Concil., t. x. col. 223. Cf. lier, bibl., P'2'). p. 389-390. Spinoza, Traclaltu theologico-politicus, 1670, c. n, Iran Le (.1re. Sentiments de quelques thologiens p. 15, de Hollande, Amsterdam, 1685, lettre xu, onl ri cette opinion. Les Proverbes de Salomon ne sonl nulle n m-, ,1 inspirs, al tendu que particulirement suivant .ban Le Clerc d s sentences de ci genre ont pu tre
s.
t

secundum

915
y trouve

l'

ROVE RBES

II
;

i:

I.

DES
.i

COM POSITION
srie

916

formules sans l'inspiration, par n'importe qui qu'on nombre de proverbes populaires el de sens commun qui n'ont rien de divin; qu'on j lit beaucoup de conseils d'conomie domestique que dos servante et les campagnards entendent sans aucune rvla lion; qu'on en aurait pu mme mettre de meilleurs sans mu- grce de l'Esprit-Saint, el <i " c'est bien peu estimer l'espi it de prophtie que de lui en attribuer de tels; bien plus, nombre d'entre eux blessent la charit vanglique, car, si les marchands de notre poque con naissent aussi bien que ceux du temps de Salomon la rgle de ne cautionner point autrui l'aveuglette, vi, xxii, 26; xxvn, 13, il peut se taire qu' l'cononw suit prfrer la charit, comme il appert de la parabole du Samaritain, qui, m par la charit, cautionna le Juif laiss pour mort sur le chemin. A ce compte, rpondait Richard Simon, Rponse aux sentiments de" l

avec ces Mai imes. D'autre part, des quatre verset* non reprsents buis le texte d'Amenemope, xxn, 19, 23, 20 el 27. deux. 19 el 23, m- peuvent tre consi... mine loin;. .mi ou dsa rgeant le petit bloc des emprunts sciemment laits au livre gyptien, n'tant que la si nature mme de l'emprunteur Isralite, par leur caract. ie essentiellement jahviste"; les deux autres, 20 et 27, sans analogues non pins dans Amenemope, et ne constituant qu'une seule maxime Mille du cautionnement imprudemment engag), ont bien u exister dans une recension hiraossdons ou venir de tique diffrente de celle que nous quelque autre collection gyptienne ou m< me Isralite. Du reste, l'auteur hbreu adapte manifestement ces emprunts laits la sagesse gyptienne a la pense et au style hbraques, par suppression, condensation et remaniements de
li fois,
la

de

dtail. P.
le

Humbert, Recherches sur

les

sources gyptiennes

la littrature sapientiale d'Isrt cl. Neucnfltel, 1929, p. 5-34,

"

donne

quelques
e.

thologiens de Hollande. Rotterdam, 1686, devrait pricliter aussi l'inspiration de beaucoup d'autres livres bibliques, car ils contiennent bien des choses dont la connaissance ne ncessitait point

xm,

l'inspiration. Mais autre chose est l'inspiration et autre chose la rvlation l'inspiration d'un livre ne doit pas tre dduite de son contenu, mais de la rvlation divine elle-mme nous certainement manifeste . D'autre part, on ne voit pas epuel antagonisme existerait entre le prcepte d'viter de donner une caution imprudente et celui de la charit quiconque agit suivant la charit n'agit pas l'aveuglette ou imprudemment. Voir col. 923 au bas. Texte cl versions
: :
i

conclusions). IV. Composition,

sition.

Le livre
:

1" Compoauteur et date. des Proverbes se prsente nous

comme un

recueil de collections de maximes ou sentences morales auquel se trouve prfixe une longue introduction pome suivi faisant l'loge de la Sagesse dont sont remplis les proverbes eux-mmes, i, 7-ix. N'chappe cette catgorie que le morceau final, xxxi, 10-31, de la Femme forte , lequel est un pome alphabtique d'une seule venue et d'un seul sujet. Kntrc les deux collections des maximes de Salomon , x-xxn, lii, et xxv-xxix, qui forment prsentement le corps de l'ouvrage, l'auteur de l'introduction parat bien avoir intercal, moyennant un court prambule tout fait de son style, xxn, 17-21, deux petites sries de Paroles des sages , xxn, 17-xxiv, 22, et xxiv, 23-34, dont une partie, xxn, 17-xxm, 11, semble avoir t sinon tout fait emprunte, du moins verba-

la bibliographie tics plus intressants travaux sur la question, depuis 1921, ou l'emprunt lut signal pour la premire lois par Krman. A. Mallon, La sagesse de V Egyptien Amen-em-ope cl les Proverbes le Salomon, dans liiblica, Rome, 1927, p. 3-30, admet la relation intime entre les passages des Proverbes et l'crit gyptien. G. Lambert, Ile fontibus gyptiacis Librorum sapienlialium, dans Verbum domini. l'.ome, 1931, p. 121-128, recommande la plus grande prudence ce sujet. A. Vaccari, De libris didaclicisflnslitutiones biblicm l, 1929, p. 55, admet lui aussi une grande relation, mais indirecte, entre les deux crits, lesquels dpendraient alors d'une source commune trs vraisemblablement hbraque. En 1929, E. Dhorme, dans la Revue bibli A peine une influence que, p. 622-024, niait tout emprunt indirecte, parce que l'auteur des Proverbes aime a consulter Isict. apnlog., la sapesse des peuples. Voir galement Dans ce cas, il vaut mieux fasc. 22, 1927, col. 1209-1210 la connaissance que d'imitation d'emprunt...; parler que l'crivain hbreu a eue des maximes du sage gyptien a pu n'tre qu'indirecte ou puise une source commune. (A. Vaccari, loc. cit.) J. Reni, Manuel d'ficriture sainte, t. n, Lyon-Paris, 1930, p. 435-430.
: :

La
I rc

suite des

Paroles des sages

xxm,

12-xxiv, 22,

comprendrait mme encore trois autres petits g oupes de maximes, introduits chacun par une courte phrase d'allure gnrale et parntique xxm, 12-18, Applique ton cur l'instruction introduit par 12 coute, (qui suit) ; xxm, 19-25, introduit par 19
srie,
:
: <

mon
tion).

fils,
:

et sois sage
>

par 20

Mon

fils,

20-xxiv, 22, introduit donne-moi ton cur (ton atten;

xxm,

P.

Humbert.

op.

cit., p.

28.

Quant

la collec:

lement imite prambule et maximes du livre gyptien (texte hiratique) des Maximes d'Amenemope, du dbut du premier millnaire avant JsusChrist.

tion xxiv, 23-24. elle constitue, avec son prambule Ce qui suit vient encore des sages , jusqu' la deuxime collection salomoniennc, comme un cinquime groupe des susdites sries intercalaires.

Ce

livre des

Maximes

d' Amenemope contient, distribues

en trente chapitres, toute sorte de maximes de bonne vie reli ieuse, morale el philanthropique. Les points de contact avec la premire srie des Paroles des sa^es sont les suivants Ain., ni, 9-10, et Prov., xxn, 17; Ain., in, 11, 1(1. et
:

xxn, 18; Am., xxvn, 7-8, et Prov., xxn, 20; Am., i, xxn, 21; Am., iv, 4, 5, et Prov., xxn, 22; Am., xi, 13, 14, et Prov., xxn, 24; Am., xi, 16, 17, et Prov., xxn, 25; Am., vin, 9, 10, et Prov., xxn, 28; Am.. xx vil, 10, 17, et Prov., xxn, 29; Am., xxm, 13-18, et Prov., xxm, 1-3; Am., IX, 10, 11, 10, et Prov., xxm, 1; Am., ix, 19; x, 1. et Prov., xxm, Am., xiv, 0, et Prov., xxm, 0; Am., XIV, 7-10, el Prov., xxm, 7; Am., xiv, 17, 18, et Prov.. xxm, 8; Am., xxn, 11, 12. el Prov., xxm. 9; Am., vu, 12; vin, 9, et Prov.. xxm, 10; Am., vu, 19; VIII, 10, et Prov., xxm, il. Beaucoup de ces rapprochements faits d< piano, ou institus iee l'apport du texte des Septante, corrigeant et rtablissant le texte hbreu plus ou moins altr dans le dtail, sont frappants. Fait significatif, le rapport idal el verbal entre la srie des proverbes xxn, 17xxm, 11, et les Maximes d'Amenemope cesse brusquement avec Prov., xxm, 12; et il est impossible de relever dans tout le reste du livre hbreu d'autre rapport, idal et verbal
Prov.,
3-0, et Prov.,
.">.

.">;

.">.

Les Paroles d'Agur, fils de Iaq . xxx, et les Paroles du roi Lemuel , xxxi, 1-9, terminent le livre ou recueil de collection de maximes; et ces deux groupes peuvent galement avoir t adjoints l'ensemble par l'auteur mme de l'introduction sur la sagesse. Le premier parat toutefois constitu par deux sries encore de maximes, xxx, 1-10, 32-33, formules au discours direct, et xxx. 11-31 (sauf 17), distinctes des prcdentes par leur caractre particulier de proverbes numriques et insres en groupe compact au milieu des paroles d'Agur proprement dites les versets 32-33 rejoignent en effet naturellement, comme parntiques, les versets 1-10 lorsqu'on l'ait abstraction des nigmes 11-31 (sauf 17). L'adjonction de ces diverses petites collections de maximes, voire d'nigmes, parat avoir t intentionnellement annonce par le compilateur et prfacier du livre dans son prambule, ou prologue gnral, continuant le titre, i. 5-6 Que le sage coute..., il comprendra les proverbes et les sens mystrieux, les maximes des sages et leurs nigmes. Des deux grandes collections de Maximes de Salomon , la premire, x. 1-xxn, 10. n'a pas d avoir t forme ncessairement avant la seconde, xxv-xxix, si cette dernire attribue aux hommes d'zchias
o
:
:
>

PROV

I.

Klil S
:

LIVRI
.'

DES

III R
La tradition
i>>n

918
scrlp

Voici dut tre admise au grand recueil aprs l'autre xxv, des maximes le Salonum... Lo compl r eut connaissance d'abord de la premire, et tre l'a t il runie lui-mme, tandis que l.i se eonde existait dj dans va (orme el sa teneur actu en attendant son tour de venir a la lumire, ou bien dj connue mais rserve pour complter on temps voulu la premire et les petites m rus des
1

turaire

L'auteur du noyau central. et patristique attribue a

escient

au

roi

Salomon

pn vei tout au moins la composition des l'es inclus dans les deux collections x xxn. 16, et xx\ xxix. I.i's litres donns a ces cil leel ions ne s.,nt pas en effet Indignes de crance, trs anciens qu'ils sont
apposes par l'auteur de tout le recueil avec autant de clart et de simplicit que les autres lities relatifs aux Sages, a Agur, Lemuel rien d'autre que la ncessit d'tre sincre el vridique n'empchait cet auteur d'attribuer aussi Salomon les proverbes mis sous U' nom de ces divers personnages. L'abrviateur des livres des Unis parait connatre dj des recueils de maximes salomoniennes qu'il niellait au-dessus d'oeuvres similaires dues aux sages orientaux el par1. Ces ticulirement aux gyptiens. 111 Reg., \. 10 derniers lisaient depuis des sicles des litres de maximes de caractre religieux, moral el soeial. composs par quelques uns de leurs rois ou de leurs princes. Salomon put les lire galement une poque o les relations extrmement frquentes depuis des millnaires de l'Egypte avec les ctes et mme h- hinterland palestiniens ne s'taient pas encore ralenties. N'avait il pas pous, du reste, une princesse gyp:

ci

L'auteur ot prfacier du recueil entier des collections de pro\ ci bes ou maximes n'a pas t l'auteur <U s proverbes eux-mmes il le marque clairement en indiquant, aprs l'introduction compose par lui, le ou les 1rs prsums ilos maximes de chaque collection overbes de Salon* n xxn, 17 coute les xxv, Encore des proverbes de paroles de te. Il ne se donne mme pas pour Salomoti lui-mme aprs avoir crit le titre m long du prsenter au lecteur des Proverbes il veut ilomoii, lils de David, roi d'Isral 1. 1-7. l'auteur
: :
;

du

li\

re se laisse aller a
la

recommander

plus longuement

sagesse qu'ils renferment concurremment sages 1, 5, et, ce long invitatoire enfin termine, il >e voit oblig d'crire de nouveau, \. c'est doue qu'il distingue Proverbes de Salomon itiellement ces proverbes royaux de ceux qu'il a pu formuler pour sa part dans la prface qu'il s'esl complu longtemps a laborer et crire; autrement dit, qu'il n'est pas Salomon lui-mme, auteur de ces proverbes. Bien qu'il manque dans les Septante et syriaque, ce titre en reprise ne peut

encore

ave* ceux des

tienne,

tille

du pharaon

III

Reg.,

III,

ix. 17, 21.

composs l'exemple des proverbes princes gyptiens, aient t aprs lui groups de laons diffrentes et se soient mme perdus pour le plus grand nombre; pie, dans chacun des groupes conservs la postrit, quelques-uns de ces proverbes aient t omis, ou qu'il en ait t ajout quelques-uns dans des recenses

Que

tre traite de surrogatoire


Inlroductii
.

OU de

supertl'.i.

C.ornolv.
le style et

d., 1.

11,

p. 143.

Par ailleurs,

nposition de l'introduction sont si diffrents de ceux des proverbes proprement dits, qu'ils trahissent versit d'auteur, et ils s'apparentent de si prs rles des sages*, tout au moins dans leur premire grande srie intercalaire, xxil, 17-xxiv. 22. pie cet dernires pourraient tre considres sans trop de hardiesse comme un pilogue au livre des Proverbes domon d'abord restreint dans l'intention de l'diteur a la premire grande collection x-xxn. 1k encade la double parnse t-ix et xxn. 17-xxiv, 22. >uet l'a l>ien compris Commendatio sapientise his tribus versibus xxn, 17-19) indicat epilogum pnreeden:

sions diverses et successives; que leur texte, dans la suite des sicles postrieurs leur composition premire, ait subi quelques changements et se soit mme plus ou moins imprgn d'aramismes, rien de toul cela ne sullil faire douter de leur authenticit. C'est l une
srie de vicissitudes

auxquelles ne pouvaient chapper

titim...

l'nde stylus pusteu aliquanln diversus, supra, fenlrntiw singulis versibus prumebantur h xrtnt, et ad lectorem quem vocal filium dirigilur ust/ue ad ix/r. 23 qui stylus propior
:

des textes anciens, toul d'abord sans doute transmis oralement Salomon pronona les trois mille maximes que lui attribue le livre des Mois, III c^.. v, 12) et consigns par crit un certain nombre d'annes peut-tre d'intervalle, comme il est arriv, par exemple, des maximes de l'gyptien Ptahhotep, vizir d'un des rois de la V dynastie (antrieure l'an 2000), dont les manuscrits portent des divergences assez considrables, sans que l'on puisse douter nanmoins de leur
1

haute antiquit.
1

hommes

d'zchias

auxquels nous devons

la

priorum capitum.

l.ibri Salomonis..., Paris,

:risi,

la

crainte de

Jahv

fermait
elle

le

collection des proverbes salomoniens. comprenaient el parlaient l'occasion l'aramen, langue encore trangre la masse du peuple hbreu cette

deuxime

irs

exhortateire, xxiv. 21.


1,

comme

l'avait

ouvert,
t

Et la formule de la composition du livre Proverbes la plus proche de la vrit serait peutsuivante un crivain juif postsalomonien envee un groupe considrable de maximes proverbiales attribues aii roi magnifique, x. 1-xxn, 16, dans un dont la racine est la crainte de laine , i\ et xxn. 17 xxiv. 22. loge tir comme propre fonds et des dires des sages >;puis, au non modifie dans son ordonnance premire, ajoute nent d'autres Paroles des sages xxiv,23d' autres proverbes de Salomon. xxv-xxix, 1rs
7.
:
1

ir

xxx,
la

celles

du
forte

roi
.

Lcmuel

xxxi. 10-31. indrine du livre (Septante) tmoigne en quelque faon de ce processus;car les transposiiu\ m de groupes de proverbes qu'elle dans son texte hbreu ne dpassaient pas le ilditions faites au bloc principal et inixi\. 22, celui-ci intangible parce qu'il avait t un temps bien ramasse sur lui mme et pour lui
1-9, !e

xxxi,

pome de

Femme

poque, IV Reg., xviii, 26 quelques mots ou expies sious de ce langage tranger, destin supplanter totalement l'hbreu, ont dit presque ncessairement prendre la place des vocables ou tournures propres la langue originale au cours des transcriptions multiples effectues depuis l'ge de Salomon. Pour dnier a Salomon la composition de ses proverbes, on a cru pouvoir arguer de ce fait qu'en aucun endroit ils ne s'lvent, l'instar des discours des prophtes prexiliens, outre le polythisme quoi se trouvrent si enclins les Isralites sous les rois, ce qu'ils auraient d\'i faire assurment s'ils avaient t crits au temps des premiers prophtes tels que Nathan et Alna. III Reg., 1, 32, 38; si, 29-39; su, l">; xiv. 2. Or, il ;st remarquer que jamais peu! tre, saul ds aprs l'exil, les Isralites ne furent plus ardents monothistes, plus exclusivement jahvisles quo sous les rois >avid et Salomon. a l'exemple de ceux ci le roi et tout Isral 1 s'unissaient alors pour honorer Jahv. III Reg., m, 7; vm, l-.'J: ix, 62, 65-66, l'exclusion de toute autre divinit. Salomon ne Inti'ra qu au temps de sa vieillesse le culte des dieux
:

919
trangers,
el

PROVERBES (LIVRE

DES).

TEXTE

II

VERSIONS

920

cet effcl ne retira mme III Reg., m. i. partie de cur Les proverbes avaient t pour lui oeuvre de jeu iicssc ei d'ge mur. Iliui.. v, vu, l x, 1-13. H ne pouvait alors songer combattre un polythisme <|ui n'existait plus qu'en souvenir, les baals canam

celui de

Jahv qu'une

vm
'.i

du vocabulaire et du stvle, les Paroles du roi Lemuel trahissent galement leur origine trangre, vraisemle |>a\s montagneux de Slr, colonis depuis le temps d'zchias par des Isralite, essaimes de la tribu de Simon. I Par., iv, 11-42. Le pome del

blablement

ayanl t proscrits pour un temps par les effort: jugus ou successifs de Samuel, de Sal el de David. Salomon fui un sage tel <|u'il en existail certainemenl a son poque chez les (rient aux et eu Egypte, tmoin Amenemope (voir plus haut, el capable en cette qualit de composer des maximes proverbiales. Lui refuser ce caractre sous le prtexte que les pro plilcs prexiliens ne connaissaient point de sages ni de du genre, suppos par les proverbes, sagesse et que les siges ou la sagesse dont ils parlent ne sont en ralit que les faux prophtes et leurs fausses prdic tions, ls., xxix, 14, les scribes menteurs adultrant la Loi, Jer., vm, 8-9, c'est oublier que les prophtes des temps davidique et salomonien, conseillers des rois, par leur caractre et leur action, tenaient beaucoup plus du sage que du prophte Nathan. II Reg., vu, etc., Cad, ibid., xxiv, 11 sq., Semaa, III Reg., xn. 22 sq., mme Ahia de Silo, ibid., xi, 29, parlaient plutt do sens rassis, et le premier surtout dans le genre gnomique du maSal parabolique. II Reg.,

<

Femme forte dont l'alphabtisme indique une assez basse poque, a bien pu tre compos par le compilaleur du livre pour faire contraste avec le portrait de la femme trangre, ou adultre, si souvent esquiss dans l'introduction, n, 16-19; v, 3-20; vi, 21-29; vu, 16 27 comme au banquet de la Sagesse il avait oppos celui de la Folie, ix, 13-tx. La lin de ce morceau, 30 b La femme qui craint .Jahv est celle qui sera loue... l'assimile aussi toute la premire partie du livre, i, 7xxiv, 22, introduction, premire collection salomonienne et pilogue, dont le loit motiv parat bien avoir t celui de la " crainte de Jahv , tout fait inconnu, ou pour le moins absent des sections intercalaires ou supplmentaires des autres paroles des sages , xxiv, 23-24, des proverbes de Salomon recueillis par les gens d'zchias, xxv-xxix, des paroles d'Agur,
.
:

xxx,

et

de celles du

roi

Lemuel, xxxi,

1-9.

La rdaction de l'ensemble du

livre des

Proverbes

xn,

sq.

Rien, au fond, n'empche d'attribuer Salomon lui-mme la composition de la masse des proverbes renferms dans les deux collections qui portent son nom. Bien dans ces proverbes mmes qui accuse ncessairement un autre langage ou qui rvle un autre milieu social que ceux de l'poque des premiers rois. Il n'en est pas ainsi du long prologue et de l'pilogue entre lesquels se trouve enclave la premire de ces collections. Ici, l'diteur use d'un style tout fait diffrent de celui des collections salomonicnncs ce ne sont plus des aphorismes indpendants l'un de l'autre, serrs en un vers de deux membres parallles, mais d'amples et majestueuses priodes qui exhortent tout autant qu'elles affirment ou prescrivent; et il peint dans ses leons la socit fortement agite d'une poque de troubles politiques et do dcomposition morale, telle que celle des derniers temps de la domination persane et des sicles de l'oppression hellnique les violents et les impies opposs aux humbles et aux fidles la crainte de Jahv, i, 10 sq., 22 sq. n, 12 sq. m, 31 sq.; iv, 14 sq., etc.; xxii, 22-23; xxiv, 1-2, 11-12, 19-20; les mauvaises
: : ; ;

3 L'auteur de la collection.

pourrait alors se placer au cours du iv e sicle avant notre re, vers l'an 350. C'tait l'opinion de dom Calmet, qui s'arrtait au temps d'Esdras ou de ceux qui revisrent les Livres sacrs aprs la captivit de Babylone et qui les mirent en l'tat o nous les avons . Une date plus tardive que celle de l're persane, savoir celle des dbuts de l'influence grecque en Palestine, vers 300, s'imposerait toutefois s'il fallait voir dans la femme trangre de l'introduction, dont tout bon Isralite doit se garder, la culture grecque elle-mme (Clment d'Alexandrie, Strom., 1. I, c. v, P. G., t. vm, col. 717), contre laquelle s'insurgeront plus tard les Macchabes. Il ne semble pas qu'il soit ncessaire de descendre plus bas. Cf. Vigouroux, Did. de la Bible, t. v, 1912, col. 787-789. 1 Texte. V. Texte et versions. Le livre dans toutes ses parties a t crit en hbreu, sous forme potique. L'hbreu est celui de la priode classique et

n'offre

que quelques mots uniques ou rarement em-

trangres, n, 16 sq.; 26-28; la paresse, vi, 6-11; xxiv, 30-34; la gourmandise, xxm, 19-21; l'ivrogneri;, xxm, 29-35... Sans doute trouve-t on dans les proverbes salomoniens un blme svre de toutes ces impits, perversits et injustices; mais ce
v, 3 sq., 15 sq.
;

murs

introduites paries
vi,

femmes
;

24

sq., etc.

xxm,

blme est bref, comme il convient une poque o l'homme injuste, impie et pervers dans le sens indiqu n'est qu'une exception individuelle dans une masse de valeur et de vertu moyennes, qu'il n'est point ncessaire encore de ramener la sagesse grand renfort
d'objurgations et de vives peintures propres loigner dtourner du vice, de l'irrligion ou de 1? violence. Quant aux trois appendices des Paroles d'Agur , des Paroles du roi Lemuel et de la Femme forte , il est peu prs impossible d'en dterminer l'auteur et la date. Les Paroles d'Agur *, dans leur partie par ntique, xxx, 1-10, 17, 32-33, proverbes d'un sage rput, bien qu'homme priv d'origine ismalite, juif peut-tre de race, et ainsi demi-tranger dans la socit judenne de; v-iv e sicles, paraissent empreintes d'un certain pessimisme que nous ne retrouvons plus que dans l'Ecclsiaste (comp. xxx. 1-4, et Eccl.,iet iv. 1-4). Fortement aramisantes du point d< vue

ploys lans les autres livres de la Bible hbraque. Les aramismes y sont aussi relativement rares, sauf dans les Paroles d'Agur et surtout dans celles du roi Lemuel . Ce texte a soutcrt plus d'un elommage dans sa transcription, comme le montrent dj les corrections marginales ele la Massore, qui en gnral proposent de meilleures leons en d'assez nombreux passages. Les manuscrits offrent de mme quelquesleonsprfrables celles du texte massortique officiel, et cela en accord avec une ou plusieurs des versions grecque, aramenne ou Vulgate. vm, 16 xi, 25 xn. 28. Ces mmes versions autorisent galement plusieurs amendements avantageux dans les passages m, 8: vm, 36; ix, 1 x, 21 xvi. 14; xvm, 22. Cf. Kaulen-Hoberg, Einleitung in die heilige Schrift, II e part.. Fribourg-en-B., 1913, p. 169.
; ;

ou

ditions critiques S. Baer et F. Delitzsch, Liber Proverbiorum, Leipzig, 1880; (V. Ber, Prooerbia, dans Biblia hebraiect, d. R. Kittel, 2 e d., Leipzig, 1913; A. Mller et E. Kautzsch, The book of Proverbs in Hebrew, Leipzig, 1901 (Bible polychrome de P. Haupt).
:

en gnral vers ele plus


:

est celle de la posie hbraque distique aux membres parallles. Les eie eleux membres y sont assez rares. La i s( ction (introduction) est toute en petits pomes ele dimensions diverses, eiepuis le distique isol, m. 29 et 30 seulement, jusqu'aux longs dveloppements touchant la femme adultre, vu. et la Sagesse, vm. Elle renferme quelques tristiques. i, 22, 23, 27; iv, 4 v, 19; vi, 3. 1 I. 22; vu. 22. 23; vin, 13, 29, 36, et un pentastique, vin, 30-31 Le paralllisme y est habituel lement synonymique, mais point toujours des plu^
le

La forme potique

921
I

PRO\
.1

RBES

i;

DES

Il

Il

I.

KRSIO NS

m section, premire collection s. do ircux uoniennc, ne comprend que des distiques, isoles pour i.i plupart. Le trlstlque m\. 7. n'es! qu'apparent et il tnpose, en ralit, d'un premier distique, 7 du deuxime membre, 7, appartenant a vin second distique dont le premier membre a disparu mais pourrait tre aisment suppl d'aprs les Septante. Pans
les c. x-xv, le paralllisme est surtout antlthtlqut (quelques vers de facture synonymlque, xt, 7. 25, 30; mi. 1 1. 28; mv. 13, 17, 19; aphoristlque, m. :>l mi. ;>; \in. 14; xv, 16, 17 synthtique, \. IN; m. 29; xiv, 17; allgorique, \. 26; m. 22). En revanche, tlans les autres chapitres, wi xxn, 16, l'antithse est d'une extrme raret va peine \\m. 23) et la synonymie la reparait dominante et presque exclusive. sei tion. premires paroles des muo. xxii, 17 \\i\. 22, a quelques distiques isols: xxii, 28; xxm, 9; xxiv, 7. 10; des tristlques, xxii, 29; wiu. 5, 7, 31, 3.">; xxiv, il; beaucoup de ttrastiques et des proverbes de cinq, xxni, 1-5; \\i\ 3-4, six. xxiii, 1-3, 12-1 1, 19-21 wi\. 11-12, et sept membres, xxni, 6-8, Le paralllisme y est ordinairement du genre synonymlque. la iv section, autres paroles des sages, XXTV, 23-34, a <tcu\ distiques isols, 28 et 29, les deux tristlques, 27 I, et le ttrastique 33-34. Le paralllisme, rigournent synonymique dans le morceau 30-34 (champ du paresseuxi. est ailleurs vague et nglig. La ection, deuxime collection salomonienne, x.xvxmx. aurait t, comme la premire collection les proverbes de Salonion compose tout entire de distiques, la plupart isols, si les quelques tristiques i|ui s'y trouvent prsentement. XXV, 7. 8, 13, 20; xxvii, 10 (?), 22; xxviii, 10, doivent tre considrs comme des corruptions du texte primitivement tout eu distiques, a corriger aussi d'aprs les Septante et ies anciennes versions. Le paralllisme, en gnral irr renient poursuivi, est. lorsqu'il existe, de forme allgorique et synthtique, rarement antithtique. La vr section, Paroles d'Agur xxx, n'offre en t qu'une sentence en distiques isols (15 restant douteux). Le paralllisme est synonv inique dans ux parntiques 1-10, 17, 32-33; dans les priamles ou proverbes numriques, il se rduit la simple nuniration des faits qui rsument ou prouvent la maxime ou plutt l'observation exprime d'abord d'une faon gnrale, 11-11. 16, 18-31. La vn" secParoles du roi Lemuel xxxi. 1-9, en un seul n'a qu'un tristique, 4 le paralllisme y est rigoument synonymique. I.a vm c et dernire section, Femme forte , xxxi. 10-31, est en vingt: ;

dues a des hsitations causes par des circonstances de ci' genre che le premier tradui leur o plutt quelque rviseur de la version ainsi i, 14; h, 19; v, 23; xiv, 22; xxii. S et 9; XXV, 20j XXIX, 25; par des reprises ou retours partiels de mois ou d'expressions identiques dans deux textes grecs trahissant la double traduction d'un mme texte hbreu qui comportait ces mots ou ces expressions; ix. 12 aurail mne t traduit trois fois. Kaiilen loberg. toc. cit. Trs nombreuses sont les additions dont l'effet a t soit d'augmenter la masse dj pourtant bien impo saute des proverbes en simples distiques de l'hbreu (ainsi, dans les premiers chapitres du livre Seulement i. 7; m. 15, 16, 22; rv, 27; \i. S. vn, 2; i\. 18), soit de complter ou d'expliquer la pense de l'aiileur (ainsi, dans les mmes chapitres i, 18, 27; u, 2; m. 2N; rv, 10; v, 5; vi, 25; i\. 6, 10), ou de mnager v, 2; quelque transition entre divers groupes (ainsi mu, 21). Ces additions proviennent OU d'un texte hbreu qui les contenait dj, ou plus probablement de notes marginales introduites dans le texte, pour les amplifications de pense; soit encore pour les proverbes ni sic. des autres versions grecques postrieures d'Aquila. de Sv mmaque ou de Thodotion, ainsi qu'il en est arriv pour la traduction sv ro hexaplairc dont mainte leon, Inexistante dans les Septante (telles w. 14-19; xxii. G; xxv. 20 *>), vient de l'une ou de l'autre de ces traductions. Kaulen-1 loberg, toc. cit. Il faut observer pourtant qu'en quelques endroits ces additions du grec au texte hbreu ne sont qu'apparentes el qu'elles ont en ralit traduit quelque lment de ce texte aujourd'hui tomb et disparu (ainsi du distique actuel XI, li>, dont les membres ne sont parallles que par une sorte d'artifice et reoivent cha cun, dans le grec, leur antithse naturelle). D'autre part, il se trouve, dans le texte reudes Septante, quelques omissions qui peuvent cire numres
:
I :

comme

il

suit

dans leur totalit


; ;

manquent

I,

10;

distiques 2 Versions.
nte,
-.

Nous parlerons seulement des versions

aux membres galement synonymiques.

rv,5 a ; IV. 7: vii,25 b vin,29 ab ;32 b et 33; xi, I; xm, (i; xv, 31: xvi. 1-3, 6-9; xvn, 10 b xvni, 8, 23-21; xix, 1-2; xx, 1-19; xxi, 5 et I8b ; xxii, 0; xxm, 23;xxv, 9 a 19 (incomplet). Des transpositions de proverbes se remarquent enfin xvi, 4, dans la premire collection salomonienne est plac aprs 5; xvi, 6, entre xv, 27 et 28; xvi, 7, entre xv, 28 et 29; xvi, 8-9, entre xv, 29-30; xx, 20-22, entre 9 et 10: et, aprs cette premire collection, les groupes supplmentaires se succdent jusqu' la fin du livre dans l'ordre suivant xxii, 17-xxiv, 22, paro(l rc partie): les des sages; xxx, 1-1 I, Paroles d'Agur xxiv, 23-24, autres paroles des sages; xxx, 15-33, <2' partie): xxxi, 1-9, Paroles du Paroles d'Azur
1
. :

et Italique. 1. Versions inunVersion grecque des Septante. La tradurtion grecque du livre bbreii des Proverbes a t antrieurement a l'anne 132, date approximadu prologue et de la version alexandrine de l'Ec-

a)

Vulgate

roi

Lemuel

lienne; xxxi. 10-31, b) Vulrjate latine.

xxv-xxix, deuxime collection salomopome de la Femme forte . File est l'uvre de saint Jrme

>ir ici,

t.

iv. col.

2031

et 2042),

puisque

l'auteur de ce prologue et de cette version signale comme dj traduits en grec les hagiographes ( autres livres . que la Loi et les Prophtes) composs en hbreu, une traduction plus libre que littrale, dans lie le texte on iouvc plutt paraphras 'raduit mot a mot. De plus, en beaucoup de passages, le grec s'carte de l'hbreu pour le sens. Dans

n
i

parait tre due une

traducteur lisant le texte dans l'ancienne hnicienne (v, I; \r. '.,: vi, 16; wn. 2; x. 24; xm, 10; x\r. 16; xxiv, 2 xxx. 1; cf. il.), ou sparant les mois flans la ta du manuscrit hbraque autrement f Ginsburg. Introduction. n y trouve nombre de doubla traductions,
;
.

qui la fit en 398, cf. Prf. in libros Salomonis, P. I... t. xxviii, col. 12 1. et l'adrt ssa aux voques Chromace d'Aquile et llliodore d'Altino. Cette version s'carte de l'hbreu en plus de cinquante passages. On n'eu peut conclure toutefois que le texte traduit par le solitaire de Bethlem diffrait beaucoup, dans ces passages, du texte massortique actuel; car c'est en trois jours seulement que fut excute l' interprtation des tridtu trois crits salomoniens, I'rov., Cant. et Fccl. opus nomini veslro consecravi, interprelalioncm videli cet tri uni Salomonis voluminum; et cette hte excessive peut expliquer mainte lecture inexacte, ou mme tout a fait fausse, du texte original. En deux endroits seulement la Vulgate bironymienne renferme de courtes additions qui lui soient propres, c'est--dire qui n'aient point leurs correspondantes ni dans l'hbreu ni dans c'est xtv. 21 b '/ni crdit in la version des Septante Domino, miser icordiam diligit, et xv, 26 flrmabitur
1

923
<ib

IMUJVKHHhS (LIVRE
:

DES).

TEXTE

El

VERSIONS

'

eo (punis sermo). On y trouve environ un tiers seuv, 2'': iv, 27 b lement des additions des Septante
;

image de

ce texte transmis par la Synagogue, tel que l'avait constitu l'cole juive de Tibriade, aprs l'avoir

vi,

11

';
;

X, 4 b

xii,
j

11

';

xm,
;

13 b J xiv, 15b ; xv, 5 b


; j

xvn, 16b xvin,8b xvm,22b xxn,9b xxv, xxix, 27b .Des critiques en ont 10 b et20 b xxvn, 21 conclu que, dans sa traduction, saint Jrme avait
xvi,5b
lj

dpouill dj peut-tre des additions posthumes dont tmoignent les Septante, c'est ce texte qui doit tre tenu pour inspir et canonique, encore que le concile de Trente ait dclar authentique dition latine hi1

subi l'influence le la version grecque par l'intermdiaire de l'ancienne version latine faite, comme on sait, sur des textes grecs. Cette conclusion est loin d'tre assure, car, dans les meilleurs des anciens manuscrits de la Vulgate qui paraissent avoir gard le mieux, au moins dans les Proverbes, le texte hironymien, ne se trouvent pas ces additions. Ces manuscrits sont ceux des Bibles espagnoles, qui nous ont transmis en maints et maints passages le texte trs pur transcrit sous les yeux mmes de saint Jrme parles scribes de Licinius Beticus, vque d'Andalousie, et ami du saint docteur pour leur matre. Le Codex Toletanus (vm c sicle), Bible svillane, n'a pas les treize dernires de ces additions; il n'a mme pas les deux additions xiv, 21 b et xv, 26, in fine, propres la Vulgate (collation Palomars, P. L., t. xxix, col. 973-978). S'il admet les quatre premires, son tmoignage est infirm par celui des autres bibles de mme origine, Codex Cavensis (vm e IX e sicle); C ml. (premire Bible d'Alcala, ix e sicle); Bibl. nat., 11 553 (Bible de Saint-Germain, ix sicle); Bible de Thodulfe (Bibl. nat., 9380, vin<>-ix e sicle), qui n'ont pas ces interpolations ou qui les ont exponc-

ronymienne surcharge

et

interpole qui avait cours

alors depuis quelques sicles dans l'glise. Authentiques cependant, et non a rejeter, dans les leons, discussions, prdications et expositions publiques , les

dans la Vuigate, de proverbes venus des Septante par l'intermdiaire des anciennes versions latines et dont le corpus (ils sont dix-sept) quivaut un chapitre voire un psaume de moyenne dimension, puisque l'dition officielle de la Bible sixtoclmentine les renferme. Quant aux additions des Septante elles-mmes, passes ou non dans la Vulgate hironymienne et elles sont au nombre d'environ leur caractre adventice par rapcinquante-trois port au texte hbreu canonique reprsent actuellement par la Massore et la Vulgate pure de toute interpolation, ne peut les empcher d'tre authentiques et mme inspires et canoniques, ayant t reues dans leVetus grcumTestamentum juxla Septuaginta recognitum de Sixte-Quint, avec mandat d'y rester sous peine d'encourir l'indignation Dei omnipolenlis beatorumque aposlolorum Ptri et Pauli; et l'on pourrait les considinterpolations,

tues de premire main. Nous n'avons 2. Vers/on drive : l'ancienne latine. que quelques rares dbris de la version latine des Proverbes faite sur le grec fragments sur un palimpseste la Bibliothque impriale de Vienne, n. 954, publis par Vogel, Beitrge zut Herstellung der alten lateinisehen Bi bel- Vebersetzung, Vienne, 1868, et sur deux feuillets galement palimpsestes au monastre de Saint-Paul, Lavanthal (Carinthie) publis par Moen, De libris palimpsestis, Carlsruhe, 1855. Des extraits de cette ancienne version ont t dcouverts dans le ms. n. 11 de la bibliothque conventuelle de Sainte sicle, de la Gall, p. 217 la p. 222. Ces extraits sont groups sous des titres gnraux selon leurs affinits particulires, par deux ou trois proverbes ou parfois un seul proverbe, lments de proverbes ou mme un seul membre constituent l'extrait (ainsi :De fralribus, xvm, 19; De morte et vita, xviii, 21 a De falso teste, xix, 5 a ...); en revanche, la srie xxx, 21-23,24-28, 29-31 xxxi, 4-5, se trouve intitule Quod pertrea (tria) movetur terra, d'aprs le premier lment, xxx, 21 a lequel ne s'applique en ralit qu'au premier groupe, 21-23. Sauf en deux ou trois leons, cette trentaine de proverbes choisis pour l'instruction ou l'dification des moines, sont des dcalques latins du grec des Septante. Ce latin est celui des citations des Pres des iv et v sicles, tmoins des versions anciennes appartenant au groupe dit italien . Les additions de proverbes passes voir plus des Septante clans la Vulgate hironymienne sont considrer galement comme des fraghaut ments de version latine ancienne, et il en doit tre de mme des autres additions restes dans les marges seulement des anciennes Bibles d'origine espagnole (voir aussi plus haut) et non insres dans la Vulgate lors de l'unification du texte de cette version dans la Bible de l'universit de Paris, la ntre encore aujourd'hui dans ses principaux traits. Quelques conclusions de porte thologique se dgagent de tous ces menus faits intressant le texte original ou les versions du livre des Proverbes. Il appert d'abord que le texte hbreu sur lequel saint Jrme excuta sa version latine vulgate de ce livre ne diffrait qu'en trs peu de dtails de l'hbreu massortique actuel. Lue tradition bien caractrise ayant maintenu longtemps pure de toute surcharge la fidle

rer comme autant de petits niques.


l'dition sixtine

morceaux deutrocano-

vm

Les omissions des Septante dans le texte reu de peuvent tre supples d'aprs d'anl'Alexandrinus en particulier ciens manuscrits pour une bonne part, comme en supplrent quelquesunes les ditions d'Aide Manuce et de la Polyglotte d'Alcala. Une, xvn, 19 b se trouve rtablie par les versions de Symmaque et de Thodotion (Hexaples). Les scolies romaines extraites des manuscrits consults pour l'dition de Sixte-Quint en restituent aussi plusieurs xx, 14-19; xxi, 5; xxi, 6. Ces omissions taient sans doute propres au manuscrit Yaticanus sur la base duquel fut faite l'dition. On ne peut affirmer toutefois que les supplments ainsi fournis par ces sources diverses jouissent des mmes prrogatives que les additions officiellement admises des Septante ou de la Vulgate, pour l'inspiration, la canonicit, l'authenti-

cit doctrinale.

On pourra trouver toutes les additions aux Proverbes des Septante et de la Vulgate signales en traduction franaise, ainsi que toutes les autres divergences, dans La sainte Bible, traduction d'aprs les textes originaux, par l'abb A. Crampon (d. rvise), Paris-Tournai-Rome, 1923, p. 803-847, dans les notes. De mme, les supplances en langue grecque aux omissions des Septante dans l'dition sixtine, d'aprs les sources ci-dessus indiques, au bas des p. 461-479 du Vtus Teslarnenlum grcum de Jager, Paris, 1840. Les extraits des Proverbes dans la version latine ancienne, du ms. n. 11 de la bibliothque conventuelle de Saint-Gall. ont t cits d'aprs l'dition de S. Berger, dans Sotice de quelques textes latins indits de l'Ancien Testament, Paris, 1893, p. 23-25, et les leons des Bibles espagnoles relates d'aprs l'ouvrage du mme auteur, Histoire de la Vulgate pendantles premiers sicles du Moyen Age, Nancy, 1893, p. 65-66, 105106, 155 sq., 168 sq. Parmi les interpolations de seconde main que signale particulirement cet auteur comme crites dans les marges de quelques-unes de ces Bibles, nous mentionnerons comme tant d'intrt doctrinal et tout fait

uniques (manquant mme dans les Septante) les deux suivantes ix, 18, qui adplicalntur illi (stultitia?) descendet ad inferos, nam qui descesserit ab ea salvabitur, et xix, 23. Sam
:

qui sine timor (Dei) est habitat in locis JElernus.

qu non

visitai

La VI. Caractre religieux et moral. sagesse , dans le livre des Proverbes, est affaire de morale religieuse. Elle est comme une cration de Dieu eu faveur des hommes, un don. un prsent qu'il leur a

PROVERBES

I.IN

RE DES

NSEIG

M
:

Ml

NTS

926

destin ds avant la cration du monde lui-mme, une qualit de l'ordre moral qu'ils doivent toutefois l'efforcer d'acqurir et d'affermir en eux en pral Iquant II n'est paa une maxime d'abord la crainte de Dieu de conduite dans l'accomplissement de toul devoir qui n'mane d'elle, ce devoir ne dut-il tre que de bien c on de pure utilit soei.de ou personnelle. S n origine. La Sagesse, qui pr vin, 31 qui lentement aime vivre avec les humains dresse aux humains en tous lieux qu'ils trquen Invite sa table, dans sa mal lent, \m. i-l: qui les
.

>. i\. 1-6, est personnifie par l'auteur de l'intro duetion aux Proverbes de Salomon dans une figure de style prestigieuse et hardie, sous les traits d'une jadis eue enfant, d'une fille que Jahv aurait comme Eve eut Can, Gen., iv. prmice de ses ouvres (ad extra) . vm. 22. Elle aurait doue t ds lors ourdie par Dieu comme le sont les premiers linaments de l'tre humain dans le sein maternel. 23 lire la Vulgate ordita sum (comp. les traductions liieronx miennes, p.. \w. 7 telam quant orditus est; rdiremini telam; IV. n. 6 orditus sum regem xxx, meum. et cxxxix, 13 orsusgue es me in utero) au lieu rdinata sum. bvue vidente du copiste dans le reu, et au sens passif admis dans la latinit de l'poque impriale). Ainsi conue bien avant qu'il J et I' abtme > des eaux primitives. 2 (Nulu., con(Tant, lire l'hbreu hreylt ou houbbaltt an lieu liallt). elle naquit de mme avant la terre, les monts et les collines, 25-26. Elle tait donc prsente nient des deux, de la mer et du sol. et. telle qu'un jeune - nourrisson (lire l'hbreu in, Aquila rtOr.vo'j jilvr;, <tlumnus) s'battait parmi les choses du monde cr auprs du '. heureuse bientt d'tre parmi les b ,ts des hommes , 31 C'est ce titre de fille de Dieu et a raison de eette priorit de date, qui lui ont IHTmis d'tre contemporaine et spectatrice des sages uvres divines, qu'elle veut tre reue et coute Surit i. audite me... vin. 32. Par son origine,
.

an

vent reprise des avantages qu'elle procure a qui la pos sde. qu'on S'efforce de la faire valoir. Ces avantages avantages de l'ordre matriel et sont de deux sortes social longs jours cl annes de vie et de pai\, m. 2; iv. 10; lx. Il: \. '.'7: saute du corps, m. M; iv, 22; abondance de biens et riches, es. ni. 10; vm, l,S. 21: xxiv. I: scurit et assurance de la demeure, m, 23-26; estime, honneurs et considration, iv. ,N; vin. 18; force et pouvoir dans la paix et dans la guerre, xxiv. 5-6; avantages de l'ordre spirituel et moral ennoblissement de l'me couronne par elle d'un dia dnie de grftce, pare d'un collier de vertus, i. 9; m. 22; iv. 9; paix et tranquillit intrieure, i, 33; bon heur intime, fruit de la protection divine, n, 7 N; m. connaissance de Dieu. II, 5-6; prserval ion du
:

.">

pch, n. il. l
2 l.a crainte

19.
<!<

Jahv

est

le

commencement
avec
la

le

la

sagesse,
les

i,

~
: .

ix. n. Elle s'identifie

confiance
reste,

en Jahv

m.

.">
:

xxix. 25, laquelle obtient, du

'.

elle est

donc divine.
s.,

Cf.

II,

<">.

image figurative, elle est a la fois thorique et pratique. Elle est,


nature, abstraction faite de toute

Par

connaissance et intelligence des paroles don e* discernement dans le savoir et dans l'action, i. 12-7: n. 11; vm, 12. 11. Mais elle intresse surtout la vie pratique et entend diriger mformment aux lois de la pit et de la morale judaques seul est sage celui qui connat et Jahv, M. 1-5, qui comprend et ralise la droiture quit, n.'.': est fou l'impie et le pcheur, v, 23; mil 22; i\. 13 sq.; xiv, 8-9; xv. 21 xxiv, 9. Cre et donni q., elle ne peut tre ainsi que ux et moral.
lfinition,
:

'

Par destination,
'oit

elle est

tre le lot de tous les

cumnique, universelle humains. Dans le livre


: .

du

die s'adresse manifestement a tous, i, vin. 2-3: ix. 3: surtout, vm. i et 31 b Elle est reste reprsente comme intgre dans le monde ;'.ir Jahv terre, eieux. abme, m. 19-20; elle gouI;
: >

verne mme, leur insu, le monde politique des rois rand des ju^cs de la terre, mm. ulement dans les livres postrieurs de tique et de la Sagesse qu'elle sera dite avoir fait de Jrusalem sa demeure fixe, EcclL, xxiv. 8-31,
t

prrogatives et produit les mmes effets de bonheur et de sagesse. XVI, 20; XXVIII, 25. C'est par elle (pie doit commencer dans les coles des l'apprenl issage et, dans la v ie, l'exercice de la sagesse. La sagesse en effet, la prsuppose, car la sagesse abandonne eux-mmes ceux qui n'ont pas dsir la crainte de Jahv. I, 2'. 31 celle-ci est son cole , xv, la sagesse 33, cole d'humilit, qui prcde rieuse, xv, :;.">'; xi. 2; xxxi. 30, et dont le fruit mme est la crainte de Jahv. XXII, I. lai retour, la sagesse tmoigne dans sa recherche et son propre exercice cette ncessaire condition initiale qui es1 la crainte de Jahv. n. 1-5. Mieux, elle consiste dans cette mme, car celle dernire, pit crainte de Dieu recherche de austre qui s'assimile encore a la xxv m. 5 est aussi le seul art de bien diriger Jahv e sa vie. l'unique judicieux comportement de l'homme sage qui veut jouir des avantages que procure la se. in.7: mil 13; x, 27; xiv, 2, 26; xv, 16; xvi, 6; XIX, '-':!; xxm. 17: xxiv. 21. L'auteur de l'EcclSiastique dira plus tard que la crainte de Dieu esl tout la fois la racine, le commencement, la plnitude cl le couronnement de toute sagesse venue du Seigneur, i. 1. 11-2(1. C'est, expressment formule, la doctrine mme du livre des Proverbes. I.a crainte de Dieu et la confiance en lui sont ainsi la base de la religion et de la morale: la premire en tant que sentiment de la grandeur divine et de la dpendance de l'homme a l'gard de Dieu, la seconde en tant que garantie de l'aide cl du secours divins. prouver ce sentiment ou apprendre d'abord l'prouver, reconnatre la ralit ou concevoir l'espoir certain de eette garantie, c'est toute la sagesse. Celleci est faite non peut-tre d'amour pour Dieu, mais de respect envers lui comme prodigieux crateur cl gouverneur du monde, et comme juge lev el juste rmunrateur pour l'homme impuissant vers lequel il s'in cline avec douceur e! bont. VI I. Enseignements doctrinaux. Les enseignements doctrinaux du livre des Proverbes ne pouvant tre que de l'ordre religieux et moral, ils expriment, d'une part, et veulent implanter clic/, les hommes les croyances ou les traditions religieuses professes depuis (les sicles par les esprits les plus levs de la nation juive: de l'autre, ils formulent les prceptes ou les conseils de conduite pratique en rapport de conformit
i
-,
i

mmes

"

it

tntiere dans l'histoire d'Isral. <e est affirme et tablie d'un

et ces traditions. La premire srie intresse les vrits se rapportant Dieu, sa cration,

avec ces croyances

'<

point

de vue. Considre en elle-mme, elle que brivement par simple comparair intrinsque avec celle ries mtaux ou quoi l'homme attache le plus haut prix or
:

la plus leve

pur. argent, perles,

m.
st

1-15;

vm,

10-1

1.

19;

xm.

16;

surtout par l'numrat ion son

l'homme, physiquement et moralement la crature dans la hirarchie des tres du monde visible: l'autre expose les lois du inonde moral a ses trois tages, Individuel, domestique et social, dans leur application occasionnelle, sous forme le plus souvent image, ou dcrit diffren! s caractres pris dans le dve

927
action.

PROVERBES
i
,

LIVRE
et

DES).
ittT

ENSEIGNEMENTS
i

<.U6
;

loppemenl de leurs tendances particulires


1 Enseignements religieux.
et

de

leui

6z u.vT)otxdcxci>v,

voies des rancuniers

la

Vulgate

SonexisDieu, aj son nom. Dieu existe pour Isral sous son nom propre de Jahv, Lequel nom est pour le juste comme une tour forte , un lieu le i refuge , xyiii, 24 un nom rellement divin qui reste la proprit de l'Isralite, mme sur le sol tranger, XXX, 9 (paroles
tence
:

autem devium,

chemin tortueux

Aux

lieu et

d'AgUT

le

nom

de

mon Dieu (loah)

n'est

[ias a
le

outrager), en

mme temps
alliance

qu'il est toujours

comme

place de l'hbreu reu n e libh, sentier , vritable doublet de drk, voie , le grec a lu vraisemblablement 'brah el le traducteur latin nit'ab, plus vraisemblablement encore. La porte du proverbe se rtrcit ainsi au sort malheureux du pervers qui, par le fait de sa perversit prend le chemin d'une mort prmature en s'cartant de la voie droite qui assure une vie longue et heureuse. Cf. n, 18-19; v, 5; vn
:
:

contracte au dsert, il, 17 (la femme Isralite elle-mme ne doit pas oublier l'alliance de son Dieu, lohim). Mais il existe aussi comme Dieu universel, seul matre et seigneur du monde et des hommes lui seul connat bien son nom crateur, xxx, 3-4; lui seul est objet de connaissance religieuse, iri, 5; lui seul (paralllement aux hommes, ses cratures) juge de la vraie sagesse, m, 4. Dieu est ternel, puisqu'il cre la b) Ses attributs. sagesse de toujours , avant toute uvre temporelle, vin, 22-23; il est saint, ayant en horreur la perversit et les penses mauvaises, aimant la droiture et la bienveillance, m, 31-32; xv, 26; il est mme le Saint , ix, 10; immuable, en ses desseins qui toujours s'accomplissent, xix, 21 omniscient : ses yeux observent les voies et sentiers de l'homme, plongent jusqu'aux enfers, psent les esprits et les curs, v, 21; xv, 3-11; xvi, 2; xxn, 12; omnipotent : il a pu crer l'univers, vm, 22-31 il incline son gr mme le cur du roi , xxi, 1 bon : mme quand il chtie, c'est comme un pre l'enfant qu'il chrit, in, 12; juste : la balance et les plateaux justes sont de lui, xvi, 11 les faux lui sont en horreur, xi, 1.

sceau de

1'

xxi, 10, etc. tre moral, l'homme est dou de libert, puisqu'il peut ne, pas rpondre l'appel de la sa^< lui rsister, ngliger ses conseils, sa rprimande, i, 2125. Par nature, il n'est donc pas l'abri du pch et il ne peut tre assure de n'avoir jamais pch, xx, 9. C'est pourquoi le malheur peut atteindre le juste, qui se relve pourtant, tandis que le mchant y est preipil sans espoir, xxiv, 10. Les fins dernires de l'homme paraissent considres dans le livre des Proverbes d'un double point de vue du lieu o s'en vont tout entiers tous les mortels, b xxi, 16 b xxvn, 20; xxx, 16, et de la sanction, i, 12 ; rcompense ou chtiment, dans l'au-del, applique chacun selon ses uvres et ses mrites, xn, 1 1 (xxiv.
ix, 18;

Dans son

12).

2.

libre,

La cration. uvre de Dieu indpendant et m, 19-20; xvi, 1; xxx, 4, elle est dcrite avec
la

quelque dtail dans vin, 22-31. Dieu


sa providence,

gouverne par

19-20, et, particulirement dans le monde moral, tout y arrive conformment sa direction occulte et cache aux yeux de l'homme, xvi, 9; xx, sant, 24; xxi, 1, 30-31. Ce sont les biens terrestres longue et heureuse vie, richesses, qui font le principal
:

m,

de la juste rmunration que Dieu accorde celui qui m, 5-10. Sa bndiction, sa faveur, m, 3235; xn, 2, l'affermissement ou le secours qu'il octroie, xv, 25; xvni, 10-11, ont le mme objet ainsi rend-il chacun selon ses uvres, xxiv, 12, mme quand il
le craint,
:

maudit, damne ou punit, xvi,


3.

Dans son tre compos L'homme et sa destine. physique, l'homme est dot d'une me (n e smh, souffle vital, principe de vie), compare une lampe
dont la lumire pntrante illumine tout 1' intrieur de l'homme, xx, 27, et qui est allume par Jahv lui mme. Cette me est dans un corps (btn), 27 b cf. xvin, 8 et xxvi, 22, fait aussi par Jahv. xx, 12. Chacun de ces composants ragit sur l'autre, le corps fermer les yeux, pincer les lvres est sur l'me dj mditer la tromperie, commettre le mal, xvi, 30; une bonne nouvelle fortifie l'me sur le corps les os, xv, 30 b un cur joyeux est un remde, xvn, 22 a en revanche, un esprit abattu dessche le corps, xvn, 22 b
,
: : ,

5.

Les morts descendent , i, 12 b v, 5 b ; vu, 27 b au sjour de la mort , situ dans les profondeurs de la terre et oppos aux cieux , ix, 18; xxv, 3, impntrable aux regards des humains, xv. 1 et reprsent parfois comme un tre monstrueux dont la gueule insatiable engloutit les vivants, i, 12; xxvn, 20; xxx, 6. Les mots, grec et latin qui traduisent l'hbreu $*'l voquent des images semblables injerus ou infernus, souterrain , et ixStj, invisible . Trois fois ces vocables sont mis en parallle avec la mort elle-mme, n, 18; v, 5; vn, 27; une fois avec le puits ou la fosse o l'on enterre les dfunts (hbreu br; latin lacus). i, 12 b Par l, le sjour des morts s'identifie en quelque manire avec leur tombeau. Considrs dans leur totalit, ces morts forment cependant au schol comme une assemble , xxi, 16 l'assemble des r^fam , cf. n, 18 b ix, 18 a que les versions dnomment gants xxi, 16, YyavTs;, gigantes, ou fils de la Terre ix, 18, -prYSvs, et que le grec une fois en particulier reprsente curieusement comme des mes-oiseaux s'en allant jucher re! 7TSTaupov lointaine aSou, sur le perchoir de l'hads , ix. 18 rminiscence de la fable babylonienne qui dcrit l'habitant de la maison des tnbres, les bras vtus d'un vtement d'ailes et nourri de poussire et de boue .
; ,

schol,

Gilgams, tabl. n,
enfers. r, lig. 7-10.

col. iv, b, lig. 28,

33-31; IStar aux

L'immortalit de l'me est-elle affirme explicite-

ment dans

le

proverbe de Salomon xn. 28

Dans

le

sentier de la justice (est) la vie; et la voie de son (?) sentier (la) non-mort ? De texte hbreu, dj embarrass, de ce verset devient suspect si on le compare au

texte des versions immdiates, Septante et Yulgate, qui porte d'abord, avec vingt -cinq manuscrits massortiques, la locution vers la mort sic Oocvoctov. ad mortem, hbreu el mvt formant paralllisme antithtique avec le premier vers, o l'on va la vie, et indiquant le terminus d'un sentier autre que celui de la justice. La version des Septante dfinit ce sentier 6Sol

Est-il rellement fait mention dans le livre des Proverbes d'une sanction d'outre-tombe? Le texte xxm, 18, par le mot 'ahartt, in novissimo (Vulg.), parat se rfrer l'au-del, faisant promesse d'un avenir rcompense de la crainte de Jahv, objet d'une esprance imprissable >; mais il est encore fort embar car si donc (est) un avenir, ton rass dans l'hbreu esprance ne sera pas due , et ne s'explique que par l'omission d'un mot essentiel qui se retrouve dans le grec 17. Que ton cur... ait toujours la crainte de Jahv; 18, car, si tu la gardes, tu auras postrit, et l'esprance que tu as ne sera pas due v yp Ty;pr,rry; aura, l'hbreu tant rsry.'. aoi V.yovx restituer car si tu la gardes (tisnFrnnh), postrit toi ('aharlt lk), de mme le syriaque et le targum ci' que confirme la Vulgate hironymienne quia habebis spem (mrS, lecture fautive du verbe smar, garder in novissimo (b'aharit). L'esprance non due tant, en vertu du paralllisme, celle d'une postrit la promesse ne dpasse pas encore en por.

").

PROVERBES LIVRE
te
l'Idal
ti'-.

DES).

ENSEIGNEMENTS
:

930

de

la

rtribution terrestre cher aux cur.

autre passage, xv, 24, semble assurer le ciel au pas sentier de vie en haut .1 qui ne l'est La pour le >.ilh\ pour se dtourner ilu Bcbol en bas \ ulgate suppose le mnic lextc semita oitse super crutiitum. ut dcline! de in/erno novissimo. V n'en est pas
l'enfer
:

Un

de

mme

eh

Septante

80I

lva >

^if; Sucvo^uara auvrro voies de vie les penocoOf},

lu sage, pour que, se dtournant, il soit sauv de l'hads ;le traducteiur a lu l'hbreu original :ttma'anh, dans les vues au lieu de l'ma'elh, vers le liant , et qu'il se ou nuitth. ou plutt yatth, se sauvant
. .

L'antithse du n'est plus vie de l'enfer disparat ainsi, et la que la vie d'ici bas, qui- prolonge la sagesse, retardant d'autant la descente oblige au schol. Us intressent l'humanseiiinements moraux. nit tout entire intgre dans l'individu, la famille, le pouvoir sous ses deux aspects politique et judiciaire. Celle-ci peut tre considl. Morale individuelle. orame rgle de vie de l'homme dans --on comportement avec Dieu, avec les autre--, avec lui-mme. c Avec Dieu. - I.e grand devoir de l'homme envers Pieu, ou plutt le principe et le fondement de toute moralit clans les actions et ractions humaines, est la crainte de Pieu -. rvrencielle et filiale tout la fois, Craindre Jahv, se confier n lui de tout son ni. 5-8 De ce souci cceur. penser lui dans toutes ses \oics. intrieur jaillit naturellement celui, commun toute religion, de faire honneur Dieu, extrieurement par

tauve

au

lieu

de matth,

en bas

le sacrifice,

le Juif, faite

et la /Titre celle-ci toutefois, pour dans l'observation de la Loi . xxvin, 9. Est formellement rprouv b) Avec le prochain. tout ce qui porte atteinte au droit d'autrui sous le double rapport de la justice et del charit, l'exercice de celle-ci ncessitant d'autre part la pratique d'uvres

m,

'.'.

amne- avec lui l'Ignominie, XI, 2; Jahv VI, 17 renverse la maison des orgueilleux, x\. 25; l'orgueil et la fiert prcdent la ruine et la chute. XVI, IS; la superbe devanl le roi ou le prince tourne confusion, xw. 6-7; l'orgueil conduit l'homme a l'humiliation, xxix, 23; il ne produit souvent que des querelles. Kin, L'avarice poursuit en vain une fortune qui a 10. mesure s'vanouit, xxm, 5; trouble la maison, xv, 27; ne Bell de rien au joui' de la colre. XI, I'; peut engendrer le erinie. x. 2J voit trompe sa Confiance I.a luxure puise le corps. \, en la richesse. XI, 28*. 11. conduit a une mort prmature, 11. 18; n, ">; vu, 27: fornication et adultre ne produisent finalement qu'amertume et ruine, v, l, m. dchance et dception, vu. 21-27: xxm. 27-28, plaie. Ignominie, 11. 16 sci. opprobre, vengeance, vi, 30-35. L'envie mne l'puisement; elle est la carie des os xiv, 30b l.a gourmandise, chez les buveurs de vin , les mangeurs de Viande . engendre pauvret, somnolence el haillons. XXIII, 20-21 XXI,17; venimeuse comme dent de serpent ou de basilic, l'ivrognerie s'achve dans les disputes, les murmures, les blessures, les discours pervers, les convoitises de la chair, le lourd sommeil, et, au rveil, la soif de nouveau inextinguible, xxm, 29-35, La colre amne naturellement les querelles et les discussions, xv, 18; xxx, 33; xxix, 22 a et beaucoup de fautes. Ibid., 22 '. La paresse est source de pauvret, de dnuement, vi. 1 x, 4, 5 b xxiv, 34. l.a nonchalance amne la faim, xix, 15. le manque de xxviii, 19 b le paresseux se consume ressources, xx. en vains dsirs, reste sans volont agissante, se targue d'une fausse sagesse, xm, 4; xxi, 25-26; xix, 24;
il

de misricorde, discrtes toutefois et prcautionneuses. que la justice quiconque lse autrui dans sa ne, vi. 16-17, en faisant couler le sang innocent ; dans son honneur et sa rputation, par le faux tmoignage, xix. 5 et 9; xxi, 28 a compar une arme meurtrire, xxv. IX; mme par le tmoignage port la iv, 28, ou par la calomnie, x, 18 b Jahv liait. a en horreur le faux tmoin, vi. 19; dans ses biens, par l'usure, xxviii, 8, sans avoir piti des pauvres, ou par la fraude, dans le commerce, usant de balances ou de brasses , xi. 1; xx. 23 b de faux poids fausses mesures >, xx. 10*, 23", ou par accaparement, xi. 10, ou par dplacement des bornes antiques , mainmise sur le champ des orphelins ?. xxn, 28; xxiii. 10; par le recel ou la coopration au vol et au larcin, xxix. 24; dans sa conduite secrte, par la mdixi. 13 a Manque la charit quiconque a le mpris d'autrui. xi. 12; xiv. 21, se moque du pauvre. xvii, 5, ou se rjouit du malheur d'un ennemi, xxiv, 17, rend le mal pour le mal. xxiv. 29. las uvres de ricorde sont l'aumne, uvre qui honore, xiv, 31 b table prt fait Dieu. xix. 17. dont il attire la bndiction, xxn. 9, garantie contre la disette, xxmii. 27: le bien rendu pour le mal, xxv. 21-22 la dlivrance de la mort contre le bourreau ou les massacreurs, xxiv, U. la caution pour autrui, mme ami, est pourtant fortement dconseille, \i. 1-"); xi. 1". elle n'est pas oruvre de prudence. c ) Avec soi-mme. Qui voulait jouir de la faveur :e devait pratiquer la crainte de Jahv . Oui veu doit rechercher et pratiquer* la sagesse >. i-i\. Celle-ci recommande jusqu' l'asctisme
, ; ,
1
.

13-11 L'asctisme commence la sobrit, la temprance, surtout la table des grands, xxm, 1-3. La retenue clans les paroles est ensuite marque de prudence spirituelle. Ibid.. H. 19; xm, 3; xxi, 23. L'obissance au commandement en est une autre, xix, 16. Humilit et dtachement achvent de caractriser le sage, l'homme vertueux, m, 5-7; xxvn, 2; x, 2; xi, 4; xxm, 4-5. 2. Morale domestique. La maison comprend non seulement les personnes composant la famille proprement dite, mais elle englobe aussi les serviteurs, qui en sont les auxiliaires, et les amis, qui en forment comme

xxm,

le

familial

complment ou le prolongement. Dans le groupe lui-mme se distinguent, du point de vue moral autant que du naturel, parents et enfants et, chez les premiers, mari et femme. Les aeux se dtachent galement dans le groupe leurs cheveux blancs leur
:

couronne d'honneur , xvi, 31 a xx, 29, autant que leurs petits-enfants, xvn, 6. Les poux recueillent charme, joie, ivresse de leur
sont

fidlit et

amour

rciproques,

v.

15-21, voire profit et

honneur, particulirement le mari, xxxi, 11, 23. La femme de son ct, lorsqu'elle est bonne et vertueuse, intelligente et sage, fait le bonheur de son mari, XVIII, 22; elle est sa couronne, xn. a btit sa maison, xiv, cf. xxxi, 10-31. l a elle est un don de Jahv , xix.ll Mais, lorsqu'elle est sans honneur, elle est comme la carie dans les os de son mari, xn, 4 b dpourvue de jugement, elle renverse la maison qu'il a btie, xiv, lb querelleuse, elle est pour lui gouttire sans fin un
't
,

;i

intrieur.

ment punis en
DICT. Dl

complte des fautes ou dfauts cruellece monde, ou svrement rprouvs par Dieu. L'orgueil si particulirement hai de Jahv ,
est

jour de pluie xix. 13; xxvn, 15-16, et lui fait le sort d'un habitanl du dsert, xxi, 19, ou de l'angle d'un toit, xxi, 9; xxv, 24. Les parents, le pre principalement, doivent leurs enfants l'instruet ion et l'ducation ncessaires la rectitude de la vie morale, xxn. 0, et pour cela user, l'occasion, de- svrit, employer la verge de la correction , xm. 24*; xxn, 15; xxm, 13-14; xxix, 15, sans toutefois en rendre l'application excessive, xix, 18 Les enfant'., de leur ct, doivent couter leur
. 1

'.

pre, honorer leur

mre

mme
T.

dans

la

vieillesse,

\TMOI..

XIII

30.

931

PROVERBES LIVRE

DES).

xxni, 22; ne pas les affliger, ni les maltraiter, xix, 26; ne pas les maudire, xx, 20; ne les moquer point, xxx, 17; ne pas les voler, xxvin, 24. Ils seront ainsi leur
joie cl leurs dlices, x,

COMMENTATEURS Dans VIII. Commentateurs.


1

932
l'antiquit.

ment,

ils

xxm, 24-25; xxix, 17; autreferonl leur bont et leur malheur, xvn, 25;
1 ;

xix, 13; xxix,

1").

Les serviteurs, lorsqu'ils sont prudents , l'emportenl en estime sur le Ms de famille qui fait honte , et ils sont jugs dignes de partager l'hritage mme avec les enfants. xvii,2. Les matres leur doivent sollicitude, nourriture et vtement, xxxi, 15, 21 mais ne pas hsiter user leur gard, comme envers leurs enfants, de fermet et de correction, xxix, 19-21. Les amis ne doivent pas tre trop nombreux, xvm, 24; mais il en est de tels qui sont plus attachs qu'un frre . 24 b 11 faut donc les choisir parmi les sages, xhi, 20, et non parmi les violents, xxn, 24-25. Ceux qu'attire la richesse seule doivent tre suspects. XIX, 1. Le vritable ami se rvle dans le malheur, xvn, 17, et on lui doit fidlit, xxvi, 10, secours et assistance immdiats, m, 27-28, rprimande, au besoin, inspire par la fidlit, encore qu'elle dt causer quelque blessure, xxvi, 5-G, discrtion totale pour ses
; .

Bien qu'ils aient fait un frquent usage du livre des Proverbes dans leurs crits, les l'eres l'ont rarement comment dans son eut 1er. C'est ainsi que nous n'avons les Pres de l'glise grecque, qu'une sri< scolies exgtiques, sur des passages de ce livre, des morceaux choisis des ouvrages de ces Pres cits dans leur teneur verbale, ou remanis en quelque mesure. de Procope de Gaza et et insrs dans les i chanes de Polychronlus (vr3 sicle). La chane dite de Polychroniusa t dite en traduction latine par Thodore Peltanus, Catena oraccorum Patrum in Proverbia SaloAnvers, 1614. Cette chane drive en grande
.

partie de celle de Procope, celle-ci indite, le texte donn par Ma! dans Classici auctores e Vat. codd., t.ix, p. 1-256, cf. P. G., t. i.xxxvn, col. 1221-1544, ne serait pas authentique. Voir Dict. de la Bible, Supplment,
1. 1,

dans ces chanes sont

Paris, 1928, col. 1161. Les Pres et les auteurs cits saint Hippolyte, extraits se rap:

b secrets, xi, 13 b , xxv, 9 -10. Elle est toute contenue ou rsu3. Morale sociale. me dans le grand devoir de la justice observer dans

la

cit

le

peuple

la

nation

par

le

ou

les

dten-

teurs

du double pouvoir politique et judiciaire. Ces dtenteurs sont les rois , ou les princes , qui sont, en mme temps que rgents des populations dans la

paix et dans la guerre, juges dans les litiges de leurs sujets. L'origine de ce pouvoir se trouve dans la sagesse , qui le confre elle-mme, vin, 12-14, aux
rois,

aux princes, aux chefs et aux grands, en un mot tous les juges de la terre . 15-16. L'exercice de ce pouvoir est ncessaire l'existence de la nation, qui prit sans lui, xi, 14, et qui conditionne son tour la gloire du prince qui la gouverne, xiv, 28. Exerc conformment aux lois de la justice, il soutient la fois les peuples et leurs gouvernants, xi, 10-11; xiv, 34; xvi, 12 b xxv, 5 b xxix, 4, 14. Le roi doit revtir des qualits et remplir des devoirs en rapport avec cet esprit de justice. Il sera favorable au serviteur intelligent, xiv, 35 a au sage qui apaise sa
; ; ,

portant f'rov., I, m, iv, v, vi, vu, ix, xi, xn, xvn, xxiv, xxvn, dans P. G., t. x, col. 615-628; Origne, nombreux fragments dans P. G., t. xm, col. 18-33 (d. Delarue); t. xvn, col. 161-152 (d. Mai); t. xvn, col. 149-160 (d. Gallandi); d'autres encore publis par Mai, Pitra, Tischendorf, dans divers recueils; saint Basile, dont nous avons du reste l'ouvrage In principium Prouerbiorum (Prov., i-m, 33 P. G., t. xxxi. col. 385-424, ainsi qu'une homlie sur Prov., vi, 4, dans P. G., ibid., col. 1497-1508, ce dont les deux chanes fournissent 88 extraits; saint Grgoire de Nazianze, une scolie sur Prov., vin, 22 (Faulhaber, HoheliedProverbien... Katenen (Theol. Studien), Vienne, 1902 p. 86, 136); Apollinaire, citations dans Mai, Sova Palrum bibliotheca, t. vu b, p. 76-80; Didyme l'Aveugle, fragments, P. G., t. xxxix, col. 1621-1646; Eusbe de Csare, deux fragments sur Prov., i, 7 et 8, dans P. G., t. xxix, col. 75-78; Eustathe d'Antioche, trois fragments sur Prov., m, 13-15; vin, 22; xvi, 32, dans
1,

b colre, xvi, 14-15; loyal et vridique, xvn, 7 ; bon et fidle, xx, 28; rflchi, xxv, 2. Et il ne sera ni dbauch xxxi, 3-5, ni cupide, xxix, 4 b il oublierait la loi et
:

fausserait le droit; il conduirait le pays sa ruine. Qu'il se garde aussi d'tre mchant, impie, pervers, dominant sur un ours afam lion rugissant , b S'il peuple pauvre, xxvm, 15, gmissant, xxix, 2 manque d'intelligence, il multipliera l'oppression, xxvin, 16. S'il n'est qu'un esclave parvenu, la terre
>-,
.

Pitra, Analecta sacra, t. n, p. xxxvni, et une interprtation sur Prov., ix, 5, dans P. G., t. xvm, col. 684685; saint Jean Chrysostome, fragments dans P. G., t. lxiv, col. 659-740; saint Cyrille d'Alexandrie, une citation sur Prov., vin, 22, dans P. G., t. lxix, col. 1277 Isidore de Pluse, deux scolies sur Prov., xxi \. 54-56 (= xxx, 19-21), empruntes la lettre cdxviii. P. G., t. lxxviii, col. 413; Julien le Diacre, fragment relaMf Prov., i, 4, dans Mai, A'ova Patr. bibl., t. vue. p. 80. Pour quelques autres douteux et dtails de
;

tremblera sous lui. xxx, 21-22. droits et vriIl devra s'entourer de conseillers diques, xvi, 13; dcouvrir et poursuivre le mal du haut de son trne de justice , xx, 8, et les mchants pour les mettre la roue , 26; n'couter point les rapports mensongers, xxix, 12; parler en faveur du muet, de l'abandonn, xxxi, 8; rendre de justes arrts, faire justice au malheureux et l'indigent, 9; conduire b la guerre avec prudence, xx, 18 Ses sujets concevront de lui une crainte salutaire, comme en prsence du lion rugissant , xx, 2 et cette crainte, assimilable, la crainte de Jahv, les gardera de l'intrigue et du malheur qui est la consquence de celle-ci. xxiv, 21-22. Les juges se garderont de pervertir les sentiers de la justice qu'ils doivent rendre, en recevant des parties quelque prsent pass sous le manteau, vu, 23 dans leurs jugements, ils ne feront pas acception de personnes , absolvant le coupable et condamnant le juste, xvn, 15; xvm, 5; xxiv, 23-25; xxvin, 21.
.
;

publication, voir Dict. de la Bible, Supplment, t. i, col. 1162-1163. Dans l'glise latine, saint Augustin commente Prov., ix, 12 (selon les Septante), dans Serm.. xxxv, P. L.. Serm., t. xxxvin, col. 213-214; Prov., xm, 7-8, dans xxxvi, col. 215-221; Prov.. xxxi. 10-31, dans Serm.. xxxvn, col. 221-225. Salonius de Vienne crit sous

forme dialogue In Parabolas Salomonis expositio mysP. L., t. lui, col. 967-994. Saint Patrius expose en quelques pages ce que saint Grgoire le Grand avait enseign des Proverbes, De tesiimoniis in Prov., P. L.. t. lxxix, col. 895-905. Bde compose De muliere forti libellus, P. L., t. xci, col. 1039-1052, et, une uvre dont nous n'avons plus que des fragments, In Proverb. Sal>monis allegorica interpretatio (c. vu, xxx. xxxi, xxvii, col. 1051-1060. Raban Maur, Super Parabolas Sah.monis allegorica expositio, P. L., t. xci, col. 937-104n (parmi les uvres de Bde) et t. cxi. col. 679-792. La Glossa ordinaria in Prov., de Walafried Strabon, suit Raban Maur, P. L., t. cxm, col. 1079-1116. (Selon A. Vaccari, Miscellanea Geronimiana, Rome, 1920, p. 5-7, le .Super Parabolas... Salomonis allegorica expotica,

sitio serait

la transcription
taire.)

bien de Bde. et le Libellus ne serait que du dernier chapitre de ce commen-

933
crit

PROVERBES

L1VR1

DES).

COMMENTAI

II RS

s. nui Albert le Grand, .i\ ant certainesuper totam Bibliampermodun ment comment de cette faon le livre des Proverbes. Si nous en croyons Cornlius a Lapide, il aurait mme compos /.'i Pn v. \\ v. de muliere forti ingens volumai; tvrages n'ont toutefois pas encore vu le jour. I n autre dominicain, Robert Holkot, serait aussi l'auteur
s,

Paris, 1510,

uvent dites depuis. Avant eux, Brunon d'Asti galement comment Ici pricope de la femme de muliere forti, P. /... t. cxjcrv, forte coi 1229-1234, et Honorius d'Autun crit des {'nus
siones in Prov.
xxii, col. 311-348.
il.'

et Eccl.,

P. L.,

Hugues de Saint-Cher, Nicolas

Denys le Chartreux, avec d'autres tholoustiques des xiu*. xiv'ct xv< sicles, dont les osnvres sont encore indites, expliqurent de mme, postilles ou par commentaires , tout ou partie
Ivre.
1

du

salomonien. 3 temps modernes sicle). Il y a abondance de commentaires des Proverbes qui recherchent surtout le sons littral. S. Munster, Prov. m. juxta hebraicam veritatem translata et mlnotationtbus illustrata. Baie, 1525; Cajtan, Paraboles Salomonis ail veritatem ebraicam casligatse et enarratse, 1545; Arboreus, Connu, in Prov. Salomonis, Bayne, Comm. in Prov. Salom., Paris, Jansnius de Gand, Paraphrasis et adnotationes in Prov. Salom., Louvain, 1569 (autres ditions meilleures eu 1586 sq.); Jrme Osorio, Commeniaria in Salomonis, Anvers, 1569; J. Mercerus, Comm. ia, Genve, 1573; Th. Cartwright, nentarii succincti et dilucidi in Prov. Salom., le, 1t>17; Fr. Ouir. de Salazar, lxpositio in Prof. .'!., tam litteralis quant moralis et allegorica, Paris, 1621; Ant. Giggei, In Prov. commentarii trium rabbinorum (Iarchi, Abenesra, Lvi ben Gerson) cum variis lectionibus chald. et sur..., Milan, 1620 (trad. annote): Bohl. Ethica saera. sive comment, super Prov. Salom.. Rostock, 1640; J. Maldonat, Scholia in Psalrbia.... l'aris. 1643; Ant. Agellius, Comment. l'roverbia. Paris. 1611-1649 (Vrone); Jansnius d'Ypres. Analecta in Prov., Louvain, 1644; M. Geier, rrbiu rgis sapientissimi Salomonis cum cura enueleata, Leipzig. 1653 sq.: P. Gorse, Salomon ou explin abrge des Proverbes avec des notes sur les passages obscurs. l'aris. 1655; Bossuet. Libri Salomonis,
livre
|

(wr-wm

terungen (d<s ersten Bches Samuel und) der Salom. Denksprehe, Hambourg et Klel, 1796. Au mme sicle, les commentaires catholiques littraux de dom Calmef (1707 1716) el de Louis de Carrires (1701 1716). lu a.'-v sicle et de nos jours. Peu nombreux M>ni les commentaires catholiques des Proverbes. Dans les lMcs entires traduites el commentes Fr. Ailloli, Nuremberg, 1830 1835 (trad. franc. Glmarey, Paris. 1853 1854); v Irnaud, Paris, 1881; Cl. Drloux (d. de Mnochiuset notes nouvelles), Paris, 1872 et 1884. Puis A. Rohling, Dos Salom. Spruchbuch berselzt und erklart, Mayence, 1879; H. Lestre, i.cs Proverbes, Paris, Proverbia, 1879; Knabenbauer, Commentarius in Paris. 1910; Weismann, Das Buch der Sprche, Bonn, 1923; Mezzacasa, // librodei Proverbi, Turin, 1921. Avant d'entrer comme partie Intgrante dans les collections embrassant la totalit des livres de l'Ancien Testament commentes par plusieurs auteurs travaillant du point de vue critico-historique, le livre hbreu des Proverbes, a t trait suivant la mme mthode, au cours du sicle dernier, principalement par C. l'iubreit, Heidelberg, 1826; Lwenstein, Francfort, 1838; Bertheau, Leipzig, 1847; J. G. Vaichinger, Stuttgart, l.">7; F. Hitzig, Zurich. 1858; E, Elster, Gttingue, 1858; O. Zackler, 1866; H.-F. Muhlau (tAgur e1 I.emuel ), Leipzig, 1869, Ont comment les Proverbes dans le Biblischer Commentar de Leipzig, Frz Delitzsch, 1S7:(: dans le Kurzgefasstes exegetisches Ilandbuch de Leipzig, Nowack, 18X3 (2 e d.); dans le Kurzgefasster Kommentar de Munich, II. Strack, 1887; dans le Handkommentar de Gttinfjue, Frankenberg, 1898; dans le Kurzer Handkommentar de Tubingue, Wildeboer, 1897; dans la Heilige Schrift d'E. Kautzsch, 1 d.. Tubingue, Steuemagel, 1923; dans l' International critical commcntarij d'Oxford, C.-H. Toy, 1899;
: l
.

dans

la

Cambridge

Iliblc

(or

schools

and

collges,

T. Pcronne. 1916.

Au wiir sicle commence l'explication surtout critique et scientifique, autrement dit l'interprtai ion bisiTes saints. Cette exgse, dont un des plus lointains promoteurs avait t, ds avant Martin Luther lui-mme, Mlanchthon, lequel en appliqua le principe dans ses lrpwy.'., sive Proverbia Salo1 eum annotalionibus, Nuremberg, 1525 et 1586, et
principalement celle des docrforme C.-B. Michaelis, in Prov. Salom., Halle. 1720; A. Schulperbiorum Salomonis versionem integram ad hebrirum fontem expressit atque commentarium adjecit. Die SprQchwrler Salomon' hrieben (paraphrass), Leipzig, 1767; J.-F. Hirts, Erklrung der S proche Salomons, Ina, 1K. Uebersetzung der Sprche fund mons mil Anmerkungen, fur Ungelehr 1778; J-.C. Dderlein, Sprche lit mil kurzen erluternden Anmerq.; B. Hogdson, The Proverbe Irom the Hebrew n ith notes, Oxford, r, Neue Uebersetzung der Denksprche irallelen, mit einer vollslndigen Einleitunq. hen Erluterungen und praktischen nerkungen, Leipzig, 1791; C.-G. Henslers, Erlusq., fut

On trouvera traites plus ou moins longuement toutes les questions gnrales intressant le livre des Proverbes dans les commentaires ci-dessus numrs depuis le xvui sicle et dans les divers manuels, introductions et dictionnaires bibliques composs depuis les dernires annes du xix'. Manuels, Vigoureux, 12 d., l'aris, 1906; Gigot (anglais), New-York. 1906; Verdunoy, Dijon, 1925, 1929; Reni, Lyon-Paris, 1930, Introductions. Strack, Munich, 1883, 1906; Riehm, Halle. 1889; Knig, Bonn, 1893 ; Cornill, 1891, 1913; Driver, Edimbourg, is'.i7; Baudissin, Leipzig, 1901; L, Gautier, Lausanne-Paris, 1906, 1914; Sellin, Leipzig, 1910; SteuernageL Tubingue, 1912; Loehr, Leipzig, 1912; Ilcipii, Home, i .i2.">, 1931; Meinbold, Giessen, 1926; Gttsberger, Fribourg-en-B., 1928; Vaccari, Borne, 1929; Pardo, Turin,

1931. Dictionnaires.

De

Encyclopmdia

biblica,

wack; Dictionnaire de
:

Hastings, t. iv, 1902, art. de Toy; de Chayne, t. in, 1902, art. de NoIn Bible, de Vigouroux, t. v, Paris,

l'glise

La Bible, Paris, 1878, VI' part.; Chcyne, Job and Solomon, Londres, 1.S.S7; Meignan, Salomon, Paris. 1890; A. I.oisy, le livre des Proverbes, SS'.I;
BlckeU, Kritische Bearbeilung der Proverbien, Vienne, 1891 ; Wildeboer. I ie Literalur des Alt. Test., Gttingue, 1905; Tobac, Le* inq livres de Salomon, Sur h- sims du mot maSai dans la Bible hbraque Lagrange, Revue biblique, Paris, 1909, p. 342-367; D.Buzy, Introduction aux paraboles vangillques, Paris, 1912, p. ~>'JSur la mtrique particulire du livre des Proverbes: 134. <.. BickeD, Carmina Veteris Testamentl metrlce, lnspruck, 1882; N. SchlcegL ludes mtriques et critiques sur le livre des Proverbes, Paris, Revue biblique, 1900, p. .">is-r>2.">. Sur les rapports du texte hbreu du livre et des anciennes versions .).-<>. Jsger, Observationes (n Proo. Salom. versiont m Alexandrlnam, Leipzig, 1788; .!.-.. Dabler, Animadversiones in cap, i xxiv versionis <ir,i a Prov. Salom,, Strasbourg, 1786; P. de Lagarde, Anmerkungen :ur ariechischen l'cberi

1902, art. de J. .Marie. Cf. aussi Ed. ReuSS,

'

<

'

teizung der Proverbien, Leipzig, isi',:; a. -.t. Baumgartner, tude critique sur l'tat du texte du livre des Proverbes d'aprs

935

PROVERBES (LIVRE

DES)

l'HdVI

DENCE

936

les principales traductions anciennes, Leipzig, 1890; Mezzacasa. Il libro itti Prouerbi di Salomone (studio crltlco suite agcjiiinir greco-alessandrlne), Borne, 1913. Cf. Revue biblique, 1914, p. 300-302. Sur la version syriaque (Peschito),\a version Bahidique.le targum des Proverbes, voir Dictionnaire de lu Bible, t. \ Paris, 1912, col. 793-794, et W.-H. Worrell, TheProverbs \ Solomon in sahidic coplic accordtng to the Chicago manuscript, Chicago, 1931.

tudiera successivement: I. La providence dans la sainte criture II. La providence selon les Pres grecs (col. 941 ); III. La providence selon saint Augustin (col. 961); IV. La providence selon la thologie (col. 985).
;

PROVIDENCE.

L. Bioot.

On

I. LA PROVIDENCE DANS LA SAINTE CRITURE. Ce que le commun langage appelle provi-

thologiens le nomment plutt gouverneIls rservent ce terme de providence pour dsigner le divin et ternel programme, dont le gouvernement du monde par Dieu reprsente l'excution historique. La sainte criture, bien entendu, parle le langage de tout le monde. Essayons nanmoins d'introduire quelque distinction dans ses propos. Voyons ce qu'elle nous dit d'abord du gouvernement divin, puis de la providence et enfin de la prescience lie ncessairement la providence. I. Le gouvernement divin. Ce serait perdre son temps que d'entreprendre de prouver que, pour la sainte criture, Dieu gouverne le monde qu'il a cr. La Bible n'a pas d'autre objet que ce gouvernement divin du monde et spcialement de l'humanit. Que font en effet les livres historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament que de nous raconter ses successives entreprises? Et les livres prophtiques que de les annoncer l'avance? Et les livres sapientiaux ou doctrinaux que d'en faire l'apologie?

dence,

les

ment divin.

deux frres. Dans la suit e, Abraham bnficie, parmi la descendance de Sein, d'une lection que la Gense met en rapport direct avec la promesse originelle d'un Rdempteur. IsaC, son tour, est choisi, l'exclusion d'Ismal, et finalement c'est Jacob-Isral que se termine le processus des lections divines, saii tant rejet. A propos de ces derniers choix, saint Paul a fortement soulign la souveraine libert de Dieu en ces actes majeurs de son gouvernement. Hom., ix, 0-13. Jacob-Isral est le pre du peuple nomm Isral d'aprs son propre surnom, peuple de Dieu, peuple messianique, qui devient l'objet privilgi de ce gouvernement divin, dont nous avons dit qu'il tait tout orient vers le Rdempteur et la rdemption. Ce n'est pas dire que Dieu ait jamais, pour autant, cess de gouverner ces portions de l'humanit qu'il n'lisait point en vue de l'accomplissement de son dessein spcial de rdemption. Le prophte Amos nous en est un garant particulirement prcieux. Les anathmes contre Damas, les Philistins, Tyr, dom, Ammon, Moab, qui prcdent, aux c. i-ii, la condamnation de Juda et d'Isral, mettent clairement en relief, ds le dbut du livre, cette ide que Jahv exerce son empire sur tous les peuples, que tous relvent de sa justice souveraine. Il est noter que ce n'est pas seulement comme protecteur de son propre peuple, mais un titre absolu que Jahv revendique et met en uvre le pouvoir sur les nations paennes. Van Hoonacker, Les
douze petits prophtes, Paris, 1908, p. 103. Plus dcisif encore est l'enseignement de saint Paul. Pour tre en quelque sorte concentr sur Isral, le gouvernement salvifique de Dieu n'en embrasse pas moins l'humanit tout entire. Ce n'est pas assez de dire que l'uvre rdemptrice dont Dieu prpare en Isral l'accomplissement tournera finalement au bnfice spcial des gentils. Entre temps, Dieu ne les a pas abandonns. Ce Dieu, dclare Paul aux paens de Lystres, dans les sicles passs, a laiss toutes les nations suivre leurs voies. Act., xiv, 15-17. Ce qui veut dire surtout qu'il ne leur a pas donn de loi semblable la loi mosaque. Cependant, il n'a pas cess de se rendre tmoignage soi-mme, en faisant du bien, en dispensant du ciel les pluies et les saisons favorables et en nous donnant avec abondance la nourriture qui remplit nos curs de joie. Paul insiste dans son discours D'un seul homme, il a fait sortir aux Athniens tout le genre humain pour peupler la surface de toute la terre. Il a fix pour chaque nation la dure de son existence et les bornes de son domaine, afin que les hommes le cherchent comme ttons, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous. Car c'est en lui que nous
:

gnrale. Ds les rcits de la cranous voyons s'affirmer l'anthropocentrisme du gouvernement divin. Ds l'histoire du paradis, Gen., n, l'homme nous apparat lev l'ordre surnaturel. D'o nous pouvons conclure que Dieu va gouverner le monde (anthropocentrisme) et l'humanit au bnfice des destines surnaturelles de l'homme. Le gouvernement divin du monde se rvle un gouvernement surnaturel. Cependant, la chute originelle, Gen., ii-iii, va lui imprimer un cours nouveau. Le gouvernement surnaturel devient un gouvernement de rdemption. La nature elle-mme, au dire de saint Paul, Rom., vin, 19-22, pour avoir t ds l'origine coordonne l'homme, se trouve engage en ce nouveau systme La vive attente de la nature appelle en
1

Sa marche
i-ii,

tion, Gen.,

effet la rvlation des

jettie la vanit,

celui qui l'y

fils de Dieu. La nature a t assunon de son propre chef, mais par a soumise, dans l'espoir que la nature aussi

avons
26-28.

la vie, le

mouvement

et l'tre...

Act.,

xvn,

sera dlivre de l'esclavage de la corruption pour avoir part la libert de la gloire des enfants de Dieu. Nous savons en effet que la nature entire gmit et souffre, en tous les tres qui la composent, les douleurs de l'en-

fantement jusqu' maintenant. Nous devons d'ailque la signification prcise de ces paroles nous chappe. Ce dont nous ne pouvons douter, c'est que la nature et l'humanit, telles que nous les avons sous les yeux, appartiennent l'une et l'autre l'ordre de la chute et sont gouvernes solidairement par Dieu en vue de la rdemption. Le gouvernement divin se dveloppe sous forme de choix successifs effectus au sein de l'humanit. La Gense les voque tour tour, avec leur contre-partie
leurs avouer

Paul prcise sa pense, Rom., i, 19-20 Tout ce que Dieu leur (aux gentils) est clairement connu. Dieu le leur a fait connatre. Depuis la cration du monde, ses invisibles perfections se dcouvrent la pense par le moyen de ses uvres, savoir sa puissance ternelle et sa divinit. Mais ils ignorent la loi de Dieu Non pas. Lorsque des gentils, qui n'ont pas de loi, accomplissent naturellement ce que prescrit la Loi, ces gens-l, qui n'ont pas de loi, sont eux-mmes leur loi. Ils montrent que les prescriptions de la Loi sont graves dans leur cur. Leur conscience aussi leur rend tmoignage, de mme que ces dbats intrieurs qui tantt les accusent et tantt les dfendent. C'est ce que l'on verra au jour o Dieu,
:

l'on peut connatre de

d'liminations progressives. A la premire gnration, Soth est lu et Gain rejet. Plus tard, c'est No qui survit, tandis que le gros de l'humanit prit dans les eaux du dluge. Voici Sem, que Dieu favorise d'une bndiction spciale qui n'est point accorde ses

mon vangile, jugera les actions secrtes des hommes par Jsus-Christ. Rom., n, 14-16; cf. Eccli.,
selon

xvn, 5-8, que nous aurons l'occasion de citer plus loin. Qu'on n'objecte point qu' ce rgime les gentils,
propos
d'aprs Paul, ne sont arrivs rien. A prendre ses la lettre, les Juifs n'ont pas eu meilleur succs.

PROVIDENCE.

SAINTE ECRITURE

938

Tableau d'ensemble, songeons-nous, dont l'application aux particuliers demeure Incertaine. tendant, le Rdempteur esl venu au temps marqu, Jsus-Christ. Le gouvernement divin s'ouvre des
L'glise de Jsus-Chrlsl succde a centre d'application et bnficiaire de ce /ornement. Or, c'est une glise de ui-nt ils. Saint Rom., i\ xi, commente cette suprme lection et le rejet des Juifs, qu'il lit tre provisoire. Entr nais dans la phase des ralisations, le gouvernement divin s'oriente, travers des combats dont l'Apocalypse de saint Jean voque la suite mystrieuse, vers objectif final, qui esl le rgne glorieux de Pion. Mais il est apparu que le Rdempteur envoy de Dieu tait un, homme Dieu. Cela est de consquence pour le gouvernement divin. Non seulement, JsusChrist comme homme se rvle chel de l'glise, qui est son coq s. mais, a raison le l'union substantielle de son
-

2. L'action divine. Comme second moyen d'action du gouvernement divin, l'criture tait tal de la cooprt Ion de tien toutes les acl Ivits de la crai me.
I

nouvelles.

comme

Dieu, d'abord, conserve tout ce qu'il a cr, ('.'est comme une cration permanente Qui ne sait, parmi tous ces ('lies, qui' la main de .lalivc a fait toutes choses, qu'il tient dans sa main l'Ame de tout ce qui .lob, \n, '.1-10. \it et le souille de tous les hommes? Des textes innombrables affirment celle perptuelle cl entire dpendance, pour ce qui regarde leur existence mme, de tous les cires. Ceux ipie nous lisons,
:

humanit a la divine personne du Verbe, il donne de plein droit la cration tout entire,
Invisible.
Il

se subor-

visible et

en ralit et depuis l'origine le gouvernement divin, tout en tant lui-mme rfre re de Dieu. Saint Paul explique ce nouveau mysfinalise,

aiement dans

les

pttres
\.

aux phsiens

et

aux

Le premier est Loi. la Loi. l'ont le monde a lu la belle vocation des lois par lesquelles Dieu reuit ses cratures, dont nous som-

d'action.

La

de

mes redevables a l'Ecclsiastique, xvi-xvu. Il suffira la transcrire, ne pouvant citer les nombreux pasparallles que nous offrent en particulier les
.

livres sapientiaux.

d'abord,

la loi

du

ciel

D#s

subsistent depuis l'origine telles qu'il les [a tablies. en a distingu les parties. Il a orne pour toujours ses ouvrages. Le plus beaux pour toute la suite des ges. Ils ne connaissent ni la faim ni la fatigue, Ils n'interrompent pas leur tche. Aucun d'eux ne heurte son voisin; Ils obissent toujours la loi divine. Eccli., XVI, 24-2''>.
I.es uc
la

u T i e de Dieu
cration,
il

Puis la

loi

de

la terre

ensuite, s'occupa de la terre. remplit de ses biens. mlmaiiT de toutes sortes en peuplrent la surface, C'est dans son sein qu'ils retournent leur mort. Le Seigneur forma l'homme de la terre. Et il le (ait retourner la terre. Il lui a a sign son compte de jours, un temps dtermin. Il lui a donn pouvoir sur tout ce que porte la terre. Il l'a rewtu d'une puissance singulire. Il l'a fait son in Il a inspire sa crainte a toute chair. Il lui a donne l'empire sur les btes et les oiseaux. Eccli., xvi, 27-xvn, I.
Il ta
i

Le Seigneur,

m, 26 xocl v Xoycp toj o'jyxeiTai rcvra, Hebr., r, 3 tppcov ts x roxvxa t> pT)(i.axi ttj SuvdLpca octoO. voquent le rcit de Gen., i. el tont de la conservation une crai ion continue. Le mot de v octc yp... xal xivo[ieOa..., Paul aux athniens Ad., xvn, 28, rattache expressmenl l'activit de l'homme l'action de Dieu v aTW. Ce rattachement et celle dpendance s'expriment avec forci', sur le plan de la grceet du salut, dans le Nouveau Testament Les textes les plus dcisifs se lisent. Joa., SV, 5 : Je suis la v Ign, vous tes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit car. spars de moi, vous ne pouvez rien faire. Gai., Il, 20 Ce n'est plus moi qui vis. c'est le Christ qui vit en moi. Le mot d'Eph., i, 11, a plus ...Comme, des yens qui ont t prd'ampleur encore destins suivant le dessein de celui qui accomplit tout ce que sa volont a dcid. Le texte connu de Rom., vm, 3n, sur la prdestination est une impressionnante illustration du prcdent, lai lin, le passage de PhiL, il, Car c'est Dieu qui 13, est catgorique souhait opre on vous le vouloir et le faire selon qu'il lui plat. L'Ancien Testament marque bien, toujours sur le plan surnaturel, les souveraines initiatives de l'action divine vis--vis de cette volont humaine qui se rvle pourtant la plus autonome des causes cres. Voici Fais-nous quelques textes entre mille: Lam., v, 21 revenir toi, Jahv, et nous reviendrons. Ps., li O Dieu! cre en moi un cur pur et (Vulg., i.), 12 renouvelle en moi un esprit ferme. Ez., xxxvi, 26 Je vous donnerai un cur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau... Je mettrai en vous mon Esprit et je ferai que vous suiviez mes commandements. De porte plus gnrale sont des mots comme
Eccli., \i
:

et

deProv.,xxi, Le cur du roi est comme une eau courante dans la main de Jahv, il le dirige sa guise. Pour significatifs qu'ils soient, il est vident que ces enseignements de l'criture laissent une large place
celui
1
:
<

'

maintenant
donn
-

la loi

propre de l'homme

Il lui

la

judiciaire, la langue, les yeux,

et le

cn'ur pour penser.


-e

Il

l'i

r. :i.

et d'intelligence,
r

tait
Il

Connatre
la

le

a fixe ses
lui
'

bien et le nid. son cur

l'indispensable spculation thologique. Nous rencontrons 3. Les interventions divines. enfin un troisime moyen d'action du gouvernement divin. Ce sont ces interventions divines dans l'histoire que l'Ecriture appelle les jugements de Dieu et auxquelles il sied de joindre des interventions divines plus spcialement dans la nature, les miracles. a) Les jugements de Dieu. La loi de Dieu appelle le jugement de Dieu. L'Ecclsiastique, xvi-xvii, aprs avoir parl de la premire, introduit, en consquence,

le

second

dcouvrir

cela)
qu'il

grandeur de ses ouvres. pour qu'il loue son saint nom.

Pour

uvres admirables.
:

Eccli.,

xvn,5-8,

Ses voies (de l'homme) sont constamment sous ses yeux, Rien ne peut le cacher a ses regards.

fin la loi

d'Isral

De nouveau,
Il

Il

a donne la science. l'a mis en possession de la Loi de vie. contracte a avec lui une alliance ternelle,
il

lui

Tout ce qu'il fait est devant lui comme le soleil, Ses veux sont fixs en permanence sur ses voies.
Ses injustices ne
lui

sont pas caches,

enseign ses

commandements,
;

atendu
Il lui a

les accents magnifiques de sa voix. de toute iniquit.

Tous ses pchs sont devant le Seigneur. I. 'aumne d'un homme est comme un sceau pour lui; Il tlarde sa bonne uvre comme la prunelle de l'il.
se lvera et lui rendra selon ses navres; il retomber son du sur sa tte. Cependant, ceux qui se repentent il accorde le retour, Il encourage ceux que l'esprance abandonne.

Ensuite
Il

donn

les

pn

du prochain.

fera

:i

i<jue

peuple
!

il

assigne un chef, portion fin Seigneur. Eccli., xvn,9-12,1

1.

Eccli., x\

ii,

13,

5-19.

PROVIDENCE. LA SAINTE CRITURE


L'Ancien Testamenl l'ut lenl dpasser, en fait de jugements divins, l'horizon terrestre de la vie prsente.
Ici
:

940

mme, nous

lisons

Tourne-toi vers le Seigneur el quitte tes pchs, Prie devant sa lace el rduis l'offense. Reviens au Trs laut el dtourne-toi le l'injustice, Dteste avec Force l'impit. Qui louera le 1res Haut, au sjour des morts, A la place des vivants qui sont ses adorateurs? a L'homme mort, qui n'est plus, la louange est interdite, C'est le vivant, le bien portanl qui loue le Seigneur. Qu'elle esi grande la misricorde du Seigneur! Qu'il est grand son pardon envers ceux qui reviennent lui! L'homme ne peul pas tout avoir, Le lils de l'homme n'es! pas immortel. Quoi de plus brillant que le soleil? Il s'obscurcit pourtant. Le mchant pareillement s'abandonne a la chair et au sang. Le soleil visite l'arme des cieux, l-haut, Mais l'homme est terre et cendre. Eccli., xvn, 20-27.
i

de Job, xxxviii, 2 Qui est celui-ci qui obscurcit la providence par des mots dpourvus de science? o Jahv rabroue ce pauvre Job. III. La prescience. La providence apparat, dans l'criture, en liaison avec la prescience de Dieu,
soi!

la trouvons explicitement enseigne diverses reprises Is., xi. vi, 10 : Moi qui, des le commencement,

commune, soit salviflque. Nous La prescience commune.

annonce

la fin, et,

longtemps
:

l'avance, ce qui n'existe

inquit la pense isralite et pos devant elle le problme de la justice des jugements divins, surtout lorsque l'ide qu'on s'en faisait se fut dcidment individualise. Ce problme fait tout le sujet du livre de Job et de l'Ecclsiaste. Le second, qui n'arrive pas dpasser l'horizon de la vie terrestre, n'y fait pas d'auait

Dans du mal

ces conditions,

il

n'est pas

tonnant que

le fait

tre rponse

que celle de la soumission religieuse. Le premier en vient, semble-t-il, entrevoir aux limites de l'histoire un ultime et juste jugement
:

Et moi,

je sais

que

mon

dfenseur est vivant,

Que, le dernier, il se lvera sur la terre, Que, derrire ma peau, je me tiendrai debout Et que, de ma chair, je verrai loah; Lui que moi je verrai, moi-mme Et que mes yeux regarderont, moi et pas un autre. Mon cur languit dans ma poitrine. Job, xix, 25-27.

Mon dessein subsistera ,t j'acpas encore; qui dis S'il annonce, c'est "complirai toute ma volont. qu'il sait. lit d'o le sait-il? De la dcision qu'il a prise d'accomplir et qui ne saurait tre frustre. Nous avons ici un cas trs net de prescience fonde. sur un dcret divin d'excution et donc de vraie providence. Ps ., cxxxix (Vulg., cxxxvm), 16 sq. Je (David) n'tais encore qu'un informe embryon que dj tes yeux me voyaient. Dans ton livre taient tous inscrits les jours qui m'taient destins. Seule, la seconde partie du texte se rfre clairement la prescience. Dieu sait d'avance quelle sera la dure de la vie de David. Cette connaissance est mise en rapport avec l'acte divin qui Dans ton livre... La nature de est cens la fixer cette relation n'est pas autrement prcise. Cependant, l'acte de fixer le destin doit tre considr comme logiquement antrieur. Ici encore la notion de providence s'affirme expressment. Les uvres de toute chair sont Eccli., xxxix, 19 devant lui. Impossible de se drober ses yeux C'est-

L'esprance de la rsurrection, et donc d'une autre vie, qui pointe ici, se prcise dans Sap., ni, 1 sq.
:

Les mes des justes sont dans la main de Dieu, Les tourments ne sauraient les atteindre. Aux yeux des insenss, ils font figure de morts, Leur sortie a l'air d'un malheur, Leur dpart a l'apparence d'un anantissement. Mais ils sont dans la paix.

Quand

bien

mme au jugement

des

hommes

ils

seraient
[chtis,

Leur esprance

est pleine d'immortalit.


:

Sclrat, tu Elle s'affirme enfin II Macch., vu, 9 la vie prsente, mais le Roi de l'univers nous ressuscitera pour une vie ternelle, nous qui mourons par fidlit ses lois.

nous tes

Cependant, il appartenait au Nouveau Testament de mettre en pleine lumire cette grande esprance, en dehors de laquelle la doctrine des jugements divins, appliqu non plus un peuple, mais aux individus, demeure un tourment pour l'esprit. b) Les miracles. L'Ancien et le Nouveau Testament attestent que le miracle est un moyen de gouvernement auquel Dieu, au cours de l'histoire, a eu frquemment recours. Mais ils nous rvlent en mme temps que ce gouvernement divin qui n'hsite pas recourir au miracle est, comme on l'a dit plus haut,

un gouvernement surnaturel, c'est--dire tout appliqu la ralisation des destines surnaturelles qu'il lui a plu d'assigner l'humanit. La nature elle-mme et l'histoire sont gouvernes par Dieu au bnfice de ce grand dessein. II. La providence divine. Son nom grec est

simplement que Dieu voit tout. Mais Son regard atteint de l'ternit l'ternit. Il n'arrive rien dont il soit tonn. C'est donc qu'il a tout prvu. Aucune prcision n'tst donne. Rom., iv, 17 Il (Dieu) appelle ce qui n'est pas encore comme s'il tait. Il appelle l'existence, interprte le P. Lagrange, qui cite comme textes parallles C'est aussi ma main qui a fond la terre et tendu les cieux. Je les appelle et aussitt ils se prsentent , Is., Toi qui as appel, ds le commencexlviii, 13, et ment du monde, ce qui n'tait pas encore, et ils t'obissent , Apoc. de Baruch, xxi, 4, o appeler s'entend de la Parole cratrice. N'est-ce pas d'ailleurs l'exgse impose par le contexte ...Le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle ce qui n'est pas encore [ l'existence] comme s'il tait? Mais, dans cette hypothse, la comparaison comme s'il tait s'entend mal. Peuttre vaut-il mieux laisser au mot appeler un sens plus gnral impliquant que ce qui n'est pas encore est prsent la pense divine tout comme ce qui existe. Et cette pense divine s'affirme comme providence. La""prsence de prophties dans l'criture suppose ncessairement la prescience divine. C'est la prescience de Dieu qui m'a rvl ces choses, lisons-nous dans Judith, xi, 16. Bien plus, les divines annonces nous apparaissent gnralement en dpendance d'un dcret divin d'excution positive ou de permission, ce qui nous conduit penser qu'il en va de mme de la divine prescience. Est -il ncessaire de rappeler que les prophties enregistres dans l'criture portent sur des vnements contingents et le plus souvent libres? Qu'il suffise de citer, titre d'exemple, la prophtie sur le serviteur souffrant en Isae et les prophties sur la passion dans les vangiles. Ht toujours la prescience est en mme temps providence.
-dire
: :

2
lier

La
de

prescience salvifique.

C'est un cas particuNous en avons dj


Voir
t.

7rpovoia.

la prescience-providence.

trouvons mentionne Sap., xiv, 3 Mais, Pre! c'est votre providence qui le gouverne , savoir le navire. De mme Sap., xvn, 2 propos des gyptiens perscuteurs d'Isral fuyant eux-mmes votre incessante providence. Mais providence vaut, en ces propos, gouvernement divin. Il en est de mme
la
: :

Nous

parl
col.

propos
sq.

de

la

prdestination.
ici

xn,

2809

Compltons
:

la

documentation

scrip-

tural rc. I Petr..

Vous avez t affranchis... par un i, 20 sang prcieux, celui de l'agneau sans dfaut et sans tache, le sang du Christ, prconnu avant la cration

PROVID] NCE. PRES GRECS. LES APOLOGISTES


tout

942
cl

fin des temps a cause de vous >iui. par lui. eroyea en Dieu qui l'a ressuscit Petr., des morts et lui .i donne la gloire. On songe a lu de Dieu pour .'tic mis a h. i, parlant du Christ, Prescience et lection se tiennent. Mais l'honneui leur rapport n'es! pas autrement prcis. \ te [Jsus] livr selon ledcrel arrt t la prs cnce de Dieu Tfj cbp'.aiisvT; BouXfj xai prescience est nomme aprs le dcret. Est-ce leur ordre logique? Dieu n'a pas rejet son peuple qu'il Rom., \i. Entendes rejet par rapa prconnu <?

du monde, manifest an cette

cependant,

soit

pour louei Jasa: esse

la

honte de

Dieu, soit pour combattre les erreurs de certains philosophes, soit pour enseigner le peuple chrtien troubl par les ides manichennes, si le premier de ces objets
leur est
poursiiiv

commun
le

tous, la

polmique sera engage

et

surtout par les l'ei es du ir cl t\u ne sicle, tandis que l'exhortation prvaudra chei les grands vques docteurs de l'ge les conciles; elle atteindra son expression parfaite dans la prdication de saint Jean Chrysostome. l. Pres apostoliques et apologisL'opposition au gnOSticisme. Saint Jiciicc II. tes.
(COl. 948). [II. Ces premiers alexandrins et leurs disciples (col, 945). in Les Cappadociens (col. 919). V. Le grand thologien de la providence, saint Jean c.hryso

port

la

grce chrtienne.

Prconnu

esl

Ici

un

terme de signification analogue celle d* lection le selon l'lection . Ibid., 28. , Hont... \i. '>. et de
Prescience
1-2
:

stonie (col. 951). VI. Les seconds alexandrins (col. 955).

des actes divins associs Petr., i, dans quel ordre'.' Nous avons dj cit Pierre... aux lus... selon la prescience de Dieu
tt

lection sont

'

O l'lection parait tre l'appel. matresse pice de cette providence, qui. on l'oublie trop, est en fait surnaturelle, est, pour parler comme saint Paul, le mystre du Christ L'Aptre crit aux phsiens, i. 9-10 ...en nous faisant connatre le mj stre de sa volont en vue d'une dispensation rserve pour la plnitude des temps, savoir tout rassembler sous un chef unique dans le Christ ce qui lit plus loin. m. ciel et ce qui est sur la terre ...Cette grce m'a t donne... de mettn en lumire pour tous l'conomie du mystre tenu cach depuis l'origine des sicles en Dieu, le crateur de toutes choses, pour (pie soit maintenant rvle..., selon son dessein ternel, la sagesse multiforme de Cf. Col., i. 26 sq. Dieu. la prdestination n'est qu'un dveloppement de ce la providence divine trou\ e son centre vital. crves que soient ces indications de l'Kcriture, elles mritent d'tre prises en srieuse considration. ici que les Pres de l'glise ont trouv le point de dpart de leurs mditations sur le gouvernement divin des choses et des personnes et sur le plan qui le rgle de toute ternit. Ici encore que la thologie des ges suivants, appliquant aux mmes problmes les ressources de la dialectique et de l'ontologie, a trouv son point d'appui pour les vastes synthses o s'est complu son
le l're
I
.

Antiochicns (col. 956). VIII. La synthse de thologie grecque, saint Jean Damascne (col. 958). IX. Conclusions (col. 960). s I. l'i eu s APosToi i<.'i \ pi ii ooisi es. 1 Parmi les Pires apostoliques, il n'en est point qui fasse aussi souvent mention de la divine providence que saint Clment de Hume dans son j lire aux Corinthiens. On l'eut distinguer ce sujet une srie de thmes gnraux, en liaison mutuelle, qui forment comme l'armature gnrale de la lettre: les affirmations doctrinales s'y unissent troitement aux considrations morales que l'auteur a plus spcialement en vue. Tous les biens, et particulirement les biens spiritu< ls. les v ertus, nous viennent de Dieu, xxxiv, 2-xxxv, i, Punk, Patres apostolici, t. r, Tubingue, 1901, p. 140-1 12: d'o la ncessit de rendre grces, xxxviii, l,p. 18, et dfaire ce bien qui nous est donn, xxvm-xxx, p. 134-136; xxxiv 2. p. ld. Il nous faut imiter I lieu, qui ne cesse
\ IL Les
la
i

de faire le bien, xxxm, 1-8, p. 140; imiter l'ordre et l'harmonie qui rgnent dans ses uvres, xxxv, 4-6,
p.
la

142-1

il. le

En effet, Dieu gouverne dans l'ordre et dans


inonde visible
qu'il a cr. x\. p. 126-128.

paix

ils respecter l'ordre ecclsiastique qui a t. lui aussi, tabli par Dieu, dans l'ancienne alliance, xxxn, 1-2, p. 138, comme dans la nouvelle, xi.-xi.n. p. 150-152. Dans ce mme ordre d'ides, dans lequel gouvernement divin et gouvernement ecclsiastique se rejoignent. Dieu est appel le

Ainsi, les chrtiens doivent

crateur

et

l'vque de tout esprit

nx,

3,

]>.

176, et

gnie.

Aucune mononrapliie d'ensemble a signaler. les rcents commentaires sur les livres sapientlaux peuvent fournir, en mme temps qu'une orientation gnrale, des donnes
importantes.

A.
II.

I.l

MONNYER.

LA

grecs
de de

L'affirmation de la providence divine l'existence en Dieu d'un ensemble ordonn de dispositions dont son gouvernement IVxcution se prsente, pour les I'res de

PROVIDENCE

SELON LES

PRES

Notre-Seigneur Jsus-Christ, dans lequel se consomment tous les dons de Dieu, est le grand prtre de nos oblations xxxvi. p. 111. C'est de ces hauteurs que Clment juge et dirime le conflit ecclsiastique qui divise la chrtient de Corinthe. 2 Comme celle de saint Chinent de Rome, la pense des apologistes du n e sicle est domine par l'ide d'une providence divine qui gouverne le inonde et accorde
.

un soin spcial aux actions des hommes.


Saint Justin estime (pie la question de la providence de l'unit de Dieu, de sa monarchie , font l'objet principal des recherches philosophiques. DiaL,
et colle
i.

la rvlation

unie une vrit fondamentale que et dont elle constitue le plus ngation de la providence lit le refus d'accepter toute l'conomie chrtienne et contredirait mme l'une des conclusions les plu* la philosophie hellnique. Le raisonnement humain. en sont parfaitement conscients, se montre sur ce point en spciale harmonie

prsuppose mt tmo:

/'.

G.,

t.

vi, col.

17.'?

c.
;i

Comme

apologiste,

il

accorde

une valeur particulire l'argument propht ique. Non seulement les ((induites de Dieu sont ordonnes, mais
les a rvles a l'avance, afin que, le moment venu, nous puissions reconnatre avec certitude son action. Apol., i. 30, col. 373-376; DiaL, vu, col. 192 BC. Justin insiste, de faon spciale, sur l'aspect moral du gouvernement divin. Dieu a cr le monde pour l'homme, Apol., m. col. 152 LC: celui-ci est dou de libert, Apol., i. l'i. col. 392-393, il sera rcompens ou puni selon ses mrites, i, 43 el n. coi. Tel est l'ordre immuable du fatum (lui' lien. Col. 393 B. Justin l'oppose au dterminisme fataliste des stociens, qui ne laisse place ni a la libert humaine, ni des mrites, ni une vie future. Ibid. Par ailleurs, l'apologiste s'oppose aux philosophes qui estiment (pie la providence s'tend seulement aux genres et aux espces et nglige les
il
">.

ements de la foi. C'est pourquoi, si l'on ques opinions aventureuses d'Or: portant d'ailleurs sur des points secondaires, on doit unanime des docteurs et des theo'"iir de la doctrine traditionnelle; aucune Mon solennelle ne s>st trouve ncessaire pour affirmer un dogme dont aucun conflit n'avait altr la
puret

mmes

raisons expliquent pourquoi les crivains parlent relativement peu de la providence; ils le

943

PR0V1 DENCE. PRES


i

G RECS,
.s,

R N

l.

944

individus. DiaL, i, col. 173 c- 176 A. Parmi les attributs qui conviennent )ieu, cm use de l'tre de toutes choses, DiaL, m, col. 181 B, Justin mentionne au premier plan la bont. I )ieu a cr le monde pour l'homme par bont etil distribue tous ses bienfaits, ApoL, i, 10, col. 340 C;
i

don, en change, le bien-fond de la prire, de l'action de grces et de l'eucharistie. L'incarnai ion du Christ et son supplice; ont t voulus par le Pre pour la rdemption du pch. ApoL, h, 6, col. 153 B; DiaL, i.xiii, col. 620 C; xc.v, col. 701 CD. Le sacrifice eucharistique non seulement rend grces du bienfait de la cration, mais il commmore galement la passion du Sauveur et la libration du pch et de ses consquences. DiaL, xi.i, col. 5(51 C. Si l'on mentionne la place faite, dans le gouvernement divin, aux intermdiaires ange liques et le rle, partout mis en relief, des dmons, on
les traits essentiels de la pense de Justin philosophe, apologiste et thologien, sur le gouvernement de Dieu l'gard de ses cratures. Comme l'avait fait Justin, Taticn, son disciple, insiste sur les fins morales que poursuit le gouvernement divin; les hommes sont libres de toute inclination fatale au mal, cette libert est la seule cause du pch, car aucun mal ne peut venir de Dieu. Discours

nous. dont, hier., le G., t. vu, col. 968 li. Les picuriens 1. III, t- xxv, 1, /'. se voient reprocher d'avoir ni la providence, I. III, c. xxiv, 2, col. 967 C, tandis (pie Platon, plus religieux , est lou d'avoir confess la bont, la justice et la puissance divines. L. III, <' xxv, 5, col. Irne affirme, en termes trs forts, comment rien

ho

qui gouverne

monde pour

n'chappe au gouvernement divin, 1. II, c xxv;, 2-3, col. 801-802; les anges et les dmons mme v sont soumis, I. II, c. vi, 2. col. 72 1-725: ce pouvoir universel de Dieu csl compar a celui qu'exerce l'empereur dans
L'tat.
Ibid.

Comme

l'vque de

Lyon estime que

l'avaient fait les apologistes, l'un des actes essentiels

du gouvernement divin est la rcompense des bons et la punition des mchants. L. IV, c. xxxvi, 6, col. 1096 C; c. xi., 1-2, col. 1112-1113; 1. V, c. xvm, 3, col. 1174 C.

aura group

Supposant aux

hrsies dualistes,

Irne

affirme

aux

Grecs, xi, P. G.,

t.

vr, col.

829 BC;

le

matre de

toutes choses laisse pour un temps les dmons et ceux qui leur obissent faire leur uvre mauvaise; il se rserve de juger toutes les cratures la lin du monde.

832 C. Athnagorc invoque l'ordre du monde comme un argument en faveur de l'affirmation de la providence divine. Lcgalio pro christianis, xxv, P. G., t. vi, col. 949 CD. Dieu exerce sa prvoyance l'gard de tout ce qu'il a cr grce au ministre des anges. Ibid., xxiv, col. 918 A. Les dmons, anges dchus, ont amen le trouble dans l'ordre tabli par Dieu, ils sont causes que certains esprits aient pu mettre en doute l'existence d'une providence. Ibid., xxv, col. 948 C-949.
Ibid., xii, col.

avec une vigueur spciale, contre les gnostiques, l'unit du Dieu crateur, I. II, c. i-iv, col. 709-721, et contre Marcion l'identit du Dieu crateur et juge et du Dieu Pre, rvl dans le Nouveau Testament. L. III, c. xxv, 2-3, col. 968-969. L'argumentation du controversiste est appuye surtout par des textes scripturaires; on ne peut relever ici le dtail del discussion; qu'il suffise de faire mention d'un argument thologique, d'une force relle et d'une originalit indiscutable, qui fait tat du dogme eucharistique pour prouver l'unit du plan divin. Comment le Christ aurait-il pu dire que le pain est son corps et le vin son sang, si son Pre n'tait pas le Dieu qui a fait le pain et le vin? Pour pouvoir nous nourrir de son corps aprs nous avoir rachets par son sang, Jsus doit tre le Fils de celui qui a fabriqu ce monde visible. L. IV, c. xvm, 4, col. 1027; c. xxxm, 2, col. 1073 B; 1. V, c. n, 1-2, col. 1123-1125. Irne use de termes qui font image pour mettre en relief,
contre la gnose, l'unit du plan divin Adam avait t comme une pte, un plasma sous les doigts du Crateur; l'application de la rdemption, le don de la grce est une nouvelle plasmatio. L. IV, c. xxxix, 2-3, col. 1110-1111 1. V, c. xvi, 1, col. 1167 AB. De mme, l'homme avait t cr l'image de Dieu, mais, le Verbe tant alors invisible, il a facilement perdu cette divine ressem:

Ainsi Aristote

aux
le

ralits

mme

a-t-il ni que celle-ci puisse s'tendre du monde infrieures au ciel. Ibid. Dans ouvrage, Athnagore prend parti contre

rx7rpco(n des stociens et la doctrine de l'ternit de la matire. Ibid., xx, col. 929 B. Mais c'est surtout dans son trait Sur la rsurrection des corps que le philosophe chrtien insiste sur l'objet moral du gouvernement divin. Celui qui admet la providence universelle de Dieu, sa sagesse et sa justice, doit galement

blance.

sible, est

Le Verbe fait chair, image visible du Dieu invivenu rendre l'homme et consolider sa simi-

admettre le chtiment final des mchants et la rcompense des bons, tant dans leur meque dans leur corps. De resurr., xvn, P. G., t. vi, col. 1009 BD.

litude avec le Pre invisible. L. V, c. xvi, 2, col. 11671168. On touche ici la doctrine de la rcapitulation de toutes choses dans le Verbe, qui constitue la fin particulire en mme temps que le moyen privilgi du

gouvernement
ralis

divin. Cette rcapitulation, c'est l'o'ixo-

vop.a, le plan, la disposition

Dans son I"


:

livre Autolycos, Thophile d'Anlioche

reprend et dveloppe l'argument esquiss par Athnagore l'ordre du monde nous permet de connatre quelque chose de Dieu; c'est par sa providence qu'il se manifeste nous, de mme que l'me d'un homme nous est dvoile par les mouvements de son corps. Ad Aulol., i, 4-G, P. G., t. vi, col. 1029 B-1033 C. Le II e livre oppose aux doctrines philosophiques et cos-

mogoniques des anciens sur


la

l'origine

du monde

et sur

enseignements tirs de l'criture et, plus spcialement, du livre del Gense. Ad Autol., n, 4-11, col. 1052-1069. En effet, Dieu s'occupe du genre humain; il lui a donn la loi et les prophtes qui lui enseignent et l'unit de Dieu et les vertus au moyen desquelles on peut obtenir la vie ternelle. Ibid., 34, col. 1108 AB. IL L'opposition au gnosticisme, saint Irne. Saint Irne, pour thologien qu'il soit, sait faire galeprovidence
les

de Dieu sur l'humanit, par l'incarnation et la passion du Christ. Tantt Irne parle des dispositions divines, oixovoutai, que le Saint-Esprit a rvles par le ministre des prophtes, 1. I, c. x. 1, col. 549 B; tantt il emploie comme synonymes disposition et gouvernement, disponens et gubernans, 1. I. c. xxn, 1, col. 669 C disposition et providence, providens cl disponens, 1. III, c. xxv, 1, col. 968 B; tantt il met en conjonction disposition et rcapitulation : Chrislus Jsus Dominas noster veniens per universam dispositionem et omnia in semetipsum recapitulans. L. III, c. xvi, 6, col. 925 C. Au contraire, ceux qui admettent une pluralit de principes, de dieux et d'ons restent extra dispositionem, en dehors de l'accomplissement gratuit de la rcapitulation dans le Christ. L. III, c. xvi, 8, col. 926 C. Il semble qu'il tait difficile de marquer, dans une doctrine thologique plus forte et plus nette, l'unit du plan divin sur l'huma:

nit.

ment

leur part
la

aux affirmations de

la raison naturelle

touchant

providence.

Certains paens, dit-il, moins adonns que d'autres aux volupts coupables et au culte des idoles, ont pu connatre quelque chose du Pre, artisan de toutes

Dans la Dmonstration de la prdication apostolique, catchse plus lmentaire, Irne se contente d'afirmer que tout est plac sous le domaine de Dieu, tout ce qui est plac sous sa dpendance doit agir pour lui . Dmonstr., 3, P. O., t. xn, p. 758.

PRO\
Il
1

l'i

NCE.
>
i

l'i

RES
Ici

G RECS,

ORIGf

946
a smi adversaire

leurs dis llexandrins liment d'Alexandrie a sa manire, qui lui est propre, de marquer l'unit el la continuit du plan providentiel. Alors qu'Irne comparail Dieu i un potier ptrissant la pte 1111111.11110. le matre de l'cole eatebtique d'Alexandrie emprunte ses occupations familires l'Ide d'une ducation progressive de l'humanit; l'action divine est, avanl tout, une divine pdagogie. Le Logos, sagesse el conseiller du Pre, est P. C, t. i\. le suprme didascalos. Sir m., VII, u. col. il. a La ii ancienne, la philosophie grecque el lui nouvelle sont comme les tapes ii<' cette Initial.i tion providentielle. (Sur le rle providentiel de la philosophie grecque, cf. art. Cm mini d'Alexandrie, m. col. 168-171.) Bien que Clmenl tende cette t. conception l'histoire entire de l'humanit, elle ne prsente pas chez lui le caractre d'une \ rit abstraite. Dieu n'esl pas seulement le matre des causes universelles, il rgit les tres particuliers el Jusqu'aux plus Infimes. Strom., VI, \mi. col. 388C-392; VII, n, col. 416 AB. Chaque me particulire est l'objet de action, K-s meilleures surtout jouissent de ses Les premiers

opposer, avec beaucoup

le finesse,
:

in

eux aussi dclarent que la nature raisonnable remporte sur celle qui est prive de raison et que, pour elle, la providence dirige toutes choses. Cont. Cels., IV, 74, col. 1111 D-1146 B. Cependant, Origne ne se tait pas illusion sur l'orla

position voisine des stociens

thodoxie relative de ses

allies d'occasion. 11 sait trs bien, cont re Celse encore, <lisi Inguer le kvcua matriel dont parle le Portique, du Dieu spirituel des chrtiens,

faveurs. Loe. tique consiste

de la amiti rciproque. Strom., VII, mi. col. 157 C. La prire du vrai gnostique, toujours conforme la volont iK- Dieu, est toujours exauce. Strom., VII, vn, passim. H est peu d'ides sur lesquelles Clment insiste autant que sur celle de la bont infinie et toujours agissante de Dieu. /'.(</.. l. vin. p. <;.. t. mil col. 325-329; (.'.. in., VI, nm. P. i\. col. 369 B; VI, wn. t. col. 384-385. Il est de sa nature d'tre bon, il ne cause, eu aucun cas, le mal. Strom., VII, n, col. 416 A. il le permet seulement, et s.i providence est telle qu'il lui
est loisible

390 AB. La saintet du gnoscorrespondance aux bienprovidence, grce aux sentiments d'une
cit.,

col.

dans une

libre

la providence divine qui embrasse toutes choses n'est pas un corps qui en contiendrait un autre, c'est la puis sauce d'un esprit, ('.mil. Cris.. \ I. 71. col. 1405 CD. Dieu n'est pas dans un lieu qu'il quitterait pour venir a nous, mais en lui nous avons la vie, le mouvement et l'tre i, comme le dit saint Paul; tout est gouvern, sans que lui mme Change en rien, par sa puissance. Cont. dis.. IV, ;.. col. 1033 D. Origne sait encore prouver l'existence de la providence soit en philosophe, par la mthode d'analogie, partir des prvoyances Intelligentes des hommes, Cont. Cels., I. Il, col. 670 BD. soit en apologiste, par la considration des prophties, comme l'avait fait saint Justin. De princ. IV. 7. P.C.. t. XI, col. 353 BC. Les prophties sacres n'ont d'ailleurs rien de commun, pour Origne, avec les prdictions des astrologues; lotin. le docteur chrtien combat vivement connue leur fatalisme. M. E. Brhicr, compare, sur ce point,
1
1

de

faire sortir

d'un mal particulier quelque

de bon et d'utile. Strom., I. wn, t. vin, col. 801 AB. Les souffrances mmes des martyrs rentrent dans onomie de la divine providence, cj ni tend, avant toute autre chose, notre sanctification. Strom., IV, xn,
t.

mu.

col.

1296.
ne.

Une indication de Grgoire le Thaumaturge, dans son discours de remerciement Origne, manifeste de faon prcise, les tendances intellectuelles du grand alexandrin. 11 nous apprend comment celuici l'avait exhorte la lecture des philosophes, sans rien rejeter de leurs crits, si ce n'est ce qui se trouvait contraire a l'existence de Dieu et a sa providence. In Origenem oratio panegyriea, xm. /'. (,.. t. \. col. 1088 B.
.1

Dotation est prcieuse,

elle

souligne

la fois l'im-

portance accorde par Origne l'ide de providence tentative qu'il inaugure d'un emploi raisonne des philosophiez paennes dans l'laboration thologique du doume chrtien. Origne fait d'ailleurs lui-mme dclarations de son disciple. Dans sou trait prire, il classe nettement les penseurs en deux ux qui admettent Dieu et sa providence, qui les rejettent sinon de bouche, du moins de

fait. S, P. G., t. XI, col. 129 B. Dans le Prriarrhon. l'auteur affirme qu'en toute chose il entend dfendre la providence de Dieu, qui s'exerce, de faon
1

ul7, P.C., L
.r.

l'gard de l'me immortelle. De princ., III, xi, col. 285 B. Ce ne sont point la de vaines

sieur

fame

Contra Celsum, il touche pludoctrine de la providence: il l'afaussi bien contre le fatalisme profess par les que contre les ngations des picuriens avec iuve trop souvent d'accord. Cont.
le
.,

dans

la

l-'.nn., m. 1. 5, avec un fragment du commentaire d'Origne sur la Gense qui nous a t conserv par Eusbe de Csare dans sa Prparation vanglique, VI, XI, P. G., t. xxi. COl. 477-505. Le traducteur des Ennades est Une que, chez les deux alexandrins, l'ide et la marche de l'argument at ion sont les mmes jusque dans les dtails . Ennades, texte et trad., coll. G. Bud. t. m. p. 5 et p. 3, note I. En fait, il serait plus juste de dire que, si certains dtails d'argumentation, certains exemples d'cole sont communs aux deux auteurs, le contexte gnral est trs diffrent chez l'un et chez l'autre. Toute la discussion est domine, chez Origne, par l'exgse de certains textes scripturaircs, par le souci de montrer l'accomplissement des prophties de l'Ancien Testament, et cela suffit distinguer trs nettement son expos de celui de Plotin. C'est peut-tre dans son trait De la prire qu'Origne a trouv les formules les plus nettes pour exprimer comment la prescience universelle de Dieu ne fait pas obstacle la contingence des causes secondes. Le sujet lui-mme exigeait de telles prcisions doctrinales, et le grand alexandrin a le mrite d'avoir pos le problme dans toute son ampleur, ainsi que d'y avoir donn une solution remarquable par son quilibre et sa justesse. De oral., 5-8, P. G., t. xi, col. 430-441. Une formule surtout retient l'attention Dieu connat ncessairement tel vnement futur, mais ne le connat pas comme ncessaire en lui-mme, si de fait il ne l'est pas: Dieu connat ncessairement que tel homme veut le bien, mais ne le veut pas de faon ncessaire, de mme, si tel homme se tourne vers le mal. il reste capable d'une conversion meilleure. Ibid., 6, col. 437 BC. Ainsi la providence de Dieu, qui connat toutes choses, peutelle prparer les biens que la prire el la libre conduite auront mrits chacun. E. de Faye a exactement not quel point Origne, la suite de Clment, considrait l'action de la providence comme une action pdagogique, comme une ducation progressive de l'aine en vue du salut. Origne,
:

raill'

676 \. Villeurs, dans le reprend avec vivacit les !se lorsque celui-ci estime que les chrn'ont aucune raison d'affirmer que Dieu a our l'homme. L'apologiste chrtien sait
I,

10,

/'.

.,..

t.

xi. col.

t. m. Paris, ld'-!.s. p. 21 l-'21.">. Le mme critique crit ce sujet, propos de la traduction du PeriarcMn par l'.ulin En maints endroits... perce dans la version de luf'm le tenace dessein d'effacer l'ide d'Origne
:

d'une rdemption cfTcctilc par l'ducation de l'nie. donc d'un Dieu ducateur et d'une providence pda gogique, et de lui substituer l'ide d'un Dieu juge qui

947
rcompense
C'esl
et

ROVIDENCE. PRES GRECS, DISCIPLES D'ORIGNE


siastique,

948

qui chtie selon les mrites de chacun. toute romaine oppose l'ide de pdagogie toute grecque, Op. cit., p. 190, en note. La remarque est juste, dans son ensemble; encore i;t ii il noter que la punition des fautes et la rcom pense les mrites loni galement partie, d'aprs Origne, de l'action ducative <1<' la providence; l'opposition mise entre l'ide grecque de pdagogie e1 les conceptions romaines plus Juridiques, sans ot re aussi absol'ide Juridique
i

est

toujours elle

(les

extraits massifs

(A. Puech, Histoire de la littrature grecque chrtienne, t. m, Paris, 1930, p. 194), mais elle se rvle ici moins

heureuse dans un ouvrage qui pourrait prtendre, de soi, a une certaine vigueur originale de la pense. La Prparation a conserv un important fragment du IiEpl uoeu de Denys d'Alexandrie dirig contre les
picuriens. Prsep.,

XIV, xxm, P.

G.,

t.

xxi, col. 1272.

lue qu'on semble

le

dire, esi

cependant un

trait qu'il

est utile de signaler.

E. de Faye cil galement un passage bien significatif de la manire d'Origne; c'est au trait de la prire, propos de cette demande de l'oraison dominicale et ne nos inducas in tentt ionem;
:

polmique contre Hirocls, Eusbe condense en deux affirmations capitales la doctrine de elle s'tend universellement toutes la providence choses, elle prend un soin spcial des mes raisonnables auxquelles est concd le privilge de l'immortalit
trait
:
i l

Dans son

de
4

la libert

Cont. Hieroclem, vi, P. G.,

t.

xxn,

le

docteur alexandrin

crit

(oIxovojj.v)

chacune

Je pense que Dieu dirige des mes raisonnables, ayant


:

col.

805 D-808.

Un

autre Palestinien, saint Curille de Jrusalem,


qu'il

toujours en vue leur vie ternelle. Chacune d'elles possde le libre arbitre (t aTsoaiov) selon sa propre responsabilit (nap% ty;v lav ocItxv), elle se trouve parmi les choses meilleures, s'levant vers la cime des biens; elle descend au contraire, par ngligence, dans tel ou tel dbordement du vice. De oral., 29, P. G., t. xi, col. 540 A, cit par de Faye, op. cit., p. 214, dont je n'accepte pas la version. Pour la traduction de oeToe, cf. Prdestination, t. xn, col. 2825. Ce texte d'Origne donne occasion une note assez vive de Delarue, note 94, P. G., t. xi, col. 539 Aperlc hic somnia sua occinit Origenes. Et, de fait, on peut entendre ici un cho affaibli des erreurs d'Origne. En effet, alors que Clment d'Alexandrie envisageait principalement l'action ducative de la providence dans les diverses modalits de sa ralisation historique, philosophie, loi ancienne, loi nouvelle, foi et gnose, son disciple, plus mtaphysicien, transpose cette mme ide de pdagogie divine du plan assur de l'histoire sur celui, plus audacieux, de la cosmologie. Les mes sont cres de toute ternit dans un tat initial identique; leur union des corps est une consquence de pchs antrieurs qu'elles doivent expier avant de faire retour dans le monde des esprits. Cette conception sera le point de dpart et l'occasion de nombreuses attaques et de solennelles ccndamnations. Cf. art. Origne, Orignisme, t. xi, col. 1531 et 1565. Encore faut-il remarquer que l'alexandrin expose tout cela par mode d'hypothse et avec d'importantes rserves; certains passages de ses uvres, comme celui que l'on vient de citer, restent susceptibles, si l'on n'en presse pas trop le sens, d'une interprtation orthodoxe, tandis que d'autres sont videmment rejeter. Il suffit de noter ici comment le dsir de rendre raison, d'une faon gnrale, de l'action providentielle et le souci d'expliquer les conduites mystrieuses de Dieu ont amen Origne imaginer cette chute et cette ascension des mes; tout ce roman cosmologique, qui manifeste le puissant ralisme de sa pense thologique, est fond sur une conception pdagogique de la providence divine. On y sent l'lve de Platon et l'mule aussi de certains gnostiques; cependant, la nettet aveclaquelle l'auteur du Periarchn affirme et assure l'existence du libre arbitre de la crature suffit le distinguer de faon radicale de ces derniers. 3 Il est naturel de joindre au nom d'Origne celui d'Eusbe de Csare, son admirateur et le bnficiaire de la bibliothque runie par ses soins. Dans sa Prparation vanglique, Eusbe consacre de nombreux chapitres la question de la providence. Il reprend, sur une base documentaire plus large, les thmes gnraux e sicle de l'apologtique du n e et du dmonstration de l'existence de la providence contre les picuriens, divergences entre les conceptions pripatticiennes et stociennes et la conception chrtienne, accord partiel entre la doctrine de Platon et la foi de Mose. La mthode employe, semblable celle de l'Histoire eccl;
:

se

montre moins soucieux d'rudition, bien

sache lui aussi, l'occasion, citer les philosophes. Dans ses catchses familires, l'ordre du symbole de la foi, qu'il commente aux aspirants au baptme, l'oblige parler du gouvernement divin avant de traiter de la cration elle-mme Credo in Deum omnipotentem jactorem cseli et terrie (ix e cat.). Dom (vm e cat.) Toutte fait justement remarquer que le 7ravTOXpxTcop de la formule grecque du Credo serait mieux rendu en latin par omnitenens que par omnipolens. Admonitio in eut., vin, 3, P. G., t. xxxiii, col. 623-624, et Appendix in cal., v, note 11, col. 534 D. Il ne s'agit pas en effet, dans l'expos de Cyrille, de la considration abstraite d'un attribut divin, d'une possibilit infinie d'action; il s'agit au contraire de l'exercice de fait du pouvoir divin, du domaine universel et absolu de Dieu sur sa crature. Cat., vin, col. 625-636. Aussi, malgr le titre que porte la traduction latine De providentia, le thme de la providence-prvoyance n'est-il pas explicitement abord. La puissance divine est envisage dans sa ralit sans cesse prsente, dans son extension universelle et actuelle tous les tres. Dans ces limites, la doctrine est expose avec beaucoup de force et de clart; un usage frquent de brves sentences script uraires vient ponctuer heureusement les affirmations du catchiste sans nuire la rigueur ni l'unit de son dveloppement. 5 Tite de Bostra, consacre tout le Ii e livre de son trait Contre les manichens une vigoureuse apologie de la providence divine. Le c. i, affirme qu'aucun des tres crs par Dieu n'est substantiellement mauvais; tous sont bons, mais divers degrs, et sont susceptibles de servir des fins diffrentes. Cont. man., II, i. P. G., t. xvin, col. 1132 D-1133 A. Le dernier chapitre insiste, par manire de conclusion, sur la varit de la cration. Ibid., xxxvin, col. 1205-1208. Dans le cours du livre, l'auteur examine les objections tires tant de l'ordre moral que de l'ordre physique. Les questions de la fortune qui est parfois le fruit de l'injustice, c. vin, et des maladies qui affligent les justes, c. ix. sont sobrement traites. Certaines considrations sur l'utilit des famines et des tremblements de terre, c. xiv, et sur celle des serpents venimeux, c. xxn, sont moins heureuses et ne sont pas exemptes de quelque purilit. Compar aux pieuses catchses de saint Cyrille, l'ouvrage de Tite de Bostra a plutt l'allure d'un trait profane. 6 Contemporain de Cyrille de Jrusalem et de Tite de Bostra, saint Athanase ajoute la pit du premier une profondeur thologique laquelle l'auteur des catchses ne pouvait prtendre. Au point de vue ngatif, le grand vque d'Alexandrie combat les picuriens qui nient l'existence de la providence et dmontre, contre Platon, que la matire elle-mme a t cre par Dieu. Or. de incarnat. Yerbi. 2, P. G., t. xxv, col. 97 D99. Au contraire, le mal n'est d'aucune faon une uvre divine. Or. contra gnies, 2, P. G., t. xxv. col. 5 CD: t.

PROVIDENCE. PRES GRECS, LES


col 9 1; 6 7. col,

^.PPADOCIENS
que
les

950

12

16 C.

Au

point de vue positif.

tion des fruits, tandis

noix, dans leur rude

Athanase marque que Dieu

est le

matre souverain de

tontes choses, ibid., 29, col. 57 B, et qu'il prend un soin cl de l'me raisonnable. Ibid., 35, col. 69 B. In quoique l'homme ne puisse ni voir ni comprendre la nature divine du Crateur, il peut, le quelque faon, le connatre par ses res; ainsi, sans \ olr Phidias, on peu! reconnatre sa main dans la disposition el les proportions que manifestent ses ouvrages. Ibid. Toul cela. en somme, n'est pas particulier Athanase, mais loi i-

corce, n'ont pas besoin d'une semblable garantie. On voit bien ainsi que rien n'est fait sans cause, ni pal hasard, mais est le produit d'une sagesse Infinie. Ibid.,

propos d'un verset du Dominus, Basile voque L'existence de l'embryon dans le sein de sa mre; dans un espace troit, tnbreux et humide, il \ it comme un poisson plutt que comme un homme et cependant il demeure sain ci sauf sous la garde d<
8, col.

112
<

113 a.
:

\iiieuis. a

psaume

xi\

Custodiens parvulos

marque mieux dans du Verbe divin dans l'uvre do la cration et du gouvernement divin. me conclusion d'un long discours sur l'ordre du monde, l'harmonie de ses parties, l'quilibre qui rgne entre les lments contraires dont il est compos, Athanase affirme que. si cet ordre, cette harmonie, cet quilibre, dnotent l'unit du Matre de toutes choses, Ibid., 39, col. 77 B-80 B, ils dmontrent aussi que tout a ete fait et me tout est dirig par le Verbe, sagesse ternelle du l're. Ibid.. 1". col. 80 li SI H. l.e LogOS,
it

de l'adversaire d'Arius

se

Heu,

Hom.
le

in

Psalm., exiv,
esprit,

/'.

c,..

wix.

col.

189

>

la

mention continuelle

qu'il fait

d'une simplicit toute surnatu relie, le saint veque s'attaque aux objections qui courent parmi ses ouailles contre la providence de Dieu; c'est le spectacle du juste tombe dans la misre
tandis que
le

Dans

mme

fripon s'enrichit.

Hom.

in Psalm., xi.mii

17, ibid., COl. 153

qui dsolent
lie.

le

156; c'est la famine et la scheresse pays, ce qui donne matire une hom-

raison, mesure,

harmonie, conduit la cration et lui bont et beaut. 'Toutes les ;t bonnes dans la mesure o elles sont l'image de Pieu. ibid.. I. col. 11. dont le Verbe est l'image parfaite. Mais, plus que toute crature prive le raison, l'homme est fait l'image de Dieu, donc par le Verbe. Ibid., 8, col. 16 1); 34, col. 68 D-69 A. Telle raison pour laquelle Dieu prend un soin particulier des hommes et leur a envoy son Verbe, afin qu'il reparer et parfaire cette similitude divine que P. G., le pch avait dtruite. <>r. de incarnat., 7, xs. col. 108 D-109 A. Telles sont les notions fondamentales de la thologie d' Athanase; telles il les a Lins l'OUVTage de jeunesse qui a t cit, telles il les reprendra plus tard, inlassablement, dans cette affirmation de la divinit du Verbe incarn qui sera

communique

lumire,

l'uvre de sa
IV.
I.i s

vie.

Cappadoi uns.

</ siccitatis, I'. a., t. xxxi. 303-328; ce sont des deuils cruels en face desquels le grand evqiie trouve des paroles de consolation empreintes des plus religieux sentiments de rsigna tion et de soumission la volont de Dieu. Hpist., v, P. G., t. xxxii, col. 237-241; Epist, vi, ibid., col. 2 245. Basile saisit avec empressement toutes ces occasions pour affirmer que, si nous ne pouvons pas comprendre les desseins secrets du Crateur, nous devons nanmoins croire sa sagesse et sa bont; il ne veut que notre bien, et les preuves qu'il nous envoie sont une condition de notre progrs. En somme, l'vque de Csare applique aux circonstances quotidiennes de la vie cette conception du rle pdagogique de la providence que les Pres d'Alexandrie avaient dveloppe sur un plan plus spculatif. Cependant, Basile sait, lui aussi, s'lever des considrations thoriques. Dans Dieu n'est pas l'homlie qui a pour titre l'auteur du mal , il prend vivement partie les doctrines manichennes en affirmant que le mal n'est pas une sub-

Hom. tempore famis

col.

saint Basile sur la providence est

L'enseignement de nettement adapt

stance.

Hom.

Quod Drus non

est

auctor

malorum

5,

P. G.,
ibid.,

t.

xx.xi, col. 311 C, qu'il n'a pas t cr par Dieu,


col.

pratiques de son ministre pastoral. ne s'attache pas a combattre les opinions des phidont les doctrines, opposes les unes aux autres, se dtruisent mutuellement de faon suffisante. In hexarm.. i. 2, /'. (',., t. xxix. col. 8 A. Leur ngation de la providence provient de leur ignorance de Dieu
lins
11

aux

qu'il est attribuable la


8,

Le Crateur gouverne toutes choses - x >6epv(Sv t a >/ avrx ...olxovou.cv x --ov il rend chacun selon ses mrites; en douter, r'est marcher selon le conseil des mchants . Iv. i. |. Bienheureux au contraire est l'homme qui n'a aucune inquitude au sujet de la providence de Dieu; il est semblable ceux qui dorment tandis qu'un vent favorable pousse leur navire au port. Ilom. in Psalm., 4./'. G., t. xxix. COl. 220 CD. Lorsque Basile Veut i. donner quelque argument en faveur de l'existence del
et
d>

divines.

Ibid.

providence, il fait appel des considrations familires qui sauront toucher les populations agricoles de la Cappadoce. A propos de ces paroles de la Gense \inaoit t'-rni hirbam virentem et facientem semen, i. 11, il interroge son auditoire en ces termes Si la nourriture a t prpare pour le btail, la notre ne serai" digne des soins de la providence? Celui qui I ;\ bufs el aux chevaux leur fourrage
:
:

volont perverse des anges, 345 D-317, et des hommes. Ibid., 3, col. 332 D-333. Dans cette mme homlie, Dieu est appel (ppdviuoc. x/xl aoep twv ^uywv obcovo|i.o, le prudent et sage conome des mes . Ibid., 5, col. 340 C. Tout cela conduit la mme conclusion quand Basile parle de la providence, il envisage avant tout, comme Cyrille de Jrusalem. l'action toujours actuelle et toujours bienfaisante de Dieu sur le monde. 2 La pense thologique de saint Grgoire de Xaxianze, plus fine et plus spculative que celle de son ami Basile, se meut cependant dans un mme cercle d'ides. Dans le discours sur le saint baptme, que l'on pense avoir t prononc Constant inople le 7 janvier 381, l'orateur fait mention de la providence divine dans la profession de foi qu'il propose ses auditeurs. Aprs avoir confess la Trinit, au nom de laquelle il a
:
:

:'his
il

forte raison, richesse et


ta vie.

bien-tre.

qui nourrit tes troupeaux

pro\

augmente d'autant les Qu'est-ce loue que la

propre sm

sinon la prparation rie ta D'autant qui beaucoup de plantes nt aussi.-, l.i nourriture des homIn hexaem., v. 1. p. (, t. xxix. coL 96 C. "n peu
.

'

plus loin, l'vque d


le

ttc

en exemple

le liL'uicr,

f.uill.-.

mt

est

no

la

protec-

Adle doit croire que le monde visible Dieu ex nihilo et qu'il est gouvern par la providence de celui qui l'a fait et le Le chrtien doit gaconduit vers un tat meilleur lement rejeter les erreurs manichennes, c'est--dire croire que le mal n'est pas une substance, qu'il n'a pas t cr par Dieu, qu'il provient de nos pchs et des uvres du malin. Insanct. bapt., xi.v. P. a., t. xxxm, A li. Dans le second des grands discours thoCOl. 12 loglques, prononcs galement Constantinople, l' vque, aprs avoir affirm que la nature divine dpasse tout entendement cr et toute parole humaine, Orat. tlteol.. ii, 4, ibid., col. 29 C 31 A, enseigne que nous pouvons cependant connatre l'existence de Dieu. Ibid.. 5, col 32 C. En effet, Dieu est cause de la cration et de la conservai Ion de toutes choses, rien ne peut
t baptis,
le

et

Invisible a t cr par

951

PROVIDENCE. PRES GRECS, JEAN CHRYSOSTOME


Dieu; admichez lui, quelque chose de l'ordre, de la beaut, de la grandeur <iui brillent dans l'uvre mme de Dieu. Comme pour Bossuet, auquel, depuis Villemain, on a cot unie de le comparer, il existe une affinit prtablie en1 re le gnie le l'homme et les merveilles du gouvernement providentiel qu'il s'attarde dcrire; aussi sait-il le faire avec une ampleur de vues, une sret de trait, un tact pie bien peu, si mme il en est, possdent un
pareil degr.

se soutenir sans le concours toujours actuel (le ainsi, quand nous voyons une cithare, que nous

rons la beaut le ses proportions ou que nous entendons la mlodie de ses sons, nous pouvons savoir quel que Chose le celui qui l'a laite, mme si nous ne le connaissons pas de vue. Ibid., 6, col. 32 1) 33 A. Le premier discours d'invective contre Julien l'Apostat fait plusieurs fois mention du gouvernement universel de Dieu sur le monde qu'ira cr. Cont. .lui., i, 17, I'. G., t. xxxv, col. 572 H; 78, col. 604 C. Le discours sur l'amour des pauvres fournit galement son auteur
l'occasion de parler

du domaine divin sur

la crature.

Grgoire blme d'abord ceux qui s'autoriseraient des dcrets de la providence pour abandonner les Indigents leur malheureux sort, sous prtexte que celui-ci est conforme la volont de Dieu. On voit, dit l'orateur, que ceux qui raisonnent de la sorte ne reconnaissent pas que leur propre fortune vient de Dieu; sans cela, ils en useraient davantage selon Dieu. De pauperum amorc, 29, P. G., t. xxxv, col. 89G D-897 B. D'ailleurs, dans cette vie, nous ne pouvons savoir si le malheur est la punition d'une faute ou l'preuve de la vertu, les desseins de Dieu nous restent cachs. Ibid., 30, col. 897 C-900 A. Quelques lignes plus loin, le saint vque reprend vivement ceux qui font argument des misres de la pauvret pour calomnier la providence divine ou pour tout abandonner aux hasards de la fortune ou aux exigences de la fatalit. Ibid., 32-33, col. 900 D904 A. Il termine son discours en exhortant ses auditeurs la misricorde, il leur montre l'exemple de Dieu et celui du Christ, il leur rappelle les figures bibliques de Job, de Lazare et du mauvais riche, la parabole du bon Samaritain; enfin, il insiste sur l'utilit morale et sociale de la pauvret. Saint Grgoire a consacr en outre deux pomes clbrer la providence divine, Poemata dogmatica, v et vi, P. G., t. xxxvn, col. 424-438, et la mention de la providence revient souvent dans son uvre potique. Index Anahjticus, P. G., t. xxxvin, col. 1279. Il s'agit toujours du gouvernement divin qui s'tend toute crature et contient toute chose dans son action souve-

L'vque de Constantinople ne s'attarde pas a discuter avec ceux des philosophes qui nient la providence divine; la dialectique scolaire n'est pas son fait; c'est en orateur, en thologien, en moraliste surtout qu'il aborde et traite la question. Ds le dbut de sa carrire, il proclame que seules la malice des hommes et leur mauvaise conduite ont pu les empcher d'admettre une vrit plus claire que la lumire du jour. Adv. oppiign. vil mon., m, 10, P. G., t. XLvil, col. 365. A la fin de sa vie, il est plus convaincu que jamais de l'ordre et l'harmonie du monde, la mme doctrine les astres, les rgnes de la nature, dmontrent suffi:

samment l'existence d'une providence divine. Ad eos qui scandalizati sunt, v-vi, P. G., t. lu, col. 488; vu,

De corncol. 491-496; dveloppements parallles punctione ad Stelechium, n, 5, t. xlmi, col. 418-419; Ad populum Antiochenum, hom. ix, 4, t. xlix, col. 109; hom. x, 2-3, col. 113-115. La splendeur du jour, les mers, les sources, les couleurs varies du plumage des paons, sont tour tour invoques; l'univers possde un tel clat qu'il semble toujours neuf et fabriqu d'aujourd'hui; il est si beau qu'on a pu le prendre lui-mme pour un dieu. Ibid., col. 114-115.
:

Chrysostome, comme l'avait fait Basile, donne une attention particulire la nature vgtale; la fertilit des prairies, cette graisse du froment (ex adipe frumenti), dont parle le psaume qu'il commente, Ps., cxlvii, 14, lui sont un moyen de dmontrer l'existence de la providence de Dieu. P. G., t. lv, col. 479. Aussi est-il naturel que cette mme providence soit compare ailleurs aux eaux d'un fleuve puissant qui apporte la fcondit toute la rgion qu'il arrose. In Ps., xlv, 1,
Ailleurs,
ibid., col.

galement la doctrine expose de faon plus didactique, par saint Grgoire de Mysse. Le mot mme de providence est rare dans ses crits. On peut en signaler l'usage dans le petit trait intitul Quod non sunt trs dii, o l'auteur affirme que la providence et le gouvernement des cratures sont communs aux trois personnes divines. P. G., t. xlv, col. 128 D. De mme, dans le dialogue avec sa sur, sur l'me et la rsurrection, Macrine fait mention des erreurs des picuriens qui nient la providence et attribuent toutes choses au hasard. De anima et resnrr., P. G., t. xlvi, col. 21 B. En revanche, ni dans le Contra fatum, ni dans les homlies sur l'oraison dominicale, on ne rencontre de dveloppement sur la doctrine de la providence. La manire de Grgoire apparat nettement dans sa grande catchse. Il entreprend de montrer la bont et la justice du gouvernement divin tel qu'il se ralise de fait. Or. catech., xx, P. G., t. xlv, col. 56-57. Le mot obcovouioe est employ, celui de providence ne l'est pas, ce qui, au point de vue du vocabulaire thologique, est

raine. 3 Telle est

205.

Le gouvernement de Dieu s'tend toutes les cratures, aucun des tres singuliers n'y chappe, chacun d'eux y est spcialement soumis. Ad Stagirium a dsemone vexatum, i, 5, P. G., t. xl vu, col. 437; In Ps., cxxxiv, 4, t. lv, col. 392; In Matth., hom. xxvin, (al. xxix), 3, t. lvii.coI. 354. D'une faon plus absolue
encore, l'orateur sacr affirme que, sans la providence, monde ne pourrait ni durer ni se soutenir un seul instant. Ad pop. Antioch., hom. ix, 4, t. xnx, col. 109; hom. x, 2-3, col. 113-114. L'exemple qu'il prend est celui du corps humain, compos de divers lments, et qui ne peut rester lui-mme que sous l'action et le gouvernement de l'me qui l'anime. Ainsi, bien que l'ide d'une prvoyance divine ne soit pas exclue, la notion de providence voque plus spcialement pour Chrysostome, comme pour les Pres grecs, cette continuit de l'action cratrice qui soutient actuellement toute chose dans son tre et la dirige dans son mouvement; mais encore faut-il, pour atteindre le sens exact de l'ide grecque, ajouter que cet tre est beaut, et ce mouvement harmonie; le monde conserv dans l'ordre, la paix et la splendeur, tel est l'effet
le

videmment plus

exact.
les

V.

Le grand thologien de la providence,

saint Jean Chrysostome.

Alors que

Pres de

s'taient contents de toucher brivement la doctrine de la providence, saint Jean Chrysostome. au contraire, dans ses homlies, dans ses exposs de la sainte criture, dans ses traits de morale et d'ascse,
se plat visiblement consacrer la

Cappadoce

mme

question

d'amples dveloppements.
C'est un sujet, d'ailleurs, dans lequel il excelle; un discours calme, majestueux, puissant, sait faire reluire,

propre de la providence divine. Le passage de l'ordre de la nature celui de la vie morale, on le voit, est ais. L'homme, crature de Dieu, n'chappe point videmment l'action prcise et particulire du Crateur qui s'exerce sur chacun de ses actes. De mme que nous ne pouvons rien ajouter notre taille, de mme est-ce la providence divine qui, dans nos uvres, parfait toute excution. Sans elle, ni soucis, ni peines, ni efforts ne nous seraient de

PROVIDENCE. PRES GRECS, JEAN CHRYSOSTOME


wi (.il xxn),3, P Prdestination, t. \n. col. 2829. Mais, si l'existence d'un gouvernement uni vend de Dieu se rvle de faon suffisamment manl
quelque
t.

954

utilit.
col.
-

In Malth., boni,
it.

<'

un,

dans l'ordre admirable de la nature, il n'en \ pas toujours de mme, aux yeux de certains chrtiens, dans les conduites morales de la providence, si Dieu gouverne souverainement toutes choses, pourquoi les
leste
.1

tentations du dmon,
justes,
le

les

scandales,

les

triomphe des mchants?

tribulations les Telles sont les

objections courantes, familires a ses mailles, que chrv me connat bien. Aussi, sans parler des homlies nombreuses o il touche ces questions, il les examine

en dtail dans deux ouvrages Composs au dbut et la lin de sa carrire apostolique et qui constituent l'un et l'autre une trs haute apologie des voies providentielles. Le premier est ddie au moine Stagne, que les attaques rptes du dmon avaient fait tomber dans la tristesse et le dcouragement, P. G., t. \1.\11. col. 125 IIS; le second est adresse eeux qui se scandalisent des perscutions dont souffre l'Eglise de Dieu de la part les impies, t. in. col. 179-528. Le raisonnement y suit. Ici et l. une mme marche, dont il suffira de donner un rsume rapide. Le point de dpart est constitu par une affirmation absolue de la providence divine et du caractre bienfaisant de son action; c'est alors que l'auteur fait intervenir, en confirmation de la doctrine, ces dveloppements sur l'harmonie de la cration auxquels on a fait allusion; ils ont pour but de
.1

venir en aide notre foi et d'exclure toute hsitation de notre part. En effet, si toute la nature proclame la bont et l'amour de Dieu a l'gard de l'ouvrage de ses mains, ses desseins particuliers sur les hommes nous demeurent impntrables en cette vie; nous ne pouii les connatre ni les juger; la providence de Dieu nous est incomprhensible. C'est l un des thmes favoris de Chrysostome, et il aime citer, cette occasion, l'exclamation de saint Paul, Rom.. XI, 33 O altiludo diviliarum sapientiie et scienti Dei! quant incomprehensibilia sunt judicia ejus et investigabiles vite cjus. Voir Adv. Judeeos, 1. 1, P. G., t. xi.viii. col. 813: Ad eos qui seandalizati surit, n. t. lu. col. 182-484; dveloppements parallles Ad Stagiriunt a diemorte vexutum, 1, 8, t. xlvii. col. 1 13: In epist. ad Rom., nom. xvi, 7, t. t.x, col In Ephes., hum. \ix. l-. t. lxii, col. 132-136. D'ailleurs, non seulement l'aptre Paul, mais les puissances clestes elles-mmes ignorent le des dispositions divines, seuls le I- ils et l'EspritSaint les onnaissent. Ad eus.... m. t. lu. col. ISI-486. iciens patriarches, Abraham. Joseph. David, ont donn ce sujet un exemple significatif d'humilit, de patience et de soumission a des dcrets divins dont ils ignoraient encore le sens et la porte. Ibid., x, col. 500:
:

crivant aux fidles (pic troublent les perscutions, il montre comment, selon le mol de saint Paul, Rom., v, ;; 1. la trlbulatlon produil la patience, et la patience la fidlit prouve Ail eos..., xxi, P. G., t. mi. col. 522 523 ; d'ailleurs les attaques mmes auxquelles l'glise eal en butte --oui le signe clatant de sa force et de sa Vitalit. Ibid., XXIII, COl. 526. Le saint c\i|uc se rend compte que la grande loi provl deiilielle de la rdemption par la soullra ice heurte asse/ rudement ses auditeurs cl que seuls les enseignements de la loi peuvent la leur taire accepter. Aussi prend il soin d'fllustrei son expose par des exemples lires de la sainte larilure; Abraham. Joseph, le sainl homme Job. le pauvre I. a/arc de l'vangile de sainl Luc, saint Paul, sont Frquemment Invoqus par lui comme tmoins. Mais, plus encore, il prsente a ses auditeurs l'exemple du Chris! le mystre 'le la croix. Scandale pour les Juifs, sottise pour les paens n'est il pas la source de noire salut et l'origine de toutes les grces? .t<7 eos..., x\. ibid., col. 515-516; les souffrances mmes endures par Notre Seigneur dans sa passion nous sont un gage irrcusable des tendresses divines. Ad Stagirium, i. . /'. (',.. t. xlvii, col. 136; Ad eus.... xvii, t. in, col. 516-518. D'ailleurs toutes les poques de la vie de l'glise ont connu le scandale des perscutions; les temps aposl oliqucs n'en furent pas plus exempts que les ntres, ibid., xiv, col. 512-515; w. col. 521-522, et les martyrs sont la pour nous donner la mme leon. Ibid., xix, col. 518 521. De l'histoire universelle se dgage nettement l'affirmation de la ncessit providentielle de la souffrance. Mais le saint vque sait aussi quitter ces hauteurs de la thologie et de l'histoire pour tenir l'inquiet Stagire un langage plus familier et plus proche des ralits quotidiennes. A ce moine qui se plaint des fatigues et des preuves qu'il rencontre dans la vie spirituelle, il conseille de se faire introduire dans un hpital, de visiter une prison, afin de pouvoir prendre contact avec des maux vraisemblablement plus rels que les siens. Ad Stagirium, ni, 13, P. G., t. xlvii, col. 190-491. Enfin, et c'est le dernier trait de la doctrine auquel on s'arrtera, toutes les douleurs et toutes les souffrances de cette terre tmoignent simplement que la
col

117

us:

D nous est donc absolument interdit de mettre en cause les conduites de Dieu notre gard, nous sommes seulement assurs de deux choses d'une part, la prole Dieu n'est pas moins admirable dans les afflictions et les tentations que dans la joie et le bonheur rium, 1. 3. P. G., t. xxvn, col. 429430; d'autre part, le seul mal vritable est le pch, et, dans cet ordre, personne n'est ls que par soimmxvi, t. LU, col. 516 (Chrysostome renv. licitement au trait qu'A vient de composer Qaod nrmo Iseditur nisi a seipso, P. G., t. lu.
: :

Appuy >ur ces deux principes, l'vque de Constantinople n'a pas de peine a montrer l'utilit morale de

mme temps que


<*t

son caractre relatif


il

idressant
l'utilit
fies

.1

M.i L in-,

insiste spciale-

ment sur

Ad

des assauts des >ns pour v voir l'occasion d'un progrs spirituel. Stagirium, 1. I. /'. G., t. xxvn, col. 133-434, et
et

tentations

irance d'une

plus

crande perfection,

ibid.,

10,

providence de Dieu n'embrasse pas seulement le cours de notre vie mortelle; son action s'tend au del du temps; nos mes sont immortelles, un jugement les attend avec une rcompense ou un chtiment dfinitifs. C'est alors seulement que la justice et l'harmonie des desseins providentiels seront pleinement ralises et manifestes. In Matth., boni, xm, t. lvh, col. 215218; Expos, in psalmum iv, 10, t. lv, col. 55; 11, col. f>i>-.">7. En attendant leur accomplissement, nous sommes soumis, par l'effet mme de la bont de Dieu une pdagogie (mxi8e(a) souvent douloureuse et dont le secret parfois nous chappe, mais qui nous conduit en toute sret vers les meilleurs biens. Ad Stagirium, i. t. xi. mi. col. 440; 7, col. 441-442. Tels sont, brivement Indiqus, les thmes essentiels que dveloppe saint Jean Chrysostome et dont il compose cette vaste apologie de la providence divine laquelle son oeuvre est en grande partie consacre. L'analyse peut sans doute dissocier les divers arguments, IlOtel les principales tapes de la pense, mais elle ne peut rendre ni cette vivacit de la pit, ni ce mouvement large et naturel du style qui viennent donner aux ides exprimes un Incomparable pouvoir de sduction, si l'on ajoute que cet apologiste magnifique des bienfait s de la providence divine a souffert, pendant les annes de son piscopat, la perscution, la calomnie et l'exil, on sera port a admirer clans ses crits, plus encore que le talent lu thologien et l'loquence de l'orateur, la srnit <t l'lvation d'me d'un saint.
<'>.

PROVIDENCE. PRES GRECS, LES \NTIOCHIENS


le
1 A Alexandrie, VI. Les si onds alexandrins. patriarche Thophile, l'adversaire dclar de Chrysostome, se [ail aussi connatre par s;i Fougue antiori.<

du pch.

Parmi les erreurs donl t-ll<- fait griel l'auteur du Periarchn, sa lettre testale le 102, traduite par saini Jrme, en mentionne deux qui touchent la refus 1. Origne aurait doctrine de la providence
gniste.
:

d'tendre l'action providentielle

toutes

Les

cratures,

mais aurait circonscrit ses effets au domaine des sphres clestes. S. Hieronymi Epislolse, xcvin, il, 2. Le docteur alexandrin aurait P. L., t. xxii, col. S' galemenl enseign que la puissance de Dieu est limii'2
;

peut s'tendre au del des tres qu'elle a, seuls que sa providence se trouvait en mesure de gouverner. Ibid., 17, col. 805-800. On remarquera que les deux chefs d'accusation ne sont pas absolument cohrents le second semble bien admettre ce qui est suppos ni dans le premier, savoir que la providence divine dirige toute crature, lui fait, le premier grief est nettement exagr; il eut t plus juste de dire qu'Origne, comme l'avaient l'ait les apologistes du n e sicle, accorde un rle trs important aux intermdiaires angliques dans le gouvernement divin. Le second reproche est mieux fond; il est d'ailleurs repris, appuy par des citations du Periarchn, dans la lettre de Justinien Menas de Constantinoplc. P. G., t. lxxxvi a, col. 947 CD, 981 CD, 989 C. Sur ce point, la pense d'Origne a videmment besoin d'tre interprte avec une certaine indulgence. Il est facile d'ailleurs d'agir de la sorte, puisque ce docteur explique que la puissance divine est limite, en ce sens qu'elle ne peut raliser ni le mal, ni l'impossible, ni rien qui soit indigne d'elle; ce qui, cette fois, est incontestablement orthodoxe. Cot. Gels., III, 80, P. G., t. xi,
te, qu'elle ne

de

[ait, crs, les

1012 D-1013 A; V, 23, col. 1216 D-1217 A. Le neveu et successeur de Thophile, saint Cyrille d'Alexandrie, semblable en ceci Grgoire de Nysse, n'emploie presque jamais le mot mme de providence. Ainsi, les index (d'ailleurs incomplets sur ce point) de l'dition de J. Aubert ne mentionnent le terme que trois fois (P. G., t. lxxvi, col. 1476 B) et les rfrences donnes renvoient, non pas au texte mme de saint Cyrille mais des auteurs qu'il cite. Ce n'est pas que I'vque d'Alexandrie mconnaisse le domaine souverain de Dieu sur sa crature; il en parle au contraire avec beaucoup de force; cf. par exemple In Amos (iv, 13), xi.ii, P. G., t. lxxi, col. 488489, et (v, 8-9), xlvi, col. 493-496; Cont. Julian., n, P. G., t. lxxvi, col. 604-606. Mais les expressions dont il use sont celles de pouvoir, gouvernement, direction, gouvernail (7rr)8dcXt,ov, une image qu'il semble affectionner); la 7rpvoia n'est pas nomme, alors que, dans les mmes conditions, elle reviendrait sans cesse sous la plume de Chrysostome.
col.

lorsque Cyrille numre les attributs dila lumire, la vie, la puissance, la vrit, la sagesse, la justice... Glaphyra in Genesim, v, adhuc de Jacob, 4, P. G t. lxix, col. 277 B, mais ici encore la providence est passe sous silence. Cependant, si notre auteur ne fait gure usage du vocable, il se rapproche plus que d'autres de la conception, aujourd'hui classique, de providence. Il envisage en effet en Dieu, et cela de faon explicite, un ensemble prconu et organis de fins et de moyens, une srie de desseins ternels qui se raliseront dans le temps. Thsaurus, t. lxxv, col. 292 B-293 A; Glaphijra in Genesim, i, de Adam, 5, t. lxix, col. 25-30. Il s'agit, dans ces passages, des dcrets rdempteurs de Dieu relatifs la mission du Verbe. Cette doctrine est appuye de trs prs sur les expressions mmes de saint Paul. Dans le dernier texte cit, Dieu est dit providere suis creaturis, upoev67)ffe tv SUov XTicru.dcT(ov, ibid., col. 2S D, en ce sens qu'il dcrte l'envoi du Christ en vue de la rmission
vins,
il

De mme,

mentionne

Il y a l. de faon occasionnelle, un emploi presque technique de la notion et du terme de providence. 1" A rencontre de saint VII. Les Amiui hiens. Cyrille, Thodoret dr Cgr, form aux mmes disciplines que Jean Chrysostome, emploie, de faon continuelle, le mut de pro\ idem e et par deux fois, il consacre la 7tpvoia d'importants dveloppements. Dans le trait que les traductions latines intitulent Grsecarum affectionum curatio, le I. VI est consacr tout eni ier la doctrine de la providence. P. G., t. i.xxxm, col. 956 992. Le prologue de l'ouvrage expose de faon explicite le but que s'est propos l'auteur combattre L'impit de Diagoras, le blasphme d'picure et l'opinion tronque d'Aristote; louer au contraire Platon et Plot in et tous ceux qui ont. avec eux, un juste sentiment de la providence: enfin, montrer, par des raisons physiques, comment la vrit est manifeste, sur ce point, par la cration et toutes les choses que Dieu a faites. Ibid., col. 785 CD. La marche du dveloppement est alourdie par une masse de citations d'auteurs profanes, ce qui d'ailleurs constitue peut-tre la meilleure richesse de l'expos. Le mme sujet est galement trait par Thodoret, mais sans talage d'rudition et d'un point de vue moins philosophique, dans une srie de dix longs discours qui sont moins une uvre oratoire que dix chapitres d'un trait compos et crit loisir. Les premiers discours dmontrent l'existence de la providence partir de ses effets naturels les cieux et les astres, i, P. G., t. lxxxiii, col. 556-573; l'air, la terre et les eaux, n, col. 576-588; le corps de l'homme et ses organes, avec un dveloppement particulier sur la langue et les organes de la parole, m, col. 588-605; enfin, la main humaine et les diffrentes activits techniques dont elle est capable, iv, col. 605-624. Les morceaux suivants envisagent les diverses hirarchies qui sont le fait des hommes, mais dpendent aussi de la providence divine le pouvoir exerc par l'homme sur les animaux, v, col. 624-644; l'ingalit dans la distribution des biens de la fortune, vi, col. 644-665; les relations sociales entre matres et serviteurs, vu, col. 665685. Le dessein gnral est ici une apologie de la providence qui tablit ou permet de telles situations en vue du bien et de l'harmonie de la cit. D'ailleurs, sous le rapport des biens naturels que la providence dpartit directement chacun l'air, la lumire..., tous les hommes sont gaux et ils peuvent trouver dans la pauvret et la servitude, qui leur paraissent un mal, l'occasion d'un progrs spirituel plus assur. Le viir5 discours s'engage plus nettement dans des considrations d'ordre moral; il tient montrer, grce surtout des exemples scripturaires, que les mauvais matres ne portent pas ncessairement prjudice leurs serviteurs, ceux-ci acquirent plus de mrites pratiquer la vertu, vin. col. 865-716. F.nfin. quoi qu'il advienne ici-bas, la justice sera toujours rcompense par Dieu aprs cette vie; l'me est immortelle et capable de gloire ternelle, ix, col. 716-740; l'incarnation du Sauveur notre Dieu et toute l'conomie chrtienne sont les plus magni Tiques tmoignages des bienfaits de la providence divine, x, col. 740-773. Cette simple numration des sujets traits montre que Thodoret entend faire un expos systmatique des grands thmes qu'avait dvelopps la prdication de Jean Chrysostome, mais la manire sche et didactique de I'vque de Cyr ne possde ni le souffle ni la vie qui animent l'oeuvre de son devancier; elle se recommande plutt par un souci rel de prcision et le fini de certains dtails. L'criture est utilise avec une
: :

sobrit un peu froide. On sent un exercice d'cole, plutt conventionnel, mais incontestablement brillant. Il est noter que, pour Thodoret, comme pour Jean

PRO>

l'i

NC1

n; ES GR1

CS,

DAM VSC
l'aul. sont
i

958
clic/.

sostome, la providence dsigne a la foi-- la conservation des tres el leur gouvernement par deu. Comme >i-u prole, notre auteur applique volontiers au vident l'image du pilote el de son gouvernail, mais il prend soin de dvelopper la comparaison avec une certaine minutie qui n'esi p. in dans les habitudes littde l'adversaire de Nestorius. on peut, bon droit, rapprocher de rhodorel aiisqu'il semble lui aussi appartenir .m milieu antiochien des annes 131-451. Cf. Nmi su s
l
l

mauvais

riche, sainl

comme
.1

Cluvs..

stome. Invoqus en exemples. Col, 812 813. Le trait lait l'enseigne s'achve sur une noie i| ni appelle tout meut de l'vque de '.oust aul inople la providence est absolument bonne puisque le pch, le seul vrai mal, n'est pas son fail mais le noire. Col. 813 817.
(
:

VIII.

LA SYNTHS1

Dl

IV

uni

.11

GRECQUE,

smn

La doctrine de la providence tient manifestement une place importante dans |,s l.iniasceiie il en parle, suivant la pense de Jean
1

Ji

Damascne.
I

t.

xi, col. 65.


la

court trait sur

pro\ Idence se prsente

comme

un appendice un ouvrage plus dvelopp sur la nature le l'homme. La transit ion entre les deux ordres insldrations est fournie l'auteur par l'ide de libert; apr< s avoir parle du libre arbitre de l'homme, \ esius trouve naturel de passer a la providence divine. /'. (',.. t. \i eol. 780 C- 7S1 A. Trois chapitres divisent la matire de faon tout fait scolaire l'existence de la providence divine, sa nature, son domaine. Ibid., col. 781 A. I.e e. i. eol. 7S(i-",o_>, fait d'abord remarquer que ni les Juifs ni les chrtiens n'ont besoin ils en d'une dmonstration de la providence divine sont, les uns et les autres, suffisamment assures, les premiers par les miracles accomplis par Dieu en leur faveur en Egypte; les seconds par le fait merveilleux
.
:

occasions, tantt en philosophe, tantt en historien, tantt en apologiste et tantt en th Connue philosophe, il utilise l'affirmation de l'existence de la providence comme nue prmisse .qui lui permet de dmontrer l'immortalit de l'me; l'argu ment tait d'ailleurs traditionnel depuis son emploi par Athnagore dans son livre sur la rsurrection des corps. Voici le raisonnement puisque la providence de Dieu traite chacun selon ses mrites, soit pour la
:

rcompense,

soil

pour

le

chtiment,

il

lui l'aul

un

sujet

sur lequel elle puisse exercer sa justice et qui reoive sa sentence: ce ne peui tre que l'me immortelle. Diaxvm. p. G., t. xciv, col. 672 D 673 A. lectica, c Historien des hrsies, notre auteur signale que les
1

de l'Incarnation. Aussi tout le discours de Nmsius adresse aux Grecs. Col. 781 l>. I.e raisonneil ment de l'auteur est ensuite assez eonfus; il fait appel, en quelques mots, l'ordre du monde, eol. 784 A, puis une historiette judiciaire analogue celle de Suzan e. col. 784 BC, enfin, la ncessite des sanctions morales de la providence pour le bon ordre et la rvation de la socit. Col. 785-792. Chemin faisant, la notion de providence est distingue de celle de cralion crer, c'est bien faire ce qui arrive l'existence taXc. -Q-.r.CT*'. ri yiv6(xevtx; la providence consiste a prendre soin de ces mmes choses xb xaXcTx; r:::
: :
:

picuriens niaient toute providence; il bloque d'ailleurs, avec le rappel des thories morales de ces derniers, la cosmologie mcaniste les atomistes De liresibus,
1,

8, ibid., col. <>8i C.

chapitre est consacre

7rpovota 0so'j; il tament et des extraits des Pres,

les Sacra parallela, un providence de Dieu, rcepl groupe des textes de l'Ancien Tesla

Dans

notamment

d'Irue,

twv yivouvtov. Col. 7<SS B. Le C. n. col. 7'.2donne deux brves dfinitions de la providence s.,in que Dieu prend des tres. 7tp6voia tovuv
iryz:
:

; ; :i ovra yivouivr, i~ t;x>.ix; c'est aussi, selon d'autres auteurs, la volont de Dieu selon laquelle tous les tres reoivent un utile gouvernement, -povo'.

iffT.v

~x v/ri -r'r;j -pocr-popov Saint Jean Damascne reprendra l'une et l'autre dfinition. De fide orth., II. x.xix. P. C. t. xciv. col. 964 A. I.e dernier chapitre, le plus dvelopp, traite de l'ampleur du gouvernement divin et des objets qu'il embrasse. Col. 793-817. Nrn'zo
j

S'.'ry -Ti-.-L

c.jyrv Acqx&vei.

mentionne d'abord
: I

les

opinions des philosophes

sur ce sujet Platon, les stociens, les picuriens. Aristote: il estime que imperfection de leurs doctrines a une dans l'ignorance o ils se trouvaient de la

de Jean Chrvsostome. Sacra parallela, littera J tit. iv, P. G., t. xevi, col. 233 B-236 C. Comme apologiste, Jean Damascne, oppose aux manichens les enseignements de la foi chrtienne Dieu est bon, il ne veut que le bien, tout ce qu'il veut est bon. Cont. manichos, 38, t. xciv, col. 1544 D. Il n'a cr que des choses bonnes; toute crature est bonne selon la nature qui lui a t donne. Ibid., 47, col. 1548 D-1549. Le mal n'est pas une ralit, une substance: il est une privation: tout tre comme tel est bon. Ibid., 50-59, col. 1549 B-1552 D. La matire n'est pas incre, elle n'est pas le principe du mal. Ibid., 6163, col. 1553 C-1560 B. Il n'j a pas de conflit entre la matire et Dieu. Ibid., 67, col. 1561 C-1564 B. Cependant, si nous affirmons la bont absolut; de Dieu, nous ne pouvons pas comprendre les desseins de sa providence. Ibid., 74, col. 1572 D-1573 A; 77. col. 1576 C. Le mot mal peut signifier deux choses trs diffrentes ou bien ce qui nous parait dsagrable, mais peut tre l'effet d'une juste punition de Dieu, ou bien le seul vrai mal. le mal volontaire du pch dont nous sommes responsables. Ibid.. 81 -82. col. 1580 C-1581 B. Le traite s'achve sur un double conseil, celui de l'ellort per-

d'Eusbe

et

nature immortelle de l'ame humaine. Col. 793-801. te. aprs avoir expos la doctrine chrtienne, laquelle Dieu s'occupe des moindres choses, l'auteur entreprend de dmontrer le bien-fond de cette opinion: si Dieu ne s'occupait pas de chacun des tres qu'il e ne pourrait tre que par ignorance, refus de le faire ou impuissance; or. ces trois hvpotrouvent tre incompatibles avec la perfection de la nature divine. Col. 804 A.-808 A. Cependant, si nous sommes assurs du fait rie l'extension univerprovidence divine, les desseins du gouvernement divin sur les individus noua demeurent mystrieux \. Il convient, en tout cas, de distinguer it de ce qu'il permet seulement: il faut
tenir
sien

sonnel
col.

et celui

de

la

prire persvrante. Ibid., 8i>-87,

1584.

Dans son grand ouvrage de thologie, Jean Damascne numre la providence parmi les attributs de la nature divine. De fide <>rlli., I, xiv, /'. G., t. xciv, col. 860 B. Il la place en dernier lieu, voulant sans doute faire entendre qu'elle constitue comme le trail d'union entre le Crateur el sa crature. L'opration
divine est une, simple, indivisible: elle se diversifie cependant selon les individus, qu'elle tend d'ailleurs ramener sa propre simplicit. Elle est l'tre des tres, la vie des vivants, la raison des tres raisonnables et l'intelligence des intelligences, bien qu'elle-mme demeure au-dessus de toute intelligence, de toute raison, de toute vie et de tout tre. Ibid., col. 860 D. Au I. II du mme ouvrage, un chapitre entier, c. xxix, est consacr a la providence divine. La place qui lui a t

compte de ce fait qu'il abandonne parfois les pour un temps, soit pour leur correction, soit pour l'ducation des autres. Jean Damascne repren-

dra

les

mmes

considrations.

De

fide orth.,

II,

xxix,

donne dans l'ensemble de l'uvre


significative, car
il

est

extrmement

t.

xerv, col. 9

Enfin, Job, Lazare et le

sert de transition entre l'tude de la

959

PROVIDENCE. PRES GRECS, CONCLUSIONS


il
:

960

cration, celle le la nature de l'homme en particulier, incarnation, ret l'tude de l'conomie chrtienne

demption

et

prcdents,

sacrements. Les chapitres immdiatement jcxv-xxviii, sont en effet consacrs au

libre arbitre;

comme

l'avait fait

Nmsius, Jean Da-

mentionne Job, saint Paul, Lazare et le mauvais il donne mme un exemple plus pratique ((lui de l'orgueilleux que Dieu laisse tomber dans les pchs de la chair pour le gurir d'une iaute plus grave. Col. 965. Tout cela a directement pour but
riche, les martyrs,
:

mascne passe de la considration de la libert humaine celle de la providence divine, mais le lien est moins artificiel chez lui (pie chez son devancier. Le c. xxx fait naturellement suite au traite de la providence, puisqu'il parle, dans sa premire partie, de prescience et de prdestination, la seconde partie, au contraire, aborde un nouveau sujet. L'auteur y affirme de faon solennelle la cration de l'homme dans l'tat de grce, De fide orth., II, xxx, ibid., col. 976 B, puis il fait mention du premier pch et de la chute de la nature humaine; en fait, c'est moins ici la fin du livre que le dbut du livre suivant, l'histoire de la faute servant de prface celle de sa rparation par l'incarnation et l'opration thandrique. Ainsi plac dans son contexte, le chapitre sur la providence prend un relief spcial; il est le pivot autour duquel s'orgatrait des cranise la doctrine entire de l'ouvrage tures aboutissant l'action libre de l'homme; providence et prescience; gouvernement surnaturel de l'humanit. Ce c. xxix, est lourd de contenu doctrinal. Jean Damascne y rsume, en quelques formules heureuses, les dveloppements des thologiens antrieurs. Les dfinitions de la providence sont empruntes Nmsius la providence est le soin que Dieu prend des tres, c'est la volont de Dieu selon laquelle toutes les choses reoivent la direction qui leur convient. II, xxix, col. 964 A. L'existence de cette providence, ainsi dfinie, est brivement dmontre d'abord partir du fait de la cration il convient celui qui a cr de pourvoir aux besoins de sa crature, ibid., col. 964 B; ensuite, partir de la bont et de la sagesse de Dieu il ne serait pas bon s'il n'tait provident; les hommes et les animaux eux-mmes ont soin de leur progniture. Ibid., col. 964 C. Mais le thologien n'insiste pas sur ces considrations gnrales qu'il se contente de rappeler brivement. tant donne la place occupe par le chapitre, ce qui est en cause, c'est exactement la question de l'action libre et du mal moral. La doctrine est trs nette et s'exprime en formules techniques. Relativement aux choses qui dpendent de nous, c'est--dire les actions libres, dans la mesure o elles sont bonnes, Dieu les veut d'une volont antcdente et de bon plaisir, 7rpoY)YOup.vco Qekzi xocl sSoxe; quant au mal vritable, au mal moral, Dieu ne le veut d'aucune manire, ni de faon antcdente ni de faon cons:
:

notre amendement, notre salut, notre gloire et finalement la gloire de Dieu. Col. 968 B. Quant la rprobation dfinitive, a l'abandon total, celui-ci s'exerce seulement a l'gard des pcheurs endurcis, des incurables envers lesquels l'action pdagogique de la providence est demeure sans effet. C'est le cas de Judas; que Dieu nous fasse misricorde et nous prserve d'un tel abandon! Ibid. D'ailleurs, les voies de la providence nous demeurent mystrieuses; et nous ne pouvons les comprendre. Col. 964 C, 968 C. Deux choses demeurent certaines Dieu ne veut que le bien; nous sommes pleinement responsables de nos actes, nous ne pouvons pas en charger la providence. Cette dernire proposition est affirme en termes quelque peu absolus les choses qui dpendent de nous ne sont pas de la providence, mais de notre libert, o t?, -Trpovoa sotiv, '/j.y. toO Jj(Xerpou aTE^oyao'j. Col. 964 C. Mais cela doit s'entendre selon le contexte Dieu veut le bien que nous faisons, col. 969 B; nous ne pouvons ni vouloir ni faire le bien sans son secours, col. 972973; que Dieu nous garde de la rprobation finale! Col. 968 B. IX. Conclusions. Pour varie qu'elle soit, cette enqute sur la thologie de la providence chez les Pres grecs peut cependant conduire deux conclusions assez fermes 1 Pour les Pres grecs, la providence est cette action divine ad extra, qui, la cration tant suppose, conserve toute crature dans son tre, sa vie et son mouvement, et la gouverne selon sa nature. Ces deux ides de conservation et de gouvernement sont intimement unies dans la considration d'une seule action divine toujours prsente, toujours actuelle chacun des moments du temps. Cette action providentielle inclut la fois dans son objet l'ordre du Cosmos, les mystres de notre rdemption et de notre dification, le jugement final selon lequel les bons seront rcompenss et les mchants punis. Les Pres pourront insister, de prfrence, sur tel ou tel aspect du gouvernement divin, mais tous passeront avec la plus grande aisance de l'un l'autre; tout ce que Dieu peut faire de bon dans sa crature est l'objet de cette divine et unique 7rpovola. Mme les distinctions de saint Jean Damascne ne font pas chec cette manire concrte d'envisager l'action divine, elles tablissent seulement un ordre entre les objets du vouloir divin. 2 Il ne s'agit pas, pour les Grecs, d'envisager les dcrets ternels de Dieu indpendamment de leur ralisation concrte. La dfinition technique que donne saint Thomas de la Providence ratio ordinandorum in l'tnem prout existit in mente divina, I a q. xxn, a. 1, leur reste donc gnralement trangre, mais il faut remarquer que cette prcision ultrieure est, chez eux, l'tat de prsuppos formel. Ils envisagent tous, dans les ralisations de l'action providentielle, un ordre dtermin, voulu de Dieu, qui manifeste les intentions
:

quente;

il

le

permet au
col.

libre arbitre, TTapot/wps

969 B. Quant aux choses qui ne dpendent pas de nous, les bonnes sont voulues absolument d'une volont antcdente; les mauvaises, au contraire, sont consquentes nos fautes, elles ne sont voulues que par suite de celles-ci, pour rtablir l'ordre de la justice. Ibid., col. 969 A. Mais ici une autre distinction s'impose ou bien il s'agit, de la part de Dieu, d'une punition temporaire, d'un abandon conomique en vue de notre plus grand bien, ou bien il s'agit d'une rprobation dfinitive. Ainsi peut-on dire que Dieu ne veut que le bien et le salut de tous 1 Il ne veut jamais le mal vritable, le pch. 2 Il ne veut jamais le chtiment que comme consquence du pch; pour rtablir l'ordre viol. Telle est la conclusion du chapitre qui se borne donner, sur les points essentiels des distinctions et des dfinitions. Un seul thme est un peu dvelopp, en harmonie avec le but moral qui est vis par l'auteur celui de l'abandon conomique ou de correction, l'abandon pdagogique yxy.-cXehJji oxovojj.ix'0 xoi TOXtSeuTixY). Col. 968 B. Jean Damascne est ici l'cho de toute la thologie grecque;
axE^ouCTiM. Ibid.,
;
: :

divines la cration est faite pour l'homme, l'incarnation a pour objet la rdemption du pch, tous les vnements de notre vie sont l'efet d'une action pdagogique de Dieu, qui veut notre salut et notre perfection. Mais, par crainte sans doute de l'anthopomorphisme, pour laisser la nature divine dans son unit absolue et dans une ternit transcendante tous les temps, ils se contentent de rassembler ce qu'ils voient de force, de lumire et de beaut dans l'homme et dans la nature, pour en faire un continuel et filial hommage la providence de Dieu, Pre, Fils et Esprit. II. -D. Simonin.
:

PKo\ DENCE.
I

s.
'

AUGUSTIN

962

III.

LA PROVIDENCE SELON SAINT AUGUS-

Bien que tous les Pres latins aient parl de la providence en commentant les textes de l'criture o question, nous nous contenterons d'tudier il on est eatte doctrine chez saint Augustin, qui l'a beaucoup plus approfondie que ses prdcesseurs et l'a consldu [>.is seulement du point de vue moral et pratique par manire d'exhortation, mais du point de vue atif. on toiuliaut k tous les grands problmes annexes. Les limites de Cet article ne nous permettront que de donner un aperu sommaire des

TIN.

1.

(col.

IV.

le saint Augustin sur ce grand sujet. Prliminaires, il. L'existence de la providence 962). 111. La notion de providence (col. 962). L'universalit ou l'extension de la providence

(col, 968). V.
1.

La

tin

du gouvernement divin
:

(col.

* *

* >

Lui

imi\ viki.s
i

comment

n\i\i

Augustin
i;

A-T-IL T vioi.NLi J

AMEN \ KPOSJ K SA PBNS1 si LA PROQuand on essaie de prciser la pense

d'Augustin sur la providence, on est frapp de voir combien sa manire d'aborder la question est conforme l'esprit du temps. Depuis t.ln ysippe de Tarse (ui' siIV. J. -('.>. le schma traditionnel de tout ouvrage 1" Preuves sur la providence comprenait trois traites de la providence; 2* Mode d'action; 3 Dfense contre tversaires. On s'en tint longtemps ce schma. on, dans son De nalura dcorum, exposait encore les preuves de la providence. Mais, peu peu, on tonne cet expos et, au sicle suivant, Snque ise de rompre avec la tradition en abandonnant la t*< et la II* partie. Plotin, qui traite ex professo de la providence, ne s'arrte pas a la prouver: deux chapitres seulement pour le mode d'action sur les vingtcinq chapitres des deux traites consacres la providence. A son tour. Augustin suit cette voie, et c'est surtout une dfense et une apologtique de la providence qu'il nous prsente. Les circonstances expliquent aisment cette attitude. D'une part, en effet, Augustin n'avait pas introduire dans le mouvement des ides une notion mue. Et, bien au courant de la vie et des besoins m temps, il savait que dans le monde antique la providence tait objet de croyance de la part du peuple et objet de spculation de la part des philosophes. Il savait au prix de quels efforts ces philosophes taient arrivs a ces parcelles de vrit et dj il avait fait remarquer, comme le fera Pascal, que ce que les hommes, par leurs grandes lumires, avaient pu con:

La ctlc de Dieii, dit Portali, explique l'action de Dieu dans le momie. Alt. AUOUSTIN, COl, 2291. On V retrouve eu effet les grands aspects du problme du mai qui ont proccup Augustin toute sa vie el d'o l'on tirait des objections contre la providence. Le mai physique d'abord, que les paens Imputaient aux chrtiens el a leur Dieu: les afflictions les chrtiens aussi, qui faisaient redire au\ paens le lin est Drus curnm'; de l'criture; puis c'tait le pch de l'ange qu'il fallait expliquer aux gnostlques, plus ou moins entachs de manichisme; la prescience divine des futurs, scandale des Juristes romains qui \ \ oyaient une Violation des droits de la libelle humaine; enfin le naturalisme des plagiens, qui dniait a Dieu toute action sur la Volont Cre, mme dans l'ordre du mrite et de la Justification. Tels taient les adversaires qu'Augustin rencontrait sur sa route, (.'est donc en les critiquant qu'il a t amen exposer sa doctrine de la providence, par manire de dfense et de rfutation, plutt que par manire d'exposition. On verra par les textes que nous allons citer que la providence, selon saint Augustin, prsuppose en Dieu la sagesse, la prescience, la volont de crer el d'ordonner toutes choses la fin de l'univers ou la manifestation de la bont divine. IL K.XISTENCE DR LA PROVIDENCE. Augustin n'ignore pas pour autant les preuves traditionnelles de la providence, celles-l mmes que Chrysippc demandait que l'on fit valoir, spcialement l'argument tir de l'ordre et de la beaut du monde, et que les no-platoniciens avaient

emprunt aux

stociens

aegant... vidrent tantum ordinem, quibus in menibris carnis cujuslibct aninianlis apparent non dico inedicis, qui hoc propter artis sua> necessitatem diligenter patefacta et dinumerata rimati sunt, sed cuivis mediocris cordis et conskleralionis boniini; nonne clamaient ne puiicto quidein temporis Dcuni... ai) ejus (i. e.universitatis mundi) cessare? (Juid er^o absurdius, quid insultius sentiri potest quain eam totani vactiam nutu et reginiine providenti cujus extrema et exigua videas tan la dispositione tormari, ut aliquando attentais cogitata Inefabilem incutiant admirationis horrorem? De Ocn. ad tilt.. Y, xxii, 43; cf. aussi De civ. Dei, XXII, xxiv.

Et certe qui hoc

Cet argument, qu'Augustin avait rencontr chez les no-platoniciens, il le complte par des considrations tires des merveilles dont l'univers a t le thtre la prdication de l'vangile
:

natre, cette religion

(chitienne) l'enseignait ses enfants . Pascal, Penses, Brunschwicg, n. -141. Quidquid philosophi inler falsa qu opinati sunt verum vidt poluerunl et laboriosii dispulationibus persuadere moliti sunl; qund mundum istuni jeceril Deus, eumque

PROVidbntissimus administre!... ista omnia, in populo commendata sunt. De civ. Dei, XVIII, xu. Augustin n'hsitait donc pas reconnatre tout ce que la philosophie et le paganisme contenaient
ipse
itta

pnecipueque platonici, rectius caeteris, sapuisse laudantur, sicut paulo ante coninienioravi, quod divinam providentiam hsec quoque rerum infirma atque terrena administrare docuerunt, numerosarum testimonio pulchritudinum, qu non solum In corporibus animallirm, venus in berbis etiam tnoque glgnuntur, quanto evidentius baec attestantur divinitati qu ad horam prdicationis ejus iiunt,ul>i ea rellgiocommendaturqu omnibus
Si enini philosophi,

ciritate,

clestibus, terrestribus, infrais sacrificari vetat, uni

Deo

tantum Jubens. De du.

Dei,

X, xvn.

de vrit:
-.

rapprocher de ses adverleur tendant ainsi, avec une condescendance toute faite de charit, la main qui les introduirait dans
il

n'hsitait pas se

Mais Augustin ne s'attarde pas davantage prouver une providence, laquelle tout le monde croit et dont
la

ngation serait absurdit et folie


).

(absurdius

el

insuit i us

cette vrit qu'ils n'avaient fait qu'entrevoir. ince a la providence tait donc gnrale;

pourquoi Augustin n'a pas prouv le besoin un trait pour prouver son existence. Il n'en a parl en effet qu'en fonction du problme du mal. Ce son poque comme il se pose toure
'

te

toujours, pour
.

bon nombre,

il

tait

Augustin, qui n'a pas formul une dfinition de la providence, la nomme cependant assez souvent (pas moins de trente-cinq fois dans La cit de Dieu) pour que, partir del, on puisse dgager les lments de la dfinition et la formuler en ces termes La providence est l'attribut divin par lequel la Trinit dirige l'action qu'elle exerce sur toute la cration ri qui a pour terme la
:

objet

asion de blasphme. La ipation d'Augustin a t de ji^tilier la


e.

constitution dfinitive de la cilde Dira. O l'on voll la notion de cette providence dit essentiellement

que une

0U L

oa

1'"

la

de Dieu, qui, par son le, reste la sourez principale doctrine auyustinienne sur ce point
cit
'

ion de

La

action gubernatrice de la Trinit, son extension, l'unilier, sa im. la -on vers tout ni ion de la cit de Dieu. III. La notion m. providence. 1 Le principe qui dirige l'action de Dieu sur l'univers. 1. Quand on

<

,i

DICT. Dr. THBOL. CATIIOL.

T.

XIII

31.

963
parcourt
les

PROVIDENCE.
textes o Augustin
qu'il

S.

AUGUSTIN, LA NOTION

'JU4

providence, l un attribut divin. Il est lies rare qu'il nomme la providence sans y joindre un dterminatil ou un qualificatif qui en montre le caractre divin; le plus souvent il dit providentiel divina ou providentia Dei, quelquefois aussi l>rovidenlia Creatoris ou providentissimus Deus. Et mme cet attribut esl une prrogative divine la providence est exclusivement divine. 2. Si l'on pntre plus avant, on voit qu'Augustin considre la providence comme s'exerant sur l'unila

nomme

on volt d'abord

entend dsigner par

dant, un examen plus attentif des textes conduit une autre conclusion. a) Il est ais de voir d'abord que les textes invoqus, bien qu'ils nomment la cration, n'excluent jamais de la providence l'action gubernatrice; au contraire, ils la supposent, mme s'ils ne la nomment pas. De civ.
Dei, XII, iv.

ment sont ensemble


nent
civ.
la

b) Certains de ces textes, o cration et gouverneattribus a la providence, don-

prpondrance l'lment gouvernement,

cf.

De

Parcourons ces textes C'est la providence, ou Dieu par sa providence, qui cre le monde et le gouverne. De civ. Dei, XII, vi; XVIII, xli; XV, xxvn; De diversis quoeslionibus
vers.
:

lxxxiii,

q. lui De Gen. ad litler., V, xxn, 43. La providence, s'tendant du plus petit des
;

tres

jusqu'au plus parfait, harmonise dans l'univers cette hirarchie de beauts qui en fait la splendeur. De civ. Dei, X, xiv, xvn XXII, xxiv. C'est elle qui dispose la marche des sicles, ordinare temperum cursum. De civ. Dei, X, xv. C'est encore elle qui constitue les empires, distribue les royaumes, lve ceux-ci au pouvoir et aux honneurs, et abaisse ceux-l dans la sujtion et la servitude. Ibid., V, i, xi, xix; XVIII, il. C'est la providence qui trace les lois des gnrations et des naissances. Epist., cxl, 31; De civ. Dei, XXII, xxiv; VII, xxix. Elle aussi de qui relvent les faits merveilleux aussi bien que le cours ordinaire de la nature. Ibid., X, xvi. La providence encore qui dote l'homme de tous les organes requis au ministerium anime rationalis, XXII, xxiv; qui pourvoit aux besoins de chacun sua cuique distribua. XIV, xxvn. C'est la providence qui a prpar cette regalis via liberand anime qu'est la religion du Christ, X, xxxu; elle qui a donn l'criture son incontestable supriorit sur les autres uvres de l'esprit humain, XI, i; elle qui distribue indistinctement les biens et les maux temporels aux justes comme aux impies, I, vin; elle qui, par la marche des vnements qu'elle dirige, corrige le vice et prouve la vertu. I, i; II, vu. C'est la providence encore qui ordonne dans le prsent les vnements favorables et permet les adversits, XVII, xxin qui dispose les joies et les afflictions du juste, qui punit immdiatement certaines fautes et retarde la sanction de certaines autres, elle qui rserve pour le dernier jour la sanction dfinitive. I, vin. C'est elle aussi qui exerce et purifie les justes, qui distribue sa grce selon son bon plaisir et non selon nos mrites. Epist., cxciv; De civ. Dei, II, xxix. C'est la providence qui brise notre orgueil et purifie notre foi par l'incomprhensible excution de ses insondables desseins. Ibid., XI, xxn; XII, iv; Cont. Acad., I, xn. C'est elle qui tire le bien du mal, mme du pch, De Gen. contra manich., II, xxvm, 42; elle qui rtablit l'ordre de la justice, maintenant en partie, au dernier jour dans sa totalit. De civ. Dei, II, vu; I, vm; De divers, qusi., q. nu, 2 elle enfin qui remplit les dsirs de la crature raisonnable et la met en possession de sa fin en la conduisant ad perfectionem sapientiee. De civ. Dei, X, xxix. 2 Action gubernalrice. Cette action divine sur
;
:

Dei, I, xxvm, o il s'agit nettement du gouvernement divin (pourquoi la providence a permis les violences exerces sur les chrtiens; et nullement de la cration, qui est seulement nomme. c) Ailleurs, ces deux prrogatives de la providence semblent n'avoir t rapproches que pour tre mieux distingues, et l'on y voit que pour Augustin la providence est proprement gubernatrice. Quod verus Deus mundum condideril, et de providentia cjus, qua, universum quod condidil, rgit, ibid., I, xxxvi, o l'on voit que cration et gouvernement sont distincts, la cration attribue au verus Deus, et le gouvernement (regere) sa providence. Oue si maintenant on considre les textes o Augustin nomme la providence, on y verra clairement qu'il entend toujours faire de l'ide de gouvernement une note essentielle de la providence il spare en effet cration et gouvernement; on l'a dj vu au dernier texte cit. Il y insiste C'est Dieu qui a cr le monde, mais c'est en tant que providence qu'il l'administre...
: :

Quod mundum istum fecerit Deus, eumque ipse providentissimus adminislrel. Ibid., XVIII, xli. d) Enfin, certains autres textes, replacs dans le contexte historique, montrent qu'Augustin ne fait nullement de la cration un lment caractristique de la providence. Dans De civ. Dei, IX, xm; X, xvn, Augustin rapporte et fait sienne la notion de providence professe par les no-platoniciens. Or, cette notion est caractrise par l'ide de direction, de gouvernement (regilur mundus, administrai), et cela l'exclusion de la cration : on sait en effet que ces philosophes rejetaient la cration, au moins la cration in tempore. Cf. Plotin, Ennades, III, n, 1. Mais Augustin, lui, tenait de la foi la cration, et la cration in tempore; si donc il avait inclu la cration dans la notion de providence, il n'aurait pu fliciter les noplatoniciens d'une notion d'o la cration tait prcisment exclue. a) Il est facile 2. Elle est proprement gubernalrice. de le dduire des textes o Augustin nomme la providence. Puisque, en effet, le propre de l'action gubernatrice est de conduire vers une fin l'tre sur lequel elle s'exerce, on en conclura que l'action exerce par la providence sur l'univers est une action gubernatrice elle aussi, puisque nous la voyons toujours s'exercer en vue d'une

fin

Si

(mdiate ou immdiate, particulire ou universelle). en effet la providence permet les maux dont

souffre l'empire et que l'on impute aux chrtiens, c'est qu'elle veut corriger les murs dpraves, prouver le juste, puis rcompenser la vertu ainsi purifie et prouve. De civ. Dei, I, i. Si elle ne fait aucune distinction

l'univers est une action directrice et gubernalrice. 1. Elle se dislingue de l'action cratrice. On a peuttre remarqu que la cration est nomme elle aussi parmi les attributions de la providence Augustin parle en effet, en plusieurs endroits, de la providentia,

per quam (Deus) omnia creavit et rgit, De musica, VI, xvn, 56; cf. aussi De civ. Dei, I, xxvm; XII, iv; en sorte que l'on pourrait croire que le terme de providence dsigne l'ensemble de l'action divine sur l'univers, sans distinguer entre cration et direction. Cepen-

entre le juste et l'impie dans la distribution des biens temporels, c'est pour en dtacher le juste, en lui montrant qu'ils ne sont pas une preuve de justice puisque l'impie y a sa part lui aussi. Ibid., I, vin. Si elle agre les devoirs de pit que l'on rend aux cadavres des dfunts, c'est que par l elle entend affermir dans les mes la croyance en la rsurrection de la chair propler fidem resurreclionis aslruendam. Ibid.,
:

I,

xm.

