Resorption de L'habitat Precaire Dans L'agglomeration de Annaba (Algerie) .
Resorption de L'habitat Precaire Dans L'agglomeration de Annaba (Algerie) .
N : dordre :.
Srie :.
THESE
POUR LOBTENTION DU DIPLOME DE
DOCTORAT ES-SCIENCES
OPTION :
URBANISME
Prsent par :
CHAHRAZED
SERRAB - MOUSSANNEF
Sous le titre :
RESORPTION DE LHABITAT PRECAIRE DANS
LAGGLOMERATION DE ANNABA (ALGERIE).
INTEGRATION OU EPREUVE DE LEXCLUSION ?
Remerciements
Cest avec beaucoup de respect que mes remerciements sadressent en priorit vers mon directeur de
recherche,
Monsieur Mohamed El Hadi Larouk.
Je tiens vous tmoigner ma gratitude et ma reconnaissance pour avoir encadr ma thse.
La qualit de vos conseils scientifiques, a t la source de ma persvrance et de ma dfrence pour
ce travail de recherche qui constitue pour moi un tournent dcisif dans ma vie professionnelle.
Puisse votre ascendance sur mes recherches me faire marcher sur vos pas.
Je remercie aussi toute ma famille qui dun amour continu, a su me tmoigner son affection.
Lpoque trouble qui a prcd lachvement du travail, a t rendue plus lgre par laide trs active
de mon mari.
Merci aux proches et tous les amis qui ont su supporter mon indisponibilit ces derniers mois et qui
ont fait preuve de comprhension et de patience.
A tous ceux dont jai crois le chemin et qui dun sourire ou dun mot gentil, ont su mencourager.
A tous les intervenants de cette thse, pour mavoir ouvert leur fonds documentaires avec autant de
conviction et pour leurs conseils dcisifs, et qui, par leur prestance et modestie, ont attis mes
ambitions dans la recherche.
Et pour finir, tous ceux qui ont cru malgr mes dngations, que ce travail pourrait amliorer leurs
conditions de vie, je ddie ces pages. Ce sont eux qui donnent tout leur sens aux enqutes, les
remerciements que je leur adresse se doublent despoirs de voir leur droit la ville pris en compte.
Aux enfants des quartiers de Sidi Salem et de Mhaffeur et dailleurs qui avec leurs rires candides et
leurs lueurs tincelantes dans les yeux, ont allum en moi, jamais, un feu despoir.
Remerciements
Cest avec beaucoup de respect que mes remerciements sadressent en priorit vers mon directeur de
recherche,
Monsieur Mohamed El Hadi Larouk.
Je tiens vous tmoigner ma gratitude et ma reconnaissance pour avoir accept dencadrer ma thse.
La qualit de vos conseils scientifiques, a t la source de ma persvrance et de ma dfrence pour
ce travail de recherche qui constitue pour moi un tournent dcisif dans ma vie professionnelle.
Puisse votre ascendance sur mes recherches me faire marcher sur vos pas.
Je remercie aussi toute ma famille qui dun amour continu, a su me tmoigner son affection.
Lpoque trouble qui a prcd lachvement du travail, a t rendue plus lgre par laide trs active
de mon mari.
Aux proches qui ont su supporter mon indisponibilit et qui mont aussi support ces derniers mois.
Merci tous les amis qui ont fait preuve de comprhension et de patience.
A tous ceux dont jai crois le chemin et qui dun sourire ou dun mot gentil, ont su mencourager.
A tous les intervenants de cette thse, pour mavoir ouvert leur fonds documentaires avec autant de
conviction et pour leurs conseils dcisifs. Et qui, par leur prestance et modestie, ont attis mes
ambitions dans la recherche.
Et pour finir, tous ceux qui ont cru malgr mes dngations, que ce travail pourrait amliorer leurs
conditions de vie, je ddie ces pages. Ce sont eux qui donnent tout leur sens aux enqutes, les
remerciements que je leur adresse se doublent despoirs de voir leur droit la ville pris en compte.
Aux enfants des quartiers de Sidi Salem et de Mhaffeur et dailleurs qui avec leurs rires candides et
leurs lueurs tincelantes dans les yeux, ont allum en moi, jamais, un feu despoir.
REMERCIEMENTS ....I
SOMMAIRE.II
LISTE DES CARTES ET FIGURES..III
LISTE DES PHOTOS.... IV
LISTE DES TABLEAUX......V
INTRODUCTION GENERALE...01
PREMIRE PARTIE PROBLEMATIQUE DE LHABITAT PRECAIRE, ECHELLE
ET PARAMETRES DE REFERENCE .
Introduction...13
CHAPITRE I : DES DESEQUILIBRES URBAINS GENERATEURS DE
DYSFONCTIONNEMENTS
Introduction...15
1. Problmatique gnrale de lhabitat prcaire18
2.Extension de lhabitat prcaire : la mondialisation de la prcarit
2.1. Lautonomisation de la ville vis--vis de ltat
2.2. Lengendrement de la ville. ..20
3. Dbat international21
3.1. La question du logement dans le dbat international.....22
3.2. La progression de lhabitat prcaire et la monte de la pauvret urbaine dans les
villes du Sud ..23
3.2.1. En Algrie : une situation sociale et conomique en transition...
3.2.2. Les pauvres, comment les dfinir? .24
3.2.3. La conceptualisation et la mesure de la pauvret urbaine..25
3 .3. Lexclusion, un phnomne aux multiples facettes..27
3. 4. Le secteur informel...27
3.5. Marginalit ou marginalisation ? ..29
4. Mondialisation de la question de lhabitat prcaire..31
4.1. Stigmatisation de lhabitat prcaire
4.2. Analogie avec les bidonvilles : deux cas occidentaux de sgrgation urbaine..32
4.2.1. Une sgrgation raciale exacerbe : Les ghettos des noirs
amricains.33
4.2.2. Le modle franais de la cit HLM compare aux bidonvilles.
4.3. Des bidonvilles mondialiss et amnags et des bidonvillois actifs35
4.3.1. La participation communautaire des bidonvillois 36
4.3.2.Les rseaux de solidarit locales
Conclusion37
CHAPITRE II : LA PRECARITE DANS LE BATI URBAIN : ESSAI
DAPPROCHE ..
Introduction ..41
1. La problmatique de lhabitat prcaire.
1.1. Linsalubrit : une idologie hyginiste..42
2. La prcarit : un concept ambigu et difficile dfinir .44
2.1. La notion dinsalubrit ...45
2.2. Prcarit : un terme utilis en Algrie ... 46
2.3. Lgitimit et efficience de la dfinition de la prcarit..
2.4. Le monde arabe en gnral et lAlgrie en particulier pourrait passer dune
prcarit de type A une prcarit de type B..51
2.5. Vers des approches plus approfondies de la prcarit dans le bti urbain. 52
3. Les invariants de lhabitat prcaire : Recherche dune terminologie opratoire..53
Conclusion62
CHAPITRE III: EVOLUTION ET ENJEUX DE LA CRISE DE LHABITAT EN
ALGERIE .
Introduction ..65
1. Une situation sociale et conomique en transition66
1.1.Une extraversion croissante... 67
2- Des dsquilibres rcurrents.68
2.1. Les contours de la pauvret en Algrie 70
2.2. Indice synthtique du logement : un problme lchelle du pays.....72
2.2.1. La recherche urbaine et lautogestion de la pauvret..73
2.2.2 Une ncessaire rflexion sur la dcentralisation relle ?.....................74
CARTE
TITRE
PAGE
CHAPITRE V
Carte n 1
Carte n 2
Carte n 3
112
129
CHAPITRE VI
155
CHAPITRE VII
Carte n 4
Carte n5
Carte n6
Carte n 7
Carte n 8
Carte n 9
174
178
CHAPITRE IX
225
227
228
FIGURE
TITRE
PAGE
CHAPITRE VII
Fig n 1
Fig n 2
Fig n3
Fig n 4
Le Plan Type
Plan de situation du quartier de Sidi Salem
Plan de lotissement de Sidi Salem
Les principales modifications dtournement du plan type .
Fig n 5
171
174
180
184
CHAPITRE VIII
213
CHAPITRE IX
Fig n 7
Fig n 8
239
242
FIGURE
TITRE
PAGE
CHAPITRE VII
Photo n 1
Photo n 2
Photo n 3
Photo n 4
Photo n 5
Photo n 6
Photo n 7
Photo n 8
Photo n 9
Photo n 10
Photo n 11
Photo n 12
Photo n 13
185
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186
186
187
187
188
188
189
189
191
194
194
CHAPITRE VIII
Photo n 14
Photo n 15
Photo n 16
Photo n 17
202
202
209
209
CHAPITRE IX
Photo n 18
Photo n 19
Photo n 20
Photo n 21
Photo n 22
Photo n 23
Photo n 24
Photo n 25
Photo n 26
Photo n 27
223
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234
234
238
238
238
238
240
240
FIGURE
TITRE
Tableau n 1
PAGE
CHAPITRE I
50
CHAPITRE III
Tableau n 2
81
CHAPITRE V
Tableau n 3
Tableau n 8
Tableau n 9
Tableau n10
Tableau n4
Tableau n 5
Tableau n 6
Tableau n 7
114
118
119
128
130
130
CHAPITRE VII
169
179
CHAPITRE VIII
Tableau n 11
Tableau n 12
Tableau n13
200
207
207
CHAPITRE IX
Tableau n14
230
INTRODUCTION GENERALE
Introduction gnrale
1-INTRODUCTION THEMATIQUE
Les annes 1990 marquent certainement un tournant dans l'conomie des pays en
dveloppement, avec une recrudescence de l'inflation dans divers secteurs de l'conomie et de
la socit. Amorce d'une rupture globale dans la vie conomique, ce point d'inflexion met
cruellement en vidence la vulnrabilit de ces conomies dpendantes pour la plupart.
L'urbanisation des pays du sud
Dimportants flux migratoires ont t enregistrs au profit des centres urbains. La plupart des
projections dmographiques annoncent que les effectifs de population urbaine vont tre de
plus en plus importants au point que plus de 80 % de la population sera appele vivre dans
les villes en l'an 2025 (Rochefort M, 2000, p 38). La premire composante de cette
urbanisation est une croissance naturelle de la population qui se stabilise autour de 3%, la
seconde se traduit par un transfert des populations rurales qui accentue annuellement la
croissance des villes de prs de 1.5%. Ces intensits jumeles, selon le mme auteur, laissent
esprer un doublement de la population urbaine sur un intervalle de 14 ans et donnent la
pleine mesure des enjeux et des dfis qui se posent.
Ainsi, la croissance urbaine en Algrie, continuera d'tre une proccupation majeure de ce
dbut du sicle, en raison du niveau qu'elle atteint, mais surtout en raison des modifications de
structure qu'elle induit. La rpartition spatiale de la population maintiendra un contraste
saisissant entre, d'une part, des milieux ruraux qui continuent d'abriter une part importante de
la population et, d'autre part, une urbanisation qui subit le poids des grands centres urbains.
Cette situation suppose donc un ajustement et une adaptation des secteurs de l'conomie la
vitesse d'volution et vise prvenir, voire enrayer, par un surcrot de performances, les
dsquilibres tendant dtriorer la qualit de la vie et instaurer la pauvret.
Parmi les ressources qui se prtent cette dynamique urbaine, lhabitat apparat comme un
secteur prioritaire d'insertion urbaine, le domaine partir duquel toute autre forme d'insertion
peut tre tente. En ce sens, il constitue un indicateur la fois conomique et dmographique,
mais un indicateur parfois difficile quantifier parce que surdimensionn.
Quelles que soient les motivations exprimes, le logement apparat donc comme un domaine
d'actualisation essentiel au dveloppement et l'accomplissement de l'individu qui dveloppe,
pour y accder, des stratgies diverses. Les stratgies de rsolution de ce besoin se dploient
1
Introduction gnrale
en options multiples qui vont de l'acquisition d'un logement cl-en-main lhabitat prcaire
en passant par la location ou par un statut d'hberg.
Lhabitat prcaire se veut, galement, une situation d'attente qui se manifeste par l'occupation
de fait d'un emplacement avec l'espoir d'accder plus tard au logement par des voies
autorises, soit par la prcarit des constructions due leffet du temps ou bien par un
processus de rgularisation confirmant l'implantation antrieure. Qualifies tort ou raison
de pratiques marginales, ces occupations ne doivent pas uniquement tre perues comme des
pratiques usites par des catgories de populations. Elles sont devenues aussi des ralits
perceptibles du fait d'un habitat physionomie particulire qui en est rsult et dont les
dnominations varient avec le temps et les sensibilits. Lhabitat prcaire revt une existence
patente dans les priphries et mme dans les centres urbains des villes algriennes.
Dans la wilaya de Annaba, il subsiste encore plus dune dizaine de sites prcaires rpartis un
peu partout dans l'espace urbain. Les uns forment des quartiers bien dlimits, d'autres
forment des poches d'habitation insres dans les interstices de la ville rgulire et, enfin, une
troisime catgorie se prsente comme quartiers anciens. Mais les difficults dapprhender
lhabitat prcaire et de dfinir ses mandres tiennent surtout la dissension des contextes
conomiques, sociaux, culturels et de facteurs environnementaux. Elles sont galement lies
aux perceptions souvent diffrentes de la prcarit par ceux qui la vivent et ceux qui
lvaluent de lextrieur.
La ville est en effet compose dun ensemble de quartiers et il existe de profondes interactions
zonales et fonctionnelles entre ces quartiers. Le dnuement conomique, social et
environnemental qui caractrise les quartiers prcaires, constitue un facteur de dsquilibre
qui tend rejaillir sur lensemble de lagglomration. La prsence de quartiers prcaires au
centre ou la priphrie aurait tendance compromettre le potentiel global de comptitivit
de la ville en modifiant la structure de lemploi, de la croissance et de linvestissement dans
les autres quartiers. Les retombes sont difficiles quantifier mais qui engendrent un certain
nombre de cots directs et indirects.
Cette situation hybride attire l'attention sur le fait que le changement n'est pas toujours
synonyme de russite et qu'une politique de rsorption reste au centre d'arbitrages sur des
choix de socits qui s'influencent fortement. Ds lors, naissent et se confrontent des
stratgies qui tirent leurs forces et leur raison d'tre de la coexistence d'une double rationalit :
Introduction gnrale
oprations damnagement destines exclusivement la rsorption des bidonvilles, travers
une conception hyginiste normative plus motive par la ralisation d'un idal de confort et
une vision traditionnelle plus soucieuse de soulager des besoins de base dans des oprations
de restructuration totale avec une tentative de rgularisation foncire, pour aboutir, ensuite
des oprations dites intgres.
2-PROBLEMATIQUE
Cette problmatique est, en fait, dans la continuit du self- help et de la politique de fourniture
des sites et services, dont on ne peut nier le tournant apport par les travaux de J.Turner
(1962). Ce tournant radical a, plus dun niveau conduit un nouveau regard port sur
lhabitat prcaire dbouchant ainsi sur une reconnaissance globale des initiatives prives dans
le secteur informel, travers une action collective impliquant, partenariat, ngociation, et
intgration.
Nous entendons par intgration , un double processus :
-Le processus dhomognisation physique de lespace intgrer avec lespace de rfrence.
Ce processus se ralise objectivement par lopration de durcification et consquemment
toutes les dynamiques organisationnelles en perptuelle rgulation et ajustement avec comme
toile de fond, la construction de systmes sociaux, leur action de transformation, dadaptation
et ractions aux transformations.
Cette dlimitation est un prlude dinterrogations qui constituent lossature de cette thse, et
qui a t formul selon une perspective visant expliquer comment seffectue lintervention
institutionnelle quelle logique rpond-elle ? Quels sont les facteurs prendre en compte
pour mieux valuer le passage dune situation une autre et les mutations socio- spatiales qui
laccompagnent ? Do la ncessit de considrer les logiques multiples et contradictoires que
les oprations de rsorption mettent en scne.
Pour illustrer cette dynamique, notre problmatique sarticule autour de lidentification des
contraintes du modle dintgration choisi, qui dfaut de privilgier la relation entre la
population et le logement pourrait se considrer comme facteur lorigine de lexclusion
dans la mesure o
Introduction gnrale
Lhypothse principale dans cette recherche, nonce quil existe une discordance, un conflit
entre les intentions des concepteurs initiateurs des programmes et lusage. Ces oprations
apparaissent sous leur idal que revt lalternative dune conception partage, entre
production publique fonde sur les normes minimales, et appropriation par les habitants de
leur cadre de vie et de la structuration familiale. Quon est- il des nouvelles valeurs de
lisibilit face aux exigences dusage ? Comment de plus ces programmes, peuvent-ils
participer au processus de valorisation et de reconnaissance individuelle ?
Plusieurs interrogations analytiques sous tendent cette hypothse gnrale. Dans notre cas,
cela implique la recherche dans les diffrents mcanismes sous- adjacents aux difficults
dintgration qui trouvent leur source dans un ensemble dhypothses qui remettent au centre
de la rflexion sur les pratiques de la rsorption de lhabitat prcaire, qui se situent trois
niveaux : -dlgitimer des projets de rgulation exprimentaux gnrateurs de conflits et
dinadaptation, - effectuer un diagnostic participatif partir de lidentification des acteurs afin
dencadrer les potentialits et de prciser la demande sociale, - reconnatre au niveau
institutionnel un rle stratgique dans la rgulation et lui donner les moyens ncessaires sa
mission de matre douvrage.
A la lumire de la problmatique ainsi dessine, le travail de recherche devrait aider
atteindre un certain nombre d'objectifs plus ou moins complmentaires rpertoris comme
suit.
3-LES OBJECTIFS DE LETUDE
En plus d'adopter une dmarche qui s'insre dans une analyse de la dynamique d'volution des
villes du Sud et plus particulirement de lhabitat prcaire.
Il sagira de restituer la varit de ces diffrentes formes dintervention non pas, en tant
quaddition dinterventions isoles et prises sparment, mais dans leurs relations
contradictoires et les enjeux quils sous tendent. Quil sagisse de la socit les habitants de
ces quartiers , ou pour les acteurs officiels intervenant dans le champs du logement et de
lurbanisme.
Ainsi, ce travail propose une approche originale du relogement qui s'articule principalement
autour des concepts dialectiques et interdpendants d'intgration et dexclusion. Il se
dmarque des modles thoriques les plus gnralement utiliss qui s'appuient uniquement sur
les notions dappauvrissement.
Introduction gnrale
Nanmoins, les acquis de cette thse pourraient tre utiliss enrichir les stratgies de lutte
contre la pauvret en milieu urbain en insistant, plus particulirement, sur les aspects lis
l'habitat et sur la ncessit de satisfaire les besoins de logement. Du fait de la place importante
qu'occupent les dpenses affrentes dans le budget des mnages, la rsolution des problmes
de logement pourrait constituer une conomie apprciable pour les mnages urbains, une
opportunit d'amliorer leurs conditions d'existence et une forme de rduction des ingalits.
Cette rduction pourrait, selon toute vraisemblance, tre prise en charge dans le cadre
d'oprations de rsorption des quartiers d'habitat prcaire dont une des finalits est
l'amlioration du cadre de vie urbain.
Par ailleurs, cette tude exhortera promouvoir une meilleure intgration de l'individu en
milieu urbain, travers un combat contre l'exclusion et la marginalisation et par l'instauration
d'une vision plus humanisante de la ville qui favorise une participation consciente des
populations au dveloppement social, politique et conomique et une plus grande loyaut vis-vis des politiques dfinies par les pouvoirs publics.
La dmarche globale qui fonde l'orientation de cette recherche est donne dans la
mthodologie qui suit. On y retrouvera le modle d'analyse qui sera approfondi au fur et
mesure ainsi que le mode de collecte de donnes.
4-METHODOLOGIE
Il fallait ds lors mettre en vidence lambivalence des objectifs atteindre et de comprendre
galement les effets produits par ce type de
Introduction gnrale
Le contexte dans lequel nat cette problmatique rsulte de la conjonction dune croissance
urbaine expansionniste et une croissance dmographique acclre faisant surgir
un
dsquilibre dans l'allocation des ressources dont la manifestation la plus visible serait
l'apparition le dveloppement de lhabitat prcaire.
Cette tude cherche galement amorcer une rflexion thorique en essayant de replacer le
champ de lhabitat prcaire dans le sillage des grands courants de pense qui ont tent de
rationaliser l'action humaine. Elle cherche donc recentrer les tudes de lhabitat prcaire qui
se sont beaucoup exerc dcrire les phnomnes dexclusion et, par ce fait, ont russi
accumuler un corpus apprciable qui mriterait d'tre revisit pour en tirer la substance
thorique permettant de modliser l'action.
Ensuite, nous tenterons, dans l'tude du secteur de la production de logements, de mieux
comprendre les stratgies mises en place cette fin ,les
comprhension de la dynamique de vie urbaine. Et de saisir les facteurs qui limitent l'accs au
logement par suite d'une offre dficiente (pnurie). Dans ce cas, le march peut ragir et
instaurer des situations d'attente qui, de toutes faons, sont auto-rgulatrices. Les systmes
alternatifs (informels, prcaires entre autres) nous font penser que les exclus crent leur
propre systme de march en marge de l'existant, en somme un march parallle qui procde
par contournement (voire une dviation vis--vis) du systme tabli en cas d'incapacit
satisfaire aux filires.
Cette dernire constituerait le prtexte une analyse plus gnrale tant entendu quune
meilleure comprhension ce niveau pourrait avoir une incidence sur la conception de
solutions ncessaires la satisfaction de ces mmes besoins.
Dans le droit fil de cet tat des lieux, plusieurs villes pourraient simposer comme cadre de
dtude. Cependant notre choix sest port sur la wilaya de Annaba. Cette dernire de par son
statut de mtropole, les infrastructures de base denvergure, les quipements et autres services
stratgiques, une base industrielle de grande importance, sont autant datouts qui lont
propulse un rle rgional de dveloppement. Mais comme chaque mdaille un revers
Introduction gnrale
Cette croissance saccompagne de mutations profondes dont une des manifestations les plus
mal matrises est lhabitat prcaire qui demeure une plaie bante.
La dmarche adopte devait procder un inventaire des quartiers prcaires Annaba et
dvelopper une analyse socio-conomique de la ralit dans laquelle ils voluent.
Il sagit de mettre en vidence lambivalence des objectifs atteindre et de comprendre
galement les effets produits par ce type de programme urbain et voir de quelle manire ils
peuvent renforcer la prcarit des conditions de vie et de la situation rsidentielle des
populations concernes et les pousser recourir des mcanismes de dfense qui tendent
assurer leur intgration en milieu urbain. Cette approche nous semble pouvoir contribuer et
permettre, lexploration dau moins une grande orientation de recherche savoir laction et la
matrise sociale de lintervention dans lhabitat prcaire.
Nous pensons qu'en remontant les interventions
arriverions reconstituer identifier les diffrentes motivations qui animent ces pratiques, Pour
des raisons pratiques, nous avons choisi de privilgier le lieu des oprations comme cadre
d'analyse. Quant aux acteurs, l'analyse devrait nous amener identifier les diverses catgories
populaires impliques, et/ou les structures du pouvoir local, et de l'autre cot vrifier
l'implication des professionnels de l'urbanisme dans la production de pratiques de rsorption.
Ensuite, il a t retenu dtudier deux quartiers qui se prtaient le mieux ce double dbat :
en premier lieu, un quartier de bidonville qui a fait lobjet daction de rsorption (Sidi Salem).
L'tude prconisera galement l'inscription du quartier de Bni Mhaffeur dans le programme
global de restructuration en plaidant pour une extension de la politique de rsorption,
notamment en termes de rgularisation foncire entreprise dans certains quartiers spontans.
La mise en pratique de ces oprations aurait pour effet de stabiliser psychologiquement les
populations rsidentes et de les mettre dans les conditions de jouer un rle conomique et
social plus dterminant.
Enfin, il importe notre avis de considrer le quartier de Sidi Salem comme un vaste champ
exprimental : considrer lvolution de la production publique et celle des pratiques
habitantes, dans leur interactivit (la norme prcde lusage). Nous pensions aussi considrer
par lobservation et par consquent russir capter la cration de lespace en cours de
fabrication travers dix annes dappropriation, la valorisation dune reprsentation
Introduction gnrale
institutionnalie et superpose, la contrainte et la permissivit des planstypes et les
glissements de sens qui sen suivent.
En concentrant notre analyse sur le quartier Beni Mhaffeur galement, l'tude prconisera
l'inscription du quartier dans le programme global de restructuration De manire gnrale, il
tait question dune part doprations qui apportent, des sites illicites durcifis, lessentiel
des infrastructures et des quipements qui leur font dfaut (o lusage devance la norme ). La
proposition se justifierait d'autant plus que ce quartier spontan joue un rle de plus en plus
stratgique lchelle urbaine de par limportance de sa population et suscite de multiples
formes dintervention des acteurs publics ayant fait lobjet dune phase dactions ponctuelles
et en raison de la rputation lie sa complexit.
Il nous faut souligner que les deux quartiers comme tude de cas de quartiers prcaires
configuration varie, reprsentent ainsi pour nous un champ dobservation privilgi dont
lobjectif tait de comparer les stratgies et de tester certaines des conclusions tires de la
recherche effectue, quil sagisse de la partition du parcellaire, de la valorisation, de la
recherche demploi et permettent aussi de comprendre les quartiers en dveloppement comme
des systmes de rseaux. Cette approche est centrale dans lapprhension des positionnements
sociaux, des relations inter quartiers, des modes de dpendance et/ou de solidarit, car cest de
ces divers modes dinscription dans les quartiers que dcoule en grande partie lapprentissage
des rgles urbaines et urbanistiques.
Cependant, avec le contexte de rsorption perle qui a prvalu durant la priode de recherche
partir de 1998, les enjeux et jeux de positionnement et de dysfonctionnement dans lesquels
taient impliqus ces quartiers, quelques difficults de sensibilisation ont t rencontres
prosaquement sur sa porte strictement pdagogique. En consquence, nous
tenons
rappeler que les enqutes, la sensibilisation se sont droules sans difficults dautant plus que
les habitants de ces quartiers taient moins rticents aux enqutes et suffisamment enclins la
collaboration.
Introduction gnrale
Les donnes utilises
Elles proviennent principalement de diffrentes sources, dont entre autres, le recensement
gnral de la population et de l'habitat
"physionomie" de ces quartiers. Quant aux donnes relatives l'volution des niveaux de
revenus, aux modles de consommation et au statut foncier nous ont aid dans l'analyse des
problmes d'accs aux ressources. Les enqutes de terrain ont t ralises pour permettre de
disposer dlments d'apprciation plus complets de la situation sociale qui prvalait dans ces
quartiers.
Les mthodes de collecte ont consist en lexploitation pralable de la situation foncire,
ladministration dun questionnaire auprs des mnages et le recours des entretiens avec les
notabilits et avec des personnes-ressources. Avant le dmarrage des oprations de collecte,
une reconnaissance du site a t faite avec un double objectif :
-Observer ltat physique du bti, les conditions de son occupation, la configuration et
l'organisation socio-spatiale du quartier.
-Observer le comportement des acteurs urbains par le suivi des quipes de techniciens des
services de l'urbanisme et de lAPC dans des quartiers en voie de rgularisation, pour tayer
davantage notre perception et pour apprhender les formes d'interaction qui s'instaurent entre
ces acteurs publics et les acteurs populaires.
Les donnes cadastrales : Ltude de la situation foncire, pour collecter les informations
concernant les titres privs ont permis de vrifier dans les registres de la conservation
foncire pour retracer leur volution depuis leur transformation en titre priv. Ces
informations recueillies devaient tre confrontes avec les dclarations des dlgus du
quartier. Un va-et-vient permanent a t ainsi engag pour expliquer ou justifier les oprations
ayant abouti la situation foncire trouve.
9
Introduction gnrale
Concernant linterview de personnes-ressources : outre les notables du quartier, des
entretiens ont t raliss avec des responsables de la direction de lurbanisme, le directeur de
lOPGI, le directeur de lAgence Foncire, le vice prsident de lAPC de Annaba, des
directeurs de banques,etc Les entretiens ont port sur divers aspects de la politique urbaine
et de lhabitat.
Lenqute-mnage visait un double objectif. Dabord, il s'agissait de complter et dactualiser
les donnes issues du recensement gnral par des informations portant sur les
caractristiques socio-dmographiques des habitants du quartier et sur le statut foncier de la
parcelle habite. Ensuite, il s'avrait indispensable de disposer d'lments d'apprciation sur le
budget et sur le niveau de consommation des mnages rsidants en vue de mesurer leur
capacit de mobilisation financire et, par l, leur degr d'accessibilit une proprit du
logement sur le march actuel, compte tenu des formules disponibles et aux conditions
actuelles de financement.
Le questionnaire administr est une version amliore de celui qui a t utilis dans le
Magister (Moussannef, 2001), et du questionnaire tabli par la Banque Mondiale, auquel il a
t ajout des questions relatives au statut rsidentiel, une section relative la situation
foncire et, enfin, une partie portant sur les cots de construction. La stratgie de collecte a
consist administrer d'abord le questionnaire aux dlgus de quartier pour leur permettre de
prendre connaissance des informations recherches et de se sentir l'aise pour introduire, en
cas de besoin, les enquteurs auprs des habitants. Dans un premier temps, le chercheur
s'adresse au dlgu en prsence des enquteurs affects la zone concerne. Ensuite, il est
demand ce dlgu d'indiquer aux enquteurs les limites de leur espace de comptences" et
d'introduire celui-ci auprs des personnes rticentes.
L'objectif tait d'arriver toucher au moins le quart de la population. Pour ce faire, un saut de
3 logements devait tre respect par lenquteur chaque fois quun questionnaire avait t
rempli dans un logement. Ainsi, avec un logement enqut sur quatre, un chantillon de
quarante enregistrements a pu tre constitu. Les rsultats obtenus ont largement servi
lanalyse de la partie pratique.
10
Introduction gnrale
5-LES CONTRAINTES DE LA THESE
Les obstacles sont inhrents toute recherche universitaire. Ils constituent le lot quotidien, si
l'on peut dire, de l'tudiant mais ceux-ci peuvent tre grs, une fois insrs dans un calendrier
de
recherche,
au
travers d'une
mthodologie
souple
qui
puisse
les
dpasser.
Cependant, nous formulons deux regrets quil nest pas vain de rappeler :
- La premire difficult dont notre recherche eut souffrir est lie du fait que les constats les
plus mens en terme de travaux de recherche , rflexions , valuations et mouvements de
sensibilisation autour de la question de la rsorption de lhabitat prcaire en Algrie ,
connaissent une avance plus que timide et les tudes sintressant plus spcifiquement aux
effets des projets et politiques de rsorption de lhabitat prcaire tmoignent entre autres
dune lenteur intgrer des ides , des analyses et des faits demeurant
encore peu
documents..
- A lpreuve, on a galement pu constater , que la connaissance des caractristiques de
lhabitat prcaire, ou de phnomnes parallles tels que la pauvret, le chmage ou encore le
secteur informel, souffre en Algrie de l'imprcision , et de la variabilit des concepts et
indicateurs utiliss. Elle est aussi limite par la difficult de recourir d'autres moyens de
collecte de l'information, pour complter et rendre plus fiables les donnes des recensements
gnraux de la population qui constituent la principale rfrence en la matire.
6-LA STRUCTURE DE LA THESE
Cette recherche est structure en trois parties, la premire illustre les mcanismes
dinteractions de l'amplification dans divers secteurs de l'conomie et de la socit (influence
sur le mode de vie urbain et sur le comportement des populations) dans une dynamique
d'volution des villes du Sud et plus particulirement des quartiers prcaires et leurs
manifestations rcurrentes. La deuxime partie a permis de discerner la dislocation des
politiques du logement qui spuisent depuis plus de dix ans surenchrir sur des leviers
d'intervention, dont la disjonction est avre. On sait aujourd'hui que lalourdissement de
lhabitat prcaire ne constitue que la partie merge de ce processus. Cette partie restitue le
fait que ce phnomne persiste, samplifie et entrane, des dysfonctionnements et des conflits
sociaux importants et les tentatives, mme positives et pertinentes en vue de lradiquer ne
modifient pas fondamentalement le constat. Enfin, la troisime partie prsente nos tudes de
cas , travers les valuations et les enseignements tirs pour susciter une rflexion en
11
Introduction gnrale
profondeur sur de nouvelles pratiques mettre en uvre, surtout en direction des plus
dmunis et particulirement ceux logs dans la prcarit.
La thse sachve par une conclusion gnrale et des recommandations. Ces dernires sont
labores sur la base danalyses et dinterprtations des rsultats obtenus dans les prcdents
chapitres. De nouvelles propositions sont avances pour pouvoir mettre en pratique et dune
manire efficiente et plus oprante des projets et politiques de rsorption de lhabitat prcaire.
12
INTRODUCTION
La fin du 21me sicle a certainement marqu un tournant dans l'conomie des pays en
dveloppement, avec une recrudescence de l'inflation dans divers secteurs de l'conomie et de
la socit. Amorce d'une rupture globale dans la vie conomique, ce point d'inflexion met
cruellement en vidence la vulnrabilit de ces conomies dpendantes pour la plupart.
Centres de pouvoirs et d'argent, elles reprsentent toujours plus fortement les maillons d'une
mondialisation technologique et conomique.
Le premier chapitre sera consacr l'urbanisation des pays du sud qui aura t fortement
impulse par cette conjoncture, cette tendance va se poursuivre En ce dbut de sicle et de la
forte influence qu'exerce le mode de vie urbain sur le comportement des populations.
Ce poids du nombre, pour reprendre l'expression de (Paquot T, 1996, p 64) a de plus en plus
de peine se frayer un chemin dans cette "jungle urbaine" faite d'occupations foncires
irrgulires, d'activits conomiques informelles, de sgrgations sociales grandissantes, de
pauvret et n'a pas enray un accroissement de la sgrgation sociale et une dtrioration des
ressources environnementales (Cohen J-L, 1991, p 59).
Dans le deuxime chapitre, notre questionnement sur les logiques internes de formation et de
dveloppement de lhabitat prcaire sinsre dans ses fondements thoriques et
mthodologiques de base dans cette problmatique gnrale. Afin damorcer une rflexion
thorique, nous avon4s essay de replacer le champ de lhabitat prcaire dans le sillage des
grands courants de pense qui ont tent de rationaliser l'action humaine. Si, on saccorde
reconnatre lampleur de lhabitat prcaire et qualifier certaines de ses manifestations, on a
encore des difficults mettre un contenu prcis aux diffrentes expressions utilises pour
lapprhender.
Ainsi, ramener le dbat lchelle internationale porte sur lidentification des formes
dhabitat prcaire et sur la dlimitation des concepts utiliss travers la profusion
dappellation et leur relation avec dautres phnomne qui leurs sont symtriques notamment
les phnomnes dexclusion, de pauvret dont on ne peut les dissocier. Dautant plus que ni le
13
14
CHAPITRE I
CHAPITRE I :
Introduction
La croissance rapide des villes sest accompagne, sur lensemble des continents et des
degrs divers, de mcanismes de production urbaine droutants qui ont mis mal les
quilibres territoriaux et la gestion des agglomrations.
Tous les peuples de la plante sont affects par ces phnomnes dans leur vcu quotidien et
les observateurs les plus avertis ont du mal matriser tous les tenants et aboutissants.
Les chiffres sont connus, le rythme de la croissance de la population dans les pays du sud est
sans prcdant dans lhistoire.
Les mutations dmographiques que les pays du nord ont connu sur des sicles, les pays du sud
subissent en quelques dcennies, la pousse est inexorable et a port la population urbaine du
sud de 40% de la population urbaine totale en 2000 et plus de 50% en 2020 (1). Il sagit de
170000 personnes qui, chaque jour viennent sajouter aux villes du sud ! ou encore un besoin
de crer prs de 40000 logements par jour dans les pays en dveloppement . La plupart des
mgapoles seront dans les pays du tiers monde, en particulier en Asie. Si le 20eme sicle tait
celui de lachvement de la transition dmographique et de la conclusion de la transition
urbaine, le 21 me sicle des villes, pour le meilleur et pour le pire .La communaut
internationale ne peut plus faire limpasse de cette ralit ( Bret B, 2002, p 52) .
LAsie donc, mais aussi lAfrique sont les deux continents dont la croissance urbaine,
qualifie de dmesure a engendr un rflexe de panique.
Avec une urbanisation de lordre de 20 25%, ces pays connaissent des taux de croissance
urbaine vertigineux (ONU, Dar Essalem, Nairobi, 2001).
Dsormais les mtropoles jouent le rle de villes -mres au sein du systme urbain mondial
(2). Dans les pays en dveloppement, elles reprsentent sur le plan national, le moteur de
toute croissance quelle soit conomique, culturelle ou politique, et sur le plan international,
elles constituent une plateforme indispensable lextension des changes extrieurs (3). Bien
que dcoup laune des rfrents mondiaux, ce tiers monde urbain si proche dans sa
symbolique (gratte-ciel, la grande avenue,laroport) est moins dtre univoque. Il se
fragmente, se fracture selon une courbe qui suit la topographie de la pauvret. En effet cette
omniprsence de lurbain nattnue pas les grands dsquilibres mondiaux, elle les structure
de faon nouvelle, rassemblant plus encore les centres mondiaux de pouvoir somme toutes
partout trs soutenue, lappauvrissement de la plupart des pays, avec la cohorte dingalits
quaccompagne souvent lextraversion des marchs, et limposition dun modle de
15
CHAPITRE I :
dveloppement no-libral au dtriment des maillons les plus faibles des rseaux mondiaux
de dcision, et en particulier, les rgions rurales, les villes secondaires et les petites
agglomrations rgionales.
Si les grandes agglomrations du tiers monde peuvent dsormais se prvaloir dune primaut
mondiale sur le plan dmographique, elles restent trs nettement en retrait en terme de
puissance financire et conomique. Leur gestion tend se complexifier. Dune part, parce
que limportance du phnomne requiert des rponses massives et immdiates, dautre part
parce que les choix techniques et urbanistiques, effectus par les dcideurs publics et privs
hors de toute considration sociale et sans concertation avec les populations concernes,
risquent daggraver la conflictualit urbaine, accumulation des problmes techniques,
lvation des risques sociaux et environnementaux. Les conditions dhabitat rserves aux
familles dmunies des villes du tiers monde reprsentent une parfaite dmonstration de ces
enjeux (Rossel P et Bolay J-C, 1994, p 189).
Si bien que la rfrence est immdiate limage dune ville la croissance acclre et
incontrle, organise en dehors des circuits et des rgles formelles du pays en matire
dappropriation du foncier, durbanisme, de construction, de salubrit et de respect de
lenvironnement au point qu cot des villes officielles se sont dveloppes des villes
illicites, informelles, non reconnues, voluant selon leurs propres normes, en marge des lois
du pays.
En chappant au contrle officiel, la ville informelle est apparue de plus en plus comme une
menace pour lquilibre social et lharmonie du dveloppement urbain, ce qui a conduit les
autorits ragir, quasiment sous la contrainte du fait accompli (4).
Cette reprsentation est dailleurs tout fait lgitime puisque la conviction est rpandue que
lincapacit voire limpossibilit de produire une ville entirement moderne ou tout
simplement de gouverner sa croissance, entrane des consquences fort ngatives.
16
CHAPITRE I :
ville comme tant une des causes primaire de lendettement extrieur des pays en
dveloppement, il sagit vrai dire dune position qui nest pas appuye sur des donnes sures
(par ailleurs difficiles rassembler), puisque ce problme se pose videmment de faon trs
diffrente selon les pays ,les processus durbanisation quils ont connu dans le pass et les
processus durbanisation en cours. Mais qui montre de toute faon, limportance du
phnomne urbain vis--vis du problme du dveloppement conomique en gnral.
Deuximement, cette croissance par morceaux rajouts lun lautre est la base dune
sectorialisation voire dune sgrgation sociale accentue (5). Laddition successive de
quartiers prcaires en dehors dune politique consquente, produit une hirarchie entre
diffrentes parties de la ville qui se traduit facilement par une discrimination plus ou moins
vidente dans la disponibilit ou tout simplement laccessibilit aux quipements et aux
services.
Nations unies pour des villes sans tandis questions procuratrice : des villes sans tandis on
des villes sans habitants de tandis ?
La question renvoie la dialectique de lexclusion et de lintgration et lutopie on
lhypocrisie de
dimensions en tension lune par lautre, dans des dynamiques sociales qui les mdiatisent.
Lexamen des traits communs des villes du tiers monde, sous tend une perspective analytique
qui voit quelles sont dsormais la rfrence premire pour une majorit des hommes et des
femmes . Leur environnement, leur milieu de vie est aujourdhui travers de contradictions
toujours plus fortes entre limage de modernit que les autorits veulent symboliquement
imposer et la ralit que dploient les pauvres pour faire face leurs besoins .Que faire et
comment faire pour dpasser ce qui trop souvent apparat comme inluctable : sgrgation
spatiale et discrimination socio-conomique notamment travers le phnomne croissant de
lhabitat prcaire ?
Force est de constater aujourdhui que lhabitat prcaire est un fait social qui sinscrit dans un
contexte trs vaste, bien au-del de la simple ralit ponctuelle dtablissements humains
17
CHAPITRE I :
incontrls et organiss. Il parait de nos jours quasi universel : A lEst comme lOuest ,au
nord comme au sud ,par del les systmes conomiques et les niveaux de dveloppement
,chaque jour rvle lopinion publique son lot de population sans domicile fixe .
Lexclusion par le logement nest pas lapanage des pays du Sud. En Europe, il y aurait
quelques 3 millions de sans-abri et entre 15 et 18 millions de personnes mal loges, presque
autant dailleurs quaux Etats-Unis (6).
La crise de lhabitat et des villes dans sa forme moderne est apparue en Angleterre au
dbut du XIX sicle, puis en Europe, comme une consquence troite de lindustrialisation
massive autour des grandes villes de lpoque : intense exode rural, dveloppement rapide des
quartiers ouvriers, recouvre plusieurs formes dinsalubrit o lentassement des pauvres dans
un bti pourri non dot dassainissement, ce qui a favoris la propagation de maladies
ravageuses la fin du sicle.
Sommairement la situation peut tre rsume de la faon suivante :
Le capitalisme naissant et le libralisme triomphant, la dictature des propritaires
aidant sachant que la cause majeure relve du rapport social ; linsalubre est devenu un
secteur trs rentable, il y a des intrts puissants en jeu (7), ce qui a fait que linsalubrit se
dveloppe avec lenrichissement de la socit avec lignorance des donnes lmentaires de
lhygine.
Ces quartiers deviennent rapidement les foyers de prilleuses pidmies qui vont toucher
lensemble de la population urbaine.
Les ractions ont t tardives, partielles et inefficaces, surtout en France. Aprs la premire
guerre mondiale, lexplosion urbaine, le resurgissement dun milieu des contestataires ,la peur
de la mort, va avoir un effet salutaire sur les couches dirigeantes et se traduire ds le milieu
du sicle par de nombreuses initiatives ( publications commissions denqute parlementaires
ad hoc , formation dassociations caritatives, premires lois sur lurbanisme, mise en avant de
lexpropriation pour rsoudre les problmes fonciers urbains , contrle du dveloppement
18
CHAPITRE I :
urbain par ladministration , formation des lites administratives capables dappliquer les lois,
cration de subventions la construction dhabitat ouvrier).
Cette crise se propage notamment dans la plupart des pays en voie de dveloppement tout au
long du XX sicle comme une consquence de lexode rural et de forts taux daccroissement
dmographique mais sans saccompagner de lindustrialisation massive dont elle tait le
corollaire en Europe occidentale et dbouche par consquent sur des situations de trs grande
misre.
19
CHAPITRE I :
plupart des appareils statistiques nationaux adoptant une dfinition restrictive de lurbain
inspire des modles occidentaux.
Or, le poids dune croissance dmographiques somme toutes partout trs soutenue,
lappauvrissement de la plupart des pays, avec la cohorte dingalits quaccompagne souvent
lextraversion des marchs, et limposition dun modle de dveloppement no-libral
favorisent lautonomisation contrainte des citoyens face ltat. Emplois, logements, services
ne peuvent plus tre fournis par les tats, comme ceux du tiers -monde qui doivent dans la
plupart des cas jongler pour trouver les devises permettant de financer cet change ingal .
Dans ces conditions, la production de logements par le secteur public perd pied, et laisse le
champ libre la production spontane, cette dernire se produit surtout de faon nonrglemente , tant au niveau des terrains utiliss que des constructions (9).
On a trop souvent tendance ne penser ces quartiers que dans leur ralit prsente.
Sans doute pourtant, les considrations non comme des marges de la ville mais comme les
faubourgs de demain permettraient une approche plus fconde, moins base sur les prjugs
que fonde sur des analyses urbaines comme on en mne ailleurs dans la ville et en centreville(10) .
