Bungunza Complet New
Bungunza Complet New
BUNGUNZA
Ou la décolonisation spirituelle de
l’Afrique
3
4
Mfumu a Mbanza Mbongolo Ramsès
BUNGUNZA
Ou la décolonisation spirituelle de
l’Afrique
AK.
DIDEROT
1
Kimbangi Kia Balongo Bungunza (école de sagesse
Ngunza.)
« Soyons bien conscients que cette arrivée en Afrique
du Christianisme, par le canal de ses missionnaires
européens, avait pour but essentiel de servir de tremplin
à ceux dont le programme final était l’exploitation et le
pillage effréné des richesses de l’Afrique. Ne pensez pas
que le but réel des missionnaires était de nous amener
l’Évangile, pas du tout ! D’ailleurs, souvenons-nous
qu’étymologiquement ‘‘Évangile’’ veut dire ‘‘bonne
nouvelle’’, apporter l’Évangile serait donc ‘‘apporter la
bonne nouvelle.’’ Quelle bonne nouvelle ont-ils donc
apportée ? On n’en voit aucune ! Ce qu’on ne voit que
trop, hélas, c’est qu’ils ont apporté esclavage,
humiliation, racisme, larmes, sang et mort.
(…) Africains, je vous le dis et je vous le redis, la
Chrétienté porte une beaucoup plus grande
responsabilité devant les Cieux que le National-
Socialisme Nazi, les SS ou la Gestapo !»
8
« Un peuple sans religion est un peuple sans âme ;
un peuple sans âme est un peuple téléguidé. C’est un
peuple de moutons – de moutons enchaînés –, qui ne
broutent que l’herbe de l’enclos dans lequel ils sont
enfermés. C’est un peuple passif et dépourvu de sens
critique, qui se range facilement à l’avis de la majorité,
donc un peuple résigné, attentiste, fataliste et sacrifié à
la moindre belligérance, comme nos grands-parents
pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Un
peuple sans religion est un peuple au destin limité et
prévisible, car décrété par d’autres sociétés, des
communautés plus rusées, plus fortes, plus voraces et
qui, longtemps avant nous, ont compris que l’acte
d’allégeance envers une religion importée est non
seulement un outrage à la mémoire des mânes des
ancêtres, mais surtout un manquement grave aux intérêts
de la tribu, de l’ethnie, du peuple ou du continent.
(…) Le nègre contemporain ne pourra prétendre être
libre que lorsqu’il aura fait voter, aux Nations-Unis, une
loi universelle concédant des droits et garantissant la
protection des religions autochtones contre l’hégémonie
culturelle des religions allochtones, en sorte qu’à
l’avenir les religions « sangsues » n’aient plus le droit de
phagocyter des croyances traditionnelles.
(…) L’Afrique a une multitude de visages culturels
méconnus qui n’attendent que le coup de sifflet pour
s’unir en une merveilleuse aquarelle où chaque visage,
chaque couleur aura sa place et sa raison d’être dans le
tableau de la civilisation noire. Ensemble, frères du
continent, reformons la magnifique aquarelle de nos
9
traditions respectives et bâtissons les Royaumes Unis de
Kama (Afrique).
(…) Qui sait parler aux Ancêtres est maître de sa
destinée. Le futur n’est énigmatique que pour ceux qui
ont brisé le pont qui relie les vivants et les morts.»
10
Note au lecteur
et essai s’ouvre par deux fragments de textes2 suivis
C d’une note qui pose les jalons d’une révolution : la
Renaissance africaine, ou pour mieux le dire, le
Printemps nègre. Car c’est du nègre dont il est question,
du nègre contemporain. Ce dernier est au centre de cette
mûre réflexion sur l’acculturation, communément
appelée « aliénation culturelle » que le préfacier – en
observateur indépendant – vous aide à cerner en toute
objectivité. Dans cet imprimé, la note au lecteur joue le
rôle de panneau indicateur et de miroir fidèle. Si son côté
panneau indicateur présente aux Africains la direction à
suivre pour le salut du continent, son côté miroir fidèle
expose, avec une précision absolue, la physionomie
spirituelle contemporaine de la conscience nègre ou l’état
mental3 réel de l’Africain moderne. Bungunza ou la
décolonisation spirituelle de l’Afrique est charpenté en
deux plans consubstantiels : « Le joug d’airain » ou le
2
Citations.
