Statuts Des Langues Et Représentations en Kabylie, Le Français Face À L'officialisation de Tamazight
Statuts Des Langues Et Représentations en Kabylie, Le Français Face À L'officialisation de Tamazight
Mémoire de master
Présenté par :
Melle Azzoug Zakia
Melle Azzouz Sabrina
Devant le jury :
Année universitaire
2016 - 2017
Remerciements
et ou de loin.
travail.
mouloud
Exception
sabrina
Dédicaces
Avec une pensées profonde que je dédie se modeste
farid.
dania .
ce travail .
Zakia
Sommaire
Introduction Générale...................................................................................................... 05
Chapitre I :
Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
1- Concepts théoriques ................................................................................................... 09
2- La situation politico-linguistique en Algérie............................................................. 12
3- Statut des langues dans la politique linguistique en Algérie ...................................... 17
4- Le Français ................................................................................................................... 21
Conclusion........................................................................................................... 22
Chapitre II
Introduction ................................................................................................................... 25
1- Sécurité / L’insécurité linguistique......................................................................... 25
2- Les attitudes et les représentations ......................................................................... 29
3- Distinction entre représentation et attitude............................................................. 38
Conclusion ............................................................................................................... 38
Introduction ....................................................................................................................... 39
Conclusion ............................................................................................................................. 52
Conclusion générale ....................................................................................................... 53
Bibliographie................................................................................................................... 55
Annexe ............................................................................................................................ 58
Introduction générale
Introduction Générale
Les locuteurs et les acteurs sociaux développent, à chaque situation, des images et des
représentations dont dépendent souvent leur positionnement face aux langues mais aussi leur
usage de celles-ci.
Ces connaissances nous permettent ainsi de saisir ce que pensent les locuteurs à
propos des langues. Elles sont socialement élaborées et partagée, elles sont donc, de fait,
révélatrices des rôles et des places des langues au sien des sociétés ?
Qu’en est-il du cas des langues en Algérie ? Il ne s’agit pas, encore une fois, de
revisiter les représentations des locuteurs algériens face aux langues d’Algérie, nous voulons
plutôt voir s’il pouvait y avoir changement, ou effet sur ces représentations, après changement
dans les statuts officiels de ces langues. Le but est donc davantage d’interroger le cas de la
langue tamazight, face à l’arabe et au français, après sa consécration en tant que langue
officielle en Algérie.
Les études portant sur les représentations sont considérées comme assez récentes,
comme un nouveau chantier, un nouveau domaine d’investigation. La linguistique a en effet
ajouté, voici quelques années, à l’étude des pratiques et des formes celle d’un domaine
jusque-là négligé : ce que les locuteurs disent, pensent des langues qu’ils parlent et de celles
que parlent les autres. (IPIDp. 07).
Depuis l’indépendance, l’Etat algérien a promulgué des lois sur l’arabisation. Des lois
dont l’objectif est de donner à l’arabe classique une légitimité et un statut de langue nationale
et officielle dans divers domaines d’utilisation, notamment l’enseignement supérieur qui est
l’épine dorsale du développement du pays.
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Introduction Générale
L’université algérienne telle que toutes les institutions de l’Etat est ciblée par la
politique de l’arabisation qui vise à supplanter la langue française implantée en Algérie par les
Français et la remplacer dans la mesure du possible par la langue arabe considérée comme la
seule langue officielle et nationale,. Mais l’arabisation de l’université n’a pas été totale.
Certaines branches de l’enseignement supérieur (médecine, biologie science, architecture,
informatique...) et les secteurs clé de l’économie nationale (industrie, hydrocarbure..)
continuent à utiliser la langue française. En revanche, les filières des sciences humaines et
sociales (philosophie, psychologie..) ont adopté l’arabe comme langue d’enseignement.
Nous avons cherché à travers le discours épilinguistique tenu par les étudiants à faire
ressortir un rapport, si rapport il y a, entre les statuts des langues en présence et les
représentations des locuteurs à leurs égards. Ces dernières sont-elles influencées par le statut
de chaque langue ? Autrement dit, y a-t-il un rapport entre le statut politique des langues et
les représentations des locuteurs à leur égard ?
En guise de réponse préalable à ces questions, nous soutenons que le statut politique
d’une langue exerce une influence sur les représentations sociolinguistiques et que ces
dernières déterminent les attitudes et les comportements socio langagiers des locuteurs. Nous
postulons aussi que les variables âge, sexe, lieu de résidence, langue maternelle d’un locuteur
peuvent déterminer l’influence des représentations sur les attitudes linguistiques et sur les
comportements socio langagiers.
Problématique
Ceci sur le plan des décisions et des actions politiques. Qu’en est-il du discours à
propos de ces décisions ? Que pourraient penser les locuteurs de cette langue de la décision
d’officialisation ? Cela agirait-il nécessairement positivement sur leurs représentations face à
cette langue ?
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Introduction Générale
récemment son statut passer de celui de langue nationale à langue officielle. Quelles sont les
conséquences de ce changement chez les locuteurs ? Leur opinion sera-t-elle touchée d’une
quelconque manière par cette décision ?
En règle générale, les citoyens d’un pays sont censés se conformer aux lois de leurs
pays inscrit dans les textes officiels, mis en place par l’Etat. Il se trouve que certain articles de
lois n’arrivent pas à assurer l’adhésion d’une partie voire la majorité des administrés
(citoyens). En ce qui nous concerne, il est question du statut des langues en Algérie et de
l’influence de ce dernier sur les représentations que se font les Algériens vis-à-vis des langues
en présence dans le pays, à savoir l’arabe et le tamazight et les langues dites étranger. Il s’agit
donc de mesurer le degré d’influence exercé par les statuts en question sur le discours
épilinguistique des Algériens.
A travers le discours épilinguistique nous avons voulu vérifier si cette population porte
intérêt à ce que la langue soit employée (les langues en Algérie)., En outre, nous allons nous
intéresser au degré d’influence de quelques variables et composantes sociales, qui
caractérisent les locuteurs, sur la nature de leurs attitudes et de leurs représentations à l’égard
de l’usage des langues dans une communauté linguistique algérienne.
Hypothèses
Le travail consiste à tenter de saisir les représentations des locuteurs face aux langues
d’Algérie, principalement le tamazight, en focalisant sur les derniers changements survenus
dans le statut de la langue amazighe en Algérie.
L’idée est de questionner des locuteurs, à travers une enquête, afin de saisir, entre
autres, ce qu’ils pensent de ces langues, leurs usages de celles-ci. Une deuxième batterie de
questions tentera ensuite de déterminer si le changement de statut affecte d’une quelconque
manière ces usages et ces représentations.
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Introduction Générale
A partir de là, nous pensons pouvoir cerner ce discours à propos des langues, de leurs
statuts et des pratiques langagières des locuteurs en Algérie, du moins dans une région. Nous
analyserons toutes ces données afin de saisir ce lien entre le statut des langues et les
représentations des locuteurs face à celles-ci.
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Chapitre I
Aspects théoriques et situation politico-linguistique
en Algérie
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
1- Concepts théoriques
Dans une société, il n’existe pas un locuteur unique qui parle une langue particulière,
mais plutôt un groupe de locuteurs qui partagent la même langue ou les mêmes traditions.
