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Statuts Des Langues Et Représentations en Kabylie, Le Français Face À L'officialisation de Tamazight

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de L'Enseignement Supérieur et


De la Recherche Scientifique
Université Abderrahmane Mira – Bejaia-

Faculté des Lettres et des Langues


Département de français

Mémoire de master

Option : Sciences du langage

Statuts des langues et représentations en Kabylie,


le français face à l’officialisation de tamazight

Présenté par :
Melle Azzoug Zakia
Melle Azzouz Sabrina

Devant le jury :

M, DEGHMOUS Mustapha. Président


M, HADDAD Mohand. Directeur
M, KHENICHE Redouane. Examinateur

Année universitaire
2016 - 2017
Remerciements

Tout d’abord, nous tenons à présenter nos sincères

remerciments à notre promoteur Mr : HADDAD Mohand

d’avoir nous encadrées. Nous le remercions aussi pour ses

précieux conseils qui ont été indispensables, pour ses

orientations, sa patiencce avec nous et sa disponsabilité.

Nous tenos à remercier aussi les membres du jury

d’avoir accepté d’examiner notre travail. Ainsi qu’à tous

ceux qui ont participé à la réalisation de ce travail de prés

et ou de loin.

Nos remerciments vont aussi aux personnes qui ont

accépté de participer à notre enquête.


Dédicaces
Je remercie le bon dieu de m’avoir donné le courage, la

santé et la volonté afin de pouvoir réaliser ce modeste

travail.

Je tiens à le dédier particulièrement à mes très chers


parents pour leurs sacrifices, patience, leur présence et
leur soutien tout au long de mes années d’études, que le

. bon dieu les garde et les protège

A ma chére sœur : sasa. A mes deux chères fréres :farid et

mouloud

A la mémoire de ma chére grand-mére : yama lili

A mes amis et amies surtout lilia, sonia, kahina, wiza,


fahima, fahem, sofiane, kolas .A tout (e) mes amis (es) sans

Exception

A ma chére amie et binome zakia

A mon bien aimé Alilou

En fin à tous ceux que je connais ou qui me connaissent que

je n’ai pas pu citer

sabrina
Dédicaces
Avec une pensées profonde que je dédie se modeste

travail à tout ma famille : Azzoug.

A mes très chers parents qui m’ont vivement soutenu

et encouragé tout au long de mes études.

A mes très chères sœurs : Hayet, Samia, Nadia et Nassima.

A mes très chers frères : Djamel, Abbes et

farid.

A mes nieces Marie,Amelia, Ilyane, souade, et Mayasse.

A mon fiancé Massinissae et sa famille.

A tous mes amis et amies surtout kamelia, Assia et

dania .

A ma chére amie et binome sabrina

A celui qui a été à mes cotés durant la réalisation de

ce travail .

Zakia
Sommaire

Introduction Générale...................................................................................................... 05

Chapitre I :
Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
1- Concepts théoriques ................................................................................................... 09
2- La situation politico-linguistique en Algérie............................................................. 12
3- Statut des langues dans la politique linguistique en Algérie ...................................... 17
4- Le Français ................................................................................................................... 21

Conclusion........................................................................................................... 22

Chapitre II

Représentations et attitudes face aux langues

Introduction ................................................................................................................... 25
1- Sécurité / L’insécurité linguistique......................................................................... 25
2- Les attitudes et les représentations ......................................................................... 29
3- Distinction entre représentation et attitude............................................................. 38

Conclusion ............................................................................................................... 38

Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Introduction ....................................................................................................................... 39

1- Protocole d’enquête ..................................................................................................... 39

2- Analyse des résultats...................................................................................................... 41

3- Le choix de la population et présentation de l’échantillon ........................................... 43

Conclusion ............................................................................................................................. 52
Conclusion générale ....................................................................................................... 53
Bibliographie................................................................................................................... 55
Annexe ............................................................................................................................ 58
Introduction générale
Introduction Générale

Les locuteurs et les acteurs sociaux développent, à chaque situation, des images et des
représentations dont dépendent souvent leur positionnement face aux langues mais aussi leur
usage de celles-ci.

Ces connaissances nous permettent ainsi de saisir ce que pensent les locuteurs à
propos des langues. Elles sont socialement élaborées et partagée, elles sont donc, de fait,
révélatrices des rôles et des places des langues au sien des sociétés ?

Ces représentations sont « des formes de connaissances socialement élaborées,


partagées, synthétiques et efficaces, dont les fonctions interprétatives et dont la lisibilité
prennent corps (notamment) dans les discours … ». (D. JODELET 1989.P. 36). Elles sont
socialement élaborées et partagées ; elles sont donc ; de fait révélatrices ; de fait des rôles et
des places des langues au sein des sociétés.

Qu’en est-il du cas des langues en Algérie ? Il ne s’agit pas, encore une fois, de
revisiter les représentations des locuteurs algériens face aux langues d’Algérie, nous voulons
plutôt voir s’il pouvait y avoir changement, ou effet sur ces représentations, après changement
dans les statuts officiels de ces langues. Le but est donc davantage d’interroger le cas de la
langue tamazight, face à l’arabe et au français, après sa consécration en tant que langue
officielle en Algérie.

La notion de « représentation » sociale renvoie aux produits et aux processus


caractérisant la pensée de sens commun, forme de pensée pratique, socialement élaborée
marquée par un style et un logique propre, et partagée par les membres d’un même ensemble
social culturel. (ibid. P.36).

Les études portant sur les représentations sont considérées comme assez récentes,
comme un nouveau chantier, un nouveau domaine d’investigation. La linguistique a en effet
ajouté, voici quelques années, à l’étude des pratiques et des formes celle d’un domaine
jusque-là négligé : ce que les locuteurs disent, pensent des langues qu’ils parlent et de celles
que parlent les autres. (IPIDp. 07).

Depuis l’indépendance, l’Etat algérien a promulgué des lois sur l’arabisation. Des lois
dont l’objectif est de donner à l’arabe classique une légitimité et un statut de langue nationale
et officielle dans divers domaines d’utilisation, notamment l’enseignement supérieur qui est
l’épine dorsale du développement du pays.

5
Introduction Générale

L’université algérienne telle que toutes les institutions de l’Etat est ciblée par la
politique de l’arabisation qui vise à supplanter la langue française implantée en Algérie par les
Français et la remplacer dans la mesure du possible par la langue arabe considérée comme la
seule langue officielle et nationale,. Mais l’arabisation de l’université n’a pas été totale.
Certaines branches de l’enseignement supérieur (médecine, biologie science, architecture,
informatique...) et les secteurs clé de l’économie nationale (industrie, hydrocarbure..)
continuent à utiliser la langue française. En revanche, les filières des sciences humaines et
sociales (philosophie, psychologie..) ont adopté l’arabe comme langue d’enseignement.

Nous avons cherché à travers le discours épilinguistique tenu par les étudiants à faire
ressortir un rapport, si rapport il y a, entre les statuts des langues en présence et les
représentations des locuteurs à leurs égards. Ces dernières sont-elles influencées par le statut
de chaque langue ? Autrement dit, y a-t-il un rapport entre le statut politique des langues et
les représentations des locuteurs à leur égard ?

En guise de réponse préalable à ces questions, nous soutenons que le statut politique
d’une langue exerce une influence sur les représentations sociolinguistiques et que ces
dernières déterminent les attitudes et les comportements socio langagiers des locuteurs. Nous
postulons aussi que les variables âge, sexe, lieu de résidence, langue maternelle d’un locuteur
peuvent déterminer l’influence des représentations sur les attitudes linguistiques et sur les
comportements socio langagiers.

Problématique

La question principale motivant ce travail renvoie aux statuts des langues et à


l’influence de ceux-ci sur les représentations des locuteurs, Le changement de statut pour une
langue devrait nécessairement avoir des répercussions sur sa prise en charge. Si une décision
politique rend officielle une langue, en l’inscrivant dans les textes officiels, cela engage l’Etat,
à travers ses institutions, à une prise en charge.

Ceci sur le plan des décisions et des actions politiques. Qu’en est-il du discours à
propos de ces décisions ? Que pourraient penser les locuteurs de cette langue de la décision
d’officialisation ? Cela agirait-il nécessairement positivement sur leurs représentations face à
cette langue ?

Le cas de l’officialisation de tamazight parait très illustratif de ces situations où une


langue change de statut. D’une négation qui a duré des décennies, cette langue a vu

6
Introduction Générale

récemment son statut passer de celui de langue nationale à langue officielle. Quelles sont les
conséquences de ce changement chez les locuteurs ? Leur opinion sera-t-elle touchée d’une
quelconque manière par cette décision ?

En règle générale, les citoyens d’un pays sont censés se conformer aux lois de leurs
pays inscrit dans les textes officiels, mis en place par l’Etat. Il se trouve que certain articles de
lois n’arrivent pas à assurer l’adhésion d’une partie voire la majorité des administrés
(citoyens). En ce qui nous concerne, il est question du statut des langues en Algérie et de
l’influence de ce dernier sur les représentations que se font les Algériens vis-à-vis des langues
en présence dans le pays, à savoir l’arabe et le tamazight et les langues dites étranger. Il s’agit
donc de mesurer le degré d’influence exercé par les statuts en question sur le discours
épilinguistique des Algériens.

A travers le discours épilinguistique nous avons voulu vérifier si cette population porte
intérêt à ce que la langue soit employée (les langues en Algérie)., En outre, nous allons nous
intéresser au degré d’influence de quelques variables et composantes sociales, qui
caractérisent les locuteurs, sur la nature de leurs attitudes et de leurs représentations à l’égard
de l’usage des langues dans une communauté linguistique algérienne.

Hypothèses

Partant de l’idée qu’un changement de statut donnerait l’occasion à plus de prestige à


une langue, l’officialisation de tamazight mettra celle-ci plus en avant et sera plus
positivement marquée dans le discours des locuteurs. Les autres langues, le français et l’arabe
principalement, pourraient voir leur prestige reculer et leurs rôles moins essentiels.

Corpus et méthode d’approche

Le travail consiste à tenter de saisir les représentations des locuteurs face aux langues
d’Algérie, principalement le tamazight, en focalisant sur les derniers changements survenus
dans le statut de la langue amazighe en Algérie.

L’idée est de questionner des locuteurs, à travers une enquête, afin de saisir, entre
autres, ce qu’ils pensent de ces langues, leurs usages de celles-ci. Une deuxième batterie de
questions tentera ensuite de déterminer si le changement de statut affecte d’une quelconque
manière ces usages et ces représentations.

7
Introduction Générale

Le questionnaire est préparé en perspective de la deuxième étape de notre travail. Il


s’agira, plus exactement, d’abord d’une pré-enquête. Celle-ci déterminera et nous donnera une
idée de ce que disent les locuteurs à propos de ce changement dans le statut et nous donnera
l’occasion de voir si celui-ci a influé sur les représentations de ces locuteurs.

A partir de là, nous pensons pouvoir cerner ce discours à propos des langues, de leurs
statuts et des pratiques langagières des locuteurs en Algérie, du moins dans une région. Nous
analyserons toutes ces données afin de saisir ce lien entre le statut des langues et les
représentations des locuteurs face à celles-ci.

Pour ce faire, nous avons pensé à un questionnaire composé à la fois de questions


ouvertes et fermées de type choix multiple. Nous avons pu toucher une cinquantaine de
personnes.

8
Chapitre I
Aspects théoriques et situation politico-linguistique
en Algérie
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

1- Concepts théoriques

Les langues sont un trésor et véhiculent autre chose que des


mots. Leur fonction ne se limite pas au contact et à la
communication, elles constituent d’une part des marqueurs
fondamentaux de l’identité elles sont structurantes d’autre part
de nos perspectives Michel SERESS (1996 :212).
La question à partir de laquelle nous aimerions entamer ce chapitre est en rapport à la
communauté linguistique, celle-ci constitue-t-elle un groupe d’individus qui
géographiquement et socialement utilisent la même langue ? Qu’en est-il de la communauté
kabyle ? Quand on demande à n’importe qui : Ou parle-t-on le kabyle ? On répond en région
kabyle.

1-1 La communauté linguistique

Dans une société, il n’existe pas un locuteur unique qui parle une langue particulière,
mais plutôt un groupe de locuteurs qui partagent la même langue ou les mêmes traditions.
C’est qu’on appelle la communauté linguistique. Pour BLOOMFIELD : « une communauté
linguistique est un groupe de gens qui agit au moyen du discours. » BLOOMFIELD L.,
1966).

Dans une autre coté, nous pouvons trouver aussi des locuteurs d’une même
communauté linguistique qui ne se comprennent pas entre eux. C’est ce que confirme LOUIS
JEAN CALVET : « les membres d’une communauté linguistique peuvent parler de manière
semblable que chacun peut comprendre l’autre ou peut se différencier au point que des
personne de région voisines peuvent ne pas arriver à se comprendre les unes des autres. »
(LOUIS JEAN CALVET 1966, p 45 .54).

A ce propos, nous pouvons dire que c’est la langue qui détermine la communauté,
c’est ce qu’affirme WILLIAM LABOV pour qui la la communauté linguistique n’est pas
seulement vue « comme un ensemble de locuteurs employant les mêmes formes ». Mais plutôt
comme « un groupe qui partage les mêmes normes quant a la langue ». (W.LABOV 1976 p
338).

9
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

Peut-on dire que le fait de parler une langue est un critère d’appartenance à une
communauté linguistique ? Ou peut-on dire que le terme de communauté linguistique se base
sur le nombre d’individus qui parle une même langue ?

W. LABOV quant à lui définie la communauté linguistique comme : « un groupe qui


partage les mêmes normes quant à la langue » ou encore comme étant « un groupe de
locuteurs qui ont en commun un ensemble d’attitude sociales envers la langue ». (LABOV
1976 p 338).

Pour bien saisir le concept de communauté linguistique, il y a lieu de relever que celui-
ci est lié à la présence d’une organisation typique des normes et des actions reconnues par le
membre d’un groupe donné.

