Manuel DCG 2 Droit Des Sociétés 2015/2016
Manuel DCG 2 Droit Des Sociétés 2015/2016
Manuel DCG 2
Droit des sociétés
2015/2016
©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
Chapitre 1
LE CONTRAT DE SOCIÉTÉ
APPLICATION 2
Cas Sécurit
1. Vérification des conditions de constitution d’une société
Conditions résultant de tout contrat
Consentement non vicié, capacité du contractant, objet certain, licite et moral, cause licite et morale.
Application : Stéphane manifeste sa volonté de création, elle semble libre de toute contrainte ; étant
majeur, il a la capacité juridique requise ; l’objet de la société est la pose d’alarmes et systèmes de sécurité,
c’est une activité certaine et légale. La cause de la création est la recherche d’un profit pour lui assurer un
revenu, ce qui est légal et moral. Les conditions sont réunies.
Conditions résultant du contrat de société
Un ou plusieurs associé(s) (ici un seul au départ, plusieurs éventuellement ensuite).
Un ou des apport(s) (ici un apport en numéraire éventuel, si le banquier lui octroie un prêt, et un apport
en industrie : sa formation de technico-commercial).
Une entreprise commune : objet de la société (ici il s’agit de la pose d’alarmes et systèmes de sécurité).
Le partage du résultat : le bénéfice résultant de son activité lui sera versé. En cas de pertes, il devra les
assumer.
L’affectio societatis : étant seul, il n’y aura pas de collaboration mais il doit manifester sa volonté de
respecter la personne juridique qu’il crée.
2. Obligations de l’associé
Selon le contrat de société, il devra :
apporter les biens et/ou son industrie (si la forme juridique choisie l’autorise) ;
partager le résultat (ici se l’attribuer et/ou le mettre en réserve puisqu’il est seul) ;
contribuer aux pertes : si l’exercice est déficitaire, il ne doit pas distribuer de dividende (sinon il s’agirait
de distribution de dividende fictif, ce qui est interdit et pénalement sanctionné).
APPLICATION 3
Cas Putti
1. Cas de nullités et conséquences
Vice du consentement
M. Faget semble vouloir évoquer une erreur sur la substance ou un dol (manœuvres, tromperies en vue
d’obtenir le consentement). Il s’agit d’un cas de nullité qui peut être invoqué pour obtenir la nullité de la
société. Cependant, dans la SARL, elle ne peut être invoquée que si cette cause de nullité atteint tous les
associés (art. L. 235-1). Dans le cas, le vice du consentement ne concerne que M. Faget : M. Faget ne peut
pas invoquer ce cas de nullité.
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Défaut d’affectio societatis
C’est aussi un cas de nullité. L’affectio societatis doit exister lors de la formation du contrat. Il ne peut être
une cause de nullité lorsqu’il disparaît au cours de l’exécution du contrat. Dans le cas, les deux amis ont eu
l’affectio societatis au moment de la création de la société, il y a deux ans. Ce cas de nullité ne peut être
invoqué en justice.
Conclusion
La nullité de la SARL ne peut être envisagée.
3. Effet de l’annulation
L’annulation d’une société n’est pas rétroactive. Elle ne joue que pour l’avenir. Elle produit les effets d’une
dissolution, c’est-à-dire qu’il faudra liquider la société : vendre l’actif, payer les créanciers et se partager le
boni ou le mali de liquidation.
M. Faget espère que la liquidation de la société, après que la nullité aura été prononcée, lui permettra de
récupérer son apport et une partie du boni de liquidation éventuel.
4. Régularisation
Tous les cas de nullités peuvent être régularisés (sauf la nullité fondée sur l’objet illicite), c’est-à-dire faire en
sorte de ne plus exister. Les associés doivent voter la régularisation.
APPLICATION 4
Cas Structure
1. Structure appropriée à chaque projet
Projet 1 : Il s’agit d’une activité commerciale (entreprise de manufactures, art. L. 110-1 5°° C. com.). Le but
est lucratif. Au nombre de trois, les personnes doivent créer une société commerciale : SNC, SARL
pluripersonnelle, SCS, SCA, SA ou SAS.
Projet 2 : Un expert-comptable exerce une activité libérale qui relève du droit civil. Souhaitant travailler
ensemble, les deux experts-comptables doivent créer une société, au choix : société civile, SCM, SCP ou SEL.
Projet 3 : S’agissant d’une activité non lucrative, bénévole, le club pourra être créé sous la forme d’une
association.
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Chapitre 2
LA SOCIÉTÉ, PERSONNE MORALE
APPLICATION 2
Cas Teston
1. Éléments d’identification de la société
Dénomination sociale : Shark.
Siège social : Marseille.
Nationalité : française.
Forme juridique : société anonyme à directoire et conseil de surveillance. Les actionnaires sont les frères
Teston et d’autres (15 au total légal).
3. Rôle de M. Carillo
Il sera le représentant légal de la société Shark en étant le directeur général unique (seul membre du
directoire) de la société anonyme. Il la dirigera et la représentera. Il engagera la société vis -à-vis des associés
et des tiers.
Les frères Teston seront membres du conseil de surveillance et, à ce titre, surveilleront la gestion de
M. Carillo.
APPLICATION 3
Cas Inforep
1. Statut de M. Hirondel
Il est le gérant de la société Inforep, son représentant légal. Il représente la société, il a été nommé par les
associés.
3. L’intérêt social
Vis-à-vis des associés, le gérant doit agir dans l’intérêt social et non dans son intérêt personnel. Le fait de
prendre des cours de pilotage d’avion pour assouvir une passion personnelle fait qu’il n’a pas agi dans
l’intérêt social.
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4. Paiement de la facture de pilotage par la société
Vis-à-vis des tiers, le gérant engage la société au-delà de l’objet social, sauf mauvaise foi du tiers. La société
devra payer la facture si la mauvaise foi du tiers n’est pas prouvée (connaissance que la prestation était
contraire à l’intérêt social ou hors de l’objet social). Il peut paraître vraisemblable aux yeux des tiers qu’un
dirigeant de société prenne des leçons de pilotage pour des déplacements professionnels rapides.
Cependant, le gérant engage sa responsabilité vis-à-vis de la société car il commet une faute de gestion. Les
associés pourront lui réclamer le remboursement de cette facture et le révoquer de façon justifiée.
APPLICATION 4
Cas Mazot
1. Conditions de l’action en justice de la famille
Il faut avoir la qualité pour agir : la famille est héritière du défunt.
Il faut avoir un intérêt à agir : obtenir réparation du préjudice matériel et moral du fait du décès. Il doit y
avoir un fait fautif : le défaut du dispositif de sécurité est à l’origine du décès.
2. Responsabilités de la société
La société engage sa responsabilité pénale pour les infractions pénales commises par ses organes ou
représentants : ici l’infraction pénale est un homicide involontaire à la suite d’un défaut de dispositif de
sécurité.
La société engage sa responsabilité civile délictuelle puisqu’un fait fautif dommageable (chute mortelle)
peut lui être reproché. Elle sera condamnée au versement de dommages-intérêts.
APPLICATION 5
Cas Cap 3000
1. Abus de majorité
Il y a abus de majorité quand les membres majoritaires en voix imposent, par un vote régulier en assemblée,
une résolution qui les favorise au détriment des membres minoritaires.
3. Décision de la juridiction
Le vote de l’augmentation inégalitaire dépend de la seule volonté de la Société des Galeries Lafayette
puisqu’elle est majoritaire. La délibération votée favorise uniquement la société fondatrice de l’association
(cotisation faible) et aggrave notoirement celle des commerçants adhérents (forte hausse des cotisations)
alors que l’un des buts de l’association est la défense de l’intérêt commun. Cette décision porte atteinte à
l’intérêt collectif. La juridiction saisie va annuler la délibération pour abus de majorité.
NB : Cette affaire a été jugée dans ce sens (Cass. civ., 04.04.2006).
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Chapitre 3
LA SOCIÉTÉ ET LE DROIT COMPARÉ
APPLICATION 2
Cas Franites
1. Conditions de création d’une société europaea filiale
Le siège de la société doit se situer sur le territoire d’un pays de l’Union européenne, ici la Belgique. La
constitution d’une filiale nécessite que deux sociétés au moins, souscrivant au capital de la filiale, relèvent
du droit d’états membres différents. Ici, les trois sociétés participant à la création de la filiale sont situées
dans trois états membres différents (France, Espagne, Italie). La condition est remplie.
Il faudra réunir un capital minimum de 120 000 €.
APPLICATION 3
Cas Good
1. Tableau comparatif entre deux sociétés de droit anglais
Nombre Responsabilité
Société Capital minimum Fonctionnement
d’associés des associés
Private limited 2 minimum Aucun Limitée aux 1 director minimum
company Pas de maximum Libération libre apports 1 secretary
Public limited 2 minimum 50 000 GBP, Limitée aux Un conseil d’administration
company Pas de maximum à libérer du quart apports de 2 administrateurs
minimum et 1 secretary
2. Formalités de constitution
Établir et signer un memorandum of association (statuts).
Les accompagner des articles of association.
Remplir une déclaration de conformité.
Déposer les pièces au Registre des sociétés du siège de l’implantation.
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3. Désignation d’un commissaire aux comptes
La private limited company n’exige pas la présence d’un auditor mais, si une public limited company est
créée, il faudra faire réviser les comptes par un auditor.
Les comptes annuels, quelle que soit la société, doivent être déposés au registre des sociétés.
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Chapitre 4
CONSTITUTION D’UNE SOCIÉTÉ
APPLICATION 2
Cas K5
Il convient de vérifier la capacité juridique des futurs associés de la SARL.
G., Guadeloupéen : un ressortissant de la Guadeloupe est un Français ; il peut être associé de la SARL qu’il
soit mineur ou majeur.
D., Danois, et V., Vénézuélien : un étranger peut faire partie d’une SARL.
L’avocat : pas d’incompatibilité entre cette profession et la qualité d’associé d’une SARL.
L’oncle commerçant : pas d’incompatibilité pour être associé. Il peut être gérant s’il n’a pas été prononcé
contre lui un jugement d’interdiction de diriger ou de faillite personnelle après la mise en liquidation
judiciaire de la société en nom collectif.
La personne condamnée pour escroquerie : aucune interdiction ne limite l’accès à une SARL en qualité
d’associé mais elle ne pourrait pas occuper un poste de dirigeant du fait de sa condamnation.
Conclusion : La SARL peut être constituée avec ces associés. Il faudra veiller au choix du gérant.
APPLICATION 3
Cas MST microbiologie
Présentation juridique du cas
Trois personnes physiques majeures décident d’être associées dans une SARL qu’elles vont constituer. Leurs
apports sont des apports en numéraire, en nature, en industrie. Il s’agit de savoir si les conditions de fond
du contrat de société sont remplies et de présenter les formalités et démarches à effectuer pour que la
société existe.
1. Conditions de fond
Conditions de validité de tout contrat (art. 1108 du C. civ.)
Consentement : il semble libre, non vicié.
Capacité : ils sont majeurs donc capables.
Objet : certain, licite et moral : en l’espèce la fabrication et l’exploitation d’un produit aseptisant
répondent aux conditions mais nécessitent une autorisation de l’Administration de la santé.
Cause : morale et licite : il semble que ce soit le cas.
Conditions relatives au contrat de société (article 1832)
Apports : chaque associé en propose : Catherine envisage d’effectuer un apport en nature (instruments de
laboratoire) et un apport en numéraire (1 000 €), son apport est libre puisqu’elle est mariée sous le régime
de séparation des biens ; Maxime apporte un immeuble (local) apport en nature ; Gilbert veut faire un
apport en industrie (son travail). Pour ce dernier, les statuts de la SARL devront le prévoir.
Associés : deux au minimum ; ils sont trois.
Une entreprise commune : l’activité de la société exercée en commun (conception, vente de produit
aseptisant).
Participation aux bénéfices et contribution aux pertes : cette condition devra faire l’objet d’une clause de
répartition dans les statuts.
Affectio societatis : ils ont la volonté de collaborer sur un pied d’égalité.
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2. Formalités, démarches
Avant la rédaction des statuts
Choix de l’objet, de la forme juridique, des associés, de la formation du capital (répartition), du siège
social, nomination de la gérance.
Évaluation des apports en nature : chaque apport en nature doit faire l’objet d’une évaluation dans les
statuts (art. L. 223-9 C. com.). En principe, les associés la déterminent en fonction d’un rapport établi par un
commissaire aux apports.
L’intervention du commissaire aux apports est obligatoire (art. L. 223-9 C. com.), sauf :
si aucun des apports en nature n’a une valeur supérieure à 30 000 € ;
et si la valeur totale des apports en nature n’excède pas la moitié du capital social.
Les futurs associés ne peuvent écarter le recours au commissaire aux apports car la valeur totale des
apports en nature (22 000 €) dépasse la moitié du capital (11 500 €).
État des actes accomplis pour le compte de la société en formation (éventuel).
Recherche auprès de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) pour le choix de la dénomination
sociale.
3. Bilan de constitution
Actif Passif
Trésorerie 1 000
APPLICATION 4
Cas Électro-Export
1. Contenu de la promesse de société
Elle comprend l’identité des futurs associés, la promesse de créer une société, l’objet social (achat -vente de
produits électroniques et électriques), la dénomination sociale (Électro-Export SA), le siège social (Paris), la
durée (30 ans), les apports (en nature et en numéraire), leur évaluation, la composition du conseil
d’administration (3 à 12 membres), la promesse d’engager un des associés (Robert) en qualité de directeur
commercial par un contrat de travail, la durée de la promesse de société (3 mois).
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2. Éléments du contrat de société
Associés : 3 personnes physiques : Robert, Maltel, Termain et d’autres personnes qui viendront se joindre
à eux car la SA doit comporter 7 actionnaires au moins.
Apports :
en nature : un fonds de commerce de vente de matériels électriques apporté par Robert, une usine de
matériels électriques apportée par Maltel ;
en numéraire : 80 000 € seront apportés par Termain et Maltel.
Forme juridique de la société : société anonyme.
APPLICATION 5
Cas Pauliers
1. Chronologie des événements
La SNC Pauliers est constituée en 1993. M. X est l’un des associés ; il a par ailleurs la qualité de salarié dans
cette société.
La SNC contracte un prêt auprès de BNP Paribas. La SNC est mise en liquidation judiciaire.
La banque assigne M. X pour obtenir le remboursement de son prêt (dette sociale). La cour d’appel
condamne M. X à payer.
M. X conteste cette décision et forme un pourvoi devant la Cour de cassation.
2. Position de M. X
Pour échapper à l’obligation de payer la dette sociale (remboursement du prêt), M. X se base sur le fait qu’il
est à la fois associé et salarié de la société, et que la qualité d’associé de SNC est incompatible avec celle de
salarié de la société. M. X considère qu’il ne peut pas être condamné au remboursement du prêt puisqu’il
n’est pas associé mais salarié de la société.
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Chapitre 5
IMMATRICULATION DE LA SOCIÉTÉ
APPLICATION 2
Cas Muge
1. Documents à rassembler pour le dossier d’immatriculation
Un exemplaire des statuts signés.
Éventuellement annexés aux statuts, selon le cas, état des actes accomplis pour le compte de la société en
formation.
Copie de l’acte de nomination du représentant légal.
Photocopie de la carte d’identité du représentant légal et attestation sur l’honneur de non-condamnation.
Le certificat de dépôt des fonds libérés : 200 € (1/5e du montant) dans le cas sur les 1 000 € d’apport en
numéraire.
L’avis paru dans le JAL.
La justification du siège social.
La demande d’immatriculation remplie (formulaire M0).
2. Démarrage de l’activité
Dès l’immatriculation de la société au RCS, la société pourra démarrer son activité. Si elle commence son
activité avant, elle subira la responsabilité d’une société de fait (responsabilité indéfinie de l’associé unique
car la SARL est une société commerciale).
APPLICATION 3
Cas Forme
1. Processus d’immatriculation
L’avis de constitution au journal d’annonces légales intervient après la rédaction des statuts et avant le
dépôt du dossier d’immatriculation au CFE. C’est un document obligatoire qui fait partie des documents à
déposer. L’extrait Kbis est délivré par le greffe du Registre du commerce et des sociétés, après le dép ôt du
dossier d’immatriculation et l’immatriculation de la société au RCS.
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APPLICATION 4
Cas Renov
1. Modalité de reprise des actes accomplis pour le compte de la
société
Règle : L. 210-6 C. com.
« Les personnes qui ont agi au nom d’une société en formation avant qu’elle ait acquis la jouissance de la
personnalité morale sont tenues solidairement et indéfiniment responsables des actes ainsi accomplis, à
moins que la société, après avoir été régulièrement constituée et immatriculée, ne reprenne les
engagements souscrits. Ces engagements sont alors réputés avoir été souscrits dès l’origine par la société. »
Trois modalités de reprise sont possibles :
l’état des actes accomplis pour le compte de la société en formation présenté aux associés avant la
signature des statuts ;
le mandat spécial donné par les associés, dans les statuts ou par acte séparé, à une personne (associé ou
gérant) qui a été désignée, de prendre des engagements pour le compte de la société ;
la décision des associés prise à la majorité ordinaire, après immatriculation de la société au RCS.
Application
Modalité de reprise : état des actes accomplis pour le compte de la société, annexé aux statuts.
2. Actes à reprendre
Un contrat de bail pour abriter le siège social de la société et un contrat de dépôt de fonds conclu avec une
banque qui permettra à la société d’effectuer ses transactions bancaires. Ces actes sont bien déterminés,
préparatoires à l’activité et conclus pour le compte de la société en formation.
3. Conséquence de la reprise
La société devient créancière et débitrice des droits et obligations nés des contrats conclus pour son compte
depuis leur origine (les 10 et 13.03.2012), à dater de son immatriculation au RCS (exemple : les loyers seront
dus par la société, les sommes versées sur le compte bancaire sont la propriété de la société).
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Chapitre 6
FONCTIONNEMENT D’UNE SOCIÉTÉ
APPLICATION 2
Cas Au beau livre
La SARL Au beau livre a été constituée par plusieurs associés dont 3 associés personnes physiques : Jean,
Pierre et Jeanne. Pierre a été nommé gérant ; à ce titre, il a passé plusieurs actes juridiques.
Pierre est le représentant légal de la SARL.
Responsabilités
Le gérant engage sa responsabilité civile en cas de faute de gestion, infraction aux lois et règlements,
violation des statuts.
Il engage sa responsabilité pénale pour les infractions commises pour le compte de la société s’il en est
auteur ou complice.
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vis-à-vis des tiers : les clauses statutaires limitant les pouvoirs du gérant sont inopposables au tiers de
bonne foi (art. L. 223-18 al. 6 C. com.). La société est engagée par ce contrat ;
vis-à-vis de la société : le gérant est responsable envers la société des violations de statuts (art. L. 223-22
al. 1 C. com.). Il engage sa responsabilité civile si le contrat se révèle préjudiciable pour la société
(s’agissant d’un auteur à succès, il est peu probable que le contrat soit préjudiciable pour la société).
La caution donnée par le gérant au profit d’un associé personne physique (Jeanne)
À peine de nullité, il est interdit aux associés autres que les personnes morales de faire cautionner par leur
société leurs engagements envers les tiers (art. L. 223-21 al. 1 C. com.) (convention interdite).
Jeanne a effectué un emprunt immobilier auprès de sa banque et la société dans laquelle elle est associée,
par l’intermédiaire de Pierre, a cautionné cet emprunt :
vis-à-vis des tiers : le cautionnement est nul, la société n’est donc pas engagée vis-à-vis de la banque de
Jeanne ;
vis-à-vis de la société : le gérant est responsable des infractions aux dispositions législatives ou
réglementaires applicables aux sociétés à responsabilité limitée (art. L. 223-22 al. 1 C. com.).
