Marketing Mix Et BQ Participative
Marketing Mix Et BQ Participative
SOUS LE THEME :
Salma ARABI
Doctorante, Laboratoire d’Etudes en Finance, en Comptabilité et en Gestion (LEFCG)
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG)-Settat
Université Hassan 1er
E-mail : [email protected]
GSM : 06 07 88 88 80
El Mehdi KAIL
Doctorant, Équipe de recherche de finance, politiques économiques et compétitivité de
l'entreprise
Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Souissi-Rabat (UM5S)
E-mail : [email protected]
GSM : 06 56 92 94 07
Saïd EL MEZOUARI
Professeur d’Enseignement Supérieur, Laboratoire d’Etudes en Finance, en Comptabilité et en
Gestion (LEFCG), Ecole Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG)- Settat
Université Hassan 1er
E-mail : [email protected]
GSM : 06 61 38 45 29
Latifa LANKAOUI
Professeur d’Enseignement Supérieur et Responsable du Diplôme Universitaire
« Management public », Équipe de recherche de finance, politiques économiques et
compétitivité de l'entreprise
Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Souissi-Rabat (UM5S)
E-mail : [email protected]
GSM : 06 64 62 03 95
Résumé :
Dans un monde en perpétuel changement, et face à la concurrence acharnée
entre les entreprises de différents secteurs, l’avantage concurrentiel demeure le
moyen efficace pour s’imposer sur le marché. Cependant, le marketing constitue,
bien entendu, un élément capital afin de garantir la compétitivité et attirer plus de
clients potentiels. En effet, Le marketing permet de repérer le segment adéquat à
exploiter, d’innover en fabriquant des produits répondant aux besoins concrets de la
clientèle ciblée et d’anticiper ses attentes, et par là, l’entreprise pourrait devancer ses
concurrents et conquérir une grande part de marché.
Le marketing des produits bancaires participatifs commence à prendre de
l'ampleur dans le développement des connaissances en marketing et son implication
pratique pour les entreprises et la clientèle est incontestablement importante. En fait,
il a connu une croissance rapide au cours des dernières années et a attiré l'attention
de plusieurs universitaires, praticiens du marketing. Néanmoins, ce domaine reste
encore peu étudié avec peu d’études empiriques, en particulier sur le rôle du
marketing mix « participatif » conformément aux principes de la charia islamique-
dans le développement et le succès des banques participatives que le Maroc
s’apprête à accueillir en 2016.
Dans ce papier, nous soulignons le rôle du marketing mix - Produit, Prix,
Communication et Distribution- dans l’atteinte des objectifs stratégiques de la
banque, nous présentons les banques participatives comme étant un nouveau produit
en phase de lancement nécessitant une stratégie adéquate pour une meilleure
performance. Et puis, nous exposons les résultats d’une étude quantitative dont le
but de déceler les critères à mettre en valeur pour un meilleur lancement et un
véritable succès des banques participatives au Maroc.
Mots clés : Marketing Mix, Banques participatives, stratégie.
Abstract :
In a changing world and in front of an intense competition, the competitive
advantage is the effective way to penetrate the market. However, marketing
represents a key element to ensure the competitiveness and attract more potential
customers. Actually, marketing can ascertain the appropriate segment to operate,
innovate by developing products that meet the specific needs of the target and
anticipate their expectations, and thus, the company could overtake its competitors
and overcome the market share.
The Islamic marketing begins to gain momentum in the development of
marketing knowledge. Its practical implications for companies and customers are
absolutely significant. In fact, it has grown rapidly in recent years and has attracted
the attention of many academics, marketing experts. However, this area remains
understudied with few empirical studies, especially on the part of the Islamic
marketing mix- in accordance with the principles of Sharia -in the development and
success of Islamic banking as Morocco prepares to welcome in 2016.
In this paper, we highlight the role of the marketing mix - Product, Price,
Place and Promotion- in achieving the strategic goals of the bank; we present
Islamic banking as a new product in launch phase that requires an adequate strategy
for better performance. Then we present the results of a quantitative study aimed to
identify the criteria to develop for a better start and a great success of Islamic banks
in Morocco.
Key words: Marketing Mix, Islamic Banking, Strategy.
Introduction
1
El OMARI ALAOUI M. et MAFTAH S. « La finance islamique au Maroc : Les voies de
normalisation », Préface de KETTANI O. , Première édition, Page 46.
Figure N°1 : L’arbre des causes
Ce diagramme évoque de façon graphique les causes aboutissant à un effet. Il peut être
utilisé comme outil de modération et de visualisation synthétique et de communication des
causes identifiées. Il peut être utilisé dans le cadre de recherche de causes de difficultés liées
au lancement des banques participatives au Maroc.
