IRPP M?J Mars 2020
IRPP M?J Mars 2020
PERSONNES PHYSIQUES
Introduction :
Aux termes de l’article premier du code de l’IRPP et de l’IS, « l’impôt sur le revenu est du
par toute personne physique, quelle que soit sa situation de famille, au titre de son revenu
net global »
L'article 3 du même code stipule que l'impôt est également dû, par les personnes non
résidente, sur les revenus de source tunisienne qu'ils réalisent :
L'application simultanée de ces deux articles, génère une double imposition du revenu
des résidents des différents Etats dans la mesure ou :
- Chaque Etat réclame, en vertu du principe de la souveraineté fiscale, le droit
d'imposition de ses résidents sur la base du revenu mondial qu'ils réalisent (revenus
locaux et revenus de sources étrangères),
- Chaque Etat impose les revenus réalisés sur son sol, y compris ceux réalisés par les
non-résidents.
Les problèmes de double imposition sont atténués, voir même évités, à travers les
conventions fiscales de non double imposition signées entre deux ou plusieurs Etats. Ces
conventions ont pour objectif soit d'attribuer le droit d'imposition à l'un des Etats
contractants soit le partage du droit d'imposition entre les différents Etats.
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Les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu selon le critère de la résidence
habituelle de la personne, supportent l’impôt sur le montant global de leurs revenus de
source Tunisienne et de source étrangère.
Les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu selon le critère de la source du
revenu ne supportent l’impôt que sur le montant des revenus de source Tunisienne
L’article 3 du code de l’IRPPIS prévoit que l’impôt est également du par les personnes
physiques non résidentes qui réalisent des revenus de source tunisienne ou qui réalisent une plus-
value mobilière ou immobilière en Tunisie.
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mesure où le pays qu’ils représentent consent des avantages analogues aux agents
diplomatiques et consulaires Tunisiens.
L’exonération ne s’applique pas donc, notamment :
Aux diplomates de nationalité tunisienne exerçant leur activité en Tunisie au sein des
organisations internationales ou régionales ;
Aux personnes de nationalité tunisienne qui sont au service des missions diplomatiques des
Etats étrangers ;
Aux personnes de nationalité étrangère qui sont au service des missions diplomatiques des
Etats étrangers, mais n’ayant pas la qualité d’agent diplomatique ou consulaire .
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- La somme algébrique des différentes catégories des revenus réalisés. En cas de
déficit subi par le contribuable et dégagé au niveau de l’une des catégories de
revenus, le revenu global constitué tient compte du déficit constaté dans l’une
des catégories du revenu dégagé par une comptabilité tenue conformément au
système comptable des entreprises. Si le revenu global n’est pas suffisant pour
que l’imputation puisse être intégralement opérée, le reliquat est reporté
successivement sur le revenu global des années suivantes jusqu’à la cinquième
année inclusivement. Toutefois, il est à préciser que les déficits non imputés sur
les années suivant celle ayant enregistré le déficit sont perdus et ce, dans la limite
des revenus réalisés.
- Les revenus de source tunisienne et les revenus de source étrangère pour les
personnes physiques résidentes en Tunisie (revenu mondial).
- Le revenu est global du fait qu’il comporte les revenus personnels réalisés par le
contribuable en sa qualité de chef de famille et ceux réalisés par ses enfants
fiscalement à sa charge. Toutefois ce dernier peut demander l’imposition distincte
de ses enfants mineurs à sa charge.
Pour la notion de chef de famille, l’article 5 du code de l’IRPP et de l’IS a considéré
comme chef de famille :
- L’époux ;
- Le divorcé qui a la garde des enfants ;
- Le veuf ;
- L’adoptant ;
Toutefois, l’épouse peut être considérée comme chef de famille dans deux hypothèses :
- Lorsqu’elle justifie que le mari ne dispose d’aucune source de revenu durant l’année
précédant celle de l’imposition.
- Lorsque remariée, elle a la garde d’enfants issus d’un précédent mariage.
Les personnes physiques non résidentes sont imposées au titre de leur revenu de source
tunisienne.
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- Le cas des personnes soumises au régime forfaitaire BIC (CA<100.000 D/an), dans ce
cas l'impôt est fixé forfaitairement.
En cas de cession ou de cessation totale de l’exploitation, l’impôt est établi sur les
bénéfices réalisés à partir du 1er janvier jusqu’ à la date de la cession ou de la
cessation de l’exploitation ;
En cas de décès, l’impôt est établi à raison de l’ensemble des revenus ou bénéfices
que le défunt a réalisés depuis le 1er janvier de l’année du décès jusqu’à la date de
celui-ci selon la législation en vigueur au premier janvier de l’année du décès.
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- Exercice comptable qui s'étend sur une période inférieure à 12 mois :
le revenu imposable est égal à la somme des bénéfices dégagés par les
différents bilans clôturés au cours de l'année civile
- Exercice comptable qui s'étend sur une période supérieure à 12 mois :
le revenu imposable est égal au revenu estimé au 31 décembre pour
l'année au cours de laquelle aucun bilan, et pour l'année suivante par
le bénéfice arrêté par le bilan déduction faite du bénéfice estimé au
31/12/N-1
- Perçu
- Ou mis à la disposition du bénéficiaire et que son encaissement ne dépend plus que de
la seule volonté du bénéficiaire.
La disponibilité du revenu détermine l’année d’imposition de rattachement dudit
revenu. Ainsi, les revenus mis en paiement ou à la disposition d’un contribuable sont réputés
disponibles, et par voie de conséquence, deviennent imposables, alors même que le
contribuable n’en a pas encore pris possession sauf si ce contribuable établit que des faits
entièrement indépendants de sa volonté mettent obstacle au retrait des sommes
correspondantes.
Le principe de la disponibilité comporte, néanmoins, de nombreuses limitations. A titre
d’exemple, les entreprises soumises selon le régime réel : tenue de comptabilité
conformément au système comptable des entreprises, déterminent leur revenu imposable à
partir du résultat comptable et fiscal, lequel résultat tient compte du principe des créances
acquises et dettes engagées abstraction faite de leur encaissement effectif : comptabilité
d'engagement
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• Des activités de prestation de services ;
• Des activités industrielles ;
• Des activités artisanales ;
Le seul exercice de l’une de ces activités ne suffit pas en lui-même pour faire de la
personne qui l’exerce un commerçant. Il faut que l’activité soit exercée à titre professionnel
et dans un but lucratif.
Ne sont pas considérées comme activités commerciales :
- la vente par les agriculteurs de leur propre production, même après une première
transformation (sauf si ce dernier écoule sa production dans des locaux aménagés pour le
commerce)
- la vente par les peintres de leurs œuvres d’art (sauf si l’intéressé se livre à la production
en série d’une même œuvre)
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Toutefois, de par son caractère restrictif, cette définition ne permet de tenir compte
que des profits ou des pertes puisant leur origine dans des opérations effectuées par
l’entreprise ; ce dont il résulte notamment que les profits exceptionnels tels que
l'encaissement des primes d'assurances, des subventions, l'abandon des créances par les
tiers….. ne seraient pas soumis à l'impôt.
A cet effet, le paragraphe II de l'article 11 du code de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur
les sociétés a défini le résultat net comme étant celui « constitué par la différence de l'actif
net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à
l'impôt, diminué des suppléments d'apport et augmenté des prélèvements effectués au
cours de cette période par l'exploitant... ».
En pratique le bénéfice imposable est déterminé à partir du résultat avant impôt
dégagé par une comptabilité tenue conformément au système comptable des entreprises
corrigé d’une manière extracomptable en déduisant, d’une part, certains produits
comptabilisés mais considérés non imposables sur le plan fiscal et en réintégrant, d’autre
part, certaines charges comptabilisés mais considérés non déductibles sur le plan fiscal
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conditions générales de fonds ou de forme et à des conditions spécifiques. Il s’agit de la
divergence entre les règles énoncées par la comptabilité et celles énoncées par la fiscalité.
- Des dépenses liées à l’acquisition, à l’entretien ou à la location des voitures de tourisme d’une
puissance fiscale dépassant 9 chevaux ou encore des résidences secondaires ne constituant pas
l’objet de l’entreprise.
- Des charges relatives aux montants payés aux personnes résidentes ou établies dans
un « Etat ou un territoire dont le régime fiscal est privilégié » (ex paradis fiscaux).
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douteuses, des dons et subventions accordés… qui doivent figurer sur des états joints à la
déclaration annuelle des résultats.
- Notion de stock :
Les stocks à prendre en considération doivent appartenir à l’entreprise à la date de
l’inventaire.
Les marchandises à livrer, même lorsqu’elles n’ont pas été reçues par l’entreprise, à la
date de la clôture, sont réputées faire partie du stock, si à cette date, elles ont fait l’objet
d’un achat ferme qui en a fait le transfert de la propriété à l’entreprise.
Les produits vendus mais non encore livrés ne constituent pas un élément de stocks
car ils ne sont plus la propriété de l’entreprise.
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Les éléments de stocks identifiables sont évalués à leur coût individuel. Le coût des
éléments de stocks interchangeables doit être déterminé en utilisant la méthode du coût
moyen pondéré ou la méthode du premier entré, premier sorti, selon celle qui permet le
meilleur rattachement des charges aux produits.
- Les achats :
Les achats comprennent notamment les marchandises, les matières premières, les
matières consommables et les emballages commerciaux, à l'exception des emballages
récupérables et identifiables qui constituent des immobilisations.
Les achats sont comptabilisés dès réception de la facture pour leur prix d'acquisition et
ce, indépendamment de la date du paiement.
Le prix d'achat ne comprend pas les rabais et remises sur facture consentis par les
fournisseurs. Par contre, les frais sur achats tels que les droits de douane, les frais de
transport, l’assurance, les droits et taxes, autre que la TVA récupérable, s'ajoutent au prix
d'achat.
Les loyers et charges locatives : les loyers de toute nature constituent une charge
déductible à concurrence des loyers courus, c'est-à-dire à hauteur du service
consommé.
Les frais d’entretien et de réparation : les frais d’entretiens et de réparation engagés
pour maintenir un bien en état normal de fonctionnement sont déductibles pour leur
montant intégral. A contrario, les grosses réparations générant des avantages
économiques futurs ne constituent pas des charges et doivent en conséquence être
immobilisées.
