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IRPP M?J Mars 2020

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L’IMPÔT SUR LE REVENU DES

PERSONNES PHYSIQUES

Introduction :
Aux termes de l’article premier du code de l’IRPP et de l’IS, « l’impôt sur le revenu est du
par toute personne physique, quelle que soit sa situation de famille, au titre de son revenu
net global »
L'article 3 du même code stipule que l'impôt est également dû, par les personnes non
résidente, sur les revenus de source tunisienne qu'ils réalisent :
L'application simultanée de ces deux articles, génère une double imposition du revenu
des résidents des différents Etats dans la mesure ou :
- Chaque Etat réclame, en vertu du principe de la souveraineté fiscale, le droit
d'imposition de ses résidents sur la base du revenu mondial qu'ils réalisent (revenus
locaux et revenus de sources étrangères),
- Chaque Etat impose les revenus réalisés sur son sol, y compris ceux réalisés par les
non-résidents.
Les problèmes de double imposition sont atténués, voir même évités, à travers les
conventions fiscales de non double imposition signées entre deux ou plusieurs Etats. Ces
conventions ont pour objectif soit d'attribuer le droit d'imposition à l'un des Etats
contractants soit le partage du droit d'imposition entre les différents Etats.

(Etats contractants : Etat de la résidence et Etat de la source des revenus)

Chapitre 1 : champ d’application de l’impôt sur le revenu

Section I. Personnes imposables


Sous réserve des conventions internationales de non double imposition le champ
d’application de l'impôt sur le revenu couvre :
- les personnes physiques résidentes en Tunisie, qui sont imposables au titre de
l’ensemble de leurs revenus réalisés en Tunisie ou de source étrangère ;( le critère de
résidence)
- les personnes non résidentes en Tunisie mais qui réalisent des revenus de source
tunisienne. (Le critère de la source)
Il est à noter que :

1
 Les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu selon le critère de la résidence
habituelle de la personne, supportent l’impôt sur le montant global de leurs revenus de
source Tunisienne et de source étrangère.
 Les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu selon le critère de la source du
revenu ne supportent l’impôt que sur le montant des revenus de source Tunisienne

1) Personnes résidentes en Tunisie :


Sont considérées comme résidentes en Tunisie les personnes physiques qui :
1- Disposent en Tunisie d'une habitation principale à titre gratuit ou onéreux. La
notion d'habitation principale suppose la permanence de l'installation de la personne en
Tunisie. La condition de la résidence habituelle est remplie par tout contribuable qui a, à sa
disposition, une habitation principale même s’il n’y fait pas de séjours effectifs. Tel est le cas
d’une personne qui ne réside pas en Tunisie mais qui y a une habitation principale à sa
disposition. La notion d’habitation principale est indépendante du lieu et de la durée de
séjour de la personne.
2- Séjournent en Tunisie pendant une période ou des périodes égales ou supérieures à 183
jours d'une façon continue ou discontinue durant l'année civile (du 1 er janvier au 31
Décembre), sans disposer d’habitation principale en Tunisie.
L'appréciation de la durée de séjour s'effectue année par année.
Exemple : séjour du 30 septembre N jusqu’au 25 Avril N+1
Total de la période de séjour : 31+30+31+31+28+31+25= 207 jours,
Pas de résidence ni en N ni en N+1, puisque le séjour est de :
- 92 jours en N < 180 jours
- Et 115 jours en N+1 < 183 jours
3- Ont la qualité de fonctionnaires ou d'agents de l'Etat tunisien exerçant leurs fonctions ou
chargés de mission dans un pays étranger, dans la mesure où ces personnes ne sont pas
soumises dans ce dernier à un impôt sur leur revenu global

2) le critère de la source des revenus en droit interne :


Les personnes n’ayant pas une résidence habituelle en Tunisie peuvent y être soumises à l’impôt
sur le revenu dans la mesure où elles perçoivent ou réalisent des revenus ou bénéfices en Tunisie et
ce dans la limite de ces derniers.

L’article 3 du code de l’IRPPIS prévoit que l’impôt est également du par les personnes
physiques non résidentes qui réalisent des revenus de source tunisienne ou qui réalisent une plus-
value mobilière ou immobilière en Tunisie.

Section Iv. Les personnes exonérées


Aux termes de l’article 6 du code de l’IRPP et de l’IS, sont exonérés de l'impôt sur le
revenu, les agents diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère et ce dans la

2
mesure où le pays qu’ils représentent consent des avantages analogues aux agents
diplomatiques et consulaires Tunisiens.
L’exonération ne s’applique pas donc, notamment :
 Aux diplomates de nationalité tunisienne exerçant leur activité en Tunisie au sein des
organisations internationales ou régionales ;
 Aux personnes de nationalité tunisienne qui sont au service des missions diplomatiques des
Etats étrangers ;
 Aux personnes de nationalité étrangère qui sont au service des missions diplomatiques des
Etats étrangers, mais n’ayant pas la qualité d’agent diplomatique ou consulaire .

Chapitre 2 : Les règles générales régissant l’imposition des


revenus
Le revenu imposable d'une personne physique est constitué par le cumul de différentes
catégories de revenu. Chacune des catégories de revenu est régie par des règles propres de
détermination du revenu catégoriel imposable. En raison de la diversité des modes de
détermination du revenu imposable selon les catégories de revenu, il est nécessaire de
définir chacune de ces catégories.
La fiscalité tunisienne distingue entre sept catégories de revenus à savoir :
- Les bénéfices industriels et commerciaux
- Les bénéfices des professions non commerciales
- Les bénéfices de l’exploitation agricole et de pêche
- Les traitements, salaires, indemnités, pensions et rentes viagères
- Les revenus fonciers
- Les revenus des valeurs mobilières et des capitaux mobiliers.
- Les revenus de source étrangère.
Le revenu imposable présente les quatre caractéristiques conceptuelles suivantes :
- Le revenu imposable est un revenu global ;
- Le revenu imposable est un revenu net ;
- Le revenu imposable est un revenu annuel ;

- Le revenu imposable est un revenu disponible.

Section I : Le revenu imposable est un revenu global


Le revenu imposable consolide la totalité des revenus des différentes catégories
réalisées par un contribuable. Ce revenu est constitué de :

3
- La somme algébrique des différentes catégories des revenus réalisés. En cas de
déficit subi par le contribuable et dégagé au niveau de l’une des catégories de
revenus, le revenu global constitué tient compte du déficit constaté dans l’une
des catégories du revenu dégagé par une comptabilité tenue conformément au
système comptable des entreprises. Si le revenu global n’est pas suffisant pour
que l’imputation puisse être intégralement opérée, le reliquat est reporté
successivement sur le revenu global des années suivantes jusqu’à la cinquième
année inclusivement. Toutefois, il est à préciser que les déficits non imputés sur
les années suivant celle ayant enregistré le déficit sont perdus et ce, dans la limite
des revenus réalisés.
- Les revenus de source tunisienne et les revenus de source étrangère pour les
personnes physiques résidentes en Tunisie (revenu mondial).
- Le revenu est global du fait qu’il comporte les revenus personnels réalisés par le
contribuable en sa qualité de chef de famille et ceux réalisés par ses enfants
fiscalement à sa charge. Toutefois ce dernier peut demander l’imposition distincte
de ses enfants mineurs à sa charge.
Pour la notion de chef de famille, l’article 5 du code de l’IRPP et de l’IS a considéré
comme chef de famille :
- L’époux ;
- Le divorcé qui a la garde des enfants ;
- Le veuf ;
- L’adoptant ;
Toutefois, l’épouse peut être considérée comme chef de famille dans deux hypothèses :
- Lorsqu’elle justifie que le mari ne dispose d’aucune source de revenu durant l’année
précédant celle de l’imposition.
- Lorsque remariée, elle a la garde d’enfants issus d’un précédent mariage.
Les personnes physiques non résidentes sont imposées au titre de leur revenu de source
tunisienne.

Exceptions de la notion du revenu global :


Une exception de la globalité du revenu est prévue dans les trois cas particuliers
suivants pour lesquels l'imposition est effectuée d’une manière distincte (hors revenu
global) :
- Le cas de la plus-value immobilière considérée comme un revenu foncier subit.
- Le cas de la plus-value provenant de la cession d’actions ou de parts sociales considérée
comme un revenu de valeurs mobilières.
En effet, la détermination de l’impôt au titre de ces deux catégories de revenu est
soumise à des règles et taux spécifiques.

4
- Le cas des personnes soumises au régime forfaitaire BIC (CA<100.000 D/an), dans ce
cas l'impôt est fixé forfaitairement.

Section II : Le revenu imposable est un revenu net


Le revenu est net par catégorie. Il est aussi net dans sa globalité. Le revenu catégoriel
établi selon le mode réel est net parce qu’il est déterminé en déduisant des recettes brutes
ou revenus bruts les dépenses ou charges engagées en vue d’acquérir ou de conserver ce
revenu.
Le revenu est aussi net dans sa globalité, en effet, le revenu global provenant de la
somme des revenus nets catégoriels, subi aussi des déductions d'un certain nombre de
charges dites "déduction communes" limitativement énumérées par la loi.

Section III : Le revenu imposable est un revenu annuel


Le contribuable est imposé chaque année au titre de la totalité des revenus réalisés au
cours de l’année précédente. Cette règle, déjà, largement suivie, est aussi consacrée par la
loi comptable qui dispose dans son article 22 : « la durée de l’exercice comptable set de
douze mois, l’exercice débute le premier janvier et se termine le 31 décembre de la même
année ».
Toutefois, le principe de l’annualité a été assoupli par la loi fiscale dans les cas
suivants :

 Lorsqu’une personne, précédemment non résidente en Tunisie, s’y établit en cours


d’année, son imposition s’effectue selon sa situation au 1er janvier de l’année qui suit
celle du transfert de domicile à raison des revenus de source tunisienne et de source
étrangère qu’elle réalise depuis son établissement en Tunisie ;

 Lorsqu’un contribuable, auparavant résident, transfère son domicile en cours


d’année, hors de Tunisie, il est soumis à l’impôt à la date de son départ, et selon la
législation en vigueur au 1er janvier de l’année de son départ, sur les revenus qu’il a
réalisés, durant la période au cours de laquelle il était résident en Tunisie

 En cas de cession ou de cessation totale de l’exploitation, l’impôt est établi sur les
bénéfices réalisés à partir du 1er janvier jusqu’ à la date de la cession ou de la
cessation de l’exploitation ;

 En cas de décès, l’impôt est établi à raison de l’ensemble des revenus ou bénéfices
que le défunt a réalisés depuis le 1er janvier de l’année du décès jusqu’à la date de
celui-ci selon la législation en vigueur au premier janvier de l’année du décès.

 Lorsqu'un contribuable soumis au régime opte pour un exercice comptable différent


de l'année civile :
- Exercice comptable 12 mois mais à cheval cad ne commençant pas le
1er Janvier : le revenu imposable est égal au bénéfice dégagé par le
bilan clôturé au cours de l'année civile

5
- Exercice comptable qui s'étend sur une période inférieure à 12 mois :
le revenu imposable est égal à la somme des bénéfices dégagés par les
différents bilans clôturés au cours de l'année civile
- Exercice comptable qui s'étend sur une période supérieure à 12 mois :
le revenu imposable est égal au revenu estimé au 31 décembre pour
l'année au cours de laquelle aucun bilan, et pour l'année suivante par
le bénéfice arrêté par le bilan déduction faite du bénéfice estimé au
31/12/N-1

Section IV : Le revenu imposable est un revenu disponible


Le revenu est disponible lorsqu’il est :

- Perçu
- Ou mis à la disposition du bénéficiaire et que son encaissement ne dépend plus que de
la seule volonté du bénéficiaire.
La disponibilité du revenu détermine l’année d’imposition de rattachement dudit
revenu. Ainsi, les revenus mis en paiement ou à la disposition d’un contribuable sont réputés
disponibles, et par voie de conséquence, deviennent imposables, alors même que le
contribuable n’en a pas encore pris possession sauf si ce contribuable établit que des faits
entièrement indépendants de sa volonté mettent obstacle au retrait des sommes
correspondantes.
Le principe de la disponibilité comporte, néanmoins, de nombreuses limitations. A titre
d’exemple, les entreprises soumises selon le régime réel : tenue de comptabilité
conformément au système comptable des entreprises, déterminent leur revenu imposable à
partir du résultat comptable et fiscal, lequel résultat tient compte du principe des créances
acquises et dettes engagées abstraction faite de leur encaissement effectif : comptabilité
d'engagement

Chapitre 3 : Les règles de détermination des revenus nets catégoriels


Section I : les Bénéfices Industriels et Commerciaux
1)- Définition :
• Par référence aux dispositions de l’art. 9 du code de l’IRPP et de l’IS, sont considérés
comme BIC les bénéfices réalisés par les entreprises exerçant une activité
commerciale au sens du code de commerce.
• Il s’agit essentiellement :
• Des activités de commerce de détail ;
• Des activités de commerce de gros ;

6
• Des activités de prestation de services ;
• Des activités industrielles ;
• Des activités artisanales ;
Le seul exercice de l’une de ces activités ne suffit pas en lui-même pour faire de la
personne qui l’exerce un commerçant. Il faut que l’activité soit exercée à titre professionnel
et dans un but lucratif.
Ne sont pas considérées comme activités commerciales :
- la vente par les agriculteurs de leur propre production, même après une première
transformation (sauf si ce dernier écoule sa production dans des locaux aménagés pour le
commerce)
- la vente par les peintres de leurs œuvres d’art (sauf si l’intéressé se livre à la production
en série d’une même œuvre)

2) la détermination du bénéfice net :


La détermination du bénéfice net (revenu catégoriel net) s'effectue selon deux
régimes:
- Le régime général : régime réel selon lequel le revenu net est déterminé à travers le
résultat comptable dégagé par une comptabilité conforme au système comptable des
entreprises
- Le régime réel simplifié : tenue de comptabilité simplifiée sous certaines conditions
- Le régime forfaitaire : absence de comptabilité et imposition forfaitaire selon les
recettes réalisées et sans détermination du revenu net

2-A - Régime réel


Les règles de détermination du bénéfice imposable d’une personne physique suivant le
régime réel sont fixées par les articles 10 à 15 du code de l’IRPP et de l’IS.
Le bénéfice net est déterminé dans ce cas sur la base d’une comptabilité conforme à la
législation comptable des entreprises.

 la détermination du résultat net :


En vertu des dispositions du paragraphe I de l'article 11 du code de l'impôt sur le revenu
et de l'impôt sur les sociétés, "le résultat net est déterminé d'après les résultats d'ensemble
des opérations de toute natures effectués par l'entreprise y compris notamment la cession
de tout élément d'actif".
Il s'ensuit que tous les produits et les charges rattachés aux opérations accomplies par
l'entreprise sont pris en considération pour la détermination du résultat net.

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Toutefois, de par son caractère restrictif, cette définition ne permet de tenir compte
que des profits ou des pertes puisant leur origine dans des opérations effectuées par
l’entreprise ; ce dont il résulte notamment que les profits exceptionnels tels que
l'encaissement des primes d'assurances, des subventions, l'abandon des créances par les
tiers….. ne seraient pas soumis à l'impôt.
A cet effet, le paragraphe II de l'article 11 du code de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur
les sociétés a défini le résultat net comme étant celui « constitué par la différence de l'actif
net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à
l'impôt, diminué des suppléments d'apport et augmenté des prélèvements effectués au
cours de cette période par l'exploitant... ».
En pratique le bénéfice imposable est déterminé à partir du résultat avant impôt
dégagé par une comptabilité tenue conformément au système comptable des entreprises
corrigé d’une manière extracomptable en déduisant, d’une part, certains produits
comptabilisés mais considérés non imposables sur le plan fiscal et en réintégrant, d’autre
part, certaines charges comptabilisés mais considérés non déductibles sur le plan fiscal

Bénéfice imposable = Résultat comptable avant impôt - Produits non


imposables + Charges non déductibles fiscalement.
Le résultat comptable doit être déterminé conformément aux dispositions prévues
par le système comptable des entreprises. Les déductions des produits et la réintégration
des charges doivent obéir aux dispositions fiscales. Il y a lieu traiter ces dispositions aussi
bien au niveau des produits qu’niveau des charges.

 Les charges déductibles :


Sur le plan comptable, les charges pouvant entrainer la diminution des produits réalisés par
l’entreprise sont classées de la manière suivante :
- achats
- variation de stocks (approvisionnement et marchandises)
- services extérieurs
- autres services extérieurs
- charges diverses ordinaires
- charges de personnel
- charges financières
- impôts, taxes et versements assimilés
- Pertes extraordinaires
- dotations aux amortissements et aux provisions
- impôt sur les bénéfices
Sur le plan fiscal, l’article 62 du code de l’IRPP et de l’IS a énoncé l’obligation de tenir une
comptabilité conforme à la législation comptable des entreprises. Cette obligation n’a pas
empêché le législateur à exclure de la déduction certaines charges ou à les soumettre à des

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conditions générales de fonds ou de forme et à des conditions spécifiques. Il s’agit de la
divergence entre les règles énoncées par la comptabilité et celles énoncées par la fiscalité.

