Crosse-Sestier Jonathan
2009-2010
Pour l’AHSFC
Etude de marché de l’énergie
Sommaire :
Introduction
I – Contexte Politique et Réglementaire du marché de l’énergie
A/ La libéralisation du marché de l’énergie
B/ Le Service Public d’Electricité (SPE)
1. Définition du service public
2. Le Service Public de l’Energie
3. Le Service Public de l’Energie au niveau européen
C/ La Commission de Régulation de l’Energie
1. Organisation et pouvoirs de la CRE
2. Missions de la CRE
II – Fonctionnement du réseau électrique et gazier Français
A/ Fonctionnement et gestion du réseau Electrique
1. Les Producteurs d’Electricité
2. Les Gestionnaires de Réseau et de Transport de l’Electricité
B/ Fonctionnement et gestion du réseau gazier
1. Les importations de gaz en France
2. Les Gestionnaires de Réseau et de Transport de Gaz
III – Les fournisseurs d’énergie
A/ Identification des fournisseurs d’électricité et de gaz
B/ Analyse des tarifs et des prix de l’énergie, type de concurrence sur le marché
1. Les tarifs de l’électricité
2. Les tarifs du gaz
3. Type de concurrence sur le marché
IV – Les Consommateurs
A/ Les consommateurs d’électricité
B/ Les consommateurs de gaz
Conclusion
Introduction :
Depuis l’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie toute personne souhaitant
changer de fournisseur en a la possibilité. Il n’existait auparavant qu’une seule entreprise
permettant d’obtenir de l’électricité ou du gaz : EDF-GDF. Ce monopole d’Etat qui avait le
statut d’EPIC (Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial), avait pour rôle de
fournir de l’énergie à l’ensemble des consommateurs Français.
Dès lors, quelles ont été les conséquences de l’ouverture du marché ? Dans quel
contexte se trouve-t-il aujourd’hui ? Quel est son fonctionnement ? Autour de quoi s’axe-t-il ?
Quel est le type de concurrence ? Qui en sont les nouveaux et anciens acteurs, les
consommateurs ?
Nous étudierons dans un premier temps le nouveau contexte environnemental de ce
marché, puis nous nous attarderons à expliquer le fonctionnement et la gestion du réseau,
nous terminerons par l’analyse des fournisseurs et des consommateurs.
I – Contexte politique et réglementaire
Pour pouvoir comprendre l’environnement dans lequel nous allons évoluer, il est important de
connaître le contexte politique et réglementaire du marché de l’énergie.
A/ La libéralisation du marché de l’énergie
L’Europe depuis sa construction souhaite réaliser un marché commun des biens et
services. C’est aujourd’hui le cas pour un grand nombre d’entre eux, depuis l’ouverture des
frontières des pays membres. La volonté de créer un marché intérieur du gaz et de l’électricité
à été amorcée en 1996 pour être concrétisée en 1999 et est partie de plusieurs constats :
- Des investissements sont nécessaires pour répondre à la demande
d’énergie attendue et remplacer les infrastructures vieillissantes (soit
20 milliards d’€ sur 20 ans)
- La dépendance envers les importations augmente de plus en plus.
- La demande mondiale d’énergie augmente (la demande et les
émissions de CO2 devraient augmenter de 60% d’ici 2030)
- Les prix du pétrole et du gaz sont en hausses, ceux de l’électricité
également.
- L’Europe n’a pas encore développé des marchés intérieurs de
l’énergie pleinement concurrentiels.
Suite à cela, le marché européen de l’énergie a été organisé par les directives et le règlement
du 26 juin 2003 relatifs au marché intérieur de l’électricité et aux conditions d’accès au réseau
pour les échanges transfrontaliers d’électricité.
En France, une série de lois régit la politique énergétique nationale : les lois du 10 février
2000, du 3 janvier 2003, du 9 août 2004, du 13 juillet 2005 et du 7 décembre 2006.
Cette libéralisation du marché s’est concrétisée par :
- La liberté du choix du fournisseur d’énergie par le consommateur
- La liberté d’établissement pour les producteurs
- Le droit d’accès dans des conditions objectives, transparentes et non
discriminatoires pour tous les utilisateurs des réseaux de transport et
de distribution de l’énergie.
Auparavant, le marché de l’énergie était un marché monopolistique. Dès l’application des
directives et des lois sur l’énergie, les choses ont changé puisque désormais :
- La Production et la Commercialisation de l’énergie sont soumises à
Concurrence
- Le Transport et la Distribution restent des monopoles
Ainsi, l’ouverture des marchés s’est faite de manière effective :
- Le 19 février 1999 pour les entreprises consommant plus de 100 Gwh
par an
- Le 29 mai 2000 pour les entreprises consommant plus de 16 Gwh par
an
- Le 5 février 2003 pour les entreprises qui utilisent plus de 7 Gwh par
an
- Le 1er Juillet 2004 pour les professionnels consommant du gaz et de
l’électricité pour un usage non résidentiel
- Le 1er Juillet 2007 pour les particuliers.
Ce grand marché intérieur de l’énergie s’est vu alors dans l’obligation d’assurer une
sécurité d’approvisionnement de l’énergie à un prix abordable à tous les consommateurs, dans
le respect de la protection de l’environnement et de la promotion d’une concurrence non
déloyale. C’est pourquoi il s’est vu doté de plusieurs missions de service public et surveillé
quant à l’application des règles de concurrence.
B/ Le Service Public de l’Energie (SPE)
La SPE est organisée et contrôlée par l’Etat et les communes. Toutefois, ces missions
de service public sont exécutées par les différents acteurs du marché. Les objectifs et
modalités de mise en œuvre des ces missions font l’objet de contrats conclus entre l’Etat et les
entreprises concernées.
1/ Définition de service public
Un service public est une activité exercée directement par l’autorité publique (Etat,
collectivité territoriale ou locale) ou sous son contrôle, dans le but de satisfaire un besoin
d’intérêt général.
Par extension, le service public désigne aussi l’organisme qui a en charge la réalisation
de ce service. Il peut être une administration, une collectivité locale, un établissement public
ou une entreprise de droit privé qui s’est vu confier une mission de service public. Dans ce
dernier cas, la mission peut prendre diverses formes : concession, licence, franchise, cahier
des charges, fixation de tarifs, contrôle des investissements ..
2/ Le Service Public de l’Energie
Le service public de l’énergie permet d’assurer une capacité suffisante de production
et d’acheminement de l’électricité et de gaz, ainsi que le bon fonctionnement des
infrastructures. Le système vise à assurer la continuité de fourniture en cas de défaillance d’un
fournisseur.
Ainsi, le SPE a pour objet de :
- Garantir à tous l’accès à l’énergie
- Contribuer à l’indépendance énergétique et à la sécurité
d’approvisionnement
- Garantir la sécurité des biens et des personnes
- Préserver la santé humaine et l’environnement, notamment en
contribuant à la qualité de l’air et à la lutte contre l’effet de serre aux
moyens de la maîtrise de la demande et de l’efficacité énergétique
- Garantir la qualité et le prix des produits et services permettant de
contribuer à la compétitivité économique
3/ Le Service Public de l’Energie au niveau Européen
La directive N°2003/54 du 26 juin 2003 prévoit la possibilité pour chaque Etat
membre « d’imposer aux entreprises du secteur électrique des obligations de service public
pouvant porter sur la sécurité, la régularité, la qualité et le prix de la fourniture, ainsi que la
protection de l’environnement, y compris l’efficacité énergétique et la protection du client ».