C’est qu’on appelle la communauté linguistique. Pour BLOOMFIELD : « une communauté
linguistique est un groupe de gens qui agit au moyen du discours. » BLOOMFIELD L.,
1966).
Dans une autre coté, nous pouvons trouver aussi des locuteurs d’une même
communauté linguistique qui ne se comprennent pas entre eux. C’est ce que confirme LOUIS
JEAN CALVET : « les membres d’une communauté linguistique peuvent parler de manière
semblable que chacun peut comprendre l’autre ou peut se différencier au point que des
personne de région voisines peuvent ne pas arriver à se comprendre les unes des autres. »
(LOUIS JEAN CALVET 1966, p 45 .54).
A ce propos, nous pouvons dire que c’est la langue qui détermine la communauté,
c’est ce qu’affirme WILLIAM LABOV pour qui la la communauté linguistique n’est pas
seulement vue « comme un ensemble de locuteurs employant les mêmes formes ». Mais plutôt
comme « un groupe qui partage les mêmes normes quant a la langue ». (W.LABOV 1976 p
338).
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Peut-on dire que le fait de parler une langue est un critère d’appartenance à une
communauté linguistique ? Ou peut-on dire que le terme de communauté linguistique se base
sur le nombre d’individus qui parle une même langue ?
Pour bien saisir le concept de communauté linguistique, il y a lieu de relever que celui-
ci est lié à la présence d’une organisation typique des normes et des actions reconnues par le
membre d’un groupe donné.
La politique linguistique renvoie aussi à des choix qu’opèrent les institutions (l’Etat) au
niveau des langues imposés aux locuteurs dans leur vie sociale. Dans ce sens, LOUIS JEAN
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Dans un pays plurilingue comme l’Algérie, la relation entre les langues qui y existent
constitue un enjeu politique. Dans ce sens, l’auteur que nous venons de citer écrit « La langue
officielle a partie liée avec l’Etat; et cela tant dans sa genèse que dans ses usages »
(P.BOURDIEU, 1982 P.104).
A partir de ce point de vue, nous pouvons constater que les mécanismes de formation
des prix linguistique sont intimement liés aux mécanismes de domination politique. L’Etat
algérien impose l’arabe classique comme langue officielle et seule légitime, cette langue tient
donc un rapport de force contre les autres langues existantes. Cette unification linguistique
implique l’unification du marché linguistique algérien dans lequel les usages linguistiques et
leurs valeurs se trouvent mesurés à la langue dominante, à savoir l’arabe classique.
Selon CALVET le statut d’une langue est la position d’une langue dans la hiérarchie
linguistique d’une communauté linguistique, cette position étant liée aux fonctions remplie
par la langue, et à la valeur sociale relative conférée à ses fonctions « exemple la langue de la
religion sera très valorisée dans une théocratie ». Le statut d’une langue c’est la place
qu’occupe celui dans la vie sociale, on lui établit une hiérarchisation, une classification, un
enchatonnement en d’autres termes la stratification des langues, les catégories de statuts le
plus souvent utilisées sont celle de langue officiel et de la langue national. (LOUIS JEAN
CALVET P 1987 P.157).
2- La situation politico-linguistique
Les langues en présence se distinguent de point du vue de l’histoire, de leur structure,
de leur degré d'usage et de leurs fonctions sociolinguistiques distinctes .Comme beaucoup
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
d'autres pays dans le monde, l’Algérie offre un panorama et un paysage linguistique très
riche. Ceci pose de multiples questions sur la situation des langues en usage, d’une part les
langues nationales, d’autre part les langues étrangères.
L’actualité algérienne récente tant sur le plan politique que sur le plan social, en ce
qui concerne la question linguistique, culturelle et identitaire ne cesse de soulever de
nombreux débats sur le caractère plurilingue du pays et les différents enjeux qui en découlent.
La réalité historique impose de tenir compte des phénomènes tant sur les plans sociaux,
économiques, politiques, culturelles, et bien entendu linguistique.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
KHAOULA TALEB IBRAHIMI ajoute que : « c’est une réalité que nous devons
accepter et reconnaitre. Il est bizarre d’entendre encore des gens contester cet héritage
historique. » (KHAOULA TALEB IBRAHIMI, Le soir d’Algérie 30/05/2009).
Depuis 1962, tous les régimes qui succèdent à la tête de pouvoir algérien ont nié le
caractère multilingue et multiculturel de l’Algérie.
Pour moi les Algériens ne sont pas des arabes, tout simplement, mais un
peuple multiculturel qui comprend multiplicité ou en tout cas une variété de
langues, d’ethnies, de etc. Qui e peuvent pas être rangés dans la catégorie
« arabe »sans difficultés. (Walid EL KHACHAB, p 192-193 2000).
Les Algeriens parlent des langues maternelles très mal servies par l’Etat en matière de
prise en charge institutionnelle. Le français garde, a coté de l’arabe classique, une bonne place
dans les dommaines les plus importants tels que la législation, la finance, les études
universitaires, l’administration,.. Ces deux langues (Le fraçais et l’arabe classique) sont
utilisées par les dirigeants et les cauches sociales superieures urbaines. Il faut savoir que le
tirage des journaux en français est l’un des plus forts des pays francophones et que plus de
55% de tirage de journaux algériens sont en langue française.
Les sociolinguistes ont mis l’accent, dans ce contexte sur les concepts de
l’aménagement linguistique et celui de la planification linguistique comme processus de
l’application d’une politique linguistique.
L’Algérie, parmi tant d’autre pays maghrébins qui a été colonisé par les français. C’est
un pays berbérophones, par excellence traversé par plusieurs invasions notamment celles des
deux civilisations arabe et français qui l’ont marqué le plus.
En effet, les colons français imposent leur langue dans tous les sphères d’activité
(commerce, administration, enseignement, affichage…) et en 1938 l’arabe déclaré comme
langue étrangère.
Dans l’optique de notre travail qui traite des statuts des langues de notre pays, nous
sommes censés présenté le champ sociolinguistique des trois langues : berbère, français et
arabe en Algérie, et bien précisément le statut de la langue française à celui de la langue
tamazight dans l’administration Algérienne.
Pour cela, nous allons mettre l’accent, en premier lieu sur la coexistence de ces
langues en Algérie et en suite nous exposerons les deux politiques appliquées dans ce pays.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Nous allons dans cette partie présenter les différentes langues en présence ainsi que,
leurs statuts respectifs.
L’Algérie est un pays qui connait l’existence de deux variétés des langues nationales ; les
variétés de Tamazight et celles de l’arabe.
Il existe en Algérie deux variétés de l’arabe. Une variété haute, prestigieuse, réservée
pour l’usage officiel, dite arabe standard et une variété basse, minorée par les politiques
linguistiques mais pratiquée par la majorité des Algérien, dite arabe dialectal, arabe algérien
dans ses différentes variantes, appartient à la sphère maghrébine assez spécifique, a été
marquée par le conservatisme de ses locuteurs.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
L’arabe classique est la langue des Algériens après l’indépendance, c’est ce que
confirment les propos de FOUDIL CHIRIGUENE
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
(...) sans référence culturelle propre, cette langue est aussi sans communauté.