APPLICATION 3
Cas Guedj
1. Responsabilité d’un contrat conclu pour le compte d’une société
Un contrat de crédit-bail a été passé entre la société de crédit-bail et la SARL, représentée par son gérant,
M. Guedj.
Une société est responsable de l’inexécution ou de la mauvaise exécution des contrats qu’elle conclut.
Conditions de la responsabilité civile contractuelle
Un contrat (crédit-bail).
Une inexécution (échéances impayées).
Un dommage (non-paiement).
Un lien de causalité.
L’action sera intentée contre la SARL.
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L’action en responsabilité ne pourra être engagée qu’après avoir mis vainement en demeure la société de
payer.
L’administration fiscale a bien mis la société en demeure de payer. Si sa demande se révèle infructueuse,
elle peut donc envisager l’action contre l’oncle si elle arrive à démontrer qu’il dirige en fait la société.
La notion de dirigeant de fait : c’est une personne qui assume en fait la gestion d’une société sous le
couvert et au lieu et place de son représentant légal en toute souveraineté et indépendance.
Dans le cas, M. Guedj est le dirigeant de droit ; l’oncle « l’aide et le conseille régulièrement dans la
gestion ». La jurisprudence examinera le niveau d’activité de l’oncle pour déclarer s’il peut être considéré
comme un dirigeant de fait.
La preuve de manœuvres frauduleuses ou d’inobservation grave et répétée des obligations fiscales
rendant impossible le recouvrement des impositions par le dirigeant devra être rapportée par
l’administration fiscale.
Si les conditions posées par l’article 267 LPF sont remplies, l’administration fiscale pourra saisir le
patrimoine personnel de l’oncle.
Si les conditions ne sont pas remplies, l’oncle ne sera pas responsable fiscalement ; le patrimoine du
dirigeant de droit peut être saisi sous les conditions de l’article 267.
Si l’administration fiscale n’arrive toujours pas à prouver la responsabilité du dirigeant, elle demeurera
impayée. Elle pourra provoquer l’ouverture d’une procédure collective (redressement ou liquidation
judiciaires) à l’encontre de la société.
APPLICATION 4
Cas Sati
1. Reconstitution des faits et de la procédure
Mme X est la gérante de la SARL SBTR. Pour obtenir la livraison d’un fournisseur (la société Sati), elle lui
cède deux créances qu’elle avait déjà cédées à la Banque de la Réunion. La société Sati ne pouvant obtenir
le paiement des créances, elle engage la responsabilité civile personnelle de la gérante, la société SBTR
étant probablement insolvable. La cour d’appel a condamné Mme X et la Cour de cassation rejette le
pourvoi de Mme X, confirmant la décision de la cour d’appel.
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2. Conditions de la responsabilité personnelle d’un dirigeant
La responsabilité personnelle d’un dirigeant à l’égard des tiers ne peut être retenue que s’il a commis une
faute détachable de ses fonctions. Il en est ainsi lorsque le dirigeant commet intentionnellement une faute
d’une particulière gravité incompatible avec l’exercice normal de ses fonctions.
La cour d’appel ayant constaté que la gérante a cédé à une société deux créances qu’elle avait déjà cédées à
une banque et a volontairement trompé son cocontractant sur la solvabilité de la société dirigée, elle a
conclu que Mme X avait commis une faute séparable de ses fonctions engageant sa responsabilité
personnelle. La cour de cassation rejette le pourvoi de Mme X et la condamne à réparer personnellement le
préjudice subi par la société Sati.
APPLICATION 5
Cas Y. Rocher
1. Les faits et la procédure
Les faits
La société Y. Rocher a conclu avec l'EURL Deschamps deux contrats successifs de location-gérance dont
Mme M. était la gérante. L'EURL a été mise en liquidation judiciaire. La clôture de la liquidation a fait
apparaître une insuffisance d'actif. Le liquidateur en charge de la procédure collective a engagé une action
en responsabilité contre la société Y. Rocher pour combler l'insuffisance d'actif.
La procédure
Après l'arrêt de la cour d'appel du 25.10.2012, la société Y. Rocher a formé un pourvoi.
La cour de cassation rend son arrêt le 23.09.2014.
2. Le problème juridique
La société Y. Rocher doit-elle être considérée comme le dirigeant de fait de l'EURL Deschamps ?
Si oui, elle doit supporter l'insuffisance d'actif en application de l'article L. 651-2 du Code de
commerce.
Si non, elle n'est pas responsable d'une partie de l'insuffisance d'actif.
Selon la jurisprudence, le dirigeant de fait est « toute personne physique ou morale qui assure les mêmes
fonctions et les mêmes pouvoirs qu'un dirigeant de droit, exerce en toute souveraineté et en toute
indépendance une activité positive de gestion et de direction ».
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Chapitre 7
LE CONTRÔLE D’UNE SOCIÉTÉ
APPLICATION 2
Cas Brune
1. Délai légal de la tenue d’une assemblée générale annuelle
L’assemblée générale annuelle obligatoire doit se tenir dans les six mois de la clôture de l’exercice. Dans le
cas, la clôture de l’exercice est le 31 décembre. Au plus tard, l’assemblée doit se réunir le 30 juin N+1. Elle
est convoquée le 15 mai, le délai est respecté (4 mois et 15 jours).
APPLICATION 3
Cas Rap
1. Rapport sur les comptes annuels du commissaire aux comptes
Le commissaire aux comptes, après avoir exercé sa mission, doit établir un rapport sur les comptes annuels
déposé au siège social 15 jours avant l’assemblée générale annuelle à disposition des associés et qui leur
sera communiqué oralement avant la délibération des associés sur les points à l’ordre du jour.
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d’informer les associés par un rapport sur les comptes annuels et un rapport spécial sur les conventions
réglementées.
Il a l’obligation d’alerter les dirigeants sociaux sur tout fait de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation.
Enfin, il a l’obligation de révéler au procureur de la République les faits délictueux dont il a eu connaissance
dans l’exercice de sa mission, sous peine de sanctions pénales.
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Chapitre 8
DISSOLUTION D’UNE SOCIÉTÉ
APPLICATION 2
Cas La Capitale
1. Cause et type de liquidation
Dissolution anticipée décidée par les associés. Type de liquidation : liquidation amiable.
3. Liquidateur
Le liquidateur peut être un associé, un ancien dirigeant ou un tiers. Dans le cas, c’est l’ancien PDG, Monsieur
Roulet, qui perd son mandat de PDG et devient liquidateur. La durée de son mandat a été fixée pour la
durée de sa liquidation. Il convient d’appliquer la loi : 3 ans maximum renouvelables sur demande justifiée
du liquidateur.
Rôle du liquidateur : Il doit effectuer les formalités de publicité liées à la décision de dissolution. Il dresse
l’inventaire, recouvre les créances, réalise l’actif, paie les créanciers de la société, prend les mesures
conservatoires, continue les affaires en cours sur autorisation de l’assemblée pour les besoins de la
liquidation. Il établit les comptes annuels, l’inventaire et le rapport sur les opérations de liquidation au cours
de l’exercice écoulé. Il devra convoquer l’AG de clôture de liquidation et effectuer les formalités de publicité
en vue de la radiation de la société en RCS.
4. Formalités de publicité
Le liquidateur devra effectuer :
la publicité de la dissolution par une insertion de l’avis de dissolution dans un JAL, le dépôt au greffe du
PV de dissolution, l’inscription au RCS et une insertion au BODACC à la diligence du greffier. Il devra faire
suivre la dénomination sociale de la SA La Capitale de la mention « société en liquidation » ;
la publicité de sa nomination en qualité de liquidateur.
Il devra effectuer d’autres formalités de publicité et demander la radiation de la société au RCS après la
clôture de la liquidation.
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APPLICATION 3
Cas Parures
1. Comparaison des deux avis
Similitude Divergences
De fond : De fond :
• concerne la cause de la dissolution de société : • cause de dissolution : dissolution anticipée ;
dissolution anticipée décidée par les associés ; • les avis se situent à des étapes différentes :
• un liquidateur est chargé de réaliser les opérations au moment de la décision de dissolution,
de liquidation ;
à la clôture de la liquidation ;
• maintien de la personnalité morale pendant la
durée des opérations de liquidation. • ouverture des opérations de liquidation dans le
premier avis ;
• on constate la fin des opérations de liquidation, la
société va disparaître après publication de la clôture
de la liquidation dans le deuxième avis.
De forme : De forme :
• la publication d’un avis dans un journal • objet : il s’agit d’un avis de dissolution dans le
d’annonces légales est obligatoire pour informer les premier avis ;
tiers ; • objet : il s’agit d’un avis de clôture de liquidation dans
• les décisions sont prises par une assemblée le second avis.
générale extraordinaire ;
• dépôt au greffe du tribunal de commerce du
procès-verbal des décisions.
APPLICATION 4
Cas GEP
1. Dissolution de la société par l’associé majoritaire
La dissolution d’une société peut être décidée par les associés avant l’arrivée du terme prévue dans les
statuts : il s’agit du cas de dissolution anticipée prévue par la loi (art. 1844-7-4°). La décision doit être prise à
la majorité requise pour les modifications statutaires, variable selon les sociétés.
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Dans le cas, l’associé majoritaire a fait usage de son pouvoir de dissoudre la société ; on suppose qu’il
détenait à lui seul la majorité légale : la dissolution est légale.
APPLICATION 5
Cas Pou
1. Reconstitution des faits
Deux médecins ont créé une société civile de moyens. L’un d’eux part à la retraite et cesse son activité. Il
assigne son coassocié en dissolution et liquidation de la société.
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APPLICATION 6
Cas SCI
1. Cas de dissolution
La société prend fin par l’annulation du contrat de société (art. 1844-7 3° C. civ.).
Le créancier de l’associé de la SCI demande en justice l’annulation de la société pour fictivité car selon lui, la
SCI est une société écran, créée uniquement dans le but d’organiser l’insolvabilité du principal associé.
APPLICATION 7
Cas Myosotis
1. Énoncé de la base légale
La base légale est l’article 1844-7 5° du code civil qui énonce :
« La société prend fin : […] par la dissolution anticipée prononcée par le tribunal à la demande d'un associé
pour justes motifs, notamment en cas d'inexécution de ses obligations par un associé, ou de mésentente
entre associés paralysant le fonctionnement de la société. »
Application : ici le juste motif évoqué est la mésentente entre associés paralysant le fonctionnement de la
société.
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La jurisprudence retient la paralysie en cas d’absence de convocation, de tenue d’assemblée, de reddition
de comptes (Cassation 2009, 2011).
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Chapitre 9
LA SOCIÉTÉ SANS PERSONNALITÉ
MORALE
APPLICATION 2
Cas SEP par échange de lettres
1. Éléments du contrat de société
Éléments résultant de l’article 1108 : consentement (lettres signées par les deux associés prouvent leur
volonté de contracter) ; capacité (à vérifier) ; objet licite (projet de construction d’un immeuble) ; cause
morale (raison de l’engagement : la recherche d’un profit tiré de l’opération immobilière est licite et
morale).
Éléments résultant de l’article 1832 : deux associés minimum (ils sont deux personnes physiques) ; des
apports (un apport numéraire : un chèque de 200 000 € et un apport en industrie : construction d’un
immeuble) ; entreprise commune (réalisation d’un projet immobilier) ; partage des bénéfices entre associés
(65 % pour l’un, 35 % pour l’autre) ; contribution aux pertes (50 % pour chaque associé limité au montant de
l’apport pour l’apporteur en numéraire) ; l’affectio societatis (les associés manifestent leur volonté de
collaborer sur un pied d’égalité).
2. Limites de la constitution
Il s’agit d’une société en participation occulte puisque l’apporteur n˚ 1 ne veut pas être connu des tiers et
que l’apporteur n˚ 2 accepte. Les tiers pourront se retourner seulement contre le second qui va contracter
en son nom personnel.
La durée de la société est limitée à la durée de l’opération dont la date au plus tard est fixée. Seul un accord
commun pourra la proroger.
L’apporteur n˚ 1 apporte du numéraire, l’apporteur n˚ 2 son industrie (son travail). La contribution aux
pertes de l’apporteur n˚ 1 est limitée à son apport.
APPLICATION 3
Cas Mistral
Présentation juridique et problèmes juridiques
Deux personnes physiques exploitent un fonds de commerce et sont pacsées. Une séparation étant
envisagée, la femme, Madame Mistral, vous consulte afin de connaître la nature du contrat les liant et ses
conséquences juridiques pour elle.
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en avoir pleinement conscience, se traitent entre elles et agissent à l’égard des tiers comme de véritables
associés selon la jurisprudence. Le cas : La situation des personnes pacsées peut être interprétée comme
une situation sociétaire quand elles exploitent en commun un fonds de commerce à condition que les
éléments du contrat de société soient présents.
La règle : L’article 1871 (auquel renvoie l’article 1873) du Code civil prévoit que le régime de la société
créée de fait est identique à celui d’une société en participation à savoir :
preuve de la société par tous moyens ;
la société n’a pas la personnalité morale, non soumise à publicité ;
la responsabilité des associés est indéfinie et conjointe (si la société est civile) ou solidaire (si la société
est commerciale) ;
chaque associé reste propriétaire de son apport ;
répartition des bénéfices et des pertes (principe : proportionnellement aux apports).
Le cas : Si les conditions de fond de tout contrat de société sont remplies, on pourra dire que même en
l’absence des formalités de constitution (la rédaction d’un écrit), il y a un contrat de société. Dans la
pratique, c’est lorsque les « associés » ont un différend que l’un d’eux veut faire reconnaître qu’il y a un
contrat de société pour obtenir sa liquidation et donc le partage de l’actif.
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APPLICATION 4
Cas Au galop
1. Éléments du contrat de société
• Deux associés : les acquéreurs du cheval.
• Des apports en numéraire : les sommes pour l’acquisition du cheval.
• Une entreprise commune : faire participer le cheval à des manifestations hippiques.
• Partage du résultat prouvé par la déclaration d’association envoyée à une société de courses hippiques
par laquelle les deux acquéreurs lui demandaient de répartir les gains entre eux par moitié, en cas de
victoire. En cas de défaite, ils assumaient les frais (vétérinaire, entraînement) par moitié.
• L’affectio societatis existait au départ, à la constitution de la société. Depuis, il n’existe plus mais on doit
l’apprécier à la constitution.
APPLICATION 5
Cas SCI
1. Qualification de la SCI
La société de fait est une société créée et voulue par les associés, qui a fonctionné de manière durable et
importante mais qui est atteinte d’une irrégularité.
Dans le cas, la SCI a été constituée, a fonctionné mais elle est atteinte d’une irrégularité (cause illicite) selon
l’épouse qui porte le litige devant la justice.
Si la justice prononce la nullité de la société, la SCI va devenir une société de fait.
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3. Objectif poursuivi par l’épouse
Au cours de leur mariage, les époux mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts
constituent une masse de biens communs au moyen, notamment, de leurs revenus. À la dissolution du
mariage (en cas de divorce), les biens communs sont partagés.
Une société a un patrimoine distinct de celui de ses associés. Un bien immobilier acquis par une société lui
appartient.
Selon l’article 1844-15, lorsqu’elle est prononcée, la nullité de la société met fin, sans rétroactivité, à
l’exécution du contrat. À l’égard de la personne morale qui a pu prendre naissance, elle produit les effets
d’une dissolution prononcée par justice.
Si la SCI est annulée, la société va être dissoute et son actif va être partagé pour moitié entre les deux
associés.
Dans le cas, les époux divorcent et l’épouse plaide la nullité de la SCI en vue de sa dissolution pour faire
revenir pour partie le bien acquis par la SCI frauduleusement dans le patrimoine commun, en vue du
partage de la communauté qui aura lieu à l’issue du divorce.
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Chapitre 10
LA SARL PLURIPERSONNELLE
APPLICATION 2
Cas Aubanel
DOSSIER 1 : CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ
2. Apport en industrie
L’apport en industrie (travail, services ou connaissances) est possible si les statuts l’autorisent. L’apport en
industrie n’est pas pris en compte pour la formation du capital. La part de l’associé en industrie dans les
bénéfices et sa contribution aux pertes est égale à celle de l’associé qui a le moins apporté, sauf clause
contraire des statuts.
Application : Jérémy apporte sa compétence en élagage des arbres ; il s’agit d’un apport en industrie que les
statuts doivent autoriser. À défaut de précision dans les statuts, sa part de bénéfice (ou de pertes) sera
égale à celle de Yacine (associé qui a le moins apporté : 800 €).
1. Nomination du gérant
La SARL est gérée par une ou plusieurs personnes physiques dont le nombre est librement fixé par les
statuts. Elles sont choisies parmi les associés ou en dehors d’eux. Le(s) gérant(s) est(sont) nommé(s) par les
statuts ou au cours de la vie sociale par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts
sociales sur première consultation ; si cette majorité n’est pas atteinte, il(s) sera(ont) nommé(s) à la
majorité des votes émis sur seconde consultation, sauf si les statuts écartent la secon de consultation.
De plus, le gérant doit avoir la capacité civile, ne pas être frappé d’interdiction de gérer ou d’incompatibilité.
Aucune limite d’âge n’est prévue par la loi mais les statuts peuvent en prévoir une.
Le gérant peut cumuler plusieurs mandats de gérance de SARL, sauf clause contraire des statuts.
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Application : Yacine est une personne physique, associée de la SARL qui devra être nommée avant
l’immatriculation de la société par les associés. Les autres conditions (âge, capacité, interdiction) restent à
vérifier. Yacine pourra être gérant de la société.
Le renouvellement de son mandat nécessitera la réunion de 291 parts sociales sur première consultation :
250 + 40 (de Jérémy) + 1.
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Sur première consultation, les décisions sont adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la
moitié des parts sociales ; sur seconde consultation, les décisions sont prises à la majorité des votes émis
quel que soit le nombre des votants.
Application : L’assemblée doit se tenir avant le 30 juin ; Yacine doit convoquer les associés avant le 14 juin
en envoyant les documents d’information. La majorité sera de 291 parts sociales sur première consultation.
DOSSIER 5
APPLICATION 3
Cas Bapré
La société Bapré est une SARL au capital de 10 000 €, réparti en 1 000 parts de 10 € l’une. Elle se compose
de 3 associés personnes physiques dont l’un deux, M. Carol, est gérant. La société a réalisé des pertes
depuis deux exercices ce qui amène le gérant à se poser divers problèmes.
PREMIÈRE PARTIE
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leurs mandataires, il dirige les débats, il fait voter sur les résolutions proposées, il répond aux questions
posées par écrit (éventuellement), il établit le procès-verbal de l’assemblée sur le registre des assemblées et
le signe.
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5. Cumul des fonctions de gérance avec un contrat de travail
Dans le silence de la loi sur ce point, une construction jurisprudentielle rend licite un tel cumul si trois
conditions sont remplies :
le contrat de travail doit correspondre à un emploi effectif (non fictif ou en vue de tourner les règles de
la révocation de la gérance) ;
les fonctions de gérance doivent être nettement distinctes des fonctions salariales : le gérant a une
tâche de direction générale, le contrat de travail doit être spécialisé dans une tâche (ici la fonction
technique). Diverses décisions jurisprudentielles ont exigé le versement d’une rémunération distincte
pour admettre le cumul, mais l’unicité de la rémunération n’entraîne pas à elle seule le rejet du cumul.
NB : On peut s’interroger, dans le cas de la société Bapré, sur sa taille qui doit être modeste car il a été jugé
que, dans une entreprise de dimension modeste, la séparation entre direction générale et direction
technique confiées au gérant était purement artificielle (Paris 18.06.87 – Cass. 21.07.81 – Paris 10.10.89) ;
l’intéressé doit être placé dans un état de subordination à l’égard de la société, ce qui implique qu’il soit
gérant minoritaire. Pour qualifier la gérance de majoritaire, il faut ajouter aux parts détenues par
l’associé celles de son conjoint et de ses enfants mineurs non émancipés. Dans notre cas, M. Carol
détient 450 parts sur 1 000. Il ne faut pas ajouter celles de sa fille qui est majeure. Il est donc gérant
minoritaire.