Elle ajoute que les Etats membres veillent à ce que les petites entreprises (celles qui
emploient moins de 50 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 10 millions
d’€) aient le droit de bénéficier du service universel, soit du droit d’être approvisionnées en
électricité d’une qualité bien définie, à des prix raisonnables, aisément et clairement
comparables et transparents. A cet effet, les Etats membres peuvent désigner un fournisseur
de dernier recours.
C/ La Commission de Régulation de l’Energie (CRE)
Créée en 2000, la Commission de Régulation de l’Energie est chargée de garantir
l’ouverture effective à la concurrence des marchés de l’électricité et du gaz et d’en assurer le
bon fonctionnement pour le consommateur final.
1/ Organisation et Pouvoir de la CRE
La commission est composée de 9 membres, nommés par le président du Sénat ou de
l’Assemblée Nationale (voire par décret du Président de la République) sur la base de leur
qualification dans les domaines juridiques, techniques, et économiques, pour une durée de 6
ans non renouvelable.
Elle est dotée de pouvoirs :
- De décision, d’approbation ou d’autorisation pour préciser certaines règles,
notamment celles relatives à l'accès aux réseaux, aux conditions de raccordement, aux
missions des gestionnaires de réseaux (notamment approbation et autorisation).
- De règlement des différends entre les gestionnaires et les utilisateurs des réseaux de
transport et distribution.
- De sanction à l'égard des gestionnaires, des opérateurs ou des exploitants des
réseaux de transport et de distribution, en cas de manquements à leurs obligations.
- D’enquête pour recueillir toutes les informations nécessaires à l'accomplissement de
ses missions.
- De consultation sur les projets de décrets et d'arrêtés relatifs aux marchés du gaz et
de l'électricité, les tarifs d’utilisation des réseaux publics et les tarifs de l’électricité (et du
gaz), et sur la position française dans les négociations internationales dans les domaines
de l'électricité et du gaz naturel.
2/ Missions de la CRE
La CRE est dotée de deux missions principales qui sont l’accès aux réseaux publics
d’électricité et de gaz et la régulation des marchés.
Respectivement, la première mission contient :
- La garantie du droit d’accès aux réseaux publics d’électricité et de
gaz :
o Elle propose les tarifs d’utilisation des réseaux
o Elle est destinataire des contrats et protocoles d’accès aux réseaux,
o Elle reçoit les notifications des refus de conclure des contrats ou des
protocoles d’accès aux réseaux opposés par un opérateur aux
demandes des utilisateurs
o Elle peut être saisie des différends entre utilisateurs et gestionnaires
de réseaux
o Elle peut-être amenée à prononcer des mesures conservatoires ou
des sanctions
- La veille au bon fonctionnement et au développement des réseaux
et infrastructures d’électricité et de gaz naturel et des installations
de Gaz Naturel Liquéfié :
o Elle peut ordonner ou proposer au ministre chargé de l’énergie, dans
le cadre d’un règlement de différend, des mesures conservatoires en
cas d’atteinte grave et immédiate à la sûreté et à la sécurité des
réseaux pour assurer la continuité de leur fonctionnement
o Elle est destinataire du programme d’investissements du
gestionnaire de réseau public de transport d’électricité (RTE)
- La garantie de l’indépendance des gestionnaires de réseau :
o Elle participe à la désignation du directeur du RTE
o Elle approuve son programme annuel d’investissement
o Elle exerce une fonction de veille et de surveillance concrétisée par
l’exercice éventuel de ses pouvoirs d’enquête et de sanction
(vérification de la bonne application des principes de séparation)
o Elle participe à la transparence des informations sur le bon
fonctionnement du RTE
La seconde mission contient :
- La veille de l’ouverture du marché en conciliant l’introduction de
la concurrence et l’accomplissement des missions de service
public :
o Elle propose chaque année au ministre de l’énergie le montant des
charges de service public résultant notamment des obligations
d’achat imposées à EDF ou aux distributeurs non nationalisés
o Elle émet un avis sur les arrêtés tarifaires fixant les conditions
d’achat de l’énergie produite par les installations de petite taille
- La surveillance de l’entrée de nouveaux producteurs d’électricité
sur le marché :
o Elle met en œuvre le mécanisme des appels d’offres si les capacités
de production ne répondent pas aux objectifs de la planification
pluriannuelle de production d’énergie
o Elle émet un avis sur les tarifs de vente réglementés et sur les
mécanismes tarifaires à visée sociale
- La surveillance des marchés :
o Elle exerce une mission de veille et de surveillance des marchés de
l’électricité, et du gaz naturel, concrétisée par l’exercice, le cas
échéant, de ses pouvoirs d’enquête et de sanction.
o Elle exerce ces compétences en liaison avec le Conseil de la
Concurrence
o Le Conseil de la Concurrence peut saisir la CRE pour avis, de toute
question relative aux secteurs électrique et gazier.
Du fait de la démarche volontariste de l’ouverture du marché à la concurrence, on
constate que le marché de l’énergie, qui n’était que peu surveillé avant les années 2000
puisqu’en monopole, l’est désormais beaucoup plus. Doté de missions de services publics, il
se doit d’assurer une minimum de compétitivité économique, l’approvisionnement en gaz et
électricité en cas de crise tout en respectant l’environnement, avec la sécurité des biens et des
personnes. D’autre part la CRE veille à ce que personne ne soit lésé quant à l’accès au gaz et à
l’électricité, et au bon fonctionnement de la concurrence sur le marché. En collaboration avec
le conseil de la concurrence, ses pouvoirs sont importants pour intervenir sur le marché de
l’énergie.
La structure environnementale du marché a donc profondément changé ces 20
dernières années, en réponse aux constats faits en 1996 sur les différents points à améliorer en
matière d’énergie Européenne et Française.
Nous pouvons désormais commencer à étudier plus en profondeur la structure et le
fonctionnement du réseau électrique et gazier Français.
II – Le fonctionnement du réseau électrique et gazier Français
Après avoir défini le contexte réglementaire et politique dans lequel nous nous trouvons, il est
important de comprendre la manière dont fonctionne le réseau électrique et gazier afin
d’identifier les acteurs qui permettent au final d’obtenir l’énergie nécessaire au
fonctionnement de nos compteurs.
A/ Fonctionnement et Gestion du réseau Electrique
Que se passe-t-il lorsqu’un consommateur ouvre un contrat d’électricité ?
Lorsqu’un consommateur décide d’ouvrir un contrat à son nom pour pouvoir recevoir
de l’électricité, il fait appel à un fournisseur.
Il existe plusieurs fournisseurs d’électricité sur le marché : EDF, GDF, POWEO,
Direct Energie …
Afin de satisfaire la demande du consommateur, une quantité d’énergie est produite.
Ce ne sont pas les fournisseurs qui produisent l’électricité, mais bel et bien des producteurs.