1-2- La politique linguistique

Plusieurs définitions renvoient à la politique linguistique. Celle-ci différent, mais le


but est toujours le même. Elle consiste à définir les statuts des langues, plus précisément, une
politique linguistique, et un ensemble des choix conscients concernant les rapports entre
langue(s) et vie sociale. La planification linguistique est la mise en pratique concrète d’une
politique linguistique. Le passage à l’acte. Autrement dit, le passage d’un acte juridique et
administratif, la concrétisation sur tous les plans. Son objectif principal est l’unification
nationale d’un pays, rapprochement diplomatiques et orientation de l’économie vers un
nouveau secteur.

Il s’agit d’un ensemble hétéroclite de principes, de lois, de règlements, d’institutions et


de pratiques, adopté à travers le temps, cet ensemble guide et appuie l’action
gouvernementale.

Henri Boyer définit la politique linguistique comme :

L’expression politique linguistique est plus souvent employée en relation avec


celle de planification linguistique : tantôt elles sont considérées comme des
variantes d’une même désignation, tantôt elles distinguer deux niveaux de
l’action du politique sur la/les langues en usage à l’acte juridique, voire
internationale(s) de considération de choix, de perspectives qui sont ceux d’une
politique linguistique. (BOYER.H. 1996. P. 23).

La politique linguistique renvoie aussi à des choix qu’opèrent les institutions (l’Etat) au
niveau des langues imposés aux locuteurs dans leur vie sociale. Dans ce sens, LOUIS JEAN

10
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

CALVET écrit : « Nous appelons politique linguistique un ensemble de choix


conscient concernant les rapports entre langue(s) et vie sociale. » (Louis Jean Calvet 1993p.
111).

Pour M-L MOREAU, le mot politique linguistique désigne :

La phase d’une opération d’aménagement linguistique la plus abstraite


consistant en la formulation d’objectifs, postérieurement à l’évolution d’une
situation faisant apparaitre des aspects perfectibles soit dans le corpus d’une
langue (…) soit dans le statut des langues. (M-L MOREAU 1997 p. 229).

En Algérie, la politique linguistique mise en place par l’Etat algérien renvoie à la


politique d’arabisation dans le but de généraliser et promouvoir l’usage exclusif de la langue
arabe dans toutes les institutions étatiques. C’est une politique qui valorise la langue arabe qui
est quasiment absente dans les pratiques langagière des locuteurs algériens et qui dévalorisent
les langues majoritairement utilisées dans la vie quotidienne à savoir, l’arabe dialectal, le
berbère avec ses variétés, et la langue française.

1-3 Le marché linguistique

Le marché linguistique algérien se compose de plusieurs langues et variétés


langagières. L’usage de ces langues diffère ; l’arabe dialectal et les variétés du berbère et
même le français son employées dans la vie quotidienne, l’arabe classique véhicule
l’officialité de l’Etat. Quant au français, cette langue occupe encore une place importante dans
l’enseignement supérieur, l’administration et les domaines scientifiques et techniques. Elle est
souvent vue aussi comme moyen d’ouverture sur le monde.

D. DOUBET considère que:

Le français en tant que langue de l’ancien colonisateur a un statu ambigu ;


d’une part, il attire le mépris officiel (il est officiellement considéré comme
une langue étrangère au même titre que l’anglais) mais d’autre part, il est
synonyme de réussite et d’accès à la culture et au modernisme » (D.
DOUBET D. 1998 P122).
Le terme marché linguistique est utilisé pour la première fois par P.BOURDIEU.
Celui-ci le définit comme « l’ensemble des conditions politiques et sociales d’échange
producteurs- consommateurs». C’est-à-dire que toute pratique est symbolisée et a un caractère
social. L’effet du marché linguistique est réparable dans toutes les situations de
communication. « Il y a marché linguistique, toutes les fois que quelqu’un produit un discours

11
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

à l’intention de récepteurs capable de l’évaluer, de l’apprécier, de lui donner un prix. »


(P.BOURDIEU. 1984 p.123).

Toute manifestation langagière ne reçoit sa valeur qu’en rapport à un marché


linguistique, défini par les mécanismes de formation des prix linguistiques. BOURDIEU voit
que ; « Le discours n’est pas seulement un message destiné à être déchiffré, c’est aussi un
produit que d’autre produits nous livrons à l’appréciation des autres, et dans la valeur se
définira dans sa relation avec d’autre produits plus rares ou plus connus » (BOURDIEU,
1982 .P.104).

Dans un pays plurilingue comme l’Algérie, la relation entre les langues qui y existent
constitue un enjeu politique. Dans ce sens, l’auteur que nous venons de citer écrit « La langue
officielle a partie liée avec l’Etat; et cela tant dans sa genèse que dans ses usages »
(P.BOURDIEU, 1982 P.104).

A partir de ce point de vue, nous pouvons constater que les mécanismes de formation
des prix linguistique sont intimement liés aux mécanismes de domination politique. L’Etat
algérien impose l’arabe classique comme langue officielle et seule légitime, cette langue tient
donc un rapport de force contre les autres langues existantes. Cette unification linguistique
implique l’unification du marché linguistique algérien dans lequel les usages linguistiques et
leurs valeurs se trouvent mesurés à la langue dominante, à savoir l’arabe classique.

1-5 Le statut linguistique

Selon CALVET le statut d’une langue est la position d’une langue dans la hiérarchie
linguistique d’une communauté linguistique, cette position étant liée aux fonctions remplie
par la langue, et à la valeur sociale relative conférée à ses fonctions « exemple la langue de la
religion sera très valorisée dans une théocratie ». Le statut d’une langue c’est la place
qu’occupe celui dans la vie sociale, on lui établit une hiérarchisation, une classification, un
enchatonnement en d’autres termes la stratification des langues, les catégories de statuts le
plus souvent utilisées sont celle de langue officiel et de la langue national. (LOUIS JEAN
CALVET P 1987 P.157).

2- La situation politico-linguistique
Les langues en présence se distinguent de point du vue de l’histoire, de leur structure,
de leur degré d'usage et de leurs fonctions sociolinguistiques distinctes .Comme beaucoup

12
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

d'autres pays dans le monde, l’Algérie offre un panorama et un paysage linguistique très
riche. Ceci pose de multiples questions sur la situation des langues en usage, d’une part les
langues nationales, d’autre part les langues étrangères.

2-1 L’Algérie un pays plurilingue


2-1-1 Historique
On ne peut pas parler de la pluralité de l’espace linguistique algérien et des spécificités
de ce champ plurilingue sans faire référence à l’histoire de la région (Afrique du Nord), et
plus précisément celui de l’Algérie qui a vu le passage d’une série d’invasions et de multiple
civilisations et populations : berbère, vandale, romaine, arabe ensuite turque et française. Le
champ linguistique algérien se trouve partagé entre plusieurs parlers. Cette situation, déjà
complexe, est rendue conflictuelle par la vision officielle et parfois par l’absence totale de
cette vision et de la conception historique dans ce sens KHAOULA TALEB IBRAHIMI
souligne que :

En Algérie la question linguistique a toujours été politisée alors qu’elle touche à


l’identité nationale et à l’histoire de pays ! Aujourd’hui si l’on veut résoudre le
problème, nous devons nous libérer de l’idéologisation. (…) la classe politique de
l’Algérie indépendante n’a pas eu le courage et l’intelligence de revendiquer une
Algérie plurielle et unie. (Le jour d’Algérie 30/05/2009)

L’actualité algérienne récente tant sur le plan politique que sur le plan social, en ce
qui concerne la question linguistique, culturelle et identitaire ne cesse de soulever de
nombreux débats sur le caractère plurilingue du pays et les différents enjeux qui en découlent.
La réalité historique impose de tenir compte des phénomènes tant sur les plans sociaux,
économiques, politiques, culturelles, et bien entendu linguistique.

Le contexte plurilingue a qui s’intéresse notre champ de recherche et dans lequel


s’inscrit l’Algérie et les attentes de la société langagière qui les reçoit afin d’assurer aux
langues existantes des chances de survie et d’expression. L’Algérie historique a toujours été
un pays plurilingue. En allant dans ce sens ABDEREZAK DOURARI affirme que « Ni le
particularisme berbériste ni le transnationalisme arabo-islamique mythique ne pouvant être
en adéquation avec la réalité pluriel de l’Algérie et du Maghreb. » (Le soir d’Algérie du
25/10/2011).

13
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

KHAOULA TALEB IBRAHIMI ajoute que : « c’est une réalité que nous devons
accepter et reconnaitre. Il est bizarre d’entendre encore des gens contester cet héritage
historique. » (KHAOULA TALEB IBRAHIMI, Le soir d’Algérie 30/05/2009).

Depuis 1962, tous les régimes qui succèdent à la tête de pouvoir algérien ont nié le
caractère multilingue et multiculturel de l’Algérie.

Enfin, Réda BENSMAIA, dans un texte extrêmement dense, souligne le caractère


multiculturel de l’Algérie :

Pour moi les Algériens ne sont pas des arabes, tout simplement, mais un
peuple multiculturel qui comprend multiplicité ou en tout cas une variété de
langues, d’ethnies, de etc. Qui e peuvent pas être rangés dans la catégorie
« arabe »sans difficultés. (Walid EL KHACHAB, p 192-193 2000).

2-1-2 Du plurilinguisme au conflit linguistique

Il y a sur la surface du globe entre 4000 et 5000 langues, et


environ 150 pays. Il y aurait théoriquement prés de trente
langues par pays, le monde est plurilingue en chacun de ses
points. (L-J CALVET, 1993. P : 23)

En Algerie plurilingue, ils existent plusieurs espaces linguistiques divisés et le pays se


trouve partagé entre plusieurs parlers. D’où le conflit en présence entre les langues véhiculaire
(tamazight et l’arabe dialectal) d’un côté et l’arabe avec le français, ce qui se manifeste dans
la lutte pour la dominance.

Les Algeriens parlent des langues maternelles très mal servies par l’Etat en matière de
prise en charge institutionnelle. Le français garde, a coté de l’arabe classique, une bonne place
dans les dommaines les plus importants tels que la législation, la finance, les études
universitaires, l’administration,.. Ces deux langues (Le fraçais et l’arabe classique) sont
utilisées par les dirigeants et les cauches sociales superieures urbaines. Il faut savoir que le
tirage des journaux en français est l’un des plus forts des pays francophones et que plus de
55% de tirage de journaux algériens sont en langue française.

Pourquoi le français persiste-t-il en Algerie à cette échelle ? La situation de contact de


langues en Algérie lui serait propice. Dans ce sens M. BENRABAH souligne que :

la question du plurilinguisme en Algérie ne pourra etre sériusement prise en


compte qu’à la seule et unique condition de mettre fin à l’actuel modèle
idéologique de la langue unique qui fonde le rigime algerien depuis
l’indipandance du pay (BENRABAH MOHAMED N°13 DECEMBRE 2002).
14
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

2-1-3 Politiques, planification et aménagement linguistique

CALVET considère que : « la politique linguistique comme un ensemble des choix


effectués dans le domaine des rapports entre langue et vie sociale, et plus particulièrement
entre langues et vie nationale ». (JEAN-LOUIS CALVET 1999 P. 184)

Les sociolinguistes ont mis l’accent, dans ce contexte sur les concepts de
l’aménagement linguistique et celui de la planification linguistique comme processus de
l’application d’une politique linguistique.

En principe, la première notion désigne l’enrichissement de(s) langue(s) en vue de


résoudre l’inadéquation des structures par rapport à des besoins, notamment linguistique. En
fait, c’est l’inversion et l’action sur la langue en tant que structure ; et la seconde notion, telle
qu’elle est définit par LOUIS JEAN CALVET est « la recherche et la mise en œuvre des
moyens nécessaires à l’application d’une politique linguistique ». (ibid. P.185), c’est-dire que
la planification est le processus de privilégier une langue, c’est donc une intervention et une
action sur les langues et sur leur statuts.

Si nous voulons éviter la confusion, nous aurons l’intérêt à considérer que la


planification linguistique n’est qu’une partie de l’ensemble du processus d’aménagement
linguistique, suivant, principalement la phase d’élaboration d’une politique linguistique.

2-2 La situation politico-linguistique en Algérie

L’Algérie, parmi tant d’autre pays maghrébins qui a été colonisé par les français. C’est
un pays berbérophones, par excellence traversé par plusieurs invasions notamment celles des
deux civilisations arabe et français qui l’ont marqué le plus.

En effet, les colons français imposent leur langue dans tous les sphères d’activité
(commerce, administration, enseignement, affichage…) et en 1938 l’arabe déclaré comme
langue étrangère.

Dans l’optique de notre travail qui traite des statuts des langues de notre pays, nous
sommes censés présenté le champ sociolinguistique des trois langues : berbère, français et
arabe en Algérie, et bien précisément le statut de la langue française à celui de la langue
tamazight dans l’administration Algérienne.

Pour cela, nous allons mettre l’accent, en premier lieu sur la coexistence de ces
langues en Algérie et en suite nous exposerons les deux politiques appliquées dans ce pays.

15
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

2-2-1 La coexistence des langues (français, arabe et tamazight) en


Algérie :

La diversité linguistique est une conséquence des civilisations, illustrée par la


coexistence des trois sphères linguistiques (arabophone, francophone et berbérophone),
comme le confirme KHAOULA TALEB IBRHIMI « en Algérie(…) coexiste plusieurs
variétés linguistiques ou plutôt plusieurs sphères linguistique ». (KHAOULA TALEB
IBRHIMI 1995).