 Conditions générales de déduction des charges :


Les conditions de déductibilité fiscale des charges sont fixées par des règles définies
par le code de l’IRPP et de l’IS. Ainsi, pour être admises en déduction, les charges doivent
remplir trois conditions de fond et trois conditions de forme :

a. Les conditions de fond : pour être déductible, la charge doit :


1) Se rattacher à la gestion ou être exposées dans l’intérêt de l’entreprise, ce qui
exclut les dépenses à caractère privé et celles pouvant être qualifiées d’acte anormal de
gestion.
On peut citer à titre d’exemples, les dépenses personnelles de l’exploitant exclues du
droit à déduction.
2) Se traduire par une diminution de l'actif net, ce qui exclut les dépenses ayant une
contrepartie à l’actif.
Une charge se traduit comptable par une diminution d’un actif (paiement par exemple :
diminution de trésorerie) ou une augmentation d’un passif (dette)
3) Ne pas être exclues du droit à déduction par une disposition expresse de la loi
C ’est le cas, à titre exemple :

- Des dépenses liées à l’acquisition, à l’entretien ou à la location des voitures de tourisme d’une
puissance fiscale dépassant 9 chevaux ou encore des résidences secondaires ne constituant pas
l’objet de l’entreprise.
- Des charges relatives aux montants payés aux personnes résidentes ou établies dans
un « Etat ou un territoire dont le régime fiscal est privilégié » (ex paradis fiscaux).

b. Les conditions de forme : de point de vue forme, une charge doit :


1) Être comptabilisée et déduite de l’exercice auquel elle se rattache :
Ainsi, les charges ne sont déductibles que de leur exercice de rattachement. (Principe de
l’annualité de l’impôt et principe de rattachement des charges et produits à leur exercice)
2) Être appuyées de justifications suffisantes et probantes :
Il s’agit des pièces justificatives et autres modes de preuve définis par le nouveau
système comptable, la jurisprudence fiscale et la doctrine administrative fiscale.
3) Être portées sur certaines déclarations fiscales lorsqu’une telle condition est exigée
par la loi :
Tel est le cas des honoraires, des rémunérations au titre d’un travail occasionnel, qui
doivent figurer sur la déclaration d’employeur ainsi que des provisions pour créances

9
douteuses, des dons et subventions accordés… qui doivent figurer sur des états joints à la
déclaration annuelle des résultats.

c. Les différentes charges déductibles :


 Les stocks et les achats
- Le stock initial : 
Il fait partie des charges déductibles pour son prix de revient (à travers le compte de
"variation des stocks".

- Notion de stock :
Les stocks à prendre en considération doivent appartenir à l’entreprise à la date de
l’inventaire.
Les marchandises à livrer, même lorsqu’elles n’ont pas été reçues par l’entreprise, à la
date de la clôture, sont réputées faire partie du stock, si à cette date, elles ont fait l’objet
d’un achat ferme qui en a fait le transfert de la propriété à l’entreprise.
Les produits vendus mais non encore livrés ne constituent pas un élément de stocks
car ils ne sont plus la propriété de l’entreprise.

- Evaluation des stocks :


En application des dispositions du §III de l’article11 du code de l’IRPP et de l’IS, les
stocks et les travaux en cours sont évalués au prix de revient.
Le coût historique des stocks correspond au coût d'acquisition pour les éléments
achetés et au coût de production pour les éléments produits. Il inclut l'ensemble des coûts
encourus pour mettre les stocks à l'endroit et dans l'état où ils se trouvent.
Le coût d'acquisition des stocks comprend le prix d'achat, les droits de douane à
l'importation et taxes non récupérables par l'entreprise, ainsi que les frais de transport,
l’assurance liée au transport de réception et autres coûts directement liés à l'acquisition des
éléments achetés.
Toutes les réductions commerciales et autres éléments analogues, sont déduits du
coût d'acquisition, et ce, à l'exception des subventions se rapportant aux biens stockés.
Le coût de production des stocks comprend le coût la d’acquisition des matières
consommées dans la production, et une juste part des coûts directs et indirects de
production (les coûts de main d'œuvre directe, de main d’œuvre indirecte, des amortissements et
d'entretien des bâtiments et équipements industriels et les frais de gestion d'administration de la production)
pouvant être raisonnablement rattachée à la production.
Le coût des stocks d'un prestataire de services comprend la main d'œuvre et les autres frais
de personnel directement engagés pour la réalisation du service y compris le personnel
d'encadrement et les frais généraux s'y rapportant.
Les coûts relatifs aux ventes et au personnel administratif général n'y sont pas inclus.

10
Les éléments de stocks identifiables sont évalués à leur coût individuel. Le coût des
éléments de stocks interchangeables doit être déterminé en utilisant la méthode du coût
moyen pondéré ou la méthode du premier entré, premier sorti, selon celle qui permet le
meilleur rattachement des charges aux produits.

- Les achats :
Les achats comprennent notamment les marchandises, les matières premières, les
matières consommables et les emballages commerciaux, à l'exception des emballages
récupérables et identifiables qui constituent des immobilisations.
Les achats sont comptabilisés dès réception de la facture pour leur prix d'acquisition et
ce, indépendamment de la date du paiement.
Le prix d'achat ne comprend pas les rabais et remises sur facture consentis par les
fournisseurs. Par contre, les frais sur achats tels que les droits de douane, les frais de
transport, l’assurance, les droits et taxes, autre que la TVA récupérable, s'ajoutent au prix
d'achat.

 Les frais généraux :


- Les frais de personnel :
Les rémunérations versées au personnel de l'entreprise qu'il s'agisse du salaire de base
ou des divers accessoires : indemnités, primes, gratifications, avantages en nature etc. ...
sont déductibles du bénéfice imposable dans la mesure où elles résultent d’une relation
contractuelle, correspondent à un travail effectif et sont en rapport avec l'importance du
service rendu.
Toutefois, la rémunération servie à l’exploitant individuel n’est pas déductible parce
qu’il est rémunéré par le bénéfice de son exploitation : principe de l’unicité du patrimoine.

- Les services extérieurs :


Ces charges comprennent notamment :

 Les loyers et charges locatives : les loyers de toute nature constituent une charge
déductible à concurrence des loyers courus, c'est-à-dire à hauteur du service
consommé.
 Les frais d’entretien et de réparation : les frais d’entretiens et de réparation engagés
pour maintenir un bien en état normal de fonctionnement sont déductibles pour leur
montant intégral. A contrario, les grosses réparations générant des avantages
économiques futurs ne constituent pas des charges et doivent en conséquence être
immobilisées.
 Les primes d'assurances : versées par l’entreprise pour la couverture d’une charge ou
d’un risque professionnel éventuel constituent des charges déductibles.
 Les redevances payées pour l’utilisation de brevets d’invention, de dessin de modèles, de
procédés de fabrication ou autres sont déductibles.

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 Les dépenses de fonctionnement supportées au titre des opérations de recherche
scientifique ou technique sont déductibles.
 Les rémunérations des intermédiaires ; Les sommes versées à des tiers non-salariés de
l’entreprise : les commissions, les courages, les ristournes commerciales ou non, les
honoraires d’avocats, de conseils fiscaux, d’ingénieurs conseils, d’architectes, les
rémunérations payées en contrepartie de la performance dans la prestation de services, les
rémunérations payées aux salariés et aux non-salariés en contrepartie d’un travail occasionnel
en dehors de leur activité principale et les rémunérations et les primes attribuées
conformément à la législation et aux règlementations en vigueur aux membres des conseils,
des directoires et des comités des sociétés anonymes et des sociétés en commandite par
actions en leur dite qualité sont déductibles. La déduction de ces sommes est subordonnée à
leur déclaration à l’administration fiscale au niveau de la déclaration d’employeur avec
indication de l’identité des bénéficiaires. Toute somme non portée sur ladite déclaration ne
constitue pas une charge déductible.
 Les frais de recherche et de développement : engagés par l’entreprise pour son propre
compte, et qui n'ont pas été capitalisés
 Les frais de publicité et de propagande : A ce niveau, il faut distinguer entre les frais
qui conditionnent la vie de l’entreprise et ceux courants. Dans le premier cas,
l’imputation des charges s’effectue sur une période de 3 ans (charges à répartir), par
contre dans le deuxième cas l’imputation s’effectue intégralement au titre de l’exercice
de leur engagement.
 Les montants payés au titre des cotisations du souscripteur ou des cotisations de l’adhérent
dans le cadre des contrats collectifs d’assurance visés et les cotisations payées dans le cadre
des contrats assurance-vie et des contrats de capitalisation en exécution des obligations du
souscripteur ou de l’adhérent prévues par la législation en vigueur.

- Les frais de transport et de déplacement :


Les frais de transport et de déplacement du personnel, de marchandises, les voyages,
…. constituent des charges déductibles dans la mesure où ils correspondent effectivement à
des dépenses professionnelles assorties de justifications nécessaires.
Les frais de transport sur ventes et sur achats sont aussi déductibles lorsqu'ils n'ont pas
été pris en considération dans les comptes achats ou ventes.

 Les frais divers de gestion :


Il s'agit notamment :

- Des dons et subventions :


L'article 12-5 du code de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés dispose
que les dons et subventions justifiés, sont déductibles dans la limite de deux millièmes du
chiffre d'affaires brut (2%°) lorsqu'ils sont servis à des œuvres ou organismes d'intérêt
général, à caractère philanthropique, éducatif, social ou culturel.
Lorsque les dons sont effectués en nature, ils sont évalués à leurs prix de revient pour
apprécier la limite autorisée.

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Cependant, sont déductibles pour leur totalité (sans limite de 2 millième) les dons et les
subventions accordés :

- A l’Etat, aux collectivités locales et aux entreprises publiques.


- Dans le cadre du cout d’acquisition ou de construction des logements
accordés en donation au profit des conjoints, ascendants et descendants des
martyrs de la nation de l’armée, des forces de sécurité intérieure et des
douanes ;
- Aux associations œuvrant dans le domaine de la promotion des handicapés.
- Aux associations exerçant dans le domaine de la protection et de l’encadrement
des personnes sans soutien familial (à partir de 2020)

La déduction des dons et subventions accordés est subordonnée à la production par les
entreprises donatrices, à l'appui de leurs déclarations annuelles de revenus ou de
bénéfices, d'un état selon un modèle fourni par l'administration indiquant l'identité
complète des bénéficiaires, et les montants des dons et subventions qui leur ont été
accordés.

- Les mécénats :
Le mécénat constitue l’une des techniques utilisées par le ministère chargé de
l’environnement ou par le ministère chargé de l’équipement et de l’habitat ou par le Ministère de la
culture pour le financement de la réalisation et de l’entretien des espaces verts et des parcs
familiaux, œuvres et projets culturels et ce, dans le cadre de convention de mécénat conclue ou à
conclure avec les entreprises du secteur privé.

 Le § 5 bis de l’article 12 du code de l’IRPP et de l’IS, a prévu la déduction du bénéfice imposable


des mécénats accordés aux entreprises, projets, et œuvres culturelles ayant obtenu
l’approbation du ministère chargé de la culture.
 Le §5 ter de l’article 12 du code de l’IRPP et de l’IS, a prévu la déduction du bénéfice imposable
des mécénats affectés à la création et à l’entretien des espaces verts et des parcs familiaux et
ruraux dans le cadre de conventions conclues à cet effet avec le ministère chargé de
l’environnement ou le ministère chargé de l’équipement et l’habitat, et ce, dans la limite de 150
mille dinars par an
- Les dépenses de cadeaux et les frais de réception
Les dépenses engagées au titre des cadeaux et les frais de réception y compris les frais
de restauration et de spectacle (engagées dans l'intérêt de l'entreprise) sont déductibles
dans la limite de 1 % du chiffre d'affaires toutes taxes comprises et dans la limite de vingt
mille dinars par exercice.
Exemple :

Soit une entreprise qui a réalisé un chiffre d'affaires annuel toutes taxes comprises de
300 000 dinars et qui a organisé une réception pour un montant 5 000D.
Montant déductible (1 % du CA avec un maximum de 20 000 D)
Montant autorisé = 300 000 x 1 % = 3 000 D

13
Montant engagé = 5 000 D
Montant non admis en déduction = 5 000D - 3 000D = 2 000 D
Exemple :

Reprenons l'exemple précédent mais avec un chiffre d'affaires toutes taxes comprises
égal à 2 500 000D, et des frais de réception s'élevant à 28 000 D.
Montant autorisé = 2 500 000D x 1 % = 25 000 D supérieur à 20 000 D on retient donc
20.000D
Montant non admis en déduction : 28 000 D - 20 000 D = 8 000 D

- Les frais financiers


Les intérêts, commissions et autres frais bancaires versés en raison des sommes
prêtées ou des services rendus à l'entreprise sont déductibles, dans la mesure où ils
répondent aux conditions générales de déduction.
Toutefois, les intérêts servis à l'exploitant individuel, à raison des sommes versées
dans la caisse de l'entreprise ne sont pas admis en déduction même si les prêts générateurs
des intérêts sont contractés dans l'intérêt de l’entreprise : principe de l'unicité du
patrimoine

- Impôts, droits et taxes


Les impôts, droits et taxes à la charge de l'entreprise constituent des charges
déductibles pour la détermination du bénéfice imposable à l'exception :
- De l'impôt sur le revenu (ou l'impôt les sociétés) et leurs composantes à savoir les
acomptes provisionnels et les retenues à la source
- La taxe sur les voyages.
Les impôts professionnels sont déductibles. C’est le cas notamment de la taxe sur les
établissements à caractère industriel, professionnel ou commercial (TCL), de la taxe
hôtelière, de la taxe de formation professionnelle (TFP), de la contribution au fonds de
promotions du logement pour les salariés (FOPROLOS)….
Par contre ne sont pas déductibles :

 Les impôts et taxes récupérables (TVA par exemple).


 Tout impôt se rapportant aux résidences secondaires, avions et bateau de plaisance
 Les dépenses de vignette engagées au titre des véhicules de tourisme d’une puissance fiscale
supérieure à 9 chevaux à l’exception de ceux constituant l’objet principal de l’exploitation.
 L’impôt sur le revenu (ou l’impôt sur les sociétés, pour les personnes morales) y compris la
retenue à la source y afférente, supporté à la place du redevable réel.
 La taxe sur les voyages à l’étranger
 Les transactions, amendes, confiscations et pénalités de toute nature mises à la charge des
contrevenants à la législation en matière de prix, de commercialisation, de répartition des

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divers produits, de contrôle de changes, d’assiette des impôts, contribution ou de taxes et de
manière générale toute infraction à la législation en vigueur.

- Les pertes exceptionnelles :
Les éléments extraordinaires répondent généralement aux caractéristiques suivantes :

 Ils ne sont pas censés se répéter fréquemment au cours des prochains exercices ;
 Ils ne sont pas typiques des activités ordinaires de l’entreprise ;
 Ils ne découlent pas principalement de décisions ou d'appréciations des dirigeants ou
des propriétaires.
Sur le plan fiscal, le législateur n’a pas fait de distinction entre les pertes ordinaires et
les pertes extraordinaires.

 Les moins-values sur cession d’immobilisations : prix de cession -VCN


 L’abandon des créances autres que celles dont le nominal est inférieur à 100 dinars,
constitue un acte anormal de gestion qui n’est opposable qu’à l’entreprise et qu’en
conséquence la charge exceptionnelle qui peut en résulter n’est pas déductible du
bénéfice imposable même si le débiteur est décédé. Toutefois, l’abandon des créances
est déductible lorsque le débiteur des sommes est incapable d’honorer ses
engagements. La déductibilité de ces charges exceptionnelles est subordonnée à la
présentation d’une décision de justice et d’un P.V de carence établi par un huissier de
notaire justifiant l’inexistence d’un actif susceptible de saisie entre les mains du
débiteur condamné. Le P.V doit être appuyé des investigations et recherches
nécessaires sur le patrimoine privé.
 Les détournements de fonds et les vols qui résultent d’une décision de justice rendue
définitivement au profit de l’entreprise sont déductibles à hauteur des montants
arrêtés par cette dernière.
 Les rappels d’impôts consécutifs à des redressements fiscaux qui se rapportent à des
impôts et taxes déductibles par nature sont déductibles de la base imposable en
principal l’année pendant laquelle la dette est devenue certaine, soit par
reconnaissance de la dette soit par décision définitive rendue par la justice.

 Les provisions déductibles :


Les provisions fiscalement déductibles sont les provisions pour créances douteuses, les
provisions pour dépréciation du stock destiné à la vente et les provisions pour dépréciation
des actions cotées en bourse.

