S4 Finances Publiques
S4 Finances Publiques
Remarque
Ces notes de cours ne peuvent en aucun cas remplacer les séances qui vous ont
été dispensées ce semestre.
Introduction
Les finances publiques (FP) désignent la science qui s’attache à l’étude des règles qui
régissent la détermination des charges et des ressources publiques et les moyens pour les
satisfaire.
A- Les FP classiques:
Nées dans le cadre de l’ État libéral, c’est à dire intervenant le moins possible dans la
vie économique « État gendarme », les finances classiques sont simplement destinées
à financer les activités essentielles de l’État (diplomatie, justice, défense et police).
L’État se contente alors d’assumer ces fonctions régaliennes, c’est-à-dire, à l’origine,
attachées à l’autorité royale :
Remarque : ces fonctions non économiques ont des répercussions sur l’activité : par exemple,
les dépenses militaires qui représentaient une part importante du budget des États avaient un
effet d’entrainement sur les industries qui y étaient liées (armement, textile, construction,
alimentation….).
Il n ya pas de raison de diminuer les dépenses des services étatiques en fonction des
résultats de la conjoncture. Il n’est que dans les périodes critiques comme les guerres
qu’elles augmentent sensiblement.
L’emprunt est très peu utilisé. Pour les classiques, il est une facilité provisoire et
risque de gêner les entreprises privées en détournant du circuit productif des capitaux
qui peuvent ensuite lui faire défaut.
selon l’orthodoxie classique, le budget de l’État doit être équilibré : Les dépenses
doivent être égales aux ressources définitivement acquises, c’est-à-dire aux impôts
effectivement perçus.
Les recettes ne doivent pas être supérieures aux dépenses car seules les dépenses à
effectuer pour les missions que l’État a obligation d’accomplir sont nécessaires.
Il s’agit en fait de ne ponctionner que les fonds qui sont indispensables. L’excédent
conduirait à des prélèvements de liquidités qui ne seraient donc plus disponibles pour
l’économie.
La théorie des classiques ne peut plus être soutenue actuellement, l’État étant devenu
interventionniste.
La première guerre mondiale touche pour la première fois, non seulement les
militaires mais tous les civils.
Le rôle économique de l’État est par ailleurs réduit du fait des privatisations
d’entreprises publiques. (Ne dispose plus de leviers d’intervention).
Ce sont les défaillances et l’imperfection du marché qui légitiment l’action de la
puissance publique dans l’économie.
l’allocation des ressources c’est-à-dire leur affectation entre les différents usages
possibles : investissements, éducation, protection de l’environnement, etc.
Le budget décrit, pour une année, l’ensemble des recettes et des dépenses budgétaires
de l’État. Ainsi la LF (loi de finance) autorise ce que le budget se borne à décrire. La
LF constitue donc un acte d’autorisation : le gouvernement est autorisé à percevoir les
recettes publiques et à mettre en œuvre les dépenses publiques.
1- La LF de l’année,
3-La loi de règlement : elle arrête le résultat financier de chaque année civile et approuve
définitivement les différences entre les résultats d’exécution tels qu’ils apparaissent et les
prévisions telles qu’elles étaient contenues dans la LF de l’année et rectifiée par les LFR. Les
dépassements constatés doivent résulter de circonstances de force majeure et être dument
justifiés.
Quatre principes ont été arrêtés pour asseoir (assister) le régime parlementaire.
A- Le principe de l’unité : « toutes les recettes et toutes les dépenses doivent être retracées
sur un compte unique, intitulé budget général ». Le budget d’une personne morale de
droit public doit être constitué d’un document unique.
B- Le principe de l’annualité : Cette règle suppose que le budget est voté chaque année.
L’exercice budgétaire peut coïncider avec l’année civile (Maroc, France, Belgique…)
ou correspondre à une autre période comme du 1 juillet au 30 juin par exemple pour
la GBR, Canada, le Danemark, …
Cependant, une application stricte de cette règle risque d’inciter les responsables de
services à consommer en fin d’année tous leurs crédits non encore utilisés, de crainte
qu’ils ne soient annulés ou que les crédits autorisés l’année suivante ne soient réduits.
Pour éviter cela des reports de crédits sont autorisés (un crédit non utilisé en fin
d’année peut être ajouté au budget de l’année suivante) mais dans certaines limites (3
% ou 5% par exemple).
