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Art 1 Le Paradoxe de L' Attractivité Durable Cas Du Maroc 1970-2014

Résumé : Le présent article étudie la relation attractivité et développement durable (DD) au Maroc, 1970-2014. Il définit d’abord le concept d’« attractivité durable ». Puis, après avoir esquissé les fondements théoriques d’une telle relation, celle-ci est traitée au départ suivant un ARDL transformé par la suite en ECM. L’approche ARDL a souligné l’existence de relation de long terme entre l’attractivité du Royaume et l’IDH comme dimension socioéconomique de son DD. Cette relation est confirmée

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Art 1 Le Paradoxe de L' Attractivité Durable Cas Du Maroc 1970-2014

Résumé : Le présent article étudie la relation attractivité et développement durable (DD) au Maroc, 1970-2014. Il définit d’abord le concept d’« attractivité durable ». Puis, après avoir esquissé les fondements théoriques d’une telle relation, celle-ci est traitée au départ suivant un ARDL transformé par la suite en ECM. L’approche ARDL a souligné l’existence de relation de long terme entre l’attractivité du Royaume et l’IDH comme dimension socioéconomique de son DD. Cette relation est confirmée

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Revue CREMA ISSN: 2351-7735 N° 7 / 2019

Le paradoxe de L’« Attractivité Durable »


Cas du Maroc 1970-2014

Ahmed AIT BARI*

Résumé :

Le présent article étudie la relation attractivité et développement durable (DD) au Maroc,


1970-2014. Il définit d’abord le concept d’« attractivité durable ». Puis, après avoir esquissé les
fondements théoriques d’une telle relation, celle-ci est traitée au départ suivant un ARDL
transformé par la suite en ECM.
L’approche ARDL a souligné l’existence de relation de long terme entre l’attractivité du
Royaume et l’IDH comme dimension socioéconomique de son DD. Cette relation est confirmée
par le terme de correction d’erreur qui est très significatif et de signe négatif. La déviation de
l’attractivité de sa valeur de long terme est corrigée après 5 ans et 11 mois
Une causalité significative, de court terme, et allant des variables explicatives, est détectée
vers la variable d’attractivité ; mais non vers celles du DD : l’attractivité du Maroc pour l’IDE
n’a pas affecté son DD. Par contre ce dernier l’influence négativement et de manière
significative. Il a plutôt globalement un effet répulsif sur l’IDE. Le Maroc fait donc face à deux
objectifs (d’attractivité et de DD) divergents à concilier! Un paradoxe d’«attractivité durable ».

Mots-clés :Attractivité, Développement durable, IDE, FMN, ARDL, Maroc.

Classification JEL – F21, F23, F63, O15, C32, Q01.

*
LEREG-ERASE : Laboratoire d’Etudes et Recherches en Economie et Gestion - Equipe de Recherches
Appliquées en Sciences Economiques. FSJES, Université Ibn Zohr Agadir ; Mail : [email protected]

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INTRODUCTION
L’attractivité associée au développement durable (DD) présente un nouvel impératif de la
dynamique territoriale : celui de l’« attractivité durable » (AD). Un objectif complexe. Un défi
commun pour les firmes et pour les gouvernements. Les premières sont soumises aux
contraintes de compétitivité globale. Elles recherchent des rendements anticipés
satisfaisants, nécessaires à la réalisation de leurs projets d’investissements : un intérêt
profondément privé. Les seconds affrontent des contraintes de développement. Ils visent,
par leurs politiques publiques, l’assurance d’objectifs socioéconomiques : un intérêt
exclusivement public. L’AD résulte justement de la coïncidence, sous conditions de DD, entre
ces deux types d’intérêts privés et publics, souvent divergents.
En principe, les conditions du DD sont cantonnées dans l’articulation de ses fondements
socioéconomiques et écologiques. La finalité d’une telle articulation étant de soutenir le
développement humain et, par là même, d’améliorer le bien-être des populations (UNCTAD,
1998 ; Nourry M., 2008 ; OCDE, (2001)). Elle cautionne « les besoins des générations
présentes sans compromettre ceux des générations futures » (Bruntdland G.H., 1987, p:51).
L’appréhension de l’impératif de l’AD s’inscrit dans cette même finalité.
Selon une approche statique, l’attractivité est une forme de coïncidence simultanée entre
les objectifs de deux catégories d’acteurs. D’un côté, les firmes, particulièrement
multinationales (FMN) ; d’un autre côté, les gouvernements du territoire d’implantation.
Cette coïncidence simultanée d’intérêts privés et publics forme l’accord d’attractivité :
l’action d’investir par la FMN dans un ou plusieurs sites sélectionnés.
C’est une approche néanmoins très limitée. Car, l’attractivité n'est jamais un acquis. Elle
est un processus dynamique révélant la capacité continue d’un territoire { intégrer 1 les
chaînes, de production et/ou de réalisation, de valeur des FMN. Ceci dans le but de les
ancrer et de les retenir durablement sur les sites de tel territoire, sous condition de
consolidation de la fonction-objectif nationale d'ensemble (Ait Bari A, 2007, 2015). Un
territoire est donc attractif lorsque l’un ou plusieurs de ses sites présentent continuellement
une offre d'attractivité inégalable que d'autres sites des autres territoires ne peuvent
concurrencer. Il présente, par ailleurs, une AD si la dite offre d’attractivité s'exprime dans
une logique de DD. Celle mettant en avant la contrainte de la durabilité d’exploitation des
ressources pour répondre plus justement aux besoins présents et avenirs de l’humanité.
Par conséquent, l’option, pourtant bien soutenue, de séduire et d’attirer un maximum de
projets d’IDE est révolue. Car, l’attractivité basée sur la seule approche quantitative peut
présenter des coûts sociaux et écologiques. Ainsi, les politiques et les mesures d’attractivité
devraient contenir, au de-là de la mise en valeur des performances attractives d’un
territoire, les contraintes du bien-être de ses populations, de leur qualité de vie dans un
environnement écologique sein (Vivien F.D. et Zuindeau B., 2001). Il s’agit d’appréhender
l’AD dans une logique de système. Un système incluant, en plus des objectifs économico-
financiers, les autres contraintes socio-écologiques, fondements majeurs du DD. Des
contraintes qui deviennent donc endogènes au processus d’attractivité. Elles n’y sont plus
de simples externalités ou variables explicatives.
Le Maroc s’est désormais inscrit dans cette lignée d’AD. L’accueil prévu de la COP 22, qui
se déroulera à Marrakech, affirme cette tendance. D’où la pertinence d’interrogations sur
l’AD du Royaume pour l’IDE. Comment l’attractivité marocaine et son DD s’influencent-ils

1
Cette intégration se fait par l'une ou l'autre des caractéristiques de localisation productives, marchandes, financières,
économiques, institutionnelles, politiques, humaines, socioculturelles, historiques, géographiques, … qui forment l’offre
territoriale attractive pour l’IDE.

