Politique Promotion Sante Benin
Politique Promotion Sante Benin
MINISTERE DE LA SANTE
Direction Nationale de la Protection Sanitaire
Politique Nationale de
Promotion de la Santé
Version finale
PNLMNT/MS
08
Table des matières
2
Préface ........................................................................................................................................ 4
Remerciements ........................................................................................................................... 5
Sigles et abréviations .................................................................................................................. 6
Introduction ............................................................................................................................ 7
1. Contextes de l’élaboration de la politique nationale de Promotion de la Santé ................. 8
1.1- Contexte mondial ........................................................................................................ 8
1.2- Contexte régional africain ........................................................................................... 8
1.3- Contexte national ...................................................................................................... 10
2. Cibles et domaines prioritaires d’intervention ................................................................. 13
3. Principes directeurs .......................................................................................................... 14
4. Vision, but et objectifs ..................................................................................................... 15
4.1- Vision ........................................................................................................................ 15
4.2- But ............................................................................................................................. 15
4.3- Objectifs généraux .................................................................................................... 15
4.4. Objectifs spécifiques ................................................................................................. 15
5. Stratégies .......................................................................................................................... 16
5.1- Plaidoyer et partenariat pour l’implication de la société entière dans la gestion de la
santé .................................................................................................................................. 16
5.2- Renforcement des capacités ...................................................................................... 16
5.3- Réorientation des services de santé........................................................................... 17
5.4- Cadre de mise en œuvre ............................................................................................ 17
5.5- Coordination de la Promotion de la Santé au niveau national .................................. 19
6. Ressources humaines et principaux acteurs ..................................................................... 20
7. Mécanismes de contrôle, suivi et évaluation .................................................................... 20
7.1- Contrôle et suivi ...................................................................................................... 20
7.2- Evaluation ................................................................................................................. 21
8. Recherche et pratiques basées sur l’évidence .................................................................. 21
9. Cadre institutionnel .......................................................................................................... 22
10. Mécanismes de financement .......................................................................................... 23
10.1- Le budget national................................................................................................... 23
10.2- Les municipalités .................................................................................................... 23
10.3- Les partenaires financiers du Ministère de la Santé................................................ 23
10.4- Autres secteurs (non exhaustif) ............................................................................... 24
10.5- Autres sources de financement ............................................................................... 24
10.6- Fondation nationale de Promotion de la Santé ....................................................... 25
Conclusion ............................................................................................................................ 26
Références ............................................................................................................................ 27
3
Annexes ................................................................................................................................ 30
Annexe 1. Notes ............................................................................................................... 30
Annexe 2. Termes de référence du consultant pour l’élaboration du document de
politique nationale de promotion de la sante .................................................................... 31
Annexe 3. Programme de l’atelier d’élaboration de la politique ..................................... 33
Annexe 4. Personnes présentes à l’atelier d’élaboration .................................................. 34
Annexe 5. Programme de l’atelier de validation de la politique ...................................... 35
Annexe 6. Personnes présentes à la validation de la politique ......................................... 36
Annexe 7. La charte d'Ottawa pour la Promotion de la Santé.......................................... 37
Annexe 8. La charte de Bangkok pour la Promotion de la Santé à l’heure de la
mondialisation .................................................................................................................. 41
Annexe 9. Liste des personnes rencontrées (évaluation des secteurs) ............................. 46
Préface
4
Le Bénin fait partie des pays de la région subsaharienne d’Afrique où les indicateurs de l’état de santé
des populations sont des plus alarmants. Certaines maladies sont récurrentes et surviennent chaque
année, sur fond d’épidémie, telles que le paludisme et le choléra. Cependant, de multiples efforts sont
entrepris et en cours pour lutter énergiquement contre les principales maladies à la base de ce visage
non reluisant de la santé des populations béninoises. Généralement, les actions entreprises se sont
limitées à des aspects parcellaires et superficielles sans prendre en compte ni tous les aspects ou
facteurs en cause ni tous les acteurs potentiellement concernés par les problèmes visés. Pendant ce
temps, la preuve est maintenant faite au niveau mondial et dans la région subsaharienne d’Afrique que
la persistance des mauvais indicateurs de santé et de développement est le fait de nombreux facteurs
intrinsèquement liés et qui sont, pour la plupart, en dehors du secteur sanitaire. Le rapport de la
commission de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur les déterminants sociaux de la santé
paru en août 2008 à Genève vient confirmer cette preuve de multiplicité de facteurs à la base des
problèmes de santé des populations. Ces facteurs ne sont généralement pas pris en compte dans leur
entièreté et de façon simultanée dans les projets et programmes du Ministère de la Santé. La Promotion
de la Santé, se basant sur ces déterminants sociaux de la santé, a été reconnue comme une des
composantes importantes pour le développement de la santé, à cause de ses résultats liant
positivement le coût et l’efficacité.
Je souhaite vivement que ce document de politique, qui s’inscrit dans le cadre des actions menées par
mon département pour dynamiser et opérationnaliser le système sanitaire national, serve de guide à
l’ensemble de la pyramide sanitaire et de toutes les structures de développement de notre pays pour
l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi d’interventions efficaces à travers les différents aspects
abordés qui reposent sur les principes et valeurs de la Promotion de la Santé, afin de contribuer de
façon significative et durables à l’amélioration de la santé de nos populations dans nos villes et nos
campagnes.
Signature : ………………………………….
Remerciements
5
Nous voudrions adresser nos sincères remerciements à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de
ce document et plus particulièrement :
- Dr Akpa Raphaël Gbary, Représentant Résident et les membres de l’Equipe/pays pour leur
appui technique et financier durant toute la procédure d’élaboration du présent document
Au Professeur Dismand Houinato, Coordonnateur du Programme National de Lutte contre les Maladies
Non Transmissibles (PNLMNT) et son staff pour avoir été les principaux acteurs de l’élaboration de ce
document de politique.
A tous ceux qui ont contribué à l’élaboration du présent document de politique national de Promotion de
la Santé
- Pour leur précieuse collaboration montrant leur disponibilité à entrer dans ce processus de
trans-sectorialité pour l’amélioration de la santé et du bien-être de nos populations.
Sigles et abréviations
6
Ces principes posent la problématique d’une nouvelle vision dans l’action sanitaire qui devra désormais
s’attaquer aux « causes des causes » dans la résolution des problèmes de santé des populations. On
comprend à travers ces principes que l’abord d’un quelconque problème de santé est une porte
d’entrée pour l’amélioration globale de la santé et du bien-être des populations. C’est pourquoi il est
nécessaire de valoriser toutes les ressources humaines, celles du secteur de la santé, celles des autres
secteurs de développement et des communautés afin de mieux contrôler le fardeau des maladies
transmissibles et non transmissibles qui pèse actuellement sur le Bénin. Ceci n’est possible que grâce à
des stratégies clairement définies dans un système de santé rénové tenant compte de façon
systématique et simultanée de l’ensemble des déterminants de la santé et, par conséquent, des
différents acteurs des secteurs sanitaires et non sanitaires.
Depuis quelques années, les stratégies proposées par la Promotion de la Santé sont reconnues comme
étant capables de combler ces attentes relatives à l’amélioration des systèmes de santé avec un gain
important en ce qui concerne son efficience. L’élaboration du présent document de Politique nationale
de Promotion de la Santé s’inscrit dans le cadre de la reconnaissance par le Bénin de l’importance et de
l’intérêt des déterminants sociaux de la santé dans la résolution des problèmes de santé des
populations. En effet, quelles que soient les interventions en matière de santé, leur but ultime est
d’améliorer et/ou de promouvoir la santé des individus, des familles et des communautés. Ce que
confirme l’OMS en définissant la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social
et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité». C’est à ce titre que la Promotion
de la Santé est une approche efficace pour favoriser une plus grande participation sociale et
communautaire à l’action de santé. Ainsi, selon l’OMS, le développement de la Promotion de la Santé
s’inscrit dans la quête mondiale en vue de trouver des moyens efficaces de prévenir la maladie,
d’améliorer les conditions générales d’existence et partant de promouvoir la santé.
Les principaux résultats des interventions de Promotion de la Santé comprennent le changement des
caractéristiques personnelles cognitives, des compétences et/ou des normes sociales, des actions, des
pratiques organisationnelles et des politiques. Grâce à la Promotion de la Santé, les individus, les
familles et les communautés, en toute connaissance de cause, participeront activement au
développement de leur propre santé et à la protection de l’environnement où ils vivent. Dès lors, la
Promotion de la Santé est partie intégrante tant du concept de « santé pour tous » que de la stratégie
des Soins de Santé Primaires (SSP).