Cette électricité est ensuite envoyée sur le réseau haute tension de transport électrique (RTE)
appelé « autoroutes de l’électricité ». Ce réseau peut-être aérien (l’électricité passe par des
pilônes) ou souterrain (les câbles sont enterrés). Les distributeurs s’assurent alors que
l’électricité arrive correctement sur le lieu de consommation.
Nous verrons dans un premier temps qui sont les principaux producteurs d’électricité en
France, puis nous étudierons ensuite les distributeurs.
1/ Les producteurs d’électricité
1.1 Qu’est-ce qu’un producteur d’électricité ?
Les producteurs d’électricité exploitent des centrales nucléaires ou thermiques
classiques (au fioul, au gaz naturel, au charbon) et des sources d’énergies renouvelables
(centrales hydrauliques, éoliennes, panneaux solaires) en France, ou en Europe. Les
producteurs vendent « en gros » l’énergie qu’ils produisent à des fournisseurs.
1.2 Qui sont-ils ?
L’ouverture du marché a eu une autre conséquence qui n’est pas des moindres.
N’importe quel producteur étranger peut vendre sa production d’électricité en France. Sur le
marché Français, il existe trois principaux producteurs (qui assurent 95% de la production) :
- Electricité de France (EDF)
- La Compagnie Nationale du Rhône (CNR)
- Endesa France
S’y ajoutent les entreprises locales de distribution (ELD) et les collectivités locales
EDF :
EDF qui est un fournisseur, est aussi un producteur. Il représente la grande majorité de
la production d’énergie en France ; soit 485 Tw/h (soit 485 milliards de Kw/h). L’origine de
l’électricité produite par EDF en 2008 vient du nucléaire pour 82,9 %, de l’hydraulique et
autres énergies renouvelables (10,3 %) et du thermique (charbon, gaz, fioul) pour 7,5 %.
Les projets d’EDF pour l’avenir sont assez importants :
- La création de l’EPR (European Pressurised Reactor) qui permettra
d’avoir une centrale nucléaire ne rejetant que très peu de Co2. Ce site
se situera à Flamanville
- Opérations de renforcement et de maintien des centrales nucléaires,
thermiques et hydrauliques)
- Travaux de renforcement des réseaux
- Construction de plusieurs sites de production d’énergies renouvelables
(notamment des centrales photovoltaïques)
La Compagnie Nationale du Rhône :
La CNR à été créée en 1933 recevant de l’Etat la concession du Rhône pour l’aménager et
l’exploiter selon trois missions : production, navigation et autres usages agricoles.
Elle est également conceptrice et exploitante de centres hydroélectriques, ce qui en fait le 2ème
producteur français d’électricité, avec une énergie 100% renouvelable.
Désormais filiale du groupe Electrabel – GDF Suez, qui détient 49,97% de son capital, la
CNR grâce à ses 19 centrales hydroélectriques, produit près de 15,7 Twh par an.
Endesa France :
Issue du groupe Charbonnages de France et de la SNET (Société Nationale d’Electricité et
Thermique), ENDESA France est détenue à 65% par l’électricien espagnol Endesa.
Avec ses quatre centrales thermiques classiques, situées dans l’Est, en Moselle, en Saône-et-
Loire et dans les Bouches-du-Rhône, Endesa France produit environ 8,4 Twh et est le
troisième producteur d’électricité Français.
Les Entreprises Locales de Distribution :
Les entreprises locales de distribution (ELD) sont des acteurs du paysage énergétique français
dans le cadre de missions de service public. Elle exploitent :
- Centrales thermiques
- Usines d’incinération d’ordures ménagères,
- Centrales hydrauliques
- Eoliennes …
160 ELD assurent 5% de la distribution d’énergie électrique dans 2800 communes. Créées et
contrôlées par les collectivités locales, elles desservent prés de 3,5 millions d’habitants.
Les collectivités locales :
Elles peuvent aménager et exploiter directement, ou faire exploiter :
Des installations hydroélectriques d’une puissance maximale de 8000kVA
- Des installations de valorisation énergétique des déchets ménagers ou
assimilés
- Des installation de production d’électricité de proximité, lorsque cette
installation est de nature à éviter, dans de bonnes conditions,
l’extension ou le renforcement des réseaux publics de distribution
d’électricité relevant de leur compétence.
On s’aperçoit qu’il existe de nombreux producteurs d’électricité, même si EDF reste
majoritaire sur le plan de la production en Twh. Le marché est donc bien ouvert à
concurrence. Il n’est plus monopolistique, mais plutôt de type oligopolistique.
1.3 Volume de production 2009 d’électricité en France
Ce schéma représente la production brute d’électricité entre 1970 et 2008. On peut
s’apercevoir que l’hydraulique, l’éolien et le photovoltaïque ont un part moyenne dans la
production totale, avec une petite phase de croissance entre 76 et 89. La volonté du
gouvernement d’utiliser les énergies nouvelles n’est vraiment pas flagrante. Même si c’est un
discours relativement récent, il n’apparaît pas vraiment ici.
Toutefois, la part d’utilisation du thermique classique (centrales utilisant la chaleur du
fioul, du charbon et du gaz pour produire l’électricité) a clairement diminué depuis les années
85-90, la volonté de rejeter moins de Co2 est clairement affichée ici.
Le Thermique Nucléaire a quant à lui augmenté de manière exponentielle. Jusque dans
les années 80, les centrales thermiques classiques étaient utilisées à pleine puissance. Pour
pouvoir répondre à la demande de réduction de Co2 et l’augmentation des besoins en
électricité, le thermique classique a progressivement été abandonné. D’où cette montée en
puissance du thermique nucléaire.
En 2008, 575 Twh on été produits par les centrales, dont 75 par l’hydraulique, l’éolien
et le photovoltaïque, 439 par le thermique nucléaire, et 60 par le thermique classique.
1.4 Coût de production d’un kWh d’électricité
Il est assez difficile de décomposer le coût de production d’un kWh d’électricité. En effet, de
nombreuses variables rentrent en jeu, notamment (et de manière simplifiée) :
- Le coût de construction et de démantèlement moyen d’une centrale
divisé par le nombre de kWh moyen produits par une centrale pendant
son espérance de vie
- Le coût de maintenance annuelle récurrente de la centrale
(intervention sur site, maintenance, assurances, …)
- Le coût du productible (pour certaines énergies comme l’éolien, le
coût du productible est nul, puisque c’est le vent qui permet de faire
tourner les éoliennes. Il en est autrement pour le nucléaire ou les
centrales thermiques)
- Le coût du risque (les marchés fournissent aujourd’hui une cotation du
coût du risque pour les énergies qui produisent des gaz à effet de serre.
En effet, le droit d’émettre une tonne de Co2 se négocie sur des
marchés organisés.
- Le coût de retraitement, de stockage, des déchets …
- Le coût de recherche
La Direction Générale de l’Energie et des Matières Premières) qui dépend du Ministère de
l’Economie, des Finances et de l’Industrie a tenté d’établir un coût du kWh, en utilisant la
décomposition précédente.