2-2-2 Les politiques linguistiques en Algérie

Dans cette optique, nous tenons à présenter la politique coloniale de la France et la


stratégie arabisante pour mettre en relief le statut de la langue française à certaines époques et
dans l’administration algérienne.
2-2-3 La politique linguistique française de l’Algérie colonisée

Dès les premières années de la conquête de l’Algérie, le pouvoir politique français,


soucieux d’une idéologie politique et économique, a entrepris une démarche d’acculturation
qui consiste à déraciner les autochtones de leurs traditions et de leurs langues. A ce propos
KHAOULA TALEB IBRAHIMI décrit que « je regarde la propagation de l’instruction et de
notre langue comme le moyen le plus efficace de faire des progrès à notre domination dans ce
pays… » (1995, 2ème EDITION, 1997).

En 1962, tout le pays fonctionne en français, enseignement, administration,


environnement, secteurs économiques… La langue arabe classique n’est connue que par une
minorité qui l’a apprise dans les écoles coraniques, elle avait perdu sa place de langue écrite
de la société du fait de la colonisation

Les gouvernements algériens après l’indépendance en met à la place de la


langue française la langue arabe, non pas la langue parlée, mais la langue
arabe standard issue de l’arabe coranique, ce fut l’objet de la politique
d’arabisation. (G.GRANDGUILLAUME 2008).
2-2-4 La politique d’arabisation de l’Algérie indépendante

MOREAU affirme que lorsqu’un Etat est nouvellement indépendant, recourt à la


nationalisation voire l’officialisation d’une langue originaire. L’Algérie indépendante à partir
de 1962, s’est appuyée sur une planification linguistique, arabisante, en vue de l’intégration
de la langue arabe à l’école, dans l’administration etc., et ce, en se basant sur une légitimité

16
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

politico-linguistique fondée, selon GRANDGUILLAUME sur ce que représente, pour


certains, cette langue, vue telle «en tant qu’expression coranique, traduisant un enracinement
culturel profond ». (G. GRANDGUILLAUME 1998. P. 17).

Ajoutons la politique d’arabisation de l’environnement algérien a été initiée le 21 Août


1962, par le courant à dominante islamique, les ‟ulama” à laquelle a répondu AHMED BEN
BELLA dans son interview faite à EL MOUDJAHID le 27 octobre 1962, qu’il faut
algérianiser l’enseignement, mais que l’arabisation n’est pas l’islamisation.

Enfin, l’intention d’arabisation s’est poursuivie effectivement avec l’encadrement et


l’encouragement des différents chefs d’Etat algériens, notamment le président MOUHAMED
BRAHIMI BOUKHEROUBA (Houari Boumediene) qui a opté pour l’arabisation de
l’administration algérienne.

3- Statut des langues dans la politique linguistique en Algérie

Le marché linguistique algérien a subi et continue de subir des changements importants


qui sont les résultats de la coexistence de plusieurs langues et plusieurs variétés de langues,
l'arabe classique, l’arabe dialectale et le berbère d'une part et la langue française d'autre part.

Nous allons dans cette partie présenter les différentes langues en présence ainsi que,
leurs statuts respectifs.

3-1 Les langues nationales

L’Algérie est un pays qui connait l’existence de deux variétés des langues nationales ; les
variétés de Tamazight et celles de l’arabe.

3-1-1 La langue arabe

Il existe en Algérie deux variétés de l’arabe. Une variété haute, prestigieuse, réservée
pour l’usage officiel, dite arabe standard et une variété basse, minorée par les politiques
linguistiques mais pratiquée par la majorité des Algérien, dite arabe dialectal, arabe algérien
dans ses différentes variantes, appartient à la sphère maghrébine assez spécifique, a été
marquée par le conservatisme de ses locuteurs.

17
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

3-1-2 L’arabe classique

Dès l’indépendance de l’Algérie, la langue standard est devenue la langue nationale et


officielle vu les raison politiques et idéologiques qui régnaient à cette époque-là. Cette langue
est principalement écrite et n’est pas parlée dans la vie quotidienne. La politique d’arabisation
a donné une place importante à cette langue surtout dans le domaine de l’éducation et des
mass média. Cette langue n’est comprise que par un public scolarisé, vu que la majorité des
Algériens communiquent en arabe algérien ou en berbère. Dans ce sens
GRANDGUILLAUME écrit que « sans référence culturelle propre, cette langue est aussi
sans communauté. Elle n’est langue parlée de personne dans la réalité de la vie
quotidienne ». (GRAND GUILLAUME 1983. P. 11).

L’arabisation a été clairement recommandée avec l’avènement de l’époque du président


H.BOUMEDIENE qui a déclaré l’année 1971 « année de l’arabisation », qui a préconisé
l’utilisation et la reconnaissance obligatoire de l’arabe par les Algériens.

A ce propos ZABOUT. T. affirme que : « Cette langue étant perçue et considérée


comme composante essentielle de l’identité du peuple algérien est en quelque sorte le ciment
de l’unité nationale ». (ZABOUT. T 1989.P. 80).

L’arabe classique est la langue des Algériens après l’indépendance, c’est ce que
confirment les propos de FOUDIL CHIRIGUENE

C’est la langue que l’Etat s’efforce d’imposer depuis l’indépendance de


l’Algérie. Ayant adhéré depuis cette date à la ligue arabe, les dirigeants
algériens se sont empressés d’affirmer l’arabité de l’Algérie, se gardant bien
toutefois de la faire figurer dans les principes généraux régissant la société
algérienne ». (FOUDIL CHIRIGUENE 1997p. 62-63).
C’est la langue de l’instruction, de l’enseignement religieux, c’est la référence et l’outil
symbolique de l’identité arabo-musulmane. Considéré comme un pays arabo-musulman,
l’arabe est essentiellement utilisé dans l’enseignement, dans les administrations et dans toutes
les institutions de l’Etat, en plus de sa fonction religieuse. C’est la variété des lettrés, elle sert
de véhicule au savoir de façon générale, utilisée comme langue de culture et dans des
situations de communications formelles. Essentiellement écrite, elle est aussi pratiquée à
l’oral. Cette variété, principalement apprise à l’école, n’est en fait pratiquée par aucune des
communautés linguistiques qui composent la société algérienne pour les besoins de la
communication quotidienne ou dans les conversations usuelles de la vie de tous les jours. A
ce propos G. GRANDGUILLAUME affirme que :

18
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

(...) sans référence culturelle propre, cette langue est aussi sans communauté.
Elle n’est la langue parlée de personne dans la réalité de la vie quotidienne (...)
derrière cette langue "nationale", il n’y a pas de «communauté nationale» dont
elle serait la langue tout court, dont elle serait bien sur la langue maternelle. (G.
GRANDGUILLAUME 1983. P. 11).

Cette langue donc n’est utilisée par les Algériens que dans des situations formelles
(école, administration, tribunal...) et elle n’a aucune existence dans la sphère informelle
(conversations entre amis, en famille, dans la rue...).

Après l’indépendance, l’Etat algérien a adopté l’arabe standard comme la seule langue
officielle dans le but d’unifier tout le peuple algérien autour de cette langue qui est comme
nous l’avons déjà signalé le véhicule de la religion musulmane.

3-1-3 L’’arabe algérien

Cette langue est considérée comme dialecte car, pour certains, elle ne peut pas véhiculer
les sciences ou être enseignée à l’école. Les textes officiels ne la mentionnèrent nullement et
n’en font aucune référence. Malgré un certains discours qui fait d’elle une ‟sous-langue” elle
est la langue maternelle de la grande majorité des Algériens.

Elle est caractérisée pas ses différentes variétés linguistique tels que l’oranais l’algérois
… qui ne posent aucun problème pour l’intercompréhension. L’importance de cette langue
peut être expliquée par la vie socioculturelle où elle joue le rôle de langue de la
communication quotidienne et de la production culturelle et artistique. Elle est utilisée dans
les films, pièces de théâtre, la chanson … « L’arabe dialectal est la langue maternelle de 72
% de la population algérienne». (J. LECLERC 24 février 2007).

Il est le véritable instrument de communication pour la majorité des locuteurs algériens,


c’est la langue du quotidien, et de leur première socialisation. Sans tradition scripturale, cette
langue vit et évolue au sein de la population qui en fait usage d’où l’appellation arabe
populaire. Elle est utilisée dans les lieux publiques : la rue, les cafés, les stades... Elle est
employée dans des situations de communications informelles, intimes : en famille, entre amis
etc.

De ce fait elle remplit une fonction essentielle même si elle est exclue de toutes les
institutions gouvernementales (administration, école, etc.) et ne jouit d’aucun statut
officiellement reconnu.

19
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

Cette langue est donc ni codifiée, ni standardisée, c’est une langue essentiellement orale
mais parfois utilisées par certains auteurs dans leurs productions artistiques et littéraires
surtout la chanson, la poésie et le théâtre comme les monologues de Mohammed Fellag.

3-2 La langue Tamazight (berbère)

L’appellation « berbère » a été utilisée en premier lieu par les Romains pour désigner les
habitants de l’Afrique du nord dont ils ne comprenaient par la langue. Le terme ‟ barbaros ”
qualifie toute personne étrangère, celle qui ne sait pas parler et par extension, ‟ le sauvage”, le
non civilisé”, ‟la brute”.
Le terme berbère est dérivé de barbare, cette dénomination est étrangère aux
communautés qui utilisent cette langue, il est le produit de l’ethnocentrisme
gréco-romain qui qualifiait de barbare tout peuple, toute culture et toute
civilisation marquée du sceau de la différence.
(A. BOUKOUSA : 1995).

Le terme a subi des modifications phoniques à travers le temps pour arriver en fin à
berbère, appellation qui désigne les habitants et le parler de l’Afrique du nord. Par le fait de
son acception péjorative, les Berbères préfèrent utiliser l’appellation tirée de leur propre
langue ‟Imazighene” pluriel ; ‟ Amazigh” qui signifie homme libre. Le berbère se présente
sous forme de plusieurs dialectes qui sont :
a) Le Kabyle : Parlé dans la région de Kabylie qui couvre une grande partie du centre
du pays (Bejaia, Tizi-Ouzou, Bouira, Boumerdes).
b) Le Chaoui : parlé par les Chaoui qui occupent les Aurès, massif montagneux de
l’Algérie méridionale (Batna, Biskra).
c) Le mozabite : Parlé dans le nord du Sahara algérien dont la principale ville est
Ghardaïa.
d) Le targui : pratiqué par les Touaregs qui vivent dans le Sahara, communauté que
l’on appelle aussi ‟hommes bleus”.

3-2-1 Statut de la langue tamazight (berbère)

La langue berbère comme l’arabe dialectal, a subi l’impact de la politique d’arabisation


qui tend à promouvoir et généraliser l’utilisation de la langue arabe classique dans le but
d’une unification nationale. Le berbère bien qu’il soit présent dans les pratiques journalières
des locuteurs berbérophones et vivaces dans leurs communications quotidiennes ne bénéficie
pas d’un statut privilégié comme le confirme T. ZABOUT « le berbère n’as jamais bénéficié

20
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

ni de mesures administratives ou politiques, ni de conditions matérielles pouvant favoriser


son développement » (T. ZABOUT 1989.P.50), ce qui a poussé les berbérophones à
revendiquer un statut officiel pour leur langue.

Les berbérophones mécontents de la condition de leur langue, demandent que le


tamazight soit reconnu comme langue nationale et officielle, ce qui impliquerait le droit pour
tout citoyen d’utiliser la langue berbère dans toutes les circonstances de la vie publique.

Depuis 1989, une série d’action de masses spectaculaires a confirmé l’affirmation


identitaire des Berbères d’Algérie, plusieurs grèves générales et différentes manifestation ont
eu lieu en Kabylie. Ces actions ont abouti à la création d’un haut-commissariat à l’Amazighité
en 1995, à l’intégration de la langue berbère dans plusieurs écoles du pays et à la
reconnaissance du tamazight comme nationale en 2002, et officielle en 2016.

4- Le Français

L’Algérie est un pays qui offre au français une place bien particulière. Tout abord c’est
une langue imposée aux Algériens par le feu et le sang par le colonisateur. Elle est considérée
comme l’un des outils fondamentaux utilisés par le pouvoir colonial pour parachever et
accélérer sa démarche de francisation. Ce processus n’a pas pris fin après l’indépendance,
mais s’est, au contraire, élargi à cause de la généralisation de l’enseignement du français.

BENBELAID LYDIA dans son thèse de doctorat montre que La langue française est
plus que très présente dans la société algérienne c’est une partie intégrante du paysage
linguistique et ce déni de l’état n’a eu aucune incidence sur sa pratique et n’a en réalité fait
que promouvoir sa place auprès des Algériens. Ce rapport des locuteurs algériens à la langue
française est celui de l’Etat repose constamment la question de la place du la culture
algérienne dans la société algérienne. (BENBELAID LYDIA 2015 p. 54).

4-1 Le statut de la langue française dans l’administration de l’Algérie


colonisée

La fonction publique a été formée par les Français. Celle-ci s’est opposée à
l’arabisation. Le gouvernement ne pouvait pas se passer de la fonction publique.

Ce changement, consistant à l’acculturation du peuple algérien, appliqué par la puissance


métropolitaine française, ne s’est pas basé seulement sur la francisation des indigènes mais
aussi il s’est étendu d’après A.QUEFFLEC jusqu’à « l’imposition de la langue française ;

21
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

celle-ci, en devenant le moyen du fonctionnement de toutes les institutions coloniales ».


(A.QUEFFLEC 2002; p 19).

Autrement dit, la langue française a été privilégiée, le statut de langue officielle répondant
aux fonctions qu’elle assume et aux stratégies politiques planifiée, et ce que est résumé par
A.RAMBAUD, qui fut ministre de l’instruction publique sous la troisième république quand
il écrit en 1897: « (…) la second conquête a consisté à faire accepter par les indigènes notre
administration et notre justice » (A.RAMBAUD 1897).

