Oeuvres Complètes de Pierre de Ronsard, VIII (Laumonier 1935)
Oeuvres Complètes de Pierre de Ronsard, VIII (Laumonier 1935)
UVRES COMPLTES
VIII
Il
a t
tir de
cet
Fan Gelder.
Tous
ces
exemplaires sonl
numrots
el
parafs par
le
PIERRE DE RONSARD
UVRES COMPLTES
VIII
LES
HYMNES DE
1555
1556
EDITION
CRITIQUE
PAUL LAUMONIER
RUE DE TOURNON,
25
1935
16 74-
A2
INTRODUCTION
Nous avons
tait
dit
prcdemment
les
que
la
grande proccupation
de Ronsard, dans
qu' ceux de
annes 1554 1556, fut de prouver qu'il capable de rpondre aux appels de la Muse lgre autant
la
Muse grave
Le Bocage
et
qu'il prtendait
ne pas
sacrifier
l'une l'autre.
et les Meslanges,
achevs d'imprimer
en novembre 1554, et la 3 e dition des Odes, publie en janvier 1555, en donnaient dj des tmoignages certains. Les publications qui suivirent confirment cette impression d'une clatante
faon. Paralllement
Ronsard composa
et les
et
le
et
fit
paratre en 1555 la
Amours Amours
Hymnes, en
1556
la
Nouvelle
Dans
notre tome VII nous avons runi les deux recueils de pices
lgres; dans celui-ci nous runissons les
graves.
Les deux
livres
primitifs des
Ye 489
ci-aprs.
le titre,
et
489
bis),
avec
Ce
plus
premier de 195 pages, y compris pages non chiffres, dont quatre contiennent deux
un cadre de
;
filets
noirs,
cinquime
est
un verso
final
en blanc
le
second de 8 pages
prliminaires
fres,
non chiffres, y compris le titre, et 103 pages chify compris les faultes chappes en l'impression . La marque de l'diteur Wechel (un Pgase volant, au-dessus d'un
et
en grand au verso de
la
dernire page
1.
2.
la
le tome VII, Introduction, pp. v et suiv. Cette dition princeps des deux livres des Hymnes existe en outre Bibliothque municipale de Grenoble. A ma connaissance, celle du
Voir
VI
INTRODUCTION
et l'autre
au verso de leur
titre
un
la
Dans
la
\ Hymne de
fois
Henry
II,
Jacques Peletier
est
nomm
non
nouvelle
surtout
pour
premire
parmi
le
les sept
membres de
la
Pliade,
la
prcurseur immdiat de
de Ronsard et de
Du
Bellay, mais
pour avoir, dans son Art potique, expos leur doctrine plus
sagement, plus posment
feste violent
qu'ils
ne l'avaient
fait
dans
le
manil
.
de
la
Or,
comme
le privilge
il
de cet Art potique est du 4 mai 1555 n'a pas d paratre avant juin, j'en avais con-
clu dj dans
mon
2
.
Hymnes de Ron-
de cette anne-l
2
En
fait
allusion plusieurs v-
nements historiques, notamment l'chec des confrences de Marcq en Picardie, dont les plnipotentiaires sesparrent le 7 juin
1555, et la prise de Vulpiano en Pimont, qui n'eut lieu que
le
Enfin l'on
sait
que Y Hymne de
Lorraine,
la Justice fut
envoy son
destinataire,
Charles de
quand
il
tait
Rome
en
lui-
premier seulement se trouve dans les Bibliothques de Toulouse et de Munich. Un autre exemplaire de ce premier livre a t signal dans le Catalogue d'une collection unique dei ditions originales de Ronsard que Seymour de Ricci a dress en 1925 pour les libraires londoniens M.iggs
frres.
1. Voir ci-aprs, p. 44, et la rdition de l'Art potique par Andr Boulanger (Paris, les Belles Lettres, 1950), pp. 2\ et 56.
2.
1911,
23.
INTRODUCTION
VII
post-
mme
rieure
De quoy vous reformiez les procs & leur vie, Sans craindre leur fureur, leur fraude & leur courroux Vous sacrai la Justice & la mis devant vous. A Rome vous l'envoy, o point ne fut deceue, Car elle fut de vous benignement receue l
.
Or,
comme
le
Rome que
des
.
le 2
novembre,
le recueil
Hymnes
a paru soit
d'octobre, soit plutt, en novembre 2 Quant au Second livre des Hymnes, nous pouvons affirmer qu'il parut dans la deuxime moiti de 1556, aprs le 15 aot, mais rien de plus. Des deux ptres qui le terminent et qui ont t
ajoutes
la
Cour
d'abord impri-
me en
1 5
de
la
une
pitre
en
prose
date
du
pos-
aot.
Aucun
Peut-tre
si
serait-il
sible
vrit,
fut
moment
nomm
Collge royal
moment Ronsard
la
princesse
faits
Coron dcd, et quel autre Cour au chteau de Fontainebleau, o Marguerite, sur de Henri II, intervint en sa faveur:
place de Denis
suivit la
il
deux
rcents dont
ptres.
Malheureusement,
Le
Procs,
(la
composition
VIII
INTRODUCTION
Il
nous
la
nature de ces
Hymnes.
Un hymne
nit
est en principe la glorification en vers d'une diviou d'un hros, tantt sous une forme pique, tantt sous
ainsi
que l'entendaient
les
les
Grecs,
les
hymnes homriques,
hymnes orphiques,
hymnes de Callimaque. La posie latine n'est pas riche en hymnes; toutefois on peut citer sous la forme lyrique quelques
odes encomiastiques d'Horace
sous
la
et
son
carmen seculare
la
et
forme pique,
soit
tels
que l'invocation
que
le
Vnus
l'loge de
soit
Avec
gieux,
christianisme l'hymne
et
un caractre purement
sous une forme
reli-
souvent
la gloire
mme
liturgique,
celle
lyrique,
et
magnifiant
du Crateur,
latins
du Rdempteur
de sa
grecs
Mre,
celle
hymnes
de Synesios,
hymnes
'.
Ambroise
et
Fortunat
la
l'poque de
intellectuelle et morale, le
champ de l'hymne
les
s'largit singuli-
rement.
Livre
Il
suffit
de parcourir
Hymni
Palladi
: ;
naturelles
du no-latin
leurs
;
titres.
;
Jovi optimo
;
maximo;
II
:
Amori
;
Ccelitibus
;
iEternitati
Baccho. Livre
Pani
Clo
Stellis
:
Saturno
;
Jovi;
Marti:
:
Veneri
Mercurio.
Livre
III
;
Soli
Lunae.
Livre IV
Oceano; Terrac.
Quant
leur
rythme,
d'entre eux, et
du pome pique pour cinq ceux des odes horatiennes pour les autres. Recueil
c'est
celui
i. Pour plus ample information sur ]e genre de l'hymne dans l'antiquit grco-latine, v. le Dict. des Anliq. de Daremberg, article de Th. Reinach, au mot hymne, et la Rcal-Encyclopdie de Pauly-Wissowa, au mot bymnus. On consultera encore avec profit la thse de P. Fargues sur Claiidien (Hachette, 193?)' cn VI.
-
INTRCDUCTION
tout paen, ddi en 1497 au prince de Salerne
IX
verino.
En
Antonio SanseI er ,
Lyon parmi
Opre Toscane,
ddies Franois
huit
pote.
Macrin
emprunts
Catulle et Horace.
allait-il
Nous savons que Dort avait traduit et comment ses lves de Coqueret les hvmnes de Callimaque, en les rapprochant des hymnes homriques 2 De ces explications Ronsard a gard toute
.
sa vie
un souvenir mu. Ds 1549 il s'en tait inspir pour un passage de YAvantentre du Roi et pour quelques strophes de ses
Odes pindariques
;
lui-mme avoue
Je dterrai de
ma main
3.
Ensuite
il
lui avait
emprunt
quelques
traits
M.
de
rHospital et pour
Amours*. En 1554, il avait paraphras un de ses fragments dans la ddicace du Bocage et s'tait souvenu de l'hymne Artmis pour son pome de la Chasse 5. A la fin de la mme
anne,
il
citait
II 6
Ce
la thse d'H. Hauvette sur Alamanni, 1. V. sa vie et son uvre (Hachette, 1903), et mon compte rendu de la Revue de la Renaissance, t. IV, p. 258 et suiv. Cf. mon Ronsard pote lyrique, p. 704. 2. P. de Nolhac, Ronsatd et l'Humanisme, pp. 76-79, 86, 106-107. Sur les hymnes de Callimaque, v. la thse d'E. Cahen, Callimaque, sa vie et son uvre (de Boccard, 1929), p. 245 et suiv. 66, note 1, 3. V. dans la prsente dition le tome I, pp. 21. note 1 121, note 1. Callimaque est encore cit la fin de l'Avis au lecteur des Odes de 1550, id., p. 49-50. IV, pp. 69, note 1 et 142, note 1. 4. ld., tomes 111, pp. 135 et 140 5. ld., tome VI. pp. 8, note 1, et 239, note 4. 6. ld., tome VII, p. 9, note 3.
; ;
X
port dans ses
lui doit-il
INTRODUCTION
Hymnes qu'un
2
.
'.
Peut-tre
pique et
le salut
Mais
c'est tout
doit
beaucoup plus
la
d'autres auteurs,
notam-
ment
et Thocrite, et
au no-latin Marulle,
hsit entre
ou profane
et
l'hymne d'inspiration
et la
aussi entre la
forme lyrique
publie
Y Hymne de France,
imit de l'loge de
;
de Virgile, en
de
strophes lui-aussi
en 1553,
il
mais l'anne
pour
la
deuxime
partie de son
Hinne
de
Bacus
s.
Ron-
dcida
pour
la
forme
qu'il
le
comprit que
le
vers alexan-
ample
et oratoire,
convenait
mieux aux
le rcit et la lecture. le
limaque
1.
pour
V. ci-aprs Y Hymne de Henry II, vers 377 412. Cela tient la diffrence des sujets traits et aussi ce fait que les hymnes de Callimaque n'taient pas encore traduits en latin, sauf L'hymne Artmis dans l'dition de Vascosan (1549). C'est seulement en 1574, dans l'dition de Benenatus, que tout le texte grec fut traduit en latin par N. Goulu, gendre de Dort et son successeur au Collge
2.
royal.
3.
Voiries tomes V,
p. 63,
note
et
p. suiv.
VI,
p. 185,
note
et
p. suiv.
IXTRODUCTION
latins,
et Virgile avaient
?
en hexamtres
le
pangyrique
et
exemples
qualifia
illustres
justifirent
le vers
son choix,
nous savons
la
qu'il
hroque
l
alexandrin pour
premire
fois
en
Amours,
les
deux
pendant
qu'il
composait
ce sujet,
il
les
Hymnes
sous-titre
nant
comme
mention
vers hroques
, et
mention
trois, et,
vers
communs
. Celles-ci
pour
la
est plus
que pro;
fait
que
le
Hymnes
c'est
assurment
le
du
dcasyllabe,
l'en croire,
lui
imposa
Charles
IX
J'ai dit
prcdemment
lui avait enfin
Henri
II
commande
st.).
Le prsent volume contient la fameuse pitre au cardinal de Lorraine, o il nous fait part de ses dmarches infructueuses en
vue d'obtenir
Marguerite,
le
bien
ncessaire
.
pour vivre
son
long pome
cardinal de Lorraine,
fait
Le Roi,
le
des-
que
les intrigues
de quelque
Voir les tomes VI, Introi., p. xvi et suiv. VII, p. 1 1 5 et 157. Voir ce sujet le tome VI, p. xvir, note I. J'ajoute que la mention vers hroques disparut en 1567 du titre de toutes les pices qui la portaient jusque-l, Ronsard avant alors adopt le dcasyllabe pour sa Franciade contre son gr, nous dit-il dans la 2' dition de son Abbreg de V Art potique, F.n 1572, dans la prface de son pome pique il a cherch justifier cet abandon de la cadence alexandrine , mais vainement, car il y revint avec ferveur aprs la mort de Charles IX.
;
2.
XII courtisan
INTRODUCTION
mieux renseign ou
en attendant
la
plus cout
'.
Pourtant
il
il
espre
encore,
et,
manne
royale,
relit
les
pomes
moyens
prpare
les imiter,
en un mot
grande entreprise.
livre
De
hymnes
Temple
encomiastiques du premier
des Chastillons), et les
et
(Henry
II, la Justice, le
hymnes
Zethes
Pollux
et
mme
comme
n'a-t-il
dont
il
que des
essais et
Franciade
?
:
Ne
l'a-t-il
Je veux, mon Chastillon, imiter le tonnerre Qui, davant que ruer sa fureur contre terre, Gronde premirement d'un petit bruit en l'air. Ainsy du premier coup il ne faut que je tonne
Vos
Il
faut sonder
ma
force
&
m'esprouverun peu,
petit feu,
.
Mener un
Faisant
mon coup
Cependant jeferay comme un joueur de lyre, Qui dcoupe un fredon, ains qu'il commence dire Quelque belle chanson, pour tenter seulement
Si la corde l'esprit
respond fidlement.
;
On
et
il
est
si
vrai
que ces
hymnes
faire
comme
des avant-coureurs de
la
Franciade, que
leur premier
eux.
Quant aux
les
et
uns de physiques,
Ronsard
1.
V.
ci-aprs, p.
336
INTRODUCTION*
cultivait
XIII
d'Italie et
il
mis
la
mode
et
mais
le cultivait sa
faon
transformait
tel
cription logieuse,
souvent sche
ou grossire,
content
tait
devenu
,
comme on
charmes
judicieusement appel
les
Non
de blasonner
comme
d'autres
les diffrents
il
du corps fminin
sujets,
tantt en
rimes suivies,
des prestiges de
la
posie,
notamment de
;
rcits
fabuleux
ici
une fontaine,
de menus animaux,
houx du
la
jardin
chasse
Autant d'hymnes-blasons,
286 vers
que
Hinne de Bacus.
la
De
chanter
les
grands phnomnes de
Nature,
la
tels
Dmons,
la
Mort,
Y Eternit et
science
la Philosophie, la
la franchir,
de ces phnomnes
n'est pas la
le sujet
que nous trouvons sur notre chemin ce pote d'origine byzantine, ce graeculus esuriens ,
premire
fois
Ce
dont
les
l'Italie
au
moment de
Ronsard, qui
une place de
et
Navagero
de
M. -A.
il
Flaminio,
la
consacr en
vantait
1.
fois ses
vers graves
et ses
doux fredons
fr.,
V. la thse de Marcel Raymond, Influence de Ronsard sur la posie (Champion, 1927) tome I, chap. v et vi. 2. Voir les tomes V, p. 233 VI, pp. 83, 89, 92, 133, 163, 176, 204 et 231. L'une de ces pices, celle des Armes, est vrai dire un contreblason, mais cela n'infirme en rien mon argumentation, car on en trouve galement l'intrieur des Hymnes proprement dits.
;
XIV
faisant ainsi allusion
INTRODUCTION
aux deux groupes de ses oeuvres, d'inspira-
tion
si
diffrente, les
Hynini
naturelles et les
Epigravimala
Chre ame, pour les belles choses Que dans ton livre j'ai compris, Pren ces ouillets de petit pris Ces beaux lis & ces belles roses '.
C'est lui qu'il imita le plus constamment, aprs le pseudoAnacron d'Henri Estienne, en ces annes 15 54-1 5 56, paraphrasant ses doux fredons dans les chansons Marie 2 et dveloppant ses vers graves dans les Hymnes.
,
peu de substance
d'exploiter
et
d'ampleur,
et
une veine
qu'il avait
dans
les
Odes et dans
les
. C'tait
l'poque o l'on
ct, pour
et
ferme au
sein de l'Universit, et
contre Aristote,
Pierre
Fr.
la
l'poque
o enseignaient
la
au Collge royal
scolastique, et
la
Rame,
adversaire
du pripattisme
physique
tait
Vicomercato, dfenseur de
.
et
de
mtaphy-
sique pripatticiennes
concilier
Le moment
du grand
philosophie surtout
la
se tient
semble n'avoir
pris
parti,
en ces
du populace*. Traditionaliste en
pp. 254, 238 288 et encore 303. Cf. sard pote lyrique, pp. 102, t68. 534 et suiv.
Voir le tome VI, note 4 de cette page niot qui suit le nom de mais celui de sa mre, note A. 2. Voir le tome VII,
1.
p.
la
27 et suiv. Qu'en me permette de revenir sur 27 je crois avoir mal interprt le mot TarchaMarulle; ce n'est pas un nom d'origine locale, d'aptes Bayle, Dict. bist. et cril., article Marulle,
:
mon
Ron-
3. Voir ce sujet Ch. Waddingtcn, Famus, sa lie, ses crits, ses opinions (Paris, Meyrueis, 185s) et H. Busson, Sources et dveloppement du rationalisme au sei^. sicle (thse de Paris, 1922).
4.
Voir
le
et
187
noter
la
suppression du passage
INTRODUCTION
ce qui concerne
la
XV
les
foi
catholique
et
mme
superstitions
mdivales,
il
adopte de l'Aristote
muse.
Il
ne parat gure
il
fix
par
exemple,
instant
la
est partisan
de
la table
;
il
exalte chaque
la
il
Fortune
tique de la
collabore
la
Dialec-
pour
seuls gages
rationaliste
contre
les
opinions arrires de
qu'il
et
la
Sorbonne
et c'est
seulement
le
avec
les
annes
vif
pour
pan-
thisme stocien
l'averrosme
la
Donc,
ct
de
mythologie,
qu'il
considra
toujours
et
colores,
les
on
la
la
tudes de
nature,
lui
bien que
la
il
se
mit
ou
relire de ce
une
consolation
de Plutarque et
le florilge
de
Stobe, qui
la
lui offraient
Mort
et l'Or,
et
byzantin
enfin les
de son symbo-
1.
dans
Voir mes Additions au Tableau chronologique des uvres de Ronsard, la Revue du Seiz. sicle, tome IV, 1916, pp. 118 et 128 136, et
dition in-8 des
mon
p.
396
et suiv.
Revue des 2. Voir H. Busson, la Philosophie de Ronsard, dans la Cours et Confrences, de dcembre 1929 (tir part, d. Boivin). mon Ronsard pote lyrique, 3. Ahbrege de l'Art potique (1565). Cf.
p. 300.
XVI
lisme religieux,
INTRODUCTION
on aura
les principales
sources de dveloppe-
ment de
ses
hymnes
physico-philosophiques.
Ce sont, ai-je dit, de vritables hymnes-blasons, considrablement tendus et ennoblis. Cette vue paratra moins paradoxale,
si
l'on
Rmv
Belleau qualifiait de
petites
et
hvmnes
qui,
d'Anacron,
pour
antrieurs de Ronsard
que
Du
Bellay
de son ct,
la
mme
traiter
le
contenus dans
les
Hymnes de
de
Ronsard, mettait en
Chat
j'ai fait
un
petit
hymne
2
;
florilge.
Pourquoi s'tonnerait-on de
cette ascension
du blason
marotique l'hymne ronsardien, quand on admet sans contestation dans l'uvre de Molire celle de la farce la
comdie de
murs
et
de caractres
Ds
la
prsent volume,
varits.
Ronsard pouvait
naturalis, en lui
de l'avoir
aprs
quelques
et
ttonnements
comme
forme
1.
ddicace,
mythe ou
ou souhait
final)
et
une
pome
et
Voir
les
ci-aprs,
p.
554, note 2.
2. 3.
98.
Revue de
1. 1,
Paris
du
er
mai
p. vi et suiv.
INTRODUCTION
labiques
XVII
ou de prfrence alexandrins rimes suivies. A cet littraire, comparable la publica1550. Les contemporains ne s'y tromprent
On
Du
de Grevin qui
datent de 1558
'.
la
de ses uvres, o
il
s'est
proccup de
classer par
Bac-
de 1554, l'Hymne de Charles de Lorraine, publi d'abord sparment en 1559, et sa Suite, qui est de la mme anne,
chus
parmi
les
Odes
les trois
hymnes
.
qu'il avait
composs
et
blasons
l'Est,
la
de l'Automne
sous
reprenant en
mythe
la
Hymnes
des
puis en
1567
les
joignait
la
section
Hymnes dans
deuxime dition
collective de ses
uvres. En
mme
la
temps,
s'augmentait de l'Hymne
Nuit (class
antrieurement dans
d'autres
les
hymnes
mais,
comme on
pote
lx
Du Bellay, Regrets, ss. 1, tu (tercets), 1. V. ci-aprs, pp. 4 et 241 Grevin, Hymne au Dauphin (cf. M. Raymond, Influence de et xcvni Ronsard, tome I, p. 286 et suiv.). Un peu plus tard, A. de Rivaudeau, d'abord adversaire de Ronsard, s'incline devant ses merveilleux
; ;
il supprimait la ddicace gnrale au cardinal de Chastillon et la remplaait par l'pitre liminaire de Jodelle, place d'abord en tte du Second livre ; il supprimait YHvmne des Astres (qui reparut en 1578, pour disparatre nouveau des ditions suivantes enfin il rangeait dans la section des Pomes les pitres Ch. de Pisseleu, au cardinal de Lorraine, Chr. de Choiseul et les pitaphes de Loyse de Mailly et d'Artuse de Vernon, publies d'abord en appendice des
1
p. ?S5).
deux
livres d'Hymnes.
Ronsard, VIII.
11
XVIII
la
INTRODUCTION
point de vue trs particulier
1
.
nuit d'un
la
Mme
disposi-
tion,
les ditions
et 1573.
Mais en
suivantes de 1571
cinquime
di-
Hymnes un
En
huguenots
l'Hymne
des Estoilles.
re d'aprs les
recevait encore
instructions
du pote,
la
section des
la
Hymnes
en
Paraphrase
offerte
du
Te Deum,
1567
glise , et
;
sur le chant
Te rogamus,
exaudi nos
, et
suivies, Y Hymne
parmi
les
hymnes proprement
l'hymne triomphal,
et plus
l'occasion de la paix
ou d'une victoire
?,
comme
sous
la
latin
comme
langue
litur-
Salmon Macrin, ne
p. 21.
Il
suffisaient
plus.
Il
fallait
1.
Y.
le
teme
II,
des
wr en
1578.
2. Pour ce chant triomphal , qui porte partir de 1584 le titre d'Hymne du roy Henri 111, je rpte qu'il n'a pas t crit pour la victoire de Moncontour, comme il est dit dans l'dition de 1578, mais
victoire de Jarnac (v. mon Ronsard pote lyrique, pp. 233 et 261, dition de chez Lemerre, tome VII. p. 448). Tels que Y Hymne la Paix, de Cl. de Buttet (1559), Y Hymne 3. triumphal au Roy sur la victoire, de Fr. d'Aroboise (1568), Y Hymne triumpbal au Roi, de Cl. Xouvelet (1572).
pour
et
la
mon
INTRODUCTION
XIX
commence avec ses Nols (i 545) et ses Cantiques (1553). Ensuite Lancelot Carie avait paraphras en rythmes varis les
Cantiques de
la Bible, et
avait ajout
'.
l'on
chante en l'Eglise
(1562)
Ronsard
flicit
;
du conil
la
contre-Rforme
mais
n'en
il
se
plus l'aise
en
mesurer l'impor7V
pour servir
Deutn.
Il
la
liturgie catholique,
tmoin
la
sa Paraphrase du
traduction
des Divines
posies de
M. A. Flaminius,
Anne
dut encouPsautier en
Baf de
v
1569
1573 traduire
le
en
intention
la
publication des
Hymnes
ecclsias-
de son coreligionnaire
Guy Le
Fevre
de
la
forte raction
contre
le
paganisme de
la
Pliade, et dont
tait
un
autre,
l'Hymne de Jsus
3.
Christ, de
60 pages,
ddi Ronsard
lui-mme
tion des
De son
Hymnes
? Il
de Synese,
en 1581+. Ronsard
allait-il
rester
les
rivalits
de
de l'Eglise catholique, de
les
concurrencer
tiques
Can-
comme
le faisait
1. Ils taient paraphrass du Veni Creator et du Te Deum. Cf. H. Chamard, art. des Mlanges Lanson, p. 88. 2. Voir mon dition de chez Lemerre. t. VI, p. 409. 3. Cf. M. Raymond, op. cit., tome II, chap. 26, surtout pp. 274 et
277.
4.
la
fin
XX
INTRODUCTION
et vcu,
ment
ses
consacrs au genre
:
Les Hymnes sont des Grecs invention premire. Callimaque beaucoup leur donna de lumire, De splendeur, d'ornement. Bons Dieux, quelle douceur, Quel intime plaisir sent-on autour du cur Quand on lit sa Delos, ou quand sa Lyre sonne Apollon & sa Sur, les jumeaux de Latonne, Ou les bains de Pallas, Ceres ou Jupiter
!
Ah
Et
les
Chrestiens devraient
les
Gentils imiter
A couvrir
chommer
de beaux Liz & de Roses leurs testes,^ tous les ans certains jours de festes
La mmoire
&
les fiicts
le
Et chanter tout
&
foaces,
Dfoncer les tonneaux, fester les ddicaces, Les haut-bois enrouez sonner branles nouveaux, Les villageois my-beus * dinser sous les ormeaux Tout ainsi que David sautoit autour de l'Arche, Sauter devant l'Image, & d'un pied qui dmarche Sous le son du cornet, se tenant parles mains, Sollenniser la feste en l'honneur de nos Saincts. L'ge d'or reviendrait les vers & les Potes Chantant de leurs Patrons les louanges parfaites, Chacun qui mieux mieux le sien voudroit vanter Lors le Ciel s'ouvriroit pour nous faire chanter. Eux voyans leur mmoire icy renouvelle, Garderaient nos troupeaux de tac &clavele, Nous de peste & famine, & conservant nos murs, Nos peuples & nos Rois, l'envoyroient chez les Turs, Ou loin sur le Tartare, ou aux pays estranges Qui ne COgaoissent Dieu, ses Saincts, ny leurs louanges.
:
: :
i.
C.--d.
moiti
homme
beu
. et
ivres. Cf. Villon, Testament, vers 1254 un . Cela se dit encore dans l'anglais a drunk
mm
certaines provinces, comme la Normandie. L'dition de xix sicle les iiteurs Blancheraain et Marty-Laveaux ont
1623
et
au
donc eu
tort
d'imprimer my-bxufs.
INTRODUCTION
Cette page curieuse montre bien
rformistes de Ronsard et
la
XXI
proccupations contrequ'il
les
prdominance
et accorde
dans
sa vieillesse et
l'hymne
un
le
rapprochement
une opposition
la
un rapprochement pour
et
celle
des chret
volontairement
ne
que
composition des Hymnes de 15 54-1 5 56 et de ceux qui les il ne retient que Callimaque, prciscelui qui lui avait le
ment
dit
moins
servi.
lui seul,
ce pote ru-
non
comment
Coqueret de
l'avait
fois ses
Quoi
qu'il
en
soit, le
du genre
en
et le lyrique (religieux
posie franaise
c'est
doit
la
contre-
lyrico-religieux,
Ronsard seul
titre
l'hymne pico-profane, au
s'en faut
mme
:
que l'ode
fut
profane.
pas
aussi brillante,
de
beaucoup
et
semble devoir
l'hymne pico-profane n'a pas dur plus d'un demiquelques exemples. C'est d'abord
En
voici
Du
Bellay qui
ait dit
dans ses
Surdit,
et
la
1558),
Amelin,
qui,
pour
le
le
mme
vnement, publie
J.
l'hymne
la
louange de
Mgr
Grevin,
XXII
l'occasion
(avril
INTRODUCTION
du mariage du dauphin Franois
et
de Marie Stuart
il
exalte le
la
Paix en
1562
(a.
st.)
R. Garnier, l'hymne de
la
la
Monarchie en 1567.
Nature. Cl. Pellejav
;
Guy Le
Fevre de
1571,
hymnes en
de
la
notamment
la
mme
;
anne
Paix
la
un Sur
celui de Vnus
VEau en
Du
mme
;
anne,
la
n'est,
vrai dire,
qu'un
hymne
du
continu sur
les
merveilles de
Cration, surtout
partir
troisime jour
fait
mais
elle contient
sont tout
dans
la
tradition des
la
Terre,
Soleil et la
Lune, sur
notamment le Dauphin, l'Aigle et le Lion, enfin sur l'Ame humaine; ce sont autant d'pisoJes, destins illustrer ce long pome didactique, et l'on comprend que Ronsard
ait
qui dveloppait
bert
heureusement
la
sienne
En
entonne l'hymne du
et
Soleil,
Ed.
les
du Monin, ceux de
Musique
de
la
Hymnes d'Anne
d'Urf,
dont
la
leur a consacr
un sonnet
et
trs
seulement
fut
publie en 1608,
de
la
Vertu
l je lui
Rartas dclare dans son Advertissement Ici j'invoque Dieu, et, dans son Comren grces. Ici je lui chante un Hymne. mentaire, Simon Goulart emploie plus d'une fois ce terme. Cf. M. Raymond, op. cit., tome II, p. 285 et suiv. 2. Bibl. Arsenal, B. L. 5108, Bibl. Nat., Ms. fr. 12487. Cf. Du Verdier, Bibl., art. sur Anne d'Urf; Aug. Bernard, Les d'Urf (Paris, P. Laumonier, d. des uvres de Ronsard (Paris, Lemerre), 1859) tome VIII, p. 94 M. Bandolle, Anne d'Urf, l'homme et l'uvre (Paris, Pr. Univ,, 1927). Notons encore pour mmoire, la date de 1581, les Louanges de J. Peletier, qui ne sont que des hymnes-blasons assez plats sur Y Honneur, la Parole, les Trois Grces, la Fourmi et la Science.
1.
:
Dm
INTRODUCTION
XXIII
La vogue de ce genre durait encore la fin du sicle, du province. La preuve, c'est que le languedocien Pierre de Laudun, dans son Art potique franois, qui date de 1597, lui consacre un chapitre, o il dclare que Ronsard est
moins en
le
prince des
hymnes
franois
de son ct
le
:
normand
Vauquelin,
Or,
crit
si
ame
est eschaufe,
d'Orphe, suy ce Bisantin Marule, et Claudian les chantans en latin Note pareillement la gnreuse audace De Ronsard, qui les vieux en ce beau genre passe
les restes
Homre
Callimach,
et
2
.
Mais, dans
tateurs.
le
la suite, cette
gnreuse audace
n'a
plus d'imi-
assez vite
confondu avec
et
discours pangyrique
l'pitre
du xvn e
aux
de Boileau. Mais ce
n'est plus
On
n'en trouve
nombreuses,
tique.
et
Boileau n'en
dit
pas un
po-
Certes
livre
les
hymnes
et cet
plus ou
moins philosophiques du
les
presoli-
mier
taires
ont eu
comme un
de Brbeuf, en
Discours eu
Lamartine qui
droulent
5.
Mais
il
faut
Cf. Tdition de J.
2.
Livre
III,
nier,
p. 144.
dans
la coll.
XXIV
INTRODUCTION
un genre qui
citer
a vu sa fortune reparatre au
des sicles
xix e
sicle
avec
la
premire Lgende
de Chnier ni
Pas
mme
l'Aveugle
aux
pomes proprement dits de Ronsard. Le nom mme d'hymne a disparu des loges profanes et des dveloppements
ne connais
l'avoir conserv,
ou plutt
repris,
que
ledit
Chnier pour
les pices
dont
la
il
ou
Pauvret, la Justice,
il
la Ncessit et le
sicle
est
sies
lyrico-religieuses,
dont
la
vogue
singulirement
rpandue sous l'influence du Concile de Trente et de la contreRforme, avec Desportes, Bertaut, Du Perron, Malherbe, Meziriac,
On
le
retrouve en latin
Toutefois les Hymnes de Ronsard continurent assez longtemps jouir auprs d'un certain public d'une ferveur d'admiration particulire. L'hymne de la Philosophie fut rimprim
part en
d'ailleurs
surabondant
et
pdantesque
2
;
celui
de
Calais
et
>.
Dans
l'dition collective
de
commenta avec
1,
On
1.
Voir l'dition des uvres compltes par P. Dimoff (Paris, Del11, p. 251 et suiv. Le plus long fragment est un loge rapprocher de l'hyniue de Ronsard sur le mme sujet. A Paris, chezj. Febvrier, in-4
.
A Paris,
INTRODUCTION
XXV
du Ciel en 1613, de Y Hercule chrestien en 1617, de; D.iimons en 16 18, avec un commentaire copieux, m lis prolixe d; Nicolas Richelet, qui fut reproduit pour les trois premiers dans l'dition collective de
et
de 1630
j'ai
'.
On
cause
Malherbiens
2
.
A
sard
cette
dans
celle
de Ron-
La septime
partie
mon
gr toutes celles
d'Orphe, d'Homre, de
Callimache
imit
et
de Marulle, quoique
;
dans
les
siennes
la
il
en
ait
une
et,
aprs
avoir pris
hymnes
de
dtail
des
Quatre
saisons
il
les
injustes
rprhensions
Florent
Chrestien,
autres
ajoutait
du
de ses
fois
hymnes,
je dirois
le
que son
hymne
il
pirle
que son
hymne
;
les sicles
qu'il
hvmne de
'.
Deux
Ronsard,
trs loin
de partager
furent
enthousiasme
Les
hymnes de Ronsard,
mre, d'O.'phe
plus
savante,
et
dit-il,
composs
l'imitation
d'Hola
surtout de Cillimique. La
allgories
mvthologie
des
astronomiques
et
perptuelles,
un
de
christianisme font
pour
1.
2. Besly J'.u proat des notes de contrlant toujours, en les compltant et, au besoin, en les rectifiant. J'ai nglig celles qui m'ont paru inutiles et ajout un granl nombre d'claircissements, surtout d'ordre historique et philologique. 5. On sait que le manuscrit de Colletet a disparu dans l'incendie des Tuileries en 1871. Par bonheur la notice s:ir Ronsar avait t publie par Blauchemain en tte des uvra indites de P de Ronsar i (Paris, 2.
-
159, note
les
et de Richelet,
mais en
Aubry, 1855).
XXVI
nous de ces pomes,
presque inintelligible
INTRODUCTION
si
et
parfaitement ennuyeuse
Excs de part
et
et d'autre, et
dans
le
injustice.
Orphe que
la
Ronsard
vu,
doit ses
hymnes,
et
c'est
Callimaque
qu'il doit le
mytholoallgories
gie qu'on
y trouve n'est pas des plus savantes, astronomiques n'y apparaissent que par endroits, nisme
et le
les
et si le plato-
christianisme y voisinent,
ils
ment mlangs. Enfin, ils ne sont ni obscurs, ni ennuyeux. Tout au plus peui-on leur reprocher, de ci de l, des platitudes ou des longueurs. L'alexandrin, que pourtant Ronsard manie
en matre,
vent
tion.
il
le
plus soul'inspira-
rpond
la majest
du
sujet, la noblesse
de
Au
hymnes des
un
Ronsard n'a cess de se corriger de ce dfaut, et pour on ne peut que le louer. Veut-on
fit
mesurer
en ce sens de
II,
la
578 1585
? Il
a
la
supprim de V Hymne
Justice,
Henry
272 vers
de Y Hymne de
20 vers; de l'Hymne de
Philosophie,
168 vers; de
Y Hymne des Daimons, 112 vers; de Y Hymne du Ciel, 4 vers; de Y Hymne de VOr, 4 vers
;
de
a
Au
total
614
vers.
Enfin
1
il
578,
YHymne
pour vice de
des
versifica-
pour des
raisons de circonstances;
en 1584,
YHymne
Astres
les
pour
pitresdu
Charles de Pisseleu et
Charles cardinal de
On
1. fr.
retrouvera dans
la
au
uvres XVI'
choisies de
s.
P. de Ronsard, la suite du Tableau de la Posie (1828); rdition de L. Moland (Paris, Garnier, s. d.),
p. 270.
INTRODUCTION
XXV 11
leur place originelle et tous ces vers, tels qu'ils ont paru primi-
le
systme
et suivi
fallait
pour un
tel
pote d'une
telle
poque
vrit
historique,
fait,
croyons-nous,
principale valeur
de cette dition.
Bordeaux,
avril 1935.
^HYMNES
DEP.DE RONSARD,
VANDOMOIS:
^i
A PARIS,
Ches Andr Weche
me S. ehan de
Beauuais
*S5S-
Auec
Priuilege
du Roy-
Ronsard. Vlll.
EXTRAICT DU PRIVILEGE.
Il a pieu au Roy nostre Sire, commander Pierre de Ronsard, Gentilhomme Vandomois, de faire bien & correctement imprimer les uvres d'icelluy de Ronsard. Et pour ce faire luy a donn & ottroy lettres de tresample Privilge, par lesquelles est deffendu tous Libraires & Imprimeurs, du Royaume, pays, terres & seigneuries dudict Seigneur, d'imprimer ny vendre aucunes uvres dudict de Ronsard, sans son gr & consentement sur grandes peines, amendes, & confiscations applicables,
:
Le conplus au
tenu desquelles
lettres icelluy
& observ,
donnes
comme
&
ordonnances, ainsi
qu'il est
long contenu en
Fonteinebleau au
Scell,
du grand seau,
&
moys de
Janvier m.d.liii.
En
vertu duquel
Andr Wechel,
un
:
Hymnes
de P. de Ronsard, Vandomois
ddis Tresillustre
&
&
condes
Wechel
& non
ledict
autres,
entant
que touche
livre
Hymnes & pour le regard des Hymnes y contenuz & sur les mesmes peines jusques au terme de six ans, commenant le jour
que
ledict livre sera
achev d'imprimer.
VERS HEROiaUES
2
.
Mon Odet, mon prlat, mon seigneur, mon confort, Mon renom, mon honneur, ma gloire, mon support 3, Ma Muse, mon Phebus, qui fais ma plume escrire, Qui animes ma langue, & reveilles ma Lyre Et qui moins envers moy ne te montres humain,
Que
feist
s'il
envers Maro
te plaist, icy
ce
Mecenas Romain,
l'autre
Pren,
L'un que
C'est
j'ofre
pour toy,
&
pour
tes frres,
mon
livre
& ma
vie,
&
Ma plume, en
:
ta faveur, escrira
dsormais,
ditions Les Hymnes, 1555. Supprim en 1560. Rimprim dans le Recueil des Pices retranches en 1609. 1617, 1623, 1630.
frre aine de l'amiral Colignv, v. Tessier 1. Sur ce personnage, Recherches sur la maison de Chatillon (thse de l'Ecole des Chartes, 1023), Aprs avoir protg Rabelais (v. la ddicace du Quart livre), il pro-
tgea Ronsard,
comme
1560,
cette ddicace gnrale des Hymnes de 1555,1e Temlde des la Philosophie, la Prire la Fortune et l'Hymne de l'Hercule chreAien du mme recueil, l'ode de 1556 Mais d'o vient
Chastillons,
notamment
l'Hymne de
Elgie et une Complainte contre Fortune publies en C'est dans l'Ode I du livre IV des Odes, parue en janvier 1555, que Ronsard en a parl pour la premire fois (voir le tome VII, p. 90). partir de 1560, ledit cardinal avant pass au camp protestant, Ronsard ne lui d iia plus rien et mme supprima cette ddicace de ses ditions collectives. 2. Sur cette qualification des vers alexandrins, qu'on trouve encore plus loin, v. le tome VI, Introd., p. xvi et suiv.
cela
1559.
3.
4.
Imit d'Horace, Carm., I, 1. dbut. Virgile (Vergilius Maro), qui a ddi Mcnes ses Giorgiques.
LES HYMNES
nom)
si la
l'honneur
satisfaire
:
Que
Ne
je
Postrit
congnoissoit cTOdet
le
nom
tresvenerable,
[4]
Or'
ma plume
la
pourra
(Que
Puis,
quand
ou Franois ou Gaspar
:
:
,
Au
Et
Hardy,
me
ruray dans
la
presse bellique
le
corps outre-fendu
ma
Pour eux,
que
je
meure au
je sois
Soit gardant
une
ville,
fin
que vif
&
mort
aux Chastilloxs.
IX
Tormenta,
Post jam
&
&
tenerae
ludicra nequitiae
consumptum
canis
patrio tibi
Pindaron ore
Dum
Ne
Reges. Regibus
&
genitos
2.
sur
le
latin bellicns.
DE
Et nunc hoc
tibi,
P.
DE RONSARD
alio
nunc
de flore corollam
Verum ge
Quid
naturae
cum jam
percurreris
omnes
Mente tua
nisi restt
tibi
partes,
carminibusque
?
tuis,
:
adhuc clum
Hic
Musa
Clestis
clum
Auratus.
[5]
DE CE
NOM
1 .
Vers hroques.
Muses, quand nous voudrons
les
loenges chanter
Des Dieux,
il
nous faudra au
nom
de Jupiter
la
Commencer,
4
&
finir,
comme
au Dieu qui
bande
:
Des autres Dieux gouverne, & maistre leur commande Mais quand il nous plaira chanter l'honneur des Roys,
ditions
1567,
1
:
livre), 1560,
Titre. 6j-S/ suppriment vers hroques /8-Sj Hynne de Henry deuxiesme de ce nom, Roy de France 1-3. 78 Muses, il faut tousjours, quand nous voudrons chanter Les louanges des Dieux, au nom de Jupiter S4-S7 Muses, quand nous voudrons des Dieux nous souvenir, 11 faut, les clbrant, commencer & finir Au pre Jupiter
|
4.
5.
jS-87 Des autres fait tiembler /S-Sj Mais lors que nous voudrons
1. Ronsard avait dj fait plusieurs fois Tloge de ce roi depuis 1549. Voir au tome I Y Avanienlre et 1 s odes initiales des livres I et II des Odes; au tome III YOde de la Paix et YOdc sur ses Ordonnances; au tome VII la ddicace de la 3 e djtion des Odes et les odes initiales des
livres III et
IV de
la
mme
dition.
6
Il
LES
faudra par Hexry,
le
HYMNES
Commencer, En grandeur
au Roy qui surpasse Roys de cette terre basse. Les anciens Hers du sang des Dieux venuz ',
finir,
&
comme
tous les
12
16
Sont encore aujourdhuv, ma u gr les ans. congnus, Pour avoir fait chanter aux Potes leurs gestes [6] Qui les ont de mortelz mis au rang des clestes Et j'en veux faire ainsi car moy qui say tresbien Comme on chante les Roys, je veux chanter du mien L'honneur & les vertus, & ses faitz admirables Rendre de pre en filz -jamais mmorables Est-ce pas un beau don ? que luy donroy-je mieux ? L'honneur est le seul prix que demandent les Dieux 2
: ! :
Et Jupiter, aprs
20
la
sanglante victoire
Des Geans
>,
son
filz
Apollon
Comme
2}
son
trait
&
de tonnerre,
Tombs
6.
8.
bas
du
Ciel,
& comme
84-87 monarque des Franois 78-S7 En grandeur les plus grans 9-12. 78-87 suppriment ces quatre vers 13. 78 Moy plein d'enthousiasme & d'un
art
13-16. S4-S7 suppriment ces quatre vers 17-18. S4-S7 L'honneur est le seul prix que demandent les Aussi l'homme mortel ne leur peut donner mieux 24. 87 leurs cerveaux 25. 7S-87 Dans (et Par) les champs Flegreans
Dicus
et
Le mot hros a donc ici le sens de demi-dieu, fils d'un dieu d'une mortelle, ou fils d'une desse et d'un mortel Hercub, Achille, Ene, Persee, Anchise, etc. 2. To.it ce dbut est emprunt Thocrite, Idylle xvu, loge de Ptolme, dbut 3. C.--d. remporte sur les Gants. Latinisme emprunt Horace, Carm., III, 1, 6-7 Jovis, clari Giganteo triumpho.
1.
: :
DE
Avecque
Sous
28
P.
DE RONSARD
mortz
les
monts
qu'ilz portoient,
& comme
pour trophe
'.
De
sa victoire,
heure avds
moy
A
32
mon
Roy,
Paresse,
Qui n'aguiere
Loing de vous
&
de
moy
la
Crainte
&
la
fist
2
.
cougne,
[7]
journe,
Xe
sait
o commencer
Se prsente sa main,
Icy du coing de l'il
40
merque
>,
pi d'un Chesne,
:
la fin
Lequel
coupera, tourne
d'un Ormeau,
le fer
tranchant
Sur
le pi
&
44 Afin d'en
78-87 Et leurs cent bras armez 87 flamboy 29. S4-S7 Sus donc, divines Surs, de vds dons aidez 30. 84-87 Pour dignement orner 31. bo-71 p'.ir erreur sa prouesse
26.
28.
moy
31-34. 7S-87 suppriment ces quatre vers 35. 6087 la coigne 87 qui serre 38. 87 se prsente l'ouvrier
|
87 Pour en
faire
une
nef,
ou
faire
une charrue
1.
Cf. l'ode
A M.
de VHospiia,
au tome
III, p.
134, et le blason de
la Grenouille,
2.
s'il
Au
s.i Franciade. Cf. Roi du livre III, in fine, et l'ode A M. d'Angouleme, vers 15 et suiv., au tome VII, p. 34 (note) et 66. 3. C.--d. d'un htre. Dj vu au tome VII, p. 177, vers 7.
crivait
p.ir Henri II de rcompenser Ronsard Y Elgie Cassaudreau tome VI, p. 57, l'ode
Ainsi tenant es mains
LES
HYMNES
bien aprest,
mon Luc
ta
Majest,
Tout
48
De
Car
que Nature
te les
a partis
chacun,
2
:
donne en commun
>
Qui ne
S2
En temps de
est
L'un
56
[8]
60
C'est
ta Justice,
&
ta
Fov,
Ta Ta
Bont,
moy,
>
:
Prudence
45. jS-Sj le luth bien apprest 46. 60-Sy devant 56. 71 par eneur en sa main (77 corrige) 51-58. 67-7; guillemet lent ces huit vers 49-60. 78-87 suppriment ces douze vers 61. 78-8J Tes vertus, tes honneurs (Sj grandeurs), ta justice
&
ta
foy
1.
C.--d. rpartis.
2.
Depuis
le
Voir au tome VII, p. 122, note 3. vers 35, ce passage est imit de Thocrite, op.
:
cit.,
vers
9 et suiv.
3.
Comprendre
..
on pourrait
croire
que
e
ce
voit
4. Cette expression est frquente au xvi sicle dans le sens o nous disons encore de bonne grce , c.--d. de bon cur, moins qu'elle ne veuille dire ici par faveur . Cf. ci-aprs, vers 287 H. de la Justice, vers 367 H. du Ciel, vers 121, etc. Piudare. Voir au tome I, p. 62, 5. Antithse frquente chez
; ;
vers 10.
DE
64
P.
DE RONSARD
le
Ainsi
je reste
pauvre,
&
trop d'abondance
De mon
A
68
laquelle de tant
il
me
faut
Si faut
commencer. je commence,
me
tance,
Et de l'autre cost,
m'entens accuser
je la fais
trop
muser
',
Et
la
faisons sonner,
elle
sonna oncques,
t'avoit prdestin.
2
,
Et venons
Pour
76
estre
un
grand Roy
commune,
&
la
Lune
A
Il
respandu
le
&
Aux
11
t'a
premirement, quant
[9]
bataille,
84 Fait
comme un
Ou
66. 87 De toutes laquelle il me faut commencer 71-74. 78-87 suppriment ces quatre vers 75-78. 84-87 suppriment ces quatre vers
79-80. /S-Sj Or qui voudroit conter Ciel a vers dessus toy sa richesse
le
83-85. 87 couvre le
II
t'a
fait
comme un
preux (quant la forte taille), Qui aimantine escaille, Frre de ces guerriers
1.
C.- d.
l'anglais
to
muse
et le driv
franais
musarder
un signe du 2. Le Blier, qui avait port Phrixos et Hell, est zodiaque correspondant au mois de mars. Ce vers et les trois suivants contiennent l'horoscope du roi.
io
les
hymnes
&
les
germains
&
le
dispos Achille,
les
Troens
leur ville,
les hachoit,
:
Comme
un loup
le
les
Et des fleuves
cours
nom
il
de pied-viste
2
,
De coureur, de
Pour sauter une
sauteur, pourtant
ne mrite
ou franchir un
foss,
96
pour voltiger, ou pour monter en selle Arm de teste en pied, quand la guerre t'appelle.
soit
Ou
&
Pollux,
De renom qu*ilz n'ont fait, d'autant que tu assemble' En toy ce que les deux eurent jadis ensemble
:
+,
:
Mais tu
Car o
104
as de ces
deux en toy
le
double honneur
De
une touche?
jouer,
Ou
que de l'espe
il
te plaise
La targue ou
le
main te bouclier, ou
plaise secouer
soit
que
l'on s'atache
(t-d.
[10]
suiv.
99-100. 78-S7 D'honneur que tous les Jeux, d'autant que tu assemble' En toy ce qu'ils avoyent dpartir ensemble 102. 78-Sj Seul de ces deux mestiers tu as le double honneur 103. Sy qui ses armes approuche 10 1. yS sans r'emporter pour sa honte 84 sans remporter au logis 8j sans vergongneux remporter une touche
|
C.--d. les frres germains Ag.imemmon et Mnlas. Transcription de l'phhte homrique, -00a: t'r/.-J:, ou cxJTrouc. 3. L'uf que Lda conut de Jupiter, chang en cygne. Cf. l'ode De la dfloration de Lede, au tome II, p. 79. Hune equis, illum superare pugnis 4. Cf. Horace, Car. I, xii, 26 Sat., II, 1, 26 Castor gaudet equis, ovo prognatus eodem Pugnis.
1.
:
2.
DE
108
P.
DE RONSARD
Contre toy, pour branler ou la pique ou la hache, Nul mieux que toy ne sait comme il faut dmarcher, Comme il faut un coup feint sous les armes cacher,
Comme
112
l'on se
mesure,
il
D'un revers un
une
Quant
bien
manier
piquer un cheval,
Centaure mi-cheval,
Il
soit
ne vueille tourner, ou
le faces volter,
que faonn
la barrire,
Tu
120
Ou Ou
Tu
prendre carrire,
Un
124
entendement d'homme,
les
il
affin
de
te
complaire,
:
Et de faire esbahir
yeux du populaire
De
Le
128
II
ses
frain luy
il
il
bat
du pi
il
la terre,
hannist,
se tourne, aucunefois
serre
Une
11
oreille derrire,
&
fait l'autre
avancer,
&
ne peut ramasser
ses flancs,
&
montre par
sa
mine
[1 1]
108. 87 Contre toy pour ruer 111-112. 84-87 Comme 011 girde le temps, &: comme on se mesure, Comme on ne doit tirer un coup l'avanture 117. 87 Ne veuille point tourner 120. 78-87 ou soit qu'en {87 ) la carrire 122. 78-S7 Ta main ait an cheval 124. 7S-S7 Et ensemble esbahir 126. 87 De ses nazeaux venteux 151. 67-7^' les flancs 78 Son vent entre les flancs, moustrant par telle mine 84-87 Son vent entre les (87 ses) flancs, monstrant par un
|
tel
sine
12
152
LES
HYMNES
'.
quand
Grandval
2
,
cheval,
De
Se
Qu'on surnommoit Hobere toy, quand tu montois, Courb te saloit, puis sans
laissoit
">,
gouverner
140
Si viste & si menu, que la vee & la teste En faisoient mal aprs, tant ceste noble beste A voit en bien servant un extrme dsir,
144
Te cognoissant son Roy, de te donner plaisir. Or' quand tu ne serois Roy, ny Seigneur, ne Prince, Encore on te voiroit, par toute la Province * En qui tu serois n, dessus tous estim, Et bien tost d'un grand Roy, ou d'un grand Prince aim, Pour les dons que le Ciel t'a donnez en partage
:
148
Car tu
es bien adroit,
est de ton
&
de vaillant courage
cette jeune fureur
Tesmoing
cur
143. 78-87
136. Sj De toy montant dessus 140. /S-S/ Tournans, s'esblouyssoient Or quand tu ne serois grand (84-S7 nv)
Monarque ny
Prince
87 Comme un 145. 84 Comme le plus adroit dessus tous estim Seigneur adroit dessus tous estim 146. 87 Et bien tost d'un grand Prince, ou d'un Monarque aim 148. 84 Plein d'un cur hroque & d'un brave courage 87 Te faisant hroque & de brave courage
| |
1.
Tout
techniques
encore que piqueur de la fauconnerie tome IV, p. 222). H. Longnon pense qu'il s'agit de Mathieu de Grandval, qui tait page de l'curie ds 1528 (Pierre de Ronsard, p. 122). donne encore aujourd'hui ce 3. Dans le langage des manges ou nom aux chevaux dont la robe est mle de poil blanc et de poil brun,
n'tait
ce passage depuis le vers 103 est remarquable par les termes d'escrime et d'quitatiou. Ce sont dts exercices auxquels avait assist et particip comme cuver des Ecuries royales.
{Actes de Franois l".
mais on
4.
l'crit aubre.
:
C.--d.
le
royaume,
le
s.).
DE
Dont
152
P.
DE RONSARD
assaillir
la
13
tu voulus prs
Marne
les
ta
l'Empereur,
bornes de
Meuse
:
Tu
[12]
'.
Dont,
Tant
Qui
160
Que
la force
Ou Ou
ou
se despite,
ou
se vante,
ou blasphme,
150. 1604
et d. suiv.
Dont
tu voulois
151. 84-87 les rives de la Meuse 152. 67-S7 Re- menassoit (et Remenaoit) Paris
Tu
fut
son arme
&
sa
^7-160. 78-87 suppriment ces quatre vers 161. 78 La licence des Rois 84-87 La libert des Rois
|
Ces huit vers ne peuvent s'entendre que de la part dirigeante prise prince Henri la campagne de 1544 contre Charles-Quint. Il n'tait alors que dauphin et l'expression jeune fureur lui convient trs bien cette date. Les oprations avaient eu lieu sur la Marne Charles-Quint tait venu des bornes de la Meuse , par Commercy, puis tait arriv sur la Marne, avait pris Epernay et Chteau-Thierry, menaait Paris . Les troupes du dauphin, par Meaux, lui d'o il barrrent la valle de la Marne et le contraignirent la retraite par le Soissonnais, qui fut suivie du trait de Crespy-en-Laonnois, le 16 septembre 1544 paix farde en ce sens que le dauphin, jaloux des avantages accords son frre cadet Charles, protesta contre elle, et que celui-ci mourut un an aprs sans que les clauses en aient t excutes. Je dois ces renseignements mon collgue A. Renaudet, que je remercie de son obligeante communication. 2. 11 avait dit la mme chose, avec une autre mtaphore, dans une ode de 1550 la reine Catherine de Mdicis iv. le tome I. p. 68). L'image est d'origine biblique.
1.
par
le
14
164
LES
se
HYMNES
se
Ou,
moquant d'autruy,
moque d'elle-mesme
:
Tu
168
&
taciturne,
'
:
Qui sont les plus beaux dons de l'astre de Saturne Ce que souventesfois table j'ay nott
Estant debout plant davant ta Majest,
Quand
172
avois ta pense
:
ce
Roy
Pense plus
11
qu'il
ne parle,
176
Quelle
Comme
Garnies
on peut
sont
comme
les
faut,
A
180
fin
de
garder,
&
&
[13]
&
Franoise
la
rendre.
[84
Ny en ce temps icy, mieux garni de raison, Ny d'aprehension, que toy, ny de mmoire. Or quant ta mmoire on ne la sauroit croire,
Car
l'il, allast-il
aux Tartares,
mesme
169-180. 78-87 suppriment ces dou%e 1S2. 87 Ny en ce temps prsent 184. 1604 et d. suiv. on ne le sauroit crore 60 familai rement (cd. suiv.corr.) 1 8 186. 7T-7 j remarqu 78-87 Si tu as une fois un
.
|
:m
homme
remarqu
1.
Encore Je
l'astrologie.
On
disail
alors
couramment qu'Henri
concentr, rflchi.
II
tait saturnien, ce
qui revenait
dire
taciturne,
DK
188 Navigast-il l'Inde,
P.
DE RONSARD
Isles barbares
I)
ou aux
Voire
&
en
ta
prsence,
',
196
Ce qui est ncessaire un Prince d'avoir, Pour jamais n'oublier ceux qui font leur devoir Car pour nant un homme au danger met sa vie Pour son Prince servir, si son Prince l'oublie. Que diron-nous encor' ? plus que les autres Rovs
: :
s'ilz ilz
portent
le
harnois
2
,
prennent
la
hacquene
le
labeur
Du
&
juges
la
sueur
la
face
la
[14]
204
vestu
t'est
cuirasse
Aussi davant
Et
ja
temps
le poil
blanc
venu,
tu as le chef
&
le
menton chenu,
Signe de grand
208
travail,
&
de grande sagesse,
Qui de leurs beaux presens dcorent ta jeunesse, Luy adjoustant le poix de meure gravit.
Et certes qui plus
est, tu as
tousjours est
191-192. 78-87 S'il revient de fortune un jour en ta prsence, Tu auras tout soudain de luy recognoissance 193-194. 87 Vertu tres-necessaire aux Monarques d'avoir, Afin de n'oublier 197. 60 par erreur encore (d. suiv. corr.) 202. 7887 Des armes sur 203-204. 60-87 suppriment les guillemets 205. 60-87 devant
1.
2.
C.--d. C.--d.
au tome Vil,
s.
lxix, vers 4,
l6
LES
croire conseil,
HYMNES
rien ne dlibres
Prompt
2i2
&
Que
&
sages Pres
Qui sont
216
Aux affaires rusez, n'en donnent leurs avis Tu proposes le fait, comme Prince tressage, Au millieu du Conseil, mais c'est en bref langage,
Craignant perdre
Si
le
temps
tu rpliques aprs
besoing
il
en
est,
&
le fais
tout exprs
les ruses
&
comprendre
tu
De
que
en uses
Au
besoing, quand
il
De peur qu'en ton chemin tu ne viennes trouver Du vieil Epimeth la fille Repentance,
224
Comme
les autres
Qu'on luy
Le Voleur,
228
[15]
Les
hommes
ta
coupables aussi
Ny
qui pour
la
faveur corrompe
la
Justice
210-214. ~S-Sj Comme Prince advis tu as tousjours est Prompt croire conseil car tu ne dlibres Sinon par le conseil (8/ Rien sinon par l'advis) des vieux c sages Pres, Qui pratiques par l'ge ont jugement certain, De peur de rencontrer par un advis (87 conseil) soudain 215-222. 7<S'-<S'7 suppriment ces huit vers: le vers 214 est soud ainsi au vers 22} De peur de rencontrer par un advis soudain Du vieil Epimeth
: :
Repentance 225-226. ~8-&~ Le riche dessous tov ne craint point que ton bien Par faux accusement ne demeure plus sien 229. 78-87 Corrompus par argent 231-234. 7S-87 suppriment ces quatre vers
la fille
1.
tome
III.
p. 2b.
DE
Mais tu
es bien
P.
DK RONSARD
vrit
17
Que
256
la
'.
l'homme coulpable
fois pitoyable
:
Ta Majest ne
S'il est fort
soit
quelque
&
vaillant,
&
si
ses vieux
fait
Ayeux
glorieux
la
Coronne,
Car
&
ta royalle
main
voye
Ne
244
A
En
Que
vices dissolu,
il
&
ne veut s'amender,
Pourtant
hommes,
sommes,
Car
Et
il
s'il
Que nous
252
retarde,
[16]
Ou Ou
les les
sommets d'Athos, ou
les
Cerauniens,
2
,
235. 78 Je ne dy pas, grand Roy 255-238. 84-87 suppriment ces quatre vers 240. y8 A celuy sans refus 239-240. 84-87 Ta bont toutefois au coulpable pardonne, S'il a par les combas soustenu ta couronne {cette graphie dis yS). 250. 67-7J Que pchons contre luy 243-231. 78-87 <oitdent les vers 2 fj et 2ji ainsi: A l'exemple de
Dieu qui
(les
ses foudres retarde et suppriment tout Je passage intermdiaire guillemets disparaissent des 67) 254-255. S4-S7 Ou les chesnes branchus d:s bois Dodoniens Ou le
Sur
ses
Ordonnances, au tome
III. p.
90. et ci-aprs,
2.
Le mont Athos en
Ronsard, VIII.
et la fort
15
LES HYMNES
les
Ou
monstres marins,
&
du boulet
qu'il
rue
256
&
Quant
Ainois dedans
hommes
fait la
sentinelle
Tout
la
ronde d'eux,
comme
peste cruelle
Tu
Qui
264
chasses de ta Court,
tel
&
Endurer qu'un
Enfiammeroit
Or' quant
monstre habite en
maison,
t'esleve
aux cieux,
Dieux
de tout vice,
Qui donnent
268
foison,
estimans l'Avarice
l'escolle
(Comme
De
elle est
vrayement)
& plus
cherche manger
:
le
?,
Louvre,
Tu
en donnes beaucoup
Princes de ton sang,
tes
soudars Franois,
loix,
*
Aux
&
[17]
257. 67-73 qui se couche 257-264. 7S-87 suppriment ces huit vas 265-268. 78-87 De toutes les vertus qui te logent aux cieux, C'est estre libral a la faon des Dieux {84-87 Ta libralit te rend gal aux Dieux), Qui donnent foison (8y Libraux comme toy), estimans l'avarice Un pch monstrueux, escole de tout vice 269. 87 Lequel plus est remply (par erreur Laquelle d. suiv. corr.) 2-5. 67-71 estrangers Princes
qui se vautre dans les antichambres des palais. On portai, des portaux. Cf. ci-aprs, H. de la Philosophie, vers 117 d'Aubign, Tragiques, livre IV, vers 56, et Y, vers 202. 2. Comparatif pour superlatif relatif, courant au xvi' s., comme au moyen ge, et encore au xvn c . 5. Transposition ou adaptation de Thocrite, op. cit., vers io6 et suiv. aux princes trangers. 4. C.--d.
1.
C. -d.
;
disait alors:
un
DE
276
P.
DE RONSARD
19
Qui
se
Tu
Voire,
&
Aux
280
Soisses
beaucoup,
aftin
que
tu achettes
Que
284
tes
les estrangers,
&
propre
toy, qui
le tien
Le sang de
que
aymes mesmes.
On
Maon,
ou Escrimeur
',
vaillant,
A
288
n'eslargisse
bel artifice,
magnanime Roy,
Que chacun
292
te
vient voir,
fut
&
*.
Nul Prince ne
Car si un grand seigneur souffre quelque misre, Quelque captivit, ou quelque deconfort, Ayant piti de luy, tu luy donnes support,
Et de
ta
grande main,
1
ce fait
coustumiere,
275-284. 78-8J suppriment ces doit-e L'ers 286. 78 ou Chevalier vaillant 286-288. 84-8/ Ny soudart estim par les troupes (Sj signal la guerre) vaillant A qui ta pleine main de grce n'eslargisse Un consigne loyer de son noble artifice 290. 84-8/ Que chacun te recherche 291-295. 78-87 Tu n'es tes sujets seulement dbonnaire: Si quelque Potentat souffre quelque misre (84-S7 est press de misre), Ou (84-87 De) perte de pays, ou (84-S7 de) menace de mort
1. 2.
Mme
Sur
cf.
sens gnral que ci-dessus au vers 144. cette graphie qu'on trouve encore dans Montaigne et d'Aubi-
gn,
5.
4.
Rabelais, IV, 58, et du Bellay, Regrets, s. cxxxv. Pour le sens de cette expression, v. ci-dessus, vers 59, note. Transposition ou adaptation de Thocrite. op. cit., vers 110 et suiv.
20
296
LES
HYMNES
Chez luy
dresser
le
front
Maugr ses ennemys, qui la guerre luv font. Tant s'en faut que ta main le pais veille prendre
500
[18]
D'un Seigneur
afflig,
Qui
504
presques estoient
la
commande
'
Tesmoings en sont encor' les Allemans remis En libert par toy maugr leurs ennemys, Chose non espre, & toutesfois ta dextre
51
Leur
fist
de
ta
grandeur
la
puissance cognoistre,
2
,
la piti
'
Tesmoings en
Et Parme qu'il
312
couver sous
ta
faveur
297-298. 87
rabaissent
Nos Roys
|
Leur
ou relvent le front 6y-yS veuille 299. 60 vueille 301. yS J'en appelle tesmoins 311. 60-/S Tesmoing (au singulier)
la teste
313. 6o-j8 couvrir de ta faveur 299-314. Sj-Sj suppriment ces sei^e vers
1. Allusion au rle de protecteur de l'Ecosse que joua Henri II, sous l'influence du cardinal Charles de Lorraine, dont la sur Marie avait pous en 1538 Jacques V Smart. Leur fille Marie Stuart fut conduite ds son enfance (en 1548) la cour de France et leve l dans l'intention de lui faire pouser le dauphin Franois et de runir ainsi sur la mme tte les couronnes de France et d'Ecosse, ce qui eut lieu en 1558. venaient pour te demander secours. 2. C.-a-d. II l'gard des 3. Allusion au rle de dfenseur que joua Henri princes allemands contre Charles-Quint. Cf. l'ode Au Roi publie en note (tome VII, p. 30), et ci-aprs, vers 603 et suiv. 1353, vers 112.
:
DK
Malgr
le
P.
DE RONSARD
'.
21
316
Que diray plus de toy? & de l'obissance Que portois ton Pre es ans de ton enfance, L'honorant tellement comme ton Pre & Roy Que les autres enfans prenoient exemple toy
Et certes, qui plus
est,
de rechef tu l'honores
320
Comme un
mort encores,
Environnant son corps d'un tombeau somptueux, O le docte cizeau d'un art prsomptueux
le
marbre anim de
batailles graves,
;
.
[19]
316. jS-Sy A ton pre porte en sa premire enfance de rechef tu l'honores 319. 84-Sj Tant peut la charit 322. #7 O le bec du cizeau
:
1. Allusion au rle de protecteur des fuorisciti , dfendus par Pietro Strozzi, marchal de France, contre le duc Cosnie de Mdicis, alli de Charles- Quint. Bannis de Florence, ils s'taient rfugis Parme et Sienne. Cf. Lucien Romier, Origines politiques des guerres de religion (Perrin, 191 3), tome I, p. 220 a 450. La guerre de Parme, qui mit aux prises Henri II et le pape Jules III au sujet du duc Octave Farnse et faillit sparer de Rome l'glise franaise, dura deux ans, de 1550 1552 ; l'armistice fut sign Rome par les soins du cardinal de
Tournon
le
le 2g avril 1552, mais les Franais occuprent militairement Parmesan jusqu'en 1559. Quanta la protection de Sienne, elle dura du 26 juillet 1552, date o les Siennois chassrent les Espagnols de leur cit au cri de Francia , jusqu'au 17 avril 1555, date o les Espagnols et le duc de Florence la reprirent, malgr l'hroque dfense de Monluc. Mais les Siennois se retirrent Montalcino et vcurent dans cette rgion montagneuse du sud de la Toscane sous la protection des soldats franais, qui ne rentrrent en France qu'aprs la dfaite de SaintQuentin (aot 15 S 7). En fait, le protectorat de Henri II cessa cette date; en droit seulement au trait du Cateau-Cambrsis 05)9)- Cf. Paul Courteault, Biaise de Monluc historien et dition des Commentaires. tome II. Comme Ronsard ne fait pas la moindre allusion la capitulation honorable de Sienne, on pourrait penser que la composition de mais il n'en est rien, car plus loin le l'Hymne de Henri est antrieure pote parle de l'chec des confrences de Maicq (juin 1555) et de la
Transposition ou adaptation de Thocrite, op. cit., vers 121 et On sait, d'ailleurs, que du vivant de son pre Franois I er le futur Henri II est loin d'avoir eu l'attitude respectueuse que lui prte ici Ronsard.
2.
22
LES
HYMNES
Dedans ce Mausole enclos en mesme estuy, esteints dorment avecques luy ',
2
,
lesquels t'aiment
& prisent
tes Frres,
pour
te voir
Sans eux
faire si bien
Tu
le
la
guerre)
Qu'Achille
Pele,
&
3
qu'Ajax Telamon,
le
grand Agamemnon.
ta
main dlibre)
la
Fortune prospre
Avecques la Vertu, & c'est ce qui te fait, Pour t'allier des deux, venir tout souhait.
Vray
340
est
quant
tes faitz, tu
Fam
qui vole
329. 84 Tes frres sont au Ciel resjouys de te voir 331. 84 Et ton pre dequoy son hritier en terre 328-332. Sy Et du Ciei o ils sont tes guerres favorisent De leurs rayons ardens, resjouys de te voir De leur sceptre hritier faire bien ton devoir: Et ton pre dequoy augmentant sa couronne Tu le passes d'autant (quint aux faits de Bellonne)
87 fit 333. 7S-S4 fait 334. 67-S7 Et que le viel (et vieil) Atr 335. yS-Sy Tu as (quelque dessein que ton
|
cur
dlibre)
frre cadet,
2.
mort Tournon en 1336; Charles, son mort Forest-Moutiers en 1545. Claude de France, premire femme de Franois I er morte au chteau de Blois en 1524. 3. Pour Atre. Ronsard, pourles besoinsdu vers, a souvent supprim ainsi l'e finale muette des noms propres en e on trouve dans ses uvres Thse, Prot, Pyrens. Epimeth, Prometh. Euryst, etc. Il recommande cette libert dans son Abbreg d'Art potique, mme pour les noms communs, tels que pe. on ne les mette au-dessus, on ne les prfre (v. la var.). 4. C.-.i-d. existe encore en anglais). >. La Renomme (latin fama
1.
DE
P.
DE RONSARD
23
commandement,
344
tiens,
ta
& &
en cette partie
l
.
O mon
que
d'aise reoit
Ta Mre, quand du
348
&
garder l'hritage
vint en partage
2
,
[20]
De De
sa noble
&
de plaisir reeu
due
352
Ou
Argie
>.
Et que
ja la
356
Germain, o la bonne Lucine Luy osta la douleur que Ion sent en gezine Adonq' toy. Fils semblable ton Pre, naquis,
El' vint sainct
:
542.
78-Sj Qui sujette n'est point ton 355. 84-87 S'en vint
commandement
1.
Met.,
la
Le duch de Bretagne, que Claude de France avait hrit de sa mre Anne de Bretagne. Franois I er en devint ensuite usufruitier et
2.
en aot 1532, donna l'dit qui prononait, la requte des tats de Bretagne, la runion dfinitive de ce duch au royaume de France. fils de Pele, et Diomde. fils de Tyde. Cet alina est 3. Achille, transpos de Thocrite, op. cit., vers 53 et suiv. Mais la mre de Diomde s'appelait Dipyle et non pas Argie: elle tait fille d'Adraste, roi d'Argos ; d'o la confusion faite par Ronsard, qui a vu un nom propre dans l'adjectif 'Apyr'a (Argienne) employ par Thocrite. Voici la traduction de son modle grec Argienne aux noirs sourcis, unie Tyde, tu as conu Diomde, le tueur de guerriers, le hros de Calydon Thtis au sein profond, unie l'Eacide Pele, tu as enfante Achille lanceur de javelots; et toi, vaillant Ptolme, c'est du vaillant Ptolme que t'a conu la brillante Brnice .
:
2.\
LES
HYMNES
.
Et, sans
Lors
360
les
Nymphes
taillis.
&
des pres,
Des pleines,
&
des montz,
&
&
le te
pre Germain,
branloient dans leur main,
2
,
Te couchant au berceau
:
&
de toute
la
France,
Appollon
368
sa Delos,
comme
Honoreras un jour
les
cieux
(Augure bon aux Roys) trois fois dessus ta teste [21] Fist un grand bruit, suivy d'une gauche tempeste L Ceux ausquelz Jupiter envoy ce bon heur
Quand
376
ilz
aura cure
.
Et n'auront point au
360. 71-87 Des plaines 361. 87 & le bon Saint Germain 362. 78-87 en leur main 363. 60-87 prens acroissance 367. 60-87 Apollon
367-368. 84-87
toutes estime
comme
ta
jamais sur
373. 55-67 p.ir erreur auquelz (d. suiv. corr.) 374. 60-78 seront de grands rois pleins d'honneur sant il les fait Monarques pleins d'honneur
84-87 Eu nais-
1. Ceci est inexact, car il avait un frre aine. Franois, dont la mort prmature en 1536 le fit hritier du royaume. Erreur dj commise dans l'ode A M. d'Orlans, vers 10 et suiv. 2. Pour la graphie pren', v. ci-aprs VH. du Ciel, vers 10 et note. Cf. V Hymne de France, 3. Signe de bon augure chez les Latins. vers 117-120, au tome I. p. 30, vers 118. 4. Tout ce passage, depuis le vers 353, est transpos ou adapt de Thocrite, op. cit., vers 58 et suivants, jusqu'au vers 76 inclus.
DE
P.
DR RONSARD
2)
Artemis aux Veneurs, Mars prside aux Guerriers, Vulcan aux Marchaux, Neptune aux Mariniers,
Les Potes Phebus
380
&
les
Chantres
les
fait naistre,
estre.
monde
divin
Que
384
De Jupiter qu'un Roy, dont la main large & grande Aux Soudars, aux Chasseurs, & aux Chantres commande,
Et bref tout chacun
:
Au monde,
388
pouvoir
De Roys, enfans du
D
Il
>
l'une l'autre
Mer,
&
aprs Dieu
commandent
&
gnralement
non egallement,
Isle,
Car
392
les
Du
396
Cancre chaleureux
nostre a
',
[22]
En
Mais
Long, large, bien peupl, de Villes rempar, De Chasteaux & de Forts, dont les murs, qui
400
donnent
Au
381-383. 7S-87 Au monde on ne voit rien si haut ne si divin Que sont les Rois sceptrez (87 Que les Princes sceptrez), ne qui tant soit voisin Du grand Jupiter qu'eux 386. 78-87 En terre qui ne soit
387. 60-84 390. 7S-87
Des Roys
II fait
397. 78-8/ en
un
1. Le Cancer, signe du zodiaque. Le Soleil entra dans le signe du Cancer le 21 juin c'est le commencement de l't, d'o l'phhte de chaleureux .
;
26
LES HYMNES
Ce grand Dieu bien souvent des Princes l'apareil Tranche au meilieu du fait, & leur rompt le conseil, Les uns font en un an, ou deux, leurs entreprises,
404
les affaires
sont mises,
autrement
Mais
408
les petis
De
nostre
Roy
pense,
Quant ceux qui sont grandz, si les pense au matin, Pour le moins vers le soir il en aura la fin.
Tant Jupiter
4
2
l'estime,
&
tant
il
est
prospre
.
Aux courageux dessains que son cur dlibre 2 Mais quoy? ou je me trompe, ou pour le seur Que Jupiter a fait partage avec mon Roy
:
je
croy
416
Il n'a pour luy, sans plus, retenu que des Nues, Des Cornettes, des Ventz, & des Gresles menues, Des Neiges, des frimatz, & des pluyes de l'air,
Et
je
7SS7 au milieu de l'uvre 402. 60-/} au milieu 403. 78-87 en un an leurs hautes (84-87 longues) entreprises 405-406. 78-S7 Et tout cela qu'ils ont, bien que sages, pens S'enfuit comme le vent sans estre commenc 407-408. 84-87 Quant aux petits desseins que nostre Roy commence A penser, ils sont faits aussi tost qu'il les pense 409-410. 78 Les grands, si en l'esprit il les pense au matin, Vers le soir par effect il en voirrala fin 84-87 Quant aux grans, s'il les pense en son lict au matin, Vers le soir par erect il en voirra la fin 411. 7S-S7 Tant Jupiter l'honore 84-87 courageux advis 412. 78 courageux conseils 415. 7S S y Mais, Muse, ou je me trompe, ou sans fraude je croy Des pris pour sa part des gresles & des nues. 415-417. 7S II a comtes, des vents, ^c des pluyes menues. Des neiges, des frimats. & le vague de l'air 84-87 conservent ce texte en remplaant partout des par les, et 87 remplace vague par vuyde
[ | |
|
1.