Les primes d'assurances : versées par l’entreprise pour la couverture d’une charge ou
d’un risque professionnel éventuel constituent des charges déductibles.
Les redevances payées pour l’utilisation de brevets d’invention, de dessin de modèles, de
procédés de fabrication ou autres sont déductibles.
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Les dépenses de fonctionnement supportées au titre des opérations de recherche
scientifique ou technique sont déductibles.
Les rémunérations des intermédiaires ; Les sommes versées à des tiers non-salariés de
l’entreprise : les commissions, les courages, les ristournes commerciales ou non, les
honoraires d’avocats, de conseils fiscaux, d’ingénieurs conseils, d’architectes, les
rémunérations payées en contrepartie de la performance dans la prestation de services, les
rémunérations payées aux salariés et aux non-salariés en contrepartie d’un travail occasionnel
en dehors de leur activité principale et les rémunérations et les primes attribuées
conformément à la législation et aux règlementations en vigueur aux membres des conseils,
des directoires et des comités des sociétés anonymes et des sociétés en commandite par
actions en leur dite qualité sont déductibles. La déduction de ces sommes est subordonnée à
leur déclaration à l’administration fiscale au niveau de la déclaration d’employeur avec
indication de l’identité des bénéficiaires. Toute somme non portée sur ladite déclaration ne
constitue pas une charge déductible.
Les frais de recherche et de développement : engagés par l’entreprise pour son propre
compte, et qui n'ont pas été capitalisés
Les frais de publicité et de propagande : A ce niveau, il faut distinguer entre les frais
qui conditionnent la vie de l’entreprise et ceux courants. Dans le premier cas,
l’imputation des charges s’effectue sur une période de 3 ans (charges à répartir), par
contre dans le deuxième cas l’imputation s’effectue intégralement au titre de l’exercice
de leur engagement.
Les montants payés au titre des cotisations du souscripteur ou des cotisations de l’adhérent
dans le cadre des contrats collectifs d’assurance visés et les cotisations payées dans le cadre
des contrats assurance-vie et des contrats de capitalisation en exécution des obligations du
souscripteur ou de l’adhérent prévues par la législation en vigueur.
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Cependant, sont déductibles pour leur totalité (sans limite de 2 millième) les dons et les
subventions accordés :
La déduction des dons et subventions accordés est subordonnée à la production par les
entreprises donatrices, à l'appui de leurs déclarations annuelles de revenus ou de
bénéfices, d'un état selon un modèle fourni par l'administration indiquant l'identité
complète des bénéficiaires, et les montants des dons et subventions qui leur ont été
accordés.
- Les mécénats :
Le mécénat constitue l’une des techniques utilisées par le ministère chargé de
l’environnement ou par le ministère chargé de l’équipement et de l’habitat ou par le Ministère de la
culture pour le financement de la réalisation et de l’entretien des espaces verts et des parcs
familiaux, œuvres et projets culturels et ce, dans le cadre de convention de mécénat conclue ou à
conclure avec les entreprises du secteur privé.
Soit une entreprise qui a réalisé un chiffre d'affaires annuel toutes taxes comprises de
300 000 dinars et qui a organisé une réception pour un montant 5 000D.
Montant déductible (1 % du CA avec un maximum de 20 000 D)
Montant autorisé = 300 000 x 1 % = 3 000 D
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Montant engagé = 5 000 D
Montant non admis en déduction = 5 000D - 3 000D = 2 000 D
Exemple :
Reprenons l'exemple précédent mais avec un chiffre d'affaires toutes taxes comprises
égal à 2 500 000D, et des frais de réception s'élevant à 28 000 D.
Montant autorisé = 2 500 000D x 1 % = 25 000 D supérieur à 20 000 D on retient donc
20.000D
Montant non admis en déduction : 28 000 D - 20 000 D = 8 000 D
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divers produits, de contrôle de changes, d’assiette des impôts, contribution ou de taxes et de
manière générale toute infraction à la législation en vigueur.
- Les pertes exceptionnelles :
Les éléments extraordinaires répondent généralement aux caractéristiques suivantes :
Ils ne sont pas censés se répéter fréquemment au cours des prochains exercices ;
Ils ne sont pas typiques des activités ordinaires de l’entreprise ;
Ils ne découlent pas principalement de décisions ou d'appréciations des dirigeants ou
des propriétaires.
Sur le plan fiscal, le législateur n’a pas fait de distinction entre les pertes ordinaires et
les pertes extraordinaires.
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- La situation financière précaire du débiteur (retour de chèques ou de traites
impayées, rupture de stock, méventes etc.…) ;
- Et tout autre indice susceptible de compromettre le recouvrement de la
créance.
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Cependant, le reliquat de provisions non admis en déduction au cours d’une année
n’est pas perdu pour l’entreprise qui peut reporter la déduction de ce reliquat sur les
exercices ultérieurs et dans les même conditions sus indiquées.
Exemple :
Soit une entreprise exerçant une activité commerciale qui a réalisé au cours de l’année
2017 un bénéfice fiscal avant déduction des provisions s’élevant à 60.000 D.
Au cours de la même année, cette entreprise a constitué une provision pour créances
douteuses d’un montant égal à 32.000 D.
De même, elle a constitué au titre de l'exercice 2018 des provisions pour créances
douteuses s’élevant à 10.000 D pour un bénéfice de 40.000D
L'entreprise a engagé des actions en justice pour les créances relatives à 2017,
Dans ce cas, les provisions admises en déduction se calculent comme suit :
Année 2017
- Bénéfice : 60.000 D
- Action en justice : oui
- Provisions constituées : 32.000 D
- Provisions admises en déduction (60.000 x 50 %) = 30.000 D
- Bénéfice net : 60.000 D - 30.000 D = 30.000 D
- Reliquat de provisions excédant la limite de 50 % =
32.000 D - 30.000 D = 2.000 reste reportable sur les années ultérieures.
Année 2018
- Bénéfice : 40.000 D
- Provisions constituées : 10.000 D
- Action en justice : non
La provision constituée en 2018 n’est pas admise en déduction, pour absence
d’action en justice, mais il y a lieu de déduire le reliquat provenant de l’exercice 2017 dans la
limite de 50 % du bénéfice, soit : 2.000 D.
- Bénéfice net : 40.000 D - 2.000 D = 38.000 D
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Limites de la déduction
1ère limite des provisions déductibles par rapport au prix de revient :
Le montant des provisions déductibles est limité à 50% du prix de revient ; le reliquat
des provisions constituées n'est pas susceptible de report sur les exercices ultérieurs.
2ème Limite des provisions déductibles par rapport au bénéfice imposable :
Les provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente, sont déductibles dans
la limite de 50% du bénéfice imposable (limite applicable simultanément à toutes les
provisions déductibles : sur clients, stocks et actions).
Exemple 1:
Soit une entreprise commerciale qui a réalisé au titre de l'exercice 2018 un bénéfice
fiscal avant imputation des provisions de 450 000D et qui a constitué des provisions pour
dépréciation de stocks pour 80 000D.
Sachant que le prix de revient des produits détenus en stocks est égal à 150.000D alors
que le prix de vente connu au 31 décembre 2018 est de 70.000D, la détermination des
provisions déductibles et du bénéfice net s'effectue comme suit:
Bénéfice fiscal avant déduction des provisions 450.000D
Provisions constituées 80 000D
Limite autorisée : (450 000D x 50%) = 225 000D
Sans dépasser 50% du prix de revient soit (150 000D x 50%) = 75 000D
Provision déductible 75 000D
Bénéfice imposable : 375 000D
Etant signalé que le reliquat des provisions qui n'a pu être déduit soit (80000 D –
75000D) = 5000D n'est pas susceptible de report sur les exercices ultérieurs puisque la
provision doit être révisée les exercices suivants, en fonction de la nouvelle valeur de
réalisation du stock qui pourrait varier (+ ou -).
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Limite de la déduction des provisions pour dépréciation des actions cotées en bourse :
Les provisions sont déductibles dans la limite de 50% du bénéfice imposable (avec les
autres provisions déductibles).
Exemple :
L’entreprise XYZ détient 1.000 actions dans la société A, et 2.000 actions dans la
société B cotée en bourse, évaluées chacune à 10 dinars. Compte tenu des informations
financières disponibles, l’entreprise a comptabilisé à la fin de l’année une provision pour
dépréciation des titres A de 2.000 dinars et une provision pour dépréciation des titres B de
4.000 dinars.
Supposons que le cours moyen boursier de l’action B enregistré le dernier mois de
l’année est de 8 dinars, quel serait le bénéfice imposable si le bénéfice avant provision est de
10.000 dinars ?
L’entreprise XYZ détient 10.000 actions d’une société cotée en bourse qu’elle a
acquise le 1er juillet de l’année N à 10 dinars l’action. Le 31 décembre de la même année le
cours de l’action est à 8 dinars. Le comptable de l’entreprise a constitué une provision de
30.000 dinars.
Si le cours moyen boursier de l’action au cours du mois de décembre de l’année N est
de 7,100 dinars quelle serait la provision fiscalement déductible compte tenu d’un bénéfice
avant provision de 50.000 dinars ?
-Bénéfice avant provision : 50.000
-Limite de 50% : 25.000
-Provision constituée : 30.000
-Provision fiscalement admise : (10 - 7,1) * 10.000 = 29.000
-Provision déductible : 25.000
-Bénéfice net après provision : 50.000 – 25.000 = 25.000
- Limite générale de la déduction des provisions :
Les provisions constituées au titre des créances douteuses, de la dépréciation des
stocks destinés à la vente et des actions cotées en Bourse sont déductibles dans la limite de
50% du bénéfice imposable pour chaque nature de provision.
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Étant signalé que la fraction de provisions pour clients douteux qui n'a pu être déduite
du fait de la limite susvisée, est reportable sur les bénéfices ultérieurs et dans les mêmes
limites.
