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Corrigé-2017-DCG-UE2-Droit-des-societes v20170611

Ce document traite de situations juridiques concernant une société anonyme nommée SA SUCRANTILLES. Il analyse si le projet de son dirigeant est possible, les obligations en termes de mixité du conseil d'administration, si une personne peut en devenir membre, si un prêt consenti peut être annulé et les conséquences pénales potentielles de ce prêt.

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Ce document traite de situations juridiques concernant une société anonyme nommée SA SUCRANTILLES. Il analyse si le projet de son dirigeant est possible, les obligations en termes de mixité du conseil d'administration, si une personne peut en devenir membre, si un prêt consenti peut être annulé et les conséquences pénales potentielles de ce prêt.

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DCG – UE 2 – DROIT DES SOCIETES - Session 2017 - Proposition de CORRIGÉ– © 2017 dcg- lyon.

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Avertissement : ceci est un corrigé indicatif qui n’engage que son auteur

DOSSIER 1 – ETUDE DE SITUATIONS PRATIQUES - 13,5 points

Première partie – SA SUCRANTILLES


1. Le projet de Martin Lambelly est-il envisageable ?

Problème de droit : Quel est le nombre minimal d’actionnaires dans une SA ?

Règles applicables :
La SA exigeait au moins sept actionnaires. Une ordonnance du 10 septembre 2015 a réduit ce seuil à
seulement deux actionnaires. Les sociétés anonymes cotées doivent toujours compter sept actionnaires
au minimum.

Application au cas :
En l’espèce, les actions de la SA SUCRANTILLES ne sont pas admises aux négociations sur un marché
réglementé et peut donc ne compter que deux actionnaires. Le projet de Martin Lambelly de demeurer
seul actionnaire avec son père est donc parfaitement envisageable.

2. La SA SUCRANTILLES est-elle concernée par l’obligation de mixité dans certains conseils


d’administration de SA françaises ?

Problème de droit : Quelles sont les obligations de mixité dans la composition de certains conseils
d’administration de SA françaises ?

Règles applicables :
A compter du 1er janvier 2017, la proportion de femmes composant les CA ou CS ne peut pas être
inférieure à 40% pour les sociétés cotées et les sociétés qui, pendant trois exercices consécutifs,
emploient au moins 500 salariés et réalisent au moins 50 M de CAHT ou dont le total du bilan est au
moins égal à cette somme. A compter de 2020, le seuil d’effectifs déclenchant l’obligation passe à au
moins 250 salariés.

Application au cas :
En l’espèce, les actions de la SA SUCRANTILLES ne sont pas admises aux négociations sur un marché
réglementé. Par ailleurs, la SA SUCRANTILLES ne dépasse pas les seuils fixés pour les sociétés non
cotées (32 salariés, CAHT égal à 29 376 543 € en 2016 ; aucune information concernant les exercices
précédents). La SA SUCRANTILLES n’est donc pas concernée par l’obligation de mixité
concernant la composition de son CA.

3. Julie Rousseau peut-elle devenir membre du CA de la SA SUCRANTILLES ?

Problème de droit : Quelles sont les conditions de fond pour pouvoir être désigné administrateur d’une
SA ?

Règles applicables :
Le CA d’une SA compte au minimum 3 membres et au maximum 18 membres (24 en cas de fusion
entre sociétés pour une durée maximale de 3 ans).

Conditions de nomination :

• les administrateurs de SA n’ont pas obligatoirement à avoir la qualité d’actionnaire de la société


(sauf clause contraire des statuts).

• L’administrateur peut être une personne physique ou morale.

UE 2 2017 – DROIT DES SOCIETES 1/6 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


• Un administrateur doit avoir la capacité juridique, ne pas être frappé d’interdiction ou
d’incompatibilité.

• Le nombre d’administrateurs ayant dépassé les 70 ans ne peut être supérieur à un tiers du nombre
total d’administrateurs (représentants permanents de personnes morales compris). Toute nomination
qui enfreindrait cette règle serait nulle. Une modification des statuts décidée en AGE dans les
conditions de quorum et de majorité applicables aux décisions extraordinaires peut cependant relever
ou abaisser cette limite d’âge maximal prévu.

• Les administrateurs personnes physiques ne peuvent pas cumuler plus de cinq mandats
d’administrateurs, ni plus de cinq mandats tous mandats confondus dans des SA ayant leur siège
social en France.