- Les provisions pour créances douteuses


Définition des créances douteuses :
Une créance est considérée douteuse lorsque son recouvrement devient incertain en
raison d’événements intervenus avant la clôture de l’exercice, tels que :
- La déclaration en faillite du débiteur ;

15
- La situation financière précaire du débiteur (retour de chèques ou de traites
impayées, rupture de stock, méventes etc.…) ;
- Et tout autre indice susceptible de compromettre le recouvrement de la
créance.

 Régime fiscal des provisions pour créances douteuses


Régime particulier des créances douteuses dont le nominal n’excède pas
100 dinars : elles sont déductibles sous les conditions suivantes :
- L’échéance du recouvrement de la créance à la date de clôture de l’exercice
doit remonter à plus d’un an ;
- L’entreprise doit cesser d’entretenir des relations d’affaires avec le client
défaillant à partir de la date de la déduction des créances ;
- Et l’entreprise doit joindre à sa déclaration d’impôt de l’exercice de la
déduction, un état nominatif des débiteurs des créances déduites.
Il y a lieu de préciser que le recouvrement total ou partiel des créances déduites entraîne
leur réintégration au bénéfice de l’exercice au cours duquel est intervenu le recouvrement.

Régime général des provisions pour créances douteuses


Conditions de déduction :
Conformément aux dispositions du paragraphe 4 de l’article 12 du code de l’impôt sur
le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés, les provisions pour
créances douteuses sont déductibles à conditions :

- Qu’elles portent sur des créances douteuses telles que définies


précédemment ;
- Qu’elles aient fait l’objet d’action en justice par les entreprises (cette
condition est non requise pour les entreprises en difficulté (LF2007) ;
- Qu’elles soient constatées en comptabilité ;
- Qu’elles figurent sur un état qui doit être joint à la déclaration de l’impôt sur le
revenu. L’état doit comprendre pour les créances douteuses l’identité du débiteur,
la valeur nominale des créances, (créance par créance) les provisions constituées et
la valeur nette comptable.

Limites de déduction des provisions pour créances douteuses


Les provisions pour créances douteuses qui remplissent les conditions développées ci-
dessus sont déductibles dans la limite de 50% du bénéfice imposable.
Il faut entendre par bénéfice imposable, le bénéfice net de la catégorie de revenu
avant déduction des provisions et des avantages fiscaux, ce dont il résulte que les provisions
constituées en comptabilité doivent être réintégrées pour les besoins de détermination de
la limite des provisions déductibles.

16
Cependant, le reliquat de provisions non admis en déduction au cours d’une année
n’est pas perdu pour l’entreprise qui peut reporter la déduction de ce reliquat sur les
exercices ultérieurs et dans les même conditions sus indiquées.
Exemple :
Soit une entreprise exerçant une activité commerciale qui a réalisé au cours de l’année
2017 un bénéfice fiscal avant déduction des provisions s’élevant à 60.000 D.
Au cours de la même année, cette entreprise a constitué une provision pour créances
douteuses d’un montant égal à 32.000 D.
De même, elle a constitué au titre de l'exercice 2018 des provisions pour créances
douteuses s’élevant à 10.000 D pour un bénéfice de 40.000D
L'entreprise a engagé des actions en justice pour les créances relatives à 2017,
Dans ce cas, les provisions admises en déduction se calculent comme suit :
Année 2017

- Bénéfice : 60.000 D
- Action en justice : oui
- Provisions constituées : 32.000 D
- Provisions admises en déduction (60.000 x 50 %) = 30.000 D
- Bénéfice net : 60.000 D - 30.000 D = 30.000 D
- Reliquat de provisions excédant la limite de 50 % =
32.000 D - 30.000 D = 2.000 reste reportable sur les années ultérieures.
Année 2018
- Bénéfice : 40.000 D
- Provisions constituées : 10.000 D
- Action en justice : non
La provision constituée en 2018 n’est pas admise en déduction, pour absence
d’action en justice, mais il y a lieu de déduire le reliquat provenant de l’exercice 2017 dans la
limite de 50 % du bénéfice, soit : 2.000 D.
- Bénéfice net : 40.000 D - 2.000 D = 38.000 D

- Provision pour dépréciation des stocks :


Les stocks pouvant faire l'objet de provisions déductibles sont constitués des produits
destinés à la vente. Il s’agit donc des stocks de produits finis détenus par l'entreprise pour
être vendus dans le cadre de la réalisation de l'objet social.

Détermination du montant des provisions déductibles :


Les provisions déductibles sont constituées par la différence négative entre :
- D’une part la valeur de réalisation nette, c'est-à-dire le prix de vente normal
connu à la date de clôture de l'exercice, majoré éventuellement des subventions,
mais sans tenir compte des frais non encore engagés à la date de clôture de
l'exercice tels que les frais de distribution et ;
- D’autre part le prix de revient comptabilisé.

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Limites de la déduction
1ère limite des provisions déductibles par rapport au prix de revient :
Le montant des provisions déductibles est limité à 50% du prix de revient ; le reliquat
des provisions constituées n'est pas susceptible de report sur les exercices ultérieurs.
2ème Limite des provisions déductibles par rapport au bénéfice imposable :
Les provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente, sont déductibles dans
la limite de 50% du bénéfice imposable (limite applicable simultanément à toutes les
provisions déductibles : sur clients, stocks et actions).

Exemple 1:

Soit une entreprise commerciale qui a réalisé au titre de l'exercice 2018 un bénéfice
fiscal avant imputation des provisions de 450 000D et qui a constitué des provisions pour
dépréciation de stocks pour 80 000D.
Sachant que le prix de revient des produits détenus en stocks est égal à 150.000D alors
que le prix de vente connu au 31 décembre 2018 est de 70.000D, la détermination des
provisions déductibles et du bénéfice net s'effectue comme suit:
Bénéfice fiscal avant déduction des provisions 450.000D
Provisions constituées 80 000D
Limite autorisée : (450 000D x 50%) = 225 000D
Sans dépasser 50% du prix de revient soit (150 000D x 50%) = 75 000D
Provision déductible 75 000D
Bénéfice imposable : 375 000D
Etant signalé que le reliquat des provisions qui n'a pu être déduit soit (80000 D –
75000D) = 5000D n'est pas susceptible de report sur les exercices ultérieurs puisque la
provision doit être révisée les exercices suivants, en fonction de la nouvelle valeur de
réalisation du stock qui pourrait varier (+ ou -).

- Provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse :


Les actions pouvant faire l’objet de provisions sont celles qui sont cotées à la bourse
des valeurs mobilières de Tunis.
Détermination du montant des provisions pour dépréciation des actions cotées en
bourse déductible :

Les provisions déductibles sont constituées par la différence négative entre :

 D’une part la valeur comptable des actions, c'est-à-dire la valeur inscrite à


l’actif (valeur d'acquisition ou de souscription) ;
 D’autre part la valeur des actions d’après le cours moyen journalier à la
bourse des valeurs mobilières de Tunis du dernier mois de l’exercice.

18
Limite de la déduction des provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse :

Les provisions sont déductibles dans la limite de 50% du bénéfice imposable (avec les
autres provisions déductibles).
Exemple  :

L’entreprise XYZ détient 1.000 actions dans la société A, et 2.000 actions dans la
société B cotée en bourse, évaluées chacune à 10 dinars. Compte tenu des informations
financières disponibles, l’entreprise a comptabilisé à la fin de l’année une provision pour
dépréciation des titres A de 2.000 dinars et une provision pour dépréciation des titres B de
4.000 dinars.
Supposons que le cours moyen boursier de l’action B enregistré le dernier mois de
l’année est de 8 dinars, quel serait le bénéfice imposable si le bénéfice avant provision est de
10.000 dinars ?

- Bénéfice avant provision : 10.000 D


- Limite de 50% : 5.000 D
- Provision constituée : 2.000 + 4.000 = 6.000 D
-Provision fiscalement admise : 4.000 D soit
> Au titre des titres de la société A : 0
> Au titre des titres de la société B : (10-8)*2000= 4.000 D
-Provision déductible : 4.000 D
-Bénéfice net après provision : 10.000 – 4.000 = 6.000 D
Exemple  :

L’entreprise XYZ détient 10.000 actions d’une société cotée en bourse qu’elle a
acquise le 1er juillet de l’année N à 10 dinars l’action. Le 31 décembre de la même année le
cours de l’action est à 8 dinars. Le comptable de l’entreprise a constitué une provision de
30.000 dinars.
Si le cours moyen boursier de l’action au cours du mois de décembre de l’année N est
de 7,100 dinars quelle serait la provision fiscalement déductible compte tenu d’un bénéfice
avant provision de 50.000 dinars ?
-Bénéfice avant provision : 50.000
-Limite de 50% : 25.000
-Provision constituée : 30.000
-Provision fiscalement admise : (10 - 7,1) * 10.000 = 29.000
-Provision déductible : 25.000
-Bénéfice net après provision : 50.000 – 25.000 = 25.000
- Limite générale de la déduction des provisions :
Les provisions constituées au titre des créances douteuses, de la dépréciation des
stocks destinés à la vente et des actions cotées en Bourse sont déductibles dans la limite de
50% du bénéfice imposable pour chaque nature de provision.

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Étant signalé que la fraction de provisions pour clients douteux qui n'a pu être déduite
du fait de la limite susvisée, est reportable sur les bénéfices ultérieurs et dans les mêmes
limites.
Exemple  :

L’entreprise XYZ a réalisé au titre de l’exercice 2018 un bénéfice fiscal avant provision
de 600.000D et a constitué les provisions suivantes au titre de la même année :
- Provisions pour créances douteuses d’un montant égal à 65.000D
- Provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente d’un montant égal à
60.000D
- Provisions pour dépréciation des actions cotées à la BVMT d’un montant égal à
40.000D
Quel est le bénéfice imposable ? Sachant que :
- l’entreprise a engagé des actions en justice pour recouvrer ses créances
- le prix de revient des marchandises destinées à la vente est égal à 100.000 D
- l’entreprise détient 20 000 actions acquises à 10D chacune
- le cours moyen journalier de l’action durant le mois de décembre de l’année 2018 est
égal à 8 D
-Bénéfice fiscal avant provisions : 600.000 D
-Provisions pour créances douteuses constituées : 65.000 D
-Limite autorisée (de 50%) : 300.000 D
-Provisions pour créances douteuses fiscalement admises : 65.000 D
-Provisions pour dépréciation des stocks constituées : 60.000 D
 (Limite autorisée (de 50% x stock:100.000)  =50.000)
 Donc Provisions pour dépréciation des stocks fiscalement admises : 50.000 D
-Provisions pour dépréciation des actions constituées : 40.000 D
Provisions pour dépréciation des actions fiscalement admises : 40.000 D
Total des provisions déductibles : 65.000+50.000+40.000 =155.000 D
Limite 50% du bénéfice fiscal : 300.000 D;
Donc le total des prov < 50% du bénéfice fiscal ; la totalité des provisions est déductible
-Bénéfice net après provisions : 600.000 – (65.000+50.000+40.000) = 445.000 D

- Sort des provisions devenues sans objet :


Les provisions qui deviennent sans objet ou qui reçoivent une affectation autre que
celle pour laquelle elles sont constituées, au cours d'un exercice donné, sont à rapporter au
résultat de l'exercice au cours duquel elles deviennent sans objet ou au cours duquel elles
sont détournées de leur objet.

 LES AMORTISSEMENTS

L’amortissement est la constatation de la perte de valeur subie par un actif du fait de


l’usage, du temps, ou de l’évolution des techniques (obsolescence). Il constitue un
prélèvement sur le résultat en vu de reconstituer le capital investi.

20
Sur le plan fiscal, l'amortissement constitue une charge déductible du bénéfice
imposable sous certaines conditions et dans certaines limites.
- Conditions de déduction des amortissements
Aux termes de l'article 12 bis du code de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les
sociétés, « sont admis en déduction pour la détermination du bénéfice imposable, les
amortissements effectués par l'entreprise selon les règles fixées par la législation comptable,
sans que le montant déductible dépasse les annuités d'amortissement linéaires calculées sur
la base de taux maximums …..».
Les taux d'amortissement maximums à pratiquer sont:

Actifs Taux
I. Frais préliminaires 100%
II. Brevets, marques de fabrique et frais de développement capitalises 20%
III. Constructions à l'exception de la valeur du terrain
1. Constructions légers 10%
2. Constructions en dur 5%
3. Autoroutes, ponts et échangeurs 2,5%
4. Glissières de sécurité pour autoroutes 12,5%
5. Signalisations verticales pour autoroutes 12,5%
6. Dépenses des grosses réparations des autoroutes, des ponts et des
échangeurs 12.5%
7. Pistes pour avions 5%
8. Quais portuaires 5%
9. Voies ferrées 5%
10. Signalisations des voies ferrées 5%
11. Réseaux et canalisations 5%
12. Dépenses des grosses réparations des constructions visées aux 15%
numéros 1, 2, 7, 8, 9, 10 et 11
13. Parkings non couverts 10%
14. Courts de tennis 10%
15. Piscines 10%
16. Dépenses des grosses réparations des constructions visées aux

21
numéros 13, 14 et 15 25%
IV: Machines, matériels et équipements
1- Machines, matériels et équipements en général
a- Machines, matériels et équipements industriels 15%
b- Dépenses des grosses réparations des machines, matériels, et 33,33%
équipements industriels
c- Machines et équipements de chauffage et frigorifiques
10%
d- Ascenseurs, monte-charges et escaliers mécaniques
10%
e- Silos et bacs de stockage
10%
f- Dépenses des grosses réparations des machines, matériels et
équipements vises aux paragraphes c, d et e 25%

g- Equipement et logiciels informatiques


33,33%
h- Mobilier et matériel de bureau
20%
i- Rayonnages métalliques
15%
j- Conteneurs
10%
k- Citernes et fûts
20%
1- Autres machines, matériels et équipements
15%
2. Matériels et moyens de transport ferroviaire
a- Wagons et locomotives
5%
b- Wagons de transport de marchandises
3,33%
c- Wagons techniques pour le contrôle des voies ferrées
6,67%
d- Dépenses des grosses réparations des moyens de transport
ferroviaire 12,5%

3. Matériels et moyens de transport aérien


a- Partie fixe des avions et leurs moteurs
5,56%
b- Dépenses des grosses réparations des avions
20%
c- Dépenses des grosses réparations des moteurs des avions
33,33%
4. Matériels et moyens de transport maritime
a- Bateaux et navires
6,25%
b- Dépenses des grosses réparations des bateaux et navires

22
c- Dépenses des grosses réparations des moteurs des bateaux et 20%
navires
33,33%
5. Matériels et moyens de transport terrestre
a- Moyens de transport des personnes ou de marchandises
20%
b- Dépenses des grosses réparations des moyens de transport terrestre
33,33%
6. Machines et matériels des travaux publics et de bâtiment
(bulldozer, bétonnière, foreuse, camions dumper, pervibrateur, treuil.
20%
polisseuse, compacteur ...)
- Dépenses des grosses réparations des machines et matériels des
travaux publics et de bâtiments 33,33%
7. Equipements de l'électricité et du gaz.
a- Equipements de production, de transport et de distribution de 5%
l'électricité
b- Equipements de transport et de distribution du gaz
5%
c- Dépenses des grosses réparations des équipements de l'électricité et
15%
du gaz
V. Hôtellerie et restauration
20%
1. Matériels de cuisine et buanderie
100%
2. Vaissellerie
20%
3. Tapis, rideaux, éléments et aménagements décoratifs
33,33%
4. Lingerie
20%
5. Accessoires de piscines (chaises longues, parasols, ...)
VI. Agriculture
20%
a. Tracteurs agricoles et matériels roulant autotractés
15%
b. Autres machines et matériels
20%
c. Animaux de production et animaux de services
d. Plantations
3,33%
- oliviers pour l'extraction d'huile
5%
- oliviers de table
3,33%
- vignes
3,33%
- palmiers

23
- agrumes 5%
- amandiers 5%
- autres plantations 6,66%
e. Travaux de conservation des eaux et du sol 20%
f. Puits 10%
g. Equipements d'arrosage 20%

Toutefois, l'entreprise peut, pratiquer des taux inférieurs à ceux prévus par l'arrêté
sus-indiqué tout en respectant le même taux pendant toute la période.
Si l'élément amortissable est mis hors service ou détruit avant l'expiration de la
période d'amortissement, la valeur restant à amortir (valeur nette comptable) constitue
pour sa totalité une charge déductible des résultats de l'exercice au cours duquel l'élément
en question est mis hors service ou détruit. La destruction doit être constatée par un procès-
verbal établi par un huissier notaire et en présence d'un agent de l'administration fiscale.