La diaspora elle-mme a t voulue de la providence, afin de faire resplendir dans l'univers la vrit

l'UuVl
I

DENC1

LA
.

NOTION

966

critures, spcialement des prophties. Ibni.. \\. providence que se constituent les
ibid., \
.

de justice, car il est Juste que les eforts terrestres reoivent une rcomneque hune eis terrenam gloriam si '</. non redderetur mcrccs fXxrri. rum, id est virtutibus quibus ad tantani
empires,
i,

et cela

dans une

fin

gloriam pervtnire nilebantur.


justice de

Dieu

queranlur providence permet que des empereurs Indignes Montent sur le trne, c'est encore en vue d'une Dn de les mauvais princes sont une punition aux justice uvals peuples. Ainsi se ralise la parole de l'cri ture Qui regnare [acit hominem hypoeritam prepler
i
: :

resplendit la non est quod de summi et veri Dei conrunl mercedem suant. Ibid..\, \\

Et

ainsi

propterca sunt ista (judlcia) tnjusta, qUia occulta. Epist., c\ri\ tu. El Augustin aime a rpter les paro les de L'Aptre Inserutabilia sunt judieia e/tu </ investi ga biles vite ejtis. D'ailleurs, cette Impuissance dans laquelle nous laisse la providence eu face de ses desseins a elle aussi une /in briser notre orgueil, nous ramener a l'humilit et taire monter a nos lvres l'acte de foi humble et confiante en la prov Idence. Cf. De civ. Dei, il. vu; XI,
: :

I.

perversitalem popult. Ibid.. Y. \i\.

La providence

accord aux dmons certains avan-

XII, i\. L'action de la providence sur l'univers n'est donc pas aveugle; elle a une fin en vue. et c'est pour cela (pion peut la dfinir une action gubernal ace. b) Augustin, d'ailleurs, le dclare en propres tennis. Le rle de la prov idence est en ellet de rgir, diriger, administrer, gouverner l'univers l'roridentia ejus (Dei i. ijua mundum quod condidii rgit. De civ. Dei,
:

wii

-.potiora corporum
afin <le

munera

agilit, rapidit, etc.

xxxvi.

Providentiel

siunini

Dci...,

non

fortuila

mpriser cette partie de notre tre par o les dmons nous sont suprieurs et nous lier la perfection morale, bouillis vitte, par o leur sommes suprieurs. Ibid.. VIII, xv. SI la providence dploie sur le Sinal des signes miraculeux et terribles de s.' puissance, c'est afin d'apprendre au peuple que la crature est au service du Crateur, Creatori strvire creaturam. Ibid.. X, xm. Le sicles, lui aussi, est rgl par la providence, st pour amener point nomm la promulgation L, X, xv. Puis nous voyons la providence tablissant les lois de la nature et dterminant les causes pin siques videmment en vue de la production des effets anses, selon le jeu des lois tablies. Ibid., mai

nous

faire

tenicrilatc. EU (,ni R inundiis. Ibid.,

IX,

xm.

...ltmque

(Deus) administre!*, usque ad passerum administratiomcm. sicut Dominas Evangelio dicit, providentia
ipse providentissimus
xi. i;
ibiil.,

(mundum)

XVIII,

pertendente alque veniente. De divers, quasi., q. un, 'j. Quid ergo absurdius... quant eam funiversilatem rerumj vaeuam nutu et rbgiminb providentiel? Et ce texte ne
fait que reprendre l'ide dveloppe dans le contexte, o l'action de Dieu est nomme en propres ternies gubernalio. De Cen. ad liti., Y, xxn, 43; cf. De lib. arb., 111, xvii, 45. A propos de l'arche de No, Augustin va mme jusqu' faire jouer la providence le rle de
:

pilote magis divina / rovidenlia quant liun.ana prudeniia nalantem e.\ berkbt ne inclint ubicuntque naufragiurn. De civ. Dei, XV, xxvn. Et il faut noter que
:

providence et la grce interviennent dans l'activit des tres dous d'intelligence, et c'est pour les lever l'ordre surnaturel et les conduire ad perfectionem tapientiee. Ibid., X, xxix. La. providence trace aussi l'humanit cette via regalis qu'est la religion chrtienne, dans le dessein de conduire l'me a sa libration, via libcrandiv anime. Ibid.. X. xxxii. Et, si la providence a dot la sainte criture de la supriorit et de l'excellence qui sont les est afin que les saints Livres jouissent d'une
la

\. XVI. Parfois,

dans la pense d'Augustin ce rle de pilote ne reste pas limit a l'arche de Xo cette arche, en effet, il la dsigne quelques lignes plus loin comme la figure de
:

de Dieu. C'est donc envers l'glise providence joue ce rle de pilote, et, comme l'univers doit contribuer de diverses manires la constitution de la cit de Dieu, cette action guberl'glise,
la cit la

de

tout entire que

natrice s'tendra l'univers tout entier. Enfin, dans une formule plus prcise et qui ressemble presque a une dfinition, Augustin rsume sa pense sur le rle et la nature de la providence quand il dit
c'est sous l'action et l'influence de la providence divine que les cratures tendent vers cette fin que comporte la notion du gouvernement de l'univers, in eunt divina providentia Icndenles exilum quem ratio gubernand universitalis incluait. De civ. Dei, XII, iv. La providence est donc bien l'action gubernatrice que Dieu exerce sur l'univers. 3. L'action gubernatrice de. la providence relve de l'activit ad extra de la Trinit. a) Elle relve de la Trinit. L'activit de Dieu relative aux cratures, leur production dans l'tre et leur organisation harmonie use. est l'uvre commune des trois personnes: Ab hoc summa et sequaliter et immulabiliter bona Trinilate creala sunt omnia, et nec summe nec qualiter, nec immulabiliter bona, sed tamen bona, etiam singula; simut vero universel, valde bona, quia ex omnibus consista universitalis admirabilis pulchriludo. Enchir., 10. Ce texte, qui proprement parler n'attribue strictement la Trinit que la cration et l'organisation de l'univers, convient cependant la providence. C'est qu'Augustin continue runir les concepts de cration et de providence. La preuve en est que cette admirabilis pulchriludo universitalis, qu'il attribue ici la Trinit cratrice, nous l'avons vue tout l'heure lui servir d'argument pour prouver la providence la suite des platoniciens c'est donc que cration et providence relvent du mme principe. Et la Trinit, qui n'est dsigne ici que comme principe crateur, est aussi principe provident.

incontestable sur toutes les intelligences. XI. i. Si elle a permis la chute de l'ange et le pch de l'homme, c'est qu'elle voulait en tirer le bien de illo bene fecil. De lien, contra manich., 1. xxvin, 42.
autorit
Ibid.,
:

que

vnements favorables, c'est pour si elle permet les adversicer la justice. De cir. Dei. XVII, XXIII. en a tabli certains dans la domination et d'autres dans la sujetii n. c'est en vue du bien qui doit en rsulter la soumission un vainfet prfrable aux rigueurs et aux vener les courages abattus;
:

la

Kucrre. Ibid..

X\

1.

n.

isme merveilleusement prcis qui lu corps humain, la providence l'a prvu en ministerium anim rationalis qu'il doit remplir. Ibid.. XXII, xxiv. oit, saint Augustin semble avoir eu a l'action de la providence en cceur de incttn relation avec une fin. Il est vrai que parfois cette fin lui t Lorsque, pur exemple, la providence aux dnions la facult d'exercer sur l'humanit ii souvent nfaste, elle ne nous en livre pas toujours la profonde et sre raison. Ibid., VIII, II. xxiii, xxix. Mais, s'il n'arrive pas a sonder le rir la fin que poursuit la providence. Augustin n'en affirme pas moins la ralit, la pour inconnus que soient les dess ne sont jamais injustes euitiuno judicio, ibid., III, i; neque enim
;

9G7

PROVIDENCE.
:

S.

AUGUSTIN, L'EXTENSION
est

9G8

^D'ailleurs, dans De civ. Dei, V, XI, c'est aux trois personnes Drus siiiimu s et vertu, ciun Ver bu et Spiritu sancto, qu Iria iinum sunl, qu'Augustin attribue nettement toute l'activit divine relative l'univers
:

crai ion et

gouvernement.

b) Elle relve d'une activit diffrente de la vie intime de Dieu. Celte activit cratrice et gubernalrice que Dieu exerce sur l'univers est distincte de la vie intime de Dieu ou des processions divines ea (la nature humaine) quam creavil ex nihilo, non quam genuil Creator de semetipso, sicul genuil Verbum, per quam facta sunl omnia. Ibid., XIV, xi. C'est la distinction que l'on noncera plus tard par les termes oprations ad intra et oprations ad extra. Et voil qui met un abme entre la providence d'Augustin et celle de Plotin. 3 Position d'Augustin par rapport ses prdcesseurs et ses successeurs. 1. Par rapport aux anciens. Si l'on excepte son attribution la Trinit, cette notion de providence, envisage comme principe directeur de l'action qui rgit l'univers, restait donc, dans l'ensemble, assez voisine de la notion communment admise par les contemporains d'Augustin. Celuici en effet ne prtendait pas innover et il ne craignait pas d'utiliser dans la mesure du possible tout ce que lui apportait le mouvement des ides de son temps. Et il est intressant de noter des similitudes d'expressions et mme d'images entre Augustin et ceux qui l'ont prcd. C'est ainsi que la providence remplissant l'office de pilote fait penser Plutarque, platonicien Il est une opinion, dit-il, qui remonte la lui aussi plus haute antiquit elle nous enseigne que l'univers ns flotte pas au hasard, sans tre gouvern par une

puissante intelligence...
t. i, col.

De

Is. et Osir., 45, d.

Didot,

451. Sans doule on ne peut songer conclure, de cette similitude, une influence de Plutarque sur Augustin. Cette image du pilote est assez naturelle et assez commune pour que quiconque rflchissant sur l'ordre et la marche de l'univers puisse la trouver de soi. D'autant que, dans les deux cas, cette image parat tre commande par des contextes diffrents pour Augustin, c'est l'arche de No qui requiert le pilote; pour Plutarque, c'est la cosmogonie des anciens se reprsentant la terre, l'univers, comme un disque flottant sur Ocanos. Cf. Aristote, Metaph., I, in, 983b-984a.
:

beaucoup plus confuse, et se rapprocherait, si l'on veut, de la providence au sens large dont saint Thomas dit ad providenlia curam duo pertinent : sciticet ralio ordinis qu dicilur providenlia, et disposilio et execulio ordinis qu dicilur gubernalio. Et le pilote de saint Augustin remplit en ellet ces deux fonctions. Mais c'est le gouvernement, la ralisation du plan qui retient surtout l'attention de notre docteur. Il ne serait donc pas lgitime de conclure qu'Augustin a ignor les lments distingus par saint Thomas. H est vrai qu'il insiste sur l'aspect ralisation et gouvernement, mais cette ratio ordinandorum in finem, qui constitue la providence au sens strict de Thomas d'Aquin, fait penser qu'Augustin a dj parl lui aussi de la ralio gubernand universilalis qui inclut la fin vers laquelle tendent tous les tres sous l'action de la providence. Cf. De civ. Dei, XII, v. Pour saint Thomas encore, la providence est ternelle, comme Dieu luimme, tandis que le gouvernement ou ralisation du plan providentiel se droule dans le temps. Cf. loc. cit. Augustin avait dit In ipsius (Dei) .eternitate alque in ipso ejus Verbo, eidem lerno, jam prdeslinatione fixum erat, quod suo lempore fulurum erat. De civ. Dei. XII, xvi; cf. XI, xxi XII, xiv et xvn. Avec le consilium sempilernum et cette una, eademque sempiterna et immulabilis voluntas de Dieu, Augustin n'a donc pas ignor le plan divin, la ralio ordinis, mais il ne l'a pas spar de sa ralisation la distinction ne prsentait pour lui aucun intrt immdiat, et rien ne l'obligeait prciser davantage, tandis que saint Thomas a pouss plus loin l'analyse de cet ensemble complexe qu'Augustin avait pris en bloc. IV. L'universalit ou l'extension de la provi1 Sa place de premier rang dans les proccudence. pations d'Augustin. La notion augustinienne de pro: :

vidence est donc relativement peu originale. La vritable originalit du grand docteur est dans sa dfense de l'universalit de la providence. Sans doute il a bien connu les autres proprits de la providence, spcialement son infaillibilit et son unit; mais elles apparaissent chez lui comme subordonnes l'universalit, et Augustin ne semble en avoir parl que dans la mesure o elles intressaient cette universalit. En effet, pas d'universalit sans infaillibilit et sans
unit.

Cette importance qu'Augustin accorde l'universalit

similitudes sont encore plus frappantes, et la prpondrance que ce philosophe accorde, dans sa notion de providence, l'ide d'ordonnance, de gouvernemsnt, d'administration, a peut-tre attir l'attention d'Augustin; cf., par exemple, Ennades, III, n, 7, fin; 8; 15, 17; III, in, 2. Plotin lui-mme avait t influenc par les stociens. Quoi qu'il en soit des influences que pourraient dnoter ces similitudes, il est intressant de remarquer combien Augustin s'en
Plotin,
les

Avec

de

la

providence

lui tait

comme impose

par

le

est tenu la notion de providence communment admise, sans se croire oblig de mettre l'accent sur les

dence de

diffrences pourtant profondes qui sparent sa provicelles des paens. C'est que les deux premiers

thmes du schma de Chrysippe n'avaient plus la mme vogue l'poque d'Augustin. 2. Par rapport la thologie postrieure. S'il en est ainsi, il ne faudra pas demander Augustin une notion de la providence finement labore, et dans laquslle on trouverait nettement spares toutes les distinctions que la spculation introduira par la suite. On sait la dfinition prcise que saint Thomas donnera de la providence Rilio ordinaniorun in finem, proprie providenlia est. I, q. xxn, a. 1. Nous sommes necesse est ici dans un ordre purement intentionnel quod ralio ordinis rerum in finem in mente divina prexistat. Et la providence ainsi dfinie se distingue du gouvernement divin. La notion augustinienne, elle,

milieu et les circonstances historiques. On sait que ce sont les difficults souleves par le problme du mal qui ont amen l'vque d'Hippone s'expliquer sur la providence. Or, ces objections allaient toutes, en fait, limiter et restreindre l'action de la providence. Pour les paens ou bien ils nient le Dieu des chrtiens et sa providence, et alors le gouvernement de l'univers se partage entre cette multitude de dieux qu'Augustin se plat mettre en opposition les uns avec les autres: et, dans ce cas, l'universalit de cette providence est ruine par cette division et cette opposition; ou bien, s'ils consentent prendre en considration le Dieu de ceux qu'ils perscutent, c'est pour montrer la faiblesse de son bras et les limites de sa providence, puisqu'elle ne peut protger ses propres fidles des mains qui, en bonne justice, ne devraient frapper que leurs ennemis. Pour les manichens Dieu, le D'eu bon, n'a pu s'opposer l'action du principe mauvais l'universalit de sa providence n'est donc qu'un mot. Mais il y a plus pour emprisonner celui qu'il ne peut supprimer, le Dieu bon s'est vu contraint de crer la matire et le monde sensible qu'il abandonne l'action, l'empire, la providence du principe mauvais. Ici, ni unit ni universalit. Pour les juristes romains, cette providence, si elle est uns, ne s'tend pas jusqu' la prescience des futurs libres. De cii>. Dei,
: : :
:

PROVIDENCE,
V, ix-x. Enlln,
libert
la
-

s.

AUGUSTIN, L'EXTENSION
:

970

l'arrtent au seuil de la les humaine. Partout, une limite .1 l'action dix Ine provldenec n'est p.i-s universelle. - lurs. on comprend que le docteur d'HIppone ait

tant insist sur cette proprit ainsi attaque; lui qui, tout brillant du maison de Dieu, n'avait Dieu que pour entrepris la composition de ! arrter les blasphmes < corriger les erreurs . Retract.
!

11.

\LII1.
lors,

on comprend ans-:

Plotin surtout, *i "i nomme en plusieurs endroits et qu'il cite quelquefois, et huit le mrite, ses yeux, est prcisment d'avoir vu nettement que l'action de la providence s'tend tout De providenlia l'univers et que rien ne lui chappe eerle Plotinus plalonicus disputt, eatnque a summo Deo,
ilatoniciens, a
l I :

qu'il

prodigue

est intelligibilis atque inefjabilis pulchritudo, usque ad lutc terrena et ima perlingere, floscularum atqut foliorum pulchriludine comprobat : quse omnia quasi objecta et pelocissime pereunlia decentissimos formarum suarum numros habere non possunt confirmt, nisi iiute formentur ubi forma intelligibilis et inconimutabilis simul habens omnia persvrai. De civ. Dei, X. xiv. Principe qui fonde l'universalit de la providence, Dieu est l'tre suprme. C'est en effet partir de l que se droule toute la thologie augustinienne de la providence pare que c'est <le la que part l'universelle dite de Dieu causalit dans l'ordre de l'tre,

eujus

oablement le problme du mal. Il le dit expressment propos des anges dchus, en pariant de ceux qui pr tendent que la nature de ces anges ne peut tre cre de Dieu, en/us erroris impietate tanto quisque carebit expeditius et facilius, quanta perspicacius intelligere potuerit quod pet angelum dixit Deus quando Moysen mittebat ad filios Isral : Ego sum qui sum. De civ. Dei, XII, 11. Et c'esl a cette transcendance de l'l re de Dieu qu'Augustin rattache l'universelle causalit de Dieu, et doncl'unh ersalit de son action providentielle. '2. Causalit ilar\s l'ordre de l'tre. Tout ce qui a l'tre, tout l'tre cr, particip, devenu el changeant doit son existence et sa nat lire a l'tre incr, suprme, ternel et Immuable. Augustin se plat affirme! el rpter cette dpendance de la crature dans l'ordre de l'tre. Puis qui summe est atque ob hoc, ab illo facta est omnis essenlia quse ruai summe est : qu a nique Mi mqualis esse deberet, quse de nihilo farta esset, neque ullo modo esse posset si ab Mo facta non esset... De civ, Dei, XII, \. El encore Cum enim Dais summa essenlia sit, hoc est summe sit. et ideo immulabilis sit, rbus, quas ex nihilo criant, esse ddit. Cette relation, qui met l'tre devenu sous la dpendance de l'tre Immobile, Augustin flicite encore les ils ont bien \u en platoniciens de l'avoir comprise effet que cet tre devenu ne peut tre que dpendanl Won posse esse, nisi ab illo qui nie est, quia incommulabilis est; ...nisi ab illo qui simpliciter est. Propter liane incommutabilitatem et simplicitalem inlellexeruni eum
: :
:

dans l'ordre du bien, causalit clans l'ordre de l'opration; voil o s'enracine l'universalit de la
dite

el

omnia
vi.

isla fecisse et

ipsum a nullo

ficri posse. Ibid.,

providence. 1. Dieu, tre suprme.


eflct le l'tre

Augustin
il

de Dieu
l'tre
,

comme

ne parle pas en de celui de la crature.


si

Les platoniciens avaient soutenu cette dpendance de l'tre devenu; ils y avaient mime insist; Augustin y insiste beaucoup plus encore. Tous les tres n'ont pas le mme degr d'tre c'est
VIII,
:

Analogie de
istin n'a
la

dira-t-on plus tard; mais,

pas

le

mot,

semble

difficile

de

lui

en

dnier
eio.

notion.
est ce

Le Dieu d'Augustin
Dei, XII, v; qui

summa

Dieu qui summe essenlia est, XII,

est,

De
qui

11;

vert est, quia incommulabililcr est; qui

vere esl quia inconimutabilis esl, VIII, xi: qui simpliciter est, VIII, vi. ld quod summe ac primitus esse... id quod esse veris-

d'exprience. Or, cette gradation, cette diversit dans l'infusion de l'tre vient encore de celui qui est l'tre suprme Rbus, quas ex nihilo creavit, esse ddit, sed non surnme esse, sicul ipse esl; el aliis ddit esse amplius, aliis minus, alque ila naturas essenliarum gradibus ordinavit. Ibid., XII, 11. C'est le Crateur qui, selon sa volont, dote les ciatures du degr d'tre et de perfection qu'il leur destine ... islw erealur eum
fait
; :

un

sime dicitur, cette nature manens in se atque incommutabititer se habens, cela nihil aliud queun Deum possumu% dicere. De nwr. manich., 1.
l'oppos, la crature, quse non siunme est, sicut ipse (Deus) est, ex nihilo creata. De civ. Dei, XII, 11.

modum
les

XII, v. Mais ce n'est pas seulement la nature, l'tre essentiel que les cratures reoivent de l'tre suprme toutes
(.reatoris accipiunl. Ibid.,
:

nulu

D'o
illo,

le caractre des cratures mulabilia quod non de sed de nihilo facto sunl. Ibid. Dieu et la crature ne sont donc pas de la mme
:

modalits accidentelles surajoutes, ds l qu'elles ont l'tre, en quelque manire que ce soit, viennent elles aussi de l'tre suprme, en sorte que tout ce qui est dit tre dans la crature relve de l'tre suprme Ipsas omnino naturas qu sic vel sic in suo gnre aff'.:

et Dieu seul, proprement parler, est l'tre. Ego sum qui sum et dices filiis Isral : Qui est misil me ad vos'.tamquam in ejus comparatione qui vere est quia inconimutabilis est, ea quir mulabilia fada sunt, De eu: Dei. VIII, xi. Dieu seul est l'tre immuable et simple. En 15-4 10, prs de trente ans

manire,

aprs sa conversion et dgag de l'influence platonicienne, prpondrante au moment de cette conversion, ;ue fait encore l'loge des platoniciens parce qu'ils ont bien compris cette infinie simplicit de Dieu qui le met au-lessiis de tout ce qui est compos et changeant. En Dieu, en effet, nec aliud esl esse, aliud vivere : quasi possit esse non viuens; nec aliud vivere, aliud intelligere : quasi possit vivere non inlelligens; nec aliud Mi r</ inlelligere, aliud beatum esse : quasi possit intelligere et beatum non esse. De civ. Dei, VIII, vi. Et cette notion de l'tre de Dieu, sur laquelle Augustin revient avec insistance, n'est pas le simple effet d'une admiration non dissimule l'endroit des platosubtilit mtaphysique; ce n'est pas un hon-d 'oeuvre dans sa doctrine, mais une pice maltresse. Il pense en effet que, si l'on ne conoit pas ainsi l'tre de Dieu.il est impossible de rsoudre couve1

facit nisi summus Deus : eujus occulta cuncta pntrons inconlcminabili preesentia facit esse quidquid aliquo modo est, in quantun cumque est; quia, nisi faciente illo, non laie vel taie esset, sed prorsus esse non posset. Ibid., XII, xxv. Et Augustin s'est dj expliqu sur ce quidquid aliquo modo est, in quantun. cuir.que esl. Dans un texte, o il insiste sur l'universalit de l'action divine, il avait dit en effet A quo (Deo) est omnis n.odus, omnis specii.s, omnis ordo : a quo est mensura numerus el / ondus; a quo esl quidquid naturaliler est, cujuscun que generis esl, cujuslibel wslin.alionis est. De civ. Dei, Y, xi. Cf. aussi De natura boni, 13. On ne pouvait affirmer plus explicitement, dans la langue du \ c sicle, que tout l'tre cr, substantiel et accidentel, relve de l'universelle

cianlur, potentia

non

causalit de l'tre suprme. Causalit dons l'ordre du bien.


'.',.

du

bien, parce que

il

est le

a) Dieu, cause souverain Bien. Dieu, qui

Bien commun , est aussi le Bien immuable il est le souverain liien, comme il est l'tre suprme. El c'est l la raison de sa causalit dans l'ordre du ien Dicimus ilaque ineen n ulabile benum nen esse nisi verum beatum Deum; ca vero qu fceit, bena quidem
est le
:

'71
esse,

l>H<>YI
quod
ui>

DENCE.
:

S.

G US1

N,

I.XTI.

NSION

972

summa non

Puis il ajoute Quamquom ergo qulbus est Dais mujus bonum; magna saut lumen ru inulubiliu bona. De civ. Del, XII. i. lit, Mois ou quatre ans plus tard, il dira encore Xatur ii/ilur omnes, quoniam nalururum prorsus omnium Conditor summc bonus est, bona nu.nl; sed quia non slcul earum Conditor summe atque incommulabilller borne sunt, Idco in eis et minai bonum et augeri polest.
Mo...
tint,
:

mundum

Enchir., 12. Il y a donc paralllisme entre l'ordre de l'tre et l'ordre du bien. De mme, en elet, qu'il y a un tre suprme, il y a aussi un Bien suprme. De mme aussi qu'il y a un tre devenu, il y a aussi un bien communiqu. De mme encore qu'il y a des degrs dans l'ordre de l'tre, il y en a aussi dans l'ordre du bien. De mme enfin que l'tre suprme est la cause de l'tre devenu, de mme le Bien suprme est la cause du bien particip. b) Dieu cause du bien, parce qu'il cause l'tre. C'est qu'en efet il y a corrlation entre l'tre et le bien. Et, en dernire analyse, c'est parce que Dieu est l'tre suprme qu'il est aussi le Bien suprme et la cause du bien. Si en efet tre et bien concident, l'tre suprme sera aussi le Bien suprme, et il causera le bien dans la mesure mme de Vlre qu'il crera. Voil pourquoi Augustin insiste tant sur cette identit tre Bien (qui vrai dire lui a t suggre par les no-platoniciens et qui fut, on le sait, le point de dpart au moins loign de sa conversion). Cf. Confess., VII, xi, 16-19. Et, comme notre docteur aime les oppositions, il va chercher la preuve de son quation dans les cratures corruptibles et vicieuses. Le vice s'oppose la nature, qu'il corrompt; c'est donc, conclut Augustin, que cette nature, cet tre est un bien,

gubri nuntem. De civ. Dei, IV, xxxi. Tous peuvent relever dans l'univers assez de traces de cette influence du Crateur sur les cratures (par ex., Drus... qui ei |le soleil vim congruam et motu/n ddit, ibid.. Vil, xxix; a quo sunt... motus seminum et /ormarum, V, xi, pour conclure Temporalia movens temporaliler non movetur, X, xn). Il y a plus Augustin a dj, et souvent, affirm l'universelle causalit de Dieu. Quod diclum est 'Semel locutus est , intelligilur : immobililer, hoc est incommulabililer locutus est; sicut novit incommulabiliter omnia
|

fuliiru sunt et quse ipse [aclurus est. Ibid., V, ix. Or, parmi ce lout qu'il doit faire, se trouve aussi l'activit des cratures qui les constitue causes leur causalit, la causalit des cratures, tombe ainsi sous l'influence de la causalit divine, et Augustin distingue en effet la Cause divine qux facil nec fit, et les autres causes, les causes cres qux faciunt et fiunt. Ibid. Il s'arrte mme montrer que les causes cres, en tant que causes et dans leur activit de causes, relvent de la Cause suprme. Ibid., V, ix. Beprenant une division des causes efficientes propose par Cicron, qu'il veut rfuter, Augustin consent lui aussi diviser ces causes en fortuites, naturelles et volontaires; non que la division le satisfasse pleinement mais il en retient ce principe affirm par Cicron de la ncessit d'une cause efficiente, principe qui lui suffira rfuter son adversaire : Illud quod idem Cicero concedit : nihil fieri si causa e/ficiens non prxcedat,
: ;

qux

puisque

le

contraire. inimici, est

mal ne s'oppose qu'au bien et qu'il est son Vitium quo rsistant Deo qui ejus appellanlur

ipsis... neque. hocob aliud nisi quia cornalurx bonum..., nam (vilia) quidin eis nocendo faciunt, nisi adimunl inlegritatem, pulchritudinem,

malum

rumpil in

eis

salutem, virlutem, et quidquid boni nalurse per vitium detrahi sive minui consuevil. Quia quod malum est conIrariatur bono,... porro bonum est et nalura quam vitial. El nalurse quse vitiantur..., in quantum nalurx sunt bonx sunt. De civ. Dei, XII, m. (Noter que, pour Augustin, essenlia, nalura, substanlia, sont des termes peu prs synonymes qu'il emploie indistinctement.) tre et bien concident donc. Or, c'est Dieu qui donne l'tre et qui cre les natures; c'est donc lui qui cause tout ce qu'il y a de bien dans les tres et dans les natures, dans la mesure mme de cet tre et la perfection de ces natures. 4. Causalit de Dieu dans l'ordre de l'opration (influence sur l'activit des causes secondes). Augustin insistera beaucoup sur ce point, qui est vrai dire le pivot de sa position contre les plagiens. Dj au dbut de sa lutte contre les plagiens, en 412 (cf. Epist., cxl), Augustin avait pressenti ce principe, ne le considrant toutefois que dans son application au problme de la justification. Mais les relations que l'hrsie soutenait avec le naturalisme des juristes romains l'obligrent largir son cadre; et en 415-416, crivant le 1. V de La cit de Dieu, il exposait, cette fois avec plus d'ampleur, sa doctrine de l'influence divine sur l'activit des cratures. Il se plaait maintenant un point de vue gnral, embrassant l'ordre naturel et l'ordre surnaturel, et exposait vrai dire l'acticn universelle de Dieu, cause incre, sur les causes cres. Ds lors apparat l'importance de ce point de vue

ad eum in hac quslione redarguendum. a) En effet, Augustin commence par ramener aux causes volontaires les trois genres de causes efficientes distingues par Cicron. Les causes fortuites d'abord ...causas qux dicunlur forluilx, undeeliam forluna nomen accepit, non esse dicimus nullas sed latentes; easque tribuimus vel Dei veri, vel quorumlibet spirituum volontali. Quant aux causes naturelles , c'est dj l'affirmation de leur dpendance l'gard de la Cause suprme ipsasque nalurales nequaquam ab illius voluntate sejungimus qui est auctor omnis conditorque natur. En sorte que, pour Augustin, il n'est pas d'efficience qui ne dpende des causes volontaires, parmi lesquelles on peut ranger mme les animaux, si lamen appellandx sunt voluntales animalium ralionis expertium motus Mi, quibus aliqua faciunt secundum naturam suam, eum quid vel appelant vel evilanl. b) Mais, en dfinitive, Augustin ne retient comme vritables causes efficientes que les causes intelligentes Dieu, cause incre, puis les anges et les hommes, causes cres et qui participent, en tant que telles, a cette nature qui est Esprit de vie, non esse causas
satis est
:
:
:

efficientes

nalurx

scilicet

omnium qux ftunl, nisi volunlarias: illius qux Spiritus vitx est. Sans doute elles

participent cette nature spirituelle, mais selon leur condition de crature et non selon le mode propre l'Esprit incr. On dit bien, en effet, que l'air matriel est esprit (spiritus) lui aussi; on le dit, mais il ne l'est pas puisque, au contraire, il est matriel dicitur spiritus, sed quoniam corpus est, non est spiritus vitx. De mme pour les esprits crs; bien que vraiment esprits. eux, il ne leur appartient pourtant pas en propre d'tre cet Esprit de vie, cause d'tre et de mouvement. C'est qu'en efet leur nature d'esprits crs les distingue de
:

l'Esprit incr, qui il appartient premirement (le mouvoir et de vivifier corps et esprits Spiritus ergo vitx qui vivificat omnia crealorque est omnis corporis et
:

pour l'universalit de

providence telle que la conoit Augustin, action gubernatrice de Dieu. Dieu d'abord donne au monde le mouvement : il est la cause du mouvement de l'univers. Aussi, Augustin rend hommage aux stociens de l'avoir compris
la
:

ipse est Deus. Spiritus uliqiie : voil donc encore le discriminant. Et Augustin de conclure: In ejus voluncreuti
\

omnis

spiritus,

non
tate
Il

cru:

us. ...Son
poteslas

crealus

summa

est.

Ibid..

V, ix.

y a donc dans l'ordre de

la causalit la

mme

dis-

crediderunt

eum (Deum)

esse

animam molu

ac ralione

tance entre l'Esprit incr et les esprits crs que. dans l'ordre de l'tre, entre l'tre suprme et l'tre cr, et,

MH>\
.Lui-

IIH NCE.
1

S.
et le

AUGUSTIN,
bien

i l

fENSION

974

l'ordre

du

bien, entre

le

ii*-n

Immuable

mme que l'tre cr el le bien particip ont vritablement de l'tre et lu bien, el cela dans la mesure mme o Ils sont sous l'inQuence de l'tre et du Bien suprmes, de mme les causes cres seront d'autant plus et mieux de vraies causes efficientes
seront dans le rayonnement de la Cause suprme, qui leur communiquera leur vertu de causa. Or. ce rayonnement et cette Influence de la Cause suprme, de celui qui est proprement et premirement tous les ordres de causes Esprit de vie, s'tendent s -t les pntrent jusqu'au plus profond. efflefa L'influx de la Cause suprme s'tend d'abord aux D eu en effet les assiste creatorum tpiriluum poluntales bonas adjurai; il les juge tnalas judieat; il les ordonne et les dispose omnes ordinal; il
qu'elles
.1
t
: : :

particip. Kt. iio

donne l'efficace selon son gr quibusdam tribuit potestales. quibusdam non tribuit. Et la raison de cette Influence est que, sicul omnium naturarum crealor est, rtniti/n pottUalum dalor. Nous ne nous arrtons pas
leur
:

le niai est une nature, une soi le de privation subsistante, Augustin ne cesse de rpter que le in il n'est pas nue liai lire, une suhsl anee. u:n omnino natura nulla sit malum, nomenque hoc non sit nist PRIA vil. BONI. De ew. Dei. \l. XXII. Quid tSt aalem aliud quod malum dicilur, nisi privatio boni? Non eninx ulla substantia, dit-il propos du mal physique. Enehtr., il. El encore Mali nulla natura est; sed amissio boni malt namen aecepit, De civ Dei, XI, ix;et de nouveau: Malum illud, qtlod quserebam unde esset, non est substantia ; quia si SUbstantta esset bonum esset, ('.on/.. VII, xii, 1S, a Ici point (pie. considr eu luimme, on peut lue du mal qu'il n'existe pas, el qu'il a besoin, pour tre, du sujet qu'il vicie, el qui. pOUT Cette raison, est lion esse vitium et non noerre. non potest, Unde colligitur. quamvts non possit riliiun nocere incommutabili bono, non tamen potest nocere nisi bono; quia non inesl nisi ubi noeet. Hoc etiam isto modo did potest : Vitium esse nec in summo posse bono, nec nisi in aliquo bono. Sola ergo bona alicubi, esse passant; sola mala nusquam: quoniam natura, etiam qux ex malx

CLXXXIX), pour qui

>

Ma

ki su: ce grand sujet, qui a t trait a l'art. Pw La prdestination selon saint Augustin. mtATlON Par le ministre les volonts cres. Dieu exerce son Influence et son action sur les corps corpora
:

ooluntatis vitio vittata sunt, in

quantum

mala sunt; in quantum aalem natura De civ. Dei, XII. m. Nous \ oicidoncrex

vitial sunt, sunt, bon sunt. eu us l'quation


:

magis subjacent oolunlatibus : qUsedam nostris... quxdam angelorum; sed omnia maxime Del volunlati
igilur

subdita tant; eui etiam voluntates cannes subjiciunlur; quia non habent potestalem nisi quam Me concedit. Et -tin de conclure Causa ilaque reniai quxfacilnec ilia vero, et faciunt el fiunt : sieul sunt fti : D
:

bicn = trc, qui par opposition des contraires donne mal = non-tre. Encore un peu, et Augustin nous dirait que le mal est un accident Non ulla substantia. serf carnis substantia vitium est vulnus nul morbus (mal
:

omnes
et

ereali spirilus,

maxime

Optimisme d'Augusmal est un fait irrcusable, et ce fait pose un problme auquel on a parfois donn des rponses injurieuses a l'endroit de la providence. Et c'est l ce qui avait fait l'angoisse d'Augustin avant
tin.

\pplications du principe. l'universalit de la providence.

ralionales.
1.

Ibid.
:

La

thorie

le

mal

L'existence
:

<lu

aversion Quie Ma lormenta parlUrientis cordis qui gemitus! Deus meus! El ibi eranl aures tua, nie me... Tu sciebas quid patiebar el nullus hominum. l'.onj s*., VI 1. vu. 2; car. ne pouvant se rsoudre, iccuser Dieu et charger la providence, Il ne pouvait cependant trouver la rponse cette multitude de questions qui le pressaient de leurs difficults: Unde igilur mihi maie pelle et bene nolle?... Quis in me

mihi plantarium amaritudinis; civn Mus fierem a dulcissimo l)eo meof... Ubi ergo malum? et unde el qua inrepsit? Qux radix ejus et quod semen ejus? Unde et malum? An unde /ecit ca, materics aliqu i mala erat, et formavit alque ordinavil eam, sed reliquil aliquid in Ma quod in bmum non converleret?
isuit,
et

inseruit

cum caro sit substantia, profecto aliquod bontim, cui accidunt isla mala : id est privaliones ejus boni quod dicilur sanilas. EncJiir., II. 11 le dira mme formellement la fin de sa vie Ipsum vitium non substantif accidens, sed subslanliam (manichi) pillant esse. Op. imp.. III, clxxxix. Le mal n'est pas une substance, une nature: il n'est qu'un accident, et encore par manire de privation : voil ce qui fonde ce que l'on pourrait appeler l'optimisme mtaphysique de saint Augustin. L'accident, en effet, a toujours besoin de son sujet ds lors, le mal aura, lui aussi, toujours besoin du bien, et il ne pourra jamais tre tellement puissant qu'il triomphe totalement du bien, car alors il se dtruirait lui-mme en dtruisant le sujet sans lequel il ne serait rien. Le bien subsistera donc autant que l'tre et il triomphera toujours du mal. Et Augustin revient sur cette consquence avec une satisfaction visible. En 400 Si autem omni bono privabunlur, omnino non erunl, Confcss. VII, xii, X; en 104- 105 Corruptio si onmem modum, omnem speciem. omnem ordinem rebus corruplibilibus auferal, nulla natura remanebil. Ac per hoc, omnis natura qux
physique);
:
; :
:

Cur

et

hoc? Conf., VII.


ie

v, 7.

imputt directement le mal Dieu, soit lui reprocht de n'en avoir pas prunivers, la providence se trouvait atteinte; et, comme la solution en faveur tait celle des manichens Dieu bon, n'ayant pu s'opposer a l'action du principe mauvais, a t contraint de crer la matire pour

que qu'on

l'on

potest, summum bonum est, sicul Deus Omnis aulern natura qux corrumpi potest, etiam ipsa aliquod bonum est ; non enim posset ei nocere corruptio, nisi adimendo et minuendo quod bonum est, De nat. boni, 4; en 418-419 Si bonx (nalurx) non essent, cis vilia nocere non possent... Quod si omnino desit (bonum)

corrumpi non

est.

nihil boni adimendo esse vitium et

Nom
b.

non nocel, ac per hoc nec vitium est. non nocere non potest. De civ. Dei, XII. m. Voir aussi les trs explicites dveloppements
12.
l.'i.
1

indre cette action, et lui a abandonn le monde sensible c'tait surtout V universalit de lu providence qui se trouvait mise en question par le problme du mal.

de VEnchiridion.

I.

lumire retrouve, Augustin s'apSa rponse tient en ces deux formules n'est pas l'auteur du mal. b) Dans le plan providentiel, le mal est permis eu vue
-si.

une

(ois la
:

pliqu

ire la difficult.
i

Saint Augustin Cause dficiente du mal moral. distingue naturellement le mal physique du mal moral; il compare souvent le pch a la maladie et la mort et voit dans la souffrance une occasion de mrite. Le mal physique peut tre produit par l'influence
ainsi, le feu positive d'une cause perturbatrice dtruit une maison. .Mais le mal moral tant une dfaillance de l'action volontaire, il ne peut avoir une cause
:

du triomphe du

bien.

a) Dieu n'est pas l'auteur du mal. C'est cette tin trace, rapides et nettes, les grandes lianes d.- sa mtaphysique du mal. a. Qu'est-ce en effet qw / mal ? Une privation, un non-tre. Contre Plotin, Hnnades. Lvm, 3 et T. el contre les manichens (cf. Cont. Julian. op. imp., III.

vraiment efficiente. Le mal moral est du par consquent une cause efficiente qui dfaut dans la production de son effet, et en cela elle n'est pas efficiente. Augustin le dit expressment propos de la chute des an
IIujus

mnlx

volunlatis causa c/Jiciens, si quxratur, nihil

:>;->

PROVl DENCE.
Quld
est
ii>su faciat

s.

Ci;

UST1
qua
I

\.

L'EXTE NSION
misera,
cl

976
quam
illa

trwenitur.

cum

enim quod opus malum?

facit
A.c

volunlatem malam,

nalit natura prastantior est ettam


ralionts cil srusus est expert

perhoc mala voluntas

ideo in /(un

non

Mala aulem voluntatis effli De <ii>. Dei, XII, vi. Cette mauvaise volont des anges (mal moral) n'a qu'une cause dficit Nemo igitm quserat efftcientem causam mala voluntatis; non enim est e/ficiens, sed deficiens; quia nec illa efjeclio est, sed defectio. Ibid., XI I, vu; cf. ix. Ds lors, ce double titre (non-tre et cause dficiente), le mal ne saurait tre imput la providence de ce Dieu qui est l'tre suprme et qui, dans l'ordre de la causalit, ne peut dfaillir. A celui qui est l'tre et qui ne produit que l'tre, seul le non tre est contraire Ei natune qu summe est, qua faciente sunt qucumque sunt, contraria natura non est; nisi qu non est. Ei quippe quod est non esse conlrariuin est. Ibid., XII, II. Quod malum est contrarium bono. Quis aulem neget Deum summe bonum? Vilium ergo contrarium est Deo, lanquam malum bono. Ibid. Le mal est le contraire de Dieu comment ds lors l'attribuera Dieu? c. D'o vient le mal? Cependant, le mal reste un fait on ne peut le nier, comme l'essayait ce stocien dont parle Aulu-Gelle et que raille doucement Augustin. De civ. Dei, IX, iv. On a beau dire que c'est un manque; qu'il n'est rien en lui-mme; qu'il n'est qu'un accident et qu'il ne subsiste pas en dehors du sujet qu'il dvore; il n'en est pas moins vrai qu'il existe encore dans ce sujet; c'est encore beaucoup trop, et le problme reste entier d'o vient le mal? C'est encore la mme mtaphysique qui fournit la rponse; la solution qui respecte la justice et la bont de Dieu repose toujours sur l'quation bien = lre, et
e/ftcims est operis mali.
est nihil.
: :

cadit miseria. l)c eiv. Dei, XII, i. teste la chute, le mal a<t uel. La question, vrai dire,

pose chez Augustin que [jour le mal moral, le pch; car les autres maux ne sont que des maux relatifs, ordonns a de plus grands biens. VA ainsi Augustin pose le problme du mal tout autrement que les paens, '/'" inagis stomachantur si oillam u ala/n tiabeant '/mi/ii si viiam; quasi Swc sit hominis maximum bonum habere bona omnia prter seipsum. Ibid., III, i. En outre, beaucoup de ces maux ne sont qu'une juste consquence du pch et, dans la mesure o ils servent a restaurer l'ordre de la justice lse, ils sont encore un bien. Ibid., I, ix; cf. XII, iv. Quant la chule, au pch, il n'est imputable qu' l'activit de cette cause dfectible qui librement dfaut. Et Augustin, qui a affirm la primaut de Dieu dans

du bien, affirme non moins nergiquement primaut de la volont libre, dfaillant librement, dans la causalit du mal. Fecil ilaque Deus sicut scriplum est hominem rectum; ac per hoc voluntatis bon... Mala vero volunlas prima, quoniam omnia mala opra prcesserit in homine, defeclus potius fuit quidam ab epere Dei ad opra sua quam opus ullum. Ibid., XIV, xi. Dieu n'est donc pas responsable; mais la volont Ad malum quippe ejus fseil. hominis) prior est voluntas ejus; ad bonum vero ejus, prior est volunlas Crealoris
la causalit

la

elle se

dans

la

droule partir du principe mesure mme de son tre.

un

tre est

bon

Ds lors, en effet, que l'tre cr n'est pas l'tre suprme, il n'est pas non plus le Bien suprme, mais seulement ce bonum commutabile, qui n'exclut pas la possibilit du mal. Voil ce qui permet de distinguer dans tout tre cr ces trois lments sa bont, sa
:

eam foceret qu nulla erat, sive ut reficial lapsa perieral. Ibid., XIII, xv. Et, dans cette dfaillance, rien n'est imputable Dieu Sicut in hac carne, vivere sine adjumentis alimenlorum in poteslal: non est, non aulem in ea vivere in potestate est, quod faciunt qui seipsos necanl, ita bene vivere sine adjutorio Dei, etiam in paradiso non erat in poleslate; eral aulem in poleslate maie vivere, sed bealiludine non permansura. Ibid., XIV, xxvn. Si donc la volont tient du nant, qui est son origine, la possibilit de dchoir, c'est par sa libert qu'elle actualise cette possibilit quia ex
ejus, sive ut

qu

dfeclibilil, sa chute.

nihilo,

a bono polest declinare ut facial malum; quod

fit

son tre et ne peut tre anantie qu'avec son tre, comme on l'a dj vu. Quant la dfeclibilil qui n'est autre chose que la possibilit de dchoir, le mal possible elle suit ncessairement sa condition de crature, qu sunune non est. Si elle tient en effet du Crateur son tre et le bien qu'est cet tre, c'est au nant d'o l'a tire la bont du Crateur
suit

Sa bont

qu'il faut attribuer cette possibilit

de

dfaillir

qu fecil (Deus) bona quidem esse, verumlamen mutabilia, quod non de Mo, sed de nihilo facta sunt. De civ. Dei, XII, i. Volunlas, in natura qu fada est bona a Deo bono, sed mulabilis ab immutabili, quia ex nihilo, et a bono potest declinare ut facial malum.
vero
Ibid.,

Ea quod ab Mo;
:

XV,
si

xxi.

xxi. Et c'est la crature et non la providence qu'il faut imputer le mal moral ou le pch. b) Le mal moral permis en vue d'un bien suprieur. Dieu ne pouvait crer que des cratures dfectibles; mais il aurait pu empcher que cette possibilit ne devnt dficience actuelle. Il le fait mme quelquefois (voluntas polest declinare) a malo ut facial bonum, quod non fil sine divino adjutorio. De civ. Dei, XV, xxi. Mais cela n'est pas d, et nous ne saurions le rclamer en stricte justice, surtout depuis la prvarication d'Adam. Si Dieu nous dlivre du mal, c'est par pure bont Non enim dbita sed graluila bonilale lune se quisque agnoscil erulum malis, cum ab eorum hominum consorlio fit
libero arbitrio. Ibid.,

XV,

Dieu ne pouvait faire autrement que de tirer du nant une crature dfectible, il n'en faut pourtant pas conclure que les cratures sont mauvaises et qu'il leur serait meilleur d'tre restes dans le nant. D'abord, en effet, elles ont l'tre, et cela est un bien.
Et,
D'ailleurs, la dfectibilit n'est pas le peccabilit n'est pas le pch, et le mal possible n'est pas le mal actuel, qui seul est le vrai mal. Aussi, les cratures intelligentes, les plus dfectibles de toutes, et dont la dfectibilit met en danger la possession du plus grand des biens Dieu, leur fin et leur batitude, ces cratures ne doivent pas tre considres comme plus misrables que celles dont la dfectibilit a moins de jeu et moins de danger Nec ideo cetera in hac crealur universitate meliora sunt quia misera esse non possunt. Neque enim cetera membra corporis noslri

immunis cum quibus Ibid., XIV, xxvi. La


tous rester dans la
bila

pna communis. nous condamnait dchance, nisi inde quosdam indeilla

justa esset

stricte justice
Ibid.,
la

Dei gratia liberarel. Mais alors pourquoi

XIV,

i.

providence n'a-t-elle pas

Enchir.,

12.

dfaut

la

exerc cette action prservatrice sur tout l'univers? Ou bien pourquoi Dieu a-t-il cr des tres dfectibles alors qu'il ne pouvait pas ignorer qu'un jour ils tomberaient dans le mal? La providence de Dieu qui ne peut vouloir que le bien et qui cependant permet le mal serait-elle donc trop courte? Et ne s'tendrait-elle pas jusqu'aux tres qui souffrent du mal? A cette question qui lui venait de tous cts, spcia-

lement du manichisme, Augustin donne toujours,


sous diverses formes, la mme rponse, aprs s'tre insurg contre l'injure adresse la providence qui donc oserait dire que le mal, le pch lui-mme a chapp la providence et qu'elle n'a pu l'empcher? Ce mal, d'abord, Dieu en a eu la connaissance avant
:

meliora, quia exca esse non possunt. Sicut autem melior est natura senliens el cum dolet quam lapis qui dolere nullo modo polest; ita ratioideo

dicendum

est oculis esse

PROVIDENCE.
qu'il

S.

AUGUSTIN, L'EXTENSION
/)
:

978

arrh
,

stln

s'tend

longuemenl

particulic

v
le

x, contre Clcron) a proudivine de tous les Futurs, y compris n a Dieu et nier sa pch

V,ix

lu

Gen. cont, manteh., II. xxvni, 12 Quls feclt diabo- Seipse; non enim natura, si./ peccando, <hubolus ftus es Vt ipsum, aiunt, non faceret Deus, ti
n'.'

une absurdit manifeste. Quant ilire ce mil connu d'avance, que Dieu <\'.i pu s'opposer Qui's enim audeat ir.liu- ne serait pas moindre
est
.1
:

eum peccaturum esse setebat. Imo, quare non faceret, cum per suam justtttam el providentiam mutins de malitia diaboli

corrigat?

lus,
(s/,-

quia

utills est?

- Ergo, inquiunt, bonus est dtabo

lmo malus;

in

quantum diabolus
i

re ut

nequ
Def,

iderel

in

D
me Dieu
a

XIV,

xxvii.

permis

le
'.

loin d'chapper
:r

<i

ii

mal du pch, et, mal tombe au cona,

qui

le

laisse

un plus gran
ainsi

,'

./

est

l'occasion

ou

sed fronus est omntpotens Drus, qui ettam de malitia dus mulla iusiii cl bona operatur. Non enim diabol impulalw nisi voluntas sua qua conalur faeere maie, non Dei prooidentia, qua de illo benefectl. i.i providence triomphe doue, el c'esl en toute se qu'elle permet que le mal se fasse; polentius el

rsolvent quelques une- des objections qui avaient contraint Augustin .> prendre la

que

se

plume pour dfendre

la

providence.

Le mal physique esl occasion de mrite et peut tre ou esprit de rparation. Ibid., 1. \\\. xxxm. du juste perscutions et vexations l'extrieur, combats et tentations l'Intrieur, tout ulu de l> eu afin d'amener ses lus la participation du bien qu'il leur rserve: cf. ibid., I, xxiv, xwiii. x\i\: XI, xvn; XVI, xxxii, etc. Mien plus, il est utile l'orgueilleux de tomber en El audeo dicere : superbis certains pchs manifestes esse utile cadere in aliquod aperlum manifeslumque
:

peccalum, un de sibi displiceant, qui jam sibi placendo


eecideranl.
Ibid.,

XIV, xm.
:

sont pour les fidles une occasion de

dans la foi Mulla quippe ad fidem cathoiicam pertinentia dum lireticorum calida inquietudine exagilantur. ut aduersus eos defendi possinl, et consideranlur diligentius et intelliguntur clarius et instantius prxdicantur et ab adversario rnota qustio discendi existit occasio. ibid.. XVI, h: cf. aussi XVIII, li (hretiei) pris illis catholicis membris Christo malo suo provint... Jusqu' Judas Elegil discipulos... Habuit inter eos unum qw> malo utens bene et suse passionis dispositum impleret. et Ecclesi suse tolerandorum malorum prmbtrel exemplum. Ibid.. XVIII, xlix. Le mal en luimme n'est pas utile il serait un bien; mais le vertueux prend occasion du mal et en ce sens s'en sert pour le bien. Enfin, Augustin, avec le calme et la srnit d'une me en possession d'une vrit pacifiante, donne sa rponse la redoutable question de la prescience des rprouvs et de la prdestination des lus : Justice et misricorde y resplendissent mervcilleuit. Pourquoi ds lors ne pas crer ceux dont taient prvues la damnation et la chute? Cur ergo non erearet Deus quos peccaluros rsse prxscivil, quandoquidtm in eis, et ex eis, et quid eorum culpa mererctur et quid sua gralia doraretur possit ostendere, nec sub illo Creatore ac dispositore perversa inordinalio delinquentium reelum perverteret ordinem rerurn? Ibid., XIV, xxvi. Pourquoi aussi leur ter l'exercice de cette libert qu'il leur a donne, dut-elle les conduire au mal? Hoc eorum poteslali maluit non au/erre atque ila et quantum mali ecrum superbia, et quantum boni sua gratia palerel ostendere. XIV, xxvn. C'est pourquoi il a permis la chute des \ui cum prassciret angelos quosdam... tanti boni dsertons fuiuros, non eis ademil hanc pofestatem. De mme pour l'homme Quem timililer cum prvariaitionia legis Dei, [icr Dei daertionan
lutte qui les affermit
:
: :

melius esse judicans etiam de malis bene faeere quam mata esse non sinerc. De civ.JDei, XXII, t; <ar du mal, dont elle n'est en aucune manire responsable, elle trouve le moyen de tirer un bien suprieur Neque enim Deus omnipotens, i/uoil etiam infidles fatentur, rerum cui summa polestas, cum summe bonus sii, ullo modo sineret mail aliquid esse in operibus suis, nisi usque adeo esset omnipotens et bonus ui bene faceret de malo. Enchir., 11. En sorte que, dans l'ordre de l'opration comme dans l'ordre de l'tre, le mal est toujours soumis au bien, contre lequel il luttera toujours son propre dsavantage. Il ne peut tre sans le bien, qu'il ne peut jamais compltement dtruire et au triomphe duquel il concourt Usque adeo mala vincuntur a bonis, ut quamvis sinantur esse ad demonslrandum quam possit el ipsis bene uti juslilia providentissima Crealoris. De cii'. Dei, XIV, xi. L'optimisme s'impose donc. L'observation 2. Les confirmations de la pratique. confirme ces principes et un regard quelque peu attentif Jet sur l'univers montre bien que la providence s'tend aussi loin que l'tre. Aussi, en de longues numrations (De civ. Dei, V, xi; VII, xxix), qui par endroits font penser Plotin, Augustin s'attarde montrer, jusque dans le plus petit brin d'herbe, celte action providentielle qui embrasse tout ce qui, de quelque manire, contribue la marche de l'univers. C'est elle, en effet, qui lui assigne sa fin; elle aussi qui prside la ralisation de cette fin (pour la fin, cf. V). Selon la terminologie actuelle de la thologie, l'ac:

dans la ralisation de la fin, relve proprement de ce que l'on appelle le gouvernement divin et que saint Thomas a nettement distingu de la providence proprement dite. Mais comme Augustin inclut cette notion dans son concept de providence,
tion providentielle,
il

faut, tout le moins, tracer les

grandes lignes du
certains rsul-

gouvernement

divin.
faits,
:

Certains vnements, certains


tats, sont l'uore

\Dcus) (aciens immdiate de Dieu quxdam per seipsum quie illo solo digna sunt eique soli conveniunt, siculi esl illuminare animas et seipsum eis ad perfruendurn prbendo, sapientes bealasque prstare. De div. qusl., q. Lin, 2. Les autres, il les excute par l'intermdiaire des cratures: alia, per servientem
sibi crealuram. Ibid.

Lt alors, la providence a) Dispose les moyens en vue des fins ou des rsultats, soit les moyens d'ordre
:

peccaturum esse prsesciret, nec illi ademil liberi arbitra poteslaiem, simul prvidens quid boni de malo ejus erset
ipse facturux.

XXII,

i.

Le pch. st un mal, mais, sous l'empire de la providence et dans la main de Dieu, il est malgr lui la lition du triomphe du bien, et le dmon, lui-mme, sert sa manire, au but vis par Dieu. Il est le pri'nceps impise cioitatis, ibid., XVIII, li. dont il est dit au

: depuis l'organisation des plus petites plantes, conformation si bien proportionne des organes, jusqu' la distribution du pouvoir el la constitution des empires; soit les moyens de l'ordre surnaturel : telles l'incarnation et la mdiation du Christ (le Christ en cfTet, chez Augustin, apparat surtout avec ce caractre de mdiateur mdiateur de grce durant notre vie, mdiateur de justice au dernier jour). Voir, entre autres, De cio. Dei, IX, xv, xvn; X, xxn, xxiv, xxix XIII, xxiii XX, v, VI, xxx, etc. Tel aussi et surtout ce don de la grce, don absolument gratuit, que nos mrites n'ont prcd ni caus en aucune manire et sans lequel nous ne pouvons prtendre non

naturel
la

979
seulemenl
;i

l'l'.n\
la

DENCE.
la

S.

A li,

US1

V
m

LA

11 N

980

parfaite po

ion de

sagesse, mais

mme taire le moindre bien dans l'ordre surnaturel; pas mme atteindre cette toi donl le Juste doit vivre et qui nous conduit la vie ternelle; i;is mme viter
cette secunda mors qui est la damnation ternelle. Aussi Augustin ne cesse d'en affirmer la ncessit el

eu leipiievil :il< omnibus operibus suis <pi:iquia Inchoavil liens tacere. Dits entm tepUnuu etiam ruts ipst erimus, quando ejus hierimus benedietfone et sanctificatione pleni atcpie refecti. Ibi vacantes, videbimUi i/unniam
eiini.

d'en demander l'infusion.


les agents, non pas en agissanl en leur mais en les mouvant conformment leur nature, de sorte que, sous son action, ils soient vraiment agissants, ni etiam ipsa proprios exercere et agere motus sinat. De civ. Dei, VII, xxix. C'est ici qu'il faudrait exposer la pense d'Augustin sur l'influence de l'action divine dans l'acte de volont libre. Cf. De civ. Dei, V, x; VII, xxix; XIII, xv; XIV,

Deus: quod nobis ipsi esse voluimus, quando ab illo cecidimus, audlentes a seductore Eritis sicut dii , et recdent" s a vero Deo; quo raciente dii essemus ejus participatione, non desertione... /" civ. Dei, XXII, xxx.
i
:

b) Elle meut

lieu et place,

xi;

Les anges en effet sont ministres de Dieu, chargs ou de porter ses ordres, ou de les excuter, ou de les faire excuter. De civ. Dei, IX, v-xxm; X, xv, xvn, etc. Il faudrait ici comparer l'anglologie d'Augustin la dmonologie des no-platoniciens, qu'il prend vivement partie. Voir De civ. Dei, VIII, IX, X, passim. Ainsi, la providence d'Augustin possde, mais juste titre, elle, toutes les prrogatives de ce Jalum des anciens qui embrassait l'universalit des tres Quandoquidem ipsum caiisarum ordinem et quandam connexionem Dei sitmmi tribuunl volantati et poteslati, qui oplime el veracissime creditur et cuncla scire antequam fiant, et nihil inordinalum relinquere, a quo sunl omnes

XVII, iv, etc. c) Elle envoie ses ministres.


les

comme

Ce texte contient en rsum toute la lin vers laquelle tend l'univers sous la direction de la Providence le repos dans la vision de celui qui est, vision accorde par une participation misricordieuse sa vie intime, vision enfin qui fera natre le cantique ternel de la louange. Batitude des saints et glorification de Dieu, ou mieux glorification de Dieu par la batitude des saints, tel est le but ultime de la providence. Tout concourt la prparer. 1. Batitude des lus. C'est pourquoi ds ici-bas rien ne peut priver ceux qui ont t prdestins de ce qui les fait riches aux yeux de Dieu Quibus recle consideralis alque perspeclis, attende utriim aliquid mali acciderit fidelibus et piis quod eis non
:

poteslates,

quamvis ab

illo

non

sinl

omnium

voluntales.

bonum verterelur; nisi forte putandum est apostolicam illam vacare senlentiam ubi ait : Scimus quia diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum. De civ. Dei, I, ix. Car, si la providence distribue ses biens, ici-bas, aux fidles et aux impies, indistinctement, ce n'est pas Placuil quippe divinse l une disposition dfinitive providentise prseparare in poslerum bona justis quibus non fruentur injusli, el mala impiis quibus non excruciabunlur boni. Ibid., I, vin. C'est Dieu en effet qui donnera la batitude ses lus
in
:

Ainsi qu'on
fin,
dit.

cette volont divine, qu'ils appellent le fatum, s'tend tout invinciblement, infailliblement Ipsam ilaque prsecipue Dei summi voluntalem, cujus polestas insuperabililer per cuncla porrigilur, eos appellare falum sic probatur. De civ. Dei, V, vin. 1 Nature. V. La fin du gouvernement divin.
:

Et

dans

la citjcleste; ils

y recevront

la

rcompense de

leurs uvres. Aussi, Dieu ne cesse d'inspirer et d'enseigner cette cit cleste, eam inspirt et docet verus Deus
vitse selernse. Ibid., VI, iv. C'est pourquoi il envoie d'en haut, en gage de l'hritage, cette foi laquelle est promise la rcompense et qui, ds ici-bas, commence rassembler et rattacher ensemble les membres qui composent cette socit des saints en marche vers sa Merces autem sanclorum longe alia est, etiam hic, fin opprobria suslinenlium pro civilate Dei, quse mundi hujus dilecloribus odiosa est. Illa civilas sempiterna est; ibi nullus orilur, quia nullus moritur; ibi est vera et plena flicitas, non dea, sed donum Dei. Inde fidei pignus accepimus, quandiu peregrinantes ejus pulchriludinis suspira-nus. Ibid., V, xvi. C'est Dieu qui sera cette batitude, car il se donnera lui-mme en partage. Il se donne comme objet de contemplation. Les anges, qui le contemplent ainsi, nous le promettent. C'est cette vision, qui est aussi une union, qui fera vraiment notre batitude; tel est le terme de toute notre vie, le but de tous nos efforts, la rcomAd hune videndum sicut videri pense de nos vertus polesl, eique cohserendam, ab omni peccalorum cl cupidi-

dalor

vu, le concept de providence comporte toujours, chez Augustin, un regard vers une
l'a

ftnem,

quem

ratio

gubernand

universilatis inclu-

discernes jusqu' maintenant sont surtout des fins particulires, alors que, si l'on considre de plus prs l'action divine et les divers mouvements qu'elle imprime aux tres qui sont les sujets de cette action, on voit que ces mouvements multiples et ces fins particulires se hirarchisent et tendent vers une fin suprieure et ultime. Cette fin n'est autre chose que la constitution dfinitive de la cit de Dieu. Augustin n'a entrepris son De

Mais

les fins

civilate

nit,

Dei que pour montrer, dans l'histoire de l'humatout y a t ordonn ou permis par la providence en vue de cette cit et comment tout, en dfinitive, concourt dans l'univers la marche de cette cit Sive in hoc temporwn cursu, cum inler impios pere-

comment

grinatur, ex fide vivens, sive in illa slabililale sedis lernse quam mine expeclal per patientiam, quoadusque justilia convertatur in judicium; deinceps ade.ptura per excellentiam Victoria ullima et pace perfecta. De civ. Dei, I, prol.

lalurn

malarum

labe

mundamur,

el

ejus

nomine conse-

de Dieu est donc en formation et en marche; le terme de tout mouvement: de mme, le terme de cette marche que guide la providence c'est le repos de la victoire dernire et de la paix complte ; c'est ce repos figur par le sabbat de l'Ancien Testament, le repos dans la gloire et la louange de Dieu. A propos du psaume lxxxviii, Misericordias Domini. il crit
cit
le

La

cramur. Ipse enim fons noslr beatitudinis, ipse omnis appelilionis est finis... ad eum dilectione tendimus. ut perveniendo quiescamus; ideo beati, quia illo fine perfecti. Ibid., X, ni. Cette vision sera la rcompense de notre foi Prmium ilaque fidei nobis Visio ista servalur,
:

mais

repos est

Joannes apostolus loquens Cum apparuerit. quoniam videbimus eum siculi est. Ibid., XXII, xxix. Il se donne dans une ineffable intimit, intimit que les platoniciens avaient bien entrevue non dixerunt beatum esse hominem fruenlem corpore, vel fruenlem animo, sed fruenlem Deo, non sicut corpore vel seipso animus aut sicut amico amicus, sed
de qua
et
:

inquit, similes ei erimus,

sicut luce oculus. Ibid., VIII,

vm.

cantico in gloriam gratiae Christi cujus sanguine libenihil erit prolecto illi jucundius civitati. Ibi perficietur Vacate et vidite quoniam ego sum Deus . Quod erit vere maximum sabbatum non habens vesperam quod commendavit Dominas in primis operibus mundi, ubi legltur: > Et requievit Deus <liem septimum, et s.inctificavit
rati

Quo

Voil

la lin

Sumus,

que Dieu a amoureusement assigne

que sa providence poursuit inlassablement cette lin. cette batitude, c'est lui-mme. Et cette batitude sera celle de tous; cette vie sera la vie de tous, et c'est ainsi que se constitueront, que se constises lus et

981
tuent

PRO\ DE NCE.
I

S.

U
:

i,

ST1 N,

I.

Il \

mme,
:

des
est

prsent,

le

royaume
I

el

le

peuple de

enim aliud quod per prophetam dixii En illoru mini pu bs ."... Sic enim et illad rede inteUigihtr quod ail apostolus : *Ul sit Deus mania in omnibus. Ipse finis tril desideriorum nostroDieu

Quid

major... El c'est
:

inhabitare dignatur; non in omnibus quant Singulis la. en notre CCSUT, qu'il tTOUVe l'aiili lu s.iei Iflce um ad illum sursum est, ejus est aliart r,
'
i

mm,
_'.

qui sine fine videbitur, sine faslidio amabitur, sine laudabitur. Hoc munus, hic affectas, hic actus :l omnibus, sicut ipsa vita, mterna communis. Glorification tic Dieu. La socit des saints m*

saeerdote placamus; n quando usque ml sangutnem pro ejus veritale cerlamus; ci suavissimum adolemus ineensum, cum in ejus conspectu pio sanetoque amore flagramus; ci dona ejus m nobis nosque ipsos ooven us ci

nostrum; ejus

Vnigenila

cum

crucnitis rictinuis esedimus

reddimus;...

ci

sucri/icamus Iwstiam humilitotis

et

taudis

dans trouve ainsi constitue. Mais cela ne suffit pas le plan de la providence, Unit doit converger vers ce Dieu, qui, a la tte de la socit des saints el constituant avec'elle l'ensemble de la cit de Dieu, en est le roi el le fondateur et tout doit retourner ce Dieu qui. par la batitude qu'il donne ses flus, exerce sur quemadmodum scriplum est .u\ son replie ternel in Bpemgetio : Btgni ejus non erit finis. /)(' iv. Dei, XXII, i. Aussi, par un admirable retour, aprs avoir reu le Dieu cette batitude, la socit des saints lui offre maintenant la louange de sa gloire et elle lui (ait l'oblation le son sacrifice. a) La socit des saints offre Dieu la louange de sa gloire. La louange doit tre en effet l'uvre de la ett de Dieu ipsi eioilati Dei, de qmi nobis est ista ope:

cf. X, in ara cordis ign fervidss charitalis. Ibid., X. VI. Ce sacrifice commenc ici-bas se continuera ter-

m;
-

-.

rosisiima disputalio, in sancto dieilur psalmo : Landa, Jrusalem Dominum, eollauda Deum tuitm, Sion. De efe. Dei, XIX. xi. Alors, tout ce qui aura servi aux saints pour exercer les uvres de vertu, que Dieu couronne maintenant, tout cela nous servira aussi a chan-

Quanta erit illa flile cantique de louange ubi nullum erit malum. nullum latebit bonum; oacabitur Dei laudibus, qui erit amnia in omnibus! Nom qtiid aliud agatur... nescio. Omnia membra et oisecra ineorruptibilis corporis... proficient in laudibus Dei. tbid.. XXI I. xxx. El cette louange des possesseurs du une sera ternelle dans le repos, la vision et l'amour. b) I.a socit des saints fait Dieu l'oblation de son sacrifice, et cela ds ici-bas. dans la prparation, quelquefois si rude, que doivent subir les citoyens de cette soit par les efforts que les lus ont fournir, car les couvres de vertu et de misricorde sont de vrais fferts Dieu Corpus etiam nostrum cum per lempranliam casligamiis, si hoc. quemadmodum debemus... sacri/icium est, ibid., X. v-vi. soit que Dieu mette lui-mme la dernire main cette purification: Et mundabit filios Leoi et fundel cos sicut aurum et 'uni, et erunt Domino offerentes hostias in juslitia, et placebit Domino sacri/icium Judo el Jrusalem, i litique oslendit t prophela ) eos ipsos qui emundabunlur, n sacrificiis Domino esse placiluros, ac per hoc ipsi a .'(/'/ iniustia mundabuntur in quo Domino displicebant. Hostist parro in plena perjectaque justitia, ciim mundati fuerint, ipsi erunt. Quid enim acceptius
ter a

Dieu

citas

le Jugement. Ibid., XX, xxvi. l'homme dons le plan providentiel. -1. Si l'on s'arrte la teneur matrielle de l'expose, on est frapp de voir la place de premier rang qu'Augustin parait accorder l'homme dans le plan providentiel, et l'on pourrait en conclure que pour lui l'homme esl l'objet principal de la providence. Cette importance apparente peut s'expliquer. La providence, en effet, relve de l'activit ad extra et a pour objet tout le cr. Or, l'homme, en raison de sa nature intellectuelle et du don de la grce, apparat comme la partie centrale de l'univers, et donc comme l'objet principal de la providence qui rgit cel univers. Les circonstances historiques d'ailleurs permettent aussi d'expliquer celte prpondrance que notre docteur semble attribuer l'homme dans le plan providentiel. Les objections qui l'avaient pouss prendre la dfense de la providence taient en effet principalement Ures du mal dont l'homme est le sujet mal physique, calamits de l'empire, afflictions du juste, limitation injuste et contre nature de la libert de l'homme par la prescience divine, enfin arbitraire prtendu de la prdestination. Ds lors, on comprend comment il a d faire l'homme une large place dans

nellement aprs
2" Place de

sa rfutation.

fjerunt
la cit

quam
un

seipsos. Ibid..

XX. xxv.
la socit le

de Dieo, c'est--dire toute


sacrifice offert
:

Dieu par

prtre suprme, l'image du sien Tola ipsa redempla c est congregalio societasque sanctorum unilie sacrifium (offerturj Deo per sacerdolem magnum, i'im seipsum obtulil in passione pro nobis, ut tanti rnus essemns, seeundum formam servi. Ibid., t donc nous-mmes qui sommes ce sacrifice rieux Prclarissimwn nique optimum citim nos ipsi sumus. hoc est cioilas ejus cujus rawus oblalionibus nostris. Ibid., XIX.

Cependant, cette prpondrance n'est qu'apparente il importe l'homme de bien savoir la place qu'il occupe dans la lin que poursuit la providence, car, selon Augustin, c'est seulement de cette place que l'homme pourra viter ces surprises et parfois ces scandales que provoque le problme du mal. 2. Sous l'influence de la pense grecque, qui avait insist spcialement Plotin dans sa controverse avec les gnostiques sur le caractre de partie qui est qu'est celui de l'homme dans le tout sympathique l'univers. Augustin a bien compris, lui aussi, que l'homme n'est pas un isol dans l'univers et que le bien qui fait sa batitude est d'abord le bien commun. De cii'. Dei, XII, i, le bien commun des saints anges et des lus, le bien commun de la cit de Dieu tout entire. Et l'objet principal le la providence est bien cette cit de Dieu qu'il s'agit d'amener son terme el a son triomphe la tin de la providence est pour Augustin minemment sociale et collective. (Il semble (pie l'on n'insiste pas assez d'ordinaire sur la place, dans sa pense, des notions exprimant une collectivit massa, domus, populus, regnum, ciritas.) Or. cette cit de Dieu est compose de son roi e1
et

fondateur qui est Dieu. e1 de la socit des saints constitue par les ('lus :uii;es et hommes. L'homme se
.

XXIII.
t

dans

le

temple que sont


suo,
t

les

es

in boni~
la

tanquamtn templo
*

et qu'est

cit

XVIII, xi.ix. n r.Car Dieu ne de Dieu tout mble que dans chacun lum simul omnes; et singuli
.

lempln sumus. quia

et

omnium concordiam

el

singulos

donc dans celte cite comme un cilouen; dans comme une partie. El voila un point de vue important pour bien comprendre l'action providentielle sur l'homme. A partir de l en effel s'bauchenl une solution du problme du mal et une justification de la providence. On peut sur ce point distinguer deux tapes dans la pense d'Augustin. ni D'abord, sous l'influence prpondrante 'lu noplatonisme, Augustin insista surtout sur uni- sorte de du mal. Le mal. mme le mal moral, serait requis et exig par l'ordre de l'univers, e1 la beaut
situe

l'univers,

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LA

II N

harmonieuse de l'ensemble, rsultant de contrastes bien ordonns, exigerait que certaines parties jouent le rle d'ombre, pour faire ressortir la lumire le mal, mme celui du pche, serait donc ncessaire pour faire pleinement ressortir le bien; tel point que le mal viendrait de Dieu et srail aime de Dieu , non pour lui-mme, niais pour l'ordre, la gradation et l'barmonie auxquels le mal est ncessaire Certe enim et mata dixisli online conlineri et ipsum ordinem manare a sumnio Deo alque ab eo diligi. Ex quo sequitur lit et mata sinl a summo Deo cl mata Dcus diligat. De ordine, I, vu, 17. C'est la solution esthtique, et Augustin y eut souvent recours. On connat sa comparaison de l'univers aune mosaque, o certaines parties considres en ellesmmes choquent et blessent, mais qui donnent l'ensemble un relief plus frappant. Cf. De ordine, I, i, 2. Trente ans plus tard, crivant le 1. XI de La cit de
:

(EpisL, CXCrv, 5) de la prdestinai ion libre et gratuite qui n'apparaisse sous un jour nouveau. Une f<-is dgaeffet la responsabilit le Dieu dans la culpabii

du pcheur, Augustin n'prouvera aucune difficult a retourner la question qu'on lui posait inlassablement Pourquoi Dieu permet-il le pch? et demande! a son tour Pourquoi ne l'aurait-il pas permis? Cur ergo non crearct Dcus quos peccaluros esse prsescivil? De civ, lui, XIV, xxm. Pourquoi, puisque le plan de la providence: gloire de Dieu et batitude des quandoquidem in eis lus, ne saurait en tre troubl et ex eis cl quid eorum culpa n.ererelur et quid sua gralia donaretur posset ostendere, nec sub illo creatorc ac dispolit
: : i

Dieu, il disait encore Sicut piclura cum colore nigro, loco suo posila, ita universilas rcrum, si quis possit intueri, eiiam cum peccaloribus pulchra est, quamvis per seipsos considrtes sua deformitas turpet. XI, xxm. Et mme, aprs 420 Deus enim creator est omnium qui ubi cl quando creari quid oporteot vel oporlueril, ipse novit, sciens universitatis pulchritudincm, quorum parlium vel simililudine vel divcrsitale conlexlal.
: :

vin. b) Mais, si Augustin n'abandonna jamais compltement ce point de vue, mesure cependant qu'il pntrait les saintes Lettres, il le compltait et le subordonnait un point de vue suprieur. L'accent se dplaait: de la ncessit du mal pour l'ordre et la beaut de l'univers, il passe sur la bont de la fin pour laquelle il est permis ; l'optimisme succdait l'esthticisme. Augustin ne dit plus en effet, du moins avec la mme insistance, que le mal est ncessaire, il dit maintenant que le mal n'est pas un obstacle pour la perfection de l'univers Non ipsa peccala vel ipsam miscriam perfeclioni universitatis esse necessaria, sed animas, in quantum anime sunl; quse, si velinl, peccanl; si peccaverinl miseras sunl. Cum aulem non peccantibus adest bcalitudo, perfecla est universilas; cum vero peccantibus adest miseria, nihilominus perfecla est universilas. De lib. arbitr., III, ix, 26. C'est la perfection de l'ensemble qui est le terme
:

XVI,

delinquenlium rectum perverordinau rerum? Ibid.; cf. aussi XIV, xi. Pourquoi, puisque en dfinitive le pch tourne au bien de l'ensemble, du peuple choisi, des prdestins, de la cit de Dieu? La grce devait en effet suivie la chute, et la gloire des saints faire plir la victoire du tentateur : Cur cum (hominem) non sinerel (Deus) invidi angeli malignilale leniari? Nullo modo quidem qued vincerctur incertus; sed nihilominus preescius quod ab ejus semine adjulo sua gralia, idem ipse diabolus fuerat sanclorum gloria majore vincendus. De civ. Dei, XIV, xxvn. Pourquoi, puisque la louange de ce Dieu, qui est le Bien commun de la cit cleste, claterait jusque dans cette masse de damnation , dont une partie ferait resplensilore perversa inordinalio
leret

dir sa grce misricordieuse, et l'autre sa justice inexorable? Hinc est universa gencris huir.ani nassa damnala; quoniam qui hoc primilus admisil, cum ea qux in illo fuerat radicata sua stirpe, punitus est ul nullus ab hoc justo debiloque supplicio nisi misericordia et indebita gralia liberelur; atque ila dispertiatur genus humanum, ul in quibusdam demonslraretur quid valcat misericors gralia, in cteris quid justa vindicla. Ibid.,

poursuivi par la providence. Que l'homme prenne donc conscience de sa place de partie dans cet ensemble, qu'il cesse de se considrer comme le centre de l'univers, et bien des difficults disparatront. Partie,
il ne peut saisir l'ordre universel; c'est pourquoi les raisons et les motifs de l'action providentielle, de cette action universelle, lai chapperont parfois Qui tolum inspicere non polcsl, lamquam deformitale partis offendilur, quoniam cui congrual et quo referatur, ignorai. De civ. Dci, XVI, vin. Non seulement il ne comprend pas ces raisons, mais il les trouve parfois douloureuses et s'insurge contre la providence quand le bien du tout, la perfection de l'univers et le triomphe de la cit de Dieu exigent de la partie et du citoyen qu'est l'homme quelque sacrifice incompris Cujus ordinis cl decus proplerea nos non dtectai, quoniam parti ejus, pro conditione nostr mortalilalis intcxli, universum, cui parlicul quse nos ofjendunt salis apte deccnlerque conveniunl, senlire non possumus. Ibid., XII, iv. Ds lors, Augustin devra prendre toujours la dfense de la providence lorsqu'on la rendra responsable des maux dont souffre l'humanit. Il n'aura pas de peine montrer que le mal vritable s'tend beaucoup moins qu'on ne le dit. L'erreur vient de ce que l'homme nglige de faire rflexion sur sa condition de citoyen et de partie souvent, un examen plus attentif fait cette lumire rendrait raison de l'utilit de ces prtendus maux. Cf. De civ. Dei, XII, m, rv. Il n'est pas mme jusqu' cette difjicillima qustio
:

xxii. Gloire de Dieu, batitude de la socit des saints voil le bien de cette cit de Dieu que la providence poursuit par-dessus tout et qui explique la permission du mal c'est le propler majus bonum de la thologie postrieure. Certes, le mystre n'est pas perc fond; mais cette impossibilit mme percer le mystre rsulte encore de notre condition de partie, qui nous empche de saisir l'ordre universel. Aussi, Augustin nous demande, en certaines circonstances, l'acte de foi en cette providence dont les desseins nous dpassent. (Plotin dj demandait une soumission l'ordre universel qui nous dpasse dans l'ordre purement naturel.) Unde nobis in quibusdam eam contemplari minus idonei sumus, reclissime credenda prcipitur providentia Crealoris, ne tanli artificis opus in aliquo reprehendere vanilate temeritatis audeamus. De civ. Dei, XII, iv. Aussi, il n'aura aucune difficult confesser son impuissance rendre raison en certains cas de la conduite de la providence, il n'hsitera pas dclarer insondables les dcisions et les conseils de Dieu et il nous renverra au jour du jugeiik nt pour en saisir toute la vrit et la justice Judicio quipp novissimo non sic eril, sed in aperla iniquorum miseria et aperta felicilate juslorum longe quam nunc est, aliud apparcbil. Ibid., XX, xxvm. Ce que nous ne pouvons voir ici-bas, nous le pourrons dans sa lumire Hsec dislantia... quse sub isto sole in hujus vit vanilate
: : :
:

XXI,

non

cernilur,

quando sub

illo sole justifie

in illius vilse
les

manifestalione clarebit; tune profeclo

eril

judicium quale

nunquam

fuit. Ibid.,

XX, xxvn. Et

les

jugements

plus incomprhensibles nous apparatront alors de la plus haute justice apparebunt esse justissima. Ibid.,
:

XX,
du

n.

foi, et le

L'esthticisme s'est doubl d'un optimisme base de philosophe platonicien est devenu un docteur
Christ.

A. Rascol.

PROVIDENCE. LA THOLOGIE
Indiquai que dans cette partie de l'article nous nous placerons moins au point de vue des diffrents systmes thologiques qu' celui tl>> la e thcologique communment reue dans l'glIsi pour insister >ur if qu'il \ a de plus certain et pour montrer quo les vrits les plus profondes et les plus hautes sont les vrits lmentaires scrutes, longuement mdites et devenues objet de contemplation, es grands problmes thologiques relatifs a la pro vidence se vont surtout posis a propos de cette partie de la providence qu'est la prdestination. Aussi. au cours de l'article Prdestination, avons-nous expose, selon l'ordre chronologique, les principales thories des thologiens scolastiques relatives a la prescience, aux dcrets de la volont divine, la prdestination, et doue la providence elle-mme, dont la prdestination est. raison de son objet, la partie

986
le

IV

LA PROVIDENCE SELON LA THOLOGIE.


titra

Nous disons d'un homme qui prend


qu'il est

sages mesures
1
1

Ce

vont

pr\ 0) anl
'.

traitant de la prudence, II- 11 nous ht qu'elle comporte la pro> idence ou prvoyance, qui est la prvision el prordination des moyens en vue d'une Dn. Sainl Thomas dit mme,
q.

Samt Thomas, en

xux,

a.

6,

ibid., ail 1" M| Providentia est prinetpalior inier omnes parles prudentite, quia omnia alia, que requirunlur ad aliquid recte ordi prudentiam, ad hoc necessaria sunt,
:

netur in flnem. El ideo nomen ipsms prudentia sumilur a providentiel, sieut a principaliori sua pai le. .a pi ov idence ou prvoj aine est en effet cet le partie de la prudence qui regarde l'avenir, l'obtention d'une lin, et
i

la plus leve.

\ us ne recommencerons pas
rique
et

ici

cette tude histo-

d'aprs ce qui a t dit a l'article Prdestination, que, quand il s'auit du mode selon lequel Dieu ordonne Infailliblement toutes choses, y compris nos actes salutaires et mritoires, les thologiens sont divises, suivant qu'ils admettent ou non la thorie le la science moyenne, ou la prescience des futoribles antrieure tout dcret divin, propose es molinistes et ls congruistes, a la maMolli a. nire de saint Robert Bellarmin et de Suarez, admettant la science moyenne, nient l'existence des dcrets divins prdterminants e'atifs nos actes libres et salutaires. Les thomistes et la plupart des thologiens qui rejettent la science moyenne adn eltent les dcrets divins prdterminants qui s tendent, disent-ils, jusqu'au mode libre de nos actes salutaires. Noos e reviendrons pas ici sur cette divergence fondamentale, et sur les oppositions secondaires qui en drivent et que nous avons longuement examines
critique.
Il

est clair,

moyens pour l'ob l'homme, c'est une vertu de la raison pratique, qui suppose h. rectification de la volont et de la sensibilit par les vrins morales de justice, de force et de temprance. Au dessus de la prudence et de la prvoyance personnelle, il y a celle i\i\ pre de famille, qui doit pourvoir aux besoins de la famille, et celle du chef d'tat, qui veille an bien commun d'une nation. S'il en est ainsi, en s'levan! des choses humaines aux choses divines que nous ne connaissons pas immdiatement, peut-on dire que la providence est une perfection divine qui ordonne toutes choses au bien de l'univers? Faut-il attribuer Dieu celte vertu de l'intelligence, comme on lui attribue l'amour du bien et les vertus de la volont qui sont la justice et
il

ordonne, prescrit, connue


tenir.

faut, les
1.
('.lie/,

IL

[!,

q,

XL VII I,

a.

la

misricorde?

l'art. Prmotion. Nous les signalerons cependant au cours de cet article, o nous suivrons surtout la doctrine de saint Thomas, selon sa propre terminologie. D'aprs sa mthode de recherche et d'exposition, l'ordre qui nous parait le. mieux convenir est le suivant I. Dfinition nominale de la providence et m:

thode suivre.
les

II.

Les

difficults

du problme

et

diffrentes doctrines relatives la providence 987i. III. Principaux enseignements que la

thologie

trouve dans

990). IV.

Preuve

providence

(col.

l'existence de la attributs divins, a la lumire de l'enseignement de


.

l'criture sur la providence posteriori de l'existence de la 998). Y. Preuve quasi a priori de providence selon la dduction des
a

VI. Nature intime de la providence ce qu'e'le prsuppose du ct de l'intelligence et de la volont divines (col. 101 8i. VIL L'extension de la providence comment s'tend-elle immdiatement a toutis chose-, si infimes qu'elles soient? Vin. L'infaillibilit de la providence et le libre arbitre moI Pli, IX. La providence et le mal 17 La prire et l'abandon confiant a la provi XL La fin du gouvernement
:
:
.

V
21

divin (col.
I.

Il

1.

Dfinition
iv
I

nominale de iv providence et
iu.

Les thologiens scolastiques communment qu'il faut partir du quid nominis lite les questions an til et quidsit. ni fient d'abord le mot providence ou le verbe providert tel qu'on l'emploie communment dans l'ordi es humaine--. Le verbe pronidere sienific a !j r et pourvoir ou ordonner des moyens -ni ion d'une fin ralablement voulue. Les Latins ent communment hir homo bene providel ne quid
1
!

dans la solution de ce problme mthode d'analogie. Il est en effet certain, d'aprs les principes communment reus au sujet des < noms divins , tels que saint 'Thomas les a formuls, I. q. xin, a. 3, 4, , 6, que la providence, comme la bont, la justice, la misricorde, ne peut s'attribuer Dieu univoquement ou de la mme manire qu' l'homme, mais seulement d'une faon analogique, qui comporte des ressemblances el des diffrences. Les agnostiques concderont facilement qu'elle lui est attribuablc selon une analogie mtaphorique, comme on dit par mtaphore que Dieu est irrit, bien qu'on sache qu'il n'y a pas de passion proprement dite, de mouvement de sensibilit, dans l'esprit pur. La question est de savoir si la providence est attribuablc a Dieu selon une analogie non mtaphorique, selon le sens propre ou le signifi formel du mot providence. A ce sujet, il faut noter que le sens propre du mot providence, ordination convenable des moyens une fin obtenir , peut tre sauvegard malgr des diffrences considrables entre la providence divine et la prvoyance humaine, (l'est ainsi que l'tre est attribu proprement Dieu el a la crature, bien que de faons trs diffrentes Dieu est l'tre par soi. la crature n'est tre que par participation. De mme, la science ou sagesse est attribue proprement a Dieu et non pas seulement par mtaphore comme la colre, avec cette trs grande diffrence cependant que la science de lieu est cause des choses, tandis que la ntre est cause plies choses. Non secundum eamdem rationem hoc nomen sapiens de Heo el de liomine dicitur, dit saint Thomas, I, q. xni, a, 5. De mme encore, l'amour de Dieu pour la crature est cause de la bont qui esl en elle, tandis que notre amour suppose la bontou l'amabilit de eux que nous aimons. 1. q. xx. a. 2. Aussi, le [Ve concile du Latran dit-il IuI<t Creatorem et crealuram non est tanla similiiudo, gain sri semper major dissimililudo nolanda. Denz.-Bannw., n. 132. Nous avons longuement montr ailleurs combien cette con< eption est sauvegarde dans la notion thomiste de l'analogie; i. Dieu, son existence et sa nature. 5" d., p. 528-5fi8. (In voit par la (pie dans la question prsente la mthode suivre est celle d'analogie, qui doit noter attentivement les resscm suivre
la
est

La mthode

manifestement

<

*uk

familia: desil; providere oporlel de re /rumenlaria.

blances et

les

diffrences entre la prvoyance

humaine

987
et la

l'KOYI

DENC
i
i

THOLOGIE, LE PROBLME
comme
.',

988

providence <li\in<- pour connatre l'existence el la nature de celle-ci. Voir ci dessous, S VI, col. 1008. sq. II. Les difficults du problme les diffi

RENTES DOCTRINES RELATIVES

LA

PROVIDENCE.

Ces difficults, souvenl formules dans l'antiquit el reprises par plusieurs philosophes modernes, se peu\ enl ramener a celles que menl ionne saint bornas, I a q. xxii, a. 'l, au dbut. S'il v avait une providence, el surtout une providence a laquelle U>ul serait soumis, il n'y aurait plus de hasard, il n'y aurait pas de mal, de si grandes souffrances el de si grandes injustices dans le monde, et mme il n'y aurait plus de contingence ni de libert, car tous les vnements seraient trs sagement et immuablement fixs d'avance de toute ternit. A ces
'l

relatives l'ingale rpartition des biens et des maux en cette vie. Pourquoi le juste lui-mme est-il parfois afflig ici-bas de tant de maux? C'est la question agite dans le livre de Job, comme le note saint Thomas, qui au dbut de son commentaire de ce livre numre les principales opinions plus ou moins errones sur la providence. Il les a classes In 1*^ Sent., dist. XXXIX, q. n, a. 2, qu. 2; voir aussi Sum. theol., I, q. xxn, a. 3; q. cm, a. 6, ad I ; Conf. genl., 1. III, c. lxxvi. Ce sont les suivantes, en partant des plus errones. Les matrialistes anciens, comme Dmocrite et picure, ont videmment ni l'existence de la providence, en dclarant que tout arrive par suite d'une ncessit matrielle et par le hasard, qui serait cause de l'ordre du monde. Cette conception a t reprise sous des formes varies par des volutionnistes modernes, comme Darwin, Haeckel, Spencer, qui ont parl d'adaptations heureuses toutes fortuites au milieu de beaucoup de combinaisons inutiles, et de la survivance des plus aptes. D'autres philosophes, mme parmi les plus anciens, ont admis une providence au moins gnrale pour expliquer ce qu'il y a d'admirable dans l'ordre du monde, dans le mouvement rgulier des astres, dans l'organisme des animaux et des plantes. Cet ordre, ont-ils dit, ne se peut concevoir sans une Intelligence ordonnatrice. Anaxagore disait mme que cette Intelligence doit tre spare du monde, pour diriger et commander . Et Aristote, dans sa Mtaphysique, 1. I, c. m, loue grandement Anaxagore d'avoir parl ainsi L'ordre des choses, dit-il, ne peut avoir pour cause un lment matriel ou le hasard; aussi lorsqu'un homme (Anaxagore) vint dire que cette cause est une intelligence ordonnatrice de l'univers, il apparut comme quelqu'un qui a pleinement l'usage de la raison aprs les divagations de ses devanciers. Cet loge d'Anaxagore, crit par Aristote. montre que celui-ci n'a pas. comme le disent plusieurs historiens, prtendu nier l'existence de toute providence, mme de celle qui s'tend seulement aux lois gnrales de l'univers, aux genres et aux espces. Averros, Met., 1. XI. admit cette providence et prtendait la trouver dans les uvres d'Aristote. Le Stagirite dit la fin du 1. XII Les tres ne veulent pas de la Mtaphysique, c. x tre mal gouverns; or, la multiplicit des gouvernants n'est pas bonne. Et donc un seul chef. Mais Aristote, voyant, nous le dirons plus loin, les difficults du problme, n'a parl que trs rarement de la providence et de faon fort obscure. Sociale, d'aprs les Mmorables, I, iv; IV, ni. el Platon, Rp.,\. VI, 508;l.VII,517;l.X,613;Tim&,c.xxix; Lofs, 1. X, 902 sq., taient sur ce point plus explicites qu' Aristote; ils parlent d'une providence qui ordonne mme les particularits des choses; mais il est difficile de dire ce qu'lail exactement pour eux le dmiurge, quels sont ses rapports avec le Dieu suprme el avec les
:
:

difficults s'ajoutent celles qui sont

le rapporte Grgoire de Nysse, De providentiel, VIII, c. xxxiii, et aprs lui saint Thomas, i a q. xxn, a. certains platoniciens admirent trois prooida La premire tait celle du Dieu suprme qui gouverne premirement et principalement les tres spirituels et, par \nn' di- consquence, l'univers, quant aux gnies, aux espces et aux (auses universelles, aux grands agents gnraux, comme par exemple le soleil. La coude providence tait, pour eux, celle cjui ordonne les choses singulires contingentes et corruptibles; ils l'attribuaient aux dieux intrieurs ou aux substances spares, qui donnent aux corps clestes leur mouvement circulaire. La troisime providence tait, pour eux. celle qui veille sur les choses humaines; ils l'attribuaient aux dmons, qui taient pour eux des tre intermdiaires entre les dieux et nous, comme le rapporte saint Augustin, dans La cit de Dieu, 1. IX, c.
I.
.

et

il.

ces opinions,

il

faut ajouter celle des stociens, qui

admettaient une providence unique, mais dont les prdterminations ne laissaient aucune place au librearbitre. Quant aux manichens, ils prtendaient qu'il y a deux providences celle du dieu bon dont dpendent tous les biens, et celle du mauvais principe, cause de tous les maux. Parmi les philosophes juifs, Maimonide admit une providence gnrale unique, qui n'ordonnait pas absolument toutes choses jusque dans le dtail, mais les genres, les espces, les individus humains raison de
:

leur

me

spirituelle, et leurs actes.

il y a celle de la rvlation, d'aprs laquelle la providence unique ordonne toutes choses jusqu'au moindre dtail, dans l'ordre matriel et dans celui de l'esprit, dans l'ordre de la nature et dans celui de la grce, de telle sorte qu'elle est cause de tout ce qu'il y a de rel et de bon en dehors de

Au-dessus de toutes ces doctrines,

Dieu, sans supprimer la contingence et la libert, et elle ne permet le mal qu'en vue d'un plus grand bien. Par rapport au libre arbitre de l'homme, des philosophes, comme Cicron. parmi les anciens, et les libertistes Lequier et Secret an, chez les modernes, ont prtendu que la providence ne saurait infailliblement prvoir nos actes libres sans que notre libert soit dtruite. En revanche, des hrtiques, comme les prdestinatiens et plus tard les protestants, ont soutenu que la providence, qui s'tend infailliblement nos moindres actes, accorde ou n'accorde pas, depuis la chute de l'homme, une grce infailliblement et de soi efficace qui est inconciliable, selon eux, avec la libert. C'tait renouveler d'un autre point de vue le dterminisme enseign autrefois par les stociens. La doctrine rvle s'lve comme un sommet au milieu et au-dessus de ces deux positions extrmes La providence s'tend infailliblement tout, mme nos
:

sans pour cela dtruire leur libert, ni aucune faon cause du mal moral. Les principales difficults mtaphysiques du problme apparaissent mieux par l'opposition des doctrines que nous venons d'numrer; ce sont, semble-til, ces difficults, entrevues par Aristote, qui l'ont port une si grande rserve au sujet de l'affirmation de l'existence de la providence. Bien qu'il ait admirablement montr Physique. 1. II) l'ordre et la finalit de la nature; bien qu'il ait trs exactement formul (ibid.) Tout agent agit pour une le principe de finalit fin ; bien qu'il ait fait un grand loge d'Anaxagore qui expliquait l'ordre du monde par une Intelligence spare, cause de cet ordre; bien qu'il ait affirm que Dieu est acte pur, ternel, immuable, suprme intelactes libres futurs,
tre en
(
:

ligence et souverain bien qui attire tout soi, lorsqu'il s'agit de la providence, a part quelques paroles fort obscures, dont quelques-unes semblent plusieurs contenir une; ngation,
il

dmons

dont

parlait

quelquefois

Sociale.

Aussi,

garde

le

silence.

PROVIDENCE. rHOLOGIE. LES DONNES SCRIPT1 RAIRES


1

990

arriver
le

pour qui n'a pu celle cl a raison parat en i't .; l'ide explicite de cration ea nihilo, l'action
i

<

duit plusieurs philosophes

nier

que

la

providence

Dieu ad ex/m
Il

est

chose

fort

philosophique.

a fallu

du temps,

obscure au point de vue mme a la lumire

s'tende Infailliblement aux choses singulires, .i nos actes particuliers, il importe de relever spcialement dans le Lmoi |nage de la rvlation ce qui S'Oppi
cette conception errone
lll x Principaux enseignements qui OU i;oi V DANS L'CRITURI SUR LA PROVIDENCE. Nous nous plaons moins ici au point de vue de l'ex
1 1

rvlation, pour ijiu- les thologiens arrivent dire que cette action de Dieu ad extra est formellement immanente et virtuellement transitive i n"il peut \ avoir un
,

ii-

action divine, bien qu'elle soit

elle

mme

ternelle, ita ut sit novitas

/,'

nooi-

nmnie lit en substance saint l'homas, '., I. II. c. xxxv. et I, q. xxv, a. 1, ad :>"">. Il tait iu>n moins diflicile de concevoir qu'une action divine prtt tre libre, et mme souverainement libre, que ft compromise pour cela V immutabilit divine, sans que cette action libre ft en Dieu quelque
de surajout son essence fort obscur et inexplor pour Aristote, bien une plusieurs principes formuls par lui continssent virtuellement la doctrine de la cration et celle de la providence, comme le montre saint N'ayant Thomas, 1*. q. \liv, et q. \i\. a. 1. pu l'ide explicite de cration, il ne parvenait pas a evoir comment Dieu, dont la connaissance ne peut \e ou dpendante a l'gard des choses, les con nait. On se rend mieux compte des difficults mtaphysiques du problme, quand on lit. parmi les propositions condamnes de l'averrosme latin, celles qui sont relatives la cration et la providence. Voir Denifle

do contingent
l'ont

et

cela restait

de. expose plus liant qu' celui du hl Aux v eux de ce dernier, lorsqu'il rapproche les textes de l'Ancien est anient relatifs la providence, la doctrincquiv est contenue peut se rsumer en (es points fondamentaux la providence un iverselle el infaillible ordonne au bien toutes choses |usque dans les moindres dtails; elle est pour nous ins manifeste, parfois clatante, mais en certaines de ses voies elle demeure absolument insondable.
:

'-'.

.">.

son extension clairement enseigne dans l'Ancien Testament. Le livre de la Sagesse l'affirme a plusieurs reprises; il suffi) de rappeler ici les textes principaux Dieu est le crateur des grands et des petits et il pi end soin des uns coin me des aut les. l.a Sagesse atteint avec force Sap., VI, 7. d'une extrmit du monde a l'autre et dispose tout avec douceur. Nous avez tout rgl, Ibid., vin, l. Seigneur, avec mesure, avec nombre cl avec poids. as d'autre Dieu que vous, qui 11 n'v a Ibid., xi, 20. prenez soin de toutes choses alin (le montrer que vous
1 L'universalit de
la

providence

et

toutes choses si

minimes

qu'elles soient est

latelain, Chartul. universitatis Paris.,


is
]

t.

i.

p.
:

546-

Deus
acterr

est

condamnes en 1277), rop. 58 Quod causa necessaria prima intelligenliie : qua


et

posila ponitur effectus

sunt simul duratione (id

est

ab

rop

Quod primum principiumnonesl


nisi melaphorice, quia conser-

proprie co
vt ea. id est. quia ni

rum,

non

ss< ni;

prop. 43

primum principium non

potesl esse causa diver-

sorum faclorum hic inferius, nisi mediantibus aliis cauquod nutlum transmutons dirersimode transmutt, nisi transmututum. Voir aussi dans la Somme tl.ologique de saint

n'avez rendu aucun jugement injuste. lbid.,xu, 13. L'auteur de la Sagesse donne un exemple frappant, celui (ies hommes, qui, en cas de naufrage, confiant leur vie un bois fragile, traversent les vagues sur un radeau et ((happent a la mort . Ibid., xiv, 1-5. Mises dans leur contexte, ces simples paroles sur la confiance en Dieu de (eux que porte un radeau affirment plus clairement que toutes les uvres de Platon et d'Aiis tote l'existence de la providence divine qui s'tend
toutes choses, si minimes qu'elles soient. La mme affirmation se trouve dans l'Ancien Testament chaque fois qu'il est question de la prire, car celle-ci se fonde sur la crojanec la providence, elle la reconnat pratiquement et elle coopre son action, du fait que la volont de celui qui prie se met l'unisson de la volont divine pour obtenir les dons de Dieu. C'est particulirement frappant en certaines prires,
(elle de Judith invoquant le Seigneur avant de Assistez-moi, je rendre au camp d'I lolophernc vous prie, Seigneur, mon Dieu, secourez une veuve. Ces! vous qui avez opr les merveilles des temps anciens et qui avez form le dessein de celles (fui ont suivi, el elles se sont accomplies arce que vous l'avez voulu. Toutes i-os voies si ni traces d'avance, et vous un: dispos ros jugements i>ar votre prvision... Vous avez toujours eu pour agrable la prire des hommes humbles et doux. Dieu du (ici, crateur des eaux el Beigneur de toute la cration, exaucez-moi, malheu reuse, qui vous supplie et qui mets ma confiance en Judith, ix. 1-17. Avec la provivotre misricorde. dence, son universelle extension, la rectitude de ses voies est affirme, ici et dans le contexte, la libert de l'lection divine a L'gard du peuple on devra natre le Sauveur. Mais de quelle manire tout es choses ont-elles
se
: i

Thomas,

a
.

q.

xivi.

a.

1.

les

objec-

ire la cration libre et

non ab terno; ce

sont celles qui taient proposes par les averrostes comme V'_er de Brabant, lesquels prtendaient s'apsur Aristotc. A es difficults gnrales relatives la libert divine et a tout.- action divine ad extra s'ajoutent ici (elles qui touchent plus directement la providence infaillible, surtout telles qui sont relatives au libre arbitre de l'homme et (elles qui naissent a la vue du mal physique
et

comme

du mal moral

saint

Thomas.
b

1.

piens
his

frquent ici-bas. Comme s'objecte objectio 2: Omnis saicludil dejectum et malum quantum posi

q. xxil, a. 2,

mata

in rebut esse.

ram

habrt.

gerit. Videmus autem nuitta Aut igitur Deus non potest ea imperwn est omnipotens ), aut non de omnibus cus'il y a tant de mal dans le monde, n'est-ce ie que Dieu est impuissant a l'empcher ou

quorum curam

qu'il n'a pas

sujn de toutes les choses particulires, mais seulement de l'application des lois gnrales de

l'unr

la

difficult

qu'examine loneuement

trouve nonce et la dans des livres inspirs, iment dans |- livre de .lob et dans il qui constate que l'innocent reste parfois sans dfense en\ ieux et qui conclut poinla

On

t ainsi ordonnes? 2 L'infaillibilit de la providence l'gard de tout qui arme, mime l'gard de nos actes h l>rrs prsents

<<

et

tant

1-

bien fait et (pie l'homme rains lieu et obsci \ que doit tout homme. Car
1

futurs, n'est pas moins clairement affirme dans l'An cien Testamenl que son extension universelle, il faut

jugement, au sujet de
soit

tout ce qui
sont

ii.

mal.

Eccl., xit,

manifestement ces

difficults qui oui

con-

surtout citer ce sujet dans le livre d'Esther, xur, 9 c. iv la prire de Mardoche, qui implore le secours de Dieu contre Aman et les ennemis du peuple lu Seigneur, Seigneur, roi tout-puissant, Je vous invoque, cai toutes choses sont soumises votre poui.
:

;i

991
voir, et

PROVIDENCE. THOLOGIE, LES DONNES SCRIPTURAIRES


commun
saurait

992

n'est personne qui puisse faire obstacle il votre volont si vous ave/, rsolu de sauver Isral. C'est vous qui ave/, lait le ciel cl la II ire et toutes les merveilles <|ui sont sous le ciel. Nous des le seigneur <lc le, u les choses, et nul ne peut VOUS rsister, a vous, le Seigneur!... Dieu d'Abraham, ayez piti de votre peuple, parce que nos ennemis veulenl nous perdre... Exaucez ma prire!... Changez noire deuil en joie, afin que, conservant la vie, nous clbrions votre
ibiit., XIV, 12-19, en ces circonstances n'est pas moins mouvante et elle affirme mieux encore l'infaillibilit de la provi dence l'gard mme des actes libres des hommes, car elle demande que le cur du roi Assurus soit chang, Je n'ai d'autre secours que vous, et elle l'obtient Seigneur. Vous connaissez toutes choses, et vous savez que je liais la splendeur des mchants...; dlivrez nous de leurs mains et tirez-moi de mon angoissi ... Et, de Dieu fait, comme il est dit un peu plus loin, xv, changea la colre du roi Assurus en douceur ; celui-ci ne tarda pas ensuite se rendre compte de la perlidie d'Aman et il l'envoya au supplice, en donnant aux Juifs pour se dfendre contre leurs ennemis l'appui du pouvoir. Voir aussi dans Daniel, xiii, 42, la prire de Suzanne et comment elle fut exauce. On voit par l que la providence divine s'tend

nom! La

prire de la reine l'.slher,

mmes

plus ou moins explicitement exprime, on ne concevoir la prudence ci la prvoyance humains, ni la providence divine. Cette remarque sur la distinction de l'ordre d'intention et de celui d'excution est d'une importance souveraine lorsqu'il s'agit de la fin de l'univers corporel et spirituel. Et il est de toute vidence que cette distinction, sans laquelle on nail concevoir ni la prudence, ni la providence, est bien antrieure a saint Thomas; elle se trouve dj explicitement dans l'criture, sans y tre videmment formule de la manire technique qui est courante chez h-s thologiens, (/est ici que l'on voit que les vrits les plus hautes sont des vrits lmentaires scrutes, approfondies par la mditation et devenues objet de contemplation. 3 A quelle fin la providence universelle et infaillible u-l-elle ordonne toutes choses, selon l'Ancien Testament? Les Psaumes, sans nous donner encore toute la lumire qui nous viendra de l'vangile, disent souvent que Dieu ordonne toutes choses au bien, la manifestation de sa bont, de sa misricorde et de sa justice; qu'il n'est nullement cause du pch, mais qu'il le

permet pour un plus grand bien, assez souvent cach. La providence apparat ainsi comme une vertu divine
toujours unie la justice et la misricorde,

comme,

infailliblement, non seulement jusqu'aux vnements extrieurs les plus particuliers, mais jusqu'aux secrets des curs et aux actes libres les plus intimes, puisque, la prire des justes, elle change les dispositions intrieures de la volont des rois. Socrate et Platon ne se sont jamais levs des vues si hautes et des certitudes si fermes sur le gouvernement divin. Il y a dans l'Ancien Testament bien des textes semblables sur lesquels ont souvent insist saint Augustin et saint Thomas. On lit dans le livre des Proverbes, xxi, 1 Le cur du roi est comme un cours d'eau dans la main de Jahv, il l'incline partout o il veut. Toutes les voies de l'homme sont droites ses propres yeux, mais celui qui pse les curs, c'est Jahv. Le livre de l'Ecclsiastique, xxxiii, 13, dit aussi Comme l'argile est dans la main du potier et qu'il en dispose selon son bon plaisir, ainsi les hommes sont dans la main de celui qui les a faits, et il leur donne selon son jugement. De mme encore, Isae, xiv, 24, dans ses prophties contre Jahv, Dieu des annes, a jur les nations paennes en disant Oui, le dessein qui est arrt s'accomplira et ce que j'ai dcid se ralisera. Je briserai Assur dans ma terre... et son joug sera t de dessus mon peuple. C'est l, ajoute le prophte, la main qui est tendue contre les nations. Car Jahv, Dieu des armes, a dcid, et qui l'empcherait? Sa main est tendue, et qui la dtournerait? Toujours sont aTirmes la libert de l'lection divine, l'universalit et l'infaillibilit de
: : : :

dans l'homme vertueux, la vraie prudence ne peut jamais tre contraire aux vertus morales de justice, de force, de modration, mais est connexe avec elles. La connexion des vertus ne peut exister en sa perfection souveraine qu'en Dieu. Trs souvent, dans les Psaumes, reviennent des paroles comme celles-ci Tous les sentiers de Jahv sont misricorde et vrit. Ps., xxiv, 10. Toutes ses uvres s'accomplissent dans la fidlit. Il aime la justice et la droiture; la terre est remplie de sa bont. Ibid., xxxii, 6. Conduis-moi dans ta vrit et instruis-moi, car tu es le Dieu de mon salut, tu es tout le jour mon esprance. Souviens-toi, Seigneur, de ta misricorde et de ta bont, car elles sont ternelles. Ne te souviens pas des pchs de ma jeunesse ni de mes transgressions. Souviens-toi de moi selon ta misricorde, cause de ta bont. Ps., xxiv, 4. Jahv est mon pasteur; je ne manquerai de rien... Il restaure mon me, il me conduit dans les droits sentiers, cause de son nom. Mme quand je marche dans une valle d'ombre de mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ta houlette et ton bton me rassurent...
:

1-5. En toi. Seigneur, j'ai plac mon refuge espoir; que jamais je ne sois confondu!... .Mes destines sont dans ta main dlivre-moi de la puissance de mes ennemis! Fais luire ta face sur ton serviteur, sauve-moi par ta grce... Qu'elle est grande ta bont pour ceux qui te craignent et qui esprent en toi; tu les mets couvert, dans l'asile de ta face, contre les machinations des hommes et contre les langues qui

Ps.,

xxn,

et

mon

la

providence descendant aux moindres dtails et aux

actes libres des

hommes.

citer

dans les textes d'Isae que nous venons de dans beaucoup d'autres, il est nettement affirm que Dieu de toute ternit veut certaines fins,
plus,
et

De

comme

le

salut d'Isral, et qu'il dcide ternellement

d'employer certains moyens qui seront infailliblement raliss dans le temps pour obtenir la fin pralablement voulue. Ainsi, le prudent ou le prvoyant veulent d'abord la fin. puis dterminent les moyens et les emploient, de telle sorte que la fin, qui est voulue d'abord, n'est obtenue qu'en dernier lieu le maon ne construit un mur que s'il s'est d'abord propos de le construire, et, pour aller tel endroit, il faut d'abord avoir voulu y aller. C'est cette vue de sens commun que des philosophes comme Aristotc expriment eu disant La fin, qui est premire dans l'ordre d'intention, est dernire dans l'ordre d'excution. Sans celte vue de sens
:
:

attaquent. Ps., xxx, 1, 16, 20. providence est ainsi absolument universelle, s'tendant aux moindres dtails, si elle est en mme temps infaillible et ordonne toutes choses au bien, elle doit tre trs manifeste pour ceux qui veulent voir. D'o vient donc que ses voies sont souvent impntrables pour les justes eux-mmes? L'Ancien Testament touche plusieurs fois ce grand problme. 4 La providence est la fois pour nous trs manifeste et, en certaines de ses voies, absolument insondable. Considre en gnral, la providence, selon la Bible, est vidente, soit par l'ordre du monde, soit par l'histoire du peuple lu, soit par ce qui constitue l'ensemble de la vie des justes ou de celle des impies. L'ordre du monde, disent les Psaumes, proclame l'existence d'une intelligence ordonnatrice Les deux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l'uvredeses mains. 1 1' s., xvm, 2. C'est lui qui couvre
les

Si la

PROVIDENCl
les

rHOLOGIE, LES DONN]

ES SCRIPT1

RAIRES

994

deux de nuages,
fait crotre

qui

nourriture aux
orient vers lui. Insenss sont

qui prpare la pluie poui la terre, l'herbe sur les montagnes, qui donne la troupeaux, aux petits du corbeau, qui
Ps.,
les

a Dieu ont pass,- par

cxlvi, 7; cf. Job, xxxviii, II. nui ont Ignor Dieu, qui n'ont pas su, par les biens visibles, s'lever a la con nue U celui qui est; ni par la considration de uvres, reconnatre l'ouvrier. Us sont Inexcusables, car s'ils ont acquis assez de science pour chercher a connatre les lois du monde, comment n'en ont-ils pas connu plus facilement le Seigneur? iSap., xm, et s. La providence n'est pas moins manifeste dans l'histoire lu peuple lu, comme le rappelle en particulier le psaume cxiii, In exitu Isral de JSgypto : Quand Isral sortit de l'Egypte..., la mer le \it et s'enfuit... Tremble, terre! devant la face du Seigneur, devant la f.n e du Dieu de Jacob, qui change le rocher en tang et le roc en source d'eau vive... .'aine s'est SOUV6DU de nous il bnira la maison d'Isral... il bnira ceux qui la craignent, les pthts et les grands... Dans l'ensemble de la \ie des justes, la providence se montre aussi par la rcompense souvent visible qu'elle leur accorde Heureux l'homme qui craint le ur. qui met toute sa joie a obser\er ses prcepSa postrit sera puissante sur la terre, la race des justes sera bnie. I.a lumire se lve dans Us tnbres pour celui qui est misricordieux et juste... Son (dur erme, confiant dan-- le Seigneur, son cur est inbranlable; il ne craint pas ce (pie ses ennemis peuvent

beaucoup d'afflictions en domeu rarit fidles... Ne nous laissons donc pas aller a l'inip.i LieilCfl a cause des maux (pie nous souillons. Mais ostl mous que ces tourments, moindres que uns pchs, sonl

hommes

les vorges dont le Seigneur nous chtie pour nous amender, et croyons que ce n'est pas pour noire perte il v qu'ils nous sont envoys, a dans ce beau texte deux choses assez diffrentes au dbut, il est question des tribulations envoyes aux justes eux mmes, et aux meilleurs d'entre eux. tous ceux qui plaisent a Dieu pour les prouver et les faire grandir dans arriva pour Abraham s'ap l'amour de Dieu, connue prtant a immoler son liis. a la tin de ce mme texte, s'agit des souffrances qui sont un chtiment. Tobie il l.e Seigneur nous a (Inities a cause de dit de mme nos iniquits, el nous sauvera a cause de sa misri:

il

il

corde.
l.e

ob.,

mu.

I.

lui

faire:

il

seine l'aumne,

il

donne
Ps., cxi.

l'indigent; sa

Justice subsistera jamais...

Seigneur apparat mme dans le-- Psaumes comme la providence de-- malheureux Il relve le malheureux de la poussire; il retire le pauvre du fumier pour le faire asseoir avec les princes, avec les princes do son peuple. l's.. c.xn. 7. Par contre, la malice des impies reoit dj son (b La timent, et souvent mme un chtiment visible

Le

problme des souffrances des justes fait parti entirement l'objel du livre de .lob. O est considre le mystre de la rpartition du bonheur et du malheur en celle vie Lorsque /' malheur /nippe l'homme sur aile terre, est-ce toujours ii cause le ses pchs? I.es amis de lob l'affirment, Job le nie. Comme h; remarque saint Thomas dans son commentaire sur ce livre de l'Ancien testament, les amis de .lob ne pensent pas la vie future, ils cioient que, ds maintenant, avant la mort, le juste doit tre rcompens, el lemchanl puni. Job. au contraire, figure du Christ, est comme lev par une inspiration suprieure vers le mystre de l'audel, (pie nous a fait entrevoir le prologue du livre. Il rpond, xix, t> Sachez en lin (pic c'est Dieu qui m'opprime... Avez, avez piti de moi, car la main de Dieu m'a trappl... Ohl qui me donnera que mes paroles soient crites.... graves pour toujours dans le roc! .le sais <pie mon vengeur est vivant et qu'il se lvera
:

le

voie des mchants est comme les tnbres, ils n'aperoivent pas ce qui va les faire tomber. Ps.. iv. 14. Se .neur se rit du mchant, car il voit que son jour arrive. Ps xxxvi. 12. Le mal tue le mchant,
I

>

et les

ennemis du juste sont chtis. Ps.. xxxm, 32. Dieu retire aux impies sa bndiction, tandis qu'il vient au secours de ses serviteurs. arfois mime de
:

faon extraordinaire, comme il dit lie Dirige-toi l'Orient et cache-toi au torrent de Carith.... j'ai commande aux corbeaux de te nourrir l... III Reg.,
:
-

xvii, 3.
Si la providence tst ainsi manifeste dans ce qui constitue l'ensemble de la vie des justes et de celle des

impies, elle reste ((-pendant insondable en plusieurs de ses voies, surtout en certaines voies trs suprieures comme celles dont parle Paie en annonant les souffrances du Sauveur ou du serviteur de Jal v. Is.. lui. La mme prophte dit aussi . Invoquez Dieu endant
:

qu'il

Seigneur, n es pen^ pas vos penses, et vos voies ne sont pas mes voies. Autant les cieux sonl levs au dessus de la terre, autant mes voies sont leves au dessus de vos voies, et ^ au-dessus de vos ensces. xxv, 7. dit de mine la justiie.
le
|
i

en

est

temps

encore... Car, dit

ents Ce qui [

comme les montacnes comme le vaste abime.

inaccessibles, tes
e sonl
les

ar.tit

le

plus d< on< citant.

-ouf
:

m. m- ourlant est doi nce tribulations atteignent le juste, n as le Sei|

ir

l'en

dlivre toujours.

Ps.,

xxxm, :
I

Si

pres, dit Judith, vin. 21. ont d prouvs al n l'on connt s'ils servaient vritablement leui

que
eu.

prouv ar d( nombreuses ii In. et ii est devenu l'ami de Dieu. I e nin.e Itaac, de mime Jacob, de mime Mose et tous (eux qui ont plu
fut
i

diam

dernier sur la poussire. Alors, de ce squelette revtu de ma peau, de ma chair, je verrai Dieu. Moimme, je le verrai. Mes yeux le verront, et non un autre; mes reins se consument d'attente au dedans de Pourquoi moi. Vous direz alors le poursuivionsnous? et la justice de, ma cause sera reconnue. Aprs ce sublime cri d'esprance, Job maintient, xxv m-xxxi, que le malheur ici-bas n'est pas toujours le chtiment d'une vie criminelle. Il ignore, dit-il, la raison de ses souffrances; mais cette raison, Dieu la connat dans sa sagesse, qui reste insondable pour l'homme. Il finit ainsi par rduire au silence ses interlocuteurs, sans cependant trouver lui-mme le mot de l'nigme. Dict. de la liible, art. Job, col. 1560. A la fin du livre, le Seigneur lui-mme, sans discuter, rpond en taisant passer sous les veux de Job un tableau magnifique des uvres de la cration, depuis les toiles du ciel jusqu'aux effets les plus admirables de l'instinct des animaux, xxxvm-xxxix. On a dit que cette rponse divine ne touche, pas au ct philosophique del ipi est ion agite. En ralit, elle montre que Heu ne fait rien que pour le bien et que, s'il y a un ordre si admirable dans les choses sensibles, plus forte raison il doit v avoir un ordre bien suprieur dans les choses spirituelles it morales, quoiqu'il reste parfois bien obscur pour nous, a cause de son lvation mme. Pet fortiori se retrouvera dans l'vangile, dans le sermon sur la montagne Regardez les oiseaux du ciel ils ne sn.enl ni ne moisson nent... Le Pre cleste les nourrit. Ne valez vous pas beaucoup plus qu'eux? Matth., vi, 26. e moi de l'nigme se trouve dans le prologue du livre de Job, dans ce que le Seigneur a dit a Satan: Il n'y a pas d'homme comme .lob sur la terre, Intgre et droit, craignant Dieu et loign du mal. i. 8. A quoi Satan rpond Est-ce gratuitement que .lob craint Dieu'.'... Il a lou' en abondance... mais tends la main, touche a ses b.ens.el l'on verra s'il ne le maudit pas en la' . 1 1, il. Le Seigneur dit alors a Satan .le te livre
: I
:

Drcr. nr. tihol. cathol.

T.

XIII

32.

99J
t

PROVIDENCE, THOLOGIE, LES DONNES SCRI PTURA1 RES


lui
lui.

996

appartient; seulemenl ne porte p;is la Ces paroles font penser celles ci de Notre-Seigneur Pierre avanl la passion Simon, Simon, voici que Satan vous a rclams pour vous cri bler comme le froment, Luc, wn. 31. Ce c. i" lu livre de Job claire le livre toul entier; mais Job luimme ignore ce que le Seigneur a <lil Satan el ce qu'il lui a permis de faire. Ce sont la prcisment les voies caches le la providence l'preuve des justes. E1 le Seigneur, la lin du livre, conclu) en disant aux amis Ma colre esi allume contre vous parce que de Job vous n'avez pas parl de moi selon la \rii, comme l'a l'ail mon serviteur Job... Offrez pour vous un holo causte; Job, mon serviteur, priera pour vous, el c'est par gard pour lui seul que je ne nous traite pas selon
oui ce qui

main sur

Pre cle te les nourrit. Ne valez-vou pas beaucoup plus qu'eux?... Votre Pre cleste sait ce dont vous avez besoin. Cherchez premirement le royaume de Dieu et sa Justice, et tout cela vous sera donn par Mat th., wi, surcrot... A chaque jour sullit sa peine.

Les exemples donns ici par Notre Seigneur monque la providence s'tend a toutes choses et donne a tous les tres ce qui leur convient, selon leur
trent

vol re folie.
dit

xlii, 7-8.

nature. Si elle pourvoit a ce qui est ncessaire aux oiseaux, combien plus a ce qu'il faut a une me spirituelle et immortelle, qui a une lin incomparablement Suprieure a celle de l'animal. Jsus ajoute que celte assistance se fera plus partiNe culirement sentir au moment le la perscution craignez pas ceux qui tuenl le corps et ne peuvent tuer
:

par le prologue, o il est Seigneur avait permis au dmon d'prouver son serviteur Job, intgre et droit et loign du mal . La conclusion est donc manifeste dj dans l'Ancien Testament, avant la lumire de l'Evangile Dieu envoie des tribulations aux hommes, non seulement les pour les punir de leurs pchs, mais aussi pour prouver comme l'or dans la fournaise et faire granle livre s'claire ainsi
le
:

Tout que

l'me; craignez plutt celui qui peut perdre l'me et le corps dans la ghenne. Deux passereaux ne se vendent ils pas un as? Et il n'en tombe pas un sur la terre sans la permission de votre Pre. Les cheveux mmes de votre tte sont tous compts. Ne craignez donc

dir leurs vertus. Cf. Eccli., u, 1-10. C'est la purification de l'amour. Par l s'clairent en partie ds l'Ancien

Testament les voies caches de la providence. Cependant, celui ci ne parle gure que d'une faon voile et symbolique du bien suprieur auquel sont
preuves des justes. Il le fait surtout en gloire de la nouvelle Jrusalem. On lit dans Isae, i.x, 19 Le soleil ne sera plus ta lumire pendant le jour, et la lune ne t'clairera plus de son flambeau; Jahv sera pour toi une lumire ternelle, et ton Dieu sera ta gloire... et les jours de ton deuil seront achevs. Cf. Is., lxv, 18. Le livre de la Sagesse, m, 1, dit aussi Les mes des justes sont dans la main de Dieu, et les tourments ne les atteindront pas. Aux yeux des insenss, ils paraissent tre morts, et leur sortie de ce monde semble un malheur et un anantissement mais ils sont dans la paix... Leur esprance est pleine d'immortalit (les justes de l'Ancien Testament devaient aprs la mort attendre aux limbes que le Rdempteur leur ouvrt les portes du ciel). Aprs une lgre peine, ils recevront une grande rcompense; car Dieu les a prouvs et les a trouvs dignes de lui. Il les a purifis comme l'or dans la fournaise et les a agrs comme un parfait holocauste. Au jour de leur rcompense, les justes brilleront, semblables la flamme qui court travers les roseaux. Ils jugeront les nations, et domineront sur les peuples et le Seigneur rgnera sur eux jamais... Car la grce et la misricorde sont pour ses saints, et il prend soin de ses lus. Et de mme, v, 15: Les justes vivent ternellement; leur rcompense est auprs du Seigneur, et le Tout-Puissant a soin
les

vous tes de. plus de prix que beaucoup de paspoint sereaux. Matth., x, 28 sq. Ces dernires paroles n'affirment pas moins VinjailUbilit de la providence l'gard de tout ce qui arrive que son universalit. Cette infaillibilit s'tend manifestement, selon l'vangile, aux secrets des curs et Un de vous me trahira nos actes libres futurs
: : .

dit Jsus. Matth.. xxvi, 21; cf. Joa., VI, (il;

un,

11.

ordonnes
dcrivant

la

Il annonce Pierre son reniement, il prdit des perscutions, et, s'il connat avec certitude ces futurs contingents, plus forte raison le Pre cleste les connatPrie ton Pre Il nous dit aussi il infailliblement. qui est dans le secret, et ton Pre qui voit dans le Matth., vi, (i. La prire suppose secret te le rendra. que la providence s'tend nos moindres actes Si
:

vous, tout mchants que vous tes, vous savez donner de bonnes choses vos enfants, combien plus votre Pre qui est dans les cieux donnera-t-il ce qui est bon ceux qui le prient. Matth., vu. 11. Comment Dieu ne ferait-il pas justice ses lus qui crient lui nuit et jour; comment tarderait-il leur gard? Luc,
xviii, 8.
L'infaillibilit

de la providence est

lie

la toute-

puissance

nais et elles nelle, el elle, ne priront jamais, et nul ne les ravira de les a donnes, est plus Pre, qui main.

Mes brebis entendent ma voix: je les conme suivront. Et je leur donne la vie ter-

ma

Mon

me

d'eux. Tel est dj assez clairement exprim dans l'Ancien Testament le bien suprieur auquel la providence divine ordonne toutes choses, en particulier les preuves des justes. C'est la Tin du gouvernement
divin. 5 Tous ces enseignements que le thologien trouve dans l' Ancien Testament sont beaucoup plus clairement encore
le NoilDeau. Il nous apprenti surtout bien mieux quel bien suprieur la Providence ordonne toutes choses. - Notre-Seigneur dans l'vangile lve les mes la contemplation du gouvernement divin, en nous rendant attentifs l'ordre admirable qui exisle dans les choses sensibles el en nous faisant entrevoir que, a plus forte raison, il doit y avoir un ordre providentiel dans les choses spirituelles, ordre beaucoup plus beau, salutaire et imprissable. Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sment ni ne moissonnent.... et votre

dans

ne peut les ravir de la main de mon l're. Joa., x, 27. Ces paroles touchent le mystre de la prdestination infaillible, qui est, raison de son objet, bipartie la plus haute de la providence. L'vangile dit clairement que tout, mme la perscution, concourt au bien de ceux qui aiment Dieu Heureux ceux qui soutirent perscution pour la jusMatth., v, 10. tice, car le royaume des cieux est eux. C'est la pleine lumire que faisait entrevoir le I. Il des Machabes, vu. 9, o l'un de ces martyrs, au moment Sclrat que tu es. tu d'expirer, dit au perscuteur nous tes la vie prsente, mais le Roi de l'univers nous ressuscitera pour une vie ternelle, nous qui mourons pour tre fidles ses lois. De mieux en mieux apparat le but suprme vers lequel la providence ordonne toutes choses. Saint Paul l'exprime en disant Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appels selon son ternel dessein. Nulle crature n'est Rom., vin, 28. U dit aussi cache devant Dieu, mais tout est nu et dcouvert aux yeux de celui qui nous devons rendre compte.

grand que tous,

et nul

Hebr.,

i\.

Ci.

Cependant, si le Nouveau Testament montre beaucoup mieux (pie l'Ancien le but suprme du gouvernement divin, il n'affirme pas moins que certaines voies

PRO>
e
la

ii

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LA

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IV.

l.

POSTE RIORI

998

providence restent absolument Impntrables. ces voies, il \ .1 le mystre de la rdemption, due de la douloureuse passion et de ses suites, c'est ses mystre que Jsus ne rvle que progressivement aptres, au fur el a mesure qu'Us le peuvent porter, mystre <|ui les dconcertera, malgr ces prdictions, au moment o il s'accomplira. C'est le mystre de la ^ qui doit se retrouver dans la vie lu chrtien; est aussi celui de l'lection divine et du salut. a Paul insiste sur tes voies mystrieuses <l>' la Nous prchons le Christ crucifi, scan providence date pour les Juifs et folie pour le* paens, mais puis tance de Dieu et sauesse de Dieu pour ceux <pii oui appels, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage el la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Ce que le monde tient pour insens, c'esl ce que Dieu .1 choisi pour confondre les sages, et ce que le monde lient pour rien, c'est ce que Dieu a choisi pour mire les forts... aiiu que nulle chair ne s,> glorifie Cor.. 1, 23-29. Il a choisi la croix devant Dieu. comme moyen de salut; il a choisi les douze aptres parmi de pauvres pcheurs de Galile, et c'esl par eux qu'il a triomphe tlu paganisme et qu'il a converti le inonde a l'vangile, au moment mme o une grande

PREUVl

Parmi

PROVIDl

.1

leurs de la

POSTERIORI Dl L'EXISTENCl DE LA La thologie doll descendre des ban rvlation donl il v iciil d'tre parl pour
v
.

.1

|Uger, sous la lumire d< la loi. de la valeur de la preuve rationnelle de l'existence de la providence qui se ne de l'ordre du monde. C'est la plus populaire des preuves de l'existence de Dieu. Facilement accessible a la raison naturelle, elle peut tre toujours approfondie par la raison philosophique ei. tendue de l'ordre phv Slque a l'ordre moral, elle peut conduire a la plus haute contemplation. Elle se trouve exprime dans le ps. xviii, 2 les deux Ce// enarrant gloriam Dei, racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce lu uv re de ses mains Voyons d'abord le fait qui est le point de dpart de la preuve, nous verrons ensuite le principe qui permet de s'lever de ce fait jusqu' l'existence de la provi
t
:

deuce. I" Le fait. nature. chez

Il

consiste en ceci qu'il v a dans la


rires

des

dpourvus

d'intelligence,

des

s'est montre infidle. mystre dont parle saint Paul dans l'pttre aux Romains, i\. R-29. Dieu, dit-il, peut, sans tre

partie d'Isral
-t

l le

veut. C'est librement qu'il a il autrefois un peuple parmi les autres, qu'il a choisi Set h de prfrence a (..un. puis \o. puis Sem de prfrence a ses deux frres, puis Abraham. Isaac de prfrence a Ismal, finalement Jacob. Maintenant. librement qu'il appelle les gentils et permet l'loiJe ne veux pas. ptement d'une partie d'Isral
injuste, prfrer qui
>i
:

moyens admirablement ordonns ii des fins. Cela se voit, dit saint Thomas, I, q. H, a. 3, car ces tres depourv us d'intelligence, cou mie les a si res. les plantes, les animaux, agissenl toujours ou du moins le plus souvent pour produire ce qu'il v a de mieux. La finalit OU l'ordre apparaissent dj dans l'attraction universelle des corps ordonne la cohsion de l'univers, dans le mouvement de translation du soleil qui entrane avec lui tout son systme, dans le double mouvement de la terre, celui de rotation autour de son
1

que vous ignoriez ce mystre... Une partie ll est tomhe dans l'aveuglement jusqu' ce que la masse cls gentils soit entre... mais, eu gard au choix divin, les enfants d'Isral sont aims a cause de
frres,

leur- pres... et ils obtiendront misricorde... O profondeur inpuisable de la sagesse el de la science de >ieu igements sont insondables et ses raies incomprhensibles! Car qui a connu la pense du Seigneur, ou qui a t snn conseiller? Qui lui a donn le premier, pour qui! ait a recevoir en retour? De lui. par lui et pour lui sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les
I
!

'

Rom.,

xi. 25-36.

voies insondables sont le scandale les prudents dont parlait Notre-Seigneur, en rendant au Pre d'avoir rvle ces mystres aux petits.
2">.

Matth., XI,

De

fait,

les

simples

et

les

humbles

tient facilement que. malgr leur obscurit et leur austrit, ces voies suprieures sont des voies <le

bont

et
-t

d'am

>ur.

le plan providentiel, un les clairsqui frappent le plus; il se rsume en ceci d'une part. Dieu ne commande jamais l'impossible et il rendre le salut rellement possible tous, comme

la.

dans

;rs

Paul,
s,

dit le

mme

Tim.. dut Paul


I

11.

I.

D'autre part,
est-ce //ni te
>
I

comme

le

Qui
reu?

distingue?

is-tu

que lu ne
11

l'aies

Cor., iv, 7:

comme

r.iit

pour nous est source de tout bien, nul meilleur qu'un autre s'il n'tait plus aim par es deux vrits sont lumineuses et cerment, autant leur intime conciliair nous, car elle n'est autre que l'inliation de l'infinie justice, de l'infinie misri de la souveraine libert dans la vie intime de pour nous inaccessible tant que nous ne o:nmi il se voit. lieu
I
1

Ion l'Ancien et
e
Ile suit. h.

le

Nouveau

esta

dans

les lignes

gnrales du

ies les

plus hautes restent

es

pour nous.

axe qui produit le jour et la nuit, et celui de translation autour du soleil, qui produit chaque anne la varit des saisons. Cette rgularit constante du cours des astres montre qu'il y a l des moyens ordonnes mie lin. comme l'ont dit les plus grands astronomes ravis d'admiration par les lois qu'ils dcouvraient. L'organisme des plantes n'est pas moins bien ordonn; il leur permet d'utiliser les sucs de la terre, de les transformer en sve, pour se nourrir el se reproduire de faon rgulire et constante. Il suffit de considrer un grain de froment mis en terre pour voir qu'il est ordonn produire un pi de bl et non pas de l'orge ou du seigle. De mme, les racines du chne el sa sve sonl manifestement pour la vie de ses branches et de ses feuilles. De mme encore, les organes d'une fleur concourent a la formation du fruit, qu'elle est ordonne a produire, et de tel fruit dtermin, non pas d'un autre. Comment ne pas voir une ide directrice dans la format ion de ce fruit La finalit est plus manifeste encore dans l'organisme des animaux, dont les parties sont videmment ordonnes a leur nul rit ion. a leur respirai ion el a leur reproduction. Le cur lait circuler le sang rouge dans tout l'organisme pour le nourrir; puis le sang noir, charg d'acide carbonique, vient se retransformer en sang rouge dans les poumons u contact de l'oxygne de l'air. Il est clair que le cuur el les poumons sont organiss jimir la conservation de l'animal et de l'homme. Certaines parties de l'organisme sont de vritables merveilles les articulations du pied pour la marche, celles de la main pour les mouvements les plus varis, celles des ailes de l'oiseau pour le vol; la struc turc de la moindre cellule en rapport avec ib s milliers d'autres est chose admirable lorsqu'on la considre au microscope. Particulirement belles sont l'harmonie des multiples parties le l'oreille pour percevoir les sons, et la structure si complique di l'il, ou l'acte de vision suppose treize conditions runies, el chacune dires conditions en suppose une foule d'autres, toutes ordonnes cet acte si simple qu'est la vision, 11 > a la ['ordination d'une quantit prodigieuse de moyens a une mme lin.el l'il se forme toujours, OU le plus souvent, pour produire ce qu'il v a de mieux, comme le
'.'

999

PROVIDENCE. THOLOGIE, LA PREUVE


soire; c'est

POSTERIORI

1000

disaient Socrate, Mmorables, IV, m, et Platon, Ph don, 96, 199. Aristotc a bien montr aussi que tout agent naturel agit pour une lin i. Physique, 1. Il, c. ni. C'est particulirement visible dans l'activit instinctive de ceril faudrait tre un tains animaux comme l'abeille mathmaticien de gnie pour Inventer et construire une ruche d'abeilles, et nul chimiste n'est encore parvenu faire du miel avec le suc des fleurs. Cependant, comme le remarque Aristote, Physique, 1. II, c. vm, on ne peut dire que l'abeille soit intelligente, car elle ne varie jamais son travail, elle ne le perfectionne pas, elle est dtermine le faire toujours par instinct naturel de la mme faon et elle le fera toujours de mme, tant qu'il y aura des abeilles, tandis que l'homme perfectionne toujours les outils qu'il a invents, parce qu'il connat par son intelligence leur finalit. L'abeille elle, agit pour une fin, sans le savoir, mais elle agit
:

admirablement. L'araigne fait de mme un travail merveilleux, que le plus habile des tisserands ne parviendrait pas reproduire. Sans doute, Dmocrite, suivi par beaucoup de matrialistes, a cherch expliquer l'ordre du monde par la cause matrielle et par le hasard. Platon l'en raille fort dans le Phdon, 100, et Aristote dans la Physique,
1.

II, c. VIII.

le dit ce dernier, ibid., ce qui arrive par un heureux hasard se produit non pas toujours ou trs souvent, mais d'une faon fort rare. C'est par hasard qu'un trpied lanc en l'air tombe sur ses trois pieds, mais c'est rare. C'est par hasard que celui qui creuse une tombe trouve un trsor, mais c'est rare. Au contraire, l'ordre admirable de la nature dans les rgnes minral, vgtal ou animal est celui de lois fixes, qui s'appliquent toujours, ou le plus souvent, dans un sens dtermin et excellent. C'est comme la symphonie de l'univers pour ceux qui savent entendre, tels les

Gomme

donc dtruire l'essentiel, le naturel, toute nature et toute loi naturelle II n'y aurait plus que des rencontres fortuites, sans rien qui puisse se rencontrer; ce qui est absurde. Dire, comme picure et nombre de matrialistes ou positivistes modernes, que le hasard est cause de l'ordre admirable de l'univers, c'est non seulement ne rien expliquer, mais c'est donner une explication absurde, car c'est mettre en principe l'accidentel la base du naturel ou de l'essentiel; c'est dire par suite que l'ordre admirable de l'univers et de ses parties est sorti du dsordre, de l'absence d'ordre, du chaos, sans cause aucune; c'est dire que l'intelligible, que dcouvrent les diffrentes sciences, est sorti de l'ininlclligibile; que notre cerveau et notre intelligence viennent d'une fatalit matrielle et aveugle et d'une rencontre accidentelle d'lments; c'est dire que le plus sort du moins, le plus parfait du moins parfait. C'est l'absurdit mme mise la place du mystre de la cration, mystre qui a ses obscurits, mais qui est conforme aux principes premiers de la raison naturelle, tandis que l'hypothse dont nous parlons est leur absolue ngation. Il reste donc que le fait, qui est le point de dpart de notre preuve posteriori de la providence, subsiste il y a de l'ordre et de la finalit dans la nature, c'est-dire des moyens ordonns des fins, car des tres dpourvus d'intelligence, comme les plantes et les animaux, agissent toujours, ou le plus souvent, pour produire ce qu'il y a de mieux. L'attraction universelle est pour la cohsion de l'univers, le germe du grain de froment est pour produire l'pi, la fleur pour le fruit, le pied de l'animal pour la marche, les ailes de l'oiseau
:

pour

le vol,

le

poumon pour

respirer, l'oreille

pour

entendre, l'il pour voir. Le fait de l'existence de la finalit est indniable; le positiviste Stuart Mill luimme l'avoue, Essais sur la religion, trad. franc.,
p. 162.

grands artistes, les grands penseurs et les simples, qui la nature parle de Dieu. Les volutionnistes objectent, renouvelant une hypothse des matrialistes anciens un hasard heureux a pu autrefois, au milieu de beaucoup de combinaisons inutiles d'atomes ou d'lments, en former quelques-unes d'admirables, aptes la vie, qui par suite se sont conserves, tandis que les combinaisons inutiles ont disparu. C'est la thorie de la survivance des plus aptes, dfendue par Darwin, Spencer, Haeckel etc., et plus rcemment par W. James, L'exprience religieuse, trad. Abauzit, p. 369. Mais cela reviendrait dire que le hasard est la cause premire de l'harmonie de l'univers et de ses parties. Or, comme le montre Aristote, Physique, 1. II, c. vm, cela est impossible. Pour s'en rendre compte, il suffit de rflchir ce qu'est le hasard. Le hasard et son effet sont quelque chose d'accidentel c'est accidentellement que le trpied lanc en l'air tombe sur ses trois pieds; c'est accidentellement que celui qui creuse une tombe trouve un trsor. Or, l'accidentel suppose le
: :

Bien plus, non seulement c'est un fait que tout agent naturel agit pour une fin, mais il ne peut en tre autrement, comme l'a fort bien montr Aristote, Physique, 1. II, c. m, et aprs lui saint Thomas, I, q. xliv, tout a. 4; Ia-Ii, q. i, a. 2; Cont. gent., 1. III, c. n
:

agent doit agir pour une fin, car, pour l'agent, agir c'est tendre quelque chose de dtermin qui lui convient, c'est--dire une fin. Et si un agent n'agissait pas pour une fin dtermine, il ne produirait rien de dtermin, pas plus ceci que cela, il n'y aurait pas de raison pour que l'il vt au lieu d'entendre, pour que l'oreille entendt au lieu de voir. Comme le dit saint Thomas, I*, q. xliv, a. 4 Omne agens agit propler
:

non-accidentel ou l'essentiel,
soire

le

naturel,

comme l'acces-

suppose

le principal.

n'y avait pas de loi naturelle de la pesanteur, le trpied lanc en l'air ne tomberait pas accidentellement sur ses trois pieds. Si celui qui trouve accidentellement un trsor n'avait pas eu l'intention de creuser l une tombe et si personne n'avait mis l ce trsor, cet effet accidentel n'aurait pas tu lieu. Le hasard n'est que la rencontre accidentelle de deux actions qui, elles, ne sont pas accidentelles, mais intentionnelles, au moins au sens d'inclination naturelle inconsciente, comme la pesanteur ordonne la cohS'il

finem, alioquin ex actione ageniis non magis sequerelur hoc quam illud nisi a casu. Et nous venons de voir que le hasard, tant quelque chose d'accidentel, suppose l'essentiel ou le naturel, auquel il s'ajoute. Hartmann, Philosophie de l'inconscient, trad. franc., t. h, p. 144, a bien mis en relief cette ncessit de la cause finale, en prenant pour exemple le cas le plus simple, l'attraction un atome qui en attire un autre. La tendance, dit-il, qui ne poursuivrait aucun but, n'aurait aucun objet et par consquent n'aboutirait aucun rsultat il n'y aurait aucune raison pour qu'elle produisit l'attraction plutt qu'autre chose, la rpulsion par exemple: pour qu'elle changet avec la distance suivant telle loi plutt que suivant telle autre. C'est exactement ce qu'avait dit saint Thomas dans le Contra gentes, 1. III, c. n Si agens non lenderel ad
:

aliquem iffeclum determinalum, cmnes


indiffrentes.

(ffeclus

essent

sion de l'univers.

Et donc dire que le hasard est la cause premire de l'ordre du monde, c'est expliquer l'essentiel par l'accidentel, le primordial par l'acces-

ad multa, non magis unum eorum operulur quam aliud; urde a contingente ad ulrumque non sequitur aliquis iffrctus nisi per aliquid quod delerminetur ad unum. Impossibilc igilur cs.se/ quod ageret. Omne igilur agens lendit ad aliquem determinalum effectum quod diciiur finis ejus.
indifferenter se habet

Quod aulem

1001
i

PRCn

l'I

NCl

Ml

ni o.;i E,

LA PREU\
l'oiseau

1'

RIOR1
1

IIMCJ

ne action qui ne tendrai! vers rien di" dtermin, mme sans dtermination, elle ne serait pas plus attraction que rpulsion, vision qu'audition, di>:i que respiration. Il faut une raison spciale pour
M-r.iit elle

luit,

mais

comme

le dtl

ramasse une paille pour faire son nid, saint Thomas. | T. q, 1, a. 2. il


:

que

cause efficiente (el toute cause efficiente) agisse lieu de rester en repos, de ne pas agir, et pour qu'elle
la

ainsi plutt qu'autrement, dans cette direction dans ce sens plutt que dans un autre. Cette raison pdale e>t la cause iin.de. la Bn, le bien qui convient et pour lequel d agit. C'est le principe de dualit, qui peut encore s'exprimer sous cette forme arls /> itentia dicitur ad actum, la totlicienne trs simple puissance (active ou passive) ne se conoit que comme tidement ordonne son aete; elle est pour lui ne le relatif pour l'absolu; le sens le la vue est pour voir, celui de l'oue pour entendre. Nous .nous longuement explique ailleurs le sens philosophique el la p.irtee de ce principe cf. /.e ralisme du principe de finalit. Pans. Objectera peut-tre que nous ne voyons pas
et
t
:

connat sensiblement la chose qui est tin, sans prier voir en elle la raison de Bn eognoscit rem qua al finis, ici non eognoscit rationem finis. L'abeille qui recueille le sur les QeurS pour faire du miel ignore pie le miel est la raison d'tre de cette rcolte. Seule l'intelligence atteint non pas seulement les qualits sensibles, cou leur. sou. etc.. mais l'tre Intelligible et les raisons d'tre des choses et de leurs actions. Seule une Intelligence ordonnatrice a pu ordonner dans les choses de la nature des mo\ eus une fin, Sans elle, le plus sort du moins. Tordre du dsordre, Kant objecte Cette preuve tablit toul au plus
;i
:

d'une intelligence trs puissante et trs tendue, mais non jias Infinie; elle nous conduit concevoir Dieu comme l'architecte du monde, et non
l'existence

.1

quoi servent la vipre et plusieurs autres animaux nuisibles. Oui, la finalit externe de certains tres nous ipe souvent, mais leur fin dite interne est \ idente nous voyons bien comment les organes de la vipre sont utiles .1 s. nutrition, sa conservation. li /inutile de la nature est un fait vident, non pas pour nos sens qui n'atteignent que les phnomnes les. mais pour notre intelligence faite pour saisir l'tre et les tire des choses. Pour elle, manifestement, l'homme, non seulement voit parce qu'il a des
:

c,

l'oreille

mais il a des yeux pour voir: l'il est pour voir, pour entendre, la tendance pour le but vis.

de ce fait de l'existence de l'ordre du de la finalit de la nature pouvons-nous nous \ir lever la certitude de l'existence de la providence? Le. tres qui ce principe ne possdent pas l'intellie ne peuvent tendre vers une lin que s'ils sont

Comment

le,

une cause intelligente, comme la flche par l'archir. C'est ainsi que saint Thomas a formul ce un principe. I. q. 11. a. 3, via. Plus simplement moyen ne peut tre ordonn a une fin que par une intelligence ordonnatrice . Aristote, qui a si bien montr l'existence de la finalit de la nature et la ncessit du principe de finalit t a^it pour une lin ne dit presque rien de la ncessite de recourir une intelligence ordonnatrice, Test quand il fait l'loge d'Anaxagore, Met., I. I. c. 111, et dans quelques autres endroits fort obscurs. Sa rserve s'explique, croyons-nous, par les difficults Mtaphysiques dont nous avons parl ci-dessus,
">

ft

col.

988.
'

une intelligence ordonnatrice est-elle Parce que la fin. qui dtermine la tendance moyens, n'est autre que l'effet futur raliser. on effet futur, qui n'a pas encore d'existence actuelle, doit, pour dterminer la tendance, tre dj rit en quelque manire et ne peut l'tre que dans un tre connai-aul n'a jamais connu la fin pour laquelle l'il S Le, on ne peut dire que l'il est fait pour voir. Si nul n'a jamais connu la fin de l'action du poumon, on ne peut dire que cette action est pour renouveler le au contact de l'oxygne de l'air. - pourquoi faut-il une intelligence ordonnatrice? Pourquoi l'imagination ne suffit-elle pas? Parce que seule l'intelligence connat l'tre et les raisons d'tre des cl donc la fin qui est la raison d'tre des Seule une intelligence peut voir que les ailes ni faites pour le vol, le pied pour la marche, et seule une intelligence a pu ordonner les
!.

Pourquoi

crateur? de rpondre une intelligent finie OU limite, comme celle d'un ange si parfait qu'on le suppose, n'est pas la Pense mme, l'Intellection mme, ni la Vrit mme. Cf. sainl Thomas. [a, q. liv, a. 1, 2, ;i. Or, une intelligence, qui n'est pas la vrit mme toujours connue, est seulenienl ordonne connatre la vrit. Et celte ordinal ion passive suppose une ordination active, qui ne peut provenir que de l'Intelligence suprme, qui est la Pense mme et la Vrit mme. Voil le terme auquel aboutit notre preuve une intelligence ordonnatrice souverainemenl parfaite qui est la Vrit mme et donc l'tre mme, puisque le vrai c'est l'tre connu. C'est le Dieu de l'criture Ego sum qui surn. C'est la Providence, ou raison suprme de l'ordre des choses, qui a ordonn toutes les cratures leur fin et les dirige vers la fin dernire de l'univers, qui est la manifestation de la bont divine. Nous saisissons mieux maintenant le sens de la parole du psaume Cmli enarrant gloriam Dei. L'ordre admirable du ciel toile raconte et chante la gloire de Dieu, nous fait connatre son intelligence infinie. De cette preuve posteriori de la Providence drive la grande leon morale exprime confusment la fin du livre de .lob et clairement dans le Sermon sur la montagne S'il y a un pareil ordre dans le monde physique, plus forte raison doit-il exister dans le monde moral, malgr les crimes que la justice humaine laisse impunis, comme elle laisse sans rcompense bien des actes hroques. S'il y a un ordre admirable dans le monde sensible, depuis la gravitation de l'atome ou des astres jusqu'aux merveilles de l'instinct des animaux, combien plus forte raison doit-il y avoir de l'ordre dans la conduite de la Providence l'gard des justes, mme lorsqu'ils sont le plus prouvs. Regardez les oiseaux du ciel, il ne sment ni ne moissonnent, le Pre cleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Matth., vi, 26.
le
Il

comme

est

facile

Y. Preuve quasi a priori de l'existence de la Providence, selon la dduction des attributs divins, a la lumire de l'enseignement de l'-

le

pied
-

la

marche,

l'oreille l'audition,

GLISE. Aprs la preuve a posteriori de l'existence de la providence, il convient d'exposer celle quasi priori qui, une fois admise l'existence de Dieu, cause premire, procde par dduction de ce fine Dieu est une cause intelligente. C'est seulement une preuve quasi priori, car la providence ne peut se dduire selon une ncessit absolue de la nature divine puisqu'elle suppose que Dieu a voulu trs librement crer; mais, cet acte libre suppose, il est facile de montrer que la providence doit exister, ou que Dieu doit ordonner toutes 1rs choses cres a une lin et gouverner le inonde selon le plan providentiel. Nous proposerons cette preuve, comme il convient en thologie, a la lumire de l'enseignement de l'glise.
1

aimai tend

-rtainement par instinct vers un

Enseignement de

l'glise.

Kappelons d'abord

1003
les

PROVIDENCE. THOLOGIE, LA PREUVE


(.'est

l'Mloiil
:

1004

vrit

principales dfinitions de l'glise, <pii propose cet le comme vrit rvle, bien qu'elle mjji aussi
< 1

dmontrable. Le concile u Val ican dclare niversa, que condi dit, Drus prooidentia sua tuetur atque gubernat, aiitn gens a fine usque ml finem fortiter et disponens omnia suaoiter . Sap., vm, 1. Omnia enim nuda et aperta sunt
:

'

de Toi. On traduit parlois en disant h; lin que mais cette Dieu eut en crant est sa gloire extrieure expression gloria externa n'carte pas toute quivoque si par on entend la connaissant e de gloire extrieure Dieu, accompagne de louange, qui est dans les cratures suprieures quelque chose de err, on ne peut
.

oculis ejus, lieu-., iv, 13, ea etiam que libra creaturarum aclione futura sunt. Denz. Bannw., n. 1784. Cette

dfinition en suppose plusieurs autres relatives aux perfections divines et l'acte crateur Deus est intel lectu ac voluntate mimique perfeclione inflnitus. ibid., n. 1782: liberrimo consilio et non ab eterno ml extra operatur. Ibid., n. 1783. a quoi un comparera ce texte
:

la lin de l'acte crateur, qui, lui. est incr; l'ordre des agents doit en effel correspondre a l'ordre dis lins, et la lin du Crateur n'es) pas infrieure a son action. Aus,i vaut-il mieux dire, comme le Dieu a cr et gouverne fait le concile du Vatican il toutes choses, pt/iir manifester sa bont incre serait inexact de dire Dieu a tout cr pour la manileslation cre de sa honte car tout ce qu'il cre, doit

dire qu'elle est

du Syllabus de Pie IX. Deus gubernat omnia agendo

in

avoir une

lin
l

suprieure. Saint
a
.

Thomas

l'a

parfaite-

mundum

et

in

humilies.

Ibid.,

n.

I7(J2.

ment

not,

q.

cm,

a.

2.

I.e Denzingcr rsume justement ces dfinitions et plusieurs autres dans l'index, p. 15 Deus cognoscit ab terno omnia, bona et mata. n. 321, prterita, presentia et futura scientia visionis, n. 2184; habet potestatem infinitam, ri. 210: potuit aliter facere ea quai fecit, n. 374. De mme, p. 27 Deus ab iclerno cerle preeseivil
:
:

2 u .\ la lumire de l'enseignement de V glise, ainsi explique, nous pointons proposer la preuue quasi priori C'est celle que donnede l'existence de la providence. l'trum ]>rovidenlia saint Thomas, la. q. xxn, a. 1 Deo eonveniat? Le saint docteur suppose ce qui a t

tabli plus haut sur la science et la volont de Dieu.

immutabiliter prseordinavit omnia futura, non tamen ideo omnia de necessilale absoluta eveniunt, et il renvoie aux n. 3(10, 316, 321 sq. Le n. 300 se rapporte la lettre envoye par le pape Adrien I er aux voques d'Espagne, en 785, au dbut de la querelle adoptianiste. Faisant allusion certaines opinions que l'on reprochait, de surcrot, aux Espagnols, le pape y rappelle le mot de saint Fulgence. Opra misericordi ac justitie prmparaoit Deus in ternilate incommutabilitatis sine... pneparavil ergo justificandis hominibus mrita, pneparavit iisdem glorificandis et pnemia; malis vero non prieparai>it uoluntates matas aut opra mala, sed prseparavit eis justa et lerna supplicia. Le n. 316 renvoie au 1 er canon du concile de Quierzy de 853 (cf. ici, t. xn, col. 2920), relatif la prescience divine en ce qui concerne les rprouvs; et le n. 321, au 2 e canon du concile de Valence (ibid., col. 2922). Le
el

La preuve

revient a ceci

Denzinger aurait pu citer aussi, dans le mme sens, la synodale du concile de Thuzey (ibid., col. 2930), o est formul le principe qui devait mettre fin au querelles thologiques du ix e sicle Nihil in eielo vel in terra fil, nisi quod ipse Deus aut propitius facit, aut fieri juste permittit. Cette proposition, la fois ngative et universelle, n'admet aucune exception rien de bien ne se fait que Dieu ne le fasse (qu'il s'agisse du bien d'ordre naturel ou de celui de l'ordre de la grce, qu'il s'agisse d'actes libres salutaires, faciles ou difficiles), et rien de mal n'arrive que Dieu dans sa justice ne le permette. Ce principe domine toutes les questions de la providence et de la prdestination relatives au bien et au mal. Notons aussi qu'il fut dclar contre Eckart qu'il est faux de dire Deus vult aliquomodo me peccasse, Denz. -Bannw., n. 514, et contre les protestants il est
: : :

tout agent intelligent prexiste la raison ou l'ide de chacun de ses effets. Or, Dieu, par son intelligence, est cause de tout bien cr et parsuite del'ordre des choses leur lin, surtout leur lin ultime. Donc, en Dieu prexiste la raison de l'ordre des choses leur lin ou leur ordination suprme, que nous appelons la providence, selon la dfinition nominale de ce mot. Ainsi, par analogie avec la prudence et la prvoyance du pre de famille ou du chef d'tat, nous pouvons et devons parler de la providence divine. Elle est, dans l'intelligence divine, la raison de l'ordreou l'ordination de toutes choses leur fin, et le gouvernement divin est l'excution de cet ordre. Ibid., ad 2 am Pour avoir l'intelligence de cette preuve quasi priori, il faut rappeler brivement ce qu'elle suppose du ct de l'intelligence et de la volont divines. (C'est ici que se trouvent les difficults mtaphysiques, qui semblent avoir arrt Aristote, lequel n'avait pas l'ide explicite de cration.) La preuve suppose que Dieu, tant immatriel, se connat parfaitement lui-mme et connat par suite sa puissance et tout ce quoi elle peut s'tendre et s'tend de fait, c'est--dire tous les possibles et tout ce qui a t, est et sera. Ainsi est rsolue la difficult qui semble avoir empch Aristote d'affirmer nettement que Dieu connat le monde, comme si cette connaissance entranait une passivit ou une dpendance de l'intelligence divine l'gard du monde. Toute dpendance est exclue, car Dieu, comme le montre saint Thomas. I, q. xiv, a. 5, connat toutes choses dans sa vertu divine, ou puissance, qui est cause
.

En

efficiente

de tout

Manifeslum

est

quod Deus seipsum

perfeetc intelligit

..

cum suum

esse sit

suum

intelligere.

affirm Deus peccata lantum permittit. n. 816. Par opposition, Innocent XI condamna ces deux propositions qui nient le souverain domaine de Dieu sur toute crature Deus donat nobis omnipotentiam suam, ut ea utamur, sicut aliquis donat alleri villam pet librum. Deus subjieil nabis suam omnipotentiam, n. 1217 sq. Il fut aussi dclare'- autrefois par l'glise que l'homme en ses actes n'est pas soumis la direction des astres, ni rgi
:
:

Si aulem perfeetc aliquid cognoscilur. necesse est quod virtus ejus perfecte cognoscalur. Yirtus autem alicujus rei perfecte cognosci non potest, nisi cognoscantur ea ad qu virtus se extendit. L'nde cum virtus divina se exlendat ad alia, eo quod ipso est prima causa effecliva omnium entium (ut ex supradictis, / a , q. Il, art. 3, patel), necesse est quod Deus alia a se cognoscal. Et pour mieux exclure toute dpendance de l'intelligence divine l'gard des
choses, des cratures et de leurs actes, saint Thomas ajoute Alia <i se Deus videt non in ipsis. sed in seipso. in quantum essentia sua eonlinet similitudinem aliorum
:

par

le

fatum,
lin

n. 35. 231.

(il!7.

pour laquelle Dieu a cr el gouverne toutes choses n'est pas moins clairement indique par les conciles c'est pour manifester sa bont. Cf. concile du Vatican Deus bonitate sua et omnipotenti virtute, non ad augendam suam bealitudinem, ne ad acquirendam, sed ad manifeslandam perfeilionem suam per bona. que creaturis impertitur. Denz. -Bannw., n. 1783. Cf. au n. 1806 mundum ml Dei gloriam conditum esse.
: : :

La

ab ipso. Cf. ad u,n Verbum Augustini, in I. 83 quest., quod Deus nihil extra se intuelur. non est sic intelligendiim. quasi nihil quod sit extra se intueatur; sed quia id quod est extra seipsum. non intueatur nisi in seipso. Dans la connaissance qu'il a des tres crs et de leurs actes. Dieu ne dpend nullement d'eux: celte connaisl
:

sance ne pro\ ient pas de l'exploration de ce qu'ils sont.

PRCM IDENCt

II

Ol OG

II.

IV
i

l'i;
.n

PRIORI
soi,
le

mit;
coin

de ce qu'Us font el feront, ni de ce qu'Us feraient s'ils taient placs on telles circonstances. Cf. ibid., ad 2 Dplus, Dieu connat les choses ros non pas seule inou d'une faon gnrale et confuse, mais d'une raon
>

cre,

le

bien est de sa nature diffusil de

municable; mais Dieu veul librement


de
tait.

communiquer

distincte,
il

prcise, car,

lit

saint

Chmas,

I'.

q.

xi>

ne se connatrait pas parfaitement lui mme comment . perfection est participablc pas non plus parfai l>.ir les autres el il ne connatrait tement la nature de l'tre -il ne voyait toutes K itl ne voyait

modalits de

l'ti e
l ,

Enfin, la science >lr u-n >-i ause des choses, comme colle de l'artiste est cause de l'uvre d'art; encore Haut il pour qu'elle les produise que la volont divine joute, ou que Dieu veuille le- produire. Scientia l)ei est causa rerum, secundum quod habet voluntatan mnjunclam, dit saint Thomas, I, q. xiv, a. 8. 'esl la le lin n-i ili\in qui suppose l'union de l'intelligence et de la volont, tout comme chez l'artiste, qui, aprs
I

avoir conu une oeuvre, dcide de la raliser. De la sorte, la science Ui\ ine par elle seule rend raison de l'intelligibilit <l>- choses, et la volont divine de leur existence. Mais Ici -e prsente une seconde difficult mtaphj tique, qui semble elle au avoir .unie Aristote; elle concerne la libert divine. Comment peut il y avoir en
i

Dieu, o tout est ncessaire, un acte libre qui pourrait ne pas exister? Et comment cet acte ne se surajoute t-il pas l'essence divine comme un accident contingent, ce t] ni supposerait que l'essence divine n'est pas pur. mais ultrieurement dterminable ou perfectible?

Comme

le

montre

saint

Thomas,

1 I
.

q.

xix.

a.

2,

Dieu veut les autres tres pane qu'il est le souverain Mien et que le bien de sa nature est communicable ou ditlusif de s Ainsi. Dieu veut communiquer
i.

d'autres que lui-mme une participation du bien qui est en lui. Il s'aime lui-mme comme lin. el les autres
tres

comme ordonnes
et les

lui. la

manifestation de sa

bout.

no-platoniciens l'avaient dit, mais sans distinguer suffisamment la cause efficiente (volont divine) et la cause finale (le souverain Bien); ce qui les avait conduits admettre que les choses manent (sairement de Dieu, comme du soleil ses rayons. (.outre cette position et collfoi nu nient ce que dit la rvlation divine de la libert du fit crateur, saint Thomas, I*, q. \i\. a. :. explique que Dieu veut librement les autres tres. La volont divine, dit-il. a un rapport ncessaire la bont divine infinie, qui m objet propre. Dieu veut donc ou aime ncessairement sa bont, comme l'homme veut ncessaire ment le bonheur, de mme que toutt facult se porte nient v rs son objet propre et principal. comme la vue vers la couleur, car il est de l'essence mme de toute facult de tendre vers l'objet qui la spmtres choses, Dieu les veut en tant qu'elles sont ordonnes -a propre ont omme leur lin. Or, on ne veut ncessairement les moyens en vue d'une lin que - ils sont indis| ensables l'obtention de cette lin ainsi que celui qui veut conserver la vie doit lin-ment vouloir manger et celui qui veul tra r la mer lirement besoin d'un navire, lorsqu'un moyen n'est pas indispensable a l'obd'une fin, il n'est pas ncessaire de le vouloir: il n'est pas n< essairc par exemple de vouloir avoir un \ pour se promener lorsqu'on peut se promener r. la bont infinie de >ieu est parfaite par ller -ans h-- choses rces. puisqu'elle une perfection. Dieu ne veut donc pas uent les chos< mais, suppos qu'il mile, il ne peut pas ne pas les vouloir, cai -..

Platon

11 de la que l'ai te libre en lieu -oit quelque chose de contingent? Cela poserait une imperfection en Dieu, s.uni [bornas se pose cette difficult, qui dut '. Il arrter Vristote, I, q. \i\. a. 3, obj. rpond, ibid.. ad .""' Certaines causes ncessaires ont parfois un rapport non ncessaire tel effet, par suite de l'im imperfec perfection de l'effet el non pas a raison de Lion de la cause. Ainsi le soleil a UI1 rapport non neces saire avec certains phnomnes toul contingents qu'il produit sur la terre, non pas que ses rayons manquent d'nergie, mais parce que la mauvaise disposition de certaines choses les SOUStrait a leur action (ainsi des raisins niai exposs au soleil n'arrivent pas a maturit). De mme, si Dieu ne veut pas ncessairement tout ce qu'il veut, nous ne devons pas l'attribuer l'imperfec lion de la volont divine, mais a celle des choses voulues. ,ar toutes les choses linies ne peuvent rien ajouter a l'infinie perfection, el la bont suprme n'a pas besoin de se rpandre en elles pour tre lin lime bont. L'acte libre div in n'est pas contingent, car le contin gent, c'est te qui peut ne pas tre, en raison de sa propre inipei leel ion. el non pas ce qui peut ne pas tre, en raison de l'imperfection d'autre chose, Aveimes objecte, lu II I. Physic, text. 48: De ce qui est indiffrent ad utrumlibet, ne provient aucune action, s'il n'est pas ultrieurement dtermin la produire Or, la volont divine n'est pas ultrieurement dterminable, surtout par une autre cause. Saint Thomas, rpond. I, q. XIX, a. 3, ad um Une cause qui est de soi contingente (comme notre volont) a besoin d'tre dtermine par une cause extrieure elle pour produire un elle! dtermin; mais la volont divine, qui est de soi ncessaire, se dtermine elle-mme par elle seule vouloir les choses qui n'ont pas de relation ncessaire avec elle. On insiste encore Il y aurait du moins l'imperfection d'une pluralit d'actes volontaires en Dieu l'acte ncessaire par lequel il s'aime lui-mme et l'acte libre crateur et conservateur, celui sans lequel ne se conoivent as la providence ni le gouvernement

S'ensuit

divin.

Dans
rpond
:

le

n
1

et naturel, tandis que son rapport aux cratures est seulement un rapport de convenance, ni ncessaire ou naturel, ni violent ou contre nature, mais libre. Il n'y a donc rien en Dieu de contingent ni de dfectible: son acte libre esl l'acte ncessaire d'amour de lui-mme en tant qu'il -e termine un objet qui pourrait ne pas tre aim et voulu. La dfectibilit esl seulement dans cet objet non en Dieu. La libell divine esl l'indiffrence dominatrice, non point d'une puissance ultrieurement dterminable, mais d'un pur acte d'amour ternellement subsistant. De plus, en eu l'acte libre est ternel il n'est pas sujet au chan gement. Dieu ne c< ence pas vouloir ce qu'il ne voulait pas hier, (.'est sans changer de volont qu'il veut le changement qui s'accomplil dans les choses s. I, q. xix. a. 7. On s'explique ainsi que l'action divine ad extra, formellement immanente et virtuellement transitive, -;.ns tre nouvelle. roduise un effet
1
1

veut elle port elle-mme est ncessaire

Contra Gnies, I, 1, c. ixxxn. saint Thomas volont divine par un seul el mme acte se mme et veut les choses cres, mais son rapl.a

<

nettement, Cont. Cent. II. c. \\xv I. Novitas divini effectus non demonslrat novilalem m tionis in Deo, uni actio sua sit suc essentia... Sicul per inlelleclum delerminalur rei faclio et qua
dit trs
:

nouveau. Saint Thomas

<

cumqut

aliii

onditio,

ita

et

prtescribitur

ei

lempus...

Il

immuable. certes une haute convenance


I

>

ce

que Dieu

Nihil igilurprohibet dicere actionemDei / a ternofuisse, tffectum autan mn ab wterno, sed tune cum ab eeterno

1007
dispOSUt...

PROVIDENCE. THOLOGIE, LA NATURE


Drus
simili

1008

esse prodUXl

et

ni'utuniin

et

tempo,
(l'es!

la

ce qui a

chapp

Avenues
ta

et a ses disciples.

a Axis to te et plus tard Ces derniers disaient Po


:

cuusu in actu, ponltur effectu. Sed Deus est ab aelernu causa in actu ipsius mundi : Ergo mundus est ab
xterno. Saint

Le inonde actuel est un chef-d'uvre, mais un autre chef-d'uvre divin est possible, tout comme l'organisme de la plante, tant donne la fin qu'il doit raliser, ne saurait tre mieux dispos, mais l'organisme de l'animal, ordonn une fin suprieure, est plus parfait.

xlvi, a. 1, ad 9 um Comme l'effet naturel drive de la cause naturelle, selon le mode de la forme de celle-ci; ainsi l'ellet volontaire procde de l'agent volontaire, selon la forme prconue et dtermine par celui-ci. lit donc, bien que Dieu soit ab terno la cause pleinement suffisante du monde, il n'est pas ncessaire que le monde existe avant le temps dtermin par la volont divine. 11 faut ajouter, comme le montre saint Thomas, I a q. xix, a. -1, que non seulement Dieu est cause libre du monde, mais qu'il l'a produit et le conserve par sa volont; eu cela il diffre par exemple de l'homme qui engendre sans doute librement, mais en raison de sa nature mme, et non par sa volont; d'o il suit que l'homme ne peut engendrer qu'un homme, tandis que Dieu peut produire les cratures les plus varies secundum dclerminalionem voluntalis et intellectus ipsius. Ibid. La raison en est que, comme nous l'avons vu dans la preuve posteriori de la Providence, au-dessus de tous les agents naturels qui agissent pour une fin est requis un agent suprme qui les dirige et qui agisse immdiatement par son intelligence et par sa volont. Contre les averrostes de son temps, saint Thomas, a beaucoup dvelopp ces points de doctrine dans le Contra gentes, 1. II, c. xxn Quod Deus omnia possit; c. xxin Quod Deus non agat ex necessilate nalurse; c. xxiv Quod Deus agit per suam sapientiam; c. xxvixxix Quod divinus intellectus non coarctatur ad dtermintes efjeclus, nec divina voluntas; c. xxx Qualiter in rbus creatis possit esse ncessitas absoluta; et 1. III, c. xcviii et xcix Quod Deus operari potesl prseter ordi-

Thomas rpond,

I a,

q.

Ainsi sont rsolues les difficults mtaphysiques qui paraissent avoir arrt Aristote dans l'affirmation nette de l'existence de la providence et celles qui ont contribu altrer la notion de cet attribut divin chez des dterministes comme Leibniz. Nous saisissons mieux maintenant le sens et la porte de la preuve quasi priori que nous proposions au dbut de ce chapitre En tout agent intelligent prexiste la raison ou l'ide de chacun de ses effets. Or, Dieu, par son intelligence est cause de tout bien cr et par suite de l'ordre des choses leur fin, surtout leur fin ultime. Donc, en Dieu prexiste la raison de l'ordre, des choses leur fin, ou leur ordination suprme, que nous appelons providence, fit donc nier la providence, ce serait nier que Dieu est intelligent; en d'autres termes, ce serait nier l'existence de Dieu. VI. Nature intime de la Providence ce
:

qu'elle suppose en Dieu du ct de l'intelligence et de la volont divimes. Aprs avoir trait de la dfinition nominale et de l'existence de la Providence,

nem

naturse Cf. De potentia, q. vi, et Sum. theol., I a , q. cv, a. 6. Les raisons exposes dans ces articles valent gale-

'ment contre le dterminisme panthistique de Spinoza et celui de nombreux philosophes modernes et mme contre le dterminisme de la ncessit morale propos par Leibniz dans son optimisme absolu, selon lequel le monde actuel est le meilleur des mondes possibles. Le plan Saint Thomas, avait dit, I a q. xxv, a. 5 ralis de fait par la sagesse infinie ne lui est pas adquat, il n'puise pas son idal, ni ses inventions. Le sage ordonne toutes choses en vue d'une fin, et, quand la fin est proportionne aux moyens, ceux-ci sont par l mme dtermins et s'imposent. Mais la bont divine qui est la fin universelle, dpasse infiniment toutes choses cres (et crablcs) et n'a avec elles aucune proportion. La sagesse divine n'est donc pas borne l'ordre actuel des choses, elle peut en concevoir un autre. Leibniz a trop considr ce problme comme un problme de mathmatique, dont les divers lments ont entre eux une proportion dtermine. La suprme sagesse n'a pu manquer de Il objecte
,

faut parler de sa nature intime, non pas certes telle comme la voient les bienheureux, mais selon notre mode imparfait de connatre. La dfinition nominale, qui contient confusment la dfinition relle, nous a montr que la prvoyance humaine est la prvision et l'ordination de moyens en vue d'une fin obtenir dans i'avenir, et que la providence attribue Dieu a un sens analogue. Saint Thomas, I a , q. xxn, a. 1, la dfinit ratio ordinis rerum in fincm in mente divina existens, la raison de l'ordre des choses ou leur disposition, leur ordination une fin, dans l'intelligence divine *. Cette notion n'implique aucune imperfection, comme celles d'intelligence, d'ordination, de volont; par suite, on peut attribuer analogiquement Dieu la providence, et non pas seulement par mtaphore, mais au sens propre du mot fanalogia proportionalitatis, non metaphoriese, sed propri). Ce que la prvoyance humaine est aux choses qu'elle dispose l'avance, la providence divine l'est l'ensemble de l'univers et ses parties. Mais il faut se rappeler au sujet de l'analogie entre Dieu et la crature, ce qu'en dit le IV e conil

qu'elle est en soi et

cile

du Latran

Inter Creatorem

tanto simililudo, quin sit

et creaturam non est semper major dissimilitudo

nolanda. Denz-Bannw.. n. 432. La similitude consiste en ceci que, en nous, la prest la partie principale de la prudence, en tant que, par le souvenir du pass et l'examen attentif des circonstances prsentes, nous prvoyons ce qu'il faut prparer pour l'avenir, et prenons des mesures en consquence. Cf. Sum. theol., Ila-Il, q. xi. vin, a. 1; q. xux, a. 6. Ainsi, Dieu prvoit ce qui arrivera et ordonne toutes les choses de l'univers une fin. La dissimilitude consiste surtout en ceci notre prvoyance ne peut que conjecturer les futurs contingents, tandis que la providence divine prvoit infailliblement tout ce qui arrivera. De plus, notre prudence et prvoyance ordonnent une fin et nos actes et les choses extrieures, tandis que la providence divine ordonne non pas les actes de Dieu, mais seulement les choses
:

voyance ou providence humaine

Thodice, vm. Saint Thomas avait rpondu d'avance, I a q. xxv, a. 6, ad l um La proposition Dieu peut /aire mieux qu'il ne fait peut s'entendre de deux faons. Si le terme mieux est pris substantivement, dans le sens d'objet meilleur, la proposition est vraie, car Dieu peut rendre meilleures les choses qui existent, et faire de meilleures choses que celles qu'il a faites, qualibet re a se [acta potest facere aliam meliorem. Mais si le mot mieux est pris adverbialement et signifie d'une manire plus parjaite.

choisir le meilleur.

ne

on ne peut dire que Dieu peut faire mieux qu'il car il ne saurait agir avec plus de sagesse et plus de bont
alors
fait,

cres et leurs actions, car, comme le dit saint Thomas, Ia in ipso Deo nihil est ordinabile in q. xxn. a. 1 finem, cum ipse sit finis ultimus. La providence ainsi dfinie est-elle dans l'intelligence ou dans la volont de Dieu? La question se pose du fait qu'on admet une distinction virtuelle entre les
, :

l'i;<>\

IDRNC1
:

m
I

OLOG

LA

N \ii

RE

min

La pro> deux. Saint Thomas rpond, ibid., ad :>'"' dence (comme prvision et ordination) est dans l'Intelligence, m. us elle prsuppose la volont de la Dn a atteindre. Nul en effet ne dispose et ne prescrit ce qui] faut faire en vue d'une Un, sans la vouloir. C'est pourquoi la prudence, en nous, prsuppose les vertus mo raies, qui rectifient l'apptit (rationnel et sensitlf) vis du bien a raliser, comme le dit le Philosophe, Aristote montre en effet que. thique, I. n I. c. su.
Hn de la Justice, de la force et de la temprance, la prudence ue peut efllcacit les moyens pour commander avec droit unl'intention droite et efficace de la

enim practica absolute communiter se habel ad finis et eorum qute sunt ad finem, unde "/i prmsuppontt voluniatem finis. Voir aussi tbtd., ad ;>'"" SiCUt se:e:Uoi se habel ml seitum. prooldcntta ml pnvi sum. Ainsi, en nous la science morale, qui ne requiert pas ncessairement la rectification de la volont ou l'intention droite, est prsuppose par la prudence qui
scientia

cognitionem

requiert cette rectification.

atteindre la fin de ces vertus morales. 1 La providence, selon cette rponse, est formellement un acte de l'intelligence divine, gui suppose un acte de volont, l'intention de la fin. Kt mme, comme i>lusteurs actes rellement distincts concourent a notre

prvoyance, ainsi plusieurs actes virtuellement distincts concourent a la providence divine. imif l'expliquent les Salmanticensea et plusieurs autres thomistes. Gonet Godol, etc. 1. Dieu veut comme fin manifester sa honte, c'est La premire intention divine;
:

'J.

//

juge des moyens aptes


possibles,

mondes
la lin

cette tin. et parmi les connus par sa science de simple Intel-

ligence antrieure a tout dcret,

il juge comme apte voulue ce monde p(>sstblc. o se subordonnent les ordres de la nature et de la grce, avec permission du et l'ordre d'union hvpostatiquc.
.

possible et ses partie, comme moyens de manifester sa divine bont. I. // commande l'excution de ces moyens, par un acte intellectuel, imperium, qui suppose les deux actes
//

choisit librement ce

monde

providence, dit encore saint Thomas, ibid., 9nm , se distingue en un sens de l'art divin, qui regarde la production d< s choses, plus que leur ordination la lin le l'univers, qui est la manifestation de la boute divine. Ainsi, en nous la prudence, recta rotin agibilium, est distincte de l'art, recto ratio factibilium, La providence se distingue aussi de la loi ternelle. l.a proviComme le dit saint Thomas, ibid., ad dence suppose la loi ternelle, connue son principe ainsi, en nous la prudence et la prvoyance supposent la connaissance des premiers principes pratiques ou de la loi morale il faut faire le bien et viter le mal , etc. b ) Que prsuppose la rovidence du ct de la volont divine? Nous avons dil qu'elle prsuppose la volont de la lin. la volont de manifester la bont divine. Que suit-il de la? La providence divine prsuppose l'amour de Dieu pour les cratures et ce qu'on peut appeler les deux vertus de l'amour Incr, la misricorde et la justice. Cela se dduit facilement de ce (pie nous avons affirm plus haut avec saint Thomas. [, q. XXII, a. 1, ad 3 UI " Nul ne dispose et ne prescrit ce qu'il faut faire en vue d'une lin. sans la vouloir. Aussi la prudence prsiippose-t-elle les vertus morales, qui rectifient l'apptit (rationnel el sensitif) par rapport au bien
l.a
ail
i;
'
:

efficaces

de volont appels intention de

la fin et lec-

raliser.

ou choix des moyens. La providence, selon les thomistes, consiste formellement dans cet imperium, ou commandement. Saint Thomas, dit, l a q. xxn, ad l um Pr.rcipere de ordinandis in finem, quorum reciam rationem habel, competit Deo secundum itlud Psalmi : Prieceptum posuit et non prteribit>. l'A secundum hoc competit Dec ratio pn.denli et proi'idcnlitv. Ct ibid., ad 3 utn Des thologiens ont object aprs l'lection divine des moyens, il n'y a aucune difficult pour l'excution, car rien ne peut rsister la volont divine. L' imperium ou commandement, acte de l'intelligence, parait donc superflu, et par suite la Providence consiste plutt dans lion divine, qui est un acte de la volont. \ Vimperinm ou comla. les thomistes rpondent mandement n'est nullement superflu aprs l'lection volontaire, il est ncessaire pour diriger l'excution des moi/ens choisis, mme s'il n'y a pas de difficults vaincre. Cette direction de l'excution des movens dj :s ne s'identifie pas avec celle qui est requise d'abord pour le choix de ces movens. Hien plus, l'lection ou choix des moyens appartient l'ordre d'intention qui descend de la lin voulue jusqu'aux moyens infrieurs, tandis que Y imperium ou commandement appartient l'ordre d'excution qu'il dirige en sens inen remontant des moyens infimes jusqu' la fin, qui n'est obtenue qu'en dernier lieu. Elle est premire l'ordre d'intention et dernire dans celui d'excution. Quant au gouvernement divin, il est l'excution diriec par la providence, ou l'excution du plan providentiel Cf. sain Thomas, ibid., ad 2". a > Que prsuppose lu / rovidence du ct de l'intelligence divine? Elle suppose la science de simple intelligence qui pour objet les possibles. Elle suppose aussi la teierer de vision, oui est, avec la volont, cause des r la Providence est l'ordination des choses leur fin. C'esl ,,- que .lit s.iint Thomas. Dr
tion
,
:

Ainsi apparat mieux

la

dilrence de la prudence ou

L'art n'a pas de soi une fin universelle, niais une lin particulire produire l'uvre d'art, peinture ou sculpture, tandis que la prudence, dirige nos actes vers la fin dernire de l'homme tout entier et suppose l'intention droite et efficace de cette lin. De mme, analogiquement. Dieu n'est pas seulement le grand architecte de l'univers, mais le trs saint

providence

et

de

l'art.

ordonnateur de toutes choses cette fin ultime, qui est la gnreuse manifestation de sa bont. Et, comme l'homme ne peut tre prudent et prvoyant que s'il est juste et bienveillant envers les autres, de mme la providence divine prsuppose la misricorde ct la justice et dirige l'excution des oeuvres divines qui manifestent ces perfections. c) La i rovidence suppose-l-elle la fois la volont divine antcdente et la volont divine consquente? Comme l'explique saint Thomas, l a q. xix, a. 6,

ad l um la volont antcdente est celle qui se porte sur ce qui est bien en soi, indpendamment des circonstances de temps et de lieu, tandis que la volont consquente est celle qui se porte sur ce qui est bon hic et nunc. Kt comme le bien est non pas dans l'esprit, dans l'ide des choses, mais dans les choses mmes, et que celles-ci n'existent que Aie et nunc, la volont antcdente est une volont conditionne (si un plus grand bien ne s'y oppose pas), tandis que la volont consquente, qui se porte sur ce qui est bon hic et nunc, est absolue et efficace. Ainsi, le marchand pendant la tempte, voudrait de volont antcdente, conserver ses marchandises, s'il n'y avait pas de danger, car en soi elles sont bonnes; mais il veut efficacement, de volont consquente, /i/c e( nunc, les je 1er a la mer, pour
,

:,

ffntnte, q. v, a. 1. ad J ' Providentia ['lus Imbet de lunlatis qunn> tetentia practica absolute :
:

sauver sa vie. Analogiquement, Dieu veut de volont antcdente que tous les fruits de la terre arrivent a maturit, si un plus grand bien ne s'y Oppose pas; il veut de mme que tous limaiix trouvent le ncessaire leur subsistance et a plus forte raison que tous les hommes soient satl-

Il)

PH0V1DENCE. THOLOGIE,
i"

l.'l

N1VERSALIT
enfin, la
/

L012

vs. Mais, luiii considr, II ne veut pas efficacement ou de i>innic consquente que, sans exception, ions les fruits mrissent, que tous les animaux aienl le ncessaire, que imis les hommes soienl sauvs, Il permel que
les cratures dfectibles dfaillent parfois, il le permel en vue d'un bien suprieur donl il esl juge el qui ne nous esl pas toujours connu. H suit de l, comme l'enseignenl les thomistes, que la providence prsuppose non seulement la volont divine antcdente, mais la volont divine consquente de manifester la bont de Dieu par les moyens choisis pur lui, c'est--dire par l'ordre de la nature et de la grce (avec permission du pch) el par celui del'incarnation rdemptrice. Cela suppose la nui,, nie antcdente de sauver tous les hommes (en vertu de laquelle Dieu qui ne commande jamais L'impossible, rend ses com-

Comment

fatum au bon sens du mot?


lois trait celle

rovidence se distingue i elle du Saint Thomas a plusieurs

question.

Dans

le

De

veritate, q. v, a. 1,

ad 1""

il

lit

chose cre, la l'ordre des choses constitu en elles pur la providence, comme le dit Boce, he connol., I. IV. prosa <>. Dans ht Somme thologique, q. cxvi, a. l. saint Thomas rappelle que, selon bien des anciens, le fatum est la disposition des astres sous laquelle tel homme a t conu ou est n, parce qu'ils croyaient qu'elle
.

Ce qu'est l'ide divine l'espce de la providence l'est au fnUtm qui est

'.

influait

sur les actes

humains
:

et

sur les

vnements

D'o l'expression sous une mauvaise toile.


fortuits.
titre d'agents naturels,

tre n sous une bonne ou Mais, dit le saint docteur,

cela ne peut s'admettre, car les corps clestes agissent

rellement possibles consquente de conduire efficacement qui de l'ait seront sauves. C'est ainsi tion est, raison de son objet, une

mandements

tous) et

la

volont

peuvent

donc tre

dtermins ad uniun: ils ne (anse des vnements fortuits,

au salut tous ceux


prdestinapartie de la provila

que

dence et la plus leve. Cf. saint Thomas, I'.q. xxiii, a. 1. Les thomistes en concluent que la providence, lorsqu'elle suppose la volont consquente de la fin, est doublement infaillible quant l'ordination des moyens et quant l'obtention de la fin, tandis qu'elle est infaillible seulement quant l'ordination des moyens et non pas quant l'obtention de la fin lorsqu'elle suppose seulement la volont antcdente de cette fin. La raison en est que l'efficacit de la providence (ou de Vimperium divin) pour l'obtention de la fin, dpend du vouloir efficace de cette fin. En cela la providence gnrale, qui s'tend tous les hommes et leur rend le salut rellement possible, diffre de la prdestination, qui conduit infailliblement les lus au terme de leur destine. Cf. saint Thomas, De veritate, q. vi, a. 1. 2 Comment la providence surnaturelle se distingu-t-

qui sont tout accidentels. Quant aux actes humains, comme ils procdent de notre volont spirituelle, ils ne sont soumis l'influence des astres que d'une faon tout indirecte a raison de notre organisme; et, tant que nous avons l'usage de la raison, cet influx n'est pas plus ncessitant que l'attrait des choses
.

sensibles. Cf. ibid., q. <:xv. a. 4. Si l'on prend le mot fatum en un


fait

bon

sens,

comme

l'a

de celle de l'ordre naturel? Il y a en Dieu une seule providence, qui cependant, raison de ses divers objets, peut recevoir diverses dnominations 1. La providence universalissime ou intgrale est l'ordinaelle
:

tion de tous les tres crs la fin universelle, qui est la manifestation de la bont divine. 2. Par rapport aux fins particulires, on distingue, la providence naturelle et la providence surnaturelle, et aussi la providence ordinaire et la providence extraordinaire, de qui dpend le miracle. La providence dite naturelle porte sur les choses naturelles, mais celles-ci sont subordonnes par la providence universalissime la vie surnaturelle des justes et au Christ, chef du royaume de Dieu. Les fins particulires ne sont pas toujours efficacement voulues par Dieu; ainsi, bien que tous les hommes soient ordonns par la Providence une fin dernire surnaturelle, ils ne l'atteignent pas tous. Au contraire, la fin universalissime de tout l'univers, manifestation de la bont divine, est efficacement voulue par Dieu. 3 Comment la providence se distingue-l-elle du gouvernement divin? Ces deux expressions sont souvent prises comme synonymes; cependant, proprement parler, comme le dit saint Thomas, la providence est la raison de l'ordre des choses ou leur ordination, et le gouvernement divin est l'excution de cet ordre. I a q. xxn, a. a. 3, corp.; q. xxm, a. 2; 1, ad 2 um q. cm, a. 1. Gouverner, c'est, sous la direction de l'imperium providentiel, conduire les choses leur fin. Aussi, comme nous allons le voir, la providence s'tendelle immdiatement de toute ternit toutes choses si infimes qu'elles soient, tandis que Dieu gouverne les choses infrieures par l'intermdiaire des cratures les plus leves, ce qui ne se ralise que dans le temps. Cf. saint Thomas, D, q. ex. a. 1, et De veritate, q. v, divin se distingue ainsi de la a. 1. Le gouvernement providence comme la motion qui suit l'imperium se distingue de celui-ci.

cxvi, a. 2, il signifie la disposition ou l'ordre des causes secondes constitu en elles par la providence pour produire certains efets . Nous parlons aujourd'hui de la concatnation des causes et du dterminisme physique des lois de la nature qui sont hypothtiquement ncessaires Si la chaleur agit sur le fer, elle le dilate; si le feu agit sur notre organisme, il le bride , mais Dieu peut par miracle agir en dehors de ces lois, comme lorsqu'il empche invisiblement le feu d'exercer son influence sur un corps humain. De mme, le dterminisme des lois naturelles, hypothtiquement ncessaires, n'empche pas qu'il y ait des vnements fortuits, n'empche pas celui qui creuse une tombe de trouver quelquefois par hasard un trsor; aussi, ne peut-on prtendre que tout ce qui est soumis la volont et la puissance de Dieu soit soumis au fatum, en prenant ce
est-il dit, ibid., q.
:

Boce.

mot dans un bon


ad 2 um
.

sens.

Cf.

ibid.,

ad

um

et a.

4,

nature de la prsuppose tant du ct de l'intelligence de Dieu que du ct de sa volont. Il nous faut considrer maintenant les proprits principales de la providence son extension toutes choses et son infaillibilit.
ainsi quelle est la

Nous voyons mieux

providence

et ce qu'elle

comment VII. L'extension de la Providence s'tend-elle immdiatement a toutes choses, si L'criture dit claireinfimes qu'elles soient? ment que tout, jusque dans les dtails, est soumis la
:

providence Deux passereaux ne se vendent-ils pas un as? Et il n'en tombe pas un sur la terre sans la permission de votre Pre. Les cheveux mmes de votre vous tte sont tous compts. Ne craignez donc point tes de plus de prix que beaucoup de passereaux. Quand on Matth., x, 2<S; Luc. xn, 6, 7: xxi, 18. vous livrera.... ce que vous aurez dire vous sera donn l'heure mme: car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Pre qui parlera en vous. C'est Dieu qui produit en vous Matth.. x, 19, 20. le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Phil., n, 13. On jette le sort ou les ds dans le pan de la robe. mais toute dcision vient de l'ternel. Prov.,xvi, 33. Dj dans la Gense, xi.v, 8, Joseph vendu par ses frres, leur dit, lorsqu'il se fait reconnatre par eux Ce n'est pas vous qui m'avez envoy ici, mais c'est Dieu; il m'a tabli... matre de la maison de Pharaon et gouverneur de tout le pays d'Egypte. De la sorte cela mme qui est fortuit tombe sous la providence si
: :

"

PR0VIDENC1

rHOLOGIK, L'INFAILLIBILIT
soustraite a

LOI

marchands ismalites qui chetrenl Joseph taient passes une heurt" plus tt ou plus lard, l'histoire de ce dernier et t change: mais, de toute ternit. Dieu drid qu'il irait ainsi en Egypte el deviendrait le bienfaiteur de ceux qui avaient voulu le perdre. De mme, a plu-* forte raison, dans la vie et la passion de
les

la causalit et a l'ordination de Dieu, cause premire universelle. Dieu plus, le hasard, arrivant en dehors de l'intention ou (inalit s,. h de la nature, soit de notre volont, est a sa manire uni' pieux e de l.i

finalit, car.

si

celle

Jsus tout tait ii\< de toute ternit jusque dans les dtails par la providence, et nul ne pouvait mettre la m. tin sur le Sauveur avant que son heure ft venue.
tnimenl la providence s'tend elle ainsi immdia tentent a toutes choses m intimes qu'elles soient, sans imer la * ti ingeuef des \ nements, le arnetre fortuit de plusieurs et sans tre responsable du mal'.' it Thomas a souvent trait cette question Sum. tktol., I*, q. xxii. a. 2; q. cm, a. 5 ; De veritate, q. v, ni. Genl., I. III, c. i, lxiv, lxxv, I, 5, 6, 7;

non plus, tout aux lois si les


D.
i

comme

il n'existerait pas aurait pas des exceptions lois n'existaient pas. (.1. Sum. theol.,

cl

n'existait pas.
il

n'j

ni. a. :>. ad I"" q. Pour ce (pu est du mal, n'est pas comme tel quel que chose de positif, il est la privation d'un bien. I. est il permis par Dieu? Les q. xlviii, a. ; pourquoi thologiens rpondent comme le lait saint Augustin,
1

11

<

s'exprime \n. a Comme tout agent agit pour une lin. l'ordination des effets leur Un s'tend aussi loin que s'tend la causalit (efficiente) de l'agent premier. Si. en effet, dans ce qui est produit par une cause, quelque chose s'carte de la fin pour laquelle elle agit, cela provient d'une autre cause qui opre en dehors de la finade lit de la prcdente. <>r la causalit (efficiente) Dieu, agent premier, s'tend a tous les tres, non seule ment quant a leur caractres spcifiques, mais quant

lxxxix,

m.
'_'

xcviii. etc. Voici

comme

il

caractres individuels, qu'il s'agisse dos tres Incorruptibles <>u des tres corruptibles. Donc, il est ncessaire que tout ce qui a l'tre, de quelque manire
leurs

ordonne par Dieu une tin. OU soit providence. Cette preuve est fonde, on le voit. SUT le principe or. la de finalit ["oui .ment agit pour une tin Mite (efficiente) de Dieu, agent premier, s'tend toutes choses jusqu'aux moindres dtails, qui sont encore de l'tre, Jusqu'aux caractres individuels des corruptibles, caractres qui dpendent de la matire, laquelle explique la multiplicit des individus de chaque espce et est elle-mme cause par Dieu. Saint Thomas avait dit de mme. a q. xiv. a. 11 l.i science de Dieu s'tend aussi loin que sa causalit; or. comme la puissance active de Dieu s'tend non seulement aux formes, qni correspondent a nos ides unia verselles, mais a la matire. q. xi.iv. a. 2, il faut que la science divine s'tende jusqu'aux tres singuliers, qui sont individucs par la matire... Il en serait de mme d'un artiste s'il produisait non seulement la forme de l'uvre d'art, mais sa matire : alors, il ne connatrait pas seulement en gnral les reproductions qu'on peut faire d'un de ses chefs-d'uvre, il les connatrait chacune en particulier. Cf. Rg. Gangou ). P., Dieu, son existence et sa nature. 5' d.,
que
ce soit, soit

la

munis

_'.

et
le

append.

Don tout puissant ne permettrait Enchidirion, c. xi pas que le mal se glisst dans scs uvres, s'il n'tait assez puissant et assez bon pour eu tirer un bien supe rieur la corruption d'un corps sert a la gnration d'un autre; la mort de la gazelle, a la vie du lion, et la patience des martyrs n'existerait pas sans la perscu lion des tyrans. Voir ci dessous, col. 1018, Sans doute, il e.l dit que Dieu, en crant Nioinnie, l'a laisse dans la main de son conseil car il lui a donn une facult de vouloir et d'agir qui n'est pas dtermine ad unum; mais les actes de notre libre arbitre n'chappent pas pour cela la providence. Dieu plus. Dieu a un soin particulier des hommes a raison de leur me spirituelle et immortelle et, comme Paul. Rom., VIII, 28, il fait que toutes le dit sainl choses concourent au bien de ceux qui l'aiment, el qui persvrent dans cet amour. Ainsi la providence descend jusqu'aux choses les plus infimes, mais pour les subordonner celles qui sont plus leves et la lin de tout l'univers. Son ordination s'tend ainsi immdiatement aux moindres dtails; mais, pour ce qui est de ['excution de cet ordre. Dieu gouverne les tres infrieurs par les plus levs, non par manque de puissance, mais au contraire pour communiquer aux cratures la dignit de la causalit. Cf. saint Thomas, I a q. xxn, a. :t. Ainsi est exclue l'erreur de Platon ou des platoniciens, qui admettaient trois providences subordonnes, ne comprenant pas la diffrence qu'il y a entre la connais sauce et l'ordinal ion divines du plan providentiel, qui, pour n'tre pas imparfaites, doivent s'tendre tous les dtails, et l'excution de ce plan, qui, elle, admet des intermdiaires subordonns. Il reste pourtant que certains effets ne peuvent tre produits que par Dieu seul et immdiatement; lui seul peut errer quelque chose de rien cl conserver l'tre en tant qu'tre de toutes choses; lui seul peut mouvoir ab intus nos intelligences et nos volonts; elles sont en effet ordonnes au vrai universel et au bien universel, et l'ordre des agents doil correspondre a celui des tins; seule la cause premire universelle peut niouv oir \ ers une lin univer:

dit saint Thomas. I, ( |. cm, du gouvernement divin esl la tnanifes de la bont divine; or. rien de rel et de bon ne peut exister qui ni' soit ordonn a la manifestation tte divine bont, dont il es! la participation. Et, ainsi rien de rel et de bon n'chappe au gouvernement divin, tant du ct de la cause efficiente que de celui de

dons,

comme

selle. Cf. saint

homas,
I.

I,

q. xi.v. a.

">;

q. civ, a.

et

rue la fin

2; q.

(.v.

a.

i, S,

5,

6.

finale.

Cf.

a
,

q.

xliv,

a.

I.

et

De

veritate,

int aux vnements fortuits, ils sont appels par rapports aux causes secondes par exemple, trouver un trsor en (relisant une tombe est fortuit pour celui qui la creuse, c'< si en dehors de sa pr\ ision

\III. L'infaillibilit de la Providenci ei li Si la prov idence, qui s'tend ainsi ARBITRE. aux choses les plus particulires et nos actes intrieurs est infaillible, il semble qu'il n'v ;.i! plus de contingence, ni de libert. Aussi. Cicron, De divinatione, I. 1. c vin. pour sauvegarder le libre arbitre de l'homme, a-t-il ni qu'il lui soumis la providence, ce qui faisait dire saint Augustin, que, pour faire les
LIBRI
1

ainsi

hommes
mec par

libres

il

les

a faits sacrilges

L'infaillibilit
la

de

la

providence
le

est

clairement

affli

rvlation, connue
qu.ee

dclinit le concile

du

intention. Mais tait prvu par Dieu. Ainsi rencontre de deux s,r\ deurs d'un mm< m. dire peut tre fortuite par rapport .i eux el avoir t prvue par >tre s il le. a envoys, sans les prvenir, au mme
la
t.

Ainsi Dieu

envoya les marchands ismalites ph vendu par Aucune


.

condidit Deus providentiel sua imiiir alque gubernat, attingens a fine usque ad finem fortilcr et disponens omnia suaviter Sap., vm. L Hebr Omnta enim nuda et aperla sunt oculis ejus iv. 13, en etiam </u;r libra creaturarum aclione fulura sunl. Denz.-Bannw., n. 17X1. saint Thomas, a trait*
. .

Vatican: Univena

parin nlire en ce qu'elle a de rel ne peut tre

cette question.

'.

q.

xxn.

a.

I;

[II,

a.

7 et

8;

lui:,
Cont.
Genl.,
l.

