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Cheik Anta Diop - Nations Nègres Et Cultures - pp.343-349

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CHEIKH ANTA DIOP NATIONS NEGRES ET CULTURE Deuxiéme édition « De I’antiquité Négre-Egyptienne aux problémes culturels de l'Afrique noire d’aujourd’hui ». TABLE DES MATIERES Prérace 1955 PREFACE 1964 AVANT-Proros Ixrropuction PREMIERE PARTIE CHaprTRe PREMIER Qu’étaient les Egyptiens ? Témoignages des écrivains et philo~ sophes anciens et de la Bible, leur valeur : (Cuaprree IL Naissance du mythe du négre Cuarrme TL Falsification moderne de Histoire ..... La civilisation égyptienne peut-elle tre originaire du Delta? La civilisation égyptienne peut-elle @tre d'origine asiatique? Probléme de la race égyptienne vu et traité par les anthropo- Iggues Cuaprmee IV Arguments pour une origine nbgre de Ia race ot de la i tion égyptienne ceteeneeee ARGUMENTS ETHNOLOGIQUES (Lotémisme - Circoncision - Royauté - Cosmogonie - Or- ganisation sociale - Matriarcat - Régne de Sabacono ou Shabaka, en Egypte - Unité linguistique). Etude comparative des grammaires égyptiennes et valaf .... ARGUMENTS LINGUISTIQUES (Peut-on, a partir du valaf et des langues africaines en général, restituer le vrai type de la grammaire égyptienne) Introduction au vocabulaire «6.0... 0s ceeeeeeeeeeee 19 21 25 27 39 49 97 113 + 154 161 191 212 239 532 CHEIKH ANTA DIOP Cuaprmee V Arguments contre T'idée dune Egypte ndgre ......--..--+. 289 Cuaprras VE Peuploment de I'Afrique & partir de la Vallée du Nil....... 311 Origine des Laobes oi 324 Cuan VIL Apport de UEthiopie-Nubie et de lEgypte la civilisation .. 343 DEUXIEME PARTIE Cuaprree PREMIER Developpement des langues (Véceaté de développer tes lan gues nationales) : 353 (Cuaprmee I ‘Traductions cevctteeeceeeeeees 361 Traductions de concepts scientifiques : Physique et chimic |. 368 Résumé du principe de Ja relativité d'Binstein Eepeeon 12 ‘Traduction du résumé du principe de Ja relativité d'Eiastein ea Traduction ittéraire’ ‘et iniégration de "ythmes (Bxtraits CHorace ; de la Marseillaise Poésie valaf moderne 387 392 : 394 Cuaprrae TI Déblaiement. (Transcription alphabétique - Comparaison du street vat ~ Probleme post parts lnguas ites «2 classes » seeee 395 Complément de grammaire et de la langue étudi 1436 Cuarrme IV Les problémes de 1'Art africain pee iAse) (Cuaprme V Structure sociale et politique ..... .4an APPENDICE Vocabulaire comparé du valaf et du sérére ...... 485, CuaprTRe vit APPORT DE L'ETHIOPIE - NUBIE ET DE L'EGYPTE ALA CIVILISATION Les Ethiopiens d’abord, les Egyptiens ensuite, selon le ‘témoignage unanime de tous les Anciens, ont eréé et porté & un degré extraordinaire de développement tous Jes éléments de ta civilisation alors que les autres peuples — en particulier les Eurasiatiques — étaient plongés dans la barbatie. Il faut en chercher Texplication dans les conditions maté- rielles oi le hasard de la géographie les a placés dés Yorigine des temps. Celles-ci nécessitérent pour Y'adaptation de Vhomme Tin- vention de sciences qui furent complétées par celles des arts et de Ia religion. Test impossible @’insister sur tout ce que le monde — et en particulier le monde hellénique — doit au monde égyptien. Les Grecs n’ont fait que teprendre et développer, dans une certaine mesure parfois, les inventions égypticnnes, tout em les dépouillant en vertu de leurs tendances matérialistes, de la carapace religieuse « idéaliste » qui les entourait. La rudesse de la vie dans les plaines eurasiatiques semble avoir développé d'une part Vinstinct matérialiste des peuples qui y vivoient, autre part forgé des valeurs morales & Yopposé des valeurs morales égyptiennes découlant d'une vie collective sédentaire relativement facile et paisible dés T'instant qu’elle est ordonnée par quelques régles sociales. Autant les Egyptiens auront en horreur le vol, le nomadisme et la guerre, autant ces pratiques seront considérées comme des valeurs morales de premier ordre dans les plaines eurasiatiques. Ne peut entrer au Walhalla, paradis germanique, que le guerrier tombé au champ de bataille, ne peut gagner Ja félicité, chez