Le schéma2 ci-après illustre les 5M du diagramme et représente d’une façon
synthétique les obstacles qui entravent l’aboutissement de ce projet de banques participatives.
2
El OMARI ALAOUI M. et MAFTAH S.(2012) « La finance islamique au Maroc : Les voies de
normalisation », Préface de KETTANI O. , Première édition, Page 48.
Figure N°2 : Diagramme d’Ishikawa
Fiscalité
Conformité à la charia
Marketing Mix (Produit, Prix, Communication, Distribution)
Formation des experts dans le domaine
D’où la nécessité d’entreprendre des mesures d’accompagnement s’impose afin de
garantir le bon déroulement du lancement des banques participatives.
3- Les mesures à entreprendre pour un lancement réussi
En gros, ’IFSB, la BID et l’IRTI ont publié en 2010 un rapport où elles recommandent huit
importants agrégats à développer pour renforcer la stabilité et le dynamisme de
l’infrastructure financière islamique, il s’agit notamment de :
1. Etablir un ensemble complet de normes prudentielles intersectorielles ;
2. Développer l’infrastructure de gestion de liquidité ;
3. Renforcer les dispositifs de sécurité financière ;
4. Etablir un cadre de résolution et de gestion efficace de crises ;
5. Etablir et/ou renforcer les normes de comptabilité, d’audit et de communication ;
6. Etablir une surveillance macro-prudentielle ;
7. Renforcer les processus de notation ;
8. Renforcer les talents et capacités de développement.
Nous pouvons mentionner autres mesures à savoir :
- La nécessité d’éviter de transposer des expériences toutes prêtes d’autres pays sans tenir
compte des spécificités et du contexte local ;
- Adoption d’un marketing incitatif et lancement de compagne de sensibilisation de
l’importance de ces produits dans le dynamisme économique et social du pays, en
utilisant tous les médias disponibles.
Compte tenu des diverses mesures à entreprendre, nous allons nous intéresser dans le présent
papier aux mesures relatives à l’aspect marketing et en particulier les 4P du marketing mix.
3
Dr.Abdellatif CHAKOR, 2éme Edition 2014, Marketing, techniques de vente & études de marché, ISBN : 978-
9954-34-420-0
Ijara : Tout contrat selon lequel une banque participative met, à titre locatif, un bien
meuble ou immeuble déterminé et propriété de cette banque, à la disposition d’un client pour
un usage autorisé par la loi.
L’Ijara prend l’une des deux formes suivantes :
Ijara tachghilia, lorsqu’il s’agit d’une location simple ;
Ijara montahia bi tamlik, lorsqu’au terme de la location, la propriété du bien, meuble
ou immeuble, loué est transférée au client selon les modalités convenues entre les deux
parties.
Moucharaka : Tout contrat ayant pour objet la participation, d’une banque
participative, à un projet, en vue de réaliser un profit.
Les parties supportent les pertes à hauteur de leur participation et partagent les profits selon
un pourcentage prédéterminé.
La Moucharaka prend l’une des deux formes suivantes :
Moucharaka Tabita : la participation des deux parties au projet demeure jusqu’au
terme du contrat les liant ;
Moucharaka Moutanaqissa : la banque se retire progressivement du projet
conformément aux stipulations du contrat.
1-3- Communication
La politique de la communication se définit par : « Toutes les actions d’une firme :
pour se faire connaître et s’apprécier elle-même en tant qu’entreprise et faire connaître et
apprécier ses produits»4. Le contenu d’une politique de communication est donc de faire
connaître l’entreprise, son savoir- faire d’une manière globale afin de lui conférer une image
qui soit le reflet de son identité. Pour ce faire, l’entreprise agit simultanément sur deux
dimensions : A savoir, une dimension regroupant la communication externe aux divers
publics de l’entreprise et la communication interne tournée vers le personnel.
Les banques participatives, étant nouvelles sur le marché bancaire marocain, doivent
relever le défi de se présenter à la population marocaine sans pour autant utiliser le référentiel
Halal/ Haram dans leur communication et cependant, trouver des manières adéquates pour
faire passer les messages souhaités et attirer l’attention d’un peuple affamé d’une alternative
de financement autre que la conventionnelle.
1-4- Distribution
4
GARSUAULT P., PRIAMI S. « La Banque Fonctionnement et Stratégies » , ECON0MICA Gestion 2éme edition,
paris, 1997, P433. Opcit: S De Gaussergues, p267.