M. Carol remplit les conditions de cumul. Il faut conseiller à M. Carol de maintenir les deux bulletins
mensuels qui justifient (en la forme) l’existence de deux contrats (de gérance et de travail).
DEUXIÈME PARTIE
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la moitié du capital social.
Si la société n’a pas fait connaître sa décision dans le délai de 3 mois, le consentement à la cession est
réputé acquis.
L’associé cédant, M. Pul, participe au vote.
En cas de refus de l’agrément et si le cédant détient ses parts depuis au moins 2 ans, la société doit faire
acquérir les parts par quelqu’un d’autre ou, éventuellement, réduire son capital par rachat des parts dans le
délai de 3 mois (6 mois par décision de justice ; mais cette deuxième hypothèse implique des conditions
particulières). Si, à l’expiration de ce délai imparti, aucune des solutions n’est intervenue, l’associé peut
réaliser la cession initialement prévue (agrément par déchéance).
Enfin, la cession doit faire l’objet des formalités pour être opposable à la société et aux tiers :
projet de cession à notifier à la société et à chaque associé ;
opposabilité à la société : soit par signification par acte extra-judiciaire, soit par dépôt d’un original
entre les mains du gérant et contre attestation de ce dépôt ;
opposabilité aux tiers : par le dépôt au greffe de deux exemplaires de l’acte de cession.
APPLICATION 4
Cas Lord
1. Cumul du statut d’associé et du statut de salarié
La jurisprudence a précisé les conditions du cumul du mandat de gérant avec un contrat de travail ainsi que
les conditions du cumul quant à l’associé non gérant.
Romain Brun est associé minoritaire non gérant.
Conditions pour bénéficier d’un contrat de travail avec la société
• Fonction effective : le contrat de travail doit être réel (non fictif ).
• Existence d’un lien de subordination.
• L’associé salarié ne doit pas s’immiscer dans la gestion.
• La conclusion d’un tel contrat de travail avec la société entre dans le champ des conventions réglementées
(art. L. 223-19 al. 1) : il doit être approuvé par les autres associés par décision ordinaire.
Procédure
• Conclusion de la convention (contrat de travail) entre la SARL et Romain Brun.
• Information du CAC, s’il existe, par le gérant dans le délai d’un mois à compter de la conclusion de la
convention.
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©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
• Établissement d’un rapport par le gérant ou le CAC (c’est le cas dans le sujet) sur la ou les conventions
intervenues.
• Présentation du rapport à l’assemblée.
• Vote de l’assemblée statuant à la majorité des parts sociales.
• L’associé intéressé ne peut pas voter ; ses parts ne sont pas prises en compte pour le calcul du quorum et
de la majorité.
Application au cas : Pour le calcul de la majorité, il faut déduire les 1 000 parts de Romain Brun ; 4 501 parts
sont nécessaires pour que la convention soit approuvée.
©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
• Si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à dommages-intérêts.
• Une infraction aux dispositions légales ou statutaires ou une faute de gestion constituent un juste motif de
révocation.
Application au cas : Stéphane Brun pourra être révoqué puisque le clan des « opposants » détient 7 100
parts sur 10 000.
La nomination d’un nouveau gérant
• Le gérant doit être une personne physique, capable, non frappée d’interdiction ou d’incompatibilité.
• Nomination à la majorité des parts sociales ou à la majorité des votes émis sur 2 e consultation (sauf
stipulation contraire des statuts).
Application au cas : la SA Verd ne peut être gérante de la SARL puisqu’elle est une personne morale. Elle
pourra proposer la nomination d’une personne physique de son choix pour occuper les fonctions de gérant.
Le vote devra réunir 5 001 parts sur première consultation.
APPLICATION 5
Cas Rape
1. Organe compétent
• Emprunt auprès de la banque : le gérant.
• Augmentation de capital : les associés par un vote à la majorité extraordinaire.
• Émission d’obligations : les associés par un vote à la majorité ordinaire.
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Émission d’obligations : il doit s’agir d’obligations nominatives, l’émission est décidée par les associés à la
majorité ordinaire. L’émission ne doit pas être une offre au public, la présence d’un commissaire aux
comptes est obligatoire, les associés doivent avoir approuvé régulièrement les comptes des trois derniers
exercices de 12 mois, une notice et un document d’information doivent être tenus à disposition des
souscripteurs.
APPLICATION 6
Cas Saffar
1. Les faits
La SARL Colfond fait partie d’un groupe de sociétés. Une cogérance a été installée à sa tête. L’un des
cogérants, M. Saffar, s’oppose à la nouvelle stratégie commerciale voulue par la société mère. Il est révoqué
par les associés de la SARL.
APPLICATION 7
Cas Platane
1. Déplacement du siège social par le gérant
Le déplacement du siège social est une modification statutaire de la compétence des associés, mais la loi
autorise le gérant à décider le déplacement du siège social de la société dans le même département ou un
département limitrophe, sous réserve de ratification de ce déplacement par une décision des associés à la
majorité extraordinaire (art. L. 223-18 al. 8).
Dans le cas, le déplacement du siège s’effectue des Bouches-du-Rhône (13) aux Alpes-Maritimes (06). Ces
deux départements ne sont pas limitrophes (les départements limitrophes des Bouches-du-Rhône étant le
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Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard). Le gérant ne peut pas prendre seul la décision de
déplacement ; il doit la soumettre aux associés.
APPLICATION 8
Cas Garreau
1. Les faits
Deux époux, seuls associés de la SARL Garreau, ont cédé l’intégralité de leurs parts.
Avant la cession, l’époux gérant s’est octroyé une rémunération sans y être autorisé par l’assemblée des
associés.
Après la cession, le cessionnaire demande l’annulation de la décision prise par le gérant et la restitution de
la somme qui lui a été versée.
3. Conséquence financière
Le montant de la rémunération que le gérant s’est octroyé devra être restitué à la société.
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Chapitre 11
LA SARL UNIPERSONNELLE OU EURL
APPLICATION 2
Cas Halima
1. La constitution d’une SARL unipersonnelle
Conditions
• 1 associé personne physique ou personne morale, capable.
• Un capital fixé librement à libérer d’un cinquième à la souscription, le reste dans les 5 ans pour les apports
en numéraire.
• Rédaction de statuts types possible et mêmes formalités que la SARL pluripersonnelle, sauf quelques
allégements des formalités de publicité pour l’EURL dont l’associé est l’unique gérant : dispense de publicité
au BODACC (art. L. 233-1 al. 3 C. com.), dispense du dépôt du rapport de gestion suite à la décision
d’approbation des comptes par l’associé unique (art. L. 232-22-1 modifié C. com.).
Avantages de l’EURL
• Séparation des patrimoines : le patrimoine personnel de l’associé est distinct du patrimoine de
l’entreprise.
• Responsabilité limitée de l’associé unique à son apport.
• Pérennité de l’entreprise.
• Transmission de l’entreprise facilitée par la transmission des parts aux héritiers.
• Option possible à l’IS.
Direction de la société
L’associé unique peut être le gérant de la société. Le cumul des deux qualités lui permettra de rester maître
de son affaire.
Contrôle de la société
Le commissaire aux comptes est facultatif sauf si l’EURL dépasse deux des trois seuils suivants :
total du bilan : 1,55 million d’euros ;
chiffre d’affaires HT : 3,1 millions d’euros ;
nombre moyen de salariés : 50.
Modèle de statuts types : voir pages suivantes.
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4. Transformation de l’EURL en SARL pluripersonnelle
La décision de cession de parts sociales détenues par M. Halima devra être constatée par un acte sous seing
privé ou notarié et consignée dans un registre à peine de nullité (art. L. 223-31 al. 3 et 4). La procédure
d’agrément n’est pas applicable puisque la cession relève de la seule décision de l’associé unique (art.
L. 223-14 al. 2). Il devra procéder aux formalités de publicité dans les mêmes conditions qu’une SARL
pluripersonnelle puisqu’il y aura modification statutaire (répartition du capital modifiée), à savoir insertion
au JAL, dépôt au greffe d’un exemplaire de la décision unilatérale, statuts mis à jour, inscription modificative
au RCS.
La transformation de l’EURL en SARL pluripersonnelle peut résulter également d’une décision
d’augmentation de capital souscrite par l’ami de M. Halima. S’agissant d’une décision extraordinaire et
modificative des statuts, les formalités décrites ci-dessus seront à respecter.
(Voir document pages ci-après.)
APPLICATION 3
Cas Stin
1. Création d’EURL par une société
L’article 1832 al. 2 du Code civil prévoit que la société peut être instituée par l’acte de volonté d’une seule
personne.
Une personne morale peut créer plusieurs SARL unipersonnelles dont elle sera l’associée unique. La société
Stin sera l’associée unique des 2 EURL qu’elle détiendra à 100 %.
APPLICATION 4
Cas Vac
En cas de réunion en une seule main de toutes les parts d’une société à responsabilité limitée, les
dispositions de l’article 1844-5 du Code civil relatives à la dissolution judiciaire ne sont pas applicables (art.
L. 223-4 C. com.).
Dans ce cas, contrairement au régime de droit commun, il n’est pas possible à tout intéressé de demander
en justice la dissolution de la société.
Le passage de la SARL pluripersonnelle à l’EURL est réalisé dès que la cession des parts entraînant réunion
de tous les droits sociaux dans une même main devient opposable aux tiers, c’est-à-dire après le dépôt d’un
original de l’acte de cession au siège social ou signification par huissier à la société et le dépôt au greffe du
tribunal de commerce de deux exemplaires de l’acte de cession.
Application au cas
La société Plum devient une EURL détenue à 100 % par la SA Vac, situation tout à fait légale. L’EURL Plum
continue d’exister, elle est toujours une entité juridique autonome.
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MODÈLE DE STATUTS TYPES DE SOCIÉTÉS À RESPONSABILITÉ LIMITÉE
DONT L’ASSOCIÉ UNIQUE PERSONNE PHYSIQUE ASSUME PERSONNELLEMENT LA GÉRANCE
(DÉCRET DU 19.12.2008)
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Article 8
Gérance
La société est gérée par son associé unique, M. HALIMA Albert.
Article 9
Décisions de l’associé
L’associé unique exerce les pouvoirs et prérogatives de l’assemblée générale dans la société
pluripersonnelle. Ses décisions sont répertoriées sur un registre coté et paraphé. Il ne peut en
aucun cas déléguer ses pouvoirs.
Article 10
Exercice social
Chaque exercice social a une durée de douze mois qui commence le 1.01 et finit le 31.12 (Par
exception, le premier exercice sera clos le ………………)
Article 11
Comptes sociaux
L’inventaire et les comptes annuels sont établis par l’associé unique gérant. Leur dépôt au
registre du commerce et des sociétés dans le délai de six mois à compter de la clôture de
l’exercice vaut approbation des comptes.
Le rapport de gestion est établi chaque année par l’associé unique gérant et tenu à la disposition
de toute personne qui en fait la demande.
Article 12
Actes accomplis pour le compte de la société en formation
L’état des actes accomplis pour le compte de la société en formation a été annexé aux statuts. La
signature de ceux-ci emportera reprise de ces engagements par la société, lorsque celle-ci aura
été immatriculée au registre du commerce et des sociétés.
Article 13
Frais/formalités de publicité
Les frais afférents à la constitution des présents statuts et de leurs suites seront pris en charge par
la société.
Tous les pouvoirs sont donnés au porteur d’une copie des présentes à l’effet d’accomplir toutes
les formalités légales de publicité.
Fait à Marseille, le (date du jour)
En 4 exemplaires.
Signature de l’associé :
Halima
APPLICATION 5
Cas Koncept
1. Situation
L’EURL Le Koncept, gérée par M. L…, a été mise en redressement judiciaire. Le plan de redressement mis en
place a prévu la cession du fonds de commerce. La société était débitrice auprès de l’administration fiscale
d’une somme au titre de la TVA encaissée et non reversée. Après la cession du fonds de commerce, la DGI,
impayée, intente une action en responsabilité fiscale contre le dirigeant. La cour d’appel retient la
responsabilité du dirigeant, M. L… et l’a déclaré solidairement responsable du paiement d’une somme due
par l’EURL au titre de la TVA ; la Cour de cassation rejette le pourvoi de M. L…
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Chapitre 12
LA SOCIÉTÉ ANONYME :
CONSTITUTION
APPLICATION 2
Cas Bonal
1. Montant total de la libération du capital
Pour les apports en numéraire, les actionnaires doivent libérer obligatoirement la moitié du capital à la
souscription. Le surplus du capital sera libéré en une ou plusieurs fois sur décision du conseil
d’administration ou du directoire selon l’organisation de la société, dans un délai qui ne peut excéder cinq
ans à compter de l’immatriculation de la société au RCS.
Application : la SA Bonal est constituée avec 37 000 € de capital (minimum légal). Les sept actionnaires
devront remettre au total 18 500 €.
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5. Contribution aux pertes si la première année d’exploitation se
révèle déficitaire
Les actionnaires doivent partager les bénéfices (ou les économies) et contribuer aux pertes, comme dans
toute société. Ils supportent les pertes à concurrence de leurs apports. Leur contribution ne peut ex céder
leur part dans le capital social.
Application : il faudra appliquer la répartition des pertes à chaque actionnaire en fonction de leur détention
de capital figurant dans les statuts. L’actionnaire ne pourra pas perdre plus de 10 000 €.
APPLICATION 3
Cas Eurotunnel
1. Montant minimum de capital à réunir pour constituer la SA avec
offre au public
Le capital minimum est de 37 000 €, à libérer de moitié au minimum à la souscription pour les apports en
numéraire.
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Chapitre 13
LA SOCIÉTÉ ANONYME AVEC CONSEIL
D’ADMINISTRATION :
FONCTIONNEMENT
APPLICATION 2
Cas Mérou
1. Succession du président-directeur général
Raison du départ
Le président-directeur général actuel, Louis Merou, est atteint par la limite d’âge. En effet, l’article L. 225 -48
du Code de commerce précise que « lorsqu’un président de conseil d’administration atteint la limite d’âge, il
est réputé démissionnaire d’office ». L’article L. 225-48 al. 1 du Code de commerce énonce que « les statuts
doivent prévoir pour l’exercice des fonctions de président du conseil d’administration une limite d’âge qui, à
défaut d’une disposition expresse, est fixée à 65 ans » et l’article L. 225-54 pour le directeur général fixe
aussi la limite d’âge à 65 ans. Or, M. Merou a 65 ans.
Deux hypothèses sont à envisager :
les statuts n’ont pas prévu une limite d’âge différente de la limite légale, il faudra pourvoir à son
remplacement ;
les statuts ont prévu une limite d’âge différente (plus élevée dans ce cas), il pourra donc continuer à
exercer ces fonctions.
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2. Nomination de D. Chaix au poste de chef comptable
D. Chaix est administrateur de la société anonyme Merou. Le problème est celui du cumul du contrat de
mandat d’administrateur et d’un contrat de travail dans la même société.
Un administrateur en fonction peut conclure un contrat de travail avec la société à condition que son
contrat de travail corresponde à un emploi effectif et que la société réponde aux critères suivants :
effectif inférieur à 250 salariés ;
total du bilan n’excédant pas 43 milliards d’euros ou montant HT du chiffre d’affaires n’excédant pas
50 millions d’euros.
Le nombre d’administrateurs liés à la société par un contrat de travail ne doit pas dépasser le tiers des
administrateurs en fonction.
Application : l’emploi de chef comptable est effectif, la SA Merou compte 46 salariés ; reste à vérifier le total
du bilan ou le montant du CA. Cependant, deux administrateurs sur quatre auraient un contrat de travail si
D. Chaix obtient le poste de chef comptable. La règle du tiers est dépassée. D. Chaix ne peut pas obtenir le
contrat de travail qui est envisagé.
3. L’augmentation de capital
• Article L. 225-129 du Code de commerce : l’assemblée générale extraordinaire est seule compétente pour
décider, sur le rapport du conseil d’administration, une augmentation de capital immédiate ou à terme.
L’assemblée générale extraordinaire peut déléguer cette compétence au conseil d’administration.
• Les formalités de publicité de toute modification statutaire sont à effectuer.
APPLICATION 3
Cas VMC
DOSSIER 1 :
COMPOSITION ET CONVOCATION DU CA, CUMUL DE MANDATS, COOPTATION
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administrateurs actuels sont tous actionnaires. Le PCA doit être une personne physique (M. Castel). On peut
conclure que, selon les données du sujet, le CA est légalement constitué.
NB : les administrateurs sont nommés par AGO pour la durée fixée par les statuts sans pouvoir excéder
6 ans (art. L. 225-18 modifié par la loi du 22 mars 2012).
2. Formalisme de convocation du CA
Le CA arrêtant les comptes annuels doit se tenir dans les trois mois à compter de la clôture de l’exercice,
soit ici avant le 31 mars.
C’est le PCA qui organise et dirige les travaux du CA ; il s’assure que les administrateurs sont en mesure de
remplir leur mission. Il les convoque selon les modalités statutaires (par lettre recommandée) en précisant
l’ordre du jour. Les administrateurs peuvent accéder à toutes les informations utiles à l’accomplissement de
leur mission.
3. Cumul de mandats
• Castel : PDG de la SA VMC et DG de la filiale asiatique : une personne physique ne peut exercer plus d’un
mandat de directeur général de société anonyme ayant son siège social sur le territoire français. La filiale
asiatique ayant son siège hors du territoire français (Hong Kong), elle n’entre pas dans le calcul des
mandats : Castel pourra cumuler les deux fonctions.
• Petit : Administrateur de la SA VMC et DG de la filiale VMC Europe : la loi fixe à cinq le nombre maximum
de mandats d’administrateurs ; Petit n’en détient qu’un. Il peut aussi détenir un mandat de directeur
général. Le plafond global, tous mandats confondus, ne peut dépasser cinq. Petit a deux mandats qu’il peut
cumuler légalement.
• Migeon : Administrateur de la SA VMC et DG de la filiale américaine basée à New York. Ce dernier mandat
n’étant pas exercé sur le territoire français, il n’est pas comptabilisé dans le calcul du cumul. Migeon peut
cumuler légalement ces deux mandats.
5. Présence du CAC au CA
Le CAC doit être convoqué à toutes les réunions du conseil d’administration qui examinent et arrêtent les
comptes de l’exercice écoulé.
C’est le cas ici puisque le CA va devoir établir et arrêter les comptes en vue de l’assemblée générale
annuelle obligatoire.
DOSSIER 2 : FONCTIONNEMENT DU CA
2. Conditions de délibération du CA
Le conseil d’administration ne délibère valablement que si la moitié au moins de ses membres sont
présents. Le CA compte trois administrateurs présents sur quatre. Le quorum est atteint. Les décisions sont
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prises à la majorité des membres présents ou représentés. En cas de partage des voix, cell e du président est
prépondérante (sauf disposition statutaire contraire).
Dans le cas, Mme Migeon sera comptabilisée pour le vote des décisions : quatre administrateurs voteront
et, en cas de partage des voix, Castel fera pencher la décision dans le sens qu’il souhaite puisqu’il a voix
prépondérante.
1. Compétence du CA
Le CA détermine les orientations de l’activité de la société et veille à leur mise en œuvre. Sous réserve des
pouvoirs expressément attribués aux assemblées d’actionnaires et dans la limite de l’objet social, il se saisit
de toute question intéressant la bonne marche de la société et règle par ses délibérations les affaires qui la
concernent. Par ailleurs, le CA procède aux contrôles et vérifications qu’il juge opportuns. De plus, le CA est
compétent pour l’établissement des comptes sociaux, l’autorisation des conventions réglementées, la
cooptation des administrateurs.