Pour être admis en déduction du bénéfice imposable, l’amortissement doit remplir


les conditions suivantes :
a) il doit porter sur des éléments de l'actif immobilisé soumis à dépréciation
L'amortissement ne peut venir en déduction du bénéfice de l'entreprise que dans la
mesure où le bien amortissable constitue un élément de l'actif soumis à dépréciation et
immobilisé par l'entreprise, ou exploités dans le cadre d’un contrat de leasing ou d’ijâra.
Les constructions sur sol d’autrui : à partir de 2008, et par disposition expresse de la
loi, (LF 2008), les constructions sur sol d’autrui, au même titre que les actifs immobilisés,
peuvent faire l’objet d’amortissement. Dans ce cas, ce sont les règles générales qui
s’appliquent, les amortissements déductibles sont déterminés selon les mêmes taux fixés
pour les constructions sur propres sols à savoir, 10% pour les constructions légères et 5%
pour les constructions en dur.
Lorsque les bien sont exploités dans le cadre d’un contrat de leasing ou d’ijâra, les
amortissements des actifs immobilisés sont calculés à partir de la date de leur mise en
service sur la base du prix de revient d’acquisition par les établissements de leasing ou d’ijâra
majoré de toutes les dépenses nécessitées pour la mise en service des actifs qu’elles soient
engagées par les entreprises exerçant l’activité de leasing ou par l’exploitant des actifs. La
durée d’amortissement ne peut pas être inférieure à :

24
Actifs exploités dans le cadre d'un contrat de leasing ou Durée
d’ijâra minimale
I- Constructions à l'exception de la valeur du terrain 7 ans
II- Matériels et équipements 5 ans
III- Matériels de transport 3 ans
Dans le cas où le montant des amortissements fixés conformément aux dispositions
précédemment énoncées dépasse les amortissements enregistrés en comptabilité, le
différentiel d'amortissement sera déduit de l'assiette de l'impôt à condition que le montant
des amortissements déduits et le montant des amortissements enregistrés en comptabilité
soient portés au tableau d'amortissement et au livre d'inventaire.
Exemple
L’entreprise “X” exploite, à partir du 2 janvier 2015, un immeuble dans le cadre d’un
contrat de leasing, le prix de revient d’acquisition majoré des dépenses engagées en hors
TVA s’élève à 400.000D, la valeur du terrain est arrêtée à 120.000D, la durée du contrat
de leasing est fixée à 6 ans.
Les amortissements relatifs à cet immeuble sont calculés sur la base de la valeur des
constructions sans tenir compte de la valeur du terrain et de la TVA comme suit :

- L’amortissement de l’exercice 2015 calculé selon la période du contrat (6 ans):


(400.000D - 120.000D) /6 = 46.666 D

- Etant donné que la durée du contrat de leasing, 6ans, est inférieure à la durée
minimale fixée à 7 ans, l’amortissement déductible pour la détermination du
bénéfice imposable de l’exercice 2015 est de : 280.000D / 7 = 40.000D
L’amortissement enregistré en comptabilité s’élève à 46.666D, il est supérieur à
l’amortissement déductible sur plan fiscal qui s’élève à 40.000D, l’entreprise “X” doit
réintégrer le différentiel soit 46.666 – 40.000 = 16.666 au résultat fiscale de l'exercice 2015;
peut déduire ce différentiel sur les exercices ultérieurs, à condition de porter au tableau
d’amortissements et au livre d’inventaire le montant de l’amortissement enregistré en
comptabilité soit 46.666D et le montant de l’amortissement déduit sur plan fiscal soit
40.000D.
Il est à préciser que dès lors que l’entreprise exploitant des immobilisations dans le
cadre de contrats de leasing déduit les amortissements y relatifs, pour la
détermination du bénéfice imposable, la quote-part des charges des loyers dus au
profit de la société de leasing n'est pas déductible. Elle constitue un remboursement
de de la dette vis-à-vis de la société de leasing.
Au niveau de l’entreprise exerçant l’activité de leasing, les immobilisations exploitées
dans le cadre des contrats de leasing conclus à partir du premier janvier 2008 sont
enregistrés par l’entreprise exerçant l’activité de leasing comme créances, les intérêts
afférents auxdits contrats de leasing sont constatés parmi les produits d’exploitation. De ce

25
fait, les entreprises exerçant l’activité de leasing ne peuvent plus constater les
amortissements se rapportant à ces immobilisations.
Il en découle que l'amortissement n'est pas admis :
- Lorsque le bien amortissable n'est pas la propriété de l'entreprise; tel est le cas des
biens dont l'exploitant est locataire ou usufruitier; (à l’exception du cas de leasing
et d’ijâra)
- Lorsque le bien ne fait pas partie de l'actif immobilisé; tel est le cas des stocks;
- Lorsque le bien n'est pas susceptible de dépréciation; c'est le cas des bouteilles
récupérables en verre, de terrains et des fonds de commerce...
b) Il doit être calculé sur la base du prix de revient
Le prix de revient constitue à la fois la base et la limite des amortissements afférents
à un élément de l'actif. Ce dernier s'entend du prix d'acquisition majoré le cas échéant des
frais accessoires (transport, droits de douanes, installation, montage .....) ou de la valeur
d'apport pour les biens apportés en société ou encore du coût réel de production lorsque les
biens sont fabriqués par l'entreprise elle-même.
Toutefois, l’assiette de calcul des amortissements ne doit pas comporter la taxe sur la
valeur ajoutée ouvrant droit à déduction ; et la valeur du terrain pour les constructions.
d) Il doit être constaté en comptabilité :
Aux termes de l'article 12 bis du code, et pour ouvrir droit à déduction,
l'amortissement doit être réellement effectué selon les règles comptables c'est à dire
constaté en comptabilité.
e) Il doit être non exclu par une disposition expresse de la loi (article 15)
- Les modes d'amortissement :
Le système fiscal tunisien comporte trois modes d’amortissement:
- l'amortissement linéaire simple ou accéléré;
- l’amortissement massif ;
- l'amortissement exceptionnel;
Il est à remarquer que quelque soit son mode, l'amortissement a pour point de
départ la date d'acquisition de l'élément amortissable ou celle de sa mise en service si elle
intervient postérieurement.
a) L'amortissement linéaire
a-1) L'amortissement linéaire simple : Selon les taux ou les périodes prévues par la
législation.

26
Exemple  :
Soit une entreprise commerciale qui a acquis le 1/9/2014 pour un prix de 15.000D TTC
une voiture de tourisme dont la puissance fiscale est égale à 5 chevaux vapeur et destinée à
l'exploitation.
Les annuités d'amortissement au titre de l'année 1999 et des années ultérieures sont
calculées comme suit :
2014 : 15000 D x20% x 4 mois /12 mois = 1000 D
2015 : 15000 D x20% = 3000 D
2016 : 15000 D x20% = 3000 D
2017 : 15000 D x20% = 3000 D
2018 : 15000 D x20% = 3000 D
2019 : 15000 D x 8 mois /12 mois = 2000 D
Total des annuités d’amortissements = 15000 D
a-2) L'amortissement linéaire accéléré
Dans la mesure où une entreprise (exerçant une industrie manufacturière non
saisonnière) justifie l'utilisation de son matériel d'exploitation, à l'exclusion du matériel de
transport, par deux équipes c'est à dire pour une durée de 16 heures sur 24 heures, elle peut
pratiquer un amortissement linéaire accéléré en appliquant au taux normal admis un
coefficient de 1,5 pour la détermination d'un nouveau taux d'amortissement pour le
matériel en question.
Ce coefficient est fixé à 2 lorsque ledit matériel est utilisé par trois équipes, c'est à dire
fonctionnant 24 heures sur 24 heures.
b) L’amortissement massif
Les entreprises ont la faculté de pratiquer un amortissement intégral des biens
immobilisés de faible valeur 500 D à partir de 2019,(200 D avant 2019) au titre de l'année de
leur utilisation ou de mise en service.
Ces biens doivent néanmoins figurer à l'actif de l'entreprise et faire l'objet d'un
amortissement intégral.
c) L'amortissement exceptionnel
En vertu des dispositions de l'article 13 du code, les entreprises qui construisent, font
construire ou achètent des immeubles d'habitation destinés pour les 3/4 au moins de leurs
superficies au logement de leur personnel, à titre gratuit, peuvent, dès l’achèvement de la
construction ou l'acquisition, pratiquer un amortissement exceptionnel égal à 50% du prix de
revient de ces immeubles ; la valeur résiduelle est amortissable sur 10 ans.

27
Pour l'application de cette mesure, ne sont pas considérés comme faisant partie du
personnel de l'entreprise:
- l'exploitant individuel;
- les associés de sociétés de personnes;
- les membres des associations en participation; ainsi que le conjoint et les enfants
non émancipés des personnes précitées.
d – L’amortissement des composantes
Le § II de l’article 12bis du code de l'IRPP et de l'IS a permis aux entreprises de déduire
les amortissements des composantes des actifs immobilisés dont la durée d'utilisation
diffère de celles de l'actif principal, soumis à dépréciation et propriété de l'entreprise.
g) Amortissement supplémentaire pour les entreprises nouvellement créées :
Un nouveau paragraphe VIII a été ajoutée par la loi de refonte des avantages fiscaux
(loi 2017 – 08) à l’article 12 bis du code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et
de l’impôt sur les sociétés qui prévoit une bonification fiscale au titre des amortissements
consistant en ce qui suit:
Déduction supplémentaire de 30% au titre des amortissements des machines, du
matériel et des équipements destinés à l’exploitation fabriqués ou acquis dans le cadre
d’opération d’extension ou de renouvellement (à partir de 2019 pour le renouvellement) à
l’exception des voitures de tourisme (autres que celles constituant l’objet principal)
Cette déduction est accordée au titre de la 1ère année à partir de la date d’acquisition,
de fabrication ou de la mise en service
Bénéficient exclusivement de cette bonification les entreprises qui ont déposé une
déclaration d’investissement d’extension.
Entreprises exclues du bénéfice du régime d’amortissement supplémentaire :
Les entreprises exerçant dans le secteur financier, dans les secteurs de l’énergie à
l’exception des énergies renouvelables, des mines, de la promotion immobilière, de la
consommation sur place, du commerce et des opérateurs de télécommunication sont
exclues du bénéfice de la bonification au titre des amortissements.
Justification de l’extension ou de renouvellement :
L’opération d’extension ou de renouvellement doit être justifiée par:

 Le dépôt d’une déclaration d’investissement avant d’entamer la réalisation de l’opération


d’extension

 L’adoption d’un schéma de financement (fonds propres min 30% ou 10% selon le cas)

28
 La réalisation des investissements en employant de nouveaux équipements ou des
équipements importés usagés à condition d’être évalués par les services techniques
compétents
Pour les investissements agricoles, seuls les équipements nouveaux sont acceptés

 La situation fiscale de l’entreprise doit être en règle à la date de l’exercice de l’avantage.


h) Les amortissements exclus de la déduction sur le plan fiscal
L'article 15 du code de l'IRPP et de l'IS a énuméré les biens ne donnant pas droit à
déduction de leur amortissement. Il s'agit :
- des terrains,
- des fonds de commerce,
- des avions et bateaux de plaisance mis à la disposition des dirigeants ou employés de
l'entreprise et dont l'utilisation ne concerne pas directement l'objet de l'entreprise ainsi que
des résidences secondaires,
- des véhicules de tourisme d'une puissance fiscale supérieure à 9 chevaux vapeur à
l'exception de ceux constituant l'objet principal de l'exploitation.
- des actifs dont le coût d’acquisition est supérieur ou égal à 5.000 Dinars et dont la
contrepartie est payée en espèce.
- Des actifs acquis auprès de personnes résidentes dans des paradis fiscaux.
Récap des charges non déductibles:
Ne sont pas déductibles :
- l’Impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés y compris la retenue à la source y afférente,
supporté à la place du redevable réel ainsi que la taxe sur les voyages à l’étranger.
- les honoraires, commissions, courtages, ristournes commerciales ou non, les
rémunérations en contrepartie de la performance dans la prestation des services pour le
compte d’autrui, les rémunérations et primes attribuées aux membres des conseils, des
directoires et des comités des sociétés anonymes et des sociétés en commandite par action
lorsqu’ils ne sont pas déclarés dans les déclarations d’employeur.
- toutes les charges se rapportant aux résidences secondaires, avions et bateaux de
plaisance.
- les loyers, les dépenses d’entretien de fourniture de carburant et de vignettes, engagés au
titre des véhicules de tourisme d’une puissance fiscale supérieure à 9 chevaux vapeurs à
l’exception de ceux faisant l’objet principal de l’activité.
- les intérêts servis à l’exploitant ou aux associés des sociétés de personnes à raison des
sommes qu’ils laissent à la disposition de l’entrepris en sus de leur apport en capital.

29
- les transactions, amendes, amendes, confiscations et pénalités de toutes natures mises à la
charge des contrevenants aux dispositions légales régissant les prix, la commercialisation, la
répartition de divers produits, le contrôle des changes, l’assiette des impôts et d’une
manière générale toute infraction à la législation en vigueur.
- les dons et subventions et les mécénats qui n’ont pas été déclarés sur la déclaration
d’employeur
- la quote-part des loyers de leasing et d’Ijara représentant le remboursement du prix de
revient au titre des actifs immobilisés (le principal du loyer à l’exclusion des intérêts).
- les charges dont le montant est supérieur ou égal à 5.000 Dinars hors TVA et dont la
contrepartie est payée en espèce.
- les charges relatives aux montants payés aux personnes résidentes dans des paradis
fiscaux.
- Les amortissements actifs dont le coût d’acquisition est supérieur ou égal à 5.000 Dinars et
dont la contrepartie est payée en espèce.
- Les amortissements des actifs acquis auprès de personnes résidentes dans des paradis
fiscaux.

 Report des pertes :


Un problème concernant l’ordre d’imputation des pertes pour les personnes
physiques, dans la mesure où la loi fiscale n'a pas donné de solution à cet égard en cas de
réalisation de plusieurs catégories de revenu, et ce, contrairement aux dispositions prévues
pour les personnes morales soumises à l'impôt sur les sociétés.
En effet, et pour les sociétés soumises à l'IS, pour tout exercice bénéficiaire, la
déduction des déficits et des amortissements s'effectue selon l'ordre suivant :
- les déficits reportables ; (jusqu’à la cinquième année inclusivement .)
- les amortissements de l’exercice ;
- les amortissements réputés différés en périodes déficitaires.
Par contre, les pertes constatées par les personnes physiques au titre d’une catégorie
de revenu sont, déductibles du revenu global. En conséquence, l’ordre d’imputation sus
indiqué, ne peut pas être adopté par les personnes physiques réalisant plus d’une catégorie
de revenu. Les amortissements ne sont déductibles que des résultats de la catégorie du
revenu déterminée selon le régime réel, auquel sont rattachés les actifs objets de
l’amortissement.
Sort des amortissements différés
Les amortissements sont réputés différés lorsque l'exercice au cours duquel ils sont
constatés en comptabilité est déficitaire.

30
La loi fiscale permet aux entreprises de déduire en sus des amortissements de l'exercice,
ceux réputés différés en périodes déficitaires. Cette imputation est indéfinie dans le temps,
mais elle reste impérative et doit s'effectuer sur le premier exercice bénéficiaire qui suit celui
de leur constatation et en respectant l'ordre sus indiqué.
En conséquence ne sont plus déductibles les déficits non imputés sur les bénéfices
des années suivant celle ayant enregistré le déficit et ce dans la limite des revenus réalisés.
Toutefois, dans la mesure où le revenu global d’une personne physique se limite à
une seule catégorie de revenu déterminé conformément au système comptable des
entreprise, la doctrine administrative permet d’adopter le même ordre d’imputation que
celui applicable pour les sociétés soumises à l’IS.

 LE TRAITEMENT FISCAL DES PRODUITS :


Les produits comportent des produits d’exploitation ordinaire, des produits accessoires et des
produits exceptionnels.

1 - les produits d’exploitation ordinaire :

Les produits d’exploitation ordinaire, sont constitués par les ventes, les prestations de services
et les travaux.

Il s’agit des sommes reçues et des créances acquises pendant la période d’imposition dont le
résultat doit servir de base d’imposition en contrepartie des marchandises cédées, des services
rendus ou des travaux effectués.

Les montants des ventes constatées par une facture ou par tout autre document comptable
sont pris en considération au cours de l’exercice de leur réalisation et ce indépendamment des
encaissements. Le système de la comptabilisation ainsi retenu est dit « d’exercice » ou
« d’engagement » par opposition au système de la comptabilisation dit de « caisse » ou
« d’encaissement ».

Les créances sont évaluées, dans tous les cas, à leur valeur nominale.