Application au cas :
En l’espèce, si Madame Julie Rousseau devenait administratrice, le CA de la SA SUCRANTILLES
compterait alors 4 membres dont deux administrateurs ayant dépassé les 70 ans (Madame Julie
Rousseau, 72 ans, et Monsieur Auguste Lambelly, 85 ans). Le plafond légal du tiers des administrateurs
ne devant pas dépasser 70 ans serait donc dépassé. En l’état, en l’absence de modification statutaire
relevant l’âge maximal prévu ou de démission de Monsieur Auguste Lambelly, Madame Julie Rousseau
ne peut pas devenir administratrice de la SA SUCRANTILLES.

4. Le prêt consenti par la SA SUCRANTILLES peut-il être annulé ?

Problème de droit : Les conventions interdites dans la SA

Règles applicables :
Les prêts, découverts en compte courant, cautions, avals consentis par une SA à l’un de ses
administrateurs ou leurs conjoints, ascendants et descendants ainsi que toute personne interposée
constituent des conventions interdites. Les personnes morales ne sont pas concernées cependant.

Si une telle convention est conclue, elle est nulle de nullité absolue. L’action en nullité se prescrit par 5
ans à compter de la date de la convention ou de la date à laquelle elle a été révélée. Cette nullité ne peut
pas être couverte par un vote de l’AG.

Application au cas :
En l’espèce, la SA SUCRANTILLES a octroyé un prêt à l’entreprise individuelle créée par l’épouse du
Président du CA. Une entreprise individuelle n’ayant pas la personnalité morale, la SA SUCRANTILLES
a donc directement contracté avec l’épouse du Président du CA de la SA, personne physique. Un tel prêt
constitue une convention interdite. Toute personne intéressée est susceptible d’engager une action en
nullité dans un délai de 5 ans à compter de la date de la convention ou de la date à laquelle elle aura été
révélée.

5. Quelles pourraient être les conséquences pénales de ce prêt ?

Problème de droit : Sur le délit d’abus de biens sociaux susceptible d’avoir été commis par Jean-Louis
Lambelly et sur le recel de cette infraction susceptible d’avoir été commis par son épouse

➢ Le délit d’abus de biens sociaux (ABS)


Règles applicables :
La constitution du délit d’abus de biens sociaux nécessite la démonstration de la réunion de l’élément
légal, de l’élément matériel et de l’élément moral de l’infraction :

- l’élément légal : le délit d’ABS est réprimé par le code commerce qui prévoit que les dirigeants de
SA sont punis pénalement s’ils font « de mauvaise foi, des biens ou du crédit de la société, un
usage qu’ils savent contraire à l’intérêt de celle-ci, à des fins personnelles ou pour favoriser une
autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés directement ou indirectement » ;

- l’élément matériel de l’infraction est constitué en cas d’usage des biens ou de fonds de la société
dans un intérêt contraire à l’intérêt social.

UE 2 2017 – DROIT DES SOCIETES 2/6 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


- l’élément moral : l’ABS est une infraction intentionnelle, les faits doivent avoir été commis
sciemment (de mauvaise foi) à des fins personnelles et dans un intérêt que son auteur sait
contraire à celui de la société.

Le délit d’ABS est sanctionné par 5 ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amendes. Des peines
complémentaires (telles qu’une interdiction de diriger une société commerciale ou une interdiction
d’émettre des chèques) sont par ailleurs susceptibles d’être prononcées par le Tribunal correctionnel.

L’action publique se prescrit par 6 ans à compter de la présentation des comptes annuels par lesquels
les dépenses litigieuses sont mises indument à la charge de la société (depuis la loi du 27 février 2017, 3
ans auparavant). Toutefois, par exception, en cas de dissimulation, le point de départ du délai est
retardé au moment où le délit est apparu ou constaté sans pouvoir rétroagir plus de douze ans à
compter de la date de commission des faits (date butoir introduite par la loi du 27 février 2017).

Application au cas :
Le fait pour Jean-Louis Lambelly, Président du CA de la SA SUCRANTILLES, d’utiliser les fonds de la
société pour octroyer un prêt à des conditions plus favorables que celles du marché à son épouse en vue
de l’aider à créer son entreprise individuelle, sans aucune contrepartie apparente actuelle ou envisageable
à terme pour la SA, est contraire à l’intérêt social de la société et constitue suffisamment l’élément
matériel de l’infraction d’ABS. En tant que Président du CA, Jean-Louis Lambelly ne peut ignorer son
abus ; sa mauvaise foi est donc caractérisée. Jean-Louis Lambelly commet donc un délit d’abus de
biens sociaux.

