Les granulats
LES GRANULATS ............................................................................................................................. 1
I. Introduction.................................................................................................................................. 1
II. Définition des granulats............................................................................................................. 1
II.1. Granulats naturels et artificiels ......................................................................................... 2
II.2. Granulat courants, légers et lourds ................................................................................... 2
II.3. Quelques chiffres................................................................................................................. 2
III. Analyse granulométrique des granulats ................................................................................. 3
III.1. Classes granulaires ................................................................................................................ 3
III.2. Courbe granulométrique ...................................................................................................... 3
III.3. Tamis....................................................................................................................................... 3
IV. Propriétés des granulats........................................................................................................... 4
IV.1. Masse volumique absolue et masse volumique apparente ............................................. 4
IV.2. Propreté .............................................................................................................................. 4
IV.3. Compacité, porosité, et indice des vides........................................................................... 4
IV.4. Foisonnement ..................................................................................................................... 5
IV.5. Coefficient volumétrique................................................................................................... 5
IV.6. Module de finesse ............................................................................................................... 5
IV.7. Coefficient d’absorption.................................................................................................... 6
V. Essais applicables aux granulats ............................................................................................... 6
V.1. L’essai Los-Angeles ............................................................................................................. 6
V.2. L’essai de propreté .............................................................................................................. 6
V.3. L’équivalent de sable........................................................................................................... 7
V.4. Détermination de la teneur en soufre total ....................................................................... 7
V.5. Détermination de la teneur en chlore ................................................................................ 8
VI. Spécifications............................................................................................................................. 8
VII. Conclusion................................................................................................................................ 8
LES GRANULATS
I. Introduction
Le but de ce cours est d’introduire le lecteur à des notions générales sur les granulats utilisés dans
l’industrie du bâtiment en particulier la terminologie utilisée pour les décrire, leurs propriétés
physiques les plus remarquables ainsi qu’une description schématique des différents essais qui leur
sont appliqués.
II. Définition des granulats
Les granulats sont les matériaux granulaires issus de roches dures qui une fois agglomérés par un
liant constituent le squelette du béton. Ils doivent être inertes, c'est-à-dire ne pas réagir avec le
ciment, être inaltérable à l’eau, l’air et au gel. Leurs dimensions sont comprises entre 0 et 125 mm.
Les bons matériaux sont les calcaires durs, le granite, le porphyre, les pierres volcaniques, les galets,
les sables siliceux et enfin le laitier concassé de haut-fourneau.
Cependant, certains matériaux sont à éviter comme le silex car il éclate au feu, les grés et calcaires
tendres qui présentent une faible résistance et gélivité, les gypses qui sont trop tendres et enfin les
granites trop micacés qui s’effritent.
1
Les granulats
Les granulats sont répartis selon leurs dimensions : Norme NF XP 18-540
Fines ou fillers 0/D : D < 2 mm avec au moins 70 % de passant à 0,063 mm
Sables 0/D : D U 6,3 mm
Graves 0/D : D > 6,3 mm
Gravillon d/D : d >= 1 et D U 125 mm
Ballasts d/D : d >= 25mm et D U 50 mm
Les granulats entrent pour 60 à 78% en volume soit 63 à 85 % en poids dans la composition d’un
béton. L’appellation agrégat est abandonnée car imprécise.
II.1. Granulats naturels et artificiels
Les granulats sont dits naturels lorsqu’ils sont extraits de leurs sites géologiques d’origine en ayant
subi que des traitements mécaniques, comme les sables et graviers de rivière ou de carrière, les
sables de dunes. Ils sont dits artificiels s’ils ont subi des traitements pour leur donner telle ou telle
propriété physique. Parmi les granulats artificiels les plus utilisés nous pouvons citer le schiste et
l’argile expansés obtenus par traitement thermique, le laitier et la vermiculite.
II.2. Granulat courants, légers et lourds
Il est habituel de distinguer
A : Les granulats courants comme les calcaires durs, granites, porphyres, quartzites, pierres
volcaniques, galets et sables siliceux, laitiers concassés de haut-fourneaux. Leurs masses volumiques
sont comprises entre 2000 et 3000 kg/m3. Par exemple le basalte a une densité absolue de 2,8 à 3,0,
le laitier concassé de haut fourneaux a une densité absolue de 2,6 à 2,7.
B : Les granulats légers de masses volumiques inférieures à 2000 kg/m3, comme l’argile expansée de
masse volumique apparente entre 450 et 800 kg/m3 pour une densité absolue voisine de 0,9. Le
schiste expansé a une masse volumique apparente entre 350 et 600 kg/m3 pour une densité absolue
entre 0,7 et 1,0. Ces granulats sont obtenus par traitement thermique dans un four rotatif. D’autres
granulats légers sont utilisés comme le laitier expansé et la vermiculite. Ces granulats entrent dans la
préparation des bétons légers.