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mutuellement ? Autrement dit, le DD -avec ses exigences normatives et réglementaires-


présente-t-il un déterminant d’attractivité ou de répulsion territoriales pour le Maroc ? Est-
il une contrainte exogène ou une force endogène dont il faut tenir compte dans la conception
d’une AD du « site Maroc »? Comment l’attraction des IDE par le Royaume affecte son DD ?
Notre article apporte en filigrane des éléments de réponse à ces questions. Il expose
d’abord le fondement et les aspects théorico-empiriques de la relation entre l’attractivité et
le DD (1). Puis, il spécifie et estime un modèle empirique, selon une approche ARDL, portant
sur la dite relation, dans le cas de l’économie marocaine (2) durant la période 1970-2014.
Enfin, avant de conclure, il présente les résultats obtenus et discute, à leur lumière, les
possibilités d’une AD du Maroc (3).
1. FONDEMENTS ET ASPECTS THEORICO-EMPIRIQUE
Théoriquement, l’IDE permet aux FMN la maximisation de leurs rendements. Cela par
une allocation optimale des ressources entre espaces à dotations factorielles
complémentaires ou différentes (Lucas R.E.J., 1988, 1993). Il transfère aussi vers les
territoires hôtes du capital, de la technologie (Romer P., 1986, 1993 ; Rebelo S., 1991 ;Wang
J.Y. et Blomstrom M., 1992 ; Kumar N.,1998), des méthodes d’organisation et de gestion
spécifiques, des connaissances et du savoir-faire (Blomström M. et Kokko A.,
1998 ;Branstetter L., 2006). Il peut contribuer ainsi { l’amélioration de la productivité, de
l’investissement intérieur, donc de la croissance économique et de l’emploi (Borensztein E.
et al., 1998). De surcroît, il est souvent considéré tel un vecteur de diffusion efficace et
rapide à la fois des technologies propres, écologiquement rationnelles et des pratiques
développées en matières de réglementations et de normes strictes et protectrices de
l’environnement (Zeng K., etEastin J., 2012 ; Prakash A., etPotoski M., 2007).
Mais, pour certaines activités notamment { externalités négatives, l’IDE peut aussi
dégrader l’environnement. Plusieurs études ont souligné une forte corrélation négative
entre l’IDE et l’environnement(Zhang J., 2008).Cela est d’autant vraipour les activités
exploitant massivement des ressources naturelles et pour celles d’extraction minières
(World WildlifeFund (WWF), 2000). S’il contribue donc à la croissance économique et à
l’emploi, il affecte également certains équilibres écologiques fragiles { partir d’un certain
seuil de telle croissance (Chang S. C. et Wang H.C., 2009). Au de-là de ce seuil critique,
déterminé par le niveau de la pollution, ladite croissance se fait au détriment de
l’environnement (Grossman G.M. et Krueger A.B.,1995). Ceci et particulièrement vérifier
dans certains pays en développement (Hoffmann R. et al., 2005) ou à faible efficacité de la
réglementation (Zeng K. et Eastin J., 2012, 2007). D’où l’importance des normes
environnementales pour construire une AD (Kapil N., 2012).
Si l’on considère, dans ce sens, la variable « environnement » tel un facteur de
production, comme le travail, le capital et la technologie, une norme environnementale est
donc une restriction pouvant surenchérir les coûts (Hassaballa H., 2013). Ce qui affecte les
avantages { la spécialisation des territoires d’une part et { la localisation des firmes d’une
autre, en particulier dans des activités polluantes. Alors, d’après l’argumentaire du
« dumping environnemental », l’IDE serait attiré vers des sites où les gouvernements
(centraux ou locaux) n’exigent pas de normes écologiques ou environnementales
rigoureuses ; ce qui détériorerait la qualité de l'environnement (Smarzynska B. K. et Wei S.J.,
2001).
La consolidation et la mise à niveau de telles normes constitueraient, par conséquent,
une cause de répulsion et de délocalisation des investisseurs vers d’autres territoires (Méral
Ph., Petit O., 2002). Ainsi, le choix de certains gouvernements d’accueils, dans un contexte de
concurrence accrue et exigeant l’attrait d’un maximum d’IDE, ignore souvent la contrainte

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du DD. Les possibilités de réduction des émissions de gaz { effet de serre, qui sont d’ailleurs
importantes dans le cas des activités polluantes, s’en trouvent donc réduites (Géronimi V.,
Schembri P., 2002). De plus, si la dépendance à l'IDE est forte, surtout dans telles industries
polluantes à forte intensité énergétique, les émissions de dioxyde de carbone seront accrues
en aggravant ainsi les déséquilibres écologiques (Grimes P. et Kento J., 2003).
Par conséquent, concilier les objectifs de l’attractivité et de DD est un défi { la fois des
firmes et des nations. Un défi pour deux raisons.
D’une part, l’efficacité globale de la firme dépasse sa seule logique de profit maximal. Elle
contient aussi, en plus de sa grandeur économico-financière et technologique, d’autres
dimensions humaines, sociétales, culturelles et environnementales (Wolff D., 2010). Ainsi,
allant des normes communautaires et écologiques, aux exigences de responsabilité sociale
d’entreprise (RSE), de l’investissement socialement responsable (ISR)2 et passant par
l’éthique d’entreprendre, l’approche en termes de DD impose désormais aux firmes
l’impératif de « compétitivité durable » (Reynaud E., et al., 2011).
D’une autre part, les pouvoirs publics sont appelés { l’intégration réelle des besoins du
DD dans leurs politiques de développement, territorial en particulier. Si les gouvernements
encouragent la tendance des firmes vers la consolidation du DD, ils ne devraient plus –eux
aussi– négliger les contraintes socio-écologiques dans leurs politiques d’attractivité 3. Pour la
conception d’une politique d’AD pour l’IDE, il y’a donc une tendance naturelle {
l’encastrement des objectifs d’attractivité et de DD. Cet encastrement a bien aussi de
fondements théoriques.
En effet, une littérature foisonnante a montré l’importance de l’IDE dans la dynamique
des spécialisations des territoires. Son rôle est aussi crucial dans leurs mutations
socioéconomiques et même écologiques. Ses impacts sur le DD en particulier sont liés à
plusieurs aspects, selon les pays et les périodes considérées. Ils dépendent, entre autres, de
la nature même de l’investissement, de la stratégie de la firme qui l’engage, des qualités
attractives du territoire d’accueil, de ses différents acteurs et de leurs interactions, de ses
institutions et de leurs politiques. D’où la diversité des effets attendus de l’IDE et de leurs
intensités sur les territoires d’accueils. La relation théorique entre l’attractivité et le DD est
donc évidemment complexe. Car elle s’inscrit dans cette diversité d’impact.
En outre, la politique du DD exige des dépenses nécessaires de promotion et de mise en
œuvre. Du côté des investisseurs, c’est l’image et la compétitivité de leurs entreprises qui
sont en jeu sous-contraintes de telles dépenses en DD. Celles-ci réduisent, à première vue, à
court terme, les chances d’augmenter leurs marges financières, mais peuvent par la suite, {
moyen terme, améliorer leurs notoriétés ! Le gage de préserver l'environnement suivant des
pratiques de production et de distribution saines et écologiques est devenu une condition
incontournable de compétitivité des FMN. C’est pourquoi celles-ci, pour exploiter les
qualités attractives d’un territoire (accès au marché, matières premières, ...) honorent
souvent les normes réglementaires environnementales à la fois du pays d'origine et
d’accueil (Christmann P., et Taylor G., 2001, Rugman etal., 1999). De surcroît, cette attitude
se transmis aux autres acteurs du tissus productif local à cause des cadres réglementaires de
plus en plus homogène (Vogel D., 1995 ;Pauly L., et Reich S., 1997) ; ce qui permet une