C’est au regard de ces avantages comparatifs de la Promotion de la Santé vis-à-vis des pratiques
jusque là connues et utilisées, que le Bénin, à travers le Ministère de la Santé (MS), s’est doté du
présent document de politique nationale de Promotion de la Santé afin de faire face aux nouveaux défis
qui interpellent le secteur de la santé dans le but de leur apporter des solutions véritables grâce à
l’action conjuguée de tous les partenaires y compris les populations concernées. 8
La nouvelle santé publique que constitue la Promotion de la Santé a été adoptée à la première
conférence mondiale consacrée à ce thème à Ottawa (Canada) en novembre 1986. Elle a donné
naissance à la Charte d’Ottawa (CO) qui constitue le document de base de la Promotion de la Santé.
Depuis, la Promotion de la Santé s’est révélée un moyen efficace pour accroître la participation
individuelle et collective à l’action sanitaire à travers des solutions complètes et intégrées aux grands
déterminants de la santé qui sont identifiables au sein de plusieurs programmes à la fois. Plusieurs
conférences internationales ont porté sur différents aspects de la Promotion de la Santé adoptés par la
Charte d’Ottawa pour y jeter plus de lumière. A ce titre il faut mentionner la conférence d’Adélaïde
(Australie) en 1988 sur les politiques publiques favorables à la santé ; la conférence de Sündsvall
(Suède) en 1991 sur la création des environnements favorables ; la conférence de Jakarta (Indonésie)
en 1997 sur l’adaptation de la Promotion de la Santé au 21ème siècle ; la conférence de Mexico
(Mexique) en 2000 sur les inégalités de santé ; et tout dernièrement celle de Bangkok (Thaïlande) en
2005 sur la Promotion de la Santé à l’heure de la mondialisation qui a connu l’adoption de la Charte de
Bangkok (CB). La Charte de Bangkok pour la Promotion de la Santé à l’heure de la mondialisation
réaffirme les mesures et les engagements nécessaires pour agir sur les déterminants de la santé. Elle
stipule que les politiques et les partenariats destinés à donner aux communautés les moyens d’agir et
d’améliorer la santé et l’équité en matière de santé devraient être au centre du développement national
et mondial.
La prochaine conférence est planifiée pour se tenir pour la première fois en Afrique et plus précisément
à Nairobi (Kenya) en 2009. Tout ceci montre un intérêt croissant pour la Promotion de la Santé au
niveau mondial. Plusieurs pays du monde développé l’ont adopté pour leur principe fondamental de
gestion des questions de santé et de développement.
La région africaine subsaharienne est marquée par le double fardeau des maladies transmissibles et
non transmissibles, le tout sur un fond de pauvreté. La région tient la tête en ce qui concerne les
mauvais indicateurs de santé et de développement de par le monde. Parmi les principales causes de
morbidité et de mortalité élevées dans la région il faut citer : le paludisme, le VIH/Sida, les diarrhées, les 9
infections respiratoires aiguës, la tuberculose et autres maladies infectieuses. Les taux les plus élevés
du VIH/Sida et du paludisme de par le monde sont observés en Afrique subsaharienne. Par ailleurs et
en plus de ces maladies infectieuses, la région connaît une augmentation de la prévalence des
maladies non transmissibles, plus particulièrement, les maladies chroniques, les maladies
cardiovasculaires, les traumatismes (surtout de la voie publique) qui sont également responsables de la
mortalité élevée observée sur le continent. Plusieurs autres facteurs sont responsables de cette
situation parmi lesquels, l’analphabétisme (surtout dans la population feminine), le manque d’hygiène,
l’insécurité alimentaire, les carences alimentaires, les conflits armés et les comportements à risque tels
que le tabagisme, l’alcoolisme, la mauvaise alimentation et l’inactivité physique.
Conscientes de cette situation, les autorités de la région, ont pris des décisions et des engagements
pour la mise en œuvre des stratégies en cours et rapportées par l’Agenda 2020 du bureau régional
Afrique de l’OMS. Pour l’ensemble de ces efforts, l’essentiel des aspects de Promotion de la Santé
utilisés dans la région se résume à l’EPS, l’IEC, le CCC et la mobilisation sociale sans toutefois revêtir
les principes et valeurs requis, parlant de ce concept. Face à cet état de chose, le bureau régional
Afrique de l’OMS a adopté en 2001 une stratégie de Promotion de la Santé pour la région. Egalement,
les chefs d’Etat et de Gouvernement ont, pour leur part cette même année, recommandé pour tous les
pays, la mise en place d’une politique nationale de Promotion de la Santé et un cadre législatif propice à
sa pratique.
La stratégie régionale de Promotion de la Santé vise à favoriser des actions qui améliorent le bien-être
physique, social et psychique des populations, et contribuent à prévenir les principales causes de
morbidité, d’incapacité et de mortalité. Elle vise à :
Le Bénin est un pays de l’Afrique de l’Ouest situé dans le Golfe de Guinée. Il est limité au Nord par le
Niger, au Nord-Ouest par le Burkina Faso, à l'Ouest par le Togo, à l'Est par le Nigeria et au Sud par
l'Océan Atlantique. Il s’étend sur une superficie de 114.763 km², avec un relief peu accidenté, dominé
au sud par les plateaux de Sakété-Pobè-Kétou dans la partie Est, d'Allada au Centre, et d'Adja dans la
région de Dogbo. Au centre du pays se dressent des collines d'origine granitique dont la hauteur tourne
autour des 200 mètres alors qu'au Nord-Ouest, l'on retrouve les chaînes de l’Atacora dont l'altitude
avoisine les 800 mètres. Cette position géographique du pays s’étendant de la côte jusqu’au pied du
sahel, confère au Bénin un rôle de pays de transit pour la plupart de ses voisins avec, comme
conséquences, un certain nombre de risques de maladies en provenance de ces derniers.
Sur le plan administratif, le Bénin est théoriquement, depuis 1999, découpé en douze départements qui
sont : Alibori, Atacora, Atlantique, Borgou, Collines, Couffo, Donga, Littoral, Mono, Ouémé, Plateau et
Zou. Mais de façon pratique l’administration continue de fonctionner à l’image de l’ancien découpage de
six départements que l’on regroupe comme suit : Borgou-Alibori, Atacora-Donga, Atlantique-Littoral,
Zou-Collines, Mono-Couffo, et Ouémé-Plateau. Chaque département est subdivisé en communes et
chaque commune en arrondissements et en villages. Ainsi donc, le Bénin compte 77 communes dont
trois à statut particulier (Porto-Novo, Cotonou, Parakou), 546 arrondissements et 3.747 villages ou
quartiers de ville. Chaque village ou quartier de ville constitue l'unité administrative de base autour de
laquelle s'organisent la vie sociale et économique (INSAE, 2002).
Sur le plan démographique, la population du Bénin est estimée en 2007, à partir des données du
troisième Recensement Général de la Population et de l'Habitation (INSAE, 2002) à 8.014.586
habitants avec une prédominance du sexe féminin qui est estimé à 51,50% par rapport à celui masculin
estimé à 48,50%. La tendance est de plus en plus, pour cette population, d’aller vivre en ville et on note
que 38,90% de la population est urbaine contre 61,10% rurale. La répartition par grand groupe d'âges
de la population montre que les femmes en âge de procréer 15-49 ans constituent 45,9 % de la
population féminine totale, les enfants de moins d’un an représentent 3,50 % et ceux de moins de 5 ans
17,40 %. Les moins de 15 ans représentent 46,80 % ce qui montre que la population du Bénin est très
jeune. Les 15 à 60 ans constituent 47,90% et les plus de 60 ans forment 5,30% de la population. Le
taux d'accroissement moyen de la population est évalué à 3,25% pour l'ensemble du pays, et à 4,12%
pour la population urbaine. La densité moyenne de la population est de 58,8 habitants au km2. Cette
dernière cache de réelles disparités entre la partie méridionale (avec une forte concentration humaine,
8.419 habitants/ km2) et la partie septentrionale (avec une densité plus faible, 20 habitants/ km2).
L'espérance de vie à la naissance est de 59 ans pour l'ensemble de la population, soit 57,18 ans pour
les hommes et 61,25 ans pour les femmes.