P
il,

ROVI DENCE. THOLOGIE,

1/1

NFA L
I

MB

L T
I

1016

xciv et xcv, etc. Considrons de la providence el ce en quoi elle diffre de l'infaillibilit de la prdestination. i" Saint Thomas montre l'infaillibilit de la providence en tablissant que rien ne peut arriver en dehors de son ordination ou de sa permission. [, q. cm, a. 7 et 8. La raison en est qu'aucun agent ne peul agir sans le concours de Dieu, cause iiniversalissime de qui dpend l'tre en lanl qu'tre de toute chose. De la sorte, ce qui s'carte de l'ordre de la providence sous un point de vue y rentre sous un autre; ainsi est-il tabli de toute ternit que le pch sera justement
c.

d'abord

l'infaillibilit

puni. cr. ibid., a. 7, et a. 8, ad ln. En d'autres termes, comme le dit saint Thomas, Conl. Genl., 1. III, potett. Voir Divina provisio cassari c. xciv, 8 aussi, Sum. theol., I a q. xxn, a. 4, ad 2"m et ad 3" m Divina providenlia non dficit a suo effectu, neque a modo eveniendi, quern providit. Cependant, comme le note saint Thomas, De veri(atc, q. vi, a. 1, dans toute ordination une fin, il faut considrer et l'ordre o j rapport la fin, et l'obtention de la fin, car, parmi les tres qui sont ordonns une fin, tous n'y parviennent pas. Or, la providence regarde l'ordre la fin (et pas toujours l'obtention de la lin); c'est ainsi que par elle tous les hommes sont ordonns la batitude; la prdestination regarde non seulement l'ordre la fin, mais l'obtention de cette fin aussi ne porte-t-elle que sur ceux qui seront sauvs. Ce texte s'oppose-t-il aux prcdents ? Nullement. Il suffit de remarquer, comme l'ont fait bien des thomistes, Sylvestre de Ferrare, Gonet, Alvarez, etc., que
:

mm

de la providence ou de Vimperium divin, quant l'obtention de la fin, dpend de l'efficacit du vouloir divin ou de l'intention divine relative cette fin. Par suite, comme nous l'avons indiqu plus haut, la providence, lorsqu'elle suppose la volont consquente ou elicace de la fin, est infaillible mme quant l'obtention de la fin, par exemple l'gard de la fin de l'univers, et mme l'gard de fins trs particul'efficacit

demande que tous les degrs de l'tre se trouvent dans l'univers, (.'est pourquoi a certain! effets Dieu a prpar des causes ncessaires pour qu'ils arrivent ncessairement, et a d'autres des causes contingentes pour qu'ils arrivent de faon contingente. De mme, ad 2nnl L'ordre immuable et certain de la divine pi o\ idence lait que tout ce qui est fix par elle arrive comme il a t fix, soit ncessairement, soit de faon contingente. Et encore, ad -i um Le mode de contingence et le mode de ncessit sont des modes ili ils tombent donc sous la providence de l'tre Dieu, qui est la cause universelle de l'tre ou de toute crature ea tant qu'tre. Pour avoir l'intelligence de cette preuve, il faut se rappeler ce qu'a dit saint Thomas plus haut, I a q. xix, a. 8, de l'efficacit transcendante de la volont divine Lorsqu'une cause a toute l'efficacit de l'action, elle donne son effet non pas seulement l'existence, mais le mode qui lui convient. Quand un fils par exemple ne ressemble pas son pre, il faut l'attribuer la faiblesse de la vertu gnratrice. Donc, puisque la volont divine est souverainement elicace, non seulement elle accomplit tout ce qu'elle veut, mais elle fait que tout s'accomplisse comme elle le veut. Or, Dieu veut, pour l'ordre et la perfection de l'univers, que certaines choses arrivent ncessairement et certaines autres d'une manire contingente. En consquence, en vue des elets ncessaires, il dispose des causes ncessaires et indfectibles; en vue des effets contingents, il prpare des causes contingentes et dfectibles. Sous la conduite d'un grand chef, les soldats ne font pas seulement ce qu'ils doivent faire, mais ils le font comme ils doivent le faire II y a la manire. Il y a celle aussi des grands peintres, celle des grands potes. 11 y a par-dessus tout celle de Dieu, qui est comme son
perfection
:

style lui. C'est ce qui fait dire saint Thomas, I a q. lxxxiii, Notre a. 1, ad 3 um libre arbitre est cause de son acte, mais il n'est pas ncessaire qu'il en soit la cause
,
:

comme des fruits qui de fait arrivent maturit; tandis que, lorsqu'elle suppose seulement la volont antcdente ou conditionnelle de la fin (si un bien suplires

rieur ne s'y oppose pas), elle est infaillible seulement quant l'ordre des moyens la fin, par exemple l'gard des fruits qui auraient pu arriver maturit et

qui n'y sont pas arrivs de fait. Il reste, comme l'a dit saint Thomas, la, q. xtx, a. 6, ad l um , que tout ce que Dieu veut simplement et efficacement arrive, bien

que ce qu'il veut seulement d'une volont antcdente ou conditionnelle n'arrive pas quicquid Deus simpliciter vult, fit; licet illud quod antecedenter vult, non fit. Ainsi, rien n'arrive que Dieu ne l'ait voulu ou permis.
:

2 Cette infaillibilit de la divine providence est-elle seulement une infaillibilit de prescience ou aussi une

A l'gard du pch comme dont Dieu ne peut tre cause ni directement ni indirectement, elle n'est qu'une infaillibilit de prescience; mais, l'gard de tout ce qui, en dehors de Dieu, est rel et bon, c'est aussi une infaillibilit de causalit, car Dieu est cause premire de tout ce qu'il y a de rel et de bon en dehors de lui. Tel est manifestement l'enseignement de saint Thomas, I a q. xxn, a. 2, ad l um Cum omnes causse particulares concludantur sub universali causa, impossibile est aliquem cff'.ctum ordinem
infaillibilit de causalit?
tel,
, :

causa- universalis effiujere. Cf. I a q. xix, a. 6; q. cm, a. 7 et 8; Cont. Gent., 1. III, c. xciv, 8. 3 Si telle est l'infaillibilit de la providence, comment ne supprime-t-elle pas toute contingence et toute libert? D'aprs les principes exposs, saint Thomas rpond I a , q. xxn, a. 4 La providence ordonne toutes choses leur fin. Or, aprs la bont divine, qui est une 'fin spare des choses, le bien principal qui existe dans les choses mmes est la perfection de l'univers, et cette
,
:

premire. Dieu est la cause premire qui meut les causes naturelles et les causes volontaires. En mouvant les causes naturelles, il ne dtruit pas la spontanit ou le naturel de leurs actes. De mme, en mouvant les causes volontaires, il ne dtruit pas la libert de leur action mais bien plutt il la fait en elles. Il opre en chaque crature, comme il convient la nature qu'il leur a donne. En d'autres termes, loin de dtruire en nous la libert, il l'actualise, il est cause en nous et avec nous-mmes du mode libre de notre choix, il fait passer notre volont de l'indiffrence dominatrice potentielle l'indiffrence dominatrice actuelle, avec laquelle elle se porte vers un bien particulier qui ne saurait invinciblement l'attirer puisqu'elle est spcifie par le bien universel et sans limite. Ainsi, un grand matre communique ses disciples non seulement sa science, mais son esprit et sa manire. C'est pourquoi saint Thomas ajoute, De malo, q. vi, a. 1, ad 3vm Dieu meut immuablement ( immutabiliter I notre volont, cause de la souveraine efficacit de sa puissance, qui ne peut dfaillir; mais la libert demeure a cause de la nature (et de l'amplitude) de notre volont (spcifie par le bien universel) qui est indiffrente l'gard du bien particulier qu'elle choisit. Ainsi, la souveraine efficacit de la causalit divine, loin de dtruire la libert, est la raison formelle pour laquelle la libert est non seulement sauvegarde, mais actualise. Cette actualisation de notre libre arbitre ne peut tre l'effet que de Dieu seul; c'est l une de ses gloires et non la moindre. Il y a certes l un mystre celui de l'action divine, qui n'a qu'une similitude analogique avec la ntre, et dont le mode divin ne nous est pas positivement connaissable. Mais nul ne peut dmontrer qu'il y a une
: :

101

IMoYl

\i

rHOLOGIE. LE PROBLME

ll'

M\l.

nus

contradiction .1 soutenir que le crateur de la libert, plus intime elle qu'elle mime, peut la mouvoir infailli blement se dterminer librement. S'il en tait autre ment, ce qu'il \ a de meilleur dans l'acte salutaire, sa dtermination libre, chapperai! .1 la causalit divine, Qui esl ce qui contrairement .1 ce que itit saint Paul
:

distingue? Qu'as tu que tu ne l'aies reu)


Infaillibilit n'est

Cor,,

de l'ordre rationnel qu'estlmenl l'honnte homme el le vi. u philos,, plie, de nous lever enfin <le ees Im.iisuprieurs .1 d'autres qui les dpassent encore, a ceux de l'ordre surnaturel ou de la grce qui est en nous le germe de la vie ternelle, (.t. Imitation de Jsus christ, / 1/ 1. u. c \u voie royale de '</ croix. On voit par l l'utilit de la douleur, suite du mal pbv sique. >ieu II s veut de faon toul accidentelle en vue d'un bien sup
:

av
ncessite

(ncessitas

pas ncessit, du moins ncessit consequentis), niais seulemenl consequentiee). (ncessitas conditionnelle
:

rieur. Cf. A. Zacchi, 0. P., Il

problcmu

drl dolort,

Home

1927.

couramment J'irai nous voir demain cl nous ai omplis Infailliblement <>u s.ms \ manquer
Nous
(lisons
,
1

librement ce que nous avons dcid d'avance. Dieu ne pourrait-il nous faire accomplir librement ce qu'il a dcid lui-mme de toute ternit? Quoi de plus absurde Comme le remarque Bossuet que de ilirt que l'exercice du libre arbitre n'est pas, .1 cause que Dieu \ ont qu'il soit. Traite du libre arbitre, c. vin. En d'autres termes quoi de plus absurde nue de dire que l'actualisation du libre arbitre le dtruit. Cf. art. Pm motion, VII, col. 67 sq. Cette question a IX. La Proyidenci iiii mal.etr trait e plus haut des points de Mies divers l'art. Mal, a l'art. Pri destination, nous avons parl de la rprobation, col. 3007, :.0K sq.. sous un autre aspect a l'art. Promotion, VIII: I.a prmotion physique il l'acte physique du pch, col. 71-7<>. o nous avons ne les principales difficults de ce problme. De plus, au cours mme du prsent article, dans la partie relative.! saint Augustin, a t expose la solution que celui-ci donne au problme du mal et qui a t accep ar la thologie postrieure. Pour ne pas rpter ce qui a t dit plus haut, nous soulignerons seulement ld ce qu'il y a de plus important dans l'enseignement de la thologie sur ce point. mal comme tel n'est pas quelque chose de positif. la privation d'un bien, privatio boni debiti; ainsi, it ou mme l'obsit, l'hypertrophie d'un organe a sont la privation d'un bien. Cf. Saint Thomas, est parfois inconq. xi. vin. a. 1. Cette privation est le cas d'une maladie que l'on porte en soi sans le savoir: elle peut aussi tre consciente elle produit alors assez souvent la douleur; la douleur n'est pas a proprement parler le mal dont on souffre, mais elle est un mouvement de la sensibilit ou de la volont qui provient d'un mal prsent et peru.

28 Quant au mal mural ou nu pch, Dieu ne peut le vouloir en aucune faon, ni directe ni indirecte. Il ne peut tre cause directe du pch en > inclinant sa volont OU une volont cre, car le pch provient de

Pourquoi

ce qu'on s'carte le ce qui est ordonn par >ieu 11 ne peut tre non plus cause indirecte du pch par n^li gence nous en prserver, connue le pilote est cause
1

>

lorsqu'il ne veille pas comme il le peut et arrive sans doute que Dieu n'accorde pas a Certains le secours qui les prserverait du pch, niais cela est conforme l'ordre de sa sagesse el de sa jus tice: il n'est pas tenu, il ne se doit pas lui-mme de prserver de toute faute des cratures naturellement dfectibles, et il peut permettre ou laisser arriver leur dfaillance en vue d'un bien suprieur; il permet ainsi le pch des perscuteurs pour manifester la constance

du naufrage
le doit.
Il

des martyrs. Cf. saint Thomas, l a q. xxn. a. 2, ad I*- 1 la\ ,,. IX xix. a. 1. Comme il a t expliqu a l'art. Prmotion, col. 71 sq.. il faut, contre Calvin, distinguer la divine permission du pch (surtout du premier pch) et la soustraction divine de la grce la suite d'une faute. La seconde est une peine; or, toute peine suppose une faute, et la faute ne se produirait pas si elle n'tail pas permise par Dieu. Cette divine permission du pch implique la non-consen al ion de telle libert cre dans le bien; cette non-conservation n'est pas un bien, mais elle n'est pas non plus un mal, car elle n'est pas la privation d'un bien qui nous serait d, elle est seulemenl la ngation d'un bien qui ne nous est pas d. Tout philosophe connat la diffrence qu'il y a entre la ngation el la privation. Au contraire, la soustraction divine de la grce est un mal (malum pam.se), la peine d'un pch, au moins d'un pch commenc.
.

2m f et

tint Thomas. DU, q. xxxv, a. et 2. Ainsi, la vive douleur de la perte d'un bien montre la bont de la nature, ibid., a. 1, ad :. um et elle peut tre trs
1 ,

pour se dfendre contre le mal senti. De mme, la douleur du pch, loin d'tre le pch, est sainte: elle fait partie de la contrition. Il ne faut donc confondre douleur ni le mal physique, ni le mal moral ou pch, dont le dsordre comme tel n'est pas quelque d< positif, mais une privation de l'ordre qui
utile
i

I-II, q. lxxix, a. 3. un grand mystre et mme beaucoup plus grand que celui de la conciliation de l'infaillibilit de la Providence avec la libert de nos actes salutaires; mais il importe de ne pas le dplacer. Il reste ici un clair obscur tel que nier ce qui est clair cause de l'obscur serait mettre la contradiction la place de l'obscurit. Il 3 a mme ici deux principes absolument certains d'une part. Dieu qui ne peut vouloir en aucune faon le pch, ne commande jamais l'impos
Cf. saint
Il

Thomas,
ici

y a certes

sible; le concile (le

'1

lente l'affirme en citant saint


:

Au-

exister en nos actes. Dieu ne veut le mol physique que d'une faon tout accidentelle, parce qu'il veut un bien suprieur dont ce mal est la condition: ainsi, d'une faon accidentelle, it la mort de certains animaux pour la v ie du lion, tains maux physiques comme occasion d'exercer de patience, de ernstance, de longanimit,
t

.t

et la

de misricorde l'gard i\u veut aussi certains maux comme pour rtablir l'ordre de la justice. rit Thomas. I. q. xix. a. 9. ' relation divine nous dit que l'homme n'aurait >nnu la douleur et la mort s'il n'avait pas pch, vie des s a n s nous montre que la douleur est

in

afflig

II

pseudo-rformateurs Deus irnpossibilia non jubet. sed fubendo monet et facere quod possis et pelere quod non possis. Denz. Bannvv., n. 804. C'est ce qu'ont mconnu les jansnistes. Denz., n. 1092. I l'autre part, il est absolument incontestable que Dieu est l'auteur de tout bien, que son amour est cause de toute bont cre, mme de celle de notre bon consentement salutaire; autrement, ce qu'il y a de meilleur dans l'ordre cr chapperait la causalit div ine. suit de la. comme le dit aprs saint II Augustin, saint Thomas, I, q. xx. a. 3, que nul ne serait meilleui qu'un autre s'il n'tait plus aim par Dieu. C'esl le principe de prdilection qui contient virtuellement toute la doctrine de la prdestination el de la grce
gustin contre
les

efficace.

puriii.

comme

un moyen de nous

sibles.

lOUX-mmeS, de nous lever (les biens sen auxquels nous pourrions nous arrter, aux biens

Cet deux principes, chacun pris part, celui du possible a tous et celui de prdilection, sont incontestables; mais commenl se concilient ils intimesalut

L019
ment
'.'

PROVIDENCE. THOLOGIE, L'ABANDON


C'est l
le

DIEU
un pre qui
est

1020
rsolu
les

in\ stre,

La rponse
'_'
i
:

esl celle
il

<i<-

sainl

Paul aux Romains, i\. 19 H Dieu? Loin de l, car il


<
i

Val
Mose
:

le

l'injustice

vous recevrez esl d'avance d'accorder un


ei
,

comme

plaisir a ses

enfants et qui

dii

Je [erai mis:

<> homme! ricorde qui je veux faire misricorde... es tu pour contester avec Dieu? 11 //>//.. xi, 33 1 iiliilmlii divitiarum sapientise et scienli Deil Nulle intelligence cre, humaine ou anglique, avant d'avoir reu la vision batiflque, ne peut voir l'intime conci liation des deux principes donl nous venons de parler.

srail voir commenl l'infinie justice, l'infinie mise ricorde et la souveraine libert s'identifient, sans se dtruire, dans l'minence del Dit, dans la vie intime de Dieu, dans la lumire inaccessible o Dieu habite vi, 16, lumire trop forte pour ims faibles yeux 1 Tim.,

Ce

et

qui nous fait l'effet de l'obscurit; c'est <lle que les mystiques appellent la grande tnbre -, L'important ici est de ne pas nier le clair cause de l'obscur ce serait tomber dans l'absurde, et de laisser le mystre sa vraie place, l o il est, au-dessus de tout raisonnement et de toute spculation thologique, objet <le foi et de contemplation surnaturelle. X. La prire et l'abandon confiant a la Pro1" Signification de la prire. vidence. Lorsqu'il est question de l'infaillibilit et de l'immutabilit des dcrets providentiels, il n'est pas rare qu'une difficult se prsente l'esprit si la Providence infaillible est
:

a tout prvu, quelle peut tre l'utilit de la prire? Comment nos supplications pourraient-elles clairer Dieu et lui l'aire changer ses desseins, lui qui a dit Ego sum Dominas, et non mutor? universelle
et si elle
:

Par ailleurs, il est dit dans l'vangile Demandez et vous recevrez. En ralit, cette objection, souvent formule par les incrdules, en particulier par les distes du xvnr et du xix sicle, vient d'une erreur sur la cause premire de l'efficacit de la prire et sur le but auquel elle est ordonne. Voir l'art. Prire,
:
<

col.

201.
saint
,

porle a le lui demander. Mais, pour que la prire soit bien ordonne, elle doit se rappeler cette parole il.Cherchez le royaume des deux, et tout l'vangile le reste VOUS sera donn par surcrot. Ainsi, elle est un culte rendu a la Providence, elle reconnat con stammenl que nous sommes sous le gouvernement de Dieu, el mme celui qui prie comme il faut, avec humilit, confiance et persvrance, en demandant, pour soi el pour les autres, les biens ncessaires au salut, coopre au gouvernement divin, car Dieu a dcid' de toute ternit de ne produire tel effet salutaire qu'avec notre concours, qu' la suite de notre intercession. 2 L'abandon /'/ providence. La prire doit s'accompagner d'abandon confiant a la providence. Il importe ici de rappeler brivement les principes du vritable abandon, ils drivent de la notion de la providence qui a t expose plus liant. La doctrine de l'abandon a la providence, manifestement fonde sur l'vangile, a t fausse par les quitistes, qui se sont laisss aller a la paresse spirituelle, ont plus ou moins renonc la lutte ncessaire a la perfection et ont gravement diminu la valeur et la ncessit de l'esprance, tandis que le vritable abandon est unv forme suprieure de la confiance ou esprance, unie l'amour de Dieu [jour lui-mme. On peut, il est vrai, s'carter aussi de la doctrine de l'vangile sur ce point par un dfaut oppos celui des quitistes; ce dfaut oppos leur paresseuse quitude est l'inquitude vaine et l'agitation strile. Ici comme ailleurs la vrit est un point culminant, au milieu et au-dessus de ces deux erreurs extrmes opposes entre elles. Pour se prserver des sophismes qui ne contiennent qu'une fausse apparence de perfection chrtienne, il importe de rappeler ici le sens et la porte de la vraie doctrine de l'abandon, en disant
:

Thomas, II a -Il q. lxxxiii, une force morale qui aurait son premier principe en nous, ce n'est pas un effort de l'me humaine qui essaierait de faire violence Dieu, de lui faire changer ses dispositions providentielles. Si l'on parle ainsi quelquefois, c'est par mtaphore. La prire a t voulue par Dieu bien avant que nous voulions nous mettre prier. De toute ternit, Dieu a voulu la prire comme une cause des plus fcondes dans notre vie spirituelle; il l'a voulue comme un moyen d'obtenir la grce qui nous est ncessaire. C'est lui-mme qui l'a inspire aux premiers hommes qui,
a. 2, la prire

Comme l'explique

n'est pas

ont adress leurs supplications; c'est lui qui la faisait jaillir du cur des patriarches et des prophtes. La rponse l'objection que nous venons de rappeler est au fond trs simple, malgr le mystre de la grce qui s'y trouve contenu. Cette rponse consiste en ceci la vraie prire faite dans les conditions voulues est infailliblement efficace, parce que Dieu, qui ne peut pas se ddire, a dcrt qu'elle le serait. Non seulement tout ce qui arrive a t prvu et voulu (ou au moins permis) par un dcret providentiel, mais la manire dont les choses arrivent, les causes qui produisent les vnements, les moyens par lesquels s'obtiennent les lins. Dans tous les ordres, depuis celui de la matire brute jusqu' celui de la vie de la grce, en vue de certains effets, Dieu a prpar les causes qui les doivent produire; en vue de certaines fins, il a prpar les moyens proportionns. Or, la prire est une cause ordonne de toute ternit par la providence produire cet effet qui est l'obtention des dons de Dieu ncessaires au salut. Et donc l'immutabilit des desseins de Dieu, bien loin de s'opposer a l'efficacit de la prire, en est le suprme fondement. Le Seigneur, lorsqu'il nous dit: 'Demandez
Abel,
lui
:

comme

pourquoi et comment nous devons nous abandonner la providence. 1. Pourquoi devons-nous nous abandonner la providence? Tout chrtien rpondra cause de sa sagesse et de sa bont. C'est certain, mais, pour le bien entendre et viter l'erreur quitiste, qui renonce plus ou moins l'esprance et la lutte ncessaire au salut, pour viter aussi l'autre extrme, l'inquitude vaine et l'agitation, il faut rappeler quatre principes qui drivent de la notion de providence qui nous est donne par la rvlation. Rien Le premier de ces principes est celui-ci n'arrive que Dieu ne l'ait prvu de toute ternit et qu'il ne l'ait voulu (si c'est un bien) ou du moins permis (si c'est un mal). Le second principe est que Dieu ne peut rien vouloir et rien permettre qu'en vue de la lin qu'il s'esl propose en crant, c'est--dire qu'en vue de la manifestai ion de sa bont, de ses perfections infinies, et en vue de la gloire de FHomme-Dieu, Jsus-Christ, son Fils unique. Omnia enim vesira sunt, vos aulem Christi, Cor., m. 23. Chrislus aulem Dei. A ces deux principes s'ajoute celui-ci, formul par saint Paul, Rom., vm, 28 Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appels selon son ternel dessein et qui persvrent dans son amour. Dieu fait concourir leur bien spirituel non seulement les grces qu'il leur accorde et les qualits naturelles qu'il leur a donnes, mais aussi les maladies, les contradictions, les checs, jusqu' leurs fautes, dit saint Augustin, qu'il ne permet (pie pour les conduire une humilit plus vraie, un amour plus pur, comme il permit le triple reniement le Pierre pour le rendre plus humide et plus dliant de lui-mme, par l mme plus confiant en la divine misricorde et plus fort. Voir saint Thomas, Comment.

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1022
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Rom.,

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principaux

dveloppement dans
sus. COl.
s,|

l'ternelle batitude, Voir

textes de viint \ugustin sur ce sujet. D'aprs ces trois principes, nous sommes certains d'avance que c'est au bien m 1 "' la divine Providence nie infailliblement toutes choses, el nous sommes plus srs de lu rectitude de ses desseins que de la drol
turc de nos meilleures intentions. Nous n'avons donc. eu nous abandonnant a Dieu, rien .i craindre que de ne pas lui tre iss,- soumis (crainte qui empche l'esp prsomption). l.i rance de tourner Formuler, Mais ce. derniers mois, nous obligent contre le quictisme, un quatrime principe non moins ii que les prcdents Cet abandon ne nous dis pense p.is \ idenunenl de faire ce qui est en nol re pou pour accomplir la volont de Dieu signifie par les
.i .i
:

Dans l'Ancien restament, la fin dernire du gouver neinent divin n'tait exprime que d'une faon encore Imparfaite, souvent symbolique, La Terre promise. par exemple, tait la figure du ciel; le culte tout entier
les prophties annonaient la venue du rdcmpteui promis, cl celle annonce contenait conl iisciucnt celle de la vie ternelle, qui devait nous venir par le San veur. De plus, on s'explique que l'Ancien Testament ne donne pas beaucoup de lumire sur l'ternelle ba titinle. car. avant la passion et la mort du Christ, les mes des justes devaient attendre dans les limbes que
el

.i

M.iis. quand les conseils, les vnements. nous avons loyalement voulu accomplir au jour le jour ii \ doute <le Dieu signifie (ooluntas signi), nous pouvons et nous devons nous abandonner pour le reste la volont divine de bon plaisir, si mystrieuse qu'elle voluntas beneplacili). Ce quatrime principt esl rente. ilcinincnt formule pur le concile de w. c. xiii. lorsqu'il dit que tous nous devons trs fermement esprer dans le secours de Heu el nous confier en lui, en veillant a l'accomplissement de sis

prceptes,

Sauveur leur ouvrit les portes lu ciel. Cependant, de temps a autre, les prophtes avaient dis paroles ds hautes, fort expressives, sur la gran deux de la recoin pense que Dieu lser v e aux justes dans
le

l'autre vie. paroles qui prcisaient ce qui avait t dit xv m. 8; xxv, 8, 7 xxvi, 2 1; avant eux Gen., v 2
: .

tes.

On trouve

ainsi l'quilibre de la vie intrieure au-

dessus des deux erreurs notes plus haut. Par la tiil devoir de minute en minute, on vite la fausse iresseuse quitude les quitistes, et par l'aban lion confiant on chappe l'inquitude et l'agitation. En ce sens, il est dit Ps..i.iv, 23 Jacta super Dominum cora/n filant, </ ipse /< enutriel. Repose toi sur le Seiet lui-mme te nourrira .et dans la I re pitre de saint Pierre, \. 6 Dchargez vous sur Dieu de toutes sollicitudes, car lui-mme prend soin de nous. j Comment et en quel rs/int devons-nous le faire?
. :

29-33; Num., \x. '2 1; xxvii, 13; Dent wxii. 30. .e Psalmiste avait dit Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta l'ace. Seigneur; a mon rv< il. je me rassasierai de ton image, IV. xvi, l. .lob saliabor cum apparuerit gloria tua. avait parl de mme, xiv, 13-25; xix. 25 27. [sale, parlant de la nouvelle Jrusalem, disait Jahv sera pour toi une lumire ternelle, et Ion Dieu sera ta gloire, Ion soleil ne se couchera plus, car Jahv sera pour toi une lumire ternelle el les jours de ton deuil seront achevs. K, i.x. 19. Daniel crivait, c. xu. 13 Ceux qui auront eu l'Intelligence dis choses de Dieu (et auront t fidles a sa loi) brilleront comme la splendeur du firmament; ils seront comme des toiles ternellement et toujours. 11 ne S'agit pas ici des justes lui m s qui viendront plus tard sur la terre, il s'agit de ceux qui existent dj cl de ceux qui sont morts; la rcompense qui leur esl promise
xi

xxxv, 29;

vu. 9; xlix,
.

18,
1

as.

comme

l'ont dit les quitistes,

dans un esprit

est

ternelle.

qui diminue l'esprance du s;dut. sous prtexte de haute perfection, mais dans un grand esprit de foi, de confiance et d'amour. La volont de Dieu signifie par immandements est que nous devons esprer en lui et travailler avec confiance notre salut, quels que les obstacles; cette volont signifie est le domaine
'

Plus clairement, il est crit au 1. II des Machabes, vu, 9, qu'un de ces mari vis dit a ses bourreaux en Sclrat que lu es, tu nous cil es la vie expirant prsente, mais le Roi de l'univers nous ressuscitera
:

pour une vie ternelle, nous qui mourons pour tre


fidles a ses lois.
C'< st

de l'obissanci
I

de l'abandon. Celui-ci la volont de bon plaisir, non encore signifie, dont dpend notre avenir encore incertain. l'aire, sous prtexte de perfection, le sacrifice de notre salut, serait contraire au dsir naturel et lgitime du bonheur
et

non pas

celui

livre

de

aussi de la batitude ternelle que parlait le la Sagesse, m, l. en disant Au jour de leur


:

rcompense,

\ertu surnaturelle d'esprance, qui, loin chez les saints, devient au milieu des plus preuves l'esprance hroque contre toute esprance humaine scion le mol de saint Paul. Enfin, m\ pareil sacrifice de notre batitude ternelle raire a la charit elle-mme, qui nous lait r Dieu pour lui-mme et nous fait dsirer le pos r pour h' ylorilier ternellement. r sur l'abandon saint Franois de Sales, L'amour h. I. VII I. e. a vu I. IX, c. I vi; c. xv; lilrrDossuet, tats d'oraison, I. VIII, 9, el d'abandon Dieu; Alexandre Piny, parfait (1683); I'. de Caussade, s. .1..
issi

a la

litre

justes brilleront semblables aune flamme qui court a travers h s roseaux. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples; le Seigneur rgnera sur eux a jamais... Car la grce et la misricorde sont pour ses saints, el il prend soin de ses lus. Les justes vivenl ternellement leur rcompense est auprs du Seigneur, et le Tout Puissant a soin d'eux. Jbid., v, 1 sq.
les
.

Dans le Nouveau Testament, la fin du gouvernement divin ne saurait tre plus clairement nonee el de Faon plus accessible ions. Tandis que toul ce qui
pi

'

cdail

le

Ihrist
le

annonait sa

euue.

lui

mme
les

mais annonce
conduit
les

royaume de Dieu tous mes a la vie ternelle.

desor peuples et
les ser

1res souvent, celle expression revient

dans

"

l'i

l'r

Paris,

P.tl

lom Vital Lehodej .mi Lagn

/.<

Dieu, Paris, 1932. divin. Pour ter article, il convient de rappeler quelle est la fin du gouvernement divin, qui veille a l'excution du plan providentiel. Cetti fin esl la manifestation de ine. qui donne et conserve aux justes la vie
\l.

La
'

ms. i,r

oouverni

mi ni

nions du Sauveur conserves dans les trois premiers Les justes iront a la vie el ei uelle. vangiles Maiih.. xxv. Hi; Marc. x. 30; Luc, xx, 36. Le Fils 'h- l'homme leur dira Venez, les bnis de mou Pre, prenez possession du royaume qui vous a t prpari- des la fondation du monde. \lallh.. XXV, 34.
:

Heureux ceux
Dieu...

qui

oui

het

cur pur, car


soyez

fis

verront

Rjouissez-vous

parce

que voire
Matth.,

dans l'allgresse, rcompense sera grande dans les

que
qu'il icrivii
'

inonii.-

sur
..
.

la

Augustin dans Providence /.'/ il> de


sain
:
:

neux.

v, 8-12.

<

itution p-

son plein

Dans l'vangile el les antres crits johanniques il onstammenl question de la im du gouvernement

L023

PHOVIDENCI
:

l'HUDKNCE
(lui

1024
de son instinct, sans ce contrle

Celui qui croil divin; plusieurs reprises, il \ esl dit en moi a la vie ternelle. Joa. m, 36;vi, I0,47,c'estcelui qui croit en moi dune loi vive, unie ;i -dire l'amour de tien, ;i lu vie ternelle commence, puisque lu grce et la charit ou amour de Dieu ne doivenl pas
: I

suit l'impulsion

intelligent qui est l'apanage des natures doues de

et Joa., xi, 25 sq. xvn, :, 2 Ce que nous serons n'a pas encore t manifest; mais nous savons que, lorsque ce s( ra manifest, nous serons semblables a Dieu parce que nous le Mi-

finir. Cf.

Joa., vin, 51

m,

raison; tout au plus agissons nous comme les passionns, qui s'aveuglent volontairement sur l'obligation des lois morales et ne veulent suivre en leurs actions que la logique de leurs convoitises. L'homme moral agit par choix dlibr; il matrise son action par un discernement qui rend celle-ci tributaire de buts vertueux, acceptes comme obligatoires. Mais ce discernement et

rons

tel qu'il esl


:

AujourSaint Paul ne parle de faon diilrente d'hui nous voyons (Dieu) dans un miroir, d'une manire obscure, nigmatique, mais alors nous le verrons face face je ne connais maintenant Dieu qu'imparfaitement mais alors je le connat rai comme je suis
; ,

ce choix ne vont pas tout seuls. On ne passe point aisment des intentions gnrales aux actions concrtes. Un hiatus existe entre ces deux extrmes, entre les lois morales, rigides, intangibles et la mobilit fuyante des

lui. I Cor., xm, 12. Alors, les voies insondables de la Providence s'claireront, nous verrons comment se concilient intimement les deux principes dont nous parlions plus haut

moi-mme connu de

actes courants, engags tous et chacun dans les variables circonstances qui forment la trame de la vie humaine. L'animal ne dispose que d'un petit nombre d'oprations qui conviennent son espce et dont le

Dieu ne commande jamais l'impossible ; d'autre part, nul ne serait meilleur qu'un autre s'il n'tait plus aim par Dieu . Nous verrons l'intime conciliation de ces principes parce que nous verrons comment s'identifient, sans se dtruire, dans la Dit, l'infinie justice, l'infinie misricorde et la souveraine libert. Dans cette lumire de Dieu, nous adorerons tous les dcrets de sa providence ordonns la manifestation de sa bont, et nous nous
d'une part,
<

jugement est prform dans son instinct. Mais l'homme, par son me intelligente, dont la vertu s'tend pour ainsi dire l'infini, doit chercher son bien et raliser son bien moral travers une multitude sans nombre d'activits diverses et diversement circonstancies.
Il

doit tablir la soudure entre les fins gn-

rales auxquelles il aspire et la mobilit incessante et multiforme de ses actes, puisque aucun d'eux ne sera

subordonnerons pleinement

lui.

voulait noter seulement les principaux ouvrages, dont plusieurs ont l'entreprendrons article. Nous ne t cits au cours de cet pas, car rien n'est plus facile que de trouver dans leurs oeuvres ce qu'ont dit sur ce sujet les grands thologiens l o ils en parlent ex professo, et ce qu'ont crit leurs principaux commentateurs et les thologiens plus rcents dans leurs
serait
si elle

La bibliographie relative la question de videmment des plus tendues, mme

la

Providence

traits

de dogmatique.

PRUDENCE.
dinale

R. Garrigou-Lagrange. carI. Ncessit de la vertu

prudence. II. Nature de la prudence Les phases du discernement prudentiel (col. 1027). IV. La prudence vertueuse (col. 103 ). V. La prudence surnaturelle (col. 1056). VI. La prudence dans la phase dlibrative du conseil (col. 1040). VI I. La prudence dans la phase rsolutoire du jugement (col. 1046). VIII. La prudence dans la phase imprative des ralisations (col. 050). IX. Le manque de prudence (col. 1058). X. Les fausses prudences (col. 1006). XL Les diverses espces de prudence (col. i071).

de

(col. 1021). III.

NCESSIT DE LA VERTU CARDINALE DE PRUI. DENCE. Pour saint Thomas, la vertu cardinale de prudence est la vertu la plus ncessaire la vie humaine . Le prsent article va s'appliquer justifier cette singulire affirmation en faisant voir, dans la prudence, le bon gnie du gouvernement de nousmmes, le vertueux discernement de notre conscience,

voyons que nos actions sont en correspondance avec des buts vers lesquels elles tendent. Si, dans ce dynamisme de tous les instants, nous faisons intervenir, comme nous le devons, le point de vue moral, nous nous apercevons que notre raison superpose, en face de nos dsirs et de nos vouloirs, des rglementations et des lois, d'aprs lesquelles elle juge nos actions comme bonnes ou mauvaises, comme devant tre accomplies ou cartes. NotTe moralit est circonscrite entre ces deux extrmes d'une part, les normes morales, les fins vertueuses: d'autre part, nos actions pratiques, multiples et complexes, qui doivent s'y conformer. Si nous agissons sans que notre raison prenne garde celte conformit, nous agissons la manire de l'animal.
:

la cheville ouvrire de notre moralit. Quand nous nous regardons agir, nous

moral et vertueux que par son accord avec les intentions morales et vertueuses. Quel peut tre cet intermdiaire lumineux entre la fin et les moyens, entre les rgles morales et les actions morales, sinon la raison, qui est en nous puissance de dlibration, de comparaison et de rapprochement entre les ralits les plus diverses? Seul, l'esprit peut devenir toutes choses pour juger de toutes choses. Le discernement moral de toute action, apprcie et dicte en conformit avec la volont vertueuse, sera donc en nous uvre de raison. La prudence est vertu de notre raison. Je dis vertu parce qu'il ne faudrait pas croire que l'esprit nu, l'intelligence pure, soit capable de cet universel discernement. Notre intelligence spculative n'a-t-elle pas besoin d'tre perfectionne par de multiples sciences, pniblement acquises, pour connatre les ralits du monde? De mme, il faut la raison pratique, pour diriger les actions humaines, de multiples perfectionnements, des qualits prcises qui, en se runissant, assureront son vertueux discernement. La perfection de la prudence est ce prix. Au surplus, cette perfection vertueuse du discernement moral suppose la conscience solidement tablie dans ses convictions morales et rectifies vis--vis d'elle. Dans cette lumire du devoir et sous l'impulsion d'une volont tout ardente le pratiquer, la raison prudentielle procde l'enqute et la dtermination des actions les plus aptes ce but. Elle part des convictions morales pour clairer la conduite; elle recherche et juge, elle dirige et impose les ralisations vertueuses. Notons le caractre de cette doctrine thomiste avec la prudence, vertu de la raison, nous sommes en plein dans la vertu; ce sont des qualits d'esprit qui garantissent en nous la moralit, et elles sont influences elles-mmes par la qualit de nos amours. Heureux mlange et parfait quilibre d'intellectualisme et de volontarisme. C'est par le bon usage de l'intelligence que l'on arrive se gouverner humainement; mais, d'autre part, l'intelligence n'est en mesure d'assurer cette bonne conduite de la vie que si elle est elle-mme tout imbibe de bon vouloir. Par la prudence, l'esprit devient tout fait vertueux et adonn la vertu. Saint Thomas, Sum. theol.. I a -II*, q. lvii, a. 5; De virtutibus, q. i, a. 6 et 12.
:

La prudence est II. Nature de la prudence. vertu de notre raison, mais de notre raison pratique. Au surplus elle prsuppose la rectitude morale de notre
volont.

PRUDENCE.
discernement moral est trui dit s. nui homas, est celai qui sali / rii bien fond, Us circonstances el li s coi squi nces d'ui e .1- encore, action future, dune action i|ui n'existe mais qui sera ventuellement ralise. Cette action mt pas encore pose, le prudent non seulemenl mais il l.i fait natre et vivre dans -.1 ense telle qu'elle devra exister, selon les exigences de la loi aie et en adaptation exacte avec les circonstances qui la verront se droule r. Dans la ense lu prudent, cette action, entrevue comme devant tre accomplie, M prsente en comparaison avec des actions contraires Inopportunes et dont l'ide et le <!<mi sont hj ousss, que le choix raisonnable et volontaire se porte sur l'action la plus valable et la plus conforme la loi II. q. xlvii, a. 1. onstances. I ne telle prvision, qui table la rois sur les normes morales et mit les opportunits des choses el desvnvient qu' la raison; car seule la raison ptri tablir des comparaisons et lsa] prcier. L'animal, qui n'a pas de raison, ne compare et ne rvoil ;l juxtapose des sensations immdiates ondes souvenirs, mais sans tablir de liaison raisonhe; ce qui fait la liaison dans son in agination, ce n'est pas car il n'a pas d'esprit n de l'esprit mais le dterminisme de l'instinct ou l'automatisme habituel auquel on l'aura pli par dressage. Que ce u instinct, l'animal se rpte toujours; eut saisir l'adaptail ne crte rien, n'invente rien, ne tion d'un moyen un but, le ra] oit d'un effel une L'homme, au contraire, en face de buts qu'il tine librement, esl sans cesse occup crer des moyens nouveaux, combiner des actions originales nves; il sul stitue aisment une manire d'agir a as vite court d'ex] une autre, et xi raison n'est dientv onseil intrieur, quand il s'agit ri surtout dans le d'une action particulirement embarrassante, que le miment prudentiel s'accuse comme une uvre de raison. Il arrive que. dans un (as donn, nous ne s que faire plusieurs alternatives se prsentent consquerces avantageuses ou dsavantaes; fur savoir quel parti prendre, de multiples nnements sont ncessaires, avec affrontement de leurs conclusions; car il faut tout voir, envisager les mult ects, tenir compte des points de vue our aboutir une solution certaine et unique, il faut travail et souplesse d'esprit. Il est donc clair que le discernement prudentiel est auvre de raiSaint Thomas, toc cit.. ad 2 um ri la foin e du raisonnement intrieur de la prudence? En voici un exemple simple dIl ist fendu de faire tort a autrui et de s'en venger injustement. Or, cette mdisance qui me vient l'esprit a s de cet individu lui ferait toit et serait une
i

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1

1026
Intelligence. Mais

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s'agil

111

/ prudence est auvre de raison pratique. Notre raison n'est pas toujours occupe dirigei moral cmenl nos actions. Ile s'applique encore au savoii spcu
I

latif.

ii

s'agisse

de connaissances philosophiques

qu'il s'agisse de connaissances scientifiques qui contrlent des Unis et tablissent Us lois qui Us rgissent, l'espril cherche uniquement la vrit; il s'applique connottre poui ttre, sans que l'objet de son savoir ail aucune Uns Immdiates d'action. Par relation avec dis exemple, celui qui apprend lis mathmatiques pour passer un examen a sans doute pour lin loigne la russite de cet ex amen, mais, comme lin immdiate, il veut seulemenl savoii pour savoir, trouver la d< istration des thormes, indpendamment de ce qu'il fera tout a lin nie quand il quittera son tude, quand il aura dbrouille la grave diffie ult donl il a laiss le souci pour se livrer au travail intellectuel. Au contraire, la raison pratique esl un discernement, une dlibration intrieure ordonne poser une action, pour savoir si dcidment on la fera ou si l'on ne la

qui jugent

du pourquoi des choses,

fera pas. Ibid., a. 2.


a raison spculative el la raison pratique ne sont pas en nous deux facults diffrent s; ci st notre mme raison qui a deux faons distinctes de s'appliquer connatre connatre le \iai (Us choses par curiosit de savoir et connatre ce que l'on va faire en jugeant et en dterminant la raison de le faire. Dans Us deux cas. nous cherchons la vrit, mais pas la nu me s| ce de vrit. Pans la spculation, il s'agit de concevoir exactement ce qui est. de conformer, de mesurer son
1
:

une ralit, une \i it telle qu'elle est. Pans raison pratique, il s'aj.it de vrifier, de mesurer une action faire une Un pralablement conue et vouesprit
la

Donc, cette mdisance st dfendue. La majeure du syllogisme est une rgle morale <:nrale .ir Uns; elle roliie de la loi naturelle et en nu me t< mps de la loi positive di\ ine car celle-ci, exila t-arit l'jraid d'autiui. exipe d'al ord et en mme t( mj s la juM u e. La mineure du syllogisme \ Sent perspicacit de la raison qui comprend que dnoncer telle ou telle faute secrte (liez quelqu'un c'est n ettre une mdisance. De tels raisonnements sonl nuels dans notre conscience. Nous rflchissons ne nous devons faire, a ce que nous devons ne as rendre attitude en face de tel ou tel ( \ Si le ras est n arrassant, ou s demandu t. n - our rflchir. st Mue our raisonner, choisir, et nah n ent a'.ir d'apri s et te dtermination. Manifestement, la prudence esl oeuvre de ralPour dirigi verner moralement toutes les
Injustice.
(
i :

'

<

'<

<

ma
Drerr.

\ie.

il

me

faut co

mprendre,

dlibrer,

Ces deux manires d'appliquer la rflexion de notre esprit s'accusent si diffrentes qu'une manire nous esl souvent plus facile et plus connaturelle que l'autre, (ncore que nous usions frquemment des deux. Suivant les tempraments, les dispositions de nos facults de connaissance sensible el intellectuelle, suivant ;.ussi l'entrane ment des habitut s contractes au cours de notre formation intellectuelle <t de notre ducation, notre intelligence va plus Facilement soit dans le sens spculatif, soit dans le sens pratique. Il y us spculatifs, abstraits, peu pratiques et, a des l'oppos, il y a des {.eus pratiques, peu ports la spculation et au savoir scientifique, nais habiles, aviss, experts trouver la meilleure solution dans u s (as mbarrassants et Us difficults de la vie. Tans le discernement prudentiel, ce qui esl mis en oeuvre ce n'est pas la raison spculative, irais la raison pratique. Ce savoir-faire est diffrent de la science morale, qui m ploie la raison spculative. Il j a des moralistes qui dissert enl savamment du fondement <\u devoir, des lois de la moi aie. mais qui ne sa\( ni gure raisonner, pour U ur 1 ropre (enduite, de ce qu'ils onl faire OU a ne as faire. Je dis que la prudence ne suppose pas la science biloso] bique de la morale. Toutefois, elle rc'sup] ose obligatoirement une certaine science morale, au n ''m Ja connaissance des obligations morales, le la, loi de le s du raloLiie. des ommai!(!< n ni s D,d< 5 m de l'glise, de leurs obligations gnrales. On doil ( rion ner cette connaissance, aussi minutieuse et df< taille que ossible, de son devoir religieux, indi\ Iduel, il social el familial j a toujours apprendre sur ce point. Le discernement prudentiel a son point de d part, xi base de raisonnement en cette connaissance exacte el claire des prescriptions morales. Mais, toul en tanl lu'' a cette connaissance, il est lui-mme un judicieux et lucide jugement appliqu voir, dans lis
lue.
. 1 ( ( ]
l

'

le

de thol. cathol.

T.

XIII

33.

102

PRUDENCE. LES PHASES DE L'ACTE HUMAIN


l

L028

circonstances Immdiates el concrtes, quelle esl 'ac lion poser <>n Interdire, pour que soi obie la loi de Dieu et que soient observes toutes les exigences du devoir. Qu'est-ce que je dois faire en ce moment, en face <le ce devoir, dans celte difficult, disant cette tentation, pour rire Adle l'amour de Dieu? Voil l'enjeu, continuellement insistant dans nos vies, du
i

discernement prudent ici. :(" l.a prudence prsuppose la volont du bien vertueux. Ce n'esl pas seulement dans nos discer nements de prudents que nous mettons en uvre notre raison pratique. Continuellement, nous ni disons celleci pour diriger nos besognes matrielles et intellectuelles, nos occupations journalires, nos labeurs de toute sorte qui demandent rflexion, raisonnement, attention de notre esprit. Les besoins humains crent sans cesse toute une activit de savoir-faire professionnel, de mtiers, d'arts techniques. Mais, dans toutes ces occupations raisonnables et intelligentes, l'esprit pratique n'est pas ncessairement au service d'une fin morale. Des habilets techniques sont souvent utilises en vue de buts immoraux, rprouvs par la loi de Dieu. On peut tre un bon artisan, un bon chauffeur d'auto, un sculpteur gnial, une dentellire aux doigts ails et dlicats, et ne rien valoir au point de vue religieux ni au point de vue moral. videmment, nous devons si nous avons une conscience surnatusanctifier nos tches, ne rien produire au point relle de vue mtier, enseignement, crit, art, besogne matrielle, occupations courantes, qui offense la loi de Dieu ou l'honntet. Mais la russite technique de l'uvre que nous faisons et dans laquelle peut se dployer toute l'ingniosit de notre esprit ne dpend pas du but que nous nous donnons ce but peut tre bon ou mauvais, utilitaire ou dsintress, vis pour Dieu ou pour l'applaudissement public. Le discernement prudentiel, au contraire, ne s'exerce qu'en vue d'une fin moralement bonne, il suppose ncessairement la volont efficace du bien vertueux. Ha-i [ae q. xlvii, a. 4. C'est sous l'impulsion de cette volont, l'tat d'amour, que se dploie la sagacit on veut accomplir son intellectuelle de la prudence devoir et, cause de cela, on s'empresse de trouver on aime Dieu et, la meilleure ligne de conduite parce qu'on l'aime, on veut lui prouver son amour par des actes vertueux conformes sa loi. Rgle premptoire le discernement prudentiel est sous l'intimation du vouloir moral dans la conscience surnaturelle, il est sous l'intimation de la charit pour Dieu. Le discernement de raison au service du mil, c'est la prudence de la chair, la fausse prudence, celle du pcheur. Dans le discernement moral, on ne raisonne que pour faire une bonne action, le point de vue n'est pas tant d'agir que de bien agir. Cette finalit morale est caractristique du discernement prudentiel et qualifie en lui l'activit de l'esprit. Il s'agit d'un raisonnement pour - la vertu, d'une logique dploye pour la bonne conduite. La mme raison, qui a tabli en nous les convictions morales en donnant notre volont de les viser comme des buts dcisifs et des intentions prfres se porte, par son discernement, sur les moyens d'y parvenir. Ces moyens, quels peuvent-ils tre, sinon nos actions concrtes et nos ralisations vertueuses? La prudence y pourvoit son choix rflchi marque au coin du raisonnable le dploiement de toutes nos

nous l'envisagerons en dehors de sa qualit morale; nous regarderons comment notre raison et notre volont fonctionnent en prescrivant nos actions bonnes ou mauvaises; mais, dans cette description, il nous sera pourtant loisible de marquer l'endroit des convictions morales et celui du discernement prudentiel. L'action humaine, c'est 'ad ion propre a l'homme et dont l'animal n'est |ias capable. On l'appelle encore l'action volontaire, l'action raisonnable; notre raison en est matresse, parce qu'elle la commande comme adapte un but, comme approprie une fin. A cause de cela, cette action volontaire est responsable elle sort dnons, elle ne nous est pas impose du dehors, par cont rainte. C'est nous et nous seulement qui la posons: nous y consentons, nous la dcrtons; elle est donc libre. Selon la fin bonne ou mauvaise a laquelle notre raison l'adapte, l'action est elle-mme bonne ou mauvaise. Mais, quelle que soit sa qualit morale, l'action humaine est la ralisation d'un acte adapt une lin sous le gouvernement de la raison. Comment cela se fait-il? Nous donnons l'aumne un pauvre, nous nous vengeons d'un ennemi; voila des actions ralises par nous extrieurement. Mais, avant leur ralisation, que se passe-t-il en nous? Nous le savons dj notre raison intervient. Mais comment intervient-elle, par quel acte, par quels procds? En jugeant? en raisonnant? en commandant? Sans doute. .Mais notre raison n'est pas seule intervenir. D'une action humaine, nous ne disons pas seulement qu'elle est raisonnable, mais encore qu'elle est volontaire. Autant dire qu'elle est le fruit du jeu combin de notre raison et de notre volont. Et c'est un jeu trs compliqu, une entrecroisement trs serr d'actes d'intelligence et d'actes de volont. Il s'agit donc de dcrire ces composantes d'une action humaine. Dans le langage t Je vais courant, avant d'agir, nous disons parfois rflchir. Toutes les actions que nous posons comme responsables sont soumises notre rflexion. Or, cette rumination intrieure qui prcde nos actions se compose d'une srie d'actes d'intelligence et de volont entrecroiss et dont on doit distinguer trois tapes 1 phase de l'intention; 2 phase de la successives consultation et du choix des moyens; 3 phase de la
l

ralisation.
f

l'intention ou de la fin. Premier acte : d'un bien aimable, d'une fin dsirable. Avant d'agir, je dois avoir un but. Une fin gnrale est ainsi pose devant mon esprit. L'ide d'un but dsirable, d'un bien conqurir, d'une satisfaction obtenir, est le point de dpart de toute action. C'est notre intelligence qui met en avant l'ide de la fin, que cette ide nous vienne spontanment ou qu'elle soit le fruit de rflexions antrieures. C'est moins notre raison spculative qui assigne ainsi des buts notre activit que notre intelligence pratique, intelligence qui est inspiratrice d'un amour, d'un dsir, d'un vouloir. Car c'est un but aimable, un bien dsirable, une satisfacl'ide

Phase de

tion allchante, vus comme tels, motivs comme tels par notre esprit, qui vont mettre en branle notre vo-

Le premier mouvement de l'action humaine donc un acte d'intelligence. Ia-II 33 q. ix. a. 7, ad 2 um Deuxime acte : amour de complaisance pour le bien qui finalise. Ds qu'on a l'ide d'une fin dsirable, il est impossible que la volont n'y soit pas complailont.
,

aet ions.

III. Les phases du discernement prudentiel. Ce que nous venons de dire de la nature de la prudence n'est encore qu'une vue sommaire. Cette sagesse de l'action vertueuse est un tout complexe qu'il nous faut dsormais analyser. Et, pour cela, nous devons

sante elle acquiesce la fin suggre; elle adopt bien propos par l'intelligence et se sait incline vers lui. Le second mouvement de l'action est donc dans la volont; c'est la complaisance en ce bien, en cette
:

tin

dsirable.

I a -II,

q.

vm,

a.

7.

rappeler les diverses phases et articulations de l'acte humain. Sans doute, cette psychologie de l'action.

Troisime acte : jugement apprciant la possibilit de conqurir ce bien, de raliser celte (in. Jusqu'ici, nous n'avons pour ainsi dire qu'un optatif, un but qui pourrait tre, dans lequel nous nous complaisons; mais

PRUDENCE. LES PHASES DE L'ACTE HUMAIN


si

L030

noua m avons pas Jug


tlble, c'est

la

chose tait vraiment poa

.1

due

ralisable par nous.

Pour

agir,

non

projet bauch, mais en ralit effective, il i.mt an jugement de notre esprit nous certifiant la possibilit d'arriver au rsultat dsir en prenant les moyens ssaires. Kt c'est notre intelligence qui, supputant

le faire en regard de la situation telle qu'elle se prsente et des circonstances telles qu'elles sont. Ce qui est opportun n'est pas toujours simple. Ci il arrive que la rflexion aboutisse a cn\ isa^er plu sieurs moyens, plusieurs faons de faire. I" 11 q. vin,

est

opportun

a.

1.
:

avec clart quent


but
le
:

voit conditions objectives du ti qu'il y .i lieu d'aboutir et par le vouloir les moyens obligs. Nous nous irons dans cette certitude de pouvoir atteindre le

ssources
et

et les

prononce

alors,

nous sommes prts


efficacement.
est
:
-

tant ainsi clairs

a le vouloir

l'action

humaine

Le troisime mouvement donc un acte d'intelligence.

Quatrime acte
:

de la fin. gence, va natre, dans la volont, une tendance a raliser cette fin juge possible, la volont efficace d'aboutir au but. C'est la rsolution dcisive, la volont premptoire de la lin. Quelle diffrence entre un projet

volont efficace de tendre i la raliParalllement a cet acte d'intelli-

Sixime acte consentement de /./ volonti u ces divers moyens. La consultt ion de ma raison tant l'aile, il reste a nia Volont d'acquiescer ces divers mo\ens proposes. C'est parce que je veux la lin avec ferveur que j'ai applique ma raison l'enqute des moyens. Quand ceux-ci, aprs dlibrai ion, sont trouvs, ma volont ne peut qu'} applaudir. Il n'est d'ailleurs pas facile d'instituer un conseil vis--\ is des complical ion.s et des difficults le l'action, ni surtout de faire aboutir ce conseil; loul le monde n'y est pas apte, et nous verrons que c'est l une des phases les plus difficiles de
l'action

idalement conu, n'engendrant qu'une vellit et un projet Jug comme ralisable et voulu ardemment les uns sont Tout le monde n'> est pas aussi habile prcis dans leurs desseins; d'autres n'ont que des rsolutions Dot tantes qui ne savent point se lixer. Il St qui. s tant propose un but, savent le vouloir efficacement. D'autres, plus mous de volont, hsitent et tergiversent. La volont efficace est celle qui n'est pas idaliste mais raliste, sort des nuages et se jette a l'action concrte, difficile ou non. et la mne hardiment et rudement jusqu'au but escompt. Au point de vue moral, cette premire phase de l'action humaine es' dcisive, aussi bien pour la claire motivation des buts moraux que pour l'entranement efficace de la volont agissante. C'est l'instant, dans la conscience, des convictions morales, des lins vertueuses, des vouloirs nergiques. Ce n'est pas encore l'action morale elle-mme, qui appartient l'ordre des moyens et dont s'occupera tout l'heure, le discernement prudentiel avec ses actes spciaux d'intclliet de volont, mais seulement son point de rt, ses principes de direction et d'impulsion, lit beaucoup dj, pour la valeur morale de l'action future et pour sa ralisation mme. Car on devine bien que la force d'efficacit qui assurera la pratique vertueuse sera proportionne la densit d'nergie contenue dans les convictions morales. Nous le verrons plus loin le discernement moral ne sera vertueux qu'autant qu'il supposera la volont entirement recla et au nom de cela, la conscience dicte premptoirement, travers un discernement avis, les
!

humaine. Ibid., a. 3, ad 3 llin Jugement de la raison se fixant sur le moyen le plus apte. Il faut nanmoins se dcider pour un des moyens en rejetant les autres. L'action humaine est une pour aboutir une lin, il n'y a qu'un moyen qui pratiquement puisse tre le meilleur, le plus apte. D'o la ncessit d'un nouvel acte de l'intelle jugement, qui se fixe, en connaissance de ligence cause, sur le moyen le mieux adapt la fin, d'aprs les circonstances. Cet acte de jugement rclame un discernement avis. Un homme qui a du jugement pratique, cela ne se voit pas tous les jours; il y faut beaucoup d'exprience, de maturit, de bon sens, de clart d'esprit. Bien souvent on n'y russit pas soimme et l'on est oblig d'aller chercher l'avis d'un
.

Septime acte

sage conseiller. Ibid., q. xiv,

a. 6.

Huitime acte : choix, par la volont (lection), du moyen jug le plus apte. Une fois que le jugement s'est dtermin un moyen de prfrence tous les

autres, la volont, paralllement, l'adopte; elle fait choix de cette action juge la plus apte. Dans ce choix dfinitif, s'affirme la libert. Pouvant faire ceci, je me dcide le faire, parce que ma raison en juge ainsi, alors qu'elle pourrait trouver des motifs de faire le contraire, ou tout au moins de s'abstenir. Le choix,

que prcde le jugement, est la conclusion logique des convictions, des finalits vers lesquelles tout l'heure j'tais en haleine dans la phase de l'intention. Entre l'intention gnrale et la conclusion pratique, il y a eu

as pratiques.
le

De

ce discernement

mme, voyons

mcanisme psychologique.
-

l'hase de la consultation et

du choix des moyens.

un raisonnement, un syllogisme avec la majeure (la lin gnrale), une mineure portant sur le moyen pratique, dtermin adopter, puis enfin une conclusion. Derrire toutes nos actions, il y a un raisonnement semblable; c'est pourquoi on les appelle raisonnables elles sont une oeuvre de raisonnement. Ibid., q. xm,
:

a.

3.

Reprenons le tableau descriptif des actes intrieurs qui composent l'action humaine. Aprs la phase de la fin ou des intentions, voici celle de la dlibration et du choix des moyens. On est donc dcid, dune volont efficace, aboutir une tin gnrale que l'on a jug ble d'acqurir. Mais par quel moyen? par quelle
action pr<

s'est

Phase des ralisations. Jusqu'ici l'action ne pas ralise. J'ai rflchi, raisonn, j'ai abouti dcider ce que je voulais faire; mais cela n'est pas encore fait. Il y a des rsolutions trs prcises qui ne passent jamais l'acte. Raliser, c'est le moment dcisif de l'action, cause de la rsistance possible des passions contraires et des efforts fournir pour vaincre
3
les difficults rencontres.

Cinquime acte : conseil institu pour rechercher les moyens de raliser. Une fin, tant donn qu'elle est raie, postule divers moyens, souvent trs diffrents, plus ou moins aptes. Ht il ne s'agit pas ici d'une aptitude seulement thorique, mais d'une aptitude

tion

Neuvime acte : intimation ou prcepte de la ralisadu moyen de l'action. Une fois que, dans le jugement et le choix, on a dcid' une action, il reste

pratique en regard des circonstances ait ai lies, sou\ eut multiples et varies, dans lesquelles l'action devra nos actions sont concrtes, mles aux mouvements et aux incidents de la vie relle, accomplies dans un moment donn, en regard de tellcou telle nstance de lieu, de temps, de personne. Il faut absolument que la raison intervienne auparavant pour prendre conseil, rflchir, peser et examiner ce qu'il

l'intelligence d'en intimer la ralisation. Voil ce qu'il faut faire -, plus de dire
:

Il

ne s'agit
I

mais

.,<

que cote. Ce verdict peut tre particulirement pnible dans la lutte morale, mais il doit exister la moralit est dans les murs, non dans les intentions et les rsolut ions factices, mais dans les
sons-le cote
:

actions relles

Dixime
'r/'/s.

ad l" nl applique les Incultes excuCette Intimation du prcepte tant donne


et
:

ralises.

Ibid., q. XVII, a.

.'i,

acte

volont

(/ni

io:
reste
l'effort

Mi UDENCE.

I.HTI

\'l

li

ELLE

m:; 2

volontaire qui applique a l'accomplisles facults excutrices. Ces facults excutrices varient suivant les actions a raliser, l'esprit, s'il s'agit d'un travail intellectuelles membres, s'il s'agit d'un labeur matriel, etc. Cette ralisation, pour se continuel', est le lait d'une motion volontaire

sement de l'action

persvrante. Ibid., q. xvi,

a.

'A,

ad

l"

m
.

de la volont qui a conquis la fin dsire. Enfin, celte excution mme met dans la volont la joie de possder en lin le bien dsire,

Onzime

acte

lu satisfaction

ou vertu du gouvernement de soi mme. Dans la conscience surnaturelle, la vertu infuse de prudence sera galement le parfait usage de ci s trois acte* intellectuels en vue de discerner, sous l'impulsion de l'amour de tien, les actes qui accomplissent sa loi. I.e vrai prudent sera l'homme du bon conseil, du bon jugement et de la bonne dcision imprative. Les perfectionnements ncessaires a la prudence auront pour
I

effet d'assurer plus d'acuit intellectuelle a ces trois

la fin

escompte. L'action a son rsultat. Le cycle de

l'un

actes, (/est aussi par ou l'autre de ces


riss les vices

la

mmes

dficience ou l'imperfection de actes que seront caract-

cette action est termin. Voil donc l'action humaine dans sa complexit, dans sa coupe foncire et sa configuration psycholo-

gique.

Nous en donnons
A<
l

ici

un tableau rsum.
i

ES D'IN

LLIG1 ni

il

1)1.

oi.ov

QUI INTGRENT UN ACTE VOLONTAIRE COMPLET D'APRS SAINT THOMAS


Actes de l'intelligence.
1
1.

Actes
:

le

volont.

En

regard de la fin
2.

Ide

d'un bien aimable, d'une fin dsirable.

Amour de complaisance
pour ce bien, pour cette
fin.

opposs a la vertu de prudence. Est-ce que tous ces actes d'intelligence et de volont (]ui composent l'action humaine intrieure jouent propos de tout ce (pie nous faisons, et j'entends parler ici de toutes nos actions raisonnables? Non, pas toujours, de faon aussi explicite quelques-unes de nos actions se prsentent sans complication, car elles se renouvellent dans des circonstances quasi inchanges, elles n'ont pas besoin d'tre prcdes d'un conseil informateur ni d'un long raisonnement, surtout si elles sortent d'habitudes depuis longtemps fixes et orientes. I-II, q. xiv, a. 4, ad 2", ad 3 um Au dbut, il
:

3.

Jugement apprciant la possibilit de conqurir ce bien, de raliser cette


tin.

t.

Volont efficace de tendre la ralisation de la lin.

a fallu rflchir;

mais

le

raisonnement, au moins dans

2
5.

En

regard des moyens


6.

Conseil institu pour re-

Consentement

ces

di-

chereber
7.
|

les

moyens de
8.

raliser la fin.

Jugement qui dtermine


le

vers moyens proposes par l'esprit. C/ioia(lection)dumoyen

moyen

le

plus apte.

jug

le

plus apte.
:

3
9.

En

regard des redisations


10.

Intimation ou prcepte de
la ralisation de l'action.

du moyen,

Vouloir qui applique les facults excutrices,

11. L'acte tant ralis par l'une ou l'autre des facults dont il relve, la volont jouii de la pos-

session de la fin obtenue.

disons que tous ces actes interfrenls d'intelligence et de volont composent l'action hu-

Quand nous

maine, nous entendons celle-ci de l'action humaine intrieure par opposition l'action humaine extrieure.
Qu'est-ce dire? L'action humaine extrieure, c'est l'action particulire ralise tel acte vertueux, tel acte de vertu ou de devoir d'tat, cette tude, ce renoncement, cette prire, cette dmarche, ce service rendu, etc., en un mot, toute uvre que nous faisons, toute besogne que nous accomplissons, toute activit que nous dployons. Nous la nommons extrieure, non parce qu'elle se manifeste toujours extrieurement par des mouvements corporels, mais parce qu'elle est en dehors de l'action intrieure de discernement qui la commande raisonnablement. Cette action humaine intrieure est prcisment ce complexe d'actes d'intelligence et de volont dont nous venons de parler en tout ce chapitre. Il me faut, pour faire uvre raisonnable d'tudier, de prier, d'tre charitable, etc., avoir raisonn pralablement, en conformit avec un but prcis, de l'opportunit de l'action en cause. La raison du but, la raison du moyen voil le raisonnable oblig de l'action humaine. Au sein de cette action intrieure, de cette rflexion et de ce jugement pour l'action raisonnable, le discernement, on l'a vu, affecte trois actes le conseil, le jugement qui sont actes d'intelligence et l'intimation. Et ce sont prcisment ces actes qui, lorsqu'ils seront parfaits, c'est--dire intelligents, lucides, sagaecs, accommods aux exigences de la loi morale et celles des actions pratiques qu'ils commanderont, constitueront la vertu cardinale de prudence
:

sa complication, n'a plus intervenir. Toutefois, ces automatismes ont besoin d'tre surveills: le discernement doit toujours tre attentif toute action, mme habituelle, cause des modifications inattendues dans les circonstances qui l'accompagnent. La vertu de prudence donne notre conscience d'appliquer sa clairvoyance toutes nos situations, embarrasses ou simples, et d'en faire sortir le verdict de l'action morale. IV. La prudence vertueuse. La prudence est une vertu morale, parce qu'elle suppose la rectification de la volont vis--vis de tout le bien moral; il s'agit d'accomplir de bonnes actions en les discernant partout o elles sont exiges. Elle est sans doute une perfection de l'intelligence, mais son discernement est au service de la volont rectifie vis--vis de tout le bien raisonnable. Le prudent ne discerne pas pour le plaisir d'examiner des cas compliqus et de faire preuve de souplesse et de perspicacit d'esprit, mais parce qu'il veut bien faire, pratiquer la vertu, obir la loi de Dieu. La prudence est prceptive du bien. II a -II a q. xlviii, a. 4. 1 La prudence est une vertu spciale. Elle se distingue des autres vertus. Nous savons qu'il y a trois cadres principaux de vertus les vertus intellectuelles d'ordre spculatif, les vertus intellectuelles d'ordre pratique, et les vertus morales. Tout d'abord, la prudence se distingue des vertus intellectuelles spculatives. Celles-ci se divisent en deux catgories la sagesse ou les sagesses, puis les sciences. La sagesse, et les sciences visent connatre le vrai, qu'il s'agisse du vrai, explication dernire des choses comme la sagesse, ou qu'il s'agisse du vrai par raisonnement ou par induction, comme les sciences. Elles ont trait ce qui est vrai en tout tat de cause, en dehors de toute contingence la philosophie tudie les raisons premires des tres; les sciences tudient les lois gnrales des phnomnes et des faits. La prudence, tout comme le-vertus intellectuelles, discerne le vrai, mais le vrai pratique, l'action raliser en tant qu'elle est conforme la loi du bien, la volont de Dieu. .Mai n'est pas la mme faon de raisonner que dans les sciences spculatives on ne cherche pas connatre pour connatre, pas mme devenir savant en fait de doctrine morale, tel le moraliste, ou en fait de cas pratiques, tel le casuiste: on cherche seulement voir comment il faut agir pour tre vertueux et pour bien se conduire. La prudence se distingue des vertus intellectuelles pratiques ordonnes aux 'livres de mtier, aux be-

I'l!
<s

ni

NCE. VE UTl

N \Tl

RELLE

1034

de toute sorte. En d'antres de l'art. Par art, tel, l'on n'entend pas spcialement les beaux arts, bien qu'Us j soient compris, mais (i>ut savoir technique de cation quelconque, utilitaire ou non, tout savoir
et

fabrications

termes,

la

prudence

se distingue

final de tOUte la Vie, de tOUt bien, quel qu'il Soit, il en rsulte qu'elle ne peut manquer de s'exercer, c'esl dire d'appliquer son discernement a raliser toute ae

tion qui se prsente en conv enance de ce bul final prudence inclut dans sa perfection de \ ci u. le \ ou loir
I

.i

faire professionnel.

ressemblent en tant qu'il l'autre, d'un perfectionnement de t. de p.nt et l'intelligence prat ique. Art et prudence sont en \ ue de vertus action. De plus, art et prudence sont les lesquelles ont pour conomie de diriger avec perfection l'uvre ou l'action qu'elles visent, et cela confor mment un plan pralablement conu, une Un elles sont toutes deux rgula lellement voulue trues d'oeuvre et d'action. La prudence me dicte comment nu- comporter ilans telle occasion dangereuse; mon art ou mon mtier me dite la faon de lit il eette maison, de confectionner cet habit. 1' 11- 1 q. .vu, Mais la diffrence de leur tin respective met une .. t. diffrence radicale entre l'art et la prudence. La tin sur laquelle doit se rgulariser la prudence, c'est la destiSUprme de l'homme et. en eette vise, sa perfecmorale. Cette tin gnrale s'impose toujours et en toutes circonstances. Impossible, si l'on veut se conduire en homme raisonnable et surtout en croyant, r a rencontre de ce but. L'art n'est rectifi que d'une tin particulire, d'un idal restreint et dtermine. I.e choix de cet idal n'engage pas. de soi. l'Idal moral le la vie humaine. Ou peut embrasser telle ou telle carrire, avoir tel mi tel mtier, fabriquer tel ou tel objet, le but de perfection vertueuse restant sauf et devant tre assure par ailleurs et en tout tat mse. Ibid. De eette diffrence dans les lins suit une diffrence dans les moyens employs. La tin de la prudence tant universelle, les moyens de l'atteindre
:t

et

la

prudence

se

efficace du bien; elle esl faite pour en assurer la ralisai ion pratique. Le mdecin qui refuse, dans un cas donne, d'exercer sa science mdicale n'en mrite pas

moins le nom de mdecin, tandis que celui qui ne dcrte pas l'accomplissement du bien et, de fait, ne l'accomplit pas chaque fois qu'il le doit, ne mrite pas le nom de prudent, il II", q. xi\n. a. 1, ad ;{"'": f.s-11", q. i\n. I. Celle diffrence entre art et a. prudence au point de vue de la ncessit de la mise en uvre, se poursuit dans la qualit mme de l'uvre

',

les manires d'tre participent a eette universalit d'tre prudent, se renouvellent et se multiplient l'infini, tant donnes la multiplicit des ac:

>

humaines
les

lesquelles elles s'engagent;

circonstances dans et toujours, obligs d'tre vertueux et de servir >ieu.


et
la

varit-

des

car partout

tant particulire et restreinte, l'artisan >ur ainsi dire, la carte force dans le choix de ses lu moins la varit de ces moyens n'est pas de rigueur il suffit que ceux qui sont employs habituellement servent a russir le type d'oeuvre que l'on a en vue. Il y a du procd au fond le toute technique, et la science technique est prcisment la science des meilleurs procdes. Mais il n'y a pas de procds ne :ir en morale la prudence vertueuse doit accommoder son discernement l'infinie varit des actions et l'instabilit de leurs circonstances changeantes. Pour autant qu'il tendrait se mcaniser, le discerl'art
:

de

Un artisan peut sciemment et volontairement saboter son ouvrage, il ne perd pas. pour autant, son ce n'esl poini son art qu'il faut accuser savoir faire ici, mais son caprice ou sa mauvaise volont. Au contraire, la prudence, c'est la moralit en action; si donc elle s'employait volontairement dicter des actions mauvaises, elle ne srail plus la moralit, elle ne serait plus la prudence vertueuse. Les vertus intellectuelles, dans l'ordre spculatif OU dans l'ordre pratique, n'entrent pas par elles mmes dans la moralit d'un individu: elles ne fournissent des uvres morales que lorsqu'elles sonl sous la coupe des vcrlus morales, lorsque la vertu de prudence leur dicte, au del de leur but immdiat, un but moral. Et c'est la vertu de prudence qui, au service d'un but vertueux, doit dcider du bon usage de nos arts, de nos sciences, de noire savoir-faire technique on n'a pas le droit, de faire une uvre intellectuelle ou artistique, une uvre quelconque qui ait un emploi immoral, encore qu'en ellemme, au point de vue intellectuel, artistique ou professionnel, celte uvre puisse tre parfaitement russie. I'-Il-i\ q. i.vn. a. :. ad 2""'. Les vertus intellectuelles sont donc subordonnes aux \ ertus morales, et, si l'on veut parler de hirarchie dans les vertus humaines, il faut dire que les vertus morales sont les premires des vertus; et la prudence, qui suppose la rectification totale de la volont et garantit l'exercice de toutes les vertus, se place au premier rang des vertus morales. 2 La prudence est distincte des autres vertus morales. La prudence applique son discernement aux actions de toutes les autres vertus; elle juge ce qu'il faut faire
ralise.
: :

pratiquement pour tre juste,

fort,

temprant, dans

a l'infinie

rapproeherait du procd. La casuistique, s. substitue des procds et des recel es souplesse que doit garder la prudence verface des complexits de la vie morale.
t

tous les cas qui se prsentent. La prudence se rencontre ainsi au carrefour de la pratique de toutes les vertus. Cependant, elle n'en est pas moins distincte des autres vertus, dit saint Thomas, de mme que le soleil rayonne sa lumire sur tous les corps, tout en restant distinct de ceux ci. Tous les acles vcrlueiix sont la matire de la vertu de prudence, en tant qu'ils relvent de son discernement qui en dicte l'opportune raisonnable. I-Il, Obligation et le "juste milieu
q. i.iv. a. 1-4.

a. L ad 2 "". diffrence des fins, sur lesquelles se fient l'art et la prudence, suit une diffrence capiL'art. ne visant qu'une fin particulire, ne ' celui qui le possde, du fait que ce dernier ne l'exerce point. Un mdecin, par exemple, ne tisse tre mdecin parce qu'il refuse de soigner quelqu'un. In savoir technique reste avec toute sa valeur,
II

'-II*, q.

xlvii.

De

cette

mme

<

revanche, la prudence l'tat de vertu suppose la conscience tablie dans toutes les vertus. Certes, il n'est pas ncessaire de possder toutes les vertus pour poser un acte de discernement moral. Il y a des gens qui ont des murs dpraves et qui, par ailleurs, sont
pleins d'quit dans leurs affaires commerciales et dans leurs rapports avec autrui. Mme dans l'ordre de leur penchant vicieux, par exemple dans l'ordre de l'orgueil ou de la sensualit, ils peuvent avoir des retenues, des actes d'abngation et d'humilit, par consquent de vritables actes de prudence. Mais la prudence, ou discernement moral, ne sera dans une conscience l'tat de vertu garantissant la pratique vertueuse en foules circonstances que si celte conscience est phi nemi nt et universellement vertueuse. Le discernement

En

'

mme quand on

ne

l'utilise point. Si.

de

fait,

on

l'uti-

our un motif extrieur lui et qui n'est pas "Ur que subsiste ce savoir

In artisan peut exercer son mtier pour de l'argent; mais il peut l'exercer pour un motif; il peut mme s'abstenir de l'exercer parce -on bon plaisir. Mais, parce que la prudence suppose la rectification du vouloir vis-a-vis du but
ique.
r

1035

PRUDENCE. VERTU SURNATURE!.


les

I.I-.

1036

prudentiel, pour qu'il s'aflirme toujours, dans n'im jx-i te quelle occasion, il dicte Imprieusement le devoir, suppose ncessairement l'habituelle et efficace volont vertueuse, l'amour du bien, l'amour de Dieu auquel on se trouve prt obir, quelle que soit l'action en cause, quel que soit le devoir qui se prsente. Si l'amour du bien n'est pas total, si, par exemple, la volont n'est pas arme contre telle ou telle faiblesse de passion, le discernement flanchera lorsque cette passion surgira. Soyez justes habituellement mais, si vous n'avez pas
;

vertus se retournent en exprience acquise et en

force volontaire dont bnficie la prudence pour son conseil, son jugement et son prcepte. La prudence est
la

bonne ouvrire de
3U
;

celle-ci lui assure


a. 3,

la conscience vertueuse; mais toute sa rectitude. Ia-II*, q. xi.vi.

ad q. xi.vn, a. 6, ad 3"; voir le commentaire de Cajtan sur ces deux articles. V. La prudence surnaturelle. Pour tre vertueux et sr de lui-mme, le discernement prudentiel devra donc partir de convictions morales bien assises
II a -II,

la

vertu de temprance ou la vertu de force, vous manquerez un jour ou l'autre la justice, quand la peur de l'effort ou la tentation allchante surgira. C'est dans l'intensit et l'universalit du vouloir vertueux que rside la garantie de scurit du discernement moral. fa-fl 15 , q.
Ici,

et d'une volont dcide la pratique

de toutes

li-^

vertus.

lviii, a. 4, 6 ; D vrlutibus, q. i, a. 2. une assez grave difficult. Nous venons de dire que le discernement, l'tat de vertu, suppose une entire rectification morale; autant dire qu'elle suppose la conscience tablie dans la perfection de toutes les vertus. Mais comment cela peut-il se faire? N'est-ce pas le discernement prudentiel qui dicte les actes vertueux, leur imposant ce juste milieu qui est la marque du raisonnable. Or, ce sont prcisment ces actes qui, en se renouvelant, formeront peu peu la vertu et progressivement l'enracineront. Nous avons donc ce paradoxe c'est la prudence avec son discernement rpt qui faonne en nous les vertus et pourtant les vertus sont prsupposes ce discernement. Pour rsoudre cette difficult, il faut dire quelques mots de la gense des vertus en nous. Remontons au dbut de la vie morale. Supposons la conscience sans vertu, par exemple aprs une longue priode d'garements. Qu'y a-t-il en elle? Tout d'abord, cette

surgit

ne semblent pas rpondre cette dfiNous voyons en elfet cette habilet du discernement utilise non seulement pour le bien, mais aussi pour le mal. Il y a des gens trs adroits et trs aviss dans leur manire d'agir, trs astucieux dans leurs entreprises commerciales et lucratives, trs intelligents dans l'tablissement de leur fortune ou de leur situation, mais aussi peu soucieux que possible de vertu et surtout de saintet. D'autre part, nous voyons des vertueux, rputs tels, qui conduisent saintement leur vie, dans l'amour de Dieu et selon toutes les obligations de sa loi, et qui n'ont aucune habilet dans leurs affaires humaines et ne russissent en rien. La prudence naturelle pourrait-elle donc exister sans la prudence surnaturelle et rciproquement? Telle est la question rsoudre. Nous verrons successivement la

Mais

les faits

nition de la prudence.

prudence naturelle, la prudence surnaturelle, leurs rapports, le don de conseil, auxiliaire de la prudence
surnaturelle.
1 La prudence naturelle. On rencontre, chez des gens qui font habituellement bon march de la loi morale, une grande habilet de discernement et de jugement pratiques un voleur peut trs intelligemment mditer et accomplir ses larcins, dployer une dextrit extraordinaire les excuter. Il y a des commerants trs rous en manigances frauduleuses. La passion sensuelle sait habilement et de loin circonvenir et hypnotiser ses proies. Dans tous ces genres de pchs, nous voyons cet astucieux discernement au service d'une volont perverse. Notre-Seigneur nous en prvient Les fils de ce sicle sont plus prudents que les fils de la lumire. Luc, xvi, 8. C'est l une fausse prudence, une prudence pcheresse, la prudence de la chair , comme la nomme saint Paul, en l'opposant la prudence de l'esprit. Rom., vm, 5.
:

premire base de la moralit l'vidence de l'obligation du devoir, soit qu'on entende celui-ci des exigences primordiales de la loi naturelle, soit qu'on y ajoute la connaissance comme elle existe chez un croyant de l'obligation de la loi de Dieu. A cette vidence de la raison correspond, dans la volont, une inclination accomplir dsormais le devoir et ses diffrents objectifs de vertu. Toutefois, cette inclination, supposer mme que la grce l'appuie, ne se prsente pas comme un vouloir parfait et sr de ses propres ralisations; c'est un acquiescement, une rsolution idale et non pas encore une volont l'tat d'efficacit certaine. Dj, dans ces conditions, un discernement prudentiel est possible et peut dicter tel ou tel acte de vertu, que peut-tre or n'avait pas jusqu'alors pratiqu. La vertu de prudence et la vertu morale correspondant cet acte sont loin d'tre engendres. Il y a, de part et
:

d'autre,

un heureux commencement
derechef la

dans

la volont, dsirer

une disposition, vertu une dispo;

dans la raison, renouveler le judicieux discernement; enfin, une disposition, dans les tendances passionnelles, se plier de nouveau un bon usage d'elles-mmes. Ce ne sont encore l que des inclinations instables et qui sont loin de garantir la continuit de la vie vertueuse. Supposons maintenant que le got moral s'affirme, que les actes bons se rptent et se succdent, la prudence, par l'exprience qu'elle
sition,

On voit nettement ce qui caractrise cette fausse prudence par rapport la prudence vertueuse. L'opposition n'est pas dans la dextrit et la sagacit du raisonnement et du jugement pratique, mais en ceci la prudence pcheresse est au service d'une volont drgle, immorale, vicieuse, tandis que la prudence vertueuse est au service d'une volont droite, rectifie l'endroit de la loi morale et de la volont de Dieu. na-II, q. xlvii, a. 13. Il y a une autre prudence qui n'est point pcheresse, mais qui se distingue pourtant de la prudence vertueuse c'est l'habile discernement des affaires de ce monde. Elle est au service non pas immdiatement d'une fin morale, mais d'une fin pprticulire un n: :

acquiert, devient plus judicieuse, plus clairvoyante et plus imprieuse de bonnes actions. D'autre part et dans la mme progression, les vertus morales prennent plus profondment racine dans la conscience l'amour du bien accrot son intensit et refoule, avec une nergie toujours de plus en plus vaillante, les rsistances passionnelles. Ainsi, dans cette gense de la vertu, il y a interfrence et renforcement mutuel entre la prudence et les autres vertus. La conscience morale emploie son discernement faire valoir et faire accomplir les actes rclams par les intentions vertueuses; les assagissements qui en rsultent et qui stabilisent
:

un succs d'argent, une situation faire prosprer. L'existence humaine, avec les multiples intrts qu'elle doit sauvegarder, rclame constamment cette
goce,

attention prudente et experte il faut se dmener, se garer, conqurir, ne pas se laisser vaincre dans la lutte pour la vie. Mais il est clair que cette prudence naturelle ordonne des buts utilitaires est, d'une certaine faon, indpendante d'une fin vertueuse morale. Quelle que soit la fin dernire que l'on donne sa vie, il faut diriger ses affaires humaines et tcher d'y russir. Ibid. videmment, tout homme, en quelque situation il doit tre honnte qu'il soit, est tenu au bien moral
:
:

1037
pour vise

PRI ni NCE.
qu'il f;nt. sanctifier ses actions

n SUR
se

rURELLG
mur
:

L038

en leur donnant suprme Dieu aim, Dieu servi; mais il n'en pas moins qu'en fait la russite d'une entreprise, d'un commerce, de telle ou telle activit professionMile, ne rclame pas l'intention il- cette fin morale ni l'intervention d'une prudence rectifie par dis lins vertueuses ou surnaturelles. Cette prudence dans les affaires humaines peut donc parfaitemenl exister, dans tuf. avec un tal habituel de pch. Elle existera aussi chci les vertueux, mais subordonne ne prudence vertueuse leur discernemenl moral i!t\ra intervenir dans la conduite de Unis affaires humaines, pour Itur donner une fin honnte et. s'ils sont
:

Dieu es! produit un total renversement du lui mme. Il de\ lent le but prpondrant, ce Un qui est en perspective dernire de tout ce qui est voulu. pis lors, doivent Intervenir les vertus moi aies surnapar Dieu dans les puissances d'actuielli s, Infusi s tion en mme temps que la charit. En effet, il ne s'agit plus seulement de gouverner ses passions et d< diriger sa conduite selon la seule raison et par des

aime en

.dits,
11

surnaturelle.

peut y avoir une prudence morale d'ordre naturel, ncroyants, puis chez les croyants la foi urdie qui ne se conduisent que d'aprs des motifs naturels, enfin, chez des croyants en itat de pch mortel, quand leur discernement s'applique faire le en dehors de leurs actions coupables. Je ne dis que, dan-, ces diverses consciences, la prudence morale soit l'tat de vertu, nais elle peul j tn l'tat de rectitude passagre vis--vis des actes vertueux Intermittents qu'ils peuvent accomplir. Il y a n n s qui n'ont pas la foi. pas de religion, et qui onntes, justes el loyaux, de murs correctes
<
1

motifs purement humains, n faut maintenant prouver l'amour our ii< u. vivre conformment sa volont, pratiquer sa loi. Mais m n ment sciions nous capables de cette motivation surnaturelle de nos actions si. par la grce de Dieu, nous ne recevions point cette capacit dans nos faillites d'ailion"? Cette capacit de l'action morale surnaturelle, dont nos Facults natu relies sont radicalement Incapables, est le rsultat en nous des vertus in lu ses . Elles sont le prolongement, logiquement ncessaire, du don de la charit. Si Dieu nous retourne la volont pour que celle-ci ne cherche plus qu'en lui sml la Bn dernire, il se doit de mettre nos uissances d'action hauteur de ce dessein final. Par lis vertus morales infuses de prudence, de justice, de force et de temprance, il assure notre chai
i |

Ds ont des vertus naturelles et un discernement moral qui y prside et d'aprs lequel ils dirigent leur conduite rfrant aux obligations prescrites par la loi orale naturelle. De mme, il j a des croyants en tat

mortel, parce qu'ils ngligenl sciemment les primordiaux de la loi divine positive, mais qui. cot de cela, dans leur \ie prive OU dans leurs relations avec autrui, sont honntes, justes et bien;

tes

faisants.

Qu'est-ce qui est requis pour cette vertu de prue naturelle'? Elle suppose, dans la conscience, certaines convictions morales, au moins celles que dictent rentiers principes de la Loi morale naturelle. Ces premiers principes ont leurs applications drives qui les fins gnrales des vertus cardinales. Le Ion humain, expressif des lois de la vie raisonnable,

pour Dieu de pouvoir donner sa preuve et de conduire notre vie morale dans l'esprit de foi et dans la sanctification de ne s actions par l'amour. Pour que le discernement de notre conscience ait toutes les garanties l'endroit des actions qui se rapportent notre vie surnaturelle, non seulement Dieu 'infuse dans notre intelligence la prudence, mais il raffermit la faiblisse morale des fatuits dont cette prudence perfectionneguidera les actes. Il met en elle des des dispositions stables, qui les rendront ments souplts aux injonctions de notre conscience inspires la justice dans notre volont, la par l'esprit de foi temprance et la force dans nos puissances de sensibilit. Par l sont prvenues les rsistances susceptibles de faire hsiter le verdict de notre discernement et de mettre en chec notre volont qui aime Dieu et se propose d'accomplir sa loi. I a -II q. lxiii, a. 3;
rit
i
. :

lP'-Ii, q. xlvii, a. 14;

De

virtul., q.

i,

a.

10.

marque, pour l'honnte homme, les principaux pres moraux. La vertu de prudence naturelle part hu^m de la rectitude du vouloir vertueux. Cela tant suppos, elle s'acquiert lentement, par apprentissage onnel et par exprience de la vie.
Ici

intervient,

comme

dan--

toutes les vertus, la

heureux tempraments. Il y a des gens qui ont de-, passions peu exigeantes et qui possdent, plus que d'autres, le cot et la volont de la vertu. Il ri qui naissent avec une sensibilit beaucoup moins impressionnable et sont moins gostes, plus gnreux de cur, plus forts de volont. Enfin, il en est qui. par quilibre natif de leurs facults, possdent le bon sens, le calme rflchi, la sollicitude pratique et la prvoyance. Mais ce ne sont l que des dispositions gn-. Pour discerner ce que doivent et re les ralist ions vertueuses en toutes occasions et circonstances, une rience morale est a acqurir: elle ne se perfectionne que lentement. Ce qui est nature est dtermin. -ien de plus indtermin que la faon dont se prnt nos multiples actions pour qu'elles s'accomtion des

Cela tant rappel, il est facile de conclure que la prudence surnaturelle infuse ne se trouve pas chez celui qui, tant en tal de pch mortel, a perdu la prce sanctifiante. Qu'il soit en tat de pch mortel ou non, l'homme peut avoir la prudence des affaires de ce monde, tre industrieux et avis en s< s activits pratiques. Sans doute, ces activits devraient s'ordonner la fin dernire, et c'est pourquoi, chez celui qui vit dans la ferveur de la charit, elles sont surnaturalistes et rendues mritoires par l'intention qui, par cette mme charit, les ordonne Dieu. Mais enfin, cette charit peut tre absente, sans que soient compromises l'habilet et la russite d'entreprises qui. pour la plupart, aies prendre en elles-mmes, n'exigent pas une absolue rectification morale. L'homme en tat de pch mortel, s'il n'a pas la prudence -infuse peut avoir, comme il a t dit plus haut, une certaine prudence morale, un discernement d'ordre naturel;
.

mais dans

modent

l'obligation morale. Certes. les qualits la dcision de conscience; mais, devant la nouveaut et l'indit des cas pratiques, il faut

cela va de soi n'exerce pas ce discernement mme de son pch. Kst-ce dire qu'il soit incapable, ct de ce pch, d'un discernement prudentiel correct en d'autres matires vertueuses et mme, un autre moment, en cette matire morale
il

l'acte

natives favorisent
plus que du de
!

flair,

il

faut

une loyale

et

\ertueuse pru-

qui l'a vu prcdemment succomber? videmment non. Ce qu'il faut dire, c'est qu'tant pcheur il n'a la prudence l'tat de vertu parfaite; mais il put garder d'heureuses dispositions natives et acquises dans l'ordre moral et dans celui du discernement rudentiel.
l

in/use . La pruest le fuit seulement de rnaturelle infuse qui sont en tat de grce el possdent la charit

la prudence surnaturelle

iturelle.
'

prend

possessif, n

rie

la

conscience,

il

3 Comparaison entre lu prudence naturelle el la prudence surnaturelle. La prudence surnaturelle n'est pas le rsultai de qualits natives. Elle n'est

L039
jioint

l'IU
l

M. Ml.. SON
et

II

OU-;

l)\.NS

l.l.

CONSEIL

L040

acquise par

'entranement

la

rptition des

prudence naturelle C'est Dieu qui la donne et l'augmente en mme temps qu'il donne la grce et qu'il l'augmente, en proportion des preuves donnes par lu conscience d'une disposition de pi us en plus fervente aimer Dieu. Par la prudence surnaturelle infuse , nous sommes mis en tat de diriger nos actions dans la sanctification, de les rendre agrables a Dieu et mritoires du salut et d'une plus grande charit. \I lis, par elle, ne nous est pas donn le sens moral naturel, du moins directement; infuse tant perdue et c'est pourquoi, la prudence par le pch mortel, on peut se trouver court de motifs efficaces pour rester moral selon les obligations de la loi naturelle. Cette prudence infuse ne confre pas non plus la sagacit naturelle de l'esprit pratique, ni l'habilet russir les affaires humaines. II'-II q. xlvii, a. 1 1. Elle donne seulement la facult d'orienter sagement ses actions la destine surnaturelle. Si, avant d'tre tabli ou rtabli dans la grce sanctifiante, quelqu'un possde des prdispositions natives ou des habitudes (temprament, passions enracines, penchants dominants), ces tendances plus ou moins imprieuses ont chance de rendre trs difficile l'exercice de la prudence surnaturelle. Celle-ci, en elle-mme, est une capacit suffisante d'action verce n'est pas son tueuse, mais elle n'vince pas rle toutes les difficults que la vie antrieure et le comportement individuel ont pu accumuler. Ce n'est pas une dextrit de jugement pratique en toutes choses et en n'importe quoi qui tombe du ciel avec la prudence infuse ; celle-ci laisse subsister les perfections ou les imperfections d'ordre naturel elle apporte seulement la capacit, porte tout individuelle, de russir, dans la conduite de la vie, ce qui intresse la moralit et le salut. La prudence naturelle, l'tat de vertu, ne se rencontre gure chez les jeunes gens; elle est surtout le propre des vieillards qui, leur assagissement, ajoutent une longue exprience de la vie. La prudence surnaturelle est un don de Dieu, et toute me en tat de grce la possde. Les enfants qui n'ont pas de raison la reoivent par la grce du baptme, mais n'en exercent pas l'acte. Parvenus l'ge de raison, ils l'exercent l'endroit de ce qui convient leur salut, tant qu'ils conservent la grce. Celle-ci augmentant, la vertu de prudence devient plus active promouvoir la sanctification et garder, dans la fidlit Dieu, la vie spirituelle. Ibid., ad 3 um Il arrive que certains hommes soient constitus non seulement providence d'eux-mmes, mais d'autres hommes qu'ils ont commander, diriger et auxquels ils doivent avis et conseils. Ceux qui commandent et dirigent ont de la prudence acquise et infuse non seulement pour se guider eux-mmes, mais aussi les autres. Et ces autres trouvent, dans leur prudence, le discernement de se soumettre et de se confier ces chefs et c?s conseillers, puis d'utiliser, pour le meilleur profit de leur vie, les ordres et les avis qu'ils en
actes
la

1

comme

gement. Bile propose et compare, balance des proba bilits, met en relief des aspects changeants, vise ce qui convient aux circonstance-, mobiles. L'action qu'elle s'applique dicter se prsente avec des alas qui ne sont rien moins que certains, avec des rsultats hypothtiques. La somme considrable de qualits d'esprit qui sont requises comme nous le verrons aux chapitres suivants pour assurer la parfaite droiture de la conduite morale, indique la complexit de beaucoup de nos actions. Xotre raison, bien souvent, ne peut embrasser ces multiples contingences et v mettre la clart dsirable. Les penses des mortels,

',

Sagesse, sont hsitantes et leurs prvisions certitude. Ce que notre raison ne peut assurer et ce que pourtant elle voudrait assurer, la raison divine l'assure en nous, dans la mesure o librement nous rclamons ce secours et nous nous y prtons. L o notre conseil a besoin d'entrevoir des opportunits insouponnes, o notre jugement hsite se fixer, o notre dcision tergiverse, o notre prvoyance et notre circonspection n'ont pas toutes leurs lumires, le Saint-Esprit, par touches mystrieuses et dont nous n'avons pas conscience, nous guide dans le ddale obscur, appuie la bonne volont de notre charit; et ainsi le discernement qui s'en inspire dirige nos pas dans la voie de Dieu. Le don de conseil suit la loi gnrale des dons du Saint-Esprit. Sa finalit est notre perfection surnaturelle. Son rayonnement d'influence se proportionne la ferveur de notre charit. Il ne se substitue pas la prudence infuse ; il la prolonge, l o l'obscurit ou l'indcision menacent de l'arrter. S'il vient point aux heures graves de notre vie, il est l pourtant, toute heure de nos incertitudes d'action, grande ou petite, chaque fois que l'appelle notre amour de Dieu et que cet amour exige de savoir ce qu'il doit de fidlit et de service au divin Ami. Ila-II*, q. lu, a. 1, ad 2um 3um a 2.
dit
la

manquent de

VI. La. prudence dans la phase dlibrative do conseil. La prudence peut tre considre comme vertu morale naturelle ou comme vertu morale infuse ; mais, de part et d'autre, elle est un discernement rationnel de la bonne action. Elle suppose la rectification de la volont vis--vis de la fin morale, c'est--dire l'amour du bien. Dans l'ordre surnaturel, elle suppose la charit, efficacement aimante et dsireuse d'accomplir la volont de Dieu. C'est justement cet amour du bien et de la volont de Dieu qui va appliquer la raison discerner les actions qui seront l'accomplissement du devoir moral et la preuve de notre dvouement Dieu. Il faut bien voir que la prudence ne se met l'uvre que sous la pousse affectueuse de cette volont rectifie c'est parce que

je

veux aimer Dieu que je vais m'employer discerner les moyens d'obir sa volont. Ce discernement prudentiel n'est pas un fait simple, il se compose d'actes d'intellinous l'avons vu

reoivent.
4
le

liaire

Le don de conseil. Le don de conseil est auxide la vertu infuse de prudence. Ce n'est pas lieu de rappeler la thologie des dons du Saint-

gence et d'actes de volont s'chelonnant en trois phases successives la phase du conseil, auquel correspond, dans la volont, le consentement; la phase du jugement, auquel rpond, dans la volont, le choix ou lection; la phase du prcepte et paralllement, dans la volont ralisatrice, la mise en uvre des
:

turelles, thologale et morales.

Esprit qui viennent en supplance des vertus surnaVoir l'art. Dons du Saint-Esprit. Supposant connue cette conomie des

l'autre,

facults excutrices. ces phases

Nous allons reprendre, l'une aprs du discernement prudentiel, en

dons

dans

la vie spirituelle,

donnons brivement

la

du don ne conseil. tous les autres dons, le don de conseil nous rend souples et dociles aux inspirations du SaintEsprit dans le discernement de notre conduite morale sanctifie. Qu'elle soit acquise ou infuse, la prudence procde par dlibration, rflexion, raisonnement, juraison d'tre

Comme

la psychologie, voir de quoi est faite leur perfection et d'o peut venir leur imperfection. Tout d'abord, du conseil et du consentement ou phase dlibrative, nous verrons la nature de l'un et de l'autre, ce qui est requis pour leur perfection, ce qui nuirait cette perfection. 1 Description du conseil et du consentement. 1. Le conseil. Pour agir humainement, il faut rflchir.
:

approfondir

PRU DENCE. SON ROLE


pas des intuitifs, ne saisissanl pas d'emble, un regard simple, toute la com t des choses et du rel, nous devons y regarder plusieurs fois, envisager les uns aprs les autres tous spects et toutes les circonstances, el ensuite dll brer, comparer, vincer, adopter. Nus acttons voluent dans la mobilit dconcertante de circonstances intrieures toujours changeantes. Nos affectivits, nos pussions, nus sentiments, qui prsident a uns action--., diffrent continuellement. Nos lignes de conduite sont souvent tributaires d'vne ments fortuits qui ne dpendent pas de nous; elles parfois en face les liberts d'autres per sonnes dont nous ne s.i\,.ns |). ls d'avance l'orientation.
tut

\s

ONSEIL

L042

certitude, par

par l'action, c'esl -dire, dans une conscience par vertueuse, telle ou telle prescription a observei donner une injure, soulager une det esse nuirait s'ac quitter d'un devoir de sa charge, etc. C'esl a partir le cette lui particularise que le conseil s'exerce dcouvrir les moyens convenables ei actuellement
giblc
1

-,

ralisables.

' .

q.

\iv,

a.

2.

Pour agir humainement


.

il

faut

compter avec cette

mobilit de nos sentiments, U- nos dispositions, les liants. les choses et des personnes. !>aus cette universelle contingence, notre raison, sollicite par notre volont amoureuse <lu bien et impatiente de trouver les meilleurs actions, s'applique doue a une enqute pralable des moyens les plus aptes raliser la lin: car cet amour de la lin postule et exige des moyens qui lui soient parfaitement adaptes s'ils entendent prouver l'amour. Saint Jean Damascne appelle le conseil En prinun dsir qui s'informe nseil est affaire personnelle. Nous devons. pour notre propre compte, discuter des meilleurs moyens d'accomplir nos devoirs, de gouverner nos us. de raliser notre sanctification. Cependant, ies cas difficiles et exceptionnels, nous pouvons besoin du conseil d'un autre plus sage, plus exp riment et plus objectif que nous. Mais encore, c'est opportunotre conseil intrieur qui nous dicte ainsi nit de demander conseil, puis de bien user des avis qui nous sont donnes. l'o ictions doivent-elles tre soumises enqute pralable du conseil"? Non. Le conseil vue du jugement qui dcidera de l'action en dernier ressort c'est une premire dmarche qui doit finalement aboutir au choix d'un moyen unique con la fin. Mais, si le jugement en question ne is de difficults, si l'on sait d'avance ce que
.

Le conseil peui il se prolonger Indfiniment? Non. parce qu'il n'examine pas les divers moyens dans l'abstrait dans ce cas. il irait l'infini. 11 n'entend a dlibrer que tics niovens opportuns el ralisables un certain moment il tant savoir terminer toute consi lierai ion. car il faut agir et parfois agir immdiatement. En sorte que Ce sont les moyens qui se prsentent a nous comme rpondant la ralisai ion prochaine ou immdiate qui constituent l'objet de son enqute et
:
:

sa conclusion.
2. tics

Ibid.,

a.

6,

Dans la phase dlibrai ive moyens, le conseil, quand il a trouv ceux ci, termine la situation au point de vue de la raison. Mais.
Le consentement.

paralllement,

la
la

volont entre en jeu


raison
fait
:

et

consenl ces
1
l -

moyens dont
1
1

valoir la convenance.

par consquent, xv. Je veux aboutir un but travers ces mov ens louves par mon conseil intrieur. ma volont se complat dj entrevoir, presque toucher le rsultat c'est pourquoi cet acte de la volont est appel consentement (sentir avec, toucher de
'
.

q.

.1 a faire, il est parfaitement inutile d'enquter par un laborieux conseil. Il y a des actions habituelles imposent telles quelles et n'ont qu' se rpter: tenir conseil a leur propos ne ferait (pie troubler et ver leur bonne ralisation. D'autre part, cela va lire, on n'enqute pas sur des dtails qui n'ont influence sur la bonne russite de l'act ion. Notons bien ceci la raison mme de l'argumentation prudende la prudence elle-mme, c'est le doute, surgi itre (uns, ience a propos de ce que nous avons quand cela mme nous met en incertitude et en perplexit. Nous nous mettons raisonner pour passer du doute a une certitude pratique. I a -1 1^, q. xiv. "". a. I ibid. ad ,2 posons qu'il v ait doute et incertitude, par cou

l'on

rit

inatier<

.1

conseil

comment

ce conseil doit-il
et la
:

fonctionner? Il part de la lin bien vue voulue: mais son rle est de dbattre
-

rsolument

convenance

moyens
'ni

diser cette fin puis de bien sont actuellement ralisables

que suppose le conseil? Ce n'est pas que nous appelons la fin dernire. mit surnaturelle. Dieu nscienec naturelle, le bien honnte rtueux il lu que h- but d'amour de >ieu "U du bien vertueux prside, au moins implicitement. de moralit et que toute fin partio- nous nous proposons \ rfre, sinon dment, du moins virtuellement. Mais la fin que il. avant de commencer son en-

Immdiatement

ce

>,

eelle qui rst

immdiatement

dsire, attin-

Ce consentement, nous le donnons librement. Cette volont consentante est la mme volont que la volont de la fin qui. prcdemment, a impos la raison l'enqute des moyens. C'est la mme volont qui tout l'heure, aprs le jugement, choisira un unique moyen el. aprs le prcepte, deviendra volont ralisatrice. On plutt, c'est le mme individu qui, aimant une fin. considre les moyens de la raliser, y consent, juge et choisit le meilleur de ces moyens et finalement l'excute. Il y a une parfaite et constante unit psychologique qui enveloppe toutes ces attitudes diverses de notre conscience emporte d'un mme lan de volont vers l'action. 2 Ce qui est requis la perfection du conseil. La raison prudent ielle qui enqute des moyens adapts une fin vertueuse a besoin, pour russir, d'une mmoire, riche en expriences morales, d'une intelligence qui saisit avec perspicacit les conditions relles de l'action. Cette intelligente exprience de la vie s'accrot, de plus, par la docilit se laisser enseigner et conseiller; par la sagacit personnelle qui conjecture, avec clairvoyance, l'opportunit d'une action. Enfin, il faut utiliser toutes ces ressources par une habile et judicieuse raison. Nous allons tudier les uns aprs les autres ces perfectionnements qui doivent tre runis pour assurer la perfection du conseil. 1. La mmoire. La prudence, nous le savons, est le discernement de nos actions contingentes, tributaires de circonstances essentiellement mobiles et susceptibles de consquences qui peuvent tre plus ou moins graves. Pour juger du bien-fond d'une action, il ne s'agit pas de juger dans l'abstrait, sans tenir compte des rsultats, des alas, des adaptations. Et le difficile, c'est qu'il faut juger d'avance et prvoir les consquences futures. Comment cela est-il possible? En jugeanl d'aprs ce qui est arriv communment dans le fiasse, d'aprs des cas similaires ou analogues celui qui se prsente actuellement. L'exprience de ce qui a t vu. fait, de ce qui a russi ou n'a pas russi, us renseigner sur ce que nous devons faire avec le plus de chance d'aboutir un bon rsultat, l 'ne telle exprience du pass suppose le ressouvenir d'une foule d'vnements el de faits, de leurs particularits et de leurs consquences. Il II', q. xi.ix. a. 1. Il y a des dispositions natives plus ou moins heureuses pour une bonne mmoire reproduisant avec nettet l'exprience
prs).

1043
I'

PRUDENCE. SON ROLE DANS LE CONSEIL

1044

la vie morale passe. On rencontre, sur ce point, des mmoires plus facilement ducabJcs les unes que les autres. Des hommes trs intelligents au point de vue spculatif prsentent parfois une mmoire pratique fort courte et mal organise. Les gens de bon conseil, au contraire, ont une mmoire heureuse et trs claire, o toute l'exprience humaine se trouve inscrite mthodiquement, toute prte s'voquer et par consquent fournir, par les comparaisons qu'elle permet,

tative experte, n'est pas acquise en un seul jour; elle utilise d'heureuses dispositions natives, mais elle est surtout faite de l'ensemble des leons qu'apportent la

solution pratique des cas les plus compliqus. Le mot intelligence n'est pas L'intelligence. pris ici au sens de la facult mme de l'intelligence. Dire qu'il faut de l'intelligence pour le conseil prudentiel signifie qu'il faut s'y montrer intelligent. L'enqute par laquelle en dtermine, en regard d'une fin voulue, les moyens adapts et ralisables, se fait par
la

2.

raisonnement. Tout raisonnement se compose d'un principe appel la majeure et d'une mineure. Ici, la majeure c'est la fin; par exemple il faut pardonner les injures, tre juste pour autrui. La mineure pose les moyens adapts cette fin. Or, pour dcouvrir ces moyens adapts, est ncessairement requise une intuition intelligente et avise de ce qui est opportun en face des alas, des circonstances et des consquences possibles. Ibicl., a. 2, ad l um Cette bonne intelligence des choses, cette comprhension exacte des ralits et des situations est facilite par le fonctionnement parfait d'une facult sensible interne, appele cogitative et dont il faut dire, en quelques mots, la nature et l'emploi dans le raisonnement qui prside l'action
:
.

humaine.
Cette facult, quand on l'envisage chez l'animal, est appele estimative ( stimativa ) C'est l'instinct ensemble d'images innes propres dterminer l'action utile l'individu et l'espce et fuir tout ce qui leur
.

serait nuisible.

Chez l'homme,

la cogitative est inter-

mdiaire entre la raison pratique et l'action concrte. En plus des instincts de l'estimative animale, trs attnue chez l'homme, qui a sa raison pour y suppler, cette facult associe les images propres dterminer l'action utile et favorable; elle se combine avec la mmoire pour former l'exprience des moyens les plus aptes l'action. La perfection, dans l'exercice de cette facult, provient de dispositions natives et des acquisitions successives de l'exprience. C'est la facult matresse des gens pratiques, des artisans, de ceux qui ont du savoir-faire; elle est le sens des bonnes trouvailles, des heureuses combinaisons, des russites d'action. Ds lors, on comprend qu'elle soit ncessaire au discernement de la prudence appliqu la bonne russite de l'action morale et qui est, en quelque sorte, le savoir-faire vertueux. La prudence utilise donc la cogitative, qui est comme son instrument-n et qui lui prsente, comme matire de raisonnement, des varits d'actions possibles ou des varits d'aspects et de points de vue propos d'une mme action. Facult sensible, la cogitative ne raisonne pas ses combinaisons heureuses ne valent rien pour la moralit tant que l'intelligence ne les sanctionne pas et ne les emploie pas aux fins de la vertu. La prudence a besoin pour son conseil intrieur et tout l'heure pour son jugement de vues trs nettes sur l'exprience courante de la vie, sur le cours normal des actions humaines et des circonstances habituelles dans lesquelles elles se droulent. D'o pourraient venir, la raison prudentielle, ces vues nettes, absolument ncessaires? Sinon de la mmoire et de la cogitative, de l'ajustement de l'exprience du pass aux conditions immdiates du prsent. Telle est la base d'information ncessaire au conseil prudentiel et d'o jaillira le judicieux discernement qui motivera et dcidera l'action vertueuse. Cette exprience de la vie, fruit d'une mmoire bien informe et d'une cogi:

maturit de l'ge et la dure de l'existence. La science morale peut appartenir aux jeunes gens aussi bien qu'aux vieillards; c'est la question d'intelligence et rsultat dune lude mthodique et applique. Tandis que l'exprience morale, ncessaire au discernement prudentiel vertueux, suppose une connaissance avertie des murs humaines, connaissance qui d'ordinaire n'est vraiment au point qu'avec la maturit de l'ge. II' 11*, q. xi.ix, a. 3, ad 3"'"; q. xlix, a. 3. Cependant, puisque la vertu de prudence doit appartenir a tout ge, l'exprience de la vie, encore inacheve chez les jeunes, est heureusement supple par ces autres qualits de la conscience vertueuse la docilit, la sagacit de l'esprit et la justesse du raisonnement. 3. La docilit. La prudence, nous le savons, est le vertueux discernement de nos actions. Celles-ci se prsentent avec une infinie diversit et revtues de multiples circonstances. Un seul homme ne peut qu' la longue se rendre compte des variables points de vue selon lesquels se prsentent les actions humaines; c'est pourquoi son exprience morale personnelle est souvent insuflisante. Il lui faut donc couter les leons des gens expriments des vieillards qui ont beaucoup vcu, des sages et des prunents qui sont plus particulirement renseigns. La docilit est ncessaire pour l'acquisition de tous les savoirs. La prudence exige tout particulirement cette docilit. Dans les sciences spculatives, on peut parfois se passer de matre; mais, pour le discernement prudentiel, qui n'est pas une dduction thorique, mais une induction par comparaison et analogie, il faut un entassement d'expriences de toute sorte, tant donn que chaque cas ne reproduit jamais compltement un autre; il faut donc couter les enseignements de ceux qui ont beaucoup vu, beaucoup vcu et beaucoup rflchi. Par temprament, on peut tre plus ou moins port cette docilit et dispos en profiter. Mais il y aurait prsomption et sottise ne pas vouloir recueillir les leons des gens renseigns, les ngliger par paresse, ou les ddaigner par orgueil. Cette docilit est ncessaire la prudence personnelle de ceux qui obissent: mais elle convient aussi la prudence de ceux qui commandent il n'est personne qui, dans la direction difficile et complique des affaires humaines, surtout dans la conduite des autres, puisse, partout et toujours, se suffire soi-mme. Celui qui commande devra donc, lui aussi, tre docile l'gard des anciens, des sages, de ceux qui l'ont prcd dans le commandement et qui sont susceptibles de le renseigner. Ibid., ad 2 um ad Z ^. 4. La sagacit d'esprit. LT ne exacte intelligence des moyens adapts et ralisables est donc ncessaire la dlibration du conseil. Cette justesse d'apprciation sur les bons moyens s'acquiert par l'exprience morale, par la docilit l'endroit de l'enseignement des prudents et des sages. Mais elle rsulte aussi de la sagacit personnelle. Ceci ne remplace pas cela, mais y ajoute. Si la docilit nous rend prts recevoir des autres de bonnes directives, il appartient la perspicacit personnelle de trouver, par elle-mme, quand il le faut, ses propres directives. Cette promptitude de l'esprit deviner vite et aisment ce qui convient est ncessaire, car l'exprience passe et les enseignements des gens expriments n'apportent que des faits analogues et qui ne s'ajustent pas toujours ce qu'exige la situation. Il faut donc que. par ingniosit personnelle, l'esprit fasse les radaptations obliges. lia-Il *,
:

q.

xi.tx, a.

4.

Cette promptitude d'esprit a l'air de s'opposer la lenteur et la pondration exiges pour le conseil: mais elle lui sert au contraire et assure la bonne marche de

PRUDEN1
im

SON ROLE

l>

NS LE

CHOIX

L046

mU quand
nous
les

dlibrations. Au surplus, elle peut suppler le con Il est il faut agir -ur le champ, -.m- retard. bien clair. Ici encore, que cette sagacit peut .non en

prdispositions natives,

il

a des

gens donl

prompt, rapide et intuitif peroit d'emble ce qu'il est opportun de faire, mme dans les situations d'autres qui n'abou les plus enchevtres; il \ en que pniblement a voir comment ils doivent tbid., ad Voici encore un du raisonnement. clment de perfection du conseil et qui achve toutes les qualits que nous venons de voir. Instituer un cou tell, c'est mener une dlibration qui va d'une consl itration a une autre considration, d'une vrit connue, une autre vrit; autant dire que cette enqute procde par raisonnement. Pour tre un conseiller prudent, il faut donc savoir bien raisonner. Toutes les rgles logiques d'un bon raisonnement doivent Intervenir dans le raisonnement prudent iel, avec toutes les variantes qu'entrane un raisonnement effectif. Esl ce que les sopbismes ne se rencontrent pas dans l'ordre pratique autant, sinon plus, que dans l'ordre spcu latif? Nos actions ne sont morales que par le raisonnement; leur valeur est prcisment que notre raison ,.ctc et que notre volont vertueuse les adopte pour autant qu'elles sont conformes la rgle de rail'esprit
.1
I
^

prcisment ceux que nous venons de \ oi i.i mmoire, docilit, le raisonnement, toutes la choses requises pour la rectitude du conseil et du dis cernement prudentlel. Se jeter a l'action sans contrle, sans passer par ces relais ncessaires, c'est fane de la prcipitt ion. manquer de conseil. Et c'est une taule contre la prudence. Voici les cuises habituelles de la tout d'abord, la mauvaise volont; ne prcipitation pas vouloir rflchir a ce qu'on lait ni prendre conseil de soi mme ou des autres; se lier orgueilleusement a ses ides. ,i s.i manire de voir, mme dans les situa tions difficiles. Le plus souvent, c'est la passion, quelle elle qu'elle soit, qui est cause de la prcipitation aveugle ou du moins obscurcit le jugement de notre esprit, en nous poussant si vivement son but de Convoitise que sont clipss, tlescopes les actes de
l'intelligence,
:
:

raison successifs rclams par le discernement pruden tlel. Nous reviendrons sur ces causes de la prcipitation

en tudiant le manque de prudence. VII. I.A l'IU'IM NCE DANS LA PHAS1 RSOLUTOIRE DU Nous voici au second stade du discerJUOI mi NT. nement prudentlel. Nous avons dcrit la phase du
conseil et

du consentement. Viennent ensuite,

obliga-

11MI*.

q.

xlix.

a.

5.

Nous ne sommes pas des

Intelligences angliques qui saisissent les choses par simple intuition, sans dduction ni induction, et qui dent, d'un seul coup, de tout leur contenu de

Nous, nous procdons par approches mi nous regardons, les uns aprs les autres, les diffrents aspects, nous morcelons les ralits qui sont it nous et puis nous totalisons pour connatre l'ensemble. A fortiori, avons-nous besoin de ce procd inneur dans le discernement moral. Sans doute, les 'udes que nous en obtenons ne sont point toujours lites, tant donne la matire mouvante dans laquelle il faut pourtant fixer notre action. Mais, prcisment cause de cela, faut-il y apporter une rare souplesse de raisonnement. I.a prudence n*utilisc pas des moyens fixes et dtermins d'avance. Les uvres d'art et de fabrication se rclament de procds techniques, toujours les mmes. Plus un mtier se mcaplus l'exercice en est facile. Pour les actions morales, au contraire, il faut le plus souvent, s'adapter du nouveau et ajuster son raisonnement aux situations et aux circonstances changeantes. La prudence ne doit tre une casuistique, qui. lorsqu'elle est abusive, se lente comme une morale procds fixs. Les actions sont non seulement individuelles, mais chanelles prsentent rarement les mmes aspects,
\rit.
i;
'

toirement, du ct de l'intelligence, le jugement et, du cte de la volont, le Choix. Rptons encore une fois que ces phases successives ne sont qu'un seul mouvement de conscience dont nous figeons les diffrents aspects poulies tudier, mais il ne faut pas en oublier l'unit foncire et vivante. Ce mouvement de conscience part de l'intention volontaire d'une lin vertueuse; par exemple je veux tre humble. Sous cette claire vue et dans cet lan de vouloir rectifi, je rflchis aux occasions possibles, aux divers moyens de pratiquer l'humilit; les ayant dcouverts, je les adopte, par ma volont, fixe sur l'idal de l'humilit et qui aspire
:

sa pratique. C'est la phase du conseil. A ce stade, ma l'humilit acqurir, volont tendue vers cette fin n'est pas satisfaite parce qu'elle a entrevu certains moyens de pratiquer l'humilit. On ne fait qu'une chose la fois: il doit donc y avoir un de ces moyens, particulirement adapt et ralisable dans les circonstances immdiates et concrtes; mon intelligence est
:

pour ainsi dire somme par


afin

volont de le dcouvrir, par un choix dfinitif. Telle est, en raccourci et en squence de la phase prcdente, la phase du jugement et du choix que nous allons tudier. Co~nme la premire, elle comprend donc un acte de l'intelligence le jugement, el un acte de volont le choix. Nous en donnerons la description psychologique; nous verrons ensuite ce qui est requis pour leur perfection et ce qui est susceptible de leur

ma

que

celle-ci s'y arrte

nuire.

les

mmes

dispositions intrieures et extrieures;

il

y a

ouvent de l'indit dans l'action humaine. On ne doit Faisons ainsi parce qu'on a toujours donc pas dire fait comme cela. Parfois, une telle attitude peut tre une rgle de sagesse contre des innovations intempestives, mais elle ne doit pas tre une attitude dfinitive; il v a toujours une manire excellente, raisonnable et obligatoire, de se plier aux circonstances prsentes, fortiori dans l'ordre moral. Ibid., ad 2 am 3 Ce qui nuit lu perfection du conseil. Thomas rsume en un mot le dfaut capital qui peut faire chouer le conseil la prcipitation. C'est par mtaphore que l'on parle de prcipitation dans un acte moral, par analogie avec la prcipitation dans les mouvements corporels. On prcipite un objet quand on le fait arriver, de haut en bas. d'un si ni coup, sans passer par les intermdiaires obligs. M ne faut point passer, du lieu lev de notre .'une. de son sommet, qui a raison, immdiatement au terme qui est l'action, mais y venir par des chelons gradus, en descendant progressivement la pente. Ces chelons gradus sont
:

<

Le 1. 1 Description du jugement et du choix. Le jugement est la conclusion du raisonjugement. nement prudentiel et il se prsente comme dcisif. Nous savons que le raisonnement de l'action pratique telle loi part d'une majeure-principe, par exemple observer, tel le vertu pratiquer, etc. Le conseil suppose ce principe, cette fin; par son enqute sur les moyens, il prpare les mineures possibles a mettre sous la majeure. Il faut tre humble; mais ou peut l'tre en actes intrieurs, extrieurs, en paroles, en attitude, etc. En somme, dans le conseil on n'a fait que des raison ncments provisoires; on a tabli, comme valables en regard du but vis, un certain nombre de conclusions

qui ne sont pas adoptes comme dfinitives. >ans l'intention de la volont qui v applique la raison, ces raisonnements successifs visent a serrer de plus prs la solution, que la volont veut commi la meilleure; car. pour agir, il faut une solution unique. Il est donc qu'un dernier raisonnement s'tablisse pour dterminer cette meilleure des solutions. Il faut aboutir un dfinitif jugement qui termine toutes les relie
1

.i

1047

PRUDENCE. SUN ROLE DANS LE CHOIX


:

10',

Voil ce xions, conseils cl dlibrations, et conclure qu'il faut taire, i Quand ce jugement pratique sein prononce par La raison, la volont l'adoptera et ainsi

choix dfinitif de l'aclion. la phase dlibrative <lu conseil, il \ a une interfrence de l'intelligence et de la volont. L'intelligence prcde la volont, lui donne son objet, en prononant son jugement. C'est pourquoi le choix ne se il de la volont peut tre dit intelligent donne qu'en connaissance de cause parce que l'esprit lui fournit les motifs de son option. I-II, q. xm, a. 1. Le jugement vient aprs les dlibrations du conseil, pour fixer, en le slectionnant, parmi ceux qui sont envisags par le conseil, le moyen le plus adapt la fin voulue, le meilleur par consquent du ct de sen motif, mais aussi le plus opportunment ralisable. Le jugement rsolutoire, comme tous les actes de la raison qui composent le discernement, est sous

consacrera
Ici,

le

comme dans

volont d'une fin vertueuse. Or, vouloir vouloir quelque chose de ralisable. Et l'on n'aboutit une fin ralisable que par des moyens ralisables et, parmi ceux-ci, par celui qui est le plus
l'empire de
la

une

fin, c'est

peut estimer bon non seulement de vouloir et d'agir, mais encore de ne pas vouloir ou de ne pas a^ir pour des mol ils vrais ou qui n'ont qu'une apparence de vrai. Aucun bien particulier qui s'offre mon choix ne peut emporter, d'une faon ncessaire, l'assentiment de ma volont, puisque ce bien n'est que particulier et que ma raison peut dcouvrir en lui un aspect qui me fasse prfrer le n'en pas vouloir, .le ne suis pas libre de vouloir quoi que ce soit, autrement que sous la raison de bien. Je veux mon bien ncessairement, mais rien de ce que je puis vouloir sous cette raison universelle ne m' apparat comme puisant cette batitude que je vise travers tous les biens particuliers je suis donc libre l'gard de chacun de ceux-ci. Il n'y a qu'en face du bien parfait, possd dans la vision batifique, que je ne serai plus libre de ne pas l'aimer; car je ne pourrai dcouvrir en lui aucun motif de me dtourner de lui. Ici-bas, l'action juge la plus raisonnable, la plus vertueuse, peut me paratre, un autre point de vue, prjudiciable mes intrts d'utilit ou de jouissance; ce titre, je puis refuser de l'accomplir. M'apparatrait-elle comme la plus dsirable en elle-mme que
:

ralisable. L'objet du jugement n'est action hypothtique, mois une action etectue sinon tout de suite, du moins ance on juge et on dcide de ce que
:

donc pas une


qui doit tre brve chl'on

je serais

encore libre de

pour affirmer
Il

ma

la refuser, ne serait-ce que libert sur ce point. Nous possdons

le libre arbitre. I^-II 1', q.

xm,

a. 6.

va

faire.

Ibid., a. 5,
Ici,

ad

l" m

devrait venir la question de savoir quelle certi-

jugement peut revtir dans la dtermination Le conseil prudentiel a seulement sa raison d'tre dans le cas d'une hsitation ou d'une pertude
le

qu'il prend.

plexit de la conscience, en face de plusieurs et diffrents moyens possibles. Par le conseil et finalement par le jugement, la conscience est amene passer de l'incertitude la certitude, du doute une solution pratique. La certitude, ainsi acquise, est parfaite quand, par l'limination successive des moyens envisags, la dlibration finale n'en retient plus qu'un,

tant manifestement conforme aux exigences vertueuse et aux circonstances qui vont entourer l'action. Cependant, ces circonstances prsentent parfois tant d'alas et tant d'aspects changeants et insaisissables que la certitude de la convenance de l'action la fin vertueuse ne dpasse point une plus grande probabilit, certitude imparfaite, mais
lui seul

de

la fin

pour justifier raisonnablement que le conseil n'aboutisse point clairer la situation et que le jugement doive rester en suspens? Oui, cela arrive. Si dj nos prudences sont incertaines , elles peuvent quelquefois tre court. La conscience, qui ne peut sortir d'un doute incoersuffisante
l'action. Arrive-t-il

nanmoins

cible, doit s'abstenir d'agir. Mais, si elle est force d'agir et d'agir sans retard, que fera-t-elle? C'est l un problme qui a suscit bien des polmiques entre moralistes et que nous ne pouvons rsoudre ici. Voir
:

Probabilisme. Le choix est, dans la volont, l'acte 2. Le choix. qui rpond au jugement. La raison a jug du vrai

moyen qui convient la fin; ds lors, la volont l'adopte, le choisit. Ce mot de choix voque l'ide d'une slection aprs avoir examin les moyens les uns aprs les autres, on rejette ceux qui conviennent
<

moins

et

sont moins

immdiatement

ralisables,

pour

se fixer sur celui qui est jug le meilleur ces deux points de vue. I a -II , q. xv, a. 3, ad 3 um Le choix volontaire, comme le consentement, est libre, et cette
.

libert

valeur morale pour une cause quelconque, cette libert du choix n'est pas absolue, par ignorance ou par trouble involontaire de la passion, la responsabilit, la valeur morale et le mrite de l'action en sont diminus d'autant. Pourquoi le choix est-il libre? Parce que ma raison
fait la responsabilit, la
Si,

du choix

et le mrite d'une action.

faut bien comprendre que. dans notre conscience morale, il y a un paralllisme constant entre, d'une part, le raisonnement de la prudence qui conclut la pratique vertueuse et, d'autre part, le battant en brche, le raisonnement de la passion en faveur de nos instincts contraires la vertu. Nous sommes stimuls par la vertu et en mme temps pousss par nos instincts ne pas faire ce que la raison morale rclame dans son jugement de conscience. En nous, certaines heures, s'affrontent la chair et l'esprit, le vieil homme et l' homme nouveau , la grce et nos instincts. Nous demeurons libres de choisir. Sans doute, choisir le mal est un aveuglement, mais c'est un aveu l'instant o nous choisisglement volontaire sons le mal, nous voulons qu'il nous paraisse plus attirant. Nos vertus ont cette conomie, dans notre vie morale, de faire triompher, rencontre des impulsions passionnelles, notre choix pour le bien, pour la vertu, pour Dieu. C'est la spontanit et la force intrieure de ce choix que se mesure l'intensit de notre vertu. A son tour, notre prudence garantira nos dcisions morales en proportion de la solidit de nos rsolutions et de nos volonts vertueuses. 2 Ce qui est requis pour la perfection du jugement. videmment, c'est tout d'abord ce qui est dj requis pour la perfection du conseil, puisque le jugement fait aboutir le conseil et termine l'enqute. Par consquent, c'est au nom de l'exprience du pass, assure par la mmoire et par la docilit aux enseignements des anciens et des sages; c'est aussi par la sagacit de l'esprit et la justesse du raisonnement, que nous jugerons du meilleur moyen ralisable. Mais, en plus de ce qui est exig pour le conseil, il faut, pour le jugement, une clairvoyance toute particulire de l'esprit; car il faut sortir des alternatives, oprer un triage entre toutes les ventualits, pour arriver une dcision unique: il faut voir juste, clair, net. ce qu'exigent les circonstances et dterminer une fois pour toutes ce qu'il faut faire. Aussi, ce jugement rsolutoire exige-t-il un bon sens moral et une perspicacit toute spciale de l'esprit. En effet, la perfection du conseil et la perfection du jugement ne drivent pas de la mme cause. Il y a des gens tpii. dans une enqute et un conseil, sont habiles faire valoir toutes les alternatives, mais, en mme temps, sont incapables de fixer leur opinion dfinitive et d'opter catgoriquement pour l'une des alternatives. Dj, dans l'ordre spculatif, nous voyons des esprits
:

PRUDENCE.
I.-rt
i

^>N

ROLE DANS
ad
'

I.

RALISATION

L050

en Ides, en raisonnements et qui n'arrivenl des jugements clairs, des dterminations pr stint des Imaginatifs, qui manquent de ce sens Intrieur qu'on appelle le sens commun, facult interne qui rassemble autour du mme objet et lui restitue ordre et pertinence toutes les sensations qu'il nous .1 donnes. Ils ne savent pas appliquer Irais principes aux ralits vivantes et concrtes. Dans l'ordre pratique, nous trouvons les mmes tempra des hommes de bon sens et de |uge ments s'il > it ce ne sont pas ncessairement de savants ment il v en .i d'autres qui en manquent abso lumen t. Pour ce bon sens pratique et avis dans la conduite morale, il faut, outre la finesse de l'esprit, une imagination bien assagie; il f.mt surtout la paci fini vertueuse de la sensibilit, l'affranchissement passions, afin de pouvoir juger impartialement objectivement, et non pas dans le sens de ses amours, le ses utilits et de son intrl mal
K-.
l>.

in

.1

2 Enfin, la cause de ce manque de jugement est le plus SOUVent la passion, les tendances choisies, les points de vue utilitaires, les inclinations pcheresses
'.

et

.i

vicieuses; ces prjugs affectifs et ces prdtormlnations passionnelles ne portent pas a |uger dans le sens de la vertu, couter les rclamations de la conscience. On ne veui rien examiner, rien entendre; on ne songe qu' satisfaire ses Intrts, favoriser ce qu'on aime, a se prcipiter la s. ihsl.nl de ses convoitises. Nous tudierons plus loin ces dfaillances du discernement prudentiel lui liennenl l'a pi loi et a l'aveuglement de la passion. VIII. LA PRUDENCl DANS LA PHAS] [HPRATIV1 mis Nous voici au troisime et dernier ri ilisations. stade du discernement de la prudence, celui des ralii

a\ ec le conseil el le jugement, nous n'en sommes encore qu'aux intentions. Mme la conclusion volontaire du jugement, le choix, n'est qu'une dcision intrieure, une option de notre COH
.

sations. Jusqu' prsent

q.

i.

a.

3.

science qui peut ainsi se formuler:


taire.

Voil ce qu'il faut


et
il

tains cas, d'allure exceptionnelle, rclament par-

Mais rien

n'est

encore

l'ait,

s'agil

mainte-

ticulirement eette perspicacit de l'esprit. 11 > a des actions morales imposes obligatoirement par des lois >t dont il faut pourtant s'abstenir. D'autres fois, l'es prit doit prvaloir sur la lettre. Payer une dette, par pie, est une loi morale, et pourtant il faudra
stenir de rendre quelqu'un l'argent qui lui est d, on sait qu'il l'utilisera pour trahir sa patrie. n pareil cas, la prudence ordinaire ne suffit plus; il faut une sagacit toute spciale de bon sens pour ne pas
I

nant de passer l'acte, c'est prcisment cette phase des ralisations que nous devons tudier. V ce stade, s'affirme tout particulirement la vertu de prudence dans son acte principal qui est d'intimer l'action, de commander la ralisation. La prudence. en effet, est noire raison applique diriger notre action; par consquent, parmi les divers actes qu'elle dploie, le principal est celui qui aboutit ce bul agir. Le conseil explore et examine les diffrentes alterna:

t'en tenir la loi


loi

commune, pour
ici

saisir et juger

qu'une

tives,

les

diffrents

moyens d'accomplir

l'action; le

l'exception. Cette perspitoute particulire des cas exceptionnels rclame ti une nettet, une rectitude de jugement tout a fait des. Le bon sens moral et le jugement perspicace
isitions

plus haute

commande

et facilits par dheureu-.es pr natives; mai- l'ducation, la docilit et rience personnelle contribueront l'affiner. Enfin, quelles que soient les prdispositions et l'dui. la prudence surnaturelle infuse , ne l'oublions p.,.,. donne a toute .'une de bonne volont la

peuvent tre prpars

bilit

de ce jugement droit dans tout ce qui con-

sanctification et le salut, mais seulement la tifleation et le salut individuels; car la prudence infuse ne confre pas le bon sens ni le jugement

tpicace dans les affaires de ce monde. 3 Ce qui nuit lu perfection du jugement.

l'ai-

de prdispositions natives malheureuses, certains hommes n'ont pas de jugement et manquent de bon Cette dficience est plus ou moins accuse elle rient d'une imagination dsordonne, d'une inattention habituelle au rel, d'un manque de contrle et d'organisation des sensations, des ides et des souvenirs; il peut y avoir aussi manque d'ducation et mution sur ce point, car on doit cultiver en soimme, pour son propre compte, ce bon sens moral, ce lent droit el perspicace c'est l'instrument fcond de la moralit. Il faut s'habituer juger avec rectitude, justesse et objectivit, en se rendant compte du pourquoi de toutes ses actions, ne laissant rien vie morale qui manque de clart el de
: :

jugement prononce, parmi ces moyens, lequel est le plus apte et le plus ralisable, tant donnes le cas prsent el ses circonstances. Le conseil et le jugement dcident sans doute de l'action, mais d'une faon quasi spculative et thorique. I.a preuve en est que. dans certains cas difficiles, o nous ne pouvons pas nousmmes juger, nous allons rclamer ce jugement un bon conseiller, qui examine le cas en lui-mme, en disserte spcult iveinent et nous donne son avis, mais en se dsintressant ensuite de la ralisation qui nous incombe nous seuls. Or, la raison pratique, que nous mettons en uvre dans la prudence, doit aboutir ncessairement la ralisation; elle doit donc aller, au del du conseil et du jugement, jusqu'au prcepte ou intimation qui prcisment ordonne cette mise excution. Le conseil et le consentement, le jugement et le choix, n'ont de raison d'tre que pour faire agir. Un vertueux n'est vertueux que lorsqu'il pratique rellement la vertu. II' II q. xi.vn. a. 8. A propos du prcepte, nous allons suivre le mme plan d'tude que pour les deux phases prcdentes dcrire les deux lments de la phase imprative. lment rationni et lment volontaire: dire ce qui est requis pour leur
1 , :
I

sine
Outre U
-

pn dispositions malheureuses
il

et le

manque

peut \ avoir ngligence fautive ne pas loger et discerner comme il faut. On ne veuf pas faire 'ion. on ne s'applique pas juger correctement bjectivement. Cette inconsidration est la suite
ication,
tte

de d
ru-r la

que nous avons vue tion du conseil. Ce n'est pas une excuse consquences dsastreuses d'une n'a pas voulu
prcipitation
d<
r,

et ce qui peut leur nuire. Description de l'acte rationnel du pricejile. Dans cette phase du prcepte, il est ncessaire de placer un acte de raison qui ordonne avec clairvoyance la mise excution de l'action idalement conue. C'est sous la pousse volontaire d'une lin raliser, d'un but atteindre que l'esprit s'est appliqu a l'enqute des moyens el qu'il a abouti un jugement dterminatif; il faut aller plus loin, il faut raliser. Or. pour cela, de grandes difficults SOnl vaincre tant que l'on en reste la rsolution intrieure, on ne rencontre d'autre opposition a son vouloir que la volont contraire; mais, se met re '<euv re, c'est se renoncer, se meurtrir, c'est lutter, attaquer, dfendre, couper, retrancher, peiner, travailler. La vertu commence par l'intention, mais elle ne donne sa preuve el ne s'achve que par les

perfectionnement
1

ralisai ions.

peine

ipte.

Il

de rflchir, 1. q. Mil. .1.

Dans
choc;
il

les

difficults

rebutantes de l'action,
est

il

faut

donc y parer. Le prcepte

ce verdict

1051

PRUDENCE. SON ROLE DANS LA REALISATION

1052

rationne] qui, sous la pousse du vouloir de la fin, dcide de la ralisation avec une claire vue de son opportunit et de ses dillicults. Mais, dira-ton, dj, dans le conseil et le jugement, cette opportunit et ces dillicults ont d tre peses et examines. Sans doute, mais, encore une fois, c'tait pour ainsi dire dans

vie. Pour tre prudent, il s'agit de discerner et de dicter une action vertueuse qui n'existe pas encore au moment o on la dcrte. Prvoir une action qui n'est

o l'on agit, au sein de faut que la raison intime clairement son ordre, en connaissance de cause, en voyant le pourquoi et la raison d'tre de l'excution et
l'abstrait.

l'instant

mme
il

l'pre rudesse de l'action,

de sa poursuite au sein des embarras et des contrarits. Le prcepte est donc une dcision lumineuse de l'esprit et non pas un commandement aveugle. Il ne s'agit pas ici d'une pousse de volont, ou alors il faut dire que c'est une pousse de volont clairvoyante; c'est avec l'il ouvert qu'on doit aller l'action et la dominer dans tout son droulement. Ia-II, q. xvn, a. 1, ad l um L'animal est incapable de ce verdict rflchi; l'homme passe l'action en se donnant, au sein mme de l'action, les raisons de l'accomplir ellectivement. L'animal, par la seule pente de son instinct, se prcipite fatalement agir lorsqu'il est mis en face d'un bien qui lui convient. Il est m par quelqu'un qui est clairvoyant pour lui, par la Cause premire, par Dieu, qui a pos en lui l'instinct adapt ses besoins; mais l'animal ne peut pas se rendre compte de l'ordre rationnel de cette adaptation; il a l'lan, l'impulsion, mais pas l'intimation intelligente. I a -II q. xvn, um Cet acte du prcepte doit s'accomplir avec a. 1, ad 3 clrit. Lorsqu'on passe l'action, il faut aller vite; une fois la dcision prise, il n'y a plus qu' se mettre l'uvre sans tergiverser. Pour raliser, il faut une sollicitude empresse, une sorte d'animation fervente qui veut aboutir le plus vite possible. Saint Thomas oppose cette clrit la lenteur majestueuse du conseil qui prend son temps, prolonge et ajourne au besoin ses dlibrations. Il faut agir prestement, sans retard, parce que la ralisation est pleine de difficults qui peuvent survenir, ne serait-ce que celle de notre propre faiblesse soutenir la fatigue et la continuit de l'action. Ia-II 3 q. xlvii, a. 9. Passons maintenant l'aspect volontaire de la mise en uvre. Une fois port le dcret de ralisation par la raison prceptive, la volont applique l'acte les puissances excutrices. Cette volont agissante garde, dans l'excution, la matrise d'elle-mme, tout d'abord dans son fonds de libert, car, au cours de l'action, nous demeurons libres de poursuivre celle-ci ou de la faire cesser. C'est aussi avec libert que nous utilisons les puissances excutrices sous la clairvoyance de la raison et en connaissance de cause. Nous dployons nos nergies, notre esprit ou nos forces musculaires, nous les mettons en exercice et en dirigeons l'activit. L'animal, au contraire, excute I a -II q. xvi, a. 1. automatiquement ce que son instinct le pousse faire; il subit le dclenchement de ses puissances d'action sans en avoir la matrise ni la direction libre. Ibid.,
.

pas et l'ordonner comme devant tre, parce qu'on la juge en accord avec la situation prsente et avec l'opportunit des circonstances actuelles, voil la prudence. videmment, cela exige de la prvoyance il faut considrer et peser l'avance les consquences, les avantages ou les dsavantages. Cette prvision est l'instant important de la prudence, et mme le mot prudence signifie lymologiquement prvoyance, providence. C'est pourquoi la prvoyance est essentielle l'acte prudentiel principal le prcepte. A cette prvision perspicace de l'action future s'ordonnent toutes les dmarches et toutes les habilets de l'esprit pratique que nous avons tudies. Pour tre vraiment prvoyant, il faut d'abord l'avoir t dans le conseil et le jugement, qui taient institus, eux aussi, en prvision de l'action future. L'exprience de la vie, la sagacit, la docilit, le bon sens avis et la justesse du raisonnement, servent bien prvoir, bien juger d'avance l'action telle qu'elle sera et devra tre. tre prvoyant, c'est tre prudent. Ila-II 33 q. xlix,
: : : ,

a.

6.

La circonspection. Nous prvoyons exactement que doit tre une action, quand nous la situons bien dans les circonstances qui vont l'entourer. Si nos actions devaient toutes se ressembler ou se rpter dans
2.

ce

*,

a. 2,

ad 2 um Intelligence
.

et libert, voil

ce qui fait

chez l'homme la grandeur, mais aussi la responsabilit de son action. 2 Ce qui perfectionne la prudence prceptive. Tous les perfectionnements signals jusqu' prsent pour la perfection du conseil et du jugement exprience de la vie, perspicacit, bon sens, etc., vont grandement servir l'-propos et la clart du prcepte; mais sa perfection sera particulirement assure par trois la prvoyance, habilets caractristiques de l'esprit la circonspection, la mise en garde avise l'endroit de toutes les embches qui pourraient compromettre

la ralisation.
1.

La prvoyance.

L'action propre de
moral

la

est de diriger vers l'idal

les actions

prudence humaine;,

travers les circonstances variables et multiples de la

cadre et la mme faon, la rflexion serait Mais, c'est un fait, elles varient continuellement; nous devons rflchir, raisonner, aviser, pour nous adapter cette continuelle varit. Il peut arriver en effet qu'une action, si on l'envisage en elle-mme, soit bonne et conforme la fin vertueuse, mais qu'elle devienne mauvaise et contraire cette fin par suite des circonstances dans lesquelles elle se ralisera. Rien de plus plausible, par exemple, dit saint Thomas, lorsqu'on veut attirer l'affection de quelqu'un, de lui tmoigner de l'amiti; mais ces tmoignages amicaux deviendront inopportuns si l'on s'adresse un orgueilleux qui voit en eux des honneurs qui lui sont ds. Il faut donc tre circonspect et attentif aux circonstances dans lesquelles se prsentent et se droulent les actions. la- II*, q. xlix, a. 7. Mais, objectera-t-on, cette circonspection risque de ne pas tomber juste, parce que les circonstances qui enveloppent nos actes peuvent varier l'infini. Thoriquement parlant, ces circonstances peuvent sans doute varier l'infini, en ce sens que nous pouvons concevoir une action, par exemple cet acte d'injustice, le vol, dans des circonstances les plus dilrentes. Mais, en fait, les circonstances qui affectent une action dtermine, concrte, relle celle que je vais accomplir tout de suite - sont en petit nombre et susceptibles d'tre connues, considres et par consquent juges et apprcies dans leur rapport et leur rpercussion sur ce que nous allons faire. Et c'est particulirement l'gard de ces circonstances-l que la circonspection doit exercer son attention. L'homme circonspect est prcisment celui qui sait discerner exactement les vritables circonstances d'une action, celles qui, ayant rapport elle immdiatement, peuvent la modifier dans son opportunit, sa difficult de ralisation et sa valeur morale. Ibid., ad l um 3. Mise en garde contre tes embches qui pourraient entraver l'action. L'action humaine livre la contingence des circonstances, est en butte des entraves possibles. Il faut donc tre attentif tout ce qui pourrait mettre obstacle son accomplissement, dpister les intrigues, percevoir les piges cachs, deviner ce qui se passe derrire les apparences. Nous comptons, par exemple, sur telle circonstance de temps, de lieu, de personne, et voici qu'en cours d'action ces circonstances
le

mme

inutile.

IMi

l'i

NC1

SON ROLE DANS LA


la

Kl. Al

ISATION

1054

modifient du tout au tout; ou bien, nous esprons ralisation Facile, et voici qu'en cours d'excution d'inattendues difficults m- dressent, des complications mrgissent; il faut donc parer, aviser, se unir, se reprendre, s'adapter. II*- II, q. xux, a 8. Une question pose a propos ti tous ces perfectionnements ncessaires .1 la rc.ilis.it ion des actions humaines ces prcautionnements en vue de la bonne .lion sont ils efficaces? Pouvons-nous toujours et une absolue garantie et certitude prvoir toutes stances, nous tenir suffisamment en garde toutes les difficults qui peuvent survenir? Won, 'iijours la p -rspicacit la plus veille peut tre lue l'ont ee que la s. messe humaine peut prvoir ee qui normalement et commune meut est susceptible d'arriver. Mais, a ('encontre de prvision, il > .1 des difficults inattendues, ve nant du hasard des choses, des volte-face des personnes qui. sans doute, surgissent rarement, mais n'en sont pas moins dconcertantes. Nous ne pouvons pas tout >r ce n'est pas l un manque de prudence, mais une dficience qui tient a notre condition humaine. nons-nous se reine me nt ne pas toujours russir, a nous tromper parfois. La prudence peut doue tre dfaillante vis a vis d'actions qui ont trait des intrts matriels ou vis-a-vis d'entreprises humaines; peut-elle l'tre dans l'ordre de la sanctification nielle? Heureusement, le don de conseil vient en supplance des incertitudes et des imprvisibles de
m-

ne

la volont ralisatrice est en dpen conscience surnaturelle, du degr de charit et. dans la conscience naturelle, de la force des convictions morales

perfection de
la

dance, dans

On

voit

maintenant ce que
:

signifient les affirmations

t-

SOUVenl rptes par saint Thomas dans son traite de la prudence a Vertu le prudence suppose la volon ou encore te rectifie Il ne lui appartient pas d'assigner aux vertus morales leur fln, mais elle a besoin que ces \ clt Ils existent pour la perfection de ou enfin Toutes les vertus mo son discernement
I . : .
:

raies sont

prudence surnaturelle, et il vient, non seulement conseil et le jugement, mais encore dans les ltes de la ralisation, nous faire russir malgr nbarras survenus, pour qu'en toute hypothse notre sanctification y trouve son profit et que notre salut n'en soit pas compromis. Le Saint-Esprit est tyant et circonspect a notre place: il nous met en garde contre les embches qui entraveraient notre
le

Vertu, suppose la \oloule volont fermement rsolue a l'accomplissement du bien, eu quelque action qui se prsente. D'o peuvent venir cette plnitude, cet unlversalisme et cette efficacit du vouloir? si nous nous plaons dans la conscience surnaturelle, nous dirons que les vertus thologales (el toul particulirement la Charit pour Dieu quand elle est fervente) unifient et tendent tous Ks vouloirs vers l'observance Intgrale de la loi morale. Pour l'amour fort, il n'y a se dvouer a en ellel qu'une seule consigne valable l'tre aime el le servir le toul son Cur, de toute son Intelligence et de toutes ses forces. La volont finale d'tre entirement soumis Dieu, stimule et nourrie par la charit, inclut donc la Volont des lins vertueuses et. dans la mesure mme de l'intensit de cil le charit, consacre leur troite liaison. Lorsqu'on aime Dieu vrai ment, est-il possible de se livrer la mortification et. en mme temps, d'enfreindre les obligal ions de la jus tice et de la charit' fraternelle par la mdisance el la
i

connexes La prudence. l'tat de

rectifie, c'est a dire la

calomnie? Si cela arrive, cela prouva' que la charit pour Dieu n'est gure vaillante el qu'elle n'est pas le premier mobile de la conscience. L'amour de Dieu. dans Tme gouverne par la grce, est instigateur des dsirs vertueux; il les confirme et leur assure efficacit.
Plus cette charit est intense, plus s'unifient ces dsirs

it

garantie en sa perfection - Voil donc les perfecpar les autres vertus traies. tionnements qui sont requis pour la prudence prceptive du ct de la raison. Que faudra-t-il du ct de la
l.a est

de servir Dieu. vertu de prudence

ar.

dans

la

phase de

la

ralisation, la volont

ivoir sa part et son rle. La principale perfection qui lui est ncessaire, c'est son efficacit . c'est--

mm

force d'application
i

dans

ivre des facults qui


le

accom

lissent

la mise nos actions.

lui

la volont est tendue a aimer Dieu prouver son amour. Aussi, est-ce chez lui. et irtionnellement a la ferveur de sa charit, que se maximum l'nergie morale volontaire; donne s. vigueur d'excution et de motion te. lorsqu'elle bat son plein, a l'instant de ne sont pas seulement les perspicacits et qui viennent de l'intelligence, mais son ri;ie intime, c'est--dire la puissance Telle concentre et qu'il le dploie. C'est dj it. a l'tat d'amour, fixe sur la lin, qui
( -

vertueux,

appli'!
le

il a discerner les moyens d'action, a plus apte et enfin a ordonner la mise en Ile encore et surtout qui, touchant le

but. appli

force les

facults

l'action.

La

irudence suppose l'amour de la fin, l'intenintention prside toutes les discernement et se retrouve, force l'heure de l'a ement pratique du n'est pas vertueux dans la m sure o l'on
qu'il faut faire,

de la puissance d'amour que porte volont verte ind cette puissance


ir

maximum

comme dans la prudence aura ellede rendement, Lu tin de compte,


Mit.-

tension,
la

dans une imprieuse volont d'tre lidlc Dieu en toute chose. L'est pourquoi nous disons que la charit surnaturelle implique les vertus morales infuses et qu'en cette charit toutes ces vertus sont connexes . Dans la conscience incroyante ou dans la conscience a la foi morte , nous n'avons pas celte armature de la charit et des vertus infuses . Cependant, peuvent y exister, nous le savons, des convictions inorales et des dispositions vertueuses assez solides pour garantir une srieuse droiture d'honntet. Ici encore, ces tendances vertueuses se renforcent mutuellement en s'uniliant dans une volont dcide accomplir le devoir partout o il se rencontre. Ainsi donc, en toute conscience, les convictions morales et la bonne volont du bien sont tayes par des tendances vertueuses dj tablies solidement. Le dis cernem ait moral ne peut avoir de clairvoyance habi tuelle (pie dans cette hypothse en d'autres termes, la vertu de prudence suppose les autres vertus. Je dis vertu le prudence, c'est--dire scurit d'un discernement qui s'exercera a tout coup pour le bien et ne se laissera point aveugler ni dvier par aucun courant passionnel adverse. Il y a des Hills habituellement peu vertueux, qui font parfois et mme souvent acte de vertu, aux instaiils ou ils ne sont point domins par leurs tendances vicieuses; mais leur discernement esl vite en droute et abdique, quand leurs passions habituelles les talonnent et rclament leur assouvissement oui uinier. Retenons loue que la perfection du discei nement prudentiel n'est garantie que par l'as sment v ri ueux. El comment les vertus, une [ois stabilises, contribueront-elles a la perfection lu discernement ou, en
:

Dieu,

d'autres termes,
et

comment

faciliteront-elles la lucidit

la

fermet Tune vertueuse

prudence?

De

trois

1055
:

PRUDENCE SON ROLE DANS


i

I.

RALISATION

lavons ouf d'abord en empchant le conseil e1 le jugement de la raison de dfaillir dans la direction morale de noln- action; puis en renforant, par l'lan d'une sensibilit bien gouverne, la rorce d'intimation
d'nergie volontaire qui doivenl prsider a nos ralisations vertueuses; enfin, en aiguisanl la perspicacit du discernement prudentiel par l'exprience el l'exprimentation morales que les habitudes vertueuses onl acquises e1 qu'elles ne cessent d'enrichir. Nos passions, lorsque la vertu n'en discipline pas la fougue, nous tirent a <\ku\ dviations possibles suivie la logique de leurs convoitises en nous appliquant raisonner en leur laveur l 'encontre du raisonnement de notre conscience, ou nous faire reculer
cl
1
:

quand il nous faut - et tant de nos attaquer ou nous dfendre actions nous obligent a ce combat obstin la passion modre et discipline mais tendue et forte, parfois trpidante et violente, vient opportunment dcu

diverses causes de dfaillance,

lutter,

pler notre nergie


(pie l'emploi
site

et

forcer
la

la

victoire.

vertueux de
d'une vert

sensibilit est

Notons bien une ni


utili-

de

la

bonne action humaine: quand cette


u

devant
morale.
les

les

difficults

douloureuses de
:

la

pratique

tre aveugl par nos passions, ne pas flchir, cause d'elles, devant le devoir voil ce que

Ne pas

vertus morales garantissent, en servant la perfection de notre prudence aussi bien dans le raisonnement de son conseil et de son jugement que dans l'impratif de sa dcision. Supposons que nous ne soyons ni justes ni temprants, mais gostes, rancuneux, vindicatifs, sans dvouement ni piti, sans support ni dsintressement, irritables, violents, agressifs, cupides, sensuels, jouisseurs, amateurs de nos aises et ennemis de toute contrarit. Qu'arrivera-t-il, quand nous aurons nous dcider pour un acte difficile et qui s'oppose ces sentiments d'injustice et ces attraits de plaisir? Au lieu de raisonner pour le respect du droit des autres ou les obligations de notre devoir d'tat, nous serons ports raisonner pour nos intrts gostes et nos paresseuses nonchalances; au lieu de juger ncessaire la mortification des sens, nous jugerons permis tout acte licencieux dont s'offre l'occasion. En ce dbat intrieur, la conscience plaidera trop mollement sa cause et finira par abdiquer devant l'exigence de la passion. Supposons encore que, loin de possder la vertu de force, nous soyons d'une volont molle et indolente, que nous ayons peur de tout effort, sans courage dans la lutte, effondrs devant toute tche un peu rude, incapables de supporter la moindre afPiction que pourra-t-il arriver, en ces conjonctures, quand il faudra agir tout de suite, rudement et prement? On le devine ce sera l'impossibilit de se rsoudre, la tergiversation et peut-tre l'abandon du devoir. On le voit, l'absence ou la mdiocrit des vertus morales compromet la droiture de notre discernement tous ces stades du conseil, du jugement et du prcepte. Au contraire, sa rectitude est garantie, aux mmes stades, par une volont dcide servir les convictions morales lorsqu'elles sont encadres par des vertus vigoureuses. 2. Au surplus, il faut rappeler ici la thorie aristotlicienne et thomiste de la moralit de la passion. La vertu ne consiste pas dtruire en nous la sensibilit, en la considrant comme radicalement nuisible l'action raisonnable, mais tenir la sensibilit assez en gouverne pour en discipliner la force d'lan et l'utiliser sagement. Mais, nous n'avons pas tudier ici ce bon usage vertueux de la sensibilit, dans la formation des convictions morales, dans l'application la clairvoyance du discernement, enfin et surtout dans la dure impasse des ralisations. Voir art. Passions, col. 2233.
: :

sous l'inspiration de la divine charit, elle devient surnaturellemenl mritoire. Il faut pousser, jusqu' ce rsultat, l'utilisation vertueuse des passions. Cf. H. -IX Noble. 1 passions dans la vie murale, t. il, c. ni. x, xi, xn. XIII. 3. Voici encore, par la prsence des vertus dans l'me, un renforcement du jugement prudentiel au point de vue de sa perspicacit. Ces vertus mettent la conscience en tal d'amour, en tat d'ardente et constante volont du bien. Cet amour du bien est d'autant plus fort qu'il s'amorce, dans la conscience surnaturelle, la charit pour Dieu et une longue expril de la pratique vertueuse. C'est mme plus qu'une exprience, c'est toute une exprimentation d'une vie vcue dans la perfection morale. La conscience tant ainsi fixe et unifie dans ses attraits n'a qu'un mot d'ordre servir Dieu en l'aimant, ne rien faire qui lui dplaise, tout lui donner et lui subordonner en accomplissant, en toutes choses et en tous actes, ce qu'il commande. Cet amour vertueux, cette exprience morale accumule, ce got dcisif du bien viennent ncessairement aiguiser la dlicatesse du discernement, lui donner l'allure d'un flair divinateur et intuitif: car telle est la psychologie de l'amour lorsqu'il est ardent et qu'il sort d'une exprimentation amicale dj longue. Celui qui aime, devine, sait, voit tout ce qui est de son amour et tout ce qui n'en est pas, ce qui en prouve la solidit ou la compromet, et plus encore ce qui plat l'tre aim ou lui dplat. Non pas que ce soit l'amour lui-mme qui discerne et dcouvre; mais c'est lui qui, dans son imprieux attrait, applique la clairvoyance de l'esprit servir son dessein qui est celui-ci connatre pour mieux aimer et pour mieux prouver l'amour. Cette connaissance rendue perspicace par l'amour devient le fait du discernement prudentiel au service de la vertu dsire et aime. Le vertueux non seulement veut avec amour tre fidle sa vertu, mais, par l'exprience qu'il a dj de celle-ci, il sait ce qui lui convient et ce qui ne lui convient pas. Il est familiaris avec elle. Il en connat les luttes et les
st ion est le fait

infuse

victoires, les difficults

et

les

embches,

les circon-

stances dfavorables et les meilleures chances. A cause de cette exprience, constamment enrichie par les faits et par l'attrait croissant de la vertu, le discernement de la prudence prend une sret singulire. Ayant, dans les solutions antrieures, une base de contrle assure, le vertueux juge plus facilement,

comme par
les russites

divination* instinctive, les cas nouveaux sur prcdentes il a le coup d'il, l'intuition,
:

passion, une fois mate et assagie, est une force puissante et entranante qui vient renforcer le vouloir, galvaniser le courage, pour triompher des difficults. Notre sensibilit, dresse faciliter nos bonnes uvres, nos entreprises, l'accomplissement de notre devoir, mettant en nous une ambiance de joie, d'euphorie, d'amour, d'enthousiasme, d'esprance, de dsir, d'audace, d'endurance et mme parfois de fougue et d'emportement telle est l'honnte et vertueuse passion. Or, partout o, pour agir, nous devons tenir tte
:

La

parce que son amour et son exprience le rendent attentif et sensible tout ce qui touche sa vertu, tout ce qui la menace ou la favorise. II a -II iB q. m.v. a. 2. Sur cette connaissance exprimentale et affective, voir H.-D. Noble, L'amiti avec Dieu, c. m. (".es donnes succinctes suffisent marquer la ncessit des vertus pour la perfection du discernement moral en tous ses actes et spcialement en cette perfection terminale du prcepte qui assure les dcisives et ffi,

caces ralisations. 4 Ce qui peut nuire la prudence preceptive. Nous avons vu qu'une fois l'action dcide par le jugement et le choix, aprs l'enqute du conseil, il faut intimer l'action et passer promptement sa mise en excution: ce qui suppose une sollicitude empresse a agir tout de suite. Pourquoi cela? Parce qu'agir est

PRUDE NC1
:

l!

MANQUE DE
mme,
iiili

PIM DE NCE
:

1058

difficile

il

faut forcer les choses, s'imposer I sol

ma
gent

ralits el parfois
fait

aux personnes,
<lr

si

ce lle

dfaut,

la

ralisation

l'action peut

tre

compromise; en tardant el en tergiversant, <>n risque iU m- laisser surprendre par les fallacieuses persuasions susceptibles d'arrter la bonne volont,
ngligence <>u dfaillance de la raison qui lu-site a dcrter l'action c'est un manque de prudence prceptive, tant il esl vrai que, - cet ultime \ erdict, s'affirme au complet la pcrfec titin du discernement normal. Pareille ngligence mne la torpeur, a la paresse de la volont excutrice <>n sine, on ne fait les choses qu' moiti, ou ce qui est pire on arrive a l 'abdication <iu vouloir, l'omission de l'acte oblig, c'est--dire la faute. Cette sollicitude tout empresse a agir vite et fortement est heureusement servie par la sensibilit devenue vertu, comme nous le disions plus haut il en sort une intrpidit, un allant, un cran, qui renforcent l'nergie volontaire et font rebondir sa puissance dans les
la sollicitude, la
:

nfaste quand, drgle el ralsonne, elle prside au discernement elle aveugle l'esprit ,t le fourvoie, Elle est bienfaisante quand, mesure el soumise, elle appuie' l'attention et la clart lu discernement, en active la
dcision
l'action,
et

De

surtout galvanise les forces cxeeillli.es de verit., q. xxvi. a. T. ad ;; u,n


.

s'oppose

MOUS voici au tenue' de notre' analyse du eliscei nement moral, l'eut lre .s'tonnera on que taul d'actes divers le composenl et le compliquent conseil,
I :

chocs Immanquables de l'action difficile. Cependant, une objection reste. Malgr tout, au moment de la ralisai ion, la passion mobilise au service de ralisation ne supprime pas son moi, sa tension nique et son excitation organique. N'en rsulte il un trouble prjudiciable au discernement et la \ion au cours mme de l'excution? Certes, il y a .tions compliques, qui doivent se drouler lentement travers des phases successives et ordonnes. chacun de ces moments, la raison doit tre prompte a s'adapter en parant a toute ventualit. nous nous plaons dans l'hypothse d'une action simple, pralablement rflchie et dcide et qui esl urs d'excution. Parvenue a ce point, cette action n'est plus a remettre en question ni en jugement; il n'importe plus que de l'accomplir. L'esprit serait-il ment-la empch, par l'exaltation de la passion. de raisonner et de rflchir, ou serait le mal puisqu'il plus qu'a agir et le plus promptement possible? Rien de plus lgitime pie de ne plus dlibrer a propos d'une action en train de s'excuter: trve de conseils et de dis. ours, l'action est lance, il faut, avec passion. 1er en avant pour l'achever et lui faire traverser hardiment le rseau des difficults. La ralisation d'une uvre risquerait d'tre manqu* si. en cours cution, on s,- reprenait dlibrer sur la manire de la faire. Pour raliser une uvre technique, pour
I
i
i

lugement, prcepte, sans parler d'autres actes de l'es viennent assurer la perfection des trois actes principaux 11 n'en faut pas moins pour la bonne la. tUTe de l'action morale, pour qu'elle SOil pleiucinciil uvre de raison. Au demeurant, celte complexit n'est qu'apparente. Une unit vivante relie toutes les tapes de la conscience vertueuse, dans une finalit profonde. L'amour du bien (amour de Dieu ou amour du devoir) esl le principe d'impulsion sous la clart des convictions morales (premiers principes de la loi naturelle, prceptes de la loi divine, resolutions vertueuses). Parce que, sous L'animation de cet amour, on veut vivre vertueusement, il suit que l'on veut se rendre compte, par un conseil bien inform, de toutes les meilleures possibilits de vertu. Mais ou veut davanil s'agit, travers un jugement tage clair et dcisif, d'opter pour l'action vraiment adapte aux circonstances et pour la plus raisonnable de toutes. Enfin, cette action, on veut la raliser; il faut donc qu'en dernier ressort la raison en dcide par l'intimation du prcepte qui est l'acte principal de la prudence vertueuse. On le voit, intelligence et volont se mlent par interfrence rciproque leurs actes respectifs sont distincts, mais ils s'acheminent l'un vers l'autre: le conseil s'ordonne au jugement, qui lui-mme prpare le prcepte; le consentement est pralable au choix, cpii postule la volont ralisatrice. Une mme intelligence, un mme vouloir, du commencement la lin. vont au mme but agir raisonnablement, vertueusement, c'est--dire moralement.
prit qui
:
:

er un mtier, accomplir une manuvre mme la plus complique, il y a un automatisme forc, une mist ion ncessaire. La dlibration demande lenteur, et vouloir a tout pris l'exercer au cours d'une a qui ne peut tre accomplie qu'avec clrit, vouloir tout compromettre. La multiplicit et la

temp

promptitude de mouvements adapts qui. en mme ssiveraent, se combinent au sein d'une qui s, realise rendent impossible le jeu de la
i

manque DE prudence. Nous avons ddiscernement prudent ici clans Ion, ses actes composants et les perfectionnements de ces actes. Il faut voir maintenant l'oppos de la prudence, c'est-dire l'imprudence ou le manque de prudence. Ce manque de prudence se prsente de bien des faons. Il peut y avoir absence radicale de prudence par impossibilit d'en exercer les actes, parce qu'on n'a pas l'usage ou du moins l'usage assez parfait de la raison. Le temprament vient jouer un rle important dans l'allure du discernement. Celui-ci peut tre singu Lirement desservi par la fcheuse tournure de la mentalit, par le manque de justesse dans le raisonnement, de pondration dans le jugement et d'effi cacit dans la volont ralisatrice. La passion, avec
IX. la.
le

crit

dlibration.

Le
le

pianiste,

le

dessinateur,

le

chauffeur

d'automobile,
mtier,
la

pilote d'avion, le tisserand sur son paysanne qui tricote, n'ont que faire de ur toutes l.s faons dont leurs bras, leurs

partis-pris et son impulsivit, vient aismenl troubler, sinon aveugler le discernement et l'empcher de raire prvaloir les exigences de la conscience morale. Enfin, abstraction faite du temprament et de la don, il peut y avoir manque de prudence par omission
chir a ce

ses

mains, leurs doigts, doivent se cours si rapide de leur excution. sue depuis longtemps, elle est nique; rc n'est plus l'heure d'en
I

comporter durant le La manire' d'agir est devenue quasi mca-

volontaire du discernement quand on nglige de rfl que l'on doii faire, quand on ddaigne nabi tuellemenl ou passagrement d'agir avec quelque
1

rflexion.

dresser la technique. action vertueuse, dont la prudence a pportunitc nmplissement immdiat. on de l'esprit a fini de jouer son rle;

maintenant au vouloir ralisateur, aux foies


uloir

commande

La

sensibilit

excite
l'lan

lenter l'nergie

ralisatrice

par

impulsion.

>n

l'envergure de cette docla vie morale et la place trs nette de la dans l'conomie vertueuse. La passion est
voit

on

Impossibilit du discernement prudenliel. C'esl d'abord, le cas des enfants avant l'usage de la raison. Ils n'ont pas l'exacte notion du bien, qui une Ide abstraite, que l'intelligence seule peul concevoir. Leur ducation morale demande longueur ci, temps. La raison rflchie et dlibrante, l'exprience cb- la vie, l-s complications de la psyi biologie humaine, rclament une- clairvoyance d'esprit cpie non seul, ment l'enfance, mais l'adolescence et la prime jeu nessene peuvent possder. Toutefois, remarquons que
tout

DICr.

DE THOI. CATHOL.

T.

XIII

:;i

11!;",'!

PRUDENCE. LE MANQUE DE PRUDENCE

10G0

les

l'enfant reoit, au baptme, avec la grce sanctifiante, vertus a infuses et par consquent la vertu de

raison, inerte et sidre, ne peut le saisir ni l'apprcier. Les psychopathies constitutionnelles, avant qu'elles

prudence sans qu'il puisse, d'ailleurs, en exercer les actes. Parvenu l'ge de raison et, au del de ce1 ge, le jeune homme et la jeune tille peu expriments 'lu point de vue de la prudence naturelle, l'homme peu clair dans ses Jugements et dont la raison reste purile durant toute sa vie, possdent et utilisent, s'ils sont dans la grce, la vertu infuse qui leur assure un suffisant discernement en tout ce qui concerne leur salut et leur sanctification personnelle. Mais cette prudence surnaturelle, Laquelle s'adjoignent les lumires <lu don de conseil, ne donne aucunement aux jeunes ni aux esprits obscurs la prudence habile des affaires
,

tournent a l'hallucination et au dlire, donnent lieu a ces discernements tendancieux ou se mlent le rel et
l'irrel.
et

Le mythomane travestit facilement les faits <l< s situations pour une bonne part fictives. Chez l'hystrique, l'hypertrophie de l'imagijuge d'aprs

lit

humaines ils manquent d'objectivit et d'universadans leurs jugements; ils doivent recevoir les
:

leons de la vie, tre duqus, acqurir successivement Ila-II, q. xlvii, a. 14, ad 3>. L'impossibilit d'exercer le discernement moral existe chez les dments et les insenss. Ce qui caractrise la dbilit mentale, c'est le manque de raison dlibrante , l'incapacit de porter un jugement de conscience, l'absence de contrle rflchi sur l'action. La raison est ligature par l'anarchie des fonctions sensibles les reprsentations ne correspondent pas la ralit ou sont dformes par l'hallucination; les images sont incohrentes, illogiquement assembles, toutes prtes fournir matire l'extravagance du dlire; l'affectivit est dsaxe, ordinairement impulsive et violente. Il y a donc coupure entre la raison et l'action celle-ci reste ingouverne; elle sort sans motif, sans logique, sans explication, du chaos des images, des instincts et des passions. Cette absence totale de raison dlibrante arrive de deux faons ou bien par insuffisance de dveloppement crbral, comme chez les idiots, irrmdiablement condamns une vie vgtative et instinctive, ou bien par obturation de l'esprit. Dans ce dernier cas, l'esprit subsiste; il pourrait, hors de l'tat de dmence, fournir une dlibration motive et un discernement de conscience, s'il n'y avait, pour annihiler toute activit de sa part, le dtraquement des facults sensibles. Cette ligature de l'intelligence, qui est congnitale et durable chez l'idiot, ingurissable dans certains tats dmentiels dfinitifs, peut n'tre que temporaire et accidentelle chez les confus, hallucins, phobiques, mlancoliques,
: : :

la rend fabulamenteuse. Le cyclothymique, l'esprit instable, manque de certitude et de continuit dans ses dcisions pratiques. L'hypermotif, cause de l'intensit et de la clrit de ses ractions, n'a pas le temps de placer un discernement valable entre sa passion et ses actes. Le paranoaque porte un jugement grossissant et dformant sur tout ce qui se rapporte son ide de perscution et de revendication, alors qu'il demeure fort avis l'gard de tout autre objet. Le

nation affaiblit l'apprciation morale,

trice et

maniaques Chez les

et dlirants.

demi-fous

nous ne rencontrons plus un

manque absolu de discernement, mais un discernement


incomplet et amoindri, d'o ne peut sortir qu'un contrle moral attnu. Et cette attnuation prsente des nuances l'infini. On sait la multiplicit des actes rflexion, raisonqui sont ncessaires la prudence nement, adaptation du jugement la ralit concrte, comparaison du cas avec les normes morales, consid:

ration des circonstances, prvision des opportunits, des difficults et des consquences. Or, dans ce tout complexe, il peut y avoir, pour des causes pathologiques, dficience de l'un ou l'autre des lments requis; il en rsulte fatalement un jugement de conscience dficitaire, gauchi, inadquat. Au surplus, la volont et la sensibilit viennent parfois, par manque d'quilibre physico-psychique, rendre vacillant le jugement dcisif de l'action. Cette imperfection. plus ou moins accuse, du contrle rationnel se rencontre chez certains dments dans les priodes intercalaires de lucidit, mais spcialement chez les psychasthniques qui ne connaissent pas, mme transitoirement, de vritables accs de folie, mais dont l'apprciation morale reste rudimentaire ou en partie fausse, ou chez lesquels l'aboulie volontaire ou l'impulsivit motive gne l'-propos du discernement ou prcipite l'acte avec tant d'emportement que la

pervers instinctif se jette animalement la satisfaction de son penchant, sans capacit d'advertance ni d'inhibition. Sur la responsabilit morale chez les psychopathes voir H.-D. Noble. Les passions dans la vie morale, t. i, c. xn; t. n, c. vi on trouvera l les textes de saint Thomas qui se rapportent la question. 2 Le temprament et le discernement. Nous ne parlerons ici du temprament que par rapport au discernement moral. Sur la nature du temprament. ses causes, ses influences favorables ou dfavorables sur la moralit, voir H.-D. N'oble. op. cit., t. i, c. x: t. n, c. v. Tout d'abord il faut rappeler ce principe gnral le temprament, quel qu'il soit, serait-il la disposition la plus heureuse, doit subir, dans son inclination et son penchant, le contrle de la raison prudentielle; il est sens unique et dtermin. Or, l'action vertueuse, avec ses complications modifiables d'aprs les opportunits et les circonstances, a besoin d'une raison qui aille dans tous les sens, d'une raison qui rflchisse, divise, compose, ordonne et unifie. Sans cette discrimination rationnelle qui, dans certains cas, doit crer neuf les dispositifs de l'action, le temprament n'est qu'impulsion, sans ordonnance ni mesure. Souvent le rle de la prudence sera de rectifier le temprament prjudiciable au conseil, au jugement et au prcepte de la raison pratique ou encore la fermet de l'intention et du choix volontaire. Le temprament le plus heureux ne pourra suppler la prudence. Celle-ci, dit saint Thomas, peut avoir son service une aptitude native la rectitude du jugement; mais cette aptitude doit tre complte par l'exprience, l'entranement, voire par la grce, c'est--dire par la vertu infuse de prudence et le don de conseil. Cela tant rappel, indiquons les allures diverses des tempraments, pour autant qu'ils sont utiles ou nuisibles la perfection du discernement moral. Indiquons cela brivement, car recenser toutes les varits des tempraments serait un discours sans fin. Il y a des esprits qui sont plus aptes que d'autres la pntration et la sagacit requises au discernement. Ce ne sont pas prcisment les gens abstraits, spculatifs et thoriciens, mais les gens rflchis et pondrs dans l'ordre pratique, esprits ralistes s'adaptant aux faits, observateurs, assimilateurs, critiques, habiles dpister les difficults, capables de renouveler des jugements prconus, fertiles en trouvailles heureuses. De telles intelligences sont servies par une mmoire exacte et ordonne, par une imagination discipline, un sens commun centralisateur et une cogitative riche d'expriences accumules. L'intelligence souple et novatrice accuse son maximum de pntration et de finesse l'instant du jugement. Aprs le conseil, qui a explor de tous cts et propos diffrents moyens d'aboutir une fin donne, le jugement doit, par une perspicacit nouvelle, comparer, distinguer, associer lis lments pour aboutir la prfrence
;

1061

PRUDENCE.

Ll

M \Noll.
:

DE
:

l'IU

DENCE

1062

de l'action la meilleure et la plus opportune. Noua dj cit cette observation de saint Thomas tucoup de gens sont habiles .1 Instituer ililit>i-.

r.ition

et

conseil et, en

mme

jugement. Dj parmi les esprits 1res ingnieux et fort prompts multiplier les raisonnements, parce que leur Imagination suscite tacitement d'abondantes images, et cependant ils ne parviennent pas a bien juger, par dfectuosit de leur < s,-ns commun qui ne sait pas organiser entre elles saint Thomas rclame deux vertus U-s sensations la vertu de conseil, pour cette rflexion intrieure nous dirions le bon sens moral preuve puis qu'avant ces deux vertus Formes lis dispositions qui Us prparent diffrent. 11*11'. q. u, a. :>. pour le conseil et le jugement prudentiels, certains hommes sont aids par d'heureuses dispositions. d'autres hommes en sont dpourvus, et. s'ils ne corpoint ce fcheux temprament, ils risquent fort de manquer de discernement, tout au moins dans les situations difficiles et les cas embarrassants. Ne parions pas des esprits irrmdiablement purils, presque incapables de se conduire, ni des tourdis qui cipitent sans rflexion a^ir n'importe comment, ni les confus et incohrents qui ne mettent deux ides ensemble que difficilement, ni enfin de ees indoilleux qui ne retiennent rien des leons de l'exprience pas plus que de l'enseignement qui voudrait les clairer. 11 est des esprits qui ne manqueraient
.
:
:

temps, manquent le spculatifs, nous voyons des

rbles ou dfavorables a ces deux premiers actes de la prudence le conseil et le jugement. Mais l'aide ou le l'entrave se continuent a propos du troisime acte prcepte ou dcision iiupci at ive. l'.tant acte de l'intel:

ligence, les
et

modes de
:

diate Influence

la

celle ci auront sur lui leur immmise en garde contre les embarras
la

les difficults

de

ralisation, la perspicacit qui

veille sur les circonstances el les consquences de l'acion seront singulirement desservies par la tendance de
t

l'esprit a l'inattention, a l'inconsidration,

au

manque

|,

'.

le justesse, s'ils n'taient constamment troubls par une imagination desordonne, qui dforme. Invente vient dupe de ses Actions, tandis qu'elle inspire ipprciations fantaisistes sans critique ni objectiD'o le manque de coordination, de pondration, Tordre et de mesure dans le discernement, ds qu'il

d'objectivit; mais elles seront facilites par les qualits contraires. Si le prcepte est clairvo\ ance Intellectuelle sur les opportunits et les modes de la ralisation, cette clair voyance ne devient verdict d'excution que par l'appoint de l'efficacit volontaire. Les tendances qui renforceront le vouloir ou nerveront son efficacit auront donc leur rpercussion sur l'acte dernier et principal de la prudence. Au point de vue gnral de la disposition a agir, nous trouvons des yens dont le temprament est tourn l'action. 11 faut qu'ils agissent, qu'ils remuent et se dpensent. Entreprenants, aimant la lutte, pas dcourags par les difficults, confiants dans le succs, ils vont de l'avant, abattent de l'ouvrage, ne s'arrtent jamais. Ce got de l'action peut prendre une allure \ ive, hardie, exubrante, batailleuse, ou une allure plus calme, plus lente-, et plus tenace dans sa persvrance. Quand ce penchant sera contenu, modr et ordonne- par la vertu de force qui est la vertu des ralisai ions il sera UD auxiliaire puissant pour la phase dcisive de discernement le prcepte Impratif. Au contraire, cette vertu de force aura bien du mal s'implanter chez ceux qui, par nature, sont inactifs, inertes, mous,

de s'appliquer rigoureusement aux faits ,-t rrer de prs les circonstances mouvantes ou ndues. La tendante a l'automatisme intellectuel vorise pas la facult d'ajustement qui doit prsider au discernement les esprits systmatiques dent a priori et partent de vues thoriques et d'opinions toutes faites; ils ne distinguent pas, ne confrontent pas et sont insensibles aux imprvus de l'action; ils jugent dis cas pratiques abstraitement, articulent toujours les mmes dterminations, n'aptroitesse; ent qu'avec lourdeur, railleur et aucune exprience ne les instruit: leur mmoire mcanique rpte les mmes sentences routinires, et leur nent est tout d'une pice et sans nuance. Dans Ire pratique, ce sont des esprits faux, dont les ions ne prsentent aucune scurit, quelle que l'.ir ailleurs leur envergure d'intelligence spcublig
1

des tempraments affectifs se marque ou moins grande objectivit de la on morale. Il y a des eens qui ont un mal le burs partis pris d'affection, de s de vue intresss et de leurs buts prfrs d ils doivent porter un jugement sur d'autres qu'ils n'aiment pas. sur uni- situation qui gne la leur. ements qui vont a rencontre de leur \u demeurant, c'est une- tan- de notre psychoa juuer dans le sens s utilits, cl.- nos convenances et de nos amours. rtu a prcisment pour c unie de corriger nos dsirs et nos inclinations et de- ne les laisser passer uni- direction raisonnable approuve parle discernement prudentiel. Quand celui-ci se laisse ion. il manque infaillible nient de rectit d'objectivit. Les passionns sont exposi tient faux, autant, sinon plus, que les esprits matiques. ments se- pr ntent donc comme

clans la plus

languissants, toujours ratigus, dcourags d'avance de ce qu'ils entreprennent, dpourvus de constance et de persvrance, craintifs des difficults relles mais aussi des difficults qu'ils se forgent illusoirement. La volont elle-mme est tributaire, pour la densit de son nergie, de dispositions variables selon les individus, dispositions qui rsultent de la plus ou moins bonne facture de l'esprit, de l'imagination, de la mmoire, de la cogitative, du sens commun et de la sensibilit. Le vouloir, en effet, rsume toutes les forces de la conscience et il les rassemble pour sa propre efficacit. Chez les grands volontaires, qui .missent rsolument, avec persistance dans la dure et pret dans la lutte, avec une continuit qu'aucune contrarit ne dconcerte, il y a certainement, pour expliquer ces rsolutions actives et durables, une intelligence lucide tablie dans des convictions solides, lixe a des buts prcis et a des mobiles gnraux inchangeables; il y a aussi un discernement souple qui sait adapter les circonstances nouvelles aux fins acceptes, rsoudre les difficults inattendues en maintenant toujours 1rs dcisions prises. Le type le plus accompli du volontaire, dans l'ordre moral, c'est le vertueux, dont toute la conscience est ordonne au bien, ave -c des habitudes enracines el une prudence rectifie la se- rencontrent toutes les garanties du puissant et efficace VOUloir. A rencontre, les esprits confus, illogiques, autom des. les Imaginatifs, les passionns, les impulsifs, m- sont pas prpars l'nergie du vouloir volonts faibles, chancelant es. mobiles, aussitl dfaites que formes, enttes parfois, reculant devant l'elTort. dconcertes par la rsistance, sans constance ni persvrance. ne-si pas ici le lieu d'apprcier la valeur morale des actes, fruits du temprament, el nous n'en dirons que quelques mois. En principe-, le temprament natif, normalement parlant, n'est qu'une dispo silion qui Incline a l'action, mais ne lui enlev pas sa
:

libert

ni

sa

responsabilit.

Entre

la

tendance

el

1063
l'action, la

PRUDENCE. LE MANQUE DE PRUDENCE

1064

rflexion et le discernement peuvent et doivent intervenir et prendre leur droit de contrle. Il y a lieu, dans certains cas, d'envisager une responsabilit attnue dans la mesure o ce contrle a moins d'aisance et de sret. Le temprament est corrigible, surtout lorsqu'il affecte les modes de la sensibilit et de la volont, et il y a obligation de s'employer cette ducation qui demande continuit et patient labeur. Les dficiences du ct de l'esprit et du jugement pratique sont moins rparables et donnent souvent lieu une responsabilit diminue. Cependant, celui qui a peu de garanties sur ce point trouvera dans sa bonne volont l'indication opportune de se dfier de son propre jugement et de prendre conseil. N'oublions pas non plus que, dans la conscience en tat de grce, la vertu infuse de prudence et le don de conseil sont toujours prts assister le discernement, donner leur supplance en tout ce qui a trait la sanctification personnelle. 3 La passion et le discernement. Indpendamment de ces prdispositions favorables ou dfavorables au discernement, celui-ci peut manquer de facilit et de clart par le fait de la passion antcdente , c'est-dire antrieure ce discernement, passion non retenue ni matrise dans son attraction et sa vivacit. La complaisance donne cette passion entrave la dlibration morale et risque de la troubler, sinon de l'aveugler. Avec saint Thomas voyons, travers les actes successifs du discernement, les perturbations que peut causer la passion. Nous supposerons un tat de passion qui laisse subsister la responsabilit volontaire. Il faut rappeler tout d'abord cette loi gnrale de notre psychologie toute passion, par nature, en raison de sa force d'attrait et de l'moi physiologique et psychique qu'elle produit, tend concentrer sur son objet l'attention de la conscience, l'application de l'esprit et l'entranement du vouloir. Cela ne veut point dire que la raison ne puisse plus s'exercer ni la volont nous sortirions de l'hypothse mais, dans rsister la conscience tenue en haleine par l'attrait prpondrant, la raison est stimule approuver la passion elle se trouve plus dbile la dsapprouver parce que les considrants qui inculquent cette dsapprobation amoindrissent le relief de leur valeur. Cette loi gnrale de l'absorption de la conscience par l'attrait de la passion tant rappele, il est ais de voir comment la passion vive compromet tous les actes dont se compose la perfection vertueuse du discernement prudentiel. Saint Thomas dsigne quatre actes de l'intelligence pratique et les examine tour tour dans leur conflit avec la passion. 1. Le premier de ces actes est pralable la prudence elle-mme, mais il la commande toute. C'est le jugement qui dnonce la valeur d'attrait de la fin morale, oriente l'intention vertueuse et se prononce pour le devoir rencontre du plaisir, pour la loi de Dieu rencontre de la satisfaction drgle, par exemple l'intention qui opte pour le pardon et non pour la vengeance, pour la continence et non pour la jouissance sensuelle. Cette estimation, cette mise en prfrence des finalits vertueuses, suppose que la raison se prononce, en connaissance de cause, pour les valeurs spirituelles de la moralit, pour Dieu contre le pch, pour l'esprit contre la chair, pour la vertu mme crucifiante contre le plaisir mme enivrant. Si la passion surgit dans cet tat d'me et, par son attrait vif et imprieux, retient l'attention et la complaisance de la conscience, si elle appuie pour que la raison se dsiste de ses rigueurs morales et approuve plutt les plaisirs rclams par la passion, cette mme raison sera tente de voir avec moins de relief la plus-value des fins spirituelles et vertueuses; les convictions morales seront branles et menaceront de vaciller. En dehors

de l'tat de passion, en dehors de cette passion qui, prsentement, nous secoue et nous trouble, rien n'est plus clair, devant la conviction, que l'obligation de prfrer la vertu au plaisir; mais, sous l'empire et parfois la tyrannie de la passion, les points de vue changent d'aspect et de couleur; le bien moral rallie moins notre enthousiasme; notre bien vritable le plus tentant ne nous apparat plus celui que tout l'heure notre raison proclamait, froid et dans la paix de la conscience, mais celui que vient ollrir la passion, bien qui ne se prsente pas l'tat abstrait, mais a l'tat de sensation immdiatement prouve. II-II,
q. CLIII, a. 5. la conscience prudence, c'est le conseil intrieur qu'elle doit instituer en face de l'embarras des circonstances et des alternatives. La perfection de ce conseil n'est pas d'ordinaire chose aise. Nous savons qu'une vertu y est requise et quelles conditions 2.

Le deuxime acte de raison dans


le

vertueuse,

premier de

la

nombreuses est lie sa perfection il y faut la mmoire du pass, l'intelligence des circonstances prsentes, la
:

prvision sagace des consquences ventuelles, l'habile comparaison des alternatives, la docilit recueillir opportunment l'avis des hommes clairs et expriments, toutes choses qui rclament la pondration de l'esprit. Se jeter l'action sans contrle, en suivant, sans plus, l'impulsion premire, se prcipiter satisfaire sa vengeance, sa gourmandise, sa volupt, rentrent bien dans les murs courantes de la passion, surtout si la passion est vive. Le passionn ne veut pas rflchir, il ne veut rien entendre, il n'coute ni remontrances ni avis, il refuse de s'entendre lui-mme, de s'arrter un instant de rflexion qui risquerait de lui faire manquer le plaisir dont il est avide. Ibid. 3. Le jugement est le deuxime acte de la prudence et il clt le conseil par la dtermination de la meilleure alternative, par la dcision du choix. Il y faut, nous l'avons vu, une particulire rectitude de la raison, une intuition dcisive et sagace, qui rclament une attentive considration de tout l'esprit. On peut s'enfermer dans un conseil qui rumine avec lenteur et agite entre elles toutes les alternatives sans qu'on aboutisse en sortir. II faut avoir mrement considr toutes circonstances et toutes ventualits pour arriver bloquer toutes les considrations autres que celle qui l'emporte en valeur et provoque le jugement dcisif. Or, que la passion surgisse, et voici que le jugement en sa faveur semble bientt le seul en situation, le seul qui offre des motifs valables. Cette insistance vouloir refouler toute autre considration et cette application nerver toute ide de rsistance amnent bien souvent la faillite du jugement de conscience, du jugement moral, que seul pourtant devrait adopter le vertueux. Ibid. 4. Enfin, la prudence a un acte dernier et principal le prcepte, qui intime les ralisations vertueuses. Nous connaissons les difficults que prsente ce passage de l'intention l'action, du discours moral intrieur la vie morale pratique. C'est le problme moral luimme, dans tout son ralisme et son acuit seul est vertueux celui qui produit des actes de vertu. La
: :

prudence n'est la prudence que lorsqu'elle mne la conscience au del de cette impasse o tant de belles rsolutions trouvent leur pierre d'achoppement. Or, c'est ici prcisment que la passion concentre sa force d'arrt, fait jouer son mirage et dploie son ensorcellement pour interdire une dcision qui viendrait contredire sa convoitise. Qu'on le remarque, il peut arriver que la passion, mme imprieuse, n'ait pas abouti troubler le conseil ni flchir le jugement du discernement on voit clairement qu'il faut repousser cette suggestion, renoncer ce pch, cette injustice, cette vengeance, cette sensualit; le jugement d'action est tout prt s'identifier au jugement do
:

PIUUI :NC1
science.
lvres, loin

FAUSSES PRU DENCES


de rflchir, avant d'agir, A
Il

1066
faon dont
11

Oui.
le-,

mais

il

loin

do

la

COUpe aux

la

doit

agir.

rsolutions prises aux rsolutions Inbranlablement tenues; car la passion est toujours la attrait et son effervescence; le vouloir deet le

II, q

l\.

a.

i.

a et

:i.

Ce manque de prudence par ngligence volontaire


en diffrents travers, selon (pie la dficience affecte l'un ou l'autre des actes do raison m 'ces saites a la prudence. A l'investigation rflchie, que lec laine le conseil qui empite sur les alternatives d'une action et qui suppose attention a l'exprience de la vie, docilit aUX enseignements des sai;es. s'oppose la prcipitation ou tmrit. Au bon sens ri a la perspicacit, qui doivent assurer eu toute situation la rectise spcialise

meure subjugu,

cur

captif.

Pour

le

sacrifice

la conscience, il f. nuirait par exemple occasion, rompre la prsence, etc. El la ion insiste toujours. l'A il arrive que, soudain, les belles rsolutions tombent on est repris, on succombe, le rien qui retourne tout. Saint Thomas cite ici quelqu'un proteste trs haut vouloir se er d'une tentt riee et \oiei lla'c rerbu (alsa imulu reslm net lue petite larme feinte met en droute tous ces beaux discours. Ibid.: De main. q. x\. a. I. culpabilit de ce manque de prudence sous l'inCC de la passion est relie du pch commis. Tout

demand par
fuir

cette

tude du jugement
ration et
le

pratique,
le

s'opposent

['inconsid-

manque

circonspection.

l'Intimation

preceptive. qui est l'acte propre de la prudence et dicte les ralisations, s'opposent la ngligence, la paresse, l'inconstance. La ngligence est le manque

on dsobit, de la de la part d'advertance cl de taire que l'on apporte. Sur cette part d'adveret de volontaire, il v a de multiples distinctions Ion la fore impulsive de la passion et la elarte plus ou moins grande du jugement de raison. s,uis forme schmatique, les diverses situations qui se peuvent prsenter v eptionnellement, avant tout contrle de cience, la passion surgit, excessive, anormale. lant le cerveau par sa commotion et empchant lentanment l'exercice de la raison et par const. tout discernement. l'as de responsabilit, sauf est cause, par certains actes volontairement et rieurement poses, de l'excitation le la passion et
ni
la loi

de

morale

a laquelle

Avant
ire
:

extraordinaire vhmence. le contrle de la conscience, la passion se cette fois, elle ne supprime pas l'exercice de
t

d'empressement a imprer la ralisai ion d'une action dcide par le jugement. La paresse est l'ai laidement et la mollesse au cours del ralisation. L'inconstance est l'arrt en cours d'excution on ne poursuit pas, on n'achve pas le bien commenc. La ngligence est une faute du cote de l'Intelligence c'est une dfaillance de la raison qui ne se dride pas a intimer la ralisation de L'action, tandis (pie la paresse cl l'inconstance sont des dficiences de l'nergie du ct volontaire. Ibid.. a. 2. ad l" . Pour ce qui est de la gravit de la faute d'imprudence par prcipitation, inconsidration, ngligence, paresse, inconstance, il faut voir a quelle omission d'actes ou bien a quels actes fautifs ce manque de prudence aboutit. Ici jouent les normes courantes du dosage des responsabilits Quelle loi a t enfreinte? I'.st-cc en matire grave ou en matire lgre? Avec quelle conscience cl quel volontaire
:

a-t-on ainsi

la possibilit
/

du discernement nanmoins, violente pour troubler le jugement de la


;

n. Responsabilit attnue par


parfait.
I

manque

de volon-

produit avant l'intervention de la garde la clart de son jugement, mais l'attrait passionnel attire son approbation, entrave la ction du discernement, (.'est le cas dont nous ^ de tracer la psychologie responsabilit et dite le pch grave ou lger selon matire du utefois. pch de passion, bien qu'il puisse ive pch, est cependant moins grave, toutes
le-ci
:

p issjon se

tudi de prudence par dficience ou par imperfection notoire des actes ncessaires au discernement. Il faut tudier maintenant les fausses prudences, qui utilisent avec habilet tous les actes de la raison la discernante, mais pour un mauvais rsultat prudence de la chair la prudence astucieuse et
I.i s
i

X.

manqu la prudence? u ssi s PRUDENCES. Nous avons

le

manque

ruse,
1

la

prudence excessive.
prudence de

| ( .

les.

que

le

mme

pch commis par habitude

ou malice.

passion est excite par la raison elle-mme, elle est pleinement voulue, flatte, encourage, il y tte f"is entire responsabilit. Le manque de prusi

la

parfaitement volontaire. Voir


e.
i,

l.-l

>.

Noble,

t.

II.

n.

III.

tu chair . La prudence de la selon saint Paul, est oppose la prudence de l'esprit . Rom., Vin, 7. Il ne faut pas l'entendre d'un habile raisonnement au service des pchs sensuels. Il ne s'agit mme point de la prudence pcheresse dans sa recherche raisonnc d'une occasion de pch, mais plutt de ce principe gnral de conduite viser, comme but unique de toute sa vie, la possession et la jouissance des biens sensibles. Chercher en tout et partout le bien-tre corporel, ordonnera cette poursuite ses intentions, son labeur et ses actes, en ddaignant de voir en Dieu la lin dernire, la possession

La
.

chair

Le manque dr prudente pur ngligence volontaire, manque de prudence par ngligence s'entend de volontaire <\< - actes ncessaires au bon rnement.
i

e qu'il faut d'a< tes rflchis et sucres-

bon discernement de l'action humaine dans m peu compliques. L'action huqui fait sa valeur, moralit, son caracrtiiruv II est impossible d'tre homme et d'agir voulant pas raisonner ses actes. Il v a faute dans le attitude, surtout si elle est habituelle; ordre naturel et providentiel que de se faire n'importe quoi, alors que nous devons et motiver nos actions en connaissance de de, l'imprudent in- veut pas explicihabilit, c'est--dire sa

tre raisonne,

de laquelle devraient s'ordonner les intentions dfinitelle est la tives prudence de la chair . II*-IIB , q. LV, a. 1. On le voit, c'est un tat de conscience, point de dpari d'habituels discernements. Au demeurant, la qualit discursive et L'armature psychologique du discernement et de tous ses actes s'affirment ici et quelquefois mme de faon beaucoup plus avise Les lils de tnbres, disait qu'au service de Dieu Notre-Seigneur, sont plus prudents que les fils de
:

lumire,
chair

Luc.
la

prudence de la entend par celle-ci la volont habituelle et arrte de rpudier Dieu comme lin dernire et de VOOloll avant tout les prosprits de ce monde et les
'.utile est
i

xvr, 8. culpabilit de cette

? Si l'on

nablement
ii

il

la

drai-

jouissances sensibles qui en drivent, eetle Intention le de mpris envers Dieu et de ddain vis--vis des valeurs spirituelles et temelles a condition
qu'il y ait la

principe de conduite; mais il accepte implicit qu'il en soit ainsi, puisqu'il nglige sciemment

consentement plein

sente

comme une

et dlibr sepr perversion volontaire de conscience

10G7

PRUDENCE. LES FAUSSES IMUJDENCES


raffiner

068

qui est un pch trs ravi', cl l'on comprend que saint Paul dise de la prudence de la chair qu' elle est ennemie de Dieu . Souvent, la prudence de la chair n'est pas, dans la conscience, l'tat de consentement rflchi et explicite,

de tendance prdominante qui implicitement ordonne, de fait, les intentions et les actes la possession des biens de ce monde et, par elle, au bien-tre corporel. Il y a des croyants la foi nonchalante et engourdie qui, sans doute, ne rpudient pas Dieu dfinitivement, mais qui pratiquement le ils se tiennent pour un tranger qu'ils ngligent conduisent comme s'ils n'taient pas destins la vie ternelle, mais seulement jouir le mieux possible de ce monde. Leur faute est moins grave. Ils se convertiront la prudence de l'esprit plus facilement que les obstins dans le ddain de Dieu, encore que ces derniers puissent venir rsipiscence. Au demeurant, les uns et les autres, dans leur volont explicite ou implicite d'tre surtout des mondains et des jouisseurs, ne sont pas condamns faire uvre de pch dans toutes leurs actions. Les consciences

mais

l'tat

chaque jour davantage par des moyens approdont il ne cache pas le jeu. C'est son art lui de dcouvrir les bonnes occasions et d'en tirer tout le profit de jouissance qu'elles reclent. Parfois cependant surtout quand il y a difficult d'extorquer chez un autre une complicit de plaisir des moyens illicites, frauduleux, hypocrites, et menteurs peuvent tre prulonguement rumins, puis mis en oeuvre. A la dence de la chair s'ajoute alors la prudence astupris

cieuse.

L'astuce n'est

pas

lie

de

soi

la

recherche des

satisfactions d'ordre sensible; elle peut avoir cours

dans

les

dans la prudence de la jusqu'au sursaut de conversion et de grce qui les ramne la prudence de l'esprit . Pareillement, ceux qui jouissent de la vie en ddaignant de placer en Dieu leur suprme intrt ne se comportent pas, en toutes leurs actions, sous l'influence de cette volont pcheresse un bon naturel, une ducation d'honntet ou des dispositions heureuses, les prservent de penchants dsordonns; sur certains points, leur vie morale peut tre fort louable tel individu, qui est un sensuel au sens pjoratif du mot, ne manque pas de probit, ni de loyaut, ni de dvouement l'gard d'autrui, ni de conscience dans ses devoirs d'tat familiaux et sociaux. Tel autre, qui est un sacripant au point de vue religieux, prsente des murs prives
chair
,
:
:

drir leur fidlit et mme se et plus ou moins gravement,

plus vertueusement relies Dieu peuvent amoincommettre, quelquefois

assez correctes, voire svres. Il est donc bien entendu qu'il faut qualifier de pch grave la prudence de la chair quand, dans un sens absolu, elle est la vise du bien-tre corporel comme but unique et dernier de toute la vie, avec aversion et rpudiation du but final en Dieu, car il ne peut y avoir plusieurs fins ultimes. Il ne s'agirait de prudence de la chair que dans un sens trs relatif, si, la complaisance en Dieu comme but suprme tant sauvegarde dans la conscience, celle-ci se laissait aller, avec excs, l'attrait du bien-tre corporel, mais sans vouloir, pour autant, se dtourner compltement de Dieu et mettre dans cette jouissance son but dfinitif. Dans ces conditions, rechercher ce bien-tre avec exagration n'est que pch vniel.

le discernement de toute action qui se rapporte autrui; elle trompe cet autrui quand, lui voulant du mal, elle parat employer des moyens honntes. Elle le trompe encore quand, lui voulant du bien, elle y procde par des moyens illicites. L'astuce a deux tapes il y a tout d'abord la prmditation intrieure, parfois longuement raisonne, de ces moyens trompeurs c'est l'astuce proprement dite, de mme que la prudence vritable est la mditation rflchie et sagace des moyens loyaux de la vertu. Mais il ne suffit pas de ce conseil sur les moyens trompeurs qu'on se propose d'employer, il faut mettre ceux-ci excution, raliser effectivement la tromperie, soit par la ruse des paroles, soit par la fraude des actes. II^-II 3*, q. i.v, a. 4 cf., a. 3, 5. Il y a des gens mchants qui ne dissimulent point leurs projets malveillants et qui dcouvrent tout de suite leurs batteries, surtout lorsqu'une violente passion les anime. La colre et l'orgueil sont ostentatoires et proclament d'avance leur plan de vengeance et de domination, si bien que celui qui risque d'en tre victime peut s'en garer temps. La passion sensuelle est plus ruse; il lui arrive de viser de trs loin ses proies, mais ses desseins et ses procds sont toujours si banalement les mmes qu'il est assez facile de les venter. L'astucieuse tromperie, avec ses paroles ruses et ses actes fraudeurs ou frauduleux, a son champ privilgi dans les fautes d'injusroueries employes pour dnitice l'gard d'autrui grer le prochain, paroles double entente, rticences calcules, louanges amonceles plaisir pour mieux lancer le trait empoisonn, changes commerciaux qui falsifient la quantit et la qualit des marchandises, paroles menteuses ou captieuses dans les mille faons
: : :

d'

estamper

le client.

Que ceux qui n'ont pas scrupule de lser injustement leur prochain aient recours aux mensonges russ,
rien de bien tonnant; mais

que l'on se serve d'une astucieuse prudence, avec de bonnes intentions et dans le but d'tre bienfaisant pour autrui, voil qui
surprend davantage.

Mme

en vue du bien, l'astuce

Une prudente sollicitude dans cet ordre de choses, loin d'tre blmable, est parfaitement licite user avec
:

mesure des biens sensibles et goter le plaisir qu'ils apportent sont commands par une fin morale. La vertu de temprance nous prescrit de veiller avec soin
sur
le confort, l'hygine, les aises et

des moyens employs est une faute, cause de sa simulation et de son manque de vrit. Il y a des personnes, d'ailleurs bienveillantes et bien intentionnes, qui ne jouent presque jamais franc jeu dans leurs rapports avec nous. Malgr leurs paroles aimables, nous ne
saisissons pas au juste ce qu'elles pensent ni ce qu'elles veulent. Devant leurs compliments flatteurs et leur
d'affabilit, nous sommes ports nous devinant qu'au del de ces protestations d'amiti elles mditent de nous demander un service qui nous cotera. Si effectivement elles nous demandent ce service, c'est en allguant des motifs qui ne sont pas vrais ou qui ne sont qu' demi vrais. Toute une diplomatie est dploye o se mlent mensonge, simulation et dissimulation, afin de capter notre assentiment. Pour nous extorquer un secret que nous sommes tenus de garder, elles plaident le faux pour

nourriture de notre corps, sur notre sant, sur l'agrment de la vie c'est ncessaire pour le bon travail intellectuel ou
la
:

empressement
dfier,

manuel, pour la contemplation comme pour l'action, pour faire rendre leur maximum nos volonts et nos activits humaines. Ici, ne parlons pas de prudence de la chair , mais de vertueuse prudence. Ila-Ipe, q. LV a. 2. 2 La prudence astucieuse Dans la prudence de
,

la chair

faute n'est pas de manquer de discernement, mais de l'utiliser au service de cette fin mauvaise l'unique souci de jouir de la vie. D'ordinaire, le jouisseur va ses plaisirs sans passer par des voies tortueuses. Il cherche accrotre son bien-tre, le
,

la

savoir le vrai, affirment tre renseignes sur ce qu'elles ignorent. Pour nous toucher et nous prendre, elles affichent des sentiments d'intrt, d'amiti, de tristesse ou de contentement, qu'elles n'prouvent point, etc.