➢ Le recel d’abus de biens sociaux


Règles applicables :
- l’élément légal : infraction prévue par le code pénal qui punit celui qui en connaissance de cause,
bénéficie par tout moyen, du produit d’un crime ou d’un délit ;

- l’élément matériel : le receleur bénéficie des fonds provenant de l’abus de biens sociaux (c’est un
recel-profit) ;

- l’élément moral : c’est une infraction intentionnelle : le receleur doit avoir connaissance de l’origine
frauduleuse des fonds dont il profite.

Le recel est sanctionné à titre de peines principales par 5 ans d’emprisonnement (ou la peine encourue par
l’auteur de l’infraction principale si cette peine de privation de liberté est plus longue) et 375 000 euros
d’amende (ou jusqu’à la moitié de la valeur des biens recelés si celle-ci dépasse 375k€).

Application au cas :
Clémence Lambelly profite sciemment des fonds provenant de l’abus des biens sociaux commis par son
mari. Clémence Lambelly commet donc un recel d’abus de biens sociaux.

6. Que doit faire Monsieur Bogard ?

Problème de droit : Les obligations du commissaire aux comptes en cas de découverte de faits délictueux

Règles applicables :
Quand il découvre lors de sa mission des faits délictueux qui présentent un caractère délibéré et
significatif, il a l’obligation de les révéler au procureur de la République. La non-révélation des faits
délictueux engage sa responsabilité pénale, délit prévu par le code de commerce et puni de 5 ans et
75.000 euros d’amendes.

Par ailleurs, lorsqu’il constate des irrégularités, il doit par ailleurs en informer les membres du conseil
d’administration ou du conseil de surveillance (et le comité d’entreprise le cas échéant).

Application au cas :
En l’espèce, Monsieur Bogard, en sa qualité de CAC de la SA SUCRANTILLES, a l’obligation de révéler au
Procureur de la République les faits délictueux dont il a eu connaissance dans le cadre de sa mission, sous peine
de commettre le délit de non-révélation de faits délictueux. Il devra par ailleurs informer le CA.

UE 2 2017 – DROIT DES SOCIETES 3/6 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


Seconde partie – SNC LAMBELLY & Fils

7. Madame Alice LAMBELLY doit-elle répondre à cette sollicitation ? Quel conseil pourriez-vous
donner à Madame LAMBELLY dans cette situation ?

Problème de droit : Quelle est l’étendue de la responsabilité d’un associé de SNC ?

Règles applicables :
Le gérant-associé d’une SNC n’est responsable, en qualité de gérant, qu’envers les associés (action
individuelle) et envers la société (action sociale) en cas de faute de gestion notamment. Le gérant
qui, dans l'exercice de ses fonctions, cause un dommage à un tiers engage sa société. Toutefois, le
gérant est seul responsable s'il a commis une faute séparable de ses fonctions qui lui soit imputable
personnellement.
Le gérant-associé d’une SNC est responsable, en qualité d’associé de la SNC, comme tous les autres
associés de la SNC, de manière illimitée et solidaire des dettes et des pertes sociales, en cours de vie
sociale ou lors de sa dissolution. Le paiement de l’intégralité de la dette peut être demandé à un seul des
associés. Cependant, cette responsabilité illimitée n’est que subsidiaire : la société doit avoir été au
préalable vainement mise en demeure (par acte d’huissier). A défaut de paiement dans les 8 jours, tout
créancier peut demander le paiement total de la dette à un associé.
Le paiement de l’intégralité de la dette par un des associés lui ouvre un recours contre ses coassociés. Il
devra alors fractionner ses poursuites à l’égard de chacun des associés en fonction de leur quote-part de
détention du capital social (la solidarité ne joue pas dans les rapports entre associés).

Application au cas :
En l’espèce, en cas de mise en demeure de payer faite à la SNC par acte extrajudiciaire restée
infructueuse au-delà d’un délai de huit jours, l’imprimeur resté impayé de la SNC sera bien fondé à
réclamer à Madame Alice LAMBELLY, en sa qualité d’associée de la SNC, le paiement de la totalité de
la dette due par la société, au titre de sa responsabilité indéfinie et solidaire. Dans une telle hypothèse,
il est conseillé à Madame Alice LAMBELLY de se retourner ensuite contre chacun de ses co-associés
à concurrence de leur taux de détention respectif dans le capital de la SNC.