2Les principes d'investissement responsable sont institués en 2007 dans un pacte entre principaux investisseurs. Un
cadre soutenu par les programmes des Nations Unies pour l’«Environnement-Initiative Financière ». Pour plus de
détails, le lecteur peut se référer à la brochure PRI sur le site : www.unpri.org
3
Desindicateurs de performance et de développement durable, sous forme de tableau de bord et de « SustainabilityReporting
Guidelines », sont désormais établispar des organismes de notation indépendants.L’image pays est y souvent captée non
seulement par les droits et libertés économiques, mais aussi par des mesures de performance environnementale et sociale, de
respect des droits de l'homme, du travail et de bonnes gouvernance comme celles d’anti-corruption.

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généralisation et uniformisation des normes environnementales et une diffusion rapide de


technologies propres (Treillet S., 2002).
Par ailleurs, du côté des pouvoirs publics, contraints par leur budget, c’est le prix du
bien-être des citoyens et celui de la création durable de richesses et d’emplois qui sont
finement conjugués par l’impératif de l’AD. Ainsi, les performances d’ensemble de la nation
devraient s’aménager pour accomplir une production viable, puis la répartir de manière
équitable. Dans ce sens, au de-là de leur coût financier, les dépenses en DD sur un territoire
transforment aussi son offre de facteurs d’attractivité 4 ! Attractivité du territoire et
durabilité de son développement sont alors les revers d’une même médaille.
Bref, à travers ses réglementations et normes socio-environnementales souvent
restrictives, le DD peut donc être tantôt un facteur d’attractivité tantôt un facteur de
répulsion territoriale. Le sens d’impact entre le DD et l’attractivité des est donc ambigu.
Cette ambiguïté s’accentue aussi suite { la diversité des projets d’IDE. Certains projets sont
repoussés, par exemple, par les réglementations environnementales restrictives mais
respectueuses des principes de DD (Copeland B., et Taylor M.S., 2003). D’autres, au
contraire, sont attirés par les mêmes réglementations ! Car celles-ci sont considérées, là, à
l’origine des efforts d’innovations par les firmes. Des efforts créant des nouvelles
technologies et méthodes de productions protectrices de l'environnement (Porter M.E., et
Van Der Linde C., (1995), Porter M.E., (1991), Mihci H., et al., (2005)). D’où des possibilités
de transfert et de « spillovers » technologiques (Sjoholm F., 1999) respectant
l’environnement et les principes du DD. Cependant, ici l'analyse coûts-avantages est ignorée.
En effet, on peut l’admettre aussi, les normes réglementaires ne peuvent favoriser les
innovations que si leurs avantages l’emportent sur leurs coûts (Palmer K., et al., 1995, Jaffe
A.B., et Palmer K.,1997).
De plus, un constat statistique curieux renforce la dite ambiguïté : les pays les plus
attractifs pour l’IDE sont aussi souvent des « mauvais élèves » en matière de DD.
Inversement, les plus respectueux des conditions socio-écologiques du DD sont les moins
attractifs. Le Maroc s’inscrit-il dans ce contraste ?
2. METHODEEMPIRIQUE
Pour examiner la relation entre l’attractivité et le développement durable au Maroc,
durant la période 1970-2014, un modèle autorégressif à retards échelonnés (ARDL),
introduit par Pesaran M.H., et al. (2001), est spécifié. Cela pour quatre raisons. La première,
parce qu’il comble les lacunes des méthodes de cointégration conventionnelles (Engle-
Granger, 1987 et Johansen, 1991), qui requièrent un même ordre d’intégration des
variables. La seconde, il permet l’estimation simultanée des relations de court et de long
terme entre les variables. La troisième, si les méthodes d’Engle-Granger (1987) et Johansen
(1991) nécessitent un nombre d’observation élevé, l’approche ARDL est relativement plus
efficiente pour les petits échantillons, comme c’est le cas pour le présent travail. Enfin, la
quatrième, l’ARDL donne des estimations non biaisées pour le modèle de long terme et des
t-statistiques valides même si certaines variables explicatives sont endogènes.
2.1. Les données
2.1.1. Mesure de l’attractivité
L’imprécise appréciation de l’attractivité pose de réels problèmes analytiques

4
D’où la modification des conditions de concurrence territoriale et, donc, de la pertinence des possibilités de « Trade-Off »
entre territoires pour séduire les investisseurs. Ceci est d’autant plus vrai dans un contexte de crises, à la fois écologique et
économique, où les questions du DD et d’attractivité s’encastrent l’une dans l’autre dans le nouveau concept d’AD en
combinant les intérêts privés et publics, souvent divergents.