Exemple :
L’entreprise XYZ a réalisé au titre de l’exercice 2018 un bénéfice fiscal avant provision
de 600.000D et a constitué les provisions suivantes au titre de la même année :
- Provisions pour créances douteuses d’un montant égal à 65.000D
- Provisions pour dépréciation des stocks destinés à la vente d’un montant égal à
60.000D
- Provisions pour dépréciation des actions cotées à la BVMT d’un montant égal à
40.000D
Quel est le bénéfice imposable ? Sachant que :
- l’entreprise a engagé des actions en justice pour recouvrer ses créances
- le prix de revient des marchandises destinées à la vente est égal à 100.000 D
- l’entreprise détient 20 000 actions acquises à 10D chacune
- le cours moyen journalier de l’action durant le mois de décembre de l’année 2018 est
égal à 8 D
-Bénéfice fiscal avant provisions : 600.000 D
-Provisions pour créances douteuses constituées : 65.000 D
-Limite autorisée (de 50%) : 300.000 D
-Provisions pour créances douteuses fiscalement admises : 65.000 D
-Provisions pour dépréciation des stocks constituées : 60.000 D
(Limite autorisée (de 50% x stock:100.000) =50.000)
Donc Provisions pour dépréciation des stocks fiscalement admises : 50.000 D
-Provisions pour dépréciation des actions constituées : 40.000 D
Provisions pour dépréciation des actions fiscalement admises : 40.000 D
Total des provisions déductibles : 65.000+50.000+40.000 =155.000 D
Limite 50% du bénéfice fiscal : 300.000 D;
Donc le total des prov < 50% du bénéfice fiscal ; la totalité des provisions est déductible
-Bénéfice net après provisions : 600.000 – (65.000+50.000+40.000) = 445.000 D
LES AMORTISSEMENTS
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Sur le plan fiscal, l'amortissement constitue une charge déductible du bénéfice
imposable sous certaines conditions et dans certaines limites.
- Conditions de déduction des amortissements
Aux termes de l'article 12 bis du code de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les
sociétés, « sont admis en déduction pour la détermination du bénéfice imposable, les
amortissements effectués par l'entreprise selon les règles fixées par la législation comptable,
sans que le montant déductible dépasse les annuités d'amortissement linéaires calculées sur
la base de taux maximums …..».
Les taux d'amortissement maximums à pratiquer sont:
Actifs Taux
I. Frais préliminaires 100%
II. Brevets, marques de fabrique et frais de développement capitalises 20%
III. Constructions à l'exception de la valeur du terrain
1. Constructions légers 10%
2. Constructions en dur 5%
3. Autoroutes, ponts et échangeurs 2,5%
4. Glissières de sécurité pour autoroutes 12,5%
5. Signalisations verticales pour autoroutes 12,5%
6. Dépenses des grosses réparations des autoroutes, des ponts et des
échangeurs 12.5%
7. Pistes pour avions 5%
8. Quais portuaires 5%
9. Voies ferrées 5%
10. Signalisations des voies ferrées 5%
11. Réseaux et canalisations 5%
12. Dépenses des grosses réparations des constructions visées aux 15%
numéros 1, 2, 7, 8, 9, 10 et 11
13. Parkings non couverts 10%
14. Courts de tennis 10%
15. Piscines 10%
16. Dépenses des grosses réparations des constructions visées aux
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numéros 13, 14 et 15 25%
IV: Machines, matériels et équipements
1- Machines, matériels et équipements en général
a- Machines, matériels et équipements industriels 15%
b- Dépenses des grosses réparations des machines, matériels, et 33,33%
équipements industriels
c- Machines et équipements de chauffage et frigorifiques
10%
d- Ascenseurs, monte-charges et escaliers mécaniques
10%
e- Silos et bacs de stockage
10%
f- Dépenses des grosses réparations des machines, matériels et
équipements vises aux paragraphes c, d et e 25%
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c- Dépenses des grosses réparations des moteurs des bateaux et 20%
navires
33,33%
5. Matériels et moyens de transport terrestre
a- Moyens de transport des personnes ou de marchandises
20%
b- Dépenses des grosses réparations des moyens de transport terrestre
33,33%
6. Machines et matériels des travaux publics et de bâtiment
(bulldozer, bétonnière, foreuse, camions dumper, pervibrateur, treuil.
20%
polisseuse, compacteur ...)
- Dépenses des grosses réparations des machines et matériels des
travaux publics et de bâtiments 33,33%
7. Equipements de l'électricité et du gaz.
a- Equipements de production, de transport et de distribution de 5%
l'électricité
b- Equipements de transport et de distribution du gaz
5%
c- Dépenses des grosses réparations des équipements de l'électricité et
15%
du gaz
V. Hôtellerie et restauration
20%
1. Matériels de cuisine et buanderie
100%
2. Vaissellerie
20%
3. Tapis, rideaux, éléments et aménagements décoratifs
33,33%
4. Lingerie
20%
5. Accessoires de piscines (chaises longues, parasols, ...)
VI. Agriculture
20%
a. Tracteurs agricoles et matériels roulant autotractés
15%
b. Autres machines et matériels
20%
c. Animaux de production et animaux de services
d. Plantations
3,33%
- oliviers pour l'extraction d'huile
5%
- oliviers de table
3,33%
- vignes
3,33%
- palmiers
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- agrumes 5%
- amandiers 5%
- autres plantations 6,66%
e. Travaux de conservation des eaux et du sol 20%
f. Puits 10%
g. Equipements d'arrosage 20%
Toutefois, l'entreprise peut, pratiquer des taux inférieurs à ceux prévus par l'arrêté
sus-indiqué tout en respectant le même taux pendant toute la période.
Si l'élément amortissable est mis hors service ou détruit avant l'expiration de la
période d'amortissement, la valeur restant à amortir (valeur nette comptable) constitue
pour sa totalité une charge déductible des résultats de l'exercice au cours duquel l'élément
en question est mis hors service ou détruit. La destruction doit être constatée par un procès-
verbal établi par un huissier notaire et en présence d'un agent de l'administration fiscale.
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Actifs exploités dans le cadre d'un contrat de leasing ou Durée
d’ijâra minimale
I- Constructions à l'exception de la valeur du terrain 7 ans
II- Matériels et équipements 5 ans
III- Matériels de transport 3 ans
Dans le cas où le montant des amortissements fixés conformément aux dispositions
précédemment énoncées dépasse les amortissements enregistrés en comptabilité, le
différentiel d'amortissement sera déduit de l'assiette de l'impôt à condition que le montant
des amortissements déduits et le montant des amortissements enregistrés en comptabilité
soient portés au tableau d'amortissement et au livre d'inventaire.
Exemple
L’entreprise “X” exploite, à partir du 2 janvier 2015, un immeuble dans le cadre d’un
contrat de leasing, le prix de revient d’acquisition majoré des dépenses engagées en hors
TVA s’élève à 400.000D, la valeur du terrain est arrêtée à 120.000D, la durée du contrat
de leasing est fixée à 6 ans.
Les amortissements relatifs à cet immeuble sont calculés sur la base de la valeur des
constructions sans tenir compte de la valeur du terrain et de la TVA comme suit :
- Etant donné que la durée du contrat de leasing, 6ans, est inférieure à la durée
minimale fixée à 7 ans, l’amortissement déductible pour la détermination du
bénéfice imposable de l’exercice 2015 est de : 280.000D / 7 = 40.000D
L’amortissement enregistré en comptabilité s’élève à 46.666D, il est supérieur à
l’amortissement déductible sur plan fiscal qui s’élève à 40.000D, l’entreprise “X” doit
réintégrer le différentiel soit 46.666 – 40.000 = 16.666 au résultat fiscale de l'exercice 2015;
peut déduire ce différentiel sur les exercices ultérieurs, à condition de porter au tableau
d’amortissements et au livre d’inventaire le montant de l’amortissement enregistré en
comptabilité soit 46.666D et le montant de l’amortissement déduit sur plan fiscal soit
40.000D.
Il est à préciser que dès lors que l’entreprise exploitant des immobilisations dans le
cadre de contrats de leasing déduit les amortissements y relatifs, pour la
détermination du bénéfice imposable, la quote-part des charges des loyers dus au
profit de la société de leasing n'est pas déductible. Elle constitue un remboursement
de de la dette vis-à-vis de la société de leasing.
Au niveau de l’entreprise exerçant l’activité de leasing, les immobilisations exploitées
dans le cadre des contrats de leasing conclus à partir du premier janvier 2008 sont
enregistrés par l’entreprise exerçant l’activité de leasing comme créances, les intérêts
afférents auxdits contrats de leasing sont constatés parmi les produits d’exploitation. De ce
25
fait, les entreprises exerçant l’activité de leasing ne peuvent plus constater les
amortissements se rapportant à ces immobilisations.
Il en découle que l'amortissement n'est pas admis :
- Lorsque le bien amortissable n'est pas la propriété de l'entreprise; tel est le cas des
biens dont l'exploitant est locataire ou usufruitier; (à l’exception du cas de leasing
et d’ijâra)
- Lorsque le bien ne fait pas partie de l'actif immobilisé; tel est le cas des stocks;
- Lorsque le bien n'est pas susceptible de dépréciation; c'est le cas des bouteilles
récupérables en verre, de terrains et des fonds de commerce...
b) Il doit être calculé sur la base du prix de revient
Le prix de revient constitue à la fois la base et la limite des amortissements afférents
à un élément de l'actif. Ce dernier s'entend du prix d'acquisition majoré le cas échéant des
frais accessoires (transport, droits de douanes, installation, montage .....) ou de la valeur
d'apport pour les biens apportés en société ou encore du coût réel de production lorsque les
biens sont fabriqués par l'entreprise elle-même.
Toutefois, l’assiette de calcul des amortissements ne doit pas comporter la taxe sur la
valeur ajoutée ouvrant droit à déduction ; et la valeur du terrain pour les constructions.
d) Il doit être constaté en comptabilité :
Aux termes de l'article 12 bis du code, et pour ouvrir droit à déduction,
l'amortissement doit être réellement effectué selon les règles comptables c'est à dire
constaté en comptabilité.
e) Il doit être non exclu par une disposition expresse de la loi (article 15)
- Les modes d'amortissement :
Le système fiscal tunisien comporte trois modes d’amortissement:
- l'amortissement linéaire simple ou accéléré;
- l’amortissement massif ;
- l'amortissement exceptionnel;
Il est à remarquer que quelque soit son mode, l'amortissement a pour point de
départ la date d'acquisition de l'élément amortissable ou celle de sa mise en service si elle
intervient postérieurement.
a) L'amortissement linéaire
a-1) L'amortissement linéaire simple : Selon les taux ou les périodes prévues par la
législation.
26
Exemple :
Soit une entreprise commerciale qui a acquis le 1/9/2014 pour un prix de 15.000D TTC
une voiture de tourisme dont la puissance fiscale est égale à 5 chevaux vapeur et destinée à
l'exploitation.
