Revue de l'histoire des religions
E. Moutsopoulos. La musique dans l'œuvre de Platon
François Daumas
Citer ce document / Cite this document :
Daumas François. E. Moutsopoulos. La musique dans l'œuvre de Platon. In: Revue de l'histoire des religions, tome 159, n°1,
1961. pp. 103-104;
https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1961_num_159_1_7610
Fichier pdf généré le 11/04/2018
NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES 103
allusions aux points qui ne font pas partie de son sujet mais le
touchent, comme le montrent ses lignes sur le sentiment religieux
personnel d'Euripide (p. 286), décèlent en lui plus qu'un philosophe
pur mais un homme « ouvert sur autrui », sur le ciel et sur l'avenir
(p. 50), comme le Télémaque d'Homère dont il a si bien analysé les
démarches.
En ce sens ce beau livre, où s'allient la connaissance profonde
des textes, le désir de comprendre aussi complètement que possible les
écrivains antiques et une sympathie pour l'âme grecque, sans laquelle
aucune compréhension réelle n'est possible, répond aux vœux de
l'auteur : il gagnera, nous l'espérons, des lecteurs à la cause des
humanités et nous paraît d'une très urgente « actualité ».
François Daumas.
E. MouxsopodLos. — La musique dans l'œuvre de Platon, Paris,
Presses Universitaires de France, 1959. — L'auteur étudie le rôle joué
par la musique (entendons bien ce mot comme le définit Littré
« Science ou emploi des sons qu'on nomme rationnels, c'est-à-dire, qui
entrent dans une échelle dite gamme »), dans la philosophie de Platon.
Ce rôle est considérable, aussi l'ouvrage touche-t-il à quantité d'aspects
de la pensée platonicienne ; pédagogie, politique, science, morale, pour
déboucher sur la métaphysique la plus élevée, l'âme du monde et
l'harmonie des sphères. Grouper les thèmes était certes difficile dans
ce sujet touffu que jamais le philosophe ne traite ex professa mais
auquel il fait sans cesse des allusions tout au long de son œuvre.
L'introduction et la conclusion exposent en général le problème des
rapports de la musique et de la philosophie, tandis que le corps de
l'ouvrage aborde une série de questions particulières. Tout d'abord, la
technique musicale et Platon (définition du son, harmonie, rythmes et
modes, instruments), puis la danse, la pédagogie, enfin l'harmonie en
tant que principe universel et même cosmique.
L'intérêt principal du livre provient de ce que, chaque fois, avec,
beaucoup de soin, l'auteur commence par situer son sujet dans le
temps. Dans la troisième partie consacrée à la pédagogie, par exemple,
non seulement avant d'étudier la pensée de Platon, il consacre une
vingtaine de patres à « L'éducation musicale à Athènes avant Platon »,
mais il commence par exposer ce que l'on sait de l'éducation musicale
depuis Homère, en passant par Sparte et Lesbos, jusqu'aux écoles
philosophiques. C'est évidemment le seul moyen de comprendre
l'originalité de Platon. Et on trouvera dans ces chapitres de nombreux
exposés et des renseignements bibliographiques au sujet des problèmes
les plus urgents à résoudre pour bien comprendre Platon.
Dans le détail pourtant, on pourrait trouver bien des choses à
reprendre. Prenons l'un d'entre eux, par exemple, relui de la valeur
éthique des modes musicaux grecs. Il est longuement exposé, car il a
une, «rrande importance pour Platon ; mais quelle qu'ait été la pensée de
104 REVUE. DE: L'HISTOIRE DES RELIGIONS
Damon à ce sujet, on est un peu étonné de le voir toujours cité à travers
des études: de seconde main. Pas une, fois les Vorsokrati ker de Diels
n'apparaissent dans ce livre ; et pourtant des fragments importants
de Damon y sont donnés (6e éd.,,1, p. 381-84). Qu'il nous soit permis
d'ailleurs de critiquer la manière de présenter la bibliographie ■ en
•
index. Tant qu'elle n'est pas systématique, une bibliographie n'a à peu
près aucun intérêt. Pour savoir, par exemple, quels sont les ouvrages
fondamentaux où se trouvent les fragments des traités grecs
concernant la musique, ou les ouvrages modernes qui en - traitent, Л1 faut
parcourir 23 pages d'une liste alphabétique ! Et encore sera-t-on loin
de : trouver la : bibliographie nécessaire ■ au sujet, outre * des lacunes
importantes dans l'information , concernant la Grèce antique. Les
histoires de la musique, comme celle de Combarieu ( 1913-1958),
de Gérold (1936) n'y figurent pas.
Ajoutons que les fautes d'impression en grec dépassent la mesure
permise pour un ouvrage où sont imprimées plusieurs langues. On en
peut compter dix aux pages 24 et 25. La plupart ne sont que des
erreurs d'accent, pourtant une est plus grave c'est 9jxoç (sic) pour
vxh (§ 15> n- 5)-
Mais le reproche le plus important que l'on peut faire à l'ouvrage
est, semble-t-il, de n'avoir nullement tenté — à aucun endroit — de
définir exactement les termes de l'étude. On sait depuis longtemps
que pour Platon, comme pour beaucoup d'écrivains grecs, у.о\>ыщ est
« l'art des Muses », la poésie, la mathématique aussi bien que la
,
musique proprement dite. Dans la République, on voit très bien que
le mot désigne aussi la poésie (403 c). Elle comprend la Xé£iç (392 c)
et est distincte du ; [léXoç: qui; comprend Xoyoç, áp[j.ovía, ри8[гос
(398 d). Il y avait donc lieu, à ce propos, de faire une étude de ces
mots chez Platon, qui les emploie avec beaucoup de précision, de
voir si l'on n'arrive pas à noter une évolution de leur sens dans les
dialogues et, en tout cas, d'en faire le fondement sur lequel l'ouvrage
aurait reposé. Tel quel, il rendra des services, le sujet n'ayant jamais
encore été étudié pour lui-même ; mais il eût perdu cette impression
de flou et d'à-peu-près qu'il donne parfois et aurait du moins apporté
une précision durable dans l'étude du vocabulaire philosophique
■
platonicien qui est encore à faire.
François Daumas.
Quentin F. Maule et H. R. W. Smith. — Votive religion at Caere :
■
prolegomena, dans les University of California Publications in classical-
archaeology, vol. 4, n° 1, pp. 1-136, 5 pi., 8 fig. dans le texte, University
of California Press, Berkeley et Los Angeles, 1959. — Le titre de cet
ouvrage demande à être expliqué : il s'agit de l'étude de quelques-unes
des terres cuites votives, découvertes en énorme quantité, en 18S5,
dans une très riche favissa de Cerveteri. L'Université de Californie, à
Berkeley, en possède, depuis le début du siècle, plusieurs centaines et