Cependant, pour les créances libellées en monnaie étrangère qui ne sont pas encore réglées à la
date de clôture de l’exercice, la doctrine administrative considère qu’étant donné que le règlement
n’est pas encore intervenu, aucune charge ni produit ne doit affecter le résultat. En conséquence :

- les écarts positifs(gain de change éventuels) et négatifs(pertes de change éventuelles) non


constatés en comptabilité à la date de clôture de l’exercice par référence à la valeur nominale n’ont
aucune influence sur le résultat imposable ;

- si des écarts positifs ont été constatés en comptabilité parmi les produits, ils ne constituent
pas des éléments du bénéfice imposable : à déduire du résultat fiscal

- si des écarts négatifs (pertes de change éventuelles) ont été constatées en comptabilité
parmi les pertes ne constituent pas une charge déductible du bénéfice imposable : à réintégrer au
résultat fiscal

2 - Les produits accessoires

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Il s’agit de profits réalisés à l’occasion de la gestion commerciale de l’entreprise mais ne se
rattachant pas à son objet principal.

Ces profits doivent être rattachés aux produits d’exploitation ordinaires et évalués selon les
mêmes règles applicables au produit de l’exploitation principal. Cependant l'article 11 du code de
l'IRPP et de l'IS a prévu l’exclusion de certains produits.

- Le principe de rattachement des produits accessoires aux produits d’exploitation ordinaire

Les produits accessoires peuvent avoir plusieurs origines. Il peut s’agir notamment de revenus
fonciers, de revenus de capitaux mobiliers ou de valeurs mobilières, de subventions reçues.

a- Les revenus fonciers

Les revenus des immeubles figurant à l’actif de l’entreprise ( loyers ou plus-values de cession)
sont imposés comme des bénéfices industriels et commerciaux.

En revanche, si ces immeubles ne sont pas portés à l’actif du bilan, c’est à dire s’ils dépendent
du patrimoine privé de l’entrepreneur individuel, les revenus de cette provenance ne sont pas
rattachés aux résultats de l’entreprise mais ils sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers.

b- Les revenus des capitaux mobiliers

Il s’agit des revenus provenant des intérêts des créances, dépôts, cautionnements et comptes
courants de l’entreprise. Ces revenus doivent être rattachés aux produits d’exploitation sans aucune
réfaction.

c- Les revenus des valeurs mobilières

Ces revenus proviennent des placements en valeurs mobilières ou en parts sociales inscrites à
l’actif de l’activité professionnelle. Ils peuvent être sous forme de :

- Plus-value de cession de titres sociaux : faisant partie du résultat fiscal et comptable


- Dividendes : Sur le plan comptable, les dividendes sont rattachés au bénéfice industriel et
commercial de l’entreprise.
Sur le plan fiscal ces dividendes sont exclus de la base imposable du fait qu’ils sont soumis à
une retenue à la source libératoire au taux de 10% effectuée par la société distributrice au
titre des bénéfices de l’année 2014 et des années ultérieures. (voir chapitre « revenu des
valeurs mobilières RVM)

d- Les subventions reçues

Les règles de rattachement des subventions reçus au bénéfice imposable varient avec la
catégorie de la subvention reçue.

Les subventions d’exploitation et les subventions d’équilibre reçues par les entreprises
constituent un élément du bénéfice imposable de l’exercice de leur encaissement.

Les subventions d’équipement reçues pour la création ou l’acquisition d’immobilisations


amortissables doivent être rapportées aux résultats nets des exercices, à leur clôture, à
concurrence du montant des amortissements pratiqués sur la base du prix de revient des
immobilisations.

32
Les subventions reçues pour la création ou l’acquisition d’immobilisations non amortissables
doivent être rapportées par fractions égales aux résultats de chacune des dix années exercices y
compris celle de la création ou de l’acquisition de ces immobilisations.

Les primes accordées aux entreprises et destinées à financer les investissements immatériels
sont réintégrées aux résultats nets de chaque année durant dix ans à compter de l’année de leur
encaissement

En cas de cession des immobilisations, la fraction de la subvention non encore rapportée aux
bases de l’impôt est retranchée de la valeur comptable de ces immobilisations pour la détermination
de la plus-value imposable ou de la moins-value déductible.

d- Autres revenus accessoires

Il s’agit notamment :

* des revenus provenant d’opérations agricoles si elles constituent une simple extension de
l’activité industrielle ou commerciale ;

* des produits financiers ;

* des revenus provenant de la cession ou de la concession de brevets, de licences


d’exploitation, de marques de fabrique ou tout autre élément.

3 – Les produits exceptionnels

Ils sont constitués par les plus-values de cession des éléments de l’actif.

Les plus-values réalisées par des entreprises sont imposées du fait qu’ils sont inclus dans le
bénéfice global de l’entreprise. Ce principe connaît une série d’exceptions.

a- Le principe : L'imposition des plus-values

Le régime d’imposition s’applique à toutes les formes de cessions à titre onéreux : vente,
apport, échange, expropriation. La plus-value imposable est égale à la différence entre le prix de
cession et la valeur comptable nette qui est constituée par le prix de revient diminué des
amortissements pratiqués et fiscalement déduits. Il s’ensuit que lorsque l’amortissement d’un bien
n’est pas fiscalement déductible, le législateur n’entend pas permettre la déduction de cet
amortissement pour la détermination de la valeur comptable nette lors de la vente du bien en
question. Ainsi pour les résidences secondaires, bateaux de plaisance et avions mis à la disposition
des dirigeants ou employés ainsi que pour les voitures de tourisme dont la puissance fiscale dépasse
9 chevaux vapeurs, le prix de vente constitue la plus-value puisque aucun amortissement n’est admis
à ce titre.

Il est à préciser que seules les plus-values professionnelles sont considérées comme des
bénéfices industriels et commerciaux. Les plus-values non professionnelles réalisées par les
particuliers dans la gestion de leur patrimoine privé sont traitées comme un revenu pouvant relever
de l’une des catégories de revenus, tel est le cas de la plus-value provenant de la cession
d’immeubles qui doit être soumise à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers.

b- Les exceptions : Les déductions extracomptables des plus-values

Certaines plus-values ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu, elles donnent lieu à
déduction du bénéfice imposable.

33
- La première exception : Elle concerne les plus-values de réévaluation légale réalisées à
l’occasion de la cession des éléments de l’actif ayant fait l’objet d’une réévaluation légale, et ce à
concurrence de la plus-value de réévaluation dégagée.

- La seconde exception : Il s’agit de la déduction du bénéfice imposable de la plus-value


provenant de la cession des actions :
 Admises à la cote de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis acquises ou
souscrites avant le 1er janvier 2011.
 Admises à la cote de la bourse des valeurs mobilières de Tunis acquises ou
souscrites à partir du 1er janvier 2011 et ce lorsque leur cession a lieu après
l’expiration de l’année suivant celle de leur acquisition ou de leur souscription.
- La troisième exception : Cette exception prévoit la déduction du bénéfice imposable de la
plus-value réalisée à l’occasion de la cession d’actions dans le cadre d’une opération d’introduction à
la bourse de valeurs mobilière de Tunis.

- La quatrième exception : Cette exception prévoit la déduction du bénéfice imposable de la


plus-value provenant des opérations de cession ou de rétrocession des titres et des droits y relatifs
suivants :

 Les parts des fonds d’amorçage et les parts des fonds communs de placement à risque
qui emploient leurs actifs dans la souscription aux parts de fonds d’amorçage susvisés
conformément à la législation les régissant ;
 Les parts des fonds communs de placement à risque souscrites dans le cadre du
paragraphe II de l’article 77 du code de l’IRPP et de l’IS (emploi des fonds) lorsque la
cession ou la rétrocession a lieu après l’expiration de la cinquième année suivant celle
de la libération des parts, et ce, dans la limite de 50% de la plus-value réalisée;
 Les parts des fonds communs de placement à risque souscrites dans le cadre du
paragraphe IV de l’article 77 du code de l’IRPP et de l’IS (engagement d’emploi des
fonds dans un délai de 2 ans).

- La cinquième exception :

Cette exception prévoit la déduction du bénéfice imposable de la plus-value provenant de


l’apport en actions et parts sociales dans le capital de la société mère ou de la société holding à
condition que la société mère ou la société holding s’engage à introduire ses actions à la bourse des
valeurs mobilières de Tunis au plus tard à la fin de l’année suivant celle de la déduction. Ce délai peut
être prorogé d’une seule année par arrêté du ministre des finances sur la base d’un rapport motivé
du conseil du marché financier.

- La sixième exception :

Cette exception prévoit la déduction du bénéfice imposable de la plus-value provenant de la


cession des entreprises en difficultés économiques dans le cadre du règlement judiciaire ou de la
cession d’une branche de son activité ou d’un ensemble de branches complémentaires.

- La septième exception :

Cette exception prévoit l’application des dispositions prévues de l’article 49 décies du code de
l’IRPP et de l’IS en matière de plus-value provenant des fusions aux opérations de participation par
apport d’entreprises individuelles au capital des sociétés soumises à l’IS.

34
Ainsi, pour la détermination du bénéfice imposable, est admise en déduction, la plus-value
d’apport par une entreprise individuelle au capital d’une société soumise à l’IS de ses éléments
d’actif autres que les marchandises et valeurs faisant l’objet de l’exploitation.

Toutefois, la plus-value déduite est réintégrée aux résultats imposables de la société ayant
reçu ces éléments dans la limite de 50% de son montant, et ce, à raison d’un cinquième par année à
compter de l’année d’apport.

Dans le cas de cession de ces éléments avant l’expiration de la 5 ème année à compter de l’année
de l’apport, la fraction de la plus-value non encore imposée est réintégrée aux résultats de l’année de
la cession.

Les réintégrations ne sont pas applicables dans le cas où les plus-values réalisées par
l’entreprise apporteuse sont déductibles ou exonérées de l’impôt en vertu de la législation en
vigueur

Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la satisfaction des conditions suivantes :

- L’entreprise individuelle doit être soumise à l’impôt sur le revenu selon le régime réel et les
actifs objets de l’apport doivent être inscrits à l’actif du bilan à la date de l’apport.
- La société bénéficiaire de l’apport doit poursuivre l’exploitation de l’entreprise objet de
l’apport pendant une période de 3 ans au moins à compter du premier janvier de l’année qui suit
celle de l’apport. Le non-respect de cette condition entraîne le paiement par le bénéficiaire de la
déduction de l’impôt non acquitté conformément aux dispositions de ce paragraphe majoré des
pénalités de retard exigibles conformément à la législation en vigueur.
Dans le cas où cette condition n’est plus respectée, l’entreprise bénéficiaire de la déduction est
tenue de payer l’impôt non supporté majoré des pénalités de retard. Toutefois, la déchéance ne
s’applique pas dans la mesure où le non-respect de la condition est du à des motifs extérieures à la
volonté de l’apporteur. Les motifs d’arrêt de l’activité non imputables à l’entreprise sont fixés par le
décret n° 2007-1266 du 21 mai 2007.

2-B) Régime réel simplifié


Les entreprises individuelles qui réalisent des revenus dans la catégorie BIC peuvent
tenir une comptabilité simplifiée selon les dispositions de la norme 42 "relative à la
comptabilité simplifiée" du système comptable des entreprises et ce, lorsque leur chiffre
d’affaires ne dépasse pas :
- 300 mille dinars pour les activités d’achat en vue de la revente, les activités de
transformation et de la consommation sur place,
- 150 mille dinars pour les activités de services et les professions non commerciales.
La détermination du bénéfice net imposable a lieu dans les mêmes conditions que le
régime réel (produits – charges) sauf que pour le régime réel simplifié.

 Obligations
 En se référant à la norme comptable n° 42 relative à la comptabilité simplifiée, la
tenue d’une comptabilité simplifiée s’appuie sur des pièces justificatives et comporte:
a) la tenue des livres comptables suivants :
- un journal général, et
- un livre d’inventaire.
b) l’élaboration et la présentation d’un état de résultat simplifié et d’un bilan
simplifié.

35
Le résultat net est déterminé dans les mêmes conditions que celles des entreprises
soumises au régime réel.

2-C) Régime forfaitaire :

Sont soumises à l'impôt sur le revenu selon le régime forfaitaire d'imposition, les
entreprises individuelles qui réalisent des revenus de la catégorie des bénéfices industriels et
commerciaux dans le cadre d’un établissement unique, lorsqu'il s'agit d'entreprises :
- Non importatrices,
- Non rémunérées par des commissions, à l'exception des distributeurs agréés
des opérateurs de réseaux de télécommunications
- Ne fabricant pas de produits à base d'alcool,
- N'exerçant pas l'activité de commerce de gros,
- Ne possédant pas plus d'un véhicule de transport en commun de personnes ou
de transport de marchandises dont la charge utile ne dépasse pas 3 tonnes et demi,
- Dont les exploitants ne réalisent pas des revenus de la catégorie des bénéfices
des professions non commerciales,
- Non soumises à la taxe sur la valeur ajoutée selon le régime réel,
- N’ayant pas été soumises à l'impôt sur le revenu des personnes physiques selon
le régime réel suite à une vérification fiscale,
- Dont le chiffre d'affaires annuel n’excède pas 100 mille dinars
Ce régime est accordé pour une période de 4 ans à partir de la date de dépôt de la
déclaration d'existence. Il est renouvelable en cas de présentation des données justifiant
l'éligibilité au régime forfaitaire.
La période de 4 ans susmentionnée ne s’applique pas aux entreprises implantées en
dehors des zones communales conformément aux limites territoriales des communes en
vigueur avant le 1er janvier 2015. (Disposition ajoutée par l’article 42 de la loi n°2019-78
du 23 décembre 2019 portant loi de finances pour l’année 2020)

Dans le cas où l’entreprise exerce plus d’une activité, le chiffre d’affaires global de
toutes les activités ne doit pas dépasser 100 mille dinars sans que le chiffre d’affaires
provenant des activités de services ne dépasse 50 mille dinars.
 Tarif de l'impôt forfaitaire
Le code de l’IRPP et de l'IS a fixé le montant de l'impôt forfaitaire comme suit:
- 100 D par an pour les pour les personnes implantées en dehors des zones
communales et 200 D par an pour les personnes implantées dans les autres zones et ce,
lorsque leurs chiffres d'affaires est inférieur ou égal à 10 mille dinars.
- 3% pour le chiffre d'affaires supérieur à 10.000 D et inférieur à 100.000 D.
Cet impôt est majoré de 50% lorsque la déclaration est déposée après 30 jours de la date
limite de dépôt de déclaration.
Exemple : Pour une entreprise individuelle implantée dans une zone communale qui réalise un
chiffre d’affaires annuel de 80.000D, l’impôt forfaitaire est déterminé comme suit :

- Pour le chiffre d’affaires égal à 10 mille dinars: 200 dinars

- Pour le chiffre d’affaires entre 10 mille dinars et 100 mille dinars: 70.000D x 3% = 2.100 dinars

- L’impôt forfaitaire du est égal à: 200D +2.100D = 2.300 dinars

36
Cas particulier : Cession du fonds de commerce par les forfaitaires
Les personnes bénéficiaires du régime forfaitaire sont soumises à l’impôt selon le
barème de l'IRPP applicable pour toutes les personnes physiques, lorsqu'elles procèdent à la
cession du fonds de commerce objet de leur exploitation.
L’assiette imposable de l’année de la cession du fonds de commerce est égale à la
différence entre les recettes brutes réalisées au cours de l’année de la cession et les dépenses
engagées au cours de la même année majorée de la plus-value de cession du fonds de
commerce.
Les forfaitaires dans ce cas peuvent, pour la détermination de leur revenu global
imposable, se prévaloir de toutes les déductions communes autres que celles nécessitant la
tenue d’une comptabilité.

2-D) Option des forfaitaires pour le réel simplifié:


Les personnes physiques soumises au régime forfaitaire sus cité et qui:
- Optent pour le régime réel
- Ou qui ont été déclassées du régime forfaitaire par les services du contrôle,
peuvent, lorsque leur chiffre d'affaires ne dépasse pas 150.000 Dinar, déterminer leur
bénéfice net sur la baser d'une comptabilité simplifiée basée sur la tenue de deux registres
cotés et paraphés par les services fiscaux; il s'agit:
- D'un registre sur lequel sont portés au jour le jour les produits bruts et les
charges sur la base des pièces justificatives ;
- D'un livre d'inventaire sur lequel sont portés annuellement les actifs
immobilisés et les stocks.

Section II : LES BENEFICES NON COMEMRCIAUX

1) Définition
Sont classés dans cette catégorie les bénéfices des professions libérales, des titulaires
des charges et office ainsi que les bénéfices des occupations non commerciales à but lucratif.