Les annuités d'amortissement au titre de l'année 1999 et des années ultérieures sont
calculées comme suit :
2014 : 15000 D x20% x 4 mois /12 mois = 1000 D
2015 : 15000 D x20% = 3000 D
2016 : 15000 D x20% = 3000 D
2017 : 15000 D x20% = 3000 D
2018 : 15000 D x20% = 3000 D
2019 : 15000 D x 8 mois /12 mois = 2000 D
Total des annuités d’amortissements = 15000 D
a-2) L'amortissement linéaire accéléré
Dans la mesure où une entreprise (exerçant une industrie manufacturière non
saisonnière) justifie l'utilisation de son matériel d'exploitation, à l'exclusion du matériel de
transport, par deux équipes c'est à dire pour une durée de 16 heures sur 24 heures, elle peut
pratiquer un amortissement linéaire accéléré en appliquant au taux normal admis un
coefficient de 1,5 pour la détermination d'un nouveau taux d'amortissement pour le
matériel en question.
Ce coefficient est fixé à 2 lorsque ledit matériel est utilisé par trois équipes, c'est à dire
fonctionnant 24 heures sur 24 heures.
b) L’amortissement massif
Les entreprises ont la faculté de pratiquer un amortissement intégral des biens
immobilisés de faible valeur 500 D à partir de 2019,(200 D avant 2019) au titre de l'année de
leur utilisation ou de mise en service.
Ces biens doivent néanmoins figurer à l'actif de l'entreprise et faire l'objet d'un
amortissement intégral.
c) L'amortissement exceptionnel
En vertu des dispositions de l'article 13 du code, les entreprises qui construisent, font
construire ou achètent des immeubles d'habitation destinés pour les 3/4 au moins de leurs
superficies au logement de leur personnel, à titre gratuit, peuvent, dès l’achèvement de la
construction ou l'acquisition, pratiquer un amortissement exceptionnel égal à 50% du prix de
revient de ces immeubles ; la valeur résiduelle est amortissable sur 10 ans.
27
Pour l'application de cette mesure, ne sont pas considérés comme faisant partie du
personnel de l'entreprise:
- l'exploitant individuel;
- les associés de sociétés de personnes;
- les membres des associations en participation; ainsi que le conjoint et les enfants
non émancipés des personnes précitées.
d – L’amortissement des composantes
Le § II de l’article 12bis du code de l'IRPP et de l'IS a permis aux entreprises de déduire
les amortissements des composantes des actifs immobilisés dont la durée d'utilisation
diffère de celles de l'actif principal, soumis à dépréciation et propriété de l'entreprise.
g) Amortissement supplémentaire pour les entreprises nouvellement créées :
Un nouveau paragraphe VIII a été ajoutée par la loi de refonte des avantages fiscaux
(loi 2017 – 08) à l’article 12 bis du code de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et
de l’impôt sur les sociétés qui prévoit une bonification fiscale au titre des amortissements
consistant en ce qui suit:
Déduction supplémentaire de 30% au titre des amortissements des machines, du
matériel et des équipements destinés à l’exploitation fabriqués ou acquis dans le cadre
d’opération d’extension ou de renouvellement (à partir de 2019 pour le renouvellement) à
l’exception des voitures de tourisme (autres que celles constituant l’objet principal)
Cette déduction est accordée au titre de la 1ère année à partir de la date d’acquisition,
de fabrication ou de la mise en service
Bénéficient exclusivement de cette bonification les entreprises qui ont déposé une
déclaration d’investissement d’extension.
Entreprises exclues du bénéfice du régime d’amortissement supplémentaire :
Les entreprises exerçant dans le secteur financier, dans les secteurs de l’énergie à
l’exception des énergies renouvelables, des mines, de la promotion immobilière, de la
consommation sur place, du commerce et des opérateurs de télécommunication sont
exclues du bénéfice de la bonification au titre des amortissements.
Justification de l’extension ou de renouvellement :
L’opération d’extension ou de renouvellement doit être justifiée par:
L’adoption d’un schéma de financement (fonds propres min 30% ou 10% selon le cas)
28
La réalisation des investissements en employant de nouveaux équipements ou des
équipements importés usagés à condition d’être évalués par les services techniques
compétents
Pour les investissements agricoles, seuls les équipements nouveaux sont acceptés
29
- les transactions, amendes, amendes, confiscations et pénalités de toutes natures mises à la
charge des contrevenants aux dispositions légales régissant les prix, la commercialisation, la
répartition de divers produits, le contrôle des changes, l’assiette des impôts et d’une
manière générale toute infraction à la législation en vigueur.
- les dons et subventions et les mécénats qui n’ont pas été déclarés sur la déclaration
d’employeur
- la quote-part des loyers de leasing et d’Ijara représentant le remboursement du prix de
revient au titre des actifs immobilisés (le principal du loyer à l’exclusion des intérêts).
- les charges dont le montant est supérieur ou égal à 5.000 Dinars hors TVA et dont la
contrepartie est payée en espèce.
- les charges relatives aux montants payés aux personnes résidentes dans des paradis
fiscaux.
- Les amortissements actifs dont le coût d’acquisition est supérieur ou égal à 5.000 Dinars et
dont la contrepartie est payée en espèce.
- Les amortissements des actifs acquis auprès de personnes résidentes dans des paradis
fiscaux.
30
La loi fiscale permet aux entreprises de déduire en sus des amortissements de l'exercice,
ceux réputés différés en périodes déficitaires. Cette imputation est indéfinie dans le temps,
mais elle reste impérative et doit s'effectuer sur le premier exercice bénéficiaire qui suit celui
de leur constatation et en respectant l'ordre sus indiqué.
En conséquence ne sont plus déductibles les déficits non imputés sur les bénéfices
des années suivant celle ayant enregistré le déficit et ce dans la limite des revenus réalisés.
Toutefois, dans la mesure où le revenu global d’une personne physique se limite à
une seule catégorie de revenu déterminé conformément au système comptable des
entreprise, la doctrine administrative permet d’adopter le même ordre d’imputation que
celui applicable pour les sociétés soumises à l’IS.
Les produits d’exploitation ordinaire, sont constitués par les ventes, les prestations de services
et les travaux.
Il s’agit des sommes reçues et des créances acquises pendant la période d’imposition dont le
résultat doit servir de base d’imposition en contrepartie des marchandises cédées, des services
rendus ou des travaux effectués.
Les montants des ventes constatées par une facture ou par tout autre document comptable
sont pris en considération au cours de l’exercice de leur réalisation et ce indépendamment des
encaissements. Le système de la comptabilisation ainsi retenu est dit « d’exercice » ou
« d’engagement » par opposition au système de la comptabilisation dit de « caisse » ou
« d’encaissement ».
Les créances sont évaluées, dans tous les cas, à leur valeur nominale.
Cependant, pour les créances libellées en monnaie étrangère qui ne sont pas encore réglées à la
date de clôture de l’exercice, la doctrine administrative considère qu’étant donné que le règlement
n’est pas encore intervenu, aucune charge ni produit ne doit affecter le résultat. En conséquence :
- si des écarts positifs ont été constatés en comptabilité parmi les produits, ils ne constituent
pas des éléments du bénéfice imposable : à déduire du résultat fiscal
- si des écarts négatifs (pertes de change éventuelles) ont été constatées en comptabilité
parmi les pertes ne constituent pas une charge déductible du bénéfice imposable : à réintégrer au
résultat fiscal
31
Il s’agit de profits réalisés à l’occasion de la gestion commerciale de l’entreprise mais ne se
rattachant pas à son objet principal.
Ces profits doivent être rattachés aux produits d’exploitation ordinaires et évalués selon les
mêmes règles applicables au produit de l’exploitation principal. Cependant l'article 11 du code de
l'IRPP et de l'IS a prévu l’exclusion de certains produits.
Les produits accessoires peuvent avoir plusieurs origines. Il peut s’agir notamment de revenus
fonciers, de revenus de capitaux mobiliers ou de valeurs mobilières, de subventions reçues.
Les revenus des immeubles figurant à l’actif de l’entreprise ( loyers ou plus-values de cession)
sont imposés comme des bénéfices industriels et commerciaux.
En revanche, si ces immeubles ne sont pas portés à l’actif du bilan, c’est à dire s’ils dépendent
du patrimoine privé de l’entrepreneur individuel, les revenus de cette provenance ne sont pas
rattachés aux résultats de l’entreprise mais ils sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers.
Il s’agit des revenus provenant des intérêts des créances, dépôts, cautionnements et comptes
courants de l’entreprise. Ces revenus doivent être rattachés aux produits d’exploitation sans aucune
réfaction.
Ces revenus proviennent des placements en valeurs mobilières ou en parts sociales inscrites à
l’actif de l’activité professionnelle. Ils peuvent être sous forme de :
Les règles de rattachement des subventions reçus au bénéfice imposable varient avec la
catégorie de la subvention reçue.
Les subventions d’exploitation et les subventions d’équilibre reçues par les entreprises
constituent un élément du bénéfice imposable de l’exercice de leur encaissement.
32
Les subventions reçues pour la création ou l’acquisition d’immobilisations non amortissables
doivent être rapportées par fractions égales aux résultats de chacune des dix années exercices y
compris celle de la création ou de l’acquisition de ces immobilisations.
Les primes accordées aux entreprises et destinées à financer les investissements immatériels
sont réintégrées aux résultats nets de chaque année durant dix ans à compter de l’année de leur
encaissement
En cas de cession des immobilisations, la fraction de la subvention non encore rapportée aux
bases de l’impôt est retranchée de la valeur comptable de ces immobilisations pour la détermination
de la plus-value imposable ou de la moins-value déductible.
Il s’agit notamment :
* des revenus provenant d’opérations agricoles si elles constituent une simple extension de
l’activité industrielle ou commerciale ;
Ils sont constitués par les plus-values de cession des éléments de l’actif.
Les plus-values réalisées par des entreprises sont imposées du fait qu’ils sont inclus dans le
bénéfice global de l’entreprise. Ce principe connaît une série d’exceptions.