- La continuité des opérations budgétaires :
Dans la comptabilité de l’exercice (ou logique des droits constatés), les recettes et les
dépenses sont imputées à la loi de finances qui les a autorisées et non à celle de
l’année au cours de laquelle elles ont été exécutées.
Dans la comptabilité de gestion (ou logique de caisse), les recettes et les dépenses
sont au contraire, enregistrées au titre de l‘année au cours de laquelle elles sont été
exécutées, quelque soit la loi de finances qui les a autorisées.
C- le principe d’universalité : le principe d’universalité impose que les montants des recettes
et des dépenses doivent apparaître dans le détail et que les recettes ne sont pas affectées à des
dépenses précises. Ce principe comporte deux règles d’application : la règle de non
contraction des recettes et des dépenses (dite aussi règle du produit brut ou de la non-
compensation) et la règle de non affectation des recettes.
1- la règle de non contraction des recettes et des dépenses : dite aussi du produit
brut ou de la non compensation impose d’inscrire le montant exact et total des
encaissements (en recettes) et des décaissements (en dépenses), y compris les
sommes dépensées pour encaisser les recettes.
Il est donc interdit de ne faire figurer dans le document budgétaire que des soldes de
compensation.
Cette règle a pour but de donner une information claire et complète des opérations
budgétaires et d’éviter que certaines dépenses ne soient dissimulées.
En pratique cette règle n’est pas parfaitement respectée, puisqu’elle ne s’applique pas à un
certains comptes spéciaux.
2- La règle de non affectation des ressources : Impose que c’est l’ensemble des dépenses
qui va assurer le financement de l’ensemble des dépenses.
Lorsque le citoyen verse de l’argent à l’État, sous quelle forme que ce soit, il ne doit
pas pouvoir connaitre à quoi la somme en question servira précisément.
D- le principe de spécialité : les dépenses sont destinées à une fin spécifique et ne peuvent être
utilisés à d’autres fins.
Tout crédit ouvert dans la loi de finances doit être explicitement affecté à une dépense
précise, à savoir un programme (ou une dotation).
La procédure budgétaire :
La préparation
Le vote
L’exécution
Le contrôle du budget
a- La préparation du Budget : le projet de loi de finances est préparé dés le début de
l’année précédant son exécution, et ce en plusieurs étapes.
Le projet de budget est presque une version légèrement retouché du projet en cours.
Les prévisions de recettes par exemple sont faites d’une manière empirique.
b- Le vote du budget : sous l’autorité de premier ministre, le ministre chargé des
finances prépare les projets de loi de finances.
La lettre de cadrage invite les ministres à élaborer leurs prévisions budgétaires pour
l’année suivante toute en fixant le montant total à budgétiser.
Les projets de budget sont souvent le résultat d’un compromis entre les crédits
demandés et les dotations proposées par le ministère des finances.
Le parlement doit être saisi 60 jours avant la fin de l’année budgétaire en cours.
a- Les ordonnateurs : ce sont des administrateurs qui prescrivent l’exécution des dépenses
et des recettes et établissent les titres qui, juridiquement, permettront au comptable de
procéder aux opérations. Il existe une classification des ordonnateurs qui distingue :
2-les ordonnateurs délégués : (membres des cabinets ministériels ou haut fonctionnaires par
exemple).
1- Les comptables directs du trésor : sont des comptables de droit commun, ils
exécutent toutes opérations de recettes et de dépenses de trésorerie du budget général
et des comptes spéciaux. ces comptables publics relèvent de la direction générale des
finances publiques.
2- les comptables de l’administration financière : sont spécialisés dans la perception
de certaines impositions : receveurs de services fiscaux (TVA, contributions
indirectes, droits d’enregistrement, de timbres…) ou des services de douanes.
3- Les comptables spécialisés : sont chargés de maniement des fonds d’un service
déterminé (surtout les comptables des budgets annexes et des établissements publics
nationaux)
Les procédures :
Avant d’être payées les dépenses sont engagées, liquidées et le cas échéant ordonnancées.
L’exécution des dépenses s’effectue en quatre temps, dont les trois premiers incombent à
l’ordonnateur.
1- L’engagement est l’acte par lequel un organisme public crée ou constate à son encontre une
obligation de laquelle résultera une charge.
acte unilatéral (nomination d’un agent, organisation d’une réception, réalisation d’une
expropriation) ou d’un contrat (passation de marché de travaux, de fournitures, etc.)
c’est dans ce cas l’acte juridique qui constitue en même temps le fais générateur de la
dette de la collectivité publique.