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etstatistiques5. Notre choix porte sur les statistiques de l’IDE. Elles sont publiées par la
CNUCED suivant une méthodologie assez approuvée et agréée au niveau international. Deux
indices, tous en moyenne annuelle, semblent pertinents. Le premier, l’indicateur "Inward
FDI Performance Index". Le second est l’"Inward FDI Potential Index". Nous privilégions ici le
premier pour approximer l’indice de l’attractivité . Ce dernier prend en compte, en plus
de l’aspect relatif de la position marocaine en matière d’IDE attiré, la taille économique
relative du Maroc :

: Indice d’attractivité du Maroc, année . : Flux entrants d’IDE au Maroc, année , corrigé des flux liés aux
programmes de privatisation6. : Flux entrants d’IDE au niveau mondial, année . : Produit intérieur brut
du Maroc, année . : Produit intérieur brut du Monde, année .
La part du Maroc dans l’accueil des flux mondiaux d’IDE entrant correspond exactement
à sa part relative dans le PIB mondiale si . Un indique une performance
attractive nette, alors qu’un marque une moindre performance attractive. En
corrigeant l’ des flux d’IDE liés aux privatisations qu’a connu le Royaume entre 1993-
2005, il est clair que les performances attractives du « site Maroc » ont été souvent en
dessous de sa taille économique relative.
Graphique 1 : Évolution de l’indice d’attractivité du Maroc pour les flux d’IDE hors-
privatisations, 1970-2014.
4

0
1970

1990

2010
1980

2000

-1

IA IA Hors-Privatisations

Sources des données : CNUCED-WIR et Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation, du Ministère de
l’Economie et des Finances marocain.

2.1.2. Mesures du DD
Comme l’attractivité, le DD souffre également de problème de pertinence de mesure
dans toutes ses dimensions économiques, sociales, culturelles et écologiques. Là aussi
souvent c’est l’utilisation des indices synthétiques qui domine les travaux de recherches 7. Ils

5
Nombreuses recherches académiques, de sociétés de conseils et d’institutions indépendantes (IMD de Lausanne, FEMD,
Université de Harvard, la revue Foreign Policy, Ernst & Young, AT Kearney, …) ont utilisé des indicateurs synthétiques très
différents et élaborés selon des méthodologies diverses.
6
La source des statistiques des privatisations est la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation, du Ministère de
l’Economie et des Finances marocain.Les valeurs en DH sont convertis en $ selon le taux de change en vigueur (1970-2014),
base données de la CNUCED.
7
Des indicateurs simples sont également utilisés. On trouve notamment le Greendex de la National Geographic et Globescan
(Institut de sondage). Il capte le changement des comportements de « consommation durable et responsable » des

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tentent de capter fondamentalement trois aspects majeurs du DD: le développement


économique, sa durabilité et le bien-être des populations. Nous approchons ces aspects dans
leurs dimensions socioéconomique et écologique ou environnementale.
2.1.2.1. Dimension socioéconomique
L’indicateur économique classique utilisé est en premier lieu le PIB et son taux de
croissance. Un indicateur mesurant avant tout la création et la dynamique des richesses
marchandes. Il indique plutôt « le produire plus et encore plus ». Mais il ne dit rien sur la
répartition ni de ce qui est produit ni du surplus. Cette répartition peut être, et elle l’est
souvent, inégalitaire. Car la richesse produite n’enrichie en grande partie qu’une minorité.
Des inégalités économiques, territoriales et sociales comme la pauvreté, l’exclusion, la
précarité peuvent être donc sensiblement réelles même si la nation crée toujours plus de
richesses.
Mesurer le véritable développement revient alors { poser la question qu’est-ce qu’on
crée, on est riche de quoi ? Le PIB et son taux de croissance8 mesurent de la même façon les
activités économiques { externalités négatives comme positives. Aucune distinction n’est
faite entre les polluantes, nuisibles { l’environnement, { la santé publique et donc au bien-
être humain, et celles dites plus écologiques, vertes ou propres.
Pour prendre en compte ces aspects du DD, l’indicateur du PIB a été augmenté par
d’autres variables captant le bien-être des populations présentes et futures, dans la finalité
d’un progrès social véritable (Daly H.E., et Cobb J.B., (1989)). Elles considèrent, { côté de la
richesse marchande créée, les richesses non marchandes, leurs externalités négatives sur
l’environnement, d’un côté, comme la pollution, la dégradation des écosystèmes naturels et
d’autres déséquilibres écologiques, et sur le progrès humain, d’un autres côté, tels que le
non respect de la dignité et des droits de l’Homme, la criminalité, les guerres, les trafics
illicites (Talberth J., et al., 2007 ;Hartwick J.M, 1990).
Par ailleurs, afin d’introduire dans la mesure du développement, en plus du capital
physique, humain, environnemental et naturel, l’Indicateur d’Épargne Véritable 9 est
construit à travers les statistiques de la banque mondial (Hamilton K., 1996). Cependant, ce
sont des indices synthétiques qui sont les plus utilisés pour approcher le mieux possible le
développement. Les plus usuels sont les indicateurs du Programme des Nations Unis pour le
Développement (PNUD). On cite, parmi d’autres, l’Indicateur Sexo-spécifique de
Développement Humain (ISDH), publié en 1995. Il intègre la différence homme-femme et
soulève ainsi une forte corrélation entre l’inégalité sociologique entre les sexes et la
pauvreté humaine. Celle-ci est mesurée, quant { elle, par L’Indice de Pauvreté Humaine
(l’IPH), publié en 1997. Enfin, l’Indicateur du Développement Humain (IDH) publié en 1990.
Un indice pondéré, compris entre 0 et 1, et composé de quatre variables : l’espérance de vie
à la naissance, le taux d’alphabétisation des adultes, la moyenne d’années d’études et le PIB
par habitant en parité du pouvoir d’achat mesurant le niveau de vie. C’est ce dernier que
nous retenons, dans notre modèle, pour approcher la dimension socioéconomique du DD au
Maroc. Celle-ci n’est pas, sans doute, indépendante des conditions écologiques d’exploitation

consommateurs. On peut trouver aussi des tableaux de bord, moins synthétiques, mais plus au moins détaillés de certains
traits du développement durable.
8
Le PIB et sa croissance, de plus, n’intègrent pas les activités et services non marchandes, ou dont le prix est inférieur au coût
de revient (éducation, santé, sécurité,...), gratuites ou non rémunérées (travail à domicile ou tâches ménagères, services aux
voisins, aides aux nécessiteux, ...). Ils ne prennent pas en compte également les activités informelles comme les trafics non
déclarés (de prostitution, d’organes, de drogues, ...) et le travail clandestin.
9
L’IEV mesure, en pourcentage du PIB, la réelle appréciation/dépréciation de l’épargne d’un pays en tenant compte non
seulement de l’épargne nationale brute mais aussi de la consommation du capital fixe, des dépenses en éducation, de la
dégradation de l’environnement par les polluants et leurs effets sur les ressources naturelles.

