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Approche Globale Des Rêveries Du Promeneur Solitaire-Rousseau

Etudes Française/ Option-Licence spécialisée SIC Module SIC 2 Elément Module : Analyse de contenu Pr. Lamnaoui S. Approche globale de : Les Rêveries du promeneur solitaire De Jean Jacques Rousseau Quatrième promenade « Vitam vero impendenti » (« A celui qui a consacré sa vie à la vérité ») Mise en situation : Revendiquer le droit à la fiction, le droit de s’inventer sans jamais sortir de sa vérité. Le privilège d’être créateur sans cesser d’être véridique. Ici, le rêveur cède le pas au disput

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Etudes Française/ Option-Licence spécialisée SIC Module SIC 2 Elément Module : Analyse de contenu Pr. Lamnaoui S. Approche globale de : Les Rêveries du promeneur solitaire De Jean Jacques Rousseau Quatrième promenade « Vitam vero impendenti » (« A celui qui a consacré sa vie à la vérité ») Mise en situation : Revendiquer le droit à la fiction, le droit de s’inventer sans jamais sortir de sa vérité. Le privilège d’être créateur sans cesser d’être véridique. Ici, le rêveur cède le pas au disput

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Etudes Franaise/ Option-Licence spcialise SIC Module SIC 2 Elment Module : Analyse de contenu Pr. Lamnaoui S.

Approche globale de : Les Rveries du promeneur solitaire De Jean Jacques Rousseau

Quatrime promenade
Vitam vero impendenti ( A celui qui a consacr sa vie la vrit )

Mise en situation : Revendiquer le droit la fiction, le droit de sinventer sans jamais sortir de sa vrit. Le privilge dtre crateur sans cesser dtre vridique. Ici, le rveur cde le pas au disputeur acadmique non sans quelque lourdeur casuistique. Lintrt de cette promenade : Echafauder le mythe de lhomme vrai : Vitam vero impendenti ( A celui qui a consacr sa vie la vrit) Projet : je rsolus demployer mexaminer sur le mensonge la promenade Problmatique : la profession de vracit : Comment concilier ses penchants essentiellement contradictoires : son amour de la fable et celui de la vrit ? Comment se dessine le circuit argumentatif de Rousseau qui manie la srie des binmes : vrit gnrale/ vrit individuelle ; vrit utile / vrit inutile ; vrit de fait / vrit morale ; vrit publique / lhomme vrai. Mouvement du passage : Le circuit argumentatif la stratgie discursive de Rousseau servira ici de plan danalyse de la promenade 1- Constat dun paradoxe : -la droiture dans les occasions de passions / la droiture perdue dans les choses indiffrentes : mentir de gaiet de cur sans ncessit. 2- Examiner les cas o : la vrit est rigoureusement due / on peut taire la vrit sans injustice / On peut dguiser la vrit sans mensonge. Dveloppement : I- Premier mouvement : 1- Mentir : cest cacher la vrit manifester 2- Taire une vrit non obligatoire : cest ne pas mentir La question-dbat : dire le contraire de la vrit non obligatoire : est-ce mentir ? Ou ne pas mentir ? Ptition de principe : puisquon ne la doit pas toujours (la vrit)? Trois questions : 1- question 1 : Quand, comment devoir dire la vrit ? Ici, Rousseau distingue entre la vrit gnrale : abstraite, mode de conduite / la vrit particulire, individuelle ; vrit utile qui est un Bien, dont la connaissance est utile au bonheur / vrit inutile qui nest pas un Bien d. Il tire un syllogisme (raisonnement en dduction): 1- Sur les faits oiseux dire vrai ou faux nest pas chose importante