Elle n’est la langue parlée de personne dans la réalité de la vie quotidienne (...)
derrière cette langue "nationale", il n’y a pas de «communauté nationale» dont
elle serait la langue tout court, dont elle serait bien sur la langue maternelle. (G.
GRANDGUILLAUME 1983. P. 11).
Cette langue donc n’est utilisée par les Algériens que dans des situations formelles
(école, administration, tribunal...) et elle n’a aucune existence dans la sphère informelle
(conversations entre amis, en famille, dans la rue...).
Après l’indépendance, l’Etat algérien a adopté l’arabe standard comme la seule langue
officielle dans le but d’unifier tout le peuple algérien autour de cette langue qui est comme
nous l’avons déjà signalé le véhicule de la religion musulmane.
Cette langue est considérée comme dialecte car, pour certains, elle ne peut pas véhiculer
les sciences ou être enseignée à l’école. Les textes officiels ne la mentionnèrent nullement et
n’en font aucune référence. Malgré un certains discours qui fait d’elle une ‟sous-langue” elle
est la langue maternelle de la grande majorité des Algériens.
Elle est caractérisée pas ses différentes variétés linguistique tels que l’oranais l’algérois
… qui ne posent aucun problème pour l’intercompréhension. L’importance de cette langue
peut être expliquée par la vie socioculturelle où elle joue le rôle de langue de la
communication quotidienne et de la production culturelle et artistique. Elle est utilisée dans
les films, pièces de théâtre, la chanson … « L’arabe dialectal est la langue maternelle de 72
% de la population algérienne». (J. LECLERC 24 février 2007).
De ce fait elle remplit une fonction essentielle même si elle est exclue de toutes les
institutions gouvernementales (administration, école, etc.) et ne jouit d’aucun statut
officiellement reconnu.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Cette langue est donc ni codifiée, ni standardisée, c’est une langue essentiellement orale
mais parfois utilisées par certains auteurs dans leurs productions artistiques et littéraires
surtout la chanson, la poésie et le théâtre comme les monologues de Mohammed Fellag.
L’appellation « berbère » a été utilisée en premier lieu par les Romains pour désigner les
habitants de l’Afrique du nord dont ils ne comprenaient par la langue. Le terme ‟ barbaros ”
qualifie toute personne étrangère, celle qui ne sait pas parler et par extension, ‟ le sauvage”, le
non civilisé”, ‟la brute”.
Le terme berbère est dérivé de barbare, cette dénomination est étrangère aux
communautés qui utilisent cette langue, il est le produit de l’ethnocentrisme
gréco-romain qui qualifiait de barbare tout peuple, toute culture et toute
civilisation marquée du sceau de la différence.
(A. BOUKOUSA : 1995).
Le terme a subi des modifications phoniques à travers le temps pour arriver en fin à
berbère, appellation qui désigne les habitants et le parler de l’Afrique du nord. Par le fait de
son acception péjorative, les Berbères préfèrent utiliser l’appellation tirée de leur propre
langue ‟Imazighene” pluriel ; ‟ Amazigh” qui signifie homme libre. Le berbère se présente
sous forme de plusieurs dialectes qui sont :
a) Le Kabyle : Parlé dans la région de Kabylie qui couvre une grande partie du centre
du pays (Bejaia, Tizi-Ouzou, Bouira, Boumerdes).
b) Le Chaoui : parlé par les Chaoui qui occupent les Aurès, massif montagneux de
l’Algérie méridionale (Batna, Biskra).
c) Le mozabite : Parlé dans le nord du Sahara algérien dont la principale ville est
Ghardaïa.
d) Le targui : pratiqué par les Touaregs qui vivent dans le Sahara, communauté que
l’on appelle aussi ‟hommes bleus”.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
4- Le Français
L’Algérie est un pays qui offre au français une place bien particulière. Tout abord c’est
une langue imposée aux Algériens par le feu et le sang par le colonisateur. Elle est considérée
comme l’un des outils fondamentaux utilisés par le pouvoir colonial pour parachever et
accélérer sa démarche de francisation. Ce processus n’a pas pris fin après l’indépendance,
mais s’est, au contraire, élargi à cause de la généralisation de l’enseignement du français.
BENBELAID LYDIA dans son thèse de doctorat montre que La langue française est
plus que très présente dans la société algérienne c’est une partie intégrante du paysage
linguistique et ce déni de l’état n’a eu aucune incidence sur sa pratique et n’a en réalité fait
que promouvoir sa place auprès des Algériens. Ce rapport des locuteurs algériens à la langue
française est celui de l’Etat repose constamment la question de la place du la culture
algérienne dans la société algérienne. (BENBELAID LYDIA 2015 p. 54).
La fonction publique a été formée par les Français. Celle-ci s’est opposée à
l’arabisation. Le gouvernement ne pouvait pas se passer de la fonction publique.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Autrement dit, la langue française a été privilégiée, le statut de langue officielle répondant
aux fonctions qu’elle assume et aux stratégies politiques planifiée, et ce que est résumé par
A.RAMBAUD, qui fut ministre de l’instruction publique sous la troisième république quand
il écrit en 1897: « (…) la second conquête a consisté à faire accepter par les indigènes notre
administration et notre justice » (A.RAMBAUD 1897).
Sans être la langue officielle, elle véhicule l’officialité, sans être la langue
d’enseignement, elle reste une langue de transmission du savoir, sans être la
langue d’identité, elle continue à façonner de différentes manière et par
plusieurs canaux, l’imaginaire collectif. Il est de notoriété publique que
l’essentiel du travail dans les structures d’administration et de gestion centrale
ou locale, s’effectue en langue française (SEBAA N° 13. 2002).
Suit à la motion votée le 12 juin 1963, en faveur d’introduire la langue arabe dans les
institutions nationales, Ahmed Ben Bella, cité par G.GRANDGUILLAUME « si l’on exige
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Pour ce fait, une ordonnance a été élaborée le par le régime de BOUMEDIENE, qui
suggère aux fonctionnaires de l’administration algérienne, l’obligation d’apprendre l’arabe
dans un délai de trois ans , Mais sur le plan fonctionnel, la langue française demeure, en
Algérie, comme un moyen de la communication et l’outil de l’école et de l’administration,
comme le confirme S. CHAKER en disant : « le français introduit par le colonisateur, est
aussi parlé par une partie de la population ; elle est la langue de l’école et de
l’administration ». (S. CHAKER 1998 p.17).
En effet, le français est un outil de travail important pour les Algériens que ce soit sur
leurs lieux de travail, à l’école ou même encore dans la rue. La langue française bénéficie
d’une place à la fois symbolique et linguistique. Pour certain elle est la langue qu’on peut
s’approprier hors sa référence à la France ‟un butin de guerre” selon l’expression de YACINE
KATEB pour d’autre, elle fut et demeure une langue d’ouverture à la modernité de relations
au monde.
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Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
Conclusion
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Chapitre II
Représentations et attitudes face aux langues
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Les langues ne se limitent pas à ce qu’elles soient présentes dans une société
seulement, mais elles peuvent avoir une influence sur les attitudes et les représentations des
locuteurs qui l’utilisent. La diversité de valeurs portées pour les langues pousse les locuteurs
à avoir un ensemble de comportements envers ces langues dont ces mêmes comportements.