Dans le cas, le CA devra voter :
l’établissement des comptes ;
l’autorisation du renouvellement du contrat de travail de Mme Migeon qui est une convention
réglementée. Mme Migeon devra s’abstenir de voter. Le PCA devra transmettre la convention au CAC.
L’approbation du contrat sera soumise au vote de l’assemblée générale ordinaire annuelle ;
la cooptation de M. Banc ;
le vote sur les orientations de l’activité de la société : création de la filiale asiatique, absorption du
fabricant indien.
3. Responsabilité du DG
Étant investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société, la loi le
rend responsable envers la société et les tiers en cas d’infraction aux dispositions législatives ou
réglementaires concernant la SA, de violation des statuts, de faute de gestion.
Dans le cas, si la stratégie envisagée se révèle déficitaire, la faute de gestion devra être démontrée pour
engager la responsabilité du DG, ce qui sera difficile car toute stratégie comporte des risques d’échec. De
plus, l’ancienneté de la société et son implantation mondiale progressive plaident pour une stratégie
réfléchie et raisonnable.
La jurisprudence récente ne retient la responsabilité du dirigeant qu’en cas de faute grave de gestion
(exemple : prise de décision d’investissement à long terme qui s’est révélée gravement préjudiciable pour la
société au mépris du respect des statuts qui limitaient la prise de cette décision – CA Paris, 27.05.2014).
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APPLICATION 4
Cas Air liquide
Il s’agit d’un formulaire de vote par correspondance des actionnaires de société anonyme.
1. Procuration (cases 1 et 3)
À défaut d’assister personnellement à l’assemblée, l’actionnaire peut :
soit se faire représenter par un autre actionnaire ou son conjoint (case 3) ;
soit voter par correspondance (par visioconférence ou moyen de télécommunication si les statuts le
prévoient) ;
soit renvoyer le formulaire sans indiquer de mandataire (il donne mandat au président, case 1).
« Un actionnaire peut se faire représenter par un autre actionnaire ou par son conjoint. Tout actionnaire
peut recevoir les pouvoirs émis par d’autres actionnaires en vue d’être représenté à une assemblée sans
autres limites que celles résultant des dispositions légales ou statutaires fixant le nombre maximal des voix
dont peut disposer une même personne, tant en son nom personnel que comme mandataire.
Les clauses contraires aux dispositions des alinéas précédents sont réputées non écrites.
Pour toute procuration d’un actionnaire sans indication de mandataire, le président de l’assemblée générale
émet un vote favorable à l’adoption des projets de résolution présentés ou agréés par le conseil
d’administration ou le directoire, selon le cas, et un vote défavorable à l’adoption de tous les autres projets
de résolution. Pour émettre tout autre vote, l’actionnaire doit faire choix d’un mandataire qui accepte de
voter dans le sens indiqué par le mandant. ».
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APPLICATION 5
Cas Bouvreuil
Calendrier des opérations dans l’hypothèse où l’assemblée générale ordinaire annuelle va se tenir le plus
tard possible :
Opérations Date limite
APPLICATION 6
Cas Reine
1. Délai de convocation – Participants à l’assemblée générale –
Quorum
Délai de convocation : un délai de quinze jours doit s’écouler entre la convocation et la date de l’assemblée
sur première convocation (10 jours, sur 2 e convocation). Ici, le délai est de 17 jours : le délai légal est
respecté.
Participants à l’assemblée : trois actionnaires sont présents dont le président du conseil d’administration et
directeur général. Ces actionnaires représentent légalement les autres actionnaires.
Quorum sur première convocation : les actionnaires présents ou représentés doivent posséder le cinquième
des actions ayant droit de vote. Dans le cas, les actionnaires présents ou représentés possèdent 10 000
actions sur 10 000 actions ayant droit de vote (100 %). Le quorum est atteint, l’assemblée peut délibérer
valablement.
3. Ordre du jour
Avant de délibérer, le président donne lecture de trois rapports : rapport de gestion, rapport général du CAC
et rapport spécial du CAC sur les conventions réglementées.
Les actionnaires sont appelés à voter sur les points à l’ordre du jour suivants :
approbation des comptes ;
affectation du résultat (une répartition du résultat par dividende) ;
approbation des conventions réglementées ;
approbation de la rémunération du PDG ;
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procuration est donnée (au président) pour effectuer les formalités obligatoires (dépôt au greffe des
comptes annuels, du rapport du CAC, la proposition d’affectation du résultat et la résolution votée). Le
dépôt doit être effectué dans le mois qui suit l’approbation des comptes.
Le dépôt du rapport de gestion est supprimé sauf pour les sociétés cotées art. L. 232-23 modifié par la loi du
22 mars 2012.
APPLICATION 7
Cas Arestop
1. Conditions légales de révocation d’un administrateur
Les administrateurs peuvent être révoqués à tout moment par l’assemblée générale ordinaire (art. L. 225-18
al. 2 C. com.).
L'assemblée ne peut délibérer sur une question qui n'est pas inscrite à l'ordre du jour. Néanmoins, elle peut,
en toutes circonstances, révoquer un ou plusieurs administrateurs ou membres du conseil de surveillance et
procéder à leur remplacement (art. 225-105 al. 3).
L’organe compétent pour révoquer un administrateur est l’assemblée générale ordinaire, même si la
révocation ne figure pas à l’ordre du jour. La révocation n’a pas à être justifiée.
Application : M. C. a bien été révoqué lors de l’assemblée générale annuelle ordinaire bien que cette
question n’ait pas été mentionnée à l’ordre du jour. Sa révocation n’a pas été justifiée.
3. Décisions de justice
Arrêt de la cour d’appel : il conclut qu’il n’y a pas de révocation abusive.
Arrêt de la Cour de cassation : la Cour casse l’arrêt de la cour d’appel. La révocation est abusive.
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Chapitre 14
LA SA AVEC DIRECTOIRE ET CONSEIL DE
SURVEILLANCE
APPLICATION 2
Cas SA Testa
1. Nombre possible des membres du directoire
Le nombre de membres du directoire dépend du capital de la SA.
En fonction de l’évolution du montant du capital de la société Testa, le nombre de membres du directoire
sera le suivant :
lorsque le capital est à 37 000 € : il s’agit de l’exception prévue par la loi à la présence de deux membres
du directoire au minimum. En effet, dans ce cas, une seule personne peut être nommée « directeur
général unique » (DGU) puisque la SA a un capital inférieur à 150 000 €, mais ceci n’est pas une
obligation, le nombre de directeurs pouvant être de deux ;
lorsque le capital est porté à 150 000 € : il faut deux membres au minimum et cinq membres au
maximum ;
lorsque le capital est porté à 450 000 €, le nombre de membres du directoire ne change pas et reste
compris entre deux et cinq membres ;
lorsque les actions de la SA sont admises aux négociations sur un marché réglementé (en bourse), le
nombre de membres du directoire passe à sept membres au maximum si les statuts l’ont prévu (art.
L. 225-58 C. com.).
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Le commissaire aux comptes présentera à l’assemblée générale un rapport spécial et l’AG devra statuer sur
ce rapport. Lors de l’assemblée générale, Monsieur Nicos, qui est intéressé par l’approbation de cette
convention, ne participera pas au vote et ses actions ne seront pas prises en compte dans le calcul du
quorum et de la majorité.
La révocation de ses fonctions de membre du directoire ne met pas fin au contrat de travail dont Monsieur
Nicos était titulaire avec la société (art. L. 225-61 al. 2).
4. Les conséquences
Le changement de mode d’organisation a des conséquences importantes :
pour les associés : dans la SA avec CA, ils retrouvent le droit d’élire et de révoquer les administrateurs et
ont un contrôle direct sur le fonctionnement de la structure sociétaire avec le commissaire aux
comptes ;
pour les dirigeants : la séparation des fonctions « administration » et « contrôle » est supprimée, les
administrateurs ayant cette double fonction à assurer.
En pratique les changements de forme d’organisation découlent le plus souvent de décisions
« managériales » surtout destinées à permettre une répartition différente des postes de commandement
dans la SA.
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le conseil de surveillance peut agir comme contre-pouvoir, limitant les marges d’initiative du directoire,
ou même, parfois, les postes peuvent être détenus par des membres représentant des intérêts qui
divergent de ceux de la SA ;
le directoire peut s’autocensurer dans son fonctionnement pour ne pas entrer en conflit avec le conseil
de surveillance et entamer son efficacité économique ;
la cohésion des équipes dirigeantes peut se trouver affecter par les mécanismes de contrôle dans la
société à forme dualiste ;
la forme avec CA présente une meilleure homogénéité de management par le caractère unique de
l’organe de décision, le conseil d’administration, même si la confusion des fonctions « administration »
et « contrôle » peut parfois poser des problèmes de rigueur de fonctionnement.
APPLICATION 3
Cas KBG
1. Nomination de Monsieur Renvier, salarié de la société à titre
transitoire, au conseil d’administration
Pour être nommé administrateur, la loi n’impose plus d’être actionnaire. Seuls les statuts peuvent leur
imposer une telle obligation.
Pour être élu, Monsieur Renvier doit être capable (capacité juridique) et ne pas être frappé d’interdictions
(condamnation à des peines de prison pour des infractions économiques…), d’incompatibilités
(fonctionnaire, officier ministériel…).
En principe, la nomination des administrateurs est de la compétence de l’assemblée générale ordinaire
(C. com., art. L. 225-18). Dans certains cas, ils peuvent être désignés par les statuts (art. L. 225-16).
Toutefois, il existe une exception à ce principe : lorsque le nombre d’administrateurs est devenu inférieur au
minimum statutaire, sans toutefois être inférieur au minimum légal, le conseil d’administration doit
procéder alors à des nominations à titre provisoire en vue de compléter son effectif dans le délai de six mois
à compter du jour où se produit la vacance (C. com., art. L. 225-24, al. 3).
C’est donc par exception à la compétence légale de l’assemblée générale ordinaire pour la nomination des
administrateurs qu’il est permis, dans des conditions strictes et à titre provisoire, au conseil
d’administration et par cooptation de désigner des administrateurs dont l’assemblée ratifiera
ultérieurement la nomination.
Dans notre cas, le nombre d’administrateurs est devenu inférieur au minimum légal (deux au lieu de trois),
les administrateurs restants doivent convoquer immédiatement l’assemblée générale ordinaire en vue de
compléter l’effectif du conseil.
Dans notre hypothèse, le conseil d’administration compte moins de trois membres (minimum légal) ; il n’est
donc plus régulièrement constitué et la réduction du nombre des administrateurs en dessous du minimum
légal rend, dans notre situation, la cooptation de Monsieur Renvier impossible.
Une fois élu administrateur, Monsieur Renvier pourra se faire élire président par le conseil d’administration
en remplacement du démissionnaire.
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2. Procédure du changement de mode de gouvernance
À tout moment, une société anonyme avec CA peut adopter le type de gestion avec directoire et conseil de
surveillance. Cette adoption résulte de l’adaptation ou de la modification des statuts concer nant
l’administration de la société par décision de l’assemblée générale extraordinaire. Les formalités concernant
la modification des statuts sont exigées.
Le changement de mode d’organisation est une décision qui nécessite donc l’accord de l’assemblée
générale extraordinaire. Le CA devra établir un rapport et convoquer l’assemblée générale extraordinaire.
Cette assemblée se réunira sur convocation du conseil d’administration et devra se prononcer sur le rapport
du directoire proposant ce changement aux conditions de quorum et de majorité suivantes :
quorum : un quart sur première convocation, un cinquième sur deuxième convocation ;
majorité : les deux tiers des voix des actionnaires présents ou représentés
L’assemblée approuvant cette modification statutaire devra :
être publiée dans un journal d’annonces légales du département du siège social ;
être déposée au greffe du tribunal de commerce du siège social avec les statuts modifiés ;
faire l’objet d’une inscription modificative au RCS ;
être publiée dans le BODACC.
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un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros ou un montant HT du chiffre d’affaires n’excédant
pas 50 millions d’euros.
Depuis la loi du 13 mars 2012, le cumul d’un mandat d’administrateur avec un contrat de travail est possible
même si l’administrateur était déjà en fonction avant la conclusion de son contrat de travail dès lors que
celui-ci correspond à un emploi effectif et que la société dans laquelle il siège est une PME au sens de sa
définition posée par la législation européenne, à savoir (art. L. 225-21-1 c. com). Il faut que le membre du
conseil de surveillance soit placé dans un état de subordination vis-à-vis de la société pour qu’il y ait contrat
de travail (règle permanente en matière de droit du travail).
5. Les prérogatives
Les prérogatives du président du conseil d’administration
Il organise et dirige les travaux du conseil d’administration et il en rend compte à l’assemblée générale de la
société (art. L. 225-51). Dans des conditions définies par les statuts et après décision du CA, le président
peut cumuler ses fonctions avec celle de directeur général. Il dispose alors aussi des pouvoirs attribués au
directeur général des sociétés anonymes.
Les prérogatives du président du conseil de surveillance
Le président du conseil de surveillance convoque le conseil de surveillance. II en dirige les débats.
Le conseil de surveillance exerce le contrôle permanent de gestion de la société par le directoire (art. L. 225-
68 C. com). À cet effet, il peut, à toute époque de l’année, effectuer les vérifications et les contrôles qu’il
juge nécessaires, grâce notamment aux rapports trimestriels du directoire et aux comptes annuels remis en
fin d’exercice.
En aucun cas, le conseil de surveillance ne représente la société et n’a le pouvoir de l’engager envers les
tiers. Le contrôle du conseil de surveillance porte à la fois sur la régularité et sur l’opportunité de la gestion.
Les prérogatives du directeur général unique
Le directeur général unique (unique membre du directoire), représente la société à l’égard des tiers (art.
L. 225-66 al. 1 C. com.).
Le directoire est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société
(art. L. 225-64 C. com.).
Les limites à ses pouvoirs sont :
l’objet social ;
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les pouvoirs conférés au conseil de surveillance ;
les pouvoirs réservés aux assemblées d’actionnaires ;
les clauses statutaires limitatives des pouvoirs qui, bien qu’inopposables aux tiers, s’imposent au
directoire.
Dans ses rapports avec les tiers, la société est engagée même par les actes du directoire qui ne relèvent pas
de l’objet social (sauf mauvaise foi du tiers qui connaissait le dépassement de pouvoir du dirigeant).
Le directoire exerce donc les fonctions de direction et de gestion de la société.
Le directoire convoque les assemblées générales et réalise les modifications de capital sur délégation de
l’assemblée générale extraordinaire.
L’assemblée générale peut déléguer sa compétence au directoire pour décider une augmentation de capital.
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Chapitre 15
LA SOCIÉTÉ ANONYME :
CONTRÔLE ET GOUVERNANCE
APPLICATION 2
Cas Furax
1. Conditions d’exercice du droit d’alerte par un actionnaire
L’actionnaire a le droit :
de poser des questions par écrit ;
deux fois par exercice ;
sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation ;
à condition de détenir 5 % du capital.
Application : M. Furax détient bien 5 % du capital (il détient 6 %) mais la situation de la société est bonne
puisque depuis sa création les résultats sont satisfaisants. De ce fait, la continuité de l’exploitation n’est pas
compromise. Il ne pourra pas faire usage de son droit d’alerte. S’il en fait usage, sa demande peut être
rejetée légalement.
APPLICATION 3
Cas Céline
1. Déclenchement de l’alerte par Monsieur Céline
Le commissaire aux comptes doit déclencher l’alerte lorsqu’il estime qu’il existe des faits de nature à
compromettre la continuité de l’exploitation.
Ces critères sont, soit fondés sur la situation financière, soit sur l’exploitation, soit sur d’autres motifs ou
événements.
L’alerte déclenchée par le commissaire aux comptes paraît judicieuse mais elle est peut-être un peu trop
prématurée, bien que, la saison approchant, le risque pour l’entreprise s’accroisse.
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Les critères retenus par le commissaire aux comptes sont plutôt fondés sur l’exploitation, qui, du fait du
comportement du dirigeant, risque de se retrouver en sous-activité importante pendant la saison, mais
aussi sur des critères personnels liés au comportement du dirigeant (conflit avec le conjoint, omission de
contacts avec les fournisseurs, de dépenses publicitaires).
2. Risque de l’entreprise
Le commissaire aux comptes aurait pu effectivement tempérer les critères de déclenchement de l’alerte par
l’incidence d’un ou plusieurs autres critères favorables, comme l’absence de difficultés de paiement, le
« réveil » possible du dirigeant quelque temps avant la saison.
APPLICATION 4
Cas Oberson
Principales incompatibilités pour exercer les fonctions de commissaire aux comptes
Les fonctions de commissaire aux comptes sont incompatibles :
avec toute activité ou tout acte de nature à porter atteinte à son indépendance ;
avec tout emploi salarié, mais il peut dispenser un enseignement se rattachant à l’exercice de sa
profession ou occuper un emploi rémunéré chez un commissaire aux comptes ou chez un expert-
comptable ;
avec toute activité commerciale, qu’elle soit exercée directement ou par personne interposée. À ces
incompatibilités générales s’ajoutent les suivantes :
1. les fondateurs, apporteurs en nature, bénéficiaires d’avantages particuliers, administrateurs ou, le cas
échéant, membres du directoire ou du conseil de surveillance de la société ou de ses filiales telles qu’elles
sont définies par l’article 233-1 ;
2. les parents et alliés, jusqu’au quatrième degré inclusivement, des personnes visées précédemment (1.) ;
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3. les administrateurs, les membres du directoire ou du conseil de surveillance, les conjoints des
administrateurs ainsi que, le cas échéant, des membres du directoire ou du conseil de surveillance des
sociétés possédant le dixième du capital de la société ou dont celle-ci possède le dixième du capital ;
4. les personnes qui, directement ou indirectement ou par personne interposée, reçoivent de celles qui sont
mentionnées au 1., de la société ou de toute société à laquelle s’applique le 3 ci-dessus, un salaire ou une
rémunération quelconque à raison d’une autre activité que celle de commissaire aux comptes ; cette
disposition ne s’applique ni aux activités professionnelles complémentaires effectuées à l’étranger, ni aux
missions particulières de révision effectuées par le commissaire aux comptes pour le compte de la société
dans les sociétés comprises dans la consolidation ou destinées à entrer dans le champ de cette dernière. Les
commissaires aux comptes peuvent recevoir des rémunérations de la société pour des missions
temporaires, d’objet limité, et entrant dans le cadre de leurs fonctions, dès lors que ces missions leur sont
confiées par la société à la demande d’une autorité publique ;
5. Les sociétés de commissaires, dont l’un des associés, actionnaires ou dirigeants se trouve dans une des
situations prévues aux alinéas précédents ;
6. Les conjoints des personnes qui, en raison d’une activité autre que celle de commissaire aux comptes,
reçoivent soit de la société, soit des administrateurs, des membres du directoire ou du conseil de
surveillance, soit des sociétés possédant le dixième du capital de la société ou dont celle-ci possède le
dixième du capital, un salaire ou une rémunération en raison de l’exercice d’une activité permanente ;
7. Les sociétés de commissaires aux comptes dont soit l’un des dirigeants, soit l’associé ou actionnaire
exerçant les fonctions de commissaire aux comptes au nom de la société, à son conjoint qui se trouve dans
l’une des situations prévues au 6.
L’article 225-225 précise aussi que les commissaires aux comptes ne peuvent être nommés administrateurs,
directeurs généraux ou membres du directoire des sociétés qu’ils contrôlent moins de cinq années après la
cessation de leurs fonctions. La même interdiction est applicable aux associés, actionnaires ou dirigeants
d’une société de commissaires aux comptes.
Pendant le même délai, ils ne peuvent exercer les mêmes fonctions dans les sociétés possédant 10 % du
capital de la société contrôlée par eux ou dont celle-ci possède 10 % du capital lors de la cessation des
fonctions du commissaire.
M. Justinien, commissaire aux comptes de la SA Oberson
Le fait que M. Justinien soit client de la SA Oberson n’est pas une cause d’incompatibilité prévue par la loi.