2- On ne doit la vrit quen fonction de son degr dutilit 3- La vrit non utile nest pas une chose due ; la dguiser donc, nest pas mentir. 2- question 2 : Est-il des cas o on peut tromper innocemment ? Rousseau tablit dabord une nuance : Ne pas dire ce qui est vrai / dire ce qui est faux sont deux choses diffrentes. Linjustice : cest faire du tort, nuire quelquun Ne pas nuire en mentant nest pas de linjustice. (Illustration : le contre-exemple du sable au fond de la mer 3- question 3 : le paramtre de lutilit. Rousseau relativise : la vrit profite lun / nuit lautre. Dans ce cas : la dire ? La taire ? Et le critre pour cela : le bien public ? La justice ? Il dgage ensuite des propositions normatives, dontologique, cest--dire en terme de devoir (la subsomption en argumentation): - Ce quon doit aux autres - Ce quon doit soi-mme - Ce quon doit la vrit Il dfinit les types du mensonge (Argumentation quasi-logique): 1- Mentir pour soi : une imposture 2- Mentir pour autrui : une fraude 3- Mentir pour nuire : une calomnie Tout ce qui est contraire la vrit et contraire la justice est : mentir Tout ce qui est contraire la vrit, amis nintresse pas la justice nest pas mensonge mais fiction. II- Deuxime mouvement : Thse : Les fictions utiles : la fable, lapologue qui vise une vrit utile par le biais de la fiction (donc du mensonge) dans ce cas, le mensonge nest quun habit de la vrit. La fable pour elle-mme nest pas alors un mensonge. Les fictions oiseuses : le conte, le roman qui visent lamusement plus que linstruction. Dans ce cas, mentir consiste crer lillusion de la ralit, tromper esthtiquement le lecteur en favorisant chez lui lidentification (au personnage, lunivers de la fiction le temps dune lecture). Antithse : Il use dun contre exemple : la personne relle. La vrit des faits / la vrit morale : Quiconque loue ou blme contre la vrit ment ds quil sagit dune personne relle. Synthse : Lhomme que jappelle vrai : 1- Mentir, amuser par des faits controuvs 2- Dire vrai chaque fois que cela risque de produire profit ou dommage autrui. Eriger une loi de lhomme vrai : - Il mentira quelquefois en choses indiffrentes - Il ne mentira jamais pour dommage ou profit Passer de lnonc dune loi son application sur un cas particulier (Dduction) : Rousseau vrifie lhypothse gnrale sur lobservation particulire de son moi La honte et la timidit marrachent souvent des mensonges auxquels ma volont na point de part. Illustration : 1- le complexe du souvenir de Marion + 2- les enfants de Rousseau.

Non pas avoir dit moins, mais avoir dit plus quelquefois moins dans les faits mais dans les circonstances moins par un acte de volont que par un effet de dlire de limagination. Les uvres autobiographiques (exp. : Les confessions) : crire de mmoire. Or la mmoire est faillible : Jen remplissais les lacunes par des dtailles que jimaginais , prter la vrit des charmes trangers . Mais ne jamais mentir pour pallier des vices ou sarroger des vertus. De l le paradoxe de son moi : dire son sujet le mal dans toute sa turpitude. Et ne pas en dire tout le bien dans toute son tendue. (illustration : la fabrique dindiennes). Argumentation par lautorit : selon Le Tasse la magnanima menzongna (le mensonge magnanime) dpasse de loin la vrit : Mensonge magnanime ! Quand la vrit est-elle si belle quon puisse la prfrer toi ? Conclusion Raisonnement causal : argument de largument de la causse- prtexte) : produire des raisons aprs coup qui ont valeur de prtexte pour servir de justification. Les mensonges de Rousseau relvent moins de la fausset que de la faiblesse (timidit, modestie, imagination) du choix esthtique (la nature de la fiction). Jai parl contre la vrit seulement en choses indiffrentes ; Jai souvent dbit bien des fables, mais jai trs rarement menti Il est loppos des autres que Rousseau qualifie en ces termes : une me faible + larrogance de professer des vertus.