20
CHAPITRE I :
3- Dbat international
La question du logement pour les bas revenus ; plus prcisment, le phnomne dexclusion
des plus pauvre a rarement t analys dans sa relation avec les autres phnomnes qui lui
sont symtriques et dont on ne peut les dissocier : la situation du logement des groupes trs
bas revenus, dj difficile au cours des annes 1960-1980, tend se dtriorer partir des
deux dernires dcennies et confronts lurgence de que faire ? montre que lintervention
des pouvoirs publics ,a parfois activement et intentionnellement contribu cette exclusion ;
en particulier au cours des dernires dcennies. Or, les anciennes politiques de rsorption,
invitablement slectives et discriminatoires, ont souvent contribu lacclrer notamment,
dans le contexte socio-conomique des villes du tiers monde, qui rduit considrablement les
effets des interventions tatiques dans ce domaine (14).
A cet effet , il semblerait que la tentation est grande ,entant que chercheur et mme pour les
praticiens , de ne pas isoler la question de lhabitat prcaire du contexte socio conomique
dans lequel il sinscrit ,et par suite ,de prconiser des interventions troitement lies non
sectorielles visant agir sur lhabitat prcaire
21
CHAPITRE I :
22
CHAPITRE I :
ouvrage thorie de la pauvret de masse pourfendait dj lide selon laquelle des facteurs
naturels permettrait dexpliquer pourquoi les pauvres sont toujours plus pauvres et voient
leur nombre augmenter.
Trois dimensions essentielles de lvolution du monde actuel configurent un titre ou
un autre, la scne sur laquelle se jouent notre prsent et notre futur : lurbanisation du monde,
la
mondialisation
des
changes
conomiques
et
la
dgradation des
ressources
CHAPITRE I :
pauvret ? comment font ils pour survivre ? quelles sont leurs conditions de vie (logement et
environnement urbain) ? et quelles sont leurs principales difficults ? Ces rflexions amnentelles reformuler graduellement le questionnement sur la pauvret urbaine en Algrie ?
La perception mme de la pauvret y est diffrente, combien mme une liste dindicateurs
communs est retenue, la pauvret urbaine est diffuse dans la ville, elle y est officielle ,
visible et concentre notamment dans les bidonvilles.
Nous avons une image globale de la pauvret urbaine, en Algrie, et un portrait global aussi
des conditions dans lesquelles vivent les populations en milieu urbain comme le reste des
pays en dveloppement et la pauvret tout court selon la carte de la pauvret en Algrie
(18), on constate que bien que la pauvret urbaine en Algrie a t marque de caractres
propres qui ne sautent pas aux yeux premire vue, les pauvres participent comme mme la
dynamique urbaine, et par consquent leur droit de cit est questionn mme si les conditions
environnementales sont extrmement ngatives , dchets gouts, sont le sort communs aux
pauvres.
24
CHAPITRE I :
ONU, la disponibilit des moyens de lutter contre la pauvret, notamment par la coopration internationale,
pose comme pralable un dveloppement urbain durable. Communiqu de presse, date : 07/ 06/ 2001, rf :
AG/1156.
25
CHAPITRE I :
2)En terme plus larges dactifs, parmi lesquels, pour un individu, on distingue le capital
naturel (la terre, leau les ressources environnementales), le capital social (les liens de
solidarit entre membres dun groupe social, laccs aux institutions), le capital humain (les
connaissances, laptitude au travail, la sant ,le patrimoine, laccs aux infrastructures de base,
les moyens de production), le capital financier (lpargne, laccs au crdit, la couverture des
risques).
3) En terme dynamique de fonctionnement social (lautonomie, la dignit), cest dire la
capacit dagir, dexprimer ses opinions, de faire face ses obligations sociales et culturelles.
Ce point de vue est dfendu par Amartya Sen, pour qui la dfinition de la pauvret est
indpendante de la politique suivre, car cette dmarche, assure que labsence de ressources
publiques pour contribuer lradication des privations graves ne nous incitera pas redfinir
la pauvret elle-mme. La recommandation politique est conditionne par sa faisabilit,
mais la reconnaissance de la pauvret ne doit pas se plier cette limite .
Lautre point de vue plus rare et plus trange priori, et qui a lair quelque peu cynique, est
dfendu par (Simmel G, 1988, p82). Ainsi pour cet auteur, la pauvret est un fait social. Pour
lui, les pauvres entant que catgorie sociale, ne sont pas ceux qui souffrent du manque et
privations spcifiques, mais ceux qui reoivent assistance ou devraient la recevoir selon les
normes sociales . La pauvret est donc non pas un tat quantitatif en elle-mme , mais
dfinie par rapport la raction sociale qui rsulte dune situation spcifique . La pauvret
est ainsi relative. Et il est extrmement significatif dobserver quel degr de besoin chaque
groupe considre comme zro au-dessus ou au dessous duquel la pauvret ou la richesse
commence . Pour G. Simmel, la pauvret doit tre dfinie et identifie en fonction de leffort
que la socit est prte consentir pour lallger ou lradiquer.
26
CHAPITRE I :
territoire, enkyst dans les tissus sociaux englobant comme un corps tranger inassimilable
(Steck B., 1998 , p 71)1.
Ce mot a envahi le langage politique et journalistique. La ralit que recouvre le terme
dexclusions, de plus utilis pour remplacer celui de pauvret, demeure cependant floue. En
effet, dans les processus multiformes de pauprisation, de rupture des liens sociaux, de mise
lcart de groupes sociaux, de dni de droits, ont progressivement t dsigns par un terme
unique, englobant et rducteur la fois, celui dexclusion. Si exclusion et pauvret se
recoupent souvent, les termes ne sont pas synonymes pour autant. Lexclusion renvoie
davantage lintgration, linsertion, qu la pauvret stricto sensu. Nanmoins, la pauvret
peut-tre la consquence dune srie dexclusions de type politique ou social, car les
discriminations lies lappartenance un sexe ou une minorit augmentent les risques de
pauvret du groupe marginalis (19).
Force est dabord de constater que lexclusion sociale , notion explore par la sociologie
tandis que la pauvret fait partie du territoire des conomistes est un concept n en Europe la
faveur de laugmentation vertigineuse du nombre de pauvres. Si le concept sest
internationalis, il nen recouvre pas moins des ralits diffrentes.
Cest dans ses manifestations urbaines, immdiatement visibles, que lexclusion est la
plus intolrable. Les sans domicile, les expulsions de logement ou des bidonvilles, le
sentiment daugmentation de la mendicit sur lespace public, renforcent les analyses en
termes de relgation de certaines populations hors de la socit, hors de la ville. Mais
lapprofondissement des ingalits socio-spatiales saccompagne de risques sociaux
grandissants, les exclus revendiquant de plus en plus un droit la ville (20). Lhabitat
prcaire reprsente une ralisation hyperbolique dune logique dexclusion conomique et
sociale. Cest une forme urbaine spcifique qui conjugue tous les composants de lexclusion.
Finalement lexclusion sociale est une expression trs controverse, tendant stigmatiser les
individus : ds lors que lon reconnat non plus seulement un tat mais un statut de
l exclu , on lgitime les processus de vulnrabilit et dexclusion de lindividu, acceptant
la dualit de la socit comme une fatalit.
27
CHAPITRE I :
(1)
La dfinition du Secteur informel, par cet auteur, en page 509, in Dictionnaire de gographie et de lespace
28
CHAPITRE I :
structur.
Depuis que lon sintresse lhabitat prcaire, il reste des rminiscences des
premiers travaux sur le thme de la pauvret dans les grandes villes du tiers monde.
Ainsi, de nombreux travaux se sont inspirs de ceux de (Lewis O, 1976, p 65), en retenant
seulement le concept de culture de la pauvret. Dans nombre dcrits postrieurs, les habitants
des quartiers prcaires
rpandue, et en partie
(1)
Voir notamment lensemble des travaux autour de la notion de ghetto, partir des travaux de (Wirth E, 1982,
29
CHAPITRE I :
A la lumire de cette problmatique, la dfiance vis - vis des rsidents des quartiers prcaire
de la part des possdants, comme des dirigeants saccrot au fur et mesure quaugmente leur
nombre et en labsence damlioration de leurs conditions de vie.
Certains pays comme lAlgrie, vivent ces ingalits sur le mode daccoups brutaux
(meutes), de mouvements sociaux lis un dficit de consommation collective. Il faut
cependant rappeler que la presse et lopinion publique refusent de caractriser volontiers par
la ngative les quartiers prcaires, ce qui fait que la sgrgation sociale restait jusqu prsent
limite par rapport dautres pays aux tensions sociales exacerbes ( Manille, Abidjan,
Lima, Rio, toute la ville aises se barricade, tandis qu Casablanca on cachait la vue du
principal bidonville).
Or, cette dfiance traduit une perception de la ville o lhabitat prcaire est homognisante :
les habitants de ces quartiers sont perus comme catgorie homogne. Comme tels, ils sont
assimils terme terme avec les pauvres, alors que les diffrents quartiers prcaires
accueillent selon les cas tout aussi bien des fonctionnaires, artisans, professions librales que
employs, ou travailleurs intermittents (1).
Loubli non fortuit de la socit globale dans ce processus de reproduction, qui a du mal se
dbarrasser de quelques prjugs , et des nombreuses
(1)
Dwyer D-J, 1975, people and housting in third world cities , Londre, Ed. ADEF, p 23, loin de former un
refuge pour des migrants ruraux chasss par la pauvret, sont simplement des banlieues qui fonctionnement
un niveau socio-conomique plus lev que celui des zones rsidentielles des villes les plus surpeuples .
30
CHAPITRE I :
(1)
: extrme de la misre.
Voir La mise au propre des villes indiennes la diffrenciation , Cadne P. In Annales de la recherche
31
CHAPITRE I :
4-2 Analogie avec les bidonvilles : deux cas de sgrgation urbaine occidentaux
La
pnurie des terres urbaines pour les populations pauvres nest pas une
problmatique spcifique au Tiers- monde. Les villes des pays industrialiss ont, elles aussi
leurs taudis, leurs ghettos, leurs bidonvilles, leur habitat prcaire. En effet aucun systme de
proprit foncier na russi fournir aux populations pauvres, dans les grandes villes en
expansion, des logements salubres et lgaux. Ainsi le Tiers monde ne dtient pas le monopole
des politiques foncires urbaines injustes (Durand- Lasserve A, 1987, p 152). Que ce soit les
ghettos noirs de New York, le HLM de la banlieue parisienne, les favelas de Sao Paulo, les
toits amnags du Caire ou les Jhuggi- Jhompri de Delhi, et mme si ce sont des contextes
conomiques et sociaux diffrents, le sentiment dinjustice et dexclusion ressenti par les
populations qui y vivent est similaire.
En analogie donc avec la situation des bidonvilles du Tiers monde, on peut citer deux cas de
sgrgation urbaine occidentaux : les ghettos amricains et les HLM en France, car
lexclusion y est la mme. Mais quel est le lien entre la situation dexclusion raciale sculaire
des Noirs des Etats Unis, les quartiers populaires franais en dclin et le dnuement, parfois
totale, des bidonvillois ?
32
CHAPITRE I :
4-2-1 Une sgrgation raciale exacerbe : Les ghettos des Noirs amricains.
Comme dans les bidonvilles, le capital conomique influe directement sur le capital en
crant des espaces qui sont propres diffrentes classes de population. Mais la relgation
dans le ghetto amricain ne dcoule pas, comme dans les bidonvilles du tiers monde, du seul
manque cumul de capital conomique et social. Cest la peau qui en est loprateur originel
et principal (le ghetto est noir 96 ou 99%) (23). Tout comme pour les bidonvilles, les
frontires du ghetto sont clairement marques : le plus souvent, on passe brusquement dun
quartier exclusivement blanc un quartier totalement noir sans la moindre gradation.
De fait, la sgrgation des Noirs est si intense et si totale, touchant toutes les
dimensions possibles de la rpartition spatiale et des contacts entre les
dmographes ont d crer le terme dhyper sgrgation pour la distinguer de celle des autres
groupes. Le ghetto amricain est une enclave de dsolation urbaine et humaine o tous les
phnomnes dexclusion, rfracts travers le prisme racial, sont comme magnifis
lextrme (24).
La situation des ghettos noirs est encore plus atterrante que celle des cits franaises
qui se trouvent
en priphrie
communment vingt trente nationalits dont la majorit des habitants sont des Franais
blancs natifs de lhexagone. Mme si, statistiquement, les
CHAPITRE I :
coupes du tissu urbain par les grandes rocades priphriques, les voies ferres, ou les zones
industrielles. Lespace des HLM est aussi caractris par sa dimension excentre par rapport
au centre ville. Donc loignement par le caractre marginal, mais aussi par la rugosit de
lespace : on note en effet une mauvaise desserte par les transports collectifs. Alors que les
bidonvilles peuvent tre localiss en centre ville ou en priphrie, selon la vacance des
terrains et les stratgies dimplantation, les zones HLM sont majoritairement confines en
priphrie (Jacquier C, 1993, p 75) (25).
On retrouve dans ces ensembles dhabitats, la mme promiscuit prsente dans les
bidonvilles, dont les effets sont contradictoires. Le manque chronique dinsonorisation peut
rendre les relations de voisinage difficiles, le sentiment dentassement semble assez gnralis
et met les locataires sur la dfensive. De plus lespace publique disposition est lui aussi
limit et lon assiste un phnomne gnralis de dgradation rapide de ces espaces,
nincitant pas les gens sy panouir. Le moindre espace libre est donc rquisitionn. Que ce
soient les cages descaliers, les terrains vagues ou les parkings. Mais paradoxalement, cest
aussi cette promiscuit qui rapproche les habitants et les rends solidaires. En effet, par le
rapport restreint lespace, les rseaux de sociabilit sinscrivent dans le primtre restreint
du territoire du quotidien. Il est donc limit spatialement et dans la diversit de lchantillon
social. Cependant des liens trs solides se crent au sein de cet espace marginal, comme des
rseaux informels de solidarit, associations ou regroupement culturel.
Dans les deux cas, lespace de la pauvret peut tre vu comme la consquence de
politiques conomiques, sociales, fiscales ou encore damnagement du territoire. Ces
politiques engendrent des espaces ferms, dexclusion o vit la population dcrite comme la
plus pauvre. Ainsi des facteurs apparents de convergence
sgrgation urbaine.
Dun point de vue spatial, le modle amricain soppose (dans les grandes lignes) au
modle franais. Quant au modle des bidonvilles, il se rapproche plus du modle franais.
Certains auteurs parlent de ceinture de misre , rsumant ainsi bien la localisation de la
pauvret dans ces deux modles. Lintensit et lampleur de lexclusion urbaine du ghetto
amricain, son caractre racial, son ancrage historique et, surtout une logique institutionnelle
laissent penser que ce cas de sgrgation est en bien des points tout aussi alarmant que celui
des bidonvilles, voir plus dramatique car volontaire(26).
34
CHAPITRE I :
35
CHAPITRE I :
Les actifs participent lconomie mtropolitaine, mais cette insertion est paradoxalement
lorigine de la sousintgration des slum- dwellers car le secteur informel, qui emploie la plus
grande de cette main duvre, se caractrise par la faiblesse et lirrgularit des salaires (29).
36
CHAPITRE I :
perte du lien social et marginalisation conomique. Les auteurs rajoutent, quil ne faut pas
uniquement voir les bidonvillois comme des victimes dun processus de pauprisation,
mais galement comme des agents dynamiques capables de mettre en uvre des stratgies
conomiques, ou pour le moins des tactiques de survie adaptatives, et de trouver des rponses
appropries un environnement urbain spcifique .
Les organisations de quartier ont fait preuve dune capacit souvent surprenante dans la
promotion de lhabitat et la gestion sociale.
Cest le cas des asentamientos , ces occupations illgales de terres qui, Buenos
Aires ou Montevideo, ont su voluer vers la construction de vritables quartiers avec un
niveau dquipement collectif trs avanc. Des expriences similaires ont vu le jour dans la
plupart des grandes villes dAmrique du Sud, comme le cas trs connu de Villa El
Salvador , au Prou. Ces mouvements rpondent un phnomne de responsabilisation
collective autonome et en gnral ils se battent pour une reconnaissance publique partir
dune participation et dune mobilisation importante.
Conclusion
Dans la plupart des pays en dveloppement, le mouvement spontan durbanisation,
conscutif loccupation irrgulire de proprits publiques ou prives, continue crer
lessentiel des villes. Ainsi lextension de ces villes savre toujours en avance sur la
ralisation des travaux damnagement et la fourniture dquipements publics.
En effet, les consquences sociales de cette urbanisation sans frein dans le tiers monde
sont immenses, notamment dans le contexte de lconomie de march : extension dmesure
de lhabitat prcaire, dans ses multitudes formes dexpression, chappe de plus en plus au
contrle des gouvernements, de mme que le secteur productif est de plus en plus tributaire de
lconomie souterraine . Les difficults daccs au logement refltent, linstar des autres
secteurs conomiques, la difficult des systmes conomiques de ces pays crer de lemploi
la fois stable et correctement rmunr.
La ville devient alors un lieu de pauvret spcifique, o les plus faibles sont plus
vulnrables, et la monte de la pauvret urbaine saccompagne dun dcalage entre la ville
lgale et la ville informelle, source dexclusion et dinscurit.
Nous avons pu voir que les exclus de la production formelle de villes et de logement
et les pauvres, sont en fait les premiers producteurs de logement et constructeurs de villes
dans les pays en dveloppement. Cette production se fait dans un contexte daffirmation de
37
CHAPITRE I :
plus en plus prononce du droit au logement, par la plus visible et la plus facile
atteindre, dun droit la ville qui pose quant lui davantage de problmes, au point de mettre
ces deux droits en contradiction, quon pourrait considrer dailleurs les rponses formelles et
informelles qui leur sont apportes.
REFERENCES
(1) United Nations Center For Human Settlement, 2001, Cities in globalizing world,
global Report on Human Settlements, p14.
(2) Rocheffort M., 2000, le dfi urbain dans les pays du Sud, Paris, lHarmattan, p84.
(3) Bret B., 1995, croissance, dveloppement, ingalits, Paris, Ellipses, p92.
(4) Messiah G., J-F. Tribillon .,1988, Villes en dveloppement : essai sur les politiques
urbaines dans le Tiers monde, Paris, La Dcouverte, Cahiers libres, p120.
(5) Reynaud. A .,1981, Socit , espace et justice , Paris, PUF, coll. Espace et Libert,
p63.
(6) Bailly. A-S., Cadene. P., Ferrier. J-P., 2000, Les trs grandes villes dans le monde,
Paris, Editions CNED/ SEDES, p39.
(7) Damette F, Rflexions introductives propos de lhabitat insalubre, in habitat
insalubre et strategies dintervention , Actes du sminaire international de lANHI,
24, 25,26 mai 1994, Mekns- Maroc, p. 46-57.
(8) United Nations Center for Human settlements, an urbanizing world: Global report on
Human Settlements. New York, Oxford 1993.
(9) Semmoud B., 1997, Introduction la gographie des grandes villes, Paris, Ed. du
Temps, P157.
(10) Troin J-F., 2000, Les mtropoles des Sud , Paris, Ed. Ellipses, Collections
Carrefours de Gographie, p 67.
(11) Remy J et Voy L, 1992, La ville, vers une nouvelle dfinition, Paris, Ed.
LHarmattan, Coll. Villes et entreprises, p115.
(12) Deboulet A., 1994, vers un urbanisme dmanation populaire. Comptences et
ralisations des citadins. Lexemple du Caire, thse en urbanisme, Institut
dUrbanisme de Paris, Paris, p128.
(13) Ganem M ., 1987 , lvolution de deux quartiers illicites Constantine ( Algrie), in
Politiques urbaines dans les pays en dveloppement ,1987-1995.
38
CHAPITRE I :
(14) Crousse B., Le Brise E ., Le Roy E., 1986, Introduction, espaces disputs en Afrique
noire, pratiques foncires locales, tudes runies par Crousse B, Le Brise E, Le Roy
E, Ed Karthala , p 97.
(15) Durant-Lasserve A., Rnovations, restructurations, rhabilitations, introduction, in
politiques urbaines dans les pays en voie de dveloppement , dit par Haumont N et
Marie A, Paris, lHarmattan, p. 213- 222.
(16) Castel O., 2002, Le sud dans la mondialisation : Quelles alternatives ? Paris, La
Dcouverte, p 113.
(17) Chabbi M., 1986, Etat, politiques urbaines et habitat spontan. Le cas de Tunis 1960
- 1980, in Etat, ville et mouvements sociaux au Maghreb et au Moyen Orient, Actes
du colloque CNRS ESRC, mai 1986, Ed. LHarmattan, pp 249-263.
(18) Carte de la pauvret en Algrie. Rapport davancement sur linitiative en faveur des
pays pauvres trs endetts et les cadres stratgiques de lutte contre la pauvret.
Etabli par le PNUD (et Ministre de laction sociale et de la solidarit nationale en
Algrie), Mai 2001, 64 p.
(19) Salama P et Vaier J., 1994, pauvret et ingalits dans le tiers monde, Paris, La
Dcouverte, 123p.
(20) UNESCO., Pauvret : nouvelles donnes, in le courrier de lUNESCO, revue
internationale des sciences sociales de Mars 1999 n 148 UNESCO 1999, 11 pages.
(21) Durant Lasserve A. et Tribillon J.F, 2001, Quelles rponses lillgalit des
quartiers dans les villes en dveloppement, Article Nov. 2000. International
Workshop ESF/ N-AERUS: Coping with informality and illegality in human
settlements in developping cities ESF (European Sciences Foundation), Brussels,
23-26 mai 2001, p. 13-26.
(22) Perlman J, The myth of marginality: urban poverty and politics in Rio, 1976.Daniel
T et Gardner F., 1998, the handbook of social psychology, New York, Oksford
University Press, vol. II, p. 507-508.
(23) Ibid., p 508.
(24) Jacquier C., 1993, La citoyennet urbaine dans les quartiers europens, urbanit et
civilit, in Joel Roman (dir), Ville, exclusion et citoyennet , Entretiens de la ville II,
Paris, Esprit, p210p.
(25) Auslan P., 1986, Les mal-logs du tiers-monde, Paris, Ed .LHarmattan, p 21.
(26) Bairoch P., 1985, De Jricho Mexico, Villes et conomie dans lhistoire, Paris,
Gallimard, Coll. Arcades, p 51.
39
CHAPITRE I :
(27) Yapi Diahou A., 1987, Tous les moyens sont bons pour passer de lillgalit la
lgalit, in politiques et pratiques urbaines dans les pays en voie de dveloppement,
Paris, LHarmattan, pp 166-183.
(28) Coing H., 1982, La ville, march de lemploi, Presses Universitaires de Grenoble,
p191.
(29) Daprs le reportage de lmission Zone interdite prsent sur M6 le 12.Mai
2003.
(30) Voir Jimmy, tour-oprateur Soweto, Le monde du 26 juin 2001 (Pompey F).
(31) Residential and Economic Practices of Pavement Dwellers in old Delhi , Delhi,
institute of Economic Growth, Working paper Series, N E/186/97, 1997, p 23.
40
CHAPITRE II
CHAPITRE II :
Introduction
Comme le confirment dj plusieurs recherches, lhabitat prcaire dans les pays en
dveloppement, nous ne sommes pas les seuls porter attention cette question. Elle est
dsormais devenue une proccupation quasi universelle comme la bien montr le sommet des
Nations Unies sur lavenir des villes, tenu en juin 1996 Istanbul et dont un premier bilan a
t dress New York, cinq ans aprs.
Quest ce qui fait merger de faon aussi pressante cette proccupation ?
Comment reconnatre la prcarit? est elle affaire de sur-occupation ou de mauvaise
occupation du logement ? Peut-elle se rduire des problmes de branchement aux rseaux
essentiels et notamment leau et lassainissement ? Met-elle en cause la capacit du logement
faire un abri suffisant contre les lments du milieu extrieur quils soient naturels
(Froid, pluie, vent, etc) ou produits (gaz, fume, bruit) ? A-t-elle un rapport avec des
systmes de dimensionnement lis aux donnes morphologiques de lhomme ou aux systmes
culturels ? Quels liens entretient elle avec la vtust ? Les politiques relatives lhygine et
lentretien, ont-elles une influence dcisive sur les niveaux dinsalubrit ? Linsalubrit met
elle en cause seulement le logement ou galement le quartier voire les rapports qua ce
dernier avec la ville ?et si les formes de non salubrit du logement et du quartier sont
nombreuses, peuvent elles tre ordonnes et classes ?
Lobjectif de ce chapitre est de tenter de qualifier lhabitat prcaire, en dressant un bilan des
approches et des ides de conceptualisation du phnomne, dexplorer les volutions rcentes
en matire de formulation du problme dont le fil conducteur est dexplorer lopportunit
dapproches spcifiques. Il est de ce fait plus explicatif que statistique.
Lobjectif ntait pas de chercher multiplier les exemples mais approfondir les
informations internationales ou nationale, cela se fera par de frquents aller-retour entre les
cas trangers et le cas algrien, de faon souligner ce qui, des convergences et des
spcificits doit tre retenu dans notre analyse.
41
CHAPITRE II :
Lhabitat prcaire dsigne, en fait, une multitude de formes dhabitat, diffrentes de point de
vue caractristiques du tissu urbain cr, de loccupation du logement ou des habitants, mais
aussi du point de vue de formation et dveloppement. Plusieurs indicateurs permettent de
diffrencier les formes dhabitat prcaire. Chaque expression de la prcarit, dsigne, en fait,
des caractristiques, suggre des facteurs explicatifs ou renvoie une problmatique plus
globale. Si le phnomne est commun plusieurs pays en voie de dveloppement, les
conditions de sa formation et de son extension sont spcifiques chaque contexte national,
voire local. Le fait est que le phnomne sest impos dans le paysage urbain et dans le
fonctionnement des villes et on assiste une prise de conscience de plus en plus large ; en
tmoigne lintrt, relativement rcent, accord dans les recherches universitaires et les tudes
oprationnelles ce thme.
Dans ce sens, nous allons tenter de traiter globalement et spcifiquement de lhabitat prcaire
dans sa complexit, dans ses retombes ngatives tant sur la sant des habitants que sur leur
environnement, sur les diffrents tissus et espaces et dans
dexpression.
42
CHAPITRE II :
Cest dire que mene en Europe par le Mouvement moderne dont se rclame Michel
Ecochard, la salubrit renvoie des rituels d'exorcisme, d'un mal qui peut s'abattre sur une
communaut humaine, la dcimer, voire, l'anantir. La salubrit, entendue aujourd'hui comme
expression de sant, puise en ralit la mme racine tymologique du mot latin "salus" qui
qualifie la fois le salut et la sant (2).
Sur un plan plus gnral, lurbanisme moderne, est marqu par les thses hyginistes : toutes
les techniques urbaines sont mobilises pour cureter et prvenir le dveloppement des germes
morbides que favorise l'entassement urbain, lui mme accru par l'activit industrielle.
La qualit de l'air, le rle de l'ensoleillement, essentiel dans le recul de la tuberculose, fondent
des dispositifs rglementaires applicables la construction des immeubles et au gabarit des
voies. Ces derniers sont conus au dbut du sicle et toujours en vigueur dans leurs grandes
lignes.
La rgle devient une norme administrative et les raisons initiales qui la fondaient finissent par
tre oublies. Elle se transforme en un dogme dont la valeur est universelle et finit mme par
revtir un caractre normatif, voire obsessionnel (3). On peut ainsi considrer que la norme a
tendance oprer comme un mythe moderne, et l'application approprie, tend finalement
devenir obligation bureaucratique : la lettre s'instaure au dtriment de l'esprit. Ainsi
l'hyginisme, assur du crdit scientifique des progrs de la mdecine, tend prendre une
place tellement importante que tous les autres aspects du mode d'habiter, et les dispositions
spatiales qui lui correspondent, passent au second plan, ou sont mme quelquefois purement
et simplement liquids : l'aseptisation du logement social, la conception clinique des appareils
mnagers (du moins dans les annes 50, mais sans doute encore aujourd'hui) ne sont pas sans
correspondre cet envahissement de la prophylaxie hyginiste.
C'est dire qu'il nous faut dpasser l'aspect technique de la salubrit, avec lequel on la
considre aujourd'hui, pour l'articuler une dimension culturelle, dont les ressorts sont
profondment cachs.
De nombreux cas dans les travaux de ( Bensa A, 1996, p121), peuvent tre avancs de
dispositifs intgrs en vue d'une amlioration de l'hygine, qui se sont retourns contre lui,
parce qu'inadapts culturellement ou excessivement sophistiqus dans leur conception
technique fortement inspir de l'Occident .
43
CHAPITRE II :
dominant
actuellement,
exprim
notamment
par
le
concept
44
CHAPITRE II :
45
CHAPITRE II :
cuisines, vacuations, toilettes, comme critre dit complmentaire dans les termes de la
circulaire.
Des installations sanitaires, raccordements aux gouts, sont il pour autant insalubres ? Si lon
sen tient la loi Vivien on peut rpondre par laffirmative.
dquipements,
dhygine,
daccs
au
services
de
sant
publique,
46
CHAPITRE II :
Si lon laisse de ct les appellations connotation idologique pour sintresser celles qui
peuvent clarifier le phnomne, on peut alors retenir lexpresion de sous-habitat, qui
renvoie
la notion de seuil minimal dhabitabilit (SMH) qui conduit aussi bien aux
Il est clair que ce seuil reprsente un enjeu important car de cette dfinition dcoule
lvaluation du parc de lhabitat prcaire et en consquence de leffort financier ncessaire
pour le rsorber. Lexamen des difficults de la dlimitation du SMH dbouche sur la
lgitimit et lefficience de cette dfinition ; lgitimit et efficience qui sont deux aspects lis.
Lgitimit : les populations concernes par la question sont absentes du processus de
dfinition, pourtant, elles sont amenes quotidiennement, dans leur pratique, redfinir les
conditions dhabitabilit. Efficience : faut-il dlimiter le SMH antrieurement la dfinition
dune stratgie de lutte contre lhabitat prcaire ou postrieurement ?
47
CHAPITRE II :
Ainsi la dlimitation du SMH nest pas seulement, loin sen faut, un dbat spculatif pour
intellectuels, lessai de dfinition de la prcarit sera fixe sur llaboration de contenu ayant
une connotation positive, qui pourrait plutt montrer des voies de recherche et daction tant
donn que le concept cristallise larticulation des facteurs, conomiques, sociaux
dmographiques et cologiques et quil matrialise les conditions dhabitation des mnages
pauvres.
Mais cette question est amene ncessairement tre repose dans des termes nouveaux dans
le cadre de la participation de la population. Il deviendra en effet de plus en plus illogique de
tenir les populations en dehors des dfinitions des SMH dans le contexte dune politique de
participation des populations.
48
CHAPITRE II :
puisque de nombreuses difficults sont apparues dues pour lessentiel aux faits que la notion
de prcarit est attache diffrents types de btis, mais toute tentative de la dfinir partir
du type physique des constructions ne peut quaboutir un chec tant donn la disparit de
ces types de bti et de leur tat. La prcarit est donc lie en partie des conditions
trangres au logement lui-mme. De ce fait deux types de conditions paraissent
dterminants : le milieu physique extrieur (sol, climat, etc ) ; le type et la taille de la
famille rsidente. Ceci entre dans le cadre du niveau de consommation considr comme un
critre qui pouvant rvler un certain niveau de vie et en particulier la capacit des mnages
entretenir ou amliorer leur logement et donc prolonger la dure de vie du parc.
A lpreuve, dans la lecture de la prcarit en milieu urbain, trois niveaux ont paru tre
intressants : lhabitation, le quartier et le site. Aprs diverses investigations, ltude prcite
sest focalise essentiellement sur le logement et le quartier (ou une partie du quartier
concern par un type dhabitat). Les nuisances dues au site (chelle gographique difficile
apprhender dans le cadre de cette tude) tant saisies dans leurs consquences sur le quartier
et le logement (11).
Le logement lui-mme est un objet mutant : diverses nuisances peuvent apparatre par le
vieillissement, la transformation, la dgradation. Il faut donc tablir des seuils de lacceptable
sur des entits qui ne sont pas dfinies pour lternit.
Aprs de nombreuses investigations, la prcarit dans le logement a t dfinie comme
appartenant 5 grandes catgories : Occupation du logement, niveau dquipement, capacit
du logement protger contre les lments nfastes du milieu extrieur, dimensionnement des
espaces, pathologie et dsordre
De la mme faon la prcarit dans le quartier a galement t dfinie comme appartement 5
domaines : Equipements dinfrastructure, Services urbains, Equipements sociaux, population
et dsordre Zone risque, etc
Sur la base de ces indications une grille prcise dindicateurs et de normes de la prcarit a t
tablie, destine pour tre test afin de dgager les premiers rsultats qui nauront en fait
quune valeur indicative. Voir tableau n 1.
Nous tenons toutefois prciser que linsalubrit ne peut tre apprhende en dehors du
contexte socio-culturel dune manire gnrale et de la perception quen ont les habitants
concerns.
49
CHAPITRE II :
Logement
Quartier agglomration
- Scurit
-Equipements sociaux
* topographie du sol
collectifs : hpital
* structure porteuse
(centre de sant)
* pathologie- dsordre :
quotidien)
humidit, fissuration,
commerce de premire
gonflement tanchit
ncessite
structure de la famille
- Sant
-Service infrastructure
* ensoleillement
urbain :
et au sein de la famille )
* aration, ventilation
assainissement, voirie
* protection (contre
clairage public
transport en commun
* Eclairement
- quipement sanitaire
* cuisine- SB / douche WC
- Gestion urbaine :
urbanisme contrl
architecture rglemente
Source : Ministre de lHabitat, Population et logement :Insertion sociale par laccession un logement
dcent , Document prpar dans le cadre de ltude sur lhabitat insalubre au Maroc, lanc par lobservatoire
de lhabitat .non dat, p 48
50
CHAPITRE II :
prcaire. Ce nest donc pas la capacit conomique qui est en cause, mais le
fonctionnement de la socit.
Le problme est que les pays qui ont connu la prcarit base conomique ont toutes les
chances de sinstaller dans cette situation, mme lorsque ces raisons conomiques nexistent
plus.
-
Parce quil y a des acteurs urbains qui sont trs intresss au maintien de cette situation.
51
CHAPITRE II :
Si cette hypothse est exacte, sil est vrai que les pays comme lAlgrie passent dune
insalubrit base conomique une insalubrit socitale, cela signifie que la question centrale
est lide que la socit se fait delle-mme, est limage que la socit veut se donner travers
son spectacle urbain .Cest l, lenjeu le plus lev que lon puisse concevoir.
La rsorption de lhabitat prcaire est lordre du jour, elle pose des problmes administratifs,
techniques et financiers particulirement complexes, qui feront, nen pas douter, lobjet de
recherches. Mais elle pose plus fondamentalement une question de socit, au sens fort du
terme.
La prcarit, nest pas ou en tout cas nest plus, une fatalit de la pauvret. Cest un des
aspects du rapport social et cest un problme que la socit peut rsoudre, la condition den
avoir la volont. Si lenjeu ntait que sanitaire , ce serait dj considrable ; mais cela va
beaucoup plus loin ; ce qui est en cause , cest tout simplement lunit de la cohsion du corps
social (12).
2-5. Vers des approches plus approfondies de la prcarit dans le bti urbain
Pour cerner la prcarit dans toute sa complexit, une approche approfondie de sa
problmatique, de son contenu et des aspects quelle revt dans les diffrents tissus urbains
savre indispensable ; les plus touchs par cette prcarit, tant les bidonvilles, lhabitat non
rglementaire, les Mdinas ... Ltat des connaissances la concernant diffre pourtant dun
tissu lautre et doit sappuyer, entre autres, sur les axes de rflexion, comme suit :
A Daprs (Tahiri M, 1994, p 54), lapproche technique doit analyser les causes de la
prcarit et son volution au niveau de ltude du sol et des fondations de la structure
porteuse, des matriaux de construction, des infrastructures urbaines, de lenvironnement du
bti, etc
B Quant lanalyse socio-conomique prconise par (Sachs Cline, 1987, p 65) a pour
objectif de saisir ltat de la prcarit (type, degr et conditions doccupation du logement et
du tissu, degr de couverture par les quipements et services urbains), les diffrentes
perceptions de la prcarit par les habitants et limpact social des oprations menes au sein
de ces espaces. Or, cette perception est intimement lie lhistoire du site doccupation, aux
relations communautaires et de voisinage, lenvironnement socio-conomique, bref
lensemble des lments qui constituent le modle culturel.
52
CHAPITRE II :
C Lanalyse de ltendue et des limites des textes juridiques avance par (Tahi S, 1998,
p 87), sintresse ltude de leur contexte historique et de leurs filiations en vue de dgager
les enseignements pour les futures oprations de lhabitat prcaire,
le recensement des
dans chaque
macroforme urbaine et du processus de production (Debbi, 1991, p 105) . Lexamen des traits
communs lhabitat prcaire dans le tiers-monde rvle plusieurs formes, sont identifier :
bidonvilles, habitat illicite, clandestin, mdinas,etc Les facteurs explicatifs de formation et
de dveloppement de ces formes dhabitat sont multiples et interdpendants. Certains sont lis
l'environnement socio-conomique et s'appliquent l'ensemble des formes d'habitat
53
CHAPITRE II :
prcaire, d'autres sont spcifiques au contexte urbain et, enfin, d'autres sont propres chaque
forme d'expression de lhabitat prcaire.
A ce stade, il nous faut trouver un cadre danalyse de dfinition qui namalgame pas
statut foncier, mode daccs au sol et forme de lhabitat. La varit des appellations de par le
monde est volontiers inductrice didologie. La terminologie usite constitue au demeurant un
vritable miroir de pense de ltat de la pense mais pourquoi pas encore de la pense
savante sur ces entits urbaines.
Les appellations tenant laspect physique ou la qualit du cadre bti sont de moins
en moins utilises dans la recherche urbaine. En effet, un centre-ville tout comme un quartier
squatt peut tre parfois qualifi de bidonville. Ces abus de langage dbouchent souvent sur
une assimilation abusive entre quartiers non- rglements et taudis .
De faon gnrale, la terminologie employe par les autorits reflte et renforce la
stigmatisation de ces zones, les dsignant comme intrinsquement porteuses dune pathologie
sociale dfinitive. Pourtant si lon sen tient la dfinition du dictionnaire, lappellation de
bidonvilles, taudis, recouvre une ralit trs circonscrite gographiquement, mais aussi dans la
typologie de lhabitat.
Pour revenir la dfinition prcise de chacun de ces termes :
Le bidonville : selon le Robert, le bidonville en Afrique du Nord, et par extension dans
dautres contres, constitue une agglomration dabris de fortune, de baraques sans hygine
o vit la population la plus misrable , tandis que slums signifie plus prcisment taudis. A
lorigine le terme bidonville dsignait plus spcifiquement encore les abris htroclites
construites construits avec des matriaux de rcupration, qui staient tablis dans les
carrires dsaffectes de Casablanca (13).
Or, la pratique terminologique va souvent de pair avec une conception arrte de la
norme urbaine. Dans lesprit de ceux qui galvaudent le terme de bidonville, lviction
simpose lvidence. Pourtant, mme le bidonville pourrait tre peru comme un lieu
permettant lamlioration progressive des conditions dhabitat, et permettant aussi
lentretien constant et mutuel des structures sociales et spatiales, qui traduit lintimit de
leurs liens (14).
Les bidonvilles sont de surcrot le plus souvent des occupations sans titre lgal de terrain,
donc recoupent souvent la catgorie de squat. Mais on trouve, hors Egypte, dans la France des
54
CHAPITRE II :
annes 70, en Afrique, etc, des terrains la France des annes 70, en Afrique, etc des terrains
cds ou concds gratuitement, par des employeurs, ou lous et qui deviennent des
bidonvilles.
Il arrive dailleurs que lotissement des terrains et installation de bidonvilles se superposent.
Cette dsignation de lhabitat par des qualificatifs formels est la plus rpandue. Elle recoupe
souvent les dnominations utilises par les rsidents eux-mmes, les termes usits variant
donc dun pays, voire dune ville lautre : favelas Rio, mocambos de Recife, Katchi abadis
du Pakistan, barriadas ou pucblos jovenes au Prou.
De son cot, le Ministre de lhabitat en Algrie utilise habitat prcaire comme terme
employ dans le sens large pour dsigner dune part les bidonvilles quils soient constitus de
baraques trs prcaires (matriaux de rcupration htroclites, tles) ou de baraques volues
(de type chantier de travaux), dautre part, les quartiers sous quips en infrastructure de base
(assainissement, eau potable, etc), quils soient illicites ou non, mais dont les constructions
(en dur) sont difies selon les normes techniques en vigueur et souvent de manire
progressive (volutive).
Chaque espace culturel a donc son propre vocabulaire, ainsi la dsignation pour
lhabitat prcaire se dcline selon les langues, comme le montre le tableau en page suivante.
Malgr cette varit des appellations locales, cest toujours la mme ralit : des baraques
construites illgalement sur des terrains parfois dangereux (Bret B, 2002 p 140 ) et qui
abritent dans des conditions prcaires des pourcentages levs de la population des grandes
agglomrations des pays du Sud.
Mais, en rgle gnrale, le bidonville se prsente comme un refuge trs faible cot,
mais aussi comme un environnement conomique et socioculturel conciliable avec les
ambitions matrielles des habitants (Cadne P, 2003)1(1)
Au Maghreb le bidonville stablit sur un terrain de statut domanial, ou collectif et se localise,
essentiellement, lintrieur des primtres urbains, sur des terrains menacs ou interstices
des tissus urbains sous forme de noyaux parpills. Le bidonville se distingue aussi par le
mode dorganisation de lhabitation qui trouve son origine dans les zribas de type rurale
(1)
gographie et de lespace des socits, Sous la direction de Levy J et Ussault M., Edition Belin, Paris, 2003.
55
CHAPITRE II :
constitue dun ensemble de pices dgageant une cour parfois plante. Ce modle volue
souvent, avec rduction de sa surface par morcellement de la parcelle, pour sapprocher du
modle de la maison patio.
Lors du premier Worl Urban Forum (1) notait, par ailleurs, que ces habitations inappropries
lhabitat humain exemplifiaient la varit des manifestations de la pauvret urbaine.
Derrire la diversit des apparences physiques, des spcificits gographiques et culturelles,
derrire les mcanismes historiques et conomiques qui font natre cet habitat multiforme, se
dgagent des points communs. Ainsi six caractristiques des bidonvilles ont t convenues:
Un manque de services de base , des conditions de vie malsaines, des habitations hors normes
et des constructions inadquates ,une faible scurit doccupation, statut irrguliers des
tablissements et localisations hasardeuses dangereuses, pauvret et exclusion sociale .
Lhabitat informel peut tre synonyme dhabitat illgal et/ou dhabitat spontan. La
notion dhabitat informel stricto sensu recouvre un ventail doccupation rsidentielle qui
peut aller de villas luxueuses labri le plus prcaire, cest tout simplement une production de
logement en dehors de tout cadre rglementaire (Semmoud B, 2002, p 123).
Lhabitat non rglementaire/illgal (ou irrgulier) est gal labsence de procdure lgale
(et non pas de pauvret des matriaux de construction) dans lacte de construire et assez
souvent, dans celui doccuper le terrain, on dnomme aussi dhabitat spontan ou informel. Le
terme de quartier irrgulier recouvre une trs grande diversit de situations locales, mais
leur point commun est labsence de scurit foncire (Durand Lasserve A., 1988, p 127) (15).
Lhabitat spontan (clandestin, non planifi) : Nomm ainsi parce que difi de faon
autonome par ses habitants et produit par linvasion de terrains publics ou privs. Do le
sentiment dune apparition spontan et non pas planifie par les autorits concernes.
(Chabbi M, 1986, p132) choisit pour sa part dtudier plus spcifiquement ce qui relve de
lhabitat sous-intgr et de ses manifestations varis. Lapproche urbaine replace lintgration
dans un processus dynamique, et la repre laide dindicateurs portant sur le niveau des
quipements, le nombre de personnes charge, etc... Dans ce cadre de rflexion pourrait tout
fait tre intgre ltude des grandes villes algriennes.
(1)
Ces composantes ont t dfinies, lors du forum Citites without slum en 2001 daprs ltude de cas de
30 villes et afin de permettre de raliser une grille dvaluation pour toute autre tude de cas de bidonville.
56
CHAPITRE II :
Ceci tant, lexpression dhabitat sous-intgr pourrait sappliquer galement notre objet
dtude, puisqu il traite des zones urbaines ou pri-urbaines de cration rcente, nanmoins
les niveaux dintgration, en termes purement matriels, sont loin de former un tout
homogne. Ensuite, lusage du terme intgration a t souvent dtourn et risque dvoquer
seulement lintgration citadine ou son oppos, la marginalit. Ce point sera dvelopp un peu
plus loin, (dans la 2me partie, Chapitre III).