3
Un état qui – vous en conviendrez –, n’honore nullement le
continent.
11
plan mental et « les prophéties du tam-tam » ou le plan
émotionnel.
Le plan mental, qui se distingue de l’autre par son
discours totalement affranchi de l’emprise des
conventions de la versification, est une dissertation
socioreligieuse sur les raisons souterraines du déclin de
la civilisation nègre en général et du royaume Koongo en
particulier. Tout en prescrivant la décolonisation
spirituelle de l’Afrique noire, Le joug d’airain rejette le
racisme et le religionnisme 4 ainsi que l’ignorance 5 et
l’indigence – prétendus moyens d’accéder aux « paradis
illusoires » échafaudés par des religions sangsues
(cupides, dominatrices et manipulatrices) au profit d’un
cheminement spirituel qui combine merveilleusement
4
Idéologie qui affirme la supériorité d’une religion, en prônant
souvent l'élimination des autres. Hostilité envers les personnes
d'appartenance religieuse différente. (Ce mot est un néologisme
officieux, une création de l’auteur.)
5
« Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à
eux ! 4 Heureux les affligés, car ils seront consolés! 5 Heureux les
débonnaires, car ils hériteront la terre! 6 Heureux ceux qui ont
faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! 7 Heureux les
miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! 8 Heureux ceux
qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! 9 Heureux ceux qui
procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! 10 Heureux
ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux
est à eux! 11 Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on
vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de
mal, à cause de moi. 12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse,
parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est
ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. »
Matthieu 5, 3-12.
12
traditionalisme et futurisme pour une Afrique en action,
libre, prospère et émergente. Une Afrique en bonne santé
ou économiquement équilibrée qui vit le présent avec
l’œil gauche braqué sur le passé et l’œil droit orienté vers
le futur. Une Afrique consciente de son rôle dans l’avenir
de la planète. Une Afrique décomplexée qui se développe
sous la guidance de Né Mwanda-Koongo.
À l’inverse du premier volet, le plan émotionnel –
qui est entièrement assujetti aux règles du langage
poétique – est profondément enraciné dans les eaux
amères des grandes souffrances infligées aux bois
d’ébène, nom donné aux Noirs par les trafiquants
d’esclaves ou négriers. Ce volet met en relief les choses
que la raison ne saurait expliquer ou les propos que le
mental n’aurait pu exprimer avec tant de munitie
descriptive. Dans cette partie de l’ouvrage, les poèmes
ont été cousus, tissés, pièce par pièce. Ils ont été ajustés
et juxtaposés comme des veines jugulaires ou des artères
aortes pour puiser à la source du cœur l’émotion
poignante et sincère, les douleurs abominables et
l’indignation ressentie, les impressions – non pas en
couleur ou en noir et blanc, mais du Blanc envers le Noir
et du Noir envers le Blanc – traduites dans ce texte sous
la forme de volonté de puissance des dominateurs d’une
part, et de sentiment d’impuissance, d’insatisfaction, de
frustration, d’humiliation, de stigmatisation,
d’infériorisation, de « castration », de dévaluation, de
violation territoriale, de flétrissement, de ralentissement,
« d’étouffement », de harcèlement, d’anéantissement, de
« piqûre », de « morsure », de « brûlure », de
« salissure », de servitude, d’amertume, d’insécurité, de
13
morosité, de grisaille, de « vertige », bref de
déshumanisation endurée par les dominés, c’est-à-dire les
Noirs pendant la traite négrière, la colonisation et la
ségrégation systématique 6 des gens de couleur, d’autre
part.