4-2 Le statut de la langue française dans l’administration de l’Algérie


indépendante

Le statut privilégié qu’occupe aujourd’hui la langue française en Algérie ne serait pas ce


qu’il est sans l’acharnement de l’Etat pour l’éliminer, ainsi SEBAA affirme que « c’est ce
volontarisme linguistique entêté, ignorant la réalité social et changeant de tous les maux la
présence de la langue française, qui allait sceller sa destinée ». Il suffit d’un bref retour dans
l’histoire pour se rendre compte que la française occupe en Algérie une situation sans
conteste, unique au monde qu’on peut résumer dans ces quelques mots :

Sans être la langue officielle, elle véhicule l’officialité, sans être la langue
d’enseignement, elle reste une langue de transmission du savoir, sans être la
langue d’identité, elle continue à façonner de différentes manière et par
plusieurs canaux, l’imaginaire collectif. Il est de notoriété publique que
l’essentiel du travail dans les structures d’administration et de gestion centrale
ou locale, s’effectue en langue française (SEBAA N° 13. 2002).

En nous référant à GRANDGUILLAUME nous notons qu’à partir de 1960, le général


DE GAULLE ordonna l’intégration d’un nombre important d’Algériens française dans
l’administration, qui atteint en 1962 environs 100 000 fonctionnaires qui représenteront, après
l’indépendance, selon GRANDGUILLAUME « une véritable force d’inertie qui s’opposa à
tout effort du pouvoir pour transformer l’image de cette administration coloniale en celle
d’un état arabe ». (G.GRANDGUILLAUME 1998 p.17), et ce particulièrement du côté de
l’usage de la langue arabe.

Suit à la motion votée le 12 juin 1963, en faveur d’introduire la langue arabe dans les
institutions nationales, Ahmed Ben Bella, cité par G.GRANDGUILLAUME « si l’on exige

22
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

que la langue française, cela ne manquerait pas de poser de sérieux problèmes… »


(G.GRANDGUILLAUME 1998 p. 105.106).

Pour ce fait, une ordonnance a été élaborée le par le régime de BOUMEDIENE, qui
suggère aux fonctionnaires de l’administration algérienne, l’obligation d’apprendre l’arabe
dans un délai de trois ans , Mais sur le plan fonctionnel, la langue française demeure, en
Algérie, comme un moyen de la communication et l’outil de l’école et de l’administration,
comme le confirme S. CHAKER en disant : « le français introduit par le colonisateur, est
aussi parlé par une partie de la population ; elle est la langue de l’école et de
l’administration ». (S. CHAKER 1998 p.17).

Mais, la finalité de la politique linguistique du pouvoir algérien était de remplacé la


langue officielle du colonisateur (le français) par une langue national l’arabe à officialiser
pour collabore à l’application de la notion d’indépendance en bon et de la forme.

En effet, le français est un outil de travail important pour les Algériens que ce soit sur
leurs lieux de travail, à l’école ou même encore dans la rue. La langue française bénéficie
d’une place à la fois symbolique et linguistique. Pour certain elle est la langue qu’on peut
s’approprier hors sa référence à la France ‟un butin de guerre” selon l’expression de YACINE
KATEB pour d’autre, elle fut et demeure une langue d’ouverture à la modernité de relations
au monde.

23
Chapitre I : Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie

Conclusion

L’Algérie, comme on vient de le voir, sur le plan sociolinguistique, représente un


panorama de langue ; il est un pays plurilingue. Dans l’an 2000, la question des langues se
pose d’une manière différente de ce qu’elle fut en 1962, et même pour les années qui
viennent.. L’évolution de l’opinion publique, traduite par des intellectuels Algériens, les
rapports des langues sur le terrain, la nécessité d’aborder des problèmes dans une approche
réaliste, sont autant des facteurs qui ouvrent en faveur de nouvelles perspectives.

Cependant, la population algériennes continue d’utiliser jusqu’un maintenant la langue


français dans leur vie quotidienne qui est en réalité la langue de l’ex-puissance coloniale.
Dans ce chapitre, nous avons essayé de définir quelques concepts clefs en rapport avec
notre thème de recherche en se référant à certaines théories et travaux de plusieurs acteurs.
Quand les locuteurs se trouvent usage de plusieurs langues, il peut avoir à l’égard de chacune
d’elle une représentation et un ensemble d’attitudes liées à la pratique de ces langues dans la
société algérienne.

En effet, cette présentation théorique de la position que tient la langue tamazight en


Algérie, est en besoin d’une mise en pratique qui sera illustrée dans notre partie d’analyse.

24
Chapitre II
Représentations et attitudes face aux langues
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

Les langues ne se limitent pas à ce qu’elles soient présentes dans une société
seulement, mais elles peuvent avoir une influence sur les attitudes et les représentations des
locuteurs qui l’utilisent. La diversité de valeurs portées pour les langues pousse les locuteurs
à avoir un ensemble de comportements envers ces langues dont ces mêmes comportements.
Peuvent être positifs ou négatifs tout dépond de la situation dans laquelle ils se trouvent.

G. GRANDGUILLAUME affirme que :

La langue est le lieu aux s’exprime et se construit le plus profond de la


personnalité individuelle et collective, elle est un lien entre passé et présent,
individu et société, conscient et inconscient. Elle ne peut être ravalée au rôle
d’instrument politique, quel qu’en soit le but. Le pluralisme des langues en
Algérie exprime le pluralisme réel de la société il en est composante
déterminante. Le rôle du pouvoir politique en démocratie n’est d’ignorer ce
pluralisme, encore moins de la réduire par voie autoritaire, mais d’un garantir
le libre exercice par l’établissement de règles permettant dialogue et
coexistence. La question de la langue en Algérie est indissociable de celle de la
démocratie, seul avenir acceptable pour ce pays. (G.GRANDGUILLAUME
1983).
Parmi les diverses phénomènes sociaux, le langage occupe une place importante en tant
qu’objet de représentation s plus ou moins élaborées et cristallisateur d’attitude divers. Ce sont
dans les discours et dans leurs articulations comme espaces ou constitue-le sans des pratiques,
et comme lieux de la production et de l’actualisation des rapports sociaux.

En milieu scolaire, de nombreuses recherches ont prouvé que les attitudes et


représentations forgées par les apprenants à l’égard des langues, ont un grand impact sur le
désir et la motivation de les apprendre, et par la même la réussite ou l’échec de cet
apprentissage.

Pour étudier n’importe quelle situation linguistique celle de la berbérophobie. A Bejaia


par exemple ; il faut prendre en compte sa structuration sociologique, la société kabyle a une
structure social très particulière puis comment cet ensemble de rapports interféré avec la
stratification des langues en présence, tamazight et français. De ce point de vue nous conduira
vers « la sécurité et insécurité linguistique » élément pertinent dans notre recherche.

1- Sécurité/insécurité linguistiques

Reconnaissant les usages linguistiques socialement valorisés, les locuteurs choisissent


de les pratiquer et manifestent par là un désir de s’identifier à une classe sociale, qui à leurs
yeux, parle la forme prestigieuse. Ce choix est déterminé par l’ensemble des formes

25
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

linguistiques employées fréquemment par un grand nombre de 42locuteurs appartenant à une


communauté linguistique. Autrement dit, il est déterminé par la norme. Considérant cette
norme comme la manière la plus valorisante de pratiquer une langue, les locuteurs modifient
leurs pratiques linguistiques pour se rapprocher du modèle prestigieux quand ils se sentent en
insécurité linguistique. Par contre, s’ils considèrent que leur langue est la forme la plus
correcte ils se sentent en sécurité linguistique.
LOUIS JEAN CALVET définit le couple sécurité/insécurité linguistique comme suit
sentent pas mis en question dans leur façon de parler, lorsqu’ils considèrent leur norme
comme la norme. A l’inverse, il y a insécurité linguistique lorsque les locuteurs considèrent :
« On parle de sécurité linguistique lorsque, pour des raisons sociales variées les locuteurs
ne se t leur façon de parler comme peu valorisante et ont en tête un autre modèle, plus
prestigieux, mais qu’ils ne pratiquent pas » (LOUIS JEAN CALVET 1993. P 50).
Ainsi P.BOURDIEU voit que :
Quand un locuteur se trouve dans une communauté linguistique où est
pratiquée une langue qu’il ne maîtrise pas, le sentiment d’insécurité
linguistique se traduit chez lui par un effort conscient de correction afin de se
rapprocher de l’usage jugé prestigieux. Dans ce cas, les locuteurs rejettent
leur façon de parler pour dissimuler leur identité sociale, se voient ridiculisés
par le groupe qui détient la forme légitime (P.BOURDIEU 1982. P. 104).

Le désir de se rapprocher de la forme prestigieuse conduit souvent les locuteurs à


commettre des erreurs. Ce genre de comportement est dit hypercorrection.
Quant à l’hypercorrection, elle est utilisée comme une stratégie de communication se
manifestant chez un individu qui maîtrise une langue, mais transgresse certaines des règles
qui la régissent sur le plan phonologique, lexical ou syntaxique, dans les situations où il est
appelé à utiliser une langue plus au moins relâché.
Nous comprenons que les locuteurs ont un point de vue sur certain nombre de
prononciations ou un regard pour les systèmes linguistiques qu’ils pratiquent. Pour ceux qui
ont une langue dite, la norme et que cette norme est partagée par plusieurs autre locuteurs,
nous pourrons dire que ces locuteurs sont en sécurité linguistique.
A ce propos CANUT.C et CAUBET.D ont affirmé que :
Pour se sentir en sécurité, il faut s’assurer que l’on se trouve entres pairs,
c’est-à-dire entre bilingue parfaitement capable de parler chacune des deux
langues (arabe Algérien et français par exemple) en situation monolingue et
qui mélangent lorsqu’ils sont entre eux. (CANUT.C et CAUBET.D 2002).

26
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

Mais pour ceux qui n’ont pas cette norme, ils essayent de modifier leur façon de parler
c’est ce que donne un signe d’une forte manifestation d’insécurité. Pour MOREAU
l’insécurité linguistique est donc « la manifestation d’une quête de légitimité linguistique
vécue par un groupe social dominé, qui a une perception aiguisée tout à la fois des formes
linguistique à acquérir pour progresser dans la hiérarchie social ».
1-1 L’insécurité linguistique
Le concept d’insécurité linguistique est le sujet d’étude de la sociolinguistique ainsi
que d’autres disciplines qui essayent de mieux définir, cette réalité polymorphe et ambigu,
largement liée aux notions fondamentales en sociolinguistique.

Aussi WILLIAM LABOV, est amené à constater lors de son étude de la situation à
New York, où il met en relief le sentiment d’insécurité linguistique et les spécifies des paroles
de la petite bourgeoisie il observe que :

Les locuteurs de la petite bourgeoisie sont particulièrement enclins à


l’insécurité linguistique, d’où il s’ensuit que, même âgés, ils adoptent de
préférence les formes de prestige usitées par les membres plus jeunes de la
classe dominante. Cette insécurité linguistique se traduit chez eux très large
variation stylistique, par de profonds fluctuations au sein d’un contexte donné ;
par un effort conscient de correction ; enfin par des réactions fortement
négatives envers la façon de parler dont ils ont hérité. (WILLIAM LABOV
1976, p 183).
1-2 L’hypercorrection

L’insécurité linguistique se traduit aussi bien en situation unilingue qu’en situation de


plurilinguisme, cela est lié à des enjeux sociaux tant elle participe à de nombreuse
catégorisation (social, géographique, professionnelle…). Une prononciation peut être jugée
prestigieuse ou non, d’autres aspects phonétiques ou lexicaux seront considérés comme
sabotés en d’autres termes certains locuteurs en situation d’insécurité linguistique et dans
leurs pratiques d’hypercorrections, vont chercher à « concilier un idéal de langue et une
langue et une langue idéale » (G.LEDEGEN 2000).

L’hypercorrection résulte justement de l’insécurité linguistique : C’est parce que l’on


considère sa façon de parler comme peu prestigieuse que l’on tente d’imiter, de façon
exagérée, les formes prestigieuses. Et ce comportement peut en entraîner d’autres qui
viennent se greffer sur lui.

27
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

LOUIS JEAN Calvet remarque que :

L’hypercorrection peut être perçue comme ridicule par ceux qui dominent la
forme légitime et qui vont donc en retour juger de façon dévalorisante ceux qui
tentent d’imiter une prononciation valorisée. Cet emboitement peut se
poursuivre à l’infini, et nous montre l’ancrage social profond des attitudes
linguistiques. (J. CALVET 1998 P.56).

1-3 Les types d’insécurité linguistiques

Dans notre travail de recherche nous avons pris en compte trois catégories, reprise à
LOUIS JEAN CALVET :

a- Insécurité formelle

Connaitre une langue c’est apprendre les règles du système linguistique formelle, et aussi
les règles de l’emploi de la langue quand un locuteur n’arrive pas à réaliser sa propre pratique
linguistique selon ses règles formelles, dans ce cas on dit qu’il y a une insécurité formelle, elle
surgit à partir du moment où le locuteur pense que la façon dont il parle enfreint la norme
légitime.

b- Insécurité identitaire

Chaque communauté se caractérise par une variété linguistique qui reflète l’identité des
individus au sein de cette communauté, une fois qu’un sujet parlant pratique une variété
linguistique qui ne correspond pas à elle de cette dernière. Il entre dans une situation
d’insécurité identitaire. Elle aborde la langue d’un point de vue ethnolinguistique. L’identité
linguistique joue un rôle très important dans la construction identitaire d’une communauté.

c- Insécurité statutaire

Cette forme apparaît lorsqu’un locuteur sent que la variété linguistique qu’il maîtrise est
perçue pour lui comme une variété à un statut inférieur. Cette forme d’insécurité souligne en
en premier lieu à quel degré il est important pour un locuteur que sa langue (ou la variété de la
langue qu’il parle) soit statutairement acceptée.

Cette vitalité linguistique est analysée principalement sur trois plans différents : Le statut
ou le prestige de la langue, sa présence démographique, et son soutien institutionnel.