Enfin, depuis les annes 80, la terminologie la plus utilise dans la littrature, surtout
francophone, est celle de quartiers ou durbanisation spontane ou encore informelle. Le
terme de spontan est intressant en ce quil rappelle labsence de contrainte tatique dans la
fabrication de cet habitat (Hafiane A, 1989, p98). En revanche, le terme spontan est
aussi trop souvent associ lide dune profonde dsorganisation urbaine, correspondant
une des dfinitions du Larousse : qui se fait, sexprime directement, sans rflexion ni
calcul , alors que tout groupement humain gnre ses propres rgles, ce qui vaut aussi pour
la disposition spatiale.
En Algrie, le terme consacr est le logement ou les quartiers Fawdaoui, terme arabe
pour spontan, avec la connotation de dsordonn , non organis , dont lusage
semble assez pertinent. Les anglo-saxons emploient volontiers le terme de squatters pour
dsigner de faon gnrique le lotissement hors norme(1), alors que squatter signifie
exclusivement faire usage de la proprit dautrui sans son autorisation. En Algrie, ce terme
recouvre lensemble des implantations sur terrains de ltat, et sur des terrains privatifs
occups sans le consentement du propritaire. Ce dernier cas est suffisamment rare pour ne
pas tre englob par la dfinition quen donnent ladministration et les auteurs algriens
utilisant ce terme.
Si la notion de squatters a le mrite dtre passe dans le langage courant, elle
senracine dans la pense formaliste qui dnie toute comptence urbanistique aux nonprofessionnels. Au mieux, on leur reconnat parfois une rationalit conomique, en postulant a
priori quaucune norme sous-jacente ou systme rgulateur ne peut jouer sans intervention de
ltat.
(1)
Ainsi cet ouvrage qui traite de toutes les formes dhabitat populaire et dorigine privative les englobe sous le
terme de squatters. Hardoy J-E, Satterhwaite D., 1989, Squatter citizen life in the urban third world, Londre,
Ed. ADEF, p 105.
57
CHAPITRE II :
En outre, bien souvent les quartiers sont qualifis des termes suivants selon le mode
dominant daccs au sol qui les caractrise : invasion du terrain, land invasion , lotissement
clandestin, clandestin ou pirate subdivision . Et enfin, dans la ligne de John Turner, de
nombreux travaux, ont utilis le terme tombait quelque peu en dsutude depuis les annes 70
de logement auto-construit, self-help ou self-build housing (1). Un autre qualitatif
semploie dsormais assez volontiers par rapport aux quartiers priphriques : lhabitat non
rglementaire ou illicite.
De plus, danne en anne ce terme devient obsolte pour un certain nombre de zones
pralablement tudies, puisquelles sont rgularises. Enfin, un nombre important de
secteurs urbaniss dans la ville sont rgulariss de facto sans que le problme de
linconstructibilit des terrains ait t ncessairement rsolu. Ces quartiers ont de fait rejoint
la ville lgale, mais pour signifier lambigut de leur statut vis--vis des pouvoirs publics
certains les qualifierons parfois de semi-formels (Soliman A, 1987, p 176).
Lhabitat populaire
Pour ce qui est habitat populaire Le terme populaire ici ne renvoie pas un schma de
fonctionnement dualiste, un mode dimplantation et une typologie constructive qui selon nous
sapparente un compromis entre modles tatiques et pratiques populaires.
moins de nier toute marge dautonomie, toute capacit organisationnelle et de rflexion aux
rsidents, on ne peut nier que le mode de production mais aussi lide de la ville reste avant
tout populaire(16).
Ainsi, au Chili sous le rgime de Alliende, en Iran depuis la rvolution islamique, ou au Prou
diverses poques, limplantation collective sur des terrains peut tre fortement incite voire
logistiquement oriente par ltat. Et par ailleurs, linfluence de ltat ne peut tre occulte,
dans toutes les productions urbaines.
Mais il nen reste pas moins vrai, que la production urbaine dans tous ces cas reste
dfinitive populaire. Surtout que les cas dimplantation assists par ltat sont assez restreints
dans le temps et lespace.
(1)
Louvrage significatif sur ce thme remet totalement en cause la validit actuelle de ce concept, Dlahou
Y., 1987, Tous les moyens sont bons : mille et une voies pour passer de lillgalit la lgalit, in
politiques et pratiques urbaines dans les pays en dveloppement, lHamattan, p. 166-183.
58
CHAPITRE II :
Ces quartiers par le mode de cration, par les acteurs qui en sont lorigine, ont t qualifis
par Agns Deboulet par lexpression de quartiers dmanation populaire ce qui est
indniablement un dnominateur commun. Cela nempche pas loccasion de les restituer
par rapport aux banlieues programmes , telles que villes nouvelles ou quartier dhabitat
social. Ajoutons que ce terme neutre sapplique selon le mme auteur la majorit des villes
du tiers-monde dans lesquelles le pri-urbain est de faon croissante dominante de
logements raliss sans intervention de ltat.
Cest que cette forme de production progressive touche lessentiel des hommes et des
femmes tributaires du seul secteur informel de lconomie, donc sujets des rentres
dargent alatoire, ainsi que ouvriers et employs revenus faibles. Il met galement en
valeur une mobilisation financire au coup par coup, qui caractrise la plupart des mnages
des petites classes moyennes dnues de patrimoine familial et prives daccs lpargne
institutionnelle.
Si durant plusieurs dcennies on a clbr la pratique spontane de lauto-construction,
expression utilise par (Valladares L, 1983, p67), cette analyse sest souvent faite au
dtriment de lobservation de formes pourtant plus rpandues de la production populaire de
logements : lauto-construction assiste ainsi que la production immobilire petite marchande
(1).
Elle est ainsi dfinie : une faible division technique et sociale du travail qui fait appel largement des
structures et des filires familiales ou faible teneur technologique et capitaliste, ce que lon peut dsigner
comme une production domestique ou petite marchande . (Durant-Lasserve A., 1986, Lexclusion des
pauvres dans les villes du tiers-monde , Paris, Ed. LHarmattan 1986, p.40).
59
CHAPITRE II :
La prcarit dans les Mdinas touche des lots ou des secteurs entiers .Cependant, on observe
une certaine htrognit dans les conditions doccupation dune Mdina une autre, selon
son importance, sa place dans la structure urbaine et son rle dans le fonctionnement de la
ville(17). La prcarit dans le cas des Mdinas se traduit par la vtust du
bti.
Il suffit dy
pntrer pour constater que leur cadre de vie est loin de correspondre au minimum de confort,
dhygine et de salubrit universellement
constitu par des locaux non destins initialement lhabitation. Les manifestations spatiales
de ce type dhabitat sont varies, et ne permettent pas toujours une distinction lgal/non lgal.
Nous partirons tout dabord dune classification croisant les filires de logement et lanalyse
de la localisation de lhabitat des catgories peu ou pas solvables (19).
La surdensification, par dcoupages internes ou extensions du bti, la fragilisation des
btiments, occupation des garages, arrire boutique, local de concierge, sous les escaliers ou
60
CHAPITRE II :
dans le parking, buanderie, sur les terrasses des immeubles se transformant en un bidonville
des terrasses. Toutefois, cette forme est surtout prsente dans les grandes agglomration, et
loccupation parfois trs prcaire des terrasses des immeubles
est un phnomne
LAlgrie est
dpassant pas deux pices dhabitations), qui, linstar des barracas populaires au Brsil,
ont accueilli des familles vincs du bidonville, ou dautres dont lhabitation sest effondre,
qui sont dans lattente dun hbergement dfinitif, leur nombre ne fait quaugmenter et
lattente se prennise.
A lchelle du Maghreb une autre forme de prcarit, correspond aux tissus dhabitat social
raliss entre les deux grandes guerres et destins accueillir la population colonise.
Construites selon des principes durbanisme, de voirie et des habitations traditionnelles des
maisons patio, la plupart du temps. Cette combinaison entre lurbanisme moderne et la
construction traditionnelle offrait des possibilits dintgration des quipements et des
services.
Ces quartiers ont connu des mutations profondes marques par le dpart des populations
aises et un mouvement de densification important. Pour le cas de lAlgrie, un large parc
social, par sa taille, sa position et ses difficults, illustre bien la nouvelle situation: densit
leve doccupation, sous-quipement, dgradation du bti et importance du parc locatif de
logement de taille rduite. Limportance de ce secteur urbain pour le dveloppement futur des
centres villes contraste avec le niveau de dgradation atteint par le parc logement et les
conditions de son occupation, alors que son dynamisme commercial et sa position par rapport
aux grandes voies daccs pourraient le prdestiner dautres fonctions. Ainsi cette situation
61
CHAPITRE II :
illustre une problmatique de renouvellement du parc quon retrouve dans plusieurs villes au
Maghreb.
La prcarit
couvre aussi une forme spcifique aux centres urbains des valles pr-
sahariennes : Kasbas et Ksours dont la dgradation physique sous leffet de multiple facteurs
risque de faire disparatre jamais (y compris dans la mmoire) ce patrimoine architectural et
urbanistique de grande valeur.
Conclusion
Nous avons tent de faire apparatre en quoi le concept de prcarit ne pouvait tre rductible
un tat actuel de la connaissance sanitaire historiquement construite dont les antcdents
sont la plupart du temps ignors et que lexamen des traits communs lhabitat prcaire dans
le tiers-monde auquel sattache ce chapitre sous-tend que la
prcarit
particularit des temps modernes. Toutes les villes de tous les temps ont t plus ou moins
touches par elle, un degr ou un autre. Elle se manifeste au-del mme des centres urbains.
Dnominateur commun entre diffrents tissus, la prcarit reste nanmoins mal dfinie et ses
contours insuffisamment prciss. Nous avons pu voir travers le survol de la terminologie,
positive, neutre ou ngative, quelle est la fois diverse et confuse, exprimant lextrme
disparit des situations.
La clarification des concepts utiliss dans le cadre de ce chapitre a t dune importance
capitale puisquelle constitue un pralable lapproche thmatique de lhabitat prcaire. En
effet, la prcarit dans toutes ses formes quelle soit due lassise foncire et habitationnelle
ne fait que reflter les tensions sociales et les luttes dintrts qui se concluent et se gnrent,
tant sur le plan conomique que social, par la pauvret, le travail informel et lexclusion. Cest
pourquoi, il est fait tat, dans cette partie, des conceptions de linscription territoriale de
lhabitat prcaire dans lespace urbain qui se traduit par la recrudescence de la pauvret, du
secteur informel et de lexclusion.
62
CHAPITRE II :
REFERENCES :
(1] Douglas M., 2001, De la souillure, Essai sur les notions de pollution et de tabou,
Paris, La Dcouverte, p89. Simmel G., 1994, Digression sur ltranger , in lcole de
Chicago,naissance de lcologie urbaine, prsent par yves Grafmeyer et Joseph Isaac,
Paris, Aubier , p66.
(2] Arrif A., 1992, Le passage prcaire, Anthropologie-applique dune mutation
rsidentielle. Le cas Hay Moulay Rachid Casablanca, thse en anthropologie,
Universit dAix Marseille I, Aix-en-Provence, p113.
(3] Pinson D, Modles dhabitat et contre types domestiques au Maroc, Fascicule de
Recherche n 23, URBAMA, Tours, 1992, p93.
(4] Roncayolo M., 1990, La ville et ses territoires, Ed. Folio, coll. Essai, p59.
(5] Levy J-P., 1992, les situations locales de lhabitat : une mthode danalyse, Lespace
gographique, tome 21, n 1, p. 5-14.
(6] Pinson D, op. cit. p 161.
(7] Musil R., 1995, LHomme sans qualits, Edit. du Seuil, Paris, 2 tomes, p84.
(8] Massiah G., Tribillon J-F, Villes en dveloppement. Essai sur les politiques urbaines
dans le tiers monde, Cahiers Libres, Paris, La dcouverte, 1988, p120
(9] Debbi F, La problmatique de l'habitat insalubre au Maroc , les cahiers de l'ANHI,
"Almaouil", n 1-Juin, p 16.
(10] Rharbi L ., Dinia H, "L'insalubrit dans le bti urbain : essai d'approche", les cahiers
de lANHI, Almaouil, n 1- Juin, 1991, p 19-23.
(11] Damette F., Problmatique de lhabitat insalubre et lments du contexte, Actes du
sminaire international Habitat insalubre et stratgies dintervention , 24-25-26
mai 1994, Mekns- Maroc, p. 37-43.
(12] Naciri M., Lamnagement des villes peut-il contenir leurs soubresauts ? , in Etat,
ville et mouvements sociaux au Maghreb et au Moyen Orient, Actes du colloque
CNRS-ESRC, Paris, Mai 1986, Ed. lHarmattan, 1989, p. 237-248.
(13] Reeves N., 1992,
63
CHAPITRE II :
64
CHAPITRE III
CHAPITRE
III :
Introduction
Si la centralisation des activits conomiques dans les espaces urbains, durant la rvolution
industrielle a fait de lurbanisation un lment incontournable dans llaboration des modles
occidentaux de dveloppement conomique. (Polse M, 1995, p178), analysant la logique
spatiale des mutations conomiques, avance que lurbanisation semble tre linsparable
compagne du dveloppement conomique . Pourtant, lexemple de beaucoup de pays du
Sud, montre que lurbanisation est loin dtre synonyme de dveloppement.
Le Maghreb connat, depuis les annes quarante du sicle prcdent,
une urbanisation
acclre qui a modifi radicalement les socits et les territoires est un phnomne sans
prcdent, qualifi dexplosion urbaine (1) dont les effets se font sentir dans lordre du social
et du politique.
Elle
saccompagne
socioconomiques
lintrieur des villes et entre les villes, avec des pressions de plus en plus importantes sur
lenvironnement et les ressources naturelles. Ces ingalits se traduisent par des accs
diffrencis des habitants lemploi, aux revenus, au logement et aux services de base
(ducation, sant, assainissement, etc).
En Algrie, au dbut des annes 1970, les projets dindustrialisation et de rformes agraires
conduits par lEtat planificateur au nom de la transition au socialisme, qui ambitionnait la
correction du dualisme conomique et territorial ont, contrario, exacerb les mouvements
migratoires vers le littoral. Par la suite, partir des annes quatre vingt, le maillage
administratif des territoires a fait crotre les villes, petites et moyennes.
Mais que les villes soient petites ou grandes, mtropoles rgionales ou nationales, le trait
caractristique de lurbanisation rside dans les distorsions sociales et spatiales exacerbes par
le dysfonctionnement plus ou moins marqu du systme urbain, notamment en matire de
formes spatiales, ce qui fait de la ville un thme dactualit quasi-permanent car cest l que
sexpriment, parfois violemment, les tensions politiques lchelle nationale.
Pour ne retenir que laspect urbain de lespace algrien, nous constatons avec beaucoup de
dcouragement les luttes urbaines variant en fonction des contradictions de plus en plus nettes
que vit la ville algrienne de plus de quarante ans dindpendance.
65
CHAPITRE
III :
Quelles sont les consquences sur le plan urbain ? encore une fois , pour ne retenir que
lespace , disons des maintenant que la dfiguration est avance . Un architecte bien inform
nous dit que les intrts bien prcis profitent de labsence de matrise institutionnelles et de
planification urbaine en gnral et rendent cette dfiguration encore plus nette (2).
A ce propos nous avons jug utile de poser dabord les termes de la rflexion, par une
vocation mme rapide des traits saillants, de la situation conomique algrienne considrer
la lumire des changements qui affectent et transforment la socit algrienne. Oprer une
distinction entre ses structures, ses difficults ou dfis rcurrents, et les alas de la
conjoncture, surtout internationale, qui la atteinte rcemment de plein fouet, avant darticuler
par les politiques urbaines et de la politique du logement au sein dun mode de gestion
conomique caractris par une extraversion croissante.
66
CHAPITRE
III :
logement subventionn par ltat et les grandes entreprises publiques, linsuffisance des
moyens de lEtat pour rpondre aux besoins dune urbanisation rapide (1).
1-1
Les consquences de cette politique dajustement structurel pose comme pralable par la
Banque mondiale et le fond montaire international, viennent se surimposer un ensemble
de mesures que le gouvernement tente dinitier depuis le milieu des annes 92.
Compte tenu de lrosion montaire entre 25 et 30% dinflation annuelle), alors que les
revenus des salaris du secteur public, ont volu moins rapidement (5).
Dans ces conditions le rle nourricier de ltat, qui jouait la stabilit du rgime dans le
maintien de subventions aux citoyens principalement dans le domaine alimentaire est de plus
en plus remis en question. En effet, le subventionnement a entran dores et dj des
augmentations trs importantes du prix des principaux produits alimentaires. Mais le prix des
services de sant, des services publics (lectricit) subit un sort peu prs semblable. On sait
dores et dj par exemple que laugmentation des prix des mdicaments a entran une baisse
des dpenses individuelles de sant.
(1)
Jusqu la fin des annes 90, avec la politique de libralisation conomique, a concid avec une croissance
67
CHAPITRE
III :
En effet, le dcalage entre les prix la consommation et les revenus salariaux, a entran la
pauprisation des salaris, rduisant, en 1996, de prs du tiers leur pouvoir d'achat, et touchant
particulirement les couches moyennes (fonctionnaires du secteur public).
Il est cependant indniable que lexigence dalignement des prix sur ceux des marchs
internationaux a des implications majeures ; il est question par exemple dliminer les
subventions indirectes la construction ralise par les entreprises publiques ou parapubliques, et de relever les taux dintrts de faon les rapprocher des taux internationaux.
On reviendra par la suite sur toutes sortes de formes et dadaptations de la socit civile ces
problmes conomiques, dont lurbanisme et lhabitat dessence populaire ne sont quune des
manifestations.
des programmes de
logements sociaux, fait que les bnficiaires de logements pratiquement gratuits devront
maintenant payer un loyer consquent, acheter leur logement ou se relocaliser leurs frais.
Historiquement, la pauvret urbaine comme enjeu nexistait pas officiellement en
Algrie: les travailleurs taient en principe traits presque quitablement et ils taient protgs
par la Constitution (qui reconnat, entre autres, un droit au logement). La planification
centrale de lconomie assurait des ressources spcifiques consacres aux avantages sociaux.
La situation des travailleurs, mme en situation de pauvret relative par rapport au reste du
monde, tait modre par des politiques de dveloppement social dont les impacts ont ralenti
pour un temps les effets ngatifs de la transition une conomie de march; les services
68
CHAPITRE
III :
69
CHAPITRE
2-1
III :
Inexistante pour les uns, sujet tabou ou phnomne artificiellement dissimul par laisance
financire relative de lEtat pour les autres. La pauvret a t longtemps perue en Algrie
comme ne devant pas et ne pouvant pas exister, mais le phnomne ne cesse de susciter des
dbats et des controverses. Nanmoins le fait est admis. Elle connat depuis le dbut des
annes 90 un essor indniable, en Algrie, concomitamment la mise du processus de
rformes conomiques. La pauvret reste un phnomne important en Algrie o elle
sexprime, notamment, travers un chmage endmique qui concerne prs 30 % de la
population active selon les statistiques de lONS (1998). Le taux de la population active en
chmage a t par ailleurs fortement grev par les rformes structurelles qui ont touch les
entreprises publiques. En effet, les rformes, mises en uvre depuis le dbut des annes 90,
ont t lorigine de 460 000 pertes demplois et de la fermeture de plus dun millier
dentreprises financirement dstructures (7).
La dfinition et la mesure de la pauvret en Algrie sont rendues malaises par l'absence
d'tudes systmatiques et comparables dans le temps. En effet, la pauvret en Algrie na t
soumise dbat quen 2000, loccasion de la confrence dAlger. Ainsi elle a t usite
comme une proccupation importante pour le pays qui a justifi la tenue de cette premire
Confrence Nationale de lutte contre la pauvret et lexclusion .Dans un autre document
labor par le PNUD, il est not quen Algrie une connaissance intuitive permet de relever
que le phnomne sest accru au cours des dernires annes.
Ds lors, les travaux des institutions internationales ont commenc permettre une sorte
de rhabilitation de la pauvret (8). Mais celle-ci se fait encore un peu dans lambigut; elle
est explique parfois comme un effet secondaire des rats dun systme en transition, et
parfois comme un effet pervers des forces incontrles du march. Dans le premier cas, elle
interpelle directement le rgime; dans le second, elle le libre de ses obligations. Dans le
meilleur des cas, la pauvret est maintenant admise comme une composante de nimporte quel
systme conomique.
Les tudes sur la pauvret urbaine en Algrie tel qu'apprtes dans la carte de la
pauvret (2002) (9) ont permis de dgager des consensus thoriques. La pauvret urbaine
nest plus perue comme un malaise particulier, mais comme une composante organique de la
structure sociale urbaine; ce titre elle est incontournable et durable. Les zones de rsidence
des mnages pauvres sont, quant elles, des composantes organiques de la structure spatiale
70
CHAPITRE
III :
de la ville. Insres dans les espaces fragiles de la ville ou dans les quartiers organiss, elles
constituent des freins au dveloppement urbain mais se prsentent aussi avec des enjeux de
redveloppement.
Malgr les analyses croises des indicateurs qui permettent de dfinir la pauvret
urbaine comme un phnomne social global, sa perception comme situation de manque de
ressources financires court terme, sest souvent impose telle que lindique la carte de la
pauvret en Algrie. La pauvret est alors value non seulement partir des revenus, mais
aussi partir des biens possds (quipements, logement, droits doccupation du sol). Quand
ces biens sont valus leur valeur marchande, des niveaux de pauvret sont
automatiquement effacs.
Les enqutes de consommation des mnages et de niveau de vie, ralises
respectivement, en 1988 et 1995 par l' ONS, quoique posant des problmes de comparabilit,
ont nanmoins permis de dgager les grandes tendances de ce phnomne.
C'est ainsi que se basant sur leurs rsultats, l'tude de la banque mondiale, ralise en 1995 et
dont les principales conclusions sont reprises dans le rapport de la confrence nationale de
lutte contre la pauvret et l'exclusion, dfinit les seuils de pauvret et les caractristiques de la
pauvret en Algrie (1).
Ainsi la mesure de la pauvret est dfinie selon un rapport du PNUD sur la pauvret 1998,
comme tant l'insuffisance de consommation alimentaire en qualit et en quantit, mais aussi
en mdiocre satisfaction des besoins sociaux de base.
Quant aux caractristiques sociales des pauvres, l'tude de la banque mondiale, value
6.360.000 le nombre de pauvres en 1995, les trois seuils de pauvret confondus, soit 22,6 %
de la population du pays. La proportion des plus pauvres est passe de 10 % 20 % de la
population entre 1988 et 1995.
En 1988 comme en 1995, les populations les plus pauvres sont en majorit rurales avec
respectivement, 72 % et 68 %.
(1)
La pauvret matrielle revt 3 formes : Un seuil de pauvret extrme, estim comme la somme d'argent
ncessaire pour satisfaire les besoins alimentaires minimaux, quivalent 2100 calories par jour, soit pour 1995,
10.943 DA par an et par personne. Un seuil infrieur, tenant compte des dpenses non alimentaires et estim
pour 1995, 14.825 DA par an et par personne. Un seuil de pauvret suprieur, quivalent 18.191 DA par an
et par personne. Selon le Projet de rapport national sur le dveloppement humain. op. cit.
71
CHAPITRE
III :
En 1995, la taille moyenne des mnages pauvres est de plus de 8 personnes, alors que la taille
moyenne des mnages est de 6.6 personnes.
De mme 60 % des pauvres vivent dans des mnages dont le chef est sans instruction.
La corrlation est galement tablie entre la pauvret et le chmage que ce soit en 1988 ou en
1995 : le chmage est en effet plus important chez les populations dfavorises autant en
zones rurales qu'en zones urbaines : 44 % en zones urbaines et 35 % en zones rurales contre
29 et 24 % chez les non pauvres, en 1988 et en 1995, 14 % contre 28 %. Il faudra pour cela
prs de 100.000 emplois nouveaux crer par an, pour prvenir seulement les tensions sur
lemploi et sans considrer les 1,7 millions de chmeurs dclars en 1994 (10).
Par ailleurs, le Ministre de la Solidarit et de lEmploi annonce en 2005 dans un
communiqu de presse quil a adopt une autre approche de la pauvret, en insistant sur le fait
quil ny a pas de pauvres en Algrie et quil n y a que des ncessiteux, indiquant que la
Banque Mondiale sest base dans son tude sur un vieil indicatif, selon lequel ceux qui ont
moins dun dollar sont pauvres et quelle se base sur un vieil indicatif, selon lequel ceux qui
ont moins dun dollar sont pauvres. En effet le Ministre concern considre les dmunis et
ncessiteux sur la base de quatre critres : labsence de revenus et de logement, et le non
accs aux services de la sant et lducation. Cest partir de ces quatre critres runis quil
identifie un pauvre et non pas sur la base du PIB.
En somme, les ressources engages par les pouvoirs publics nont pas eu deffets notables,
dautant que le phnomne de la pauvret en Algrie reste notre sens mal apprhend au
regard de labsence de connaissances fines de ce phnomne.
2-2
72
CHAPITRE
III :
73
CHAPITRE
III :
principe dautonomie qui sapplique la ralisation des projets damlioration des conditions
de vie des masses urbaines appauvries et sexprime par des pratiques daide mutuelle et
dauto-administration collective(1).
2-2-2 Une ncessaire rflexion sur la dcentralisation relle ?
Le secteur communautaire demeure encore gr, organis et coordonn par lEtat.
Lensemble de la dynamique va du haut vers le bas et paralyse compltement les initiatives au
niveau le plus bas.
Tout le processus dcisionnel demeure centralis. Mme si lEtat reconnat maintenant
quil doit adopter un rle de support aux capacits des acteurs, et quil doit cibler ses actions
non pas sur le contrle des politiques mais sur la promotion de politiques, il est tellement
proccup par les ingalits rgionales quil ne voit pas comment adopter de nouvelles
pratiques correspondant ses objectifs.
Au niveau des finances locales, le cadre lgal qui partagerait les pouvoirs et
responabi1its entre le niveau central et le niveau municipal nous semble absent. Lensemble
de la gestion des finances est fait par conventions, revues annuellement. Les collectivits
locales ont peu de ressources propres, ils se partagent le revenu des taxes dcides et
administres centralement. Ils fonctionnent essentiellement sur des paiements de transferts
venant de ltat central et devant tre ngocis chaque anne.
Le budget des collectivits locales est presque totalement contrl par le gouvernement
central et lourdement charg par les priorits nonces annuellement par chacun des
ministres pour lensemble du pays.
En fait, les autorits locales nont quun minimum dautonomie, dans la mesure o elles
enregistrent des surplus par rapport au budget accord. Dans ce cas, elles peuvent assez
facilement dpenser ces surplus comme elles lentendent. Comme on peut sen douter, ceci
incite fortement les autorits locales gnrer des surplus, pour se donner une certaine
(1)
Des lments de cette conclusion ont t tirs de larticle suivant: Parenteau R., 1994; Two studies on the
conditions of urban poors in ViL-nam (Hanoi and H Chi Minh City), Vit-nam sociolagical review, n 4-48:
p. 70-74. Plusieurs hypothses, formules dans cette conclusion, sont tires des publications suivantes: Trinh
Duy Luan 1996, et Trinh Duy Luam et Nguyen Quang Vinh 1996.
74
CHAPITRE
III :
autonomie financire. Dans plusieurs cas, certaines ont commenc lever leurs propres taxes
et charger pour des services qui taient antrieurement gratuits. Do des impacts majeurs
sur les populations les plus pauvres qui doivent en principe profiter des gnreuses politiques
sociales du gouvernement central.
Au dbut des annes soixante dix, les impratifs du dveloppement travers les projets
dindustrialisation et de rformes agraires conduits par lEtat planificateur au nom de la
transition au socialisme qui ambitionnait la correction du dualisme conomique et territorial
ont, a contrario, exacerb les mouvements migratoires vers le littoral. Par la suite, partir des
annes quatre vingt, le maillage administratif des territoires a fait crotre les villes, petites et
moyennes.
(1)
lAlgrie, CNES, 1997 : cette dynamique ne dun tel bouleversement, confre lurbanisation de la population
une croissance vertigineuse ; de 32,6% en 1966, elle pass 41% en 1977, 49% en 1987 et 51,5% en 1994.
Linsuffisance des structures daccueil des populations, favorise la prolifration de lhabitat prcaire et la
dgradation des conditions de vie des citoyens.
75
CHAPITRE
III :
Mais que les villes soient petites ou grandes, loin de corriger les disparits rgionales, comme
les diffrentes Chartes le proclamaient, le dveloppement conomique les a accrus en
focalisant les migrations et en amplifiant lurbanisation.
Le regard rtrospectif de lhistorien sur les deux prcdentes dcennies (1970 - 1980)
permet dvaluer la monte en puissance de la question urbaine : "le processus
dindustrialisation et la trs forte pousse dmographique se sont conjugus pour donner la
ville un poids considrable dans les quilibres conomiques et sociaux autant que politiques"
(12).
Le trait caractristique de lurbanisation rside dans le dualisme des formes spatiales
exagrment tales impressionnantes et fragmentaires lintrieur duquel une esquisse de
diffrentiation sociale semble prendre forme : pour l'habitat rglement dans la typologie des
lotissements pour les catgories solvables de la population, concentres pour l'habitat informel
ou spontan des catgories insuffisamment et irrgulirement solvables de la population. Le
rsultat est que nos agglomrations urbaines, de par leurs nombreux dysfonctionnements,
offrent un cadre bti dans un espace urbain, en plein dsordre que ni les instruments dordre
juridique, rglementaire et technique et ni les actions de construction et damnagement nont
pu liminer (13).
Ces distorsions sociales et spatiales exacerbes par le dysfonctionnement plus ou moins
marqu du systme urbain, en matire dhabitat , fait de la ville un thme dactualit quasipermanent, car cest l que sexpriment, parfois violemment, les tensions politiques
lchelle nationale.
A cet effet, la gense de lintervention de lEtat dans la production du logement nous semble
une cl privilgie qui rend plus intelligible les situations de pnurie et de crise de
logement dans leur volution.
4- La question de lhabitat
Lhabitat reprsente, dans les conditions actuelles, un critre danalyse
des
76
CHAPITRE
III :
concrtiser et les hritages immobiliers, quil convient de chercher la fois les causes de la
crise et les difficults de plus en plus insupportables qui entravent le secteur de lhabitat.
Il semble indispensable daborder sommairement les conditions de la naissance et de
laggravation de la crise du logement.
(1)
Cote M., 1988, lAlgrie ou lespace retourner, Ed. OPU, Alger. Lon extrait de louvrage quen 1959, la
population urbaine slevait 2.950.000 habitants dont 850.000 europens. Elle ntait que de 2.150.000 en
1954, soit une augmentation de prs dun million dhabitants en 5 ans. Cette forte croissance urbaine est due
essentiellement lexode rural forc (transfert des populations rurales vers les centres de regroupement et
la rpression colonial qui svit dans les campagnes.
(2)
Selon Cote M., op. cit , p 198: Au cours des trois annes lAlgrie coloniale 59/62, une crise de logements se
dessinait dj. Le plan de Constantine valua les besoins dans les dix ans venir 60.000 logements par an. Il
prvoyait le construction de 50.000 units/ an regroups en grands ensembles. Les oprations lances
privilgirent les grandes villes (Alger, Oran, Constantine) ; cependant des immeubles, type H.L.M, furent
construits partout dans le pays, marquant profondment le paysage urbain. Trois ans aprs le lancement du plan
de Constantine, Algrie obtient son indpendance ; beaucoup de ralisations sont interrompues et laisses
ltat de chantier. En 1962, presquun million deuropens essentiellement citadins, quittent, lAlgrie. Ils
laissent derrire eux 700 .000 locaux (habitation, industrie et commerce), devenus biens vacants et placs sous
la gestion de lEtat. En 1965, ltat sattache terminer les chantiers de construction dans le cadre de
lopration carcasse qui permettra lachvement de 24.000 logements.
77
CHAPITRE
III :
Pour beaucoup, leuphorie purement statistique nest pas possible. Le taux doccupation par
logement (TOL) est trs fort, entre 7 et 8 (Bouhaba M, 1988, p 83), dans des logements trs
exigus : 83% des logements ont de 1 3 pices, les deux tiers de 1 2 pices (Semmoud B,
1988, p 129) ; ce TOL urbain de la cohabitation avec toutes les consquences dhygine et de
sant quon peut imaginer (14).
Depuis, la situation na pas cess de saggraver, elle se caractrise par la vtust, la prcarit
et le surpeuplement quasi gnral du parc de logements, par la faiblesse des quipements
socio-conomiques, et par la saturation des divers rseaux. Le premier plan triennal (19671969) a ensuite accord de petits investissements en vue de favoriser la naissance de
nouvelles entreprises publiques de ralisation mais il annonait surtout les choix qui allaient
saffirmer par la suite, en rservant 45% des investissements au secteur industriel.
(1)
etc) et la rorganisation du systme de promotion immobilire qui fut confi deux organismes diffrents :
lO.N.L.F (Office National du Logement Familial , cr en 1980 est remplac en 1986 par lEntreprise de
promotion du Logement Familial (E.P.L.F.) et lO.P.G.I.( Offices Publics de Promotion et de Gestion
Immobilire qui furent crs en 1976 , en remplacement des O.P.H.L.M. , dissous la mme date) . Offices
Publics de Promotion et de Gestion Immobilire qui furent crs en 1976, en remplacement des O.P.H.L.M.,
dissous la mme date. Ces organismes avaient le monopole de toutes les activits de promotion immobilire,
activits qui taient dsormais et ce jusquen 1986, date de la promulgation de la loi n 86 07 sur la promotion
immobilire, exclusivement rserve au secteur dtat.
78
CHAPITRE
III :
Les annes (1978 et 1979) sont des annes non couvertes par un plan), en tout tat de cause,
les faibles moyens de ralisation disponibles taient orients vers les projets industriels (gnie
civil des usines et installations) et vers les projets prioritaires (ducation, universits, etc).
le T.O.P de 3.6) et de
79
CHAPITRE
III :
Les annes quatre vingt constituent par contre une rupture dans la politique de
lhabitat : Une longue procdure de privatisation du patrimoine immobilier public est entame
(1)
En 1985, lAlgrie souffrait dj dune pnurie grave en matire dhabitat ; le dficit tait
alors de lordre de 1 million de logements. Pour remdier cette situation, lEtat prvoyait
la construction de 100.000 logements/ an jusquen 1990 et 200.000 par an partir de cette
date, soit environ 2.000.000 de logements construire pour lan 2000 (18) .Ltude des
solutions apportes au problme du logement et plus gnralement de lhabitat ne pouvait se
rduire lexamen des investissements, des programmes de ralisation mais devrait stendre
celui de laccs au logement, en location ou en proprit.
Cependant, lampleur des besoins en logements
(2)
ainsi quune
situation sociale et scuritaire complexe et difficile nont pas permis de satisfaire lensemble
des demandes, mme trs sociales. La crise multidimensionnelle que nous traversons a
accentu la dtrioration de lhabitat entranant par l mme une aggravation des conditions
de vie. Parmi, les lments dapprciation qui renseignent sur lampleur des dfis il y a lieu
de rappeler quil faudrait plus de 160.000 logements livrer annuellement, uniquement dans
le cas dun maintien dune situation acceptable (TOL de 6,5).
(1)
Tche qui fut enclenche le 6 juillet 1981, dans la foule de lopration de cession des biens de ltat, avec
La crise financire de ltat observe partir de 1985 amne les pouvoirs publics oprer des rvisions
budgtaires importantes qui se rpercutent directement sur les prvisions de ralisation programmes par le Plan
Quinquennal 1985 1989.
80
CHAPITRE
III :
1966
11 460 046
1 982 100
6,1
2,78
1977
15 645 491
2 990 600
6,83
3,17
1987
22 600 957
3 037 900
7,54
2,65
1998
29 272 343
4 102 100
7,14
2,6
81
CHAPITRE
III :
Les quelques indicateurs de lhabitat cits plus haut, et en particulier ceux relatifs la
cohabitation des mnages (TOL) auraient pu tre plus importants sil ny a eu, bien sur, la
dynamique , mais mal matrise, de lauto construction (1), lgale ou illicite.
Au plan de lurbanisme, les orientations jusqu' une date assez rcente do tout un arsenal
rglementaire a t promulgu (loi dorientation foncire, amnagement du territoire,
promotion immobilire ...) et quoi que prsentant galement des effets ngatifs (grandes
consommations despace, problmes de dfaillances des quipements, problmes desthtique
urbaine ). Lauto construction ne sest pas dvelopp dans un contexte favorable puisque la
demande est handicape, entre autres, par certaines dispositions de la rglementation foncire,
par labsence de structures daccueil (terrains amnags) des prix abordables, par les
dfaillances des systmes de financement en vigueur et par les difficults daccs aux
matriaux de construction et/ou ses importations(2).
Si le Ministre de lhabitat commenait rflchir aux moyens daction pour promouvoir
davantage le systme de lauto construction (tout en attnuant ses effets pervers) ; celui-ci
demeure en fait peu connu, ncessitent des investigations particulires afin de dgager leurs
caractristiques actuelles, leur tendance dvaluation et leurs effets de blocages dans le
processus de dveloppement
(1)
Dune politique de monopole sur le march celle dune libralisation des transactions foncires, les
productions foncire et immobilire restent trs marques par leur inscription dans l'illgalit. Safar-Zitoun
M., op. cit, p 184.
(2)
Cit dans le rapport du Ministre de lHabitat (Stratgie Nationale dHabitat 96-2000), titre dexemple , le
prix de lacier est pass de 3 DA le kilogramme en 1990 240 DA en 1995 ;celui du ciment est passe de 12 DA
le sac 200 DA en 1995. Ces augmentations de cots ont des effets ngatifs tant sur le budget de ltat que sur
les capacits des mnages pour laccession la proprit dun logement produit par ltat ou auto construit. En
effet, la longue dure dexcution de la construction (plus de 5 annes) conjugue une inflation de prs de 28%
dans le secteur du btiment entre 1991 et 1995 se rpercute, notamment, sur le cot de logement.
82
CHAPITRE
III :
local les Ministres correspondants, les agences foncires locales dpendant des communes
ou des Wilayas. Tous ces organismes publics ont des rles qui se chevauchent et qui
concurrencent aussi directement les promoteurs privs, dans des conditions parfois
inquitables (20).
Quant aux programmes de construction de logements, les institutions cites ci dessus peuvent
intervenir, mais ce sont les OPGI qui sont les principaux promoteurs des programmes urbains
locatifs pour le compte de ltat.
Paralllement, la situation des dsquilibres et dinsuffisances constates dans le processus de
production et dapprovisionnement du march en divers matriaux de construction sest
aggrave avec lvolution des cots de ces matriaux qui a eu, pour principale consquence,
ltalement dans le temps aussi bien de lauto construction que des programmes publics de
construction de logements ; les dlais moyens de ralisation sont estims plus de 5 annes
(21).
Lan 1991 constitue aussi une anne de rfrence dans la mesure o une dcision de mise en
place dun nouveau systme de financement est arrte ; il sagit de la cration dune caisse
(1)
Les conditions de financement arrtes lpoque taient les suivantes : Le crdit est garanti par lEtat ; La
dure du prt passe de 40 a 25 ans ; les taux dintrt de la CNEP tant de 6%, seuls 2%seront facturs aux OPGI
charges de la ralisation des programmes urbains locatifs, lEtat prenant en charge les 4 points dcarts
(bonification des taux dintrt).
83
CHAPITRE
III :
nationale de logement (CNL) charge de la distribution des aides publiques laccession dun
logement(1).
(1)
Ltat ne finance plus de projets mais soutient et aide des catgories sociales dont les revenus oscillait entre
5.000 et 12.000 DA/mois et ce, afin daccder la proprit dun logement dont le cot est plafonn 500.000
DA Lintervention de la CNL porte sur : -Une aide financire de 100.000DA octroye aux mnages dont le
revenu est infrieur 10.000 DA (deux fois SNMG) ; -Un allongement de la dure du prt jusqu' 40ans ; -Une
bonification des taux dintrt, la CNL prenant en charge le diffrentiel entre les taux dintrt pratiqu par la
CNEP et les 2.5 5% mis la charge du bnficiaire.
84
CHAPITRE
III :
(1)
(1) A titre dexemple : en 2001-2002 la formule locationvente a mis en chantier 55 000 logements, qui accuse
des livraisons trs infimes., LEst rpublicain du 2. 05.2004.
(2) Daprs la grille danalyse de la Banque Mondiale publie en 2005, indique pour sa part que laccessibilit au
logement est examine au moyen du ratio prix des logements ; dans ce sens le prix dun logement dcent en
Algrie ne coterait pas moins de trois millions de dinars. Il faudrait toute une vie pour quun salari de la
catgorie moyenne puisse conomiser cette somme.
85
CHAPITRE
III :
La crise persiste et charrie frustration et dpit et les donnes qui la matrialisent sont divers
points semblables celles des annes antrieures(1).
Ds lors le gouvernement a engag
logements dont le pari semblerait pnible, voire perdu lavance de lavis de certains
responsables (24).
Mais, lenjeu ne serait- il pas de faire concider chaque offre de logement avec son segment de
demande solvable dans un pays polaris entre logement social et logement cher(2)? Si bien
que les logements sociaux ne constituent que 12% du programme lanc. Dun autre cot on se
demande si ladministration a les capacits de production, de ralisation, de financement et
de gestion pour raliser ce programme avant 2009, raison de 200 000 logements par an ?
(25), alors que le programme de 2001 peine encore tre achev, lon se demande sur les
assurances des pouvoirs publics de la ralisation de 200 000 logements par an ?
(1)
A titre de rappel, il faut aujourdhui construire 1 million de logements pour rsorber les demandes en
instances et faire face aux nouvelles demandes. Si on ajoute une demande globale les 400 000 habitations
prcaires en attente de dmolition ou de restructuration, le dficit se creuse encore davantage daprs un dossier
publi par El Watan Economie du 16-22 Mai 2005.
(2)
Ltude de la Banque mondiale publie en 2005 dans quelques pays de la rgion Moyen orient et Afrique du
Nord, prcise que seulement 14% de laide au logement profitent au quart de la population la plus pauvre.
86
CHAPITRE
III :
Conclusion
En conclusion, ces diffrentes mesures existantes en fait depuis 1990 ou inscrites dans la
nouvelle stratgie nationale de lhabitat 1996-2000 ont pour finalit dallger les subventions
budgtaires de ltat en distribuant les aides disponibles ou mobilisables que pour certaines
catgories de demandes en logements, mais surtout en crant un contexte favorable pour la
promotion foncire et immobilire prive apte rsoudre les nombreux problmes rencontrs
actuellement dans le secteur de lhabitat et contribuer, paralllement la production des
organismes spcialiss de ltat, la rsorption de limportant dficit actuel et satisfaire les
besoins futurs en logement. La reforme du systme de financement de lhabitat serait le
principal rgulateur de ces effets.
Ici comme ailleurs, toutes les rformes et notamment celles relatives la promotion des
marchs immobiliers libres et fonciers, risquent dfaut dune bonne matrise, de gnrer
certains effets contraires, se rapportant notamment la formation ou au dveloppement de
lhabitat prcaire.
REFERENCES
(1) Maghreb explosion urbaine. Revue Maghreb-Machrek, n spcial 96. Avril - Juin 1982,
p. 34-44.
(2) Belguidoum S., 1994, Citadins en attente de ville, logement et politique Stif,
Maghreb-Machrek Monde Arabe, villes, pouvoirs et socit. La Documentation
Franaise N 143. 1994, p.19-32.
(3) Sari D., 1993, Les mutations socio-conomiques et spatiales en Algrie, Ed. OPU, p62.
(4) Etude de la Banque mondiale croissance, emploi et rduction de la pauvret , 1998.
(5) Belorgey JM., Fvrier mars 1994, Evaluer la politique de la ville, territoire hommes et
liberts, p. 345-346.
(6) ANAT Carte de la pauvret en Algrie. Ministre de laction sociale et de la solidarit
nationale / PNUD, Mai 2001, 104 p. http://www.dz.undp.org/pauvret/carte de la
pauvret en algrie. pdf
(7) Bouzidi A., 1999, Les annes 90 de lconomie algrienne, ENAG ditions, P 163.
(8) ANAT, 2001 - op. Cit.
87
CHAPITRE
(9)
III :
(10)
Gaudin JP., 2001, Gouverner par contrat, Paris, Presses de Sciences Politiques, p.
78-80.
(11)
Semmoud
Semmoud B. op.cit.
(13)
(15)
Baduel P-R., 1988, Habitat, Etat et socits au Maghreb, Paris, Ed. CNRS, p 6.