'

ri;

NCE. LES FAI SSES

DE NCES

1070

doule H > aune prudence de In vrit, l ne cerS taine diplomatie est souvent ncessaire dans noarap port-- avec autrui, de mme que le mnagement <U"> nues et l'accommodation aux cas individuels, la prudence astucieuse, avec son art des faux

crainte continuelle de manquer du ncessaire. Dans cette Inquitude apeure, il j a un manque de posses sion de soi-mme el de \ ne raisonnable les biens
:

Mmblants
fautive

el les

procds trompeurs,

est

blmable

et

sont diflciles gagni autant ils sont faciles a perdre. Mais, tout en veillant avec soin aux causes relles ou menaantes de perle.
ils
i

humains sont caducs; autant

il

ne faut pas en crer d'imaginaires

el

ainsi se toui

prudence l'endroit des biens temporels. Il y a ites prudences excessives par la trop grande sollicitude qu'elles impliquent, surtout quand elles visent dis t>-M s relatifs, auxquels nous n'avons droit que dans une juste mesure et dont l'obtention est relie est la sollicitude ut hors le nos prises, Inquite et affaire a l'endroit des biens temporels. tes. nous avons un strict besoin des biens temporels pour sustenter notre \ ie. Rien de plus lgitime que nous sommes en dpendance de ces biens uei pour vivre non seulement selon le strict ncessaire, mais encore selon les convenances de notre tat de vie, de nos responsabilits et de nos charges, il nous les faut.atin de pouvoir remplir tous nos devoirs personnels, familiaux et sociaux. Nous devons tre soucieux ir ces linns en suffisance, de ne pas les laisser pricliter, de les accrotre par tous Us moyens honntes qui les mneront jusqu la prosprit. Dans Usmes swertes la foi, qui savent que les biens ternels sont premirement et dfinit ivement dsirables, la prudence surnaturelle est oblige de se dpartir d'une excessive sollieitude a l'endroit des biens temporels. La sollicitude est une proccupation de l'esprit qui s'absorbe dans la pense de conqurir un bien ou de le conserver. proccupation est d'autant plus inquite que plus grande est la crainte de manquer ce bien ou de le perdre. .ir. si l'on possde celui-ci dans la scurit, sairement la sollieitude doit diminuer, sinon iser. Il suit de la que la sollicitude l'endroit des nporelles peut tre illicite d'une triple faon Tout d'abord, il y a excs lorsque s'affirme la 1. cupation exclusive des valeurs matrielles, des rites humaines apprcies comme les seuls biens

menter a vide. Cet excs de trouble est, au surplus, un manque de confiance en la Providence NotreSelgneur le rprouve en taisant valoir les bienfaits dont Dieu gratifie le corps et l'me de l'homme del de la sollicitude (pie celui ci peut avoir, la prolec lion que Dieu accorde aux animaux et aux plantes qui se passent de toute aide humaine, enfin la l'rovi deiicc qui ne manque jamais a personne. C'esl parce qu'ils ne connaissent pas cette providence divine que les hommes sans foi sont si frquemment affairs la poursuite des biens temporels. El c'est pourquoi M faut conclure, avec le Seigneur, que notre principale sollicitude doit se tourner vers les biens spirituels, avec la ferme esprance que le ncessaire ne nous manquera
pas. si nous faisons, dans ce but, tout ce que nous devons. II>-II, q. i.v. a. (i. i" Excs de sollicitude l'endroit de l'avenir. Sainl Thomas cite encore un autre cas de prudence exces-

valables,

alors

que Dieu
aussi

et

les

ralites

spirituelles

peu dignes d'intrt (pupossible. Dans ee rejet, explicite ou seulement iniplide la vritable lin dernire, nous retrouvons quelque chose du pche de la prudence de la chair , dont nous avons parl plus haut. Tel est le cas. avec
apparaissent

comme

nances individuelles bien diverses, de ces croj ants

dont

la

morale.
i

qu'ils
t

st s.uis influence sur leur vie morte Continuellement oublieux de Dieu, ils ne que pour l'argent qu'ils gagnent et les richesses amassent. Ce n'est qu'en face de la mort et la perte dfinitive de tout, qu'ils penseront
foi

2.

I.i

lever leur espoir \ ers les realits ternelles. sollicitude des choses temporelles est encore

illicite,

quand

la

proccupation de

se les

procurer

est

point absorbante qu'elle ne laisse plus de place la proccupation des biens spirituels. Il s'agit ici

d'un affairement intrieur, dans une pense continueltendue et cupide, et non du manque de temps pour les pratiques religieuses de stricte ncessit. Il y absorb* s (harpie jour, du matin au mmo le dimanche, par un labeur continu, el qui n'en sont pas moins fidli s a Dieu et qui vivent de du ciel. Il \ a. au contraire, des vies dsuqui sont perptuellement hantes de leurs proie leur lucre, des uccsdi b ois spculations banitinuelle obsession, la conscience se d, -!'.. mimer des biens surnaturels, du plus les apprcier a leur juste valeur. afin, la sollicitude l'endroit des biens temporels 'iritr quand, ayant apport toute la diligence s procurer, on persiste, quoiqu'on les possde en suffisance, dans l'agitation et dans la
t
-

sive celle qui s'inquiterait intempestivement des ventualits de l'avenir. il n'y a pas d'oeuvre vertueuse qui ne soit revtue des circonstances qu'elle exige, et le discernement doit en avoir une connaissance exacte. Parmi les circonstances d'une action, il y a le temps opportun et prcis, dans lequel elle doit se drouler. A chaque affaire son temps et son opportunit dit l'Ecclsiaste, el cela s'applique non seulement Pauvre extrieure elle-mme, mais encore la sollieitude intrieure qui doit prsider a l'ordonnance de cette uvre. A chaque temps, doit donc s'adapter une sollicitude spciale en t, on doit prendre souci de la moisson et. en automne, de la vendange. Si. au temps d't, on tait dj proccup de la vendange, ce serait une sollicitude de l'avenir vritablement excessive. Le Seigneur dfend pareil excs quand il dit Ne soyez pas en sollicitude Demain rclamera sa car il ajoute de demain spciale sollicitude . c'est--dire celle qui suffira l'attention de l'me. A chaque jour suffit son mal C'est--dire son pnible souci. II a -II ie q. xv. a. 7. Pourquoi la sollicitude le l'avenir doit -elle ainsi se limiter? Tout d'abord, parce qu'il y a la une proccupation inutile et donc draisonnable: si elle porte silice qui. de l'avenir, est imprvisible, c'est une inquitude en pure perte. l'autre part, nos actions sont assez compliques et assez enchevtres dans leurs circonstances Immdiates pour que nous leur donnions toute noire attention; autrement, c'est risquer de mal faire ce qui nous incombe dans le lemps prsent. videma ment, il faut ici se tenir dans la juste mesure; J des choses que l'on doit opportunment prvoir; la fourmi a raison de travailler en t pour se nourrir l'hiver. En somme, tout ce qui est normalement prvisible des vnements futurs, mme longue chance, doit retenir notre attention. I, 'excs est dans l'inquitude agite qui se nourrit de pures imaginations et d'hy pot h ses qui ne se rattachent a aucune ralit certaine ni mme vraisemblable. Ces fausses prudences, que nous venons d'analyser, font valoir, par contraste, a quoi tient la vertueuse prudence. Pelle ci ne consiste pas seulement dans un
: .

selon la chah correct raisonnement le prudent l'astucieux sont d'excellents et aviss raisonneurs, mais ils raisonnent pour servir des lins illicites.
:
i

prudence de sa base. des convictions morales, que son sagace discernement


dtachons jamais
la
'
<

s'emploie tout entier

a servir.

D'autre part, ce dlscer-

J071
nement prudentiel
le

PRUDENCE. DIVERSES ESPCES


:

1072
soumettre, se plier si cette pruse trouver dans le chef,
se

'est esl essentiellement raliste vrai pratique qu'il doit dicter; c'est une action bien encadre de ses circonstances relles qu'il doit saisir avec nettet. Ds que l'esprit fait entrer en ligne de

et pas besoin, puisqu'il n'a qu'a


et obir.

Cependant,
doit

dit saint

Thomas,

dence sociale

minemment

elle doit aussi se

compte des vnements hypothtiques, des vues


priori, des prvisions imaginaires, son discernement devient flottant, il s'agite dans le vide et porte faux.

IX. Lks diverses espces i>k prudence. La prudence est-elle une vertu strictement individuelle, faite seulement pour assurer la moralit personnelle; ou bien, ct de cette prudence individuelle, en existe-t-il d'autres qui envisagent nos rapports de conduite l'endroit des diffrents groupes sociaux auxquels nous appartenons et des diffrentes fonctions que nous avons remplir? L'homme ne vit pas seul; il est englob dans des groupements divers. Nous pouvons avoir diriger et commander, ou tout simplement obir. Ces groupes plus ou moins largis qui enveloppent notre individualit ont respectivement leur but atteindre et, par consquent, une moralit collective dont nous ne pouvons nous dsintresser. Sans doute, quelques-unes de nos actions morales sont strictement prives, mais une foule d'autres ont un retentissement social. D'ailleurs, notre moralit prive elle-mme n'est pas sans rapport, au moins indirectement, avec la moralit sociale. La question est donc de savoir si, outre la prudence individuelle qui dirige la moralit de chaque homme, il n'y a pas lieu d'envisager la ncessit d'autres prudences ordonnes des discernements spciaux, comme celui de gouverner, comme celui d'obir, comme celui de diriger une famille, etc. 1 La prudence sociale. Il s'agit ici d'une prudence dont le discernement se rectifie sur un bien commun plusieurs . Ce bien commun, ici, ce n'est pas le bien gnral de l'humanit. Il varie selon les diffrents groupements qui entourent 'homme; celui-ci a une famille, une cit, une patrie; il appartient divers groupes collectifs. Chaque groupe a une directive d'ensemble vis--vis de laquelle chacun de ses membres doit tre rectifi moralement. 11 est bien clair que la prudence de celui qui dtient l'autorit et prside au bien commun doit porter plus loin que sa prudence strictement individuelle. On peut savoir se conduire et ne pas tre apte exercer l'autorit; on peut tre un honnte homme, un bon chrtien, et n'tre qu'un mauvais administrateur. La prudence gouvernementale demande des savoirs multiples, une longue exprience des hommes, un sens avis de l'intrt gnral et une adaptation souple aux individus et leurs ressources diverses il y faut une sagacit toute particulire qui n'est pas l'apanage de tous. II-i-II 36

trouver dans le subordonn, qui a le devoir de bien obir, d'obir avec toute sa raison, avec un discernement clair qui lui dictera de servir le bien commun travers les ordres du chef. Celui-ci dcrte les lois, il est comme l'architecte qui conoit le plan et l'impose. C'est donc en lui d'abord que doit tre la prudence politique ; mais elle est, par drivation,

dans

le

subordonn

qui,

comme

l'ouvrier, s'assimile le

plan et l'excute. Non pas que la prudence du subordonn soit identique dans ses formules et ses points de vue de discernement celle du chef le subordonn accomplit les actions que commande le chef; mais le chef, en les commandant, s'inspire de raisons qui sont
:

universelles que les raisons qui motivent la prudence du subordonn; le mme chef, en vue du bien commun, soumet des obdiences diverses la pour multitude de ses sujets, semblable en cela reprendre la mme comparaison l'architecte qui

plus

commande tous les ouvriers, lesquels excutent le plan d'ensemble par des travaux diffrents. Ila-II*, q. l, a. 2, corp. et ad 2 um Pour mieux saisir la ncessit et la nature exacte de la prudence politique , chez le subordonn, il faut faire tat d'une autre vertu qui lui est pralablement par laquelle comme ncessaire la justice lgale membre d'une collectivit, comme partie d'un tout, il ordonne ses activits, ses uvres, son dvouement, voire sa moralit personnelle l'intrt gnral. Ce n'est pas le lieu de dcrire de quelle faon et jusqu' quel point il importe que s'accomplisse ce devoir. En tout cas, celui-ci est certain, et il n'est pas si facile.
. : ,

q. xlvii, a. 10; q. l, a.

I.

Pour certains caractres, individualistes l'excs, ce souci du bien commun et cette active collaboration l'intrt gnral ne sont pas une tendance spontane, il y faut un effort persvrant et l'acquisition lente d'une vertu prouve. Or. prcisment, la prudence politique vient servir, par son discernement intelligent, les ralisations vertueuses de la justice < lgale qui observe les lois et obit aux ordres de l'autorit. Elle est la justice lgale ce que la prudence individuelle est aux vertus morales individuelles. ID-II*, q. xlvii, a. 10, ad l um 2 La prudence du chef. Le chef fait rgner la justice, qui a trait au bien commun, sous la direction de sa prudence. C'est pourquoi les vertus qui lui sont le plus ncessaires sont la prudence et la justice II a -II 1D q. l, a. 1, ad l um Ici, par justice, il faut entendre l'ordonnance de toutes choses la prosprit du bien commun par les lois et commandements qui assurent cette prosprit. A ce bien commun, con.

Sans cloute, la prudence individuelle peut tre une prparation lointaine la bonne direction des autres, surtout s'il s'agit d'une direction o doit dominer le point de vue moral. Le vertueux, qui sait se. gouverner lui-mme, est en soi plus apte gouverner les autres que celui qui a peu de vertu; mais l'un n'implique pas l'autre absolument. Des dons naturels heureux, assurant du savoir-faire et une comprhension des intrts gnraux, peuvent suffire, en dehors de la vertu personnelle, exercer l'autorit. Ce n'est pas l un

courent tous les membres du groupe, et ils en reoivent bnfice pour leur bien personnel. Aussi, le
chef doit-il viser faire atteindre leur fin ses subordonns. Il est lev au-dessus d'eux pour assurer leur perfection humaine et divine. Dans ses ordonnances, il aura soin de ne pas viser son intrt propre, mais l'intrt gnral et. en cette vue. l'intrt bien entendu de ses sujets. Il s'affranchira de ses prjugs affectifs et de toute partialit, soucieux d'objectivit et d'une rpartition quitable des bnfices communs, des fonctions et des charges, selon les mrites, les qualits ou les aptitudes de chacun. Dans sa prudence, il aura une claire vue des possibilits et des ressources de ses infrieurs on ne dirige pas d'une faon uniforme et automatique des hommes libres et trs diffrencis dans leur personnalit. Le chef d'un groupement finalit morale, et surtout finalit surnaturelle, doit
:

une preuve que la prudence prudence individuelle. Au demeurant, commander aux autres et les diriger vers
idal,

mais du moins
>

c'est

politique

diffre

de

la

bien commun et, travers lui, vers leur bien personnel est, pour celui qui commande, une continuelle exhortation prendre souci de sa propre moralit, afin que celle-ci concoure la prosprit commune. II ale

II*, q. xlvii, a. 10,


Il

ad 2 um

a.

11,

ad 2 um

semblerait que cette prudence sociale dt tre exclusivement dans le chef et (pic le subordonn n'en

s'aviser dctousles comportements et conditionnements de ceux qu'il dirige et qu'il doit conduire leur perfection en assurant les intrt s suprieurs du bien commun.

PIM DE NCE.
Pour tre vertueuse,
la

Ml\

ERSES ESP

in;

prudence gouvernementale

devra tre rectifie sur l'extension et la limite de l'autorit qu'elle dtient et met en uvre. On ne peut Imposer a quelqu'un d'accepter comme tant une vrit .< qui est une erreur, comme tant raisonnable fui, devant le clair bon sens, est manifestement irde. On ne peut pas commander pour soi l.i sym iur l'amiti est un don libral et Jamais dette; Dieu seul a !< droit le commander pour iinour. 1. 'autorit humaine n'a pas prise sur les
:

qui tient le gouvernail est suprieur au navire qu'il conduit. Prcisment, cite situation emmente. et tat le dignit dans lequel il est constitue exigent

subordonns lui tmoignent, comme une dette, honneur et respect Ce n'est donc pas a cause de ses qualits piison nelles. ions naturels de l'esprit, science humaine, vertus prives, caractre sympathique, que nous devons .m suprieur cel honneur rvrenciel, mais parce qu'il est noiie tte pour nous gouverner. 11 dtienl l'auto
qui' s
.1

ls
.

humains
mort sur

essentiels, droits a la vie, a la subsisa la libert morale. On n'a pas pouvoir de vuses

rite et, tant qu'il la dtienl

lgitimement,

il

doii tre
la
11

honore,

et,

subordonns, on ne peut compromettre leur saute, les affamer, les squestrer. Les its ne peuvent pas imposer a un enfant un maqui ne plairait qu' eux. ni empcher un autre ur? enfants d'entrer en religion. L'autorit sociale, is d'injuste agression contre la nation, peut commander au citoyen de partir en guerre et le s'exposer rpondre a cet ordre est d'ailleurs le devoir la mort
:

communaut

travers lui, doii 'ire honore toute aux destines de laquelle il prside.

nous arrive d'estimer quelqu'un pour sa valeur morale ou Intellectuelle sans qu'il soil notre chef. Cette estime n'est qu'une marque <l'< honntet et pii pourrait se traduire ainsi cela convient niais ce n'est pas une obligation le justice comme le respect l'gard du suprieur. A celui qui nous rgente, a cause de
:
1

cela

mme

et

indpendamment

le
1

sa valeur person-

strict

du citoyen. Tout en ne dliassant pas


peut imposer
.

les limites

de sa juridic-

subordonns l'obsern de la loi morale commune, du moins dans ses icurs. Par exemple, un suprieur religieux primer le mensonge, les procds injustes ou injurieux, l'intemprance, le dnigrement, toute faute qui est publique et scandaleuse, il peut commander rvanec le la loi divine positive la sanctification du dimanche, l'abstinence, et en punir les infractions, cela, son domaine de commandement est celui
ses
;

tion, le chef

nous devons considrt ion rvrence. Ce d le justice indique que l'on peut nous y contraindre le suprieur a non seulemenl le droit, mais le devoir le punir ceux qui lui manqueraient de respect et tout particulirement dans l'exercice de son autorit. II a nelle,
:

II, q.

cm.

a.

cl

:i.

institution qui rgit


:

la

communaut

et

son

spcial de vie par exemple, pratique des vieux ux. observances rgulires, y compris celles qui

des coutumiers et des rglementations dipeut porter les lois et interprter les lois intes en vue de leurs applications pratiques A sa Sagesse de voir ce qui est ncessaire OU opportun, selon mcs. tant donn le bien gnral sur lequel il <lut toujours s,, rgler. Si le chef a le droit et le devoir de commander, il a quemment le fruit et le devoir de punir les infractions a la loi et aux ordres qu'il donne. Il saura. Hier la fermet a la clmence, la svrit la ltude. Il ne scia ni brutal ni violent, mais il avec force aux rcalcitrants et chtiera, pour leur amendement, les dlinquants. IIMl 3 q. rv, vin. ri.vn. Ces brves notes, trs incompltes, sur vertueux de l'autorit, veulent surtout marquer la ncessit, chez le chef, d'une prudence spciale proprie, qui lui dictera d'tre profondment st a lire de mettre d'accord son comlement avec les exigences du bien commun dont rdien responsable. 3 La prudrnrr du subordonn. Le subordonn tr. profondment raisonnable dans du bien commun et dans la soumission aux
.

nt

s.

Il

'

-'.

du
le,
it
il

chef.

cet

effet.

lui

politique

qui rponde
.1

a celle

s'ordonne
lois
|

l'intrt
p;, r

ncessaire une du suprieur gnral, en se souest


:

aux

|a prudence de l'autorit. uverner lui mme par sa prudence prendre s., part des obligations cr
.,

P ar '

mmun,

dvouer

ses
.

ttions.

>.--,

inn

irudence -politique rectifie sur r son actil discernement attitudes vertueuses qui conviennent le respect de l'autorit et l'obissa
qu'il

mmande.
en tant
ce.
s

gouverne, reprsente une

sujets,

ii

est

Puisqu'il a pour fonction de diriger au d s^u-, d'eux; car ce qui meut, dit prieur ce qui est m; le pilote

impose au subordonn non seulement le respect de l'autorit, mais encore l 'obissance ce qu'elle commande. I. obissance vertueuse est caractrise par l'acquiescement intrieur, la soumission pleine et entire de la volont la volont du suprieur. Excuter passivement un ordre reu, accomplir matriellement ce (i ni est command sans l'acceptation intrieure de la dpendance, c'est--dire sans l'intention, applaudie par la conscience, d'agir parce pie telle est la volont du chef, cela suffit peuttre pour ne pas tre rprimand ou puni, mais cela ne suffit point pour l'obissance vertueuse. Certes, l'obissance passive peut ne pas manquer de valeur humaine par les tches qu'elle accomplit on a excut une consigne, mais il reste qu'on n'a pas obi vertueusement. Le raisonnable de l'obissance est la remise entire <! sa volont a celle du suprieur. Ce raisonnable de l'obissance ne consiste pas a comprendre d'avance les motifs du commandement qui est donn, ni surtout en demander raison. L'infrieur n'a pas poser la question Pourquoi me demande-t-on cela et est-ce raisonnable? C'est affaire la vertueuse sagesse du chef de ne commander que ce qui est raisonnable par rapport au bien commun. Il n'est souvent ni prudent ni mme permis celui qui exerce l'autorit de dvoiler les taisons de ses ordres. 11 peut le faire, (cries, s'il le juge bon et opportun, mais il ne le doit pas. Le sujet, s'il est vertueux, n'a pas a le rclamer; il prsumera toujours le bien fond du commandement c'est dans la volont le se soumettre, et dans cette soumission mme, pu- rsident la valeur et la vertu de son obissance. IL' -II- -, q. civ. tous crivions un trait'- en rgle de l'obi'-issance et surtout de l'obissance religieuse, il faudrait apporter bien d'autres considrai ions, montrer par exemple ce que la charit surnaturelle ajoute la prudence t infuse sociale, chez le suprieur et chez l'infrieur, et encore ce pu- peut devenir l'obissance lorsqu'elle si consacre par l- vu religieux et se prsente commi un acte d'hommage, le plus haut qui puisse Dieu, dans le sacrifice complet 'le -01 mme. Mais. i' ne ut. nous marquons simplement la m site d'admettre li\ers-s espces le prudences, venant s'ajouter a la prudence Individuelle. Saint Thomas en nomme encore d'autres la prudenoe familiale, par laquelle on gre parfaitement un loyer en tous ses intrts humains et divins. IL-II
politique
:

La prudence

.1

1075

PRUDENCE (AURELIUS CLEMENS

1070

q. l, a. 3; la prudence militaire- chez ceux qui ont veiller la sauvegarde de la nation en Jugeant et en

dcidant de la guerre, ibid., a. I; la prudence diplomatique chez les ministres d'tat. On pourrait, sans aucun doute, continuer l'numration. Quand, dans certaines fonctions minentes, le discernement de la bonne action est particulirement difficile, parce qu'il demande une exprience de vie et mme un savoir technique qui n'est pas l'apanage commun, il y a lieu de distinguer une prudence qui, dans son ordre et dans son cadre d'objet, doit s'riger comme une vertu distincte. Le mme individu peut cumuler plusieurs de ces vertueuses prudences, oblig qu'il est d'tre la fois un homme moral, un chef, un pre de famille etc. Ds qu'il doit dpasser la zone de la moralit individuelle, le vertueux discernement doit entrer dans des spcialisations qui ont besoin, chacune, d'une information, d'une comptence et d'une dextrit de jugement qui ne s'improvisent pas la lgre et ne sont pas interchangeables.
C'est d'aprs saint Thomas que nous avons tudi la vertu de prudence. Voici, dans l'uvre du Docteur angDans son lique, les rfrences qui ont trait cette vertu
:

chrtienne, carme de 1917 a Notre-Dame-de-Paris, Paris, 1917; A. Gardeil, o. 1'., /.< gouvernement personnel et surnalurel de soi-mme, dans Ken. thomiste, 1918, p. 57-73, 111, 1 13, 203-216; le mme, Le gouvernement personnel et surnaturel de soi-mme par la vertu de religion, ibid., 1919104-121. 211-22"., 312-355; P.. Bernard, O. P., La vertu, Somme thologique de saint Thomas, texte latin et trad. franc, (il est parl de la vertu de prudence au t. i, append.il, p. 438-445), l'aris, 1933; P. Merkelbach, O. P., Quelle place assigner au trait de la conscience ? (en cet article de la liev. thomiste, avril 1923, p. 170-183, l'auteur montre que l'on doit rattacher, en thologie morale, le trait de la conscience au trait de la prudence). De trs nombreuses tudes de psychologie normale et pathologique, parues en ces dernires annes, peuvent utilement servir a l'tude des prdispositions natives ou acquises, favorables ou dfavorables au discernement de la prudence. A titre d'exemples citons P. Malapert, Les lments du caractre, Paris, 1897, I rc part., c. IV, Les modes de
:

l'intelligence;

docteur Deschamps, Les maladies de l'esprit et 1919, I" part., i re sect., c. i. Les oprations intellectuelles, p. 41-107; c. u, art. 2, Les jugements pratiques et la raction-volont, p. 200-224; A. Delmas et M. Boll, La ixrsonnalil humaine, son analyse, Il'part., Les lments de la personnalit, p. 52-238, Paris, 1922; G. Dumas,
les asthnies, Paris,

Commentaire des livres des Sentences, saint Thomas traite incidemment de la prudence, III Sent., dist. XXXIII, dist. XXXIV, q. i, q. H, a. 2, 3, 4 et 5 q. m, a. 1 dist. XXXV, q. n, a. 4. Le Commentaire de a. 2
;

caractres,

Trait de psychologie, t. n, 1. II, c. ni, La psychologie des par G. Poyer, p. 575-707, Paris, 1924.

H. D. Noble.
pote chrtien de la fin du iv e sicle. I. Vie. Aureliun Prudencius Clemens naquit en 348, probablement Saragosse, d'une famille distingue et, semble-t-il, chrtienne. Ses tudes furent celles de tous les jeunes gens de ce temps-l; elles le prparrent l'exercice des fonctions publiques, dans lesquelles il s'leva rapidement. Lui-mme, dans la prface de ses posies, s'explique ainsi sur les charges Deux fois j'ai gouvern de nobles cits qu'il occupa sous l'autorit des lois, rendant la justice aux bons, terrifiant les coupables. Enfin, la bont du prince m'honora d'un grade lev dans la milice et me plaa au premier rang auprs de sa personne. On conclut de ces paroles que Prudence fut peut tre gouverneur de province et cornes primi ordinis, par la faveur de Thodose. Vers l'ge de 50 ans, il se mit rflchir sur la destine humaine, renona aux honneurs et employa son talent exposer ou dfendre en vers la doctrine chrtienne. En 405, il publia une dition complte de ses uvres, prcde d'une prface o il en explique Que les hymnes la gense et en indique le contenu s'enchanent au jour le jour et que nulle nuit ne s'coule sans louer le Seigneur; que ma voix combatte les hrsies, dfende la foi catholique, foule aux pieds les sacrifices des paens, prpare, Rome! la chute de tes idoles, dvoue ses vers aux martyrs et loue les aptres! Aprs avoir ainsi fait connatre ses uvres au public, Prudence disparat de l'histoire. Nous ne savons rien sur la date de sa mort. II. uvres. Les uvres de Prudence sont gnralement classes en posies lyriques et en posies didactiques. On peut se tenir cette division. 1 Cathme'rinon. C'est un recueil de douze hymnes pour les diffrentes heures du jour i, pour le chant du coq: n, pour le matin; m-iv, avant et aprs le repas; v, pour l'heure o l'on allume les lampes;

I.

PRUDENCE,

saint Thomas sur le VI e livre des thiques d'Aristote doit tre tudi de prs par celui qui veut se rendre compte de l'influence prpondrante du Stagirite dans la formation de Saint Thomas conla thorie thomiste de la prudence. sacre, dans la Somme thologique, un trait ex professo la prudence, IIa-II q. xlvii-i.vi. Mais la prudence est vertu de l'acte humain; par consquent tout ce qui, dans la Ia-II*, tudie l'acte humain, la vertu et les vertus, doit tre connu. Voir spcialement l'analyse des actes d'intelligence et des actes de volont dont l'interaction constitue la trame psychologique de la prudence, q. x-xvn; la thorie gnrale de l'habitude et de la vertu, q. xliv-lvi; les vertus de l'intelligence, q. lvii; la diffrence entre les vertus intellectuelles et les vertus morales, q. lviii; les vertus morales, q. lix, lx, lxi; les causes de la vertu, q. i.xm; la connexion des vertus morales entre elles sous la commune direction de la prudence, q. lxv. Dans les Questions disputes, saint Thomas ne consacre pas de trait spcial la vertu de prudence, mais ses traits De la vrit, q. xvi, xvn, Des vertus en gnral, q. i, et Des vertus cardinales, q. i, renferment des indications prcieuses sur la syndrse, la conscience, les vertus intellectuelles et morales, leurs causes, leurs rapports et leur connexion. Dans cet article, nous avons tudi la vertu de prudence telle que l'expose saint Thomas, sans relater ce qu'en ont dit les thologiens antrieurs. Sur cette histoire doctrinale, on devra lire l'article de dom O. Lottin Les dbuts du trait de la prudence au Moyen Age, dans Rech. de thol. anc. et

mdiv., Louvain, 1932, p. 293-307. Le premier thologien qui se soit proccup de scruter quelque peu le concept de la prudence est Guillaume d'Auxerre (vers 1220). Le chancelier Philippe crit le premier trait systmatique sur la matire. En dpendance de ce dernier auteur, saint Albert le Grand tudie la prudence dans sa Summa de bono (indite). Un peu plus tard, il reprend la question, sur un plan nouveau, dans son Cours sur la morale Nicnmaque recueilli et rdig par son jeune lve Thomas d'Aquin. Celui-ci achvera puissamment ce que son matre avait bauch. Parmi les ouvrages modernes relatifs la vertu de prudence citons Th. Pgues, O. P., Commentaire franais littral de la Somme thologique de saint Thomas d'Aquin, t. ix, Paris, 1910; II. -D. Noble, O. P., I.a prudence, Somme thologique de saint Thomas, texte lat. et trad. franc., notes et append. Paris, 1925; Le discernement de la conscience, coll. La vie morale d'aprs saint Thomas d'Aquin, 4 e sr., Paris, 193 1; A.-D. Sertillanges, O. P., La philosophie morale de saint Thomas d'Aquin (le c. vu de cet ouvrage est consacr la vertu de prudence, p. 219-232), Paris, 1906; E. Gilson, Saint Thomas d'Aquin, coll. Les moralistes chrtiens (dans cet expos par textes et commentaires de la morale de saint
:

vi,

avant

le

sommeil: pour

les

diffrentes

circons-

est question del prudence au c. ndela II e part., p. 266-280), Paris, 1925; M.-A. Janvier, O. P., La prudence

Thomas,

il

tances de lu vie: vii-vm, sur le jene et son efficacit bienfaisante; ix. action de grces envers le Christ: x, sur la rsurrection; pour les ftes chrtiennes de Nol (xi) et de l'Epiphanie (xn). Ces hymnes sont fort longues, variant de quatre-vingts vers (vim deux cent huit (xn); elles sont aussi de facture assez complique; aussi la liturgie n'en a-t-elle retenu que Aies diei mmlius laudes du quelques fragments mardi (i) Nox et lenebret nubila laudes du mercredi (n); Lux ecce surgit aurea, laudes du jeudi (n);
:
;

07!

lMl Dl

NCE

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REL1 US CLE ME NS

L078

tntmritis, a la Transfiguration t\n); o aoUi magnarum urbiiun, l'Epiphanie (xii); Audit tyrannus anxius et Soloete, flores martyrum (xn) do- -.lints Innocents. D'autres passages ont I la rot encore figur certaines poques dans les brviaires locaux, spcialement dans le brviaire mozarabe; ci. \ Walpole, Early latin hymnes, Cambridge, 1922, S
i

Quicumque Christum

tiques actuellement dangereux; il lui suiiit d'exposer sa foi, qui est celle de l'glise, en Vers sonores et d'illustrer, par des images souvent ires heureuses, des nies abstraites.
i

('."iitra

Symmachum.

Symmaque,

crits en 102

Les deux livres Contre ou 103, ne sont pasdavantage


:

p.

1!

'J Pristtphanon. Nous avons 1.1 une srie de couronnes quatorze pomes destins chanter les des martyrs, La seconde moiti du i\ sicle avait t arque a Rome, en particulier, par un renouveau de Serveur envers les anciens martyrs. Le pape Damase a\ ut recherch leurs tombes et les axait fait orner de vrfv .le sa composition tait rsult un grand il en clan de pit pour ces premiers tmoins du Christ. Prudence s'associa a cet clan, et le Pristphanon est destin a raconter la mort glorieuse d'un certain ombre le martyrs. Le patriotisme espagnol du pote l'amne chanter plusieurs le ses compatriotes mritus et Clidonius, Kulalic de Mrida, les dix-huit m.irt\rs de Saragosse, le diacre Vincent de Saragosse, l'vque Fructuosus de Tarragone, les martyrs de Calahorra.et aussi des saints particulirement bonors en Espagne Ouirinnus de Siscia, Romain de Csare, Cyprien de Carthage. Les autres pices du recueil sont crites a la gloire de martyrs romains et ont ete inspires l'auteur par un voyage qu'il lit vers '_' dans la capitale du inonde chrtien saint Laurent, saint Camers, saint Hlppolyte, saint Lierre et saint Paul, sainte Aunes. Il ne faut pas chercher, dans ces pomes, des renseignements historiques. Prudence ne sait, sur les mar:
:

des crits de circonstance a cette date, eu effet, il y avait une vingtaine d'annes qu'tait dfinitivement rgle l'affaire de l'autel de la \ Ictoire, et l'on n'a pas de raison dcisive pour supposer que Sj mimique et essay de l'ouvrir de nouveau. Ici encore Prudence a vu, dans eet incident, matire de beaux dvelop peinent s potiques. Le pie mie r li\ le. aprs une prface

quatn vingt neuf ascipiades, cent cinquante huit hexamtres le


de
et,

condamne
paganisme

en sixroui. 1111

en particulier, le culte de Mithra; le second livre, prcde d'une prface en soixante six vers glyconiqu -s. rfute, en 011/e cent trente-ct un hexaiut res. la relation de Symmaque Ici Prudence suit de trs prs saint Amhroisc. et il n'est pas sans intrt de Comparer l'uvre de l'vque et celle du pote. Disons seulement
:

a t rarement mieux inspir que dans uvre, O il trouve des accents d'une vraie loquence pour chauler la gloire immortelle de Rome, la mission pro\ identielle de rempire. le renouvellement du inonde par le christianisme. Le patriotisme le plus ardent a servi merveilleusement Prudence. 5 Psychomachia. Le pote dcrit ici en neul nuise cent-quinze hexamtres que prcdent, en d'introduction, soixante-huit trimtres iambiques, la lutte qui met aux prises, dans les mes, les vertus chrtiennes et les vices paens. Tour a lour. nous voyons combattre la Foi et l'Idoltrie, la Pudeur et

que

celui-ci

celte

tyrs,

que

ce

que

lui

apprennent
il

les traditions

laires, et

ces traditions,

ne

fait

aucun

elort

popupour

K > vrifier. Bien au contraire, il les amplifie, car il manifeste un got prononc pour le tragique, pour l'effrayant aucun genre de supplice n'est trop douloureux ou trop atroce, et ses descriptions affichent un ralisme qui fait reculer nos sensibilits dlicates. nterminables discours qu'il place dans la bouche oartyrs ne sont que des dclamations oratoires. s au mpris le plus entier de la vraisemblance. lorsqu'on a fait ces rserves, il faut ajouter que le pote manifeste un merveilleux talent littraire; il dploie une extraordinaire virtuosit dans l'emploi des rythmes les plus varis et les plus compliqus; il est, dans l'histoire de la littrature latine, un des derniers .1 savoir correctement utiliser les mtres les plus its de la posie lyrique. Ajoutons que les hymnes du Pristphanon sont un important tmoignage du culte rendu aux martyrs et qu'a ce titre ils ne sont intrt pour le thologien. 3 Apothosis. Prcde d'une double prface, i>, dirige contre les hrtiques et les juifs, bal en mille quatre-vingt-quatre hexamtres an lin 1. ombre d'erreurs opposes la Trinit et la
:

l'Impuret, la Patience et la Colre, l'Humilit et la Jactance, la Sobrit et la Luxure, la .Misricorde et l'Avarice, la Concorde et la Discorde ou Hrsie. Finalement la Foi triomphe de ce dernier ennemi, et toutes les vertus sont invites lever au Christ un temple magnifique. Malgr la virtuosit dploye par Prudence, le pome reste souvent froid et languissant. Les allgories des vertus et des vices n'ont rien de vivant, et le dnouement est trop prvu, malgr les incidents
le retardent, pour attiser la curiosit. Nous sommes aujourd'hui tents de nous montrer svres pour la Psychomachie. Nous ne devons pas oublier, avant de porter sur elle un jugement dfinitif, que le Moyen Age l'a beaucoup lue et beaucoup gote; elle a t. pendant des sicles, une des sources o allrent puiser l'envi moralistes, lettrs et artistes, et les cathdrales gardent encore les marques de l'influence exerce par

qui

Prudence sur leurs sculpteurs.


il Hamartignia, en neuf cent soixante-six hexamtres que prcdent soixante-trois trimtres iambiques Prudence examine ici. contre Marcion. le problme de l'origine du mal. Au dualisme de son adversaire, il Oppose la rponse chrtienne le pre du mal est Satan, qui a entran' l'homme au pch et Dieu a permis la faute pour apprendre a l'homme se gouverner lui-mme. Ici encore le pote s'inspire de Tertullien, dont VAdoersus Marcionem est souvent mis a contribution. Mais, comme le problme moral ne cesse jamais d'tre actuel, il multiplie les allu aux Vices de son temps, qu'il fustige avec VgUi les descriptions du ciel et de l'enfer qui terminent le pome sont parmi les plus dtailles que nous p
:

divinit
les

du

Christ.

Prudence commence par combattre

patripassiens (1-177) et les sabelliens (178-320) puis il s'attaque juifs, ngateurs de la Trinit aux bionites, qui rejettent la divinit du veur (551-781); aux manichens, qui nient la humanit (952-1061). Les vers 782 951 nt une digression sur la nature de l'me. On s'est tonn parfois de voir Prudence s'attaquer, dan anciennes, et l'on a suppos qu'il voulait en ralit' atteindre le priscillianisme. hypothse est p. u vraisemblable, et les allusions

mx

11

ru dcouvrir l'enseignement de PriscUlien

sont

tmp vagues pour

la fortifier. En ralit. Prudence versifier des crits antrieurs, en parti-

culier

illien.

VAdoersus Praxean et le Dt carne Chrti de Il se soucie peu d'avoir affaire a des hr-

Ce titre, un peu mystrieux, d signe un recueil de quarante neuf quatrains eu li.x.i mtres destins, sembli t il, tre inscrits sous detableaux reprsentant d< de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les vers sont mdiocres; mus le recueil est Intressant, car il Jette un jour assez n. m
sur l'ornementation des glises chrtiennes
la

dions. 7 Dittochon.

fin

Iii7i

I'

['

DENCE
lui

PRUDENCE DE TROYES
si

1080

du

iv sicle.

Nous apprenons par

quelles

taienl reprsentes sur leurs murs et mme taienl traites les thmes classiques. 5

commenl

Nous n'avons pas Ici porter de jugemenl littraire sur l'uvre <lc Prudence qu'il nous suffise <ic dire qu'on est d'accord pour voir en lui le plus grand pote du iv sicle. Les thologiens liront utilement ses uvres, qui sont d'intressants tmoins de la foi l'un laque cultiv aux environs de l'an 100; ils n'y trouVeronl sans doute p;is d'aperus originaux, mais ils y apprendront comment un fidle s'inspirait des enseignements de l'glise et commenl il les traduisait pour
:

dame prouve; mais cet abrg pourra servir aussi aux voyageurs et a ceux qui sont empchs de rciter les heures canoniales. Dmmler pense que la noble daine- pourrait bien tre l'impratrice Judith cl donne comme dates possibles 830 ou s:;:;. Voir Mon. Germ. hist., Epistol., t. v, p. 323,
noble

mande d'une

noie

4.

2" Florilegium ex sacra Scriptura (col.

1421-1440),

du Nouveau Testament, Prudence, devenu vque de Troyes, composa l'usage des candidats au sacerdoce un recueil d'instruccitations de l'Ancien et
tions diverses
:

Avec des

Prcepta.

la suite

de ces prsecepla,

l'dification de ses frres. C'est surtout


liste

comme mora:

que Prudence a exerc une influence durable la Psychomachie marque le point de dpart de toute une

littral lire.

Migne donne, d'aprs dom Martne, cls extraits d'un pontifical de Prudence; le mol exact serait rituel . 11 n'est pas sr d'ailleurs que Prudence soit l'auteur de ce rituel. D'aprs dom Vilmart, il s'agirait en ralit
d'un missel du \i Q sicle. Cf. Rev. bnd., 1922. p. 282, et Cabrol, Les livres de la lilurgie laline, p. 53, 54. 3 Sermo de vita et morte gloriosx virginis Muune (col. 1367-1376). Pangyrique d'une sainte que Prudence avait connue. Cf. Molinier, Sources de l'hist. de France, t. i, p. 257. 4 uvres potiques et correspondance. Rien ou presque rien ne nous en a t conserv. Un petit pome sur les vangiles indique son origine espagnole Hesy.eria geiitus, Celtas adduclus et altus. Voir P. L., t. cit.. col! 1 119-1420, et Mon. Germ. hist., Poel, t. n, p. 679. Ce pome prcdait une histoire vanglique olerte par Prudence son glise de Troyes. La seule lettre qui lui soit attribue est adresse son frre, vque aussi, sans doute rest en Espagne. P. L., t. cit.
-

L'dition, dfinitive sans doute, des ouvres de Prudence est dsormais celle de J. Bergman, Aurelii Prudeniii carmin<i. dans le Corpus de Vienne, Vienne et Leipzig, 1920. L'ouvrage d'A. Puech, Prudence, Paris, 1888, est classique. On verra encore E.-B. Lease, A synlactic, sti/listic and melrical study o\ Prudentius, Baltimore, 1898; J. Bergman, .1. Prudentius dmens, der grossie christliche Dichter des Altertums, Tartu, 1922 P. Allard, Prudence historien, dans ]<ev. les quesl. Iiistor., t. xxxv, 1884, p. 345-385; le mme, Rome au TV" sicle d'aprs les pomes de Prudence, ibid., t. xxxvi, 1881, ]). 5-61; A. Rosier, lier katholische Ilichlcr Aurelius Prudentius Clemens, Ein Beiirag zur Kirchen-und Dogmengeschichle des IV. und V. Jhrhunderts, Fribourg, 1880 M. I.avarenne, tude sur la langue du pote Prudence, Paris, 1933; le mme, I^rudcnce, Psychomachie, introduction. texte et traduction franaise, Paris, 1933.
; ;

2.

PRUDENCE DE TROYES,

G.

Hardy.

col.

1367.

cette ville au milieu du ix e sicle (t sonne. II. Ses uvres. III. Ses ides thologiques. I. Sa personne. Son vrai nom est Galindo.

vque de 861). I. Sa per-

5 Continuation des Annales de Saint-Berlin , de 835 861, dans Pertz, Mon. Germ. Hist., Scriptores,

ses contemporains, il prit un Prudence, sous lequel il est plus connu. Espagnol d'origine, il vcut la cour de Louis le Dbonnaire, o il exerait sans doute les fonctions de chapelain palatin. Sous Charles le Chauve, il devint vque de Troyes. La date n'est pas facile prciser. En 846, nous trouvons pour la premire fois sa signature sur un acte officiel une confirmation des privilges de l'abbaye de Corbie, par un concile de Paris. Hefele pense avec beaucoup de raison que ce concile eut lieu en fvrier 846. Hefele-Leclercq, Hisl. des conciles, t. iv, p. 126; pour le texte, cf. P. L., t. cxx, col. 30 D. D'autre part, la lettre XLi e de Loup de Ferrires, adresse l'vque Prudence (d. Levillain, dans Les classiques de l'hist. de France au MoyenAge, t. i, p. 172), nous apprend que Prudence et Loup ont t chargs d'une visite d'inspection et de rforme dans divers monastres. Cette lettre, date par M. Levillain du dbut d'avril 845, fait allusion une autre mission accomplie par les mmes l'anne prcdente. Cependant, comme on trouve le nom du prdcesseur de Prudence au bas d'un privilge de 813, on ne peut faire remonter plus haut que cette date, sa nomination au sige de Troyes. L. Duchesne, Fastes piscopaux, t. ii, p. 452. Sur la part qu'il a prise la controverse

Comme
surnom

beaucoup de
:

prdestinai ienne voir l'art. Prdestination, passim, et spcialement col. 2912, 2921. 2925.

S.

iv,

royaume de Charles

Prudence figure parmi les vques marquants du le Chauve. Il meurt en 861. Son nom se trouve en divers martyrologes, mais pas au martyrologe romain. IL uvres. -- Elles sont publies dans /'. L.,
4

cxv, col. 965-4458. Breviarium Psalterii (col. 1119-1458). Abrg <h\ psautier Flores ou mieux Fleurs des Psaumes psalmorum. C'est une uvre de pit. Le prologue explique que l'auteur a compos ce recueil la det.
.

449 sq., reproduit dans P. L., t. cit., col. 1377Chronique officielle trs exacte et le plus souvent trs impartiale , dit .Molinier, op. cit., p. 246. Ce n'tait pas l'avis de l'archevque Hincmar, qui fut le continuateur des Annales aprs la mort de Prudence. Avant de reprendre l'uvre, il exprime en termes assez durs son opinion sur son prdcesseur. Pertz, loc. cit., Galindo, p. 455; P. L., t. cxxv, col. 4203. Il crit surnomm Prudence, vque de Troyes, espagnol d'origine, fut un esprit trs cultiv. Pendant quelques annes, il combattit Gottescalcle prdestination, mais ensuite, rempli d'amertume contre certains vques qui combattaient avec lui l'hrtique, il se fit le dfenseur acharn de l'hrsie elle mme. Il composa alors d'assez nombreux crits peu cohrents entre eux et contraires la foi. Quoique puis par une longue maladie, il n'a cess d'crire qu'en cessant de vivre. En ce qui concerne l'affaire de Gottescalc, Hincmar jugea donc ncessaire de retoucher l'uvre de Prudence. A la date de 819, le compte rendu du synode de Quierzy qui condamna Gottescalc ne lui parut point assez svre pour l'hrtique. Voir les variantes donnes par Migne, P. L., t. cxv, col. 1402. A la date de 859 (ibid., col. 1418), Prudence affirme que le pape Nicolas donna son approbation la thse de la double prdestination et du sang du Christ rpandu pro credentibus omnibus. De cette approbation papale Hincmar dclare dans une lettre gilon, archevque de Sens, ne connatre aucun autre tmoignage Quod per aliuni no.i audivimus nec alibi legimus. Il prie donc gilon de s'en informer auprs du pape lui mme. car. dit-il. il serait scandaleux ipie le pape approuvt l'opinion de Gottescalc. P. /... I. c.xxvi. col. 7H H. C'est en effet sur la question de la grce et de la prdestination que se concentre l'activit thologique de Prudence, propos de l'affaire de Gottescalc, affaire qui occupa l'glise des Gaules depuis le concile de Mayence, en 818. jusqu' la mort de Gottescalc,
t.
i,

p.

1420.

1081
an
i.
'

PRU

Dl NC

l'i

fROYES
i

archevque Hinc Il va sans dire que B Bartait lui-mme trop personnellement engag dans ta conflit, pour qu'il non-- sol! possible de souscrire tous sos Jugements
'

Textes

reltiti/s

ii

la

querettt prdestinatienne.

La pense de Prudence s'exprime dans trois ouvrages Pardulum (col. 971 1. Epistola ad Hincmarum et 1010). Prudence n'assistait pas au synode de Qulerrj il. qui condamna Gottescalc Son nom ne Bgure pas en t-iTi-t sur la liste donne par Eiincmar dans son compte-rendu. Hincmar, De priedestinoUione, P. /. \n. 85. D'autre part, Flodoard ilii que. aprs a' synode, Hincmar crivit Prudence pour lui de
.

268 Quoi qu'il en soit de l'exactitude le ce rensci gnement, nous voyons, quelque temps aprs, Prudent c opposer aux propositions d'Iliucmar quatre contre propositions adresses a \\ ciiilon. archevque de Sens Les vqueS de la province de Sens s'elaielll runis i.i Paris OU a Sens) pour le sacre d'I'.nee. vque de Paris Prudence, malade, ne put se rendre a ce concile, niais il > envoya un de ses prtres porteur de sa lettre. P L KV, COl. 1365-1368. Prudence n'est pas seul d ail t.
>.
i

-.

> l

mander son avis el spcialement s'il fallait accepter Gottescalc la communion pascale. Histor. Rem. Ecel., P. /... t. cxxxv, col. 205 D. On ne sait m Prudence rpondit cette lettre. Cependant Gottescalc crivait dans sa prison, et ses crits se rpandaient, au point que Hincmar crut devoir rdiger une rfutation qu'il adressa \</ reelusos et simplices. Il parut alors a plusieurs thologiens de arque que Hincmar poussait trop loin ses thses et s'cartait de la tradition augustlnienne. Telle fut l'opluion do Ratramne, de Loup de Ferrires el de Prudence. Prudence seul nous intresse ici; il crivit a Hincmar et a Pardulus, son suffragant de Laon qui l'tait rang ses cts, un long mmoire o il insiste sur la ncessit de rester Ddle a la doctrine d'Augustin sur la double prdestination. Le ton est cordial et ne sont pas la polmique. Hincmar ne fut pas satisfait it communiqua le mmoire Raban Maur. qui dclara lui aussi ne pouvoir accepter les conclusions de Prudence. Voir la lettre de Raban Maur a Hincmar, dans Germ. hist., Epist., t. \. p. 190-499; P. 7-.,t. cxn. col. 1519 A.
2.
(col.

les propositions d'IIincinar Rmi de Lyon el le concile de Valence de 855 se prononcent contre elles, l'.n 859, a Langres, puis Savonnires, elles seront encore cartes. Mais aprs 853 la partiel pat ion de Prudence a la controverse est difficile a dterminer. s m m iM.ii.H s. 111. lui La querelle prdesti uatieiine ne devait se terminer qu'avec le concile de Thuzey, en son. Elle s'acheva non par une solution dfinitive d'un problme qui n'en comporte pas, mais par un accord des cmitroversisles qui, au lieu d'opposer thse thse, surent de leur foi orthodoxe. Pour Prudence. Ratramne, bon de Grenoble el Rmi de Lyon, non seulement Hincmar se montre l'gard de Gottescalc d'une svrit excessive, mais aussi, dans son ardeur a combattre ses ides, il devient suspect de semi-plagianisme. Quant Hincmar. nous

leurs a refuser

avons vu

qu'il place nettement Prudence parmi les partisans de Gottescalc et le traite en hrtique. La question reste toujours pendante de savoir dans

quelle mesure Gottescalc fut hrtique.

En

tout cas.

l'estimation de Prudence, il se montra simplement * augustinien ses thses et l'argumentation qui doit les tablir sont reproduites de la doctrine du matre.
i

De
1

Pardulus axaient connatre l'opinion de personnages comptents ..mise dans ce l>ut une sorte d'enqute. Jean Scot, sollicit, avait repondu en 851 par un De prwdeslinatione, dans lequel il prit position contre Gottescalc, mais d'une manire telle que l'on put croire que la doctrine catholique elle mme se trouvait atteinte. tait pour Hincmar un alli dangereux, et sans S doute celui-ci regretta de l'avoir consult. Voir l'art. aQNB. Scot a le mrite de montrer comment les mots prdestination, prescience, sont quivoques et expriment mal la connaissance et la volont de l'tre suprme pour qui on ne peut parler que d'ternel prsent: mais, plus philosophe que thologien, il vite mal le panthisme, et l'on ne voit plus comment il peut y avoir pche et sanction dans son systme. Le problme est supprim radicalement. En 852, Prudence entreprit donc une rfutation de Wnilon, archevque de Sens, lui avait envoy dix-neuf propositions tires de l'ouvrage de Scot et qui lui semblaient hrtiques. Prudence dclare que lix-neul propositions le sont en effet et de plus. dans un vaste travail, il reprend l'ensemble de l'uvre point par point, il expose l'opinion de son
:

praedestinatione mnini liiO-1306). Hincmar et

Joannem

Seotum

la lin, dans une condense, toujours la mme forme quasi dialogue. les lments tiels du problme thologique. Voir art. PrfdesT1S ITtON, loi. 2912 sq 3. Epistola tractoria ad Wenilonem. Dans le le tenu a Quierzy en 853, Hincmar avait rdig

r^aire et

en

fait

la critique.

titulation de tout l'ouvrage,

il

itions

il

tait affirm qu'il n'y a

qu'une
a

.lion, qin- la libert est

gurie par
i'ij."

la

er tous lis

hommes, que
sq.

h- t.lirist

pour tous. Ibid., Hincmar assure que Prui


luffert

col.

ma
I.
.

destinatione, P.

t.

Le mme ces quatre propocxxv, col. 182


'
.

consacre par le concile semblait donc aux meilleurs tho logions qu'il suffisait de s'y tenir. Par suite, en prsence des thses de doit escale qui semblait pousser hors des limites de l'orthodoxie la doctrine de la double prdestination, les thologiens augustiniens furent moins inquiets des outrances reproches Gottescalc que de la manire dont on les combattait. Pour eux, puisque d'aucune manire on ne pourra sortir du mystre, il importe de tenir ferme les vrits certaines que l'on possde sur la matrise absolue de Dieu l'gard de l'homme et du monde, sur sa toute puissance, sur sa libert, sur l'initiative divine en matire de salut. Sans doute, en face de l'tre divin, il faut aussi considrer l'homme et sa propre libert, mais qu'est-ce que l'homme par rapport a Dieu? Un essai de conciliation ne doit pas porter atteinte aux droits rie Dieu Si le dogme est mystre, c'est--dire ombre et lumire, l'essentiel est que l'tre divin soit dans la zone claire attitude peu humaniste mais essentiellement thocentrique. L'attitude psychologique d'un augustinien l'gard du mystre divin tant ainsi indique, on peut sj nt h User comme il suit la pense de Prudence sur la et la prdestination. Par le pch originel, toute la masse humaine en nos premiers parents a t perdue, justement condaui ne. Dieu pouvait lgitimement abandonner toute hum. mit pcheresse a sa perte ternelle sa misricorde, il n'a pas voulu qu'elle fut p.iilu. tout entire. Il adonc prvu, prdestin, prpar ceux que. par sa grce et par le sang de sou Fils, il tirerait de cette masse et amnerait la vie ternelle. Paralllement, il a prvu, prdestin, prpar pour ceux qu'il ne tirerait pas de iiite masse, les peines ne Iles mrites par leurs pchs. Et, et faisant, il condamne pas a pi lier. mais, n cause des pchs qu'ils commettent librement, il les condamne au juste ment. P. /... t. <:.x\. col. 976 A. On reconnat ici la
Celle-ci

avait

comme

d'Orange de 529;

il

L083

PRUDENCE DE TKOYES
I.
:

PRUTENUS
TEXTES.

(LOUIS,

1084

l'une la gloire, l'autre, non double prdestination pas au pch, mais la peine mrite par le pch soit
originel, soit

actuel.

subsidiaires doivent l re examines a) Le sang du Christ a-t-il t vers pour tous, ou Il n'a t vers, disent seulement pour quelques mis? Prudence et ses amis, que pour quelques-uns les prdestins la gloire. Le texte de l'institution de l'eucharistie donn par les trois synoptiques es1 formel pru multis dans Matthieu et Marc; pro vobis dans Lue. P. L., t. cxv, col. 970 C. Cependant, saint Paul. I Tim., ii, l, lit qui vult omnes homines salvos fteri. Il

Le principe pos, deux questions


:

textes relatifs la prdestination a t donn pour la premire fois par le prsident Mauguin; le tout a t publi de nouveau et complt tellement quellemenl dans P. /.., cxv a quoi il faut ajouter les quelques Fragments, signals au cours de l'article, parus dans
t
.

L'ensemble des

les

II.
i,i

Monumenla Germantes historica. Thavaix. Se reporter aux art. Augustinisme, risi m tiN< mai:. Loup et surtout Prdesi ine, i"

'

NATIOM,

IV.

Outre cola

Sirmond, Hisloria prdestina-

liana, Paris, l<>48, et ses contradicteurs (voir l'art. PRDESTINAI IANISME); Ellies du Pin, llist. des cimlrovert.es et des matires ecclsiastiques traites dans le IX' sicle, Paris, 1694, (loin Ceillier, llist. des auteurs sacrs et ecclsiastiques, di-

tion Vives,
la littrature
t. il; t. I,

t.

xii

Hist.

littr.
t.

de la Irance,

t.

v; Hefele-

I.eclercq, llist.

les

conciles,

iv a; Ebert, llist. gnr. de

n'y a pas contradiction entre ce qu'enseigne le mot important est vult. et ce qu'affirme l'aptre Dieu veut et il n'arrive que ce que Dieu veut, sinon o serait sa toute puissance? Mais Dieu peut vouloir de diverses manires il peut vouloir d'une volont globale, gnrale et d'une volont particulire, individualise. Ainsi, puisque certains hommes ne sont pas sauvs, c'est parce qu'il n'a pas voulu les sauver et
le
: :

Matre

du Moyen Age en Occident, trad. Condamin,

M. Maintins, Gesch. der lai. l.itiralur des Mittelalters, Munich, 1911, surtout p. 344-348. Sur la question dogmatique voir Schwane, Hist. des dogmes, trad. Degert, t. v; .1. Tunnel (avec prcaution;, La controverse prdeslinatienne au IX' sicle, dans Kev. d'hist. et de lill. relig., 1905.

H. PliLTIER.
Jules, frre mineur conventuel du xvi e sicle, professeur et prdicateur clbre. Originaire de Fcrrare. il commenta en 1578 les livres De republica de Platon dans ses leons l'universit de cette ville. L'anne suivante, il fut agrg au collge des thologiens de la mme ville et y fut promu professeur de thologie aprs la mort de Corneille Martin en 1593. Il russit se gagner les bonnes grces d'Alphonse II, duc de Ferrare, qui se l'adjoignit comme confesseur et aumnier. Il exera aussi la charge d'inquisiteur Sienne. Il mourut le 12 octobre 1595, Ferrare. D'aprs les historiens franciscains, il serait l'auteur de plusieurs ouvrages se rapportant aux dilTrentes branches des sciences sacres; ainsi il aurait compos des commentaires In universalia Porphyrii; In prxdieamenla et posteriora Aristotelis; In universam philosophiam; In formalilales Sculi; In Ecclesiasten; Super symbolum apostolorum. Il faudrait lui attribuer enfin un recueil de prdications. Du temps de Wadding, ces diffrentes uvres taient conserves dans la bibliothque du couvent Saint-Franois, Ferrare.
L. Wadding, Annales minorum, t. xxm, Quaracclii, 1934, an. 1595, n. lxxii; le mme, Scriptores ordinis minorum, Rome, 1900, p. 157; J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum, t. n, Rome, 1921, p. 159.

PRUNIANUS

donc que sa volont salvilique n'est pas gnrale et globale, mais particulire, individuelle. Ibid., col. 977 A-979 B. La premire b) Que devient la libert humaine? proposition formule dans l'Epistola tractoria ad Wenilonem semble dire que, comme chtiment de la dsobissance, l'homme a perdu le libre arbitre

Adam mrita inobedienti in arbitrium amissum. Col. 13CG B. On se rappelle que les quatre propositions formules dans cette lettre s'opposent aux quatre propositions de Hincmar au concile de Quierzy en 853. Or, ici, on peut penser que Prudence fait une concession excessive Hincmar, qui avait Libertatem arbitrii in primo homine crit (2 e prop.) perdidimus, quam per Christum Dominum nostrum recepimus. L'affirmation un peu inquitante de Hincmar avait t releve par Bmi de Lyon, qui s'exce qui est perdu, c'est seulement la prime ainsi volont pour le bien, mais non la volont pour le mal et les plaisirs naturels. La formule de Prudence en cet endroit est donc fautive parce qu'elle est trop sommaire. Un autre texte nous donne plus explicitement sa pense sur ce point Jean Scot, qui constatait que supprimer la volont libre, c'tait supprimer la nature, Perdidit liberum rpond, avec saint Augustin il arbitrium, id est, libertatem volunlatis ad boni electionem non aulem perdidit libertatem volunlatis ad mali electionem ac perpetraiionem. Contra Scotum, col. 1056 A. Enfin, la conclusion du mmoire adress Hincmar et Pardulus, nous prsente une formule heureuse (col. 1010 B), emprunte Gennade, P. L., t. lviii, L'initiative de notre salut vient de la col. 986 A misricorde de Dieu, mais l'adhsion cette inspiration salutaire vient de nous. Pour que nous obtenions ce que l'avertissement divin nous a fait dsirer, il faut un autre don de Dieu. Quand ce don du salut nous a t accord, nous avons, pour ne pas le perdre, notre effort personnel et l'assistance divine, sollicitudinis nostrse est et clestis pariter adjutorii. Mais, si nous le perdons, c'est nous seul et notre lchet qu'il faut en attribuer la responsabilit. En dfinitive. Prudence nous apparat comme un des reprsentants les plus dcids de l'augustinisme rigide, au ix e sicle. Encore insuffisamment nuanc, ignorant les distinctions que la thologie ultrieure finira par introduire, son enseignement se contente de reproduire avec exactitude l'un des aspects de la doctrine augustinienne, dans les formules de laquelle se coule tout naturellement. La science thologique il de l'vcque de Troyes n'a pas laiss nanmoins de faire grande impression sur ses contemporains.
liberum
:
: :

Louis, dit aussi Louis de Prusse, frre mineur de l'observance, du xv e sicle. Il est encore dsign sous le nom de Louis de Hilsberg, d'o certains concluent qu'il est probablement originaire de Heilsberg-sur-1'Alle, en Prusse Orientale. Peu de dtails de sa vie sont connus avec prcision et peuvent tre dtermins avec exactitude au point de vue chronologique. Nous savons qu'il s'appelait Jean "Wohlgemuth. Les principales sources biographiques de ce franciscain sont les deux lettres qui prcdent l'dition de son ouvrage Trilogium anime, dont l'une fut crite, en 1496, par Paulin de Lemberg, alors vicaire de la province des observants de Bohme, Nicolas (ilassberger. confesseur Nuremberg, dans laquelle il lui demande de vouloir faire imprimer ledit ouvrage dans cette ville. La seconde lettre, date du 20 fvrier 1498, contient la rponse de Glassberger. De ces documents, il rsulte que Louis de Prusse tudia l'universit de Cologne, o il fut promu vers 157 {aide 39 annos, dit la premire lettre). En 1450, il y assistait une dispute, dans la quelle on souleva la question si Aristotc et d'autres paens qui ont vcu avant le Christ peuvent tre compts parmi les lus. II enseigna ensuite et dirigea les Studio de Posen, de Thorn et d'ailleurs. La date de son entre chez les observants ne peut tre dtermine avec certitude. D'aprs
I

PRUTENUS

A. Teetaert.

PRUTENUS
.ill
i

LOUIS

PS A L Ml

NICOLAS
I

L08G

Sbaralea, Supplementum, p, 193, il faudrait la en 1466; d'aprs Greidercr, Germania froncist. i. n. -77. en 1464. 11 tint une allocution au chapitre gnral de Klorence en (93. 11 fut aussi le matre du clbre Vlex de Breslau, O.F.M., mort en odeur de saintet. L'anne de sa mort ne peut tre avec prcision, Il parait toutefois qu'il faut la 190 et 198. En effet, dans la premire placer entre lettre, cite ii dessus, il est encore considr 101111110 vivant, tandis que dans la seconde il semble relgu 11 les morts. unis ne pouvons refaire avec prcision et exac S Utude la biographie de Louis de l'russe. nous poss toutefois quelques dtails plus prcis sur sou activit littraire. Il est en effet l'auteur d'un traite intitul Trilogium anima, qui prsente un intrt
1
1 1

pour l'histoire littraire, il le composa au couvent Saint-Bernardin de Brnn et le termina en I'.';!. H l'emporta la mme anne au chapitre gnral de Florence pour le soumet lie a l'approbation des apitulaires. Le censeur Louis de l'une le retint trois annes et dans son rapport ne tarit pas d'loges a son sujet. Le vicaire de la province de Bohme transmit cet ouvrage en 1496 a Nicolas Glassberger, a Nuremberg, avec la prire de le faire Imprimer en cette ville. Le 20 ou le 22 fvrier 198,
particulier

Studium

lu

ce dernier repondit qu'il avait

donne

le

trait

im-

primerie Koberger, qui l'dita encore


1

la

mme anne
:

Jacques du Paradis, niais surtout saint iona\ eut lire cl Alexandre de lals. Dinis Scot n'est cit que rarel lient et encore dans des questions controverses entre fran cisc.uiis el dominicains. Dans les thories dbattues entre codes. Louis se rattache gnralement a saint Bonaventure et Uexandre de lals. comme par exemple pour la composition de l'Ame de matire et de forme, la dfinition et le bul de la thologie, l'idcn tite de la grce el de la vertu, etc. Ce traite fournil aussi les donnes caractristiques sur quelques scolastiques. Ainsi il cite la Summa de ereaturis d'Albert le Grand sous le titre de i.ib-r de quatuor coteois (IIP part., c. xuii. Il ne tarit pas d'loges pour la Summa (heologica d'Alexandre de laies, pour en dmontrer la haute Valeur, Louis de Prusse cite les tmoignages caractristiques de Gerson et le Thomas d'Aquin. Ce dernier toutefois ne parait pas tre aut lient ique. Il tient en outre que saint Thomas dpend en grande partie d'Alexandre, surtout, 11-' 11''. Les quatre parties de la dit-il. dans la Somme sont attribues indist incteinent Alexandre. La Summa de anima de Jean de Rupella n'est pas cite. 11 \ est affirm que la Mtaphysique d'Aristote ne comporte que douze livres, alors qu'en ralit elle en comprend quatorze, d'o il faut conclure que probablement, au milieu du XV e sicle, douze livres seulement de cette Mtaphysique taient traduits en latin et connus. Louis de Prusse esl un fervent dis
1

.1

aium.t

p.i avec le titre significatif Trilogium non solum religiosis verum etiam seecularibus

iraturibus. canfessuribus. vontemplantibus et studrn-

ardorem aflectus adminisque l'auteur a voulu un manuel pratique, dans lequel il rassemble toutes les connaissances ncessaires ou utiles aux prtres, aux prdicateurs et aux confesseurs, non lient pour illuminer leur intelligence, niais aussi pour enflammer leurs curs.
intellectus
et

lumen
I>e

ces paroles

il

resuite

it(

est

divise en trois parties,

comme
traite

le

l'ait

apposer

le

titre.

La premire partie

de

la

noblesse de l'me et de ses puissances tant sensibles

que spirituelles, de son origine, de son union avec le Corps (52 ehap.i: la seconde est consacre aux pasen gnral et. en particulier, l'amour qui unit l'Ame a Dieu et qui est envisag sous toutes ses formes iap.): la troisime est ddie aux habilus, grce, vertus thologales, cardinales, morales (principalement et la prudence), dons du Saint-Esprit, batitudes, etc. (33 chap.). Dans l'expos de ces diffrentes matires, tout en ne ngligeant point les donnes de la philosophie et de la thologie spculative, Louis de Prusse ne laisse p., s de montrer sa prdilection pour la thologie mystique, la comme il thosophie l'appelle. 11 a recours a cette dernire dans presque les chapitres et s'efforce de fonder sur elle les rentes thories exposes au cours du trait; ne pas d'enflammer les cours de l'amour divin il
.

liona\ enture et fait les efforts rptes accepter comme niait re prfr dans les Sluilm de l'ordre parce que sa thologie n'est pas purement intellectuelle comme celle de saint Thomas et de Duns Scot. mais aussi et avant tout mystique. En parcourant cet intressant trait, on rencontre une foule d'autres dtails non moins importants sur les scolastiques et leurs doctrines. 11 est a remarquer enfin que le c. vi de la troisime partie n'est pas de Louis de Prusse, mais de Nicolas Glassberger lui-mme. On y examine l'opinion mise par l'augustin Jacques-Philippe de Bergame, d'aprs laquelle saint Franois d'Assise aurait t le disciple de Jean Bonus de Manloue, aurait reu de lui l'habit et fait profession entre ses mains de la r^le de saint Augustin. L'auteur prouve que celte opinion doit tre rejete comme contraire aux donnes de l'histoire. D'aprs J.-IL Sbaralea. Supplementum, p. 193, et H. Hurter, Xomenclator, t. il, col. 1008, Louis de Prusse aurait encore compos deux petits traits intituls De immaculata eoneeptione 11. M, V. et De usu liberi arbiIrii li.M.V. in utero matris. Il parait toutefois plus probable que ces deux opuscules ont t extraits du grand ouvrage Trilogium anima, dans lequel sont traites ces mmes questions.
eiple de saint

pour

le

faire

l'union intime avec Dieu Les l'auteur ne sont cependant point sentimentales, elles reposent sur les fondements solides
exciter
thories

m\ stiques de
oie

chrtienne et de la thologie scolasnotes les plus caractristiques de ce trait est d'ailleurs que son auteur cite abondamment les philosophes et les thologiens qu'il a utilises, ce qui ire die/ les crivains d<- cette poque. Parmi les pi,, .. Louis de Prusse dnote une prdilection
tique.

Une des

auquel il emprunte d'ailleurs a ouvrage. Parmi les tholole plus souvent Huguei el Richard de t. b- traite Dr spiritu il anima, saint Berl'ierre Lombard, saint Thomas d'Aquin, saint rt le Grand. Nicolas de Lyre. Lierre d'Aquila, lint Bernardin de Sienne, Henri de il
\ristotc.

L. Wadding, Annales minorum, t. x\, Quaracchi, 1933, an. 1494, n. .xm, p. 103; le mme, Scriptores ordinis minorum. Borne, 1906, p. 164; .1.-11. Sbaralea, Supplementum ml scriptores ordinis minorum, t. Il, Home, 1921, p. 193; V. Gretderer, Germania franciscana, t. I, Inspruck, 1777, 1. IV. n. 277 et 345, i>. 7.ii et 773-774 ;Pierre Rodolphe de Tossignano, HUtoria seraphietc religionis, 1. III, Venise, 1586, p. 328 0; N. Glassberger, Cluvnica, dans Analecta franciscana, t. n, Quaracchi, 1887, p. \i-i\; L. Hfain,Reper ton 11 m bibliographicum, t. n a, Berlin, 1925, n. 10315; W.-A. Coplnger, Supplment to Hain's Bepertorium, I rc part. .Berlin, 1926, p. 306; I'. Mlnges, Dos Trilogium anima des Ludwig non Preussen, O.F.M., dans Franzlsk. Studien, 1. 1, 1914, i>. 291-311; il. Hurler, Nomenclalor, :; d., t. n, col. 1008.
<

triparti te de

s-,

A.

Nicolas (aussi Pseaume e( Pseaulme), abb de saint-. ban de Verdun, de l'ordre de Prmon tr, voque de Verdun t+ 10 aot 1575. I. Biographie IL Ouvrages. I. Nicolas Psaume est une des Biographie.

PSAUME

Teetaert.

1087
figures
Il

l'SAUME (NICOI.
1

\S,
pour
s

1<88
assister.
11

marquantes de la Contre Rforme en France. naquit en 1518 Chaumont-sur Aire, dans le duch de Par, au diocse de Verdun, de parents de condition modeste. Son ducation scientifique fut confie son oncle, Franois Psaume, abb du monastre le SaintPaul de Verdun, de l'ordre de Prmontr, qui l'envoya plus lard aux universits de Paris, d'Orlans et de Poitiers. A son retour a Verdun, son oncle rsigna en sa laveur, en 1540, l'abbaye de Saint-Paul. Nicolas Psaume en devint abb eomniendataire. Il lui rpugnait cependant de rester un tranger pour la communaut qui lui tait subordonne et, ds le 25 janvier 1540, il lit profession dans l'ordre entre les mains de Nicolas Goberti, vque de Panade, abb eomniendataire de Saint-Vanne, et vque suffragant de Verdun. Pendant le carme suivant, Nicolas Psaume lut promu aux saints ordres, et aprs Pques, il reut la bndiction abbatiale. Il alla ensuite complter ses tudes Paris, o il obtint le titre de docteur en droit canon le 16 dcembre 1541. Ds son retour Verdun, l'abb Psaume entra d'emble dans la haute direction de l'ordre de Prmontr. A ce moment l'abbaye chef avait sa tte, comme abb commendataire, Franois de Pise, cardinal diacre de Saint-Marc, qui avait obtenu cette abbaye en cour de Rome, nonobstant le concordat de 1510 qui spcifiait qu'aucune abbaye chef d'ordre, en France, ne serait donne en commende. Au chapitre gnral de l'ordre, runi l'abbaye de Saint-Martin de Laon en 1542, Psaume fut dlgu pour prsenter au roi les dolances de l'assemble et obtenir son intervention Home pour librer Prmontr. Franois I er accueil lit favorablement la requte et acquiesa au dsir des ministres de voir nommer Psaume abb gnral de Prmontr. Un contrat avec le cardinal de Pise aurait laiss Psaume, de concert avec Josse Coquerel, abb de Saint- Just-enBeauvaisis, la haute direction de Prmontr et de l'ordre et confr une pension annuelle au cardinal. Mais celui-ci profita des troubles qui agitaient la France pour rtracter ses engagements. Le roi dputa alors Psaume Rome, en qualit de procureur de l'ordre, afin de faire confirmer par le Saint-Sige la nomination arrte par le roi. Ce n'est qu'en 1543 que l'abb put partir pour Rome, o il devait en mme temps s'occuper de la canonisation de saint Norbert. Il ne put cependant mener bonne fin sa double mission.
C'est Postel.
cile

avril 1551;
le

devait excuser ce der-

Psaume arriva a mai. deux jours aprs l'ouverture de la (xi') session. Le rle de l'vque de Verdun, pendant cett e seconde priode, ne le mit point au premier rang. Ce n'est qu' la congrgation gnrale du 23 novembre 1551 qu'il se lit remarquer par un discours persuasif contre les commendes. Si cet abus ne cessait, dit-il, toutes les rformes projetes resteraient superflues et irralisables. Quand le 1 janvier 1552 une commission fut forme pour la rdaction des canons sur la messe et l'ordre. Psaume se trouva au nombre des dix-sept dputs et eut une part active dans le travail. A la suspension du concile, l'vque revint dans son
nier auprs des lgats pontificaux.
'.',

Trente
i

'

diocse. Ce fut

pour tre ml trs intimement aux

Rome

qu'il se lia

avec

les jsuites

Salmeron

et

L'ordre dlgua Psaume pour le reprsenter au conde Trente et lui adjoignit l'abb Josse Coquerel pour cette mission. Mais l'abb Psaume fut empch par le cardinal Jean de Lorraine, qui lui transmit l'vch de Verdun, avec l'agrment de Paul III, le 13 juin 1548. Il prit possession de son sige le 13 juillet et fut sacr le 26 aot. Il cda l'abbaye de Saint-Paul au cardinal Chai les de Guise, en change des revenus de l'vch, tout en se rservant la juridiction spirituelle sur le monastre. Comme les trois villes piscopales de Metz, Toul et Verdun relevaient encore de l'empire, Psaume encourut l'indignation de Charles-Quint pour avoir accept l'vch de Verdun sans l'agrment du suzerain. Pour renouer les liens. Psaume se rendit Bruxelles et y reut l'investiture laque du comt de Verdun, le 5 octobre 1548. En 1549, fut tenu le synode provincial de Trves, convoqu par l'archevque Jean d'Isembourg. Psaume s'y employa la rdaction des statuts. De retour Verdun, il s'en procuia une dition (15 111), qu'il fit distribuer tout son clerg. Entre temps, il rebtit le palais piscopal et rcupra nombre de biens alins de la mense. Lorsque le concile de Trente fut convoqu derechef, en 1551, Psaume fut dlgu par l'empereur (lettre au 23 mars 1551) et par l'archevque de Trves (lettre du

ngociations qui amenrent l'entre dans Verdun du roi de France, Henri II (12 juin 1552). La dception ne tarda pas. Pour assurer la dfense de la place contre les troupes que l'empereur avait rallies, le gouverneur fit dtruire toutes les habitations des faubourgs et les glises voisines des murs d'enceinte. Dans ce dsastre disparut l'glise abbatiale de Saint-Paul, une merveille d'architecture. Cette destruction se fit si rapidement que Psaume eut peine le temps de faire prendre copie des inscriptions l'intrieur de l'abbatiale. Le mme sort chut l'abbaye mme, ainsi qu' l'glise et une partie du monastre des dominicains. Ce qui resta des btiments de ces derniers servit d'asile auxprmontro expulss de Saint-Paul, tandis que les dominicains furent forcs de se retirer dans l'hpital de la ville. La ruine spirituelle du diocse, occasionne par ces troubles, retint l'attention de Nicolas Psaume. Il runit en 1553 un synode pour s'opposer la propagande hrtique; il parcourut et visita tout le diocse et dita un Expos de la messe. Il lutta contre les meneurs calvinistes Jean Poincignon et le gouverneur Bcucard,en s'appuyant tantt sur la loi franaise, tantt sur les dits impriaux, tantt sur la force des armes. Pour s'assurer l'intgrale adhsion la foi catholique chez ses subordonns, il fit imprimer une profession de foi qu'il prsenta la signature du clerg, de la noblesse, des magistrats et des citoyens. Lors de la nouvelle convocation du concile de Trente in 1562, Psaume rpondit l'appel aussi vite que le lui permirent les vnements. Il quitta Verdun, le 2 octobre, l'appel du cardinal de Lorraine et rejoignit les prlats franais Dijon. Ensemble, ils firent route travers la France et le nord de l'Italie et arrivrent le 13 novembre Trente, o les Pres du concile les accueillirent avec enthousiasme. La prsence du grand cardinal franais tait un gage d'union et une assurance pour l'achvement de l'uvre de rform?. Aussitt install Trente. Psaume eut une part importante aux travaux et discussions conciliaires. Il annota et rsuma avec le plus grand soin toute la suite des dlibrations dans un journal ou diarium, que nous possdons encore, et qui permet de souligner le rle que joua l'vque de Verdun dans cette assemble. Le concile s'occupait en ce moment de formuler les canons qui avaient rapport au sacrement de l'ordre en mme temps qu'il discutait la question de la rsidence des vques. Ds le 2 dcembre, Psaume prit la parole, aprs le cardinal de Lorraine, pour appuyer les recommandations que celui-ci avait faites aux Pres de procder avec calme et modration l'examen de ces graves et difficiles questions. Dans la sance du 4 dcembre, le cardinal avait parl avec autant de profondeur que d'loquence de l'institution divine de l'piscopat et de la primaut du pape. Le lendemain, l'vque de Verdun dfendit galement avec une grande hauteur de vues les droits divins du Saint-Sige. Il fit
valoir les

mmes arguments que Jacques Laynez,


du pape,
avait exposs

S. J..

thologien

dans

la

sance du

'

<

PSAUM1

NICOLAS
ter plus loi

1090

octobre et qu'il rsuma dans celle du9 dcembre. la sance du 21 Janvier 1563, parmi lesdputs i-> de VI. il>or.it ion dis dcrets sur la rsidence, Psaume se trouve le premier dan-- la srie des vques unions dans ce bul eurent lieu chei le cardinal (tt- Lorraine, et Psaume commena par j dclare! qu'il >;ms n'\ assisterait plus si l'on n'allait pas de l'avant. cette commission, il fut charg de faire une rdaction Ile du rsultat les dlibrations. Le 3 fvrier, il 'indigne ilt- la proposition de l'vque de Mantoue de diffrer les sunecs jusqu'aprs Pques. e 23 fvrier, 1rs appariteurs du concile annoncrent l'vque de Verdun qu il veunil d'tr? dsign puni faire partie de inmission qui <lr\ ait rdiger les canons de abusibus unlinem. l'n consquence il devait tre prsenl au\ runions qui se tiendraient a l'htel de l'ambassa ilcur du roi de Pologne, avec les autres membres de la commission, lesquels taient, outre cel ambassadeur, le patriarche de Venise, les archevques d'Antibes, <le -. et le Sens, les eveques d'Orense, il l'aime et quelques autres. On leur donnerait communication les articles proposes dans ee but. A cette runion, Psaume fut sous-dlgu par les autres dputs pour faire la rdaction demande: la hte premire fut d'ailleurs calme par la mort de Seripando il fallut attendre l'arrive d'un nouveau lgat. Les affaires ayant trane Jusqu'au 21 avril, l'vque d'Krmland l'homme que Pierre Casinius nomme le meilleur vque de son temps proposa de ne recommencer les sances que la :f juin suivant; mais le cardinal de Lorraine exigea comme date extrme, le 2H mai. l'saume. nerv par tous ces retards, prit la parole pour dire que ces lels.itions liaient un scandale pour les catholiques et une rise pour les adversaires, et il insista pour que les conclusions des dputes fussent examines sans retard, en vue d'aboutir une rdaction dfinitive. Ce iiiini.' fut enfin ralis le 12 mai, et quand, la du J'J mai. la rdaction fut soumise l'approbation, Psaume prit la parole pour la dfendre. A la

devant son suzerain, surtout 6 cause de la dis hrtiques. Malgr les oeeupat ions du concile, l'vque entretenait avec ses reprsentants Verdun, el i\ ec ses bons amys comme 11 appelle ses ouailles, une correspondance active Elle est publie par \ Frison dans la Petite bibliothiqut verdunoise, au m. \ la clture de la dernire session du concile, le dcembre, Psaume donna sa signature pour les d n quitta l'ente le 12 dcembre. Le crets publies par le Tyrol, la Souabc el voyage de retour se Trves; Psaume et. ut Verdun le 2 janvier 1564. Le peuple se porta en foule sa rencontre, mais le chapitre, froiss de ce que l'vque avait attaqu l'exemption des corps canoniaux durant les sessions, s'tail abstenu.
rbellion
, t
. i

Le dimanche 3 janvier, l'vque prsida une procession


solennelle..! l'occasion de laquelle
il

lit.

l'glise

des

franciscains, \u\c longue allocution, dans laquelle il rendit compte des travaux du concile en laveur d'une

rforme stable

et

demanda

l'application des dcrets.

des prier, 's pour Le 10 fvrier, il

le

reiinil

succs le son

chapitre pour lui c immuniquei officiellement les s de rforme publies au concile, l'our enlever toul prtexte d'ignorer ces dcisions, il runit Verdun, le il avril, un synode diocsain, dans lequel il insista spcialement sur les dcisions ordonnant la visite rgulire des paroisses et des organisations corporatives religieuses. Sans al tendre que l'autorit du Roi Trs Chr lien s'occupt de la chose, il exigea dans son diocse une application intgrale des dcrets. Dans ce but. il runit lui-mme une rdaction des dcret s du concile, qu'il lit diter en 1564, avec une ddicace au cardinal de Lorraine. Entre temps il insistait auprs de l'archevque de Trves pour qu'il runit un concile provincial et il se rendit au synode convoqu Reims en 1564 par le cardinal de Lorraine. la s dernires annes de l'vque l'saume furent assez
dcret

nrale

du 9
la

juillet,

gramme

de doctrina

et

fut soumis tout le procanonibus ordinis et de dcrta

de l'piscopat

discussion, sur l'institution divine sur le droit divin de la rsidence, ne ajout.- au texte qu'il a annote. </l/< il utrumqur penssimr (amen credo et il prend la parole poui faire <r dans le texte, a la place d'ordinalione divina, butitutione divina. Pour la question de la loi de r-siil trouve qu'on est trop indulgent et insinue quelques petits changements dans le texte pi (pos. A
et
.

Mise.

Dans

mouvementes. En 1567, le monastre des bndictins de Saint- Vanne fut dtruit par un incendie. En 1568, la peste lit de grands ravages dans la ville de Verdun. Bien que souvent ses ordonnances rformatrices fussent revues froidement, il ne se dpartit jamais de la ligne de conduite qu'il s'tait trace. 11 parcourait son diocse, visitait les paroisses et, la demande du cardinal de Lorraine, qui n'en tait que l'administrateur
il veilla en mme temps au bien spirituel du diocse de Metz. Aprs la dfaite des huguenots prs de Moncontour, le :i octobre 1569, il plaa les hriques de son comt devant le choix de quitter le paj s ou de professer la religion catholique. En r> 7 fonda Verdun un collge qu'il confia aux jsuites et il en bti! un autre Pont--Mousson en 1574. Cette mme anne il crivit le Portrait de l'glise, qu'il envoya au cardinal de Lorraine. 11 n'oubliait pas les intrts temporels de ses sujets en 1574, il donna sa cit de Verdun une nouvelle constitution qui rorganisait la justice et l'administration, rgularisait l'usage des antiques liberts, auxquelles Henri II avait port atteinte en 1552. Il promulgua en outre d'utiles ordonnances pour la manutenl Ion des vivres, pour la prosprit de l'industrie el du commerce, pour la protection de la moralit publique. Le cardinal de Lorraine mourut a Avignon le 24 d c ibre >' Il avait institu Psaume excuteur test a mentaire De concert avec le cardinal Louis de (luise. tme se rendil Reims, o il reut la dpouille mor telle de son ami el prsida aux crmonies de l'ente) rement, le 30 janvier 157"). De retour Verdun, il lii demander des prires publiques pour obtenir la protection du ciel contre les menaces d'invasion qui venaient de l'Allemagne. Il se rendit aussi Pont-Mousson, o, en vertu d'une bulle de Grgoire XIII du 5 dcembre 572, une universit confi aux je uit< s avait t- inaugure au mois d'octobre ">7 sous sa pr-

laque,

<

j 1

dit

du Ifi juillet, l'vque de Verdun de nouveau tout son programme et insista sur igi r des pdagogies scolasl iques ou
raie
;

ur la conservation des diffrents ordres mineurs dans l'ordination. Le 8 septembre il traite rie

ment

ivant les canons, au sujel du sacrede mariage, el le 17 septembre il propose quel-

modifications aux canons pour matire.

la

rforme dans

la

*xn

il

prend

nbre, propos du c. xrx de la la parole pour s'lever contre le de cl il trouve que le texte propos
:

peu digne Il faut le biffer et adopter irmul dans le dernier concile du Latran. ours contre la commende par l'saume public
i7ij

Tridentini,

t.

v.

ut

de son
r<

s,j,, ur

,,

Trente. Nicolas
1 1

Psaume

mire,

le

dcembre 1562,

Ins-

pruek. o

Ferdinand I" qui avait t lu que le \ enliin ile\ ail n cevoir 'ns l'investiture du comte de Verdun. A e. te rier. le vassal adressa un discours mpereur et s'excusa de n'avoir pu se prsens, j,,

un,. ,,t

DICT.

DE THOL.

i:\TIIOL.

T.

XIII

1091
1

PSAUME (NICOLAS;
On admet
Parisinus
11 612,
:

lii!)2

sidence, et o il publia, le 3 mars 075, la bulle de fondation, en prsence de deux Illustres princes, premiers lves <!< l'institut Charles, Qls du duc de Lorraine, et Charles, fils du comte de Vaudmont, qui devinrent

dans la suite, tous les deux cardinaux. Depuis quelque temps Psaume tait atteint de quelques infirmits. Le 27 juin, il tomba gravement malade. Ses dernires forces se concentrrent en ce moment autour d'un point de son programme qu'il n'avait pu nul lie en excution la fondation d'un sminaire pour la formai ion de son clerg. Mais la maladie empira, et il mourut le aol 1575. Son corps fut inhum l'glise cathdrale, dans le mausole que de son vivant il s'tait l'ait construire dans la chapelle du Saint-Sacrement. Nicolas Psaume fut un vque de grande rudition et d'une vie irrprochable. Son zle et sa pit le placent aux premiers rangs parmi les aptres de la restauration catholique au xvi sicle. Les fluctuations de
:

actuellement (pic Wolker s'est inspir au qui n'est pas le texte original de Psaume, mais un texte annot par Math. Husson l'cossais, conseiller de Verdun et historiographe (t vers 1674), alors que Hugo a dit le manuscrit original, actuellement le Parisinus 3774 A. Le Diarium de 1551 a 1552 ne fut jamais dit, et le ms. a disparu. 2 Autres ouvrages <!< Psaume. Canones et 1.

sa politique, qui hsitait entre l'empire et la France, s'expliquent par les temps troubls o il a vcu. II. Ouvrages. Nicolas Psaume est surtout connu par le Journal qu'il a rdig du concile de Trente; nous mentionnerons la suite d'autres ouvrages publis ou encore indits 1 Le Diarimn . 1. Les manuscrits. Au xvn e sicle on conservait Saint-Vanne de Verdun les mss. suivants a) Actes et journaliers du concile de Trente,

cumenici et generalis concilii Tridenlini, gu ante sparsim et absque ullo ordine prout occurrebant ngocia jarre diversis temporibus sub Paulo III, Julio III et Pio 1 1 1 1 ponli ficibus max., nunc demum renovata et in arlem et ordinem et in rubricas certaque capila convenienti methodo digesta... aulhore Reverendissimo in X" Ptre I). I). X. Psalmeo, episcopo comit Virdunensi ad illustrissimum principem reverendissimumque cardinalem a Lotharingia, Verdun, Bacnctius, 156 I. in- 4, 4 feuillets non numrots, 238 p. et feuillets non numrots; 2 e d., Par is, 1564, in-8; 3 e d., Reims, 1564, in 4. 2. Elucidaliones nonnullorum locorum sacri concilii Tridentini, ms. 16 de la bibliothque municipale de Verdun, xvne sicle, dit pai C.-L. Hugo, Sacr antiquilalis monumenta, t. i, 3. Exhorlationes varie D. N. Psalmxi p. 412-426. abbtdis ad jratres S. Pauli, incipiendee die 13 decembris 1540, ms. 15 de Verdun (autographe), d. parLigault, 1661. 4. Libri eorum quue ab episcopo Virdunensi officium celebranli et eidem assistenti in ecclesia sua
dcrta sacrosancti
1

depuis le 1 er mars 1551 jusqu'au 28 avril 1552, de la main de l'vque, in-fol., papier (semble perdu). b) Actes et journaliers du 13 novembre 1562 la conclusion

du

concile,

mmes

actes et journaliers,

dcembre 1563, in-fol. c) Les mieux crits, et des clair:

tam in horis vesperlinis quam matutinalibus supplicationibus cantanda sunt, ms. 91 de Verdun, pet. in fol. (appel d'ordinaire le Pontifical de Psauni").
cathedrali
et

5. Canones et dcrta ]>rovincialis concilii Trevirensis, imprim Verdun pour tre distribu au clerg. On

cissements des congrgations du concile de Trente. Actuellement on possde les mss. suivants Paris, lat. 3774 A, pareil., in-8, xvr3 sicle, autographe de Psaume. Paris, lat. 1569, grand format, p. 168-204, est un autographe. Paris, lat. 1532, parch., in-fol.,

Paris, lat. 1533, pet. in-fol. Paris. 1531, in fol., transcription du prcdent. (fonds nouv.) 11 612, xvn e sicle, transcription du prcdent. Un manuscrit de la bibliothque municipale de Saint-Mihiel, in-4. 2. Les ditions. C. L. Hugo, dans ses Sacre antiquitatis monumenta, t. i, tival, 1725, p. 215-411,
sicle.
lat.

xvn e

Paris,

aclorum et decretorum sacri cumtnici duas parles divisi : Prima continct acta et canoncs ab anno MDLl ad annum MDLII (p. 215-325). Secunda medullam votorum et sententiarum patrum concilii super preecipuis materiis propositis in conyregationibus ab advenlu eminentissimi cardinalis Lolharingici cum episcopis Gallis, ab anno MDLXII ad finem concilii, autore Nicolao Psalmieo, canonico Prmonslratensi, abbalc Sancti Pauli et Virdunensi episcopo, ejusdem concilii secrelario et caninum redaclore (p. 327-411). De la p. 412 la p. 426 suivent les Elucidation.es nonnullorum locorum sacri concilii Tridentini a sanct romanse Ecclesiee cardinalibus, dicli
la Collectio

donne

concilii Tridentini in

n'en a pas retrouv d'exemplaire et l'on suppose qu'il 6. Acta et s'agit peut-tre de l'ouvrage suivant. dcrta synodorum Virduni celebratarum per R. P. D. D. Nicolaum Psalmeum episcopum et comitem Virdunensem, 1549, 1554, 1557, 1559, 1561, 1564, 1562 (insynodis archipresbyterialibus quas vocant), 1566, 1567, 1568, 1571, 1572, 1573, Visitatiodicesis Virdunensis (1556), ms. 145 du sminaire de Nancy, in-fol. sur papier, d'aprs A. Vacant, La bibliothque du grand sminaire de Nancy, Nancy, 1897, p. 74. 7. Statuts de Nicolas Psaume, en 217 feuillets, imprims en fascicules spars pour les annes 1561, 1562, 1566, 1567, 1570, 1571 1572. 1573, 1574, 1575, en ms. pour les annes 1549, 1550, 1553, 1554, 1557, 1559, 1560, 1562, 1564, 1565, 1568, ms. 146 du sminaire de Nancy (probablement le mme que les Constitutiones dite in sgnodo Virdunensi celebrataperR. P.D. N.. Psalmeum episc... anno D. 1564 8. Missale secundum usum, ritum et conpet. in 4). suetudinem insignis Ecclesise et dicesis Virdunensis novissime per R.P. D. Nicolaum Psaume... sedulo reco-

concilii interpretibus, nonnullis prxlatis et aliis conces-

gnitum et quanta potuit diligentia emendalum, Paris. Guillaume Merlin, 1554, in fol. Une gravure en tte de ce missel reprsente Psaume agenouill devant la Mre de Dieu. 9. Institutio catholica, quam vulgus Manualc vocal, secundum usum dicesis Virdunensis, continens rationem administrandi sacramenta ecclesiastica,

collectore Nicolao Psalmeeo episcopo Virdunensi. Cette seconde partie, le Diarium proprement dit, a t rdtl e par J. Le Plat, dans ses Monumentorum ad historiam Tridentini concilii amplissima collectio, t. vu, Louvain 1787, p. 69-135 (le t. v contient quelques documents pais primitivement runis au Diarium). Un texte critique a t donn dans Concilii Tridentini diariorum pars secunda, d. Merklc, Fribourg-en-B 1911, p. 721-890. On a accus C.-L. Hugo d'avoir donn dans son dition du Diarium un texte mutile et Phil. Wolker, dans Ungcdruckte Berii Iden und Tagebcher zur Geschichtc des Concils von Trient, dans Coll. Dllinger, Nordlingen, 1876, t. n, p. 172 237, a fourni une dition des parties de texte qui semblaient faire dfaut.

cum

aliis quam plurimis salutaribus documentis, Paris, Merlin, 1554, in-4. 15 p. non numrotes et 180 p. 10. Exposition de la messe, d'aprs Hugo, imprim en 1551, ou peu aprs. On n'en connat pas d'exemplaire imprim, mais l'ouvrage manuscrit existeen appendice 11. Breviarium secundum usum insignis au n. 6. Ecclesiee Virdunensis... de mandaio Rmi Nicolai Psalm;ci, Verdun, Bacnetius, 1560. 12. Amuletum adversus religionis mutationcm, Verdun, 1563, in-8; Prservatif contre les changemens de religion. D'aprs Hugo, cet ouvrage aurait t imprim Trente, mais on n'en connat pas d'exemplaires. Il en existe une dition de La Haye, Elzevier, in-18; une autre, La Haye. A la Sphre, 1682, in-12. Il s'agirait d'un opuscule en deux

PSAUM1
langues
uti

\ IC01

\S

PSAUMES
I t

II

RE

ll

S
laoid,
t

L094
ht.' des

^ti^

/;

l>

i>

rma prsecationum pro tribulatlone quant in diacesi et comitatu Virdui\in in suplpicationibus (sic) gneraitPsalmteus episeopus, Verdun, Bacne-

Hgmni tavld, tber psalmorum David, Psalterium Davidlcum.


In

rte

psaumes

tius.
1

1.

1564, pet. in 1, 12 feuillets mou numrots. ehrtstien pour cognoistre \ avertissement l'homme ~ tes hrtiques de ce tans srobenl le para telles de la parole de Dieu, f>ar X.

tionlbus et usurptes ad
\ eteris
1

antlquia colle in oonclUls Ipsls

de ktotd. Psautier de David, usites clans les anciens recueils ei dans les conciles
t

deslgnandum
Llbruni
et

eux
I

mmes pour
i

dsigner

le

restamentl
slcut
i

i\

les

psaumes

de

1.

psalmorum,

lam

Verdun, Koinis, Jean de Foigny,


S
.

12

feuillets.

P.

/>.

IV Preces Xic Unis Psalm


;

aliquot
.

et

ora-

plui lum Pal uni et Doctorum sententia, qui tenuerunt ono ns prorsus psaltei II psalmos uni David esse adscrlbendos,

que

r ancien restament, ainsi l'opinion de plusieurs

Pres
seient

ei

Docteurs, qui peu

les psaumes du psautier suis exception

que ions

us

et

tantam

undator
:

cum Deum propitium tum


nvis et armi temporibus collgiale! bate Marie
nileretur, pr<>
stiitis

psalteril

i,

tum etnim
s'itiiit et

post
lue ut

mortem
et

ni habeant, unicus auc loi- David haberl debeat? Resp. Ngative.


\

nu

totlus

perptua

dolvenl tre attribus au seul David, ont-elles une \ a leur telle que David doive tre regard comme l'au leur unique de tout le psall
i

i\mtur in

eathedrali
eiritatis

lei f

Yirdunensis, tum illustris<tharingia

Rp,

Non.
lie
la

stnu cardinalis Caroli a


curavit.

1.

tum

su-'

nomine
in
i".

Dubium

//.

iniin e\

II.

concordance

Verdun, Martin Mercator, 1572,

pet,

16. /.. p Tirait de l'glise, 1571, niv Feuillets. oiUTt au cardinal de Lorraine en 1574, On doute Vil 17. Recueil des spultures anciennes fut jamais dit. elep: Saint-Paul de Verdun, fait en 1552, par l'ordonnance de M. Psaulme, vque de Verdun, publie en ITT'. avec un Avis a la noblesst par l'abb Lionnois,
.

concordantia textus hebralci cum grsaco textu alexandrino aliisque vetustis vei
sionibus
titulos
|>s

du

texte hbreu avec le texte grec alexandrin et les autres versions anciennes,

argui

jure

possil

peut-on a bon droit conclure

ilinoruin

Nancy, 1865,
i

ln-12,

28

p.

Hugo, Sacrm anliquitalis nxonunxenla, 1. 1, l'.tival.l72.">. _l. non numrotes de la prface; Gabriel, lude colas Psaume, vque et comte de Verdun, Verdun, 1N'>7; M. Husson, Hisl. oerdunoise, dans Petitt bibliolh. oerdunoise, par l'abb Frison, Verdun, 1885-1889, vol.; t. Van Spilheeck, Nicolas Psaume, oqm de \ erdim, de l'ordre de l'ntnanire (1S10-1S7S), dans les Prcis historiques, 1888-1889
-I
.

textui prteflxos esse \ ersione sic dicta \\ i Iroi mu ac proInde si non ipsis directe ab auctoribus psalmorum, .i vel usta saltem judaica traditlone drivasse? Affirmative. Resp.
I

hebrai o antiqulores

que

les lilres des psaumes places en tte du texte hbreu snnl plus anciens que la \ ei sion des Septante el que, des lors, ils viennent, sinon

en droite ligne des auteurs mmes des psaumes, au moins d'une antique tradition

juive? Rp. Oui.


-

Dubium
prssdicti

III.

Utrum
i

ps

dmorum

ituli,

artiste

<

ri

1911,

t.

H.

i. 5'J p.); I.. Goovaerts, crivains, 1889, in-8 savants de l'ordre de Prmonlr, Bruxelles, 1903oo-7o; t. ni. 1909, p. 170; t. rv, 1911, 1903, p. .'/ii Tridentini diariorum p<irs secundo, d.
.

traditionis testes, ipiando nulla ratio gravis est

judaiese

III. Les lilres susdits. tmoins de la radition juive, peuvent-Us, lorsque nulle raison grave ne s'oppose
t

contra

connu genuitatem, prudenter possinl In dubium


revocari? Resp.
-

leur authenticit,
/(Y/i.

tre

pru-

demment rvoqus en doute?


Non.

Merkle. Fribourg-en-B., 1911,


phit- suit p. in a

p.

<\i\u

sq. (cette biogra-

Ngative.
1
I

pas la Continuation de l'hist. oerdunoise de rd de Vassebourg, soute la oie <ir M. Nicolas Psaume, iresque et compte </e Verdun..., par Matthieu Husson l'iiseosso>-, nis. de la bibliothque municipale de Verdun). \s. A. (Livre des). Dans la Bible lie

Dubium IV.

runi

si

PSAUMES
ie.
il

Km

fait
.

section du canon de en Testament. Actuellement, il vient en tte de

phes

partie le qui forme

la

classe

<les

ketoubtm ou

considerentur sacra- Scripturae haud infrequentia tesimonia circa naturalem >uvidis peritiam, Spiritus sancti charismate Ulustratam in componendis carminibus rei l

IV. A considrer la multiplicit des tmoignages de II sainte Kcriture relatifs au talent naturel de David claire par le charisme de l'Esprit-Saint dans la composil ion de pomes religieux,

la ni"

ligiosis,

institutiones

ab ipso
i

conditse

de

cantu
ipsi

i-s;ilni<-

en tait peut-tre ainsi du temps de II. ou les psaumes paraissent dsila m' partie du canon juif: Josphe, Cont. Ap., omme aussi les lois, les prophtes et les hymnes iclant, l'ordre des hagiographes a beaucoup vari nis Huth ouvre la section, comme dans la premire rabbinique. Ilubn liathra. I (V saint Jrme, dans
lion;
il
.

rum
in in

liturgico,

attributiones
factae

ps lmoriim

Luc, \xi\.

\eteri

Testamento,
In
ipsis

tum tum
ins-

Novo, tum

fondes par relativement au chant liturgique des psaumes, les lui sont attributions qui faites de psaumes, soit dans I' Vncien Testament, soit d ms
les

institutions

lui

criptionibus,
al)

antiquo insuper consensus

quse psalmis prfixai sunt,


.Indien

le

Nouveau,

soit

dans

les

et

xxvhi, col. 553, cite hagiograph.es, Job et il Secundus u David, que quinque incisionibus, unn Psalmorum volumine comprehendunl; par contre,
tus galealus, P.
;

rum, Patrum el Doctorum Ecclesiae, prudenter deneKari possit


terii

/...

t.

me prem

er livre,

parmi

les

prcipuum psalcanninum Davidem

mises depuis longtemps en tte des psaumes, et, en outre, le consentement des .luifs, des l'res et des Docteurs de l'glise, peut-on nier prudemment
inscriptions

ou Epist. ad
:

Paulinum,

7, P. /... t.

xxn,

col. 5 17.

esse auctorem, vel contra afflrmarl pauca dumtaxal eidem regio psalti carmina
esvi

que David soit le principal auteur des pomes du psautier; OU bien, par contre,
est-il

'll

plus en accord avec la tradition hbraque, met en tte des hagiographes le livre de )avid. miment de leur ordre rciproque, Psaumes,
I

ribuenda? Negal ive utramque partem.


i

loisible

d'al limier

que

/(

sp.

ad

et

trilogie part, ainsi que systme spcial d'accentuation h plante placent gnralement les Psaumes Livres sapientiaux; dans la Vulgate cl-

Job forment une


ut

quelques uns seulement de ces pomes doivent tre attribus au psalmiste royal? Non sur les deux Rp.
points.
\

Dubium
Igo

V.
i

specie denegai

trura in possil I >aviI

l'eut
di niei

on

spciale

lins,

le

livre
II.

'

sur

le

des Psaumes vienl aprs Job. La thologie despsaumes (col. 1114). 1 h la Commission 1" mai r>l". la Commission biblique a psautier un dcret qui rsume ce qu'un
\
i

eorum psalmoi um,


i

qui

in Vetei el Novo Te \tamento dise te sub Davidis nomine citantur, Inter quos
\

une origine davidique aux psaumes qui dans les citations de l'Ancien ou du Nouveau Testament sonl la il iin ment attribus a

ment

prse
niiinl

ceteris

reo
il
:

|>s:ilniiis
i

en tte desquels il faut signaler le ps. n, Quarc

. l

I.

et

qui concerne

les

uni

</.

nu
;

psalmus
tomine;
;

fn mut runt

<;>

nti

ti

ps.

huit qui
I.

/.

t'tnim
'.

'

*PP*'

Psaumt

Les appellal David, Hymnes

psalmus ii Diligam le Domine, fortitudo mea; ps ,imus xxxi Beati quorum pe:

Conserva me Domine; le ps. i>,<uim, xvu, Diligam / f'triitiKin mea; xxxi, le ps. Beati ouoru snni

1095
misses sunt iniquitates; psalmus i.wiii Salvum me fac, Ilixit Drus ; psalmUS C3X
: :

PSAUMES
iniquitates;

LIVRE DES). DIVISION


i

L096
:

Salvum me
(

x> ni, le ps. fac Deus; le i>s.

ix,

Dixit

Dominus Domino
Non.
Peut-on admettre

Dominus Domine meo?


ltis/i.

meo?
Bp, VI.

Ngative.

Utrum Dubium \'l. sententia eorum admittl possit

l'opinion de ceux <iui pensent

qui tenent, Inter psalterii

psalmos nonnullos esse sive Davidis sive aliorum auctorum, <]ui propter rationes
liturgicas e1

musicales, osci-

ve

tantiam amanuensium aliasincompertas causas in

plurcs tuerint divisi vel in ununi conjuncti; itemque alios esse psalmos, uti Miserere mei, Deus, qui, ut meliusaptarenturcircumstantiis historicis vel solemnitatibus

que, parmi les psaumes, il en est quelques-uns, soit de David soit d'autres ailleurs, <|ui, pour des raisons liturgiques et musicales, par la ngligence des scribes, ou pour d'autres causes inconnues, ont t, soit diviss en plusieurs, soit runis en un seul ou encore que d'autres
;

i.xxn, 20, contient celte formule Les prires de David, fils d'Isa! , son! termines. Le mol de tr/illi t pourrait servir dsigner le contenu des Psaumes, pourvu qu'on le prenne au sens large de prires, aussi bien la prire de supplication ou de demande, que celle de louange. L'expression Sfr fehillm, pour dnommer le livre des psaumes, est atteste par Origne, dans le canon qu'il a plac en tte de son commentaire sur les Psaumes, sous la forme Hcpep

Le

ps.

(feflllt)

populi judaici, leviter fuerint retractati vel modificati, subtractione aut additione unius alteriusve versiculi, salva tamen totius textus
sacri inspiratione? Affirmative Iicsp.

exemple le Miserere mei, Hcus, pour tre mieux adapts aux circonstances historiques ou aux solennits du peuple
psaumes,
par
juif,

ad

utramque partem.

ont t lgrement retouchs ou modifis, par la soustraction ou l'addition de l'un ou l'autre verset, sans atteinte toutefois de l'inspiration du texte sacr tout
entier?

t. xii, col. 1084; cf. Kusbe, tlist. eccl P. G., t. XX, col. 581, et aussi par saint Jrme, qui crit Sophronius, en tte de sa traduction des Psaumes juxta hebraicam ueritalem : Nom et tilulus ipse hebraicus sephar thallim, quod inlerpretatur VOLUMEN HYMNORUM, P. L., t. XXV III, col. 112 Notre mot de psaumes vient des Septante qui emploient le terme de <jjcxXu.ol comme titre de notre livre de l'Ancien Testament. Le vocable .l>5.?.[i. correspond l'hbreu mizmr, qui dsigne un chant avec accompagnement d'instruments a cordes; l'hbreu m/'z/n prsente dans les titres de cinquante-sept psaumes. Dans le grec des Septante, l'expression BoXo v^aXiitov est l'quivalent de l'expression hbraque Sfr tehillm et c'est sous cette forme Btoo tyy.yLW que notre

QiXklu,,
\
I.

P. xxiv.

.;..

2,

livre est cit

deux

fois
i,

dans
20.

le

Nouveau Testament,

Rp.

Dubium VII.
sententia

points.

Utrum

VII.

Oui sur

les

deux

Luc., xx.

12, et

Act..

inter recentiores scriptorum qui, indiens dumtaxat internis innixi vel minus recta sacri textus interpretatione, demonstrare conati sunt, non paucos esse

eorum

comme

Peut-on soutenir probable l'opinion de

ces crivains

modernes

qui,

s'appuyant uniquement sur des indices internes ou sur une interprtation inexacte du texte sacr, se sont efforcs de dmontrer que bre de psaumes ont t

psalmos post tempora Esdr et Nehemiae, quin imo

nomcom-

Quant au terme de psautier, on le trouve dans le Codex Alexandrinus ^aXrrjpiov; ce nom tait l'origine celui d'un instrument cordes. 3 Xombre et division des psaumes. Tant dans le texte massortique que dans les Septante, les psaumes sont au nombre de cent cinquante. Toutefois la numrotation n'est pas tout fait la mme dans le texte hbraque que dans les Septante
:

vo Machaborum, compositos,

probabiliter

sustineri

possit?

Resp.

Ngative.

Dubium VIII.

Utrum

ex multiplici sacrorum Librorum Novi Testamenti testimonio et unanimi Patrum consensu, fatentibus etiam judaic gentis scriptoribus, plures agnoscendi sint psalmi
prophetici et messianici, qui
futuri libra toris

poss aprs l'poque d'Esdras et de Nhmie, et mme au temps des Machabes? Hp. Non. VIII. Faut-il, sur les tmoignages multiples des saints Livres du Nouveau

et les versions qui en drivent. De part et d'autre, les huit premiers et les trois derniers ont des chilres qui se correspondent; mais les Septante runissent avec raison les ps. ix et x de l'hbreu, qui sont les deux parties d'un psaume alphabtique; ils joignent ensuite, mais cette fois tort, les ps. exiv et cxv du texte hbraque, puis sparent en deux, sans que cette division soit justifie, le ps. cxlvii de l'hbreu. L'on a

Testament, du consentement unanime des Pres et de l'aveu mme des crivains de


race juive, reconnatre plusieurs psaumes prophtiques et messianiques, prdisant

ainsi le tableau

de correspondance suivant

Hbr. i-vm
rx-x

LXX
l-VIII

IX
X-CXII

adventum,
et resurrec-

xi-cxm
cxiv-c.xv

regnum,
sionem,

sacerdotium, pas-

l'avnement,

mortem

tionem vaticinati sunt; ac


proinde
rejicienda

prorsus

eorum sententia sit, qui indolem psalmorum propheticam ac messianicam pervertentes, eidem de Christo oracula ad futuram tnntum

rgne, le sacerdoce, la passion, la mort et la rsurrection du futur librateur? Et, par suite, faut-il rejeter absolument l'opinion de ceux qui, dnaturant le caractre prole

c.xm
r.xiv-cxv CXVI-CXI.V XI-VI-CXLVII
<

cxvi CXVII-CXLVI
c.xi.vn CXI.VIII-CL

CXLVni-CL

phtique

et

messianique des

psaumes,

sortem populi
Resp.

electi

prsenun-

tiandam coarctant?

Affirmative ad

utramque partem.

restreignent ces oracles sur le Christ des prdictions concernant uniquement l'avenir du peuple lu? Oui sur les deux Rp. points.

Nous suivrons la numrotation du texte massortique dans toutes les citations que nous ferons des psaumes au cours de notre article. Les divergences que nous constatons entre le texte massortique et celui des Septante prouvent qu'une latitude relative a rgn dans la composition des
psaumes. Mais il y a plus. On peut remarquer, en effet, que certains psaumes. qui sont spars dans le texte hbreu et le texte grec actuels, seraient rapprocher. Par exemple, les ps. xi. il et xliii formaient manifestement un seul pome. puisque le rythme et le refrain de ces deux psaumes sont les mmes. On a propos aussi de runir cxm et exiv, (xvii et cxvin, cxxxiv et cxxxv, mais les preuves qu'on en donne ne sont pas suffisantes. Par contre, d'autres psaumes gagneraient tre divises et ils l'taient peut-tre l'origine par exemple, le ps. xix. dont les v. 8-15 sont une louange de la loi de .lahv (Vulg. l.ex Domini immaculala): le ps. vt dont les v". 7-12 changent brusquement de lime (Vulg. Exsurge, Domine, in via tua): le ps. xxii.
:
: I

2 Titre
le

du psautier.

livre des

Dans la Bible massortique, Psaumes porte actuellement le nom de


par
les

tehillm; le titre usit

Juifs est Sfr tehillm

(contract quelquefois en Tillim). Le mot de tehillm ne se prsente nulle part ailleurs il est de mme racine que tehillh, (luttai, louer louange , qui fait au pluriel tehillt (ce dernier terme se trouve employ
:
)

dans

Ps., xxii,

h:

si

l'on

voulait mettre une

nuance

sans doute pourrait-on voir dans le premier mot la forme de la composition, et dans le second le sujet trait; quoi qu'il en soil, l'expression Sfr fehillm signifie Livre des louanges .
entre tehillm et
tehillt,

PSAUMES
dont
les
-

RE DES).

FORM

\Tlt>\

L098

iniscentur
10 -ont
lis
l>v
i
.1

peut tre adventices i\ulu convertentur); le ps. xxiv, dont les mettre part i\uIl; Utotlite portas),
s,, nt
<-i
:

ik.-

les

fi

sont

ajouter au
:

i>v

x\

le

Exaudi Domine vocem team) s'adressent subitement a Jahv; le ps xxxi se -cran avantageusement, semble il. i-i trois po mes dont W- deuxime srail tonn par les \. 10-19 (Yulg. Miserere met Domine) et le troisime par les
dont
les c. 7

\w h

13 (\ ulu

'mini

magna
(

multitudo);

le

pv

\i

lotit

les

15 18 correspondent,

quelques variantes

au
le ps.

ps. i.xx

(Yulg
i \

lvii dont les


.

12 (Yulg.
\
.

valent au ps.

m.

(Yulg

Detis

locutus

rsl

ttnfundantur et reuereantur); Parai um cor meum) fi; le ps. \ dont les f.i 11 in sancto suo) forment la
:

V livre, qui n'a pas de doxologie spciale, se termine par Un psaume qui peut clic considre comme une vritable doxologie, a cause de son caractre de canIque de louango. il esi difficile de recons / ormation du psautier. (il lier avec prcision les phases par lesquelles a passe le psautier actuel; la seule chose qui soit certaine c'est que le psautier s'est form graduellement au cours des temps, ne premire constatation s impose elle rsulte de la HOU) qui se trouve insre aprs la doxologie du II livre des psaumes Km les prires de David, Pis ps. uxxrt, 20. Or, les 73 psaumes attribus A d'Isa! David par les cinq livres du texte massortlque se rpartissent comme suit 1. 1 : 37; 1. Il : 18; 1. III : 1;
t

'

du ps. r.viu, \. s il (ce pv cvm est donc un trs bon exemple, car il est form le deux frag ments des ps. lvii et lx); le pv \i\ est un emmlage k ux psaumes; le ps. lxxvii dont les 17 Jl commencent un nouveau thme iVulu. Viderunt te aqua le ps. lxxxi commence au v. 6 (\ ulu Teslimonium in Joseph) un nouveau psaume; les ps. xxxrx et x. sont l'un et l'autre amalgams; le ps xxvi, dont \ ulg. Ecee hereditas Domini) liassent une
ide partie
i

I.

I\

J;

I.

15.

si la

note du

ps.

iwn

convient a
livres, qui

la

rigueur

comme

finale les

deux premiers

mes
leur
la

dits davidlques, sur 72, elle

comptent 55 psauprouve que sou rdac


certain
et

ignorait

l'existence

d'un

nombre de

psaumes davidiques qui sont

ainsi restes en

collection qu'il avait constitue

dehors de qui ont pris place

>

autre nie,
Filii

le

ps

i\ii\. dont

les

\.

12-15 (Vulg.

sicut

nooellar plantaliones)

appartiennent

un

autre thme.

la suite

des cent cinquante psaumes, [es Septante joute un psaume qui n'est pas canonique, ni

mu

authentique. En voici la traduction d'aprs l'abb Lestre, Le tiare des Psaumes, Paris, p 694

probablement

I.

Ce psaume

Qoand
I t

il

<-st crit par David lui-mme combattit seul contre Goliath.

et

hors nonihre

le

pot it parmi mes frres. plus Jeune dans la maison de les brebis de mon pre:
-

mon

pre.

mains

liront

une
a

flte,

doigts arrangrent un psaltirion

ii

donc l'annonce
h-

mon

Seigneur?

.">.

"

Seigneur, c'est lui-mme <pii entend. Lui-mme envoya son ange, II me tira d'avec les brebis de mon pre, El m'oignit de l'huile de son onction. v 'aient beaux et grands, Mais ce n'est pas en eux que se jilut le Seigneur.
lortis
I
i

dans d'autres recueils formes aprs le sien. Maintenant, si l'on examine les 72 premiers "J. psaumes, l'on s'aperoit que l'on a des doublets, qui semblent Indiquer que les deux premiers livres des psaumes (i xxi; xi.n Lxxn)oni d'abord exist l'tat spare et que leur conservation est due un rassemblement postrieur. C'est ainsi que le ps. \i\ (qui appartient au 1. h est Identique au ps. lui (qui appartient au 1. Ih et que le ps. jcl, 14-18 (qui fait partie du 1. 1) forme peu de changements prs le ps. i.xx (qui est dans le l. lli. or, tous ces psaumes soni attribus a David. Il n'est pas vraisemblable que le mme collectionneur ait ainsi group par inadvertance des psaumes identiques dans un recueil primitif. L'on est donc port a admet Ire que les deux premiers livres ont exist d'abord l'tat spar. (i xi.n sont tous attribus 3. Les psaumes du 1. David, sauf les deux premiers qui sont anonymes, ainsi que le ps. x, qui doit tre rattach au ps. ix dont il est
I

la

il

me maudit
moi, ayant

rencontre de l'tranger, par ses idoles.


tir

>

mon

glaive.
fils

Je

dcapitai, Et j'enlevai la honte des


le

xxxm qui est anonyme texte massortique, mais attribu lui aussi David dans les Septante. Par contre, parmi les psaumes du 1. Il (xi.ii i.xxii). seuls les ps. i.i-i.xv. i.xv iii-i.xx. soil is en tout, son! attribus a David par le texte massortique. Les Septante considrent le ps. i.xxi comme tant de
la

suite alphabtique, et le ps.


le

dans

d'Isral.

David et quelques critiques supposent que le ps. i.xxii a port primitivement la mention de David. Quelques
mss. hbraques donnent aussi les ps. i.xvi et lxvii comme tant de David. Quoi qu'il en soit, on peul soutenir que la section qui va du ps. i,i au ps. i.xxii est, en gros, de David. Quant audbul du I. II, qui comprend les ps. xi.ii-i.. voici quelles en smit les attributions
:

que ce morceau hors nombre n'est qu'une composition sur Reg., xvi, 1-14, et wn. De ce psaume on rapprochera aussi les Psaumes de Salomon ilomon, qui ne sont pas non plus dans le canon Les premiers ligurent dans les ditions des Septante a la suite du IY livre des Machabes. Les Odes ont t dcouvertes en syriaque en 1009. toellement l'hbreu partage le psautier en cinq qui ont chacun leur doxologic sauf le dernier: Il \i Bni s<,it Jahv, le Dieu d'Isral,
t

>n voit

des
il

si,-(

les!
:

Amen! Amen!

'

Bni soit Jahv, le Dieu tel, qui seul fait des prodiges! Bni soit jamais glorieux! .un- toute la terre soit remplie de sa Amen Amen Fin des prires de (avid.fils d'Isa. III. Ps. iwiii -i.\\\i\ Bni soit a jamais
Ps.
' !

\in i.wn

Vncn! Amen
L. IV.

Ps

%..

evi

mit en ternit'

Bni soit Jahv, Dieu d'Isral, F.t que tout le peuple dise

Amen!
I.

Allluia!
Ps. CVII-Cl

Ite division

en cinq livres, avec leur doxologie Be

Septante

et

dans

la

Vulgate

Le

xliv-xlix sont attribus aux (ils de (>>r, le ps. l Asaph. Si l'on nglige les psaumes anonymes, nous aboutissons donc au rsultat suivant David. L. I. Ps. i-xi.i lils de Cor. L II Ps. xlii-xlix Asaph. PS. David. Ps. i.i i.xxii Ce rsultat corrobore la constatation dj l'aile que les deux premiers livres des psaumes n'ont pas form une collection primitivement unique de plus, il montre que le I. Il n'est pas un recueil homogne et que la note Fin des prires de David, lils d'Isa) qui clt le ps. i.xxii. ne s'applique qu'au groupe terminal I.l I.XXII. I. D'autres psaumes sont attribues aux fils de Cor \saph; prcisment presque tout le I. III (lxxihel ixxxixi se partage entre ces deux familles: a Asaph
le ps. xi.

est

anonyme,

les ps.

xt.n.

i.

Kl!)!)
les ps.

PSAUMKS (LIVRE
i.xxni -i.wxiii
(le ps.
;

DES).
Dieu
est

FORMATION
livres.

1100
que dans
les

LXXXV

lils de Cor les ps. LXXXIV, attribu David), i. xxxvii, i.xxxvni (le ps. i.xxxix est attribu than l'Ezrahite). Il n'j a, on'le voit, que deux exceptions. Dis lois on est en droit de reconstituer ainsi les deux

aux

deux derniers

Du

sait

psaumes

i.xxxm

est

dsign tantt sous le nom de Jahv, tantt sous celui d'Elhm. Le tableau suivant donne le total de ces dsignations pour tout le psautier
:

JAHV
I.
1

I.UIIIM

recueils

Fils de (.oie

ps.

ps.
I.

m. h. \i.i-, \i.i\ II. II). LXXXV, LXXXIV, XXXVIII (1. III).


i.

27li

15

I.

XXXVII,

I.

II

30
Il
'

1.

III

1G4 43
7
le

Asaph

1.
:

ps.

IV

(1.

11).
I.

ps. i.xxiii-i. xxxiii

(1.

III

103 236

compte que les trois collections la seconde de David (LI-LXXIl), celle des lils de Cor, celle d' Asaph, primitivement indpendantes,
il

Or

est facile de se rendre


;

se sont
Fils

compntres de la faon suivante de Cor ps. xi.ii, xliv-xlix.


: :

li-lxxu (fin du 1. II). lxxiii-lxxxhi. Fils de Cor lxxxvii. lxxxv. ps. LXXXIV, lxxxvih. Cette compntration s'est donc faite avant la division en cinq livres qui vient sparer une partie des psaumes des lils de Cor et une partie des psaumes
:

Asaph David Asaph

ps. L. ps.
ps.

1" livre est jahvisic, le [I e , lohiste, le III e mi-partie jahviste, mipartie lohiste, le IV e , totalement jahviste, le V e presque entirement jahviste (puisque, des sept Elhim qu'il contient, six appartiennent au ps. cvm, qui est un amalgame des ps. lvii, 8-12, et lx, 7-11, du 1. II, tous deux lohistes, et un au ps. cxliv. i, o il ne semble lias primitif, ce psaume tant jahviste). Beaucoup de critiques sont d'avis que tous les psaumes ont employ primitivement le nom de Jahv pour dsigner Dieu et que, par un scrupule thologique, on aurait substitu, dans des remaniements

L'on peut dduire de ce tableau que


,

d'Asaph. Peut-tre mme, textuellement parlant, avons-nous eu d'abord un premier arrangement saph
:

. \

David Asaph
puis un second avec la collection des fils de Cor qui aurait ainsi encadr un recueil existant dj prcdem-

ment (Asaph, David, Asaph) pour aboutir


sition actuelle
:

la dispo-

Fils de Cor

Asaph David Asaph


Fils de Cor.

Cette hypothse d'un double arrangement successemble trouver une confirmation dans le texte de II Par., xxix, 30; Le roi zchias et les chefs dirent aux lvites de clbrer Jahv avec les paroles de David et d'Asaph le voyant, et ils clbrrent avec joie, et,
5.
sif

de Jahv emploie trois fois le psaume identique lui, 3, 5, 7 (1. II) se sert du mot Elhim; le ps. lxx, 1 (1. II) change en Elhim le mot Jahv qui se trouve dans le psaume identique xl, 14 (1. I). D'ailleurs, la comparaison de certains versets de psaumes avec d'autres passages de l'Ancien Testament montre un phnomne de substitution semblable dans le ps. L, 7, on lit Je suis Elhim; ton Dieu , alors que dans Ex.,xx, 2, on lit: Je suis Jahv, ton Dieu . La phrase d'Ex., xv, 11 Qui est comme toi parmi les dieux, Jahv? devient dans le ps. lxxi, 19 O Dieu, qui est semblable toi? i 7. En outre, les deux derniers livres du psautier, que nous venons de mettre part cause de leur emploi
ultrieurs

du

texte, le

mot d'Elhm
2. 4. 7
(1.

a celui

par exemple, le ps. xiv, le terme de Jahv, l o

I)

adorrent. La crmonie prescrite par Ezchias s'ouvrirait merveille par le ps. l d'Asaph
s'inclinant,
ils
:

[] convoque la terre lever du soleil au couchant De Sion, splendide en beaut, [] Il s'avance, notre Dieu, et ne se tait point, [1

Jahv

Du

i.,

1-3.

paroles de David et d'Asaph le voyant paraissent bien dsigner les ps. l-lxxxiii, tels que nous le rvle le premier arrangement (Asaph, David, Asaph)

Les

avant qu'il ne ft encadr par la collection des fils de Cor. C'est ainsi que se prcisent les divers tats successifs des trois premiers livres du psautier a) Le premier recueil de psaumes davidiques (ps.
:

iii-xli).
b
)

Le second Le
recueil

recueil de

psaumes davidiques

(ps. li-

i.xxii).

c)

d'Asaph
fils

(ps. l,

lxxiii-lxxxiii).

de Cor (ps. xlii, xliv-xlix, LXXXIV, LXXXV, lxxxvii, lxxxviii). e) La compntration de b et de c (Asaph, David, Asaph). f) La compntration de d et e (fils de Cor, Asaph, David, Asaph, fils de Cor). g) La juxtaposition de a et de /, qui aboutira nos trois livres du psautier dans leur forme actuelle. 6. L'emploi diffrent des noms divins tmoigne galement en faveur d'une existence spare des divers livres du psautier et de la mise a part spcialement des

d) Le recueil des

du nom Jahv pour dsigner la divinit, se prsentent avec certaines autres caractristiques notables. Tout d'abord on y rencontre trs peu de notations musicales dans les titres cette raret contraste avec l'abondance de ces notations dans les trois premiers livres. En second lieu, c'est dans ces deux derniers livres que l'on constate le plus de psaumes privs de tout titre (on les appelle psaumes orphelins pour les distinguer des psaumes qui, tout en ayant un titre, n'ont pas de noms d'auteurs et qu'on appelle pour cela anonymes ) sur les 34 psaumes orphelins que contient le psautier, 28 appartiennent aux deux derniers livres. En troisime lieu, un certain nombre de psaumes des deux derniers livres sont attribus David, 2 dans le 1. IV et 13 dans le 1. V. Or le ps. cvm (1. V) n'est que la juxtaposition des ps. lvii, 8-12 et lx, 7-14 (1. II). Cette attribution davidique et cette rptition de morceaux de psaumes constituent de srieux indices que les psaumes dits de David, dans les deux derniers livres, ont eu une existence propre avant d'tre insrs dans le psautier actuel, soit sparment, soit en groupe. Le groupement le plus important se remarque dans le 1. V, ps. cxxxviii-cxlv. Enfin d'autres groupements se discernent encore dans le 1. Y; par exemple les cantiques des montes ou psaumes graduels, que l'on rcitait en montant Jrusalem en plerinage, ps. xx-c.xxxiv. les psaumes allluiatiques ainsi dnomms parce qu'ils commencent par Allluia, ps. cxi-cxm, et aussi les ps. cxlvi-cl, dont VAlleluia initial est reprendre la fin du psaume qui prcde, la srie si particulire des ps. xcm-c. Mais il est difficile de dire, sauf peut-tre pour les cantiques si ces groupes ont exist l'tat de des montes
exclusif
:

recueils distincts.

loi
8

PSAUMES

i;

DES

AUTEURS
:

In.

lions
i
.

itut on assigner une date aux diffrentes colle du psautier? premier recueil qui terme presque la totalit du du psautier, a savoir les psaumes davldlques mi (N.uif probablement le psaume alphabtique xx> remonte certainement a une date trs ancienne. \\i\. 30, on peut croire que le D'aprs II ar iwn.it la .1 reut il des psaumes da\ idiques,
I
I

indications potiques mizmi (chant avec accompa gnemenl d'Instruments cordes), jffr (chant), hamma'ali (chants des montes), mus.'! (pomi

didactique), ikfm (chant d'oi ou pome digne d'tre grav), soit des Indications musicales se rapportant un son OU a une mlodie C0IU1US, a des tons le VOiX, a des instruments cordes ou vent. < \ Gastou.Les
i
.

psaumes, dans

,i

revue musicale, no\


i

1930, p

collection d'Asaph,
1

i.

lxxiu-lxxxiii, taient constl


;

et rien .i\ .m temps d J n'empche que l'on f.iw remonter o la mme priode approximative le recueil des llls de or, xlii, m i\ \M\. LXXXIV, 1\\\\. LXXXVII, IWWIIl. plus difficile d'indiquer une date pour la tor Il est mation des deux derniers livres du psautier. Peul ii< f< nuit 'ii elle contemporaine seulement de la constitution dfinitive du psautier.
i
i

<

ii

-.1

faut-il placei cette constitution psautier? tout d'abord, un point clair: il semble bien que le psautier tait dj form et divis en cinq livres la fin du iv" sicle axant hri-t ii Par., xvi (environs de l'an elTet. prire nui -e toinpose de fragments de 15; mes lis > S 22 correspondent au ps. cv, .'. \ les \ :;:< vont la reprodut lion du ps. les j 3 retrouvent dans le ps cm. 1. 17. 18. Or ce dernier IV du psautier actuel, el jus psaume \ termine le i. 36 reproduit la doxologie de ce 1. tV, ement Par n modifiant lgrement la finale en ces termes soit .laine, le Dieu d'Isral, d'ternit en terAmen! et Loue/ Jahvl nit. i".t tout le peuple dit
\

quel

moment

itive
t

tin

.-.

DeUX questions s,' posent au sujet de es litres ,iu\ quels leur prsence dans les septante confre manifes s. mi teineiit la valeur d une antique tradition juive ils authentiques-.' s,,nt ils Inspirs? L'abb Lestri t, faisait ce sujet livre des Psaumes, Paris, 1883, p. les remarques suggestives suivantes, qui se trouvent tred'accord avec le dcret de la Commission biblique Il n'v aurait aucun intrt vouloir ardi comme partie intgrante de l'criture les titres hbreux et les indications qu'ajoutent les Septante; il suffit de les accepter comme des documents traditionnels d'une haute antiquit, dont il est permis de ne point tenir
: i i :
i

compte quand on
ainsi

>

si

l'on soutient,

avec quelques critiques, que

la

re

n'a pas t prononce pai

Asaph

et

m'> frres

r.. xvi, Ti et que le i\ HT doit par consquent se Joindre directement au \ 7. il reste qu'au moment de l'insertion de la prire par le chroniqueur, aux alentours de l'an 300 avant Jsus-4 !iri-t. le psautier tait divis en nos cinq livres actuels avec leur doxologie
.

a des raisons graves de le faire; c'est qu'ont procd les Pres, malgr les subtilits auxquelles ils se condamnaient pour expliquer les titres grecs Nous nous en rapporterons dune aux ins criptions, quand le contenu <\i\ psaume ne les dmen tira pas formellement, ce qui arrive du reste assez rarement. [.uteurs des psaumes. Voici comment se rpar lit l'attribution des psaumes A Mose, le ps. \. i\. \ David, les ps. xxxn, xxxiv-xli, li-lxv, LXVIII I\\. LXXXVI, CI, CIII, i\lll CX, CXXII, CXXIV, cxxxi, cxxxm, cxxxviii xlv, soii en huit 73 psau mes, A Salomon, les ps. lxxii et cxxvn. A Asaph. les ps. xxiii-lxxxiii, soit en tout
:

m
i

12

psaumes.

le.

Aux

fils

de (aire,
le ps.

les

ps.

XLII,
soit

xuv \n\. i\\\i\,

lui
livres
t

second lieu, on lit dans il Mach., n. 13. que fonda une bibliothque et y recueillit les nie concernant les rois et les prophtes, ceux de
i-ri
I

LXXXV, LXXXVII, LXXXVHI,

Inian.

i.xxxv
i.

en tout II psaumes. (attribu aussi aux lils de

Cor).

to-j

AtrjelSl

et

les

lettres

des rois

[de

au sujet des dons sacrs Que le psautier e\is tt dj sous s.i ferme actuelle au temps de N'hmie 12 . on ne saurait l'affirmer avec cert itude, car il urrail que le terme r to Aa.ri' dsignt seule ment 1rs colh lions davidiques, encore indpendantes. Au contraire, il \ a tout lieu de reconnatre le psau tier. constitu dans sa forme dfinitive, en tte de la nt s eanoi iques, mentionne dans troisime classi le prologue de l'Kccl'iastique. aux abords de 180 s hrist s,,n^ eette formule la loi, les pro
I

than, le ps. xxxi.x. Jeduthun, les ]>s. xxxix, lxii, lxxvii les deux premiers psaumes portent aussi le nom de David: le
troisime celui d Asaph i. Au surplus, .") psaumes portent, souvent avec l'adjonction d'un nom propre (David, lils de Cor, Asaph), le terme hbraque le lamenaah. Ce terme drive

A A

d'une racine nsah,


prsider, diriger
.

don

qui au piel signifie conduire, le sens propos pour lamena


.

is

pires
2 3 est cit
. :

r,s

que

lr

ps

wi\.

comme

arc t'xari

mi.
I.

17.

pendant la lutte terminus ,i quo pour la qu on ne puisse


:

M. par une de l'anne 162. formation dfinitive du


i)
I

le

remonter

jus

u
r

temps il,- Nhmie lil aux environs de l'an 300,


x alentoi
i

12

h. peut aisment se

et le

terminus ml quem

Li

plus grand

nombre

des

seulement xception d.u lexti massortique (dixneuf dans les Septante. ii -t dans la Vulgate); on psaumes orphe Uns . qu il n faut pas confondre avec les psaumes
titre
:

psaumes porte un

trente-quatre

Les Septante n'ont pas au matre de chanl compris ce mot et l'ont rendu etc. to tXo, que la Vulgate traduit littralement in fmem. La mme confusion des Septante el de la \ ulgate se reproduit la fin du li\ re d'Habacuc, m, 19, o les deux mots qui Du matre de chant. Sur des instruments signifient cordes ont t joints au texte qui prcde el traduits aussi fautivement que possible Victor ni psalmis caneniem. Mais, quoi qu'il en soil de ces fautes de tra duction, qui prouvent leur manire l'existence des deux mots hbraques la fin du cantique psaume d'Habacuc, leur mention et leur place indiquent n'en pas douter que mon eau a reu une utilisation lit u r
: : :

.1

li

iu'ils
Ts.

ne

men

tiennent
line),

soitdi

ans d'auteurs lune ons historiques (treize, toutes


e

mu-

trconstani

de lavii

di

>av id

gfque postrieure Les mmes considrations doivent s'appliquer aux psaumes le lamenafiah, du ma liant de que beaucoup de psaumes ont on dans leur titre, dsigne non un auteur, mais un simple chef des chantres, un matre de chant, inconnu par ailleurs, utilisant dans un but liturgique des mor< prexistant sans doute depuis longtemps. l'eut tre doit on attribuer aussi ce matre de chant toutes les Indications musicales que contien: i

1103
lient les tihes des

PSAUMES 'M
psaumes (comme
plaies la
lin

Vlil.

DES
a

AUTKUUS

1104

truments
<

cordes

les mois sur les Insdu cantique d'Haba-

ne, m, 19) el galement le mot sldh qui se trouve dans 39 psaumes, soit a l'intrieur, soit a la lin, en tout 71 lois, et dans le cantique (Il [abacuc, m, 3, 9, 13 le sens de (< mot parait tre pause nous \ reviendrons
:
:

aux mentions d'auteurs et considrer chacun de us psaumes comme ayant t compos indubitablement par l'auteur cit dans la suscription l'as ncessairement, encore qu'une prsomption existe toujours en faveur du nom inscrit en tte d'un psaume: mais on n'aboutira une certitude que si d'autres indices, pris de l'ordre externe ou tirs de la
'.'

plus loin. Faut-il accorder tout crdit que nous ont gardes les litres

le psaume ne peut tre attribu David. Prtendre qu'un psaume rellete plus spcialement telle priode plutt que celle de David, pour quelques expressions assez gnrales, qu'on peut tout aussi bien invoquer en faveur d'une autre poque, c'est vouloir faire reposer sur une base assez fragile la datation d'un psaume. ar ailleurs, lorsque des penses assez quivalentes se retrouvent dans un autre livre scripturaire, il esl parfois malais de dire qui revient la priorit de
J
l

mer avec certitude que

la

citation.
11

n'esi

pas paradoxal de soutenir que la mthode,

interne, applique sans


fait

aucune discrtion

comme

l'a

viennent s'ajouter a celte, suscripretenir la valeur jusqu' preuve du contraire, moins que l'on n'ait des arguments srieux pour la mettre en doute. Par le tableau que nous avons dress au dbut du paragraphe, l'on voit qu'une grande partie du psautier, dans son tat actuel, prsente le nom de David comme auteur ceci justifie l'appellation sous laquelle le dcret promulgu par le concile de Trente, dans sa session du 8 avril 1540, sur les crits canoniques a dsign le psautier Psalierium Davidicum 150 psalmonun, cf. Denz-Bannvv., Enchiridion, n. 781. Mais la discussion qui eut lieu cette occasion montre bien que les Pres du concile n'ont pas voulu affirmer que tout le psautier tait de David, mais qu'en raison du nombre de psaumes attribus David on pouvait donner au psautier le nom de davidique . Que David ait compos des psaumes, il n'y a rien d'tonnant; on sait par la sainte Ecriture que David, ds son jeune ge, tait dou d'un vritable talent musical, I Reg., xvi, 18-23; xvin, 10, qu'il avait organise autour de l'arche le service religieux avec danses et compositions religieuses, 11 Reg., vi, 5-16; I Par., xv, 28; Esd., m, 10; Neh., xii. 24, 36; l'on nous apprend qu' l'occasion de la mort de Saiil et de Jonathas David avait compos une lgie qui nous a t conserve, f I Reg., i, 19-27, et que la mort d'Abner lui avait inspir un chant funbre, II Reg., ni, 33-34. C'est la raison pour laquelle le plus ancien des prophtes d'Isral, Amos, vi, 5, avait gard de David l'image d'un musicien
critique interne,
tion,

souvent Cheyne, pourrait aboutir dnier a David la composition de tous les psaumes qui lui sont attribus dans les titres. ne extrme prudence est de
1

dont

il

liait

rigueur en cette matire, surtout lorsque l'on considre ce fait que certains psaumes ont t souvent remanis au cours des sicles et ont reu des gloses parfois assez tendues. Avec raison, la Commission biblique demande qu'on retienne comme tant de David les ps. n, xvi, xvin, xxxn, lxix, ex. On y ajoutera aussi les ps. in, iv. VII-XIII, XV, XIX, XXIII, XXIV, XXIX, Ll, LXI, LXIV,

dont l'authenticit davidique ne peut tre mise en doute par aucune raison valable, et si l'on veut bien prendre en considration que, dans le ps. li, les v. 20-21 sont une glose indubitable, on n'aura pas de peine admettre que le psaume a pu fort bien tre compos par David lorsque Nathan, le prophte, vint vers lui. aprs qu'il ft all vers Bethsabe . ainsi que le titre

l'indique.

A
tin

propos du
crit
:

ps.

Non enim credendum

xc attribu Mose, saint Augusest ab ipso omnino

psulmum fuisse conscription, qui ullis ejus inditus non est, in quibus ejus cantica scripta sunt : sed alicujus signifteationis gratia tam magni meriti servi Dei nomen adhibitum est, ex quo dirigeretur legentis vel audienlis inlentio. In ps. LXXXIX enarr., 2, P. L., t. xxxvn, col. 1141.
Moyse
isluin
lilteris

Ils

foltrent
ils

Comme
Vers
fi

David,
la fin

harpe; ont invent des instruments de musique.


la

au son de

ps. lxxii, saint Augustin fait cette In Salomonem quidem psalmi hujus titutus prnolatur ; sed hc in eo dicunlur, qu non possunl illi Salomoni rgi Isral secundum carnem, juxla ea qu de illo sancta Scriptura loquitur convenire : Domino autem Chrislo aptissime possunt. Unde intelligitur etiam ipsum vocabulum Salomonis ad figuralam significationem adhibitum, ut in eo Christus accipialur. In ps. l.xxi

Quant au
:

remarque

de sa vie, David compose un cantique, Reg., xxn, qui est reproduit, quelques variantes prs, dans le ps. xvin, et les dernires paroles qu'il prononce avant de mourir ont l'allure d'unpome primitif. II Reg., xxiii, 1-7. Certains critiques ont voulu rejeter l'authenticit davidique des psaumes acrostiches xxv, xxxiv, et \xxvn apparemment nous avons l, en effet, un mode de composition trop artificiel pour qu'il remonte au temps de David mme. Mais on ne saurait le conclure avec vidence. D'autres ont vu dans les aramasmes des psaumes cm, cxxn, cxxxix, cxliv, une raison premptoire pour en retirer la paternit David. Est-ce suffisant? Il est bien difficile, souvent, de se rendre compte si l'on se trouve en prsence d'un vritable aramasme "ou d'une forme particulire de langage en usage dans telle ou telle rgion, ou d'une adaptation faite une poque postrieure, ou mme, comme dans le ps. ri, 12. d'une glose mal comprise. Qu'on nous parle de temple dj bti, par exemple ps. v. 8; xxvn, 1, nous avons l un indice de composition postrieure la construction du sanctuaire salomonien, mais cet indice devrait tre corrobor par d'autres constatations pour que nous puissions affir:

enarr.,

1, t.

XXX vi, col. 901.

C'est

la

mme

explication

ps. cxx vu, aprs avoir fait la constatation suivante: Inter omnia cantica quibus est lilulus. C ricuM c.kadl'um, isle psat-

figure

que recherche saint Augustin pour le

aliquid amplius in tilulo accepit, quod addilum esl, Salomonis. Sic enim prnolatur : canlicum graduum Salomonis. Itaque fait nos intentos inusilatior titutus cteris. ut quseramus quare sil addilum Salomonis. In ps. CXXVi enarr., 1. t. XXX vu, col. 1667. En ce qui regarde le ps. lxxii, il faut observer (pie les Septante ont

mus

traduit Pour Salomon , tandis que la version syriaque l'attribue David. Quant au ps. cxxvn, le nom de Salomon manque dans le plus grand nombre des mss. grecs el latins. Onze psaumes portent le nom ries a fils de Cor . Le P. Cals, qui a fait une tude trs prcise et trs savante de ce petit psautier corate si divers dans ses sujets, se demande El d'abord, qu'est-ce que les /ils de Cor? Les descendants du lvite ambitieux et jaloux qui, au dsert, suscita une rvolte contre Mose et Aaron, parce qu'il ne voulait pas supporter leur autorit ni surtout reconnatre ses cousins aaronides le privilge exclusif de la dignit sacerdotale. Sur la proposition de Mose, les rvolts d'une part et d'autre
:

part Aaron se rendirent

la

porte du Tabernacle avec

PSAUMES
ili-.

LIVR]

DES

fEXTES ET
La critique
contenait
1

RSIONS

(Mi

cassolettes d'encens pour prouver de pu Dieu pterail les parfums. Le fin de Dieu consuma Cor

v.i

bande.
les
.

Num
dis
11

miracle,

xvi, 5 Mais, par une sorte de Cor ne prirent pas avec


,
i
'

lui.

s'est souvent demand si le psautier ne pas un nombre plus ou moins grand de psaumes dont h faudrait abaisse] la composition jus qu'aux temps m.ich.ihcciis, c'est due jusqu'au
.1

Num
lais

xxvi,

Nous trouvons mentionns comme


et

Ablasaph, Ex., vi, 24. Leurs familles apparaissent, dans les Chroniques ou Parall pomnes, tantt comme chargeas de garder la porte In sanctuaire, tantt comme formant l'une des trois cor porations des chantres sacrs. Les deux autres corpo
\ssir.

Ricana

tant mcha bens, a cause de leurs allusions aux -urnes et aux perscutions d'AntlOChUS Cpiphanc. les ps. xiiv.
ir

sied,-

On

cite

couramment comme

rations taient constitues par dis Gersonites


Mcraritt's. Suivant
le

et

des

Chroniqueur, au temps le David, :/! prsidait lc> Corates, \saph les Gersonites, Chaque ou ittithiin les Mrarites. Par., xxv. groupe avait sans doute un certain nombre de cari tiques propres, composs peut tre par quelqu'un de sis membres; c'est ainsi que nous avons, outre le psautier des fils de (oie. un psautier d'Asaptl OU des le nom dldi lils d'Asaph, et trois psaumes portant
I

ix\i\. ixxix. et ixxxin. Cependant, lorsque l'on j regarde de pics, l'on s'aperoit ou que les allusions demeurent assez values pour que l'on puisse faire remonter ces psaumes une date plus ancienne, ou que le texte a subi tant d'altrations qu'on peut admettre une adaptation machabenne d'une rdaction ant
rieure.
l'.n

tout

cas.

il

parait

assez difficile que des

Introduits dans un psautier dont il v a tOUt lieu de croire qu'il tait dj constitue, au temps des Maclialiecs, comme partie intgrante du canon de l'Ancien Testament
se soient
1. Le texte hbraque que nous texte inassorl ique. revis au dbut du \' sicle par Rabbi Ben Asher, et le ms. le plus ancien que nous en av uns remonte aux toutes premires annes du XI' sicle, le codex de Sailli PtersbOUTg, de 1009 aprs .Icsiis Christ. Mais les massnrl es n'ont

psaumes

8 Texte

et

versions.
le

que ce ne soient la que des Indications fragmentaires; et rien ne prouve, d'autre part, que chaque famille n'empruntait pas les cantiques des deux autres, sans parler les psaumes de David ou des autres psalmistes connus ou inconnus. Les i>s<iiinu* des fils 11 r, dans Hech. de science religieuse, 1924, p. psautier d'Asaph comprend douze psaumes. A son
thuii
11

se peut

possdons

esl

question suivante Faut-il SOUS le nom d'Asaph sont prcisment ses compositions? On est d'accord que non. du moins pour une partie de ces psaumes
sujet, le
l'
t

aies

s(

pose

la

tenir

que

les

psaumes

inscrits

Psaume d'Asaph parait signifier simplement Psaume (faisant partie du recueil) des Ris d'Asaph. Peut-tre Asaph avait-il personnellement commenc un recueil auquel les psaumes actuels vinrent peu
:

peu s'ajouter. Et de ceux-ci peut-tre tel ou tel tait-il mu- adaptation d'un pome d'Asaph. bien qu'il soit difficile de l'affirmer avec quelque assurance. Le fier d'Asaph, ibid., 1925, p. 121. 7 Date des psaumes. Parmi les psaumes qui portent un nom d'auteur, ceux que l'on retient comme authentiques remontent l'poque o vivait leur
auteur. C'est ainsi que l'on considrera comme tant du v sicle axant notre re les psaumes composs par David lui-mme.

dont

Quant aux psaumes qui ne seraient pas de l'auteur ils portent le nom et aux psaumes anonj nus. seules les indications souvent assez imprcises que l'on trouve
le

dans
Il

contexte peuvent servir


ici

leur lixer une date

plupart du temps de conjectures pures et simples, qui ne sauraient fonder d'opinion ferme L'on voit assez communment dans le ps. xi.v des .illusions a la dfaite de Scnmichnb: il en est de mme pour les psaumes suivants xlvh-xux. Le ps xxxvn
s'agit
la
i
i

que lixer, par leur systme de points-voyelles, d'accents et d'autres signes, la prononciation et la rci tation d'un texte qui, dans ses consonnes, est prati quement invariable ds le sicle aprs .lesus Christ. Malgr le respect que l'on a toujours, et dans tous les milieux juifs, port la sainte criture, les livres inspires ont subi les vicissitudes de tous les crits copies et recopis, au cours des temps qui ont prcd l're chrt terme. Q suffit, pour s'en convaincre, de comparer les psaumes ou les fragments de psaumes qui forment des doublets un certain nombre de variantes se rencontrent, par exemple, dans le ps. cvm qui n'est que l'amalgame de certaines parties des ps. lvii et i.x, ou encore dans les fragments de psaumes qui sont rassembls Par., xvi, 8-36, ou encore dans le ps. xvin qui est reproduit par 11 Reg.,xxn, 2-51 Ces variantes, sans don le. sont de peu d'importance, mais elles su Misent lgitimer une critique textuelle qui s'applique tous les ouvrages de l'antiquit, quels qu'ils soient. Une autre source de corruption du texte primitif hbraque vient des gloses qui se sont introduites dans nos psaumes actuels. Ces closes, qu'il srail trop long de dtailler ici, semblent montrer qu'elles ont souvent pour auteur un lecteur aux vues individualistes et nationalistes. On en verra un exemple dans l'article L'universalismedans le psaume i.xvm, dans Revue des sciences phil. et thol., janv. l('-!7. o les f. 29 'i<> sont ainsi reconstitus en strophes de quatre stiques quatre accents
fait

temps ou les Isralites taient super flumimi Babijlonis pour qu'on en loigne la composipoque de la captivit. C'est la priode qui \i immdiatement le retour de la captivit qu'il faut probablement sonner pour la composition des
rappelle trop
le

29.
:ii
.

Commande
A
toi

ta puissance, Dieu, 30. de ton temple t'apporteront les rois des prsents. Prviens l*gypte ( Paters) qui aime l'argent, Avertis les peuples qui se plaisent a l'offrande.

selon

wm

et

xvi d'un \ix


:
i

peu plus tard dateraient

les

ps.

32

lin vient et

quinze psaumes graduels ou cantiques des monx\ r.xxxiv. que les Isralites chant aient en mon rusalem sont postrieur! la
livit. sauf peut-tre le xxxn. qui pourrait bien remonter jusqu' Salomon, lors de la ddicace du temple. Voir miiir des montes, dans ftech. de 1927, p 292. L'on peut

Xi.

on se hte de l'Egypte; L'Ethiopie (K) tend vite sa main vers Dieu. Royaumes de la terre, chantez Dieu Psalmodiez 34. celui qui s'avance dans les cieux des
;

[deux antiques.
Voici qu'il
fait

ps

entendre
et

sa voix. \oi\ puissante,


la

35. 36.

lui dont

l'excellence

puissance sont dans


|

les

Redoutable est Dieu, le Dieu d'Isral; et vigueur au peuple. Il donne puissance

nues.

la

mme

priode approximative pour


recueil.

les

re

derniers

psaumes du

qui ouvre
irtient

fr le psautier, est apparent a m. lis on ne saurait dire si la priorit au prophte, ou si c'est le psaume qui a

Dans ce texte. l'Egypte qui a cl perscutrice du peuple d'Isral, provoque une rllexion dsobligeante a son endroit Bte du roseau, bande de laure.iux. parmi des veaux de peuples et (elle rllexion. Introduite dans le texte, amen d'autres changements qui rendent actuellement presque incomprhensible ce
:

1107

PSAUMES
:

LIVRE DES. POSIE


romain
,

L108

que le latin a rendu par ces mots Increpa feras arun ilmis; congregatio taurorum in vaccis populorum. il autre psaume, d'allure trs universaliste, a subi lui aussi de ni mil ire il ses ail ('Talions c'est leps. LXXXVII. Une partie du titre est passe dans le psaume luii
:

mme

qui devra

commencer par

ces

deux stiques

Jahv aime les portes de Slon Plus que tontes les demeures de Jacob!

La finale du psaume, qui convie tous les peuples clamer la maternit spirituelle de Sion, est devenue presque inintelligible dans notre texte actuel. Voir cidessous,
col.

1132.

parce qu'elle fut employe PieV. Ce texte a t maintenu dans le missel et dans une partie du brviaire (par exemple l'invitatoire), ainsi que dans l'office capitulaire de Saint-Pierre. Il est dans /'. /... t. xxix. col. 120-398. Saint Jrme, aux yeux de qui le texte hbraque jouissait d'une incontestable supriorit ^ur la version des Septante, ne fut pas satisfait de ce premier travail. Pendant son sjour a Bethlem, vers :',HU, il n'eut pas de peine couter les dolances de Paule et d'Eustocbium et se rendre leurs prires; afin de leur donner un texte plus correct, il fit une nouvelle rvision du psautier, mais cette fois en prenant comme base les
ainsi

dnomm

Rome jusqu' saint

Ces remarques, auxquelles on pourrait en ajouter


d'autres, peut-tre moins significatives, mais assez nombreuses, ont pouss certains critiques a penser que le livre qui avait servi reconstituer notre psautier actuel avait d appartenir un personnage qui la perscution d'Antiochus piphane avait suggr une trs vive raction contre les nations Quoi qu'il en soit de cette conjecture, on remarquera que le texte des Septante porte les mmes altrations et que les gloses sont donc antrieures la traduction
.

liera [les d'Origne;

il

utilisa les aster iques et lesobles

du savant alexandrin, usage critique dj rpandu de son temps pour les ditions d'ouvrages profanes, qu;e
et in Grsecorumlatinorumque poemaiibus inveniuntur.Ep.c\i,7,P.L.,t.xxn, col. 840. L'astrisque indi-

signa

quait les additions

du texte hbraque,

'oble perait

alexandrine.

2. Les versions. La traduction grecque dite des Septante a commenc par les cinq livres de la Loi, au iii c sicle avant Jsus-Christ. Elle s'est poursuivie par les autres livres. Le psautier ne semble pas avoir t traduit pour les Juifs gyptiens ou grecs avant le milieu du n e sicle avant Jsus-Christ. Comme toute traduction, celle-ci ajoute aux obscurits primitives du texte hbreu ses propres incorrections. Cependant elle permet de reconstituer travers elle un texte plus -ancien que celui qui nous a t gard par le texte massortique elle est donc d'un prcieux secours, par les manuscrits dont le plus ancien remonte au iv e sicle aprs Jsus-Christ, pour la critique textuelle du psautier. D'autres traductions grecques, comme celles d'Aquila, de Thodotion et de Symmaque, ont cherch mieux rendre, suivant des principes trs divers, le texte hbraque. La version syriaque dite Pesehito s'est faite sur le texte hbreu, mais en rfrence constante au texte grec des Septante et sous l'influence aussi d'un targum aramen ancien. Cependant, le travail biblique le plus considrable fut sans contredit celui d'Origne dans ses Hexaples : il avait dispos en six colonnes parallles (en marquant d'un astrisque ce que l'hbreu avait en plus de la version des Septante et d'un oble les additions de la traduction grecque au texte hbraque) l'hbreu original, le mme texte transcrit en lettres grecques, le texte des Septante corrig, les versions d'Aquila, de Symmaque et de Thodotion, enfin deux autres versions provenant d'un traducteur inconnu la quinta et la zexia. Une foule de traductions ont pris comme base le texte grec des Septante, sans mme avoir recours souvent au texte hbraque. C'est ainsi que l'ancienne version latine, en usage la fin du iv e sicle aprs JsusChrist, avait t faite sur la Bible alexandrine et en avait reproduit toutes les incorrections. Avec son esprit critique extrmement averti, saint Jrme ne pouvait qu'tre frapp d'un tel tat de
:
:

additions de la version des Septante. C.ettervision.dont la diffusion se fit rapidement ("est le en (.aille, prit le nom de psautier gallican sautier du brviaire actuel et il a t insr dansnotre Vulgate. Cependant, malgr les objurgations du solitaire de Bethlem, on oublia trs vite la signification de ces astrisques et de ces obles et les copistes les omirent dans leurs transcriptions. Saint Jrme s'en Qu signa dum per est plaint plusieurs reprises scriplorum negligentiam a plerisque quasi superflua relinquuntur, magnus in legendo error exorilur. Ibid., 55, col. 857. Cette erreur de lecture s'est accompagne El hinc apud vos, et apud d'une confusion gnrale plerosque error exoritur,qucd scriptorum negligentia,virgulis el usteriscis subtractis, distinclio universa confundilur. Ibid., 22, col. 844. Le texte du brviaire et de la Vulgate ne reprsente donc plus qu'un texte hybride ce n'est ni le texte hbreu, ni le texte grec qu'il nous offre dans sa traduction latine, mais un travail qui avait voulu tre critique et que l'impritie des copistes a radicalement fauss. Essai d'dition critique dans P. L., t. xxix, col. 119-397. Aprs 390, saint Jrme, toujours domin par son ide de la vrit hbraque et sollicit par Sophronius, se mit une nouvelle traduction; il essaya de suivre le plus littralement possible l'hbreu. Cette version, que l'on dsigne sous le nom de psautier hbraque est de beaucoup suprieure aux deux prcdentes rvisions; malheureusement, elle n'est pas entre dans l'usage ecclsiastique: on la trouvera, P. L., t. xxviii, col. 1123-1240. 9 Posie des psaumes. Il ne nous est pas possible de traiter longuement de la posie des psaumes. Le psautier n'est pas seul nous offrir des chants potiques. L'Ancien Testament nous a conserv de nom-

comme

d'un

trait les

breux pomes.

Cf.

A. Condamin,

S. J.,

Pomes de

la

Bible, Paris, 1933. La posie des psaumes ne constitue pas un genre part, mais rentre dans un genre plus gnral, que l'on a pu intituler la posie biblique, et celle-ci, son tour, manifeste un tat d'me que l'on
:

la demande du pape Damase, il entreprit 384, la rvision de l'ancienne version latine pour ce travail, qu'il excuta avec une assez grande rapidit, il prit comme moyen de contrle la version des Septante; lui-mme le dclare Psalterium liom dudiim positus emendaram, et juxta Septuaginta interprtes, lieet cursim, magna illud ex parte correxeram, P. L., t. xxix, col. 117. Cette recension hironymienne de l'ancienne version latine du psautier d'aprs les Septante est dsigne sous le nom de psautier

choses.

Rome, en

retrouve dans toute posie. Cf. P. Dhorme. La posie biblique (coll. La vie chrtienne ). Paris, 1931. Sur ce point tout le monde est d'accord. Mais les dissentiments entre exgtes commencent lorsqu'il faut dterminer la forme mme suivant laquelle ont t conus les psaumes mtrique et strophique. L'on trouvera toutes les indications voulues dans le comc. xi. mentaire de P. Dhorme sur le livre de Job Mtres el strophes, p. c.xi.iv sq.. et dans l'ouvrage dj cit d'A. Condamin. L'un des procds de composition, que l'on discerne dans tout pome hbraque, et notamment dans les psaumes, c'est le paralllisme des membres, sous ses espces diverses: synonymique. antithtique et synth>

10!)
<".c

!>S

\imi

IV RE
la

M
i

US
il

\'.
est

Cl

LTUEL

Mil)

tique.

paralllisme se rencontre dans


<
t

plupai

il.

spcialement dans la littrature smitique (Babyloniens, Vssyrlensi Syriens, Arabes). Une fois admise l'existence Indniable du parall lisme, la question controverse entre critiques esl la suivante celle de l'tendue du vers hbreu relativement .m paralllisme. Le vers ne contient 11 rgulire nu-ut qu'un seul itrs membres parallles et doit il par queni tre identifi avec le stique ou bien embrasse-t il au contraire le paralllisme toul entier et est M ainsi toujours, par la force des eboses, "ii stique tri stique ? Dans le premier cas, les mois nt. pour l.i |usie hbraque. I.i valeur qu'ils ont pour les .mires langues le stique n'est autre ebose que le vers, le distique et le tristique sont un assemblage de deux ou trois vers troitement lies par le sens et souvent un artifice de forme. Dans la seconde hypothse, le stique n'est plus qu'un lment lu vers; celui-ci est -s airement compose de plusieurs stiques, les membres parallles entre eux concourant a ne Former tous ensemble qu'un seul vers, distique ou tristique suivant que le paralllisme est deux ou trois membres. E. Podechard, A tes sur tes psaumes, dans
littratures,
:

Indniable que certains psaumes. qu'Us cette intention, ont revu une destination cultuelle ou liturgique. Quelques titres de psaumes ont gard certaines Indications qui nous renseignent sur l'usage liturgique que les buts faisaient de ces psaumes. Tour le jour du sahhal telle est l'inscription du ps. xi n. Les Septante pr dans le sentent des siisciipl ions de mme liai lire ps. xxiii (hb., xxiv Pour le premier jour de la
dant,
aient
t

composs ou non dans

.1

Revue biblique, 1918, p. 59. st a la premire opinion que M. Podechard se rallie et nous croyons que dans le fond il a raison. ndant. il y a lieu de tenir compte d'un fait qui a
ulign a plusieurs reprises par M. Dhorme et qu'il exprime en ces termes C'est que l'esprit orien:

dans le ps. xxxvn (hb., xxxvnn Sab semaine dans le ps. xi \ n ilnli xi v bal Pour le second jour de la semaine dans le ps. m m (hb., xciv) da Pour le quatrime jour de la semaine ps. kcii (hb., xcin) Pour le jour qui prcde h bal Les versions postrieures donnent le ps. xxx xxvn comme consacr au cinquime lourde (hb., la semaine (jeudi et la MiSna affecte le ps. lxxxi (hb., ixxxin au troisime jour de la semaine (mardi) Chaque jour de la semaine avait donc son psaume De plus, le ps. porte l'indication Pour l'action de grces De mme le mot que l'on traduit Pour tain souvenir r< dans les ps. xxxviii et i.xx parait bien le mme que celui d"azkrh, qui est le terme technique de la Misnn pour dsigner l'offrande. Le ps. \\\ p irte il ic le Cantique del ddicace del maison. Dans le grec et dans la Vulgate, le ps. xx\m (hb., xxix) Del lin du tabernacle mentionne probablement parce qu'il tait chant la tin de la tte des rabi
:
:

nacles.

Il

tait

tal, dans ses productions potiques, ne s'assujettit pas facilement aux exigences de la tradition littraire. La est improvise avant tout pour tre chante, pourquoi la drogation est un des phnomnes

cxvin) aux

prescrit de rciter le Hallel (ps. trois grandes ttes (Pftque, Pentecte et


1

xm

ir. P. Dhorme. La posie biblique, p. 82. Le P. Condamin, s'est fait le champion d'une thorie strophique spciale, mais assez rpandue parmi les il La l'expose de la manire suivante strophe ui. dont la dimension varie de 3 ou vers (bien rarement 2) a 7. 8, 10 vers et au del, est toujours accompagne d'une antistrophe mi parallle
: 1

Tabernacles), la tte de la Ddicace du Temple et aux nomnies ou premier jour du mois. Quant aux psaumes graduels ou des montes, que l'on recitait en se rendant Jrusalem, Isae mentionne qu'en plerinage on chantait habituellement des cantiques
[s..

XXX.

29.

ou symtrique... Si le pome est plus long, il demande, aprs la strophe et l'antistrophe, la strophe spciale . et il peut se terminer avec celle-ci... S'il se dveloppe encore, il y aura de nouveau strophe et ant istrophe, en tout cinq strophes, tonnant un ensemble harmonieux. Dans les pices de grande tendue, la srie est continue dans le mme ordre strophe intermdiaire, strophe, antistrophe, et ainsi de suite. Les pomes de la Bible, p. 33. Pour le dtail de cette thorie, nous renvoyons l'introduction de cet ouvrage. Pour nous, nous dirons tout simplement que sous le actuel, qui a t' souvent remani, on peut encore nier sans trop d'elTorts la rythmique et la strophique qui ont prside a leur composition. Les psaumes s,,nt divises en un certain nombre de strophes (strophique) qui comprennent elles-mmes plus ou moins de vers ou stiques ces vers ou stiques contiennent de deux quatre accents ou mots (rythmique). nous trouvons en prsence de strophes assez les les unes ont cinq stiques de deux accents, itres quatre de deux accents; d'autres, quatre ou six stiques de 'roi- accents; d'autres encore, quatre Stiques alternativement de trois ou de deux accents; certaines, quatre stiques de quatre accents, etc. /< cullwl du psautier. De tout temps. lifs. les psaumes ont servi a alimenter la omme inspirs par l'Esprit de ils formaient les plus belles prires que chaque individu pouvait adapter igieuse et aux Providence le pla M Bernhard Duhm a vu dans le psautier surtout un livre religieux populaire, un livre de mditation en, 1922, p. xxvn. Cepen-

Peut-tre faut-il interprter dans un sens liturgique le mot slh, qui fait la croix des commentateurs. Ce mot hbraque se trouve a la lin de certaines strophes, la lin d'une pricope sans gard pour la mesure strophique, au milieu d'une phrase, dont un cas typique est prsent par le ps. lxviii. 20. Les Sept an le oui traduit slh par un terme <iui signifie intermde et la tradition palestinienne par les mois pour toujours Or, ceci pourrait trs bien impliquer que le psaume s'interrompait et que l'on chantait une bndiction (intermde), laquelle bndiction finissait ou commenait par les mots pour toujours et s'annonait par une lvation de voix (c'est le sens probable du mot hbraque slh). Cf. les observations de dom Hugues Bvenot, O. s. r>., sur les slh et les gloses qui se rencontrent dans le cantique d'Habacuc, dans /; blique, L933, p. 510 517 Contrairement l'opinion de M. Duhm. qui attribuait surtout aux psaumes un caractre priv, M. s iu
i

mund Mowinckel,

professeur

l'universit

d'Oslo,

.1

poussant plus avant les ides de M. Gunkel qu'il appel le son matre, a revendiqu un caractre et u cultuels pour presque tout le psautier. Son travail a paru dans six volumes intituls Psalmenstudien, toul d'abord en partie en norvgien, puis en totalil allemand, de 1921 a 1924, Krisl i.m ia (0 lo), Selon le savant norvgien, les psaumes individuels de lamentation auraient t composs, non pas par les nia eux-mmes, mais par les chantres du sanctuain seraient comme des formula ires liturgiques, di d'avance l'usage des fidles qui les rcitaient au cours de certaines crmonies. Si les psaumes d( connaissance taient composs par les fidles euxmmes, ceux-ci les remettaient aux chantres du tllaire et les psaliais de velia len ItUelS. On s'est en gnral assez peu al lch' a celle ion vaille de M. Mowinckel. Mais sa thorie sur la fte d'intronlI I

Mil

l'SMIMKS

UVKK

DI.S

ISVGE CULTUEL

1112

sation de Jahv> a davantage retenu l'attention. Se fondant sur la- fte de Marduk Babylone (dcrite rcemment par M. Heinrich Zimmern, Daa babylonische Neufahrsfest, Leipzig, L926), sur les rcits du transfert
le

tion de Dieu, lieu saint, endroits sacrs en dehors de Jrusalem, temps sacr, personnes sacres, vtements sacrs, objets sacrs, sacrifices et tout ce qui s'y rapporte, processions et ftes publiques, prceptes sacrs,

de l'arche Jrusalem au temps de David et dans le contenu de certains psaumes (xlvii, xciii, xcv-c) qui clbrent la royaut universelle de Jahv, et sur certaines compositions liturgiques qui semblent avoir t rcites pendant une procession (ps. xxiv, cxxxn), M. Mowinckel, <|ui n'a connu que trs tard une thse dj prsente par M. Volz, Das Neujahrsfesl-Ialvves, Tubingue, 1912, a rapport une prtendue fle d'intronisation de Jahv, au nouvel an. quarante-huit psaumes, soit peu prs le tiers du psautier. Chaque anne, Isral clbrait la fte des rcoltes, en automne (cette fte est dcvcnuela fte des Tabernacles); mais, primitivement, c'tait la fte du nouvel an, qui tait marque par la clbration d'une intronisation solennelle de Jahv comme roi et par un renouvellement de l'alliance du peuple avec son Dieu. De cette fte il n'est question nulle part dans les livres de l'Ancien Testament et, s'il est sr que le peuple isralite se plaisait circuler en procession, tout en chantant des cantiques, on ne dcouvre aucune trace d'une intronisation solennelle de Jahv avec chants trs spcialement adapts cette crmonie. Des assyriologues ont protest contre cette assimilation entre une fte de Jahv Jrusalem et une intronisation de Marduk Babylone, cf. Dhorme, Revue biblique, 1924, p. 143-144. Une tude rcente vient de rfuter la thse de Mowinckel sur la fte isralite du nouvel an, en se plaant sur le terrain critique, cf. M. Pap, Das israelitische Neujahrsfest, Kampen (Hollande), 1933. On trouvera une mise au point judicieuse de toutes les ides de Mowinckel dans un article synthtique de M. L. Aubert, Les psaumes dans le culte d'Isral, paru dans la Revue de thologie et de philosophie (prot.), Lausanne, 1927, p. 210-240. La thorie de M. Mowinckel a t expose longuement et avec sympathie par M. Adolphe Lods, Les ides de M. Mowin-

Temple au temps de Salomon, sur

puret et impuret, bndictions et maldictions, manifestations de pit, manifestations de louanges). D'autre part, il y a le cycle social (communaut, communaut du pass, dsignations collectives de cercles pieux, membres de la communaut du culte, tribus, instruction). Il ne sera pas sans intrt de donner ici la classification suggestive laquelle aboutit M. Quell, mme si sur tel ou tel point une revision s'impose; on remarquera que l'auteur a cit aussi quelques autres passages de l'Ancien Testament, qui se rapprochent des psaumes, ou certains psaumes de Salomon = Ps. Sal 1. Le groupe cultuel comprend :a) Des hymnes : hymnes sur la nature (xxix, cxlviii); hymnes de procession (xxiv, xlvii, xlviii, lxviii, xcv, c) hymnes de
;

ftes

xlvi, lxxvi, lxxxi, xciii, xcvi-xcix, cxiii, exiv, cxvn, cxxxiv-cxxxvi, cxlvii, cxlix, cl; Jud., v; Dan., m, 52-90, d'aprsles Septante; Ps. Sal., xi). b ) Des prires : prires d'actions de grces (lxv, lxvii); prires pour le roi (xx, xxi, lxxii); supplications ou lamentations publiques (xn, xliv, lx, LXXIV, LXXIX, LXXX, LXXXIII, LXXXV, XC, Cil, 13-23 et 29, [cxv], cxxv, cxxvi; Dan., m, 26-45, d'aprs les Septante; Eccli., xxxm, 1-19; Ps. Sal., iv, vu, ix). c) Des chants : liturgies (n, xv, l, lxxxvii, cvti, cxxiv, cxxvm); chants royaux (xlv, ex, cxxxn; Ps. Sal., xvn, xvin); mditations (xiv = liii, lviii.lxxxii, cxxix; Ps. Sal., i); enseignement (i, lxxviii, cv, cxii, cxxxiii; Ps. Sal., vi, x, xiv; Bar., m, 9-iv, 4). 2. Le groupe la fois cultuel et religieux comprend a) Des hymnes : hymnes sur la nature (vm, civ);

(xxxm,

hymnes gnraux (lxxv, cm, cxlv, cxlvi;


ni).

b) Des

Ps. Sal.,

prires

mditations (xix, 8-15; lxxiii,

dans la Revue de l'histoire des religions, Paris. 1925, p. 15-34. Voir ici l'art. Messianisme, col. 14581463, 1537-1538. M. Gottfried Quell se situe entre Duhm et Mowinckel par son tudesurleproblme cultuel des psaumes et la recherche de la place que tient la vie religieuse dans la posie des psaumes, -Das kullische Problem der Psalmcn. Versuch einer Deutung des religisen Erlebcns in der Psalmendichtung Israels, Berlin, 1926. Il se demande en quel sens et jusqu' quel degr la pit psalmistique est dpendante de la vie cultuelle, et jusqu' quel point elle apparat, en regard de cette vie cultuelle, comme un phnomne spcial. A cette question il rpond Le culte est l'expression matrielle et l'organisation sociale de la vie de pit. Ce culte peut avoir une double direction l'homme ou Dieu. Dans son aspect anthropocentrique et c'est le principal la pit est sacramentelle ; sous son aspect thocentrique la pit est sacrificielle. Cependant tous les psaumes ne sont pas cultuels. On peut tablir dans le psautier trois groupes de psaumes assez distincts :
ckel,
: :

cvi); liturgies (ix, x, xxxvi, cxviii; Ps. Sal., n); lamentations publiques (lxxxix, xciv, cxxiii; Ps. Sal., v, vin); chants d'actions de grces publics (xvm; Ex., xv, 1-18; Ps. Sal., xm; Judith, xvi, 2-17); lamentations individuelles (m-v, vu, xm, xvi, xvn, XXII, XXV-XXVIII, XXXI, XXXV, XLII, XLIII, Ll, LIVLVII, LIX, LXI-LXIV, LXIX, LXXI, LXXVII, LXXXVI. cix, cxxx, cxl-cxlii,cxliv, 1-11 Ps. Sa/., xn; Prire de Manass =Ode 8 d'aprs le grec); chants d'actions de grces individuels (xxx, xxxiv, lxvi, xcii, cxi, ex vi, cxxxvni; Is., xxxvm, 10-20; Jonas, m, 2-10; c) Des chants : Eccli., li, 1-17; Ps. Sal., xv, xvi). mditations (xi, xxm, lu, ci, cxxi, cxxxvii; II Reg., xxiii, 1-7); chants de plerinage (lxxxiv, cxxii); enseignement (xxxn, xxxvn, xlix, cxix; I Reg., n,
;

1-10; Eccli., xlii, 15-xliii, 33). 3. Le groupe religieux proprement dit comprend: a) Une hymne (xix, 1-7). b) Des lamentations individuelles (vi, xxxvm. xxxix, xli, lxxxviii, en A, cxx, cxliii) c) Une mditation-prire contre les ennemis (cxxxix). d) Une prire de confiance

(c.xxxi).

e)

Deux psaumes d'enseignement


se

(xci,

1.

Le groupe

cultuel,

form par

les

psaumes o domine

cercle de penses cultuel; 2. Le groupe la fois cultuel et religieux, qui contient les psaumes, o la ligne
le

<le

penses cultuelle est interrompue par la manifesdu sentiment religieux extracultuel 3 Le groupe religieux proprement dit, qui offre les psaumes dans lesquels domine une direction de pense o le
tation
;
.

culte n'a

aucune

place.

de son tude, M. Quell a dress la liste de tous les motifs cultuels qui lui ont servi classer les psaumes. D'une part, il y a le cycle matriel (dsignala fin

rattache indirectement au caracest de savoir ce que dsigne le je ou le moi des psaumes. Est-ce un individu qui parle ou est-ce la communaut qui prend ce ton personnel? L'on avait d'abord pench pour l'interprtation collective de ces psaumes (Rcuss, Smend); mais depuis que Emil Balla, Dos Ich der Psalmcn. Goettingue, 1912, a pris position pour l'interprtation individualiste des psaumes, la majorit des critiques s'est rallie celle opinion, tout en admettant que la communaut a pu modifier dans un sens collectif ce qui avait d'abord t conu et crit dans un sens inditre cultuel

cxxvn). Un problme qui

du psautier

vidualiste.

PSAUMES
l'on

LIVRE

DES).
juive
et

rHOLOGIl
v
l<i

il-

U J longtemps que LitUraiurta parallles, nt ion des exgtes a t attire par les parallles

Voir encore dans l'article de M.

Causse, La

seofi

trouve dans la littrature assyro babylonien certaines compositions du psautier hbraque: - Jastrow, Die Religion Babyloniens und .ts>i/ t. ii, Giessen. 1912, p. 133 137, a consacr tout un paragraphe a cette comparaison. Il suffit de par courir Dhorme, Choix de textes religieux assyro-baby-

que
ne

.1

nouvelle piti, dans Revue d'histoire el </< philosophie religieuses, sept oct., 1935, les notes 28 sq. sur le paralllisme entre le psautier el les textes reli gleUX ass\ ro babj Ioniens.

1907, el Fr. Martin, restes religieux ns et babyloniens, Paris, 1903, pour avoir une Ide du paralllisme entre le psautier et la littrature l'un des textes les plus [rap assyro-babylonienne p.mtv a cet gard est le pome du juste souffrant,
Ioniens,
:

Paris.

e problme a tent M. Fr d'une tbse, soutenue en 1917 il publie en 1922, Sumeriseh-akkadisehe Paralleltn zum Au/ba der alttestamentlichen PsaUnen, Pa ierborn, l'.n rapportant quelques exemples dans une longue noie de n.mi ouvrage, Les Puupres d'Isral, Strasbourg, 1922, p. 126-127, M. A. Causse formule cette Les analogies sont plus formelles juste apprciation que relles. Elles portent sur la phrasologie religieuse plus que sur l'exprience religieuse elle-mme. Cela

Dborme, op. cit., p. 3 Stummer, qui en fait


.

l'objet

Tin m m. il pis PSAUMES. 11 Il y aurait deux mthodes pour retracer la thologie du psautier I.a premire consisterai aprs avoir dat chaque psaume, en ext rai le le contenu doctrinal el a marquer ensuite les progrs des ides religieuses el morales dans le dveloppement successif du psautier. Nous aurions ainsi une thologie historique du psautier; celte tho logie historique devrait tenir compte du milieu litt raire et religieux ou est n chacun des psaumes, afin de saisir les influences qui ont pu s'exercer sur chaque
t
.

religion des

thologie ni la mme thique. La psaumes babyloniens reste profondment polythiste, l'autre part le mcanisme de la repentance et de la dlivrance qui en dcoule est beaucoup plus rituel que moral. Nous sommes Ici en pleine man'est

ni la

mme

il

ne saurait

tre

question d'une Influence di-

Babylone sur la Bible mais seulement d'une parent plus ou moins lointaine dans la langue de la piet. Et quand on a tudi dans tous ses dtails cette parent et que l'on a classe les textes parallles, on
recte de

psalmiste el de discerner les rpercussions qu'a pu a\ oir son tour chacun des psaumes. Ccl le che serait considrable, pour m- pas dire impossible: elle se heurterai! loul d'abord a la difficult de donner souvent une date prcise a tel ou tel psaume: en outre, les psaumes tant Frquemment anonymes, mme quand on serait en mesure de leur lixer une dale approximative, il deviendrait malaise de dterminer le milieu qui les a vus natre et d'indiquer sous quelles Influences di verses ils ont ete crits. Encore faudrait il essayer de rendre leur physionomie primitive a des psaumes qui ont t remanies et adapts a de nouvelles circons tances. Tout au plus, par consquent, peut-on jalonner de quelques points lixcs l'histoire de telle doctrine religieuse, par exemple l'histoire du messianisme, ainsi qu'on a tent de le faire dans la premire partie de
I

l'art.

Messianisme.

doute encore qu'au ct extrieur et secondaire des problmes. Il reste toujours que les psaumes hbreux sont les documents d'une exprience relin'est sans

isenticllement

personnelle

et

originale...

la

prire de l'homme de Dieu (Ps., m. 7. 9, 12). Voir aussi A Causse, Les plus vieux chants de la liiblc, Paris. 1926, p. II I. not.
il la mme conclusion qu'aboutit M.G.R.1 hriver, au terme de sa confrence sur The iisnlrns in the light tabylonian research, dans The psalmists, Oxford, Avant signal quelques ressemblances, il crit, Mais combien plus significatives sont les diff p. 17 J fois morales el spirituelles. Quant aux points Je de ressemblance eux-mmes, il ajoute, p. 17.'! suis convaincu que beaucoup de tes point s. si non la ma jorite. sunt le rsultat d'une rflexion indpendante. I> ms la mme srie de confrences. M. A. -M. Blackman a tudie The psalms in the light o\ Egyplian relue. cit., p. 177-197. conclut son parallle li, Il par ces mots qui nous semblent exagrer quelque peu l'influence de l'Egypte, mme rduite (pic (pie s rail s aux. p. l''7 I.a somme totale des conceptions des gyptiens sur la vie et la religion impliquai! deux constituantes importantes. D'une part, ('tait leur vue concrte sur le fait du pch el le besoin du pardon tait d'origine smitique. D'autre part, c'taient sprit. telles qu'une naturelle sensibilit pour les beauts de la nature, un ir pour bs et rcs \ ivants. mme pour les hippopo'les. de la gaiet, un sens du plaiuni- remarquable bont eur. I.a pn la combinaison de ces coilstilisation et i.i religion g> pi iennes Kmsables des conceptions reli maria priode de la \\ dynastie el des suiions qui ressemblent si troitement que l'on peut presque dire que les Sion onl t chants sur une terri hants a Sion mme.
:
:

I-

L'autre mthode celle (pie nous suivrons prend le psautier comme un tout. Elle l'tudi a pai tir du moment o il a t dfinitivement constitu, et. aprs en avoir recherch pat ieiinnent les principales ides, les organise sous des thmes hirarchiss dont la contexture nous est offerte par la thologie actuelle. Cette mthode a l'avantage de nous prsenter en une vue synthtique, encore (pie schmatique, l'ensemble des conceptions morales et religieuses qui ont impr gn l'esprit et inspir la dvotion des Isralites a par tir du m" sicle avant Jsus-Christ, et qui continuent d'exercer leur bienfaisante action sur tous ceux qui, par fonction et par pit, se livrent la lecture des psaumes. Ds lors, il ne saurait tre question, cela va de soi. de faire de la thologie compare, soit historique en recourant aux livres qui sont de mme date que certains psaumes, soit mme doctrinale, en insl iluanl des parallles avec les autres livres didactiques de la sainte criture. Voir, sur la comparaison entre lob et les psaumes, Dhorme, /-'' livre de Job. Paris, 1926, xxix. xc note .">: p. xi note iv, cv. A ce p. p. ri. dernier point de vue, quiconque a tant soit peu pratiqu la lecture de la Bible peul avoir, a propos de telle ou telle doctrine, une prfrence pour un livre dtermin de l'Ancien Testament; par exemple sur le problme du mal pour Job. sur la doctrine sapientielle, pour l'Ecclsii stique ou la Sagesse; mais s'il veut pot ter un jugement d'ordre gnral, il n'hsitera pas a trouver dans le psautier le plus bel ensemble doctrinal qui exisii- dans loui l'Ancien Testament. Le psautier est. sans contredit, le rsum le plus complet el ii mme temps l'expos le plus nuanc, h- plus riche cl le plus vivant de toute la pense religieuse et morale contenue dans le canon de l'Ancien Testament. Nous di\ is. rons cet expos en trois pai ties 1 Dieu homme; 3 Le Messl Le psautier, en effet, en ni loul les relations concrtes qui unissent Dieu et l'homme. Ces deux termes ne sonl pas tudis pour eux-mmes ci abstraction faite de l'un ou de l'autre: quand h- psalmiste parle de Dieu ou de ses attributs, c'est toujours en rfrence avec l'homme, que
i

PSAUMES
soit

LIVRE

DES).

LES .NOMS

DIVINS

16

un tre individuel, ou qu'il reprsente il s'exprime sur l'homme, c'esl pour montrer que sa vritable el seule tendance doit tre dirige vers Dieu: d'autre part, toute la rvlation sur les rapports entre Dieu ei l'ho le tant oriente vers le .Messie, il n'esi pas surprenant que le psautier contienne une l'oue de donnes concernant le Messie, dont le rle sera de rapprocher encore davanl
celui-ci
Isral;

quand

qu'il

Ces parai] lismes montrent que. pour le Juif, le Dieu nomme et auquel il s'adresse est un ieu vivant.

Mon me a soil de Du Dieu vivant. Mon me


Mon cur
Aprs
le

Jahv,
(xi.ji,

3.)

soupire et s'puise
et

Aprs les parvis, Jahv.

ma

chair exultent

l'homme
/.

el

Dieu.
1"

Dieu vivant.

(LXXXIV, 3.)

DIEU.

Noms

ilit>ins.

Les

noms

les

plus

frquemment employs dans les psaumes pour designer Dieu, sont Elhm et Jahv; on a relev plus haut (col. 1096) le nombre de fois que ces deux noms sont cits dans le psautier ce nombre est sensiblement le
:

Jahv possde une personnalit vivante. La vie fait partie de sa nature. Et cette vie, Jahv la communique aux siens
:

de part et d'autre. Primitivement le nom propre et personnel de Dieu, Jahv, tait d'un usage plus courant; mais au cours des sicles, surtout aprs l'exil, le nom de Jahv a t remplac par celui plus gnral d'Elhm (Dieu) et aussi par 'Adni (Seigneur), en vertu du mme scrupule thologique qui poussera les massortes mettre sous ce ttragramme divin, devenu de plus en plus imprononable, les voyelles des mots 'Adni et Elhm, afin de faire remplacer par les lecteurs le terme de Jahv par ceux d" Adni ou d'Elhm. A ct du pluriel de majest ou d'intensit Elhm (Dieu), on trouve aussi frquemment la forme plus simple d'El et plusieurs fois le singulier Elah qui a servi former directement Elhm (voir xvm, 32; l, 22; cxiv, 7; cxxxix, 19). Pareillement, ct de la forme complte de Jahv, on rencontre plusieurs reprises une forme plus brve du nom personnel de Dieu, lah, notamment dans l'expression Louez Dieu Allluia qui se dcompose en hallelu-Iah. A ce nom sacr de Jahv, est parfois adjoint le pluriel fminin seb't, qui veut dire armes . L'on aboutit ainsi la formule," Jahv desarmes .Cette formule est trs ancienne dans la Bible. C'est une appellation traditionnelle en Isral. Primitivement, elle se rapportait sans doute aux armes de combat, formes par Isral et diriges par Jahv; elle finit, semble-t-il, par dsigner simplement le Dieu d'Isral (ps. lix, 6) ou mme le Dieu de toutes les puissances cosmiques, le Dieu du monde entier. En un seul endroit, nous lisons aussi Dieu des armes (ps. lxxxix, 9), avec le mot Elhm (Dieu) correctement mis l'tat construit Elh; encore la formule Dieu des annes est-elle Jahv, Dieu des armes. prcde du mot Jahv Si bien que l'on peut se demander si le mot Elh n'a pas t ajout pour viter l'expression Jahv des armes . C'est du moins le scrupule qui a fait introduire en notre texte actuel le mot d'Elhm, l'tat absolu, dans les psaumes suivants lix, 6; lxxx, 5, 8, 15, 20; lxxxiv, 9, o nous lisons les formules, incorrectes au point de vue grammatical, Elhm seb't et Jahv Elhm seb't. La vraie formule est celle de Jahv des armes , conserve en son tat normal dans les ps. xxiv, 10; xlvi, 8, 12; xlviii, 9; lxix,7;
:
:

mme

Prs de toi est la source de la vie Par ta lumire nous vovons la lumire.
;

ix.xxvi,

10.)

Le Dieu vivant, source de

vie,

Jahv

s'est

manifest

la race isralite depuis les grands anctres. C'est le Dieu d'Abraham, ps. xlvii, 10, aussi bien que le Dieu d'Isaac et de Jacob, ps. cv, 7-10. Mais il est incontestable que le psalmiste a une prdilection pour l'expression Dieu de Jacob , l'anctre Jacob ayant marqu peut-tre davantage la race, qui il a donn son

nom
A

d'Isral.
les

Je chanterai

louanges du Dieu de Jacob, (r.xxv, 10.)

ta menace, Dieu de Jacob,

'Ils se

sont endormis ceux qui montaient des chevaux' [(lxxvi, 7. Sonnez de la trompette la nouvelle lune, A la pleine lune, au jour de ' nos ftes ' ; Car c'est un prcepte pour Isral, Une ordonnance du Dieu de Jacob. (lxxxi, 4-5.)

L'expression

Dieu de Jacob

est

mme devenue

strotype, ce point que l'on nous parle du nom du Dieu de Jacob , ps. xx, 2, de la face du Dieu de
, ps. xxiv, 6. D'autres noms traditionnels sont appliqus Dieu. Tout d'abord 'Adni, qui signifie < Seigneur (littralement mes Seigneurs ). Ce terme se lit une cinquantaine de fois dans le psautier. Mais on rencontre aussi les formes plus simples d'o a t driv le terme d'Adona le singulier 'Adn, par exemple dans ce passage o il est en correspondance avec Elah :
:

Jacob

Devant Devant

la face
la

face

du Seigneur ( 'Adn) tremble, terre, du Dieu (Elah) de Jacob (exiv, 7),

et le pluriel

3; exiv, 7;

(ps. vin, 2, 10; cxxxv, 5; cxxxvi, Seigneur de toute la terre , xcvn, 5). En second lieu 'Elin qui veut dire Trs-Haut . Tantt il est en apposition Elhm et signifie alors Dieu trs haut (ps. lvii, 3; lxxviii, 56); tantt il

'Adnm

lxxxiv,

2, 13.

Plusieurs fois, l'expression Jahv des armes est en relation avec cette autre formule Dieu de Jacob
:

Jahv des armes Le Dieu de .Jacob Jahv


Prte
[]

est

est

avec nous pour nous une citadelle.


;

des armes, entends

ma

Iixiai prire;

I,

S.

12.1

l'oreille.

Dieu de Jacob.

(LXXXIV, 'M
s'tablit entre

employ seul (ps. ix, 3; xxi, 8, etc.). Des trois passages o on le trouve avec Jahv (ps. vu, 18; xlvii, 3 xcvn, 9), le premier et le troisime semblent justement avoir voulu gloser le mot 'Elin par le terme de Jahv, tandis que dans le deuxime passage, Jahv est sujet de la phrase. Le troisime nom est saddai, dont le sens le plus probable est Tout-Puissant ; rappelons ce sujet le passage de l'Exode, vi, 2-3, dans lequel on nous rapporte ces mots de Dieu Mose " Je suis Jahv. Je suis apparu Abraham, Isaac et Jacob comme 'El saddai, mais sous mon nom de Jahv je ne me suis pas fait connatre eux. Le mot de saddai se rencontre dans le psaume archaque et malheureusement trs abm, lxviii, 15, et dans le ps. xci, 1, o il fait
est
; :

parallle 'Elin

Ou, plus simplement le paralllisme Jahv et le Dieu de Jacob


:

Assis l'abri

du Trs-Haut ('Elin),
(Saddai)

A l'ombre du Tout-Puissant
.">.
i

demeure.

Heureux
(''lui

celui qui a pour appui le Dieu de Jacob, don! l'espoir est en Jahv, son Pieu, u \i\ i,

(On pourra comparer l'usage des noms divins, Elah,. Elhm, saddai dans Job; voir P. D lionne, Le livre de
Jab. p.

l.i-

IN disent Jahv ne voit pas; Dieu de Jacob ne comprend pas.


:

lu

sq.)

(xciv,

7.

Jahv (ce\u\ qui est ou celui qui

fait tre) se prsente,

11
d'aprs
les
le

PSAUMES
Dieu qui
,

LIVRE
|

DES),

lis
i

A ll'i; Mil
.i

TS

I>I

VI

NS
se

MIS
prosternent

comme

noms qu'on loi donne dans le psautier, rgit Isral el le monde Jaho de
u

maldiction pes sur ceux qui devant ces idoles


:

trfndi

do toute

la terre,

il

est

rrs Haut t'Elin) et !< Tout Puissant Nul limite qu'il n'j ait dj, implique dans nis divins toute une thologie. SI le lecteur juif ne pouvait en expliciter le contenu, du moins avait il
fols
le

Ils

selon! comme elles, ceux qui les uni (ailes Ions ceux qui se conlienl en elles. (CXXXV,

18

Et voici
I

la

recommandation pressante de Jahv


!

Dieu
p.ir

fort et puissant, nu. uni

timent d'un Dieu personnel et transcendant, d'un U prononait le nom sacr

excellence, Jahv L'Isralite n'a pas besoin qu'on lui si ne. prouve l'existence de Dieu, si le psalmlste f.iit appel cratures pour monter jusqu' Dieu, c'est bien plutt afin de clbrer la louange de leur Crateur, ur en tablir solidement l'existence

peuple; je le l'ordonne. Isral, puisses in m'coutei N'aie point de dieu tranger ne le prosterne pas devant un autre dieu! Mol, |e suis .l.ihv ton Dieu. Qui t'ai fait monter du pays d'1 gypte, (lxxxi, 9
I

conte,

mon

11.)

au

st

notre Seigneur, combien glorieux ton nom par toute la terre.


,,

imii.

J.

i<s cieux racontent


1
t

la

le

firmament l'oeuvre de

gloire de Dieu, ses mains.

La jour BU jour en .innonce la nouvelle. El la nuit .i la nuit en rvle la connaissance.

Inthropomorphismes. Cette lutte contre les idoles, cet te affirmation farouche de l'existence et de la transcendance divine purent sans doute la notion que les Isralites e taisaient de Jahv; toutefois, le genre potique adopt par le psalmiste admet beau boup d'anthropomorphismes. Le pote compare volontiers Jahv a un hros et il lui prte des sentiments el des gestes humains.
r

une nouvelle, m .les paroles, pont on n'entende pas la v,.j\. Unis toute la terre s'en rpand le bruit.
n'est
p.is

Les veux de .lalivc son! sur les justes. Et ses oreilles sonl attentives Unis cris.
Alors
il

(XXXIV, 16.)

se rveilla, .lalivc,

comme un homme
il

endormi.

usqu'a l'extrmit du

monde

les accents, (xrx, 2-5.)

Comme
I I

le

Aussi est-ce une pure folie que de nier Dieu devant tmoignage de toutes les uvres divines
:

un hros qui tait subjugu par le vin, Et il frappa ses ennemis par derrire iiwuii. 65-66. d'un Opprobe ternel il les couv
i .

L'Insens a dit dans son coeur: Il n'y 4i point de Pieu

B droite de Jahv a montre sa foiee; La droite de Jahv m'a exalt.


I i

(cxvm,

\iv

2i

m.

16.)

2.

Tu m'as
Devant

rjoui,
les

Jahv, par ce
tes

<pie
|e

tu as [ait.
tressaille.
I

uvres de

mains

Qu'elles sont grandes, tes oeuvres, Jahv nhicn profonds sent tes desseins:
I.
1

'homme
t

Stuplde ne
le
-

le

sait

l'insens ne

comprend
Ce Dieu

pas, est

i\<u.

.">-7.i

'auteur sacr, du reste, n'est pas dupe de ces images. S'il les emploie, c'est par mtaphore el elles sont toujours engages dans un contexte dont la posie confine au sublime. Par exemple, quand il parle du vtement de .lahv. l'on se rend vite compte que celle manire de parler, bien loin de le tromper, n'est que l'expression d'un tat d'me sensible a la beaut de la
I.

3 Monothisme.

un Dieu unique
(xvm,

nature
1

Qui
I.t

est

Dieu en dehors de Jahv,


est

qui

un rocher, sinon notre Dieu?

Mon me.
.12.

.lahv,
II

mon

bnis .lahv. Dieu, tu es grand II;

Toi seul, tu es Dieu.

De splendeur
est

Jahv des armes, qui

comme

toi?

(lxxxix,

9.)
Il

et de majest tu es revtu; s'enveloppe de lumire emnme d'un manteau; hautes. dploie les cieux comme une tente;
|

I.t

tu es grand, Jahv, tu as lait des merveilles, toi seul.


1

Il

tablit
fait

dans

les

eaux (suprieures)

ses

chambres

wwi.

10;

cf.

cxxxv.

.">.)

pendant, il faut bien reconnatre que, dans les formules, cette unit et cette transcendance divines nous sont prsentes comme si d'autres divinits pouvaient subsister ct de Jahv qui les surpasserait indeur
:

des nuages son char; s'avance sur les ailes du vent; Il fait des rafales ses messagers, Du feu qui dvore son ministre. II a fix la terre sur ses bases: Elle sera inbranlable toujours et jamais.
Il

(CJV,

1-.i

le

le

Heu des dieux Seigneur di s seigneurs.


1

i<

xxxvi, 2-3.)

hnothisme n'est qu'apparent. Le psalmiste ne reconnat aucune ralit aux autres divinits.
(

Mais

ci

Lorsqu'il fait allusion la face , la droite , au bras , la main de Jahv, le morceau potique ou ces anthropomorphismes prennent place ne risque nullement, tant son lvation est belle, de nous donner le change sur la vritable conception du psalmiste. Telle cette description
:

dieux des peuples ne {sont que nant, (xcvt, 5.)


et idoles, c'est tout un et, l'instar ains de l'Ancien Testament (Os., vm, \. 1-16; [s., XL, 18 sq: :vi; Bai., vi. 7 q S q> i. il fait clater sa verve satirique contre ces idoles de vanit et de nant
.r lui.
. .

nant

qui domines l'orgueil de la mer; Quand ses (lots se soulvent, c'est toi qui les apaises; 'esl toi qui as cras, comme un blesse, Ftahab. Par la force de ton bras, tu as disperse tes ennemis.
>

'est

toi

\m-w
si

toi sont les cieux, a

loi

aussi la terre;
toi les

Le monde et sou contenu, c'est Le Nord et le Midi, c'est toi (pli


i.e

Leurs

de l'argent et de l'or re des m lins de l'homme. I.lles ont uni ne parlent point voient point l'entendent point ne s.-nteiii point ont' des mains et ne touchant point;
Idol *,
i

'<

Thabor

et

l'Hermon

tressaillenl

qui les fondas Cleas; ton nom.

toi est la puissance avec la vaillance; orte est la main; leve esl la droite; La justice et l'quit sont la base de ton troue La faveui 't i., lidlit prcdent ta face.
V
I

[(LXXXIX, 10-15.)
15-17.)
II

irehent point. \wv. 1-7; cf.


.

en va de

mme

de

la

colre qui s'empare de Jah-

I!)

l'SAUMKS

I.IVHK

DES).

LES ATTRIBUTS

DIVINS

120

c'est une manire de dcrire l'orage avec ses tnbres et ses clairs, avec ses nues et ses bourrasques.

La fume monta dans ses narines; Le feu dvora par sa bouche Des charbons enflamms en jaillirent.
J

Un autre psaume compare notre monde un vieux vtement qui tombe en lambeaux, tandis que Jahv demeure immuable, ternellement semblable lui-

mme

descendit, Et nue nue tait sous ses pieds Il monta sur un chrubin et vola Il plana sur les ailes du vent Il lit des tnbres son manteau; l'ont autour <le lui tait l'paisseur des nues.
11

abaissa les tiens

et

pas au milieu de mes jours. Toi dont les annes durent d'ge en ge. Jadis lu as fond terre, Et les cleUX sont l'uvre de tes mains.
1
i

Ne m'enlve

De
La

passeront et toi lu de.neures! tous tomberont en lambeaux Comme un vlement. Comme un habit tu les changeras et ils changeront. (cil, 25-28.) Il Mais les annes seront suis fin.
Ils

Eux

la

splendeur devant

lui

ont

jailli
;

gicle et les charbons de feu .lahv tonna dans les cieux Et le Trs-Haut lit entendre sa voix l]. Il envoya ses flches et les dispersa, Il lana ses foudres et les mit en droute.
|

L'immutabilit ternelle s'affirme dans


suivant
11
:

le

passage

Jahv djoue
wiii, 9-1
5.

le plan des nations, rduit a nant les desseins des peuples. Son plan, lui, subsiste jamais, Les desseins de son cur d'ge en ge. (xxxiu, 10-11.)

Citons encore cette seconde partie du ps. xxiv, qui forme, elle seule, en quatre petites strophes, un tableau achev de l'entre de Jahv dans son temple sous la forme d'un hros victorieux
:

portes, levez vos sommets; Surlevez-vous, entres antiques; Et le roi glorieux entrera.
()

L'intelligence divine s'tend tout voit ce qui est lev et ce qui est bas ps. cxxxvm, 6; elle sait les penses de l'homme , ps. xciv, 1 1 elle sonde les reins et les curs , ps. vu, 10; elle connat les secrets du cur , ps. xliv, 22. Le psalmiste nous reprsente Jahv piant du haut du ciel tout ce qui se passe sur terre
:

6 Science.

elle

Quel

est ce roi glorieux ?


le

C'est Jahv, le fort, le hros,

Jahv,

hros

du combat,
;

des cieux, Jahv regarde! II voit tous les fils de l'homme. Du lieu de son sjour, il considre Tous ceux qui habitent la terre.
;

Du haut

O portes, levez vos sommets Surlevez-vous, entres antiques Et le roi glorieux entrera.
Quel
est ce roi glorieux?

C'est lui seul qui a form leur cur, Qui connat toutes leurs actions ;

Ni de guerrier qui
(\xiv, 7-10.)

Point de roi qui vainque par le nombre des troupes. se sauve par la grandeur de sa force.

C'est Jahv des armes ; C'est lui le roi glorieux.


Il

n'y a pas davantage s'arrter aux comparaisons que les psalmistes tablissent souvent entre Jahv et le roc, le rocher, la forteresse, le bouclier, etc., pour montrer la scurit dont l'on jouit auprs du Dieu en qui on se confie. Ces formules de style sont trs fr-

Le coursier est impuissant pour la victoire, Et avec toute sa vigueur ne peut se sauver. Voici, l'il de Jahv est sur ceux qui le craignent [J (xxxm, 13-1'.. Pour dlivrer leur me de la mort
(

].

Les impies ont beau faire ils n'chapperont pas cette vigilance de Dieu; rien n'est plus sot que leur
:

quentes dans de psaume


:

le psautier.

Il

suffira de citer ce

dbut

langage
Ils

disent

Jahv ne voit pas


les

Jahv est mon roc et ma forteresse [1 Mon Dieu est mon rocher o je m'abrite;
;

Le Dieu de Jacob ne comprend


Comprenez, vous,

Il est

mon

Ma

citadelle et

bouclier et la corne de mon asile sauveur.

mon

Et
3-4.
)

pas. plus stupides du peuple vous, insenss, quand serez-vous aviss?

salut,

(xvm,

n'est plus difficile exprimer peut-tre que celui de l'ternit de Dieu. Le psalmiste en affirme l'existence et, quand il cherche

5 ternit.

Aucun concept

N'entendrait-il pas celui qui a plant l'oreille, Ou ne verrait-il pas celui qui a fait l'il? Celui qui chtie les nations ne rprimanderait-il pas. (xciv, 7-10.) Lui qui apprend l'homme la science?.

nous en donner l'ide, il le fait par voie d'opposition avec notre vie et sa dure, nos changements et nos transmutations. Rien de plus dlicat, d'ailleurs, que ces images de notre existence fugace, en regard de la plnitude qui est le propre de Dieu.
Jahv [] tu demeures [] de gnration en gnration; Avant que les montagnes ne fussent nes Et que la terre et le monde ne fussent enfants,
D'ternit en ternit tu
es,

Dieu.