C.--d.
ont une
fin tout
le
2.
limaque,
Hymne
de Jupiter, 70
90.
DE
P.
DE RONSARD
27
[23]
retenu
la terre,
villes,
&
de forts
.
d'hommes
la guerre
&
il
424 Plus de
Dieux que
tu n'as,
:
est
de ce qu'il pense
Tromp totallement s'il se vante d'un Mars, Tu en as plus de cent qui meinent tes soudars, Messeigneurs de Vandosme 2 & messeigneurs de
,
Guise,
428
De Nemours, de Nevers
Dessous
ta
3
?
Majest
s'il
se vante d'avoir
Un Mercure
432 Et trop plus
pour
faire
Nous en avons un
que
&
sage
:
le
423. jj par erreur sous ta (d. suiv. corr .) 423-424. 78-87 Si Jupiter se vante au Ciel avoir en pompe Plus de Dieux que tu n'as, de beaucoup il se trompe 42,-426. <!?/ S'il vante son Yulcan, s'il vante son fils Mars, Tu en as p'us di cent, qui meinent tes soldars 87 S'il vante sa Bellonne, ou s'il vante son Mars, Tu en as plus de cent, recteurs de tes soldars 427-42S. 7S-84 remplacent ces deux vers par ceux-ci Qui fondent ton mtal, & comme Salmone Ont une foudre humaine aux hommes l'amene 87 Qui ont de la vertu les mes animes, Capitaines ruzez au mestier des armes 429. 7SS7 Et si par-dessus toy il se vante d'avoir 431. 87 Tu en nourris un autre
|
Mot
italien (accorto
l'indique une note de Belleau au s. XVI de la Coutiu. des Amans (tome VII, p. 134, note 1). 2. Antoine de Bourbon, duc de Vendme, qui fut roi de Navarre par son nnriage avec Jeanne d'Albret et pre du roi de France Henri IV. On ne s'explique gure le pluriel, moins que Ronsard n'ait song l'un des frres d'Antoine, Louis de Cond, qui avait 25 ans en 1535 et ne devint chef du parti calviniste qu'en 1560. 3. Franois de Lorraine, duc de Guise; Jacques de Savoie, duc de Nemours Franois de Clves, duc de Nevers, trois grands capitaines qui se distingurent sous le rgne de Henri IL Les deux derniers
;
la
Princesse de Clives.
28
LES
HYMNES
ou Franois
A tous ambassadeurs,
Les rend tous esbahys,
436
sa mielleuse voix
&
'
Le cur de
ses
par l'oreille,
Tant
la
douce Python
De
440
miel,
bouche composa.
2
,
France rameine
Connestable,
Anne Mommorency,
[24]
>
:
Et
Que
448
est jours
&
nuitz
&
par exprience
Pensant
&
que
travailler,
ou
soit conseiller,
Troye,
conseilloit,
batailloit.
Desse de la persuasion (grec TI'.Goi) la vraie graphie est Pithon au tome VII la Contin. des Amours, s. x, vers 8). Sur ce personnage, frre cadet du capitaine Franois de Guise, v. le tome I, p. 79, note, et ci-aprs YHymnc de la Justice. Ronsard en a encore fait l'loge dans une Epistre qu'on trouvera ci-aprs au second livre des Hymnes (1556) et surtout dans l'Hymne de Charles de Lorraine
1.
;
(cf.
2.
jou un
rle
ois I", Henri II et Charles IX, v. Y Ode de la Paix, au tome III, p. 26 et suiv., et ci-aprs le Temple des Cbastillons. Cf. Dcrue de Stoutz, thse
sur
Anne
de Montmorency.
DE
N'as-tu pas
456
P.
DE RONSARD
29
comme
luy sus ta
?
mer un Neptune,
est
:
L'Amiral Chastillon
Cestui-cy par vertu,
&
pour avoir
commande
Aux ondes de ta mer, mais aussi sur la bande De tes soudars Franois 2 aux soudars commandant D'une pique, & la mer rgissant d'un trident. Et n'as-tu pas encor' un autre Mars en France,
,
464
De son
Ciel a mis
Themis
4 ?
Gaspar de Coligny, seigneur de Chastillon. Ronsard en a fait pour premire fois l'loge dans l'ode initiale du livre IV des Odes en 1555 (au tome VII, p. 90) il y est revenu dans le Temple des Cbastillous et dans Y Hymne de Pollux, qui lui est ddi en 1556 (v. ci-aprs). Infanterie avant son frre 2. Il fut en effet colonel gnral de Fr. d'Atuielot, et il Ttait encore en 1555. V. ci-aprs, p. 80, note 1. seigneur de Saint-Andr, marchal depuis l'av3. Jacques d'Albon, nement de Henri II, gouverneur de Lyon depuis 1550, avait contribu la victoire de Renty en 1554. Cf. L. Romier, La carrire d'un favori, de Saint-Andr (Perrin, 1909). J. d'Albon 4. Rene de France (1510-1575), fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, marie en 1528 Hercule d'Est, fils du duc de Ferrare, avait fait de sa cour un foyer d'humanisme et un refuge aux protestants
1.
la
franais; elle avait accueilli notamment Cl. Marot et Calvin. Sous la pression de l'inquisiteur franais Ory, qui l'avait fait emprisonner, elle
convertie en septembre 1554. Mais son abjuration ne fut que elle reprit bientt ses relations avec Calvin et ne joua plus aucun rle Ferrare, dont le duc tait catholique. De retour en France en 1560. aprs la mort de son mari, elle s'tablit Montargis et dfendit de son mieux ses coreligionnaires durant les guerres civiles. Rodocanachi, Rene de France, duchesse de Ferrare (Paris, Cf. Em. OllendorrT, 1896) E. Gebhart. Les jardins de l'histoire (id., Bloud, 1910).
s'tait
momentane;
30
LES
HYMNES
Ta propre unique Sur, instruite des jeune ge En tous artz vertueux, qui porte en son Escu (J'entens dedans son cur des vices invaincu)
476
Comme l'autre Pallas le chef de la Gorgonne, Qui transforme en rocher l'ignorante personne Qui s'ose approcher d'elle & veut louer son nom
Et n'as-tu pas aussi, en lieu d'une Junon,
'
fertille
Ce que
Au
lict
de Jupiter,
&
:
Qu'un Mars
Boiteux
484
&
qu'un Yulcan
&
dhanch
le
&
Qui veut
De
toy,
pour l'ornement de
ce
ta
noble maison,
passage avec un raccord initial de deux vers et se vante d'avoir une sage Pallas, Ce n'est pas Jupiter, c'est toy Prince qui l'as, Honneur de tous tes Dieus de toute la France, Ta saincte unique sur instruite ds enfance En tous arts vertueux, qui porte en son Escu. Qui s'ose approcher d'elle, se hurte son nom. N'as-tu pas en ton lict une chaste Junon, La Royne ton espouse, en beaux enfans fertile? Ce que l'autre n'a pas: la sienne est inutile, Jalouse, rioteuse sans plus n'a conceu Qu'un .Mars & qu'un Vulcan .Qui veut, tant il est prompt, faire guerre son pre .Sont beaux, droits. & bien nez, qui d'enfance t'honorent. Et de toutes vertus la France nous redorent 84-Sy suppriment tout ce passage
471-488. jS conserve
retouches suivantes
:
les
S'il
&
&
&
Marguerite de France, duchesse de Berry, protectrice de Ronsard du Bellay. Ces deux potes eu ont fait maintes fois l'loge, notamment Ronsard dans ses Odes (v. les tomes I, p. 72, et III, p. 98), dans ses Hxmnes (second livre, 1556), dans ses Eclogues (i$9), dans le Tombeau de cette princesse (1574). Elle pousa le duc de Savoie par le trait du Cateau-Cambrsis. Cf. Winifred Stephens, Margaret of France, duebess of Savoy (Londres, IQ12). 2. Catherine de Mdicis. Voir les odes A la Roine, aux tomes I, p. 65,
1.
et de
et
VII, p. 34.
;.
M.
de l'Hospital,
tome
III,
v.
140.
DE
Sont beaux,
droitz,
P.
DE RONSARD
&
bien nez,
&
se vante d'avoir
Tu Un
492
en as plus de cent en
Carie,
Court aujourdhuv,
un Sainct-Gelais,
leur reng,
si
&
ni'oserois promettre
'.
[26]
De seconder
Or' que ce Jupiter se Avecques tous ses Dieux, car certes il ne faut Qu'on l'acompare toy, qui nous montres veue
496
500
De quelle puissance est ta Majest pourvee. Nul Prince, tant fut grand, sous sa main ne tint onq Un royaume qui soit si large ny si long (Si ce n'est un Dsert) que le royaume large De France, que tu tiens maintenant sous ta charge,
Ny
si
remply de gentz, ny de
flicits
commodits
&
pres
Aussi
le
489. 60-87 Apollou 490. 7S-87 plus de mille 491. 78-87 k je m'ose promettra 492-494. 78-S7 si tu m'y daignes mettre. Doriques, que Jupiter en son Palais l haut Se brave aveq' ses Dieux, mon grand Prince, il ne
faut
497. 78-87 Nul Monarque en Europe (87 d'Europe) en sa main ne onq' 501. 67-7} Ny si remply de biens, de peuple & de citez 500-501. 78 Que tu tiens maintenant tout seul dessous ta charge Ny si remply de biens, de peuple & de citez 499-502. S4-S7 suppriment ces quatre vers 505. 7S Se produisent icy 84 Qui produit foison 87 Plus abondant en bleds 504. 78-84 noz contres 87 texte primitif
tint
:
1. Lancelot Carie et Mellin de Saint-Gelais, les deux anciens adverRonsard, avec lesquels il s'tait rconcili en janvier 1555. Le ton modeste de ce passage contraste fort avec celui des Odes de 1550 en gnral, et surtout de celles o il parle de Saint-Gelais YHyinne triomphal et la 2 e ode A Madame Marguerite (tome III, p. 78 et 106).
saires de
32
LES HYMNES
le
Ny Ny Ny
508
le trac caill
',
Que diray plus de toy ? de cinq ou de six villes Tu n'es seullement Roy, mais mille & mille encor'
Avec un million pleines de gentz & d'or Te font obissance, & t'avouent pour Maistre Sur lesquelles on voit ton Paris aparoistre, Comme un Pin eslev sus les petis buissons 2
:
512
O
516
l'un
aux
lettres
s'adonne,
[27]
ordonne,
imite d'artifice
60-87 ny
le
vent
87 texte primitif 78-87 cv t'houo^ent leur maistre (84 pour maistre) qui est Foulon 60-7] 519-522. 78-87 suppriment ces quatre vers
n'es
|
84 Tu
Roy seulement
1. C.--d. la piste pleine d'caills suivie par les dragons. Souvenir Je Virgile, Gcorg., II, 153-154 (loge de l'Italie, imit dj dans Hymiie de France, voir au tome I, p. 25 et suiv.). 2. Autre souvenir de Virgile, Bue, 1, 25-26. 3. Je pense qu'il s'agit d'Abel Foulon, valet de chambre de Heuri II,
:
ici
et
dans
les
Pote, philosophe, mathmaticien, ingnieur , il traduisit le premier en vers franais les Satires de Perse, sous la signature Moven ou Trop (Paris, Gazeau, 1544) et publia sous son nom VUsaige et description de l'holometxe, pour savoir mesurer toutes choses qui sont soubs Feslandue de Vil (Paris, s. d. outre un Trait de machines, engins, mouvements, Il a crit en fouies mtalliques et autres inventions (rest manuscrit) et la Description du mouvement perptuel (iJ.). Ayant eu Paris la charge de matre monnoie , il fut emplov par les Calvinistes comme monnayeur au coin du roi Orlans, o il mourut en 1563. Cf. La Croix du Maine, abb Goujet, Bibl. Bibl. fr. (d. Rigoley de Juvigny). terne I. p. 1 fr., tome VI, p. 137 et suiv., Brunet. Manuel du libraire, supplment,
ditions suivantes par son
(v. la variante).
nom
tome
I,
p.
',
DE
$20
P.
DE RONSARD
le
33
grand
difice
De
Par
ce
Monde admirable, & bref ce que Dieu fait mouvement semblable est par luy contrefait '.
&
&
avec
tel
compas,
les bras,
le
&
le
Roy
des Franois
Tu es tant obey quelque part o tu sois Que des la mer Bretonne la mer Provensalle,
532
l'Italie,
soit
largement estandu,
entendu
Ou comme
Lesquelz en
fut jadis le
&
s'aliant d'autres
Ou
523. 87 Les autres renfrongnez 525. 87 puis d'un gal compas 526. 84-87 en haut lvent les bras 87 ajoute ici (On diroit que les mains de mille Salmones Sont en ton Arcenal de nouveau retournes, Qui dans un chariot faict d'airein se portoit Et courant sur un pont les foudres imitoit)
|
527-528. 71-S4 Et puis frappent si haut (78-S7 dru)... Que l'Arce87 Et refrappent si dru sur la masse qui sonne Que le prochain & le fleuve en rsonne Le mtal coule au feu par la flame irrit Qui doit un jour ruyner quelque forte cit (ces deux derniers vers
nal...
|
rivage
sont ajouts)
un grand Dieu
C.--d. imit ou reprsent. Mme sens au tome I, p. 44, ligne 27 ; 94; p. 260, vers 6. C.--d. ton royaume (l'un des sens du latin regnum) ; se trouve encore avec ce sens dans d'Aubign, Tragiques, livre Y, vers 254
1.
p. 172, vers
2.
404
et 13 14.
Ronsard, VIII.
34
540
LES
le
HYMNES
en campagne
Pour
moindre raport
le
se mettoient
Contre
Roy
leur Frre,
&
Mais tu
544
Son peuple mutiner pour luy donner ennuy n'as ny parens, ny Frre qui s'alie
la
Meintenant de Bourgongne, ou de
Normandie,
Ou
Et
548
Henry le monarque de France, Qui te courbant le chef te rend obissance. Pour toy le jour se lev en ta France, & la Mer
Que
5,2
Fait pour toy tout autour ses vagues escumer, Pour toy la Terre est grosse, & tous les ans enfante, Pour toy des grandz Forestz la perruque naissante
Tous
les
ans se refrise,
la
&
les
Fleuves sinon
bruire ton
Ne
556
courent dans
nom
2
.
Ou
De fondre du mtal, & vivement graver Ton visage dedans, affin de t'eslever
Comme
560
un Dieu par
le
peuple
il
Ny
place,
l'on
ne
Pour
la faire
Si tu l'eusses voulu,
mais tu ne
le
veux pas,
[29]
Roy
qui se dfie
/S Pour
le
le chef 529-548. S4-S/ suppriment ces vingt vers Sj la feuille renaissante 552. 7S-S4 la toison renaissante jS-Sj &. soigneuse graver Ton visage au naf > S7-5 >8. 561. 1604 et d. suiv. Pour te faire adorer
|
courbant sa tte en ton honneur. passage, depuis le vers 497, est transpos ou adapt de Thocrite, op. cit., vers 77 et suiv. Les six derniers s'inspirent en outre d'Oppien, Cyng., I. vers 12 et suiv.
t.
C.--d.
2.
Tout
ce
DE
564
P.
DE RONSARD
difie,
35
N'estre
mrit
'.
seulement du royaume
le
avecques
heaume
3,
un grand soing,
4
5
Comme Prince vaillant, d'en acqurir plus loing Voire & de regaigner les places que ton Pre
572
Perdit davant sa mort sur l'Angloise frontire. Car aussi tost que Dieu t'eut, de grce, ordonn
D'estre en lieu de ton Pre en France couronn,
la
lance,
564. 87 remplace N'estre aym par Du peuple 568. La graphie heaume se lit dans toutes les ditions qui conservent ce. passage (JS-78) 567-569. 78 Tu ne fus pas content du Sceptre & du Royaume Par ton pre laiss: suant sous le heaume, La lance dans la main, tu as pris un grand soin
j8 avant sa mort 572. 60-7} devant sa mort 565-572. 84-87 suppriment ces huit vers 575. 78-84 Si tost que le Destin t'eut du Ciel ordonn que le Destin eut ton chef ordonn
|
87
Si tost
1.
Cet alina
est imit
II,
177 etsniv.
Quae non incudes streperent ? Quae flamma Fabrilis ? Quae sufficerent fornacibus xra
Effigies ductura
2.
:
va caret
tuas?...
C.--d. tu ne t'es pas content (sens du latin contenlus) ; de mme ci-aprs au vers 585. 3. Ce mot devait se prononcer h-auine, sans quoi le vers et t faux; de mme en ce vers du premier discours Henri III (Bocage
ro\al)
>
Ny
corcelets ferre2,
ny targues, ny heaume
:
Pourtant Du Bellay a trait ce met comme s'il se prononait baume dans ce vers dcasyllahique (d. Chamard, tome IV, p. 123)
Son heaume
Il
feut
comme ung
brillant escler.
gr
du
pote,
4.
comme
le
mot
flau.
op. cit.,
104 et suiv.
LES
tu faisois tournois,
ris
HYMNES
576
Que
De
Et qu'en
&
en jeux,
580
l'Angleterre envahye
',
Tu
584
avois
ja
conquis de Boulongne
les forts,
te
vendre Boulongne
fortune
&
la faire
Franoise.
Tu
Mais suwant
& ton
588
Deux ou trois ans aprs tu mis en la campaigne [30] Ton camp 2 pour afranchir les Princes d'Alemaigne >: Adonque toy vestu, non des armes que feint Homre son Achille, o tout le Ciel fut peint,
,
&
de prouesse
Tu
la
Franoise jeunesse,
Italiens 6v
Grecz
*,
1.
C.--d.
tu avais envahi
le
le
territoire
la ville
rachat de
l'Ode de la Paix, au tome III, p. 3, note. 2. C.--d. ton arme. Mme sens ci-aprs, aux vers 619 et 633. 3. Les affranchir du joug de Charles-Quint. Les protestants d'Allemagne et leurs princes rsistaient l'Empereur. Bien travaills par nos agents, ils conclurent le trait de Chambord (janvier 1552), qui les renHenri II prit le titre de dfenseur des liberts germad.iit nos allis niques; de leur cot les princes protestants reconnaissaient les droits du
:
les
Grs.
DE
Le port de
596
ta
P.
DE RONSARD
37
grandeur,
&
tous s'asubjetirent
A tes loix, & pour toy les armeures vestirent, O la crainte & l'honneur furent de toutes pars
Si
tant de soudars
&
langage)
ne sentit
le pillage
&
&
les
harnois
'.
Par ton
commandement
604
Tu pris Mets en passant, puis venu sus la Du Rhin, l t'apparut l'Alemaigne captive,
Laquelle avoit d'ahan
-
rive
tout
le
dos recourb,
Son chef
Elle,
Te
fist
Prince heureux
& fort,
[31]
Si Nature
612 D'aider
&
Piti
598. 78-84 Si sainctement gardez 597-598. 87 O la peur d'offenser se vit de toutes pars Si saintement garde 87 d'armes & de langage 599. 84 de face & de langage 601. 1604 et d. suiv. le harnois 604. 78-87 Du grand Rhin, t'apparut 607. Si se herisoit (d. suiv. corr.) 610. 84-87 Du Rhin, ainsi te prie O Prince 611-612. 87 Si Nature & la race... D'aider les pauvres Rois
|
1.
Cdant arma togae, concdt laurea linguae, reproduit dans le De officiis, XXII, 71. Cf. l'ode au roi Sur ses Ordonnances, au tome IN, p. 92 et suiv. Au reste, d'aprs la correspondance du nonce Santa Croce, la vrit historique est toute diffrente (v. L. Ropolit, des guerres de religion, I, p. 488). C.--d. par grand effort. Cf. le tome VI, p. 15. note 2. On trouve ailleurs l'expression suer d'ahan , par ex. dans Montaigne, III, xn et xiii (d. Villey, p. 345 et 415).
2.
:
mier, Orig.
38
Et
si
LES
de droit
il
HYMNES
ses
faut secourir
parens
:
Lors quon
les voit
suis ta
Mre.
Quand Erancus ton ayeul de Troye fut chass, Il vint en mon pas, puis ayant amass Un camp de mes enfans alla veincre la France,
620 Et des miens
&
de lux
les tiens
'.
&
Achev, que
624
tombrent en bas,
& ses
yeux
&
vit,
sa face
2
,
Tant un grand Roy de France au besoing luy servit Ainsi qu'un bon enfant qui de sa mre a cure
628 Et n'est point
En revenant du Rhin,
Yvoir
&
D'anvillier
&
les villes
d'entour,
la
Rodemac, Mommedy,
652
&
mille que
foudre
De ton
artillerie egaloit la
poudre
pris l'an
Tu
ensuyvant
&
Tu
656
Arrogance
a la France
:
[32]
Des Espaignolz
sentit quelles
mains
613-614. 78-Sj Et s'il faut par piti secourir noz parents, de noz amis soigner les diffrents 622. Sj tombrent bas 650. jS les villes d'autour 633. jS Ce fut ton avant avant-jeu tu pris
:
S'il
faut
1. Cette prosopope rappelle, mutatis mu tandis, celle de la Patrie apparaissant J. Csar sur les bords du Rubicon, dans Lucain, Pbars., I, 183 et suiv. 2. Souvenir d'Horace, Epode xvn, Canidie. vers 17-18.
DE
P.
DE RONSARD
ils
39
furent moissonnez
Comme
640
foin
sous
la
faux,
ou
comme
espicz
donnez
Aux dens de la faucille, alors que la jeunesse Tond en Est le poil de Ceres la desse '.
Certes
ce pas
Les Laboureux de
De heurter de
644 Et de
choquer
s de tant de Capitaines
et les
Assomms de
ta
main,
Et diront estonnez
648
Qui de
11
tant de
fut
heureux
& fort,
on
le
cognoist aux os
los.
la
De
652
ces
hommes
tus, les
tesmoings de son
conduit de
faitz
Presque en un
mesme temps
Fortune
>)
(Qui
s'est
oportune
Tu as born plus loing ton Piedmont augment De Vulpian & Cazal, & plus outre plant
Les fleurs de lys de France es
656 Reduittes sous le
villes d'Ethrurie,
4.
joug de
ta
grand' Seigneurie
637. jS En bataille range 63S. ;j foing (d. suiv. corr.) 642. 6o-j Laboureurs 641-645. 7^ qu'aux guerets du pais Les bufs en labourant seront tous esbahis D'enfondrer sous leurs pieds tant de salades vaines Et de hurter les os de tant de Capitaines. Lors les hommes voyans tant de spulcres vieux 656. 78 Rduites maintenant dessous ta Seigneurie 629-656. 84-Sj suppriment ces vingt-huit vers
est
1. C.-a-d. fait la moisson. Tout ce passage, depuis le vers 588, rapprocher du dbut de la ddicace des Odes en 1555 et de l'ode Au Roi place cette date en tte du livre III (v. le texte et les notes au tome VII, p. 5 et 51). 2. Imit de Virgile, Gorg., I, 493 et suiv. Les salades vaines correspondent au latin galeas inanes et signifient des casques vides.
:
3.
33661586.
I
er
.
4.
Casai, capitale du
40
Et
si
LES
HYMNES
tes faitz
quelcun
me
dit
que
ne sont rien
',
Qui gaignoist en un an ou
660 Et
l'Asie,
ou l'Europe,
[33]
ta trope,
A
664
celuy
je
De gaigner maintenant une petite Ville Que jadis Csar un royaume acqurir
Et ne veut point
668
&
Aujourdhuy,
Metz nous
est
une
bataille.
pour exemple,
& Lamirande
&
la
aussi,
O
672
Pour
Bourgongne
5.
2
:
Mais en
une vergongne
676
Etant sol de la terre, aprs tu fis armer La flotte de tes Naux, & l'envoyas ramer Dedans la mer Tyrrene, o elle print force Maugr le Genevois 4 la belle Isle de Corse, Pour mieux faire savoir aux estrangers lointains
658. 71-7J Octavien k59- 7 I 'l'i Q-u gagiioient 657-672. 78-87 suppriment ces seize vers 675. 84-S7 Dessus la mer 677. 87 A fin de faire entendre
'
Montferrat, fut prise par le marchal de Coss-Brissac en 1 s 54, et Volpiano se rendit au duc d'Aumale le 20 septembre 1555 (Monluc, C0111ment., d. P. Courteault, II, 208). Quant aux villes d'Etrurie, Ronsard dsigne ainsi Parme et Sienne, o les troupes franaises intervinrent en faveur des fuorisciti (v. ci-dessus, vers 312 et suiv.). 1. Octave-Auguste, qui s'appelait de son vrai nom Octavianus. 2. Voir ci-aprs la note du vers 708. 3. Cf. la Harangue du duc de Guise aus soudars de Me%, au tome V,
p.
203.
4.
C.--d.
les
Roi, en tte
du
Gnois, auxquels appartenait la Corse. Ct. l'ode Odes de 1555, vers 114 et la note.
Au
DE
P.
DE RONSARD
a puissantes les
41
mains.
l'ennemy cognoistre
terre son maistre,
mer
tu estois
nobles
faitz,
684
Humble, te vint prier de luy donner la Paix, Ce que facilement luy acordas de faire. [34] Car souvent un vainqueur au vaincu veut complaire.
Ja desja vous estiez presque d'accord tous deux,
Quand
je
ne say
A
688 Et
fin
de ne prvoir
yeux,
tes
punist davantage
'.
&
Qu'
692
se
meurdrir en guerre,
&
se detrancher
la Piti est
bannye,
:
&
Tyrannie
On oit de tous costs les armeures tonner, On n'oit prs de la Meuse autre chose sonner Que mailles, & boucliers, & Mars, qui se pourmene
696
cost de Mesiere
&
De quatre grandz
2
.
679. 87 Bref faisant par espreuve 683-686. 78-Sj Lors voulant toymesrr.e & luy satisfaire, Pour le repos de tous la paix tu voulus faire. Desja la douce Paix vous accordoit tous deux, Quand il voila ses yeux d'un bandeau rancuneux 687. s S futeur (d. suiv. corr.) 691-694. 78-Sj La Foy n'a plus de lieu, la Piti s'est bannie. En sa place commande Horreur, & Tyrannie (#7 Felonnie) On oit de tous costez les armeures sonner. autre chose tonner (rimes transposes)
: .
1. Allusion aux confrences de Marcq, prs de Calais, o Montmorency avait obtenu la mdiation de l'Angleterre entre la France et l'Espagne. Les plnipotentiaires se sparrent sans rsultat le 7 juin 155 j. Voir Dcrue de Stoutz, Anne de Montmorency, tome IL p. 163 et suiv.
;
Romier. Orig. polit, des guerres de religion, tome I, p. 523 et suiv. Rien de marquant toutefois durant cette campagne d't, o les armes adverses se contentrent de mouvements menaants et de comL.
2.
42
La Fureur
700 Et la
LES
HYMNES
la
&
la
bride,
Fam emplume
un grand
le
allant
Laisse avec
flot
&
parmy
2
l'air
Sous
704
voler,
Desse
vrais
De
&
&
faux,
&
&
la
remplir de maux.
le
Bourguignons
Noblesse,
Avecques
ta
le
premier seras
702. jS-Sj son pemiage voler 703. 71? Mavors qui S4-8J Ce Dieu qui 704-705. 84-87 contraint de la Desse Les langues crier des bruits 708. jS-87 Contre les ennemis 709. 84-8J Enceint de ta Noblesse
j
de
comme,
comme
341. Ces personnifications d'abstractions moyen-ge jusqu' Ovide et Virgile, qui les tenaient eux-mmes des Grecs. Ici c'est Virgile que Ronsard imite, En.,
ci-dessus
au
vers
remontent
travers le
IV, 173 et suiv. VIII, 173 etsuiv. ; IX, 473 et suiv. XII, 331 et suiv. 2. Graphie phontique du mot pennage, et de cette graphie drive panache (v. ci-aprs, H. de Pollux, vers 590, note). 3. Des vastes possessions de Charles le Tmraire, dernier duc de la maison de Bourgogne, Louis XI n'avait pu runir la France que la Picardie et la Duch de Bourgogne ave; Dijon pour capitale. L'autre partie, savoir la Comt, l'Artois, la Flandre, l'Ardennais, le Luxembourg, les Pays-Bas, tait reste la fille unique du Tmraire, Marie de Bourgogne, qui, par son mariage avec l'archiduc d'Autriche M.iximilien. avait rattach ces territoires l'empire d'Allemagne sous le nom de cercle de Bourgogne . Sa petite-fille, Marie d'Autriche, sur de Charles-Quint, fut charge par celui-ci du gouvernement des Pavs-Bas de 1531 1556. Voil pourquoi Ronsard appelle Bourguignons les soldats de Charles-Quint et de sa soeur, recruts dans la partie nord de l'ancien duch de Bourgogne, comme il a dit ci-dessus, au vers 671, qui Charles-Quint conduisait contre nous l'Espagne et la
; ;
Bourgogne.
DE
P.
DE RONSARD
bandes fauceras
',
43
Qui de
712
Tu
menu
716
Des ventz aux moys d'Hyver) tomber du Ciel de gresle Sur la mer, sur les champs, sur les bois pesle-mesle
:
La gresle sus
Fait
la
gresle grandz
terre,
monceaux
se suit,
bruit.
&
demeine un grand
724
L'Empereur & ses gentz, lors tu auras affaire De mes Muses, Prince, & les voudras priser Mieux & plus que jamais, fin d'terniser Toy, & tes coups de masse, & tout ce que ta lance Aura parachev d'une heureuse vaillance.
Si
(Si
728
homme
te
Pour
menant avecques moy mena) Phebus & Calliope, clbrer Roy le plus grand de l'Europe
les
le
labeur est
util,
Quand on
cultive
un champ qui
est gras
&
fertil.
712-713. 78 une horrible tu'rie Des corps de tes haineux 715. syji au moys (j'ai corrig d'aprs 73 et d. suiv.) 711-718. 84-87 suppriment ces huit ve-s 719-722. 78-87 Apres que d'un grand cur (87 qu'heureusement) tu auras sceu desfaire Tes ennemis veincus, lors tu auras affaire De mes Muses, Prince, & les voudras priser, Honorant mon mrite, fin
d'terniser
725. jS Si par quelque bont 84-87 Si d'un cur libral 726. S4S7 Ton Palais me voirra 727. 78 (Ils me suivent tousjours) 84-87 Les maistres des chansons 729. 78-87 Tousjours avecq' l'honneur
|
enfonceras
et disperseras.
Mme
siiis .u\
^4
LES
HYMNES
732
Un Roy, tant soit il grand en terre ou en prouesse, [36] Meurt comme un laboureur sans gloire, s'il ne laisse Quelque renom de luy, & ce renom ne peut
Venir aprs
736
740
Muse ne veut doucement l'invite, Et d'honneste faveur compense son mrite '. Non, je ne suis tout seul, non, tout seul je ne suis, Non, je ne le suis pas, qui par mes uvres puis Donner aux grandz Seigneurs une gloire ternelle o D Autres le peuvent faire, un Bellay, un Jodelle, Un Baf, Pelletier, un Belleau, & Tiard 2 Qui des neuf Surs en don ont reeu le bel art
la
mort,
si la
Le donner
celluy qui
r>
De
744
Mieux que
Il
leurs bastimens,
>
suis
la
demandeur,
:
grandeur
si
basse,
ma
lyre s'enroue,
& mon
pouce
les
se lasse.
humains
la
733. 78-87 Quelque renom de soy 737-744. 84-87 suppriment ces huit vers 84-87 Car desja 747. 78 Peut-estre je t'ennuye 748. 84-87 Puis ja ma voix s'enroue
|
je
t'ennuye
1.
C.--d.
Tliocrite, op. cit., vers 115-120 et fin. 2. Telle est la vraie composition de la Pliade en 1535, et Ronsard a conserv ce passage jusqu'en 1578 inclus. Si l'on rapproche ces vers de YElegie lu Peruse (tome V, p. 259), on verra que G. des Autels fut
remplac en t)5> par Peletier, qui venait de publier son Art potique (le privilge est du 4 mai) et le recueil intitul V Amour des Amours. C'est seulement Cl. Binet qui, dans sa Vie de Ronsard, introduisit le nom de Dort la place de Peletier. Cf. mon dition critique de cette biographie, p. 223.
3.
A
du
Il
Au
Roi place en
tte
4.
en 1555
II et
(v. le
tome VII.
p. 31-32).
entend par
Henri
Charles-Quint.
DE
P.
DE RONSARD
45
Que Dieu
752
leur envoyoit,
les
comme
soc de
la
sa Fille eslee,
fin
que tous
les
ans
le
charrue
les
Eust cultiv
champs,
&
que par
praux
'
Resjouy
756
le
Et
fin
fait
son
uvre en
il
joye,
envoy
celle fin
fin,
Que
764
d'un mauvais
effet
nostre gloire.
,
Escoute donq ma voix, desse Victoire 2 Qui guaris des soudais les plaies, & qui tiens
En ta garde les Roys, les villes & leurs biens Qui portes une robe emprainte de trophes,
768
Qui
as de ton
beau chef
les tresses
estophes
fin que tout le peuple eust fait son uvre en joye, 759-763. 8j Il vaut mieux prier Dieu qu'aux Franois il envoy La victoire, & le chef de nostre Roy guerrier Soit tousjours couronn de palme & de laurier, Et que tant de combats tournent nostre gloire 767-770. Sy supprime ces quatre vers
Diminutif de prs, dont il est ici le synonyme. Cette invocation finale est une adaptation de ces vers de Glaudien (Eloge de Stilichon, III, 205 et suiv.)
1.
2.
Custos imperii virgo, quae sola mederis Yulneribus, nullumque docessentire laborem, Seu tibi Dicteae placuerunt astra Coronae, Seu magis aestivo sedes vicina Leoni, Seu sceptrum sublime Jovis, seu Palladis ambis Aegida, seu fessi mulces suspiria Martis,
Adsis perpetuum Annue, Diva, tui
Latio, votis^ue senatus
:
A6
LES
HYMNES
De palme & de laurier, & qui montres sans peur Aux hommes, comme il faut endurer le labeur
:
Couronne
',
Le trosne
Jupiter,
ou l'armet de
:
Pallas,
Ou
776
le
bouclier de Mars
Favoriser Hexry,
&
&
la
pren sous
ta
garde
2
.
Fix.
sv.iv. corr.)
1. Il s'agit de la constellation appele Couronne d'Ariane, d'aprs e vers du passage de Claudien cit dans la note prcdente. Le texte le 3 des deux potes laisse croire qu'il existe une constellation portant le nom de la Victoire. Il n'en est rien. La Victoire est une desse secondaire qui habite au ciel olympique (confondu ici avec le ciel astronomique) elle en descend et y remonte son gr; aussi est-elle toujours aile sur les monnaies antiques. Quant aux demeures prcisesqu'ils lui ont assigne, elles impliquent toutes une ide de triomphe ou de puissance et correspondent plus ou moins des ralits plastiques la Victoire tient souvent une couronne la main sur les monuments et les monnaies des statues de la Victoire ornaient le trne de Jupiter, d'aprs Pausanias, Eliac, I, 5, 11 une statue de la Victoire avait t place par Phidias sur l'gide et dans la main de sa Pallas; enfin, tandis que Claudien en fait l'pouse ou la matresse de Mars, Ronsard imagine qu'elle figurait sur son bouclier. 2. Le pote italien Annibal Caro avait publi en 1553,611 l'honneur de la France et de la famille royale des Valois, une canzone dont on parVcnite l'omlait beaucoup lorsque Joachim du Bellay arriva Rome bra de gran gigli d'oro, et dont celui-ci le remercia dans une pice latine trs logieuse (Pomata, de laudibus Galliae, ad Ann. Carum). Il est donc trs probable que Ronsard connaissait cette canzone quand il cri; :
YHymne de Henri II ; peut-tre mme s'en est-il inspir pour la comparaison entre les dieux de l'Olympe et la famille royale. En tout cas, le critique italien Castclvetro, dans une polmique fameuse avec Caro, se plut mettre en relief la supriorit de Ronsard (Ragionc d'alil alla cune cose segnate nella canzone di messer A. duo, Venise. 1559) mme jusqu' dire que Caro avait plagi Ronsard, ce qui est manifesteTorquato ment faux, vu les dates de publication des deux pices. Tasso, son tour, les a compares, en constatant plus de tact et de
vit
;
dialogue intitul 77 le pote franais (I dialogbi, tome III Cataneo, vero degli Idoli, qui date de 1585). Cf. G. Maugain. Ronsard en Italie (Paris, Belles-Lettres, 1926), pp. 25, 45 et suiv., 92 et suiv.
mesure chez
DE
P.
DE RONSARD
47
HYMNE DE LA
a
JUSTICE
[38]
'.
Un
moy,
tes
&
Chantera
combatz de
la
nobles Aveux,
Dira de GodefFroy
4 Et la
merveilleuse arme,
la terre
palme conquise en
Idume
si
2
,
Et
les
plain de
mortz
1"
livre),
uvres (Hymnes,
|
1560
Titre. 6j-8j suppr. vers hroques 78-87 suppr. tresillustre rendissime Sy ou plus amy 1. 78-S4 ou plus chery 5. 78-87 l'aventureuse arme 5. 78-87 Et le cours du Jourdain
|
et reve-
1. N en 1525 de Claude I" de Lorraine (premier duc de Guise) et d'Antoinette de Bourbon archevque de Reims en 1538, cardinal <-n 1547, ce personnage fut le principal ministre de Henri II et contribua au prestige de la famille des Guise presque autant que son frre an, le capitaine Franois de Guise et sa sur Marie de Lorraine, mre de Marie Stuart. Cf. J.-J- Guillemin, Le cardinal de Lorraine, son influence politique et religieuse au XVI e s. (Paris, 1847) H. Forncon, Les ducs de Guise et leur poque (Paris, Pion, 1877). Ronsard lui avait dj consacr une courte ode pindarique en 1550 (v. au tome I, p. 79). Outre cette ode et l'hymne de la Justice, il lui adressa plusieurs pices de longue haleine, telles que YEpistre de 1556 Quand un Prince en grandeur..., YHwnne de Charles, cardinal de Lorraine et sa Suite en 1559, le Procs crit en 1561, publi en 1565. D'aprs un passage de cette dernire pice. Ronsard envoya Rome YHymne de la Justice Charles de Lorraine pendant sa mission auprs du pape Paul IV, qui eut lieu du 7 octobre 1555 (dpart de Paris) au 9 janvier 1556 (dpart de Rome). Comme le cardinal n'est arriv Rome que le 21 novembre, nous pouvons affirmer que le recueil des Hymnes n'a pas paru avant ce mois-l. Voir ci-dessus l'Introduction. 2. Adjectif pour Idumenne, calqu sur le latin; dj vu au dernier vers de la Harangue du duc de Guise, au tome V, p. 119. Cf. Virgile. palmas Idnmaeas (Gorg., III, 12).
;
; :
48
LES
le
HYMNES
:
Que
8
Chantera de Damas
Les assaux,
muraille force,
Et de Hierusalem, d'Antioche
&
la prise,
De Tyr,
Et de
12 la
&
Cesare,
&
de Hierosolyme,
Et des peuples subjectz au sceptre de Solyme Apres, en ramenant tes Aveux d'outre mer,
Les
Prs
16
fera,
la
pour
la
armer
enserre,
grande Hesperie
&
Qui d'une grand' montaigne un grand Gant Lequel luy fut jadis par les Dieux envoy Quand il tomba du Ciel -demy foudroy 3.
Puis leur fera planter l'Escusson de Lorraine
20
Sur
le
fameux tombeau de
fut
l'antique Serene*,
le
sceptre puissant
Des Lorrains
Comme
8-10. 78-87 Chantera Cesare, Antioche & Nice, Galile, de Sidon par armes se fist Roy 11. 78 Et de Cypre la belle 84-87 De Rhodes & de Cypre 16. 78-87 O le fardeau d'un mont 21-24. 78-87 suppriment ces quatre vers
j
&
1. C'est l'un des noms de Jrusalem. Mais il semble bien que Ronsard ait voulu dsigner par l Soliman I", fondateur de la dynastie des
Seldjoucides, qui mourut en 1085, avant mme l'arrive des croiss de Godefroy. Il parlait de cette croisade suivant les rcits lgendaires qui tenaient alors lieu d'histoire.
YLrsr.iz.'x (terre du 2. Il s'agit ici de l'Italie, appele par les Grecs Couchant). Cf. Virgile, En., I, 530 et suiv. III, 163 et suiv., et passim. 3. Il s'agit de la Sicile et du mont Etna, sous lequel les anciens croyaient que le gant Encelade ou Typhe tait enterr. 4. C.--d. Naples, qui primitivement s'appelait Parthnop (v. Virgile, passim.), du nom d'une des Sirnes qui se jetrent la mer aprs qu'Ulysse leur eut chapp. Son corps fut roul par les vagues sur les ctes d'Italie: prs de son tombeau s'leva la ville de Parthnop, rebtie plus tard sous le nom de Neapolis. Cf. les tomes V. p. 208, et VII.
;
p. 299.
DE
24
P.
DE RONSARD
49
&
de Provence
'.
Apres
il
chantera
les
magnanimes
faitz
faitz
2
,
Que
28
Donnant de
Si bien
monde exemple,
que
&
contemple,
Lors qu'il
tire
ou
qu'il
Ne
52
Soit pour donner conseil, soit pour donner bataille, Soit pour prendre, ou garder, les fortz d'une muraille.
1. Allusion la conqute du royaume des Deux-Siciles par Charles d'Anjou, frre du roi de France Louis IX, appel ce trne par le pape contre la maison de Souabe. Mais le rapport entre cette conqute et la maison de Lorraine est tout fait fictif Jeanne I", reine de Naples (de la premire maison d'Anjou), tant reste sans enfant, adopta en 1380, pour hritier, le duc Louis I er d'Anjou, frre du roi de France Charles Y, et ce fut le chef de la deuxime maison d'Anjou. C'est seulement au xv* sicle qu'un prince de cette seconde maison, arrire-petit-fils du roi de France Jean II, Ren, devenu duc d'Anjou, comte de Provence et roi virtuel de Naples la mort de son frre aine (1434), pousa Isabelle de Lorraine et devint, par suite de ce mariage, duc de Bar et de Lorraine. En 14.53 il cda la Lorraine son fils an Jean et l'administration du duch de Bar son gendre Ferry, comte de Vaudmont, mari sa fille Yolande. La maison d'Anjou possda le duch de Lorraine jusqu'en 1473. Aprs quoi il passa Ren de Vaudmont, fils de Ferry et d'Yolande, donc petit-fils de Ren d'Anjou par sa mre. Quant au duch d'Anjou et au comt de Provence, ils furent lgus par le bon roi Ren au roi de France Louis XI en 1480, avec les prtentions au trne de Naples. 2. Les frres du cardinal de Lorraine, auxquels Ronsard fait allusion Franois de Guise, son frre an, le ici, sont au nombre de quatre vainqueur de Metz (v. sa Harangue, au tome V, p. 203), de Rentv et de Calais (reprise sur les Anglais en 1558); Claude II de Lorraine, son frre cadet, n en 1526, comte puis duc d'Aumale, colonel gnral de la cavalerie lgre, qui se distingua dans la plupart des campagnes et des siges, de 1551 1358 (cf. P. Courteault, dition de Moulue, tome I, p. 534, n. 6) Franois de Lorraine, n en 1534, gnral des galres, qui com-
Metz (15 52), Renty (1554). Rhodes (1557) Ren de Lorraine, n en 1536, marquis d'Elbeuf, qui prit part l'expdition de Naples en 1556 et devint son tour gnral des galres.
battit
;
Ronsard, VIII.
50
Je
36
LES HYMNES
me
contenteray en cest
tes vertus
L'une de
dessus
:
[40]
&
non plus
car,
les chanter,
grandement
faudrois,
Comme
40 Plus
Si est-ce
&
la
m'eust
fait la
Nature
:
langue
&
la
voix dure
Ny
Qui ne
au jour manifeste,
l,
&
l'autre cette-cy,
chante des-icy
'
La vertu
48
la
plus tienne,
&
qui plus
est
propice
Aux
Princes,
comme
la
Dieu transmist
Quand
le
il
Comme
52
en pch,
les
&
quand
la
le
Vice encore
2
N'avoit franchy
bords de
boette
Pandore
Quand
5,
Et quand
encloses
II
me
sulist, Prlat,
je
si
chantant
je
puis dire
impuissant
faudrois
46. 67-78
Or moy
41-48. 84-87 suppriment ces huit vers 49. 7S-87 Dieu fist naistre 52. 84-87 N'avoit pass 55. 84-87 Ulcrant par sillons
1.
2.
Mis pour le plus. Cf. ci-dessus, p. 18, vers 265. Graphie phontique, comme pour coeffe, cloestres, miroer,
:
soer.
Voir
3.
le
tome VII,
p. 137,
note
4.
le
tome VI,
p.
205, note 2.
DE
Sur
le
P.
DE RONSARb
l'or
'.
5 I
[41]
ne fuiant
la
presse
Des hommes de
Les preschant
jadis, les
assembloit de jour
rue,
ou dans un carrefour,
la
&
priant d'viter
malice,
&
Piti.
La Loy
68
Et le Juge n'avoit sa chaire encor leve Haute dans un Palais, & debout au Parquet
&
sauver
le
coulpable
gens de bien,
&
cur,
2
.
que
3,
la
commenc
Son
trac
&
que
montroit effac,
bloit de jour
60-61. 67-87 au mylieu de la presse, Et en (78-87 le jour) 62. 7S-S7 Au milieu d'une rue 72. 78-87 Geste seule Desse 77. 78-87 au monde eut commenc
assem-
1. Tethys (vraie graphie), fille d'Ouranos (le Ciel) et de Gaea (la Terre), personnifie l'eau dans son principe fcondant. Synonyme ici de la Mer. comme ci-aprs, p. 80, vers 157. 2. Cette peinture de l'ge primitif o les hommes, naturellement justes, n'obissaient qu'aux lois de leur conscience, revient souvent chez Ronsard, d'aprs Hsiode (7'rav. et Jours) et Ovide (Met., I, dbut). J.-J. Rousseau n'a fait que systmatiser cette conception. son chemin sitt qu'elle se fut fray une voie. Cf. 3. C.--d. tome VII, p. 135.
: ;
52
LES HYMNES
premire
aux
hommes
familire,
Comme
&
ne vouloit hanter
se gaster,
la
rue
[42]
hommes
Et seule dans
alla
Car
elle
88 Regrettant des
premiers
la
la vie saincte
&
bonne.
nuict les
ombres amenoit,
&
pleurante venoit
Crier sur
92
le
sommet
le
Pour effroyer
Tousjours
le
peuple,
&
menaant
qu'il
voiroit plus,
'.
96
Il
sait tout,
&
sur tout
il
prend garde,
:
Il
me
chassez
vous pardonnera
car
il
est
dbonnaire,
:
100
Et
comme
les
humains ne
85-88. 84-S7 Hurlante en piteux cris, son visage voila, Et bien loing des Citez es forests s'en vola : Car elle desdaignoit d'estre icy bas suivie Des hommes forliguans de leur premire vie 92. 67-7} les fautes 78-87 texte primitif 94. 71-87 l sus
|
II II
sera courrouc
vous
fera
pardon
84-87
il
est
Dieu dbonnaire
1.
Mis pour
Ce
a
Jours, 220
DE
P.
DE RONSARD
53
De
&
Apres
104
Combien
le
&
pesantes.
Ainsi, toute
Sur
108
peuple
effraoit,
la
cur en
la
poitrine,
:
[43]
Vengeance divine
&
Un
T12
Lors
sicle
s
le
monde,
Et l'Orque
De pressurer au cur des hommes leur venin. Adoncq Fraude & Procs envahirent la terre,
116
&
le
l'homicide Guerre,
Qui
dedans
ses
mains
Des vieux
sicles passez la
concorde premire
&
112. ji-Sy de la fosse 117. 6j-8j entre ses mains 119. Sj Et tranchoit sous l'acier
il
1. L'Enfer (du latin Orcus). Hsiode emploie galement ce mot, mais entend par l une divinit, qui poursuit avec ardeur les jugements ,
iniques
2.
op. cit.,
219.
le ver> 49, Ronsard, bien qu'il s'inspire par endroits d'Hsiode, a paraphras Aratos, Pbuom., vers 96 136,
o le pote grec raconte la lgende de la constellation de la Vierge ou Dik (la Justice), qui, ayant apparu aux hommes de l'ge d'or, leur reprocha vainement leur dpravation et finit par quitter la terre pour le ciel, o elle est situe non loin de la constellation du Bouvier. Voir encore Platon, Rp., V.
54
LES HYMNES
le
Contre
plus,
comme
devant,
le
peuple ne pria,
s'cria
les places
que
les
murs
&
Et
les
ses
menasses.
132
fille de Dieu, tu rends un grand-mercy De t'avoir si long temps couv dessous mes ailles Te nourrissant du laict de mes propres mamelles, Comme mes chers enfans ? Or' je te dys -dieu
Qu' mov,
[44]
Pour la dernire fois, & t'asseure que Dieu Vengera mon dpart d'une horrible tempeste,
156
Que
ja
Tu
Il
champs
tu aiguillonnes,
,
140 Et
la terre le
tu seillonnes
Et que soir
&
matin
labeur de ta main
:
Car en punition de
144
tes fautes
malines,
&
qu'espines
*.
135-134. 7884 Je m'en-volede terre, & je te dis adieu. Adieu peuple cS/Jem'en vole de terre, adieu, meschant, avorton, jet'asseure que Dieu
|
adieu,
Adieu peuple maudit, je t'asseure que Dieu 137-138. y8-8j rimes plantureux... malheureux
140. fi-8j tu sillonnes 142- 45. jS-Sj Nourrisse par sueur...
divises en
Pour
la
punition
1.
C.--d.
tu
sillons.
un
seillon.
rapprocher de la Bible. Gcnhe. ch.'.p. III, 16 19, paroles de Jhovah chassant Adam et Eve du paradis terrestre.
2.
DE
P.
DE RONSARD
te rire
5 5
Pour
148
ta
En
frimatz,
&
en pluye,
&
blanc en
la fleur
de jeunesse,
Comme
De
jouir
faict vicieux,
:
156
longuement de la clart des cieux Si peu que tu vivras, tu vivras en moleste ', Et tousjours une fivre, un caterre, une peste
[45]
Te suyvront,
Car
le
la fois,
la
voix
2
,
A
160
fin
que, sans
mot
dire, ilz te
hapent l'heure
3.
Que
Qui
Indigence
&
la
Famine
les
aussi,
Hostes de
maison,
te
donneront soucy
Tousjours sans
164
te lcher,
filz
&
femmes muables
N'enfanteront des
146. jS-Sj Se changeant en hyver, perdra 155. 07 et d. suiv. par ton faict 158. 84-87 Dieu les faisant muets desrobera leurs voix 162-166. S4S/ Hostes de ton hostel te donneront souci. Tout sera corrompu, les espouses muables N'enfanteront des fils leurs espoux semblables Tout sera dprav, bourgs, villes & maisons Fourvoyantes du traq des premires saisons
:
1. C.--d. en souci, peine, fatigue. Adjectif substantiv de la vieille langue, que Ronsard a employ d'autres fois, notamment ci-aprs dans l'Hymne de Calais, vers 494. V. encore l'd. Blanchemain. III, 385 IV, 236, var. 2. Imit d'Hsiode, op. cit., 102 104 Les maladies arrivent aux hommes naturellement jour et nuit, leur apportant des maux en silence, car le prudent Zeus leur a enlev la voix . Tout le dveloppement qui suit, jusqu'au vers 207, s'inspire encore d'Hsiode. 3. Comparatif pour superlatif, frquent au xvi* sicle, comme au moyen ge cf. ci-dessus YHxmne de Henri II. vers 265.
:
:
LES HYMNES
sera
Tout
Dieu
168
corrompu,
&
&
s'abastardiront.
batailles,
&
De
tes
Et sa foudre perdra
en mer
',
Exerant de sa main
172
flamme courrousse
si
grand
tort laisse.
voulu
me
ny
Dieu ne
pour l'amour de
moy
Ne
176
t'envoiroit jamais
bataille,
ny foudre,
:
il
eust nourry
la
Paix,
Xon
180
&
sans peine
[46]
humaine,
S'endorment
184
t'eust
donn
la
vie
Mort en torment
te
&
en dueil
:
Dans un
angoisseux
169. 84-S7 De tes grandes citez dessous terre abysmer 170. 78-8/ Et la foudre 171-172. 78 sa foudre courrousse... contre raison laisse 176. 78 les citez 171 -178. 84-8' suppriment ces huit vers 179-181. 84-87 Si le peuple m'eust cru, il eust sans nulle peine Heureusement franchi cette carrire humaine. Et fust mort tout ainsi 1S3-187. 84-87 Mais il vivra .. & des biens de la vie... en tourment... luv viendra fermer l'il... qui de son uvre a cure
haut du ciel Zeus leur envoie peste et la famine, et les peuples prissent... D'autres fois il dtruit leurs vastes armes ou les murs de leurs cits, ou il punit leurs navires engloutis dans la mer .
1.
Cf.Hsiode,
op. cit.,
242
mme
247 temps,
:
Du
la
DE
P.
DE RONSARD
57
a cure
Qui
188
hommes
monde
De
les faire
Ou
192
De quoy
Qui
196
me
chrir.
te soulois, ingrat, si
chrement nourrir.
&
Se voilant tout
le
hanche,
2
,
Avec toutes
mondain
Au
200
ciel s'en
&
soudain
',
Comme
on voit quelques
la
En un temps orageux
Qui de peur de Et vistes parmy
l'air
4.
189. ss-jS Pour le monde espier, les vicieux (d. suiv. corr.) 191-192. 8j Et lors un vain regret rongera ta poitrine Et ton deschir d'une mordante espine 197. jS-Sj Avec ses autres surs
cur
1.
Le mot
:
daimons
a ici le
ci-aprs dans l'Hymne des Daimons. Cf. Hsiode, op. cit., 252 Car il y a sur la terre fertile trente mille gnies immortels 255 envoys par Zeus pour surveiller les mortels, observer leurs jugements et leurs mauvaises actions; revtus d'une nue, ils errent partout . 2. C.--d. ce sjour terrestre. V. au tome II, p. 63, vers 5 et ci-aprs, l'pitaphe de L. de Mailly, passim. Alors quittant pour l'Olympe la 3. Cf. Hsiode, op. cit., 197 200 vaste terre, aprs avoir revtu leur beau corps de robes blanches, la Pudeur et Nmsis s'en allrent chez les Immortels, abandonnant les
:
comme
hommes
ainsi
:
tableau de
la
Ovide, de son ct, aprs avoir comme Hsiode prsent un dcadence morale de l'humanit (Met., I, dbut), le termine
Victa jacet Pietas, et virgo caede madentes Ultima caelestum terras Astraea reliquit.
4.
//., II,
Cette comparaison, dj vue au tome III, p. 156, vient d'Homre, 459 et suiv., ou de Virgile, En. X, 264 et suiv.
58
Si tost
LES
HYMNES
[47]
que
la
204
Pre, t'esbahys-tu de
208
quoy
je
suis tramblante,
De quoy j'ay de frayeur la poitrine haletante, Quand l bas grand peine ay-je peu garentir De mort ma pauvre vie, avant que de partir
:
j'estois alle
La rvrence dee
Mais
(Tant
il
ta
grand' Majest,
a,
il
cur
projette
&
ton tonnerre.
entach
De meurtre, de poison,
Est le plus vertueux
220 Et rien
:
&
ilz
pillent, ilz
blasphment,
:
que fraude,
&
noise,
&
mechancetez n'avment
tes
Hz ddaignent
tes loix,
& &
Ny
224
toy,
ny ton
sainct
Nom, ny
ta
temples aussi,
fient,
:
malice se
Qu'en
se
moquant de toy
puissance dfient
203. 6-j-Sj Si tost que dans le ciel Justice fut venue 205-206. /S Du Pre tout puissant 8j-Sj Du Pre tout-puissant, puis d'un cur despit Sans respect de personne a son faict recit 215-216. S/ De l'arracher la foudre, & d'une triple eschellc De montaignes ravir ta demeure ternelle 218. y-Sy De meurtre, de malice 220. 84 Et rien que fraude & guerre Sj Et rien qu'assassinats &; que meurdres ils n'aiment
|
]
pour le discours qui suit, Ronsard s'est encore inspir d'H256 2t-o La Justice, fille de Zeus, est une \ierge auguste et vnre des dieux qui habitent l'Olympe chaque fois qu'un mortel l'offense et la mprise, aussitt, assise auprs de son pre, elle se plaint de la mchancet des hommes .
1.
Ici et
siode, op.
cit.,
DE
Pource,
Et
Et
228
si si
P.
DE RONSARD
te tient,
59
si
jusques au
cur ma
prire te vient,
t'irrites,
[48]
Rens leur
Si
le
A
252
&
la
pour
faire
Que
s'alla seoir la
De son
Terre
&
les
Cieux
'.
irrit
Concile
>,
Logez en divers
lieux vindrent
soudainement
Ceux du
240
Ciel,
le
du haut bout
millieu,
les chaires
ont tenues,
Les marins
&
les
tourbes menues
Des
petits
Plantez de de
tout-debout en un rond
pronona
telz
Une flamme
voquant
le
Pour
les rimes, v.
t.
VII, p.
138.
60
LES
HYMNES
248
Ce qui me meut jadis de verser toute l'onde De la mer sur la terre, & noyer tout le Monde, Ne fut que pour punir les faitz malicieux Que commettent l bas les hommes vicieux,
Lesquelz
si
[49]
252
&
par voix
Pource,
256
je les
nov
et
delach
les brides
De mes pluves du
Par sept jours sur
Ciel
&
la terre,
&
Que
260
commun.
face
D'un autre bien plus juste & plus divine race, Qui s'abstiendroit du mal, de peur de n'encourir Le pareil chastiment du quel je fis mourir
Ses ayeux obstinez, qui m'osrent desplaire
:
264
Mais
il
en
est all,
Dieux
tout au contraire.
forfait
fait
:
En un
premier n'avoit
Pource,
la vie.
S4-87 Ce qui m'esmeut jadis 87 & submerger le Monde 7S-S7 Que commettoient 84 Que jamais endurcis Sj Qu'en leur faulte endurcis changer ne se voulurent 253-254. 7<? Ny me crier 84-87 Ny me crier pardon, bien que par maints sermons Adverti je les eusse en songe & par Dmons 260. 78 D'une autre S4-87 D'une plus innocente, & plus divine race 264. 71-7.J par erreur o Dieu (d. suiv. corr.)
247. 248. 250. 252.
I |
267. 84-87 je
1. Ce discours s'inspire de la Bible, Gense, ch. VI ; partir du vers 279, Ronsard s'est galement souvenu de la Gense, ch. I, 26 et suiv., ou du Psaume VIII. 1. C.--d. afin que. Le conjonctif ainsi isol correspond au latin ut.
:
DE
268
P.
DE RONSARD
6l
petis,
&
que nul ne
me
prie
un
ruray
mon
tonnerre
Pluvant
'
la terre,
Qui vivent sur les champs, par l'air, & dans Pour leur mchancet, & la terre brusle
276
la
mer,
[50]
Ne
sera (je le
sait
280
le
rond de
seul,
mon
pour luv
&
284
Que tous les animaux soubz ses piedz seroient mis, Ceux des champs, & ceux-l qui dedans la mer nouent, Et ceux qui parmy l'air de leurs ailles se jouent Le malheureux sait bien que ma main l'a fait tel
:
Que
Car
288
il
que
le
poinct d'immortel
2
.
quant au
reste, aussi
Tant
je l'ay
couronn de gloire
le
& &
de louange.
J'ay fait
Les Estoilles,
Jour,
la
:
Lune,
car
je
Soleil
clart
Sans
le
secours du jour
ma
271-272. Sj Je ru'ray par trois jours ma cholere attize Pluvant fimes du Ciel sur la terre embrase 274. S4-S7 Qui marchent sur la terre, & nagent dans la mer 281. 71-7} par erreur par luy seul (d. suiv. corr.) 283-284. 78-87 &c tous ceux qui en la mer respirent. Et ceux qui parmy Fairse planent (84 s'allongent 87 s'gayent) & se virent
1.
C.--d.
faisant pleuvoir.
:
2.
C.--d.
que rien ne
lui
manque,
si
ce n*est l'immortalit.
62
Les rayons du Soleil
LES
HYMNES
&
Viennent de
ma
Lumire,
&
non
la
la
mienne d'eux
fruit elle
Pour
296
Car ce
pour
moy que
la
son
amen,
Ny
la
Mer
je
ses poissons, je
ne mange ne boy,
vertu de
Vivant
me
soutiens par
moy,
[51]
recompense
d'invoquer
De mes
&
forcen ne pense
lieu
Que
je
note ses
faitz,
mais en
la teste,
veux perdre,
& &
s'en oze
moquer
Que
son vice
le
me
fche
&
&
que
son Maistre.
Ainsi dit
fier
assembla
2
:
Terre en trembla
Et n'eust
fait
de
la
Terre
&
>,
Sans sa
fille
Clmence,
l'il paisible,
&
doux,
de mettre
Qui
312
ses
genoux luy
baize,
&
t'a
Noms
Nom,
bon
Le
nom
ta
de tresbenin,
Autrement
*.
Je say bien,
tu
deffaire
296. "jS-8-j Ce n'est pour me soler 510. c?7 Qui ses genous embrasse 311. jS-Sj Pre, puis qu'il te plaist Sj reprend de mettre
84 entre
tes
noms admettre
de productions en gnral. Souvenir d'Horace, Carm. III, 1,8 Cuncta supercilio moventis, ou d'Ovide, Met., I, 180. 3. Souvenir d'Ovide, Mit., I, 253. 4. Ce discours est analogue ceux par lesquels Abrah.im et Mose apaisent la colre de Dieu en invoquant sa clmence Gense, ch. XVIII, 23 32 ; Exode, ch. XXXII, 11 14 Xombres, ch. XIV, 11 21.
1.
C.--d.
2.
DE
316
P.
DE RONSARD
faire
63
',
En moins d'un seul clin d'il, que tu le pourras Ce qu'il ne faut, Seigneur, car la destruction
N'est pas sante Dieu, mais gnration
:
Pource,
320
il
grand Monde,
ronde,
que de ton trosne en voyant les humains Prinses 2 quelque plaisir aux uvres de tes mains
fin
ta
Puissance,
[52]
Et seras en mespris,
comme un
le
Dieu d'inconstance,
noyer,
Monde
Si tu destruis le
328
Et
Les
Hymnes
de
ta gloire,
&
ton
nom
si
bnira
?
532
336
Qui Qai dvot chargera tes sainetz autels d'offrandes ? Qui la flamme immortelle aux temples gardera ? Qui d'encens Arabicq' ton trosne enfumera ? Il vaut, certes, trop mieux que tu les espovantes Par songes, par Daimons, par Comtes sanglantes,
lors racontera tes merveilles
'
grandes
Que
les tuer
du tout
Qu'en moins d'un seul clin d'oeil bien tu le pourras faire 315-316. 78-84 Tu peux, si tu le veux, tout ce monde desfaire En moins (84 par erreur Qu'en moins) d'un seul clin d'il tu le pourras bien faire 87 Tu peux, si tu le veux, tout ce monde desfaire. Le voudrais tu plus grand ou plus petit refaire? Aprs ce vers 87 ajoute : De le faire pareil ce ne seroit rien fait. Or de voir ton palais fait, refait & dfait Ce seroit jeu d'enfant, qui bastit au rivage Un cliasteau de sablon, puis destruit son ouvrage. 84-87 texte primitif 317. 78 Mais il ne le faut pas 334. 84-87 encens Sabean 333-336. 84-87 II vaut mieux, Seigneur... par Comtes volantes
316. 71-7)
:
| |
1.
II.,
XV,
562 et suiv,
2. C.-.t-d.
3.
tu prisses.
I,
Souvenir d'Ovide,.Met.,
247
et suiv.
64
Bons ou mauvais,
Si tu frapes leur
340
ilz
LES
HYMNES
cur,
te
voudront entendre,
Car
il
est
humain
mercv
ja
'.
&
tendre,
qu'il soit
endurcy,
sa parolle
&
te crra
&
de
faite l'ire
plus molle,
Quand Themis la devine 2 au bas du trosne alla De Dieu presque appais, auquel ainsi parla. [53] O souverain Seigneur, roy des dieux, & des hommes,
348
352
& par qui tous nous sommes, Qui rgis tout en tout, & n'es regy d'aucun, Qui as (comme il t'a pieu) departy chacun Des le commencement un naturel office, Et un propre mestier pour te faire service, Donnant au puissant Mars la force & le pouvoir, A Phebus la musique, Pallas le savoir,
Par qui tous nous vivons,
356
A moy l'autorit sur toutes Destines, Que ta bouche fatalle a jadis termines
Et que
?,
mesmes
le
Temps ne
dis est
sauroit effacer
chose trescertaine,
que l'homme
les secretz
du Destin,
84-87
II
78-87
Quand Themis
rime du vers 368)
la
une erreur
d'itnpr. Cf. la
ces vers
1.
2.
C.--d. C.--d.
:
te
la
demandera grce
loin
les Sibylles
et pardon. prophtesse (fminin de devin); Ronsard dira plus devines (vers 368), et encore dans l'hymne de Y Her(le
C.--d.
dtermines
simple pour
le
compos, dj vu souvent).
DE
Le
P.
DE RONSARD
fin,
'
65
Monde
364
Embraz de ta flamme il faut que mainte espace De maints sicles futurs aye devant eu place
:
ire,
&
si
veuilles secourir
tost faire
mourir.
2
,
faut
pour
la
illumines
368
De ton
esprit les
Des Prophtes
[54]
Nom
fille
de tous
hommes
le
vice
Attendant
le
retour de ta
Justice,
Longue espace de
Au temps que
376
le
Roys
le
maistre,
Que
les
380
Ce grand Roy chrira un Prince de sa race, Qui d'Honneur, de Vertu, de Savoir, et de Grce, Entre tous les humains n'aura point son pareil,
Et sa bont luira
Il
comme
abort
le
luit le Soleil
aura sur
le
184
Que du premier
Prince
si
congnu
chenu,
jeune d'ans,
&
de meurs
si
362-363. 84-87 Le Monde n'est encor envieilly par sa fin, Il est du tout entier, & faut que mainte espace 364. 8y se roulent en leur place 365-368. 84-87 Avant que le brler, vueilles donq secourir La gent que tu voulois si tost faire mourir. Il faut que les rayons de tes fimes divines Illuminent les curs des Sibylles devines
1.
Ce mot
est
:
2. C.--d.
II,
fminin au xvi e sicle; v. ci-aprs, vers 374. de bonne grce, de bon cur. Cf. ci-dessus Y H. de Henri
vers 59.
Ronsard, VIII.
66
Celuy sera
3S8 Charles,
LES
HYMNES
de Lorraine,
nomm
le Prlat
dedans lequel
ta fille
souveraine
Miraculeusement
tu feras transformer,
Pour
les faietz
vicieux des
humains reformer
Comme
ne sera manifeste
Aux hommes
Ainsi parla
396
Themis en
le Ciel le
parolles profettes,
5]
Qui
Car
&
lieu parfaictes
tost
que
eut du prince
Henry
la
En
Des
la terre
amen
hommes
&
des Dieux,
honneur
& &
que toute
rvrence
France
Pour les nobles vertus desquelles il Dieu print incontinent Justice par
Et luy
404
dit
:
est plain
la
main,
Mon
enfant,
il
ne faut contredire
Aux svres decretz du Destin, qui te tire Une autre fois au monde, il est temps de partir Quand tu seras l-bas, il te faudra vestir Du corps de ce prlat, que Themis, qui prside
408
t'a baill
&
il
luy donna
Une
412
la
main senestre,
la
dextre
galement
les faietz
Des grands
&
des petits,
comme
Equit l'ordonne,
404. jS-Sj par erreur svres secrets (1604 406. 84-87 Quand tu seras au nio; 412. 8j porter en sa dextre 413-416. 6j-Sj guilletnettent ces vers
et d. suiv.
corr.~)
DK
^ 16
P.
DE RONSARD
'.
67
En
La troupe de
420
ses
Surs,
2
.
les
guidant
la
premire
[56]
Nemesis
Ayant
le
pied boiteux
si
&
ne pouvant en
l'air
De
424
ses ailles,
tost
que
Si tost
que
la
Dessus
la
tenue,
Contre un verre
&
le
perce,
&
la
si
point ne
le
fend
>,
Tant
428
Comme
venant du Ciel
en
semblable sorte
s'eslana
coup vivement
Prlat,
:
<Sc
point ne l'offensa,
Comme
432
chose cleste
la
Que
436
tu vins de telz
la
Prince, dont
Tous les Roys, tant soyent grands, de cette terre Ce n'est le tout que d'estre aux armes furieux, Adroit, vaillant, oc fort, fault bien avoir mieux
il
:
Il
440
&
418. 6o-8j n'oublia pas 423. Sj Soudain que la Justice 427-428. Sj Tant sa vive vertu...
Rayon venant du
Ciel
1. C'est la description de Justice, telle que l'a faite Chrysippus (note de Besly). Mais dans ce fragment de Chrysippe, conserv par Aulu-Gelle, A'. A., XIV, chap. 4, on ne retrouve ni bandeau, ni balance,
ni glaive.
2. 3.
C.--d. 4. C.--d.
Souvenir d'Horace, Carm., III, 2, fin pede Poena claudo. et pourtant ne le fend point. ton royaume. Cf. ci-dessus, YH. di Henri II, vers 144.
: :
:
68
LES HYMNES
fin
que
en quit,
Et que ton
ennemy
444
Te recongnoisse autant justicier quitable En paix, comme aux combatz t'a congnu
La nature
a
bois,
&
des loix
voit chose
:
au
monde on ne
Qu'un
tresfidelle
accord ne gouverne
Terre,
&
dispose
La Mer,
le Ciel, la
&
chacun Elment
:
On
452
ne voit que
le Soleil
le
jour devienne
la
nuict brune,
la
Que
ardant se transforme en
Lune,
Ou
le
Ciel en la Mer,
la
L'Air devenir
fait telle ordonnance en l'Ame de ce Monde, Qui ne se change point, & ne se changera, Tant que le Ciel vot la Terre logera Et pource, du nom Grec ce grand Monde s'appelle
:
',
&
belle
feit
immortelz
les espritz
Comme
Que
464
&
Nous
le Ciel ny que la Terre il ayme, donn ses loix de sa propre main mesme. Mose 2 premirement aprist les loix de Dieu, Pour les graver au cur du populaire Hebrieu,
445. 84-87 La Nature concde 448. 84-87 Qu'un accord arrest 458. 84-Sj les astres logera
1. Le nom grec est XOOlAOSj que les Latins ont traduit par mundus, qui aie mme sens bien ordonn, lgant, harmonieux. Cf. ci-aprs Y H. du Ciel, vers 59.
:
2.
Ici
ce
nom
n'a
DE
P.
DE RONSARD
69
[58]
46S
472
Minos a des Cretois les villes gouvernes Des loix que Jupiter luy avoit ordonnes, Solon par celles-l que Pallas luy donna Rgit l'Athnien, Lycurgue gouverna Par celles d'Apollon la ville de Lacene Et bref, des loix de Dieu toute la terre est
'
:
pleine.
Car Jupiter,
Pallas,
Apollon, sont
les
noms
comprendre,
voit
Que
Pour
le seul
entendre.
&
regist,
gist,
Ne nous
480 Si
a rien
la
grand que
on ne sauroit sans
elle
&
tousjours nostre
cur
En tramblant fremiroit d'une douteuse peur Qu'on ne pillast noz biens, ou que bien tost
Car sans
elle le
ravie
:
Comme
Un
488
un navire en mer, qui en poupe n'auroit pour ses voyes conduire Car cela de quoy sert un pillote au navire, La Loy sert aux Citez & au peuple qui est
pillote ruz,
:
Inconstant en pense,
&
469. 84-87 Et Solon par les loix 47 r. 60-Sy Apollon 479-485. /8-8y Ne nous concde rien aprs l'ame immortelle Si sainct que la Justice : on ne sauroit sans elle Vivre en paix ou en guerre, & tousjours nostre cur En tremblant fremiroit d'une douteuse peur Qu'on ne pillast noz biens, ou que tost nostre vie Par glaive ou par poison ne nous fust accourcie Sans Justice le peuple effrenment vivroit 488. j8-8j Cela que sert en mer
:
ainsi
le
Lacdmone, prenant
d'une
ville.
l'adjectif
T.acaena
nom
Mme
confusion
qu'au
70
Il
LES HYMNES
auroit aujourdhuy
une opinion
folle,
492
& comme
un vent
&
Sans
496 Et,
la
maugr leur
bon chemin
les
guide,
vicieux,
Ne
homme
fait
Et que
Elle
le
que le Roy sur le peuple a puissance, peuple serf luy rend obissance,
a
nous
montr
comme comme
il
fault
il
adorer
fault
honorer
&
quelle rvrence
504
On
Dieu, qui
toujours en soucy
:
508
Ceux qui ayment Justice, & qui la font aussi De ceux le bien est ferme, & comme une planette De tous costez reluit la vie belle & nette, Et tousjours en honneur fleurissent leurs enfans, Et ne meurent jamais qu'assoupis de vieux ans. Mais ce Dieu toutpuissant jamais son cur n'apaise
Contre celluy qui
fait la
512
Justice mauvaise,
Il
Qui par argent la vend, & qui corrompt, malin, Le bon droict de la vefve, ou du pauvre orphelin
luy garde tousjours une dure vengence
[60]
516
Qui lente pas--pas tallonne son offense, Luy envoyant At desse de Mechef ',
492. 60-Sj Le lendemain 508. 60-7^ leur vie 78-8J leur conscience nette
|
514. 1604
517.
e! d.
suiv.
&du
pauvre
les
guillemets
}}-j8
fille
par erreur
Ath
1.
At,
Homre
qui
et
Hsiode; diviles
l'esprit d'erreur
mne
hommes
DE
P.
DE RONSARD
son chef
le le
:
yi
fer carbouille
Palais s'assiet
pour
refuge
bon Juge
Pour
Et
le
le
recompenser selon
fin
faux Juge,
si
Doncque, Roy,
Il
tu
524
te faut
craindre Dieu
le
Dieu, Justice
&
la
Loy,
vit
Son ennemy
le craint,
&
s'il
lev
la
une arme,
2
528
&
le
Fam emplume
&
peuple en tout
de sa teste
requeste
:
lieu,
Apres
qu'il sera
&
le
Roy
ta
En
l'abaissant
un peu accorda
Et lors
le sicle d'or
en France retourna,
Qui
536
Faisant fleurir
Soubz Henry, dont le bras quitable & robuste Trancha par ton moyen la teste, avec ses loix, Du Procs, qui estoit le Monstre des Franois.