Ici, l’auteur-narrateur se retire volontiers pour faire
place aux millions de langues liées, bouches
intentionnellement et stratégiquement muselées par une
poignée d’historiens racistes, d’une sordide malhonnêteté
intellectuelle, qui ont voulu masquer, aux yeux du
monde, la noirceur, la laideur et la « puanteur » de
l’esclavagisme, cette « plaie » béante – pas encore
totalement cicatrisée dans la chair noire de l’Afrique –
dont ce volet émotionnel constitue une terrible « effusion
de sang ». Le sang chaud de millions d’Africains –
mordus par les « requins » : négriers d’une cupidité
effrénée, d’une cruauté impitoyable, d’une violence
furieuse, armés jusqu’aux dents, dont les « crocs
crochus » se sont enfoncés profondément dans la chair du
continent –, mais aussi la sueur et les larmes des millions
d’êtres humains physiquement, moralement,
émotionnellement et spirituellement mutilés, découragés,
enchaînés, déportés, logés et nourris comme du bétail ou
essorés, exploités, violés, brulés vifs ou décapités comme
de la volaille. Cette poésie d’outre-tombe, voulue aussi
piquante et nauséabonde que des gousses d’ail, est le
témoignage atavique des héros de la résistance antiraciste
ou antiségrégationniste. Cette plume dramatique est aussi
à entrevoir comme le cri de plusieurs générations
6
Apartheid, etc.
14
d’hommes et de femmes entièrement désarmées devant
cette tragédie affreuse. C’est le cri du cœur, tardif, mais ô
combien nécessaire de femmes exilées, d’hommes
bâillonnés, d’enfants esseulés, de frères déportés, de
cousins poignardés, d’oncles pourchassés, de tantes
dépouillées, de nièces souillées, de neveux rossés, de
voisins étripés, d’amis trucidés, de croyances profanées,
de familles aux rêves abrégés, de communautés aux
espoirs entravés, de royaumes illégalement morcelés, de
peuples au destin brisé par le « marteau », le fouet et
l’arquebuse du conquistador (des siècles passés) ou du
ségrégationniste (missionnaires, Afrikaners du XXe
siècle) qui, au nom de la loi manifestement injuste des
conquêtes, s’est emparé des villages, des villes, des
terres, mais aussi de gisements multiformes, d’œuvres
artistiques et de la main d’œuvre qui – dans des
conditions inhumaines – a servi le conquérant, des siècles
durant, sans rechigner à la tâche et toucher le moindre
pécule pour autant.
Cette émouvante création littéraire a pour colonne
vertébrale un groupement de poèmes prophétiques,
formant « Les prophéties du tam-tam » : haruspications
énoncées à tour de rôle par le tam-tam (représentation
symbolique des mânes des Ancêtres dans la civilisation
Koongo) et les héros de la foi ngunza, religion liminaire
du peuple koongo7. Certains poèmes, telle la langue et
7
Echantillon qui sert d’exemple à l’auteur pour naviguer du
général (la civilisation Noire dans son ensemble) au particulier (la
civilisation Koongo qui a subi de plein fouet les ravages du
commerce des Noirs.)
15
précieuse inspiration d’un naufragé, traduisent un ardent
désir de vivre, d’échapper à une « mort » ou, pour parler
plus simplement, à un destin à la fois prévisible et
inéluctable : celui du cercle maudit de l’esclavage,
« schéma » en boucle, préconçu ou échafaudé par les
« petits dieux d’Orléans 8 » ou plutôt les « petits diables
d’Occident9 », marchands d’esclaves que l’on examine et
analyse à leur juste valeur à travers le « hublot de la
cellule du détenu » que symbolise le cœur du serf. Nul
besoin d’être épris de justice ou d’avoir une âme altruiste
pour remarquer que les mélodies lyriques de ces poèmes
dramatiques se jouent sur les notes les plus aigües de
l’octave émotionnelle. À la lecture des « prophéties du
tam-tam », vous conviendrez que d’aussi émouvantes
descriptions de la condition du nègre ne pouvaient jaillir,
en fait, que de cœurs blessés, d’esprits humiliés, d’âmes
opprimées, de mains liées, de chevilles empêtrées, de
bouches muselées, de cheveux mouillés, de narines
frémissantes et des yeux rougis de chagrin et d’effroi, qui
non seulement ont appris à scruter le bourreau colonial
avec la rage d’un lion battu – dressé par l’acier et
l’étrivière –, mais aussi avec la fureur d’un corps meurtri
qui a connu la pénétration du sabre et la charge de
l’escopette10 dans sa chair masculine ainsi que la
violence d’un phallus – très souvent enflammé par la
8
Négriers, tels que perçus par les Nègres à l’époque de la traite
négrière.
9
Esclavagistes, tels que perçus par certains Nègres à l’époque de
la traite négrière.
10
Arme à feu portative à bouche évasée qu'on utilisait du XVe au
XVIIIe siècle.