Les professions libérales désignent :


 Les professions médicales et paramédicales qui relèvent de la médecine, de la
chirurgie, de l’infirmerie, de l’analyse médicale, etc…
 Les professions juridiques et économiques tels que les avocats, les experts
comptables et les commissaires aux comptes, etc…
 Les professions techniques qui relèvent de l’étude, de l’architecture, de l’urbanisme,
tels les cabinets d’études, les architectes, les géomètres, les urbanistes, etc…
 Les professions artistiques et littéraires tels que les peintres, les dessinateurs, les
écrivains, les compositeurs et interprètes, etc…
Les charges et offices désignent les notaires, les huissiers notaires, les commissaires-
priseurs etc…
Les occupations non commerciales à but lucratif désignent les professions non
commerciales tels que les guides de touristes, les interprètes, les enseignants privés, les
exploitants d’écoles privées, les exploitants d’auto-écoles, les agents généraux d’assurance,
chanteurs, musiciens, sportifs…
Les produits perçus en outre sur les droits d’auteurs ou par les inventeurs sont
considérés aussi comme bénéfices relevant de catégorie des bénéfices non commerciaux.

37
2) Détermination du bénéfice net

Le bénéfice net est déterminé selon deux méthodes :

2-a) Selon le régime réel


Dans les mêmes conditions que les personnes physiques réalisant des bénéfices
industriels et commerciaux soumis au régime réel.
N.B  : le régime réel est définitif et irrévocable pour les contribuables qui ont opté,
lors du dépôt de leurs déclarations annuelles d'IRPP, à ce régime.

2-b) selon le régime du forfait d’assiette :


L’option pour cette évaluation forfaitaire a lieu lors du dépôt de la déclaration de
l’impôt sur le revenu.
Les personnes qui réalisent des bénéfices dans la catégorie des bénéfices non
commerciaux peuvent choisir la détermination de leur bénéfice net sur la base de 80% des
recettes brutes annuelles encaissées. Les BNC qui choisissent le régime du forfait d’assiette
doivent tenir un registre coté et paraphé par le service de contrôle des impôts sur lequel sont
portées au jour le jour, les recettes et les dépenses.
BNC net = recettes brutes – 20% de ces recettes brutes
Le régime du forfait d’assiette ne connaît aucune possibilité de déficit ; ainsi, le choix
du forfait d’assiette aboutit à un seul type de résultat catégoriel : le bénéfice.
Le terme recettes brutes couvre tous les encaissements réalisés durant l’année
considérée indépendamment de l’année à laquelle ils se rapportent, TVA comprise, déduction
faite des :
- débours, il s’agit des remboursements par les clients des frais leur incombant et
avancés par le contribuable, c’est le cas par exemple des droits de douanes avancés par
le transitaire pour le compte de son client et remboursés par ce dernier…
-honoraires rétrocédés à des confrères exerçant une profession non commerciale

Les recettes brutes désignent les encaissements définitifs ou même à titre d’avances, en
espèces ou en nature, ainsi que, toute remise d’un chèque ou d’un effet de commerce, de
biens, de droits ou de valeurs en échange des services rendus.

Section III : LES REVENUS FONCIERS


1) Définition
Cette catégorie couvre, lorsque les biens générateurs du revenu ne sont pas inscrits à
l’actif d’un bilan :
- Les revenus des propriétés bâties (loyers) à usage d’habitation ou à usage
professionnel ainsi que leurs produits accessoires s’y rattachant (droit d’affichage
par exemple)
- Les revenus des propriétés non bâties (loyers) de toute nature y compris les terrains
occupés par les carrières, tourbières et sablières, ainsi que leurs produits
accessoires s’y rattachant
- Les plus-values de cession de propriété, de l’usufruit, de nue-propriété et de
servitudes des :
 Droits sociaux dans les sociétés immobilières,
 Immeubles bâtis ou parties d’immeubles bâtis,

38
 Terrains, à l’exclusion des terrains agricoles situés dans les zones agricoles
cédés au profit de personnes autres que les promoteurs immobiliers et au profit
de personnes qui s’engagent dans le contrat de cession de ne pas réserver le
terrain objet de la cession à la construction avant l’expiration d’une période de 4
ans à partir de la date de cession. L’acquéreur est tenu de payer l’impôt dû à ce
titre en cas de non-respect de l'engagement susmentionné.

2) Détermination du revenu net


2-a) Pour les loyers
Le revenu net de la catégorie peut être déterminé selon deux méthodes :
a) Selon le régime réel
Dans les mêmes conditions prévues pour les BIC au régime réel. Le choix, pour ce
régime, est libre, facultatif, sans aucune condition et se fait année par année.

b) Selon le régime du forfait d'assiette:


b-1) Loyers des propriétés bâties
Revenu net = (Recettes brutes*(1-20%)) - Dépenses justifiées
 Les recettes brutes désignent les encaissements par le propriétaire ou l’usufruitier au
cours de l’année précédant celle de l’imposition à titre d’avances, d’arriérés, de
recettes exceptionnelles (pas-de-porte, droit d’entrée, indemnités de résiliation du
contrat, etc…), de revenus accessoires (droit d’affichage, etc…), d’avantages en
nature prévus par le bail (les aménagements et les constructions réalisés par le
locataire et dont la propriété doit revenir au propriétaire à la fin du contrat sans
contrepartie, etc…) et ce, quelle que soit l’année à laquelle elles se rapportent.
Les recettes brutes doivent être corrigées en ajoutant les dépenses incombant
normalement au propriétaire et mises à la charge du locataire et en diminuant les
dépenses incombant normalement au locataire et mises à la charge du
propriétaire.
 La déduction forfaitaire de 20% des recettes brutes s’effectue au titre des frais
engagés pour la réalisation du revenu, tels que les charges de gestion de l’immeuble, la
rémunération du concierge, les primes d’assurance, l’amortissement de l’immeuble,
etc...
 Les dépenses justifiées concernent la taxe sur les propriétés bâties effectivement
acquittée et les frais de réparation, de ravalement, d’entretien, etc…dûment justifiées.

Par conséquent, sont exclues les dépenses en capital amortissables (tels que les dépenses
de démolition ou d’installation de nouveaux équipements (ascenseurs, gaz naturel, réseaux,
etc…) qui ont pour but d’augmenter notablement la valeur de l’immeuble, et par conséquent
les avantages économiques futurs, et dont la charge est couverte par le forfait de déduction de
20%

b-2) Loyers des propriétés non bâties

Revenu net = Revenu brut – (Dépenses effectivement réalisées, justifiées et


nécessaires à la réalisation du revenu + la taxe sur les
propriétés non bâties effectivement acquittée)

2-b) pour la plus-value immobilière


39
a) détermination de la plus-value imposable

Plus-value = Prix de cession – [(prix de revient + impenses) x (1 + 10% par année de


détention)]

 Le prix de cession pris en considération est le prix déclaré dans l’acte, la valeur
vénale (en cas de vérification fiscale), ou le prix arrêté par l’expert du domaine de
l’Etat pour les ventes des terres domaniales ayant perdu leur vocation agricole. En cas
d’échange, de donation ou d’apport en société, la valeur à prendre en considération est
celle stipulée dans l’acte ou à défaut la valeur réelle.
 Le prix de revient désigne aussi le prix d’acquisition ou de construction supporté y
compris les frais accessoires (honoraires payés à l’avocat, à l’architecte, au
topographe et les commissions versées aux courtiers ainsi que les droits
d’enregistrement et les intérêts bancaires). Lorsqu’il s’agit de biens hérités, ou
reçus en donation ou en échange, le prix de revient désigne la valeur déclarée dans
l’acte.
 Les impenses désignent les dépenses justifiées faites pour l’entretien de l’immeuble
tel que les dépenses d’aménagement, d’extension, des grosses réparations, ainsi que
les frais qui peuvent augmenter notoirement la valeur du bien, à l’exclusion des frais
pour dépenses ordinaires.
 La déduction forfaitaire de 10% par année de détention constitue une actualisation
du coût de revient de l’immeuble qui commence à courir à partir de la date du contrat
d’acquisition ou de la date d’entrée en possession effective du bien et à partir de la
date d’achèvement des travaux, pour les impenses et jusqu’à la date de cession
N.B  :
Lorsqu’il s’agit d’une cession d’immeuble par lots à intervalles de temps séparés la plus-value est égale à :
Plus-value = Prix de cession - (Prix de revient actualisé x superficie de l’immeuble cédé / superficie globale
de l’immeuble)
b) Les opérations non imposables au titre de la plus-value immobilière :
L'impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière ne s'applique pas aux
plus-values de cessions réalisées sur les biens susvisés lorsqu'il s’agit d’une :
1- cession pour cause d'utilité publique
2- cession au profit du conjoint ou aux parents en ligne directe (ascendants et
descendants)
3- de la première cession d’un seul local à usage d'habitation dans la limite d’une
superficie globale ne dépassant pas 1000 m2 y compris les dépendances bâties et non bâties.
4- cession de terrains au bénéficiaire du droit de "priorité" d'achat à l'intérieur des
périmètres de réserves foncières créées conformément aux dispositions de du code de
l'aménagement du territoire.
5- cession des terrains agricoles lorsque :
 Les acquéreurs sont des personnes autres que des promoteurs
immobiliers
Et
 Les acquéreurs s'engagent dans le contrat de cession de ne pas réserver le
terrain objet de la cession à la construction avant l'expiration d'une
période de 4 ans à partir de la date d'acquisition.

40
Cas particulier des terres d'origine domaniale autres que celles acquises
par voie d’échange ayant perdu leur vocation agricole

La détermination de la plus-value provenant des terres domaniales à vocation agricole


qui ont perdu cette vocation est soumise à un régime particulier du fait que leur cession
définitive est soumise à la condition de l’obtention de la main levée.
Ce régime a pour objet de permettre aux attributaires de terres domaniales à vocation
agricole (conformément aux dispositions de la loi n° 70-25 du 19 mai 1970) ayant perdu cette
vocation suite à l’extension des périmètres communaux dans le cadre des textes
réglementaires relatifs aux plans d’aménagement urbains, et qui n’ont pas fait l’objet d’une
décision de déchéance ou de reprise par l’État, de finaliser les transactions de cession relatives
à ces terres.

A ce niveau, il y a lieu de signaler que la reprise des terres attribuées dans le cadre de la
loi de 1970 peut être exercée dans deux hypothèses :

* Les terres domaniales sont encore dans la période de contrôle prévue par les
contrats de cession de ces terres et fixée, suivant la date de cession et selon la législation
y relative, à 5, 10 ou 20 ans selon la date du contrat de cession.
* Les terres domaniales ont perdu leur vocation agricole par suite de l’extension
des zones municipales ou la création de zones urbaines au profit des agences foncières
industrielles, touristiques ou de l’habitat et pour lesquelles l’État conserve la
possibilité d’exercer son droit de reprise dans le cadre des dispositions de l’article 12
bis du décret n° 80-1160 du 15 septembre 1980 et ce dans un délai de 20 ans à partir de
la date du contrat d’attribution de ces terres.

Dans le cas où la terre domaniale satisfait aux conditions de cession, les attributaires
peuvent procéder à la déclaration de la plus-value dégagée, compte tenu de la valeur fixée par
l’expert du domaine dans un premier temps et obtenir ainsi la main levée nécessaire à la
finalisation des conditions de cession et dans un deuxième temps sur la base du prix réel de
cession lors de la réalisation effective de la cession.

La déclaration initiale de la plus-value et le paiement de l’impôt dû doivent avoir lieu


dans le mois qui suit la notification de la valeur de ces terres fixée par l’expert du domaine de
l’État.
L’impôt sur la plus-value ainsi payé sur la base de l'évaluation initiale de l'expert,
constitue une avance déductible de l’impôt dû lors de la cession effective de tout ou partie du
terrain. Cette avance constitue un minimum d’impôt dû au titre de la plus-value réalisée lors
de la cession.

La réalisation effective de la transaction donne lieu à la réalisation d’une plus-value


de cession qui doit faire l’objet d’une déclaration à déposer au plus tard à la fin du
troisième mois qui suit celui de la réalisation effective de la plus-value de cession et de
payer, le cas échéant, le reliquat de l’impôt dû au titre de la plus-value déterminée sur la
base de la valeur de cession déclarée ou révisée.

SECTION IV – TRAITEMENTS, SALAIRES, PENSIONS ET RENTES VIAGÈRES


1 - Définition

41
- Traitements et salaires : Les traitements sont les rémunérations payées par l’Etat ou
les collectivités publiques locales aux fonctionnaires nommés par un acte administratif. Les
salaires sont les rémunérations payées par un employeur à ses employés en application d’un
contrat de travail.
Le §1 de l'article 42 de la loi n°2010- 58 du 17 décembre 2010 portant loi de finances
pour l’année 2011, en complétant les dispositions de l’article 25 du code de l’impôt sur le
revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés, a prévu le classement des
rémunérations, des primes et des autres avantages accordés aux gérants des sociétés à
responsabilité limitée parmi les traitements et salaires. Ainsi, ces rémunérations sont
désormais soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements, salaires, pensions
et rentes viagères.
Les traitements, salaires, émoluments, indemnités et autres avantages s’y rattachant y
compris les avantages en nature peuvent prendre les formes les plus diverses et recevoir les
appellations les plus variées, ils peuvent prendre la forme d’appointements, d’indemnités de
toute nature, de primes de toute nature, d’heures supplémentaires, de gratifications de toute
nature, de pourboires des garçons de café ou de restaurant, d’avantages en nature.
– Les pensions : Les pensions sont des allocations périodiques qui ne représentent pas
la rémunération de services actuels mais de services passés.
Les pensions peuvent être servies en raison d’une décision de justice, c’est le cas, à titre
d’exemple, des obligations alimentaires entre époux ou entre parents en ligne directe.
- Les rentes viagères : Les rentes viagères sont des versements périodiques effectués au
profit du bénéficiaire, jusqu’à son décès et ce, en exécution d’un engagement contractuel ou
d’une décision judiciaire.
2 - Le revenu brut
Le revenu brut est constitué par les traitements, salaires, émoluments, indemnités et
autres avantages s’y rattachant y compris les avantages en nature. Il est à noter que si le
législateur a défini les règles d’évaluation des avantages en nature, il est resté muet quant à la
définition des éléments de la base brute.

Evaluation des avantages en nature


En application des dispositions du §III de l’article 26 du code de l’IRPP et de l’IS les
avantages en nature sont évalués d’après leur valeur réelle. Toutefois les personnes qui
bénéficient de droit d’une indemnité de logement et qui occupent un logement, propriété de
l’employeur sans bénéfice de l’indemnité, sont soumises à l’impôt sur la base du montant de
l’indemnité qui devait leur être servie.
Le même procédé est retenu en cas d’utilisation d’une voiture de service pour des
besoins personnels.
Ces dispositions énoncent un principe et des exceptions.
– Le Principe : Pour la détermination du revenu imposable dans la catégorie
traitements et salaires, les avantages en nature dont bénéficient un fonctionnaire ou un salarié
doivent être évalués pour leur valeur réelle.
Cette règle s'applique à tous les avantages qu'ils portent sur des biens ou des services.
C’est le cas, notamment des repas, du voyage attribué gratuitement aux salariés, des
consommations gratuites d'électricité, de gaz ou d'eau, des bons d’essence.
Les consommations gratuites d'électricité, de gaz ou d'eau seront prises en compte pour
leur montant réel tel qu'il ressort des relevés de consommation.
Pour les bons d’essence, la valeur à prendre en considération est la valeur réelle des
bons servis d'une manière définitive et dont l'utilisation est cernée.

42
Il est à noter que dans le cas où les bons d’essence sont servis sans contingentement, il y
a lieu de les soumettre sur la base de la valeur du quota servi au personnel de l'Etat occupant
une fonction similaire.
– Les exceptions : Les exceptions concernent l'avantage en nature attribué sous forme
de logement et sous forme de voitures de fonction utilisées par les salariés à des fins
personnelles.
Le logement appartenant à l’employeur occupé par une personne bénéficiant
statutairement d’une indemnité de logement sans que celle-ci lui soit servie doit être évalué au
montant de l’indemnité que l’intéressé devrait percevoir s’il n’occupe pas le logement. Il en
est de même de la voiture automobile appartenant à l’entreprise et utilisée par le salarié
bénéficiant statutairement d’une indemnité de transport à des fins personnelles, elle est
évaluée au montant de l’indemnité que l’intéressé devrait percevoir s’il ne dispose pas de la
voiture.
Il est à noter que dans le cas où l’une des deux conditions énoncées n’est pas remplie, en
l’occurrence, le logement ou la voiture ne sont pas la propriété de l’employeur mais sont pris
en location ou encore le salarié ne bénéficie pas statutairement d’une indemnité de logement
ou de transport, le logement ou la voiture sont évalués pour leur valeur réelle.
Pour le personnel du secteur privé et en l'absence d'indemnité servant de référence pour
l'évaluation des avantages, l'équivalent en indemnité imposable au titre des voitures de
fonction ou de service est déterminé par référence à l'indemnité servie à leurs homologues
dans la fonction publique. L'assimilation par rapport au personnel de l'Etat doit être faite sur la
base du tableau de concordance.
Exemple : Un directeur technique occupe un logement propriété de son employeur,
celui-ci peut prétendre statutairement à une indemnité de logement de 150,000D par mois au
cas où il n'aurait pas disposé d'un logement.