Je te salue, saincte
&
divine Justice,
[61]
84-S7 le tiendra comme 78-87 Abaissant les sourds 537-538. 84-87 Trencha par ton moyen avec ses sainctes Lois La teste du Procs, vieil monstre des Franois
|
Dieu leur envoie comme chtiment de XIX, 90 et suiv., discours d'AgamemQuant au mot non reconnaissant ses torts l'gard d'Achille. mchef , il signifie malheur; l'anglais l'a conserv dans mischief. 1. Depuis le vers 505 ce passage paraphrase Hsiode, op. cit., 225 245.
2.
II,
72
540 Et toy,
LES
HYMNES
sa pollice
le
:
Puissent toujours
mes
vers,
maugr
Aux
544
sicles aparoistre
&
doctes
&
plaisans,
Pour leur montrer combien ce me fut douce peine De clbrer l'honneur du Prlat de Lorraine '.
Fis.
&
reverendissime
odet
Cardinal de Chastillon \
Vers hroques.
Je veux,
mon
Mecenas,
des Grecz,
te bastir,
la
l'exemple
Des Romains
Sur
4
&
le
la rive
ditions
et
le
le texte
princeps.
1.
l'ode
et
Gandar a analys cet hymne et l'a rapproch, non ?ans raison, de A M. de i'Hospital, dans sa thse sur Ronsard imitateur de Pindare
d'Homre, p. III. V. ci-dessus la ddicace gnrale des Hymnes. 1 de Montargis dans le 3. La seigneurie de Chastillon-sur-Loing (arr Loiret) fut acquise par la maison des Coligny, qui prit le nom de Chas2.
tillon.
DE
L, d'un
P.
DE RONSARD
73
vu
Je veux fonder
Chommable
8
&
pendre
le
le laurier,
premier
lustre
vainqueur
(comme au
Olympique)
'
2
.
Tout
12
le
Temple
sera basty de
marbre blanc,
[63]
escrit
&
leurs
noms,
&
les
noms ennemys
Des chevaliers qu'en guerre mort ilz auront mis. A part, vers la main dextre, appuy sur sa lance
Ton
20
s,
&
tellement
le traict
De
sa face
pierre
5.
14.
60-7? au mylieu (et milieu) $)-6o par erreur au piedz (d. suiv. corr.)
et
Les jeux Olympiques se clbraient tous les quatre ans Olympie duraient cinq jours. Les vainqueurs taient rcompenss le cinquime jour et recevaient une couronne d'olivier leurs noms taient gravs sur des tables de marbre. Cf. la 2 ode A Madame Marguerite, au tome IIF,
1.
;
p. 108.
2.
Malgr
cette allusion
que
3.
l'ide de ce
temple
et
aux jeux Olympiques, il est trs probable de cette fte a t inspire Ronsard par Vir-
C.--d.
:
4. C.--d.
lons.
aux
Gaspard de Coligny n en 1470, mort en 1522, se distingua de Fornoue (1495) et d'Agnadel (1509), reut le bton de marchal en 1516, fut plac en 1521 la tte des troupes franaises qui
batailles
v Ce
opraient sur l'Escaut et l'anne suivante la tte de celles qui devaient envahir ia Biscaye. Il pousa en 15 14 Louise de Montmorency, sur du futur conntable.
7-|
LES
le
HYMNES
l
Dans
24
meillieu du
Que Mars est equipp, quand il arenge en armes Du long bout de sa pique un peuple de gendarmes.
Ou
25
quand
les
il
pousse -bas
les
murs d'une
irrit,
cit,
Contre
citoyens justement
Ou Ou
52
fait justice,
sacrifice.
comme un
Dieu,
Du temple
Ayant le glaive nud, tir pour l'asseurance Des bons, & pour punir des vicieux l'offence.
Tout
56
non pas les petits car qui voudroit dduire 2 Tous ses faitz un--un, on n'y pourrait suffire. Et le Temple, occup de ses faietz d'armes seuls,
Et
:
nepveuz
3.
dedans Mezieres,
44
Compagnon de Bavard, & tout cela qu'il feit, Quand le grand Roy Franois les Sousses defeit
23. 32.
4.
29. 60-j 3
mylieu (et milieu)... Montmoiencv aux pauvres 60-j} le mylieu (et milieu)
60-j]
le
1. Sur ce personnage qui fut conntable de France sous quatre rois (Franois I er Henri II, Franois II et Charles IX), v. l'ouvrage de Dcrue de Stoutz, dj signal au tome III, p. 28. numrer, passer en revue (sens du latin deducere). 2. C.--d. 3. Rimes phontiques; on prononait seus (comme je me deus, pour
,
:
je
4.
me deuls). A la bataille
v.
de Marignan (15 15). Quant l'exploit de Mez'res, premier, il date en ralit de 1521. Pour la graphie ci-dessus VHxmne de Henri II, vers 279 et note.
le
DE
L,
les
P.
DE RONSARD
75
Seront peintz,
camps d'Attigny, & de Valenciennes & les murs de Rethune, & d'A vannes
',
48
Ceux de Mont, & d'Aras, lesquclz il a cent fois Epouvantez d'effroy, lieutenant de noz Rovs.
L, sera peint aussi
le
O
52
Tuez,
qu'
un
seul
la
il
Retourner raconter
mort de ses amis. Dessus l'autre pillier, vivement imprime Se verra d'Avignon la furieuse arme
Dont
56
il
fut
conducteur, avec
tel
jugement
le reste
2
.
Et sans perdre
les siens
meit en fuitte
et
de peste
&
[65]
Et luy
Qu'on ne le dira feint, mais chose vritable. Le Rhosne d'autre part dedans ses eaux couch,
64
Lchant
la
dextre mise
grise,
d. suiv. texte primitif
Au menton
hriss d'une
Artigny
moustache
|
PR
1609
et
Rimes phontiques on prononait Valencianes. 1536 que Montmorency, dont l'arme resta retranche dans le camp d'As'ignon, dtruisit par la famine celle de Charles-Quint entreen Provence. Cet exploit le tit comparer Fabius Cunctator,dont il rappelait la prudence et, comme dit plus loin Ronsard, la sage-vaillance ( le mot sagement , plac la rime du vers 56, domine tout le passage). Le pote avait pris part lui-mme cette campagne comme page du dauphin Franois et, aprs la mort de celui-ci Tournon, comme page de Charles d'Orlans, 3" fils de Franois I"; peine g de douze ans, il avait eu l'imagination vivement frappe par ces vnements qu'il a encore relats en 1574 dans le Tombeau de Marguerite de
1.
C'est Avesnes.
2.
C'est en
France. 3. C.--d.
j6
LES HYMNES
la
senestre
main
',
une grand' fonteine au meillieu de son sein, Chantera sa loenge, accordant sous les ondes
A l'hymne
Qui feront
72
triomphal
des
Nymphes vagabondes,
semer
ses vertus de de l
Aux
en ce monde, ny rive
victoire n'arrive.
&
l'honneur
Que
sa vertu reeut,
quand
il
fut de
Grand-maistre
dextre
Erig Connestable,
&
qu'il eut
en
la
80
Le sainct glaive royal, honneur qui ne se faict Qu' celuy qui par preuve aux armes est parfaict Comme est Mommorency, dont la sage-vaillance A chass plusieurs fois les ennemis de France.
Sur
les autres pilliers se
>,
verront engravez
[66]
84
Les magnanimes
faictz
couronne
i. Cf. la statue reprsentant le dieu du Tibre dedans ses eaux couch , dcouverte Rome au xiv e sicle, actuellement au Muse de Louvre. s'accordant, s'harmonisant avec l'hymne triomphal. 2. C.--d. 3. Le Grand Matre de France tait le premier officier de la couronne, le surintendant du roi en ses palais, l'introducteur des princes et des ambassadeurs; il portait pour insigne un bton virole d'or. Montmorencv le fut de 1526 a 1538. Le Conntable commandait les armes, tait inamovible et avait une juridiction fort tendue, militaire et civile l'insigne de sa puissance tait une pe poigne d'or, maille de fleurs de lis; au sacre du roi, il se tenait sa droite, cette pe nue la main.
:
DE
Sur
le
P.
DE RONSARD
dont
le
77
chef de
Henry
',
renom fieuronne
nompareil,
Sur tous
88
les autres
Roys,
comme Roy
Pour croire de ton oncle au combat le conseil, Qui le fera bien tost (s'il l'a toujours pour guide)
Vaincre
le
monde
le
mettray
portraict de toy
mon
,
Mecenas,
fais
Mon
Du
honneur,
mon
support
qui
que
la
lumire
&
plus chre.
un chappeau rougissant
Sur
De mainte
100
>
La Vrit,
Et toutes
la
Foy, l'Esprance
&
sa
l'Amour
*,
les
Que
104
Saturne
au
monde
demeure
le
>.
front
& de Cirrhe le mont, & les sacrez rivages De Pimple, & de Parnasse, & les divins bocages D'Ascre, & de Libetrie, & de Heme le val
De Pinde,
&
d'Helicon,
89.
s'il
1. Henri II ayant succd Franois I er au mois d'avril 1 ^47, ce passage permet d'affirmer que le Temple des Cbastillons fut compos aprs avril 1555. 2. Souvenir d'Horace, Carm., I, 1, dbut Maecenas... O et praesidium et dulce decus meum. 3. Tous les insignes du cardinalat. qu'Odet de Coligny avait obtenu en 1533, dix-huit ans. 4. L'Amour est ici synonyme de Charit, qui est la vertu thologale par excellence, avec la Foi et l'Esprance. Cf. saint Paul, 1" Epitre aux Corinthiens, sur.
:
dans l'ge d'or. Autant de lieux consacrs aux Muses en Grce et au nord de la Grce Cirrha en Phocide les antres Thespiens en Botie, au pied de
5.
C.--d.
6.
78
ioS
LES
HYMNES
neuf Muses
le bal
! :
tics
[67]
Les Muses y seront elles-mesmes empraintes Que ta Vertu garda, lors qu'ell' estoient contraintes
Quand
plus on
les
la
main,
de leur promettre
(O
En
116 Je
nouvelle bont
paisible repos,
!)
quelque
fois
de
les
mettre
2
.
pour
je
les faire
chanter
contenter
te doit
veux
faire portraire
4
,
Sus un Terme
120 Et le front,
mesme
port,
Mer
eut en sort.
Je
le
De
124
Traneront sous
joug,
&
Glauque
>
qui fera
il
Semblant de
Il
bien paint
sera
tiendra dans
ji 110. 6o-6j par erreur qu'elles/ qu'elles 124. 60-J3 par erreur tout bien paint il sera d. suiv. texte primitif
|
7^ qu'ell's
|
(et
y sera)
PR
1609
et
Pimpla, en Pirie, sur les confins de la Macdoine et de la Ascra, en Botie Libctlira. fontaine de Botie, au pkd de mont Hmus au nord de la Thrace. Apollon Musagte, que Ronsard appelle guide-dance au dbut
; ;
le
des Folaslries (tome V, p. s)2. Ainsi donc Ronsard avait reu du cardinal Odet la promesse dune prbende qui le mit l'abri du besoin et lui permit d'crire loisir l'pope de la Brandade, laquelle il fait allusion ici, en se souvenant du vers de Properce, H, 34, 66 Nescio quid majus nascitur Iliade.
:
sur un pilier (v. ci-aprs le vers 137). de Coligny, le plus clbre des Cliastillons par le rle qu'il joua la tte des Huguenots aprs 1560. Cf. Jules Delaborde, G. de Coligny, amiral de France (Paris, Sandoz, 1SS1, 3 vol. in-8). Ronsard lui ddia en 1556 Y Hymne de Pollux et Castor, dplora sa captivit aprs la dfaite de Saint-Quentin mais ce fut tout. 5. Sur ce dieu marin, v. l'ode de 1550, Complainte de Glauce Scylle,
3.
C.--d.
4.
Gaspard
II
au tome
II, p.
57.
DE
Dedans
Il
P.
DE RONSARD
:
79
la
128
Et de l'autre
semblant de
faire
armer
Noz escadrons
Soit
Il
aura sur
132
Et sur le morion un panache lev, Qui pur ondes joura le long de son chine, Et dessus le panache il aura peint un cygne,
Tel qu'on
le voit errer
doux
Mandriens
'.
Au sommet du pillier, au meillieu d'une Pour trophe pendra mainte navire prise,
Maint corcelet
140
captif,
frize
maintz dards,
&
maints escuz
Es
Apres tout--1'entour de
S'elevera
le
la
mesme colonne
de Boulongne
2
,
camp,
&
les fortz
commencer encor
petit crespe d'or,
frizer
Valleureux, chassera
Angloises cohortes
Le voant
ja
&
sa
pique homicide,
De
la
mesme
PR 1609 et d. suiv. texte primitif 136. 67-7^ Passant 137. 60-73 mylieu (et milieu) 140. JT-J] des vaincus
|
1. Le Mandre, fleuve de Phrygie, tait clbre par ses cygnes autant que par les sinuosits de son cours. 2. Rimes phontiques, ainsi qu'au vers 134. On prononait Bou-
lonne, et cyne.
80
152
LES
HYMNES
De
Et d'our
Ainsi les
156
[69]
'.
De
Thetis,
&
campaigne
camp d'Allemaigne,
Rodemarc, Mommedy, Danvillier. Hedin, Yvoy, Dinant 2 o il fut le premier Des soudars l'assaut, prodigue de sa vie,
,
&
effect
combien
il
a d'envie
De servir nostre Roy, & luy faire savoir Qu'un plus vaillant que luy la France ne peut
Apres, de
la
voir.
grand Mer,
&
&
des
Surs Nrides,
D'Inon
168
3,
&
Tout au sommet de
157. $5-67 par erreur leurs corps chargera (d. suiv. corr.) 161. 67-J3 Des soldats (id. au vers iSj)
ColiThetis est une faussegraphie pour Tethys, c.--d. la mer. armes en Flandre et en Artois, o il fut part qu'il prit grivement bless. Cette description pique concerne la la dfense de Boulogne contre les Anglais, qui, d'ailleurs, restrent les matres del place (1543-44). Il avait galement pris part en Italie au sige de Carignan et la bataille de Cerisoles (avril 1544). Il avait t nomm en 1547 colonel gnral de l'infanterie, ce qui le plaait dans la hirarchie militaire tout de suite aprs les marchaux. 2. Pour ces villes, o nos troupes furent aux prises avec celles de Charles-Quint en 1552, v. l'ode Au Roi, de 1555, au tome VII, p. 31, et Chimetz =. Chimay, ci-dessus Y H. de Henry II, vers 629 et suiv. Hesdin, en Flandre. dans le Hainaut; Hedin 3. Ino, femme du roi botien Athamas, s'tait jete la mer avec son et tous deux fils Mlicerte pour chapper aux fureurs de son mari Ino, sous le nom de Leucothe, Mlidevinrent divinits de la mer certe, sous le nom de Palmon, tous deux favorables aux navigateurs. Cf. Ovide, Met., IV, 511 et suiv.
1.
gnv
DE
P.
DE RONSARD
8l
Et que
172
la
Renomme pandue
en tous lieux
'.
Avecque
portraiture
De ton
176
Frre second
le
Couvrira tout
Pour
Bien
le
Dieux de
mon Temple,
mis
[70]
en imitant l'exemple
Ciel, qui se veirent bien
Hercule
fut-il
Senty de ce tyran
Et toy, qui
les
outrageuses loix
la bataille
soudars
guides,
3
Coligny,
nomm
Brsil,
une colonie au
juillet
2.
grand amiral en 1552, avait entrepris de fonder o il avait envoy Durand de Villegagnon en
1555. Franois de Coligny, seigneur d'Andelot, tait le plus jeune des trois frres. N en 1521, il s'tait distingu Cerisoles, puis en Ecosse au service de Marie de Lorraine, mre de Marie Stuait. Tomb aux mains des Impriaux lors du sige de Parme, en juillet IS)I, il avait t emmen en captivit Milan, quoi Ronsard fait allusion ici. Il ne recouvra sa libert qu'au mois de juin 1556, et c'est seulement alors qu'il prit possession de la charge de colonel gnral de l'infanterie, dont son frre Gaspard se dmit en sa faveur (d'aprs une obligeante communication de M. Marc Sache, archiviste du Maine-et-Loire, auteur d'une tude sur ce personnage). D'Andelot se distingua ensuite la dfense de Saint-Quentin (1557) et a ^ a prise de Calais (1558). Mais accu? d'hrsie par Franois de Guise, il perdit sa charge et fut incarcr Melun. Dlivr la mort de Henri II (juillet 1 559), il figura dans le camp protestant pendant la guerre civile, Dreux, Orlans, Jarnac, et mourut Saintes en 1 56g, probablement empoisonn. Il en est question encore ci-aprs dans la Prire la Fortune et V Epitaphe de Loyse de Mailly. j. thus et Ephialte, gants, fils de Neptune et d'Iphimdie (femme d'Alous, d'o leur nom d'Alodes). Ils escaladrent l'Olympe et gardrent Mars prisonnier pendant treize mois. Virgile les a placs dans le Tartare, En., VI, 582. Mais Ronsard s'est souvenu ici de Claudien, De bello Get., vers 68 et suiv. Ronsact. VIII. 6
82
LES HYMNES
Est
le
Et toutefois aprs
captive misre,
Tu
192
fus
nomm
puny du
te
des Dieux
&
des
hommes
le
Pre,
Et seul tenant
la
Tu
as
humains,
',
&
Junon
196
secondant,
ta
Sur
&
ton espouse.
compagnons
la
les
Dieux.
mon
Mmoire,
A
200
fin
les
cours s'entresuyvants
Ne
maison estime
Vive, maugr
le
204
208
2i2
tant aym les nombreuses douceurs Dont Phbus Apollon anime les neuf Surs. [71] Et moy, leur grand Pote, au sainct jour de leur feste, Avant de verd laurier toute enceinte la teste, Plant sur un genouil aux marches de l'autel, Je feray resonner leur renom immortel Aux nerfz les mieux parlans de ma cythare courbe Ensemble de la voix je prescheray la tourbe, Epandue -1'entour, d'ensuyvre la Vertu, Et que par autre point les Chastilloxs n'ont eu Tiltres d'honneurs divins, que pour avoir suyvie L'honorable Vertu, tout le temps de leur vie, Comme Hercule jadis, qui, pour suyvre 2 en tout lieu
Pour avoir
20S.
nom
PR
1609
et d. suii. texte
primitif
1.
2.
C.--d.
Cuncta supercilio n.oventis. Souvenir d'Horace, Carin., III, i, 8 pour avoir suivi, parce qu'il suivit.
: :
DE
216
P.
DE RONSARD
83
d'homme se feit un Dieu. Temple, imitant les Antiques. Je feray sacrifice aux Espritz Olympiques, Aux Hers le second, & le troisime honneur
L'honneur
et la vertu, le
Apres, dedans
22u Sera
du
sacrifice Jupiter
le seul
sauveur
si
'.
Lors moy,
Je feray
autheur d'un
le
divin office,
dignement
premier
sacrifice,
Environn du peuple,
224
tes nobles
Ayeux,
assiz au
Puis aux Hers, qui sont tes deux Frres qui vivent,
les
Mon
Que
252
[72]
Veut sauver de
Coneut,
dent de ceste
le Ciel
Stvx contre
prement
je
&
la
nomma
l'horrible Pauvret
Dieux
faites
ne rencontre
Auprs de
ma maison
cest effroiable
monstre
>
ceux qui
me voudront du
mal.
1. Sur ces sacrifices, v. Fustel de C, Cit antique, passim, et Decharme, Mytbol. de la Gr.,p. 33 et466 et suiv. Les efprits olympiques sont les mes des aeux qui sont au ciel les hros sont les demi-Jieux Jupiter sauveur , c'est le Zeus Scter, qui dtourne les maux dont les hommes sont menacs. Ainsi le 2. Souvenir de Virgile, Eu., VI, 276 turpis Egestas. Conntable avait galement promis d'appuver Ronsard auprs du roi pour l'obtention d'une prbende ou d'une pension qui le mt l'abri du besoin. Mais dans un sonnet qui date de janvier i>s6. L'an est pass et ja Vautre commence, le pote se plaignit son Jupiter sauveur que cette promesse n'et pas t suivie d'excution (voir notre tene VII,
; ;
:
p. 298).
3.
Rimes approximatives,
montre.
84
Or'
je
LES
vois
HYMNES
commencer maintenant
vous
faire
Un
240
sacrifice
Non
Ou
le
Tuez en hcatombe
Des ores,
ains
vous
esprit
sacrifie
vous tous,
mon
& ma
vie,
244
Mes Muses & ma plume, & si jure les eaux De Pimple & de Pgase, & les Tertres jumeaux De Parnasse sacr, choses non perjurables A ceux qui les Surs se monstrent favorables,
Qu'ingrat
je
ne seray par
le
temps appereu
2
:
248
Du
bien
&
Et sans
me
les
loenges,
Non
252
les
nepveux,
la
trame de
cruelle
ma
vie,
Ou
256
soit qu'elle
&
ses
Surs d'une
fil
main
>,
Tranchent bien
tost le
de
mon
mestier humain
ma
pense
6
.
De
l'oncle
&
commence
et ainsi je jure par ks eaux (latinisme). consista ce bien ? C'est probablement la cure-baronnie Maine (cf. L. Froger, Ronsard ecclsiastique, p. n et 12). Quant l'honneur, on peut penser que c'est le titre de potedu Roi , que. Ronsard obtint en 1554, ou bien la fleur d'glantine qui lui fut adjuge cette mme anne par les mainteneurs des Jeux floraux de Toulouse et fut suivie en 1555 du don d'une Minerve en argent, peut-tre sur la recommandation du cardinal Odet, alors archevque de Toulouse.
1.
C.--d.
2.
En quoi
d'vaill, au
3.
C.-
d.
:
dans
le
les
pays trangers.
fabri-
4.
5.
C.--d.
Prendre
mes offrandes, ou mes tableaux votifs. mot mestier au sens technique de machine
les
DE
P.
DE RONSARD
85
HYMNE DE LA PHILOSOPHIE.
a tresillustre et reverendissime
[7
j]
Cardinal de Chastillon
Vers communs
Si quelquefois Cleio
>
1
.
2
.
m'a dcouvert
Son cabinet, peu de gens ouvert, Pour y choisir un prsent d'excellence, Prsent, qui fust la digne recompense D'avoir servy la troupe de ses Surs
Depuis huict ans, par cent mille labeurs
:
ditions Les Hymnes, r s 5 uvres (Hymnes, 2' livre), 1560 Rdit part en 1582 par J. Febvrier, avec un 1587 et d. suiv. commentaire de Pantalon Thevenin.
=>
Titre
et
suppriment Vers
com-
mutas
78-87
1-2. 78-87 Si couvert (84-87 fait ouvrir) sou cabinet sacr 6. 78-87 Depuis vingt ans
Odet de Colligny, Cardinal de Chastillon. Calliope autrefois de bon gr (84-87 son gr) M'a des-
vit les trois Chastillons dans le camp des huguenots. Non seulement ne leur adressa plus aucun vers, mais il supprima tout ou partie de certaines pices qu'il leur avait adresses avant 1560. Il eut mme un mot horrible l'gard de l'amiral Coligny, assassin la Saint-Barthlmy (dans l'Hymne des Estoilles). 1. Il s'agit encore d'Odet de Coligny, cardinal de Chastillon, frre de l'amiral (v. la pice prcdente et la ddicace des Hymnes). 2. Ronsard qualifie ainsi les vers dcasyllabiques, par opposition aux vers alexandrins, qu'il appelle hroques . $. Pour cette graphie, calque sur le grec, v. l'ode A la Muse Cleion, au tome I, p. 219. Exceptionnellement ce nom n'est pas francis ici. Dans la variante, Calliope remplace Clio comme la premire des Muses, la Philosophie tant la Science par excellence, ou plutt celle
il il
De
4.
Cela nous reporte l'anne 1547, o Ronsard commena en effet son travail acharn sur les livres anciens sous la discipline de Dort et publia sa premire ode dans le recueil des uvres potiques de J. Peletier(v. le
tome
I,
p. 3).
86
C'est maintenant
8
LES HYMNES
que
je
Le
retirer,
la
pour en
faire
coffre
grandeur d'ODET,
si
qui
Rien prsenter,
le
De bonne
12
estoffe,
&
de valeur semblable
:
la
Aussi ne veux-je
grandeur
:
Un don
16
l ,
Orn du
Sur tous
loz de
la
Philosophie,
les
bons espritz
le
[75]
avoir
premier prix,
D'autant que
20
c'est la science
premire
2.
De
Elle,
estoit
ny
emprisonne,
yeux,
Ame
les
l'a
mene,
Ame
8.
9.
71-78 un' belle offre 84-87 texte primitif 78-8/ A mon Odet, Prlat qui ne faut 12. 7S-S7 A la vertu qui le rend admirable 3- 14. 67-S7 tel seigneur Un don qui soit (7S-87 orn) de mdiocre 1
|
honneur
la
78 Comme prsent de la Philosophie 84-87 L'hymne sacr de Philosophie 24. J/-75 par erreur la mene (d. suiv. corr.)
16.
|
dont les Envieux mmes reconnaissent l'excellence. Ronsard entend par les arts la fois les lettres et les sciences, comme les Latins par les mots artes bonne, ingenuae, librtes. Au xvi e sicle la philosophie tait considre comme la synthse des connaissances. Aussi va -t-il passer en revue, parmi ses domaines, la mtaphysique et la dmonologie (par o elle touche la thologie), la cos1.
C.--d.
2.
mologie, la physique, l'ocanographie, la gographie, la lgislation, la morale; il v rattachera mme la mdecine, laposie, l'astrologie, lamagie.
DE
P.
DE RONSARD
87
28
Vaguant par tout, & sans estre lasse Tout l'Univers discourt en sa pense,
'
s'aler
2
.
Osant de Dieu
Leur hirarchie
la
nature esper
Anges
les essences,
&
&
36
Que les Daimons, le sige & les estats^, Et comme Dieu, par eux nous admonneste, Et comme promptz ilz portent la requeste
29-30. /S-Sj Et seule osant des Astres s'allier, Veut du grand Dieu nature espier 32. 67-87 La Hirarchie 33. 78 Et des Daimons 33-36. S4-87 suppriment ces quatre vers et raccordent ainsi le vers 32 au vers 17 toutes les puissances De ces Dmons qui habitent le lieu
la
:
(latin
diseur rit).
Cf.
ci-aprs
2. Tout cecy est imit, voire traduit du livre du Monde, chap. I, de quelque auteur que soit ce livre (note de Richelet). C'est le trait du pseudo-Aristote, paraphras par Apule. Voici la traduction du passage correspondant d'Apule (prologue, lignes 9 et suiv.) Les hommes rduits leur corps (corpore) ne pouvaient pas parcourir le monde et ses mystres, et c'est seulement de leur terrestre sjour qu'ils apercevaient les rgions suprieures. M.iis ayant trouv dans la philosophie un guide et s'tant imprgns de ses dcouvertes, ils osrent voyager en esprit (animo) travers les espaces clestes, par ces routes qu'une exploration pntrante et la rflexion seule leur avaient rvles. V encore Ovide. Met., XV, vers 62 et suiv., propos de Pythagore, et Boce, Consol. in
:
Philos.
3.
Elle varie suivant les religions et la thosophie. Le christianisme l'Assistante, la Dirigeante et la Ralisante, :
trois
;
churs:
la
seconde
Puissances;
la
troisime les
premire les Sraphins, les Dominations, les Principauts Vertus, les Archanges et les Anges
la
les
(d'aprs saint
4.
cleste, chap. 2). Les hros sont ici les mes dsincarnes des morts, assimiles aux demi-dieux parce qu'elles tiennent la lois de la nature humaine et de la nature divine, tandis que les daimons sont des divinits qui participent moins la nature humaine (d'o leur rang suprieur). Mme sens dans Rabelais, IV, chap. 26 et suiv., et ci-aprs, Hymne de la Mort, vers 300. Cf. les l'ers dors de Pythagore, dbut, et le commentaire d'Hirocls (dition Mario Meunier).
88
LES
HYMNES
De l'homme au Ciel, eux habitans le lieu De l'air, qui est des hommes & de Dieu
Egual-distant
40
',
& comme
bons
Car
&
les
mauvais
2
,
[76]
&
leurs effeetz,
&
Pour
les fcher,
Et pourquoy
c'est qu'ilz
De
48
la
matire,
le
&
couhards,
&
poureux,
3,
Craignant
tiennent serrez
4,
41. 7S-S4 Seule elle sait 46. J8-S4 & couards & peureux 41-48. 8/ supprime ces huit vers 49. 8j Comme une voix les peut rendre enserrez
1. Cf. le sonnet de 1552 Ails dmons qui tenez de la terre Et du haut ciel justement le milieu (tome IV, p. 34), et ci-aprs l'hymne des Daimcns. 2. C'est Xnocrate, disciple de Platon, qui le premier rpartit les dmons en deux classes, les bons et les mauvais cf. l'hymne des Dai:
DE
P.
DE RONSARD
89
Ou
par
le
bruit d'un
magique murmure,
'.
(Tant
ilz
Non
56
seulement
entend
les
pratiques
2
,
Et
les
comprend
grand
:
Tout
Et
60
comme
on voit
la
sorcire
importune
la
Lune,
Lune ou
le Soleil
nom pareil,
Mais tout
64
le
Comme
Donc,
68
un
jouet,
les
mains
bon
D'un Jupiter
les
menaces
les
Dieux
Ne
le
de mesme. Ainsi nostre Autheur, auquel il n'eschappe rien de savant, n'oublie pas ces anneaux sorciers qui se portoient, et que Pline appelle digitis Deos geslare. 1. D'esprits divins qu'ils estoient avant leur cheute, ou bien eu esgard leur nature premire , ils se rendent nos serviteurs comme estant subjects aux passions ainsi que nous (note de Richelet, qui renvoie saint Augustin. Cit de Dieu, livre XII). 2. Les plantes, ainsi appeles d'un mot grec qui signifie astres errants et que les latins ont traduit par errantia sidra; cette dnomination n'implique pas que leur cours soit irrgulier ou capricieux, mais les oppose simplement aux toiles dites fixes. Ronsard entend par pratiques et vertus de? plantes leurs volutions et leurs influences propres. Les philosophes se servaient d'une sphre cleste pour enseigner 3. Le l'astronomie (v. Lucien, qui s'en moque, Icarominippe, 6). miracle grand consiste voir tout le ciel, comprendre toute la science sidrale l'aide de ce petit globe cf. Claudien, Epigr. xvin, In sphaeram Archimedis.
90
Tirassent
72
ilz
LES
HYMNES
'
Le bout pendant de
cheine ferre,
Tous de
Mais
76
sa
cheine au Ciel
les tirera
2
.
les effors
les
d'une
telle
science
Tire
Dieux,
&
la
mesme
puissance
De
Jupiter,
& comme
tous charmez
Dedans du bois
80
les dtient
enfermez
+.
84
76-78. 71-87 corrigent Tire en Tirent mais gardent en sous-entendant le sujet elle
le
singulier dtient
1.
suspendu,
autres dieux). Cette chane, dit Richclet, n'est rien autre chose que l'ordre, la raison et la suitte des causes et choses cres, qui dpend de la puissance et volont de Dieu ; et il renvoie Aristote, interprte de cette fiction d'Homre, Du mouveinent des animaux, chap. 4 et saint Augustin, Cit de Dieu, livre V. la puissance mme, ou mme la puissance. 3. C.--d. la philosophie, comme si les dieux taient tous charms 4. C.--d. par elle, les tient enferms dans la sphre en bois mentionne ci-dessus (au vers 64). A noter les verbes tire et dtient au singulier, bien que leur sujet soit au pluriel; c'est une varit de syllepse (voir la variante). Quant au mot charm\, il fait allusion aux charmes des sorciers, qui prescrivent et limitent aux Daimous certain espace de lieu qu'ils n'osent outrepasser (Richelet). 5. La lune est mousse, c'est--dire mousse, entre le premier quartier et la pleine lune et entre la pleine lune et le dernier quartier, alors qu'elle est entre ronde et demi-ronde. 6. Au moment de son clipse. En ralit le soleil ne perd pas sa couleur; c'est sa lumire seulement qui est obscurcie, tant intercepte par la lune.
:
:
Ce mythe d'une chane de fer, se trouve dans Homre, rsum ici le discours de Jupiter aux
2.
DE
P.
DE RONSARD
ou lumire ou chaleur,
le
91
Que
A
88
seu
comment
les
tout
le
firmament dance,
la
Et
comme Dieu
seu
guide
cadance,
[78]
92
Qui vont danant de droit, ou de travers, Ceux qui vont tost au son de l'harmonie, Ceux qui vont tard aprs leur compagnie ',
Comme
Qui
96
mornes
&
lens
2
.
Elle congnoist
comme
se faict la gresle,
Comme
se faict la neige,
&
la
niele,
sait
Comme
100
sous nous
le
tremblement
se faict
3.
&
les
orages,
Et d'o se font en
l'air
vains
*,
97. /J-75 Ses tourbillons (d. suiv. corr.) 101. S4-XJ Troublans nos coeurs d'espouvantemeus vains
1. Sur l'harmonie des sphres, v. Platon, Rp., X (songe d'Er de Pamphylie) Cicron, Rp., VI, 12-13 (pisode du songe de Scipion); Pline, Hist. mit., II, 3 Apule, trait du Monde. Ronsard en parle souvent (v. p.ir ex. l'Ode de la Paix, au tome III, p. 6, et ci-aprs V Hymne du Ciel, vers 40 et suiv.). 2. La plante Saturne tait alors la plus lointaine qui eut t dcouverte. Ronsard assimile par fiction cette plante au dieu pre de Jupiter. Or, si le dieu Saturne est le plus vieux des dieux, la plante du mme nom n'est pas de plus ancienne cration que les autres, et n'a pas un mouvement moins rapide; elle est seulement plus loigne que les autres et met par suite plus de temps parfaire sa rvolution autour du soleil. Cf. Snque, Quaest. nat ., VII, ch. 29. Unde tremor terris... Quant Iznielle, 3. Cf. Virgile, Gorg., II, 479 qui est la rouille des bls, on est un peu surpris que Ronsard la men;
;
tionne
4. nat., I,
ici.
C'est ce que
1,
fin),
comtes,
les
toiles
filantes
et
autres
leur donna de l'assurance, les rassura contre leurs vaines terreurs. C'est ce que fit Lucrce en maints endroits de son pome.
:
mtores. 3. C.--d.
92
LES
HYMNES
Pour
Fuir
les
apprendre
congnoistre
lt
r
.
bien,
le vice,
&
ne douter de rien
Du
2
,
&
?,
Rhadamante,
Leur
sort, leur
cruche
la
Elle congnoist
Roue,
& &
Vautours,
[79]
Et du Rocher
les tours
&
les
retours
Chien
trois testes,
Et
les
Fureurs
>,
&
|
les horribles
Bestes
sance
106. 8y Les asseurer ne douter de rien 112. 67 S4 Le Sort, la Cruche, la (84 leur) sort, leur urne (texte de fantaisie)
&
&
Loy
violente
Bl.
Leur
111-125. 8j supprime ces quinze vers, les remplace par ce distique Pour dlivrer de frayeur et de crainte Nos curs gennez d'une frivole feinte, et raccorde ainsi avec h vers 126 : Puis de l bas revolant icy haut Pleine d'ardeur, sans qui l'art rien ne vaut
:
1. Cf. Aristote, Mtores, livre I, et Cicron, Tuscul., livres II et Y. Cette revue des question-; qui sont du domaine de la philosophie a sembl Richelet imite de Claudien, Pangyr. de Mallius, 100 112
:
elementa dcces, semperque fluentis Materiae causas, quae vis ammaverit astra, Impuleritque choros, quo vivat machina motu Sidra cur septem rtro nit.intur in ortus Obluctata polo, etc.
...
et
C.--d.
noms
au
sort, et l'urne
II, 3,
tirage.
fin, et III, I,
Cf. le
prsente dition, p. 12S et 197. 4. Allusion aux supplices d'Ixion, de Tityos et de Sisyphe. 5. Le chien Cerbre et les Furies.
II
tome
de
la
DE
Qui
P.
DE RONSARD
:
93
&
Phlegeton,
prises
Styx,
120
&
Charon,
&
les
des
Ames
&
tourmenta souffers
Que gravement
124
les
bons de
dfaut
'.
vie,
128
Baille des
noms aux
Du
vieil
Prothe
&
Le naturel recongnoist des poissons, Des beaux Dauphins, des Thyns & des Murnes,
5
132
les
eaux Tyrrenes,
Des
136
flotz sals
sondant
le
plus profond.
& Neptune,
Lune
[80]
mer
saisons
& Murnes
133. S4 en grandes troupes vont 133. jS les Tritons de Neptune 84 3c Triton & Neptune 131-138. Sj supprime ces huit icrs et raccorde ainsi avec le vers 139 ; Elle cognoUt ces haleines qui ventent, Et pourquoy c'est que la mer ils
tourmentent
330, 417 et suiv. (description de des Champs Elysens). 2. Prote, dieu marin, charg de garder les troupeaux monstrueux de Neptune et d'Amphitrite. Il avait le don de prophtiser et de changer de forme volont quand on l'interrogeait sur l'avenir. Cf. Homre, Od. IV, 584 et suiv. Virgile. Gorg., IV, 387 et suiv. 3. C.-A-d. des thons, comme l'indique la variante. La forme thyns
1.
Cf.
273
du Tartare
et
vient
du grec
Oj'/vo
on
la
94
LES HYMNES
&
tormentent,
ancien
le sicle
Nomma
1^4
jadis le vielliard
2
,
Ocan
Pre de tout
&
non-seulement pre,
Mais nourricier,
&
5
donnant
ce grand
comme mre
Tout ne
prist fin
:
ses enfans la
mamelle,
cell' fin
Que
Car
148
sans
il
humeur
Et
les
Battent
hommes,
fin qu'il
&
les roys,
les bois.
Et d'avantage,
152
Monde
enclose,
La terre arpente
*
5
&
du rivage ardent,
De
156
Et de
haleines qui
voir variante
8-j
142-143. S4
Nomma
Nomma
vieillard le
le pre & vieillard Ocan Germe de tout bon pre Ocan Germe de tout
Sj
145-146. 84-87
A
|
mamelles,
fin
Que
Tout ne prenne
147.
fin
S4-S7
les
&
les
Rois
1.
2.
de
la
C.--d.: les poques des grandes mares. Pour Homre. l'Ocan est le pre des sources et de toutes les eaux terre (//., XXI, 195), et pour le philosophe Thaes, l'eau est le prin-
cipe gnrateur de toutes choses. Cf. Aristote, Mtapb., livre I. 3. C.--d. : priv d'eau (sens du latin bumor) ; cf. ci-aprs YHxmne des Astres, 226 et suiv. elle mesure la terre par arpents. 4. C.--d.
:
5.
tudes
latitudes,
et
DE
Il
P.
DE RONSARD
9)
Qu'en un papier elle n'ait limit ', Et, sans que l'homme avecques danger erre Vingt ou trente ans, ne luy monstre la terre 2 D'un seul regard ceux qui touchent noz bords, Et ceux qui froidz sont cartez du corps
:
[81]
De
nostre
monde
5,
qui dfrichent
L'Isle,
o
se
les bledz
D'espics crests,
&
Void,
couchant,
&
Pour
Et
les rgir
par Justice,
&
par Loix
les bois,
o
si
le
peuple sauvage
Vivoit jadis,
Qu'entre
les bois
trouv dans
les citez
159. 84-S7 en cent navires erre 165. 78-84 Et l'Amrique, & ceux que le Soleil 163-166. 87 6c la gent blanche & noire Et tout cela que la fableuse histoire De l'Amrique escrit de nostre tems, De l'Espagnol les trsors
plus contens 169. 84-87 par statuts & par lois 84-87 sans trouver davantage 172. 78-87 Vivoit de glan 173-177. S4-87 transforment ainsi ce passage f>ar' insertion de quatre vers Qu'entre les bois au milieu des citez Moins de justice & plus d'iniquitez Et si la Loy pdagogue du vice N'eust fait rgner Thcmis & sa (87 la) justice, Que Jupiter au pouvoir indont Prs de son throne
|
le distance qui spare le Sud du Nord, l'Est de l'Ouest (rivage ardent Sud; Ourse borale == le Nord). 1. C.--d. en une carte de gographie. que la terre 11 n'y a bois, mont, fleuve ni cit. 2. Comprendre ne lui montre ; autrement la ngation ne s'expliquerait pas.
: : . .
Les Lapons et les Esquimaux. Les habitants de l'Amrique, ainsi que l'indique la variante. Quant l'le qui produit du bl deux fois l'an, ce doit tre la Sicile, grata domus Cereri (Ovide, Fastes, 111, 421).
3.
4.
96
LES HYMNES
Plus de pchez par faute d'equitez, Et de statuz faire
la
Justice
176
Pour vivre en
paix,
2
loing de meurdre,
?
&
',
de vice
'.
Que
diray plus
43
le
Le mdecin
180
&
De son timon
Et
le
charmeur
voulu trouver
184
Tout art, fin de le faire prouver, Pour ne souffrir qu'un trop engourdy somme, Sans faire rien, rouillast le cur de l'homme. Apres avoir d'un jugement divers
[82]
En
assied sou cost. Que diray plus ? tressainte & tresgrande Fille du Ciel, dont la vertu commande A tous mestiers, le Pote te doit 17). j8 polissant la Justice 178. 67-^7 & le Nocher qui voit 181. j8-8y Bref toute en tout 84-8/ tu as voulu trouver 185. JI-7S par erreur du jugement {ce vers et les cent trente-sept qui suivent sont supprims partir de 84 ; voir ci-aprs)
|
1.
hommes
se fussent unis
en socits
que dans les bois, et s'ils n'esqui leur montrassent ce qui estoit juste ou ce qui
2. Tout ce qui suit est comme une imitation abbrge de l'oraison d'Aristide Minerve (Richelet). Il s'agit de l'Hymne Athcna, compos parle rhteur grec .Elius Aristide. 3. Non seulement parce que lespremiers potes furent des philosophes, mais surtout parce que les potes voilent sous leurs fictions les vrits d'ordre moral. 4. La mdecine suppose en effet la connaissance de toutes les Sciences naturelles et se rattache par l la philosophie ; en outre le mdecin doit tre un excellent psychologue. marin-timonier, parce qu'il doit connatre l'astronomie, le 5. Le Les estoilles glissantes traduisent rgime des mers et des vents. labenlia signa de Lucrce : cf. Y Ode de la Paix, vers 60 (tome III, p. 6). 6. Le magicien ou sorcier (qu'il appelle plus haut l'enchanteur ), parce que la Magie appartient encore la philosophie, en tant qu'elle est naturelle et sait les abus et les oprations des Daimons
(Richelet.
DE
P.
DE RONSARD
fait
97
Et clairement aux
hommes
entendre
Ce qu'ilz pouvoient, sans estre Dieux, comprendre, Pour mieux se faire, avec peine, chercher,
S'alla loger sur le
'.
Dans une
Car
le
plaine, est
&
droit,
&
estroit,
2
,
Tout
Et
le
chardon,
&
la
ronce sortve
les halliers
&
mordans,
Qui
Au
bas du Roc est un creux prcipice Qui faict horreur l'homme plain de vice Qui veut monter avant qu'estre purg
De son pch, dont il estoit charg. Tout au plus haut, cette Roche dserte
Est d'amaranthe,
D'illetz, de lyz,
Herbes
&
fleurs
Jamais l'orage
&
En
s'eclattant,
ne luy noircist
.)
1. Tout le dveloppement qui suit sur la demeure de la Philosophie, devenue soudain la Vertu, correspond l'enseignement traditionnel de la scolastique. Rabelais avait pris le contrepied de cet enseignement en son Quart livre, chap. 57. De son cot Montaigne a crit dans son essai sur l'Institution des enfants Elle (1a philosophie) a pour son but la
:
dit l'eschole, plante la tte d'un mont coup, rabotteux et inaccessible. . Ronsard, mri par l'exprience, pensa sans doute plus tard comme eux, et c'est la raison probable qui lui fit supprimer en l)8j toute la fin de l'hymne jusqu'au vers 522. Mais en 1^63 il admettait encore le roc de la Vertu (hymne de l'Hyver, prologue). Cf. H. Franchet, le Pote et son uvre d'aprs Ronsard (thse de Paris, 1923), p. 103 et suiv. 2. C.--d. l'ortie s'y hrisse, s'v couvre d'asprits.
comme
Ronsard, VIII.
98
Mais
le Soleil
LES
HYMNES
[83]
Y
212
faict
germer
boutons du Printemps.
L, sur le Roc cette Philosophie Pour tout jamais son palais difie A murs d'erain, loing des ennuiz mondains,
hommes
sont plains,
la
Qui,
216
comme
la
fange,
&
Raison,
la
porte,
De verd Laurier, pour le digne loyer De qui se veut aux Vertuz emploer '.
L, sans repos,
224
la
Vrit travaille.
bataille
Et,
Contre Ignorance,
&
contre Vanit,
Contre Paresse,
Et
228
moyen de monter
bas du Roc,
les flotz
sur la
Roche
2
.
An
un long peuple
se suit bruit,
Comme
Qui de
232
la teste
[84]
1. C'est ce passage de l'hymne de Ronsard que du Bellay a fait allusion au sonnet 3 de ses Regrets, tercet final. Il vient d'Hsiode, Travaux et Jours, 289 etsuiv. Ronsard avait dj dit dans le Bocage de 1554, en s'inspirant des mmes vers
la
Sueur devant
la
Vertu mise.
oubli d'indiquer cette source au tome VI, p. 120. 2. Ces personnifications d'abstractions sont un hritage du moyen ge, en mme temps que de l'antiquit grco -latine. V. mon Ronsard
pote lyrique, p.
409
et suiv.
DE
P.
DE RONSARD
99
voisins d'approcher
:
Du De
haut
la
sommet
est preste
D'Ambicions, d'Envie,
&
de
Plaisirs,
De Voluptez,
&
de mondains Dsirs,
',
Dans un torrent
car, certes,
ne faut
O
Qui
la
mondaine
ainsi
que
tu as faict,
t'es
rendu parfaict
Pour
mys au
D'un il constant
les
longues passions
Du mauvais
De son
Il
peuple,
:
&
les
conditions
estt
Que
&
de tourment
[85]
I. Noter le verbe au pluriel, se rapportant aux complments dterminatifs d'un sujet au singulier. Syllepse frquente chez Ronsard.
100
Qu'esse
260
le
LES HYMNES
Et les
pommons
Du grand Vautour?
Qui
264
fait
&
qu'esse
Rocher
Sur Phlegias?
Et de Tantal'
&
la
la
Roue meurdriere
soif en la rivire?
Si
non
le
De
nostre cur,
& qui
de jour
Comme
Ou
un Vautour l'egratigne
268
Entre
Roys
je
Ou
pour
le
272
Entre
peuple,
as
&
d'estre
nomm
Maistre
Tu
276
as
gaign
ta piti
le
haut de
la
Montaigne,
Vertu,
D'o
trac
Vertu convoy.
[86]
Homme
284
Sa face au Temple o
Vertu demeure,
toute heure
Que
combas
260. 71-/8 Et les poumons 269. 60-78 par un mauvais bon heur (et bon-heur) 265-272. 67-jS suppriment les guillemets
Depuis le vers 252, ce passage s'inspire directement de Lucrce, 7 et suiv.; III, 966 et suiv. 2. Ronsard s'adresse au cardinal de Chastillon, auquel cet hymne est ddi.
1.
II,
DE
Contre
Estre
le
P.
DE RONSARD
101
tromp de
Toy,
mon
Prlat, qui
as l'intelligence
De
la
Vrit chercher
',
toutefois dbonnaire,
la triste
si
misre
car
quelcun accourt
la
A ton Tu le
secours, au prochaz de
reois d'une
Court
2
,
main favorable,
>,
tes talions tu
ne
le
pends un an
sa
est
oportune,
4
:
Tu
fais savoir
aux Princes
Fortune
lieu
C'est
[87]
Aym du
&
de Dieu,
302. S5'7i
1.
t'
.)
Accort avis, rus. Cf. ci-aprs l'hymne des Daimons, vers 26. C.--d. pour te demander secours, dans la chasse aux faveurs de la Cour; tournure dj vue ci-dessus, p. 20, vers 309. Et l'empche de tomber dans la misre. L'emploi del 3. C.--d. ngation aprs dfendre est une tournure grco-latine. son triste sort. Ronsard avait ainsi senti la protection du 4. C.--d. cardinal de Chastillon ds 1554 (v. le tome VII, p. 91, note 1). A rapprocher l'ode Mais d'o vient cela, mon Odel, qui est de peu postrieure
2.
: :
:
YH\mnc
del Philosophie
(ibit!.. p.
303 et suiv.).
102
LES HYMNES
arrest,
&
le
d'yeux,
&
de courage
:
Se va noyant dans
Ainsi que
fait
mondain naufrage
316
Quelque navire, il se resjouist d'aise, Non, pour autant que la vague mauvaise
La
fait prir,
qu'il est
' :
Loing du danger, qui de la nef est prest Ainsi voyant de la Roche plus haute
520
sa faute
Tu
t'esjois, d'autant
que tu
n'es pas
-bas.
Quiconque
soit cettuy-l
qui se
fie
En
tes
&
content,
comme
Que
de nul mal
la
Vertu ne s'offence
Fin.
3 13-322. 7S remplace ces dix vers par ces deux : Tout enyvr de l'humaine poison, Comme perclus de sens & de raison 185-322. 84-87 suppriment ces cent trente-huit vers et les remplacent par un simple distique : 84 Mais l'levant par esprit jusqu'aux Cieux, Le fais repaistre la table des Dieux 87 Qui par toy seul (sic) attach dans les Cieux, Boit du Nectar la table des Dieux 67-78 le sage qui se fie 324.
|
323-324. S4-S7 Ton nom prudent qui rsolu se fie 328. 87 Que la vertu seule
soit
saint
sainte Philosophie,
L'homme
est sa
recompense
|
78-87 guillemets
Comparaison emprunte Lucrce, II, dbut. C.--d. : n'est lse, ni mme touche par aucun malheur. Cf. le portrait du sage stocien dans Horace, Carm., III, 3, dbut. Au reste la variante de ce vers rsume la morale stocienne.
1.
2.
DE
P.
DE RONSARD
ICV
PRIERE A LA FORTUNE.
a tkesillustre et reverendiss1me
[88]
Cardinal de Chastillon
Vers communs
J'ay
2
.
1
.
faict
un vu
De ne
que
je
j'ay leu,
lire,
Ny
4
doy
Sinon
ma Lyre
Comme
Si vostre
nom
je
ne luy
fais
sonner.
Au nom d'un autre, elle jamais n'accorde A mes chansons, & semble en la pinant Qu'en me grondant elle m'aille tenant Mais aussi tost que vostre nom j'entonne,
:
12
Sans
la
forcer d'elle
mesme
le
sonne,
tenu
Car
elle sait
combien
je suis
A
16
mon
esprance
pour
France
publray
j'escriray
[89]
De mieux-en-mieux
tousjours
je
Supprim en 1578.
1609
Rimprim
uvres (Hymnes,
dans
le
retranches de
Hymnes
retranchs.
communs
1. V. ci-dessus, ddicace des Hymnes, Temple des Chastillons et de la Philosophie, dbut et fin. 2. V. ci-dessus, Hymne de la Philosophie, note 1.
Hymne
104
LES
HYMNES
le
En
20
rendre admirable
que
j'ay
reeu de vous
'
Et
24
si
ma
D'un autre
nom
annonoit
les
loenges
2
:
Sinon du vostre,
De
28
vostre frre,
Pour mouvoir
les
les
Princes,
:
Mcne
&
En
leurs pais,
comme
les
vous
le
m'estes,
Et pour mouvoir
potes aussi
d'avoir en soucy
A
56
n'estre ingratz,
la
&
ilz
Tousjours
gloire,
&
les
vertuz louables
De ceux auxquelz
D'une faveur
seront redevables,
Contre-eschangeant
la libralit
l'immortalit. les
Muses
je
jure
De ne
pallir
jamais de
telle injure
[90J
Que Que
44
mon
labeur
banny de
mon
pays)
esprit
7;
et
PR
(et
1.
Ronsard en prend
2. le
l'aise
il
la
ver-
n'a jamais
chang ce
des
2.
Daimons, vers
Y. ci-dessus
ci
117
et
suiv., et
DE
P.
DE RONSARD
IO5
Le souvenir de vostre nom escrit '. Mais ce pendant, Monseigneur, que j'amuse
48
vous louer
la
fureur
de
ma Muse,
le
Qui ne
nom,
>.
Le Temps
52
s'enfuit, le
fois des
Temps
il
qu'on ne r'attrappe
Quand une
mains
nous chappe
assaux
Un
De
56
Je chanteray
guerre,
& les
vostre frre,
&
il
de quelle prudence
:
Vostre oncle
&
Mais maintenant
fredonner,
60
Qui vous pourrait par sa longueur dplaire, Vous ennuyant, ce que je ne veux faire, Car vous avez quoy passer le temps
D'autres plus grands,
&
meilleurs passe-temps
Que
64
cestuy-cy, puis
je fais
conscience
[91]
Las
qu'il
me
fche,
&
De
68
Mon
Comme
est
Fortune, en qui ne
4
5
fut,
ny
n'est
:
ny en
le Temple des Chastillons, p. 84. note finale. sens platonicien d'enthousiasme. Cf. l'ode A M. de l Hospilal. 3. Souvenir de Virgile, Gorg., III, 284. 4. Elle est :.veugle; aussi la reprsentait-on avec un bandeau sur les veux.
1.
V. ci-dessus
2.
Au
106
Mais toutefois
72
il
LES
faut
HYMNES
que
je la
chante
prsente.
Car
c'est le
but de
ma chanson
Entre
mains
les
hommes &
leurs biens,
les
2
,
Dessus
76
les
la
Et sur
armes,
un
roy,
fais
un maistre d'escole,
le
haut du ple,
vas foulant
84
Mais tout d'un sens, royne de l'Univers, Qui seule es bonne & mauvaise nomme,
88
Seule haye,
&
seule reclame,
[92]
Seule invoque,
&
&
bout
De
92
&
sa misre
monde
accomplis,
Escoute moy, du
96
monde
l'Emperiere
prire,
>,
ma
Arreste toy,
&
1.
Ad Fortunam
(I,
35), surtout
le
pour marquer
pourvues de rames. On trouvera plus loin avec 2. C.--d. sens les siges rames (Hymne de Calais, vers 48). 3. Vieux mot pour la souveraine, l'impratrice.
mme
DE
P.
DE RONSARD
IO7
De quelque
ville,
la belle le
Astre
',
Discord,
Et pour
la vie 2 ilz ont choisy la mort Dedans leurs curs, avant bien peu de crainte
108
De Jesuchrist,
&
de sa Loy tressainte,
Du
112
les
mains
>,
&
en concorde,
[93]
Loing de
Et puis
la
guerre,
&
de toute discorde,
durement
:
Jusque
116
fuir tout
admonnestement
Si ne faut-il qu'en
chacune Province
Le peuple
laisse prier
faire
&
ses Princes
aux champs,
&
de glaives tranchans,
Tous
eclattans en flamboyantes
la
armes
*,
Sinon prier
ce vers
1.
Desse de
C.--d.
:
la Justice.
Cf. ci-dessus
la paix, la
Hymne
2.
3.
la place
de
Tournure grco-latine
Ces vers doivent dater
(la
la
4.
108
Faire vainqueur
LES HYMNES
un Roy quand
elle veut,
:
Voire,
128
&
n'eust-il
Rendre vaincu, d'autant qu'elle a pouvoir Dessus un camp, plus que n'a le savoir,
Ny
ip
la
vertu
tesmoing en
est l'histoire
la victoire
il
De
ce grand
les
Roy
qui perdit
Contre
eust mis
'
:
Un camp
136
&
seule favorise
2
.
nostre Roy,
&
son entreprise
sa Majest
[94]
Premirement, garde
Si
140
Tu
Car
bien, tu en as congnoissance
c'est ce
les
Roy
Quand
144
Rhin,
De
sa
Te congnoissant
148
tenir la part
du Roy
5.
De
sa vertu,
comme
Du En
1.
Rond
qu'chauffe
le Soleil
la flotte
grecque
Salamine.
2.
Tournure
:
que tu tais du ct du roi Henri. 3. C.--d. Allusion cette parole que l'on prte Charles-Quint aprs son cliec devant Metz la Fortune tant femme, prfre les jeunes aux vieux , que Ronsard a ainsi rendu dans une variante de la Harangue du duc de Guise, tome Y, p. 216
: :
latine
Et que Fortune
par raison
Un
jeune
Roy
DE
P.
DE RONSARD
IO9
Tant
156
ilz ont faict d'actes preux de leurs mains Garde en aprs ce preux seigneur de Guise Dont la vertu par armes s'est aquise Le nom d'Hers, & du rampart Franois,
'.
Mais
160
si
la
prouesse
[95]
De
corps,
la
campagne Troyenne,
-
On
Doivent passer
Et que
D'autant qu'Achille
168
le faict
&
son
faict n'est
que
>.
fable,
de Guise
est vritable
mesprisant
Faict
guerre.
&
conseil
pareil,
ny n'aura son
s8.
1. 11 s'agit non pas des enfants de Henri II, qui taient alors trop jeunes, mais de ses cousins loigns, tels qu'Antoine de Bourbon et Louis
de Cond.
2.
C'tait plutt
une
lance,
que
le
le
mont Pelion
3.
11
et avait otlerte
centaure Chiron avait coupe sur Pele, pre d'Achille, le jour de ses
le
noces.
s'agit de
p.
Franois de Guise,
il
hros de
la
dfense de Metz
(v. le
tome V.
en
155.1.
203);
une large
part la victoire de
Renty
10
Bien que
la
LES
HYMNES
vant Palamede,
Grce
ait
176
&
Diomede,
Curiens,
:
Et
les
Romains
les vaillantz
Leurs Scipions,
D'autant qu'un
&
surpasse
basse
:
tonnerre assaut
Qu'un
184
mort assomme
homme
[96]
Garde
Q_ue
188
le
perte de luy
Quand de
leurs murs Hector ils aperceurent Qui sanglotoit (estendu sur le bord De Simos) aux longz traictz de la mort,
la
lance d'Achille
Un
pleur se
fist
la Ville,
O, sans
Sur
196
la
Pour
Qui conseilloit, & des mains achevoit Tout ce que dict au conseil il avoit, Ayant autant au combat de vaillance,
200
Comme
au conseil
il
avoit de prudence
188. j S
il
1. Cf. Homre, //., XXII. L'antithse de la fin est frquente chez Ronsard; elle lui venait de Pindare (v. les odes pindatiques au tome 1); on la trouve notamment ci-dessus, Hymne de Henri H, vers 63, 444, 453 et suiv., et ci-aprs, vers 282.
DE
L'autre rampart,
P.
DE RONSARD
l'autre bastillon
I I I
&
sa charge,
Ainois gardez,
comme
dessous
la
targe
Du grand Ajax les Grecz estoient gardez, Quand par Hector les feux Troyens dardez
(Qui
208
petilloient par
le
Bruloient au port
Je dy les naus,
Grce,
[97]
&
les
Gregois dedans,
5.
Mortz de fume,
212
&
le
de braziers ardans
cest
Amiral de France
geste de sa lance,
regist les
&
de toute
Province,
+.
Non,
du jourd'huy
Que
224
Long temps y
que
sa vaillante dextre
toy
s'est faicte
Devant Boullongne, o
203-204. 55-67 par erreur la charge. 207. 67-7^ grand'aspresse 216. j/ qui ameine (d. suiv. corr.) 224. jf c'est (d. suiv. corr.)
1.
C.--d.
le
bouclier.
Violence (nombreux exemples dans Huguet. Dictionn. de la langue du 5c/-. sicle). Cf. l'lgie du Xarssis au tome VI, p. 74, vers 19. et cidessus, ['Hymne de la Philosophie, vers 195.
2.
5.
4.
12
LES HYMNES
Ainois chenue, a tousjours combatu
Ses ennemvs,
&
toy
mesme Fortuxe,
place aucune.
228
Car
le
la
Vertu ne
te faict
Tu
congnuz bien jeune d'ans aussi Avec son frre, es murs de Landrecv Tu le congnuz naguiere en Allemagne,
:
2J2
Tu
le congnus sur tous en la campagne De Luxembourg, en aage resemblant A Scipion, qui son camp assemblant
[98]
Pour saccager,
236
&
Carihage,
&
l
Lybie,
.
l'Italie
&
ne l'oublye pas,
2
,
mon Mecenas
A
240
Non
moy
seul,
il
Si par ta ruse
chet,
Comme
244
Monseigneur.
248
H que je suis encontre toy colre Que tu n'as peu garder son second frre, Que sa vaillance en combattant a mis
Entre
les
mains de ses
les
fiers
ennemvs
'.
guillemets
237-239. 60-7} Garde donc d'encombrier & de mal Ce jeune hros, ce vaillant Amiral, Frre d'Odet, de qui pend l'esprance
1. Rapprocher cet loge de l'amiral Gaspard de Coligny de celui du Temple des Cbastillous, et voir les notes. e 2. Cette tournure, qui revient au vers 246, est frquente au XVI sicle chez les prosateurs aussi bien que chez les potes. de 3. Franois d'Andelot fait prisonnier par les Espagnols au sige Parme le 17 juillet 1 5 5 1 et tenu encaptivit Milan jusqu'en juin 1556. Cf. le Temple des Chcstillons, vers 173 et suiv.
DE
Mais tout ainsi
P.
DE RONSARD
lyon sauvage,
la
113
comme un
Quand
il
se voit
eschapp de
avec
cage
il
Devient plus
Ouvre
la
gueule,
& &
de flammes allume
[99]
Pour
s'irriter,
la
tournant sa
fiere veiie
Devers
pastoureaux,
Rompt
Devant
&
n'osent dire
mot
!
:
Ne
plus ne
moins
le
Seigneur d'AxDELOT,
premire
Avant trouv
sa libert
Le naturel de
Ses
sa divine race,
la
place
batailles ruez,
que tousjours
sa
main
sera saigneuse
Du
1. Comparaison homrique. On sent dans cette pice l'influence d'une lecture rcente de l'Iliade; c'est d'ailleurs en 15s S que Ronsard a crit le fameux sonnet Je veux lire en trois jours l'Iliade d'Homre.
:
Ronsard, VIII.
114
LES HYMNES
De En
280
la
prison o maintenant
il
est
servitude,
&
si
n'a
IO ]
Qui maintes
284
fois a es
mis en jeu
sa vie
champs de
Picardie,
a tousjours raport
2
.
Garde en aprs
288
le reste
de l'arme
De
&
Ou
292
Et
si
dont
je te
prye,
Tu
Comme
296
liez,
crinire,
Ny Ny
En
selles derrire,
peignant
les
',
Comme
En ma
tu fuz,
France,
Fix.
&
la
garder.
284. 60-jj es
299. "Ji-Jy
1.
:
soit
une
C.--d. et pourtant il n'a pas commis de faute, moins que ce ne nisi vitium sit faute de servir son roi (c'est du latin tout pur
:
Cf.
YH\mne
l'a
de Henri
H,
vers 464.
Comme
justement not H. Busson dans une srie de confhymnes et les pomes de Ronsard, notre pote, pour cette
DE
P.
DE RONSARD
I 1
LES DAIMONS.
a
[101]
Lancelot Carle,
de rhiez
'.
evesojje
Vers hroques
Quand de
jour et de nuict
je
repense par
reeu de toy
moy
2
,
j'ay
&
qu'encore
je
ma Muse
Ne
t'a
remerci, coulpable
m'accuse
uvres (Hymnes, I er livre), 1560 ditions Les Hymnes. 1555. Rdit part eu 1618 par N. Bucm, avec commen1587 et d. suiv. taire de Nicolas Richelet.
:
Titre. 78 supprime vers hroques 1-.6 84-87 remplacent ces six vers
par ceux-ci
recherche l'Univers, Pour gage d'amiti je te donne ces vers, A tin que ton Bordeaux, ta rive & ta Garonne (87 & ta large Garonne) Flottant contre ses bords ta louange rsonne, Et ton nom par la France autant puisse voler Que ce vers qui s'en-vole aux habitans de l'air
description de la Fortune, comme pour celle de la Philosophie et de la Justice, s'est inspir de peintures et de gravures traditionnelles, que certains peintres, tels que Durer et Raphal avaient renouveles au dbut du xvi e sicle (Revue des Course! Confrence*, dcc. 1929). Pour le moven
ge, v.
1.
sicle,
XIIIe
sicle, et
un
article
de
la
R. D.
D. M.
d'un Prsident au Parlement de Bordeaux, fut matre des requtes de son htel, vque de Riez (Basses-Alpes) en 1550 (Gall. Christ., tome I, col. 409). Il avait pris d'abord le parti de Mellin de Saint-Gelais contre Ronsard. Rconcili avec le pote en janvier t 5 5 3 il l'avait lou ensuite devant le roi (v. les Ga\ete\ d'O. de Magny, dition Courbet, p. 81-82, et les Poemala de J. du Bellay, pitre latine, traduite en franais par lui-mme (v. l'dition de ses uvres par Marty-Laveaux, t. II, p. 118). C'est sans doute ce bienfait que Ronsard fait allusion aux vers 1 12. Sur ce personnage, v. Tamizey de Larroque, Vies des potes bordelais et prigourdins de G. Colletet (Piris et Bordeaux, 1875, in-8), et Emile Picot, Franais italianisants au XVI' sicle, t. I, p. 2 5 > et suiv. Sa sur Marguerite pousa Etienne de la Botie.
Lancelot Carie,
aumnier de Henri
II
et
2.
li
LES
si
HYMNES
silence j'ay teu
:
De quoy
Je
8
longuement sous
ta rare
L'obligation dee
Vertu
je
me
hay,
si
despit,
que
ne
si
fais
plus conte
De mes
Lever
vers,
ny de moy,
&
n'ose, de honte,
les
les
Dieux,
La Lune,
Astres,
&
les
Cieux
Ne
12
m'appellent ingrat,
&
ne frappent
ma
teste,
:
Pour
mon
Mais quand
est
mon
dos
[102]
ta
vertu apparente,
Je l'eusse
peu souiller de
ma plume
ignorante
je flatte
si
L'honneur
Et
port
&
la
vertu dont
les
France t'admire
Princes
te
?
?
Roys,
&
les
font
?
loiienges
Tu
De
te veis
Discourant
te faire
l'Italie
&
l'Angleterre, fin
&
fin
28
Qui pourroit bien narrer ta divine loquence Toute pleine de miel, qui a tant de puissance Qu'elle ravist le cur de l'homme, qui ne peut
Fuir, qu'il ne la suyve, en la part qu'elle veut
?
17.
notamment Rome en
Cf. ci-dessus, Hymne del Philosophie, vers 28, note. Allusion aux missions diplomatiques dont Carie avait t charg, 1547, au sujet de l'alliance que le pape Paul III avait propose au roi Henri II (J.-A. de Thou, Hist., III).
1.
2.
DE
32
P.
DE RONSARD
17
Tu
Soit qu'en
Je ne say
nombres Latins il te plaise inventer quoy de grand ', soit que faces chanter
36
Voir
Homre en nostre ryme, & ramens Ulysse sa femme & son filz, son pre & sa nourrice,
le
tenir
L
40
Chez elle, pour le faire immortel devenir, Sauv de Scylle, & Circe, & du borgne Cyclope, Et des fiers Lestrigons, abominable trope 2 ? Bref, qui pourrait compter ta grave humanit,
I0 3]
Ta douceur,
44
ta
candeur,
&
les
ta bnignit,
&
les grces,
?
Dont,
Car,
mon
jugement,
ne
te
Courtisans surpasses
vestir
3
:
la vrit, tu
veux
Tu
es
rond en besongne,
veu (sans
flater)
&
dans
la
Court royale
t'egalle,
48 Je n'ay
personne qui
J-60 par erreur l'Estrigons (d. suif. corr.~) 6j-Sj suppriment ces quarante vers 47. 6j-j] Laquelle j'ay connue, & dans la Court royale
40.
7-46.
1. Ces posies latines n'ont pas t publies. En revanche, nombre de paraphrases de la Bible en vers franais le furent le Psalme de la puissance, sapience et bont de Dieu (Paris, Vascosan, 1558); l'Exhortation son repentir (id., 1 560J YEcclesiaste de Salomon avec quelques sonnets cbrestiev.s (Paris, N. Edoard, 1561); le Cantique des Cantiques de Salomon (Paris, Vascosan, 1562J. les Cantiques del Bible, plus deux Hymnes (id., 1562). Enfin H. Chamard a publi dix-sept Sonnets cbrestieus, rests manuscrits, dans les Mlanges Lanson (Hachette, 1922). 2. Carie avait sur le chantier une traduction de l'Odysse en vers franais ds avant 1547, comme nous l'apprend J. Peletier dans un dizain A Monsieur Cai les, qu'on lit dans ses uvres potiques (d. Sch-Laumonier, p. 4H). Mais cette traduction ne nous est pas parvenue. En revanche, on a de lui une traduction du premier livre de Thagne et Cbaricle, que P. Bonnefon a publie en 1883. dans l'Annuaire de l'Association des Etudes grecques (XVII e anne, p. 327). 3. La suppression des vers 7 46 de l'dition d'avril 1567 est mes veux une preuve que Lancelot Carie est mort avant cette date.
:
Il8
Except
LES HYMNES
Prlat,
mon
Seigneur
1
,
Qui
52
est
Ma Muse
(Tant
dedans
l'air
Afin d'estre
56
promee au mystre admirable Des Daimoms, pour t'en faire un prsent vnrable L'argument est fort haut, mais un esprit ne peut Trouver rien de fcheux, si la Muse le veut 5.
49. 60-7} & Charles, mon Seigneur 47-50. 78-87 suppriment ces quatre vers 51. 60 Or Carie en ta faveur 67-78 Or Carie, maintenant 51-53. S4-87 tin ta faveur, mon Carie, il est temps que j'envoye Ma Muse cxtravaguer par une estroitte voye, Laquelle des Franois aux vieux temps ne fut pas
|
1. OJet de Coligny, cardinal de Chastillon, dont il a fait l'loge cidessus. Dans l.i variante il s'agit de Charles de Guise, cardinal de Lorraine. 2. Souvenir de Lucrce, I, 926 via Pieridum peragro loca, nullius ante Trita solo. 3. Pour chanter les daimons , Ronsard s'est inspir d'un trait du bvzantin Michel Psellos (xic sicle) lSpt ijiy-v.zz Ttov OX!u,ovwv, qui avait t traduit en latin par Marsile Ficin (d. de Lyon, J. de Tournes, 1549), el 1 U I e f ut P' us tar d en franais par Pierre Moreau (Paris, G. Chaudire, 1576). Cf. Emile Renauld, qui a reproduit la trad. de Moreau dans la Revue des Etudes grecques de janvier-mars 1920, et SvoRonboda, La dcmonologie de M. Psellos (Paris, Belles-Lettres, 1927). sard s'est galement inspir d'Apule, De deo Socratis. La croyance l'existence des dmons ou esprits tait courante au XVIe sicle, tmoins les ouvrages du mdecin milanais Jrme Cardan (De rerum varieta'e, 1558), du jurisconsulte Jean Bodin (Dmonomanie des sorciers, 1578), du pote Pierre le Loyer (Des spectres cl visions d'esprits, anges et dmons, 1586) et nombre d'autres. Ronsard en a souvent parl ailleurs, notamment dans un sonnet de 1552 -.Ailes Daimons... (tomelV, p. 34), dans une lgie de 1554, Aus faits d'Amour... (tome VI, p. 149), dans les h vmnes de la Justice et de la Philosophie (ci-dessus, p. 57 et 87) et le pome du Chat (1569). 11 y a cru toute sa vie, malgr le courant contraire suivi par les interprles d'Aristote, tels que l'Italien Pomponazzi, dont le De incantationibus parut en 1556, et le Belge Jean Wyer, dont le De praesligiis daemonum parut en 564 et fut traduit parGrvin en 1567.
'
Sur
la
dmonologie
1929).
la fin
la
du de Incantationibus sur
i' r avril
du
DE
P.
DE RONSARD
19
Quand I'Eterxel
60
II
bastit la
les
grand'maison du monde,
peupla de poissons
la
D'hommes
D'Anges,
Terre,
&
[104]
Vagues
64
Il
le
Pour citoyens du
Car
ilz
&
les
purs,
Qui congnoissent
72
comme
o
l'air
voyant
choses
De
dessoubz
la
Lune
espars,
&
d'orages,
Daimons au millieu des nuages, Qui vont par cy par l, avans un corps lger
>9
le
Monde
84-87
le
63. 7S-S7 Vuides eu l'Univers 65. 78-87 (son plaisir le voulut) 69. 78-87 Esprits intelligens, plus
que
les nostres
purs
70. )) par erreur congnoissant (d. suiv. corr.) 73. 78-87 En l'estage de l'air 74. JJ par erreur L'Air (< i^. suiv. corr.)
;
II
logea les
Daimons au milieu
1. C.--d. vides (sens du latin vacuus); cf. ci-aprs, vers 79. S'emploie encore avec ce sens dans l'expression terrains vagues . 2. C.--d. de cratures qui leur fussent propres. Suivant Aristote (Mtaphysique, XII) et tout le moyen ge, Ronsard divise l'univers
:
en trois zones
telles
:
la terrestre,
['arienne
la
ou
et
demeure de Dieu
surtout
demeure des hommes et des cratures moro gravitent toiles et plantes la cleste, des Anges. Mais il peuple la deuxime de dmons,
astrale,
;
couche infrieure, circalunaire et sublunaire, vont et viennent de la premire la troisime. e sicle ce mot est synonyme de cosmique. 3. Au xvi
et ces
dmons
120
L'un de feu, l'autre
LES
HYMNES
de voyager
terre,
d'air, fin
Aisment par
80 Et, pesant
le
vague,
&
ne tomber en
quelque peu,
fin
Trop haut jusques au Ciel, habandonnant le lieu Qui leur est destin par le vouloir de Dieu *. Ne plus ne moins qu'on voit l'exercite des nues 2
84
en
l'air,
marcher
Ny
88
[105]
mesmes
se
forment
En cent diversitez, dont les vents les transforment En Centaures, Serpens, Oiseaux, Hommes, Poissons,
Et d'une forme en l'autre errent en cent faons
>
:
Tout
92
ainsi les
le
corps habile,
facile,
muer
Changent bien
forme,
&
Transform tout soudain en tout ce que leur plaist Ores en un tonneau grossement s'eslargissent,
96 Or'
les piedz,
&
ores ne bouger.
79. jj par erreur la vague (d. suiv. corr.) 84. 78-87 En un temps pluvieux 86. 67-87 Ny descendre trop bas, ny s'eslever trop haut 88. 67-87 En cent divers portraits 94. 67-87 ce qu'il leur plaist res en peloton 96. 60-87 55-67 par erreur se tressissent (d. suiv.
corr.)
87
se grossissent
daemonum
Haheant igitur haec vient d'Apule, De deo Socratis corpora et modicum ponderis, ne ad superna incedant, et aliquid levitatis. ne ad interna praecipitentur... dj vu liansYHvine 2. C'est--d. l'arme des nues (latin exercitus) de France et une ode du Bocage de 15SO (aux tomes I,p. 31, et II. p. 184). Cette comparaison vient galement d'Apule, op. et loc. cit. formes qu'afles diverses 3. Cette autre comparaison, touchant fectent les nues, vient de Psellos, op. cil.
1.
Ceci
DE
Bien souvent on
ioo
P.