C'est une trs belle rplique aux insenss la science divine surpasse infiniment la ntre, qui ne peut exister que par celle de Dieu. Cette science est mise en relation avec la prsence de Dieu en toutes choses et particulirement dans le plus intime de nous-mmes. Nous sortons avec le ps. cxxxix de tous les anthropomorphismes qui demeurent dans les citations prcdentes et nous entrons dans une conception extrmement pure de la thologie la plus exigeante
:

Oui, mille ans a tes yeux Sont comme le jour d'hier \] et la veille de la nuit. Le sommeil les anantit le matin. Ils sont comme l'herbe qui disparat.

pas sur ma langue Que di, Jahv, tu la connais toute... Merveilleux pour moi est 'ton' savoir icxxxix, Si lev (pie je n'y atteins pas.

La parole

n'est

4,

6.1

Le matin elle fleurit et pousse; Le soir elle se fane et se dessche.


Oui, tous nos jours s'en vont
[]
;

Nos annes s'vanouissent comme un

son.

une description dtaille de cette pntration divine en tout son tre, en toutes ses dmarches, en tous ses actes. Voici, restitue par quelques corrections textuelles, cette description mouvante
se livre ensuite
:

Et l'auteur

Les jours de nos annes [] s'lvent soixante-dix ans. Et, s'ils sont vigoureux, quatre-vingts ans. Mais leur total n'est (pie peine et vanit. Car il passe vite et nous nous envolons! (xc, 1-10.)

(lu irai-je loin

Et ou
Si je Si je

fuirai-je loin

de ton esprit. de ta face?


cieux. tu v es
;

monte aux

me

couche au

scliel, t'y voil.

1121
Que
l

PS
jr

VUMES

LIVRE
terra,

DES).

\l

RIBUTS
.1
:

IH VI NS

L22

prenne
l'aille
i.i

que
->u>-i
t.i

de l'aurore, eux extrmit* de la


les ailes saisit

Allssi voit

rgne

et

on aSSOCiei s.i majest

celle puissance de Jahv, son

L
l't

main me conduit,

droite
dis:

me

il

m
l.i

|e
i< ta

'tais

Mme
li

\u moins que l'obscurit me 'couvre descendre' la nuit autour de mol, tnbres ae sont pas obscures pour toi,
:

est vtu; Jahv rgne, de majest u est vtu, Jahv, de puissance, s'est ceint. Jahv de puissance'
il

nuit brille

comme

le

jour)].

Plus que les vota des grandes eaux, Plus que les vagues de la mer il est puissant st puissant dans la hauteur. Jahv. Il
1

Je tr loue .t cause de toutes les uni % cilles, '.le trouve' admirables tes caw c'est toi qui as form mes reins. Oui m'as tiss ds le sein >!< ma mre.

[(x<

m. 1,4;

et.

wi\.

10;

\.

10.

Mon

ftme tu connaissais d^pin^ longtemps' s n'taient pas Cachs devant toi.


|e

royaut - de Jahv, voir ps jccvi, xcix; \i \ cxxvi, lOj M i\, 2. 8 Bont et justice. In mme texte rapproche la puissance, la honte et la justice de Dieu
la
;

sur
.

iqne

fus tait
l<s

dans

le

secret,
la

La puissance
1 t

est

a
la

dans

profondeurs de

terre.

loi toi,

Jahv

Dieu, honte. nxii.


12-13.)

Oui,
\
.

tu rends

yeux voyaient tous mes jours sur ton livre ils talent tous inscrits; uns taient Inscrits' et ii\<-s.

chacun selon son oeuvre.

La
qu'il

justice n'est pas

nomme,

niais c'est bien elle

\^.mt qu'aucun d'eux n'existt.


tes penses s, Mit importantes pour mol. Dion, pie leur total est lev. les compte, elles sont plus nombreuses que m'veille et j'en suis encore avec toi.

<>

.le .le

le

sable.

[(cxxxrx, 7-18.

chacun selon ses uvres. Le sentiment de la justice est l'un de ceux qui sont le plus avres au mur de l'Isralite; rien ne lui rpugne tant que les Iniquits des mchants el des impies; indiN Idus ou nations seront soumis un jugement et un chtiment dans la mesure O ils auront transgress la justice. Le psalmiste aime se reprsenter ce Juge-

Incombe de rendre

vu, fait allusion un livre sir lequel sont inscrits les jours le chacun, et, on peut bien livre le deviner, les actions de tout homme; c'est un de vie . L'Exode, xxxn, 32, s'exprimait dj de cette

Le pralmiste, on

l'a

ment
11

"Voici'
1.1

Jahv si^e pour toujours; a dress son trne pour juger; lui, il juge le monde avec justice;
juge
les

manire par

la

bouche de Mose

Pardonnez main:

11

peuples avec droiture,


le juste;

(ix,

8-9.)

tenant leur pch; sinon efTacez-moi de votre li\re que vous avez crit. A quoi Jahv rpondait C'est celui qui a pch contre moi que J'effacerai de mon livre. Cette conception se retrouve dans le psautier en deux autres endroits encore. La premire fois, dans un passage, o un glossateur a bien vu qu'il s'agissait du t livre des vivants ou du livre de vie .
>

Dieu protge
28
1.

car

il

aime

le droit, ps.

xxxvn,

'impie guette

le

juste

Et cherche a le faire mourir; Jahv ne l'abandonnera pas en sa main Et ne le laissera pas condamner en son jugement.
[(xxxvn, 32-33.)

M;i

Mes pleurs ont

vie agite, toi. tu l\is inscrite; t mis dans une outre.

m.

9.)

peut donc dire qu'il y a une harmonie prtablie entre Jahv et celui qui pratique la justice. Jahv m'a

On

Une
mais

rflexion, qui s'est glisse ensuite dans le texte,


la lin

rcompens selon

ma

justice;

Jahv m'a rendu selon


:

du verset, prcise sous forme interrogau la vie agite du psalmiste a t inscrite 'ce pas dans ton liv rt? .dit le glossateur Dieu.
>
:

ma

justice

dit le ps.

xvm,
les

21, 25.

Un mot peut rsumer


Jahv
est juste

conceptions du psalmiste
(cxt.v,

La seconde

fois l'auteur sacr appelle la


:

maldiction

en toutes ses voies.


:

170

sur ses perscuteurs

Et
I

il

ajoute aussitt

Donne-leur iniquit sur iniquit. :i'ils n'aient point de part ta justice Ou'ils soient effaces du livre des vivants. Ct qu'avec les justes ils ne soient point inscrit-,
[ii.xix, 28-29.)

Et bon en toutes

ses

uvres.

Bont et justice, ce sont les attributs que le psautier aime runir, ps. cm, 17. L'auteur sacr s'adresse Jahv
:

science de Dieu, qui tout est prsent et pour qui tout est inscrit comme sur un livre, est illimite
:

La justice et l'quit sont la base de ton trne; la honte et la fidlit prcdent ta face, (ixxxix,

15.)

Notre Seigneur

est

grand
II

et trs

puissant

on intelligence
7 Puissance.
i.vii,

n'y a pas de mesure.

(mm

Le psalmiste vient
5
il

de nous dcla-

que la puissance appartient


le fait. ps.
<
'.',.
.

Tout ce
il

qu'il veut,

manifeste dans la sacr considre les uvres de Dieu,


l'a

Dieu: x\ Cette puissance, cration. Aussi quand l't uteur


il

La boute et la fidlit se sont rencontres; La justice et la paix se sont embrasses; La fidlit a germ de la terre, El la justice a regard du haut des deux.
[(LXXXV, 11-12.)

s'crie

devant

Jahv

disent

la

gloire

de

t'

Il proclament ta puissance.
n de plus

nxi.v, 4.)

impressionnant parmi les oeuvres de Jahv que les montagnes l<ur majest tranquille conduit le psalmiste jusqu' Dieu
: :

ne conoit pas la bont divine sans la justice, ni la justice sans la bont. Cependant, avec quelle prdilection le psaJmistt (liante la bont de Jahv On Senl bien que s'il fait appela la justice divine pour punir les mchants et les Impies, c'est parce qu'ils ne veulent pas s r< peut il el quitter 1( tirs voies de perdition, c'est parce qu'ils continuent d'opprimer les faibles et les mail ureux. Mais pour les fidles, pour les dvots, pour les justes, bont el justice divines vont
I

On

<

Il
Il

affermit lesmonl est ceint de puissance.

sa force

<b

pair

axv,

7.)

Par sa puissance Jahv rgne jamais,


DICT.

ps. i.xvj, 7.

ontinuc ta bonti a ceux qui te connaissent Et ta Justice a ceux qui ont le coeur droit, (xxxvi, u.)

DE THBOL. CATHOL.

T.

XIII

36.

L23
Aussi

PSAUMES (LIVRE
le pote qui a compos deux attributs de Dieu
le ps.
:

DES).

LES ATTRIBUTS DIVINS

xxxvi magnific-

t-il

ces

Jahv 'comme'

Ta
Ta

les cieux est la bont; fidlit 'va' jusqu'aux nues. justice est comme les montagnes de Dieu.

vaste Ocan. sauves Jahv, combien prcieuse est ta bont.


le

Tes Jugements

comme'

L'homme

et l'animal tu les

vent imbriqus. Le psalmiste dtaille les uvres que Dieu a cres, unis c'est pour affirmer aussitt, ou bien que Dieu s'en occupe, ou bien que toutes les cra tures clbrent la louange divine, ou bien que Dieu se trouve; derrire toutes les manifestations de la nature. C'est la parole divine que l'auteur du ps. xxxin attribue la cration, et, dans cette oeuvre divine, il
discerne une activit gnrale de tous les attributs de Dieu.

ixxxvi,

i>-s.

D'autres auteurs

lui font
est

cho

leve jusqu'aux cieux

Et jusqu'aux nues ta

fidlit.

ta bont. (lvii, 11

La parole de Jahv
;

est droite,
il

cf. c.viu, 5.)

Et toute son uvre


Il

aime

la justice

l'a faite et l'quit;

dans
terre.

la

vrit.

psautier on ne voit que bont universelle de Dieu, une bont qui se traduit en faveur et en misricorde
le
:

Daus

La bont de Jahv remplit


l'ar la

la

Et par
Auprs de Jahv
est la bont.

(cxxx,

7.1

Il

Il

les cieux ont t faits, de sa bouche toute leur arme. rassemble comme en un tas les eaux de la mer; place en des rservoirs les ocans.
le souffle

parole de Jahv

Jahv est bon envers tous, Et sa misricorde est sur toutes

ses oeuvres,

(cxi.v, 7.

La

terre est remplie de la bont de Jahv.


est meilleure

(xxxm,

Toute la terre craint devant Jahv Tous les habitants du monde tremblent.
;

.">.

Car
Lui,

lui,
il

a dit et tout s'est fait a ordonn, et tout a subsist.


il
;

(xxxm,

4-9.)

Ta bont

que

la vie.

(i.xm, 4.
:

Universelle, cette bont est galement ternelle

Jahv, ta bont est ternelle.


C'est pourquoi
le

(cxxxvm,

8.)

psalmiste ne cesse de proclamer la fidlit de Jahv, en mme temps que sa bont, ps. xxv, 10; lvii, 4; lxi, 8; lxxxix, 2, 25, 29, 34; xcvni,
3. Une bont ternelle, ps. xxv, (3; c, 5; cvn, 1, est une bont fidle. Aussi n'y a-t-il rien d'tonnant que parfois revienne comme un refrain ou comme une rponse des litanies cette courte phrase Car sa bontest ternelle. Ps cxxxvr, 1-26; cf. cxviii,

3;

cxxxvm,
;

evi, 1

Il est difficile de s'exprimer d'une manire plus formelle au sujet de cette dpendance totale du monde vis--vis de Dieu qui l'a tir de rien, uniquement par la parole qui appelle tout l'existence. D'autres psaumes viendront nous dcrire en des strophes d'une haute inspiration, l'intervention de Dieu dans la nature. Les phnomnes les plus divers, Dieu les produit encore par sa parole toute-puissante
:

1-4, 29.

terre ; Avec rapidit s'lance sa parole. Il rpand la neige comme de la laine Il saupoudre le givre comme de la poussier.
II

envoie son ordre sur

la

Le Juif ne pouvait, en effet, oublier qu'en un jour solennel Jahv lui-mme s'tait cri devant Mose
:

Jahv! Jahv! Dieu misricordieux et compatissant, lent la colre, riche en bont et en fidlit, qui conserve sa grce jusqu' mille gnrations, qui pardonne l'iniquit, la rvolte et le pch. Ex., xxxiv, 6-7. Ces mots, il les retrouvait dans son psautier, lxxxvi, 15, et il les voyait exalts en une magnifique comparaison, celle de la misricordieuse bont d'un pre pour ses

projette sa grle comme par morceaux sa froidure les eaux se glent ; Il envoie sa parole et il les fond ; Il fait souffler son vent et les eaux coulent. [(cxLvn, 15-18. C'est toi qui as partag, par ta puissance, la mer, Bris les ttes des dragons sur les eaux.
Il
;

Devant

C'est toi qui as fracass les ttes

enfants

Qui
:

l'as

du Lviathan, donn en pture au peuple 'des* btes fauves.

Jahv est misricordieux et compatissant. Lent la colre et riche en bont []. Il ne nous traite pas selon nos pchs. Et ne nous rtribue pas selon nos iniquits.
Mais, autant les cieux sont levs sur la terre. Autant 's'lve' sa bont sur ceux qui le craignent Autant l'Orient est loin de l'Occident, Autant il loigne de nous nos fautes.

C'est toi qui as fait jaillir la source et le torrent; C'est toi qui as mis sec des fleuves intarissables!

toi aussi la nuit ; c'est toi qui as cr la lumire et le soleil. C'est toi qui as fix toutes les limites de la terre.
toi est le jour,

Car

L't et l'hiver, c'est toi qui les as tablis. [(lxxiv, 13-17.)

Comme un

pre est misricordieux pour ses enfants, Jahv est misricordieux pour ceux qui le craignent. Car lui, il sait de quoi nous sommes forms, II se souvient que nous ne sommes que poussire.

Outre le ps. xcm, que nous avons dj cit, il faut mentionner encore le ps. civ, dans lequel l'auteur nous fait assister une vritable ferie d'activits humanodivines; son regard se porte successivement sur toutes les cratures et il en trace un portrait d'une varit remarquable. Extrayons-en ce simple passage
:

L'homme,

ses jours sont

comme

l'herbe
;

Comme

des champs il fleurit Qu'un souffle passe sur lui et il n'est plus Et le lieu qu'il occupait ne le connat plus, (cm,
la fleur
;

8-1(5.)

Eux tous, ils attendent de toi Que tu leur donnes leur nourriture en son temps. Tu la leur donnes, ils la saisissent, Tu ouvres ta main ils sont rassasis de biens.
Tu Tu Tu
caches ta face, ils sont dans l'pouvante ; reprends leur souffle, ils expirent ; envoies ton soufflu, ils sont crs ; (civ, 27-30.) Et tu renouvelles la face de la terre.

Les bonts de Jahv, tant envers sa race qu'envers lui, l'Isralite s'en souvenait et le psalmiste les lui rappelait, ps. xxv, 6; lxxviii, 38. Et c'est pourquoi En ta le fidle pouvait rpter avec l'auteur sacr bont, j'ai confiance, Jahv , ps. xm, 6. Et encore
:

Lorsque

je disais

Mon

pied chancelle

Rien n'chappe ce gouvernement gnral du monde, ni la providence particulire de Dieu


:

Ta

bont, Jahv,

me

soutenait,

(xerv, 18.)

9 Cration, providence, gouvernement divin. nous unissons ces trois concepts, ce n'est pas que

Si
le

psautier les confonde, c'est parce qu'ils sont trs sou-

nombre des toiles, appelle par leur nom... C'est lui qui couvre les cieux de nuages, Qui prpare la pluie pour la terre.
Il

compte
il

le

Toutes

les

PSAUMES
st lit

LIVRE DES] LES MINISTRES DE DIEU


Toute la cration du nom de Jahv
est
:

!6

Un qui i.nt germer do ^imh rai Im montagnes sa m da l'homme' de* plantes pour la lui qui donne eu btail nourriture, il (cxlvii, i. 8-9.) Vax petits du corbeau qui appellent,

convie

proclamer

la

majest

>

,ud

le

Jahv dans le tonnerre, il atteint qu'aucun p >te n'a pu dpasser


:

psalmiste veut peindre l'Intervention de a on sublime,

Louai Jahv des deux Louez-le dans les hauteurs; loue/ le. \ nlls tous, sis ailles. l.oue/.-lc. vous tous, son anne.
. I

Jahv de* petits de blier' Jahv gloire et pnlasanna Donne Doonea a Jahv la gloire <l- ion nom Vdorea Jahv en des vtements sacres.
i

Loue

ouc/-le. soleil et lune le. VOUS toutes, toiles le lumire;


;
.

Louez-le, deux les deux Louez-la, eaux suprieures tau iicssus des deux).

Qu'Us louent
La
i

tonne, La Dira da gloire sur les vastes eaux. est majeatueuse. !. puissante voix de Jahv i\ de Jahv brise les cdres.
iir

vm\

Jahv

sut

les

eaux

[I

Car,
II

lui,

il

le nom de command
.1

Jahv,
et
ils

fiircnl

crs

les

a tablis

Il

a donn un statut

jamais, pour toujours; qu'ils ne 'transgresseront' pas.

edrea du Liban, Il les (ait bondir, tris le ve.ui [J, le jeune buffle, La votai de Jahv tait jaillir des clairs; La voix de Jahv (ait trembler le dsert.

lahv

i-ri-.,-

les

Loue/ Jahv, de la terre, Monstres et vous tous, ocans.


l'eu et grle, neige et

nuages,

Souffle de l'ouragan, excuteur de sa parole.

Montagnes
i

et

tait

trembler

le

dsert de Cads.

Arbres

(ruits, et
et

La vote da Jahv i.i i u\ de Jahv' dpouilla n.ins son temple, tous disent
lait

tournas or
les

los

ehnes;

Animaux
Rois de

vous toutes, collines. vous tous, cdres, vous tous, bestiaux.


ailes.

forts, su gloire'.

Reptiles et oiseaux
la

La gloire de Jahv tronc sur le 'inonde' Jahv tronc DOtnme roi pour toujours. QlM Jahv ilonne la puissance a sou peuple! (.xxis.i QoM Jahv bnisse son peuple dans la paix!
;

terre et vous tous, peuples. vous tous, gouverneurs de la Jeunes gens et vous aussi jeunes filles.
l'rinces et

terre.

Vieillards et enfants.

Dans

ce

manifeste au milieu de Et il ajoute ces npte el dis flammes de feu drations, qui sont tout fait dans le Heure de Value tonnant au-dessus de :. ibid., p 95 cleste et faisant retentir sa voix sur le inonde pouvant, tandis que les bni hldhtm se rassemblent autour de lui p >ur lui rendre gloire, c'est l une repr.
:

Bille, Paris. l<ij.;, p. 94, a Vahv naturiste, le Dieu qui se

psaume, M. K. Causse, L*s plus vieux chants vu un hymne au vieux

Qu'ils louent

le

nom

de Jahv,
;

Car son nom,


Sa majest
El
il

seul, est lev

sur toute la terre, a lev une corne pour son peuple,


est

(cxi.viu, 1-13.)
le

concert de louange qui monte vers Jahv, nous venons de voir les anges appels jouer leur rle. En un autre passage, le psaliniste s'adresse de nouveau eux le con:

10 Les ministres de Dieu.

Dans

sent ition

myth.jlo,4ique

trs

p >stprophtique n'ont pis encore attnu la vigueur. Devant les cataclysmes de la nature, et particulirement devant l'orage, l'homme a prouv une m>tion religieuse profonde, un grand sentiment de terreur et d'admiration. C'est pourquoi, dans la plupart d?s reliuions anciennes, comme chez les non-civile nos jours, le Dieu suprme est le Dieu de l'atmosphre et de la lumire, qui apparat arm du tonnerre et de l'clair au milieu des nues. Il nous est imp >ssihle d'admettre ces considrations; nous paraissent hors de propos. S'il est un psaume tion technique est acheve, c'est bien L- pxxix. 1. description du tonnerre et de L'orage d ins le Liban et le dsert de Cads est d'une majest unique. Qu >i d'tonnant qu'un crivain en rep irte sur Jahv et sur la voix de Jahv f.-ts: \" m- sommes la en face d'une mentalit >gique qui s'affirme en d'autres endroits du psautier tout rapporter a )ieu des phnomnes de la cria lion. Qu'y a-t-il la de spcifiquement naturiste? I' faudrait soutenir que l'crivain sacr est dupe i! mtaphores, d-- son pome, de sa technique I.iissonslui son me de p tte; reconnaissons-lui la sublimit de pathtique. On dirait bien plutt d'une orchestration puissante, que d'une reprsentt ion trs primitive '. Ajoutons que le dbut lu psaume, comme la d'une composition a usage liturgique; Snal on remarquera qu'au premier stique, au lieu de bni 'html (ils de Dieu i)qnies1 l'expression employe par Job. ii. i. alors que le texte hbreu, porte bni 'iltm is choisi l'interprtation des Septante bni im ( petits de bliers Terminons par cet appel a la louange universelle.
1
:

p'.ions plus abstraites et plus

primitive, et dont les pures du jud lis-

montre nettement que pour lui l'expression Jahv des armes, que nous avons signale plus haut, aie sens de Jahv, Seigneur des armes clestes
texte
Bnissez Jahv, vous ses anges, Hros vaillants qui accomplissez ses ordres []! Bnissez Jahv, vous toutes, ses armes, Ministres qui accomplissez sa volont! (cm, 20-21.

Le psautier contient peu de renseignements sur les anges. Sans doute faut-il les reconnatre sous l'appellation de fils de Dieu que l'on trouve dans le passage
suivant
:

Qui ressemble Jahv parmi

les fils

de

Dieu'.'

(LXXXIX,

7.)

Les Septante et la Vulgate, ps. vm, 6, les dclarent suprieurs l'homme. Ils ont comme mission, on l'a vu, d'accomplir la volont de Dieu. Cette mission, ils la remplissent soit en rpandant le malheur contre les Isralites infidles, ainsi que dans une rpression apocalyptique
:

lana contre eux l'ardeur de sa colre, La fureur, la rage el la dtresse, Mission d'anges de malheur. ii.xwui. 49.)
11

soit

en protgeant celui qui s'est assis l'ombre du


:

Trs-Haut
Il

ne fondra pas sur toi, le malheur, E1 le dommage ne s'approchera pas de sis an^cs il a ordonn pour toi Car De I'' garder dans toutes tes voies.
i

ta

tente.

Sur leurs mains ils te porteront, De peui que ton pied ne heurte contre Sur le lion et la vipre tu marcheras,

la

pierre.
(xci,

Tu

craseras

le

lionceau

ci

le

serpent.

10-13.)

|.

L'ange de Jahv campe autour de ceux qui ! craignent

et

il

les dlivre.
I

\\\1V,

S.

127

PSAUMES (LIVRE
xxxv.
6.

DES).

LA VIE RELIGIEUSE
en d'autres passages. Nous avons dj cit
3-10, et

1128
les ps. xc,

Quant

ceux qui attaquent Les fidles de Jahv, l'ange

les poursuit, ps.

Nous n'avons aucune don-

cm,

15.

ne, dans le psautier, qui nous permette de prciser la nature de ces anges.
le

Des dmons ou du diable, il n'est pas question dans texte hbraque. L o la Vulgate (et les Septante) lit, ab incursu, et dumonio meridiano (xc, G), l'hbreu
Ni la contagion qui dvaste en plein midi (xci, 6). L o la Vulgate lit quoniam omnes dii genlium dsemonia (xcv, 5), l'hbreu doit se traduire Car tous les dieux des peuples sont des idoles qui facis angelos (xevi, 5). L o la Vulgate porte

Jabv, qu'est l'homme pour que tu le connaisses? fds de l'homme, pour que tu penses lui? L'homme est semblable a un souffle; Ses jours sont comme l'ombre qui passe, (cxi.iv,

Le

3-4.)

doit se traduire

Fais-moi connatre, Jahv, ma fin Et la mesure de mes jours quelle est-elle? [] [JQuelques palmes tu as donnes mes jours; Et ma dure est comme un rien devant toi.
;

titos

spiritus

(cm,
:

1),

l'hbreu doit se traduire

Il

des rafales ses messagers (civ, 4). L, enfin, o la Et diabolus stet a dextris cjus (cvm, 6) l'hbreu se traduit Et qu'un adversaire se tienne sa droite (cix, G). 1 Nature de l'homme. //. L'HOMME. L'anthropologie du psautier n'est pas diffrente de celle des autres livres de l'Ancien Testament. Les auteurs sacrs n'ont jamais eu l'intention de nous faire une thorie complte du compos humain. Trois termes toutefois ont cet gard une importance spciale ce sont les mots bsr, n/S et rah, traduits couramment par chair , me et esprit . L'identification du mot bsr est facile; il dsigne la chair, cette poussire, cette boue terrestre organise par Yahweh en un corps humain, Gen, u, 7. J. Touzard, Le dveloppement de la doctrine de l'immortalit, dans Bvue biblique, 1898, p. 209. Le mot rah se prsente une quarantaine de fois dans le psautier; mais la plupart du temps il a le sens de vent . i,4; xvm, 11, 16, 43; xxxv, 5, etc. Lorsqu'il s'applique l'homme, il dsigne ou bien la partie suprieure de l'me qui est le sige de l'affliction et de l'abattement, xxxiv, 19; li, 19; lxxvii, 4, des sentiments religieux et moraux, li, 12, 13, 14; xxxn, 2; lxxviii, 8; cxliii, 10; ou bien le principe de vie qui peut dfaillir, cxlii, 4; cxliii, 4, 7, ou s'vanouir, cxlvi, 4; en ce dernier cas, l'homme retourne la poussire. Cet esprit de l'homme appartient Dieu; c'est lui qui l'insuffle l'homme pour le faire vivre, c'est lui aussi qui le retire pour le faire mourir mais ce n'est pas un cas spcial l'homme; tous les tres vivants sont pareillement dpendants
fait

Vulgate dit

souffle se tiennent tous les hommes ]('.omme une ombre l'homme s'en va []Pour rien il s'agite; il amasse; Et ne sait pas qui recueillera. (xxxix, 5-7.

[]Comme un
[

brivet de la vie est dpeinte sous les images d'un souffle, d'une ombre, de l'herbe qui se fltrit, et aussi sous celle de la sauterelle qui disparat
:

La

Comme
Je

l'ombre qui dcline je m'en vais;

suis ballott

comme

la sauterelle.

(ax, 23.)

Soixante-dix ans, peut-tre quatre-vingts, ce total de nos annes n'est que peine et vanit, car il pas^e vite et nous nous envolons . ps. xc, 10. Et pourtant un psaume, qui nous est familier, ne laisse pas de chanter la grandeur de l'homme en des termes incomparables. Le psalmiste, e'mu de tant de dignit, entonne la louange de Jahv devant le spectacle que lui offre la splendeur de l'homme, centre de toute la cration
:

Quand
La Et

je contemple [J l'ouvrage de tes mains, lune et les toiles que tu as formes,


le mortel que tu songes lui. de l'homme que tu t'en occupes?

Qu'est donc
le fils
lui

Car tu

Et de

gloire et

Tu Tu
Et

le fais

manquer de peu d'tre un Dieu, de majest tu l'as couronn. prsider aux uvres de tes mains.
as fait
:

as tout plac sous ses pieds


et

Brebis

bufs tout ensemble,

aussi btes des champs, Oiseaux des cieux et poissons de la mer, Ce qui sillonne les sentiers des eaux.

(vm,

4-9.)

Tu caches ta face, ils sont dans l'pouvante ; Tu reprends leur souffle, ils expirent. Tu envoies ton souffle, ils sont crs ; (civ, 29-30.) Et tu renouvelles la face de la terre.
C'est la garde de Dieu que le psalmiste confie cette rah, qu'on la prenne pour le principe de vie, ou pour la facult de vie suprieure
:

2 Vie religieuse et morale. M. H. Wheeler Fcbirson, The inner Life of the psalmists, dans Thepsalmists, Oxford, 1926, p. 46, a essay de dfinir en quoi consistait essentiellement la vie religieuse et mcrale de La note l'homme d'aprs le psautier et il crit tonique du psautier semble tre donne dans ces mots du ps. l, 15 :
:

Appelle-moi au jour de la dtresse Je te dlivrerai et tu me glorifieras,

En tes mains, je remets mon Tu m'as dlivr, Jahv.

mots
esprit,

qui, ainsi

que le

dit

Gunkel, rsument brivement

(xxxi, G.)

toute la vie du

fidle.

Le psautier emploie bien plus souvent le mot de nfs, qui veut dire me . On peut se demander si aprs la mort la rah, le souffle, l'esprit est rendu l'homme; la rponse parat bien ngative. Mais l'me
ne prit point, elle continue de subsister, ainsi que nous le verrons, et tandis que, Dieu ayant retir son souffle de vie, le corps ou la chair s'en va au tombeau, la nfS ou l'me ne disparat point, mais s'en va au sjour des morts (schel).
Souviens-toi, 'Seigneur', de ce qu'est la vie, Pour quel rien tu as cr tous les fds des hommes.

Quel

est

Soustraira son

l'homme vivant qui ne verra pas la mort, (lxxxix, 48-49.) me au schel?

Nous ne pouvons souscrire cette opinion. Sans doute, ce verset du ps. l nous offre l'une des penses les plus chres aux psalmistes Dieu ne se laisse pas appeler en vain par son fidle; il vient son secours; et le fidle n'a rien de plus cur que de glorifier celui qui l'a dlivr. Mais c'est faire trop dpendre la vie religieuse de l'Isralite de la dtresse o il se trouve. Antrieurement ces sentiments, il y en a d'autres plus calmes, et tout aussi vrais; ils correspondent un tat d'me plus gnral, indpendant de la dtresse momentane du pieux Isralite. Pour nous, la vie religieuse et morale du psautier se rsume bien mieux dans la strophe suivante
: :

Une

cette ide du schel. universelle de la mort, et aussi la constatation assez amre de la misre

Pour

Nous reviendrons plus loin sur le moment, retenons cette

seule chose j'ai Cela je le recherche

demand
:

Jahv;

Habiter dans

loi

de l'homme. Cette constatation, nous la retrouvons

maison de Jahv Tous les jours de ma vie. Afin de jouir de l'amiti de Jahv Et d'admirer son temple.
la

(xxvn,

4.)

L29

PS

WMI.S

MVKI

DES

LE CULTE IM

TE
:

Ml'l

L30

du

deux derniers nota caractrisent fort bleu l'Idal jouir de l'amiti le Jahv et admirer son temple. Nous retrouvons sous la plume du psalmlste ce que la religion nouvelle ne fera que mettre davantage
fidle
: :

soutient dans leur marche nous restituons ces versets

difficile.

Voici

comment

Heureux ceux dont

l'amiti de Jahv. \ en valeur n'est-ce pas le principal de la vertu thologale par excellence? Si l'auteur ajoute et admirer son temple, c'est que, pour lui, le temple n'est pas seulement la construction de pierres dont s'merveilleront un Jour lisclples mme de Notre-Seigneur, c'est l'habitation de Jahv. \ Sion, Jahv a plac sa demeure, \ xxvi, 3 c'est la montagne o 12; su vin, 2-1 il fait sa rsidence, ps. lxxiv, 2. De Sion.il protge les siens, ps. xx,2, et bnit son peuple. Ps cxxvm, 5.
: ;

participer, en jouir.

la tores est en toi, Plerins de la valle d,- larmes. ils placent les montes' dans leur oosur, ii le guide entonne les bndictions' lu vont de plus en plus vaillants, Marchant veis >u-n ilaus Sion. nxxxiv, 8-8.)
,

Le plerin ne peut qu'envier le Juif qui habite Jrusalem et qui peut se rendre chaque jour, et plusieurs fois par jour, au sanctuaire divin
:

Combien est aimable Jahv des armes.

ta

demeure,

- Que le fidle demeure Jrut. Culte du temple. salem ou qu'il s'y rende en plerinage, e'est vers le sanctuaire que ses yeux se tournent la. il sera sous la houlette du bon pasteur et n'aura rien craindre. Volontiers, Isral m' compare au peuple du pturage Je Dieu, au troupeau que vi main conduit, ps. xcv, 7; sous la direction du pasteur qu'est Dieu, il parviendra la maison de Jahv, sans encombre, sans souffrances, s.ms embche-.
:
. :

Mon

finie

soupire

e1

s'puise

Aprs

tes parvis,

Jahv.

CCBUT et ma chair exultent \prs le Dieu vivant. 'Aprs' tes autels, Jahv des armes. Mon roi et mon Dieu.

Mon

O O

l'oiseau se trouve [] un nid. dpose ses petits. Heureux ceux qui habitent ta maison,
il

Mme

Jahv est mon pasteur, je ne manque de rien; Dans les prairies il me tait coucher. des eauv o l'on -e repose, il me conduit Il restaure mon me.
-

sans cesse

ils

te louent.

Car un jour dans tes parvis vaut mieux One mille 'dans les rues'

Il

guide dans les bons chemina \ caaae de son nom [1. Vvec moi sont ta houlette et ton bton IN me sauvegardent.
dress devant moi une table, face de mes ennemiTu as oint d'nuile ma tte,
:
i

me

Et se tenir au seuil de la maison de mon Dieu Que sjourner dans les tentes []. fi.xxxiv, 2-5,

11.)

De
;

ces plerinages le fidle remportait dans sa prole

vince

souvenir rconfortant

Tu Kn
vt

me rappelle, En moi mon me Je me rendais en compagnie


Voici ce

que

je

en rpandant
des 'nobles'

coupe

est

abondante.

maison de Dieu, En des accents de joie


la

et

de louange,
(xlii,

Uui, la bont et la faveur me poursuivent Tous les jours de ma vie Et ('habiterai dans la maison de Jahv Pour de longs jours. (xxm,
:

Tumulte de
N'ul
t-r>.

fte,

S; cf.xi.m, 3-4.)
le ple-

rin,

doute qu'au milieu de ces rjouissances, comme le fidle de Jrusalem, ne gott


:

la pr-

sence divine
S le Adle dsire la maison de Jahv, c'est pour y trouver Dieu; en ralit, ce qu'il poursuit, e'est le uerce intime avec Jahv
:

J'ai

Jalrv tu es mon Dieu, je te cherche: M<>n me a soif de toi; Ma ehalr languit aprs toi. Comme une herbe dessche [J, sans eau.
.

Pour faire entendre la \-oix de ta louange Et pour raconter toutes tes merveilles, Jahv, aim le sjour de ta maison. [(xxvi, Et le lieu o rside ta gloire.

7.

est

ainsi

que dans
ta

le

sanctuaire je te contemplais,
et

Pour voir

puissance

ta gloire.

ii.xm, 2-3.)

Quoi de plus lev que cette recherche de Dieu et que cette contemplation divine! Le fidle v trouve sa
vritable flicit
:

Heureux qui tu choisis et fais approcher, Pour qu'il habite tes parvis il sera rassasi du bonheur de ta maison.
!

Voil bien ce que cherchait avant tout l'me de tout dans ses visites au sanctuaire de Sion le lieu o rside la gloire de Jahv. L, on tait sr de rencontrer l'amiti divine, en prsence du Dieu vivant. Splendide conception de vie religieuse, que l'on oublie trop souvent quand on parle de la pit du psautierl Et si proche de la religion nouvelle! Rien de formaliste en ces accents du psalmiste, qui rvlent l'objet profond de sa contemplation intrieure, Jahv
Isralite
: :

l.a
"..>

La splendeur et puissance et

la
la

majest sont devant sa face, magnificence dans son sanctuaire.


[(.xevi,

De'

la

saintet de ton temple.

n.x\.

6.)

Aussi est-ce une vraie joie pour l'Isralite que de se rendre en plerin a Jrusalem. D'avance son me
exult

h
-

me

rjouis

quand on me

dit

Allons a la maison de Jahv. pieds se sont B


'

rusaient.

Jrusalem, btie

ou

l'on
t
l.i

comme une ville ensemble; montent qae les tribus.


'se

runit'
[ah.

Si la frquentation du Temple est avant tout satisfaction d'une vie surnaturelle, il n'en est pas moins vrai qu'elle s'accompagne de manifestai ions extrieures, communes toute religion, mais particulirement dveloppes chez les Isralites, danses, processions, chants, musique, cf. ps. cxli.x et cl. En outre, le culte du Temple comporte un rituel, holocaustes, offrandes, accomplissement de vux, sacrifices de toutes sortes. Le psautier n'a garde d'oublier cet aspect sacrificiel de la religion juive
:

us

<|.-

m wii.

1-3.)

sent, a travers le texte mutil

d'une partie du

\ 'convient' la louange 'Jahv', dans Sion Et on acquitte le vu envers

toi

toi,

\xxiv. qui-

la

vision qui attend les plerins les

Oui entends

la

prii

1131

PS

U M ES

LIVRE DES
du
ps.

LA Loi
mal

L32

Jusqu' toi vient toute chair, 'A cause' des Iniquits.

vie pure de tout

Nos transgressions psent sur


Toi, tu les pardonnes.
.l'entrerai
(i.x\,

2-4.)

dans

la

maison avec des holocaustes

J'acquitterai envers toi mes voeux. Pour lesquels mes lvres se sont ouvertes Et que ma bouche a prononcs dans ma dtresse. .l'apporterai des brebis grasses en holocaustes [],
.l'offrirai
le

et capable de tout bien? L'auteur a cru cette possibilit; cette ide l'exalte et il voit en pense une multitude de peuples se rattachant Jahv. Le centre du culte tant Jrusalem, il a comj os un chant dithyrambique pour clbrer ce qu'on peut appeler. ans aucune exagration, la maternit spirituelle de Sion; on v peroit cet enthousiasme uni versai iste que nous avons

lxxxmi

buf

et les

boucs.

[(lxvi, 13-15; cf. lvt, 13;cxvi, 12-14, 17-19.)

C'est d'ailleurs l'ordre formel

du psalmiste

Donnez Jahv La gloire de son nom


Apportez l'offrande Et venez ses parvis.

lxmii et, malheureusement, psaume un glossateur nationaliste et particulariste a apport detels changements par quelques retouches textuelles que le chant en est devenu trs difficile comprendre. En voici un
le

constat dans

ps.

comme dans

ce dernier

essai de restitution
;

(xevi, 8.)

est indniable que Jahv rclame imprieusement le culte intrieur avant le culte extrieur. Une religion qui ne se traduirait que par des rites

Cependant

Jahv aime les portes de Sion Plus que toutes les tentes de Jacob. On rapporte de toi des merveilles.
Ville de Dieu.

il

sacrificiels n'aurait pas sa faveur. Ce que Jahv exige de ses fidles, c'est,d'une part, l'adoration etlalouange et, d'autre part, la contrition et l'humilit du cur en mme temps que la puret et l'innocence de l'me. Voici trois beaux textes qui apportent sur ce sujet toute la clart dsirable. Dans le premier, Jahv s'adresse son peuple
:

Je compte Hahab et Babel Parmi ceux qui 'connaissent Jahv' La Philistie, Tyr, avec Coush. Ils sont ns, chacun, l.

Sion

ils

disent
est
l.

'Maman',
n
[].

Car chacun y
Celui-ci est
2.

Jahv enregistre par


n

crit

[]

Ce n'est pas cause de tes sacrifices que je te reprends Car tes holocaustes sont toujours devant moi. Je ne prends pas de ta maison le jeune taureau, Ni de tes bercails les boucs.
Car moi sont tous les animaux de la fort, Toutes les btes des 'montagnes' par milliers. Je connais tous les oiseaux 'des cieux', Et ce qui se meut dans les champs m'appartient.
Si j'avais faim, je ne te le dirais pas; est le monde et tout ce qu'il contient. Est-ce que je mange la chair des taureaux? Est-ce que je bois le sang des boucs?

Car moi

Offre Dieu le sacrifice de louange

Et accomplis tes vceux envers le Trs-Haut. Et appelle-moi au jour de la dtresse,


Je te dlivrerai
et tu

Loi. Avoir les mains innocentes et le cur ne point porter son me vers le mal, qu'est-ce autre chose dans le concret que pratiquer la Loi qui a t donne Jacob et tablie en Isral, ps. lxxviii, 5? Pour clbrer la beaut de cette Loi, l'auteur sacr lui a consacr tout un psaume de 176 versets, psaume alphabtique, merveilleusement compos au point de vue technique, dont chacune des vingt-deux lettres de l'alphabet hbreu commence successivement huit versets, voirF. Zorell,S. J., Textkritisches zum 119. (118.) Psalm, dans Biblica, 1923, p. 375-380. Tout y est dit avec une plnitude et une varit qui prouve dans son auteur un vritable artiste. A ct de ce long pome didactique, le psautier contient un chant dlicieux dans sa brivet

La

pur

et

me

glorifieras.

(i.,

8-15.)

La

loi

de Jahv est parfaite

Elle recre l'me.

Par raction contre une religion trop

ritualiste et

L'enseignement de Jahv est sr


Il

trop matrialiste, l'auteur du Miserere accentue davantage le sentiment intrieur qui doit animer le fidle et fait cho plusieurs diatribes des prophtes contre un culte sacrificiel sans me et sans esprit
:

instruit l'ignorant.

Tu ne
Et
(]

si

Le

te plais pas au sacrifice [] j'offre l'holocauste, tu ne l'accueilles pas. cur contrit et humili,

Les prceptes de Jahv sont droits Ils rjouissent le cur; Le commandement de Jahv est clair Il illumine les yeux.
;

La

'Jahv', tu ne le ddaignes pas.J

(u, 19.)

crainte de Jahv est pure Elle demeure jamais.


Ils

Les jugements de Jahv sont vrit;

Une glose a fort bien compris ce que voulait le psal Les miste. Elle commente de la manire suivante sacrifices de Dieu, c'est un esprit contrit. Voil ce que Jahv accepte favorablement, voil quoi il se plat. Le troisime texte se meut dans une atmosphre plus calme et plus irnique. Il spcifie quelles sont les conditions pour tre admis dans le Temple et y goter les joies spirituelles de" l'amiti et de la
:

sont tous quitables.

Ils sont plus prcieux que l'or Et que beaucoup de mtal fin. Et ils sont plus doux que le miel Et que le produit des rayons.

contemplation divines
Qui gravira
la

montagne de Jahve.l Et qui se tiendra dans sa demeure sainte? Celui qui a les mains innocentes et le cur pur, Qui ne porte point son me vers le mal []. (xxiv,

Aussi ton serviteur s'y attache A les garder il y a grand profit. Les erreurs qui les fera remarquer?' ixix, S-13.1 Purifie-moi de celle que j'ignore.
;
1

C'est un vrai bonheur que de mditer jour et nuit sur la loi de Jahv, ps. i, 2. L'homme qui s'y prte,
3-4.)
Il

sera

comme un

arbre plant

xv, qui est rattacher directement au ps. xxiv, ne fait que prciser en quoi consistent ces conditions innocence et puret de cur; cf. aussi ps. xxvi, 5-6. N'tait-il pas possible de trouver en d'autres peuples qu'en Isral cet appel vers Jahv et ces conditions de
ps.
:

Le

Auprs des .cours d'eau, Qui donne son fruit en son temps Et dont le feuillage ne se fltrit point. Tout ce qu'il fait il russira.
Ici encore,
il

(l,

3-4.)

de culte intrieur, de culte en esprit et en vrit, que de pratiques extrieures.


s'agit bien plus

PSAUMES LIVRE
Loi doit tre inscrite dans le coeur du fidle, ps n'est que l'expression l> la volont 31. 1 mettre en pratique, c'est avant tout taire divine
I

DES). LE PCHI
conduirai dans l'innocence de de nia maison Je ne placerai devant mon regard
ii

m;,
mon
oosur,

.,

mr

wwii.
i.i

-1

.-

l'Intrieur

volont de Dieu
La victime

\ueune intention sclrate.


'Celui qui
il

et l'offrande, tu n'as pas dsir; M. u* tu m'. is 'ouvert' K'- oreilles. L'holocauste et le sacrifice tu n'as pas demand!
\

b, je suis venu.
e

commet' dis tantes j'ai dtest; ne s'attachera pas a moi. Le pervers s'loignera de moi; Le mchant, |e ne le connatrai pas.
son prochain!
le

rouleau
je

lu I.ivm'

l\

re est

crit

en mol
lui

Tour que

Mon

volont. Pieu tu as 'reconnu' || tu


tu

Celui qui calomnie en secret lui l je l'exterminerai Celui qui a l'il hautain et
i

euiii orgueilleux,

\ l'intrieur le

mes

entrailles.

(XL, T 9.)

lui la

|e

ne

le

supporterai pas.

qui sont souvent prnes dans les Ddle garder lu loi et les commandements le Jatav, malgr toutes les difficults 'le cette La confiance en Jahv, xxv, J. xxvii, S; tcbe \wiit. 7: \i 6; lvi, 5, 12; etc. b) L'esprance en La crainte de etc. c Jahv, xxv, 3; xxxix, 8; Jahv, xxv, 12; xxxrv, 10; air, 17; cxv, 11. Cette
Trois

wrtiis.

paanmci. aident
:

le

les fidles du pa\ s. demeurent avec moi. dans Celui qui marche la voie de l'Innocence,

Mon

regard sera sur


qu'ils

Pour

tlui-l

sera

mon

serviteur.
l'intrieur

'

11

ne demeurera pas

de

ma

maison.

.">.

crainte n'a pas ncessairement un caractre servile. On peut mme dire qu'elle est surtout inspirepai l 'amour et qu'elle attire l'amour et la familiarit de Dieu.
I

Celui qui pratique la fourberie. Celui qui dit des mensonges ne restera pas Devant mon regard. (ci, 1-7.)

Le

ps.

i.

contient cette diatribe contre

le

pcheur

secret

de Jahv

est

pour eeu\ qui

Jahv prend
I

plaisir en

ii

ux
est

<|iii

ceux qui le esprent en sa bont.

craignent. [(xxv, 14.) craignent,


le

Qu'aS-tu a jiarler de mes dcrets Ct mettre mon alliance dans ta bouche. Alors que tu hais la discipline
l.t

ipie

tu jettes

(ixiMi. 11.)
Si
l'in\ quent.

mes paroles derrire

toi?

Jahv
II r,

proche de tous eeu\ qui

De tous ceux qui l'invoquent avec


alise le dsir

sincrit.

de tous ceux qui le craignent, Il entend leur cri et les sauve. ii xi\. 18-20.1 Jahv garde tous ceux qui l'aiment.

tu deviens son ami, Cl avec les adultres tu fais cause commune. Tu livres ta bouche au mal. tu vois

un voleur,

Ct ta langue tisse

la

romperie.

Aussi nous dit-on que la crainte de Dieu est le priniiu le summum de la sagesse, xi, lu. lidle. confiant en Jahv. qui espre en lui et qui tint, s'attache de toute son me a la Loi; il en garde toutes les prescriptions et peut s'crier
i :

Tu Tu Tu

parles 'honteusement* contre ton frre; lances l'injure contre le fils de ta mre. Voil ce ipie tu as fait et je me suis tu;
t'es

imagin que

j'tais

comme

toi.

(i.,

16-21.)

plus des pchs individuels, il y a les pchs nationaux, les fautes d'Isral contre son Dieu, dont il n'a pas reconnu les bienfaits
:

En

Alors je serai parfait et pur. une multitude de pchs.

ixix.

M.)

3. Le pche. Le pch, pour le psalmiste. est une transgression de la loi de .Jahv. un manque de confiance et d'espoir en Dieu, nie absence de crainte de Jahv. Le pch comporte une souillure dont il faut se laver intrieur* ment. ps. n. 3. C'est un pesant fardeau, trop lourd porter, ps. xxxvm, Les espces de pch sont trs diverses; elles sont aussi varios que les ordonnances de la Loi. Certaines sont plus particulires aux fonctions spciales remplies par des catgories d'individus c< mine les magistrats et les juges. [ 1V Lvrn, ixxxii, xerv. li ps. nous numre quelques infractions rproutar Dieu et qu'vite le vrai fidle
.">.

Nous avons pcn comme nos Nous avons commis l'iniquit. Nous axons fait le mal.

pres,
(evi. G.)

un rappel des ingratitudes d'Isral. Dans le ps. i.xxmii, qui est l'histoire du pardon divin dans l'histoire d'Isral. nous trouvons le mme
Tout
le ps. evi, est

reproche
lis

n'ont pas gard l'alliance de Dieu, Et sa Loi ils ont refus de la suivre, El ils ont oubli les hauts faits El les merveilles qu'il leur avait fait voir. idxxviii, (o-ii.)

Aveu, repentir, appel la piti et la misricorde divine, tels sont les sentiments du fidle qui veut se faire pardonner sa faute
:

qui marche innocent et pratique la justne ni dit la vrit en son coeur. Qui ne calomnie pas avec sa langue. '.'m ne fait pas de mal a son prochain ne jette pas l'opprobre sur son voisin, "s'il a fait un vu onreux, il ne change point. H ne prte pas son argent intrt ne reoit pas de prisent contre l'innocent.
i

Pour moi.

j'ai

dit

Jahv, aie piti de moi. Guris mon me Car j'ai pch contre toi.
;

ixi.i,

3.)

n'est pas exagr de dire que tout le psautier est rempli de cet appel a la piti de Jahv.
Il

[fx\. 2-5.)

Des pchl de ma jeunesse ne

te

souviens pas. (xxv,

(i.)

nous voyons le lidle dans l'exercice de sa vie morale et sociale. Le psalmiste indique comment il conoit cette activit de chaque jour en d< - diverses infractions que commet le mchant, le juste qui pratique comme Dieu la honte et le droit dtaille sa manire de faire
le ps. ci,
: I
:

Dans

cause de ton nom, Jahv,


pche, car
il

Tu pardonnes mon
'Secours'

est

grand,

(xxv, 11.)

ma misre et ma peine El pardonne tous nies pchs.


C'est que l'auteur

ixx\, 18.)
:

du

ps. r.xi.m, 2, dclare


juste devant
ta

1-a

bont et A cause de
'e

le

droit

'je
[].

garderai*

Aucun vivant
L'glise a
fait

n'est

face.

toi

Jahv

!)

serai attentif a la voie le l'innocence. qui se prsentera moi.

mes destins

choix, dans le psautier, de sept psaudevenir des formules de prire pour les

1135
psaumes de
:

PSAUMES (LIVRE
la

DES).

LES PAUVRES

1136

jours de pnitence, de deuil et de calamit. Ces sept

pnitence forment un ensemble, dont on peut souligner l'ordonnance logique de la manire suivante Tout d'abord la tentation avec ses mois, ps. vi
:

Mon

aine est dans une grande pouvante; Mais toi, Jahv, Jusque quand?... Reviens [], dlivre mon me; Sauve-moi cause de ta misricorde. (vi, 4-5.)

Puis
ps.

la

chute
:

avec

ses

funestes

consquences,

xxxvin

n'y a rien d'intact dans ma chair [] n'y a rien de sain dans mes os []. Oui, mes iniquits ont dpass ma tte Gomme un pesant fardeau, elle psent trop pour moi. [(xxxvur, 4-.">.)
Il
;

Il

Ensuite

la contrition

aprs

le

pch commis,

ps. li

Aie piti de moi, 'Jahv', dans ta bont; Selon la grandeur de ta misricorde efface mes pchs.

Lave-moi compltement de mon Et de ma faute purifie-moi.

iniquit

Car mes pchs, moi je les connais Et mon iniquit est constamment devant moi. Contre toi, contre toi seul, j'ai pch. Et j'ai fait ce qui est mal tes yeux... Ote mon pch avec l'hysope et je serai pur. Lave-moi et je serai plus blanc que la neige... Dtourne ta face de mes pchs, Et toutes mes iniquits efface-les. (li, 3-6,

9,

II.)

Voici l'appel vers le secours divin, suivi du pardon, ps. en, cxxx, cxliii. Le De profundis est un chefd'uvre d'ardente supplication
:

Des profondeurs je Entends ma voix.

t'ai

appel, Jahv,

Qu'elles soient attentives, tes oreilles,

A ma

voix suppliante

Si tu observes les fautes, Jahv,

Qui donc subsistera? Mais prs de toi est le pardon, C'est pourquoi j'ai espr.
Jahv, mon me a espr Et aprs ta parole j'aspire Mon me aspire aprs Ja'iv, Plus que les veilleurs aprs l'aurore.
;

Espre, Isral, en Jahv, Car prs de Jahv est la misricorde. C'est lui qui rachte Isral De toutes ses fautes. (.cxxx, 1-8.)

Enfin s'panouit

le

bonheur aprs

le

pardon,

ps.

xxxn

Heureux

dont la faute est pardonne. pch est couvert. Heureux l'homme, qui il n'impute pas, Jahv, l'iniquit.
celui
le

Celui dont

J'ai

Ma

avou 'contre moi' faute Jahv Et toi, tu as effac L'iniquit de mon pch.
;

(xxxn,

1-2, 5.)

pauvres. Un terme revient frquemment dans le psautier, c'est celui de p'al'vn, que l'on peut traduire par artisans d'iniquit . Ce sont les mchants, les impies, les orgueilleux, les blasphmateurs, les oppresseurs. M. Sigmund Mowinckel en a parl abondamment dans sa premire tude sur les psaumes, parue sous le titre Awn und die individuellen Klagepsalmen, Kristiania, 1921. En ngligeant les nuances, on pourrait rsumer la thse de M. Mowinckel de la faon suivante le mot
4.

Artisans d'iniquit

et

hbraque 'dvn a le sens de magie , que n'a pas su dcouvrir le dictionnaire de Gesenius-Buhl; les p'al'on (que l'on traduit d'ordinaire par artisans d'iniquit ) sont donc des magiciens . De cette magie on retrouve des manifestations dans la croyance populaire isralite. Or, les psaumes individuels de plainte ont une grande ressemblance avec les psaumes babyloniens. Mais ces psaumes babyloniens sont tout imprgns de formules et d'allusions magiques. Il est donc clair que la magie est galement en vue dans les psaumes hbraques. Ce sont des sorciers qu'il faut voir sous le mot gnrique d'ennemis. Les psaumes individuels taient des psaumes liturgiques, qui portent encore la trace de leur destination cultuelle; on se rendait au Temple pour accomplir les rites de purification contre la magie et ses funestes sortilges. Ds avant la priode des Machabes, quand on cessa d'employer les rites de purification contre la migic, on changea la destination des psaumes individuels de lamentation et, par des additions diverses, on leur donna un sens collectif. A cela on peut rpondre que sans doute la magie joue un grand rle dans les psaumes babyloniens; mais n'est-il pas htif d'en conclure, cause de vagues ressemblances, que les psaumes hbraques de plainte sont, eux aussi, de caractre magique? Car il ne saurait chappsr personne que la magie ne s'est aucunement dveloppe dans la religion hbraque comme dans la religion babylonienne; les tmoignages, contrls avec soin, sur l'existence d'une magie isralite se rduisent peu de chose. Reste le mot hbraque 'on qui forme le point de dpart de l'argumentation de M. Mowinckel. Est-on en droit de lui donner le sens de magie? Nous ne le croyons pas. M. Mowinckel invoque deux versets des Nombres, xxm, 21, 23, qu'il rapproche, et un passage de I Reg., xv, 23, o le mot 'on serait en parallle avec qsm, a divination . Le rapprochement des deux versets des Nombres ne s'impose pas tellement qu'il faille recourir au sens de magie pour le terme 'vn, et dans le livre des Rois 'vn est en relation, plus probablement, avec le mot pch (cf. Dhorme. Les livns de Samuel, p. 135). M. Mowinckel traduit encore p'al-'vn par magiciens, sous prtexte que cette expression s'applique des gens qui causent du dommage des hommes innocents et sans dfense, qui les tuent, qui leur enlvent leurs biens, qui les rendent malades, qui exercent dans l'ombre leurs pratiques perfides, qui agissent avec leur langue et des mots puissants, qui se servent de moyens et de gestes singuliers et leur attribuent une puissance particulire. Mais ce sont l des traits qui ne sont nullement spciaux aux magiciens. Et encore faut-il dire que M. Mowinckel choisit des formules qui rendraient l'quivalence entre 'vn et magie plus naturelle et plus vidente. Il suffira de lire, par exemple les ps. xii et xli on n'y dcouvrira rien de magique, mais des lvres trompeuses et des mdisances dont la malfaisance n'a pas besoin pour agir efficacement de s'aider de pratiques magiques. Voir un minutieux compte rendu de la thse de M. Mowinckel par M. E. Podechard, dans Revue biblique, 1923, p. 141-145. L'on voit par l que rien n'est plus facile que de faire des thses propos du psautier. Le fidle se sent cras sous le poids de ses fautes; il s'imagine que son me va descendre au schel; il dcrit son tat comme une maladie qui le met deux doigts des portes du tombeau. D'o la tentation de voir dans tous les psaumes semblables des morceaux composs par des malades qui vont chercher prs de Jahv, avec le secours de rites magiques, la sant qu'ils ont soi-disant perdue. Le fidle se sent domin et opprim par une caste de gens sans aveu et de riches sans foi ni loi; il oppose sa pauvret la richesse des mchants. D'o la tentation d'identifier fidle et pauvre et de faire de ces pauvres
;

PSAUMES
ne

LIVRE DES
soit
est

LES SANCTIONS
;

L38

communaut qui s'oppose la caste des mchants. Cette dernire thse commande toute la premire p ir Oc de l'ouvrage d'Is Loeb, I." littrature despauorts Bible, Paris, 1892, el il f.mt constamment ra contre un esprit systmatique qui dirige toute la discussion et en fausse les nombreuses donnes et les multiples renseignements Pourtant Loeb crit, p 7 >i( l roi-llo el misre tlu pauvre . on le sait est moiti Bctlve... Dans s. misre et dans les souffrances qu'il endure de la part du mchant, il j a beaucoup
j

.'ci

mal dont il souffre esl a m titi imaginaire, un nul de pote, o il entre une forte dose de convenCette constatation aurait d garder l'auteur tion. d'une systmatisation qui nuit gravement a son
d'illusion. Ir
>

pas encore organise, peu importe, le fondement pose c'est dj l'esprit qui Inspirera les groupe ments des premiers chrtiens, el plus tard les ordres monastiqu s. (C'est nous qui soulignons.) Dans ce commentaire, par ailleurs si sympathique, la seule chose que nous n'admettrons point, Ce sont les mots qui ont t mis eu Italique, O l'on dpasse, nous semble 11, le sens du texte. - Mme coupable, le fidle n'a pas de Sanctions. raison de se dcourager, pourvu qu'il se repente el revienne prs de Dieu solliciter le pardon au nom de t Jahv Jahv. Ainsi que le dit une glose du ps. cm, ne svit pas pour toujours, ni ne se facile a jamais. Dieu est misricordieux et compatissant
t :
:

>s<

Causse, Les pauvres d'Isral, Strasbourg, li>", proteste contre ces rflexions de Loeb souffrances de la pauvret, mme sous le ciel palestinien, ne sont pas ncessairement des fictions littraires. D'accord. Mais il nous parat que e'est une faute de perspective que de vouloir centrer toute la piet juive du psautier sur une conception des p. . Le psautier est le livre du fidle, bien plus que pauvres conus comme un groupement. le livre des bien que le fidle soit parfois rduit, par les procds malhonntes des mchants, la plus extrme pauvret,
\ p.
:

ne nous traite pas selon nos pchs. Et ne nous rtribue pas selon nos iniquits.
Il

(.

m.

to. le

Quand

il

compare son

sort celui

du mchant,
:

juste ne peut en prouver que de la scurit

Les souffrances sont pour le mchant Mais celui qui se confie en Jahv La misricorde l'entourera.

(xx vu. 10.)

Eux 'montent'
Eux

|]

des chevaux;

Mais nous, 'nous sommes forts' au

nom de Jahv

].

t qu'il puisse tre Jet dans nn tat lamentable de prostration par la considration de ses pchs. Je ne citerai qu'un exemple de ce gauchissement pratiqu par M Causse. Dans le chapitre qui concerne la communaut des pauvres (rien ne permet de traduire ainsi mble dont il est parle, ps. xxn, 23; xxxv. 18; xi., 10-11), M. Causse crit, p. 105 Il est seulement vrai que les pauvres disperss dans le pays ivent unis par des liens trs troits. Ils sont une famille spirituelle. Ils souffrent ensemble et ils luttent ensemble pour le triomphe de la loi de Dieu. Ils consent la douceur infinie de l'union des mes, l'union dans le culte et dans l'aspiration. Et l'auteur cite a l'appui le ps. cxxxin, dont nous pouvons donner la traduction critique suivante
:
:

tombent; Mais nous, nous restons debout


s'inclinent et

et fermes,

(xx, 8-9.)

prer.

Pourtant les mchants et les impies semblent prosMais ce n'est qu'un bonheur passager
:

Ne

crains pas lorsqu'un

homme

s'enrichit.
;

Lorsque s'accrott l'honneur de sa maison Car sa mort il n'emporte rien, Et son honneur ne descend pas derrire lui.
Oui, son
sa vie est 'bnie'. loue, car elle 'se' fait du bien. Elle entre dans la ligne de ses pres
'la'
;

me pendant
ils

Et on
A.

jamais

ne reverront plus

la

lumire.

L'homme dans
Il

est

la splendeur 'ne dure pas' semblable aux btes qui prissent, (xux, 17-21.)

Voici, qu'elle est

bonne

et qu'elle est agrable


[].

La cohabitation des frres

comme une huile dlicieuse sur la tte 'Qui* descend sur la barbe.
barbe d'Aaron qui descend sur le bord de ses vtements. tst comme une rose de l'Hermon qui descend sur les monts de sion.
if

C'est dans le mme ordre d'ides que se mcul l'auteur du ps. xxxvn; le contraste entre le bonheur stable du juste et la russite momentane du mchant est flagrant
:

comme'

la

pas au sujet des mchants 'Et' n'envie pas ceux qui font le mal Car comme l'herbe bientt ils seront fauchs. Et comme la verdure du gazon ils se fltriront.
N'e t'irrite
;

Confie-toi en
r

c'est

l.i

La bndiction

que Jahv a envoy [] pour toujours.

Ce petit morceau est tout fait charmant. L'crivain sacr a trouv de jolies comparaisons pour chanter la cohabitation fraternelle. Il n'y a rien de plus el c'est dj beaucoup. M. Causse (op. cit.) commente d'abord assez rigoureusement le texte, puis peu peu reprend son ide de la communaut des 'anvtm, qu'on n'aperoit pas du tout dans le psaume, a moins de supposerquetout fidle est un no : Dans les paroles de ce psaume s'exprime un sentiment d'une douceur infinie la joie de la communion des saints. n sentiment dont nous ne retrouvons l'quivalent dans aucune antiquit... Les anciens. Grecs et Latins, ont crit des pages exquises sur l'amiti, l'amiti qui unit des ni rencontres sur le chemin de la vie, et que rapprochent certaines affinits de pense et une commune manire de sentir et de vouloir. Mais ici il ne pas de quelques mes mises ptrt, il s'agit de toute une communaut religieuse. Tous les 'an h<tm se sentent unis, ils sont vraiment frres par l'esprit. Les pauvres s'aiment entre eux, que cett,. communaut ne
'

Jahv et fais le bien pays et pratique la fidlit. Alors tu auras tes dlices en Jahv, Et il te donnera ce que ton cur dsire.
;

Habite

le

Encore un peu de temps et le mchant n'est Et tu regarderas sa place et il ne sera plus. Mais les malheureux possderont le pays
Et jouiront d'une grande paix. Le peu du juste vaut mieux

plus.

Que l'abondance de nombreux impies


Car les bras des impies seront briss Mais Jahv soutient les justes.
;

J'ai t jeune et je suis devenu vieux. Et je n'ai pas vu le juste abandonn []. Chaque jour il est gnreux et il prte Et sa postrit sera en bndiction. [(xxxvii, 1-4, 10-11, 1C>-17, 25-26.)

De ce et dans
r>s.
.

psaume alphabtique, mais aux penses


un style qui
le

larges
le

se

dploie,

on rapprochera

xxni, qui ne

cde au prcdent ni en lvation

d'esprit, ni en perspicacit d'observation.

En regard de

cette description

du bonheur vanes-

1139

l'S

\UMKS

l.l \

|;|.

liKS

LA VIE FUTUR
(.outre ton peuple

1140

cent des impies, le psalmiste applique au Juste, en sa personne, une [mage qui donne bien l'impression de sa
scurit
:

Et moi, je suis comme un olivier verdoyant Dans la maison de Dieu. .l'ai confiance en la honte de Dieu. Toujours et a jamais. Et j'espre eu ton nom, car il est bon A l'gard de tes dvots. (lu, 10-11.)
1

ils trament un complot. conspirent contre tes protgs, 'Jahv*. [[Allons et supprimons-les comme nation. Et qu'on ne se souvienne pas du nom d'Isral ]. [(lxxxui,

Et

ils

j.-').)

D'ailleurs, le psalmiste dclare lui-mme la rgle qui dirige toute sa pense et tout son cur les ennemis de Jahv, ce sont les siens propres; on ne saurait leur accorder de pardon; il faut qu'ils soient extermins
:

Le juste n'a pas seulement ses dlices en Jahv. Ce n'est pas une vague promesse qui lui est faite quand on dit de Jahv qu'il lui donnera ce que son cur dsire. Le ps. cxn chante, en effet, la prosprit de celui qui craint Jahv
:

Puisses-tu faire mourir l'impie Et loigner de moi les hommes de sang Eux, ils te rsistent avec perfidie; Ils prennent pour des mensonges tes penses
!

L'opulence et la richesse sont dans sa maison. (cxn. Et sa justice demeure jamais.

3.)

N'ai-je pas de la haine pour ceux qui te hassent ? Du dgot pour ceux "qui en ont pour toi'? Je les hais d'une haine absolue; Ce sont des ennemis pour moi. (cxxxix, 19-22.)

Et voici qui met le pauvre en compagnie des notables du pays, fidles eux aussi Jahv
:

tire

Il

relve de la poussire

Du

fumier

il

le faible; retire le pauvre,

Pour 'le' faire habiter [] avec les nobles de son peuple. Il donne la femme strile une maison La mre avec des enfants est joyeuse. (cxm, 7-9.)
:

Le psautier contient, plusieurs psaumes ou passages de psaumes dont les imprcations atteignent parfois une trs grande violence, v, 11; xvm, 40-49; xxvni, 4
;

Voir la rponse apologtique l'objection que l'on des psaumes imprcatoires dans A. Vaccari. art. Psaumes, dans Dict. apol., col. 493-495. 3 Vie future. En dehors des sanctions terrestres, y a-t-il une rtribution dans l'au-del? Peut-on parler d'une doctrine de la vie future dans le psautier? Cette question est dpendante de la rponse que l'on fait au problme qui lui est intimement li le psalmiste a-t-il envisag un au-del? Sous quels traits le

; liv, 7; lv, 16, 24; lviii, 11-12; lix;lxiv, 8-11 lxix, 23-29; lxxxiii, 17-19; xciv, 23; cix; cxxxvn, 7-9; cxxxix, 19; cxl, 10-12. On ne peut videmment juger de ces appels la justice divine et la vengeance en se mettant uniquement au point de vue chrtien, qui a plac le pardon des injures au premier rang des vertus du Christ. Le principe qui rgit souvent les relations du Juif avec son adversaire, c'est celui du talion il pour il, dent pour dent. Aussi n'est-il pas surprenant que, devant la trahison d'un ami. le psalmiste ait l'me particulirement rvolte
; :
:

xxxv

Certes, ce n'est pas

un ennemi qui m'insulte


s'lve contre

Et que je supporte; Ce n'est pas mon hasseur qui Et de qui je m'carte.


Mais
c'est toi,

moi

dpeint-il? Pour le psalmiste, comme pour de nombreux auteurs inspirs qui l'ont prcd, la mort les mes s'en vont au schel, voir Dhorme, Le sjour des morts chez les Babyloniens et les Hbreux, dans Revue biblique, 1907, p. 59-78, o tous les textes sont rassembls et classs; on lira aussi Touzard, Le dveloppement de la doctrine de l'immortalit, dans Revue biblique, 1898, p. 207-241. Le schel est conu par le psalmiste la manire d'un sjour souterrain, o les dfunts mnent une vie fort diminue et o ils sont comme des ombres (refaim), tels les mnes des anciens. Il est donc redoutable de tomber dans les filets du schel, dans les rets de la mort, dans les torrents de l'enfer. Ce sjour des morts, on l'appelle aussi 'abaddn, comme Job. xxvi. 6, et les Proverbes, xv, 11. C'est la terre de l'oubli, le puits profond. Pour signifier sa dtresse et son dsarroi, le psalmiste imagine qu'il descend dj au schel :
Ils

Mon

confident et

homme mon

de mon rang. ami.

m'ont envelopp,

les

filets

de

la

mort

Ensemble nous avions un doux commerce Dans la maison de Jahv []...


Car ils n'ont point de relche Et ne craignent point Dieu. On tend les mains contre ses 'amis'

Et

les rets du schel. Elles m'ont atteint, l'angoisse et l'affliction.

Mais j'invoque

le

nom

de Jahv.

(cxvi, 3.)

On

viole son pacte.

Sa bouche est plus douce que le beurre, Et son cur 'fait la guerre'. Ses discours sont plus onctueux que l'huile.

Les 'flots' de la mort m'avaient entour; Les torrents de l'enfer m'pouvantaient Les filets du schel, m'avaient enlac Les piges de la mort avaient t dresss contre moi. [(xvm, 3-6.)
;
;

Dans le schel, l'on ne connat plus personne. Du moins n'y a-t-on plus d'ami
:

Et ce sont des pes nues.

(lv,

13-14. 20-24.)

Tu
Et

Sur ces amis tratres, sur ces perscuteurs des amis de Dieu, on attire la maldiction
:

as loign de moi l'ami. 'seules' les tnbres sont

mes connaissances.
[(lxxxviij, 19.)

Mais

toi,

Jahv, tu

les feras

descendre

Dans
Les

la fosse

du tombeau.
la

Saisi comme de ses liens; il

mort ne peut se dgager demeure attach dans le schel


dans un
filet, le
:

hommes de sang

N'atteindront pas

de ruse moiti de leurs jours


et

[J.

(lv, 21.)

Tu as loign de moi mes connaissances Tu m'as rendu pour eux un objet d'horreur
;

'.Moi', je suis

enferm

et

ne puis sortir;

D'autres fois, le psalmiste identifie les ennemis de Dieu avec ceux qui veulent exterminer le peuple choisi, la nation d'Isral; et l'imprcation jaillit des lvres du psalmiste qui voit l'injure faite Dieu
:

Mon il a

dpri par

l'affliction.

(ixxxvm,

9-10.)

Cette dernire strophe, et surtout le dernier vers, montre que l'auteur prend un style mtaphorique pour dpeindre son tat prsent de prostration
:

Jahv, qu'il n'y ait point de repos pour Ne sois pas sourd, ni inactif, Dieu. Car voici tes ennemis s'ameutent
;

toi

Mon me
Et

ma

est rassasie de maux. vie touche au schel.


:

Et

tes hasseurs lvent la tte.

Je compte parmi ceux qui descendent dans la fosse Je suis comme un homme bout de force.

11 il
lu m'ai plac dans

!>
la

M'MK>

Kl

DES
et

LA
t'a

VI E l'UTC Kl
V
esprit
est
.

puits profond.

non

la n)tili.

pu descend au scheol

Pans les tnbres "a l'ombre de la mort*; sur mol s'est appesantie ta cotera,
il de toutes
les

vagues

'j'ai

t opprim*.

(Ibid,,

misricorde El tu dlivres mon

grande mu moi,

me

lu

scheol

].

(LXXXVI,

13.)

On ilir.iit vraiment d'une description de descente .m\ enfers. La peinture est tout fait dans le stj le Ira
ditionnel.

tranger au scheol. i'.r n'esl pas un chappe, rmoin cette strophe tire du psaume qui clbre la prsence de Jahv en tous

Dien

n'esl pas
lui

domain' qui
lieux

comme une mtaphore par psalmiste, tandis qu'il tait encore en vie et qu'il se voyait sur le point de descendre ru scheol, est mainte liant dpeint et affirm comme une ralit DOUX lnii du juste qui a t saisi par les lilcts le la mort. DeUX textes, tout d'abord, en font roi; quoique le premier prsente diverses gloses, le sens en demeure trs clair:
Ce qui n'tait conu que
le
i

nu
I

ir-.ii-jt'

loin

ou
f

fuirai-je loin

monte

Ion esprit, de ta (ace? aux deux, tu j es;


tl-

e
t

(ou
ils

Si

k me

couche au scheol,

l*j

voua,

(cxxxix, 7-8.)

Leur Leur habitation de gnration en gnration


Ils

l'insens prissent, a d'autres leurs biens. 'tombeau' sera leur demeure jamais.
et

laissent

l<

Cependant dans le scheol ne retentit plus la louange Dien. C'est vraiment le lieu du silence, abhorr pour
:

appelaient, de leur nom.


la

L'homme dans
il

les pays. splendeur ne dure pas.

si

un Isralite dont la principale joie tait de s'adonner au culte de Jahv

Tel est leur sort

semblable aux btes pu prissent. eux


| |

1.

Comme
sont pas lis morts qui louent
t.

un troupeau
c'est

II

la

mort

les fait

patre [|;

lah,
silence.
(<

Le scheol
xv, 17.)
V f <iis

'leur

Ni ceux qui descendent


t'appelle.

ois le

Heu du

Dieu dliurera

demeure /non mc
il

eux*.

Del puissance du
Jahv, chaque Jour; Je tends
I

scheol, car

me

prendra, (xux, 11-16.)


;

les

mains vers

toi.

Pour les morts, fais-tu les prodiges? e* ombres (relalm) se lvent-elles pour

Tu m'as
te

louer?

Par ton

Mais moi, je suis constamment avec toi saisi la main droite; conseil, tu me conduis; Et 'derrire loi, pur la main', tu m'as prf 5. Lxxm,
(

2:i-:>

H.iconte-t-nn ta bont dans le tombeau. Ta liililite au sjour des morts f'abaddn)? Tonnait-on dans les tnbres les prodiges
I

ta justice

<l;iiis la

terre le l'oubli?
saiiu

n xxxviu.

10-13.)

.'iiel
I

profit

mon

l-a
1

ma descente dans la fos poussire te loue-t-elle proclame- 1 -elle ta vrit?


la

i\\\. 10.)

Aussi
-

glose

du

ps. vi.

est -elle
elle

rigoureusement
:

la

note gnrale, quand


-

commente
de

Pans
\

se souvient plus le scheol qui est-ce qui te loue?


la

mort on ne

foi.

propos du

ps. i.xxxviii.

_es essentiels, le P. Cales. Les

dont nous avons rapport psaumes des pis

dans Iech. de science relig., 192-1, p. 439, rsume en ternies excellents cette conception sur le Aprs la mort, le scheol, sorte de gouffre souterrain o |,s mes nuiieiit une existence engourdie. qui mrite peine le nom de vie; elles ne se souviennent de rien, ne louent pas Dieu et paraissent d'autre part oublies par Dieu, soustraites a sa protection. Les dfunts abandonns sans spulture et les morts de mort violente sont encore un peu plus dlaisss et mpriss que les autres. Conception populaire assez vague et Bottante, nbuleuse doctrinale qui recle.
de Cor,
i

le purgatoire et sensible comme nul autre, l'ombre qui pesai) sur la vie de l'ancien Isral et la valeur de la rvlation d'une vie ternelle en Jsus Christ. > (Kirkpatrik). L'Ancien Testament nous instruit par ses lac unes en mme temps que par iseignenients posit ifs. voici qu'une lueur se lve. Le psalmiste, qui avait dcrit in tat d'affliction sous forme de de! cente au scheol, envisage la possibilit- d'eu tre dli-

sans les distinguer encore, les limbes,


l'enfer...

Un

tel

psaume nous rend

une intervention de Jahv


tu as fait

Cette dernire phrase est une restitution conjecturemplace le texte hbraque actuel, assez difficile traduire grammaticalement le sens semble tre le suivant El derrire la gloire tu m'as pris. L'attnuation est vidente, l'n lecteur a d tre choqu par le sens extrmement raliste du verset Ei derrire l"i. par la main, lu m'as pris. Mais la signification fondamentale reste la mme et M. Podecbard, en commentant ce texte, Revue biblique, 1923, p. 251, l'a bien mise en lumire Du sort des justes, l'essentiel seulement esl affirm. On en sait moins long leur sujet que sur la destine des mchants. De celle-ci, la connaissance qu'on avait du clieol antique permettait de parler avec quelque dtail, et surtout on pouvait insister sur la ncessit d'un chtiment d'outre-tombe pour les impies dont toute la vie ici-bas fut heureuse l'injustice ne serait-elle pas criante si nulle part leurs crimes n'taient punis? Aussi s'tend-on avec complaisance sur ce sujet. A l'exception du seul y. 16, le ps. xlix tout entier n'a pas d'autre objet, et c'est encore le thme principal du ps. i.xxm. Mais c'est par une voie quelque peu diffrente que les psalmistes sont arrivs la connaissance de la vie future des justes. Ils ont moins conscience d'avoir droit une rcompense ternelle qu'ils ne sont frapps de ce qu'il y a de scandaleux dans la prosprit des mchants. Ils ne prsentent pas la vie future comme un droit pour eux. ni comme le salaire du leurs mrites, mais comme un don de la bont divine. C'est surtout, semble-t-il. un besoin de leur cur. Avec la foi l'ternelle justice et a l'infinie bont, c'est leur pit qui les lve aux esprances d'outre-tombe. Leur attachement Dieu est si pro fond qu'il aspire a durer toujours, qu'il ne comprend pas la spart ion et entend braver la mort quel amour ne veut tre ternel'? Aussi n'imaginent-ils pas cette nouvelle vie comme une accumulation de biens et de jouissances. Ils n'v conoivent d'autre joie que celle de la socit de Dieu, seul bonheur qu'ils aient apprci
rale, qui
;
:

remonter
:

Mon me du

sur terre.

sel el

'Jahv', tu m'as ramen .i la vie. Alors que je descendais dans l<- tombeau.

i\\\.

10.)

que pour

le

uivant, ou l'on aperoit aine psalmiste c'est toujours la n/i,

<',> qu'avait encore de lacuneux les deux textes prcdents sur le sort du juste a |ires la mort le ps. x\ \ a y suppler, tel encore l'intrt qu'ont port les lecteurs ce passage des plus importants les a pousss a faire quelques rflexions nu changements qui voulaient
.

114;;
complter encore

PSAUMKS (LIVRE
le texte sacr et ces rflexions

DES).

LE MESSIE

1144

ou

changements sont passs comme gloses dans notre psaume actuel, mais sans en changer radicalement le
sens et sans en fausser la signification.

ma part d'avoir et ma coupe []; Les cordeaux sont tombes favorablement pour moi. Oui, 'mou' hritage est bien beau pour moi. Je bnis Jaliv qui m'a inspir; Mme la nuit mes reins m'ont averti.
.Jahv est
J'ai plac Jahv devant moi toujours Parce qu'il est ma droite, je ne chancellerai pas. pour cela que mon cur se rjouit Et que mon 'foie' a tressailli. Mme ma chair demeure dans la scurit.

1465; les psaumes exiliens ou postexiliens xxii, xevi, xcvn, xcvni, ainsi que des passages dans les ps. i, xiv, lxvii, lxxxvi, en, cxxvi, cxlix, col. 1505-1510. Une tude synthtique rassemble ensuite et compare entre elles toutes les donnes messianiques contenues dans les livres de l'Ancien Testament, et, spcialement dans
le psautier, col.

1535-1552.

C'est

Car tu n'abandonneras pas mon me au schel. Tu ne permettras pas 'ton dvot' de voir l'abme. Tu me feras connatre le chemin de la vie Rassasiement de joies devant ta face. (xvi, 5-11.) Bonheur ta droite pour toujours.
:

Cette fois, on ne nous parle mme plus d'un sjour de l'me du juste au schel; car la phrase Tu ne permettras pas ton dvot de voir l'abme prcise que le fidle chappera au sche.. Au lieu de se diriger vers ce lieu tnbreux il prendra le chemin de la vie; d'un mot on nous dpeint le bonheur du juste devant la face de Jahv joie jusqu'au rassasiement, bonheur ternel. Le P. Lagrange, Noies sur le messianisme dans les psaumes. C. Les fins dernires des particuliers, dans Revue biblique, 1905, p. 191, crit Il s'agit d'chapper au Chol et de ne pas voir l'abme, non pas en continuant de vivre, mais en prenant le chemin de la vie o on est avec Dieu pour toujours. L'auteur s'applique au plus grave problme religieux; il faut peser ses paroles et les prendre pour ce qu'elles disent... Quelle tait exactement sa pense? Opinait-il alors que le Chol n'tait pas pour les justes, lui donnait-il le sens d'enfer, de lieu de tortures? Peut-tre. L'auteur son: : :

Essayons cependant de dgager une vue d'ensemble des prophties messianiques, en ne faisant appel qu'aux psaumes que la majorit des critiques reconnat comme messianiques et en rangeant les ides principales sous quelques rubriques 1 La promess" du Messie. Cette promesse, nous la trouvons dans e ps. lxxxix. Ce psaume se compose de deux pomes amalgams, dont le rythme est diffrent, le premier est une louange de la toute-puissance divine (?. 2, 3, 6-19) nous en avons cit quelques larges extraits plus haut; le second clbre la royaut de David et de ses descendants (f. 4-5, 20-53). Dans ce second pome, qui seul nous intresse prsentement, on entrevoit que le pays est dsol

Et maintenant tu as

pris

du dgot
;

et

de l'aversion
;

Tu Tu Tu
Tu Tu
Il

contre ton Oint as rpudi l'alliance de ton serviteur as profan, par terre, sa couronne.

t'es indign

as dmoli tous ses remparts ; as mis sa forteresse en ruines ; Tous les passants de la route l'ont pill
est

devenu un opprobre pour

ses

voisins.

[(lxxxix, 39-42.)

Cependant, on aperoit que pour le psalmiste les promesses divines dpassent ce temps de la dsolation
:

Jusques quand, Jahv, te cacheras-tu?

Et ta

colre brlera-t-elle

comme

le feu?...

sont tes faveurs d'antan [], Que tu juras David dans ta fidlit?

(lxxxix, 47, 50.)

un lieu intermdiaire? Non, puisqu'il sera pour toujours auprs de Iahv. Il a conclu, de son union avec Iahv, que cette union serait ternelle; il serait toujours avec lui, et par consquent chapperait au Chol o on ne le loue pas. Rien de spcialement cosmologique; il n'est question ni de l'den, ni du ciel, mais seulement d'tre avec Iahv. Le psalmiste pouvait avoir une esprance plus prcise ressusciter aussitt ou peu aprs la mort, sans que son me ait eu le temps de descendre dans le Chol. C'est la dduction la plus naturelle du texte interprt d'aprs les
geait-il
:

C'est qu'en effet les promesses ont t formelles; et par l, s'ouvre la perspective sur le Messie venir
:

(David) m'appellera Mon pre, [] Mon Dieu et le rocher de mon salut. Et moi, je le ferai premier-n, Souverain des rois de la terre.
Il
:

jamais je

lui

garderai

ma

faveur.

Et mon alliance lui sera fidle. Et j'tablirai pour toujours sa postrit, Et son trne comme les jours des cieux.
Si ses fds abandonnent ma loi, Et selon mes jugements ne marchent S'ils profanent mes statuts. Et n'observent pas mes prceptes,

ides reues et le texte des Septante n'a fait qu'insister en disant tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption , car la corruption ne peut plus s'appliquer qu'au corps. De sorte que la seule explication littrale du psaume, surtout d'aprs le grec, est celle des Actes (ii, 25-32; xm, 35-37) celui qui parle dans le psaume espre ressusciter, avant mme d'tre descendu dans le Chol. Voir aussi pour tout ce paragraphe sur la vie future A. Durand, S. J., Les rtributions de la vie future dans les psaumes, dans tudes, t. lxxxi, 1899, p. 328-318, et surtout M.-J. Lagrange, Le judasme avant JsusChrist, Paris, 1931, p. 313-363 (La rtribution dans la vie future).
:

pas.

[]Je chtierai avec la verge leur transgression. leurs pchs. Mais faveur je ne 'dtournerai' pas de lui. Et je ne ferai pas mentir fidlit.

Et avec des flaux 'humains'

ma

ma

Je ne profanerai pas mon alliance, Et la dcision de mes lvres je ne changerai pas. Une fois, je l'ai jur par ma saintet. Non je ne tromperai pas David. Sa postrit a jamais existera. Et son trne, comme le soleil, sera devant moi.

le messie. On trouvera l'art. Messianisme une tude analytique des textes messianiques contenus dans le psautier. Sont successivement passs en revue les ps. n et ex du temps de David, col. 14211426; les psaumes prexiliens, soit ceux qui se rapportent au Messie personnel, xlv, lxxii, lxxxix, cxxxii, soit ceux qu'on a prtendus tre des psaumes d'intronisation de Jahv, xlvi, xlvii, xlviii, lxxv,
///.

Comme

la lune,

il

Et 'pour toujours, comme'

subsistera jamais. la nue sera inbranlable. [(lxxxix, 27-38.)

lxxvi,

xcm,

ments messianiques,

xcix, soit ceux qui contiennent des fraglxviii, lxxxi, lxxxvii. col. 1455-

Le ps. cxxxn contient galement des promesses de Jahv. Il semble mme que tout en visant, lui aussi, la restauration du trne de David, il favorise plus l'ide messianique personnelle, en parlant au singulier de la corne et de la lampe de David. Lagrange, Notes sur le messianisme dans les psaumes, dans Revue bi-

1145

PSAUMES
toujours
:

il

VRE DES
I i

M
lie

MESSI]
|

Mifiic 1905, p. 57. En voici le passage essentiel! quand laine vient de dire qu'il a choisi Sion comme rsidence
t

'Elle durera' aillant que le soleil >e gnration en gnration,

I.

comme demeure pour


s,-
i

descendra
l'onde
lui

comme
<

la
la

pluie sui
terre.

h-

gazon,

Comme
Devant
David,
I

'

de

prtre*, |e les vtirai de salut. -.s dvots, certes, |ub!leraat. i.i. je ferai germer uni- eorne poui
t

s'Inclineront
la

[]

ses

ennemis;

IN lcheront
es
rois .le

poussire
les

Je prparerai une lampe pour mon oint. ennemis le les vtirai de honte, " \\\i\ 16-18.) !t mit lui brillera 'mon' diadme,

l'haisis el

Mrs

apporteront des prsents.


i.es

rois

de Scheba

et

de Saba

offriront

un
les

tribut.
si

- Ris de David, ainsi que !lo la promesse, et ce titre roi. le Messie sera :u-Ni revtu lu sacerdoce, prtre d'une manire sp i.ile. la minire le Melchisdech. L'auteur de 1*6jltre aux Hbreux tirera d'incalculables consquences t d'admirables considrations de ce texte du ps. \. qui appelle indiscutablement le Messie, le roiJ

Lu dignit du Messie.

l'.t

tous
les

nus

prosterneront devant lui;


le

Tous
i

peuples

ser\ Iront,
-

jrtre

Oracle le Jahvc .i mon Seuneur tSSkds loi | ma droite. ius|u'.i ee que je place tes ennemis ''eau de tes pieds.
:

passion du Messie. Quoi qu'il soit revtu d'une telle dignit, le Messie ne manquera pas (le souffrir. L'un des psaumes le plus formellement messianiques et dont Jsus lui-mme s'est appliqu le premier verset, Mattn., xxvm, 16, Marc, jcv, 34, le ps. xxn contient de tels dtails sur la passion que de\ ra subir le Messie que. de tout temps, on l'a considr comme d'une Importance capitale pour reconstil.ii

sceptre le ta puissance Jahve envoie. De Sion domine Vu milieu le tes ennemis.


I.c

tuer le portrait sieurs endroits, de le restituer

du Messie. Malheureusement, en plule


:

texte est assez mutil. N'ous essayons

Mon

Dieu,

mon

Dieu, 'regarde-moi'.

Jahvc |*a jur l'.t ne s'en repentira pas Tu es prtre jamais A la manire de Melchisdech.
:

Pourquoi m'as-tu abandonn, |] mon Dieu? Je crie le jour et tu ne nie rponds pas, l'.t la nuit, et il n'y a pas de repos pour moi...

Jahv. a ta droite. [1 Au jour de sa colre

Moi je suis un vermisseau et non un homme, L'opprobre de l'humanit et le rebut du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi Ils s'loignent [] et hochent la tte:
;

[]

Juge parmi les peuples. 'Rempli de majest'.

Il

s'est

tourn vers Jahv. qu'il

le

sauve
!

(<

\.

i-2.

4-6;

cf. n. 6.)

Fils de David, roi-prtre, prtre la manire de Melchisdech. assistant du juge suprme, le Messie apparat Fils de Dieu, dans un contexte tel que seule la filiation divine satisfera cette appellation de Fils de Dieu, qui sera reprise au baptme de Christ":

Qu'il le dlivre, puisqu'il se plat en lui Oui, c'est toi qui m'as tir des entrailles. Qui m'a mis en scurit sur la poitrine de

ma

mre.

Vers

toi je fus jet


le

Ds

ventre de

ma

Ne

t'loigne pas

ds le sein mre, tu fus mon Dieu. de moi, car l'angoisse est proche.
;

Car personne ne vient

mon

secours.
;

Jahv
<

'lui*

dit

Toi. ta es' mon fils: Moi. aujourd'hui, je t'ai engendr. e te donnerai les nations pour ton hritage F.t pour ta possession les confins de la terre. Tu les briseras avec un sceptre de fer: ''.ommele v.isedu potier, tu les mettras en pices, (il. 7-0.)

Des 'adversaires' nombreux m'environnent Des 'ennemis de ma chair' m'assigent Ils ouvrent contre moi leur bouche, Comme un lion dvorant et rugissant [|.
;

Mon
Il

se

coeur est devenu comme la cire; fond au milieu de mes entrailles.


'palais'
est
s'est

Mon
Car
I

La mixtion pacifique du Messie. se rapportent la mission du Messie. Le ps. xi.v est un pithalame. chant d'amour compos pour les noces d'un roi. Mais ce n'est videmment pas comme tel qu'il est entr dans le psautier religieux on v a vu trs justement une allgorie de l'amour entre
3
:

Deux psaumes

Et ma langui
',

dessch comme l'argile al lche ma mchoire

[].

la bande de malfaiteurs, mes mains et mes pieds. Je compte tous mes os Eux regardent et nie contemplent.
I

elle

m'entoure,
[|

lie

assige

l'assemble des fidles, sans vouloir attribuer chaque trait un sens symbolique. M. Podechard, Revue biblique, 1923. p. 29, en a tent une heureuse resssie et

se partagent entre eux mes vtements. Et sur ma tunique ils jettent le sort. Mais toi. Jahv. ne t'loigne pas; Ma force, a mon secours hte-toi. (xxn, 2-20.)
Ils

titution.
ps. Lxxn prsente l'empire pacifique du Messie. y remarquera, en effet, l'insistance que met l'auteur nous parler de cette paix gnrale et permanente, et. d'autre part, l'extension de cette paix aux peuples du monde entier

Le

On

5 La rsurrection du Messie. Plus haut, dans notre paragraphe sur la vie future, nous avons interprt de l'me du juste le passade suivant du ps. xvi, 10-11
:

T-t
11

ta

rcorde nuire au

fl

ton droit

fils

du

roi.
e

Car tu n'abandonneras pas mon me au sel col. Tu ne permettrai pas a 'ton dvot' de voir l'abme. Tu nie tiras connatre le chemin de la vie:
Hassasiement de
|oies

jugera ton peuple avec justii


tes

devant

ta

humbles avec

droit.

Bonheur

la

droite pour

loiiiours.
:

f'n r<. jours fleurira fl la paix Jusqu' ce qu'il n'v ait plus de lune. l'autre. Et elle dominera d'une mer F.t du fleuve aux confins de La terre.
:<

t Tu ne lais^ Les Septante ont cette variante Et cette variante, pas ton saint voir la corruption. dont le sens est pass dans la Vulgate, est le tmoin ou qui est devenue l'inspiratrice d'une tradition juive-

PSAUMES

LIVRE DES
devenu

1148

une tradition clii-l icnne par le moyen de la tradition juive qui trouve son point d'apVulgate plication parfait dans la personne du Christ, comme
aussi

celui de la prire chrtienne, c'est parce qu'il exprime, sous les formes les plus varies, les sentiments de l'me religieuse, en face de son Crateur.

font remarquer les Actes, II, 25-32; XIII, 3.">-37 Le Lagrange ajoutait encore cette considration, Noies sur le messianisme dans les psaumes, dans Revue biblique, 1905, p. 192 Cepsaumeest un des passages de l'Ancien Testament qui forcent l'tude, mesure qu'elle se fait plus attentive, y reconnatre le pressentiment divin du Nouveau. Les deux versets 10-1 1 du ps. xvi sont donc dans leur sens plnier et complet deux versets messianiques qui visent la rsurrection du Messie;
le
.

P.

taires

Noos ne pouvons songer a dresser ici la liste des commendu psautier qui ont t faits par les Pres ou par les

l'me du Messie ne devait pas tre abandonne par Jahv au schel; le corps du saint par excellence ne pouvait pas voir la corruption corps et me, le Messie, par une rsurrection immdiate, devait connatre le chemin de la vie o l'on gote devant Dieu jusqu'au rassasiement toutes les joies et le bonheur ternel. Sur ce texte du ps. xvi (Vulg., xv), la Commission biblique a rendu un dcret, le 1 er juillet 1933, qui est
;

thologiens scolastiques. Les diffrentes patrologies et les bulletins de littrature patristique et scobistique renseigneront ceux qui veulent entreprendre ces tudes de thologie positive. Parmi les ouvrages d'ordre gnral, il faut mentionner soit les articles d'encvclopdie comme VV. T. Davidson the. Bible); Kittel ( Realencyklopliej ; Pannier ( Dict. o\ ( Dicl.de la Bible) ;Vaccari (Dict. apolog.) soit les manuels d'introduction comme Brassac, Cornill, Driver, Gautier,
;

que nous avons


article.

Lusseau et Collomb, Pope, Reni, Stade, Verdunoy. Les tudes qui se rapportent plus spcialement aux sujets traits ont t cites au cours de notre
il
:

ainsi libell

l'trum viro c.itholico fas maxime data interpretatione authentica principum apostolorum (Act., n, 24-33 xiii, 35-37) Verba Non dereps. xv, 10-11
sit,
;
:

Est-il permis un catholique, tant donne surtout

l'interprtation authentique

linques

animam meam

in

aptres des princes des (Actes II, 24-33 xm, 33-37) d'interprter les paroles du ps. xv, 10-11 : Non derelin;

tuum

Notas mihi

inferno, nec dabis sanctum videre corruplionem. fecisti vias vitse,

sic interpretari

qmsi auctor

animam meam in inferno, nec dabis sanclum tuum videre corruplionem. Notas mihi fecisti vias vilse, comme
ques l'auteur sacr n'avait pas parl de la rsurrection de Notre-Seigneur Jsus-Christ,
si

sacer non sit locutus de resurrectione Domini Nostri NegaJesu Gliristi. Resp.

tive.

Rp.

Non.

CONCLUSION. En guise de conclusion notre expos de la thologie du psautier, qu'il nous soit permis de rapporter l'opinion d'un historien et
iv.

d'un thologien. Tout d'abord voici ce qu'crivait le P. Denifle, Die abendlndischen Schriftausleger bis Luther iber Justitia Dei (Rom., i, 17) und Justificatio, Mayence, 1905, p. x, en parlant prcisment du psautier Aucun livre de l'Ancien Testament n'a eu plus de commentaires, surtout depuis le dbut de la scolastique. Je me suis frquemment trouv en prsence de ce fait que les thologiens, surtout les plus importants, qui devaient crire sur les lettres de saint Paul, ont expos d'abord le psautier. Et voici le tmoignage de saint Thomas d'Aquin qui a comment une grande partie du psautier et aussi les ptres de saint Paul. Au dbut de son commentaire sur l'ptre aux Romains nous lisons ces lignes Sicut inter scripturas Veteris Teslamenti maxime frequentantur in Ecclesia psalmi David, qui post peccalum veniam obtinuit, ita in Novo Testamento frequentantur epistohe Pauli, qui misericordiam consecutus est, ut ex hoc peccatores ad spem erigantur. Quamvis possit et alia ratio
celle
:
:

esse,

Gi.E
p.

quia in utraque scriptura fere tota theolocontinetur doctrina, d. Marietti, Turin, 1929,

2, col. 2. En tte de son commentaire, sur le psautier, saint Thomas d'Aquin remarque que la matire de ce recueil est universelle; et il en donne ce motif : Quia cum singuli libri canonicae Scripturae spciales materias habeant, hic liber generalem habet
il conclut Et hsec est ratio, quare magis frequentatur psalterium in Ecclesia quia continet totam Scripturam, t. xiv, Parme, 1863, p. 1 18. En vrit, si le psautier a t tant lu et tant comment dans la sainte glise, c'est bien parce qu'il contient un rsum de toute la sainte criture, et aussi l'expos le plus complet de presque toute la thologie. Si, aprs avoir t le livre de la prire juive, il est

y a lieu de mentionner Londres, 1931 Bickell, Carmina V. T. metrice, 18S2; Bird, A commenlarg on the Psalms, Londres, 1927 H. Birkeland, 'Ant und 'nw in den Psalmen, Oslo, 1933 Briggs, A critical and exegetical commenlarg on the Book of psalms, 2 vol., Edimbourg, 1906 A. Bruno, Der Rliglhmas der alttest. Dichtung, Leipzig, 1930 W. W. Gannon, The 6Slh Psalm, Cambridge, 1923 Cheyne. The Book of psalms, 1888; Ed. Courte, Le ps. XXII... Paris, 1932 A. Crampon, Le livre des psaumes suivi des cantiques du brviaire romain, Paris, 1925 C.-G. Cumming, The Assyrian and Hebrew hgmns of praise, New-York, 1934; L. Diirr, Psalm 110. im Lichte der altorientalischen Forschung, Munster-en-W., 1929; B. Duhm, Die Psalmen, Fribourg-en-B., 1899 B. Duhm, Die Psalmen, Tubingue, 1922; M.-B. d'Eyragues, Les psaumes traduits de l'hbreu, Paris, 3 e d., 1905; Fillion, Les psaumes comments selon la Vulgate et l'hbreu, Paris, 1893 R. Flament, Les psaumes traduits en franais sur le texte hbreu, 2' d., Paris, 1898; Glaire, Le livre des psaumes, Paris, 1888 H. H. Gowen, The Psalmi or the Book of praises, Londres, 1930 H. Gunkel, Die Psalmen, Goettingue, 1926-1928; E. Hugueuy, Psaumes et cantiques du brviaire, 4 vol., Bruxelles,19161927 P. Humbert, La relation de Gense I et du ps. lOi avec la liturgie du nouvel an isralite, dans Rev. d'hist. et de phil. relig., 1935, p. 1-27 ; G.-C. Keet, A liturgical studg of the Psalter, Londres, 1928; A.-F. Kirkpatrick, The Book of psalms, Cambridge, 1906 R. Kittel, Die Psalmen, Leipzig, 1922 J. Knabenbauer, S. J., Com/neniarius in psalmos, Paris, 1912 Ed. Koenig, Die messianischen Weissagungen des A. T., Stuttgart, 1923; Ed. Koenig, Die Psalmen, Giitersloh, 1927 J. Koenig, Thologie der Psalmen, Fribourg-en-B., 1857 M.-J. Lagrange, Le messianisme chez les Juifs (150 av. J.-C. 200 apr. J.-C), Paris, 1909 S. Landersdorfer, Die Psalmen, Ratisbonne, 1922; Le Hir, Les psaumes traduits de l'hbreu en latin, avec la Vulgate en regard, 1876 Lestre, Le Livre des psaumes, Paris, 1883 M. Lhr, Psalmenstudien, Berlin, 1922 G. Marschall, Die Gotlloscn des I. Psalmenbuches. Munster-en-W., 1929 A. Mdebielle, L'expiation dans l'A. T., Rome, 1924, p. 236-245; Meiss et Houde, Les psaumes traduits de l'hbreu, Beaulieu-sur-Mer (AlpesMarit.), 1926; A. Miller, Die Stellung der Aszese in den Psalmen, Beuron, 1933 S. Mowinckel, Psalmenstudien : und die individuellen Klagepsalmen, Oslo, 1921 I. Awdn IL Dos Thronbesleigungsfest Jaliwds und der Ursprung der Eschatologie, 1922; III. Kullprophetie und prophetische Psalmen, 1923; IV. Die technischen Termini in den Psalmenberschriflen, 1923; V. Segen und Fluch in Israls Kult und Psalmendichlung, 1924 ; VI. Die Psalmdichler, 1924; E. Pannier, Psalterium juxla hebraicam veritalem, Lille, 1908; E. Pannier, Le nouveau psautier du brviaire romain. Traduction sur les originaux, Lille, 1913 H. Perenns, Les psaumes traduits et comments, Saint-PoI-deLon (Finistre), 1921 dom P. de Puniet, Le psautier
vol.,
;
;

En dehors de ces tudes, W. E. Barnes, The Psalms, 2

totius theologise, puis

liturgique la lumire de la tradition chrtienne, 2 vol., Paris, 1935; M. Sales, O. P., Il libro dei Salmi, Turin.

1934; 1927
J.

le

H. Schmidt, Die Thronfahrt Jahves, Tubingue. mme, Das Gebet der Angeklagtcn im A. T.,
;

Giessen, 1928; le mme, Die Psalmen, Tubingue, 1934; M. P. Smith, The religion of the Psalms, Chicago, 1922 A. Schulz, Kritisches zum Psalter, Munster-en-W.. 1932; L. Soubigou, Dans la beaut rayonnante des psaumes. Anthologie des psaumes, Paris, 1932 J. W. Thirtle, The
;

,"

PSAUMES
1
.

LIVR]

DES

PSELLOS

MICHEL]

150

Tletenthal, Sonun nu, Londres, 1904; nesitanicat, Puis, 1912; nloriiun in psaimta /'/ itsaltrri, \>>1-, Moutsenat, 1932; SI l 2 il. .m B. bach, \. f/i>mr> </ iv Psiilms, Londres, 1928; J. Weber, Wutx, r. tautit r i/ii ten.iir,' romain, Paris, 1932

mm
1

J., Einfahrung r. Zorell. S. l'salmrn, Munich. !"_'..; M,lrik und dir Kuiisl/nr/nrn <nr hrdrnlsr/M ji Psn/men191-1: le mme, l'sallrrium ri Munstei <mi \\
.

hrbrui' latinum,

Rome, 1928
P.

Swwi

parait pas avoii ajoute grande importance a cette querelle ecclesias tique, et il lapasse compltement sous silence dans sa Chmnographie. C'est a peine s'il lui clonne une inen tion dans {'Eloge funbre de Michel Crulaire, Cette affaire, du reste, ni- lui laissait aucun bon sou Venir. peine, en effet, les lgats du pape taient ils partis que sa loi lune plit. Sis .unis l.ikhoudis. Mail ropOUSet Xiphilin encoururent la disgT ee de Constan

Au demeurant, notre philosophe ne

Michel, clbre polygrapha byzanNie II. crits se tin du m sicle (1018 mars 1078). rapportant aux sciences ecclsiastiques, III. Doctrine, \, Constantinople en 1018, d'une Vu I. modeste famille bourgeoise, Constantin Psellos, qui prt plus tard le nom de Michel en revtant pour quelques mois seulement l'habit monastique, reut une ducation soigne, grce l'intelligente tnacit de sa mre, rhodote. Il parcourut le cycle rgulier dos tudes primaires et secondaires de l'poque mais, l'Age iie ans. pour subvenir aux lu-soins de sa famille, il <lut interrompre ses tudes et prendre un poste de {actionnaire en Anatolie. La mort de sa sur ane lui permit bientt de parfaire son instruction et de s'initier a tout le savoir de son temps. Merveilleusement doue au point de vue intellectuel, d'une curiosit sans bornes, d'une souplesse et d'une facult d'assimilation prodigieuses, il devint en peu de temps le savant universel, pour qui l'antiquit classique dans tous ses
I

PSELLOS

.i

et les sciences sacres n'eurent bientt plus Cette science encyclopdique, il la dut moins matres qu'a son labeur personnel. A son poque, 'et. la haute culture tait en pleine dcadence ince. Plus que tout autre de ses contemporains, il contribua bientt a sa restauration, en collaboration m s illustres matres ou condisciples qui ont nom Mauropous, Nctas de Byzance, Constantin l.ikhoudis, Jean Xiphilin de Trbizonde. l'le fois ses tudes termines, la science du droit. qu'il avait acquise connue les autres, lui permit de prendre une place au barreau de la capitale. Nomm ensuite juge Philadelphie.il ne resta pas longtemps a ce poste. Son condisciple et ami. Constantin l.ikhoudis. u ministre de l'empereur Michel V le Paphlagonien (1041-1042), le tit venir a la cour avec le titre-de :.iir. imprial. Ds lors, son ascension dans les honneurs fut des plus rapides. Sous Constantin Monomaque (1042-105 il devint l'une des personnalits les plus en vue de l'empire. Il se vit dcerner les titres envis d'hyperiime (Excellence) et de consul des philosophe*. rTotT',; tcjv qHXooqxov, en menu temps qu'on lui confiait la chaire de philosophie l'universit de tantinople restaure (10-15). Neuf ans durant, il pa brillamment cette charge, tout en gardant son la cour. Avec son ami Jean Xiphilin. recteur de le de droit, il contribua puissamment la renaisde l'universit d'tat. tait encore a la cour quand le cardinal Humbert 's du pape saint Lon IX vinrent a Constanple pour traiter a la fois d'un.- alliance politique Normands d'Italie et de la reprise de la

domaines
rot.

>

.i

munion ecclsiastique avec

le

patriarc.it

cum-

nique, interrompue depuis plusw urs annes, srement is 1"I3. En cette affaire, son rle ne fut p. .s de premier plan. Il tait videmment du ct de l'empereur, et nous savons par ledit synodal de Michel Cru(10 juill. 1054) que le consul des philosopht trouvait au nombre des ambassadeurs que Constantin
.hirla colre

Michel Crulaire pour flde l'excommunim lance par le cardinal Humbert, et la rvolte populain qui s'ensuivit. Cf. Charles Will. Acta ri la quee de contr rt hitinx mposila exstant, Leipzig, 1861, p. 166.
a

imaque dut envoyer

du patriarche,

a la suite

Monomaqiie et embrassrent la vie monastique. Poursuis lui-mme par l'en\ le d'implacables ennemis, il ne larda pas a rejoindre Xiphilin dans son couvent du Mont-Olympe. Admis au nombre des moines sous le nom de Michel, qui devait lui rester, il se dgota vite de cet te nouvelle existence. Aussi m- tarda il pas rentrer Constantinople, aprs la inorl de Constan tin (1054). L'impratrice Thodora (1054 1056) lui lit le meilleur accueil et recourut ses conseils. Toujours en butte aux Intrigues les coiuiisans.il ne put s'tablir la cour et n'y parut qu' de rares intervalles. Mais, sous les successeurs de Thodora Michel VI Stralioticos (1056-1057), lsaac Comnne (1057-1059), Cons tantin DOUCUS, son ancien condisciple 1059-1067), Eudocie et Romain 1\ Diogne (1067-1072), et mme au dbut du rgne de Michel Vil Doucas, son ancien lve, son rle dans la vie politique de Hv/ance fui de tout premier plan, et il occupa durant tout ce temps les charges les plus importantes de l'tat. Ngociateur entre Michel Y et lsaac Comnne rvolt, premier ministre de ce dernier aprs la retraite de Constantin l.ikhoudis, il contribue pour une large part l'lva tion au trne de Constantin Doucas. qui en fait son conseiller intime et son commensal. A Romain IV Diogne, qui, sans l'loigner, lui tmoigne quelque dfiance, il rpond par une conjuration dont il est l'me et qui fait perdre le sceptre au malheureux vaincu de Manzicourt au profit de Michel VII Doucas (1071). Il semble qu'avec l'lvation de Michel, sou ancien lve, qui lui doit le trne, la fortune de l'sellos va atteindre son apoge. Ironie du sort, ou plutt justice immanente! Aprs les premires faveurs, la disgrce humiliante ne tarde pas le frapper. Michel VII lui prfre bientt comme premier ministre l'intrigant Nikiphoritzis (1(171-1072). et c'est dans l'obscurit et l'isolement, et peut-tre dans une gne voisine de la misre que le consul des philosophes termine son existence en mars 1078. D'un des derniers actes de sa vit' politique nous n'avons pas le louer. Ce fut lui, en effet qui. d'accord en cela avec son ancien condisciple et ami Jean Xiphilin. devenu patriarche (1063-1075), lit repousser par le nouvel empereur Michel VII les propositions d'union religieuse portes par les ambassadeurs du pape Alexandre II. Cf. art. CONSTANTINOPLE (glise <l<->. t. m, col. 1375. De son vivant comme aprs sa mort, la rputation de Michel l'sellos comme savant cl comme philosophe fut immense, et son influence intellectuelle a t srieuse et durable sur la littrature byzantine en ses diverses branches. De nos jours on admire surtout le littrateur et l'artiste mais historiens et d'il iques sont svres, dans leurs jugements, tant pour la vie publique que pour le caractre priv de ce prodigieux polygraphe. Il faut reconnatre en effet qu'en l'sellos l'homme n'est pas a la hauteur du savant et de l'artiste. I.e moins qu'on puisse dire de lui, c'est qu'il manque totalement de caractre et qu'il est un des plus grands vaniteux que l'histoire des lettres connaisse Ayant VCU la cour la plus et quelle cour! grande pari le de sa vie, du courtisan il a la grande ai. qui consiste a changer avec le vent qui souffle d'en haut, on le voit par exemple tour a tour accusateur et pangyriste du patriarche Michel Crulaire. qui parait avoir eu de lui mdiocre estime, bien qu'il lui ail cou lie
tin
i

<

1151
pice, la

PSELLOS (MICHEL
le fait Clir.

1152

l'ducation de ses neveux. En lisant l'une et l'autre morale de la fable Les animaux malades de la peste vous revient spontanment la mmoire. Un byzantiniste contemporain crit de lui il avait l'me mdiocre, peu de courage et peu de sens moral; il tait capable de toutes les intrigues, de toutes les palinodies, de toutes les trahisons. Ch. Diehl, Prface l'dition de la Chronographie de Michel Psellos par Emile Renaud (coll. byzantine Guillaume Bud), t. i, Paris, 1920, p. vi. Un autre, tout en n'tant pas plus tendre, plaide les circonstances attnuantes Aucune poque ne fut plus dangereuse pour le caractre d'un homme d'tat que cette poque de changements perptuels de souverains l'esprit faible et accessibles aux influences les plus contraires. Psellos ne fut pas la hauteur des exigences qu'un pareil entourage rclame de la force morale d'un homme : la plus belle parure de l'homme, la sincrit et l'honorabilit, il la perdit dans l'air dissolvant de la cour. K. Krumbacher, Geschichte der byzanlinischen Lilteratur, 2 e d., Munich, 1897, p. 435. Les Byzantins, en juger par les en-tte des crits de Psellos dans les manuscrits, ont ignor ces svrits et lui prodiguent les pithtes de roxvaowTaTO, de Tiu,i&>TaTO et d'7rspTi(io. La gloire du savant et de l'artiste leur a fait oublier les petitesses de l'homme.
:
>.

faut se garder de traduire ixoXouloc par messe, comme Zavos dans sa rcente monographie Un philosophe no- platonicien du XI e sicle. Michel Psellos. Sa vie, ses uvres, ses luttes philosophiques, son influence, Paris, 1920, p. 32. 2. Commentaire du Cantique des cantiques, en prose et en vers politiques entremls du commentaire des trois Pres , c'est--dire de saint Grgoiie de Nysse, de saint Nil et de saint Maxime texte grecet traduction latine; d'abord publi dans le t. n de la Bibliotheca veterum Palrum, Paris, 1624; dition reproduite par P. G., t. cxxn, col. 537-086; uvre assez trange, o les paroles du Cantique sont appliques l'glise. 3. De omnifaria doclrina (A'.Sxa/.aX'.a 7tavTo8a:rT) )
:
:
:

II.

crits se rapportant aux sciences eccl-

siastiques. Michel Psellos est le type du polygraphe qui sait tout et qui crit sur tout. Ses crits sont innombrables. On n'en a pas encore dress la liste complte et dfinitive. En 1886, Charles-Emile Ruelle, dans sa Bibliographie des crits indits de Michel Psellos, que nous savons incomplte, arrivait un total de deux cent dix-huit numros. 'EXXyjvix (piXoXoyiy.o SXXoyo, exoci7tevTaT7)p[, t. xvni(1886), TOxppTT)(xa toG )' t6u,ou p. 591-614. Depuis ce temps, une dizaine environ de ces indits ont vu le jour. D'autres ont t dcouverts. Il va sans dire que nous n'avons pas ici aligner la liste de toute cette production littraire. Il nous suffira de signaler les principaux ouvrages et opuscules intressant la thologie et les sciences ecclsiastiques en gnra). Nous parlerons d'abord des crits dits; nous mentionnerons ensuite les indits. Avant de commencer, faisons quelques remarques. Tout d'abord le nombre des ouvrages de notre polygraphe ne doit pas nous faire illusion sur leur importance. La plupart sont de tout petits opuscules, quelquefois de simples pigrammes. En dehors de la Chronographie, histoire anecdotique de l'empire byzantin allant du rgne de Basile II (976) 1077, qui tient en moins de 300 pages in-8, Psellos n'a laiss aucune uvre de longue haleine, Les plus longs crits, aprs la Chronographie, paraissent tre les deux discours sur Michel Crulaire, l'Acte d'accusation et l'Oraison funbre (80 pages chacun environ). Il faut noter ensuite que Psellos n'est original que par la forme et le style. Tout son fonds de science est emprunt. Son mrite est souvent de dire clairement et brivement ce que d'autres avant lui ont exprim longuement et plus ou moins confusment. Si l'on a beaucoup parl jusqu'ici de Psellos philosophe et de Psellos littrateur, on n'a presque rien crit sur Psellos thologien et exgte de l'criture et des Pres, auteur d'homlies et de pangyriques sacrs. Cette partie de son hritage littraire a t la plus nglige, et c'est

Questions quodlibtiques au nombre de cent-cinquantesept, dont les soixante premires intressent la thologie dogmatique et morale. Elles dbutent par une courte profession de foi trinitaire. Elles sont fort intressantes et nous montrent en Psellos un vritable scolastique appliquant la philosophie l'lucidation des donnes rvles. Psellos emprunte beaucoup saint Maxime et saint Jean Damascne. P. G., t. cxxn, col. 687-781. 4. Vers politiques sur le dogme (Uspl Syjxaro: opuscule intitul aussi dans les catalogues des manuscrits : Des sept conciles cumniques. L'auteur, aprs l'expos de la foi orthodoxe sur la Trinit et l'incarnation, numre les hrtiques et les hrsies condamns par les sept conciles cumniques. P. G., t. cxxn, col. 811-818, reproduisant pour le texte grec l'dition de Meerman, Thsaurus juris, t. i, La Haye, 1751. Signalons un gros contresens dans la traduction latine, col. 811, lig. 17, propos de la procession du SaintEsprit x to IlaTpo ttjv TcpoSov o/Yjxx; 7rp <penv xTtopet>T7]v, oj( ulxrjv. xv ayvwcnro; Tp7ro qu'il ne faut pas traduire par Ex Paire processum habet non ex Filio, mais par non per modum fliationis. 5. Dialogue sur l'opration des dmons (Ilepi vcp-faix; 8aijji6vtov SiXoyo), P. G., t. cxxn, col. 819-876, d'aprs l'dition de Goulmin, Paris, 1615, ouvrage souvent dit, objet de plusieurs tudes anciennes et rcentes, o Psellos rfute les pratiques magiques des sectes manichennes, spcialement des messaliens ou euchites, et nous donne en passant ses ides sur l'anglologie. Traduction franaise par P. Moreau, Trait par dialogue de l'nergie ou opration des diables, traduit en franais du grec, Paris, Guillaume Chaudire, 1573. 6. Grcorum opiniones de dmonibus (Tva Trepi Satfxvcjv Sooaiv "EXXtjve), P. G., t. cxxn, col. 875-882, opuscule dont le titre indique suffisamment le
.

sujet.
7.

Characteres Gregorii Theologi, Basilii Magni, S.

Joannis Chrysostomi et Gregorii Nysseni (XapaxTrjps rpjyopfou to 0eoX6you...), P. G., t. cxxn, col. 901908 apprciation d'ordre littraire sur les docteurs
:

nomms.
Rponse un moine au sujet de la dtermination de mort de chaque individu ('AvriypaipT) 7tp6 IpwTrjaiv P. G., TIVO ji.OVa^O TCpl plCT^O to avdtTou solution de Psellos sur cette t. cxxn, col. 915-920 question souvent dbattue chez les Byzantins, qui touche la fois la prescience divine et la prdestination. Psellos parle en parfait scolastique avec les
8.

la

dans ce domaine que

les indits

abondent

le plus.

1 Voici d'abord la liste des crits intressant la thologie (au sens large du mot), runis dans la Patrologie

distinctions voulues. 9. Opinions sur l'me, (AEoct epl iJwxtj), P- G., t. cxxn, col. 1029-1076, ouvrage avant tout philoso-

phique, qui intresse aussi


2

le

thologien.
le recueil le plus

grecque de
1.

Migne

Mlaphraste, P. G., t. exiv, col. 183-200, suivi d'un Office (xoXouOa) en l'honneur du mme, ibid., col. 199-208, dont le principal morceau est un canon. Les deux pices ont d'abord t publies par Allatius dans son De Symeonibus. Il

Pangyrique de

Simon

Aprs la Patrologie de Migne, important des uvres de Psellos est


tin
:

celui de ConstanSathas Mecratovtxrj PiSXioOttjx], t. iv et v, Paris, 1874 et 1876. Le t. iv contient 1. La Chronographie (976-1077), p. 1-299, dont Emile Renaud a donn rcemment une nouvelle dition avec

153

PSI

LOS

\lh.

Il

ne

excellente traduction ii-.hh-.iim-. prcde d'une le introduction, Psellos, Chronographie, 2 vol.. s Les vnements ecclsiastiques j Paris,
'

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7',-;

JjXlou
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.

as)

-rirr/y

'-'

<

tiennent trs

de place. trique du patriarche Michel Crulaire, Deux pages j sont consacres aux relations de Michel Crulaire avec les lgats du pape en 1054 aire est loue de son zle pour l'orthodoxie a pro06 de la procession lu Salnl Esprit, dont || s'esl trs peu occup. Silence complet sur les a/.\ mes et les autres
p< u

querelles liturgiques et disciplinaires sur lesquelles patriarche lit porter tout l'effort de la controverse.
I.

le

Uantin Likhoudis, p. 388 121. funbre du patriarche Jean XiphUin,

Le t. \ est rempli par quatre or. lisons tunbres. trois pangyriques, quatre apologies, deux-cent-huit lettres et quelques autres opuscules de moindre Importance. Toute eette littrature n'a rien voir avec la thologie. Il faut en excepter quelques lettres, notamment la lettre .s p. lli- loi. que Ps llos crivit ,i Jean XiphUin pour se justifier de son amour pour Platon et les autres philosophes. \oir aussi la lettre cv, p. :il7 l>aiis ees dernires annes, plusieurs nouveaux eerits de notre polygraphe se rapportant aux sciences sias tiques ont t publis en divers recueils. Si gnalons 1. Un discours indit de Psellos. Accusation du patriarche Michel Crulaire devant le synode (1059), d.
. :

publie par Gertrude Rcdldausla rc\ ue Byzantion, i\ 1927 19 18, p 197 2 16, et t. v, 1930, p Parmi les ouvrages thologiques indits, Il faut met ire eu premire ligne un nom lue assez considrable d'hon liqui s ou ur des textes scrlp tur. lires ou patrlstiques. Le cod. Parisinus XIII* sicle, est rempli pour une h, uni, partie de s> Olil de ce genre. Les commenl aires de l'criture j alternent avec ceux des homlies pal rist iques. spcialement le celles le s.iinl rc::oii c le Vi/i.in/.e. Ce sont en gnral des morceaux fort courts, La liste dtaille des pices avec les incipits est donne par Salhas. op. Cit., I. V, p. \' jt8'. Voir aussi {'Inventaire sommaire les mu nuscrits grecs de la Bibliothque nationale, de 1. Omonl i. t. p. 247-251. Le dernier morceau, fol. 317-319, mrite d'tre mentionn spcialement. Il porte le titre suivant AttSs'.v. rr Sixy pcov Xycov ~~r,~ ro Ku p(ou v juuaTaaoi;' cttxXt) Tipo tv oomXttxvov inb
t
.

'

to pacriXco. Signalons ensuite i. Une homlie assez longue Sur la dcollation de suint Jean-Baptiste, contenue dans le Parisinus 1177, du XI sicle, fol. 250-264. Discours sur le transfert des reliques de saint 2. I tienne premier martyr, sic rijv vaxofiiS^v to tijjiCou Xectjjdcvou you rpcoToupTupo STeqxivou, signal par Allatius. Diatriba de Psellis, lxvii. Cf. P. G., t. cxxn,
:

Irhier,
.

dans

la et

Repue des ludes grecques,


t.

t.

x\i.

col. 519.

p.

375-116,

part.

Comme

nous

xvii, 1904, p. 35-76; tirage l'avons dit. dans ce morceau, o il

ne faut pas chercher l'impartialit historique, Psellos fait le complet silence sur les vnements de 1054.
2.

L'opuscule intitule [I60ev Sx n yvoIt] XXTjvixa v -rv xorriv) (tjvtXe'.xv, dite par F. Boll, la Bytanlinische Zeitschrift, t. vu, 1898, p. 599:

3. Sur les miracles de saint Michel, e; Ta Oscouoct/ to pyicfTpaT^you Mi/oc/jX. Allatius, ibid. I. Sur le grand dimanche, fte de sainte Agath et sur ses lves, ei tt;v [AeydcXTjv xopiaxrjv, opTYjv tyj; yta 'AyiOr , xal c T p.aG-/)Tpa aTj. IhiJ.
(

5.

Sur saint Grgoire


reepl

ovyxeXXov

le Thaumat irge, t.qi t6v rcpoToto yfou rp^yopiou to Wau;i.XTOupyo.

Ibid., col. 520.


3.

Trois textes indits sur

les

Psaumes, publis par


:

A. Ruelle,
Y.'.:-

dans lement au

le
t.

Sgllogue

;;--

de Constantinople, xvm, 1886), suivis de l'opuscule >.;xv. p 603-61-1. Disons a ce


littrairt

propos que de nombreux lemmes sur

les

psaumes

se

ontrent dans le Coisl. grc. lS'i (xv sicle) sous le nom de Psellos. On en trouve aussi dans le recueil de er. R. Devreesse, art. Chanes exgetiques, dans le Supplment du dictionnaire de la Bible, t. i, col. 139, point assure de leur authenticit. I. Discours sur le miracle survenu aux Btakhernes, -', 'j B/aypvaci ycyovoTl Uv'yj.-/-'.. rd publie incompltement par P Bzobrazov, le Journal du ministre russe de l'Instrw publique, t. xii, 1889. p. 72-91, ce curii ux morceau .dite en entier, en 1928, la fois par X. Sidrids '( -/. t. ii. p. 508-519 la revue 539-548, et tirage part, et par .Joseph Bidcz, dans son ou ur la Chrysope, opuscules et extraits sur l'alchimie, la ne et la dmonologie ppendice, Proclus, Sur l'art hiratique; Psellus, rtatirjns indites), t. vi du ' atalogue des manuscrits alchimistes grecs, p. 192-210. La pice esl moins un discours qu'un acte (fit n l rdig dans les formes et dment authentiqu par l'autorit impriale, relatif un procs dont la \ iei - d< renllakhei ni dit la par un miracle. Sur le contenu voir l'armirai le habituel Grumel. Le de Xotre1
i
c

Damrdes
;

filakhernc

Orient.t.

xxx, 1931,

t.

lie sur l'Annoi > x<ufmap6v), ous avons publie dans la Palrologia orienlalis, xvi, j) 517-525, morceau la fois trs lganl el trs

Allatius signale encore plusieurs autres opuscules d'ordre thologique, ibid., col. 529-530, dont l'authen licite serait vrifier. A. Ehrhard parle aussi d'un opuscule sur la procession du Saint-Esprit que nous n'avons vu signal dans aucun manuscrit cf. K. Krumbacher, Geschichte der buz. Litteratur, 2 e d., .Munich, 1897, ]>. 80. Dans sa Bibliographie des crits indits de Michel Psellos, lac. cit., n. 134, Ruelle donne d'une Homlie sur l'Annonciation un incipit qui ne correspond pas celui de l'homlie que nous avons publi* La question de son authenticit se pose. Nous n'avons pas p.uh' des commentaires des crits d'Aristote et d'autres philosophes grecs attribus Psellos. L'authenticit de plus d'un soulve un point d'interrogal ion. comme le fait remarquer Krumhacher, op. al., p. 137. En revanche, il faut considrer commi close la question longtemps dbattue de la paternit du philosophe byzantin sur la Summula logicalis de Pierre d'Espagne i'r 1277). Il est sur que cet ouvrage n'a rien a voir avec Psellos el que le texte grec qui se lit dans certains manuscrits n'est autre chose que la traduction de l'original latin de Pierre par Georges Scholarios, au xv sicle. Cette traduction paratra au t. vin des uvres compltes de (,. Scholarios. Sur cette controverse voir Chr. Zervos, op. cil., p. 39-42, qui, encore en 1920, hsitait a se prononcer sur le dbat. III Il Doctrine. ne peul s'agir ici de faire le relev des opinions de Michel Psellos sur les questions thologiques Comment le tenter alors que tant d'in dits sont encore Inaccessibles? Nous nous contenterons de mentionner sa doctrine sur certains points particu;
.

liers. lit

Mais auparavant faisons remarquer que l'origina

rinal.
lie

afiplique

(Ilepl

rj

xiv^aeu to

la

de Psellos en thologie n'est p.is chercher dans pinions nouvelles. Elle consiste bien plutt dans comparaison entre les donnes rvles el les docT.

l'ICT

DB THBOL CATHOL.

XIII

37,

1155
trincs des philosophes de l'antiquit
tive d'clairer les
e1

PSELLOS (MICHEL)
dans
la

L58

tenta
philofigure

phique.

Si,

dogmes chrtiens par la raison dans le domaine littraire, Psellos lait


la

AtSaoxaXta rcavro8a7rr] (celui qui est dans la P. G.), dans l'Annuaire de l'Association des tudes grecques,
t.

xiii

(1879), p. 277-278.
Psellos tait

d'un humaniste de

Renaissance, sur le terrain de la thologie il rappelle nos scolastiques du Moyen Age. Comme eux, il applique la philosophie la thologie et fait de celle-l la servante de celle-ci. Certains de nos contemporains l'ont, sous ce rapport, fort mal jug. Us nous le prsentent comme une sorte de demi-paen plus ou moins sceptique, donnant partout les le pas aux philosophes anciens sur l'criture et Coin de suborPres. Chr. Zervos, par exemple, crit donner, comme les trois Cappadocicns, la sagesse de l'antiquit la thologie, il donne constamment le pas a la philosopie hellnique sur les directions de la pense chrtienne. Op. cit., p. 186. De nombreux passages des crits de Psellos protestent contre ce jugement.
:

La mthode de Michel

donc irrpro-

C'est tout le contraire qui est la vrit. a

Noire Byzantin

pu ngliger ou pratiquer mdiocrement les vertus chrtiennes, mais il est toujours rest un croyant convaincu, et il n'a rien du scepticisme souriant que quelques-uns de nos modernes, le jugeant d'aprs euxmmes, voudraient lui prter. Sans doute, de son vivant mme, il fut accus de faire la part trop belle Platon, Porphyre et Proclos. C'accusation de paganisme fut porte contre lui et il dut se justifier devant l'empereur par une profession de foi. Que cette profession ait t sincre, c'est ce dont tmoignent suffisamment les crits publis de lui jusqu'ici, sans parler
des indits. Ce qui nous claire sur sa vritable pense, c'est la lettre qu'il crivit Jean Xiphilin pour rpondre au reproche d'aimer trop Platon et de le prfrer au Christ. la foi 11 s'y montre vrai scolastique, faisant la part de et de la raison et donnant chacune la place qui lui revient la thologie, la premire; la philosophie, le rle de collaboratrice subordonne. Il y a longtemps, frre trs cher, crit-il son ancien condisciple, que j'ai reu comme un hritage paternel la dignit de
:

chable aux yeux du croyant clair. Elle n'en inspirait pas moinsde la dfiance dans les milieux ecclsiastique et monastiques. Cette utilisation de la sagesse paenne leur paraissait prsenter de graves dangers pour la loi. Et il faut reconnatre que ce danger tait rel. e sicles, Nous trouvons en Occident, aux XII e et la mme opposition, chez beaucoup d'hommes d'glise, l'usage de la dialectique en thologie et l'adaptation de la philosophie antique au dogme rvl. Mais, tandis que dans l'glise occidentale le mouvement scolastique, aprs des pripties diverses, finit par obtenir droit de cit et produisit de magnifiques chefs-d'uvre, Byzance il fut bientt arrt la fois parl'gliseet par l'tat. Psellos tait peine mort que son successeur comme recteur de 'Acadmie des lettres,

xm

Jean Halos,
ceau

condamn. Une srie de conciles, sous Alexis Comnne, touffrent presque au bertait
la scolastique

byzantine naissante.

Psellos, nous trouvons une nouvelle preuve de leur fermet dans cette dclaration insre au c. xn de l'Histoire de Thodora, Chrono graphie, d. . Renauld, t. n. p. 7778 Pour moi, ce n'est pas la raison scientifique qui m'a dtourn de ces questions (de l'astrologie); c'est une force divine qui m'a retenu, et ce n'est ni aux syllogismes, ni certes aux autres moyens de preuve que je prte l'oreille; mais la mme cause qui a fait descendre des mes vraiment fortes et expertes l'acceptation de la culture hellnique, c'est la mme qui, pour moi, me presse et m'lve la certitude de notre foi. Aussi, que me soient propices et la mre du Verbe et

Quant aux convictions chrtiennes de

le Fils incr, et la

chrtien et que je suis devenu le disciple du Crucifi, l'lve des saints aptres et l'cho trs exact de l'ineffable doctrine touchant la divinit. Quant aux Platon ou aux Chrysippe que tu mentionnes, je les ai aims,

en

comment faire autrement?... Mais dans leurs effet doctrines j'ai fait un choix. Rejetantles unes, j'ai retenu les autres comme pouvant servir les ntres et faire corps avec les saintes critures. Ainsi en ont agi Basile et Grgoire, ces grandes lumires de l'glise. Lettre au moine Jeun Xiphilin devenu patriarche, Sathas, op. cit., t. v, p. 447. L'usage du syllogisme, continue-t-il,
:

passion qu'il a soulerte, et l'pine qui couronna sa tte, et le roseau et l'hysope et la croix, mon orgueil et ma gloire, mme si mes actions n'ont pas t d'accord avec mes paroles. Recueillons encore ces paroles de notre chronographe sur les deux J'ai tudi la philosophies, la profane et la sacre philosophie suprieure qui repose sur le mystre de notre religion plutt que la profane, d'une part en suivant la doctrine des illustres Pres de l'glise, d'autre part, en contribuant de mon propre fonds complter la science divine. Chronographie, Constantin IX, c. xlii, Renauld, t. i, p. 137-138. C'est aussi la foi chrtienne qui illumine sa conception de l'histoire J'ai l'habitude
:
:

n'est pas chose inconnue dans l'glise, ni une mthode trangre la philosophie; c'est bien plutt l'unique instrument de vrit et le moyen de dcouvrir la solu-

d'attribuer la divine Providence le rglement des choses de quelque importance, ou plutt de rapporter elle tout ce qui nous arrive, sauf ce qui provient de la corruption de notre nature. Chronographie,
dit-il,

Michel IV.
tantin IX,

c.

xxx, Renauld,

t.

i,

p.

71.

Cf.

Cons-

tion

se lit

aux problmes poss. Une au dernier chapitre de son ouvrage

dclaration semblable
:

Ai.8aa>:ocX[a
:

TOXVToSoorT],

ddi l'empereur Constantin Doucas Dans l'intention de vous apporter un grand nombre de penses sur l'me, j'ai puis dans nos propres cratres aussi bien que dans les eaux amres des Hellnes. J'ai pris soin de purifier les doctrines profanes afin de les introduire dans nos dogmes, sans toutefois russir a leur ter compltement leur caractre. Quant vous, qui sont il ne suffit pas de connatre les divines paroles,
pleines de vrit, niais il faut y croire fermement. En ce qui concerne les opinions qui rappellent les doctrines hellnes, sachez que je ne fais que les exposer. Je vous conseille d'en profiter pour savoir la diffrence qui existe entre nos dogmes et les opinions des paens. Par cette comparaison vous constaterez que nos crits sont

lxxii, ibid., p. 152. Comme nous l'avons dj dit, l'originalit de Psellos en thologie, autant qu'on peut en juger par les uvres
c.

publies, est avant tout dans la mthode, non dans fond de la doctrine. Sur les questions particulires,
s'en tient
les

le
il

ordinairement au sentiment commun de ses contemporains. Nous ne .signalerons sa position que sur
:

de vritables roses, tandis que les livres grecs produisent avec de jolies (leurs des substances vnneuses. Emile Ruelle. Quarante-deux chapitres indits et complmentaires du recueil de Michel Psellos intitul :

points suivants Sur la procession du Saint-Esprit il adopte la docLe Sainttrine officielle de son glise au xi* sicle Esprit procde du Pre, non du F Is, mais il est communique aux fidles par le Fils. C'est la formule qu'il emploie au dbut de son recueil quodlibtiqucAiSa-n-aXia TcavxoSaTTr, x Tlarp u.v ey.ropeuou.svov, Si 'lo 8 u.FTa8i86uxvov. P. G., t. c.xxii, col. 88 A. Le Pre est la fois toxtt]P to u.ovoyvoO Ylo et -poooXs-j to you Ilveu.a-ro. Dans le Pangyrique d? Michel Crulaire, il flicite ce dernier de son zle pour dfendre l'orthodoxie sur ce point contre la doctrine des Latins, qu'il qualifie de suprme impit, gale l'hrsie d'A1
:
:

1157
rius et

PSI

LLOS

MU

III

PUCELLE
phiques, smi

i;

II.-.s

rfutation

d'Eunomius; puis il esquisse un semblant le qui montre bien qu'il est d'accord avec Photius 11 ne veut pas que le saint Esprit tienne son ,-niv du l-'ils en quelque faon que ce soit
\

dclare pourtant que certains ne virent en cette affaire rien de gravi


<//..(.

iv, p. 348.

Il

ry(xot

Ssivov.

a ee qu'il dit de la doctrine catholique, on bien qu'il ne la connat pas et qu'il la dfigure. fbid.. p. 349-350. Lui qui se vante quelque part de r le latin ne lai- rien percer, dans ses crits, de nnaissunec de la littrature ecclsiastique latine, il Emile Renauld, fltude de la langue et du style de 117-419 Pas une fois f/os. Paris. l'-Cii. p

Quant

voit

influence, Paris, 1920, p, i 12; et surtout ' lud ' fa langue el du slgle /. Michel Psellos, Paris, 1920, p. i\ xxix; pour les tudes les pins rcentes voir Stphanou, Bulletin bibliographique de phixxxi, 1932, p, 67losophie byzantini dans chos d'Orient, 68, et les Indications donnes au cours du prsent article; 2* pour les indits, a Emile Ruelle, Bibliographie des crits <'.' >/<, indits Wtchel Psellos, dans le t. wiii. 1886, 1 .il 614. nous l'avons dit, cette p, liste des Indits n'est ni complte ni absolument sre. les sources de la vie de Psellos sont surtout ses propres crits. Elles ont t utilises surtout par Sathas dans ses

d'Emile Renauld,
i
.

Comme

uvres, pourtant si varies, il ne cite une e latine pas une seule fois le lecteur ne tombe sur un souvenir d'un le ces grands crivains dont s'honoIbid., p. 118. rait r ancienne Rome . Sur lu nature des anges, Psellos appartient la rie les thologiens byzantins qui n'accordent tux esprits qu'une immatrialit relative. Les bons mme les mauvais, sont unis une matire e et thre, invisible l'il nu, lumineuse chez les lions, tnbreuse chez les mauvais. De operatione :uim. c. vu, mu. P. '/'.. t. cxxn, col. 836-840. lit. du leste, que Psellos emprunte la plupart des lments de sa dmonologie au no platonicien Proclos Cf. J. Bidcz, Michel Psellos. pitre sur la chrysopie, etc., Bruxelles, 1928; K. Svoboda, La dmonologie s, Brno. 1927. 'ans son Homlie sur l'Annonciation, notre auteur -se/, clairement la conception immacule et Cimpeccabilit absolue de la sainte Vierge. H va jusqu' lui accorder la vision batifique antrieurement a Avant mme de concevoir, elle voyait l'annonciation Dieu [dus distinctement que h s sraphins. P. O., t. xvi,
dans
s, :
.
;

Introductions aux t. n et v de la M treucovixrj 816X106 //. rsumes par Chr. Zervos et 1'.. Renauld, op. cit., et aussi dans l'introduction b l'dition de la Chronographle. i>u point de vue littraire la meilleure tude est celle d'K. Renauld. Peu de choses ont ete crites sur Psellos thologlen. Voir s. Salavllle, Philosophie et thologie ou pisodes scolastiques d Bgzanee de 10 SI d fJJ7, d ms Echos d'Orient, t. wi\. 1930, p. 133-141. Quelques indications dans notre Theologia chrtslianorunt orlentalium dissidentium, t. i, p. 303; t. n. i>. tss. 550, :..".:.. :>s.">. ;,s7. M. .Il OIE.

longues

PUCCI

Franois

d'une

Vieille

et

considrable

famille Dorent Ine, suivit ComedeMdicisdans son exil. Il avait t l'lve d'Ange l'olitien. Devenu comme lui un humaniste de premier plan, il fut un temps professeur de rhtorique Maples, puis devint ambassadeur de la Rpublique florentine auprs du pape. Ses crits lous par l'olitien et Marsile b'icin. taient d'une Dit i

nite lgante, savante, mais fluide et harmonieuse.


fit

Il

beaucoup de traductions d'auteurs


le

grecs,

demeures
1

sur

chantier raison de sa mort, survenue vers Rien ne semble avoir surveeu.

195.

21.

Cf.

art.
'

Immaccli
t

Conception

mws

l'-

Ne^ri, Istorla degli scrittori Fiorentini, 1722, p. 2t.">; Tiraboschi, Sloria dlia letteratura italiana,t. vi, :! part., p. '.>.-,7 et 1070. F. BONNARD. Ren (1655-1745), n Paris, le

PUCELLE

vu, sur l'me humaine. Psellos a beaucoup crit. Il rapporte, la plupart du temps, les opinions des anciens philosophes, et il n'est pas toujours facile de savoir
.

col. ''37.

quelUs sont

celles qu'il

approuve,

celles qu'il rejette.

dant, en certains endroits, il est trs explicite. Il tient pour la thse crationiste et l'animation imml'.f. De omnijaria doctrina, 2'.>. 12, P. (/.. t. cxxii, r _ \l'.. 7I3-71G ,-z yip \ y>/j, Ttpoyeveorpa -'/ n>\x Trpcorepov Tj, ij/r , tYj' :.u.~j .-//r xod gc,t/.. et aussi De oraculis chaldaicis. P. G., ibid, col. 1111 I) ox xnb <mzp[iT<\> r rry rrcrraciv '/.ysjf/. '/Ai ht acyj.y.-'.y.~xi, --r;/.-'. xpi^ET.v, i>>' avwOsv v.-ro 0eo'j tt;v 5~ap:

1 janvier 1655, de Claude l'ueelle, avocat au parlement de Paris, et de Franoise de Catinat, soeur du marchal, lit d'abord des tudes ecclsiastiques, puis participa quelques campagnes en Italie et en Allemagne, sou s les ordres de son oncle en lin il reprit l'habit ecclsiastique au sminaire des Bons-Enfants. Il reut le sous-diaconat et lit des tudes de droit. Il fut conseiller-clerc au parlement ds Paris, le 10 avril 1684. Il resta toujours batailleur on le voit attaquer avec
; :

vhmence
en 1693; en

['Histoire
1

des

jsuites,

du

P.
la

Jouvcncy,
la

71

l.

il

se

dchana contre

bulle Unige-

nitus, qu'il combattit

toute sa vie. Aprs

mort de

Louis
pai
h'

\',

il

lit
:

partie

du
il

conseil de conscience tabli

Rgent

toujours

dtendit

la

cause des adver-

5
et

tions

de sa manire de traiter les quespurement scolastiques, o la foi n'est pas engage ou les hypothses peinent s,, donner libre carrire.
-

Comme exemple

saires de la bulle avec une violence inoue, qui le lit exiler dans son abbaye de Saint-Lonard de Corbigny,

au diocse d'Autun, et il se dclara ouvertement en faveur des miracles du diacre Paris. Il mourut Paris,
I" fvrier 1745. les actes de l'ueelle sont dirigs contre la bulle Unigenilus; on trouve, dans les Correspondances des vques de Snez et de Montpellier, plusieurs lettres de PUCelle et. dans les Hecucils du temps, des discours. ordinairement trs violents, contre la bulle el contre la
le

on peut eiter ce qu'il


des
-

dit sur le nombre respectif des hommes. Il estime que les anges ont t et moins nombreux que les In. mines, parce que plus
.

Tous

un

ir.

st

parfait et proche de Dieu,

mme
plus petits
q.
i
.

les
j

>s;i

moins il est mulnombres plus voisins de l'unit a nt Thomas, Summa theologia,


l
.

soutient le contraire pour la raison que Dieu se doit de multiplier les choses les plus excellentes pour la plus grande perfection de l'univers.
a

cour de

tome.

3,

el

l'sollos est s.nis d


i

polyRrapI

ie.

zantin sur lequel lei plus crit. Sa bibliographie correspond Ile -t uni nsi Nous ne pouvons qui teur 1" \*mr ! /.i ductrini de aux cntnlo ui
le

>

Michaud, Blogr. universelle, t. wxiv, p, 199-500; lloefer, Nouv. biogr. gnrale, t. xu. col. 167-168; Feller-Welss, Biogr, universelle, t. vn, p. 66-89; Morri, Le grand dictionnain t. vin, p. 624; loge de l'abb Pucelle, dans Le \t< mire de fvr. 1745; Nouvelles ecclsiastiques du 23 janv. 17 1."), ' iastique p. 13-16; Picot. Mmoires pour srrmr l'hi il. et pendant l>- XVIII tide, t. n, p. 283-284; 330 131,388; Saint-Simon, Mmoires, d. Boislislc, t. \\i\. p. 60-61;
Ncrologe des
vrit 'in
-v

ici
'.

ii

r.
i

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.

Lillcralur,

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Zrrvns, ( n philosophi no-platoSa m., ion oeuvre, te* loties philoso(".I

r.

i///

.,.</,-.

n. p. 93.
J,

Cajuu

1159

PUEBLA (ANTOINE DE

LA)

PUENTE
reprises

(LUIS DE LA)

L160

(Antoine de la) frre mineur capucin espagnol de la province de Castille. Il recul l'habit au couvent d'Alcala en 1676 et fut lev au sacerdoce en 168:;, L'anne suivante, il fut nomm secrtaire provincial et procureur. Dans la suite il exera la charge de lecteur de philosophie ei le thologie (1686-1693), fut gardien el dfiniteur provincial diffrentes reprises et fui lu jusqu' quatre fois provincial de Castille, en 1698, en 1700, en 1705 et en 1707. Il appartint aussi la Suprme Inquisition, dans laquelle il exera la fonction de qualificateur. La date de sa mort est inconnue, mais, dans les listes des suprieurs, son nom se rencontre pour la dernire fois en 1710, o il fut lu premier dfiniteur. Il est donc probable qu'il mourut peu aprs cette date. Il composa un trait de la docchrtienne, intitul Pan floreado, Valladolid, 1693, in-8, 576 p., et un Opusculum juridicum dejwisdictione regulari ministri provincialis.
trine

PUEBLA

dans diffrents pays... C'est peut-tre cet ouvrage qui a le plus contribu a mettre le P. Dupont au premier rang des grands matres de la mystique - 3. De l<i catholique. Notice biographique, p. xxm. perfection du chrtien dons tous les tals, vol. in-4, de 850 900 p., parus, les deux premiers a Valladolid en 1612 et 1613; les autres, a Pampelune, en 1616. Il a t traduit en franais, en italien, en allemand, en arabe et en latin. Notice biographique, p. xxm. On en
l

a fait aussi des ditions partielles, en particulier celle du trait De la perfection chrtienne d<ms l'tat eccl4 Vie du P. Balthasar Alvarez, religieux siastique. de la Compagnie de Jsus, .Madrid, 1615. Cf. Dudon, Les leons d'oraison du P. Ballhazar Alvarez, dans la Revue d'asctique et de mystique, 1021, p. 36-57; II. Breinond, La condamnai ion de Ballhazar Alvurez, dans La mtaphysique des saints, t. n, p. 228-269. 5 Exposi-

Bernard de Bologne, Bibliothcca scriplorum capuccinorum, Venise, 1747, p. 24; Martin de Torrecilla, Apologema, espejo exceleneias de la ser/ica religion de menores capuchinos, il t. v, Madrid, 1701, p. 110; Erario divino de la sagrada religion de los jr. nien. capuchinos en la pmi'incia de Castilla, 3 e part., Salamanque, 1900, p. 93-138; Bonaventure de Ciudad-Rodrigo, Estadistica gnerai de los fr. men. capuchinos de la proinneia de Castilla, Salamanque, 1910, p. 34 v ; Andr de Palazuelo, Vilalidad ser/ica, I rc sr., Madrid, 1931, p. 182; II e sr., Madrid, 1931, p. 347.

morulis et mystica i:i Canticum canticorum, continens exhurlationcs sive sermones de omnibus christ iante religionis mysteriis atque virlulibus, Cologne, 1622, 2 vol. in-fol., avec un total de 2 602 col. . Notice biographique, p. xxiv.
tio

uvres posthumes.
la confession, la

1 Directoire spirituel
et le

pour

2 Vie merveilleuse de la vnrable Sville, 1625. vierge Marine de Escobar,~Slav\, 1665. Marine d'Esco-

communion

sacrifice de la messe,

PUENTE

le 11 novembre 1554, il Compagnie de Jsus le 2 septembre 1574 et fit son troisime an sous la conduite du P. Balthasar Alvarez. Tour tour professeur (de philosophie et de thologie), homme de gouvernement (rec-

fut

Pont, S. J. admis dans

(Luis de la) N Valladolid


la

A. Teetaert. oue vnrable Louis du

teur, prfet des tudes, visiteur), prdicateur, direc-

teur spirituel, crivain asctique, il fut dans chacune des fonctions qu'il remplit un des jsuites les plus estims de son temps. Notice biographique, par le R. P. Ugarte, S. J., en tte de la nouvelle dition franaise des Mditations, Paris, 1932, p. xv, Il mourut Valladolid le 16 fvrier 1624. Ds l'anne qui suivit sa mort commencrent les procs canoniques en vue de batifier le serviteur de Dieu. Le 4 octobre 1667, Clment IX signait l'introduction de la cause. Pour la faire aboutir, Tyrse Gonzalez, Jean Tanner et Daniel Papebrock n'pargnrent aucun effort. Le 5 octobre 1715, les crits furent approuvs; le 5 juillet 1759, Clment XIII proclama l'hrocit des vertus du vnrable P. Luis de la Puente, quoi Valladolid fit cho par des ftes solennelles. Les miracles ne manquaient pas. L'examen en tait commenc Rome... Mais la cause du vnrable Pre a naufrag, comme bien d'autres, dans la tempte qui, au xvm e sicle, engloutit la Compagnie de Jsus. Dudon, tudes, t. clxxxi (1925), p. 599-600. 1 Mditations sur les mystres de notre uvres. sainte foi, avec la pratique de l'oraison mentale, Valladolid, 1605, 2 vol. in-4, de 823 et 964 p. Elles eurent un tel succs qu'on dut en faire deux autres ditions en quatre ans. Six annes aprs leur publication, on les avait traduites en latin, en franais et en anglais. On les trouva bientt dans presque toutes les langues d'Europe et mme en arabe... On en a fait des extraits, des abrgs, des adaptations et l'on peut dire sans se tromper que tous les livres de mditations parus depuis se sont plus ou moins inspirs de l'uvre du P. Dupont. 2 La guide spiNotice biographique, p. xxii-xxm. rituelle, o il est traite de l'oraison, mditation el contemplation; des visites divines et grces extraordinaires; de la mortification et des uvres gui l'accompagnent, Valladolid, 1609, in 4, 909 p. Dut tre rdite en 1614. Cet ouvrage, traduit en franais, en allemand, en flamand, en italien et en latin, a t rdit plusieurs

bar tant morte en 1633, cette Vie merveilleuse n'est pas l'uvre du seul P. du Pont Sotwel en attribue la continuation Michel Orenna, qui succda au P. du Pont dans la direction de Marine; Sommervogel, au P. Pinto Ramirez. L'attitude du P. du Pont l'gard de Marine ayant soulev des objections lors du procs de batification, Tanner le dfendit par sa Dissertatio parnctico-apologetica in Vilam mirabilem et clesles revelaliones ven. virginis Marines de Escobar, Prague, 1672, et Naples, 1690, adresse au P. Melchior Hanel, qui avait traduit en latin la Vie merveilleuse, la premire partie en 1672 et la seconde en 1688; et par la Prudentia eximii ascet ven. Patris Lud de Ponte, in examinandis et approbandis ven. virginis Marin de Scobar divinis revclationibus relucens, et vindicata, Prague, 1698. C'est que Marina n'est pas une voyante de tout repos. Pour elle, comme pour Marie d'Agrda,
:

ont fait tort l'hroeit des vertus. Il n'est pas besoin de lire beaucoup de pages des deux in-folio o le P. du Pont et son successeur ont recueilli la vie et les visions de Marina, pour se rendre compte qu'une grande rserve s'impose... Revue d'asctique et de mys3 Sentiments et avis spirituels du tique, 1927, p. 86. vnrable Pre Luis de la Puente, opuscule publi par Gonzalez en 1671, d'aprs un manuscrit trouv aprs la mort du P. du Pont, lequel avait pour titre Mmorial de algunos sentimientos y afectos buenos y mains... 4 Trsor cach dans les infirmits el les souffrances, avec une pratique pour aider bien mourir, publi Sville 5 Le jardin du Christ euchaen 1672 par Gonzalez. 6 Lettres diverses. ristique, dit Sville en 1672. en particulier celle sur la communion frquente. Cf.
les crits

Revue d'asctique et de mystique, 1933, p. 38. A Luis de la Puente, dou d'une belle intelligence et longuement nourri de l'criture, des Pres et des grands thologiens, rien ne manquait pour tre un matre dans la doctrine. Par l'tendue des lectures qu'il domine, par l'ampleur des analyses o il se complat, par l'quilibre de son esprit, il rappelle Suarez. dont il
avait t l'lve. Il enseigne plus qu'il n'exhorte. Kt. il exhorte, il procde en homme de savoir. Ni cris ardents, ni effusions potiques, ni mouvements imptueux. Une modestie et une surveillance de soi qui jamais ne s'abandonne arrtent toute parole personnelle. Si nous n'avions du P. de la Puente que les Mditations, nous pourrions penser que peut-tre les connaissances de ce docte spirituel sont purement

mme quand

161
I t

IM

NTE

II l>

l>l

PUPPER DE GOCH JEA


licite stilln lliristn SCrltta tint lier.

L162

ce n'est point vrai. Les chapitres sur la livresques dation, dans \nGuide spirituelle, trahissent malni le mystique qui les .1 crits; et son Mmorial \e l.i rvlation de s.i vio en Dieu Appliqu presque toute s.i \ ie .1 l.i direct ion di s .mus religieuses, son r .i le contrle de l'exprience; lui mime tait .u a la prire et courageux dans l'abngation; a e du Saint Ksprit. il a appris les secrets de la plus

cont<

Sig, V, Ciccolo COntTO Disserlaxione del /'. M. PI. Puglisi, Nnplcs, 1843, m 8, M'.S p., sur un Ion calme cl serein, dcnionl ra par de srieux arguments que l'ouvrage du conventuel est Suprieur a celui de Messina cl dnona lrei/e ei leurs
la

haute vie intrieure. C'est de cette alliance d'une tude profonde avec une oraison leve que procdent la plnitude et l'autorit des enseignements du I'. de la 'uent e. Dudon, tudes, I >r Y., p 603-604. L'article Troisime centenaire de /<i du P. Dudon a pour titre du I' de /<i Puente. La semaine asctique de Vallal
1 :

manifestes contenus dans le libelle de V, Ciccolo, aile thologique Puglisi esl encore 'au leur d'un aul re intitul I lit sis tic ordinationibus et de Us qui ordtnare ordinarique passant, in reyio Messanensi atttt tteu pro eliyendo juris canoniri antecessore fuxta saut lias /minus sortibus tracta ci enulula, Messine. 184 I, ln-8, 32 p.
l

I.

19>4.)

D. Sparaclo, O. M. Conv., Franvnenli blo-btbliograflcl di conttenlwdl dagll ullimi unni del 1500 ul (JO.d.parJos. Ahate.o. M. Conv., d ins Vtlxcetlanea franeeseana, t. \\\, 1930, p. 40-41, et a pari, Vsslse, 1931, p. 155-156.
scrltlnrl cil aulari mint-ri
\
.

i; virlutes tlcl ven. Padrt ! uis dt fa PuerUe, Iti.YJ, tiad. en franc, pal le I". Nicolas Hogcr, 1-ampard. l'tlu et virlutes ven. Putris Lud. de Ponte. Ingolstadl. 1662; l'anner. Compendium ville oen, lud. tir Ponlr, Prague, 1691 l.ongaro de li Uddl, Vilo del ; io /'. / utt.dti Ponte, cavala da' Procexsl autentiei larmnti i*r la sua canonizmione.... Home. I7B1; Soramen'cvel. Biblioth. de la Compagnie de .' --if-, t. \ i. Bruxelles et l'.ins. 1895; llurter. Somenelator, 3* d., t. m. col. 7~:i; .!. M Lud. de Ponte, s. Leben und s. Schri/len, Dlinen. \'<2: Abad S. J., / aclrina mislica tlt I V. I'. de lit Puentt dans Estiidios eeeles., t. ni. p. 113-137; t. H p. 43(1-272; Franz Hatheyer, s. J., 1'. de Pontes .s. J. dans /. itsclirill fur Aszese und Myslik, 1926, p. Mu-

ehupin. Vida
il.

M.lil.

m. iiie.

PUPPER DE GOCH
faire l'un des prcurseurs

Jean

(le

vrai

nom

tait

Ifitvl;

A. FONCK. frre mineur conventuel, Placide, rc a cause d'une vive polmique suscite autour d'un de ses ouvrages thologiques vers le milieu du dernier. Il lit ses tudes suprieures de thologie au collge ou au Sludium de Saint-Bonaventure de son ordre Home. Approuve au concours du 11 mai 1829. il fut promu docteur le 24 novembre 1831. lu secrtaire provincial de Sicile au chapitre du 20 avril 1846,

PUGLISI

il

le
lie

mourut probablement dans la mme anne. Il fut ml malgr lui une pre polmique qui, vers milieu du xix- sicle, souleva les thologiens de l'Ita1

mridionale. L'occasion en fut un concours ouvert S 13, en vue de pourvoir une chaire de thorte, en logie l'universit de cette ville. Parmi les candidats, deux l'emportaient sur les autres, le I'. Puglisl et le prtre sculier C. Messina. Bien que de droit, parait-il, le conventuel dt prvaloir, Messina fut dsign pour la chaire. La thse prsente par Puglisi dans le conavait pour titre Thcsis de sarromentn conftrmationis, et elle fut imprime a Messine en 1843, A cause de sa supriorit sur les autres travaux prsents, ce trait suscita aussitt une opposition acharne de la
part du clerg sculier. Joseph Crisafulli Trimarchi ouvrit le feu par un article dans un journal local. Scilla
Scilla riposta

de de la rforme luthrienne. Il tait ne Goch, au duch' de (.lves, dans les premires annes du xv sicle. Il reut sa premire formation, suivant toute vraisemblance des Frres de la vie commune, peut-tre a Zwolle, puis frquenta l'universit de Cologne (immatricul le 1! dc, 1454), peut-tre aussi celle de Paris. Il entra chez les Frres de la vie commune, devint prtre, chanoine rgulier de SaintAugustin et fonda en 159, un couvent de ehanoinesses de Saint-Augustin, Thabor, prs de Malines, dont il devint le directeur et o il mourut le 28 mars 1475, selon Foppens, Bibliolheca belqca, t. n, Bruxelles, 1739, p. 715. Telles sont les donnes habituelles. U faut reconnat re qu'il y a l des dates difficiles interprter comment un homme n au dbut du sicle n'aurait-il t immatricul qu'en 1454, comme tudiant? S'agirait-il donc d'une vocation tardive? Et comment un tudiant inscrit en 151 a-t-il pu fonder un couvent de religieuses ds 1 159? Retenons donc simplement pour certain qu'il fut directeur d'un monastre et qu'il appartint lui-mme aux Frres de la vie commune, c'est--dire qu'il fut pntr par ce courant mystique, appel devolio nwderna, dont sortit V Imitation de JsusC.lirist. dont rasme et Luther mme, un moindre degr toutefois, furent touchs plus tard. Les crits de Pupper de Goch ne circulrent d'abord qu'en manuscrit. Son principal ouvrage, De liberlatc christiana, n'est pas antrieur avril 1473. Il ne fut publi qu'en 1521 Anvers; on n'en connat que deux exemplaires. L'anne prcdente (152(1), le mme diteur (Cornlius Grapheus) avait dj publi de Pupper une Epislula apologelica contra dominicanum quemdam, compose en 117 1. et qui pourrait bien n'tre que le
a lente
I
:

CapUPPBR), thologien catholique dont on

complment du De libertate. L'ouvrage le plus mmorable de Pupper est son Dialogus de quatuor erroribus
1523, en In divines gratis et Christian.se, fldei commendalioncm. contra faisant et pharisaicam mnllorum <le justitiis cl meritis operum doclrinam et gloriationem, fragmenta aliquot D. Joan. Cocchii Mechliniensis anlehac nunquam excusa. Ces fragments parurent prcds d'une prface de Luther, crite probablement en aot 1522. Voir Lulhers Werke, d. de Weimar. t. x b. p. 327-330. I)aiis cette prface (Epislula gralulatoria), Luther rappelle comment il a lutt pour l'honneur de la Bible conl re la thologie BCOlasI [que et contre A ri si oie. Il dit sa joie d'tre dans la ligne de la vritable thologie
circa legem evangelicam exortis, publi' vers

nddi. du 1" juin 1843. Le conventuel Salv. M. dans un opuscule in) il ni Apologia di una

mme temps que

rtazione rhe porta per litnlo Thcsis de confirmalionis sacramenlo, di riscontra alla crilica 'Ici sacerdote G. Crisafulli. Palerme, isi.'f. in-8, 106 p. La thse et l'apologie furent attaques par le cur Vincent Ciccolo dans

Padrc PI. Pour mettre fin une trop acerbe polmique, on lit appel a un Juge impartial, que l'on crut avoir trouv dans la personne de nd mcontentement du ilier. celui-ci prit la dfense du conventuel dans son ouvrage Risposta alla Rinista data dal Parle li,"
i

alla spicr/zizionc dell'i lesi del


">

Puglisi. Messine. 18 13. in-8,

p.

roco

'o

alla spierjazione dlia


n-8, 24 p.

trsi

fatta dal

allemande,
I

Tromp dans
et
Il

et

celle de de Goch,

Tailler,
Il

de

nomme

la Theologla deutsch, de ce dernier vert germanus

'ramait un complot contre le conne cherchait qu'a le perdre dfinitivement. Puilisi toutefois trouva un dfenseur inattendu dans le capucin .lesuald de Bronte, qui. dans Osservaxioni criveutuel
et

gnesios theologus, au double sens du mol Germanus, conclut en disant que, si l'Allemagne les suit, la scolastique disparatra bien vite et qu'il natra de vritables enfants de Dieu. Il n'en a pas fallu davantage

L63

PUPl'KH DE GOCH (JEAN


du
in e

l'i

RGATO] RE
1179). III.

!;.

Ullmann pour faire une place Pupper de Gocfa dans ses Reformatoren vor der Reformation, 2" d., Gotha,
1866,
|>.

sicle (col.

La

tradition orientale;!

17-148. Ritschl

cl

surtout Otto (.Union ont

rectili les affirmations d'Ullmann. 1 sujet de l'criture, Goch doit

tre regard Sans doute, on trouve chez lui une formule aussi absolue que la suivante Sola Scriptura canoniru /idem indubium et irrc/ragabilem habet aucloritutem : antiquorum patrum scripta lunlum habenl auctoritatis, quantum canonlc verilali sunt con/ormia... Modernorum vero doctorum, maxime ordinum mendicantium, scripta..., vanitali magis deserviunt quam verilali. Epistuta apologclica, fol. R a. Mais il ne spare pas l'Ecriture de l'glise. Il sait que l'glise seule est garante de l'criture canonique . Ce seul adjectif est un signe de sa pense. Et on lit dans son De libertale
:

Au comme orthodoxe.

l'poque classique (col. 1198). IV. La tradition latine (col. 1212). V. L'union ralise Lyon et Florence (col. 1237). VI. La controverse protestante et le concile de Trente (col. 1264). VI I. La thologie posttridentine (col. 1282). VIII. Conclusion (col. 1319). I. L'enseignement de l'criture. - - Il est d'autant plus ncessaire de relever l'enseignement de l'criture que Luther avait os formuler la proposition suivante, condamne par Lon X, bulle Exsurge Domine, prop. 37 Purgatorium non polest probari ex sacra Scriptura qu sit in canone. Denz.-Bannw.,
:

(i,

Ecclesi auctoritas est maxima auetoritas, quia, 9) ut dicit Augustinus : si non crederem Ecclcsise, non cre:

derem Evangelio.
2

La preuve peut tre demande soit l'Ancien, au Nouveau Testament. \ Doctrine gnrale, i.damsl' anci es test mes t. imprcise et confuse. Il ne semble pas que les Hbreux aient eu une notion trs prcise de l'tat des mes dans la vie future. Le sjour des morts en gnral, tant pour les justes que pour les impies, est uniformn. 777.

soit

Au

sujet de la justification,
le.

ment sur

terrain catholique.

Il

Goch reste constamadmet le mrite des

bonnes uvres. Sans doute il insiste sur la bont et la misricorde de Dieu, sans lesquelles un tel mrite serait inconcevable. Il dclare que le mrite repose sur l'acceptation de Dieu. Mais en tout cela il est strictement catholique. Il ne parle pas de justice impute au sens luthrien. Il ne parle pas de justification par la foi sans les uvres. Il ne connat que la fides informis et la fuies caritatc formata, au sens catholique. La foicertitude du salut des rforms lui demeure trangre.
3

ment appel le schel. Gen., xxxvn, 5; Num., xvi, 30. Avant que le Christ vnt ouvrir le paradis aux mes justes, toutes les mes des dfunts n'taient-elles pas
en quelque sorte places dans le mme lieu, aussi loin du ciel que de la terre? Et ce lieu du schel est un lieu redoutable pour tous, sans distinction. Cependant, bien qu'aucune diffrence explicite ne soit indique par les plus anciens livres inspirs (Pentateuque, Josu, Juges, Rois), touchant le sort des justes et des coupables, une discrimination trs relle existe nanmoins leur endroit. L'enseignement des saints Livres repose en effet sur deux principes la responsabilit individuelle devant Jahv et l'esprance messianique applique chaque me. Ainsi la responsabilit dpartage dans l'au-del justes et coupables. La mort des justes est une runion, dans la paix et le repos, leurs pres et leur peuple. Gen., xv, 15; Deut., xxxi, 16, etc. Le chtiment suprme rserv aux criminels est la sparation d'avec leur peuple . Aux justes renferms dans le schel les promesses messianiques ne sont pas retires. Dieu reste, pour eux, dans le trpas, le Dieu favorable et bnissant. Gen., xxvi, 24; xxvm, 13; xlvi, 1, 3; Ex., m, 6; iv, 5. L'esprance d'une vie future est invoque pour eux. Cf. Num., xvi, 22. Jahv est le Dieu qui donne la vie et la mort, conduit au schel et en ramne . I Reg., n, 6; IV Reg., v, 7, Cette dlivrance du schel, le psalmiste la promet aux
:
>

Au

sujet de la scolastique,
les nominalistes,
la foi,

admet, avec raison et de


sera,

Goch est clectique. non point l'accord de

Il

la

mais l'opposition entre


Il

la philoso-

phie et la thologie.

est fidiste,

mais aussi comme il tait au xv e sicle. Le point o Goch se rapprocherait le plus de Luther serait le point, assez secondaire en somme, de la distinction des Prceptes et des Conseils, qu'il rejette, comme Luther devait le faire. 11 estime, en vrai mystique, que les conseils et les prceptes s'adressent tous les chrtiens et que le fondement traditionnel de la vie monastique est en dfinitive caduc. Il y aurait aussi chez lui une pointe de quitisme fnelonien, en ce sens qu'il affirme que l'amour ou charil devrait tre l'unique motif de tous nos actes. Il revient avec insistance sur ce point, qui lui tient particulirement au
cur.
t. il, Bruxelles, 1739; Ullvor der Reformation, 2 e d., Gotha, t. I; Ritschl, Die christliche Lehre von der Rcelitfertigunq und

comme Luther le assez de mode de l'tre

justes. Ps.,

Foppens, Bibliotheca Belgica,

mann, Rejormaloren
Vershnung,
Jolian
4' d.,

xv (Vulg. et ainsi du reste), 9, 10; xvi, 15; xlviii, 15-16; lxxii. Et Job sait que le schel est le lieu o l'on attend l'heure de la misricorde divine. Job, xiv, 13; cf. xv, 18-21.

1895-1903,

t.

I,

p. l'.2;

Otto Clemen,
l'art.

Pupper von Goch,

Leipzig, 1896;

du

mme

Goch,

dans
1
.

Prolest. Realenzgkloydiv.

PURGATOIRE. Le prsent article a pour


le

L. Cfistiani.

but de retracer

dveloppement du dogme du pur-

gatoire, depuis la rvlation qui en a t faite dans l'criture jusqu' sa formulation dfinitive aux trois conciles gnraux de Lyon (1271), de Florence (1439)et

La question thologique du l'eu du purgatoire a dj t aborde l'art. Feu (t. v, col. 1246). Nous nous efforcerons de n'y point revenir; toutefois, dans maints tmoignages concernant le purgatoire, il est impossible de sparer la question du purgatoire lui-mme de celle-l; de plus, une plus grande facilit d'atteindre les sources elles-mmes ayant permis de corriger, de modifier, de complter certains points, on ne devra pas s'tonner si des amliorations ont trouv place dans la prsente tude. Le purgatoire chez les Orientaux, postrieurement au concile de Florence, est rserv pour l'article suivant. Nous exposerons successivement I. L'enseignement de l'criture. IL La tradition orientale jusqu' la fin
de Trente (1563).
:

Nanmoins, ce serait grandement se tromper que de vouloir trouver dans le schel la forme primitive de la croyance au purgatoire. Le dogme du purgatoire veille l'ide d'un tat intermdiaire entre celui des lus et celui des rprouvs. Dans le schel, justes et rprouvs sont enferms dans l'attente de l'avnement du Christ. tre dlivr du schel c'est donc, pour le juste, voir les esprances messianiques se raliser son gard; mais ce n'est pas ncessairement tre dlivr d'une expiation d'outre-tombe, telle que nous la concevons pour les mes du purgatoire. Il faudrait, pour pouvoir tablir un rapprochement srieux entre les peines du schel et le purgatoire, montrer que dans le schel mme les justes ont encore des peines expier. Or, un tel rapprochement ne saurait tre esquiss que d'une manire trs lointaine. Toutefois certaines indications peuvent tre releves. En exposant que, sur cette terre, le juste souffre, le psalmiste rappelle que ce juste, n'est pas tout fait sans pch Ps. xxxvm, 5 xxxix. 13; cxlii, 1, 2. La mort, mme pour le juste, est un passage plein d'angoisse et de crainte. Ps., liv, 5-6; exiv, 3-5; cxlii, 2-7. Et Jahv dlivre le juste des douleurs du schel. Ps., xxix,4;cvi,10-14. Il y a l comme
:

1'.

I'

RG ITOIRE. L'ANCIEN

II

STAM] NT

n.i.

une vague indiration que, mme dansl'au del, le juste misricorde divine. 1 iv livres prophtiques ne [ont que dvelopper ces donnes. Peu! tre la diiTrenc* de l'tal des Justes et lui des pu heur, s'ufllrmc elle .i\iv- plus de pr 1> esprances messianiques, en particulier, cision prsentes avec plus de force et de relief, et parfois en relation avec la rsurrection de la chair. Os., il; Dan., xii, /.. xxxvii, Is., xxvi, 19-21;
aur.i besoin ilr la
!
:

>

sruol demeurent toujours el pour tous. Justes el impies, un double objet d'effroi. Faut il voir dans cette crainte nue les prophtes ms pirent tous sans exception une Indication positive de peines et d'expiations .\ Milur dans l'au del avant la
la

mort

et

le

Le texte de II Mac, VI, '' 18. Le smi texte de l'Ancien lesi.uueiii qm implique rellement l'idi d'un tal intermdiaire, apanage dans l'autre vie de! Ames justi s non encore enl lremcnl purifi' s. est celui de U Mac, xn. 11 16. Au lendemain de sa victoiri sur Gorgias, Judas Machabc dcouvrit sous la tuni que de ses soldats tombes sur le champ de bataille des objets idoltriques provenant du pillage de l.unnia. Ces objets tant essentiellement impurs au regard de la Loi, il v avait eu faute a les garder. Judas Vit, dans la mort de ses soldats, un chtiment de Dieu
;

complte purification des anus el la ralisation pour elles (Us promesses messianiques? Certains auteurs eut qu'on peu! le supposer. L. Atzberger, Dit
dwistliehe Eschatologie in den Stadien ihrtr Oflenbarung, Fribourg-en-B., 1890, p. 93. Lee deutrocanoniques mettent en bien meilleur relief le sort les justes par rapport au sort les pcheurs. \ moins, sauf dans le 11' livre des Machabes, on n'\ rencontrt encore aucun texte explicitement rvla tnir du purgatoire. doue savoir se . Les textes discutables. Il faut tenter d'indications imprcises et confuses qui, par Iles-mmes, iu sauraient fournir une base srieuse au dogme des expiations futures. C'a t peut tre le tort, en faee de l'assertion luthrienne, des apologistes catholiques de vouloir a tout prix trouver dans 11 toiture de m mbreux textes l'appui de la croyance au purgatoire. Ces apologistes ne se sont pas aperus qu'ils affaiblissaient ainsi Car miment scripturaire. Des thologiens de la valeur d'Eck et de Bel lai min n'ont pas su rsister cet entranement. Plusieurs textes ont ainsi t invoques, qui sont coup sur tout au moins fort discutables. Tel ist le texte de Tobie, rv, 18, recommandant de plaeer du pain et du vin sur le spulcre du juste , ce qui. dclare Bellarmin, ne peut s'entendre que d'un offert aux pauvres afin qu'en retour ils prient pour l'me du dfunt. Il s'apit bien plutt de repas funbres en usage pour clbrer la mmoire des morts.
Cf. Jcr., xvi, 7.

pourquoi tous bnirent le juste Jugement du Sel gneur, qui avait rendu manifestes les choses caches. ainsi, s'tanl mis en prire, ils demandrent (au Seigneur! que l'offense qui avait t commise fut livre a l'oubli. Mais
I

'est

le trs vaillant Judas exhortait le peuple se cotisera er sans pche, voyant sous leurs yeux ce qui tait arriv a cause des pches de ceux qui avalenl t lues.

Et, une collecte ayant t faite, il envoya a Jrusalem i2Ui drachmes d'argent, afin qu'un sacrifice lut offert pour pches des uioils, pensant bien cl religieusement ton chant la rsurrection [car s'il n'avait pas espr que ceux qui avaient succomb devaient ressusciter, il (lut) aurait sembl Superflu et vain de prier pour les morts I; niais c'est parce qu'il considrait que ceux qui s'taient endormis dans la pit recevraient une trs grande grce ia eux) rservi II. est donc sainte el salutaire, la pense de prier pour les morts, afin qu'ils soient dlivres de leurs pches.
les
I

Tels Us exemples de sacrifices el de jenes offerts par de l'ancienne Loi la nouvelle de la mort de leurs amis. Cf. I Hep., vvxi, 13; II Reg., i. 12; ni. .'Sa. Bellaimin reconnat que ce sont l simples signes de deuil et de tristesse >. tout en insinuant qu' on peut croire qu'il s'auit d'aider les mes des dfunts . Telle encore la prire du psalmiste demandant Dieu le ne pas l'examiner dans s a colre ni le reprendre dans sa fureur Ps., xxxvii, 2: cf. vi. 2. ou le 'riant d'avoir introduit son peuple dans un lieu de rafrachissement, aprs qu'il a passe par le feu et l'eau. IV. i\v. 7. Il n'< 5l question, l, que des taules nnelles de David: ici, que fies tribulations et de la dlivrance du peuple juif. Telles encore li s descriptions des prophte s ou Dieu rait purifiant les souillures des filles de Si"ii v. 1; brlant l'impit comme un grand feu. x. 18; amenant l'me juste la lumire aprs qu'elle aura suppi rt la olre .iix ine, Mit h., v n dlivrant Us captifs du lac dessch, Zach., ix. 11; purifiant comme au feu el affinant les enfants de I.vi, Mal., m, 2-'A. Le sens littral de t"us ces textes ne saurait tre rapporte au purgatoire. Bellarmin le reconnat lui-mme. he purgalorio, I. I. c m, el est oblig ippuyer sur des interprtations patristiques pour en Un me. Mais i< les l'en s ne saluaient faire autorit comme en matire doctrinale, car le sens qu'ils attribuer.' 5, en les rapportant au purgatoire, est nettement accommodt ice. Cf. Atzberger,
les justes
.

Le texte prec est quelque peu diffrent de laVulgatc, sur laquelle est laite notre traduction Il considrait en outre qu'une trs belle rcompense esl rserve a ceux qui S'endorment dans la pil, el c'est l une pense sainte et pieuse. Voil pourquoi il lit ce Sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fussent dlivrs Dans le fond, l'ide est identique, de leur pche. sauf que l'auteur inspire n'a en vue ici que le pch commis par les soldais morts. L'authenticit du texte est indiscutable. Dans sa traduction latine de l'Ancien Testament, Sbastien Munster souponne ce passage (t 43-46) d'avoir t ajout en cet endroit. Or, fous les exemplaires precs, latins el syriaques, tant imprims que manuscrits, le port enl uniformment, comme la Nul pte, et les ancien s Pres l'ont cit et connu, sans aucune varit ni aucun doute. Cf. Dom de Hruv ne. Le texte gre des deux premiers livres des Machabes, dans Rev. biblique, 1932, p. II. Le sens du texte est dmonstratif en faveur de l 'existence du purgatoire. Sans doute. Judas Machabe a en vue. avant tout, la rsurrection de ses soldais pcheurs. Mais il subordonne cette rsurrection a l'cx
:

piation, dans l'autre vie. du pch commis dans le pillage de Jamnia. (les soldats devaient ressusciter un jour; autrement la prire pour les morts srail vaiia.

Ressuscites, ils auraient part la rcompense rserve et u\ qui s'endorment dans le Seigneur. Mais aupa lavant, ils devaient tre librs de leur pch' c'est ce rsultai que procurait le sacrifice expiatoire offert a
.i
;

Jrusalem. Cf. Hugo Bvenot, Makkaberbcher, Bonn, 1931,


:

S. B., Die beiden 39-40. n II faut donc admettre que ces finies n'taient pas enfer ou leur taule n'tait pas mortelle, on elles avaient eu le lemps de s'en repentir avant la mort. comme l'avaient fait jadis beaucoup de ceux qui avaient pri dans le dluge . Cf. I Pet., m. 19-20. Mais ces finies n'taient pas encore au del et elles ne
t.

p.

pouvaient v entrer, non seulement parce que le ciel encore ferm aux justes, mais parce que leui pch les empchait d'v tre reues. Leur tal se trou vait donc lre cet tat intermdiaire que nous app< Ions le purgatoire, tal o les mes sont pui l'expiation et aides a cet elTet par 1rs Suffrages dis
tait
v

ivants.
i

op.

eit., p.

93, note.

auteur inspir raconl

\<

Fait

a> ec in

>isl

L67

I>UH<; Al

<>l

RE.

L'ANCIEN TESTAMEN1

L68

ajoute ses rflexions, destines Inculquer la lgitimit (le la croyance et les pratiques C'est la une pense
:

saillie et pieuse.
A
celle

Comment

expliquer l'oolution de la pense juive en mulire? On constate que .Judas Machabc,

2. Les Babyloniens avaient une croyance dveloppe la vie d'outre-tombe. La coutume d'apporter des offrandes au corps des dfunts, afin que l'me et de quoi subsister sans venir tourmenter les vivants, est une preuve de la croyance la survie. Le pome de La des-

qui prend l'initiative de

un de

homme

trs attach la religion et

ses pres; que ses surpris de sa proposition, qu'ils y rpondent gnreusement et que vraisemblablement Jrusalem la de-

du sacrifice, est aux traditions compagnons ne sont nullement


la

collecte et

cente d'ISlar,

d'ailleurs,

dcrit

longuement

l'arulou,

montagne septentrionale sous laquelle sjournent les mes des morts. L'tat des mes est diffrent selon que ces mes ont fait preuve ou non de pit envers les
dieux et envers la desse des enfers, Allt. Les impies sont livrs par Allt des supplices pouvantables; les autres mnent une vie morne et sans joie. Personne n'est libr de ce sjour que par exception, sur l'ordre des dieux d'en haut. On peut tablir un parallle entre la doctrine chaldenne et la doctrine juive sur les destines futures de l'homme. On constatera qu'ici comme l les morts descendent dans un endroit souterrain (l'aralou = le schcl), qui inspire de l'horreur. .Mais le paralllisme ne va pas plus loin sur la condition des mes dans l'au-del, on manque de dtails prcis. Ce n'est donc pas du ct de la Chalde qu'il faut chercher une influence doctrinale en faveur de la croyance au purgatoire. Cf. Maspero, op. cit., t. i, p. 681 sq. Lagrangc, Eludes sur les religions smitiques, 2 e d.. Paris, 1905, p. 337 sq.; P. Dhorme, Le sjour des morts chez les Babyloniens et les Hbreux, dans Rev. biblique, 1907, p. 59 sq. 3. Les Perses, au contraire, professaient des doctrines assez apparentes la croyance de Judas Machabe. Au ix e sicle avant Jsus-Christ, la thologie des Perses croit la survivance de l'me. Aprs tre demeure trois jours auprs du corps, l'me, suivant la valeur morale de ses actions, passe travers des contres agrables ou horribles pour aller subir son jugement. Au sortir du jugement, l'me arrive au pont Schinvt, qui, passant au-dessus de l'enfer, mne au paradis. Condamne, elle culbute dans l'abme; innocente, elle parvient au bonheur. Cf. Maspero, op. cit., t. m, p. 589-590. Pour certaines mes, cependant, il y
:
;

peut donc se demander comment cette croyance et celte pratique apparaissent tout d'un coup dans le texte sacr, sans que rien semble les prparer dans les ouvrages antrieurs. La question doit se poser, mme en ne considrant les livres des Machabes que sous leur aspect historique.

mande n'tonna

pas.

On

Il tant observer tout d'abord qu'entre Ksdras et Judas Machabc, il s'est coul, une priode d'environ trois sicles, durant laquelle un silence peu prs complet enveloppe l'histoire des Juifs. Au cours de ces longues annes, bien des points de doctrine se sont claircis, qui auparavant taient demeurs dans une ombre plus ou moins proronde. Telle, par exemple, la doctrine de la vie future si fortement expose dans le livre de la Sagesse, u-v. Il a d en tre de m.'-me pour la doctrine du purgatoire et de la prire pour les morts. Peu peu, l'heure mirque par la Providence, elle s'est dgage pour se manifester au grand jour quand l'occasion en devint propice. On voit bien, d'aprs le texte des Machabes, que cette doctrine est entre d tns la croyance des Juifs pieux, m lis qu'elle a encore besoin d'tre altirm.'e. Elle devait, en effet, se heurter une vive opposition des sectaires sadducens qui ne croyaient pas la vie future, et mme rencontrer quelques hsitations chez ceux qui n'aimaient pas les innovations et prtend lient s'en tenir la Loi et aux prophtes. H. Lestre, art. Purgatoire, dans Dict.

de la Bible,

t.

v, col. 878.

C'est le cas de se demander si l'influence de religions trangres n'aurait pas favoris l'closion de cette doctrine chez les Juifs.

L'auteur que nous venons de citer examine les croyances analogues notre croyance au purgatoire que l'on peut rencontrer dans les anciennes religions. 1. Les gyptiens avaient l'ide nette d'un jugement subi aprs la mort. L'me n'arrivait ses juges divins qu'aprs avoir parcouru des rgions semes de difficults. C'tait seulement aprs ces preuves subies par elle que l'me tait admise au sjour bienheureux pour y continuer ses occupations de la terre, ou mieux qu'elle revenait dans les lieux habits pour s'y intresser aux choses qui lui plaisaient. Ces preuves ne sauraient, en gnral, tre considres comme l'quivalent de peines purificatrices. Toutefois, il faut reconnatre qu'au inoins un certain temps les gyptiens admirent une sorte de purification par le feu, pour les pchs lgers, aprs laquelle le dfunt tait admis parmi les bienheureux. Cette doctrine est explicitement enseigne dans quelques exemplaires du Livre des morts, conservs au muse du Louvre. Une scne reprsente le psement de l'me et elle est suivie de la vignette du bassin de feu gard par quatre cynocphales; c'taient les gnies chargs d'effacer la souillure des iniquits qui auraient pu chapper l'me juste et de complter sa purification . Em. de Roug, Desm'ption sommaire des salles du muse gyptien, nouvelle dition par P. Pierret, Paris, 1873, p. 102. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, t. i, 1895, p. 182 sq. En tout cas, le bonheur des justes n'tait jamais donn immdiatement aprs la mort Avant d'y arriver, le juste doit passer par une longue srie d'preuves, triompher de nombreux ennemis qui lui barrent la route, traverser un labyrinthe de salles obscures gardes par des monstres horribles. Tout cela est dcrit dans le Livre des morts. A. Mallon, S. J., art. Egypte, dans Dict. apol., t. i, col. 1335.
:

a un tat intermdiaire, le Hmestakn. Toutefois, l'Avesta postrieur ignore l'tat intermdiaire. C'est l'enfer qui purifie tous les coupables, de telle sorte qu' la fin tous doivent tre sauvs et participer la rsurrection. Ainsi, jugement particulier, jugement gnral, paradis, enfer et purgatoire, rsurrection des corps, toute cette eschatologie est assez semblable celle du christianisme, hormis le pardon de tous, qui n'tait pas tranger la thologie d'Origne. Lagrangc, art. Iran (Religion de V ), dans Dict. apol., t. n, col. 1120; cf. La religion des Perses, dans Rev. biblique, 1904. p. 188. On pourrait donc tre tent d'attribuer l'influence des ides perses l'introduction en Isral de la croyance au purgatoire et l'utilit des prires pour les dfunts. Mais les doctrines de l'Avesta sont trop indcises et surtout trop diffrentes des ides exprimes dans le II e livre des Machabes pour qu'on puisse retenir une influence directe et efficace. D'ailleurs, le judasme d'aprs l'exil tait plutt ferm aux influences trangres; aussi, malgr les rapprochements qu'tablissent les partisans de la mthode comparative, il semble qu'on doive rduire l'influence perse peu de chose. Ce qu'on peut croire plus lgitimement, c'est qu'au contact de la religion iranienne la doctrine juive s'est dveloppe en vertu de sa force interne et dans le sens voulu par Dieu. L'obscurit qui enveloppe toute une priode de l'histoire juive ne permet pas de suivre avec plus de prcision le travail religieux accompli durant ce temps. H. Lestre, art. Purgatoire, dans Dict. de la Bible, t. v, col. 877. Voir ici mme, sur des sujets analogues, Judasme et Jugement, t. vm, col. 1659 sq., 1746. Le P. Lagrange rejette expressment l'influence iranienne. Cf. Le judasme avant JsusChrist, Paris, 1931, p. 362.

169

PURGATOIRE. LE NOUVEAU TESTAMENT


.'..v reste
t

L170

Pour expliquer l'volution de la pense juive, on trouve des raisons suffisantes dans lis propres prlnreligieux d'Isral L'individuulisme des derniers s prophtes mt.uI li- germe de celle volution. Voir cette
cation dans Jlc.KMKNr, col. 17 H- 7 7 Il s'a-il I. i\ col. 74, surtout du livre de Daniel, von Danii et Juoemi-.nt, t. mu, col. itii. Cette explication de
1

il aux Juifs de lu doctrine du i h livre des Maehabest Les livres postrieurs ne renfcrmenl plus aucune mention d'un ciat Intermdiaire entre ic

tic!

et

l'enter.
le livre

Sous
de
la
v ie

grecque,

rinlluence de la philosophie Sagesse ouvre des perspectives


lut

assez nettes SUI la

are
et

et les rclrihul

ions

pi elle

ii/ani m-

trouve corrobore par celle du grand

rabbin, M. v VYe II. pour qui les rmunrations promises par Mose et les premiers prophtes taient essen

tidement
futures
.

cvllectires et spirituelles,
et

spirituelles et

non

Loi n'ayant pas pour but une telle rtribution. Le but de la Loi n'est (pumal inn d'un peuple saint, mode le pour les autres nations, dans ii- ulte rendre Dieu. La sanction vidonc ce l>ut primordial. Tant que le peuple --aura
ternelles
-.

la

ecter et honorer son titre en marchant dans la voie qui lui est trace, il trouvera sa lgitime rcora.

\ e\er,
Il

dans l'ascenoant que lui assure l'intelligent et ii e du sacerdoce, et siu tout dans sa dure...
les

possdera aussi

biens temporels,

mai--...

comme

sauvegarde itrts spirituels. Voil le premier idal juif. Mais nous allons entrer dans une phase nouvelle... De terrestre qu'a ete la rmunration, elle va devenir future et immortelle... Il importe rie dterminer l'heure de la transformation... Elle s'est accomplie indubitablement

moyens, en tant

qu'ils sont ncessaires la

lors

du

captivit, sous l'influence d'Esra et grand synode... En ce qui concerne le rle assign
la

du retour de

la rmunration future par le grand synode et ses continuateurs, nous ne croyons pas non; tromper en l'attribuant un genre de ncessit pareil celui qui, plus lard, l'poque de la dispersion, provoqua la conversion de la loi orale en loi crite. // // aoa t urgence mettre le dogme en harmonie arec la situation politique...

Les
lient

scurit et de prosprit matrielle un trange contraste avec la ralit et ne

pour les pcheurs, m. us il si point question d'une expiation impose aux Justes avant leur entre dans le bonheur, La littrature extracanonique, plus riche en dtails suscepl ibles de s. il isl.uie la curiosit humaine, ne conoit pas de lierai ion pour les pcheurs. Voir JuOBMUNT, col. 17 1750. D'aprs les rabbins, les paens qui ne doivent pas bene licier de la rsurrecl ion sont envoys a la ghenne ds leur mort. Ils v resteront ternellement. Quant aux justes, ils triomphent dans le SChcOI de leurs adver s. lires et ils v subissent, si c'est ncessaire, l'preuvedu jeu purificateur. F. Weber, Jtische Thologie, 2 d.. Leipzig, 1897, p. .iii-;tr_>. 391-392. Par la suite, les Juifs assignrent comme sjour aux mes ni justes ni impies la ghenne suprieure c'est- dire les rgions 'enter. )ou/e mois de souffrances y les plus elev ces de pu ri liaient lis mes avant qu'elles pussent tre admises parmi les justes. Les prires des vivants les v aidaient un lils devait prier pour son pre dfunt chaque jour pendant onze mois; chaque sabbat, l'assemble rci souvenir des tait une prire solennelle nomme le mes . Cf. fken, Antiquitates hebraiese, Brme, 17 11. p. 614-615; Drach, De l'harmonie entre l'glise et la Synagogue, Paris. 1844, t. i. p. 16, et surtout Bonsirven, S. .1., Le judasme palestinien au temps de Jsus Christ, t. i, Paris, 1935, c. vu, p. 322-340. Le P. Lagrange note cependant que la Tose/ta (sur cet crit, voir du mme auteur Le judasme avant Jsus-Christ, Paris, 1931, p. xvn attribue Chamma une doctrine bien proche de notre purgatoire, celle qui considre une
les

comporte pour

justes

1'.)

classe intermdiaire entre la classe destine la vie

pouvaient plus ds lors constituer ce mobile puissant qui remue et entrane les masses... Le judasme, ses dogmes, sa mission. Paris, 1869, t. IV, p. 204 sq.,
q.

ternelle

et

celle qui est destine

aux opprobres
le

ter-

nels, la classe qui doit passer

par

feu

el

tre purifie

C'est par un dveloppement analogue qu'on peut expliquer la croyance exprime au II' li\re des Ma chabes ce livre tmoigne que la perspective des rmunrations futures, ouverte par Daniel, avait fini par prendre consjstance.au moins dans les meilleures du judasme. illeurs, il n'est pas certain que les doctrines de soient d'origine bien ancienne. Le P. Lagrange 5time plus rcentes que le judasme, qui aurait au
:

traire influ s,ir elles.

La

religion des l'crsrs.

dans

1901, p. 203-212. l'autre part, ces affirmations des religions* rientales


biblique,
l'on croit
itoire doivent-elles

retrouver quelque chose du dogme du ncessairement s'expliquer par l'influence d'une doctrine rvle? Rien n'est m uns nce d'une purification d'outre- tombe se

l'intelligence humaine que ur ainsi dire naturellement conue. La ion est insparable de la loi; l'ordre doit tre
:tc si
li dans la mesure ou i! a t \ [ol. Or, en ce monde lablissement de l'ordre par la justice ne peut se compltement. Il faut donc, dans l'autre vie, non irict ion qui frappe a jamais le coupable impnitent, mais encore celle q,ii punit la tic fautes qui, tout en lai 'u dans l'me. y marquent nanmoins dette envers la justice divine. Par les seules ti Platon n'tait-il pas parvenu
I

spontanment

l'argent, prouve comme l'or. Chamma admettait ainsi un purgatoire, mais dont la vertu s'exerait fort vite. Cf. Lagrange, op. cit., p. 361-362. L'ternit des peines, affirme par le Talmud, dans la Halaka comme dans ['Agada,est interprte parles Juifs modernes avec de singuliers adoucissements. La purification de douze mois est accorde dj dans la Mischna aux mch;>nts sans distinction. Quant aux grands criminels, l'ternit de leurs peines tic doit tre prise la lettre que s'ils meurent absolument dans l'impnitente finale. D'ailleurs, il suffit d'avoir accompli pendant la vie, consciencieusement et religieusement, au me ins une prescription de la loi sacre, pour tre admis au bonheur. L'enfer des Juifs modernes devient en ralit un immense purgatoire. Cf. M. -A. Weill, op. cit., p. 595-596. D'ailleurs, dj au temps de Jsus Christ, de nombreux rabbins avaient tendance supprimer l'ternit de la ghenne. Cf. Bon sirven. op. cit.. c. xm, p. 538-541.

comme

Dans son Dr //. DANS /./.' NOUVEAU TESTAMENT. purgatorio, Bellannin invoque neuf textes <\v. Nouveau Testament en faveur de l'existence du purgatoire, t ne remarque pralable S'impose. Dans ces textes, il ne saurait tre question de trouver un enseignement direct des expiations d'outre tombe. Ce qu'il faut reconnatre c'est que ces textes supposent l'existence du purga
toire.

une purification dans l'au-del pour les mes sont capables? Voir plus loin. col. 1286. Quoi inant que les religions anciennes se soient spontann onceptiona de ce genre7 :

xm. 31-32. -tTout pch et blasphme remis aux hommes, mais le blasphme contre l'Esprit n<- sera pas remis. El quiconque parlera contre le lils de l'homme, cela lui sera remis; mais celui qui parlera contre l'Esprit-Saint, cela ne lui sera pas remis. ni dans ce sicle, ni dans le (sicle) venir. I 'exprs ion v TOOTtp t<7) orUvt signihe coup sr la vie pr
1 Muttli..

sera

171

PURGATOIRE. LE NOUVKAU TESTAMENT


texte

L72

sente. Cf. Mattb., xin, 22, 39; xxiv. 3; Marc, iv, 19; Luc, xvi, 8; xx, 34, etc. tandis que l'expression alwv
;

jour. Bellarmin ajoute

identique atv p/u-evo, se rapporte non au temps venir sur la terre, niais au temps qui suit la mort, celui dans lequel on obtient la vie ternelle. Cf. Marc, x, 30; Luc, xvm, 30. Jsus affirme donc ici qu'il y a des pchs qui, n'tant |>as remis en ce monde, le seront dans l'autre. Toutefois, le Sauveur ne parle pas de peines subir en vue d'obtenir cette rmission. Il pourrait donc rester un lger doute sur la valeur pleinement dmonstrative de ce texte en faveur du purgatoire, le pch pouvant tre remis dans l'autre vie au moment mme du jugement de l'me, grce son repentir et la misricorde de Dieu. Toutefois, tant donn le dogme du purgatoire, le sens le plus obvie de ce texte parat tre l'expiation dans l'autre vie de certains pchs lgers ou incompltement remis. On peut raisonner ainsi Pour que cette formule dclarative s'explique adquatement, il est juste d'entendre que certains pchs sont rmissibles en l'autre monde, ce qui implique une pnalit encourue, tout le moins la privation temporaire de la vision de Dieu, et par le fait, une expiation. Bernard, ait. Purgatoire,
(jiXXwv,
:

une peine qui doit finir un que ce texte ne peut s'entendre des jugements et des peines de cette vie, comme le veut si'iut Jean Chrysostome, P. G., t. lvii, col. 251, puisque l'exprience de cette vie montre frquemment que les prisonniers sont gracis avant l'expiration de leur peine. Seul donc le purgatoire rpond cette prison dont on ne sort qu'aprs avoir entirement pay

indique clairement

sa dette.

dans Dict.
la

apol.,

t.

iv, col. 505. D'ailleurs, le fait

que

rmission pourrait tre conue

comme

se ralisant

dans le jugement mme n'infirmerait pas la valeur de la preuve scripturaire du purgatoire, une des formes primitives de la croyance au purgatoire tant prcisment la croyance une purification d'outre-tombe par le feu du jugement. Voir Feu du jugement, t. v, col. 2242-2243; voir aussi ci-dessous. 2 Matth., v, 25-2G. Sois facile avec ton adversaire au plus tt, tandis que tu es en chemin avec lui, de peur que ton adversaire ne te livre au juge et le juge l'appariteur, et que tu ne sois jet en prison; en vrit, je te le dis, tu ne sortiras pas de l que tu n'aies pay la dernire obole. Ce texte de Matthieu est clair par le texte parallle de Luc, xn, 58-59. Notre-Seigneur use de paraboles pour enseigner aux Juifs la conduite tenir en face du jugement futur de Dieu. Les destinataires de la parabole sont encore en chemin , c'est-dire en cette vie. Mais celui qui s'adresse la recommandation Sois facile avec ton adversaire est un accus dbiteur. Le chtiment divin n'est pas envisag comme une coercition temporaire le thme n'est donc pas la rconciliation, mais la ncessit de la pnitence pour viter le chtiment. Ce qui ressort de la parabole, c'est donc qu'il faut tre en paix avec son prochain, en rgle avec Dieu, pour viter un chtiment

3 Luc, xvi, 9. Et moi je vous le dis Faites-vous des amis avec l'argent de l'injustice, afin que, lorsqu'il fera dfaut, ils vous reoivent dans les tentes ternelles. D'aprs Bellprmin, le sens de ce texte n'est pas seulement que ceux qui auront fait l'aumne seront sauvs aprs leur mort cause de leurs bonnes uvres, mais qu'aprs leur mort les prires des saints soulageront leurs mes. En ralit, une telle interprtation est excessive. Cette conclusion se lit la fin de la parabole de l'intendant infidle, qui avait su prendre les dbiteurs de son matre par l'intrt et en avait fait ses complices. De tels procds, la vritable sagesse ne peut tirer, en les constatant, qu'une intense mlancolie. Mais il y a mieux faire, et c'est ce qu'indique Jsus-Christ dans la conclusion. La parabole est alors transpose avec cet argent, le vrai disciple du Christ saura se faire des amis dans l'autre monde, non pas en trafiquant, comme l'conome infidle, mais en se dpouillant par l'aumne au profit des pauvres. Quand l'argent d'injustice (lisez qui pourrait facilement devenir occasion d'injustice) fera dfaut, en raison de la mort o il faut tout abandonner, l'aumne qu'on aura faite avec lui procurera des amis dans l'autre vie. Cette amiti, sans doute, se traduira d'une faon effective, mais de quelle faon. Sans doute de manire
:

nous faciliter l'entre au ciel. Mais l'ide de la dlivrance du purgatoire ne saurait tre ici que trs vague. Moi, je vous dis que quiconque A" Matth., v, 22. se mettra en colre contre son frre sera justiciable du tribunal et quiconque dira son frre Raca sera jusFou! sera ticiable du sanhdrin; et quiconque dira justiciable envers la ghenne du feu. Bellarmin construit sur ce texte un argument dialectique en faveur du purgatoire quand le Christ menace ainsi de sanc-

tions celui qui s'irrite contre son frre, il parle des peines souffrir dans l'autre vie; or, parmi ces peines, la ghenne du feu est indique pour l'injure la plus grave; il existe donc des sanctions moins svres. Il est incontestable que Jsus oppose ici le jugement divin

redoutable. Faut-il pousser plus loin l'allgorie et reconnatre dans la prison dont est menac le dbiteur soit l'enfer, comme le pensent les Pres latins en gnral, soit le purgatoire, comme opinent quelques exgtes la suite de saint Cyprien, Epist., lv, ad Anton., n. 20, Hartel, p. 638? Il' est difficile de le dire, encore qu'il soit certain que Jsus ne nie pas que la dernire obole puisse tre paye. Tout ce qu'il est permis d'affirmer en s'en tenant au texte lui-mme, c'est qu'il n'est pas impossible d'y voir une allusion au purgatoire. Mais cette interprtation ne s'impose pas exclusivement et n'a pas de valeur dogmatique absolue.
Cf.

dans l'ordre spirituel au jugement terrestre, tel qu'il prvu par la Loi interprte par la tradition juive. D'aprs la justice juive, l'homicide est justiciable du simple tribunal de vingt-deux membres pris dans le sanhdrin; mais, pour une simple colre d'un frre contre son frre (au f. 47, le Christ laissera entendre qu'il ne s'agit pas seulement d'un frre isralite, mais de tout homme, tous devenant frres par le christianisme), dj un jugement comparable celui du simple
tait

tribunal est promis.


ciable

Une injure plus forte sera justidu sanhdrin tout entier, c'est--dire sera juge

Knabcnbauer, Evang.

sec.

Matthseum,

t.

i.

Paris, 1892, p. 22i>; Lagrange, Evang selon saint Luc, Paris, 1921, p. 370; Evangile selon saint Matthieu, Paris, 1923, p. 100-101. Bellarmin dpasse donc la porte du sens littral lorsqu'il voit dans ce texte l'in-

par Dieu plus svrement encore. Enfin, la ghenne, punition suprme, est rserve l'injure suprme. La conclusion que Bellarmin veut tirer de ce passage n'apparat que fort lointaine elle est lgitime cependant, surtout si l'on se souvient que tout ce passage de Matthieu prpare l'allusion la prison dont l'accus ne sortira qu'aprs avoir pay la dernire obole. Voir ci:

dication claire du purgatoire. Ce texte, dit-il en substance, ne peut s'interprter de l'enfer, comme le voulait saint Augustin, De sermone Domini in monte, 1. I, c. xi, P. L., t. xxxiv, col. 1243, ni mme de l'ensemble des peines de l'enfer et du purgatoire, comme le voulaient Albert le Grand, Optra, d. Vives, t. xx, p. 184-195, et Cajtan, In Matthum, v, 22, puisque le

dessus, n. 2. 5 Luc, xxm, 42. Il ajoutait Jsus, souviens-loi de moi quand tu viendras dans ton rgne. Il s'agit du bon larron, qui jamais n'aurait ainsi parl s'il n'avait cru qu'aprs cette vie les pchs peuvent tre remK

que

les

rconfortes

mes ont besoin de secours et peuvent en . Si vague et si lointaine que soit ici

tre
l'ai-

17.:

PURG

H RE.