Voici les résultats (qui ne sont que des estimations approximatives, vu les nombreuses
variables rentrant en jeu) :
- Pour le Nucléaire : 2,84 centimes d’€
- Pour le thermique au gaz : 4,21 centimes d’€
- Pour l’hydroélectricité : 3,3 centimes d’€
- Pour l’Eolien : 4,5 centimes d’€
- Pour le Photovoltaïque commercial : 15 centimes d’€
- Pour le Photovoltaïque résidentiel : 25 centimes d’€
Nous pouvons en conclure que le Nucléaire étant le moins cher, il est logique qu’entre
1980 et 2008 il y ait eu une part croissante de la production d’électricité via ce type de
centrale (Confère schéma 1.4). Les énergies renouvelables restent assez coûteuses, bien que
l’hydroélectricité pourrait a priori être encore plus développée vu son coût relativement faible.
Le photovoltaïque, à un niveau commercial, demeure assez coûteux, même si le prix de
revente reste plus important que le coût de production.
1.5 Les missions de service public des producteurs d’électricité
Les producteurs d’électricité sont chargés d’assurer le développement équilibré de
l’approvisionnement en électricité, c’est-à-dire qu’ils doivent :
- Réaliser les objectifs définis par la programmation pluriannuelle des
investissements (PPI)
- Garantir l’approvisionnement des zones du territoire non
interconnectées au réseau métropolitain continental.
Le PPI correspond à la Programmation Pluriannuelle des Investissements de production. Il est
un outil juridique instauré par la loi du 10 février 2000. Cette dernière constitue la traduction
concrète de la politique énergétique dans le domaine de l’électricité. Elle doit permettre
d’atteindre les objectifs de politique énergétique par un développement équilibré de la
production nationale, en terme de répartition entre énergies primaires, de techniques de
production, et d’implantation géographique des investissements.
La production française d’électricité est conséquente, ce qui nous confère une certaine
indépendance vis à vis de cette énergie. Mais elle est également soumise à un cadre
réglementaire relativement strict du fait de la présence du PPI, ce qui oblige les producteurs à
réaliser les objectifs fixés en matière de politique énergétique.
2/ Les Gestionnaires de Réseaux de Transports et de Distribution d’électricité
Après avoir été produite, l’électricité doit être transportée et distribuée jusqu’au lieu où elle va
être consommée. Par conséquent, il existe des Gestionnaires s’occupant du Transport de
l’électricité, et des Gestionnaires s’occupant de la Distribution.
Nous étudierons dans un premier temps les gestionnaires de transport, et ensuite les
gestionnaires de distribution.
2.1 Le Réseau de Transport d’Electricité
La gestion du réseau de transport d’électricité est une activité exercée par RTE (Réseau
Transport Electricité) qui était avant l’ouverture à la concurrence une filiale d’EDF. Cette
gestion est donc exercée en monopole, puisqu’il n’y a pas d’autres concurrents sur le marché
pour gérer le réseau de transport d’électricité.
Le réseau géré par RTE comprend environ 100 000 km de lignes dont des lignes grand
transport à 400 kV (qui acheminent l’électricité à grande distance et qui sont raccordées avec
les lignes d’interconnexions avec les pays voisins et toutes les centrales nucléaires) et les
lignes de répartition régionale (avec trois niveaux principaux de tension : 225, 90 et 63 kV)
qui assurent la répartition jusqu’aux réseaux de distribution à moyenne tension.
RTE ne s’occupe donc pas de distribuer l’électricité, mais uniquement de la transporter
via ces grandes lignes et les transformateurs présents un peu partout en France.
L’électricité produite en supplément et qui n’est pas consommée directement est exportée
aux autres pays européens. Voici une carte détaillant les échanges d’électricité :
Les chiffres donnés sont en Twh et datent de 2008 : les exportations représentent 58,7 Twh. Il
nous arrive d’en importer mais en plus faible quantité.
2.2 Le Réseau de Distribution d’Electricité
Le Réseau de distribution d’électricité est constitué des lignes basse tension et moyenne
tension, soit de toutes les lignes d’une tension inférieure à 63Kv.
Il est destiné à acheminer, à partir des postes sources, l’électricité en quantités moindres et sur
de plus courtes distances. Ce réseau est constitué de 1,3 million kms de lignes.
La distribution d’électricité et de gaz est un service public qui reste exercé en monopole par
les gestionnaires des réseaux.
La distribution est assurée par ErDF, organisé en 8 directions régionales (95% de la
distribution) soit, dans le cadre de leurs zones de desserte, par des entreprises locales de
distribution (ELD, qui représentent 5% de la distribution)
Aujourd’hui les distributeurs desservent plus de 33 millions de personnes en France.
Enfin, il faut savoir que ce ne sont pas les fournisseurs qui font les relevés des compteurs,
mais ErDF.
2.4 Les missions de service public du transporteur et des distributeurs
Pour le transporteur RTE, il a pour mission de :
- Gérer le réseau public de transport d’électricité (sécurisation du
réseau, pas de discrimination envers les utilisateurs reliés directement
au transporteur, insertion environnementale des ouvrages)
- Garantir l’approvisionnement en électricité de la France (présentation
d’un bilan prévisionnel tous les deux ans)
- Garantir la sûreté du système électrique Français (anticipation de
l’équilibre offre-demande d’électricité et ajustement en cas de
problèmes)
- Faciliter et sécuriser les échanges d’électricité au cœur de l’Europe
(facilitation et sécurisation des échanges d’électricité entre les
gestionnaires de réseaux de transport d’électricité européens,
renforcement des interconnexions)
Pour le distributeur ErDF ses missions concernent :
- La continuité et la qualité de l’approvisionnement en électricité pour
les consommateurs
- L’accès non discriminatoire au réseau public de distribution
- L’assurance de dépannage du réseau
- La préservation de l’environnement en réduisant l’impact de ses
installations et de ses activités sur le milieu naturel.
Le transport et la distribution d’électricité sont encore des monopoles, ils gèrent donc
la totalité du réseau électrique français à eux deux. Nous pourrions nous poser la question de
l’ouverture à la concurrence de ces distributeurs et de ces transporteurs. En effet, le prix de
l’électricité ne cesse d’augmenter, mais n’est-ce pas tout simplement dû au fait que la
distribution et le transport sont encore en monopole ? Nous pourrions émettre l’hypothèse que
s’il y avait ouverture à la concurrence, il y aurait alors probablement une concurrence à la
Bertrand, chacun souhaitant pratiquer un prix plus bas que l’autre pour pouvoir être
sélectionné par un fournisseur. Nous arriverions alors au coût marginal, ce qui permettrait
probablement de réduire le prix de l’électricité.
B/ Fonctionnement et Gestion du réseau Gazier
Le réseau Gazier fonctionne de manière différente de l’électricité. En effet, la France
ne possède que très peu de ressources gazières (un gisement en France, à Lacq, dans le sud-
ouest). Il n’y à donc pas de producteurs de gaz, comme c’est le cas pour l’électricité.
Toutefois, il existe des distributeurs et des transporteurs de gaz, qui permettent à la population
française d’obtenir cette énergie directement chez elle.
C’est pourquoi nous étudierons dans un premier temps les importations de gaz en
France, puis nous verrons ensuite les distributeurs.