Le régime d’imposition s’applique à toutes les formes de cessions à titre onéreux : vente,
apport, échange, expropriation. La plus-value imposable est égale à la différence entre le prix de
cession et la valeur comptable nette qui est constituée par le prix de revient diminué des
amortissements pratiqués et fiscalement déduits. Il s’ensuit que lorsque l’amortissement d’un bien
n’est pas fiscalement déductible, le législateur n’entend pas permettre la déduction de cet
amortissement pour la détermination de la valeur comptable nette lors de la vente du bien en
question. Ainsi pour les résidences secondaires, bateaux de plaisance et avions mis à la disposition
des dirigeants ou employés ainsi que pour les voitures de tourisme dont la puissance fiscale dépasse
9 chevaux vapeurs, le prix de vente constitue la plus-value puisque aucun amortissement n’est admis
à ce titre.
Il est à préciser que seules les plus-values professionnelles sont considérées comme des
bénéfices industriels et commerciaux. Les plus-values non professionnelles réalisées par les
particuliers dans la gestion de leur patrimoine privé sont traitées comme un revenu pouvant relever
de l’une des catégories de revenus, tel est le cas de la plus-value provenant de la cession
d’immeubles qui doit être soumise à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers.
Certaines plus-values ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu, elles donnent lieu à
déduction du bénéfice imposable.
33
- La première exception : Elle concerne les plus-values de réévaluation légale réalisées à
l’occasion de la cession des éléments de l’actif ayant fait l’objet d’une réévaluation légale, et ce à
concurrence de la plus-value de réévaluation dégagée.
Les parts des fonds d’amorçage et les parts des fonds communs de placement à risque
qui emploient leurs actifs dans la souscription aux parts de fonds d’amorçage susvisés
conformément à la législation les régissant ;
Les parts des fonds communs de placement à risque souscrites dans le cadre du
paragraphe II de l’article 77 du code de l’IRPP et de l’IS (emploi des fonds) lorsque la
cession ou la rétrocession a lieu après l’expiration de la cinquième année suivant celle
de la libération des parts, et ce, dans la limite de 50% de la plus-value réalisée;
Les parts des fonds communs de placement à risque souscrites dans le cadre du
paragraphe IV de l’article 77 du code de l’IRPP et de l’IS (engagement d’emploi des
fonds dans un délai de 2 ans).
- La cinquième exception :
- La sixième exception :
- La septième exception :
Cette exception prévoit l’application des dispositions prévues de l’article 49 décies du code de
l’IRPP et de l’IS en matière de plus-value provenant des fusions aux opérations de participation par
apport d’entreprises individuelles au capital des sociétés soumises à l’IS.
34
Ainsi, pour la détermination du bénéfice imposable, est admise en déduction, la plus-value
d’apport par une entreprise individuelle au capital d’une société soumise à l’IS de ses éléments
d’actif autres que les marchandises et valeurs faisant l’objet de l’exploitation.
Toutefois, la plus-value déduite est réintégrée aux résultats imposables de la société ayant
reçu ces éléments dans la limite de 50% de son montant, et ce, à raison d’un cinquième par année à
compter de l’année d’apport.
Dans le cas de cession de ces éléments avant l’expiration de la 5 ème année à compter de l’année
de l’apport, la fraction de la plus-value non encore imposée est réintégrée aux résultats de l’année de
la cession.
Les réintégrations ne sont pas applicables dans le cas où les plus-values réalisées par
l’entreprise apporteuse sont déductibles ou exonérées de l’impôt en vertu de la législation en
vigueur
- L’entreprise individuelle doit être soumise à l’impôt sur le revenu selon le régime réel et les
actifs objets de l’apport doivent être inscrits à l’actif du bilan à la date de l’apport.
- La société bénéficiaire de l’apport doit poursuivre l’exploitation de l’entreprise objet de
l’apport pendant une période de 3 ans au moins à compter du premier janvier de l’année qui suit
celle de l’apport. Le non-respect de cette condition entraîne le paiement par le bénéficiaire de la
déduction de l’impôt non acquitté conformément aux dispositions de ce paragraphe majoré des
pénalités de retard exigibles conformément à la législation en vigueur.
Dans le cas où cette condition n’est plus respectée, l’entreprise bénéficiaire de la déduction est
tenue de payer l’impôt non supporté majoré des pénalités de retard. Toutefois, la déchéance ne
s’applique pas dans la mesure où le non-respect de la condition est du à des motifs extérieures à la
volonté de l’apporteur. Les motifs d’arrêt de l’activité non imputables à l’entreprise sont fixés par le
décret n° 2007-1266 du 21 mai 2007.
Obligations
En se référant à la norme comptable n° 42 relative à la comptabilité simplifiée, la
tenue d’une comptabilité simplifiée s’appuie sur des pièces justificatives et comporte:
a) la tenue des livres comptables suivants :
- un journal général, et
- un livre d’inventaire.
b) l’élaboration et la présentation d’un état de résultat simplifié et d’un bilan
simplifié.
35
Le résultat net est déterminé dans les mêmes conditions que celles des entreprises
soumises au régime réel.
Sont soumises à l'impôt sur le revenu selon le régime forfaitaire d'imposition, les
entreprises individuelles qui réalisent des revenus de la catégorie des bénéfices industriels et
commerciaux dans le cadre d’un établissement unique, lorsqu'il s'agit d'entreprises :
- Non importatrices,
- Non rémunérées par des commissions, à l'exception des distributeurs agréés
des opérateurs de réseaux de télécommunications
- Ne fabricant pas de produits à base d'alcool,
- N'exerçant pas l'activité de commerce de gros,
- Ne possédant pas plus d'un véhicule de transport en commun de personnes ou
de transport de marchandises dont la charge utile ne dépasse pas 3 tonnes et demi,
- Dont les exploitants ne réalisent pas des revenus de la catégorie des bénéfices
des professions non commerciales,
- Non soumises à la taxe sur la valeur ajoutée selon le régime réel,
- N’ayant pas été soumises à l'impôt sur le revenu des personnes physiques selon
le régime réel suite à une vérification fiscale,
- Dont le chiffre d'affaires annuel n’excède pas 100 mille dinars
Ce régime est accordé pour une période de 4 ans à partir de la date de dépôt de la
déclaration d'existence. Il est renouvelable en cas de présentation des données justifiant
l'éligibilité au régime forfaitaire.
La période de 4 ans susmentionnée ne s’applique pas aux entreprises implantées en
dehors des zones communales conformément aux limites territoriales des communes en
vigueur avant le 1er janvier 2015. (Disposition ajoutée par l’article 42 de la loi n°2019-78
du 23 décembre 2019 portant loi de finances pour l’année 2020)
Dans le cas où l’entreprise exerce plus d’une activité, le chiffre d’affaires global de
toutes les activités ne doit pas dépasser 100 mille dinars sans que le chiffre d’affaires
provenant des activités de services ne dépasse 50 mille dinars.
Tarif de l'impôt forfaitaire
Le code de l’IRPP et de l'IS a fixé le montant de l'impôt forfaitaire comme suit:
- 100 D par an pour les pour les personnes implantées en dehors des zones
communales et 200 D par an pour les personnes implantées dans les autres zones et ce,
lorsque leurs chiffres d'affaires est inférieur ou égal à 10 mille dinars.
- 3% pour le chiffre d'affaires supérieur à 10.000 D et inférieur à 100.000 D.
Cet impôt est majoré de 50% lorsque la déclaration est déposée après 30 jours de la date
limite de dépôt de déclaration.
Exemple : Pour une entreprise individuelle implantée dans une zone communale qui réalise un
chiffre d’affaires annuel de 80.000D, l’impôt forfaitaire est déterminé comme suit :
- Pour le chiffre d’affaires entre 10 mille dinars et 100 mille dinars: 70.000D x 3% = 2.100 dinars
36
Cas particulier : Cession du fonds de commerce par les forfaitaires
Les personnes bénéficiaires du régime forfaitaire sont soumises à l’impôt selon le
barème de l'IRPP applicable pour toutes les personnes physiques, lorsqu'elles procèdent à la
cession du fonds de commerce objet de leur exploitation.
L’assiette imposable de l’année de la cession du fonds de commerce est égale à la
différence entre les recettes brutes réalisées au cours de l’année de la cession et les dépenses
engagées au cours de la même année majorée de la plus-value de cession du fonds de
commerce.
Les forfaitaires dans ce cas peuvent, pour la détermination de leur revenu global
imposable, se prévaloir de toutes les déductions communes autres que celles nécessitant la
tenue d’une comptabilité.
1) Définition
Sont classés dans cette catégorie les bénéfices des professions libérales, des titulaires
des charges et office ainsi que les bénéfices des occupations non commerciales à but lucratif.
37
2) Détermination du bénéfice net
Les recettes brutes désignent les encaissements définitifs ou même à titre d’avances, en
espèces ou en nature, ainsi que, toute remise d’un chèque ou d’un effet de commerce, de
biens, de droits ou de valeurs en échange des services rendus.
38
Terrains, à l’exclusion des terrains agricoles situés dans les zones agricoles
cédés au profit de personnes autres que les promoteurs immobiliers et au profit
de personnes qui s’engagent dans le contrat de cession de ne pas réserver le
terrain objet de la cession à la construction avant l’expiration d’une période de 4
ans à partir de la date de cession. L’acquéreur est tenu de payer l’impôt dû à ce
titre en cas de non-respect de l'engagement susmentionné.
Par conséquent, sont exclues les dépenses en capital amortissables (tels que les dépenses
de démolition ou d’installation de nouveaux équipements (ascenseurs, gaz naturel, réseaux,
etc…) qui ont pour but d’augmenter notablement la valeur de l’immeuble, et par conséquent
les avantages économiques futurs, et dont la charge est couverte par le forfait de déduction de
20%
Le prix de cession pris en considération est le prix déclaré dans l’acte, la valeur
vénale (en cas de vérification fiscale), ou le prix arrêté par l’expert du domaine de
l’Etat pour les ventes des terres domaniales ayant perdu leur vocation agricole. En cas
d’échange, de donation ou d’apport en société, la valeur à prendre en considération est
celle stipulée dans l’acte ou à défaut la valeur réelle.
Le prix de revient désigne aussi le prix d’acquisition ou de construction supporté y
compris les frais accessoires (honoraires payés à l’avocat, à l’architecte, au
topographe et les commissions versées aux courtiers ainsi que les droits
d’enregistrement et les intérêts bancaires). Lorsqu’il s’agit de biens hérités, ou
reçus en donation ou en échange, le prix de revient désigne la valeur déclarée dans
l’acte.