(16)
(18)
(20)
(21)
(22)
Daprs lavant projet de Rapport National pour habitat II. Juillet 1995.
(23)
(24)
(25)
88
DEUXIEME PARTIE
INTERVENTION DE LETAT FACE A LACCES AU
LOGEMENT ET A LA REMANENCE DE LHABITAT
PRECAIRE .
QUELLE APPROCHE DINTEGRATION ?
LE CAS DE ANNABA.
INTRODUCTION
Dans cette partie nous voulions montrer que l'urbanisation est une chane d'entranements qui
voit l'augmentation de la population induire une demande de logement plus forte. La
prtention un logement pour fixer des individus en nombre croissant, une fois satisfaite,
entrane son tour l'extension et/ou la densification de la ville.
Pour cette raison, il nous a paru indispensable daborder dans le premier chapitre les systmes
de rsolution de ce besoin qui se dploient en options multiples allant de l'acquisition de
logements sociaux cl en main l'occupation prcaire, en passant par la location ou par un
statut dhberg. Ensuite, nous tenterons, dans l'tude du secteur de la production de
logements, de mieux comprendre les facteurs qui limitent l'accs au logement ainsi que les
diffrentes mesures adoptes en vue de rsorber les dveloppements spontans.
Dans le deuxime chapitre, nous tenterons daborder, devant ce qui peut apparatre l'preuve
de lindustrialisation Annaba. Celle-ci na pas t le moteur quon esprait, notamment
pour la prise en charge de la main duvre dont la plupart des conditions touchent, plus
particulirement, au cadre de vie et donnent l'habitat une position centrale. De plus, les
impacts sociaux de lajustement structurel et les corrections qui lui sont apportes, placent de
nos jours le logement dans le cadre de la lutte contre la pauvret et par voie de consquence
concourir rduire les distorsions lorigine de lhabitat prcaire. De ce fait les pouvoirs
publics tentent de mettre en uvre un cadre de facilitation destin mobiliser de faon
optimale les ressources disponibles , tout en examinant les politiques antrieures en
vigueurs, juges inadaptes et insuffisantes.
La fin de cette partie sera consacre aux stratgies de lutte contre lhabitat prcaire. Cette
stratgie prconise insister aussi sur le fait que la lutte contre lhabitat prcaire peut, et doit
accompagner la mobilisation defforts visant ralentir son apparition et son dveloppement,
notamment la mise en place dune politique de planification urbaine, avec des proccupations
macroconomique et une politique du logement globale dans le sens o elle sintresse
lensemble des couches sociales.
Des projets dits intgrs ont tent par1ailleurs
doptimiser
les
apports
des
89
CHAPITRE IV
CHAPITRE IV :
(1]
86
Introduction
Dans le cas de lAlgrie, la crise du logement, joue incontestablement un rle moteur dans le
dveloppement de lhabitat prcaire. Ltude des lments de cette crise, nous a sembl utile
parce quelle tablit une rtrospective critique au regard des statistiques officielles.
Afin de donner une ide de lampleur de lhabitat prcaire, les rgimes fonciers selon
(Semmoud N, 2001, p 39) ont paradoxalement gnr cette situation qui sest dveloppe
linsu des lois senses limiter le phnomne en jouant prcisment de leurs contradictions.
et insuffisance
sont
De manire gnrale, linsatisfaction de la demande peu solvable puise son origine dans la
logique du systme de production du logement : le processus de production, le financement,
la chert des matriaux de construction, leur pnurie parfois, dpendance de la construction
par rapport la disponibilit et aux pris des terrains btir En somme, les interventions
90
CHAPITRE IV :
91
CHAPITRE IV :
(1)
Contrairement ce que lon peut croire, le march immobilier locatif est quasiment restreint dans notre pays.
Dailleurs, selon les statistiques, 72 % des logements sont occups en proprit ou en coproprit et seulement
15 % le sont en location. Safar- Zitoun M., op.cit, p 114.
(2)
vritables instruments de lEtat promoteur LO.P.G.I. (Office Public de Gestion Immobilire) gre lancien
patrimoine H.L.M et celui des petites socits nationalises aprs lindpendance. La vocation de lO.P.G.I est
dacqurir des terrains et de raliser des logements destins plutt la location. Tandis que celle de lO.N.L.F est
de raliser des logements, soit en immeuble coopratif, soit en habitation individuelle, destin la vente
(location- vente selon les dispositions relatives lpargne-logement).
92
CHAPITRE IV :
(1)
Le Ministre de lhabitat jugeait par consquent quil serait judicieux de mettre en uvre, en application le
principe de la participation de lattributaire dun logement social la finition de son logement., tel que cela
avait t dcid par la 17me session du Comit Central du Front de Libration Nationale travers lInstruction
n 05/M/SPM/87 du Ministre de lAmnagement du Territoire, de lUrbanisme et de la Construction
(M.A.T.U.C) du 7 janvier 1987. Il est prciser que la mme instruction dtaillait La liste des prestations []
retenues pour leur prise en charge directe par le bnficiaire du logement social .
(2)
Le promoteur y est dailleurs appel souscripteur [le souscripteur nayant dexistence que pour le temps dune
opration. Belhayara G., 1990, Les coopratives immobilires Es-Snia (Wilaya dOran), Universit dOran,
D.E.S., Gographie, p64.
93
CHAPITRE IV :
Il faut tout de mme rappeler que durant la priode 1974/78 , les programmes publics nont
livr quun peu plus de 45.000 logements, alors que les particuliers ont construit autour de
36000 avec permis de construire (1).
Jusquen 1974 le secteur priv assurait une production annuelle moyenne de lordre de 15.000
logements /an. (Weexsteen R, 1980, p 104), estimait le secteur locatif priv par calcul dont
la fiabilit est douteuse environ
logement . Il existe donc un secteur priv qui joue un rle prpondrant dans la production
du cadre bti en Algrie. Quelles ralits recouvre ce secteur et qui sadresse-t-il ? A ce titre
lexamen
des
formes
de
production
dlimites
permettra
dapporter
quelques
claircissements :
Elle est assure par une partie aise de la population qui construit des villas plusieurs
tages, plutt proches de limmeuble, utilises par le groupe familial largi ou loue en partie
ou en totalit .
On commence donc par se loger soi-mme, la location dune partie de la maison apparat ici
comme un moyen daugmenter le revenu . Le glissement vers la promotion immobilire se
fait partir du moment o on loue tout le local une socit trangre ou mme une
entreprise publique.
A propos des modalits dattribution des lots sur les rserves foncires, (Belhayara G, 1990,
p42), parle de lmergence dune nouvelle classe de promoteurs fonciers immobiliers qui
pourraient financer la construction de plusieurs immeubles et les laisser en location des
entreprises publiques ou des cooprants. Mais le secteur priv fonctionne avec un loyer libre
depuis lordonnance du 26 septembre 1975. Il prvaut dans ce secteur selon (Lesbet D, 1989,
p151), une spculation effrne : beaucoup de propritaires louent des prix exorbitants
des socits nationales, ou trangres dsireuse, parfois de loger leurs cadres .
Les perspectives du march du logement promotionnel commencent se dvelopper
timidement puisquen 1994, on na pu raliser que 11278 logements et une livraison de
1187 units tait attendue, face une meilleure performance de la promotion immobilire
publique qui a ralis huit fois plus (2).
94
CHAPITRE IV :
Lauto- construction
Cette forme dauto- production immobilire fut mise en place partir de 1974-1975, elle
sadresse surtout aux dshrits en milieu rural et semi urbain.
Une aide financire accorde par le Ministre de lhabitat aux wilayas dans le cadre de
lauto- construction qui se chargea de la rpartir entre leurs diffrentes communes et toujours
selon la demande. La commune doit en principe acheter les matriaux de construction en
fonction de la fourchette (35000,00 DA, depuis dcembre 80, par bnficiaire en mme temps
que loctroi dun plan type).
Cette forme de production du logement constitue un appoint important pour pallier aux
insuffisances de lhabitat rural . Mais elle na pas profit fortement aux vritables
ncessiteux qui ne peuvent faire face aux dpenses supplmentaires (4).
Il nen demeure pas moins quelle engendre des formes spculatives et des pratiques
abusives aussi bien au niveau de laffectation des sommes alloues lauto- construction par
le Ministre quau niveau du choix des bnficiaires.
95
CHAPITRE IV :
A-5. Le logement produit par les coopratives de construction et dhabitat pour leurs
propres membres.
Ces coopratives obtenaient des prts par lEtat un taux dintrts de 4 %
remboursables sur trente ans.
Les prts offerts par lEtat travers la CNEP devraient couvrir thoriquement 80% du prix de
revient de lunit de telle sorte que lapport personnel initial du cooprateur couvre 20%
seulement du prix. Cette obligation limite les coopratives, thoriquement ouvertes tous les
citoyens, une minorit capable de verser la somme exige pour avoir droit un logement
coopratif.
A ce critre de slection vient sen ajouter un autre, le revenu mensuel du candidat qui
doit tre gal 4 fois le versement mensuel du prt augment du taux dintrt. Ce qui limite
laccs des coopratives aux tranches de revenus situes au haut de lchelle des revenus.
Soulignons en loccurrence que le systme de coopration dans le domaine de lhabitat
a sensiblement dvi de ses objectifs initiaux au cours des annes 80, selon certains
quotidiens, qui confirment que, certaines coopratives spculaient sur le foncier en revendant
les terrains qui ont t obtenus des prix symboliques, leur prix rel ou en vendant
carrment les units produites des prix exorbitants.
Ces nouvelles pratiques tendent transformer les coopratives en sortes de socits de
promotion immobilire qui
accentue la sgrgation et lexclusion des couches intermdiaires qui devaient tre les
premires bnficier de ce systme.
96
CHAPITRE IV :
A-6-1 Les programmes de logement aid ou participatif, locationvente, initis par des
promoteurs privs et publics
Il sagit la lumire, de la situation conomique et sociale de voir larticulation entre la
demande sociale et loffre, ainsi que les diffrents intervenants saisir en premier lieu , le rle
de ladministration, Wilaya , Commune, les banques, la CNEP et la CNL, les diffrents
organismes chargs de la promotion immobilire, enfin la participation du citoyen dans des
cadres organiss, ainsi que les aides publiques promouvoir, pour faciliter laccs au
logement en faveur des diffrentes catgories.
A ce titre le Ministre de lhabitat a mis en uvre une politique de construction, en offrant
des formules varies, de manire raliser au moins 150 000 logements par an pendant dix
ans pour rpondre la demande pressante et pourvoir celle venir.
Cette nouvelle approche part du constat fait par le CNES, dans sa cession de 2001, qui
fait tat de l'existence d'une demande solvable (60 % de la population occupe, ne disposent
pas de revenus suffisants pour pouvoir acqurir un logement, mais restent dans sa majorit
solvables), pouvant apporter leur
en vue
dacqurir un logement par l'pargne et non sur des critres qui laissaient une grande place au
subjectivisme.
Pour la premire fois en Algrie, le projet de construction de 20.000 logements lancs
en 2002, dans le cadre de cette opration , suivi par un projet de 35.000 logements puis du
lancement de la ralisation de 65.000 logements jusqu 2004, a t financ sur une avance du
Trsor donc remboursable et les prochaines annes verront le dsengagement total du trsor
public des oprations de construction de logements (6) , sauf pour le logement social qui
concernera des catgories bien cibles de la population.
Par ailleurs, ces programmes savrent insuffisants, eu gard aux besoins grandissants;
dautre part, ils semblent
ne
CHAPITRE IV :
affectes par lEtat au niveau de la banque, pendant plusieurs annes, ce qui peut les faire
profiter de taux dintrt jusqu 12%, cette dernire pratique fut mise en vidence, et
dnonce par les mdias au risque de se gnraliser.
Aux sinistrs dont le logement est dmoli suite une opration de rhabilitation
urbaine, un projet dutilit publique, pour une cause dinsalubrit, ou de sinistre ;
Or, il apparat que ces programmes sont non seulement rduits cause de linsuffisance de
lallocation admise et offerte par lEtat, mais ne profitent pas quaux plus dmunis. Cette
carence sexplique par diffrentes
Les logements produits dans le cadre de ces programmes sont tenus dtre attribus aux
bnficiaires aprs examen des dossiers de demandes par une commission, aprs enqute
sur terrain par une brigade communale . La liste des inscrits tant trop longue, les heureux
lus ne sont pas trs nombreux.
Ds lors trois solutions semblent soffrir aux gestionnaires :
-
Raliser des programmes sans commune mesure avec ce qui a t initialement prvu,
notamment les imprvus dus aux catastrophes naturelles, sismes , inondations et
98
CHAPITRE IV :
autres, ou encore lavulsion de logements pour certains imprvus , le cas des quelques
5000 logements sociaux rquisitionns pour la rentre universitaire 2004 (7) .
7- Les dizaines de cits durgence dites provisoires
Autorises par lEtat afin de loger les sinistrs vacus suite leffondrement de leur
logement, notamment
lorganisme tatique, dans les cours ou mme de certains difices classs patrimoine,
notamment des palais; cet habitat provisoire peut durer jusqu 6 ans.
Cette dernire variante devrait tre classe dans le second sous-systme mais tant donne
quelles sont le fait des agents appartenant au premier systme, nous avons estim quelles en
font partie.
Le second sous- systme ; appel prcaire, spontan, par certains populaire, offre galement
plusieurs variantes, relayant lEtat et le secteur priv. Pour beaucoup, la rgression continue
des logements sociaux dans le premier sous-systme sera corrige par lexclusivit doffres de
logements dans le second sous-systme.
baraques sont trs prcaires, car souvent elles occupent provisoirement un terrain public ou
celui dun propritaire qui na pas encore les moyens de financer la construction.
99
CHAPITRE IV :
En effet, avec un cot du logement minimal de 19000,00 DA le m2, le march reste peu abordable au regard
100
CHAPITRE IV :
De plus, le TOL national (Taux dOccupation de Logement) a t estim a 7,14 personnes par
logement en 1997 par la mme source.
La situation actuelle du secteur reste marque principalement par un dficit de 2
millions de logements, chiffre tir dune extrapolation de 600.000 demandes enregistres
auprs des services de lEtat. De nombreuses expertises parlent dune moyenne idale de
250.000 logements raliser sur les 10 ans venir pour rsoudre la crise, voire la ramener
un seuil tolrable (8).
Dun autre cot, le parc immobilier algrien souffre d'un fort taux de vtust. Depuis 1993,
lAlgrie, en collaboration avec la Banque Mondiale, met en uvre un programme de
rsorption de lhabitat prcaire. La question concerne 2 millions de logements parmi le parc
immobilier national et la solution passe ncessairement par le relogement de 600.000
personnes concernes. A ce jour, la moyenne annuelle des units traites est de 16.000 units,
selon la mme source. Ce qui entrane davantage des exclusions et contribue la rsurgence
de zones prcaires.
Cet enchanement dexclusions ne fait quexacerber la crise et la pnurie du logement pour
une proportion non ngligeable de la population que son niveau de revenus maintiendra dans
une situation prcaire.
Ce phnomne est-il amen se dvelopper ? Quelles sont les limites de la forme de
production de lhabitat prcaire ?
Lexamen des diffrentes configurations qui sappuient sur ce systme, relve dun ensemble
de contraintes, dont certaines sont les rsultats des modes dintervention en vigueur depuis
plus dune trentaine dannes. A cet effet, nous tentons travers des lments de rponse
davancer quelques hypothses :
Lpuisement des rserves foncires publiques dans les primtres urbains et les
caractristiques contraignantes de structures foncires urbaines prives en tant que
substitution.
CHAPITRE IV :
La rcession du secteur locatif dont les textes, bien que rnovs ou complts, restent
inadapts au march actuel et aux comportements des partenaires.
ancien de la ville : frappe dasphyxie, la vieille ville dborde lextrieur et on voit alors
natre le bidonville dans les espaces libres auprs de la vieille ville ainsi qu proximit des
usines, aux carrefours des grandes routes partout enfin o damorce dune activit industrielle
ou un commerce (9).
Force est de constater aujourdhui que ce phnomne persiste, samplifie et simpose dans le
paysage urbain et dans le fonctionnement de nos villes et on assiste une prise de conscience
de plus en plus large ; en tmoigne les oprations engages pour la rsorption de lhabitat
prcaire et lintrt, relativement rcent, accord dans les recherches universitaires et les
tudes oprationnelles ce thme. Alors quon pensait un moment donn que le phnomne
est transitoire et appel disparatre, on sest rendu lvidence que, devant lampleur et la
complexit des facteurs qui engendrent lhabitat prcaire, on a affaire un phnomne
durable constituant de ce fait un vritable systme de production de logement, exceptionnel
par son dynamisme et orignal par sa souplesse et sa capacit dadaptation , quil convient de
traiter daborder globalement et spcifiquement dans ses diffrentes formes dexpression.
102
CHAPITRE IV :
(1)
foncires (2), les productions foncire et immobilire restent trs marques par leur inscription
dans l'illgalit. Elles sont le plus souvent soumises aux lois du rel plutt qu celles
du rglementaire. La dynamique de spculation, oriente loccupation du sol suivant des modes
illicites . Le fait accompli et sa gnralisation constituent un lment central dans les
pratiques daccs au sol. De mme, la densification des quartiers et leur imbrication dans le
tissu politico-conomique paraissent tre les meilleurs garants de lacte illicite .
Lune des consquences majeures de la procdure de municipalisation des sols, fut sans
conteste la modification du mode dinscription de lhabitat informel dans lespace. De diffus
et plus ou moins galement rparti lintrieur du primtre durbanisation avant 1974, cet
habitat se redploya aprs cette date selon des formes et une formes et une implantation
gographique qui traduisaient la fois les hsitations dans la politique de reprise en main de
lurbanisation anarchique initie par ladministration, et lajustement des stratgies des
acteurs sociaux cette dynamique.
Lurbanisation informelle ne reculait pas mais sadaptait lapplication des nouvelles
rgles du jeu quand le rapport des forces tait en sa dfaveur, mais imposait souvent ses
coups partis et sa propre logique quand les conditions lui taient favorables. Les
situations locales taient cependant trs contrastes, de mme que les stratgies individuelles
et collectives des auto-constructeurs. Ces dernires se diversifiaient en fonction de la nature
(1)
Deux grandes priodes caractrisent lhistoire des politiques foncires menes ce jour : - Celle dveloppe
travers la politique des rserves foncires communales, dicte en 1974 et applique partir de 1978/80; elle
donnait aux communes le monopole des transactions sur les terrains btir, prvoyait la nationalisation ( avec
indemnisation) de grandes proprits, la cession aux communes de tous les terrains urbanisables du domaine
public, et autorisait les communes vendre le terrain non viabilis et sans engagement quant la ralisation des
amnagements. Elle empchait, de fait, lexercice dune matrise douvrage en amnagement foncier, autre que
celle de la commune.
(2)
Celle dveloppe travers la mise en oeuvre de la loi dorientation foncire N 90 - 25 du 18/11/90 qui est
venue mettre un terme au monopole exerc par les communes sur la gestion du foncier et instituer un march du
foncier ( Art.73 et 74 ). Malgr la cration dagences foncires locales et la libration du march foncier, la
situation demeure complexe.
103
CHAPITRE IV :
des ressources dont ils pouvaient disposer : capital, relations sociales, solidarit de voisinage,
groupes de pression, etc (10).
Sur le plan statistique, les dnombrements effectues par le Ministre de lhabitat dans le
cadre de la rsorption de lhabitat prcaire qui datent de 1994 , montrent que les villes
affects sont de tailles variables , mais toutes connaissent des taux daccroissement
dmographique levs , suprieurs gnralement 4,5% par an ; ce qui implique des
demandes importantes en logements et en quipements collectifs : Alger , Tipaza, Blida,
Constantine, Oran et Annaba sont rellement concernes par les formes dhabitat prcaire ,
une grande partie des communes algrienne , environ 40% sont affectes ; on dnombre en
moyenne 2 3 quartiers par commune dune taille moyenne de 10,8 hectares et de 270
constructions (11) situes aussi bien dans les priphries urbaines que dans les centres des
villes , ces tissus et particulirement les bidonvilles , occupent souvent des terrains plus ou
moins impropres la construction ( flanc de montagne, prs dune carrire ou dun ravin ,
prs dune zone industrielle) .
74% des constructions environ sont en dur sommaire (62%) contre 26% de bidonvilles
(400.000 logements prcaires dont 120.000 bidonvilles
Daprs la mme tude, les tissus prcaires de constructions en dur sont plus prsents
au centre et louest du territoire algrien ; les bidonvilles et assimils sont, par
contre, plus reprsents lEst.
Une grande partie des constructions en dur (prs de 40%) a t ralise avant 1962, ce
qui correspondait aux camps de regroupement et aux cits durgence. De 1980 1987,
prs de 10% du parc dhabitat prcaire a t difi, notamment sous forme de
bidonvilles et de constructions en dur sommaire.
Lampleur de cette prcarit manant en gnral dune crise de logement intense est
mesurer aux plans quantitatif et qualitatif :
Au plan quantitatif, selon le rapport du CNES 2002, sus cit, les taux doccupation par
logement (T.O.L) demeurent inadmissibles pour une grande majorit de la population
104
CHAPITRE IV :
Nadir
Hamimid au
er
numro spcial du quotidien El Ahrar 1 Novembre 2004, lhabitat prcaire, na pas cess de
se propager et a pris des proportions alarmantes en sinstallant, notamment, la priphrie des
grandes villes. A titre dexemple Alger, a enregistr 24.000 habitats prcaires parmi les
544.000 existant sur le territoire national en 2003.
Quant au plan qualitatif, la qualit de vie des citoyens est extrmement affecte par la
dgradation continue et de la prcarit dun environnement urbain quaucune institution ne
gre.
Un effort important de rhabilitation urgente devra concerner plus de 800.000 logements
daprs la mme source; une gestion du parc immobilier inexistante du fait de labsence dune
vritable politique dentretien et de prservation de notre patrimoine et une sur-occupation
excessive des logements ( la surface habitable par occupant est de 8m2 alors que la norme
internationale admise est 14m2 par personne et la norme inadmissible est <=10m2 par
personne), sont deux autres facteurs de dtrioration du cadre bti.
Cette situation alarmante lchelle nationale, lest encore davantage selon certaines et
rgions algrienne. A tous les niveaux locaux, les divers diagnostics font apparatre un
rythme de production nettement insuffisant de logements et une dgradation acclre du parc
existant et ce nest que par la mesure chiffre au niveau, de ses atouts et de ses contraintes et
ltablissement quilibr dans le temps et dans lespace de sa politique et des moyens
ncessaires sa ralisation.
105
CHAPITRE IV :
Conclusion
A la lumire de cette ralit fulgurante, la progression de la prcarit en milieu urbain en
Algrie appelle une rflexion en profondeur sur la nature du phnomne, sur les mcanismes
de son dveloppement et de son volution, ainsi que des dmarches innovantes qui ne soient
pas seulement d'ordre technique, rglementaire ou procdural, mais qui ncessitent une vision
plus large de l'intervention sur la ville.
Le choix de Annaba est li la problmatique centrale de ce travail. En effet elle regorge des
traces de lentreprise industrielle et par voie de consquence de lhabitat prcaire qui y
subsiste et se dveloppe dsormais en rupture avec le tissu prexistant. Cette situation pose
dinsurmontables problmes aux autorits, proccupes par la rupture dans laspect et la
qualit du bti, qui envisagent parfois de faon peu rhtorique de procder leur rsorption.
C'est entre autre tout lintrt de cette recherche o on se propose dans une premire partie
danalyser les mcanismes de formation et de dveloppement de l'habitat prcaire Annaba
avant de tenter dvaluer, les principales formes d'intervention publique. Nous tenterons
ensuite dans une seconde partie didentifier une mthode analytique, capable de mieux rendre
compte du paradoxe des pratiques et des ralits vcues.
REFERENCES
(1] Benmati N-A., 1982, Lhabitat du tiers monde. Cas de lAlgrie, Alger, SNED, p. 98-112.
(2] Sidi Boumedienne R., 1994, Changement des formes et prennit des stratgies dans
lArchitecture familiale en Algrie, in Architecture et comportement, numro spcial :
Modles dhabiter au Maghreb, volume 10, n 3, p. 189-202.
(3] Bendjelid A., 2002, Politique urbaine algrienne et stratgies rsidentielles des classes
moyennes Oran (Algrie). Le cas des coopratives immobilires, in Gestion du
dveloppement urbain et stratgies rsidentielles des habitants, Paris, LHarmattan, p.155159.
(4] Lehiani J., 1983, Analyse dun noyau ancien en voie de rnovation, La galre (Oran),
DES de Gographie, Amnagement urbain, Oran, p. 88- 108.
(5] Bendjelid A., op. cit, p 158.
(6] LEst rpublicain du 23.02.2003.
(7] lEst Rpublicain du 02.09. 2004.
106
CHAPITRE IV :
(11]
..
107
CHAPITRE V
ANNABA,
Introduction
Situe au Nord Est du pays, faisant face la mer sur une bande littorale de plus de 80 Km,
Annaba est dlimite, au nord par la mer mditerrane, au Sud par la wilaya de Guelma,
lEst
par
la
wilaya
dEl
Tarf,
et
lOuest
par
la
wilaya
de
Skikda.
Son territoire wilayal couvre une superficie de 1.412 Km2 et sa population a atteint les
540.000 habitants en 1998 (RGPH) et on lestime aujourdhui 600.000 habitants.
Cette position privilgie de Annaba lchelle rgionale, son niveau dquipement et ses
bases conomiques et de communications, sont autant datouts qui lont propulse un rle
rgional de dveloppement et lui confrent naturellement une fonction de carrefour dans les
changes internationaux, la libralisation de lconomie aidant.
Cette situation est dautant plus conforte par une frontire terrestre avec la Tunisie
lEst, les hautes plaines au Sud, la rgion du constantinois lOuest et en aval dun processus
conomique qui caractrise lEst du pays, particulirement les wilayas de Annaba, El Tarf,
Guelma, Souk Ahras et un degr moindre Tbessa, Oum El Bouaghi et Khenchla. Ds lors,
elle reprsente les chances de promotion sociale et demploi pour les migrants.
Cette disposition renvoie aux termes centraux de la problmatique de lamnagement et du
dveloppement de lagglomration de Annaba. Nous entendons par agglomration lensemble
du territoire intercommunal constitu de la ville centre Annaba largie ses communes El
Hadjar, El Bouni et Sidi Amar qui stend sur une superficie de 25582 Ha, soit 20% de la
surface de la wilaya dAnnaba, concentrant plus de 80% de sa population.
De ce fait, cette agglomration se considre comme lespace le plus dynamique de la wilaya
o se concentrent les bases industrielles, entreprises rgionales, banques, assurances,
universit, aroport, etcEt comme toute mdaille un revers, cest ce mme statut qui fait
que Annaba paye le tribut du dveloppement industriel pour tre confronte de srieux
problmes, notamment celui de lexode rural et ce quil a gnr comme miettement et
dvalorisation de lespace priphrique. Aussi, Annaba a fortement pti de la crise qui a
secou le pays et a vcu de plein fouet les effets ngatifs des rformes qui, dans le secteur
industriel se sont traduites par la mise au chmage de milliers de travailleurs vers la fin des
108
CHAPITRE
V:
annes 90. En somme lconomie informelle et lhabitat prcaire ont constitu une issue
salvatrice pour une bonne partie de la population.
109
CHAPITRE
V:
Les choix sont de diffrents ordres dont le phnomne dindustrialisation intensif travers le
cas du ple sidrurgique dEl-Hadjar, montre que les ples de croissance, sils ont concrtis
la politique des industries industrialisantes , ont t avant tout des rvlateurs contrario des
dsarticulations du modle de dveloppement choisi (4).
Les consquences de ce phnomne sont bien connues ; plaque tournante devient le premier
ple dattraction pour les zones pauvres du Sud-est : Guelma, Souk-Ahras, Tbessa. Par l
sexpliquent lappel massif de la main-duvre au plan quantitatif et au plan qualitatif,
lorigine rurale de celle-ci, le taux de croissance dmographique de la wilaya reste lun des
plus levs dAlgrie : 4,6 % en 1966 et 6,5 % en 1977(5).
Il faut toutefois rappeler que ces entreprises socialistes ont adopt une politique de logement
destine favoriser le recrutement et viter le turn-over , avec des pratiques diffrencies,
ainsi El Hadjar, dans la mouvance du grand complexe sidrurgique, les 60000 personnes qui
vivaient en 5000 baraques en 1979 seraient devenues 300000 en 50 000 baraques en 1985 (6).
110
CHAPITRE
V:
Cest alors que, la croissance de Annaba correspond une expansion spatiale vers son espace
priphrique. Dabord vers la ville dEl Hadjar qui connatra des extensions sous forme de
lotissements et de programmes de logements..., puis d El Bouni cre en 1975 sous forme de
ZHUN (Zone dhabitat urbain nouvelle) avec les aspects bien connus des cits dortoirs .
Enfin, la ZHUN de Sidi Amar, et celles de la pleine Ouest et plus rcemment les lotissements
de Kherraza , Essarouel , oued Zied et Hadjar Diss ont attir les populations , et ce en
rponse la volont politique de "supprimer les ingalits"(1), conduit donc lEtat
planificateur inscrire son action lchelle de la commune et de la wilaya ce qui na donc
pas enray "lurbanisation gaspillage"selon la pertinente expression de ( Sidi Boumediene R
et Taeb M, 1982, p79).
En effet, ce noyau dynamique de la croissance de la ville se situe au niveau de
lintercommunal, au carrefour des principaux couloirs de communication de lensemble de la
rgion (RN 44, RN 44 Ouest, RN 21 et RN 16), compos des communes de Annaba, El
Hadjar, El Bouni et Sidi Amar, et se considre comme de la superposition de diffrentes
logiques, en raison de ses caractristiques socio conomiques(2) (voir carte n1).
Pour mieux apprcier lamplification ce cette urbanisation favorisant ltalement en tache
dhuile de la ville, certains chiffres mritent dtre rappels. En 2004, la wilaya de Annaba
compte une population de prs de 600.000 habitants dont 90% sont concentrs au niveau des
quatre communes Annaba, El Hadjar, Sidi Ammar, El Bouni soit prs de 18% de son
territoire. La wilaya de Annaba est caractrise donc par une concentration de 90% de sa
population sur 18% de son territoire.
(1)
Si la rvolution algrienne vise la promotion des hommes, lgalit entre tous les citoyens, elle ne pourrait
atteindre ces objectifs que dans la mesure o elle supprime les ingalits de chance entre algriens,
indpendamment de la rgion o ils vivent, la politique dquilibre rgional visant orienter les plus grands
efforts de dveloppement sur les rgions dshrites . Charte Nationale 1976.
(2) Plus encore cette dynamique socio-conomique, arrive en dfinitive, imposer sa logique sur le terrain en
dpit des diffrentes formes de dissuasion. De nombreux bidonvilles prolifrent mme dans la ville centre et
arrivent en fin de compte simposer comme des quartiers de la ville. PDAU intercommunal, Annaba, El Bouni,
Sidi Amar, El Hadjar 1996.
111
CHAPITRE
V:
112
CHAPITRE
V:
Toujours est-il quelques soient leurs causes, ces problmes ne sont que les
manifestations des difficults et de la crise plus gnrale, qui sans tre particulire
Annaba, semble toucher toutes les grandes villes algriennes(1). Ces problmes constituent
nanmoins autant dentraves au bon fonctionnement dun organisme urbain dj confront
une pineuse crise du logement dont les aspects sont multiples, et les solutions insuffisantes
ou inefficaces.
2-1
habitations et par la mme, sur les possibilits de leur entretien, leur rfection et leur dure de
vie. Le manque de logements qui apparat critique dans lagglomration de Annaba, est une
donne nationale que partagent beaucoup dautres villes.
On saisit travers les donnes du PDAU Intercommunal 2004, lacuit du problme du
logement Annaba. Linsuffisance des logements : le dficit calcul sur la base dun mnage
par logement slve 17550 units, induit un taux doccupation qui oscille autour de 6 avec
une taille moyenne des mnages de lordre de 5.33 lchelle de la Wilaya, 68240 personnes
doivent vivre dans des logements qui, ne comportent quune seule pice et dont 56% se
localisent au niveau de la commune de Annaba.
(1)
En effet, linvestissement dans le secteur social avait t occult par la stratgie de dveloppement, et jusqu
la fin du IIe Plan Quadriennal (1974 77), ltat stait compltement dsintress du problme de logement,
laissant se dvelopper un dcalage croissant entre une forte demande de logements et une offre au comptegoutte. Jusquen 1980, la wilaya dAnnaba construisait moins de 800 logements par an. La crise du logement
ressentie avec acuit au niveau national, menaait ici lefficacit de lappareil productif. PDAU Intercommunal.,
op. cit.
113
CHAPITRE
V:
De plus, linitiation de lopration des 1000 studios en 2002 na fait que favoriser
lentassement et lexigut prononce qui influence ngativement sur le mode de vie des
mnages et constitue par la mme un facteur de marginalisation et de dsintgration sociale.
ainsi que
certaines communes telles que El Bouni et de Sidi Ammar , rvlent une lvation des TOL
de 6,63 et 7,53 respectivement (7), tant que ces secteurs jouent le rle de dversoir des
flux migratoires, grce au phnomne d oukalisation pour la premire, et au
dveloppement et la densification des quartiers prcaires et des quartiers dhabitat quil
sagisse des bidonvilles ou des quartiers spontans pri-urbain pour les secondes.
1987
1998
2003
6,26
5,49
5,34
7,83
7,13
6,63
Sidi Amar
6,04
7,06
7,54
El Hadjar
8,53
7,70
6,97
Intercommunal
6,79
6,18
6,02
Communes
Annaba
El Bouni
114
CHAPITRE
V:
et la Colonne qui nous semble lie aussi, leffort de construction que dveloppe linitiative
prive renforant ainsi laction des pouvoirs publics.
En revanche dautres quartiers marquent des TOL ascendants : Beni Mhaffer, la vieille
ville, Beausejour, Annasr, et lavant port, Oued Edheb et Cardozo, Safsaf, Sidi Aissa et Oued
Kouba, ce qui pourrait sexpliquer le plus souvent par le niveau des loyers pratiqus dans
lagglomration et la faiblesse des revenus dune bonne partie de la population, jouent en sens
inverse, en favorisant la cohabitation et la sous-location.
Quand on les voit, ces quartiers ne rsistent pas lexamen ;tout concoure empcher la
cration dun environnement agrable. Si lon excepte quelques immeubles de lpoque
coloniale, dailleurs en voie de dgradation. Lunit de cette ville risque de se faire dans la
prcarit ; cette notion est devenue pourtant ici le phnomne le plus unificateur et le
caractre commun tout traitement de lespace. Ces donnes pourront tre nuances,
contredites, par des chiffres officiels incertains, ou interprtations malaises.
115
CHAPITRE
V:
de Annaba), touche de plus en plus les priphries o les entreprises et les administrations la
recherche despace, concurrencent fortement les mnages. A ce propos, le PDAU
intercommunal 2004, confirme cette mutation, et estime un important
prlvement
queffectuent les bureaux sur le parc logement, valu 10% du parc logement lchelle de
lintercommunal .
CHAPITRE
V:
Les emplois
Lre de lindustrie industrialisante gnratrice demplois est rvolue, et cde la place la
petite et moyenne industrie (industrie de transformation). Toutefois, le passage de la premire
la seconde tape, ne sest pas fait sans consquence. En effet, la branche de lindustrie dans
la wilaya diminu de 3,5% durant les deux dernires dcennies. Dautres facteurs
contribuent galement au ralentissement de lemploi et qui sont relatifs lvolution plutt
ralentie de lagriculture qui est relgue au dernier rang dans le modle de dveloppement
adopt, lequel reste fond sur lindustrialisation, ainsi que la rcession des emplois dans le
secteur du btiment et des travaux publics B.T.P entre les deux recensements svaluant
5,27%.
Dun autre cot, le rle dchange confr Annaba et stimul par le Port, ainsi que leffet
consenti en matire dquipements, sont autant de facteurs dterminants de la progression du
secteur tertiaire ( voir tableau n 4).
A titre indicatif, les statistiques concernant lemploi ne sont pas labores partir dun suivi
rigoureux et dune connaissance approfondie du march du travail, mais elles sont plutt
tablies partir de simple relev de chiffres recueillis auprs de chaque secteur. Labsence
dinstruments de rgulation et de suivi du march du travail, celui-ci demeure
117
CHAPITRE
V:
Commune
RGPH 1998
AGRI
IND
Autre
Total
AGRI
BTP
IND
Autre
Total
POP Active
TX de
Chmage
Annaba
1921
5401
13473
34869
999
2372
7573
40051
51711
86221
40,02
El Hadjar
757
1075
1554
2484
667
323
1069
4033
6152
11294
45,53
El Bouni
1159
4043
4307
9351
910
1822
1601
14986
19493
34667
43,77
Sidi Amar
248
2199
4379
2847
501
1097
3653
8451
13719
22182
38,15
Total%
4,53
14,12
26,33
55,02
3,38
6,16
16,33
74,13
100
154364
41,86
Le chmage
Ainsi, plus dune dcennie aprs la mise en oeuvre des rformes conomiques, par le bais de
diffrents dispositifs, il est difficile de cerner les contours de cette difficult augmenter le
nombre dinvestissements susceptibles de rpondre la demande sociale et la cration
demploi. Cette situation fait que le taux de chmage lchelle de la wilaya est de 41% selon
la DPAT (1998) compar au taux national, qui tait
inquitant.
La consommation des mnages
Tout dabord, dfinir lvolution de la consommation permet de prvoir les biens et les
besoins court et moyen termes et orienter les agents conomiques dans le choix des activits
conomiques qui rpondent au mieux aux besoins rels de la population. A ce propos une
enqute consommation publie par le PDAU (2004) a relev lhgmonie de lalimentation
dans les dpenss des mnages (voir tableau n 6). Cette situation pourrait expliquer que les
dpenses alimentaires affectent la plupart des budgets notamment les bas revenus et
parconsquent justifie leur incapacit investir dans dautres domaines notamment celui du
logement.
118
CHAPITRE
V:
Groupes de produits
Dpense totale%
Alimentation
44,60
Habillement
08,60
Logement
13,60
Le secteur informel
Les rformes conomiques, dans le cadre des programmes d'ajustement structurel, ont
entran la suppression de nombreux emplois salaris dans le secteur public et para-public.
Or, on sait que la main d'uvre se doit de se vendre sur le march qui devient de plus en plus
restreint et d'en accepter le prix, et pour cela elle n'ait pas d'autres moyens d'existence srs.
Sur le plan conomique le nombre des travailleurs dans l'informel ne cesse de s'accrotre; ce
secteur devient un refuge obligatoire pour les chmeurs non indemniss.
A bien des gards , l'emploi informel est constitu d'activits non enregistres ou non
dclares (registre de commerce, assurance sociale, impts), constitu de salaris
occasionnels, travailleurs domicile, artisans indpendants, sont autant de catgories uvrant
dans les activits informelles de production, du btiment et des services en expansion.
Cependant, il n'existe aucune information statistique sur ce secteur qui s'amplifie depuis une
dcennie.
Les estimations sur la base des donnes de lenqute mene par lONS relative aux niveaux
de vie de 1998 (situent le commerce informel, au moins 15 % de l'emploi du secteur priv et 8
% de l'emploi national total.
L'ampleur sans cesse grandissante de ce nouveau cadre d'emploi non structur interpelle la
politique sociale de l'Etat, dans le sens des mesures prendre pour sa ncessaire insertion
dans l'activit productive structure et dans la protection sociale.
119
CHAPITRE
V:
La population des quartiers prcaires est relativement jeune, dautant plus que le nombre de
jeunes dans la structure dmographique laisse supposer le poids de la jeunesse, et de leurs
problmes, dans ce type de quartier. Elle constitue une dynamique potentielle sous utilise et
trs permable la dlinquance.
En outre, de par leur situation sociale, les familles sont amenes crer leurs propres moyens
de subsistance, en travaillant dans des secteurs instables de lemploi.
Cet ensemble de revenus dappoint cre, sur les quartiers, une structure de revenu global, qui
cache le vritable niveau de vie des individus. Ces capacits momentanes dinvestissements
font fonctionner lvolution de lhabitat prcaire, notamment en auto-construction et par
rpercussion, lensemble du secteur informel (Tanic M, 1984, p 148).
La prcarit pose, en effet, des problmatiques diffrentes selon les tissus et appelle des
interventions multiples et varies en fonction des espaces concerns et selon qu'elle se
prsente seule ou conjugue un autre phnomne. D'autre part, la prcarit ne peut tre
apprhende en dehors du contexte socioculturel d'une manire gnrale et de la perception
qu'en ont les habitants concerns. Or, cette perception est intimement lie l'histoire du site
occup, aux relations communautaires et de voisinage, l'environnement socio-conomique,
bref lensemble des lments qui constituent le modle culturel.
120
CHAPITRE
V:
4-1 Vers une approche plus approfondie de la prcarit dans lhabitat urbain
Dans le cas de Annaba, pour cerner la prcarit dans toute sa complexit, une
approche approfondie de son contenu et des aspects quelle revt dans les diffrents tissus
urbains sest avre indispensable ; les plus touchs par cette prcarit tant les bidonvilles,
lhabitat illicite, informel, la vieille ville ...Ltat des connaissances la concernant diffre
pourtant dun tissu lautre travers les critres suivants :
1-Le sous-quipement : Lhabitat prcaire par sa nature, implique de grandes carences en
matire dquipements et viabilisation qui concourent pour une part trs importante la
prcarit : absence ou dfectuosit du rseau dassainissement, absence dun rseau de voirie
et dclairage public (do une inscurit totale), absence ou insuffisance absolue
dapprovisionnement en eau potable, branchements lectriques informels et dangereux ( fils
lectriques faible hauteur ), absence daires de jeux proximit des sites, rosion
superficielle ou dune partie du site, due aux ruissellement des eaux pluviales ( le cas de Sidi
Harb, Essarouel) , exposition des sites aux missions toxiques provenant de lusine
ASMIDAL (le cas de Sidi Salem) , prsence sauvage dordures mnagres , dues aux
difficults de collecte par labsence de la voirie (Sidi Salem, El Gantra, Essarouel, Sidi Harb,
etc...).
2-Les conditions doccupation du logement : Le deuxime critre qui permet dapprhender
la prcarit, notamment travers le niveau dentassement (nombre de personnes par pice) et
la cohabitation (nombre de mnage par logement). Le RGPH (1998) indique un taux moyen
doccupation du parc urbain de 2,25 personnes par pice lchelle de lintercommunal, alors
que plus de 30% des mnages urbains occupent un logement dune deux pices. La taille
moyenne des mnages urbains se situe autour de 5,4 personnes. Tous comptes faits 12% des
mnages urbains cohabitent dans le mme logement, pourcentage qui a tendance augmenter
et particulirement chez les catgories faible revenu. Cest alors que la cohabitation atteint
des proportions leves dans les quartiers populaires, les bidonvilles et les quartiers informels.
3- Les caractristiques physiques du bti : Si lon sen tient aux seuls indicateurs relatifs aux
matriaux de construction et au type de logement, le recensement de 1998 indique que 2,3%
des mnages urbains occupent des locaux non destins initialement lhabitat (garage, arrire
boutique) et 10% sont classs dans la rubrique autres qui regroupe en fait les bidonvilles,
tentes). Les informations recueillies auprs de la DLEP de Annaba en 2005, confirment ces
chiffres et indiquent une certaines tendances dvolution. 16 % des mnages occupent un
121
CHAPITRE
V:
4- Le niveau de consommation : Cest un critre qui peut rvler un certain niveau de vie et
en particulier la capacit des mnages entretenir ou amliorer leur logement et par
consquent prolonger la dure de vie du parc. Dans ce cadre, la mme enqute (13) indique
que les dpenses annuelles en moyenne par mnage urbain, slvent 240000 DA et les 20%
des mnages ayant les plus faibles dpenses annuelles occupent en grande partie les
bidonvilles et les constructions sommaires illicites.
5- La perception de la prcarit par les habitants : Devant ce qui peut apparatre comme
modle culturel, nous avons
reprsentation sociale travers le logement parfois focaliss dans des espaces de rception ou
des signes de dcoration sont parfois perus par les habitants dune manire toute aussi
importante et prioritaire que lquipement du logement. Ces diffrents critres montrent
quelques pistes de rflexions possibles pour apprhender la prcarit. Ils rvlent la difficult
de la dmarche pour lvaluer. Leur combinaison est susceptible de dgager une premire
approche mme si, par ailleurs, elle se heurte la pondration de leurs valeurs.
CHAPITRE
V:
Le bidonville : Forme la plus visible dans le paysage urbain, elle regroupe une diversit
de situations, dautant que les bidonvilles sont caractriss globalement par des matriaux de
fortune bien que dans certains cas, on observe un processus de durcification qui porte,
essentiellement, sur les murs et exceptionnellement sur la toiture.