La valeur de cet avantage à retenir pour ce salarié est constituée par le montant de
l'indemnité de logement de 150D par mois et ce quelle que soit la valeur locative réelle du
logement qu'il occupe.

Il est à préciser à ce niveau que certains avantages en nature ne sont pas imposables
lorsqu'ils sont octroyés par nécessité de service. Il s’agit :
a- Du logement mis à la disposition de l'employé par l'employeur suite à une obligation
de présence sur les lieux du travail. C’est le cas des logements mis à la disposition des
chefs de stations de transmission des P.T.T, des receveurs des finances ,……
a- Des uniformes de travail
b- De tous autres avantages prélevés sur le fonds social, les bénéfices et les réserves
ayant déjà supporté l'impôt c’est le cas des tickets de restaurants ;
c- Des remboursements de frais 
3- le revenu net
a) En ce qui concerne les traitements et les salaires :
Le revenu net imposable de cette catégorie est déterminé comme suit :
+ Montant brut des éléments du revenu y compris les avantages en nature
- Montant des retenues obligatoires effectuées par l’employeur en vue de la
couverture des régimes obligatoires de sécurité sociale ou de la constitution de
rentes, de pensions de retraite.
- Les frais professionnels fixés forfaitairement à 10% du reliquat net des retenues
sociales obligatoires avec un maximum de 2.000 D par an
N.B  :

43
-Les cotisations complémentaires supportées par l’employé sont déductibles lorsqu’elles concourent à
la formation de pensions imposables ultérieurement.
- Il est à noter que les versements volontaires effectués par le contribuable ne sont pas admis en
déduction.
Ainsi dans le cas particulier des cotisations au régime de l'assurance-groupe, la doctrine
administrative considère que selon les dispositions de l'article 26 du code de l'impôt sur le revenu des
personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés, seules les retenues à caractère obligatoire sont
admises en déduction. L'adhésion au régime de l'assurance - groupe étant facultative, c'est à dire qui
dépend de la seule volonté de l'assuré, les retenues ou à ce titre ne sont pas déductibles de l'assiette
imposable et supportent la retenue à la source. Toutefois, dans le cas où l’adhésion au régime de
l'assurance - groupe est obligatoire en vertu d’une convention collective ou privée cette position
devrait être écartée.

b) En ce qui concerne les pensions et rentes viagères


Le revenu net des pensions et des rentes viagères est obtenu par application à leur
montant brut un abattement de 25%. (sans maximum)
Le taux de 25% est relevé à 80% pour les pensions et les rentes viagères de source
étrangère à condition de les transférer à un compte bancaire ou postal en Tunisie et de joindre
à la déclaration annuelle de l’impôt les justificatifs de leur transfert.

c) Revenus exonérés
Sont exonérées d’impôt :
1- Les rentes viagères reçues en exécution des contrats d’assurance-vie
2- Les rentes viagères et allocations temporaires servies aux victimes d’accident de
travail ou aux ayants droit.
3- Les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu d’un
jugement pour la réparation d’un préjudice corporel. C’est le cas par exemple d’une rente
servie suite à un accident automobile.
4- Les allocations, indemnités et prestations servies sous quelle que forme que ce soit
en application de la législation relative à l’assistance, à l’assurance et à la sécurité sociale.
5- La gratification de fin de service :
L'exonération porte sur l’indemnité de licenciement servie conformément au code du
travail soit dans la limite de trois mois de salaire.
Toutefois dans le cas où les conventions collectives ou particulières, ou dans le cas où la
commission de contrôle de licenciement ou l’inspection de travail fixent une indemnité de
licenciement à un montant excédant trois mois de salaires, tout le montant ainsi fixé sera
exonéré de l’impôt.
6- Les rémunérations servies par les Etats étrangers au profit du personnel détaché
auprès du gouvernement tunisien dans le cadre de la coopération technique.
7- L'indemnité d'expatriation, des émoluments et autres avantages payés en contre partie
des services effectivement effectués à l’étranger et portant sur des études techniques,
économiques, sociales ou environnementales ; d'assistance technique, ou sur des travaux de
construction, de montage, de surveillance ou de maintenance s’y rattachant à condition que
l’employeur soit domicilié ou établi en Tunisie.
8- les primes accordées par l’employeur en plus de l’indemnité versée par l’Etat au
titulaire des contrats CIVP (contrat d’insertion à la vie professionnelles).
9- La cotisation des employeurs aux contrats collectifs d’assurance vie répondant aux
conditions prévues à l’article 39 du code de l’IR et de l’IS.
10- La valeur de l’avantage octroyé par les entreprises bénéficiaires des avantages du
développement régional aux ouvriers pour se déplacer du et au lieu du travail.

Section V : LES REVENUS DES VALEURS MOBILIÈRES (RVM)

44
ET LES REVENUS DE CAPITAUX MOBILIERS (RCM)

A/ Les revenus des valeurs mobilières

1) Définition : Cette catégorie englobe tous les produits des titres de capital (actions,
parts sociales, etc…) à savoir tous les bénéfices distribués par les personnes morales passibles
de l’impôt sur les sociétés et ce, que les distributions soient officielles ou occultes ainsi que
les plus-values de cession des titres considérés.

a) Les bénéfices distribués :


Sont considérés comme bénéfices distribués :
➔ Les distributions proprement dites :
- Tous les bénéfices ou produits qui ne sont ni mis en réserves ni incorporés au capital
parce qu’ils constituent des cas de désinvestissement et de sorties de fonds
- Les sommes mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et
non prélevées sur le bénéfice
- Les bénéfices distribués par les organismes de placement collectif en valeurs
mobilières, même s’ils sont exonérés ou hors champ d’application de l’impôt sur les sociétés
(les SICAV, les fonds communs de placement en valeurs mobilières, y compris les fonds
d’amorçage et les fonds communs de placement à risque.

➔ Les distributions par assimilation : Sont considérés comme bénéfices


distribués par assimilation :
- Tous les montants mis à la disposition des associés directement ou indirectement à
titre d’avances, d’acomptes ou de prêts. Par contre, il n’y a pas distribution si les montants
sont versés en vertu d’un contrat régulièrement établi ou que le remboursement de ces
montants intervient avant le 31 décembre de l’année au cours de laquelle les mises à
disposition ont eu lieu.
- les rémunérations avantages et bénéfices occultes : versées à des personnes non identifiées,
ou qui n’apparaissent pas au niveau de la comptabilité, les rémunérations exagérées non déductibles.
exemples : les intérêts excédentaires des comptes courants associés (> à 8%), les travaux immobiliers
effectués dans un immeuble appartenant à un associé et dans lequel il habite personnellement, la
cession d’un bien à la société par un associé pour un prix excessif, l’absence de stipulation d’intérêts
pour un prêt octroyé par la société au profit d’un associé;

- Les rémunérations et les primes attribuées aux membres des conseils , des directoires
et des comités des sociétés anonymes et des sociétés en commandite par action en leur
dite qualité.
- Les bénéfices réalisés par les établissements tunisiens des sociétés étrangères (parce
qu’ils sont présumés être distribués aux associés non domiciliés en Tunisie)

➔ Les bénéfices et réserves cumulés incorporés au capital depuis moins de 5 ans par
une entreprise dans la mesure où cette dernière cesse d’être soumise à l’IS. Ces bénéfices et
réserves sont réputés distribués aux associés en proportion de leurs droits.

BÉNÉFICES NON CONSIDÉRÉS COMME DISTRIBUÉS


Ne sont pas considérées comme distribués :
- l’amortissement du capital réalisé au moyen de fonds propres provenant de la cession
d’éléments d’actif ( non prélevé sur les bénéfices ou réserves);

45
- le remboursement des apports en cas de réduction de capital;
- la distribution de la prime d’émission à ceux qui en ont fait apport;
- le remboursement en cas de liquidation de société :

 Des apports au capital,


 Ou le remboursement des sommes précédemment distraites du capital social et ayant
payé l’impôt
 Ou des réserves capitalisées depuis plus de cinq ans.

b) La plus-value de cession des titres :


Sont considérés comme revenus de valeurs mobilières, les plus-values de cession des
actions et de parts sociales des SARL ou de leur rétrocession.

2) Détermination du revenu net


Pour les distributions : Le revenu net de la catégorie est constitué par le montant brut
des revenus distribués l’année précédant celle de l’imposition.
Pour la plus-value de cession des titres de capital : elle est constituée par la différence
entre le prix de cession et la valeur d’acquisition par contre en cas de cession de titres hérités
ou ayant fait l’objet de donation la plus-value est constituée par le prix de cession.
Il est à noter qu’en cas de cession de plusieurs titres dégageant à la fois des plus-values
et des moins-values, la plus-value imposable est déterminée après déduction de toutes les
moins-values.

N.B  :
La plus-value de cession des titres est imposable à l’IR au taux de 10% de leur montant (après
abattement de 10.000 D), et non suivant le barème de l’IRPP.

Régime fiscal des dividendes:


- Jusqu'au 31/12/2014:
Les dividendes distribués par les personnes morales soumises à l'IS au profit des personnes
physiques et prélevés sur les bénéfices des années antérieures à 2014 sont exonérées de
l'impôt sur le revenu.
- A partir du 01 janvier 2015:
Les dividendes distribués par les personnes morales soumises à l'IS au profit des
personnes physiques et prélevés sur les bénéfices de l'année 2014 et les années suivantes sont
soumises à une retenue à la source libératoire au taux de 10%, (5 % jusqu’à 2017).
Au cas ou le montant des dividendes distribués est inférieur à 10.000 D par an, la
retenue de 10% effectuée par la société distributrices est soit déductible de l'IRPP annuel
exigible, soit restituable.
En conséquence de ce qui précède:
 Les dividendes distribués aux personnes morales sont non soumis à la retenue à
la source
 Les dividendes distribués et prélevés sur les réserves inscrites au bilan au
31/12/2013 (càd provenant des bénéfices cumulés des années antérieures à
2013) restent exonérés, sous la condition qu’ils soient mentionnés dans les notes
aux états financiers parmi les capitaux propres au 31/12/2013 ;

B/ Revenus des capitaux mobiliers :

46
1) Définition :
Sont considérés comme revenus de capitaux mobiliers
1 - les intérêts, les arrérages, les lots et primes de remboursement et autres produits des
obligations, effets publics et autres titres d’emprunt négociables émis par l’Etat, les
collectivités publiques locales, les établissements publics les associations de toute nature et les
sociétés civiles et commerciales,
2 - les intérêts des créances,
3 - les intérêts et les revenus des dépôts des sommes d’argent,
4 - les intérêts et les rémunérations des cautionnements,
5 – les produits des comptes courants,
6 – les revenus des parts et le boni de liquidation du fonds commun de créances prévu
par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2003 portant promulgation du code des organismes de
placement collectif,
7 – le bénéfice net des sukuks islamiques (La loi n°2013-30 du 30 juillet 2013) et leurs
revenus ainsi que les produits de liquidation du fonds commun des sukuk prévu par la
législation les régissant.
Les sukuk sont des titres négociables qui représentent des parts communes à valeur
égale dans la propriété de biens, d’usufruit, de services, de droits, existants ou qui seront créés
ou un mélange de biens, d’usufruit, de services, de monnaies et créances du produit de la
souscription. Ils sont émis dans le cadre d’un contrat conformément aux normes charaïques et
sur la base du principe de partage de profits et de pertes. (Article premier)
2) Détermination du revenu net
Le revenu net est constitué par le montant brut des intérêts et autres produits et
avantages que le créancier perçoit au cours de l’année précédant celle de l'imposition.
Brut = Net
3) Les revenus de capitaux mobiliers exonérés

Les revenus de capitaux mobiliers exonérés de l’impôt sur le revenu sont constitués des :
- Intérêts des comptes spéciaux d’épargne ouverts auprès des banques ou de la
CENT ou les intérêts des emprunts obligataires publics et privés, dans la limite de
5.000 dinars par an et sans que les intérêts provenant des comptes spéciaux
d’épargne ne dépasse la limite de 3.000 dinars par an et par contribuable
- Intérêts produits par les comptes d’épargne pour investissement dans la limite de
4.000 dinars par an.
- Intérêts des dépôts et de titres en devises ou en dinars convertibles
- Intérêts des comptes d’épargne logement (comptes épargne BH) établi
conformément à un modèle agrée par le ministère des finances.
- Intérêts des comptes courants ouverts entre industriels, commerçants et exploitants
agricoles se rattachant exclusivement à la profession
- Intérêts produits par dépôts dans les comptes d’épargne-études, ouverts par les
parents au profit de leurs enfants, l’exonération est accordée dans la limite
d’une épargne de 5000 dinars par enfant et par an.

47
SECTION VI - BÉNÉFICES DES EXPLOITATIONS AGRICOLES OU DE PÊCHE

1) Définition :
Les bénéfices des exploitations agricoles ou de pêche désignent :
 Les bénéfices de l’exploitation des biens ruraux réalisés directement par les
propriétaires ou les métayers. L’exploitation directe des biens ruraux peut s’effectuer
en faisant recours à du personnel salarié, ou dans le cadre de fermage (seul le revenu
du fermier est considéré comme revenu agricole tandis que le revenu du propriétaire
est un revenu foncier), ou de métayage (le propriétaire et le métayer sont considérés
tous les deux agriculteurs et par conséquent leurs revenus relèvent de la catégorie
des revenus agricoles).
N.B  :
-Le fermage est une opération par laquelle le propriétaire concède à un fermier le
droit d’exploitation d’un bien rural en contre partie dune rémunération en espèce ou
en nature.
-Le métayage est opération par laquelle le propriétaire met à la disposition d’une
tierce personne le bien rural en vue d’en partager la production dans des conditions
fixées à l’avance.

 Les bénéfices agricoles désignés ci-dessus sont ceux provenant de :


- La culture de toute nature tels que : céréaliculture, (culture des céréales),
oléiculture, (culture des oliviers) ; agrumiculture, (culture des agrumes) ; viticulture, (culture
de la vigne) ; arboriculture, (exploitation des arbres fruitiers)
- l’élevage des animaux tels que : aviculture, (élevage des volailles) ; apiculture,
(élevage des abeilles) ; l’élevage des ovins et bovins, etc.…).

 Les bénéfices provenant de la pêche sont ceux provenant de :


- La pisciculture (élevage des poissons)
- L’ostréiculture (élevage des huitres)
- La mytiliculture (élevage des moules)
- La conchyliculture (élevage des coquillages)
N.B  :
Il a été retenu que les marins pêcheurs travaillant sur des embarcations ne leur appartenant pas sont
considérés comme salariés même s’ils sont rémunérés à la part.

N.B  :
-Il a été retenu que la mécanisation poussée avec l’utilisation des moyens humains et matériels, lors de
la transformation des produits agricoles, est considérée comme relevant de la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux et non des bénéfices agricoles.
-Il a été retenu que la vente en l’état de produits agricoles dans des circuits habituels (marchés de gros,
transformateurs, etc..) est considérée comme opération relevant de la catégorie des bénéfices
agricoles. Par contre, la vente dans le cadre d’installation commerciale permanente des mêmes
produits est considérée comme relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et
non des bénéfices agricoles.

2) Détermination du revenu net

Le revenu net de la catégorie est déterminé selon trois méthodes :

2-a) Selon le régime réel sur la base d’une comptabilité (articles 10 à 20)
Dans les mêmes conditions que les bénéfices industriels et commerciaux soumis au
régime réel.

48
2-b) Selon le régime des recettes-dépenses
Le résultat net est égal dans ce cas à la différence entre les recettes réalisées au cours de
l’année précédant celle de l’imposition et les dépenses engagées pour la réalisation de ces
dépenses en tenant compte du jeu des stocks.
Les recettes réalisées au cours d’une année désignent les encaissements à titre définitif,
ou même les avances et les arriérés se rapportant à n’importe quelle année.
Par contre, les dépenses engagées désignent toutes les dépenses payées et nécessitées
par l’exploitation quelle que soit l’année de leur engagement, tels que les frais de personnel,
de labour, de semences, d’engrais, etc…Elles sont exclues en conséquence, les dépenses en
capital tels que l’achat des équipements.
Le jeu des stocks, qui doivent être évalués au prix de revient, vient corriger le résultat
net imposable parce que le stock initial est le fruit d’un ensemble de dépenses engagées
l’année précédente et le stock final fait partie de la production de l’année engendrée par les
dépenses de la même année.
N.B  :
Selon la doctrine administrative, ce mode de détermination du revenu net agricole n’implique pas la tenue
d’une comptabilité, mais tout simplement l’existence des pièces justifiant les recettes et les dépenses
d’exploitation.
2-c) Selon une monographie: barème qui fixe le revenu net par élément
d'exploitation
Pour certaines cultures exposées aux risques climatiques (olives, agrumes, céréales,
vignes), le revenu net est déterminé sur la base d’une monographie annuelle établie par une
commission technique composée de membres de l’administration fiscale et des experts du
domaine par nature de spéculation et par région et publiée par l’Administration fiscale sous
forme de notes communes.
Le revenu net est déterminé par unité de production : par hectare d’exploitation, ou par
pied d’olivier pour l’oléiculture par exemple.