1/ Les importations de gaz en France
Ceci est un schéma du gaz provenant des pays étrangers et arrivant en France soit par
Méthanier, soit par le réseau au 1er Janvier 2009
La France ne produisant pas de gaz naturel, elle en fait importer. Les importations
viennent de Norvège, des Pays-bas, de Russie par « voie directe » c’est à dire par les
canalisations.
Les productions d’Egypte, d’Algérie et du Nigeria sont importées par Méthanier (Bateaux
transportant du gaz). Il existe de nombreux points de stockages, surtout dans le Nord. Enfin,
on s’aperçoit que la France est productrice de gaz sur un seul site de gisement, celui de Lacq.
Concernant la production de gaz :
Au 1er Janvier 2008, les réserves françaises de gaz naturel sont d’environ 5,6 milliards
de m3, soit 5 à 6 ans de production, et seulement 1 à 2 mois de consommation. Dans les
années 1970, la France produisait un tiers de sa consommation. En 2008, sa dépendance est
presque totale puisque 98% du gaz consommé est importé en raison de la forte croissance de
la demande et du déclin de la production nationale.
Nous ne nous attarderons pas plus sur la production du gaz et ses techniques, qui sont
relativement complexes, et sans réel intérêt pour l’étude.
2/ Les Gestionnaires de Réseaux de Transport et de Distribution
2.1 Les gestionnaires de réseaux de transport
Le gaz arrive sur le territoire français soit par gazoducs depuis Dunkerque, Taisnières,
Obergailbac, Oltingue, Lacal, soit par les méthaniers qui livrent le gaz dans les terminaux de
regazéification de Fos sur Mer et de Montoir de Bretagne.
Il est ensuite transporté sous haute pression dans un réseau de transport qui se décompose
fonctionnellement en deux parties :
- Le réseau principal, dit aussi réseau "grand transport" qui rejoint les
points frontières avec les opérateurs étrangers et les stockages ; il
permet également d’assurer les transits vers d’autres pays.
- Le réseau régional qui achemine le gaz naturel jusqu’aux distributions
publiques et aux plus gros consommateurs industriels.
Deux opérateurs se partagent la gestion du transport du gaz :
- GRT Gaz, filiale à 100% de GDF Suez, qui a la responsabilité
d’exploiter, d’entretenir et de développer un réseau de gaz naturel de
plus de 31 600 kms sur le territoire français. Elle transporte près de
700 Twh de gaz par an.
- Total Infrastructure Gaz France (TIFG), filiale à 100% de Total, dont
le réseau compte environ 5500 kms de canalisation. C’est également
5,5 millions de tonnes (de Gaz de Pétrole Liquéfié) traités en 2005.
Comme nous pouvons le voir sur la carte de France, Total est essentiellement présent
dans la Sud. Nous pourrions croire que le marché des transports est géré en Duopole, ce qui
est faux ; c’est un Monopole, puisque chacun gère une région française bien précise, sans
empiéter sur l’autre. Ils ne se font donc pas concurrence.
2.2 Les gestionnaires du réseau de distribution
La distribution du gaz naturel à basse pression aux consommateurs s’effectue par le
réseau de canalisations de gaz qui maille le territoire français.
Ce réseau de distribution représente une longueur totale de 188 500 km, ce qui en fait
le second réseau européen derrière les réseaux allemands. Il dessert 9100 communes et permet
à 76% de la population française d’avoir accès au gaz. La quasi totalité des communes de plus
de 10 000 habitants est desservie en gaz naturel.
La gestion du réseau de distribution du gaz est assurée par GrDF (Filiale de GDF
Suez) qui est le principal opérateur, avec 95% de couverture du réseau.
Il existe une trentaine d’autres distributeurs qui sont :
- Des ELD (entreprises locales de distribution), une vingtaine en France
- Une dizaine de sociétés plus récentes.
Concernant les missions de service public, elles sont les mêmes que pour l’électricité, à savoir
assurer la sécurité des réseaux, la qualité de l’acheminement du gaz ….
Fondamentalement différents de l’électricité, la gestion et le fonctionnement du réseau gazier
n’en restent pas moins complexes du fait qu’il est possible de stocker cette énergie. Les
transporteurs et distributeurs sont quant à eux dotés des mêmes missions quelque soit
l’énergie dont ils ont la gérance.
Nous allons voir maintenant, qui sont les fournisseurs de gaz et d’électricité en France,
ainsi que leur fonctionnement.
III – Les Fournisseurs de gaz et d’électricité en France
Le fournisseur est la société à laquelle le consommateur (qu’il soit particulier ou
professionnel) achète de l’énergie (Electricité ou gaz naturel). C’est avec lui que le
consommateur conclut son contrat de fourniture, et c’est également lui qui envoie la facture
correspondant à la consommation.
En réalité, les fournisseurs vendent aux consommateurs l’énergie qu’ils ont achetée
eux-mêmes aux producteurs.
A/ Identité des fournisseurs
N’importe qui peut commercialiser de l’énergie. Il peut s’agir d’entreprises françaises
ou étrangères qui exploitent également des moyens de production. On dit qu’elles sont
intégrées. Elles peuvent aussi acheter de l’électricité à d’autres producteurs pour compléter
leur offre.
Il peut aussi s’agir de négociants qui sont des opérateurs achetant de l’électricité pour
la revendre à des clients.
EDF et GDF, ainsi que les Entreprises Locales de Distribution (ELD) sont considérés
comme des «fournisseurs historiques » et ce pour tous leurs clients, qu’ils soient présents ou
non sur leur zone de desserte respective.
Les autres fournisseurs sont des « fournisseurs alternatifs ».
Il existe aujourd’hui plus de 40 fournisseurs d’électricité et/ou de gaz. En voici quelques uns :
- Direct Energie
- EDF
- Enercoop
- Energem
- GDF Provalys
- GEG source d’Energies
- Planète Oui
- Poweo
- AlterGaz
- CPE
- Gaz de Paris …
Il faut y rajouter tous les ELD qui sont une centaine en France.
B/ Analyse des Prix et des tarifs sur le marché et type de concurrence
Nous verrons dans cette partie les prix et tarifs pratiqués sur le marché de détail. Nous
ne nous intéresserons pas au marché de gros (c’est une bourse de l’énergie, qui permet des
échanges de contrats à terme, et de produits avec diverses couvertures) qui concerne plus les
fournisseurs que les clients finaux.
1/ Prix et tarifs sur le marché de détail
Nous distinguerons le marché du gaz et de l’électricité
1.1 Marché de l’électricité
Deux types d’offres existent sur ce marché :
- Les offres de marché (prix de marché) qui sont fixés librement par les
fournisseurs et proposés aussi bien par les fournisseurs historiques que
les fournisseurs alternatifs
- Les offres aux tarifs réglementés sont fixés conjointement par le
ministre de l’économie et la CRE et proposés uniquement par les
fournisseurs historiques.
Les offres à prix de marché sont fixés librement par les fournisseurs. Ils s’appliquent aux
clients qui ont fait jouer leur éligibilité en mettant en concurrence différents fournisseurs.
Ces mêmes clients peuvent négocier le prix de leur fourniture électrique en contractant avec le
fournisseur de leur choix.