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des ressources naturelles, et des conséquences de réchauffements climatiques suite aux


émissions de dioxyde de carbone.
2.1.2.2. Dimension écologique ou environnementale
Depuis la prise de conscience concernant la condition écologique dans le
développement, l’IDH n’est plus suffisant pour apprécier le DD. Par extension, au de-là des
aspects socioéconomiques, le principe de la « durabilité » exige un « IDH écologique ou vert ».
Il est construit en intégrant la dimension écologique du DD via des variables telles que les
émissions de CO2 (Lasso MC de la Vega et Urrutia A.M., 2001) et la qualité de l’eau, du sol, et
de l’air (Constantini V., et Monni S., 2008).
Dans une même vision de « durabilité », un « indice de santé de l’écosystème », captant
l’état et l’évolution de l’environnement, est établi par l’OCDE depuis le début des années 90
(OCDE, 2004). De même, une mesure de soutenabilité territoriale est déterminée par calcul
de capacités de charge. Elle évalue, pour chaque territoire, le seuil de sa consommation
durable relativement à ses ressources naturelles disponibles (Newman P., et al. 1994).
D’autres indicateurs de qualité de la vie, évaluant les conditions de vie (qualité de l’eau et de
l’air, espaces verts, contribution { la culture) et leurs tendances, tel que l’Indice Colorado,
émis par le Colorado Center for HealthyCommunities, sont également construits (Graymore
M., Sipe G. et Rickson R., 2008). La finalité étant l'appréciation du bien-être individuel et
collectif { la fois des humains et de l’écosystème : une condition primordiale d’un vrai DD
(Prescott-Allen R., 2001). C’est ainsi que la revue Nature publie également un « indice de
soutenabilité environnementale ». Un indice qui apprécie la capacité des pays à protéger
l’environnement { long terme.
Comme l’ont souligné d’autres institutions dans leurs rapports tels que le « Living Planet
Report », l’Atlas de l’Empreinte Écologique et de la Biocapacité de l’Institut de la
Francophonie et de Développement Durable (IFDD), les récentes projections estiment que
notre planète ne pourra plus régénérer au rythme actuel- si rien n’est fait - les ressources
dont l’humanité a besoin durablement (Wackernagel M., et Rees W., 1996 ; Wackernagel M.,
et al., 2002). Dans ce sens, l’empreinte écologique a été établie. Elle mesure la demande
humaine sur la nature en estimant la surface minimale de terre (bioproductive) dont une
population a besoin pour produire les ressources consommées, et pour absorber ses
déchets. C’est une surface bioproductive (en hectare par habitant) disponible pour assurer
un DD.
Dans notre modèle nous approchant ce dernier par un indice de durabilité écologique,
noté ID. Un rapport entre la Biocapacité (B) et l’empreinte écologique (EE) :
.
Un pays enregistrant un présentedes niveaux de risques écologiques spécifiques. Il a
un déficit écologique envers la planète en ayant une EE supérieure à ses propres
biocapacités. Ce qui engendre une dégradation de l’environnement et donc des conditions
d’un bien-être soutenable pour ses citoyens - générations présentes et futures - et, par-là
même, pour l’humanité entière. Le Maroc, comme une grande partie du monde, enregistre
aussi un déficit écologique chronique depuis 1974, alors que son IDH est en constante
amélioration : un dilemme de DD pour le Royaume.
Graphique 2 : Évolutions des indices de durabilité écologique et de développement humain
au Maroc, 1970-2014.

29
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2,0

1,0

0,0
1970

1980

1990

2000

2010
ID IDH

Sources des données : Global FootprintNetwork's National Footprint et celles du PNUD-WDI.

2.1.3. Variables indicatrices


Pour tester la relation entre l’attractivité et le DD, abordé par ses dimensions
socioéconomique et écologique, cinq autres variables indicatrices sont introduites pour une
meilleure spécification du modèle à estimer. Le capital humain (KH), définie ici par la part
de la population suivant les programmes d’éducation primaire(taux d’admission au
primaire).Le taux d’inflation (INF), indice des prix à la consommation, qui capte la stabilité
macroéconomique. Le taux d’ouverture commerciale (OUV) comme total des échanges
commerciaux rapporté au PIB.Le nombre de lignes téléphoniques par 100 habitants telleune
mesure de l’infrastructure (INFRA).Enfin, la variable de la qualité des institutions
sociopolitiques (QISP)approchée par une moyenne arithmétique simple de deux indices :
ceux des libertés civiles et des droits politiques.Les sources des données utilisées sont
indiquées en annexe 1.
2.2. Test de racine unitaire
D’après l’étude des propriétés statistiques des variables utilisées, le test ADF ne peut pas
rejeter l’hypothèse nulle de présence de racine unitaire pour les variables OUV et INFRA en
niveau ; alors que telle hypothèse est rejetée en première différence. Les deux variables sont
donc intégrées d’ordre 1 : I(1). Cependant, l’hypothèse nulle est rejetée pour les variables IA,
ID, INF, IDH et QISP en niveau. Elles sont toutes stationnaires en niveau : I(0). En outre, pour
la variable KH, les résultats de ce test sont mitigés : elle est I(0) à 10% et I (l) à 5% et à 1%
(Annexe 2). Le modèle ARDL peut parfaitement s’appliquer { des variables purement I(0),
purement I(1) ou d’ordre d’intégration mixte.
2.3. Test de la relation de cointégration par l’approche ARDL
Le modèle ARDL spécifié est exprimé de la manière suivante :

∑ ∑

∑ ∑ ∑

∑ ∑ ∑

30
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∑ ∑

∑ ∑ ∑

∑ ∑ ∑

∑ ∑

∑ ∑ ∑

∑ ∑ ∑

A l’exception de et , toutes les variables sont transformées en logarithme.


indique l’opérateur de différence première, est le terme d’érreur, est la constante, les
paramètres et décrivent la dynamique de long terme, alors que les coefficients

présentent la dynamique de court terme.