Le bidonville se caractrise aussi par labsence dquipements dinfrastructures
organises, mme si on observe parfois lexistence de solutions alternatives sommaires
ralises par la communaut. Mais, la rgle gnrale reste labsence dquipement de base,
notamment leau et lassainissement (90% des mnages bidonvillois sapprovisionnent en
eau potable partir des fontaines publiques) (Moussannef C, 2001, p62). Loccupation du sol
est aussi trs diversifie, du squatting intgral ou en passant par des statuts intermdiaires
de location ou de vente de lot par un particulier. Mais, en rgle gnrale, les bidonvilles
Annaba occupent les sites les plus visibles de la ville afin dattirer lattention des autorits
publiques, quils soient greffs sur les ZHUN de Boukhadra ou proximit des units
industrielles et des grands quipements collectifs ou localiss, lintrieur des primtres
urbains, sur des terrains fortement dprcis , le cas de Sidi Harb menacs ,ou interstices des
tissus urbains sous forme de noyaux parpills : Sidi Aissa, Mhaffer, Refes Zehouane,
Tabacop (14).
Les conditions les plus critiques se rencontrent dans les bidonvilles. En effet, ces
baraques sont de trs faible hauteur de plafond, avec un sol mal couvert, sans aucune
isolation, la ventilation y est pratiquement absente du fait de la prsence de pices aveugles
ou bien cause de la taille rduite des fentres, ainsi sans aucune aration, promiscuit ou
surpeuplement, surdensification au niveau du logement (avec une taille moyenne de 7.5
personnes par pice), etc Ils constituent des conditions dhabitat lamentable.
Par ailleurs, dans les constructions relativement en dur, si les conditions de vie sont
lgrement moins critiques, linconfort et linsalubrit y sont certainement responsables de
leur impact ngatif sur la sant des individus.
Presque toutes les catgories socioprofessionnelles
123
CHAPITRE
V:
depuis la dcennie 1970-80 et qui prend la relve du bidonville. Le phnomne des quartiers
illicites est troitement rattach la dynamique daccs au sol induite par la mise en
uvre de la politique foncire (Semmoud N, 2001, p 29). Cette forme se caractrise en
importance par :
Linsuffisance, voire labsence, des quipements dinfrastructure : En effet, les quartiers
illicites sont partiellement branchs aux rseaux deau potable et surtout dlectricit, les
emprises des voies tant, en gnral rserves, ce sont surtout lassainissement, le revtement
des voies et lclairage public qui font souvent dfaut, bien que dans certains cas les habitants
trouvent des solutions alternatives. La qualit de ces constructions et le niveau de confort du
logement (hormis le branchement aux rseaux) nont rien envier dautres constructions
rglementaires. Les terrains lotis, appartenant en gnral la Commune ou des particuliers
: Cependant, il existe des cas dillicite tablis sur des terrains collectifs (cas de Refes
Zehouane, Sidi Harb, et Kheraza, Chabia, 1er mai, Essarouel, Oued Ennil lechelles des
communes El Bouni Sidi Amar). Une certaine flexibilit dans la conception du logement
(dure, phases et moyens sont moduls), dans le processus de construction et dans la forme
doccupation (cohabitation organise), peut conduire une maximalisation de loccupation de
la parcelle. Les caractristiques socio-conomiques des mnages de lhabitat illicite sont
htrognes et varient selon le contexte de chaque secteur. Cependant et globalement, elles
prsentent certaines spcificits : proportion leve des mnages plus diversifie pour les
quartiers rcents ou en cours de densification ; les revenus sont aussi htrognes dans
lillicite.
Lhabitat non rglementaire exprime une ralit sociale diffrente de celle du bidonville. De
ce fait, la population est potentiellement en attente dune amlioration de son statut et de son
cadre de vie par les quipements dinfrastructure et par la rgularisation administrative et
foncire de son occupation.
La vieille ville : La prcarit touche des lots ou des secteurs entiers de la quasi-
totalit des vieilles villes en Algrie. Cependant, on observe une certaine htrognit dans
les conditions doccupation dune vieille ville une autre, selon son importance, sa place dans
la structure urbaine et son rle dans le fonctionnement de la ville. La prcarit dans le cas de
la vieille ville se traduit par la vtust du bti (maison dgrade, voire en ruine), par le sous-
124
CHAPITRE
V:
dintervention.
En revanche, son organisation spatiale enchevtre, sa position gographique proximit
immdiate du centre-ville et le sous emploi gnralis se sont traduits ces dernires annes par
l'mergence d'une importante conomie dviante (contrebande, drogue, trafics de tous
genres...). De plus, la violence, la dlinquance et linscurit renforcent la marginalit de ce
quartier
et risquent
de
conomique ?
En effet, selon les donnes du PDAU Intercommunal 2004, la vieille ville aujourdhui
connat un mouvement de ddensification (ou de croissance trs limite) qui rsulte des
mcanismes de fonctionnement du systme urbain, ce qui contredit lhypothse souvent
voque de la saturation de lespace historique. Les carts de population observs entre les
125
CHAPITRE
V:
deux recensements 2000 et 2001 se rvlent par les mouvements rels de dpart et darrive
de la population et le rle de la vieille ville dans la rgulation du march du logement.
Par ailleurs, certaines parties de la vieille ville connaissent des mutations de leur fonction qui
saccompagne de valorisation des espaces qui rsultent dune opportunit particulires, des
effets dune manifestation culturelle ou du renforcement de lappareil commercial.
Les proccupations de sauvegarde du patrimoine architectural et urbanistique que rvle ce
patrimoine semblent influer largement sur la prise de conscience et sur la mobilisation des
moyens dintervention (15).
Il nen demeure pas moins que la vieille ville, la complexit des statuts fonciers, celle de
loccupation, ainsi que limbrication de la question du patrimoine et de celle de la prcarit
appellent des solutions prudentes et exprimentales. Lurgence porte sur des oprations
pilotes bnficiant de dispositifs dvaluation et dinterventions cibles sur les maisons
menaant ruine o la scurit des habitats est en jeu. Une fois encore, la priorit doit porter
sur une action de ddensification et une mise niveau des infrastructures de base et sur des
projets cibls, intgrs avec un accompagnement social adapt.
Lhabitat ancien dgrad : Il correspond aux tissus dhabitat social raliss entre les
deux grandes guerres et destins accueillir la population algrienne. Construites selon des
principes durbanisme, de voirie et des habitations traditionnelles des maisons patio, cette
combinaison entre lurbanisme moderne et la construction traditionnelle offrait des
possibilits dintgration des quipements et des services.
Ces quartiers ont connu des mutations profondes marques par le dpart des populations
aises et un mouvement de densification important. Le cas de Sidi Brahim, Didouche Mourad,
Cardozo, la Colonne, Patrice Lumumba, cit FLN, Annasr et mme lhabitat colonial (centre
ville). Par leur taille, leur position et leurs difficults, ces quartiers illustrent bien la nouvelle
situation de lhabitat ancien Annaba : densit leve doccupation, sous-quipement,
dgradation du bti et importance du parc locatif de logement de taille rduite. Limportance
de ce secteur urbain pour le dveloppement futur du centre de Annaba contraste avec le
niveau de dgradation atteint par le parc logement et les conditions de son occupation, alors
que son dynamisme commercial et sa position par rapport aux grandes voies daccs
pourraient le prdestiner dautres fonctions. Cette situation illustre une problmatique de
renouvellement du parc quon retrouve dans plusieurs villes en Algrie et qui lavenir
concernera de larges secteurs des constructions ralises aprs la seconde guerre mondiale
(16).
126
CHAPITRE
V:
connu, car peu visible et constitu par des locaux non destins initialement lhabitation :
garage, arrire boutique, local de concierge, sous les escaliers ou dans le parking, buanderie,
sur les terrasses des immeubles se transformant en un bidonville des terrasses. Toutefois, cette
forme est surtout prsente dans lagglomration de Annaba (Oued Edheb, 8 mai 45, la
Colonnele parc colonial dj chipot par la vtust, quil faudra dans un terme trs proche
renouveler. Par ailleurs une chelle globale, le parc nouvellement construit type ZHUN
dans la dure de vie est estime seulement trois dcennies, sil continue entre temps tre
mal entretenu, dans ces conditions, le dficit en logements ne serait-il pas trs
impressionnant ?
Enfin, pour lhabitat prcaire dispers, les contextes et situations sont trs variables (des zones
priphriques aux formes diffuses localises dans les diffrents tissus urbains). Cette diversit
appelle des solutions au cas par cas. Pour les zones priphriques, il sagit souvent de
contextes ruraux o une dmarche participative visant lamlioration de lexistant peut
conduire des rsultats satisfaisants.
127
CHAPITRE
V:
Communes
Parc
Logem
ent
1987
Parc
logement
1993
Parc prcaire
1993
Parc
ordinaire
Population
1990
Annaba
41 006
42 787
8420 (**)
40 937
242 500
19.67
El hadjar
4 904
6 039
1935
4 966
29 970
32.04
Sidi Amar
9 565
10 832
4458
9 425
55 460
40.41
El Bouni
14 275
17 400
8012
13 474
103 410
46.04
Intercommunal
69750
77058
22825
68802
431340
34 .54
Taux de prcarits
en (%)
(**) : Le parc logement prcaire intgre le parc vtuste estim dans le cadre des tudes durbanisme.
Source : PDAU Intercommunal, 1996
128
CHAPITRE
V:
CARTE
129
CHAPITRE
V:
Quartiers sous
quips
Habitat vtuste
(menaant ruine)
Annaba
2413
178
5829
El Bouni
2575
2515
2922
El Hadjar
978
716
241
Sidi Amar
1426
2952
80
Intercommunal
7392
6361
9072
Commune
Source : Daprs les donnes de lannes 1993, disponibles au niveau de la Direction dUrbanisme de la
Construction et de lHabitat de la wilaya de Annaba.
Parc logement
2003
Parc prcaire
2003
Taux de prcarit
en %
Annaba
50971
56583
8544
15,09
El Hadjar
6102
6638
570
09
Sidi Amar
12743
14125
1143
08,75
El Bouni
20526
22712
5677
25
Intercommunal
90242
100058
15934
16
Source : Daprs les donnes de lanne 2005, disponibles au niveau de la DLEP Annaba.
Il serait important de
CHAPITRE
V:
Conclusion
Nous avons pu voir travers ce chapitre que la dynamique sociale et conomique de Annaba
pallie, de faon informelle, les distorsions et les carences de la planification et de lconomie
urbaine. Espace social central ou priphrique, les quartiers dhabitat prcaire se sont donns
leurs propres moyens de survie, en soffrant des formules dhabitation varies, dont les
diffrentes modalits de ralisation chappent aux autorits.
Ces chiffres donnent la mesure des difficults dans lesquelles se trouve engage laction en
matire de rsorption de lhabitat insalubre alors que vont saccentuer davantage les
contraintes structurelles, quil sagisse du financement ou du foncier, sans compter les effets
de la scheresse et des migrations.
Dans ce contexte, le discours sur lhabitat prcaire en 1995 a plac lhabitat social en gnral
et la lutte contre lhabitat prcaire en particulier parmi les priorits nationales et a mis laccent
sur le caractre complexe et multidimensionnel du phnomne, limportance des moyens
mettre en uvre et sur la responsabilit des collectivits locales, tenues dornavant de le
rsorber.
131
CHAPITRE
V:
Limportance ainsi accorde ce secteur lui ouvre la voie pour tre parmi les centres dintrt
majeurs des interventions publiques. Dans ce sens, le Ministre de lhabitat a mis au point un
programme daction de rsorption de ) stalant sur presqu une dcennie , prvoyant
diffrentes mesures daccompagnement et outils qui portent aussi bien sur le niveau foncier
(mobilisation des terrains tatiques, allgement des procdures de rgularisation foncire.)
fiscal (exonrations) financier (rvision du systme daides pour lhabitat social,
quinstitutionnel (cration dagences rgionales pour la lutte contre lhabitat prcaire) et social
(encouragement du mouvement associatif ).
REFERENCES
[1]
[2]
[3]
Salhi F., 1990, March du travail, crise du logement et grande entreprise. Le cas de la
sidrurgie Annaba El Hadjar, Alger, OPU, p 67.
[4]
[5]
Salhi F., 1983, March du travail, crise du logement et grande entreprise. Le cas de la
sidrurgie Annaba- El Hadjar (Algrie), thse de 3me cycle. Institut dUrbanisme de
Paris, Paris XII- Val de Marne. Crteil, p 95.
[6]
[7]
Ibid.
[8]
[9]
CHAPITRE
V:
133
CHAPITRE VI
Introduction
La lutte contre lhabitat prcaire constitue dabord un choix dorientation politique qui
appelle des dcisions et des arbitrages avant leur traduction sur le plan oprationnel par de
nouvelles mthodes dinterventions et procdures adaptes.
Il va sans dire quune telle situation implique de la part des pouvoirs publics
lengagement defforts encore plus soutenus que par le pass et dactions davantage inscrites
au niveau de loprationnalit.
Il nous semble ds lors, quil est difficile de faire avancer la rflexion sur la question des
stratgies dintervention sur lhabitat prcaire, strictement en termes davantages compars
des diffrents instruments et techniques susceptibles dtre mis en uvre. Nous avancerons
par ailleurs ; que les actions menes par l'Etat ont t ponctuelles, pour les bidonvilles quant
aux autres types d'habitat prcaire (habitat illicite et tissus anciens), ils n'taient apprhends
qu' partir des annes 1990. On peut stonner alors de labsence des valuations de ces actes
qui se rapportent aux effets directs ou indirects quelles ont engendres dans ce domaine pour
les populations directement ou indirectement concernes.
Lobjectif de la nouvelle stratgie de ltat partir des annes 1995 est dinstaurer une
dmarche base sur la ralisation dun tat des lieux et la conduite dun ensemble dactions
coordonnes (Moussannef C, 2001, p 70), qui pourrait jeter les jalons dune nouvelle
dynamique de rsorption base sur la concertation et lintgration des actions et mieux
dfinir le rle de chaque intervenant ainsi que lidentification des synergies passibles de
rduire les dysfonctionnements.
Or, en ralit, on ne peut se demander si les intentions lgard des populations et de
lamlioration de leurs conditions de vie sont rellement traduites en actes ? Et si elles ont
toujours t au centre des proccupations des interventions sur lhabitat prcaire ?
Dans ce chapitre un ensemble de questions simposent nous : quelles formes ont pris ces
innovations et comment se sont-elles concrtises? En quoi la dfinition dune stratgie
sinscrit dans un projet social ? Quelles logiques dominantes peut-on identifier dans la mise en
uvre des stratgies dintervention ?
Ainsi les interventions adresses lhabitat prcaires posent des problmes qui ont une face
visible mais beaucoup deffets dont la visibilit nest pas toujours assure.
Lexamen de ces effets soulve quelques paradoxes, beaucoup de questions relatives aux
obstacles de ces stratgies, quels rsultats se dessinent-elles ? Enfin, quel nouveau rle pour
133
CHAPITRE VI :
lEtat et les nouveaux acteurs institutionnels ces innovations entranent t-elle ? A quelles
exigences de rgulation et de coordination ?
mthodes dintervention.
Certains projets sont dailleurs considrs comme des succs et ils ont sensiblement amlior
les conditions de vie de la population (1).
Toutefois, les confrences internationales priodiquement consacres ces sujets, mais
davantage encore les tudes caractre plus scientifiques, pointent cependant quelques limites
srieuses aux amliorations des conditions de vie des populations pour dautres projets, mais
surtout pour la masse anonyme des interventions courantes sur lespace urbain et pour tous
ceux quaucune intervention na encore touch. Cest en particulier le cas quand ces
134
CHAPITRE VI :
valuations accordent plus dattention ce quen disent les habitants eux mme ou quand ces
habitants accdent la parole par le biais de leurs associations.
Nous nignorons pas quen Algrie, leffet de certaines modalits de rsorption ont
quelquefois permis datteindre , ponctuellement , des rsultats probants , ces oprations ont
non seulement particip la rduction du dficit de logement , mais elles ont aussi contribu
au dveloppement et lurbanisation de vastes secteurs en dveloppant les infrastructures et
les rseaux de base , et en structurant lespace urbain par des oprations planifies , faisant
ainsi contrepoids au dveloppement de lhabitat irrgulier.
Toutefois deux constats simposent qui ont pouss cet effort de retour critique de la
rsorption destin questionner ladaptation des modes et niveaux dinterventions la nature
et limportance du problme.
Lun est dordre quantitatif : laddition des populations bidonvilloises notamment
subsistant au cur de la ville et de celles, plus rcentes, essaimant dans certaines priphries ,
tend regagner voire dpasser le seuil des 15% sous lequel les interventions des annes 90
semblaient les avoir ramenes (2).
Les causes de labsence de recul, voire, notamment Annaba, dune nouvelle flambe du
phnomne bidonvilles au cours des 10 dernires annes.
Laccent principal est mis sur les effets aussi bien urbanistiques que sociaux regards en
relation avec les aspects conomiques.
Ce travail critique a pris appui sur certains rapports prexistants produits par les pouvoirs
publics (3).
Le corpus constitu a dabord fait lobjet dun travail de lecture critique et de
recoupements de donnes et dinformations dans le but de mettre en vidence les divers effets
produits par les oprations. Malgr linexistence du corpus dapproches valuatives ex post.
135
CHAPITRE VI :
La priode coloniale
136
CHAPITRE VI :
coutumes des Algriens. Cest alors quon ne parlait plus dhabitat indigne mais
dhabitat collectif ou Individuel, musulman (4).
La priode post-coloniale
La recommandation adopte en 1962 (5) stipulant : quune solution rapide doit tre
apporte la prolifration des taudis jusquaux abords des grandes villes sous lordre de
facteurs politiques ou bien conomiques, le choix de ltat fut
Cependant, la rponse ce choix nmanait pas dun projet de socit claire mais elle
tait subordonne aux conjonctures politiques et aux multiples logiques : celles des instances
techniques, des instances politiques, des entreprises publiques, et acteurs sociaux
(constructeurs particuliers, des propritaires fonciers, des squatters, des locataires, des
spculateurs,etc).
Lessentiel des oprations sest fait principalement par des oprations lourdes de
relogement en habitat social collectif finances 100% par le trsor public, sans aucune forme
dimplication directe ou indirecte des populations bnficiaires.
Lintervention de ltat se fait au coup par coup et avec retard, face des processus
complexes do rsultent les difficults de la rgulation qui ne parvient pas entamer la
dynamique des villes.
A cette imprcision et cette incertitude de stratgie, diffrentes raisons inhrentes :
- A la dynamique propre de la population (exode rural) ;
- Aux disparits rgionales de plus en plus affirmes ;
-A lchec de la politique ruraliste celle de la rvolution agraire .
137
CHAPITRE VI :
La priode 70-80
Ces annes nont fait quaffirmer la crise du logement en milieu urbain, et permettent
de faire le constat suivant : bien des actions dites abusivement rsorption des bidonvilles
ont t lances en Algrie, il sagissait en fait doprations ponctuelles, plus ou moins
spectaculaires, dont limpact obligatoirement limit ne retardait que trs provisoirement
linluctable gonflement des quartiers de sous habitat (Masson N, 1972, p 96).
Nanmoins, Annaba, Ce nest qu partir des annes 80 avec le lancement dun vaste
programme national de rsorption de lhabitat prcaire, quil y a eu ltude du projet urbain,
sur quatre quartiers (Bouhamra, Beni Mhafeur, Sidi Brahim et la vieille ville qui comptaient
eux seuls une population de 65000 personnes, prs de de lagglomration lpoque).
Cette action sest inscrite dans le contexte dune mission exprimentale dintrt
national (Semmoud N, 2001, p 39), avec le concours du groupe huit dans le cadre du
programme des Nations Unies pour le dveloppement.
En fait les quatre oprations se sont inscrites deux niveaux :
Dune part, la rhabilitation de faon large :
-
138
et des
CHAPITRE VI :
139
CHAPITRE VI :
variant suivant lentreprise et les moyens financiers des bnficiaires (Moussannef, 2001,
p69).
Il rsulte de ces agissements que, lobjectif premier est souvent atteint et le site initial,
dgag ; parmi les effets urbains non intentionnels, on notera la lgitimation involontairement
apporte au site daccueil par ce dplacement autoritaire, le rle attractif quil peut ds lors
jouer, et donc, le report, terme, du problme initial sur une priphrie susceptible dtre elle
mme trs vite rattrape par la ville. Dailleurs, certains bidonvilles considrs comme
enkysts sont bien le rsultat dactions successives de ce type (le cas de Sarouel, Oued
Zied, Oued Laneb, etc). Enfin, sur le plan social, ces dplacements dstructurent les vies
quotidiennes des habitants, surtout quand lloignement rend laccs aux quipements,
activits et rseaux sociaux difficiles
140
CHAPITRE VI :
effets
Les points communs ces actions rsident dans leur caractre ponctuel et donc, dans leurs
effets limits sur le dveloppement urbain. De plus, nombre dentre elles constituent des
rponses trs provisoires, voire rapidement obsoltes. Dans certains cas, une estimation rapide
de ce que peuvent avoir investi les habitants ou les pouvoirs publics conduit dailleurs un
sentiment de gchis, et de ncessit de meilleure articulation des efforts. Enfin, ces actions
peuvent se retrouver en totale contradiction avec des options globales de planification, de
programmation de grands travaux dquipement ou de prescriptions normatives ou
rglementaires, surtout si ces dernires ont t prises un peu loin du contexte local.
Il ne faut cependant pas oublier de souligner quil y aurait faire plus finement la part des
choses entre effets dus la conception, la ralisation et la gestion posteriori.
Enfin, jusqu lanne 83, la forme de rsorption la plus entrine, consistait la ralisation
des programmes de (logements sociaux par ltat) destins aux populations des bidonvilles ou
en
prlvements de quotas sur ces logements dhabitat social. Cette politique sest
CHAPITRE VI :
Les efforts visant la rsorption de lhabitat prcaire se poursuivent, mais les rsultats restent
timides. Ces programmes concernent galement les familles de la vieille ville dont les
maisons se sont effondres.
Ds lors, sensibilisation et actions innovantes se sont multiplies, tirant les leons des
erreurs des projets les plus anciens, cest alors que des projets alternatifs ont inspir des
politiques, au nord comme eu Sud et ont fait lobjet de diffusion lchelle internationale.
CHAPITRE VI :
CHAPITRE VI :
144
CHAPITRE VI :
stratgie rside dans le recours la prquation financire entre les diffrentes catgories de
populations bnficiaires. Ce qui permet aux
En hirarchisant les rapports sociaux par rapport des normes, cette conception ne
procde t-elle pas par une dmarche exclusive ? Est intgr, ce qui fonctionne en harmonie
par rapport aux normes sociales ; en revanche toutes forme nobissant pas au modle est
atypique, marginale ou sous intgre.
145
CHAPITRE VI :
publics en tant que producteurs et gestionnaires de logements et de terrains quips pour les
revenus moyens et bas.
Quant aux relations sociales, cette dynamique revendicative nest possible que parce quil
existe au niveau de ces quartiers une intensit des relations sociales qui constituent une autre
marque de lintgration.
lautoconstruction assiste par diverses aides directes et indirectes de lEtat, notamment pour les mnages
revenus modestes ; saccommoder dun rle de rgulateur et de modrateur du secteur par des fonctions
danimation, de contrle et de rglementation, en dfinissant les moyens ncessaires lexcution de la nouvelle
politique de lhabitat ;
-
Distribuer les aides de lhabitat affectes au secteur en fonction des moyens que lEtat pourra
mobiliser ;
Dvelopper une promotion foncire et immobilire publique ou prive apte satisfaire les besoins
en terrains btir par lautoconstruction et en logements pour les diffrentes catgories
socioprofessionnelles ;
Lutter contre lhabitat prcaire sous toutes ses formes, en commenant par les bidonvilles et par
lhabitat illicite sous quip,
146
CHAPITRE VI :
ni avec lvolution des cots de leur production. Ltat ne finance plus de projets mais
soutient et aide des catgories sociales faible revenu, ainsi diverses initiatives publiques
devraient tre engages sur les diffrents volets de la Nouvelle Stratgie de lHabitat
essentiellement pour rehausser limpact de la lutte contre lhabitat prcaire, travers le
financement de ltat et le rle des organismes spcialiss de financement. Cependant,
certaines oprations de rsorption ont acquis le concours de la Banque Mondiale, qui trouvait
que le systme de financement en place, tait inadapt lopration du RHP. Il semblerait
que sous sa pression, les pouvoirs publics, ont dfinit ds lors une stratgie de rorganisation
du systme de financement travers des organismes principalement, qui sont chargs du
financement de lhabitat, tant des programmes du secteur public que de particuliers, savoir
la CNEP grant lpargne des particuliers en contrepartie de possibilits de prt pour
lacquisition dun logement et la CNL grant les aides de ltat, et ce depuis 1991.
dinsolvabilit et en incitant
Ruine par une gestion laxiste des prts, la CNEP, sessouffle rapidement, sa restructuration simpose dans le
cadre de la mise en uvre de la nouvelle politique de lhabitat paralllement la mise en place pour dautres
mesures, telles que linstitution dun Fonds de garantie
hypothcaire.
147
CHAPITRE VI :
pour
148
CHAPITRE VI :
A propos des collectivits locales, dans le secteur de lutte contre lhabitat prcaire, le rle des
communes en tant que corps lu, est trs important dans le processus dexcution de ces
oprations, notamment au niveau de la sensibilisation de la population concerne et au niveau
du recouvrement des cots. Nous rappelons toutefois que les collectivits locales (communes
ainsi que la Wilaya), se dsengagent des tches de production et de gestion directe et tendent
leurs prrogatives par lencouragement la promotion immobilire publique et prive
diversifie, lautonomie des entreprises publiques et ce travers de nouvelles orientations
telles que, la cration des Agences Foncires Locales.
immobilier destin
149
CHAPITRE VI :
CHAPITRE VI :
le milieu des annes quatre vingt dix, pour la premire fois dans lhistoire de celui ci, on
sollicitait la contribution financire des familles, on demandait leurs avis concernant leur
adhsion au programme, avis dont on devait tenir compte et mme plus que cela, on leur
demandait de simpliquer directement, sous des formes participatives diverses, aux diffrents
stades de mise en uvre du processus.
Lacteur collectif vise ainsi favoriser une volution positive des mentalits des populations
cibles, cest dire les aider se dbarrasser du syndrome de lassistanat en leur permettant
dexprimer et de raliser leur volont de prendre en charge leur propre destin rsidentiel et
dassumer par consquent pleinement leur rle de citoyens responsables .
Dune certaine manire, on est face dun modle compltement nouveau de laction
urbanistique dans lequel on met les diffrents acteurs impliqus dans la dmarche de projet en
situation de le coproduire ensemble. Et dans ce contexte, si les acteurs institutionnels sont
plus ou moins identifiables et connus parce quayant une existence structurelle avant le
dmarrage du projet (direction de lurbanisme, oprateurs locaux, bureaux dtudes,
municipalits), ce ne semble pas tre prcisment le cas du nouvel acteur collectif que la
procdure a invent : les populations locales. A certains gards, dans toute la phase
prparatoire, aura t-on compris que le caractre itratif des dynamiques de coproduction des
projets de rsorption de lhabitat prcaire et ce quil enclenche, ne produit-il pas, leffet dune
vritable rvolution culturelle dans les cercles de dcideurs ?
effectues par les services de lAPC en 1993 travers lAlgrie, ont rvl que la population
mal loge est prte consacrer des efforts importants lamlioration de son propre logement.
Mais cette aspiration est bloque moins par la faiblesse des revenus que par la prcarit de
151
CHAPITRE VI :
la situation, le caractre illgal des installations spontanes, les incertitudes venir lgard
de lemplacement choisi pour ce qui est des bidonvilles. Par consquent, pour envisager
linsertion formelle, lapproche fiable, implique leur rgularisation dgageant ainsi des
disponibilits pour la voirie et lintroduction de commodits urbaines, tels que les commerces
de proximit et les quipements daccompagnement (10).
152
CHAPITRE VI :
153
CHAPITRE VI :
5046
Sidi Salem ,
aux bnficiaires
provenant des bidonvilles, il tait galement envisag des oprations dites intgres, qui en
plus de lquipement des lots de recasement, offrent des lots de type ( villa, immeuble,
commerces, etc). Cette approche dans la conception des projets de recasement des
bidonvilles peut avoir pour but de :
-
CHAPITRE VI :
CARTE
155
CHAPITRE VI :
156
CHAPITRE VI :
Conclusion
Les leons tirer des anciennes expriences dintervention sont donc nuances.
Toutefois, au vu de la situation actuelle, on peut penser que les instances politiques en
Algrie, notamment le Ministre de lHabitat ont parfois fait preuve dun optimisme excessif
sur les capacits dun mot dordre, dune technique ou dun mode de gestion, rgler les
problmes. A dfaut dune vue critique densemble de ces politiques ainsi que des modalits
de leur mise en uvre des valuations et bilans partiels pour montrer les russites et les
checs ou pour mettre en vidence les contraintes ou limites qui ont rduit la porte des
efforts. Mis en partage, ils pourraient contribuer
efficaces et plus cohrentes pour atteindre des objectifs qui restent dactualit et nous
renvoient, pour toute action future. Dune part, la ncessit damlioration de la matrise
des interventions tout au long du processus oprationnel du cycle du projet ce qui passe par de
meilleurs mthodes didentification et de programmation, des tudes plus performantes, la
rationalisation des choix techniques et financiers, une optimisation des aides publique dans le
secteur, une plus grande matrise des cots et des dlais , la rduction des frais financiers et de
gestion, une gestion du foncier plus performante , etc. dautre part la ncessit dengager
une politique de prvention grande chelle qui passe par le matrise des formes de
croissance urbaine et par la mise en uvre dune stratgie oprationnelle damnagement
foncier dont la lutte contre lhabitat prcaire constitue une des composantes.
Quand aux interventions indirectes, elles devraient couvrir un champ encore plus large : appui
aux diverses initiatives locales des habitants, projets de dveloppement dactivits, aide et
encadrement administratif diffusion du droit et des rglements divers, etc. Quel bilan en faiton dans cette recherche ? Quelles leons en tire-t-on surtout ? Quelles sont les contradictions
qui ont caractris la rencontre sur le terrain de leurs effets respectifs ? Les stratgies adoptes
sont-elles suffisantes pour stimuler des programmes susceptibles de rpondre, qualitativement
et quantitativement, aux besoins de lutte contre lhabitat prcaire ?
157
CHAPITRE VI :
REFERENCES
[1]
Deluz Labruyre J., 1987, Les quartiers spontans, un exemple dintervention BlidaAlgrie, in politiques et pratiques urbaines dans les pays en voie de dveloppement, Ed.
LHarmattan, Paris, p 91.
[2]
[3]
[4]
[5]
[6]
Ibid, p 74.
[7]
[8]
[9]
158
INTRODUCTION
Restructuration de quartiers, lgalisation foncire, dveloppement local, participation
populaire, sont considrs par lensemble des institutions internationales intervenant sur la
ville comme des incontournables, susceptibles de russir condition de prendre en compte le
capital social des habitants (terminologie Banque mondiale) et dengager un processus
commun impliquant lensemble des parties dans lamlioration des quartiers prcaires. Cest
donc un modle de la rsorption qui mrite dtre comment dautant plus que la wilaya de
Annaba est considre en Algrie comme tant la pointe dans ce type dinitiatives, qui
associent rgularisation foncire et dessert en infrastructures de base.
des groupes dusagers. A cet effet, nous avons tenter de faire clater, lobjet tudi, logement,
en deux entits : le logement conu et le logement habit.
Le deuxime chapitre fera rfrence au choix des quartiers de formation rcente, permettant
dapprcier larchitecture du logement volutif et qui seraient dtermins par les diffrents
modes dagissement de la structure sociale.
Afin de rester, tant dun point de vue urbanistique que sociologique, dans une perspective
constructiviste. Celleci permet dinterroger de faon centrale la constitution des normes, des
modles, des conventions, et de placer galement lattention sur les acteurs. Ce type de
rsorption a t comme un objet de qualit de glissement opr dans le figement de cet
habitat, qui passe de lenveloppe sans qualit lhomme sans qualit. Cette manire de
croire, au de l du dterminisme qui le caractris, a contribu renforcer le statut de tiers
exclu qui sert qualifier lhabitat qui ce logement est destin.
CHAPITRE VII
Introduction
Ltude du logement volutif, comme composante de rsorption de lhabitat prcaire, au-del
du constat dune socit en pleine mutation, permet de confronter deux conceptions, lune
publique et lautre habitante .La mutation des modles dhabiter lorsquelle est fortement
impose par ltat, trouve dans le cadre du logement volutif, lalternative dun contre
pouvoir que reprsentent les habitants investis dans la reformulation du modle impos.
Ce chapitre nous permettra de comprendre que, si cette forme de rsorption de lhabitat
prcaire, semble trouver lgitimit auprs des populations nanties, engages dans la recherche
dun cadre de valorisation sociale, pour ce qui est du logement volutif et dune projection
tatique dun habitat minimum, quen est il des nouvelles valeurs de lisibilit, face aux
exigences dusage ? comment de plus , un logement sriel , peut- il participer au processus de
valorisation et de reconnaissance individuelle ?
Il sagit alors, de savoir comment lhabitant du logement volutif, pour reprendre les termes
de (Ginzburg C, 1995, p 32) transforme cette cage verrouille en cage flexible dans
laquelle, il peut exercer sa propre libert conditionnelle et comment il peut ouvrir un
horizon de possibilits aussi bien latentes que patentes non prvues ou plutt autorises par
les acteurs institutionnels du projets tant soumis des logiques dvolution diachronique ?
Mes choix, donc aujourdhui ne restent pas insensibles une approche globalisante de la
production de ce type dhabitat, pour viter ce que F. Navez Bouchanine appelle la
fragmentation
des
modles ,
laquelle
serait
idologiquement
discriminante.
Ma
CHAPITRE VII :
logement sous la forme dun noyau dhabitat volutif, dune surface couverte de 35 45 m2
chacun, dot dun quipement minimal, sur des terrains viabiliss et construits dans le cadre
des normes de construction conformes aux rglementations, notamment la rglementation
sismique.
Les logements disposent de conditions sanitaires acceptables et comportent au moins une
chambre, une cuisine et un bloc sanitaire extensible sur une parcelle de 80 m2.
Les attributaires bas revenus bnficient de laide de ltat, concrtise par la ralisation
dun dbut de construction.
Lautoconstruction intervient en seconde phase et implique leffort de participation des
bnficiaires qui
logement, selon leur propre rythme et qui pourra rpondre aux besoins rsidentiels gnrs
par lvolution de la taille et de la structure des familles.
Nanmoins,
masse constitue un cas exprimental, puisque une simple lecture du plan type peut faire
tat dune certaine forme de dterminisme conceptuel. Il se caractrise par le rapport
dextriorit quentretiennent les habitants avec le projet en question, par un rapport juridique
162
CHAPITRE VII :
qui se veut ambigu, par une dimension volontariste souvent exprime par les acteurs
politiques, ainsi que par une volont normative et homognisante attache la conception
architecturale des habitations exprime outrance pour rpondre des besoins, des fonctions
et des usages supposs connus, consacr et adapts.
Ces diffrents aspects caractrisent ce que (Chalas Y, 1989, p 123) a dsign du terme de
faire le bonheur des pauvres malgr eux qui correspond cette volont, affiche par les
acteurs institutionnels, darracher les habitants larchasme de leurs conditions de vie pour
les faire bnficier de la modernit, de rpondre de manire homognisante des besoins
diffrencis, et cette capacit exclusive dfinir ces besoins. Lhabitant, dans ce cas, naura
quun petit effort faire : habiter correctement le logement octroy et se glisser passivement
dans la coquille prte lemploi (2).
1-1-1 Rgularisation foncire et accs la proprit
Dans la plupart des cas, les terrains appartiennent ltat et achets par les oprateurs avant
dtre viabilises et vendus aux bnficiaires. La dlivrance des titres incombera la
Direction de la Conservation Foncire du Ministre des Finances. Les titres ou actes
provisoires seront mis la disposition des mnages lachvement des travaux, aprs leur
contribution financire.
1-1-2 Lamlioration urbaine et respect des normes durbanisme
En effet, les plans damnagements ont t conus pour lamlioration progressive de la vie
future des habitants tout en appliquant des normes qui correspondent :
- La taille moyenne de la parcelle, qui doit se situer autour de 100m2.
-Rduire au minimum les emprises des voies, mais dune faon qui corresponde aux besoins
de la population.
-Rduire au minimum acceptable la longueur des rseaux.
-Uniformiser le parcellaire (mme surface) pour faciliter ladaptation des plans types et
minimiser davantage les cots des tudes architecturales.
Ainsi que le trac de tous les axes principaux reliant les quartiers la ville, en procdant
galement au couturage des dessertes et des rseaux pour avoir accs aux prestations et aux
services de celle ci.
Par ailleurs , les plans damnagement ont prvu de doter tous les quartiers dquipement de
base (la ralisation dune voirie carrossable, lalimentation en eau potable, lassainissement, le
163
CHAPITRE VII :
drainage, llectricit et les espaces verts, la ralisation dune voirie carrossable amliorera,
entre autre, laccessibilit des vhicules de collecte des ordures mnagres).
- Il faut aussi signaler que conformment aux orientations du Ministre de lHabitat dans le
cadre de la promotion de lamnagement foncier qui vise surtout la prise en charge des
diffrentes formules de promotion foncire, savoir les lots sociaux, les lots promotionnels et
les lots commerciaux ainsi que la rservation des terrains destins aux quipements publics.
Cette formule vise surtout lintgration sociale des diffrentes catgories de mnages dans des
quartiers homognes. Enfin, limpact sur le paysage urbain devrait tre grandement amlior
avec le remplacement des baraques par des constructions correctes et conformes aux
normes urbaines.
- Les associations de quartier seront encourages sintresser davantage la protection
de lenvironnement, par ailleurs des espaces devront tre rservs pour des quipements
publics.
1-1-3-Cot prvisionnel :
Cot dacquisition des terrains :
En ce qui concerne le cot des terrains destins aux bnficiaires faible revenu, la direction
des domaines vend les terres publiques aux oprateurs un cot quivalent 20 pour cent du
prix estimatif du march(1) (3). Loprateur son tour revend les terres aux bnficiaires un
prix prdtermin qui tient compte de leurs moyens.
Le cot du terrain qui est en moyenne de 10 000 DA par lot, sera cd loprateur par ltat
20 000DA, et sera en dernier ressort financ par les bnficiaires.
Il tait convenu dans ces oprations que, les cots dinfrastructure sont la charge du budget
de ltat. Toutefois le nouvel objectif du Ministre de lHabitat serait de limiter la
participation publique, ainsi les estimations des diffrents travaux se basent sur des cots
unitaires globaux correspondants des moyennes calcules partir de fichier de prix
(1)
164
CHAPITRE VII :
doprations similaires(1).
Cot de la viabilisation :
Les cots de viabilisation concernent les travaux usuellement la charge de loprateur
savoir, la voirie, lassainissement, lalimentation en eau potable (AEP), lclairage public et
les postes de transformation.
Les cots quon a pu recueillir partir de la DUC de Annaba, sont des cots moyens qui
pourraient faire lobjet de fluctuations dune rgion lautre ou dun projet lautre.
Ces cots unitaires sont des cots moyens ramens lhectare brut (les imprvus physiques
estims 10% des cots des travaux sont compris dans ces cots unitaires).
Voiries
3.100.000 DA
Assainissement
1 450.000 DA
AEP
1.150.000 DA
Eclairage public
1.200.000 DA
Postes transfo
Total
300.000 DA
7 200.000 DA
Enfin, le cot unitaire global damnagement foncier retenu, est estim environ 11.00
millions de DA par hectare brut amnager (y compris lachat du terrain support du projet) (2)
(4).
(1)
Le cot moyen de viabilisation se situe entre 13000 et 16000 DA par m, par consquent, le cot de la voirie reprsente
35%des travaux in situ, celui de leau potable 18%, lassainissement et lclairage public et llectricit 20%.
(2)
A ces cots des travaux, il faudrait rajouter ceux de lacquisition des terrains (prix moyen retenu estim 80 DA par m2
brut, comprenant les charges foncires annexes, enregistrement et autres), ceux des tudes et suivi des travaux (estims
12% des cots des travaux), ainsi que les frais de gestion des projets (honoraires des oprateurs fixs 10% des cots des
tudes et travaux ) et autres charges TVA, imptsestims 15% des cots des tudes, des travaux et des frais de gestion.
165
CHAPITRE VII :
Sur cette base, le cot au m2 moyen dun logement volutif stablit comme suit :
Gros- uvre infrastructures
2.470 DA
Gros-uvre superstructure
4.160 DA
Maonnerie
2.240 DA
Revetement
1.580 DA
Etancheit
1.100 DA
1.950 DA
TOTAL
13.500 DA
Ainsi, avec les tudes et de gestion, le cot de revient au m2 couvert dun logement volutif
serait de lordre de 11000DA.
Les estimations faites par la wilaya de Annaba sont de lordre de 350000DA par logement, du
fait que les logements constituent une emprise de 49 m2
Cependant, dans le cadre du projet, les mnages apporteront leur participation dans
lagrandissement de leurs units .La valeur aprs extension et amlioration anticipe est
estime 600.000 DA.
A-Recouvrement des cots assists de la prquation
Les dispositions de la nouvelle politique de lhabitat insistent depuis 1990 sur la ncessit de
multiplier les sources de financement des projets damnagement foncier, de construction de
logements et essentiellement ceux de la rsorption de lhabitat prcaire. Outre les allocations
budgtaires de ltat, il est demand la contribution directe des bnficiaires, notamment dans
les logements volutifs.
Le recours au systme de prquation peut tre une source intressante dans le cadre de la
dynamisation souhaite des marchs fonciers et immobiliers ainsi que dans le cadre de
lencouragement de la participation active du secteur priv dans lamnagement foncier et
dans la promotion immobilire (C. Moussannef, 2001, p83).
La prquation prconise consiste la mise en place sur le march foncier local dun
programme de construction et/ou dont la commercialisation sur la base de prix voisins de
ceux pratiqus dans le march, permettant de dgager des excdents financiers en vue
dquilibrer une opration de rsorption de lhabitat prcaire notamment le relogement des
bidonvilles et ce, en complment avec les contributions des bnficiaires.
166
CHAPITRE VII :
167
CHAPITRE VII :
Le logement conu procde dune pense normative (4) qui , dans le cadre de surfaces
minimales, traduit spatialement les exigences minimales , du mode de vie des usagers et les
rduits des strotypes fonctionnels ( manger ,dormir ,se laver , recevoir ) , simplistes et
banaliss . Ainsi dtermines, ces machines habiter , pour reprendre le terme de Le
Corbusier, ont t conues daprs une normalisation des besoins. Or peut on rduire de
cette manire la notion dhabiter et les relations unissant lindividu lespace habit ? n y at-il pas une distance qui spare le logement conu du potentiel de lhabiter , dont on sait quil
est plus que la somme de besoins fonctionnels lmentaires ? .
- Le classicisme de cette solution architecturale , concrtise , nest pas seulement le fait
dune approche partielle de lacte dhabiter , elle est surtout le rsultat de la recherche dune
satisfaction au plus juste cot des besoins minimaux incompressibles quon a reconnu aux
catgories sociales concernes . Ainsi on a conu, le logement volutif nest que la
matrialisation de ses contraintes, et manifeste en plus une sgrgation sociale et un habitat de
classe diffrenci (5).
Ds lors quon peut penser que lhabitat qui sest construit un interlocuteur anonyme,
reprsent par le citoyen ou lusager ou la population cible , pour entretenir avec
lui un dialogue fictif sur ses desideratas en matire de logement (6). Linterlocuteur rel de
larchitecte est en fait un intermdiaire qui prtend reprsenter lhabitant ; lautorit publique
et administrative.
168
CHAPITRE VII :
Hall et
Niveau : R.D.C
Niveau : Etage
Surface en m
Surface en m
5.07
3.86
Sjour
12.21
13.20
Chambre1
9.50
9.30
dgagement
Chambre2
Cuisine
7.57
7.57
Douche
3.50
W.C
1.65
Escaliers
4.40
Rangements
Cour -Patio
15 et 20
Loggia
balcon
169
CHAPITRE VII :
La hauteur sous plafond des logements tait de 2.80 m et lpaisseur des murs de
30cm.
Le sjour tant la pice principale est dune superficie de 12.21 m2, les autres
pices ont une superficie variant de 9.50 et 7.57 m avec une largeur minimale de
2.90 m, les chambres se situent en dessous de la norme qui est de 10 m. Quant
la cuisine, elle a une superficie de 7.57m2 (3m x 2.50m) et est prolonge par une
possibilit de sortie vers un espace libre de 15 m2 situ larrire du logement.
donnant
Lescalier est conu avec une largeur de 80 cm, ce qui reprsente une norme
minimale.