Sur le plan socioculturel, le Bénin reste encore un pays à taux élevé d’analphabétisme. D’une manière
générale, sept personnes sur 10 âgées de 15 ans et plus sont analphabètes et six personnes âgées de 11
15 ans et plus sur 10 n’ont jamais été à l’école. Cependant, les actions entreprises par le gouvernement
et les partenaires au développement ont permis une amélioration sensible du taux brut de scolarisation
dans le primaire qui, en 2004, était de 96%. En ce qui concerne l'alphabétisation, 32,60% des adultes
hommes, contre 45 % des femmes sont touchés (Bénin, 2007b). La population béninoise est composée
d’une soixantaine d’ethnies regroupées en une dizaine de grands groupes. Elle accorde une très
grande importance à la spiritualité avec près de 80% utilisant les services de la religion traditionnelle
Vodoun. Cette multiplicité ethnique engendre une diversité toute aussi grande de culture que de
comportements en liaison avec la santé.
Sur le plan économique, le Bénin figure parmi les pays pauvres et très endettés de la planète avec un
indice de développement humain (IDH), en 2003, de 0,431 le situant au rang de 162e sur 177 pays.
L'IDH du Bénin est inférieur à la moyenne des pays en développement (0,663), des pays les moins
avancés (0,446) et des pays d'Afrique subsaharienne (0,465) (Bénin, 2007a ; UNDP, 2005). S'agissant
de la population active, le secteur primaire est en tête de l'occupation de la main d'œuvre avec 65%,
suivi des secteurs tertiaire (30%) et secondaire (5%) (INSAE, 2002). Ce secteur primaire prépondérant
étant resté à l’étape traditionnelle de non modernisation, le Bénin connaît en conséquence une situation
de pauvreté chronique malgré les efforts consentis par les gouvernements successifs pour la
consolidation des agrégats macroéconomiques par des réformes structurelles.
La situation sanitaire du Bénin est marquée par une organisation du système de santé de type
pyramidal qui comprend trois niveaux à savoir, le niveau périphérique appelé Zone Sanitaire (ZS) ; le
niveau intermédiaire représenté par la Direction Départementale de la Santé (DDS) et le niveau central
constitué du Cabinet du Ministre ainsi que les Directions Centrales et les Directions Techniques. Le
budget alloué à la santé est encore en dessous des normes souhaitées en la matière (10-15%) (OMS,
2000 ; OUA, 1997 ; 2001) et est de 8,41% du budget national en 2005. Le profil épidémiologique est
dominé par les maladies infectieuses et parasitaires (maladies transmissibles) pour lesquelles le
paludisme vient en tête confirmant la situation de pauvreté du pays (Houéto et al., 2008). Parmi
d’autres situations sanitaires confirmant cet état de pauvreté, se trouve l’épidémie périodique et
régulière à chaque saison pluvieuse, du choléra à travers le pays. La mortalité maternelle en 2006 est
de 397 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Pour la même année, la mortalité infantile
est de 125 ‰ (Bénin, 2007b). Longtemps sous-estimées, les maladies non transmissibles commencent
à être reconnues dans leur ampleur et dans leur rôle dans la réduction de l’espérance de vie des
populations.
En ce qui concerne la situation particulière de la Promotion de la Santé dans le pays, il faut reconnaître
que de multiples efforts sont en cours pour sa valorisation. Le Bénin a signé les différents engagements
au niveau régional en matière de la PS. Il a également autorisé la formation en Promotion de la Santé
de plusieurs de ses professionnels de la santé à l’occasion de cours régionaux dans le domaine. De
manière générale, on observe cependant dans le système sanitaire national un certain nombre de
difficultés parmi lesquelles : la routine dans la gestion des programmes, une quasi absence de
l’évaluation des interventions, une absence de planification rigoureuse de l’action sanitaire visant
l’efficacité, l’insuffisance et la mauvaise utilisation des ressources humaines qualifiées, l’absence de
globalisation des problèmes de santé et de développement, le manque de responsabilisation des
acteurs et de la volonté de résolution durable des problèmes de santé des populations. 12
Une étude évaluative effectuée à travers tous les secteurs ministériels et les institutions de l’Etat en
prélude à l’élaboration du présent document de politique nous a permis d’avoir le visage actuel de ce
concept au Bénin. Les personnes interviewées sont toutes des responsables occupant des postes de
décision très importants dans les différents secteurs. La grande majorité (84%) a une ancienneté de
plus de deux ans à leur poste. Tous les interviewés se reconnaissent travaillant pour le bien-être de la
population pendant qu’un seul (3%) sur les 32 interviewés ne fait aucun lien entre la vision de son
secteur ministériel et la santé de la population. Quant aux rôles spécifiques des différents secteurs pour
l’accomplissement du bien-être et de la santé des populations, on note que les interviewés semblent en
avoir une idée plus ou moins claire (91% et 84%).
La participation des populations dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques et
plans d’action des secteurs serait un acquit pour 59% des interviewés. Par rapport à l’autonomisation
des populations, 50% des interviewés semblent s’en préoccuper dans l’exercice de leur mission. Parmi
ces derniers, seulement la moitié (8 sur 16) semble avoir des actions qui pourraient conduire à
l’autonomie des populations partenaires. Trois sur quatre des interviewés semblent tenir compte des
contextes spécifiques des populations bénéficiaires de leurs prestations. Parmi ces derniers, 87% sont
dans le processus de donner plus de pouvoir aux structures et organes décentralisés au niveau des
collectivités locales pour l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des projets et programmes de
leurs secteurs. La trans-sectorialité est un des aspects que la plupart des secteurs reconnaissent
comme essentiel à la réalisation de leur mission. Cependant, seulement 12% des interviewés semblent
avoir une idée des secteurs avec lesquels les leurs devraient normalement collaborer et font un effort
de les impliquer dans leurs activités. Ces derniers disposent d’un plan de développement de partenariat
pour l’amélioration des résultats de leurs secteurs. Pour certains parmi eux d’ailleurs, très peu de ceux
qui sont approchés dans le cadre de cette trans-sectorialité font siens les dossiers pour lesquels on les
associe. 53% des interviewés semblent valoriser l’utilisation simultanée de plusieurs stratégies,
approches et méthodes pour atteindre les objectifs de leurs secteurs. Les inégalités sociales semblent
constituer une préoccupation pour 56% des interviewés dans le processus de gestion des projets et
programmes de leurs secteurs. Pour 81% des interviewés, la durabilité des actions de leurs secteurs
constitue une préoccupation. Cependant, seulement 35% de ces derniers (9 sur 26) ont mentionné des
mécanismes en cours dans leurs secteurs et qui sont en mesure de conduire à une durabilité des
actions. Pour l’ensemble des interviewés, 16% ont évoqué les mécanismes potentiellement à même de
conduire à la durabilité des interventions de leurs secteurs.
Quant à l’atteinte des objectifs des différents secteurs, 53% des interviewés estiment ne pas être
satisfaits des résultats obtenus dans leurs efforts d’accomplissement de leur mission. Les solutions
formulées pour l’amélioration des performances des secteurs visant le bien-être et la santé des
populations peuvent être regroupées en trois catégories à savoir :
La situation sanitaire et de bien-être des populations béninoises n’est pas reluisante. Les différents
secteurs interviewés semblent avoir une certaine conscience des limites de leurs actions visant pourtant
l’amélioration des indicateurs de santé, de développement et de bien-être. Il en ressort un certain
nombre de besoins prioritaires auxquels la présente politique devra s’attaquer pour amener le Ministère
de la Santé et les différents acteurs des différents secteurs (publics et privés), à tous les niveaux, à
comprendre et jouer leurs rôles dans une franche collaboration.
Au vu des résultats de l’étude évaluative nationale sur la situation de la Promotion de la Santé et des
indicateurs de santé et de développement du Bénin, la présente politique devra viser comme cibles
prioritaires à la fois les professionnels de tous les secteurs publics et privés au niveau national et les
populations en général. Bien entendu, les cibles et domaines prioritaires d’intervention de la Promotion
de la Santé sont de façon particulière ceux identifiés par le plan national de développement sanitaire. La
pratique de la Promotion de la Santé, tant en ce qui concerne les interventions que les cibles, tiendra
grand compte des aspects particuliers de chaque contexte, que ce soit le niveau national, le
département, la commune, l’arrondissement, le village ou quartier de ville, afin de répondre 14
véritablement aux besoins de santé et de développement qui leur sont propres. La prise en charge de
chaque domaine prioritaire, tant au niveau national que dans chaque région décentralisée et au niveau
communautaire, fera l’objet de l’application stricte des principes et valeurs de la Promotion de la Santé
que sont : la participation ; l’empowerment ; le contextualisme ; la trans-sectorialité ; la multistratégie ;
l’équité ; et la durabilité/pérennité. D’une manière générale, la présente politique de Promotion de la
Santé aura à relever un certain nombre de défis et de façon très urgente suivant un calendrier à définir
dans un plan d’action de cinq ans au maximum. Au nombre de ces défis, il faut citer :
C’est l’occasion d’énoncer les principes sur lesquels devra se baser le présent document de politique.