Sa qualité de gendre n’entre pas dans les cas d’incompatibilité prévus par la loi mais les règles
déontologiques de la profession précisent que le commissaire aux comptes doit refuser toute mission pour
laquelle son indépendance pourrait être mise en doute.
M. Justinien, expert-comptable de la SA Oberson
Il pourra être l’expert-comptable de cette société mais, dans ce cas, il ne pourra pas en être le commissaire
aux comptes.
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Chapitre 16
LA SOCIÉTÉ ANONYME :
DISSOLUTION
APPLICATION 2
Cas Roy
1. La non-libération intégrale du capital
Le capital doit être libéré de la moitié lors de sa souscription. Le solde doit être libéré dans les cinq ans de
l’immatriculation sur appel du CA ou du directoire. Dans notre cas, il apparaît que le capital n’a pas été
entièrement libéré dans les délais légaux et que les dirigeants n’ont pas procédé à l’appel des fonds.
On rappelle que la libération des actions s'opère normalement par :
des versements en numéraire ;
compensation si, lorsque l'appel de fonds a lieu, la dette de l'associé vis-à-vis de la SA est exigible. Cette
compensation sera faite avec les créances que l'associé détient envers la société et qui sont inscrites en
compte courant, dès lors évidemment que les sommes ne sont pas bloquées par une convention entre
la SA et l'associé.
NB : La compensation ne pourra pas intervenir si la société est en liquidation judiciaire. Cependant, l'associé
peut invoquer la compensation légale qui a lieu de plein droit si la fraction non libérée du capital est
devenue exigible avant l'ouverture de la procédure collective.
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L'associé devient automatiquement débiteur des intérêts de cette somme, voire des dommages-intérêts
(art. 1843-3 C. civ.).
En cas de dette et de dissolution, la libération du capital sera exigée par le liquidateur afin d’en régler le
montant. C’est ce qui se passerait ici. Il en serait de même si une procédure collective était engagée
(redressement ou liquidation judiciaire).
3. Que conseillerez-vous ?
Avant la mise en dissolution, on doit conseiller au dirigeant de demander le plus tôt possible de libérer la
quote-part du capital souscrite mais non encore libérée dans les délais.
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9. Paiement de la dette vis-à-vis de la banque
Concernant la dette de la banque de 110 000 €, les associés de la SA n’en seront pas tenus au paiement
puisqu’ils n’en sont pas caution et que leur responsabilité est limitée aux apports faits. Toutefois, le capital
n’ayant pas été entièrement libéré, les associés doivent opérer cette libération qui servira à payer la
banque. Cette situation pourrait être évitée en réduisant le capital de 200 000 € à 140 000 €, déjà libéré. Si
la liquidation devient judiciaire, le raisonnement sera le même. (Voir aussi ci-dessous, Cas Marex,
réponse 7).
APPLICATION 3
Cas Marex
1. Types de dissolution et liquidation concernés
Il s’agit d’une liquidation amiable placée sous le régime conventionnel tel qu’il est prévu par les statuts de la
SA. Cette dissolution procède de la volonté des associés et suppose que toutes les dettes de la société
pourront être payées après liquidation de l’actif.
La décision de dissolution fera l’objet d’une publicité dans le délai d’un mois :
dans un JAL ;
au RCS ;
au BODACC, à l’initiative du greffier.
La décision de dissolution devra être enregistrée auprès des services des impôts.
2. Nomination du liquidateur
Le liquidateur de cette SA a été nommé par une AG statuant aux conditions de quorum et de majorité des
AGO.
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sur requête, à la demande de tout intéressé. Le juge déchoit le liquidateur qui n'a pas accompli ces
diligences de tout ou partie de son droit à rémunération pour l'ensemble de sa mission. Il peut, en outre, le
révoquer. » (Art. L. 237-23 C. com.)
Par ailleurs, « tout intéressé peut demander au président du tribunal statuant en référé d'enjoindre sous
astreinte au liquidateur de remplir ses obligations » relatives à la convocation de l'assemblée (art. L. 238-2
C. com.)
« Dans les trois mois de la clôture de chaque exercice, le liquidateur établit les comptes annuels au vu de
l'inventaire qu'il a dressé des divers éléments de l'actif et du passif existant à cette date, et d'un rapport
écrit par lequel il rend compte des opérations de liquidation au cours de l'exercice écoulé. […] À défaut
d'accomplir ces diligences, le liquidateur peut être déchu de tout ou partie de son droit à rémunération
pour l'ensemble de sa mission par le président du tribunal. » (Art. L. 237-25 al. 1, C. com.)
« Dans les six mois de la clôture de l'exercice et au moins une fois l'an, sauf dispense accordée par décision
de justice, le liquidateur convoque, selon les modalités prévues par les statuts, l'assemblée des actionnaires
qui statue sur les comptes annuels, donne les autorisations nécessaires et, éventuellement, renouvelle le
mandat des contrôleurs, des commissaires aux comptes ou des membres du conseil de surveillance. » (Art.
L. 237-25, C. com.) « Tout intéressé peut mettre en œuvre la procédure d'injonction de faire si le liquidateur
est défaillant. » (Art. L. 238-2 C. com.)
5. Responsabilité du liquidateur
La responsabilité du liquidateur a été dégagée au cours de la deuxième AG dite de liquidation. Les associés
lui ont donné quitus. Cela signifie qu’ils acceptent de considérer que le liquidateur a exercé correctement sa
mission et que les actes qu’il a accomplis ont été faits dans l’intérêt et conformément aux besoins de la
société en liquidation.
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Chapitre 17
LA SAS ET LA SASU
APPLICATION 2
Cas Lucien
1. Le regroupement des structures peut-il être fait à travers une
SAS ?
Dans notre cas, la création d’une SAS pourrait être envisagée.
En effet, toutes les sociétés pourraient être « regroupées » au sein d’une SAS qui serait :
soit constituée pour la cause ;
soit constituée par la transformation d’une SA existante dans le groupe en SAS.
Le regroupement pourrait s’opérer :
soit par une fusion des différentes SA ;
soit par l’acquisition des titres des différentes SA par la SAS qui deviendrait alors une société holding et
qui pourrait être librement organisée dans les statuts, du fait de la souplesse de la SAS.
Pour créer une SAS, il faut :
1 personne physique ou morale au minimum ou plusieurs, pas de maximum ;
capital minimum de la société par actions simplifiée : plus de capital minimum obligatoire ; capital à
libérer pour moitié, le solde dans les 5 ans pour les apports en numéraire.
La loi de modernisation de l’économie du 4.08.2008 (art. L.227-9) a supprimé aussi l’obligation d’un
commissaire aux comptes pour les SAS (voir réponse question 7). Les apports en industrie sont possibles.
Les sociétés dont M. Lucien est associé pourraient constituer une SAS sous réserve de remplir les conditions
de fond ci-dessus. M. Lucien pourrait aussi être actionnaire de la SAS.
2. Présidence de la SAS
La société est représentée à l’égard des tiers par un président désigné dans les conditions prév ues par les
statuts.
Une personne morale peut être nommée président.
M. Lucien peut, en fonction de la clause des statuts désignant le président, occuper cette fonction. La règle
du cumul de mandats de la SA n’est pas applicable à la SAS.
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Pénale
En cas :
d’infractions relatives à la constitution de la société ;
d’abus de biens sociaux ;
de distribution de dividendes fictifs ;
d’abus de pouvoirs ou de voix ;
de défaut d’établissement des comptes sociaux ;
d’infractions relatives aux modifications de capital ;
d’infractions concernant le contrôle des comptes sociaux, notamment l’entrave à la mission des
commissaires aux comptes.
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ou si un ou plusieurs associés représentant au moins 10 % du capital demandent en référé au président
du tribunal de commerce la nomination d’un commissaire aux comptes ;
ou si la SAS contrôle ou est contrôlée par une ou plusieurs sociétés.
Précision : Il s’agit du contrôle de façon exclusive ou conjointe définit par l’article L. 233-16 du Code de
commerce :
« Le contrôle exclusif par une société résulte :
1° Soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre
entreprise ;
2° Soit de la désignation, pendant deux exercices successifs, de la majorité des membres des
organes d'administration, de direction ou de surveillance d'une autre entreprise. La société
consolidante est présumée avoir effectué cette désignation lorsqu'elle a disposé au cours de cette
période, directement ou indirectement, d'une fraction supérieure à 40 % des droits de vote, et
qu'aucun autre associé ou actionnaire ne détenait, directement ou indirectement, une fraction
supérieure à la sienne ;
3° Soit du droit d'exercer une influence dominante sur une entreprise en vertu d'u n contrat ou de
clauses statutaires, lorsque le droit applicable le permet.
Le contrôle conjoint est le partage du contrôle d'une entreprise exploitée en commun par un nombre limité
d'associés ou d'actionnaires, de sorte que les décisions résultent de leur accord.
L'influence notable sur la gestion et la politique financière d'une entreprise est présumée lorsqu'une société
dispose, directement ou indirectement, d'une fraction au moins égale au cinquième des droits de vote de
cette entreprise. » (Art. L. 233-16, C. com.)
APPLICATION 3
Cas Florentin
1. Supériorité de la SASU sur la SARL unipersonnelle
Une SASU peut être associée d’une autre SASU, alors qu’une SARL unipersonnelle (EURL) ne peut être
associée d’une autre SARL unipersonnelle (EURL).
Les actions sont librement négociables.
Le président peut être une personne morale alors que le gérant d’une SARL Unipersonnelle (EURL) doit être
une personne physique.
Le régime fiscal et social du président associé de la SASU est celui du DG d’une SA classique. Il peut avoir le
régime des salariés bien que majoritaire.
La gestion de la SASU a une organisation légère et simplifiée, plus encore que celle de l’EURL grâce à la
liberté statutaire.
L’associé unique de la SASU, tout comme celui de la SARL Unipersonnelle, a une responsabilité limitée à son
apport.
On pourra transformer automatiquement la SASU en SAS pluripersonnelle par la cession d’actions ou
l’augmentation de capital réservée à de nouveaux associés (même solution que pour l’EURL).
2. Inconvénients de la SASU
Du fait de la loi de modernisation de l’économie du 4.08.2008, la SASU n’a plus d’inconvénient par rapport à
l’EURL. Le montant du capital minimum de la SASU, comme celui de l’EURL, est libre.
Il n’y a donc pas de problème pour M. Florentin qui dispose d’une somme de 40 000 € pour un apport en
numéraire suite à la perception de son indemnité.
La présence du commissaire aux comptes n’est plus obligatoire (sauf cas particuliers, voir le cours dans le
Manuel), comme dans l’EURL, sauf si certains seuils sont dépassés.
Toutefois, dans les EURL, les seuils de désignation du commissaire aux comptes ne sont pas le même que
dans la SASU.
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Seuils dans les EURL (et les SARL)
La loi n'oblige pas une SARL à avoir un commissaire aux comptes, sauf si la société dépasse au moins deux
des trois seuils suivants :
montant du chiffre d'affaires HT supérieur à 3 100 000 euros ;
total du bilan supérieur à 1 550 000 euros ;
SARL dépassant les 50 salariés.
Ces seuils sont plus élevés que dans les SAS.
La nomination d'un commissaire aux comptes nécessite une modification des statuts, la publication d'une
annonce légale et le dépôt d'un dossier auprès du greffe.
Même sans dépasser les critères précités, et donc en l'absence de toute obligation, une entité (association,
entreprise, société) peut, par la volonté de son assemblée générale, décider de nommer un commissaire aux
comptes.
De plus, certains actes nécessitent l'utilisation d'un commissaire aux comptes (appelé alors selon le cas :
commissaire aux apports, commissaire à la fusion…).
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Chapitre 18
LA SOCIÉTÉ EN NOM COLLECTIF
APPLICATION 2
Cas Courdille
1. La créance de l’expert-comptable
Les associés d’une SNC répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales (art. L. 221-1 al. 1
C. com.).
Le créancier de la SNC ne peut poursuivre les associés qu’après avoir vainement mis en demeure la société
par acte extrajudiciaire (art. L. 221-1 al. 2 C. com).
Si, dans les huit jours qui suivent la mise en demeure, la société n’a pas payé, le créancier peut engager des
poursuites contre l’un des associés (celui qui paraît le plus solvable) afin de saisir ses biens personnels pour
obtenir le remboursement intégral de la créance (il sera poursuivi pour le tout car la responsabilité des
associés d’une SNC est indéfinie et solidaire).
2. La responsabilité du gérant
Bien que non associé, le premier gérant qui a commis des fautes engage sa responsabilité personnelle. Les
associés pourront donc le poursuivre en responsabilité.
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La révocation d’un gérant de SNC qui peut être décidée à tout moment mais qui aurait lieu sans juste motif
peut donner lieu à dommages des intérêts à la charge de la société (art. L. 221-12 al. 4 C. com.).
APPLICATION 3
Cas Dom
1. La créance de travaux de 20 000 €
Les associés d’une SNC répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales (art. L. 221-1 C. com.).
Le créancier de la SNC ne peut poursuivre les associés qu’après avoir vainement mis en demeure la société
par acte extrajudiciaire (art. L. 221-1 al. 2 C. com).
Si, dans les huit jours qui suivent la mise en demeure, la société n’a pas payé, le créancier peut engager des
poursuites contre un des associés (celui qui paraît le plus solvable) afin de saisir ses biens personnels pour
obtenir le remboursement intégral de la créance (il sera poursuivi pour le tout car la responsabilité des
associés d’une SNC est indéfinie et solidaire).
2. Qui paiera ?
L’associé qui aura payé le créancier se retournera contre ses coassociés. Il leur réclamera à chacun, leur
quote-part de la dette proportionnellement à sa quote-part de capital, la solidarité ne jouant pas entre les
associés.
3. La responsabilité du gérant
Le gérant qui commet des fautes peut être poursuivi par la société et mettre en jeu sa responsabilité civile
et fiscale. Les associés pourraient donc demander au gérant de prendre en charge les sommes qu’ils
auraient payées aux créanciers.
APPLICATION 4
Cas Robinet-Gaétan
1. La révocation du gérant
À défaut de disposition statutaire contraire, la révocation d’un gérant associé non statutaire de SNC ne peut
être décidée que par une décision des autres associés prise à l’unanimité (art. L. 221-12 al. 2 C. com.), ou à
une autre majorité prévue dans les statuts.
Lorsque la SNC est composée de deux associés (cas d’espèce), l’article L. 221-12 n’est pas applicable
puisqu’il use du pluriel « les autres associés » et emploie le terme d’« unanimité ».
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La possibilité de révocation d’un gérant associé par l’autre associé est exclue quand le capital n’est détenu
que par deux personnes (cour d’appel Paris, 12.09.1995).
La seule issue à une telle paralysie est le recours à une demande de révocation en justice par un associé
pour cause légitime.
2. Fondement
La perte de confiance ou le désaccord sur la gestion de la société sont des justes motifs de révocation du
gérant.
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Chapitre 19
LES SOCIÉTÉS CIVILES
APPLICATION 2
Cas société Courtois
1. Recours en récupération des sommes dues
La société Courtois est une société civile d’édition. Les associés d’une société civile sont responsables
indéfiniment et conjointement du passif social, ils répondent des dettes de la société sur leur patrimoine
personnel.
Toutefois, le créancier impayé doit poursuivre préalablement la société par une mise en demeure. Si la
société ne paie pas, il pourra alors intenter une action contre les trois associés. Cependant, il devra diviser
ses recours contre chaque associé en fonction de la part de chacun dans le capital social.
En effet, dans une société civile, la responsabilité des associés sur les dettes de la société est certes indéfinie
(totale) mais aussi conjointe, c'est-à-dire proportionnelle à sa quote-part de capital.
Le gérant de la société créancière doit mettre la société Courtois en demeure de payer les sommes dues. Si
la société ne paie pas, il engagera des poursuites contre chaque associé proportionnellement à leur part
dans le capital.
b) Le retrait de la société
Dans les sociétés civiles tout associé a le droit de quitter la société dans les conditions fixées par les statuts
(art. 1869 al. 1 du Code civil), soit par autorisation des associés, soit par autorisation du tribunal pour justes
motifs.
Dans le cas de la société Courtois, on relève une mésentente entre associés qui peut être un juste motif de
retrait. En cas de retrait, le problème sera de fixer la valeur des parts du cédant ; à défaut d’accord amiable,
un expert sera désigné dans ce but. Il faudra aussi nommer un nouveau gérant.
APPLICATION 3
Cas SCI Promo Roma
1. Entrée des fils du gérant dans le capital
Dans notre cas, Richard est majeur mais son frère qui a 9 ans est mineur.
Les associés de la SCI doivent avoir la capacité civile ; ils peuvent être des personnes physiques ou des
personnes morales, mais ils doivent être deux au minimum. Deux époux, seuls ou avec des tiers, peuvent
constituer une société civile. Le fils du gérant, bien que mineur, peut donc être associé de la SCI.
Toutefois, du fait de la responsabilité indéfinie et conjointe des associés, l’entrée des mineurs au capital des
sociétés civiles est considérée comme un acte de disposition et doit donc obtenir l’accord :
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des parents en cas d’administration légale pure et simple (bien que parfois il soit prudent de demander
en plus l’accord du juge des tutelles) ;
du tuteur s’il est en tutelle après autorisation du conseil de famille ;
du juge des tutelles en cas d’administration légale sous contrôle judiciaire
5. Acquisition de l’usine
L’objet de la société est l’acquisition, la rénovation et la location d’immeubles. En fait, on constate que la
société va acquérir, rénover et vendre pour réaliser des plus-values. Ces opérations sont commerciales
(achat pour revendre). Elles ne sont plus de la compétence d’une société civile. La société doit donc se
transformer en société commerciale (SARL, SNC, SA…) Il est à noter que l’activité commerciale faite par une
société civile entraîne son assujettissement à l’impôt société.
6. Responsabilité du gérant
La responsabilité du gérant serait engagée vis-à-vis de la société des tiers et des associés. En ne respectant
pas l’objet social, le gérant commet une faute susceptible d’engager sa responsabilité personnelle.
Dans les rapports entre associés, le gérant peut accomplir tous les actes de gestion que demande l’intérêt
de la société (art. 1848 C. civ.) ; il ne peut donc pas violer les statuts ni dénaturer l’objet social, ce qu’il fait
ici. Dans les rapports avec les tiers, le gérant engage la société pour les actes entrant dans l’objet social (art.
1849 C. civ.).
Les clauses limitatives à ses pouvoirs sont inopposables aux tiers de bonne foi.
Le gérant est responsable individuellement, envers la société et les tiers, des infractions aux lois et
règlements, de la violation des statuts, de ses fautes de gestion.
7. Caution bancaire
La responsabilité des associés dans une société civile est indéfinie mais conjointe, c'est-à-dire limitée à sa
quote-part détenue du capital. Si l’associé possède 20 % du capital, il n’est tenu que pour 20 % des dettes.
De ce fait, le banquier préfère avoir la caution du père qui, étant devenu associé minoritaire, ne répondrait
que partiellement du remboursement de l’emprunt, les autres associés étant de plus moins solvables.
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8. Responsabilité de l’associé mineur
L’associé mineur est entré dans le capital après la restructuration. Toutefois, si l’entrée du mineur dans la
société a été faite en respectant les conditions légales vues ci-dessus à la question 1, la responsabilité du
mineur est la même que celle des autres associés : indéfinie et proportionnelle à sa quote-part de capital.
APPLICATION 4
Cas Société d’avocats
Les deux avocats exercent une profession libérale à titre individuel actuellement. Leur activité est civile. S’ils
souhaitent s’associer, le législateur leur impose, soit une SEL, soit une société civile professionnelle. La SCP
est soumise aux règles de la société civile de droit commun, et à celles de la loi du 29.11.66 et du décret du
13.07.72 spécifiques à la profession d’avocat.