Il

NOUV]
et

TEST

lu&ion a une expiation d'outre tomba, elle n'est cepen liant pas compltement ngligeable. le toute 6> Idence, le bon larron, un Juif assurment, eroil au royaume messianique, dans lequel, par sa mort, le Cbrisl \.i entrer. Il adresse Jsus une humble prire, se recom
I

H. All. Premire pttre


113. 8
/Vu/., h. 10

aux Corinthiens, Pans, 193

i,

P.

flchisse,

au

ciel,
il

sur
est

enfers
.'unes

dont

de Jsus tout genou dans les enfers. < Les question peuvent reprsenter les
la

Qu'au

nom

terre et

mandant

lui

d'une manire gnrale, randls que

le

mauvais larron demande insolemment un miracle, le bon larron, avec une toi sans hsitation, entrevolt, la mort, l'avnement du Messie. Il se recom s mande doue, pour l'tat dans lequel il va entrer aprs la mm t. a celui qu'il considre comme le chel du royaume de Dieu, En lui promettant le paradis, .lesus lui aeeorde bien plus qu'il n'avait demande. .. 24. Ici, Bellarmin lit une leon que *
critique accepte difficilement. Dans son discours, saint l'ierre parle de Jsus que les Juifs Mit fait mourir.

du purgatoire, bien qu'il puisse dsigne] ment les damnes. Vraisemblablement les deux n faveur des Ames du purgatoire, on peut apporter l'ap pui d'un texte similaire d'Apoc, vi, 13. Mais 11 est difficile de trouver ici une indication solide en laxeiir du dogme du purgatoire, 9 Deux textes que n'a pas relevs Bellarmin et qu'il convient cependant le citer, c'est Luc, mi. 18, el
i

Il

l'illl..

I.

ic.

18.

l'ayant clex a la croix par la main des infidles Dieu l'a ressuscit, axant dli les l'aptre ajoute les liens de l'enfer. Sililiens de la mort. Bellarmin lit ce texte. \oir Jacquier, Les Actes des aptres, Paris.

I l

p. 66. D'ailleurs, ce n'est pas au texte lui-mme des Actes que Bellarmin se rfre pour trouver un argument en faveur du purgatoire, mais aux commentaires qu'en ont donne les Pres. De nombreux appliquent le texte axant dli les liens de l'enfer > aux mes dlivres par le Christ de souffrances infernales: et. comme il ne peut tre question de damnes, il doit ncessairement s'agir des mes qui se purifiaient dans le purgatoire. L'argument traditionnel peut avoir de la valeur; mais l'argument scripturaire ne prsente aucune base a la croyance au purgatoire. Mme en admettant la leon zxq g>8v7; to-j 45o'j. il ne saurait tre question d x trouver une libration par le Christ des mes du purgatoire. Il n'est question que du Christ lui-mme, la suite du texte l'inDieu l'a ressuscit, axant dlie les dique clairement liens de la mort (ou de l'enfer) >, parce qu'il n'tail pas ble qu'il restt au pouvoir de celle-ci (ou du scheh. Et Pierre invoque a l'appui de son assertion le Hl, certainement messianique. Les autres textes Invoqus par Bellarmin sont de 7 saint Paul. Le premier est pris dans / Cor., xv. 29. Saint Paul prche aux Corinthiens la rsurrection future. lit il ajoute a sa prdication un argument indirect D'ailleurs (s'il n'en tait pas ainsi), que feront ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne doivent pas du tout ressusciter, pourquoi se font-il baptiser pour eux? Le sens obvie de ce texte est que les Corinthiens se faisaient baptiser lu ptuc(, ou. mieux, en faveur de leurs parents ou amis qui taient morts sans avoir reu le baptme. Ils pensaient les rendre ainsi dignes de la rsurrection glorieuse. Sans approuver ni blmer cette singulire (oui unie, saint Paul s'en sert pour dmontrer sa thse et il conclut
: :

Le sen Iteur qui est une allgorie volont de son matre et qui n'a pas prpar ou agi scion sa volont recevra un grand nombre decoups. Mais celui qui ne la connat pas et qui agit le faon mriter Us coups, en recevra peu . Il s'agit lu jugement de Dieu ou du Christ. Ce chtiment lger, pour ceux pii peuvenl avoir les excuses, n'est il pas l'indice que, dans les jugements le Dieu, il y a une punition pii n'est pas la perte ternelle ? CI Lagrange, vangile de saint Luc, Paris, 1921, p. '171; H. All,

Le texte
la

h'

Luc

connat

op.

cit.,

p.

(>7.
i.

II Tini.,

16-18, est

une prire

Que

le

Seigneur

misricorde sur la maison d'Onsfphore, parce pic souvent il m'a rafrachi et n'a pas rougi le nos chanes; mais, lorsqu'il est venu a Home, il m'a cherch axee empressement cl m'a trouv. Que le Seigneur lui donne de trouver misricorde en ce joui! L'expression la maison d'( Insiphore pi'on retrouve plus loin encore (iv, 19), semble indiquer qu'au moment o Paul crivait sa lettre, Onsiphore tait dj mort. La prire laite au Seigneur en sa faveur indiquerait alors le suffrage les vivants pour les morts. 10 Reste le texte classique sur lequel beaucoup de thologiens se sont fonds pour affirmer l'existence du purgatoire, I Cor., m, 11-15

rpande

sa

lient en poser d'autre pie celui pii est la, (pii est Jsus-Christ. Kl si quelqu'un, en btissant, superpose a ce fondement de l'or, de l'argent, des pierres de prix, des pices de bois, de l'herbe, de la paille, l'ouvrage de chacun sera mis en vidence, car le jour le montrera, parce que c'est au feu pie se fait celle rvlation; et l'ouvrage de chacun, ce qu'en est la qualit, le f-u l'prouvera. Si l'ouvrage de quelqu'un, qu'il a superpos en btissant, subsiste, il recevra une rcompense: si l'ouvrage (le quelqu'un est consum, il subira un dommage; lui, il sera bien sauv, mais ainsi qu' /n/eirs h- feu.

De fondement, nul ne

qu'elle suppose la foi a

la

rsurrection. Ce sens littral

ne suffit pas a ceux qui veulent trouver ici un argument premptoire en faveur le l'existence du purgatoire. Le baptme dont il est question serait un baptme de larmes et de pnitence, pion accepte quand on prie, qu'on jene, qu'on fait les auradnes, etc. le sens serait Que feront ceux qui prient, qui jenent, qui donc pleurent, pii se mortifient pour les morls, si les morts m- ressuscitent pas? Nous aurions ici un tmoignage explicite de l'utilit ries suffrages oITerls pour les .unes souflrand tte interprtation, loin de s'imposer, parait inadmissible. Bellarmin reconnat lui-mme qu'el! utable et admet comme probable l'in;

terprtation littrale que nous axons rappele. Ton tefojs. ce baptme pour les morts n'atteste til pas, lui aussi, sa faon, que les vivants peuvent quelque est la un indice non en faveur des dfunts? Et ngligeable de e primitive a l'expiation dans
i

l'au-del.

Voir

Baptme pouf

reLn,

col

Dans cette allgorie, trois Exgse du texte. la nature de l'difice, le a considrer jour , le feu qui prouve la superstructure apporte au fondement. \ous sommes les coo <tj La nature de l'difice. prateurs de Dieu; xous des la culture de Dieu, la btisse de Dieu -. crit l'Aptre au \". 9. Quel esl cet difice que les ouvriers apostoliques ont mission de construire h d'achever? Saint Paul parle d'un seul difice n ne s'agit donc pas de l'difice personnel de la perfection chrtienne, propre chaque chrtien, donl le fondement est la foi, donl les matriaux sont, d'un ct, les bonnes uvres, d'un .mire ct, les pchs -rax s, les affections charnelles ou les pchs vniels. Lnterprtration, qu'on retrouve sous des [ormes a peine dissemblables, che/ )l gne. .Jean Chrx sosl oiu<\ Jrme, Augustin el Grgoire le Grand, outre qu'elle se heurte a l'unit de l'difice x a cont re le sens gnral ce fondement de l'difice c'esl la foi, el d'-> matriaux tels que pchs el affections charnelles ne sauraient reposer sur la foi. Il m- s'agit pas davantage de flec qu'est cf. Mai th.. xvi, 18), dont les fldli
1.

ternies sont

<

17.',

PURGATOIRE
I
1
;

LE

NOUVEAU TESTAMENT
nie tout cela la fois.
(iv.
.'$)

1170

sont les pierres vivantes (cf. Petr., ri, Eph., n, 20), difies sur la pierre angulaire qu'est le Christ, les matriaux prissables tant les pcheurs e1 1rs rprouvs. Mais alors comment ceux qui les auraient fait entrer dans l'glise pourraient-ils eux-mmes tre sauvs? Il s'agit donc clairement de l'vangile lui-mme (cf. Rom., xv, 20), dont Paul a pos le fondement Corinthe en prchant Jsus-Christ, abrg de la foi, et que ses sueeesseurs ont mission de complter et de parachever par leur enseignement.

On

voit au chapitre suivant

Personne n'a le droit de dplacer ce fondement ou de lui en substituei un autre; lis tout prdicateur de l'vangile a le droit et le devoir de continuer l'difice. (Jr, comme la construction est de mme ordre et de mme nature que le fondement, les parties surajoutes l'difice fond |iar Paul seront ncessairement les doctrines du christianisme, non pas des doctrines mortes, purement spculatives, sans influence aucune sur l'accroissement du corps mystique, m lis des doctiines vivantes, agissantes, capables de transformer l'esprit et le cur de ceux qui en l'ont leur rgle de vie. L'or, l'argent, les pierres de prix sont divers degrs les doc-

que Paul pouvait donner )y.p7. le sens trs gnral de jugement ou de sance judiciaire. Or, le Christ exerce ses jugements et peut avoir son jour de bien des manires. La principale, la dcisive est videmment celle de la parousie; mais Jsus (Luc., xvil, 22), a parl d' un des jours du Fils de l'homme , comme s'il pouvait y avoir plusieurs de ces jours , o manifeste sa puissance suivant tel ou tel mole, dans tel ou tel vnement... Aussi pouvons-nous croire, avec saint Thomas, que, dans ce verset, il s'agit du triple jugement de Dieu, le jugement gnral, le jugement particulier la mort de chacun, et les jugements durant cette vie mortelle. Il faut toutefois remarquer que ce t. 13 ne vise expressment que le jugement qui
il

trines utiles et fructueuses; le bois, le foin, le chaume, substances fragiles et peu durables, symbolisent, non pas les erreurs et les hrsies, mais les enseignements frivoles, les rcits futiles, bons repatre la curiosit des auditeurs, us sans action srieuse sur leur vie morale. Le souverain Juge parat soudain, t'n feu dvorant le prcde. L'or, l'argent, les pierres de prix, rsistent l'preuve; le bois, le foin, le chaume sont consums et les imprudents ouvriers qui les employaient, voyant prir leur uvre, se sauvent a travers les flammes. F. Prat, La thologie de saint Paul, 17 e d., t. i, p. 111.

sera port sur l'uvre extrieure du ministre. Quoi qu'il en soit, ce jour sera le jour du discernement du bien et du mal, des bons et des mauvais ouvriers, de la distribution des peines et des rcompenses. Saint Paul nous reprsente les ouvriers de l'difice surpris par ce jour, et ils se divisent en trois catgories. Les uns, auxquels il est fait allusion au f. 17, sont les mauvais ouvriers qui, au lieu de btir, s'elTorcent de dtruire le temple de Dieu que sont les fidles, qu'est l'glise: Dieu les dtruira eux-mmes, comme ils ont dtruit. D'autres ont construit un monument solidu et n'ont employ que des matriaux excellents : ils recevront la rcompense due aux ouvriers fidles, Enfin, ils les derniers font usage de matriaux prissables souffriront dommage. Saint Paul ne dit pas express:

Cette explication, jadis retenue par l'Ambrosiaster, adopte par l'immense majorit des exgtes. L'interprtation plus large, rcemment propose par le P. All, op. cil., p. 59-60, ne contredit pas essentiellement celle qu'on vient de rapporter. Le fondement est le Christ lui-mme, que Paul a d'ailleurs compar la pierre angulaire, la tte du corps. La superstructure signifie donc tous les rsultats du travail des instructeurs qui prtendent faire l'uvre du Christ, l'accession des nouvelles recrues, les doctrines qu'elles reoivent, les uvres qu'on leur fait produire, etc. L'difice, en somme, c'est l'glise, mais l'glise avec ses membres, la foi et la charit qui les unissent; ensemble qui doit tre homogne, harmonieux et parfaitement adapt au fondement. Cette interprtation extrmement comprhensive n'est pas confondre avec celle qu'on a rejete tout l'heure. Dans cet difice, les matriaux, personnes, uvres, doctrines, sont de qualit bien diverse. Les matriaux infrieurs peuvent se rencontrer avec ceux de qualit supest aujourd'hui

quoi. Mais ils se sauveront comme par le feu, pareils l'ouvrier qui, employant des matriaux combustibles, voit l'incendie se dclarer dans l'difice qu'il construit et se trouve oblig ue s'enfuir au milieu des

ment en

flammes pour se sauver. c) Le feu , d'aprs le

P. All, op.

cit.,

p. 61, serait

toutes les activits destructrices dont l'difice spirituel de Corinthe (et l'glise en gnral) subiront l'assaut, Dieu l'ayant ainsi ordonn pour en faire l'-

preuve (7oxa).'j7T-ETat) et la purification. Si cette preuve est diffre, jusqu'aux derniers jours pour certaines superstructures , la parousie au moins, preuve suprme, montrera ce qui valait quelque chose ou ce qui ne valait rien pour l'tablissement du rgne de Dieu ternel. Mais d'autres exgtes veulent un sens

moins gnral.
Il

est bien vident, tout d'abord,


ici

que

le feu

dont

saint Paul ne peut tre entendu directement du feu du purgatoire : le feu du purgatoire, en effet, purifie, mais n'prouve pas et, de plus, il n'a rien

parle

rieure.

b) Le jour . La Vulgate a (lies Domini; mais le texte grec porte seulement y; T,u.pa, le jour par antonomase, c'est--dire le grand jour de la parousie, jour o se fera le discernement des bons et des mchants, la distribution des peines et des rcompenses. Ce jour est le plus souvent appel le jour du Seigneur ou le jour du Christ ; cf. I Cor., i, 8; v, 5; II Cor., i, 14; Phil., i, 0-10; n, 6; I Thess., v, 2; II Thess., n, 2; I Petr., m. 10-12; Apoc, xvi, 14; il est encore dsign par exetvT] Y) -rjuipa, II Thess., i, 10; II Tim., i, 12-

18; iv, 8, et par yj ^fipoc tout court, Hebr., x, 25; cf. 12. C'est le jour du jugement. C'est l l'interprtation commune. On ne saurait donc accepter les interprtations diffrentes qui se prsenteraient avec exclusivit de l'interprtation commune surtout celles qui se fondcnl sur un sens accommodatice, la ruine de Jrusalem (Lightfoot), la tribulation (saint Augustin, qui d'ailleurs n'exclut pas d'autres interprtations, voir plus loin, col. 11 77), le jour del mort (Cajtan), un jour indtermin (Grotius), la claire lumire de l'vangile (rasme. Bze), etc. Toutefois, remarque opportunment le P. All, op. cit., p. 61, ce peut tre en ralit

uvres excellentes symbolises par l'or, Ce n'est pas non plus le feu de l'enfer (interprtation de saint Jean Chrysostome), interprtation abandonne des exgtes. Ce feu de l'enfer punit, mais n'prouve pas, et l'on ne peut dire, sans violenter le texte, que le damn sera sauv (owOrjorTai), c'est--dire conserv vivant, pour souffrir ternellement. Ce sens donn awrio-ETai est inou, comme l'ont dmontr au concile de Florence les contradicteurs de Marc d'phse. Cf. Mansi, Concil., t. xxxi, col. 489, et Feu du purgatoire, col. 2250. De plus, on ne comprendrait pas que saint Paul oppost
faire

avec

les

l'argent, les pierres prcieuses.

Rom., xm,

detrimentum palietur, ccQt^ztoli, salterme signifiaient la peine du feu de l'enfer. Cf. Corncly, Commentarius in S. Pauli epislolas, I Cor.. Paris. 1890. t. n, p. 91. Il ne s'agit pas non plus du feu mtaphorique de la tribulation, interprtation secondaire chez saint Augustin et saint Grgoire le Grand. Feu du purgatoire, col. 2250. Il suffira de mentionner l'opinion singulire deBellarniin. qui veut que le premier feu du tf. 13 soit le feu de la
^7)u.uo6v;GTaL,

vabilur.

si

l'un et l'autre

conflagration gnrale,

le

second,
et

mme
le

mtaphorique du jugement,

que

feu du

verset, le feu 15 ?.

ht;
N.ut

PI

RG

loi

11

II

NOUVEAl
les

II

ST

MEN

L178

(m

rel

du purgatoire: opinion insoutenable el

t-ment note par Estius; et. art. cit., col. Nous avons expos l'interprtation de nombre il<' - rapportant ce feu nu feu rel de la conflagration des Pres, des thologiens el des le. I .1 plupart :cs voient dans li- feu dont parle saint Paul le teu

jour du Sel conflagration qui s'allumera au fau jugement), c'est a-dire le feu de la conrapporte un jugement qui tien en tant qu'il ti sel ave Ks iruvri's des lionunes et en tant \ ira le feu purilicateur pour les dei niei s justes ei non entirement purifis... A ces Pres il faut ajouter Cor., m, 13 15, for saint Augustin, qui, expliquant aille nettement l'hypothse d'un teu rel purificateur qui, aprs la mort, tourmentera plus ou moins longtemps certains fidles d'ailleurs sauvs en principe. Voir les rfrences, Fi i du puroatoirj col. 2251. L'interprtation de (.ajelan. qui entend Is feu dont
<le

la

ir

bonnes QSUVreS selon! approuves, les mauvaises pas au drider jugemenl qu'est manifest tout d'abord ce qui aura t bon ou mal dans bs uvres des bomines. le jugement dernier ni fera que manifester el confirmer devant l'univers entier ce qui aura t dj fail au jugement particulier. Vptre lui mme, il peut arriver qu'au Donc, d'aprs jugement quelqu'un soit condamne a sui ir des peine: pour des u\ res moins parfaites el que, cependant, il
rejetes, Or, ce n'est
i

.i

'

ensuite sauv. Mais c'est prcisment l.i tout li purgatoire, Ch, Pesch, Pralei tiones theologictc, t. i\. n. 590. Le P. Prat, op. cit., p. 12, conclut lui aussi, d'aprs le texte <ie saint Paul, qu' il \ a des fautes qui ne sont pas assez, graves pour et pour ouvrir renier, et qui sont punies Ici nier le eu
soit

dogme catholique du
1

nanmoins d'un chtiment proportionn. Le dogme catholique des pchs vniels et celui du purgatoin
trouvent ainsi dans noire texte un trs Solide appui Le P. AllO prsente l'argument sous une forme non Nous avons interprte le vellc au sens U feu plus tendu, comme l'ensemble des preuves cl des jugements auxquels le Christ, juge invisible d'abord, puis visible au jour du grand avnement, soumettra l'ouvrage de ceux (|ui ont voulu- ou prtendu lia vailler pour Lui. Mais le f. l, disions-nous, montre que ce n'est pas l'ouvrage tout seul, c'est aussi l'ouvrier qui pourra tre atteint par la flamme, bien qu'il soil destin' au salut. Comme rien n'indique que ces preu ves du travail de chacun doivent toutes avoir lieu durant la vie prsent;', il faut reconnat rc que Paul envisage, pour les mes lues qui auront quitt ce monde, la possibilit d'une dette acquitter eiicon envers Dieu. O et quand cette dette leur sera-t-elle rclame'.' On ne voit que le moment o elles compilai nuit devant le tribunal du Christ (II Cor., v, 10; Rom., xiv, lii). Ce jugement du Christ ne peut tre les assises gnrales de la parousie. Car, d'aprs le mme chapitre de II (.or., le sort de quelques-unes au moins sera dj actuellement lix avant celte consommation; la. el encore dans l'ptre aux Philippiens, l'Aptre exprime l'espoir de jouir dj, avant la rsurrection. de la compagnie du Christ. Est-ce que celte dtermination sera exceptionnelle? Et la masse des lus, jusqu'au jour de la consommation, restera-t-elle en suspens, dans une espce d'incertitude sur le sort final qui l'attend, ou condamne une sorte de sommeil? Puis que certaines mes au moins y chapperaient, c'est donc que cette attente quivaudrait une punition pour les dficiences de leur travail lever le temple de >icu autour d'elles el en elles. De toute faon, nous serions ramens l'ide d'un temps ou d'un tat d'expiation aprs la mort corporelle, un purAjoutons nanmoins que, pour ingnieuses gatoire. qu'elles soient, ces exgses diverses tmoignent d'un concorilisme dont le moins qu'on puisse dire est qu'il ne s'impose pas. ///. C'O.vc/. t'.svo.V. Porte exacte du fondement scrip Il ne s'agit pas ici de turaire du dogme du purgatoire. discuter l'emploi qui a l fait de l'Ecriture sainte pour dmontrer l'existence du purgatoire, m lis d'expliqu) le sens ohjcctil de la condamnation, porte par Lon \. contre la 37* proposition de Luther. Cette condamna |.i lion, avoi. dit, n'oblige pas trouver dans l'criture une rvlation explicite du dogme du purgatoire. La Anale '/"./ s/7 in canone montre bien qu< Luther avait en vue de rejeter la preuve du purgatoire par le texte des Macliabes. donl 11 contestait prcisment la canot Icit. (.'est ce texte surtout qui manifeste l'existence d'une expiation dans l'au-del el 'efficacit des Suffrages pour les morts. Aussi, ne pouvant liiei l'vidence, le rformateur nia la canon Icit du livre tout entier, tout comme, refusant aux bonnes uvres toute valeur mritoire, U nia rsolument, Impudemment
. : i
i

Cor. du feu mtaphorique aujourd'hui plus probable aux

parle

du Jugement,

paratl

meilleurs exgtes, catholiques. Elle est adopte par le P. Prat, qui n'hsite pas affirmer que le feu de la conflagration est tranger a l'enseignement de saint Paul u Op. cit., p. 1 13, note l. On aurait tort de le voir dans II rhess., btSucnoiv, car ces paroles sont une citation d'Isale, lxvi, i. o il est question du feu du jugement. D'ailleurs, ajoute le P. Prat,

mme

le

feu

du jugement
le

est

si

suivent

mentionn dans

l'criture et
ce dernier.

feu de la conflagration l'est si peu qu'il n'est gure probable que saint Paul ait voulu dsigner

L'Aptre parle d'un feu qui prouve

les

doc-

trines et les actions des

hommes, d'un

feu qui

accom-

et manifeste le jour du Seigneur. Or ce feu ne peut tre que le feu du jugement. Ce feu, qui fait partic oblige d< s Lhophanies, escorte le char du Seigneur venant juger le monde. C'est un feu intelligent, qui rendra manifeste le contraste entre les honnis doctrines, durables comme l'or, l'argent et le marbre, el les doctrines frivoles, aussi corruptibles que le bois, le foin et la paille. Ce mme feu sondera les consciences mprudents architectes, en leur infligeant le chtiment mrit IN seront sauvs comme par le feu . feu a son sens ordinaire; seulement il y a Ici. le mot une comparaison qu'on pourrait dvelopper ainsi ils sauvs, mais non s.ms douleur et sans angoisse, comme se sauvent a travers les flammes les liens surpris par un brusque incendie. Op. cit., p. 113. J. I.'uryument qu'on en lire en fureur ilu purgatoire. l'on adopte l'interprtation du feu de la confiaIle du feu du jugement, on ne possde pas on ou d'argument direct en faveur de l'existence du purgatoire; mais V argument indirect ne laisse pas d'avoir

pagne

<

quelque valeur. Voici l'argument en ce qui concerne le feu de la conagration Le feu de la conflagration dernire, tant plac aux confins de la vie prsente et del vie teren nelle, aura, pour ainsi dire, une double action tant qu'il termine la vie prsente, il s'attaquera tous et tout, brlera et dtruira les bons et les mauvais dans leur vie corporelle et, en ce sens, il ne ser;i p;is le feu qui pr< uve: en tant qu'il appartient dj la vie future, instrument de la divine justice, il punira et s .'mes des derniers justes dont il aura caus purifiera la mort A pur:, on peut donc infrer logiquement qu'aparticulier, qui sera le jour du Seigneur i" u li.o un des hommes, pareil!' purification ,ni\ mes non compltement encore lie du P) o vm illurcs mi pch
:

II

iiix

tholo

reument.
nt en ce qui concerne le feu mtaphorique du ju; ni Le feu dont parle saint Paul n'est plus probablement que le feu du jugement, par lequel
:

17!

PURGATOIRE LA TRADITION PRIMITIVE


la

|x<i

la

canonicit de l'ptre de Jacques. Ainsi


le

condamna-

tion porte par

mer

Lon X \isait non seulemeni proclafondement script uraire <ln dogme <ln purgatoire
des l'occasion de ce fondeII livre

niais encore restaurer la canonicit <ln

Machabes nie par Luther ment. L'analyse des textes du Nouveau Testament invoqus en faveur de l'existence <ln purgatoire montre qu'ici l'argument dm instratif est moins direct, moins efficace, on doit mme convenir que plusieurs de ces textes ne sont pas ml rem ou qu'il faut employer un vritable raisonnement thologique pour en tirer une indication en faveur du purgatoire. Quelques-uns nanmoins, notamment Matth., xn, 31-32, et I Cor., m, 10, d'une faon plus nette, Matth., v, 25, et peuttre I Cor., xv, 29, d'une faon plus lointaine, suffisent contrecarrer les prtentions de Luther. Sans avoir par eux-mmes rien de dmonstratif, [ces textes s'opposent nanmoins son principe fondamental de la justification par la foi, qui soustrait le pcheur toute pnalit, toute expiation ultrieure . Bernard, art. Purgatoire, dans Dict. apol., t. iv, col. 504. C'est, semble-t-il, sur cet aspect de l'argument scripturaire qu'il aurait fallu insister davantage dans la polmique contre les protestants, lit c'est peut-tre le meilleur point de dpart pour dfendre, contre des ngations radicales, le dveloppement de la croyance l'expiation d'outre-tombe. D'ailleurs, le thologien catholique sait que l'assertion scripturaire explicite n'est pas ncessaire pour appuyer la rvlation l'enseignement oral d'une tradition divine ou apostolique sullit. De plus, le purgatoire n'tant pas un dogme dont la connaissance explicite est requise pour le salut, on peut concevoir que sa rvlation a tout d'abord t plus ou moins implicitement renferme dans le dogme gnral de l'expiation personnelle exige par la justice divine, sous l'conomie prsente de la rdemption, pour nos fautes personnelles. C'est l, estimons-nous, le meilleur argument dans la polmique antiprotestante.
| :

Voir II Beg., xi-xn pch et conDavid III l'.eg., xxi, 27-29 crime et repentir d'Achab; IV Beg., xx, 12-19 faute d'zchias, qui s'humilie sous le chtiment divin; II Par., xxxm, 11-13 repentir de Manass. Deux ides se trouvent ainsi frquemment juxtaposes la ncessit d'une expiation pour le pch, la loi de solidarit qui permet au juste de se substituer au pcheur. A vrai dire, cette seconde ide apparat assez tard dansla thologiejuive. Dans le livre de Job, la soulfrance du juste demeure encore un mystre. C'est surtout dans la prophtie messianique du serviteur de Jahv , Is., lui, que la substitution du juste au pcheur est affirme nettement. Ici, en effet, le serviteur de Jahv dsigne non l'Isral rel, ni l'Isral idal, ni aucune collectivit, ni aucun personnage de l'Ancien Testament; il dsigne le Messie: le Sauveur innocent souffre pour les coupables et leur place; sa substitution prsente un caractre pnal, et son expiation, de la part de Dieu comme de sa part, est une uvre d'amour.
soit individuelles.
:

fession de

Au I er sicle de notre re, la thologie juive recueille cette ide de solidarit en vue de l'expiation. Elle insiste sur les mrites des pres, les bonnes uvres des justes, l'efficacit de leurs suffrages. Voir surtout dans
IV e livre des Machabes les jeunes martyrs sauvant Isral par leur sacrifice expiatoire. Sur tous ces points, on consultera A. Mdebielle, L' expiation dans l'Ancien et le Nouveau Testament, i, l'Ancien Testament, Borne, 1925; art. Expiation, dans Suppl. du
le II e et le

Dict. de la Bible,

Aussi, sans ngliger la valeur implicite des arguments scripturaires rappels ci-dessus, devons-nous maintenant envisager, dans le dogme gnral de l'expiation chrtienne, les premires manifestations de la croyance implicite au purgatoire.

m, col. 97 sq. de cette double ide gnrale l'expiation ncessaire foute faute et l'efficacit de l'intervention des justes en faveur des pcheurs, l'essentiel de notre dogme du purgatoire, il aurait suffi de projeter cette doctrine dans la vie de l'au-del. A part la brve indication releve, dans II Mac, il ne parat pas qu'une doctrine juive se soit forme cet gard. Du moins allons-nous trouver dans le Nouveau Testament une indication en ce genre? 2. L'expiation personnelle en face du mystre de la rdemption. La rdemption par le Christ est une expiation du juste pour les pcheurs cette conception
t.

Pour

faire sortir

II.
e

sicle.

La tradition orientale jusqu' la fin du 1 L'expiation peri. fondements.

1. L'hsonnelle dans l'conomie de la rdemption. L'Ancien Testament, ritage de la thologie juive.

avons-nous
:

dit,

tout au moins jusqu' l'poque d'Ls-

dras, est orient vers les rtributions collectives de ce monde la Loi a pour but de rappeler au peuple lu de Dieu le rle qu'il doit jouer ici-bas, pour y conserver et propager le culte du vrai Dieu. Les fautes contre la Loi ont pour compensation des expiations d'ordre
lgal,

expiations purement rituelles par

le

sacrifice

extrieur, indpendant, semble-t-il, des sentiments de pnitence intrieure qui devraient les commander. Toutefois, ct de l'expiation rituelle par le sacrifice extrieur, moyen officiel d'expiation, on devine souvent, on saisit parfois un autre moyen d'expial'expiation du pch tion, celui-l d'ordre intrieur par la prire et la pnitence et souvent par l'intermdiaire du juste en faveur du pcheur. La Bible offre
:

exemples de pardon accord en considration des mrites des justes voir l'intercession d'Abraham en faveur des villes coupables, Gen., xvm, 17; l'pisode d'Abimlech, Gen., xx; la mdiation de .Mose en faveur du peuple rebelle Num., xiv, 13-19; Samuel priant pour le peuple d'Isral, I Beg., xn, 19 sq. D'autres fois, c'est le coupable lui-mme qui expie par le livre des la prire et la souffrance sa propre faute Juges et les livres des Bois contiennent maints exemples de ces expiations salutaires, soit collectives,
ainsi des
: :

nous l'avons vu, inaccessible aux Juifs, puisqu'elle s'tait dj affirme dans le Serviteur de Jahv annonc par Isae et dans les sacrifices expiatoires offerts par les jeunes martyrs des livres des Machabes. A plus forte raison faut-il accorder au Christ de s'tre, dans son sacrifice, substitu aux hommes pour leur obtenir de Dieu le pardon de leurs fautes et la rconciliation de leurs mes. Toute la question est de savoir si l'expiation offerte par Jsus-Christ est exclusive ou non d'une expiation personnelle, laquelle les pcheurs seraient encore tenus l'gard de Dieu. lucider ce point de dpart est absolument ncessaire la thologie du purgatoire. a) Les pchs remis par le baptme ne comportent pas cette expiation personnelle du pcheur. La voie normale du baptme, par laquelle se fait l'homme pcheur l'application premire des mrites satisfactoires du Christ, dgage l'homme rgnr de toute obligation de satisfaire Dieu pour ses pchs effacs. Non seulement la rparation est complte, mais le fruit de la rdemption est, pour l'me rgnre, une lvation la vie surnaturelle. Jsus est sauveur par la croix et il ne nous sauve qu'en nous associant sa mort. Pour
n'tait pas,

devenir salutaire, cette participation la mort du Christ se ralise en chaque homme par le baptme
:

Ignorez-vous que nous tous qui avons cl baptiss en le Christ Jsus, nous avons t baptiss en sa mort? Nous avons donc t ensevelis avec lui par le baptme (pour nous unir) sa mort, a lin (pie. comme le Christ a t ressuscit des morts par la gloire de son Pre, nous marchions aussi dans la nouveaut de la vie. Si, en efTet, nous avons t unis

181

RG

l''l

RE.

I.'l.

XPIATION PERSON
baptme
ci

M.l.l.l
a.

is.

poui crotre avec lui i>.h l'Image de v mort, noua le serons rsurrection, sachanl que notre \ leil homme aussi quant .. lin-nu' ,i\ ce lui, n un que le i<>ii>s,iu pch toi) dtruit, que nous ne soyons plus les esclaves du pch, eu
I

remis par

l<i

p> nitenet.
ait

Que

'enseigne

ment de Jsus aux aptres

quiconque
i

est

mort

est itlTrnnchi

du pch. Rom.,

'T.

des pchs plus tendue que celle point de doctrine qui ne lail aucun

envisag une rmission du baptme, c'csi i.i un


<

Ion le.

La situation
le

des fidles dans


c'est a dire

le

lovaume instaur par

Messie,
celle

pas le lieu de refaire l'exgse de ce texte, et d'en dfendre la signification vraie contre lis Lnterpr tations plus ou moins minimisantes des protestants. Pr.it. /.ii thologie de saint l'uni, t. i. i>. Jl 268; Cf. \ ous tes t. il. p. 368 sq. s. mit Paul est tris ailirmatif torts .ai pch, c'csl -dire vous avez dpouill la larve du pch et vous tes dlivrs de sa tyrannie Celui qui est mort est affranchi du pch. Rom., \ t, : (ans cette affirmation, pas de restriction ni d'exceptout ce nui s'appelle pch au vrai sens du mot. tion pch originel, pchs actuels, s'vanouit dans le baptme; il n'v ,i plus aucune condamnation possible a es porter contre ceux qui sont dans le Christ Jsus, Idoltres, les impudiques, les voleurs, les dtracteurs,
c n'est
I
. :

dans

l'glise, ne saurait tre pire

que

les

justifis .tu

blasphmateurs d'hier, ont t purifis, nom du Seigneur Jsus-Christ


11.

sanctifis,
.

Cor.,

dis Juifs, dj rconcilies par les sacremenls de l'ancienne l.oi ou le repentir et nanmoins retombs dans le pch. Or. toute la v ie publique du Sauv eur est rein plie d'invitations a la pnitence, adresses a des p cheurs de ce genre Zache, la femme adultre, la pcheresse du lestin de Simon le Pharisien, le pai.il> tique de Capharnam; et le divin Matre semble prvoir encore la possibilit de pches ultrieurs; cf. .loa., v. i. Cette prvision de pches postrieurs l'entre dans le rovaume par le baptme se retrouve dans 1rs paraboles du filet, le la zizanie, qui marquent clairement dans l'glise mme le mlange des bons et les mchants, .lesus ne prmunit-ii pas les siens contre les scandales futurs, Mail h., v. 29 30; XVIII, '.; contre le danger de tomber, corps ci me, dans la ghenne?
:

M.

Cette Ide se retrouve dans l'affirmation de la morl lu vieil homme > crucifi avec Jsus-Christ. Ce vieil homme dsigne tout ce que nous avons de commun le premier Adam, tout ce que, par notre origine, nous tenons de lui comme chef de l'humanit. Mais tout cela disparat par le fait de notre union avec le nouvel Adam. Saint Paul marque cette union dans la revtir le Christ mtaphore tre baptis dans le Christ, revtir le Christ, tre unifi dans le corps mvstique du Christ, ce sont la. pour saint Paul, trois formules exprimant en des termes diffrents la mme ralit. Le baptme en Christ (cf. Gai., m. 27-28, z'.z
.

.Matth., x, 28; Luc, xn, . Et ceux qui auront ainsi pch contre leurs frres seront punis au jour du juge-

le premier est re) a un double effet de nous faire revtir le Christ (XpUJTOV r/r^TioOs); mais ce revtement n'est pas comparable a un manteau qui couvrirait notre me; c'est une forme vitale qui nous fait v iv re de la vie mme du Christ, l.e second -xvte bus, effet est de nous unifier dans le Christ h Xpicrn 'Itjoo. tre baptis dans le Christ, ir le Christ, c'est finalement la mme chose qu'tre incorpore a son corps mystique, qu'tre fait membre vivant du Christ et qu'tre par lui assujetti a la Force surnaturelle de l'Esprit -Saint, qui est l'me de l'glise. fait de revtir le Christ, d'tre incorpor au Christ, ce renouvellement de notre vie spirituelle, toutes affirmations trs nettes d'un changement total, nt peu de place a l'hypothse qu'un homme rgnr, lav du pch, revtu du Christ, entr en lui pour vivre de sa vie, puisse encore avoir quelque expit ion a
: :

ment. Mail h., xxv :il- Iti. Or. ces pchs connu is par des chrtiens sont rmissibles. Celle vrit nous est volont i el le souci du suggre tout d'abord par la Pire que pas un des petits du Iroupeau du Christ ne prisse; par la sollicitude du pasteur chercher la brebis perdue el la ramener au bercail. Matth., XVIII, lo-i i. Ensuite, par la formule mme de la prire dominicale el le lu cl commentaire qui la suit. Mail h., vi, 12; l-l.">. Enfin, par la recommandation expresse faite a Pierre de pardonner non une lois, mais soixante-dix fois, toujours. fois sept c'est--dire pratiquement Matth., xvni, 22; cf. Luc, xvil, 3. Sans doute, en tous ces textes, il n'est pas ncessairement question de rmission sacramentelle des pchs il apparat claire.

subir pour ses pchs. Toute la tradition exclut cette hypothse, voir Baptme, t. n, col. 175, 201-202, et, si l'enseignement catholique admet que les pnalits de cette vie demeurent encore et sont offertes au chr-

entrevue la possibilit de pchs expier, mme aprs le baptme. D'ailleurs, il est de foi que Jsus a promis ses aptres, comme Pierre, le pouvoir de remettre les [lchs commis aprs le baptme ce pouvoir est renferm dans le pouvoir plus gnral de lier et de dlier. Mail h., xvm, 15-18; xvi, 18-20. Jsus a confr ce pouvoir aux aptres, aprs sa rsurrection. Joa., xx, 19-23; cf. Matth., xxviii, 18-20; Luc, xxiv, 17-19. El les aptres eux mmes, en certains cas dont les Actes et les Epitres pauliniennes semblent apporter quelques exemples, ont exerc ce pouvoir a eux confr. Voir Pnitence, t. xii, ccl. 749-753. Le sens de Joa., xx, 19-23, a t clairement propos par le concilcdcTrente, sess. xiv, c. 1; mais le concile n'a pas dfini (pie, sans l'interprtation de la tradition, ce sens s'impose d'une faon claire et certaine. Cf. Galticr, De pnitentia,
:

ment

nanmoins qu'est

n. 134.

sanctifiante et un motif d vie plus surnaturelle, il exclut toutefois, du chrtien nr. l'obligation de se soumet re a une expiai ion pour ver la rparation des fautes remises par le baptme. Le concile de Trente est d'ailleurs, afflrmatii sur ce point dans la v session (pch originel), il reprend, au c. V, quelques uns des textes pauliniens que nous - cits et ne bail rien en (eux qui onclut I )ieu et il n'v a point rie condamnation pour qui sont vraiment ensevelis dans la mort avec Christ par le baptme, qui ne marchent pas selon la chair, mais qui, dpouillant h- v ieil homme et se revtant du nouveau, qui est cr selon Dieu, sont devenus innocents, purgrablea a
tien
:

comme une preuve

La rmission env isage ici est cri ainement distincte de la rmission les pchs par le baptme. La puissance concde aux aptres a une extension p ur ainsi dire infinie -// TIVCV cpTJTe. Or. le baptme ne peut remet tre qu'une seule lois bs pchs. Il s'auit donc ici d'un pouvoir b- rmission pii, tout en renfermant la rmission attache au baptme, s'tend au-del. De plus, le pouvoi. concd aux aptres s'affirme comme un pouvoir judiciaire : remettre ou retenir les pchs, conforme a puissance gnrale de lier et (le dlier qui avait t promise. Or, du pouveir le baptiser, on ne
:

saurait dire pie c'est un pouvoir judiciaire; ce n'est (pie trs improprement qu'on y trouverait le pouvoir de
retenir les pchs (ne pas confrer
(s
le

sorte qu'il

ne reste rirn du
le ciel.

ohritiers de Jsus-Christ tout qui leur faut l^i'i* ! /mur


;

m
le

baptme). Que,

entrer

dans

nnw.,

n. 7

b)

Il

n'en est pas de

mime

dt

>,mmis aprt

controverses baptismales, les Pres aient appliil faut le reconnatre; qu au baptme Joa.. xx. 2 ils voyaient dans la collation du pouvoir rapport par saint Jean un principe plus gnral dont ils
t
.

1183

l'UKC AT ni RE.

I.

EXPIATION PERSONNELLE
par l'aumne de tout pch et de sorte son me n'ira pas dans le tnbres. Tob., iv, il. Ce prophte Jol montre que Dieu pardonne au pcheur, mais, la conversion du cur ncessaire, le pcheur ajoutera le jene, [et pleurs, les gmissements. Jol, n, 12. Au repentir doit
(ils

taient en droit de dduire une application particulire relative la rmission des pchs dans le baptme; ils n'y ont pas \ u une Indication directe el propre <lu pouvoir de baptiser. Tout au contraire, un bon nombre-, surtout aprs la controverse novatienne, l'entendenl du pouvoir de remettre les pchs commis aprs le baptme. Ainsi Pacien, Epis t., m, n. Il, /'. L., I. xm, col. 107(i-Ki71; saint Ambroise, De pnitentia, 1. II, n. (i-8, P. L., t. xvi, col. 407; saint Augustin, Episl., clxxxv, n. lit, /'. /.., t. xxxiii, col. 814; Serm., i.xxi, n. 20; xcix, n. 9; ccxcv, n. 2, P. L., t. xxxvm, col. 455, 600, 1310. Et, faisant cho cet enseignement traditionnel, le concile de Trente dfinit comme un dogme de loi la distinction du sacrement de pnitence par rapport au sacrement de baptme. (T. scs^. xiv, sess. vi, e. xiv. Voir Pnitence, col. 1090. e. n Mais, dans la rmission du pch par le sacrement b. de pnitence, toute la peine temporelle due au pch n'est C'est ce qu'enseigne le pas ncessairement remise. concile de Trente : Il est faux et contraire l'enseignement divin d'affirmer que la faute n'est jamais remise par Dieu sans que soit remise galement toute la peine due au pch. Les saintes critures fournissent en effet d'illustres et manifestes exemples, qui, mme en dehors de toute tradition divine, rfutent premptoirement cette erreur. D'ailleurs, le caractre mme de la divine justice semble exiger que soient reus diffremment en grce ceux qui ont pch avant le baptme par ignorance et ceux qui, dlivrs une premire fois du pch et de la servitude du dmon, et ayant reu le don du Saint-Esprit, n'ont pas craint de violer sciemment le temple de Dieu (I Cor., ni, 17) et de conlrister l'Esprit-Saint (Eph., iv, 30). La divine clmence se doit de ne point nous pardonner les pchs sans exiger de satisfaction, afin de nous pargner, l'occasion se prsentant, de considrer tous pchs comme lgers et ds lors, faisant injure et outrage l'EspritSaint, de tomber dans des fautes plus graves, nous amassant ainsi un trsor de colre pour le jour de la colre.
;

qu'il se dlivrera

la

mort

cl

que de

la

Hebr., x, 29; Rom., n, 5; Jac., v,


col. 1101.

3.

Voir Pnitence,
fait

Les

illustres et manifestes

exemples auxquels

allusion le concile nous montrent des justesdel'Ancicn Testament obligs par Dieu d'expier encore leur faille, mme aprs qu'elle leur a t certainement pardonne. Ces textes avaient t insrs dans le projet primitif du chapitre en question. Theiner, t. i, p. 589 a. C'tait d'abord l'exemple d'Adam, que Dieu avait trs certainement tir de son pch, Sap., x, 2, et que cependant il soumit de graves peines. Gen., ni, 17 sq. Marie, sur de Mose, reut de Dieu le pardon de son pch, et cependant fut spare sept jours du peuple. Num., xii, 14 sq. Mose et Aaron, en raison de leur moment d'incrdulit faute dont ils furent certainement parfurent empchs par Dieu donns avant leur mort

donc s'adjoindre l'expiation personnelle. C'est ce que rappelle Jean-Baptiste aux Juifs, les exhortant faire de dignes fruits de pnitence s'ils veulent viter la colre future. Luc, m, 8. C'est aussi la pense de saint Paul, flicitant les Corinthiens d'avoir eu 1p tristesse qui plat a Dieu et pratiqu une pnitence salutaire. II Cor., n, 10. Le mme aptre, qui a tant prch la suffisance et la surabondance de la rparation c fiert par le Christ, attire l'attention des mmes Corinthiens sur les maladies nombreuses et les morts frquentes qui se produisent parmi eux, avertissements paternels de Dieu, qu'ils pourraient viter en se jugeant eux-mmes avec plus de rigueur. Et il note que ce jugement du Seigneur est un avertissement, pour que nous ne soyons pas condamns avec le monde. Ceux qui avaient t ainsi punis n'taient donc pas pcheurs impnitents ni morts dans l 'impnitence, puisqu'ils n'avaient t frapps que pour tre sauvs. I Cor., xi, 31-32. On pourrait d'ailleurs ajouter d'autres textes; voir plus loin ceux qui se rapportent l'expiation antrieure au retour du Christ, col. 1187. Ce ne sont pas l des cas particuliers, arbitrairement provoqus par la volont divine. Ce sont l des applications d'un principe gnral qui vaut pour tous et que saint Paul exprime d'un mot Dieu rendra chacun C'est le principe de la selon ses ouvres. Rom., n, 6 sanction morale, dans le Nouveau Testament comme dans l'Ancien et il ne faudra pas oublier que Paul luimme l'a pos quand il discutera la valeur relative de la foi et des uvres. Or il n'tait pas dispos faire en faveur du chrtien une exception qu'il refuse un Juif. Lagrange, /.lre aux Romains, Paris, 1916, p. 45, note 6. Cf. Gai., vi, 7 sq.; I Cor., m, 13-15; ix, 17; II Cor., v, 10; ix, 6; Eph., vi, 8; Col., m, 24. On peut se reporter aussi Ps., lxi, 13; Prov., xxiv, 12; Matth., xvi, 17. c. -Il faut donc conclure que l'expiation offerte par le Christ ne supprime pas ncessairement au pcheur rentr en grce l'obligation d'une satisfaction pi isnnelle pour les laides commises aprs le baptme et pardunnes
:

par

la pnitence.

d'entrer dans la Terre promise. Num., xx, 1 sq. xxvn, 12 sq.; Deut., xxxiv, 1 sq. De mme, David, coupable d'adultre et d'homicide, voit, grce son repent ir, son pch pardonn. Mais, quant 'expiation de la faute, elle est transfre l'enfant qui vient de natre et qui mourra en punition du pch de son pre. II Reg.. xii, 13-14. D'ailleurs, soit dans l'Ancien, soit dans le Nouveau Testament, les auteurs inspirs nous montrent Dieu promettant de remettre pch et peine due au pch si les hommes lui offrent des expiations compensal

Dieu promet Salomon fie pardonner les pchs et de purifier la terre au peuple converti qui aura invoqu son nom et fait pnitence de ses voies dtestables. II Par., vu, 13-14. Ainsi Daniel conseille Nabuchodonosor de racheter ses pchs par des aumnes, et ses iniquits par des misricordes l'gard des pauvres. Dan., iv, 24. Ainsi Tobie enseigne son
trices. Ainsi

moins de rejeter toute la doctrine qu'on vient d'exposer, il faut accepter cette conclusion. Elleest nie par les protestants, qui, logiques avec leur doctrine sur la justification extrieure par la foi seule, ne peuvent concevoir qu'aprs le pardon du pch puisse encore subsister une peine expier. Elle est galement nie par les orthodoxes orientaux, qui refusent d'admettre la distinction du reatus culp et du reatus ptrn. Pour tayer leur systme du pardon total, les protestants en appellent surtout saint Paul, Rom., vm, Il n'y a donc maintenant aucune condamnation 1 contre ceux qui sont dans le Christ Jsus. Saint Paul venait de parler des condamnations dont la Loi (mosaque) avait t l'occasion et, rappelant l'abrogation de cette loi par le sacrifice du Sauveur, il conclut triom phalement Il n'y a donc plus de condamnation contre ceux qui sont dans le Christ Jsus. Les ennemis de l'homme, le pch, la mort, la concupiscence, la Loi elle-mme, sont dsormais impuissants devant la croix de Jsus. L'exclamation de Paul rsume cette victoire totale du Sauveur. S'il faut donner un sens plus prcis ce texte, ce sera le sens que lui reconnat le concile de Trente, sess., v, c. v. Le concile cite ce texte pour prouver la rmission complte par le baptme de tout ce qui est pch. Aprs lui avoir accol d'autres textes, le con: :

185
ila ut

PURG
nihil

rOIRE
-

EXPIATION ET JUGEMKN
publies |ui
iasc.
i

L8fi

elle coni lui

retur.

m qu'il convient d'apbut vis par l'auteur de 18. Hebr., \. relief le contraste qui existe n- <.( de mettre entre le sacritice du Christ et ci nid taron. La phrase, cite .i\i'c' complaisance par les ennemis de l'expiation salle simplement la valeur infinie du ve de la croix en regard de la \ aleur resl reinte du Rce d'Aaron. Dans le sacerdoce a. ironique, le prtre lirait. une fois l'an, un sacrifice solennel pour tout le peuple, et les prtres d'un rang Infrieur offraient tous les jours d'autres sacrifices pour les particuliers. M. un l'oracle de Jrmic, xxxi, 33, 34, est Jsus-Christ, par une seule oblation a conse Mtnm a jamais ceux qui ont t sanctifis. Et l o il y a rmission des pchs, il n'y a plus d'oblation fh>ur
porter
.1
1
i

<

/ 0. de Gradin Nau, l. xv, question du purgatoire nu concile .dans Gregorianum, t. m, 1922, p. 38. Sans nous continuons nous Inspirer du mmoire doute il tau! de Marc d phse distinguer le reatus eulpte lu rtatut ponte. Mais il ne les faut pas sparer, comme le tont les Latins. Remise la faute, remise aussi est la

Mgr

Petit,

'.

<

d' Me--, 1,1

.1

peine par

le fait

mme.

C'est

pourquoi die/

les

Grecs

l'absolution n'esl donne aux pnitents qu'aprs l'ac complisseinent de Vpitimit ou satisfaction. Mari die tlngue frla sortes de rmissions la premire est celle du baptme, qui ne comporte point de peine, mais esl
:

le

vuilit a

Le sacrifice du Christ une seule fois offert pane que seul il est vraiment effl pour la rmission des pchs. Quelle que soit la rmission a intervenir, elle ne sera jamais qu'une appliprWif.
'

tout jamais

du

mme
et

sacrilice.
la

Aucune opposition entre

cette doctrine
nelle

ncessit d'une expiation person-

baptme, exige l'acgrAce divine y a mon s tic part, la Volont h mua me s exerant a apaiser >icu. La troisime est dans l'autre vie au moment de la mort. l'glise, en absolvant le pnitent, lui remet par le fait toute la peine temporelle qu'il aurait du accoin plir et qu'il n'a pas accomplie; niais il reste les pches vniels, pour lesquels les mes justifies ne seront pas chties: elles devront simplement attendre leur dli vr.iucc, soil la lin du monde, soit au moment que leur procurera l'intercession des vivants. Voir les mmes
toute grce;
la le

seconde, aprs
:

complissement d'une peine

la

du pcheur pour les pchs commis aprs le baptme. Cette expiation, n'ayant de valeur que la valeur n'obscur qu'elle emprunte aux mrites du Sauveur, eit en rien la vertu-du mrite et de la satisfaction <le - Christ Conc. de Trente, sess. xiv, c. \ m. En ce qui concerne les pchs commis avant le baptme, l'assertion de l'pttre aux lbreux trouve son applicaleur rmission est totale, mme quant tion littrale ne, et n'appelle plus d'oblation. parole mise par Isae dans la bouche de Dieu. marque la gratuit du pardon que le Seigneur XLiit. est prt a accorder a Isral, malgr ses crimes et ses -t moi-mme qui effacerai tes iniIngratitudi quits cause le moi, et de tes pchs je ne me souC'est dtourner la phrase de son sens viendrai pas. que de lui faire signifier l'inutilit d'une expiation personnelle pour des pches personnels. El il faut en dire autant d'un passage similaire de Jrmic, xxxi. Je pardonnerai leur iniquit et de leur pche je ne 34 nie souviendrai plus. Prcisment dans la discussion relative au purgatoire, les Grecs s'tonnrent Florence de la distinction apporte par les Latins entre la coulpc et la peine. Cette distinction leur parait contraire a des laits certains et incontestes. On ne voit pas les princes, dclare le mmoire les Orientaux, poursuivre le chtiment d'une offense qu'ils ont pardonne a plus forte raison Dieu, dont le plus insigne attribut esl la honte, voit-on dans le Nouveau Testament le puhlicain retourner non seulement absous, mais encore jus Manass, aprs :ir. 14; dans l'Ancien, s'tre humilie, dlivre de ses fers et rtabli sur son II Par., xxxiii, 13; les Ninivites, qrce a leur pnitence, soustraits .mx coups qui les menaaient, Jon.. m. ">. Le paralytique reoit, avec le pardon de son pch, le redressement de son orps. Matth., ix. 6. On ne trouve pas dans l'histoire e< lsiasl ique el dans la doctrine chrtienne trace d'une telle distinction, d, absous de son adultre et cependant frapp par la perte de son fils, n'est pas concluant. La perte de cet enfant fut moins un eh.it ment qu'une peine insignifiante; David eut de la mme femme un autre fils qui non seulement vcut, mais hrita de son trne ce fut le grand Salomon. Donc. on ne peut poser en principe gnral qu'aprs le pardon de l'offense il reste subir une peine. Pour dmentir ce principe, l'exemple du baptme suflll !< baptis reoit la remise de irdon de toute peine. Tels s, n les arguments mis en avant par \, les de II'
i. 1
:

documents; cf. P. Venance Grumel, Marc d' phse, dans Estudis franciscans, 1926, p. l'J (tir part,
1

p. 20).

On

verra plus loin

les hsitai ions et les

arial ions

de

Marc d'phse el des Grecs sur ce sujet. Ce qui donne penser priori qu' la doctrine consistante de la tho
logie latine la thologie orientale est bien embarrasser pour opposer une doctrine terme el solide. Pour l'ins tant, il suilit de taire remarquer la fragilit des arguments opposes par Marc d'Ephse la thse catholique. Il est tort vrai que les arguments scripturaires invoqus par les thologiens latins sont loin d'tre pleinement dmonstratifs, el c'est vraisemblablement

'-.'">.

renie motif qui les a fait liminer par les 'res de la rdaction dfinitive du c. vin de la xiv session. Nanmoins, eu lis interprtant dans le sens d'une expit Ion a offrir >ieu en vue d'effacer le reatus pa ns qui peut encore subsister aprs la rmission de la coulpc. plus prs de la vrit qu'en adopil semble qu'on soit tant les interprtations assez arbitraires de Marc d'Ephse. D'ailleurs, c'est l'enseignement de la tradition qui fixe le sens de la rvlation, el ici l'enseignement traditionnel, manifest par les Pres et par la discipline pnitentielle de l'glise, a t authentiquement promulgu au concile de Trente, sess. xiv, c. VIII, can. 12; voir Pnitj nce, col. 1102, 1110. Les misons thologiques ne manquent pas, qui justifient cel te doctrine. Voir S vnsi \i:i [ON. On voudra bien d'ailleurs faire deux remarques y.t le cas de la rmission totale, coulpc et peine, rali se dans le baptme, est admis par les Latins, voir col.H80,sans qu'il % voient un dmenti inflig la loi les raie de l'expiation personnelle requise p fautes commises apr>is le baptme; (3 cel te loi gnrale est mme compatible avec des e,is exceptionnels, o le sentiment de contrition est tellement ardenl qu'il obtient de Dieu une rmi S totale de la peine. 2 I.r point de dpart dt la doctrine du purgal l'expiation ncessaire projete dans la perspective du jur/rment. 1. Rapport de l'expiation au jugement dans Si l'on examine attentivele Nouveau Testament. ment les exhortations la pnitence dont est maill le Nniiv 1:111 lestament, on constate que frquemment es appels sont adresss aux hommes pour les pr< au jugement que doit prononcer le Messie. Saint Jean Baptiste ne distingue pus encore nettement la premire et la seconde venue du Me lies pnitence, dit-il, car le rgne des deux est proche... Faites de dignes fruits de pnitence... >< est] tout arbre qui lia racine des arbres
le
l

de

:i

;i

DICr. DE rHOl

CATBl

"

T.

XIII

38.

1187
ne
fait

PUHGAT01KE. EXPIATION ET JUGEMENT


pas de bons fruits va tre coup
je
et jet

1188

au feu.

four moi,
que

vous baptise dans l'eau pour

la pni-

tence; mais celui qui vient derrire moi est plus fort moi... Lui vous baptisera dans l'Esprit et dans le feu. Il a le van en main et il nettoiera son aire, et il amassera son froment dans le grenier, mais il brlera la balle dans un feu qui ne s'teint pas. .Mal th., m, 3, 8-10; Luc, m, 3-9. Le baptme de feu dont il est ici question ne saurait tre que le jugement. Voir Baptme PAR LE FEU, t. II, COl. 359. Jsus lui-mme prche la pnitence en raison de la proximit du royaume. Matth., iv, 17. Il vaut mieux s'imposer la perte volontaire d'un il ou d'un membre que d'exposer le corps entier aller dans la ghenne. .Matth., v, 29; cf. Marc, ix, 46. Et c'est la pense du royaume qui motive cette austre mesure. Matth., xvin, 3 sq. Les maldictions profres contre Chorozan, Bethsada et Capharnam, qui, malgr les miracles du Christ, n'ont pas fait pnitence, se rapportent leur sort au jour du jugement. Matth., xi, 21-24; cf. Luc, x, 13-15. Les hommes de Ninive se lveront au

tenez-y, jusqu' ce que je vienne. il, 21, 24. Suit l'annonce du triomphe spirituel de l'glise, qui se consommera la parousie. Cf. B. All, L'Apocalypse, l J aris Rappelle-toi comment tu as 1921, p. 34. A Sardes reu et tu entendis, et observe-le et convertis-toi. Si tu n'es pas vigilant, je viendrai comme un voleur et tu ne sauras nullement quelle heure je viendrai sur toi. m, 3. A Philadelphie, il recommande de continuer Je viens promptevigilance et fidlit et ajoute ment. m, 11. La tideur de l'ange de Laodice appelle une menace, m, 16, qui n'est pas purement eschatologique; mais la promesse faite au victorieux de s'asseoir sur le trne messianique est eschatologique et appartient la perspective de la vie future. Voir aussi
:
:

Apoc,

xvi, 15.

Encore que ce rapport de l'expiation ncessaire au jugement ne signifie pas ncessairement que ce jugeprochain, la pense de la premire gnration semble s'tre volontiers complu dans la proximit du retour de Jsus dans les fonctions de juge souverain cette pense correspondait d'ailleurs une proccupation fondamentale de l'enseignement du Christ Il suffit d'ouvrir tant soit peu l'vangile pour reconnatre aussitt que la parousie est bien vritablement l'alpha et l'omga, le commencement et la fin, le premier et le dernier mot de la prdication de Jsus; qu'elle en est la clef, le dnouement, l'explication, la raison d'tre, la sanction; que c'est enfin l'vnement suprme auquel tout le reste est rapport et sans lequel tout le reste s'eifondre et disparat. Billot, La parousie, Paris, 1920, p. 10. Nous n'avons pas discuter ici le problme de la croyance personnelle et de l'enseignement des aptres relativement la proximit de la parousie. Nous constatons simplement un fait inhrent nombre de prophties deux vnements, dont l'un est le type et l'image de l'autre, quoiqu'il en soit spar par des sicles dans sa ralisation historique, sont placs par la prophtie sur un plan unique, comme
soit

ment

chrtienne

jugement contre la gnration incrdule, car eux du moins ont fait pnitence la prdication de Jonas, et cependant le Christ est plus que Jonas. Matth., xn,
41; cf. Luc, xi, 31-32. D'ordinaire, la prdication apostolique, telle que nous la font connatre les Actes, se contente d'inviter les hommes la pnitence. Toutefois, quand les aptres dveloppent leur pense, il apparat bien que cette pnitence prpare le retour du Messie- Juge Repentez-vous, dclare Pierre aux Juifs de Jrusalem, et convertissez-vous, pour que vos pchs soient effacs, de faon que viennent les temps de rafrachissement venant de la face du Seigneur, et qu'il envoie celui qui vous a t destin d'avance comme Messie, Jsus. Act., m, 19-20. Le repentir et la conversion doivent ainsi prcder, afin que puissent venir des temps de rafrachissement et qu'ait lieu la parousie du Christ. Cf. E. Jacquier. Les Actes des aptres, Paris, 1926, p. 111. Un cho de cette prdication, l'adresse de tous les mchants en gnral se retrouve dans II Petr., n,
:

Voir aussi Jac, v, 3-8, et Jude, 15, 21. Saint Paul ne parle pas autrement devant les Ath Passant par-dessus ces temps d'ignorance, niens Dieu fait savoir maintenant tous les hommes, en tous lieux, qu'ils se repentent, parce qu'il a fix un jour o il doit juger le monde en justice, par un homm. qu'il a destin, fournissant tous la foi, en le ressuscitant d'entre les morts. Act., xvn, 30-31. Paul voulait prparer les Athniens entendre le nom de Jsus il leur annonce que Dieu exige des hommes la pnitence en vue du jugement que prsidera celui qu'il a dj ressuscit. Cf. Jacquier, op. cit., p. 538-539. Dans son ptre aux Romains, s'adressant au Juif pcheur et orgueilleux, le mme aptre l'exhorte la pnitence Estimes-tu que tu chapperas au jugement de Dieu? Mprises-tu la richesse de sa bont, ignorant que la bont de Dieu t'invite au repentir? Et alors, par ton endurcissement et ton cur impnitent, tu t'amasses un trsor au jour de la colre et de la manifestation du juste jugement... Rom., n, 1 sq. Les lettres aux sept glises, dans l'Apocalypse, sont riches en enseignements de ce genre, bien qu'il ne soit pas toujours ais de discerner la perspective eschatologique dans les menaces ou les promesses qui y sont faites. Jean fait parler le Christ. A phse: Convertistoi, et tes premires uvres fais-les (de nouveau); Convertissinon, je viens toi. n, 5. A Pergame toi; sinon, je viens toi promptement. ir, 16. A Je lui ai donn ( la femme Jzabel) du Thyatire temps pour qu'elle se convertisse... Mais vous, et tous ceux qui n'ont pas cette doctrine..., je ne jette pas sur vous d'autre fardeau seulement, ce que vous avez,
1-9.
: : :
:

si l'un concidait dans le temps avec l'autre, quant leur propre ralisation. Ainsi, la prophtie faite par Isae de la Vierge mre, dont la ralisation est prsente pour ainsi dire comme concidant avec les vnements qui la provoquent; ainsi encore la prophtie

par Jsus-Christ concernant la fin du monde et la ralisation semble se confondre avec la destruction de Jrusalem qui en est l'image anticipe. Ainsi, dans le cas prsent, le jugement particulier qui. pour chaque homme pris individuellement, marque en ralit le retour du Christ-Juge, est-il confondu, dans l'enseignement du Nouveau Testament, avec le jugement gnral dont il est la prparation et, pour chaque me, l'anticipation. Voir sur ce sujet, Jugement,
faite

dont

1765. Aussi, les exhortations la vigilance et la pnitence en vue du jugement s'expliquent sous la plume et dans la bouche des crivains inspirs, parce que la parousie, telle qu'elle nous est donne par la rvlation du Nouveau Testament, se prsente nous sous deux aspects bien diffrents qu'il faut avoir constamment sous les yeux... premirement, dans sa ralit future, au jugement gnral, et secondement, dans ses anticipations journalires en la mort de chaque homme eu particulier. Ce que saint Jrme a trs bien exprim en Le jour du Seigneur (ou de la parousie) disant entendez par l, soit le jour du jugement, soit le jour de la sortie du corps de chacun d'entre nous, car ce <iui se fera au jour du jugement pour tous les hommes pris dans leur ensemble s'accomplit au jour de la mort pour chacun d'eux pris individuellement. Billot, op. cit.. p. 145. Cf. saint Jrme, In Jol., il, 1, P. L., t. xxv. col. 965. Cette observation propose, un fait reste indniable les chrtiens de l'ge apostolique crovaient toucher
col.
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l.i

PURGATOIRE. LE FEl
ilt >s

in
er.

JUGEMENT
et

190

lin

temps,

el saint

justifier les longs dlais


l.

du

Pierre te Christ.

11

oj ait contraint de Petr., m, 9. l>'>

qu'un lgislateur
sauv

premire gnration ne considpropice a l'expiation pour le pch que le temps de la vu- prsente, ou s'il tant rapporter une expiation a la vie future, le moment suprme du
propension de
la

rer

comme temps

logement. premire forme de la croyance 2. Le* feu du jugement 'enseignement du Christ envisage au purgatoire. la possibilit d'une expiai ion dans le sicle a venir. Mali h., xii, 31-32. Voir ci dessus, col. 1170. Mais quelle pourra tre cette expiation si la parousic est proche et
<,
1

qu'un juge qui puisse perdre et jugement sera plus ou moins sevei v m. 1. sans misricorde pour celui qui n'a pas fail misricorde, n, 13, et cependant la misricorde s'U vera encore au dessus du jugement, ///</. Il il s'agil bien ici du jugement lin. il. qui concide avec l'avcuc ment du Seigneur, v 9. Saint Pierrt, reprenant une formule de saint Paul, >icu juge sans acception de personne rappelle que Petr., i, 17. Bientl se pro selon l'uvre de chacun, dlllra ce jllgemenl qui commencera par la maison de
IV, 12. I.e
.

.S

le

Jugement imminent?
(i
/

L'indication de saint Paul. - (est ici, semble-t-il, i. intervient utilement. Nous avons Cor., m, texte donne plus haut (col. 17 h la doubleexgse le. avec la preuve qu'en tirent les thologiens en laveur de l'existence du purgatoire. Mais, en replaant

el. si le juste est a Dieu, C'esl a dire par les justes. peine sauve, l'impie et le pcheur ou se prsenteront ils.' iv. 17 18. Cette difficult du salul pour les justes

que

ni

\te dans la ligne de l'volution doctrinale de la croyance au purgatoire; il parait bien qne le mot feu Lirait ici dsigner que le feu mtaphorique du jugement. L'criture a toujours reprsent le feu comme un lment des manifestations de la justice divine. \ oir col. 2239. Sans doute, dans la penli l DU JUGEMEN complexe des auteurs sacrs, l'ide du feu mtaphorique du jugement se mle souvent l'ide du feu rel de la conflagration gnrale ou de l'enfer. Cf. II Petr., m, 12; Matth.. xx\ ,24, 111 hess., i, 8. Il est probable qu'en employant ici le mot feu, saint Paul fait une allusion au moins lointaine tout cet ensemble. Mais, puisqu'il s'agit d'un feu qui prouvera tout le inonde, il ne peut tre question du feu de l'enfer; puisqu'il s'agit d'un feu qui s'attaquera aux uvres plus ou inoins bonnes de chacun, il ne peut tre question du
i .

au moment du jugement attesterait que le jugement devra purifier leurs .'unes des restes d'imperfections. la chose esl dite equiv aleinmeut des le dbut de l' pitre. O l'aptre dclare que lui et les liricles ont t rgnres... eu vue du salul qui doit tre rvl a la lin des temps, Or, peu de jours les en sparent, el cepen daut il leur faut encore tre cont listes par diverses leu tations, afin que l'preuve de leur loi, bien plus pr cicuse que l'or (qu'on prouve par le feu), soit trouve digne de louange, rie gloire et d'honneur, la rvlai ion tau jugement) rie Jsus-Christ, i. 5-7. La deuxime
pttre, corrigeant l'impatience des chrtiens l'gard du jour du Seigneur, fait rie multiples allusions au feu

du dernier jour; mais. ici. rie toute vidence, il s'agit d'un feu rel rie la conflagration. Quant au jugement lui-mme, il se produira aprs le temps que la patience divine laisse a tous pour faire pnitence, ni, 5-12. l'eu d'indications dans les pttres johanniques; toutefois, c'est encore au jour du Seigneur que l'aptre
rapporte
justes,
I

la

confusion

ries

pcheurs,

la

confiance des

leu de la conflagration. Toutefois, le feu mtaphorique du jugement, rduit la simple illumination de l'me projetant, sur le bien et le mal dont elle a rendre compte, la sentence divine, n'explique pas encore le profond du texte de saint Paul. Ce feu mtaphorique est aetif, il prouve les actions des justes afin d'en manifester la valeur relle, il corrige les dfauts qui v

Joa., il, 28, et la manifestation publique de leur filiation divine, m. 2; cf. iv, 17. L'pitre de saint Judc contient, au contraire, un enseignement direct sur lu-livre tpii s'accomplira au

sont encore attaches puisqut

par cette rectification l'me juge. Ainsi, dans saint Paul, le jugement parait avoir une double raison B en ce qui concerne les ouvriers de l'vangile, ,.ul il abord, prouver la valeur -dire les justes tirs actions et, au besoin, purifier en elles ce qui est encore imparfait; le feu prouvera ce qu'est l'ouvrage de chacun: l'ouvrage peut subsister, il peut tre consum; ensuite, accorder la rcompense si l'ouvrage subsiste, >>n recevra une rcompense; si l'ouvraue est iime. la rcompense pour cet ouvrage dfectueux rdue. mais le jugement divin donnera cependant avricr une sentent e de salut. En raison d'une unique perspective, ces deux effets sont prsentes sur le

mme,

il

procure

le

salut

jugement. Empruntant la prophtie d'Hnoch, elle annonce que le Seigneur vient exercer son jugement contre tous les hommes sans exception, convaincre les impies touchant les uvres d'iniquit qu'ils ont faites. tandis que les justes pourront attendre la misricorde rie Notre -Seigireur Jsus-Christ, 15, 21. Toutefois, les justes devront s'efforcer encore de sauver les pcheurs Ici. l'allusion au feu du (1er en les arrachant au feu nier jour conflagration, enfer, jugement, qui sait

'.'

.si

claire.

mme

devraient tre spari sentence d'admission tu bonheur du salut. C'estle travail thologique des sicles rieurs qui dgagera cette double perspective,
plan.
realite,
ils

En

purification

prcdant

la

Dans l'Apocalypse, pas d'autre perspect ive que celle du jugement final. Voir JUGEMENT, col. 7li.'S. Du point rie vue qui nous occupe, une formule surtout est a nie nir a cause rie sa gnralit mme rendra cha >ieu un selon ses uuv res . Cf. H. 2:i xx. 12. 13; xxn. 12. Dans cette gnralit mme, il y a place pour la proba lion des uvres imparfaites. /.es Pres apostoliques. On retrouve chez eux la mme attitude. I.e feu de l'preuve, dans la Didach, ne se rapporte pas au jugement. Voir Fi.i iu xvi.
1
: 1
i :

.">.

.m ai

mi xi. col. 22

il

double action du jugement correspond d'ailleurs parfaitement a ce que saint Paul nous dit de l'objet du jugement, mme lorsqu'il ni- parle pas de feu. Voir JuOEMl NT, col. 1758. Si chacun doit recevoir rie selon ses <i u\ Ma formule qui rsume le mieux la pense rie l'Aptre il est bien vident que uvres imparfaites devront d'abord tre corriges de leurs imperfections avant qui l'ouvrier puisse aspila rcompense. Le jugement divin sera donc recitif de toutes les anomalies, petites et grandes, rie Ire moral d'ici-bas. autre aptres. Mime perspective unique chez au jucement rie Dieu que saint Jacques rapporte Il n'y a ivre ultime ri., salut ou le la damnation
te
I

Parmi lis trois Barnabe numre

dogmes du Seigneur
i

le

pseudo-

du jugement, principe el fin de la foi. i. (i. Ce jugement sera accompagn de l.i peine ternelle du feu pour les impies. Mari. Polyc., xi. 2. (,)ui nie ce jugement est le premier-n de Satan.
la justice
i.jiisi.

Polyc, vu.

ci.

// Clan., rx,

Barn. Bpist.,

iv,

12.

jugement, ici encore, est prsent comme rectianomalies morales rie la vie prsente et rie v a ni rendre a chacun selon ses uvres. <i. / Clan., xxvn,
I.e

fiant les

/'<;

brinas. Simil..

I.

m.

6.

Dans

la Suiiil..

IV.

Herma!
I

tablit

'

Cor.. une comparaison qui rappelle un peu le jugement futur rvlera la valeur des uvres 'h- chacun; ces uvres sont compares de

m.

11-15:

.<

lui

l'UHt;

ATOI RE.

1/

XPIATION D'OUTRE-TOMBE
doceal,

102

arbres; les arbres que la vie future rendra verdoyants sont les uvres des justes; ceux que la vie future laissera secs et arides sont les uvres des impies, uvres destines tre consumes par le feu. A L'gard des justes, le jour du Seigneur est un jour de misricorde; aussi ne devons-nous pas nous laisser troubler par les injustices de la prsente vie. // Clem., xvm-xx, 4. De toute vidence, c'est au juge souverain que fait allusion Hermas, Simil., IX, vi, 2 sq., faisant entrer en

homo nulem semper discal qu:c sunt n Deo, cette formule, 1. II, c. xxvm, n. 3, l>. (',., t. vu, col. 806, et la suivante, 1. IV, c. xxxvn, n. 7, cul. lui uti... tandem aliquando maturus fit liomo, in tantis maturescens ad videndum et capiendain Deum, s'appliquent tout le
1
:

dveloppement de la vie humaine . Art. Irne, col. 2500. Ce progrs dans l'tat d'attente, cette maturation des mes, est une vue nouvelle, dont on peut regretter l'imprcision, mais qui coup sr s'accorde
avec
l'ide

scne un homme de haute taille, dpassant la tour et venant, au milieu d'une multitude d'autres, inspecter la valeur des matriaux. Bien plus, vu, 1-2, ce juge ordonne de corriger les dfauts des pierres reconnues impropres la construction celles qui pourront tre rectifies seront employes, les autres dfinitivement rejetees. Bien qu'il soit difficile de rapporter au jugement dernier cet examen et cette rectification des pierres non employes, la personnalit du juge permet de songer qu' ce moment-l il y aura vraisemblablement une rectification de ce genre. Il faut remarquer, en effet, que dj les Pres apostoliques ont une sorte d'intuition que la rtribution des rcompenses et des peines commence ds la mort. Voir Jugement, col. 1767. C'est en germe, la doctrine du jugement particulier, mais c'est aussi, pose devant la thologie, la question d'une expiation antrieure au jugement dernier, dj prpare cependant par le premier jugement subi par l'me au moment de sa sparation d'avec le corps.
:

d'une purification incessante dans

la

vie

future.

II. PREMIERS DVELOPPEMENTS DE LA DOCTRINE i Remarques D'UNE EXPIATION D'OUTRE-TOMBE. prliminaires. Au moment o, vers le milieu du n e sicle, la pense chrtienne commence systmati-

ser les doctrines eschatologiques, il semble que plusieurs causes soient intervenues pour empcher et mme parfois entraver l'volution de la croyance une expiation d'outre-tombe. Nous n'insisterons pas sur le

Nous retrouverons plus loin, la base des ngations de l'glise orthodoxe concernant le purgatoire, cette doctrine de l'tat d'attente des mes dans l'au-del. Un second point ne saurait tre nglig et il se rapporte plus ou moins directement la discipline pnitentielle. Mais ici nous manquent les documents positifs, et nous ne le pouvons proposer qu' titre de conjecture vraisemblable. Si la possibilit d'une seconde pnitence aprs celle du baptme fut si parcimonieusement concde par l'glise ou si l'glise ne la dcouvrit qu'avec prudence aux nouveaux chrtiens, c'est que l'glise entendait tenir la vie morale de ses membres la hauteur d'idal que lui avait lgue la premire gnration. Faire entrevoir, au lendemain du baptme, que des facilits de pardon pouvaient tre accordes et t une prime la lchet. Voir Pnitence, col. 761. D'o il semble qu'on puisse lgitimement infrer qu'une prdication trop affirmative d'une expiation dans l'au-del et encore ajout ces tentations de lchet. L'glise n'y arrivera que progressivement, pousse parles vnements, comme progressivement elle est venue la pnitence frquemment ritre, la satisfaction facile accomplie seulement aprs le pardon reu. Cette seconde remarque serait susceptible d'expliquer le silence de plus d'un apologiste de
la fin

du

ii c

sicle.

millnarisme (voir ce mot, t. x, col. 1760), qui d'ailleurs ne fit jamais figure d'enseignement officiel dansl'glise; mais deux points semblent devoir plus particuliretre retenus. premier, il a dj t fait allusion Feu du purgatoire, col. 2252, et Jugement, col. 1768. Au ne sicle, la conception du schel judaque s'est trouve presque naturellement transpose dans la thologie chrtienne, tout en subissant de notables perfectionnements. La croyance la proximit de la parousie aidait d'ailleurs singulirement cette transposition. Le Christ devait revenir bientt; pendant ce temps, que feraient les mes dj spares de leur corps? L'unique perspective runissant la fois l'expiation et le jugement n'tant pas ddouble, il s'ensuivait que l'tat des mes spares tait un tat d'attente, dans le bonheur ou le malheur dj entrevu du jugement final. A la diffrence des mes du schel, ce sont des mes vivantes, capables de joie ou de souffrance, ayant dj reu comme un acompte de leur misre ou de leur flicit futures . Labauche, Dogmatique spciale, t. n, Paris, 1911, p. 378. Ainsi, saint Justin pense que les mes attendent, celles des bons dans un endroit meilleur, celles des mauvais dans un endroit pire, le jour du grand jugement. DiaL, v, 3, P. G., t. vi, col. 488. Mais le moment de la vritable rtribution est report au jugement lui-mme, et sur ce point, tous les apologistes sont d'accord. Jugement, col. 1769. Un commencement timide d'explication se trouve cependant chez saint Irne. Quoi qu'ait prtendu Bellarmin, Irne partage de tout point le sentiment de Justin sur le dlai d'attente des mes aprs Mais la mort. "Voir Irne, t. vu, col. 2499 sq. l'tat des justes qui attendent la rsurrection semble susceptible de progrs. Le progrs est la loi de la vie prsente et de la vie future. Ut semper quidem Deus

ment

Au

Dveloppement de la doctrine d'une expiation d'outre-tombe en Orient : Clment d' Alexandrie et Origne. On a voulu voir dans ces deux auteurs les inventeurs de la doctrine du purgatoire. Voir l'tude de G. Anrich, Clemens und Origenes als Begrnder der Lettre vom Fegfeuer, dans Theologische Abhandlungen, Tubingue 1902. L'auteur allemand, s'emparant de la doctrine du progrs incessant qui est la base du systme philosophique des deux Alexandrins, montre une application de ce principe dans la loi de purification universelle qui, dans l'autre vie, aboutira la restauration de tous les tres dans l'amiti de Dieu. La doctrine gnrale de l'apocatastase, transpose une catgorie de fautes. telle serait l'origine du dogme catholique du purgatoire. Sur la thorie de l'apocatastase chez Clment
2

d'Alexandrie, voir Clment d'Alexandrie, t. ni, 186-187, et surtout Enfer, t. v, col. 56-57; chez Origne, voir Enfer, col. 58-59, et Origne, t. xi, col. 1547-1548. La vrit, semble-t-il, est que Clment d'Alexandrie et Origne, chacun leur faon, ont formul un premier essai de systmatisation sur l'expiation purificatrice des mes encore capables de pleinement se rconcilier avec Dieu. Si le principe de progrs intervient ici, c'est juste titre. L'erreur parallle de l'apocatastase ne doit pas nous empcher de reconnatre en Clment et en Origne, les deux premiers tmoins explicites de la croyance au purgatoire. 1. Clment d'Alexandrie. Bien que la doctrine de Clmentsoit assez confuse en ce qui concerne le caractre mdicinal des chtiments d'outre-tombe infligs par Dieu aux impies, et qu'on ne puisse conclure la thorie de l'apocatastase qu'avec vraisemblance, les critiques s'accordent gnralement pour trouver en Clment une rponse ferme en ce qui concerne les mes pcheresses, mais non sclrates. Dj, en effet, pour
col.

L93
iqucr
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le

PL RGA1 OIRE. il XPIATION


rle
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D'OUTR E-TOMBE
la

L9

,\

en
.i
i

\ ie.il dist

du chtiment n l'gard des pcheurs ingue expressment en ceux a deux

des corrigibles et celle des incorriurd des premiers, le chtiment est 8 il dis autres, il est xoXa<rru .Strom., xj>.'.>. 1\. wi\. P, t. vin, col. 1364; cf. \ I. xrv, t. i\. Rien d'tonnant qu'aprs la mort on puisse oi ic des coi igibles dans l'auencoi des pcheurs rdel elle est constitue par ivec liieu au lit de la mort, mais sans avoir eu le temps le faire pnitence de leurs fautes, sur lis la justice de l>icu s'exercera avec bont e( sa justice. Ces mes pcheresses bont s'exercej
s:

gibles:

cite Job, xrv, i. vin* homlie in Leoitieum pour dmontrer la ncessit du baptme pour les petits enfants. L'Ame esl donc souille par le fait de son union avec le corps, \lnsi, aucune .'nue ne pourra se trouver, la rsurrection, dgage de tous ses dfauts. In Lucam, boni. xi\. t. XIII, col. 1836. Ainsi. Ions seront purifis
qu'il

purifleatten aprs

mon. Origne

apporte dans

la

de leurs souillures,
doit
l le
i

que
cf.
i

l'or

du plomb qui les alourdit el qui solu dans |e leu, pour m' plus laisser parait re in Exodum, hom. vi, L xii, col. 334

sanctifies (vuceiv) par

ne

le

un feu intelligent, tanfeu punira cgalemen rats: que ce feu sanctifie, non les chairs, mais
u n'est

In Leoitieum, boni. i\. n. 8, t. xii, col. 519. / La purification <les pcheurs. Le vritable p heur est -.\ mbolis par du plomb pur. sans alliage d'or /</., ibid. L'cpi euv e .sera plus lerrible pour lui mais ses
;

pas un feu, consumant


:

imme
Intell
,

le

feu de la forge
/'.

c'< si
1

un teu
1

rant l 'me, qui est

avei
cf.

Vil.

vi,

G.,

t.

i\. col,

140;

lmenl montre toul d'abord qu'il n'est pas possible d'interprter d'une manire
V, xr>
'

purement mtaphorique ii teu purificateur. Le sens indique une cause extrieure l'me, devant provoquer en elle et en di a volont mme une
peut tre question, liant, d'envisager un feu qui ressemblerait notre feu matriel Clment l'exclut positivement, un feu l'une nature spciale, un feu intelligent, qui pntre les i-.j>rit ^ el les purifie de Unis souillures. ixen, 1904, p. 98. Cf. li. Schmid, Dos ] Pan-. Slrom., VI, xi\. Clment rappelle que la puriflneation dis fimes se fait au moyen des chtiments /'. (,.. oiir parvenir la demeure rserve ires t. ix. col. 332. Cette phrase indique d'abord le dlai de la batitude, opinion si frquente dans les premiers s; elle numre ensuite la nature des chtiments qui subsisteront, d'aprs l'auteur, mme aprs la purification dlai de batitude, confusion en raison des t. mis. peines morales. //>;</.. xv, P. <;.. t. ix. es indicat ues se retrouveront plus tard dans la thologie des Orientaux. (>n U \ojt. chez Clment, il re qu'un indice plutt qu'une << nfession explicite de la croyance au at< ire. L'indice cependant n'( eable. - trouve r ch< une doctrine dj
lion
purificatrice.
Il

ne

mieux

ssun
re.

e.

On aurait
.

tort de considrer l'apocairbant toute la doctrine ori^niste

tir

d'une

tion

fondamentale entre

la

pu

en Efet, au moins ipport une distincmes justes


.

s
I

la

doi trine de la

rouve,

notri a\

laire

manifestation de
urificatii n d<
l<

la

croyance d'Origne au

souffrances cependant auront un ternie, car le pcheur, mle juste, quoique plus difficilement, sera purifi. Cette purification, postrieure la rsurrection, sera faite par le moyen d'une souffrance d'autanl plus vh menti que le corps ressuscit esl plus subtil el pluspai fait. Combien de sicles durera cette purification, Dieu seul le sait. In epist. ad Romanos, vin, n. 12, t. xrv, col. ps. F/(ex Apologia Pamphili 198; cf. Ci mment. Origen), t. xu. col. 1177-1178. On trouvera (cl le rsum de la doctrine de l'apocatastase d'Origne, art. Eni r, col. 58. Tout en condamnanl comme hrtique la doctrine de l'apocatastase, on peut tre en droit d'y trouver une manifestation encore confuse, mais relle. de la croyance catholique des souffrances purgatives de l'au del. Certains textes, notamment In Numros, boni, xxv, t. xu, col. 769 770; In Jeremiam, boni, n, t. xm, col. 280 281, semblent indiquer que telle tait la p< iis e d'Origne pour une certaine catgorie de pcheurs. Cette impression est nettement confirme p. n la posil ion adopte par Irigne en ce qui concerne la purification des justes. c) La doctrine <ln purgatoire propose par Origne (tans sa conception de la purification des justes. Tandis que l'preuve du feu rserve aux pcheurs est une ide courante, en dehors des milieux chrtiens, dans l'eschatologie juive, pai exemple (voir Feu de 'eni r, t. \. col. 2199), l'ide de laire passer les justes euxmmes par le feu purificateur est une ide spcifiquement chrtienne. Cf. Baptme pah le peu, t. n, col. 359 ( propos des Oracula sibyllina). Mais, chez ne. d'autres raisons tout voir dans la purification des mes jusies une action divine, diffrente de celle que Dieu exerce l'gard des pcheurs. L'examen de ei s raisons permet de conclure avec certitude au tmoignage d'Origne en faveur du purgatoire. a. Les sordes opposes aux peccata . La purification des justes s. de celle des pcheurs, tout d'abord en ce quille a pour matire les fautes inhrentes la nature humaine, souillures beaucoup plus que vritables pchs. /// Lucam, boni, rv, /'. '.. t. xm, col. 1836. Souillures contractes dans la lutte
1

avec
l
<i

l<-

dmon.
a

///

Numros, hom. xxv.

n.

<>.

t.

xu.

justt
i

homn

mme les
s.

col.

770. Souillures comparables, chez les justes, au


l'or; l'or seul doit

justes d<

ront

plomb ml
preuvi
ibid.,

reuve du feu annonc par I Cor., m, 13, rouvei quelb est l'uvre de chacun. In m. m, n. 1, /'. <:.. t. xit. feu sur le; traduira par une puriflme, introductive des
I
i

de

la

purification.
i

///

demeurer aprs le Exodum, hom. vi, n. i.


I

col. 334 335. Un semble il qu'Origne distingue deux sortes de pi hs a purifier: les un s. simples
i

SOtlilluri
-i \i.-j

s
i

y-.'.z). les aul les plus graves, (-p'.r (I-/V77V/

tous le feu est rserv a baptiss du baptme d'eau. In xrv, t. xin, col. 1861 1865 e but de par le feu st la purification des souillures que nul ne peut a flatter d'viter urificatim surtout lorsqu'il s'agit d'un Paul on d'un Pierre, qui ont 1 ittu pour Dieu umeros, nom, xxv,
le
(

iel

premiers sont relativement plus l] seconds; comparables aux souillures (pieu lvent le nitre el l'herbe de liorilb (cf. .1er., Il, 22), n
y-vi
les
:

les

f !

ui-

suffira

de

l'espril

du jugement pour
/--:y,-j-/

les

purifier; les

ds

sont

pires (6nxv

ixfuxprco|xev ) el

ne

>

purifis que par l'esprit de combustion. In .ii remiam, boni. n. t. xm, col. '-'.su. On notera l'expn sion esprit du jugement oppose esprit de coin

seronl

bustion
es
b.

C'est le feu du jugement puriflcateui moins graves, oppos au teu de l'enfer.


.

d<

prouver

la

ni

une

Purification instantane

et

purification de longut

1191
darde.

l'URGATOIUK. L'EXPIATION DM UT
)

I'.

H-TO MB E

1196

Les sordes tant dillrcntes des peccata, leur purification ne se fera pas de la mme faon les souillures seront purifies en passant par le feu; les iniquits, en y restant. Le juste, comparable l'or, ne fera que dposer dans le feu son alliage de plomb; le pcheur sera englouti dans le feu pour y tre longuement purifi. Les textes dj cits sulliraient tablir cette opposition. On peut y ajouter In ps. XXXVI, n. l,t. xn,
:

surtout In Levit., hom. vm, n. 4, o Origne interprte allgoriquement la dure des purifications lgales par rapport la purification des derniers temps. C'est au bout d'une semaine de jours qu'arrivera la consommt ion du monde. Tandis que nous sommes encore revtus de notre chair mortelle, il nous est impossible d'atteindre une puret sans tache, sinon au huitime jour, c'est--dire au moment o
col. 1337, et

arrivera le

temps du sicle venir. En ce jour-l, touqui est mle et aura agi virilement, aussitt l'entre du sicle venir est purifi...; il recevra de la rsurrection une chair purifie de tous ses vices
tefois, celui

voir Iluet, Origeniana, I. II, c. n, q. xi, n. 26, dans P. G., t. xvn, col. 1013 sq. d. Instrument de la purification. Des oppositions releves ci-dessus entre la purification des pcheurs et celle des justes, on peut dduire, semble-t-il,une considration importante touchant la nature de l'instrument de la purification. Peut-tre pourrait-on dire que la purification des justes, ou plus exactement l'preuve du feu laquelle sont convis tous les hommes la fin du monde, se fait par le moyen d'un feu rel, tandis que le chtiment des impies se fait par le moyen d'un feu mtaphorique, succdant l'preuve du feu rel. La thse du feu mtaphorique de l'enfer est trs certainement d'Origne si tous les damns doivent un jour tre rconcilis avec le Christ, quoi servirait un feu rel dans l'enfer, vide de ses victimes? Sur le feu mtaphorique voir De principiis, 1. II, c. x, n. 4; Conl. Celsum, 1. IV, n. 13; 1. VI, n. 71, P. G., t. xi, col. 236-237,

(c'est--dire le juste sera instantanment purifi). Mais si, au contraire, en lui-mme il n'a rien montr de viril

pour s'opposer au pch,

si dans ses actions il s'est conduit en lche et en effmin, s'il s'est laiss aller surtout commettre un pch tel qu'il ne peut tre remis ni en ce sicle ni en l'autre (Matth., xn, 31), il devra passer une ou deux semaines dans son pch ( c'est--dire subir une purification de trs longue dure), et ce n'est qu'au commencement de la troisime semaine qu'il sera purifi... P. G., t. xn, col. 497. c. poque des purifications. L'preuve par le feu tant commune aux justes et aux pcheurs, il ne peut y avoir d'opposition quant leur poque initiale, qui est le jour du jugement concidant avec la conflagration finale. Mais, puisque l'une est instantane, son poque concidera exactement avec le dernier jour; l'autre, tant de longue dure, se prolongera dans les sicles. Fidle la conception de l'eschatologie juive, Origne, comme Justin et frne, enseigne que les justes trouveront aprs leur mort, une demeure dans un lieu cach. C'est, pour les mes justes, le paradis, prparatoire au vritable paradis de dlices que l'me n'obtiendra qu'aprs le jugement dernier. Cf. De principiis, 1.11,

1042-1043, 1405-1408; In Numros, hom. xxvn, n. 8, xn, col. 789; In Matth., commenlariorum sries, n. 72, t. xm, col. 1716. Cf. Feu de l'enfer, col. 2201. Mais il parat bien que l'preuve gnrale du feu au dernier jour et, partant, la purification des justes, dite baptme par le feu, se font, au sentiment d'Origne par un feu rel. Ici, en effet, il s'agit d'une preuve passagre, d'une purification instantane, laquelle peut emprunter le feu de la conflagration gnrale, ce feu agissant sur les corps ressuscites pour purifier en eux les sordes
t.

peccati.

e. Conclusion. On a not que la purification des justes est rserve, selon Origne, l'esprit du jugement. Cet esprit du jugement, que dans l'homlie In

1' esprit de combustion , cependant par le feu tous les autres textes l'affirment et probablement par le feu rel de la conpurifie

Jeremiam Origne oppose

c.

xi,n.6,P. G., t. xi,


;

col.

1642; In Ezechiclem,hom.

xm,

n.2,t. xin, col. 763 In Numros, hom. xxvi.n. 4, t. xn, col. 776. De mme, les pcheurs attendentle dernier jour pour subir l'preuve du feu. In Exodum, hom. vi, n. 3, t. xn, col. 334. Mais cette attente ne constitue pas en ralit un vritable recal pour Origne comme pour Clment d'Alexandrie, la fin du monde est imminente; cf. De principiis, 1. III, c. v, n. 6, t. xi, col. 330, et l'on peut donc encore, mme dans cette hypothse, parler
:

de l'preuve du feu comme d'une preuve qui nous attend au sortir de la vie. Cf. In Lucam, hom. xxiv,
P. G., t. xm, col. 1861-1865. Toutefois, c'est biui au jour du jugement, aprs la rsurrection gnrale qu'a lieu l'preuve du feu la pense d'Origne est ferme sur ce point. Cf. In Jeremiam, hom. n, t. xm, col. 280-281 In Leviticum, hom. vin, n. 4, t. xn, col. 497 In Exodum, hom. vi, n. 3, t. xn, col. 334 In Lucam, hom. xiv, t. xm, col. 1836; In ps. vi, fragment tir de l'Apologia pro Origne, t. xn, col. 1177-1178. L'preuve des justes ne se prolongera pas au-del de ce dernier jour; aussitt la consommation des temps arrive, elle se fera, elle sera faite; aussitt baptis dans le feu, le juste passera au bonheur auquel il aspire. In Lucam, hom. xxiv, t. xm, col. 1865. L'preuve des pcheurs, au contraire, se prolongera longtemps aprs le dernier jour, non seulement pendant tout le sicle venir, mais encore pendant les sicles des sicles. Sur l'expression origniste, sicles des sicles, cf. In Exodum, hom. vi, n. 13, t. xn, col. 340; De principiis. 1. II, c. m. n. 3, t. xi, col. 183184; In Joannem, tom. xix, n. 3, t. xiv, col. 551;
:

flagration dernire, les justes qui, sans exception, ont tous se dgager de quelque souillure avant d'entrer au ciel. Sans doute, la conception qui envisage une purification de tous les justes sans exception est errone. Voir Feu du jugement, col. 2244. Sans doute encore, la conception qui recule au jour du jugement la purification des justes qui peuvent en avoir besoin renferme une erreur de perspective; mais elle est excusable chez Origne comme chez tant d'autres Pres qui l'ont commise avant ou aprs lui. Mais nous pouvons retenir, comme expression certaine d'une croyance la purification des fautes lgres dans l'au-del, la conception origniste du baptme par le feu, c'est--dire de la purification des justes avant leur entre au paradis. Cette conception est spcifiquement diffrente de l'apocatastase elle fournit donc un tmoignage nouveau et doctrinalement bien plus certain que l'apocatastase en faveur de la croyance primitive au purgatoire. En ce sens, il est permis de saluer en Origne non le fondateur, mais le premier tmoin du dogme catholique. 3. Aprs Origne. La conception d'un feu purificateur au moment du jugement se continue, aprs Origne, en Orient, tout comme nous la retrouverons en Occident. L'un des adversaires les plus acharns de l'orignisme, Mthode d'Olympe, enseigne expressment qu' aprs la rsurrection, il n'y aura aucune nouvelle loi, aucun nouvel enseignement, mais le jugement et le feu: oxs-rt. [lezt. Taor/]v (se. yvstav) sasaOai voaov StSacrxxXav szkpxv, XX xpaiv xal Trjp . Convi7) vium, x, 4, P. G., t. xvm, col. 200. Ce feu aura pour objet la purification et le renouvellement du monde. Voir Fin du monde, col. 2530. Mthode ne parle pas de la purification des mes; toutefois, il nous avertit que, si des chtiments nous prouvent en cette vie cause de nos pchs antrieurs, nous devons nous en rjouir, parce que le jugement nous deviendra facile. De dist. cib., n, 2, d. Bonwetsch, p. 428. Cf. Atzber:

ger, op.

cit., p.

490.

1197
l

PURGATOIR]

LES PRES GRECS


s. ut

(IV-VII

SICLE)
esi

l'.IS

partie chrtienne des Oracles sibyllins reprend d'une faon plus nette la conception d'Origne. Laruine tlu inonde a la Rn des temps sera ralise par le feu; mais les justes eux mmes passeront, quoique s.ui'douleur, par ce feu, tandis >im- les mchants, atteints par le feu dans leurs corps et dans leurs .'mus. en sol certainement ici un cho friront ternellement. Il 5 Cor., m. 15. Voir lii JVOEMBNT, t. v. Dt de ool. .'il: ci. .1. Geicken, Die oracula sibylltna, Leipzig, p. 10, H>8. On trouve galement des allusions au feu purificateur dans les pseudo Clmentines, ftiiliones. I. IX. ". 13. /'. (... t. 1. col. 1404 sq. Cf. Mz.1
I

que

le

texte de ce verset

discut

<

qu'un cor
I
1

nombre de manuscrits portent, qu'un certain nombre d'auteurs lisent, iivelt au lieu de /pciv. commentaire d'Origne, d'aprs la version latine que
tain

nous eu possdons, semble Indiquer qu'une commmo raison des saints avait lieu dans l'glise de Ces. ne memini in latinis exemplaribus magts haberi mbmoriis s w, rORI H OMMTJNN \\ s. et elle ajoute que l coin memorer les saints soit dans les collectes solennelles, soit pour mettre a profil leur souvenir, parait elle une chose convenable et bonne . /'. G., t. xiv, col. 1220. Mais est-ce Origne ou Rufln qui parle'.' La chose esi
;

l>i

rgei

p.

<"//..

p.

discute.

Paralllement <i la doctrine du feu du jugement, on 1. Le t dj l'usaye de la prire pour Us dfunts. texte du II* livre des Machabes devait exprimer une

les Curions d'Hippolyte contiennent


allusion la prire pour les dfunts
:

une fugitive
/il

pratique dj courante rien d'tonnant que cette pratique trouve sa place dans le christianisme naissant. Elle y constituera un lment essentiel de la croyance purgatoire, paralllement a l'expiation d'outre:

ananinesis pro Us qui defuncti sunt, primum antequam consideant mysteria sumant, neque lumen die prima; post oblatioSi

nem

distribuatur fis partis exorcismou

antequam con-

sideant. n. 169-170. Cf. Duchesne, Origines du culte chrtien, 4 r d.. p. 544. l'.n plaant les canons d'Hip-

tombe. Des eerits inspires du Nouveau Testament nous 'avons pu relever que II Dm.. 1. 18, qui doive vraisemblablement s'entendre d'un souvenir accord devant Dieu la mmoire d'Onsiphore. Mais, part cette fugitive allusion, aucun autre texte ne peut tre relev a ge apostolique, ni dans la [ dmentis, ni dans la Didach, ni dans les pttres Ignatiennes, ni chez frne ou Justin. Le texte le plus ancien impliquant le souvenir les dfunts dans le culte se lit dans le MartyNous rium Polycarpi et nous reporte l'anne 155 plames ses ossements dans un lieu convenable. Ces! l que nous nous runirons, ds que nous le pourrons. dans la joie, et Dieu nous fera la grce de clbrer le jour anniversaire de son martyre, tant pour honorer la mmoire de celui qui a combattu que pour exercer les
1 :

polyte dans
ici

la

tradition orientale, on pense

demeurer

de la vraisemblance. Cf. A. d'Als, La thologie de saint Hippolyte, Paris, 1906, p. 169 sq. Enfin, l'ancienne version latine de la Didascalie. contenue dans le palimpseste de Vrone, est trs expli Dans les commmoraisons, runissez-vous, lisez cite les saintes critures et offrez des prires Dieu; offrez aussi la royale eucharistie qui est l'image du corps royal du Christ, tant dans vos collectes que dans le cimetire: et le pain pur que le feu a purifi et que l'invocation sanctifie, ofrez-le en priant pour les morts. Didascalie, fragm. de Vrone, dans Cabrol et Leclercq, Muniimcnla Ecclesix lilurgica, t. i, 2*' part., p. 238.
les limites
:

dans

Cf. Dict. d'archol..

t.

rv, col.

13.

gnrations futures l'imiter. C. xvm. 2-3, l-'unk, Patres apostolici, 1. 1, p. 336. Ce texte est d'autant plus intressant que certaines de se-, expressions, yfltX- : et y?~y. suggrent la clbration d'une agape eucharistique. On en trouve une confirmation dans les ce dernier venait de saint PioniUS nr sicle) ne, et Asclpiade, au jour anniversaire de Polycarpe, priant et jenant, lorsqu'il fut averti en songe qu'il serait pris le lendemain. Adu sanctorum,
S
(

Cet usage de la prire pour les morls. bien plus explicitement attest en Occident grce aux inscriptions funraires retrouves en nombre considrable, tait une de ces pratiques qui, sans aucune, solution de continuit, se relient aux ensi ignements apostoliques. C'est coup sur le fondement le plus solide de la croyance chrtienne au purgatoire. A partir du rV sicle, mme en Orient nous en trouverons des attestations nombreuses.
III. Profession plus explicite du dogme DANS les glises orientales a partir du rv' sicle. Le dogme du purgatoire apparat dans l'glise orientale sous les deux aspects que mms lui connaissons dj une expiation purificatrice dans l'au-del, la prire des vivants offerte Dieu pour l'allgement des souffrances des morts. Sous son premier aspect, le dogme rvera toujours plus ou moins les obscurits que nous avons releves dans ses formules archaques: projection de l'expiation future dans l'unique perspective du jugement et par voie de consquence, lorsque l'imminence de la parousie ne s'impose plus l'attente reli-

fehr.

t.

1.

p.

::

_'. lis ,;; ryphes du Nouveau Testament apportent quelques indications non ngligeables. es -tr/u l'tiuli et Thecl sont d'inspiration catholique. Cf. Suppl. du Dict. tir la Bible, t. 1. col. 195. Leur date approximative est entre 160 et 170. Il y est racont que la reine Tryphne entend, dans un songe, sa fille morte lui demander de recourir aux prires de Thclc pour obtenu* d'tre place parmi les justes (Iva [xeraSixalwv Torov). Trv phne s'en acquitte Prie pourmon et formule sa demande en ces termes enfant, afin qu'elle vive dans l'ternit. Acta Puuli et Therl.r. n. JK. 29 dans Acta apostolorum apocrgpha, d. Lipsius-Bonnet, t. 1. p, 256. Aria Joannis, qui paraissent antrieurs (cf. sont vraisemblablement l'uvre d'un Suppl.. col. 491 catholique sincre, mais plus ou moins touch par certaines erreurs: ils apportent un tmoignage tout aussi significatif. Le troisime jour aprs la mort d'une chrtienne, l'apotre Jean se rend sur sa tombe et v clbre la fraction du pain.ee qui est, sans contestation pos sible, le sacrifice eucharistique Acta Joannis, n. 72. dans Acta apostolorum apoerypha, t. 11 a. p. 180. 3. Clment d' Alexandrie recommande au parfait iniostiqur la ompassion envers les morts. Simm., VII, t. ix. col. 508. Origine, a son tour donxii, 78, /' 'nerait-il un tmoignage en faveur de la prire pour les morts dans son commentaire sur Itom.. xn. l.'i? On
I . :

gieuse, situation mal dfinie des mes dj spares du corps mais non encore soumises au jugement final. Ces caractres inconsistants de l'expiation dans l'au-

del provoqueront peu


l'glise occidentale des

peu entre l'glise Orientale et malentendus qu'il sera difficile

I,

de dissiper.
/.

L'EXPIATION

PI

BIFICATRICB DAKS L'AU-DELA.

de Jrusalem ne se contente pas (comme la plupart des pres que l'on va citer) d'inviter les Chrtiens prier pour les dfunts (voir plus loini: il enseigne expressment qu'un fleuve de feu purifiera nos oeuvres inconsistantes, conformment renseignel SaintCyrille

Cor., [Il, 15. L'archange le proclamera el dira Levez-vous, au-devant du Seigneur. >av Id l'a dit Dieu viendra manifestement notre lieu v iendrai et il ne gardera pas le silence. n feu s'allumera en sa prsence, et, autour de lui, s'lvera une tempte violente. l's.. xi. ix. (Dans le psaume, comme dans la
I

ment de
a

dais:
:

.'i.

L99

PURGATOIRE. LES PRES GRECS


il

(IVe-VII

SICLE)

1200
com-

pense de Cyrille,

s'agit

du jugement.) Le Lils de

rer et le brler.

Ibid., ix, 16 sq., col. 519. Enfin,

selon l'criture qu'on a lue, vers son Pre, dans les nues du ciel, accompagn du fleuve de feu, dans lequel seront prouvs les hommes. Si quelqu'un a des uvres en or, il deviendra plus brillant;

l'homme viendra,

mais

si

quelqu'un ne prsente que des uvres sem-

blables la paille et sans consistance, il sera brl par le feu (xaraxaleTou inzb toG rojp). Cal., xv, n. 21, P. G., t. xxxm, col. 900. Il y a ici, de toute vidence, la mme conception que chez Origne. Le feu est bien celui de la conflagration gnrale du dernier jour, mais il servira en mme temps la purification des oeuvres

que Paul a compares a la paille, au foin, au bois. Il n'est pas question du feu de l'enfer, qui attend les damns. 2 Saint Basile lait cho pareillement aux enseignements antrieurs sur le baptme par le feu , dans son trait De Spiritu sanclo. Aprs avoir tabli la diffrence entre le baptme de Jean dans l'eau, en vue de la pnitence, et le baptme de Jsus-Christ, dans l'EspritSaint et le feu, il rapproche ce dernier baptme par le feu de l'preuve qui se fera au jour du jugement, Invoquant l'autorit de l'Aptre, I Cor., m, 15, il rappelle que le jour du Seigneur rvlera ce qui sera manifest par le feu. C. xv, n. 36, P. G., t. xxxn, col. 132. Ce que sera la conclusion de cette preuve par le feu, Basile nous le dclare dans ses homlies sur les psaumes Celui qui est l'article de la mort, sachant qu'il n'existe qu'un sauveur et un librateur, lui dit J'ai espr en toi, sauve-moi de mon infirmit et dlivre-moi de la captivit (cf. ps. vu, 1). J'estime que les vaillants athltes de Dieu, qui, pendant toute leur vie, ont beaucoup lutt contre les ennemis invisibles, une fois placs au terme de leur vie, seront jugs par le prince du sicle; s'ils sont trouvs ayant gard quelques blessures, suite de leurs combats, ou quelques taches ou des vestiges de pch, ils seront enferms; mais s'ils sont trouvs sans tache et sans blessure, invaincus et libres, ils reposeront sous le Christ. 77) ps. vu, n. 2, P. G., t. xxix, col. 232. On retrouve ce texte dans le De futuro judicio (insr en appendice des uvres de saint Basile), recueil de sentences basiliennes par Simon le Mtaphraste, P. G., t. xxxn, col. 1300. Dans ces textes, l'expiation reste au premier plan; la nature du feu du jugement est incertaine. Mais le Commentaire sur Isae est moins rserv faut-il toutefois y voir une uvre authentique de Basile ou simplement l'ouvrage d'un contemporain? Voir Basile (Saint), t. n, col. 446 et aussi Rev. des sciences rel., t. x, 1930, p. 47 sq. On y distingue diffrents jugements de Dieu sur les pcheurs. Certains qui jusqu' l mort ont offens Dieu par malice sont condamns au feu ternel mais il existe un feu purificateur pour ceux qui ont pch lgrement ou qui, pendant cette vie, ont fait pnitence de leurs

:
: : ;

l'auteur s'empare de la double expression du prophte saujuinem Jrusalem purgabit in medio eorum in spiritu judicii et combustionis. II expose que trois acceptions sont possibles du baptme la purification des souillures, la rgnration par l'Esprit-Saint et cette probation dans le feu du jugement, qui doit tre rapporte au temps de la conflagration finale, (/; v t rcupfc t/,: xpersco (dcToev Col. 312. 3 Saint Grgoire de Nazianze ne semble-t-il pas faire une allusion la purification d'outre-tombe, lorsque, faisant l'loge d'Athanase, il le compare au feu purificateur de la matire vile et perverse, np x.a6ap-rr)piov -r7,<; paoXrj 6>,t) xal ;j.o/0v;p:.? Oral., XXI, in laudemAthanasii,n. 7, P. G., t.xxxv, col. 1089. Le texte suivant, emprunt VOral. xl, in sanctum baptisma, n. 36, le ferait supposer. On a souvent cru trouver, dans ce dernier texte, un cho de l'erreur origniste. La chose est loin d'tre prouve. Cf. Enfer, t. v, col. 69. 11 semble bien que l'orthodoxie de Grgoire soit indiscutable non seulement ici, mais encore dans tous les textes o il parle d'un feu purificateur devant ouvrir le ciel au pcheur. D'une part, en effet, saint Grgoire enseigne formellement l'ternit des peines infernales, Oral., xvi, in Palrem tacenlem, n. 7, t. xxxv, col. 944; n. 9, col. 946; d'autre part, Carm., II, i, n. 46. t. xxxvn, col. 1380 mme dans cette Orat. xl, in sanctum baptisma, n. 36, il commence par affirmer, aprs le jugement terrible, la sparation dfinitive et le supplice de l'ternelle ignominie. P. G., t. xxxvi, col. 412. Ce n'est qu'ensuite qu'il rappelle ce qu'est le feu purificateur (du baptme) que le Christ, mystiquement appel feu luimme, est venu apporter sur la terre. La proprit de ce feu est de consumer la matire vile et les affections vicieuses de l'me; aussi le Christ veut-il qu'il soit rapidement allum... Mais il y a un autre feu, qui ne puric'est le feu qui a fie pas, qui venge les crimes commis dvor Sodome et dont Dieu punit tous les pcheurs; c'est aussi le feu qui a t prpar au dmon et ses anges; c'est aussi le feu qui sort de la face de Dieu et qui brle autour de Dieu tous ses ennemis; ou bien encore c'est le feu le plus terrible de tous, celui qui est joint au ver sans sommeil, qui ne s'teint jamais, qui punit ternellement les hommes sclrats. Tous ces feux ont la mme force pour perdre et dtruire;
Is., iv, 4,
:
:

mentant

moins toutefois qu'on ne veuille comprendre ici un feu plus doux et digne de Dieu, vengeur (du pch). Ibid..
412. L'interprtation suggre par les diteurs bndictins et dveloppe par Billot, De novissimis. Rome, 1903, p. 58, entend sparer compltement la cause du mitior ignis de celle des feux numrs prcdemment. Ce feu plus doux serait soit celui des pnitences acceptes en cette vie, soit celui du purgatoire
col.

fautes graves. Ainsi, en attachant notre me aux plaisirs dfendus, nous l'entranons loin de Dieu et nous la soumettons la cruelle tyrannie du dmon inexorable, lequel, condamn au feu ternel, s'efforce d'avoir des compagnons de son supplice. In Jsaiam, x. 20, P. G., t. xxx, col. 550. Mais Dieu a prpar un feu pour d'autres S'il livre des attaches terrestres au feu venfautes geur, c'est par manire de bienfait pour l'me... Dieu ne la menace pas de ruine totale, mais il indique la purification selon le mot de l'Aptre si l'ouvrage de quelqu'un est consum... (allusion I Cor., ni, 15). Ce feu purificateur ne saurait cependant consumer les pchs demeurs l'tat d'herbe verte, mais seulement ceux qui, par la pnitence, ont t desschs l'instar du foin Ainsi, en dcouvrant le pch par la confes sion, nous en faisons un grain aride, qui sera dvor par le feu purificateur (to xaOxpTixo'j Tiup). En consquence, si nous ne desschons pas ainsi notre pch comme une herbe aride, le feu ne pourra le dvo:

dans l'autre

vie.

Cette interprtation est rendue plus plausible encore par la comparaison des autres textes o vraisemblablement s'affirme la croyance au purgatoire. C'est d'abord, dans VOral. m, n. 7, Ad eos. qui ipsum acciverunt..., une invitation aimer Dieu, fuir le vice, pratiquer la vertu, suivre les inspirations de l 'EspritSaint en un mot, difier sur le fondement de la foi, non du bois, du foin, de la paille, matire lgre et facilement combustible, puisque nos actions doivent tre juges ou purifies par le feu (f,vy.a av 77Up! xpvTjTai Ta i]\izs>ix y) xa0ap7)Tai.), mais de l'or, de l'argent et des pierres prcieuses, matires solides et fermes. P. G.. t. xxxv, col. 524. C'est encore la formule archaque du
;

feu

du jugement; mais du moins l'ide de purification morale est incontestable. Ailleurs, Grgoire pleure sur ceux qui se croient absolument purs au lieu de s'enorgueillir faussement, qu'ils prennent la voie trace par
:

1201
la
:

PURGATOIRE. LES PRES GRECS


(r'ry

IV-VII
v ,T
'

SICL1
soit
~' J

L202
le feu

Dans l'antre monde peut tre seront Us Christ baptises dans le reu. Ce (ai est le dernier baptme, plus douloureux certes el surtout d'une dure plu*, consld rable, baptme qui dvorera, a l'instar du foin, toute matire vile et qui consumera la vanit de nos vit \\\i\, 1/1 sancta luniiiui.u. 19, t. \\\\ 1. col - deux derniers textes montrent bien en quel feu purificateur le saint docteur de Nazianze met son esp.;i":;rj; il.iit> les Carmina 1, 523; cf.
.

unie a cette dfectuosit,


EV6)6c(oOCV
'i

elle-mme dans
ttj>

V'/'.''

TtUpl CVOCl), jusqu'

ce que l.i matire trangre qui lui est mle soit dtruite, consume par le feu [xtji xtcvltp iropl Sanavii11 not re auteur conclut que la purification sera pisvov plus ou moins longue et pnible selon que ['me plus ou moins allai lue .1 une matire plus ou
i

vicie.

/'.

t...

t.

\i vi. col.

"7 100, un.

xii. 195;

i\\\.

/'.

(...

!.

xxxvii,
S

col.

1009,995, 1202,
Impossible de

1422
il

est

disculper s. mit Grgoire de N> ssc du reproche d'oi nisme i\oir Enfer, col. 70 7i>. on pourrait tout au moins voir en cette erreur mme un commencement munit en faveur <lu purgatoire. C'est dj ce que nous avons indiqu propos d'Origne (col. cote do- text > certainement entachs d'erreur, nous en lisons quelques autres dont le mus >>i.\ u- mrapporte une expiation d'outre tombe, temporaire et le une catgorie bien dtermine de pcheurs. Dans l'opuscule De infantibus qui pracmaturt ubripiuntur. Grgoire pose la question de l'tat des anus qui quittent ainsi la terre Qu'en dev ons-nous penser?
1

5 Un mot Jet en passant par saint Isidore de l'< souligne la mme conception. Expliquant comment le bon grain doit tre spare de la paille, celle ci devani tre brle, et celui la conserv, il exhorte son coi pondant Lamptius a ne point s'agiter aux vents de la volupt, leur dispersant ses allions, a l'instar de ftus de paille 1 Considre que ion Inconstance se terminera dans le feu. OU le tell qui purifie cl expie, ou le ton qui
:

.1

le juge? Comparaltra-t-elle au tribunal avec les autres? Recevra-t-elle la rcompour ses mrites? Sera-t-elle purifie dans le feu, don les paroles de IKv angile? Sera-t-elle rafrachie et A ces quesforte par la rose de bndiction? tions la rponse parait difficile puisque celui qui n'a pas vcu ne peut apporter aujugement divin matire mpense ou punition. /'. G., t. \t.vi. col. 108. Mans le sermon De mortuis exhortation ne point -"h r du trpas de ceux qui se sont endormis dans le Seigneur l'auteur dveloppe vi pense sur le feu purificateur Dieu non-- a laisse ici-bas notre libert el nonobstant les fautes dans lesquelles nous pouvons tomber, le moyen de revenir la flicite c'est ou bien le nous purifier, ds la vie prsente, par les prires et la rchc de la sagesse, ou, aprs la mort, d'expier dans l'ardeur du feu purificateur Sut rr_- toO rcupo x.xOotpuvetat). Celui qui aura nglig de se prserver du n cette \ie. pour parvenir au bien aprs la mort litra la diffrence qui spare la vertu du \ ice et ne pourra devenir participant de la divinit qu'aprs

tue

telle

me

verra-t-elle

brle pour toujours. ("OpocTolvuv 8n rcpex 6 T;; Epist., t 6oa'.ov. j x.xOxpov. 7, el, rXo xxoci .' xxv ni. col. 381. I, ep. cccx, /'. I. G., 1. 6 Faut il rapporter la mme poque l'apocrv plie Histoire de Joseph le Charpentier? Cet apocryphe, qui a coup sur n'est pas antrieur au rv sicle, est d'origine gyptienne, mais il est conserve seulement en arabe et en copte; il contient, sous la tonne d'un entre! ien de Jsus av ec les aptres, la vie de saint Joseph et surtoul sa mort. Relevons dans cette dernire partie L'ide de la traverse que l'me doit accomplir aprs avoir quitte le corps; guide p a r l'archange Michel, elle pourra franchir sans encombre les /lits de lu mer le feu que doivent afjronter toutes les mes. Cf. . Amaiin. Les apocryphes du Nouveau Testament, dans le Suppl. /lu Dict. de lu Bible, t. t, col. 48 I. X avons-nous pas ici une affirmation implicite des purifications douloureuses rserves aux hommes avant leur entre dans le bon'
1

heur du ciel'. 7 Saint Cyrille d'Alexandrie, contempi rain d'Isidon


1

de Pluse, a laiss sur .loa.. XV, 2. un commentaire que les thologiens ont retenu comme favorable au dogme du purgatoire. Cyrille rappelle les paroles de l'vangile: Je suis la vigne vritable, et mon l're est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'te, et tout sarment qui porte du Huit, il le nettoie, afin Et il continue qu'il porte du fruit davantage.
:

s souillures dans le feu purificateur xxOapoiou nupo). Ainsi, parmi les hommes, les

un>. tels les aptres, les patriarches et les prophtes, ont su garder, malgr leur union au corps et la maune vie vraiment spirituelle et exempte de troubtes et de vices, mais d'autres devront, aprs cette vie. par le feu purificateur, effacer les souillures de la matire et leur propension au mal; et c'est ainsi que. par le dsir d< s vrais bil 11s. ils reviendront a la grce qui fut concde au dbut a la nature humaine. /'. G., 1. 52 I. .">25. Il n'est point ncessaire d'interprter ces textes en fonction de l'erreur origniste rovance au purpala aussi pensons-nous qu'il convient d'tendre -ullit rtains passages du De anima et resurrectione, o les critiques trouvent avec raison plus d'une trace d'orignisme. Mais certains pas: s'apparentent trop visiblement aux textes d'Origne o nous avons rouv une manifestation de la croyance au purgatoire pour qu'on puisse leur accorder onesigni"ii diffrente. Grgoire reprend la comparaison de l'or mlang de matire trangre Pour purifier r, il faut pass.T au creuset non seulement la matire trangre, mais |'or lui-mme, de telle sorte que,
.
1

de repousser cette purification, la subit volontiers. Reprenez mm. Seigneur, dit -il. mais que ce soit dans votre justice et non dans votre colre. .1er., x. 24. (.'est dans la colre que sont dtruits les Dieu les envoie au supplice. Mais sarments improductifs dans le m emint... si- fait a purification des sarments qui fructifient dans une modiqui preuve abondance el fconI.e

choeur des saints

lui

mme,

loin

rilmlat ion qui nous la cependant, nous impos ml d'en haut sa discipline, elle nous rend bienheureux. l>a\id nous in est tmoin, lui Bienheureux l'homme que vous aurez vousqui s'crie mme Instruit, Seigneur, et a qui vous aurez enseign votre mi que vous lui accordiez quelque douceur dans les v Ps., v< m. 12. .louis a coup sr indsirables (ours m mauvais, ceux des (pcheurs) totalement retranchs (de la vie de la grce) et destin. -s au supplie du feu; jours, dis-Je, de ce jugement svre et sans compromission. Mais l'gard de ceux qu'il aura alors Dieu se montrera doux si tel m' Subira en rien la Celui qui damnation et la peine, car il aura t trouv sarment non improductif, lu Joannem, w, 2. I'. (,., t. ix\i\. col. 352.

dit leur sont restitues... Petite est


puritie. et

.1

Ce passage Oppose l'tal irrmdiable des impies, la damnation (sarmeiils absolument iinpro dUCtifs) a l'tal de ceux que preuve corrige el qui Ile sont pas des sarments totalement improductifs. Il v a la une indication trs nette d'une purification dans
VOUfl a
I

le

feu, l'or demeure

l'au-del. Ave< Cyrille, cependant, nous ne sommes plus a la conception archaque de la rtribution repoi tee au jour du jugement dernier. Ce l're admet que la

\insj.

par

le

tandis que notre dfectuosit est dtruite feu pui -r-. /-i/ri: r : /v.'.vi.r-< 1e qui est

rtribution dfinitive suit immdiatemi ni la mort. Cf. fixeront, Hist.da dogmes, 1. m. p. 270. (.est donc au moment mme du jugement particuliei qu'aurait lieu

1203
la

PURGATOIRE. LES SUFFRAGES POUR LES MORTS (ORIENT)


:

1204

discrimination des uvres il n'apparat pas cepenla purification mme des uvres moins lionnes soil Faite, comme l'insinue Tixeront, loc, cit., dans le jugement mme. Les assertions des Pres doivent tre, sur ce point, compltes par leur enseignement touchant l'utilit et l'efficacit des prires pour les dfunts. 8 Le nom de Thodoret a t souvent cit comme celui d'un tmoin de la croyance au purgatoire dans l'glise grecque. Saint Thomas invoque son autorit dans son opuscule Contra errores Grcorum; Gagne cite un autre texte dans ses scolies des Pres grecs. Les deux textes sont reproduits par Nicola dans ses annotations la Somme thologique. Mais il semble bien que ces deux textes soient apocryphes. Voir la note dans la P. G., t. lxxxiv, col. 445. Les Grecs ne les ont pas reconnus au concile de Florence. La vraie pense de Thodoret se trouve exprime dans son commentaire sur I Cor., in, f5. Elle mrite d'tre rapporte, car elle contient deux interprtations dont la seconde au moins pourrait prsenter un sens favorable au dogme de la purification dans l'au-del. Dans la premire interprtation, Thodoret distingue le prdicateur de la foi de son uvre, qui est l'auditeur agissant sa guise. Au jour du Seigneur, ceux qui auront bien agi et pourront prsenter des uvres, or et argent, ne recevront de l'preuve du feu qu'une splendeur plus grande ceux qui auront mal agi et auront fait l'iniquit seront brls comme foin, bois et paille, tandis que lui, le prdicateur de la bonne doctrine, ne sera jug digne d'aucune peine et il obtiendra le salut. Le prdicateur sera sauv, car il ne saurait tre tenu responsable du mauvais usage que ses auditeurs auront fait de la bonne doctrine. Mais, si l'on veut rapporter l'expression tanquam per ignem non l'uvre, mais au prdicateur, on devra la comprendre ainsi le prdicateur n'aura aucune peine subir pour ses uvres, mais il sera lui-mme conserv, tout en subissant l'preuve du feu, puisque sa vie est conforme sa doctrine. P. G., t. lxxxii, col. 249-252. 9 Dans la deuxime moiti du v e sicle, Basile de Sleucie exhorte les pcheurs dtester leurs fautes, l'exemple de David pnitent, afin de ne pas tre laisss pour la purification du feu (o.yi o.lvo>[xsv 0epa7Tu6^vai jrup) Orat., xvni, in Davidem, P. G., t. lxxxv, col. 225. L'expression 6epa7reu0YJvoa enlve toute probabilit l'interprtation visant le feu de l'enfer. 10 A la fin du sicle suivant ou au dbut du vu", la question du purgatoire est plus nettement pose par Maxime le Confesseur (f 662), dans ses Qustiones et dubia, interrog. x. Il s'agit d'expliquer l'expression suivante Dans le sicle futur, certains devront tre jugs et purifis par le feu. Cette purification, rpond Maxime, ne concerne pas ceux qui sont parvenus un amour parfait de Dieu, mais ceux qui ne sont pas arrivs la complte perfection et qui ont leurs vertus mlanges de pchs. Ceux-ci comparatront au tribunal du jugement et, suivant l'examen comparatif de leurs bonnes et de leurs mauvaises actions, seront prouvs comme par le feu. Si, dans la balance, le plateau des bonnes uvres l'emporte, les mauvaises seront expies dans une juste crainte et peine. P. G., t. xc, col. 792-793. Encore une fois, il n'est pas dit que cette expiation sera dans et par le feu. 11 Dans l'opuscule De iis qui in fde dormierunt, attribu (faussement d'ailleurs) saint Jean Damascne, l'auteur narre l'histoire d'un disciple trs ngligent qui, malgr son peu de prparai ion au moment de la mort, fut pris en piti par Dieu, touch des larmes et des prires de son vieux matre. Ce dernier vit son malheureux disciple tout d'abord plong dans le feu jusqu'au cou, puis, une autre fois, mergeant jusqu' la ceinture, enfin totalement libr. N. 11, P. G., t. xcv,

dant que

un peu plus loin qu'on trouve l'histoire de Trajan libr de l'enfer par les prires de saint Grgoire. Quoi qu'il en soit de ces historiettes, le seul fait qu'elles soient rapportes montre bien la croyance de l'glise d'Orient une expiation ultra-terrestre. Nous arrtons ici cette premire parConclusion. tie de notre enqute concernant l'expiation ultra-terrestre. Dsormais, la thologie orientale ira s'obscurcissant de plus en plus par l'apport de considrations plus ou moins errones. Elle tait pourtant dj loin d'tre claire! On l'a constat par tous les textes qui prcdent: l'influence de I Cor., ni, 15, sur la purification des fautes dans l'au-del est prpondrante. L'influence de l'exgse d'Origne ne l'est peut-tre pas moins et, sauf quelques rares indications concernant un feu mtaphorique (voir saint Cyrille d'Alexandrie, In Genesim, 1. IV, n. 1, P. G., t. lix, col. 177 BC), la plupart de nos thologiens n'envisagent que le feu rel de la conflagration gnrale. Il ne saurait tre question pour eux d'un feu spcial prpar, dans un lieu spcial. Cette interprtation doit tre d'autant plus fermement carte que, jusqu'au v e sicle, les Pres sont encore la plupart du temps confins dans la formule archaque de l'me vraisemblablement dj juge tout aussitt aprs la mort, mais place dans un tat d'attente du jugement dfinitif, lequel ne se produira qu' la fin du monde. Voir Feu du purgatoire, t. v, col. 2252. Sans doute, partir du iv e sicle, bon nombre de Pres entrevoient dj la rtribution immdiate, au moins pour les rcompenses (voir Jugement, t. vin, col. 1786. sq.); mais beaucoup retiennent encore les formules archaques de l'tat d'attente. Ces formules trahissent l'embarras du thologien qui ne peut encore adapter compltement ses formules explicatives aux donnes positives de sa foi. Voir art. cit., col. 1787-1788. Elles nous permettent du moins de constater que les Pres des IVe et v sicles, et spcialement saint Cyrille d'Alexandrie et Maxime le Confesseur, auraient facilement adapt leur conception d'une purification dans l'au-del notre croyance actuelle au purgatoire. Pour arriver une conception plus nette, il aurait fallu que la thologie orientale se dgaget compltement des formules archaques et notamment de celles qui ont trait la dilation des chtiments. Mais c'est le contraire qui peu peu se produira et, lors du schisme du ixe sicle, Photius ne contribuera pas peu faire accepter cette erreur par tous, creusant ainsi entrela thologie orientale et l'enseignement de l'glise romaine un foss bien difficile combler. Cf. Jugie, Theologia dogmatica christianorum orientalium, t. iv, p. 63 sq. Toutefois, en se dgageant des formules accessoires et que le progrs du dogme et d rendre caduques, on constate que le fond de la thologie orientale des IVe et v e sicles admet la doctrine d'une expiation dans l'audel, rserve et proportionne certaines fautes qui ne sparent pas dfinitivement l'me de Dieu; or, c'est
col. 256. C'est

l l'essence
Il

mme du

convient constatation
la prire

d'y ajouter l'autre lment du dogme


les dfunts.

purgatoire.
:

et ceci renforce encore cette dernire

pour

Sur ce point,

les

tmoignages

de l'glise orientale des IVe et v sicles sont pleinement concordants.


//.

tir

A parLES SUFFRAGES POUR LES DFVXTS. du IVe sicle, nombreux sont les tmoignages qui

la prire faite par les vivants pour dfunts en vue de leur soulagement. Nous interrogerons les Pres, les liturgies et l'pigraphie. 1 Les Pres. Eusbe de Csare rapporte qu'en 337 le corps de Constantin le Grand fut dpos devant l'autel o prtres et fidles offrirent Dieu des prires pour l'empereur dfunt. Vzfa Constanlini. 1. IV, c. lxxi,
se rapportent
les

P. G., t. xx, col. 1225. En 348, saint Cyrille de Jrusalem nous montre quelle

l'i

RGAT01RE. LES SUF1 RAG1


1

POl R LES

MORT (ORIENT)

L206

croyance de l'glise touchant l'offrande <lu saint messe I la mmoire de ceux m " n M,,lt plus. Nous faisons mmoire, dit il. des s.unt x patriarches, aptres, prophtes, martyrs, afin de faire accep leurs prires et supplications, nos ter par Dieu, (trace propres prires ensuite, nous f. lisons mmoire les saints Pres et vques et gnralement de tons les s.iint c-t saints qui reposent parmi nous (le mot pris ici pour chrtiens morts dans la communion de la foi; cf. Rom., \n. c>: w. 16, etc.), persuads qu'un grand secours sera accorde a Km- Ames, pour les
est la

sacrifice de la

.1

quelles est prsente notre prire en prsence de

la trs

sainte et trs redoutable victime du sacrifice, Catech. myst.. v, 11. 9, /'. G., t. xxxiii, col. 1115. Et Cyrille
prires

continue en expliquant par un exemple pour les dfunts


:
:

l'efficacit des

pa- nMnJtl au nant, niai- qu'il- existent et vivent pie- du Seigneur? Quelle prdication plus religieuse que celle qui donne une telle esprance aux \i\.uit- priant pour leurs ti re-, col un le -'il -'a;'.i a il de \ o\ agOUl - pal 1- puni l'elian ger?.., Noui faisons mmoire des us tes et des pcheurs. les nonnuplomnla mi-ciicoidc dnine. Pour pcheurs, Des iu-te- non- faisons mention afin de sparer, d'un non iicnr particulier. Notre Seigneur Jsus Christ de l'ordre des humains, et de lui rendre un >aiiie suprieur qui le dlftren cie des mortels, quelle que soii la saintet pour ainsi dire Infinie dont il- sont revtus... Mais, mme abstraction faite de ces raisons, je dis que ri gllse se doit de faire ncessaire ment ce qu'elle a reu comme \m rite transmis pai les an clens. Et, comme toute- ces choses excellentes et admirables -ont tablies dans l'glise, rien qu'a ce titre Arius est con vaincu d'imposture. Ado. ruer., ucxv, n. 8, P. G.,t. xlii, col. 513 B; cf. n. :s, 7. col. .".os c. 513 A.
1

ucoup posent celle question Quel profil peut Urei de m< moire une Ame qui a quitte ce monde dans le pch ou sans pch? SI un toi envoyait en exil des
lu

prire faite a sa

sujets qui l'ont offens et qu'ensuite 1rs proche- parents le des, tressant une couronne, l'offrissent au roi en rparation pour adoucir la peine Inflige a leur-, ami- exils

pour

ne leur ferait-il pas la gracieuse remise les chtiments? de la mme (,n<>n que nous offrons Dieu nos prires nous ne tresles dfunts, ni. me s'il- sont pcheurs 1- de couronne, mais non- union- le Christ Immol pour nos pchs i\ cepi>v non- efforant de rendre la clmene divine propice aux dfunts au bien qu'A nousin.mes. Ibid., n. 10, col. 16-1 117.
le roi
:

Une seule phrase pourrait faire difficult dans ce texte Les prires que nous faisons pour les morts leur sont utiles, bien qu'elles ne dtruisent pas louslcpeches. 5 il n'est pas ncessaire de songer a la mitlgaion des peines de renier pour trouver a celte formule, mme en l'appliquanl au purgatoire, un sens accep
:

table.

1,

Dans le livre Ilepi E8ou -^u/yj 8ixa<ov xal |xv.ptcoXwv, attribu Macaire d'Alexandrie (rv sicle), on rencontre plusieurs allusions aux prires liturgiques faites pour le- mes justes des dfunts, aux neuvime,
trentime
col. 392.
et

quarantime

jours.

P.

G.,

t.

xxxiv,

Saint Jean Chrysostome insisW plusieurs reprises sur l'utilit de- prires et du sacrifice eucharistique pour les dfunts < Portons-leur secours, dit-il, et faisons leur commenu raison. Si les lils de Job ont t purifis par le sacrifice de leur pre, pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation? N'hsitons pas a porter :- a ceux qui sont partis et a offrir nos prires pour eux. In I epist. ad Cor., liom. XXX, n. 5, /'. G.,
:

auparavant. C.hrynature de ce secours pas de larmes, mai- des prires, de- supplications, des aumnes, des oraisons. Ailleurs, il fait remonter aux aptres eux-mmes l'institution du Mmento des morts au sacrifice eucharistique Songeons au soulagement que nous pouvons obtenir pour les mort-. Ce n'e-t pas en vain que les aptres ont tabli eux-mmes qu'il fait mmoire des dfunts au saint sacrifice. Lorsque tout le peuple est assembl et qu'il prie, les mains leves \ir- le ciel, ri que la Victime trois foi- -ainte se trouve -ur l'autel, comment notre voix ne s'lveraitelle pas avec confiance vers Dieu en faveur des dfunts?! In Ad., hnm. xxi. n. 1. t. x. col. 170. Voir aussi De sacerdotio. I. VI, n. I. t. xi.vm. col. 680. Chrysostome insiste tellement -ur le secours apporte par nos prires aux dfunts qu'il ne parait exclure le leur efficacit aucune catgorie de disparus, pas mme les pcheurs les plus coupables et les infidles. n passage de l'Ilomct.

ixi. col. 361. Et, quelques lignes


ne insistait sur la

sicle. Thodoret, dans son Histoire ecclsiasrapporte que l'empereur l'hodose II fil ramener en grande solennit les reliques de saint Jean Chrysostome et qu' cette occasion il recommanda ses parents dfunts l'intercession de ce saint. Hist. eccl., 1. Y, c. xxxvi. I'. G., t. i.xxxn, col. 1268. Le pseudo-Denys enseigne galement que le prtre prie pour les dfunts afin de les librer des fautes chappes la faiblesse humaine, et qu'il soient placs dans le lieu de lumire, dans le sein d'Abraham, loin de la tristesse et de l'affliction. De hier, eccl., vu,

Au

tique,

m.
fait

'

Ali. Toutefois, l'auteur des justes ne peuvent, soit en cette vie, soit aprs la mort, tre utiles qu' ceux qui en sont dignes. Id., ibid., 0, col. 500 I). Eustrale, prtre attach a l'glise Sainte-Sophie, familier du patriarche Eutychius, dont il pronona l'oraison funbre en 583, a publi un ouvrage intitul Discours rfutant ceux qui disent que les mes humaines, aprs lu sparation d'avec leurs corps, n'ont plus aucune activit et qu'elles ne retirent aucun profit des prires et des sacrifices offerts (i Dieu pour elles. Celles, elles en profilent et en tirent du soulagement, ai/isi qu'on va le voir dans ce volume. Ce discours a l traduit par Allatius, d'une manire incomplte, dans son De utriusque Ecclesise occidentalis algue orientalis perptua in dogmate de purgatorio consensione, Rome, 1655, p. .'<li*g

n.

/'.

(',..

t.

m,

col.

500

observer que

les prires

lie

580 itexte mec

et

radiici ion latine).

Texte

latin

dans

sur l'pitre aux Philippiens, n. 1. /'. <>.. t. xjii, iccentue tellement la pense de l'orateur en :is que certain- critiques s'en sont fail une arme
i

pour attaquer l'orthodoxie de l'vque de Constantinople relativement a la mitigation des peine- de l'enfer. veut voir une dernire trace d'origni-me Voir notre Interprtation, Mitigation des peines de v vif ptrnnii t. x. col. 2001. le, est dj si fermement lie que soin/ l-piphane range parmi les hrsies nues et condamnes la doctrine d. Vrins allirmant l'inutilit de la prire pour lis morts. Voir, t. i. 515
.

Patrologie grecque-latine, t. i.xxx, col. 823889, et dan- Theologise cursus completus, t. xvm, col. 401 Sq. C'est d'aprs le Cursus que nous citons. L'ouvrage est d'autant plus Intressant qu'il rfute la thorie qui devait dans la suite avoir tant de vogue

M ign,

f.iiioi de plus utile que le faire un moire des mort-? '.moi de plus opportun et de plu- admirable que cette persuasion at le< fidle- prsents, que le- mort- vivent et ne -ont

Byzantins, d'un tat purement passif pour les la mort et le Jugement dernier. Bien au contraire, toutes les me- aprs la mort, soit les mes des bons lu. 13 sq., col. 180), soit (elles des pcheurs m. 25, <oi. rail), manifestent leur activit. L'auteur rpond ensuite affirmativement a la question si les prires des vivants sont utiles aux mes des dfunts la raison en est que IT'.glisc prie pour elles. Et, parce que le peuple d'Isral porta le deuil de Mose pendant quarante jours, parce que le Christ csl ressuscit au troisime jour, parce qu'il est apparu aprs huit jours
chez
fis

mes entre

1207

PURGATOIRE. LES

SI

FFRAGES l'OUR LES MORTS (ORIENT


la liturgie
:

1208

ses aptres el qu'il est mont aux cieux au bout de quarante jours, l'glise a dtermin que les troisime, neuvime el quarantime jours seraienl consacrs la

mmoire de chaque dfunt, les solennisant par l'offrande de ses prires et du sacrifice de la messe. Or, elle ne le fait pas en vain puisque dj le sacrifice offert par .Judas Machabe fut agrable Dieu et que Denys l'Aropagite, phrem le Syrien, Cyrille de Jrusalem, Cyrille d'Alexandrie, promettent tant d'avantages aux dfunts par le moyen de la prire et du sacrifice eucharistique. N. 28, col. 508 sq. D'ailleurs, le choix du troisime, neuvime, quarantime jour et du jour anniversaire tait consacr dans l'glise grecque, comme ayant une origine apostolique. Voir Constitutions apostoliques, 1. VIII, c. XLII. L'auteur du De iis qui in fide dormicruut, rapporte, sous le nom d'Athanase, le texte qu'Eustrate attribue Cyrille d'Alexandrie. N. 19, P. G., t. xcv, col. 265. Quoi qu'il en soit du vritable auteur qui semble bien n'tre ni l'un ni l'autre, ce texte exprime la doctrine courante dj au vi e sicle. De ces auteurs de langue grecque, il faut rapprocher le tmoignage du Syrien saint phrem (iv e sicle), dans son Testament : il demande qu'on se souvienne de lui, une fois mort, dans les prires des vivants. Il le demande surtout au trentime jour, car, dit-il, les morts sont aids par l'offrande faite par les vivants. Testamcntum, n. 72, d. Assemani, Opra grce et latine, t. n, p. 401. 2 Liturgies orientales. 1. Le Mmento des La prire pour les morts, ainsi que leur morts. mmoire pendant les offices sacrs, est une pratique perptuelle et commune chez tous les chrtiens orientaux, qui la font remonter aux aptres. Ainsi parle Renaudot, Liturgiarum orienlalium collcctio, t. i, p. 193, que nous citons d'aprs la 2 e dition, plus correcte, Francfort-sur-Mein, 1847. Les Constitutions ajiostoliques auxquelles se rfrent les Orientaux sont, on le sait, une compilation qui, tout au moins dans son terminus a quo, remonte au dbut du v e sicle. Dans la liturgie du VIII e livre, on trouve la prescription suivante Prions pour le repos de tel (ou telle), afin que le Dieu bon, recevant son me, lui remette toutes ses fautes volontaires et involontaires et que, dans sa misricorde, il la place dans le lieu des mes saintes. C'est d'ailleurs, peu de chose prs, la formule qu'on rencontre dans toutes les liturgies orientales et qui correspond notre Mmento des morts aprs la lecture des diptyques qui renfermaient les noms des vques et des fidles morts dans la paix du Christ, le clbrant rcitait l'oraison dite Oralio post nomina par laquelle prtres et assistants demandaient Dieu pour ces mes le repos

donnez-leur tous le repos, avec vos saints... , p. 33; de saint Cyrille Souvenez-vous. Seigneur, de nos Pres, les archevques orthodoxes, qui dj sont morts, et de tous ceux... dont la mmoire ne nous est pas prsente, mais qui dorment et reposent dans la foi du Christ. Daignez, Seigneur, accorder que leurs mes reposent toutes dans le sein de nos pres... p. 41. Voir des prires analogues dans les liturgies coptes, transcrites du ras. grec-arabe, Bibl. nat., ms. 3023; laliturgic de saint Basile, Renaudot, op. cit., t. r. p. 71; celle de saint Grgoire, p. 103-104; la liturgie grei dite de saint Marc, p. 135-136. La liturgie thiopi contient des formules semblables Nous vous prions aussi, Seigneur, pour ceux qui dj se sont endormis, afin que vous leur donniez le repos, s P. 483. Les liturgies jacobites prsentent les mmes parti>.,
:

cularits
ralis,

les deux textes, ordo communis et ordo genetraduits par Renaudot, contiennent express: :

ternel.

La messe de saint Basile fait prier le prtre pour tous ceux qui se sont endormis dans l'esprance de la rsurrection future . fl demande Dieu de les faire reposer dans le lieu de lumire, d'o s'enfuit la tristesse . Goar, E^oXyt.ov sive rituale Grcorum, d. de Venise, 1730, p. 145 AB. La messe de saint Jean Chrysostome, si importante dans le rite byzantin, emploie des termes presque identiques. Ibid., p. 63 2. Toutes les messes trancrites par Renaudot dans sa collection contiennent des prires analogues et souvent plus dveloppes. Ainsi, parmi les liturgies d'Alexan Souvenez-vous drie (coptes), celle de saint Basile aussi, Seigneur, de tous ceux qui se sont endormis et reposent, prtres ou laques dans tous les ordres. Daignez, Seigneur, accorder leurs mes le repos dans le sein d'Abraham, Isaac et Jacob dans le paradis de volupt , t. i, p. 22; la liturgie de saint Grgoire de Nazianze Souvenez-vous, Seigneur, de nos pres et frres qui se sont endormis dj dans la foi orthodoxe;

: :

ment le souvenir des dfunts Souvenez-vous, Seigneur, de ceux qui sont morts, et donnez-leur le repos, eux qui vous ont revtu dans le baptme et vous ont reu de l'autel. Le diacre continue cette prire du clbrant en formant le vu que ceux qui ont mang le corps et bu le sang du Sauveur reposent avec Abraham, la table de Dieu (nous dirions aujourd'hui au banquet ternel). On doit souligner la dpendance ici marque entre la communion eucharistique et le salut ternel. T. n, p. 10; cf. p. 37. La liturgie de Jacques, frre du Seigneur, contient une prire caractristique Voici l'oblation prsente, et voici que les mes sont purifies. Que par elle soit accord le repos aux dfunts peur qui elle a t offerte. Cette oblation, prsente Dieu par les vivants pour les dfunts, expie l'iniquit de l'me et par elle leur sont remis leurs pchs... Agneau de Dieu et pasteur mort pour vos brebis, donnez, Seigneur, par votre grce, le repos aux fidles dfunts... Joie dans les sphres suprieures, esprances heureuses dans les infrieures, par les oblations que font les vivants pour leurs dfunts. Ibid., p. 43. Dans la liturgie de saint Xyste, pape romain, laquelle appartient nanmoins aux liturgies orientales, le souvenir des dfunts intervient on demande pour eux Dieu une rsurrection bnie d'entre les morts et, dans le royaume des cieux, une vie nouvelle et ternelle. P. 137. La liturgie de saint Pierre, prince des aptres, fait mmoire de tous les dfunts du lieu o l'on prie et de tous lieux, mais principalement de ceux pour qui est offert le sacrifice. P. 150; cf. p. 158. Sous une forme diffrente, la liturgie de saint Jean l'vangliste insiste sur l'aspect universel de cette prire pour les morts Souvenez-vous, Seigneur, par votre grce, de ceux qui sont spars de nous et ont migr vers vous, qui ont reu votre corps et votre sang prcieux, et ont t marqus de votre caractre, depuis le temps de la premire institution chrtienne jusqu' nos jours. P. 167. Voir aussi la liturgie des douze aptres, dite de saint Lac, p. 173, et celle de saint Marc, p. 181, o l'on rencontre des traits analogues. Celle de saint Clment, p. 195-196, contient un trs long mmento des
:

morts

elle prie,

et la flicit

demandant une mmoire honorable pour tous corps, mes et esprits de tous nos

pres, frres et matres, temporels et spirituels, qui sont morts dans n'importe quelles rgions ou cits ou provinces, ou qui ont t touffs dans la mer ou les fleuves, ou qui sont morts en voyage et dont aucune glise constitue sur la terre ne fait mmoire. Cette insistance prier pour tous, en dveloppant sous divers aspects cette universalit, est ici trs caractristique. D'autres formules analogues et tour, aussi touchantes se lisent dans la liturgie de saint Denys, vque d'Athnes, p. 208-209, de saint Ignace, p. 221, du pape romain Jules, p. 226, 230; de saint Jean Chrysostome, p. 247, de Marouta, veque de Takrit (t 649). p. 266;

l'i

RG

\Im|i;i

LES SUFFRAGES POUR LES MORTS


notre Dieu!...
=

ORIEISn

L210

de Dioscorc. p 292, de Philoxne de Mabboug, p. 304, de Svre d'Antioche, p. 326, de Jacques BarAdai,
v
i

.i

Batnan,
S

est aussi

de Jacques de Saroug, vque de Souvenei touchante que possible [neur, !< tous ceux qui dj se sont endormis
liturgie
:

pardonnes ciemment,
p. 124,
126.

13 I. iln insiste aussi pour que soient pches commis sciemment ou incons volontairement ou involontairement. L'invocation a la sainte \ lerge en faveur
1'.

les

du dfunt revient frquemment,

p.

126, 127. tus.

132,

vraie foi, depuis Adam Jusqu' ce Jour... Don nez. Seigneur, le repos aux .'mus de ceux dont nous faisons mmoire; inscrive! leurs noms dans votre liv re de vie... Que personne d'entre eux, que personne parmi nous ne soit condamn, rejet, exclu de votre royaume cleste! Seul esl apparu sur terre, exempt de pch, votre 1 il- unique et Notre Seigneur et Dieu, Jsus par lui, et a cause de lui. nous aussi esprons Christ obtenir misricorde et pardon des pchs, tant pour

dans

la

nous que pour eux. i P. 363 364. Voir galement la liturgie de Jacques d'desse, p. 376, et de quelques
autres jacobites.
1

:;'">.

404,

ll.

Les liturgies de Michel le Syrien, p. 143, et de plusieurs autres, qui terminent le recueil de Renaudot (cf. 186, 499, 516, 533, 587, 815), bien que p. 450, 164, moins expressives, renferment toutes explicitement le souvenir des dfunts. Mais dj, avec ees dernires liturgies, nous avons de beaucoup dpass l'poque o devait se cantonner notre enqute. I ne certitude du moins s'en dgage trs nettement, c'est (pie les glises orientales ont toutes pieusement gard la pratique immmoriale de recommander a Dieu, au saint sacrifice de la messe, les Bdles trpasse-.. SUT le rapport de ees liturgies orientales entre elles. on consultera les articles du Dicf. d'archol.: AlexanLilurgie), t. i. col. 1182 sq.; Egypte, t. rv, col. Grecques (Liturgies /. t. m. col. 1591. Voir sur les liturgies orientales, prires pour les morts. F. Probst. Liturgie der drei ersten christlichenJahrhunderte, Muns
chischr
13; l-.-.I. Mone, Lateinische mul GrieMessen ans den n.-ri. Jahrhunderten, Franc-

fort-s.-M.,
.

1850;

E.

Freistedt,

Altchristliche

Toten-

Munster-en-W.. 10J8. pour les morts, spcialement aux funLe Sarnimentaire de Srapion. dcouvert railles. te de rituel ou de pontifical, contenant trente prires, dont quelques-unes sont nommhtnistage.
2.

Prires

ment attribues a srapion de Tlimuis (f aprs 362). Pour tous Nous trouvons une formule d'intercession
:

funts dont on fait la mmoire, nous pi ions ainsi Sanctifiez ces mes, car \otis [es connaisse/, toutes; sanctifiez toutes elles qui dorment dans le Seigneur et mettez-les au rang de toutes nos saintes puissances et donnez-leur place ,t sjour dans votre royaume, Le mme Scrapion a conserv une prire pour l'inhumarepos de l'une de ... Nous VOUS prions pour le tion serviteur (OU de Votre servante.: donnez le repus

alternant avec les leons morales que Suggre la pense de la mort et qui, dans l'otiice oriental, font songer aux leons de Job de nOl re r nocturne. Et linalcnicnl celte prire, qui condense tout le dogme de la communion des s. unis relativement au soulagement <lcs mes du purgatoire Que, par les intercessions de sa Mre sans tache, des saints aptres glorieux cl clbres dans tout l'univers, de nos anctres bienheureux qui ont porte Dieu sur terre, que le Christ, notre vrai Dieu, qui est ressuscite des morts, place dans les tabernacles des justes l'Ame de son serviteur dfunt, qu'il la dpose dans le sein d'Abraham, qu'il l'adjoigne aux justes et que, bon et clment, il prenne piti de nous. Amen] P. 132- 133. Les notes de Goar mont renl que ces ri les ne sont que l'cho de la doctrine traditionnelle des Pres. Suivent, dans le mme recueil, les prires pour les funrailles des moines, p. 138, des prtres, p. 151, et, d'aprs certains euchologes antiques, des textes distincts pour les funrailles des hommes, p. 168, cl des femmes, p. 171. Les prires pour les funrailles des enfants apportent ici encore leur valeur dogmatique. Pour les enfants, nulle intercession demandant le pardon de taules dont ils sont incapables, mais l'expression d'une confiance filiale dans le bonheur concde imui diatemenl leur innocence Seigneur, qui danse sicle gardez les enfants et. dans le sicle futur, cause de la simplicit de leur me et de leur tat d'innocence, en remplissez le sein d'Abraham cl les laites habiter dans les lieux splendides O sjournent les esprits des justes, recevez, aussi dans la paix l'me de le votre serviteur, N... Car vous-mme l'avez dit royaume des cieux appartient de folles (mes). P. 178. On trouve mme, dans les liturgies orientales pour les dfunts, des formules qui rassemblent celles Dlivrez, de l'offertoire de nos messes de Requiem: Seigneur, les serviteurs de votre glise du jeu terrible. .. des tnbres denses, des grincements de dents et du ver qui punit toujours. Office in sabbato aniinurum. vigile de >e toute vidence, le contexte exige qu'on la Pentecte. interprte ces formules comme nous le faisons nous mmes des formules latines. Noir plus loin, col. 1300.
r
:

On
les

le voit dans les lit urgies orientales, la prire pour mort s prsente exactement les mmes caractres que
.

les prires

dans un Heu verdoyant et paisible et resnn corps au jour que vous aurez marqu.
t

mal

o/ tht

idies,

t.

r,

L'euehologe de

Goar contient

106, 275. lis prires pour lis


p.

funrailles d,s fidles dfunts, p. 123 138. On y retrouve

exprims
.

la liturgie

sentiments que nous avons rouv es dans messe ordinaire, au Mmento des morts. par exemple, une prire du dbut Prions le eur. O >ieu de tous esprits et de toute chair! qui. linquant la mort. avez, vaincu le dmon et donne au monde la vie. donnez. Seigneur, le repos a l'me de votre serviteur N.... dfunt, dans un lieu de lumire, dans un lieu agrable, clans un lieu de rafrachissement d'o sont exclus la douleur, le chagrin et les soupirs. Pardonnez-lui. Dieu clment, tout dlit, commis par lui, soit en parole, soit en uvre, soit en pense. Il n'est pas un seul homme qui vive sans pcher; vous seulmanifest exempt de faute; votre justice justice ternelle: vos paroles sont la vrit. Parce que vous tes la rsurrection et la vie et le repos serviteur, nous vous rendons gloire, Christ
les
t

de

la

des liturgies occidentales. Elles manifestent croyance relal iv enienl aux situai ions de l'au-del. On trouvera un bon expose, en raccourci, de .es prires des liturgies orientales dans Jugie, Theologia dogmatica christianorum orientalium, t. iv, p. 89-95. lis documents pigraL'pigraphie orientale. phiques qu'on a cits dans ce dictionnaire sur les n lations le l'glise militante et de l'glise sou lira nie sont presque tous emprunts aux catacombes romaines on aux monuments de l'glise latine. Voir Communion ius saints (Monum. de l'antiquit chrtienne), i. in, COl. 160. Il est donc utile de rappeler brivement que de tels documents existent encore dans les glises oriin laies et attestent, comme a Rome et en Afrique, la croyance a l'efficacit des suffrages en faveur des des dfunts. Il ne saurait tre question de dresser ici un rpertoire complet des pigraphes funraires de l'Orient, ni mme de reproduire en fac-simil celles que nousi il' nuis. I.e travail a t fait d'une faon abondante par dom Leclercq, dans le Dictionnaire d'archologie chrtienne et de liturgie. Quelques rappels suffiront ici pour le bul thologique que nous poursuivons. ,1 l'on vou se reporte! aux articles de dom Leclercq pour dia b)l retrouver les formules originales.

donc

la

mme

.'{.

1211

PUKGATOim;. LES LATINS


mme,
l'plgraphie funraire n'offre
:

WANT
n'est

SAINT AUGUSTIN

1212

Alexandrie

que rarement dis formules intressantes. En voici cependant deux assez suggestives Seigneur, Dieu de
nos pres, ayez piti de l'me de votre serviteur et faites-la reposer dans le sein de nos pres saints, Abraham, Isaac et Jacob, nourrie du bois de la vie. Le diacre Jean a t enterr au mois de phamenoth... G. Botti, Steli cristiane di epoca bizanlina esistenli nel

exempt de pch, lors mme que sa vie serait d'un seul jour sur la terre (cf. Job, xiv, 4-5), pour que je sois digne d'entendre cette parole bienheureuse Entre dans
:

la joie

de ton Seigneur Biondi, Inscriptions copies, dans Annales du serv. des antiquits de V Egypte, t. vm,
b, col. 2857. 1907, p. 179; Dict. d'archol., t. Voici, pour terminer cet aperu sur les inscriptions gyptiennes, un texte qui, pour tre du xn e sicle, n'en rellte pas moins la doctrine traditionnelle de l'Orient sur les suffrages pour les morts. C'est l'inscription du prtre Marianos, Assouan (1157). Dieu des esprits et de toute chair, vous qui avez ennobli la mort, foul aux pieds l'enfer et dispens la vie au monde, faites reposer l'me de votre serviteur Marianos, prtre, dans le sein d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, o il n'y a ni douleur, ni chagrin, ni soupir; tout acte (rprhensible) qu'il a commis par parole, en fait ou d'intention, oubliez-le, Seigneur, vous qui tes bon et misricordieux; pardonnez-lui puisqu'il n'y a pas d'homme qui puisse vivre sans pch; car vous seul, mon Dieu! tes la justice sans dfaillance; votre justice est ternelle, Seigneur, et votre parole, qui est la vrit, demeure ternellement vous tes la rsurrection et le repos... de votre serviteur Marianos, prtre. Nous rendrons gloire au Pre, au Fils, au Saint-Esprit... Muse du Caire, n. 8396; art. Egypte, dans Dict. d'archol., t. iv b, col. 2495-2496. On rapprochera le texte de cette stle de la prire du dbut des funrailles, cite par Goar dans son Euchologe, voir col. 1209. Proche de l'Egypte, l'Ethiopie fournit de multiples exemples d'inscriptions funraires o les vivants demandent Dieu d'accorder sa misricorde, un lieu de rafrachissement et de paix, la lumire et la gloire ceux qui ne sont plus. Souvent, la sainte Trinit est
;

dans Bessarione, 1900, p. 438, souvienne de la dormition et du repos de Makara, la trs douce; que le lecteur prie (pour elle). Ibid., p. 277, n. 14; Dict. d'arcliol., t. la,

museo
n.
-1.

di Alessandria,
le

Que

Seigneur

.se

col. 1157, 1159.

L'pigraphie copte fournit en revanche des spcimens

nombreux. En Basse-Egypte, on
:

cite l'inscription sui-

vante (ix sicle), de dialecte ml, mi-boharique et mi-sahidique Dieu qui avez fourni le repos de l'me de nos anctres, donnez aussi le repos l'me de votre serviteur Abraham, afin qu'il soit nourri dans les verts pturages, au bord des eaux du rafrachissement (cf. ps. xxii, 2), dans le paradis de la joie, lieu d'o ont fui la peine et la douleur (cf. Is., li, 11), dans la lumire de vos saints. Amen\ Bergmann, Inschri/tliche Denkmler, dans Recueil de travaux, 1886, t. vu, p. 195; Dict. d'archol., t. ni b, col. 2835. D'autres, assez nombreuses, demandent Dieu de faire misricorde au dfunt Moi, Jean, diacre, j'ai quitt ma mre veuve. Je suis venu dans la ville de Cos, j'y suis mort; on m'a souvenezemport, on m'a plac dans ce tombeau vous de moi, mes bien-aims, afin que Dieu me pardonne. E. Revillout, Les prires pour les morts, dans l'pigraphie gyptienne, dans Rev. gyplologique, t. iv, 1885, p. 2, n. 1. Jenez tous pour moi, afin que Dieu (fasse misricorde) mon me. Ibid., p. 3, n. 2. Dieu de nos seigneurs les aptres saints, vous ferez misricorde avec l'me du bienheureux pimaque, le maon, qui s'est repose le 11 du mois de pagni de cette anne, X e indiction. Ayez la charit de prier pour moi, vous tous qui me connaissez, afin que Dieu fasse misricorde ma malheureuse me. Amen! Fiat! JsusChrist. Ibid., p. 4, n. 4. C'est par dizaines que l'inscription " Dieu fasse misricorde se lit dans les documents pigraphiques publis jusqu' ce jour. Voir art. Dfunts, dans Dict. d'archol., t. iv a, col. 450; art. b, col. 2836, 2851-2883, passim. Copte, ibid., t. Un certain nombre d'pitaphes funraires invoquent, avec la protection de Dieu ou de la Trinit, celle de la Apa Jrmie, Vierge Marie, des anges et des saints apa Enoch, notre mre Sibylle, sainte Marie, tous les saints selon leurs noms, souvenez-vous de notre frre Georges. Teza, Iscrizioni cristiane d'Egitto, Pise, 1878, p. 5. Le Pre et le Fils et le Saint-Esprit; Sainte-Marie, l'archange Michel et Gabriel, apa Jrmie, apa Enoch, apa Panesneu, ama Sibylle, tous les saints qui ont fait la volont de Dieu, implorez le Seigneur pour l'me de notre dfunt frre Callinique, le notaire , afin qu'il lui fasse grande misricorde dans les lieux o il se trouve, comme (il fit) l'me du larron et de Lazare... Thompson, n. 84, dans J.-E. Quibel, Excavations at Saqqara (1907-1908), with sections bij
:
:

invoque; parfois, mais rarement, il est fait mention de la Vierge. Voir les textes art. Ethiopie, dans Dict.
d'archol.,
t. v a, col. 617-623. L'pigraphie Anlioche est pauvre. Elle fournit cependant quelques lments en faveur de l'existence des suffrages pour les dfunts. Dom Leclercq reproduit une inscription assez suggestive, publie par W.-K.

Prentice, Fragments of an early Christian liturgy in Syrian inscriptions, dans Transactions and proceedings of the American philological Association, t. xxxm, 1902, p. 96. C'est une prire au Christ Toi qui donnes la vie au genre humain et la mort en punition du pch, et qui dans ta bienveillance promets la rsurrection et nous en donnes un gage, Christ, daigne visiter par ton salut ton serviteur Antonin, fils de Diogne, Somtia, sa femme, et les autres qui reposent ici, afin qu'ils puissent voir le bien de tes lus. Dict. d'archol., 1. 1 b. col. 2418-2419. Il semble que cette inscription soit la mme que celle qui est rapporte, comme provenant des tombeaux de Hass. Voir ce motdansDiW.d'are/ieo/.
:

t.

vi b, col. 2066-2067. IV. La tradition latine.

La tradition occiden-

tale suit peu de chose prs le mme mouvement d'volution que lr tradition orientale. Sur le point des peines purificatrices d'outre-tombe, elle part de conceptions archaques analogues celles des Pres grecs; mais

sir Herbert

Thompson and prof. W. Spiegelberg, Le Caire, 1909; les inscriptions coptes publies par Thompb, son se trouvent, p. 27-77; Dict. d'archol., t.

2814-2846. Voici la fin d'une longue pitaphe mutile c'est le dfunt qui parle Moi, Victor, le malheureux, j'tais heureux et content au milieu de mes enfants, soudain survinrent les messagers de la mort (cf. Job, xx, 15). Ils se fermrent les entendant et les percevant , c'est--dire le nez qui est dfait et n'odore plus, la bouche qui s'est tue et ne parle plus pour toujours. J'ai dit Il et t bon pour moi de n'tre pas n (Matth., xxvi, 24). Priez donc pour moi afin que Dieu fasse misricorde mon me, car pas un homme
col.
; : :

assez rapidement elle aboutit, avec saint Augustin, des positions plus logiques. Quant aux suffrages pour les morts, tout comme l'Orient, l'Occident en proclame l'utilit sans hsitation. Nous tudierons donc d'abord l'enseignement relatif l'existence d'une peine positive, purificatrice des fautes, dans l'autre vie; ensuite la doctrine des suffrages pour les morts.
/. L' ENSEIGNEMENT DES PRES RELATIVEMENT A UNE PEINE POSITIVE, PURIFICATRICE DES FAUTES 1 Avant saint Augustin. dans l'autre VIE. Ces 1. La passion des saintes Perptue et Flicit.

saintes
7

subirent

le

martyre vraisemblablement

le

mars 203. Les Actes relatant leur passion datent du

1213

PU lu; AT Ol HE. LES


m
btes, eut

Il

\>

V AN T SAINT AUGUSTIN
moins
i

21k

Mille. On connat le curieux pisode rela dbut du tii au Jeune Dinocrate. Sainte Perptue, en prison el

dj

condamne aux

deux

visions. Elle vit

d'abord son Jeune frre Dinocrate, mort peu de temps auparavant, qui essayait de s'approcher d'une ton talne pour v tancher sa soif. M. us la margelle tait trop haute pour l'enfant. Elle compril qu'il tait dans un lieu de souffrances et elle pria pour lui sans arrt. ait suivante, Perptue revoit encore Dinocrate, mis tout brillant de lumire et tout Joyeux, la margelle de la piscine tait abaisse, et l'enfant pouvait Je m'veillai, boire. \ idi Dinocraten... re/rigerantem. eontinue-t-elle, et je compris qu'il tait sorti de peine trtinsliitiim esse de pana. L'expression refrigerantem fait naturellement songer aux expressions analogues
recueillies dans les inscriptions funraires et semble tre une allusion au purgatoire. C'est en ce sens que la gracieuse vision a t maintes fois interprte, l n cri-

Nous recon des :ii lies de la resiu icclion es! dis tincte de celle du purgatoire, m. us nous mous que cette dei niie soit absente, n est vrai qu'elle se teinte de nuiirna usine l'eitullien ailmrl ,1, u.i suit, et ions successives, et son purgatoire est prliminaire .1 la pn mu rt des deux rsui reliions; mais cette transposition du dogme ne doit pas taire prendre le change sur s.i pense qui, sur ce point, nous part) tout < fait catgorique. Les lus devront explei ins qu'aux moindres fautes, avant d'tre admis La premire rsurrection, et leur millenlum s'en trouvera plus ou moins .coin le. si mme il n'est pas, pour quelques-uns, totalement supprime. Qu'est ce que cette attente douloureuse, sinon un purgatoire? La thologie de Terlullten, l'a ris. 1905, p. 134.
tt, selon leurs mrites.
I

citent plus ou
liai ss, mis
>

1 1 1

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La iloi'l

me

Citons, en terminant, un brel commentaire de Cor., si l'me, auteur 50, o rcrtullioi laisse entendre q des uvres de la chair, purifie par le feu dont parle
l

demande s'il ne vau pas mieux voir, ilans le rcit de Perptue, des tr.ues de croyances populaires plus ou moins apparentes a des ides antiques. Cf. F. J. Dlger, Antike und Christentum, Lu. fasc. 1. AntikeparaUelen uun leidenden Dinocrates in der Passio Perptua, Munster en W., On trouvera du moins dans l'tude de Dlger, une diligente recenslon les opinions qui se sont produites. Tixeront et Mgr Chauvin n'hsitent pas raptique catholique contemporain se
lirait

l'Aptre, mrite le royaume de Dieu grce l'expiation des fautes qu'elle a commises unie au corps, le corps. qui n'a t que sou instrument ne saurait demeurer

dans
P.

la

1... t.

damnation, Advenus Mareionem, n. col. 529 B.


I

I.

Y.

c.

x.

porter au purgatoire le rcit concernant Dinocrate. Tixeront, Hist. des dogmes, 8 d., 1. 1. p. i.">7: G. Chauvin, Le purgatoire. coU. Science et religion, Paris. 1908, p. 29 'M.
l

ertullien.
les

mort,
la

Tertullien admet encore qu'aprs la Ames descendent aux enfers, pour v attendre

rsurrection. Cette conception est en rapport avilmillnaristes dont il se faisait le dfenseur et continue l'ide emprunte par la thologie grecque au des .luifs. Voir ci-dessus, col. 1 16 I. Mais, dans ces enfers les mes trouvent des peines et des rcomies ides
I

omme des arrhes de l'ternit. L'me n'est pas capable par elle-mme, indpendamment du corps, de douleur et de joie; elle peut dont- prom er les effets de la justice divine sans attendre d'tre runie au corps. Elle a eu ses actes propres a elle, dont elle doit rendre compte, et Us actes qu'elle a eus en commun avec le corps, elle en est la principale responsable puisque elle en appartient l'initiative. En dfinitive, les enfers, pour l'me, c'est cette prison dont parle l'vangile (Mat (h \ 25-26), dans laquelle il lui faudra payer jusqu' la dernire obole, c'est--dire racheter, par un retard de la rsurrection, mme ses moindres pches. -imuni quadrantem modicum queque deliclum mon rts.nr: Hic luendum interpretamur. De anima, c. LVin, /'. /... t. II, 1866, COl. 796 C. En termes a peu pris identiques, mi retrouve, avec la mme exgse de Mat th.. v. 26, l'allusion a la dernire obole a paver dans l'autre vie. De anima, c. xxxv ;De n surreclinne carnis, .. xi n. /'. ;... t. n, col. 753 C, 901 A. L'ide millnariste qui prside a celle conception est ime dans V Advenus Mareionem. Aprs les mille
-

elle

:>. sami Cyprien. .'ide millnariste n'a laiss' chez Cyprien aucune trace; mais chez lui comme chez 1er tullien nous trouvons du purgatoire la chose sans le mot. L'ide du purgatoire se prsente chez lui par voie de dduction et d'antithse. Dans l'cril Ad Fortunatum de exhortatione marlyrii, piaf., n. I, le mari vie est appel baptisma qimd ims de mundo recedentes statim Deocopulat. Ilartel. p. 319. 11 est donc naturel de conclure que ceux qui ne meurent pas mari v rs ne sol pas tous immdiatement runis Dieu. Que deviennent-ils en attendant'.' Saint Cyprien expose sa pense a ce sujet dans la Lettre Antonien, o il explique que dans l'autre inonde diffrents traitements sont rservs aux .'unes, qui cependant finiront toutes par entrer dans le Autre chose est attendre le parroyaume des deux don, autre chose, parvenir a la gloire; autre chose tre envoy en prison pour n'en sortir qu'aprs la dernire obole pave, autre chose recevoir immdiatement la rcompense de la foi et de la vertu; autre chose tre dbarrass et purifi de ses pchs par une longue souffrance dans le feu et autre chose avoir effac toutes ses fautes par le martyre; autre chose enfin tre suspendu au jour du jugement la sentence du Seigneur et autrechose tre immdiatement couronn par lui. Epist.,
:

ce feu d'oui

lv, n. 20, Martel. p. 638. Cette souffrance purificatrice, retombe, ne peuv eni et re que le purgatoire.

Sans parvenir a la nettet d'expression qu'on Irouvera dans les ucs suivants, Cyprien est dj en progrs sur
Tertullien. ci. A. d Aies.
l'ai Ls,

La thologie

de saint Cyprien,

I. au tmoignage de Lactance en laveur de la peine du feu purificateur dans l'autre vie. ci. Atzberger, Gescluchte

1922, p. 35, noie L Quelques auteurs en appellent Lactance.

ihr christlichen Eschatologie innerhalb der vornicnischen y.eit. p. 605; Fr. Schmid, M/s Fegfeuer, Brixen, 905, p, ko. Mais Lactance est un cho de l'eschatologie archaque des premiers temps, o oui ce qui concerne le
l I

::;e

du Christ,

les

saints ressusciteront.

plus

lot
s

ou /</i/s tardivement selon leurs mrites..., et nous transportes dans le royaume cleste. L. III.
/...
t.

sort des dfunts est projet sur l'unique perspecl Ivedu jugement Dnal; c'est ainsi que les justes eux-mmes

385 A. itique de ces textes en faveur du purgatoire t dis* ute. J.-A. M a son a soutenu que le lima. c. lviii, ne contenait pas d'allusion au purre il ne serait question, dans ce passage, que de tourments pour les futurs damns, de joies pour les futurs lus, et si es derniers souffrent c'est de n'avoir point part la premire rsurrection. Cf. Journal oj
\iv, P.
:

ii.

col.

seront prouvs par le feu, Insliluliones,\. VII, c. xxi, /'. /... t. vi, col. 802 A. Mais cette preuve n'aura pas les mes sont enfer lieu immdiatement aprs la mort
:

.t

que vienne le jugement. Ces mes que le feu du jugement aura pargnes ou purifies recommencent sur terre une nouvelle vie. ibid., col. n tel enseignement, tout Imprgn de mtllna803 A.
nies en attendant
l

risme et venant aprs celui de saint Cyprien. ne saurait tre retenu comme marquant une tape de la tradition,
L'inllin 5. Saint Hilaire et '/.innn de Yi'rutie. d'Origne se fait sentir assez peu sur ces deux ailleurs. Voici comment dans leurs concept ionseschatologiques, peut s'encadrer l'ide d'un purgatoire. Poureux, imm.

taological ttudies,
nait

t. ni, 1902, p. 598-801. A. d Aies en ces observations une part de vrit, car: lus comme Iles des *""*, trouvent un
<

enfers les arrhes

i.-

leur temiti

de plus,

les lus

ressus-

121!

PURGATOIRE. LES LATINS A VA NT


la

SA] \T A

UGUSTIN

1216

diatement aprs

mort,

les

mes descendent toutes

aux

un jugemenl pralable. Les justes VOnl se reposer dans le sein d'Abraham, tandis que les coupables sont chtis par
enfers, aprs avoir t soumises

In ps. CXXXVIII, n. 22: U, n. 22; cxx, n. 16; F//,n. 5,7; //, n. 18, P.L., t. ix, col. 804 A, 322 B. 673 li. 660 BC, 372 A t-t 37.1 A, 290B; Zenon, Tract. ,1. I, c. jcvi, n. 2:1. II, c. xxi, n. 3, P. L., t. xi, col. 372 A, 161 Ali. Nous avons ici comme un cho de l'hypothse des Grecs, d'une dilation de la rcompense et du chtiment jusqu' la lin du monde. Quand viendra la fin du inonde, tous les morts ressus[es citeront. Tous les hommes ne seront pas jugs justes non plus que les infidles et les impies manifestes n'ont pas besoin de jugement ils sont jugs pour ainsi dire d'avance et ont dj t traits selon leurs mrites.
le l'eu. Cf.

Ililaire.

cxxu,

n. 11:

celles des pat riarches, des prophtes, des aptres, des martyrs des deux Testaments et mme de quelques autres personnages du Nouveau. A la fin du monde, les morts ressusciteront. Saint Ambroise distingue deux et mme quatre ou cinq rsurrections, la premire marquant pour L'me la reprise relle du corps, les autres, mtaphoriques, dsignant l'entre des lus au ciel ou leurs diverses purifications

unies sont

avant d'entrer dfinitivement au ciel. La premire rsurreel ion est suivie du jugement. Si, en ralit, tous les hommes doivent tre juf>s, Ambroise cependant,
se

conformant au langage de son temps, enseigne que


impies (entendons par impies,
les

ni les justes ni les

infidles et les apostats) ne seront jugs, les premiers

Seuls les pcheurs ordinaires, c'est--dire les chrtiens

ayant mal vcu, seront jugs. Hilaire, In


18
(cf. n.

ps. i, n. 15-

1-3); LVII, n. 7, P. L.,

t.

ix, col.

259-261

(cl.

373 A; Zenon, Tract., 1. II, c. xxi, n. 1-3; P. L., t. xi, col. 461. Les pcheurs impnitents seront alors cruellement tourments en enfer. Hilaire, In Matth., c. v, n. 12; In ps. LIT, n. 14, t. ix, col. 948 C, 354 C; Zenon, Tract., 1. II, c. xxi, n. 3, t. xi, col. 401 B. Tout laisse donc supposer qu'une catgorie de pcheurs sera purifie par le jugement. C'est l'interprtation de Schwane, Hist. des dogmes, trad. fr., t. ni, Paris, 1903, p. 256. Et le thologien allemand appuie son interprtation sur le texte In ps. CXvm, litt. 3, n. 5, P.L., t. ix, col. 519 A. Il semble qu'ici Hilaire connaisse, outre le baptme d'eau, quatre autres baptmes la venue du Saint-Esprit (vraisemblablement la confirmation), la purification par le feu du jugemenl (emuncol. 250-252),
:

datio puritatis...

qu

judicii

igni

nos decoquat), la
et
ici

mort qui nous dlivrera de notre corps grossier matriel, enfin le martyre. Le feu du jugement,

chez Origne, est dj, en tant qu'il purifie les pcheurs, une forme archaque de la croyance au purgatoire. On pourrait invoquer aussi, du mme commentaire, le n. 12, col. 522 C, o Hilaire rappelle que le jugement ne saurait tre dsirable pour personne, car personne n'est absolument pur devant Dieu, et la moindre parole inutile devra tre expie dans le feu qui s'imposera nous. L'influence d'Origne sera plus sensible dans les conceptions de saint Ambroise, de l'Ambrosiaster et de saint Jrme; mais la doctrine du purgatoire s'y manifestera dj plus clairement. L'autorit de saint Ambroise 6. Saint Ambroise. est dj plus nette. Sans doute sa doctrine des peines purificatrices d'outre-tombe est encore imprgne d'ides empruntes la thologie juive et Origne. mais il est dj possible d'y retrouver les grandes lignes du

comme

n'ayant pas besoin du jugement, les autres tant dj donc seront examins les pcheurs, c'est-dire les chrtiens dont les uvres n'ont pas correspondu la foi. In ps. i, n. 51, 54, 56, P. L., t. xiv. col. 995. Ce jugement comporte ou entrane immdiatement l'preuve du feu Un feu est devant les ressuscites, que tous absolument doivent traverser. C'est le baptme de feu annonc par Jean-Baptiste, in Spirilu sancto et ign (Matth., m, 11); c'est le glaive ardent du chrubin qui garde le paradis et au travers duquel il faut passer omnes ign examinabuntiir; omnes oportet per ignem probari quicumque ad paradisam redire desideranl. Omnes Ambroise n'excepte pas Jsus-Christ lui-mme ni ses aptres; les saints qui ds maintenant sont entrs au ciel n'y sont entrs qu' travers le feu du jugement. In ps. CXVIII, serm. m, n. 14-16; serm. xx, n. 12-14; in ps. XXXVI, n. 20, P. L.. t. xv, col. 1292-1293, 1564 t. xiv, col. 1026-1027. Seulement l'effet de ce feu sur ceux qui le traversent est fort diffrent suivant la condition morale o ils se trouvent; si diffrent que notre auteur, en un passage, distingue deux sortes de feu. proprement purificateur pour les fautes lgres, l'autre vengeur pour les fautes plus lourdes et qui se confond avec le feu prpar au diable et ses anges. In ps. cxvin, serm. ni, n. 15-17, P. L., t. xv, col. 1293. Cette distinction cependant n'est pas partout maintenue; cf. In ps. XXXVI, n. 26, t. xiv, col. 1026 C, et l'on peut croire que le mme feu, dans ses hauteurs, purifie les justes et, dans ses profondeurs, torture les mchants. Quoi qu'il en soit, tous, avonsnous dit, traversent le feu du jugement. Les impies et les apostats, sacrilegi </ui superbi in Deum jactavere convicia, en sont saisis comme par un feu vengeur qui les retient alii in ign remanebunt... ministros aulem impietalis ultor ignis exuret: ils sont prcipits dans le lac de feu brlant. In ps. XXXVI, n. 26, t. xiv. col. 1026 C.
jugs. Seuls
: :
: : :

livre d'Esdras, saint Ambroise place les mes, au sortir de leurs corps, dans des habitacles, des promptuaria suprieurs, o elles attendent la fin des temps. Mais dj un jugement s'est exerc alias manet sur elles, et leur sort n'est pas identique peena, alias manet gloria; et lamen nec Mec intrim sine injuria, nec istse sine fruclu sunt. Il y a donc dj un commencement de rcompense et de punition, les justes jouissant par avance du bonheur qui leur est rserv, les mchants souffrant de la colre de Dieu qu'ils savent devoir encourir, De bono mortis, n. 45-48; cf. De Can et Abel, 1. II, n. 35-37, P. L., 1866, t. xiv, col. 588-589, 377. Cette situation nanmoins ne sera pas commune toutes les mes sans exception, car il en est qui dj sont au paradis et unies au Christ, cf. In ps. CXVIII, serm. xx. n. 12; In Lucam,\. VII, n. 5; 1. X, n. 12; De excessu fratris, 1. II, n. 94; De flde, 1. IV, n. 8; Epist.. xv, n. 4, 8, t. xv, col. 1564 B, 1787 BC, 1899 BC; t. xvi, col. 1400 C, 644 AB, 997 A, 998 A. Ces
:

dogme chrtien. Appuy sur le IV e

justes parfaits, au contraire, ce feu parat comme argent pur, ils ne conles rafrachit tiennent pas de plomb sparer tels ont t les aptres Joanni (evangelisl) cilo versabilur igneus gla-

Aux

une rose qui


:

dius; quia non invenilur in eo iniquitas quem dilexil quitas. In ps. CXVIII, serm. xx, n. 12, 13, t. xv. col. 1564; cf. In ps., XXXVI, n. 26. t. xiv, col. 1027 A. Quant aux chrtiens ordinaires, ou bien leurs bonnes uvres l'emportent sur leurs fautes et leur souffrance du feu de l'preuve, proportionne ces fautes, sera relativement de peu de dure (Dieu a eu soin de les chtier d'avance) et leur dlivrance sera prompte absolutio enim matura sanctorum est... prieslo est venia.
:

Epist., H, n. 16, n. 22 sq. et ce sont xv. col. 1568; t. xvi, col. 921 D; ou bien les plus nombreux (cf. In ps.xi, n. 7, t. xiv, col. 1122 C) leurs fautes l'emporteront sur leurs bonnes uvres, et ils partageront, pour un temps du moins, le sort des impies et des apostats ils seront brls du mme feu et purs comme un vil plomb qui ne contient que peu d'argent. 7/i ps. cxrin. serm. xx, n. 13; serm., m, n. 15, t. xv, col. 1564 BC. 1293 A. En quoi consisteront proprement leurs tourments?

In ps. CXVIII. serm. xx,

t.

i:i
Ils

PURGATOIRE, LES LATINS


consisteront
tout d'abord dans l'exclusion du Christ, dans l'lolgnement de Dieu
\
I.
\

SAINT
s.i

t;

STI N

1218
per Domtni

possession de

flicite: Absolutus igilur

royaume de Jsus
et des lus. In ps.
fratris,

\i v, n.

17;
t.

De Nabuthe,
xiv, col.
1 1

n.

16,18;

II. n.

il.

15 B,

771; t. xvi, col. 1375. Mais ils comporteront aussi des peines positives. Dans son commentaire sur saint Luc, 205. t. xiv. col. 1844 VB, saint Ambroise, |. VII, n. 204, a l.i suite d'Origne, a expliqu mtaphoriquement le les tnbres ext feu, les vers. les grincements de dents, heures des remords, du dsespoir, des obscurits iuterieures des damns. i>n ne saurait mconnatre cependant qu'ailleurs il a reprsent l'enfer comme an lac de
feu, et la peine des

crucem... consolationem in ipaa possessione (terra tua) reperles: consolationem sequitur deleetatto, delectalionem divina mtseratio. Quem autem Domlnus miseretur tl vo cat; qui vocatur videl voeantem; qm Deum vtderlt in jus
divins: generationis assumitur, tuneque demain quasi Dei fllius, calestis regni dioitits delectalur. llle igitur inetpit, hiereplelur. In Lucam, l. V, n. 61, t. xv, col, 1738 BC Non seulement les li\ pot hses sur la liai lire des peines

purificatrices de l'autre vie sont touches par Ain broise, m. us encore la conception d'une ascension pro

damns comme
/'<

le

tourment du
.">'J:

feu.
I.

In ps.
n.

xxxri,
t.

n.

26;

Xabuthe,
.

n.

/><

//<.

II.

gresslve vers la batitude, dont Catherine de Gnes parlera plus tard avec tant d'amour, se retrouve dj dans les crits de l'vque de Milan.
7. L'Ambrosiaster. La doctrine de V Ambrosiastei sur la purification d'outre tombe a beaucoup de points de similitude avec celle de saint Ambroise.

Il",

783 A.; t. xvi, col. 608 B xiv, col. 1026 i use mit ci point, in.iiHiii.ut sans doute de consis
elle (st

lance.
sur la dure (Unions et les impies, les infidles et les apostats, cette dure sera ternelle. seront p.is anantis, leur chtiment n'aura pas de tin. In ps. ;. n. 17 sq.; I>> bono morlis, a. Il: lu i>s. serm. xxi, Il, senn. m. n. 17: serin., vin, n. 58;

Mais o
.

trs consistante, c'est

ctive de ces peines.

Pour

les

ter

De
t.
('.:

fide,

I.

11. c.
.

in':
(.

De pwnitenlia,

xi\. col. 990 Bl


t.
il

526 D;

xm.

col. i'"* B.

I. n. 22; I. xv, col. 1293 D, 1388 BC, IW IU'.. Pour les simples
:

la justice leur gard en \.i autrement ils sont loin du salut, niais ils est mle le misricorde Leur loi les n'en sont pas compltement spares irra et leur obtiendra leur pardon, bien qu'il y ait Ils seront sauves par de l'injustice dans leurs uvres. leur foi, sic tamen salvi quasi per ignem. Et c'est pour qu>u ils seront brls, niais non consums (si non exurimur, tamen uremur). Omnes enim qui sacrosanclse <pulati. dii'ini nominis appellalione censentur qatiram resurrectioms et delectationis xternse qrutiam consequentur. In ps. CXYlll, serin, xx. n. 23, 24, nn. xxn. n. 'iil: In ps. A.\.\r/. n 26; De excessu fraitris.l. II. n. 1 16, t. x\. col. 1568, 1569, 1598 C;t. xrv, t. xm. col.l 108 BC. Les peines des pcheurs condamns seront donc seulement temporaires; elles nt une tin. Ambroise en marque-t-il la dure? Oui, d'une manire gnrale; il crit: Quiautemnon veniunt ad primam resurrectionem, sed ad secundam reservantur, isti urentur donec impleant (empora inter primam et secundam resurrectionem. <iut si non impleverint, iliutius in su[>plicio permanebunt. In ps. i. n. 5 I. /'. /... t. xrv,

pcheurs,

Hllaireel saint Ambroise, VAmbrosiasen trois catgories les saints et les justes, qui ont mis d'accord buis uvres et leur foi les pcheurs, c'est a dire les Chrtiens, qui. noiiobs tant leur foi. ont mal vcu, et enfin les impies, apostats Infidles, athes. Tous ressusciteront, mais seuls les pcheurs seront jugs, le cas des autres tanl manifeste, Les pcheurs seront condamns au feu, mais seulement pour un temps. IN en sortiront, solulo dbita. A la dif lerence des impies que le feu tournieiil era ternelle ment, les pcheurs seront purifis par le feu, et la rai son en esi qu'il doit leur tre utile d'avoir cru au Christ. Cette doctrine est exprime dans le commenCor., m, 13-15. taire sur

Comme saint
partage
les

hommes

'niuscu jusque opUS qu.de sil. i^nis probabit... Si CUJUS opus arserit, detrimentum patietur. Opus, quod arderedicitur. ni ila doctrine est, qiue Interibit... Damnum autem pati, est pnas perpeti. Quis enim in pna positus, jacturam non facit? Ipse autem salvus cri t, sic tamen quasi per ignem... Ideo autem dixit sic tamen quasi per ignem, ut salus tisec non sine pna sil; quia non dixil salvus eril per ignem; sed fiini dicil sic tamen quasi per ignem, ostendit salvum illum quidem [uturum, sed pnas innis passurum; ut per ignem purgutus liai salvus. et non sicul perfidi tmoigne
l
:
;

in

perpetuum torqueatur;

u1

ex aliqua parte opene pretlum

sii.

epist.

credidisse in Christum. /'. /... t. wn. col. 211; cf. In d liiin.. e. V, 11; fn epist. // ad Jim.. C. II, 20. /'./.., t. \\i, col. 99 C, 518 I).

Avec l'erreur misricordieuse du salut de tous les chrtiens, c'est encore la forme archaque du feu du jugement, inspire de I Cor., m, 11-15, qui domine la
pense de VAmbrosiaster. On se ramperait donc l rau gement, en jouant pour ainsi dire sur l'expression purifis par le feu si l'on voulait trouver ici mot pour mot la formule des thologiens lai ins aprs saint Grgoire le Grand du feu du purgatoire Si farouche adversaire qu'ail t8. Saint Jrme. saint Jrme l'gard d'Origne (qu'il avait cepen dant tant admir avant 394), 11 n'en esl pas moins vrai que Jrme continue, comme Ambroise cl VAmbro \ia\ler. a penser que tous les chrtiens, si pcheurs qu'Us soient, seront linalcment sauvs. Et c'est la proprement une conception origniste. C'est la conclusion de son commentaire sur Isafe, lxvi, 24. Si le dmon et les impies, les apostats et les athes doivent souffrir ternellement, les pcheurs chrtiens seront purifis, el leur sentence au jugemenl sera mle de misricorde Et siail diaboli et omnium negalorum aiquc impiorum qui dixerunt in corde suo : Non est Dais, credimus aternatormenta; sic peccatorum et tamen diris tianorum, quorum opra in ign probanda sunt algue purganda, moderatam arbllramur et mtxtam clementia tententiam judicis. /'. /... 1866, t. xxrv, col. 704 B. Plus nettement encore, dans Epist., exix, n. 7 (vers 406 ): Qui enim Iota mente m Christo confiait, etiamsi ni homo lapsus mortuus fucril in peccato, fide sua vtvli in perpetuum. Alloqui mors ista communis et credentibus ci non
1
. :

eschatologique, dont nous empruntons le rsume J. Tixeront, Hist. des dogmes, t. ii. p. 345-348, contient, a ct d'hsitations et mme d'erreurs hrites d'Origne, tout le dogme du purga toire et mme un commencement d'explication thologique. Sans doute il > a erreur a vouloir sauver tous

seignement

royants, a cause mme de leur foi (saint Jrme a adopt cette erreur); mais cette longue purification (Ls pcheurs avant leur entre dfinitive le paradis, voila bien le purgatoire. Il n'\ manque que le mot. La seconde rsurrection, avons-nous dit, mtaphorique et dsignerait l'accession des
lui-miii.I

flicit ternelle. C'est ce que laisse entendre mmentaire In Lucam, I. V, n. 61, /'. /... t. xv. \( La peine des pcheurs durerait donc au moins jusque-l. Au moins, disons-nous sinon impie du tu s in supplicio permanebunt. En sorte que,
i

..

',.

pour certains,
;

la

moments
I.

divers. Cf. In ps.


t.

rsurrection compterait / i. n. 5(
:

quatre on
ccessu fra-

xiv, col. 995-996; t. xvi, col.l 108 BC. La dlivrance du corps constitue un premier royaume de l>ieu: tre avec le Llirist aprs la rsurrection en itue un second, et mme dans ce second roj auiiie. aura un processus mansionum parce que l'lu n'aril >
II, n. 116,
'

.i

que progressivement

et

uraduellement

la

pleine

D1CT.

DE 1HOL.

CAIIIOI..

T.

XIII

39.

1219
credentibus debelur quuliter;

l'UKGATOIHK. SAINT AUGUSTIN


et

1220

omnes pariter resur-

recturi sunt, alii in confusionem ternam, alii, ex eo quod credunt, in sempiternam vitam. P. L., t. xxu,

973; cf. Episl., xxxix, n. 3; In Dunielem, vu, 9; In Lucam, xvi, t. xxu, col. 469; t. xxv, col. 550 BC; t. xxix, col. 673 I). 9. Saint Paulin de Noie et Prudence. Peut-tre serait-il possible de trouver chez ces deux auteurs quelques allusions la peine purificatrice du feu dans le jugement futur. Le premier, en effet, exhorte les fidles prier Dieu, afin que leurs uvres ne soient pas semblables au bois, au foin, la paille, mais plutt a l'argent, l'or, aux pierres prcieuses. 11 parle de ce feu savant (ignis ille sapiens) par lequel nous passerons pour tre examins; il importe de n'en tre pas envelopp pour subir la punition de sa brlure. Epist., xxvm, n. 1, 2, P. L., t. lxi, col. 309 BC;cf. xxxvi,n. 2, col. 351 D. Mme pense dans un pome, vu, ibi<L, col. 449 U
col.

Toute l'enqute qui prcde part d'exagration contenue dans l'affirmation tle Hofmann, selon qui saint Augustin aurait t le premier l're formuler d'une manire prcise la doctrine du purgatoire, simplement insinue chez les Pres antrieurs. Voir plus loin, col. 1221. L'expos qui va suivre en montrera la part de vrit. On y verra aussi ce qu'il y a de tendancieux dans l'assertion de J. Turmel, selon qui Augustin n'affirmerait pas le purgatoire et fui simplement, la fin de sa vie, sur le point de l'accorder. Eschatologie la fin du IV e sicle, dans Reo. d'hist.et de lilt.relig., 1900 (tir part, p. 59 61), 1. Prcisions apportes par saint Augustin sur l'tui des mes aprs la mort. Le premier bienfait apport par la thologie augustinienne fut de ragir sensiblement contre la thorie si rpandue dans les premiers sicles d'une priode d'attente pour les mes avant
2 Saint Augustin.
la

montre

Opus per omne curret ignis arbiter, Quod non crenwrit llamma, sed pro!>averit,
Illud perenni praemio pensabitur. gesserit, Sed ipse salvus evolabit ignibus Tamen subusti corporis signis miser Vitam tenebit...

Quod concremanda

damnum

feret,

dans le bonheur ou dans le malheur ternels. Sans doute, mme avant Saint Augustin, on pourrait trouver, aussi bien chez les Grecs (voir ici Jugement, t. vin, col. 1786-1787), que chez les Latins (col. 1796, et ci-dessus, col. 1215 au bas), des textes montrant que les mes sont en possession du bonheur ou du malheur
l'entre

a, lui aussi, des vers o il chante peine lgre qui doit le brler misricordieusement. Hamarligcnia, v. 966, P. L., t. Lix.col. 1078 B. Paulin de Noie admettait, lui aussi, que le pcheur croyant serait sauv en raison de sa foi. Cf. Poema, vu, P. L., t. lxi, col. 450 A. Conclusion. De cette premire partie de notre enqute chez les Pres latins, nous conclurons que, malgr les obscurits de pense et les hsitations d'expression, la foi en des peines purificatrices dans l'audel est dj trs nettement formule par les Pres.

Le pote Prudence

ternels aussitt aprs le jugement particulier. Nanmoins il reste encore un certain flottement dans la pense de beaucoup de Pres concernant le sjour des mes et la plnitude de la rcompense des lus ou de

la

punition des damns. Tout en demeurant encore bonne distance de nos prcisions actuelles, la thologie
la

d'Augustin apporte sur ce sujet difficile des lumires qui orientent la pense chrtienne vers les solutions dfinitives. Pour saint Augustin, aussitt aprs la mort, le sort ternel est fix, et les mes criminelles sont enfermes dans un lieu de tourments, et les mes les justes dans un sjour de repos et de bonheur
:

Sans doute c'est une croyance rpandue communment au ive sicle que tous les chrtiens, si pcheurs qu'ils soient, seront tt ou tard, en raison de leur foi, runis Dieu. Affirmer que cette foi est, en toute hypothse, la
formata, comme l'insinue le P. de Groot, Conspectus historix dogmatum, 1. 1, Rome, 1931, p. 498, c'est proposer une exgse quelque peu facile. Ce serait trop beau et les textes ne fournissent aucune base
fides caritate

cette interprtation.

Aussi bien la croyance misricordieuse des Pres semblait solidement appuye par I Cor., ni, 15; et c'est pourquoi ce texte de saint Paul revient sans cesse la base de toutes les affirmations sur le sort futur des mes. C'est dans la foi chrtienne qu'on plaait la vertu, capable d'oprer le salut de tous ceux qui la professaient. Par cette foi, le chrtien est fond sur Jsus-

que soient les uvres inutiles ou mauvaises difies sur ce fondement, si te feu doit dvorer les uvres, le fondement tant solide, le chrtien lui-mme sera pargn. Un instant de rflexion suffit nous convaincre que ce feu purificateur du jugement contient implicitement ou mieux constitue sous sa forme premire le dogme du purgatoire, aussi bien chez les Latins que chez les Grecs. Sans doute les Latins, jusqu' la fin du iv e sicle, exagrent cette doctrine puisqu'ils regardent
Christ, et, quelles

souffrent dj du feu infernal, et les lus jouissent de la vision de Dieu. Il ne s'agit pas de restreindre cette vision aux seuls martyrs; si Augustin parle spcialement des martyrs, c'est qu' eux principalement il appartient de rgner avec Jsus-Christ. Mais les autres saints sont dans la mme paix qu'eux. Paradis et sein d' Abraham ne sont qu'une faon de parler pour dsigner une des nombreuses demeures du ciel. Sur tous ces points, voir Augustin (Saint), t. i, col. 2444-2447. L o la thologie d'Augustin est encore en hsitation, c'est sur la question de l'apport ralis la rsurrection, par le fait de la reprise du corps par l'me au bonheur ou au malheur ternels. A la rsurrection supplices et rcompenses des mes recevront, d'aprs Augustin, un complment bien plus substantiel que la thologie ne l'enseignera plui tard, et c'est l, croyonsnous, la diffrence essentielle entre sa thorie et l'enseignement commun. Col. 2117. Il n'en reste pas moins vrai que la perspective d'un jugement purificateur aprs la rsurrection gnrale se trouve nettement brise. C'est aprs le jugement par>

damns

conviendra dsormais de chercher l'purificatrices. Mais encore faudra-t-il dissiper les quivoques fondes sur l'interprtation de I Cor., m, 15. Ce sera le deuxime service rendu la thologie du purgatoire par l'vque d'Hippone.
ticulier qu'il

poque des peines

susceptibles d'tre purifis tous les chrtiens pcheurs sans exception. Sans doute aussi l'expression de la doctrine du purgatoire est encore entoure de bien des hsitations hrites des conceptions plus ou moins archaques touchant l'tat des mes dans l'autre vie. Il faudra donc, pour que la ligne traditionnelle de la doctrine du purgatoire s'affirme plus ferme et plus nette que le gnie de saint Augustin vienne, sur ce point, comme sur tant d'autres, imposer la direction de sa lumineuse thologie.

comme

misricordieuse de I Cor., ///, 2. L'interprtation Nous avons en11-15, rejete par saint Augustin. tendu les partisans du salut de tous les chrtiens invo quer I Cor., ni, 11-15, en faveur de leur opinion; pour tre sauv, il suffit de demeurer dans l'unit catho-

lique, car ainsi l'on conserve le Christ comme fondement.

Augustin connat cette opinion. De civ. Dei, 1. XXI. C. xxi. xxvi, P.L. t. xli, col. 734, 743. D'autres, ajouh' Augustin, considrent que la foi seule procure le salut. quelles que soient les uvres. Ibid., 1. XXI, c. xxvi,
,

n. 1, col.

743;
la

De

Sans doute

fide et operibus, n. 24, t. XL, col. 213. sentence du jugement dernier concerne

1221
In oeuvres; mais
le

PURGAT01
feu
les chrtiens,

RE.

SAINT AUGUSTIN
Ainsi donc, aprs
la

1222
mort, L'Ame coupable devra

ternel qu'elle comporte ne De luit- et operibus, n. 25, \ cette argumentation des misricordieux, col. -'m ust iti rplique que le Christ lui-mme .i voulu dis \ ont i- quivoque; n'a t il pas ajout, en pariant des mchant *. coupables d'u\ res mau> aises .<< ibunt

concerne pas

subir, selon la nature de sa culpabilit, l'une ou l'antre

combustionem irternam? Matth.,xxv, (6. Donc il faut conclure que leur combusl ion sera temelle comme

Mi

le feu, eril

erge teltma combustio, sicul ignis.

De fl.de ei

optribus.

loc. cit.

D'autres arguments montrent bien l'insuffisance <! ,, m. 11-15, pour prouver la thse misricordieuse. D'autres textes, en nombre impressionnant, Indiquent clairement la ncessit des uvres pour le salut Insulc de la foi sans U-s uvres, proclame par saint Jacques, n, 14; ncessit d'une conscience pure pour inutiPet., m, 21 que le baptme produise le salut, Cor.,xiu, 2 3; lit de la foi en l'absence de la charit, exclusion des criminels de toute espce lu royaume de Cor., m, . 10: G;.l.. v. 19-21; enfin ncessite. proclame par Jsus Christ lui-mme d'observer U-s commandements. Matth., xix, 17. D'ailleurs, dans la entence du jugement dernier, Jsus Christ ne reproche tus damns de n'avoir pas cru en lui, mais de n'avoir pas accompli les bonnes uvres. En consquence, m, 15, ne doit pas tre interprt dans te sens que lui donnent les misricordieux. De fide et operibus, n. 26, col. 21 l. Ailleurs saint Augustin fait observer que ce feu doit prouver tous les hommes sans distinction, bons et mchants: les parfaits eux-mmes doivent le traverser pour parvenir au salut. Il n'est donc pas possihle de l'identifier avec le feu de l'enfer. Enchir., c. ucvin, t. xi., col. 264; cf. De eiv. Dei., 1. XXI, c xxvi, n. 3, t. xli. col. 711.
:

sera donc ce feu? C'est ici que commence la parconstruit ive de la doctrine de saint Augustin. Pour l'exposer objectivement, il faut sparer nettement ce qui est prsent comme certain, ce qui est prsent comme possible ou vraisemblable. 3. L'existence de peines purificatrices dans l'autre vie

Que

tie

est,

pour Augustin, une


salut

vrit

Dans
du
la

ses diffrentes explications sur le feu,


I

absolument certaine. instrument

peine rel ignem purgalionis, vei patnean etternam, J>c Genesi contra Mon., c xx, n, 30, P. L., t. xxxrv, col. 212. Aussi Augustin demande t-il a Mien pour luimme de le purifier en cette vie. pour n'avoir pas souffrir aprs la mort le feu purificateur, emendatorio ign. In />.<.. i \ \\n. n. :t. P. L., t. xxxvi, col. 397. (est toujours d'ailleurs Cor., m. 13-15, qui inspire ainsi sa pense et lui lait distinguer du feu des damiies le feu qui sert d'expiation pour les justes, emciuliibit cas qui per ignem salvi erunt. /</.. ibid. I. La nature du feu purificateur est encore, pour Augustin, incertaine. Jusqu'ici, il esl bien acquis, contre Us misricordieux, que le texte de saint Paul, quasi per ignem, ne saurait concerner que les fautes plus ou moins lgres, (.'est sans conteste, d'un feu purificateur qu'il est ici question. Mais de q u lie nature est ce feu? Saint Augustin reste hsitant sur la rponse exacte a donner. Ordinairement, il s'attache au sens mtaphorique Feu les preuves et des chtiments de cette \ie? De i'\ / ),i. I. XXI, C XXVI, /'. /.., I. xi.i. col. 743; De fide et oper., n. 27. t. xi col. 216. C'est ainsi que, par rapport aux objets sj mboliss par le bois une douleur purifiante, qui la paille, le foin, ce feu est rsulte ncessairement de la perte (de ces) objets, non pas certes prfrs Jsus-Christ, mais tout de mme aims avec excs . A. I.ehaul, L'ternit des peines de l'enfer dans saint Augustin, Paris, L912, p. 69. Esl ce la mort avec ses douleurs et ses sparations invi tables? De cii>. Dei. I. XXI. c. xxvi, n. I, t. xi.i. col. 745; Enchir., c. i.xviu, P. L., t. XL, col. 264. Ainsi, le feu, ce n'est plus la souffrance cause par la perte de biens temporels, mais celle perle elle-mme qui effectivement laisse intacts les difices d'or, d'argent, de pierres prcieuses, c'est--dire les trsors de penses divines, tandis qu'elle dtruit les difices de bois. de foin, de paille, c'est--dire les affections purement terrestres, mais exemptes d'un caractre criminel qui arracherait l'me du fondement qu'est le Christ i,
:

<

Lehaut, ibid. Mais la pense d'Augustin sur ce point n'est ni ferme


Dei.. 1. XXI, c. XXVI, n. 2, P. L., 744. Aussi peut-tre existe-t-il, entre la mort et le jugement, un feu rel qu'on peut concevoir la manire du feu de l'enfer. De cin. Dei., loc. cit., n. A,
cii>.
t.

saint

Cor., m, 13-15, annonc par saint Paul. Augustin considre toujours que le bois, le foin, paille, symbolisent des attachements coupables, doute, mais non cependant au point de faire pas-

dfinitive possibles. De
ni
xi.i,

d'autres interprtations lui paraissent

col.

ser .lsus-Christ aprs les biens terrestres. De fide et operibus. a. 27. 28, t. xi., col. 21"), 216; Enchir.. (vin, col. 264; De eiv. Dei, 1. XXI. c. xxv, n. 2, t. m.i. col. 744. Il y a donc des fidles qui. tout en gardant l'essentiel des prceptes de Jsus-Christ, sont

trop attachs aux plaisirs des sens et aux affections permises. /</.. ibid.; Enchir., c. i.xvm, col. 264. Ce sont de tels chrtiens qui ont besoin de misricorde, et ils n'en sont pas indignes. De <ir. Dei., I. XXI. s iv. n. 2; Enchir.. c. ex, col. 283. chrtiens, entaches d'une culpabilit qui cependant n'est pas suffisante pour entraner leur damnation, devront expier, avant le jugement dernier, soit en ce monde, soit dans l'autre, leur trop grand attachement aux biens terrestres. Voil ceux qui seront sauvs quasi ptr ignem, c'est--dire aprs avoir subi diffrentes peines temporarias pa nus alii in hoc ril<i Umlum, alii posl morlem. alii rt nunc et tune, verumtamcn anle judicium illud severissimum novissimumque patiuntur. De eiv. Dei. I. XXI. c. xm. t. xi.i. col. 72*. On le voit, il ne s'agit plus d'une expiation au jugement mme, mais antrieure au jugement; assertion trs ferme (liez Augustin et qu'il renouvelle plus loin sans l'ombre d'hsitation, c. xvi, col. 7.'51. I'Iils nettement encore, I. 738, il affirme que ces peines, souffertes par les anus des dfunts, leur obtiendront, au jugement, misricorde ut in ignem non mitlantur ceternum.

redarguo, quia forsitan verum est, dclare Xous l'avons dj entendu d'ailleurs dsigner les peines d'outre-tombe par les expressions ignis purgalionis, Ignis emendatorius. L'expression ignis purgatorius, qui va dsormais avoir droit de cit dans la thologie catholique, est employe dans l'Enchiridion, c. i.xix, t. xl, col. 265. C'est la dernire explication probable que le grand cvque donne de quasi per ignem. Il vient de parler des purifications possibles en cette vie par l'preuve de la tribulal ion, et il ajoute: Taie aliquid eliam posl hanc vitam fteri, incredibile non est, et utrum ita sit, quieri potest et mil inveniri aut latere.nonnullos fidles per ignem qtiemdam purgatorium, quanlo magis minusve bona pereuntia dilexerurd. tanto tardius citiusque saluari. non lumen talcs, de quibus dicium est, quod regnum Dei non possidebunt, nisi eonvenienter paaiitentibus eadem crimina remittantur. El si quelque purification est encore ncessaire au
col, 7 15.