Les impenses désignent les dépenses justifiées faites pour l’entretien de l’immeuble
tel que les dépenses d’aménagement, d’extension, des grosses réparations, ainsi que
les frais qui peuvent augmenter notoirement la valeur du bien, à l’exclusion des frais
pour dépenses ordinaires.
La déduction forfaitaire de 10% par année de détention constitue une actualisation
du coût de revient de l’immeuble qui commence à courir à partir de la date du contrat
d’acquisition ou de la date d’entrée en possession effective du bien et à partir de la
date d’achèvement des travaux, pour les impenses et jusqu’à la date de cession
N.B :
Lorsqu’il s’agit d’une cession d’immeuble par lots à intervalles de temps séparés la plus-value est égale à :
Plus-value = Prix de cession - (Prix de revient actualisé x superficie de l’immeuble cédé / superficie globale
de l’immeuble)
b) Les opérations non imposables au titre de la plus-value immobilière :
L'impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value immobilière ne s'applique pas aux
plus-values de cessions réalisées sur les biens susvisés lorsqu'il s’agit d’une :
1- cession pour cause d'utilité publique
2- cession au profit du conjoint ou aux parents en ligne directe (ascendants et
descendants)
3- de la première cession d’un seul local à usage d'habitation dans la limite d’une
superficie globale ne dépassant pas 1000 m2 y compris les dépendances bâties et non bâties.
4- cession de terrains au bénéficiaire du droit de "priorité" d'achat à l'intérieur des
périmètres de réserves foncières créées conformément aux dispositions de du code de
l'aménagement du territoire.
5- cession des terrains agricoles lorsque :
Les acquéreurs sont des personnes autres que des promoteurs
immobiliers
Et
Les acquéreurs s'engagent dans le contrat de cession de ne pas réserver le
terrain objet de la cession à la construction avant l'expiration d'une
période de 4 ans à partir de la date d'acquisition.
40
Cas particulier des terres d'origine domaniale autres que celles acquises
par voie d’échange ayant perdu leur vocation agricole
A ce niveau, il y a lieu de signaler que la reprise des terres attribuées dans le cadre de la
loi de 1970 peut être exercée dans deux hypothèses :
* Les terres domaniales sont encore dans la période de contrôle prévue par les
contrats de cession de ces terres et fixée, suivant la date de cession et selon la législation
y relative, à 5, 10 ou 20 ans selon la date du contrat de cession.
* Les terres domaniales ont perdu leur vocation agricole par suite de l’extension
des zones municipales ou la création de zones urbaines au profit des agences foncières
industrielles, touristiques ou de l’habitat et pour lesquelles l’État conserve la
possibilité d’exercer son droit de reprise dans le cadre des dispositions de l’article 12
bis du décret n° 80-1160 du 15 septembre 1980 et ce dans un délai de 20 ans à partir de
la date du contrat d’attribution de ces terres.
Dans le cas où la terre domaniale satisfait aux conditions de cession, les attributaires
peuvent procéder à la déclaration de la plus-value dégagée, compte tenu de la valeur fixée par
l’expert du domaine dans un premier temps et obtenir ainsi la main levée nécessaire à la
finalisation des conditions de cession et dans un deuxième temps sur la base du prix réel de
cession lors de la réalisation effective de la cession.
41
- Traitements et salaires : Les traitements sont les rémunérations payées par l’Etat ou
les collectivités publiques locales aux fonctionnaires nommés par un acte administratif. Les
salaires sont les rémunérations payées par un employeur à ses employés en application d’un
contrat de travail.
Le §1 de l'article 42 de la loi n°2010- 58 du 17 décembre 2010 portant loi de finances
pour l’année 2011, en complétant les dispositions de l’article 25 du code de l’impôt sur le
revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés, a prévu le classement des
rémunérations, des primes et des autres avantages accordés aux gérants des sociétés à
responsabilité limitée parmi les traitements et salaires. Ainsi, ces rémunérations sont
désormais soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements, salaires, pensions
et rentes viagères.
Les traitements, salaires, émoluments, indemnités et autres avantages s’y rattachant y
compris les avantages en nature peuvent prendre les formes les plus diverses et recevoir les
appellations les plus variées, ils peuvent prendre la forme d’appointements, d’indemnités de
toute nature, de primes de toute nature, d’heures supplémentaires, de gratifications de toute
nature, de pourboires des garçons de café ou de restaurant, d’avantages en nature.
– Les pensions : Les pensions sont des allocations périodiques qui ne représentent pas
la rémunération de services actuels mais de services passés.
Les pensions peuvent être servies en raison d’une décision de justice, c’est le cas, à titre
d’exemple, des obligations alimentaires entre époux ou entre parents en ligne directe.
- Les rentes viagères : Les rentes viagères sont des versements périodiques effectués au
profit du bénéficiaire, jusqu’à son décès et ce, en exécution d’un engagement contractuel ou
d’une décision judiciaire.
2 - Le revenu brut
Le revenu brut est constitué par les traitements, salaires, émoluments, indemnités et
autres avantages s’y rattachant y compris les avantages en nature. Il est à noter que si le
législateur a défini les règles d’évaluation des avantages en nature, il est resté muet quant à la
définition des éléments de la base brute.
42
Il est à noter que dans le cas où les bons d’essence sont servis sans contingentement, il y
a lieu de les soumettre sur la base de la valeur du quota servi au personnel de l'Etat occupant
une fonction similaire.
– Les exceptions : Les exceptions concernent l'avantage en nature attribué sous forme
de logement et sous forme de voitures de fonction utilisées par les salariés à des fins
personnelles.
Le logement appartenant à l’employeur occupé par une personne bénéficiant
statutairement d’une indemnité de logement sans que celle-ci lui soit servie doit être évalué au
montant de l’indemnité que l’intéressé devrait percevoir s’il n’occupe pas le logement. Il en
est de même de la voiture automobile appartenant à l’entreprise et utilisée par le salarié
bénéficiant statutairement d’une indemnité de transport à des fins personnelles, elle est
évaluée au montant de l’indemnité que l’intéressé devrait percevoir s’il ne dispose pas de la
voiture.
Il est à noter que dans le cas où l’une des deux conditions énoncées n’est pas remplie, en
l’occurrence, le logement ou la voiture ne sont pas la propriété de l’employeur mais sont pris
en location ou encore le salarié ne bénéficie pas statutairement d’une indemnité de logement
ou de transport, le logement ou la voiture sont évalués pour leur valeur réelle.
Pour le personnel du secteur privé et en l'absence d'indemnité servant de référence pour
l'évaluation des avantages, l'équivalent en indemnité imposable au titre des voitures de
fonction ou de service est déterminé par référence à l'indemnité servie à leurs homologues
dans la fonction publique. L'assimilation par rapport au personnel de l'Etat doit être faite sur la
base du tableau de concordance.
Exemple : Un directeur technique occupe un logement propriété de son employeur,
celui-ci peut prétendre statutairement à une indemnité de logement de 150,000D par mois au
cas où il n'aurait pas disposé d'un logement.
La valeur de cet avantage à retenir pour ce salarié est constituée par le montant de
l'indemnité de logement de 150D par mois et ce quelle que soit la valeur locative réelle du
logement qu'il occupe.
Il est à préciser à ce niveau que certains avantages en nature ne sont pas imposables
lorsqu'ils sont octroyés par nécessité de service. Il s’agit :
a- Du logement mis à la disposition de l'employé par l'employeur suite à une obligation
de présence sur les lieux du travail. C’est le cas des logements mis à la disposition des
chefs de stations de transmission des P.T.T, des receveurs des finances ,……
a- Des uniformes de travail
b- De tous autres avantages prélevés sur le fonds social, les bénéfices et les réserves
ayant déjà supporté l'impôt c’est le cas des tickets de restaurants ;
c- Des remboursements de frais
3- le revenu net
a) En ce qui concerne les traitements et les salaires :
Le revenu net imposable de cette catégorie est déterminé comme suit :
+ Montant brut des éléments du revenu y compris les avantages en nature
- Montant des retenues obligatoires effectuées par l’employeur en vue de la
couverture des régimes obligatoires de sécurité sociale ou de la constitution de
rentes, de pensions de retraite.
- Les frais professionnels fixés forfaitairement à 10% du reliquat net des retenues
sociales obligatoires avec un maximum de 2.000 D par an
N.B :
43
-Les cotisations complémentaires supportées par l’employé sont déductibles lorsqu’elles concourent à
la formation de pensions imposables ultérieurement.
- Il est à noter que les versements volontaires effectués par le contribuable ne sont pas admis en
déduction.
Ainsi dans le cas particulier des cotisations au régime de l'assurance-groupe, la doctrine
administrative considère que selon les dispositions de l'article 26 du code de l'impôt sur le revenu des
personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés, seules les retenues à caractère obligatoire sont
admises en déduction. L'adhésion au régime de l'assurance - groupe étant facultative, c'est à dire qui
dépend de la seule volonté de l'assuré, les retenues ou à ce titre ne sont pas déductibles de l'assiette
imposable et supportent la retenue à la source. Toutefois, dans le cas où l’adhésion au régime de
l'assurance - groupe est obligatoire en vertu d’une convention collective ou privée cette position
devrait être écartée.
c) Revenus exonérés
Sont exonérées d’impôt :
1- Les rentes viagères reçues en exécution des contrats d’assurance-vie
2- Les rentes viagères et allocations temporaires servies aux victimes d’accident de
travail ou aux ayants droit.
3- Les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu d’un
jugement pour la réparation d’un préjudice corporel. C’est le cas par exemple d’une rente
servie suite à un accident automobile.
4- Les allocations, indemnités et prestations servies sous quelle que forme que ce soit
en application de la législation relative à l’assistance, à l’assurance et à la sécurité sociale.
5- La gratification de fin de service :
L'exonération porte sur l’indemnité de licenciement servie conformément au code du
travail soit dans la limite de trois mois de salaire.
Toutefois dans le cas où les conventions collectives ou particulières, ou dans le cas où la
commission de contrôle de licenciement ou l’inspection de travail fixent une indemnité de
licenciement à un montant excédant trois mois de salaires, tout le montant ainsi fixé sera
exonéré de l’impôt.
6- Les rémunérations servies par les Etats étrangers au profit du personnel détaché
auprès du gouvernement tunisien dans le cadre de la coopération technique.