DE RONSARD
transformer en beste,
121
les voit, se
:
l'une n'a
que
la teste,
l'autre n'a
que
les bras,
&
En forme de
De boucz, de
Et prennent
serpens,
&
de dragons se monstrent,
&
de taureaux,
les
108
Pour mieux reprsenter leurs feintes vrai-semblables Comme on voit bien souvent Iris se figurer I0 ^J Des rayons du Soleil qui la vient peincturer [ En cent couleurs, pourveu que l'oppose nue,
112
l'image se
faict, soit
concave
&
menue
Autrement l'Arc au Ciel n'auroit impression Mais le Daimon la prend de sa propre action,
:
Et de sa volunt, en
116
la
manire
mesme
De son propre
vouloir,
&
la
due
En
120
la
peau par
le
dehors
'
Daimons masquez de vaines feintes Donnent aux curs humains de merveilleuses craintes
ce poinct les
:
Car
ainsi
que
l'Air
prend
&
reoit -lentour
Toute forme
&
105. 106.
l'image se
fait, soit creuse menue 115. 60-87 l'Arc en ciel 123. 67-87 Puis les rebaille aux yeux
&
&
1.
cit.
122
124
LES HYMNES
recevoir,
les
&
Daimons
'
A
128
De
la
mesme
les
faon
&de
la
me s me
sorte
2
:
Qu'elle
Le
132
poil
&
du front goutte--goutte
les bras,
:
nous sommes au
n'osons lever
draps
I0 7]
Morts dedans un
Parler nous
la
linueil,
&
nuict,
&
prir dans
un bateau
140
que seuls nous errons dans un dsert estrange Au meillieu des lyons, ou qu'au bois un volleur Nous met, pour nostre argent, la dague dans le cur
Ou
Souvent -1'improveu on
144
Tellement qu'on
les
Comme
126-127. 78S7 fantaisie 130. 78-87 Kt lors une frayeur 132. 84-S7 Jusqu' bas des talons 67-87 linceul 136. 60 linceuil 137. 75-^7 en l'eau 140. 7S-87 par un dsert 141. 60-87 Au mylieu (et milieu) S4-87 improuveue 143. 78 impourvu 144. 84-87 facilement cognoistre
| |
1.
2.
C.--d. leurs prestiges, leurs illusions. Cette comparaison vient encore de Psellos, op.
cit.
DE
Par
P.
DE RONSARD
'
:
123
les cheveux derrire, & son courroux retint Mais eux, bien peu de temps de leur forme jouissent,
148
les
Ondes on
taignoit,
de couleurs on paignoit,
&
apte de nature
figure.
retenir long
de respirations,
Qui
156
sucent,
comme
l'huistre
est
aussi le sacrifice
Du
De Dieu, De toutes
io
& propice. & des humains comme immortelz, & de nous, comme pleins
doux
'
:
passions
ilz
dsirent,
ilz
ilz
craignent,
IC, S]
Hz veulent concevoir,
Et n'ont rien propre
Faict d'air, corps
ayment
le
&
ddaignent,
eux que
corps seulement
non commun
Dieu totalement
&
Et
les
146. 84-87 Par le poil de la teste la faon de l'huistre 78-87 1^5. 71-71 Qu'ils sucent 158. 78-87 De Dieu, comme immortels, des hommes, comme pleins 161-164. 7887 L'air compose leur corps, ains leur masque commun Dieu loin (87 franc) de la matire, ouvrire de {S4-S7 d'un) chacun Qui respire icy bas, n'est qu'une simple essence, Et d'un meslange uny {8487 D'un meslange agenc) noz corps prennent naissance
\
1.
o Homre
2.
Ceci vient d'Apule, op. cit., qui traduit mme un vers du passage fait intervenir Minerve l'oreille d'Achille pour rprimer
I,
sa colre, Iliade,
198.
Graphie phontique pour Qu'ils (v. la variante). 5. Ce vers et les suivants viennent d'Apule, op. cit.. qui lui-mme reprend les paroles de Diotime au Banquetas Platon Sunt (daemones) inter nos ac deos. ut loco regionis, ita mgenio mentis intersiti, habentes communem cura Superis immonalit.item, cum inferis passionem. Nain, proinde ut nos, pati possunt, omnia animorum placamenta vel incita:
menta...
124
Grande
est
LES HYMNES
certainement
la
contrarit
:
"
De ceux
Les uns
168
Que
Dans
les
les
De
172
beaut des
femmes
Aux
innocens,
du
faict
de leurs parens,
part
l'air,
S'en voilrent en
comme
chose lgre.
Que
180
les
ses
compagnons
furent,
Les uns en
Et selon
en
l'eau,
&
le forfaict
leur
coulpe ancienne,
le
Monde
vienne.
Ceux qui ont un corps d'air, ont craincte de se voir Prendre un terrestre corps, les terrestres de cheoir L-bas dans les Enfers, o le feu les consomme,
188
ilz
doivent un
homme
des crivains
la
contrarit
67- 78 guill. ce vers 67-^8 de pre 78 par sa faute jS de leurs graves pchez
.
.
ils
1.
C.--d.
la
2.
Redoublement du que
DE
Car sans
la
P.
DE RONSARD
ilz
125
ne feroient
Que nous
192
tenter l'esprit,
&
nous abuseroient.
Qui n'en
sont nez
196
Lune, prompt
cault, les
les
Mercuriens,
du
Soleil,
aym
heureux
le
Joviens
L'un bon,
200
l'autre est
mauvais,
faire
Or' deux extremitez ne sont point sans meillieu, Et deux extremitez sont
les
hommes &
Dieu.
Dieu, qui
20J
nature ternelle,
:
Des hommes
Sont
&
de Dieu,
les
Daimoxs arins
les
communs
Terre
en nature, habitans
Ciel,
confins
IT o]
De
208
la
& du
& dans
l'air se
dlectent,
z
.
aymez
(voir
la note)
201. 60-Sy sans mylieu (et milieu) 202. 71-87 Les deux
C.--d. ceux de la plante Mercure font l'homme cault (= avis, ceux de la plante Jupiter t'ont l'homme heureux. 2. Cette notion des dmons individualiss, intermdiaires entre les dieux et les mortels, participant la puissance des premiers et aux imperfections des seconds, remonte aux plus anciennes traditions orphiques. C'est elle que se rallia Pl.iton. Il attribua formellement un dmon ehaque homme, et la dfinition mise par lui dans la bouche
1.
:
rus)
de Socrate
fit
autorit
te
za
Son
126
Les bons viennent de
LES
l'air
HYMNES
jusques en ces bas lieux,
212
Pour nous faire savoir la volont des Dieux, Puis Remportent Dieu noz faictz & nos prires, Et dtachent du corps noz mes prisonnires
Pour les mener l-haut, fin d'imaginer Ce qui se doit savoir pour nous endoctriner. Hz nous monstrent de nuict par songes admirables
216
De noz De
biens
&
noz maux
D'eux vient
la
prophtie,
&
l'art
le futur
la perte,
se veit par
eux
:
la
perruque couverte
Roy
le prdit
la
'.
Terre
&
tonnerre.
l'air
216. 84-87 De nos biens, de nos maux 225. 6j-8j Hz font des bruitz 8j espouventer
|
rpartissant les dnions en deux classes, les bo.is et les mauvais. ce dualisme par le fait qu'ils aiment ou hassent, emports comme nous par leurs passions iisdem quibus nos perturbaliste,
Apule explique
tionibus obnoxii (op. et Ioc.cit.). 1. Tout ce passage, depuis le vers 209, vient d'Apule, op. cit., qui Inter terricolas caelicolasque s'inspire lui-mme du Banquet de Platon vectores, hinc precum, inde donorum qui ultro citro portant, hinc inde suppetias, ceu quidam utriusque interprtes et salutipelitiones, geri. Per hos eosdem, ut Plato in Symposio autumt, cuncta denunvaria miracula, omuesque praesagiorum species tiata, et magorum reguntur . Pour la rfutation, v. saint Augustin, Cit de Dieu, VIII, chap. 18-20. 2. Le roi de Rome Servius Tullius. ce qui lui prdit qu'il serait un grand roi. Ces trois, 3. C.--d. exemples viennent encore d'Apule, op. cit. Horum enim munus et opra atque cura est, ut Annibali somnia orbitatem oculi comminentur...; item ut nonnulis regni tVturi signa praecurrant, ut Tarquiuius Priscus aquila obumbretur ab apice, Servius Tullius flamma colluminetur a capite . Pour le premier exemple, cf. Cicron, De divinatione. I. 48 pour les deux autres. Tite-Live, I, 34 et 39
:
DE
P.
DE RONSARD
',
127
2
,
en
l'air
de monstrueux,
Et en terre a bas, ne se
faict
les
[m]
maisons ruines
Ou
En quelque coing -part, <Sc hurlent toute nuict Acompaignez de chiens, d'un effroyable bruict. Vous diriez que des fers ilz trainent par la rue,
236
Esclattant
Qui
reveillent les
nommez
Lemurs, Pnates,
&
Sucubes,
tant
Comme
les arins
>
229. 60-87 tout ce 1 u i se it 253. 84-87 En quelque carrefour 235. 84-87 cent fers 242. 67-87 Que font les arins
1.
deux
la
Souvenir de Virgile, parlant de la folie de Penthe, qui voyait soleils et deux villes de Thbes, En., IV, 469-470. Cf. tome l de
prsente dition, p. 90. 2. C'est 1 clipse de la lune. 3. Les pluies de sang sont frquentes chez les crivains latins. V. par exemple Tite-Live, Cicron, Pline (H. A'., II, ch. 56). 4. Ceux-l sont daimons terrestres, qui se retirent es vieilles masures et chasteaux inhabitez, comme Bissestre . Richelet, de qui est cette note, aurait pu ajouter le vieux chteau de Vauvert, qui existait sur remplacement actuel du jardin du Luxembourg et qu'on disait frquent par les revenants (d'o l'expression au diable Vauvert ). <y. Comme les Dusiens de nos Gaulois, remarquez par S. Augustin (Cit de Dieu, XV, chap. 23), les Incubes sont des daimons salaces et impudiques, improbi mulieribus qui les courent et les culbutent, se couchanssur elles. Servius les appelle Inuos, ab ineundo passim cum omnibus animalbus, et dit quece sont Pans et Faunes. Le Lemur, dit Apule [op cit.], est nostre Gnie, aprs que l'ame est spare du corps... Or de
,
128
LES HYMNES
&
de travers se couchent
&
nous
ttent
&
touchent,
tables,
litz,
&
trteaux,
chaires, escabeaux,
Ou
248
comptent noz
trsors,
&
252
Ny meuble qui ne soit en sa place agenc. On dict qu'en Norouegue ilz se louent -gaiges, Et font, comme valetz, des maisons les mesnages,
r
Hz pensent les chevaux, ilz vont tirer du vin, Hz font cuire le rost, ilz serenent le lin 2 Hz ferrent la fllace & les robbes nettoyent
,
5
,
II2 ]
2,6
Au
&
les
places bailoyent
+.
255. 78-Sj
fuse
ces Lemurs, ceux qui sont pacifiques et aimans leurs successeurs s'appellent Lares... Ceux qui ont mal vescu,errans et vagabons par la terre, sont Larves, qui font peur aux gens de bien, et du mal aux meschans... Et ceux de ces Lemurs que l'on ne sait s'ils sont ou Lares ou Larves, sont appels Mnes, et reputez dieux par honneur. Les Pnates (Pntrtes dii, Catulle) sont toutes sortes de daimons familiers, comme gardiens des sepulchres domestiques ; car anciennement les defuncts s'enterraient dans la maison. Les trois autres sortes sont des daimons fminins le Succube est contraire de l'Incube [c.--d. qu'il prend la
forme d'une femme pour se livrer aux hommes]; l'Empouse, EfUCOUffa un daimon de nuict qui marche sur un pied les Lamiens ou Lamies, Dion en son Histoire Libyque les reprsente moiti belles femmes,
;
moiti serpens. .. (notes de Richelet). Cf. J. A. Hild, Etude sur tes Dations dans la littrature et la philosophie d&Grecs, thse de Paris. 1881, rsume par l'auteur dans l'article Daeinon du Dict. des Antia. gr. et rotn. de Daremberg. 1. C'est la Norvge. ils le divisent ou le cardent l'aide du sran. 2. C.--d. ils la frottent sur un fer non coupant, pour qu'elle soit 5. C.--d.
:
:
plus aise
4.
et
filer.
qu'ils appellent
Dans tous les pays septentrionaux les plus avancez devers le ple proches de la mer Balti ue. ces Daimons font des merveilles: les uns Bonnasses sont parfaits palefreniers, les autres appeliez Drolles servent en figure d'homme ou de femme, et se louent faire prompteir.ent toute qu'il faut en la maison. Quelques-uns se rendent
DE
P.
DE RONSARD
les
129
De
tristes,
On
260
homme
',
ne se treuve
& les estangs, & les fonteines vives, l'eau, & ores sur les rives
les lacz
:
Tant que
n'ont d'affections,
&
voluntiers ieelle
Qui
a les
cheveux longs,
se font
&
les
yeux vertz
cv
beaux,
nommer
les
Naiades, Neredes
>,
2
,
Les
filles
de Thetis,
cinquante Phorcydes
tions,
264. S4-87 En forme de Sereine apparoissant aux rives 272. On lit la graphie Thetis pour Tethys) dans toutes les anciennes disauf 162} jj-60 par erreur Phocydes (d. suiv.corr.; 6j aux errata)
\ |
D.iimons particuliers, appeliez Tervilles, comme pouvoit estre l'Orthon du comte de Corasse en Bearn, dont parle Froissard, qui servoit rveiller ceux qui dormoient et conter en un instant des nouvelles de tous lescostezdu monde... Mais par la Norougue et le Dannemarch se voyeat visiblement les danses des Daimons, qu'ils appellent danses des Hellves (= Elfes) v. le Loyer, IV, chap. n. Et Ol.ius Maguus, au livre des peuples septentrionaux en parle ainsi Hodie ctiam in parlibus septemtrionalibus Daemones se visibiles exhibent, et bominibus inserviunt, eorum jument a et animalia ad pastum ducunt et reducunt... > (note e
;
:
Richelet).
1. Synonyme de terriens ou terrestres (encore au vers 514). adjectif a t substantiv et se retrouve dans le compos souterrain. 2.
Cet
vers et les prcdents viennent de Psellos, op. cit. Car ceux qui vivent dans les lieux humides et aiment un sjour plus dlicieux se transforment en femmes et oiseaux. De l vient qu'ils ont t nomms par les Grecs au genre fminin Naades, Nrides et Drvades . Ronsard a remplac les Dryades par les Phorcides avec raison, puisqu'il s'agit ici uniquement de dmons des eaux. }. Souvenir de Virgile, Eu. , Y, 240 Nereidum Phorcique chorus . Phorcus, frre de Nre (Hsiode, Thog., 237), est une personnification
: :
Ce
Ronsard.
l'IIl.
o.
130
LES HYMNES
la
mer
sur
le
&
les
thyns
',
les
autres Daimoxs,
doux
&
bons.
2
,
Hz font
280
faire la
Hz appaisent
^113
284
Hz sauvent les basteaux, ou font contre un rocher Prir, quand il leur plaist, la nef, & le nocher. Neptune, le Daimon, voulut noyer Ulysse, Leucotho luy fut en son danger propice >,
L'Egyptien Prothe, attach d'un lyen,
Par sa
fille
trahy, enseigna le
moyen
4.
Au
288
rongeoit de tristesse
273. 78-Sj par la mer 274. j8-8j les Esturbots 1597 et ^- s "' v es Esturgeons 277. 84-87 Ils ont le mesme esprit que les autres Daimons 284. 78-87 son danger
|
; <
'
mer, renfermant dans son sein une puissance terrible. Il faut les filles de Tthys(la Mer) qui sont les cinquante Phorcides , car la Nride Thtis (pouse de Pele) n'avait qu'un fils,
de
la
comprendre
Achille. 1. C.--d. les phoques et les thons ; pour la forme thyn, v. ci-dessus, H. de la Philosophie, vers 131 et la note. On croyait encore au e xvi sicle, et mme au xvn", que ces poissons se laissaient monter, et le dauphin mesme l'homme , dit Richelet, qui invoque un rcit de Pline le Jeune, Epist., IX, 33 Il aurait pu ajouter l'exemple du dauphin qui sauva le pote Arion (Hrodote, I, 23 et suiv.). Cf. notre tome VII, p. 180, note 4.
:
Le flux et le reflux. Neptune, furieux contre Ulysse du fait qu'il avait aveugl Polyphme, soulve une tempte qui brise son radeau; mais Ulysse est sauv par une desse marine, Leucotho celle-ci, touche de compassion, lui donne un voile qui lui permet de se soutenir sur l'eau et d'atteindre le rivage des Phaciens (Homre, Od., V, 282 364). 4. C'est Mnlas lui-mme qui raconte Tlmaque comment il put consulter Prote, grce la nymphe marine IJothe qui passait pour sa
2.
3.
;
DE
Hz
se
P.
DE RONSARD
crans
changent souvent en
flambeaux ardans
Quelque pauvre passant tromp de leur lumire, Qui le men noyer dedans l'onde meurdriere '.
Les uns ayans piti des gens,
S'assoyent sur
le
&
des basteaux,
feuz jumeaux,
mast,
Et tirent
296
la
le
navire
peine,
Nommez
feu sainct
les frres
d'Helene
2
.
forme
qu'ilz tiennent,
:
Non
plus qu'
la
un trou
se tient,
5
:
290. 7S-S4 Pendus dessus une eau 87 Esclairans sur les eaux 291. 84-8/ Le passant fourvoy 293-294. 84-87 Les uns ayans piti des hommes & des naux Esclairent sur le mast (87 S'assisent sur lesmasts)
|
296. 67-73
&
es frres
|
78-87
texte primitif
celle-ci a trahi son pre non seulement en donnant l'avis de le lier, mais en faisant revtir Mnlas et ses compagnons de peaux de phoques, afin qu'ils parussent tre des troupeaux de Prote et pussent s'approcher
fille
;
de
lui,
1.
sans veiller sa dfiance (Homre, Od., IV, 363 et suiv. ) Ce mot ne comptait que pour deux syllabes, comme ouvrier,
sanglier, ces
se
bouclier. Il s'agit des feux follets, qu'on appelait au XVI* sicle et encore au xvu' les Ardants. Quelques-uns croyent que Ardans procdent de causes naturelles, dans lesquelles bien souvent
2.
or
mle le Daimon. Voy. Bodin et Camerarius (Richelet). Ces feux S. Herme ne paraissent qu'aprs la tempeste passe (Richelet). On les appelle aussi feux Saint-Elme ce sont de petites flammes dues l'lectricit atmosphrique, qui se montrent parfois l'extrmit des mts ou des vergues des navires. Quant aux frres d'Helene , ce sont les toiles de la constellation des Gmeaux (Castor et Pollux) ;cf. Horace, Carm.,X,2, 2 Sic fratres Helenae, lucida sidra...
;
et I, 12, 25 et suiv.
3.
ci-aprs
H. de Pollux
et
Castor.
Ceci vient de Psellos, op. cit., comparant les dmons souterrains, massits et stupides, aux moucherons, souris et vers qui ont lin tion fort restreinte, ne connaissant ni le trou d'o ils sont venus, ni le lieu o ils vont, ni o ils doivent aller, et n'ont qu'une ide, celle de
s'alimenter
.
132
Si sont
304
ilz
LES HYMNES
toutefois de meschante nature,
Car
si
Ou
114^
viennent Pestouffer,
tuent
:
le
ilz
renversent
&
les
ruent
:
Hz font trembler
312
la terre, ilz
crevacent
champs,
'.
Allument
le
mont d'Ethne,
2
&
Vsuve
&
Lipare
pour chercher
la
chaleur,
Non
316
celle
le
du
Mais
Et
Et entrent dans
les
comme
les
foulz
'.
montaignes,
Les
vaux,
ce
&
les
campaignes,
Les tertres,
&
les
montz,
Ou
324
dans
le
Annoncent le futur non qu'au parfaict congnees Toutes choses leur soyent, ains que d'estre venues Mais eux, qui de long temps exprimentez sont,
307. 78-S7 Et serrant le (84-87 son) gosier 308-309. 84-87 sous terre engloutissent & ruent Les peupleuses citez
&
murs trbuchons S4-S7 Et d'une flamme ardente 313. S4-S7 d'excessive froideur 325-327. S4-S7 Mais eux qui par long ge exprimentez sont Aux affaires du monde, & qui plus que nous ont L'esprit arien (87 D'art, de
leurs
311.
vie, &; scavoir)
Vulcain.
des les Lipari, o les anciens avaient mis Virgile, En., VIII, 416 et suiv. 2. Pour ce mot, v. ci-dessus, vers 261. 3. Ces six vers viennent encore de Psellos, op. cit. en paroles ambigus. 4. C.--d.
1.
Une
la
demeure de
Ct".
DE
P.
DE RONSARD
IJ3
Comme
328
ne mourans point,
&
L'esprit subtil
&
fin,
futurqu'ilz prdisent
'
Toutefois
la
[15]
532
En Dryades des bois, en Nymphes, & Napes, En Faunes bien souvent, en Satyres, & Pans, Qui ont le corps pelu +, marquet comme fans,
Hz ont
l'orteil
de bouc.
356
les
"Ji-S"]
pouvoir
1. C'est--dire qu'ils ne cognoissent pas parfaitement les choses futures, mais comme elles ont quelques dispositions prcdentes qui les anticipent, les Daimons, habiles esprits et rompus dans la cognois-
sance de
nous mnoncenl,
prjugent et eu prviennent l'vnement qu'ils font de mme, dit Arnobe, liv. I . Richelet ajoute cette note un passage de saint Augustin, De uatura daemonum, qui semble avoir inspir ces vers: Ut aerii corporis sensus terrenorum corporum sensum facile praecedunt, volatus avium incomparabiliter vincunt, ex quibus rbus acumine sensus, celeritate motus multo ante cognita praenuntiant. Accedit etiam Daemonibus, per tam longum tempus quoeorum vita protenditur, rerum longe major experientia, quaenon potest hominibus propter brevitatem vitae provenire adde quod plerumque praenuntiant quae ipsi facturi sunt. 2. Apule, en sa premire Apologie, dit que la facult de deviner peut aussi bien appartenir l'homme qu'au Daimon, pourveu que cest homme soit de bon esprit et non vicieux, qu'il soit pur et simple et quasi enfant . Cicrou accorde cette facult divinatrice tous les hommes indistinctement ou par songes, ou par le ministre de ces esprits immortels qui sont les P.limons, desquels l'air est plein, au livre I de la Divination (Richelet). Daimons fminins, devorans les hommes qui s'ap3. Qui sont prochent d'eux les Italiens les appellent Foie; peut-tre que ce sont celles que les Anciens appelloient Fatuas et Faunas,et encore Lamias . Cette dfinition que Richelet donne des Fes convient bien plutt aux Lamies.V. Daremb<:rg. Dict. des Antiq., aux mots Fa ta et Lamia, et le tome VII de la prsente dition, p, 109, note 6. 4. C.--d. poilu. Cf. le mot compos patte-pelue dans Rabelais, Quart livre, anc. prologue.
la
Xature,
les
et
les sorciers
134
LES HYMNES
:
Comme
un rouge croissant & danent toute nuict Dedans un carrefour, ou prs d'une eau qui bruict
Hz craingnent tous du feu
la
:
:
lumire tresbelle,
elle
les
340 Et pource,
flambea-ux,
ilz
craingnent
les
cousteaux,
s'ilz
De peur de ne
Et rien de
si
sentir
leur liaison
coupe
4.
Ce que souventefois
j'ay
de nuict esprouv,
>.
348
minuict, guid de
j'allois
la
jeunesse
aux amans,
voir
ma
maistresse
&
passant un destour
me
qui
De chiens
me
suyvoit pas--pas
ia
trace
Je vy auprs de
moy
Un homme
343.
On
|
d. suiv.)
lit s'il {corrig en 60 et d. suiv.) et un espe (corrig en 7/ 84 Et tremblant vont fuyant 8j Et tremblent de frayeur
|
et
dirait
Ronsard semble avoir cru ces sabats quand il eu parle, on que ce n'est pas pour lui une imagination, mais une ralit. Voir et l'hymne de l'Automne notamment l'ptre A Pierre Lescot (1560)
1.
;
(1563).
2. Des vers qui ont le pouvoir des formules magiques (c'est le sens primitif du latin carmina). Cf. ci-apis le vers 406. de peur qu'ils d'ailleurs on dit encore 3. C.--d. de peur de sentir ne sentent (latinisme tinico nr...\ Homre et 4. Cne croyance remonte la plus haute antiquit Virgile ont eu soin de mentionner l'pe d'Ulysse et celle d'Ene en prsence des Mnes (Od., XI Eu., VI). Cf. Rabelais, 111,2 3 Au temps (dit Panurge) que j'estudiois l'cole de Tolete, le rvrend pre en
;
: :
'
diable Picatris, recteur de la Facult diabolologique, nous disoit que naturellement les diables craignent la splendeur des espes... , jusqu' la fin du chapitre. je n'ai trouv rien de plus sr pour me dfendre contre >. C.-.Vd. eus.
:
DE
P.
DE RONSARD
135
en crope
:
Me
me monter
[116
356 J'advisay
De picqueurs,
fort
mort,
Que
360 Estre
le
puny
mains de Rhadamanie.
les os,
Lune
sa fortune,
&
bouclier
: ,
&
cur
Qui naturellement
Si fuss-je estouff
368
n'est sujet la
2
peur
me
meit en
la
pense
De
tirer
mon
espe,
&
de couper
menu
le fer
L'air tout-au-tour de
moy, auecques
nu
Ce que
372
je feis
soudain,
l'air,
&
si
tost ilz
n'ouyrent
Siffler l'espe
en
Ny
Car
artres,
ny
nerfz,
comme
ilz
Toutesfois
le
comme
nous
ont un sentiment,
fer
nous
incise,
troupe 6y-jS cet Ombre 365. jS Dague, tranchante espe 374. "jS peureusement 347-378. S4-8J suppriment ces trente-deux vers, mais les reprend comme fragment de l'H. des Daimons .
,-.
le
Recueil des
PR
t.
syllabes, se
prononant
boucler
est
LES
HMNES
reprise, [117]
'
380
Nostre chair
ou
le
vent,
ou
2
.
Que
384
diray plus
reste,
? ilz
&
de science,
Quant au
impudens,
ilz
&
plains d'outrecuidance,
&
decepteurs,
& leurs
le
abus congnoissent
Mais
Ou
392
tromperont
les
Qui gardent
Par
les brebis,
&
les
feront sorcires
4.
&
pris
381. 6j-8y Des Daimons, l'instant, ainsi que qui fendroit (sauf j 8 que s'on fendoit) 389. 84-Sj Mais s'ils sentent un homme 390. jS-Sj Errer seul aux dserts 84-87 Si tost 393. -]8 Aussi tost que leurs curs sont abusez & pris pris que leurs cerveaux sont abusez par erreur de ses (d. suiv. corr.) 84-87 Des folles vanilez 394. 5S-67
ainsi
|
&
1.
C.--d.
l'ins-
que
si
l'on fendait.
littrale
de Psellos,
op. cit.
leurs impostures. Pour ces derniers vers, v. 3. Leurs abus, c.--d. saint Augustin, Cit de Dieu, VIII, chap. 22. 4. Car aux hommes d'entendement jamais ces illusions ne se prsentent, remarque Plutarque en la vie de Dion [chap. II]..., ajoutant que ces apparitions procdent de la foible imagination que l'esprit des enfans ou des simples femmes ou d'hommes malades se donne, qu'il y a des esprits se montrans eux... Et neantmoins il se remarque que les plus grands esprits anciennement estoient sorciers, comme Pythagore avec son aigle mentant et descendant ainsi qu'il vouloit, Orphe, Homre, Zoroastre, Socrate, Apollonius et infinis autres; mais aujourd'huy ce mestier n'est plus que des ignorans... aussi voit-on qu'il v a plus de sorcires que de sorciers (Richelet).
;
DE
P.
DE RONSARD
,
37
Et
les rivires
&
la
Sont par
elles
d'un
champ dans un
autre arrestez,
:
Mede
le
*,
Urgande, Melusine
4,
&
mille dont
nom
s'est
aquis du renom.
Hz sont
404 Les
si fatz,
&
sotz,
&
si
contraignent
[
De
&
les
tiennent fermez,
l &]
>,
Ou
84-87 Elles cuident pousser ou 395. yS Font de merveilleux faits retenir les nues Bl. Elles font de grands maux (texte de fantaisie)
| |
403-404. 84-Sj Au reste, ils sont si sots & si badins qu'ils craignent Les charmeurs dont les poincts & la voix les contraignent
C'est 1. C.--d. des choses tonnantes. Cf. le vers de Ronsard grand cas que d'aimer... (tome VII, p. 143). 2. Sur ces oprations des magiciennes et sorcires, v. Horace, Epcdes, contre Canidie Virgile, En., IV, 483 et suiv. Ovide, Mit., VII, 192 Lucain, Phars., VI, 426 et suiv. Ronsard en avait dj parl et suiv. propos del sorcire vendmoise Denise (tome I, p. 238). Quant l'action de faire passer lesmoissons d'un champdans unautre, Virgile yfait allusion dans ce vers des Bucoliques, VIII, 99
:
Cf. Pline,
Atque satas alio vidi traducere messes. H. N., XVII, chap. 26. L'une des lois des Douze Tables
:
Si
changea en pourceaux les compagnons d'Ulvsse (Homre, Od., X; Ovide, Met., XIV); Thrace, fille de Mars, qui donna son nom la Thrace, ou bien une Titanide, que Jupiter rendit mre de Bithvnus MJe, fille d'un roi de Colchide, enleve par Jason (Euripide, Mde; Appollonios, Argon. Ovide. Mit., VII >4. Magiciennes ou fes du moven ge, clbres dans les romans de chevalerie: Urgande, personnage du roman des Aviadis de Gante, qui avait pour mission de protger les chevaliers, ainsi que la fe Urgcle; Melusine, fille d'un roi d'Albanie, qui pousa Rayniondin, premier seigneur de Lusignan ; on lui attribuait la construction de nombreux chteaux, notamment celui de Lusignan, prs de Poiu'ers. 5. Comme des mandegloires. Et remarque l'Eucrates de Lucien que
:
Circ, qui
LES HYMNES
murmure
',
Ou
2
,
ou de quelque
>,
figure.
Aucunesfois, malings
Ou nous meuvent la
412
fiebvre,
quelcun
les
tente au
nom
du Trespuissant,
Hz vont hurlant,
416
criant, tremblant,
&
frmissant,
la
place
Tant
le
sainct
nom
5.
Auquel nom seulement les Anges ne sont pas Flechissans les genoux, mais nous, & ceux d'embas
Toute essence immortelle, & tout ce qu'on voit
420
naistre,
6
.
Comme
au
nom
413. 84-87 les tence 417. Toutes les ditions anciennes et nouvelles, portent Auquel, non seulement ou bien Auquel non seulement. J'ai corrig d'aprs le contexte et la
:
ces anneaux sont figurez et gravez de quelque emprainte en forme Je cachet, sous laquelle mesme le Daimon parle . Rich:let entend par mandegloire la mandragore, plante du genre solane, dont les sorciers
(cf.
Wy
r.
Disputes (1569), ou bien, d'aprs le folklore poitevin, un petit serpent qui reprsentait le diable et qu'on appelait aussi la main
Histoires et
de gaure . ensorcels d'une voix assourdie dont use lesorcier. 1. C.--d. d'un mot qui n'est d'aucune langue, comme ceux que 2. C.--d. Caton l'Ancien cite dans son De re rustica pour gurir une luxation et daries, dardaries. astataries, hut, hanat. Cf. Horace, Episi., I, 1, 34 Lucien, Mnippe ou Necyomantie, 9. 3. C.--d. malfaisants (sens du latin malignus). On dit dans le mme sens le Malin, en parlant de Satan. Irrepentes etiam corpo4. Richelet renvoie ici Minuctus Flix ribus occulte, ut spiiitus tenues, morbos fin^unt, mentes terrent, membra distorquent , et Lactance, De origine errorum, chap. 15. 5. Pour ces quatre vers, Richelet. aprs avoir cit Psellos, fait appel au tmoignage de nombreux instaurateurs et suppts de l'exorcisme Arnobe, Tertullien, Minucius Flix, Grgoire de Nazianze, SaintHilaire, Saint-Cyprien, Saint-Cyrille, etc. 6. Ces quatre vers traduisent ce passage de saint Paul, ptre Aux Afin qu'.ui nom de Jsus tout genou fiPbilippietis, IL ro et 11
: : : : :
DE
P.
DE RONSARD
39
Seigneur
ma
foy,
424
Pour l'honneur de ton nom, de grce, donne moy, Donne moy que jamais je ne trouve en ma voye Ces paniques terreurs, mais, Seigneur, envoy
Loing de
la
Chrestient, dans
le
pas des
Turcz
Ces Larves, ces Daimons, Ou sur le chef de ceux qui oseront mesdire
ces Lares
428
&
Lemurs,
2
.
&
des chantz
ma
chisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue Le texte du vers 417, confesse que Jsus-Christ est Seigneur . reproduit dans toutes les ditions anciennes et modernes (v. l'appar. crit.), est inadmissible; la correction s'impose; il faut comprendre : Auquel nom (celui de Dieu) les Anges ne sont pas seuls flchir les genoux, mais tous les tres immortels et mortels. 1. On prononait Turs, ce qui rend la rime rgulire phontique Apule en sa premire Apologie fait la mme imprcation ment. contre son adversaire et luy souhaite obvias species mortuorum, quid-
quid Umbrarum est usquam, quidquid Lemurum, quidquid Manium, quidquid Larvarum... (Richelet). son commentaire par cette charge contre les 2. Richelet termine Comme il y a des sots et de dtracteurs malherbiens de Ronsard grands ignorans qui le font, ainsi que d'Homre et de Virgile. Mais, pardonne Gnie et quasi seul hritier de l'ancienne literature. grand s'alernbiquant trois mois leur ce sont des sycophantes de mots. faire une misrable poincte. ., ouvriers bien esloignez de faire jamais des mondes de doctrine, d'ornement et d'enthousiasmes sacrez comme qui nostre Autheur. Pardonne leur de rechef, car ce sont mes foibles. n'en peuvent juger ce sont des maies herbes [allusion certaine Malherbe et ses disciples], qui ont quelque vert, mais sans fruict et quasi sans racine; ce sont versificateurs sophistes qui ryment des proses et syllogisent des vers, et qui ne sont pas capables de juger que tous tes desseins d'esprit sont grands, gnreux et magnanimes et que tu es seul aimirable dignement comprendre ton sujet et aie remplir comme
:
il
faut .
I40
LES
HYMNES
HYMNE DU
a
CIEL.
*.
[119]
Morel, qui dans le cur divinement possdes La troupe des Vertus, qui font que tu ne cdes
nul
homme
:
uvres (Hymnes,
livre),
1560
1. Jean Morel (1511-1581), originaire d'Embrun, gentilhomme de la maison de Catherine de Mdicis, avait t. avec son ami M. de l'Hospital, l'un des premiers protecteurs de Ronsard et de du Bellay la Cour. Son salon de la rue Pave, prs l'glise Saint- Andr des Arcs, o brillaient sa femme Antoinette de Lovnes et ses doctes filles, tait le rendezvous de l'lite intellectuelle du temps (v. tomes III, p. 157; VII, p. 225 On trouve de leurs vers dans les Kaeniae de S. Macrin et 229). (r^o), le Tombeau de Marg. de Valois (1:51). en tte du 4" livre de traduit par du Bellay (1552), dans les Ruisseaux de Ch. Fon['Enide taine (15 5 5). les Epitaphes sur le trpas de du Bellay (1 560). les Xent'a de Ch. Utenhove(j 568), et le Tumulus Morelli ( 1 5 8 3 ) Pour plus amples renseignements, voir Dupr-L.isale. Michel de l'Hospital, t. I. p. 97 et suiv.. II, p. 27-31, 63-67; H. Chamard, Joachim du Bellay, p. 390 et suiv. P. Laumonier, Ronsard pote lyrique, p. 80 et suiv., 90 et suiv.; P. deXolhac, Ronsard et l'Humanisme, p. 171 et suiv.; ci-aprs, l'Hymne
de
la
Mort,
p.
162, note.
DE
4
P.
DE RONSARD
',
I4I
Soit en
Candeur de meurs
ta faveur,
ou
soit
en Equit,
la
Qui
mes
les
vers pris
charge
Couvers de
comme
Troyens pressoient
2
:
De
traitz,
qui sur
le
Cependant qu' loysir l'Hymne je te faonne Des Muses 5, pren' en gr ce Ciel que je te donne,
->
A
12
comme
d'estre
si
l'ayant
congnu
Terre venu,
[
en
la
la
recongnois,
aprs
naissance
la
I2 j
>.
Quelque
homme
congnoissance
6
,
O
16
Qui
Et qui roules
tost
"
ta
1 j.
84-8J
Ciel rond
&
puret de murs. //., XII, 562 etsuiv. n'a jamais t fait. Ronsard adressa seulement 3. Cet hymne Morel l'pitre-ddicace de la Nouv. Conlin. des Amours en 1556 (v. le tome VII, p. 225). 4. Dans'i. de Henri II, vers 365, on lit en 15,5 pren' acroissance , comme ici pren' en gr . Dans le premier cas, la correction preus a t faite ds 1560; ici, elle n'a pas t fane, ni en 1560, ni dans les d. suiv. Il n'y a donc pas l une erreur typographique, mais unelision phontique on devait faire la liaison sur l'n et non sur l's, ainsi que la font encore nos paysans. 5. D'aprs la thorie platonicienne de la rminiscence, 6. Cet hymne est seulement en germe dans celui de Manille, Hymni, II, 2, Caelo Audi, flix patria Superm, Omnia ferens, omnia continens.
1.
C.--d.
2.
Homre,
Richelet note qu'il prsente en un puissant raccourci comme un sommaire du Time de Platon et des quatre livres du Ciel d'Aristote et de tout ce que les autres philosophes en ont escrit . Il ajoute que le ael en cest hymne signifie le Monde et la sphre entire de l'Univers et cite des exemples de La confusion de cjs mots dans Aristote, D:i Ciel. I, chap. 9; Pline, H. X., dbut; Platon, Time. si rapidement. 7. C.--d.
et
'
I42
LES
>,
HYMNES
que
la vistesse aisle
l'air,
ne sauroient pas
En
volant egaller
le
le
moindre de
tes pas.
Seulement
Comme
O
24
Ciel viste
&
Tour
Au
28
lieu
duquel
il
part,
&
>,
pour ne
souffrir
mourir
course,
32
Espandu dedans toy, comme une grande source De tous costez t'anime, & donne mouvement 6 Te faisant tournoyer en sphre rondement, Pour estre plus parfaict, car en la forme ronde Gist la perfection qui toute en soy abonde 7:
,
21.
30.
23. S4-87
67-Sj Tant seulement l'esprit Je prompte hardiesse O Ciel viste coureur 84-Sj une vive source
1.
deux points
fixes
sur lesquels se
faict
(Richelet). 2. Ce pluriel du verbe, qu'on lit dan* toutes les ditions, est une syllepse, frquente chez Ronsard (cf. ci-dessus H. de la Philosophie, vers 243). 3. Seule la pense humaine, d'origine cleste, gale ta vitesse.
le
4.
5.
C.--d.
jamais lass.
ici
Ronsard juge
6.
la
rotation
seule rotation de
la terre
autour du
chap.
6.
C'est le souffle vital de Dieu rpandu dans toutes les parties du Monde, selon Platon et ses disciples. Cf. Virgile, En., VI, 723 et suiv. Mens agitt molem Spiritus intus alit dition de 7. Ronsard reprendra cette ide en remaniant pour son 1578 la fin d'un sonnet sur les beauts de Cassandre (v. notre tome V,
:
p.
no,
app.
crit.)
Le Ciel n'est dit parfaict pour sa grandeur uv et ce sein le sont pour leur rondeur, Car le parfaict consiste en choses rondes.
I
Apres avoir
cit
ces vers,
Richelet ajoute
DE
P.
DE RONSARD
I43
36
De Tu
au rebours
les
corps de l'Univers
ta
',
grand' violence
*,
2
,
I2I
|
L'un de,
40
l'autre l,
comme
si
ilz
sont agitez
+
:
grande compagnie
>,
Tu fais une si douce & plaisante harmonie, Que noz lucz ne sont rien aux prix des moindres
37. S4-87
sons
Bandez en
40.
lgamment, livre II, chap. 2, de ce que cette figure et ronde omnibus sui par libus lergit insese, ac sibi ipsa toleranda seque includ.il et continet, nullarum egens compaginum, nec finem aui initiitm ullis sui par libus sentiens, ad motum aptisshna. Cf. Aristote, Du
cde, ce dit Pline
spherique
est,
Ciel, II, 4.
1. C'est--dire du mouvement ravy du premier mobile, qui est toujours un et simple et qui emporte en 24 heures les autres cieux d'o est que le Soleil, suivant contre son cours naturel ce ravissement, nous fait aussi le jour en 24 heures, et par ainsi chaque sphre des plantes a
:
double mouvement. Ce mouvement du premier Ciel, maximae spberae est de l'Orient en Occident, diffrent en cela de toutes les autres sphres, quae contra spberae maximae, id est ipsius Caeli, impelum, contrario molu ad
.
Orientent ab Occidente volvuntur, ce dit Macrobe (notes de Richelet). Cf. Macrobe, Connu, in Somnium S ipionis, I, ch. 14, lin, et ch. 18
2.
il
Ce mot
dans
le
n'existe
aucune rsistance de
la
ment des sphres infrieures, dit Richelet, le mouvement de celuy qui se remue dans un mer .
3.
sens attnu de puissance, et en ralit part des corps clestes. Le mouven'est non plus forc que navire faisant voile sur
C.--d. suivant chacun sparment un cours qui leur appartient en et s'ajoute au mouvement qui leur vient du premier mobile, ou Ciel suprieur. cause de la diffrence de leurs sphres, qui avancent les unes 4. plus ou moins que les autres, encore qu'ils soient tous semblables quant se mouvoir d'Occident en Orient non habent motum inter se sunilcm,
propre
Apule, et aequalem, sed affixae di ver sis globis, inordinatum, ut sic dixerim, ordinem servant. (Richelet). Cette alliance de mots, reprise par Ronsard.se trouve au trait d'i Monde, 2. 5. Comme le coryphe, ce dit Aristote, chap. 6 du livre du Monde, qui conduit la troupe, qui lui donne le ton, qui le finit, et sous lequel chaque Ciel chante comme sa partie d'une parfaite musique (Richelet).
ce dit
144
4t
LES
l
HYMNES
'.
Qui resonnent
D'un feu
vif
&
vote
est
compose,
Non
48
flamme expose
les
luy donnerait
le
2
,
il
faut qu'on
nourrisse,
:
qu'il prisse
Toy,
&
tes
yeux d'Argus
sa vive estincelle,
comme
faict le Soleil,
45. 84-87 vif & divin 47-48. 7S-S7 a bas en noz fouyers, mangeroit affam (84-87 De toutes les) forests le branchage rame 50. 7S-87 Le repaissatH de bois
5 j.
De
cent mille
elle luit
1. Cf. ci-dessus YH. del Philosophie, vers 87 et suiv. et note du vers 94. D'aprs Platon et Cicron les hommes sont cependant sourds cette harmonie cause que le bruit en est trop grand. ., mais l-haut les esprits divins en sont ravis . Aristote croit que cette harmonie matrielle et sensible est imaginaire (Du Ciel, 11, chap. 9) et Pline n'ose rien
.
qui cette harmonie est purement spirituelle, communicable l'intelde toutes choses cres , Richelet Et pourquoi l haut plutt qu'icy se demande a propos du vers 44 bas? Car si la raison de Pythagore est que nous n'entendons point ces sons ici bas cause de leur trop grand bruit, il s'ensuit qu'eucor moins l haut qu'iev bas ces sons doivent estre entendus, parce que le bruit y est plus grand et consquemment ceste prtendue harmonie s'y entend moins et par ainsi il se voit que ceste musique du Ciel et du Monde n'est pas une musique de tons ny un concert de voix ou de luths, mais une harmonie de nombres et de mesures parfaites. si on les lui donnait. Cf. ci-dessus YH.des Daimons, vers 2. C.--d. Ronsard parle icy selon Platon et ceux de sa secte qui pensent 381. que le Ciel soit de feu, mais feu pur, innocent et qui ne consume point . Cf. saint Augustin, Ci le de Dieu, VIII, chap. ,. Pour Trismegiste, Pimandre, cette vote cleste, que nous nommons encore l'Empyre, ne se compose nullement de feu, mais seulement de lumire (Richelet).
:
3.
C.--d.
tes astres.
I,
Argus
tait le
symbole mythologique du
ciel
v.
Ovide, Met.,
625
et suiv.
DE
56
P.
DE RONSARD
feu doux,
I45
pareil
&
60
Qui son corps luy eschaufte & point ne le consomme. O qu' bon droict les Grecz t'ont nomm d'un beau nom Qui te contemplera ne trouvera sinon En toy qu'un ornement, & qu'une beaut pure, [ I22 J Qu'un compas bien reigl, qu'une juste mesure,
:
!
2
,
&
profondeur
Nous monstrent, en voyant un si bel difice, Combien l'Esprit de Dieu est remply d'artifice
Et subtil artisan, qui
68
te bastt
>,
de rien,
Et t'acomplt si beau, pour nous monstrer combien Grande est sa Majest, qui hautaine demande Pour son palais royal une maison si grande 4.
57-58. 84-87 A celuy qui habite eu l'estomac de l'homme, corps eschaufe 59. 67-87 Qu' bon droict les Grgeois t'ont nomm 60. 84-87 Qui bien t'avisera, ne trouvera sinon
Qui tout
le
1.
par
Cosmos, mot grec, qui veut dire orn et que les Latins ont traduit Mundus, qui veut dire lgant, harmonieux, parfait. Cf. Pline, H. N.,
Apule, Du Monde, 14. V. ci-dessus, note du vers 54.
:
3, et
2.
3. Tout l'ouvrage du Ciel est un tmoignage de la puissance de Dieu Caeli enarrant gloriam Dei (Psaume xix). 4. Voir Platon, qui dit dans le Timce que la cration a procd de l'esprit et de la ncessit, et Philon le Juif, pour qui Dieu fit le monde de sa seule pense (Opif. mundi). Lucrce pense au contraire que rien ne peut tre cr de rien (I, 144 et passim) et que la matire a exist de toute ternit. H. Busson a remarqu que Ronsard, qui s'est inspir de Pline en cet hymne, ne l'a pas suivi jusqu'au bout 11 ne reconnat au Monde que l'infinit dans l'espace, alors que le savant latin le dit ternel et mme Dieu (H. N., liv. II, ch. 1, dbut). La question de l'ternit du Monde ou de sa cration est l'une de celles qui ont le plus proccup l'opinion du XVIe sicle. En 1555, Ronsard tient pour la cration mosaque pour lui le Monde est basti de rien . Plus tard, il semble avoir pench pour l'autre hypothse, celle des Averrostes, tmoin la variante des vers I il et 112, d'autant plus significative qu'elle remplace une traduction de Manille {Philosophie de Ronsard, p. 15).
:
Ronsard, VIII.
10
14e
LES HYMNES
il
est
bon,
&
doux,
',
du Monde,
comme
nous
ta large
closture
s'est
80
Chez toy, franc de soucis, de peines, & d'esmoy, Qui vont couvrant le front des terres habitables, Des terres, la maison des humains misrables. Si celuy qui comprend doit emporter le prix Et l'honneur, sur celuy qui plus bas est compris 2
Tu
masse toute,
ta large vote,
Qui
84
comprens dessous
Toy, qui n'as ton pareil, & ne sembls qu' un, Qu' toy, qui es ton moule, & l'antique modelle Sur qui Dieu patronna son Ide ternelle 5.
[123
77. f $ par erreur couvant (d. suiv. corr.) Comme le bon Bourgeois 78. 8j ajoute ce vers les huit que voici habite en sa cite, Un Roy dans son palais, ton sjour limit, Sans demeurer ailleurs, de peur qu'une querelle Civile ne troublast sa maison paternelle, Et pour servir aux lois d'il, d'me, & de support. Quand le Prince est absent tousjours le droict a tort: L'quit, la justice ont perdu leur puissance, Qui fleurissent en paix par sa seule pr:
sence
mesme
85-86. 84-87 Qu' toy, qui es ton moule, tout rond, comme chose ternelle
&
la
seule modelle
De
toy
1.
les Stociens le
mettoient hors
du Monde (Richelet). Cf. saint Augustin, Cit de Dieu, VII, ch. 30. 2. Le mot comprendre est pris ici au sens matriel de contenir, en-
demande ce que Ronsard a voulu dire ici. Est-ce que le Monde est unique et cause de cela ne peut ressembler qu' soy-mesme ?ou qu'il soit de l'avis de Platon et de Fhilon Juif, qui feignent un monde intelligible, patron du sensible, sur lequel il est tir?
glober. 3. Richelet se
le
bon, car,
comme
il
le
monde
sensible ne peut estre le moule de soy-mesme ; si ce n'est que le Monde sensible n'est rien autre chose que la
intelligible, et tous
DE
P.
DE RONSARD
I47
88
Tu n'as en ta grandeur commencement, ne bout, Tu es tout dedans toy, de toutes choses tout ', Non contrainct, infiny, faict d'un finy espace,
Qui sans
Sans rien
estre
laisser dehors,
& pource,
c'est erreur,
De penser
Tu
96
qu'il y ait des mondes hors du Monde 2 prends tout, tu tiens tout dessous ton arche ronde
,
D'un merveilleux
Et
la
circuit la
Terre couronnant,
environnant,
grand'
Mer
qui va
feu
:
la terre
L'air espars,
&
le
&
bref,
on ne
voit chose,
Ou
100
yeux,
>.
object
la
90. 84-87 Dont le sein large & creux toutes choses embrasse 92-95. 84-87 C'est un extrme abus, une extrme fureur De penser qu'il y ait (87 De crdule penser) des mondes hors du monde 95. 78-87 D'un contour merveilleux 96. 84-87 qui vient la terre environnant 100. 78-87 la closture des cieux 87 ajoute ce vers les dou^e que voici: Tes murs sont de crystal & dglace espoissie Des rayons du Soleil fermement endurcie, O tes feux sont clouez, ainois tes grands flambeaux, Qui rendent tes Palais plus sereins & plus beaux. Du grand & large tour de ta cleste vote Une ame, une vertu, une vigueur
|
la terre, en l'air & dans la mer, Pour fertiles rendre et les faire germer Car sans ta douce humeur qui distille sans cesse, La terre par le temps deviendroit en vieillesse: Mais, arrosant d'enhaut sa face tous les jours, Jamais ne s'envieillist non plus que fait ton cours
Cela est vray, eu esgard sa figure, qui est parfaictement ronde, de laquelle*consquemment vous ne scavez o prendre le commencement ny la fin . A cette note Richelet ajoute une rfrence Pline, duquel ceci est comme traduit , H. -Y., II, ch. 1 Muiidus tolus in toto, imo vero ipse tt 11 m ; finit us et infinito similis, omnium rerum ccrius et similis inento ; extra, intra, ctinctacomplexus in se, idemque rerum naturae opits et rerum ipsa natura . furor est, pro2. Mme mouvement dans Pline, H. .Y., II, I, fin
1.
et
148
LES
HYMNES
fatalle
',
Tu es premier cheinon de la cheine qui pend 2 Toy comme fcond pre en abondance enfantes
Les sicles, Les moys,
:
& des ans les suittes renaissantes & les saisons, les heures, & les jours,
5
5
108
*,
:
[124]
Qui tousjours
Bref,
se retrace,
&
se refraye
en
elle
voyant
tes effectz,
moyens
1. la
nue
Anang est la forme francise du grec Avyxr;. la Ncessit. On retrouve dans d'Aubign, Tragiques, II, 1471-72. Ronsard conti paraphraser Marulle en s'inspirant des anciens. Marulle avait dit
entendant sans doute par Cliles tous les astres qui peuplent le Monde. A son tour Ronsard semble dsigner par les Dieux plus particulirement
qui toutes portent des noms de divinits paennes. Elles sont soumises au joug de la Ncessit, en ce sens qu'elles subissent inluctablement l'impulsion du premier moteur, le Dieu crateur, qui, lui, est immobile et immuable. Cf. Ps. Aristote, le Monde, chap. final, et saint Augustin, Cit de Dieu, VII, ch. 9. D'aprs Virgile, le Fatum est l'expression de la volont de Jupiter. Cf. l'article de P. Bovanc, Virgile et le Destin, dans les Mlanges Laumonier (Paris, Droz, 1935). Voir encore saint Augustin, op. cit., V, ch. 8 et 9. 2. Cf. ci-dessus H. de la Philosophie, vers 72 et suiv. Ajouter aux interprtes de ce mythe homrique Macrobe, op. cit., I, chap. 14 et PhiIon le Juif, Opif. inuiidi. Ici Ronsard traduit Marulle, op. cil.
les plantes,
:
Tu
3.
Le mot jeunir n'est plus employ que dans son compos rajeunir.
4.
Ornire
sentier, trace.
DE
P.
DE RONSARD
I49
H2
Si je te dois
nommer
Roy
'.
nom que
tu voudras, Pre,
qui de l'Univers
2
,
la
nature obtempre,
Aimantin
116 Filz
&
tout voyant
3,
:
ma
prire
Quand
120
la
Mort
deslira
mon ame
prisonnire,
Et celle de
Daigne
les recevoir,
&
vueille de ta grce
Chez toy
les
Fi.v.
Roy
111-112. 84-Sy Bref, te voyant si beau, je ne saurois penser quatre ou cinq mille ans te puissent commencer 116. 84-87 Roy tout-oyant, tout-vovant
Que
1.
op. cit.
Ce mot peut
avoir
ici
deux sens
ou bien qui est dur ou durable adamantinus, d'o il est tir, ou bien
:
cration
naire
du
Sei^. sicle, le
Bien que Huguet ait adopt le premier en son Dictionsecond me semble prfrable, tant donn surtout
vers 104.
3.
Ces mots semblent traduire l'adjectif compos -avo'-'r,;, que les Grecs appliquaient Argus, symbole du ciel constell. de bonne grce, de plein gr, avec toutes les nuances 4. C.--d. entre volontiers et par faveur. Cf. ci-dessus l'if, de Henry II, vers 57 et Y H. de la Justice, vers 367; et Montaigne, III, 9 Les voleurs, de 287; leur grce, ne m'en veulent pas particulirement III, 12 Mes deus maistresses pices vivent, de leur grce, en pais et bon accord .
: :
150
LES
HYMNES
HYMNE DES
ASTRES.
'.
[125]
Vers hroques.
C'est trop long temps, Mellin,
demeur sur la terre Dans l'humaine prison, qui l'Esprit nous enserre, Le tenant engourdy d'un sommeil ocieux
II
faut le dlier,
&
Il
me
plaist
moy
les
nues,
espaules chenues
porte-ciel
3,
me
plaist
de courir
ouvrir
Jusques au Firmament,
(S'il
&
les secretz
12
un prsent Mellin, enfant du Ciel, Mellin, qui pris ton nom de la douceur du miel Qu'au berceau tu mangeas, quand en lieu de nourrice Pour
t'en faire
&
de mlisse.
Aussi
je ferois tort
mes
vers,
&
moy,
Retranch des uvres ds 1560. ditions Les Hymnes, 1555. RetranRimprim dans les uvres (Hymnes, I er livre) en 1578. Rimprim dans le Recueil des ch de nouveau en 1584 et d suiv.
:
Pices retranches
10.
la gnration de Cl. Marot, avec lequel Ronsard en 1550 et rconcili aux environs du 1" janvier 1553. Voir les tomes III, Introduction, Hymne triumpbal (fin) et 2" ode A Madame Marguerite ; V, ode A M. de Sainl-Gelais VI, Introduction.
1.
Pote survivant de
s'tait fch
Cf. la tiise de l'abb Molinier sur Mellin de Saint- Gelais (1910). 2. Cf. ci-dessus VH. de la Philosophie, vers 21 et suiv.
3.
4.
C.--d.
DE
6
P.
DE RONSARD
autre qu' toy,
1 5 I
Si je les consacrais
un
Ti26]
les
Qui
sais le cours
je
du
Ciel,
&
congnois
puissances
parle,
&
de leurs influences
commencement
(s'il faut le
croire ainsi)
Monde
bel
large,
la
Comme
24.
ny
le
le
soing nv
charge
2
:
Sans plus
flamboyent
'
pour un
ornement,
Firmament.
Quand
le Soleil
R'amasser par
le
Qui demenoit
la
dance,
&
les
le
&
leurs bceufz,
Ains que
les
la
Quand
grande estable,
O
56
les
yS
&
1. Allusion aux connaissances de Saint-Gelais en astrologie. Il avait publi en 1546 un Advertissement sur les jugements d'astrologie (Lyon, parmi d'autres posies, la Chanson des Astres : J. de Tournes), et en 1547, La Tramontane a bien sond (d. Blanchemain, I, 121). 2. Cet hymne est en partie imit de Marulle. Hymni, lib. II, Stellis :
152
LES HYMNES
le Soleil
Que
40
valeur, [127]
&
2
,
sur
Osse plantrent
dbouter
le
Le nuageux Olympe,
44 Jupiter
fin de
de son rgne
&
vaincu,
donter
soir, force
&
puissance prindrent,
:
Et pour jamais au Ciel un lieu ferme retindrent Desja ces grans Geans en grimpant contremont,
48
D'Olympe
Et
ja
sourcilleux
le
avoient gaign
le filz la
il
le front,
tenoient
Ciel
&
de Saturne
-i
chartre nocturne
De l'abysme
52
d'Enfer, o
tient enserrez
Et de mains,
&
de piedz,
les
Titans enferrez
le
surnom de l'Ourse,
ne danoit pas,
&
si
comme
ja lasse,
arrest ses
l,
beaux pas
&
voyant l'embche
>
Que
60
&
s'en va reciter
En tramblant l'ambuscade au
pre Jupiter.
52.
57-58. /S
59. "j8
jS Et des mains & des pieds & voyant la cautelle... tout soudain
elle appelle
&
s'en-va raconter
Les monts Plion et Ossa en Thessalie. C.--d. de son royaume (sens du latin rgnant). 3. Epithte de nature frquente chez Homre et les Tragiques grecs (ovji). dans la prison tnbreuse. 4. C.--d. elle appelle. Dj vu au tome II, p. 155. 5. C.--d. 6. C.--d. raconter.
1.
2.
DE
Armez-vous
P.
DE RONSARD
153
armes,
Armez vous, armez vous je ne say quelz gendarmes Ont voulu trois grandz montz l'un sur l'autre entasser
64
Pour conqurir le Ciel, & pour vous en chasser. Adoncques Jupiter, tout en-sursaut commande, Ayant sa peau de Chvre ', la cleste bande De vestir les harnois, pour garder leur maison,
Et leurs mains de porter des fers en
la
[128]
68
prison.
Quand
72
la
troupe radieuse
Pous esbloir
ecarbouilla
la teste,
Par
les
yeux, par
Comme
Par
les
la bouche, & par les deux naseaux, un fromage mol, qui surpendu s'goute
Envers Sa Majest
Aresta
la carrire,
si
& tous
2
en
telle
place
&
en pareille espace,
Ciel les ficha
la
D'un
84
lien
aimantin
de grans
Et
comme
doux dans
fornaise
la
cleste
bande D'endosser
le
har-
1. Souvenir d'Homre, Zs'J a'yio/o;. Il s'agit de l'gide, bouclier recouvert de la peau de la chvre Amalthe. 2. C.--d. d'un lien d'acier. V. ci-dessus YH. du Ciel, vers 11 j. 3. Cf. Aratos, Pbti., 10 et suiv.
:
154
LES
HYMNES
Qu' grandz
88
coup-; de marteaux
il
congne durement
:
I2 9j
le
fil
des Destines
Tout
cela
feroit
Retenant toutesfois
superintendence
&
de leur influence,
Et que, quand
96 N'aurait autorit,
ny force, ny
effect.
firent
dames
Sur tous
les
corps humains,
&
non dessus
fin
les
mes
2
,
D'excuter -bas
l'arrest
de leur destin.
Depuis, tous
les
&
qui chantent,
Tous
104
les
ondes frquentent,
Et tous
Soit des
les
animaux soit des champs, soit des bois, montz caverneux, furent serfz de leurs loix
108
Aux destins que le Ciel par les Astres luy jette, L'homme, qui le premier comprendre les osa, Et telz noms qu'il voulut au Ciel leur composa 3.
87. yS il congne rudement 91. j8 leur aspect non pas de noz mes 98. jS 108. jS leur imposa
&
1.
C. -d. de
dominatrices.
et
2.
au temprament
le
champ
rservant ainsi le libre arbitre humain. Cf. ci-dessus YH. des Daimons, vers 191 et suiv. e xvi sicle croyait l'astrologie, mme les 3. Tout le monde au mcrants. Jrme Cardan dclarait plus impies qu'Erostrate ceux qui osaient la nier {De rerum varietale, II, 13). Cette note et la prcdente sont dues H. Bussou, Philosophie de Ronsard, p. 17.
d'action
fatalit
astrologique,
DE
L'un s'adonne
la
P.
DE RONSARD
1)5
guerre,
&
ne
les
Ayant perc
112
le
cur
le
de
la
lance d'Hector,
[n
Courb sur
L'un
est
le tillac, la
tempeste
&
le
vent.
n laboureur,
&
maugr
qu'il en
aye
&
Avec le soc aigu l'eschine des gerts Pour y semer les dons de la mre Cers.
L'autre est n vigneron,
&
Dessuz
124
les
Ou Ou
taille
montz pierreux plante la noble vigne, les vieux cepz, ou leur bche les piedz,
les
provins maris
>.
&
ses voilles,
& &
Son
bras,
pour assommer
il
monstres de
la
mer
Aucunefois
plonge,
1.
2.
pome d'Apollonios de Rhodes, auquel Ronsard emprunte propres Tiphys (vraie graphie) est le pilote du navire Argo
:
le
Phase
est le
Meuve de la Colchide les rocs Cyanans sont Euxin. V. ci-aprs YH. de Calais.
;
l'entre
du Pont-
3. Termes techniques auxquels tait habitu Ronsard, grand amateur de vignes et de vendanges. Cf. l'pitre A Ambroise de la Porte, au tome VI, p. 12. Ces seize vers dveloppent rebours cette strophe de Marulle, op. cit.
Atque
hic paterno gaudet bove Vertisse, et ulmis nectere pampinos. Hic arma sectatur tubasque
humum
Ronsard reprendra
cet hmistiche
comme
refrain
Estoilles (1575).
I5
Espie
les
LES HYMNES
Tritons jusque au fond de l'arne,
il
Aucunefois
132
Et sur
le
L'autre se
chasseur,
Le soing de
ses enfans,
les
Ou
pour
faire les
s'il
Et languist
&
de
&
comme
profit)
tressaige mre,
2
:
main
>.
L'autre par
le
Ou
148
peigne
les toisons
est le
nourrisson
L'un
est
&
maon,
terre.
Traffiqueur, lapidaire,
&
Des biens,
son
pril,
en quelque estrange
Aux
152
autres vous
les faictes
Et ne
Ont
156
faict
un
art certain de
voz incertitudes
Voz mystres
1.
divins,
pour nous
les
raconter
5.
2.
3.
Souvenir d'Horace, Carm., I, 1, 25 et suiv. Cf. le pome des Armes, au tome VI, p. 205, vers 21
et suiv.
Pour
1550^
Charles
de Pisseleu, au
4.
tome II, p. 3, vers 37 et suiv. Allusion une lgende que raconte Ovide en
5
Mtamorphoses,
VI, vers
et suiv.
5. Cf. ci-dessus
YH.
de
la Philosophie,
DE
P.
DE RONSARD
le
157
langage,
le
prsage,
nous
&
160
annonce
2]
Cestuy
hommes,
&
des Dieux,
Qui en
168
'.
d'un
Guide une colonie en un pas lointain, Et n'y a ny torrent, ny mont qui le retienne
Ores
il
faict razer
une
il
ville
ancienne,
bastit
de son nom,
2
brave,
&
il
Que
176
la
hauteur du Ciel
hurte de sa gloire,
&
ne veut endurer
:
Qu'un
Mais
il
Et meurt pauvre
162. jS la Lyre
&
fuitif
comme un
autre
Pompe.
1. Ce passage montre assez, ainsi que le dbut de l'hymne et un passage de YH. de Henri II (ci-dessus, vers 491) que la rconciliation fut sincre du ct de Ronsard. Une autre preuve, encore meilleure, c'est l'loge introduit par Ronsard dans le pome du Procs, en 1 561, trois ans aprs la mort de Saint-Gelais, alors que rien ne l'y obligeait
:
Saint-Gelais qui estoit l'ornement de nostre ge, Qui premier des Franois nous enseigna l'usage De savoir chatouiller les oreilles des Rois Par sa lyre accordante aux douceurs de la vois...
Sur
2.
cette question, v.
mon
dition critique de
T.
la
Vie
Je
Ronsard,
p. 125,
Mme
p. 4, vers
-,
I58
Cettuy
180
LES
HYMNES
comme un
L'Empire sous
De
ses gens,
&
ne peut
fuir la destine
donne
'.
&
2
,
nos malheurs,
Vous nous
colres,
[133]
&
cauteleux
'.
due
Le
r92
Et nous refaict
mois,
les ans,
&
les saisons,
;
les
grands
villes
En
Imprimez sur le front, des vens & des orages, Des pluyes, des frimatz, des gresles, & des neiges
Et selon
200
les
5,
On
congnoit
jours seront
ou
laidz
ou beaux.
encore flumatiques
185. PR 162?, Bl. ardens, phlegmatiques (on en 1609 et 1617) 197-198. j8 rimes oraiges... naiges
lit
1. Tout ce dveloppement, depuis le vers 109, sur les destines humaines influences par les astres, me semble venir de Manilius,
Mous, sans nergie du vieux franais fleume, flume, qui signi-' timidit, paresse. 3. Cf. ci-dessus \'H. des Daimcms, vers 191 et suiv. 4. Noter les verbes intransitifs pour des verbes rflchis. Frquent au
2.
;
XVI e
i.
s.
on prononait oraiges
(v. la
variante).
DE
P.
DE RONSARD
marques clestes
159
&
des pestes,
& des
Car vous
estes de
Dieu
faict
Comme
Non
Donne
s'il
mains.
34j
&
:
Maistre
hommes
congnoistre
le
&
par
l'air
&
par
feu trespront,
Voire (qui
le croira)
les lignes
qui sont
Escrites dans
noz mains,
'
&
216
Nous verrions imprimez clairement l dedans Ensemble noz mauvais & noz bons accidens
:
telles lignes
entendre,
220
Qui sont propres nous, nous ne povons comprendre Ce que Dieu nous escrit, & sans jamais prvoir Nostre malheur futur, tousjours nous laissons cheoir Apres une misre, en une autre misre
:
sa
grandeur
erre
la terre
!
Alume de
O
Qui
Si
des
humeurs de
sris
l'humeur vous
paissoit,
vous
corrompuz,
PR
1.
C.--d.
si
YH.
des
Y H. du
cette
(orme intransitive,
lo
228 Et
LES HYMNES
Qui
Comme
le
surjon perennel
D'un feu
Laquelle
natif,
luit
la
lumire
',
en vous,
pourroit
comme
la
Comment
236
Quand la moindre de vous en grandeur la surpasse Comment iroit l'humeur de ceste terre basse
Jusques vous l-haut, sans
240
se voir
desscher
?
Des rayons du
Soleil, avant
Mourir quand nous mourons, & quand nous naissons, Et que les plus luisans aux Roys sont destinez,
244
naistre.
Et
les
Que vous
Les
hommes
Je
252
la
premire nuit
2
,
Heureux
1.
ne vous
2.
Cette
fin
Quae
DE
P.
DE RONSARD
l6l
Au
!$6
me
verser,
bonne ou mauvaise,
alors
'.
Q.ue
mon ame
mon
corps
Fin.
HYMNE DE LA MORT.
A P. Paschal
2
.
[13 e]
Vers hroques.
On ne scauroit, Paschal, dsormais inventer Un argument nouveau qui fust bon chanter,
255. j8 vostre tasche
uvres (Hymnes,
|
livre),
1560
Titre. 60-87 ddicace A Louys des Masures 67-87 suppr. vers hroques r-2. 60-78 Masures, ou ne peult dsormais inventer Un argument nouveau qui soit bon chanter 84-87 Masures, dsormais ou ne peut inventer Nul argument nouveau qui soit bon chanter
|
1. A rapprocher de cet hymne une belle ode d'Amadis Jamyn (cf. Marcel Raymond, Influence de Ronsard, tome II, p. 125). Ronsard a repris le sujet dans Y Hymne des Esicilles (1575), imit galement de Manille; et c'est pour cette seule raison de double emploi qu'il a supprim V Hymne des Astres aprs 1578 car, s'il avait t m par une jalousie posthume l'gard de Saint-Gelais, il aurait alors simplement supprim les passages o il le vante, ou plutt remplac son nom de Mellin par un autre, tel que celui de Jamyn, son ancien secrtaire. 2. Sur ce personnage, historiographe de Henri II, v. le tome VI, Introduction, p. xi et xn et p. 9, note. Aprs sa rupture avec Ronsard, qui eut lieu vers la fin de 1558 (v. Pierre de Nolhac, Ronsard et l'humanisme, 4 e partie), notre pote voulut remplacer son nom ici par celui de Morel, lors de la rimpression de cet hymne en 1560. Mais Jean Morel refusa ne voulant estre honor des despouilles d'autruy . D'aprs un
lui-mme
Ronsard, VIII.
il
I2
LES HYMNES
:
Aux Ancians
Si bien,
la
Muse
a tout
permis de dire,
Que
le
Sinon
le
desespoir
manuscrit de notre Bibl. Nat. (fonds Dupuy, vol. 843, p. raconte l'anecdote, Ronsard aurait alors prsent son hymne
mille Morel, qui lui rpondit par ces vers
:
142), qui
Ile
Ca-
un grand pote Mort autre destine pas pour nous que l'aviez ordonne, pour un qui bien vraiment la meritoit
offrez la
:
donnastes lors que vray amy estoit, N'estant plus vray amy, la Mort vous luy ostez, Et nous, vos amis, la Mort vous prsentez. Si de vous, vos amis ont la Mort pour offrande Et qu' vos ennemis la Mort on redemande, Il vaudroit beaucoup mieux estre vostre ennemi Pour esviter la Mjrt, que d'estre vostre ami.
Vous
lui
longtemps qu'il s'agissait en effet de Camille Morel, trs capable de cette rponse, bien qu'elle n'et que do.ize ans en 1560 (cf. du Bellay, Poemala, de Camilla Jani Morelli fiha). Mais d'aprs un autre manuscrit, plus digne de foi, qui a pour auteur Pierre de l'Estoile (Bibl. Nat., fonds fr., 22.560, f 106 v), Ronsard offrit la ddicace de son hymne Madamoyselle Morel , et, comme la rponse en vers de celle-ci est intitule
a cru
On
docte
fille,
A. D. L.
il
un grand
pote,
d'Antoinette de Loynes, femme de Jean Morel, qui a sia;n ainsi d'autres pices de vers et se trouvait, malgr tout, plus qualifie que sa fille pour recevoir cet hommage de notre pote (v. notre tome III, p. 157, note r, et ci-dessus H. du Ciel, note 1). Cette dcouverte est due a M. Samuel Will, The dedicalion and rededicalion of Ronsard': Hymne de la Mort, article publi en juin 193 1 dans la Revue de la Modem language Association of America (vol. XVI, n 2). 1. Les 40 premiers vers de cet hymne dveloppent 11 vers du pome de Manilius, Astron. (source signale par Besly). Ce sont les vers 48 58 du livre II
s'agit
:
Omnis genus rerum doctae cecinere sorores, Omnis ad accessus Heliconis semita trita est, etc. Mmes ides, mme suite, mmes images. A rapprocher de
I,
Lucrce,
925
et suiv.
loca...
DE
8
P.
DE RONSARD
:
163
Faicte au
chemin
i2
Ont tellement des pieds ce grant chemin batu, Qu'on ne voit au-jourdhuy sur la docte poussire D'Helicon, que les pas d'Hsiode & d'Homre Imprimez vivement, & de mille autres Grecz
Des vieux
beurent longs
filles
trais
[137]
Toute
16
l'eau jusque au
fond des
de
Mmoire
-foule--foule vont
le
double Mont
montent en vain, car plus ilz y sjournent, Et plus mourant de soif au logis s'en retournent.
24
Moy doncq, mon cher Paschal, qui de long temps says bien, Qu'au sommet de Parnasse on ne trouve plus rien Pour estancher la soif, d'une gorge altre, Je m'en vois dcouvrir quelque source sacre D'un ruisseau non touch, qui murmurant s'enfuit Dedans un beau vergier, loing de gens & de bruit, Source que le Soleil n'aura jamais congne,
Que
les
25
&
les
pastoureaux
les piedz
de leurs taureaux.
mon
Et puis
je
7.
10. 67-87
du pied
12. jj par erreur Helicon sans prposition (d. sniv. corr.) 13. 84-Sj D'Arate, de Nicandre
21. 60-73
Moy
78-87
Moy donc
qui de
long
temps
24.
78-87 Je veux
chercher
1.
Rimes phontiques
on prononait
les
Grs.
164
LES
les
HYMNES
si
Dont
tresdoux,
:
Que
36
les sicles
voudront
les redire
aprs nous
je
me
pour toy de
sur
faire icy
ramer
F
ma
propre mer,
3^]
Te chantant
C'est
de
la
Mort
la
non-ditte louange
'.
&
hommes
tant de bien,
Encore
Et
48
la
elle
nous
faict trop
de bien
&
d'honneur,
2
:
devons
nommer
nostre
s'il
Mre amiable
Mais o
est cestuy-l,
De l'humaine prison de
ce terrestre corps
<5c
nuict endure
mon
esprit
43. 67-87 des peines erreur souverain 71-87 souv'rain 45. 60-67 48. 67-87 O est l'homme bas
pw
1. Quoi qu'il en ait dit, Ronsard s'est amplement inspir des anciens dans cet hymne, notamment de Plutarque et de Lucrce. Sur ces sources, v. . H. Krappe, P. de Ronsard' s Hymne de la Mort and Plutarch's Consolatio ad Apollonium, art. de la Modem language Review,
vol.
XVII,
dans le volume intitul II maggio dlie Faie (Novara, la Libra, 1929). D'autre part, il s'est beaucoup servi du recueil de Stobe, qui contient
grecs relatifs l'loge de la Mort (sec"\\-%r/o; Oxvxto'j \. Enfin l'loge de la Mort avait dj t fait par Cl. Marot, dans la Deploraiion sur la mort de Fhrimond Robertet. 2. Ainsi, mme si nous ne sommes pas rejoints Dieu , nous ne sommes pas menacs des peines de l'Enfer. Sur ce point, Ronsard pensait comme Cicron, Tuscul., I, xvr, et Snque, Consol. Marcia, xix.
nombre
tion
d'extraits d'auteurs
CXX,
DE
52
P.