Peuvent être positifs ou négatifs tout dépond de la situation dans laquelle ils se trouvent.
1- Sécurité/insécurité linguistiques
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Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
26
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Mais pour ceux qui n’ont pas cette norme, ils essayent de modifier leur façon de parler
c’est ce que donne un signe d’une forte manifestation d’insécurité. Pour MOREAU
l’insécurité linguistique est donc « la manifestation d’une quête de légitimité linguistique
vécue par un groupe social dominé, qui a une perception aiguisée tout à la fois des formes
linguistique à acquérir pour progresser dans la hiérarchie social ».
1-1 L’insécurité linguistique
Le concept d’insécurité linguistique est le sujet d’étude de la sociolinguistique ainsi
que d’autres disciplines qui essayent de mieux définir, cette réalité polymorphe et ambigu,
largement liée aux notions fondamentales en sociolinguistique.
Aussi WILLIAM LABOV, est amené à constater lors de son étude de la situation à
New York, où il met en relief le sentiment d’insécurité linguistique et les spécifies des paroles
de la petite bourgeoisie il observe que :
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Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
L’hypercorrection peut être perçue comme ridicule par ceux qui dominent la
forme légitime et qui vont donc en retour juger de façon dévalorisante ceux qui
tentent d’imiter une prononciation valorisée. Cet emboitement peut se
poursuivre à l’infini, et nous montre l’ancrage social profond des attitudes
linguistiques. (J. CALVET 1998 P.56).
Dans notre travail de recherche nous avons pris en compte trois catégories, reprise à
LOUIS JEAN CALVET :
a- Insécurité formelle
Connaitre une langue c’est apprendre les règles du système linguistique formelle, et aussi
les règles de l’emploi de la langue quand un locuteur n’arrive pas à réaliser sa propre pratique
linguistique selon ses règles formelles, dans ce cas on dit qu’il y a une insécurité formelle, elle
surgit à partir du moment où le locuteur pense que la façon dont il parle enfreint la norme
légitime.
b- Insécurité identitaire
Chaque communauté se caractérise par une variété linguistique qui reflète l’identité des
individus au sein de cette communauté, une fois qu’un sujet parlant pratique une variété
linguistique qui ne correspond pas à elle de cette dernière. Il entre dans une situation
d’insécurité identitaire. Elle aborde la langue d’un point de vue ethnolinguistique. L’identité
linguistique joue un rôle très important dans la construction identitaire d’une communauté.
c- Insécurité statutaire
Cette forme apparaît lorsqu’un locuteur sent que la variété linguistique qu’il maîtrise est
perçue pour lui comme une variété à un statut inférieur. Cette forme d’insécurité souligne en
en premier lieu à quel degré il est important pour un locuteur que sa langue (ou la variété de la
langue qu’il parle) soit statutairement acceptée.
Cette vitalité linguistique est analysée principalement sur trois plans différents : Le statut
ou le prestige de la langue, sa présence démographique, et son soutien institutionnel.
28
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Au sens large, les attitudes et les représentations ont un même sens. Il n’est aisé de
distinguer la notion d’attitude de celle de représentation. Elles présentent toutes les deux des
points de convergence, surtout celui de préexister aux comportements, c’est-à-dire ce sont les
attitudes et les représentations qui guident les comportements des locuteurs. Elles sont toutes
deux sélectives et elles permettent aux locuteurs d’opérer des choix. Cependant, les
représentations se distinguent des attitudes par leur caractère moins orienté vers un
comportement. Dans la conception la plus, le terme d’attitude linguistique est connexe à celui
de ‟norme subjective”, ‟ jugement”, ‟opinion” pour désigner tout phénomène à caractère
épilinguistique. Ce dernier concerne les jugements de valeurs que les locuteurs portent vis-à-
vis des langues en usage.
Les études portant sur les perceptions des langues et leurs usages ont été principalement
problématisées à partir des années 1960, à travers la notion d’attitude et ceci dans plusieurs
directions. Elles explorent les images pour expliquer les comportements langagières, en
s’intéressant aux valeurs subjectives accordées aux langues et à leurs variétés, et aux
évaluations sociales qu’elles suscitent chez les locuteurs.
Les deux notions, celle de représentation et celle d’attitude, toutes deux empruntées à la
psychologie sociales sont parfois utilisées l’une à la place de l’autre. La plupart des auteurs
préfèrent néanmoins les distinguer.
Il existe un ensemble d’attitude linguistique des locuteurs face aux langues et aux
variétés des langues. Ce sont des façons d’agir ou de se comporter à l’égard des langues en
usage.
Il est défini dans le dictionnaire de sociologie comme « une disposition mentale, d’ordre
individuel ou collectif, explicative du comportement social » (AKOUN. A et ANSART. 1999.
P. 42).
29
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Dans son acception la plus large, la notion d’attitude linguistique est utilisée en
parallèle et sans véritable nuance de sens à‟ norme subjective”, ‟jugement”, ‟opinion”, pour
désigner tout phénomène à caractère épilinguistique. On note que le terme ‟épilinguistique”
qualifie « les jugements de valeurs que les locuteurs portent sur la langue utilisé et sur les
autres langues ». (DUBOIS.J 1994. P. 184).
Dans cette citation, il résulte que les attitudes linguistique sont recueillies à travers les
réactions des sujets à l’égard des locuteurs s’exprimant dans deux ou plusieurs variétés
linguistique, en concurrence ou en contacte sur un territoire, sur des échelles relatives à
l’attrait physique, la compétence, la personnalité, le statut social, etc.
Ce qui parait important dans l’étude des attitudes linguistiques des locuteurs, c’est
qu’elles permettent l’étude de la compréhension et leurs changements linguistiques. Pour W.
LAMBERT, est considérer comme l’un des premiers à avoir développé la notion d’attitude
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Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
linguistique lors de ses recherches sur la psychologie de bilinguisme au canada, l’attitude peut
se définir comme : « une manière organiser et consciente de penser, de ressentir et de réagir
face au gens, au groupes, aux faits sociaux, ou plus généralement à tout événement dans
l’environnement ».(W. LAMBERT. PDF consulté le 19/05/2017).
Donc nous pouvons dire que les attitudes organisent et guident les comportements
langagiers des locuteurs. Elles font référence aux représentations sociales aux préjugés et aux
stéréotypes. Elles se basent sur les discours épilinguistique ou les locuteurs expriment des
jugements, des opinions sur les langues, les personnes et les phénomènes que le contacte de
langue peut générer.
Les attitudes naissent à partir des représentations sociales. Elle est une dimension
évaluative. Bref, elle résulte d’une position cristallisée d’un individu envers un objet
(personne, groupe, langue ou une situation).
En science sociales, elle désigne « une orientation des conduites ou des jugements,
lorsque ceux-ci présentent une certaine cohérence et une certaine stabilité ». L’attitude se
définit « par ce qui commun à un ensemble d’opinions exprimées verbalement ou, plus
rarement, un ensemble de comportements ». (Dictionnaire de sociologie, Larousse 2005. P.