SECTION VII - AUTRES REVENUS :


Cette catégorie comprend :

- Les revenus de source étrangère n'ayant pas été soumis à l'impôt dans le pays de la
d'origine. Ces revenus sont considérés "autres revenus quel que soit sa catégorie
dans le pays de la source (BIC, RF, RCM….)
- Les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie;
- L’enrichissement injustifié des personnes autres que celle réalisant des revenus
dans les catégories BIC, BNC ou des bénéfices de l'exploitation agricole ou de
pêche. Dans ces trois derniers cas, l'enrichissement injustifié est considéré comme
étant un revenu non déclaré provenant de l'activité.

- DÉTERMINATION DU REVENU NET


Pour les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie et les revenus de source
étrangère, le revenu net est constitué par les sommes effectivement perçues de l’étranger et
par le montant brut provenant des jeux de pari, de hasard et de loterie.
Concernant l’enrichissement injustifié, le revenu net est déterminé selon les dépenses
personnelles ostensibles et notoires et selon l’accroissement du patrimoine.

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Une exception est prévue à cet égard, elle concerne les traitements salaires pensions et
rentes viagères de source étrangère, ceux-ci sont déterminés conformément aux dispositions
de l’article 26 du code de l’IRPP et de l’IS (voir chapitre : traitements & salaires).
.
SECTION II - LES REVENUS EXONÉRÉS

Les revenus exonérés sont expressément énumérés par l’article 38 du code de l’IRPP et de l’IS.

- Les rentes viagères et allocations temporaires servies aux victimes d’accidents du travail
- Les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu d’un
jugement pour la réparation d’un préjudice corporel.
- Les traitements, salaires et indemnités servis par les Etats étrangers au profit du personnel
détaché auprès du gouvernement Tunisien dans le cadre de la coopération technique.
- Les allocations, indemnités et prestations servies, sous quelle que forme que ce soit en
application de la législation relative à l’assistance, à l’assurance et à la sécurité sociale : c’est le cas
notamment des allocations familiales, du salaire unique, des pensions temporaires d’orphelins, des
allocations versées aux infirmes.
– La gratification de fin de service d ans les limites fixées dans le cadre de la législation régissant le
travail (3 mois) ou dans les limites des montants fixés dans le cadre des opérations de licenciement
de salariés pour des raisons économiques et approuvées par la commission de contrôle des
licenciements ou par l’inspection travail ou fixées dans le cadre des décisions de la commission
d’assainissement et de restructuration des entreprises à participations publiques.
- Les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi
supportés par les salariés dans le cadre de l’exercice de leur activité dans la mesure où elles
sont justifiées. (frais de mission, transport, restauration….)
- Les intérêts de l’épargne logement servis aux titulaires de contrats d’épargne logement
- Les intérêts des dépôts et des titres en devises ou en dinars convertibles
- Les intérêts des comptes courants ouverts entre industriels, commerçants ou exploitants
agricoles à la condition que les opérations inscrites au compte courant se rattachent
exclusivement à la profession
- l’indemnité d’expatriation, émoluments, indemnités et autres avantages perçus par les
salaries au titre de leur activité a l’étranger a condition que l’employeur soit domicilié ou
établi en Tunisie et que l’activité se rapporte aux études techniques ou économiques ou
sociales ou environnementales ou à l’assistance sociale ou encore aux travaux de
constructions de montage ou opérations de maintenance ou activités de surveillance s’y
rattachant
- Les intérêts des comptes d’épargne pour les études, ouverts auprès des banques par les
parents au profit de leurs enfants
– les cotisations payées par les employeurs dans le cadre des contrats collectifs d’assurance
vie.

50
- Les intérêts des comptes « épargne pour l’investissement » et ce, dans la limite de 2.000 dinars
par an.

- Les rentes viagères servies dans le cadre des contrats d’assurance-vie

– La plus- value de cession d’actions

 Les actions cotées à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis souscrites ou acquises
avant le 1er janvier 2011 ou les actions dans le cadre d’une opération d’introduction à la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis;
 Les actions cotées à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis souscrites ou acquises
à partir du 1er janvier 2011 lorsque leur cession ou rétrocession a lieu après l’expiration de
l’année suivant celle de leur souscription ou de leur acquisition;
 Les actions des sociétés d’investissement à capital variable et les parts des fonds commun de
placement en valeurs mobilières prévus par l’article 10 du code des organismes de
placement collectifs promulgué par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2001;
 Les parts des fonds d’amorçage prévus par la loi n°2005-58 du 18 juillet 2005 et les parts des
fonds communs de placement à risque prévus par l’article 22 ter du code des organismes de
placement collectifs promulgué par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2001 qui emploient leurs
actifs dans la souscription aux parts de fonds d’amorçage susvisés conformément à la
législation les régissant;
 les actions et les parts sociales cédées ou rétrocédées pour le compte des tiers personnes
physiques, par les sociétés d’investissement à capital risque souscrites ou acquises dans le
cadre du paragraphe I de l’article 39 septies du présent code ainsi que les parts des fonds
communs de placement à risque souscrites dans le cadre du paragraphe II du même article
lorsque la cession ou la rétrocession a lieu après l’expiration de la cinquième année suivant
celle de la souscription aux actions, aux parts sociales ou aux parts ou de leur acquisition, et
ce, dans la limite de 50% de la plus value réalisée;
 les actions et les parts sociales cédées ou rétrocédées pour le compte des tiers personnes
physiques, par les sociétés d’investissement à capital risque souscrites ou acquises dans le
cadre du paragraphe III de l’article 39 septies du présent code et les parts des fonds
communs de placement à risque souscrites dans le cadre du paragraphe IV du même article;
 les actions, les parts sociales objet d’apport au capital de la société mère ou de la société
holding sous réserve de l’engagement de la société mère ou de la société holding
d’introduire ses actions à la bourse des valeurs mobilières de Tunis dans un délai ne
dépassant pas la fin de l’année suivant celle de l’exonération. Ce délai est prorogé d’une
seule année par arrêté du Ministre des Finances sur la base d’un rapport motivé du conseil
du marché financier.
– La plus- value de cession d’actions ou de parts sociales, dans la limite de 10.000 dinars par an.

- Les revenus provenant de la location de terres agricoles réservées aux grandes cultures objet de
contrats de locations conclus pour une période au moins égale à trois années.

– Les primes accordées dans le cadre des interventions du fonds national de l’emploi et les
primes accordées par les entreprises dans le même cadre
- Les revenus provenant exclusivement des salaires ne dépassant pas après abattements
5.000D.
- La valeur de l’avantage octroyé aux ouvriers en contrepartie des services de transport du et
au lieu du travail par les entreprises implantées dans les zones de développement régional
qui exercent des activités non exclues du bénéfice des avantages du développement
régional telles que fixées par la législation en vigueur.

51
– Les pensions mentionnées au décret-loi n° 2011-97 du 24 octobre 2011 portant
indemnisation des martyrs et blessés de la révolution de la liberté et de la dignité : 17
décembre 2010 – 14 janvier 2011.
- les sommes provenant des jeux de paris mutuels sur les courses de chevaux et des concours de
pronostics sportifs organisés par les établissements publics conformément à la législation les
régissant.

SECTION III : LES DÉDUCTIONS COMMUNES


Le revenu global imposable est déterminé en appliquant à la somme algébrique des différentes
catégories de revenus nets les déductions communes énumérées par les articles 39 et 40 du code de
l’IRPP et de l’IS. Il est à noter que des déductions accordées dans le cadre des avantages fiscaux par le
code de l’IRPP et de l’IS et par des textes particuliers régissant les avantages fiscaux sont aussi
applicables.

1 - Les arrérages des rentes

Il s’agit des arrérages payés au titre de rentes constituées à titre obligatoire et gratuit. Le
contribuable doit justifier de l’existence de l’acte l’obligeant au versement de ces arrérages et de leur
payement effectif.

2 - Déduction au titre des primes ou cotisations afférentes aux contrats d’assurance dont
l’exécution dépend de la durée de la vie humaine et ce dans la limite de 10.000 D par an :

En application des dispositions du n°2 de l’article 39 du code de l’IRPP et de l’IS Les


souscripteurs ou les adhérents ont droit à la déduction des primes ou cotisations relatives à des
contrats individuels ou collectifs d’assurance – vie ou des contrats d’assurance « Takaful » qui
garantissent soit :

- Garantie d'un capital ou d’une rente au profit de l'assuré, de son conjoint, de ses ascendants
ou descendants d'une durée effective au moins égale à huit ans ;
- Garantie des unités de compte au profit de l'assuré de son conjoint, de ses ascendants ou
descendants servies après une durée minimale qui ne doit pas être inférieure à huit ans ;
- Garantie d'un capital ou d’une rente en cas de décès au profit du conjoint, des ascendants ou
des descendants.
3 – Déduction des sommes payées au titre du remboursement des prêts universitaires en
principal et en intérêts.

4 - Déduction des intérêts payés au titre des prêts relatifs à l'acquisition ou à la construction
d'une seule habitation dont le cout hors TVA ne dépasse pas 200.000 D. cette déduction est
applicable aussi pour la marge de bénéfice relative aux acquisitions financées par Murabaha.

5 - Déduction des cotisations payées par les travailleurs non-salariés affiliés à l’un des
régimes légaux de la sécurité sociale.

6 - Déduction des intérêts perçus au titre des comptes spéciaux d’épargne et au titre des
emprunts obligataires émis à partir du 1er janvier 1992 (maximum 5.000 D, sans que cette
déduction n’excède trois mille dinars (3000D) pour les intérêts provenant des comptes spéciaux
d’épargne ouverts auprès des banques et auprès de la Caisse d’Epargne Nationale de Tunisie)

7 - Déduction pour situation de famille

Le contribuable a droit à une déduction en sa qualité de chef de famille d’un montant égal à
300 D à partir de 2019 (150 D avant 2019).

52
8 - Déduction pour enfants à charge

Le contribuable a droit à une déduction en sa qualité de chef de famille pour ses 4 premiers
enfants à charge de 100 dinars au titre de chaque enfant et ce, à partir de 2019.

(Avant 2019 la déduction est de : - 90 dinars au titre du premier enfant; - 75 dinars au titre du
deuxième enfant; - 60 dinars au titre du troisième enfant; - 45 dinars au titre du quatrième enfant.)

Toutefois, le montant de la déduction est porté à :

- 1.000 dinars par enfant poursuivant des études supérieures sans bénéfice de bourse et ayant
moins de 25 ans au 1er janvier de l’année d’imposition et ce quel que soit son rang mais dans la
limite des quatre premiers enfants à charge.

- 2.000 D par enfant infirme et ce quel que soit son âge et son rang dans l’ordre chronologique
de naissance des enfants à la charge du contribuable.

9 – Les déductions pour parents à charge

Tout contribuable a droit à une déduction au titre de chaque parent dont le revenu, augmenté
du montant de la déduction est inférieur ou égal au double salaire minimum interprofessionnel
garanti SMIG, et ce dans la limite de 5% du revenu net soumis à l’impôt avec un maximum de 450
dinars par parent à charge (150 D avant 2020).

Chapitre 4 - LA LIQUIDATION DE L’IMPÔT SUR LE


REVENU
SECTION I - LE CALCUL DE L’IMPÔT EN FONCTION DU BARÈME
Le calcul de l’impôt s’effectue en application de la règle d’arrondissement du revenu de
manière à décompter la fraction du dinar comme un dinar entier conformément au taux
progressif suivant :

Tranches Taux de la Taux effectif à la


tranche limite supérieure de
la tranche
De 0 D à 5.000D 0% 0%
De 5.000,001 à 20.000D 26% 19,50%
De 20.000,001 à 30.000D 28% 22,33%

De 30.000,001 à 50.000D 32% 26,20%

Au-delà de 50.000D 35%

53
Section II - Le Minimum d’impôt général :

Il s’applique aux activités commerciales ou non commerciales. Pour ces catégories de


revenu, l’IRPP ne peut être, dans tous les cas, inférieur à un minimum fixé comme suit :
- 0.2% du chiffre d’affaires brut local ou des recettes brutes locales, avec minimum
égal à 300 D exigible même en cas de non réalisation de chiffre d'affaires
- 0.1% du chiffre d’affaires provenant des activités bénéficiant d’un abattement
des 2/3 des revenus (dans le cadre des avantages fiscaux : exportation, développement
régional…) avec minimum égal à 200 D exigible même en cas de non réalisation de
chiffre d'affaires
Toutefois, ce minimum ne s'applique pas aux entreprises nouvelles durant la période de
réalisation du projet sans que cette période dépasse dans tous les cas trois ans à compter de la
date du dépôt de la déclaration d'existence prévue à l'article 56 du code de l’IRPP et de l’IS.
Le minimum d'impôt n'est pas exigible pour les personnes bénéficiant de la déduction
totale des revenus provenant de l'exploitation.
Pour les personnes réalisant un revenu BNC et qui ont opté pour le forfait d'assiette
(80/20), l'impôt exigible ne doit pas être inférieur à l'impôt exigible par leurs homologues
exerçant la même activité et selon le même grade dans le secteur public
En conséquence : IRPP du = Maximum des valeurs suivantes :
 IRPP selon le barème,
 IRPP selon le minimum (0.2 ou 0.1%)
 IRPP des homologues dans le secteur public pour les BNC.
- impôt sur le revenu dû en application du taux de l’impôt et sur la base du bénéfice net :
1.500D x 0 % + 1.000D x15 % = 150D

- minimum d’impôt dû sur la base du chiffre d’affaires autre que celui provenant de
l’exportation : (700.000D - 300 000D) x 0,2% = 800D

Dans ce cas, l’impôt exigible est constitué par le minimum d’impôt de 800D du fait qu’il est
supérieur à l’impôt dû selon le barème de 150D.
Exemple : supposons qu’une personne physique célibataire exerçant une activité non commerciale a
réalisé, au titre de l’exercice 2018, un chiffre d’affaires total de 700.000D dont 300.000D provenant de
l’exportation et un bénéfice net déterminé par une comptabilité régime réel de 8.000 D.
Dans ce cas, l’impôt sur le revenu est calculé comme suit :

0 à 5000  : 0

5.000 à 8.000  ; IRPP = 26% x 3.000 = 780 D

Minimum d’IRPP = (0.2% x CA local 400.000) + (0.1% x CA export 300.000) =1.100 D > 780 D  ; donc l’IRPP définitif
du = minimum = 1.100 D

54
Section III - LE Minimum d’impôt applicable aux personnes Physiques bénéficiaires
d’avantages fiscaux
Les personnes physiques bénéficiaires d’exonérations fiscales dans le cadre d’avantages
fiscaux, sont soumises dans certains cas prévus expressément par la loi, à un impôt minimum
égal à 45% de l’impôt dû sur le revenu global compte non tenu des dites exonérations.
Section IV- La détermination de l’impôt sur le revenu au titre des plus-values
immobilières :
Les plus-values immobilières ne sont pas comprises dans le revenu global soumis à
l’impôt sur le revenu. Elles sont soumises à l’impôt comme suit :
1 - Pour les plus-values immobilières ; le taux est de :
a- 15% : lorsque la cession intervient au cours de la période de cinq ans à compter de la
date de possession.
b- 10% : lorsque la cession intervient après cinq ans à compter de la date de possession.
c- 10% pour la cession de biens hérités
2 - Pour la plus-value de cession de lots de terrains ou parties de lots dont l’origine de
propriété provient de la cession, autre que par voie d’échange, de terres domaniales ayant
perdu leur vocation agricole ; le taux est de :
a- 25% : lorsque la vente est faite aux Agences Foncières Touristiques, industrielles, et
de l’habitat ou à la Société Nationale Immobilière de Tunisie ou à la société de promotion des
logements sociaux ou à des personnes qui s’engagent dans le contrat de cession à réserver les
terres objet de la cession pour l’aménagement d’une zone industrielle conformément à la
législation en vigueur, durant les cinq années qui suivent la date d’acquisition.
b- 50% : lorsque la vente est faite à d’autres personnes.
Section V- La détermination de l’impôt sur le revenu au titre des plus-values de
cession d’actions et de parts sociales.
Elles sont soumises à l’impôt sur le revenu au taux de 10%. (Après déduction de 10.000 D)

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