C : Les granulats lourds de masses volumiques supérieures à 4000 kg/m3. Ils sont utilisés dans la
protection contre le rayonnement radioactif, on peut citer la barytine, un sulfate de baryum de densité
absolue entre 4,2 et 4,7 ou la grenaille de fonte de densité absolue entre 7,6 et 7,8.
II.3. Quelques chiffres
Dans ce paragraphe nous allons donner un ordre de grandeur des quantités couramment utilisées, il
faut :
1,8 à 1,9 tonnes de granulats pour préparer 1 m3 de béton
100 à 300 tonnes de granulats pour construire un logement
2000 à 4000 tonnes de granulats pour construire un lycée
10.000 tonnes de granulats pour 1 km de voie ferrée
30.000 tonnes pour 1 km d’autoroute.
2
Les granulats
III. Analyse granulométrique des granulats
III.1. Classes granulaires
Dans le but de caractériser les granulats on procède à un criblage sur une série de tamis de mailles
carrées dont la dimension intérieure est exprimée en mm. On appelle tamisat la partie de granulats
passée à travers le tamis et refus ce qui reste sur le tamis. Une classe granulaire indique les limites
d’un granulats donné, par exemple 0/5 - 5/12,5 – 12,5/20.
La norme algérienne NA 2607 précise le mode opératoire à suivre pour faire cette analyse.
L’appellation granulat d/D définit un granulat dont la plus petite taille des grains est d et la plus
grande est D, en mm. Si d est inférieure à 1 mm le granulat sera appelé 0/D. Le granulat doit aussi
satisfaire aux conditions indiquées dans le tableau 1.
Conditions auxquelles doit satisfaire granulat d/D
Refus sur tamis de maille D et tamisat U 15 % si D > 1,56 d En général D > 1,56 d
sous le tamis de maille d U 20 % si D U 1,56 d
Refus sur tamis de maille 1,56 D
0
Tamisat sous le tamis de maille 0,63 d U 3 % si D > 5 mm
U 5 % si D U 5 mm
Tab 1 : Conditions auxquelles doit satisfaire un granulat d/D
III.2. Courbe granulométrique
On trace alors la courbe granulométrique du granulat en portant en ordonnée le pourcentage des
tamisats et en abscisse les mailles des tamis correspondants en coordonnées logarithmiques. Cette
courbe granulométrique donne les informations suivantes
- Les limites d et D du granulat analysé
- La plus ou moins grande proportion d’éléments fins
- La continuité ou la discontinuité de la granularité
III.3. Tamis
Les dimensions des mailles des tamis sont normalisées et vont en progression géométrique de raison
10
10 = 1,259
0,08 0,10 0,12 0,16 0,20 0,25 0,31 0,40 0,50 0,63
3
Les granulats
0,80 1,00 1,25 1,60 2,00 2,50 3,15 4,00 5,00 6,30
8,00 10,00 12,50 16 20 25 31,50 40 50 63
80
Le module d’un tamis est le produit par 10 du logarithme décimal de la dimension de la maille
exprimée en microns augmentée d’une unité, par exemple le tamis de 0,16 mm a pour module 10 x
log(160) + 1 soit 23
IV. Propriétés des granulats
IV.1. Masse volumique absolue et masse volumique apparente
La masse volumique apparente d’un granulat est la masse par unité de volume y compris les vides
entre les grains. La masse volumique absolue d’un granulat est la masse par unité de volume non
compris les vides entre les grains.
IV.2. Propreté
Les granulats utilisés pour la fabrication des bétons ne doivent pas contenir les impuretés suivantes :
charbons, bois et leur résidus, scories, matières organiques. Par exemple l’argile peut constituer une
fine pellicule autour du grain et nuire ainsi à l’adhérence entre les granulats et la pâte de ciment avec
pour conséquence une faible résistance à la traction. D’après la norme 18-301 le pourcentage en
impuretés ne doit pas dépasser 5%.
IV.3. Compacité, porosité, et indice des vides
La compacité C est le rapport du volume de matière pleine au volume total. Considérons par exemple
un corps poreux de volume total V et dont les pores occupent un volume v. Le volume de la matière
pleine s’écrit V- v, il s’ensuit que la compacité est, par définition, égale à
V-v v
C= =1-
V V
Par définition la porosité P est égale au rapport du volume des vides c'est-à-dire des pores au volume
total soit
v
P=
V
On définit aussi l’indice de vide qui est égal du volume des vides divisé par le volume de la matière
pleine soit
v
I=
V-v
Exemple : Soit un granulat alvéolaire par exemple argile expansée, si la masse d’un m3 de ce
granulats est de 460 kg, sa masse volumique apparente est 460 kg/m3, sa densité apparente est 0,46,
si les grains occupent dans ce m3 un volume réel de 526 litres, la masse volumique par grain est
460/0,525 = 876,2 kg/m3, la densité absolue des grains est 0,87.