Il s’agit donc dans un premier temps de vérifier l’existence et la validité des droits
dont un créancier se prétend titulaire à l’encontre d’une collectivité publique.
Il doit respecter les règles de spécialité des crédits et donc imputer la dépense au bon
chapitre,
il doit par ailleurs ne pas dépasser le montant des crédits ouverts et disponibles.
L’importance et la complexité des contrôles rendent pourtant cette phase longue et les
créanciers des personnes publiques s’en trouvent pénalisés.
L’opération d’assiette consiste à déterminer la matière imposable qui doit être imputée
à chaque contribuable.
De sa part l’inspection générale des finances (IGF) contrôle les comptables et les
responsables de programmes.
Dans son rapport annuel au chef de gouvernement, elle formule des observations sur
l’exécution des lois de finances en signalant les irrégularités. Elle a une mission de
certification de la régularité, de la sincérité et de la fidélité des comptes de l’Etat. Cette
certification est annexée au projet de loi de règlement.
L’essentiel des ressources sont des recettes fiscales constituées d’impôts – directs et
indirects-
Remarque : Dans ce qui suit, on exposera les recettes fiscales, quant aux autres
recettes (voir le chapitre des données chiffrées, page 24)
Les impôts sont des contributions obligatoires, sans contrepartie directe ni but déterminé.
Les impôts directs sont prélevés directement auprès du contribuable sur son revenu ou sur
son patrimoine. On pense bien sur à l’impôt sur le revenu, l’IS, les cotisations sociales et la
taxe professionnelle.
Ils sont réglés à une date fixe par les contribuables désignés (personnes assujettis à l’impôt),
dont l’identité est connue de l’administration fiscale. Il s’agit des impôts réguliers et
permanents car ils sont assis sur des matières imposables relativement permanentes.
Pour le cas des cotisations sociales, elles sont sans contrepartie directe au sens ou les
prestations sociales reçues par les contribuables ne sont pas nécessairement
proportionnelles à leur paiement.
L’IS est assis sur les bénéfices réalisés pendant l’exercice fiscal par toutes les
entreprises de quelque nature qu’elles soient y compris les entreprises publiques. (il
remplace la TCA et l’IBP).
IR : porte sur les revenus de toutes sortes tels que les salaires, les revenus
professionnels, les produits de l’exploitation agricole, les loyers, les produits de
valeurs mobilières. Il est soumis à la déclaration sauf pour les salaires qui font l’objet
d’une déduction à la source. Il obéit à un taux progressif par tranche, après les
exonérations et les déductions légales.
La taxe professionnelle (ancienne patente) : est due par toute personne physique ou
morale marocaine ou étrangère qui exerce au Maroc à titre habituel une activité
professionnelle non salariée au premier janvier de l'année d'imposition.
Ils sont supportés par les personnes qui les paient dans les prix des biens et des services :
exemple (la TVA et la TIPP). Les impôts indirects sont occasionnels car ils portent sur des
matières imposables indéterminées et non permanentes. Les taxes et les redevances sont
perçues à l’occasion de la fourniture d’un service. Elles ont une contrepartie directe ( cette
contrepartie est proportionnelle au service rendu pour les redevances et non proportionnelle
pour les taxes )
Remarque: la taxe urbaine (ancienne taxe d’édilité incluse), la taxe sur les spectacles, les
droits d’abattage, de stationnement, de marché, de fourrière, etc. (ne sont pas inclus )
Les dépenses du budget général de l’Etat :
A la fin du 19iéme siécle Adolphe Wagner avait dégagé une loi de croissance continue
des dépenses publiques. l’élasticité des dépenses publiques par rapport au revenu
national est supérieure à l’unité. Si l’on a G, la dépense publique, ∆ G, la variation de
cette dépense publique, Y, le revenu national et ∆ Y, la variation de ce même revenu,
l’élasticité est donnée de la maniéré suivante : ∆ G/G / ∆ Y/Y ˃ 1
La mesure budgétaire ne portait que sur les mesures nouvelles à savoir les sommes
demandées afin de mettre en place de nouveaux services ou pour financer de nouveaux
investissements.
Les crédits sont désormais votés par missions et spécialisées par programmes et
dotations.