28
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

Dans notre travail de recherche nous utiliserons les concepts d’attitude et de


représentations linguistiques comme des synonymes en désignant par ces deux concepts
l’option des locuteurs (les personnes qui ont été soumis au questionnaire envers leur langue
maternelle‟ tamazight” et les autres langues en présence ‟français et arabe”).

2- Les attitudes, les représentations

Au sens large, les attitudes et les représentations ont un même sens. Il n’est aisé de
distinguer la notion d’attitude de celle de représentation. Elles présentent toutes les deux des
points de convergence, surtout celui de préexister aux comportements, c’est-à-dire ce sont les
attitudes et les représentations qui guident les comportements des locuteurs. Elles sont toutes
deux sélectives et elles permettent aux locuteurs d’opérer des choix. Cependant, les
représentations se distinguent des attitudes par leur caractère moins orienté vers un
comportement. Dans la conception la plus, le terme d’attitude linguistique est connexe à celui
de ‟norme subjective”, ‟ jugement”, ‟opinion” pour désigner tout phénomène à caractère
épilinguistique. Ce dernier concerne les jugements de valeurs que les locuteurs portent vis-à-
vis des langues en usage.

Les études portant sur les perceptions des langues et leurs usages ont été principalement
problématisées à partir des années 1960, à travers la notion d’attitude et ceci dans plusieurs
directions. Elles explorent les images pour expliquer les comportements langagières, en
s’intéressant aux valeurs subjectives accordées aux langues et à leurs variétés, et aux
évaluations sociales qu’elles suscitent chez les locuteurs.

Les deux notions, celle de représentation et celle d’attitude, toutes deux empruntées à la
psychologie sociales sont parfois utilisées l’une à la place de l’autre. La plupart des auteurs
préfèrent néanmoins les distinguer.

2-2 Les attitudes

Il existe un ensemble d’attitude linguistique des locuteurs face aux langues et aux
variétés des langues. Ce sont des façons d’agir ou de se comporter à l’égard des langues en
usage.

Il est défini dans le dictionnaire de sociologie comme « une disposition mentale, d’ordre
individuel ou collectif, explicative du comportement social » (AKOUN. A et ANSART. 1999.
P. 42).

29
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

La notion d’attitude se révélera comme stimulation et réponse sur lequel de


nombreuses disciplines scientifiques se sont penchées, notamment la psychologie et la
sociologie, car c’est un concept indispensable dans l’explication du comportement social.

Dans son acception la plus large, la notion d’attitude linguistique est utilisée en
parallèle et sans véritable nuance de sens à‟ norme subjective”, ‟jugement”, ‟opinion”, pour
désigner tout phénomène à caractère épilinguistique. On note que le terme ‟épilinguistique”
qualifie « les jugements de valeurs que les locuteurs portent sur la langue utilisé et sur les
autres langues ». (DUBOIS.J 1994. P. 184).

Les attitudes s’expriment plus au moins ouvertement à traverse divers symptômes ou


indicateurs (paroles, actes, choix ou leur absence), elles exercent une fonction à la fois
cognitive, énergétique, et régulatrice sur les conduites qu’elles sous-tendent. Appliquées au
domaine de la linguistique, les attitudes renvoient à des prises de positions individuelles ou
collectives, par rapport à l’objet langue. Et à la variation qui la (les) caractérise le caractère
social de la langue suscite des comportements, des attitudes, des sentiments différents de la
part de ses utilisateurs.

Pour LOUIS JEAN CALVET affirme que :

Les attitudes linguistiques renvoient à un ensemble de sentiments que les


locuteurs éprouvent pour les langues ou une variété d’une langue. Ces
locuteurs jugent, évaluent leur productions linguistique et celle des autres en
leur attribuant les d’dénominations. Ces derniers révèlent que les locuteurs en
se rendent compte des différences phonologiques. Lexicales et
morphosyntaxique, attribuent des valeurs appréciatives ou dépréciatives à leur
égard. (LOUIS JEAN CALVET 1993.P. 46).

Dans cette citation, il résulte que les attitudes linguistique sont recueillies à travers les
réactions des sujets à l’égard des locuteurs s’exprimant dans deux ou plusieurs variétés
linguistique, en concurrence ou en contacte sur un territoire, sur des échelles relatives à
l’attrait physique, la compétence, la personnalité, le statut social, etc.

La présence de deux ou plusieurs variétés linguistiques sur un même espace


géographique a donné, aux locuteurs, le choix d’avoir des façons d’agir envers ces variétés.
C’est toute une manière de se comporter et avec une libre disposition de l’esprit.

Ce qui parait important dans l’étude des attitudes linguistiques des locuteurs, c’est
qu’elles permettent l’étude de la compréhension et leurs changements linguistiques. Pour W.
LAMBERT, est considérer comme l’un des premiers à avoir développé la notion d’attitude
30
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

linguistique lors de ses recherches sur la psychologie de bilinguisme au canada, l’attitude peut
se définir comme : « une manière organiser et consciente de penser, de ressentir et de réagir
face au gens, au groupes, aux faits sociaux, ou plus généralement à tout événement dans
l’environnement ».(W. LAMBERT. PDF consulté le 19/05/2017).

Donc nous pouvons dire que les attitudes organisent et guident les comportements
langagiers des locuteurs. Elles font référence aux représentations sociales aux préjugés et aux
stéréotypes. Elles se basent sur les discours épilinguistique ou les locuteurs expriment des
jugements, des opinions sur les langues, les personnes et les phénomènes que le contacte de
langue peut générer.

Les attitudes naissent à partir des représentations sociales. Elle est une dimension
évaluative. Bref, elle résulte d’une position cristallisée d’un individu envers un objet
(personne, groupe, langue ou une situation).

En science sociales, elle désigne « une orientation des conduites ou des jugements,
lorsque ceux-ci présentent une certaine cohérence et une certaine stabilité ». L’attitude se
définit « par ce qui commun à un ensemble d’opinions exprimées verbalement ou, plus
rarement, un ensemble de comportements ». (Dictionnaire de sociologie, Larousse 2005. P.
13). Elle éclaircit, par conséquent, les comportements et les réactions des sujets face à des
stimuli sociaux.

Les informations dont dispose un individu sur un objet particulier constituent ainsi son
stock de croyances sur l’objet. Ces croyances peuvent être motivées par des informations
objectives, comme elles peuvent s’appuyer sur des préjuges ou des stéréotypes.

2-2-1 Les stéréotypes

Selon les auteures affirment que les stéréotypes identifient des images stables et
décontextualisées, schématiques, et raccourcies qui fonctionnent dans le mémoire commune
et auxquelles adhérent certains portent, certains groupes de locuteurs ou d’individus peuvent
être liés à des conduites, à des comportements linguistiques et à des comportements
d’apprentissage.

Selon TAJFEL. H écrit que « on considère généralement que le stéréotype constitue


une forme spécifique de verbalisation d’attitude, caractérisé par l’accord des membres de
l’endos-groupe autour de certains traits saillant, adoptés comme valides et discriminants ».
(TAJFEL. H 1981. P : 115).

31
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

Le stéréotype affiche ainsi les perceptions identitaires et la cohésion des groupes. Pour
OESCH-SERRA

Le stéréotype constitue un discours méta-attitudinal collectif, dont


l’identification peut contribuer à une mise en évidence des relations de
tensions entre les différentes communautés en contacte, en mettant en lumière
certains phénomènes en jeu aux frontières des groupes. (OESCH-SERRA
1995. P161).

2-2-2 Les comportements langagiers

Les comportements est un concept majeur de la sociolinguistique qui sert à décrire les
réactions des locuteurs devant différents dialectes en présence dans une communauté
linguistique particulière.

Ainsi cette notion désigne une certaine façon d’agir (de parler) et adopter ou accepter
une certaine conduite, elle est intégrée dans les sciences humaines, particulièrement en
psychologie social, comme synonyme de ‟behaviore” pour exprimer la manière d’être
objective et d’agir des animaux et des animaux et des hommes.

L’étude du comportement s’est développée dans des études portant sur la psychologie.
Cette discipline étudie les faits psychiques plus précisément les comportements chez les
l’homme en société. Nous entendons par comportement l’ensemble des attitudes et des
réactions objectivement observables de notre activité.

La notion de comportement désigne une certaine façon d’agir ou de parler et


d’apporter une certaine conduite linguistique au sein d’une communauté donnée. A ce propos,
LAFONTAINE, D affirme que : « le comportement linguistique outre qu’il est le produit des
personnes qui sont influencées par les autres, et aussi l’un des moyens par lesquels on peut
exercer de l’influence ». (LAFONTAINE, D 1986)

Par ailleurs, le comportement des individus est influé par le milieu social de fait qu’il
marque sa position, son affection et son attachement, aux groupes des individus dans une
communauté donnée.

32
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

2-3 Les représentations

Le terme‟ représentation ” est conceptualisé par plusieurs disciplines des sciences


humaines (science du langage, sociologie, psychologie, anthropologie, épistémologie,
philosophie,….).

Généralement, on entend par ce terme « le fait d’évoquer à l’esprit un objet, ce dernier


est représenté sous forme de symboles, de signes, d’image, de croyances, de valeurs, etc. ».
(Encyclopédie philosophique universelle 1990).

En sciences sociales, les représentations signifie « le processus d’une activité mentale


par laquelle un individu, ou un groupe d’individus reconstitue le réel auquel il est confronté
et lui attribue une signification spécifique. (J. C. ABRIC. 1999).

La notion de représentation est apparue pour la première fois au début du XX siècle


comme concept sociologique. Elle sera reprise au sein des sciences du langage par de
nombreux sociolinguistes notamment MOSCOVICI, sous divers appellation (idiologie
linguistique, représentation sociolinguistique, imaginaire linguistes…), pour désigner
l’ensemble d’image que les locuteurs associent aux langues qu’ils connaissent (MOSCOVICI
1984).

2-3-1 Les représentations linguistiques

Nous entendrons par représentation linguistique tout discours épilinguistique porté


ordinairement, sur l’usage d’une langue donnée.

L’existence de plusieurs langues ou diverses variétés dans une même communauté


linguistique, implique selon S.BRANCA-ROSOF et H.BOYER, les représentations
linguistiques c’est : « l’ensemble des images que les locuteurs associent aux langues qu’ils
pratiquent ». (S.BRANCA-ROSOF et H.BOYER 1996).

Ce phénomène sociolinguistique détermine les différents statuts attribués aux


différentes langues, par un ou plusieurs groupes sociaux.

33
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

D’après N.GUEUNIER et M.L.MOREAU ;

En sociolinguistique l’étude des représentations s’est surtout centrée sur la


question des contacts de langues ou de registre d’une même langue : langue
standard Vs dialecte ou créole, langue majoritaire Vs
minoritaire… (N.GUEUNIER et M.L.MOREAU 1997).

En se basant sur le processus de domination et de valorisation dépendamment de


l’appartenance ethnologique des sujets, autrement dit le contact de langues et le registre
attribué à une langue semble déterminer la représentation de cette dernière.

Selon CICILE CANUT dans son article la question des représentations linguistiques
repérables à partir des discours épiliniguistique, qu’elles soient étudiées en tant qu’émergeant
de processus interactionnels ou comme génératrices de catégorisations manifestées à travers
les unités lexicales, est d’un intérêt croissant dans la recherche en science du langage. La
confusion terminologique, qui cache en fait un vide théorique et méthodologique face à ce
nouveau champ d’étude, fut à l’origine du colloque que nous avons organisé en 1996.

Pour ABRIC, les représentations sociales jouent un rôle fondamental dans la dynamique des
relations sociales et dans les pratiques parce qu’elles permettent de remplir quatre fonctions
centrales :

a- des fonctions de savoir ; en permettant de comprendre et d’expliquer la réalité.


b- des fonctions identitaire ; parce qu’elles servent à définir l’identité et la spécificité des
groupes.
c- des fonctions d’orientation ; parce qu’elles guident les comportements et les pratiques.
d- des fonctions justificatrice, parce qu’elles permettent de justifier les prises de positions
et les comportements. Les représentations, en permettant ainsi de définir des zones
d’intercompréhension et ralliement (ou de séparation) pour les locuteurs, font partie
des connaissances et des croyances indispensables à la vie sociale. (ABRIC 1994).
2-3-2 Les représentations sociales

Dès les années soixante, les travaux de MOSCOVICI sur les représentations sociales de la
psychanalyse servent de référence aux chercheurs en sciences sociales, tandis que ceux-ci
s’emploient à développer des cadres de plus en plus dynamiques pour cher à comprendre et à
décrire le sens que les acteurs sociaux donnent eux-mêmes aux langues et à leur place dans la
société.

34
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

Les représentations constituent un système de connaissances, collectivement partagé,


influencé par les circonstances historiques et sociales ; pour MOSCOVICI :

Une représentation sociale est un système de valeurs, de notions et de


pratiques ayant une double vocation. Tout d’abord, d’instaurer un
ordre qui donne aux individus la possibilité de s’orienter dans
l’environnement social, matériel et de le dominer ; ensuite d’assurer la
communication entre les membres d’une communauté. (MOSCOVICI
1984 p. 10-11).

Dire des représentations qu’elles sont sociales, c’est aussi reconnaitre les modalités de
leur construction, de leur diffusion, de leur réglage et de leurs changements. Ces modalités
sont collectives en ce sens que tout se fait par des interactions entre individus appartenant à un
même groupe. Elles apparaissent au mieux dans les rapports polémiques, qui en encouragent
l’explication et la mise à l’épreuve.

Les représentations interviennent dans des domaines aussi variés que la transmission
des connaissances, leur diffusion, la définition des identités, celle des appartenances sociales.
Elles interpellent différents champs et domaines de recherche (psychologie cognitive,
sociologie, anthropologie, logique naturelle et sociale…). Pour JODELET voit que :

La représentation sociale est avec son objet dans un rapport de


‟symbolisation”, elle en tient lieu, et d’‟interprétation”, elle lui
confère des significations. Ces significations résultent d’une activité qui
fait de la représentation une ‟construction” et une ‟expression” du
sujet […] Mais la particularité de l’étude des représentations sociales
est d’intégrer dans l’analyse de ces processus l’appartenance et la
participation sociales ou culturelles du sujet. (JODELET 1989.p. 61).