Son

saint Augustin.

moment du jugement, achvera feu du jugement cette purification en certaines mes ign judieii nooissimi mundabuntur. De eiv. Dei, 1. XX, c. xxvi, n. 1, t. xi i. col. 701. Pour tre bien comprise, la pense d'Augustin doit tre rtablie dans sa synthse gnrale. Il appareil ainsi, d'une pari. qu'Augustin tient comme lis certaines les peines purificatrices de l'autre \ic; d'autre
:

L22;

PURGATOIRE. APRS SAINT AUGUSTIN


la
:

1224

part, qu'il est trs hsitant sur la nature mme de ces peines sa pense oscille entre le feu mtaphorique et le
feu rel.
roj

Ce

sera,

tera l'glise elle5.

Minime toute, la position qu'adopmenu- en proposant aux fidles la

ance au purgatoire. Saint Augustin a exprim Questions secondaires. sa pense sur l'intensit des peines purificatrices de l'autre vie. Il ne faut pas se faire illusion elles dpasseront toutes les douleurs de la terre. Parce que l'Aptre a dit salvus erit..., on mprise ce feu. -Mais prenez garde ita plane quamvis salvi per ignem, gravior tumen erit ille ignis, quam quidquid potest homo pli in bac l'ila. Et Augustin ajoute Et nostis quanta hic passi suntmaliet possunl pli. In ps. xxxvu, n. 3, t. xxxvi,
: : : :

col. 397.

conception latine, telle que nous la trouverons systmatise (he/ [es thologiens du Moyen Age. - L'enseignement de saint 2. Saint Csaire d'Arles. Csaire est en corrlation avec sa doctrine sur les pchs. Csaire distingue deux sortes de pchs les pchs capitaux (capitalia) et les pchs menus (minuta >. Des uns et des autres il dresse mme une liste dtaille. Voir Csaire d'Arles, t. n, col. 2180. Les pchs capitaux non pardonnes conduisent infailliblement l'me en enfer. Cf. col. 2182. Mais les pchs menus n'empchent pas l'entre de l'me au ciel ils doivent simplement tre auparavant expis, soit sur cette terre par les bonnes uvres, soit dans l'autre vie par les peines du purgatoire. L'enseignement de Csaire sur ce point est trs net et trs ferme. Com:

La dure du purgatoire ne peut tre conue au del du jugement dernier. La sentence finale ne connat plus que les lus et les rprouvs. De civ. Dei, 1. XXI, c. xm, t. xli, col. 728; cf. c. xvi, col. 730. Et nous avons dj vu que, si certaines mes ont encore besoin de purification ce moment, elles seront purifies compltement par le feu du jugement. Augustin fait appel ce
sujet l'autorit de Malachie,

mentant
liai'

Cor.,

m,

15,

il

crit

m,

l-(i,

et d'Isae, iv, 4

videtur evidentius apparere in illo judicio quasdam quorundam purgatorias pnas futuras. De civ. Dei, 1. XX.

xxv, col. 700. Enfin, Vtat des mes du purgatoire est suffisamment indiqu par Augustin au cours de toutes ses explications du quasi per ignem. Ce sont des mes qui ont encore expier, mais qui nanmoins ont gard ou recouvr la grce de Dieu. Dans V Enchiridion, c. ex, P. L., t. xl, col. 283, il redit que ceux-l seuls sont soulags par les prires de l'glise, qui ont mrit durant leur vie, d'tre aids par les suffrages des vivants. Cf. De octo Dulc. queest.,q. u,P. L.,t.XL, col. 157158. Enfin, il signale expressment que les enfants baptiss, morts avant d'avoir commis des fautes personnelles, sont dlivrs non seulement de l'enfer, mais non solum pnis non de toute peine purificatrice juparetur ternis, sed ne ulla quidem post mortem purgaturia tormenta patiatur. De civ. Dei. 1. XXI, c. xvi, P. L., t. xli, col. 730. 3 Aprs saint Augustin. 1. Le cadre de l'enseignement. La grande autorit de saint Augustin a rduit les perspectives eschatologiques leurs exactes proportions. Dsormais l'ide d'une rtribution repousse jusqu' l'poque du jugement dernier est bannie de l'enseignement commun des auteurs. Seul Cassien fait encore exception, n'accordant aux mes, avant le jugement gnral, qu'un avant-got de ce qui les rttend aprs. Collationes, 1. I, c. xiv, P. L., t. xlix, col. 503 B. La doctrine commune est ainsi formule par saint Quand le corps, pour lequel nous Csaire d'Arles avons tant de complaisance, commence tre dvor par les vers dans le tombeau, l'me est prsente
c.
:

se laissent tromper une fausse scurit. Ils croient que, difiant sur le fondement du Christ des crimes capitaux, ces pchs pourront tre purifis en passant travers le feu et qu'ainsi ils pourront parvenir ensuite la vie ternelle. Corrigez, mes frres, cette m .inire de comprendre se llatter d'une pareille issue, c'est se tromper lourdement. Dans ce feu de passage lui-mme sent sauv, ( Irtinsitoriu ign), dont l'Aptre a dit mais comme travers le feu, ce ne sont pas les pchs capitaux, m lis les pchs menus qui seront purifis... Bien que ces pchs, selon notre croyance, ne tuent pas l'me, ils la dfigurent... et ne lui permettent de s'unir l'poux cleste qu'au prix d'une extrme confusion... C'est par des prires continuelles et des jenes frquents, que nous parvenons les racheter..., et ce qui n'a pas t rachet par nous devra tre purifi dans ce feu dont l'Aptre a dit (l'ouvrage de chacun) sera rvl par le feu; ainsi le feu
:

Ceux qui comprennent mil ce texte

prouvera l'uvre de chacun. I Cor., ni, 13... Ainsi donc, pendant que nous vivons en ce monde, mortifions-nous.... et ainsi ces pchs seront purifis en cette vie, de telle sorte que, dans l'autre, ce feu du purgatoire ou ne trouve rien ou ne trouve en nous que peu de chose dvorer. Mais, si nous ne rendons pas grces Dieu dans nos afflictions et si nous ne rachetons pas nos fautes par de bonnes uvres, il nous faudra demeurer dans le feu du purgatoire aussi longtemps que nos pchs menus l'exigeront pour tre consums, comme du bois, du foin et de la paille.

Que personne ne

dise

Que m'importe de demeurer au

purgatoire si je dois ensuite parvenir a la vie ternelle! Ah! ne parlez pas ainsi, trs chers frres, car ce feu du purgatoire sera plus pnible que toute peine que nous pouvons concevoir, prouver et sentir en ce monde... Serin. civ, n. 1 sq., P. L., t. xxxix, col. 1946-1948.

Dieu par

les

anges dans

le ciel; et l dj, si elle est


si

juste, elle sera couronne, ou,

elle est

sera projete dans les tnbres.

pcheresse, elle Serm., ceci, n. 3,

Le sermon se continue par des exhortations la pnitence et pour les pchs graves, dont les flammes ternelles ne nous purifieraient jamais (n. 2, col. 1946), et pour les pchs menus, afin de ne pas demeurer longtemps dans la souffrance avant d'entrer sans tache et sans rouille, dans la vie ternelle. Ibid.. n. 5. col. 1947-1948. Dans un autre sermon (cclii, n. 3, col. 2212), Csaire applique au feu purificateur de l'autre vie le fleuve de feu dont parle Daniel, vu, 10, en rapprochant cette expression de I Cor., ni, 15 plus nos pchs fourniront de matire au feu, et plus notre sjour en ce feu sera
:

P. L., t. xxxvm, col. 1382. Cf. Gennade, De eccles. dogmat., c. lxxix, P. L., t. lviii, col. 998 C; saint Grgoire, Moral., 1. IV, n. 56; 1. XIII, n. 48; In evangel., hom. xix, n. 4; Dialog., 1. IV, c. xxvm, P. L., t. lxxv, col. 666, 1037, 1156; t. xxxvi, col. 365; saint Isidore, Sentent., 1. I, c. xiv, n. 16, P. L., t. lxxxiii. col. 568; saint Julien de Tolde, Prognosticon, 1. I, c. xm, P. L., t. xevi, col. 468; saint Bde le Vnrable, Hist. eccl., 1. V, c. xn, P. L., t. xcv, col. 250. Tout naturellement la doctrine du purgatoire s'insre entre le moment du jugement particulier et l'entre au ciel des mes justes. Il semble que les hsita tions de saint Augustin sur la nature du feu disparaissent et que les auteurs envisagent un feu rel, analogue celui de l'enfer. Nous arrivons ainsi par eux

long.

Quanta

fuerit peccati materia, tanta et perlran-

seundi mora; quantum exegeril culpa, lanlum sibi ex homine vindicabit qudam flamnuc rationabilis disciplina. L'me non encore purifie est semblable la marmite vide. qu'zchiel commande de placer sur des charbons ardents afin qu'elle soit dgage de sa rouille. Ez., xxiv, 11. On voit en quel sens raliste a volu la tradition latine en ce qui concerne la nature des peines purificatrices de l'autre vie! 3. L'auteur inconnu du De vera et falsa pnilentia (qui est certainement d'une poque bien postrieure, voir Pnitence, col. 911) rappelle celui qui cherche au moment de la mort une pnitence vraie qu'il doit s'at tendre trouver la misricorde divine plus

PURGA

rOIRl

FIN Dl

L' \f,l.
et

P VI
.

RISTIQUE
i

L22G

grande encore que -.1 propre Iniquit. Mais, mme si -.1 conversion lui rend la \if (de la grce), >'n ne peut lui promettre d'chapper a toute peine, car il lui faudra auparavant tre purifi dans le feu <lu purgatoire, qui reporte il.nis l'autre vie le fruit de la conversion. Bien que ce feu ne soit pas ternel, il es! nanmoins remarquablement douloureux et la si uffrance qu'on endure par lui dpasse tout a qu'on peu! souffrir ici-bas.
1

\x\ II, Dial., 1. IV. e. xxix. /'./.. I. Ce n'est pas seulement en \o\ant le feu. mais en exprimentant son ardeur que l'Ame souffre, sotumoidendo, sedeiiamexperiendo. D'ailleurs,! rgi glisse rapidement sur le problme, car il conclut ausen
le

sentant

eol. 365.

sitt

doivent tre tort

18. N. 17. 18, P. / ... t. \i. col. \\e, lui l'volution de 1. Suint Grgoire le Grand. lu thologie >lu purgatoire est termine. Ses uvres fournissent sur le sujet une abondante littrature. s posent directement la question l'a uts ;. croire a un feu du purgatoire aprs la mort? l.a il
1
1

anges, Incorporels qu'ils sonl par un leu corporel, quoi d'tOl liant que les aines axant dlie runies a leurs C0 puissent sentir les tourments corporels? iCol, 368. /.es docteur* espagnols de L'poque font cho
:

>

Si le diable et ses
lires

.">.

saint Grgoire.

rponse
feu

il faut admettre un est nettement affirmative a purificateur pour effacer les petites fautes. Vrit a dclar que celui qui blasphmerait contre rit-Saint ne verrait son pch remis ni en ce momie ni dans l'autre. Matth., xu. 31-32, nous laissant entendre que certaines fautes peinent tre remises sur terre, d'autres mme dans l'autre vie. Mais un tel traitement est rserv aux petits pchs ou aux pchs L.r.i\es qui comportent une erreur d'ignorance. Cette croyance au purgatoire s'appuie galement sur
:

Saint Falon, vque de Saragosse, reprend l'interCor., m. 15, favorable au feu du purga prtation le toire. tout en concdant que l'expression ignis dsigne conflagration, il rappelle l'exgse Ici le feu de la apporte par saint Grgoire les pchs lgers seuls sont dsigns par le bois, le loin, la paille car. pOU symboliser les chs gi a\ es. il faudrait prendre le ter, l'airain, le plomb. Enfin, dernire prcision, qui esl in
i
: ;
|

cho de

la

doctrine

di'

saint Augustin,
l

lie

prolil, l'on

du

feu purificateur que ceux qui dant leur vie mortelle. Sent., I. N
.

'auront mrit penc. xxi, /'. /..,


i i .

xw

col.

975 UU.

Cor., m. l. Gn qu'il est difficile d'entendre ce feu du feu de la tribulation prsente; il s'agit donc n un feu purifica leurfutur. Celui-l sera sauvpar ce feu. qui aura difi tar le fondement (du Christ non du fer. le airain ou

l'affirmation de

s.

im

Paul,

du plomb, c'est--dire des pchs plus graves et doue une matire trop dure pour tre fondue par le leu. mais du bois, du foin et de la paille, c'est--dire des pchs s que le feu consume facilement. Dial., I. IV.

wxix.
ire

/'.

/...

t.

xxvn.

eol.

396. Plus loin saint

confirme son enseignement en rapportant une singulire complaisance certaines rvlations prives sur le sort d'mes tourmentes dans le feu. o
visiblement l'imagination se donne libre carrin c. iv. eol. 120. On trouve galement des allusions <liiotiis purgationis, dans feu du purgatoire (ps. vi,l) l'Expositio in seplem psalmos ptenitentiales, et dans le commentaire sur le I" livre des Rois, c. H, n. 26, 27, deux uvres attribues a Grgoire le Grand, mais certainement apocryphes, /'. /...t. xxix. col
. i i

123.
II est intressant d'ailleurs de constater que, pour saint Grgoire, le fait de n'tre point reunie Dieu constitue dj, pour l'me spare du corps, une sorte de

Saint Isidore de Sville s'tend assez longuement sur ncessit morale d'un purgatoire. Plusieurs textes scripturaires indiquent que seuls entreront direct* ment dans le royaume des civux ceux qui auront souffert Ici bas. cf. Matth., \. 3; v, 1". ou auxquels aui t appliqu le pouvoir de lier el de dlier. Matth.. xviii. 18. Donc ceux qui. sans se sparer du Christ, se seronl quelque peu loigns de lui (longiuscule) devront a\ ant d'entendre la sentence du juge, venite bem dicti, tre purifis. Il y aura donc une purification dans l'au-del, cf. Marc m. 29, une sorte de baptme par le m, 11. Isidore applique la premire partie feu. Matth de LUC, III, 17. l'preuve du purgatoire, insistant sur la diffrence du baptme par le leu el de la combustion par le feu aliud est enim if/ne baptizari, aliud ign coniburi inexstinguibili. Le feu de la ghenne ne Matth., v. 22, n'est (pie le feu du purgatoire, celui dont parle saint Paul, I Cor., m, 1">. De ordine ereaturarum. c. xi\. /'. L.. t. ixxxiii, col. 947-91S. Interprtant comme Grgoire le bois, le foin, la paille des pchs lgers, crimina non principalia, qu non multum nocent, Isidon nous donne de ces pchs un certain nombre d'exemples colres, ngligences dans la prire, paroles inutiles. usage immodr du mariage, gourmandise, levers tarla
. :

difs. ,tc. Ibid., n.


si les

l.col.

19.

Notre auteur se demande

chtiment
lur; in

sunt

quorumdam juslorum anima-

i/ux a

emlesli regno

quibusdam adhuc mansionibus

difjerun-

quo dilationis

damno quid

aliud innuitur. niai

quod de per/ecta justitia aliquid minus hnbuerunt ? Dial., IV. i. xxv. P. L.. t. i.xxvii. eol. 357. (.'est dj, I. esquissi-e d'un mot. la distinction applique par la postrieure aux peines du purgatoire, peine du dam et peine du 'autres questions subsidiaires sont agites par ."ire: nous n'en retiendrons ici qu'une, qui prlude aux investigations curieuses des thologiens: De quelle
l

nature sera ce feu purificateur? Comment pnurra-t-il s'alimenter? Comment brlera-t-il sans consumer? Pour Grgoire, le feu atteindra l'me tout en brlant le corps lil s'agil videmment du feu de l'enfer, mais celui du purgatoire esl de mme naturel. Ce feu de la rporel. sans quoi il ne serait pas un feu Vritable. Mais H n'est allum par aucune industrie humaine et n'a pas besoin d'tre aliment par du bois. une fois pour toutes par Dieu, il dure inextinle et n'a besoin d'aucun entretien pour conserver toute s. ,ii ardeur. Moral.. I. XV, c. xxix: cf. c. i.xvi. P. !.. t. lxxvi. col. 1094.1915 1916. Quant l'me ons qu'elle est saisie par le feu. dans le tourment du feu et en le voyant

pnitents qui reoivent la rconciliation l'article de la mort, reoivent alors la pleine rmission de leurfautes, de telle sorte qu'ils soient dispenss de passer par le feu purificateur. Ipse scil. rpond-il, gui, rens et corda conspiciens, pnitenti dignitatem considrai. Ibid.. n. 12, col. 949 C. Enfin, la peine du purgatoire est une peine plus grave, plus acerbe, plus longue que n'importe quelle peine qu'on puisse concevoir SUT terre. Ibid., n. 12. col. 950 A. Julien de Tolde reprend pour son compte celle dei nire assertion, mais il se rfre Augustin. Il invoque l'autorit de saint Grgoire pour affirmer l'existence d'un feu purificateur des fautes lgres avant le [uge ment. A la suite d'Augustin, il distingue donc entre le Refeu de l'enfer, rserv a ceux qui le Christ dira et le tirez-vous de moi, maudits, dans le leu ternel fin du purgatoire, cr pour ceux qu'il doit sauver. L'autorit d' Augustin l'incite aussi a confesser que feu du purgatoire existera avant le jugement Henni prcdera cet autre feu dans lequel les Impies eronl plongs par le jugement du Christ. Il esl peul tre encore plus intressant de souligner la diffrence dan puio l'intensit et la dure des peines du purgatoire selernum i quod sicui non omnes reprobi, qui
:
.
i i

damnandi

sunl,

una eademqm

supplicii qualitate ardi

1227
esse creduntur,

PURGATOIRE.

1/

POQUE

C A

ROLINGIENNE

1228

bunt, sic omnes, qui per grimes purgalorias pa:nas suivi non une eudemque spatio lemporis cru-

ciatus spirittuini suslinebunl, ut quod in reprobis discrelione pnarum, hoc in istis, qui per ignem saluandi

sunl, rnensura temporis agiletur. Prognoslica...,


c.

1.

II,

xix-xxiii, P. L., t. xevi, col. 483-486. Dans les uvres de ce doc6. Bide le Vnrable. teur, deux genres de textes sont relever. Les uns, emprunts aux uvres exgtiques, font cho l'enseignement doctrinal des Pres prcdents. D'autres, tirs de l'Histoire ecclsiastique, s'attachent au rcit de certains faits merveilleux, lesquels n'ont vraisemblablement pas de fondement bien srieux. Ces rcits, du moins, tmoignent de l'tat d'esprit des chroniqueurs concernant la notion du purgatoire. On peut d'ailleurs en dire autant des anecdotes dont saint Grgoire a maill ses Dialogues. Au point de vue doctrinal, Bde est un disciple de Grgoire. Dans le Commentaire sur les psaumes (uvre d'authenticit douteuse), au ps. xxxvn, 1, on distingue ceux qui seront repris par Dieu dans sa fureur, c'est--dire ceux qui n'auront pas construit l'difice de leur vie sur le Christ, et ceux qui seront repris par Dieu dans sa colre, c'est--dire ceux qui auront bti leur difice sur le fondement du Christ, mais auront ml l'or, le bois, la paille, le foin, c'est--dire auront commis des pchs vniels, plus ou moins considrables, Ceux-ci seront donc repris par Dieu dans sa colre, c'est--dire seront, avant le jugement dernier, placs dans le feu du purgatoire, afin que soit purifi tout ce qui en eux est impur. P. L., t. xcnr, col. 680. Comm les auteurs prcdents, Bde pense que les peines du purgatoire sont plus graves que tout ce qu'on peut imaginer. Ibid., col. 681 B. Voir galement Hist. eccl., 1. III, c. xix, P. L., t. xcv, col. 147. Sur la dure du purgatoire, Bde sait qu'aprs le jugement dernier il n'y aura plus de purgatoire. Mais il estime que, si leur peine n'est pas abrge par les prires, les aumnes et les suffrages des vivants, certaines mes resteront en purgatoire jusqu' ce jugement; de ce nombre sont en particulier les mes qui n'ont fait pnitence qu'au moment de la mort. Hom., i, n. 4, P. L., t. xciv, col. 30; cf. Hist. eccl., 1. V, c. xu, P. L., t. xcv, col. 250. Dans ce chapitre de son Histoire ecclsiastique, Bde rapporte la vision d'un chrtien mort, puis ressuscit, qui le purgatoire et l'enfer ont t montrs. Le purgatoire renferme deux lieux diffrents. Dans l'un, ct de tourbillons de flammes dvorantes, soufflent en les mes vont des ouragans la neige et les frimas flammes la glace, sans trouver jamais de repos. Ces mes sont les mes de ceux qui, diffrant la confession de leurs fautes et remettant sans cesse leur amendement, se rfugient cependant dans la pnitence au moment mme de la mort et quittent leurs corps en cet tat. Ceux-l cependant, parce qu'ils se sont confesss ou tout au moins repentis l'heure de la mort, parviendront tous au royaume des cieux au jour du jugement. L'autre lieu est un lieu agrable et fleuri. L sont rassembles les mes de ceux qui meurent ayant accompli de bonnes uvres, mais qui cependant ne sont pas assez parfaits pour entrer immdiatement dans le royaume des cieux. Tous cependant, au jour du jugement, entreront dans la joie du royaume cleste et seront admis la vision du Christ. Et tous ceux qui sont parfaits en toute parole, uvre ou pense, parviennent, aussitt leur me spare du corps, au royaume cleste. P. L., t. xcv, col. 250. On trouve l dj comme un avant-got des spculations thologiques postrieures sur l'ingalit des peines du purgatoire, intensit et dure. e au xu e sicle. Nous avons dj indiqu 7. Du les auteurs qui durant ce laps de temps, ont continu,

sur les peines du purgatoire, l'enseignement traditionnel de l'glise latine. Voir Feu du purgatoire, t. v, col. 2259. Il n'en est peut-tre aucun qui ne s'appuie sur I Cor., m, 15, pour y trouver, soit directement, soit indirectement, mais le plus souvent directement, l'enseignement d'un feu purificateur dans l'autre vie. Pour un certain nombre mme, c'est l tout leur enseignement citons Rmi d'Auxerre, Ratifier de Vrone,
:

Burchard de Worms, Rupert de Deutz, Hildebert du Mans. Saint Bruno invoque galement II Pet., III, 10-12, et Bruno de Segni, Matth., xu, 31-32. Hildebert du Mans est vraisemblablement le premier qui ait em le purgatoire . Serm., lxxxv, ploy l'expression
:

P. L.. t. ci.xxi, col. 741. Plusieurs ajoutent cette ide centrale l 'affirmation du soulagement des mes souffrantes par les suffrages ainsi saint Boniface de
:

Mayence, Grard de Cambrai. Si les autres auteurs sont un peu plus

explicites,

ils

manquent en gnral
feu

d'originalit.

Alcuin reconnat que I Cor., m, 15, se rapporte au du jugement; mais il pense qu'on peut y voirie feu

vm

C'est ce feu qui sparera les justes des impies, les justes encore entachs de menus pchs. De plus les mrites divers des justes (auxquels rpondent les multee mansiones de l'vangile) appellent divers degrs de purification. De fide SS. Trinitatis, 1. III, c. xxi, P. L., t. ci, col. 53. Raban Maur, aprs avoir invoqu en faveur du purgatoire le texte de Matth., m, 11, donne de I Cor., m, 13-15, une interprtation plus complte. Bien qu'on puisse entendre ce feu du feu de la tribulation on peut l'appliquer au feu du purgatoire qui fera la sparation des justes, comme l'insinue Luc, m, 17. In Matth., 1. I, c. m, P. L., t. cvn, col. 773. Toutefois, dans son commentaire sur I Cor., m, 15, l'auteur observe que le feu doit prouver mme les justes compltement innocents. Il y aura donc comme un double feu, le feu spirituel qui touchera les parfaits ds cette vie, le feu de l'preuve judiciaire dans l'autre quos ignis spirilalis in prsenli temporum examint, in futuro judicio per ignem probabit. In I Cor., P. L., t. cxn, col. 36. Maisil ne faut pas s'abuser et croire que tout pch sera purifi il ne saurait tre question ici que des pchs moindres. Ibid., col. 38 A. Et, plus complet qu'Isidore de Sville (auquel il semble avoir emprunt plus d'un trait), l'archevque de Mayence numre un certain nombre de pchs pour lesquels aucune purification n'est envisager en dehors de la pnitence de cette vie. Enfin le purgatoire sera de longue dure, longo tempore cruciandi. Col. 39 D. Tandis que les pcheurs non per purgatorium ignem transire merebuntur ad vitam, sed terno incendio prcipitabuntur ad mortem. l., ibid. Haymond d' Halberstadt est sur le purgatoire un des auteurs les plus complets du haut Moyen Age. Dans le De varietate librorum, il tablit, par I Cor., m, 15, l'existence du purgatoire, rservant aux pchs lgers les expressions bois, foin, paille, qu'il oppose au fer, plomb, airain des pchs graves. C. i, P. L., t. cxvm, col. 933. L'or, l'argent, les pierres prcieuses reprsentent les penses que les justes ont pour Dieu (cogitare qu sunl Dei) ; tandis que le bois, le foin, la paille, reprsentent les penses qui s'attachent aux choses du monde. Le feu sparera les unes des autres. Mais, plus les justes auront donn d'affection aux biens prissables, plus tard aussi seront-ils sauvs; quantomagis minusve bona pereuntia dilexerunl, tanto tardius citiusque salvari... Mais les criminels ne doivent pas attendre le salut dans l'autre vie, moins de s'tre repentis ici-bas de leurs crimes et d'en avoir obtenu rmission. Col. 934. Plus loin (c. v), traitant de la diffrence des peines, il insistera sur une ide analogue tanto illis minus vel majus ignis purgatorii extendetur supplicium, quanto hic minus vel amplius bona transitoria dilexerunt. Col. 935.
,
:

du purgatoire.

IM

RGATOIKE
c.

ES

SI

FFRAGES

U R

LES MORTS

OCCIDENT

IJ.ii

Donc
tries

ingalit l<s peines. Le

puriticatrices de la vie prsente

de

la \ ie

future. Les un-la

x oppose l<- peines aux peines purifies expient ds maintenant,

regionibus, ajoute la not ion du purgatoire, crucifiant Us .unes qui \ attendent la rsurrecl ion, l'ide de peinai
diverses, prius cruciandi aut calort ignis, nui rigore fri goris, mit alieu/us graoitale doloris. L'hypothse trs

mort. Col. 935. Haymond rfute ensuite l'opinion, m courante au iv sicle, qu'il sutlit d'avoir le fondement de la foi pour tre purifi par le fru contra rus qui i>rr [idem solam absque bonis iuntur. La tperibus per ignem purgatorium sa ro serait faire mentir saint foi seule ne sutlit pas ues, et mmi! Paul lui-mme, qui numre les uvres qui mritent l'enfer (cf. ICor.,vi, 9 10), 3 con tidirait. Col. 935 936. Parmi les justes, certains iront immdiatement au ciel leur mort, d'autres passeront par le purgatoire. Col. 936 C. Lesc. vu x tout valoir l.i puissance de l'intercession il l'glise en faveur des Ames souffrantes, par la prire, les aumnes, l'offrande tu saint sacrifice de la messe l'auteur s'appuie sur saint iiu goire. Col. 937. Enfin, aprs avoir rappel que la crainte a l'heure de la mort pouvait, pour certaines mes peu coupables, tre un moyen de purification, Haymond conclut que le purgatoire aura ii-n axant le jugement. Col. 943. Du mme crivain on trouve encore quelques lignes sur le purgatoire dans son Commrntuirr sur Isate, I. III. c. lxvi, P. I... t. cxvi,

Im autres expieront aprs

hasarde du froid, juxtapose la conception de la peine du (eu. montre bien pie la peine du leu n'est pas considre encore comme une vrit absolument car lexons SOUtaine. liernard ajoute pie nous poux uns lager les Ames soutirantes les damns ne mritent pas d'tre rachets, les lus lu ciel n'ont pas besoin U' rdemption; rrstat ut ad mdius Iranscainns per coin passionem, quibua juncti fuimus per humanitaton. Col. 663 >. El il conclut Siin/ani adiuluriuiii illis,

t
:

interpellabo gemitibus, implorabo suspiriis, orationibus intercdant, satisfaciam sacrifteio singulari. Col. 664 A. Enfin, dans le In Cantica, serin. i.xx 1. n. 11, saint liert

nard rfute ceux qui n'admettent pas le purgatoire contre eux il eu appelle a Mail h., xn. 32, Col. L00, sont les albanais 1 les Ceux-l apostoliques voir ces mots. t. 1, col. 658; 1631.
1

Conclusion. Partie des mmes perspectives (pie la tradition orientale, la tradition latine s'est engage,

col.

1081.

pourrait citer galement divers ouvrages d'ima tinat nui o les auteurs font lu purgatoire et de l'effi-

On

mes soutirantes un tableau qui a du moins la valeur de tmoignage historique par rapport a la croyance fondamentale de l'glise. Ainsi le J.ibrr de visione et ubitu Wetini m< natta. d'Hetton, ancien vque de Baie, P. P.. t. cv, col. 771 sq. et plus tard, le curieux Tractatusde Purputorio saneti Patricii, Hibernorum apostoli, P. I...
cacit des suffrages en faveur des
:

t.

ci

x\x.

col.

977

sq.

dogme du purgatoire sur Mat th., m, 1. Bien que le Saint-Esprit soit feu. on dit iei que le baptme se fera dans l'Esprit-Saint et par le feu. Mais de quel feu s'agit-il? S'il faut l'entendre du purgatoire, la purification apporte par ce baptme ne pourra se produire que sur les pchs lgers, comme (<>r.. m. 15. Mais Paschase Radberi admet un Ki autre feu. le feu du divin amour, qui est allum au
tchase Radberi appuie le
1
1

saint

fidles.

autel par l'eucharistie et doit dvorer tous les In Matin., I. U.c. m. P. /.., t. cxx, col. 165-166. Pierre Damien a deux sicles de distance, parle inci-

purgatoire dans deux sermons (i.vm et La seule note spciale qu'il donne a son enseignement, c'est et tant d'autres l'avaient dj fait axant lui d'insister sur la ncessite de n'admettre la purification du feu que es pches lgers. Les crimes sont destines a l'enfer. P. /. t. xi iv. col. 831 A. 837 nature des peines du purgatoire inspire a Honorius d'Autun des suggestions assez hasardes posi mortfm rrrn purgatio eril mit nimius ealor ignis, atit magntis rigar frigoris, mit aliud quadlibct genus peena/'. rum. Elucidarium, I. III. n. L., t. ci.xmi. col. 158 D. L'auteur veut de toute vidence tablir un paralllisme entre les pnalits du purgatoire et celles que certains auteurs contemporains et lui mme 1159 iii entrevoyaient en enfer, interprtant de l'enfer .h>b. xxi\ 19. \ oir Eni eb, t. x col. 108, Hononus reste davantage dans la note traditionnelle en affirmant que la plus petite peine du purgatoire est suprieure au plus yrand mal qu'on puisse concevoir

demment du

.'<.

sur terre. Ibid.. col. 1 158 1). derniers textes patristiques a signaler sont de saint liernard. Nous en axons relev cinq. Sermo in obitu Domni liumbrrti. n. H. I>. /... t. ixxxm, 18 BC; Srrm., xvi, De dioersis, n. 5, coL 571 F): xxxxiii. De divertis, n. 6, col. 619 B. Ce sont de simples allusions au feu par lequel il faudra passer afin que soit

sous l'influence du gnie le saint Augustin, dans une voie nouvelle, plus prcise et plus logique que la position adopte par les Pres grecs. Tandis que ceux ci, en ce pii concerne la peine positive, purificatrice des (lchs, dans l'autre vie. s'en tiennent plus ou moins la conception archaque du feu du jugement, les Pres latins se sont aperus des difficults thologiques inh rentes cette conception. Relguer la peine purificatrice au moment de la parousie, c'est s'obliger pour ainsi dire maintenir, pour les mes spares de leurs corps, cet tat d'attente mal dfini qui, dans la logique lu systme, ne peut prendre On qu'au jour du jugement gnral. Situation difficilement conciliable avec le sentiment de l'glise touchant la rtribution immdiate rserve aux martyrs et aux grands saints. Augustin en est donc arriv a concevoir la peine purificatrice comme inflige entre la mort et le jugement dernier, mais il hsitait encore considrer celte peine comme inflige par l'instrument du feu. Au jugement dernier le feu de la conflagration gnrale se prsentait naturellement a l'esprit comme Instrument de purification. Axant le jugement on pouvait se demander quel feu serait cet instrument. Les hsitations d'Augustin ne se retrouvent plus chez ses successeurs et disciples une transposition fut bien vite faite, et le feu du purpropos comme instrument de purification, gatoire au lieu et place du feu de la tin lu monde. E1 c'est toujours I (air., III, l.'i, fine les auteurs se rfrent pour justifier leur thinru par triture sainte. On ne saurait voir dans cette rfrence commune une interprtation dogmatique du texte. Les Pres ont trop vari entre eux sur ce point au cours des sicles; ils ont mme trop lisil sur le sens a donner ce passaue. et surtout ils n'ont jamais laiss entendre (]u'ils prtendaient donner la pense du magistre. D'o il suit qu'autant leur doctrine sur l'existence d'une peine ultra-terrestre, purificatrice des fautes lgres OU des restes du pch, doit tre tenue comme l'expression authentique d'une croyance officielle de l'glise, autant leurs explications sur la nature de cette peine le devra tre considre comme une simple opinion feu n'engageant pas l'enseignement de l'glise elle-mme. C'est ce que plus tard, conscient des exigences de la vrit, le concile de Florence saura reconnatre.
:

//.

/.

DAJTB

DOCTRIBB DES 8UFFRAOB8 POUR 11: s MORTS Dans l'glise latine, OLI8B LATIBB.
1

prouve

l'or-uvre

de chacun. Le

serin, xi.n.

Dr quinque

glises orientales, aucune hsitation sur l'utilit des suffrages des xixants offerts pour le soulagement des mes des dfunts. Pour ne pas multiplier sans ncessit les textes aucune controverse nous nous contenterons de l'es n'tant ici possible
les

comme dans

1231
sentiel,

PURGATOIRE. LES SUFFRAGES POUR LES Moins (OCCIDENT)


en interrogeant successivement
les

1232

Pres, les

mme
t.

sens,
col.

De

obitu

Valenliniani, n. 56, 78, P. L.,

conciles, la liturgie, l'pigraphie. 1 Les Pres. 1. Avant saint Augustin.

Nous

avons signal la clbre Passion de Perptue, qui nous montre la martyre implorant Dieu en faveur de l'me de son petit frre Dinocrate et lui obtenant de passer du lieu de misre o il tait retenu tans un lieu de
et de joie. Passio Perptua, vii-viii, d. Arm. Robinson, dans Texts and studies, t. i, fasc. 2, p. 72; cf. P. /.., t. m, col. 34. Ce texte nous reporte Cartilage et c'est aussi dans l'glise d'Afrique que l'on trouve les premiers tmoignages explicites sur l'efficacit des suffrages pour les dfunts. Tertullien crit, propos d'un dfunt, que, dans l'intervalle coul entre sa mort et sa spulture, il eum in pace fut accompagn de la prire du prtre dormisset et morante adliuc sepullura, intrim oratione presbijteri componcretur. De anima, c. LI, P. L., 1860, t. ii, col. 782 B. On ne sait si cette prire du prtre est dj un acte liturgique, mais du moins on sait que dj l'on priait pour les morts. Dans le De exhortatiune eastitatis, Tertullien tire argument, contre les secondes noces, de l'embarras o se trouverait un veuf remari et tenu par l'usage faire les prires et les oblations annuelles pour l'me de sa femme dfunte. C. xi, P.L., t. ii, col. 975 C. Mme embarras pour la veuve remarie, qui pour l'me de son mari (dfunt) prie et demande pour lui le rafrachissement et la runion dans la premire rsurrection, et fait des offrandes au jour anniversaire de sa mort . De monogamia, c. x, P. L., t. il, col. 992 C. C'est encore Tertullien qu'on doit le renseignement relatif la coutume d'offrir l'eucharistie pour les dfunts le jour de leur enterrement et le jour anniversaire de leur mort. De eorona, c. m, P. L., t. il, col. 99 A. Saint Cyprien relate que les vques ses prdcesseurs ont port une loi interdisant un mourant de constituer un clerc son excuteur testamentaire, ac si quis hoc fecisset, non ofjerretur pro eo, nec sacrificium pro dormitione ejus celcbrarelur; neque enim apud altare Dei meretur nominari in sacerdolum prece, qui ab altari sacerdotes et ministros voluit avocare. Epist., i, n. 2, Hartel, p. 466. Ce texte nous apprend deux faits intressants. Tout d'abord que l'habitude d'offrir le sacrifice eucharistique pour les dfunts tait une tradition reue l'poque de Cyprien dans l'glise de Carthage; ensuite qu'tre nomm au Mmento de la liturgie tait un privilge hautement apprci. La discipline qui privait de cette faveur certains coupables tait dj une arme redoutable entre les mains des vques. Les anniversaires des martyrs taient galement commmors par l'offrande du sacrifice eucharistique, mais avec une intention toute diffrente, comme il ressort des expressions diffrentes de Cyprien, qui ne donne pas entendre que les martyrs puissent avoir besoin des prires des vivants. Epist., xn, n. 2, Hartel, p. 503; xxxix, n. 3, p. 583. Au contraire, les vivants peuvent avec raison se recommander aux prires des trpasss. De habitu virginum, n. 24; Epist. lx, n. 5, Hartel, p. 205 et 95. Arnobe, aux environs de 300, prsente un curieux tmoignage. Il proteste contre la destruction des glises parce qu'on y prie pour les vivants et pour les morts : Cur immaniter convenlicula dirui? in quibus summus oratur Deus, pax cunctis et venia postulatur..., adhuc vitam degenlibus et resolutis corporum vinctione. Adv. Nationes, 1. IV, c. xxxvi, P. L., t. v, col. 1076. Au iv p sicle les tmoignages de saint Ambroise et de saint Jrme sont recueillir. Le premier, crivant un ami qui pleure la mort de sa sur, fait cette recommandation Il ne faut pas tant la pleurer que l'assister de vos prires; ne l'attristez pas par vos larmes, mais recommandez plutt son me Dieu par des oblations. Epist., xxxix, n. 4; voir aussi, dans le

rafrachissement, de rassasiement
S.

1116 H, 1136, 1112 C. Dans l'oraison funbre de l'empereur Thodose, saint Ambroise rappelle la coutume des glises de consacrer certains jours la prire pour les morts, en certaines glises, le troisime et le trentime; en d'autres, le septime et le quarantime. N. 3, col. 1448 H. Plus loin il s'adresse Dieu en ces termes Accorde, Seigneur, le repos ton serviteur Thodose, ce repos que tu as prpar a tes suints... Je l'aimais, c'est pourquoi je veux l'accompagner au sjour de la vie; je ne le quitterai pas tant que, par mes prires et mes lamentations, il ne sera pas reu l-haut, sur la montagne sainte du Seigneur, o ceux qu'il a perdus l'appellent. De obitu Theodosii, n.36, 37, P. L., t. xvi, col. 1460 AB. Jrme, lui, dans sa lettre Pammachius pour le consoler de la mort de sa femme, fait l'loge de sa conduite. D'autres, dit-il, rpandent sur les tombeaux de leurs pouses des bouquets de violettes, de roses, de lis, de fleurs empourpres et c'est l toute leur consolation. Notre cher Pammachius verse le parfum de l'aumne sur une cendre sanctifie, sur des ossements vnrables. Oui, voil les aromates qu'il rpand en leur honneur, se souvenant qu'il est crit Comme l'eau teint le feu, ainsi l'aumne efface le pch. (Eccli., m, 33). Epist., lxvi, n. 5, P. L., t. xxn, col. 642. 2. Saint Augustin. Ce matre si ferme dans son enseignement sur l'existence de peines purificatrices dans l'autre vie, est tout aussi affirmatif sur le secours apport aux dfunts par nos prires, nos aumnes, nos offrandes du saint sacrifice. Nul doute, dit-il, que les prires de la sainte glise et le sacrifice salutaire et les aumnes des fidles n'aident les dfunts tre traits plus doucement que leurs pchs ne mriteraient. En effet, ce que nous avons appris de nos Pres (c'est-dire de la primitive glise) et ce qu'observe l'glise universelle, c'est de faire mmoire, dans le sacrifice, de ceux qui sont morts dans la communion du corps et du sang de Jsus-Christ et, en mme temps, de prier et d'offrir pour eux ce sacrifice. Par ailleurs, qui doute que les uvres de misricorde soient profitables aux morts, si toutefois ils ont vcu comme il convenait? Serm., clxxii, n. 2, P. L., t. xxxvm, col. 936. Mme doctrine dans VEnchiridion, avec la remarque finale On doit alfirmer que les mes des plus accentue dfunts sont soulages par la pit de leurs (amis) vivants, quand pour elles sont offerts dans l'glise le sacrifice du divin Mdiateur ou des aumnes. Mais ces suffrages profitent ceux qui, pendant leur vie, ont mrit d'en tirer profit aprs leur mort. Car on peut avoir eu un genre de vie loign aussi bien de la perfection, qui aprs la mort se passe de tels secours, que de l'impit, qui les rend inutiles... Loc. cit., c. ex, t. xl, col. 283; Cf. De octo Dulcitii qustionibus, q. il, n. 3, col. 158. Saint Augustin est revenu sur cette doctrine dans le petit trait De cura gerenda pro mortuis, crit vers 421 en rponse une question de Paulin de Noie sur l'avantage qu'il y a d'tre enseveli prs des tombeaux des martyrs. Saint Paulin ne pouvait mettre d'accord la dvotion ce genre de spulture dans le voisinage d'un corps saint et la parole de saint Paul Tous les hommes seront jugs suivant ce qu'ils auront fait pendant leur
xvi,
;i
:

Rom., n, 6. Augustin lui rpond que les bonnes uvres des vivants peuvent tre utiles aux dfunts
vie. Cf.

dont la vie fut difiante. La spulture dans le voisinage des corps saints a ce bnfice indirect de provoquer des prires plus ferventes dont les dfunts retirent profit. Qu'importe si les dfunts ignorent le soin que nous prenons de leurs tombeaux. L'important est de prier pour eux. Et Augustin d'invoquer l'autorit de II Macta., xn, 32. Mais la tradition seule suffirait nous inciter ce devoir, car, mme si la prire pour les morts ne se trouvait pas indique dans les critures,

PI
I

RGATOIRE.
Ici

ES

SI

FFRAGES
prires
.

l'oi

ES

MORTS (OCCIDENT

L23

l'autorit de
s.

gliseesl

souveraine, puisqu'elle con-

coutume de rserver une place, dans les du prtre a l'autel, pour lo mmento des morts
h
ii
l.i
t

Saint bidon de Sville rapporte a l'insl it ut mu apostolique l'usage universel de prier pour fis morts cl
d'offrir pour eux le sacrifice eucharistique Sacriflcium pro defanctorum ftdelium animabus ofjerre vel pro eis orare, quia per totum hoc orbem custoditur, crtdimus quod <//> ipsis apostolts traditum stt. Hoc enim ubtque
i

'.

Aussi Augustin conclut il N'omettons pas Us supplications pour les ftmea des dfunts; ise prif il ordonne de prier pour tous ceux qui sont mort-- dans la famille chrtienne, mme --ans les nom mut tous et dans un mmento gnral, afin que la mre commune supple ainsi aux pres et mres, aux Bis, parents et amis qui tu- sont pas la pour remplir ce
\i. col. 593.
:

catholica tenet
lis

/.'<<

lesta, qua- nisi crederel ftdelibusdefunc-

dimitti peccata,

mm
c.

pro eorum spiritibus, v

elee
<

mosynam
siast.

faceret vel sacriflcium


I.

Deo
il.

ojjerret.
/'.

De

offlciis,

I,

xvm,

n.

/...

i.

ixxxm.

Ibid., n.
-i
ilt-

(>.

col. 596.

vque exprime
.

mille manires diffrentes que le grand >.> pense sur ce point. Dans ses Con-

relate la

pour
siiion
col. col.

li-

dfunt devant

coutume d'offrir le saint la tombe mme, avant


c.
I.

sacrifice
la
I. l.

dp<

corps. Conf., I. I\. 777; cf. Cont. Faustum,


184.

du

xn,

/'.

..

xxxu,
xi.ii,

XX,

c.

xxi,

Contre l'hrsiarque Arius il affirme l'utilit des suffi iges pour les dfunts. De har.. mm, l. xin. col. 593. Quoi de plus touchant <pi<' les paroles d'Augustin sur sa mre dfunte? De toute son Ame, il prie Dieu de mon cur..., je ni- songe pas aux pour elle vertus de ma mre, pour laquelle je vous rends grces avec bonheur. C'est pour ses pchs que je vous prie. Pardonnez lui. Seigneur, ses dettes. N'entre/ pas en Jugement avec elle. Souvenez-vous qu'tant prs de finir sa % ie elle ne pensa pas a m>h corps el qu'elle s'abs tint de demander la pompe des funrailles; tout ce quelle souhaita ee lut qu'on il mmoire d'elle votre autel, o elle savait que Ton offre la victime sainte qui efface l'arrt de notre condamnation. Conf., 1. IX. i. xiii. r. 35 sii. t. XXXII, col. 77S. Et le Bis et ses amis prirent pour elle avec ferveur pendant (pion offrait ifice de notre rdemption a son intention . Ibid., -. eol. 777. l.t tout n'est pas tini avec ces prires immdiates, car elles peuvent se succder Indfiniment. IbiJ.. n. 37, eol. 779. In texte de l'Enchiridion mrite une attention particulire, car il a donne lieu a une interprtation dfectueuse, que nous avons releve iei mme. Voir Mil ii\i s. t. \. roi. 1998 Lorsqu'on oITrc, dit Augustin, pour tous les dfunts baptises le sacriDcc de l'autel ou celui de l'aumne, tous n'en profitent -dment. Pour ceux qui ont t trs bons, ce sont ions de grces. Pour ceux qui n'taient pas trs mauvais, ce sont des propitiations. Pour les trs mauvais, si elles tu- s.,nt d'aucun secours aux morts, elles sont une consolation pour les vivants; a ceux qui elles sont utiles, elles le sont pour leur obtenir une pleine rmission de leurs fautes ou du moins pour que leur damnation devienne plus tolrable. C. xxix. /'. /... damnation - n'est ici pas autre t. XL, col. 246. I.a que la peine du purgatoire. lin revanche, saint Augustin enseigne que les sutvivants ne peuvent profiter aux damnes. la nui li ure preuve de l'exactitude le notre prccdi nte intt rprtation. \~oirDe cura prvmortuis gerenda
:

77 A. C'est mme en parlant de ce fail de la prire pour les dfunts qu' Isidore conclu) l'existence dans l'autre vie d'un purgatoire O s.>nt remis certains pchs. N. 12, col. 77 ah. il se demande ensuite poui quoi la rmission n'est pas accorde Ions, cl il n'a pas d'autre rponse que le texte de saint Augustin, Enchir., c. xxix; voir ci dessus, col. 1233. l<L. ibid, 2 ('.mu tics. Les anciens conciles de l'glise latine
COl.

renleriiicnt
Illicites

frquemment des dcisions qui

sonl d'ex

'

/... t. xt. col saint Augustin. L'enseignement de la tradition est si nettement tabli qu'il devient inutile

P.
s

d'insister.

Rappelons simplement pour mmoire deux saint Grgoire le Grand o ce pape relate

demandant des prires pour ment de leurs mes et confirmant ee soulagement pour l'me du diacre Pascbase, Dm/., I. IV. c. xi.. /'. /... t. .xxvii. col. 397; pour l'me du moine Justus, dlivre par la clbration de trente misses (origine du trentain grgorien c. lv, col. 121. On peut iquement, faire remonter jusqu'au ix ou au
pparitions de dfunts
:

i,

confirmations de la doctrine catholique touchant l'efficacit de la prire el du sacrifia eucharisique pour les dclunl s. l. Certains conciles rglent l'application du sacrifice eucharistique d l'me de pnitents dcds avant leur complte rconciliation. Les statu/a Ecclesi antiqua (qu'on donnait jadis comme canons du [Ve concile de Carthage) donnent l'indication suivante: Lorsque les pnitents qui se montrent /des meurent par hasard pendant un voyage ou une traverse, alors qu'on ne peut leur porter secours, on doit prier et offrir fi saint sacrifice pour eux. Can. 79, tefele Leclercq, Hist. des conc, t. ii. p. 19. or Le I concile do Vaison 12) est plus explicite enSi les fidles, aprs avoir reu la pnitence, core mnent une v ie correcte en accomplissant les exercices de la satisfaction el viennent mourir subitement dans les champs ou en voyage sans avoir t admis a la communion, ou doit offrir pour eux le saint sacrifice foblationem recipiendam) ; ils doivent aussi tre ensevelis comme les fidles, car il serait in just e d'exclure des saints sacrifices ceux qui aspiraient avec ferveur aux saints mystres et qui. aprs s'tre regards pendant longtemps comme indignes a cause de leurs pcfis, dsiraient vivement y tre admis, s'ils sont venus a mourir, sans le secours des sacrements, et alors qu'un pitre ne leur aurait pas refus la rconciliation. Can. 2, Hefele-Leclercq, op. cil., t. n, p. 155. Plus brivement le II concile d'Arles ou 15271 (que certains auteurs dnomment IIP), s'exprime ainsi Quant a ceux qui meurent encore dans l'tat de pnitence, on dcide qu'on ne doit abandonner aucun d'eux sans la communion; mais, puisqu'il 9 honorablement pratiqu la pnitence, on doit accepter pour lui l'offrande (du sacrifice). Hefele-Leclercq, op. cil., t. n, p. 166. Le II' concile d'Orlans (533) prescrit de recevoir les oblations des dfunts pour ceux qui auront t excuts cause de quelque crime, condition qu'ils ne se soient pas donn la mort de leurs propres mains. Can. 15, Iclelc I.eclcrcq. op. cit., t. II, p. l.'i"). l.e \ concile de Tolde (675) es) tout aussi condes cend.int Au sujet de ceux qui, avant reu la pnitence, meurent avant d'tre rconcilis..., on dcrte que leur mmoire soit rappele dans les glises et que l'offrande soit reue par les prtres pour leur dlit. (Autre texte et que l'offrande destine a leurs mes. soit reue. On trouve ici. en effet, deux leons. Soil: oblalio pro connu delicto, Eiardouin, t. tu, p. 1029, et oblatio pro eorum dedicata spiritibus, Mansi, ConciL,
I
-

l.'i

t.

vi.
'i.

col.

15.8.

goriennes an la retrouverait mmi antrieurement, surtout dans l'ordre bndictin. Cf. Bringcr, Les indulgences, trad.
la
:

prat ique di

fr.. t.

i.

Paiis. 1925,

p.

D'autres concile: interdisent l'application du sacri In,- eucharistique certaines catgories de criminels. Nous avons dj trouv- cette restriction dans Le die d'Orlans, de 533.

PURGATOIRE. LES SUFFRAGES POUR LES MORTS (OCCIDEN1


Le I I e (?) concile de Braga, en 563, interdit de faire mmoire au sacrifice de la messe de tous ceux qui, de quelque faon que ce soit, se sont donn eux-mmes la mort; leurs corps ne seront pas ensevelis au chant des psaumes. Can. 1 (>, I lefele-Leclercq, op. cit., t. m, p. 1 80. Le concile d'Auxerre (578), interdit d'accepter les offrandes pour les suicids. Can. 17, Hefele-Leclercq,
op.
cit., t.

1236
et

Christo quiescentibus, locum re/rigerii, lucis indulgeas, deprecamur.

pacis, ut

Le Mmento des morts est trs certainement une portion authentique du canon romain dans les deux recensions A et B . Bisiiop, On the early texts o/ the

Roman Canon, dans The Journal


p. 577.
Il

oj theol. studies, t.iv,

m,

p. 219.

dans nombre de conciles anciens, certaines rglementations concernant la clbration des


3.

Enfin

l'on troupe,

messes pour les d/unts. Voici d'abord un canon d'un concile de Carthage, vers la fin du iv e sicle interdiction de clbrer la messe sans tre jeun, sauf l'anniversaire de la Cne. Si l'on doit faire mmoire de personnes mortes l'aprs-midi, on se contentera de rciter de simples oraisons, s'il ne se trouve personne jeun pour clbrer. Mansi, ConciL, t. m, col. 885 A. Le II e concile de Braga (563) nous fait connatre une
:

ne figure pas cependant dans le sacramentaire glasien, ni dans le ms. 164 de Cambrai, ni dans le ms. Val. Regin. 837. Mais on le trouve dans le ms. Val. Ottob. 'il'i, aussi bien que dans le missel de Bobbio, Paris, Bibl. nat., lot. 13 246, dans le Missale de Stowe, Bibl. de l'Acadmie royale d'Irlande, et dans le Missale Francorum, ms. Val. Regin., 257. S'il manque dans ces quelques exemplaires, c'est, dit Mgr Duchesne, parce que cette formule servait de cadre aux diptyques des morts, que l'on rcitait sur un texte spcial, un rouleau, un tableau ou autre chose de ce
genre. Origines du culte chrtien, Paris, 1908, p. 185, note. Ordinairement, en efet, aprs la lecture des diptyques qui renfermaient les noms des vques et de
tait l'oraison dite

coutume

priscillianiste qu'il
,

jeudi saint

n'assiste pas la

Quiconque, le messe, jeun, dans l'glise


rprouve
:

une heure dtermine aprs none, mais, suivant l'usage de la secte des priscillianistes, clbre, partir de tierce, la solennit de ce jour, en interrompant le jene aprs avoir assist une messe des morts, qu'il soit anathme. Hefele-Leclercq, op. cit., t. ni, p. 178. Quelques annes aprs (572), le III e (II e ) concile du mme nom rprouve un autre usage priscillianiste, qui est de consacrer aux messes des morts aprs avoir bu du vin. Can. 10, Hefele-Leclercq, op. cit., t. m, p. 195. Le II e concile de Vaison (529) fait mention des messes pour les dfunts propos du Kyrie eleison et du Sanctus. Aux messes du matin ainsi qu' celles du carme et aux messes des morts, on doit dire trois fois Sanctus, ainsi que cela se pratique pour les messes solennelles. Hefele-Leclercq, op. cit., t. n, p. 1114. Le synode romain de 502 considre comme une impit et un sacrilge de dtourner de leur destination les biens laisss pour les pauvres aux glises, en vue d'obtenir de Dieu le salut et le repos ternel pour l'me du donateur. Hardouin, t n, p. 978. Voici une curieuse interdiction porte par le XVII e concile de Told (694) Quelques prtres disent des messes des morts pour des vivants afin que ceux-ci meurent bientt. Le clerc qui dira une pareille messe et celui qui la lui aura demande seront l'un et l'autre dposs, bannis et tout jamais excommunis, a Can. 5; Hefele-Leclercq, op. cit.. t. m, p. 586. On pourrait galement citer les conciles d'une poque plus tardive, de Chalon-sur-Sane (813), can. 39, Hefele-Leclercq, op. cit., t. ni, p. 1145, et de Worms (868), can. 80, Hefele-Leclercq, op. cil., t. iv, p. 465. Un certain nombre de textes patristiques et conciliaires sont entrs dans le Dcret, I a part., dist. XXV, c. 4 Qualis (S. Grgoire), c. 5 Qui in aliud (Ps. -Augustin), Friedberg, col. 94 II a part., caus. XIII, q. n, c. 2124, col. 728-729; caus. XXVI, q. vi, c. 11 (Conc. d'paone), col. 1039; III part., dist. V, c. 35 Nullus, col. 1422. 3 La liturgie. Les textes rapports plus haut de Tertullien et de saint Cyprien indiquent assez nettee sicle la liturgie comportait le ment que dj au Mmento des morts. Voir col. 1231. Au fur et mesure de notre enqute, nous avons relev des allusions au Mmento des morts la messe. Saint Augustin en tmoigne au v e sicle. Les anciennes liturgies en four:
;

paix du Christ, le clbrant rciOratio post nomina, par laquelle prtre et assistants, demandaient Dieu pour ces mes le repos ternel. Duchesne, op. cit., p. 124. Sur le Mmento des morts dans le canon romain, voir dom Cabrol, art. Canon, dans Dict. d'archol., t. n, col. 1868. Dans le rite ambrosien nous retrouvons le texte romain un mot prs Mmento etiam, Domine, etc., lucis ac pacis ut indulgeas, deprecamur, Cf. Paul Lejay, Ambrosien (Rite), dans Dict. d'archol., t. i, col. 1411.
fidles

morts dans

la

La liturgie mozarabe offre de nombreux exemples du souvenir des morts. Dom Frotin a publi un certain nombre de textes dans le Liber sacramentorum mozarabicus, 1912. Voir dom Cabrol, Diptyques, dans Dict. d'archol., t. iv, col. 1069-1071. Sur la lecture des noms des morts la messe, voir ici Mozarabe (Messe), t. x, col. 2529. Dans la messe gallicane, les noms des morts taient lus mme en temps que ceux des vivants, l'offertoire, avant la prface. Voir dom Cabrol, art. Diptyques, loc. cit., col. 1074, et ici Messe dans la liturgie, t. x, col. 1375. On trouvera, emprunts aux diffrents textes d'anciennes messes gallicanes, de nombreuses formules o revient le souvenir des morts. Voir l'art. Diptyques, loc. cit., col. 1071-1073. Pour le Mmento
dans la messe celtique, voir ici t. x, col. 1382. Sur les sacramentaires qui n'ont pas le Mmento des morts aprs la conscration, voir Diptyques, loc. cit., col. 1077 sq. Dans le sacramentaire grgorien on trouve une srie de messes pro defunclis : pro episcopo dejunclo; pro sacerdote de/uncto; unius defuncti; in die depositionis,
sive tertio, septimo trigesimoque ; in anniversario ; plu-

rimorum defunctorum. P.

L., t. lxxviii, col. 214-218. Ces dernires indications nous remmorent que, ds les premiers sicles, l'usage s'est introduit de clbrer la mmoire des dfunts des jours dtermins. D'aprs les Constitutions apostoliques, 1. VIII, c. xlii, c'est le troisime, le neuvime, le quarantime jour et le jour anniversaire. Ces dates sont conserves dans l'glise grecque. Voir ci-dessus, col. 1207. Le quarantime jour est attest galement par saint Ambroise. Voir col. 1 232.

En

fixant le

se rfrer

neuvime jour, les Constitutions semblent aux usages civils du novemdiale. Le septime

nissent d'ailleurs maintes preuves par les prires intitules Post nomina, super diptycha. Voir Muratori,

jour, dit saint Augustin, auctoritatem habet in scripturis... septenarius numerus propter sabbati sacramen-

tum prcipue
chum,
1.

quielis

indicium
t.

est.

Qust. in Heptateu-

Liturgia romana velus, Venise, 1748, t. i, p. 761; t. n, p. 223; Mabillon, Liturgia gallicana vtus, 2 d., Paris, 1729, p. 278, 289. Le canon de la messe romaine est

I,

q. ci.xxn, P. L.,

4 L'pigraphie.

xxxiv, col. 596. L'pigraphie, en Occident comme

Mmento, Domine, famulorum famularumque luarum qui nos prsecesserunl cum signo fidei et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et omnibus in
dcisif
:

en Orient, atteste la prire et l'offrande du saint sacrifice pour les morts. Mais cette question historique a dj t abondamment traite ici, Communion des saints (Monuments de l'antiquit chrtienne), t. m,

12
col.

Pi

RG

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LES PREM1

1.

RS
et

THOLOG
de
Sailli
\

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(.'est
i

L238
<

160 167. H est iu.iiiin.Mii-. utile de dgager une synthse doctrinale de tons eea documents. Dom Leclercq l'a fuit heureusemenl trace en un paragraphe que nous citons
:

Augustin
1.

surtoul de saint

irand qui

in

pire Ions les auteurs.


Utilities
;</./

dans son

l><

Il existe une srie considrable de tmoignants explicites a ii prire pour les morts, ( s son) les acckunattona al les vivu\ que les Ddles tormulenl pour les dfunts. Parfois, c',st un simple souhait il>' flicit, de p.iix. car, pour les Bdles, ces mots i/i pue* ne sionlflenl pas seulement que le sort n \ .lit en paix avec l'glise, dans l'orthodoxie des 'est formules, mais encore qu'il |oull de la paix ternelle. vi m m noupourquoi on rencontre in pacb \i\u. iv
i

>

ai rappellent la vie passe sur la terre et ces autres in p m laraauJea <|in se rapportent a la \ le future qi h s, n \ et -< - v .u Untes Ri qvikscji in I'ace; vi\ \s s rtii VAAJ IN PACK; PAO homini DOIUflAS; i\ PACK... IN HOMO us \ in PAC! u u. 1! u m. 11 f;mt
:
1

m
i

m
i

donc

garder de croire que la formule dors en paix celle des gentils qui veuille exprimer une pense analogue la rsurrection, et pour 110 croient ni :i l.i vie future ni repose ici a Jamais lexpiel- osa mots auraient le sens de le rapOS est une allusion a la posture du cadav re tendu et liuuiohilc connue on l'est pour dormir, le un me que
se

lxxvi, consa sacramentia, I. II. pari. N\ i. /'. /... i. cre aux ims dernires de l'homme, qu'Hugues expose ses nies sur le purgatoire. Le dogme lui mme est suppose acquis, Aprs avoir trait du dpari de l'Ame, c u, col. 580, Hugues tudie les peines elles mmes, donl la principale est le l'eu, feu e\ idcmmeiil matriel connue celui que nous connaissons aul renient que srail il'.' Comment ce feu al leiiulrail il les finies? In tO ardent. quod se ardentes rident: Col. 585 A. N'est ce pas l pr Index l'explicat Ion que donneronl Richard de Media villa, Sent et Ockam? Voir Feu di l'enfer, i. vh, coi. 1230. Le c iv tudie la question de lacis pnarum. u ralit, pour 1 lugues, le lieu du purgatoire Col. 586. est une question accessoire, a laquelle l'auteur ne saii rpondre que par une timide hypothse: lsmes souf. lrent la O elles ont pche. Col. 586 le plus le pur gatolre al tend tous ceux qui ne sont pas parvenus une complte purification de leurs rimes. Ce sont les non
:

cimetire voque l'ide ilu dortoir, mus simplement jusqu' l.i rsurrection...; c'est une paix qui n'est pas la

\kin in PACE, puisque m ri u \i\i in PACK; dans le riirist \ n is in oi obj \ di o et i p m c'est le sjour avec les anges DotfiNi Nosnu pax m in paci anoblis; c'est la possession de la batitude ni DM ioni c'est l:i socit de Pieu M DI (> in p \i ... in pa< L'qui v alent de la p:ii\. c'est le rafrachissement et iiniui.i .mi m. La paix et le rafrachissement vont liar finir l'objel du dsir des Qdles pour ceux qu'ils ne dlaissent pas de leurs prires... (Car) les survivants ne se contentent pas d'affirmer leur croyance; ils expriment leur espoir et prient pour obtenir aux morts la grce qu'ils leur souhaitent. Nous en avons dj cite quelques exemples, en voici d'autres. Au cimetire de Sainte-Agns O s. ipiati rinpai in GCOC CYrCNIHC ;Gai di : paciat. Une pitaphe romaine du ir sicle prsente cette formule caractristique me n(bi) iinis \ m issimi MATS CS SET PATEH oMNleol Ns viisFiti in LAB forum /tamoiu m misi ni Are ANiM.r: non Bo(na) ii m- mis... Voir les rfrences dans H. l.eclercq, art. Dfunts, dans Diet. i/'.irc/i. ../., t. i\ col. 447-448.

mort

c'est

.i

vie

ralde boni. Mais, parmi les malt, il y a les valdc mali et les non rallie malt. Les premiers sont srement damns. Mais des ralde mali OU des minus mali quel sera le sort? Hugues les estime damns, sans cependant rien

mm

mum

MNHC0H
i
; 1 1

HM

Il est temps de conclure. Tous ces documenl s. enseignement des Pres, prescriptions des conciles, formules liturgiques, inscriptions pigraphiques, nous amnent, pour l'glise latine, a la mme conclusion que pour l'glise grecque: depuis les temps les plus recules ce qui nous permet de dire depuis les temps

la croyance l'efficacit des suirages defuntsestun dogme universellement reconnu. v. L'union ralise aux conciles de Lyon et .ni:i ni di L'tude de la tradition dans l'glise orientale et dans l'glise latine devrait nous faire conclure au rapprochement facile de ces deux glises dans l'enseignement relatif aux peines purificatrices de l'autre vie. Peut-tre si cet effort de conciliation avait t tent au vi sicle, l'union eut-elle tralise. Malheureusement les premiers essais thologiques, en Orient surtout, ne favorisrent pas ce rapprochement tout an ontraire, ils aboutirent crer un malentendu que les deux conciles de Lyon et de Florence dissiperont a peine. Aussi semble-t-il logique de rappeler, en

apostoliques

pour
1

les

de prface a l'tude des textes conciliaires, les divergences cres par l'enseignement des thologiens. Nmis examinerons donc successivement 1 L'enseignement des thologiens latins de la lin de l'poque patristique an xiv sicle: 2' l'enseignement des thoas byzantins de la fin de l'ge patristique au Il oncile de Lyon; 3 la doctrine du purgatoire au II* concile de Lyon (1274); 1 la doctrine du purgatu concile de Florence 139).

t.

LESSEIGSEUK.ST DES TBOLOQlMa LATIB8 DR

LA FIS DE L'POQUE PATRISTIQUE A'' XIV* SICLE. 1 Avant les sentenliaires. C'est l'influence de salnf

vouloir dfinir. Le c.v, Dcqualitatetormentorum, expose, par rapport aux peines du purgatoire, le sens de I Cor.. tu, 14-15. Ce sont les fmes coupables de moindres pchs qui pourront tre ainsi sauves comme par le feu. Col. 590. Les derniers chapitres, vi-.x, traitent des suffrages pour les dfunts: lout particulirement le c. vu rappelle, avec saint Augustin, quelles mes profitent davantage de ces prires. I. es deux derniers chapitres sur le sacrifice de la messe sont particulirement touchants Quis enim. crit-il, fnlcliiim Itabere dubinm possit in ipsa immolalinnis luira ail saterilnlis votent ctehun aperiri. Col. 595-596. Dans ses Sentences, I. IV. 2. Robert Pulleyn. c. xxi, xxn, P. L., t. clxxxvi, Pulleyn tudie l'exis tence du purgatoire, sjour prparatoire pour les justes de l'Ancien Testament, l'entre dans le sein d'Alua hani. pour les justes aprs Jsus-Christ, l'entre au paradis, c. xxi. La peine du purgatoire est le feu. Une comparaison montre bien la gravil de cette peine ignis qwppe purgatorius, inler nus/ras et in/erornm panas mdias, lanttim saperai has, qiianlnm saprratur ab suggre par le illis. L'existence de ces peines est ps. vi, 2: Domine, ne in furoretuo arguas me,nequein ira tua corripias me: la fureur divine se manifeste par les peines de l'enfer; la simple colre, par les peines du purgatoire. C. xxi, col. 821) BC. C'tait dj l'interprtation de Bde; voir col. 1227. Quelques autres ides sont jetes comme en passant. O se trouve le lieu du purgatoire? Nondum scio. C. xxn. col. K2l> I). Combien de temps les finies demeureront-elles en purgatoire? Usque ad sati.slaclionem. Id., ibiit. Aprs la purification, elles iront sans aucun doute dans le ciel; mais, selon la gravit OU la quantit de leurs pchs, elles devront demeurer plus ou moins longtemps au purgatoire. Col. 827. A sa desenfers le Christ a probablement dlivr cente aux toutes les aines du purgatoire. Col. 828. Nous ne trouvons qu'une allusion en passant chez Richard de Saint-Victor, Pierre le Chantre, Alain de Lille. Voir Fbtj du puroatoibe, col. 2259. Mais, chez matre liandin (qui rsume Pierre Lombard;, nous retrouvons la formule de la quadruple division des fmes aprs la mort (formule qui s'inspire de s;iint Augustin, Enchir., c exi h s valde boni, les mediocriter boni, les mediocriter mali. les valde mali. Les suffrages ne sauraient profiter aux valde mali et peut-tre pas aux mediocriter mali. C'est la position d'Hugues de il. Saint-Victor, /'. /... t. exen, col. n
:

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1240

1. Avec Pierre Lombard nous arrivons aux formules qui ont servi de thme aux variations des thologiens sur le purgatoire. Dist. XXI. I.e Matre des Sentences se demande tout d'abord si certains pchs sont remis aprs cette vie. lit, invoquant Malt h-, XII, 32, et I Cor.. m, 15, il rappelle l'interprtt ion encore hsitante de saint Augustin sur ce dernier texte (De civ. Dei, 1. XXI, c. xxvi, n. 4; voir ci-dessus, col. 1222) et conclut que le texte de l'ptre aux Corinthiens insinue ouvertement que ceux qui difient le bois, etc., emportent avec eux des constructions combustibles, c'est--dire des pchs vniels, lesquels devront tre consums dans le feu purificateur . Il y a donc des pchs remis aprs cette vie. La peine du purgatoire ne sera pas gale pour tous. Le texte de saint Paul l'indique galement. Les pchs vniels sont reprsents par le bois, le. foin, la ppille. Mais le bois, ce sont des pchs plus srieux; le foin, des pchs moins importants; enfin la paille, des fautes minimes. D'o il suit que, selon l'importance dos fautes, les mes seront dlivres les unes plus vite, les autres moins rapidement. Paralllement, l'or, l'argent, les pierres prcieuses, ont des significations diffrentes l'or, c'est la contemplation divine; l'argent, c'est l'amour du prochain; les pierres prcieuses, ce sont, les bonnes uvres en gnral. C'est l l'interprtation de la Glose ordinaire, qui s'inspire de saint Augustin, Enchir., c. lxviii. Une dernire question se pose Pierre Lombard le bois qui sera consum par le feu doit-il tre entendu du pch lui-mme ou de la peine due au pch? Pierre opine que c'est du pch lui-mme qu'il fautl'entendre, car on peut tre surpris par la mort sans avoir eu le temps de se repentir du pch vniel. La question du purgatoire appelle ncessairement celle des suffrages pour les dfunts. Pierre Lombard l'aborde dans la dist. XLV. Aprs l'numration des rceptacles dans lesquels sont accueillies les mes avant le jugement, le Matre des Sentences expose, c. n, le problme thologique des suffrages. Le texte de \'Enchiridion sur les diffrentes catgories de dfunts lui sert de thme. Voir col. 1221. Et il en tire une leon touchant quatre catgories de dfunts les valde boni, les mediocriter boni, les mediocriter medi, les valde mali. Mediocriter malis suffranantur ad pn mitigalionem; mediocriter bonis ad plnum absolulionem. On sait qu'au Moyen Age nombre de thologiens ont admis une certaine mitigation des peines pour des damns moins coupables. Voir Mitigation, t. x, col. 2000. Mais, coup sr, les mediocriter boni sont les mes du purgatoire
:

mit avec Pierre Lombard, il enseigne que dans l'autre vie, le pch vniel est remis (quant la coulpe mme) par le feu du purgatoire celui qui meurt en tat de grce, parce que cette peine, tant d'une certaine manire volontaire, a la vertu d'expier toute faute compatible avec la grce sanctifiante . In I V ara Sent., dist. XXI, q. i, a. 1, qu. 1. Mais plus tard saint Thomas modifie sa pense :1e pch vniel n'existe plus au purgatoire quant la coulpe; sitt l'me juste affranchie des liens du corps, un acte de charit parfaite efface sa faute, dont il ne restera que la peine expier, l'me tant dans un tat o il lui estimpossible de mriter une diminution ou une remise de cette peine. Demalo, q. vu, a. 11. L'opinion de saint Thomas a conquis de nombreux suffrages chez les sententiaires: Richard de Mdiavilla.PicrredelaPalu. Durand de Saint -Pourain et mme des nominal is tes comme Almain l'ont accueillie dans leurs commentaires sur la dist. XXI. Avec saint Bonaventure, nous trouvons une opinion moyenne. L'art. 1, q. i. de la dist. XXI pose comme base de raisonnement que le pch vniel ne saurait tre remis sans la grce sanctifiante . Dans l'art. 2, q. i, Bonaventure reprend l'opinion de Pierre Lombard; aprs cette vie, le feu purifie l'me non seulement de la peine, mais de la coulpe du pch vniel les mes souffrantes sont en tat de grce, et, pour produire son effet de purification, la charit est aide, au purgatoire, par la souifrance. Denys le Chartreux a repris cette solu:

<

que plus tard Dominique Soto, Sur la doctrine en gnral de saint Bonaventure, on consultera avec profit Thomas Gerster de Zeil, Purgatorium juxta doclrinam seraphici doctoris S. Bonavenlur, Turin. 1932. Contrairement l'opinion mise en dernier lieu par saint Thomas, Duns Scot revient l'ide d'une faute
tion, ibid., q.
dist.
i,

ainsi
a.

XV,

q.

n,

2.

auxquelles nos suffrages apportent soulagement et entire dlivrance. Dans quelle mesure nos suffrages sont-ils appliqus? Les prires des obsques sont -cl les utiles? Autant de questions proposes par Pierre Lom-

Les sententiaires tudient de Pierre Lombard la question de la purification des pchs dans l'autre vie et celle des suffrages. Con1 La purification des pchs dans l'autre vie. formment l'ordre observ par Pierre Lombard, la question de la rmission des pchs vniels vient en premier lieu. Alexandre de Hals se demande si les pchs vniels sont remis au purgatoire quant lu
la suite
.

bard et auxquelles les leurs solutions. 2 Les senteniiaires.

commentateurs apporteront

coulpe.

Summa,

part. IV. q. xiv,

membr.

III, a.

3, 5.

La rponse

est ngative, le libre arbitre, aprs la mort,

tant immobile, et le mrite impossible. C'est donc simplement la peine qui est remise au purgatoire. La coulpe est remise l'instant mme de la mort, par la grce de la persvrance finale. Mme opinion chez Albert le Grand. 7/ / V um Sent., dist. XXI, a. 1, et, plus tard, chez Major, ibid., q. m. Chez saint Thomas, une volution s'accuse dans la pense. Au dbut, en confor-

remise postrieurement l'accomplissement de la peine. In IV" m Sent., dist. XXI, q. i. Toutefois, dans iesReportata Paris., il semble beaucoup se rapprocher du Docteur anglique. Voir Duns Scot, t. iv, col. 1932. Quel sentiment animera donc l'me souffrante relativement ses pchs? Pas de contrition vritable, telle qu'on la trouve dans la pnitence sacramentelle ou dans l'acte mritoire de pnitence; le regret du pch quivaut chez l'me du purgatoire au dsir d'tre dlianime purgalorii sacramentaliler vel merilorie vre conteri nequeunt, sed tantum solutorie, ideoque ob repugnantiam sui status. Alexandre de Hals, op. cit.. q. xvn, membr. n, a. 2, 3. Albert le Grand rappelle, lui aussi, cette incapacit des mes souffrantes. Leurs peines ne sont volontaires que secundum quid. La peine volontaire, en effet, est celle que la volont librement recherche et s'impose. Or les mes subissent leur peine parce que cette peine leur permet d'arriver au ciel. C'est la diffrence qui existe entre la satisfaction de la vie prsente et la satispassion du purgatoire. A. 7. Saint Thomas dira pareillement que les mes souffrent d'une volont conditionne, en tant qu'elles savent que leurs souffrances les conduiront au ciel. I.oc. cit., qu. 1. Bonaventure admet pareillement que la peine du purgatoire n'est qu' demi volontaire la volont la subit, la tolre, mais tout en dsirant sa cessation; elle n'est pas mritoire. Ibid., q. iv. Cette constatation amne les deux grands thologiens dclarer, eux aussi, que la moindre peine du purgatoire est suprieure la plus grande souffrance d'icibas. Mais, alors que saint Thomas se contente de reproduire l'assertion telle que nous l'avons dj rencontre chez maint auteur, Bonaventure lui adjoint Dans l'autre vie, en raiune explication opportune son de l'tat des mes, la peine purificatrice sera, en son genre, plus grave que la plus forte preuve d'icidans son genre . Bonaventure tabas. En ajoutant blit une proportion qui dissipe les malentendus pos: :
:

1241
sii>ii>
:

P
(H>ur
le

RG
l.i
1.1

l<|

Kl

LES SE NTE NTIAI RES


la

mme

pch,

purgatoire sera suprieure .1 terrestre correspondante, s


nu.
saint
.

plus petite peine du plus grave punition rhomaSi toc cit.. a. 1,


q.

matrialit du (ou purificateur. Les dlteui s le Qua raCChl ont mme Cni pOUVOir ajouter au texte do saint
la

Bonaventure
nuiriuii pott

remarque suivante
fleri

Purgationem

mu

.i;
l,

Bonaventure,
11.
:

toe. cit.,

rv; cl. dist

XX,

plupart dos autres auteurs suivent -.urt >ut Richard de Mdiavilla, iii>t Pierre de la Palu, dist XXI. q. 1. XX, a. q. n .1. 1. ooncl. i\. Mais, si grande que soit leur peine, les .mu - ae se croient pas damnes et elles n'ignorent pas qu'elles --ont on purgatoire. Saint rhomas, id., qu, -I. Leur tat est toi qu'elles possdenl une certitude do leur salut, plus grande que celle qu'elles avaient sur
l>art.
a. I, q.

l.a

rhomas

voir
.

'-'.

terre,

moins grande que

celle qu'elles

amont au

ciel.

commune tous les docteurs dans leur commentaire soit a la dist. XXI. soit a la dist. XLV. sont 00s peines qu'on appelle d'un nom qui les
Cette doctrine est

per ignem, quintamenexclu dantur alite pana, negant Grttci, affirmant nunc Latini, quorum sententta graoissimta auctoritatibua confirma tnr. NoNiu m autem al' Ecclesia deflnita est; ne constat quod omnes purgandi illam pamam sensus palientur. \<i dist. XXI,. 1, q. n. il est difficile, aprs le concile di Florence (voir plus loin), <lc prsenter sous ,. jour la doctrine du feu matriel. Voir Fbi dv pi rqatoire, col. 2260. ous les soniont i.iiios admettent qu' l'instar dos chAUments de l'enfer, les peines du purgatoire comprendront, outre la peine du feu. la peine du dam. Kl iv

hanc oitam

englobe tontes

le

purgatoire

peines purificatrices est ment. Tout d'abord, la certaines Ames sont asso/ parfaites pour aller directe ment au ciel; les damns iront en enfer; mais certains pcheurs, qui no mritent pas l'enfer el ne
:

L'existence de 00s dmontre par un double arguraison thologique A la mort.


.

peuvent cependant pas entrer immdiatement au ciel, passeront par l'preuve du purgatoire, s. Thomas,
list.

XXI.

q.

1.

a.

1.

qu. 1: Cont.

fient.,

I.

IV.

0.

xc.i:

Optue. Dedaratio quortundam articulorum, c. ix: l'.ontra Arment <t Saraccnos; S. Bonaventure, dist. XX. a. l. q. 11. Ensuite, la rvlation. Sans s'atS: Apec. \\i. 27 tarder a Sap., \. 25; K. (Dedaratio...), tous nos thologiens sans exception l-l. font otat do I Cor.. 111. se do I Cor., m. ll-l. reflte chez tous rintluonoo do Csaire d'Arles. Tous interprtent unanimement dos pchs vniels le bois , la . paille , le foin . Certains, comme Albert le Grand el saint Thomas, donnent mme un sons diffrent chacun de 00s syralo bois, 00 sont les pchs vniels plus imporboles tants; lo foin. 00 sont les pchs vniels moindres; la paille, los pchs vniels minimes. L'or, l'argent, les pierres prcieuses, ce sont les oeuvres qui refltent los penses de Dieu; le bois, le foin, la paille, lesu\ resqui refltent los penses du monde. Alexandre deHals, op. cit.. q. xv, membr. m. art. 1-3; S. Albert le Grand,
cf.
-

empch dont rer dans le bonheur du ciel, \ oll, coi tes. pour les Ami s du purgatoire une vritable peine, qu'on lient comparer celle du dam. Voir los commentateurs dos dist. XX el XXI, parmi lesquels, outre saint Tho mas et saint Bonaventure, il faut citer Pierre de la Palu, Richard de Mdiavilla et, au 1. III. dist. XXII, q. iv. Durand de Saint l'ourcain. La plupart de ces auteurs admettent mme (pic col te peine du dam csl la principale peine du purgatoire; (pion toute hypothse elle se tait sentir d'une faon cruelle aux plus saintes mes, qui, mieux que les autres, comprennent do quel bien elles demeurent prives. Saint Bonaven
1

ww.

turc toutefois lait remarquer qu'eu raison clos certitudes ri dis esprances du salut cotte peine chez les m saintes mos ne saurait tre considrable. In

IV

Seul., dist.

XX.
le

a.

1.

q.

11.

les thologiens entendent du Domini, saint Thomas on tend la signification tout Jugement do Dieu, cl Duns Scot enseigne que ce jour du Seigneur est la tribulation de la vie prsente, mais qu'on peut le rapporter au jugement particulier. Saint Thomas, lu epist. I ad Cor., c. m. lect. 2. d. de Parme, t. xm, p. 179;

Enfin, alors que tous


dies

jugement

Scot, In /\' um Sent., dist. XXI. q. 1. Deux points dogmatiques trs Importants plotent ooi enseignement sur le purgatoire. Tout d'abord, le purgatoire sera plus ou

commoins

svre

el

Ion u solcii

le
I

nombre
laies,
q.

et la
c

gravit
:i.

clos

pochs

:t..

a.

2:

s.

dist.

XXI.

q. i,a.2,

Thomas, Cont. genl., qu. 2: In epist. I adCor.,


1

lac.

cit.;

m.

Iect.2.

Pour Alexandre do

laies, le

fondement
le

est la foi seule.

bien qu'il faille considrer que cette


la charit. Ibid., a. 2. Albert qu'on n'difie pas dos pchs,
ils

foi doit

ont rainer

Grand

fait

observer

mme

vniels, sur la foi:

commis concomitamment avec la prde la foi dans l'me. A. 3. D'aprs le texte le saint Paul, ces pchs vniels clone puritios quasi per ignem. D'o nos tholoipnent unanimement que la peine positive du sms sera, au purgatoire, par le feu feu matriel et rel. Ceux qui ne professent pas cet enseignement a Uur commentaire do la dist. XXI. ainsi que le font

sont doue

'

qu. 3. Mais saint Thomas ajoute une considration spciale il est certain cpio l'un sera dlivr plutt que l'autre du purgatoire., selon le degr d'affection qu'il a eu au pch vniel. Mais prcisment, si le pch vniel est moindre el l'affection plus accent ne. il est possible qu'une me demeure plus longtemps au purgatoire, tout en soutirant moins. Ensuite tous nos thologiens sont unanimes a dcla rer qu'aussitt purifie l'me oui nia en possession du
1.

expier. Alexandre do lu l\ um Sent., dist.

c//;.

il.,

a. !,.'!; S.

Thomas.

XXI,

a.

bonheur cleste. Albert le Grand en conclut que c'est une erreur d'enseigner, comme lo l'ont les Grecs, que
personne n'entrera au ciel qu'aprsle jugement dernier. Loc.ci7.,a.l0. Saint Thomas n'hsite pas qualifier d'h penses. Suppl., rsie 1.1 doci rine de la dilat ion dos rc
le dogme ne fut XII. Voir t. n. col. A coite synthse, il convient d'ajouter quelques traits accessoires. Le lieu du purgatoire semble Inqut ter beaucoup les thologiens sentent iaires. Dans sa doc trine dos rceptacles dos mos aprs la mort, Pierre Lombard avait pos les bases de la discussion. TOUS situent le purgatoire vers h- centre de la terre, a proxi unie clo l'enfer, soit aprs, soil avant les limbes,
(].
1

Thomas el saint Bonaventure, s'y rallient dans commentaire de la dist. Xl.l \ (Scot, Gabriel Biel, Durand de Saint-Pourain, Richard, Pierre de Tarenetc.). o l'on tudie plus spcialement l'action du fou sur les ftmes. \ oir ici Feu de l'enfer, col. 2230Alexandrc de Halos va mme jusqu' crire Quidquid in hoc opinando dixeril bealus Augustinus, omnrs reliqui Ecclesia doctore ignem purgatorium rnusaint

leur

\ix.

a. 2.

Du

sait qui

sur ce point,

dfini qu'en 1336 par Benoit

conclamant. Q. xv, membr. ni. Assertion qui. si l'on s'en tient a laconsition superficielle des conceptions archaques fin feu du Jugement, pourrait tre la rigueur consii llcmcnt exacte. Mais le mrite de saint prcisment de dgager les diffrents rspectives eschatologiques, ce qui logient devait l'amnera mettre quelques doutes sur
terialem esse aperle
q.
1

-11.

s.

S.

homas, In l\ um Seul., disl. XX I. (|. 1. a. I, pi. 2; Bonaventure, q. vi; Richard do Mdiavilla, a. 1.


1

q.

m:

Pierre de

la

Palu, q.

m:

dist.

XLV,

q.

1.

a.

1;

Durand de Sainl -Pourain, /"


q. iv. etc. I.st m a cet

/// uln Sent, dist.


l'enfer?

XXII.
Rien de

ce un

compartiment de

gard. Mais, d'aprs les rvlations faites

1243

PURGATOIRE. LES THOLOGIENS GRECS


valeur, au
q.

1244
cf.

certains personnages, surtout celles que rapporte 1227), il est probable qu'il y a deux lieux l'un, selon la loi commune, est contigu l'enfer; l'autre, pour les cas exceptionnels, est rserve

moins ex opre
a.

opernto. A. 2;

Sum.
ici

theoL,

Bde (voir col. du purgatoire

III a , q. lxxxii, a. 6, et

ici

Messe,
a.

col.

1061;
et

II a -II,

Lxxxin,
2.'i8.

10; q.
et

cxxxvm,

2,

Prire,

aux mes dont Dieu permet les apparitions pour donner des leons aux vivants ou demander des prires.
improbable toutefois cpie les mes soient l O commis le pch sur ce point saint Thomas et [es sentent iaires contredisent Hugues de Saint-Victor, Voir col. 1238. A quelle distance de l'enfer seront ces lieux exceptionnels? Saint Bonaventure aflirme que ce peut l re en des lieux moyens, jamais en des lieux supricurs. La thologie sera longue se dgager de ces
Il

est

elles ont

spculations assez puriles. Sans doute le feu sera l'instrument de la purification, mais Dieu se scrvira-t-il galement des dmons pour faire souffrir les mes? Saint Thomas et saint Bona-

venture rpondent ngativement. S. Thomas, ibid., a. 2, qu. 3; S. Bonaventure, ibid., q. v. Pour ce dernier, les mes sont conduites au purgatoire et au ciel par leurs lions anges. ld., ibid. Albert le Grand avait t hsitant sur ce point, tout en penchant pour la ngative. Dist. XXI, a. 9. Les thologiens postrieurs suivent l'opinion de saint Thomas. Il est assez difficile de dgager d'une manire bien nette ce que les thologiens du xm e et du xiv e sicle considrent comme relevant de la foi catholique, et ce qu'ils proposent comme simple opinion expliquant le dogme. L'existence du purgatoire, c'est--dire de peines purificatrices aprs cette vie, parat bien, dans leur esprit, appartenir au dogme lui-mme, puisqu'ils appuient cette doctrine sur la ncessit d'une satisfaction donne Dieu pour le pch vniel ou pour la peine due au pch pardonn. Le caractre temporaire du purgatoire, la libration des mes, aussitt leur expiation termine, voil deux autres vrits sur lesquelles il ne parat pas y avoir la moindre hsitation. L'existence d'un feu rel au purgatoire est proclame, par Alexandre de Hals, une vrit certaine appuye sur le tmoignage de tous les docteurs, sauf Augustin.

habitants des limbes sont exclus du bnfice de ces suffrages. A. 5 et 7. Mais il n'est pas douteux que les suffrages faits par les vivants ne soient utiles ceux qui sont dans le purgatoire . A. G. Avec Augustin saint Thomas nutnre les principaux moyens de secourir les mes du purgatoire prires de l'glise, sacrifice de l'autel, aumnes. A. 9. Les indulgences ne servent qu'indirectement et secondairement, si leur forme est telle qu'elles puissent leur tre appliques. Un certain nombre de questions accessoires sont abordes par saint Thomas, qui fait d'ailleurs cho Pierre Lombard, sur l'utilit des obsques, a. 11, la valeur respective des suffrages particuliers et des suffrages communs. A. 12-14. On retrouve la mme disposition et les mmes enseignements chez la plupart des autres sententiaires, notamment saint Bonaventure, dist. XLV, a. 2, q. i-m. Dans son commentaire sur la dist. XX, saint Bonaventure, a. 1, q. v, envisage la manire dont la remise des dettes peut tre faite aux mes du purgatoire en raison des suffrages des vivants. Il formule la rponse qui deviendra traditionnelle dans la thologie catholique; la remise des dettes au purgatoire ne peut se produire per modum judiciari absolutionis; elle est toujours per modum suffragii. Cette doctrine laisse intact l'enseignement commun des thologiens sur la possibilit qu'ont les justes encore en vie d'offrir Dieu en justice des satisfactions vritables les uns pour les autres. Elle s'est complique dans la suite de plusieurs controverses accessoires. Voir plus loin, col. 1308 sq. Enfin, les sententiaires se sont demand si les saints du ciel pouvaient intervenir en faveur des mes du purgatoire. La rponse affirmative est commune; voir les commentaires In IV um Sent., dist. XLV. Des controverses se produiront sur la manire dont les saints
col.
:

Damns

peuvent intercder. Mais le fait lui-mme est admis sans discussion par tous, sauf peut-tre par Durand de
Saint-Pourain, dist.

La restriction que le thologien franciscain est oblig d'apporter son affirmation est dj par elle-mme significative. Les autres thologiens se contentent d'affirmer le feu rel ou corporel, mais il semble bien que leur conviction intime soit celle d'Alexandre. Pour tout le reste, il apparat nettement que ce soient simples opinions plus ou moins probables. La meilleure syn2. Les suffrages pour les morts. thse, la plus reprsentative de la pense des tholoe sicle, est celle de saint Thomas. Nous giens au nous y appliquerons presque exclusivement. Le Docteur anglique livre son enseignement sur ce sujet dans les Sentences, dist. XLV, reproduite dans la Somme, Suppl., q. lxxi. Nous citons d'aprs le Supplment. L'art. 1 rappelle le fondement thologique de l'effien raison de la cacit des suffrages pour les dfunts charit qui unit les membres de l'glise et de l'intention qui permet au chrtien d'olrir ses uvres pour autrui, les suffrages faits par l'un peuvent profiter aux autres, quant leur valeur imptratoire et quant leur valeur mritoire ou satisfactoire. Saint Thomas rapporte expressment au dogme de la communion des saints cette vrit fondamentale. En consquence les morts peuvent tre aids par les vivants. A. 2. Saint Thomas s'appuie sur II Mac, xii, 46, et sur l'autorit de l'glise universelle dj invoque par saint Augustin dans le trait De cura pro mortuis gerenda. La tradition est ici reprsente par le pseudo-Damascne (voir col. 1203) et le pseudo-Denys (voir col. 1206), Enfin la raison thologique invoque les liens de charit qui unissent les vivants non seulement aux vivants, mais aux morts en tat de grce. .Mme les suffrages offerts par des pcheurs ont une certaine

XLV,

a.

1.

xm

en soit des discussions sur les modalits des suffrages pour les dfunts, il y a une unanimit telle parmi les thologiens sur le fait mme de l'efficacit de ces suffrages et sur l'enseignement et 1? pratique de l'glise cet gard, que leur doctrine nous apparat bien comme le lieu thologique transmetteur del foi elle-mme. Aussi bien, les docteurs sont-ils sur ce point le fidle cho des Pres, comme ceux-ci le sont du magistre lui-mme.
qu'il
//.

Quoi

L'ENSEIGNEUENI DES THOLOGIESS BYZAN-

TINS DE LA FIN DE L' AGE PATR1STIQVE AU II e CONCILE 1 La doctrine des peines positives. DE LYON. Cette doctrine passe pour ainsi dire au second plan. On a expos ici (voir t. vin, col. 1793) comment les perspectives eschatologiques sont devenues confuses avec la

thologie byzantine, qui accuse un vritable recul sur l'enseignement des Pres des poques antrieures. Dans cette obscurit presque totale on ne peut que glaner quelques allusions aux peines purificatrices d'outre-

tombe.
Faut-il voir une allusion ces peines dans l'opinion de saint Andr, de Crte (f 720), qui place certains pcheurs en enfer, mais avec la possibilit d'en sortir grce aux suffrages des vivants? C'est bien, semble-t-il, la forme que, de plus en plus, la doctrine des peines temporaires de l'au-del prendra chez les Orientaux.
C'est bien la solution qui s'impose
si

l'on s'arrte

de dormientibus, interprtant I Cor., m, 15. Illud salvabilur aut intelligitw de condemnatis qui saloantur, hoc est, rmanent salvi et integri inler flammas illas adernas; autintelligitur de illis qui spem salutis possident, quemsicle). Oratio

un fragment de Thodore Graptus (ixe

IM
mmwdum
et

RG

TOI RE. LES

II

OLOG1

N>

GRECS

L246

Grtgoriua Nyssenua diction tUud inter pntatua est : licel nonnulli illum calumnic&i sunt tanquiim Origenianl dogmatit omfhnn Ce court tragque Grgoire, hiromolnedeChi08(rvr sicle), mont dans >a Synopsis dog.> nav de l'oubli en l'intercalant nuitum. Blbl. Vatlc, n. S r, esl surtout connu parce qu'il est rapport par Allatius, De utriuaque Ecdeaim dogmatt de purmrddentalis nique orientait* perptua gatono eonsensione, dans Migne, Theologim ursus eom.

thologie la catgorie do ceux que les prions des vivants peuvent secourir dans l'autre monde; ne.ni moins il affirme le principe de l'efficacit do ces prires a l'gard des pcheurs pour lesquels il \ a quoique raison d'agir avec misricorde, Vc\eluanl que les pcheurs absolument Impies et endurcis, il Sacrifie peut tre la justice a la misricorde. Il admet
la stricte

<

pjenis.t.xvm, col. 125. Iltmoignedela distinction trs nette que faisaient, au iv sicle, certains thologiens grecs entre le feu. peine du purgatoire temporaire, et le feu ternel, peine de renier. \ oir Fi r du puroatoiri
.

du moins deux vrits qui se compltent l'une l'autre d'une part, une catgorie de pcheurs susceptibles do recevoir encore leur pardon dans l'autre vie; d'autre
:

part, l'efficacit do nos prires on faveur do celle cale gorie. (/est la tout l'essentiel du purgatoire. /'. (/'..
t.

x,
2.

col. 2 17

s,|.

aol. :.

Au

Nicole.

cumenius

se

rapproche davantage

encore Mo notre conception catholique du purgatoire, Cor., m. 15. Pour lui. ans sou commentaire mit aucun homme n'est compltement juste il faudra passer par oo fou. qui purifiera les lgres souillures con1
:

bractes.
77i

/'.

</..

t.

ow m.

col. 676.

ophylaete, archevque d'Achrida, ou Bulgarie, Crailin du xi' sicle, interprte Luc, ni,
.">

gne* celui qui. aprs avoir t la vie, </ le pouvoir d'enCeux qui meurent pcheurs, dans la ghenne. dit l'exgte, no sont pas toujours envoys dans la ghenne, niais ils sont au pouvoir de Dion, qui pont aussi lour pardonner. Je lis cela a cause dos oblations et ilos aumnes qui sont faites on faveur des dfunts sont ailes no sont pas do pou d'utilit mme a ceux qui morts coupables de graves pchs. Aussi do texte dit-il) non pas qu'aprs la mort (Dieu) les envoie, mais qu'il /' G., a lo pouvoir do les envoyer dans la ghenne.
:

doctrine plus nettement orthodoxe ressort du rcit de la Continuation de Thophane louchant le hcophilc. Apres suit ternel do l'empereur iconoclaste la mort do Thophile, sou pouse Thodore voulut res taurer le culte des images, mais auparavant obtenir les prires do l'glise pour son pOUX. La rponse du impossible d'ob patriarche Mthode fui trs nette tenir par les prires de l'glise le pardon aux mes qui ont quitt' le monde des vivants sans bon espoir de salut et sont do toute \ ideuce frappes d'une sentence de damnation. L'impratrice axant affirm sous la loi

lue

serment qu'avant le mourir Thophile avait rtract sou erreur et bais dvotement les saintes Images, les prlats rassembls n'hsitrent plus se faire fort d'obtenir le pardon du dfunt par leurs prires. Thenphanes continuatus, 1. IV, c. v, P. G.,

du

t.
i
l

reprend l'explication do Jean Cbrysostomo: le pcheur sera sauv, c'est--dire conserv dans
15,

cxxm, :.. m.

col.

880.

l.o

mme

exgte,

Interprtant

168 BD. La doctrine des suffrages pour les morts transpire des nombreuses biographies crites par Symon Mtaphraste. Dans la Vie de Jean l'Aumnier, n. 48, nous
t.

o.xix. col.

3.

le

feu pour les supplices ternels a<V.; Tr^zl-yx 8ix.a '-.i/ii't. t. oxxiv. col. 605 A.

En revanche, en oo 2 Les suffrages pour les dfunts. qui concerne les suffrages pour les dfunts, la thologie byzantine reste fidle la tradition sculaire del'glise. dormierunt. 1. Le trait anonyme De iis qui in fide
attribue jadis a saint Jean Damascne, remonte a coup sur au moins au ix' cle. L'auteur se propose d'y rfuter ceux qui affirment que les prires et les uvres pies ne sont d'aucune utilit pour les dfunts. Il invoque l'autorit du II livre des Machabes, et cite des passages du pseudo-Denys, de Grgoire de anze. de Chrysostome. de Grgoire de Xysse, et enfin, par des faits historiques, s'elTorce de dmontrer l'ellicacit des sufragcs. Nous y trouvons l3S lgendes cernant la libration do l'enfer, grce aux prions

Il ordonnait qu'on lisons celte phrase significative clbrt des sacrifices pour ceux qui taient morts, affirmant et reptant qu'aux dfunts sont grandement utiles les prires et saints ministres faits leur intention. P. G., t. exiv, col. 937 B; cf. Vita S. Theodori cnobiarch, c. xiv, n. 17, ibid., col. 484, 485. 4. Le schisme de Photius qui devait survenir peu aprs ne changea rien a la question des suffrages pour les morts. Personnellement Photius tait trs certainement acquis la doctrine traditionnelle de l'Orient.
:

Comme

Chrysostome,

comme

Thophylaete,

il

inter-

prte I Cor., m, 15, de la conservation du pcheur dans le feu ternel, qui brle et dtruit son uvre, sans le consumer lui-mme. Cf. Hergenrther, Photius, t. m,
p.

648-649, 651.
5.

Terminons par un passage de Michel Glycas, qui, mieux que le pseudo-Damascne, dfinit quels dfunts peuvent profiter des suffrages des vivants
:

des vivants, de la paenne Falconille et de l'empereur Trajan. De tout l'ensemble de l'crit se dgagent un certain nombre de points qui paraissent bien rsumer a) qu'exla doctrine de l'auteur anonyme. Il admet ceptionnellement Dieu peut dlivrer, eu gard aux prires des vivants, certains pcheurs de l'enfer; b) que le- damns reoivent toujours quelque adoucissement de leurs peines en suite de ces prions; < / que, selon la loi commune de la divine justice, les mes des impies ne peuvent pas tre dlivres de l'enfer par les suf:

ne faut pas douter de l'ellicacit des bonnes uvres, que certains offrent pour des dfunts pieux certes, mais pcheurs (y&ptv 'j.;/ iiatS&\ xyjxoxaltv 6fe). Notre confiance se fonde avant tout, sur les disciples du Chris! et les aptres qui ont tabli que la mmoire des morts serait faite publiIl

quement aux

troisime, neuvime et quarantime joui- et a Puisque les sacrifices l'anniversaire... Et ne me dites pas sont oITerts universellement a Dieu pour les dfunts, donc Ions aussi parviendront au salut. Pour dissiper celte objection, voici, avant tonte autre, l'opinion du grand Denys, qui
:

des vivants; d) que ces suffrages sont utiles aux s qui pendant leur existence terrestre se -ont adonfort ngligemment aux cem res vertueuses ou bien n'ont pas pu achever d'accomplir le bien qu'elles lient propos: e) qu'enfin ces finies souffrent et expient dans le feu. si nous laissons de ct les libras
-

enseigne parfaitement lesquels, parmi les pchs, peuvent ii. pardonnes, lesquels ne reoivent pas de rmission. Car. de ceux qui quittrent la vie encore souills de pchs, voici S'ils ne sont souilles que 'le pelies lgers, les ce qu'il lit dfunts recevront utilit des bonnes uvres faites a leur intention; mais, si leurs pchs sont graves. Dieu les repoussera loin d'en\. (Cf. Deeccfe. hierarch., c vn, 7. /'. <.,
: .

tions exceptionnelles de l'enfer isur la possibilit de la si librations, voir Enfer, t. v, col. 99 mitigation dos peines (voir Mitigation, t. x. col. 2002),
1

m. non
t.
t.

coi. 561
:

Et
les

le

grand piphane
dlits.

ajoute',

dans

s.

m Pana1'.
('.,

Les
eol.

pneus
pas
513.)

sont utiles pour les d. -fonts, bien qu'elles

n'effacent

grands

ill.rr..

LXXV,

7,

Mil.

tout le reste peut assez facilement cadrer avec notre doctrine du purgatoire. Sans doute le pseudo-Damasparuit tendre au-del des limites qu'imposerait

Cette citation de Glycas est tire de l'ouvrage In divins Scripturse dubia, epist. xix, P. G., t. crvm, col. '21-928. De plus, Glycas place ces pieux pcheurs

124'
dans l'enfer
leurs des
(v
iJc'o'j)

pukcatui
dmons
et

m..
comme

M-:

11 e

conu.

i:

ni-;

lyon

1248

d'ailet loigne d'eux, des damns, la peine du feu avant le jugement universel. Ibid., epist. xxn, col. 929. Enfin, tout comme le pseudo-Damascne, Glycas admet que mme certains impies damns pourraient tre, trs exceptionnellement, dlivrs de l'enfer par les prires de certains saints personnages. Epist. xx, col. 929. Ces textes sont intressants; ils prsentent bien la doctrine des Orientaux sous la forme qu'elle va adopter dsormais d'une faon presque gnrale.
///.

LA DOCTRINE DU PURGATOIRE AU
(

CILE DE LYON

1274).

l'histoire point de vue doctrinal. et des raisons, plutt politiques que doctrinales, qui incitrent Michel Palologue accepter l'union avec l'glise romaine, on se reportera Hefele-Leclercq, Histoire des conciles, t. vi, p. 153 sq. Mais dj bien la pense des papes avait t de traavant Grgoire vailler la rconciliation des deux glises. De l, entre Occidentaux et Orientaux, certaines discussions doc-

Les travaux d'approche au Sur mme du concile


1

II e

CON-

trinales

que nous pouvons lgitimement, par rapport de Lyon, qualifier de travaux d'approche. 1. Sous Grgoire IX. Nous possdons, au moins en partie, la relation d'une controverse sur le feu du purgatoire qui se produisit, la fin de l'anne 1231 ou au dbut de 1232, au monastre grec de Cazoles, prs d'Otrante, entre frre Barthlmy, un des lgats du pape pour instaurer l'union des glises, et Georges Bardane, vque dissident de Corcyre, que Manuel Comnne avait envoy comme ambassadeur l'empereur Frdric II. Sur le premier voir G. Golubovitch,
au
II c concile

nicains de Pra, paru en 1252, rappelle, ds le dbut, que le deuxime article sur lequel les Grecs dnrent des Latins est le purgatoire parce qu'ils aflirmcnt de/unctorum animas nec puradisi gaudiis per/rui, nec in/ernorum suppliciis vel ign purgalorio cilra diem judicii, oui unie lalam sententiam extremam judicis posse subjacere. P. G., t. cxx, col. 487. Aprs avoir attribu la paternit de cette double erreur Andr. archevque de Ccsare(attribution d'ailleursinexactej, les auteurs en entreprennent la rfutation. Pour prouver la rtribution immdiate soit des bons, soit des mchants, ils invoquent les autorits de Jean Chrysostome et d'Athanase. Col. 511-513. Puis ils abordent directement la question du purgatoire, nettement enseigne dans I Cor., ni, 11-15. Ce feu est celui du purgatoire. Pour le dmontrer, ils s'appuient sur l'histoire de sainte Macrine, sur de saint Basile, sur les textes de Basile lui-mme et du pseudo-Damascne, col. 515-516, et enfin ils rejettent l'interprtation de Chrysostome sur le salvabitur per ignem. Col. 515-517. Mais, ailleurs, dj sous le pontificat d'Innocent on put se rendre compte que la croyance des Grecs n'tait peut-tre pas si loigne qu'on pouvait le croire de la doctrine catholique. Une lettre d'Innocent Odon, cardinal de Tusculum, son lgat dans l'le de Chypre, en fournit un tmoignage irrcusable. Cette lettre constitue la meilleure prface qu'on puisse donner aux conciles de Lyon et de Florence
:
:

Veritas in Evangelio asserat quod si quis in Spiri-

Cum

tum sanctum blasphemiam


neque in hoc s;eculo, in futuro dimittetur per quod datur intelligi quasdam culpas in pnesenti, quasdam vero in futuro saeculo relaxari; et Apostolus
dixerit,

Biblioteca

bio-bibliograftea

dlia

Terra

santa,

t.

i,

Quaracchi, 1906, p. 170-175. Sur le second, voir E. Kurtz, Georaios III Bardanes, Metropolil von Kerkyra, dans Byzanlinische Zeitschrijt, t. xv, 189G, p. 603613. Traversant l'Italie, Georges Bardane tait tomb malade et avait d sjourner dans le monastre. Frre Barthlmy vint le visiter pour l'entretenir de l'union et l'interrogea sur le sort de ceux qui meurent sans avoir pu accomplir sur terre toute la pnitence (r 7UTu.ia) impose par le confesseur. Le franciscain exposa au prlat grec la doctrine catholique sur le purgatoire et la purification par le feu des mes qui se trouvent en un tat intermdiaire entre les lus et les damns, invoquant l'autorit des Dialogues de saint Grgoire. Le prlat grec remarqua que le Latin enseignait non seulement le feu du purgatoire, mais la rtribution immdiate aprs la mort, et il rpliqua aussitt en enseignant ouvertement la dilation des rtributions jusqu'au jugement gnral, rejetant le feu du purgatoire comme une doctrine entache d'orignisme. Le colloque des deux interlocuteurs est partiellement conserv, sous forme de dialogue, dans deux mss., le Barber, grc. 297 et le Laur. grsec. 36, n. 3. La doctrine des Latins ne semble pas avoir t comprise par l'auteui de la relation. Toujours est-il que ce fut l le point de dpart de la controverse gnrale. Car bientt non seulement Georges Bardane consigna par crit son entretien contradictoire avec frre Barthlmy, mais le patriarche Germain 1 1 lui-mme (qui demeurait alors Nice avec l'empereur grec), sans dout,, averti par l'vque de Corcyre, crivit un trait contre le purgatoire, trait aujourd'hui perdu. Du ct des Latins, la rumeur se rpandit que les Grecs niaient le purgatoire et retardaient la rmunration des mes jusqu'au jugement dernier. Des crits furent composs pour rfuter cette double erreur. 2. Sous Innocent IV. Un de ces crits eut pour auteurs les dominicains de Pra. Il est intitul Contra errores Grcorum, titre qui vraisemblablement inspirera environ dix ans plus tard saint Thomas d'Aquin. (Dans l'opuscule Contra errores Grcorum de saint Thomas, la question du purgatoire vient au e. i xix, cf. Feu nu purgatoire, col. 2254.) Ce trait, des domi-

neque
ei
:

dicat quod iiniiisciijusque opus, quale sit, ignis probabit, et eujus opus arserit detrimentum patietur, ipse antem salvus erit, sic tamsnper et ignem (I Cor., ni, 15) ipsi Graeci vere ac indubitantercredereet allinmre dicantur animas illorum, qui sus:

Puisque la Vrit affirme dans l'vangile que, si quelqu'un blasphme contre l'JCsprit-Saint, ce pch ne lui sera remis ni en ce sicle ni dans l'autre par quoi il m. us est donn de comprendre que certaines fautes sont pardonnes dans le temps prsent, et d'autres dans l'autre vie; puisque aussi l'Aptre dclare que l'uvre de ciiacun,
:

quelle qu'elle soit, sera prouve par le feu et que, si elle brille, l'ouvrier en soufTrira la perte, nuis lui-mme sera sauv, comme par le feu;

puisque

les

Grecs eux-mmes,

psenitentia, ea non peracta, vel qui sine mortali peccato, cum venialibus tamen et minutas decedunt, purgari post mortem et posse sufraghs Ecclesia? adjuvari nos, quin Incum purgalionis hujusmodi dieunl non fuisse sibi ab coruin docloribus certo el proprit) nomine indication, illum quidem juxta traditioncs et auetoritates sancto-

cepta

dit-on, croient et professent vraiment et sans hsitation

que les mes de ceux qui meurent ayant reu la pnitence sans avoir eu le temps de l'accomplir ou qui dcdent sans pch mortel, mais coupables de vniels ou de
fautes minimes, sont purifies aprs la mort et peuvent tre aides par les suffrages de l'glise, nous, considrant que les Grecs affirment ne trouver chez leurs docteurs aucun nom propre et certain pour dsigner le lieu de cette purification, et que, d'autre part, d'aprs les traditions et les autorits des saints Pres, ce nom est le purgatoire, nous voulons qu' l'avenir cette expression soit reue galement par eux. Car, dans ce feu temporaire, les pchs,
certes les crimes et fautes capitales, qui n'auraient pas t auparavant remis par la pnitence, mais
les

rum Patrum
minantes,

volumus

purgatorium.noquod de

ccetero ujtud illos isto

nomine

appelletur. lllo enim transitorio ign peccata utique, non tamen criminalia seu capitalia, quae prius per pseni-

tentiam non fuere remissa, sed parva et minuta purgantur; quae post mortem etiam gravant, si n vita non fuerint relaxata. Mansi, Concil., 1. xxn. col. 581-582.

non

pchs lgers

et

minimes

sont purifis; s'ils n'ont pas t remis au cours de l'exisl'me tence, ils chargent aprs la mort.

I.'

.'

PURGATOIRE. LE
Ici

11

CONC1L1
Grecs reprsente
est

Dl

LYON

Il

ne s'agit pas

sans doute d'un document ponti-

ex cathedra. Mais il tal! Intressant de citer Int paiement ce texte d'Innocenl l\ parce qu'il montre clairement que le pape ne voyait, entre l'affirmation des l atins et la position des Grecs, qu'une diffrence
fical

a coup sr la doctrine catholique, il l'quivalent d'une dfinition es cathedra. C'est la toi de l'glise catholique qui est Ici proclame. Toute lois, en ce qui concerne l'admission Immdiate au cl<

verbale.
l

ii- pourparlers taienl en luttent entre l'autorit romaine et l'empereur Michel Palologue et dj la profession dt du qui de val tre sanctionne Lyon tait prpare et propose a l'em
.

pereur. Voir
.1

Lyon

fil concile

acumniqm

l.col. 1382.

mort du pape empcha la ralisation immdiate de l'union, rendant le long interrgne pontifical, les cardinaux chargrent leur collgue Rodolphe Gros parmi, vque d'Albano, de rgler l'affaire de l'union si la chose tait possible, mais toujours avec le texte prpar par Clment 1\ (1270). n </ foi des Grecs au concile de Lut n. La profession de foi prpare* par Clment l\ tut admise sans discussion. Non-- n'en reproduisons ici que erreurs des Grecs but l'esla partie concernant les
chatologie. Noir
le

des mes compltement purifies, la formule mox cstlum recipi trouvera dans la dfinition de Benot XII de nouvelles et ncessaires prcisions. La i"i de l'glise, en ce qui concerne strictemenl le purgatoire, s'attache uniquement a deux points dans l'autre n ie. les mes justes, mais non encore complte ment purifies, devront subir des peines purificatrices. L'allgement de leurs peines est obtenu par les sui (rages des vivants, sacrifices de la messe, prires, aumnes cl autres uvres de pit, d'ailleurs consares par l'usage el la pratique universelle de l'glise. Du caractre temporaire des peines purilical riecs il n'est rien dfini directement, mais ce caractre tem poxaire ressort avec vidence du fait qu'aussitt aprs leur purification les mes Mini reues immdiatement
:

dans le ciel. Dsormais l'glise


rales
:

s'en tiendra a ces formules gn-

texte latin,

t.

ix. col.

1385.

Mais, .1 cause de diveises erreurs que certains ont Introduites par ignorance et d'autres par malice, elle (11 glise romaine dit et proclame que ceux qui tombent dans le pch api es le baptme ne doivent pas tre rebaptiss, mais que. par une vraie pnitence. Us obtiennent le pardon de leurs pchs. Que m. vraiment pnitents, Os meurent dans la charit avant d'avoir, par de dignes fruits de pnitence, .it pour ce qu'il- ont commis ou omis, leurs mes, comme nous l'a expliqu Irre Jean, sont purifies aprs leur mort, par des peines purificatrices ou txpiatrices et, pour l'allgement de ces peines, leur ser> ent les suffrages des Sdles \ ivants, a savoir les sacrifices des messes, l< - prires, res de pit que les Bdlesont les aumnes et les autres a coutume d'offrir pour les autres fidles selon les institutions de l'glise. es mes de ceux qui, aprs avoir reu le baptme, n'ont contract absolument aucune souillure du pch, aussi qui. aprs avoir contracte la souillure du cl , en ont t purifies ou pendant qu'elles restaient dans leur corps ou aprs avoir t dpouilles de leur cor] s, ci mine il ilit plu> haut, sont aussitt revues dans le ciel.
1

du purgatoire ne seront envi sa^cs dans ses dfinit ions. 3 Aprs le concile de Lyon. 1. Une intervention pontificale l'gard de l'glise armnienne. I.e pape Benotl XI 1. sollicit par les Armniens de leur envoyer du secours contre les Sarrasins, rpondit en exigeant tout d'abord leur renonciation certaines erreurs, dont la liste avait t dresse d'aprs des dpositions asserni le lieu ni le feu

mentes d'Armniens et de Latins ayanl vcu en Armnie et d'aprs quelques livres armniens. Cf.
F. Tournebize. Les cent dix-sept accusations prsentes Benot XII contre les Armniens, dans Reo. le l'Orient

chrtien,
ici

t.

xi.

1906,
t.

p.

163-181, 274-300, 352-370, et

Benoit XII.

u, col. 696.

le

Sur ce texte, quelques remarques littraires sont ncessaires. Le frre Jean doni il est question est le franciscain Jean Parastron (de Balastri), Grec d'origine, habile

ce qui concerne l'tat des mes aprs la mort et purgatoire, voici les erreurs reproches aux Armniens. Axant le jugement gnral, les mes n'entrent pas au ciel et ne vonl pas en enfer; elles restent sur cette terre OU dans l'air, comme les dmons. A. 7, l.">. 23.31. En consquence, pas de purgatoire Item quod
:

En

Arment communiler lenent quod purgatorium animarum, quia, ut


.

in alio sseculo

non

est

dans
P. G.,

la

langue
<

grecque et zl pour l'union. achymre, M'./a/>. IltxXaioXoYO, I. V,

Cf.

c.

m.

t.

nui. col. 823.

dicunt, si christianus conflteaiur peccata sua, ornnia peccata ejus et pma pec calorum et dmitluntur. Sec etiam ij/si orant pro defunctis. ut eis in alio sseculo peccata eis dimittuntur, sed genefaliier orant pro omnibus mortuis, sicut pro beata

Le texte latin correspondant aux deux mots que nous avons souligns est bien partis purgaloriis seu ealharlenis. C'est l le texte vulgaris. Dcnz.-Iiannv..
:

r n. 1 Cavallera, n. 1 >">. L'expression est sage et prudente, car elle vite les controverses sur le lieu du pur:e ou sur le jeu. Dans le texte latin des professions de foi envoj es par Mie lu Palologue, en 1277 an pape XXI, en 1277 au pape Nicolas III. on lit paenis purgatnni seu eatharterii. A. Theiner et Miklosich, Ecclesiarum, \ ienne, iwienta spi lantia ad unit 1 us le texti la prof( '-imi de foi
1
.

Maria, apostolis... Dcnz. l'.anmv., n. 535. La rponse des Armniens fut donne au concile de Sis. en 1342. Voir Ilelele -I.eclercq, op. cit., t. vi, p. 861. La pouse montre la doctrine armnienne assez ferme
1

la

mes justes et des mes pcheresses aprs mort les finies pcheresses descendent en enfer, les mes justes vont toutes la vie ternelle, comme il est dit souvent dans la liturgie. Quant au purgatoire, la
sur l'tat des
:

<

Ironie

Palologue,
.

1277. on
Ibid.,

lit

->,::/..:

.
1

p.

17.

Dans
\

elui
,

de

la professji.il de foi
seti...

du patriarche Jean
(,

on lit:
xv'iy

-iz-y.

6<4va-rov

leons devaient tre tenues pour vraies, il s'ensuivrait que la volont expriInnocent IV concernant l'appellation lient t sanctionne par le concile. Mais la cl uteuse que le texte rapporte par heini r, et omme la quest ion du lieu des
ibul..
]

<

doctrine est bien ce qu'elle pouvait tre aprs le concile de Lyon. Les Armniens n'admettent que depuis quelque temps le mot purgatoire, mais, en revanche, ils ont profess de tout temps la doctrine correspondant ce mot. l.i le synode de sis apporte des preuves l'appui de son affirmation. Ils p rient pour les dfunts pcheurs, mais il esl Taux qu'ils prient pour Marie et pour les saints du ciel afin qu'ils soient rendus participants du repos ternel. Cette prire demande seulement que les saints ne conoivent pas, cause de nous, de la tristesse et du trouble, c'est--dire que nous restions libres de tout pch. Voir le texte des articles incrimins et des rponses dans Mansi, Concil., t. xxv,
col.

tement

<

arte pai

1188.
:

droit

de

u point de \i

l'union ne fut L'affaire devait traner en longueur scelle qu'au concile le Florence. Le mme pape avait
d'ailleurs fait

An

klosich. point de vue dogmatique, le texte

une allusion trs

claire

au purgatoire,

impos aux

dans

s.-,

bulle Benedictus Deus, en parlant des 'hues qui,

DICT. t)E TIIOL. CATIIOL.

T.

Xllf

W.

1251
ici, t. ii, col.

PURGATOIRE. LE CONCILE DE FLORENCE


Si
(i.'i.S.

1252

aprs leur mort, auraient achev [de se purifier]. Voir

Les 2. Continuation des controverses thologiques. adversaires de l'union ne manqurent pas aprs le concile. En ce qui concerne la croyance au purgatoire, les principaux adversaires sont Matthieu Koestor Ange Panartos, thologien de la seconde moiti du

tous les Orientaux avaient eu la mentalit de elle et t n'tait pas la ralit. On va le voir en tudiant les actes du concile de Florence.

Manuel Calcas, l'union eut t facile, d'avance ralise. Malheureusement telle

IV. LA DOCTRINE DO PUHQAT )U AV CONCILE de Florence (1439). Le 8 fvrier 1438, l'empereur

Simon de Thessalonique (t 1429). Le premier a crit un trait sur le feu du purgatoire, rfutation du c. ix de l'opuscule de saint Thomas, Declaratio... Voir col. 1217. Malheureusement il est encore indit. Son titre est copia iXoaocpo'j to
xiv c
sicle, et

Jean VII Palologue

et les reprsentants de l'glise grecque dbarquaient Venise pour se rendre l'invi-

*A)(vou Xoyo rapi. xaOapTYjpou 7rop tal rep totov vnOeai MaxOatou Koioafiopo to Ilavxp-rou. Sur

manuscrits voir P. Risso, dans Roma e l'Oriente, vin, 1914, p. 178. Cf. Panartos, t. xi, col. 1844. La diatribe de Simon de Thessalonique contre le feu du purgatoire se lit dans son Dialogus contra hsereses, c. xxm, P. G., t. clv, col. 116 D. C'est, dit-il, en substance, l'enseignement de tous les saints aucun d'entre eux ne reconnat pour les mes pcheresses d'autre peine que celle d'tre enfermes, comme en une prison, en des lieux de dsolation, dans la tristesse, en attendant leurs peines; les mes des justes, au contraire, sont dans des lieux de lumire et de rjouissance
les
t.
:

tation que leur avait adresse le pape Eugne IV. Voir t. vi, col. 24-25. Ds la iii* sance du concile (encore Ferrare), les questions dbattues entre Grecs et Latins furent abordes. La question du purgatoire vint la premire en discussion. Les Actes de cette discussion ont t enfin publis en 1920 par Mgr Petit, dans la Patrologia orientalis, (P. O.), t. xv. Ils comprennent six documents, en grec et en latin 1 expos de la doctrine catholique par le cardinal Julien Cesarini; 2 mmoire de Marc d'phse en rponse aux Latins; 3 mmoire de Bessarion [ce mmoire, publi une premire fois Ble, avec une tra:

duction de Jean Hartung, dans Orthoioxographa theologise sacrosanctae ac syncerioris fidei doctores

numro

attendant le bonheur espr, avec la runion leur corps. Dieu accorde un certain soulagement dans leur tristesse et leur crainte ceux qui ont quitt cette vie dans des sentiments de pnitence vritable mais imparfaite. Il n'y a pas de feu qui les purifie, comme l'affirment les Latins, mais simplement les prires sacres et les sacrifices offerts par l'glise Dieu leur intention... En revanche, l'affirmation de l'efficacit des suffrages subsiste toujours. On vient de la trouver mme dans l'attaque de Simon de Thessalonique. Cette utilit des prires pour les dfunts se retrouve affirme par Georges Pachymre dans ses annotations au De eccles. hierarch. du pseudo-Denys, c. vu, 6 et 7, P. G., t. m, col. 576-577, 580, et par Nicolas Cabasilas, Liturgise expositio, c. xxxm, P. G., t. cl, col. 441 sq. Un seul thologien expose pleinement la doctrine catholique parce que, catholique de sentiments, il a reu des dominicains une forte empreinte doctrinale et qu'il s'est fait dominicain lui-mme; c'est Manuel Calcas (t 1410). Dans son Adversus Grcos libri, dont nous ne possdons au complet que le texte latin (P. G., t. clii), un chapitre du 1. IV, est consacr au feu du purgatoire, col. 228 sq. L'auteur tablit d'abord que le dogme du purgatoire est pour ainsi dire postul par le fait des pnitences imparfaitement accomplies sur la terre, col. 229 BC, et qu'il est impliqu dans la pratique des prires pour les dfunts. Col. 229 C. On ne prie, en effet, ni pour les lus ni pour les damns. Col. 229 C. A supposer mme qu'il n'y ait que des pchs lgers expier, le purgatoire rpond la ncessit d'effacer tout ce qui peut nous empcher de nous unir Dieu, col. 232 BC; il faut donc conclure l'existence du feu du purgatoire . Col. 232 C. Si ce feu n'existait pas, ce serait quivalemment admettre qu'un mal reste impuni, ce serait aller contre Dieu et le dtruire. Col. 233 AB. Les prires faites par l'glise l'intention des dfunts, demandant pour eux le repos et la paix, dmontrent l'existence de ce lieu de souffrances et d'expiation. Col. 233 D, 236 AB. Jusqu'ici, par une heureuse fortune, nous avons, paralllement au texte latin, l'original grec. Mais du dernier paragraphe, Migne ne donne que le texte latin. Il s'agit de
I

1376-1390, parut ensuite, en simple traduction latine due Vulcanius, Leyde, 1595; 3 il eut d'autres ditions et s'gara au xvir sicle sous divers noms; Arcudius l'attribuait au moine Barlaam, De purgatorio ign adversus Barlaam, Rome, 1637; il fut ensuite attribu Nil Cabasilas, voir ici t. n, col. 1296 [Mgr Petit le restitue Bessarion ] 4 rponse aux Grecs par le dominicain Jean de Turrecremata; enfin 5 les prcisions rclames par les Latins sont apportes par les deux derniers mmoires, dus Marc d'phse. Ces documents ont t publis d'aprs le ms. grec 653 de la bibliothque Ambrosienne; le texte latin a d tre traduit du grec par Mgr Petit. Rcemment le P. Hoffmann a dcouvert plusieurs pices indites relatives au concile de Florence la bibliothque SaintMarc de Venise deux de ces documents sont le texte latin original des documents i et iv susindiqus. Orientalia christiana (O. C), t. xvi, 1929, n. 3; t. xvn, 1930, n. 2. Nous suivrons, dans notre expos, l'ordre mme des documents et nous conclurons par le texte officiel du concile. Nous nous inspirerons du travail d'A. d'Als, La question du purgatoire au concile de Florence en 1438, dans Gregorianum, 1922, p. 8-50. 1 Exposition de la foi catholique par le cardinal Cesarini (P. O., t. xv, p. 25-32 O. C, t. xvi, p. 285-298). La croyance de l'glise catholique est formule d'aprs le texte du II e concile de Lyon. Le texte dit par le P. Hoffmann, porte pnis purgaloriis, op. cit., p. 286 (31). La croyance de l'glise romaine s'appuie sur sept arguments: II Mac, xn, 46; Matth., xn, 32; I Cor., m, 13-15, le feu dont il est question ici ne pouvant s'appliquer aux damns; la tradition de l'glise catholique, latine et grecque, qui prie et toujours a pri pour les morts; sans purgatoire, cette prire serait vaine; l'autorit de l'glise romaine qui toujours a tenu cette doctrine ds le temps de l'union avant le schisme; l'enseignement des Pres latins et grecs; enfin les exigences de la justice divine, qui ne doit laisser aucune faute impunie et qui proportionne l'expiation au pch. Cf. Deut., xxv, 2; Ez., xxxm, 14, 15; Sap., vu, 25. Le dossier patristique renferme plusieurs apocryphes. Le P. d'Als a fait le triage des indications fournies par le document conciliaire (op. cit., p. 12-13). Nous reproduisons son intressante note.
p.
;
:

LXXVI, Ble, 1555,

Cor.,

m,

13-15, sur la signification

du mot

feu

L'auteur rapporte l'interprtation de Chrysostome, qu'il repousse, et s'attache dmontrer que Grgoire de Nysse a fourni la vritable explication, un feu temporaire, dans ses effets, et qui n'est pas le feu de l'enfer. Col. 235-236 CD.

553), Act. m, 201-202 (Pseudo-Augustin, en ralit Csaire d'Arles), Serm., civ, 1, P. L.. t. xxxix, col. 1946; S.Augustin, Deciv.Dei, XXI, 13 et 20, P. L., t. xli, col. 723 et 738; S. Augustin, De cura prn morluis gerenda, i, 3, P. L., t. XL, col. 593; iv. 6, col. 596; (Pseudo-Augustin),
e

concile
t.

cumnique (Gonstantinople,
:

Mansi,

ix, col.

'

PURG
vera
<!

loi RE.

Il
,

CONCILE DE FLORE NC

L254

ZV

.;. r. / ., t. xi col. 1J7...; r. I .. t. m, roi. 936; Vmbrosiaster), In I Cor., m, i'. / .. t. wii, Unbroisc S ...iu-W-i.i-.iixl. niai., IV, 39, /'. / ., I.i \ wii. / iturgie de ; S. Basile, dans I col. 396 laiVnlecdte, _ d., Venise, 1862, p. 375, 376; Liturgie des mori>. p. 407: s. tirgoire de Nysse, De consolation <i data aiiiniitrinrt posl marient, i'. ('.. t. \i\i, col. 97 C, 100 A:

/.i/>it

pcrnilentia, x\ n.
uo,
1
1

wii.

2.

ww

AB

ce texte du feu ternel qui conserve etne rend pas ses victimes, s.uiii Augustin, sans doute, a expliqu diffremmenl ce texte; mus, dans l'interprtation d'un texte grec, l'opinion d'un l're gre tel que saint Chrysostome doit tre prfre. Saint Augustin avait le

524 B; (Pseudo-Denys), Ebcftt. Mer., 560 B; S. plphane, ll.ir.. \\\, s, mii. col. 513 B; (Pseudo-Damascne), De (h gui t. (".. t. x, \ 7'. col. l! 19, cit pat saint in fUc dormieritnl, m, V, q. u a. 1; Thodoret, Thomas, In ; Sent., dist. In 1 Cor., m, i'. G., t. \\\n. col. 1!.'>2. note 2:* tuutlientilie nwriitis.
id.,

col.

VII,

I.
.

P.

<>'. t.

m.

col.

ni- douteuse).
{P. 0., p. 39-60). Aprs avoir nonc la doctrine des Grecs sur la vie
le

SOUCl de confondre l'erreur de ceux qui, tendant ce texte toutes sortes de fautes, supprimaient en fait l'ternit des peines de l'enfer. 11 ne trouva rien de mieux que d'admettre Ici un feu temporaire. 11 a pris or, les Grecs le change sur le sens du mot o-coOrjo-eToa savenl que oco^eaOai, wcornpta, expriment simplement la conservation d'un tre. Ainsi l'ont entendu en cet endroit Jean Chrysostome et tous les Pres gres. Pour
;

Mure d'phise

controverse, il suffit de se reporter aux criRom., xiii, 12, aux autres passages O il est question du feu du jugement dernier, Dan., vu, 10;

dirimer

la

tures,

d'outre-tombe, Marc reprend les trois arguments d'criture apportes par Cesarini. les doux premiers seraient trangers la question du purgatoire; le troisime est inefficace et favorable l'orignisme. Marc passe sous silence les arguments tirs de la tradition des glises; il discute les preuves tires des tmois patristiques et rejette le septime argument la raison thologique. A son tour il prend l'offensive et nonce onze chefs d'argument. Ce mmoire de Mare fut repris dans le mmoire suivant, par Bessarion qui fusionne en une seule rponse la riposte de Marc et
:

Ps., xlix,
le ps.

1;

xxvm,

xevi, 2; II Pelr, m, 12, 15. Commentant 7, Basile montre le feu allum par la
:

sienne propre. Mmoire de Bessarion (Mare et Bessarion fusionP. 0., p. 61-70). L'inspiration en est plus chrtienne, et la forme plus courtoise. Document de premire valeur, qui souligne les profonds malentendus de l'Orient et de l'Occident sur la question du purgatoire et qu'il faut examiner de prs. Les Grecs, dclare Bessarion, n'ont trouv chez aucun de leurs docteurs une croyance l'expiation temporaire accomplie, aprs cette vie, par le feu. D'autre part, ils admettent, selon l'enseignement de leurs docteurs, que les prires de l'glise sont utiles aux dfunts. La controverse du purgatoire se ramne, pour Bessarion, deux questions 1. Y a-t-il, aprs cette vie, une rmission des pchs? 2. S'il existe une rmission des pchs dans l'autre vie, comment s'accomplit-elle? Est-ce par un pur elTct de la misricorde divine, acquiesant aux prires de l'glise; est-ce par le moyen d'un chtiment? Et, s'il s'agit d'un chtiment, de quel chtiment? La captivit, la crainte, les tnbres, l'ignorance, ou bien le feu, un feu rel et matriel? Sur ce dernier point la doctrine grecque est bien arrte pas de feu matriel et temporaire. Si l'on admettait cette sorte de feu, on pourrait craindre de iser l'erreur origniste qui nicl'ternitdes peines. Sur le premier point les Grecs admettent qu'aprs cette vie il y a place pour une rmission des fautes vnielles. Reste donc un unique point dbattre comment s'accomplit cette rmission. Bessarion, sans apporter une solution complte, insiste surtout sur ce qui lui semble inadmissible dans l'enseignement des Latins touchant
la

divine justice et produisant un double effet d'une part, il fait resplendir les vertus des justes, d'autre part, il toiture les impies qui lui appartiennent pour toujours. Pour saint Paul, ce feu consumera les uvres des impies, qui seront perdues; mais l'impie sera rserv pour le chtiment ternel o-coOjaexai.. Quant aux textes des Pres, les uns, ceux qui affirment que la prire des vivants est utile aux trpasss pour la rmission de certaines fautes, sont reus avec vnration par les Grecs. Mais ils ne prouvent pas le feu du purgatoire. Le texte de Thodoret est introuvable dans ses uvres. Le seul qui soit vraiment favorable aux Latins est le texte de saint Grgoire de Nysse. Mieux aurait valu, pour l'honneur de ce Pre, que son autorit ft passe sous silence, car ici Grgoire, quelle que soit sa saintet, a particip la fai:

blesse humaine et s'est tromp. A son poque, l'ternit des peines tait encore une question sur laquelle l'enseignement de l'glise n'tait pas fix. Grgoire

admet donc l'apocatastase des pcheurs, doctrine


tement origniste. D'autres personnages,
ne,

netIr-

comme

err aussi avec leur poque. Grgoire le Thologien (de Nazianze) ne dit-il pas lui-mme, dans son discours sur le baptme, aprs diverses considrations sur le feu ternel : moins qu'on ne prfre une doctrine plus misricordieuse et plus digne du souverain Juge. > Oral., xl, n. 36, P. G., t. xxxvi, col. 412. Mais le V e concile cumnique condamna cette erreur. Si Grgoire de Nysse a enseign l'apocatastase, il a err, et les Grecs aiment mieux s'attacher l'enseignement de l'glise et la rgle des critures qu'aux assertions particulires de tel ou tel docteur. La distinction de deux chtiments et de deux feux n'est conforme ni l'criture ni au V e concile

Denys d'Alexandrie, ont

cumnique.
Sans doute

ment chez

la purification par le feu se lit expresssaint Augustin, saint Ambroise, saint Gr-

le

feu purificateur.
Il

rini.

reprend plusieurs arguments du mmoire de CesaLes deux textes scripturaires, II Mac, xn, 46, et Mat th., xn, 32, visent bien une rmission de certains pchs dans l'autre vie, mais laissent intacte la question de la purification par le feu. Quant I Cor., ni, 11-15, les Grecs l'expliquent conformment l'interprtation de saint Jean Chrysostome, qui possde une autorit hors de pair, soit comme exgte, soit comme disciple passionn de saint Paul. La tradition de l'glise de Constantinople affirme que l'aptre Paul vint en personne l'instruire Proclus, disciple et successeur de Chrysostome, l'a contempl de ses yeux dans une vision mystrieuse. Or, Chrysostome entend
:

goire-Dialogue; mais ces auteurs latins, dveloppant en latin des vues personnelles, ne s'expriment pas avec une parfaite clart. Dans leur crits connus en Orient, on ne trouve qu'une chose certaine l'utilit pour les dfunts des offices et prires de l'glise. II y a peu d'annes que les uvres d'Augustin et de Grgoire ont t traduites en grec; comment les Grecs pourraient-ils connatre ce qu'ils n'ont jamais vu ni entendu? D'ailleurs l'enseignement des Latins n'est qu'un enseignement de circonstance dsireux d'liminer une erreur pernicieuse, la rmission finale de tous les pchs, ils se sont jets dans la voie moyenne, accordant le moins pour ne pas cder le plus. Mme en admettant leur parfaite sincrit, il faut s'en tenir une doctrine contraire, qui dcoule avec certitude du texte de l'Aptre, comment par saint Chrysostome, et expliqu par tout le contexte. Les rvlations et les faits miraculeux rapports par
: :

12.-).')

PURGATOIRE.

V.

<<

>

NC

I-

Dli

FLOMK.NCK

L256

Grgoire au IVe livre de ses Dialogue soul ils autre chose que des allgories? Quoi qu'il en soit, l'criture ne prouve pas la thse des Latins, et saint Grgoire la ruine lui-mme en disant que les tantes lgres des justes peuvent tre ou bien compenses ds celte vie par de bonnes uvres, ou bien expies a la mort, par la crainte, ou enfin remises aprs la mort par l'elet des prires offertes leur intention. L'autorit de l'glise romaine, elle seule, ne sutfit pas dirimer la controverse si le concile est runi, c'est que prcisment on entend bien ne pas s'en tenir renseignement d'une glise. Si l'on persiste juger d'aprs les coutumes particulires, chaque parti pourra toujours opposer une lin de non-recevoir aux raisons de l'adversaire, et il n'y aura pas de raison d'en
:

aux tourments de l'autre vie, ou il ne s'agit plus de purification, mais de chtiment ; donnant clairement a entendre qu'il n'y a pas de purification, au del de Cette vie, mais rien que l'temel chtiment. 7. Le Seigneur, dans l'vangile selon Luc sur le riche et Lazare, enseignant quel sort atteignit l'un et l'autre, dit que Lazare a sa mort lut port par les anges dans le sein d'Abraham, et que le riche sa mort fut enseveli, que son me fut tourmente dans l'enfer; ainsi, par le sein d'Abraham, il a dsign l'exaltation dans le bonheur rserv aux amis que
d'tre livre

finir.

Latins font appel la raison et tirent arguLes Grecs ne sont pas court d'arguments pour appuyer leur sentiment. Prsentement ils se bornent esquisser quelques-unes de leurs raisons. Suivent dix chefs d'arguments, emprunts textuellement, sauf un seul (le troisime), au mmoire de Marc d'phse (Marc avait onze chefs d'arguments; Bessarion a laiss tomber le premier et le neuvime et en a ajout un, le troisime, de son propre cru). Nous reproduisons ici les dix arguments, dans la traduction du P. d'Al s, op. cit., p. 20-21 (P. O., p. 56-60, p. 76-79).

Enfin

les

ment de

la justice divine.

divin purifie
toire?)

(Le premier argument de Marc d'phse tait Si l'amour les mes ici-bus, pourquoi le mme amour ne les purifierait-il pas aprs cette vie. A quoi bon le feu du purga:

1. Il convient moins la bont de Dieu de ngliger un lger mrite que de punir une lgre faute. Or, le peu de bien qui est dans les grands pcheurs n'obtient aucune rcom-

pense, cause de la surabondance du mal donc il ne convient pas que le peu de mal qui est dans les saints soit puni, en dpit de la prpondrance du bien; car, en l'absence de faute grave, une faute lgre apparat ngligeable. Donc il ne convient pas d'admettre un feu purificateur. 2. Il en est du peu de mal des bons comme du peu debien des mchants. Mais le peu de bien des mchants ne saurait appeler une rcompense, mais seulement une diffrence dans le chtiment. Ainsi le peu de mal des bons ne saurait appeler un chtiment, mais seulement une diffrence dans la batitude. Donc il n'y a pas lieu d'admettre un feu purificateur. 3. La justice du chtiment ternel apparat surtout dans la disposition irrvocable de la volont drgle des pcheurs: car la perversion ternelle de la volont est d un chtiment ternel; inversement et par voie de consquence, si la volont irrvocablement fixe dans le mal est punie d'un chtiment ternel, celui qui n'est pas puni ternellement n'a donc pas une volont irrvocable; car une volont irrvocable du mal serait destine un chtiment ternel; une volont irrvocable du bien n'appelle aucun chtiment, puisqu'elle mrite des couronnes. Mais vous-mmes reconnaissez que ceux qui seraient purifis par ce feu ont une volont irrvocable ils n'ont donc pas tre purifis par le feu (argument propre Bessarion). 4. Si la parfaite rcompense pour la puret de cur et d'me consiste voir Dieu, et si tous n'y ont point galement part, c'est donc que tous ne sont pas galement purs. Donc nul besoin de feu purificateur si en quelques-uns la purification laisse dsirer, car ce feu mme produirait en tous une gale purification et les disposerait tous galement voir Dieu. Ce qui arriva sur la montagne de la Loi, en symbole et en figure; car alors tous n'apparaissent pas au mme lieu ni au mme rang, mais en des rangs divers selon la mesure de leur purification respective, suivant Grgoire le Thologien. 5. Le grand Grgoire le Thologien, dans son discours thorique et anagogique sur la Pque, en vient dire Nous
: : :

de Dieu; par l'enfer et les tourments, la condamnation finale et le chtiment ternel des pcheurs; il n'a point laiss entre deux un lieu de tourments temporaires, mais rien qu'un grand et infranchissable abime, sparant les uns de* autres et manifestant la profonde et irrconciliable opposition de leur sort. S. L'me dlivre du corps, totalement incorporelle et immatrielle, ne semble pas pouvoir tre chtie par un feu corporel aprs que son corps, qui devait donner prise au leu, a pri. Mais aprs la rsurrection elle retrouvera un corps imprissable; toute la cration sera transforme; le feu sera partag, nous dit-on; alors elle en prouvera sans doute un chtiment correspondant, et non pas elle seulement, mais encore les dmons, eux aussi tnbreux, revtus de matire de grossiret, de corps ariens ou igns, selon le grand Basile. Mais avant de retrouver son propre corps, n'tant qu'une forme exempte de matire bien que subsistant par elle-mme, comment l'me serait-elle chtie par un feu corporel? (Neuvime argument de Marc d'phse Si le pch originel, qui est bien plus grave, n'est pas puni ]>ar le feu dans l'autre vie, pourquoi punir le pch vniel par le feu?) 9. Nos saints Pres, qui ont men sur terre une vie anglique, initis en bien des lieux et bien des fois par des visions, des songes et d'autres miracles au chtiment ternel et au sort des impies et des pcheurs qu'il afflige, et faisant part de leurs lumires, contemplant et exposant ces mystres comme prsents et actuels, ainsi que la parabole de l'vangile selon Luc dcrit la condition du riche et de Lazare, n'ont jamais fait allusion au feu purificateur temporaire. 10. La doctrine de l'apocatastase et de la lin du chtiment ternel, due Origne et accepte par quelques personnages ecclsiastiques, comme Didyme et vagre, doctrine qui met en avant la bont divine et trouva bonaccueil parmi les lches, selon le mot du divin Jean, architecte de l'chelle cleste, n'en a pas moins t proscrite et anathmatise par le saint concile V e cumnique, comme dissolvante des mes et encourageant la lchet chez les lches, qui escomptent la dlivrance de leurs tourments et l'apocatastase promise. Pour les mmes raisons, la doctrine propose du feu purificateur semble devoir tre rejete de l'glise, comme nervant les mes vaillantes et les dtournant de faire tous leurs efforts pour se purifier en cette vie, par la perspective d'une autre purification.
:

Lulins (P. O.,


O.

Rponse de Jean de Turrecremata, au nom des p. 80-107, le texte latin original dans
t.

n'emporterons rien et ne laisserons rien pour le lendemain et il explique en termes clairs et nets qu'aprs cette nuit il n'j a pas de purification, entendant par nuit la vie prsente de chacun et n'admettant aucune purification ultrieure. 6. Le mme, dans son discours sur la plaie de la grle, s'exprime ainsi Je ne parle pas des expiations d'outre-tombe, auxquelles une pense indulgente ici-bas livre (les pcheurs); car mieux vaut se laisser prsentement instruire et purifier
, :

La rponse des Grecs, fonde l'espoir d'une entente, car un point l'efficacit des capital est dj mis hors de doute prires de l'glise pour les mes des dfunts quand ces mes ne sont pas assez pures pour entrer immdiatement au ciel, ni assez coupables pour tre jetes en enfer. C'est sur cette catgorie moyenne que doit dsormais se concentrer le dbat. Mais, pour mettre de ct tout prjug, pour examiner fond la question la lumire des seules critures et de l'enseignement des Pres, les Grecs devront s'abstenir d'une rponse qui semble bien une fin de non-recevoir Jamais nous n'avons parl de la purification par le feu! jamais nous n'en parlerons! Ce qu'il faut, c'est prier Dieu pour lui demander simplement le triomphe de la vrit. L'orateur latin distingue quatre parties dans la rponse des Grecs 1. Le premier point concerne l'tat des mes saintes aprs la mort. Sont-elles enleves immdiatement au ciel? Pareillement, les mes que la mort a trouves en fat de pch mortel descendent-elles aussitt en enfer pour y tre chties? Ou bien les unes et les autres C,
xvii, p. 215-243).
dclare-t-il,
:
:
:

attendent-elles

le

jour du jugement dernier et

la rsur-

l'I

i;t,

rOl RE.

Il

ONCILE

DE

II

RENCE

1258

Bxer leur sorti Quant qui il< catgorie moyenne, mu lesquelles porte la controverse, quel esl leur sort? Subissent elles une peine? Quelle peine? Esl ce simplement le dlai d'attente? Est-ce une douleur sensible? S'il d'un tourment proprement dit. en quoi cont-il? Aprs Uur purification, ces Ames sonl elles enleves au ciel? Sur tous ces points, les Latins attendent la rponse des Grecs Le second point est relatif a la purification par le feu. Les Grecs craignent que la croyance au feu temporaire ne provoque, chei tes chrtiens, l'hrsie de 'apocatastase finale. Crainte peu justifie, en ralit, et qui doit dispar Itre devant l'enseignement clair et positif des saints, devanl la coutume ancienne de l'glise catholique. Les saints Pres ont puis leur enseignement du teu purificateur dans la sainte cri turc et ils ont affirm le feu temporaire sans dtriment du feu ternel, le feu temporaire pour lestacheslgres, le feu ternel pour les pchs graves. L'glise romaine a toujours tenu la doctrine du feu purificateur sans
rection

gnrale

aux

mes de

la

peine. Quand donc on dit que les prires le ri obtiennent la rmission du pch, il s'agit non de la coulpe. mais de la peine. Donc, avant de recevoir, en vertu des suffrages les \i\ants, rmission de leurs pches, les .'unes des dfunts taient sous le coup le certaines peines, :i entre aul res moyens pr\ us par la justice divine pour 'accomplissement de ces peines, il tant compter le feu corporel ci temporaire du purga
i .

toile. lai troisime lieu, Turrecremata examine les 3. textes des l'i es interprtant 1 (.or., ni. l.'i ].'>. Si les Grecs ont une vnration mrite pour Chrysostome, les Latins peux eut dire qu'AugUSt in ne le cde en rien a

_'.

Chrysostome. Les IV. v et VI* conciles attachrent son autorit le plus grand prix. Grande galement est
les Latins oui de quoi Grgoire rpondre a la vision de ProcluS. la' bienheureux Thomas, exgte de saint Paul, tut. peu axant sa mort, favorise d'une apparition de l'Aptre, qui le flicita d'avoir bien rendu le sens de ses ptres et l'invita a le suix re dans la claire x Ision... Les l'res latins d'ailleurs, comme les Latins eux-mmes, connaissent la langue grecque et les doctrines des l'res grecs. Mais les I.alins auraient-ils consenti un moindre mal, le purgatoire, pour chappera un mal plus grand, la ngation de l'en fer? Saint Augustin est l'ennemi du mensonge; il ne craint pas de dire que le texte de l'Aptre relatif au feu du purgatoire n'a pas toujours t bien compris. Et il parle en public pour redresser celte erreur. Il n'y a donc pas craindre qu'il ait voulu dissimuler la xerit par crainte d'un plus grand mal. L'orateur passe ensuite au sens de I Cor., m, 1 1-15. Tout d'abord il admet que l'criture puisse renfermer des sens multiples. Chrysostome en a expos un; Augustin, un autre. L'Aptre parle ici de fondement et d'difice. Les pcheurs obstins, les infidles, n'difient rien sur le fondement qu'est le Christ. Sur ce fondement on ne peut appuyer qu'un difice vivant, compos des pierres vivantes que sont les fidles (cf. I Pet., ii, 5). Cela suppose la foi, la foi conjointe la charit; ce qui exclut le pch mortel. Les termes mmes dont se sert l'aptre excluent l'hypothse de pcheurs btissant ici un difice il est question de bois, de paille, de foin, tous matriaux lgers, et non de plomb ou de pierres, matriaux qui figureraient mieux les pchs mortels. Telle est la remarque de Grgoire et d'Augustin. Donc, pour difier sur le fondement qu'est le Christ, il faut avoir au cur la foi agissant par la cha:

l'autorit de saint

pour autant tomber dans l'hrsie origniste, qu'elle rprouve et qui d'ailleurs est presque Inconnue en Occident. Bien plus, la doctrine du feu purificateur, loin d'engendrer le relchement, provoque la ferv ur la perspective d'un feu temporaire aprs cette vie meut les fidles bien plus que la perspective d'une relgation en un lieu Inconnu. En publiant la doctrine du feu du purgatoire, les saints Pres savaient qu'ils encourageaient beaucoup d'oeuvres pieuses, et le saint sacrifie de la messe, et les aumnes, et les prires, en faveur des Ames du purgatoire. n- plus [es textes patristiques invoqus dmontrent bien la vrit de renseignement des Latins. L'orateur Cherche surtout donner une pleine valeur en faveur du purgatoire l'autorit de Grgoire de Nysse, dont les crits ont t proclams exempts d'erreurs par le V" concile. Dans le temps mme o l'on brlait les eerits d'Origne, on conservait et honorait ceux de Les Grecs parlent d'interpolations origlire.
: 1

de telles interpolations s'taient produites concile les aurait dnonces. Aprs le concile, elles n'auraient pu se produire par des mains orignistes ni aux fins de l'orignisme. De fait on trouve donc, (liez saint Grgoire, l'enseignement des Latins sur le feu du purgatoire. Quant aux Pres latins, saint \imustin en particulier, comment rejeter leur autorit? Les Grecs ne peuvent ignorer un enseignement consign dans des crits universellement connus et vnrs, L'glise romaine a toujours su garder la voir de la vrit entre des erreurs extrmes et opposes; ici encore elle a su rejeter 'apocatastase origniste sans pour cela mconnatre la ralit des peines temporaires. Ouant a saint Grgoire, dont les crits ont t traduits en rec par le pape Zacharie, il s'est exprim sur le feu du purgatoire avec une nettet parfaite. et les Grecs n'ont pu s'y mprendre. Un dogme si auto-i ancien dans l'glise catholique, ne saurait tre remis en question. Les Grecs prtendent que le texte du II livre des Machabes et que Matth., xn. 32, ne concernent aucune peine purifiante et qu'il n'y est question que d'une rmission et absolution des pchs. Or il faut, dans tout pch, distinguer la coulpe et la peine; la coulpe une fois remise, reste la peine expier. La rponne marque pas assez clairement auquel des deux lments correspondent la rmission et l'absolution du pch dans l'autre vie. Dans l'autre vie, l'me n'est plus capable de dtestation du pch ni de contrition: donc la rmission ou l'absolution dont parlent les Grecs ne peuvent s'appliquer qu' la peine, stipule par l'criture. Deut., xxv, 2: II P.eg., xn, 13. Cet textes marquent le lien qui rattache la coulpe a la
nistes
:

si

avant

le concile, le

rit.

le

L'Aptre a-t-il en vue, comme le pensent jour du jugement dernier? Quand bien
il

les Grecs,

mme

ce

ne s'ensuivrait pas qu'il parle de fautes mortelles, ni qu'il exclue l'ide d'une purification temporaire. Les Latins estiment qu'il ne s'agit pas seulement du jugement dernier, mais encore du jugement particulier. Le fleuve de feu dont parle )aniel, x n, 10, doit non seulement entraner les mchants au supplice ternel, mais purifier les bons qui auraient encore quelque tache consumer. L'interprtation des Grecs relative au jugement dernier peut donc tre accepte condition d'tre complte par une autre interprtaserait exact,
I

tion relative au jugement particulier. Le mot <J)07)o etoi, disent les Grecs, signifie conservation, permanence.

bien os pour lis Latins de les contredans l'criture on ne trouve ce mot qu'appliqu au bien et au salut. Dans lu mme ptre, on ]ieut citer i. 1K; v, ix, 22. Voir aussi Acl., xvi,

Peut-tre

est-il

dire ici? Mais,

30, 31. Si l'Aptre a C'est selon sa pense

nence

prposition <5'. si l'interprtation des Grecs tait


:

employ ici ce mot ac(WjaeTai, connue par ailleurs. De plus la marque un passage, non une permala vraie,
il

et

fallu dire
gzzv.'.,

ftv

irupi et

non

<5i

7iup.

Le mot

^r)(i.iwO^-

disent encore les Grecs, ne saurait dsigner une

1259

PURGATOIRE. LE CONCILE DE FLORENCE


le lac
:

1260

purification qui est en somme un bienfait; il ne peut s'appliquer qu'aux impies. Les Latins sont d'un avis diffrent cette purification, quel que soit le bienfait qu'elle apporte, est cependant un dommage, peine plus rigoureuse, au sentiment de saint Augustin, que toutes les peines de celte vie. Donc le sens du mot est sauvegard. Quant l'autorit de l'glise romaine, si elle a t mise en avant, c'est que cette glise n'est pas une glise quelconque: elle est instruite par les aptres Pierre et Paul, fondements et lumires de la foi; elle est tte et matresse des autres glises, ainsi qu'en

tmoigne saint Maxime dans sa lettre aux Orientaux


t. xci, col. 137 D). Enfin l'argument des Latins tir de la justice divine est rest sans rponse; en revanche, les Grecs ont accumul dix arguments contraires. Les Latins pourraient eux-mmes apporter de multiples raisons opposes, mais l'orateur veut se contenter de rpondre aux arguments de Bessarion. 4. Cette rplique forme le quatrime point. En ralit il sufft de lire les arguments des Grecs pour s'apercevoir de leur peu de consistance. Les rponses de Turrecremata aux arguties des Grecs sont elles-mmes d'un intrt mdiocre. Toutefois la troisime mrite d'tre retenue, parce qu'elle envisage l'immutabilit des volonts dans l'au-del
:

(P. G.,

plongs dans les tnbres, dans l'ombre de la mort, dans profond (cf. ps. lxxxvii, 7), dans la terre tnbreuse et obscure, sans lumire, sans spectacle de la vie. Cf. Job, x, 22. Si les premiers sont combls de joie, les seconds sont dans une tristesse inconsolable. Cependant les premiers n'ont pas encore le vritable hritage cleste; les seconds ne sont pas encore livrs aux tortures ternelles et dvors par le feu. A l'appui de cette doctrine, Marc d'phse cite plusieurs Pres, le pseudoAthanase, Qusestiones ad Antiochenum ducem, q. xx, xxi, P. G., t. xxviii, col. 609; saint Grgoire le Thologien, Orat., vu, In laudem Ceesarii jratris, n. 21; xvi, In patrem tacentern propler plagam grandinis,n. 9, P. G., t. xxxv, col. 781-784; 945 C; xl, In sanctum baplisma, n. 45, t. xxxvi, col. 425 C; saint Jean Chrysostome, Ad populum Antiochenum, hom. vi, n. 3 Adv. Judseos, hom. vi, n. 1, P. G., t. xlix, col. 85; t. xlviii, col. 904, 905. Les visions et rvlations sur les chtiments d'outre-tombe, attribues de saints personnages, ne sont donc que de simples reprsentations figures des ralits venir, non la description des ra;

lits prsentes.

Si l'immutabilit de la volont droite est ncessairement requise dans l'obtention de la batitude, elle ne se sufft pas cependant elle-mme. La poursuite d'une bonne uvre et

Par l est exclue l'hypothse du feu purificateur temporaire. Dj saint Pierre montrait les impies attendant la sentence dfinitive, II Pet. n, 4; il parlait de captivit. Les Grecs parlent de chtiments dj commencs honte, remords ou peines semblables; mais il ne faut pas leur demander d'admettre qu'un feu matriel agit sur les mes spirituelles. Tout au plus pourraient-ils admettre ces expressions en un sens
:

surtout l'obtention de la fin dernire requirentdemultiples lments... Le mal peut surgir de l'un ou l'autre des mille dfauts possibles; mais le bien ne peut exister que si toutes les conditions en sont remplies. Donc, il suffit d'un dfaut quelconque pour empcher l'achvement et l'acquisition du bien. Aussi, bien que pour tre digne du chtiment ternel, il suffise l'me d'avoir une volont immobile dans le mal, il ne suffit pas, par contre, pour qu'une me quittant cette terre, puisse immdiatement entrer en jouissance de la batitude, qu'elle ait une volont fixe immuablement dans le bien; il faut de plus qu'elle n'ait plus de faute ou depeine expier; car, comme on l'a dj dit, la flicit du ciel n'admet rien de souill. En outre, si cette immutabilit de la volont droite en celui qui est prdestin la vie ternelle suffisait pour lui faire confrer immdiatement le bonheur, comme l'immobilit de la volont du damn dans le mal suffit le plonger dans l'ternelle perdition, que vous servirait de prier pour les dfunts, puisque vous dites que cette

allgorique. L'glise, selon la coutume d'origine apostolique, offre le saint sacrifice et d'autres prires pour tous les dfunts sans distinction. Aux damns, dfaut de la dlivrance, est procur un lger soulagement. Maints exemples historiques attestent cette vrit (l'orateur rappelle le texte de saint Basile dans E/oX6yi.ov t& [it-fix, voir col. 1253 ; le fait de Falconille et de Trajan). Et toutefois l'glise ne prie pas publiquement pour de telles mes; elle se contente de prier pour tous les fidles trpasss, si grands pcheurs qu'ils soient. On peut citer sur ce point non seulement saint Basile, mais saint Jean Chrysostome, In Joannem, hom. lxii, n. 5, P. G., t. lix, col. 348; In I Cor., hom. xli, n. 4, P. G., t. lxi, col. 361 ; In Mallh., hom. xxxi, n. 4, P. G.,
t. lvii, col.

immutabilit de la volont dans op. cit., p. 2 (56)

375; In

Mac, dans

le

pseudo-Damascne,

le

bien

suffit?...

Hoffmann,

De

La rplique est bonne et premptoire. Mais on voit par l quel genre d'exercice se sont livrs les deux
jouteurs. 5 Prcisions apportes par les Grecs (P. 0., p. 108151, 152-168). Marc d'phse apporta les prcisions

demandes en deux mmoires. 1. Le premier, de beaucoup le plus tendu, dclare que les Grecs vont exposer simplement leur sentiment
propre et discuter de plus prs le sentiment qu'on leur oppose. Ils enseignent donc que les justes n'entrent pas immdiatement en possession de la batitude promise leurs uvres; que les pcheurs ne sont pas livrs immdiatement au supplice ternel qui leur est destin. Les uns et les autres ne parviendront ce terme qu'aprs le jugement dernier et la rsurrection universelle. Sans doute ils ont dj quelque chose de leur destine future. Les bons sont dans le repos et la libert, soit dans le ciel, prs de Dieu, avec les anges, soit dans le paradis terrestre; ils sont parmi nous, dans les temples o on les honore; ils entendent nos prires, prient pour nous, se font nos intercesseurs, oprent des miracles par leurs reliques, jouissent de la vue bienheureuse de Dieu et du resplendissement de sa gloire, plus parfaitement qu'en cette vie. Lesmchantssontenfermsdansl'enfer,

qui in fide dormierunt, n. 3, P. G., t. xcv, col. 249 B. Si les prires de l'glise peuvent obtenir un adoucissement aux mes destines l'enfer, combien plus l'obtiendront-elles pour les mes de la catgorie moyenne! Ces dernires pourront, grce aux prires de l'glise, tre runies Dieu. Quant aux mes justes et saintes, elles recueillent, elles aussi, un vritable bnfice de ces prires puisqu'elles n'ont pas encore touch au terme. Cf. pseudo-Denys, Eccl. hier., vu, 7, P. G., t. m, col. 561 D-564 A. Aucune raison donc de restreindre l'efficacit des prires et des saints sacrifices une seule catgorie d'mes, celles du purgatoire. Les Latins ont cru pouvoir en appeler l'autorit de saint Basile, qui prie Dieu d'introduire les mes dans un lieu de rafrachissement. Mais cela ne signifie nullement que ces mes soient dans le feu du purgatoire. Quant l'autorit de saint Grgoire de Nysse, il faut bien se rsigner reconnatre que ce Pre a err sur ce point. Qu'on montre o il a parl du feu ternel D'ailleurs, il place le feu purificateur des pcheurs au jugement dernier. Quoi de commun entre ce feu et celui du purgatoire des Latins? Les Grecs ont cit largement Grgoire (de Nysse), pour ne pas tre accuss de le calomnier comme origniste. Grgoire, pour les Grecs comme pour les Latins, est un docteur; mais il est malais d'expliquer comment il a pu professer cette doctrine du purgatoire sans
iis
I

1261
encourir
la

PURGATOIRE. LE CONCILE
condamnation
tiu \

l>K

FLORENCE

L262

concile

cumnique.

parles biens Ineffables dont les saints n'ont pas encorela


jouissance'.'
/
/

l'apologie crite par saint Maxime pour la doctrine de l'apocatastase telle que l'a prsente Grtout > rappelle l'orignlsme. Comment enfin

Qu'on

lise

Mare

sont les
et la

se rfre Simplement a saint Maxime. Ames de ceux qui moulinent dans le


les enfers,

pch mortel? Elles sont dans


l'attente

lortuiecs par

purgatoire comme une doctrine ancienne dans l'glise el tenant le milieu entre deux erreurs, alors que les docteurs les plus nombreux et u-s plus Illustres ont cru devoir expliquer au sens allgorique le feu ternel et les chtiments sans lin? Comment les peines qui prcdent le Jugement pourraient-elles tre par un (eu matriel? textes de saint Matthieu et des Machabes ne prouvent pas la doctrine de la purification ou du chtiment dans l'autre vie, mais celle do la rmission des pchs. Et puis qui- signifie cette distinction entre la coulpe et la peine? Cette distinction parait aux Grecs contraire aux faits les plus certains quand les princes pardonnent une offense, les voit-on en poursuivre le chtiment! Le puhlicain retourne lu/ lui non seulement absous, omis justifi, lue., xviii, 14; Menasse, aprs s'tre humilie, est dlivr de ses fers et rtabli sur son trne. II Par., xxxin. 13: les Ninivites, grce a leur pnitence, sont soustraits aux oups qui les menaaient. Jon.. m. 5: le parai] tique reoit, avee le pardon de sis pchs, u redressement de son corps. Matth., ix. L'exemple allgu de David n'est pas concluant, car il eut de la mmo femme un autre fils qui fut le grand Salomon. Donc on ne peut poser en principe qu'aprs le pardon de l'offense il reste encore subir une peine: pour dmentir un tel principe, l'exemple du baptme suffirait avec le pardon des pchs. le baptise ne reoit-il pas remise le toute sa peine? En ce qui concerne I ("or., m, 11-15, dont dpend pour ainsi dire tout l'enseignement des Latins, des divergences se sont produites entre docteurs sur ce texte comme sur beaucoup d'autres. Cependant l'interprtation de saint Jean Chrysostome doit tre prfre, car il s'est attach reproduire la pense de l'Aptre. Marc d'phse en appelle Job. xvi, 10, pour justifier le sens de conservation attach cw^aeTai par Chrysostome. Et sa conclusion est nette il faut s'attacher l'exgse de Chrysostome si l'on ne veut pas s'carter de la vrit. 2. Le dernier mmoire de Marc apporte les derniers claircissements demands par les Latins. Ces claircissements concernent quatorze points. Les questions prcises des Latins ont amen Mare des prcisions nouvelles, qui donnent un prix spcial ce dernier
prsenter
la

doctrine

ilu

crainte de leur triste sort. les anus des saillis jouissent elles d'une il ) Comment joie parfaite, sans avoir encore part aux biens ineffables? Elles jouissent par avance d'une flicit bienheureuse, dans l'esprance des biens promis.
la \ision divine est elle pour les plus grande que le feu etei ne!'.' Sans aucun doute, cette privation tant le plus dur tour ment des Ames dchues de toute esprance. i) Quelles peines les mes de la catgorie moyenne endurent-elles? Les souffrent-elles tour tour? C'est la question proprement dite du purgatoire, la question des mes - moyennes i, destines voir Dieu aprs une expiation temporaire. Mare rpond que les peines endures par ces mes sont diverses et ingales, comme les fautes qui les leur ont mrites.
Ii)

La privation de

damnes une peine

document.
a) En quel sens les Grecs disent-ils que les Ornes des saints ne sont pas encore en possession de la batitude? Le sort ili - Ornes destines la batitude demeure,

jusqu'au dernier jugement provisoire et imparfait, soit que Dieu ait dcid de ne rcompenser les mes qu'en compagnie de leurs corps, soit qu'il veuille diffrer la rcompense commune jusqu'au moment de la runion complte du corps des lus. b) Qu'entendent les Grecs lorsqu'ils disent que les saints sont au ciel avec les angi -s prs de Dieu? C'est le mode spcial de prsence des esprits, tel que l'ont expos saint Jean Damascne, ^aint Grgoire de Na.

j) Qu'est-ce que les Cres entendent par l'incertitude de l'avenir i? C'est l'ignorance o demeurent ces Ames quant au temps o, leur expiation tant consomme, elles si verront runies au chur des lus. k) Qu'est-ce que la honte de la conscience? Toute faute inexpie engendre une certaine honte. Quelquefois, la pnitence est assez complte pour effacer entirement le pch; mais il n'en est pas toujouis ainsi, l'me qui n'a pas suffisamment fait pnitence doit traverser une priode de chtiment; ainsi en est-il pour beaucoup de fautes quotidiennes qui chappent notre fragilit. On ne songe gure en faire pnitence. Mais la misricorde divine peut en faire remise au pcheur, et les prires de l'glise peuvent acquitter sa dette. I) Que faut-il penser du soulagement des damns par la prire des vivants? La prire des vivants peut obtenir aux damns quelque adoucissement avant le jugement gnral. m) Quelles sont les fautes petites et lgres, qui affectent les mes de la catgorie moyenne? Sur ce point, les Grecs ont un sentiment diffrent des Latins. Ils ne reconnaissent pas les fautes vnielles; ils n'admettent pas que les pchs soient remis par la charit. La rmission des pchs est due la pnitence si la pnitence est parfaite, rien ne manque l'expiation du pch; si la pnitence est imparfaite, le pch, dans la mesure o il n'est pas encore remis, devra tre expi outre-tombe. Pas de distinction entre la coulpe et la peine. nj Pourquoi les prtres grecs imposent-ils une pnitence en absolvant les pcheurs? De cette pratique, Marc apporte cinq raisons et laisse entendre qu'il peut en exister d'autres toutes raisons d'opportunit, dont la plus admissible est le caractre mdicinal des satisfactions sacramentelles. A l'article de la mort on
: :

zianze. Denys l'Aropagite. c) La vision bienheureuse dont jouissent les saints d- maintenant est-elle la \isjon oVelSou dont parle saints voient-ils Dieu par essence? Aucune crature ne peut \oir Dieu par essence: la vision qui est le partage des saints est la vision Si'e'8o'j,mais non la vision face a face (irpcowrov "po -^ai,,-',^ qui est rserve pour le sjour de la gloire.
1

manque. du concile. Telles sont les pices du procs, du moins celles qui sont aujourd'hui connues. La discussion se prolongea un mois et demi encore; cf. Mansi, Concil.. t. xxxi a, col. 485-493. L'empereur, press d'aboutir, intervint de sa personne et prsida un dbat public les 16 et 17 juillet 1439. Les Grecs en voulaient particulirement au feu du purgatoire; les Latins
lui

absout et on communie Dieu supplera ce qui


G" Dfinition

le

moribond, en comptant que

d) Qu'est ce que le rayonnement de Dieu dont les saints jouissent dj au ciel? Marc rpond ici par quel-

cdrent sur ce point, qui d'ailleurs ne se prsentait pas (nous l'avons constat au cours de notre enqute) garanti par une tradition ferme. L'accord se fit en fin de compte sur la formule suivante, qui quelques mots prs reproduit la profession de foi du concile de Lyon. Nous juxtaposons les deux textes
:

ques phrases de Jean Climaque. r ) Que doit-on entendre par le royaume de Dieu

et

ONCILF. DE LYON Si vire ptmitentea in caritate ilriisM-rint. aiitequain


11'
l

CONCILE DE FLORENCE Si vrre pa'nitentes in Dei


raritate
ilicessiiint.

ante-

1263
dignis
<ic
>
i
.

PURGATOIRE. LES NGATIONS PROTESTANTES

1264

1 1 1 <

<

tructibus
el

in

commissls

sal isfecerinl

[seu catharnobis [rater Joannes explanavil post mortem purgari el ad p n:is hujusmodi relevandas prodesse cis ndelium vivo
i

omissis; uv purgatoriis
I

c.iiin)i

animas p-

un dignis pnltentlae tructibus de commissls satisfecemi el omissis, eorum anim is pnis purgatoriis posl mor

ri iis,

sic h

tem purgari; el ui a pnis hujusmodl releoentur, prodesse iis ndelium vivorum sufTragia, missarum scilicei
sacriflcia,

mm sufTragia,
licet

orationes
et
alla

el

elee-

missarum
orationes
alia

sciel

mosynae,
officia,

sacriflcia,
e1

quae a

pietatis fidelibus pro

eleemosynas
officia,

quae a

pietatis fidelibus pro


fteri

aliis fidelibus fteri

consueve-

du feu demeure, aprs les discussions de Ferauparavant: une croyance respectable, mais avec ce caractre nouveau que lui confre le concile de Florence, c'est que propose la sanction du magistre, celui-ci s'esl refus la consacrer. VI. La controverse protestante et le concile Trente. - Nous n'avons pas voulu interrompre dj l'expos de la controverse avec les Orientaux avant qu'elle soit close, officiellement du moins, par la dfinilion du concile de Florence. Il nous faut maintenant,
docl
i

me

rare, ce qu'elle tail

runi

secundum

Ecclesiae ins-

aliis

fidelibus

consueEcclesias

lituta.

verunl

secundum

institut;!.

Illorum
<iui

autem

animas,

post sacrum baptisma nullain omnino peccati maculam incuirorunt.illas el lam, qu;i' post contractant peccati maculam, vel in suis [manentes corporibus, vel eisdem exuta', prout superius dictum est, sunl purgatse,
!

[llorumque animas, qui baptismt susceptum post nullain omnino peccati maculam lncurrerunt,illasetiam quae post contractant peccati iculam, vel in suis corpo-

jeiani un regard sur l'Occident, rappeler que, bien avant ce concile, l'Occident lui-mme avait t troubl par la ngation du purgatoire, ou, plus exactement, cette ngation se greffait sur une hrsie plus vaste, dont elle n'tait qu'un aspect secondaire.

eisdem exutae corporibus, prout superius dictum est, sunt purgatse, in


ribus, vel

mox

in

csrlum

recipi.

caslum
clore

mox

recipi

et

intueri

trinum et unum.sieuti est, pro meritorum tamen diversitale alium alio

ipsum

Deum

Au \iii c sicle, les cathares (albigeois) avaient t entrans, par leur morale singulire, la ngation du purgatoire. On sait que, pour ces no-manichens, la vie spirituelle ne peut exister ici-bas. l'me tant prisonnire en un corps qui est l'uvre de Satan. Le bonheur n'est possible qu' la dlivrance de l'me, aprs la mort. Puisque le rgne de Satan est limit ce monde, l'enfer n'existe pas toutes les mes fina-

perfectius.

Illorum autem animas, qui in mortali peccato vel cum solo original] decedunt, mox in infernum descendere, pnis tamen disparibus puniendas.

Illorum autem anirms, qui


in actuali mortali peccato vel solo originali decedunt, mox in infernum descendere, p-

nis tamen disparibus puniendas.

A la profession de foi de Michel Palologue, que les Grecs pouvaient difficilement rejeter, le concile de Florence, s'inspirant de la dfinition de Benot XII et pour liminer les tendances palamites de Marc d'phse, ajoute simplement que les mes justes, une fois entirement purifies, sont reues immdiatement dans le ciel, pour y voir Dieu clairement, dans son unit et dans sa trinit. tel qu'il est, l'un plus parfaitement que
l'autre selon la diversit de leurs mrites.

lement doivent revenir Dieu, mais aprs une srie d'preuves, de purifications. Et c'est sur terre que les mes doivent se purifier pour tre dignes de Dieu; d'o il suit que les mes imparfaites reprennent un nouveau corps et une nouvelle existence en vue d'une purification plus complte. Pas de place, en un tel systme, pour un purgatoire. Pas de prire non plus pour l'me des morts puisqu'il n'y a pas d'expiation dans un purgatoire et que les morts ou bien sont unis Dieu ou revivent sur terre sous une nouvelle forme. Voir Albigeois, dans Dict. d'hist. et de gogr. eccl., t. , col. 1626, 1631. Dans sa condamnation de l'hrsie des albigeois, l'glise s'est contente de formules gnrales et n'a pas envisag directement la ngation du
purgatoire. La position des vaudois (tout fait distincts au dbut des cathares) est assez peu cohrente au dbut ils rejettent moins le purgatoire et la prire pour les morts que certains trafics pcuniaires dont ces dogmes sont trop facilement l'occasion. Il est remarquer que plus tard Wiclef et Hus, qui, tout autant que les vaudois et les albigeois, prludent aux ngations protestantes, n'ont pas os attaquer directement le dogme du purgatoire, tant la crainte tait grande de s'aliner l'esprit des masses. Nanmoins, Wiclef attaque dj les indulgences, cf. prop. 42, Denz.-Bannw., n. 622; Hus lui fait cho, prop. 8, ibid., n. 634, et le concile de Constance impose leurs partisans deux interrogations sur ce point. N. 26, 27, ibid., n. 676, 677. La ngation du purgatoire pourrait tre dduite de la ngation des indulgences. Mais ce sont les rformateurs du xvi e sicle qui osrent ouvertement contredire une croyance et des pratiques si populaires. Luther y mit d'abord quelque rserve; Calvin brusqua l'offensive. On fera d'abord l'expos des ngations protestantes; ensuite on retracera la riposte catholique du ct des thologiens et enfin on exposera la doctrine du concile de Trente.
:

Deux points d'une importance capitale paraissent avoir t acquis. Les Latins semblent avoir dcouvert que les Grecs n'ont aucune objection de principe contre la prire pour les morts. Les Grecs constatent que l'orignisme n'existe pas en Occident, comme ils se l'taient imagin avec le feu du purgatoire. Le terrain ainsi dblay, les divisions n'taient pas toutes supprimes. On les rduisit au minimum et, pour que l'union ft ralisable, on fit silence sur les questions secondaires o chaque glise avait son enseignement particulier. La nature des peines d'outretombe revt des caractres fort diffrents selon qu'on la considre dans la doctrine ferme des Occidentaux touchant les rtributions immdiates aprs la mort, ou qu'on l'envisage dans l'eschatologie fuyante et complique des Orientaux. Le vice le plus profond du systme expos par Marc d'phse est peut-tre la confusion tablie entre la coulpe et la peine. Outre que cette conception semble rduire la pnitence des pchs une vulgaire liquidation de compte avec Dieu, on se demande ce que peut bien tre, pour le pch moi tel, cette rmission qui ne remet qu' moiti et qui laisse l'me rentre en grce avec Dieu moiti captive du mal; pour le pch vniel, cette tare qui suit dans l'autre vie une me qui cependant quitte ce monde avec la charit parfaite. Marc d'phse a fait des prodiges de subtilit pour soutenir la thse d'une satisfaction sacramentelle qui n'en est pas une. On laissa tomber toutes ces divergences, et, ayant nettement spar la cause du feu du purgatoire de celle du purgatoire lui-mme, l'accord se lit sans peine. La doctrine du purgatoire est un dogme de l'glise; la

/.

EXPOS DES NGATIONS


Gense
et

PROTESTANTES.

pense luthrienne. 1. Dans ses thses du 31 octobre 1517. Luther combat les indulgences, mais non encore le purgatoire. Toutefois il parle de l'tat des mes souffrantes en des termes qui sont contraires aux donnes traditionnelles: il veut dtruire le lien qui pourrait les unir aux vivants. Les mes des mourants paient toute leur dette par la mort; le droit canonique ne les atteint pas. et elles ont droit la remise de leurs fautes, th. la conscience de leur imperfection morale et de ce qui manque leur charit comporte une grave
1

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126
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.1 elle seule cette crainte teint le feu du purgatoire th xt\. xv, routefois, pour les Ames du purgatoire, la crainte diminuant, s'accrott la charit, th. wii; on ne peul prouver par la raison ou l'crl ture que ces Ames soient hors d'tal de mriter el d'accrotre leur charit th. II ne i>. tr.u'l pas qu'elles

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NI ne ne mrltci

earum salute, saltem omnes; nec probatum est ullis aut


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plus en tat tle d'accrottre leur charltt

soient certaines de leur batitude, au moins toutes

pas leur libration immdiate th. xxix, ou II' sr. n. I. Dispufolio ratione viriutis indulgentiarum, d. le Weimar fW t. i, p. 233-234. Les protestations surgirent de partout. Dans l'apo publie in .illem.mil vers la tin de 1519, en rponse .i Pririas et a Jean Eck, Luther dclare croire ferme ,ui\ souffrances des pauvres mes qu'on doit secourir par les prires, des jenes, des aumnes et II ajoutait d'antres uvres cependant ne pouvoir dterminer le genre de leur peine ni savoir si cette peine peut seule servir a la satisfaction requise. ViUerrieht au) Miche Artikel, \\.. t. n. p. 70. Celte profession de foi, d'apparence encore catholique, fait cho a la deelarat ion contenue dans les ResoltUioiUS disput. de indulg. virtute, o Luther proclame sa certitude du purgatoire, conci. 15, discute longueth,

\i\

Peut

l'le

mme

ne dsirent elles

VnlnuB In purProp. 39 gatorio peceanl sine mler mlssione, quamdtu querunt requiem et horrenl pnas.
:

Les
peelienl

anus du purgatoire

s;ms Interruption parce qu'elles cherchent le repos et oui horreur de leurs


souffrances.

i.

to Anima' ex Prop. purgatorio liberataa suffira as \i\cntitim mfalUS beau-

Les Ames dlivres du pui


gatolre, grce aux suffrages des \ i\ ants. sont moins heu

tur, 7
n.

quaiu
I :

sent.
1 1

si per se sattsfecls >en/ liannw .. n. 743i avallera, 777 7so


.

reuses

que
par

si

elles

avalent

Satisfait

elles inenu-s.

160.

propositions, Luther les reconnat comme siennes, bien que pour l'une ou l'autre il affirme ne

Ces

s'tre

pas

encore

prononc

catgoriquement.
t.

Cf.

sur Us peines, ihiit.. mais nie le pouvoir du pape sur ces peines et ne lui aeeorde de qui est d'ailleurs la thse catholique) qu'un pouvoir per modum suflrugii. Concl. 22. 25, 26, W., t. i. p. 555, 556-558, 671, 572, .">7l. 2. Mais dj, dans des lettres prives, il laisse entendre que va doctrine sur la justification par la foi et sur l'inutilit des bonnes uvres ne permet gure

ment

maintenir une expiation des pelis. Dans la Dispuiaiio de Leipzig avec Jean Kek. press par ce dernier de dclarer s'il admet encore le purgatoire, Luther repond qu' en vrit, dans toute l'criture, il n'y a pas un mot a ce sujet W., t. n. p. 324. Si on lui oppose le II- livre des MachabeS, il se contente
de
.

de rejeter ce texte, allguant que les deux livres des Machabees sont par erreur dans le canon des critures. W., t. M. p. 32 1: cf. Kostlin-Kawerau. Martin
Luther,
t.
i.

encore sur

l'tat

Berlin. 1903, p. 248. Il discute toutefois des Ames du purgatoire, plutt en

vu, p. 110-111, 149-150. H est d'ailleurs facile d'en retrouver le sens et jusqu' l'expression dans des uvres antrieures. J esolut. disput. de indulg. virtute, concl. 23, Prop. 3 Cutlier reproche aux catholiques de W., t. i. p. 572 raisonner ijiiasi non sint niai percuta iietualia. ae si fams relietus imita sit iniiiiuiulitia. nullum impedimenlum. nullum mdium, quod m<>ratur ingressum regni. Prop. Disput. i>r<> declaratione virtutis indulgentiarum, prop. 15, \\'.. t. i. p. 234; Rsolut, l. p. 554. disput. de indulg. virtute, concl. Prop. 37: Disput. Lipsise, De purgatorio, W., t. n. p. 323, 321: i-f. ]). 338-339. Dans les Assertiones, Cuther insiste sur l'impossibilit de prouver le purgatoire par 11 Mac. il ajoute que seul l'amour du lucre a caus et tout ce tumulte autour du purgatoire. W., t. vu, lit. Prop. 38 nonc des thses de la Dispulatin p. Lipsise, th. i.x. W., t. n, p. 161, Rsolut disput. de indulg. virtute [1518], concl. 18, 19, W.. t. i, p. 562, Disput. I, Lipsise [1519 ]. W.. t. n, p. 332-333. 56 Prop. 39 ; Rsolut, disput, de indulg. virtute, concl. 18, W.. 1. 1, p. 562. Prop. 40: Disput. 1, Lipsise, W., t. n,
issertio

omnium

articulorum..., W.,

p.

3bi.
1.

rant dis doutes qu'en proposant des ngations formelles. Cf. Resolutiona lutheriana su/>er prop. suis Liptite dispaais, concl. 6, ''. W.. t. n. p. 123, 126.

Cas hsitations sYxpliqucnt par la nature mme du dbat. Dj, de toute vidence, le purgatoire, comme les indulgences, doit tre rejet: mais, tandis qu'on peut sans crainte bafouer les indulgences si peu populaires en raison des abus qui se sont produits, il est dangereux de s'attaquer a des croyances comme le itoire et Us prires pour les dfunts, croyances si chres aux peuples chrtiens. .:. Voil pourquoi, dans les propositions condamnes par la bulle Exsurge Domine, on ne relve que des propositions ou l'existence mme du purgatoire n'est cause
I :

l'omis j. Prop. ctianiM nullum adstt actuate


.'
:

La

concupiscence,

mme
i -

peecatum,

tem
Prop.
"
f|ni
-,

moratur exeuncorpore animais ab


i

fcngrettu cceli.

tas ninriluri
s,,

Imperfecta carifi-rt iccuiM nemagnum timorem,


.

n'existe aucun pch actuel, retarde l'Ame a sortie du corps. son eut re au ciel. Iji charit imparfaite du moribond comporte nceslorsqu'il
1

Au fur et mesure (pie sa popularit croit, Luther prend une position de plus en plus nette. Dans le De abroganda missa (1524), il enseigne ouvertement qu'on ne se trompe pas en niant le purgatoire. W., t. vin. p. 152. Aprs le sjour a la WartbouTg, il est plus audacieux encore Qui a fait du purgatoire un article de foi? Le pape, uniquement pour s'enrichir, lui et les siens, p?r les messes. Trs peu de personnes vont en purgatoire . Kirchenpostille, w.. t. x, " part. a, p. 58"). Il accepte cependant encore qu'on prie pour les morts, mais qu'on le fasse avec prudence; il est possible d'ailleurs que les mes dorment d'un profond Dans l'incersommeil jusqu'au Jugemenl dernier. titude O nous sommes, il faut donc dire a )i n Je te prie pour cette Ame. Il se peul qu'elle dorme ou qu'elle soutire. Si elle soullre. je le demande, au cas O ce serait ta divine volont, de la soulager dans ses Du reste, quand on a pri une fois ou deux. peines. c'est bien assez, l'rrdiulcit. dans l'dition d'I'.rlauuen, t. xvii, 2* part., p. 55. En 1528, Luther autorise encore les prires pour les morts. Vom Abendmahl Chrisli
: i
I i
:

w,

ssrJ*

est et

(aeere

ixen.on purgatorii
dit introitum

hnpe-

sairement nue grande crainte qui par (lie seule Suffit entraner la peine du purgatolre et
.,

!
:

Bekenntniss, W., t. xxvi. p. 508. Mais il esi vraisemblable que de sa part c'est une pure tactique pour (ple peuple ne s 'a percoi Ve (le l'iell. . C'est en 1530 que Cuther laisse enfin clater ses

empcher

l'entre

sentiments
avait
t

au
Prop.
:i7

vritables.

La

ci,

I.

Purgatorium
(

non poti st probarl ex Scriptura qua- s t in canone. Prop. 38 Anima- in pur:

purgatoire ne peut tre prouv par la sainte leriture qui est dan- le canon. Les mes du purgatoire ne
I.e
1

passe

prudemment

question du purgatoire sous silence dans la

Confession d'Augsbourg, pie Mlanchthon avait rdi ge dans le sens du parti de la conciliation Cuther proteste avec vhmence. Epist. ail Melanchthonem,

12G7
26 aot
r l. >30;

PURGATOIRE. LES NGATIONS PROTESTANTES

L268

d. De Wette, t. iv, p. 156. Et immdiatement il envoie ;uix ecclsiastiques de l'assemble d'Augsbourg un Avertissement o se trouve violem-

ment condamn

le
:

principe
: :

mme

de

la

satisfaction

pour les pcheurs Dire Il faut que tu satisfasses pour tes pchs, c'est dire Il faut que lu renies le Christ, que tu rtractes ton baptme, que tu blasphmes l'vangile, que tu accuses Dieu de mensonge, que tu ne croies pas la rmission des pchs, que tu foules aux pieds le sang et la mort du Christ, que tu violes le Saint-Esprit, que tu montes au ciel par tes propres moyens... Qu'est-ce que cette foi, sinon la foi des Turcs, des paens et des Juifs? Eux aussi voulaient satisfaire par leurs uvres. Toutes les abominations sont sorties de l messes, purgatoire, offices
:

gences ou de suffrages possibles. Ailleurs, dans le chapitre sur le sacrifice de la messe, il esquisse la thorie sur laquelle roulera toute la doctrine de la Dfense de la Confession d'Augsbourg : le sacrifice ne peut tre appliqu autrui, mais on peut prier pour
autrui. Ibid., col. 485.

des morts, confrries, indulgences, etc. Vermahnung an die Geistlichen versammelt auf dem Reichstage zu Augsburg, W., t. xxx, 2 part., p. 289-290. C'est alors que parat le premier crit dirig directement contre le purgatoire Widerruf vom Fegfeuer, W., t. xxx, 2 e part., p. 367 sq. C'est une longue diatribe contre la thse catholique de l'existence du purgatoire, contre les preuves scripturaires qu'on a coutume d'apporter et contre les marchandages que cette doctrine introduit dans la religion. Le Dieu Mammon fait de la Bible tout ce qu'il veut! 6. Les articles de Smalkalde tablissent dfinitivement la doctrine toute ngative de Luther. Ngation de l'utilit des satisfactions pour soi-mme ou pour
:

autrui. Part. III, a. 3, De psenitentia, dans J.-T. Millier, Die symbolische Bcher, Gtersloh, 1912, p. 315, n. 20. C'est en partant du principe de la satisfaction qu'on a relgu pour le purgatoire ce qui pouvait tre encore dsirer dans la satisfaction faite ici-bas. Ibid., n. 21. C'est donc un comble d'abomination de prtendre que la messe, mme offerte par un vaurien sans foi ni loi, puisse dlivrer l'homme de ses pchs dans cette vie ou au purgatoire. Donc encore superstitions que les messes de vigiles, d'obsques, de septime, de trentime jour, d'anniversaire, ainsi que le jour des dfunts le purgatoire et toutes les solennits qui s'y rapportent ne sont qu'un masque du diable (mera diaboli larva). Tout cela constitue une contradiction avec le premier article qui enseigne que la libration des mes est dans le Christ seul et non dans les uvres des hommes. De plus, au sujet des morts, rien ne nous a t command par Dieu. Donc toutes ces pratiques, mme s'il ne s'y mlait rien d'erron ou d'idoltrique, pourraient tre
:

omises.

Part. II, a. 2,

De

missa, op.

cit.,

p. 303, n. 12.

Sans doute on objecte l'autorit d'Augustin au sujet de sa mre Monique. Mais Augustin n'a rien enseign; il rapporte simplement une recommandation de sa mre simple dvotion particulire. Ibid., n. 14. Tout ce qu'on fait pour les dfunts n'est qu'une invention humaine, comme le culte des reliques. Il faut s'en tenir la rgle de foi contre laquelle mme un ange ne saurait prvaloir. Quant aux prtendues apparitions, ce sont d'honts mensonges et des contes. Ibid., n. 16, 17. Dsormais, Luther ne parlera plus du purgatoire que pour le tourner en drision.
:

Ainsi donc, Mlanchthon ne niera pas expressment purgatoire; dans la Confession d'Augsbourg, il passe sous silence cette question. Dans la Dfense, il l'aborde plusieurs reprises, dans le sens indiqu par les Loci. Le principe de la justification par la foi seule commande toutes les dductions. C'est faire injure la rparation offerte par le Christ que supposer encore ncessaire une satisfaction de notre part. Apologia, a. 6, De confessione et satisfactione, dans J.-T. Millier, Symbolische Bcher, p. 200, n. 77. Les catholiques ont transport dans l'autre vie cette ide d'une satisfaction humaine. Le facile ignos fructus psenitenlise quivaut pour eux Souffrez les peines du purgatoire dans l'autre vie. Ibid., p. 192, n. 39, 40; cf. p. 189, n. 25. Pour lgitimer cette conclusion, il faudrait montrer que les peines ternelles ne sont remises qu' la condition d'une compensation de peines temporaires au purgatoire, ce que n'enseigne pas l'criture. Ibid., p. 200, n. 77. Et voici qu'ils veulent racheter les satisfactions dues par les dfunts avec les indulgences et le sacrifice de la messe! Apologia, a. 12 (5), De psenitentia, p. 169, n. 15. Or, d'une part, c'est mal comprendre les indulgences que de leur attribuer de l'efficacit pour dlivrer les mes du purgatoire. Ibid., a. 6, De confessione et satisfactione, p. 262, n. 78; cf. p. 170, n. 26. D'autre part, les papes ont transfr l'application des messes aux mes du purgatoire, a. 24 (12), De missa, p. 262, n. 64, dlivrant ainsi ces mes des peines du purgatoire par la simple application d'une messe, qui aux vivants mme ne saurait profiter sans la foi! La doctrine positive de Mlanchthon est expose, dans la mme Apologia, dans l'a. 24 (12) sur la messe. La messe ne confre pas la grce ex opre operato; si elle est applique aux vivants et aux dfunts, elle ne mrite ex opre operato aucune rmission des pchs, coulpe ou peine. Ce qu'elle fait, c'est vaincre par la foi les terreurs du pch et de la mort. P. 250, n. 11. S'il en est ainsi, il est inutile de clbrer la messe pour les dfunts et d'admettre un purgatoire. Ibid., p. 268, n. 90. Sans doute, il faut croire que la cne du Seigneur a t institue pour la rmission des pchs, et c'est de vritables pchs qu'il s'agit. Et pourtant la messe n'offre pas une satisfaction pour le pch, car elle deviendrait ainsi l'gale de la mort du Christ la rmission de toute faute ne peut s'obtenir
le
:
:

Il se moquera du pape, qui prix d'argent vend les messes, les vigiles, les indulgences en faveur d'mes du purgatoire qu'il ne connat pas. Part. III, a. 3,

De

psenitentia, p. 316, n. 26-27. De ces moqueries les Tischreden (Propos de table) sont remplis. Cf. W. (d. des Tischreden), t. n, n. 1873; t. m, n. 3695; t. iv, n. 4449, 4819; t. v, n. 5316, 5989, 6022, 6033, 6200, 6427; t. vi, n. 6845. 2 Mlanchlhon. Les peines dues au pch chappent, dit Mlanchthon, au pouvoir des clefs. Loci communes (2 a setas), De satisfactione, dans Corp. reform., t., xxi, col. 49. En consquence, pas d'indul-

que par la foi; la messe n'est donc pas une satisfaction, mais une promesse, un signe sacr (sacramentum) qui requiert la foi. En appliquant les messes aux dfunts, on va donc contre l'criture. N. 92. Le canon de la messe grecque applique la messe aussi bien aux saints du ciel qu'aux dfunts; donc il ne s'agit pas de satisfaction offrir Dieu; c'est une simple mmoire, une action de grces. Id., p. 269, n. 93. Quand les catholiques allguent les tmoignages des anciens Pres sur Voffrande du sacrifice (oblatio), il ne s'agit en ralit que de prires pour les dfunts, et nousmmes ne les interdisons pas (scimus veteres loqui de oratione pro mortuis, quam nos non prohibemus ) ; mais nous rejetons absolument (improbamus) une application de la cne du Seigneur pour les morts, ex opre operato. J.-T. Mller, op. cit., p. 269, n. 94. Si Arius a t condamn, c'est qu'il refusait de prier pour les morts, et ce n'est pas pour avoir ni que la messe constitut un sacrifice pour les vivants et pour les morts. Ibid.. p. 269, n. 96. Et Mlanchthon de con-

PURGATOIRE. LES
dure que
sion

ATIONS PROTESTANT!

L270

la doctrine catholique concernant la remis des pchs par un sacrifice extrieur est une doctrine renouvele lu Judasme ou mme du paganisme. Ibid.. d. 07-98. a noter que. il.m- son commenle i'r.. m. 13-15, Mlanchthon entend taire >ur la feu les tentations de la vie prsente. Opra, tlans Corp. re/orm., t. \\. p. 1068. 3 Calvin. Calvin n'a jamais eu les mnagements de Luther ou de Mlanchthon. Aprs avoir tonne contre les Indulgences, il fond vigoureusement sur le Maintenant, pareillement qu'ils ne nous purgatoire rompent plus la tte de leur purgatoire, lequel est par cette OOignee COUp, abattu et renverse lusques a la racine. Car h n'approuve point l'opinion d'aucuns (sans doute fait-il allusion a la Confession d'Augsbourg) qui pensent qu'on doive dissimuler ce poinct et se garder de faire mention du purgatoire, dont grandes noises, comme ils disent, s'esineuvent et peu d'editieation en vient. Certes, ie senne bien aussi d'advis qu'on laissast tels fatras derrire, s'ils ne tiroyent grande consquence aprs eux mais veu (pie le purgatoire est construit de plusieurs blasphmes et est de iour en iour appuy encore de plus grans, et suscite de gr.uis scandales, il n'est pas mestier le dissimuler. Cela possible se pouvolt dissimuler pour un temps, qu'il a est invent sans la parolle de Dieu, voire avec folle et audacieuse tmrit invente: qu'il a est reeu par rvlations ie ne saj quelles, forges le l'astuce de Satan: que pour la continuer on a meschamment corrompu aucuns lieux de l'Escriturc... i Et. relevant que le purgatoire n'est pas autre chose, sinon une peine que soulrent les mes des trpassez en satisfaction de leurs pchez . il conclut qu'une telle conception est un blasphme contre la satisfaction offerte par le Christ. Institution chrtienne, I. III. c. v, n. 6, uvres, t. iv (Corp. re/orm.. xxxn),
I
:

col.

168.

Quant aux tmoignages des critures, Calvin les repousse, lis papistes invoquent Matth., xn, 32; Marc. iii. 28; Luc. xn, 10 Je demande s'il n'est pas vident que le Seigneur parle l de la coulpe du pch. Donc le purgatoire est inutile pour expliquer Mais Calvin veut bailler une solution plus claire . Voulant montrer comme un pch ne peut tre remis ni en ce monde ni en l'autre, il explique que Jsus-Christ a en vue deux jugements Pour ce que
:

>

Seigneur voulait oster toute esprance de recevoir il n'a pas est content de dire qu'il ne serait jamais remis; mais pour amplifier il a us de cette division, mettant d'une part le Jugement que la conscience d'un chacun sent en la vie prsente et d'autre part le ingnient dernier qui sera publi au jour de la rsurrection. Donc aucun pardon, ni maintenant ni au dernier jour, tel est le sens exact des textes. Ibid.. col. 168-169. Ces enfers dont il est question dans l'hil.. n. in. ce n'est pas le purgatoire: ce texte exprime simplement la seigneurie souveraine du Christ en tous lieux. Ibid., col. 169-170. Reste II Mac. xn, 39-46. Calvin explique le but de Judas Machabe faisant prier pour les morts. Ce but concerne les vivants, afin de leur donner estime pour ceux qui taient tombs, pour que ceux au nom desquels il offrait fussent accompagnez aux fidles qui estaient morts pour maintenir la vraye religion . Ibid., cil. 171. Mais. coup sur. le zle de
le

pardon d'un crime tant excrable,

prcieuses, l.e -jour du Seigneur n'est pas autre chose pie sa prsence qui se rvle a chaque tribulation. l.e i foiulement sur lequel se btit l'difice, ce sont les principaux et ncessaires articles de la foi. ('.eux qui difient avec du bois, de la paille, In foin, ce sont eux qui s'abusent en d'autres choses leur ouvrage prira. l'arquov. conclut Calvin, tous ceux qui ont contamin la sacre puret les EscritUTeS par Geste Dente 't ordure du purgatoire, il faut qu'ils laissent prir l'ouvrage. Ibid., col. 173. l.e plus difficile est le rfuter l'argument tir de la tradition, c'est--dire de la pratique le prier pour les morts. Sans doute, avoue Calvin, cette coutume est lcsi introduite devant tre/e cens ans.... mais ie leur demanderai selon nielle parolle le Dieu, et par quelle rvlation, et suvvant quel exemple cela a est faict . Ibid., col. 171. Or il n'y a rien dans l'criture qui autorise la prire pour les dfunts; cette pratique est donc une illusion introduite par Satan, ou un emprunt aux coutumes simplement humaines ou paennes, L'Escriture donne une bien meilleure consolation, en prononant (pie ceux qui sont morts en Nostre Seigneur sont bien heureux, ajoutant la raison qu'ils se reposent de leur peine (Apoc, xiv, 13). Sans doute, i saint Augustin au livre de ses Confessions recite que Monique sa mre pria fort son trpas qu'on fist mmoire d'elle la communion de l'autel mais ie dy que c'est un souhait de vieille, lequel son fils estant esmeii d'humanit n'a pas bien compass la rgle de l'Escriture, en le voulant faire trouver bon . Ibid., col. 175. Les anciens Pres ont fait quelque mention des morts en leurs prires sobrement et peu souvent, et comme par forme d'acquit. Les papistes sont toujours aprs, prfrant celte superstition toutes uvres de charit. Ibid., col. 176. L'interprtation de I Cor., m, 12-15 du feu mtaphorique de la tribulation se retrouve dans le commentaire de Calvin sur cette pitre. T. xlix (Corp. rrform., i.xxvii), col. 537. Zwingle. Zwingle est d'accord avec Calvin pour interprter du feu mtaphorique de la tribulation I Cor., m, 12-15. Voir son commentaire, Opra vol. vi, t. n, Zurich, 1833, p. 1 13. Mais sa doctrine concernant le purgatoire est rsume dans les thses La de 1523 th. lvii vraie criture sainte ne connat aucun purgatoire aprs cette vie ; th. lx Que l'homme implore avec insistance Dieu en faveur des dfunts pour leur attirer sa misricorde, je n'y vois aucun inconvnient. Mais pour cela fixer un temps et en vouloir tirer un profit, voil qui est non pas humain, mais diabolique. E.-F. Karl Miiller, Die Dekenntnisschrijten der reformierten Kirche, Leipzig, 1903, p. 6. Les thses de Berne, 1528 (de Kolb et Haller), s'inspirent des ides mme de Zwingle. La th. vu affirme qu'il n'y a pas de purgatoire dans l'criture, que tous les jours consacrs au culte de dfunts, vigiles, messes de funrailles, services, messes des septime et trentime jours, anniversaires, sont inutiles (vergeblich).
:
i

<

Ibid., p. 30.