3. Principes directeurs
4.1- Vision
Les populations béninoises sont en parfait état de santé et de bien-être de façon autonome et durable
d’ici à 2025.
4.2- But
• Assurer que la Promotion de la Santé est mise au cœur des interventions, programmes et
projets de santé et de développement ;
• Promouvoir l’utilisation d’approches trans-sectorielles et transdisciplinaires pour l’élaboration et
la mise en œuvre des interventions de Promotion de la Santé ;
• Assurer la participation active et l’autonomie des individus, des familles, des communautés et
de la société civile dans toutes les interventions de Promotion de la Santé à tous les niveaux
du système ;
• Promouvoir la collaboration avec tous les secteurs dans la sélection et la formation des
professionnels de Promotion de la Santé et accroître en quantité et en qualité les ressources
humaines impliquées dans les interventions de Promotion de la Santé à tous les niveaux ;
• Encourager la recherche en Promotion de la Santé ;
• Veiller à la mise en application des résultats de recherches pour l’amélioration de l’action
sanitaire ;
• Encourager la coordination dans la production et la distribution des matériels de Promotion de
la Santé dans les secteurs sanitaires et non sanitaires ;
• Assurer la mobilisation des ressources adéquates ;
• Assurer le soutien politique pour la mise en œuvre des interventions de Promotion de la
16
Santé ;
• Promouvoir la mise en place et la consolidation des liens nécessaires avec les professionnels
de Promotion de la Santé au niveau régional et mondial.
Pour atteindre ces différents objectifs et relever les différents défis susmentionnés, la présente politique
se propose d’adopter les stratégies ci-après :
5. Stratégies
5.1- Plaidoyer et partenariat pour l’implication de la société entière dans la gestion de la santé
• Tous les professionnels de la santé aussi bien que ceux des autres secteurs non sanitaires
impliqués dans l’amélioration de la santé des populations, devront être formés aux principes,
stratégies, approches et méthodes utilisés en Promotion de la Santé ;
• Un guide de mise en œuvre des actions de Promotion de la Santé sera élaboré et mis à la
disposition de tous les secteurs afin d’éviter la duplication et la compétition ;
• Des normes et standards en matière de Promotion de la Santé seront élaborés et mis à la
disposition de tous les secteurs afin d’assurer la mise en œuvre adéquate des interventions de
Promotion de la Santé ;
• Les rôles et fonctions des professionnels de Promotion de la Santé à tous les niveaux du
système sanitaire et dans les autres secteurs non sanitaires seront décrits ;
• Des subventions et bourses seront disponibles, en collaboration avec les secteurs en charge au
niveau national, pour ceux désireux de se spécialiser (Master, PhD) en Promotion de la Santé
afin d’assurer la disponibilité d’une masse critique de professionnels dans la filière ;
• Les curricula de formation préprofessionnelle et en cours d’emploi seront révisés afin d’y inclure
la composante Promotion de la Santé ;
• Des formations de recyclage en Promotion de la Santé seront organisées périodiquement à
l’intention des professionnels de la santé et ceux des secteurs non sanitaires chargés des
programmes de Promotion de la Santé ;
• Les institutions de formation en Promotion de la Santé organiseront périodiquement des
rencontres, des ateliers, des colloques, des conférences et des visites pratiques de terrains
pour des échanges d’expériences en vue d’aider les apprenants et les professionnels des
secteurs sanitaires et non sanitaires à améliorer leurs pratiques ;
• Les connaissances et aptitudes communautaires seront renforcées en vue de leur participation
17
effective au processus d’élaboration et de mise en œuvre des interventions de Promotion de la
Santé ;
• Des ajustements nécessaires seront apportés, de façon régulière, à la politique, le guide, les
normes et standards en accord avec les changements intervenant au niveau de la santé des
populations et des modifications des conditions socio-économiques.
La réorientation des services de santé nécessite le changement de la pratique traditionnelle centrée sur
les soins curatifs en une pratique qui implique entièrement la Promotion de la Santé et la prévention de
la maladie. Elle suppose l’amélioration des attitudes et des compétences au sein des professionnels de
la santé à tous les niveaux, en relation avec l’adoption complète de la Promotion de la Santé. En accord
avec les objectifs de la politique nationale de Promotion de la Santé, l’organisation du système sanitaire
national devra être repensée dans le sens d’une forte implication des communautés et de tous les
autres acteurs non sanitaires dans la gestion de la santé des populations. Ceci suppose une
décentralisation nécessaire et indispensable du système de santé ; une réorganisation des
mécanismes de la hiérarchie entre les différents niveaux ; une réforme des services rendus à la
population à tous les niveaux et particulièrement au niveau des professionnels de première ligne dans
le sens d’une plus grande implication des communautés dans la gestion de leur santé. Les implications
sur la formation de base des professionnels de la santé de tous les niveaux sont abordées dans la
rubrique renforcement des capacités.
Afin d’optimiser l’efficacité et l’impact de la Promotion de la Santé, elle sera introduite dans tous les
programmes sanitaires du secteur public et privé et celui des ONG. Les aspects ci-après seront pris en
compte :
• La Promotion de la Santé sera une composante obligatoire des programmes du secteur public ;
• Les entreprises du secteur privé seront fortement encouragées à inclure la composante
Promotion de la Santé au cœur de leurs activités ;
• Les partenaires au développement devront incorporer ou renforcer la composante Promotion
de la Santé dans leurs programmes d’assistance ;
• Les programmes prioritaires de santé devront s’assurer de l’incorporation complète de la
Promotion de la Santé dans leur planification y compris les cibles et les indicateurs de
réalisation.
Chaque département sera doté d’au moins un spécialiste en Promotion de la Santé. Il ou elle sera la
personne ressource responsable de la planification et de la mise en œuvre des interventions et
programmes de Promotion de la Santé dans le département. L’essentiel de son rôle sera :
Les groupes communautaires constitués, les autorités locales et les populations seront impliqués dans
les activités de Promotion de la Santé. Les professionnels de la santé et autres personnels des secteurs
connexes établiront les liens nécessaires avec ces acteurs locaux pour l’élaboration et la mise en
œuvre des activités de Promotion de la Santé au niveau communautaire. Des structures
communautaires seront mises en place suivant les besoins des communautés et sur leurs initiatives.
La Promotion de la Santé a besoin de l’apport de toutes les forces vives de la nation. Les acteurs
principaux sont ceux qui sont directement au service du développement du pays à tous les niveaux et
sur toute l’étendue du territoire national y compris les partenaires au développement. Cependant, la
mise en place et la vie de la Promotion de la Santé dépendent avant tout de personnels qualifiés dans
la filière. C’est à leur niveau que l’ensemble des mécanismes de collaboration tant avec les
communautés qu’avec les autres secteurs sanitaires et non sanitaires sont mis en œuvre et promus.
C’est en cela que dans les meilleurs délais, des professionnels qualifiés en Promotion de la Santé
devront être mis à la disposition de chaque structure de la hiérarchie de Promotion de la Santé afin de
veiller à la mise en œuvre adéquate de la présente politique.
Le contrôle et le suivi de la présente politique se feront à travers les plans d’action subséquents. La
responsabilité du contrôle et du suivi des interventions de Promotion de la Santé incombe à toute la
structure hiérarchisée de Promotion de la Santé qui comprend le service de Promotion de la Santé au
MS, les services départementaux de Promotion de la Santé, les responsables de Promotion de la Santé
au sein des équipes des zones sanitaires. Le CNPS est tenu rigoureusement informé des résultats des
différents contrôles et suivis des interventions pour les avoir approuvées à l’origine. Le travail sera fait
avec une plus grande notion d’acuité donnant la possibilité aux professionnels des niveaux
décentralisés de remonter les informations des communautés vers le niveau national. Tout le 21
programme de contrôle et de suivi est élaboré en commun accord avec chacun des différents niveaux
et validé par le CNPS. Les partenaires impliqués dans la mise en œuvre des interventions sont parties
prenantes de cette activité de contrôle et de suivi. Il n’est point besoin de mentionner la place et
l’importance des populations bénéficiaires dans tout le processus du contrôle et du suivi dans la
perspective de la Promotion de la Santé.