13). Elle éclaircit, par conséquent, les comportements et les réactions des sujets face à des
stimuli sociaux.
Les informations dont dispose un individu sur un objet particulier constituent ainsi son
stock de croyances sur l’objet. Ces croyances peuvent être motivées par des informations
objectives, comme elles peuvent s’appuyer sur des préjuges ou des stéréotypes.
Selon les auteures affirment que les stéréotypes identifient des images stables et
décontextualisées, schématiques, et raccourcies qui fonctionnent dans le mémoire commune
et auxquelles adhérent certains portent, certains groupes de locuteurs ou d’individus peuvent
être liés à des conduites, à des comportements linguistiques et à des comportements
d’apprentissage.
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Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Le stéréotype affiche ainsi les perceptions identitaires et la cohésion des groupes. Pour
OESCH-SERRA
Les comportements est un concept majeur de la sociolinguistique qui sert à décrire les
réactions des locuteurs devant différents dialectes en présence dans une communauté
linguistique particulière.
Ainsi cette notion désigne une certaine façon d’agir (de parler) et adopter ou accepter
une certaine conduite, elle est intégrée dans les sciences humaines, particulièrement en
psychologie social, comme synonyme de ‟behaviore” pour exprimer la manière d’être
objective et d’agir des animaux et des animaux et des hommes.
L’étude du comportement s’est développée dans des études portant sur la psychologie.
Cette discipline étudie les faits psychiques plus précisément les comportements chez les
l’homme en société. Nous entendons par comportement l’ensemble des attitudes et des
réactions objectivement observables de notre activité.
Par ailleurs, le comportement des individus est influé par le milieu social de fait qu’il
marque sa position, son affection et son attachement, aux groupes des individus dans une
communauté donnée.
32
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
33
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Selon CICILE CANUT dans son article la question des représentations linguistiques
repérables à partir des discours épiliniguistique, qu’elles soient étudiées en tant qu’émergeant
de processus interactionnels ou comme génératrices de catégorisations manifestées à travers
les unités lexicales, est d’un intérêt croissant dans la recherche en science du langage. La
confusion terminologique, qui cache en fait un vide théorique et méthodologique face à ce
nouveau champ d’étude, fut à l’origine du colloque que nous avons organisé en 1996.
Pour ABRIC, les représentations sociales jouent un rôle fondamental dans la dynamique des
relations sociales et dans les pratiques parce qu’elles permettent de remplir quatre fonctions
centrales :
Dès les années soixante, les travaux de MOSCOVICI sur les représentations sociales de la
psychanalyse servent de référence aux chercheurs en sciences sociales, tandis que ceux-ci
s’emploient à développer des cadres de plus en plus dynamiques pour cher à comprendre et à
décrire le sens que les acteurs sociaux donnent eux-mêmes aux langues et à leur place dans la
société.
34
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Dire des représentations qu’elles sont sociales, c’est aussi reconnaitre les modalités de
leur construction, de leur diffusion, de leur réglage et de leurs changements. Ces modalités
sont collectives en ce sens que tout se fait par des interactions entre individus appartenant à un
même groupe. Elles apparaissent au mieux dans les rapports polémiques, qui en encouragent
l’explication et la mise à l’épreuve.
Les représentations interviennent dans des domaines aussi variés que la transmission
des connaissances, leur diffusion, la définition des identités, celle des appartenances sociales.
Elles interpellent différents champs et domaines de recherche (psychologie cognitive,
sociologie, anthropologie, logique naturelle et sociale…). Pour JODELET voit que :
Dans son utilisation en science sociales, le terme de représentation est ainsi opératoire
selon différents plans d’analyse correspondant à des effets de focalisation plus ou moins
marqués sur la société, le groupe et l’individu. Au-delà de la multiplicité des perspectives, la
pluralité de l’étude des représentations sociales tient à l’effort d’intégrer dans l’analyse les
appartenances et la participation sociale et culturelle, et les effets du contexte dans leur
détermination.
35
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Du point du vue de CECILE CANUT, cette notion prend une autre appellation ainsi,
les concepts de représentation, attitude, ou ce qu’elle préfère nommer ‟discours
épilinguistique” renvoient d’une façon direct ou indirecte à la manière dont un locuteur ou un
groupe de locuteurs voient, estiment, appréhendent une langue. De ce fait, tout locuteur
formule des jugements de valeur sur la langue ou les langues qu’il parle ou qui l’entourent, en
gros, le discours épilinguistique revoie au rapport qu’un individu, une communauté
linguistique ou un peuple entretient avec la ou les langues (y compris les variations de celles-
ci) qu’il parle. « Un de ces objets, celui qui m’intéresse, ici, est le discours sur les langues, le
langage ou les pratiques langagiers ». (CECILE CANUT 2000/3 N°93).
Selon quelques d’auteurs ont défini l’analyse des discours éilinguistiques est donc l’un
des moyens les plus privilégiés pour accéder aux différentes valeurs que l’on accorde aux
langues, surtout dans le milieu plurilingue comme le nôtre. (Synergies Chili n° 8 - 2012 p. 83-
94.2012 P. 85).
D’une part les images, les images associés aux langues se présentent
comme des témoins de la manière dont sont perçues les situations sociales,
elles permettent d’autre part de mieux comprendre les soubassements et
les enjeux de la non-diffusion des langues, de leur maintien ou de leur
disparition. (MOREAU 1990. P. 401).
Il faut noter que depuis plusieurs années, les représentations sociolinguistiques ont
occupé une place très importante dans les études sociolinguistiques surtout celles qui ont porté
sur les attitudes, les comportements et les fonctionnements linguistiques. GARMADI les
considère comme « partie intégrante de l’objet d’étude de la sociolinguistique ». (GARMADI
1981).
36
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
linguistique des usages sociaux de la /des langue(s) et de ses/leurs usages sociaux, qui repère
à la fois consensus et conflits et tente donc d’analyser des dynamiques linguistique et social ».
(H.BOYER 1990.P. 104).
1-4 La norme
Dans son sens général, ce concept est utilisé pour désigner un usage habituel qui
constitue une règle plus ou moins contraignante. Pour comprendre, la notion de norme est liée à
celui de bon usage d’une langue donnée.
37
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues
Conclusion
Disons que les deux notions ‟représentation” et ‟attitude” ont en commun ; le trait
epilinguistique, qui les différencie des pratiques linguistiques et des analyses
métalinguistiques, elles se démarquent théoriquement par le caractère actif et moins orienté
vers un comportement des attitudes linguistiques, et l’aspect plus discursif et plus figuratif des
représentations et méthodologiquement, par des techniques d’enquêtes différentes. (D.
LAFONTANE : La partie pris des mots. P.71).
38
Chapitre III
Méthodologie et résultats de l’enquête
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Introduction
Dans le premier chapitre de notre travail, nous avons essayé de présenter quelques
concepts concernant notre thème de recherche En un second temps, nous avons mis l’accent
sur la situation politico-linguistique de l’Algérie. Dans le deuxième chapitre, notre travail
s’est intéressé aux attitudes et représentations linguistiques. Nous allons passer, dans ce
troisième chapitre à la description de la méthodologie empruntée pour constituer un recueil de
données et nous donnerons un descriptif de notre questionnaire tout en présentant les résultats
de notre enquête.