Les associés peuvent également préférer la société civile de moyens (qui ne pourra pas exercer la
profession) dans un premier temps, qu’ils transformeront ensuite en société civile professionnelle s’ils
veulent tisser des liens plus étroits.
Société civile de moyens
D’après les données du sujet, les deux avocats veulent mettre en commun des moyens – locaux,
documentation, personnel – afin de réduire leurs frais de gestion. On leur conseillera de créer une société
civile de moyens qui leur permet de rester indépendants dans l’exercice de leur profession. Les deux avocats
remplissent les conditions de fond pour la constituer :
l’objet : mise en commun de moyens ;
associés : exercent une profession libérale ;
aucun capital minimum n’est exigé.
• La société civile de moyens n’exerçant pas la profession, elle n’aura pas de clientèle ; les dépenses sociales
devront être réparties entre les deux avocats selon leur volonté.
• Cette société devra remplir les formalités de publicité ; elle sera immatriculée au Registre du commerce et
des sociétés et aura la personnalité morale. Les associés seront indéfiniment et conjointement responsables
du passif social.
Société civile professionnelle
Les deux avocats, s’ils se connaissent et s’apprécient depuis longtemps, pourront tout de suite créer une
société civile professionnelle puisqu’ils remplissent les conditions suivantes :
avocats inscrits au barreau de Nancy ;
deux associés minimum, personnes physiques ;
objet : exercer en commun leur profession ;
apports : ils peuvent apporter leur industrie (savoir-faire) ;
• Aucun capital minimum n’est exigé.
• Ils devront rédiger des statuts, faire l’objet d’une publicité au Registre du commerce et des sociétés et
auprès de l’Ordre des avocats.
• La société civile professionnelle n’aura d’ailleurs la personnalité morale qu’après les formalités imposées
par le règlement de l’Ordre des avocats.
• Les associés seront plus engagés dans la société civile professionnelle que dans la société civile de moyens,
car ils sont responsables indéfiniment et conjointement des dettes sociales. En contrepartie, ils ont droit au
bénéfice réalisé par la société, droit à l’information, droit de participer aux décisions collectives, droit de
retrait, droit de céder leurs parts sociales ou de les donner en nantissement.
• La présence d’un commissaire aux comptes n’est obligatoire qu’en cas de dépassement de seuils.
En conclusion, il est à conseiller aux deux avocats de créer une société civile de moyens et, si l’entente se
poursuit, une société civile professionnelle.
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Société d’exercice libéral
Les deux avocats pourront exercer leur profession dans une société d’exercice libéral (SEL) sous forme de
société anonyme SELAFA, de SARL (SELARL pluripersonnelle ou unipersonnelle), de société en co mmandite
par actions (SELCA) de société par actions simplifiées (SELAS pluripersonnelle ou unipersonnelle). La SEL leur
permet de limiter leur responsabilité mais uniquement concernant les dettes sociales. En effet, il n’est pas
possible, même à travers une SEL à responsabilité limitée ou à forme anonyme, de limiter la responsabilité
professionnelle des associés concernant leur activité.
La responsabilité des associés est donc illimitée concernant leur activité professionnelle.
En général, une assurance responsabilité civile professionnelle couvre cette responsabilité en l’absence de
mauvaise foi des associés. Cette assurance est d’ailleurs rendue obligatoire pour certaines professions :
avocats, huissiers, médecins. Les ordres professionnels contrôleront l’obligation d’assurance de leurs
membres.
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Chapitre 20
LES TITRES DES SOCIÉTÉS ET LES
OPÉRATIONS SUR LE CAPITAL
APPLICATION 2
Cas Fimcrédit
1. Les différentes valeurs mobilières qui peuvent être émises
Il peut s’agir par exemple des titres suivants :
• Actions et autres titres donnant accès au capital ou au droit de vote.
• Valeurs mobilières composées.
• Obligations et autres titres de créances émis sur la personne morale.
• Droits détachés de ces titres lorsqu’ils sont eux-mêmes négociables.
• Titres subordonnés à durée indéterminée (TSDI) : ce sont des titres obligataires dont la dette qu’ils
représentent n’est exigible qu’à la dissolution de la société émettrice ; leur durée est donc indéterminée. Si
la durée est déterminée, on parle de TSDD ou TSR (titres subordonnés à durée déterminée ou
remboursables).
• Valeurs mobilières donnant accès au capital ou donnant droit à l’attribution de titres de créance.
• Certificats de valeurs garanties (CVG) qui sont proposés à l’occasion d’une offre publique d’achat, à ceux
qui ne viennent pas à l’offre. Le CVG permet, en contrepartie, d’obtenir à terme le versement de la
différence, si elle est positive entre le prix de l’offre publique d’achat, majoré d’un intérêt et le cours de
bourse constaté à ce même terme, du titre non apporté à l’offre.
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APPLICATION 3
Cas société Bureau
1. Titres émis
Ce sont des valeurs mobilières composées constituées d’obligations avec bons de souscription d’actions qui
offrent aux obligataires la souscription d’actions à un prix déterminé.
4. L’intérêt de l’échéancier
En plus des raisons exposées ci-dessus :
pour l’associé : être assuré du prix à payer et prévoir le financement de la souscription dans le temps ;
pour la société : programmer son financement.
5. Obligations de la société
Obligations de la société lors de l’émission d’obligations avec bons de souscription d’actions
• Rapport du CA ou du directoire.
• Rapport du commissaire aux comptes.
• Autorisation par l’AGE.
• Délai de réalisation de l’opération : 5 ans maximum à compter de la décision de l’AGE.
Obligations de la société après l’émission
• Respecter les dates de souscription et le prix de vente des bons.
• Procéder aux augmentations de capital.
• Gérer la catégorie de titres.
• Organiser la masse des obligataires.
• Réunir des assemblées d’obligataires.
APPLICATION 4
Cas SA Mombrichon
1. Réalisation de l’opération
Cette opération consiste en une augmentation de capital en numéraire. Le capital de la société anonyme
Mombrichon sera ainsi porté à 350 000 € par émission d’actions nouvelles réservées en partie à trois
nouveaux associés, après suppression du droit préférentiel de souscription.
Ainsi, à condition de respecter les conditions et la procédure légales, cette opération est tout à fait
réalisable. Ce type d’opération s’avère finalement très formaliste : assemblée générale extraordinaire ou
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réunion du CA ou du directoire, droit préférentiel de souscription, rapports du conseil d’administration et
des commissaires aux comptes, publicités diverses. Mais ceci est une garantie de défense des intérêts des
anciens actionnaires, lesquels pourraient se voir léser par l’opération : répartition du capital différente,
évaluation du prix d’émission insuffisante (prime d’émission + valeur nominale).
L’institution du DPS permet d’éviter la dilution des titres et garantit le maintien des proportionnalités de
titres détenus par chaque associé lors de la constitution. Toutefois, la suppression ou le renoncement à ce
DPS entraîne forcément cette dilution du capital pour certains associés.
L’augmentation de capital renforce la garantie des créanciers par l’accroissement du capital social. Elle
entraîne aussi une nouvelle répartition du capital lorsque des tiers entrent dans la société et parfois une
perte de contrôle des anciens actionnaires.
On voit donc que l’utilité du droit préférentiel de souscription est importante, car toute décision
d’augmentation du capital d’une société est supposée, par la loi, être souscrite par les actionnaires.
Chaque actionnaire a le droit de souscrire à un nombre d’actions déterminé proportionnellement au
nombre d’actions qu’il détient et ce droit ne peut pas être réduit : c’est le « droit de souscription à titre
irréductible ». Mais les actionnaires ne sont pas obligés de souscrire aux actions nouvelles auxquelles ils ont
droit. Ils peuvent, s’ils le souhaitent, vendre leurs droits à des personnes qui voudraient s’assurer une
possibilité de souscription, ce qui permet d’accélérer la réalisation de l’augmentation de capital.
La valeur du DPS est égale à la valeur théorique de l’action moins le prix d’émission, rapporté à la proportion
d’émission éventuelle.
Quorum AGE
• Sur 1re convocation : un quart des actionnaires présents ou représentés.
• Sur 2e convocation : le cinquième des actionnaires présents ou représentés.
Majorité AGE
L’AGE statue à la majorité des deux tiers des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés.
5. Formalités de publicité
• Pour informer les actionnaires de la décision d’augmenter le capital, avant l’ouverture des souscriptions,
un avis dans un journal d’annonces légales ou une notice publiée au BALO si la société anonyme est admise
sur un marché réglementé ou offre au public des instruments financiers. Mais, lorsque l’assemblée générale
supprime le droit préférentiel de souscription, l’avis n’a pas à être fait.
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Dans le cas, cet avis ne sera pas nécessaire du fait que l’assemblée générale extraordinaire supprimera le
droit préférentiel de souscription puisque les souscripteurs bénéficiaires de l’augmentation de capital sont
dénommés.
• Lors de la constatation de la réalisation de l’augmentation de capital, il faudra effectuer la formalité de
l’enregistrement auprès du service des impôts ; c’est à cette date que peut avoir lieu la publicité légale
relative à la modification statutaire, à savoir :
insertion dans un journal d’annonces légales ;
dépôt des actes au greffe du tribunal de commerce (par l’intermédiaire du CFE) ;
inscription modificative au Registre du commerce et des sociétés (par l’intermédiaire du CFE) ;
insertion au BODACC à la diligence du greffier.
Si l’augmentation de capital n’est pas réalisée dans les six mois à compter de l’ouverture de la souscription,
tout souscripteur peut demander au président du tribunal de commerce la nomination d’un mandataire
chargé de retirer les fonds pour les restituer aux souscripteurs.
6. L’associé SNC
Le fait qu’un des nouveaux associés soit une SNC a peu d’influence sur la SA Mombrichon. Celle-ci n’est pas
responsable des dettes de ses associés sauf si, par des comportements irréguliers entre la SA et la SNC, on
pouvait considérer qu’il y a confusion des patrimoines ente celui de la SA et celui de son associée SNC.
La situation serait tout autre si la SA devenait associée d’une SNC, ne serait-ce que pour une part. La SA
deviendrait alors responsable indéfiniment et solidairement des dettes de la SNC.
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Chapitre 21
LES SOCIÉTÉS EN COMMANDITE
APPLICATION 2
Cas Domergue
1. Possibilités offertes aux associés de la SNC
Le décès d’un associé dans une SNC est une cause de dissolution en l’absence de disposition statutaire
permettant la continuation. Dans les statuts, cette clause de continuation existe.
Le problème est de savoir si les héritiers d’André peuvent être associés d’une SNC. Alain étant majeur, il a la
capacité commerciale et on suppose qu’il n’est frappé d’aucune incompatibilité, interdiction ou déchéance.
Il peut dont être associé et gérant. Les deux filles mineures n’ont pas la capacité commerciale pour être
associées dans une SNC. Dans le délai d’un an, la SNC doit être transformée en société en commandite
simple dont les mineures deviendront des associés commanditaires (leur responsabilité est limitée aux
apports) et Alain serait associé commandité et gérant.
3. Rôle d’Alain
Alain, associé commandité, pourra exercer les fonctions de gérant qui sont réservées à cette catégorie
d’associés.
4. Rôle de France-Marie
Un associé commanditaire ne peut faire aucun acte de gestion externe même en vertu d’une procuration.
En cas de violation de cette interdiction, l’associé commanditaire est tenu solidairement avec les associés
commandités des dettes et engagements de la société qui résultent des actes prohibés. Selon le nombre ou
l’importance de ceux-ci, il peut être déclaré solidairement obligé pour tous les engagements de la société ou
pour quelques-uns seulement.
5. Mises en garde
L’aide qu’entend apporter une sœur associée commanditaire à son frère Alain, gérant, pourra être
appréciée par les juges du fond comme une immixtion dans la gestion prohibée par la loi. Ils rechercheront
le rôle exact qu’elle a joué :
si elle s’est contentée de donner des avis et conseils, de contrôler, de surveiller, de participer aux
assemblées, elle n’a fait que des actes de gestion internes qui sont autorisés par la loi ;
si elle a conclu des marchés avec des fournisseurs (commandes passées), négocié un prêt avec leur
banquier par exemple, elle aura passé des actes de gestion externes selon la jurisprudence et pourra
être condamnée pour ses actes à la responsabilité solidaire avec les associés commandités pour les
dettes qui résulteraient de ceux-ci. Il n’est pas utile pour conclure à l’immixtion qu’elle ait signé elle-
même les contrats ; le seul fait de les avoir préparés (négociation orale, écrite) et que les tiers aient été
induits en erreur sur sa qualité d’intervenante (en la considérant comme la gérante), suffisent à
conclure à son immixtion dans la gestion.
Les tiers ont seule qualité pour faire déclarer l’associé commanditaire qui s’est immiscé dans la gestion
solidairement responsable des engagements sociaux. À l’égard des autres associés, il n’est tenu qu’à
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concurrence de son apport (Paris 06.07.1865). Vis-à-vis de la société, sa responsabilité ne peut être engagée
que s’il a commis une faute de gestion au cours de son immixtion (Réq. 23.10.1848).
La sœur pourra même être poursuivie en tant que dirigeante de fait dans l’hypothèse d’une procédure
collective (redressement ou liquidation judiciaires).
APPLICATION 3
Cas Mazenod
1. Type de société
La société en commandite par action conviendrait bien. Monsieur Mazenod serait le commandité (gestion
de la société et associé indéfiniment responsable), les autres associés seraient commanditaires (ne pouvant
assurer la gestion de la société et responsabilité limitée aux apports).
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L’autorisation nécessaire pour les conventions réglementées de l’article L. 225-38 est donnée par le conseil
de surveillance (L. 226-10). Son président est chargé d’en aviser le commissaire aux comptes.
Les conventions libres ne font l’objet d’aucune communication particulière.
6. L’émission d’obligations
La SCA peut émettre des obligations. Les conditions sont les suivantes :
capital intégralement libéré ;
justifier de deux années d’existence ;
avoir établi deux bilans régulièrement approuvés par les associés ;
la décision sera prise par l’AGE des commanditaires avec l’accord unanime des commandités sauf si les
statuts en ont décidé autrement ;
le CAC et la gérance devront faire approuver par l’AGE un rapport sur l’émission et ce à peine de nullité
de l’émission.
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Chapitre 22
LES SOCIÉTÉS D’EXERCICE LIBÉRAL
(SEL)
APPLICATION 2
Cas Bébé
1. Caractéristiques des SCP et SELARL
• Concernant les associés : la SCP n’a que des associés professionnels, alors que la SELARL, peut dans
certaines professions, avoir des associés non professionnels (voir Manuel).
• Concernant le capital : les SCP et les SELARL ne sont pas assujetties à un capital minimum.
La responsabilité indéfinie est la même dans les deux sociétés en ce qui concerne l’activité professionnelle.
Elles sont toutes les deux inscrites à l’ordre professionnel de l’activité réglementée.
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APPLICATION 3
Cas Audi-Judex
1. Caractéristiques comparées de la SCM, la SCP et la SEL
Objet
• La société civile de moyens vise à faciliter l’exercice de l’activité de chaque associé (membre d’une
profession libérale) par la prestation de services ou la fourniture en commun de moyens matériels.
• La société civile professionnelle permet aux associés d’exercer une profession libérale en commun.
• La société d’exercice libéral permet aux professions libérales d’exercer leur activité commune dans le
cadre de sociétés de capitaux.
Ces trois sociétés ont un objet civil.
Les associés
• Membres d’une ou plusieurs professions libérales pour la SCM.
• Membres d’une même profession pour les SCP.
• Professionnels et non-professionnels, selon les cas, dans la SEL.
Statut de la société
• Civil pour la SCM et la SCP.
• Commerciale mais par la forme pour la SEL. L’objet étant civil.
Personnalité morale
• À dater de l’inscription au RCS pour la SCM.
• Après agrément de la société par les autorités compétentes (ordres professionnels) et immatriculation au
RCS pour la SEL et la SCP.
Capital minimum
• Aucun pour la SCM et la SCP.
• Libre pour la SELARL ; 37 000 € pour la SELAFA, la SELCA et la SELAS.
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Cependant, Maître Audi ne pourra pas participer aux assemblées générales de la SEL d’experts-comptables
lorsque ces AGE concerneront l’activité ou l’exercice professionnel. Cette mesure est destinée à protéger
l’indépendance des associés professionnels et de la société.
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Les SPFPL peuvent détenir des parts ou actions de sociétés ayant pour objet l’exercice de deux ou plusieurs
des professions d’avocat, de notaire, d’huissier de justice, de commissaire priseur judiciaire, d’expert-
comptable, de commissaire aux comptes ou de conseil en propriété industrielle.
Il est nécessaire que plus de la moitié du capital et des droits de vote soit détenue par les personnes
exerçant leur profession au sein des sociétés objet des prises de participation.
Le décret n°2012-403 du 23 mars 2012 apporte des précisions portant essentiellement sur les formalités de
constitution des SPFPL et leur contrôle.
L’interprofessionnalité étant nouvelle en France, le législateur a jugé utile de prévoir un contrôle renforcé
de ce type de structure.
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Chapitre 23
LES SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES
APPLICATION 2
Cas Dana-Demaret
Dans une société classique, les réserves peuvent servir à apurer les pertes ; dans une société coopérative,
cette possibilité n’est envisageable que si les statuts l’ont prévue dans une clause (art. 18 L. 1947).
L’associé d’une coopérative qui veut se retirer ne peut prétendre au remboursement de son apport car il
doit contribuer aux pertes, les statuts de sa société n’ayant pas inclus une clause d’imputation des pertes
sur les réserves.
La loi du 12 mars 2012 a pour effet de poser le principe de généralisation de la perte de la qualité d’associé
attachée à « toute rupture du contrat de travail ».
De même, la renonciation volontaire à la qualité d’associé entraîne la rupture du contrat de travail sauf
stipulation contraire des statuts.
APPLICATION 3
Cas société Castor
1. Articles relevant du droit de la SA et relevant du statut d’une
société coopérative
Articles relevant du droit des SA
• Article 9, la société est administrée par un CA.
• Article 10, le CA est composé de trois membres au moins et de dix-huit membres au plus. Articles
dérogatoires au régime commun des SA.
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3. L’objet social spécifique des coopératives de l’article 3 des statuts
L’article 3 des statuts de Castor décrit un objet « social » orienté vers le logement à loyer modéré. Il apparaît
clairement dans cet objet que le but principal de cette société n’est pas le partage du profit mais la
réalisation d’un objet à vocation sociale.
Cet objet justifie la structure coopérative choisie.
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Chapitre 24
LES SOCIÉTÉS D’ÉCONOMIE MIXTE
APPLICATION 2
Cas ZAC Tranbaud
1. Nature de la SEM à créer
Une collectivité locale peut s’associer à des personnes privées pour réaliser une opération de construction
et créer une société d’économie mixte locale sous la forme d’une société anonyme. Son capital social devra
être de 225 000 € minimum, détenu pour plus de la moitié par la personne publique.
2. Dirigeants de la SEM
Étant une SA, la SEM sera dirigée par un directeur général si la SA est avec conseil d’administration, et par
un directoire si la SA est à directoire et conseil de surveillance.
Le représentant de la collectivité territoriale (le maire en l’espèce) doit avoir un poste au moins au conseil
d’administration ou au conseil de surveillance.
4. Contrôle de la SEM
• Par le commissaire aux comptes de la société.
• Par le représentant de l’État dans le département du siège social de la société qui peut saisir la chambre
régionale des comptes.
APPLICATION 3
Cas SEM de la communauté d’agglomération
du Servac
1. SEM et nature du projet
La forme de la SEM convient à la nature du projet dans la mesure où celui-ci comprend certes un centre
commercial, mais aussi des appartements à loyers modérés.
Les associés seront dans les trois communes concernées, les deux SA d’HLM sont des investisseurs privés.