7.2- Evaluation
L’évaluation de la présente politique se fera à travers les plans d’action subséquents. Le processus
d’évaluation des interventions de Promotion de la Santé est directement incorporé à chaque
intervention. Il est ainsi apprécié, en ce qui concerne les critères et les méthodes à utiliser, au moment
d’approuver l’intervention. Il sera mis en œuvre par l’ensemble des acteurs concernés en respect strict
des principes et valeurs de Promotion de la Santé conférant aux bénéficiaires le pouvoir d’action et
conduisant à la durabilité et la pérennité.
La Promotion de la Santé fait de la recherche, le suivi et l’évaluation, des éléments importants de tout
processus de mise en œuvre des interventions dans le domaine. Ils dénotent d’un sens de
responsabilité et de transparence des acteurs ou intervenants. Ils permettent la documentation des
meilleures pratiques et des leçons apprises au cours des interventions et dont s’inspireront celles à
venir. La recherche en Promotion de la Santé permet ainsi de :
L’utilisation pratique des résultats de la recherche effectuée au niveau national et international dépend
des facteurs tels que :
• Un programme national de recherche assorti d’un plan d’action y afférant correspondant aux
réalités du Bénin sont adoptés ;
• Toute recherche observe strictement les règles éthiques et déontologiques afin de sauvegarder
22
les droits des individus participants à la recherche ;
• L’évaluation anonyme et la surveillance des changements comportementaux au niveau de sites
sentinelles sont réalisées périodiquement sur des maladies transmissibles et non
transmissibles afin de connaître le niveau d’avancement des efforts entrepris dans le cadre des
objectifs du PNDS et ceux régionaux et internationaux ;
• Les résultats de la recherche sont utilisés pour améliorer les interventions de Promotion de la
Santé notamment la poursuite, la modification, l’extension, la réplication ou la clôture de tout ou
partie des interventions ;
• Le processus de la conduite de la recherche, le suivi et l’évaluation en Promotion de la Santé
doivent impliquer toutes les parties concernées par l’intervention ;
• Le recrutement des professionnels nationaux ou internationaux répond aux critères de
compétence de recherche, suivi et évaluation en Promotion de la Santé.
Un certain nombre d’engagements sont à prendre et à mettre à exécution, en accord avec les
recommandations des Etats Généraux de la santé de 2007, à savoir :
9. Cadre institutionnel
La Promotion de la Santé est une filière transversale. Elle est une composante essentielle de la plupart
des programmes, sinon de tous. Ceci implique que la mise en œuvre des interventions de Promotion de
la Santé requiert la participation de tous les secteurs ministériels, départements, agences, institutions
religieuses, ONG, communautés et individus. Ce mécanisme de collaboration permettra, par ailleurs, le
renforcement des liens entre les ministères et les institutions pour la formulation, la mise en œuvre, le
suivi et l’évaluation des interventions de Promotion de la Santé. Pour renforcer le cadre institutionnel de
la Promotion de la Santé au Bénin, la présente politique insiste sur la nécessité que :
• Une variété d’acteurs est appelée à jouer un rôle significatif dans la mise en œuvre de la
23
Promotion de la Santé, y compris les municipalités, les communautés, l’éducation, la société
civile, etc. ;
• Le gouvernement prend un décret qui établisse et maintienne la collaboration de tous les
secteurs avec celui de la santé pour l’atteinte des objectifs du PNDS ;
• La décentralisation du système de santé soit soutenue et dynamisée afin de permettre à
chaque structure décentralisée de mieux coller aux réalités qui sont propres aux populations
desservies ;
• Le service de Promotion de la Santé soit maintenue et renforcée au sein du MS ;
• Le CNPS soit l’organe qui régule la pratique de la Promotion de la Santé afin d’assurer la
meilleure pratique et de veiller à l’application de la présente politique ;
• La collaboration entre différents secteurs de l’administration soit promue dans le sens de
trouver les solutions adéquates aux problèmes de dénuement des communautés en ce qui
concerne la subsistance, le travail, l’éducation, le logement, la structure sociale, le milieu de vie
et les besoins de services, en vue de prévenir et éliminer les différentes inégalités de santé.
La Promotion de la Santé visant le bien-être global de la population, devra compter sur l’apport des uns
et des autres dans le cadre du partenariat nécessaire et obligatoire pour le développement global de la
nation. Elle pourra compter sur les sources de financement ci-après :
Les lignes budgétaires qui sont destinées à la Promotion de la Santé sont, entre autres, celles
réservées à l’éducation pour la santé, la lutte contre les abus de substances et le tabagisme, la santé à
l’école, la lutte contre les maladies prioritaires telles que le paludisme, le VIH/Sida, les différents
programmes des différents ministères (quels qu’ils soient) visant des changements de comportement,
etc. Le ministère des finances devrait, en collaboration avec celui de la santé, réconcilier les différents
volets des différents ministères et en faire une proposition unique à inclure dans le budget national.
Le Ministère de la Santé reçoit une partie de son budget de l’Etat, mais également de plusieurs autres
sources et destiné à différents programmes de prévention et de lutte contre les maladies prioritaires
pour l’atteinte des objectifs du PNDS. La Promotion de la Santé devra retrouver dans ce cadre toute sa
plénitude en ce qui concerne le financement, à partir des lignes réservées à l’éducation pour la santé,
mais également tous les objectifs relatifs à des changements de comportement et les actions
communautaires et de mobilisation sociale pour la prévention et la lutte contre ces maladies prioritaires.
De ce fait, une importance primordiale devra être accordée à la Promotion de la Santé au niveau du MS
afin de véritablement faire face à son financement. Dans le but d’atteindre une efficacité maximale, le
MS devra identifier des ONG dans le domaine de la santé et dont les capacités en Promotion de la
Santé sont avérées pour la mise en œuvre de projets contribuant à l’atteinte des objectifs du PNDS. 24
Dans ce sens, un certain nombre de principes doivent guider le financement des projets, à savoir :
• La loterie nationale : Il est à envisager que la loterie nationale, entre autres actions à financer
par les ristournes, prenne en compte également la Promotion de la Santé ;
• Les Ministères de l’enseignement de divers ordres, à travers les aspects de prévention et de
Promotion de la Santé à l’école. Les municipalités devront jouer un rôle important dans ce
mécanisme de financement ;
• Le Ministère du travail et de la fonction publique, à travers son programme de promotion de
l’emploi et la lutte contre l’exclusion sociale qui contribuent à faire face aux déterminants de la
santé ainsi que son programme de santé au travail ;
• Le Ministère de l’environnement et de la protection de la nature, à travers son programme
d’assainissement du milieu et de protection de la nature
• Le Ministère de l’urbanisme et de la réforme foncière à travers son programme d’urbanisme et
de l’habitat ;
• Le Ministère du transport et des travaux publics, à travers son programme de construction,
d’aménagement et de réhabilitation des infrastructures routières ;
• Le Ministère de la famille et de l’enfant, à travers son programme de lutte contre le trafic des
enfants et d’assistance à l’amélioration des conditions de vie de la famille ;
• Le Ministère de l’administration territoriale, à travers la réorganisation de la politique
d’installation des populations combinant l’habitat et le bien-être ;
• Le Ministère des finances à travers le programme de taxation de certains produits
potentiellement nuisibles à la santé (alcool, tabac, etc.) pour le financement de programmes de
Promotion de la Santé ;
• Le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, à travers son programme de
promotion de meilleures pratiques de production et de sécurité alimentaire.
• Les compagnies d’assurance routière et de travail, à travers leur programme de réduction des
facteurs de risque et la prévention des accidents routiers et de travail ;
• La Caisse nationale de sécurité sociale, à travers son programme de soutien à la population
pour la prévention de la maladie et la réduction des coûts des soins ;
• Les agences des nations unies et autres partenaires au développement. La collaboration avec
25
les agences des nations unies et autres partenaires au développement sera basée sur
l’application des principes et valeurs de la Promotion de la Santé aux priorités de santé entrant
dans le PNDS. Les axes d’intervention élaborés par le service de Promotion de la Santé et
validés par le CNPS seront la base des négociations avec les partenaires au développement
dans son ensemble, créant la synergie et l’efficacité dans l’atteinte des objectifs de santé du
Bénin.