- Les forces et les faiblesses de l’entreprise dans le cadre d’une analyse interne ;
- Les opportunités et les menaces du microenvironnement et du macro-environnement
de l’entreprise dans le cadre d’une analyse externe.
Forces Faiblesses
Initiative louable par l'adoption de la
Absence de concurrence parfaite
recommandation de Bank Al Maghrib
Harmonisation avec les pays européens Une concurrence agressive due aux lobbies
engagés dans la finance participative bancaires
Cette analyse permet de porter une vision managériale stratégique afin de réduire
l’impact des faiblesses et des menaces et augmenter le bénéfice des éléments de forces et des
opportunités. Elle offre, cependant, la possibilité de transformer les éléments négatifs en
éléments de succès.
3- L’adéquation d’une stratégie basée marketing mix pour une entrée réussie
Une stratégie marketing d'entreprise est une démarche d’étude et de réflexion dont le
but est de s'approcher au plus près de l’adéquation offre-demande. Cette démarche s'inscrit au
sein de la stratégie de l'entreprise.
Il s'agit pour l'entreprise de viser à augmenter le chiffre d'affaires, les parts de marché
et la permanence des clients par différenciation, motivation ou adaptation de l'offre solvable
augmentant ainsi les économies d'échelle.
Dans ce cadre, le marketing stratégique, composante de la stratégie marketing, s'assure
auprès des autres fonctions clés de l'entreprise de la faisabilité de l'offre.
La stratégie marketing se confond souvent avec la stratégie d'entreprise notamment
dans les organisations faisant appel à un nombre restreint de métiers (de DAS) et négocie
ainsi directement l'optimisation des synergies (ou flexibilité) de l'organisation et
la rentabilité attendue par le service financier.
En fait, elle se résume souvent à l'élaboration d'un marketing-mix dont la cible
désignée est le client.
Le client est le centre d’intérêt de la banque participative, sa satisfaction est
primordiale. Partant de cette logique, nous estimons qu’une stratégie basée Marketing Mix
est adéquate afin d’assurer un lancement réussi des banques participatives dans le contexte
marocain, et ce compte tenu de plusieurs éléments :
Cette stratégie réunit l’ensemble des éléments (4P) qui pourront influencer le
comportement du client ou sa décision d’achat des produits ;
La politique produit permettra à la banque de se concentrer sur les produits agréés par
la loi des finances et d’innover de telle sorte que le client se retrouve dans l’obligation
d’y adhérer.
La politique Prix poussera la banque à mieux réfléchir avant d’établir sa marge
bénéficiaire et fixer un prix imbattable pour maintenir son avantage concurrentiel ;
La politique Communication présente une opportunité incontournable pour que la
banque innove et construise un incontestable « pack entrée » afin d’attirer les clients
potentiels, les satisfaire et les fidéliser.
La politique Distribution n’est qu’un moyen pour que la banque répartisse ses agences
d’une façon à ce qu’elles soient proches de tous les citoyens et également, pour
qu’elles créent de nouvelles alternatives d’accès à ses services à travers des
innovations technologiques modernes.
III- Diagnostic des attentes des marocains vis-à-vis des banques participatives
1- Présentation de la méthodologie de l’étude
Il existe deux grandes approches ; mais, celle que nous retenons dans le cadre de notre
étude, est l’approche hypothético-déductive5. Notre échantillon a été constitué des marocains
de différents tranches d’âges, différentes catégories socio-professionnelles et différentes
villes. La méthode probabiliste a conduit l’élaboration de notre échantillon. Elle a consisté à
faire un choix au hasard. Elle a consisté en outre à sélectionner les unités d’échantillons de
façon aléatoire et chaque unité de l’échantillon a une chance égale d’être choisie.
Pour collecter les données et réaliser notre étude quantitative, nous avons opté
pour un questionnaire. Ce support est privilégié dans ce type d’étude. La taille de notre
échantillon est 250. Nous avons estimé que ce nombre permettra d’avoir plus de
représentativité à notre étude.
Nous avons opté pour le logiciel sphinx pour la rédaction du questionnaire, la collecte
des données via sphinx online et également le traitement et l’analyse des résultats obtenus.
Pour cerner les attentes des marocains vis-à-vis des banques participatives et déceler
les caractéristiques que la banque doit mettre en valeur pour attirer l’attention de sa clientèle,
nous avons rédigé un questionnaire de 16 questions partagées en 5 grandes parties, en plus de
la fiche signalétique, via laquelle nous avons pu recenser les statistiques suivantes :
32.9% de nos interviewés sont des employés du secteur privé, et 27.1% sont des étudiants.