4
Les granulats
Si dans un grain le volume des pores est de 65 %, la compacité des grain sera 1 - 0,65 = 0,35 c'est-à-
dire rapport du volume de matière pleine au volume total, la densité absolue du granulats sera
0,87/0,35 = 2,49
IV.4. Foisonnement
C’est l’accroissement du volume apparent du sable quand il est mouillé. L’eau cheminant par
capillarité, enrobe chaque particule et s’interpose entre elles, les espaçant légèrement les unes des
autres, d’où ce gonflement apparent, qui atteint couramment 20 à 30 % du volume du matériau sec
pour des teneurs d’eau entre 3 et 5 %. Plus le sable est fin plus il foisonne. Etant donné que le
foisonnement augmente le volume du sable il diminue sa masse volumique apparente, il a aussi une
influence sur la quantité d’eau de gâchage. Pour tenir compte du foisonnement il faut doser les
granulats par leur masse et non par leur volume.
IV.5. Coefficient volumétrique
Il est défini comme étant le rapport entre le volume v du grain au volume V de la sphère de diamètre
d, d étant la plus grande dimension du grain.
v
Cv =
π d3
6
Forme du granulat Cv
Granulats roulés bien arrondis 0,38
Granulats concassés avec plats et aiguilles 0,12
Tab 2 : Coefficient volumétrique et géométrie du granulat
Un coefficient volumétrique faible indique la présence de beaucoup de plats, éclats et aiguilles. La
norme P 18-301 préconise Cv supérieur ou égal à 0,15 pour les gravillons et Cv supérieur ou égal à
0,11 pour les cailloux. La meilleure forme est celle d’une sphère ou à défaut cubique, car ces formes
conduisent à une plus grande compacité que les granulats de forme lenticulaire.
La forme des granulats influence la mise en œuvre, la compacité et la résistance mécanique des
mortiers et bétons.
IV.6. Module de finesse
Le module de finesse est égal à la somme des pourcentages des refus cumulés ramenés à l’unité à
partir des tamis de module 23 et suivants 26, 29, 32, 35 et 38 de trois en trois.
refus sur tamis de module 23 : 0,86
refus sur tamis de module 26 : 0,66
5
Les granulats
refus sur tamis de module 29 : 0,41
refus sur tamis de module 32 : 0,15
refus sur tamis de module 35 : 0,05
refus sur tamis de module 38 : 0
soit un module de finesse de 2,13.
Si le sable a trop d’éléments fins, il donne un béton qui a une bonne ouvrabilité, mais il nécessitera
dans ce cas une augmentation du dosage en liant, ce qui rend cher le béton et de plus un excès de
ciment produira le phénomène de retrait. Par contre si le sable manque d’éléments fins, le béton
obtenu sera plus difficile à mettre en œuvre.
Les sables destinés à la fabrication de bétons courants doivent avoir un module de finesse compris
entre 2,1 et 2,9.
IV.7. Coefficient d’absorption
Le coefficient d’absorption correspond à l’augmentation de la masse d’un granulat imbibé d’eau
pendant 24 heures rapportée à sa masse sèche, il est exprimé en % et varie suivant la nature des
grains. Il mesure le volume des pores accessible à l'eau. Si les granulats absorbent beaucoup d'eau, il
peut en résulter un raidissement du béton c'est-à-dire une moins bonne ouvrabilité. La norme NF P
18-541 fixe à 5% la valeur maximum pour ce coefficient, pour des bétons de résistances supérieures
à 360 bars ce coefficient ne doit pas dépasser 2,5 %.
V. Essais applicables aux granulats
Les caractéristiques mécaniques tels que la résistance à la traction, à la compression ainsi que le
module d’Young ne sont pas déterminables sur un granulat, on procède alors à des essais qui tentent
d’imiter les sollicitations que subit un granulat dans un ouvrage. La norme algérienne NA 453
précise la manière de préparer l’échantillon pour l’essai.