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Approche globale de : Les Rveries du promeneur solitaire De Jean Jacques Rousseau Cinquime promenade
Du pouvoir du paysage sur nos sens et par contre coup sur notre me

Mise en situation : Du pouvoir du paysage sur nos sens et par contre coup sur notre me Trait de Girardin La promenade est le lieu dexpression dune sorte de panthisme : le culte de la nature 1- Linsularit Lle de Saint Pierre au milieu du lac de Bienne. Les promenades circonscrites (une circularit (le circuit ferm de la promenade) dans la circularit (lle). circonscrire : radical scribere crire , tracer une circonfrence. Lespace de la promenade = lespace de lcriture = lespace du moi enferm je mtais enlac de moi-mme La sphre du moi enferm dans sa coquille : la vie recueillie et solitaire que je menais dans ce sjour 2- Lutopie : Une le fertile et solitaire naturellement circonscrite et spare du reste du monde La symbolique : a) Lle est symboliquement un monde en rduction, une image du cosmos complte et parfaite, une valeur sacrale concentre. La notion rejoint ainsi celle du temple et du sanctuaire Transport l brusquement seul et nu Rousseau tente de refaire laventure de Robinson Cruso (de Daniel Defoe- XVIIIs) ; quelque chose dquivalent au film Le lagon bleu avec Brook SchildeXXs, si vous lavez vu. b) Sjour des bienheureux : le paradisiaque, paradis terrestre. Les rives du lac de Bienne plus sauvages et romantiques (la premire fois o le mot romantique apparat en France. La passion : la botanique, lherborisation, le projet dun livre La flora petrinsularis (Trait de la Flore de lle) 3- Mythe du paradis perdu : Lle : image de lEden biblique, de lAge dor paen Lle offre toutes sortes de sites et souffre toutes sortes de cultures (champs, vignes, bois, vergers, pturages, bosquets, eau () les habitants des rives voisines se rassemblent et viennent danser les dimanches durant les vendanges () lon sen allait content de sa journe et nen siant quune semblable pour le lendemain. Lutopie : je ne pouvais marquer le point de sparation des fictions aux lis . Conclusion Cette promenade est lexpression dune sorte de panthisme mtaphysique. Le sens de la nature atteint des dimensions de culte dans le sens religieux du terme rendu Dame Nature, exactement comme dans la doctrine panthiste o le concept crateur Nature remplace celui de Dieu .

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Approche globale de : Les Rveries du promeneur solitaire De Jean Jacques Rousseau Dixime promenade

Mise en situation Dernire promenade, promenade inacheve. Un projet qui ne sera quimparfaitement ralis. Rverie qui ramne aux plus pages des confessions. Mme de Warens, une rverie inacheve. Lvnement capital survenu cinquante ans auparavant (la rencontre de Madame de Warens voque dans Les confessions). Le dcalage est extrme entre le fait vcu et son cho mditatif. Problmatique : le pouvoir du temps pris entre remmoration et reviviscence. 1- Temps du souvenir : Temps : le rgne du souvenir aviv Aujourdhui jour de Pques fleuries . le prsent est vivifi par le souvenir, par le temps retrouv. Se rappeler est une reviviscence : Il ny a pas de jour o je ne me rappelle avec joie et attendrissement cet unique et court temps de ma vie () o je puis vritablement dire avoir vcu. 2- Temps du bonheur : La 10me promenade fait cho la 5me : mme rve, le bonheur fix dans limage du bonheur. La dernire rverie salimente au souvenir de lentrevue miraculeuse. Rapport entre dsir et sparation. Lpaisseur psychologique du temps dans le sens proustien du terme (le temps lastique de Proust). Illustration : Vespasien : Jai pass soixante et dix ans sur la terre, et jen vcu sept. // Temps du bonheur pour Rousseau : Lespace de quatre ou cinq ans, jai joui dun sicle de vie Temps ferique : raliser tous les rves - Rve damour : javais besoin dune amie selon mon cur, je la possdais ( amie une
litote pour dire amant. Je vous renvoie un bel exemple dans La chartreuse de Parme Stendhal ait dire Cllia amante du hros Fabrice Del Dongo Entre ami de mon cur )

Rve de la nature : Javais dsir la campagne, je lavais obtenue Rve de libert : le got de la solitude et de la contemplation naquit dans mon cur

3- Le temps a lieu de destine La rencontre miraculeuse tient lieu de destin : inaugurer lexistence du moi : Ce premier moment dcida de moi pour toute ma vie, et produisit par un enchanement invitable le destin du reste de mes jours. Rousseau actualise ici limage mythique dOrphe pleurant Eurydice et regardant derrire lui.

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