1- Protocole d’enquête
39
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
b) Permettre de retenir et de mettre à jour les représentations de nos enquêtés afin de saisir
les différentes facettes de leurs représentations à travers leurs pratiques, leurs discours et leurs
opinions ou différents points de vue.
c) les différentes attitudes et représentation des personnes touchées par notre enquête
concernant la politique linguistique en Algérie.
d) Définir l’intérêt que portent les habitants de la wilaya de Bejaia face à cette politique
linguistique et leurs attitudes avancées dans ce sens.
e) Cerner l’attitude de ceux-ci envers les changements de statut ayant eu lieu dans notre
pays.
Ce genre de questions impose aux enquêtés une forme de réponse avec un nombre
limité de choix réponse. Elles nécessitent des réponses positives, négatives ou des non-
réponses qu’il faut prendre en considération. Elles sont utilisées aussi pour juger d’un accord
ou non, connaitre la position et permette un traitement statistique avec une classification
rapide, facile et analyse profonde des résultats.
Ce sont des questions qui ne comprennent pas de pré-réponses auxquelles le sujet doit
répondre. Dans ce genre de questions, l’interrogé répond comme il le désire, s’exprime
librement en faisant les commentaires qu’il juge pertinents en donnant des détails et en
formulant ses opinions et ses jugements, etc.
40
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Elles seront traitées par l’analyse du contenu. De plus, elles permettent à l’individu de
s’exprimer sans être influencé.
a) Etude qualitative : c’est de recueillir des informations à partir d’un nombre limité de
personne. C’est une méthode d’analyse des contenus et elle permet de caractériser les gens
interrogés.
Cette partie s’intéresse à recueillir toutes les informations utiles concernant nos
enquêtés. Précisément, elle comprend des renseignements d’ordre général tels que l’âge et le
sexe pour vérifier la répartition de notre échantillon, homme (h) et femme (F), des sujets âgés
de moins de trente ans (-30) et ceux âgés de plus de trente ans (+30).
Nous avons inclus, dans cette partie, le lieu de résidence (région), niveau d’instruction
et la fonction ou profession pour définir les activités professionnelles qui peuvent être
influentes et si ces autres variables (lieu de résidence …) influent sur les choix, attitudes et
opinion de nos enquêtés.
41
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
L’essentiel des questions en rapport à cette partie était de voir comment nos sujets
perçoivent les différentes langues ou variétés de langues qu’ils emploient et celles qui sont
employées autour d’eux et dans leur vie quotidienne. C’est à partir de là que nous tenterons de
comprendre ce que pensent les locuteurs de la wilaya de Bejaia de ces langues, quelles
attitudes développent-ils face à chacune de ces langues ? Quelles valeurs accordent-ils à
celles-ci ?
Les différents événements qui ont marqué le paysage linguistique algérien ont
certainement influencé les attitudes de nos enquêtés.
Cette partie du questionnaire est consacrée à toutes les langues existant dans le champ
linguistique algérien. Pour cela, notre questionnaire s’est intéressé et a pris en considération
l’arabe classique et le berbère comme langue nationale et officielle, et l’arabe algérien à
travers ses variétés linguistiques, et enfin le français comme langue étrangère ou langue
seconde.
Le pouvoir algérien mis en place depuis l’indépendance a joué et joue encore un rôle
important à travers les différentes décisions prises, à savoir politique linguistique
d’arabisation généralisée à tous les secteurs et tous les domaines de la société soutenue par les
différentes lois et textes officiels, les constitutions et les chartes nationales depuis
l’indépendance à nos jours.
Cette politique linguistique a pour objectif la gestion des langues en Algérie. En fait,
nous nous sommes intéressés à ce qui se passe dans la scène sociolinguistique à l’égard des
langues face à la gestion du pouvoir sur le plan linguistique, sue la prise en charge des langues
et les différentes décisions politiques.
42
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
La taille de notre échantillon a été fixée à cinquante enquêtés répartis sur différentes
régions de la wilaya de Bejaia, ceci pour refléter la structure de la population et ses
composantes. Homme (33,33%), femme (66,66%) dont l’âge varie entre (19-45). Pour la
variable âge, nous avons pris en considération deux tranches ou deux catégories d’âge : (-
30ans) et (+30ans).
1- Pré-enquête
Elle est définie comme premier pas vers le terrain. Considérée comme l’étape ou la
phase de préparation. Elle permet de recueillir et rassembler le plus d’informations et de
connaissances sur le sujet à étudier. Avant l’entame de notre enquête, nous avons mis notre
43
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Nous avons distribué 50 questionnaires, mais nous n’avons pu récupérer que 33.
Cette carte représente les points d’enquête principaux où nous avons recueilli les
données de notre enquête, en l’occurrence : Sidi Aich, Bejaia ville, Sidi Ayed, Timezrit.
44
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Notre enquête s’est effectuée dans une région kabylophone, à l’évidence, le nombre de
ceux ayant répondu qu’ils pratiquaient le kabyle est le plus important. Ceci étant, nous ne
devrions pas conclure que les habitants de cette région ne sont pas ouverts aux autres langues.
Ainsi, beaucoup de nos enquêtés 12,12% ont précisé qu’ils pratiquaient une autre langue.
(Arabe et Français).
D’après les réponses de nos informateurs, il ressort que la majorité des locuteurs
préfèrent parler kabyle avec un indice 87,87%. Elle occupe la première place dans notre
société. Ils lui attribuent la premier place du fait qu’elle est la langue maternelle des amazighs.
La question de cette partie a été formulée comme suit : Avez-vous étudie tamazight (à
l’école ou à titre personnel). Sur le plan quantitatif nos résultats se présentent ainsi :
Selon le sexe
45
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
35,00%
30,00%
25,00%
20,00%
15,00%
je n'ai pas étudié
tamazight
10,00% je l'ai étudiée à
l'école
5,00% je l'ai étudiée à titre
personnel
0,00%
HO FEM
MM ME
E
je n'ai pas étudié tamazight 18,18% 30,30%
je l'ai étudiée à l'école 9,09% 33,33%
je l'ai étudiée à titre personnel 6,06% 6,06%
0
Graphique n 1
Ce graphique nous montre que le nombre des femmes qui n’ont pas étudié le
tamazight est plus élevé que celui des hommes avec 18,18%, et pour ce qui ont étudiées le
tamazight à l’école nous avons trouvé que les majorités sont des femmes avec 33,33% et les
hommes 9,09%. Aussi nous avons remarqué que que le nombre des femmes est égale à ce lui
des hommes , pourcentage identique de 6,06% pour chaque sexe
Selon l’âge
46
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Graphique n0 2
Commentaire
Selon ce graphique, le pourcentage des personnes qui n’ont pas étudié le tamazight ne
varie pas grandement relativement à l’âge. Pour les moins de 30 ans, il est de 21,21%. Pour
les plus de 30 ans, il représente plus de 24,24%. Ceci sans tenir compte de la variable sexe.