DE RONSARD
la
\6<y
cheine dure,
qu'il se voit
ainsi
l'homme
la
se doit
Mort
,
luy delye
Le
misrable vie
Pour vivre en
libert, car
on ne sauroit voir
devoir
Rien de n qui ne
Qui
Mais
&
de misre
hommes, sommes
2
:
Lune,
&
les
Font avecque
39]
La Mer avec
64
travail
deux
fois le jour
chemine,
gesine
3
La Terre, tout
ainsi
qu'une
femme en
ses enfans,
les
ans
que seul
il
vive
du labeur qui la race chetive Des humains va rongeant de soucis langoureux. Pource, l'homme est bien sot, ainois bien malheureux,
a
Qui
72
peur de mourir,
Se
mesmement
il
l'heure
4
:
ne meure
78-87 Le lien qui serroit 78-87 Rien -bas 71-71 en naturel 57-60. 73-87 guill. ces vers 65. 67-87 Qui pleine de douleur
|
1. Cette conception de la mort libratrice est dans Plutarque, op. cit., chap. 13, mais aussi dans Stobe, Flor., section CXX, passim. 2. Souvenir de Virgile, Gorg., II, 478 Defectus solis varios, lunaeque labores. Richelet cite mal propos ce passage de Claudien ...Nec
: :
sidra
3.
pacem Semper habent (De bcllo Gct., 62). Ce mot, qu'on n'applique plus aujourd'hui qu'aux femelles des
animaux, n'avait rien de vulgaire au XVIe s. et s'appliquait mme aux reines (v. au tome VII, p. 38, vers 50, et ci-dessus, H. de Henry If,
vers
4.
3
36).
Cf. Plutarque, Cotisai, ad A poil., cb. 15, Snque, Consol. Marcia, ch. xx, dbut.
citation de
Socrate,
et
l66
LES
HYMNES
Qui dans
76
le
camp
cur
Voyant
hayneux
face
Mer de
voager,
Le plus
80 Puis
tost
que
que
Est-ce pas
longueur du chemin
&
pnible,
Espineux, raboteux,
Maintenant large,
O
88
le
chemin de Mort
un chemin tout
droict,
*,
[140]
Si certain tenir,
>,
73. j; par erreur Ce mocqueroit (d. suiv. corr.) 74. 78-87 espouvantant 76. S4-87 de l'ennemi la face
79. 67-73 Le plus soudain qu'on peut 77-79. 78-87 Puis qu'il faut au marchant sur la mer voyager, Est-ce pas le meilleur, sans hanter (84-87 suivre) le danger, Retourner tout soudain (84-87 en sa terre) & revoir son rivage 80-82. 78-87 Puis qu'on est rsolu d'accomplir un voyage, Est-ce pis le meilleur de bien tost mettre fin (Pour regaigner l'hostel) aux labeurs du chemin 86. 78-87 O celuy de la Mort
ci!., ch. 23. 5, et ci-dessus, YH. de vers 197. la Justice, alors que au contraire. 3. C.--d. 4- Richeletfait remarquer que voyent (crit d'ailleurs voVnt dans l'd de 1623) ne compte que pour une syllabe extraordinairement , et il
1.
2.
L'image du voyageur vient de Plutarque, op. C.--d. terrestre. V. au tome II. p. 63, vers
: :
ajoute
le
comme de
fait
il
la paraphrased'une pigramme de Lonidas, recueillie par Stobe, Flor.. section CXX, n 9, o Ronsard l'a prise (source indique par Besly en 1604). V. VAnlbol. gr., d. Jacobs, Appendice, n 4S. Richeletcite de bc.ux vers de la tragdie de Buclianan, inti-
DE
Si les
P.
DE RONSARD
67
hommes
les
Roys
Ne peuvent
92
viter de la
Mort
puissance,
:
Hz prendraient en
leurs
Sommes nous
Dfendre de
96
la
Mort, bien
en guerre
terre
&
le
s'atristent
au lieu
De chanter hautement
100
Pan de
soit
victoire,
Et pensent que
la
Mort
Qui
les
viendra manger,
&
Rongeront de
Et leur
104
test,
L'effroyable
Chetif,
un lieu solitaire, ornement d'un ombreux cimetire aprs la mort le corps ne sent plus rien,
qui sera, dans
>
93. )j Somme nous (d. suiv. corr.) 95. j8-8j Dfendre du trespas IOI. )) milles (d. suiv. corr.) 103. 84-87 Et leur test, qui doit estre en un coin solitaire Bi. un nombreux cimetire (texte de 104. 77-Sy ombreux cimetaire fantaisie)
|
l'attend
1.
mort qui
Alina inspir par Plutarque, op. cit., ch. 9 et 15; mais l'auteur grec mentionne au ch. 13 Hercule, Crsus et Xerxs parmi les grands de ce monde qui n'ont pas pu viter la mort. Lucrce, de son cot, traitant le mme lieu commun (III, toi2 et suiv.), avait cit les exemples d'Ancus, de Xerxs, de Scipion, et ajout ceux des potes et des philosophes, tels qu'Homre, Dmocrite, Epicure. 2. Expression toute faite pour avant de mourir. Cf. le tome Y, p. 129, note 3. Aux exemples de Marot et de Ronsard que j'ai cits l, il convient d'ajouter celui de .Montaigne, III, 9 (d. Villey, p. 255). On la trouve encore dans Saint-Simon (d. Boislile, tome XXI, p. 43). Ton test n'aura 3. Le test, c'est le crne. Voir le tome VI, p. 219
: :
plus de peau.
IQ
les hymnes
tu es paoureux,
il
En vain
Non
108
germe
ton pre
2
.
'
ventre de ta mre
la
deeut
>,
[141]
4.
que
mort,
:
Selon que
le
bon uvre, ou
que de l'ame,
il
vice le
mord
C'est le tout
116
l'a faicte
-jamais immortelle
faictz vicieux
faut trambler de
la
Nous ne
120
grand ennuy,
Qui
124
n'est
que son
valet,
&
la
raison divine.
n'estre
Pource,
il
surmontez
106. 78-87 tu es peureux 116. j7 par erreur la faicte (d. suiv. corr.) 118. 60-78 des Cieux 84-87 texte primitif
|
e 1. Tournure courante au xvi sicle chez les potes, auxquels la prLa mre position ii pour de facilitait le vers. Cf. le tome I, p. 67 nostre Junon, et ci -dessus la Prire la Fortune, vers 238 et 246. 2. Alina inspir par Plutarque, op. cit., ch. 15. 3. Sur cette lgende emprunte Dictys de Crte, Guerre de Troie, II, 3, ou Tzetzs, Commentaire de Lvcophron. voir le tome III, p. 203. 4. Ces trois derniers exemples (Achille, Hector et Trole) viennent de Plutarque, op. cit.. ch. 24. Trole, tout jeune fils de Priam qui avait os attaquer Achille, est nomm par Homre, 7/., XXIV, 357, Horace, Carm., 9, 16 et surtout Virgile, qui dcrit sa mort, En., I, 474 et suiv. trouve dans 5. Cette pense, toute chrtienne qu'elle paraisse, se
Plutarque, op.
6.
Nous
son enveloppe.
DE
Des
traistres
P.
DE RONSARD
fauses voluptez,
169
hameons des
si
Qui
128
plaisent
le
Rien, fors
demeure
'.
Ne nous
faisons
les
pourceaux,
2
,
De peur que les plaisirs & les dlices faux Ne nous gardent de voir d'Itaque la fume
132
Du
Ciel nostre
demeure,
l'ame
accoustume,
4 2]
&
Patience,
Comme
&
disciples de Christ,
140
Qui vivant nous bailla ce chemin par escit, Et marqua de son sang ceste voye tressaincte, Mourant tout le premier, pour nous oster la crainte. O que d'estre ja mors nous seroit un grand bien, Si nous considrions que nous ne sommes rien Qu'une terre anime, & qu'une vivante ombre 3,
127. jS-Sy
Qui nous
plaisent
si
peu
129-131. $4-87 II ne faut pas humer de Circe les vaisseaux, De peur que, transformez en tigres ou pourceaux, Nous ne puissions revoir d'Itaque la fume 135. 78-Sj chargez d'esprance 142. jy par erreur considrons (d. suiv. corr.)
1. Ce passage, depuis le vers 121, vient de Plu tarque, op. cit., ch. 30. 2. Allusion un pisode clbre de l'Odysse, X, 133-260, avec rminiscence d'un passage du chant I, 57-59, qui, vers la mme poque inspirait aussi du Bellay Quand reverrai-je, hlas, de mon petit village Fumer la chemine ? La fable de Circ et des compagnons d'Ulysse changs en pourceaux par cette magicienne tait frquemment cite par les moralistes romains. Voir par ex. Horace, Epist., I, 2, 23 et suiv. Ronsard adopte ce symbolisme moral et y ajoute le rapprochement entre Ithaque et la patrie cleste, l'imitation de Manille, Hymnus Jovi, 26-41; il l'avait dj fait dans VHvinne triutnphal sur le trpas de Marg. de Valois (tome III, p. 76, vers 441 et suiv.). cit., ch. 6, o Ronsard 3. Cette mtaphore vient de Plutarque, op. retrouvait cit Pindare, comparant l'homme au rve d'une ombre (v. le tome III, p. 29, n 1).
170
144
LES
HYMNES
&
d'ancombre
&
Le
148
reste (
crevecur
!)
de tous
les
animaux
gale
Non pour
autre raison,
Homre nous
la fueille
& pauvres
sur
journailliers
-milliers,
%
:
maux
maux
Comme
152
faicts
je
&
debille
Pource,
dans les enfers, qu'il aymeroit trop mieux un pauvre valet, & iour de noz Cieux, Que d'estre Roy des Mortz 3 certes il faut bien dire
Qui
dit
Estre
156
Que
contre
Agamemnon
[143]
Qui
160
tant
&
donnrent envie
qu'il fut
De mourir, de
pendant
l'un des
en vie
dit
Ou
bien
s'il
eust
oy
Sages qui
le
Que l'homme
n'est sinon,
durant
temps
qu'il vit,
149. 73-87 journaliers 151. jy par erreur faict (d. suiv. corrJ)
ces vers
1. Souvenir de Lucrce, V, 225 et suiv., et peut-tre d'une belle page de Pline. H. N.. VII, 1. phmres. Ronsard avait dj dit en 1550 Les hommes 2. C.--d. journaliers meurent (tome I, p. 89, vers 106). Il avait d'autre part rappel la comparaison homrique en 1555 dans l'ode Sur les misres des hommes (tome V, p. 192) elle est dans Y Iliade, VI, 146; XXI, 464. En 1555. il la retrouvait dans Plutarque, op. cit., ch. 6. Tout l'alina peut d'ailleurs O'jo;'/ Iv xvGoctokji, qui dves'inspirer d'une lgie de Simonide loppe le vers d'Homre. Ronsard avait trouv cette lgie dans Stobe, Flor., section XCYIII. n 29 (la pice y commence par le 2' vers
: : :
:
"Ev
3.
M lis
o 76 y.xtaTov...) Paroles de l'ombre d'Achille Ulysse dans l'Odysse, XI, 489 491. Ronsarl trouvait ces trois vers d'Homre dans Stobe, Flor., section
n 11.
DE
P.
DE RONSARD
I7I
164
Qu'une mutation qui n'a constance aucune, Qu'une prove du temps, qu'un jouet de Fortune Il n'eust voulu haut renaistre par deux fois,
',
Non pour
168
estre valet,
tu
mais
le
Paschal,
me
diras
On
172
elle sort
la
2
,
lumire
Du Soleil, qui n'est pas seulement douce & chre Aux hommes sains & fortz, mais aux vieux chargez
Perclus, estropiatz, caterreux, impotens
:
d'ans,
Tu
176
diras
Mort
mais quand
ilz
sont
ja
vieux,
Et que
le flot
les
yeux,
la
tombe,
3,
Que
la
parolle grave
&
severe leur
tombe
&
pleurer,
4.
Et voudroient,
s'ils
[144]
167. 60-Sj Masures, on dira 172. 60-Sj De ce commun Soleil, qui n'est seulement chre 174. 71 Sj catarreux 182. 60-87 s'ils pouvoient
1. 11 s'agit du philosophe platonicien Crantor, ou de Thophraste, allgus l'un et l'autre par Plutarque, op. cit., ch. 6. 2. Paroles d'Achille Ulysse dansl7//Wc, IX, 406 a 409. Mais Ronsard trouvait ces quatre vers d'Homre dans Stobe, Flor., section CXVIII,
--.y.
}.
BavfOu, n
2.
vers et les deux suivants dpendent grammaticalement de Tu du vers 175. 4. Ces objections, depuis le vers 171, semblent avoir t inspires encore par des extraits de potes grecs que Ronsard trouvait dans
Ce
diras
CX1X, notamment
les
n'-
1,
2 et
(Euripide,
A cesle,
672
Lycophron).
172
LES
diras encor
HYMNES
Tu me
184
que
tu trambles de crainte
Qu'un batelier Charon, qui passe par contrainte Les mes outre l'eau d'un torrent effroyant,
Et que tu crains
Et
les
le
Chien
eaux de Tantal',
188
Nous
192
Quiconques
Que
ton
me
n'est
Croix estendu
Mort
l'aiguillon a perdu,
De
&
doux,
comme
enfans,
il
est
Sans craindre,
200
comme
la
nacelle infernalle,
Le rocher d'Ixion, & les eaux de Tantalle, Et Charon, & le chien Cerbre trois abbois,
Desquelz
le
la
Croix,
Faisant ses
mandemens
&
le
lger,
Qui
le
charger 2
45]
S'il
y avoit au monde un
estt
de dure,
qu'il te
souvienne
vers
1. Depuisle vers 183, souvenir de Lucrce, III, 966 et suiv., et surtout de Cicron, Tusculanes, I, 5. 2. Rien ne montre mieuxque cet alina le mlange de la foi chrtienne
et des ides
DE
208 Si
P.
DE RONSARD
la terre
I73
quelque chose
seroit
estoit
en
asseure,
:
Ce
un
plaisir
de vivre longuement
Ne
212
se
change,
&
rechange,
plaisir
&
d'inconstance abonde,
' :
Ce
n'est pas
le
grand
Nous
Comme
216
De
ce logis
mondain
la
misre future
2
:
Non pour
Et quand
Mort
comme
franc de misre
'.
Jamais un seul plaisir, en vivant, nous n'avons, Quand nous sommes enfans, debilles nous vivons
&
quand
le
le
second ge
Nous
Lors
visage,
la mer des ennuis se dborde sur nous, Qui de nostre maison dmanche tous les coups
En
humaine pense.
guerre,
&
se
L'autre, la marchandise,
&
tout soudain
veut
[146]
veut faire
:
De quelque
savoir,
219. }) par erreur deux (d. suiv. corr.) 60-87 en la bire 226. 67-87 de nostre raison 228. 67-87 En diverses faons troublant nostre pense
\
Cette pense peutavoirt suggre par Plutarque,^. cit., ch. 5 et 6. Souvenir de Lucrce, V, 222 et suiv. 3. Ceci est racont par Hrodote, V, 4. Mais Ronsard l'a pris dans Stobe, Flor., CXX, n 33 Tpauao <j\ ta ulv aXa... (cf. le n 24).
1.
2.
174
Celuy ayme
les
LES HYMNES
champs, cestuy-l
se fait voir
Le premier au Palais,
236
&
sue -toute-peine
Pour avoir
Mais
ilz
la
les suit.
Leur jeunesse,
240
&
Se consommant en
ainsi
qu'un feu de
est,
paille
Non
244
le
chaut est
Adonc la Mort se sied dessus leur blanche teste, Qui demande sa debte, & la veut avoir preste,
Ou
bien
si
faire plaisir,
le
disoit le
comique Menandre,
Que
Ceux
Les
ayme
le
mieux,
&
ceux
qu'il
n'ayme
pas,
4.
laisse
234. 60-87 Cestuy ayme 239. 78-87 La jeunesse 252-254. 78-87 guill. ces vers
1. Ce tableau des ambitions humaines semble inspir d'une citation de Platon faite par Plutarque, op cit., ch. 13. Au reste on trouve des dveloppements analogues dans Horace, Carm I, 1; III, 1; Sat. I, 1, dbut et Virgile, Gorg., II, 503 et suiv., et une description des vaines agitations des hommes dans Lucrce, III, 1033 et suiv. 2. Ces six derniers vers viennent de Plutarque, op. cit.. ch. 6, qui contient une suite de citations de potes grecs, comparant la vie humaine la croissance et au dclin de la vgtation. l'inttt et le capital. Ces sept derniers vers viennent de 3. C.--d. Plutarque, op. cit., ch. 10. 4. Ronsard trouvait ce fragment de Menandre dans Plutarque, op. cit., ch. 34, mais aussi dans Stobe, Flot:, CXX, n c 8
,
: :
"Ov
0''.
DE
P.
DE RONSARD
[
175
!
47J
I
.
On
260
dit
que
les
en ternel partage,
comme
ilz
font aujourdhuy
Leur langue
264
Jupiter
accusa Promethe
De
la
flamme du
recompenser
leur en
De
268
tel
Mort,
il
&
fit
largesse
2
.
comme
d'une Desse
fit
la terre
luy
les
deux bras,
272
Armez d'une grand' faux, & les piedz par--bas Luy calfeutra de laine, fin qu'me vivante Ne peut oir le bruit de sa trace suyvante ',
Il
ne luy
fit
Pour
2-6
n'estre pitoyable en
voyant
la
langueur
Des hommes,
&
pour
&
fiere
dissolvi et esse cum Christo. des morts applique au Christ, elle vient aussi du Nouveau Testament Paul, Ep. ai Corinth., XV, 20 Maintenant Ctuist est ressuscit; il est les prmices de ceux qui sont
1.
I,
23
Cupio
:
Quant
l'exp-essi>>n
premice
morts; Ep. ad
2.
Coloss.,
I,
18
Il
est
I,
le 4.
commencement,
le
premier-n
Cf
l'Apocalypse,
contredit par un autre, rapport par Nican.lre, Tberiaques, vers 343 etsuiv., et utilis par Ronsard en 1553, la fin de
est
Ce mythe
l'ode
3.
aux hommes en
Joins, 104).
Sur les misres des hommes (tome V, p. 195). Hsiode en dit autant des maladies, qui apportent des misres silence, car le sage Zeus leur a enlev la voix (Trav. et
i~6
Pource
elle est
LES
HYMNES
280
Qui ne veut point avoir de temple ny d'autelz, l [ 4&] Et qui ne se flescht d'oraison, ny d'offrande '. Par exprs mandement le grand Dieu luy commande Tuer premier les bons, & de les envoyer
Incontinant au Ciel, pour
le
digne loyer
2
,
De
De
n'avoir point
hommes
endormis,
D'autant que
288
292
le Sommeil est le frre de celle Qui l'me reconduit la vie ternelle , O, plus elle n'endure avec son Dieu l-haut Ny peines, ny soucy, ny froidure, ny chaut, ains de tout mal exempte Procs, ny maladie De sicle en sicle vit bien heureuse & contente Auprs de son facteur, non plus se renfermant
:
278-279. jj n'y (d. suiv. corr.) 288. jj par erreur Que l'me (d. suiv. corr.)
hommes,
Mort, desse envoye par Dieu aux mais on y trouve, au chap. 7, une citation d'Hsiode, dcrivant la mission de Pandore sur la terre, qui offre quelque ressemblance avec la description de Ronsard. En tout cas, la fin de cette description traduit un fragment d'Eschyle, cit par Stobe, F/or., CXVIII, r.iy. Bavaxou... ni. 2. L'ide de la Mort accorde comme une rcompense aux hommes pieux et bons, ide sur laquelle revient Ronsard, est dveloppe par Cicron, TuscuL, 1,47, et par Plutarque, op. cit., ch. 14, avec les exemples de Clobis et Biton, d'Agamedes et de Trophonius mais notre pote lisait un dveloppement analogue dans Stobe, Flor., section XCVIII,
1.
Cette
description
de
la
n 75, extrait de Ps. Platon, Axiochus, et CXX, n 23, extrait d'une autre uvre de Plutarque sur la ncessit d'instruire la
Tcepi
~r rJ fiou,
femme
3.
Ronsard trouvait cette dfense dans Plutarque, op. cit. ch., 12. Le sommeil est appel frre de la Mort par Homre, IL. XIV. 231, et Virgile, En., VI, 278. En 1550 Ronsard avait rejet cette ide (voir le tome II, p. 123).
DE
P.
DE RONSARD
se
les
I77
transformant
naiges,
dans
les
desers sauvaiges
Demourant dans le Ciel, son antique maison, Pour contempler de Dieu l'ternelle puissance,
300
les
Hros
',
&
l'angelique Essence,
le Soleil, et le
merveilleux tour
2
,
De
304
la
[149]
nues
5,
&
les terres
congnes,
(O
308
gratieuse
Mort)
le
si
pour
la fois
seconde
Abandonnoit
Ciel,
&
revenoit au
la
Monde
puis avoir
312
Qu'un coup, bien que ta main estende son povoir En cent mille faons sur toute chose ne, Car naissans nous mourons >, telle est la destine Des corps sujectz toy, qui tiens tout, qui prens
sauvages 295-296. 60-87 rimes nuages, 304. 87 La grande mer flottante 309. 60-87 tu ne la peux 310, 314. 60-87 sou pouvoir ...ton pouvoir 312-313. 71-87 guill. ces vers
.
.
tout,
les mes dsincarnes des morts, assimiles aux ci-dessus, H. de la Philosophie, vers 33. de conception chrtienne, remplace celui que dcrit Pindare dans des vers cits par Plutarque, op. cit., ch. 3>. Souvenir de Virgile, Bue. v, 57. Cf. une strophe de l'Hymne 3 triumphal, tome III, p. 73, vers 397 et suiv. 4. Ronsard se dclare nettement ici contre la doctrine thosophique de la rincarnation et des vies successives. Cf. Clment d'Alexandrie, Strom., 6. 5. Tr.iJuit de Manilius, Asiron., livre IV. vers 16
1. Ici ce
mot dsigne
demi-dieux,
2.
comme
Ce
paradis,
N.iscentes
Ronsard, VIII.
I78
LES
HYMNES
fin,
Qui
316
n'as
ne bout,
Qui
rend
la
forme
vive,
refait
'.
Le monde
periroit
dfiait
Que
320
ta
puissance (
Mort)
est
grande
&
admirable
Rien au
monde
ainsi
Mais tout
Ainsi
324
fuit
Le pressant coulement de
le
temps
se coulle,
&
le
Au
Ce qui
Mais
328
la
comme une
eau,
:
Et rien dessous
ne
se void
de nouveau
[15^
forme
se
Et ce changement
Et mourir, quand
Ainsi, avec
vivre au
monde
s'appelle,
s'en va
2
.
Venus
Nature trouva
Moyen
332
&
divers changes,
:
est tousjours
en un lieu,
Au change non
336
sujette, assise
auprs de Dieu,
Citoyenne -jamais de
Qu'elle avoit
si
la ville aethere
Je te salue, heureuse
&
profitable
Mort,
3
:
&
les
confort
que
1. Tout ce dveloppement, depuis le vers 289, est rapprocher du Sermon du Bon Pasteur de Cl. Marot (d. Jaiinet, t. I, p. 83-84). 2. Ce dveloppement, depuis le vers 321, vient de Plutarque, op. cit., ch. 10; voir aussi Ovide, Mil., XV, 178 etsuiv. 252 el suiv Ronsard le reprendra plusieurs lois. p;ir ex. l'ans un pome Sur l'altration des
;
de l'lgie sur la fort cie Gastine (1578). choses humaines (1569), cit., 3. Ce vers vient d'une citation d'Eschyle, faite par Plutarque, op.
et la fin
DE
P.
DE RONSARD
I79
540
Quand mon heure viendra, Desse, je te prie, Ne me laisse long temps languir en maladie
Tourment dans un lict Donne moy que soudain
:
je te
puisse encourir,
Ou
344
pour l'honneur de Dieu, ou pour servir mon Prince, Navr d'une grand' playe au boit de ma province '.
Fin.
HYMNE DE
a Jean
L'OR,
2
.
[151J
Dort
Vers hroques.
Je ferois un grand tort
Si
mes
vers
&
moy,
en parlant de I'Or,
je
ne parlois de toy
uvres (Hymnes,
1578 1587
2' livre),
1560;
(4
1573
(2
livre),
et d. suiv.
Titre 67-7 j ajoutent lecteur du Roy et mon prcepteur et suppriment vers hroques (mais pur erreur la ddicace est affecte tout le 4 e livre 78-84 titre primitif, moins vers hroques 87 A Jean Dort son pr| |
cepteur
1.
ch. 10; mais Ronsard en lisait galement une, qui est analogue, dans Stobe, Flor., CXX, n 12, avec deux citations de Sophocle et d'Iiuripide, qui expriment la
mme
ide (n os 6 et 7).
rapprocher Lamar-
l8o
LES
le
HYMNES
1
Qui as De qui
nom
dor,
mon Dort
nom,
la
car cet
Hymne,
n'est digne
les vers
homme
le
fait
Que
de toy, dont
l'or
Muse,
la
&
parler
Semblent
Mais tout
8
couler
2
:
ainsi
qu'Homre
les
aquist
renomme
3
:
&
de Bacchus
dons dlicieux
Ainsi j'auray
D'autant que
12
clbre en
mes
vers la Richesse.
si
esse
Qu'Homre ne
fut pas
pouvoir,
m'efforce
I 5
2l
Ny moy
16
je
De clbrer de I'or la noblesse & la force. H qui voudrait (bons Dieux) penser tant seulement Que vingt, ou trente escuz logeassent longuement
3-4. 7.
&
la force.
qui voudroit
grecs et latins. Voir deux odes qui lui sont adresses dans le recueil de 1550 (au tome I, pp. 126 et 135). Il fut nomm professeur de grec au Collge royal en 1556. Outre les thses de Chamard sur du Bellay, d'Aug-Chiquet sur Ant. de Bai f et la mienne sur Ronsard, v.l ouvrage de P. de Nolhac sur Ronsard et l'humanisme (1921). 1. Ronsard a fait encore ailleurs le jeu de mots sur l'or et le nom de son matre (v. les Bacchanales au tome III, p. 1S7, et YEpistre au Cardinal de Lorraine (1556), in fine, ci-aprs. 2. L'Aurence est un petit affluent de la Vienne (rive droite, un peu en aval de Limoges), ainsi nomm de ce que ses sables contenaient des paillettes d'or. Ronsard connaissait par Dort lui-mme les laveries d'or qui s'tendaient jadis sur plusieurs kilomtres le long de ses rives. Cf. H. Deschmps, YOr du Limousin, art. del Rforme sociale, sept.-oct. Papire Masson s'est peut-tre fond sur ces vers de Ronsard, 1929. quand il a prtendu que le jeune Dinemandy avait pris son nom latin, Auratus (d'o les formes francises Aurat, d'Aurat, Daurat et Dort), de l'Aurence, sur les bords duquel il aurait appris crire des vers (Opra, 1618, p. 87 ; cit par Marty-Laveaux, Notice sur Dort, p. vu). 3. Cf. Horace, Epist., 1,19,6; Rabelais, prologue de Gargantua, fin; Ronsard, Folastrie vu, dbut (au tome V, p. 42, notes).
DE
P.
DE RONSARD
151
20
Dans la bourse d'un Pote ? h qui est le barbare Qui oseroit songer qu'un Pote fust avare ?
Oseroit bien quelcun
si
Qui jamais
24
dure pouvret
:
de garder chastet
Pour
28
ceste occasion
Calliope regarde
52
Quelque trsor moisy dans un coffre rouill Son cur, comme son or, est de vice souill, Et tousjours, quoy qu'il dye, ou qu'il chante, ou Des sainctes Muses perd la faveur & la grce
:
qu'il face,
Car
il
I'or,
dont
il
est plain,
Comme
36
D'estre les
Ceux qui ont en nostro art acquis le tesmoignage mieux disans, ont vescu sans l'usage De I'or ambicieux, & ne furent tentez
ses blouissons
1 ,
De
40
I 5
3]
est
Homre,
2
:
De
qui,
comme un
La Muse va tousjours
20.
Potes abbruvant
67-87 qu'Apollon fust avare penser 25. 60-87 pauvret (graphie adopte jusqu' 33. 87 Car il ne pense rien que l'Or
21. 78-8 j telle faute
36. 78-87 D'escrire doctement 42. 78-87 ses Chantres abbruvant
la fin
de l'hymne)
1.
C.--d.
2.
Adjice
Maeonidem a quo ceu fonte perenni, Vatum Pieriis ora rigantur aquis
;
ou de Manilius. Astron.,
II.
8 et suiv.
l82
LES HYMNES
48
De luy, qui d'huis en huis ses posmes chantoit Pour un morceau de pain que l'on luy prsentait Donc, pour ce coup, Dort, je diray la loenge De ce noble mtal, en qui mesme se change
Jupiter
2
,
1
.
&
Comme
52
Il
le
rend honorable,
moy
surviendra
:
Pouvret voudra
chante sans envye
ny qu'
sa vie
Un homme
Ne
60
bon cur
sommes,
:
Le sang,
&
la vie
des
hommes
hommes
Celuy qui ne
vifz4
beaux
43-46. 78-Sj Toutefois j'aime mieux suivre sa diligence, Imitant ses. vers, qu'avoir son indigence, Qui pauvre d'huis en huis ses Pomes chantoit Pour un morceau de pain que quelqu'un (Sy qu'un
riche) luy jettoit 84-87 II se peut asseurer 56. jS II se doit asseurer 57. S+-Sj Ny qu' ses actions un homme de bon cur 61. 67-71 par erreur Celuy que (7} corrige) 78-87
|
|
Celuy qui
te
desdaigne,
&:
ne
t'a
point acquis
1. Cf. le pome de Ronsard A Pierre i'Escot (1560), vers 39 et suiv. 2. Ce dieu se changea en pluie d'or pour corrompre les gardiens de Dann, enferme par son pre dans une tour d'airain de leur union naquit Perse (Horace, Cartn., III, 16 Inclusam Danan... Ovide,
;
:
Met., IV, 610). qu'il la chante sans inspirer de l'envie. 3. C.--d. entre les vivants. Rimes phontiques on prononait sans 4. C.-i-d.
:
doute
vis,
pour
vifs,
craintis,
pour
craintifs.
DR
Pour
64
P.
DE RONSARD
83
cela justement le
le
Comique Menandre
[*54]
Osa devant
De
Les Ventz,
Mer,
le
O
68
'
(Tant
Car
Il si
Desse
quelcun,
loge en sa maison,
Champs, prez,vin,
72
amys,
justice,
La Richesse, sans plus, nous trouve des amys Celuy qu'elle cherist, luy seul
est
permis
n'ose
3.
De
76
&
son
ennemy
80
Pourquoy nous courbons-nous devant les grans Seigneurs ? Pourquoy leur faisons-nous du genouil tant d'honneurs, Si non pour leur richesse ? est-il pas vraysemblable, Si un Roy devenoit un pouvre misrable, Qu'on ne voudrait pour luy en la guerre mourir?
69. 78-87 Si quelqu'un, disoit-il 80. 60-78 un pauvre (graphie adopte jusqu' la
fin
de l'hymne)
84-87
un Hcrre misrable 81. S4-S7 Nul en guerre pour luy ne voudroit plus mourir
e 1. Au xvi sicle cet adverbe de lieu marquait une forte opposition, que nous indiquons par une conjonction de temps, tandis que. On en trouvera d'autres exemples dans la suite de cet hymne (vers 421, 445,
461, 478). 2. Paraphrase d'un fragment de Menandre conserv par Stobe, Flor., '0 [xv' !"n:/avjo;...). Toutes section "E~a:vo; tcXojtou (XCI, n 29 les citations faites dans cet hymne viennent du Florilge de Stobe, ainsi qae maints passages, inspirs par divers auteurs que Ronsard ne nomme pas. Ronsard a mme suivi un plan analogue celui de Stobe i l'loge de la richesse (jusqu'au vers 334); 2 le blme de la pauvret, par rponses aux arguments de ceux qui la louent (335-506) 3 la critique des prodigues et des avares (507-616). Sophocle recueilli par 3. Ce quatrain est traduit d'un fragment de Stobe, Flor., XCI, n" 27 Ta ypr^fiax' Xv8 oti KOW.v...
:
184
Et pourquoy
LES HYMNES
le sert-on, si
le
Des biens en
84
Qu'un Pote, un Orateur, un Philosophe adresse Ses livres aux grandz Roys ? pourquoy tant d'Artizans
Offrent-ilz leurs labeurs aux Princes courtizans,
[ ?
l
55]
met aux Roys la couronne en la teste, donne puissance, & les faict commander. Mais vien-a, mon Dort, je te veus demander, Platon eust-il faict cas du Tyran de Secille ',
Qui
leur
92
Le
Aux
D'en
plaisirs
tirer
honorable,
Tant
soit
Tant
soit
Que
100
&
defronce sa ride.
104
Simonide 2 Disoit je voy tousjours quelque pouvre savant Philosophe barbu, se promener devant La maison des Seigneurs, qui quelque don emporte Mais, je ne voy jamais les Seigneurs sa porte >.
Congnoissant bien
:
cela, l'avare
les forces
de vertu
Tu
le
perdrais content
91. yi-8j de Sicille {et Sicile) 103. $4-87 La maison d'un Seigneur, qui sou argent emporte
s'agit moins ici de Denys l'Ancien, qui chassa Platon de Syraque de Denys le Jeune, auprs duquel Platon retourna, esprant le gagner la philosophie et peut-tre ses vues politiques. 2. Avare au sens du latin avarus. avide. 3. Pris dans Stobe. Flor., XCI, n 31. 4 Formule toute faite, signifiant Tu perdrais immdiatement (con1.
Il
cuse,
tent
contant, comptant).
DE
Devenir bien savant,
ic8
P.
DE RONSARD
les livres te faillent ?
I)
si
Ce ne sont
pas,
Dort,
il
les
Muses qui
les baillent,
Sans argent un
Certes
112
je
libraire
en voudroit-il prester
:
56]
ou bien
il
s'il
te les preste,
la
Dans
trois jours,
au plus tard,
faire
en voudra
debte.
n6 La guerre
se faict elle
au
monde
?
ne
soudoyer
dsire
:
Tant de gens,
120
si
tu
veux
les faire
la
guerroyer?
'
soude
il
laquelle
aspire
Ou
il
aspire l'Ordre
2
,
ou
se fait
en
la
ta faveur.
peinture,
musicque, ou en l'architecture,
outilz
128
152
De leurs mestiers venduz ? bon Dieu, que l'usage De ce mtal est grand qu'il est prcieux L'homme ne vit pas tant de l'air tir des Cieux, De pain, de vin, de feu, comme il se laisse vivre De cent mille plaisirs que cet or luy dlivre
!
j8-8j Sans soudars ou sans fer jS-Sy Ou pension, ou l'Ordre 78S7 Si l'argent nous dfaut y8-8j Des mestiers achetez
1.
C.--d.
2.
156
LES HYMNES
',
[157]
156
Xv Ny
prodiguer
festins,
ny dmener
la
la
dance,
cadance,
Ny mesmes au sien propre, une heure voyager, Sans luy, comme en songeant, un homme se prochasse
140
Le
Le
plaisir des
plaisir des
oyseaux,
le plaisir
de
la chasse,
chevaux, car
c'est
hommes
dduit
3.
1-14
on ne peut apparoistre louable Sans luy, ny faire Dieu un oeuvre charitable: Si l'argent nous dfaut, nostre indigente main
est,
Qui plus
Ne
148
Qui veut
un
bel acte,
il
faut la
dit
bourse pleine,
(comme
Demosthene)
4,
Ne
Si
152
se
Venus
On
De
Il
&
fust elle
ferme
>,
nous donne
grce,
&
si
Et seul,
il
l'homme ne peut 78-87 Sans luy Ion ne sauroit 71-Sj se pourchasse 78-87 c'est luy qui les conduit S4-S7 Et qui gouverne seul
1.
2.
3.
4.
5.
; dans l'oisivet. C.--d. se procure. C.--d. le plaisir, le divertissement. Pris dans Stobe, Flor., XCI, n 30. Souvenir d'Horace, Carm., III, 16, 1 15
C.--d.
Inclusam Danaen.
DE
Il
P.
DE RONSARD
187
1*58]
En
160
Que
&
badins,
s'ilz
164
De madame Richesse, escu de leur sotize ', Qui faict que le vulgaire ainsi que Dieux les
Sans Richesse, qui
Et qui nous tient
la
prise
voix en
bouche arrestc
2
.
168
corne d'Amalthe
5,
Qui
tout
donne
foison, c'est le
joyau d'honneur,
bon heur
louable,
172
est
heureux
&
est
vrayment misrable.
&
du chesne sacr
ne courent,
Et plus de vin
Il
&
faut
coup de soc,
& de
coutres trenchans
les
Deux ou
importuner
champs,
60-67 par erreur souverain 71-87 souv'rain )$ par erreur avons fin (d. suiv. corr.) 78-87 Plus de vin ny de laict
bouclier derrire lequel s'abrite leur sottise. le vers 157 dveloppe une parole de Bion recueillie par Stobe, F'.or., XCI, u 32. La corne rompue de la chvre Amalthe, nourrice de Jupiter ; on 3. l'appelle vulgairement la corne d'abondance. L'image a t suggre Ronsard par un fragment de Philmon qu'il trouvait dans Stobe, Flor., XCI, n 13 To T*S 'A;j.a/,(j:x:...
1.
:
C.--d.
2.
Ce passage depuis
l88
Il
LES HYMNES
180
Sur
sommet
des
montz
il
la
dispenseuse vigne
',
Tout couste de
l'argent,
faut achetter
si
bufz
peux
aille
:
ou bien
il
tu ne
ta
59]
En
184
fournir ta maison,
faut
que
main
il
te baille
sert le
Grec
&
le Latin,
Quand
la
Au
188
reste, la
On
&
taureaux,
&
peaux
:
Qui dfendent
192
&
de froidure
a couverts
Nature
Qui de luymesme
Auquel
196
le
tendre
&
le
chaut,
le froid,
&
il
H
Il
comment
faut
peut-on faire?
mourir de chaud,
qu'il
nous
fault
',
2
.
le
Pote
le
Marinier se donne
la
Fortune
60-87 despenseuse
1.
C.--d.
la
vigne dispendieuse.
Pour tout cet loge de la richesse depuis le vers 122, Ronsard s'est inspir du commentateur Tls, que cite longuement Stobe, Flor.,XC\. n 33. Il y trouvait un discours du dieu Plutus, numcrant les avan2.
tages de la richesse. Le pauvre n'est pas le seul souhaiter ce mtal. V. une 3. C.--d. tournure analogue ci-dessus, H. des Daimons, vers 417. 4. C.--d. se lamente (graphie phont.. pour deult, du verbe douloir).
:
DE
204 Et desprise les
P.
DE RONSARD
les flotz
'
89
Ventz,
&
si
de Neptune
2
:
En une
fraisle nef,
&
ose passer
Carybde sans frayeur, pour de I'or amasser Le Thologien plein de sainctet grande
208
[^o]
Avec ses oraisons la Richesse demande, Le constant Philosophe , & ceux qui ont soucy Des mouvementz du Ciel, la demandent aussi Chacun la veut avoir, chacun l'estime & prise,
:
212
Pource, entre
les
Vertus Aristote
Vertu, mais
l'a
mise,
l'instrument
Non
pas
comme
la
comme
Par lequel
216
Qui manque est de soimesme 4, & jamais ne se monstre En lumire, si I'or pour guide ne rencontre >.
C'est luy qui satisfaict noz ncessitez, C'est luy qui remdie noz adversitez,
soigneusement a cure
Car
la vrit
noz frres
&
noz surs
Ne nous sont pas amys si fidelles & seurs, due I'or nous est amy, quand quelque maladie
224
Ou
Ou
N'ose
ny
sa
sur, ny son
frre,
:
228 Et sans
ayde
le laisse
au
lict
en sa misre
222. 78-87 Ne sont pas noz amis 228. j; par erreur les laisse [d. suiv. corr.)
1.
2.
C.--d. dans ces conditions, bien que sa nef soit fragile. Souvenir d'Horace, Episl., I, 1, 45 Impiger extremos curris mer: :
cator ad Indos.
3.
vertu de constance ou fermet d'me. 4. Qui toute seule est manque, c.-d. impuissante. Cf. Juvnal, Sut. X, 141 quis virtutem aniplectitur ipsam Praemia si tollas ? Nie, I, 8, 15 et suiv. 5. Aristote, Eth
la
:
Le philosophe, dou de
190
'
LES HYMNES
sert
le
Mais I'or
Chercher
Secourt
le
pacient,
panse
&
le
console,
qui s'en vole
'.
232
me
ce gayac estranger
&
le
boyvent,
n'est pas
11 l'est
Ou
Que
nous donne,
fin
d'allger
noz
espritz.
O
244
aux uvres
Marchez pompeusement fleurissent, Temples se btissent. L'avare Laboureur, l'Artizan, le Marchant Transforme en ton mtal l'usure de son champ >,
Les Palais,
les
utile,
233-236. S4-SJ suppriment ces quatre vers 237. 84-87 L'Or n'est pas seulement 238. On lit II est dans toutes les anciennes ditions, sauf celle de 162}, 60-Sy chagrineux d'aprs laquelle j'ai corrig, ainsi que Biancbeinain 248. jj jusques au (d. sinv. corr.) ?8-8j Fartizan, les marchans 249. 6j-j} Artizans & Marchans 250. y-S-j Changent en ton mtal l'usure de leurs chams
\
|
Souvenir d'Horace, Sat., I, 1, 80 et suiv. Bois dur et rsineux, import d'Amrique, considr alors une panace. le rendement de son champ. 3. C.--d.
1.
2.
comme
DE
252
P.
DE RONSARD
fille
',
I9I
sa
-demy plains de laict Demandent leur pre un mary nouvelet. Mais aussi tost que Mars anime les batailles,
qui
ja les
tetins
^2]
256
Tu Tu
fonds Artillerie,
2
,
&
fais
de toutes pars
Cavalliers
Gabions, Terrasses,
&
Rampars,
Richesse.
En vain
Aussi
les
dame
Anciens admirantz
d'Helles
3
ta vertu
fin
Ont
264
le
mouton
ta
de
or revestu,
Hz ont en
faveur les
pommes honores
4,
De Venus
D'or
ilz
&
ont
&
268
que Jupiter pour vanter sa puissance Montroit un jour sa foudre, & Mars montrait sa lance,
dit
On
arc,
Amour
ses traictz
jumeaux,
Bacchus son beau vignoble, & Ceres ses campagnes, Flora ses belles fleurs, le Dieu Pan ses montaignes,
Hercule sa massue,
Toutesfois
&
commune
276
Tu
racoutres
(et
1. Rimes phontiques on prononait file. Cette prononciation existe encore en Normandie. Corneille, pour la mme raison, fait rimer Camille avec ville et facile, 2. Ouvrage dominant l'intrieur d'un fort. 3. V. ci -dessus 1'//. de Henri II, vers 75. 4. Les pommes d'or du jardin des Hesprides, savoir les oranges.
:
192
LES HYMNES
la
Quand
Qu'un
280
&
De sa peau, leur monstra les mines d'oR luisantes, Qui rayonnent ainsi que l'esclair du Soleil
Quand
284
il
luist
'
Ou comme
beau visage
De Vesper la Cyprine 2 allumant les beaux crins De son chef bien lav dedans les flotz marins
:
Incontinent
les
De
leur
Que
292
Cieux,
(Hz ne
nommoient
Terre
fist,
nommoit
encores),
Ce que
la
&
prodigue honora
296
De son or ses enfans, & leurs Cieux en dora. Adoncques Jupiter en feit jaunir son trosne, Son sceptre, sa couronne, & Junon la matrone
Et dedans ses patins par rayons l'enferma
4
:
',
Mercure en
1.
Rimes phontiques
Prononc.
fr.,
I,
on prononait
et suiv.).
eill
(Thu-
rot,
p.
463
2. L'toile du soir, plante de Vnus, adore Cypre (= Souvenir de Virgile, En.. VIII, 589 et suiv. Qualis ubi Oceani... matrona Juno. 3. Expression d Horace, Cann., III, 4, S9 4. Les patins sont proprement les semelles, par extension les sanrapatiner des chaussures, pour dales. On dit encore en Normandie
Chypre).
les ressemeler.
DE
Auparavant que
L'arc de bois,
504
d'if,
P.
DE RONSARD
193
&
[^4]
&
la
harpe, en
soudain reluire
de sa lyre,
&
les flnez
Amour
en
feit
son
traict,
&
cur point
:
en dora
le
groing de sa Gorgonne,
Et tout
le
Mars en
feit
entraver sa hache
faict leur
&
la
son boucler,
demi-ceint boucler,
Venus
Cythere
Toujours depuis
Et
s'est faicte
appeller la dore
mesme la Justice l'il si renfrongn Non plus que Jupiter ne l'a point ddaign
316
En De
feit
broder
sa
robbe,
les
&
il
faire sa
balance
5.
Si
doneques tous
Dieux
se sont
vouluz dorer
pas l'honorer,
Priser,
320
aymer, louer,
faut-il
pas qu'on
le
nomme
l'homme?
&
le
confort de
Quant
moy,
je
&
d'ainsi le prier
309. yi sa gche (corrig aux errata) 314. 6j-Sj ue l'a pas desdaign 322. 6-J-8-] & ainsi le prier
1.
Adore
Cythre
(latin Cytherea).
ce passage, depuis le vers 296, s'inspire des pithtes donnes aux dieux par les potes grecs, notamment Homre et Pindare Hra au trne d'or, la sandale d'or ; Phebus aux cheveux d'or, aux freins d'or,
2.
:
Tout
l'arc d'or, la lyre dore Herms la baguette d'or dors ; Pallas la tunique dore: Aphrodite la dore.
;
Eros aux
traits
en or chez Jupiter, non seulement son trne, mais ses 3. vtements, la crinire de ses chevaux, le fouet dont il les touche et mme les balances, qui lui servent peser les destins des Grecs et des Troyens (Homre. 11. VIII, 42 et suiv., 69, 442). le rclamer, aspirer aprs lui. 4. C.-d.
est
,
:
Tout
Ronsard, J'III
194
LES HYMNES
le
O
324
sacr
Donne-vie, ouste-soing
Estre pleine de toy
ma
bourse
& ma
maison
[^5]
O
328
Avienne que tousjours tousjours je te r'encontre, & que tous mes hayneux
Ne
332
te puissent jamais
Comme
un hoste
forc
Qu'un homme ne
ny de bon.
me
viendra dire
Que
de
la
si
pouvret
je
ne devois mdire,
Et que
commodit
:
une
flicit
Car
c'est le
don de Dieu,
Mortelz,
&
340
si la
m'en
suis
mocqu
Quiconque
344
Contre
moy
je
respons, qu'assez
je l'ay
sentye,
Mais que
Celuv qui
348
II
c'est la raison
faict
La Vrit, qui
la
mes vers
il
faudra que de
mesme
si
loue aussi
la
Peste,
1.
Adjectifs composs
la
et des
Latins
v.
charse-
pour les deux autres, peine correspond k/.zc'./.j.Y.o; Denisot, vers 27 (au tome Vil. p. 199). il me semble entendre. 2. C. -d. qui se fera mon adver>aire en cette cause. 3. C.--d.
: :
Tode
K.
DE
La Famine,
la
P.
DE RONSARD
195
66
J
&
les fuie
'.
Comme
les vrais
Tu me
amasser
356
360
Avec tel soing le bien qu'on voit si tost passer, Et que plus tost que vent, que songe, ou que fume La richesse du monde en rien est consomme Et vien-a, mon amy, puis qu'il nous faut jouer La farce des humains, vaut-il pas mieux louer Qui peut 2 l'habit d'un Roy, d'un grand Prince, ou d'un Conte, Que l'habit d'un coquin, duquel on ne faict conte. Le bien ne se perd pas si tost comme tu dis Les royaumes fondez par les Roys de jadis Sont venuz leurs hlz, qui seulz, de race en race
: , :
364
Ont
la
place.
la
loix,
:
Que
Qui
372
les
vit le plus
Tu me
Des vieux
Et que
diras aprs
que
les plus
gens de bien
sicles passs
les
353-356. 71-S7 guill. ces vers 365. 78-87 Ja mille ans sont passez 367. j) par erreur acreux (d. suiv. corr.)
1.
En
Ronsard oublie
ici
l'loge qu'il en a
fait ci-dessus, p.
2.
164
C.--d.
si
on
suiv. le peut.
et
I96
376
LES HYMNES
:
Ta
si
l'on
ne voyoit qu'eux
:
Avoir
&
belliqueux
pandre
Un Csar, un Octave, nous faut confesser Que la noble Vertu ne se veut adresser Aux pouvres seulement, & que seulz ilz n'ont
il
d'elle
mais plus
Les Roys son secours, d'autant qu'ilz ont pouvoir Par leur riche grandeur de
la faire
valoir
est
un
cas d'avanture,
388
grand Prince
l'est
voluntiers de nature.
Quelcun aprs cecy me viendra dire encor Comme par moquerie h mais qu'esse que I'or, Pour en faire un tel cas, qu'un sablon que l'on treuve
:
392
Aux
Il
rives de la
mer, ou sur
il
le
A
396
veut avoir,
l'aller
r
.
O
Ne
motz de
Philosophie,
?
sais-tu pas
que
&
me dy
il
[168?
nourrist toute
:
race humaine.
Tu me
diras encor
la
Qui
sauroit le plaisir
De manger
salade
2
,
1.
Xpuao -.0: y.ov.:.,.) section yoy y; jXoiStou (XCIII, n 23 2. C.--d. de vivre sobrement. Souvenir d'Hsiode, Trav. et Jours, 40
:
et suiv.
DE
P.
DE RONSARD
les laisser
97
en proye
D'un indigne
Masques,
de joye
&
detz,
musique,
&
baladins
'
:
408
En trois ou quatre moys rendra ta bourse vuide Ah! quiconques sois-tu, coute Simonide, Qui dit j'aymerois mieux que le Ciel m'eust permis En mourant enrichir mes propres ennemys,
:
Que
vif, estre
412
mon
frre
2
.
Qu'on ne peut trouver Mal dedans tout l'Univers Si grand que Pouvret, & qu'on la doit grand-erre
416
&
par terre
5.
moy
:
Que
de
la
r'encontrer
coups de
vif,
ma
M'engloutiroit tout
ma femme
&
mes
enfans.
elle
[169]
Tu
424
diras
Tousjours pour
querelle,
&
soucy,
411. 78-87 Que vif, me voir rduit si pauvre misre 413. 78-87 qui se plaint en ses vers 417-418. 78-87 Quant moy mon Dort, j'aimerois cent Trouver un grand lion au regard furieux 419. 78-87 d'un grand lion la gueule
fois
mieux
Souvenir d'Horace, Carm., II, 14, fin Absumet haeres Cecuba.., Pris dans Stobe, Flor., section r.iy. 10 1/. l'a; (X, 62). 3. Pris dans Stobe, Flor., section TCeva; yoyo: (XCVI. n 16). On trouvera la citation aux vers 173-178 des Sentences de Thognis. 4. C.--d. tandis que (avec ide d opposition).
1.
:
2.
I98
LES
HYMNES
& la
sotise aussi
est le
propre hritage
jeune ge.
428
Tu
hommes
glorieux,
gourmandz,
&
la
pleins de vice,
maux
nourrice,
simple Pouvret
tu oses
frivoles choses
Il faut donc dire aussi que Princes & Seigneurs, Empereurs, Papes, Roys, Monarches, Gouverneurs, Sont plus malings ', d'autant qu'ilz ont plus de richesse
440
H, ne
Et que
que Raison
est maistresse
l'homme
Tant
Il
se
444 Craignant de perdre honneur, dignitez, & chevance. O le pouvre 3, au contraire, ayant senty la fain,
Dessus
le
la
main,
[170]
Car certes
il
n'est rien
il
que
le
Pouvre ne cuide
impudent,
Luy
a l'il
Le ventre
large,
&
creux, palle,
&
dure
la
dent,
L'estomacq affam,
&
457-459. 1604 et d. suiv. I! faut donques aussi... soient plus malins 448-449. 67-87 guill. ces vers
1.
C.--d.
2.
3.
plus mchants (s-;ns du latin maligmis). est trs frquent au xvi* sicle. V. ci-dessus la note du vers 67. Mme tournure ci-aprs, vers 461
:
et 478.
DE
4j2
P.
DE RONSARD
la vie,
99
Toujours
Bref,
il
m lit de
Et
mesmement
alors
que
mal
la
faim l'epoinonne,
luy donne.
faire
homme
le
cur,
2
Comme
460 (Ainsi
que
Castor)
la
cause de sa peine,
efroy
rien,
ayant sa panetire
en un bois dormira,
cur ne
frmira,
Or
s'il
Ce qu'on voit estre faux, car des qu'ilz sont petitz Hz sont desja hardiz, & bien adroitz aux armes,
472
[171]
Comme
Qui plus est, les Seigneurs ne vont jamais tous seulz, Hz ont tousjours des gens derrire, & devant eux 4 Armez de teste en pied, pour se mettre en defence
476 Si
quelcun vouloit
faire leur
Seigneur offence.
476
1.
78-87 tous seuls 7 1 '73 tous seuz y-Sy leur personne offence
I
Et surtout {mme vient du latin maxime). en si pochette pleine. 3. Rimes phontiques :on prononait crainlis. on prononait sens (comme 4. Rimes phontiques
2.
C.--d.
je
me
deus, pour
200
LES
la
HYMNES
ilz
Quand
le
Pouvre
plaisir
Quel
peut
484
une fiebvre, un caterre, une toux, ou bien quelque autre mal Pour le mener languir au lict d'un hospital ? L'homme est vrayment maudit qui la Pouvret loue, Jamais pour sa parente un Prince ne l'advoe,
Une
goutte,
la voit assoir,
488
mre d'erreur, & de tout desespoir, Et d'un mchant lien noz espritz elle lie. Ecoute Thognis qui contre elle s'escrie H lche Pouvret, pourquoy me presses-tu
:
!
Les paules
si
fort
492
496
Pourquoy me rends-tu fat au peuple qui m'avise ? Pourquoy, vieille, fais-tu que chacun me desprise ? Tu m'enseignes le mal que je fais maugr mov, Qui pis est, je ne puis, comme esclave de toy, 1 2 l ? ] Exercer la Vertu, ny faire uvre louable Quand j'aurois de Minos le savoir vnrable, Et quand les Dieux m'auroient toutes choses appris, Encor tousjours seroys-je aux hommes -mespris, Et vivrais sans honneur, d'autant que tu me presses
:
500
De ton fardeau l'espaule, & jamais ne me laisses. Va t'en, vilaine, ailleurs, puis que l'honneur te fuit,
Et que tousjours
la
honte
&
le
malheur
te suit -.
Ainsi
504
dit
Que Que
l'on
monde
si
orde
cette
Pouvret
la
Quiconque
1.
&
maudit.
2.
les
Tandis que le pauvre (avec ide d'opposition). Pris dans Stobe, Flor., section -v:a: l'.yo: (XCVI. n Sentences de Thognis, vers 351-554, 649-652.
14). Cf.
DE
P.
DE RONSARD
201
La Richesse,
Il
&
avons
la
Pouvret blasme,
l
est
Si
&
gourmander
la terre
Je m'esbahys,
512
Dort, comment
endure
telle injure
Que
&
putains,
Naquetz,
516
flateurs,
menteurs,
&
Que
&
Conte de
leurs parentz,
520
Ou
Des
dedans
le
7>]
hommes non
seulement
les
corbeaux
l'arbre,
&
semblables oyseaux.
telle
Ne
524
gourmand, qu'aprs
boubance,
Tu ne soye rduit en si grande indigence Que d'aller la fin, tout honteux, requrir Un lyard ceux l que tu soulois nourrir,
Lesquelz ton besoing ne
te
voudront entendre
les
528
Ah, ce
qu'on doit
:
biens dpendre
Que Dieu preste aux humains crs ilz ne sont pas Pour servir aux putains, ny aux flatteurs d'apas. Qui comme des corbeaux ton hritage mengent,
532
Et, tant
Hz sont
faictz
que ton bien dure, autre table ne changent. pour nourrir les pouvres escoliers,
519-522. 60-Sj suppr. les guillemets 522. 67-j] ces cliarongneux yseaux {ce qui fausse autrestels oiseaux en font leurs morceaux 87
|
le
vers)
\
JS-S4
&.
&
524. /S-Sj
Ta main ne
soit rduite
1.
C.--d.
le
passage qui
suit, le
mot gourmand
prodigue.
202
LES
les
HYMNES
pouvres prisonniers,
les
pouvres souffreteuses,
540
Qui n'osent mandier, tant elles sont honteuses. Vla pourquoy le bien nous est donn des cieux, Et non pour le dpendre en banquetz vicieux. Que veux-tu tant manger ? Sais-tu pas que ton ventre Est ingrat de tes dons ? & quelque bien qui entre Dans son gouffre, jamais ne se sole content,
Et qu'un quart d'heure aprs
il
en reveut autant
[174]
544
Ayant d'un grand brasier la semblable nature, Lequel, plus on le sole, & plus veut de pasture. Il vaut trop mieux donner maint pouvre indigent, Qui t'en saura bon gr, ou vivres, ou argent,
Ou
548
Tu en auras au monde, ou au ciel recompense, Non de vouloir chez toy les flatteurs r'encontrer
Qui
te feront
un jour,
2
.
Mais tout
552
ainsi,
Dort, que
je
treuve excrables
treuve misrables
556
Qui comme un prisonnier dans un coffre le gardent, Ou comme un don sacr au Temple le regardent.
Vieil avaricieux, je te pry', respon'
moy
60-87 Voila pourquoy JJ-67 par erreur les dpendre (d. suiv. corrj) 78-87 il en demande autant 60 te treuve (d. suiv. corr.) 67 je trouve
\
de Callimaque recueilli par Stobe, y;x ;jljjl2T'ov (LXXXI, n'S). Ronsard l'avait d: utiet il s'en lis en 1554 dans l'ode ddicace du Bocage (tome VI, p. 8) souvint encore pour quelques vers qu'il composa la veille de sa mort
1.
(v.
mon
2.
3 s).
DR
P.
DE RONSARD
203
Tous
560
les
Champaigne,
fain,
Ou
Quand
Et de
qu'une robe,
&
quand
tu
meurs de
?
soif,
&
ton pain
564
Non,
la
Richesse, non
ne se mesure pas
[J
75j
Mais au contentement
&
n'eust-il
Que
te servent,
Tant de bagues,
Tu
sembls
terre,
&
parfumoit
sa teste
>.
Tu Tu
es bien
malheureux de
te
donner ennuy,
567. f$ par erreur commencent 60 commencement (d. suiv. corrJ) 568. jj par erreur qui une (d. suiv. corr.) 570. 78-87 Bagues, meuble, maisons, & habits, & vaisseaux 579. 60-87 vieil pre
1.
Ce passage, depuis
:
II,
3,
108
de vaisselle dore. //., XXIV, vers 162 et suiv. Mais Ronsard ne semble pas avoir compris l'intention du pote grec Priam n'tait pas avare il se souillait ainsi la tte et la poitrine en signe de deuil. Ronsard a, d'ailleurs, emprunt ce faux exemple une page du commentateur Tls, qui est dans Stobe, Flor., section juYJ'.ptai ~va; /ai -AOjtoj
3.
123. 2. C.--d.
Homre,
(XCVII,
i).
204
580 Lequel, n'ayant
LES HYMNES
chez luy qu'une pouvre nourrice
Pour
faire
&
sa
bande consomme
En danes
&
bon
homme
l
.
Tu souffres en vivant presques un pareil mal Que souffre dans l'enfer le malheureux Tantal',
Qui mort de
588
soif
dans
l'eau,
&
mort de
fain,
ne touche
Jamais
le fruit
Car alors
qu'il le
garde d'approcher
[17e]
Ou
592
remue
la
:
Le
nu
mange
rien
Mais
le
les nies
ton bien,
Tu
596
le
vends au march,
&
Aux yeux de
fin
Pour
mourir de
fain ton
besoing
2
.
Comme l'homme
Aussi jamais
ta
ne lev
mourir
>
587. 78-87 Qui meurt de soif en l'onde, & affam ne touche 78-87 Car quand il veut 589. j j par erreur il les veut (J. suiv. corr.) le fruit de ses lvres toucher 590. ) yo par et reur les gardes (e\i. suiv. corr.) 592. 78-87 Les pommes, loin de luy les emporte en la nu 78-87 Mais le vent 594. 67-77 dans la nu (67 p.ir erreur la nues)
,
parmy
r.
l'air
Homre, 01., XI, vers 187 et suiv. Exemple galement emprunt peu probant que le prcdent.
(ibid.).
5.
(ibid.,
parole de Bion).
1,
68
et suiv.
DE
Encores
L'argent
si
P.
DE RONSARD
bord de l'onde
20)
Charon de
l'autre
monde,
'
&
faudrait amasser
fin
De
608
I'or,
de repasser
il
ne repasse
fois entrez
il
dedans sa nasse,
faut vivre
du bien
:
Que Dieu
612
t'a
ta richesse
vaine
Ne
ronger de peine
Ton
[177]
616
Je te salue, heureux,
&
Qui nourris
620
les
humains,
&
les
sauves de mal
ta
grce,
Ta
il
Argentier, General
Ayant tousjours
624
les doigtz
grand' puissance
(Pour
te
Fin.
615. 78-87 Larron de ton bon-heur, qui n'eus onques envie 616. 60-7 j de ta vie 78-87 en ta vie 623-624. 78-87 qui n'a point cognoissance (Pour te voir rarement) combien peut ta puissance
|
1.
Cf. l'ode
p. 260).
2.
Mme
:
On
riger en
des Meslanges Ah! si l'or pouvoit allonger... (tome VI, source, les Anacrontea d'H. Estienne, n 23. pourrait tre tent de voir l une faute d'impression et de corArgentier gnral, ce qui accuserait mieux l'antithse entre
:
206
LES
HYMNES
LE
CONTE
D'ALSINOIS
[178]
A RONSARD,
sur son Hercule chrestien.
combien
est ce
En
t'a
donn,
Par sa grce,
heur d'avoir
feint
bien sonn
vritable
!
Sous un Hercule
Jesuchrist
Tu
& d'Amant
misrable,
Harpeur de Dieu, maintenant couronn D'un Laurier qui n'est point pour un temps ordonn, Puis que tu as choisy un suget perdurable.
Faict le
Tout ainsi qu'en la Croix 1' Hercule belliqueur, Des Pchez monstrueux & de la Mort vainqueur, Affranchist son Esprit de la Mort immortelle
:
L'Hymne
qu'
tel
Vainqueur
tu chantes sainctement,
nom
3
.
dans
les d. collectives
hmistiches. Mais cet adjectif substautiv dsignait au xvi e sicle un Trsorier gnral c'est par ex. le sens qu'il a dans Cl. Marot. dplorant la mort du gnerai Prud'homme , qui remplissait cette fonction en Normandie. Le mot General est donc ici indpendant du mot Argentier et doit en rester spar par une virgule, comme dans toutes les anciennes ditions. Au xvn e sicle, il dsignait l'officier qui tient le contrle de la despence de la Maison du Roy (Furetire, Dictionnaire, au mot
les
;
General).
de Nicolas Denisot, pote et peintre du Mans. Voiries 154 III, p. 41 et 177 IV, p. 104. Rappelons que toutes les Kols (1545), les pices ses oeuvres avaient un caractre religieux du Tombeau de Marguerite de Navarre (1550-155 1), les Cantiques du premier advenement de Jesus-Chrisl (1553). 2. Dans ses Cantiques, Denisot est nettement oppos aux lgendes du polythisme grco-latin. Pour lui les dieux de l'Olympe paen sont bien morts; ni les exemples de leur vie, ni la pompe et l'esthtique
1.
Anagramme
I,
tomes
p.
DE
P.
DE RONSARD
2O7
HERCULE CHRESTIEN.
a tresillustre et reverend1ssime
[179]
Un
chrestiennes oreilles
les
'
temps de chanter
merveilles
De De
nostre Dieu?
&
toute
la
rondeur
?
uvres (Hymnes, 2 e livre), 1560 ditions Les Hymnes, 1555. Rdit part eu 1617 par N. Buon, avec commen1587 et 1. suiv. taire de Richelet.
:
Titre.
6.
communs
78-Sj
nal de Chastillon
60-84 remply de
8j remplir de
de leurs cultes ne mritent de revivre . Il est pouitant des cas o le pote chrtien doit s'inspirer de la mythologie chaque fois que l'une des fables anciennes fournit quelque symbole ou quelque analogie avec un dogme chrtien, il est louable pour le croyant de recueillir ces piessentiments lointains du christianisme... Ainsi Hercule qui toufle les serpents au berceau est une figure potique de Jsus enfant . Cl. Jug, auquel j'emprunte ces lignes, cite une strophe du cantique VI, qui a vraisemblablement donn Ronsard l'ide de son Hercule chrestien (Nicolas Denisot du Mans, thse deCaen. 1907, p. 83-8.1). Sur cette inspiration chrtienne de Denisot, v. encore Marcel Raymond, Influence de Ronsard, thse de Paris, 1927, tome I, p. 335, et les notes de la p. 338. 1. Ronsard forma le projet d'crire cet hymne ds le mois de juin 1553, comme pour se racheter de la publication des Folastries, qui av;iit eu lieu en avril de cette mme anne. On le sait par une lettre de Pierre des Mireurs Jean de Morel, date du 30 juin, que P. de Nolhac a publie dans la Rev. d'Hist. littraire de 1899, p. 358, et d'o j'extrais ce passage; Plane confido (quae est Terpandri nostri humanitas) hune aliquando Christiani Herculis res praeclare gestas feliciore versu decan:
taturum
208
LES
HYMNES
Et
le
Le vers payen est digne des paycns, Mais le chrestien est digne des chrestiens
Doncques, de Christ
12
le
Commencera
Car
c'est le
&
finira
digne
l'esprit
[180]
mon
escrit
Tousjours chanter
Telle qu'elle
est,
sa
louenge
&
sa gloire
Seigneur, dsormais
4.
Ou
Suffisamment
louenge,
&
combien
>
& tes
Nous, qui troppeaux de ta pasture Nous, tes esleuz, que par nom tu congnois,
Nous, certes nous, l'ouvrage de
De
tes doigs
6
.
hommes, sommes,
14.
78-87
Ronsard semble ici reconnatre son erreur d'avoir tant pindaris mvthologis ses dbuts. 2. Rimes phontiques: on prononait dinne et hinne. le souffle, l'inspiration (sens du latin spiritus). 3. C.--d. 4. Ronsard suivait ainsi l'exemple de Du Bellay, dont les posies chrtiennes avaient paru eu 1552. Cf. H. Chamard, Joachim du Bellay, p. 258 261, et Marcel Raymond, Influence de Ronsard, tome I, p. ti4 et 128. Au reste, il fait ici une promesse de pote, car dans ses uvres postrieures il a trait bien plus souvent des sujets profanes et paens
1.
et
que des
5.
sujets chrtiens.
:
11 y a bien d'autres choses la fin de l'Evangile de saint Jean que Jsus a faites et si elles taient crites une une, je ne pense pas que le monde entier pt contenir les livresqu.'il faudrait crire.
Cf.
6. Cf. Isae,
XLIII,
et 7.
DE
P.
DE RONSARD
tu as basty le
209 Monde,
Cieux
'
Tu
as,
Seigneur,
ply,
comme une
boule ronde
les
Tourn son
&
Tu
32
as faict luyre
un camp de
petis feux
claire
Tu
56
un double luminaire jour aux labeurs nous conduit, L'autre, qui faict un jour quand il est nuit Tu as pour nous en ce monde ordonne Egalement la course de l'anne, Pour nous monstrer par son train rgulier,
attachas
:
L'un, qui
le
[181]
Combien
40
tu es
en
2
.
Tu Tu
feis
pour nous
& les
pres,
feis les
champs,
&
les
ondes sacres
pendis
De l'Ocan,
&
les les
oyseaux
En
44
l'air
pour nous,
& pour
nous
ta
campaignes
>
:
Tu
feis baisser,
&
Det
humanit
le
prendre
Tu nous
le feis
Premirement entendre
C.--d. une arme, une lgion d'toiles. C.--d. unique, incomparable. 3. Tout ce passage depuis le vers 19 est un cho de la Gense, I, 28 et suiv., ou des Psaumes, VIII, XIX (dbut), XXXIII et CIV, ou bien de Philon le Juif, Opif. mundi. Au surplus, les mots pour nous , rpts dix fois dans l'alina, expriment un dogme qui mane du concile de Nice, o la question fut agite de savoir si le Monde tait fait pour l'homme ou l'homme pour le Monde... Enfin la rsolution fut, que le Monde tait fait pour l'homme (Richelet).
1.
2.
4.
Rimes phontiques
Ronsard, VIII.
on prononait
les
fuii.
14
210
LES
HYMNES
Remplis de Dieu,
&
certains interprtes
"
De
ta
venue,
fin
de l'advertir
Que
56
Tout
Qu' Abraham,
le vieil
pre, tu feis
filz 2
.
Pour
>,
Que
Gentilz
croire en ce
te
que disoient
le
[182]
prophetisoient,
oflensoient
Maistre
Qui
les faisoit
ta
en ton
nom
comparoistre
Pour
>.
55. jS-Sj pour tirer de souffrance 64. ji par erreur Qui les faisoyent (d. suit, corr.)
1. 2.
Cf. la Gense, XYII on prononait son Ji. Je jure par moi-mme, dit le Seisurtout XXII, 16 et suiv. gneur, que, puisque, pour m'obeir, vous n'avez pas pargn votre fils unique, je vous bnirai et multiplierai votre race comme les toiles du ciel ou le sable des rivages marins. Votre postrit possdera les villes de ses ennemis, et toutes les nations de la terre seront bnies par celui qui sortira de vous, parce que vous avez obi ma voix . Sur le pacte qui unit Jhovah avec Abraham et sa famille, puis avec le peuple hbreu issu de lui, voir encore le livre d'Isae, 2' partie, XL LY au coeur endurci, eu gard aux bienfaits de Dieu. 3. C.--d. 4. Nom donn, avant et aprs la venue du Christ, tous les peuples autres que les Juifs, en particulier aux Grecs et aux Romains. Ronsard dit que lesjuifs avaient plus de raisons qu'eux de se convertir au christianisme, et cependant c'est le contraire qui se produisit. 5. Les verbes au pluriel ils offensoient , ont fait et ont eu se rapportent par syllepse au mot collectif a peuple .
Rimes phontiques
et
>
DE
P.
DE RONSARD
retifz
2
'
211
A leur salut, par les peuples Gentilz Tu envoyas les Syhilles devines
3
72
Pour
L'advenement de
to}',
le Filz
de Dieu
*,
A
76
celle fin,
Seigxeur, que
ta
venue
En
Elles chantoient
De Femme-Vierge
80
5,
&
Chantoient
De
poinct-en-poinct, quelz,
maux,
&
combien de travaux,
Tu
84
souffrirais
Comme un
72. )$-/} 74.
Dieu s'adressant Mose qualifie les Hbreux de peuple la XXXIII, 1, 5). L'pithte de cervicosus dure (Exode, XXXII, 1, 9 applique au peuple juif par Commodien et Saint-Hilaire rend la mme
1.
tte
ide.
on prononait relis, 2. Rimes phontiques encore gentis. 5. C.--d. prophtesses; v. ci-dessus VH. de 368. On trouve encorece mot dans la Franciade.
:
comme on prononce
la
Justice, vers
345 et
signilie
4.
Dans
la
variante
le
mot
Messias
le
Oinct,de
mme
signification
que
5. Cette prophtie est d'Isae (VII, verset 14) 5 Une vierge concevra et enfantera un fils, qui sera appel Emmanuel . 6. Les thologiens du moyen ge avaient admis comme vridiques les prdictions des sibylles qui pouvaient se rapporter la venue du Christ, bien qu'elles fussent trs vagues (contrairement ce qu'avance ici Ronsard). A la suite de l'apologiste chrtien Lactance (I. 6), Vincent de Beauvais, en son Miroir historique, numre dix sibylles la Persique, la Libyque, la Delphique, la Cimmnenne. l'Eryihre(r= Erythrenne), la Cumane, la Samienne, i'Hellespontienne, la Phrygienne et la Tiburtine. La plus vnre fut l'Erythrenne, que vise l'auteur du Vies irae Teste
:
212
LES
Mais, Seigneur,
HYMNES
les
Gentilz vicieux
183]
88
Qui n'avoient point ta foy devant les yeux Ont converty les parolles predittes (Que pour toy seul 2 la Sybille avoit dittes)
'
>,
Ce qui
estoit de
propre
ta
loenge
4
Peuple incrdule,
&
mal-caut
penser
:
Que Dieu
Ce Dieu
96
Je suis
100
Je suis
Dieu
qui ay
Fam
jalouse,
les
Oui
humains
mains
>.
leurs
Pour la prdiction de la venue du Christ par cette Augustin. Cit de Dieu, XVIII, 23, et du Bellay, Deff. et lllustr., dition Chamard, p. 278 et suiv. (texte et notes). On a cru aussi durant tout le moyen ge que la prdiction d'un retour l'ge d'or par la sibylle de Cunies, dont parle Virgile (Bue. iv, dbut), s'appliquait la venue du Christ cf. J. Carcopino, Viigile et le mystre de la 4' Eglogue (Artisans du Livre, 1950). Ces prophtesses furent galemenr admises dans l'art sacr c'est ainsi que Michel Ange a pu peindre aux pendentifs du plafond de la chapelle
Sibylla.
Sibylle, v. saint
;
;
David cum
la
Sixtine, outre sept des prophtes bibliques, cinq figures de sibylles Persique, l'Erythre, la Delphique, la Cumane et la Libyque.
1.
:
C.--d. ont dtourn et appliqu. C.--d. en te considrant, en te visant seul. tantt Jason, tantt Hercule, l'un et l'autre trangers 3. C.--d. aux prdictions des sibylles. Richelet me semble avoir fait un contresens en traduisant estrange par sauvage et bizarre . mal avis, ou mal prpar. 4. C.--d. Par 5. Paroles de Dieu Mose, Exode, III, 14: XX, s cipassim.
2.
: :
DE
P.
DE RONSARD
Qui
&
Et par les
Pour
se
les
se jouent,
',
I
les
ondes nouent
&
les bois,
4]
courroux, tant
sans plus
soit
peu,
les
menasse
L'homme,
(l'homme que
tu as faict,
En
visage
2
,
qui tu
feis tant
de grces avoir,
En qui
tu
mis jugement
&
savoir)
&
Celuy
Et
s'est faict
Sur
les
sablons de
la cuitte
Lybie
abus
>,
les
104. 60-Sj les bocages 116. jS-Sj Et vers le Ciel luy haussas
l'uvre de leurs mains il faut entendre les idoles qu'ils fabriquent de leurs mains. 1. C.--d. nagent. 2. Cf. Gense, I, 26; Aristote, Rp., I, ch. 2; Ovide, Met ., I. 83 etsuiv. il s'est fabriqu d'autres dieux. 3. C.-a-d. 4. Allusion l'adoration du veau d'or par l^s Hbreux (Exode, XXXII) et au culte des veaux tabli par Jroboam (les Rois, XII, 28 et suiv.). Libye, rgion brle 5. Allusion l'oracle de Jupiter Ammon, en parle soleil.