Les programmes, leur contenu est beaucoup plus resserré puisqu’il s’agit de regrouper
au sein d’une mission les crédits nécessaires pour permettre l’exécution concrète d’une
politique.
Les enveloppes ainsi attribuées sont ensuite affectées concrètement grâce à la mise en
œuvre des budgets opérationnels de programme.
Les crédits sont présentés par titres indiquant la destination des crédits même s’il ne
permet pas de comprendre en détail les futures politiques publiques menées.
Ventilées par ministère et par projet ou programme et couvrent toutes les dépenses relatives
aux études, aux constructions et aux équipements.
son solde est toujours créditeur car la réalisation des recettes est préalable aux
dépenses.
Exemple :
2-Les comptes d’adhésion aux organismes financiers internationaux qui retracent les
opérations réalisées avec les institutions financières internationales telles que le FMI,
la BAD, etc.
4-Les comptes de prêt décrivent les prêts consentis par l’Etat dans l’intérêt général
essentiellement au profit des établissements publics (ONE, ONDA, ONEP…).
5-Les comptes d’avances : qui sont en fait, des prêts à court terme consentis pour les
collectivités locales et certains offices ou entreprises nationales.
6-Les comptes de dépenses sur dotations: qui sont financées par des ressources
prédéterminées : comme le fond spécial de développement régional, fonds national
forestier, fonds de développement des collectivités locales et leurs groupements, etc.
Ces budgets sont réservés à des services publics dont le législateur a voulu individualiser la
gestion pour leur assurer une souplesse de fonctionnement. Presque tous les départements
ministériels ont leur SEGMA, à titre d’exemple:
Complexes sportifs.
Le PLF pour l’année 2015 intervient dans un contexte économique marqué par une
fragilité de la croissance au niveau international. Au niveau national, il est constaté
une amélioration des indicateurs macroéconomiques et le rétablissement progressif des
équilibres budgétaires. En effet, le déficit budgétaire est passé de 7% du PIB en
2012 à 5,2% en 2013. Il devrait se situer à 4,9% en 2014 et à 4,3% en 2015.
Le PLF pour l’année 2015 se fixe comme objectif de ramener le déficit budgétaire à
4,3% du PIB, visant ensuite à réduire progressivement le déficit budgétaire pour
atteindre 3,5% du PIB à l’horizon 2017.
Le montant total des charges s’établit à 383 118 179 000 dirhams en 2015
contre 367 201 285 000 dirhams en 2014, soit une augmentation de 4,33 %. dont :
3 002 422 000 dirhams pour les services de l'Etat gérés de manière autonome(SEGMA) ;
(1%).
63 212 808 000 dirhams pour les comptes spéciaux du Trésor (16%).
Le montant total des ressources s'établit à 347 723 471 000 dirhams en 2015 contre
335 177 260 000 dirhams en 2014, soit une augmentation de 3,74 %. Elles se
3 002 422 000 dirhams pour les services de l' État gérés de manière autonome
(SEGMA) (1%) ;
76 619 424 000 dirhams pour les comptes spéciaux du Trésor. (22%)
A- Les dépenses
Le montant des crédits ouverts au titre des dépenses de fonctionnement s'établit à 194
762 186 000 dirhams contre 199 353 163 000 dirhams pour l'année2014. soit une
diminution de 2,3 %. Dont :
a- Dépenses de personnel : elles s’élèvent à 105 509 061 000 de dirhams contre 103 700
000 000 dirhams pour l'année 2014, soit une augmentation de 1,74 %.
b- Dépenses de matériel et dépenses diverses : le montant des crédits ouverts au titre
des dépenses de matériel et dépenses diverses s’élève à 33 629 125 000 dirhams contre
30 959 163 000 dirhams pour l'année 2014 soit une augmentation de 8,62 %.
c- Charges communes-Fonctionnement : elles s'élèvent à 52 624 000 000 de dirhams
contre 62 028 000 000 de dirhams pour l'année 2014, soit une diminution de 15,16
% par rapport à 2014.Sont destinés essentiellement à couvrir les charges de
compensation des prix des denrées de base et à financer la contribution patronale de
l'Etat à la Caisse Marocaine des Retraites.
d- Dépenses imprévues et dotations provisionnelles : Le montant des crédits ouverts
au titre de ce chapitre s’élève à 3 000 millionsde dirhams couvrant: les dépenses
exceptionnelles et les dépenses imprévues pouvant apparaître en cours d'année
(Exemple: la prise en charge des dépenses relatives aux échéances électorales prévues
en 2015).