La première étape de l’appoche ADRL est d’estimer les équations (1)–(3) par la
méthode des moindre carrées ordinaires afin de vérifier la présence des relations de long
terme entre les variables. On teste de ce fait les hypothèses qui stipulent l’absence de
cointégration contre les hypothèses de présence de cointégration entre les variables au
moyen du test de Fischer:
{

{
Les termes ci-dessous indiquent le test normalisé respectivement en et :
;
;
.
3. RESULTATS ET ANALYSE
Deux types de valeurs critiques pour un niveau de signification sont calculées (Narayan,
2005). Le premier type suppose que l’ensemble des variables sont I(0). Alors que le second
admet qu’elles sont I(1). L’hypothèse nulle d’absence de cointégration est rejetée lorsque la
valeur du test statistique excède la valeur critique de la borne supérieure. Elle est acceptée
quand la F-statistique est inférieure à la valeur de la borne inférieure. Si la valeur de F-
statistique est comprise entre les deux bornes, le test est inconclusif. Le tableau 1 reporte les
valeurs de la F-statistique quand les variables et sont considérées comme
dépendantes.

31
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Tableau 1 : Résultats du test de cointégration des équations (1)-(3).


Variable dépendante F VCBI VCBS I(1) Cointégration
I(0)à1% à1%
13.68662 3.383 4.832 Oui
3.452951 Non
2.314126 Non

F : Statistique de Fisher VCBI/S : Valeur critique de la borne inférieure/supérieure


Source des valeurs critiques: Narayan (2005).
De ces résultats, il apparaît qu’il existe une relation de long terme entre les variables
quand la variable IA est considérée comme dépendante ; car son F-statistique ( )
dépasse la valeur de la borne supérieure (4.832) au seuil de 1%. Ceci implique que
l’hypothèse nulle d’absence de cointégration entre les variables de l’équation (1) est rejetée.
Toutefois, pour les équations (2) et (3), l’hypothèse nulle d’absence de cointégration n’est
pas rejetée.
La relation de long terme entre les variables montre la présence de la causalité au sens
de Granger. Celle-ci est révèlée par laF-statistique. Une fois que l’hypothèse nulle d’absence
de cointégration est rejetée pour le modèle (1), nous allons le transformer sous une forme à
correction d’erreur afin d’appréhender les paramètres de la dynamique de court terme. Le
modèle à correction d’érreur est spécifié de la manière suivantes:

∑ ∑ ∑ ∑

∑ ∑ ∑

Avec est la vitesse d’ajustement vers l’équilibre de long terme.


Les résultats des coefficients de la dynamique de court terme associée à la relation de
long terme obtenue de l’équation (1) sont présentés dans le tableau 2. Le test de Fischer de
la significativité globale du modèle montre que ce dernier est très significatif.
Les tests de diagnostic des résidus contre la présence de l’autocorrélation (DW et BG),
de l’hétéroscédasticité (ARCH) et de la normalité ne montrent aucun signe de mauvaise
spécification du modèle. Le test de Ramsey indique également que ce dernier est bien
spécifié (Tableau 2). En outre, la stabilité des estimations est appréhendée par les tests de
CUSUM (Cumulative Sum of recursiverésiduals) et CUSUMQ (CUSUM of square). L’annexe 3
illustre les résultats des ces tests. Ils exhibent la stabilité des coefficients durant la période
considérée. Car, en effet, les courbes de CUSUM et de CUSUMQ sont restées { l’intérieur du
corridor au seuil de signification de 5%.
L’examen de la relation de long terme entre les variables, d’après les résultats (Tableau
2), montre que le coefficient du terme de correction d’erreur est négatif et statistiquement
significatif au seuil de 1%. Cela confirme le résultat de l’approche ARDL. Sa valeur est
estimée à -0.17. Elle implique une vitesse de convergence vers l’équilibre de long terme qui
est relativement faible. Environ 17% de la déviation par rapport { l’équilibre antérieur est
corrigée au cours de l’année courante. Ce qui indique une causalité de long terme véhiculée
par le terme de correction d’érreur allant dela variableIDH vers la variable IA. Cependant,
les termes de correction d’erreur des équations (2) et (3) ne sont pas statistiquement

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significatifs, révélant ainsi l’absence de causalité de long terme allant des variables
explicatives vers les mesures de développement durable (ID et IDH). Ce résultat cadre avec
ceux de l’approche ARDL pour la cointégration.
Bref, à long terme, quatre résultats majeurs sont à souligner :
Le premier, l’indice de durabilité écologique, noté , affecte négativementl’indice
de l’attractivité (IA), cependant cet impact n’est pas significatif. Olszak E., (2010), a trouvé
aussi un même impact négatif, mais significatif, dans son étude portant sur un échantillon de
27 pays de l’Union Européenne. Il a conclué sur une corrélation négative entre les
indicateurs de l’attractivités qu’il a utilisé et ceux de la dimension environnementale du DD.
Il suppose et vérifie que l’attractivité d’un pays est d’autant plus grande que son EEest
élevée. Celle-ci, dans notre analyse, { biocapacité constante, dégrade l’indice de durabilité
écologique considéré, donc le DD, ce qui affecte positivement ,mais de manière non
significative d’après notre test, l’attractivité marocaine. Inversement un ID amélioré la
réduirait.
Tableau 2: Estimation du modèle ARDL(3,4,4,4,4,2,3,1) sélectionné par critère de Schwarz10
Relation de long
Variable Coefficient Ecart type t-statistique Probabilité
LID -1.600542 1.041419 -1.536885 0.1328
LIDH -3.173485 1.592626 -1.992611 0.0537
LINFRA -0.022940 0.319669 -0.071763 0.9432
LKH 0.703369 0.610110 1.152856 0.2564
LOUV 0.567977 0.805254 0.705339 0.4850
QISP 0.169915 0.223308 0.760900 0.4515
INF -0.043015 0.031017 -1.386829 0.1738
C -8.009071 4.413427 -1.814706 0.0777
Modèle à correction d’erreurs (dynamique de court terme)
D(IA(-1)) -1.518477 0.122678 -12.377745 0.0000
D(IA(-2)) -0.625998 0.076671 -8.164701 0.0000
D(LID) 4.977996 0.498543 9.985084 0.0000
D(LID(-1)) -7.864142 0.560097 -14.040678 0.0000
D(LID(-2)) -9.951919 0.683647 -14.557097 0.0000
D(LID(-3)) -7.031654 0.578269 -12.159836 0.0000
D(LIDH) -7.732651 1.249937 -6.186432 0.0003
D(LIDH(-1)) -21.798401 2.113321 -10.314761 0.0000
D(LIDH(-2)) -22.908808 1.785882 -12.827727 0.0000
D(LIDH(-3)) -20.295189 1.393953 -14.559449 0.0000
D(LINFRA) 4.711351 0.449985 10.470018 0.0000
D(LINFRA(-1)) -3.542680 0.388713 -9.113860 0.0000
D(LINFRA(-2)) -3.143923 0.428021 -7.345251 0.0001
D(LINFRA(-3)) -1.029951 0.298158 -3.454380 0.0086
D(LKH) -3.835842 0.331089 -11.585547 0.0000
D(LKH(-1)) 0.889262 0.242516 3.666818 0.0063
D(LKH(-2)) 0.449297 0.225434 1.993028 0.0814
D(LKH(-3)) -0.797710 0.227069 -3.513079 0.0079
D(LOUV) 3.043127 0.512908 5.933088 0.0003
D(LOUV(-1)) -1.111929 0.453879 -2.449835 0.0399
D(QISP) -1.011030 0.120976 -8.357287 0.0000
D(QISP(-1)) 0.559368 0.095139 5.879469 0.0004
D(QISP(-2)) 1.706947 0.143297 11.911913 0.0000