: :
214
D'importuner
LES HYMNES
les trepiedz
de Phebus
',
128
une junon cruelle, Une Pallas arme la mamelle 2 Et pour son Dieu ce malheureux reeut
Celuy
se feit
,
Un
132
Des motz douteux de son oracle estrange Celuy premier d'une horrible mellange
Combla ton
Ciel,
il
Deux Ours, un Fleuve, un Serpent, & la Chvre Qui respandit son laict dedans la lvre De leur beau Dieu par l'espace d'un an,
Estant cach dans l'antre Dictan
+.
Voila
140
comment
des Gentilz
la
malice,
Comme
130. 87
les juifz
Allusion l'oracle d'Apollon Delphes. C.--d. portant comme arme sur la poitrine la tte de la Gorgone. Allusion au sens ambigu des oracles rendus soit par Jupiter Ammon, 3. soit par les chnes de la fort de DoJone, qui rendaient aussi les oracles de Jupiter. 4. L'antre de Dict en Crte, o la chvre Amalthe nourrit Jupiter enfant. Cette numration est inspire d'Aratos, Phn., ou de Mani1.
2.
ou d'Hygin, Poet. astron., livres II et III. Les un seul, le signe du zodiaque.- Les chiens le petit chien dans l'hmisphre boral, le sont aux nombre de deux L' asne dsigne deux grand chien dans l'hmisphre austral. Le livre est une constellatoiles de la constellation du Cancer. Les chevreaux dsignent trois tion de l'hmisphre austral. Les deux ours sont les petites toiles de la constellation du Cocher. constellations de l'hmisphre boral qu'on appelle d'ordinaire la grande Le fleuve , ou l'Eridan, et la petite ourse (a ap/.To:, Arat., 27). Le serpent , de l'hmisest une constellation de l'hmisphre austral.
lius, Aslron., livres
et II,
taureaux
se rduisent
; .
phre boral.
chvre est la principale toile de la constellation origines fabuleuses de ces appellations sont exposes du Cocher auteurs susdits. Voir encore Ovide, Fast. et Ml., passim. par les trois Ronsard a rappel plusieurs fois que les anciens ont peupl d'animaux le ciel astronomique. Voir par ex. l'oie A son lict, fin (au tome I, p. 259) et la Folastrie V (au tome V, p. 37).
Les
La
-c
DE
Pour
le
P.
DE RONSARD
ne say quelz Dieux,
215
donner
je
144
Qui ne sauroient en nostre teste faire, Par leur vertu, un poil, ny le deffaire '. Mais o est l'il, tant soit-il aveugl,
O
S'il
veut un peu
par raison
la
mes
je
parolles comprendre,
148
Que Que
trois nuittes
Que Jupiter tint en une arrestes Quand il voulut son Alcmene embrasser
Qu'un nombre d'ans qui
Ains que Jsus
Tant
se
3,
dvoient passer
prist naissance de
le
Mre,
4
J
156
il
y eut dans
Ciel de mystre
s
Avant que
86]
Peut tre rminiscence de l'Evangile de Matthieu. Y, 36 Tu ne faire un seul cheveu blanc ou noir X, 30 Les cheveux mmes de votre tte sont tous compts. 2. A propos de ce rapprochement Richelet rappelle que Tertullien l'a reproch Marciou Herculem, dit-il, de fabula facis Cbristum (livre IV, chap. 10). Mais, ajoute Kichelet, celaestoit blasmable en Marcion, qui le faisoit par hrsie, et non pas en nostre autheur, qui le fait par honneur et par effort d'esprit . On trouve, d'ailleurs, dans tout le moyen ge une interprtation symbolique du paganisme, dont les mythes auraient t des symboles cachant des vrits chrtiennes; v. par ex. Y Ovide moralis, attribu Thomas de Galles. La grande vnration de Dante pour Virgile vient surtout de ce qu'il le considrait comme un prophte inconscient de la venue du Christ. Ronsard suit donc ici une tradition toute mdivale, comme en maints autres endroits. 3. Tpiorcpo lcov, dit Lycophron en parlant d'Hercule (vers 34). Cf. l'ode de 1553 A la Roine, vers 45 et la note (au tome VII, p. 37). Arnobe parle de neuf nuits pour la conception d'Hercule (Adv. Gentes, IV, 26), ainsi que Clment d'Alexandrie, Protrept., II, 33. 4. Pour ce mvstre , Richelet renvoie Clment d'Alexandrie (Pedagog., I, chap. 6), d'aprs lequel cela se fit par une longue prordi1.
:
peux
Le sujet
il
est
compris dans
le
21 Sou{
le
LES
HYMNES
?
H
160
qu'est-ce aprs de
Junon homicide,
',
Qui envoya dans le berceau d'Alcide Deux grans serpens pour le faire prir
Qu'Herodes roy, qui pour faire mourir
la terre
De Bthlan
Pour
Je tuer,
ses
Satrapes de guerre
les pelis
&
enfans
?
Qui
seroient nai\
On
168
les
peuple enfans
les
nommoit-on
L'un de Joseph,
l'autre d'Amphitrion,
Dieu son
naistre.
estre,
H
De De
176
De
De ce lyon, des centaures vaincuz 2 De Geryon, de Busyre, & Cacus 3, Qui tous vivoient comme monstres difformes?
1S0
Si non
le
Vice,
&
les
Peche^ normes
le
cleste effort
&7]
78-87 Bethlem
Thocrite, Idylle xxiv, Hra-
r.
i,
40
et suiv.
cls enfant, et
2.
les centaures du mont Pholo. 4; Diodore, IV, 12; Hygin, Fab. 30. Busiris, roi lgendaire d'Egypte, qui faisait 3. Grvon aux trois ttes prir sur l'autel des dieux tous les trangers qui entraient dans son retir dans un antre du mont Aventin. Cf. royaume; Cacus, brigand Virgile, En., VIII, 288 et suiv; Ovide, Met., IX. ibi et suiv.; Macrobe, Si?/., VI, 7 Apollodore, II, 5, 10 Diodore, IV, 17 et suiv.
Cf. Apollodore,
DE
De
184
sa
P.
DE RONSARD
'.
2lJ
Troye
Contre un rocher
pour
la
proye
qu'est-ce de
Prometh
>,
Adam
la
+,
Par
Lors que
192
cesse
Luy
piuctoit son
espoir,
la
ame
pcheresse
la
Sans nul
Foy
la
De Christ
196
Loy
'>.
A Eurysth
si-non
182. 67-78 tout d'un coup 185. 78-87 D'un Orque fier
|
191. 71-87
une Aigle
La Croix n'est ici qu'un symbole, reprsentant soit la Passion du Christ, soit le supplice final. L'ourque, c'est l'orque (orca gladiator), sorte de dauphin, vulgairement appel paulard. C'est aussi le nom qu'Arioste a donn au monstre marin dont Roger dlivre Anglique (Orl. fur., X, xcn et suiv.). garott pour servir de pture aux aigles. Pour la chute 3. C.--d. de l'e finale de Promte, v. ci-dessus \'H. de Henry II, vers 534, note,
1.
entire
2.
qu'il reprsente l'humanit entire. L'ancienne loi, celle de l'Ancien Testament (il ne s'agit pas, d'aildu Dcalogue, qui a subsist et que le Christ n'a pas combattu). Ce passage vientde saint Paul, Ep. ad Rom. En effet, ce n'est pas par la Ici que l'hritage du monde a t promis Abraham ou sa postrit, c'est par la justice de la foi... Esprant contre toute esprance il crut... (IV, 13 et 18). Etant donc justifis par la foi, nous avons la paix avec Dieu par Notre Seigneur J.-C, qui nous devons d'avoir eu parla foi accs cette grce dans laquelle nous demeurons fermes... Or la loi est intervenue pour que l'offense abondt, mais l o le pch a abond, la grce a surabond, afin que, comme le pch a rgn par la mort, ainsi la grce rgnt par la justice pour la vie ternelle par J.-C. Notre Seigneur (V, 1 et 2, 20 et 21).
4.
5.
Entant
leurs,
2l8
Ses
LES
HYMNES
mandemens
lousjours accomplissant,
'.
H
200
qu'est-ce aprs de
Qui Des
Une
fut tousjours
faictz
&
sa gloire,
204
Pour empcher
Par une main
de sa Croix la victoire.
[
188]
Sur
208
le
tombeau de
la
morte Euryvie
2
,
Le contraignant de
Si-non Jsus qui
la
remettre eu vie
Par
212
son povoir,
&
le
fili de la
fosse
il
Veufve,
treuve
; .
Que
ja
puant dedans
la
210. 60-Sj son pouvoir 212. 60- 7 j Et meint corps mort ainsi comme l'on treuve 2H-212. jS-Sj de l.i nuict profonde Le r'envoya citoyen de ce
&
monde
simple
la
ayant paru comme un 1. Pris de saint Paul, Ep. ad Phil., II, 8 homme, il s'est humili lui-mme, se rendant obissant jusqu' mort , et encore Ep. ad Hebr., Y. 8. 2. Ronsard semble avoir invent ce nom pour la rime. La morte qu'Hercule ramena des Enfers sur terre, c'est Alceste, femme du roi Admte. Il y a bien une Eurybia dans Hsiode (Thog.), mais elle n'a rien voir avec Hercule; et une autre dans Diodore (IV, 16), mais c'est une amazone tue par Hercule. Ricbelet conjecture que Ronsard a donn ce nom Alceste cause de sa vie qui lui a t rendue et comme estendue, quasi oejoto, ou cause que la vie lui a t restitue par la grande force d'Hercule, E'jpu6'.] . 3. Ce dtail raliste est emprunt au rcit de la rsurrection de Lazare dans l'vangile de Jean, XI, 39 Jsus dit Otez la pierre. Marthe, la Seigneur, il sent dj, car il y a quatre jours soeur du mort, lui d;t qu'il est l... . Rien de semblable en ce qui concerne le fils de la veuve, que Jsus ressuscita comme on le portait en terre (Luc. VII, 12 et suiv.) d'o les variantes de 1560 et i)/8.
: :
DE
P.
DE RONSARD
21
Sa
216
vieille
pouse,
espousa
2
.
Hercule print
220
l'habit
la
de son Espouse,
Et Jescschrist feit
semblable chouse,
Car
il
vestit
l'humain habillement
De
224
son Eglise,
& Tayina
tellement
Qu'est-ce d'Hercule,
&
du puissant Atlas,
* ?
228
Qui ce grand Ciel soutiennent de leurs braz le Pre & le Filz, qui resmble De force au Pre, & soutiennent ensemble
Si-non
Tout
Bien
ce
serait
fi
89]
lost
Dieu
ne
le tenait.
Qui
gloutonne
Un
main
cleste
1.
2.
Langage du Nouveau Testament et des Pres de l'Eglise chrRonsard entend par l'Eglise des Gentils la religion nouvelle prche par les aptres et accepte par les paens convertis. Hercule a revtu la tunique du centaure Nessus envoye par Dja3. nire et en est mort (v. Ovide, Met., IX, 136 et suiv.) Jsus a revtu le manteau du corps humain (cf. ci-dessus, vers 158) et par suite accept
tienne.
;
la
mort corporelle.
4.
I, 53; Hsiode, Thog., 517 et suiv.; Eschyle, Ovide, Mit., IX. 198, o Hercule dit lui-mme HaC coelum cervice tuli. D'aprs Apollodore, II, 3, 1 1, Hercule aurait soutenu le ciel pendant qu'Atlas cueillait pour lui les pommes d'or des HespriJes.
Cf.
Homre, Od.
;
Promthce, 3^1
220
LES
HYMNES
'
pilla de la
bande
De Jesuschrist
Et
l'engloutit
dans
Enfers l-bas.
Hercule
240
fut
en chacune contre,
il
O, par
effect, sa force
monstre,
faveur
:
Tousjours
nomm
des
hommes, en
De
244
&
sauveur
De mesmes noms Jesuschrist on surnomme, Car seul il garde, & seul il sauve l'homme.
H qu'est-ce aprs des Geantz, qui les Cieux Ont chelle, pour en chasser les Dieux,
Ausquelz Alcide a
248
les forces ostes
2
Si-non Jsus
le
Dieu
hors de sa maison,
Et par
la
?
[
I
H
Sur
le
9]
mont d'the,
& par
feu s'immola
1. Charybde, comme son nom l'indique, est le monstre qui engloutit, tandis que Scylla est le monstre qui dchire. La lgende rapporte ici est applique Charybde par Servius, commentant un passage de Virgile, En., III, 558; mais d'autres l'ont applique Scylla, Lycophron, Alex.. 44, et un scoliaste d'Homre, Od., XII, 85. 2. Il n'est pas question d'Hercule dans la giganlomachie hsiodique. Mais Pindare fait prdire par Tirsias qu'il vaincra les gants (Xm. 1,
67) Euripide l'appelle YtyavTo'ovo (Herc. fur., 1191), Lycophron yiyctvzpaaaxoi (Alex., 63), et Strabon, au livre VI, dit encore qu'aprs le combat il poursuivit le reste des gants fuyards. Ronsard l'appelle ailleurs le tugant (tome V, p. 225) et le nomme dans la gigantomachie de l'ode A M. de VHospilal (tome III, p. 13s). 3. Cf. saint Paul, Ep. ad Hebr., ch. XI en entier.
:
DE
P.
DE RONSARD
221
A
256
Jupiter
'
Mot
de Calvere.
Y
260
vint aussi
2
.
&
>,
Chien
:
le
Diable,
amys hors
des
Lymbes
getta.
A
268
Philoctete
>,
&
Jsus
la
il
bande
Des dou%t
siens 6 , laquelle
commande
260. )) pur erreur Hors de Enfers (d. suiv. corr.) 262-265. 78-87 Portier de Styx, attach d'un lien Et Christ, rompant la porte Tenare. Par la vertu de sa Croix honore Ses chers amis hors des lymbes jetta 268. 87 Des onze siens
:
1. Sophocle, Trachiniennes, fin; Ovide, Mit., IX, ioet suiv. Snque, Hercule au mont ta 2. Jsus alla plus exactement au seuil des Enfers, aux limbes (ciaprs, vers 265), o les mes des justes de l'Ancien Testament attendaient sa venue pour tre dlivres. Au reste, son me seule y vint, entre le moment de la mort et celui de la rsurrection; il faut donc entendre ayant sa Croix au sens figur Konsard a song ici certains vitraux d'glise qui reprsentent symboliquement le Christ bran;
dissant sa croix comme une massue pour abattre les mchants ou rompre les portes de l'Enfer (ci-aprs, vers 264). 5. Pirithos, roi des L.ipithes, ami cher de Thse. D'aprs Apollodore. Hercule ramena bien Thse des Enfers, mais il ne put arracher Pirithos du rocher sur lequel il tait assis, sans lui faire perdre les
fesses, qui
4.
y restrent attaches, d'o son surnom d'Apygos. porte Tnare est une entre des Enfers au
Voir Sophocle, Philoctete, fin. Jsus ressuscit ne se prsenta plus qu' onze disciples, le douzime, Judas, s'tant pendu par remords de sa trahison. D'o la variante, fonde d'ailleurs sur ces passages des Evangiles A leur retour du
6.
:
222
LES
D'aller prescher qu'il
HYMNES
est resuscit
Pour
le
salut de nostre
humanit
la
'.
Jeunesse,
Et Jesuschrist
l'Eternit, maislresse
De tous les ans, difiant son corps Qui fut humain le premice des mort\
Resuscit,
2
:
pour
ses brebis
congnes
5,
276
Et qui
191]
Monde
vicieux,
Ayant
280
es
mains
glaive de vengeance
De
Pour con.lanncr
meschans rprouve^,
crainte,
*.
Et en
276. )) par erreur Et que bien tost (d. suiv. corr.) 280. j8-8j Davant ses pieds ira dame Clmence
spulcre, elles annoncrent toutes ces choses aux on*e (Luc. XXIV, 9). Enfin il apparut aux onze, pendant qu'ils taient table (Marc, XYJ, 14). Les onze disciples allrent en Galile sur la montagne que Jsus leur avait dsigne (Matthieu, XXVIII, 16). Un peu plus tard. Judas fut remplac par Mathias (Actes des Ap., I, 26). 1. V. la fin des quatre Evangiles. 2. Pour cette expression, v. ci-dessus YHxmnede la Mort, vers 258 et la note. Cela veut dire le premier ressuscit d'entre les morts, tandis que les autres hommes ne le seront qu'au jour dis jugement dernier. 3. Image de la parabole du Bon Pasteur. Jsus dit aux Pharisiens Je suis le bon berger; le bon berger donne sa vie pour ses brebis... Je connais mes brebis et elles me connaissent... Mes brebis entendent ma
: :
connais et elles me suivent (Jean, X, n, 14 et 27). de Matthieu, ch. XXV, 31 et suiv.; Paul. Fp. ad ad Hebr. XI, fin saint Augustin, Cit de Dieu, aliis frus ut XVIII, 25. dbut; Tertullien, au livre du Jugement Quant au glaive de vengeance , judex, aliis mansuetus ut salvator >;. que l'on rencontre si souvent dans VA. T. aux mains de Deu le pre et deses anges (par ex. Lh'., XXVI, 25; Paralip., I, xxi, 12; IL xx, 9; Jerm., XII, 12), Ronsard l'a fait passer dans celle de Jsus, souverain juge des vivants et des morts au jugement dernier, s'inspirant probablement, comme ci-dessus, d'une reprsentation picturale ou sculpturale.
voix
;
je les
<
DE
P.
DE RONSARD
223
288
J'ay, mon Odet, en ta faveur, chant Ce vers chrestien, pour estre prsent Devant tes yeux, fin de leur complaire Car je ne puis, ny ne veux plus rien faire S'il ne te plaist, d'autant que j'ay voulu Sur tous Seigneurs te choisir pour eleu
: :
je
n'offense,
Car tu
Seigneurs de France
gr, la Vertu,
Qui
Et
296
plus chris,
mon
Comme
'.
Fin.
287. 60-Sj fin de te complaire 288. 78-6'j Non, je ne puis 295. 78-Sj C'est la raison, Odet
1. Ou ne saurait affirmer que la deuxime partie de cet hymne plut au Cardinal. En tout cas, les protestants, auxquels il se rallia vers i$6o, jugrent blasphmatoire la comparaison qu'elle contient et y virent une preuve d'athisme, notamment Florent Chrestien, dans la Seconde responcede F. de la Barcnie Ronsard (1563)
:
Tu
et flon, Et trop outrecuid d'avoir lasch la bride Si fort ta fureur que d'galer Akide
sentiras ton
cur arrogant
Au
fils
de l'Eternel
Redevable et tenu son Hercule Chrestien, Pour faire Dejanire esgale son Eglise. Pour comparer son fait une paillardise.
Est-ce l le louer? Ne peut-on autrement Glorifier son nom, sinon en blasphmant?
ces vers et les suivants, Besly ajoute en 1604 m'esmerveille beaucoup, attendu l'excellence du personnage (FI. Chrestien), et qui n'ignoroit point qu'une telle comparaison et allgorie avoit est publie plusieurs sicles passez de\ant l'Hynne de Ronsard, par l'un de nos anciens et mieux approuvez thologiens . J'ai vainement cherch le nom de ce thologien franais mdival. Les protestants oubliaient qu'Hercule personnifiai; la sagesse, la vertu et ie dvouement l'humanit, non seulement dans l'antiquit paenne
cit
:
Aprs avoir
Dequoy
je
224
LES HYMNES
EPISTRE
[192]
A CHARLES DE PISSELEU,
EVESQUE DE CONDON
'.
soit
en ce bas
il
monde n
:
maux
la
est
prdestin
lict, l'autre
meurt en
la
la
guerre,
terre
:
mer,
l'autre
meurt sus
les
On
ne
fuit
pour cela
la
mort, ny
dangers.
&
dommage,
Les Hymnes., 1555. uvres (Pomes, 5 e livre), 1560 ditions e Supprim en 1584. Rimprim dans le 1,73; (2 livre), 1578. Recueil des Pices retranches, 1609 1630.
:
aux yeux des Stociens, mais encore au moyen ge et mme dans la premire moiti du xvi e sicle. Michel-Ange, en son Jugement dernier, avait reprsent Jsus comme une sorte d'Hercule. En 1515G. Bud, dans son De assc, avait compar le Christ Hercule et rapproch la massue del croix; plus rcemment, en 1533, l'vque de Limoges Jean de Langeac avait fait riger dans sa cathdrale un jub dont le principal ornement tait la srie des travaux d'Hercule, prfigurant ceux du Christ. Enfin en 155 3, on l'a vu plus haut (p. 206, note 2), Denisot dans un de ses Cantiques avait prsent Hercule au berceau touffant un serpent, sans nul effroy , comme un symbole de Jsus enfant. Ronsard ne faisait donc, dans son Hercule chrtien, que suivre une tradition ininterrompue. Mais, vrai dire, personne n'avait encore poursuivi le paralllisme entre les deux hommes-dieux aussi loin que lui, et l'on comprend que certains rapprochements, comme celui du mystre de
l'incarnation avec l'adultre de Jupiter (vers 151 et suiv.), aient pass pour une profanation aux yeux des chrtiens rforms. Voir sur cette question H. Franchet, Le pote et son uvre d'aprs Ronsard (thse de Paris, r923, p. 95 et suiv.). personnage tait un frre d'Anne de Pisseleu. duchesse 1. Ce d'Etampes, favorite de Franois I er Outre son vch de Condom, il possdait l'abbaye de Bourgueil. Vraisemblablement c'est en allant le
.
voir Bourgueil et chasser avec lui que Ronsard rencontra Marie Dupin, dont il s'prit. Il avait dj ddi ce prlat trois odes du recueil primitif (v. les tomes I. p. 226 II, p. 1 et 48).
:
DE
8
P.
DE RONSARD
225
en partage.
douleur,
hommes
faictz
Prudence,
12
Force,
&
la
Constance,
Que congnoistre on ne peut en la prosprit, Quand Fortune nous rit, mais en l'adversit,
Lors que
la
16
la tristesse,
Ou
lors
qu'en
prison
le
lien
nous oppresse.
de besoing de tout soing
il
:
Certes, mon Pisseleu, il n'est pas Que l'homme soit tousjours dlivr
Mais
il
endure,
20
Apres un doux
S'il
une
tristesse dure,
:
se trouver
ne pourroit durer
le
Nature
estt les
J [ 93] Cieux,
24
Des
commencement
ilz
toute crature.
On
mesme
Quelquesfois
Apres
le
Renouveau vient
suit,
l'Autonne,
'.
28
L'Hyver l'Autonne
Si
puis
Printemps retourne
donq tout
est suget se
muer souvent,
L'homme
&
que vent,
32
Comme
Si
le filz
quelque
fois d'estat
comme
son pre
il
change
Que rien ferme ne peut en ce monde durer. Quand il nous survient donq une fortune amere,
33.
1. Simple assonnance la rime. Je conjecture pour sujet l'Hyver. Cf. le tome VI, p. 224.
redonne
ayant
15
Romani, VIII.
226
36
>>
LES HYMNES
la faut
Il
s'elle estoit
prospre,
Et ne
murmurer
Tout
ce qu'il plaist
tu fais, Prlat,
Comme
40
offrir
Que
N'a
le
cur
branl
2
,
ny
courage gal
A
44
une
Qui
la
foudre
&
la
tempeste,
la terreur,
:
Tu
prens
cur
que
tu l'eusses blesse)
craintif,
fuitif.
D'un
si
brave sanglier,
&
Ou
52
chiens
j>
si
vaillantz t'est
c'est
commune,
[:
Tu
la
alegement
94]
mesme tourment.
&
Prophte
4,
73-78
les rtablissent
46. 6J-7} Et des bors Marsians 78 et P. R. texte primitif pouventable 48. 78 il falloit 53-54. 60-73 suppr- lu guillemets 78 les rtablit
|
73-78
es-
1.
Pour tout
ce dbut guillemett,
5,
Ronsard
et peut-tre
2.
3.
Pour
la
le
Amniien). Idmon, un des Argonautes, tait fils d'Abas, roi d'Argos, d'o son nom patronymique Abantiade. Comme il tait devin, on le disait fils d'Apollon et d'Astrie ou deCyrene. Cf. Apollonius, Argon.,], vers
ciana, dans
4.
139
et suiv.,
et II, vers
815 et suiv.
DE
56
P.
DE RONSARD
227
l'interprte,
Du
Qui
Qui entendoit
60 Et rien
la
langue,
&
le
ne luy servit
la
chose devine
les
Bien Et
qu'il eust
eschapp
rocs Cyaneans
,
2
les cestes
plombez des
alloit
fortz Bebrycians
Quand Esonide
64
Conqurir
la
Qui pendoit prs du Phase, au haut d'un chesne pais Dans un bocage vert, joignant le champ de Mars '.
Ance congneut bien quelle homicide foudre
68
il
rougit
la
poudre
De Calyde , en son sang, voulant contre le gr De Diane tuer le grand pourceau sacr Qu'elle avoit envoy depitte contre ne,
72
Lequel ayant
Avoit pay
la
de l'anne
disme
tous les
Immortelz,
ses autelz
s.
Ayant mis
76
mespris Diane
&
hommes
en faconde,
&
le
plus fin du
monde,
sainct Palladion,
1. Les rocs Cyaneans, que Ronsard appelle ailleurs les roches Cyanes. ce sont les Symplegades cf. Argon., II, 528 et suiv. Quant aux Bebryciens, leur roi Amycos est abattu par Pollux en combat sin; -
gulier et eux-mmes sont dfaits par les Argonautes, id., II, I 153. 2. Jason, fils d'Eson, et les Argonautes. IV, 109 et suiv. 3. Cf. Apollonios, Argon., II, 405 et suiv. 4. Il s'agit du sanglier de Calydon, en Etolie ; aussi ai-je adopt la leon de 1573-78, qui seule est bonne. 5. Parmi les chasseurs qui avaient vainement attaqu ce sanglier, Ronsard mentionne Ance, beau-frre d'ne. roi de la rgion, parce qu'il fut mortellement bless par l'animal. C'est Mlagre, fils de ce roi, qui en vint bout. Cf. Ovide, Met., VIII, 270 et suiv.
;
228
LES
HYMNES
les fortz d'Ilion
telle cicatrice,
',
sa vieille nourrice
2
,
lorsqu'il estoit
profondement resvant
[195]
Comme
84
il
se vengerait
de l'amoureuse trope
sa
femme Pnlope
4.
Ton
(Car
88
esprance en Dieu,
c'est le
De t'envoyer
ta
grands personnages.
Fix.
84.
attach
est la statue de la desse Pallas, laquelle tait destin de Troie. Sa prise par Ulysse est raconte dans Virgile, En., II, i62etsuiv., et Ovide, Met., XIII, 337 et suiv. 2. Voir Homre, Od., XIX, 386 et suiv. un jour qu'elle lui lavait les pieds. 3. C.--d. de la troupe des prtendants qui courtisaient Pnlope. 4. C.--d.
1.
Le Palladium
le
Cf. le
tome VII de
la
DE
P.
DE RONSARD
229
Vers hroques.
Ou
soit
que
la
fortune,
ou
:
soit
que
le
chemin
fin,
T'ait conduit
ma tombe
coute quelle
Passant,
4
je te
Tant
apprendre
Pour mespriser
monde,
filz
&
A
8
Dieu, dont tu es
Tu
apprendras
icy,
que
choses mondaines,
[196]
2
;
&
vaines,
Qui maintenant ne
suis,
Tu apprendras
12
encor' que
ny
faveurs,
ny
biens,
Noble sang, ny parents, tant soient grands, n'ont puissance De faire tous ensemble la Mort rsistance
:
uvres (Pomes, 3 e livre), 1560 ditions Les Hymnes, 1555. Mais la deuxime partie 1575 ; (Epitaphes), 1578 1587 et d. suiv. (le Passant rpond) est supprime en 1584 et rimprime dans le Recueil des Pices retranches en 1617 et d. suiv.
:
Titre.
9.
S)
quand
1. Ne le 13 septembre 150g, nomme abbesse de la Sainte-Trinit Caen en 1533, et de Notre-Dame-du-Lis, prs Melun, en 1 > 3 5 elle mourut en cette dernire abbaye le 9 aot 1554 et y fut inhume (Anselme, Hist. gnial., tome VIII, p. 656; Gallia Cbristiana, tome XI
,
col.
2.
436
Vieille forme
p.
du
66.
2 30
LES HYMNES
Car si pour estre riche on ne devoit mourir, La richesse -bon-droict me devoit secourir. Qui fuz en mon vivant du Lys & Caen Abbesse.
16
Et
si
contre
la
Mort profhoit
la
la
noblesse,
mon
corps assailly,
Car
20
j'estois
de
race
&
du sang de Mailly.
mon
pre
',
Mommorency Loyse
fut
ma
mre,
2
&
Seigneur,
Anne Mommorency
frres aussi
Connestable de France,
&
pour
Odet
l'Eglise de
nomme, Romme,
se
Admirai
mais
la
A
28
telle
moindre crature,
s'esjouist
la
Comme
un bon plerin
en son cur
longueur
:
Pour revoir au
32
Ainsi tout
homme
Qu'apporte jour
&
nuit ce voyage
mondain)
cur de
l'accomplir soudain
36
Pour voir son Dieu l haut, & pour estre dlivre Des maux aux quelz il faut en ce bas monde vivre,
23-25. 6j-8j Messieurs de Couligny (et Colligny), de qui la renomsera des ges consomme Plus forte que l'obly (et oubly) ji la langueur (d. suiv. corr.~) 30. 6y-Sy de son voyage 29-56. 6j-8j guillemet terit ces vers
|
me Vivante ne
Milan en
le brave Conty , tait mort au sige de (Brantme, uvres, d. Laanne. III, p. i et 2). 2. Demi-frres seulement, par leur mre, Louise de Montmorency, qui avait pous en premires noces Gaspard I de Coligny. 3. C.--d. un voyageur (latin peregrinus), en ce bas monde, comme il est dit au vers 36. 4. C.--d. sur la terre 1.
il
DE
P.
DE RONSARD
23
je
vy prs de
mon
Dieu
'.
Avecques
40
comme moy
se rient
&
Le Passant respond
l'Esprit.
le sein
2
,
[1
97J
Qui m'emplira
Afin de
les
d'illetz
&
de roses
main
Sur
44
cette
tombe', o
filla
Que Nature
Et dont
le bel Esprit,
Des Anges
Las
48
!
& des
tu es
morte donc,
ici
Loyse
La Vertu,
la
Bont,
&
tombe
la
Fov,
Qui
Le
se bat la poitrine,
&
sa face dessire,
ta fosse,
sinon
&
nom,
*,
tombe
52.
j8 sa face deschire
Vanitas vani1. L'ide de tout ce morceau est celle de YEcclsiaste tatum, omnia vanitas, applique au sicle suivant par Bossuet la princesse Henriette d'Angleterre.
2.
3.
C.--d.
le pli
ite
da vtement (sens du
:
latin sinus).
Souvenir
4.
reste,
Manibus date lilia plenis. un de ces vieux mots du essay de remettre en honneur. Il ne l'a, du
232
LES HYMNES
de parentz, ny mondaine faveur
:
Ny
60
titre
entendu
main
secrette a
dpendu
les
veufves souffreteuses,
les vierges
&
honteuses
!
68
Qui n'osoyent mandier, ou bien qui ne pouvoient H qui diroit combien d'escoliers recevoient De tes biens tous les ans, librale despendre En un uvre si sainct, pour les haster d'apprendre Le chemin de Vertu H qui diroit combien
!
Pitoyable tu
feis
Qui
72
est
eu congnoissance
?
De
la
Du
bon heur
?
Fut en guerre
&
en paix de
la
France l'honneur
Quel
homme
frre Cardinal,
?
France Admirai
L'un qui
est l'enfanon
d'Apollon
&
des Muses,
[198]
Anglois,
&
Flamens,
comme un
(d. suiv.
foudre de guerre
61.
car.)
1.
et
Second Jibaiinae Fontanae clnriss. naeJ. Ejusdem epitaphium (Opra, 1541, Funera). C.--d. a dpenss secrtement. Mme sens au vers 67. pour le
verbe despeudre.
DE
84
P.
DE RONSARD
233
Leur a faict du menton ensanglanter la terre '. Qui ne congnoist Franois, ton autre frre encor,
Un
88
Qui ne congnoist
de sa jeune vaillance
Itale,
?
Mys
-chef en Escosse, en
2
&
en France,
Ta mre qui
92
fut
Et toutesfois, helas
Loyse, tu es morte
la
Mort ayde
l'homme n'apporte.
3,
Tu
96
au Ciel
D'o
&
les
:
nues,
La Mer
&
les Citez
&
les terres
congnues
& &
En
100
regret
&
Loing de nostre
noz vices,
de trop de dlices,
104
Qui nous tiennent charmez & l'esprit & les yeux, Pour nous faire oublyer de retourner aux Cieux, Nostre antique demeure, o, maintenant sans peine Tu vis hors des lyens de la prison humaine,
N'estant plus qu'un Esprit, qui de rien ne se plaist
Si
le
repaist
(Comme
108
la table
92. 60 suppr. les guillemets 67-78 les rtablissent 93. Bl. un assez long adieu {texte de fantaisie) 97. 67-78 Et nous pauvres chetifs nous vivons icy bas
\
1.
2.
3.
Cf. ci-dessus le Temple des Chastillon;, p. 78 et suiv. Ibid. et la Prire la Fortune, p. 112 et suiv.
Tournure
dj
vue au tome V,
p.
234
D'Ambrosie divine,
LES
HYMNES
&
de Nectar divin
112
En lieu de pain terrestre, & de terrestre vin '. Or adieu de rechef, adieu doncques Loyse A fin que ta mmoire en oubly ne soit mise, Et que de mieux en mieux les sicles avenir De tes belles vertus se puissent souvenir,
Soit printemps, soit est, soit yver, tousjours
tombe
116
&
nuict
&
jour du Ciel
puisse choir
la
manne,
&
s'y faire le
miel
3.
Fix.
[199]
qui
le croira
ces
ditions
1573
;
livre),
1560
1. Noter paennes. 2.
3.
ici
le
mlange
d'expressions chrtiennes
et
d'expressions
Emploi adverbial de l'adjectif; cf. ci-dessus. H. des Daimons, vers 369. est probable que cette deuxime partie del'pitaphe fut supprime parce qu elle rpte la premire, au moins pour les dtails historiques. Au reste, Ronsard composa six brves epitaphes pour la mme abbesse, en 1559, lorsque le cardinal Odet rit construire un tombeau pour elle dans le chapitre de l'abbaye du Lis, o elle avait t inhume du Bellay clbra aussi cet acte de pit fraternelle {uvres, d. Chamard, t. V,
Il
;
p. et
4.
338 et 340). Fille Je Raoul Vernon, seigneur de Montreuil-Bonnin en Poitou d'Anne Gouffier (Anselme, Hist. gnial., V., p. 609 VIII, p. 754)
;
DE
P.
DE RONSARD
une
belle
235
*,
Une
4
Fe
humaine
son Alphe
2
.
Sous
terre,
le Ciel
Artuze, non,
faux,
c'est toy,
la
nymphe Arethuze
faict tarir,
',
Qui de
8
tes claires
eaux
source as
*,
ny Muse,
>.
Qui ne
8.
d'honneur de Marguerite de France, sur de Henri II fr. 1039^, P 16) pousa Louis de Teligny, seigneur de Lierville, en si jeunesse guidon du prince Charles d'Orlans (Brantme, d. Lalanne, t. II, p. 420) sa mre (Madame de Montreuil) avait dirig la maison de Madeleine de France en Ecosse, et Ronsard, qui en faisait partie, tait revenu avec elle par l'Angleterre en 1538; enfin Madame de Teligny, protestante, tait trs lie avec les Coligny autant de raisons pour que le pote lui ait consacr cette pitaplie et l'ait publie la fin d'un recueil ddi Odet de Coligny. 1. Sur le sens de ce mot dans Ronsard, v. la dernire pice du livre IV des Odes, en 1 ^ 5 (tome VII, p. 109, note 6). 2. Ce premier quatrain n'a pas ses rimes agences comme celui des
fut demoiselle
; ; ;
strophes suivantes les vers pairs devraient avoir des rimes masculines. Bien qu'on lise Fe et Alphe dans toutes les ditions, je propose, pour rgulariser le rythme, de lire F' et Alph' Ronsard avant souvent, pour les besoins du vers, supprim la finale muette dans des noms analogues, tels que Prote et Orphe (v. ci-dessus Y H. de Henry II, vers
:
334
3.
et la note).
Sur la lgende d'Arthuse et d'Alphe, v. Ovide. .A/V/., Y, 376 et En disant son Alphe Ronsard fait allusion au mari, Louis de Teligny, qui tait mort le premier, Venise. - Le rapprochement entre Artuse de Vernon et la nymphe Arthuse se trouvait dj dans une ode du pote no-latin Salmon Macrin, publie en 1537 au 4 l' vre de ses Hyinni, p. 136; cette ode commence ainsi
suiv.
Nymphas
les
de
Epitapbes de Ronsard
(Paris, Pr. Universit., 192,), p. 27. 4. Prononcer Kharite, ainsi qu'au vers 14 Xiy.-.i').
5.
il
s'agit des
v. 20.
236
LES HYMNES
Sur
le
Et maudissoient
12
Pour ne savoir mourir de douleur aprs toy Les Muses te vantoient la plus docte de France,
Les Charits louoient
ta
simple honnestet,
se passe,
& vient en
comme
decadance,
fleur d'est.
Comme
neige au Soleil, ou
L'onde qui
distilloit
de
ta
divine source
aller
T'avertissoit assez
que tu devois
Ciel
le
que
tu
voyois sa course
1
.
Dedans
les
vain tombeau,
Ah
24
&
que Ion
soit
veit
si
beau
que tu demeures
liens,
Dedans
28
le Ciel l
Des vergers
fleurissans es
champs Elysians
2
:
12. 84-87
comme
toy
24. 28.
67-87 Les Charits chantoyent 67-87 ta course 67-87 Parmy les prez 84-S7 & fut jadis si beau 84-87 aux champs Elysiens {cette graphie ds 71).
!. C.--d. qu'elle avait pleur la mort soudaine de son mari. Par opposition au Ciel, les prez mondains signifient simplement la terre, comme ailleurs le val mondain (ci-dessus, p. 57). Cf. la pice prcdente, vers 3 3 et 36. 2. Cette alternative entre deux croyances (chrtienne et paenne)
III, p,
85
V,
p.
250
et 256.
DE
P.
DE RONSARD
237
Recoy ces beaux illetz & ceste rose pleine De mes pleurs, que je t'offre, fin de t'en couvrir
Car ce sont
32
les
Comme
tu fuz jadis,
un passant
Fix.
doit offrir.
29-32. 84-87 Reoy ces beaux oeillets, reoy ces roses pleines De mes pleurs, dont je viens ta tombe couronner Les lis les illets sont les dons qu'aux fontaines, Comme autrefois tu fus, un passant doit
:
&
donner
32. Ces buitains se ddoublent en quatrains partir de
1567
LE
^SECOND
DE
P.
LI-
RONSARD
P R
VANDOMOIS,
TRESI LLVSTRE
INC ESSE
A PARIS,
Chcs Andr Wechcl.ruc
i'enfeigne
S.
khan deEeauuais
volant.
du Chcual
155*.
Auec
Priuilege
la
du Roy,
Fac-simil du titre de
premire dition.
EXTRAICT DU PRIVILEGE.
Il
a pieu
au
Roy
nostre Sire,
commander
Pierre de Ronsard
Gentilhomme Vandomois, de faire bien & correctement imprimer les uvres d'icelluy de Ronsard. Et pour ce faire luy a donn & ottroy lettres et tresample Privilge, par lesquelles est deffendu tous Libraires & Imprimeurs du Royaume, pays, terres, & seigneuries dudict seigneur, d'imprimer ny vendre aucunes uvres dudict de Ronsard, sans son gr & consentement sur grandes peines, amendes, & confiscations applicables, tant envers ledict seigneur qu'envers ledict de Ronsard. Le contenu desquelles
observ,
lettres
icelluy seigneur
veut
estre
gard
&
comme
&
ordonnances, ainsi
Janvier M.D.Lin.
a
baill
qu'il est
nes Fonteinebleau au
moys de
de
En
un
vertu
Ronsard
imprimer
sien
Andr Wechel,
livre,
Libraire
intitul le
:
Vandomois
de France,
Se
ddi Tresillustre Princesse Madame Marguerite Sur unicque du Roy, & Duchesse de Berry, voulant
que
ledict
Wechel,
&
non
Hymnes
&
pour
le
regard des
sur les
le
mesmes
qui doit
est re
serve
1
,
Tant
d' uvres
nom sur
leur front,
Comme
Sous
la
si
targue
toy,
Oui
Et
se
les
plus rares
nom
dedans
ses
vers barbares,
plumage emprunt,
:
Ne
Que
r6
si
Ou Ajax Oe
ou
le
Lartien
i. Cette princesse est la sur du roi Henri II, duchesse de Berry, puis en 1559, par le trait du Cateau Cambrsis, duchesse de Savoie; protectrice de Ronsard, de Du Bellay et de leur cole. Voir les tomes I, 72 III, 98 et 162 VII, 301, et ci-dessus l'Hymne de Henry II, vers 471
; ;
et suiv.
2.
la
tome
I,
p. 74,
note
3.
De
ce
nom
5.
Prononcer Kharites, du grec XxolTc;, les Grces. Jodelle donne ici aux neuf Muses. Ajax, fils d'Oile (cf. le tome VI, p. 31, note 3) et Ulysse, fils de
Ronsard,
VIII.
Larte.
16
2^2
LES HYMNES
L'un pour forcer encor
ta prestresse
Cassandre,
toucher
'
cela que la
si
cher
Car
souille
los
au bourbier d'ignorance
Toucher au sacr
nom qu'on
quand
les
Mais
28
aussi
je scay
Et contente
Dieus, qui
donne,
pieds apporter
'
oster
vist estre
La gloire
32
me
Ton plus
Quand
36
il
Du devin
Eschangeant
40
les
Aus
Des
Dieu
Car
44
les riches
Prsents
par Ronsard,
Invitans tout un monde louer ton honneur, Invitans tout un monde louer ton donneur,
1. Allusion au viol de la princesse Troycnne Cassandre par Ajax et au vol du Palladium par Ulysse. Cf. Virgile, En., I, 39 et suiv., II, 164 et suiv. 2. Ce vers est expliqu par le vers 102. nos descendants, voire mme aux potes anciens. 3. C.--d. 4. Il s'agit des vases d'or massif que le roi Crsus offrit Pbbus Apollon en son temple de Delphes. Cf. Hrodote, I.
:
DE
Oui
48
reculle en
P.
DE RONSARD
243
l'autel de
Pour faire
place l'or,
jalousies
:
Pour
les
les
aines saisies
Malheureus
pargner
Dans
56
les
antres ombreus,
s'il
le
Doit vivre,
vers
&
Et que
60
les
la
Mmoire,
telle gloire,
Aymans
mieus
se
France
64
Se perdant pour
68
la perdre. Il faut,
il
Vanter
les
admirer,
Qui de soy mesme fait davantage esprer : Car quand au point d'honneur tant plus un homme
72
en quite,
Et plus
il
en retient,
& plus
il
en mrite.
fay de
toy,
Au
76
Un cur pront
Celui qui
&
gax j'adore
honore,
Et
si fait
Que ton nom & lesien vole au monde sans fin. Ans couards soit l'envie, onques on ne vit estre
80 L'envie dans l'esprit courageus
et
adestre.
1.
C.--d.
244
LES
HYMNES
Nul ne sauroit si bien se faire plaire ans Dieus Que je ne dsirasse encor' qu'il leur pleust mieus. Quand on a le cur tel, bien qu'encore on ne face
&4
le trait le
la vrit se
Ainsi l 'uvre
88
la
vie
:
D'un encouragement,
Tant
s'en faut
&
je sois,
Que
92
me
moindre.
plus dispos,
croistre en
France un
tel
nombre
De
ombre
A
Et
100
Ton
glaive,
&
Du
vaincueur Vandomois,
les
Pour sur
Et voir
104
ignorants redoubler
tost ns
effors,
ces
avortons aussi
que morts
&
des
Muses
je garde,
la seure
arriereguarde.
s'effroyer,
2
,
De
l'esprit, il
Le pouvoir de
se
collective des uvres de Jodelle, publie par 1. Dans l'dition Aussi tost que nais Ch. de Lamothe en 1573, on lit cette variante morts , qui est de beaucoup meilleure. 2. La tte de la Gorgone Mduse changeait en pierre ceux qui la regardaient (cf. le tome VI, p. 234). Pallas la portait au centre de son
:
gide.
DE
Arrestant par
112
les
P.
DE RONSARD
245
mal
les
enflante.
Or ce pondant qu'ainsi ton secours fattendray, Et redoutable tous au combat nie rendray, Embrasse moy ces vers, que la harpe meilleure ',
1
16
Pour
ta sainte
grandeur a sonnes
ceste heure.
Embrasse, embrasse,
&fay
ces
les
estranges
Des hommes
& des
Dieus
les
plus
belles louanges,
Confessans qu'en
& las
Des
124
Qui fait
de nos vertus,
1.
C.--d.
2.
la meilleure harpe, celle de Ronsard. Les Hymnes de 1555 sont ddis Odet de Coligny, cardinal de
:
Chastillon (v. ci-dessus). 3. C.--d. les peuples trangers. 4. Cette ptre liminaire de Jodelle est reste dans toutes les ditions collectives de Ronsard, y compris les ditions posthumes. Mais elle a chang de place on la trouve ds 1560 en tte des Hymnes.
:
246
LES
HYMNES
HYMNE DE
a
[1]
Je veux mieux que jamais, suivant les pas d'Orphe, Dcouvrir les secretz de Nature & des Cieux 2
,
Recherchez d'un
Je veux,
s'il
louange
temps,
De
8
pour
les
ans ne se change,
changer
&
les
&
les saisons
&
inconstans,
sujecte,
s.
Sans jamais
se
livre des Hymnes, 1556. uvres (Hymnes, 1" Pla1560, 1567, r$7i, 1573, 1578, 1584, 1587 et d. suiv. quette part en i6ii, avec commentaire de Nicolas Richelet.
Titre. 60-87 A tresillustre princesse Marguerite de Fiance, Duchesse de Savoye 2. 67-78 mieux que davant (et devant) de fureur... 1-4. S4-87 Tourment d'Apollon..., Je veux plein Rechercher ies secrets..., Ouvrage d'un esprit qui n'est point ocieux 6. 78-87 par les ans
1.
III,
549:
Sur
2.
II.
Ronsard,
v.
mon
Ronsard pote
I
lyrique, p.
et
tome III de la prsente dition, p. 45, note 1. Diogne Larce Outre l'dition des Orphica qualifie Orphe i/.osoro: %y/i:6~.i~Oi. donne par E. Abel (Leipzig, 1885), v. celle de G. Dottin dans la colCf.
lection G.
3.
Bud.
;
Cette dfinition de l'ternit convient aussi bien Dieu semble l'avoir emprunte Marulle, Hymne Jupiter
:
Ronsard
Quem non
principium, non ulla txtrema fatigant Expertem ortus atque obitus qui cuncta gubernas
:
Nescius impeiii, totusque in te ipse, vicesque Despicis xternus, et tempora surficis aevo.
DE
L'uvre
12
P.
DE RONSARD
le
247
dsir
est
grand
&
fascheux, mais
que
:
j'ay
Puis
je le
Qu'avec
16
immense
deit,
Eternit
2
,
[2]
grande
Donne
D'acier
l'archet d'airain,
&
la
lyre ferre,
donne la corde, & la voix acre, Afin que ma chanson dure aussy longuement
20
Que Toy
Qui
Royne des
&
de l'aage,
as
Ciel en partage,
24
La premire des Dieux, o bien loing du soucy, Et de l'humain travail qui nous tourmente icy,
Par toy raesme contente,
&
Sans rien
faire tu vis
78 D*oser un si haut fait fascheux & toutefois l'ardeur D'oser un si haut faict m'en convie au labeur 14. 78-87 sa vertu soit escrite 15. 78-8/ Donne moy s'il te plaist 16. 84-S7 Pouvoir de clbrer 19-20. S4-S7 Afin que ma chanson soit vive autant de jours Qu'ternelle tu vis sans voir finir ton cours 23. 78-S4 loin de soucy 87 loin du soucy 26. 60-78 Eternelle tu vis 84-87 Tu rgnes immortelle
12.
67-73 D'atenter
si
grand
fait
&
1.
C.--J. de
avec ce sens;
v. ci-dessus
:
bonne grce, ou par faveur. Frquent dans les Hymnes Y H. de Henry II, vers 59 et 2S7 H. de la
;
du
etc.
Les vers 15
Ronsard s'est inspir de Marulle, H\mui, I, 5, 26 paraphrasent les cinq premiers de la picce
3.
Ipsa mihi vocem atque adamantina suffice plectra caneris propiorque ausis ingentibus adsis, Immensi regina aevi, quae lucida templa Aetheris, auustoque tenes augusta recessus, Pace tua late pollens, teque ipsa beata. Les deux a de ce mot quivalent un seul a long.
Dum
2 48
LES
HYMNES
Ciel dans
un throsne dor,
'
Tu
te siedz
en
l'abit
De pourpre ray d'or, duquel la borderie De tous costez s'esclatte en riche pierrerie.
Et
32
l,
2
,
Tu ordonnes
au severe Destin,
&
Fermes au front du
36
Qui dedans
Sans rien
&
membres du monde,
boulle ronde
+.
Qui
gist
dessoubz
tes piedz
comme une
[3]
Cieux
84-8/
texte primitif
29-30. 84-87 De pourpre ray d'or, passant toute lumire, Autant que splendeur sur toutes est premire 78-87 Tu establis tes lois 32. 67-7} Tu commandes 34. 67S7 car il est ton esclave 35. 67-87 Ordonnant dessous toy
|
1. Forme primitive du mot broderie; mme mtathse que dans fromage, pour formage, Bressuire pour Bersuire, etc.
VH. du
Ciel, vers
115, et
VH.
des
Astres, vers 83
3. Les neuf Cieux, et semble par l que l'auteur ne recognoisse que neuf Cieux. Comme de fait les Philosophes en ont eu diverses opinions. Les uns ont dit qu'il n'y en avait que huit, savoir ceux des
sept plantes, et le huitime des estoiles fixes, qu'ils appeloient le premier mobile les autres ont dit qu'il y en avoit un neuvime ncessairement, avant recognu par exprience que le huitime Ciel avoit deux
;
mouvements
contraires, l'un de l'Orient en Occident, l'autre de l'Occident en Orient et de l ils ont conclu qu'il ne se pouvoit faire que le huitime Ciel fust le premier mobile, mais qu'il estoit le second, et c'est l'opinion de Ptolme... (note de Richelet). 4. Les vers 27 38, dveloppent ces quatre vers de Manille
:
Ipsa
caterva,
Regales inclusa sinus auro. atque argento, Celsa sedes, solioque alte subnixa perenni
Das
DE
40
P.
DE RONSARD
la tresse
249
luy vient
non tondue,
:
le
doz en
filz
d'or estendue
le teint
de roses franc,
le flanc,
te
donne de
la
dextre
A
48
Tousjours saine
&
disposte,
&
afin
Ne De
Et
comme
l'aultre
main
Repoulse l'estomac de
la
52
Que
ne
vieillisse,
la
&
qu'il
ne prenne
fin.
Puissance ternelle
la
mammelle
le sein,
&
Pour
Par
60
Ton rgne
&
n'empire
la
mort quiconque vouldroit favoriser Discord, Discord ton ennemy, qui ses forces assemble
la fuitte
des ans,
&
pour donner
Pour
faire
mutiner
les
Elementz ensemble
[4]
40-42. 67-78 de qui la tresse vient Par flots jusque aux talons, & crespe & (78 par le fer) non tondue, Qui ombrage son dos en fils d'or espendue 84-87 de qui la tresse vient Par flots jusqu'aux talons d une enlasseure entorse. Enflant son estomac de vigueur de force franc 43. 78-87 Ceste belle Jeunesse au teint vermeil 84-87 texte primitif 45. 78 En un vase 49. 84-87 Elle de l'autre main vigoreuse Desse 51. 7S-87 Et la banist du Ciel 60 Pour tenir seurement 57. On ht seuret {corrig aux errata) 67-78 Pour garder seurement 84 Pour fidle garder... 56-57. 87 Menaceant et branlant un espieu dans la main Pour guer|
&
&
rire garder...
58. 67-87 afin que rien n'empire 60. 84-87 ramener le Discord
2 50
LES
perte du
HYMNES
de ton doulx repos,
le
la
Monde,
s'il
&
64 Et vouldroit,
pouvoit, l'engendrer
cahos.
Mais tout incontinent que cet ennemy brasse Trahison contre toy,
Et l'envoy
68
l
la
Vertu
le
menasse,
Garrot piedz
&
mains de cent
2
,
liens de fer
La Nature
te suit
mesmes
les
Dieux
aux Cieux
4,
5.
elle vient
la suict, le vieillard
>,
vnrable
Marchant tardivement
dont
la
main honorable,
65. 8j Mais tout aussi soudain le chasse en Enfer 67. /S-Sy L'ternelle Vertu, 68. 60-Sy de cent cheines (chesnes et chaisnes) de fer
&
te
69. Sj comme ta chambrire 69-70. 8/ Bien loin suyvant tes pas, ainsi que suyt, qui toutes chose enfante 72. /S-S/ du genoul
ta
servante La Nature
1.
Les vers 39 68 dveloppent ces sept vers de Marulle Quam pariter flavos crines intonsa Juventa Ambit, et indormitum renitens Virtus pede aheneo Altra divinis epulis assistere mensae, Purpureaque manu juvnile infundere nectar, Haec largas defciidere opes, et pectore firmo Tutari melior fixos in secula fines, Hostilesque minas regno propellere herili.
:
2. Parce que peut estre elle est comme son image, ainsi que dit Trismegiste au Pimandre, cnjus imago est omnis Nalura, et de l la Nature suit fort bien l'Eternit, parce qu'aucune nature ne prcde Dieu, quem Natura nunquatn creavit, ce dit encor le mesme (note de
Richelet).
VIII, vers 118, o l'expression plier le Ou plie le genou pour par Eustathe ci-dessus Y H. de l'Or, vers 78. honorer un suprieur Non que les astres soient vieux ou jeunes, mais c'est en reprsen4. tation de leurs proprits, effectz et influences, comme icy Saturne vieil, parce qu'il est tardif, malfique et qu'il produit des effects de froid et d'humidit (note de Richelet). 5. On sait que cette plante met prs de 30 ans faire sa rvolution
3.
Souvenir d'Homre,
//.,
genou
est ainsi
commente
. Cf.
autour du
soleil.
DE
Bien que
76
vieille
P.
DE RONSARD
une grand faulx
25
&
ride, eleve
les
tourne, passe
&
repasse,
.
O
80
tes faictz
Tu
D'un
aimantin
monde
il
:
tu caches,
Luy donnant
84
vie
&
le
force, aultrement
vie,
n'auroit
Membres, ame, ne
Mais
ta
&
confuz periroit
vive vertu
Tu
humains
favorisez ainsy,
[5J
76. 84-87 Le Soleil vient aprs (87 dessous) grands pas 79. 84 ternels sont tes faits 78-79. 8/ introduit d'abord entre ces deux vers un distique qui complte Vive source de feu, qui nous fait les saisons, Selon l'alina sur le Soleil qu'il entre ou sort de ses douze maisons ; puis un si;ain sur la L une, avec
:
La Lune prend sous luy, qui mois en une triple forme, il forets Molosses & Limiers, les veneurs & leurs rhts, Que la sorcire adore, & de nuict resveille La regarde marcher nuds pieds, eschevele, Fichant ses yeux en elle. O grande Eternit Tu maintiens l'Univers en tranquille unit 81-82. 84-8J De chanons entassez les sicles tu attaches, Et couv sous ton sein tout le monde tu caches (le monde ds 71) 84. 84-87 & sans forme mourroit (97 il mourroit) 8^. 8j Mais ta vive vigueur 87. 87 Tu n'as pas les mortels
raccord aux
vers
79-80
trs
muable transforme Sa
face
ombreux de
la
nuict.
guidant par
les
1.
Les vers 69 78 dveloppent ces cinq vers de Manille Pone tamen, quamvis longo pone intervallo, Omniferens Natura subit, curvaque verendus
Falce senex, spaciisque brves aequalibus Horas,
Atque idem
toties
douze maisons
du Soleil sont
les
D'un
Au
duit de Manille
secla.
252
88
LES
tu as hritez
HYMNES
Que
De
de peine
&
de soucy,
vieillesse
& de
Qui ne
92
Sinon par
succs de rparation
incite la
2
,
A
A
96
laquelle
Venus
Nature
&
tousjours restaurer
3
;
&
ton essence,
mort, car
le
il
cruel trespas
Ne
Le
comme
exerce
4.
hault environne
Tes
flnez,
comme une
belle
&
plaisante couronne,
Sy Te 90. jS-Sj Faisant bien peu d'honneur nostre bas lignage souciant bien peu de nostre humain lignage 95. 71-Sj Pour garder 98. j8-8j Vive tu te soustiens 84 Sans craindre les cizeaux des 99. j8 Sans rien craindre de mort
|
le trespas 99-102. 7 Sans craindre les cizeaux des Parques qui bas Ont puissance sur tout le vray lieu du trespas La terre est son partage, o flon il exerce Par divers accidens sa malice diverse 105-104. JJ-8/ gullemettent ces deux zers 105. 78 La famille des Dieux
: :
Parques
C.--d. que tu as faits hritiers. C.--d. par des rparations successives. 3. Cf. Lucrce, II, 173 et suiv. 103, note 2. Aequans sceptra 4. Cf. le tome VII, p. 59, note i Quae ligonibus, ce dit quelqu'un. Cf. Snque, Consol. ad Marciam veneraris et quae despicis unus exaequabit cinis (note de Richelet).
1.
2.
DE
P.
DE RONSARD
il
2)3
sera,
Quand
108
II
elle parle
fut,
ou
telle
chose ou
humains
Sans plus
le
Et se sied
112
temps prsent devant toy se repose tes piedz car tout le temps pass
:
[6]
Sont presens
Le pass,
le
prsent,
&
cestuy
qui tarde
A venir quant nous, & non pas quant toy, n6 Ny ton il qui voit tous les temps davant soy
Nous
aultres journalliers
2
,
'.
nous perdons
si
la
mmoire
&
ne pouvons croire
venir,
comme
la
estans imperfaictz,
faictz,
Aveuglez
&
perclus de
saincte lumire,
:
Que
124
le
Mais ferme
Tout ce qui
&
108. 67-78 ou telle affaire 109. 67-7$ conter telle chose 78 texte primitif 110. On lit en $6 se ropose (corrig aux ei rata) 10^-112. 84-8J Quand tes lois au conseil Testt du monde ordonnent. En parlant tes Dieux qui ton throne environnent (Throne qui de rgner jamais ne cessera) Ta bouche ne dit point, Il fut. ou II sera C'est un langage humain pour remarquer la chose Le temps prsent tout seul tes pieds se repose, Sans avoir compaignon car tout le temps pass Et celuy dont le pas n'est encor avanc 114. 67-87 voire & celuy qui larde 116. 71-87 devant soy 118. 71-87 Des sicles ja coulez 119-120. 87 comme naiz imparfaits, Encroustez d'une argille & d'un limon espais (on lit imparfaits ds 67 ). 121. 7S-84 sa saincte 87 reprend la saincte et remplace Aveuglez par
|
Aveugles
1.
colligis
uno.
254
LES HYMNES
haulte Desse ternelle,
Comme
Tu
128
&
perfaicte,
faicte.
dans toy,
ta partie,
&
ton tout,
&
toute ronde,
fin,
tout meillieu,
lieu,
lieu,
de toutes choses
Qui fais ta deit du tout par tout estandre, Qu'on imagine bien, & qu'on ne peult comprendre
Je te salu' Desse au grand il tout-voyant,
136
'.
Mre du grand Olympe au grand tour flambovant, Grande mre des Dieux, grande Royne & Princesse (Si je l'ay mrit) concde moy, Desse, Concde moy ce don, c'est qu'aprs mon trespas
(Ayant
laiss pourrir
[7]
:
140
ma
dpouille bas)
Margarite,
la belle
Pour qui
j'ay ta
louange en cet
hymne
descrite
2
.
12$. 67-87 parfaitte 128. 67-87 sans milieu 130. 78-87 qui en toy ne responde 131. 60-1S7 tout milieu 135. 78-87 Regarde
136-157. 87
& Princesse
87 reprend pourrir
1.
sine fine, sine ortu, Tota ortus, rinisque a;qu, discrimine nullo Tota teres, nuilaque tui non consona parte.
pars,
:
eadem
totum eadem
2.
Ce dernier alina est la paraphrase des cinq derniers vers de Marulle Salve, magna parens lat radiantis Olympi, Magna dem, precibusque piis non dura rogari
DE
P.
DE RONSARD
2)5
HYMNE DE
CALAIS, ET
A ELLE MESME
'.
DE ZETES.
hymne aux
enfans de Bore,
aile
Deux
4
frres
dore
De
&
les
oyseaux.
Mais quand
ils
A
8
l'envy de la barbe,
&
Si tost
qu'un poil
je
follet leur
menton cotonna
2
.
Je scay que
&
Hymnes,
uvres
(Hymnes,
er
livre),
et d. suiv.
|
Titre. 67-7] A Madame Marguerite de France Duchesse de Savoie 78 supprime Madame 84-87 texte primitif 3. 78-87 Peinte plumes d'azur 84-87 (monstrueux jouvenceaux) 9. 67-87 Marguerite 10. 6j-j$ D'un vers non emprunt 78-87 D'un vers non trafiqu 12. 67-7^ Ne piller dsormais 11-12. 78-87 ...Se des Grecs estrangers N'emprunter dsormais les
| | |
discours mensongers
Aspice nos hoc tantum, et si haud indigna precamur, Caslestique olim sancta de stirpe creati, Adsis o propior, cognatoque adjice Crelo.
D'aprs une note de Besly le sieur de Maisonfleur a presque employ tout cet hymne (celui de Ronsard) dans le 13 e de ses Cantiques, Qui chantera les merveilles, etc. Mais les hmistiches entiers, pour ne
rien dire davantage, manifestent assez l'ouvrier (c.--d. l'auteur plagi) 1. G.--d. la mme personne qui est ddi l'hymne prcdent.
:
2. La plus grande partie de cet hymne est emprunte Apollonios de Rhodes, et son imitateur latin Valerius Flaccus. Mais ces huit premiers vers viennent d'Ovide, parlant des fils de Bore et d'Orithye, Met., VI, 712 et suiv.
2)6
Car
le
LES
HYMNES
Gaigner
la
lyre
Mais vous
16
ddaignez,
&
dites qu'il
ne faut
De
qui
la
[9]
On Ou
vous blesse
secous
l'oreille
la teste,
ou d'un il vnrable ne vous est agrable Princesse, aux gestes que j'ay veu
flateur
:
faut ne
Mais l'homme
28
est
le soleil,
Devers vostre
clart,
&
Ostz vostre
piti,
clmence, charit,
&
fiere
&
arrogante,
36
On vous laissera l, & ne trouverez plus Homme qui se travaille chanter voz vertus.
13. 7S-S7
16.
Le
18.
20. 22.
23. 25.
35.
7SS7 au
Vous
serez dlaisse
1.
ce
mot
aussi bien
cill
(mouill)
que
(Thurot, Pron.fr.,
I,
465
et suiv.).
DE
Mais
tant
P.
DE RONSARD
telle
257
vous
estes,
comme
oreilles
j'ay
de touts.
Quant
moy, pour
l'acueil
que
receu de vous
je face,
'.
[10J
l'ayde de Pallas,
Junon
la
Grecque
la
2
,
Au
port Bythinien
Les nobles
48
fils
3,
Quittans
le
navire arresterent,
27-42. 78-87 suppriment ces seize vers (87 de) force de bras 44. 78-87 Eut pouss d'avirons 46. 78-87 De rames balloy.i
&
47.
48. 78 siges armez 47-48. 84-87 Les preux dedans Argon comme en Lassez d'avoir tourn tout le jour tant de flots
1. Les loges de la princesse Marguerite de France, sur du roi Henri II, protectrice de Ronsard et de son cole, sont en effet trs nombreux dans les uvres de notre pote. 2. Junon la Grecque traduit 'Hcr,; ri;aay.oo; d'Apollonios (1, 14). Ce nom grec a t francis par 3. L'Argon, c'est le navire Argo. Ronsard, suivant un principe expos dans la Deffence et Illustr. de la l. fr. vu). Il crit de mme Clion pour Clio, Eraton pour Erato, (II, Echon pour Echo, Pithon pour Pitho, Clothon pour Clotho, etc. D'aprs Pindare (Pytb. iv, 184), c'est sous l'inspiration de Hra (Junon la Grecque) que ce navire fut construit mais d'aprs Apollonios, op. cit., I, 18-19 l es anciens ades chantent qu'il fut construit par Argos, sur les conseils de Pallas Athn . Ronsard a uni les deux traditions. Au reste, dans Apollonios, Hra et Pallas se concertent plusieurs reprises pour venir en aide aux Argonautes. Pour la variante du vers 47, voir le tome III, page 44, note 1.
<(
4.
C.--d.
Ronsard, VIII.
17
258
Et joieus de
la
LES
HYMNES
'.
Que
Qui
friser
le
Jason
gouverneur de toute
en beaut,
luisoit
comme
que
la
L'estoille de
56
Venus,
lors
la terre
le
de ses bras
chevelu Orphe,
Qui
60
De deux coudes
Ne
64
cerceaux
3.
En
se suivant depres
[n]
la gallere arresterent, Et cherchant le repos au rivage sauS4-8J D'un ancre au bec crochu la gallere arresterent, Puis au soir pour dormir au rivage sautrent 84-87 les terres de ses bras 56. yS les terres d'icy bas 57. jS-8/ Apres luy descendit 58. bj-8j en ses mains 60. "ji-8-j Les cordes 62. 84-87 En la faon qu'on voit les pennes (Sy ailes) esbranles 63. 67-Sj depuis 71-J3 pir erreur les cerveaux (d. suiv. corr.) jS-84 Vont se suivant espais rangs 64. 6j-j] En se suivant espais tous ingaux 8/ Se suivent prs prs rangs tous ingaux
49-50. j8
|
trent
1. Souvenir de Virgile, En., VI, 3 et suiv. tum dente tenaci Ancora fundabat naves. Juvenum manus emicat ardens Littus in Hesperium. Ici commence le dnombrement des Argonautes, dont les noms et les traits caractristiques sont emprunts Apollonios, op. cit., I, vers 23
:
et suiv.
2. Comparaison homrique, que Ronsard retrouvait chez Apollonios, Argon., I, 240: Ces hros brillaient comme des astres clatants au milieu des nuages . Jason tait fils d'Aison et d'Alcimd tt neveu c'est sur l'ordre de son oncle que Jason de Plias. roi de Thessalie entreprit la conqute de la Toison d'or. dsignent ici les arcs forms par l'extrmit des 3. Les cerceaux plumes de l'aile chez les oiseaux de proie. Huguet en cite de nom-
Sei^. sicle.
DE
P.
DE RONSARD
259
Ne
68
Ce noble Chantre avoit par sur touts privilges tirer l'aviron '. Seulement de son sige Tout au haut de la proue avecque ses chansons Donnoit courage aux Preux, les nommant par leurs noms, Maintenant de ses vers rappellant en mmoire
De
72
&
la
gloire,
Maintenant
la
hastoit
.
D'un chant persuasif que le boys escoutoit 2 L, fut le sage Idmon, lequel (bien que l'augure
Luy eut souvent prdit sa mort estre future Au bord Mariandin, s'il alloit en Colchos)
76
Ayma
Que
66. 84-S7 De ne tirer la rame, ains assis en son sige 67-69. 78-87 Au plus haut de la proue... Donnoit courage Preux, animez Je ses sons. Maintenant par ses vers 76. 78-87 de s'acqurir du los
aux
1.
Ronsard
a pris ce dtail
I,
471
et suiv.
et
Nec vero Odrysius transtris impenditur Orpheus Aut pontum remo subigit. transport Orphe ce que le pote latin dit d'Iphicls, savoir que,
.
trop fatigu par les annes pour partager les travaux des jeunes, il enflamme le courage des hros, en clbrant les exploits de leurs anctres. 2. Allusion la lgende d'aprs laquelle Orphe attirait par les sons de sa lyre les chnes du mont Pirus. En outre, le navire Argo avait le sens de l'ouie, comme l'usage de la parole une de ses poutres avait t tire par Pallas (Minerve) d'un chne de la fort de Dodone (Apollonios, I, 526 et suiv.). Ailleurs, Ronsard a appel Argo la barque parlante (tome III, p. 42). 3. Tournure toute latine : prae.lixcral ejus mortem esse futuram, pour dire simplement l'augure lui avait prdit que sa mort arriverait . Idmon vint le dernier de tous 4. Cf. Apollonius, I, n et suiv. ceux qui habitaient Argos les prsages donns par les oiseaux lui avaient appris sa destine ; mais il vint, craignant que le peuple ne traitt avec mpris sa bonne renomme . Plus loin (444 et suiv.), Idmon lui-mme dclare Pour moi, la cruelle volont du dieu a fix que je mourrai loin d'ici, sur le continent asiatique ; c'est ce que dj autrefois des funestes prsages d'oiseaux m'avaient appris sur mon
:
260
LES
belle
HYMNES
&
80 Seule
pour
la
peur
'.
&
84
Qui souvent de ses yeus la terre avoit perce, De ses yeus qui voyoyent, tant ils furent aigus, Les Mnes des enfers & les Dieux de lassus 2 L, descendit Phlias, l, descendit Eupheme, Auge fils du Soleil, Acaste & Polypheme, Polypheme qui fut si viste & si dispos
.
88
[12J
Tant seulement
Randoit un peu
le
le
haut de
la
vague liquide
3.
Ance qui
n'avoit
{corrig
67-87
89-90. 78-S7 L'escume (87 La vapeur) seulement de Tenoit un peu le bas de ses talons humide
vague liquide
sort
aprs
effet,
cependant j'ai quitt ma patrie et me suis embarqu pour laisser, mon dpart, une bonne renomme dans ma maison . Il est, en tu par un sanglier chez les Mariandyniens (valle du Sangaris); Apollonios raconte sa mort au chant II, 815 et suiv. Cf. ci-dessus l'ptre A Cb. de Pisseleu, vers 55, et dans Racine une tirade d'Achille prenant part l'expdition contre Troie malgr la prdiction de la mort qui l'y attend (Iphig., I, 243 et suiv.V 1. L'ide et le mouvement viennent de Valerius Flaccus, parlant de
;
Jason
(I,
75 et suiv.)
Si
qua operis
!
tanti
Fama
2.
meutemque
de
peruris
vers 94.
C.--d. de l-haut; dj
vu ci-dessus, H.
:
la Justice,
Apollonios dit seulement de Lvnce Il tait dou d'yeux si perdants que, si la renomme est vridique, il pouvait porter ses regards facilement jusqu' l'intrieur de la terre . C'est Valerius Flaccus qui ajouta qu'il pouvait indiquer les astres au pilote, et seul les apercevoir
le ciel
d'paisses tnbres
(I,
:
466
et suiv.).
Apollonios accorde ce privilge Euphemos Cet homme courait mme sur les flots gonfls de la mer azure sans y baigner ses pieds il en mouillait peine la pointe, quand il prenait cette route liquide (I, 181 et suiv.).
;
DE
92
P.
DE RONSARD
il
2f5l
Jamais
le
se couvrent
(Comme
trompe son heure) De la peau d'un grand Ours, qu'il vestoit pour armeure, Luy, secouant au poin un branq arm de doux
qui pensoit qu'on ne
'
96
la
Marchoit
comme un Gean
&
&
Typhis,
fils
:
,
pour son
les navires
noyes
>.
Canne, qui
le fer
rebouchoit sur
la
peau
4,
Et contre-bondissoit,
comme on
void peslemesle
la
gresle,
Ou
108
compas
5.
On
dit
guerre
De bches accabl, alla vif soubs la terre, Quand luy, qui trop hardy en sa peau se fioit,
112
[13]
87 texte primitif 98. 78-84 la teste 111-112. 78-87 rimes se fia... desfia
|
1.
C.--d.
une massue.
On
trouve ailleurs
la
C'est Pele.
Au moment
de Nauplius, roi de l'Eube. Voir le tome VI, p. 31, note 1, note 2. le fer s'moussait sur sa peau. 4. C.--d. >. Vulcain est mis pour: un forgeron; plus loin Ronsard dira un marchal boiteux , assimilant ce marchal-ferrant Vulcain. 6. Ovide a racont tout au long la lutte de l'invulnrable Cne contre les Centaures, Met., XII, 476-523,6! c'est l, plutt que dans
s'agit
:
2 62 L,
LES HYMNES
&
prophette,
ti6
Des secrets d'Apollon vritable interprte, Mais chetif qui ne seut prophtiser sa mort Un rameau de Laurier pour panonceau luy
sort
Du
hault de la salade
2
,
&
De houppes
120
II
rouge brodequin,
Du
Qui
Las
124
quel sur
le
se recoquilloit jusqu'
!
demy
la
grve.
le
ramener ne devoit
&
que
sa
Chommeroit
Car d'un
128
tel
il
viroit
>.
Que
i8. 84 De houppes d'or frange 87 Faite houpetes d'or 120. 67-7; S'environnoit les pieds 78 II se vestoit les pieds 84-87 Ses pieds estoient chaussez 121. 67-87 Duquel sur le devant 127-128. 78-87 les ondes il rouloit Que nul aprs sa mort sa rame (84-87 place) ne vouloit
|
la
comparaison de
la grle
Non Aut
secus ac resilit, quarn tecti a culmine grando, si quis parvo feriat cava tympana saxo.
Cne ne figure pas parmi les Argonautes, ni dans Apollodans Yalerius Flaccus. C'est propos de son fils Coronos qu'Apollonios consacre six vers sa lutte contre les Centaures et
reste
ni
Au
nius,
militaire dj vu ci-dessus, H. de Henry II, vers 643. Sorte de robe ou de blouse (doublet du mot rocbet, qui s*est conserv) dj vu dans YOde M. de l'Hospital, aux tomes III, p. 155, vers 629 et V, p. 206, vers 50. c'est 4. Pagase, ville de Thessalie, sur le promontoire Magnsien l que fat construit le navire Argo, d'o la priphrase d'Ovide et de Yalerius. Flaccus Pagasaea puppis. Vint aussi Mopsus, 5. Apollonios dit seulement de ce personage
Casque
;
DE
L, Castor
Prirulrent
P.
DE RONSARD
263
&
du bord marin
tirer la
rame
Tout au haut de
136
&
Tymbrer tout le sommet de leurs beaus moryons, Morryons faonns d'invention gentille
Sur
le
mesme
140
l'un
&
l'aultre avoit
dessus
la teste,
alors
les ecloit
dehors.
144
Avoit au dpartir
honor
aux
ses
deux
de
la
fils,
De
fillets
soye.