95.9% de la population interrogée ont déjà entendu parler des banques participatives à
travers différents moyens : nous trouvons 50.9% pour les réseaux sociaux, 44% pour
la presse.
79.7% des marocains ayant répondu au questionnaire n’ont pas contracté de crédit
auprès des banques conventionnelles lors des cinq dernières années pour une raison
liée aux préceptes religieux : le crédit est interdit par la religion (72.4%)
42% des personnes interrogées ayant déjà contracté un crédit bancaire ont opté pour
un crédit à la consommation et 34% pour le crédit habitation.
79.5% des répondants ont montré un intérêt aux produits de la banque participative et
essentiellement la Mourabaha (56.3%) et l’Ijara Mountahia bi tamlik (48.9%)
78.7% des répondants comptent ouvrir un compte chez la banque participative et plus
de 78% de cette catégorie ont exprimé leur volonté à changer leur groupe bancaire s’il
ne se lance pas dans la finance participative.
53% des interviewés sont prêts à supporter des frais globaux supérieurs à ceux de la
banque conventionnelles à condition qu’il ne dépasse pas 5% d’hauteur.
Les répondants s’attendent à ce que les banques participatives baissent de leur marge
bénéficiaire (38.4%) et annulent les indemnités de retard (35.6%).
3- Synthèse et Recommandations
3-1- Synthèse
Partant des différents constats relatés à travers notre étude, nous pouvons tirer la synthèse
résumée dans les points ci-après :
Les marocains attendent avec impatience le lancement des banques participatives, et
ceci est exprimée via leur forte volonté à ouvrir des comptes dans les futures banques.
Les marocains, étant un peuple conservateur, refusent de contracter des crédits
bancaires auprès des banques conventionnelles sous un prétexte purement religieux et
s’attachent au principe de n’utiliser que des produits conformes à la charia.
Les marocains sont intéressés particulièrement aux produits Mourabaha et Ijara.
Les réseaux sociaux constituent un moyen efficace pour la médiatisation des banques
participatives au Maroc.
Le conseil des Oulémas est une entité qui s’intéresse aux affaires religieuses des
marocains et qui a un poids et une influence clairs sur l’attitude des marocains. La
raison pour laquelle il peut facilement diriger la décision d’achat des marocains et leur
inciter de se financer auprès des banques participatives ;
Les marges bénéficiaires élevées et les indemnités de retard imposées dans les banques
conventionnelles constituent la bête noire des marocains et espèrent que les banques
participatives améliorent ces aspects afin de se sentir en sécurité dans leurs
transactions.
3-2- Recommandations :
Dans la perspective du lancement des banques participatives au Maroc et abstraction
faite de l’argument religieux, une panoplie de recommandations peut être ressortie à travers
l’étude menée. En particulier, nous allons nous intéresser aux 4P du marketing mix et nous
formulons des recommandations pour chaque élément afin de garantir les bonnes conditions
de lancement et de développement de ce nouveau modèle de financement sur le marché
bancaire marocain :
Produit :
Se concentrer sur les produits Mourabaha et Ijara vu qu’ils constituent les formules tant
attendues par les marocains ;
S’inspirer des expériences des pays plus expérimentés en la matière et élaborer des packs
de produit adéquat pour chaque cible de clientèle ;
Créer une large gamme de biens meubles et immeubles afin d’offrir aux clients plus de
choix et une variété de produits.
Prix :
Signer des conventions avec les sociétés commercialisant les produits les mieux
demandés par la clientèle, notamment les sociétés d’immobilier, sociétés
d’automobile…etc. afin de bénéficier d’une réduction importante.
Baisser la marge bénéficiaire au minimum au début du lancement afin de gagner la
confiance de la clientèle ;
Diminuer la valeur des indemnités de retard et verser les fonds collectés à des organismes
sociaux en besoin d’aide afin d’illustrer la responsabilité sociale de l’entreprise.
Distribution
Bien étudier la distribution géographique des agences de façon de garantir la proximité à
tous les citoyens ;
Cibler les zones rurales et peuplées pour améliorer le taux de bancarisation mais aussi
pour offrir des possibilités de financement au secteur agricole ;
Cibler les PME voire les TPE ayant des difficultés d’accès au financement
conventionnel ;
Créer des fenêtres participatives.
Communication
Mener des compagnes de communication intensives pour expliquer aux marocains les
principes des banques participatives, leur étendue et leurs finalités ;
Organiser des séances de formation ouvertes au large public pour rapprocher la banque
des citoyens ;
Utiliser les réseaux sociaux pour transmettre les messages souhaités vu qu’ils sont utilisés
en masse par les marocains.
Conclusion
Bibliographie