L’offre à prix marché est composée :
- Du prix du Kilowattheure et des services proposés par le fournisseur :
C’est le seul élément sur lequel porte la négociation. Ce prix tient également compte
du coût des écarts. Il faut en effet savoir que dans le cadre du mécanisme d'ajustement, les
fournisseurs sont financièrement pénalisés en tant que responsables d'équilibre pour les écarts
en plus ou en moins entre la consommation qu'ils ont anticipée pour satisfaire la demande de
leurs clients et la consommation réelle de ces mêmes clients. En effet, pour estimer à l'avance
la quantité d'électricité qu'ils auront à fournir, ils se basent, pour ceux de leurs clients dont la
consommation n'est pas télé relevée, sur des profils de consommation "type". Le GRD en
propose actuellement 15.
- Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) :
Le TURPE représente les coûts liés au transport et à la distribution de l'électricité et
n'est pas négociable.
En effet, le transport et la distribution restant sous monopole, le tarif d'accès au réseau
est fixé par les pouvoirs publics de manière uniforme sans prendre en compte la distance
séparant le consommateur de l'unité de production.
Ce coût représente entre 30 et plus de 50 % de la facture d'électricité suivant la
puissance souscrite et le niveau de tension.
- Le tarif réglementé transitoire d’ajustement du marché (TARTAM) :
Tout consommateur final d’électricité peut bénéficier du TARTAM qui est un tarif
spécial d’achat de l’électricité accordé dans certaines conditions jusqu’à mi-2010 (peut-être en
prolongation jusqu’à décembre 2010).
Ce tarif permet aux entreprises qui ont souscrit un contrat de fourniture d’électricité au
prix de marché, de revenir à un tarif éventuellement plus avantageux, fixé par l’Etat.
Il est égal au tarif réglementé de vente hors taxes majoré de 23% pour les tarifs verts, 20%
pour les tarifs jaunes et 10% pour les tarifs bleus.
- Des différentes taxes telles que :
La CSPE (Contribution aux charges de service public de l’électricité)
La CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement)
Les TLE (Taxes Locales d’Electricité) dont le taux est fixé par les communes et les
départements.
Il est important de savoir que le prix de détail proposé par les différents fournisseurs
dépend du prix de l’électricité pratiqué sur les marchés de gros, là où ils s’approvisionnent.
Cela dépend donc de la stratégie d’achat et de la capacité à négocier sur le marché de gros,
des placements à terme du fournisseur ; il dépend également de la marge et des coûts de
structure du fournisseur.
Les offres de tarif réglementé ou administré
Ce sont des prix fixés par la CRE et le ministre de l’économie. Ils ne sont proposés
que par les fournisseurs historiques. Il est important de prendre en compte le fait que ces
tarifs risquent de disparaître à terme ; en effet, suite à la libéralisation du marché, il est
logique que l’Etat ne fixe plus les tarifs de l’électricité.
Ils comprennent :
- Le coût d’acheminement par les réseaux publics de transport et de
distribution (lié aux dépenses de construction, d’exploitation, de
gestion et d’entretien des lignes électriques)
- Le coût de production (coût lié à l’exploitation et à l’amortissement
des différents outils de production)
- Le coût d’approvisionnement (lié à l’achat d’électricité sur le marché
de gros)
- Le coût de commercialisation (lié à la publicité, au marketing, à la
gestion de clientèle …)
- Les taxes (CSPE qui sert à financer les achats liés au développement
durable et les dispositifs d’aide aux clients démunis, et toutes les
charges de service public ; Taxes locales et départementales ; CTA qui
est un prélèvement servant à financer les retraites des salariés et des
gestionnaires de réseau ;et la TVA)
Ils se divisent en trois catégories :
- Bleu pour des sites de petite taille (puissance compteur inférieure à
36kVA)
- Jaune pour les sites de moyenne et grande taille (puissance compteur
entre 36 et 250 kVA)
- Vert A (puissance compteurs supérieure à 250 kVA) et Vert B et C
(Raccordé directement au réseau de transport)
Il y a donc, depuis l’ouverture à la concurrence la possibilité de choisir entre ces deux
types de tarifs qui sont absolument différents au niveau de leur fixation. Concernant
l’Association d’Hygiène Sociale de Franche-Comté, il serait intéressant de réaliser un devis
pour chaque type de tarif, en essayant de négocier en dessous du prix réglementé.
1.2 Les tarifs du gaz
Concernant les offres à prix de marché c’est le même fonctionnement que pour l’électricité.
Toutefois pour les tarifs réglementés, il en est autrement :
Ces tarifs comprennent :
- Le coût d’acheminement (cf Electricité)
- Le coût d’utilisation des infrastructures de stockage, fixés par les
opérateurs de stockage
- Le coût d’approvisionnement (coût lié à l’achat de gaz sur le marché
de gros du gaz)
- Le coût de commercialisation (lié à la publicité, au marketing, à la
gestion de clientèles)
- Et la CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement) qui est une taxe.
1.3 Les obligations des fournisseurs
Lorsqu’un fournisseur fait une offre commerciale il doit donner :
• Son identité, l'adresse de son siège social et son numéro d'inscription au registre du
commerce et des sociétés,
• Le numéro de téléphone et, le cas échéant, son adresse électronique,
• La description des produits et des services proposés,
• Les prix de ces produits et services à la date d'effet du contrat ainsi que, le cas échéant,
les conditions d'évolution de ces prix,
• La mention du caractère réglementé ou non des prix proposés et de la possibilité pour
une personne ayant renoncé aux tarifs réglementés de vente pour un site donné de
revenir ou non sur ce choix,
• La durée du contrat et ses conditions de renouvellement,
• La durée de validité de l'offre,
• Le délai prévisionnel de fourniture de l'énergie,
• Les modalités de facturation et les modes de paiement proposés, notamment par le
biais d'internet,
• Les moyens, notamment électroniques, d'accéder aux informations relatives à l'accès
et à l'utilisation des réseaux publics de distribution, en particulier la liste des
prestations techniques et leurs prix, les conditions d'indemnisation et les modalités de
remboursement applicables dans l'hypothèse où le niveau de qualité de la fourniture
d'énergie ou la continuité de la livraison ne sont pas atteints,
• Les cas d'interruption volontaire de la fourniture d'énergie,
• Les conditions de la responsabilité contractuelle du fournisseur et du gestionnaire du
réseau de distribution,
• Les conditions et modalités de résiliation du contrat,
• Les modes de règlement amiable des litiges,
• la contribution de chaque source d'énergie primaire à leur offre d'électricité au cours
de l'année précédente,
• les différentes sources d'énergie primaire utilisées pour produire l'électricité qu'ils ont
commercialisées au cours de l'année qui précède,
• la référence des publications dans lesquelles les consommateurs peuvent trouver les
informations relatives à la quantité de dioxyde de carbone ou de déchets radioactifs
générés par la production d'un kilowattheure, en fonction des sources d'énergie
primaire utilisées. Cette disposition n'entraîne pas l'obligation de fournir ces
indications à la suite de demandes individuelles.