8. A quelles conditions cette cession pourra-t-elle avoir lieu ?

Problème de droit : la cession de parts sociales de SNC à un tiers

Règles applicables :
➢ La nécessité absolue d’un agrément : Un agrément à la cession de parts de SNC doit
nécessairement être obtenu. L’exigence d’agrément s’applique même lorsque la cession a lieu
entre associés ou entre membres proches d’une famille. L’agrément ne peut être obtenu qu’à
l’unanimité des associés. Ces règles sont d’ordre public : on ne peut y déroger dans les statuts.

➢ Le formalisme de la cession : S’agissant du formalisme, la cession de parts sociales de SNC doit


ainsi être :

- constatée par écrit obligatoirement ;

- portée à connaissance de la société (dépôt de l’acte original au siège social de la société ou


signification par huissier ou acceptation de la société par l'intermédiaire de son gérant dans un
acte authentique) ;

- et se soumettre aux formalités de publicité (insertion dans un JAL, inscription modificative


au RCS, insertion d’un avis BODACC).

Application au cas :
En l’espèce, la cession des parts sociales de SNC devra obtenir l’agrément unanime de tous les associés.
La SA SUCRANTILLES pourra donc s’y opposer.

UE 2 2017 – DROIT DES SOCIETES 4/6 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


DOSSIER 2 – QUESTIONS - 3 points

1. Quelles sont les modalités de création d’une association déclarée ?

La création d’une association déclarée se réalise en trois temps :

➢ La rédaction du contrat d’association (ou « statuts » de l’association), soumise au respect de


mentions obligatoires (nom de l’association, objet de l’association, siège social de l’association,
noms, profession, domiciles et nationalités de ceux qui, à un titre quelconque, sont chargés de son
administration). D’autres mentions peuvent évidemment figurer dans les statuts et notamment les
conditions d’exclusion d’un membre, les règles d’adhésion, la composition du premier CA, etc.
Un règlement intérieur peut utilement compléter les statuts. Les statuts et le RI sont
généralement approuvés lors d’une AG constitutive de l’association qui permet aux membres
fondateurs de manifester leur consentement au contrat d’association.

➢ La déclaration de l’association : elle est établie sur papier libre. Des formulaires spécifiques
CERFA peuvent également être utilisés ; elle est déposée à la préfecture ou à la sous-
préfecture du lieu du siège de l’association ; un exemplaire des statuts est joint à la déclaration.

➢ La publication d’un avis au JO des associations et Fondations d’Entreprises, dans le mois de la


déclaration en préfecture. La personnalité morale est acquise à compter de la publication.

2. Quelles sont les principales caractéristiques de la société coopérative ?

Les sociétés coopératives sont des sociétés fondées sur des valeurs particulières (adhésion volontaire et
ouverte à tous, gouvernance démocratique, participation économique de ses membres, coopération avec les
autres coopératives, etc.). Elles n’ont pas pour objectif le partage d’un profit mais l’amélioration du sort
de leurs membres.
Il existe différentes formes de coopératives spécialisées et régies par des règles particulières telles que les
sociétés coopératives agricoles, les SCOP, les sociétés coopératives d’HLM, les sociétés coopératives de
consommateurs, les sociétés coopératives d’artisans, les sociétés coopératives d’intérêt collectif et, depuis 2008,
la société coopérative européenne.
Les principales caractéristiques des coopératives sont les suivantes :

- associés ou « sociétaires » ayant en principe une double qualité (associé mais aussi en même
temps client, salarié, fournisseur, emprunteur) ;

- capital en principe variable (avec ou sans capital minimum imposé, selon la forme choisie,
divisé en parts sociales ou en actions nécessairement nominatives) ;

- objet civil ou commercial selon la forme choisie mais la but d’une coopérative n’est pas la
recherche du profit ;

- administration par des mandataires (et non par des dirigeants) dénommés administrateurs ou
gérants ;

- égalité démocratique entre les sociétaires (sauf clause contraire des statuts) ;

- droits financiers des associés : pas de droit aux dividendes pour les associés mais droit à un
intérêt fixe et à des ristournes ;

- responsabilité des sociétaires fonction de la forme choisie.