16
chaude-pisse et la syphilis – chez la gent féminine :
princesses, duchesses, comtesses déshonorées par des
saligauds irrévérencieux et des matelots concupiscents
dont le premier réflexe, en accostant sur les berges de
l’Afrique fut, avant toute chose, de jeter leur gourme
entre les jambes fraiches des belles jouvencelles
africaines, dont la désolation révolta une jeune
prophétesse qui alluma autour d’elle le feu de la
résistance, brasier d’une telle ampleur que son écho
retentit jusqu’au Vatican où ordre fut donné aux
« missionnaires-mercenaires » de capturer morte ou vive
celle que le peuple Koongo, dynamisé, aimait à appeler
Mvita-Kimpa11 ou Mama-wa-ndombi, la Vierge noire12
des Ngunza. À la tête d’une armée de rebelles, la jeune et
belle prophétesse de 22 ans résista farouchement contre
l’oppression coloniale jusqu’à ce qu’elle fût trahie et
prise entre les mailles du filet impérialiste, comme pour
confirmer l’adage : « On est jamais trahi que par les
siens. »
Pour décourager le peuple Koongo, Mvita-Kimpa fut
brulée vive sur la place du marché. Si des mains sur la
tête, des grincements de dents, des cris et des larmes
11
Mvita-Kimpa est le nom vibratoire de Kimpa-Mvita.
12
À qui certains écrivains et historiens de l’époque attachent
faussement le nom de Donna Béatrice pour enrayer, dans l’esprit
des générations futures, son appartenance à la religion Ngunza ou
faire croire qu’elle fut une fervente croyante de Saint-Antoine,
donc d’obédience catholique. Ce qui est une violation de
l’histoire ; si, comme le prétendent ces historiens, Kimpa-Mvita
était catholique, pourquoi se serait-elle encore rebellée contre les
pratiques esclavagistes opérées par les missionnaires du Vatican ?
17
montèrent du côté des conquis, des frottements de mains,
des rictus et des rires à gorge déployées s’échappèrent
parallèlement des gosiers goguenards des conquérants.
Mais le feu peut-il détruire un être né du feu des
origines ?
En agissant de la sorte, les assaillants avaient espéré
bruler jusqu’au souvenir de Mvita-Kimpa dans la
conscience de sa communauté. Mais peut-on bruler un
« palmier » profondément enraciné dans la mémoire d’un
peuple ?
Longtemps après le déclin du royaume et la chute du
« palmier », surgit un second « palmier » sur l’une des
rives du majestueux fleuve Congo, le prophète Kimbangu
Simon – Ngunza de pure souche, converti malgré lui au
protestantisme 13 –, qui face aux injustices coloniales
n’eut pas d’autres réflexes que de s’insurger contre
l’autorité. Arrêté, il est écroué pendant 30 ans, au grand
dam des membres du Kintuadi14, mais au grand bonheur
des colons, qui croyaient ainsi avoir résolu ce problème
épineux. Mais peut-on contenir entre 4 murs un être en
13
L’une des pratiques courantes des missionnaires de l’époque
était de convertir les irréductibles ou de donner l’impression de les
avoir convertis pour détourner leurs adeptes de la foi Ngunza,
religion des bisi-Koongo.
14
Mouvement spirituel créé par Simon Kimbangu. Ce mouvement
fut broyé par la machine coloniale et ses membres emprisonnés et
dispersés dans les 4 coins de la R.D.C.
18
parfaite harmonie avec les Bibâ-bia-mazulu ? Peut-on
seulement emprisonner le « Samson Noir 15 ?
Si tous les jours, Mfumu16 Kimbangu – comme
l’appelaient ses fidèles « lieutenants » – répond à l’appel
du régisseur de Mbula-Matadi17, tous les soirs il rejoint
ses disciples en secret pour les réconforter, les
encourager à tenir bon, car prédit-il : « L’heure arrive où
le Nkua Tulendo18 viendra... »
Parallèlement, un troisième « palmier », nommé
Matsoua André Grenard, contemporain de Kimbangu
Simon – dont le légendaire matricule 22 demeure à
jamais gravé dans la mémoire des Ngunza – avait vu le
jour sur l’autre rive du puissant fleuve Congo pour
éveiller les consciences des frères noirs… Telle est la
substance des « prophéties du tam-tam. » Mais que
symbolise le palmier ? Que représente le tam-tam ?