2/ Type de concurrence sur le marché et formation des prix (A voir si je garde)
C’ est un marché plutôt oligopolistique. En effet, il existe aujourd’hui quelques
offreurs pour beaucoup de demandeurs. Il peut être rapproché d’un modèle de concurrence à
la Bertrand. En effet, dans une situation d’oligopole à la Bertrand, nous sommes dans un jeu
séquentiel. Les entreprises peuvent voir quelles sont les stratégies des autres et s’adapter en
fonction de celles-ci, puisque chacun joue l’un après l’autre. Ainsi, sur ce marché, chaque
producteur va pratiquer, s’il le peut, un prix légèrement inférieur à celui de ses concurrents,
jusqu’à atteindre le coût marginal de production (coût de la dernière unité produite).
Toutefois, la situation est beaucoup plus complexe que cela.
Comme l’explique Antoine Pellion, Ingénieur civil de l’école des Mines de Paris :
« La demande d'électricité est soumise à de fortes variations journalières,
hebdomadaires et saisonnières. D'importants écarts sont enregistrés entre une consommation
dite "de base", qui correspond aux heures creuses et une demande "de pointe" difficilement
prévisible. Etant donné que l'électricité ne se stocke pas, la production doit constamment
s'adapter, au risque de faire disjoncter tous les appareils raccordés au réseau de distribution.
La configuration du parc d'électricité doit répondre à ces deux contraintes de capacité et de
flexibilité. Aux côtés des centrales dites "de base", des centrales "de pointe" doivent être
disponibles en permanence, mais plus rarement utilisées. Leurs coûts de production,
englobant le prix du combustible (gaz et pétrole) et le coût des émissions de CO2, sont plus
élevés. Le prix payé par le consommateur dépend de la composition technologique du parc,
qui répond à un arbitrage entre capacité, disponibilité et coûts. […]
En heures pleines, où toutes les capacités de production sont mobilisées pour répondre
à la demande, les firmes tarifient au coût marginal le plus élevé des technologies utilisées, par
exemple au coût marginal du charbon allemand pour la France. Les producteurs possédant les
centrales "de base" bénéficient alors d'une rente de rareté, ce qui conduit à une situation
concurrentielle sous-optimale. Cet avantage peut d'ailleurs conduire les firmes utilisatrices de
moyens "de base" à limiter artificiellement et temporairement leurs capacités pour déclencher
la production des centrales "de pointe" et faire monter les prix. En pratique, il est difficile de
contrôler si les immobilisations de moyens de production sont réellement justifiées par des
opérations de maintenance ou des questions de sécurité.
Le marché de l'électricité est donc un système complexe difficilement modélisable par les
modèles macroéconomiques usuels et les estimations de ce que pourrait être un prix de
marché en concurrence parfaite peuvent varier du simple au double. La nécessité de contrôler
l'utilisation de cette rente de rareté s'avère indispensable dans un marché libéralisé aux prix
non régulés »
Qui peut-être complété par l’explication de Jérôme Gstalter, étudiant à la Sorbonne :
« L’électricité ne peut être stockée. Pour être optimal, un parc de production doit donc
être diversifié et permettre de répondre instantanément et efficacement à une demande
fluctuante. Les techniques de production présentant des coûts fixes élevés mais un coût
marginal faible, telle que la production nucléaire, permettent de satisfaire la demande de base.
L’emploi de techniques de production aux coûts fixes plus faibles mais présentant un coût
marginal élevé, et de songer à la production à partir d’énergies fossiles, peut toutefois se
révéler nécessaire pour répondre aux pics de demande excédant la capacité nucléaire. Pour
comprendre le mécanisme de formation des prix de l’électricité, la concurrence pure et
parfaite est susceptible de constituer un référentiel pertinent. Dans une telle configuration, le
prix est fixé par le coût marginal de la technique marginale à savoir “la technique la plus
coûteuse à laquelle il est nécessaire de recourir pour satisfaire la totalité de la demande”. Or,
le nucléaire n’est presque jamais suffisant pour satisfaire la consommation française.
Schématiquement, c’est donc la production à base d’énergies fossiles qui détermine en
France le prix instantané de l’électricité pendant au moins 90% du temps générant au
profit de la technique de production nucléaire une rente de rareté. Dans cette situation,
plus le prix des énergies fossiles augmente plus la production nucléaire, aux capacités
inchangées, devient rentable. La rente de rareté est en outre accentuée, à capacité nucléaire
constante, par l’augmentation régulière de la demande et par les exportations vers l’étranger
permises par l’intégration européenne.
Cette rente de rareté perdurera à court et moyen terme indépendamment du degré de
concurrence observable sur le marché. L’économiste s’interroge donc sur l’attitude que les
pouvoirs publics sont susceptibles d’adopter en présence d’un tel phénomène. Un premier
constat consiste à remarquer que la rente de rareté ne soulève pas de problème majeur en
terme d’efficacité économique. Il est dès lors déconseillé de s’écarter du mécanisme de
formation des prix préalablement observé et d’opérer une régulation des prix. La rente de
rareté pose toutefois des problèmes d’ordre redistributif pouvant justifier une intervention
étatique. Sans nuire à l’efficacité économique, la rente de rareté pourrait être utilisée pour
soulager les consommateurs de la prise en charge du service public de l’électricité et de la
partie fixe des coûts de transport. La redistribution de la rente de rareté pourrait également
être assurée par d’autres mécanismes indépendants de la propriété publique ou privée de
l’opérateur historique en France : EDF. »
Ce qu’il est important de retenir dans ces deux textes, c’est qu’il est difficile de définir
un prix de marché. La demande étant en constante fluctuation, et l’offre également, puisque
l’électricité ne peut se stocker, le prix d’équilibre serait en constante évolution. D’autre part,
la libéralisation du marché n’a pas permis une baisse des prix. C’est l’effet inverse qui s’est
produit. Une concurrence à la Bertrand aurait dû s’établir, mais la rente de rareté a bloqué ce
processus de production au coût marginal, ce qui a entraîné une hausse des prix.
IV – Les Consommateurs de gaz et d’électricité
Les consommateurs d’énergie ne sont pas segmentés de la même manière, puisqu’en
électricité, cela dépend de la puissance souscrite, et en gaz, du raccordement. Nous verrons
donc dans un premier temps qui sont les principaux consommateurs d’électricité, puis ensuite
les principaux consommateurs de gaz.
A/ Les consommateurs d’électricité
La CRE les segmente en 4 catégories :
- Les grands sites non résidentiels, qui souscrivent à une puissance
supérieure ou égale à 250 KvA. Ces sites sont par exemple des
hôpitaux, des hypermarchés, des grands immeubles …
- Les sites moyens non résidentiels qui souscrivent à une puissance
entre 36 KvA et 250 KvA. Ce sont par exemple des locaux de PME
- Les petits sites non résidentiels qui souscrivent à une puissance
inférieure à 36 KvA. Ce sont par exemple dee artisans, des professions
libérales …
- Les sites résidentiels qui souscrivent à une puissance inférieure à 36
KvA. Ce sont les sites de consommation des clients particuliers.
Le ministère de l’écologie préfère segmenter par catégorie socio-professionnelle, afin d’avoir
une vue d’ensemble des consommateurs d’électricité :
Le Résidentiel-tertiaire n’a fait qu’augmenter sa consommation entre 1970 et 2008.
L’industrie, les transports, l’agriculture et la sidérurgie sont quant à eux restés constants.