UE 2 2017 – DROIT DES SOCIETES 5/6 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


DOSSIER 3 – COMMENTAIRE DE DOCUMENT - 3,5 points

1. Problème de droit

Un dirigeant de société commet-il une faute séparable de ses fonctions en trompant volontairement un
fournisseur sur la solvabilité de la société ?

2. Positions de la Cour d’appel et de la Cour de cassation

Par arrêt en date du 3 octobre 2013, la Cour d’appel d’Aix en Provence, pour rejeter la demande dirigée
contre le gérant de la société, retient que son attitude s'est inscrite dans le cadre des relations
commerciales de négociation de contrats pour la société, sans qu'il puisse être considéré que cette attitude
n'était pas conforme à l'objet social et à l'intérêt de cette dernière ; la Cour d’appel ajoute que c'est la
société et non le gérant à titre personnel qui s'est prévalu de la garantie considérée comme non effective.

Pour la Cour de cassation au contraire, le fait pour un gérant de SARL d'inciter un fournisseur à entamer
ou poursuivre des relations commerciales en le trompant volontairement sur la solvabilité de la SARL,
constitue une faute séparable de ses fonctions, donc susceptible d’engager sa responsabilité à l’égard
des tiers cocontractants de la société le cas échéant.

3. En tant que futur professionnel, quel(s) conseil(s) l’analyse de cet arrêt vous conduirait-elle à
donner à vos clients mandataires sociaux ?

Dans cet arrêt, la Cour de cassation fait preuve d’une grande sévérité à l’égard des dirigeants de société en
retenant une interprétation relativement extensive de la notion de faute séparable des fonctions susceptible
d’engager leur responsabilité civile à l’égard des tiers contractants de la société.
Par conséquent, il conviendrait de conseiller aux mandataires sociaux de faire preuve de prudence quand
ils contractent avec des fournisseurs alors qu’ils savent que la situation financière de la société qu’ils
dirigent est compromise et de ne pas inciter un fournisseur à entamer ou poursuivre des relations
commerciales en le trompant sciemment sur la solvabilité de la société.

4. La solution de la Cour de cassation aurait-elle été la même si le préjudice avait été subi par la
SARL GEOCALISE ? Vous exposerez à cette occasion l’ensemble des conditions de mise en
œuvre de la responsabilité civile du gérant de la SARL à l’égard de la société.

De manière générale, pour que la responsabilité du gérant d’une SARL soit engagée à l’égard de la
société qu’il dirige, comme pour toute mise en jeu de la responsabilité civile, trois éléments cumulatifs
doivent être réunis et démontrés : un fait générateur, un préjudice et un lien de causalité.
Le fait générateur peut être : un manquement aux dispositions légales et réglementaires applicables
aux sociétés, une faute de gestion (gestion non conforme à l’intérêt social), une violation des statuts.
En cas de dommage subi par la société, c’est l’action sociale qui doit être menée. Cette action, qui se
prescrit par trois ans, s’analyse en une action faite, au nom et pour le compte de la société :
- Elle peut être intentée par le représentant légal, dans ce cas, il s’agit de l’action sociale « ut universi ».
- Elle peut aussi être intentée par un associé contre les dirigeants sociaux, en cas de carence des
dirigeants, il s’agit alors de l’action sociale « ut singuli ».
- Un groupe d’associés peut aussi intenter cette action à condition de représenter au moins 10% des
parts sociales de la SARL.

En l’espèce, si le préjudice avait été subi par la SARL GEOCALISE, toute la question aurait été de savoir
si le fait de tromper volontairement un fournisseur sur la solvabilité de la société est constitutif ou non
d’une faute de gestion susceptible d’engager la responsabilité du gérant de la SARL à l’égard de la
société. Au regard de l’appréciation souveraine des faits de l’espèce retenue par les juges de la Cour
d’appel dans cette affaire, un tel comportement ne saurait être considéré comme non-conforme à l'objet
social et à l'intérêt de la SARL. En l’absence de violation de l’intérêt social de la société, il apparaît dès
lors difficile de retenir un engagement de la responsabilité du gérant de la SARL à l’égard de cette
dernière pour faute de gestion dans le cadre d’une action sociale. Si le préjudice avait été subi par la
SARL GEOCALISE, la solution aurait donc été toute autre : il serait alors convenu de raisonner,
non en termes de faute séparable, mais en terme de faute de gestion, laquelle n’aurait
vraisemblablement pas pu être retenue faute de violation de l’intérêt social de la SARL.
UE 2 2017 – DROIT DES SOCIETES 6/6 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017

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