Pour lamnagement dune cour, lespace qui lui a t rserv tait de 20 m2.
170
CHAPITRE VII :
171
CHAPITRE VII :
sappuie aussi sur une recherche darticulations (7). Le logement volutif est-il pens sous sa
forme tendue, ou alors, le dterminisme des plans types reste le garant efficace du respect
des limites rglementaires dappropriation ?
Une rencontre avec un des architectes concepteur du plan type, fut ce sujet trs loquente.
Il voquait que sa participation la programmation consistait lintgration de normes de
confort ; Penser lhabitat minimal non pas comme un espace vital minimum, mais comme un
espace de vie, amnageable et appropriable.
Aussi, toute lambigut de sa situation consistait-elle alors donner une image du logement
urbain, derrire laquelle linvestissement des habitants ne pouvaient tre que conflictuels
(dnaturation du modle) (8).
On peut ds lors dnoncer ici une conception (des cellules types), qui impose des modles
dappropriation plus quelle nen permet. La dmarche de larchitecte est aussi limite dans le
temps , sans que ne soit envisage posteriori la validation des modles proposs et la
comprhension des modles dhabiter expriments . Si lon se doit de reconnatre les
comptences de larchitecte promouvoir des modles dhabiter au del des contraintes
rglementaires et des exigences des promoteurs, on peut regretter nanmoins que ceux ci ne
soient que le fait de sa volont et ne dcoulent pas davantage dune confrontation dynamique
avec les usagers, ce que le logement volutif permettrait opportunment.
172
CHAPITRE VII :
et de personnes
La mthode denqute
Le questionnaire
Notre travail sur terrain ncessitait dadopter diffrents moyens dinvestigation, de ce fait la
problmatique pose ne pouvait tre saisie qu travers un questionnaire.
Le questionnaire a t esquiss, puis mis au point aprs plusieurs bauches successives, il na
t dfinitif quaprs tre test sur terrain. La pr- enqute nous a permis dvaluer la
rceptivit des questions et de mettre en vidence les problmes auxquels les habitants sont
confronts. Pour ce qui est du choix technique denregistrement des entretiens, nous avons
173
CHAPITRE VII :
CARTE p 97
174
CHAPITRE VII :
175
CHAPITRE VII :
Lchantillonnage
Lchantillon est compos dune unit de base qui est le logement
(1)
lenqute des chefs de mnages essentiellement. Dans chaque site, nous essayons de
rechercher une reprsentativit de lchantillon, en procdant selon un taux de sondage de
lordre 1/10 de logements du site. Le choix tudi de lchantillons dans chaque cas, nous a
permis de donner une fiabilit des rsultats.
(1)
Le logement dfinit daprs (Merlin P et Choay F, 1999, p 466), comme une unit fonctionnelle o
lorganisation de lespace rpond aux normes culturelles de la socit et de lpoque, mais la dimension, la
forme, lorganisation interne, le niveau dquipement du logement sont galement lis la structure et au niveau
conomique et social.
176
CHAPITRE VII :
De ce fait, elle entretient avec elle des relations de dpendance, sur le plan de lusage des
quipements et des services.
Sa relation avec El Bouni est plutt de nature administrative , elle seffectue grce aux axes
RN44 et la RN16, la reliant respectivement avec Annaba et El Bouni qui se situent au mme
loignement delle avec des niveaux dquipements diffrents.
Le dveloppement des bidonvilles Sidi Salem (426 baraques regroupant 2982 habitants) a
amen les autorits projeter deux lotissements sociaux (Boukhmira I et II) pour le relogement
des bidonvillois .
3-1-1-Analyse du lotissement
Avec ces oprations, on sattendait viter la densification de ces quartiers, mais rien ne
fut fait puisque, sous formes de parcelles de trs petites dimensions variant entre 80 et 100m
avec une densit au sol de 50 logements /ha, lobjectif tait de caser le plus grand nombre.
La trame du tissu urbain projet manait dune structuration rgulire, en optant pour la
gomtrie anonyme du quadrillage rptitif outrance sans aucune souplesse de combinaison
et ne permettant aucune personnalisation ni identification des espaces produits. De plus dans
Le lotissement tudi, ne prsente pas de hirarchisation des voies pouvant concrtiser des
transitions entre lespace public, semi-public et priv, ainsi le passage du logement la rue se
fait sans transition.
A-Les conditions de matrise du programme
Ltude du site et les dclarations des responsables des diffrents oprateurs ont montr que le
programme nest pas ralis clairement en amont des tudes urbanistiques.
En effet le plan masse, a t conu en gnral selon certains objectifs atteindre relatifs au
nombre des bidonvilles dans le site, en fonction duquel ont t dtermin le nombre de
parcelles ce qui a dbouch sur des lotissements de trs grandes tailles. Des directives
sommaires et parfois tardives, sont galement donnes sur le nombre de parcelles, et le
programme de la prquation.
B-Les caractristiques et la capacit daccueil de lopration
Les documents mis la disposition de ltude ont permis didentifier les principales
caractristiques du plan de masse
La conception des quipements ne permet pas de rompre la monotonie du plan de masse, ils
ne sont pas articuls la trame rsidentielle pour contribuer la socialisation de lespace
public.
177
CHAPITRE VII :
CARTE p 101
178
CHAPITRE VII :
En terme de densit physique, les quipements savrent insuffisants, leur absence dans la
ralisation est fortement dplore par les habitants et donne de ce fait une apprciation
ngative la nouvelle cit quant la promesse de son avenir. Il faut bien dire que ltat
actuel est assez critique et la demande de vie urbaine et danimation porteuse de
possibilits conomiques demeurent clairement exprimes.
Le tableau suivant fait galement ressortir une large utilisation du systme viaire qui induit
de nombreux problmes de gaspillage ( voir carte n6).
Surface en m2
Surface
de la
Parcelle
80-100
Surface
lotie
totale
172200
En pourcentage
0,05
100
Source : enqute personnelle 2003-2005.
Surface
lotie
habitat
Surface
Surface
lotie
espace
quipement vert
Surface
Voirie et
places
Surface
Places et placettes
85000
9500
-------------
70500
7200
50
5,9
-------------
40
4,1
Cette situation a de toute vidence affect la matrise de la ralisation, car les modifications
invoques plus loin considres comme des solutions au coup par coup causent des
distorsions importantes dans le projet et affectent la qualit finale de celui ci.
179
CHAPITRE VII :
180
p 113
CHAPITRE VII :
Cela dit, les logements, telles quils se prsentaient la livraison, en remettant en cause le
caractre habitable, ne correspondaient pas aux besoins dusage des nouveaux occupants et
ont ncessit des amnagements immdiats. Il est intressant de comprendre cet tat initial
dappropriation du logement, comprendre les priorits damnagement et les impaires de
conception publique. Ces reformulations primaires dterminent en fait le plus souvent le
projet de la maison long terme.
181
CHAPITRE VII :
A contrario, l'amlioration des conditions d'habitat, n'a pas encore atteint son rythme de
stabilisation, et les indicateurs relevs, dnotent dune exigut des logements (plus de la
moiti des mnages ne disposent que de deux pices).
Le nombre insuffisant de pices peut tre dpass par lagrandissement de la maison et par
adjonction des pices faisant dfaut. Lamnagement de la parcelle via la reformulation de ses
limites, occasionne de mme un surinvestissement du propritaire pour affirmer et redessiner
les contours de sa proprit.
Nanmoins, les habitants condamnant de faon svre la rationalisation extrme des
surfaces. Le rejet des surfaces minimales, la rinterprtation parfois subtile des deux pices de
la maison type, avoisinant chacune 9m, revoie la notion de surface utile des considrations
autres que fonctionnelles, en particulier, des exigences de reprsentation de lespace habit,
totalement absentes des projections publiques, participent la reformulation de la maison
type.
182
CHAPITRE VII :
Le premier grief contre la cuisine type propose est ltroitesse, qui ne permet pas
linstallation de mobilier supplmentaire. On trouvera l lexpression dune conception
tatique paradoxale qui promeut un habitat salubre, moderne et limite lexpression des modes
de vie quil suscite.
Cette inadquation de la cuisine tait voque par les habitants, les femmes le plus souvent
(les utilisatrices), via la critique de sa "mauvaise orientation", formulant ainsi une exigence de
ventilation primordiale pour la cuisine et plus gnralement pour tout le logement .
Aux exigences daration, il faut rajouter un besoin de communication directe, entre la cuisine
et un espace de prolongement. La cuisine dlocalise recherche donc un espace de projection
qui est une cour de service.
Avant dassocier la dlocalisation de la cuisine une plus vaste opration de reformulation
de la maison, voyons cet exemple illustrant la relation particulire de la cuisine son espace
de prolongement.
Les modifications de ce logement nont pu tre ralises que rcemment (il y a 2 an), en
raison des revenus trop irrguliers de loccupant, qui a choisi de raffecter la chambre arrire
en cuisine, agrandir la chambre avant par la surface libre par la cuisine dorigine, et
amnager un salon sur lespace disponible en fond de parcelle (voir Fig n 4).
Si la cuisine a acquis une plus grande autonomie de fonctionnement, par sa superficie plus
avantageuse (on peut y manger), par les possibles dbordements des activits sur la cour, par
la gestion plus saine des effluves, son association troite et exclusive avec la cour, lui assure
peut-tre plus gnralement son retrait recherch par rapport aux pices de vie.
Cest alors que la position de la cuisine dans la cellule type, stigmatise nous lavons vu, de
manire exacerbe, les incompatibilits du modle institutionnalis avec les pratiques
habitantes. La pauvret de la cuisine trahit une confusion entre fonctionnalisme pratique et
rationalisme prcaire, qui prcipite son obsolescence immdiate. En plus de son troitesse, la
dpendance de la cuisine type avec lentre est incompatibles avec lvolution de la maison
183
CHAPITRE VII :
PLAN p 144
184
CHAPITRE VII :
dont le centre fonctionnel gravite vers larrire de la parcelle ( voir photos n1 et 2).
C.
185
CHAPITRE VII :
Clich : Moussannef C.
Dans ce sens, Jean Remy, dailleurs dans l'introduction qu'il fait dans habiter la
ville marocaine de Franoise Navez-Bouchanine, prcise ainsi : Les formes
proposes, quelles qu'elles soient, sont une ressource qui demande tre remodele.
L'usager qui fait oeuvre d'habiter s'appuie sur les potentialits qu'elles offrent et cherche
neutraliser les handicaps (10).
C-Un salon polyvalent : A ces pices plus spcialises que sont les chambres et la cuisine,
sajoute en effets la pice de vie, plus polyvalente, appele le plus souvent salon. Cest
lespace du regroupement familial par excellence.
Cette pice de vie collective, qui soppose en ce sens aux autres pices spcialises, permet
la rception des invits trangers ou de la grande famille, quelle supporte seule, lexception
des grandes manifestations familiales et occasionnelles, qui sollicitent alors le reste de la
maison. La polyvalence de cette pice est aussi due sa possible utilisation nocturne pour le
sommeil des enfants, le plus souvent des filles, ou de la grand-mre, lorsque la maison ne
dispose pas dun nombre suffisant de chambres. Le couchage sur banquettes ou sur des
matelas ne laisse dans la journe aucune trace de cette affectation nocturne de lespace.
Ainsi une habitante rencontre nous explique : le salon doit tre le plus grand possible!"
Un rajustement simple du cloisonnement des deux pices jumeles illustre cette logique
186
CHAPITRE VII :
Surfaces
Clich : Moussannef C.
Gain despace.
CHAPITRE VII :
Clich : Moussannef C.
Ainsi les cours closes, le plus souvent par un portail, sont le premier seuil dentre
do ltranger la famille attend que la matresse de maison se manifeste. Les portes
dentre du logement, pour pouvoir les laisser ouvertes et permettre la circulation de lair
sont aussi souvent ddoubles dun rideau qui, de fait empche lintrusion du regard. Ainsi
dans les logements sociaux , les modes dhabiter ne justifient plus , semble t-il , un espace
intermdiaire tel que la skifa (dont la porte pouvait rester ouverte sans aucune autre
protection), donc sans affectation fonctionnelle , mais nanmoins consommateur despace,
et de ce fait sans doute caduc.
188
CHAPITRE VII :
Clich : Moussannef C.
avan-
Alors que tel quel, les appropriations temporaires d'usage sont possibles et
189
CHAPITRE VII :
La cour avant, peut supporter une plus grande porosit de ses limites. Ceci introduit
une plus grande permissivit lgard du rle protecteur de la clture qui se ferait le garant
dune impermabilit de lespace familial.
Les cltures protgent l'intimit des usagers de ces cours, qui nous l'avons vu, bien
que non couvertes, rduisant considrablement les apports lumineux du rez de chausse,
s'apparentent l'intrieur de la maison.
Par ailleurs, la plus grande diversit d'appropriation vers l'espace public,
occasionne les plus grandes irrgularits d'alignement. L'espace vacant entre la
maison et la rue peut aussi dnoncer une non-optimisation de la parcelle, les dbordements
en appropriation au-del des limites foncire,
Mais ces dbordements sur rue, irrgulirement raccordes permettent surtout le
rapprochement des habitants lagitation publique, faut-il rappeler que le quartier, outre
ces lieux improviss de sociabilit, est dpourvu d'espace de rencontre, ce qui, donne
raison une rinterprtation des limites de l'espace privatif, qui se substituent ce que
l'espace public ne permet plus naturellement.
G- Appropriation de la terrasse
La terrasse est un espace dappropriation essentiel la maison. Non accessible la
livraison des logements, les propritaires remdient le plus tt possible ce manque par la
construction dun escalier. Aussi, lescalier daccs la terrasse sinscrit au coeur de la
maison, mais faute de moyens suffisants pour cet investissement, certains habitants
utilisent souvent une chelle. Lusage de la terrasse est multiple, renvoie en particulier
des pratiques fminines quotidiennes, ou hebdomadaires, tmoigne aussi dune occupation
de la parcelle optimise. La terrasse est ainsi le lieu dinstallations temporaires, avant la
construction dun tage habitable, constructions en dur, avec une couverture lgre (tle
ondule), distinguent les abris pour les animaux des espaces de stockage, qui constituent
aussi une forme de dbordement anarchique pour les pouvoirs publics (ltat de
chantier permanent est notamment vis par ces critiques) (voir photo 9).
La terrasse est borde de murs hauts qui prservent lintimit de la famille, et les
instants de dtente, tout en interdisant lobservation alentours. La terrasse en cela est
vritablement un lieu clos, dont la seule chappatoire est le ciel.
190
CHAPITRE VII :
191
CHAPITRE VII :
192
CHAPITRE VII :
Les faades
Face la situation de non pouvoir, lhabitant, comme on la vu dans ce qui a prcd, en
entreprenant des substitutions sur le cadre bti (transformations, extensions etc). Dans
lordre de priorit de lintervention sur lesthtique du bti, lhabitant commence souvent par
lamnagement intrieur. Lanalyse des faades, surtout dans les mnages modestes, a montr
que lesthtique extrieure rencontrait une certaine indiffrence chez certains usagers. Toutes
ces tentatives chercheraient compenser les frustrations ressenties quand les espaces et les
amnagements sont inadapts, et les manques, quand les espaces souhaits sont inexistants
(voir photos 12 et 13).
193
CHAPITRE VII :
certains usagers.
Clich : Moussannef C.
194
CHAPITRE VII :
Conclusion
On guise de conclusion, on pourrait senqurir dabord de la porte exprimentale de ce
terrain, qui tait le fait dhsitations, plus que celui dun parti volontariste de prserver toute
latitude daction aux habitants. Lobservation stigmatisante de la production des plans types,
de leur permissivit ou dterminisme, renvoie loriginalit des possibilits dappropriation
mergentes et pose la question de la participation de lhabitant.
La programmation dun habitat minimum en termes de surface est elle-mme incrimine.
Cette situation a profit aux usagers, pour lesquels une dizaine danne dappropriation ne
suffisent pas la formulation dun modle stable.
La volont peut tre thoricienne de simplifier la ville ou de lui donner sens, inscrit la
conception contemporaine dans un tout autre processus dentrinement des modles ; par ces
nouveaux logements volutifs, il est propos dune part lesquisse dun modle dhabiter
suppos stable, que les habitants peuvent valider par une densification ou par des
amnagements de type agrandissement, par achvement de la programmation. Dautre part,
elles produisent des modles dhabiter et un paysage urbain qui chappent totalement au
contrle public et la rglementation urbaine.
Ce dernier constat des mutations du modle dhabiter, galopante et transgressive, est mon
sens le plus dterminant et nous invite rflchir sur la contrainte la promotion de
lhabitation volutive. Cette contrainte peut tre au service dune rglementation, pour le
contrle des extensions, mais peut aussi affecter lespace habit et agir la restriction des
appropriations. La stratification du lotissement amorce, se fait dune manire insidieuse, par
la transgression, par la ngation du rez-de chausse et des contraintes auxquelles taient
soumises toutes les appropriations. De ce fait une programmation publique du logement, qui
repose sur une conception restrictive dun modle dhabiter quand bien mme esquiss,
sexpose surtout par laxisme des appropriations rpressives.
195
CHAPITRE VII :
REFERENCES
[1] Moussannef C., 2001, Rsorption de lhabitat prcaire par le logement volutif. Le cas
de Annaba, thse de Magister, universit de Constantine, p83.
[2] Arrif A., 1992, le passage prcaire. Anthropologie-applique dune mutation
rsidentielle. Le cas Hay Moulay Rachid Casablanca, thse en anthropologie,
Universit dAix-Marseille I, Aix-en Provence, p. 129-133
[3] Ministre de lHabitat, projet de rsorption de lhabitat prcaire , document de la
Banque mondiale. Rapport n 17393, Algrie, juin 1998, p 9.
[4] Ibid., p 15.
[5] Puig N., 1999, Recomposition des espaces domestiques et usage des objets
techniques la Manouba (Tunis) , in (sous la direction de J. C. Depaule) Lieux et
faons dhabiter, aujourdhui, les Cahiers de lIREMAM, n 12, Aix en-provence,
CNRS, p16.
[6] Benslimane M., 1994, conception et usage du logement public Tunis (le cas de la
cit Ibn Khaldoun) , in Architecture et Behaviour, vol. 10, n 3, p.19-32.
[7] Naciri M, 1989., lamnagement des villes peut il prvenir leurs soubresauts ? , in
Etat, ville et mouvements sociaux au Maghreb et au Moyen orient, Paris,
lHarmattan, p 27.
[8] Chabbi M., 1989, Etat, politiques urbaines et habitat spontan, le cas de Tunis 19601980 , in Etat, villes et mouvements sociaux au Maghreb et Moyen Orient, Paris,
lHarmattan, p 19.
[9] Moley C., 1984, Les structures de la maison, exemple dun habitat traditionnel
finlandais, Paris, Publications Orientalistes de France, p 115.
[10] Berry I. Chikhaoui., 2000, mobilisation des habitants et construction du voisinage.
Le cas de lhabitat social rcent Tunis , in penser, faire et transformer la ville. Les
comptences des citadins dans le monde arabe, sous la direction de I. Berry
Chikhauoi et A. Deboulet, Paris, Ed. Karthala, p 68.
[11] Navez-Bouchanine F, 1991, habiter, modles socio-culturels et appropriation de
lespace, Thse de Doctorat dEtat en Sociologie, Universit Mohamed V, Rabat,
p183.
196
Introduction
Ltude du logement volutif, comme composante de rsorption de lhabitat prcaire, au-del
du constat dune socit en pleine mutation, permet de confronter deux conceptions, lune
publique et lautre habitante .La mutation des modles dhabiter lorsquelle est fortement
impose par ltat, trouve dans le cadre du logement volutif, lalternative dun contre
pouvoir que reprsentent les habitants investis dans la reformulation du modle impos.
Ce chapitre nous permettra de comprendre que, si cette forme de rsorption de lhabitat
prcaire, semble trouver lgitimit auprs des populations nanties, engages dans la recherche
dun cadre de valorisation sociale, pour ce qui est du logement volutif et dune projection
tatique dun habitat minimum, quen est il des nouvelles valeurs de lisibilit, face aux
exigences dusage ? comment de plus , un logement sriel , peut- il participer au processus de
valorisation et de reconnaissance individuelle ?
Il sagit alors, de savoir comment lhabitant du logement volutif, pour reprendre les termes
de (Ginzburg C, 1995, p 32) transforme cette cage verrouille en cage flexible dans
laquelle, il peut exercer sa propre libert conditionnelle et comment il peut ouvrir un
horizon de possibilits aussi bien latentes que patentes non prvues ou plutt autorises par
les acteurs institutionnels du projets tant soumis des logiques dvolution diachronique ?
Mes choix, donc aujourdhui ne restent pas insensibles une approche globalisante de la
production de ce type dhabitat, pour viter ce que F. Navez Bouchanine appelle la
fragmentation
des
modles ,
laquelle
serait
idologiquement
discriminante.
Ma
CHAPITRE VII :
logement sous la forme dun noyau dhabitat volutif, dune surface couverte de 35 45 m2
chacun, dot dun quipement minimal, sur des terrains viabiliss et construits dans le cadre
des normes de construction conformes aux rglementations, notamment la rglementation
sismique.
Les logements disposent de conditions sanitaires acceptables et comportent au moins une
chambre, une cuisine et un bloc sanitaire extensible sur une parcelle de 80 m2.
Les attributaires bas revenus bnficient de laide de ltat, concrtise par la ralisation
dun dbut de construction.
Lautoconstruction intervient en seconde phase et implique leffort de participation des
bnficiaires qui
logement, selon leur propre rythme et qui pourra rpondre aux besoins rsidentiels gnrs
par lvolution de la taille et de la structure des familles.
Nanmoins,
masse constitue un cas exprimental, puisque une simple lecture du plan type peut faire
tat dune certaine forme de dterminisme conceptuel. Il se caractrise par le rapport
dextriorit quentretiennent les habitants avec le projet en question, par un rapport juridique
162
CHAPITRE VII :
qui se veut ambigu, par une dimension volontariste souvent exprime par les acteurs
politiques, ainsi que par une volont normative et homognisante attache la conception
architecturale des habitations exprime outrance pour rpondre des besoins, des fonctions
et des usages supposs connus, consacr et adapts.
Ces diffrents aspects caractrisent ce que (Chalas Y, 1989, p 123) a dsign du terme de
faire le bonheur des pauvres malgr eux qui correspond cette volont, affiche par les
acteurs institutionnels, darracher les habitants larchasme de leurs conditions de vie pour
les faire bnficier de la modernit, de rpondre de manire homognisante des besoins
diffrencis, et cette capacit exclusive dfinir ces besoins. Lhabitant, dans ce cas, naura
quun petit effort faire : habiter correctement le logement octroy et se glisser passivement
dans la coquille prte lemploi (2).
1-1-1 Rgularisation foncire et accs la proprit
Dans la plupart des cas, les terrains appartiennent ltat et achets par les oprateurs avant
dtre viabilises et vendus aux bnficiaires. La dlivrance des titres incombera la
Direction de la Conservation Foncire du Ministre des Finances. Les titres ou actes
provisoires seront mis la disposition des mnages lachvement des travaux, aprs leur
contribution financire.
1-1-2 Lamlioration urbaine et respect des normes durbanisme
En effet, les plans damnagements ont t conus pour lamlioration progressive de la vie
future des habitants tout en appliquant des normes qui correspondent :
- La taille moyenne de la parcelle, qui doit se situer autour de 100m2.
-Rduire au minimum les emprises des voies, mais dune faon qui corresponde aux besoins
de la population.
-Rduire au minimum acceptable la longueur des rseaux.
-Uniformiser le parcellaire (mme surface) pour faciliter ladaptation des plans types et
minimiser davantage les cots des tudes architecturales.
Ainsi que le trac de tous les axes principaux reliant les quartiers la ville, en procdant
galement au couturage des dessertes et des rseaux pour avoir accs aux prestations et aux
services de celle ci.
Par ailleurs , les plans damnagement ont prvu de doter tous les quartiers dquipement de
base (la ralisation dune voirie carrossable, lalimentation en eau potable, lassainissement, le
163
CHAPITRE VII :
drainage, llectricit et les espaces verts, la ralisation dune voirie carrossable amliorera,
entre autre, laccessibilit des vhicules de collecte des ordures mnagres).
- Il faut aussi signaler que conformment aux orientations du Ministre de lHabitat dans le
cadre de la promotion de lamnagement foncier qui vise surtout la prise en charge des
diffrentes formules de promotion foncire, savoir les lots sociaux, les lots promotionnels et
les lots commerciaux ainsi que la rservation des terrains destins aux quipements publics.
Cette formule vise surtout lintgration sociale des diffrentes catgories de mnages dans des
quartiers homognes. Enfin, limpact sur le paysage urbain devrait tre grandement amlior
avec le remplacement des baraques par des constructions correctes et conformes aux
normes urbaines.
- Les associations de quartier seront encourages sintresser davantage la protection
de lenvironnement, par ailleurs des espaces devront tre rservs pour des quipements
publics.
1-1-3-Cot prvisionnel :
Cot dacquisition des terrains :
En ce qui concerne le cot des terrains destins aux bnficiaires faible revenu, la direction
des domaines vend les terres publiques aux oprateurs un cot quivalent 20 pour cent du
prix estimatif du march(1) (3). Loprateur son tour revend les terres aux bnficiaires un
prix prdtermin qui tient compte de leurs moyens.
Le cot du terrain qui est en moyenne de 10 000 DA par lot, sera cd loprateur par ltat
20 000DA, et sera en dernier ressort financ par les bnficiaires.
Il tait convenu dans ces oprations que, les cots dinfrastructure sont la charge du budget
de ltat. Toutefois le nouvel objectif du Ministre de lHabitat serait de limiter la
participation publique, ainsi les estimations des diffrents travaux se basent sur des cots
unitaires globaux correspondants des moyennes calcules partir de fichier de prix
(1)
164
CHAPITRE VII :
doprations similaires(1).
Cot de la viabilisation :
Les cots de viabilisation concernent les travaux usuellement la charge de loprateur
savoir, la voirie, lassainissement, lalimentation en eau potable (AEP), lclairage public et
les postes de transformation.
Les cots quon a pu recueillir partir de la DUC de Annaba, sont des cots moyens qui
pourraient faire lobjet de fluctuations dune rgion lautre ou dun projet lautre.
Ces cots unitaires sont des cots moyens ramens lhectare brut (les imprvus physiques
estims 10% des cots des travaux sont compris dans ces cots unitaires).
Voiries
3.100.000 DA
Assainissement
1 450.000 DA
AEP
1.150.000 DA
Eclairage public
1.200.000 DA
Postes transfo
Total
300.000 DA
7 200.000 DA
Enfin, le cot unitaire global damnagement foncier retenu, est estim environ 11.00
millions de DA par hectare brut amnager (y compris lachat du terrain support du projet) (2)
(4).
(1)
Le cot moyen de viabilisation se situe entre 13000 et 16000 DA par m, par consquent, le cot de la voirie reprsente
35%des travaux in situ, celui de leau potable 18%, lassainissement et lclairage public et llectricit 20%.
(2)
A ces cots des travaux, il faudrait rajouter ceux de lacquisition des terrains (prix moyen retenu estim 80 DA par m2
brut, comprenant les charges foncires annexes, enregistrement et autres), ceux des tudes et suivi des travaux (estims
12% des cots des travaux), ainsi que les frais de gestion des projets (honoraires des oprateurs fixs 10% des cots des
tudes et travaux ) et autres charges TVA, imptsestims 15% des cots des tudes, des travaux et des frais de gestion.
165
CHAPITRE VII :
Sur cette base, le cot au m2 moyen dun logement volutif stablit comme suit :
Gros- uvre infrastructures
2.470 DA
Gros-uvre superstructure
4.160 DA
Maonnerie
2.240 DA
Revetement
1.580 DA
Etancheit
1.100 DA
1.950 DA
TOTAL
13.500 DA
Ainsi, avec les tudes et de gestion, le cot de revient au m2 couvert dun logement volutif
serait de lordre de 11000DA.
Les estimations faites par la wilaya de Annaba sont de lordre de 350000DA par logement, du
fait que les logements constituent une emprise de 49 m2
Cependant, dans le cadre du projet, les mnages apporteront leur participation dans
lagrandissement de leurs units .La valeur aprs extension et amlioration anticipe est
estime 600.000 DA.
A-Recouvrement des cots assists de la prquation
Les dispositions de la nouvelle politique de lhabitat insistent depuis 1990 sur la ncessit de
multiplier les sources de financement des projets damnagement foncier, de construction de
logements et essentiellement ceux de la rsorption de lhabitat prcaire. Outre les allocations
budgtaires de ltat, il est demand la contribution directe des bnficiaires, notamment dans
les logements volutifs.
Le recours au systme de prquation peut tre une source intressante dans le cadre de la
dynamisation souhaite des marchs fonciers et immobiliers ainsi que dans le cadre de
lencouragement de la participation active du secteur priv dans lamnagement foncier et
dans la promotion immobilire (C. Moussannef, 2001, p83).
La prquation prconise consiste la mise en place sur le march foncier local dun
programme de construction et/ou dont la commercialisation sur la base de prix voisins de
ceux pratiqus dans le march, permettant de dgager des excdents financiers en vue
dquilibrer une opration de rsorption de lhabitat prcaire notamment le relogement des
bidonvilles et ce, en complment avec les contributions des bnficiaires.
166
CHAPITRE VII :
167
CHAPITRE VII :
Le logement conu procde dune pense normative (4) qui , dans le cadre de surfaces
minimales, traduit spatialement les exigences minimales , du mode de vie des usagers et les
rduits des strotypes fonctionnels ( manger ,dormir ,se laver , recevoir ) , simplistes et
banaliss . Ainsi dtermines, ces machines habiter , pour reprendre le terme de Le
Corbusier, ont t conues daprs une normalisation des besoins. Or peut on rduire de
cette manire la notion dhabiter et les relations unissant lindividu lespace habit ? n y at-il pas une distance qui spare le logement conu du potentiel de lhabiter , dont on sait quil
est plus que la somme de besoins fonctionnels lmentaires ? .
- Le classicisme de cette solution architecturale , concrtise , nest pas seulement le fait
dune approche partielle de lacte dhabiter , elle est surtout le rsultat de la recherche dune
satisfaction au plus juste cot des besoins minimaux incompressibles quon a reconnu aux
catgories sociales concernes . Ainsi on a conu, le logement volutif nest que la
matrialisation de ses contraintes, et manifeste en plus une sgrgation sociale et un habitat de
classe diffrenci (5).
Ds lors quon peut penser que lhabitat qui sest construit un interlocuteur anonyme,
reprsent par le citoyen ou lusager ou la population cible , pour entretenir avec
lui un dialogue fictif sur ses desideratas en matire de logement (6). Linterlocuteur rel de
larchitecte est en fait un intermdiaire qui prtend reprsenter lhabitant ; lautorit publique
et administrative.
168
CHAPITRE VII :
Hall et
Niveau : R.D.C
Niveau : Etage
Surface en m
Surface en m
5.07
3.86
Sjour
12.21
13.20
Chambre1
9.50
9.30
dgagement
Chambre2
Cuisine
7.57
7.57
Douche
3.50
W.C
1.65
Escaliers
4.40
Rangements
Cour -Patio
15 et 20
Loggia
balcon
169
CHAPITRE VII :
La hauteur sous plafond des logements tait de 2.80 m et lpaisseur des murs de
30cm.
Le sjour tant la pice principale est dune superficie de 12.21 m2, les autres
pices ont une superficie variant de 9.50 et 7.57 m avec une largeur minimale de
2.90 m, les chambres se situent en dessous de la norme qui est de 10 m. Quant
la cuisine, elle a une superficie de 7.57m2 (3m x 2.50m) et est prolonge par une
possibilit de sortie vers un espace libre de 15 m2 situ larrire du logement.
donnant
Lescalier est conu avec une largeur de 80 cm, ce qui reprsente une norme
minimale.
Pour lamnagement dune cour, lespace qui lui a t rserv tait de 20 m2.
170
CHAPITRE VII :
171
CHAPITRE VII :
sappuie aussi sur une recherche darticulations (7). Le logement volutif est-il pens sous sa
forme tendue, ou alors, le dterminisme des plans types reste le garant efficace du respect
des limites rglementaires dappropriation ?
Une rencontre avec un des architectes concepteur du plan type, fut ce sujet trs loquente.
Il voquait que sa participation la programmation consistait lintgration de normes de
confort ; Penser lhabitat minimal non pas comme un espace vital minimum, mais comme un
espace de vie, amnageable et appropriable.
Aussi, toute lambigut de sa situation consistait-elle alors donner une image du logement
urbain, derrire laquelle linvestissement des habitants ne pouvaient tre que conflictuels
(dnaturation du modle) (8).
On peut ds lors dnoncer ici une conception (des cellules types), qui impose des modles
dappropriation plus quelle nen permet. La dmarche de larchitecte est aussi limite dans le
temps , sans que ne soit envisage posteriori la validation des modles proposs et la
comprhension des modles dhabiter expriments . Si lon se doit de reconnatre les
comptences de larchitecte promouvoir des modles dhabiter au del des contraintes
rglementaires et des exigences des promoteurs, on peut regretter nanmoins que ceux ci ne
soient que le fait de sa volont et ne dcoulent pas davantage dune confrontation dynamique
avec les usagers, ce que le logement volutif permettrait opportunment.
172
CHAPITRE VII :
et de personnes
La mthode denqute
Le questionnaire
Notre travail sur terrain ncessitait dadopter diffrents moyens dinvestigation, de ce fait la
problmatique pose ne pouvait tre saisie qu travers un questionnaire.
Le questionnaire a t esquiss, puis mis au point aprs plusieurs bauches successives, il na
t dfinitif quaprs tre test sur terrain. La pr- enqute nous a permis dvaluer la
rceptivit des questions et de mettre en vidence les problmes auxquels les habitants sont
confronts. Pour ce qui est du choix technique denregistrement des entretiens, nous avons
173
CHAPITRE VII :
CARTE p 97
174
CHAPITRE VII :
175
CHAPITRE VII :
Lchantillonnage
Lchantillon est compos dune unit de base qui est le logement
(1)
lenqute des chefs de mnages essentiellement. Dans chaque site, nous essayons de
rechercher une reprsentativit de lchantillon, en procdant selon un taux de sondage de
lordre 1/10 de logements du site. Le choix tudi de lchantillons dans chaque cas, nous a
permis de donner une fiabilit des rsultats.
(1)
Le logement dfinit daprs (Merlin P et Choay F, 1999, p 466), comme une unit fonctionnelle o
lorganisation de lespace rpond aux normes culturelles de la socit et de lpoque, mais la dimension, la
forme, lorganisation interne, le niveau dquipement du logement sont galement lis la structure et au niveau
conomique et social.
176
CHAPITRE VII :
De ce fait, elle entretient avec elle des relations de dpendance, sur le plan de lusage des
quipements et des services.
Sa relation avec El Bouni est plutt de nature administrative , elle seffectue grce aux axes
RN44 et la RN16, la reliant respectivement avec Annaba et El Bouni qui se situent au mme
loignement delle avec des niveaux dquipements diffrents.
Le dveloppement des bidonvilles Sidi Salem (426 baraques regroupant 2982 habitants) a
amen les autorits projeter deux lotissements sociaux (Boukhmira I et II) pour le relogement
des bidonvillois .
3-1-1-Analyse du lotissement
Avec ces oprations, on sattendait viter la densification de ces quartiers, mais rien ne
fut fait puisque, sous formes de parcelles de trs petites dimensions variant entre 80 et 100m
avec une densit au sol de 50 logements /ha, lobjectif tait de caser le plus grand nombre.
La trame du tissu urbain projet manait dune structuration rgulire, en optant pour la
gomtrie anonyme du quadrillage rptitif outrance sans aucune souplesse de combinaison
et ne permettant aucune personnalisation ni identification des espaces produits. De plus dans
Le lotissement tudi, ne prsente pas de hirarchisation des voies pouvant concrtiser des
transitions entre lespace public, semi-public et priv, ainsi le passage du logement la rue se
fait sans transition.
A-Les conditions de matrise du programme
Ltude du site et les dclarations des responsables des diffrents oprateurs ont montr que le
programme nest pas ralis clairement en amont des tudes urbanistiques.
En effet le plan masse, a t conu en gnral selon certains objectifs atteindre relatifs au
nombre des bidonvilles dans le site, en fonction duquel ont t dtermin le nombre de
parcelles ce qui a dbouch sur des lotissements de trs grandes tailles. Des directives
sommaires et parfois tardives, sont galement donnes sur le nombre de parcelles, et le
programme de la prquation.
B-Les caractristiques et la capacit daccueil de lopration
Les documents mis la disposition de ltude ont permis didentifier les principales
caractristiques du plan de masse
La conception des quipements ne permet pas de rompre la monotonie du plan de masse, ils
ne sont pas articuls la trame rsidentielle pour contribuer la socialisation de lespace
public.
177
CHAPITRE VII :
CARTE p 101
178
CHAPITRE VII :
En terme de densit physique, les quipements savrent insuffisants, leur absence dans la
ralisation est fortement dplore par les habitants et donne de ce fait une apprciation
ngative la nouvelle cit quant la promesse de son avenir. Il faut bien dire que ltat
actuel est assez critique et la demande de vie urbaine et danimation porteuse de
possibilits conomiques demeurent clairement exprimes.
Le tableau suivant fait galement ressortir une large utilisation du systme viaire qui induit
de nombreux problmes de gaspillage ( voir carte n6).
Surface en m2
Surface
de la
Parcelle
80-100
Surface
lotie
totale
172200
En pourcentage
0,05
100
Source : enqute personnelle 2003-2005.
Surface
lotie
habitat
Surface
Surface
lotie
espace
quipement vert
Surface
Voirie et
places
Surface
Places et placettes
85000
9500
-------------
70500
7200
50
5,9
-------------
40
4,1
Cette situation a de toute vidence affect la matrise de la ralisation, car les modifications
invoques plus loin considres comme des solutions au coup par coup causent des
distorsions importantes dans le projet et affectent la qualit finale de celui ci.
179
CHAPITRE VII :
180
p 113
CHAPITRE VII :
Cela dit, les logements, telles quils se prsentaient la livraison, en remettant en cause le
caractre habitable, ne correspondaient pas aux besoins dusage des nouveaux occupants et
ont ncessit des amnagements immdiats. Il est intressant de comprendre cet tat initial
dappropriation du logement, comprendre les priorits damnagement et les impaires de
conception publique. Ces reformulations primaires dterminent en fait le plus souvent le
projet de la maison long terme.
181
CHAPITRE VII :
A contrario, l'amlioration des conditions d'habitat, n'a pas encore atteint son rythme de
stabilisation, et les indicateurs relevs, dnotent dune exigut des logements (plus de la
moiti des mnages ne disposent que de deux pices).
Le nombre insuffisant de pices peut tre dpass par lagrandissement de la maison et par
adjonction des pices faisant dfaut. Lamnagement de la parcelle via la reformulation de ses
limites, occasionne de mme un surinvestissement du propritaire pour affirmer et redessiner
les contours de sa proprit.
Nanmoins, les habitants condamnant de faon svre la rationalisation extrme des
surfaces. Le rejet des surfaces minimales, la rinterprtation parfois subtile des deux pices de
la maison type, avoisinant chacune 9m, revoie la notion de surface utile des considrations
autres que fonctionnelles, en particulier, des exigences de reprsentation de lespace habit,
totalement absentes des projections publiques, participent la reformulation de la maison
type.
182
CHAPITRE VII :
Le premier grief contre la cuisine type propose est ltroitesse, qui ne permet pas
linstallation de mobilier supplmentaire. On trouvera l lexpression dune conception
tatique paradoxale qui promeut un habitat salubre, moderne et limite lexpression des modes
de vie quil suscite.
Cette inadquation de la cuisine tait voque par les habitants, les femmes le plus souvent
(les utilisatrices), via la critique de sa "mauvaise orientation", formulant ainsi une exigence de
ventilation primordiale pour la cuisine et plus gnralement pour tout le logement .
Aux exigences daration, il faut rajouter un besoin de communication directe, entre la cuisine
et un espace de prolongement. La cuisine dlocalise recherche donc un espace de projection
qui est une cour de service.
Avant dassocier la dlocalisation de la cuisine une plus vaste opration de reformulation
de la maison, voyons cet exemple illustrant la relation particulire de la cuisine son espace
de prolongement.
Les modifications de ce logement nont pu tre ralises que rcemment (il y a 2 an), en
raison des revenus trop irrguliers de loccupant, qui a choisi de raffecter la chambre arrire
en cuisine, agrandir la chambre avant par la surface libre par la cuisine dorigine, et
amnager un salon sur lespace disponible en fond de parcelle (voir Fig n 4).
Si la cuisine a acquis une plus grande autonomie de fonctionnement, par sa superficie plus
avantageuse (on peut y manger), par les possibles dbordements des activits sur la cour, par
la gestion plus saine des effluves, son association troite et exclusive avec la cour, lui assure
peut-tre plus gnralement son retrait recherch par rapport aux pices de vie.
Cest alors que la position de la cuisine dans la cellule type, stigmatise nous lavons vu, de
manire exacerbe, les incompatibilits du modle institutionnalis avec les pratiques
habitantes. La pauvret de la cuisine trahit une confusion entre fonctionnalisme pratique et
rationalisme prcaire, qui prcipite son obsolescence immdiate. En plus de son troitesse, la
dpendance de la cuisine type avec lentre est incompatibles avec lvolution de la maison
183
CHAPITRE VII :
PLAN p 144
184
CHAPITRE VII :
dont le centre fonctionnel gravite vers larrire de la parcelle ( voir photos n1 et 2).
C.
185
CHAPITRE VII :
Clich : Moussannef C.
Dans ce sens, Jean Remy, dailleurs dans l'introduction qu'il fait dans habiter la
ville marocaine de Franoise Navez-Bouchanine, prcise ainsi : Les formes
proposes, quelles qu'elles soient, sont une ressource qui demande tre remodele.
L'usager qui fait oeuvre d'habiter s'appuie sur les potentialits qu'elles offrent et cherche
neutraliser les handicaps (10).
C-Un salon polyvalent : A ces pices plus spcialises que sont les chambres et la cuisine,
sajoute en effets la pice de vie, plus polyvalente, appele le plus souvent salon. Cest
lespace du regroupement familial par excellence.
Cette pice de vie collective, qui soppose en ce sens aux autres pices spcialises, permet
la rception des invits trangers ou de la grande famille, quelle supporte seule, lexception
des grandes manifestations familiales et occasionnelles, qui sollicitent alors le reste de la
maison. La polyvalence de cette pice est aussi due sa possible utilisation nocturne pour le
sommeil des enfants, le plus souvent des filles, ou de la grand-mre, lorsque la maison ne
dispose pas dun nombre suffisant de chambres. Le couchage sur banquettes ou sur des
matelas ne laisse dans la journe aucune trace de cette affectation nocturne de lespace.
Ainsi une habitante rencontre nous explique : le salon doit tre le plus grand possible!"
Un rajustement simple du cloisonnement des deux pices jumeles illustre cette logique
186
CHAPITRE VII :
Surfaces
Clich : Moussannef C.
Gain despace.
CHAPITRE VII :
Clich : Moussannef C.
Ainsi les cours closes, le plus souvent par un portail, sont le premier seuil dentre
do ltranger la famille attend que la matresse de maison se manifeste. Les portes
dentre du logement, pour pouvoir les laisser ouvertes et permettre la circulation de lair
sont aussi souvent ddoubles dun rideau qui, de fait empche lintrusion du regard. Ainsi
dans les logements sociaux , les modes dhabiter ne justifient plus , semble t-il , un espace
intermdiaire tel que la skifa (dont la porte pouvait rester ouverte sans aucune autre
protection), donc sans affectation fonctionnelle , mais nanmoins consommateur despace,
et de ce fait sans doute caduc.
188
CHAPITRE VII :
Clich : Moussannef C.
avan-
Alors que tel quel, les appropriations temporaires d'usage sont possibles et
189
CHAPITRE VII :
La cour avant, peut supporter une plus grande porosit de ses limites. Ceci introduit
une plus grande permissivit lgard du rle protecteur de la clture qui se ferait le garant
dune impermabilit de lespace familial.
Les cltures protgent l'intimit des usagers de ces cours, qui nous l'avons vu, bien
que non couvertes, rduisant considrablement les apports lumineux du rez de chausse,
s'apparentent l'intrieur de la maison.