Dans son utilisation en science sociales, le terme de représentation est ainsi opératoire
selon différents plans d’analyse correspondant à des effets de focalisation plus ou moins
marqués sur la société, le groupe et l’individu. Au-delà de la multiplicité des perspectives, la
pluralité de l’étude des représentations sociales tient à l’effort d’intégrer dans l’analyse les
appartenances et la participation sociale et culturelle, et les effets du contexte dans leur
détermination.

Les représentations en permettant ainsi de définir des zones d’intercompréhensions et de


parallèlement ou (de séparation) pour les locuteurs font partie de connaissances et des
croyances indisponible de la vie sociale.

JODELET définit les représentations sociales

35
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

Comme modalités de pensées pratiques, orientées vers la communication,


la compréhension et la maitrise de l’environnement, modalités qui relèvent
à la fois des processus cognitifs généraux et des processus fonctionnels
socialement marqués. (D.JODELET 1984 P.36).

2-3-3 Le discours épilinguistique

Du point du vue de CECILE CANUT, cette notion prend une autre appellation ainsi,
les concepts de représentation, attitude, ou ce qu’elle préfère nommer ‟discours
épilinguistique” renvoient d’une façon direct ou indirecte à la manière dont un locuteur ou un
groupe de locuteurs voient, estiment, appréhendent une langue. De ce fait, tout locuteur
formule des jugements de valeur sur la langue ou les langues qu’il parle ou qui l’entourent, en
gros, le discours épilinguistique revoie au rapport qu’un individu, une communauté
linguistique ou un peuple entretient avec la ou les langues (y compris les variations de celles-
ci) qu’il parle. « Un de ces objets, celui qui m’intéresse, ici, est le discours sur les langues, le
langage ou les pratiques langagiers ». (CECILE CANUT 2000/3 N°93).

Selon quelques d’auteurs ont défini l’analyse des discours éilinguistiques est donc l’un
des moyens les plus privilégiés pour accéder aux différentes valeurs que l’on accorde aux
langues, surtout dans le milieu plurilingue comme le nôtre. (Synergies Chili n° 8 - 2012 p. 83-
94.2012 P. 85).

Pour MOREAU, l’objectif de l’étude des représentations en sociolinguistique est


double :

D’une part les images, les images associés aux langues se présentent
comme des témoins de la manière dont sont perçues les situations sociales,
elles permettent d’autre part de mieux comprendre les soubassements et
les enjeux de la non-diffusion des langues, de leur maintien ou de leur
disparition. (MOREAU 1990. P. 401).

Il faut noter que depuis plusieurs années, les représentations sociolinguistiques ont
occupé une place très importante dans les études sociolinguistiques surtout celles qui ont porté
sur les attitudes, les comportements et les fonctionnements linguistiques. GARMADI les
considère comme « partie intégrante de l’objet d’étude de la sociolinguistique ». (GARMADI
1981).

Ainsi HENRY BOYER affirme que la sociolinguistique ne saurait faire l’économie


des représentations sociolinguistiques. De son point de vue, les représentations se cultivent
ostensiblement en terrain conflictuel « La sociolinguistique est inséparablement une

36
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

linguistique des usages sociaux de la /des langue(s) et de ses/leurs usages sociaux, qui repère
à la fois consensus et conflits et tente donc d’analyser des dynamiques linguistique et social ».
(H.BOYER 1990.P. 104).

En Algérie, l’étude des représentations se complexifié davantage, car ces


représentations se développent dans un milieu plurilingue, un milieu dans lequel plusieurs
langues coexistent, en l’occurrence l’arabe (algérien et classique), le tamazight (avec toutes
ses variétés) et le Français.

1-4 La norme

Dans son sens général, ce concept est utilisé pour désigner un usage habituel qui
constitue une règle plus ou moins contraignante. Pour comprendre, la notion de norme est liée à
celui de bon usage d’une langue donnée.

GEORGE MOUNIN dans son Dictionnaire de la linguistique définit la norme de


la façon suivante : « Moyenne des divers usages d’une langue à une époque donnée, ou
usage imposé comme le plus correct ou le plus prestigieux par une partie de la société
‟le bon usage” ». (GEORGE MOUNIN 1974. N° 153).

En sociolinguistique, la norme s‘efface au profit de la variation. Pour C.


BAYLON « la norme linguistique n’est qu’un aspect de l'ensemble complexe des normes
sociales. Elle fonctionne dans une société comme un régulateur du comportement
collectif. La mépriser n’entraîne des sanctions que dans l’enseignement ». (BAYLON. C
1999. P. 161-162).

Cependant, la norme prend un outre sens dans la sociolinguistique, contrairement à la


grammaire et à la linguistique structurale, il s’agit d’un ensemble de pratiques langagières et
sociales que partage une communauté linguistique ; En effet, en sociolinguistique on ne parle
pas proprement dit de norme ; mais de pratiques langagières et sociale qui caractérise une
communauté donné, il s’agit en fait de la (les) langue (s) parlées par un/ des locuteurs.

37
Chapitre II : Représentations et attitudes face aux langues

3- Distinction entre représentations et attitudes

La différence entre la ‟représentation” et l’‟attitude” réside essentiellement dans le


caractère abstrait qu’on attribue à la représentation. Contrairement à cette dernière, l’attitude
peut être placée dans un niveau concret, car il convient à signaler que celle-ci est un jugement
avoué par un locuteur ou une communauté linguistique.

En outre, il est à rappeler que l’attitude est le résultat même de la représentation : en


effet, celle-ci commence à se manifestant sous forme de jugement psychique qui finit par être
exprimé soit verbalement soit par une action favorable ou défavorable vis-à-vis d’un fait
donné (et c’est ce niveau-là que l’on parle d’attitude linguistique.

Conclusion

Disons que les deux notions ‟représentation” et ‟attitude” ont en commun ; le trait
epilinguistique, qui les différencie des pratiques linguistiques et des analyses
métalinguistiques, elles se démarquent théoriquement par le caractère actif et moins orienté
vers un comportement des attitudes linguistiques, et l’aspect plus discursif et plus figuratif des
représentations et méthodologiquement, par des techniques d’enquêtes différentes. (D.
LAFONTANE : La partie pris des mots. P.71).

38
Chapitre III
Méthodologie et résultats de l’enquête
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Introduction

Dans le premier chapitre de notre travail, nous avons essayé de présenter quelques
concepts concernant notre thème de recherche En un second temps, nous avons mis l’accent
sur la situation politico-linguistique de l’Algérie. Dans le deuxième chapitre, notre travail
s’est intéressé aux attitudes et représentations linguistiques. Nous allons passer, dans ce
troisième chapitre à la description de la méthodologie empruntée pour constituer un recueil de
données et nous donnerons un descriptif de notre questionnaire tout en présentant les résultats
de notre enquête.

1- Protocole d’enquête

Nous avons opté pour la méthode du questionnaire comme approche directe


permettant d’obtenir des résultats pour confirmer ou infirmer nos hypothèses, le questionnaire
est l’une des méthodes qui permet d’aboutir à des résultats fiables et qui donne l’occasion, en
outres, de se rapprocher directement d’un public donné.

Le questionnaire est un intermédiaire entre l’enquêteur et l’enquêté, il est le moyen


essentiel par lequel les buts de l’enquête doivent être atteints, d’une part il sert à motiver,
aider, inciter l’enquêté. D’autre part il permet d’obtenir des informations sur l’enquêteur, il
représente un outil abdiquant pour interroger la totalité de la population à étudier.

Selon R. GHIGLIONE et B. MATALON

Un questionnaire est un instrument rigoureusement standardisé, à la fois dans


le texte des questions et dans leur ordre. Toujours pour assurer comparabilité
des réponses de tous les sujets, il est absolument indispensable que chaque
question soit posé à chaque sujet de la même façon sans adaptation ni
explication complémentaire laissées à l’initiative de l’enquêteur.
(GHIGLIONE et B. MATALON 1978, p.28).

1-1 Présentation du questionnaire

L’enquête par questionnaire permet d’obtenir de la part de l’échantillon représentatif


des informations qui peuvent être généralisées à l’ensemble de la population. Ce type
d’enquête est nécessaire pour définir l’opinion des personnes touchées par notre enquête.

La rédaction de ce questionnaire ne s’est pas faite d’une manière fortuite ou arbitraire


car nous nous sommes fixées un nombre d’objectifs à atteindre dans l’optique de la

39
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

confirmation ou de l’infirmation de nos hypothèses. Partant de là, notre questionnaire a été


orienté de manière à :

a) Recueillir un maximum d’informations.

b) Permettre de retenir et de mettre à jour les représentations de nos enquêtés afin de saisir
les différentes facettes de leurs représentations à travers leurs pratiques, leurs discours et leurs
opinions ou différents points de vue.

c) les différentes attitudes et représentation des personnes touchées par notre enquête
concernant la politique linguistique en Algérie.

d) Définir l’intérêt que portent les habitants de la wilaya de Bejaia face à cette politique
linguistique et leurs attitudes avancées dans ce sens.

e) Cerner l’attitude de ceux-ci envers les changements de statut ayant eu lieu dans notre
pays.

De plus le questionnaire nous permet de quantifier et comparer l’information récoltée


auprès d’un échantillon représentatif visé par l’enquête. Alors nous avons essayé à l’aide de
ce questionnaire de solliciter l’avis des locuteurs à travers les différentes régions de la wilaya.

Le questionnaire doit être valide et fiable. C’est-à-dire, il doit être en mesure


d’apporter ce que le chercheur espère atteindre. De plus, il doit être compris par le sujet
enquêté. Ainsi, notre questionnaire est composé de questions de types :

1-1-1 Les questions fermées

Ce genre de questions impose aux enquêtés une forme de réponse avec un nombre
limité de choix réponse. Elles nécessitent des réponses positives, négatives ou des non-
réponses qu’il faut prendre en considération. Elles sont utilisées aussi pour juger d’un accord
ou non, connaitre la position et permette un traitement statistique avec une classification
rapide, facile et analyse profonde des résultats.

1-1-2 Les questions ouvertes

Ce sont des questions qui ne comprennent pas de pré-réponses auxquelles le sujet doit
répondre. Dans ce genre de questions, l’interrogé répond comme il le désire, s’exprime
librement en faisant les commentaires qu’il juge pertinents en donnant des détails et en
formulant ses opinions et ses jugements, etc.

40
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Elles seront traitées par l’analyse du contenu. De plus, elles permettent à l’individu de
s’exprimer sans être influencé.

2- Analyse des résultats

L’analyse des résultats n’est pas seulement de la comptabilité ou faire du pourcentage,


mais aussi l’analyse profonde pour en tirer des significations, faire des liens entre les
différentes tendances et, enfin, arriver aux réponses pour les hypothèses et faire les
conclusions de l’enquête.

a) Etude qualitative : c’est de recueillir des informations à partir d’un nombre limité de
personne. C’est une méthode d’analyse des contenus et elle permet de caractériser les gens
interrogés.

b) L’étude quantitative : c’est une interprétation sous forme de graphique et tableau


quantifiés.

L’étude qualitative associée à l’étude quantitative vise à compléter les informations et


les connaissances pour explorer une piste de recherche. L’étude qualitative.

2-1- les composantes du questionnaire

1. Identification de l’enquête (l’âge, sexe, niveau d’instruction, fonction et région).

2. Attitude linguistique (questions 3, 4, 5)

3. Usage des langues (questions 1, 2, 6, 7)

4. Politique linguistique (questions 8, 9, 10)

2-1-1 Identification de l’enquêté

Cette partie s’intéresse à recueillir toutes les informations utiles concernant nos
enquêtés. Précisément, elle comprend des renseignements d’ordre général tels que l’âge et le
sexe pour vérifier la répartition de notre échantillon, homme (h) et femme (F), des sujets âgés
de moins de trente ans (-30) et ceux âgés de plus de trente ans (+30).

Nous avons inclus, dans cette partie, le lieu de résidence (région), niveau d’instruction
et la fonction ou profession pour définir les activités professionnelles qui peuvent être
influentes et si ces autres variables (lieu de résidence …) influent sur les choix, attitudes et
opinion de nos enquêtés.

41
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

2-1-2 Attitude linguistique

L’essentiel des questions en rapport à cette partie était de voir comment nos sujets
perçoivent les différentes langues ou variétés de langues qu’ils emploient et celles qui sont
employées autour d’eux et dans leur vie quotidienne. C’est à partir de là que nous tenterons de
comprendre ce que pensent les locuteurs de la wilaya de Bejaia de ces langues, quelles
attitudes développent-ils face à chacune de ces langues ? Quelles valeurs accordent-ils à
celles-ci ?

Les différents événements qui ont marqué le paysage linguistique algérien ont
certainement influencé les attitudes de nos enquêtés.

2-1-3 usages des langues

Cette partie du questionnaire est consacrée à toutes les langues existant dans le champ
linguistique algérien. Pour cela, notre questionnaire s’est intéressé et a pris en considération
l’arabe classique et le berbère comme langue nationale et officielle, et l’arabe algérien à
travers ses variétés linguistiques, et enfin le français comme langue étrangère ou langue
seconde.

2-1-4 politique linguistique

Le champ linguistique du pays a été toujours problématique vu la coexistence de


plusieurs langues mal assumée sinon reniée sur le plan officiel. Cette diversité ou richesse
linguistique en Algérie a souvent provoqué des ambiguïtés et des conflits.

Le pouvoir algérien mis en place depuis l’indépendance a joué et joue encore un rôle
important à travers les différentes décisions prises, à savoir politique linguistique
d’arabisation généralisée à tous les secteurs et tous les domaines de la société soutenue par les
différentes lois et textes officiels, les constitutions et les chartes nationales depuis
l’indépendance à nos jours.