Les dépenses d'investissement : elles sont réparties entre les cinq comptes suivant :
La dette extérieure : elle s'élève globalement à 8 184 876 000 dirhams, soit une
augmentation 6,77 % par rapport à l'année 2014, se répartissent comme suit :
3 784 444 000 de dirhams pour les intérêts et commissions, soit une augmentation de
13,06 %.
Ainsi, les crédits inscrits au titre du service de la dette publique sont destinés à hauteur
de 87,97 % pour couvrir les charges de la dette interne et à hauteur de 12,03 % pour
couvrir les charges de la dette externe.
B- Les recettes :
Le montant des recettes du Budget Général s'établit à 268 101 625 000 dirhams en
2015 contre 262 330 430 000 dirhams en 2014, soit une augmentation de 2,19 %.
le produit de l‘IR s'élève à 36 540 000 000 de dirhams contre 35 137 000 000 de
dirhams en 2014, soit une augmentation de 3,99 %;
le produit de l‘IS s'élève à 42 780 000 000 de dirhams contre 39 710 000 000 de
dirhams en 2014, soit une augmentation de 7,73 %.
les recettes de la taxe sur les produits énergétiques s'élèvent à 14 350 000 000 de
dirhams contre 13 621 000 000 de dirhams en 2014, soit une augmentation de 5,35 % ;
la taxe sur les tabacs et les succédanés de tabacs manufacturés s'élève à 8 676 000 000
de dirhams ;
la taxe intérieure de consommation sur les bières s'élève à 770 000 000 de dirhams
contre 793 000 000 de dirhams en 2014 soit une diminution de 2,9 %.
Les droits de douanes : Les droits d'importation dont les recettes s'élèvent à 7 250 000
000 dirhams contre 7 700 000 000 dirhams en 2014, soit une diminution de 5,84 %;
Remarque : (ce qui suit, est la suite des recettes de la page 15 : les produits et
revenu du domaine+monopoles et exploitation+les recettes d’emprunt)
Le produit des Domaines s'élève globalement à 349 500 000 dirhams dont:
Le produit des ventes d'immeubles domaniaux ruraux s'élève à 25 000 000 de dirhams;
Les revenus des immeubles domaniaux s'élèvent à 318 000 000 de dirhams.
les produits à provenir de la Caisse de Dépôts et de Gestion s'élèvent à 700 000 000 de
dirhams ;
Les prévisions de recettes au titre des emprunts intérieurs passent de 40 000 000 000
de dirhams en 2014 à 42 000 000 000 de dirhams en 2015 soit une augmentation de 5
%;
Les prévisions de recettes au titre des emprunts extérieurs passent de 24 000 000 000
de dirhams en 2014 à 24 350 000 000 de dirhams en 2015 soit une augmentation de
1,46 %.
Les ressources prévisionnelles des services de l'Etat gérés de manière autonome pour
l'année 2015 s'établissent à 3 002 422 000 dirhams.
Les ressources s’élèvent à 76 619 424 000 DH quant au plafond des charges , il s’élève à 63
212 808 000 DH.
La politique budgétaire :
Selon Paul Samuelson, la politique budgétaire est le processus consistant à manipuler les
impôts (recettes) et les dépenses publiques aux fins :
Ainsi, en phase basse du cycle, les pouvoirs publics peuvent avoir recourt à une
politique budgétaire de relance pour faire redémarrer l’activité et remettre l’économie
sur sa trajectoire. Deux principales solutions s’offrent à eux :
- Augmenter le niveau des dépenses publiques, afin que la demande du secteur public
compense le niveau trop faible de la demande privée,
Pour les keynésiens, l’augmentation des dépenses publiques exerce un effet positif sur
l’activité économique par le biais de multiplicateur.
Le multiplicateur d’investissement:
Cette notion a été mise en évidence par Kahn (1931), quand il montrait que l’emploi
crée dans les industries de biens de production conduisait à une augmentation plus que
proportionnelle de l’emploi global. Ce mécanisme peut être appliqué à
l’investissement privé, mais aussi aux dépenses publiques.