Pourrions-nous poser que l’introduction de tamazight à l’école aurait pu faire monter le
pourcentage dans la deuxième catégorie (les moins de 30 ans) du moment qu’ils ont mieux
bénéficié d’occasion d’étudier cette langue comparativement au plus de 30 ans.
Mais la deuxième partie de cette question -je l’ai étudiée à l’école- nous montre
qu’une catégorie de locuteurs a vraiment bénéficié de l’introduction de cette langue dans la
scolarité. Le pourcentage varie plus nettement relativement à l’âge. 36,36%. Des moins de 30
ans répondent par l’affirmative à cette question, contre seulement 6,06% des moins de trente
ans qui n’ont surtout
47
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Enfin, la catégorie de ceux qui ont étudié le tamazight à titre personnel est le même
avec 6,06% dans le variable âge.
Tenant d’abord compte des réponses aux questions telles que « Que représente le
tamazight pour vous ? (Question 02), nous pouvons poser que la quasi-totalité de nos enquêtés
ont eu la même réponse pour cette question. Il ressort globalement que ceux-ci considèrent
que la langue tamazight à un rôle primordial dans la construction de l’identité algérienne. Ils
pensent en majorité que c’est un patrimoine commun à tous les Algériens. Ces enquêtés disent
aussi avoir comme langue maternelle le kabyle.
Nous avons déduit à travers notre analyse des réponses rapportées pour nos enquêtés
pour nos informateurs a propos de (la question 5) une fréquence de 45,45% des deux
48
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
catégories femmes et hommes qui pensent que l’officialisation de tamazight est une obligation
dans leurs pays.
Nous avons recensé que d’autres enquêtés a l’indice 28,28% trouvent que cette
officialisation est très importante pour qu’elle reconnue dans le monde.
Certains d’autres, avec un taux de 27,27% nous dévoilent qu’il y a rein de changement
après cette officialisation.
Nos sujets affirment que l’officialisation de la langue tamazight n’a pas réussi à
s’imposer dans la société à part les régions berbérophones, vu les différentes contraintes
imposées par le pouvoir.
Figure N°3
Notre questionnaire nous révèlent que la langue arabe est sous-évaluée par les
enquêtés, elle est placée en dernière position après la langue française qui occupe la deuxième
position et la langue tamazight qui occupe la première place.
49
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Cette présentation graphique nous renseigne visiblement que la langue tamazight reste
majoritaire par apport ou autre langues dans la région de la Kabylie
Pour le sexe masculin de toutes les catégories d’âge c’est tout le monde qui préfère la
langue tamazight vu que le tamazight est leurs langues maternelles
Pour le sexe féminin se sont encore plus favorable quant à sa place et à son usage.
Elles considèrent que le tamazight est la langue du quotidien.
Nous avons recensé qu’ils sont nombreux à choisir le tamazight comme premier
langue avec l’indice 78,78% personnes dont 27,27%sont âgées plus de 30ans et 54,54%
personnes moins de 30ans, le français avec 18,18% personnes dont 9,09% âgées plus de 30
ans et 9,09% moins de 30ans, l’arabe dialectale avec une seule personne moins de 30ans et
aucun pour l’arabe classique.
Pourcentage
78,78% 18,18% 3,03% 00%
Comme deuxième langue : tamazight avec 15,15% personnes dont 9,09% âgée moins
de 30ans et 6,06% plus de 30ans, le français avec 75,75% personnes dont 27,27% plus de
30ans et 48,48% moins de 30ans, l’arabe dialectal avec un personne moins de 30ans et l’arabe
classique avec 6,06% personne l’une est plus de 30ans et l’autre mois.
Pourcentage
15,15% 75,75% 3,03% 6,06%
Comme troisième langue : tamazight avec 00% personne, le français avec un seule
personne âgée moins de 30ans, l’arabe dialectal avec 51,51% personnes dont 10 âgée plus de
30ans et 21,21% moins de 30ans et l’arabe classique avec 33,33% personnes avec 27,27%
moins de 30ans et 6,06% plus de 30ans.
50
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Comme quatrième langue : tamazight avec u indice 6,06% personnes l’une est âgée
plus de 30ans et l’autre moins, le français avec un seule personne âgée moins de 30ans,
l’arabe dialectal avec 30,30% personnes dont 24,24% âgée moins de 30ans et 6,06% plus de
30ans et l’arabe classique avec 48,48% personnes 27,27% âgée plus de 30ans et 21,21%
moins de 30ans.
Pourcentage
6,06% 3,03% 30,30% 48,48%
D’autres personnes indiquent parler le kabyle et le français, car celles-ci sont les plus
préférées.
51
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête
Une lecture de ces résultats pourrait nous mener à poser que l’officialisation de
tamazight a fait perdre quelque peu sa place à l’arabe sachant que 18.18% ont répondu oui à
la question 7 portant sur l’officialisation de tamazight et le rôle et place (prestige) de l’arabe
et du français. La langue arabe perdrait ainsi de son prestige mais le domaine d’usage qui
serait le plus altéré, toujours par rapport à cette langue, serait le domaine des rapports formels.
Plus de 27% pensent ainsi qu’elle sera moins parlée, mais plus de 39% disent qu’elle ne
s’utilisera plus que dans les situations formelles (école, administration, …
Le français, par contre, ne perdrait pas autant de son prestige du moment que plus de
30% pensent que cette langue demeure plus prestigieuse même après l’officialisation de
tamazight. Ceci en termes de prestige, mais il faudrait signaler aussi, toujours par rapport à
cette langue que plus de 15% pensent qu’elle sera moins parlée après cette officialisation
contre 12% qui disent que son usage demeurera le même. Mais ce qui est le plus important à
retenir encore c’est le fait que cette officialisation a agi nécessairement positivement par
rapport à la langue tamazight du moment qu’en termes d’usage, presque la moitié du nombre
des enquêtés 48.48% pensent que la langue tamazight atteindrait le même degré d’usage que
l’arabe et le français.
Conclusion
Une uniformité des attitudes linguistiques, apparaît chez les enquêtés de la wilaya de
Bejaia, dans la place qu’ils attribuent à la langue tamazight. Ces attitudes linguistiques nous
révèlent que la langue tamazight occupe la première place chez les locuteurs berbérophone.
52
Conclusion générale
Conclusion générale
Notre présente recherche s’est portée sur les représentations des locuteurs de la wilaya
de Bejaia à l’égard des langues en présence dans leurs régions après le changement qui s’est
opéré dans le statut de l’une de ces langues, à savoir, le tamazight.
A cet effet, nous nous sommes rapprochées de ces locuteurs, à travers une enquête,
pour saisir leurs discours (notre questionnaire renferme des questions ouvertes). Notre
motivation était de saisir leurs représentations et leurs comportements que nous avons voulu
expliquer en le confrontant à ce qu’ils disent à propos des statuts de ces langues.
D’un autre coté, notre étude nous a mené à des interrogations à propos des langues en
présence, et qui se résument en trois axes : d’abord, une contextualisation sociale et historique
de notre étude. Puis, nous nous sommes attelées à la description des statuts des langues en
Algérie depuis l’indépendance à nos jours.