7- L'indemnité d'expatriation, des émoluments et autres avantages payés en contre partie
des services effectivement effectués à l’étranger et portant sur des études techniques,
économiques, sociales ou environnementales ; d'assistance technique, ou sur des travaux de
construction, de montage, de surveillance ou de maintenance s’y rattachant à condition que
l’employeur soit domicilié ou établi en Tunisie.
8- les primes accordées par l’employeur en plus de l’indemnité versée par l’Etat au
titulaire des contrats CIVP (contrat d’insertion à la vie professionnelles).
9- La cotisation des employeurs aux contrats collectifs d’assurance vie répondant aux
conditions prévues à l’article 39 du code de l’IR et de l’IS.
10- La valeur de l’avantage octroyé par les entreprises bénéficiaires des avantages du
développement régional aux ouvriers pour se déplacer du et au lieu du travail.
44
ET LES REVENUS DE CAPITAUX MOBILIERS (RCM)
1) Définition : Cette catégorie englobe tous les produits des titres de capital (actions,
parts sociales, etc…) à savoir tous les bénéfices distribués par les personnes morales passibles
de l’impôt sur les sociétés et ce, que les distributions soient officielles ou occultes ainsi que
les plus-values de cession des titres considérés.
- Les rémunérations et les primes attribuées aux membres des conseils , des directoires
et des comités des sociétés anonymes et des sociétés en commandite par action en leur
dite qualité.
- Les bénéfices réalisés par les établissements tunisiens des sociétés étrangères (parce
qu’ils sont présumés être distribués aux associés non domiciliés en Tunisie)
➔ Les bénéfices et réserves cumulés incorporés au capital depuis moins de 5 ans par
une entreprise dans la mesure où cette dernière cesse d’être soumise à l’IS. Ces bénéfices et
réserves sont réputés distribués aux associés en proportion de leurs droits.
45
- le remboursement des apports en cas de réduction de capital;
- la distribution de la prime d’émission à ceux qui en ont fait apport;
- le remboursement en cas de liquidation de société :
N.B :
La plus-value de cession des titres est imposable à l’IR au taux de 10% de leur montant (après
abattement de 10.000 D), et non suivant le barème de l’IRPP.
46
1) Définition :
Sont considérés comme revenus de capitaux mobiliers
1 - les intérêts, les arrérages, les lots et primes de remboursement et autres produits des
obligations, effets publics et autres titres d’emprunt négociables émis par l’Etat, les
collectivités publiques locales, les établissements publics les associations de toute nature et les
sociétés civiles et commerciales,
2 - les intérêts des créances,
3 - les intérêts et les revenus des dépôts des sommes d’argent,
4 - les intérêts et les rémunérations des cautionnements,
5 – les produits des comptes courants,
6 – les revenus des parts et le boni de liquidation du fonds commun de créances prévu
par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2003 portant promulgation du code des organismes de
placement collectif,
7 – le bénéfice net des sukuks islamiques (La loi n°2013-30 du 30 juillet 2013) et leurs
revenus ainsi que les produits de liquidation du fonds commun des sukuk prévu par la
législation les régissant.
Les sukuk sont des titres négociables qui représentent des parts communes à valeur
égale dans la propriété de biens, d’usufruit, de services, de droits, existants ou qui seront créés
ou un mélange de biens, d’usufruit, de services, de monnaies et créances du produit de la
souscription. Ils sont émis dans le cadre d’un contrat conformément aux normes charaïques et
sur la base du principe de partage de profits et de pertes. (Article premier)
2) Détermination du revenu net
Le revenu net est constitué par le montant brut des intérêts et autres produits et
avantages que le créancier perçoit au cours de l’année précédant celle de l'imposition.
Brut = Net
3) Les revenus de capitaux mobiliers exonérés
Les revenus de capitaux mobiliers exonérés de l’impôt sur le revenu sont constitués des :
- Intérêts des comptes spéciaux d’épargne ouverts auprès des banques ou de la
CENT ou les intérêts des emprunts obligataires publics et privés, dans la limite de
5.000 dinars par an et sans que les intérêts provenant des comptes spéciaux
d’épargne ne dépasse la limite de 3.000 dinars par an et par contribuable
- Intérêts produits par les comptes d’épargne pour investissement dans la limite de
4.000 dinars par an.
- Intérêts des dépôts et de titres en devises ou en dinars convertibles
- Intérêts des comptes d’épargne logement (comptes épargne BH) établi
conformément à un modèle agrée par le ministère des finances.
- Intérêts des comptes courants ouverts entre industriels, commerçants et exploitants
agricoles se rattachant exclusivement à la profession
- Intérêts produits par dépôts dans les comptes d’épargne-études, ouverts par les
parents au profit de leurs enfants, l’exonération est accordée dans la limite
d’une épargne de 5000 dinars par enfant et par an.
47
SECTION VI - BÉNÉFICES DES EXPLOITATIONS AGRICOLES OU DE PÊCHE
1) Définition :
Les bénéfices des exploitations agricoles ou de pêche désignent :
Les bénéfices de l’exploitation des biens ruraux réalisés directement par les
propriétaires ou les métayers. L’exploitation directe des biens ruraux peut s’effectuer
en faisant recours à du personnel salarié, ou dans le cadre de fermage (seul le revenu
du fermier est considéré comme revenu agricole tandis que le revenu du propriétaire
est un revenu foncier), ou de métayage (le propriétaire et le métayer sont considérés
tous les deux agriculteurs et par conséquent leurs revenus relèvent de la catégorie
des revenus agricoles).
N.B :
-Le fermage est une opération par laquelle le propriétaire concède à un fermier le
droit d’exploitation d’un bien rural en contre partie dune rémunération en espèce ou
en nature.
-Le métayage est opération par laquelle le propriétaire met à la disposition d’une
tierce personne le bien rural en vue d’en partager la production dans des conditions
fixées à l’avance.
N.B :
-Il a été retenu que la mécanisation poussée avec l’utilisation des moyens humains et matériels, lors de
la transformation des produits agricoles, est considérée comme relevant de la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux et non des bénéfices agricoles.
-Il a été retenu que la vente en l’état de produits agricoles dans des circuits habituels (marchés de gros,
transformateurs, etc..) est considérée comme opération relevant de la catégorie des bénéfices
agricoles. Par contre, la vente dans le cadre d’installation commerciale permanente des mêmes
produits est considérée comme relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et
non des bénéfices agricoles.
2-a) Selon le régime réel sur la base d’une comptabilité (articles 10 à 20)
Dans les mêmes conditions que les bénéfices industriels et commerciaux soumis au
régime réel.
48
2-b) Selon le régime des recettes-dépenses
Le résultat net est égal dans ce cas à la différence entre les recettes réalisées au cours de
l’année précédant celle de l’imposition et les dépenses engagées pour la réalisation de ces
dépenses en tenant compte du jeu des stocks.
Les recettes réalisées au cours d’une année désignent les encaissements à titre définitif,
ou même les avances et les arriérés se rapportant à n’importe quelle année.
Par contre, les dépenses engagées désignent toutes les dépenses payées et nécessitées
par l’exploitation quelle que soit l’année de leur engagement, tels que les frais de personnel,
de labour, de semences, d’engrais, etc…Elles sont exclues en conséquence, les dépenses en
capital tels que l’achat des équipements.
Le jeu des stocks, qui doivent être évalués au prix de revient, vient corriger le résultat
net imposable parce que le stock initial est le fruit d’un ensemble de dépenses engagées
l’année précédente et le stock final fait partie de la production de l’année engendrée par les
dépenses de la même année.
N.B :
Selon la doctrine administrative, ce mode de détermination du revenu net agricole n’implique pas la tenue
d’une comptabilité, mais tout simplement l’existence des pièces justifiant les recettes et les dépenses
d’exploitation.
2-c) Selon une monographie: barème qui fixe le revenu net par élément
d'exploitation
Pour certaines cultures exposées aux risques climatiques (olives, agrumes, céréales,
vignes), le revenu net est déterminé sur la base d’une monographie annuelle établie par une
commission technique composée de membres de l’administration fiscale et des experts du
domaine par nature de spéculation et par région et publiée par l’Administration fiscale sous
forme de notes communes.
Le revenu net est déterminé par unité de production : par hectare d’exploitation, ou par
pied d’olivier pour l’oléiculture par exemple.
- Les revenus de source étrangère n'ayant pas été soumis à l'impôt dans le pays de la
d'origine. Ces revenus sont considérés "autres revenus quel que soit sa catégorie
dans le pays de la source (BIC, RF, RCM….)
- Les revenus réalisés des jeux de pari, de hasard et de loterie;
- L’enrichissement injustifié des personnes autres que celle réalisant des revenus
dans les catégories BIC, BNC ou des bénéfices de l'exploitation agricole ou de
pêche. Dans ces trois derniers cas, l'enrichissement injustifié est considéré comme
étant un revenu non déclaré provenant de l'activité.
49
Une exception est prévue à cet égard, elle concerne les traitements salaires pensions et
rentes viagères de source étrangère, ceux-ci sont déterminés conformément aux dispositions
de l’article 26 du code de l’IRPP et de l’IS (voir chapitre : traitements & salaires).
.
SECTION II - LES REVENUS EXONÉRÉS
Les revenus exonérés sont expressément énumérés par l’article 38 du code de l’IRPP et de l’IS.
- Les rentes viagères et allocations temporaires servies aux victimes d’accidents du travail
- Les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu d’un
jugement pour la réparation d’un préjudice corporel.
- Les traitements, salaires et indemnités servis par les Etats étrangers au profit du personnel
détaché auprès du gouvernement Tunisien dans le cadre de la coopération technique.
- Les allocations, indemnités et prestations servies, sous quelle que forme que ce soit en
application de la législation relative à l’assistance, à l’assurance et à la sécurité sociale : c’est le cas
notamment des allocations familiales, du salaire unique, des pensions temporaires d’orphelins, des
allocations versées aux infirmes.
– La gratification de fin de service d ans les limites fixées dans le cadre de la législation régissant le
travail (3 mois) ou dans les limites des montants fixés dans le cadre des opérations de licenciement
de salariés pour des raisons économiques et approuvées par la commission de contrôle des
licenciements ou par l’inspection travail ou fixées dans le cadre des décisions de la commission
d’assainissement et de restructuration des entreprises à participations publiques.
- Les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l’emploi
supportés par les salariés dans le cadre de l’exercice de leur activité dans la mesure où elles
sont justifiées. (frais de mission, transport, restauration….)