Pourquoi se sert-on du cola, du piment sauvage, de la
cendre, du raphia et du vin de palme dans la tradition
Ngunza ? Qui sont les Bibâ-bia-mazulu ? Quel est leur
15
Ainsi le désignaient l’autorité belge et l’Eglise catholique pour
avoir survécu à maintes tortures et aux multiples tentatives
entreprises pour l’assassiner.
16
Le Seigneur, le Guide, le Chef, le leader.
17
Nom générique des prisons en lingala. A l’origine, le terme
Mbula-matadi était essentiellement attribué aux prisons des forçats
casseurs de pierre. Ces prisonniers cassaient les pierres qui
permettaient aux colons de bâtir leurs édifices.
18
Le Maitreya, le Mahdi, le Nouveau Paraclet, le Machia’h,
l’Avatar Kalki, le Messie et dernier Messager de nos créateurs ou
Élohim de la Bible originelle, écrite en hébreu ancien.
19
rôle ? Et qui est le mystérieux Mfumu-Ngunza-
Tulendo que les Ngunza adorent avec respect ?
Tel est le questionnement qui découle de cette
réflexion dont le but recherché est de briser l’illusion,
d’ôter le « joug d’airain » du mental embrumé du nègre
contemporain, donc d’apporter aux déculturés et autres
affreux snobinards – qui seraient tentés d’observer le
Bungunza avec l’œil hautain des « civilisés » pour qui
tout ce qui est solidement fixé à la tradition n’est que pur
archaïsme – la preuve que nos ancêtres, contrairement
aux discours tenus par certains historiens corrompus par
le « virus » du racisme, n’étaient pas des cannibales,
mais des personnes responsables, regroupées dans des
sociétés organisées : des royaumes dont les croyances
gravitaient autour des mânes des ancêtres, des esprits de
la nature et du Dieu de leurs ancêtres.
Comme toute réflexion qui se respecte, un épilogue
boucle cet essai et fournit les raisons objectives qui ont
poussé l’auteur à plancher sur ces travaux. À l’instar de
la voix de la conscience, cette conclusion place le lecteur
– le nègre contemporain en particulier – devant un
carrefour : la soumission résignée ou l’option de la
grande rupture ? Le catholicisme ou la
déchristianisation ? Le statuquo ou l’érection des
puissants Royaumes Unis de Kama (l’Afrique) ou
simplement d’une Afrique spirituellement et
politiquement libre ?
MFUMU A MBANZA
MBONGOLO RAMSES,
Brazzaville, septembre 2015
20
Prologue
22
Qu’est-ce donc que l’acculturation, sinon une
malédiction, un esclavage volontaire, un joug
psychologique dont l’Africain peut librement et
facilement se débarrasser ? Si hier elle lui avait été
imposée, aujourd’hui l’Africain n’est-il pas suffisamment
mûr pour l’accepter ou la rejeter ? Le Noir doit-il
continuer à cheminer aveuglement dans la voie maudite
d’un mariage culturel imposé, bâclé, raté, ou reculer pour
mieux sauter, autrement dit divorcer pour retourner
lucidement à ses vieilles amours traditionnelles ?
Sachez pour votre propre gouverne qu’un peuple qui
rejette la religion de ses Ancêtres est un peuple maudit et
voué à l’esclavage. Je répète : c’est un peuple maudit,
donc atteint de malédiction. Mais… qu’est-ce que la
malédiction ?
C’est un mot qui mérite que nous nous y attardions
un tant soit peu. Dans le contexte qui est le nôtre,
« malédiction » égale « souffrance. » Pour reconnaître la
vérité de ce commentaire, il suffit de se poser la question
suivante : l’Afrique n’est-elle pas l’une des régions
terrestres la plus christianisée, mais en même temps la
plus souffrante ? Qui, selon vous, est à l’origine de nos
souffrances, si ce n’est l’Occidental ? Comme vous
venez de le soupçonner, c’est l’Occidental qui façonne la
misère en Afrique. En bon marionnettiste 19, l’Occidental
qui est tout à fait conscient de cette réalité, et qui sait
parfaitement ce que l’on récolte20 lorsque l’on brise l’un
des plus chers commandements de la loi de Moïse –
19
Manipulateur.