• Contribution des populations à travers des dons et des revenus issus de l’application pollueur-
payeur
Dans le but de favoriser un mécanisme continu de plaidoyer et de rendre pérennes les actions de la
politique nationale de Promotion de la Santé, il s’avère utile de mettre en place une structure qui
soutienne la Promotion de la Santé et qui soit véritablement financée pour son plan d’action. Plusieurs
pays de par le monde ont pu développer et maintenir à un niveau de bonne compétitivité leurs
programmes de Promotion de la Santé à travers une fondation de Promotion de la Santé. Les fonctions
principales d’une telle fondation sont de compléter et d’apporter une valeur ajoutée aux activités du
gouvernement et des organisations à base communautaire, à travers :
Il peut être établi un lien formel de coordination entre le MS et la fondation, suivant l’intérêt que les
parties y voient de lui permettre de jouer efficacement les différents rôles ci-dessus énumérés. Il est
cependant souhaitable que la fondation soit mise en place par arrêté ministériel en ayant son autonomie
et une entité à part entière distincte du MS avec son comité de direction élu par ce dernier. L’intérêt
d’une telle formule est de permettre à la fondation, tout en ayant une reconnaissance officielle attachée
au ministère, d’avoir les soutiens nécessaires de ce dernier, les coudées franches pour la mobilisation
du soutien populaire, une plus grande flexibilité d’action en étant en dehors des pesanteurs
administratives et d’être créative et réagissant promptement aux problématiques de Promotion de la
Santé du pays.
Conclusion
26
L’élaboration de la présente politique de Promotion de la Santé intervient dans un contexte national de
persistance du double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles amenant à la
dégradation continue des indicateurs de l’état de santé des populations. La progression continue, par
exemple, du paludisme, du choléra et de certaines autres maladies évitables sont autant de facteurs qui
incitent à la remise en cause de l’organisation actuelle du système de santé au Bénin.
Cet important défi de l’amélioration de l’état de santé des populations et de leur développement en
général, nécessite véritablement la collaboration des autres secteurs non sanitaires ainsi que la
participation des populations et de ses structures administratives décentralisées comme les
municipalités. Dans cette optique, la présente politique a marqué tout son intérêt à agir sur les grands
déterminants de la santé et à mettre en œuvre, des interventions dynamiques et efficaces porteurs de
résultats probants.
Le rôle du Ministère de la Santé dans ce processus de rassemblement de tous les acteurs potentiels
autour de la santé des populations est capital et nécessite que :
• Le plan national de développement sanitaire intègre les déterminants de la santé afin d’être
consistant avec l’ensemble des ambitions de développement du pays et que les facteurs de
risque individuels et collectifs soient pris en charge ;
• Une orientation stratégique soit prise pour le développement d’une politique de santé basée sur
la trans-sectorialité.
La politique de promotion de la santé doit reconnaître la santé comme un droit humain fondamental ;
considérer la santé comme une ressource stratégique essentielle pour le développement social et
économique et qui place la réduction des inégalités de santé au cœur de l’élaboration et de la mise en
œuvre des programmes de santé. Elle établit et soutient une base légale et des systèmes, ressources
et outils efficaces dans lesquels, le secteur de la santé joue pleinement son rôle concourant au
développement intégral du pays.
o l’aide aux autres secteurs à la pleine utilisation de leur potentiel pour la Promotion de la
Santé dans leurs politiques,
o le suivi des ressources de Promotion de la Santé et leur déploiement dans tous les
secteurs et à tous les niveaux,
o l’évaluation systématique de l’impact sur la santé des grandes initiatives des autres
secteurs et s’engager systématiquement aux côtés des populations en ce qui concerne
les déterminants de leur santé et les mesures requises pour leur amélioration.
Dans le cadre de l’atteinte des objectifs du PNDS et des OMD dont les échéances sont proches, il
paraît important de veiller spécialement à :
• l’évaluation rigoureuse des initiatives au niveau national, non seulement pour leurs effets, mais
également les processus par lesquels elles ont été mises en œuvre ;
• le besoin pour les services de santé d’aller au-delà de l’accent continu mis sur les soins curatifs
pour une mise en œuvre systématique de la Promotion de la Santé ;
• le besoin pour les programmes de santé de transcender la pratique de projets portant sur des
thématiques particulières et exclusives pour une complète intégration entre eux avec
l’ensemble du programme de développement socio-économique localement pertinent et se
basant sur les valeurs de la Promotion de la Santé ; 27
• le besoin pour l’enracinement de la Promotion de la Santé à travers le système national de
santé et plus spécialement les SSP ;
• le besoin d’évaluations rigoureuses formatives, de processus et des résultats des interventions
de Promotion de la Santé et le partage des bonnes pratiques entre les différents secteurs.
L’une des principales faiblesses du système actuel de santé est la non-collaboration systématique dans
une perspective trans-sectorielle avec les autres secteurs non sanitaires pour l’élaboration, la mise en
œuvre et l’évaluation conjointes des interventions pour un développement sanitaire et socio-
économique intégré.
Si l’atteinte des objectifs du PNDS et des OMD est souhaitée, il est un besoin urgent de développer des
ressources humaines suffisantes et compétentes en Promotion de la Santé, à la fois, aux niveaux
national et décentralisé afin d’influencer les politiques et la gestion des changements organisationnels
complexes. En d’autres termes, il est urgent d’instituer et de renforcer les mécanismes de gestion
intersectorielle de la santé et du développement socio-économique, de renforcer le processus de
décentralisation territoriale et du système de santé. Il est également nécessaire voire indispensable de
mettre en place des interconnections et d’accroître en quantité et en qualité les ressources humaines en
Promotion de la Santé à tous les niveaux du système sanitaire. De la même manière, il faudra
réorganiser le processus de financement pour la gestion des problèmes de santé prioritaires ainsi que
le suivi et l’évaluation, à tous les niveaux, des interventions y afférentes.
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Annexes
30
Annexe 1. Notes
a- Trans-sectorialité
Les initiatives de Promotion de la Santé collaborent nécessairement avec les agences et services des
autres secteurs sanitaires et non sanitaires. Étant donné que les facteurs qui sous-tendent les
comportements sont multiples et multiformes sans dépendre, de ce fait, d’un seul secteur, la
collaboration entre différents secteurs est de mise pour une action efficace de changement de
comportement. Par exemple, on sait que la réduction de l’indice synthétique de fécondité (ISF) dans
une population va dépendre d’un certain nombre de facteurs parmi lesquels le niveau d’instruction
(éducation), le bien-être social, la culture, l’environnement politique etc. L’élaboration et la mise en
œuvre d’une politique de réduction de l’ISF sans l’implication véritable de ces secteurs n’aura que très
peu d’impact. Il faut distinguer ici plusieurs types de collaboration entre secteurs et noter que celle qui
convient en Promotion de la Santé est celle-là qui associe, dès la conception, les différents partenaires
y compris les communautés bénéficiaires. On parle alors de trans-sectorialité.
b- Intersectoralité
Les partenaires se rejoignent sur des aspects bien précis donnés et entreprennent une certaine
collaboration, souvent sur le terrain sans aucune concertation au moment de l’élaboration des projets
respectifs ayant pour cibles les mêmes communautés, chacun gardant sa méthode de travail qui lui est
propre.
c- Multisectorialité
Les professionnels de différents secteurs travaillent côte à côte en enrichissant leur compréhension et
leurs expériences de l’apport des collègues, mais où la concertation ne conduit pas nécessairement à
des interventions intégrées. La complexité des interactions entre les différentes composantes
économiques, sociales et environnementales d’un écosystème nécessite des stratégies d’intervention
intégrantes qui vont au-delà du cadre multisectoriel.
Annexe 2. Termes de référence du consultant pour l’élaboration du document de politique
nationale de promotion de la sante 31
I. Introduction
Dans le cadre de la dynamisation de son système de santé, le Ministère de la Santé du Bénin a jugé
utile de procéder à l’élaboration du document de la Plan national de développement sanitaire, et ce pour
se conformer aux engagements pris au niveau régional il y a quelques années déjà. Le but visé par
cette politique est de contribuer à l’amélioration de la Santé et du bien-être des populations du Bénin.
Le consultant a ainsi pour tâche principale l’élaboration du document de politique nationale de
Promotion de la Santé.
II. Activités
Le consultant aura pour principales tâches de :
1. Faire une large revue documentaire sur les actions de Promotion de la Santé menées dans le
monde, en Afrique et Bénin ;
5. Formuler les principes, les buts, les objectifs et les stratégies dans le document de politique
nationale de Promotion de la Santé ;
6. Proposer des stratégies, approches et méthodes à utiliser dans le cadre des interventions de
Promotion de la Santé en général dans le pays et particulièrement en ce qui concerne, entre
autres :
7. Proposer les mécanismes de coordination et les axes de collaboration entre les multiples
acteurs développant des activités de Promotion de la Santé ;
8. Proposer les mécanismes de participation des secteurs publics autres que la santé (tels que
l’éducation, l’agriculture, les finances, les affaires sociales, la jeunesse, etc.), de la société
civile, des ONG et du secteur privé dans l’appui fourni au public et aux communautés pour la
planification, la mise en œuvre et l’évaluation de la Politique nationale de Promotion de la
Santé ;
9. Proposer dans le document de politique, le niveau de responsabilisation de la communauté
dans le cadre de la participation des bénéficiaires à la conception, l’exécution et l’évaluation 32
des actions de Promotion de la Santé en vue de son appropriation.