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3. Investisseurs privés majoritaires
En principe, les collectivités locales doivent avoir au moins la majorité du capital et, comme nous l’avons vu
ci-dessus, il n’est pas possible pour les investisseurs privés d’être majoritaires en capital de la SEM. Les
collectivités publiques doivent avoir au moins la majorité et au plus 80 % du capital. Les règles dérogatoires
à cette majorité du capital ne concernent pas ce type de SEM (sont par contre concernées les SEM de
remontées mécaniques ou les SEM sportives).
4. Pouvoirs du président du CA
Dans cette SEM, il est décidé que le maire de la commune de Servac sera le président du conseil
d’administration. La SEM étant organisée sous forme de SA avec CA, les pouvoirs du président seront ceux
dévolus au président dans les SA de droit commun (sous réserve qu’un poste au moins au CA soit réservé à
un investisseur public).
Ces pouvoirs sont ceux d’organiser et de diriger les travaux du CA et d’en rendre compte à l’assemblée
générale de la SEM (art. L. 225-51 C. com.).
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Chapitre 25
GIE ET GEIE
APPLICATION 2
Cas Papaluna
La constitution du GIE
Ce groupement d’intérêt économique serait constitué par trois personnes morales, ce qui est p ossible, et
pour une durée déterminée (8 ans).
L’objet vise à développer l’activité économique des membres et se rattache à celle-ci : développement des
ventes d’emballages divers produits par les trois sociétés.
Le groupement d’intérêt économique peut être constitué sans capital (cas d’espèce).
3. La direction du GIE
Il sera administré par un ou plusieurs administrateurs qui peuvent être des personnes morales. Donc les
trois sociétés ou l’une d’entre elles, selon leur volonté, devront désigner un représentant permanent qui
occupera les fonctions d’administrateur.
4. Le contrôle du GIE
Le contrôle du groupement d’intérêt économique sera effectué par les membres exerçant le droit de vote
dans les assemblées, par des contrôleurs de gestion, personnes physiques, désignés par les membres, parmi
eux ou en dehors d’eux.
Ils pourront aussi désigner un commissaire aux comptes qui s’avérera obligatoire selon l’importance du
groupement d’intérêt économique (si le groupement émet des obligations ou s’il compte au moins cent
salariés à la clôture d’un exercice ; le commissaire aux comptes est nommé par l’assemblée des membres
pour six exercices).
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APPLICATION 3
Cas ALB
1. Définition du GEIE
Le groupement européen d’intérêt économique est une structure juridique qui regroupe des personnes
physiques et/ou des personnes morales dans le but de faciliter ou de développer l’activité économique de
ses membres, d’améliorer ou d’accroître les résultats de cette activité.
2. Objet
En général, l’objet a pour but de faciliter ou de développer l’activité économique de ses membres. Il s’agit ici
de développer l’activité d’assurance des membres sur le plan européen.
3. Membres
• Société ALB française.
• SA SEA (Luxembourg).
• SA HUR (Allemagne).
• Société NTV (Espagne).
La condition de deux membres relevant de deux États différents de l’Union européenne est bien remplie :
4 membres, 4 nationalités différentes.
Il s’agit d’un groupement européen d’intérêt économique sans capital, ce qui est parfaitement possible. Les
frais de fonctionnement seront répartis entre les membres selon le contrat constitutif.
4. Organisation
Il sera dirigé par un ou plusieurs gérants choisis parmi les membres ou en dehors d’eux. Les membres
délibéreront dans des assemblées, leur responsabilité est indéfinie et solidaire. Des contrôleurs de gestion
seront désignés par les membres et, compte tenu de l’importance de ce groupement européen d’intérêt
économique, il est probable que des commissaires aux comptes seront également désignés.
APPLICATION 4
Cas Perth
1. L’objet poursuivi et sa conformité à celui d’un GIE
L’objet du GIE convient bien au cas : structure créée en vu de développer la communication de ses
membres. De plus, rentre dans la finalité du GIE la création ultérieure d’une structure commerciale
commune au service des membres.
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4. L’organisation du pouvoir dans le GIE et la suprématie de Perth
dans cette structure
Ce groupement d’intérêt économique sera administré par une ou plusieurs personne(s) physique(s) ou
morale(s). La personne morale devra désigner un représentant permanent, comme dans la SA. Les
dirigeants sont appelés « administrateurs ». Perth pourra être désigné administrateur.
Le nombre et les modalités de nomination des dirigeants étant libres, durée, administrateur membre ou
personnalité extérieure au groupement d’intérêt économique, les conditions d’exercice du mandat de Perth
pourront être définies à l’avance par les statuts. La nomination et la cessation des fonctions seront publiées
selon les mêmes modalités que le contrat constitutif. Le contrat fixera les pouvoirs et les attributions de
Perth. Dans ces conditions, la société Perth pourra dans les statuts imposer un mode de désignation qui lui
sera favorable.
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Chapitre 26
L’ASSOCIATION
APPLICATION 2
Cas Gespar
1. Destitution du président
La mauvaise gestion de l’association par le président peut être une cause de sa révocation.
4. La responsabilité de l’association
L’association comme toute personne morale est responsable de ses actes et de ceux de ses membres dans
l’exercice et en qualité de membres de l’association. L’association a une responsabilité civile (comme ci-
dessus pour les membres du bureau) et une responsabilité pénale (comme les personnes morales).
5. Dissolution de l’association
La dissolution de l’association peut être volontaire par décision des adhérents ou par fusion avec une ou
plusieurs autres associations. Les statuts fixent la procédure de dissolution.
La dissolution peut aussi être automatique :
nombre d’adhérents inférieurs au seuil fixé par les statuts ou à moins de deux personnes ;
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arrivée du terme prévu ;
disparition de la raison d’être de l’association. L’objet ayant été atteint ou ayant disparu.
La dissolution peut également être judiciaire, lorsque :
l’objet est illicite ;
en cas de sanction pénale qui imposerait la dissolution ;
La dissolution peut être administrative :
en cas de faute commise par les membres (cas des associations sportives dont les adhérents
commettent des dégradations ou des violences sur les personnes et les biens) ;
en raison de l’objet poursuivi s’il est contraire à l’ordre public ;
à l’encontre des associations agissant contre la République.
C’est le préfet ou le gouvernement qui décident de la dissolution sous le contrôle des tribunaux
administratifs.
En cas de dissolution, quelle qu’en soit la cause, il est nommé un liquidateur chargé de réaliser l’actif, de
payer le passif et de transférer l’actif net éventuel restant à une autre association ou à une autre œuvre
d’intérêt général.
Perte de la capacité juridique : L’association est tenue de faire connaître, dans les trois mois, tous
changements survenus dans son administration ainsi que toutes les modifications apportées à leurs statuts.
La loi prévoyait qu’en cas d’infraction à ces dispositions, la dissolution pouvait être prononcée à la requête
de tout intéressé ou du ministère public. Cette dissolution-sanction pour non-exécutions des formalités est
supprimée par la loi du 22 mars 2012.
Si les formalités déclaratives ne sont pas accomplies, l’association ne disposera pas de la capacité juridique.
Le défaut de communication des changements intervenus en cours d’existence est sanctionné par
l’inopposabilité aux tiers.
Les statuts de l’association fixent le statut du dirigeant. En général, il exerce ses fonctions de président
bénévolement, mais peut être remboursé des frais qu’il engage dans l’intérêt de l’association
(déplacements, etc.).
M. Truc ne pouvait pas s’attribuer la rémunération de 800 €, sauf à ce qu’elle soit prévue dans les statuts. Il
appartient à l’assemblée générale de le révoquer à la majorité statutaire ; à défaut de précision statutaire, à
la majorité des membres présents ou représentés.
L’association pourra engager la responsabilité du président :
civile, pour faute de gestion ;
pénale, pour abus de biens de l’association.
APPLICATION 3
Cas Ptits Loups
1. Vérification des conditions de fond
• Des personnes physiques (les parents) sont les membres de l’association.
• Une mise en commun d’activité (la garde des enfants). Ils apportent aussi des biens (meubles).
• Un objet non lucratif : la garde des enfants.
• Les membres s’engagent par un contrat (les statuts) à verser une cotisation qui est obligatoire pour
adhérer à une association.
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3. Ressources de l’association
Les cotisations et la subvention de la commune. D’autres ressources sont possibles :
• Les apports faits par les fondateurs ou par les • Les dons : toutes les associations peuvent recevoir des dons
membres manuels
• Les cotisations fixées par les statuts • Les quêtes et les collectes
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Chapitre 27
L’ACTION PUBLIQUE
APPLICATION 2
Cas Zini
1. Les possibilités en matière de poursuites
L’acte de déclenchement de l’action publique est le plus souvent une plainte qui doit émaner d’une
personne qui considère qu’elle a été victime d’une infraction pénale. La victime peut aussi déclencher
l’action publique en saisissant directement le doyen des Juges d’instruction afin qu’il déclenche l’action
publique. La victime peut aussi déclencher l’action publique par la citation directe devant le tribunal
compétent de l’auteur supposé de l’infraction. Le parquet peut aussi, de sa propre autorité, déclencher
l’action publique.
D’une façon générale, le parquet peut :
soit classer sans suite la procédure en vertu de l’opportunité des poursuites, le ministère public devant
alors informer la victime si c’est elle qui a porté plainte ;
soit déclencher une enquête ;
soit mettre en place une des procédures alternatives aux poursuites suivantes (art. 41-1 et 41-2 CPP), à
la condition que les poursuites pénales ne soient pas engagées :
le classement sous condition : le procureur de la République classe sans suite mais à la condition
que la personne auteur de l’infraction exécute une obligation visée à l’article 41-1 CPP (une
mesure sanitaire, professionnelle ou sociale, le suivi d’un stage de formation, la régularisation de
la situation, la réparation du dommage),
la composition pénale : l’idée est que l’on reconnaît ses fautes pour mettre fin au contentieux.
Cette procédure permet au procureur de la République de proposer une ou plusieurs sanctions
pénales à une personne qui reconnaît avoir commis une infraction. La proposition du procureur
peut être acceptée ou refusée par la personne concernée. Si la composition pénale est acceptée,
la sanction décidée par le procureur de la République doit être validée par un juge du siège,
la médiation pénale : elle révèle de la décision du procureur de la République et est fondée sur le
principe du plaider coupable. Le médiateur, en général un délégué ou un médiateur du procureur,
va tenter de rapprocher l’auteur de l’infraction et sa victime, afin d’assurer la réparation du
dommage subi et contribuer au reclassement de l’auteur des faits,
la transaction : « l'officier de police judiciaire peut, tant que l'action publique n'a pas été mise en
mouvement et sur autorisation du procureur de la République, transiger […] sur la poursuite. […]
La transaction autorisée par le procureur de la République, proposée par l'officier de police
judiciaire et acceptée par l'auteur de l'infraction est homologuée par le président du tribunal de
grande instance » (art. 41-1-1, Code de procédure pénale) . Elle éteint, si elle est respectée,
l'action publique,
la justice restaurative : « constitue une mesure de justice restaurative toute mesure permettant à
une victime ainsi qu'à l'auteur d'une infraction de participer activement à la résolution des
difficultés résultant de l'infraction, et notamment à la réparation des préjudices de toute nature
résultant de sa commission » (art. 10-1, Code de procédure pénale). La procédure est
confidentielle ;
soit engager les poursuites et poursuivre l’auteur de l’infraction directement devant le juge de
proximité1 (contravention des 4 premières classes), le tribunal de police (contravention de la 5e classe)
ou le tribunal correctionnel (délit), en fonction de la qualification donnée à l’infraction ;
faire nommer un juge d’instruction si l’affaire est complexe (délit) ou si c’est un crime (compétence de la
cour d’assises).
Dans le cas, le parquet a décidé d’engager l’action publique, donc de poursuivre les faits reprochés.
1
La justice de proximité doit être supprimée en janvier 2017. Elle sera intégrée au tribunal d’instance (tribunal de police).
96
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2. L’infraction éventuellement commise
Les éléments fournis ne permettent pas de poursuivre l’infraction d’abus sur les biens de la société. Le
dirigeant n’apparaît pas, à ce stade de la poursuite, comme ayant pu profiter personnellement des fraudes
constatées sur le bilan.
En revanche, les comptes ayant été communiqués au commissaire aux comptes dans leur version définitive,
puisque le dirigeant ne veut pas modifier les écritures comptables frauduleuses, il s’agit de l’infraction de
publication et présentation de comptes annuels ne donnant pas une image fidèle. La poursuite engagée par
le ministère public devra prouver les éléments constitutifs de l’infraction.
Élément légal
L’élément légal de cette infraction est prévu par l’article L. 242-6 al. 2, du Code de commerce pour les SA
avec CA. Qui prévoit qu’est puni d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 375 000 euros le fait
pour le président, les administrateurs ou les directeurs généraux d’une société anonyme de publier ou
présenter aux actionnaires, même en l’absence de toute distribution de dividendes, des comptes annuels ne
donnant pas, pour chaque exercice, une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice, de la situation
financière et du patrimoine, à l’expiration de cette période, en vue de dissimuler la véritable situation de la
société.
Élément matériel
L’élément matériel de l’infraction est constitué :
d’abord par la présentation de ces comptes annuels : les comptes ont ici été présentés au CAC en vue de
son rapport à l’assemblée générale de la société ;
ensuite par le fait que ces comptes ne présentent pas la réalité de l’économie de l’entreprise : c’est le
cas puisque des écritures frauduleuses ont été constatées par le CAC (falsifications). Bien sûr, le parquet
ou le juge d’instruction devra démontrer le caractère frauduleux de ces écritures.
Élément moral
L’élément moral est constitué lorsqu’il y a eu, de la part de l’auteur, une volonté de dissimuler la vraie
situation de la société.
C’est ici le cas puisque le CAC a relevé les irrégularités et que le dirigeant maintient les écritures. Toutefois,
si ces falsifications sont effectivement minimes, elles ne peuvent avoir aucune influence sur la « fidélité »
des comptes.
Dans ce cas, le parquet, après enquête, pourrait renoncer à la poursuite du fait que l’élément matériel par
sa « faiblesse » ne pourra pas déterminer l’élément moral.
3. Le tribunal compétent
Il s’agit d’un délit passible du tribunal correctionnel.
4. La citation directe
Le procureur de la République peut saisir directement la juridiction pénale compétente (tribunal
correctionnel) en vue d’une comparution à l’audience ; dans ce cas, il n’y aura pas d’instruction, la
procédure sera plus rapide. En fait, dans ce genre d’affaires dites financières, l’instruction est souvent
ordonnée en raison de la nature complexe de la comptabilité et des difficultés d’appréciation des choix
comptables.
5. Les sanctions
La sanction encourue par l’auteur de l’infraction est de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
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©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
APPLICATION 3
Cas Ramel
1. L’organe de l’enquête
Comme nous l’avons vu ci-dessus dans le cas Zini, ce type d’affaire est complexe et, en général il est nommé
un juge d’instruction auquel sera confiée l’enquête.
Les mandats
Le juge d’instruction, dans le cadre de ses fonctions, peut prendre différents mandats :
mandat de recherche ;
mandat de comparution ;
mandat d’amener ;
mandat d’arrêt ;
mandat de dépôt ;
mandat de perquisition.
2. La détention provisoire
La détention provisoire est une mesure exceptionnelle qui est décidée par le juge de la liberté et de la
détention sur demande du juge d’instruction suivant plusieurs critères qui devront exister pour que la mis e
en détention de Monsieur Ramel et de l’expert-comptable puisse avoir lieu. Des conditions de forme
doivent être respectées :
c’est le juge des libertés et de la détention qui décide de la mise en détention après demande du juge
d’instruction auprès du JLD ;
la décision du JLD est précédée d’une audience avec débat contradictoire. Les critères essentiels de la
mise en détention provisoire :
conserver les preuves ou les indices matériels qui sont nécessaires à la manifestation de la vérité ;
empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ;
empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou
complices ;
protéger la personne mise en examen ;
garantir le maintien de la personne mise en examen à la disposition de la justice ;
mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement ;
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©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
préserver l’ordre public, uniquement en matière criminelle : « l’infraction doit avoir provoqué un
trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public auquel la détention est l’unique moyen de mettre
fin. »
Dans notre cas, les critères 1, 2 et 4 ne semblent pas exister.
3. La durée
En matière criminelle, la personne mise en examen ne peut être maintenue en détention au-delà d’un an
sauf si le juge des libertés et de la détention rend, après débat contradictoire, une ordonnance motivée de
prolongement de six mois en six mois.
Dans notre cas, la durée ne doit pas dépasser ici quatre mois car les infractions (faux et usage de faux et
présentation de bilan ne donnant pas une image fidèle) sont des délits, sanctionnés par une peine inférieure
à cinq ans.
La détention provisoire ne peut excéder quatre mois si la personne mise en examen n’a pas déjà été
condamnée, soit à une peine criminelle, soit à une peine d’emprisonnement sans sursis d’une durée
supérieure à un an, et lorsqu’elle encourt une peine inférieure ou égale à cinq ans.
Dans les autres cas, et à titre exceptionnel, la détention peut être reconduite par le juge des libertés et de la
détention par période n’excédant pas quatre mois.
Toutefois, la durée totale de la détention ne peut dépasser un an.
Cette durée maximale est portée à deux ans lorsque l’un des faits constitutifs de l’infraction a été commis
hors de France ou lorsque la personne est poursuivie pour trafic de stupéfiants, terrorisme, association de
malfaiteurs, proxénétisme, extorsion de fonds ou infraction commise en bande organisée et qu’elle encourt
une peine de prison de dix ans.
Ici, les infractions possibles sont celles de faux et usage de faux, punie d’une peine de prison de trois ans, et
de présentation de comptes ne donnant pas une image fidèle dont la sanction peut être une peine de prison
de cinq ans.
6. Le comportement du CAC
Il apparaît que le CAC, afin d’échapper à ses obligations, préfère démissionner. Ceci est parfaitement en
contradiction avec les règles régissant son mandat.
Les commissaires aux comptes doivent révéler au procureur de la République les faits délictueux dont ils ont
eu connaissance, sans que leur responsabilité puisse être engagée par cette révélation. Le commissaire
révèle seulement les faits et il appartient ensuite au magistrat de qualifier les faits en infraction et de
poursuivre les responsables.
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©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
Le commissaire doit révéler, dès qu’il en a connaissance dans le cadre de sa mission, les irrégularités
susceptibles de recevoir une qualification pénale, même si celles-ci ne peuvent en l’état être définies avec
précision. Dans notre cas, il devait donc dénoncer, les faits étant faciles de plus à analyser.
La révélation s’applique aux infractions découvertes par le commissaire aux comptes dans l’exercice de sa
mission, qu’elles soient prévues par la loi où qu’elles présentent une incidence significative pour les
comptes sociaux.
Le commissaire aux comptes doit s’assurer que les faits sont significatifs et commis de façon délibérée.
La révélation du commissaire est faite par écrit au procureur de la République, même si une plainte a déjà
été déposée. Une fois la révélation faite, la suite donnée par le parquet ne concerne plus le CAC (principe de
l’opportunité des poursuites).
Le défaut de révélation : on ne peut admettre qu’un commissaire aux comptes s’abstienne de remplir le rôle
que la loi lui impose, notamment en démissionnant de son mandat. L’obligation pour le commissaire est de
révéler les faits dont il a eu connaissance ; il n’a pas à rechercher les délits et il ne peut être présumé en
avoir eu connaissance. La démission pour ne pas avoir à faire cette dénonciation pourra être constitutive de
l’élément matériel et moral de l’infraction de non-révélation qui est une infraction pénale.
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refuser l’homologation. Dans ce cas, le procureur saisit le tribunal correctionnel ou demande la
nomination d’un juge d’instruction et Monsieur Ramel retrouvera la procédure classique.