Principe:
Soit une entreprise qui décide de réaliser sur le territoire national un investissement de
100 millions de dirhams. À cette fin elle commande des biens d’équipements à
d’autres entreprises, qui pour leur réalisation embauche un certain nombre de
travailleurs ce qui constitue une création d’emplois primaires ou directs.
Cette activité productive se traduit par une distribution de revenus pour un montant de
100 millions aux propriétaires et aux salariés des entreprises fabriquant ces biens
d’équipements.
Ces agents économiques vont ensuite utiliser ce revenu supplémentaire, en partie sous
la forme d’achat de biens de consommation (par exemple 80 millions si l’on suppose
que la proportion marginale à consommer c’est de 0.8 en moyenne).
Si c =0.8 cela signifie que les agents consomment 80% d’une augmentation de leur
revenu, ou encore qu’une augmentation de 1 DH du revenu induit 0.8 de
consommation supplémentaire.
Ces dépenses constituent alors des revenus pour des commerçants, leurs fournisseurs
et leurs employés (première vague de création d’emplois secondaires ou indirects).
Revenus, qu’ils dépensent à leur tour, toujours dans une proportion de 80%, soit (80
X 0.8= 64).
Autrement dit, l’investissement additionnel de 100 millions de DH a donné lieu (au bout d’un
certain temps) à un accroissement de revenu national de 500 Millions, c’est à dire 5 fois plus
important.
À la différence des dépenses publiques, les transferts n’ont pas d’effet direct sur la
production ; il ne s’agit pas d’achats de biens et services, mais de distributions de revenus au
profit des agents privés. 100 milliards de commandes publiques engendrent directement 100
milliards de Pib, mais100 milliards de transfert font 100 milliards de revenu et seulement 80
milliards d dépenses, si la propension à consommer est égal à 0,8. L’effet initial des transferts,
à partir duquel est enclenchée la multiplication, n’est donc que de 80 milliards.
On peut en déduire que l’effet stimulant d’une baisse des impôts sur le PIB est inférieur à
celui d’une augmentation équivalente des dépenses publiques
Le multiplicateur en économie ouverte:
Dans une économie ouverte, l’effet multiplicateur est plus faible. À chaque vague d’effet, une
partie du revenu supplémentaire alimente la demande des produits étrangers et ne stimule pas
le produit intérieur.
Le multiplicateur devient : K= 1 / 1-c+m, ou m représente la propension marginale à
importer.
Plus m est important, plus le supplément de revenus se portera sur des produits étrangers
affaiblissant la relance budgétaire.
Une parfaite mobilité des capitaux associée à un taux de change flexible rend par exemple la
politique budgétaire moins efficace. Supposant que les pouvoirs publics procèdent à une
expansion budgétaire. Si les capitaux sont mobiles, la hausse du taux d’intérêt induite par le
creusement du déficit public va provoquer des entrées de capitaux- du fait d’une meilleur
rémunération- conduisant à une appréciation du taux de change. Il en résulte une perte
compétitivité à l’exportation, dont l’ampleur de l’effet sur la demande globale est liée entre
autres au degré de l’ouverture de l’économie. Les effets de la politique économiques sont
alors amoindris par un effet d’éviction par le change. (Affecter négativement la compétitivité
des industries exportatrices)
4- Aucun gouvernement n’a intérêt à baisser les dépenses publiques et augmenter les
impôts (surtout dans les périodes des élections), s’agissant de mesures impopulaires à
court terme, dont les bénéfices ne sont perçus qu’à long terme.
5- Entre le moment ou les économistes constatent le retournement de la conjoncture et
celui où les mesures ont un impact sur la production et l’emploi, il s’écoule plusieurs
mois voir plus d’un an. Dans l’intervalle, il faut en effet que le gouvernement élabore
un train de mesure, que celles-ci soient discutées puis que le budget soit voté au
Parlement , qu’elles se transmettent à l’économie…La longueur de ces délais peut
aller jusqu’à rendre la politique budgétaire pro-cyclique, ce qui est contraire à son
objectif.
La politique monétaire
Les banques centrales ont le privilège de créer ce que l’on appelle la ‘’monnaie centrale’’ :
elles impriment les billets de banque, contrôlent l’émission des pièces par le trésor et
fournissent de la liquidité aux banques.
Parmi les grands domaines d’action de la politique économique, la politique monétaire a pour
mission de réguler l’offre de crédit et de monnaie, qui résulte pour l’essentiel de l’activité des
banques, afin de la rendre compatible avec une croissance de la demande et de la production
sans tensions excessives sur les prix et les équilibres extérieurs.