PROMOTION DE LA SANTE
La Promotion de la Santé a pour but de donner aux individus davantage de maîtrise de leur propre
santé et davantage de moyens de l'améliorer. Pour parvenir à un état de complet bien-être physique,
mental et social, l'individu ou le groupe, doit pouvoir identifier et réaliser ses ambitions, satisfaire ses
besoins et évoluer avec son milieu ou s'y adapter. La santé est donc perçue comme une ressource de
la vie quotidienne, et non comme le but de la vie; c'est un concept positif mettant l'accent sur les
ressources sociales et personnelles, et sur les capacités physiques. La Promotion de la Santé ne relève
donc pas seulement du secteur de la santé : elle ne se borne pas seulement à préconiser l'adoption de
modes de vie qui favorisent la bonne santé ; son ambition est le bien-être complet de l'individu.
La politique de Promotion de la Santé suppose que l'on identifie les obstacles à l'adoption de politiques
pour la santé dans les secteurs non sanitaires, et les moyens de surmonter ces obstacles.
Le but doit être de faire en sorte que le choix le plus facile pour les responsables des politiques soit
aussi le choix le meilleur du point de vue de la santé.
L'évolution des modes de vie, de travail et de loisir doit être une source de santé pour la population, et
la façon dont la société organise le travail doit permettre de créer une société plus saine. La Promotion
de la Santé engendre des conditions de vie et de travail à la fois sûres, stimulantes, gratifiantes et
agréables.
L'évaluation systématique des effets sur la santé d'un environnement en évolution rapide - notamment
dans les domaines de la technologie, du travail, de l'énergie et de l'urbanisation – est indispensable et
doit être suivie d'une action garantissant le caractère positif de ces effets sur la santé du public. La
protection des milieux naturels et des espaces construits, ainsi que la conservation des ressources
naturelles, doivent être prises en compte dans toute stratégie de Promotion de la Santé. 39
Il est crucial de permettre aux gens d'apprendre à faire face à tous les stades de leur vie et à se
préparer à affronter les traumatismes et les maladies chroniques. Ce travail doit être facilité dans le
cadre scolaire, familial, professionnel et communautaire et une action doit être menée par
l'intermédiaire des organismes éducatifs, professionnels, commerciaux et bénévoles et dans les
institutions elles-mêmes.
Par delà son mandat qui consiste à offrir des services cliniques et curatifs, le secteur de la santé doit
s'orienter de plus en plus dans le sens de la Promotion de la Santé. Les services de santé doivent se
doter d'un mandat plus vaste, moins rigide et plus respectueux des besoins culturels, qui les amène à
soutenir les individus et les groupes dans leur recherche d'une vie plus saine et qui ouvre la voie à une
conception élargie de la santé, en faisant intervenir, à côté du secteur de la santé proprement dit,
d'autres composantes de caractère social, politique, économique et environnemental. La réorientation
des services de santé exige également une attention accrue l'égard de la recherche, ainsi que des
changements dans l'enseignement et la formation des professionnels. Il faut que cela fasse évaluer
l'attitude et l'organisation des services de santé, en les recentrant sur la totalité des besoins de l'individu
considérés dans son intégralité.
L'altruisme, la vision globale et l'écologie fondent les stratégies de Promotion de la Santé. Les auteurs
de ces stratégies doivent donc partir du principe qu'à tous les niveaux de la planification, de la mise en
œuvre et de l'évaluation de la Promotion de la Santé, tous les partenaires, hommes ou femmes, doivent
être considérés comme égaux.
Les participants à la Conférence prient instamment toutes les personnes intéressées de se joindre à
eux dans leur engagement en faveur d'une puissante alliance pour la santé.
Les participants à la Conférence sont fermement convaincus que, si les gens de tous milieux, les
organisations non gouvernementales et bénévoles, les gouvernements, l'Organisation mondiale de la
Santé et tous les autres organismes concernés s'unissent pour lancer des stratégies de Promotion de la
Santé conformes aux valeurs morales et sociales dont s'inspire cette CHARTE, la Santé pour tous d'ici
l'an 2000 deviendra réalité.
Annexe 8. La charte de Bangkok pour la Promotion de la Santé à l’heure de la mondialisation
41
INTRODUCTION
Champ La Charte de Bangkok définit les mesures et les engagements nécessaires pour agir sur les
déterminants de la santé par la Promotion de la Santé à l’heure de la mondialisation.
Objet La Charte de Bangkok stipule que les politiques et les partenariats destinés à donner aux
communautés les moyens d’agir et à améliorer la santé et l’égalité en matière de santé devraient être
au centre du développement national et mondial.
La Charte de Bangkok reprend et complète les valeurs, principes et stratégies d’action établis par la
Charte d’Ottawa pour la Promotion de la Santé et les recommandations des conférences ultérieures sur
la Promotion de la Santé dans le monde confirmées par les Etats Membres à travers l’Assemblée
mondiale de la Santé.
Public visé La Charte de Bangkok s’adresse à toutes les personnes, associations et organisations
essentielles à l’instauration de la santé, y compris :
- les gouvernements et les politiciens à tous les niveaux
- la société civile
- le secteur privé
- les organisations internationales, et
- la communauté de la santé publique.
Promotion de la Santé
L’Organisation des Nations Unies reconnaît que la possession du meilleur état de santé qu’il est
capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain sans discrimination.
La Promotion de la Santé repose sur ce droit de l’homme essentiel et offre un concept positif et complet
de santé comme déterminant de la qualité de la vie, qui recouvre également le bien-être mental et
spirituel.
Promouvoir la santé consiste à permettre aux gens de mieux maîtriser leur santé et les facteurs qui la
déterminent et par-là même d’améliorer leur santé. Il s’agit d’une fonction essentielle de la santé
publique qui contribue à la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles et contre
d’autres menaces pour la santé
Facteurs décisifs
Voici certains des facteurs décisifs qui ont désormais une incidence sur la santé :
- les inégalités croissantes à l’intérieur des pays et entre eux
- les nouveaux modes de consommation et de communication
- la commercialisation
- les changements environnementaux mondiaux, et
- l’urbanisation.
Autres défis
Les autres facteurs qui agissent sur la santé sont les bouleversements sociaux économiques et 42
démographiques rapides, souvent préjudiciables qui se répercutent sur les conditions de travail, les
conditions d’apprentissage, les structures familiales et la culture et le tissu social des communautés.
Les femmes et les hommes sont touchés différemment. La vulnérabilité des enfants et l’exclusion des
populations marginalisées, des personnes handicapées et des populations autochtones sont plus
prononcées.
Nouvelles possibilités
La mondialisation offre de nouvelles possibilités de coopération en vue d’améliorer la santé et de
réduire les risques sanitaires transnationaux pour la santé ; ces possibilités sont les suivantes :
- amélioration des technologies de l’information et de la communication, et
- amélioration des mécanismes de gouvernance mondiale et de mise en commun des
expériences.
Progrès accomplis
Des progrès ont eu lieu même s’il reste beaucoup à faire pour placer la santé au centre du
développement, par exemple à travers les objectifs du Millénaire pour le développement ; la
participation active de la société civile est essentielle au processus.
Mesures requises
Pour progresser dans la mise en œuvre de ces stratégies, tous les secteurs et milieux doivent s’efforcer
:
- de défendre la cause de la santé sur la base des droits de l’homme et de la solidarité
- d’investir dans des politiques, des mesures et des infrastructures durables pour agir sur les
déterminants de la santé
- de développer les capacités d’élaboration de politiques, de direction, de Promotion de la Santé,
de transfert de connaissances et de recherche et d’information en matière de santé
- de réglementer et de légiférer afin d’assurer un niveau élevé de protection et d’assurer l’égalité
des chances en matière de santé et de bien-être pour tous les individus
- d’établir des partenariats et des alliances avec le secteur public, le secteur privé, les
organisations non gouvernementales et internationales et la société civile afin de mettre en place 43
des actions durables.
Une approche intégrée au niveau des politiques générales au sein des organisations gouvernementales
et internationales, ainsi que la volonté de collaborer avec la société civile et le secteur privé et avec tous
les milieux, sont indispensables si l’on veut progresser et agir sur les déterminants de la santé.