10
Voir annexe 4 pour les retards sélectionnés.

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D(INF) 0.313873 0.025243 12.434040 0.0000


ecm(-1) -0.171256 0.010911 -15.695833 0.0000
Diagnostic du modèle
R² = 0.970879 R² ajusté = 0.854395 DW = 2.633224 Statistique de Fisher = 8.334870
SER = 0.234339 JB = 2.3646 (0.3066) BG(χ²(1)) = 2.7220(0.1430) ARCH(χ²(1)) =
0.2352(0.630.5) RESET = 1.1281(0.2964) ecm(-1) = -0.171256 (0.0000)
DW : Durbin Watson ; SER : Ecart type de la régréssion ; RESET: test de Ramsey de l’erreur de
spécification du modèle ; JB : test de normalité de Jarque Berra; BG : test LM de Breusch Godfry de
l’autocorrélation des résidus; ARCH: test de l’hétéroscédasticité des résidus. Le chiffre entre les
parenthèses est la probabilité.

Le second est que l’IDH affecte aussi négativementet significativement l’IA. Une hausse
de 1% de l’IDH entraîne une baisse de 0.0317de l’IA. Ce résultat n’est pas conforme aux
conclusions d’autres études, notamment celles de Rothman D.,(1998) exploitant un
échantillon de 52 pays, et de Boutaud A.,(2005). Ces auteurs, par exemple, ont bien trouvé
une corrélation positive forte et significative entre l’EE et le DD, mesuré tantôt par le PIB par
habitant tantôt par l’IDH. Boutaud (1998) a montré qu’un IDH croissant est associé à une
forte EE.Si l’on admet ce résultat, à biocapacité constante, cette forte EE dégraderait l’indice
de durabilité considéré dans notre étude et donc, par référence à notre premier résultat,
cela améliorerait l’indice de l’attractivité. Ce qui contredit le résultat de notre test.
L’amélioration de l’IDH au Maroc est dû essetiellement, selon le rapport de
développement de la PNUD 2105, au travail. Plus qu’un emploi, c’est une valeur rendant au
citoyens leur dignité notamment via l’assurance des dépenses de santé et d’éducation, des
moyens de subsistance et donc un niveau de vie meilleur. Le droit de travail et des mesures
de protections sociales ont été mises en place et renforcées dans le Royaume. En plus des
salaires qui ont amorcer leur hausse avecle développement qu’a connu ce dernier, les
charges de protection sociale, désormais obligatoire pour les entreprises, amplifie les coûts
salariaux. Le déterminant majeur de l’IDE { stratégie verticale, modalité d’implantation la
plus répondue au Maroc durant la période étudiée, n’opère plus dans son attractivité. Une
hausse des salaires (donc de l’IDH) serait même un élément répulsif pour ce genre d’IDE
vertical pour le pays.
Le troisième montre que les effets des autres variables, sauf celle de l’infrastructure,
sont tous théoriquement attendus ;mais ils ne sont pas significatifs à long terme.
Le quatrième, annonce un terme d’erreur (ecm(-1)), qui traduit la vitesse de
convergence vers l’équilibre de long terme, bien négatif et significatif ; ce qui prouve
l’existence d’une relation de long terme stable.
Quant au court terme, les résulats des estimations des équations (2) et (3) montrent
aussi l’absence d’une causalité de court terme allant de l’IA vers l’ID et vers l’IDH11 :
l’attractivité du Maroc pour l’IDE, durant la période 1970-2014, n’a pas affecté son
développement durable. Dans un volet écologique, cette absence de causalité s’expliquerait
par la structure de ventillation sectorielle des IDE. Celle-ci montre l’importance des flux
accueillis classiquement dans l’immobilier, les télécommunication et multimédias, le
tourisme, les métiers financiers de banque et d’assurance, le textile, le commerce et plus
récemment dans l’offshoring et les énérgies renouvelable. L’IDE a investi également
l’industrie marocaine mais il s’est concentré traditionnelement dans l’agroalimentaire et