L’indépendance de l’Algérie a été suivie par une politique linguistique qui s’inscrit du
côté de l’arabisation. Mais cette politique va connaitre des développements, et même des
bouleversements dans le sens où l’état de monolinguisme consacré avec cette arabisation à
l’indépendance a cédé la place à un plurilinguisme plus en adéquation avec les attentes de la
société.
Nous avons déduit que les rapports qu’ils entretiennent avec les langues en présence,
sont établis d’une manière différente, bien que les valeurs attribuées pour les deux langues
(tamazight/ français) n’est pas identique avec celle attribuée à l’arabe.
53
Conclusion générale
Mais comme résultat essentiel que nous retenons de notre étude, nous pouvons dire
que les changements se rapportant au statut des langues touchent, directement et
indirectement, les représentations que les locuteurs se font de ces langues. En termes de
valeur attribuée, nous pouvons donc poser que ce changement de statut a d’abord fait gagner à
la langue tamazight un certain prestige du moment que plus de 36 % des locuteurs
questionnés pensent que cette langue sera « plus prestigieuse » après son officialisation.
Pour finir, notre enquête que nous avons mené en dehors de l’université et touchant
diverses catégories sociales et métiers allant des plus prestigieux (avocat) et au plus simple
emploi (agent de sécurité) a montré que les enquêtés dans leur unanimité insistent sur la
nécessité de réhabiliter la langue amazighe. Mais le fait marquant c’est que la majorité des
communicants n’a pas souligné la dimension nationale de tamazight excepté un enquêté
arabophone originaire de la wilaya de Bordj Bouararidj. Pourrions-nous voir en cela
l’influence d’un mouvement indépendantiste de la Kabylie ?
54
Références
bibliographiques
Références bibliographiques
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MICHEL SERESS (1996 :212)
56
Références bibliographiques
57
Table des matieres
Introduction .......................................................................................................................... 05
Problématique....................................................................................................................... 05
Hypothèses ........................................................................................................................... 06
Corpus et méthode d’approche............................................................................................. 07
Chapitre I :
Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
1- Concepts théoriques ................................................................................................... 09
1.1 La communauté linguistique .................................................................................. 09
1.2 La politique linguistique......................................................................................... 10
1.3 Le marché linguistique .......................................................................................... 11
1.4 Le statut linguistique .............................................................................................. 12
2- La situation politico-linguistique en Algérie......................................................... 12
2-1 L’Algérie est un pays plurilingue ......................................................................... 13
2-1-1 Historique ......................................................................................................... 13
2-1-2 De plurilinguisme au conflit linguistique ........................................................... 11
2-1-3 Politiques, planification et aménagement linguistique ............................................14
2-2 Les Langues et a politique linguistique en Algérie ............................................... 15
2-2-1 La coexistence des langues (français, arabe et tamazight) en Algérie .............. 15
2-2-2 Les politiques linguistiques en Algérie.............................................................. 16
2-2-3- Les politiques linguistiques française de l’Algérie colonisée ........................... 16
2-2-4 La politique d’arabisation de l’Algérie indépendante......................................... 16
Conclusion........................................................................................................... 22
Chapitre II
Introduction ................................................................................................................. 25
1- Sécurité / L’insécurité linguistique......................................................................... 25
1-2 L’insécurité linguistique.................................................................................... 27
1-3 L’hypercorrection .............................................................................................. 27
1-4 Les types d’insécurité linguistique .................................................................... 28
a- L’insécurité formelle.................................................................................... 28
b- L’insécurité identitaire................................................................................. 28
c- L’insécurité statutaire .................................................................................. 28
2- Les attitudes et les représentations ..................................................................... 29
2-1 Les attitudes linguistiques ............................................................................... 30
2-1-1 Les stéréotypes ..................................................................................... 31
2-1-2 Les comportements langagiers................................................................ 32
2-2 Les représentations ........................................................................................... 33
2-2-1 Les représentations linguistique.............................................................. 33
2-2-2 Les représentations sociales ................................................................... 34
2-2-3 Le discours épilinguitique........................................................................ 36
2-2-4 La norme.................................................................................................. 37
2-3 Distinction entre représentation et attitude .......................................................... 38
Conclusion ............................................................................................................... 38
Introduction ....................................................................................................................... 39
1- Protocole d’enquête......................................................................................... 39
1-1-1 Les questions fermées....................................................................................... 40
1-1-2 Les questions ouvertes ...................................................................................... 40
2- Analyse des résultats ............................................................................................. 41
1- Pré enquête.................................................................................................................. 44
3-1 L’enquête effectuée ................................................................................................. 44
3-1-1 difficultés rencontrées .......................................................................................... 45
3-2 Carte des points d’enquête ....................................................................................... 45
2- Les langues préférées à parler le plus ...................................................................... 45
3- Scolarisation en (étude de) tamazight selon les variables sexe et âge ...................... 46
4- Langue maternelle comme prédominance dans les représentations de la langue
berbère ........................................................................................................................ 47
5- L’officialisation de la langue tamazight .................................................................... 48
6- Les langues par ordre de préférence dans une région kabylophone .......................... 49
7- Les conséquences de l’officialisation de tamazight selon les variables sexe et âges 51
Conclusion................................................................................................................... 52
Notre présente étude vise à analyser les représentations et attitudes linguistiques des
locuteurs de Bejaia à l’égard des différentes langues en présence en Algérie. Notre
principal objectif est d’en déterminer l’usage et la place réelle qu’elles occupent chez
nos enquêtés. Cela nous a amenés à nous intéresser en particulier au français et le
tamazight. Pour recueillir notre corpus, nous avons procédé à une enquête auprès
d’informateurs que nous avons choisis d’une manière aléatoire dans les rues de Bejaia.
L’analyse a été menée d’un point de vue sociolinguistique à travers un travail de
confrontation entre les réponses des enquêtés et leurs identités sociales. Au terme de
notre travail, nous abouti essentiellement au fait que la langue amazighe jouit de
représentations favorables chez les informateurs que nous avons interrogés. En effet, ces
derniers l’associent au qualificatif « maternel ».
Abstract
Our study aims to analyze the linguistic representations and attitudes of the speakers of
Bejaia with regard to the different languages present in Algeria. Our main objective is to
determine their use and the real place they occupy in our respondents. This led us to focus
on French and Tamazight. To collect our corpus, we conducted a survey of informants that
we randomly selected in the streets of Bejaia. The analysis was carried out from a
sociolinguistic point of view through a confrontation between respondents' answers and
their social identities. At the end of our work, we mainly come to the fact that the Amazigh
language enjoys favorable representations among the informants we interviewed. Indeed,
the latter associate it with the qualifier "maternal"
Annexes
Questionnaire
Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’un travail de recherche en sciences du langage. Les
informations demandées seront utilisées uniquement pour des objectifs scientifiques.
Age :
Sexe : Féminin Masculin
Profession (domaine de travail) ………………………………………………………….
Niveau d’étude :………………………………………………………………………………….
Lieu de résidence : ……………………………………………………………………………..
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6. Pouvez-vous classer ces langues par ordre de préférences (en commençant par celle que
vous appréciez le plus (de 1 à 4)) ?
Arabe classique
Kabyle
Français
Arabe dialectal
7. Après l’officialisation de tamazight ? (cocher par un x la case concernée)