Principaux engagements
Les quatre principaux engagements consistent à :
1. placer la Promotion de la Santé au centre de l’action mondiale en faveur du développement
2. faire de la Promotion de la Santé une responsabilité centrale de l’ensemble du secteur public
3. faire de la Promotion de la Santé un axe essentiel de l’action communautaire et de la société
civile
4. faire de la Promotion de la Santé une exigence de bonne pratique au niveau des entreprises.
La Promotion de la Santé doit faire partie intégrante de la politique intérieure et étrangère et des
relations internationales, y compris dans les situations de guerre et de conflit. Pour cela, il faudra
promouvoir le dialogue et la coopération entre les Etats, la société civile et le secteur privé. Ces efforts
peuvent s’inspirer de l’exemple des traités existants tels que la Convention-cadre de l’Organisation
mondiale de la Santé pour la lutte antitabac.
A cette fin, tous les échelons gouvernementaux doivent expliciter les conséquences pour la santé des
politiques et de la législation, en utilisant pour cela des outils tels que les études d’impact sanitaire
axées sur l’équité.
3. Faire de la Promotion de la Santé un axe essentiel de l’action communautaire et de la société
civile 44
Ce sont souvent les communautés et la société civile qui prennent l’initiative de l’action de Promotion de
la Santé, qui l’infléchissent et l’exécutent. Elles doivent pour cela disposer des droits, des ressources et
des possibilités qui leur permettent d’apporter une contribution élargie et durable. Dans les
communautés moins développées, le soutien au renforcement des capacités est particulièrement
important.
Des communautés bien organisées et plus autonomes jouent un rôle très efficace dans les décisions
relatives à leur propre santé et sont en mesure de rendre les pouvoirs publics et le secteur privé
responsables des conséquences sanitaires de leurs politiques et pratiques.
La société civile doit exercer son pouvoir sur le marché en donnant la préférence aux biens, aux
services et aux actions des entreprises qui font preuve de responsabilité sociale.
Les projets communautaires de terrain, les associations de la société civiles et les organisations de
femmes ont fait la preuve de leur efficacité en matière de Promotion de la Santé et offrent des modèles
de pratiques dont d’autres pourraient s’inspirer.
Les associations professionnelles dans le domaine de la santé ont une contribution spéciale à apporter.
4. Faire de la Promotion de la Santé une exigence de bonne pratique au niveau des entreprises
Les entreprises ont un impact direct sur la santé des gens et sur les déterminants de la santé par leur
influence sur :
- la situation locale
- les cultures nationales
- l’environnement, et
- la répartition des richesses.
Le secteur privé comme les autres employeurs et le secteur informel ont la responsabilité de garantir la
santé et la sécurité sur le lieu de travail et de promouvoir la santé et le bien-être de leurs employés et
ceux de leurs familles et de leurs communautés.
Le secteur privé peut également contribuer à atténuer les impacts plus larges sur la santé au niveau
mondial, notamment les conséquences des changements environnementaux mondiaux, en respectant
les réglementations et accords nationaux et internationaux de défense et de protection de la santé. Des
pratiques commerciales éthiques et responsables et le commerce équitable sont des exemples du type
de pratiques commerciales qui devraient être soutenues par les consommateurs et la société civile et
par les gouvernements au moyen d’incitations et de réglementations.
Appel à l’action
Les participants à la Conférence invitent instamment l’Organisation mondiale de la Santé et ses Etats
Membres, en collaboration avec des tiers, à allouer des ressources à la Promotion de la Santé, à établir
des plans d’action et à en suivre l’exécution au moyen d’indicateurs et de cibles appropriés, et à rendre
compte des progrès accomplis à intervalles réguliers. Les organisations des Nations Unies sont invitées
à étudier les avantages que pourrait apporter un traité mondial pour la santé.
Partenariat mondial
La Charte de Bangkok invite toutes les parties prenantes à rejoindre les rangs d’un partenariat mondial
destiné à promouvoir la santé et fondé sur l’engagement et l’action aux niveaux local et mondial.
11 août 2005
Note : La présente charte exprime l’avis collectif d’un groupe international d’experts participant à la
Sixième Conférence mondiale sur la Promotion de la Santé, Bangkok (Thaïlande), août 2005 et ne
correspond pas nécessairement aux décisions ou à la politique officielle de l’Organisation mondiale de
la Santé
Annexe 9. Liste des personnes rencontrées (évaluation des secteurs)
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N° Nom et Prénoms Fonction/Département Secteur
1 Dr Gandjèto-Guézodjè Eléonore Direction du développement des zones sanitaires Ministère de la Santé
2 M. Kpinsoton Gabriel Direction d’hygiène et de l’assainissement de base Ministère de la Santé
Chef service assainissement de base
3 Dr Marie Rose Nago Directeur national du programme élargi de Ministère de la Santé
vaccination et soins de santé primaires
4 Dr de Souza Amédé Programme National de Lutte contre le Sida Ministère de la Santé
Chef service de la prise en charge des cas
5 Dr Koussihouèdé Georges Direction de la santé familiale Ministère de la Santé
Chef service santé de la reproduction des
adolescents et jeunes
6 Dr Houngnihin Roch Programme national de la médecine traditionnelle Ministère de la Santé
Coordonnateur
7 M. Akpamonli DPP Ministère de la Santé
Directeur adjoint
8 Mme Johnson DRH Ministère de la Santé
Chef administration RH
9 Dr Houndjrèbo Armand DNPS Ministère de la Santé
10 Dr Dansi Germain PNLP Ministère de la Santé
Coordonnateur adjoint
11 Dr Agossadou Didier Programme lèpre et Buruli Ministère de la Santé
Coordonateur adjoint
12 M. Imorou Seïdou Mako Directeur général de l’urbanisme et de la réforme Ministère de l’Urbanisme, de l’habitat, de la réforme
foncière foncière et de la lutte contre l’érosion côtière
13 M. Ketchion Joseph Directeur de Cabinet Ministère de l’Urbanisme, de l’habitat, de la réforme
foncière et de la lutte contre l’érosion côtière
14 Mme Dassi Etiennette Direction de la politique, stratégies et normes Ministère de l’environnement et de la protection de la
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environnementales nature
Service de la réglementation, normes et standards
environnementaux
15 Mme Ichola Rihanath Olga Direction générale de l’environnement Ministère de l’environnement et de la protection de la
Projet grand écosystème marin du courant de Bénin nature
16 Mme Séphou Madina Conseiller technique à l’agriculture et à Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche
l’alimentation
17 M. Tokplo Pierre Claver Directeur général adjoint des investissements et du Ministère de la prospective, du développement et de
financement du développement l’évaluation de l’action publique
18 Mme Akpado Adimi Raliatou Directrice de la famille Ministère de la famille et de l’enfant
19 M. Ahouansè C Donatien Programme d’alimentation en eau potable Service Ministère des mines de l’énergie et de l’eau
hydraulique urbaine
20 M. Bahoundjè Yao Chef service du personnel et de la santé Assemblée Nationale
21 M. Kindoho Marcel Direction générale des travaux publics Ministère du transport et des travaux publics
Service évaluation environnementale et sociale
22 Mme Adda Cica Célestine Direction générale des travaux publics Ministère du transport et des travaux publics
Service évaluation environnementale et sociale
23 M. Wèkè Romain Centre national de sécurité routière Ministère du transport et des travaux publics
Chef service sécurité routière
24 M. Hounhouigan Joseph Direction de la recherche Ministère de l’enseignement supérieur et de la
Directeur national recherche scientifique
25 M. Hossou Célestin Direction du budget Ministère des finances
Directeur de l’exécution du budget
26 M. Joy Didier PADME Ministère de la micro-finance
Directeur intérimaire
27 Mme Aguessy Colette Cabinet du Ministre Ministère de la Réforme Administrative et des
Secrétaire général du ministère Institutions de l’Etat
28 M. Awaya Serge Régie des projets Ministère du commerce
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Chef de la régie
29 Mme Adégnika Claire Annick Direction des ressources humaines Ministère de la communication
Directrice
30 Mlle do Régo Sylvie Cabinet du ministre Ministère de la jeunesse, sports et loisirs
Directrice adjointe du cabinet
31 M. Boya C. Eugène Direction générale de la police nationale Ministère de l’intérieur et de la sécurité publique
Directeur général
32 M. Badirou Ali Service du suivi et de l’évaluation Ministère de l’enseignement maternel et primaire
Chef service
33 M. Mikodé Denis Direction Nationale de l’Alimentation et de la Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche
Nutrition Appliquée
Directeur