;i

Dans la Fidei ratio de 1530, voici comment s'exprime Zwingle Credo purgatorii ignis ftgmcntum tam contumeliosam rem esse in gratuitam redemptionem per Christum donatam, guam lucrosa fuit auctoribus suis. Nom si suppliciis et cruciatibus scelerum nostrorum commerita eluere est nrcesse, jam frustra erit Christus
:

inconsidr . Ibid. Enfin, il attaque la forteresse invincible \ I Cor., m, 12-15. Mais le feu dont il est question ici n'est que croix et tribulation, par laquelle le Seigneur examine les siens pour les purifier de toutes leurs ordures . Ibid. Et. de fait, cela est beaucoup plus vrai que d'imaginer un purgatoire. Ce t feu est donc une
'tait
i

Julas

Machabe

mortuus, jam evacualur (initia. A. 12, ibid., p. 92. 5 Les confessions de l'glise rforme. 1. Confrssio helvetica prior (1532), a. 26 Quod autem quidam tradunt de ign purgatorio, fidei chrtstiana : Credo nmissionem peccalorum et vilam ternam purgatio nique plense per Christum, et Christi Domini hisce senlentiis (on cite Joa., v, 21: xin. 10) adoersatur. Ibid.,

mtaphore, tout

comme

l'or,

l'argent,

les

pierres

p. 217.

1271
2.

PI

RG

\'l

01 RE.

RPONSES CATHOLIQJ

12 72

Confessio Gallicana, a. 24 Finalemenl nous te purgatoire pour nue illusion procedee d'icelle mesme boutique de laquelle sonl aussi proce dez les vuz monastiques, plerinages, dfenses <lu mariage et de l'usage des viandes, l'observation ceremo nieuse des iours, la confession auriculaire, les indulgences et toutes autres telles choses, par lesquelles on pense mriter grce cl salut. Lesquelles choses nous reiettons, non seulement pour la faulse opinion du mrite qui y est attache, mais aussi parce que ce sont inventions humaines, qui imposent ioug aux consciences. Ibid., p. 227. 3. Confession d'Erlau (I5ii2). De purgaiorio : Purgatorium omnium delictorum nostrorum est gratin Dei, sanguis Christi, Spiritus sancti sanctifteatio per fidem et verbum... Meritum gratise Dei et redemptionis Christi culpam et peenam condonavit et combussit. Satisfecit
:

tenons

pestifera M. Lutheri dogmata, Florence, 1520, 1. IV, p. *."> sq.: Jacques Hoogstraten, De purgaiorio seu de

expiatione venialium post mortem libellas, Anvers, 1525; Antonio Yarani (cf. Joclier. Lexikon, Leipzig, 1751, t. iv, p. llll). De purgaiorio (s. [.); Berthold de Chiemsee, Teutsche Thologie (s. i.), c. lxxxii.xxxm. On peut ajouter Jean Faber, Responsiones duse de antilogiis, Cologne, 1523; Malleus in hseresim Lutheri. Cologne, 1524; Fred. Grau, Contra catholic fidei adversarios, Mayence, 1524; J. Clichtove, Antilutherus, Paris. 1524; Vinc. Gracchari, De purgaiorio et suffragiis, Venise, 1535; J. Tavernier,De purgaiorio animarum, Paris, 1551. N'ous n'avons pu consulter
:

pro peccatis nosiris... Impium et diabolicum est papisticum purgatorium, subterraneum ign a'terno exaestuans ubi purgari animas impie fingunt. Caret enim Scripturse veritate et contrarium gratise Dei, Christi mrita est. Ignis et aqua percuta purgans et exurens, gralia Dei, meritum Christi, Spiritus sanctiperfecte

flgmentum

ficatia est. (Pauli I Cor., in.) Ignem judicii et condemnationis punientis peccata, intelligit perdiem et ignem, id est tribulationem, Me ignis non purgat peccata, sed damnt impiorum peccata; est enim ignis ir;r Dei. Ibid, p. 293. Les mes saintes vont donc au ciel. On peut citer Lazare dans le sein d'Abraham, Luc, xvi, ou encore le Cupio dissolvi et esse cum Christo, de saint Paul, Phil., i, 2. Les mes ne vont donc pas au purgatoire, mais, comme l'crit saint Jean dans l'Apocalypse Beati mortui qui in Domino moriunlur... xiv, 13. Au contraire les mes des impies sont dans la prison, dans le lieu de tourments, sont elles-mmes tortures sans fin. Cf. I Petr., m, 19; II Petr., n, 9. C'est ainsi que l'criture et les Pres ont dfini le sort futur des mes, et mme Pierre Lombard enseigne que les saintes mes attendent sous l'autel le dernier jour. 4. Confession anglicane. Les quarante-deux articles de 1552 (les trente-neuf de 1562).
:

quatre auteurs suivants Les deux questions de Cajtan, qui forment son opuscule (xxill) De purgaiorio ont t crites Augsbourg, 25 septembre-17 octobre 1518. Cf. Cajtan, Saint-Maximin, 1934-1935, p. 12-43. Elles visent principalement les erreurs luthriennes de la proposition 38 condamne par Lon X. Voir col. 1266. Au purgatoire, dit Cajtan, il ne peut plus y avoir de mrite les mes sont en tat de satisfaire, non de mriter ou de dmriter. Si, en effet, elles pouvaient encore dmriter, elles seraient encore capables de se damner ce qui est contraire la nature mme du purgatoire. De plus, ces mes sont certaines de leur salut n'y aurait-il, pour leur donner cette certitude, que l'enseignement de la foi qu'elles ont reu encore sur terre, ce serait dj suffisant. Mais elles ont de plus une parfaite connaissance de leur tat par la science intuitive qu'elles possdent d'elles-mmes. Enfin, elles ne vivent pas dans l'horreur perptuelle, car < elles aiment la divine justice et subissent volontiers leurs peines par soumission cette justice . Cajtan se pose l'objection des visions dans lesquelles certaines mes auraient affirm leur incertitude La par rapport au salut doctrine de l'glise, rpond-il, ne s'appuie pas sur ces visions. L'glise ne les a pas approuves ce ne furent peut-tre que des songes... ou des illusions diaboliques pour introduire de nouveaux dogmes. Opuscula, Lvon, 1575, p. 1 loles
1.

que

Cafetan.

in.

Art. 23 de 1552

Art. 22 de 1562

Scholasticorum

Doctorum romanensium

doclrina de purgaiorio, de indulgeniiis, de veneralione et adoratione tum imaginum, tum reliquiarum, neenon de invocatione sanctorum, res est fiitilis, inaniter conficta et nullis Scripturarum leslimoniis innititur, imo verbo Dei perniciose
coniradieit.
Ibid., p. 513.
//.

2. Pri('rias (Silvestre Mazolini). Le titre exact de l'ouvrage de Pririas contre Luther est Errata et argumenta Martini Luteris recitata, dtecta, repulsa et copiosissime trila, 1520. Le titre habituellement cit, De juridica et irrefragabili Ecclesi veritate, n'est qu'un sous-titre. Ce n'est pas au 1. III. mais au 1. II que se trouve la controverse relative au purgatoire, c. xi-xn, p. clxi v-clxxxv r. Il est inutile d'entrer dans le

LES R ACTIONS DE LA THOLOGIE CATHOLIQUE.

dtail des ides et des discussions. La rfutation crite par Pririas a servi de thme Eck, dont l'ou-

vrai dire, toutes ces ngations protestantes s'appuient sur des bases bien fragiles. L'expos qu'on a fait plus haut de la tradition catholique montre, mieux encore que l'exgse des textes scripturaires le plus souvent invoqus, la force et la vigueur de ce mouvement doctrinal qui part de l'ide de l'expiation en gnral (ide minemment scripturaire), pour aboutir celle de l'expiation du pch pardonn par des peines purificatrices de l'autre vie. Cette position traditionnelle sera en somme, nonobstant quelques exagrations dans l'expos des preuves scripturaires du purgatoire, la position adopte d'abord par les thologiens controversistes, par les conciles provinciaux, par les facults de thologie et enfin par le concile de Trente. 1 Les thologiens catholiques contre Luther. Un assez grand nombre de polmistes catholiques prirent part la controverse relative au purgatoire. A la suite

de

Geschichte der apologetischen und polemischen Literatur, Schatlhouse, 1865, nous citerons Catharin, Apologia pro veritate catholic et aposlolic fidei ac doctriniv adversus impia et valde

K.
:

Wcrner,

vrage, plus considrable, ne fait que dvelopper l'crit de Pririas. Voir plus loin. Mais on trouve dj chez purgatocelui-ci la justification du terme catholique rium et le rejet de l'expression punitorium. C.clxxvii. 3. John Fisher. Dans son Assertionis lutheran confutatio, compos en 1520, imprim Paris en 1523 (voir Fisher, t. v, col. 2558). Pvque de Rochester reprend un un chacun des quarante articles luthriens, condamns par la bulle de Lon X. En rfutant les art. 2, 3, 4, 37, 38, 39, 10, c'est un vritable trait du purgatoire qu'a crit John Fisher. Tout l'essentiel de la synthse bellarminienne s'y trouve dj. L'crit, on le sait, est compos sous forme de dialogue entre l'vque et Luther. a) La rfutation de l'art. 2. In pueris baplizatis manere peccata. op. cit.. p. xevi, prend la thorie mme chez les luthrienne son point de dpart enfants baptiss, le pch demeure, qui leur interdit
:

l'entre

du

ciel.

b) Ainsi est rendu intelligible l'art. 3. Fomes peccati, etiamsi nullum adsit actuale peccatum, moratur

12

7.;

PU RG

ici RI

PO

NSI
le

lloi.l

QUES

274

wimam ah ingressu cteli, p. cxlvi, Article contraire la doctrine de l'glise qui enseigne que le baptme enlve tout le notas du pch. En
txeuntem ceux qui son! baptiss, le fomes (la concupiscence) un pch; il est un dfaut <lu corps, le pch est une t.ii-iii- <ic l'Ame. L'art. de Luther, p. cl, es! reproduit tel que l'a condamn Lon \. mais Fisher > ajoute une remarque emprunte A Luther (voir ci dessus, col. 1266), s< dfen liant d'avoir pu prendre |<>-.ii ion re sujet puisque l'criture ne renferme rien sur l'tat des .nues saintes aprs la mort ni sur le purgatoire. Ce qui amne si l'on doH une excellente remarque de Fisher croire au purgatoire (Luther j croyait encore) et si les saintes critures n'en parlent pas. c'esl qu'il J a une
n'est plus
'
:

mort, une pnitence suffisante et a elles s'applique texte de Luc, \\. 7. 10. Elles soutirent, mais elles aiment leur souffrance eu ce que cette sol France est. pour elles, la condition de leur bonheur futur, et la certitude de leur s.ilul hur apporte une immense consolation. Sur le second point, rue probatum est... ipsas esse extra statum merendi oel augendss caritatis, Fisher lait une dissertation remarquable sur la mort, terme de la vie : le temps <ie l'preuve, le l'opration, ^\ mrite est la vie prsente, il Invoque,
loi
Il
.

i\.

I;

l.ccl..

i\.

10; Gai.,
les

m.

'.';

Cor., vi. 2

cor.. \. 10, et,

parmi

l'eus.

Vugustln, Jrme,

Chrysostome, Origne. P. Dcxxxvn d< xxxix. Mais ce n'est pas assez de dire que le purgatoire est un lieu de pnalit; c'est un lieu de purification, ii"ii
punitorium, sed purgatoritun. P. dcxlii. I) L'art. 39, anime in purgatorio peccant sine intermissione, etc. est aussi une injure a la doctrine calho celtes lique. Les mes du purgatoire ne pchent pas elles dsirent le repos, mais elles ne prennent pas en haine leurs peines. Saint Paul encore en vie exprimait le dsir de quitter celte vie pour tre uni au Christ, l'hil.. i. 23; ainsi les mes dsirent quitter le purgatoire pour rgner avec le Christ. En cela aucune faute. Elles possdent la charit: or la charit est patiente Cor., .xiii, 7. Les Ames supportent et supporte tout.
:

autre source >ie preuves, les traditions apostoliques, la pratique de l'glise, les interprtes sacres (les l'resl, etc. Revenant au sujet mme le l'article, Fisher dmontre que la charit qui anime les Justes sur terre, si elle n'enlve pas la crainte de la mort, suffit ci-peu dant a chasser toute crainte relative la damnation et a donner toute confiance par rapport au salut. 1'. ii.iv. dt L'art. 37 de Luther nie la possibilit de prouver Fisher commence par le purgatoire par l'criture. insister sur l'ide mise dj dans sa rfutation de Mme si l'criture ne pouvait prouver le l'art. I. purgatoire, il J aurait bien d'autres chefs de dnions tration, et il rappelle notamment la pratique de la prire pour les morts et l'enseignement formel de tant de Pres grecs et latins. Toutefois il est incroyable qu'un dogme aussi ncessaire que le purgatoire n'ait pas de fondement dans l'Kcriture. Mais ce fondement ne sera mis en relief que si l'on veut bien conserver a l'criture le sens que lui reconnat l'autorit souveraine de l'glise catholique. Les textes invoqus par .loa.. Mat th.. Ml. 32; l'vque de Itoehester sont v. 16 fpeeeatum non mi mortem); Apoc, v, :t {sablas terrant purgatoire); l'hil.. n. lu. Le ps. lxvh, 19, reproduit par Eph., i\. S. indique l'existence d'lus au ciel: Luc. wi. 22, enseigne l'existence des rprouvs; donc, puisque rien de souille n'entrera au ciel et qu'il faudra rendre compte de la moindre parole oiseuse au jour du Jugement (Matth., xn, 36), il faut un lieu intermdiaire. Luther se moque du texte. Trtmsioimus per ignem et-ai/aani <ps. lx\ 12), et cependant nombre de Pres l'ont applique au purgatoire. Enfin on doit
i
:

invoquer I Cor., m. ll-l. et l'interprtation d'ignis au s, -ns du feu de la conflagration gnrale, comme le voudrait Luther, en s'appuyant sur II Thess., i. 9, et
lieu,

m. 7. ne saurait tre retenue. En dernier l'vque dfend la canonicit et l'autorit de II Mac. xn. 39-46, invoquant, outre l'autorit de l'glise, les tmoignages de Jrme et d'Augustin. que termine en rfutant deux assertions luthriennes le purgatoire n'a t invent que par esprit de lucre; l'glise grecque n'a pas la croyance de
II
l'et..
:

l'glise

latine.

Fisher

invoque

ici

l'existence

du

Mmento des morts dans toutes

les liturgies.

Finalement Luther est convaincu et oblig d'admettre le purgatoire, mais il prtend qu'on ne doit imposer cette croyance personne. L'vque dclare qu'ici il est ncessaire de contraindre (cf. Luc. XIV, incidemment s'intercale tout un paragraphe sur Thomas d'Aquin. La l'autorit doctrinale de saint conclusion de ce long chapitre es1 quelepoint de depart des erreurs de Luther est sa fausse conception d'un purgatoire qui serait une sorte d'enfer, moins l'ternit, et dans lequel, comme en enfer, rgnent le trouble, la crainte, l'horreur, le dsir de fuir. I'. i>. e) L'article suivant anime non sunt securte..., etc., remarque isher. comporte deux parties. Voir col. 1265. Sur le premier point, l'vque montre que h s mes sont toutes certain! - de leur salut: elles ont fait, avant la
.<
t
:

leurs peines. Et d'ailleurs, si elles pchaient, ce ne pourrait tre que mortellement, et elles deviendraient ainsi dignes de l'enfer, p. DCXLVll, puisque aucun remde au pch ne pourrait plus leur tre applique Donc il faut maintenir qu'au purgatoire il n'y a plus ni pch, ni mrite possible; plus de vice nouveau, plus de nouvelle vertu. g) L'art, lu peut prsenter deux sens diffrents. La finale. <jntim si fur sr satisfecissent, pourrait se rapporter aux satisfactions qu'elles auraient pu offrir au cours de la vie prsente. Et, en ce cas, la proposition ne mrite aucune note, car il est exact qu'en satisfaisant en celte vie pour leurs fautes les pcheurs fontuvre plus efficace que la peine du purgatoire ne le saurait tre. Mais, si l'on rapporte cette finale aux peines du purgatoire, comme si les mes dlivres par les suffrages des vivants taient ensuite moins heureuses qu'elles ne l'auraient t en achevant leur purification d'outre-tombe, la proposition devient errone, car ces souffrances purificatrices ne leur font acqurir aucun mrite, aucun droit rcompense niliil omninomercedis lucratur (peena) maculas tantum expiasse contenta. P. I)l XLIX. I. Jean Eck. Le clbre controversiste de la dispute de Leipzig ne pouvait laisser dans l'ombre la question du purgatoire Eck s'esl al lche a rfuter les erreurs de Luther sur ce point en deux crits, dont le premier, dat de 1523, s'attaque aux premires erreurs. encore louvovanl es. de l'hrsiarque: le second, paru en 1530, visant plus spcialement le trait Wiilirruf rom Fegfeuer. Voir col. 1267. Les deux crits d'Eck sont contenus dans Operum Johannis Eckii secunda purs. 1531, p. xiii r-i.xxxii v: i.xxxm r-xcvi. ni Le l)r purgatorio est divis en quatre livres; il il faut regretter cjue ce trait s.iii si peu connu a servi de modle a la synthse de Bellarmin, lequel a trouve dans l'uvre de son devancier un modle dj presque parfait. En voici l'analyse L'auteur expose L. I. L'existence du purgatoire. d'abord son dessein de combattre les erreurs luthqu'en riennes. C. i. L'existence du purgatoire, ] dise Luther, peut se dmontrer par l'criture, pri paiement par I Cor., m, ll-l. c. n. L'interprtation h ce texte, appuye sur les autorits d'Ambroise, de Jrme, d'Augustin, de Grgoire, montre qu'il s'agit qu'en consbien du feu du purgatoire, c. in-v, quence on m- saluait admet in- l'exgse de Lui lier, qui
:
: :

donc patiemment

lUTT.
voit

PURGATOIRE. RPONSES CATHOLIQUES


purificatrices, la scne

1276
ses aptres

ici le feu <lc la conflagration et, dans le jour du Seigneur, la simple tribulation. ('.. vi. Mais d'autres textes peuvent tre invoques, nul amiiu ni .Mallll., v, 20 (c. vil); .Mallll., XII, 32 (C. IX), sans qu'on doive s'arrter aux subterfuges de Luther el de Mlanchthon sur ces textes. C. vin. Luther met en cause, propos de II Mae., xii, l'autorit mme de ce livre; Kck montre que cette autorit est intacte et que le livre est canonique. G. x. Enfin viennent d'autres textes

du Christ'venant a
:

sur la
nolite

Habele fiduciam ego sum, timere (Matin., xiv, 27); l'amour du Christ

mer en tempte

emprunts aux psaumes, lxv, 12; xvi, 3; xxv, <>, et l'ptre de Pierre, I Pctr., i, 7. C. xi. Cette dmonstration permet Eck de conclure que l'existence du purgatoire est un dogme de la foi et que la ngation du purgatoire est une vritable hrsie. Ainsi en a jug saint Thomas d'Aquin, dans son opuscule Contra errores Grcorum; ainsi en a dcid l'glise elle-mme au concile de Florence. C. xn. L. II. Les mes du purgatoire sont certaines de leur salut. L'Apocalypse le tmoigne en apportant

soutient ces saintes mes et nourrit leur confiance. Donc, en elles, pas de dsespoir, c. vin, et pas de crainte la douleur n'est pas la crainte. C. ix. Toute la tragdie luthrienne sur l'tat des mes au purgatoire se fonde sur la regrettable confusion que les peines du purgatoire sont les mmes que celles de l'enfer, moins la dure, c. x une dilfrence il y a de nature. Pense profonde et suggestive, qu'on est heureux de trouver sous la plume d'un thologien du
:

xvi e sicle Les chapitres


I

suivants, xi-xv, s'appliquent relever les fausses interprtations de Luther relatives aux textes scripturaires invoqus par lui en faveur de
toire, et
:

l'Agneau

les

louanges de toutes cratures,

mme

de

celles qui sontsuft terra, Apoc, v, 3, 13. On trouve ici runis les saints du ciel, in clo, les saints de la terre, in terra et les mes du purgatoire, sub terra. C. i. Ces mes louent le Seigneur et ont donc la certitude d'tre en purgatoire et non en enfer, c. n; elles sont assures de leur salut c'est d'elles que le canon de la messe dit qu'elles reposent dans le Christ ou encore qu'elles dorment dans le sommeil de la paix. C. m. Ces expressions fournissent Eck l'occasion de montrer en quoi consiste le repos dans le Christ pour les mes du purgatoire et comment, nonobstant ce repos, nous devons encore pour elles demander Dieu le repos ternel. C. iv. Vraiment, en attribuant aux mes du purgatoire l'incertitude de leur salut, Luther s'loigne de la doctrine catholique; son enseignement est suspect, et il laisse prir les suffrages pour les dfunts. C. v. Il est trs certain que les mes sont en purgatoire assule dogme du jugement particulier res de leur salut fonde cette vrit, c. vi, et il est non moins certain que le secours de nos suffrages ne prive pas ces saintes mes d'un degr de gloire qu'elles auraient obtenu par leurs souffrances prolonges. C. vu. En vrit Luther est plein de contradictions, et son enseignement mrite condamnation. C. vin. L. III. Le purgatoire ne comporte pas cet tat peccamineux que Luther attribue aux mes souffrantes. Luther rend le purgatoire en quelque sorte pire que il nous y montre les mes pleines d'horreur, l'enfer d'angoisse, de dsespoir. Pour reprendre son systme au point de dpart, il faut dire que la crainte de la mort n'implique pas ncessairement une charit imparfaite qui engendre elle seule la peine du purgatoire. C. i. Le juste peut craindre la mort, tout comme le pcheur peut aimer la vie plus que Dieu. C. n. L'imperfection de la charit ne doit pas tre mesure aux restes des pchs. C. m. Et Luther, son point de dpart, commet une double erreur tout d'abord en affirmant qu'en l'homme rgnr les restes du pch d'Adam empchent la charit, ensuite en enseignant que, mme aprs le baptme, le pch subsiste encore dans l'me. C. iv. Toutes les mauvaises raisons accumules par Luther, doivent cder devant cette constatation : c. v-vi, Luther affirme que les mes du purgatoire seraient dans le trouble et l'angoisse en raison d'une foi et d'une charit imparfaites. Or, ces mes ont pleine connaissance de leur tat; elles ont pleine confiance en Dieu, ce qui implique la fausset totale de la position de Luther. C. vu. Ici, il faut signaler une trs belle page d'Eck l'aride expos thologique fait place un mouvement oratoire de la plus grande beaut. La pense du Christ est tellement prsente aux saintes mes que pour elles se renouvelle, dans les souffrances
: :

son trange conception de l'tat des mes au purgaen terminant Eck rappelle la doctrine catholique les mes, au purgatoire, expient les pchs vniels qu'elles ont commis et non rpars, et les pchs mortels dont elles sont contrites, mais pour lesquels elles n'ont pas satisfait ici-bas. C. xvi. L. IV. Pas de mrite ni de dmrite possible pour les mes du purgatoire. Nous retrouvons ici, peu de chose prs, les arguments de Fisher sur l'impossibilit de mriter aprs la mort. C. i-n, v-vi. Toutefois il faut se garder d'interprter ces textes, et notamment Eccl., xi, 3, comme s'il n'y avait pas, dans l'autre vie, place pour le purgatoire entre le ciel et l'enfer; Eck invoque ici l'autorit de Jrme et de Jean Damascne. C. in-iv. L'erreur de Luther est donc formelle, c. vu, et toutes les raisons qu'il apporte en faveur de la possibilit d'un accroissement de grce chez les mes du purgatoire, c. vm, sont facilement rfutables. C. ix. Pareillement, c'est une dtestable erreur que d'affirmer de ces saintes mes qu'elles pchent sans cesse, c. x, parce qu'elles ont horreur de leurs souffrances et aspirent au repos, c. xi; c'est leur faire injure que leur attribuer un gosme coupable et un amour vicieux qui les oppose Dieu. C. xn. Les raisons apportes en ce sens par Luther ne sont pas recevables. C. xin. Il est ncessaire d'affirmer contre Luther que les mes du purgatoire satisfont pour le reste de leurs pchs et qu'au purgatoire la satisfaction que pourrait offrir sur terre la seule charit ne suffit plus il faut l'expiation de la douleur. C. xiv. Le c. xv et dernier forme la conclusion gnrale. b) Le second trait d'Eck est moins remarquable, et son allure trop polmique lui enlve cette srnit qui ajoute au poids des arguments thologiques. Il est intitul Confutatio furiosi libelli Ludderi de Purgatorio. La I re partie, trs brve, relve la contradiction qui s'tale dans la nouvelle attitude de Luther par rapport au purgatoire l'hrsiarque nie maintenant l'existence mme du purgatoire et dverse ses calomnies sur cette croyance de l'glise. Aussi convient-il de lui rappeler les condamnations dj portes ce sujet contre les albigeois et la profession de foi du concile de Florence. La II e partie s'attache la dmonstration scripturaire du purgatoire, rpartie en sept chapitres. Rien de bien nouveau en tout cela. L'uvre de Jean Eck, quelle que soit la faiblesse de son argumentation scripturaire (nous avons dit au dbut l'inconvnient de vouloir tout prix pourchasser Luther sur ce terrain), est vraiment remarquable. Elle marque, pour la thologie du purgatoire, une volution considrable qui dgage cette thologie des chemins battus, dont un contemporain, Dominique Soto, n'a pas su encore se librer dans son Commentaire sur les Sentences, 1. IV, dist. XIX, crit cependant aprs la rvolte de Luther. Eck ne prsente pas encore, comme Bellarmin, un trait complet et parfaitement quilibr. Il a cependant prpar la voie celui-ci

12
et

PURGATOIRE.
Un aura fourni
les

T.

CONCILE DE TRENTE
et

1278

meilleurs traits de sa synthse, et Bellarmln, il > .1 i<- concile de [Yente; c'esi pourquoi l'uvre de Bellarmin, mieux que celle d'Eck, se prsente comme un commentaire autorise des dcisions lu concile. lu l;i-.hi aombre de neilea provinciaux. conciles provinciaux, mus les ngations luthriennes) affirmrent, avant mme le concile de Trente, la foi catholique mit le purgatoire. On peut citer celui de sens, en 1529, Mansi, Concil., t. xxxn, col. [173-1174; celui de Mayence, en 1549, c xt\t. Mansi. col. 1416; celui de Narbonne. en 1551, Mansi. col. 1251 t.: celui icxxin, col. 1416, de Cambrai, en [565, Mansi.
[toutefois, entre

Eck

tant qu'elles oui horreur des peines el demandent le repos parce qu'elles recherchent leur Intrt plus que la \ olonle le Dieu, ce qui est contraire a la charit. Fausse, impie. Injurieuse aux Ames du purgatoire, hrtique.
s.

v. la chante Imparfaite du moribond comporte nces mentent une grande crainte, d'autant plus grande que la
.

charit est moindre. (Bulle, a. t.i vi. La peine du purgatoire est la terreui el l'horreur de la damnation et de renier. Fausses, tmraires et suis fondement. (Qualification se rapportant aux deux

prop.
\ il.

et
Il

texte de la formule de .retienne et catholique, relatif au purgatoire, for mule rdige en 1556 par le concile polonais de
le

Voici a titre de spcimen,

LowiCX, Mansi.

t.

\xx\

col.

">1

est probable que les anus du purgatoire sont dans contusion qu'elles m- savent pas dans quel tat elles sont, de damnt ion ou de salut; il leur Semble nieiue qu'elles vont s la damnation et tombent dans l'abtme. \ m. Elles sentent seulement le commencement de leur damnation, sauf qu'elles sentent que la porte de l'enfer fausses, offensives n'est pas encore ferme sur elles. des oreilles pics. Injurieuses B l'tal des aines du purgatoire. (Qualifications se rapportant aux deux prop. vu et

une

telle

et vin.i
i\.

Ml post liane vilain purgatorium oiiin.mun m quo soh dur po'na peccatis adluic dbita. i-.lem t.imen subvcnitur McriOdO altaris, oratione. jejuiuo. eleemos\ na. alusquc bonis operibus \ ivorum sient et indulgentiis. quo citais ab ea hbeientur. Anima- defunctonun pin-gala- mo\ remuant cimi luisto m ca-lo et anima'
l'inniter crcdeinlum
I (

Toutes
fol

les

qu'une

Imparfaite

mes qui descendent en purgatoire n'ont et mme, de quelque faon qu'on les

impioniin bine migrantes


supplieiis.

sempiternis

inferni

tr.uluntur

Cavalire,

n.

1481.
.

dlivre de leurs peines, elles ne peuvent acqurir la sant parfaite si on ne leur ote d'abord le pch, c'est--dire l'imperfection de la foi, de l'esprance, de la charit. Dans toutes ses parties, fausse, tmraire, en dsaccord avec une saine intelligence de l'criture. Duplessis d'Argcntr, Coll. judic, t. i b, p. 372.

3 Censures des universits. 1 La premire facult qui s'occupa de Luther fut la facult de Louvain. Elle soumit a l'examen de la facult de Cologne un travail de iss pages avec diverses publications de Luther. Le 30 aot 1519, la facult de Cologne donna son Jugement en forme solennelle. Elle signale les erreurs suivantes touchant le purgatoire
:

Depuis le dbut du LE C0XC1LE DE TRENTE. du purgatoire tait prvue au programme. Massarelll nous apprend que, ds le 19 juin
///.

concile, la question

(Luther) rejette la satisfaction requise la suite du peelie mortel pardonn, puisqu'il prtend que Dieu remet la peine en mme temps que la coulpe du pch. vu. H formule des erreurs ineptes sur les peines du purgatoire et l'tat des mes aprs cette vie. par exemple qu'aucune me n'y souffre pour des pches mortels, mais seulement pour des pchs vniels. vin. Du encore que les mes du purgatoire aiment Pieu d'un amour dfectueux et coupable, y pchent sans interruption et cherchent plutt leur intrt que la volont de Dieu, ce qui est contre la charit; que les morts, non moins que les vivants, sont en tat de mriter pour la vie ternelle... Duplessis d'Argentr, Coll. fadiciorum, t. 1 b,
v.
:

1517, des articles sur le purgatoire avaient t distribus aux thologiens mineurs et que leur discussion avait occup les sances des jours suivants. Conc. Trid., t. i, p. GG5. Les vnements et l'ordre des discussions conciliaires retardrent l'examen de la question jus-

qu' la fin du concile. A l'issue de la congrgation gnrale du 15 novembre 1563, il fut dcid que des thologiens qc toutes nations rdigeraient les canons
sur les dogmes restant dfinir purgatoire, indulgences, culte des saints et des images, que les Pres adopteraient par placet. Conc. Trid., t. ix, p. 1017, note G. Le dcret des thologiens mineurs tait prt ds le 30 novembre ces thologiens observaient que ces matires avaient dj t traites dans d'autres conciles et notamment Florence et mme en certaines sessions du concile de Trente, et qu'en consquence il suffisait de les aborder brivement et en des formules gnrales, laissant aux vques le soin de faire le reste. Ibid., t. ix, p. 1069. Ces canons, crit l'voque de Verdun, Psaume, rdigs et approuvs a nonnullis doctissimis Patribus et theologis, avaient t distribus par crit par le secrtaire du concile peu avant la runion plnire. Ibid., t. u, p. 878. Le dcret sur le purgatoire fut lu par l'vque de Castellaneta. Ibid., t. ix, p. 1069. De timides observations furent faites. Claude de Saintes, abb de Lunville, aurait dsir qu'on ajoutt des textes scripturaires; Layns dsirait qu'un canon vnt corroborer la dclaration du dcret. Ibid., p. 1071. Les vques franais dsiraient partir et ne pouvaient tre retenus; les dcrets furent donc lus, comme il avait t convenu, et accepts par acclamation par la presque totalit des Pres. Ibid., p. 1076. Ds le lendemain, le dcret sur le purgatoire fut publi en la xxv c et dernire session.
: :

p. 3.'>8-39.

Dans son jugement du 7 novembre 1519, la facult de Louvain se contente de stigmatiser la proposition gnrale de Luther relative a l'inutilit de la satisfaction. Trop. 17. ibid, p. 360. 2. La facult de thologie de Paris publia le l avril 1521 sa clbre Determinatio super doctrina Lutheri hactenus revisa. Dans L'introduction on indique
expressment
erreurs
toire
.

que
la

Luther

rpand

d'intolrables

sur...

satisfaction..., les peines

du purga-

Parmi les propositions tires des crits de Luther autres que la Captivit de Babijlone , la facult de Paris signale (tit. xi) neuf propositions touchant le purgatoire, et elle leur inflige une censure doctrinale
:

n'y a absolument rien dans l'Kcriture sur le purgatoire. \. ;7 de la bulle). FaUMe, favorable .1 l'erreur des vaudois. rpugnant au sentiment des saints l'eres. II. Il ne parait pas prouv que les mes du purgatoire soient hors d'tat de mriter ou de crotre en charit. (Th. xvm du 31 oct. 1517; bulle, a. 38). Fausse, t. raire, impie et. en tant qu'elle prtend que ces mes sont .en cet tat, errone lins la foi. m. Il ne parait pas prouv que les mes du purgatoire soient certaines de leur saint, du moins toutes. (Ibid., bulle, a. 38). th. xix - Fausse, prsomptueuse et, en tant qu'elle affirme cette incertitude, contraire a la tradition de l'glise et .1 la doctrine dis saints. iv. , Los mes au purgatoire pchent continuellement,
I.

Il

c.um catholica Eeciesla, Spiritu sancto edocta, ex antiqua sacris Litteris et l'atrum traditione, in sacrii
conciliis et

Puisque l'glise catholique, instruite par l'EspritSaint, a la lumire des saintes critures el de l'anlique tradition des I'res, a enseign dans les sacrs conciles et
lieu

novissime in bac

cumenica synodo docucrit, purgatorium esse, anim isque


detentas fidclium suffrapotissimuui vero acceptabili altaris sacrificio juvaloi
giis,

enseigne en dernier

dans ce concile cumnique qu'il y a un purgatoire et que les mes qui y sont

1279
:

PURGATOIRE. LE CONCILE DE TRENTE


dtenues Boni secourues par
les suffrages des fidles et surtoul par le saint sacrifice (!< l'autel, le saint concile

1280

pneciplt sancta synodus ri episcopls, ni sanam de purgatorio doctrinam, a sanctis Patribus ci sacrls concillis traditam, a Christl fidelibus credi, docerl et teneri, ubique prdicari diligenter

Des conciles

les

ment le dcret d'union des Grecs, du concile de Florence. D'aprs

Pres de Trente rappellent simplebulle Ltenlur cali,


l'indication fournie

prescrit
veiller <

aux voques de ce que la doctrine

studeant. A.pud

rudem vero

difflciliores ac subti Uores qustiones, quque ad diflcationem non faciunt,

plebem

vraie du purgatoire, reue des saints Pres et des saints conciles, soii prche partout avec zl et que tes

par E. Ehses, Conc. 1 ml., t. ix, p. 1077, note 3 et 4. Le concile de Trente lui-mme avait dj touch indirectement ou directement la question du purgatoire en deux endroits, sess. vr, De juslificatione, can.

xxn, De sacrifie i<> Le rappel de ces deux textes


30, et sess.

missie, can. 3, cf., c. 11. conciliaires fixe l'objet

et
fit

ex quibus plerumque nuUa pietatis accessio, a popu-

concionibus secludantur. Cf. I Tim., i, 1; n, 2iJ; Tit., m, 9. Incerta item, vel <\ux specie falsi laborant, evulgari ac tracnon permittant. Ka tari vero qiue ad curiositatem quandam aut superstitionem spectant, vel turpe lucrum sapiunt, tamquam scandala
laribus
et (ideliuin oiTendicula prohibeant. Curent autem piscopi, ut fidelium vivorum

chrtiens en soient instruits, s'y attachent el la croient. Mais, prs de la toule peu prdications les instruite, populaires devront tre dquestions toutes pouilles de plus difficiles et subtiles, qui ne prsentent aucune utilit pour l'dification et desquelles il ne sort la plupart

prcis de la dfinition tridentine. 2. Objet prcis de la dfinition tridentine.


vi, can.

a)

Sess.

30

Si quis post acceptant ustificationis gratiam cuiliita

bet peccatori psenitenti

culpam

et reatum alterna; peense deleri dixerit,


reinitti

Si quelqu'un dit qu' tout pcheur pnitent qui a reu la grce de la justification l'offense est tellement remise

du temps aucun
la pit.

profit

pour

ut nullus remaneat reatus pnae temporalis, exsolvendse vel in hoc sasculo, vel in futuro, in purgatorio, ante-

et l'obligation la peine ternelle tellement efface, qu'il ne lui reste aucune obligation

Les vques ne permettront pas qu'on y aborde les points incertains et qu'on y aflirme des choses appa-

remment

fausses. (Ju'ils in-

quam ad rgna cselorum aditus patere possit; A. S. Denz.-Bannw., n. 840. Dans


le c. xiv, qui

de peine temporelle payer, soit en ce monde, soit dans l'autre, au purgatoire, avant

que

sufTragia,

missarum

scilicet

sacrificia, orationes,

eleemo-

synse aliaque pietatis opra, qua1 a fidelibus pro aliis ftdelibus defunctis fieri consue-

verunt,

secundum Ecclesi

instituta pie et dvote fiant, et quie pro illis ex testatorum fundationibus vel alia ratione debentur, non per-

terdisent comme scandaleux et offensant pour les fidles tout ce qui se rapporte la pure curiosit, tout ce qui s'inspire d'un lucre honteux. contraire, les Mais, au vques veilleront ce que les suffrages des fidles vivants, savoir les sacrifices des messes, les prires, les
les autres uvres de pit que les fidles vivants ont coutume d'offrir pour les

l'entre au ciel lui puisse tre ouverte, qu'il soit ana-

thme.

correspond ce canon, le concile s'tait content d'affirmer que la pnitence d'un chrtien tomb dans le pch est bien diffrente de celle du baptme; elle renferme... la satisfaction par le jene, les aumnes, les prires et les autres exercices de la vie
spirituelle, non certes pour la peine ternelle qui est remise avec la faute par le sacrement ou par le dsir du sacrement, mais pour la peine temporelle qui (ainsi l'enseignent les saintes critures), n'est pas toujours, comme dans le baptme, remise entirement . Denz.Bannw., n. 807. Dans le canon, le concile fait allusion la possibilit de payer cette dette satisfactoire, soit en ce monde, soit dans l'autre, au purgatoire. La doctrine gnrale de la satisfaction pour la peine due au pch, pardonn est reprise par le concile, sess. xiv, c. 11 et can. 12. Voir Pnitence, t. xn, col. 1089, 1110. b) Sess. xxn, De sacrificio miss, can. 3
:

functorie, sed a sacerdotibus


et Ecclcsise ministris et aliis,

aumnes et

qui hoc pra?stare tenentur, diligenter et accurate persolvantur. Denz.-Bann\v.,n. 983 (sauf la finale) ; Cavallera, n. f 462.

fidles dfunts se fassent a\ec pit et dvotion, selon les institutions de l'glise. Les suffrages dus aux dfunts par suite des fondations tablies par testament ou de toute autre manire, devront tre acquitts non avec ngligence, mais avec soin et diligence, par les prtres et les ministres de l'glise et les autres qui y sont tenus.

Si quis dixerit, missae sacrificium tantum esse laudis et gratiarum actionis, aut

nudam
sacrificii

commemorationem
in

Ce dcret concernant intressant plus d'un


taire
l.
:

la

croyance au purgatoire est

titre et appelle

un commen-

Les sources de
:

indiques

la croyance au purgatoire sont criture sainte, tradition antique des Pres,

cruce peracti, propitiatorium, vel soli prodesse sumenti, neque pro vivis et defunctis,

quelqu'un dit que le sacrifice de la messe est seulement [un sacrifice ] de louange et d'action de grces, ou une simple comSi

non autem

mmoraison du

sacrifice ac-

pro peccatis,
factionibus et
tibus,
offerri
-

pnis,
aliis

satis-

conciles et trs

rcemment

le

concile de Trente lui-

ncessita-

mme.

debere; A. S.
n. 950.

Denz.

Bannw.,

compli sur la croix, et non pas un (sacrifice] propitiatoire, ou bien qu'il ne profite qu'au seul prtre communiant et qu'il ne doit pas tre offert pour les vivants et

De

la sainte criture le concile


il

ne dit rien de plus


et

pour

les

morts, pour

les

p-

aux exgtes le soin de chercher en quelle faon l'criture peut donner un fondement la croyance au purgatoire, soit par des
prcis;
laisse

donc aux thologiens

chs, les peines, les satisfactions et toutes les autres ncessits, qu'il soit ana-

textes prcis, comme Eck avant le concile de Trente et Bellarmin, aprs ce concile, ont voulu le faire, pourchassant ainsi Luther sur le terrain mme que sa proposition 37 voulait luder, soit par la doctrine gnrale, explicitement propose par l'criture, d'une expiation ncessaire pour tout pch non encore entirement rpar. Nous avons ici mme trac la marche de celle

thme.
n, dans lequel le concile rappelle la valeur propitiatoire du sacrifice de la messe cette valeur ne fait, en aucune faon, tort aussi, conformment celle du sacrifice de la croix la tradition des aptres [la messe] est offerte non seulement pour les pchs, les peines, les satisfactions et les autres ncessits des fidles vivants, mais encore pour ceux qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore entirement purifis . Denz.-Bannw., n. 940. Voir Eucharistie, t. vi, col. 833-834. Ces deux points, dj dfinis avant la xxv* session, fixent la porte dogmatique du dcret concernant le purgatoire sont proposs comme vrits de foi divine et catholique les deux seuls points dj touchs au concile de Florence et antrieurement noncs par le II e concile de Lyon existence du purgatoire, c'est-c.
:

Ce canon correspond au

double dmonstration ex sacris

Litteris.

l'antique tradition des Pres, les thologiens et les prlats assembls Trente ont invoqu dans leurs travaux prliminaires les deux chapitres de lapremire partie du Dcret de Gratien, can. 4, Qualis; can. 5, Qui in aliud, dist. XXV, le premier tir de saint Grgoire, Dial., 1. IV, c. xxxix, P. L., t. lxxvii, col. 390, le second attribu saint Augustin, en ralit de l'auteur inconnu du De vera et falsa psenilentia, n. 18, P. L.,

De

t.

xl, col. 1118.

1281
due de peines

RG

ni

i;

SYN

il

si

rHOLIQI
la

L282
loi

ultra terrestres subies par les Ames non encore totalement purifies de la dette le peine .nia che aux pchs pardonnes; utilit des suffrages des vivants pour le soulagement les dfunts, et prlnclpaIl 3 a lement de l'oblation du sacrifice eucharistique. un purgatoire, it notre dcret, et les mes qui j -ont dtenues sont secourues par les suffrages des Bdles et surtout par I.- saint sacrifice iio la messe. Cette doctrine .;. Prescriptions disciplinaires. aine du purgatoire, qui se rduit essentiellement a ces deux points, devra tre prche partout avec lle; les chrtiens devront on tre instruits, -\ attacher et la croire. Les voques devront veiller a ce qu'il en soit ainsi. Le concile n'exclut pas de renseignement les autres questions plus difficiles et subtiles, mais il ne veut pas qu'elles soient le thme des prdications populaires. Et la raison en est qu'elles ne prsentent aucune utilit pour l'dification et qu'il n'en soit souvent aucun profit pour la piet. Avec quelque apparence de verito il faut considrer comme inutiles les questions
.!

Florence (voir col. 1262) et Denz.-Banrrw., n. 10s 1.

profession de

de Pie iv.

$: Profession aux Orientaux,

</< Benot \i\ t743 \imp< Reprise des professions le foi do Florence et de Trente. Denx, Bannw., n. 1468, 1473. VI de la proposition 12 du 1. Condamnation par Pie lamentable et s\ node jansniste de Pistole, dclarant illusoire l'application des indulgences aux dfunts Den/. Bannw., n. 15 12.

de loi

.">.

Dclaration de Lon

XIII

De plenitudlne

Inflnltl splrttualls

thesauii ad eus

quoque

dllectoa Ecclesite Blios, larglus quo flerl possii prodesse cupl unis, qui morte justorum obita de milta hujus vit migra runl euiu Signo lidei ae iu\slic:c vltis inserli propagtni, ila

m probibeantur Ingressu in ternam requiem usque divin lustitbe ultrici pro contractia debitia ad minimum reddant quadrantem, Movemur autem tum pila catbolicorum \otis... tum lacrimabili poarum quibus defunctorum anima- cruciantui atrocltate... sic oimlrum pise anima', in quibua noxarum reliquite terrlblli cruciatuum
tamen

dum

concernant
et

le lieu

du purgatoire,

la

nature, l'intensit

magnitudine eluuntur, peropportunum ac singulare Bola tiiun perciplenl ex hostia salutari. l'.x litteria Qaod annloer
sarius, die Paschatis isss, a l'occasion du Jubil. Cavallera, n. 1463. Ct. Acta sancl Sedis, 1. x\. p. 418.

dure des peines pie les .'unes y souillent. Ou. aborde ces questions devant un auditoire plus cultiv, qu'on le fasse avec toutes les nuances et les rserves voulues. L'tat des mes souillantes par rapport a leur salut ternel nous semble, au contraire, entrer dans expose du dogme lui-mme du purgatoire: le purgatoire, tant par dfinition un tat essentiellement temporaire et prparatoire a la batitude, ne saurait tre expos eu ses lignes essentielles sans qu'on atlirme en mme temps l'tat de saintet des mes qui expient et la certitude o elles sont de possder un
surtout
si

la

l'on

jour le bonheur cleste. Les points incertains, par exemple les prtendues certitudes de libration des mes grce l'application de certains suffrages, devront tre limins. Les choses apparemment fausses, comme les rcits d'apparitions qui ne seraient pas historiquement dmontres, seront impitoyablement passes sous silence. Enfin, tout ce qui pourrait scandaliser les fidles, tout ce qui relverait de la pure curiosit, tout ce qui touche la superstition ou s'inspire de l'esprit de lucre, est d'avance condamn. C'est ainsi que, dans le dcret disciplinaire De obsenumdis et erilandis in celebratione missarum

dans la thologie L* SYNTHSE CATHOl tQl Depuis les dfinitions du concile de Trente, deux thologiens ont surtout contribu donner la thologie du purgatoire sa physionomie dfinitive, Bellarmin et Suarez. Ce n'est pas cependant aux dtails mmes que s'applique ce caractre dfini des prcisions exgtiques, amorces pour une tu* bonne part par Suarez, ont t apportes au sens des textes script oraircs aux xix' et xx' sicles, la critique a d restituer certains documents patristiques leurs vritables auteurs: la pit ou la curiosit des tholo\ II.
1

posi n-.ini mini:.

giens a soulev, sans pouvoir d'ailleurs les rsoudre srieusement, plusieurs -ct du problme traditionnel. Mais, en somme, le cadre et les solutions indiqus par Bellarmin et Suarez sont demeurs la base des traits modernes J)c pargatorio. Avec les thologiens posttridentins, nous ferons la synthse de ce trait en tudiant : 1 l'existence du purgatoire; 2 les peines; 3 l'tat des mes; 4 l'efficacit des sulrages offerts pour les dfunts; 5 quel-

ques aspects secondaires du problme.


Elle est consiPURGATOIRE. 1. L'EXISTENCE Dl dre par tous comme un dogme de la foi. Elle est dmontre par l'criture, par la tradition, par la raison thologique. Enfin les apologistes font valoir l'accord de la doctrine catholique avec les exigences purement rationnelles ainsi que ses convenances morales.

(voir
lition

ici. t.

x. col.

1139-11

d'un nombre par manire de superstition bien plutt que par esprit de piti vritable . Cne. Trid.. t. vm, p. '.103. Cette interdiction est prcde, dans le dcret, de l'obligation de n'introduire dans la clbration de la messe aucune pratique, crmonie ou prire que celles approuves par l'glise et reues par un usage louable et rpandu >. Les neuvaines pour les mes du purgatoire ainsi que la clbration des trente messes _ riennes sont approuves par l'glise, elles font donc ption ces prohibitions portes par le concile. Il faut en dire autant de toute pratique de pit accomque cette plie en faveur des Ames souffrantes, des pratique est autorise par l'glise, La dernire partie du dcret concerne les fondations de prires ou de messes en faveur des mes du purgatoire. Le concile prescrit a ceux qui sont chargs de acquitter de le faire avec tout le s. in et toute la diligence possibles. Le can. 6 De reformatione de la xxn' session concde cependant l'vque un droit de commutation des dispositions testamentaires, - il v a des raisons graves. Ibul.. p.
<
|

concile prescrit l'abodtermin de messes, clbres


111. le

;l

Nous avons 1 La dmonstration scripturaire. reproduit, au dbut de cet article, les tmoignages sur lesquels s'appuie Bellarmin pour dmontrer, en prenant le contre-pied de la proposition 37 de Luther, l'existence du purgatoire. Bellarmin, Controversite, De purgatorio, dans Opra, d. Vives, I. m. p. 53 sq. On a not que, pour confrer la plupart des textes de l'Ancien Testament une valeur dmonstrative, Bellarmin avait d les faire escorter d'un imposant cortge d'interprtations patristiques qui en prcisent le sens. J. de La Servire, La thologie de Bellarmin, Paris.
1908, p. 278.
le sens littral des textes. pmnitentia, disp. XI. Y. De purgatorio in gnre, dans Opra, d. Vives, t. xxn, p. 879 sq. De l'Ancien Testament il ne retient comme texte vraiment probant que II Mac., xn. 12 sq. Les autres tmoignages ou peuvent tre discuts, ou n'apportent qu'une indication probable, ou encore doivent tre abandonns, lin Nouveau Testament certains textes lui paraissent dis-

Suarez suit de plus prs

De

de l'glise nprrs. le concile de Trente. profession de foi de Pie I V 1 1 ;>,4 ,: Constanler teneo purgatorium esse, animasqiu ibi detenias fidelium sufjragiis juoari. Denz.-Bannw., n. 098. 2. Profession de foi de Grgoire XIII ( !'''.). impoElle reprend le texte du coin le de

Le magistre

1.

La

cutables ou d'une valeur simplement probable I Cor., x\. 29; Luc, xvi, 9; d'autres sont dmonstratifs: Mattli.. v. 26; xn. 32; d'autres enfin lui paraissent
:

MCT. DE THSOL. CATHI

T.

XIII

41.

1283

PURG AiMRE.
:

EXIS'I
les

ENCE

1284

allirmer un principe dont on pourrait dduire le purgatoire, cl c'est encore bien obscur Act., il, 21 Mail h., v, 22. C'est I Cor., m, 11-15, qui retient toute l'attention de Suarez. Il est hsitant sur le mus donner a la mtaphore du bois, de la paille, du foin pchs vniels ou pchs mortels? Mais saluus erit indique coup sur non la persistance dans l'existence, mais le salut ternel. N. 14-18. Incertitude galement quant la personnalit des constructeurs de l'difice n'importe quel juste ou simplement les prdicateurs de la foi? Hsitation pareillement sur le feu dont il est question comme instrument de l'preuve laquelle seront soumises les uvres de chacun. N. 22-28. Mais finalement Suarez s'arrte cette solution : Tous seront examins par le feu parce que tous seront jugs pour savoir si le feu purificateur doit leur tre appliqu. N. 28. On le voit, part le texte de II Mac, grandes hsitations partout, mme dans l'interprtation de I Cor., m, 11-15. Ce texte cependant a t si universellement invoqu dans l'glise latine que presque tous les thologiens modernes l'ont retenu, unanimes s'appuyer sur II Mac, xn, 42 ; Matth., xn, 32, et I Cor., m, 11-15. Ainsi D. Palmieri, De novissimis, 20, n. 5-11 (il
;
:

Pres n'auraient jamais nomm le purgatoire, il de leur enseignement si clair sur le besoin que certaines mes ont de soulagement, et sur le secours que leur apportent les prires des fidles, pour tre fix sur leur sentiment. lbid., p. 81. Cf. J. de La Serviie, op. cit., p. 282-283. Suarez n'apporte rien de nouveau aux textes invoqus par Bellarmin. Il fait simplement remarquer que beaucoup d'assertions relatives au purgatoire sont formules par les Pres dans leur commentaire des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament qu'on a coutume d'invoquer, surtout de I Cor., ni, 11-15. Plusieurs autorits cites par Suarez doivent tre aujourd'hui limines comme inauthentiques. Op. cit., n. 30suffirait

33.

De Deo

ajoute un quatrime texte, Luc, xn, 58); C. Mazzella, crante, n. 1331-1333; Ch. Pesch. Prlectiones dogmatic, t. ix, n. 589-591 Billot, De novissimis, th. v (certains textes de l'Ancien Testament cependant cits comme illustrant, par l'usage antique de la Synagogue, le geste de Judas Machabe); Lpicier, De novissimis, q. v, a. 1, n. 3 (p. 251-254) (en plus, Matth., m, 11); Sanda, Synopsis, t. i, 350, n. 4-5; Hugon, Traclalus dogmatici, t. iv, De novissimis, q. iv, a. 2 (en plus, Matth., v, 26); Tanquerey, Synopsis, t. m, n. 1126, etc. Plus strict, Perrone n'admet, avec
;

raison,

nous semble-t-il, que

II

Mac, xn,

42,

et

Matth., xn, 32, Prlectiones theologic, d. Migne, Paris, 1856, 1. 1, col. 836. Diekamp s'appuie sur II Mac, xn, 42, I Cor., m, 10-15 et II Tim., i, 16-18, Theologi dogmati manuale, t. iv, Tournai, 1934, p. 516517. Labauche passe sous silence l'argument scripturaire, Leons de thologie dogmatique, t. n, Paris, 1911, p. 411. On peut s'tonner, en revanche, de trouver encore des auteurs qui accordent une importance exagre certains textes de l'Ancien Testament. G. Atzberger n'a pas su viter ce dfaut dans son volume, Die christliche Eschatologie inden Stadien ihrer Ofjenbarung Fribourg-en-B., 1890. Et nous le rencontrons, plus accentu encore, dans J. Bautz, Das Fegfeuer, Mayence, 1883, et Fr. Schmid, Das Fegfeuer, Brixen, 1904. 2 L'argument de tradition. L'argument de tradition est dvelopp avec complaisance par Bellarmin. Ce thologien montre d'anciens conciles des diverses glises reconnaissant expressment le purgatoire, ou l'admettant quivalemment lorsqu'ils recommandent la prire pour les morts. Il signale cette prire dans toutes les liturgies connues; il montre que cette prire n'a pas seulement pour but, comme le disaient Pierre Martyr, Loci communes, Londres, 1576, p. 768, ou Calvin, Institution chrtienne, (ci-dessus, col. 1270) de rappeler aux vivants la pense de la mort ou d'empcher que le souvenir des dfunts ne prisse de la communaut chrtienne mais les textes liturgiques et les interprtations qu'en donnent les Pres montrent bien que l'objet de la prire est le soulagement, la dlivrance des mes souffrantes. Bellarmin, op. cit., c. vi, p. 76. Enfin il est possible d'apporter des textes positifs dans lesquels les Pres ou recommandent la prire pour le soulagement des dfunts, ou exposent clairement la doctrine catholique sur la matire. Ibid., c. x, p. 79-82. Bellarmin n'apporte aucun texte clair antrieur au iv e sicle; mais sa dmonstration lui parat si convaincante qu'il n'hsite pas conclure Quand bien mme
,

Les thologiens postrieurs n'ont pas ajout grand' chose ces essais encore informes de thologie positive. Il convient cependant de rappeler l'opuscule d'Arcudius, De purgatorio ign adversus Barlaam, Borne, 1637 (on sait que l'tude attribue ici Barlaam est en ralit le discours de Bessarion au concile de Florence, voir col. 1252); l'ouvrage d' Allt ius, De utriusque Ecclesise occidentalis alque orientalis perptua in dogmate de purgatorio consensione, dans Migne, Theologise cursus, t. xvm (cet ouvrage, paru Borne, en 1655, s'efforce de supprimer toute divergence entre l'glise grecque la critique y perd parfois ses et l'glise romaine droits); Arnauld, Perptuit de la foi, d. Aligne, t. m, 1. VIII, c. vi-x, p. 1123 sq. Les deux dernires tudes ont contribu dans une large mesure attirer l'attention des thologiens sur les points de contact et de dissemblance qui rgnent entre les deux glises. Le travail a t repris, au xix e sicle, d'une manire encore assez peu critique par Valentin Loch, Das Djgma der griechischen Kirche vom Purgalorium, Batisbonne, 1842. Des deux ouvrages dj cits de Bautz et de Schmid la critique est totalement absente. Bartmann. Das Fegfeuer, Paderborn, 1928, est plus au point. L'ouvrage d'Atzberger, Geschichte der christlichen Eschatologie innerhalb der vornicnischen Zeit, Fribourgen-B., 1896, s'efforce d'lucider, pour les trois premiers sicles, plus d'un point obscur. Les thologiens rcents insistent tous sur le fait que, jrts. Quant aux ds les dbuts, l'glise a pri pour les textes positifs concernant le purgatoire, ils se contentent le plus souvent de faire un choix parmi ceux qui leur paraissent le plus convaincants. Le manuel de Tanquerey, op. cit., t. m, n. 1127, nous semble avoir fourni la meilleure indication relativement la faon d'envisager l'argument de tradition il marque trois stades dans l'affirmation du dogme du purgatoire pendant les quatre premiers sicles, l'existence du purgatoire est confesse dans l'universelle pratique d'offrir des prires et des sacrifices pour les dfunts, et mme dj quelques Pres parlent explicitement du purgatoire; partir de saint Augustin les tmoignages en faveur du purgatoire commencent se multiplier et se prciser, et les Pres postrieurs Augustin prcisent encore cette doctrine; enfin la pleine possession de la vrit se manifeste au Moyen Age avec les scolastiques et s'affirme Lyon et Florence. On remarquera que c'est le cadre mme de notre article. Ch. Pesch est peut-tre l'auteur qui a le mieux utilis les documents de la tradition, op. cit., t. ix, n. 592-596; mais aucune tude d'ensemble n'a encore t faite. L'argument de tradition doit se complter par l'tude des conciles. Bellarmin et Suarez ont rappel opportunment certaines dcisions de conciles particuliers concernant les suffrages accords aux dfunts. Bautz a assez bien collig ces dcisions. Op. cit., part. I. p. 105-108. Mais le concile de Florence n'a pas t suffisamment tudi sur la question du purgatoire. Les thologiens sont d'ailleurs excusables, les Actes con:

'.>.

it m;

roiRE.

e xis
or, lo

ri.

nc

i.

286
la

cernant le purgatoire n'ayant t publis qu'en 1922. Aussi avons-nous voulu les rsumer Ici .m^i compltemont que possible. Les ditions futures devront tenta davantage compte du dcret d'union nui. prcisment pour permettre l'union, se t.ii mu- la question du fou
rel.

rtablissement de

justice ne s'eflectue en ce
:

mondo que d'une manire


donc conforme
a la Justice

Enfin l'argument s'ach\ e par le rappel des liturgies diverses, qui toutes comportent la prire pour les dfunts. Sur oo point l'argument propos par nos thologiens posttridentins se ressent de la solidit et do
l'antiquit do la radition ecclsiast Ique elle-mme. Los autours plus rcents > ont apport une rudition plus
t

et un souci plu-- marqu de la critique dos documents. Mais essentiellement l'argument demeure,

considrable

gamme
3

l'a toujours t, le plus solide do tous. raison thologique. In certain nombre d'auteurs passent sous silence cet argument, par exemple Perrone, Palmieri, Ch. Pesch. D'autres no font que l'indiquer en passant, ou mme la confondent avec l'argument do raison de convenance. Il nous semble qu'un argument trs solide et trs convaincant do raison thologique doit tre apport on faveur de l'existence du purgatoire. C'est celui-l mme
il

La

quo nous avons dvelopp dans


:

le

si

de

la

deuxime

partio de cet article l'expiation personnelle dans l'conomie de la rdemption (col. 1179 sq.).

Bellarmin, sans remonter ce principe gnral, en note cependant los applications propos du purgatoire il y a dos pchs vniels ne mritant qu'une peine temporelle; il peut donc arriver qu'un homme meure ayant de tels poilus sur la conscience; ils doivent donc tre expis dans l'autre vie, Lo mme raisonnement vaut pour le pcheur rconcili avec Dion mais ayant BCOre une peine temporelle expier, l.oc. cit., c. x. p. 81. Entre los trs bons, qui la rcompense ter:

nelle est
vais,

Immdiatement confre,

et

los

trs

mau-

qu'attend le supplice ternel, il y a place pour les mdiocres, qui doivent tre purifis axant d'entrer dans l'ternel bonheur. Ibid., p. 85. Suarcz. plu^ thologiquement peut-tre que Bellarmin. rappelle los trois principes qui commandent l'argument de raison thologique l'existence des pchs l'existence vniels non expis la mort. op. cit., n. 3 d'une peine temporelle duo aux pchs mortels pardonns, n. la ncessite morale (ad divinss fustitiss sequitatem pertinere d'une expiation pour que lo pcheur encore endett envers la justice divine pilissc entrer au ciel. N. 36. -t l'argument bauch par saint Thomas dans les deux articles De purgatorio de l'appendice do la
:

il semble trs imparfaite divine qu'une dette subsistant encore a son gard aprs la mort appelle une rparation dans l'au-del. Ce qui diffrencie cet argument tlo la raison thologique, c'est que la raison thologique s'appuie, en dernire analyse, sur les vrits certaines que lui apporte la rvlation touchanl la rpa ration duo au pch; Ici, la simple raison naturelle ne fait tat que de ses propres lumires. Dans le premier cas, l'argument est de valeur contraignante; Ici, il s'offre comme une simple convenance, Infiniment vraisemblable, mais qui ne s'impose pas la raison d'une manire absolument certaine. Et c'est a ce point de vue de la convenance rationnel le (pie les auteurs rapport ont los croyances convergentes des peuples paens euxmmes. gyptiens, Babyloniens, Perses, qui, sous des formes diffrentes, ont promulgu la ncessit d'une expiation pour les pchs, voire d'une sorte de purgatoire prparant l'entre dos mes dans la flicit. Voir ici, col. 1167-1169. La doctrine de Platon confirme cotte convenance rationnelle du purgatoire i A peine spares de leur corps, les mes arrivent devant le juge, qui les examine attentivement... Aperoit-il une me dfigure par le pch, il l'envoie aussitt avec Ignominie aux cachots o elle doit subir les justes chtiments de ses crimes... Or il y en a qui profitent des peines qu'ils endurent; ce sont ceux dont les fautes sont de nature tre expies... Toutefois cet amendement no s'opre en eux que par la voie des douleurs et des souffrances, car il n'est pas possible d'tre dlivr autrement de l'injustice. Pour ceux qui ont commis les plus grands crimes et qui, en raison de celte perversit, sont devenus incurables, ils servent pour l'exemple. Leur supplice ne leur est d'aucune utilit parce qu'ils sont Incapables de gurison. Gorgias, 522 sq.; Plidon, 113 sq. Est-il besoin de montrer 2. Convenances morales. combien la doctrine du purgatoire est, pour le catholique, bienfaisante et douce?
:

En nous donnant une


la

justice, (cette doctrine

si haute ide de la saintet et de majest divine et en fortifiant en nous le sens de la avive dans les mes l'apprhension
j

:',.");

Somme

thologique (voir col. il; 10) et que l'on retrouve, plus ou moins court, dans la plupart dos manuels de thologie. Mazzella, op. rit., n. 1335; Hugon, op. cit., q. iv. a. 2. n. S. p. 791; Herv, Monnaie, t. iv. n. 656; Lpicior. n. S; Diekamp. Monnaie, t. iv, p. 518-519. Tanqueroy, tort, y voit une simple raison de convenance, /". rit., n. 130; Billot se contente, dans son trait dos tins dernires, de parler en rai des raisons thologiques per se obvias; c'est qu'il a dvelopp cet argument ailleurs. De personali ri origi/>< nali peccatn, Rome, 1924, De reatu panse, p. 77 sq. do veniali, th. vin. p. 109 sq. 4 Les raison de convenance. On les trouve dveloppes plus ou moins en connexion avec la raison thologique. Nulle part on ne les trouve mieux prsenl'art. Purgatoire du Dictionnaire apologtique de la foi catholique, t. rv, col. 512-515. L'auteur
.

de toutes fautes, mme des plus lgres, si bien que la pense d'un purgatoire ou se purifient les dfunts est purifiante elle-mme pour les vivants. Elle rpond en mme temps aux sentiments les plus profonds comme aux aspirations les plus leves du cur humain, l'.n nous rendant familire la croyance l'Immortalit de l'me et en tournant le cours de nos mditations vers l'au-del, en nous apprenant que le lien si fort et si doux qui nous attaciiait a nos chers disparus n'esl pas entirement luise par le trpas, que nous restons en communion de pense et de sainte charit avec eux; que nous pouvons encore faire quelque chose pour eux. allger leur souffrance, leur ouvrir plus vite les ioies du ciel, elle maintient vivant el agissant le culte d'affection qui les entourait

dans leur vie

et qui s'exalte la mort, it notre coeur nous pousse :i leur donner, tant que nous leur survivons, le nous mmes, nos meilleur de prires, UOS Sacrifices, nos
i

honnes (eus

res.

,'esi

la

suprme consol
\n.

il

ion

dans

le di

chi

renient des sparations cruelles.

m,,

col. 514.

5 Les objections. La thologie posttridenl ine complote ordinairement la question de l'existence du purgatoire par la rfutation des objections souleves par

envisage tout
ensuite
1.

d'abord
et

les

convenances rationnelles;

]rs
'

r,T.\

enani es mort
rationnelles.
prin<

Coni nani
ave(
U

le

dogme du purgatoire
-

nement
moral

i|

Pour les spiritualistes, n'a rien qui ne s'accorde pleiraison. L'ordre di


I

doit

mesure o

il

a t viol;

protestants. A Bellarmin, "/<. cil., e. jcii, p. 86 sq., Suarez, loc. <it.. n. 38-40, il faut ajouter ici Estius, In IV " Sent., dist. \\l. I, qui semble avoir donn d'une faon plus prcise encore, le cadre de cette dis cussion. Les efforts des adversaires portent a la fuis sur le terrain scripturaire, patristique et ique. l. Au point de vue scripturaire, l'apologiste catholique doit tout d'abord rtablir el dfendre l'autoriti il le n e tre canonique du ir livre des Machabes. \ oii plus haut. col. MUi. H lui faut ensuite tablir le
les a
.?
i

1287

PU H<1 A TOI

!:.

PEINES
Au

1288

sens exact des textes du Nouveau Testamenl sur lesquels il pense pouvoir fonder la rvlation lu dogme du purgatoire. Il est enfin ncessaire de prciser le mus et la porte le certains textes qui semblent exclure un tat intermdiaire entre le ciel et l'enfer pour les anus spares de leurs corps. Ces textes, dit Suarez, loc. cit., n. 38, contiennent deux affirmations. La premire est qu'aprs cette vie il n'y a plus possibilit de mriter ou te satisfaire par ses uvres propres, mais il faut subir la jusle sentence

point de vue dogmatique, en eifet, les protes3. tants insistent surtout sur le fait que le Christ a suffisamment satisfait pour nos pchs et que c'est faire injure sa passion que d'exiger encore de notre part une satisfaction nouvelle, soit en ce monde, soit en l'autre. Cf. ci-dessus, col. 1267. Ils invoquent surtout
1. Bellarmin rpond l'objection dans le du purgatoire. Sans doute les mrites du Christ sont assez grands pour effacer toute faute du pcheur et toute peine duc ces fautes, mais, pour tre efficaces, ces mrites doivent nous tre appliqus; cette

Heb., x,
trait

du juge, que cette sentence concerne l'enfer ou le purgatoire, peu importe. Ainsi doit tre compris Eccl., ix, 10 11 n'y a plus ni uvre, ni science, ni sagesse, dans le sjour des morts o tu vas. La seconde est qu'aprs cette vie il n'y a que deux termes ultimes vers lesquels
:

se dirige l'humanit responsable de ses actes : le paradis et l'enfer, ce qui ne veut pas dire qu'avant ce terme ultime du paradis, une expiation 'prparatoire ne sera pas subir. Ainsi doivent tre compris Eccl., xi. 3; Mattb., xxv, 34, 41; Marc, xvi, 16. Cf. Bellarmin, op. cit., c. xn, p. 86. Si les adversaires insistent et pro-

posent certains textes qui semblent promettre la rcompense aux justes immdiatement aprs la mort, sans aucune attente, par exemple Ps., cxxvi, 2, 3; 11 Cor., v, 1 Apoc, xiv, 13; Joa., v, 24, il faut rpondre que l'criture, en aucun de ces textes, ne parle d'une rcompense immdiate : elle sous-entend toujours la condition d'une justice parfaite au moment de la rcompense, si digni sunt vel perfecte purgati. Cf. saint Augustin, In Joannem, tr. xlix, n. 10, P. L., t. xxxv, col. 1751. Suarez fait observer que ces textes n'ont pas tous besoin d'une semblable explication. Au sens littral le ps. cxxvi ne regarde pas la rcompense de la vie future; saint Paul, dans II Cor., v, 1, invite l'esprance d'une demeure ternelle, sans prciser le moment o on pourra l'habiter; l'Apocalypse ne vise que les parfaitement justes et, pour les autres, qui ont encore quelque expiation offrir, il est dj exact de parler de repos, puisqu'ils sont certains de leur batitude ternelle. Au canon de la messe nous prions pour les mes du purgatoire, qui reposent dans le Christ et dorment du sommeil de la paix. Suarez, loc. cit., n. 3940. Saint Augustin avait propos ici une autre explication le cas vis serait celui des martyrs, De civitateDei, 1. XX, c. ix, n. 2, P. L., t. xli, col* 674; cf. Lpicier, op. cit., p. 264. Enfin, Joa., v, 24, doit s'interprter d'une rcompense future, mais non ncessairement immdiate. Lpicier, op. cit., p. 265. 2. Au point de vue patristique, les textes objects
; :

application se fait par les sacrements et par les actes de l'homme. Dieu a voulu en effet qu'aprs le baptme les mrites du Christ soient appliqus par la contrition et la confession, jointes l'absolution du prtre, pour la rmission de la faute; qu'ils soient appliqus par les uvres satisfactoires de l'homme, pour la rmission de la peine temporelle. Lorsque la faute est remise, la peine ternelle qui lui tait due se change en peine temporelle, la justice exigeant que le pch soit puni en quelque faon. Op. cit., c. xiv, p. 92. Dans les dveloppements donns par Bellarmin cette ide fondamentale, on retrouve les principes qui ont guid le concile de Trente dans l'laboration du c. xiv, de la

comportent certaines assertions relatives l'impossidans l'autre vie, de faire pnitence et d'offrir Dieu des satisfactions. Saint Cyprien, Contra Demetrianum, n. 25, Hartel, t. i, p. 370; saint Jrme, Comment, in Amos, 1. III, c. ix, 5, P. L., t. xxv, col. 1141 D; saint Jean Chrysostome, In Epist. I ad Cor., hom. xxvni, n. 2, P. G., t. lxi, col. 234; saint
bilit,

possibilit), voir ci-dessus, col. 1222.

lxviii (simple doute sur cette Ces textes doivent s'interprter d'une manire gnrale comme les textes

Augustin, Enchiridion,

c.

On peut cependant trouver chacun d'eux une explication particulire. Voir Lpicier, op. cit., p. 265-266. Bellarmin rpond simplement qu'en dclarant qu'aprs la mort il n'y a plus de pnitence ni de satisfaction possible les Pres entendent parler de la satisfaction, de la pnitence qui prcde la Les Pres, en effet, font mention exjustification une qui prcde la presse d'une double satisfaction justification, et par laquelle Dieu est apais de congruo, par laquelle il est inclin la rmission de la faute; l'autre qui suit la justification et par laquelle rparation est faite Dieu de condigno pour la peine encore due. Op. cit., c. xm, p. 89. Par l nous rejoignons les objections dogmatiques.
similaires de l'criture.
: :

de la xiv e session. Voir ici, t. vm, col. 1090. Dans le sacrement de pnitence la rmission des pchs se fait d'une manire moins librale et moins plnire que dans le baptme le pcheur justifi doit encore ordinairement expier quelque peine, soit en ce monde, soit en l'autre. S'il est vrai d'affirmer que l'homme ne peut plus mriter au purgatoire, il est faux que toute satisfaction doive tre mritoire Celui qui paie une dette parce qu'un arrt du juge l'y force satisfait ses cranciers bien qu'il soit contraint. Op. cit., c. xiv, p. 92. Aussi, pour marquer ce caractre contraint de l'expiation temporaire d'outre-tombe, la plupart des thologiens posttridentins emploient-ils l'expression de satispassion. Mais la plupart rfutent l'objection dogmatique des protestants dans le trait de la grce, au chapitre de la justification, ou dans le trait de la pnitence, la question du reatus panse. La certitude d'une dette de peine, que laisse subsister la rmission de la coulpe, dtruit par sa racine mme une des principales objections des Orientaux. Voir col. 1254. L'objection propose en premier lieu par Bessarion (voir col. 1252) a retenu l'attention de quelques thologiens modernes. Billot a bien montr qu'il n'y a aucune parit entre le bien lger des damns et le mal lger des lus. Le mal lger des lus ne supprime pas leur mrite du ciel et n'exige qu'une expiation temporaire. Le pch mortel, au contraire, mortifie toutes les actions mritoires accomplies par le pcheur avant sa faute les bonnes uvres ne sont mritoires qu'en raison de l'ordination la rcompense ternelle que leur confre la volont divine; or, cette ordination n'existe plus dans les uvres mortifies, et par consquent celles-ci ne sauraient exiger, avant la peine ternelle, une rcompense temporaire. Billot, op. cit., p. 97-98. Cf. saint Thomas, In /V" Sent.,
vi e session et
col.

du

c.

2178

sq.

t.

xn,

dist.

XXI,

q.

i,

a. 1.

peu prs les mmes objections rfutes, dans Perrone, loc. cit., col. 844-847. //. LES PEINES SU PURGATOIRE. Les thologiens sont bien obligs de convenir que la question des peines est beaucoup plus obscure que celle de l'existence du purgatoire. Tous sont unanimes reconnatre que la foi n'est ici engage que sur deux points le purgatoire comporte des peines (c'est la dfinition mme du purgatoire), et ces peines ne se feront plus sentir aucune me aprs le jugement dernier. Par consquent, la peine purificatrice ne sera, pour toute me, que temporaire. Bel-

On trouve

im

i;r.

loi RE. PE1 \

1290

larmin, op. 'il.. I. 11. c i\. p. HT. Su. ne/, op. cit., \l VI, sect. i\. p. 920 sq. Ces vrits rassortent des dfinitions du il- concile de Lyon, de Benot \ et du concile de Florence. De plus, elles s'imposent en raison de Matth., \\\. 16, .m sujet duquel Pres et thologiens font unanimement observer i|iu' toute possibilit de purgatoire aprs le Jugement est enle\ e par cette affirmation du Sauveur. Billot, op. cit., th. \i.
disp.
1

\' um I Sent., dlst. XL\ II, q. n, a. :i. qu, 2, ad justes auront souffert auparavant des angoisses qui leur tiendront lieu de purgatoire; le feu de la conflagration gnrale leur servira de feu purificateur avec d'autant plus d'efficacit qu'ils en accepteront volontairement les a (tell il es; en lin l'Intensit de la peine nie

sq.
le

Dans

domaine asses peu consistant des opinions


les

thologiques,
sit, l'objet
i'
l

tiples questions
a dure.

auteurs catholiques concernant la dure,

se
la

posenl de mulnature, l'inten-

des peines purificatrices. Il s'agit Ici de la dure de la peine pour chaque me prix- en pari Iculier. Suarei pose doux principes opportun-. en premier lieu; il taul admettre que l'me puisse expier seule pour un pch auquel le corps a pris part h- pch, en effet, rside essentiellement dans la volont de fain- le mal. t-t donc. l'Ame ayant pris, dans l'acte offensanl Dieu, la part principale et formel le. peut vit isfalre seule a la justice div ine. in purgatoire prolong jusqu' la rsurrection des corps n'esl doue pas ncessaire. En second lieu, il faut affirmer que la dure de la peine, loin dlie gale pour toutes les .'unes, sera plus OU moins longue en propor: :

rhomas) compensera sa dure. la chaleur, dit saint Ainsi Palmierl, op. cit., p. 76; Hugon, op. cit., p. 801 ; Billot Herv, op. cit., p. 641 ; Lpicier, op. cit., p. 7 adoucit quelque peu. tout en demeurant dans le mme sens doctrinal, ce qu'il j a de peu vraisemblable en Cette ex pli cal ion. Op. cit., p. 101. La Solution nOUS parait contestable; elle est donne dans l'hypothse d'une
:

>

>

purification faite ncessairement par le feu et comportant une dure temporaire. Or, mme dans l'opinion des Latins, la purification faite par le feu ne s'impose

pas ncessairement
doit tre considre instant solennel du
la

comme comme

explication,
la

et

l'viternit

dure mesurant dj cet jugement dernier. L'intensit de

tre

peine, quelle que soit celle peine, peut donc seule invoque Ici comme explication plausible.

'_!"

Xidure des peines.


:

Bellarmin expose que

trois

tion de l'expiation requise. D'o suit une consquence certaine, c'esfl que toutes les .'mus ne resteront pas en

purgatoire Jusqu' la lin du monde. Disp. \1.YI, si-et. iv. n. 3-6. Conclusion qui vaut, mme abstraction faite du secours apport par les suffrages de l'glise. Mais peut-on, en toute hypothse, assigner un terme la dure des peines. On sait que Dominique Soto enseignait que les souffrances du purgatoire sont si teribles. que les suffrages de l'glise sont si efficaces,

choses sont certaines louchant la nature despeines purificatrices la principale peine est la privation h- la \ ne de Dieu; il existe en outre une peine positive du sens; enfin celte peine est essenl iellenient un feu, soit rel, soit mtaphorique. .Mais il ajoute que. de l'avis commun des thologiens, le feu du purgatoire est rel les textes de l'criture qui ledcrivent !) doivent tre pris au sens propre quand il n'y a pas de raison de les en dtourner, et toutes les descriptions des Pres ne peuvent s'entendre que d'un feu rel. Op. rit., 1. II,
:
(

c.

qu'aucune Ame, quelle que soil sa dit te n'y doit sjourner plus de Vingt et mme de dix ans. In I V um Sait.. iSL \I\. q. m. a. Bellarmin rejette cette opinion, l'appuyant sur la pratique de l'glise autorisant l'offrande du saint sacrifice de la messe pour des fidles morts depuis cent ans et plus. /.,-. cit. Quelques thologiens, entre autres Maldonat. Dr purgatorio. q. v. ont suivi Solo SUT ce point, mais la presque unanimit lui est plus ou moins host ile. Tout en rprouvant l'opinion de Solo. Suarez ne la croit pas digne de eensure. mais simplement incertaine, et personnelle.
'_'.

il faut se sou\enir de la condamnation p< rAlexandre VI contre la proposition suivante Un legs annuel (fondation) pour l'me d'un dfunt ne dure pus plus de dix ans. Denz.-Bannw.. n. Il 13. Voir '. i. col. 746. Sans rprouver directement l'opinion de ic pape condamne la conclusion prat ique qui tains en tiraient. Sur l'opinion de Soto et ses partisans, voir Diana, ! tolutiom moralt -. Lyon, 1667, part. IV, tr. VIII, resol. loi. Reprenant une expression d'Augustin, Suarez conclut simplement quanlo magis mi-

Toutefois,

tee par

Suarez, reprenant si la privation de la vision batifique doit tre considre chez les mes du purgatoire comme une peine du dam. Il relate tout d'abord l'opinion de Cajtan, qui. tr. IV, /)<? altritione et contrilione, q. iv, admet sans doute dans l'me purifle l'absence de la vision divine, mais nie que cette absence soit une peine. Cajtan estime (pie, toute aversion par rapport Dieu tant te de l'me sainte, la peine du dam. correspondant a celte aversion, ne saurait exister eu elle. Suarez fait observer que, nonobstant la charit dont les mes du purgatoire sont animes envers Dieu du fait qu'elles expient en raison des restes du pch, l'absence de vision batifique com
1
.

x, xi, p. 118. Il!>. La dilution de lu vue de Dieu.

le

mme

thme,

se

demande d'abord

poil e pour elles une vritable prix ation, donc une vritable peine. I. 'expiai ion requise est en ellet une suite

nusre transeuntia fanims dilexerunt, tanto brevius tardiusre salrnbuntur. Les thologiens, en gnral, se prononcent pour une dore assez longue. Cf. Bellarmin, I >> oanitu a 'umbse. I. II. e. ix. Il est d'ailleurs bien risqu de m- demander combien n n de mes demeurent au purgatoire. Le temps est la dure qui mesure les choses matrielles. Au purgatoire, il n'y a plus ni jours, ni annes, ni emps, mais trvum ou vitemit . Voir ternit, t. v, 115. Comment estimer une dure qui chappe nos
/
I

.,

plupart des tholo utils rapidement sur une quest ion parfaitei.i

\ussi

ment

insoluble.
seul

Un

justes qoe

pose au sujet des problme inti la im du monde trouvera encore en vie?


leur purification pourra-t-ellc avoir lieu en

Comment

non seulement de la conversion vers le mal. mais encore de l'a\eision de Dieu, qu'implique tout pch. Mais il est bon (liOp. Cit., disp. \I.YI. sect. i. n. miter que Cajtan n'envisage pas le cas des mes du purgatoire, il se peut donc que la polmique de Suarez manque d'objet. L'expression pna deanni est retenue par la plupart des thologiens. Citons, parmi les modernes, tautz, "/>. cit., p. 130; Palmieri, op. cit., p. 70; Mazzella, "/. cit., n. 1337; Tanquercy, op. cit., t. m. ii. 1132; Hugon, op. cit., p. 792; Lpicier, op. <-it.. p. 268, Toutefois, la plupart de ces ailleurs corrigent, par l'explication qu'ils en donnent, le sens du mol dam appliqu la peine de la privation ou mieux, disent -ils, de la dilation le la vision batifique. Il ne s'agit doue pas en ralit de peine du dam au sens propre du mot. Ch. Pesch, op. cit., t. ix, n. 601, el lerv, op. cit., t. rv, 2, noient expressment que ce n'est qu'un dam secundum quid et Billot nous semble avoir heureusement rompu avec la terminologie reue en parlant simplement de la peine le la dilatinn de la gloire, Op.Cit., th. vu. C'est mie vritable peine, crit-il, puisqu'elle firirr les mes de la vision batifique un moment o
1

.'!.

cet instant

suprmi
la

gnral de reproduire

IteUTS se contentent en rponse de saint Thomas, In

elles auraient

pu

prcisment

le

el du la possder. P. 101. El caractre qui distingue la dilation du


I
i

1291

PUIU.ATOIRE PEINES
souffrent

1292

purgatoire de celle des limbes avant Jsus-Christ. Pour des limbes, le temps (le [a vision batifique n'tait pas encore arriv; donc la dilation n'avait aucun caractre pnal. Hugon, loc. cit., p. 794. Nous estimons pour notre part que l'expression peine du dam devrait tre limine totalement del terminologie relative au purgatoire. Tout le monde est d'accord pour reconnatre que le prtendu dam du purgatoire n'est que trs lointainemcnt analogique au dam de l'enfer pourquoi maintenir une expression capable d'induire en erreur sur le vritable tat des mes au purgatoire? Le seul fait de l'esprance et de la certitude du salut enlve la privation temporaire de la vue de Dieu le caractre d'une vritable damnation. On lira, sur cette privation de la vue de Dieu, comme peine du purgatoire, la belle page de Lessius, De perf., div., 1. XIII, c. xvii
les justes
: :

mme du retard apport leur batitude . Op. cit., c. vu, p. 112. Sans nier absolument la vrit de cette vision, Suarez estime qu'elle doit treinterprte;quoi qu'il en soit, il n'admet pas qu'au purgatoire la peine de la dilation de la vue de Dieu soit spare de la peine du sens. Loc. cit., sect. i, n. 9-12. L'opinion
contraire n'a d'ailleurs rien qui offense la doctrine catholique: elle est simplement trangre au sentiment de la plupart des thologiens. Palmieri s'y rallie, 'jfi. cit., p. 74. Toutefois il est ncessaire de rappeler que les Grecs, tout en niant l'existence du /eu du jmrgatoire, n'entendent pas nier l'existence d'une peine positive du sens, affliction, douleur, chagrin, honte de la conscience, etc. Voir col. 1253, 1202. Il est donc utile que, dans la synthse thologique de la doctrine du purgatoire, on tienne compte de cette nuance. Peu de thologiens latins l'ont fait.

Les mes justes, au moment mme o la gloire qui leur est prpare devait leur tre confre, se voient rejetes et relgues en un cruel exil, tant qu'elles n'auront pas satisfait pour leurs pchs passs elles en ressentent une douleur incroyable. Combien est grande leur douleur, nous le pouvons conjecturer par quatre considrations. Premirement, elles se voient prives d'un si grand bien, et cela au moment mme o elles auraient d en jouir. Elles comprennent l'immensit de ce bien avec une force qui n'a d'gale que leur ardent dsir de le possder. Deuximement, elles voient qu'elles en sont prives par leur faute. Troisimement, elles dplorent la ngligence qui les a empches de satisfaire au moment o elles auraient pu le faire facilement, alors que prsentement elles sont contraintes de grands maux, et cette constatation accrot singulirement l'acerbit de leur douleur. Quatrimement, enfin, elles voient quels trsors immenses de biens ternels, quels degrs de gloire cleste, si facilement accessibles, elles ont par leur faute ngligs quand il tait temps. En prenant conscience d'une faon extrmement vive de tout cela, ces mes en prouvent une grande douleur, comme nous-mmes l'prouvons dans les dommages humains, quand ces quatre circonstances sont runies.
:

Voir Feu du pur3. Feu rel ou mtaphorique? gatoire, t. v, col. 2258 sq. Sur le degr de probabilit de l'opinion des Latins, voir col. 2260. 3 Intensit. Bellarmin n'approuve pas l'opinion de saint Thomas d'aprs laquelle la moindre peine du purgatoire est plus douloureuse que la plus affreuse souffrance de la terre. Il se rallie celle de saint Bonaventure. Voir col. 1240. Sans doute la privation de Dieu est une grande souffrance, mais adoucie, soulage par l'espoir assur de le possder; de cet espoir nat une incroyable joie qui s'accrot mesure qu'approche la fin de l'exil . Op. cit., c. xiv, p. 121. Des mes condamnes au purgatoire peuvent n'avoir, au moment de la mort, que quelques fautes lgres; il semble bien dur qu'elles soient punies par un supplice plus affreux que toutes les peines de la terre. Tel est le thme gn-

ral sur lequel se sont greffes des

opinions nombreuses

et varies.
1.

On pourrait citer galement bien des passages du Trait du purgatoire de sainte Catherine de Gnes, pris des c. ni et vi principalement :
C'est une peine si excessive, crit-elle, que la langue ne saurait l'exprimer, ni l'intelligence en concevoir la rigueur... Si, dans le monde entier, il n'y avait qu'un seul pain qui pt satisfaire la faim de toutes les cratures, et qu'il sufft de le regarder pour tre rassasi, songez ce qu'prouverait un homme qu'un instinct naturel invite manger quand il est bien portant, et qui ne pourrait ni manger, ni tre malade, ni mourir! Sa faim deviendrait de plus en plus cruelle; sachant qu'il n'y a qu'un seul pain capable de le rassasier et qu'il ne peut y atteindre, il resterait en proie des tortures insupportables. C. vi. Cf. P. Faber, Tout pour Jsus, Paris, 1926, p. 388; L. Rouzic, Le purgatoire, Paris, 1923, p. 165.

Gravit de la peine de la dilation. Suarez n'hpas prsenter cette peine comme la plus grave et la plus douloureuse pour les mes du purgatoire. C'est l, dit-il, la doctrine commune, communis sententia. Op. cit., disp. XLVI, sect. i, n. 2. Le texte de Lessius, cit ci-contre, laisse entrevoir les raisons de cette douleur immense. Suarez reprend ces raisons. Ibid., sect. ni, n. 1. Mais son instinct thologique lui
site

La peine du sens. Suarez distingue nettement question de la peine du sens, loc. cit., n. 4 sq., de la question du feu du purgatoire. Ibid., sect. n, n. 1 sq. Non qu'il admette une peine positive distincte de celle que cause le feu, mais parce qu'il se pose tout d'abord la question de savoir si toutes les mes souffrent, en plus de la peine du dam , une peine du sens. La tristesse qui rsulte de la dilation de la vision batifique ne saurait proprement parler tre nomme peine du sens, ibid., n. 6; mais peut-on concevoir que certaines mes soient purifies uniquement par cette dilation et la tristesse qui en rsulte? Certains l'ont prtendu, en raison des visions rapportes par Bde. Voir col. 1227. Parmi ces certains il faut compter Bellarmin, qui admet comme probable l'existence d'un lieu, faisant partie du purgatoire o les mes n'ont plus la peine du sens, mais seulement la peine du dam, purgatoire fort adouci, prison honorable, et comme snatoriale, mais o cependant les mes ne sont pas heureuses et
2.

la

une difficult devant laquelle saint Bonaventure dj s'tait arrt. Si ces raisons sont vraies, il suit de l que les plus saintes mes du purgatoire, bien que trs lgrement coupables, sont punies le plus svrement quant cette peine et cette tristesse (de la dilation). En effet elles sont prives d'une gloire plus considrable, le bien qu'elles ne possdent pas est plus grand, et la charit, racine de la douleur dans les mes saintes, est plus grande en elles. Ibid., n. 2. De fait, nous trouvons chez certains mystiques des assertions de ce genre. Rsumant la doctrine de sainte Catherine de Gnes, le P. Faber crit L'me se sent constamment entrane par la violence de son amour vers Dieu, qui peut seul la satisfaire. Cette violence est sans cesse croissante, tant que l'me demeure prive de l'objet dont elle est si avide, et ses souffrances crotraient proportion, si elles n'taient pas adoucies par l'esprance ou plutt par la certitude que chaque instant la rapproche du moment de son bonheur ternel. Tout pour Jsus, p. 388-389. A cette difficult, saint Bonaventure avait rpondu en disant que, du chef de la dilation, la souffrance des mes n'tait pas considrable. Voir col. 1242. Suarez trouve bon droit cette rponse trop simple, et il fait deux remarques senses la premire est que si, par rapport la nature mme des choses, la peine de la dilation de la vue de Dieu doit apporter aux mes les plus saintes la plus grande souffrance, cependant, par rapport l'ordre de la justice divine, cette souffrance est tempre en proportion de l'affection apaise et parfaite avec laquelle les saintes
fait entrevoir
: :

PURG
mes
1

\T'I

RE. PE1 N
De mate
esl

129'

acceptent, sans compta que l'esprance cerdu bonheur adoucit la souffrance; la seconde est que la tristesse des mes rpond bien davantage aux
l

taine

degrs de gloire jamais perd ai qu'a la dilat ion mme la gloire, ce qui fait que la tristesse esl plus grande an une me moins parfaite, prcisment parce qu'elle a es perdu plus de degrs de gloire. Loc cit., n. 3 I. modernes, on gnral, n'ont pas envisag cet aspect de la question. Tous les tholoGrapiti de h peint du sens. giens enseignent que la peine du sens est trs grave et dpasse nos estimations d'ici-bas. routerais l'opinion de saint Bonaventure rallie de plus en plus les sut tragcs ilts auteurs. Suarez, t] ni signale les deux opinions, ibid., n. >. 6, conclut en lisant qu'il n'est pas

de

(voir col. 1240) : c'esl tout aussitt que l'me affranchie des liens du corps, qu'un acte de chai de parfaite etlaee la coulpe du pch vniel. Suarez, qui traite cette question dans la disp. XI, sect. i\. expos, 1,-s diverses suintions bien plus claire nient que Bellarmin et. aprs avoir rejet les opinions

qui

celle

paraissent Improbables, se rallie finalement Dans le pie Thomas dans le De nialo mier instant de la sparation de l'me et du corps,
lui

de saint

possible d'tablir entre les peines du purgatoire et lis souffrances d'ici-bas une comparaison proprement dite on ne peut comparer que des realites homognes, et Ici les peines sont de nature trs diffrentes. Spcifiquement toute peine du purgatoire, mme la plus
:

minime, dpasse

les

ment pare qu'elle

est

souffrances de la terre, prcisd'un autre ordre de douleur et

l'me met un acte fei \ eut d'amour de lieu et de contrition parfaite de toutes sis tantes prcdentes. l'.tant en tat de grce, l'me juste est en mesure, connaissant sou tat de tendre parfaitement vers Dieu de toute la force de sa volont soutenue cl Surleve par la charit. Et ce mouvement suffit enlever aussitt tout ce qui est encore coulpe eu elle /.ne. cit., n. 13. Ici si- place une eonl ro\ erse c\f reniement Intressante contre C.ajtan. A cet Instant de la sparation de L'me d'avec le corps. Cajtan pense (pie l'nie est encore en tat de mriter ou de dmriter, puisque nondiim est omnino extra viam, sed in termina oitm. In / nm part.
I ,

de mal. Mais accidentellement, c'est--dire dans ses effets sur telle ou telle Ame, la comparaison pourrait tre tablie; pourtant Suarea n'ose trop se prononcer. Voir, en faveur de l'opinion d< saint Bonaventure, Billot, op. cit.. th. vu. g _'. p. 103-105; Pesch., op. cit.. t. ix. n. 604. I.epieier. qui semble pencher en faveur de l'opinion plus dure de saint Thomas, conclut par une excellente remarque qui rappelle celle de Suarez diximus panam pargatorii in suo gnre omne id saperare quod in hoc mundo patimur, quia cum altra sit conditiu aninnv separata ab ejus conditione in pressenti vitii. oportet ut etiam alterius rationis sit pana : unde comparatio non est anivoca, sed secundum proporlionem. Op. cit.. p. 127 I. Feu de thologiens ont tent de supputer la gravit de la peine du sens au purgatoire par rapport la peine du feu en enfer. Notons ce sujet cette simple remarNous ne pensons pas inconque des Salmanticenses venant qu'un juste quittant cette terre avec une quantit m considrable de pchs vniels ou avec une dette si lourde pour des pchs mortels remis quant la coulpe, mais non quant a la peine temporelle, subisse dans son temps de purgatoire une peine du sens plus atroce que celle qu'auront a endurer certains damns ternellement punis pour un ou deux pchs mortels. imparaison, notent ces thologiens, ne tient videmment que pour certains aspects de l'atrocit de la peine. De vitiis et peccatis. disp. XVIII, duh. n, 6. 4 Objet des peines purificatrices. L'expiation puritieatrice a-t-ellc pour objet la coulpe ou la peine du pch'? I.a question se pose non pour les pchs mortels, mais pour lis pchs vniels. Dj ce problme avait t envisag par les sententiaires, et les thologiens posttridentins n'en ont gure fait progresser les solutions. Quant aux pchs mortels, seul le debitum panse peut tre en cause. 1. La coulpe des pches vniels. Bellarmin sidemande comment les pchs vniels dont l'me peut tre encore souille au moment de la mort sont remis au purgatoire? Op. cit.. 1. I. c XXV, p. 93. Il suit l'opiLes pchs vniels sont remis nion de saint Thomas dans le purgatoire par let tmour et le pat lence qu'y produisent les mes souffrantes: en effet, cette ptation de la peine Inflige par rien, procdant de la charit, peut tre appele une pnitence virtuelle, et. bien qu'elle ne soit pas proprement mritoire puisqu'elle ne mrite pas une augmentation de grce ou de gloire, elle peut obtenir la rmission du pch Ibid., Remarquons toutefois que saint Thomas, dont Bellarmin cite l'opinion d'aprs le (.ommentaire sur les Sentences, a prcis, sinon corrig-, sa rponse dans le
:
: I

Suni. Iheol.. q. LXIII, art. 5. fine. l voie se confondrait ainsi avec


l'tat

le

Le dernier instant depremier instant de

de terme. Suare/ rejet le avec vivacit cette bypot hse Insoutenable quse sententia sernpcr mihi displieuit, quia ex Ma sequitiir possc hominem esse in gratin toto lempore vitse, cl in Mo instanli illam amittere; quod. ut opinor, repu final Scriptwis. L'inverse pourrait aussi devenir vrai un pcheur, mourant en tat de
: :

faute mortelle, pourrait ainsi, in primo instanli separationis anima a corpore, se rconcilier avec Dieu, ce qui n'est pas moins contraire aux critures. Suarez ajoute <pie le terme de la voie est extrinsque a la voie

elle-mme; donc

l'nie. l'instant

mme

elle est

spare du corps, ne peut plus mriter ni dmriter; elle est continue en grce ou fixe dans le mal. Loc. cit., n. 14. II faut donc conclure que l'acte de charit agit, dans la rmission de la coulpe des pchs vniels l'instant de la sparation, simplement comme disposition suffisante, et non comme cause mritoire. Voir, concernant la controverse susindique, les arguments que nous avons fait valoir, dans le sens de la thse de Suarez, propos d'un article rcent. L'Ami du clerg, 1933, p. 756-761. L'opinion de saint Thomas, reprise par Suarez, est commune parmi les thologiens. Voir de Lugo, De psenilentia, dist. IX. sect. n; Palmieri, op. cit., 22, p. 64-65 :Mazztlla, op. cit., n. 1321 Pesch, op. cit.,n. 598;
;

Billot,
p.

De

peccato,

p.

121

Hugon,

loc.

cit..

t.

ix,

825; Herv, op. cit., t. iv, n. 666; Lpicier, op. cit., p. 281: Scheeben-Atzberger, Handbuch der kalh. Dogmatik. t. vin, Fribourg-en-B., 1903, 413, p. 855. et tous les thomistes. Il ne reste donc lucider que le problme de la rmission de la peine, qui est le mme pour le pch vniel que pour le pch mortel. 2. Rmission de la dette de peine. - - Bellarmin n'envisage que le fail gnral de la rmission de la peine due aux pchs pardonnes ce fait se confond avec le dogme mme du purgatoire. Mais comment cette rmission est-elle obtenue? A propos de cet aspect du problme, il se contente de rappeler que, dans le purgatoire, les mes ne peinent plus ni mriter ni dmriter il leur manque l'tat de voie. Op. cil., 1. II. c. n: :

ni, p. 101 sq.


et les thologiens postrieurs partent du principe pour tablir les deux doctrines explicatives, qui marquent la position de la thologie posttridentine sur ce point la satispassinn des mes et la rmission progressive des peines. a) Suarez rappelle d'abord, op. cit., disp. XLVII, sect. n, n. 5-6, que les mes du purgatoire possdent toute la charit dont elles sont capables; que cette

Suarez

mme

L295

l'IJIUiATOIl'.

I..

Kl

AT DKS

\l

KS

1296

charit ne peut tre accrue en elles puisqu'elles sont hors d'tat de mriter. Et il continue
:

doit dduire de ces principes que les mes du purgaen tiit d'offrir Dieu non une vritable salisfaction, mais une simple salispaasion. La chose est manifeste si l'on explique ces termes en fonction de la doctrine prcdemment expose sur la satisfaction. Du pch pardonn demeure encore, avant tout et essentiellement, une dette de peine a l'gard du feu et de la souffrance au purgatoire. Or, cette peine, les mes peuvent l'endurer et, puisqu'elle est temporaire, ces mes, par une dure sullisante de souffrances, peuvent offrir une satispassion rponil leur dant a la qualit ou la quantit de leur dette suffit simplement d'tre en tat de grce. Toutefois, aux justes encore sur terre, il a t concd de pouvoir mriter en quelque faon la rmission de leur peine par l'acceptation volontaire de peines de la vie prsente moralement quivalentes et conformes la loi divine et une juste institution: c'est l, proprement parler, la satisfaction. Les mes du
toire sont
:

On

l'expiation purificatrice sera un instant accidentellement joint au prsent perptuel inclus dans ['acte d'adhsion dfinitive que ces saintes mes oui faite a leur lin dernire surnaturelle. En tant que du purgatoire ne privation de Dieu, l'instani comporte pas, ne saurait comporter de succession. Cette privation est; elle dure ce que dure la peine
toire,

essentielle
s'identifie.

du purgatoire, avec laquelle

d'ailleurs elle

purgatoire, disons-nous, ne peuvent offrir de telles satisfactions, car, si la vie prsente est le seul temps o l'homme puisse mriter, c'est aussi le seul tat pour s itisfaire par des peines et des souffrances volontaires... Avant que soit porte

dernire sentence [du jugement 1, c'est le temps del misricorde; la sentence une fois porte, c'est le temps de la justice rigoureuse et de l'excution de la peine inflige parla sentence... Si la peine du purgatoire est accompagne dans l'me d'une volont soumise la volont divine, elle n'est cependant pas volontairement recherche, et une telle volont de l'me souffrante n'apporte pas la justice divine de quoi compenser la dette cette compensation n'est acquise que par l'expiation accomplie selon la loi et la mesure portes par Dieu... Ibitl., n. 7.
la
:

Et Suarez de conclure, n. 8, que pas mme d'un mrite de convenance, les mes du purgatoire ne peuvent, par elles-mmes, mriter une diminution de
leur peine. Cette thorie de la satispassion, avec les considrants qui l'accompagnent, est enseigne par tous les thologiens qui expliquent par l comment une satisfaction volontaire de l'tat de voie est bien plus efficace qu'une satispassion impose au purgatoire l'me encore endette envers la justice divine. Voir ci-dessus, col. 1240. b) La question d'une diminution progressive des peines du purgatoire est plus obscure. Quelques thologiens seulement l'ont envisage. On se reportera MlTIGATION DES PEINES DE LA VIE FUTURE, t. X,

Quelle succession imaginer en une dure qui n'apporte a l'tre de l'me et ne comporte en ellemme aucun changement? Aussi semble-t-il exact d'affirmer que la dure de la privation de Dieu doit tre conue au purgatoire comme une mesure ne comportant pis de succession. Mais de l conclure que la diminution progressive de souffrances, mme des souffrances rsultant de la peine de la dilation de la gloire, soit impossible, il y a un abme. Car de la privation de Dieu rsultent dans l'me divers sentiments qui se succdent rellement, apportant leur contingent de regrets, de repentirs, de douleurs et d'actes de soumission la volont divine, mais auxquels galement, en raison de l'acquittement de la dette et des prires des vivants, s'adjoint, de plus en plus vivement, l'esprance du bonheur futur. Quant au tourment positif de la peine du sens, mme et surtout s'il s'agit du tourment caus par le feu, la souffrance endure sera continue et sans arrt. Nouvelle ncessit d'admettre, jointe l'immobilit substantielle o se trouve fixe l'me souffrante, une vritable succession de souffrances, succession mesure par une dure qui sans doute n'est pas notre temps, mais lui ressemble. Cf. saint Thomas, I a q. lui, a. 3 et ad l nm ///. l'tat DBS AMES. Cet aspect du problme thologique du purgatoire a t trait par les thologiens posttridentins avec un soin particulier, en raison mme des attaques de Luther contre l'enseigne-

ment

traditionnel.

2007-2009. seul point qui, notre connaissance, n'ait pas t abord par les thologiens posttridentins est de montrer comment cette diminution progressive, possible eu gard aussi bien aux peines considres en elles-mmes qu'aux suffrages des vivants, peut entrer dans le cadre de la dure qui mesure l'existence des mes du purgatoire. Cette dure n'est plus le temps, mais l'sevum ou viternit. Or, l'viternit, mesure des la esprits spars, est dfinie par saint Thomas dure d'un tre immuable substantiellement, mais accidentellement soumis des changements . Immutabilit substantielle qui peut cependant, il faut le remarquer, concerner non seulement la substance de l'esprit, mais ses oprations mmes. Cette viternit est la dure des esprits purs et des mes spares, car leur vie propre est faite d'immutabilit substantielle et de successions accidentelles. Sans changement possible dans leur tre, esprits et mes spares voient leur existence mesure par le perptuel prsent de l'viternit. C'est aussi ce perptuel prsent qui est la dure de la connaissance et de Vamour naturels qu'ils ont d'eux-mmes et par eux-mmes de Dieu, auteur de
col.

Les claircissements apports peuvent se grouper autour de deux points les mes du purgatoire sont fixes dans la grce; elles sont certaines de leur salut. 1 Fixes dans la grce. Le point de dpart thologique de cette assertion certaine est la condamnation de la proposition 39 de Luther. Pour Luther, les mes du purgatoire pcheraient perptuellement parce qu'elles n'acceptent pas leurs peines dont elles ont horreur. Voir col. 1266.
:

Le

leur perfection. C'est galement l'viternit qui mesure l'acte par lequel ils adhrent leur fin dernire et, dans le cas des mes du purgatoire, cette fixit de leur volont dans le bien et dans l'amour de Dieu. Dans ces mes, destines au ciel mais souffrant encore au purga-

La thologie posttridentine, rfutant l'assertion luthrienne, procde par affirmations nuances qui projettent un jour intressant sur l'tat des mes spares. 1. Tout d'abord elles sont, dit Suarez, ds l'instant de la sparation d'avec le corps, confirmes dans la grce qu'elles possdaient auparavant. C'est le principe fondamental qui doit diriger tout raisonnement sur l'tat de terme. La voie du mrite et du dmrite est close pour l'homme par la mort. Et donc, dans l'tat mme o l'me est trouve par la mort, elle persiste d'une manire immuable soit par l'obstination dans le mal si elle est trouve en tat de pch, soit par la confirmation dans le bien si elle est en tat de grce. D'o les mes tiennent-elles leur confirmation dans le bien? Suarez y voit uniquement une protection de la grce divine, rendue ncessaire par l'tat mme de ces mes. qui. tant destines au ciel, ne peuvent ni pcher mortellement ce qui les loignerait tout jamais de leur fin dernire ni pcher vniellement. ce qui les retarderait sans lin de leur bonheur. Op. cit.. disp. XLV1I. sect. i, n. 6-7. Il semble qu'on doive ajouter cette raison extrieure l'me une raison tire de sa psychologie intime le choix dfinitif fait de la fin dernire par le libre arbitre, dgag enfin des conditions d'exercice de l'tat d'union avec le corps. Aussitt, en effet, que l'me est dtache du corps,

r
l'Ile

RG
il<'

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RE.

DES VMES

298

prend
el

les

conditions normales

l'activit propre

.ui\ esprits, activit

sensible
i/i

Indpendante le toute opration procdanl par von- non d'abstraction, m ds


i

Toutefois Impossibilit de mriter ne signifie pas ncessairement Impossibilit de corriger les habitudes dfectueuses et d'acqurir des dispositions plus par
laites.

fsii ne connaissent pas le bien abs s ne s'attachent pas au bien suprme travers les biens prissables el changeants d'Ici bas; iK tu' choisissent pas leur lin dernire sous l'influence

d'intuition. Ainsi les

-.

des passions ou des habitudes; d'un seul acte d'intelllet de volont, ]iii puise du premier coup leur puissance d'activit quant a la On dernire, Ils t'arrtent au bien qu'ils conoivent comme cette fin
s'y fixent s. mis changement ultrieur possible bien est un bien concret, el l'amour par lequel ils s'j attachent devient Immdiatement le principe premier le tous leurs dsirs, de tous leurs vouloirs. Telle lut la
et

Les habitudes dlictueuses, acquises sur terre, dis naissent par la mort dans leur chinent seusilil; eu tant qu'elles sont dispositions mail \ aises de la Volont, elles seraient appeles a disparatre par le seul fait qu'en purgatoire elles ne peuvent plus trouver l'occa sion de s'exercer; mais, tout connue les pches vniels, elles disparaissent vraisemblablement par un acte de vertu contraire assez, intense pour les supprimer.
]).

psychologie du premier acte dlibr par lequel les s. au commencement du monde, s'attachrent comme I leur Un dernire, les uns a Dieu, 1rs autres l'excellence de leur propre moi. Cel acte les tu entrer
tl.ms
l'tat
If

Cf. Palmier!, op. cit., 23, n. 3; MgrChollet, Vos morts mi purgatoire, au ciel, Paris. 1908, p. 135, Palmier! va plus loin el estime que, nonobstant l'tal de cru le. les mes du pu ruai o ire peuvent, ds le
t

terme,

et

leur

gloire,

comme

leur

purgatoire, acqurir les dispositions vertueuses qui pourraient leur manquer pour tre proportionnes a leur futur tal de gloire. /.''. cit., n. 2 3. Et, a ce sujet, il cite le texte suivant de Lessius
:

dchance, fui acquise dfinitivement II en est do mme de l'Ame aprs la mort. Dans l'au-del cesse pour r.'uiii' toute variabilit relativement l'objet qu'elle aura plac BU sommet de ses affections et aime par-dessus tout. Alors, l'amour de cet objet devient l'Immuable pivot de sou libre arbitre, et cet objet luimme le ple fixe \ ers lequel restent dsormais tendues toutes les puissances de son vouloir. De la le principe nonc par saint Jean Damascne et passe depuis axiome de la thologie Que la mort est pour l'homme ee que le premier acte dlibre a t pour les ailles. Billot, /." providence de Dieu el le nombre infini d'hommes en dehors de la voie normale du salut. dans tudes, 1923, p. 102. Que survienne donc la mort, il en resuite. ipso facto, pour les uns. mie dfinitive obstination dans le mal ou desordre moral et, pour les autres, une confirmation, dfinitive aussi. dans le bien, dans la beaut de l'ordre, .ne l'heureuse Impossibilit de s'en Jamais sortir Ibid., p. 397. Tous les thologiens enseignent bien que lame au purgatoire est Incapable de perdre la grce, puisqu'elle n'est plus dans l'tat de voie; mais aueun n'a donn la raison psychologique profonde qu'apporte le cardinal Billot et dont nous nous sommes inspires nous-mme
: .

aines dtenues au purgatoire peuvent v corriger facilement et en peu de temps toutes leurs affections, et par consquent > acqurir les habttus de tentes les vertus. c qui ne simili lie pas qu'il y ait Ici lieu a mrite pour qu'un Imhitiis soit infuse a l'aine, point n'est requise l'existence d'un acte mritoire de cet habtus; il suffit d'une disposition
1

es

ultime correspondant aux exigences de la nature ou de Dieu. Ainsi un pcheur peut crotre en foi. en esprance, en temprance, bien qu'il ne mrite pas. De summo bono,
1 .

Il, e

xx \
1

:i.

Enfin, les
ces

mes du purgatoire, en raison mme

de leur attachement

aucun de
\

au bien suprme, n'prouvent sentiments d'angoisse ou d'horreur que leur prte Luther, et qui seraient, en elles, une faute
eritable.

dans Les- fins dernires, Paris. [927, p

11

13.

J. Ensuite, et prcisment parce qu'elles sont confirmes en 1.. grce qu'elles possdaient, les mes du purgatoire ne peuvent ni perdre cette grce par le dmrite, ni l'accrottre par le mente. L'tat de voie.

condition indispensable au mrite ou au dmrite, est pan. C'est encore ici la raison fondamentale qu'apportent tous les thologiens. \"ir Condion'o uni. t. m. col 1148 \ cite raison fondamentale. Suarez ajoute trois raisons accessoires le jugement particulier qui a !i\e a tout jamais le sort des mes; la convenance du mrite acquis pendant l'union de l'me au corps; enfin les absurdits qui rsulteraient, eu aux bus de la Providence, d'un renversement possible des merit. purgatoire. Op. il., disp. XL\ 1. usonnements on peul objecter pie unes, dans l'au-del, ne sont pas dans un tat gourdissement et de sommeil (cf. prop. 23 de
: 1
1

<

Rosmini, condamne par le Saint-Office, il dc. 1887, < n/.-l .miiw .. n. 1913) et par consquent peuvent agir r librement. Pourquoi donc possdant la charit-. ne mriteraient-elles pas? C'est, dit Suarez, parce que leur _ itteint s.. omplel d'intensit.
I

Leur souffrance, dit Bellarmin, ne les absorbe pas au point qu'elles en perdraient la vritable notion de leur tal ou qu'elles se laisseraient aller au trouble el au dsespoir comme si elles taient en enfer. La parabole du mauvais riche ne montre-t-elle pas qu'un damn lui-mme peut parfaitement se rendre compte de son supplice et de ses causes'.' L'glise d'ailleurs qui dorment du somprie a la messe pour ces mes meil de la paix Or ces mes endormies du sommeil de la paix ne sont pas des mes anxieuses, des mes dsespres; mais plutt une incroyable consolation se mle a leurs souffrances, cause de la certitude o elles sont de leur salut Op. cit., I. IL c. IV, ]>. L08. C'est la le thine que les thologiens reprennent a l'envi. en exposant le ride de la volont' des mes souffrantes par rapport leur expiation. Les peines du purgatoire sont dites volontaires, c'est a dire acceptes par la volont de l'me, en ce sens que ces mes, parfaitement soumises la volont divine et sachant que la souffrance est pour elles le moyen de parvenir au bonheur, acceptent avec reconnaissance et amour leur expiation. Ce qui n'empche pas leur douleur d'tre contraire aux aspirations de leur volont el par consquent de lui infliger une vritabl tristesse prl ente. Su a nv. op. Cit., disp. \LY I, sec t. i. I. n. De la. il tant conclure que la souffrance ainsi accepte par les mes du purgatoire, quelle que soit la trislesse qu'elles en prouvent, ne saurait produire
. .

en elles, ni dsespoir, disp xi.vi l. seci 111. n


.

ni
:

trouble,
l.

ni

angoisse.

//'/./..

Si sur terre les

mes justes

se

soumettent

avec amour

leurs tribulations, a

a la divine Providenci plus forte raison les aines

raison, y

et passant

n. 5, est

coup plus profonde qui Suarez lui mmene Elle rpond pleinement a la doctrine tho
miste de l'impossibilit d'accrotre en notre me la tiliante perantis, sinon par des larit plus intenses. Cf. Grce, t. vi, col. 1628.

du purgatoire, qui Boni confirmes en grce et savent que leurs peines sont trs justes et leur sont inll par une disposition divine. Elles ne se troublent donc
lies n'prouvenl mme pas d'impatience, elles conforment pleinement a la 'divine volont; aussi elle qu'elles au canon de la messe. l'glise affirme

se

1299

PUR; \ToFRE. ETAT DES


en dduisent
n.
*).

\l

ES
il

L300
gi

reposent et dormenl en paix. La vhmence de leur douleur ne peut mme pas leur apporter un trouble involontaire ce trouble serait concevable en une me encore unie son corps, mais, dans l'me spare du corps, il n'en peut rsulter qu'une tristesse d'ordre intellectuel, incapable d'apporter le moindre trouble. Ces remarques de Suarez, loc. cit., a. 1, se retrouvent d'une faon presque identique chez les thologiens qui ont tudi cet aspecl le l'tal des anus du purgatoire Hlas! mon Theotime, les anus qui sonl en purgatoire y sont sans doute pour leurs pchs, pchs qu'elles ont dtest et dtestent souverainement; mais quant l'abjection et peine qui leur en reste d'estre arrestes en ce lieu-l, et prives pour un temps de la jouissance de l'amour bienheureux du paradis, elles la souffrent amoureusement, cl prononcent dvotement le cantique de la justice divine Vous estes juste, Seigneur, et vostre jugement quitable. (Ps., cxviii, 137). Saint Franois de Sales, Trait de l'amour de Dieu, 1. IX, c. vu. Sainte Catherine de Gnes a, sur ce sujet, d'admirables pages que commente avec profondeur le P. Faber, op. cit., p. 388-390. 2 Certaines de leur salut. Cette 1. La doctrine. deuxime vrit est suppose dans tout ce qui prcde. La certitude du salut, que possdent les mes du purgatoire, n'est pas, dit Bellarmin, celle des bienheureux, qui exclut l'esprance et la crainte ; elle n'est pas la quasi-certitude que les justes peuvent atteindre sur terre, laquelle n'exclut ni l'esprance ni la crainte, et peut tre appele une certitude conjecturale . C'est une certitude spciale, qui
:

la cerl

ude de leur tat de

ce.

!.>><

rit.,

Le second lment, la certitude de n'tre pas damnes un jour, leur est inculqu par la foi qu'elles ont retenue de la terre et qui leur apprend que, ne pouvant pcher, elles ne risquent pas d'encourir plus tard la damnai ion. Et si quelque me trop ignorante ne connat pas ces principes, Suarez estime que Dieu y supplera par une lumire nouvelle, au besoin par l'enseignement de l'ange gardien, lbid., n. 7. Mais toutes ces raisons ne sont qu'indirectes. Dans la sentence du jugement particulier Suarez trouve un argument direct et trs dmonstratif de la certitude des mes par rapport leur tat de grce la sentence du jugement est pour elles une rvlation leur donnant
:

mais non l'esprance; le bonheur rserv ces mes est futur, non prsent, elles peuvent donc l'esprer; par ailleurs ce bonheur leur est acquis, elles ne peuvent donc en craindre la perte . Op. cit., 1. II, c. iv, p. 105. Ayant ainsi dfini cette certitude, Bellarmin la prouve par l'existence du jugement particulier. Si le sentence dfinitive de ces mes a t prononce aussittt aprs la mort, rien ne prouve qu'elles n'en aient pas connaissance le but du jugement particulier est prcisment de notifier l'arrt divin celui qui en est l'objet, lbid., p. 107. Les mes d'ailleurs peuvent se rendre compte qu'elles sont en purgatoire, non en enfer, en constatant qu'elles-mmes et leurs compagnes de peine ne blasphment pas Dieu, mais l'aiment et sont pleinement soumises sa volont.
ex-clut la crainte,
:

Ibid.

Cette certitude du salut est enseigne par tous les thologiens comme une vrit trs certaine. Suarez, op. cit., disp. XLVII, sect. ni, n. 5. Suarez analyse cette certitude plus compltement que Bellarmin. Deux lments, dit-il, y concourent le premier est qu' la sortie du corps ces mes se sachent en tat de grce; le second est qu'elles sachent que jamais elles ne seront elamnes. Le premier lment leur serait-il fourni par la science intuitive qu'elles ont d'ellesmmes? Dj Cajtan, op. cit., q. il, et Bellarmin lui-mme ont indiqu cette raison. Suarez en doute, car, dit-il, comment l'intuition qu'elles ont de leur nature pourrait-elle les conduire la connaissance de ralits surnaturelles? Il leur faudrait une science surnaturelle infuse, et nous ignorons si une telle science leur est octroye par Dieu. C'est donc, tout d'abord indirectement, en raison des actes surnaturels d'amour de Dieu qu'elles accomplissent au purgatoire, qu'elles concluent avec certitude tre en tat de grce. De plus, le jugement particulier leur a fait connatre qu'elles ne sont point damnes; or, elles savent que quiconque est trouv sans l'tat de grce au jugement particulier est damn. Enfin elles savent que les damns sont obstins dans le mal et n'ont aucun espoir du pardon ces deux sentiments tant contraires leurs dispositions prsentes, les mes du purgatoire
:

toute certitude sur leur tat prsent et sur leur future batitude. N. 8. Ces divers arguments se retrouvent plus ou moins nettement invoqus chez les thologiens modernes. Palmieri, op. cit., n. 24, p. 08, Mazzella, op. cit., n. 1353, Ch. Pesch, op. cit., t. ix, n. 599 (lequel ne voit dans le jugement particulier qu'un argument de vraisemblance), se contentent de rsumer Suarez. Billot est plus personnel, et son argumentation mrite d'tre note De novissimis, p. 107-108. L'argument de Cajtan, dlaiss par Suarez, ne laisse pas de plaire aux thomistes. Le cardinal Lpicier l'adopte pleinement, De novissimis, p. 326. Le P. Hugon l'indique d'un mot, op. cit., t. iv, p. 799, renvoyant pour de plus amples explications au trait philosophique de la connaissance des mes spares, Cursus philosophie thomisiiese, Paris, 1907, p. 138-149; cf. Rponse thcologique quelques questions d'actualit, Paris, 1924, L'tat des mes spares, c. in, p. 230 sq. On trouvera galement de bonnes indications dans Le monde invisible, Paris, 1931, part. II, c. il, 4, p. 191 sq., du cardinal Lpicier, et dans Mgr Chollet, La psychologie du purgatoire, Paris, 1924. Sur la pense de Denys le Chartreux touchant la certitude qu'ont les mes de leur salut, voir Lpicier, op. cit., p. 328, qui dfend l'orthodoxie de cet auteur. 2. L'objection. Si les mes sont certaines de leur salut, pourquoi l'glise, l'offertoire de la messe des dfunts, demande-t-elle que les mes des fidles soient dlivres des peines de l'enfer et de la fosse profonde, ne soient pas dvores par le lion infernal, ne soient pas absorbes par le Tartare et ne tombent pas dans l'obscurit ? Et, l'absoute, ne dit-elle pas, Dlivrez-moi, Seigneur, de la au nom du dfunt mort ternelle, en ce jour terrible, quand cieux et terre seront branls? De telles prires, qui ne peuvent tre offertes que pour les mes du purgatoire,, semblent bien signifier que, dans la pense de l'glise, ces mes sont encore exposes aux flammes ternelles. Bellarmin apporte deux rponses. Tout d'abord l'glise, bien que sre du salut cls mes du purgatrire, prie cependant pour que la sentence finale du jugement dernier leur soit favorable. On la voit ainsi frquemment demander Dieu ce qu'elle est sre de recevoir. L'glise, par cette Mais il est une autre solution prire, eiemande bien que les mes soient dlivres du purgatoire, mais elle emploie une figure, comme si les mes taient au moment de quitter leur corps et en pril de leur salut ternel; elle se rappelle et se reprsente le jour ele la mort ou de la spulture. Op. cit., c. v, p. 109. C'est ainsi que. dans sa liturgie. l'glise se reprsente Jsus incarn, naissant, souffrant, bien qu'elle le sache glorieux au ciel. Cette explication se trouve galement chez Grgoire de Yalencia. Commentariorum theologicorum, t. m. Venise, 1008. disp. VI, q. n, punct. 8. Cf. Billuart, De ultimo fine. diss. II, a. 3,
:

cirai finem.

Benot XIV donne une solution bien trop simple sous le nom d'enfer, de Tartare, de gouffre obscur,
:

130
l'glise
.

ri
entend simplement
1.

rg
le

roi

i;i

1;

VGES DES vivants

130:

purgatoire.

De

sacriflcio

Palmier! reprend la seconde expli cation le Bellarmln, op. cit., p. 7". Billot, tout en recevant l'explication de Benoit \l\ comme plausible, reprend la solution plus complte il<' Bellarmln, en \ ajoutant une considration (qu'il emprunte d'ailleurs .m commentaire de Sj l\ lus sur la Somme, SuppL, relative a l'dification des fidles
11.
c.

i\

nous reprsente l'instant terrible de la mort, d'oti dpend l'ternit, tantt ce lugement demiei qui eonftrmen solennellement le |ugemen1 particulier.
r.uiiit
glise

qu'elle clbre la naissance, la passion, la rsurreccomme s'il nalssall encore prsentement, comme s'il souffrait, comme -M ressuscitait, l<- mme elle ostnmmore les dfunts comme s'ils taient encore --ni- terre
tion
il ii

De mme

Sauveur

,i

l'instant dernier

de

la
-i

ou au contraire comme
luaqu'au Jour de
ilni
o.'
i.i

vte ou se dcide leur sort ternel, cet Instant ultime tait transfr

la colre,

jour de calamit
ii'

ri

monde dans
/
.

eu,

comme

de misre, qui en tmoignent

David

Sibylle.

novtssimis, p, 108-109.

Mme interprtation chez le cardinal Lplcier, n< nopissimis, p. 108, L'explication propose par Suarez prsente un
Intrt trs particulier. Sans
les

doute

elle suppose,

prcdentes, pu- l'glise se reporte au l'Ame itait sur le point de quitter son corps; mais Suarez admet une sorti- d'effet rtroactif de ces H est probable pae cette initie de l'glise, prires mme faite aprs la mort d'un fidle, lui a pu profiter avant sa mort en raison de la prescience divine...
:

comme moment o

fidles aident les (unes du purgatoire, soil en raison du mrite de leurs bonnes oeuvres, soit par leurs prires, soit parleurs satisfactions. Ch. Pesch, Praleel. theol., t. \ii. n. 177. Les thologiens posttrldentlns se sont appliqus mettre en relie! trois points principaux: les bases doctrinales des suffrages, leurs bnficiaires, leurs modalits 1" Bases doctrinales. 1. La communion des saints et la doctrine du corps mystique. Dieu entendu le premier point de dpari de nos thologiens est l'criture et la tradition, qu'on a tudies plus liant: mais c'est au dogme de la communion des saints qu'ils rattachent, avec toute la tradition, l'efficacit des suffrages pOUT les morts. En ce qui concerne les l'eus et les .scolastiques, on trouvera la synthse de leur s suxis, t. m, doctrine a l'art. Communion col. 129 117. l.es erreurs protestantes sur l'glise, corps mystique du Christ ont fait prciser la doctrine des Suffrages en fonction de celle donne spciale. La notion du corps mystique, tendue aux mes du purgatoire, se trouve dj insinue par saint Paul, S. C'est dj en raison Tlicss.. v. 16; I Cor.. x\. I du rapport de la messe au corps mystique que saint Augustin explique qu'elle puisse tre offerte pour les dfunts Les mes des fidles deluiils ne sont pas spares de l'glise; elles sont membres du Christ.

Autrement comment l'glise pourrait-elle demandez un bienfait dpendant absolument d'une disposition antrieure 0p. cil., dis)) Xl.V II. seet. \ n. 12. Stetitrup critique vivement la solution de Suarez.
'?
:
1 .

cir. Dei, 1. i\. /'. /... t. xi.i, col. 674. Au c. \ir sicle. Pierre h' Vnrable reprenait explicitement cet argument, Epist. contra Petrobrussianos, 1'. L., t. ci. xxxix. col. S'il sq. Dans leurs commentaires sur la Somme de saint Thomas, III', q. vin, a. 2, les thologiens du \\r sicle font entrer les mes -du

De

Si cela suffisait, dit-il. nous pourrions au mme litre prier pour les bienheureux, nous reprsentant le temps de leur mort et demandant a Dieu leur salut.

Inspruck, 1889, th. xxxv, p. 135. A quoi observer (pie nous ne pouvons en ralit prier, mme dans l'hypothse de l'effet rtroactif de nos prires, que pour ceux a qui, hic et mine, nos prires peuvent encore tre utiles. Op. cit., t. ix,
riologia,

Ch. l'eseh

fait

n.

1.

17.

L'opinion de la valeur rtroactive des prires poulies dfunts t reprise de nos jours p. ir Mgr Chollet, op. cit.. Pottseriptum : Un rayon dans ta nuit. p. 342
.i

356, et Lettre pastorale sur La fia aux fins dernires, 1923. texte publi dans la Documentation catholique,
17 fvr.
]

Que prtend donc l'glise? Elle de fetion au moment qui prcde


.i

le

se reporte par une sorte jugement, c'est--dire

la

minute suprme ou
l'a!onie.

les

dans

disputes entre

(unes sont encore dans la lutte. le lion infernal qui veut les

de\orer et l'archance qui veut les conduire dans le sjour de lumire, et la, elle supplie Dieu d'accepter ses prires et ses liostics delnuan-.:es et. en retour, d'accorder aux mes dont elle fait mmoire les -r.ues de foi et de repentir qui les dlivreront de la mort temelle, des peines de l'enfer, des morsures du lion, des tnbres le l'abtme. 'r il ne serait pas digne de l'glise de se livrer une telle fiction si le fjeste tait inutile, et si l'Ame ne devait eu tirer aucun profit. La raJtt, c'est que l'glise, en se plaant ainsi, par un retour sur le pass, au moment de l'agonie finale et en intercdant pour celui qui va paratre devant Dieu, sait que ses prires actuelles ont t vraiment prsentes a Dieu a l'heure de cette agonie, que Dieu lsa consil'i! a pu, dans sa misricorde, s'en inspirer dans sa conduite envers l'me... I'. 355.
1

purgatoire comme recevant l'inllux de la grce et dmrites de .Jsus-Christ. Cf. Emile Mersch, Le corps mystique du Christ, t. u, Louvain, 1933, p. 'l'in. si celte doctrine du corps mystique ne fut pas expressment invoque au concile (le Trente pour expliquer les rapports des Vivants avec les dfunts, un des vques les plus marquants de l'assemble, le futur cardinal Hosius, y lit appel ensuite dans sa clbre Confessio fidei catholicse. C'est par cette doctrine du corps mystique qu'il montre (pie la messe peut tre applique aux mes du purgatoire: un effet du saint le corps sacrifice est d'unir en quelque faon tout du Christ, car le Christ s'y trouve faisant un. en lui, ceux pour qui on l'offre. C. XXII, dans Opra omnia, Cologne, 1574, part. I, p. 139-140. Cf. Mersch, op. cit., t. II. p. 265, note 1. Bellarmin reprend pour son compte l'argument du corps mystique, op. cit., 1. II, c. xv, p. 122. Cette doctrine du corps mystique, fondement dogmatique des suffrages pour les dfunts, se retrouve soit explicitement, soit implicitement exprime par les thologiens catholiques. Elle est, chez Suarez, a la base de toute la sect. i de la disp. XLVIII, De suflragiis. Voir galement Gonet, Di pnitentia, disp. XIII,
a. 5, n.
2.

61-62.

l'our justes que soient ces considrations, elles n'en doivent pas en faire Oublier une autre; c'est que nos prires liturgiques refltent luis leur archasme l'imprcision de l'eschatologie primitive qui a t

-dessus
IV.

IMS BOrfBAOl Le suffrage rat.

.IVAST-i POUR LB6 ///.'est le secours par lequel les

triple mode de suffrages. Un autre prsuppos doctrinal concerne la triple faon dont un membre du corps mystique du Christ peu! subvenir aux besoins d'un autre membre. Ainsi que l'expose Suarez, toc. cit., n. 1, cette action mutuelle des membres du corps mystique rpond la dclarai ion de saint Paul adimpleo eu quie dsuni passionum Christi in carne mea pro corp ire ejus quod est Ecclesia. Col., i, 24. Non que la passion du Christ prsente quelqui Insuffisance, mais il s'anit ici de la participation que le corps mystique lui mme doit avoir a l'uvre rdemptrice du Sauveur. Suarez, hic. cit., n. 5. Or, les thologiens sont unanimes a enseigner que 'Ile participation revt une triple forme Vimptralion, le mrite, la satisfaction, ci. Bellarmin, loc. cit.. c xiv; Chollet, o/). cit., I. I. c. vi L'Ami du ci

Le

1303

l<;

A.T01 R

E.

SUFFR AGES DES

VI

VA XTS

L304

1926, p. 323 s(|. Il peul arriver d'ailleurs que la mme action, la prire par exemple, possde a la luis cette triple Formalit. Voir Prire, t. mu, col. 234-235. Le mrite pour autrui ne peut, en toute hypothse, tre

mrite de convenance. Voir Cc>\c;m;o un i, 1143-1144. De ces principes, donl ou ne peut marquer ici que les grandes ligues, l'glise a dduit la lgitimit des indulgences, sous la forme qu'elles rvlent prsentement, appliques aux dfunts. Ici, la thorie, dj formule au XIIIe sicle, a singulirement devanc l'application officielle Noir Indulgences, t. vu. col. 1611 et 1616. Les suffrages numrs par le concile de Trente (voir col. 1279) et proposs par tous les thologiens rentrent dans l'une ou l'autre des trois catgories sacrifices de la messe, prires, aumnes, autres uvres de pit (dont les pnitences volontaires et les indulgences), toutes ces manifestations de notre activit surnaturelle en laveur des dfunts ont valeur imptratoire, satisfactoire ou mritoire, soit disjonctivcmenl,

qu'un

t.

ni, col.

surtout d'inspirer aux fidles de l'glise militante la pieuse pense ei la charitable rsolution d'offrir des satisfad ions pour les mes en faveur de qui sont faites ces prires. Cette seconde opinion nous parat de beaucoup plus probable. En effet, de leur nature les peines du purgatoire sont dues a la justice divine, et le soulagement de ces peines doit tre normalement obtenu par des satisfactions offertes par ceux-l qui sont en tat de les offrir. Demander a Dieu que les mes soient libres gratuitement, c'est--dire indpendamment de toute satispassion de leur part ou de sal isfaction de notre part, c'est s'exposer grandement ne pas tre exauc. Cf. Lpicier, op. cit., p. 299; Ch. Pesch, op. cit., t. ix, n. 611; L'Ami du clerg, 1932, p. 111-112. Cette solution claire la question connexe de l'intervention d<'s saints du ciel en faveur des mes du purgatoire. Cette intervention ne saurait tre mise en doute.

Deus

venige largitor...

quiesumus clementiam tuam


fratres...

ut

soit

toire, voir J. Terrisse,


et

les mes du purgaLe purgatoire ou pouvoir, motifs moyens que nous avons de secourir les mes du purga-

simultanment. Sur le dtail de ces suffrages pour

Paris, 1911-1912, p. 223-307; Chollet, op. cit., laud.; J. Munford, Trait de la charit envers les mes du purgatoire, dansBouix, Le purgatoire, 3 e d., Paris, 1883; L. Rouzic, Le purgatoire, Paris, 1922,
toire,
toc.
c. xxi-xxvii; A. Molien, La prire pour les dfunts, Avignon, 1929. 3. La manire dont les suffrages aident les dfunts. C'est l un troisime point o la thologie a d appor-

ter quelques claircissements.

a) La prire. Il s'agit de la prire considre uniquement quant sa valeur implratoire. Les thologiens sont assez diviss sur la manire dont la prire, par sa seule valeur imptratoire, peut apporter secours
prire, considre uniqueformalit d'imptration, peut obtenir de Dieu directement la remise de la peine encore due la justice divine par les mes du purgatoire. Le Christ n'a-t-il pas dit sans restriction Demandez, et vous recevrez? De Lugo, De pnitentia, disp. XXIV,

aux mes du purgatoire. Les uns estiment que la


la

hoc sculo qui ex transierunt, beat a Maria skmper virgin'e ixtehcedente cru omnibus SANCTis tuis, ad perptue beatitudinis consortium pervenire concdas. Deuxime collecte de la messe quotidienne pro defunctis. Mais le mode d'intervention doit tre expliqu conformmint aux principes noncs tout l'heure. Les saints, en elet, outre leur impossibilit de mriter et d'offrir Dieu des satisfactions prsentes, entendent bien se conformer, en priant pour les dfunts, l'ordre de la Providence, qui fait dpendre de l'expiation la rmission de la peine ou totale ou mme partielle. La sainte Vierge et les saints offrent donc Dieu les satisfactions passes de Jsus-Christ et leurs propres satisfactions acquises pendant leur vie terrestre; ils demandent Dieu d'inspirer aux vivants la pratique de satisfactions en faveur des mes souffrantes et peut-tre au cas o certains suffrages offerts pour des mes dtermines ne pourraient leur tre appliqus (soit parce qu'elles

noslnc

congregationis

sont dj au

ciel

ou

qu'elles sont damnes), la Vierge et

ment sous

n. 20.
dit-il,

Bellarmin adopte cette solution.

La

prire,
:

aide d'une double faon les mes des dfunts d'abord en tant qu'oeuvre pnale et laborieuse...; ensuite, en tant que simple imptration. ce qui est le caractre propre de la prire, tout comme les prires des bienheureux sont utiles et nous et aux mes du purgatoire, bien qu'elles ne possdent pas de valeur satisfactoire. Op. cit., 1. II, c. xvi, p. 123. Thophile Raynaud distingue entre prires des vivants et prires des saints du ciel les premires seules auraient une influence directe en faveur de la rmission des peines du purgatoire. Scapulare marianum, q. v, dans Opra, t. vu, Lyon, 1665, p. 289. Doctrine pieuse, probable et peut-tre vraie , dclare Suarez, op. cit., disp. XLVIII, sect. v, n. 5; mais combien incertaine et peu fonde, ajoute-t-il aussitt. Car, si par nos prires, considres comme simples imptrations, il nous est impossible d'obtenir pour nous-mmes la rmission de la dette de peine dont nous sommes encore redevables Dieu aprs le pardon de nos fautes, combien la chose sera-t-elle plus impossible encore l'gard d'autrui. C'est donc en tant qu'oeuvres satisfactoires, que nos prires obtiennent directement et pour nous-mmes et pour autrui une rmission des peines dues aux pchs pardonnes. En tant qu'uvres imptratoires, elles peuvent indirectement obtenir cette rmission en demandant Dieu d'appliquer aux mes souffrantes les satisfactions de Jsus-Chiist, de la sainte Vierge et des saints et
:

Dieu par leur intercession les tre transmis le bnfice des suffrages inutilisables. Sur tous ces points, voir J.-B. Terrien, La Mre des hommes, t. il, Paris, s. d., p. 320-326. Avec Suarez le P. Terrien estime peu probable que les saints du ciel (la mme raison vaut aussi pour les prires des vivants) obtiennent de Jsus-Christ qu'il applique lui-mme aux dfunts la quantit de ses propres satisfactions ncessaire et suffisante pour qu'ils soient dlivrs. LT ne dlivrance ainsi obtenue serait gratuite et du ct du donataire et du ct de ses avocats; mais la justice aurait nanmoins pleine satisfaction du ct du Christ. Ce mode d'application ou de rmission semble improbable, du moins d'une faon rgulire, parce que Jsus-Christ, cause et source universelle de toute rmission de la peine, ayant tabli des instruments et comme des causes secondes pour appliquer ses satisfactions, il n'a pas coutume d'en faire l'application de lui-mme, en dehors des moyens institus par lui. Si donc il le fait quelquefois, c'est par une conomie spciale qui ne tombe ni sous la science, ni sous la loi. Terrien, op. cit., p. 324,
les saints dsignent-ils

mes auxquelles peuvent

Voir aussi Palmieri, op. cit.; 31, n. 4. En nous ne pouvons que faire des conjectures plus ou moins vraisemblables. Dieu demeurant toujours libre d'agir par pure bont et misricorde. De plus, les thologiens admettent gnralement que si les suints ne peuvent venir rconforter par leur prsence les mes dans le purgatoire, il n'en est pas de mme des anges gardiens, que Dieu ou la Vierge Marie, peuvent dputer vers les mes qui souffrent pour les soutenir ou leur annoncer leur proche dlinote
1.

ralit

vrance. Suarez,

De

angelis,

1.

V,

c.

ix, n.

9,

Opra,

1305
t.
;

PURGATOIR]
i

SUFFRAGES DES
corps dont
le

VI

VA NTS

.M pourquoi la liturgie, s'insplrant de ii, p. 7' Luc, xvi, 22, invoque la protection de salnl Michel pour les Ames souffrantes (offertoire de la messe des
dfunts), ou encore confie aux anges le soin de con/" paradisum deducani le duire l'Ame .m paradis angeli... Ce ministre des .un;--- s'exerce, comme
:

Christ est

main, chaque
utilit propre,
Il

membre

le chef. Or, dans le corps hu a^it non seulement pour son

l'expose -oint Thomas, l*. q. cvm, a. 7. .ni o u '". par le moyen d'illuminations Intellectuelles. Voir plus loin le lieu tin purgatoire, col. 1310. Cf. Lplcler, op. cit.,

300-301. autre question connexe concerne la possibilit pour les iiuv ilu purgatoire de demander elles mmes
p.

lue

a I>i<u leur libration ou leur soulagement.

Parmi

les

thologiens

<|ui

abordent
/>.

ce
cit.,

problme,
I.

plusieurs,

notamment Bellarmin,

II,

c
'-'.

In Suppl. sum. theol., q. lxxi, a. Valencla, op. cit., t. m. disp. \ 1. q. Suares, De religione, tr. IV, I. I. c xi, n. 12, rpondent par l'affirmative. La rponse ngative nous semble plus probable. Les prires il- .'unis du purgatoire ne pi-uv-nt avoir tout au plus que valeur imptratoire. Or. la rmission de leur peine ne peul tre accorde,

xv, Sylvius, Grgoire de n, punct. 6,

mais pour l'utilit de tous Us membres. de mme dans le corps mystique de l'glise. Et l'on peut trouver une confirmation de celte vrit dans les usages humains la charit a plus cl,, puissance sur Dieu que sur les hommes ; or, un homme, par amour pour autrui, lient acquitter les dettes de sou prochain envers les hommes; donc et a plus rorte raison un chrt ien le pourra taire a l'gard des Jugements dh Ins. De psenitentia, diss. i\. art. ">. si n possible d'entendre cette thse gnrale du cas particulier de l'uvre satisfactoire offerte pour les Ames du purgatoire? Peut-on admettre que cette satisfaction vicaire d'un vivant pour un mort puisse avoir pies de Dieu valeur de COndignit, tout comme A l'gard d'un membre vivant'.' Suarez le pense, op. cit.,
en
est
: i

disp.

XLVIII, sect. VI, n. I. dpend de la promesse de Dieu.


si

l.a

solution,

dit-il,

nous admettons que celle promesse existe

l'gard

avons-nous dit, A la prire que si la satisfaction l'accompagne. I".t il ne convient pas l< que les Ames souffrantes, qui acceptent pleinement l'uvre de justice qui s'accomplil en elles, Interviennent pour adoucir ou abrger cette uvre, Les saints du ciel et les vivants de la terre peuvent faire appel en ce sens a la misricorde divine dans un sentiment de charit; mais la situation des mes du purgatoire leurs installes pris n'est pas la mme que la notre de Dieu, en leur propre faveur, serait contraire a
i

des vivants, il n*J a aucune raison pour i|ue nous ne l'rlrn dions pas aux aines du purgatoire, i|ui nous sont unies aussi par la chante et ont besoin de notre aide tout autant que les vivants et mme davantage, puisqu'elles ne peuvent par elles mmes Offrir qu'une SatispaSSion (i non une salis (action. >e plus, elles ne sont pas encore parvenues tout a (ail au terme et elles poursuivent encore leur \ oie. Aussi,
I

op. cit., p. 302-303. Les thologiens n'envisagenl gure la question du mrite de convenance offert Dieu en vue le l'adoucis-cinent des peines du purgatoire. Voir cependant Suarez. De peenitentta, disp. \1.YIII. seet. v. n. 1. De toute vidence cette question doit tre rsolue conformment aux principes nonces au sujet de la prire pour les dfunts, lui gard aux mrites offerts en faveur des mes du purgatoire, il est convenable que Dieu, sans leur accorder directement la rmission de leur peine (quoiqu'il le puisse, s'il le veut), provoque chez les vivants l'inspiration d'offrir des satisfactions pour les morts. D'ailleurs, en fait, il n'est aucune uvre mritoire qui ne soit, sous quelque aspect, galement satisfactoire. Cf. (omet.
l'ordre. Cf.
I. picier.

b) ht mrite.

tant de leur ct que du ntre, il y a fondement ci possi hilite pour ce pacte ou celle promesse. Ilu cote de lieu il y a la mme convenance de libralit et de misricorde, sans rpugnance la justice, la mme manifestation de volont, puisque, autant que nous le montre la pratique ci la tradition de l'glise, la loi des suffrages a l'gard des dduits est la mme qu' l'gard des vivants l'glise offre pareillement ses suffrages pour les vivants et les morts. Loc. cil.
I :

l.a thse de Suarez (lche par un point il ne s'agit pas, du ciile de Dieu, d'une convenance de libralit
:

Ctgpeat theotogim thomticte, XIII, art. 2, 3, n. 18.

De pnitentia,

disp.

La
:

satisfaction.

L'uvre

satisfactoire peut tre

une uvre d< ni le caractre expiatoire offre A Dieu une compensation pour la peine temporelle encore due aux pchs pardonnes. Cette compensation, on peut l'offrir pour soi-mme. On peut aussi l'offrir pour autrui. Cf. Su. ire/, op. eif., disp. \|.Y 1. sect II, qui cite. n. I, une longue liste de thologiens favorables a cette doctrine, qu'on doit dire certaine dans l'glise. Elle peut tre offerte pour autrui A titre de eondignit, c'est--dire pour se substituer en toute
dfinie
1
1

justice la satisfaction qu'autrul devrait offrir A Dieu.

La

seule condition exige

Ici

par

les

thologiens, c'est

l'tat

de grce en celui qui oITrc la satisfaction et, bien entendu, en celui pour qui elle est offerte, l'elle est trs certainement la doctrine exprime par saint

Thomas, Snppf.,
Cunt.

q. xi, a, 2; cf.
a.

In

IY<><<>

Suit., dist.

\\.

In s'/nih. apost.,

10; In epist. u<i Galatas, vt, 2;

fjent.. I. III. c CLvm, fine. I.es meilleurs commentateurs thomistes proposent et dfendent cette dec \. trine. Cf. Salmanti censs, De psenitenlia, disp dnb. n. Suarez lui consacre ici toute une section, op. cit., disp. XLVIII, sect ni. Billuarl la rattache la docNous sommes un trine gnrale du corps mystique
:

dans

le

Christ, et nous

sommes

les

membres d'un

seul

de misricorde, mais d'une acceptation. Celle acceptation se conoit facilement dans le corps mystique dont les membres Vivants, encore dans l'tat de voie, n'ont pas donn leur mesure linale: elle Semble plus difficile a concevoir a l'gard de membres, vivants sans doute, mais parvenus (quoi qu'en dise Suarez en ce texte) l'tat de ternie simpliciter. Aussi nombre d'auteurs pensent-ils que cette substitution de satisfaction, offerte a Dieu par manire de suffrages, n'a devant Dieu qu'une valeur de convenance a l'gard des dfunts. C'est l'opinion de Cajtan, Opusc. xvi, q. v, sicle, Pierre Solo, Melet d'autres matres du x\i chlor Cano. Mdina (Jean), Corduba, etc. L'opposition entre les deux opinions se retrouve (Voir plus loin ). sur l'effet infaillible ou non des suffrages. Mais ici il s'agit moins d'effet infaillible que de proportion de justice. Ils seront n lai lilileineiil agrs par Dieu, mais seront ils agrs de telle sorte que Dieu y voie une satisfaction (le eondignit offerte sa justice, ou bien n'y trouverat-il qu'une satisfaction de convenance propose a sa misricorde.'? Tel est le vrai point en litige. Les deux thses pourraient bien finalement se cou CIier dans l'ignorance ou nous sommes de la mesure exacte (le l'acceptation divine, ignorance que tous les thologiens sont obligs de confesser. Quand on se souvient de la doctrine officiellement promulgue sur la valeur de l'indulgence plnire applique aux dfunts (voir Indulgences, i. vu. COl. 1622 1623), quand on se rappelle l'enseignement des thologiens sur l'application de la valeui satisfac toire du sacrifice de la messe (voir MESSE, I. x. col. 1301 sq., et surtout Conclusion, col. 1304), on doit bien convenir que la substitution de nos satisfactions aux satispassions des mes souffrantes est de la part de Dieu beaucoup plus question de boul cl de misricorde (pi,- de jusl iee.
et
i
I

1307

PURGATOIRE. SUFFRAGES DES VIVANTS


Quant
tration,

L308

Sur l'expression suffrages el per modum suffragii voir la bulle de Sixte IV ci aol 1476) et colle du 27 novembre 1477. Cavallera, n. 1264, 1265. 2 Les bnficiaires des suffrages. De toute vidence, seules les finies du purgatoire sont bnficiaires de nos suffrages. Les bienheureux n'en ont pas besoin, et les damns en sont radicalement incapables. L'opinion de certains scolastiques touchant l'efficacit des

a l'action des sulrages par mode d'impon ne saurait lui poser aucune limitation de personnes. Sur tous ces points lire l'excellente mise au

suffrages par rapport aux damns mediocriter malis (voir col. I238)es1 dsormais prime. Il faut galement liminer du bnfice des suffrages les mes enfermes dans les limbes des enfants . Suarez, op. cit., disp. XLVII1, sect. v, n. f8. Enfin, mme pour leurs seuls

pchs vniels ou pour la peine due aux pchs pardonnes, les damns ne peuvent profiter des suffrages. Ibid., sect. iv, n. 16. La raison en est que le bnficiaire doit tre en tat de grce. Ibid., sect. vu,
n. 2.

point de Lehmkuhl, Theologia moralis, t. u, n. 175-181. 3 Les modalits. Sous ce nom de modalits, il ne peut tre question d'exposer en dtail les diverses formesqu'ontprisesaucoursdes sicles, sous la pousse des dvolions introduite par la pit chrtienne, les suffrages offerts pour les dfunts. Nous nous tenons dans le domaine des gnralits et nous envisagerons simplement la valeur des sulrages ex opre operato et ex opre operantis : l'application des sulrages des dfunts dtermins et l'infaillibilit de cette application; les suffrages communs; les crmonies funraires.

Trois conditions, en effet, sont requises pour qu'un pcheur puisse bnficier des suffrages offerts son intention. 1. que la faute qui appelle le bnfice des suffrages soit dj remise quant la coulpe les suffrages ont pour objet la rmission de la peine encore due pour des pchs dj pardonnes; 2. qu'il soit en tat de grce (le pcheur pouvant tre retomb en de nouveaux pchs); 3. qu'il soit encore dbiteur l'gard de la justice divine. Suarez, ibid., n. 1, 2, 5. Or les mes du purgatoire vrifient toutes ces conditions. Ont-elles toutes droit aux suffrages? La question ne se pose pas pour les mes de baptiss morts dans la communion de l'glise. Mais, mme aprs le concile de Trente, les thologiens se sont demand si les suffrages profitaient toutes les catgories de pcheurs du purgatoire. Avant le concile de Trente, Cajtan admettait qu'une catgorie d'mes s'taient rendues indignes des sulrages de l'glise par le mpris qu'elles en avaient fait pendant leur vie ou leur ngligence prier poulies morts. Opusc. xvi.De indulgenliis, q. v. Mme opinion chez Navarrus (Aspilcueta), De indulgenliis, notab. 22, n. 42. Sur cette opinion, voir Lpicier, op. cit., p. 310-312. Bellarmin, au contraire, ne voit aucune raison d'tablir une catgorie d'mes auxquelles il serait impossible d'appliquer les sulrages. Rien ne prouve, dit-il, que des dispositions ou des mrites spciaux soient requis pour qu'une me puisse bnficier des suffrages de l'glise l'tat de grce suffit.
:
:

Valeur ex opre operato et ex opre operantis , clbre formule sacramjntaire (voir t. x, col. 1081) trouve une application propos des suffrages. Certains sulrages produisent leur effet ex opre operato, en ce sens qu'il suffit d'accomplir l'uvre prescrite par l'glise pour que soit prsent Dieu, au nom de l'glise mme, le secours d'imptration ou de satisfaction en faveur des dfunts. C'est le cas des indulgences et de la prire publique. L'tat de grce pourra tre requis comme une des conditions prescrites par l'glise, par exemple dans le gain de l'indulgence plnire; mais la rmission de la peine eu gard l'indulgence offerte sera indpendante de la ferveur et du mrite de qui l'a gagne. Cf. Galtier, De psenitentia, n. 592. Parfois, l'tat de grce ne sera pas absolument ncessaire, comme dans le cas de la valeur d'imptration annexe la prire publique faite au nom de l'glise pour les dfunts. Cf. Suarez, op. cit., disp. XLVIII, sect. vin, n. 2, 3. La valeur propitiatoire et satisfactoire de la messe, fortiori sa valeur imptratoire, sont en soi indpendantes de la valeur morale et de la foi du clbrant. Voir Messe, t. x, col. 1299 c'est qu'elles sont ex opre operato, Ibid., col. 1301. En revanche, toute valeur d'imptration des prires prives, toute valeur de mrite ou de satisfaction des

1.

La

bonnes uvres, offertes comme suffrages pour les dfunts, dpendent de la qualit de l'uvre accomplie ainsi que de la grce ornant l'me du fidle qui offre, du degr de sa ferveur et de sa charit. C'est l un
suffrage qui obtient son elet ex opre operantis. Cette distinction permet de rsoudre le cas de la

Op.

cit., 1. II, c. xviii, p. 127. Si nous parlons des C'est aussi l'avis de Suarez suffrages en gnral et sans prcision, il faut dire que
:

mes sont capables d'en profiter. Op. cit., XLVIII, sect. vi, n. 9. Toutefois, en ce qui concerne spcialement l'application du sacrifice de la messe, Suarez se demande s'il peut tre appliqu un catchumne dfunt, et il rpond par la ngative. De mme, il lui semble que les suffrages communs de
toutes les
disp.

Cette com la faon du sacrifice de la messe, des indulgences ou de la prire publique. Mais elle est profitable aux dfunts ex opre operantis. c'est--dire tant en raison des uvres de pnitence qu'elle implique, confession, jene, etc., qu'en raison de la ferveur de la charit qui est l'effet
.

communion offerte pour les dfunts munion ne saurait agir ex opre operato

propre de ce sacrement et d'o proviennent

les prires

l'glise

ne peuvent tre appliqus qu'aux dfunts baptiss. Ibid. Et, par analogie, il dduit que vraisemblablement les indulgences ne peuvent tre appliques
cit.,

qu'aux dfunts baptiss. Op.


n. 7-8.

disp.

LUI,

sect. iv,

Pour la solution de ces problmes, et dans la mesure o cette solution, en matires o l'initiative principale
vient de Dieu, peut tre conjecture avec quelque vraisemblance, on se reportera, en ce qui concerne l'application du sacrifice eucharistique, l'art. Messe, t. x, col. 1313-131(3. L'opinion de Cajtan pourrait sans doute trouver une justification qui l'accorde avec le sentiment commun dans la distinction qu'on a faite entre propitiation et satisfaction {ibid., col. 1303), certaines mes trop coupables ne pouvant bnficier des satisfactions qu'aprs que les sulfrages et surtout la messe auraient obtenu pour elles la propitiation divine.

ardentes, les dsirs plus fervents, qui peuvent agir plus efficacement sur Dieu en faveur de la libration des mes du purgatoire. Aussi, pour avoir universellement et sans restriction blm cette pratique populaire, Thophile Raynaud a vu condamner par l'Index son livre Error popularis de communione pro mortuis, 18 dcembre 16tfi. 2. L'application des suffrages des dfunts dtermins et son infaillibilit. Cette application pose trois problmes le fait de l'application, son extension plusieurs dfunts, son infaillibilit. a) Le fait. D'anciens auteurs que cite saint Thomas, In I V' um Sent., tiennent que les suffrages offerts pour une me ne servent pas elle seule, mais foutes les autres aussi bien qu' elle-mme, comme une lampe allume par le matre de la maison claire aussi bien que lui les serviteurs qui habitent le mme domicile. Mais l'enseignement commun des tholo-

l'I

RGAT01 RE
col.

L310
sm
l'efficacit du rentain grgorien et abusives que l'glise a Voulu liml
I

giens, consacr d'ailleurs, en io qui regarde la messe,

1623; voir,

une dcision officielle de l'glise, est que les suffrages offerts pour des dfunts dtermins profitent aux seules .'mus pour lesquelles les suffrages sont offerts, .-.n l'application de ces biens dpend de l'Inp.ir

les interprtai ions

ner, Beringer, Les indulgences, Lrad. fr.. 1. 1, Paris, 1925, sur l'autel privilgi, ibid., n. 978 sq., et surtout n. 980. 11 est interdit d'ajouter a l'inscription autel
n. ;77
: :

tention de celui qui les applique, et ces suffrages ne doivent pas tre compares a la lumire d'une lampe, mais plutt .i une somme d'argent paye par un Bellarmln, o/>. cit., I. Il, homme pour un autre
o

une autre Ins criptlon indiquant que la clbration de la messe a cel autel dlivre immdiatement et infailliblement l'me pour laquelle la messe est clbre. Dcret du 9 doc.
privilgi, qu'il est louable de conserver,

wui.

p.

1-7.
la

charit qui unit les membres du corps mystique n'exclut personne du bnfice des suffrages, mais dans l'application des suffrages Intervient un lment autre que la charit, V intention. Si l'intention doit ne pas contrarier la charit et, par consquent, ne porter aucune exclusive, cependant elle sutlit a diriger le suffrage en un sens dtermine. Aussi

Sans limite,

1606, Analecta ecclesiastica, vol. m, fasc. il, n. 7 7;t. 160. L'me est dlivre, si placuerii Deo. 8. Les suffrages communs. Restent les suffrages communs, c'est-u-dire ceux que l'glise ou les fidles
I'.

la thse catholique semble-t elle exactement formule on tes tenues Suflragia specialiter pra vaut defuncto fada, illi mugis muun cleris prosunt. Lpicier, op. cit., mi peut appliquer aux suffrages en gnral l'indication fournie par rie V] dans la condamnation de la proposition 30 du synode jansniste de Plstoie. Voir ce mot. t. \n. eol. J-l
:

Do la doctrine bi L'extension plusieurs dfunts. qui a t expose a l'article Ml ssi t. x. eol. 1294 si[., on peut dduire avec certitude que l'extension plu.

sieurs dfunts d'un mme suffrage en diminue d'autant l'application a chacun d'eux, si la chose est vraie de la messe, dont la valeur est infinie, plus forte raison
sera-t-elle
prire,
olut-il
l

Dieu pour les dfunts eu gnral, sans dsl de bnficiaire particulier. Nous ignorons certes la loi qui prside leur application. Celte loi cependant doit exister dans la sagesse cl la justice divines: Dieu doit rgler l'application d'aprs certaines dispositions qu'ont possdes les dfunts au cours de leur vie mortelle, par exemple leur soin gagner pour eux et pour d'autres des indulgences, leur dvotion envers la sainte Vierge, leur charit l'gard d'autrui. etc. Aucune Injustice dans cette distribution Ingale puisque la charit des mes est, d'une manire normale, la condition de la possibilit de leur soulagement, ('.'est toujours l'application du principe formul par saint Augustin non pro </uibus flunt, omnibus prosunt. sed lis tnntum quibus, <lum vivant. comparatur ut prosint. De cura pro mortuis gerenda, c. xvin, n. 22,
offrent

gnation

raie

d'un suffrage de
le

'indulgence,

aleur finie, comme la mrite. Aussi Suare/. en cun\

que la mme ouvre satisfactoire exclusivement offerte a l'intention d'un dfunt, ne peut profiter aux

autres qu'a titre d'imptration ou de mrite de simple convenance. Op. cit., disp. XLVIII, sect. vi, n. 8. A supposer c) L'infaillibilit de l'application. qu'un dfunt s.' trouve dans les conditions gnrales requises pour pouvoir profiter des suffrages, recevrat-il infailliblement l'effet du suffrage prsent a Dieu son intention? Les thologiens se divisent sur ce mot infailliblement . Les uns, avec Suarez, rpondent affirmativement. Op. cit.. disp. XLVIII, seet. vi, n. 6-7. Et le mme auteur ajoute que les suffrages profitent aux dfunts selon toute leur valeur. Ibid.. n. 8. On trouve un eho de cette opinion chez I-pieier. op. cit.. p. .SI sq. Ce qu'on peut dire, c'est que les sulTrages sont Infailliblement prsents Dieu et dans toute leur valeur. Mais comment Dieu les applique-t-il? Q semble difficile de faire jouer ici une rgle infaillible. C'est surtout propos du fruit de la messe que la question se pose. lit la solution que nous apportions cet aspect du problme (voir t. x. col. I2'.t.S et 1303) vaut fortiori pour les suffrages autres que le sacrifice eucharistique. Les dispositions des dfunts, en raison non seulement de leur charit prsente, mais encore de leur attitude au cours h- la vie terrestre envers les autres membres du corps mystique et de leur soin a se procurer des suffrages aprs |,-ur mort rgleront les dcisions divines a leur endroit. Cf. Salmanticenses, De eucharistia. disp. XIII, dub. vi Ch. Pesch, op. cit., t. ix, n 616. Lst-il donc possible d'tre jamais assur de la libration d'une me retenue au purgatoire? La rponse ne peut-tre que ngative. Lpicier, op. cit.. p, tles indulgences plnires, en tut multiplia permettant la pratique du rien, n'a jamais entendu allirm r qu'u une. Voir n 'les Indu nt-Flour, sur l'ind "autel pri !8 Juill. 1840, Indulgences, t. vu,

/'. le dclare L.. t. xi. col. 609. Et puis, comme Il esl impossible de Ch. Pesch. .)/). cit., t. ix. n. <>l(i savoir ce pie Dieu dcide pour chaque dfunt en particulier puisqu'il s'agil ici de ses secrets desseins, i I. Les crmonies Itinraires. Reprenant le thme souvent dvelopp par les thologiens du Moyen Ane, Bellarmin termine son trait du purgatoire par la dfense des crmonies en usage pour la spulture les morts. Ces crmonies sont anciennes et pieuses; elles sont pleines d'utilit pour les lidles qui les accomplissent par elles est atteste la foi l'i m mortalit de l'a me et la rsurrection du corps; par elles la pense de la mort reste prsente aux vivants; par elles la reconnaissance et l'affection des vivants est tmoigne aux morts. Enfin ces crmonies sont utiles aux morts euxmmes puisqu'elles attirent leurs mes les prires des vivants. Tel est le thme, emprunt iui-mme saint Thomas, Suppl., q. i.xxi, a. 11 et aux autres sententiaires (voir col. 1243) que dveloppent les considrai ions des hologiens modernes louchant l'utilit des crmonies des obsques et des divers rites funraires. Tous rappellent Ista omnia, id est curatio l'assertion do saint Augustin funeris, conditio spultures, pompa exequiarum, magis sunt vivorum solatia, quam subsidia moriuorum. De cura.... c. iv. n. 6, P. L-, t. XL, col. 596. Toutefois, si ees crmonies sont faites pour une lin dicte par l'esprit de foi, on doit dire avec Bellarmin qu'indirectement elles peuvent profiter aux dfunts eux mmes. Cf. Palmieri, np. ri'/., 32, p. 86; L. Rouzic, Le purA. Molien, La prire pour les dfunts. gatoire, c. i\ Quant au dtail des crmonies funraires, a leur signification, leur origine, leur utilit, au choix des jours consacrs au souvenir b-s dfunts, nous ne pouvons Ici que renvoyer le lecteur aux ouvrages spciaux
:

s.

de

litn
V.

On tudiera

QUELQUES A8PB0TB 9ECOND AIRES DU PROBLME.


brivement ce qui
se

rapporte au

lieu

du purgatoire, aux visions, aux

r\ lations prives

con-

'

cernanl le purgatoire, la dvotion aux mes du purgatoire, enfin la prdication que l'glise demande des \ciit.s relatives au purgatoire. - Au 1 Le lieu du purgatoire. Moyen Age, la foi au purgatoire, l'enfer, au ciel se confond pour ainsi dire

:i

IMJHCATUIRE. LIE

L312

avec la foi aux lieux mmes dsigns par ces mois (voir ci-dessus, col. 1238-1244); aprs le concile de Trente, les thologiens conservent encore la terminologie traditionnelle dans l'glise latine Suarez n'hsite pas
crire
lorii

sembleraient justifier la ralit des rceptacles. Les parties infrieures dt la terre sont conues en rapport avec la peine de ceux qui, damns pour l'ternit ou loigns temporairement de Dieu, ne peuvent
qu'tre loigns du ciel. Le ciel, l'oppos, c'est le sjour en rapport avec l'tat des lus, dj en possession de Dieu. Bien que Dieu soit prsent partout, n'est-il pas, d'une faon approprie, plus particulirement dans la partie conue comme suprieure au monde cr, le ciel, lui qui est souverain matre de toutes choses? Ce symbolisme, toutefois, repose sur un fondement rel, savoir l'existence d'un au-del, dans lequel trs rellement les esprits purs et les mes et, aprs la rsurrection, les hommes, mes et corps, doivent ou jouir du bonheur avec Dieu ou tre loigns de Dieu dans la souffrance. Et ce fondement montre bien qu'il ne saurait tre question ici d'un pur symbolisme il y a analogie. C'est donc, en dfinitive, la grande loi thologique de l'analogie qu'il convient d'appliquer ici dans notre conception des localisations de la vie future. Ces localisations ne sauraient tre conues d'une faon univoque aux localisations de cette vie. lin cette vie, toute localisation suppose des tres corporels les uns sont contenus dans les autres par la juxtaposition de leurs superficies respectives. Les limites superfi: :

certa veritus fldei est dari post hune vilam purgaEt Bellarlocum. Op. cit., <lisp. XLV, sect. i, n. min envisage le purgatoire coi m ne un lieu dans lequel, comme dans une prison, les mes qui n'ont pas t pleinement purifies en cette vie achvent leur purification... Op. cit., 1. I, c. i, p. 53. Les auteurs plus rcents n'osent engager la foi sur ce point. Billot estime que l'existence de tels lieux (ciel, enfer, purgatoire) rpond un sentiment des Pres et des thologiens dont personne ne peut s'carter sans une grande tmrit. De novissimis, q. il, 3, p. 43. Cf. Hugon, De novissimis, dans Tract, dogmat., t. m, p. 7(52. Ce dernier thologien s'efforce d'appuyer cette doctrine sur la rvlation.
:

.'i.

La sainte criture,

dit-il,

insinue que

le ciel et l'enfer

sont... des lieux. Saint Paul atteste que l'me du Christ est descendue dans les parties infrieures de la (erre. F.ph., iv, il alla prcher aux esprits saint Pierre 9. Et de qui taient dans une prison ; ces derniers mots faisant naturellement penser un lieu matriel... De mme, si les

mme

mes des damns sont dans le feu rel, elles sont donc attaches un lieu dtermin, a un rceptacle. Bien que ne dfinissant pas la chose, les conciles insinuent qu'aux mes sont assignes des rceptacles; ils proclament que les mes saintes sont reues immdiatement dans le ciel
concile de Florence), (prof, de foi de Michel Palologue et que les mes des impies descendent immdiatement en enfer. On en dduit que ciel et enfer sont des lieux. Ibid.
:

cielles

du contenant forment

ainsi le lieu

du contenu

L'auteur conclut a pari pour le purgatoire. Certains collaborateurs de ce dictionnaire raisonnent de mme.

Ni Mgr Quilliet,
t.

art.

Descente de Jsus aux enfers,

565, ni le P. Richard, art. Enfer, t. v, col. 101, ne semblent admettre qu'on puisse raisonner diffremment sur les textes de l'criture. Beaucoup plus rserve est l'attitude du P. Bernard dans l'article Ciel et surtout celle de M. Gaudel dans l'article Limbes, t. ix, col. 771. En fait, crit M. Gaudel, il ne faut jamais oublier que de cette gographie [de l'audel ] nous n'avons ni rvlation ni connaissance exprimentale; les thologiens sur ce point ne peuvent apporter que des dductions fondes, d'unepart, sur l'ide mystrieuse de la localisation des mes spares et, d'autre part, sur le principe de proportionnalit qu'on suppose exister entre la peine (ou la rcompense) et le lieu. Aussi l'ensemble des thologiens contemporains sont-ils de plus en plus rservs. En ce qui concerne le purgatoire, Palmieri s'exprime ainsi Purgatorii nomine intelligitur slalus pnalis pro juslis post mortem, atque intelligi quoque solet locus aliquis in quo ipsi sint. Op. cit., 19, p. 52. Ch. Pesch est plus prudent encore Existit purgatorium, id est status intermedius. Op. cit., t. ix, n. 857. Et cette prudence semble bien correspondre au sens des dfinitions de l'glise. En aucune des dfinitions relatives au ciel, au purgatoire, l'enfer, on ne peut trouver d'allusion un lieu. L'enseignement officiel de l'glise concerne bien plutt l'tat des mes spares par rapport leur fin surnaturelle ou la possession de cette fin par la vision batifique, et c'est l'tat glorieux du ciel; ou l'aversion totale et dfinitive de Dieu, et c'est l'tat de damnation en enfer; ou le retard apport l'entre au ciel par suite d'une purification encore ncessaire, et c'est l'tat du purgatoire. Ce principe une fois pos, nous pensons que, pour sauvegarder ce qu'il y a d'essentiel dans le sentiment des Pres et des thologiens dont on ne saurait s'carter sans grande tmrit , une exgse pour ainsi dire matrielle des textes scripturaires et conciliaires ne s'impose pas. On sait fort bien la part considrable de symbolisme qui se retrouve sous des expressions qui
iv,
col.
:

terminus continentis immobilis primas, dit saint Thomas expliquant Aristote. IV Phijs., lect. 6. Supprimez les corps; plus de lieu possible, au sens philosophique du mot; bien plus, concevez un corps sans contenant, ce corps, tout matriel qu'il est, n'a plus, proprement parler de localisation. Cf. Renier, Philosophia scholastica, t. il, Prato, 1895, p. 97. Saint Thomas admet cette possibilit pour le corps glorieux du Christ. Cf. IIl a q. lvii, a. 4. Pour arriver nous faire un concept univoque de la localisation des habitants du monde de l'au-del, il faudrait donc deux choses a) que ces habitants fussent non seulement esprits, mais corps; b ) que leur localisation ft ncessairement faite dans les limites du monde matriel. Quant au premier point, part Notre Seigneur (et sa sainte Mre), les habitants de l'au-del sont de purs esprits et, jusqu' la rsurrection gnrale, des mes spares de leurs corps, donc assimilables aux esprits purs. Quant au second point, personne n'admettra que le monde matriel cr soit infini on peut en consquence admettre, en dehors des limites de ce monde matriel cr, l'existence de corps humains, ft-ce le corps du Sauveur (ou de la Vierge), chappant totalement aux lois connues de la localisation. Donc, enfin, l'univocit du concept de la localisation doit tre exclue de notre thologie de la vie
,
: :

future.

Cette simple remarque ouvre des perspectives sans devant lesquelles notre intelligence doit purement et simplement avouer son impuissance. Les bgaiements par lesquels nous dcrivons la vie de l'au-del ne peuvent qu'emprunter des formules suggres par les choses d'ici-bas, mais dont la signification est ncessairement tout autre pour les choses de l'autre vie. Et voici nos conclusions 1 Ce serait un abus vritable que de vouloir trouver dans les paroles de l'criture et dans les formules conciliaires une expression adquate ou mme simplement une indication suffisante par rapport la localisation des tres dans l'autre vie. Si mme une dfinition avait t porte sur les rceptacles des mes, cette dfinition devrait encore, quant au sens lui donner, suivre les lois de l'analogie. A plus forte raison donc, l'analogie s'impose l'gard d'ides qui ne sont que suggres
fin,
:

par l'criture ou les conciles. 2. Ce serait, en second lieu, trangement s'abuser que de vouloir aboutir un concept positif de la loca-

131

PI

RG

TOI RE 01 ES flONS

DIVERSES

i.;i

-,

Usation des Ames dans l'autre monde. Placer l'enter on le purgatoire dans le centre de. la tem (Suarai rappelle commune des thologiens situe le que la doctrine purgatoire en uo lieu unique el dtermin vers le Mit. n, n. 3 I, el centre de la terre, op. cit., disp. Phll., ri, 1; Apoc, v, 3; il le prouve par l'Ecriture, EcclL, xxrv, 15, etc., ainsi que par la raison, n. 5 7). discuter mit la proximit on l'lolgnemenl des autres lieux inforioitr^. limbes ou enfer (cf. Suerez, ibnl.. n. B 15), oot - semble Imaglnatil el arbitraire. Si le feu ilt l'enfer devait tre un argument en faveur de cette opinion, il faillirait que ce ft un fou matriel comme le ntre. Mais que sait-on de la nature de ce l'eu rel Hion. absolument rien. Voir t. \. col. 2223 2224. L'argument devient plus fragile encore avec le feu du purgatoire, dont la ralit mme peu! tre conteste sans

MA

offenser la doctrine de l'glise. Le parti le plus sage est donc de s'abstenir de toute prcision; appartenant au qu'on pse toute monde des esprits el de l'au-del les lieux de l'enla valeur le ce ternie extra-mondial fer, du paradis, des limbes, du purgatoire chappent
:

ad 2"". lai ce cas. il faudrait admettre que Dieu, par un miracle (es! inter dlvlnn miracula computandum, ajoute saint Thomas), leur donnerait le pouvoir de s'unir momentanment a un corps pour se rendre sen siMes aux vivants. Mais il v a bien d.iut res explications possibles de ces apparitions. Totil d'abord il faut noter celle a laquelle Thomas semble s'arrter avec complaisance saint Ces apparitions se produisent par l'intermdiaire d'anges lions ou niauv alS, mme l'inSU des nies elles mmes. L'ange bon ou mauvais peut exciter directe ment le sens ou l'imagination el provoquer des visions cf. saint analogues aux hallucinations ou aux rves. ho in as. >, q. (Xi. a. 3. L'apparition, pour miraculeuse qu'elle demeure, n'est qu'une image subjective de la personne dont la ralit existe ailleurs. Sur ces diffrentes explications el le caractre miraculeux desappa Le inonde invisible, rit ions de morts voir Lpicier.
:

a nos catgories, si non-, les concevons par analogie avec ce nue nous pouvons Imaginer Ici bas, sachons que ce n'est qu'une analogie, dont il ne nous est pas mme permis de scruter l'exacte valeur et qui nous autorise simplement affirmer qu'ils sont, sans

coup sur

pouvoir ilire ce qu'ils sont. :;. Reste A expliquer la prsence de l'Ame dans ce du purgatoire. D'aprs la philosophie thomiste, lieu l'esprit n'est pas par lui-mme en un lieu. L'ange peut tre prsent en certains lieux parce qu'il y exerce une action. Il semble difficile d'affirmer que l'Ame spare soit prsente de cette manire. Sylvestre le Ferrare accepte cette explication. In Sum. ami. gnies. 1. III. ixvui: niais comment expliquer l'action de l'me en un lieu, indpendamment ilu corps? Peut-tre fautsimplement comprendre cette prsence de l'Ame il dans les lieux de flicit, de purification, d'expiation, par une dtermination d'ordre purement intellectuel : en vertu d'une dispenst ion divine, l'me serait dtermine connatre en particulier uniquement les choses qui sont dans le lieu que lui assigne la justice de Dieu. ou les vnements qui s'y passent: ainsi ce lieu deviendrait pour ainsi dire son sjour spcial et assign. Cette explication, propose par Billot, De novissimis. q. n. 3. p. 45, ouvre des perspectives intressantes sur la faon analogique de concevoir le lieu du
i

>

purpatoire.
faut-il dire

Le thologien

jsuite ajoute

Peut-tre
,

davantage, mais de ce

davantage

je

ne

puis que confesser mon ignorance, i Ibid. Avons la mme humilit. 2 Visions et rvlation prives concernant le purgatoire. 1. La possibilit d'apparitions d'mes du purgatoire ne saurait tre mise en doute. Naturellement. d'mes spares de leurs il est vrai, les apparitions corps sont impossibles; car aucune communication naturelle n'est possible entre les dfunts et nous. Nous ne pouvons \oir sans yeux, ni entendre sans oreilles, ni sentir ou agir sans les organes de la sensibilit ou de - mes encore la motricit donc les Ames des dfunts

238-247. Certaines vies de Le /dit de ces apparitions. saints sont remplies de rcils merveilleux concernant les apparitions d'Ames du purgatoire. Nous y avons fait allusion au cours de celte tude, principalement propos de Hde le Vnrable et de saint Grgoire le Grand. Le thologien n'a rien dire sur le fait des apparitions; c'est l'historien de passer les rcils au crible de la critique et de juger ce qui peut en tre raisonnablement retenu. Une seule directive peut tre donne ici par la thologie l'apparition d'une me du purgatoire tanl un vritable miracle, elle ne saurait si produire que rarement (inlerdum). In bon nombre de rcits devraient donc tre tenus pour suspects. Voir l'apprciation de Cajtan, ci-dessus, col. 1272. 3. L'interprtation des visions et des rvlations qui les Nous avons galement entendu Cajaccompagnent. tan rappeler que l'enseignement de l'glise ne s'appuie pas sur des rvlations prives, quelle que soit leur authenticit. C'est le cas de se souvenir de la recommandation de saint Paul, Gai., i, 8. Voir ici Foi, t. vi, col. 145 sq. Bref, visions et rvlations prives ne sauraient ni complter ni mme expliquer le dpt de la foi. La raison en est qu'il ne peut y avoir de certitude absolue ni de leur origine divine, ni de la vrit de leur contenu. Seule l'glise est charge par le Christ d'interprter et de proposer authentiquement la rvlation et il s'agit uniquement de la rvlation publique. Aussi l'approbation ou la recommandation accorde par le Saint-Sige quelques rvlations prives ne signifie pas que leur origine di\ ine est garantie, ou que leur contenu est vrai, mais que ces rvlations, si elles sont interprtes raisonnablement, ne contiennent rien contre la foi et peuvent mme contribuer l'dification des fidles. Il serait donc inadmissible que des visions ou des rvlations prives soient prsentes sur le mme plan que l'vangile, soit pour le complter,
p.

2.

soit

pour l'expliquer.
:

au purgatoire ou dj glorifies - qui en sont prives, ne peuvent avoir de relations directes avec nous. Cf. Lpicier, Le monde invisible, p. 226 sq. C'est si vrai que les tenants du spiritisme ont voulu expliquer les apparitions d'outre-tombe par le corps Buidique que l'Ame
conserverait perptuellement et qui lui permettrait d'agir sur la matire, et. plus lard, de se rincarner. Toutefois, miraculeusement, ces apparitions sont possibles, quoique tout fait rares et exceptionnelles. Cf. Apparitions, t. i. col. 1690. Il faut alors une permission, ou dispensation divine. Hoc quod morlui vivenlibus apparent, gualiterrumque... contingil per specialem Dei dispensationem. Saint Thomas, I. q. i.xxxix. a. 8,
DICT.

L'glise catholique les tient 1" pour possibles, puisqu'elle priori quand il y lira d'en soumettre ne les carte pas son jugement; 2" pour relles eu certains cas. puisqu'elle a autorise, approuv mme plusieurs, soit par des sentences permisse es ou laudatives, soit par la canonisation de- saints personnages auxquels elles avaient t faites, soit par l'approbation ou l'tablissement le ftes liturgiques bases sur elles; 3 poui relativement rares, puisqu'elles les examine toujours, sinon avec une mfiance positive, du moins avec une extrme circonspection; 4" pour ncessairement subordonnes la rvlation publique, et mme pour justiciables de la thologie, qui est toujours appele les |uger la lumire de la foi catholique; ">" pour trangres au dpt de la rvlation gnrale ci universellement obligatoire, puisqu'elle ne considre iainds comme herel iipics ceux qui refusent de les admettre, encore qu'ils puissent quelquefois tre, en cela, imprudents el tmraires, ludiot, art. Rv:i :i
-.\

lation,

dans

Oict. apol.,

t.

iv, col.

1008.

DE

TIIOL.

CATHOL

T.

XIII

12.

131!

PU RG
voit

V.T01

RE.

QUESTIONS

Dl

VERSES
:

1316

quelle circonspection s'impose quand des rvlations prives touchant le purgatoire. Dans son trait l><ts Fegfeuer, Haut/, a recueilli les assertions les plus intressantes de sainte

On

par

il

s'agit d'accueillir

Brigitte, de sainte Mechtilde

el

de quelques personnes

recommandables. Les rvlations prives qu'on peul accueillir avec le pins de laveur sont a coup sur celles de sainte Catherine de (ines, dont le Trait du purde la Sorprocs de canonisation de la sainte, la doctrine de ce trait a t pleinement approuve par le P. Martin d'Esparza, S. J. Or les rvlations de la sainte sont bien loignes des matrialisations (pue certains prdicateurs apportent sur le purgatoire; elles ne tentent pas de pntrer les secrets de l'au-del. Les thologiens leur font gnralement bon accueil. Le P. Ch. Pesch a jug bon d'en faire le rsum dans son trait du purgatoire, Prlect. theol., t. ix, n. 605; c'est d'aprs l'aperu qu'en donne le P. I'aber dans son Tout pour Jsus, que nous l'avons cit plusieurs reprises. En dehors de ce petit trait qui a reu une sorte de lr.issez-passer oficiel de la part de l'glise, on ne connat gure de rvlations prives sur le purgatoire qui puissent tre de quelque utilit la thologie. Il faut donc accueillir avec beaucoup de rserve les prcisions apportes, dans des rvlations prives (ou prtendues telles), la dure, la gravit des peines du purgatoire. L'glise n'ayant sur ces deux points, aucun enseignement ferme, il convient de demeurer prudent
gatoire a reu en

prires (pie nous pourrions leur adresser: aj Elles ne Si les bienheureux conconnaissent pas nos prires naissent les vnements qui concernent ceux qu'ils aiment, c'est que leur batitude exige qu'ils ne soient frustrs d'aucun dsir lgitime... Rien de tel pour l'me livre la douloureuse purification. Mennessiei, op. cit., t. i, p. 266. b) Leur expiation, leur souffrance les met hors d'tat de prier pour nous, non que leur souffrance leur enlve la libert de leurs penses (voir col. 1299), mais parce qu'elle enlve leur prire toute efficacit normale imptrative. Cf. .Mennessier, loc. cit. Le P. Gerlaud ajoute un troisime motif: La prire liturgique est une prire parfaite; jamais nous n'y rencontrons un appel aux mes du purgatoire. Loc. cit., p. 132. On conoit facilement que, si la liturgie se prononait en ce sens, la controverse n'existerait mme pas lex orandi, lex credendi. L'argument du silence ne vaut rien en l'espce. On peut facilement lui opposer la tacite approbation accorde par l'glise un enseignement oppos celui de saint Thomas et qui est devenu pour ainsi dire l'enseignement commun des modernes, mnderni jere omnes, dit le P. Prummer, O. P., Manuale theol. moral., t. m, n. 334. Aux autorits des anciens Suarez pouvait dj opposer l'autorit de multi recenliores. L'initiateur de l'volution doctrinale en un sens oppos l'opinion de saint Thomas parat tre Jean .Mdina (t 1516), De oratione, q. v. Aprs Mdina les thologiens partisans de la prire aux mes du purgatoire sont devenus lgion. C'est Suarez, loc. cit.; Grgoire de Valencia, Commentarii theol., t. m, disp. VI, q. n, punct. 7; Sylvius, In //^// q. lxxxiii, a. 11; Bellarmin, op. cit., 1. II, c. xv; Lessius, De juslilia, 1. II, c. xxxvn, n. 23; Bonacina, De horis canonicis, disp. CXCII, part. I, n. 8; Elbel, Theol. moralis, t. n, n. 398.
:

1666, les approbations

bonne.

Au cours du

avec l'glise.
3

aux mes du purgatoire. Il ne s'agit dvotion qui consiste prier pour les mes du purgatoire, mais de celle qui consiste prier les mes du purgatoire afin qu'en retour elles prient Dieu pour nous. Les deux lments de cette dvotion sont corrlatifs: si nous prions les mes du purgatoire, c'est qu'elles entendent nos prires et peuvent les transmettre Dieu avec l'appui de leurs propres suffrages. Deux courants d'opinions se sont fait jour sur ce problme. Les anciens thologiens rpondaient plutt par la ngative. Saint Thomas parat avoir ni la possibilit d'invoquer les mes du purgatoire et de recoudvotion
la

La

pas

ici

de

Ceux qui sont dans ce monde purgatoire, dit saint Thomas, ne jouissent pas encore de la vision du Verbe pour qu'ils puissent connatre ce que nous pensons ou ce que nous disons.

rir leur intercession.

ou dans

le

Aujourd'hui, comme l'crit le P. Prummer, c'est la presque unanimit des thologiens qui dfend l'opinion que Bellarmin qualifiait dj de commune. Citons chez les moralistes, Lehmkuhl, op. cit., t. i, n. 482; Noldin, De prceptis, n. 141; Scavini, Theol moral., t. ii, n. 203 (qui crit hoiie videlur sentenlia communis evasisse, maxime Romse); chez les auteurs dogmatiques, Ch. Pesch, op. cit., t. ix, n. 619; Palmieri, op. cit., 21, n. 2; Jungmann, De novissimis, n. 120; Mazzetla, De Deo crante, n. 1356; Billot, De novissimis, q. vi, 1
:

Et

c'est

pour cela que nous n'implorons pas leurs

suf-

Sum. theol., Ila-II^, q. lxxxiii, Voir Prire t. xm, col. 227. D'ailleurs les mes du purgatoire, en raison de leur tat d'expiation, ne sont pas en tat de prier pour nous, elles ont plutt besoin que l'on prie pour elles. A. 11, ad 3 um Telle tait

frages par la prire.


a. 4.

l'opinion des anciens, dit Suarez, De oratione, 1. I, c. x, n. 25, Opra, t. xiv, p. 44. Et Suarez cite avec saint Thomas, Alexandre de Hals, saint Antonin, Alphonse Tostat, Navarrus, Pierre de la Palu, Richard de Mdiavilla et, en gnral, les sententiaires, In IV am Sent., dist. XV. Sur l'opinion de saint Thomas, voir J. Ernst, Der heil. Thomas und die Anru/ung der armen Seelen,

dans Der Katholik, 1916, t, n, p. 217 sq.. 31.9 sq. Voir galement plusieurs articles de revues ( Kitholik, Franziskanische Studien, Divus Thomas de Fribourg, Theol. prakt. Quartalschrift), signals par Diekamp,
op.

(qui qualifie l'opinion contraire communi fidelium sensui plane rpugnt, p. 127); Mgr Chollet, La psychologie du purgatoire, c. vi, n. 20; Bartmann, Das Fegfeuer, 10, p. 130 sq., etc. Aux arguments de Suarez, rsums ici, t. xm, col. 227, on ajoutera les considrations suivantes 1. Il n'est pas exact que les mes du purgatoire ne puissent s'occuper de nos besoins sans les connatre et qu'elles ne connaissent pas ces besoins au moins dans les mes des morts peuvent une certaine mesure s'occuper des intrts des vivants sans connatre leur tat, comme nous nous occupons des morts en leur appliquant nos suffrages, bien que nous ne sachions pas quelle est leur destine. Elles peuvent aussi connatre les actions des vivants, non par elles-mmes, mais par les mes de ceux qui vont de cette vie dans
:
:

l'autre,

526. De nos jours, la thse a t reprise par le P. Gerlaud, O. P., dans La vie spirituelle, 1923, p. 130 sq., et avec plus de nuances, par le P. Mennessier, La
cit.,

p.

religion, trad.

fr.

de la

1932,

p.

264-267.

Somme thologique, On peut citer aussi

t.

i,

Paris,
Lille,

J.

Didiot,

Morale surnaturelle

spciale, vertu de religion,

1899, n. 162. Deux motifs principaux, on l'a vu, incitent ces thologiens nier le pouvoir d'intercession des mes du purgatoire et, par voie de consquence, l'utilit des

ou par les anges et les dmons, ou par l'esprit de Dieu qui le leur rvle. Saint Thomas, I a q.Lxxxix, a. 8, ad lum. cf. Hugon, O. P., Rponses thologiques..., p. 240 sq. D'ailleurs on peut avec Bellarmin apporter une rponse premptoire l'argument tir de l'ignorance o seraient les mes souffrantes par rapport nous en raison de l'absence de vision batilque le II e livre des Machabes, xv, 11-16, rapporte une vision de Judas touchant les prire. d'Onias pour le peuple juif. Or, Onias ne pouvait tre que dans les limbes et ne jouissait pas encore de la vision batifique, ce qui ne l'empchait pas de prier pour son peuple.
, :

1317
2.

PURGATOIRE. QUESTIONS DIVERSES


.i\i'ii>

L318
I.

Nous

dj

dit

que

la

grandeur des souf-

frances du purgatoire n'tait pas, psychologiquement parlant, un empchement a leur pense et au mouve nient ilo leur prire en notre faveur, t'.es peines sont, objectivement du moins, toutes spirituelles; aucune organique, aucun trouble physiologique, ne

peuvent donc empcher l'acte de l'intelligence et de la volont. Enfin, pourquoi refuserait-on la charit dont sont animes 1rs .'unes du purgatoire l'acte de la prire en faveur les vivants dont elles ont gard le souvenir et auxquels elles ont conserve leur alcction'.' n argument positif semble devoir tre pris dans le dogme de la communion des saints. Il v a comme un llu\ et un reflux dans les communications des glises triomphante, souffrante, militante. Et en quoi ces communications des dfunts aux v iv ants peuv eut elles consister, sinon prcisment dans les prires que ces saintes flmes peuvent offrir Dieu pour nous? Et cette raison, remarque a bon droit Billot, ,>/>. cil., p. 127, est
i

connatre nos actions el nos Les, uns en particulier; elles savent sini 'lein.nt .l'une in inire gnl il. ris .pie a .1 in nous courons, tout comme nous ne connaissons qu'en les qu'elles gnral tourments endurent, Biles n'interviennent pas .i nis tous les vnements; elles ne voient pas nos pneus en Hieii, puisqu'elles ne sont pas bienheureuses, et il n'est pas vraisemblable que Dieu leur rvle ordinal renient ee que nous faisons ou demandons. Loc. eu.

universelle, et le lien de la charit qui unit l'glise souf-

frante l'glise militante


I.

tombe sous

cette

loi.

remarquer qu'il existe une prire tndulgencie par Lon \lll il; dc. 1889), o l'on de uande aux Ames du purgatoire d'intercder pour nous prs le Dieu, de prier pour le pape, l'exaltafait

Diekamp

tion de la saillie Kglise. la paix des nations . Op. cil., ''_' x de la prire dans Acta Sanctte Salis, p.
i

franais dans Berlnger-Steinem, I. i. p. .127 ed 5. Le P. olennessier accepte un sens o la dvotion aux mes du purgatoire lui parait thologlquement c'est celui de la prire interprtative . dfendable
t.

xxn.

p.

17>; en
-.
1

Op.

cit.,
i

t.

i.

p.

veut dire que leurs mrites passes font partie du <le li Communion les saints et ont valeur devant Dieu, ouuid nous prions les vunis. aous nous appuyons a leur Intercession et a leurs m/rites. Prier une aine du purgatoire, ee ser.it, en ce sens, taire appel a ses mrites devant Dieu pour tre exauc de lui. Il sein lie que telle soit la port'-c de l'argument que certains thologiens donnent en faveur de la prire adresse ces un -,. et qu'Us appuient sur leur appartenance a la communion des sunts.
i

Il

semble que,
il

cette forme,

Nous non seulement sur leurs mrites, mais encore sur leur intercession. Pourquoi cette intercession serait-elle refuse, aux saints du purgatoire?
Pratiquement, cependant, il ne faut dvotion aux mes du purgatoire, sur l'opinion des modernes. 1. La prire aux mes du purgatoire doit reskr quelque chose de trs accessoire. La vraie dvotion envers les Ames du purgatoire est de prier p'iur elles leur tat est trop pitoyable pour que nous songions d'abord nous-mmes ou que nous y songions sur un pied Thomas: redire avec saint I.- cas de Non sunt in statu orandi, sed magii ut oretw pro eis. 2 La prire aux mes du purgatoire pour obtenir par leur intercession les traces dont nous av ons b< soin -doit rester une dvotion d'ordre priv. Puisque l'glise n'a pas jug opportun de nous inviter, dans sa liturgie, il la prire aux mes du purgatoire, il ne faut pas faire sortir de son cadre cette dvotion, d'ailleurs lgitime. 'i. La prire aux mes du purgatoire doit tre faite <ivec plus de circonspection que la prire adresser a lieu ou aux saints du ciel. Voici, a ce sujet, les graves paroles de Bellarmin, dont la doctrine sur ce point ne saurait tre suspecte de partialit
Conclusion. pas exagrer
la
:

si |'argumenl doit tre accept sous faut en pousser la logique jusqu'au boni [irions bs saints du paradis en nous appuyant

terminant, notons que le Catchisme de Pie \ asile aladoct inealliriuant le pouvoir d'intercesslon des mes du purgatoire en faveur des vivants / beati del paradiso le anime del purgatorio sono anch' essi nella communione dei santi, perch, congiunti Ira Ion e eau uni dalla eant, riceoono gli uni naslre preghiere e le allre i nostri suflragi, < tutti ci ricambiano con lu lurii tntercessione pressa Dio. Catechismo dlia doltrina crisllana, traita dal testa publicalo per ordine di s. s. papa Pio A', Grottaferrata, 1921, p. 28. Sur tous ces points, voir L'Ami du clerg, 192 I, p. 7.s, 765. Il faut galement observer que le [ail de refuse aux aines du purgatoire le pouvoir de prier pour ellesmmes n'implique pas l'impossibilit pour elles de prier pour nous. Billot, loc. fit.: I. picier, De noviss. p. 302 el 320. Ce dernier auteur admet que les mes du purgatoire prient pour nous el cependant demande qu'on ne les invoque pas rgulirement. Toutes les diffrences avec l'opinion des modernes sont ici dans les nuances. 5 La prdication 'les vrits relatives au purgatoire. Les thologiens modernes ne font ordinairement que reproduire sur ce point la partie disciplinaire du dcrel du concile de Trente. Voir ci-dessus, col. 1281. Selon leurs tempraments, ils envisagent avec plus ou moins (le laveur la prdication ouverte de certains points o l'glise ne s'est cependant pas oITicielleinenl prononce, la peine du feu. par exemple. On nous permettra, avant de clore cet article, d'exprimer ici notre sentiment personnel. 1. Avant tout, il semble ncessaire de ragir contre la tendance de certains prdicateurs qui prsentent le purgatoire connue un vritable enfer, moins l'ternit. Le chtiment du purgatoire diffre, dans sa nature mme, du chtiment de l'enfer. Celui-ci est purement pnal, celui-l est essentiellement expiatoire et purificateur. Ce serait une erreur de se figurer la souffrance temporaire de 'aul re vie comme une simple peine, sous le coup de laquelle les mes demeurent purement passives, attendant leur entre au ciel. La peine existe, certes, mais c'est une peine d'expiation salutaire qui provoque, chez les mes non encore compltement purifies, des sentiments d'humilit, des clans de dsir, des actes d'amour par lesquels elles deviennent de moins en moins indignes de Dieu. Bossuet, avec cette nettet d'expression qui caractrise sa belle et profonde thologie, tablit ainsi la comparaison de l'enfer et du purgatoire
i

av ait

donne
:

<

'.t.

l'enfer, ce n'est pas seulement la lis la peine sans /" p< nilence; car je rem irque deux peine, sortes de feu dans les critures divines. Il y a un feu qui purge et un feu qui consume et qui dvore vmiuscujusque opus probabil ignts... I Cor., m, 13; Cum ign dvorante. Is.. xxxm. 1 t. Ce dernier est appel dans l'Evangile un (en qm ne s'teint pas ignis non exlinguitur (Marc., ix, 47), pour le distinguer de ce feu qui s'allume pour nous purer et qui ne nique |amiis de s'teindre quand il a fait Cet Olce. .a peine accompagne de la pnitence, c'est feu un qui nous purifie. La peine suis la pnitence, c'est un feu qui nous dvore et qui nous consume, el tel est proprement le feu de l'enfer. Sermon sur hs souffrances, .',' point, d. I.ea.nq., t. IV, p. Tl.

Le caractre propre de

en parlant de l'opinion qu'il dfend, et cependant il serait exagr et superflu de prier ordinairement les me - .1 purgatoire et de leur demander .leur intercession, lai eflet, elles ne peuvent ordinairement
cela
est
dit
il
i

Tout

mi,

vitera dans la prdication scriptions exagres des Qammes du purgatoire, descriptions qui ne sont en somme qu'oeuvre 'le pure Imagination. Dj, en parlant du feu de l'enfer, la ra2.
li

En consquence, on

lit-

de ce feu n'autorise pas

le

concevoir

la

manire

1319
d'un feu matriel
:

PUKOATOl
Que ne devrons-nous pas penser des
? S'il est certain

HK.

CONCLUSION
e

1320

bonne
giquc.

le crucior in liac flamma doit, en thologie, supporter une interprtation analo-

flammes que les saintes aines du purgatoire souffrent un tourment positif, nous ne pouvons affirmer rien de prcis sur la nature mme de ce tourment. L'glise n'a vu dans la doctrine du l'eu rel du purgatoire qu'une opinion, trs respectable sans doute, mais qu'il est loisible de ne pas accepter sans blesser la foi. In omni modo, dclare nettement Billot, animadvertes sepewalam esse causant ignis purgatorii et ignis in/erni. De novissimis, p. 102. Dans quelle mesure

du purgatoire

prdicateurs peuvent-ils utiliser l' opinion latine rel du purgatoire? C'est affaire de tact, de nuances et de prcision thologique, peut-tre d'auditoire. Toujours faudra-t-il, si l'on estime devoir en parler a) viter les descriptions purement imaginaires; b) marquer trs nettement le degr de simple opinion accorder cette peine positive; c) insister surtout sur le caractre spirituel de cette peine infligedes esprits. Mgr dTlulst a donn ici une excellente indication en affirmant que les flammes du purgatoire sont, avant tout, le feu de l'amour jaloux. L'amour se venge comme il convient l'amour; sa vengeance dtruit non l'objet aim qui a t infidle, mais son infidlit mme et ainsi, en le punissant, elle le purifie et le fait digne de l'amour. Lettres de direction, cvn. On ne saurait trop relire l'admirable confrence du P. Monsabr sur le purgatoire, Carme 1889, modle parfait des convenances doctrinales que doivent respecter les prdicales

du feu

des Machabes, et dj passe dans la praII tique de la primitive glise, est une de ces vrits gnrales qui Impliquent l'ide particulire de l'expiation d'outre-tombe. Ce fut vraisemblablement un excs de zle des apologistes catholiques voulant suivre et battre Luther sur son propre terrain qui les engagea dans la voie d'une dmonstration purement scripturaire du purgatoire et leur suggra de chercher, dans l'criture, une rvlation explicite du dogme. En ralit, on a pu le constater, le point de dpart scripturaire n'est pas aussi net que l'ont affirm Pririas et Eck, Hellarmin et Suarez. Sans doute on peut dmontrer l'existence du purgatoire l'aide de l'criture, mais il faut avouer l'insuffisance d'un certain nombre de textes classiques, et il serait prfrable de n'employer les autres que dans un cadre de dmonstration plus gnrale. On ne s'est pas assez rendu compte que le dogme du purgatoire, vrit dont la connaissance n'est pas nceslivre saire au salut, ni de ncessit de moyen, ni mme de ncessit de prcepte, pouvait parfaitement, dans les dbuts de l'glise, tre simplement cru d'une manire plus sommaire et en quelque sorte implicite dans le dogme plus gnral de la justice divine exigeant du pcheur pardonn une expiation pour ses fautes, tout

comme
dans

le

dogme de

l'infaillibilit

la vrit plus gnrale

du pape tait cru du magistre de l'glise,

teurs.
3. Enfin on vitera d'avoir recours aux rvlations prives pour tayer les enseignements de la chaire. L'glise, dit le P. Monsabr, nous invite, par l'organe du concile de Trente, nous abstenir de toute curiosit et vaine recherche dans les questions d'outre-tombe. Les rvlations sur ce sujet doivent tre acceptes avec la plus grande discrtion. Op. cit., notes sur la 97 e confrence. En tout cas, une rvlation prive ne doit pas tre apporte en confirmation de la vrit d'un ensei-

gnement

discut.

VIII. Conclusion.

Notre conclusion gnrale doit


:

sommaire concernant croyance au purgatoire dans l'glise catholique; 2 l'volution de l'attitude des orthodoxes aprs le concile de Florence; 3 l'volution de la pense protestante aprs le concile de Trente. 1 volution dogmatique de la croyance au purgatoire dans l'glise catholique. Nous avons d, pour suivre le canevas classique des traits sur le purgatoire, commencer par l'expos des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, dans lesquels les thologiens ont cru trouver une rvlation explicite du purgatoire. Le lecteur attentif a pu se demander et nos rflexions ne si le point de dpart tait aussi l'en ont pas dissuad net qu'on veut bien le dire parfois. Il a pu constater que, si l'criture fournit un excellent point de dpart la croyance une expiation dans l'au-del, c'est beaucoup plus en rappelant la ncessit de l'expiation personnelle, nonobstant la rdemption du Christ, qu'en affirmant d'une faon directe l'existence de peines purificatrices dans l'autre vie. Dans son Sermon sur le culte d Dieu, Bossuet rappelle opportunment que, pour connatre la justice [de Dieu], il faut la connatre dans tous les tats o elle s'exerce et ne croire pas plutt la punition des crimes capitaux dans l'enfer que l'expiation des moindres pchs dans le purgatoire. Carme de Saint- Germain, 2 avril 1666, d. Lebarq, t. v, p. 117. Or, touchant cette connaissance de la justice divine mme l'gard de l'expiation des moindres pchs, l'criture fournit de prcieuses et irrfutables indications. D'autre part, la prire pour les dfunts pcheurs, si nettement enseigne dans le
comporter une
1 l'volution

triple indication
la

de

tout comme le dogme de l'immacule conception tait cru dans la vrit plus gnrale de la saintet parfaite de Marie. On ne s'est pas assez rendu compte galement qu'un dogme ne tient pas ncessairement sa valeur de vrit rvle du fait qu'il est contenu dans l'criture et que la Tradition, c'est--dire l'enseignement de l'glise, s'exprimant souvent par des pratiques dont l'criture ne fait pas mme mention, suffit elle seule authentiquer une vrit rvle. Le dogme du purgatoire plonge des racines profondes et dans l'criture et dans la Tradition, et cette double et solide assise lui confre un caractre authentique de vrit divinement rvle. Mais c'est prcisment peut-tre en raison de cette double assise que le dveloppement de ce dogme s'est ralis d'une faon qu'il est peut-tre audacieux (bien que cette expression nous semble assez exacte) de qualifier d'anormale. En effet, en ce qui concerne la rvlation par la tradition chrtienne, la croyance au purgatoire nous apparat ds l'origine sous une forme peu prs dfinitive, dont les poques postrieures ne mettront en relief que des aspects tr

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