V.1. L’essai Los-Angeles
Cet essai estime la résistance à la fragmentation par choc et à l’usure par frottement réciproque des
grains d’un granulat. La procédure opératoire est définie par la norme algérienne NA 458. Il se
pratique sur les classes granulaires suivantes 4/6,3 mm, 6,3/10 mm, 10/14 mm, 10/25 mm, 16/31,5
mm, 25/50 mm. On place l’échantillon de masse M avec le nombre adéquat de boulets dans le
cylindre de la machine qui doit effectuer entre 500 et 1000 tours à une vitesse régulière [la norme
précise pour chaque classe granulaire la masse et le nombre de boulets ainsi que la vitesse de
rotation]. On récupère ensuite le tamisat P sous le tamis de 1,6 mm. Par définition le coefficient Los-
Angeles est
P
LA = 100 *
M
Le coefficient Los-Angeles est d’autant plus élevé que le granulat est moins bon.
V.2. L’essai de propreté
L’échantillon est d’abord séché puis pesé, soit m1 = 3534 grammes sa masse, on le lave à grande eau
de manière à éliminer toutes les impuretés, il est à nouveau desséché puis pesé, soit m2 = 3487
6
Les granulats
grammes sa masse. Ce granulats contient 3534 - 3487 soit 47 grammes soit un pourcentage p =
47/3487 = 0,013 soit 1,3 %. Le pourcentage p doit être ≤ 3. Cet essai est généralement utilisé pour
les graviers.
V.3. L’équivalent de sable
Pour mesurer l’équivalent de sable on procède comme suit : une certaine quantité de sable est agitée
dans une solution lavante, puis on attend que le sable se décante. Soit h1 la hauteur du sable et h2 la
hauteur totale c'est-à-dire sable plus floculat, l’équivalent de sable est défini par
h1
ES = 100 x
h2
pour un sable totalement pur ES = 100
pour une argile pure ES = 0
Le tableau 3 précise l’aptitude d’utilisation des différents sables selon leurs équivalents de sable. La
solution lavante contient 111 grammes de chlorure de calcium anhydre, 480 grammes de glycérine et
12 grammes de formaldéhyde pour 40 l d’eau.
ES Propreté du sable Utilisation du sable
Ce sable convient pour les bétons de
Entre 75 et 85 Sable propre
haute qualité
Entre 65 et 75 Sable très légèrement argileux Permet la réalisation de bétons courants
Impropre pour la construction : Risque
< 65 sable argileux de retrait ou de gonflement, à rejeter
pour un béton de qualité.
Tab 3 : Aptitude d’utilisation des sables selon leurs équivalents de sable
V.4. Détermination de la teneur en soufre total
Les granulats peuvent contenir de faibles quantités de sulfures [pyrites] et de sulfates [gypse], sous la
réserve que la teneur en soufre total exprimée en SO3 ne dépasse pas 0,4 % en masse. Les sulfures
peuvent s’oxyder et donner lieu à des réactions expansives par formation d’ettringite qui peuvent être
accompagnées d’éclatements, les sulfates peuvent perturber la prise et modifier les effets des
adjuvants réducteurs d’eau. Le principe opératoire de cet essai est précisé par la norme algérienne
NA 461.
Sulfures Sulfates
Teneur en soufre total < 0,4 % SO3 < 0,15 %
7
Les granulats
V.5. Détermination de la teneur en chlore
Les chlorures modifient la cinétique d’hydratation du liant et favorisent la corrosion des armatures.
Pour le béton armé, il est admis que le risque est nul si la teneur en ions Cl- ne dépasse pas 0,06 %.
Cet essai est effectué conformément au principe opératoire précisé par la norme algérienne NA 462.
VI. Spécifications
Vu que les granulats sont un constituant important du béton en raison du fort impact qu’ils ont sur
ses propriétés les plus déterminantes, la nécessité de choisir le bon granulat s’impose chaque jour
davantage, il en a résulté l’élaboration de normes qui facilitent ces choix dont l’importance
n’échappe à personne. Le tableau suivant résume les spécifications les plus importantes des
granulats. Norme NF P 18-541.
Les limites sont fixées entre 1,8 et 3,2 avec un optimum
Module de finesse
résistance-maniabilité à 2,5
U 5 % pour ne pas nuire à la durabilité du béton et limiter sa
Absorption d’eau
dégradation par l’action chimique de l’eau
Coefficient Los-Angeles
U 40 %
Teneur en soufre
U 0,4 %
Coefficient d’aplatissement
U 30 %
Tab 4 : Spécifications les plus importantes des granulats.
VII. Conclusion
Dans ce qui précède nous avons introduit les granulats utilisés dans l’industrie du bâtiment en les
définissant puis en mentionnant leurs propriétés les plus importantes c’est à dire celles dont l’effet
sera déterminant pour l’obtention du béton qui répondra le mieux aux exigences du projet envisagé.
Puis nous avons terminé par la présentation d’un tableau résumant les spécifications les plus
importantes concernant lesdits granulats dans le cas d’ouvrages généraux.