Cette politique linguistique a pour objectif la gestion des langues en Algérie. En fait,
nous nous sommes intéressés à ce qui se passe dans la scène sociolinguistique à l’égard des
langues face à la gestion du pouvoir sur le plan linguistique, sue la prise en charge des langues
et les différentes décisions politiques.

42
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

3- le choix de la population et présentation de l’échantillon

Pour parvenir à des résultats généralisables et fiables et des déductions valables, il


faut savoir choisir son public ou les personnes à enquêter, car le choix des sujets à enquêter
est primordial vu son apport dans le déroulement de l’enquête. Cela veut dire que
l’échantillon doit être représentatif du public concerné.

La taille de notre échantillon a été fixée à cinquante enquêtés répartis sur différentes
régions de la wilaya de Bejaia, ceci pour refléter la structure de la population et ses
composantes. Homme (33,33%), femme (66,66%) dont l’âge varie entre (19-45). Pour la
variable âge, nous avons pris en considération deux tranches ou deux catégories d’âge : (-
30ans) et (+30ans).

AGE/SEXE HOMME FEMME


-30 21,21% 42,42%
+30 12,12% 24,24%
Total % 33,33% 66,66%
Tableau1 : répartition de l’échantillon par l’âge et le sexe

Représentation graphique de la totalité des enquêtés

1- Pré-enquête

Elle est définie comme premier pas vers le terrain. Considérée comme l’étape ou la
phase de préparation. Elle permet de recueillir et rassembler le plus d’informations et de
connaissances sur le sujet à étudier. Avant l’entame de notre enquête, nous avons mis notre
43
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

questionnaire à la disposition de quelques personnes qui possèdent les mêmes caractéristiques


que la population choisie pour l’enquête finale.

Cette pré-enquête nous a permis de vérifier, changer quelques termes ou questions


dans le questionnaire, en somme, apporter les modifications nécessaires. D’une certaine
manière, cette pré enquête aide l’enquêteur à finaliser son questionnaire et le mettre dans une
situation de prendre une décision d’effectuer son enquête ou prendre encore du temps.

3-1 L’enquête effectuée


3-1-1 Difficultés rencontrées
 Non-maitrise de la langue française par les enquêtés.
 L’ignorance de ce que disent les textes officiels à propos de la langue.

 Certains adoptent une attitude neutre.

 Nous avons distribué 50 questionnaires, mais nous n’avons pu récupérer que 33.

3-2 Carte des points d’enquête

Cette carte représente les points d’enquête principaux où nous avons recueilli les
données de notre enquête, en l’occurrence : Sidi Aich, Bejaia ville, Sidi Ayed, Timezrit.

Carte 01 : Points où l’enquête s’est effectuée

44
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

2- Les langues préférées à parler le plus

Notre enquête s’est effectuée dans une région kabylophone, à l’évidence, le nombre de
ceux ayant répondu qu’ils pratiquaient le kabyle est le plus important. Ceci étant, nous ne
devrions pas conclure que les habitants de cette région ne sont pas ouverts aux autres langues.
Ainsi, beaucoup de nos enquêtés 12,12% ont précisé qu’ils pratiquaient une autre langue.
(Arabe et Français).

D’après les réponses de nos informateurs, il ressort que la majorité des locuteurs
préfèrent parler kabyle avec un indice 87,87%. Elle occupe la première place dans notre
société. Ils lui attribuent la premier place du fait qu’elle est la langue maternelle des amazighs.

3- Scolarisation en (étude de) tamazight selon les variables sexe et âges

Certaines de nos questions portent sur l’idée de voir si la scolarisation a touché


différemment les enquêtés relativement à la variable sexe et à celle de l’âge. Pourrions-nous
poser que ce sont les personnes de sexe féminin qui sont moins scolarisées que celles de
l’autre sexe ? Pourrions-nous de même affirmer que les personnes les plus jeunes sont plus
scolarisées que celles plus âgées ?

La question de cette partie a été formulée comme suit : Avez-vous étudie tamazight (à
l’école ou à titre personnel). Sur le plan quantitatif nos résultats se présentent ainsi :

Selon le sexe

Option / sexe Masculin Féminin


Je n’ai pas étudié tamazight 18.18% 30.30%
Je l’ai étudiée à l’école 9.09% 33.33%
Je l’ai étudiée à titre personnel 6.06% 6.06%
Tableau I : La scolarisation (étude) en tamazight selon le sexe

45
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

35,00%

30,00%

25,00%

20,00%

15,00%
je n'ai pas étudié
tamazight
10,00% je l'ai étudiée à
l'école
5,00% je l'ai étudiée à titre
personnel
0,00%
HO FEM
MM ME
E
je n'ai pas étudié tamazight 18,18% 30,30%
je l'ai étudiée à l'école 9,09% 33,33%
je l'ai étudiée à titre personnel 6,06% 6,06%

0
Graphique n 1

Ce graphique nous montre que le nombre des femmes qui n’ont pas étudié le
tamazight est plus élevé que celui des hommes avec 18,18%, et pour ce qui ont étudiées le
tamazight à l’école nous avons trouvé que les majorités sont des femmes avec 33,33% et les
hommes 9,09%. Aussi nous avons remarqué que que le nombre des femmes est égale à ce lui
des hommes , pourcentage identique de 6,06% pour chaque sexe

Selon l’âge

Option / âge -30 +30


Je n’ai pas étudié tamazight 21,21% 24,24%

Je l’ai étudiée à l’école 36,36% 6,06%

Je l’ai étudiée à titre personnel 6,06% 6,06%


Tableau 2 : scolarisation en (étude de) tamazight selon l’âge

46
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Graphique n0 2

Commentaire

Selon ce graphique, le pourcentage des personnes qui n’ont pas étudié le tamazight ne
varie pas grandement relativement à l’âge. Pour les moins de 30 ans, il est de 21,21%. Pour
les plus de 30 ans, il représente plus de 24,24%. Ceci sans tenir compte de la variable sexe.
Pourrions-nous poser que l’introduction de tamazight à l’école aurait pu faire monter le
pourcentage dans la deuxième catégorie (les moins de 30 ans) du moment qu’ils ont mieux
bénéficié d’occasion d’étudier cette langue comparativement au plus de 30 ans.

Mais la deuxième partie de cette question -je l’ai étudiée à l’école- nous montre
qu’une catégorie de locuteurs a vraiment bénéficié de l’introduction de cette langue dans la
scolarité. Le pourcentage varie plus nettement relativement à l’âge. 36,36%. Des moins de 30
ans répondent par l’affirmative à cette question, contre seulement 6,06% des moins de trente
ans qui n’ont surtout

47
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Enfin, la catégorie de ceux qui ont étudié le tamazight à titre personnel est le même
avec 6,06% dans le variable âge.

4- Langue maternelle comme prédominance dans les représentations de


la langue berbère

Tenant d’abord compte des réponses aux questions telles que « Que représente le
tamazight pour vous ? (Question 02), nous pouvons poser que la quasi-totalité de nos enquêtés
ont eu la même réponse pour cette question. Il ressort globalement que ceux-ci considèrent
que la langue tamazight à un rôle primordial dans la construction de l’identité algérienne. Ils
pensent en majorité que c’est un patrimoine commun à tous les Algériens. Ces enquêtés disent
aussi avoir comme langue maternelle le kabyle.

Sur les 33 enquêtés, la majorité fait allusion au rapport d’appartenance qu’elle


entretient avec la langue amazighe. Les qualificatifs utilisés varient d’un enquêté à un autre,
parmi les plus dominants que nous citerons d’une manière descendante par ordre d’apparition
langue « maternelle » 69,69%, « identité » 24,24%, « histoire » 18,18%.
Nous avons détaillé la première catégorie des enquêtés, en l’occurrence ceux qui
voient le tamazight comme langue maternelle réponse qui domine chez les informateurs. Nous
avons pris comme critères le sexe et l’âge. 30,30 % femmes ont moins de 30 ans et six
18,18% d’entre elles ont plus de la trentaine. Pour les hommes 15,15% ont moins de 30 ans
et 06,06% dépassent cet âge. Malgré la différence en niveau des variations diachronique (âge)
et diagénique (sexe) ces enquêtés partagent les mêmes représentations sur la langue berbère.
En somme, cela témoigne que la langue amazighe transcende les différences d’ordre social et
marque une forte relation entre les habitants de la région kabyle et leur langue.
En conclusion, nous pouvons dire que la référence à la langue maternelle revient le
plus dans ces réponses. Nous voyons par-là que le lien est très direct entre ces deux faits,
langue et identité à tel point que l’on pourrait dire que dans les représentations de ces
locuteurs, l’identité ne peut jamais se concevoir sans la langue. Il n’y aurait donc pas
d’identité sans la langue qui va avec. Peut-être principalement dans le cas qui nous intéresse
ici.

5- L’officialisation de la langue tamazight

Nous avons déduit à travers notre analyse des réponses rapportées pour nos enquêtés
pour nos informateurs a propos de (la question 5) une fréquence de 45,45% des deux

48
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

catégories femmes et hommes qui pensent que l’officialisation de tamazight est une obligation
dans leurs pays.

Nous avons recensé que d’autres enquêtés a l’indice 28,28% trouvent que cette
officialisation est très importante pour qu’elle reconnue dans le monde.

Certains d’autres, avec un taux de 27,27% nous dévoilent qu’il y a rein de changement
après cette officialisation.

Nos sujets affirment que l’officialisation de la langue tamazight n’a pas réussi à
s’imposer dans la société à part les régions berbérophones, vu les différentes contraintes
imposées par le pouvoir.

En conclusion, les locuteurs de la wilaya de Bejaia sont tous favorable à l’officialisation de


tamazight et que les résultats seront positifs. Ils lancent que ce sera une reconnaissance de la
culture, l’identité berbère et toutes les traditions. L’officialisation de tamazight va apaiser les
esprits et aidera à éviter les conflits entre les langues existantes en Algérie, surtout entre le
berbère et l’arabe.

6- Les langues par ordre de préférence dans une région kabylophone

Figure N°3

Notre questionnaire nous révèlent que la langue arabe est sous-évaluée par les
enquêtés, elle est placée en dernière position après la langue française qui occupe la deuxième
position et la langue tamazight qui occupe la première place.

49
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Cette présentation graphique nous renseigne visiblement que la langue tamazight reste
majoritaire par apport ou autre langues dans la région de la Kabylie

Pour le sexe masculin de toutes les catégories d’âge c’est tout le monde qui préfère la
langue tamazight vu que le tamazight est leurs langues maternelles

Pour le sexe féminin se sont encore plus favorable quant à sa place et à son usage.
Elles considèrent que le tamazight est la langue du quotidien.

On remarque que l’usage des langues dans des situations de communications


quotidiennes est comme suit :

Nous avons recensé qu’ils sont nombreux à choisir le tamazight comme premier
langue avec l’indice 78,78% personnes dont 27,27%sont âgées plus de 30ans et 54,54%
personnes moins de 30ans, le français avec 18,18% personnes dont 9,09% âgées plus de 30
ans et 9,09% moins de 30ans, l’arabe dialectale avec une seule personne moins de 30ans et
aucun pour l’arabe classique.

Les langues Tamazight français Arabe dialectal Arabe classique

Pourcentage
78,78% 18,18% 3,03% 00%

Comme deuxième langue : tamazight avec 15,15% personnes dont 9,09% âgée moins
de 30ans et 6,06% plus de 30ans, le français avec 75,75% personnes dont 27,27% plus de
30ans et 48,48% moins de 30ans, l’arabe dialectal avec un personne moins de 30ans et l’arabe
classique avec 6,06% personne l’une est plus de 30ans et l’autre mois.

Les langues Tamazight Français Arabe dialectal Arabe classique

Pourcentage
15,15% 75,75% 3,03% 6,06%

Comme troisième langue : tamazight avec 00% personne, le français avec un seule
personne âgée moins de 30ans, l’arabe dialectal avec 51,51% personnes dont 10 âgée plus de
30ans et 21,21% moins de 30ans et l’arabe classique avec 33,33% personnes avec 27,27%
moins de 30ans et 6,06% plus de 30ans.
50
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Les langues Tamazight Français Arabe dialectal Arabe classique

Pourcentage 00% 3,03% 51,51% 33,33%

Comme quatrième langue : tamazight avec u indice 6,06% personnes l’une est âgée
plus de 30ans et l’autre moins, le français avec un seule personne âgée moins de 30ans,
l’arabe dialectal avec 30,30% personnes dont 24,24% âgée moins de 30ans et 6,06% plus de
30ans et l’arabe classique avec 48,48% personnes 27,27% âgée plus de 30ans et 21,21%
moins de 30ans.

Les langues Tamazight Français Arabe dialectal Arabe classique

Pourcentage
6,06% 3,03% 30,30% 48,48%

D’autres personnes indiquent parler le kabyle et le français, car celles-ci sont les plus
préférées.