Au
que su (et suer) soulz (et sous) la rame Trembler tout le sommet 84 Trembler sur le sommet Trembloter au sommet 87 140. 78-87 Qu'un uf 141. 71-87 de pourpre 145. 87 d'une mitaine voye (sic dans toutes les anciennes d. posthumes) 146. 67-7} joingts (et joints) aux fillets de soye (niais 7} par erreur joint au) 78-84 des filets de soye 87 Aux tenus filets d'or tenus filets de soye (mais par erreur tenues... tenues dans lottes les une. d. pos133. 71-87 136. 7S-78
| |
| |
thumes).
habitant des bords du Titarse, instruit entre tous par Apollon lui dans la science des augures (1, 65 et suiv.) et il raconte sa mort au chant IV, v. 502 et suiv. Ronsard imite ici Yalerius Flaccus, dont il contamine deux passages, l'un sur Mopsus (I, 383 et suiv.), l'autre sur Iphis (I. 442 et suiv.). 1. C.--d. la plante des pieds. Les potes latins usent du mot planta pour dsigner le pied. 2. C.--d. au moment du dpart, de la sparation. Cf. tome VII,
mme
p. 271.
264
148
LES HYMNES
le
',
Eurote s'egayoit
A
152
Dessus
bord luittoient
les filles
aux garsons.
de
la
Un uf
rive
Entr'eclos
De Castor
156
Au
&
fine
3
Voloit au naturel
Ayant
160
le col si
Que chascun eut pens que Juppiter dessous Encore aymoit cach, tant l'image portraitte
[15]
Du Cygne &
164
4.
L, Zethe et Calais
derniers du bateau
comme
>
153. On lit en 56 portaict (d. suiv. corr.) Sj texte primitif 155. 78-84 naissant se presentoit 161. On lit en 56 portante (corrig aux errata) 162. 84-8-] Et du Cygne de Lede
|
&
1.
Sur
le
cheval Cyllare,
(I,
nomm
dans
Virgile (Gorg.
III,
86) et
426), v. Suidas, au mot KuXXapo, Selon les uns Mercure l'avait donn Castor, selon d'autres, Pollux selou d'autres
Valerius Flacus
le
Neptune
2.
donna
Junon
et celie-ci
aux Dioscures.
ancien francis. Cf.
le
Encore un
:
nom
tome
I,
Rimes phontiques on prononait cine. Cet alina sur les Dioscures est imit de Valerius Flaccus, I, 420 Mais, comme le note Besly, Ronsard y est trs suprieur son modle. Il s'est probablement inspir d'un tableau. Au reste, le pote latin parle ailleurs des flammes de leurs morions , aux livres I, 560 et suiv., III, 186 et suiv. Voir ci-aprs Y H. de Pollux et Ca<t<r.
4.
et suiv.
5.
C.-i-d. nageaient.
DE
P.
DE RONSARD
dedans
.
265
de
la
Grce,
Acompaignoient Jason
Lesquels toute
172
la
nuict sur
rivage nu
le
tost
fut retorne,
malheureux Phine,
mortel enduroit de torment
3
:
Qui
176
plus qu'un
le
homme
Car
Ranny de son
Par
180
le
&
venue
Pour trop
don de
la clart
les
Harpies cruelles,
&
et
du bec
&
des ailes,
Tout
cela
que Phine
sa lvre approchoit,
si
[i]
mauvaise
169. On lit en $6 et 60 Herotz (d. suiv. corr.) 170. 84-Sj plein d'allgresse 171. 6j-8j Qui toute nuict couchez sur le rivage nu 173. /S-Sj Aussi tost que du jour l'aube fut retourne 178. jS-Sj N'estoit ( cruaut !) 180. 7/ par erreur Pour te prophetizer (d. suiv. corr.)
1. Cet alina vient d'Apollonios, I, 211 et suiv. ... Venant du haut de la tte, entourant leurs paules, et tombant de tous cts sur leur cou, leur chevelure azure flottait au gr du vent . 2. Noter le verbe au pluriel avec un sujet collectif au singulier. Dj vu souvent; v. par ex. le tome III. p. 125, note 4. Ici commence l'pisode de Phine, prophte aveugle, dlivr des 3. Harpies par Calais et Zths, d'aprs Apollonios, II, 179 436. On le retrouve aussi dans Yalerius Plaais, IV, 426 63$. Ronsard a fait dus emprunts aux deux potes et ajout quelques dtails pris Virgile, En. III, 210-244, ou sont dpeintes les Harpies, qui habitent les Strophades depuis qu'elles ont t chasses de la demeure de Phine . et la lutte que soutiennent contre elles les compagnons d'Ene.
:
266
LES HYMNES
toute la viande en devenoit punaise.
Que
188
Comme
la
la fein
l'epoinonne
De courre
L'une sur
192 Faict
un
cerf
la
l'aultre
en vain,
&
Ainsy bruioyent
196
Qui du menton en haut sembloient de belles femmes, De l'eschine aux oyseaus, & leur ventre trembloit De fein, qui de grandeur un bourbier ressembloit,
Et pour jambes avoient une acrochante griffe
En
200
escailles
'.
Ce chetif ne vivoit sinon que des morceaus Qui de hazar tumboyent du bec de ces oiseaus, Et fut mort de douleur sans la ferme esprance
Qu'il avoit de trouver quelque jour dlivrance
Par
204
les fils
Boreans
2
,
que
le
noble Jason
la
il
toison
3.
ouit bruire
sifflet
du navire,
comme
un 'Etui (fat erreur, car on lit Ctriait vers 192) 87 Ou d'un Lyon dont la maschoire sonne 191. 78-S7 Et bant & courant & faisant un grand bruit 195. 71-7; par erreur leur ventre sembloit {cd. suiv.corr.) 199. 67-7; Ce chetif ne vivoit que des petis morceaux 199-200. 78-87 Ce chetif ne vivoit que de petits morceaus Qui tomboient quelquefois( S4-S7 infectez) du bec de ces oiseaux 204. 67-87 Devoit par l 205. 7S-87 Aussi tost que Phine au rivage ouyt bruire
190. 84 aprs
|
1.
Icc. cit.,
214
218.
hros de cet hymne. 5. A la conqute de la Toison d'or, dpouille du blier fabuleux, qui, aprs avoir port Phrixos de Botie jusqu'en Colchide, avait t immol Zeus.
2.
de Bore,
les
DE
Il
P.
DE RONSAKD
267
208
s'esleva du lict, ainsy qu'un songe vain, Apuvant d'un bton sa misrable main, Et ttonnant les murs sortit hors de la porte
[17]
&
recreu
',
&
son dos
d'os
&
sa
perruque dure
Comme
216
Luy, sorty de
coups
Ore un estourdiment tout le cerveau luy Ore tout lentour il pensoit que la terre
Chancelloit dessoubs luy,
220
serre,
&
ores
il
dormoit
Aussy
tost
que
les
Preux sur
le
bord l'adviserent,
environnrent
De merveille estonns
L'un de
224
l'aultre l
:
ses flancs
la fin souspirant
tirant
la
Une dbile voix qu' peine alloit De son foible estomaq, & rouant
paupire
207. 78-87 II se leva 208. 78 son escorceuse main 84-87 sa tremblotante main 209 78-87 hors de sa porte 210. 78-87 lequel peine porte 211. 84-87 Le corps vieil & moisy, l'eschine de son dos 212. 78-87 Ne monstroit aux voyaus qu'une ordonnance {84-87 car|
casse) d'os.
chambre agrav
Luy sortant de sa porte... (<S./-<!?7 affoiMy) des genous 7S-87 Se trainoit vers le bruit
sa
7S-87 Ore tout la ronde j6 et 60 par erreur Accab {corrig aux errata de j6 en Acabl) 78 Si soudain que les Preux 84-S7 texte primiif 78 le vieillard entournerent 84-S7 au vieillard devisrent 78 Qui de qui del 84-S7 Piteux de sa fortune 71 par erreur L'une dbile {7J corr.) 78-87 D'une dbile voix
|
|
t.
C.--d. fatiga. Dj vu
aux tomes
II, p.
15 et VII, p. 75.
268
LES
HYMNES
la
De
228
ses
yeus orphelins de
douce lumire,
l'air,
Se tourna vers
le bruict,
&
commence
parler.
mes veux
attendue,
S'il est
la
mesme
troupe eslue
,
252
Que Jason, parforc des destins de son Roy Au rivage Colchide enmene avecque soy,
Le marbre renvers des vagues escumeuses
18J
2
.
O
236
Ou
Par
Ottroyz
le
moy
Roy
Juppiter,
&
par Junon
la
grande
Je vous prye
240
&
supplye,
&
Qui
si
&
de vous a soucy
Ne me
Une
244
desdaigns point,
'
n'a tant
Frapps
coups de pieds, ny
De
la triste vieillesse
ne traine.
voicy,
me
quand
je
Comme
251. S4-S7 Que Jason maistris 241. /S-8j Ne me desdaignez point Prince tres-miserable 78245-244. 60-yj Une Fureur n'a pas tant seulement mes yeux 87 Un cleste courroux n'a seulement mes yeux Orfelin du jour (8487 Faict orfelins du jour)
j
1. Son oncle Pelias, roi de Thessalie, qui lui a ordonn d'aller en Colchide. Cf. Apollonios, I, dbut. 2. Expression homrique (//. XIV, 273) et virgilienne {En. VII, 28). 1560 et 5. Pour la variante Fureur, on lit en marge des ditions de II prend icy fureur pour furie . 1567
:
DE
Venir de touts costez
P.
DE RONSARD
meschantes harpies
269
les
252
ma
nape,
&
je
cela
que
debvrois manger
Coup
sur coup
mon
nez retournent
&
reviennent,
Puis se perdans en
l'air
on ne
sait
qu'elP deviennent
Pour un
256
petit
Ma
Et sans
fondent l'impourvu
Dessus
ma
une nue
2
pers
Qu'Orion
sont verdz
3.
Un
seul
moyen
ell'
mon
Tousjours
264 Je
tost
que du doy
touche
la
Et
mon
Et de mauvaise odeur
De
268
leurs
ils
me
nourris,
Mais
puans,
si
ords,
&
si
pourris,
Que
Eust
homme
n'en approche,
le
nez de fer
&
l'esthomaq de roche,
250. 7S-87 les friandes Harpies 252. 67-84 Desrober tout le bien #7 Desrober le dsner 254-255. 78-87 loin de terre se tiennent Hautes dessus le vent 259-260. 67-73 ou qu'un orage pers Qu'Orion laisse choir dessus les arbres verds 78-S7 alors que le feu pers De (87 Du) tonnerre ensouffr gaste les arbres verts {84-87 saccage les bleds verts) 261. 78-87 Je ne puis viter ces gourmandes cruelles 265. 7S-87 Tant elles sont au guet
| |
C.--d. sans que je les aperoive. De couleur sombre, plutt terrifiante (bleu-fonc). Dj vu au tome II, p. 134, vers 45. Ailleurs Ronsard qualifie ardans et pers les yeux de Charon, le nocher des Enfers (Epitaphe de Beaumonl, dbut). Cf.
1.
:
2.
S. L.
Levengood, The use o/color in the verse of Ibe Pliade, p. 13 (Paris, Pr. Universit., 1927). 5. Orion, chasseur qu'Artmis (Diane) changea en constellation.
2JO
S'il n'estoit
LES HYMNES
comme moy
de fein epoinonn,
272
Ou
malheur par les Dieus condamn. De tels morceaus puans je traine au jour ma vie, Maugrant Atropos qu'elle n'a point envie
bien
tel
276
De trancher mon filet fuss-je trespass, Quand du grand Juppiter le veuil j'outrepassay Par mes oracles vrays, rendant trop manifeste Aux hommes d'icy bas la volunt Cleste Ce seul monstre importun qu'on surnomme la
:
Fein,
[20]
280
Qui de
jour
&
Me Un
faict an-ester l,
pour ruer en
malin,
la
Ventre ingrat
&
cause de
mes maus,
284
seul tu
donnes de travaus.
de Bore
Toutefois
veut que
les fils
la toison
le
dore
ma
douleur, d'aultres ne
pourroyent,
secourroyent,
En vain
S'il est
des estrangers
je
mon malheur
est
vray qu'en
ma
premire fleur
',
Et s'encore
il
est
mon
pour
pre,
& Cadmus
|
mon
frre.
280. 78-84 me tourmente le sein 8y abboye dans mon sein 281. y8 M'entretient ce malheur 84-87 Pour nourrir mon malheur, jette dedans mon ventre 282-285. 7 Un dsir de manger, ventre non, mais un antre, Plus tostune cloaque instrument de mes maux 284. j8-8j Combien seul aux mortels donnes-tu de travaux 286. 84-8/ Compaignons du labeur de la toison dore 285. /S-8j Et quand ils le voudroient, certes ils ne scauroient
|
1.
La sur des
fils
DE
Lors une grand
296
P.
DE RONSARD
27 1
piti alla le
cur
serrer
De Zethes
Meu du nom
Cesse tes
300
la
parolle
main,
ex
de prs
te
le
consolle.
vieillard,
',
nous
don'rons confort,
effort
Et
comme
tes
parens
le
De venger pour
moins l'une de
tes injures,
Pourveu que par serment haute voix tu jures due le courroux des Dieux ne nous viendra saisir
304
En
[21]
Car ce n'est
L'ire
de Juppiter pour
fois les
Quand une
dieux se sentent
les
308
ont dpits,
le
mrite
:
Au
Que
la
Adonques
Et respandit
des astelles
2
,
le
elles,
84-87 La piti naturelle 295. 78 Lors une piti prompte 298. 67 8j Et ainsi le consolle (mais 67 par erreur la consolle) 299. 84-87 nous serons ton confort venger 301. 84-87 303-304. 84-87 qui s'avance loisir Nos chefs ne foudroyra pour
|
312. 67 raneur
71
et d.
suiv.
rancur
1. C.--d. tant donn que nous sommes tes parents (en l'espce, des beaux-frres). 2. Note marginale de l'dition princeps, reproduite dans les ditions collectives de 1560 et 1567: Astelles est un mot de Vandomoys, qui signifie autant que <jyi'a;en Grec ce sont petits coupeaux de bois fan:
dus en long & menu, qu'on appelle Paris des esclats . Dans l'dition de 1604, Besly note que ce mot retient encore sa signification en quelques contres de la France, comme en Poitou, qui disent estelle pour bche qu'on souloit fendre en esclats .
272
Qu'on
316
II
lit
LES
avoit
HYMNES
r
.
assomm
laict
le
chef encontremont
Il
mesla dans du
la
de l'eau de
la
mare
la
Renverss sur
flamme,
&
prenant
dans
coure
Du
taureau,
la
320 Et l'arrosant
de vin
le
De myrique prophette,
324
&
de chaste vervene
>,
Dieux
Sache
Sache
la
grand Soleil qui void tout en ce monde, mer, la terre, & l'abysme profonde,
le
me
sille
lentour
la clart
du jour,
[22]
sachent aussy
les
meschantes
furies
316. 78-87 tout en rond 317. 84-87 l'eau de la mer sale 318. 67-73 La versa sur la flamme 318-320. 84-87 II arrosa de vin la victime immole, Effondra le taureau, entrailles <Sc jambons De sel bien saupoudrez jetta sur les
1. C.--d. ayant la tte dirige vers le haut, vers le ciel. Encontremont (plus souvent contremont) s'oppose contrebas et contreval. Nous disons encore en contrebas, pour : un niveau infrieur. 2. C.--d. la fressure, les viscres. Huguet. dans son Dict. du Sei^. sicle, cite pour ce mot des exemples de Des Priers et de Le Lover. mot myrique. calqu sur le grec flupiXT] et le latin mvrica, 3. Le dsigne le tamaris ou la bruyre. Cf. Pline, XIII, 116; XXIV, 67. Quant aux proprits de la verveine, plante sacre, ornement des crmonies religieuses du paganisme, v. Horace, Carm., I, 19, 14; IV, ir, 7 (ara, castis vincta verbenis) et Ovide, Met., VII, 242. Cf. Ronsard,
:
II de la prsente dition, p, 41, note. Besly note avec raison qu'il n'y a dans Apollonios ni dans Valerius Flaccus ancun sacrifice pour authoriser le serment . et que notre pote en cet endroit imite Homre, Iliade, II (prire d'Agamemnon Zeus, accompagne d'un sacrifice) il va aussi dans Apollonios, au chant I. une prire de Jason Apollon (galement avec sacrifice).
tome
4.
DK
P.
DE RONSARD
forme de harpies,
273
Qui me
pillent
ma
vie en
Que
332
J'ay
Pour m' avoir soulag n'envoyra son courroux. preveu des longs temps la fin de ma misre,
sa grce) sur
(De
536
moy,
lequel pour
mon
le
la
support
'.
&
ja
dessus
sable
table
La chargeant
340
De
L, Zethe
&
orne
De gazons,
344
firent soir le
malheureus Phine,
de jetter bien loing
4.
Le priant de manger,
&
Aux ondes
Mais
si
&
tost
que
On
oit dedans
gourmande
336. 78 prendre bort 84-S7 A fait aux fils des Grecs en ce lieu prendre port 338. 78-8/ Les valets de ce Prince 339-340. 87 De vivres la chargeant & de vins foison, Mets qu'ils Les deux dvoient manger derniers en sa maison. Est ajout ce quatrain frres cachez sous une roche creuse De halliers hrisse, & d'une horreur affreuse, Attendoient les oiseaux, ayant pendus aux brus, A demy retroussez, leurs tranchans coutelas 341-342. 87 Ce-pendant Telamon, en une chaire (la graphie ds 78) orne De gazons, fit asseoir le malheureux Phine 344. 78-Sj sa famine & sou soin 345-346. 84-87 Aussi tost que ses doigts... On entendit en l'air
|
Apollonios, II, 255 et suiv. mais la fin de Au vers 335 la 483 et suiv. volontiers, de bon cur. Cf. ci-dessus, p. 8 et 149. parenthse signifie 2. Derenier et derrenier sont des graphies courantes au moyen ge et encore au xvi e s. L'addition de 1587 (voir app. crit.) vient de Virgile, En., III, 229 et suiv. 3. Noter cette graphie, pour chaire, en 1556 (voir app. crit.). Cf. le tome VII, p. 154, note 3. 4. Expression qui vient d'Horace, Carm., I, 26, dbut. Cf. tome H, p. 170 et 192.
1.
Le serment
est pris
Ronsard, VIII.
18
274
Criailler d'un
348
LES HYMNES
grand bruict,
la
comme on
oit
dans un bois
trouvent
Prs
le
bord de
Mer
',
Des Plies
&
Butors
quand un larron
ils
Qui remarque
552
leur nie,
&
leurs
(Comme un
viande arrachrent
Hors de
356
ses vuides mains, haletant une odeur Qui empuantissoit des Chevalliers le cur. L, quelque peu de temps en mangeant sjournrent,
Puis
comme
tourbillons en
l'air
s'en retournrent.
*,
Lors Zethe
360
et Calais
Dont
esclairs,
doux
d'or diapre,
Commandans aux
364
valets,
&
lger
Rapporter sur
la table
encores
manger
>.
348. 84-87 une confuse voix 330. 84-87 leurs nids 351-353. 84-87 Puis en fondant du ciel sans les appercevoir (Ainsi qu'un foudre ardent qui prompt se laisse choir, S'esclattant d"un grand
bruit) dessus luy se perchrent 360. 84-87 Dont l'acier reluisoit
comme des Astres clairs 361-362. 87 Et secouant ez mains leur cymeterre croche, vents orageux sortirent de la roche
1.
Comme
au hron
Varits de hrons. Le palle ou pale est un oiseau fort semblable blanc... ainsi nomm cause de la forme de son bec (Nicot, Tbresor de la 1. fr.). 2. C.--d. sans qu'on les aperoive. Mme tournure que ci-dessus, vers 257. A peine le vieillard commenait-il touApollonios, loc. cil 3. cher aux aliments, au mme instant, tels de funestes orages ou des clairs, ces monstres se prcipitaient l'improviste, s'lanaient des nuages avec des cris aigus, avides de nourriture . boucliers. 4. Graphie phontique pour 5. Ni Apollonios, ni Valerius Flaccus ne font servir deux fois; pour ce dtail, Ronsard a suivi Virgile, En. III. 229 et suiv.
:
: :
DE
P.
DP RONSARD
275
Que
368
voicy de rechef
les vilaines
harpies
Tourner dessus
Ravissant
la
la table,
&
viande, affamer
Ny
372
son
frre Calais,
Avance une enjambe, ou deux ou troys, davant Qu'abandonner la terre, & se donner au vent, Ainsy deux ou troys pas en grand haste enjambrent
Les enfans d'Aquilon
',
puis en
l'air
s'esleverent
Pendus dedans
376
le Ciel,
Leurs ailes, que leur pre entre deux airs conduict [24] Pour leur donner vitesse 2 autrement par trop lentes
:
les
harpies volantes
Qui de
380
Quand
366.
cil'
alloient
/8S4 les friandes Harpies 87 les gloutonnes Harpies 367. <Vj Tournoyer sus la table En mangeant ils craquoient 368. 87 ajoute aprs ce vers un quatrain du bec des ailes, Comme font ces corbeaux qui succent les cervelles Des animaux pourris : leurs gorges aboyoient D'une voix de mtins qui les Grecs cffroyoient
|
&
&
369. 84-87 son aile ne remue 370. 76-S7 Ny Calays la sienne : ains ainsi qu'une grue 371. 67-87 rime avant 375. 84-8 7 en sautant enjambrent 374. 8j puis au ciel esleverent (sic encore en 97 et d. suiv.) 375. S7 Pendus entre deux airs esbranlant d'un grand bruit 376. 78-87 Les ailes 7 en les soufflant conduit 380. 84 Venant ou retournant l'heure qu'ell' alloient 87 en retournant, ou soit quand ell" alloient
|
|
Ou
soit
1. D'aprs Besly cette comparaison vient d'Arioste. Voici le passage de YOrl. fur., II, st. xt.ix Atlan commence par s'lever peu peu, comme a coutume de faire la grue voyageuse, qui, aprs avoir d'abord couru, s'lve de terre d'une brasse ou deux, dploie ses ailes dans toute leur tendue et s'envole lgrement . 2. Apollonios attribue cette aide de vitesse Jupiter, Valerius Flaccus, que l'auteur suit, Rorce, fiction plus gentille, ce me semble
:
(note de Beslv
1.
2j6
Dvorer
les
LES HYMNES
repas de l'aveugle Phine,
Condamn
38-1
telle destine.
Tant
qu'ils
peuvent en
l'air,
Du
388
l'aultre
en ce point
front front
la
dextre
&
le
Des
le
commencement ne
Guiere haut dedans l'air, sans plus leur volerie Tournoit dessus le bord comme par mocquerie Mais quand siffler l'espe ils ouvrent au vent
396
Des
Ils
frres, qui
de prs
le vol,
les alloient
poursuivant,
redoublent
les
&
Rendirent
84-87 texte primitif 382. 60-78 Command parles Dieux 383-384. 78-87 s'arresterent bans Accompaignans des yeux ces grands monstres fuyans 389. 78 en la dextre 387-390. S4 Ainsi que deux faucons qui parmy l'air s'en vont Hautains aprs leur proye, & volent front front, Ces chevaliers voloient, secouant en la dextre L'espe, & le bouclier en l'autre main senestre 87 Ainsi que deux faucons qui un chemin se font En l'air suyvant leur proye, & volent front front, Ainsi voloient ces deux, secouant a la dextre L'espe, & le bouclier en l'autre main senestre 392. 84-87 Tournant autour du bord 394. 84 Ressembloit au milan qui l'aile ne dplie 393-394. 87 Hault-eslevez en l'air sans plus d'une ail,- oisive Tournoient comme un milan l'entour de la rive 84 Ils doublrent le vol 87 Hastent le 397. 78 Redoublrent le vol vol eu l'air
|
1.
stant littore
fixi
C.--d.
DE
P.
DE RONSARD
sa
277
Comme
400
on voiJ un millan
il
gorge descharger
estre plus lger.
Quand
oit le faulcon,
le Ciel les
l'air
pour
[25]
Ores dedans
Harpies se pendent,
pelotons descendent,
vont razant
les
plaines
&
la
mer.
Comme
De
408
un
livre, press
Pour tromper les lvriers amuzs lentour Tout ainsy ces oiseaux de ruzes & d'entorces
:
l,
De tromper
412
ne repos
Haletant
les
suvvoient,
&
Tousjours du
plumes
ne prenoit,
.
du coup, sur l'espe aucun sang ne venoit 2 Ainsy que des bateurs qui frapent dans une aire
Par compas
L'aire faict
399. 60
les
un grand
&
le
flau
durement
un hron 99 400. 6J-S4 Comme on voit un hron sa gorge descharger Quand il oit (78-84 sent) le faulcon 8"] Comme on voit un hron, pour estre plus lger Quand il sent un gerfault, sa gorge descharger 406. 67-78 Dis chiens 84-S7 De chiens 408. 84-87 Pour tromperies chasseurs 60-87 l'entour 417. 78-S7 Ainsi que les bateurs
?
J
|
1.
celle-ci
d'Apollonios
flancs boiss d'une colline, des chiens habiles la chasse, lancs sur la piste de chvres aux cornes leves ou de chevreuils, courent ; ils sont
un peu en arrire, ils s'allongent et c'est en vain que leurs crocs s'entrechoquent au bout de leurs mchoires. Tels Zts et Calais, se lanant tout prs d'elles, manquaient sans cesse de les saisir du bout des doigts. Cf. Ovide, Met. I, 533 et suiv. 2. Dtail prisa Virgile, En. III, 241-2^3, dvelopp par Ronsard en
12 vers.
278
420
LES
le
HYMNES
Touchant dessus
Chamailloient
2
'
le
dos en gemissoit
[26]
fin ils
les
eussent tues
isles situes
nom
aprs
3
Pour
le
nommrent)
s'en retournrent,
race Aquilonienne,
la
De De
456
banir jusqu'ici
race
il
Typhenne
les
+,
ne faut attenter,
chiens de Juppiter
il
:
Ny
porte
>',
Contre
419-420. 84-S7 L'aire faict un grand bruit, le flau qui se rodist le bled battu dedans l'air rebondist 424. 84-87 Et sans playe l'espe en hault rejalissoit 429. 67-Sj se nommrent 430. 67-87 Sans que les chevaliers de l s'en reournerent 437. 6j-j8 pour son armure porte
1. C.--d. coups d'pes dj vu au tome VI, p. 207, 211, 231 encore employ au xvn* sicle (De Villiers, Festin de Pierre, vers 636). frappaient violemment. Muguet, en son Diction, du Sei-. 2. C.--d. sicle, cite de nombreux exemples de ce verbe, avec ou sans complment
:
direct. Cf. ci-aprs, H. de Pollnx, vers 708. 3. Apollonius les appelle les les Plotes; Virgile, les Strophades (Graio nomine) et de mme Val. Flac. Au reste, l'origine du second nom est donne par Apollonius (loc. cit., 297). fils d'Aquilon ou Bore (vent du Nord); race 4. Race Aquilonienne Typhenne filles de Typhe ou Typhon (vent du Midi). C'est Val
cit., 516) que Ronsard a pris cette dernire appellation. Ronsard dsigne ainsi l'gide, bouclier recouvert de la peau de la chvre Amalthe, nourrice de Jupiter; il emprunte d'ailleurs cette parenthse Val. Flac. loc. cit., 320: fulmina quanquam .Egidaque ille gerens.
Flac. {loc.
5.
DE
Et qu'il laisse tomber
P.
DE RONSARD
foudre ardante
279
la
il
&
forte
pour punir
la
humains.
Et pource, retourns
Qu'ils ne
mangeront plus
de Phine,
444
Junon le veut ainsv, j'en jure par les eaux, Qu'on ne doit parjurer, des maretz infernaux
Atant
Iris s'en
'.
un
antre de Crte,
O, depuis enferms ne
445
Si ce n'est
homme
vicieux
5,
2
.
[27]
Au mandement
Et
Thaumantide
:
comme oyseaux
pantois
4,
&
en
l'air.
1.
L^s Dieuxdu paganisme juraient par le Styx serment tait pour et le plus redoutable (Virgile, En., VI, 324; IX, 104;
;
Ce dernier vers semble encore suggr par celui de Val. Flac. Qoc. Donec erunt divum meritae mortalibus irae. Mais l'ensemble 526) du passage, depuis le vers 425, vient d'Apollonios. 3. Iris, fille de Thaumas et d'Electra ; le patronyme Thaumantide est dans Ovide, Met. XI, 647. 4. Pour ce terme de fauconnerie, v. le tome II, p. 205.
,
28o
Arraisonnent Phine,
LES
HYMNES
&
la
Luy
Luy
viande,
Et mordoit golument,
460
comme un homme
en songeant
Resve aprs
Il
la
viande,
&
s'engoue en mangeant.
Et du gentil Bacchus
Il
liqueur secourable,
benist
la
viande,
&
464
Joyeux de le manger, affam benissoit. Apres qu'il eut du tout sa grand fein appaise,
Et qu'il eut
la parolle
le soir
De
La
de son voyage, et
les flots
de Neptune,
2
.
[28]
Sage
fils
augures,
:
Qui
mon moyen
labeur,
Entens
mon
&
certain prophtise
mon
entreprise.
&
sa fille Pallas
465. 78-8"/ sa famine appaise 471-472. 84-87 arrire se tourna Et d'un parler en crainte 477. 67-87 & amy prophtise
1.
dit
on prononait neus
:
(cf.
Au
On
2.
II,
Ici le
mot
douteux
signifie
DE
480
P.
DE RONSARD
ne
28
Ont charpent ma
nef,
&
me
repen pas
Mais plus
484 Plus
la
flamme enclose
&
un
si
fascheux labeur
l'issue
'.
Pource,
je te
supply de m'annoncer
j'ay
De
492
la
charge que
comme
aux haults
2
,
Deux
&
&
gaillard,
&
496
Un
De grave majest
Ouvrit de
tels
Valeureux
500
fils
le favoris,
A bone
Ne
fin
Desse propice
que
sa
Barque prisse,
484. 6j-8j par mes os 494. 67-7; par erreur allgre 500. 84-87 ton voyage
(et
est
Cet alina vient uniquement de Val. Flac, loc. cit., 558-546. Ce double sacrifice aux divinits des Enfers et celles de l'Olympe une addition de Ronsard, qui s'est souvenu des passades o Virgile parle des blanches et des noires victimes (par ex. Gcorg., II, 146;
1.
2.
En., VI, 242). 5. Adjectif substantiv, dj vu ci-dessus, H. de la Justice, vers 155. 4. C.--d. vridique; plus haut, il est appel vritable interprte. Ces cinq vers viennent encore de Val. Flac, loc. ci!., 549-552.
282
LES HYMNES
Par
les astres
nouer,
2
,
&
vaguer dans
les
Cieus
Au demarer
Il
d'icy
roches Cyanes
',
Roches pleines
508
d'effroy, qui se
choquent de
:
front,
Comme
deux grands
Se hurtent teste teste au bout d'une prerie. La Mer en bouillonnant qui se suit & resuit
512
En
tortis
Pandue dans
516
le
Ciel,
&
s'ils
jouoient ensemble,
L'un
l'aultre la rencontre,
&
leur rencontrer
[30]
Un
nue qui
les
l'enserre
84-87 Par
Astres nager
&
vaguer par
les
cieux
510. 56 et 60 se hurlant (corrig aux errata de $6) 511. 84-87 qui ses montaignes suit 515. 7S-87 Dedans le Ciel pendue 5 r6. 84-87 Se roulle en groumelant 517. 84 s'assemble 87 texte primitif
|
1. Allusion la constellation australe Argo, dont Hygin a crit Hujus non tota effigies mterastra videtur divisaenim est a puppi usque ad malum, significans ne homines navibus fractis pertimescerent (t'oet.
: :
astron., II).
comme dans les expressions encore usites au sortir de. Cf. ci-dessus, vers 144. 3. Encore appeles Svmplegades, l'entre du Pont-Euxin. Il en est souvent question dans Ronsar.i (v. par ex. le tome VII, p. 25, 269 (var.).
2.
Infinitif substantiv,
l'aller,
DE
P.
DE RONSARD
283
Au
524 Fait
milieu de
la nuict,
des pluves
&
du vent
se va resuivant,
la
Brillant
&
flame eslance
Des povres curs humains estonne la pense. Ainsy se vont hurtant ces rochers vagabons,
528
&
la
rame
la poitrine,
moy
la
marine
Ne perdez
532
point
le
cur, car
si
tost
que sers
Entre les deux rochers desja presque enserrs, Junon avec Pallas, vos deux chres compaignes, Arresteront le choq de ces dures montagnes,
L'une a, l'autre
536
l, les
Tant que
540
Neptune attachera de racines leurs plantes ', Dans le fond de la mer ainsy le veult ce Dieu, Pour ne partir jamais constantes de leur lieu 2
: .
Du
544
fleuve
Thermodon, coustoyant
la
contre
les
champs espars
[31]
En
524. 67 resuyvant 71-7} resuyant 78 resuyant 84-87 ressuyant 530. 84S7 Et grands tours de bras forcez moy la marine 531. 84-87 Bandez-vous au labeur 536. 84 Un hron vous guidant sauves, gaillards & sains 87 Un hron conduira faustement vos desseins 537. 84-87 Puis ds le mesme jour
|
|
539-540. 84-87 Au profond de la mer (ainsi n'abandonner plus leur rive ny leur lieu 542. 67-S7 costoy.mt
le
C.--d. leurs bases. Voirci-dessus, vers 142. ce passage, depuis levers 505, s'inspire la fois d'Apollonios, II, 317 345, et de Val. Flac, IV, 361 385. La variante du vers 536 substitue un hcron I.i colombe du pote grec.
1.
2.
Tout
284
LES H Y MX ES
comme
nos femmelettes
les
Qui
font par
le
mtier promener
navettes
fuseau,
En
548
ourdissant
la toile,
filet
ou tournent
le
Ou Ou
rouent
le
Elles n'ont
que
la
552
Le brandir de la picque, & de bien manier Sur le sablon poudreux un beau cheval guerrier,
Ou
de ruer
la
hache,
&
de faire
la
guerre
:
Aux hommes
556 Si
la
mort
'.
l'isle
dserte
la
plume
pointes
comme
espics
i.
Et
la
Apres suyvant
Les pieds
Mer qui de ses ondes raze demy mangs du grand mont de Caucase,
|
Sy Ou roulent le filet 548. S4 Ou tournent le filet 551. On ht de bien manier dans Ion les les anciennes ditions. La correction de Bl. le bien manier est inutile. 556. S4-SJ Vous n'auriez autre gain que d'y trouver la mort
561. S4-8J Suivant 562. 84S7 du haut
la
grande mer
mont
Cet alina surles Amazones vient presque entirement de Valerius 601 60g. Le vers 544 vient seuld'Apollonios. 2. Besly note que surgir est un mot de marine pour aborder ou arriver au port , et il renvoie ce vers d'un sonnet pour Hlne
1.
Flaccus,/t)f. cit.,
De
3.
voir
un
:
si
beau port
et n'y
pouvoir surgir.
:
Vous aborderez Phine, dans Apollonios. prdit seulement le au sol nu il vous faudra d'abord disperser par toutes sortes importuns qui frquentent en grand nombre cette ile solitaire . Mais Ronsard lisait cette scolie grecque au vers 384 Cette ile a des oiseaux qui tirent de l'arc avec leurs ailes en guise de traits Euripide le raconte dans le Pbrixos il pouvait s'inspirer aussi du rcit que fait Apollonios de la lutte soutenue par les Argonautes contre ces oiseaux, les Stymphalides, chasss par Hercule d'Arcadie et rfugis dans l'le Aretias (II, 1030 1089).
dans une
DE Vous oyrs
564
P.
DE RONSARD
aux environs
285
tout
le
le
Ciel rebruyre
D'un
aigle
dont
cur de Promethe,
Vous oyrs
Et
568
les
les
De
ce divin larron
quand
l'Aigle
'.
[32]
2
Apres forant
le
En montant contremont,
Dedans un verd
572
taillis,
bord humide
Vous voirs la toison dessus un chesne espars Houpue en laines d'or, qui reluist claire &. nette,
Comme
576
reluist
3.
due vous
diray-je plus
le destin
me
deffend
fortunes de rang,
Ny comment
Des
arts
Hecateans de
jeune Mede.
J'ay pch
580 Faire
aux
hommes
Et manques en partie
584
afin
que
le
les
humains
&
cur
&
les
mains,
Du
larron im.iger
569-570. Sj-Sj Entrecoupant le cours du grand Forant le cours de l'eau 573. Ji-Sj en laine d'or
Phase
Colchide,
1.
s'inspire
2.
Cet alina ne vient pas non plus de la prdiction de Phine, mais du tableau que fait Apollonius du supplice de Promethe plus du chant II. Ce mot est ici un adjectif, comme en latin Colkis; encore ci-aprs,
la fin
vers 718.
5. Cet alina correspond lonius (II, 403-407).
de
la
4.
286
LES HYMNES
au
Quand
588
L, dans
sommet du chef les misres leur pandcnt '. le champ de Mars, dessoubs un joug d'acier,
fer
il
D'une cheine de
vous fauldra
lier
les
&
la
:
gorge
2
,
Ressemble une fournaise o le feu se regorge Comme deux grands soufflets qu'un mares chai boiteux
592
sa forge ntentif,
comble
d'esprit venteux,
[33]
&
repoussant l'aleine
la
Au
596
poitrine plaine,
bruict,
les
nz de ces toreaux
De
600
davant
Vous
604
les fers
la
panse
Donts dessoubs
joug,
&
fendant
les sillons
.
587. 84-8J Dedans le champ de Mars 594-597. 84-87 Du vent en ses soufflets (8y souffle-charbon), dont leur poictrine est pleine, Avecques un grand bruit fait ronfler ses fourneaux Ainsin en reniflant les nez de ces toreaux Jettent pelottons une flame allume 599. 84-Sj De del rouez l'abandon 600. 6j-8y sur le devant
:
1. Cet alina vient encore du chant II d'Apollonios. Pbiue dit aux vers 390 et suiv. Mais quel besoin de me rendre encore coupable en racontantdans ma prdiction, avec suite, tout ce qui vous arrivera ? et il J'ai pti dj pour avait dit au dbut de cette prdicion, 313 et suiv. avoir rvl imprudemment les conseils de Zeus, et prdit l'avenir en annonant l'enchanement des faits jusqu' leur terme; car le dieu veut ne dvoiler aux hommes qu'incompltement la connaissance de l'avenir, pour qu'ils ignorent toujours quelque chose des conseils divins . 2. Ronsard assimile un forgeron Vulcain, qui boitait. Cf. ci-dessus,
: :
vers ro8.
3. Cet pisode des taureaux, notamment la comparaison entre leurs naseaux et des soufflets de forge, vient d'Apollonios, III. in fine.
DE
P.
DE RONSARD
287
Apres, ensemensant la terre laboure Des dents d'un grand serpent, comme d'une ventre Les mottes enfant'ront en lieu de bleds germes
608
Une
flere
On
ne
voici
'
Driller
au firmament quand
nues pandantes
612
Ont dvoil le Ciel, comme en ce champ de Mars Vous voyrs flamboyer de harnois de soudars, De targes, de boucliers, de picques, & de haches,
Et de clairs
moryons
il
le
fauldra tuer,
civille
[34]
:
Ou
le
guerre
la terre,
:
le
chef sorty
party
2
,
Aux uns
le
demy
Du
col jusqu'au
&
figure,
:
les
jambes en abas,
:
Qui n'auront point encor d'espaules ny de bras Et les aultres du chef donneront cognoissance, Levant la motte un peu, de leur pronte naissance
Comme
628
un homme, duquel
le
champ
est
en dbat,
De bon matin s'esveille, & de sa faux abbat En haste les espics qui ne sont meurs encore,
605. contre
7<y
la
fertile
612-613. 84-87 d'escus & de soudars. De harnois, de boucliers 6ij. (17-87 Cest escadron voudra desur vous se ruer 616. $4-87 Mais d'un revers d'espe 621. S4-S7 avant est: e & figure 626. S4-87 Levant la motte en haut
1. 2.
Pour ce mot, v, le tome VII, p. 243, note 2. C.--d. partag par la moiti.
:
288
Il
LES
HYMNES
dvore
sie toutes
mains,
&
sa faux, qui
:
Le bled,
632
faict
un grand bruict
la
en
la
mesme
faon
guerrire moisson
Des chevaliers arms qui ne feront que d'estre, Et sentiront la mort aussy tost que le naistre Les sillons de leur sang grands flots ondoyront,
:
656
tumberont
Renverss sur
le
En
la
[35]
2
.
Coulera dans
le
pasture,
Et l'aultre engressera
champs de pourriture
le
Apres
644
il
Serpent
Qui couve soubs le ventre en largeur un arpent, De crestes perruque, qui jamais le somme
Tant
Il
soit
les
paupires n'assomme.
a le
la
chef horrible,
a les
il
yeus ardans,
rangs de dens,
',
648
Sur
mchoire large
a troys
Et sa langue en
sifflant
Que
De
les petits
l'aisselle
leur
mre en tramblant
En
haste
la
toutes mains
moisson toute verte tombe II sie Ne pardonne aux sillons 632-633. y8-8y Vous trancherez soudain la guerrire moisson Des
629-631. yS-Sy
:
la
faucille
courbe
hommes
645.
terre-nez
le
yS II vous faut par finesse endormir charmes vous pourrez endormir le serpent 648. 6y rime dedans (corrig aux errata) 64g. 6y-8y sible d'une voix
serpent
84-8/
Par
1.
C.--d. de la terre.
Cet pisode des guerriers ns de la terre, notamment la comparaisou entre Jason et le moissonneur, vient d'Apollonios. III. in fine. 3. Le verbe sabler, corruption de sibler (du latin sibilare), est encore en usage parmi les paysans de l'Aniou, de la Touraineet du Vendmois.
2.
DE
652
P.
DK RONSARD
289
Quand la toison il veille avecques un grand bruict. Xe plus ne moins qu'on void (quand un pasteur qui garde
Ses brebis dans un bois, laissant choir par mesgarde
Au
656
Des
commencement
la
il
feste
allume,
embraze
aultre,
:
&
consume)
Un
660 Puis
un
aultre,
&
un
&
puis
un
aultre aprs
Se courbe en ondoyant
Le dos
se
va courbant de
queue
la teste
De
664
plis
longs
&
cur,
[36]
Un
seul
enchantement vous en
la
fera veinqueur,
Et gagners
peau de
fils
d'or annoblie,
'.
A
668
60 pur erreur
il
encore vueille
651-652. 78-87 quand luy faisant un bruit Garde la Toison d'or & veille toute nuict 65-655. 78-87 Comme on voit bien souvent (quand un pasteur qui garde Ses troupeaux dans un bois, qui (84-87 Si.) laisse par mesgarde Choir en un chesne creux quelque tizon de feu 656-658. 78 Ds le commencement il prend vigueur un peu. Se nourrissant au pied, puis le feste s'allume, Puis toute la forest s'embraze & se consume 84 La flame en tournoyant s'augmente peu peu Ds le commencement, puis le feste s'allume, Puis toute la forest s'embraze .S: se consume 87 La flame en ptillant se traine peu peu, Mange premier le pied, puis le feste elle allume, Puis toute la forest s'embraze & se consume 661. 84-87 Se vote en ondoyant 665. 78-87 en-noblie
|
1. Cet pisode du dragon gardien de la toison d'or, notamment la comparaison entre les replis de son chine et les volutes de fume dans une fort en feu, vient encore d'Apollonios, IV, 128 et suiv.
Ronsard, VIII.
19
290
LES HYMNES
la
Aux rayons de
Ils
672
Sur
le
bout de l'entenne,
&
de
l,
sur
le sable,
O
676
Ou
Ayant ouy
Reviennent sur
nuict droict
la
vollerie,
I
:
En
680
le leurre jette
Ainsy
le
rivage pressrent,
2
,
un
si
Ciel
dmen.
chasse
>
Aux
Et
688
ont donn
la
comme Iris jura par le fleuve d'embas Que plus ne reviendroient derrober les repas Du vieillard, qui joieux les embrasse & les loue
Il
[37]
:
leur baise
la
main,
il
677-678. yS-Sj Ayant ouy la voix des maistres qui les pensent, Reviennent leur cry, puis affamez (84-8/ en fondant) s'eslancent
679. 84-8/ En pointe de roideur 685-684. 84 Battant leur sein de vent,
assez d'haleine,
leur retour,
avoyent Encore
tirant l'haleine
&
Sj Haletant
&
Comme
fini
son tour
1.
Le
le
dont
leurre est un morceau de cuir rouge, eu forme d'oiseau, chasseur se servait pour faire revenir le faucon la vollerie ,
emploie plusieurs fois ces mots dans son Ode del Chasse (d. Martv-Laveaux, t II, p. 301, 311, 313). 2. Pour ce mot, v. le tome VI, p. 15, vers 1. 3. C.--d. parle Styx. Cf. ci-dessus, vers 444.
c.--d. la chasse rgulire. Jodelle
DE
692
P.
DE RONSARD
29 1
Qu'Aquilon engendra, le plus viste des vents '. Encependant Typhis qui vit flamber l'Aurore Esveilla du sifflet ceux qui dormoyent encore,
Et les
fit
696
D'empoigner brusquement
avirons au poing
2
.
Adonque
la
Aloit dos
rompu
dos
les
bosses des
flots,
De ramper de
704
Chascun d'un ordre gal tire son aviron, La vague en tournoiant escume l'environ,
Le rivage s'en
fuit
3,
&
A
708
leurs yeux,
que
la
Mer,
&
la
vote Cleste.
fils
Ou
Adieu noble Jason, adieu frres vollans. soit que vous soyez gens de tresbones
Philosophes constans, qui chasss
les
vies,
harpies
712
De la table des Rois, les flateurs, les menteurs Qui dvorent leur bien, & de leurs serviteurs,
[38]
Ou
soit
la
plante
4 si
lgre
Que
700.
vous
la fable
mensongre
\
On
lit
60-7S fortement
84-87 Se
trainoit en ronflant
701-704. 78-87 suppriment ces quatre vers 707. 84-87 aux armes excellaus 709. S4-87 hommes de saintes vies 714. 67-S7 Qu'on ayt feint de vous deux
II,
Tout ce passage depuis le vers 667 vient la fois d'Apollonios, 426-455, et de Val. Flac, IV, 629-635. 2. Ces quatre vers, sauf le coup de sifflet, viennent d'Apollonius. I, 519 et suiv. terraequo urbesque recedunt. 3. Souvenir de Virgile, En., III, 72 4. C.--d. les pieds. Cf. ci-dessus, vers 142 et 538.
1.
:
292
LES
HYMNES
la viste
Que vous
716
Allon,
Cellenon,
& sa
Les
&
des orages)
rivages.
',
Hymne est achev, je ne vous loray me veux souvenir de Castor & Pollux,
:
plus,
Enfans de Juppiter
je
Comme
Ils
mritent
mes
vers
Qu'on
Il
&
si
quelcun
attire
&
ne vouldra penser
728
Quelque moyen aprs de le recompenser. Ils aymeront trop mieux faire grande leur
'ace,
Ou
732
que d*aquerir
!
la
grce
Des Muses,
les chetifs
Qu'
la fin leurs
les
donque
l,
87 Les souffles ravissans 717. 60-84 f- es soufflets 721-722. 84-87 pour rendre leur mmoire Par les peuples Franois fleurissante de gloire 724. 84-87 Les avares Seigneurs 727. 67-87 II fera le bragard 728. 84-87 De vouloir par biens-faits les Muses avancer 84-87 Bufles, qui aiment mieux 729. yS Ils.iim;nt beaucoup mieux
| |
731. 8
1.-S7
DWpjllon
o les sots
morale et l'interprtation 1. Ronsard hsite entre l'interprtation physique du mythe des Harpies, tout en penchant pour la seconde, comme l'indique la parenthse, qui assimile aux vents et aux temptes Allo, Claeno et leur sur Ocypt. les trois Harpies 2. Sur ces rcriminations de Ronsard, v. le tome VII, Introd., et et ci-apis VEpistreau Cardinal de Lorraine. p. 33-34,
:
DE
736
P.
DE RONSARD
:
293
[39]
Sans gloire
&
sans renon
&
faisons refleurir
frres d'Heleine,
740
Qui vivent leur rang au Cleste dommaine '. Ils m'en scauront bon gr, si l'art industrieux Des Muses peut monter si haut que jusqu'aux Cieux.
Fin de l'Hymne de Calais
&
de Zethes.
HYMNE
DE POLLUX ET DE CASTOR,
a
[40]
Gaspard de Couligny
2
.
(mon
Chastillon) imiter
le
tonnerre,
Qui davant que ruer sa fureur contre terre, Gronde premirement d'un petit bruit en l'air, Et reluist dans la nue auecq un peu d'esclair, Puis soudain coup sur coup redoublant sa tempeste, Son bruit, & son esclair, vient saccager la teste
7 5-756. 78 Laissons les sans honneur, puisqu'ils veulent mourir Ainsi que fagoteux 84-87 Qu'ils meurent sans honneur, puisqu'ils veulent mourir Engloutis dans leur tombe 737. 7S-87 Celuy de ces Jumeaux
j
2' livre)
ditions Second livre des Hymnes, 1556. 1560 1584; (i er livre) 1587 et d. suiv.
:
|
uvres (Hymnes,
Titre. 78-87 suppriment et Amiral de France 84-87 sufpr. seigneur de Chastillon 1. 67-S7 II me plaist (Couligny) (et Colligny) d'imiter; mais on lit en 67 mon Couligny, ce qui fausse le vers (corrig aux errata) 2. 67-87 devant que
C.-i-d. alternativement au ciel et aux enfers (v. Homre, Od., XI, Pindare, Nm. x. 53 et suiv.; Virgile, Eu., VI, 121). 2. Sur ce personnage, v. ci-dessus l'Hymne de Henry H, p. 29, vers 456 et suiv. et le Temple des Chaslillons.
1.
300
et suiv.;
294
D'un superbe rocher,
8
LES
HYMNES
fait
&
en
Et sur
les
champs
ne faut que
je
tonne
Voz
11
faut sonder
ma
force,
&
12
Mener un
Faisant
mon coup
Avant que de tonner hautement vbz louanges D'un son digne de vous, pour vivement semer
16
De
Ce
vostre beau
n'est pas
renom
les terres et la
si
mer
un fardeau
De
20
II
bien chanter
les faietz
&
combatz,
de
la pne,,
&
tout
homme
la
n'a pas
Muse
qu'elle
assez grande
.
fin)
De
due
Qui
28
&
De
Cependant,
feray
comme un
ains qu'il
commence
dire
78-87 en-noblis 67-87 sur les patrons 14. 67-78 Avant que haut tonner dignement voz louanges Avant que haut-tonner vos fameuses louanges 17-28. 84-S7 suppriment ces dou^e vers
13.
84-87
C.--d. des modles trangers (grecs et latins). Enyon, divinit guerrire, synonyme grec de laBelionedu vers 10. Cf. le dbut des Isles Fortunes, au tome V, p. 173. 3. Odet de Coligny, cardinal de Chastillon, auquel tiit ddi le premier livre des Hymnes (v. ci-dessus, p. 3).
1.
:
2.
DE
P.
DE RONSARD
pour tenter seulement
295
Quelque
32
belle chanson,
l'esprit
Si la
corde
respond fidlement.
&
vos gestes
1
(Qui vous egalleront par renom aux Clestes) je viens voz genoux, sur ma Lyre chanter,
36
[42]
Comme
pour un fredon,
les filz
la
de Jupiter,
fille
Thestiade
la
coquille
le
Quand
emprunta
al
l'abit,
Dmentant
44
Je vous chanteray donq ces deux Laconiens, Ces deux frres bessons Lacedemoniens 3.
Sus donq
chanton deux
voire quatre
48
A
la
Aux cstes emplombz*, & Castor souverain picquer un cheval & le ranger au frain
s
:
un
main
tire
Fil
fil
chanson
52.
On lit en $6 l'acorde {corrig aux errata) 7-87 Je viens Chastillon 43. 71-7} Je veux douques chanter {7) par erreur donc) Doneques je veux chanter
35.
78-87
r.
latin
Caelestes
(dieux du
Ciel).
ties
V. l'ode sur la Dfloration de Lede, au tome II, p. 67 et suiv. Cet hymne est imit de Thocrite, Idylle xxn, dans ses deux pari Combat de Pollux, 2 Combat de Castor. Mais Ronsard s'est surtout servi dans la 1" partie d'Apollonios, de Virgile et de Valerius
2.
5.
:
Flaccus.
4. Ce mot, qui revient souvent dans l'hymne, dsigne un gantelet garni de plomb, dont se servaient les pugilistes. ;. Distinction faite par tous les auteurs anciens, notamment Homre, Hune equis, illum 7/., III, 237 ; Od., X. 300; Horace. Carm., I. XII, 26 superare pugnis; Sat., II, 1, 26 Castor gaudet equis: ovo prognatus
: :
eodem Pugnis.
296
Qui sauvent
les
LES
HYMNES
Quand
52
les batailles
Et quand
Soubz
Des homicides
flotz,
quand
Ou
56
Las
Lesquelz roulent
la
la
crouppe
pouppe,
bord, [43]
:
proue,
ou sur
le
Ou
leur effort
Le Mast
fend en deux,
la
&
le
l'Entenne casse
Tombe
64 Et
avecque
Hune
morceaux despesse,
Tillac dessus
flotz
la
Le Gouvernai
se froisse,
&
bossus
nue,
Un
Fait
68
un jour
incertain du meillieu de
la
Les cordes de
Et
la
mer
&
de gresle.
les
povres matelos,
flos,
Et retirez
la
nef de
la
proye des
Vous endormez
D'une
Les nues
50.
les vens,
&
flattez la
marine,
tranquillit gracieuse
&
benine,
les
&
l se
perdent dans
Cieux,
/S-8j chevaux tuez Comme pour le jouet de fortune 62. On lit en $6 avesque {d. sulv. corr.)
52. 56. 84-8/
&
des vents
la leon
de 56-60
p.
je conjecture
|
tome III,
peur
70.
DE
76
P.
DE RONSARD
'
297
Et
la Crche, & les Ours apparaissent aux yeux Des mariniers tremblans, qui donnent tesmoignage
Que
80
la
mer
se fait propre
le
&
douce au navigage,
le
O tous
De
deux
support
la
mort,
&
Potes,
estes.
le
premier,
[44]
Ou
Vous
ta
loenge premire
3.
O
88
Pollux
(portant
les filz
des Dieux)
Au
De savoir si la paix y regnoit ou la guerre, Envoya son hraut pour congnoistre la terre,
92
Quelles gens l'habitoient, pour vivres y chercher, Et quelque beau ruysseau pour leur soif estancher
Ce messager arma d'olivier pacifique Sa forte main guerrire, en lieu d'une grand picque,
96
Et d'un laurier grn* courronna tout en rond (Heureux signe de paix) la douceur de son front
80. 67 -87 sur les flots 82. On lit en 56 Vous
5:
deux
(corrig
aux erra/a)
88. 84-8/ J;ison fut curieux 90. 84-87 Envoyant son hraut pour descouvrir la terre 91. On ht en $6 cherger (corrig aux errata) ruisseaux S4-87 Fleuves 92. 67-78 Bois, fleuves
&
1. La constellation de la Crche (ou du cheval Pgase) et celles de la Grande et de la Petite Ourse. Cf. le tome I, p. 95, app. crit. 2. Le relatif qui se rapporte aux susdites constellations. 5. Tout le dveloppement qui prcde, depuis le vers 45. vient de
Thocrite, op. cit. dbut (vers 1 28). portant des graines. 4. C. --d. 5. Ces dix vers viennent de Valerius Flaccus. Argon.. IV, cipio fluvios..., 140 Paciferac manu...
: :
134
Prin-
298
LES
la
HYMNES
salle,
marine
Qu'il aperceut
un
homme
nom
:
dommage
compagnon
n'avoit que
la
pallissoit affame,
rude
& crasseux,
&
creux,
Son
teint estoit
plomb,
ses
yeux hves
2
.
Cephe
il)
il
acourt au devant
[45]
Quiconques
Le vivre
sois (dit
en ce pendant qu'ores
&
le fuir
Ceph ne perdit cur oyant ces premiers motz, U2 Mais voyant que celluy n'avoit autre propos
Sinon que de
fuir,
craignant quelque
dommage,
le
Retourne
toute haste,
&gaigne
le rivage,
qui
cur
la
tapist
mousse
97. 6j-Sy A peine avoit laiss 100. Sy Et l'absente amiti 101. 71-84 II n'avoit seulement que la peau
anime
8j texte primitif
105.
1
On
aux
]
errata')
jS-Sj
Que
tre jeun. Cette forme n'existe plus que dans l'expression Sauf les vers gS-ioo, qui viennent de Val. Flac, loc. cit., 136-137, ce portrait est imit de Virgile, En. III, 590 594..
1.
:
2.
DE
120
P.
DE RONSARD
299
Ce n'est pas un rivage auquel on a soucy Des pauvres estrangiers, que l'ire de Xeplune,
Ou
En
124
le
lieu
le
d'humanit,
les
meurtres
&
la
mort
:
Et
Ce n'est pas un royaume auquel la rvrence Qu'on doit la piti face sa demeurance,
Non,
125
l'quitable foy
!
Tient
Comme
Du bord
132
',
sable
[46]
Contrainte par
le
Pour
136
servir
les
Ainsy
si
la
fortune, ou
l'ire
Du
Pleine
d'hommes
Roy, pour
le
les sacrifier
Comme
144
Ministre aproche
assomme
bas.
1. Les Cyclopes de l'Etna, compagnons Virgile, En. NI, 643, 675 et suiv.
du fameux Po'vphJme
ci.
300
LES
HYMNES
les
Au
148
assomme,
l'air,
Pour nourrir
les
la
Mer
&
de plus belle
taille
bataille
il
Sa bande en
le
Tant
156
il
est
grand
lourd
il
la
va surpassant
[47]
De
Sur toute
forest,
le
D'Olympe, dont
160
Astres acompagne,
On
d'homme semble,
coustres trenchans
les
la
Longues comme
164
que
les
champs,
gueulle,
D'ung
Que
168
la force
d'un
Tout
lentour
du bl
sonner en roulant
150. S4-SJ Contraint en despit d'eux de jouster en bataille 151. 6y-Sy au mylieu (et milieu) 154. 8y Sa troupe 15g. 6y-y] Regarde dessouz sov autres rochers 159-160. yS-8y Qui voit des monts sous luy, encor qu'ils soient bien grands Ne hausser que leur teste l'gal de ses flancs 161. 8y Aux hommes de faon ny de face il ne semble 168. yS-Sy Tout autour du moulin
1.
Tout
loc. cit.,
140
ce dveloppement, depuis le vers 108. vient de Val. Flac, Heu, fuge, ait..., 156 Ductor ad haec... avec un sou:
et
de Polyphme).
DE
P.
DE RONSARD
301
Comme
Un
172
tallis
le poil
&
roux,
:
Comme
Au
reste
l'astre
il
a le bras
&
la
jambe velue
2
,
Plus que
la
Qu'un grand
Tousjours
Comme
180
Retorse par
&
large,
il
que souvent
:
[48]
entonne de vent
n'a
si
tost
Pour savoir
Il
s'il
ou tuer
maison un antre
188
du Soleil la belle clart n'entre, monte cheval abandonnant les eaux, Ou soit qu'il laisse choir en la Mer ses chevaulx Davant son antre put une odeur de voiries, De carcasses de mors relantes & pourries
Soit qu'il
:
O jamais
'.
&
|
73-87 Un taillis 67-84 tout rouill 87 tout rouge de courroux 87 Qu'un torrent escumeux 87 Tousjours de son cost compaigne luy pendille On lit en j6 et 60 un fageollet (corrig aux errata de $&) 87 entonn son halene 189. 67-87 Devant son antre
1. 2.
Rimes approximatives,
moins qu'on
n'ait
prononc
offuque.
C.--d. poilue ; forme dj vue ci-dessi:s, H. des D.iimoiis, vers 334, et reprise ci-aprs, au vers 208. soit le matin, soit le soir ; prconises par Du 3. Priphrases pour Bellaydans la Deffevce, II, ch. 9 et souvent employes par Ronsard.
:
302
192
LES HYMNES
monceaux
abas.
ses
hydeuses portes,
les testes
mortes,
parade
il
acroche de rang,
le
longz
filletz
glacez distillantes
les
sang,
playes cruelles
Du
200
test
froiss de
Qu'on ne recongnoist plus, ny le nom de ceulx Qui vivantz les portoient, tant firement il ha
Leur front escarboiil d'une
forte couraye,
De
Il
la
bouche
&
204
Un
pendent sur
le
haut
les
courayes funestes
(Je tremble en le disant) de ses malheureux cstes, Taillez de cuir de buf qu'on assomme la mort,
208
Pelu,
Il
non couroy,
le
large, puissant,
&
fort
2
.
s'entourne
Les couldes,
&
&
&
les
espaules dures,
de
doux
arangz,
204. 7S-8/ Un autel im piteux 206. 78-S/ des homicides cstes 210. On lit jusqu'en 6a le bras (, J.
:
7 Blanchissent l'un sur l'autre 87 Des estrangers meurdris 60-Sj Qui respandent (lioireur) par les playes cruelles On lit de $6 yi n'y {d. sitiv. rorr.) 6J-84 escarbouill 8/ Leurs fronts escarbouillez
|
suit), corr.)
t.
C.--d.
Du
crne. V. le
tome VI.
244
et
428.
2. Cette description de l'antre d'Amycus, depuis le vers 185. vient de Val. Plac, loc. cit., 177 Littore in extremo..., 186 Sacra metu... est-ce. ft-ce, comme Esse 3. Fusse
DE
P.
DE RONSARD
tue.
le
3O3
Que misrablement
Mais
(dist-il) je
il
n'assomme ou ne
plaisir
vous pry,quel
vous
de
voir
216 Si fier
&
si
Tant
deviez attendre,
Vous ne voulez laisser la lumire du jour '. J'estois le compaignon du malheureux Otre,
Que
224
l'oraige
(s'il
Duquel
En un voyage
Il
de s'estre acompaign
Contre
grand Gean
je
luyplv
moymesme
228
Les ccestesdansla main, mais d'un poin fouldroyant [50] 2 II luy froissa le temple en ruisseaux ondovant
De sang & de cervelle, & pour victoire au De sa porte leva sa misrable teste.
Il
feste
me
faire
voyant
si
bas
252
Et
petit
Me
favoriser tant
que
me
congnoistre
:
Combien
236
Et pource,
ne voulut dedans
ville,
mon
sang humain
:
Comme
Il
en chose trop
ensanglanter sa main
m'envoya tout seul sans vivres & sans armes Dedans ce boys dsert, pour m'escouler de larmes, Et pour mourir de dueil, sans boire ne manger,
214. 227. 228. 236.
8y Que soudain il n'assomme, estourdisse ou ne tue 8j Les couroyes aux bras 60-/} la temple 78-Sj II luy froissa le test 6o-8j chose si vile
|
1.
Ces
six vers
la
2.
C.--d.
viennent de Val, Flac, Joe. cit., 154-1^6. temne. V. le tome VII, p. 200, et ci-aprs vers 458
et
480.
304
2^0 Bien loing de
Si le vent
LES
HYMNES
un bord estranger
il '.
mon
pais en
aura plene
le
chair,
&
assiz
sur
bord
Humera
Pource
Gettz
tout
je
mon
&
moy
je
secourable,
le
moy dans
je
la
Mer, ou m'arrachez
misrable vie
cur,
meur,
ravie
2
.
Heureuse
ma
Au moins
Ainsy
252
hommes
les
disoit
Timante, embrassant
genoulx
[51]
De
Frapez
froide crainte
Que
256
sa
Gean
atteincte.
Atant dessus
Ayant
les
260
De sauvage olivier, de toutes pars bossue De neudz armez de doux, dont il contoit ses beufz, Quand soulz ils retournoient des rivages herbeux 3.
246. 67-87 Par
l'air, par le Soleil 247. 67-87 Ruez moy dans la Mer ou m'assommez de coups 84-87 Bref, 248. 67-78 Si ce bon heur me vient que je meure par vous j'ay ce bonheur que de mourir par vous
|
si
250. 84-87 Au moins si je la voy 251-255. 67-73 Ainsi disoit Timant, qui les genoux tenoit De Jazon, que l'horreur horrible espoinonnoit Frapez (sic) menu au cur, tremblant de froide crainte 78-87 Ainsi disoit Timant, qui les genoux tenoit De Jason, que la peur au cur espoinonnoit Tout le sang luy gela tremblant de froide crainte (Je conjecture peur 67-73 l'horreur de coups
|
espoinonnoit)
1.
Ce dveloppement, depuis
:
i6r
2.
3.
le vers 221, vient de Val. Flac, Sed lacrymis... praedulce 169 viennent de Virgile, En., III, 599 606. Cf. Val. Flac, loc. cit., 199 et suiv., et surtout Virgile. En.,
loc. cit.,
Nomen,
ait,
Ces
six vers
III,
655
et suiv.
DE
Il
P.
DE ROXSAKD
305
comme
un lyon sauvage
Qui oyt
Et
fait
De
tel
pas
il
aborde
la rive
O
268
ja se
promenoit
Cherchoient de
l'eau
pour boyre, ou de
la rive
la
forest verte
dserte
Pour en
272
&
les autres
il
luttoyent
*.
vit,
Enrag d'assommer une si tendre proye, Ne plus ne moins que fait un grand Tygre afam,
276
[52]
front desarm.
sur
le
bord on avise,
Ny
280
Quel besoing
Quelles gens
ou
:
leur race,
Hautement
Si
s'escria
d'une
telle
menace
262. 78-84 en un prochain 264. On lit eu )6-6y Ses crains (d. suiv. corr.) 261-264. 87 Comme un Loup tourment de faim & de cholerc, Oyant le plaint d'un Fan qui a perdu sa mre, Sort du bois grand haste, iSc de sang tout ardent Hrisse son eschine, & fait craquer sa
dent
265. 67-84 De telle audace aborde 87 texte primitif 268-269. 87 Les autres ja contoient cela qu'ils avoient veu. Les uns cerchoient un fleuve, ou de la forest verte 273. 67-87 son cur fremist de joye 278. On lit en 56 quelque ce qui fausse le vers (d. suie, corr.)
|
1.
et suiv.
306
284
LES
HYMNES
:
Pour jouster contre moy, approchez, voy me-cy Le plus brave de vous entre ses mains empoigne
Les armes seul seul,
Ou
288
bien,
si
vagabons
mette en besongne
la
mer
errans,
Vous ancrez
J'ay faict
mon
bord de mes
loix ignorans,
les vais
vous
aprendre
commendement qu'homme
n'oze descendre
mon
ou venant
Ou
On
devers
faire
le
Mydy, ou devers
Ponant,
sa vaillance
:
Sans
contre
moy
preuve de
visite
ma
terre telle
:
convenance,
Qui
se
combate
le
Je bouteray
dedans,
[53]
Enfumez
&
charbons ardens.
les
Les larmes, ny
vux, ny
humbles
prires,
Ny
304
ne servent guieres,
Icy Ion ne rlechist noz curs audacieux Pour nous prescher en vain la justice des Dieux Des autres nations Jupiter soit le maistre,
En
508
soit l'espoventail, je
ne
le
veulx congnoistre,
Je suis
Porte
mon Jupiter, & ma main avec moy (comme je veux) la justice et la loy
Ne vous
je
les fais
84
je
les
veux
87
je les
vous veux
n'osast descendre 295. 60-87 Pource sans tant muser, gaillards (84-87 soudain) depes-
qu'homme
S4-87 ou sans plus vous le dire tost, par grand'ire 298. 67-84 Je jetteray le feu 87 Je darderay le feu 307-308. 87 Je suis 'mon Jupiter, & sans craindre autre effroy Ma main, comme il me plaist, me sert seule de loy 309. 84-87 Et pource n'esprez grces ny courtoisies
| j
DE
P.
DE RONSARD
3O7
Il y a trop longtemps que mes armes moisies Pouldreuses sont au croq pendans sans faire rien
312 Je
316
320
Qu'une nef sans prir trompe mes embuscades, Pour atacher les piedz des Roches Symplegades '. Ces motz furent en vain d'Amycus prononcez, Qui de cstes avoit tous les yeux enfoncez. La cruelle menace en colre alla joindre Tout le sang de Jason Idas qui ne scait creindre Grommeloit en ses dens, si faisoit bien encor Meleagre, Typhis, Telamon, & Nestor,
:
Bouillonnans en leur
fiel
2
:
Du
324
[54J
Qu'un
fronce
:
&
luy
fist
une
telle
response
328
Quiconque sois, cruel, ne nous menace plus, Moy, le moindre de tous, l'Amyclean Pollux
313. 78-S7 Que vostre belle nef trompe mes 316. On lit en j6 auroit (corrige aux errata) avoit tous les yeux enfoncs
le
l'escrime
nobles de pasteurs de l'arme, Qui surpassement autant tous les autres guerriers Que les petits gents sont passez des lauriers) 84-S7 Bouillonnant en leur 321. 67-7.? Bouillonnans tous d'ardeur
319. 67-87 Grondoit entre les dents 320. 87 ajoute ici quatre vers : (Noms illustrez d'honneur,
pais,
&
cur
322-323. 84-Sj M.iis Pollux devant tous, applaudy du murmure Des soudars, s'esleva 325. On lit en \6 Neptune et y fronce (d. suiv. corr.) 67 De celuy 71-7} par erreur Et celuy 78-87 Sus celuv
j
| |
r. Ce dveloppement, depuis le vers 277 vient de Val. Flac, loc. cit., 204 Devo'at inde furens.... 221 Ulla fretum..., qui avait lui-mme dvelopp Apollonius, II, 1 18. Pour les roches Symplegades . v. ci-dessus, H. Je Calais, vers 306 540. 2. Cf. Apollonius, II, 19; Val. Flac, IV, 222 223
:
$o8
LES
HYMNES
Tout seul j'obeyray, sans faire d'autre eslite, Franchement la loy que tu nous as predicte
Et peut estre, vanteur, qu'on
332
te fera sentir
le
'
repentir
2
.
Amycus d'un
336
Luy mesurait le corps, ainsy qu'un grand Lyon Qui se voyt enferm d'un espaix million De chasseurs, & de chiens, seullement il illade
Celluy qui
Et
le le
veut
le
premier
340 Assaillir
&
le
Ainsy
le
Mais ne
effroiable,
la
Ny
344
peau,
&
doulx,
le teinct
vermeil
&
beau,
D'un hausebec
le
mocque,
&
secoua
la teste
Qu'un
348
tel
mignon
Ne plus ne moins qu'au CielTyphe s'irrita, Quand le jeune Bacus luy se prsenta,
Et
la belle Pallas
[55
viergeallement fellonne,
3.
Qui contre
ses
A
352
la fin
Quiconques
329. Sy Tout seul obeyray yS-Sy texte primitif 330. yi-y] en la Loy 332. Sy A coups de gands plombez
|
333. 6y-8y la paupire yS-Sy haussebec 345. 71-jj housebec 350. Sy Qui contre ses cent bras
|
1.
2.
3.
C.--d. que tu viens de nous dire. Pris d'Apollonios, II, 20 24. Cet alina vient tout entier de Val.
:
:
Flac
loc. ri!.,
232
Illum
Amycus..., 238
Pallada...
DE
P.
DE RONSARD
ta
309
mre,
Ny
356
ce teinct
sotte rvre
'
le
*,
veinqueur
se jecte
&
se baignant sans
:
peur
Lave es
flotz
364
le pris d'une femme, D'un trpied, d'un cheval, mais pour la vie & l'ame, Pour respandre le sang, & pour faire scher La teste des vaincus au feste d'un plancher
>'.
Il
il
se
descharge
De la peau d'un Lion, qui son eschine large Luy couvroit jusqu'aux piedz, o encores dedans
368
Se roidissoient au bout
les
ongles
&
les
dens,
Monstrant
sa large espaule,
:
&
sa poictrine plene
D'une
572
forest de poil
ses
muscles rondz
la
& gros
flotz
[56]
course des
8y Ny les jeux Piseans.., Tout nud dedans Alphe 368. 60-84 Du lion (75 D'un lyon) se courhoient les ongles dents 8/ Se courbcient les sourcils, les ongles & les dents 369. 6o-8j au millieu (et milieu)
8
59.
&
les
1. 2.
Pris de Val. Flac, lor. cil 240 et suiv. Le Taygte, montagne de Laconie, qui domine
,
l'ouest la valle
de l'Eurotas.
les jeux de l'Llide, qui se passaient Olympie dans la 3. C.--d. valle de l'Alplie (v. tome VII, p. 231, note 5). Le mot oh qui suit ne
:
peut donc se rapporter qu' lutes du Taijette cette tournure quivoque n'a t corrige que dans l'dition posthume (v. la variante). 4. L'Eurotas, fleuve de Laconie, qui n'a rien de commun avec les jeux Eleans (v. la note prcdente). 5. Pris de Val. Flac, loc. cit., 227 et suiv. Mais Ronsard a mis avec raison ces vers dans la bouche d'Amvcus, tandis que chez le pote latin ils sont seulement narratifs.
;
IO
LES
HYMNES
a pollis sur le sable
:
Au
reste,
il
A
376
l'un de ces
Dieux
'.
mesme
que
les
quenoille
De
580
Hros
Baizerent par
amour
les filles
de Lemnos),
En
Il
>.
secooit en
l'air
384 Escartz et l,
pour voir
les
estoyent
las
D'avoir
tir la
armes en
la
dextre.
membres grandz
la
&
fors,
Mais
cervelle
De ce jeune garson, qui de soye nouvelle Commenoit couvrir son menton damoyseau,
392
Comme
un jaulne duvet couvre un petit ovseau Cependant un valet sur le rivage aporte
pareille sorte,
4.
&
pesanteur
[57]
dist ce
Roy
vanteur,
que
tu
ne puisses dire
baill le pire.
Apres
estre veinqu,
qu'on
t'ait
392. S-
394. 84-81
1. Portrait emprunt Thocrite, avec un dtail Apollonics (rapprochement d'Amycus et des Gants). Cf. Virgile. En., V, 421 et suiv.,
Val. Fine, IV, 243 et suiv. 2. C.--d. sur la quenouille mme. 3. Dtail emprunt Apollonios. 4. Cette double attitude des adversaires est prise d'Apollonios.
:
DE
Ainsy
400 Les
dist
P.
DE RONSARD
31
armes sur
&
&
Pollux amassa
taire autre
compte,
Gean
la
les siens
En
404
ce pendant
Ornyte
Pour
&
ses
mains assomm'resses
Son
frre,
&
&
La Grce,
de quel pre
il
deux
Un
lieu
propre au combat,
&
&
large espace,
la
place
vent,
2
.
Premirement de coups
416
ilz
fraperent
le
Puis recullans
le chef,
alongerent davant
&
promptement meslerent
&
&
fin
en
l'art
Amyclean
fois
avoieut pris naissance 6y-Sj au millieu (et milieu) 8j de coups refrapprent lvent
|
j8 84 <k de prs accouplrent 417. 6-j-j) & ardens accouplrent 416-418. Sy Puiseslongnant la teste allongent au davant Les bras pour leurs rempars, & de prs accouplrent Main contre main espaisse
1.
et
finale,
par
2.
3.
comme plus haut l'Eurotas (vers Du Bellay dans la Defietice (II, ch.
Tout
;
C.--d.
6). cet alina est imit directement d'Apollonios, II, 50-70. l'art du pugilat, pratiqu Amycle, ville voisine de Lac-
dmone
raison,
p. 120).
elle passait
pour
la patrie
de Castor
les
et
Ronsard appelle
ailleurs
Amycleans flambeaux
(tome
I.