Par ailleurs, la plus grande diversit d'appropriation vers l'espace public,
occasionne les plus grandes irrgularits d'alignement. L'espace vacant entre la
maison et la rue peut aussi dnoncer une non-optimisation de la parcelle, les dbordements
en appropriation au-del des limites foncire,
Mais ces dbordements sur rue, irrgulirement raccordes permettent surtout le
rapprochement des habitants lagitation publique, faut-il rappeler que le quartier, outre
ces lieux improviss de sociabilit, est dpourvu d'espace de rencontre, ce qui, donne
raison une rinterprtation des limites de l'espace privatif, qui se substituent ce que
l'espace public ne permet plus naturellement.
G- Appropriation de la terrasse
La terrasse est un espace dappropriation essentiel la maison. Non accessible la
livraison des logements, les propritaires remdient le plus tt possible ce manque par la
construction dun escalier. Aussi, lescalier daccs la terrasse sinscrit au coeur de la
maison, mais faute de moyens suffisants pour cet investissement, certains habitants
utilisent souvent une chelle. Lusage de la terrasse est multiple, renvoie en particulier
des pratiques fminines quotidiennes, ou hebdomadaires, tmoigne aussi dune occupation
de la parcelle optimise. La terrasse est ainsi le lieu dinstallations temporaires, avant la
construction dun tage habitable, constructions en dur, avec une couverture lgre (tle
ondule), distinguent les abris pour les animaux des espaces de stockage, qui constituent
aussi une forme de dbordement anarchique pour les pouvoirs publics (ltat de
chantier permanent est notamment vis par ces critiques) (voir photo 9).
La terrasse est borde de murs hauts qui prservent lintimit de la famille, et les
instants de dtente, tout en interdisant lobservation alentours. La terrasse en cela est
vritablement un lieu clos, dont la seule chappatoire est le ciel.
190
CHAPITRE VII :
191
CHAPITRE VII :
192
CHAPITRE VII :
Les faades
Face la situation de non pouvoir, lhabitant, comme on la vu dans ce qui a prcd, en
entreprenant des substitutions sur le cadre bti (transformations, extensions etc). Dans
lordre de priorit de lintervention sur lesthtique du bti, lhabitant commence souvent par
lamnagement intrieur. Lanalyse des faades, surtout dans les mnages modestes, a montr
que lesthtique extrieure rencontrait une certaine indiffrence chez certains usagers. Toutes
ces tentatives chercheraient compenser les frustrations ressenties quand les espaces et les
amnagements sont inadapts, et les manques, quand les espaces souhaits sont inexistants
(voir photos 12 et 13).
193
CHAPITRE VII :
certains usagers.
Clich : Moussannef C.
194
CHAPITRE VII :
Conclusion
On guise de conclusion, on pourrait senqurir dabord de la porte exprimentale de ce
terrain, qui tait le fait dhsitations, plus que celui dun parti volontariste de prserver toute
latitude daction aux habitants. Lobservation stigmatisante de la production des plans types,
de leur permissivit ou dterminisme, renvoie loriginalit des possibilits dappropriation
mergentes et pose la question de la participation de lhabitant.
La programmation dun habitat minimum en termes de surface est elle-mme incrimine.
Cette situation a profit aux usagers, pour lesquels une dizaine danne dappropriation ne
suffisent pas la formulation dun modle stable.
La volont peut tre thoricienne de simplifier la ville ou de lui donner sens, inscrit la
conception contemporaine dans un tout autre processus dentrinement des modles ; par ces
nouveaux logements volutifs, il est propos dune part lesquisse dun modle dhabiter
suppos stable, que les habitants peuvent valider par une densification ou par des
amnagements de type agrandissement, par achvement de la programmation. Dautre part,
elles produisent des modles dhabiter et un paysage urbain qui chappent totalement au
contrle public et la rglementation urbaine.
Ce dernier constat des mutations du modle dhabiter, galopante et transgressive, est mon
sens le plus dterminant et nous invite rflchir sur la contrainte la promotion de
lhabitation volutive. Cette contrainte peut tre au service dune rglementation, pour le
contrle des extensions, mais peut aussi affecter lespace habit et agir la restriction des
appropriations. La stratification du lotissement amorce, se fait dune manire insidieuse, par
la transgression, par la ngation du rez-de chausse et des contraintes auxquelles taient
soumises toutes les appropriations. De ce fait une programmation publique du logement, qui
repose sur une conception restrictive dun modle dhabiter quand bien mme esquiss,
sexpose surtout par laxisme des appropriations rpressives.
195
CHAPITRE VII :
REFERENCES
[1] Moussannef C., 2001, Rsorption de lhabitat prcaire par le logement volutif. Le cas
de Annaba, thse de Magister, universit de Constantine, p83.
[2] Arrif A., 1992, le passage prcaire. Anthropologie-applique dune mutation
rsidentielle. Le cas Hay Moulay Rachid Casablanca, thse en anthropologie,
Universit dAix-Marseille I, Aix-en Provence, p. 129-133
[3] Ministre de lHabitat, projet de rsorption de lhabitat prcaire , document de la
Banque mondiale. Rapport n 17393, Algrie, juin 1998, p 9.
[4] Ibid., p 15.
[5] Puig N., 1999, Recomposition des espaces domestiques et usage des objets
techniques la Manouba (Tunis) , in (sous la direction de J. C. Depaule) Lieux et
faons dhabiter, aujourdhui, les Cahiers de lIREMAM, n 12, Aix en-provence,
CNRS, p16.
[6] Benslimane M., 1994, conception et usage du logement public Tunis (le cas de la
cit Ibn Khaldoun) , in Architecture et Behaviour, vol. 10, n 3, p.19-32.
[7] Naciri M, 1989., lamnagement des villes peut il prvenir leurs soubresauts ? , in
Etat, ville et mouvements sociaux au Maghreb et au Moyen orient, Paris,
lHarmattan, p 27.
[8] Chabbi M., 1989, Etat, politiques urbaines et habitat spontan, le cas de Tunis 19601980 , in Etat, villes et mouvements sociaux au Maghreb et Moyen Orient, Paris,
lHarmattan, p 19.
[9] Moley C., 1984, Les structures de la maison, exemple dun habitat traditionnel
finlandais, Paris, Publications Orientalistes de France, p 115.
[10] Berry I. Chikhaoui., 2000, mobilisation des habitants et construction du voisinage.
Le cas de lhabitat social rcent Tunis , in penser, faire et transformer la ville. Les
comptences des citadins dans le monde arabe, sous la direction de I. Berry
Chikhauoi et A. Deboulet, Paris, Ed. Karthala, p 68.
[11] Navez-Bouchanine F, 1991, habiter, modles socio-culturels et appropriation de
lespace, Thse de Doctorat dEtat en Sociologie, Universit Mohamed V, Rabat,
p183.
196
CHAPITRE VIII
Introduction
Il sagit desquisser dun point de vue socio spatial, une approche gnrale de la question
des effets de ces interventions de rsorption de lhabitat prcaire qui ont pour objectifs
affichs larticulation et lintgration socio-spatiales, eu gard labsence totale des tudes et
recherches sintressant plus spcifiquement aux effets de ces projets, sont des indices qui
tmoignent entre autres de cette lenteur intgrer des analyses et des faits.
Lapproche que nous faisons du relogement sinscrit galement dans une problmatique
globale qui tente danalyser les recompositions spatiales et sociales afin de redfinir des
normes dhabiter, de dgager les nouvelles formes de sociabilit qui mergent dans le vcu
de lespace dans la rengociation des relations sociales, la formulation dun nouvel thos ;
ceci travers la parole habitante, lobservation et le relev des pratiques dhabiter.
Le choix de cette entre ne nous parait pas anodin, puisque la lumire de celui-ci, la
dmarche sinscrit dans une ligne toute trace, dont les points de mire sexpliquent au moins
pour deux raisons. Dune part, lamlioration des modalits actuelles dintervention partir
dune meilleure comprhension des fragilits ou checs passs et dautre part, la
rentabilisation des investissements raliss par les pouvoirs publics, ainsi que la recherche
dune efficacit accrue.
La seconde est plus pratique, car elle permet dtablir les caractristiques et spcificits de ce
type dintervention travers ltude de cas qui compose ce chapitre.
Dans cette lance, le travail ne pouvait se cantonner dans une pratique de regard extrieur : il
en dcoule un choix, celui de sadosser aux constats et rflexions des acteurs publics et
prives les plus confronts aux obstacles et difficults de mise en uvre et les plus sensibles
notre dmarche valuative. Tout en sachant que la priorit a t accorde la parole des
habitants, dans sa plus libre expression. Pour bien comprendre ce rapport et en faire une
interprtation correcte.
Le travail dinvestigation a port sur une tude de cas centre sur le site de Sidi Salem o les
oprations ont t concentres, et du fait que ce sont des projets qui avaient donn lespoir
darriver un jour matriser lhabitat prcaire et le matriser de manires adaptes aux
conditions sociales
197
CHAPITRE VIII :
diffrentes danalyse sont explores : le niveau macro, qui concerne le quartier ou le secteur
urbain concern, le niveau mso, qui explore le voisinage, la rue, lchelle de proximit, et le
niveau micro qui observe les effets au niveau des mnages ou des individus.
Pour ce faire ltude sest intresse aux caractristiques des habitants, aux opportunits
damliorations qui se sont prsentes eux et aux facteurs qui ont facilit, ou retard, ces
amliorations.
Les rsultats obtenus ont t confronts avec les objectifs prconiss par les pouvoirs publics
pour dgager les spcificits lies aux interventions :
Ltude sest appuye sur des enqutes directes et indirectes auprs des populations
198
CHAPITRE VIII :
La population rsidente de Sidi Salem se caractrise par son anciennet de rsidence dans
la ville et dans le quartier. La plupart des rsidents viennent pour lessentiel des zones rurales
(67%). Les rsidents les plus anciens ont tiss un rseau de solidarit sociale pour laccession
au logement, il est constat une stabilit trs forte de cette population, Ce sont la autant
dlments qui contribuent lintgration urbaine des habitants et au renforcement de leur
appropriation de lespace rsidentiel.
Les habitants, se reprsentent le logement comme un moyen de scurit et daffirmation dans
lespace de leur droit la ville. Par consquent, ils accordent la priorit absolue laccession
la proprit du logement.
Lintgration sociale des rsidents natifs de Annaba (minoritaires, seulement 33%) et dont la
rsidence sest faite au prix dune mobilit assez affirme dans la vieille ville en premier lieu
puis en priphrie, dans le quartiers Sidi Salem
La proximit des sites des lieux de travail pour les rsidents, constitue un lment commun,
dancrage au quartier et durbanit trs forte.
Un deuxime constat qui diffrencie lhistoire collective de lhistoire partage par les
habitants ont tendance, quelques rares exceptions prs interprter les dcisions comme des
imprvus. La philosophie densemble est ignore. Quant la logique des dcisions elle, en
toile de fond linterfrence de la corruption prsente comme omniprsente tout le long du
projet
dexemple une explication est relie par un nombre dhabitants un ala du projet circuel : le
projet initial tait de construire convenablement pour les gens, mais largent donn pour ce
projet aurait t mang . Cette dimension de lhistoire collective, qui continue avoir des
199
CHAPITRE VIII :
effets dans les stratgies individuelles et collectives des habitants et acteurs locaux mettent
aussi clairement en vidence un fait marquant , dailleurs souligns par ceux qui se dfinissent
eux-mmes comme les plus conscientiss (ou ,terme rcemment apparu dans les enqutes,
citoyens ) le manque dinformation, et a fortiori, de concertation ou dimplication qui a
marqu ce projet.
Peuplement
Caractristiques socio conomiques
La composition des mnages est assez diversifie : si on y dnombre une dominante de
mnages nuclaires simples ou largie ( prs de 70%) , un mnage sur 10 est polynuclaire ,
un mnage sur 5 est une structure incomplte ( veuve avec enfants tant le cas le plus
frquent) . la taille moyenne est de 5,98 , lgrement suprieure la moyenne urbaine ,
cachant une grande diversit : la moiti des mnages sont de taille moyenne ( 4 7 personnes)
et 1/3 de grand mnages ( 710), aux extrmes environ, 15% de petits mnages (1 3
personnes) et 8% de trs grands (10 et plus).
de la prcarit : 15% des chefs de mnages, sexes confondus, est g de plus de soixante
ans. Mais on note aussi une prsence remarquable de niveaux secondaires (3 mnages sur 10),
quant aux femmes sans instruction, elles reprsentent 39 %. Environ 2/3 des chefs de mnages
ne dclarent aucune activit (chmage, vieillards, retraits, malades, ), etc
Emploi
Tableau n11 -Rpartition de la population occupe par secteur dactivit
Zone
Sidi
Salem
Secteur I
Secteur II
Chmeurs
et
retraits
TOTAL
Secteur III
OCCUPES
Nombre
Nombre
Nombre
Nombre
55
6%
205
23 %
385
42 %
645
%
71 % 265 29%
CHAPITRE VIII :
Les revenus nominaux dclars des actifs occups sont relativement disperss : la
Le quartier
Les enqutes montrent clairement des diffrences objectives ou de rputation qui subsistent et
elles dessinent des apprciations diffrentes. Enfin des nuisances, des dcharges sauvages,
menace dinondation du terrain, assainissement dfectueux, autant de positions exprimes,
porteuses dun rejet et deffet de masse mme de crer un vritable problme.
En matire de scurit, les valuations offrent moins de convergence. Si une volution
positive est reconnue grce lamlioration des circulations , de lclairage public, la clart et
la visibilit des rues construites ( par opposition au flou des baraques ) , le lien avec la
scurit qutablissent les uns ne cadre pas avec lopinion des autres (voir photos 14 et 15).
201
CHAPITRE VIII :
en dpts dordures.
Clich : Moussannef C.
Lenvironnement urbain
Le lien entre projet et amlioration nest pas encore saisi. Curieusement le lien avec le
quartier lui-mme nest pas toujours compris.
La situation fait tat dun malaise en user. On note malgr tout un bmol la satisfaction :
lun concerne le manque despaces de jeux pour leurs enfants et laccaparement despaces
vacants, lautre concerne linsuffisance de lieux dactivits appropries la demande sociale,
ainsi que de lieux danimation, de loisir, dducation : dans ces deux cas, cest surtout la
population des jeunes chmeurs que renvoient les commentaires et lobjectif avou serait de
les extraire de la rue .
202
CHAPITRE VIII :
une expression trs indirecte, mais en mme temps trs sure du sentiment de persistance de
lenclavement de la zone.
le drainage des eaux pluviales nest pas assure, ce qui provoque une mauvaise
vacuation des eaux pluviales Sidi Salem puisque le terrain est plat. Lensemble de ces
rseaux qui na pas t ralis dans les rgles de lart ainsi que linexistence dentretien
priodique, entranent des rejets ciel ouvert qui constituent eux mme une source de
pollution travers les eaux stagnantes qui constituent de nombreux vecteurs de maladies
demeurant des caractristiques dinsalubrit.
Sur les sites enquts, il existe une assez bonne couverture du rseau lectrique. Cependant,
dans certains cas, lexcution sans scrupule des travaux, les amne implanter les poteaux
lectriques une faible hauteur (non rglementaire de 8 m) dans les espaces de servitude des
habitations do leur inclusion dans lenceinte de la clture dans certains cas avec tous les
risques qui en dcoulent, susceptibles de compromettre la vie des occupants.
Labsence de rseaux dalimentation en gaz de ville, est due linexistence dune conduite de
gaz dans la rgion.
quipements
203
CHAPITRE VIII :
(four, hamam, mosque, commerces de proximit et les autres quipements sont rpartis en
fonction des besoins de lensemble des extensions urbaines .
reconnaissance dune responsabilit directe, mais parfois partage dans les surlvation de la
construction et aux empitement sans y tre autoriss.
-
lexistence de points noirs, qui ont fait lobjet dincessantes plaintes auprs des
autorits, ne peut devenir, pour les riverains, un vritable dysfonctionnement, aucune solution
nayant lair de se mettre en place : Assainissement et drainage dfectueux, blocages des
regards, fils lectriques mal protgs.
1-2-2 Le voisinage
Cest une question importante aux yeux des habitants et elle est pose en deux termes :
stabilit ou modification du voisinage, dune part, changements de comportements des
anciens voisins dautre part.
-
fraction de le rue. Certains voisinages sont rests pratiquement identiques, dautres ont t
largement bouleverss, et de nouvelles relations de voisinage se sont constitues, peut-tre
plus slectives, mais trs proches de ce quon peut rencontrer dans de nombreux quartiers
populaires. Il ny a donc pas de constat unique sur cette question. Par ailleurs, des voisins
dplacs dans dautres rues de Sidi Salem ou autre destination peuvent continuer tre en
relation suivie avec les personnes interroges.
-
Ainsi la mutation rsidentielle , avec toutes les ruptures et les transformations quelle induit
dbouche sur une sorte de raction en chane , comme lcrit H.Coing (1996 , p 167) , par
laquelle une situation nouvelle rclame et provoque de proche de nouveaux types
204
CHAPITRE VIII :
Le repli
Le repli correspond une redfinition des limites, de la distance, des seuils, on passe de
rapports ancrs des rapports anonymes, une rengociation des modes dinteraction inscrite
dans la reprsentation collective, le partage et la coprsence o le bidonvillois pouvait
montrer sa misre , la prcarit de ses conditions dexistence sans perdre la face. On passe
donc de rapports ancrs des rapports anonymes, les relations sociales tendent tre
fortement formalises et devant obir cette zone de consensus et ses normes socialement
construites.
La jalousie
La jalousie suppose un conflit latent ou actif entre deux personnes ou plusieurs. Elle
sanctionne un cart qui provoque dpit et envie chez le voisin. Le repli, la diffrenciation,
assigne lhabitant
volontiers les pisodes passs soit antrieurs au projet soit contemporains de ce dernier ;
encore faut-il prciser que lindiffrence du voisinage, semble toujours lavoir emport sur
des formes dentraide plus structures. Dans les cas passs au sein du bidonville protestations
205
CHAPITRE VIII :
auprs des autorits des figures de personnes charismatiques entranant les autres figuraient
bien. Peu de situations de ce genre semblent se produire aujourdhui : on peut penser quen
dehors de la gnration qui a port le projet les jeunes, dont beaucoup nous disent quils
chment, sont peu enclins sinvestir sur les questions damnagement dans le quartier. On
peut aussi sinscrire dans une explication assez frquemment fournie par les intresss euxmmes, savoir quabsorbs par la construction encore largement active dans le quartier, les
gens nont ni le temps, ni la disponibilit matrielle et financire dimaginer une quelconque
action collective.
Rythme de construction
-
Sauf exception, les amliorations sur les constructions seffectuent lentement et elles
durent longtemps , mme en faisant abstraction des projets rcents de surlvation : 2 ans , 4
ans On peut mme avancer que dune certaine manire , et avec le processus de
surlvation, les mnages regardent encore lavenir comme une re de travaux : prs de 80%
des attributaires, sont encore en travaux de construction, les autres tant davantage de
lamnagement, finition, embellissement. Enfin, beaucoup parlent spontanment des
destructions pralables et des problmes de mise en uvre, dorganisation et de cot que cela
leur a caus.
206
CHAPITRE VIII :
Sidi Salem
Nombre
%
RDC
partiellement
achev
RDC achev
421
340
42
29
52,62
42,5
5,25
3,63
R+1 termin
Investissement financier
-
Il est trs variable et souvent difficile valuer avec finesse tant donn les modalits
253000
45000.00
202560
23625.00
26000.00
26000.00
15880.00
27209.00 38000.00
23000.00
20160.00
12400.00
39000.00
12000.0 19000.0
bancaire notamment pour les mnages qui ont beaucoup tard construire. Le
207
81000.00
CHAPITRE VIII :
-Les rsultats travers le site en ce qui concerne lensoleillement au niveau du logement, fait
ressortir que ce problme, dune part est d, la mauvaise orientation des logements et
dautre part au non-respect des servitudes entre deux logements, ce qui cre de toute vidence
beaucoup de zones dombre, par consquent linsuffisance densoleillement rend les espaces
intrieurs irradis et non viables.
-Lclairage naturel est bien assur dans la majorit des logements, sauf que lutilisation du
plastique la place du vitrage, diminue de son importance.
La ventilation des locaux (cest dire que le fait quune pice dispose de deux points de
passage de lair) est prsente dans 8 maisons sur dix. Seulement, dans le
cas de ces
logements, il existe une ventilation non dsire, lie la nature mme des matriaux et aux
interstices que leur mauvaise mise en uvre laisse. La protection contre le vent est
pratiquement assure dans 8 maisons sur 10, seulement la mauvaise qualit de la menuiserie,
assure difficilement la protection des logements.
La protection contre la pluie, des espaces qui ne doivent pas la recevoir est faible, elle est
due aux infiltrations deau provenant des rservations de la cage descalier ainsi qu la
mauvaise qualit de la menuiserie.
Aussi les logements mal implants par rapport au niveau de la voie, se retrouvent-ils trs
exposs aux inondations, tout en sachant le site de Sidi Salem reprsente dautres problmes,
lis essentiellement aux inondations saisonnires, causes par les fortes intempries et leurs
effets sont amplifis par limpermabilit des sols dans les zones dhabitation qui sont situes
proximit de la plage.
208
CHAPITRE VIII :
pour optimiser lintervention des techniciens, se justifie daprs linterview des personnes
ressources, par des contraintes financires .
Par ailleurs, laprs suivi sest caractris par une dgradation de la qualit architecturale des
constructions cause des modifications illicites.
De la qualit de leur propre construction est trs relative : stresss par le manque de
ressources financires, les habitants disent avoir par au plus press, et avoir mme
improvis des solutions trs conomiques dont ils savent trs bien quelles ne sont ni
idales ni durables.
1-3-2 Equipement
Sur ce dernier aspect, si le passage du bidonville au site de relogement provoque une
amlioration indniable leau et llectricit, force est de constater que les taux de non
branchement sont encore relativement levs et constituent une aberration laquelle des
solutions d'ordre local devraient tre trouves, puisque 36% ne disposent pas deau potable,
10% ne sont pas encore aliments en lectricit . il serait , en effet, opportun d'impliquer
davantage les communes dans la recherche d'actions sociales plus rationnelles.
Lquipement en eau et lectricit est assez largement rpandu et est trs
valoris. Il existe un dcalage dans le temps entre les deux branchements, variable mais
toujours trs net, et il est indicatif des difficults financires des mnages (entre 3 et 4 ans
dcart pour la plupart est dune telle vidence que les justifications leffort financier ne sont
donnes que sur demande explicite. Llectricit est davantage commente ; le premier motif
209
CHAPITRE VIII :
Presque, tous les logements possdent un espace ciel ouvert individualis, quil
sagisse de la cour ou de la terrasse, qui dans la plupart des cas est accessible.
Environ 30% des habitations disposent dun WC non fermable avec murs et sols non
lavables o toutes les conditions dhygine font dfaut.
Les cuisines sont en gnral autonomes. La quasi-totalit des cuisines est couverte,
mais non fermable 25%. Elles ne sont pas amnages 30% : absence dvier, de
table de travail, sans rangement, non revtues en faence et cest surtout labsence de
leau courante qui est vigoureusement dplore.
Plus de sept logements sur dix ne disposent pas de sols lavables et de murs enduits, ce
qui procure beaucoup de salets et un manque dentretien.
210
CHAPITRE VIII :
Linterview confirme dautres augmentations de revenu mais qui ne sont pas une tendance
dominante et sont par contre des consquences positives directes du projet : local commercial
lou ou cration dactivit picerie, bonbon, levage du btail tenu par un membre de la
famille (enfant ou poux) constituent parfois lessentiel de cette amlioration. Elle nest
toutefois dclare que dans 5% des cas.
CHAPITRE VIII :
pas bnfici, pendant toutes ces annes, dune reprsentation relle. Il estime que les
responsables du projet, ne comprennent pas leurs responsabilits dans un tel projet. Enfin,
un autre dit avoir vu trop de magouilles pendant le projet et avance que dsormais les
combines des soit disant associations doivent cesser vivre dans la transparence , cela
doit concerner aussi les pauvres qui sont exposs bien plus que les autres larbitraire. Bien
entendu, il faut rappeler que ces discours peuvent bien aller de pair avec le rcit de gestes de
corruption.
Les acteurs
Loin docculter le fait quen labsence dautres modes de rgulation, et si on peut juger que
cest un mode de mauvaise gouvernance, cest nanmoins une faon de gouverner. Mais
ces situations montrent la ncessit dtudier des paradoxes engendrs par la multiplication
des pouvoirs au niveau local dans un contexte ou celui de lautorit reste discrtionnaire.
212
CHAPITRE VIII :
Oprateur 5%
Citoyen 40%
Etat 49%
213
CHAPITRE VIII :
travail ponctuel strictement dlimit et contrl par des acteurs publics vigilants !
4-Les banques :
Lide quelles puissent tre dans une politique sociale, les quelques rares tentatives de
recherche de prt des actifs non fonctionnaires, les ont dfinitivement convaincu que stait
peine perdue. Pourtant, lamlioration du logement pourrait tre assure par des prts long
terme et trs faible taux dintrt, loctroi de petits prts pourrait tre un moyen de lutter
contre la pauvret et lexclusion.
5-La banque Mondiale :
Elle a t implique dans plusieurs projets, mais dans les quelques cas o on lvoque, on se
restreint son rle de financement, mais en aucun cas une conception ou une orientation
quelconque du projet.
214
CHAPITRE VIII :
Les concessions faites au partipationnisme prn par la banque mondiale dans le cadre de
la rsorption de lhabitat prcaire ne sexpliquent apparemment pas autrement, puisque
loccasion des valuations mi-parcours du projet, on assiste un revirement dattitude des
pouvoirs publics son sujet. Ce programme est considr comme ayant chou dans ses
grandes lignes pour un certain nombre de raisons. Plusieurs arguments furent convoqus pour
tayer ce constat, il ne fait que reproduire le bidonville , le traitement des bidonvilles, effet
de lexode rural, ne fait quencourager la reproduction du phnomne , etc, mais il semble
bien que largument principal se situe bien au niveau de la faible contribution des
populations au financement de leurs logements . En somme, cest le dispositif principal du
mcanisme, savoir la participation financire des bnficiaires, qui est identifi comme
posant le plus de problmes et est lorigine du retrait de la Banque Mondiale en 2002.
Dans les quelques ractions recueillies auprs de la population font tat que lon retrouve une
trame beaucoup rencontre dans les projets participation internationale : lorsque des
financements extrieurs pour les pauvres existent, il y a toujours des intermdiaires locaux qui
sarrangent pour dtourner ces fonds, pour les gaspiller ou pour les utiliser dautres
objectifs .
215
CHAPITRE VIII :
ce vocable, qui comme tous processus ncessitent un temps de maturations pour quils
expriment totalement leurs effets.
A lchelle de Sidi Salem, on a assist la mise en place dun processus de
construction du groupe social habitant dans le bidonville comme entit collective sur le
double plan de sa reconnaissance en tant que groupe par ladministration et sur le plan de son
auto connaissance de son auto identification comme acteur collectif. Lassociation du quartier
tant dirige par un mdecin , ce qui se considre comme les enfants de la premire
gnration de bidonvillois , plus instruits, pouvant se positionner, de par leur instruction et
leur facilit de contact avec les techniciens, en situation dinterface, dintermdiation sociale
entre les techniciens et la population.
Ce qui peut se comprendre aisment si on raisonne en termes de bilan chiffr des taux de
recouvrements mais un peu moins si on voit les choses du point de vue des processus de
communautarisation enclenches par les interventions et en terme de stratgies dacteurs.
Les chiffres relevs lors de lvaluation mi-parcours paraissent cet gard loquents :
50% des mnages concerns dans le site concern avaient acquitt une partie de leur quotepart et sur cet ensemble, 30% seulement avaient rgl totalement leur dettes vis vis de
loprateur. Par ailleurs, ces taux montrent surtout des disparits lintrieur du site entre les
chefs de mnages, sans quil y ait apparemment des principes explicatifs clairs et
incontestables.
De ce point de vue, il semble bien que les facteurs dimportunit principaux du
programme ne sont pas venus dune vritable propension des populations ne pas participer,
mais de labsence dune stratgie claire et univoque de traitement de lhabitat prcaire par les
pouvoirs publics. Comment solliciter la participation financire des plus dmunis si dun
autre ct, on rpand des signaux contradictoires concernant des oprations de relogement
gratuites en habitat social pour dautres populations dmunies ? Tout le succs de la
mobilisation participative au niveau local, serait emport du jour au lendemain par des
actions de ce type.
7- Les habitants
Limmensit de leffort consenti est soulign sans arrt par les gens du quartier, dont la
majorit vont mme jusqu' trouver que lEtat na pas fait grand-chose pour eux sinon leur
construire un logement rudimentaire. La position est un peu diffrente pour certains o on
216
CHAPITRE VIII :
3- Mise au point sur les facteurs limitant les efforts dans la rsorption de
lhabitat prcaire
Notre travail a tent de mettre en vidence
217
CHAPITRE VIII :
Sur le plan urbanistique, ltude de cas rvle que ces oprations ont jou un rle
218
CHAPITRE VIII :
ou de gestion bcles, mais renvoie clairement une question doption et de balance entre
alternatives.
Sur le plan technique, ce sont des oprations juges difficiles et les matres douvrage sy
sentent dpasss en termes de comptence. Dune part , parce que lintroduction des
quipements techniques et des amnagements de voirie et despaces publics y sont prilleux,
plein de surprises et coteux ; dautre part , parce que le rythme et les modalits dauto
construction leur chappent largement , surtout en labsence de tout dploiement dun
encadrement technique ou architectural.
Sur le plan social, ces interventions semblent toucher plus directement la population
initialement cible, mais galement moins perturbe dans son mode de vie. Les plus
dfavoriss dans ces oprations profitent, tant bien que mal des amliorations globales en
quipement, en service et en desserte. Lanalyse du rythme de construction et les difficults,
matrielles comme psychologiques, rencontres par les mnages encore en attente de
lamlioration du logement, montrent galement que la rsorption nest pas ncessairement le
remde universel aux situations de grande pauvret et que son application demande aussi des
mesures daccompagnement pour les cas dfavoriss, complexes ou litigieux. A linverse, la
ralit suggre que les populations les plus solvables se satisfont difficilement des standards,
parfois limite, des tailles de parcelle ou du confort, et peuvent alors tre tentes par
lvasion sociale .
Mais il va sans dire que les plus dfavoriss ont subi autant de mouvements conjoints de repli
et de diffrenciation qualifient le lien social prvalent au lotissement de Sidi Salem et
tablissent de nouvelles idalits quon peut rsumer par le modle de "home-centered". Ce
glissement de sens et de pratiques peut-il tre interprt comme une atomisation du groupe ?
Le relogement, moyen daccs plus de confort, conduit-il ncessairement vers la
dlitescence du lien social ?
219
CHAPITRE VIII :
220
CHAPITRE IX
Introduction
Dans lhabitat non rglement , illicite ltat sinscrit en pointill, mais exerce malgr tout
un rapport de domination pour la dfinition et limposition du lgitime (1).
Enfin, ce chapitre relve de cette problmatique, en lien troit avec la question de l'valuation des
politiques publiques, et vise analyser l'ensemble des valeurs, des normes et des pratiques
institutionnelles, l'origine de la restructuration des zones d'habitat prcaire.
Des projets damlioration de plus grande envergure dcids au niveau national et qui ont connu
leur plus grande vogue la fin des annes 80 sous le terme gnrique de restructuration
conformment lordonnance n : 01-85 du 13/ 08/1985, qui procde la rgularisation de certains
quartiers travers le territoire national.
Dans leur version pragmatique, ces actions tentent donc de faire avec lexistant et de rduire les
dysfonctionnements les plus manifestes, et dans leur version dveloppementaliste ou humaniste
(2), elles sappuient sur le constat selon lequel les populations dfavorises dploient plus
facilement des capacits dintgration sociale, conomique, culturelle, dans ou proximit, de
milieux urbains prexistants. Dans la plupart des cas, ces derniers se caractrisent en effet par un
bon niveau dquipements, de services, dactivits, de commerces ainsi quune offre plus varie en
termes de mobilit physique lesquels constituent de vritables ressources pour les populations
pauvres.
Cette posture se fonde sur une apprciation rserve propos des possibilits de rsolution massive,
par les acteurs publics, des problmes prsents et venir poss par lhabitat des plus dfavoriss.
En effet, certaines actions engages par les pouvoirs publics, durant les annes 80 lchelle de la
Wilaya de Annaba sur des paramtres caractre isol, ont gnr des projets assez variables.
Certains projets de restructuration sont les hritiers directs dun mode dintervention ancien
Annaba, la ralisation de programmes durgences dans le cadre de la lutte contre lhabitat prcaire
travers des logements prfabriqus dans le cadre de (lauto-construction) effectues par les
grandes entreprises nationales et rigs sur des sites non prpars pour recevoir ces interventions sur
le cot sud ouest (laxe Annaba-Berrahal). Ces oprations taient censes voluer avec le temps
vers des formes dfinitivement quipes et construites. Nanmoins, leur volution a stagn et ont
eu faire face des problmes difficiles dextensions, dempitement et notamment du dficit en
quipements.
221
CHAPITRE IX :
Dautres projets de restructuration sont raliss sur lhabitat illicite qui se localisent Sidi Harb
(commune de Annaba), Chebbia et Essarouel (commune dEl Bouni), Kharraza et Oued Zied
(commune de Oued El Aneb). Les restructurations entames sur ces tissus ont gnralement un
impact plus sur la reconfiguration viaires, la question des alignements, etc ils posent toutefois
des problmes dhabitabilit, particulirement quand lloignement se combine avec un faible
niveau dquipements sociaux et collectifs.
Si la restructuration prsente des avantages oprationnels et suscite toujours de grands espoirs,
tant chez certains acteurs publics que parmi la population, elle a aussi montr ses limites. En
amont, on note la surconsommation du foncier, la baisse des possibilits de subvention du budget
gnral de lEtat. En aval, le ralentissement de ce type dintervention , ou , au moins sa remise en
question, tournent autour de trois questions : lefficacit du ciblage des bnficiaires de la
subvention de lEtat ; le caractre dispendieux de lutilisation du sol , qui donne naissance un tissu
urbain dcrit comme trop clat, et jug sans qualit ; la contestation des promoteurs
immobiliers et de la filire des constructeurs formels qui estiment tre dpossds de leur champ
daction par la gnralisation de lauto-construction (3) .
En concentrant notre analyse sur le quartier Beni Mhaffeur, l'tude prconisera donc l'inscription
du quartier dans le programme global de restructuration. La proposition se justifierait d'autant plus
que ce quartier spontan joue un rle de plus en plus stratgique lchelle urbaine et en raison de
la rputation lie sa complexit. Il sagit galement de comprendre les effets produits par ce type
de programmes urbains et voir de quelle manire, ils peuvent renforcer la prcarit des conditions
de vie et de la situation rsidentielle des populations concernes, et les pousser recourir des
mcanismes de dfense qui tendent assurer leur intgration en milieu urbain.
Dans un contexte urbain et social domin , le conflit externe est un moyen de rsistance, mais
aussi de consolidation sociale. On traitera ici des aspects les plus institutionnaliss travers les
interfrences avec les administrations locales, les reprsentations et pratiques spatiales linitiative
des citadins, et la comprhension que les habitants lgitims du quartier ont deux-mmes, de
leur appartenance la ville et leur espace rsidentiel. On cherche comprendre, surtout, en
prenant en compte les discours, mais aussi les comportements et les situations, comment les
individus grent une identit rinvente et ngocie en permanence.
Les mthodes de collecte de donnes ont consist en la recherche des modes doccupation foncire
donc identifier lutilisation du foncier sur la base des usages de lespace par les occupants,
ladministration dun questionnaire auprs des mnages et le recours des entretiens avec les
222
CHAPITRE IX :
notabilits et avec des personnes-ressources. Avant le dmarrage des oprations de collecte, une
reconnaissance du site a t faite avec un double objectif :
- Observer la configuration et l'organisation socio spatiale du quartier, ainsi que la
connaissance de la configuration de la relation population-logement dans un espace
dgrad et ses rpercutions sociales, conomiques et urbanistiques.
-
Prsentation du quartier :
Accus de dgrader et de pervertir lurbain, Beni Mhaffeur, reprsente un espace part, une
enclave fonctionnant sur le principe de la sgrgation et de lagrgation (4) tant bti sur un
monticule (dune) qui lui donne l'image d'un village perch. Le quartier datant de la priode
coloniale fut appel avant 1954 Beni ramass , lutilisation du terme par les Annabis pour
sanctionner symboliquement tout comportement issu de lexode rural, auraient transport un
savoir faire incompatible avec le mode de vie citadin. La formule peut tre particulirement
insultante, traiter quelquun de ramass , cest linjurier le dfier, chercher loffenser, pour dire
que le terrain devient territoire et rceptacle dune diffrence et anormalits honteuses qui
compromettent et discrditent ses habitants.
On mesure alors le caractre communment stigmatisant et disqualifiant de cet espace rsidentiel,
autour duquel se cristallise une identit ngative( photos 18 et 19).
et de lagrgation.
Clich : Moussannef C.
223
CHAPITRE IX :
Ce nest qu partir des annes soixante, que le phnomne de densification du quartier a pris une
ampleur considrable notamment par des urbains, ce qui se considre plus le produit de la mobilit
intra urbaine que de lexode rural (voir carte n 7) .Lenqute ralise en 1979 dans le cadre dune
mission exprimentale dintrt national avec le concours du Groupe huit dans le cadre du
programme des Nations Unies pour le dveloppement , permet den valuer limportance.
Ainsi, le dveloppement du quartier sopre sous limpulsion de plusieurs facteurs : le premier
facteur dterminant et celui de loffre de logements qui na pas pu satisfaire la trs forte demande,
notamment celle des couches sociales revenus modeste.
Le second facteur rside dans la dynamique qua pris le march foncier parallle, sous la pression
de la demande, un mouvement important de transactions immobilires, avec une vraie fivre
spculative.
CHAPITRE IX :
CARTE/ VILLE
225
CHAPITRE IX :
surtout vcue comme une calamit grimper pied, moyen de dplacement dominant et dcrie
surtout, pour son exposition maximale aux vents violents, contre lequel
le quartier et les
226
CHAPITRE IX :
CARTE/ QUARTIER
227
CHAPITRE IX :
LOTISSEMENT
228
CHAPITRE IX :
1-3. Population
Cest une des grandes questions classiques des bilans, puisquelle value la population du site et
permet dvaluer le projet en termes de cible. Quant aux caractristiques socio- conomiques des
populations installes sur le site, elles font apparatre une certaine htrognit. Lorigine socio
professionnelle dnote des activits conomiques qui, plaident dans leur majorit, pour une forte
intgration dans la ville. Ce quartier cependant a capt une bonne partie de couches infrieures (une
dominance de critres indicateurs de pauvret). Cest une forme de rappropriation de lespace
urbain alternatif porteur dune nouvelle conception dorganisation et de gestion urbaine.
Les mnages sont dominante de la forme nuclaire (prs de 65%). La taille moyenne est de 6.76.
La distribution sapparente une distribution normale : dominante de taille moyenne (40% de 5 7
personnes), prs de 20% de petits (3 personnes maximum) et de grand (7 et plus) par mnages.
Un chef de mnage sur 5 est ge de plus de 60 ans mais les moins de 40 ans reprsentent toutefois
prs de 40%, ce qui en fait une population de mnages assez diversifie. Malgr les bonnes
performances enregistres par ce quartier se justifiant, en plus de sa situation dcrite prcdemment,
en loccurrence sa forte proximit au centre-ville et qui pourrait notamment jouer en faveur d'une
frquentation scolaire accrue, l'amnagement de rseaux des transports, permet une trs bonne
redistribution des familles dans l'espace urbain.
- 15% des chefs de mnages ont le niveau secondaire ou suprieur.
- Un grand nombre dentre eux sont inactifs (plus de 2 mnages sur 5). Les actifs sont ouvriers,
commerants, fonctionnaires, travailleurs des services, etc. Prs des des chefs de mnage actifs
assurent des revenus qui semblent assez faibles : la moiti de ceux qui dclarent un revenu, ne
limitent en fait lextrieur du site, et autour desquels se greffent plusieurs activits commerciales
1-4.Intgration urbaine
Des apprciations positives du site dominent quant aux qualits potentielles de celui ci. Elles sont
relatives larticulation la ville, accessibilit en termes de transports publics, accessibilit par
rapport au travail et aux quipements collectifs mais aussi par rapport aux services et commerces
qui sont invoqus.
Ce sont souvent les plus jeunes, les moins pauvres, les instruits qui arrivent se projeter dans
lavenir: si lEtat fait son devoir, la zone pourrait tre trs bien , mais la crainte que le reste des
amnagements ne suivent pas est extrmement prsente chez nombre dinterviews.
Cependant, les interviews saccordent assez gnralement pour reconnatre les amliorations
connues ces dernires annes, surtout louverture des boulevards, et, limplantation de nouveaux
229
CHAPITRE IX :
quartiers lgaux dans lenvironnement immdiat qui ont, leur tour, facilit la densification en
commerces et services.
Etat des
constructions
Bon tat
%
Nombre
Moyen tat
%
Nombre
logements
134
17,55
187
Source : enqute personnelle 2003-2005.
24,43
Mauvais tat
Nombre
%
442
58 ,02
Il y a en effet dans certaines parties du site une incidence trs nette de la pente du terrain sur la
qualit du bti dune part, cette incidence peut se traduire par la dfinition de 3 sous quartiers :
(1)
Comme le souligne Safar- Zitoun M, le statut dorigine du bien transig, authentifier auprs dun notaire, des actes
de cession sous-seing priv impliquerait lexistence de tmoins qui enregistraient la dclaration de vente et qui se
portaient garants, de son authenticit , grce une pratique de solidarit communautaire fortement structure.
Stratgies patrimoniales et urbanisation Alger 1962-1992, Paris, LHarmattan, p 134).
230
CHAPITRE IX :
Sous quartier n 1 Beni Mhaffeur Sud : zone de pente douce, avec un tat du bti bon, sauf en
bordure Est, infrastructures acceptables par rapport ltat gnral, surface 2,9 ha population de
1697 habitants.
Sous quartier n 2 Beni Mhaffeur Nord surface de 4,2 ha population de 2410 habitants, pente
forte jusquau Marabout (20% et plus, le bti est moyen ou mauvais en bordure Est (extension
rcente), infrastructure dgrade.
Sous quartier n 3 Beni Mhaffeur Ouest : surface de 1,3 ha population 790 habitants, pente trs
forte (localement plus de 50%) bti et infrastructures trs dgrades.
231
CHAPITRE IX :
gnralise, actuellement 41% des habitations disposent de leau potable domicile, pour le reste
lapprovisionnement en eau se fait partir de bornes fontaines (2 bornes fontaines) pour lensemble
du sous quartier.
2-2-3. Branchement llectricit et au gaz de ville
Le quartier est aliment dans sa totalit partir dune moyenne tension arienne. En revanche le
branchement au gaz de ville amorc dans la partie Sud ne concerne que 7% du quartier daprs les
donnes fournies par lA.P.C.
Il faut souligner par ailleurs, que Beni Mhaffeur bnficie dun clairage public trs
irrgulirement rparti notamment au niveau du sous quartier trois, le long des chemins principaux.
Loccupation du site pendant la priode coloniale, voyait les autorits coutumires morceler
volont le terrain considr comme "vacant et sans matre" et le distribuer aux populations
autochtones et ont ainsi pouss son occupation spontane.
Ces arrives de mnages extrieurs tolrs par ladministration franaise, contre gratification et
octroi de certificats doccupation provisoires 32%, aprs lindpendance, le terrain servant
dassiette au lotissement appartenait ltat au titre de coopratives religieuses musulmanes
constat par procs verbal de remise en service de la colonisation ds novembre 1963 ; et concd
par la suite la commune de Annaba en 1978.
Mais on aura ds lors assist des chefs de quartier reconnus ayant contribu alimenter une filire
d'auto-construction dans sa majorit sans respect de la rglementation urbaine, ne faisant rfrence
aucun cadre juridique existant.
Les tentatives de rformes ont cherch gnraliser la constatation des droits fonciers par la
transcription des droits coutumiers au registre foncier. Dans l'ensemble, ces tentatives, destines
transformer les modes de dtention traditionnelle en droit de proprit, sont restes infructueuses,
232
CHAPITRE IX :
vu lincapacit de mobilisation financire des mnages qui constituent autant de variables prendre
en compte pour dterminer l'accessibilit au sol. En ralit 59 % environ des habitants sont
propritaires, 36 % sont locataires et 10% sont logs gratuitement. Il faut toutefois prciser que la
grande majorit des propritaires du bti ne sont pas encore propritaires dtenteurs de titres de
proprit. Les seuls biens mentionns du domaine public sont lcole primaire et le centre de soins.
habituellement de lui, savoir celle de zones irrgulires (au plan juridique) et envahies
spontanment. Il demeure, cependant une zone d'accueil fortement rentabilise par des pratiques
locatives intenses. Cette pratique revt une dimension conomique dterminante, en ce sens qu'elle
s'inscrit dans une stratgie de production de revenus autant pour les propritaires que pour les
locataires eux-mmes. A ce titre, la faiblesse des cots de location (3500 DA/mois) peut tre un
facteur d'attraction vers ce quartier. Il faudra tenir compte des avantages de la situation que procure
un tel quartier par rapport la ville.