Les banques centrales exercent une influence déterminante sur la liquidité du système
bancaire de la juridiction au sein de laquelle elles sont actives. En règle générale la
juridiction est nationale. Toutefois, elle peut s’étendre à un ensemble de nations,
comme dans le cas de la zone « euro », qui dispose de sa propre banque centrale, à
savoir la banque centrale européenne.
Les principales missions de la banque centrale sont les suivantes :
- Monopole de l’émission de la monnaie fiduciaire,
- La banque centrale se trouve au cœur du système interbancaire de compensation entre
positions débitrices et créditrices des banques commerciales. Elle intervient en cas de
crise de liquidité bancaire en tant que préteur de dernier ressort,
- Mise en œuvre de la politique monétaire, en fonction d’objectifs qu’elle s’est
fixée.
La banque centrale peut recourir à plusieurs types d’instruments dont les principaux
concernent les taux directeurs, les opérations d’open market, les facilités permanentes et les
réserves obligatoires
1- L’action sur les taux directeur : les effets de la politique des taux directeurs
s’exercent sur l’activité économique par plusieurs canaux de transmission :
- Le coût du crédit : la réduction des taux directeurs améliore les conditions de
crédit bancaire et incite, dès lors, les agents à emprunter d’avantage. ;
- L’effet de richesse : la réduction des taux directeur entraîne une baisse de la
charge de remboursement des emprunts à des taux variables. Cela induit un
« effet de richesse positif ».
- Le taux de change : si les taux de change sont flexibles, une réduction des taux
directeurs peut encourager une sortie de capitaux et, par conséquent, une
dépréciation du taux de change, ce qui peut renforcer les exportations ;
- Les contraintes de liquidité : la hausse des taux directeurs peut inciter certaines
banques à augmenter leurs taux débiteurs et à limiter les crédits à l’égard de
certains agents présentant des risques de défaut de paiement.
La banque centrale peut également influer sur le marché monétaire en agissant sur l’offre et
la demande de monnaie centrale. On distingue les opérations d’open market, les facilités
permanentes et les réserves obligatoires.
A- Les opérations d’open market : les opérations d’open market permettent à la banque
centrale de fournir des liquidités au marché monétaire ou, à l’inverse, de réduire le
volume des liquidités.
La banque centrale cède des titres sur le marché en contrepartie de monnaie centrale :
cette intervention agit sur la quantité de monnaie en circulation en entrainant une
diminution de la quantité de monnaie centrale sur le marché.
Cette raréfaction de la monnaie centrale fait augmenter le taux d’intérêt sur le marché.
Inversement quand la banque centrale acquiert des titres sur le marché elle provoque
une hausse de la quantité de monnaie sur le marché, ce qui tend à induire une pression
à la baisse sur le taux d’intérêt.
B- Les facilités permanentes : les facilités permanentes sont accessibles aux banques à
n’importe quel moment de la journée, particulièrement en fin de journée. On distingue
deux types de facilités permanentes : les facilités de prêt et les facilités de dépôt.
- Pour les facilités de prêt les établissements pouvant se tourner vers la banque
centrale pour emprunter dès que les taux de marché interbancaire deviennent
égaux à ceux de la facilité de prêt. Elles permettent aux banques de faire face à
un problème transitoire de trésorerie.
- Les facilités de dépôts : permettent aux établissements financiers d’effectuer des
dépôts, pour 24heures, à un taux d’intérêt déterminé d’avance lorsque ces
établissements enregistrent un excès de liquidité en fin de journée.
C- Les réserves obligatoires : les réserves obligatoires sont des dépôts que les
établissements financiers doivent effectuer auprès de la banque centrale, afin d’être
autorisée à accorder des crédits. À priori ces dépôts ne sont pas rémunérés Toute
variation des taux de réserve obligatoire entraine une modification de la liquidité
bancaire sur le marché.
Exemple : une hausse du taux de réserve renchérit le coût des ressources bancaires puisque
ces réserves ne sont pas rémunérées. Elle accroît également les besoins de monnaie centrale
des banques, ce qui provoque une pression sur le taux d’intérêt.
Les banques sont ainsi incitées à infléchir l’évolution des crédits qu’elles distribuent et à
accroitre leurs taux débiteurs.