les Egyptiens, que le mort qui, ‘au Tribunal @Osiris, aura prouvé quill n’a jamais commis de péché et quill a ét6 charitable A Pégard des pauvres, ce qui est 344 CHEIKH ANTA DIOP & Topposé de tout esprit de razzia et de conguéte qui caractérise, en général, les peuples du Nord que chassait, en quelque sorte, leur pays déshérité par la nature. Par contre, Lexistence sera tellement facile dans la Vallée du Nil, véritable coulée de vie entre deux déserts, que "Egyptien aura tendance & croire que es bienfaits de la nature lui tombent du ciel, Aussi, finira-t-il par adorer celui-ci sous Ia forme d'un Etre Tout-Puissant, Créateur de tout ce qui existe et dispensateur des biens. Son matérialisme primitif — c'est-a-dire son vitalisme — sera désormais un matérialisme transposé au ciel, un matérialisme si Yon peut dire, métaphysique. Par contre, les horizons du Grec ne dépasseront jamais Yhomme matériel et visible, vainqueur de la nature hostile ; sur terre, tout gravite autovt de lui: le but supréme de Vart est de faire sa copie exacte. Au , chose paradoxale, on ne trouvera que lui, avec ses défauts et ses faiblesses terrestres sous la carapace des diewx, que rien d’autre que leur force physique ne distingue du commun des mortels. Ainsi quand le Gree emprunte le dicu égyptien qui, Iui, est un vrai dieu dans toute Vacception du mot, pourvu de toutes les perfections morales pouvant découler de Ia vie sédentaire, quand le Grec empruntera ce dieu & 'Egyptien, il ne pourra Je comprendre et le conserver qu’en Ie ravalant au niveau de Phomme, qu’en le ramenant A celui-ci. Ainsi le Panthéon adoptif du Grec n'est qu'une autre humanité. C’est cet anthropomorphisme qui, dans ce cas particulier, n'est autre qu'un matérialisme aigu, qui caractérise Vesprit grec. Le miracle grec, A proprement parler, mexiste pas, car si Yon veut parler du processus d’acclimation des valeurs égyptiennes ea Gréce, ce dont il vient d’étre ques- tion, on voit bien que cela n’a rien @un miracle, au sens « in- tellectuel » du terme: on peut, tout au plus, dire que cette tendance au matérialisme qui caractérisera !'Occident, était propice au développement de Ja science. Le génie profane des Grecs da essentiellement a Vinfluence des steppes eurasiatiques, leur faible tempérament religieux a rendu possible chez eux, dés qu’ils ont emprunté les valeurs égyptiennes, existence d'une science laique, profane, enseignée publiquement par des philosophes également, profanes, au lieu que cette science soit Papanage d'un corps sacerdotal qui la gardera jalousement, sans la répandre dans le peuple, pour la laisser se perdre avec les bouleversements sociaux : «La puissance et les dignités de esprit qui, partout ailleurs, NATIONS NEGRES ET CULTURE 345 < exergaient leur empire invisible, A c6té de la force des armes, (Emest d'Aster: Histoire de la Philosophie, Trad. M. Bel- vianes, Payot, 1952, p. 48). Lrenseignement scientifique, philosophique, y était dispensé par des profanes que rien ne distinguait du peupie si ce n'est leur niveau intellectuel ou leur rang social d'aristocrates. Aucune auréole de sainteté ne les entourait. Plutarque, dans Isis et Osiris, relate qu’au témoignage de tous les savants et philo- sophes grees qui ont été éléves des Egyptiens, ces dernier m’aimaient pas profaner leur science : Solon, Thales, Platon Lycurgue, Eudoxe, Pythagore, ont rencontré des difficultés avant etre initiés par les Egyptiens. Toujours d’aprés Plutarque, de tous ces éléves savants des Egyptiens, c'est Pythagore qu’ils préféraient & cause de son tempérament mystique ; et, récipro- quement, Pythagore était un des Grecs qui vénérait le plus les Eeyptiens. Ce qui précéde est la conclusion d’un passage ob Plutarque signale Ja signification ésotérique du mot AMMON : qui est caché, qui est invisible... Il est curieux donc, comme le remarque Amélineau, que Yon n’insiste pas davantage sur Papport égyptien a la civilisation. «Jai vu alors, et clairement vu, que les systmes les plus «fameux de la Gréce, notamment ceux de Platon et d’Aristote, (Amélineau : Prolégomenes..., Introduction, pp. 8 et 9.)

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