7- Les conséquences de l’officialisation de tamazight

La septième question de notre enquête portait sur les conséquences de l’officialisation


de tamazight sur celle-ci et sur les autres langues. Nous avons voulu savoir si les valeurs, le
prestige et l’usage de ces langues serait touché d’une quelconque manière par ce changement
de statut. Cette question est formulée tel que présenté dans le tableau qui suit :

Tamazight Pourcentage Le français Pourcentage L'arabe Pourcentage


Est plus 36.36% Est plus 30.30% A perdu de son 18.18%
prestigieuse prestigieuse prestigieuse
Peut s’utiliser 48.48% Ne s’utilise plus 21.21% Ne s’utilise plus 39.39%
au même degré que dans certaine que dans certaine
que l’arabe et situation (école) situation (école ...)
le français
les gens se 27.27 % Les gens le parlent 15.15% Les gens le parlent 27.27%
mettront à la moins moins
parler
davantage
Ne subira pas 12.12% Son usage 12.12% Son usage 24.24%
aucun changement demeurera le demeurera le même
même

51
Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Une lecture de ces résultats pourrait nous mener à poser que l’officialisation de
tamazight a fait perdre quelque peu sa place à l’arabe sachant que 18.18% ont répondu oui à
la question 7 portant sur l’officialisation de tamazight et le rôle et place (prestige) de l’arabe
et du français. La langue arabe perdrait ainsi de son prestige mais le domaine d’usage qui
serait le plus altéré, toujours par rapport à cette langue, serait le domaine des rapports formels.
Plus de 27% pensent ainsi qu’elle sera moins parlée, mais plus de 39% disent qu’elle ne
s’utilisera plus que dans les situations formelles (école, administration, …

Le français, par contre, ne perdrait pas autant de son prestige du moment que plus de
30% pensent que cette langue demeure plus prestigieuse même après l’officialisation de
tamazight. Ceci en termes de prestige, mais il faudrait signaler aussi, toujours par rapport à
cette langue que plus de 15% pensent qu’elle sera moins parlée après cette officialisation
contre 12% qui disent que son usage demeurera le même. Mais ce qui est le plus important à
retenir encore c’est le fait que cette officialisation a agi nécessairement positivement par
rapport à la langue tamazight du moment qu’en termes d’usage, presque la moitié du nombre
des enquêtés 48.48% pensent que la langue tamazight atteindrait le même degré d’usage que
l’arabe et le français.

Conclusion

L’enquête nous a permis une description de la situation du plurilinguisme en Algérie.


Ces résultats, certes ne sont pas nouveaux mais apportent une confirmation d’une réalité
existante.

Une uniformité des attitudes linguistiques, apparaît chez les enquêtés de la wilaya de
Bejaia, dans la place qu’ils attribuent à la langue tamazight. Ces attitudes linguistiques nous
révèlent que la langue tamazight occupe la première place chez les locuteurs berbérophone.

Cette enquête à montrer l’importance des différentes langues en usage en Algérie


(berbère et ses variété, arabe dialectal et ses variétés, français, et arabe classique) pour
l’ensemble des enquêtés. Cette enquête confirme la place qu’elle occupe toujours la langue
française après l’officialisation de tamazight dans la scène linguistique berbérophone.

52
Conclusion générale
Conclusion générale

Notre présente recherche s’est portée sur les représentations des locuteurs de la wilaya
de Bejaia à l’égard des langues en présence dans leurs régions après le changement qui s’est
opéré dans le statut de l’une de ces langues, à savoir, le tamazight.

Tenant compte de ce changement, nous avons essayé de vérifier, à travers le discours


épilinguistique tenu par ces derniers, si celui-ci a eu des incidences sur leurs représentations et
leurs attitudes, et partant, et si ces dernières ont des incidences sur leurs comportements
socio-langagiers.

A cet effet, nous nous sommes rapprochées de ces locuteurs, à travers une enquête,
pour saisir leurs discours (notre questionnaire renferme des questions ouvertes). Notre
motivation était de saisir leurs représentations et leurs comportements que nous avons voulu
expliquer en le confrontant à ce qu’ils disent à propos des statuts de ces langues.

Nous avons constaté à travers l’analyse des réponses à un questionnaire, le rôle


important et même indispensable dont jouit la langue tamazight dans la société berbérophone
et cela par rapport à son utilisation massive par les locuteurs berbérophone. Cependant, il
existe une divergence dans les réponses de nos enquêtés par rapport au statut de la langue
arabe et de la langue française ne serait-ce qu’au niveau du taux de sa présence dans l’univers
quotidien. Ainsi, la majorité des enquêtés déclarent que la langue tamazight est leur langue
maternelle. Pour un fort pourcentage, ce sont ceux-là (les Kabylophone) qui voient en cette
langue une langue de prestige qui peut s’utiliser au même degré que l’arabe et le français.

D’un autre coté, notre étude nous a mené à des interrogations à propos des langues en
présence, et qui se résument en trois axes : d’abord, une contextualisation sociale et historique
de notre étude. Puis, nous nous sommes attelées à la description des statuts des langues en
Algérie depuis l’indépendance à nos jours.

L’indépendance de l’Algérie a été suivie par une politique linguistique qui s’inscrit du
côté de l’arabisation. Mais cette politique va connaitre des développements, et même des
bouleversements dans le sens où l’état de monolinguisme consacré avec cette arabisation à
l’indépendance a cédé la place à un plurilinguisme plus en adéquation avec les attentes de la
société.

Nous avons déduit que les rapports qu’ils entretiennent avec les langues en présence,
sont établis d’une manière différente, bien que les valeurs attribuées pour les deux langues
(tamazight/ français) n’est pas identique avec celle attribuée à l’arabe.

53
Conclusion générale

Mais comme résultat essentiel que nous retenons de notre étude, nous pouvons dire
que les changements se rapportant au statut des langues touchent, directement et
indirectement, les représentations que les locuteurs se font de ces langues. En termes de
valeur attribuée, nous pouvons donc poser que ce changement de statut a d’abord fait gagner à
la langue tamazight un certain prestige du moment que plus de 36 % des locuteurs
questionnés pensent que cette langue sera « plus prestigieuse » après son officialisation.

Cependant, il est à souligner que ce changement de statut n’aura pas autant de


conséquences toujours positives face aux autres langues. Ainsi, pour certains enquêtés,
l’officialisation de tamazight induira le fait que l’arabe sera moins parlé et s’utilisera de plus
en plus dans le domaine des rapports formels (écoles, administration).

Pour finir, notre enquête que nous avons mené en dehors de l’université et touchant
diverses catégories sociales et métiers allant des plus prestigieux (avocat) et au plus simple
emploi (agent de sécurité) a montré que les enquêtés dans leur unanimité insistent sur la
nécessité de réhabiliter la langue amazighe. Mais le fait marquant c’est que la majorité des
communicants n’a pas souligné la dimension nationale de tamazight excepté un enquêté
arabophone originaire de la wilaya de Bordj Bouararidj. Pourrions-nous voir en cela
l’influence d’un mouvement indépendantiste de la Kabylie ?

54
Références
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57
Table des matieres

Introduction .......................................................................................................................... 05

Problématique....................................................................................................................... 05
Hypothèses ........................................................................................................................... 06
Corpus et méthode d’approche............................................................................................. 07

Chapitre I :
Aspects théoriques et situation politico-linguistique en Algérie
1- Concepts théoriques ................................................................................................... 09
1.1 La communauté linguistique .................................................................................. 09
1.2 La politique linguistique......................................................................................... 10
1.3 Le marché linguistique .......................................................................................... 11
1.4 Le statut linguistique .............................................................................................. 12
2- La situation politico-linguistique en Algérie......................................................... 12
2-1 L’Algérie est un pays plurilingue ......................................................................... 13
2-1-1 Historique ......................................................................................................... 13
2-1-2 De plurilinguisme au conflit linguistique ........................................................... 11
2-1-3 Politiques, planification et aménagement linguistique ............................................14
2-2 Les Langues et a politique linguistique en Algérie ............................................... 15
2-2-1 La coexistence des langues (français, arabe et tamazight) en Algérie .............. 15
2-2-2 Les politiques linguistiques en Algérie.............................................................. 16
2-2-3- Les politiques linguistiques française de l’Algérie colonisée ........................... 16
2-2-4 La politique d’arabisation de l’Algérie indépendante......................................... 16

3- Statut des langues dans la politique linguistique en Algérie ................................ 17


3-1 Les langues nationales ........................................................................................... 17
3-1-1 La langue arabe................................................................................................... 17
3-1-2 L’arabe classique ............................................................................................... 17
3-1-3 L’’arabe algérien................................................................................................ 19
3-2 La langue Tamazight (berbère) ............................................................................. 20
3-2-1 Statut de la langue tamazight (berbère) ............................................................. 20
4- Le Français................................................................................................................. 21
4-1 Le statut de la langue française dans l’administration de l’Algérie colonisée... 22
4-2 Le statut de la langue française dans l’administration de l’Algérie indépendante
........................................................................................................................................... 22

Conclusion........................................................................................................... 22

Chapitre II

Représentations et attitudes face aux langues

Introduction ................................................................................................................. 25
1- Sécurité / L’insécurité linguistique......................................................................... 25
1-2 L’insécurité linguistique.................................................................................... 27
1-3 L’hypercorrection .............................................................................................. 27
1-4 Les types d’insécurité linguistique .................................................................... 28
a- L’insécurité formelle.................................................................................... 28
b- L’insécurité identitaire................................................................................. 28
c- L’insécurité statutaire .................................................................................. 28
2- Les attitudes et les représentations ..................................................................... 29
2-1 Les attitudes linguistiques ............................................................................... 30
2-1-1 Les stéréotypes ..................................................................................... 31
2-1-2 Les comportements langagiers................................................................ 32
2-2 Les représentations ........................................................................................... 33
2-2-1 Les représentations linguistique.............................................................. 33
2-2-2 Les représentations sociales ................................................................... 34
2-2-3 Le discours épilinguitique........................................................................ 36
2-2-4 La norme.................................................................................................. 37
2-3 Distinction entre représentation et attitude .......................................................... 38

Conclusion ............................................................................................................... 38

Chapitre III : Méthodologie et résultats de l’enquête

Introduction ....................................................................................................................... 39

1- Protocole d’enquête......................................................................................... 39
1-1-1 Les questions fermées....................................................................................... 40
1-1-2 Les questions ouvertes ...................................................................................... 40
2- Analyse des résultats ............................................................................................. 41

2-1- Parties de questionnaire ............................................................................................ 41

2-1-1 Identification de l’enquête .................................................................................... 41

2-1-2 Attitude linguistique ............................................................................................. 42


2-1-3 Usages des langues ............................................................................................... 42
2 1-4 Politiques linguistiques ......................................................................................... 42

3- Le choix de la population et présentation de l’échantillon ........................... 43

1- Pré enquête.................................................................................................................. 44
3-1 L’enquête effectuée ................................................................................................. 44
3-1-1 difficultés rencontrées .......................................................................................... 45
3-2 Carte des points d’enquête ....................................................................................... 45
2- Les langues préférées à parler le plus ...................................................................... 45
3- Scolarisation en (étude de) tamazight selon les variables sexe et âge ...................... 46
4- Langue maternelle comme prédominance dans les représentations de la langue
berbère ........................................................................................................................ 47
5- L’officialisation de la langue tamazight .................................................................... 48
6- Les langues par ordre de préférence dans une région kabylophone .......................... 49
7- Les conséquences de l’officialisation de tamazight selon les variables sexe et âges 51
Conclusion................................................................................................................... 52

Conclusion générale ..................................................................................................... 53


Bibliographie ................................................................................................................. 55
Annexe............................................................................................................................ 58
Résumé

Notre présente étude vise à analyser les représentations et attitudes linguistiques des
locuteurs de Bejaia à l’égard des différentes langues en présence en Algérie. Notre
principal objectif est d’en déterminer l’usage et la place réelle qu’elles occupent chez
nos enquêtés. Cela nous a amenés à nous intéresser en particulier au français et le
tamazight. Pour recueillir notre corpus, nous avons procédé à une enquête auprès
d’informateurs que nous avons choisis d’une manière aléatoire dans les rues de Bejaia.
L’analyse a été menée d’un point de vue sociolinguistique à travers un travail de
confrontation entre les réponses des enquêtés et leurs identités sociales. Au terme de
notre travail, nous abouti essentiellement au fait que la langue amazighe jouit de
représentations favorables chez les informateurs que nous avons interrogés. En effet, ces
derniers l’associent au qualificatif « maternel ».

Abstract
Our study aims to analyze the linguistic representations and attitudes of the speakers of
Bejaia with regard to the different languages present in Algeria. Our main objective is to
determine their use and the real place they occupy in our respondents. This led us to focus
on French and Tamazight. To collect our corpus, we conducted a survey of informants that
we randomly selected in the streets of Bejaia. The analysis was carried out from a
sociolinguistic point of view through a confrontation between respondents' answers and
their social identities. At the end of our work, we mainly come to the fact that the Amazigh
language enjoys favorable representations among the informants we interviewed. Indeed,
the latter associate it with the qualifier "maternal"
Annexes
Questionnaire
Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre d’un travail de recherche en sciences du langage. Les
informations demandées seront utilisées uniquement pour des objectifs scientifiques.
Age :
Sexe : Féminin Masculin
Profession (domaine de travail) ………………………………………………………….
Niveau d’étude :………………………………………………………………………………….
Lieu de résidence : ……………………………………………………………………………..

1. Vous habitez une région ou on parle plus :


Arabe
Français
Tamazight (kabyle, chaoui, tamzabit...)
Autre

2. Vous-même vous parlez surtout :


o L’arabe
o Le tamazight (kabyle, chaoui, tamzabit...)
o Autres

3. Avez-vous étudié tamazight (à l’école ou à titre personnel)

Je n’ai pas étudié tamazight


Je l’ai étudiée à l’école
Je l’ai étudiée à titre personnel

4. Que représente le tamazight pour vous ?


………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

5. Que pensez-vous de l’officialisation de tamazight ?


………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

6. Pouvez-vous classer ces langues par ordre de préférences (en commençant par celle que
vous appréciez le plus (de 1 à 4)) ?

Arabe classique
Kabyle
Français
Arabe dialectal
7. Après l’officialisation de tamazight ? (cocher par un x la case concernée)

Tamazight x Le français x L’arabe x

Est plus prestigieuse Est plus prestigieuse A perdu de son prestige


Peut s’utiliser au même degré que Ne s'utilise plus que dans Ne s'utilise plus que dans
l’arabe et le français certaine situations (école) certaine situations (école)
Les gens se mettront à la parler Les gens le parlent moins Les gens le parlent moins
davantage
Ne subira pas aucun changement Son usage demeurera le même Son usage demeurera le même

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