312
420
LES HYMNES
le
L'honneur
Maintenant
',
[58J
jambe dextre,
Maintenant
jambe senestre,
le flanc,
Ore
demy tourn
ne monstroit que
les
mains,
&
ores
En
428
frappant se paroit,
&
2
refrappoit encores,
Tousjours l'environnant,
&
:
l'espiant au front
Pour luy
Espient
froisser le test
&
finesse
Le
Sur
lieu le plus
L'autre
le
bord ^Egean, en
place
demeure
&
sans se
s'aille
remuer
le
Ayant choisy
comme un
il
courrouss
repouss
5
:
un Roc, dont
est
42=5-426. 8j Ores tout l'estomac, & se desmarchant ores En frappant se paroit & defendoit encores 428. 6o-8y ne moins 432. yi-Sy la prendre 435. 84-87 Ferme dessus le pied 436. 87 Attendoit que ce Grec s'allast sur luy ruer
qu'Hercule
la victoire remporte par Pollux aux jeux Olympiques clbrer en Eli Je. Cf. ci-dessus, vers 358. 2. Pour ce mot, v. ci-dessus, vers 198 et 244. 3. Comparaison emprunte Virgile. En.. V, 439 et suiv. (combat du
1.
Allusion
fit
II,
soit
5.
Comparaison
Apollonios,
70
et
suiv.
Cf.
Stace,
DE
Et luy cassant
le
P.
DE RONSARD
3 1 3
Luy
fist
pisser le sang
du nez
&
le
de
la
bouche
[59]
&
Lors
la
fureur domine,
sur l'autre
&
la
raison se trouble,
se redouble,
Un coup
448
&
'
Comme
452
on oyt
marteaux, au bord de
marine,
Quand
ilz coignent force une suitte de doux, Pour enssemble coler les aiz d'une navire Un choq sur l'autre choq ne cesse de rebruire
:
De
456
sur
le
creux rivage,
&
les
montz,
&
les
boys
:
Comme
De
la
voix
se
donnent
Font craquer
Depuis
le
la
maschoyre,
&
goutte goutte
450. S4-87 Comme on voit 453. S4-S7 Pour ensemble attacher 455. On lit en )6 le rivage (corrig aux errata) 455-456. 84-87 Le caverneux rivage & le vuide des bois, Comme au creux d'un thtre, en repoussent (8y redonnent) la voix 457. 71-84 de coups 87 Ainsy de mainte playe S: mainte qu'ils se
|
donnent
462. $6-71 P ar erreur au piedz
Theb., VI.,
7S-87 au pied
|
777
et suiv.
et
Capane)
Assilit, ut praeceps
cumulo
salit
i
1
unda minantes
furentem.
. .
le
Dtail pris Virgile, V, 433 et suiv., 458 et suiv. 2. Leurs tempes creuses. L'expression vient de Stace (v. ci-aprs, note du vers 497).
3I4
LES
HYMNES
464
468
Hz halettent de chault, & ne peuvent tirer De leurs flans harassez le vent pour respirer Si bien que par contraincte ilz reprindrent halene, Se reculans apart aux deux boutz de l'arne Comme Mars quelquesfois fichant sa lance abas, [60 Fait reposer deux camps au meillieu des combas 2 Puis soudain en fureur la mort se raporterent, Et de teste & de mains lourdement se heurtrent Ne plus ne moings qu'on voyt deux toreaux orguilleux,
:
'
Et se laver de sang
la
Et se tronquer du front
corne menassante,
:
476
au tour d'eux est muet Tout le menu troupeau, qui encores ne sait Qui leur doit commander, & qui parmi l'herbage,
la
vache en mariage
De
&
leurs frontz,
&
point ne reculloient
*.
celluy
la
vergoigne,
&
cettuv
Pespreuve
484
De l'ennemy congneu, pousse une force neuve Dans le cur vigoureux +, & trop plus que davant Ne pouvoient retirer de leurs poulmons le vent.
466.
On
et
468
471. o-S-j ne moins 471-472. 84-87 rimes toreaux amoureux... combats valeureux 485-484. ~S-8j & pour s'estre cognus Ils sont plus furieux
forts
&
plus
devenus
1.
Tout Ce
2.
3.
ce passage, depuis le vers 450, vient d'Apollonios, II. 79-87, et suiv. passage vient d'Apollonios, II, 88 et suiv. mais Ronsard a orn
la
715
4.
Ce
IV, 84 et suiv.
DE
P.
DE RONSARD
315
Amycus enflamm
Ramassant son
esprit,
l'autre
poing,
secoue,
joue,
le
tourne
&
le la
faict
sonner
L'estomacb,
492
&
le flanc,
ne laissant sjourner
[61]
Son
&
tourner.
Pollux aucunesfois de
baisse
teste eslance petit destour,
:
Trompe
la
la l
boucbe,
&
de coups incenss,
2
.
Son chef de de
A la fin, rencontrant du talion une pierre O les nefz s'attachoient, tomba contre la
Estendu sur
504
le
terre
doz
lors les
Bebryciens
Thessaliens,
&
les
493
les
ditions pos-
contamination 1. Exemple frappant de les mille morts viennent de Stace, Theh., VI, 793 Mille cavet lapsas circum cava tempora mortes
: :
et la
douteuse oreille
.... Pollux sic providus ictus Servit, et balia dubium coptit eripit arte.
L'adjectif
douteux
comme
le
latin dubius,
signifie ici
hsitant,
craintif, inquiet. Cf. ci-aprs, p. 339, vers 275. 2. Dtail pris Virgile. En., V. 469 et suiv.
LES
HYMNES
sa force relogrent.
Et de leurs voyx au
cur
Luy
Renversa
le
sa teste
Se trouvrent debout
Plus forte que davant,
&
la
vertu honteuse
ire
gnreuse
l
dispos
[62]
&
&
s'enyvrent de playes
'.
A
520
la fin
Qu'un enfant
Ainsy qu'un
arc
longtemps devant luy peut durer, d'acier qu' toute force on bande
d'une vigueur plus grande,
corps,
Pour en ruer
le traict
le
Se bandit tout
524
& en
dressant
le bras,
:
Luy mesura
Puis soudain
le
chef pour ne
fouldre
le faillir
il
pas
comme
deschargea sa dextre,
A
528
si
finement,
:
Que
le
doz seullement
il
senestre
luy
tire,
main
la
1. Ce passage, depuis le vers 501, s'inspire librement de Virgile, En., V, 4 |6 et suiv., tmoin les vers 512-514, traduits de ceux-ci Acrior ad pugnam redit ac vim suscitt ira, Tum pudor incindit vires et conscia virtus.
:
DE
Renvers sur
532
le
P.
DE RONSARD
grand sault
le
il
317
prit,
doz,
&
si
Que
Il
sablon escrit.
fist
Non autrement
536
le
venteux orage
Dracine sa souche,
&
le faict
trebuscher
:
Tout d'un coup lourdement du feste d'un Rocher Ce grand Pin en tombant, d'une longue traverse Avecques un grand bruit, tous les buissons renverse Pollux qui le suyvit, luy mist ses deux genoux
Sur l'estomac
rebelle,
'.
[63]
540
&
Du
544
Puis
mocquant
Va De
t'en
compter
Jupiter
t'a faict
te servira
de sepulchre honorable
2
.
ses
front,
&
&
le
sang
comme
glace
mors
avoit
:
esbranloit sa dextre en
la bataille
531. 67-S/ tel sault Amyeus prit 539. 67-57 qui le pressa
,42. yS-Sj du creux de mille playes Sj en le trufant 543. 67-84 en se trufant 550. 6j-Sy Dans la barbe 553. 6j-Sy la dextre
|
1. Ce passage, depuis le vers 519, s'inspire d'Apollonios, II, 90 96, sauf pour la comparaison finale, qui vient de Virgile, En., V, 448. 2. Ces huit vers s'inspirent de Val. Flac, IV, 305 315, tmoin les paroles de Pollux, qui ne sont que l. D'autre part, dans Thocnte l'issue du combat est tout--fait diffrente non seulement Amyeus n'est pas tu, mais, s'avouant vaincu, il jure par son pre Neptune de se montrer plus humain envers les trangers, et Pollux lui fait grce.
:
l8
regarde ses bras,
il
LES
HYMNES
taille,
Il
regarde sa
effroyable de crins,
:
:
Et
le
Ainsy que
Quelque Lyon
&
&
des bois.
Incontinent Jazon
&
toute sa brigade
Luy
564
pressrent
le
[64]
&
du front
le
si
caressant pour
A
568
l'envy tout
le
Spartene race
la tace
le jour, la
Lequel
si
tost
hune
2
.
La
teste
du Gean,
je t'ay
&
Or
576
sus
chant, Poilus,
le
fault
encor
3.
Chanter (comme
tien) le
combat de Castor
558. 84-87 Un grand Iyon tu 560. Sj l'espouventail 561. 78-87 la brigade lenuy (d. suiv. corr.) 567. On lit en 56 A lennuy, en 60 1604 et d. suiv. Se festoyoienl 572. 97 Se festoioient
On
il
me
plaist bien
encor
vers viennent Je Val. Flac, IV, 323 et suiv. encore de Va!. Flac IV, 324 343. 5. La seconde partie de cet hymne, qui commence ici, est, part quelques passages, entirement paraphrase de l' Idylle xxn de Ihocrite, trs diffrente du rcit de Pindare, Ntm. x, 60 et suiv.
1.
Ces
six
2.
Cette
fin s'inspire
DE
Certes
Je
la je le
P.
DE ROXSARD
il
319
feray,
ma chanson
il
mrite,
je
luy ay promise,
fault
que
m'acquitte.
O
580
&
Mariniers
:
du Spartain Tyndare
584
Tous deux jusqu'au tumbeau du vieillard Aphare Vous fustes poursuiviz par Idas, 6c Lync ', Qui les filles avoient de Leucip' fianc 2 Desquelles par amour ardemment vous esprites,
,
[65]
vous
deux
&
de haches,
5.
Avoient
les bras
chargez,
&
le
chef de pennaches
Apres
592
brusquement,
sallade)
Lync
En vous
^96
nous
en )-6y Calvalcadours (corrig aux errata de j6) en f6 avoient Leucip' (corrig aux errata) 587. 67-87 Or desja 591. 87-97 par erreur sauvez (1604 corrige) 593. 87 de sa salade 594. 67-57 Fronssant (et Fronant) les yeux ardens 595. 71-87 Demourez
lit
lit
On On
1. Lync pour Lynce, comme plus haut, vers ni, Cph pour Cphe, suivant une licence prconise par Ronsard dans son Abbrcge de l'Art potique. Cf. tome VI, p. 49, note I et 18S, note 3 et ci-dessus, H. de Henry II, vers 324 et note. qui s'taient fiancs aux filles de Leucippe. 2. C.--d. 3. Ce mot, dont la forme primitive est pennage(du bas-latin pennaticum, plumage), s'est dform phontiquement en panage (v. ci dessus, H. de Henry II, vers 702) et en panache, qu'on trouve galement au xvi e s. (ci-aprs, vers 685). 4. C.--d. de son casque (v. ci-dessus, H. de Calais, vers 117).
;
:
320
Ces
filles,
LES HYMNES
qu' grand tort vous
les scauroit sans
emmenez, sont
nostres,
Homme
600
ne
Long temps a que leur pre a jur par sa foy En femmes les donner mon frre & moy Qui plus est, je scay bien que les filles s'en deullent,
:
Voy-les
604
toutes deux
demandez
Vous
Comme
608
Si quelques estrangiers
nous
les
vouloient oster,
',
En armes, vous
Tant
s'en fault
&
elles
voz cousines
[66]
Ce
612
Noz nopces par argent, <Sc d'avoir destourb Soubz ombre de prsent la volunt du pre
Q_uel loz remportrez vous d'un
si
grand vitupre
maison.
mettre
En Sparte
la
Cit
tout
homme
la
par raison
sa
vous clorra
Loy
la
veult permettre
aille
?
Qu'en
la
moisson d'autruy
faux on
renom dont
600. 60-87 En femme 605. 7S-87 s'enclinent 606. 67 e- sttiv. fiances 610. 71-87 vos voisins 614. 71-78 remport'rz 84 remportrez par erreur r emportez
|
87 r'emportrez
97
et
suiv.
1. 2.
filles
C.--d.
Les Ce passage, depuis le vers 601, n'est pas dans Thocrite. de Leucippe (Phb et Hilare) taient les nices de Tyndare par
DE
P.
DE RONSARD
321
Qui ont l'espe en main comme vous, pour deffendre Qu'on ne vienne par dol leur mariage prendre.
Pource
624
retirez vous,
&
nous quictz
le
bien
:
Qui de
tresbelles,
&
Argos,
&
Mycenes
aussi,
628
O
En
les filles
grces
&
Que
652
les rieurs
saison premire,
Pour femmes les avoir, si quelq'une vous plaist Mesmes il n'y a Roy qui bien ne vueille entendre
:
&
[67]
&
gracieux,
Aux armes
bien adroictz,
&
Au
reste,
si
Vous
640
Ne nous espargnz point, vous voirrz le dcsir Que nous avons tous deux de vous faire plaisir
'
Ou
Et
644
bien,
si
folle entreprise,
l'air,
En lieu de vous flchir, mon gracieux parler, Nous les frres puisnz combatterons ensemble
2
,
624. On Ut en 56-ji vous navs (d. suiv. corr.) 625-626. 8j Nostre pays tout seul n'engendre des femelles. L'amoureuse Achaie en produit de trs-belles 642. 6J-73 Point ne vous dports j8 texte primitif 84-87 "Se retirez vos mains
|
Ces quatre vers ne sont pas dans Thocrite. Cette graphie du futur des verbes en re, employe assez souvent par Ronsard, a t condamne par lui-mme dans son Abbi cg de l'Art
1.
2.
potique (1565).
Ronsard, VIII.
322
Je dy Castor
Atlin qu'une
648
LES
HYMNES
',
& moy, ou vous, si bon vous semble maison ne lamente qu'un mort
:
2
,
Coucheront dans
Ainsy
652
le lict
disoit
Lvnc, mais
cruel Destin
fin.
Ne
Lors
Frres
tel
langage
cordage,
le
Murmuroient en
Les voilles,
656
comme
le
faict le
&
l'entenne,
&
mast, quand
vent
Commence peu
Les postes
3
peu
souspirer d'avant
660
Qui font bruire la rive, & cresper l'eau chenue De la simple parolle ilz sont venuz aux cris, Des cris la fureur, furieux ilz ont pris Les armes en la main, comme un vent qui peine A son commancement un petit bruit demeine,
Puis
le bruit se
[68]
redouble,
&
fait
membres
Esbranle
les
Rochers,
&
la
647. On lit en $6 l'amente (d. suiv. corr.) 656. Ji-87 souspirer devant 664. 07 et d. suiv. par tranons
1.
et
Idas. 2. C.--d. les survivants consoleront nos pres. 88, vers 86, et ci-aprs. 5. C.-.i-d. les courriers. Cf. tome I, p Epistre Charles de Lorraine, vers 388 et 454cette comparaison vient d'Arioste, Orl. fur., 4. D'aprs Besly, XXIV, st. 99 (combat de Mandricart et Rodomont) Les voil qui s'attiquent avec des cris de rage, l'pe nue, en agitant leurs armes qui
:
retentissent comme le bruit d'un ouragan, qui, soufflant d'abord peine, agite ensuite les htres et les cdres, puis soulve d'pais nuages de poussire, enfin dracine les arbres, renverse les maisons, rpand sur la
mer
de
la
tempte et va dtruire
les
troupeaux
DE
P.
DE RONSARD
323
&
&
de courage
se prsenta,
camp
l'autre se planta,
Qui couvrit
676
espoventable.
le
que
bord
De
l'escu de
le
long de sa poictrine
La poincte de
680
&
fine
&
ne peut dans
le flanc,
Comme
Lync
Car
la
Droit sur
morion,
tire
un coup sans
<Sc
rien faire,
[69]
poincte trouvant
le fer glissant
rond,
684
En
lieu
Au tymbre du
Ores en
688 se
panache,
le
&
la
creste
sang
de
la teste.
marchant sur
corps
l'un
&
&
l'autre pi,
pli,
comme ademy
d'alle
ilz
Se travailloient en vain
de venue,
la
en quelque endroit
voyroient
chair nue
71-87 mirent les armes 84-87 Qui couvroit tout le camp d'une ombre 71-87 de la poictrine 67-S7 le bois 67 du sang (d. suiv. corr.) 7S-S7 Jusqu'au somet du timbre
|
78-S7
demy
pli
1.
C.--d.
ne
le
:
2.
3.
Comme
C.--d.
fit que frotter, par suite frle-. bouclier d'Ajax (Ovide, Met., XIII, 2). s'moussa en rebondissant.
32.)
LES
HYMNES
M.iis se
692
&
de nerfz,
Se heurtrent
si
fort
Aux
Mais
696
le coup ne fut pas gal en chaque part, Lync demeura sain, Castor de part en part Eut (en se desmarchant) d'un esclat d'avanture
la
joincture
&
tombeau
Le sang jeune & vermeil sur la main luy ondoy, Semblable la couleur de cette rouge soye,
Dont
les filles
&
des Rovs.
Qui
708
leur
pendoyent aux
flans
&
secouant en
Le
fer estincellant,
viennent chamailler
Flamboyent soubz
712
les
2
:
&
tardiz
>
le
Le
716
fer
touche
&
troublez de couroux
se meurtrissent
de coups.
84-87 au droict de la jointure 6j-/j en des gaignes ouvres 78-87 en des gaines houpes 78-87 A boutons faits de soye 67-87 Luysoieut dessoubz les coups
|
1.
Nouvel exemple du pronom personnel leur mis pour tome IV, p. 179. note 1. C.--d. des pes. Cf. ci-dessus VH. de Calais, vers 421.
Graphie phontique, pour
tardifs.
le
pronom
DE
Mais Castor
L'autre qui
720 Aussi tost
le
P.
DE RONSARD
325
main,
De
entra de furie,
a
plus de vie,
Au
724 Les
pommons,
&
du coup abas
souffletz
le
renversa
en pasmoison demeure,
De sang
725
mesme heure
:
Ses muscles
&
ses nerfs,
& menu
la
sanglottant,
De
Il
rouge poussire,
paupire
',
Un
7?2
dur sommeil de
[71]
Et rouant de travers
des yeux,
les cieulx
:
Comme
Ny
ame dans
effort
Un
pillier faict
de marbre,
&
|
marchoit en colre
art,
qui
armes remue
719. 87 L'autre pour le parer se descouvrit le seiu 721. 87 enfona de furie 724. 67-57 Les poumons 07 et suiv. sans sou ftler 725. 7S-S7 sans soufflet 726-727. 78-87 S'estouffa dans le sang sa force la meilleure
|
Aban-
donna
ses nerfs
730. 84-87 luy silla 736. 78-S7 Arracha du tombeau par violent effort
C.--d. lui ferma la paupire (du verbe siller, terme de fauconnequ'on retrouve dans le compos dessiller). Cf. les tomes VI, p. 109. vers 11 VII, p. 140 et 284. Quant au sommeil de fer , c'est un souvenir de Virgile (En., X, 74^), dj vu au tome VII, p. 284, vers 23.
1.
:
rie,
326
LES HYMNES
le
A
740
Mais Jupiter d'en hault sa race deffendit, Qui dedans une nue horrible descendit,
Et se courbant
le
corps, haulsa la
l'air
main arme
toute alume,
Puys sur
744
le
Qui d'un feu prompt & vif tout le corps luy passa La flamme en ptillant l'estomac environne
D'Idas, qui tient encor en ses mains
la
coulonne,
la
tombe
ainsi
en prent ceulx
Qui
Et
mesmement
vous plains de
forte puissance,
Un Cygne pour
rnary,
quand
elle
vous conceut
'
la tresbelle,
756
Donnez ma chanson une gloire ternelle, celle de Gaspard, Non mienne, mais la vostre, Mon confort, mon honneur, ma gloire, & mon rempart
<Sc
2
.
Vous aymez
les
chansons quand
les
elles
bien-disans Potes
les
&
de tous
Hros
los,
port de Sige,
Homre
le
5,
749. yS-Sj Mesmes vous Jumeaux 7^6 60-87 Qui des Muses s'est fait la gloire & le rempart 7S9-/60. yi par erreur triple nos amys... Qui suyvent Mecenas
suit,
(d.
1.
2.
}.
V. l'ode Sur la dfloration de Lede. au tome II, p. 67. Souvenir d'Horace, Cartn., I. i, 2. Graphie phontique, pour Grecs; de mme ci-aprs, p. 357, vers 245.
DE
764
P.
DE RONSARD
327
& moy petit aprs, & peu que la Muse Me despart de ses biens, & si peu qu'elle m'use De faveur, je vous l'offre, & vous l'apporte icy.
Des Troyans,
peu que
je
&
de vous,
Si
scay faire,
si
768 Je scay
les
Hymnes en
les vers
soucy,
Car
les
&
les
Hymnes
2
vous avez
pris en gr ce petit
don,
:
Octroyez
moy
Ou
soit
la
quand
l'un erre
la
Dans
l'autre soit
soubz
terre
*,
Ou
776
Si
soit
&
Gaspard de fortune en
faisant
un voyage
[74]
Mer
la
est surpris
Serenez
empeste,
&
que
le
784
Son ire, & que des flotz les menaces humides Dorment dedans leur lict sans vagues ne sans rides C'est l'un de mes Seigneurs, puis il est frre aisn D'Odet, mon Mecenas, pour lequel je suis n.
Fin de Castor
-t.
&
de Pollux.
766. yi-y 3 par erreur & si bien qu'elle m'use (d. suiv. 782. On lit en 56 ri 60 sans vages 771-784. 67-Sj suppriment ces quatorze vers
corr.~)
1.
Rimes phontiques
2.
3.
dnes et hinties.
garir
pour gurir.
Cf. ci-dessus, p. 293, note 1. Mais, d'aprs Pindare, Nm. X, ils habitaient ensemble alternativement le Ciel et les Enfers. 4. Sur Castor et Pollux protecteurs des marins, v. Horace, Cnrm., I, 3, 2 et ci-dessus, vers 53 et suiv.
328
LES
HYMNES
EPISTRE
[75]
DE PIERRE DE RONSARD,
a tresillustre prince charles,
Cardinal de Lorraine
1
.
doux,
&
bnin, courtois,
Humain,
4
II
facille,
honeste, affable,
le
ne gaigne jamais
fuit
cur du populaire
Chascun
Fuit
le
davant luy,
:
comme un
aigneau tremblant
loup ravissant
On
8
En
for^e.
Un Rov
commandement
:
De ses propres subjectz que les corps seulement Nous luy debvons cela soit par zle ou par craincte,
12
Mais
S'il
Il
il
veut estre
Roy
des curs
comme
:
douceur
&
alors
Il
aura curs
&
16
un Prince
uvres (Pomes, Second livre des Hymnes. 1556. ditions. cr Supprim en 1584. livre), 1 57S. livre) 1560 1573; (i Rimprim dans le Recueil des Pices retranches en 1609 et d. suiv.
2
e
Ronsard
13. 6/-j8
6j-jS Nous luy devons le corps Or s'il veut estre Roy {mais 6j par erreur Or' 16. 71-78 guillemettent ce vers
il)
1.
v. le
2.
Sur ce personnage, frre cadet du capitaine Franois de Guise, tome I, p. 79, note et ci-dessus \'H. de la Justice, note initiale. C.--d. de tout son royaume (sens courant au xvi s.)
DE
P.
DE RONSARD
329
Comme vous, Monseigneur, car bien que vous soyez L'honneur des Cardinaulx, & que vous employez Presque seul vostre esprit aux affaires de France,
20
le
&
Franoys,
A
24
Bien que
tiltres se lise
1
.
ait la
Couronne
prise,
Rovne de
Du
32
Soleil se
2
:
Rovne
&
fortz,
au combat
la
les
premiers,
garder sagement
muraille
36
De Metz environn, ou soit qu'en la bataille De Renty, par les coups de leurs glaives trenchans Il faille d'hommes mortz engresser tous les champs, Ou soit que sur la mer pour nostre foy chrestienne
1 7. yS bien que seul vous soyez 19. j8 Vostre esprit gnreux 27. On lit jusqu'en 6/ Iherusalem (d. suiv. corr.) jS Soit en paix, soit en guerre, l'uvre les premiers 3 1.
[77]
1. V. ci-dessus Y H. de la Justice, vers 8 24 et les notes. 2. Il s'agit de l'Ecosse et de Marie Stuart. En 1 5 56, elle n'tait reine que de nom. Sa mre, Marie de Lorraine, sur du Cardinal, tait rgente en Ecosse, alors que Marie Stuart tait, depuis 1548. leve la Cour de France. Cf. l'ode A la Roxne d'Eccsse, au tome VII. p. 306. 3. Elle tait eu effet fiance au dauphin Franois, qu'elle pousa en avril 1558.
30
le
LES HYMNES
sang de
ne vous
la
40
Hz rcspendent
Si n'estes
race
payenne
'
fier,
Mais humble,
plaist, hault,
vous
glorifier,
Des
44
faictz
&
grandz pres,
2
.
Ny
C'est
en pouvoir,
Tant plus vous maniez les affaires publicques, Tant plus vous soustenez les decretz catholiques Des vieux pres docteurs, tant plus vous gouvernez Nostre Roy, soubz lequel ses loix vous nous donnez,
D'estre
humble
&
52
De
je
Qu'on
56
se jecte
voz piedz
mais, Prince, ou
je
me trompe,
Ou
Et ne debvez user de
haultz appareilz
comme
vous
ceulx l
comme
maistre
42-43. j8 Mais humble ne vous plaist voz faits glorifier Par ceux de voz ayeux 49-50. /S Tant plus vous commandez, tant plus vous gouvernez Nostre Roy, sous lequel ses loix vous ordonnez 53. jS & je scay bien que vous 55. j8 iju'on embrasse vos pieds jS Sinon vers les plus grands 58. 67-7.? Sinon envers les grands
|
1.
Sur
2.
les frres
du Cardinal,
v. ci-dessus
YH.
de
la
Justice,
p. 4g,
note
2.
entendre le contraire ci aprs, aux vers 60 et suiv. Il est piquant de rapprocher ce passage d'autres tmoignages sur l'attitude hautaine du cardinal. Le duc d'Albe a crit plus tard du Cardinal de Lorraine En faveur, il est insolent et ne reconnat plus personne (lettre du 18 juillet 1572). Brantme en dit autant dans ses Mmoires (d. Lalanne, t. IV, p. 278).
Ronsard
laisse
DE
60
P.
DE RONSARD
33
Vous debvez faire, grand, voz grandeurs apparoistre Et combien vous pouvez, mais aux petiz qui vont Tremblant en vous voyant, & qui n'osent le front
Hausser vers
les
[78]
rayons de vostre
clair visage,
64
Vous debvez
Qui
se
estre simple,
le
&
plain de
doux langage,
l'Eternel,
cur, imitant
monde
C'est
peu de
cas, Prlat,
>>
Qui
S'enfuit,
&
72
11
longuement ne sejorne nostre hoste, le donne, & l'autre jour nous Poste
bien faire le grand,
:
A
76
gouverner un Roy,
Que
cette
charge honnornble
D'une
sollicitude,
&
d'une ambition,
D'un
80
travail espineux,
le
&
d'une passion
ternelle
cur
la
demeure,
Ne nous
C'est
laissant
dormir
84
Qui ne servent de rien que de pompeuse montre, Qui ne peuvent durer (tant soient fortz) alencontre De la fuitte du temps car bien que les chaleurs, [79] Les hyvers, ou les vens, ou mille autres malheurs Soit de pluve ou de gresle, ou le flambant tonnerre,
:
59-60. 6/-J3 aux plus grands, comme m.iistre... jS A ces monstres de Court vous devez comme maistre Faire d'un brave front vos grandeurs apparoistre 71. 6j-jS ne sjourne
|
en a la)
332
88
LES
l'ire
HYMNES
le sac
Ou
Ne
d'un Seigneur, ou
d'une guerre,
les fissent
tomber,
si
Temps
D'eulx
mesmes
les feront
dans
le
teste,
&
la petitesse
De
96
bastir
un palais en dlices
parfaict.
Roy tout ce qu'on luy demande, De se faire soy mesme, & sa race bien grande Mais il ne fault pas tant que le cur y soit mis Qu'on ne face un thesor de ridelles amys,
D'obtenir d'un grand
:
Sur lequel
100
les larrons,
ny
le feu n'a
puissance,
:
Ny
Il
l'ire
fault se
rendre
amy de ceux
104
De chanter vostre nom, & de faire savoir Aux Sicles advenir vostre immortelle gloire, Par uvre potique, ou par certaine histoire
1
moyen
les ans
vous devansez.
la
De
renomme consomme
[80]
Dans
(Si son
nom
quelquefoys ne survient
propos)
2
,
Les
89-90. 60-7 j... le temps D'eux mesmes les feroit fera de sa faulx en moins de deux cents ans
|
78.. . le
Temps
7S galera
1.
C.--d.
par histoire vridique, qui s'oppose l'uvre potique . cette opposition dans la premire prface de sa
Fraiiciae, dbut (1572). 2. Il s'agit de son oncle Jean de Guise, cardinal de Lorraine,
mort en
mai 1550.
DE
P.
DE RONSARD
33
&
honneste,
la teste
,
comme
vous
le
chappeau sur
Roy
tout ainsy
?
Que
On
116
homme
Que
commune mort
lict
sans
renomme assomme
les vers
Dans son
i2
Ne respandent son nom dedans cet univers. Donq afin, Monseigneur, qu'un tel malheur n'enmure Vous & vostre renom soubz mesme tombe obscure.
Vous debvez l'envy vostre maison garnir D'hommes, qui scauront bien voz vertus maintenir, Hardis, contre la mort, qui les Princes enmene Tel Rome jadis s'apparut un Mecne,
:
124
les
128
Ny
vit par
souvenance
encore aujourd'huy
&
mort de vivre
Ne vous
S'il
[81]
vous
Au Roy, vous
136
grand Prlat,
si
j'ose
117. 6j-jS Dans un lict incognu I2r. 6y-j8 Devez en prvoyant vostre maison garnir 1)1. 78 supprime ce vers et le dveloppement qui suit jusqu'au vers 304 inclus {voir plus loin). 132-133. 67-7^ Si les fils d'Apollon s'efforcent de vous suivre Jamais ne vous seront
I.
Le chapeau de cardinal.
334
Ainsy parler
LES
HYMNES
menteur,
vous
le flateur, le
Ne
140
Qui ayme de bon cur, prend quelquefoys l'audace De parler son maistre, & si n'en perd la grce.
Mais bien que vous soyez tresdebonnaire
Pourtant
Il
il
&
doulx,
l'oreille tous,
144
Davant qu'user vers eulx d'honneste courtoisie Autrement ce seroit, soubz ombre de doulceur,
Faute de jugement, profaner sa grandeur
:
Comme
148
l
,
car
en vostre
salle,
Ou
homme
entre, soudain
i>2
Que pour vous saluer met le bonnet en main, Vous le voyez de loing, & vostre il de Lynce Luy ha desja perse le cur & la pense Vous scavez ce qu'il veult avant qu'il ayt parl,
:
Vous abordez
156 Je
les
dy ceulx
qu'il
vous
plaist,
Une
160
'
De
Si
myeux
disans de France.
faire plaisir,
Soudain
bonne
fin
dsir,
bonne
fin
1. Cet hmistiche se rapporte pour le sens, non pas aux deux vers qui prcdent, mais aux vers 145-144. 2. Allusion l'un des Argonautes, dont il est question dans l'Hymne de Ctilas (ci-dessus, vers 81 et suiv.). Nous dirions plus simplement votre il de lynx. 3. C.--d. au sortir de votre bouche.
:
DE
P.
DE RONSARD
35
des fumes,
Comme
un
tas
des chteaux
estes
vrayment Prince
moquerie
est
le
&
de sang
&
de cur,
Et trop
Aussi
homme
la
172
Il
Qui
veult gaigner
',
peut dire
bien
s'il
veut,
je
ne
le
feray pas,
Ou
176
je le feray,
D'un pauvre supliant ne peut estre force. Les autres qui vous sont importuns ennuveux,
Ne
180
Mais en
Ou Ou
en
les
[83]
Comme
184
maistre
&
De ceux qui plaisir il ne vous plaist de faire, Qui s'en revont confuz, imputans le malheur A eulx mesmes tous seulz, & non vous, seigneur.
Certes
il
me
188
Au
collge portiez
un severe visage,
ja
Grave,
&
Catonien, qui
pronostiquoit
Que Dieu secrettement voz vertus coloquoit Au comble des honneurs, o fault estre grave,
il
169. 67-J3 Qui estes gentil Prince 173. 6/-J) Et mesme la faveur du populaire bas
1.
5.
336
192
I-F.S
HYMNES
De sourcy renfrong, & de magest brave, Pour honorer Testt au quel Dieu vous a mis, Et pour vous rendre crainct de tous voz ennemis.
Depuis, en vous voyant ceint
la
cardinale,
196
Desja
le
poil grison,
&
le
le
visage palle,
Tout bassement
moy,
Que me
200
II
ma
jeune enfance
',
Je fus
Cherchon en autre
Il
un favorable appuy,
il
est trop
moy
il
est inaccessible.
Ainsy
fol je
disoys par
moy
bassement,
si
[84]
Quand
208
je
gravement,
Aucunefois l'ardeur
me
Une recongnoissance,
&
honte au contraire
Me
mon
propos
divertir,
(Honte! combien de
Agitant a
212
fois
m'as tu
faict repentir)
&
ma
pense doubteuse,
:
Comme un
En
&
:
trop
fier,
fier
Trouv
je
&
acointable,
mon
cur.
La main de sur
220 Puis parlant
le
me
mittes,
du collge, en souriant me
ji-73 tempesteu?e
j
dittes
vous eusse
1.
Au
tome VI,
p. 66.
DE
P.
DE RONSARD
obli
337
Que, pour vostre grandeur, vous n'aviez Ceux qui avecques vous avoyent estudi,
Et que telle amiti vous sembloit
224 Certes je
la
meilleure
me
&
Phbus, qui
si
l'oit
:
la
teste,
vous
faire
Et seigneur
& amy
je
D'un
si
soit petite?
due
256
j'ay
&
du quel
la
je
n'ay rien,
J'oseray,
vous
plaist,
prendre
hardiesse
largesse,
'
:
Que
D'Auguste,
240
&
de
Mecne,
&
si
je l'osois dire
Surmonte l'apareil du marbre & du porfyre Dont vous enrichissez la Grotte de Medon 2
Car
la
nom
Que
244
&
la
muse honorable
De d'Orat
et
67 reprend
1. 2.
Il
s'agit
de Jean Dort,
le
Meudon, y faisait construire l'annexe dite la Grotte de Meudon, dont Ronsard a longuement vant les charmes en janvier 1559 d alis e Chant pastoral Un pasteur angevin... (v. le tome IX).
:
Ronsard, VIII,
22
33
Qui davant
Qu'Achille
248
LES HYMNES
Ilion ordonnrent, aprs
fut tu par segrettc malice,
(Fraudant
le grand Ajax) ses armes Ulysse, Couhard & malhabille suporter le faix D'un tel bouclair d'acier si fort & si espaix
'
Ainsy ayant
252
les
Grecz permission
ilz
d'lire
le pire,
Le meilleur de l'arme,
Et par faute d'avoir
le
choisirent
jugement
entier,
2
.
[86]
256
mon cher seigneur, d'une prudence caute Des Grecz malavisez avez fuy la faute, Car Coron trespass, qui fut en son vivant
Mais vous,
En l'une & l'autre langue homme docte & Vous avez ordonn, d'une quitable grce,
>
scavant,
260
Que
Non
Dont
264
la vrit,
En
246. 67-7^ Qui campez dev.uit Troye 2,4. On lit en }6 nevaut (d. siliv. corr.) 257. 67 par erreur Caron (d. sniv. corr.)
1.
2.
Bouclair, graphie phontique pour bouclier. On lit en marge de l'dition princeps, pour expliquer le
:
mot
compos rien-ne-vaut, ce simple mot ouxiSavov, qui veut dire de nul prix. Pour l'hritage des armes d'Achille par Ulysse, au dtriment
d'Ajax, voir Ovide, Met., XIII. dbut. en grec et en latin. Dans une ode de 1550, Ronsard 3. C.--d remerciait Dort de l'avoir abreuv De l'une et l'autre fontaine
(tome
4.
I,
p.
137).
l'Hospital obtint pour Dort du Cardinal de Lorraine Il rt mme sur cette nomination des vers
En 1556,
uvres
Ad Carolum Loiharingum
Auratum,
Nomen.
DE
Mais revenon
P.
DE RONSARD
339
moy,
&
vous remercion
De
cette honneste,
douce,
&
me
porter,
la
du bel Ennet
dedans
la
campaigne
J'estois
Debout
272
comme un
Cyprs, ou
l'air
comme un
Autant de chef en
que de racine en
Au
&
luy coupent
si
bien
:
Esbranl a
&
l,
se recullent
adonq,
[87]
Qui
280
Renvers contre
terre,
&
il
casse
268-269. /[-/} du bel Au ne t. chasteau d'Annet 282. 7I-7_J le chef devant 283. 6j-j] & d'un grand branle casse
auratus, ut ante, sed aureus esse videtur. Pro quo non fulvo templum tibi construit auro, Aureolis magis lle suis te versibus olim Aurea cantando sublimem ad sidra tollet.
C'est Dupr-Lasale, qui a cit ces vers dans son premier volume sur Michel de l'Hospital, p. 164 (Paris, Thorin, 1875), en les extrayant d'un recueil de G. Buchanan. I.a mme anne, Marty-Laveaux se relrait la mme source, d'aprs Joly, Remarques critiques sur Je Dict. de Bayle (1748), mais il donnait comme prdcesseur Dort le flamand Jean Stracelle, au heu de Coron (Notice, en tte de son d. des uvres de Dort, p. xxni, Coll. de la Pliade fr", Paris, Lemene, 1875). Coron est le nom francis de Denis Coron, dont on sait peu de chose (v. A. Lefranc, Hist. du Collge de Fronce, Index). 1. Sur ce chteau d'Anet, voir tome VII. p. 85 et 296. 2. C.--d. hsitant, ne sachant de quel ct se garer. Cf. ci-aprs, vers 2S6. et ci-dessus, p. 315, vers 497.
Non
340
284
LES
les petitz
HYMNES
il
Tous
passe
court j'estois,
je
doutois
Quant
je
vous vy
sortir tout
Flambant pour
mon
secours,
comme
les
deux jumeaux
',
pril les
hommes
la
si
qui de crainte
*.
face despainte
tost je
je
vous
je
m'adressay,
&
3
:
ne sceu
Vous
flchir le genouil
que
ne fuz receu
D'un il doux
296 Et tost vostre
&
bnin
secours vous
fin
me
le
promittes,
promesse bonne
vous mittes,
bien
Obtenant de
mon Roy
Que
500
je
moyen,
Conestable
le 4,
moy Monsieur
Nef
le
Car,
comme
dit
Pindare, une
sur
sable
D'une ancre
tient assez,
[88]
>.
Quand elle est sur la mer, il luy en Non que vostre faveur ne me fust la
304
deux
meilleure,
j'en
eu deux l'heure.
Muses, qui
les
Et qui de nuict
300 502. 6j-j} guillemettent ces vers 151-504. jS remplace ces IJ4 vers par ce distique : Orsus, parljn de moy qui vous doy recognoistre Mon Mcne, mon tout, mon seigneur & mon maistre 505. /i-jS de Parnasse
Graphie phontique, pour natifs (= navires). Cf. ci-dessus Y H. de Pollux, 53 et suiv. 3. Cf. ci-dessus Y H. de l'Eternit, vers 72. 4. Anne de Montmorency. Voir ci-dessus le Temple des Cbastillons, et deux sonnets du to ne VII, p. 297 et suiv. 5. Cf. Pindare, Olymp. vi. pode 5. Ronsard avait dj utilis cette source dans une ode pindarique, au tome I, p. 96. Cf. tome VII, p. 138,
1.
2.
note
1.
DE
Sur
308
le
P.
DE RONSARD
:
34 1
bord de Permesse
race gnreuse,
nuict oublieuse,
sicle futur,
Ny
312
en l'ge prsent,
le titre
mon nom
Soubz
d'ingrat, car
Ne
souillera jamais
je
mon
fait
Ains
pour
seconde
fois,
316
Vous suppliant naguiere au chasteau qui Du gratieux surnom d'une fontaine belle
J'estois plus
s'appelle
'.
la
nuict
luit,
:
Ne
320
s'esperd dans
un boys, quand
la
Lune ne
il
rencontre
:
Un
Il
carefour doubteux
$,
s'areste
au meillieu,
comme
il
mal
avis,
Et
324
comme
est le
meilleur
plus droit
307. Ji par erreur le bord de Parnasse 7? de Parmesse(7<? coriige) 309. 7^ par erreur Vous 11c pressez pas /8 par erreur Vous ne passerez pas 317. j8 qu'un viateur de nuit 318. On lit en $6 Ne se perd, mais les errata corrigent en s'esperd
|
j
60-/8 Ne
320.
se perd
6/jS
de fortune rencontre
1.
Le chteau de Fontainebleau,
la
dira encore notre pote dans une lgie Marie Stuart. Cf. J. leine, Quelques pntes du XVI' s. Fontainebleau (1900) et Ed. Fontai)ieb!eau (Grenoble, Arthaud, 1932).
2.
5.
MadePilon,
Mot calqu sur le latin viator, voyageur, avant Ronsard. C.--d. o Ion hsite. Cf. ci-dessus, vers 275.
342
328
LES HYMNES
il
voit la
lumire
la parfin,
le
luy monstrent
la
chemin.
court j'alloye
me
tirer
du boys,
Comme
556
!
ferrois ainsy,
je
H ce fut le secours propice de Madame ', Sur unique du Roy, & le vostre, Seigneur,
Qui me
Il
fut
du chemin
la
le fidelle
enseigneur.
est
vray que
chose
la fin n'est
:
venue
340
Comme
nous l'esprions
je
&
le sort
inhumain
Se mist davant
le fruict,
pour empescher
perd de sur
la
ma
main.
Ainsy que
344
la
moisson
se
la terre
Lors que
Je perdy
le le
mesnager dans
grange
la serre,
Roy
348
digre,
[90]
Si esse
>>
se sent outrag
qu'il
Mais autant,
352
mon
Prlat, je
Que
si
fussai-je
en cette part
O Ou
le
fussai-je tout
-,
1.
la
Pliade.
2.
sur
le
sable Ethiopien,
le
Sahara.
DE
356 J'auray tousjours
P.
DE RONSARD
34
Engrav dans le cur d'un ferme souvenir Et quand la froide mort me fera devenir
560 Je bruiray vostre
nom
dedans
ma
spulture,
Qui
364
caressent les
le
&
Puis, des
landemain, hagardz ne
si les
congnoissent,
yeux
abaissent
le
soit entrant
chez
Roy,
Ou Ou
368
soit
dedans une
moy
de
telle sorte,
372
que me suis prsent mon cher Seigneur, vous m'avez escout, Et, comme treshumain, d'une douce manire Vous avez entendu tout du long ma prire, Sans me tourner les yeux, ny sans baisser le front.
vous,
les
courtisans font
376
Quand ilz trompent quelqu'un, ou quand ilz n'ont envye De prester un plaisir celuy qui les prie '. Me blasme qui vouldra d'importuner le Roy
Pour me donner du bien,
mon
Seigneur, quant
:
moy
Que
& Phbus
Apollon,
361. -S Vous m'avez honor 365. 7S Puis le matin venu, hagards ne les cognoissent 364. 6j-y8 Pensant estre honnis \6j. 71-/8 devant une porte 378. yS
D'augmenter ma fortune
or, Seigneur,
quant
moy
1.
rapprocher de Pode de 1556 au Cardinal de Chastillon, Mais mon Odet (tome VII. p. J03),
344
LES HYMNES
2
,
Ny
Vaille
Je vous en
388
&
pour certain
je
pense,
Que,
Sans
juste,
donnerez pour
!
moy
la
?
vostre sentence.
qui mettrait
Franciade
fin
Roy
je le
vous
dis affin
Que
392
Pour rendre
Sans
chanter
si
ma Muse
plus hardie.
bravement chant
<:
de Cassar
j'ay
expriment
Qu'un pauvre ne
396 Yolentiers le
sauroit entreprendre
un grand oeuvre
hault,
:
Xe
faict
la
un grand
faim
monte
Plus
le rabaisse,
&
le
cur
luy default
Une
400
Ne
s'accomplist ainsy,
il
me
si
fault
esprouver
grand,
&
plain d'artifice
396. 67-78 Volontiers 398. On lit en )6 la fin (corrig aux errata) 397-598. j8... tant plus il monte haut, Plus
la
faim
le rabaisse
des peintres trangers, des Italiens, tels que le Priniatice, 1. C.--d. dcorateur de Fontainebleau et de Chambord. 2. C.--d. nous qui sommes les hrauts, les courriers des louanges. 3. A rapprocher de la ddicace gnrale des Odes et surtout de la pice place en tte du livre III en 1555, o Ronsard, s'adressant au roi lui-mme, oppose, comme ici, la Franciade aux arts plastiques (tome VII. p. 10 et 32-34). les bienfaits et dons de l'empereur Auguste. Souvenir de 4. C.--d. Juvnal, Sat. VII, 53 et suiv., qu'il reprendra en 1539, la fin de la Suite de VHxmne de Charles Cardinal de Lorraine (v. le tome IX). 5. V. ci-dessus l'Hymtu de l'Or, p. 194 et suiv.
:
DE
404
P.
DE RONSARD
34)
Ne
Peut estre on
Et que
je la
me
dira
que
je suis
de
loisir,
:
Mais certes ce
408
moy
qui en
Qui n'aporte
Palle,
&
Goteux,
412
&
catharreux, des
humeurs amasses
'.
Par tant
&
un peu de bien pour moy, Je suvs demy contant, mais pour chanter du Roy
J'ay Dieu mercy, Prlat,
faitz,
&
leur prouesse,
honteux
le
je le
confesse,
Et
si
ayme
trop mieulx
confesser, Prlat,
.
Que la postrit m'accuse d'estre ingrat 2 Non non, je ne quiers pas ces publiques
420 Ces grasses eveschez, ces riches bnfices,
offices,
le
mritent mieulx,
A
424
&
Au danger
mon
il
fauldra que
meure
Encor
Il
si
le
luy
je
labeure,
fault
que
moy
absent
me
vueille dpartir
Du
1. A rapprocher de l'ode de la mme date Pour avoir trop aym, dbut (tome VII, p. 507). 2. Pour cette importante dclaration relative la Franciade, qui peut se rsumer ainsi v. mon Ronsard pole lyrique, Donnant donnant,
:
:
p.
147
3.
et suiv.,
4.
Auream Primum
79 et suiv mediocritatem
vivere,
ddnde
II, 10, 5.
346
LES
',
HYMNES
car je n'ay pas gaiges
:
Ny
courriers,
C'est faire
En ma chambre
Si
mesme
ne reserve
436
Quelque Quelcun
D'en
ma
Minerve.
beaucoup
chose grande,
laisser
un
ainsi d'un
mesme coup
je
luy prenant
Moy
demande.
3
:
Malheureux
Cardinal,
& puis
Pape
444
Car
la vrit
la
tout
homme
[94]
Court aprs
Et veult,
s'il
grandeur,
&
que de sagesse
448
&
de richesse.
j'ay est
heureux
Que
452
je
Qu'otroy
ne
me
l'ait,
& jamais
la
main chiche
fust riche
:
Ne me
Il
serra, de
peur que
ma Muse
malheureux destin,
431. 67-7} Quand un bien vaquera 441-448. 60 supprime les guillemets (d. suiv. les reprennent) 4^2. 60 met tort deux points aprs serra et supprime les deux points aprs riche 67 suppr. aussi les deux points aprs riche (d. suiv. corr.)
|
1.
C.--d.
de
la
avait
bnfice d'une abbaye ds 1554 (v. la premire pice des Meslanges, au tome VI, p. 134). Ceux que lui rapportaient la cure de Challes, obtenue en nov. 1554, et celle d'Evaill, obtenue en 155$, ne lui suffisaient pas. 2. C.--d. un peu. Voir tome VII, p. 178, vers 6, et p. 179, note 3. qui ne veut pas se contenter de peu. 3. C.--d.
:
demand
4.
octroy.
DE
P.
DE RONSARD
le
347
Qui
456 Mais
n'a
vueil fin,
:
de
ma
Qu'en despit du
destin, de fortune,
tost
&
du
sort,
'
:
Roy
Franciade
En France
les
Qui furent
464
&
Seront portraitz au
gendarmes,
& tous
Vos frres y seront de fer tous revestus, Vous y lirez aussi quelles sont voz vertus,
Yostre bont, conseil, preud'homie
468 Et vostre
&
sagesse,
:
Mais
si
[95]
veux
si
haultement chanter,
charte sera plaine
2
.
me
defaudroit,
&
je
perdrois halene,
ma
Or
vivez,
mon
Prlat, vivez
heureusement,
:
monde longuement
3
Pour
le
gaige tresseur
de
mon humble
debvoir,
458. 71-7] prendre port 470. 71-7} que je veuz 425-472. 78 supprime ces 48
vei
1. A rapprocher d'un sonnet A Madame mme poque (au tome VII, p. 501 2. C.--d. mon papier sera plein.
.
Marguerite, compos la
3.
C.--d. le plus
fameux honneur.
348
Et
480
s'ils
HYMNES
si
faictz,
bien
je
ne vous chante,
:
484
non l'uvre je vante Vous me verrez un jour plus hautement jouer, S'il vous plaist d'un bon il pour vostre m 'avouer, Non pas au rang nombreux de voz protenotaires, Car les champs, & les boys, & les lieux solitaires, Et les prez, o le Loir parmy les herbes court, Me plaisent beaucoup plus que le bruit de la court
Le vouloir seulement
Il
&
'
me
suffist,
Prlat,
si,
venant du vilage
j'ay
488
Un
ris,
une acollade, un
De bien
Que
sert
desoubz
la terre
?
un abysm
[96]
S'il n'est
mis en usage
&
un
pilot'
pour
estre
gouvernes
Et que servent
Si de
bien escritz,
?
ne sont favoris
Ma Muse
500
doucement
les
Non
pas
comme
seigneur, mais
comme
les
pre doux.
deux points
480. /S met ce vers en parenthses et supprime 492. 6/-/S devant cette caresse 493. J1-/S thresor (et trsor) 497. 67-jS tant doctes soyent escrij 493-498. jS guillemette ces vers
Aveu prcieux retenir. Couture-sur-Loir, son village natal, dans le Bas-Vendmois. 3. Ce mot, qui signifie ici ailes (comme pennatus dans Lucrce, V, 8 738), se rapporte navires, qui est du fminin au xvi s. (comme le
1.
2.
latin nnris).
DE
P.
DE RONSARD
',
349
nom
redore
2
,
Et Jodelle, qui
fait
Le premier resonner le Franois echaufaut '. Si par vostre bont vous me mettez au nombre
508
De ces quatre divins, j'esclarciray tout l'ombre Qui me dtient obscur, pour ne vous repentir De m'avoir au besoing vostre ayde fait sentir
:
je
quelcun
se
serviteur,
d'esprit
&
desquelles l'amour
ravist nuict
[97]
me
&
jour,
Que
4.
De vous, qui me
524
me
fera
dormir au fons de
ses valles,
Et celuy qui a
fait
1. Mellin de Saint-Gelais et Lancelot Carie, d'abord adversaires de Ronsard, puis rconcilis avec lui en janvier 1553. V. ci-dessus le dbut des Hymnes des Astres et des Daimons. 2. Jean Dort, sur le nom duquel Ronsard a jou plus d'une fois. Cf. ci-dessus Y H. de l'Or, dbut. 3. Allusion la Cleoptre de Jodelle, joue en 1553 ( v ^ tome Y,
-
p. 53 et 262). 4. C'tait, en
chez
>.
les
effet, sa gloire propre, d'avoir puis ses inspirations potes grecs, d'Homre Lycophron. C.--d. cette troupe des neuf Muses.
350
LES HYMNES
ruisseau, qui Pote en
choisir, ravir,
Du
528
un jour me
fera
les
Pour mieulx
&
drober
choses
Que
animal n du Ciel
',
Ainsy,
Pour engarder,
Prlat,
2
,
Ne
536
soit
&
nous laissent
3.
Fin.
1.
2.
III,
tome VII, p. 129, vers 12 et la note. Comparaison prise Horace, Car m., IV, 2, 27, ou Lucrce, 11-12. Ronsard en a us plus d'une fois, par ex. la fin du pome
Cf. le
:
Mon Passerat, je ressemble 'Hxlas, ddi P.isserat, en 1569 l'abeille... Elle fut trs employe au xvi e sicle; Amadis Jamvn l'a er livre de la FranciaJe et Montaigne dans reprise dans l'Argument du I l'Institution des enfants (celui-ci l'empruntant Snque. Ep. 84). Le souhait du pote se ralisa en janvier 1559 (n. st.), quand 3. eurent lieu au chteau de Meudon les ftes du mariage de Charles, duc
de Claude de France, fille de Henri IL Ronsard y prit tmoin le Chint pastoral qu'il crivit alors Un pasteur angevin. C'est cette mme poque qu'il remplit la promesse faite ici, en composant l'Hymne de Charles Cardinal de Lorraine, expression de sa reconnaissance, et quelques mois plus tard la Suite de l'Hxmne (voir au tome IX). Mais son enthousiasme ne dura pas, et ds 1560 il dut dchanter. de Lorraine
et
une notable
part,
. .
DE
P.
DE RONSARD
35
abb de
mureaux
2
1
.
Non,
je
ne
me
je
deulx pas
qu'une
telle
abondance
:
Mais certes
4
me
&
la
lampe pour
rien
Aux grenouilles de Mars, que le Printems assemble En un monceau bourbeux, oysif desur le bord,
8
(i
1560
1575
er
livre)
1578
(2' livre)
|
1584
et 1587.
60 Elgie Chrestophe... 67-7S A Chiistophe (et Christophle) de Choiseul sans plus 84 ajoute son ancien amy 87 reprend le titre de 78 3. 78-87 Mais, Choiseul, je me deuls 4. 60-87 &. le papier pour rien 6. 67-73 Aux grenouilles des eaux 7-8. 60-67 dessus le bord 71-73 oysives sur le bord Qui sonnent
Titre.
| | |
Chr. de Choiseul, aumnier du roi, prieur de Sercueil et Abb de (prs de Paris). Ronsard lui a ddi d'autres pices (voir les tomes VI, p. 191 et VII, p. 128, var. et note 3). C'est lui que Rmi Belleau ddia sa traduction des Anacreontea d'H. Estienne, publie au plus tt le 15 aot 15 j6 (date de la ddicace, qui m'a permis d'affirmer que le Second livre des Hymnes n'a paru que dans la deuxime moiti de
1.
Mureaux
cette
anne
l).
1572, Belleau ayant ddi sa traduction Jules Gassot, la prface en vers de Ronsard fut galement ddie Gassot dans les ditions de Belleau, mais Ronsard conserva toujours le nom de Choiseul dans ses propres uvres. L'apposition ce nom, son ancien amx, qu'on lit en 1 584, formait quivoque; aussi disparut-elle en 1587. 2. Du verbe se douloir. On prononait deus, comme l'indiquent d'autres graphies (par ex. tome VU, p. 189, vers 9). 3. Les deux textes de 1556 ne prsentant que des variantes de graphie sans importance, je donne celui du recueil de Ronsard.
En
LES
HYMNES
que leur gueule verte
le
Enrou, mal
Mais ce
12
11
plaisant, bien
que d'ouvrir
la
bec grand.
[99]
dont
grce despend,
Ny
crature
six
'.
Du rgne
16
de hexry, cinq ou
2
seulement
doctement bruire
la lyre,
Maintenant
la
guitterre,
le lue,
&
maintenant
Et maintenant
20
&
osrent tenter
affin
Quelque peu
10.
la
trompette
de haut chanter'.
14. 71-7}
5-14. 7S-S7 suppriment ces dix vers et les remplacent par ce distique : Poussez plus d'une ardeur que polis de doctrine. Le plus certain rempart de l'humaine poictrine 15-17. 7S-S7 deux ou trois seulement Apparurent au jour, qui chantans doucement Firent d'un ton hardy entre les nostres bruire 19-20. 67-87 & osrent la main Mettre sur l'instrument que Pallas
fist
1. Noter que cette dclaration, marque au coin du got classique, remonte 1556. Ronsard l'a reprise vers la fin de sa vie en un sizain que lui inspira la Sepmaine de Du Bartas
:
n'ayme point ces vers qui rampent sur la terre, Ny ces vers empoullez dont le rude tonnerre S'envole outre les airs les uns font mal au cur Des liseurs desgoutez, les autres leur font peur
Je
: :
Ny
Sur
de Virgile.
juste milieu en posie, voir ce qu'il a encore crit dans la troisime prface de la Franciadc (d. Bl.inchemain, III, p. 18 et 23 ; Lanmonier (in-8 Lemerre, VII, p. 78 et 82). Dans tous ces pas-
du
sages Ronsard s'est exprim en vritable pre de l'cole classique Malherbe et Boileau ne penseront pas autrement que lui. 2. C. d. modr, bien rgl. Cf. tome III, p. 102, vers 79. cinq ou six seulement corres3. Le texte primitif du vers 15 pond l'lgie de 1553 A J. de la Peruse (tome V, p. 259 et suiv.) il justifie mieux que le texte de 1578 (v. la variante) l'ide d'une septime toile prsente ci-aprs, au vers 46.
:
DE
P.
DE RONSARD
353
De
24
mesle
est
venue
l
.
a tout gast
si
les
premiers avoient
bien chant
Un don
28
Aquerir
Ciel de grce ne
la
veut
>.
terre ha la
semence enclose
produit
Des blez un an
entier,
&
l'autre an se repose,
s'elle
Ce ne sont que chardons & que ronces sans fruit, Atandant que l'autre an pour concevoir revienne,
Afin d'estre plus grasse,
&
plus Cerericnne
Ainsy
36
la
France mre
[100]
Comme
23.
une
terre grasse,
22-23. 7^'^7
^ e nouveaux
escri vains.
une lettre d'E. Pasquier, adresse Ronsard en 15$$ (livre 1, En bonne foy on ne veit jamais en France telle foison de potes, comme celle que nous voyons aujourd'hui... , et Sainte-Beuve, Tableau de la p.fr. au XVI' ?. (d. Charpentier, p. 97 et suiv.). 2. Cf. un passage de l'ode A M. de l'Hospital (tome III, p. 145)
1.
Cf.
:
n 8)
Que Non
:
les vers
Pindare, Nm. ni, p. 2 Olymp. ix, p. 1 et Sources de cette ide antistr. 4 Platon, Ion et Phdre reprise par Boileau, Art pot., dbut. de bonne grce, ou par le fait de sa faveur. Dj vu 3. De grce plusieurs fois ci-dessus. Belleau, par exemple, dit dans sa ddicace Je n'eusse pu choisir homme, qui de meilleure Chr. de Choiseul affection eust voulu favorizer ce mien petit labeur, que vous, qui de vostre grce m'avez mis l moien et l'occasion en main de l'oser hardiment entreprendre. 4. Comparaison qui vient de Pindare, Nm. vi, antistr. 1; xi, Quant l'adjectif Cerertenne, riche en dons de Crs, c'est antistr. 3. une invention de Ronsard.
;
;
Ronsard,
VIII.
23
54
LES
HYMNES
ell' s'est
repose,
Bon
40
fruit
comme
&
buissons
:
En
lieu
du premier
moissons
commence
A
44
&
de buissons ronceux,
la
qui viens en
la
brigade
r
.
septiesme Pliade
(comme
les
48 Et
que
Aux contemplations de leurs sciences belles, Te faisant enfanter choses toutes nouvelles,
Sans imiter que toy,
52
&
la gentille
erreur
2
,
Qui t'alume
l'esprit
39. 6j-Sj comme devant & de halliers ronceux 43-44. <S'7 son gueret oiseux. 43. S4-87 qui vins en la brigade 46. On lit Pliade jusqu'en 67, mais cette d. corrige en Pliade aux errata Ji-Sj Pliade
. .
\
dans
a prsent une bonne partie de la Brigade en 1553, tome V, p. 178 et suiv.); puis, dans l'lgie Ronsard, de la Peruse (id., p. 259), il a fait la slection suivante J. Bellay, Tyard, Baf, Des Autels, Jodelle. La Peruse. En 15^4. Belleau
1.
Ronsard nous
remplaa La Peruse, mort cette anne-l. Enfin, dans l'Hymne de Henry II, qui est de 1555, la Pliade comprend Ronsard, Bellay, Tyard, Baf, Peletier, Jodelle et Belleau (v. ci-dessus, p. 44 et la note du vers 741). Sur l'origine et la fortune du nom de Pliade, v. mon d. critique de la Vie de Ronsard de Cl. Binet, p. 210 et suiv. pas tant la traduction d'Anacron qu'aux 2. Allusion, non petites hvmnes de son invention que Belleau publiait la suite, et
blasons de l'Heure, du Papillon, de YHuistre (ddis Ron( sa Maistresse), da Pinceau (. N. Denisot), de l'Escargot ( Ronsard), de l'Ombre ( N. Mallot), de la Tortue ( N. Goulet) du Ver luisant ( G. Aubert), de la Cerise ( Ronsard). Quatre des bla sons ddis Ronsard avaient d'abord paru dans les recueils de celui-c en 1554 et 1555 (voir les tomes VI. p. 97 et VII, p. 204, 207, 216) celui de YHuistre parut la fin de la Nouv. Contin. des Amours, peu prs en mme temps que dans le recueil de Belleau.
qui sont
sard),
les
du Coral
DE
P.
DE RONSARD
35
Ne
faisant cas
les
de ceux qui en
mesme
langage
Ensuivent
Sur
le
mont
d'Elicon, par
un
sentier
nouveau
au
'.
te declairer
monde
[101]
Tu
6o
Des Grecz en nostre langue, & as pour ton patron Choisy le doux archet du vieil Anacreon,
il
douce
cur
comme
faut souspirer
:
Comme Comme
Et
le
il il
faut esprer,
&
se dsesprer
Desse
Comme
68
faut s'gayer, ce
les plaisirs
pendant qu'Atropos
Nous permet
d'un
amoureux repos
2
:
Comme
Non
72
il
faut
& comme
tas
il
d'inventions
Qui
Douces,
&
stille,
60. 60-67 P ar erreur archer (d. suiv. corr.) 65. La graphie postrieure adjouster/ cause du texte fautif adjuster de d. Blanchemain qu'on ne lit dans aucune dition ancienne.
,
69. 67-87 Et
comme
il
fault
qu'on dance
1. D'aprs ce passage, qui correspond certaine dclaration des Odes de 1550 (tome I, p. 44), pour Ronsard et ses amis littraires le dfaut de leurs prdcesseurs c'tait d'imiter des crivains de mme langage , et le mrite principal de la Pliade c'tait au contraire d'imiter en franais, mme jusqu' la paraphrase et la traduction, des auteurs trangers (anciens grecs et latins, no-grecs et no-latins, italiens). 2. C'est le titre d'un recueil de G. des Autels l'Amoureux repos
:
on prononait
gentile.
356
El de son
76
filz
LES
HYMNES
prent plaisir
Amour, qui ne
un
suject
si
Qu'on luy
aille
estrange choisir,
Que
luy
mesme
&
qu'il saiche
Toutes
les
Me
80
&
ses
chansons congnues
Que
84
je
ne say
comment
par songes
&
par nues,
J
!
doux Anacreon [102]. Qu'encores voulust Dieu que la douce Sapphon, Qui si bien reveilloit la lyre Lesbienne, En France acompaignast la Muse Teienne 2
plaist, le
!
Anacreon
me
Mon
88 Je
Belleau,
si
demy
Dieu,
Pour ne
en
la terre
un
si
mignard ouvrage,
77. $6-67 par erreur ferment la parenthse aprs Dieu (d. suiv. corr.) 79. 161 7, 1623 et Blanchemain Mais loue (texte fautif). 80. 78-87 noz yeux desrobez
&
le doux Anacreon Me plaist, 83-84. 78-87 Que le peuple n'entend je voudrois que la douce Saphon 85. 67-71 par erreur Qui si bien recueilloit (d. suiv. corr.) 67-87 Pour lire dessous l'ombre un si mignard 89. 60 Pour relire ouvrage
:
]
prouve que Ron Que le peuple n'entend 1. La var. de 1578 sard n'a pas toujours fait fi du vulgaire ; il se soucia de son approbation ds 1553, quand il publia les Fclastries. Il prfra Anacreon Pindare ds la publication du recueil d'Henri Estienne (mars 1554 ; cf. tome VI, Introduction, p. vu, et p. 175 et suiv.) ; et il avait alors
:
abandonn la triade pindarique depuis trois ans dj. Sur tout cet alina, d'importance capitale pour l'histoire de l'volution du got et de l'art de Ronsard, voir mon Ronsard pote lyrique, p. i>9 173. Avec la ddicace A Jean Morel et la fin de l'pilogue A son livre, qui sont galement de 1556 (v. tome VII, p. 227 et suiv., 324 et suiv.), il rsume la Potique de conciliation et de moyen terme qui fut celle de Ronsard et de son cole aprs les erreurs du dbut. 2. Que l'oeuvre de la douce Sapho, potesse de Lesbos, accompagnt en France celle d'Anacron, pote de Tos.
DE
P.
DE RONSARD
357
92
Une plaisante peine, une belle langueur, Qu'Amour pour son plaisir nous grave dans
Encore
Alce,
je
le
cur
voudroy que
qu'il
le
doux Simonide
(Pourveu
ne pleurast),
Alcmam &
Bacchylide,
'
&
Stesichore,
:
&
96
Fussent ressussitez
nous
expis
Pour choisir
Et
les
douces parolles,
maistres d'escollcs,
Au
&
guerriers.
la terre
Mais Dieu ne
Tant de livres perdus, misres de la guerre, Tant d'ars laborieux, & tant de gestes beaux 2
104
sans
nom,
tombeaux
nous
faut douter
le
Sort a puissance
!
(O
108
Mais quoy
du demeurant
(
qu'il
nous en
est rest
Le plus doux
Mon
Te
le
Choiseul,
t'est icy
>,
prsent,
donne,
&
voue,
&
le
consacre encores
puis asseurer
Et ce faisant, Choiseul,
je te
100. 84-87 leurs gros vers 102. 6j-8j naufrages de la guerre io^-io. 87 Puis nous faut-il douter que tout que de tant d'esprits le labeur ne demeure
.'i-bas
ne meure, Puis
1. Il s'agit de neuf potes lyriques reconnus comme les meilleurs par les critiques grecs et latins, savoir Pindare, Stesichore, Alce, Simonide de Cos, Alcman, Sapho, Ibykos, Anacron et Bacchylide. Ronsard, qui depuis le vers 79 les a tous nomms, sauf Ibykos, s'exprime comme s'il y en avait neuf autres et que n'y ft pas compris Pindare, prcisment le plus clbre, Novern lyricorum longe princeps (cf. Quintilien, Inst. orat., X. 1. 61 65). Il ne s'est jamais aperu de son inadvertance. 2. tant d'actions d'clat. 3. Souvenir d'Horace, appelant son ami Virgile animae dimidium
:
Cad.
meae
(Carm.,
I, 5,
8).
3)8
112
LES
:
HYMNES
te donne beaucoup car cecy peut durer Ferme contre le temps, & la richesse humaine Ondoyante s'enfuit comme le temps l'enmeine
Qu'il
l,
Sans jamais
s'efacer,
Faultes
chappes en l'impression
ADDITIONS ET CORRECTIONS
P. 4, note 2,
P. 22, note
lire
Gaspard.
:
3,
ligue 4, lire
:
de V Art potique.
Estant sol
lire
:
P. 47, note
1,
dern. ligne,
gure paru, au
lieu
de
pas
paru
P. 88, note 4, ajouter
:
Etienne Tabourot,
tendu sorcier
nous montre
lui avait
vendu
Milan (Le
Faux
P. P.
sorciers).
108, note
3,
ligne 4, lire
ligne 4,
117, note
1,
lire: son
au lieu de
sou
repentir
P.
est
et
rapprocher de
celle qu'a
la
moyen
d.,
ge,
de
Troll.
Voir ce
Boivin,
sujet
son uvre,
2e
1932, p. 168.
P.
140, au sous-titre, lire
lire
:
Pp. 55 3191,
P.
dans
les
notes
hroques Henry
:
II,
au lieu de Henri II
:
Il
est
ton-
la
tradition,
d'autant
mentionn
le
roc
de
Sisyphe
P.
tait attach
la
une roue.
dans
la
Patrologie de
(recueil en usage
dans
les
360
le
la
ADDITIONS ET CORRECTIONS
lisait
Theodolet qu'on
mvthologie
Gargantua, expose
le
mensonge de
et la vrit
sult
appris
garder
mon
cordial
le
remerciement
thologien franais
allusion
est
mme
effet,
Il
compar, en
Jsus
^atus.
XXIII, 1933, pp. 5 136. Pp. 229 234, supprimer les numros de pagination qui sont en marge de droite entre crochets.
P. 246, note 2, ligne 4,
lire
:
celle
des Argonautiqves du
Ciel
le
3,
supprimer
262, note
5,
ligne
1, lire
personnage
:
en note
Pour ce tableau de
la
les ctes
un
point.
On
lit
poil au sin-
les
anciennes ditions.
pour
Propo-
TABLE ALPHABETIQUE
DES INC1PIT DU
TOME
VIII
N.-B.
Les vers
et les
mots en
soit
en ce bas
monde
224
115
la terre
1
demeur sur
50
Cy
gist,
qui
le
234
Est-il
207
11 tue plaist
(Couligny) limiter
le
tonnerre.
293
un vu
103
Je ferois Je veux
179
179
255
(mon
Chastillon) imiter
tonnerre
293
72
Je veux,
mon
Mecenas,
te bastir,
l'exemple
161
161
Mon
Odet,
mon
le
prlat,
mon
seigneur,
mon
confort
Morel, qui
possdes
362
Muses,
il
TABLE ALPHABTIQUE
faut toujours, quand nous voudrons chanter
.
5
5
Muses, quand nous voudrons des Dieux nous souvenir ... Muses, quand nous voudrons
les
louenges chanter
Non
je
ne
me
telle
abondance
351
On Ou
161
que
la
fortune,
ou
soit
que
le
chemin.
229
Quand de Quand un
jour
&:
de nuict
je
repense par
moy
les
115
Dieux.
328
Remply d'un
Si
Si
246
85
85
246
Un Un
moy, & (ou) plus chery des Cieux moy, ou plus amy des Cieux
47 47
Pages
Introduction
LES HYMNES
Extrait
(1555)
du
privilge
2
3
hvmnos
...
4
5
du roy Henry
de
la Justice
II
47
et
Le Temple du Connestable
de
la la
des Chastillons
72
85
103 115
Philosophie
Fortune
Les Daimons
du Ciel
des Astres
140
150
161
de
la
Mort
de l'Or
79 206
1
Ch. de Pisseleu
(1556)
239
240
241
du privilge
de l'ternit de Calais
et
Hymne Hymne
246
de Zethes 255
364
Hymne
de Castor
293 328
351
Additions
et
Corrections
incipit
359
361
Achev d'imprimer
par Protat frres, Mcon,
le
i)
mai 193 j.
SOCIT
DES
pour but de
derniers
ces
textes
publis
dans
les
quatre
mmes
Les
sicles.
la
membres de
ment de six cents francs. Moyennant une cotisation annuelle de quatre-vingts francs, ou un versement de dou\e cents francs, ils peuvent recevoir
les
dans
le
commerce.
les
publications de
la
sur
le
prix de
chacun
La Librairie E. Droz,
Socit
les
qui a t
confi
le
soin de rece-
adhsions nouvelles.
PUBLICATIONS
DES VINGT-CINQ. PREMIERS
(1905-1932)
EN VENTE A LA LIBRAIRIE
E.
EXERCICES
DROZ
Maistre Pierre Patbeliu (E. Picot), 2 e tirage Herberay des Essarts. Traduction d'Atiiadis de Gaule,
livre
I
12
fr.
(H. Vaganay),
vol
puis
Maurice Scve. Dlie (E. Parturier), 2 e tirage Du Bellay. uvres Potiques (H. Chamard),
40
15
Tome I, 2 e tirage Tome II, 2 e tirage Tome III, 2 tirage Tome IV Tome V Tome VI, 2 vol
e
25
20 20
40
50
Tomes
et II, 2 e tirage
40 20
25
30 30 10 10
24
et
Plattard)
1
Tome Tome
J.
II
J.
de Schelaxdre. Tyr et Sidon (J. Haraszti) de Lingendes. uvres Potiques (E.-T. Griffiths). Ch. Sorel. Histoire comique de Francion (E. Roy), 4 vol Angot de L'peronnire. Les Exercices de ce temps (Fr. Lachvre) Racam. uvres compltes (L. Arnould), t. 1
30 30 30 30
puis
00
20
40
20
15
15
1.
fr.
Tristan. La Mariant (J Madeleine) Tristan. La Mort de Snque (J. Madeleine) Bois-Robert. Epislres en vers (M. Cauchie), tome
.
Tome
Boileau.
II
Satires
(A.
Cahen)
20 40 30
Correspondance deJ.-B. Rousseau et de Hrosselte (P. Bonnefon), 2 vol Montesquieu. Les Lettres persanes (H. Barckhausen),
2 e tirage,
2 vol
ti-
puis
32
Voltaire. Zadig (G. Ascoli), 2 vol Voltaire. Candide (A. Morize), 2 e tirage Senancour. Obermann (G. Michaut),
2" tirage
.
4 40 40
2
vol.,
Lamartine. Saiil ( J des Gognets) Le Conservateur littraire (J. Marsan), t. I et II La Muse Franaise (J Marsan), 2 vol Michelet. Jeanne d'Arc (G. Rudler). Fontenelle. Histoire des Oracles (L. Maigron). ... Mairet. Sylvie (J. Marsan) Vigny. Pomes Antiques et Modernes (E. Estve),
.
puis
4
4
40
28
30
15 15
"
puis
2 e tirage
Vigny. Les Destines (E. Estve), 3 e tirage Thophile Gautier. maux et Cames (J.Madeleine).
vingt-sixime exercice (1933)
:
et
Plattard),
t.
III
30 30
Lettres
(H.
Bibas et
40
Ronsard. uvres compltes (P. Laumonier), t. VII. Guez de Balzac. Premires Lettres (H. Bibas et K.-T. Butler), t. II Tristan. Le Parasite (J. Madeleine)
40
20 20
VINGT-HUITIME EXERCICE
93 5^
t.
Ronsard. uvres compltes (F. Laumonier), Chateaubriand. Ren (Armand Weil) Le Conservateur littraire (J. Marsan), t. III
VIII.
40
24 20
suite.
E. Pasquier. Recherches de
la
Racan. uvres compltes (L. Arnould), suite. Scarron. Nouvelles tragi-comiques (J. Caillt). Le Conservateur littraire (J. Marsan), suite. Balzac. Louis Lambert (M. Bouteron).
Etc.
PLEASE
DO NOT REMOVE
FROM
THIS
CARDS OR
SLIPS
UNIVERSITY
OF TORONTO
LIBRARY
*Zl
or
^i^ txv^
V"