Voici un tableau qui permet d’avoir un peu plus de détails :
Les plus faibles consommateurs sont en fait l’agriculture, suivie des transports urbains et
ferroviaires.
Il est intéressant de constater qu’entre 1973 et 2008 la consommation a augmenté de plus de
290 % ! En 35 ans, les besoins en électricité ont été multipliés par 3, ce qui a demandé à la
France de s’adapter.
B/ La consommation de gaz en France
Le marché du gaz se divise quant à lui en trois segments :
- Les sites non résidentiels raccordés au réseau de transport : grands
sites industriels raccordés au réseau de transport
- Les sites non résidentiels raccordés au réseau de distribution : marché
de masse des sites non résidentiels et grands sites industriels raccordés
au réseau de distribution
- Les sites résidentiels : sites de consommations des clients particuliers
Le non énergétique n’a cessé de croître entre 1970 et 2008, tout comme l’agriculture et
les transports ainsi que le résidentiel tertiaire, qui prend toujours un part importante dans la
consommation d’énergie. La sidérurgie quant à elle est faiblement consommatrice par rapport
à l’ensemble. L’industrie a eu une part croissante dans la consommation.
En détail :
On s’aperçoit que l’augmentation entre 1973 et 2008 est de 307 %, ce qui est
également considérable. L’agriculture se trouve une fois de plus être la plus faible
consommatrice, suivie de la sidérurgie.
Les consommations d’électricité et de gaz n’ont cessé d’augmenter durant ses 35 dernières
années, à plus de 300 %. Les évolutions technologiques, la demande croissante, et les besoins
de plus en plus importants sont dûs à cette nécessité de consommation d’énergie.
Conclusion :
Le sujet de l’énergie est un sujet relativement épineux. Au centre de nombreux débats
politiques, il suscite beaucoup d’intérêt. L’ouverture du marché aurait dû avoir pour
conséquence une baisse des tarifs de l’énergie. Cela n’a pas été le cas, du fait d’une volonté
politique de maintenir des tarifs haussiers, sur un marché dont les prix ne sont pas régulés
correctement. En effet, le fait d’avoir deux types de tarifs, un fixé par l’Etat et l’autre fixé
librement par les fournisseurs ne peut que freiner une baisse des tarifs. Tant que l’Etat
interviendra sur ce marché qui normalement est censé être « libéralisé », la concurrence ne
pourra pas correctement s’établir.
D’autre part, le fait que le transport et la distribution soient également encore en
monopole joue beaucoup sur le prix. Si ces deux fonctions étaient ouvertes à la concurrence, il
y aurait probablement une différence significative des prix sur le marché, puisque les prix
d’utilisation du réseau seraient différents. Il aurai été intéressant d’établir un modèle de
Bertrand afin d’analyser ce qui pourrait se passer s’il y avait concurrence en prix sur le
marché de la distribution et du transport. Or, il nous est impossible de le faire du fait de la non
connaissance du coût marginal du transport et de la distribution sur le marché.
L’avenir de l’énergie est à double tranchant. La conférence de Copenhague n’a pas été
vraiment concluante quant à la volonté des Politiques de se tourner vers des énergies
nouvelles, moins polluantes, et renouvelables. Toutefois, il existe malgré tout quelques projets
de création d’énergie « verte » (que certains fournisseurs proposent déjà). D’autre part,
chacun a la possibilité d’acheter des panneaux photovoltaïques pour être son propre
producteur d’électricité. Ce système est encore assez peu développé, car beaucoup se posent
la question de la rentabilité d’un tel projet, tant au niveau de la production que de la revente.
EDF a lancé récemment un projet hydroéolien, fonctionnant avec les courants sous-marins. La
force des courants permettrait de produire de l’électricité. Après quelques expériences
relativement concluantes, elle a décidé d’accélérer la production et l’installation de ces
éoliennes sous-marines.
Quel sera l’avenir de l’énergie en France et en Europe ? Est-il possible de faire
confiance en la libéralisation du marché ? N’aurait-il pas fallu garder la nationalisation ? Il est
encore difficile de répondre à ces questions qui resteront probablement sans réponses tant que
la mise en œuvre d’un politique claire, nette et précise ne sera pas faite.
Sources :
I – Contexte Politique et Réglementaire
A/ Rapport d’activité de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) sur la construction
d’un marché Européen unique de l’énergie -second semestre 2008-
Livre vert de la commission Européenne « Une stratégie Européenne pour une énergie sûre,
compétitive et durable » -2006-
http://www.actionco.fr/Action-Commerciale/Article/Ouverture-du-marche-deux-electrons-
libres-a-l-assaut-d-EDF-1194-2.htm
B/ http://www.toupie.org/Dictionnaire/Service_public.htm
http://www.lexinter.net/Legislation/electriciteservpub.htm
http://www.senat.fr/rap/l03-386/l03-38610.html
Directive n°2003/54 du 26 juin 2003 modifiée concernant des règles communes pour le
marché intérieur de l'électricité, JOUE du 15 juillet 2003.
C/ http://www.cre.fr/fr/presentation/organisation/la_commission
http://www.cre.fr/fr/presentation/missions
II – Fonctionnement du réseau Electrique et Gazier Français
A/ Schéma de synthèse personnel
1. http://energies.edf.com/edf-fr-accueil/la-production-d-electricite-edf/la-production/france-
122105.html
http://www.cnr.tm.fr/fr/categorie.aspx?idcategorie=61
http://www.endesaonline.com/ccf/fr/portada.asp?url=/ccf/fr/default1.asp&
http://www.anroc.com/
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv/
http://www.photeus.info/spip/article_036_4.html
http://www.energie-info.fr//fichier/2ESPServicePu.pdf
2. http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_de_transport_d'%C3%A9lectricit%C3%A9
http://www.rte-france.com/uploads/media/pdf_zip/nos-activit-
s/les_chemins_de_l_electricite.pdf
http://www.erdfdistribution.fr/reseau_electrique
http://www.erdfdistribution.fr/Missions_de_service_public
B/
Brochure du ministère pour la carte et le graphique.
http://crdp.ac-bordeaux.fr/arpa_cd/docs/F61-01.pdf
http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-structure-et-le-fonctionnement,10665.html
http://www.grtgaz.com/fileadmin/user_upload/M-Chiffres/Analyses/annee2009-V2-fr.pdf
http://www.totalgaz.fr/societe/activite-gaz
http://www.afgaz.fr/site/page-metiers-367.html
III – Les Fournisseurs de Gaz et d’Electricité en France
A/
http://www.energie-info.fr/pro/pratique/liste-des-fournisseurs/resultats
B/
1. http://www.cre.fr/fr/marches/marche_de_l_electricite/marche_de_detail
http://www.fournisseurs-electricite.com/edf-electricite-reglemente-particuliers
http://www.dgccrf.bercy.gouv.fr/consommation/electricite_gaz/prix_tarifs.htm
http://www.cre.fr/fr/marches/marche_du_gaz_naturel/marche_de_detail
http://fr.wikipedia.org/wiki/TaRTAM
2.
http://www.robert-schuman.eu/question_europe.php?num=qe-66 - ancre_14
IV– Les Consommateurs d’Energie
A-B/
http://www.cre.fr/fr/content/download/9189/159413/file/2009Observatoire3emeTrim.pdf