2-2-6. Les espaces libres associs
Lespace libre est, en quelque sorte, lespace non privatif, associ dynamiquement au bti, tous
les niveaux de la hirarchie spatiale du quartier.
A lchelle de llot, les chemins pitons, les accs, les espaces naturels , qui participent
lorganisation spatiale, sont des espaces libres associs, leur fonction est galement varie, et les
pratiques peuvent se superposer. En effet, les cheminements pitons reprsentent des axes de
circulation, mais aussi des lieux de communication, des espaces ludiques, des exutoires deaux. Ces
lieux constituent des espaces structurants avec un grand degr dintimit, mais, en fait, ce sont les
gens qui donnent leur propre logique spatiale celui-ci.
Le droit coutumier y nat avec le sens communautaire, les espaces collectifs sont autocontrls par
le jeu des mitoyennets qui stablissent ( voir photos 20 et 21).
233
CHAPITRE IX :
Clich : Moussannef C.
CHAPITRE IX :
Mhaffeur est peupl de dangereux voleurs, de bandits et de dealers souvent violents. Il sagit
toujours et quelle que soit la position des personnes interroges dans la hirarchie sociale dinsister
sur limmoralit du Mhafri pour affirmer la distance sociale par rapport des individus qui
mme sil disposent dun capital financier parfois comparable, de les rejeter dans une extriorit
condamnable.
Si les Mhafris ressentent le stigmate dans le regard ddaigneux qui se porte sur eux , ils se
plaignent aussi d tre dvisags avec mpris, de manire agressive ou mme simplement avec
curiosit indique que lon est singulirement visible dans lespace urbain et rappelle que lon ny est
pas intgr.
Ces tmoignages sans tre excessifs, ni en rupture avec lobservation quotidienne de terrain,
peuvent laisser penser que la gestion du corps peru comme vecteur essentiel de lidentit urbaine,
se doit ds lors dtre gr linstar dun vritable capital. Il sagit alors de faire bonne figure
travers les exigences vestimentaires et de soutenir de faon honorable le regard des urbains tablis
en se fondant harmonieusement dans la foule, voire mme en attirant sur soi lattention de manire
positive. Mais ceci permet-il aux habitants de valoriser leur inscription citadine ?
2-3-2.Association de quartier
Une ancienne association sest cre, depuis 1996, apparemment linstigation des reprsentants.
On retiendra toutefois la comptence dploye tablir des listes des habitants, discuter avec les
intresss, prendre position et engager des ngociations en articulation avec les services publics
quant lamlioration du quartier.
Ils ne faut cependant pas faire abstraction de certaines opinions, qui peroivent lassociation comme
un processus, une histoire bien commence, mais mal termine, en raison de la prvalence des
intrts individuels et de manipulations de certains membres.
235
CHAPITRE IX :
Le financement des dpenses de la construction repose sur des combinaisons de sources multiples
o les emprunts familiaux, amicaux ou mobilisations de biens vendus : des bijoux. Aucun prt
formel nest ce titre voqu.
Les intentions futures sont domines par le dsir de construire ou dachever la construction.
En termes damliorations lgard du logement, un tiers des rpondants enquts sur le site,
estiment que lopration de restructuration peut constituer une solution au problme de logement ;
un autre tiers, pense quelle rsout partiellement ce problme, une troisime partie enfin estime, que
ce nest pas une solution. Linterview permet daffiner cette satisfaction mais oblige sparer les
diffrents cas de figure divergents sur ce point :
236
CHAPITRE IX :
Ceux qui sont en construction prcaire : ils reprsentent plus de la moiti des occupants
actuels du site, la qualit de lhabitation est mdiocre, moins solide, leur vulnrabilit aux
intempries, au soleil, aux rats, etc est aggrave. Les conditions matrielles constates sur le site
confortent ces difficults : la plupart vivent soit dans la construction dune partie de rez-de-chausse
brute , soit dans un mlange de dur/baraque.
Le degr de confort est liminaire, le mobilier rudimentaire. Certains habitants mettent galement en
avant les matriaux bon march et le caractre htif de la construction ralise et craignent quavec
le temps, leur uvre ne tienne pas trs bien le coup. Un sentiment dimpuissance et de
dcouragement domine, qui se teinte dans certains cas de dclarations un peu pathtiques.
Le statut caractris par la location dun cot et les prix relativement bas des loyers entranent la
ngligence de la part des propritaires et la dgradation du cadre bti. La cohabitation des mnages
et lentassement conduisent la pauprisation des lieux.
La densification du quartier a pour consquence, le bouleversement du mode dhabiter de la maison
traditionnelle. Les chambres deviennent des espaces plurifonctionnelles, ce qui conduit par
consquent la surexploitation des lieux.
237
CHAPITRE IX :
Clich : Moussannef C.
Lhabitant en adoptant lespace ses besoins, engendre des modifications physiques, changement
du plan, partage des maisons, cloisonnement, transformations de la cuisine en pice supplmentaire
sur le patio, sachant que 29% des mnages y occupent un logement avec une seule pice.
La cohabitation et lentassement posent des problmes lis la promiscuit et sont lorigine de la
prcarit. Le schma suivant rsume le processus de la formation, voire de laggravation de cette
prcarit.
Ceux qui ont amlior la construction : leur pourcentage doit se situer entre 15 et 21% des
rsidents. Ils sont plus satisfaits et commencent, de ce fait, noncer diverses qualits : non
pas des qualits actuelles, mais futures, de leur logement. Ils pensent quil faudra encore des
annes pour atteindre la fin, mais lamorce du processus les rend plus positifs, plus confiants dans
lavenir, ils restent nanmoins trs propices quant lurbanit que leur procure le site(voir Fif n 7).
238
CHAPITRE IX :
239
CHAPITRE IX :
Les faades
La densit des constructions sur le versant Nord et Sud, et la disposition en terrasses, donne
lensemble une physionomie la fois homogne et htrogne, car produite par le ctoiement et
laffrontement dlments divers. Homogne parce que la juxtaposition des faades donne une
silhouette qui pouse trs parfaitement la forme du monticule sans aucune rupture brusque ou
notable. Tan disque lhtrognit est souleve partir de la chronologie de ralisation de
certaines constructions se caractrisant par une morphologie qui reproduit limage de la mdina (par
la structuration de lespace, lorganisation des cheminements, la densit des constructions, la
disposition interne des espaces et la relation avec lextrieur). En revanche on assiste pour 20%,
des constructions extraverties caractrises par de grandes ouvertures et la prsence de balcons. ,
reproduction analogique de certains caractres des constructions contemporaines, une architecture
qui intgre les contraintes socio-conomiques, les contraintes urbanistiques (5).
Par ailleurs, la typologie des faades qui stablit nobit pas forcement
lincapacit des
occupants dachever la ralisation, elle rsulte galement des contraintes cres par la mitoyennet
(un minimum douverture existe, part quelques jours de souffrances latraux, ce qui pose par
ailleurs des problmes de ventilation et dclairement) (voir photos 26 et 27).
240
CHAPITRE IX :
darrangement, dobservation mutuelle, il est aussi un espace de conflit potentiel ( Fig n8).
Si, parmi les habitants, il y en a encore qui organisent leur survie, cause de sa visibilit, Beni
Mhaffeur, na cess d'tre la cible de projets de rnovation qui lui prfraient des formes plus
esthtiques de dveloppement urbain. Dans les annes 80, par exemple, un projet de relogement
dans des immeubles le long de la route du cimetire chrtien lEst servant de "contreforts",
permet au quartier dailleurs de se camoufler des regards gns. Cette opration sest solde par des
dplacements partiels, les dparts tant de plus trs rapidement combls par de nouveaux arrivants.
En 1992, un dplacement propos vers le site de Sidi Harb, Sidi Salem et Boukhadra, est galement
rejet par les habitants au mme motif. Cest alors quune esquisse dfinitive de projet de
restructuration sur place est alors labore par lEtat qui semble exprimer le souhait dominant des
habitants : rester sur place .
241
CHAPITRE IX :
Lieux
communs
usage
communautaire
Emprise
construction
usage priv
Terrains
occups
usage
priv
voie secondaire
et tertiaire
usage public
Servitude
et pratiques
communautaires
Servitude
Communautaire
Usufruit
communautaire
Servitude
Communautaire
Mitoyen.
Cheminement intrieur.
Accs espace commun.
Voies, prospect.
242
CHAPITRE IX :
En ralit, lenjeu dans ce quartier a t de remdier au plus press en luttant avec les moyens du
bord contre toutes les nuisances dont ptit celui ci. A cet effet, des actions damliorations
ponctuelles ont t beaucoup plus nombreuses quon ne croit ou quon ne le sait officiellement : en
effet une partie significative de ces actions ne relvent ni de programmes ni de politiques crites ou
dictes, mais sont le rsultat dune gestion politique et socio spatiale au quotidien : ngociations
au coup par coup entre autorits locales, bureaux dtudes et populations.
Sil est important den faire mention, cest parce que dune part, sur le plan matriel, elles ont
constitu des amliorations objectives , mme si elles sont minimes par rapport la vie quotidienne
des habitants et que dautre part , sur un plan plus politique et plus symbolique, elles alimentent
souvent une trame invisible qui oriente, influence, voire dtermine des comportements de
population face lintervention de lEtat ( renforcement de la lgitimit de leur ancrage urbain ,
attentes diverses lgard des acteurs publics, attitudes lgard de projets qui leur sont
ultrieurement destins .
243
CHAPITRE IX :
afin de grer le court terme. Mais elle sera prise au sens oprationnel
dune intervention de type rsorption de lhabitat prcaire, avec une composante nouvelle : la
redistribution du parcellaire sur la base des usages. Ainsi, son application permettra :
-
La dmolition des constructions juges trs prcaire et ne pouvant faire lobjet dune
restructuration;
CHAPITRE IX :
que la formalisation du parcellaire, des usage et des servitudes fera passer les
pratiques et les accords communautaires existants de loralit lcrit, avec des engagements
mutuels qui feront, en grande partie, rfrence plutt au droit quau communautaire.
Lidentification des parcelles
Lexistence du cadastre (dun systme denregistrement des droits sur le sol) comme
entit
CHAPITRE IX :
les limites cres par le fonctionnement physique du quartier dterminent la constructibilit (la
prservation mutuelle de la lumire du jour, de laration et de la vue), sajoutent cela les
contraintes lies au site.
Trop souvent, les imbrications entre lieux habits taient dune trop
grande densit pour esprer trouver des solutions acceptables. Il conviendrait ds lors de briser
quelquefois lexistant dans une chirurgie clarificatrice, pour ensuite normaliser nouveau.
En effet, il reste hors de question
damliorer lexistant de populations restes fragilises dans leurs acquis, mme aprs des
dcennies de prsence sur place.
gnralisation des mcanismes du march. Il renvoie au vieux dbat sur les rapports entre ltat et le
march et, plus prcisment sur le rle des pouvoirs publics en matire de gestion foncire urbaine
(P. Ward, 1998, p123).
Ainsi, il semble qu Mexico, la scurit de tenure nait pas entran damlioration du logement. A
linverse, la consolidation de lhabitat, (substitution dune structure en brique un abri prcaire)
intervient dans les trois ans suivant linstallation mme en labsence de scurit foncire dans les
colonias populaires de Mexico (6).
En Thalande, la politique de land sharing mrite aussi dtre mentionne. Ltat rachte les
terrains, les quipes, procdant par petites tranches, reloge parfois la population et rattribue les
lots, ce qui rajuste la rpartition souvent trs ingalitaire des terrains (7).
Mais la rgularisation peut prendre de bien nombreux aspects, qui vont de la reconnaissance de
facto, l aussi, il semble que ltude de D.Collier (8) simpose.
Au Prou, le dilemme de la reconnaissance se rapproche priori que ceux du Maghreb, ou ailleurs
savoir, la tension entre les mrites vidents des implantations en tant que types de logements
246
CHAPITRE IX :
extrmement bon march et le souhait dappliquer les standards traditionnels des planificateurs
tous les types dhabitat (9).
Les rgimes autoritaires successifs ont progressivement lide de la rgularisation. Mais lessentiel
des rgularisations se sont
CHAPITRE IX :
Ainsi , nous soulevons le cas dun jeune chef de mnage qui poursuit : dans le cadre de
lamlioration de lhabitat individuel , loccupant pourrait prtendre un prt pour le rparer ou
lamliorer , mais , tort ou raison , on considre quun prt nest solidement garanti que par la
construction dune hypothque . Comment offrir une telle garantie lorsquon nest pas propritaire
du sol ?
Or, la rgularisation foncire dans ce cas dun suivi social denvergure (11) pourtant dans ce
quartier la constitution dune association relais de nature se constituer en contestataire (12)
devance toute restructuration et relogements.
248
CHAPITRE IX :
-Au niveau national, il est ncessaire de mettre en place un fond public daide lamlioration de
lhabitat. A ce propos on peut sinspirer de dispositifs existants comme les PACT-ARIM qui gre
en France des subventions lhabitat (14) ils permettent, sur la base des critres de revenus
favorables aux dmunis, daccorder des propritaires ou des locataires des aides financires pour
amliorer leur logement
-Au niveau local, il peut tre intressant dimpliquer un certain nombre dassociations qui possdent
des caisses de solidarit et se rvlent parfois capables de grer des sommes importantes. Elles
pourraient tre impliques sous forme de cautionnement, de fond de garantie, ou mme de cogestionnaires des crdits accords et de leurs remboursements.
Concernant la matrise douvrage, elle pourrait comprendre : laide la conception dun
amnagement plus dense de la parcelle, laide lestimation des cots de la construction, aide de la
qualit pendant le chantier, aide la contractualisation avec les artisans.
249
CHAPITRE IX :
Conclusion
Dans la prcarit, linformel et la marginalit, une nouvelle possibilit de rsorption est ne,
reproduisant dans lurbain, les contradictions sociales et conomiques du pays.
Mais comment valoriser cette nouvelle possibilit et mieux intgrer lhabitat prcaire la ville ?
Comment accompagner linitiative prive populaire dans le sens dune meilleure insertion sociale,
conomique et urbaine ?
Cest en tentant de rpondre ces questions que le choix de ce quartier nous a sembl s'inscrire
dans le registre d'alternatives possibles avec comme particularit dun quartier spontan qui se
positionne comme espace d'acteurs et de motivations qui ont su organiser la lutte pour la survie. Il
exhortera de ce fait promouvoir une meilleure intgration de l'individu en milieu urbain, travers
un combat contre l'exclusion et la marginalisation .Pour autant que faire se peut, pour encadrer et
accompagner cette dynamique, les techniciens devraient, pour leur part, en entreprenant les
oprations de rsorption, se hisser un rle de conseil et se donner pour stratgie celle d'animer,
voire d'encadrer, les initiatives populaires dans le sens de la cohrence des activits.
Mais en ralit, la mise en place d'une stratgie de rsorption reste un exercice difficile
d'application, si le cadre oprationnel et juridique continue constituer des enjeux fondamentaux
des mcanismes oprationnels de la restructuration. Si la rsorption ne constitue pas une rponse
quitable en terme dattribution et daccompagnement progressifs de droits rels (dquipements de
base, fournitures de services urbains essentiels, aides la cration demplois, mise en place de
systmes de financement appropris) et si elle nest pas appuye par les communauts concernes,
elle risque dacclrer le processus dexclusion et de sgrgation sociale.
REFERENCES
[1] Deboulet A., (1993), Rseaux sociaux et nouveaux quartiers au Caire , Les Annales de la
recherche urbaine, 59-60, p 79.
[2] Navez- Bouchanine F., (1987), Place des populations dans les interventions de
restructuration et de rhabilitation des quartiers dhabitat spontan , in Haumont N et
Marie A, Politiques et pratiques urbaines dans les pays en voie de dveloppement, Paris,
LHarmattan, p. 89-110.
[3] Sahraoui A., 2004, Amnagement urbain/ halte au massacre , in Amenhis : amnagement
et histoire, revue bimestrielle n2/ Novembre-Dcembre, Alger, p 22.
[4] Goffman E., 1975, Stigmate, les usages sociaux des handicaps , Paris, Minuit, p 92.
250
CHAPITRE IX :
[5] Hafiane A., 1989, Des rfrences conceptuelles de lhabitat informel , Actes du colloque
Maghreb, Architecture et urbanisme : patrimoine, tradition et modernit (organis par
lEcole dArchitecture de Grenoble, le 8, 9 et 10 Novembre, PUBLISUD, Grenoble, p
154.
[6] Ward P, 1982, the practice and potential of self help housing in Mexico City, in selfhelp housing, a critique, p 67.
[7] Land sharing, an approach to the problem of squatting, in Reflexions on space,
(publication du M.I.T), Vol.5, n8, 1988, d aprs les travaux de Schlomo A, p 20.
[8] Collier D., 1976, Squatters and oligarchs-authoritarian rule and policy change, in Peru,
Traduction de lAnglais, p 29.
[9] Navez-Bouchanine F., 1987, place des populations dans les interventions de
restructuration et de rhabilitation des quartiers spontans au Maroc , in politiques et
pratiques urbaines dans les pays en voie de dveloppement, p 112.
[10] Deluz-Labryre J., 1987, planification urbaine et quartiers spontans un exemple
dintervention Blida Algrie, in politiques urbaines dans les pays en voie de
dveloppement, p 17.
[11] Naciri M., 1989, lamnagement des villes peut-il contenir leurs soubresauts ? , in Etat,
ville et mouvements sociaux au Maghreb et au moyen orient, p 24.
[12] Durant-Lasserve A., 1987, Rnovations, restructurations, rhabilitations, introduction ,
in politiques et pratiques urbaines dans les pays en voie de dveloppement, p 167.
[13] Durand-Lasserve A., 1993, laccs des pauvres au sol urbain , compte-rendu du
Sminaire de Mexico (1993) sur la rgularisation des tablissements irrguliers, villes en
dveloppement, septembre, n 21, p 95.
[14] PACT-ARIM: Mouvement (franais) pour la lutte contre les taudis et l'aide aux sans-logis
et aux mal-logs depuis 1951. Il
251
CONCLUSION GENERALE ET
RECOMMANDATIONS
CONCLUSION GENERALE
A travers la premire partie de ce travail , nous avons cherch faire le point sur la
relation, souvent considre comme indiscutable, que l'on tablit souvent entre urbanisation
rapide, densit de population et dgradation de l'environnement et du cadre de vie urbains.
Lampleur de cette dgradation na fait qu'illustrer de faon sectorielle et locale cet
enchevtrement de crises dont souffre la ville et dont les dterminants renvoient aussi, on l'a
dit, aux dsquilibres mondiaux actuels.
Malheureusement, lexamen de nombreuses situations urbaines nous dmontre que les
mcanismes de dcision, dune part, et de rpartition du pouvoir et des richesses, dautre part,
tendent une dynamique urbaine sur la comptitivit conomique, sur la libralisation de
laccs au sol, aux services et aux quipements. Ce qui provoque en plus lappauvrissement
soutenu des groupes sociaux les plus dmunis et tend la dualisation des socits urbaines et
accentue les risques environnementaux .
Mais que les villes soient petites ou grandes, mtropoles rgionales ou nationales, le trait
caractristique de lurbanisation rside dans le dualisme des formes spatiales , dont une des
manifestations les plus mal matrises est lhabitat prcaire sous ses diffrentes formes, des
plus massives comme le bidonville et lhabitat illicite, aux formes diffuses, qui touchent dune
manire ingale les vieilles villes, dans les priphries urbaines ou encore des poches de
prcarit dissmines dans les tissus urbains existants.
Pour autant et si le dveloppement de la prcarit est le reflet de la progression de la
pauvret, il traduit galement les dysfonctionnements actuels dans les mcanismes de
redistribution et des ingalits dans laccs au sol et au logement.
Dans ce contexte, lhabitat prcaire constitue une composante essentielle de par cette
forme de rgulation du march du logement. Il est le produit des dysfonctionnements
existants : en labsence dune offre rglementaire adapte chaque catgorie sociale, les
mnages dmunis nont dautre
prcaires ou insalubres. Les chiffres avancs dans la deuxime partie et qui confirment le
dsquilibre persistant entre les besoins et la demande en logements, savrent loquents dans
le sens o ils donnent la mesure des difficults dans lesquelles se trouve engage laction en
matire de lutte contre lhabitat prcaire alors que vont saccentuer davantage les contraintes
252
d'occupation spontane par des standards qui tiennent davantage compte des exigences de
salubrit et d'esthtique urbaine.
253
dintervention en soi, mais pousse plutt relever limpact des conditions dintervention
dune part, et se mfier dune application systmatique du relogement en logement
volutif comme unique formule dintervention.
Outre ces caractristiques, on a pu dans un premier temps sinterroger, nanmoins sur le sens
du logement volutif, sur la validit long terme ou la perte de sens dun tel mode de
production.
Ainsi, lanalyse de dix annes dappropriation, nous soumet la lecture de modles dhabiter en
mutation. Les habitants construisent alors une maison prte lemploi , devanant les
besoins propres linstallation de la famille, cautionnant une reprsentation normative
laquelle lintervention de larchitecte fait rfrence, mais dpassant nanmoins les objectifs
rglementaires par lamnagement de modles autonomes
paysage, par la recherche ostentatoire dune volumtrie et dune mise en scne valorisante. La
satisfaction du lotissement tout juste amorce se fait dune manire insidieuse, par
transgression, par ngation des rez -de -chausse et des contraintes auxquelles taient
soumises les premires appropriations.
En cela la densification du quartier et lvolution des modles dhabiter chappent totalement
au contrle public et la rglementation urbaine.
Ce dernier constat des mutations du modle dhabiter, galopante et transgressive, est mon
sens le plus dterminant et nous invite rflchir sur la contrainte la promotion du logement
volutif. Cette contrainte peut tre au service dune rglementation, pour le contrle des
extensions, mais peut aussi affecter lespace habit et agir la restriction des appropriations.
De ce fait une programmation publique du logement, qui repose sur une conception restrictive
dun modle dhabiter quand bien mme esquiss, sexpose surtout par laxisme des
appropriations insidieuses et transgressives.
Ne pourrions- nous pas au contraire envisager une confrontation plus directe des concepteurs
aux habitants ? une conception de ce fait inscrite dans la continuit de lvolution, et de la
croissance de la maison ? de plus les limites dinterventions sollicitent une programmation
plus partage entre les concepteurs technocrates(vertu de leurs fonctions institutionnalises) ,
investis dun devoir de reprsentation urbaine et les habitants au service dune reprsentation
individualise .
254
Sur le plan architectural et urbanistique, ces oprations pointent des limites srieuses. En
amont, on note, la baisse des possibilits de subvention du budget gnral de ltat et
lessoufflement de la formule de la prquation. En aval, sa remise en question comme outil
dintervention, tournent autour du caractre dispendieux de lutilisation du sol, qui a donn
naissance un tissu urbain trop clat, et par ailleurs monotone et jug sans qualit ; en
appellent des efforts plus soutenus de conception au dpart , de suivi en cours de ralisation
et de meilleur contrle posteriori sans oublier la pression des promoteurs immobiliers et de
la filire des constructeurs formels qui estiment tre dpossds de leur champ daction par la
gnralisation de lauto construction.
Les conditions techniques de mise en valeur du site (terrains pentus notamment) n'ont pas
beaucoup aid les mnages dans la mise en valeur consquente des terrains acquis. Beaucoup
d'entre eux durent cder la spculation. Sur le plan de l'excution, la programmation des
ralisations sest tale sur plus de 10 annes et abouti des rsultats nettement infrieurs aux
objectifs assigns.
Parmi les rserves quon peut galement avancer, que les habitants nont quun accs un
peu thorique aux quipements, qui prosaquement
utilisation. La localisation des sites, est parfois inextricablement lie : les dfaillances
durbanit sont galement sources de problmes pour ceux qui y vivent. Les difficults
habituelles de simple voisinage se compliquent en difficults lies une ncessit
dorganisation au moins minimale.
Dans lensemble, si les interventions ont t dfinies prioritairement par des critres
physiques et dlimits par une aire gographique ont pu toucher quantitativement un nombre
significatif de personnes vises par lopration ou de laccs aux services, elles ont produit
ce que F. Navez -Bouchanine appelle des gagnants, des personnes en statu quo et des
perdants en termes damlioration des conditions dhabitat et de vie urbaine.
255
doccupation, caractre pnible de leffort, jug trs souvent au dessus de leurs forces, plans
types inadapts lorganisation familiale ou conomique du mnage, effets ngatifs dus
essentiellement la distanciation entre le cot de la construction qui ne cesse de grimper et
les revenus, ce qui installe une spirale, qui accentue la slectivit de laccs un logement
convenable et augmente chroniquement la part des mnages exclus avec des rpercussions
lourdes sur les autres aspects de la vie matrielle ou sociale.
Nanmoins, la vritable limitation se trouve au niveau du plan conomique, la cration
demplois et/ou la gnration de revenus ne sont nullement avances. Ceci ncessite dtablir
une distinction entre emplois lis la construction , autres emplois gnrs soit par le
dveloppement du quartier ( activits , services , locations ), soit par son dveloppement
conjugu avec celui du morceau de ville qui lentoure ( emplois industriels , par exemple ) ,
qui demeurent insignifiants.
2-La restructuration
De manire gnrale, il sagit doprations qui apportent, des sites illicites durcifis,
lessentiel des infrastructures et des quipements qui leur font dfaut. Il assainissent la
situation foncire, restructurent quelque peu le parcellaire et inciteraient lauto
construction en dur sur des parcelles considres ds lors comme urbanises. A partir de cette
dfinition commune, des modifications sur chacun de ces paramtres et le caractre sectoriel,
de lopration, gnrent des projets dont les rsultats sont discutables.
256
257
oprationnel.
Le passage de lexistant au projet cre donc des modifications dans les rapports
habituels lespace, quil est ncessaire dexpliquer collectivement et dans chaque famille. La
conception pralable dun plan de communication et de participation est ainsi indispensable.
Une concertation permanente et pluridisciplinaire entre les acteurs et les habitants concerns
est dautant plus dterminante que la formalisation du parcellaire, des usage et des servitudes
fera passer les pratiques et les accords communautaires existants de loralit lcrit, avec des
engagements mutuels qui feront, en grande partie, rfrence plutt au droit quau
communautaire.
durbanit du site sont donc souvent dus la qualit antrieure de celui ci , et non un effet
de lopration , constat qui renvoie donc la ncessit dune valuation urbaine plus globale
des situations dintervention et oblige , encore , renvoyer la question du choix aux ralits
urbaines locales et non un modle priori dintervention.
Sur le plan technique, ce sont des oprations juges difficiles et les matrises
douvrage ne sy sentent pas trs laise en termes de comptence. Dune part, parce que
lintroduction des quipements techniques et des amnagements de voirie et despaces publics
y sont prilleux, pleins de surprises et coteux ; dautre part, parce que le rythme et les
modalits dauto construction leur chappent largement, surtout quand lencadrement
technique ou architectural ny est pas dploy.
Sur le plan social, ces interventions semblent toucher plus directement la population
initialement cible, mais qui est galement moins perturbe dans son mode de vie. Les
habitants du quartier profitent, par ailleurs, des amliorations globales en quipement, en
service et en desserte, mme sils remettent plus tard les amliorations du logement. Mais
lanalyse du rythme de construction et les difficults rencontres par les mnages encore en
attente, montrent que la restructuration nest pas ncessairement non plus un remde universel
la question sociale et que son application demande aussi des mesures daccompagnement
pour les cas dfavoriss , complexes ou litigieux . A linverse , ltude de cas rvle que les
258
Dun autre point de vue conomique, on note enfin que les oprations de
restructuration nont pas ncessairement mieux mdit les projets daccompagnement
conomique ou financier (par exemple, le problme du crdit). A ce titre le rduction de la
capacit de mobilisation financire des mnages, la pauvret, le chmage, constituent une
mise lpreuve qui lgitime limpossible complmentarit amlioration habitat / activit
conomique, et apparat cependant aux yeux de ceux qui la subissent comme une anomalie
dans la ville, comme la dgradation dun paradigme citadin fait dquipements collectifs, de
diversit, dabondance voire dopulence (Navez- Bouchanine F, 2002, p106).
Face ces difficults abstraites, les mnages se retrouvent souvent seuls, pris dans les
contradictions entre les modes de la rgulation et de la pauvret et aspirations multiples
ncessitant des arbitrages difficiles. Leurs dolances ne trouvent pas de destinataire.
259
un cumul de handicaps: la
260
Autrement dit, lissu de cette exprience, doit on traiter uniquement de lespace ? l'espace
est llment qui rsiste et fait problme non pas tant par rapport la srie des handicaps que
les liens qui stablissent entre eux. La prise en charge catgorielle dune population
massivement en difficult ne suffit pas la tirer daffaire, compenser efficacement les
prjudices dont elle souffre. Au contraire, cette manire de faire aboutit gnralement
linstaller dans ce quil a t convenu dappeler depuis longtemps dans notre pays la culture
de lassistance.
En revanche, intgrer selon le vocabulaire en usage dans les politiques de dveloppement
urbain et social revient traiter communment de la mdiation communautaire et le
rtablissement du lien social comme force est alors lobjectif de laction globale.
RESULTATS DE LA RECHERCHE
Au terme de ce travail, les rsultats de la recherche ne permettent pas de passer directement
loprationnel et aux changements concrets. Toutes les pratiques reposent en effet sur une
philosophie et une politique, mme implicites, dintervention qui sont en place depuis assez
longtemps.
Par ailleurs, ces rsultats alignent une palette de critiques assez large qui ncessitent dtre
dbattues, appropries par les divers acteurs concerns, car par eux seuls que peuvent passer
des modifications importantes. Enfin, il serait particulirement immodeste de prtendre, au
bout de ce travail, reformuler les bases de politiques dintervention, nanmoins les points
convoqus travers cette mise au point peuvent tirer un certain nombre de consquences
logiques des analyses et suggrer, quelques pistes quil semblerait fructueux de creuser.
Dun point de vue urbanistique : une ncessaire redfinition des stratgies dintervention
spatiale sur lhabitat prcaire en terme :
261
publiques : Malgr des efforts rcents, des principes conceptuels lmentaires restent ignors
( parti damnagement , plan masse , site , topographie , qualification des espaces , mixit ,
hirarchie , diversit , ). La qualit urbanistique et architecturale, au nom de laquelle de
nombreuses formes doccupation sont ignores, devrait donc occuper une place plus
importante dans les oprations actuelles afin dtre value suivant chaque situation, apparat
par ailleurs comme une des conditions indispensables pour engendrer des dynamiques locales
damlioration des interventions.
Force est de constater que les projets mens, dans le cadre de la rsorption de lhabitat
prcaire quels quen soient les initiateurs sont identifis, formuls et raliss dans un contexte
o dominent les rationalits technique et urbanistique. Mme si elles demeurent habilles
posteriori dune reprsentation sociale (mixit sociale, la pratique de la prquation). Or une
telle intention doit tre inscrite dans un projet social.
Cest ce projet travers de nouvelles pratiques sociales qui rend possible ou contrario
caduque lusage de nouveaux instruments honniers par des exigences hyginistes devant tre
revisits, travaills, servir dinspiration : appliquer dune part les rgles daccs au sol, au
logement, aux services, aux quipements et dautre part apposer les rgles de redistribution
des richesses (politique salariale, accs au crdit).
Une deuxime consquence dcoule galement de cette vision spatiale qui gnre une
tendance ne traiter que du seul bidonville, laquelle conduit ignorer ce qui se passe au
niveau de loffre et de la demande dune ville. Or loffre et la demande concernent de manire
trs lie tout lhabitat dfectueux , bref tous les lotissements ou logements sociaux
262
grandes faiblesses en Algrie. Trs peu a t fait pour accueillir les populations faible
revenu. Celles ci occupent spontanment les terrains faiblement contrls (terrains publics,
terres marginales ou risque) la situation est dailleurs loquente Annaba. La croissance et
la rmanence de ces formes dhabitat est la traduction de lintervention inefficace de ltat qui
cre plus de problmes quelle nen rsout.
Des stratgies inadaptes aux pauvres : En Algrie, laccent sest dplac des
politiques de logements sociaux vers les initiatives dauto construction logement volutif .
A certaines gards, lexprience enclenche a produit leffet dune vritable rvolution
culturelle Dans les paradigmes fondateurs de laction urbaine Et cest peut tre un peu ce
caractre dstabilisateur des routines et des certitudes technocratiques quon lui reproche.
De ce fait , il est vrai que laction mise en place entrane, une restructuration des rles des
acteurs, dans le sens o il y a moins de paternalisme de la part de ltat cest dire plus de
protagonisme de la socit dans les procdures de traitement de leur habitat . Nanmoins,
labsence dune stratgie claire est univoque de traitement de lhabitat prcaire par les
pouvoirs publics, a fait quen Algrie laccent sest dplac des politiques de logements
sociaux vers les initiatives dauto construction logement volutif et qui se sont avres
non durables en raison des fortes subventions ncessaires.
Or ce type de logement a principalement rpondu une demande de classe de revenu moyen,
puisque de ce point de vue, il semble bien que les facteurs de parasitaires principaux du
programme ne sont pas uniquement venus dune propension des populations ne pas
participer, mais galement de labsence dune stratgie distincte. Il ne sert rien en effet pour
les pouvoirs publics de solliciter la participation financire des plus dmunies si de lautre
cot, ils distillent des appels contradictoires en prsentant grand fracas publicitaires et
mdiatique des oprations de relogement gratuites en habitat social pour dautres populations
263
si
interventions, nous avons pu voir, une tendance au placage de solutions globales , de modles
et de modes de vie qui freinent, voire rendent impossible, leur appropriation sociale par les
acteurs concerns,et qui de plus gnrent des pratiques de contournements, de rappropriation
de bricolages locaux, corruption, ou de transformation des solutions imposes travers des
normes homognes. Les consquences se sont avres lourdes et varies.
acteurs peut galement sexprimer dans labsence de constance entre stratgies affiches
long terme et actions court terme. Outre labsence de lisibilit et de pragmatisme des
intentions publiques que de telles dcisions gnrent , et les effets dsastreux quelles ont sur
ltablissement dun rapport de confiance entre Etat et la population , ce travail relve aussi
limpact matriel quelles peuvent avoir sur le tissu urbain lui mme .
des mthodes participatives avec une grande ouverture la ngociation ne pourra se faire
quen admettant que la fabrication de la ville se situe lentrecroisement des interventions
264
RECOMMANDATIONS
Tenant compte des points critiques qui paraissent les plus minents et les plus convergents
entre travaux tirs de documents graphiques , Rapports Nationaux loccasion dIstambul +5
et des enqutes de terrain, nous avons galement dirig nos efforts sur les paroles de la
population concerne. Cette recherche dbouche sur quelques recommandations, bien que
formules partir des interventions sur lhabitat prcaire, elles concernent les problmes
dhabitat social de manire plus gnrale et requirent par consquent un dbat largi.
265
Identifier aux niveaux local et national les projets et les personnes ressource
(acteurs publics, privs, ONG ) aptes porter des expriences locales de
partenariat. Ainsi, toute solution technique aux problmes de lhabitat prcaire doit
sappuyer sur lanalyse pralable des formes de la pauvret de ces populations, de
mme que sur leur propre capacit dintervention
de systme de production de
266
le
passage de
A tous les niveaux y compris celui des projets au niveau local : Identifier des
projets socio conomiques daccompagnement et/ou des modalits dorganisation des
projets intgrant les ressources sociales, conomiques et logistiques des populations
concernes. Cela souligne bien la question cl de la ncessit de procder une
approche participative ds la conception du projet et de requrir les inputs de tous
les acteurs au projet afin de crer un sentiment dappropriation.
267
268
269
ANNEXES
ANNEXE I
TEXTES OFFICIELS
ANNEXE II
LA STRATEGIE DE LHABITAT
ANNEXE III
REFLEXIONS
ANNEXE IV
DONNEES SUR LA PAUVRETE EN ALGERIE
ANNEXE V
QUESTIONNAIRE
ANNEXE I
TEXTES OFFICIELS
Logement social/
42 du 11 fvrier 1998.
Arrt interministriel
Arrt interministriel
270
Location-Vente
normes de construction.
271
Code civil Algrien (Articles :316 317 318 549 554 555 556 557 ).
Ordonnance n 71 85 bis du 29 Dcembre 1971 portant cration et fixant les
178 et suivants).
Juillet 1975 fixant la nomenclature des ouvrages sur lesquels sexerce le contrle de
normalisation des risques.
272
procdures dlaboration et de fixation des POS (Plans dOccupation des Sols) ainsi
que le contenu des documents y affrant.
caractre social.
loi 90-29 du 1er dcembre 1990 a t modifie et complte par la loi n 04-05 du 14
aot 2004 relative lamnagement et lurbanisme
273
ANNEXE II
LA STRATEGIE DE LHABITAT
274
275
276
277
ANNEXE III
REFLEXIONS
Les dernires pages consacres cette recherche expriment une tentative de sortir du cadre de
notre problmatique et daborder des questions affrentes la mthodologie, la pdagogie de
lenseignement de lArchitecture, la stratgie professionnelle des architectes, et les
alternatives culturelles et politiques dans le domaine de la production et de la consommation
du logement dans un pays comme le notre.
Il nous semble important davoir aussi dans cette digression, une faon de relativiser les
jugements et les conclusions avances tout au long de ce travail, et le plaisir de succomber
aux tentations des mots c'est--dire que la dmarche acadmique de la thse nous a oblig en
quelque sorte denfouir.
278
De la violence symbolique :
La lecture de ces moments privilgis de la vie sociale est riche denseignements car elle te
le vernis idologique contenu dans le discours de la conception urbaine, et met nu des
mcanismes latents dappropriation de lespace par lhabitant et la collectivit.
Cette urbanit si bien programme, fonctionnelle, rationnelle, rvle soudain toute la
dimension de son chec social. Elle se dcompose sous leffet de la crise, de lanomie
urbaine .
Pour cette raison, sur les modles relatifs lenseignement et la stratgie professionnelle des
architectes et des amnageurs est vitale, cest elle qui permettra de voir plus clair dans la
dfinition des contenus et des moyens pouvant dboucher sur des solutions aux problmes
darchitecture et damnagement dans la perspective dun dveloppement socio-conomique
et culturel rel, et non pas sur lengendrement dune violence sociale larve.
Enseignement
Au niveau de notre institution denseignement de lArchitecture, aucune tentative en terme de
lenseignement
Mais si lenseignement
279
Il nest pas question ici daborder dans le dtail le contenu et le sens des rformes, mais
dattirer lattention sur le fait que notre recherche sinstalle de plein pied dans le champs des
proccupations dfini prcdemment, savoir linsertion des sciences humaines dans une
dmarche qui a pour objet lanalyse de lobjet architectural.
Lobjectif mthodologique et critique sous jacent notre recherche pourrait tre de mettre
lpreuve des techniques et des mthodes diffrentes pour clairer les multiples facette de
lobjet architectural panace . Ce fut aussi un plaidoyer en faveur dune formation fonde
sur une pluridisciplinarit bien comprise ; cette dernire devra trancher avec les deux formes
dinterventions malheureuses suivantes : la premire o on fait appel lenseignement en
sciences humaines pour quil donne sa recette sous forme dune enqute alibi dterminant
les besoins de la population concerne par le projet architectural , et quon renvoie dans son
petit coin quand commencent les choses srieuses ; la seconde tant le cours des sciences
humaines qui apportent ltudiant en architecture lessentiel , c'est--dire la connaissance
des lois qui gouvernent le monde et les hommes , et qui abandonne ironiquement
larchitecture les restes , les problmes techniques et bassement terrestre .
Sortir de ce cercle vicieux implique donc un enseignement pluridisciplinaire qui conoit le
projet architectural dune manire plus globale. Il est combien important de rompre avec la
dmarche fonctionnaliste et pseudo-logique qui part du programme dune maison
individuelle, dfinit quelques besoins type (dormir, manger, se reposerquelle dcouverte !)
et des surfaces pour les activits de la famille loger ; la difficult rsidant dans la taille du
projet et dans les diffrentes contraintes solutionner.
Et quand vous serez un peu plus grand, on vous donnera faire un hpital ou mme un htel !
(1) Teyssidre B., 1969, La rflexion sur lart aprs la droute des systmes esthtiques , in les
sciences humaines de luvre dart n 45/12.
280
histoire, chacune est utile au point de vue thorique et mthodologique pour certains exercices
darchitecture et nest quun ajout sans intrt pour dautres.
Mais en ralit, serait-il inespr de vouloir rsoudre le problme de la pluridisciplinarit en
quelques lignes, alors quon nous a lev dans la stricte observance de la loi de la division
disciplinaire des sciences ?
En soulevant ces problmes denseignement et de pdagogie, nous pensions la question des
dbouchs professionnels et aux dbats et recherches autours des alternatives proposer pour
quitter les mandres de la production architecturale et de lamnagement de lespace domin
et difformes.
281
ANNEXE IV
ABDELAZIZ BOUTEFLIKA
282
283
284
285
286
Ces communes sont galement caractrises par des taux d'occupation par pice, Elevs (3
personnes par pice en moyenne et pour certaines communes, plus de 4 personnes par pice),
et surtout des taux de raccordement aux rseaux d'lectricit, d'AEP, et d'assainissement, trs
faibles.
Soixante huit (68) d'entre elles, soit prs de 30 %, sont en situation trs critique, et ce, pour
tous les indicateurs du domaine.
287
Les communes des rgions Nord ressortent comme tant particulirement mal loties :139 sur
les 229 communes pauvres dans le domaine du logement, sont localises dans ces rgions et
39 sur les 68 en situation d'extrme prcarit. Les seules communes de la wilaya de Mda en
reprsente 24 %.
Dans les rgions Hauts Plateaux, la wilaya de Djelfa, compte 9 communes sur 12 en situation
d'extrme prcarit et totalise elle seule 20 % des populations des communes pauvres et
50% des communes en situation d'extrme prcarit.
288
289
290
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2- HABITAT PRECAIRE
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CES
CNES
CTC
CW
Chemin de Wilaya
EPLF
FONAL
HLM
MHU
ONS
OMS
ONG
O.P.G.I
PADCO
POS
PLH
PNUD
PDAU
D.U.C
DLEP
R.H.P
RGPH
PIB
SNMG
SNS
T.O.L
T.O.P
ZHUN
RESUME
A linstar de nombreux pays du tiers monde, lexpansion des villes algriennes soulve entre
autres problmes redoutables celui de lhabitat prcaire qui a connu un dveloppement
considrable au cours des deux dernires dcennies, en devenant une vritable composante de
leur paysage. Nanmoins, la crise dun courant de pense conomique sociale et urbanistique,
fondant lanalyse et la pratique sur le caractre marginal et hors normes de cet habitat, justifie
depuis quelques annes limportance des dbats sur les causes structurelles, les relations avec
les agents urbains et les objectifs et consquences de lintervention de ltat dans ce domaine.
De ce fait, la rsorption, constitue un des volets les plus rcents et les plus modernes des
techniques internationales sappliquant lhabitat prcaire, pour amliorer les conditions de
vie des populations concernes , en leur fournissant un habitat viable,salubre et convenable.
Apres avoir rappel les tendances gnrales de la progression de lhabitat prcaire et la
diversit que couvre ce concept, le regard port sur cette question nous a paru
aussi
:
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) doxa- sorte (
. .
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ABSTRACT
The existence of precarious habitat, on the ground is not a new fact in Algeria, like besides
third world.
The crisis of current of a social and economic thinking, melting its analysis and its practice on
the marginal character and except standards of this habitat, has justified for a few years the
importance of the debates on the structural causes, the relations with the urban agents and the
objectives and consequences of the intervention of the state in this field.
So the resorption constitutes one of the most recent shutters and most modern of the
international techniques apply to the precarious habitat.
The glance related to this question appears to me also ostentatiously posed, in the context of
the wilaya of Annaba and what it can induce like behaviours as regards current interventions
and in projetation. While referring to two districts, the empirical study allows an increase in
the urban life, of what the urban project excluded and shows that only the true criteria of
resorption which are applied to the examination remain criteria inspired by a space design, a
downward urban vision, kind of a doxa, (by definition difficult to negotiate) with the
detriment of social, economic and ecologic dimensions of residential space. Its deployment in
these districts leads to projects which stumble with implementation a badly assumed and
which measurement these impacts tend to accentuate the mechanisms of exclusion of the
underprivileged population and to limit their capacity of integration.