La loi prévoit que l’amende ne pourra pas être supérieure à la moitié de l’amende encourue et prévue pour
l’infraction incriminée et que l’emprisonnement sera limité au maximum à un an, avec ou sans sursis, sans
excéder la moitié de la peine encourue pour l’infraction incriminée. Pour que cette procédure présente un
intérêt pour Monsieur Ramel et qu’il renonce au procès, il faut qu’il y trouve un avantage. Il s’agit d’un pari
sur la peine qui sera fait après entretien avec son avocat.
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Chapitre 28
INFRACTIONS GÉNÉRALES
DU DROIT PÉNAL DES AFFAIRES
APPLICATION 2
Cas Chevalier
1. Infraction
Ce comportement constitue l’infraction de faux et d’usage de faux.
Élément légal de l’infraction : article 441-1 du Code pénal qui définit le faux et usage de faux en écriture
privée.
Élément matériel : l’utilisation d’un document et l’altération de la vérité par ce dernier. Cette altération de
la vérité doit être source de préjudice. Les trois traites sont fausses et sources de préjudice. Les lettres de
change, pour pouvoir tomber sous la qualification de l’article 441-1 du Code pénal de faux doivent être une
preuve d’un droit (les traites ici sont la « fausse » preuve d’un droit de créance contre le tiré) et entraîner
des conséquences juridiques incontestables. La banque n’aurait jamais escompté les lettres de change si elle
avait connu l’origine de ces effets de commerce. Il s’agit de faux matériels.
Élément moral : il est constitué dès lors que l’auteur du faux est conscient de produire un écrit non valable
et susceptible d’avoir des conséquences juridiques. Ce qui est le cas ici.
Concernant l’usage de faux, l’intention coupable est suffisamment démontrée par la connaissance du
prévenu du caractère factice du document qu’il utilise néanmoins.
2. Sanctions
Il s’agit du cas général de l’infraction simple.
Le faux et usage de faux est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende en peine principale.
Il peut être ajouté des peines complémentaires :
l’interdiction des droits civiques, civils et de famille ;
l’interdiction d’exercer une fonction publique ou une activité de nature professionnelle ou sociale ;
l’exclusion des marchés publics ;
la confiscation de la chose ayant servi au délit ;
l’interdiction du territoire français pour une durée de dix ans au plus, à l’encontre de toute personne
étrangère coupable de la commission de l’infraction.
APPLICATION 3
Cas Jaou
Dans cette affaire, plusieurs infractions sont constituées. (NB : Pour simplifier la lecture, les éléments des
infractions et les sanctions sont étudiés lors de l’étude de chaque infraction.)
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1. Infractions commises
a) L’abus de confiance commis par l’employé
Les éléments
Élément légal : l’article 314-1 du Code pénal.
Élément matériel : le fait de détourner au préjudice d’autrui des fonds, des valeurs ou un bien qui a été
remis en toute confiance à cette personne qui devait en faire un usage déterminé. Ici, l’employé a remis
gratuitement à M. Jaou les matériaux destinés à la vente.
Élément moral : la personne doit avoir agi intentionnellement et avoir conscience de commettre un délit.
L’intention suppose la connaissance par l’intéressé, de la précarité de sa possession et de la prévisibilité du
résultat dommageable sur le véritable propriétaire du bien. L’employé ne peut ignorer que les matériaux
sont destinés à être vendus, puisque c’est la raison d’être de son travail.
Les sanctions
Peine principale : trois ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
Peines complémentaires éventuellement prononcées : l’interdiction des droits civiques, civils et de famille ;
l’interdiction d’exercer une fonction publique ou une activité de nature professionnelle ou sociale ;
l’exclusion des marchés publics ; l’interdiction du territoire français pour une durée de dix ans au plus, à
l’encontre de toute personne étrangère coupable de la commission de l’infraction, etc.
Les éléments
Élément légal de l’infraction : article 441-1 du Code pénal qui définit le faux et usage de faux.
Élément matériel : c’est l’utilisation d’un document et l’altération de la vérité. Cette altération de la vérité
doit être source de préjudice soit actuel soit purement éventuel. L’employé a bien établi une fausse facture
(support écrit) et l’a bien utilisée.
Cette fausse facture établit bien un titre qui a des conséquences juridiques et financières. Il est certain que
cette utilisation crée un préjudice à l’employeur.
Le faux dans notre cas est un faux intellectuel, puisque le document est « vrai », mais il énonce des choses
inexactes (faux client, fausse adresse…).
Élément moral : constitué dès lors que l’auteur du faux est conscient de produire un écrit non valable et
susceptible d’avoir des conséquences juridiques. L’intention coupable est suffisamment démontrée par la
connaissance du prévenu du caractère factice de la facture qu’il utilise néanmoins.
Les sanctions
Peine principale : trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Peines complémentaires : l’interdiction des droits civiques, civils et de famille ; l’interdiction d’exercer une
fonction publique ou une activité de nature professionnelle ou sociale ; l’exclusion des marchés publics ;
l’interdiction du territoire français pour une durée de dix ans au plus, à l’encontre de toute personne
étrangère coupable de la commission de l’infraction.
©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
Élément moral : savoir que cette chose provient d’un crime ou d’un délit. M. Jaou sait que les matériaux
proviennent du détournement, puisque c’est lui qui l’a demandé à l’employé et qui lui demande ensuite
d’établir des fausses factures pour échapper à la découverte de l’infraction. Il a donc la connaissance de
l’origine frauduleuse de la chose qu’il détient, dont il profite et qu’il utilise.
Les sanctions
Peine principale : pour le recel simple, le prévenu risque cinq ans d’emprisonnement et 375 000 €
d’amende. Les peines d’amendes encourues peuvent néanmoins être élevées au-delà de 375 000 € jusqu’à
la moitié de la valeur des biens recelés.
Peines complémentaires : l’interdiction temporaire d’exercer la fonction ou l’activité dans l’exercice
duquel l’infraction a été commise ; la fermeture temporaire de l’établissement ayant servi à commettre
l’infraction (inopérant ici) ; la confiscation du produit de l’infraction, etc.
Le receleur peut encourir d’autres peines complémentaires encourues pour les crimes et délits dont est issu
le bien recelé. Dans notre cas, M. Jaou peut subir les peines complémentaires auxquelles pourra être
astreint l’employé pour l’abus de confiance (l’interdiction des droits civiques, civils et de famille ;
l’interdiction d’exercer une fonction publique ou une activité de nature professionnelle ou sociale ;
l’exclusion des marchés publics ; la confiscation de la chose ayant servi au délit ; l’interdiction du territoire
français pour une durée de dix ans au plus, à l’encontre de toute personne étrangère coupable de la
commission de l’infraction).
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Chapitre 29
INFRACTIONS SPÉCIFIQUES DU DROIT
PÉNAL DES SOCIÉTÉS ET
GROUPEMENTS D’AFFAIRES
APPLICATION 2
Cas société Renvier
1. Les infractions constatées
L’achat du manteau de vison constitue un abus des biens et du crédit de la société
Même si l’achat a été payé par le compte personnel du dirigeant, le fait que celui-ci crédite son compte
courant d’associé signifie qu’il entend mettre cet achat personnel à la charge de la société.
Les éléments
a) L’élément légal est prévu par les articles ci-après du Code de commerce suivant les différents types de
sociétés :
SARL, article L. 241-3 al. 4° du Code de commerce ;
SA avec CA, article L. 242-6 al. 3° ;
SA avec conseil de surveillance et directoire, art. L. 242-30 ;
SCA, article L. 243-1 ;
SAS, article L. 244-1.
Ici, c’est donc l’article L. 242-6 al. 3° qui va s’appliquer.
b) L’élément matériel doit être constitué par un usage des biens ou du crédit contraire à l’intérêt social
commis par un associé ou un dirigeant. C’est ici le cas puisque le dirigeant utilise à des fins personnelles des
fonds de la société.
Il s’agit bien d’un usage contraire à l’intérêt social, car cet acte porte atteinte au patrimoine de la société et
celle-ci subit un préjudice matériel par la mise à sa charge d’une dépense du dirigeant.
La jurisprudence considère que la prise en charge par la société d’une dépense personnelle du dirigeant est
l’élément matériel de l’infraction.
c) L’élément moral repose sur deux fondements cumulés :
l’existence de la mauvaise foi qui va caractériser l’intention frauduleuse nécessaire à la constitution de
l’infraction et qui s’apprécie au jour de l’accomplissement de l’acte incriminé ;
la recherche d’un intérêt personnel par le dirigeant ; c’est bien le cas ici.
Les sanctions
Pour l’ensemble des sociétés visées par la loi, les peines sont les mêmes : cinq ans d’emprisonnement et
375 000 € d’amende.
La peine complémentaire d’interdiction des droits civiques, civils et de famille peut être prononcée.
L’infraction de recel, pour l’utilisation par un tiers du manteau en connaissance de cause de son origine
frauduleuse peut aussi être constituée (voir le chapitre sur le recel).
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©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
Les éléments
a) L’élément légal de cette infraction est prévu par les articles suivants du Code de commerce par type de
société :
SARL, article L. 241-3 al. 3° ;
SA avec CA, article L. 242-6 al. 2° ;
SA avec directoire et conseil de surveillance, article L. 242-30 ;
SCA, article L. 243-1 ;
SAS, article L. 244-1 ;
la société européenne, art. L. 244-5.
C’est donc ici l’article L. 242-6 al. 2° du Code de commerce qui s’applique.
b) L’élément matériel de l’infraction est constitué :
d’abord par la présentation de ces comptes annuels : les comptes ont ici été présentés au CAC en vu de
son rapport à l’assemblée générale de la société ;
ensuite par le fait que ces comptes ne présentent pas la réalité de l’économie de l’entreprise : ceci est le
cas puisque les créances du compte client apparaissent pour leur montant alors qu’elles sont totalement
irrécouvrables. Il a été jugé que le manquement aux règles de constitution des provisions donne une
image infidèle des comptes (TGI Paris, 17 décembre 1997).
c) L’élément moral est constitué, lorsqu’il y a eu de la part de l’auteur, une volonté de dissimuler la vraie
situation de la société, c’est ici le cas puisque le CAC a relevé les irrégularités et que le dirigeant maintient
les écritures.
Les sanctions
La sanction est de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
Dans ce type d’infraction, il peut y avoir un auteur principal mais aussi un complice.
La peine complémentaire d’interdiction des droits civiques, civils et de famille peut être prononcée.
La complicité est punie des mêmes peines et concerne tous les individus, souvent extérieurs à la société en
question, qui aident d’une manière active ou passive l’auteur principal à commettre l’infraction. Dans notre
situation, un commissaire aux comptes a été retenu coupable de complicité de délit de présentation d’un
bilan inexact et du délit de non-dénonciation dès lors qu’il avait donné des conseils à un dirigeant en vue de
présenter ce bilan comportant de graves inexactitudes et impliquant des abus de biens sociaux et n’avait
pas dénoncé au parquet ces irrégularités (crim. 26 mai 1986).
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©Dunod, 2015, DCG 2 Droit des sociétés, Manuel et applications 2015/2016, F. Guiramand et A. Héraud
Par conséquent, ces infractions ne seraient pas constituées si la société était une SNC puisque, quoi qu’il
arrive, les associés sont responsables indéfiniment et solidairement de la situation financière de la société.
APPLICATION 3
Cas SARL La Pomme
Infractions commises par M. Pépin
M. Pépin aurait pu commettre l’infraction d’abus de biens et de crédit de la société pour les raisons
suivantes. Tout d’abord, on rappelle que l’abus des biens et du crédit de la société est une forme adaptée
aux sociétés dont la responsabilité est limitée aux apports, de l’abus de confiance. C’est un délit instantané
qui s’apprécie au moment où l’acte incriminé a été décidé, l’abus de biens sociaux s’applique dans les
sociétés à risque limité : SARL, SA, SAS, SCA. La société La Pomme étant une SARL, l’infraction peut trouver à
s’appliquer ici. Les éléments constitutifs de l’abus de biens sociaux :
L’élément légal : Il est prévu par l’article 241-3 al. 4° du Code de commerce pour les SARL.
Élément matériel : Il va être constitué par un usage des biens ou du crédit contraire à l’intérêt social.
L’usage des biens sociaux est constitué lorsqu’un associé ou un dirigeant utilise à des fins personnelles des
fonds sociaux, des biens mobiliers et immobiliers du patrimoine de la société.
Dans le cas, le gérant utilise les biens mobiliers (marchandises) de la société mais, jusqu’à preuve du
contraire, il n’a pas utilisé les marchandises à des fins personnelles ou dans un but personnel. L’usage des
biens sociaux doit être contraire à l’intérêt social, il faut que l’acte porte atteinte au patrimoine de la société
et que celle-ci subisse un préjudice matériel.
Le fait de livrer gratuitement des marchandises est évidemment contraire à l’intérêt social.
On constate donc qu’une partie de l’élément matériel n’existe pas (fins personnelles), sauf à démontrer
l’intérêt indirect du dirigeant. Par exemple, si l’usage contraire à l’intérêt social permet au gérant de
dégager des profits sur lesquels il tire une rémunération, le but personnel est réalisé. Ici, le dirigeant obtient
un prêt à taux préférentiel.
L’élément moral : Il repose sur deux fondements cumulés :
l’existence de la mauvaise foi, qui devra être démontrée par le ministère public ;
la recherche d’un intérêt personnel par le dirigeant : comme pour l’élément matériel, elle n’est pas
démontrée. Il appartient au ministère public de faire la preuve que les actes contraires à l’intérêt social
ont été commis dans l’intérêt personnel du dirigeant. Les faits que nous connaissons démontrent
l’intérêt personnel partiel du dirigeant.
Dans ces conditions, l’infraction incriminée est constituée.
Infractions commises par le directeur de la banque
Il aurait pu commettre l’infraction de recel, qui se définit comme : « le fait de dissimuler, de détenir ou de
transmettre une chose […] en sachant que cette chose provient d’un crime ou d’un délit » (art. 321-1 du
Code pénal).
L’infraction d’abus de biens sociaux étant constituée, l’infraction de recel peut s’appliquer et le directeur de
la banque s’expose à une condamnation de cinq ans de prison et 375 000 € d’amende.
La peine complémentaire d’interdiction des droits civiques, civils et de famille peut être prononcée.
Il reste à signaler qu’en marge des infractions pénales, la responsabilité du dirigeant peut être engagée au
niveau civil, voire fiscal. Cette responsabilité pourrait le conduire à combler le passif social.
En revanche, l’infraction d’escroquerie n’est pas réalisée car celle-ci suppose, notamment, l’abus de qualité
vraie (directeur de banque) de tromper une personne, afin de se faire remettre une chose (les
marchandises).
Il faut, concernant l’élément matériel, l’emploi de moyens frauduleux (mensonges, faux nom, fausse
qualité…) et la remise d’une chose du fait de ces manœuvres.
Or, ici, il n’y a pas eu de tels moyens frauduleux pour se faire remettre les marchan dises ; l’infraction
d’escroquerie n’est donc pas constituée.
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Il faut signaler tout de même que, si les infractions pénales ne sont pas constituées, la responsabilité du
dirigeant peut être engagée au niveau civil voire fiscal. Cette responsabilité pourrait le conduire à combler le
passif social.
APPLICATION 4
Cas Faits divers
1. Imitation de la signature du directeur général
Constitue un faux toute altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie,
par quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée qui a pour
objet ou qui peut avoir pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences
juridiques (art. 441-1 du Code pénal).
Éléments constitutifs
Élément légal : L’élément légal de l’infraction se trouve à l’article 441-1 du Code pénal qui définit le faux et
usage de faux, mais uniquement en écriture privée.
Élément matériel : Il suppose l’utilisation d’un document et l’altération de la vérité par ce dernier. Ici les
procès-verbaux du CA ont bien été falsifiés. Cette altération de la vérité doit être source de préjudice, ce
dernier pouvant être soit actuel soit purement éventuel. C’est notre cas ici. La loi n’exige pas pour qu’il y ait
faux ou usage de faux que le préjudice soit consommé ou inévitable ; il suffit d’une simple éventualité ou
possibilité de préjudice (crim. 15 avril 1935).
Il y a faux punissable si la pièce contrefaite ou altérée est susceptible d’occasionner à autrui un préjudice
actuel ou éventuel (crim. 15 juin 1962).
Il faut un support écrit (il peut s’agir de tout support d’expression de la pensée) et un écrit valant titre.
Le support, doit être une source probatoire et faire découler des conséquences juridiques incontestables.
Il doit créer la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques sur son bénéficiaire. Dans le
cas, le faux est un faux matériel qui est constitué par la fausse signature sur les PV du CA. Il y a faux matériel
même lorsque la signature est véritable, mais que celle-ci a été obtenue par surprise (crim. 8 février 1955).
Élément moral : L’élément moral est constitué dès lors que l’auteur du faux est conscient de produire un
écrit non valable et susceptible d’avoir des conséquences juridiques.
Concernant l’usage de faux, l’intention coupable est suffisamment démontrée par la connaissance du
prévenu du caractère factice du document qu’il utilise néanmoins. Ici l’administrateur ne peut pas ignorer
qu’il falsifie les procès-verbaux.
Sanctions
Il s’agit du cas général de l’infraction simple commise par une personne physique.
Peines principales : trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.
Peines complémentaires :
l’interdiction des droits civiques, civils et de famille ;
l’interdiction d’exercer une fonction publique ou une activité de nature professionnelle ou sociale ;
l’exclusion des marchés publics ;
la confiscation de la chose qui a servi à commettre l’infraction ;
l’interdiction du territoire français pour une durée de dix ans ou plus, à l’encontre de toute p ersonne
étrangère coupable de la commission de l’infraction.
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Éléments constitutifs
Élément légal : Il est prévu par l’article L. 241-3 al. 4° du Code de commerce.
Élément matériel :
• L’usage des biens sociaux : le gérant utilise à des fins personnelles des fonds sociaux, alors que sa société
est en difficulté, par des versements de rémunération trop importants par rapport aux facultés de la société.
• L’usage est contraire à l’intérêt social car l’acte porte atteinte au patrimoine de la société et que celle -ci
subit un préjudice matériel.
La jurisprudence considère la rémunération excessive des dirigeants comme contraire à l’intérêt de la
société.
Élément moral : Il repose sur deux fondements cumulés :
l’existence de la mauvaise foi, qui devra être démontrée par le ministère public ou le juge d’instruction ;
la recherche d’un intérêt personnel par le dirigeant : elle est ici évidente, puisqu’il s’agit de
rémunération versée au gérant de la société.
Les sanctions
La sanction est de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
La peine complémentaire d’interdiction des droits civiques, civils et de famille peut être prononc ée.
3. Club sportif
Il s’agit encore d’un abus des biens et du crédit de la société au détriment de la société anonyme
accompagné d’une publication et présentation de comptes annuels ne donnant pas une image fidèle si les
comptes ont été présentés ou publiés.
Il faut se reporter aux cas ci-dessus pour les éléments des infractions et leur sanction.
4. Faux bilan
Pour les éléments de l’infraction, voir le point 1 ci-dessus.
Dans le cas, si la falsification du bilan n’est pas contestée, ce qui l’est par contre c’est la présentation du faux
bilan. Ce point est important car son absence supprimerait toute infraction.
En effet, le gérant prétend que le bilan n’a été ni présenté ni publié car « monté » par un logiciel et envoyé
uniquement au banquier par mail.
Cependant, l’infraction est constituée car la présentation des comptes peut aussi revêtir la forme d’une
publication, c’est-à-dire contrairement à la première façon (présentation aux associés), de manière externe
à la société (rendre le bilan public) et donne ainsi de fausses informations aux tiers. C’est ce qui s’est passé
en envoyant le faux bilan au banquier par mail.
De même, peu importe le procédé de publication, qui peut être un mail : la publication du bilan doit
s’entendre de tout procédé ayant pour but et pour effet de le faire connaître aux tiers (Paris, 12 juillet
1969).
L’infraction est donc constatée (voir les sanctions dans les cas précédents).
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