11
Les résultats de ces estimations ne sont pas reportés afin d’éviter de surcharger le document.

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plus récemment dans l’automobile et l’aéronautique. La part des IDE dans l’extraction
minière, activité souvent polluante, et dans l’exploitation d’autres richesses naturelles,
d’habitude dégradant l’environnement et la biodiversité, est peu significative dans le
Royaume, qui a instauréen plus la charte de l’environnement depuis 2010.
Par contre, la dynamique de court terme plaide pour une causalité (de court terme)
allant des variables explicatives, notamment l’ID,l’IDH et les autres variables, vers l’IA. A cet
horizon temporel toutes les variables ont un impact significatif. Les effets des variables de
développement durable (ID et IDH ) sont, ici aussi, négatifs sur l’attractivité : une
consolidation des efforts de DD, en augmentant l’ID et l’IDH, au Maroc avaient un effet de
court terme répulsif sur l’accueil de l’IDE.
Finalement, nous concluons donc sur une sensible altérité entre l’impératif du DD du
Maroc, mesuré dans ses dimensions socioéconomique et écologique, et celui de son
attractivité. Deux objectifs, de politiques publiques, divergents à concilier ! Un vrai paradoxe
d’«attractivité durable ».
CONCLUSION
Une fois justifier leconcept d’« attractivité durable », l’article étudie et analyse la
relation entre l’attractivité du Maroc pour l’IDE et son développement durable, durant la
période 1970-2014.
Au départ, après avoir esquissé les fondements théoriques d’une telle relation, un
modèle ARDL a été spécifié et estimé. Lorsque les indices de DD utilisés, { savoir l’ID et
l’IDH, sont considérés comme variables { expliquer, l’hypothèse nulle d’absence de
cointégration n’a pas été rejetée.L’approche ARDL a justifié, quand l’IA est considéré comme
variable dépendante, l’existence de relation de long terme entre l’attractivité du Royaume et
les dimensions socioéconomiques et écologiques de son DD. Elle a montré la présence de la
causalité au sens de Granger.
Ensuite, le modèle retenu est donc transforméen ECM, qui s’est révélé très significatif,
afin d’appréhender les paramètres de la dynamique de court termeassociée { la relation de
long terme. Les résultats des coefficients ont confirmé la conclusion de l’approche ARDL. Le
coefficient du terme de correction d’erreur est négatif et statistiquement très significatif. Il a
signalé une vitesse de convergence vers l’équilibre de long terme qui est relativement faible
mais stable. Une causalité de long terme significative, véhiculée par le terme de correction
d’érreur allant de la variableIDH, est détectée vers la variable d’attractivité ; mais non vers
celles du développement durable (ID et IDH). Résultat qui cadre avec ceux de l’approche
ARDL pour la cointégration : l’attractivité du Maroc pour l’IDE, durant la période 1970-2014,
n’a pas affecté son DD, peut être à cause de la structure de ventillation sectorielle des IDE
vers des activités non ou peu polluantes.
Au final, à long terme, les tests ont montré que l’ID affecte négativement l’IA, cependant
cet impact n’est pas significatif. L’IDH influence négativement et significativement l’IA. Les
effets des autres variables ne sont pas significatifs à long terme. Par contre, toutes les
variables ont un impact significatif à court terme sur l’IA. A cet horizon temporel, les effets
des variables de DD sont, ici aussi, négatifs sur l’IA : elles exercent plutôt un effet répulsif. Le
DD est donc une contrainte exogène dont il faut tenir compte dans la conception d’une
AD du « site Maroc ».Alors que l’attractivité du Royaumen’affecte et ne cause pas son DD. Au
Maroc, attractivité et DD sont deux objectifs, de politiques publiques, divergents à concilier !
Un vrai paradoxe d’«attractivité durable ».
Bien évidemment cette conclusion est à considérer avec précaution. Cela pour quatre
raisons majeures. Les résultats d’estimation sont { relier au nombre relativement faible des
observations associées avec huit variables. Les indices, souvent synthétiques, et données
exploitées ne sont pas sans biais de mesure pour approcher des phénomènes complexes :
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attractivité et DD. D’autres dimensions de DD, comme certaines formes de gouvernance et


l’aspect culturel, n’ont pas été intégrées dans le modèle spécifié. Sans oublier de revenir sur
l’effet empirique négatif de l’IDH sur l’attractivité marocaine : { part l’argument d’une
hausse des coûts salariaux, pourquoi une amélioration de l’IDH, composante du DD, a un
effet répulsif et non attractif pour le Maroc ? Par conséquent, d’autres études sont
nécéssaires pour justifier la validité de ce paradoxe d’« attractivité durable » au Maroc. Est-
il vérifiable aussi pour d’autres pays, ou panel de pays ?
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ANNEXE 1.
Données : variables, codes, sources
Variables Codes Sources
Indice d’attractivité IA CNUCED (UNCTAD, WIR)
Indice de durabilité écologique ID Global FootprintNetwork's National Footprint
Indice de développement humain IDH PNUD, WDI, Banque Mondiale
Capital humain KH UNESCO Institute for Statistics
Inflation INF Banque Mondiale
Infrastructure INFRA Banque Mondiale
Ouverture commerciale OUV OMC
Qualité des Institutions Sociopolitiques QISP Freedom Housse

ANNEXE 2.
Résultats du test ADF

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Variables Test Ordre d’intégration


IA -4.116827* (ct) (0)
∆IA -6.328923 (c) (2) I(0)
ID -5.554647* (ct) (0)
∆ID -10.25425 (c) (0) I(0)
INF -5.203301* (ct) (0)
∆INF -7.143231 (c) (1) I(0)
OUV -2.474709 (ct) (0
∆OUV -6.871579* (c)(0) I(1)
INFRA -2.472741 (ct) (1)
∆INFRA -3.432352* (0) I(1)
IDH -5.392483* (ct) (4) I(0)
∆IDH -6.733491(c) (4)
KH -3.452749***(ct) (0) I(0) à 10% et I(1) à 1%
∆KH -7.750221* (0)
QISP -3.808855*(c) (1) I(0)
∆QISP -6.231852 (0)
Δ indique la différence première de chaque série. L’hypothèse nulle stipule que la série en question
dispose d’une racine unitaire. *, ** et *** signalent le rejet de l’hypothèse nulle respectivement au seuil de
signification de 1%, 5% et 10%. Le chiffre entre () indique le retard optimal sélectionné { l’aide du critère
SIC. Le retard maximal est fixé à 4, (ct) indique le modèle avec constante et tendance, (c) désigne le
modèle avec constante et, finalement, si rien n’est indiqué, le modèle est sans tendance ni constante

39
1.36
1.38
1.40
1.42
1.44
1.46
1.48
1.50
1.52
1.54
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 2, 1)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 1, 4)
Revue CREMA

ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 2, 2)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 1, 1)
ARDL(2, 4, 4, 3, 0, 3, 4, 3)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 3, 1)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 4, 2, 1)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 2, 4)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 4, 1, 4)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 2, 3)

40
ARDL(2, 4, 4, 3, 0, 4, 4, 3) ANNEXE 4.
ANNEXE 3.

ARDL(3, 4, 4, 3, 4, 3, 1, 1)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 3, 2)
ISSN: 2351-7735

ARDL(2, 4, 4, 4, 0, 3, 4, 3)
Schwarz Criteria (top 20 models)

ARDL(2, 4, 4, 3, 0, 3, 3, 3)
Courbes de CUSUM et de CUSUMQ

ARDL(3, 4, 4, 3, 4, 3, 1, 4)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 4, 1, 1)
Nombre de retards sélectionnés à l’aide du critère SIC

ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 3, 1, 3)
ARDL(3, 4, 4, 4, 4, 4, 2, 2)
ARDL(2, 4, 4, 3, 1, 3, 4, 3)
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