- Les intérêts de l’épargne logement servis aux titulaires de contrats d’épargne logement
- Les intérêts des dépôts et des titres en devises ou en dinars convertibles
- Les intérêts des comptes courants ouverts entre industriels, commerçants ou exploitants
agricoles à la condition que les opérations inscrites au compte courant se rattachent
exclusivement à la profession
- l’indemnité d’expatriation, émoluments, indemnités et autres avantages perçus par les
salaries au titre de leur activité a l’étranger a condition que l’employeur soit domicilié ou
établi en Tunisie et que l’activité se rapporte aux études techniques ou économiques ou
sociales ou environnementales ou à l’assistance sociale ou encore aux travaux de
constructions de montage ou opérations de maintenance ou activités de surveillance s’y
rattachant
- Les intérêts des comptes d’épargne pour les études, ouverts auprès des banques par les
parents au profit de leurs enfants
– les cotisations payées par les employeurs dans le cadre des contrats collectifs d’assurance
vie.
50
- Les intérêts des comptes « épargne pour l’investissement » et ce, dans la limite de 2.000 dinars
par an.
Les actions cotées à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis souscrites ou acquises
avant le 1er janvier 2011 ou les actions dans le cadre d’une opération d’introduction à la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis;
Les actions cotées à la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis souscrites ou acquises
à partir du 1er janvier 2011 lorsque leur cession ou rétrocession a lieu après l’expiration de
l’année suivant celle de leur souscription ou de leur acquisition;
Les actions des sociétés d’investissement à capital variable et les parts des fonds commun de
placement en valeurs mobilières prévus par l’article 10 du code des organismes de
placement collectifs promulgué par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2001;
Les parts des fonds d’amorçage prévus par la loi n°2005-58 du 18 juillet 2005 et les parts des
fonds communs de placement à risque prévus par l’article 22 ter du code des organismes de
placement collectifs promulgué par la loi n°2001-83 du 24 juillet 2001 qui emploient leurs
actifs dans la souscription aux parts de fonds d’amorçage susvisés conformément à la
législation les régissant;
les actions et les parts sociales cédées ou rétrocédées pour le compte des tiers personnes
physiques, par les sociétés d’investissement à capital risque souscrites ou acquises dans le
cadre du paragraphe I de l’article 39 septies du présent code ainsi que les parts des fonds
communs de placement à risque souscrites dans le cadre du paragraphe II du même article
lorsque la cession ou la rétrocession a lieu après l’expiration de la cinquième année suivant
celle de la souscription aux actions, aux parts sociales ou aux parts ou de leur acquisition, et
ce, dans la limite de 50% de la plus value réalisée;
les actions et les parts sociales cédées ou rétrocédées pour le compte des tiers personnes
physiques, par les sociétés d’investissement à capital risque souscrites ou acquises dans le
cadre du paragraphe III de l’article 39 septies du présent code et les parts des fonds
communs de placement à risque souscrites dans le cadre du paragraphe IV du même article;
les actions, les parts sociales objet d’apport au capital de la société mère ou de la société
holding sous réserve de l’engagement de la société mère ou de la société holding
d’introduire ses actions à la bourse des valeurs mobilières de Tunis dans un délai ne
dépassant pas la fin de l’année suivant celle de l’exonération. Ce délai est prorogé d’une
seule année par arrêté du Ministre des Finances sur la base d’un rapport motivé du conseil
du marché financier.
– La plus- value de cession d’actions ou de parts sociales, dans la limite de 10.000 dinars par an.
- Les revenus provenant de la location de terres agricoles réservées aux grandes cultures objet de
contrats de locations conclus pour une période au moins égale à trois années.
– Les primes accordées dans le cadre des interventions du fonds national de l’emploi et les
primes accordées par les entreprises dans le même cadre
- Les revenus provenant exclusivement des salaires ne dépassant pas après abattements
5.000D.
- La valeur de l’avantage octroyé aux ouvriers en contrepartie des services de transport du et
au lieu du travail par les entreprises implantées dans les zones de développement régional
qui exercent des activités non exclues du bénéfice des avantages du développement
régional telles que fixées par la législation en vigueur.
51
– Les pensions mentionnées au décret-loi n° 2011-97 du 24 octobre 2011 portant
indemnisation des martyrs et blessés de la révolution de la liberté et de la dignité : 17
décembre 2010 – 14 janvier 2011.
- les sommes provenant des jeux de paris mutuels sur les courses de chevaux et des concours de
pronostics sportifs organisés par les établissements publics conformément à la législation les
régissant.
Il s’agit des arrérages payés au titre de rentes constituées à titre obligatoire et gratuit. Le
contribuable doit justifier de l’existence de l’acte l’obligeant au versement de ces arrérages et de leur
payement effectif.
2 - Déduction au titre des primes ou cotisations afférentes aux contrats d’assurance dont
l’exécution dépend de la durée de la vie humaine et ce dans la limite de 10.000 D par an :
- Garantie d'un capital ou d’une rente au profit de l'assuré, de son conjoint, de ses ascendants
ou descendants d'une durée effective au moins égale à huit ans ;
- Garantie des unités de compte au profit de l'assuré de son conjoint, de ses ascendants ou
descendants servies après une durée minimale qui ne doit pas être inférieure à huit ans ;
- Garantie d'un capital ou d’une rente en cas de décès au profit du conjoint, des ascendants ou
des descendants.
3 – Déduction des sommes payées au titre du remboursement des prêts universitaires en
principal et en intérêts.
4 - Déduction des intérêts payés au titre des prêts relatifs à l'acquisition ou à la construction
d'une seule habitation dont le cout hors TVA ne dépasse pas 200.000 D. cette déduction est
applicable aussi pour la marge de bénéfice relative aux acquisitions financées par Murabaha.
5 - Déduction des cotisations payées par les travailleurs non-salariés affiliés à l’un des
régimes légaux de la sécurité sociale.
6 - Déduction des intérêts perçus au titre des comptes spéciaux d’épargne et au titre des
emprunts obligataires émis à partir du 1er janvier 1992 (maximum 5.000 D, sans que cette
déduction n’excède trois mille dinars (3000D) pour les intérêts provenant des comptes spéciaux
d’épargne ouverts auprès des banques et auprès de la Caisse d’Epargne Nationale de Tunisie)
Le contribuable a droit à une déduction en sa qualité de chef de famille d’un montant égal à
300 D à partir de 2019 (150 D avant 2019).
52
8 - Déduction pour enfants à charge
Le contribuable a droit à une déduction en sa qualité de chef de famille pour ses 4 premiers
enfants à charge de 100 dinars au titre de chaque enfant et ce, à partir de 2019.
(Avant 2019 la déduction est de : - 90 dinars au titre du premier enfant; - 75 dinars au titre du
deuxième enfant; - 60 dinars au titre du troisième enfant; - 45 dinars au titre du quatrième enfant.)
- 1.000 dinars par enfant poursuivant des études supérieures sans bénéfice de bourse et ayant
moins de 25 ans au 1er janvier de l’année d’imposition et ce quel que soit son rang mais dans la
limite des quatre premiers enfants à charge.
- 2.000 D par enfant infirme et ce quel que soit son âge et son rang dans l’ordre chronologique
de naissance des enfants à la charge du contribuable.
Tout contribuable a droit à une déduction au titre de chaque parent dont le revenu, augmenté
du montant de la déduction est inférieur ou égal au double salaire minimum interprofessionnel
garanti SMIG, et ce dans la limite de 5% du revenu net soumis à l’impôt avec un maximum de 450
dinars par parent à charge (150 D avant 2020).
53
Section II - Le Minimum d’impôt général :
- minimum d’impôt dû sur la base du chiffre d’affaires autre que celui provenant de
l’exportation : (700.000D - 300 000D) x 0,2% = 800D
Dans ce cas, l’impôt exigible est constitué par le minimum d’impôt de 800D du fait qu’il est
supérieur à l’impôt dû selon le barème de 150D.
Exemple : supposons qu’une personne physique célibataire exerçant une activité non commerciale a
réalisé, au titre de l’exercice 2018, un chiffre d’affaires total de 700.000D dont 300.000D provenant de
l’exportation et un bénéfice net déterminé par une comptabilité régime réel de 8.000 D.
Dans ce cas, l’impôt sur le revenu est calculé comme suit :
0 à 5000 : 0
Minimum d’IRPP = (0.2% x CA local 400.000) + (0.1% x CA export 300.000) =1.100 D > 780 D ; donc l’IRPP définitif
du = minimum = 1.100 D
54
Section III - LE Minimum d’impôt applicable aux personnes Physiques bénéficiaires
d’avantages fiscaux
Les personnes physiques bénéficiaires d’exonérations fiscales dans le cadre d’avantages
fiscaux, sont soumises dans certains cas prévus expressément par la loi, à un impôt minimum
égal à 45% de l’impôt dû sur le revenu global compte non tenu des dites exonérations.
Section IV- La détermination de l’impôt sur le revenu au titre des plus-values
immobilières :
Les plus-values immobilières ne sont pas comprises dans le revenu global soumis à
l’impôt sur le revenu. Elles sont soumises à l’impôt comme suit :
1 - Pour les plus-values immobilières ; le taux est de :
a- 15% : lorsque la cession intervient au cours de la période de cinq ans à compter de la
date de possession.
b- 10% : lorsque la cession intervient après cinq ans à compter de la date de possession.
c- 10% pour la cession de biens hérités
2 - Pour la plus-value de cession de lots de terrains ou parties de lots dont l’origine de
propriété provient de la cession, autre que par voie d’échange, de terres domaniales ayant
perdu leur vocation agricole ; le taux est de :
a- 25% : lorsque la vente est faite aux Agences Foncières Touristiques, industrielles, et
de l’habitat ou à la Société Nationale Immobilière de Tunisie ou à la société de promotion des
logements sociaux ou à des personnes qui s’engagent dans le contrat de cession à réserver les
terres objet de la cession pour l’aménagement d’une zone industrielle conformément à la
législation en vigueur, durant les cinq années qui suivent la date d’acquisition.
b- 50% : lorsque la vente est faite à d’autres personnes.
Section V- La détermination de l’impôt sur le revenu au titre des plus-values de
cession d’actions et de parts sociales.
Elles sont soumises à l’impôt sur le revenu au taux de 10%. (Après déduction de 10.000 D)
55