20
La malédiction.
23
« honore ton père et ta mère », plus précisément tes
géniteurs, d’une part, et d’autre part, ton arbre
généalogique, donc tes Ancêtres et les mânes de tes
Ancêtres – a vivement exhorté le nègre à vilipender,
discréditer et outrager ses parents, c’est-à-dire son arbre
généalogique et par extension ses Ancêtres et ses
traditions afin que le nègre soit maudit 21. Ne dit-on pas :
« qui sème le vent récolte la tempête ? » Conscient de
l’immuabilité et la réactivité de la loi universelle de
cause à effet, l’Occidental a ainsi monté le nègre contre
sa propre culture.
Par bonheur, les lois universelles sont faites pour agir
de façon impartiale. La malédiction étant une souillure
ou une fabrication humaine, l’homme peut décider de la
conserver ou de s’en débarrasser. Qu’est-ce que la
malédiction ?
La malédiction est un engourdissement, une
léthargie, un « sommeil éveillé » qui se traduit par une
claudication prononcée de l’activité économique22,
politique23, scientifique24 et culturel25. C’est un état
21
Se référer à l’extrait du discours du roi Léopold II.
22
Pratiques organisées ayant pour objectifs la spoliation du
contribuable, au bénéfice d’une ethnie ou d’un parti politique ;
dilapidation des recettes du Trésor public ; gestion chaotique de la
manne pétrolière et des extractions minières.
23
Non-respect des règles du jeu démocratique ayant pour
conséquences de graves crises politiques ou des luttes fratricides.
24
Dans les pays maudits, la connaissance scientifique ne se limite
pas qu’aux quelques notions basiques et théoriques apprises à
l’école. On a tendance à croire que la technologie et l’innovation
doivent toujours provenir de l’extérieur ; car la science, « moteur »
24
similaire à la mort ou presque. Pour se soustraire à son
emprise, il faut la vaincre. Mais comment vaincre la
malédiction qui plane sur l’Afrique ?
Il n’y a pas trente-six façons d’y parvenir. Raison
pour laquelle nous vous invitons à guerroyer contre cet
état d’extinction spirituelle, de paralysie économique,
d’inaction scientifique, de stagnation socioculturelle, de
décès ou mort multisectorielle qu’est la malédiction, pour
sortir le continent noir de son incessante génuflexion ou
de sa vassalité séculaire.
En vérité en vérité, chaque religion travaille pour les
intérêts de son propre continent. Il suffit d’observer la
marche du monde pour le comprendre. Autant chaque
parent travaille pour le bien-être de sa propre famille,
autant les religions du monde agissent pour le bien-être
de leur propre continent ; aucun parent, digne de ce nom,
ne fournira plus de vivre aux enfants du voisin au
détriment des siens. Savez-vous que dans la vision des
26
Le refus ou rejet de canonisation du Cardinal Emil Biayenda,
malgré le poids du dossier fourni par le diocèse de Brazzaville en
dit long.
27
Considéré à tort ou à raison comme la réincarnation de Mvita-
Kimpa, Mama Ngunga est la digne héritière de l’action de Mvita-
Kimpa. Elle fait partie de la communauté des Ba-tâta-ba-Mpungu-
Tuléndo de la religion Ngunza. (cf. page 37)
28
Patrimoine foncier, matériel ou immatériel.
27
est ta religion. Ton continent est celui des mânes de tes
ancêtres. Celui des mânes de tes Ancêtres est ton
continent. Ta bénédiction viendra de ta tradition ; de ta
tradition viendra ta bénédiction.»
Aussi redondante qu’elle puisse être, les Anciens –
qui longtemps avant nous avaient compris que la
répétition est la mère des sciences – utilisaient ce genre
de formules pour imprimer ces vérités dans la conscience
des nouvelles générations. Tout ceci se résume en une
phrase : « On n’est jamais mieux que chez soi. » Autant
on n’est jamais si bien servi que par soi-même, autant
charbonnier est maître chez soi. Car la différence entre
chez autrui et chez soi réside dans le fait qu’autrui ne te
dira jamais : « tu es chez toi. » Mais il te dira, avec toute
la politesse du monde et la chaleur de son sourire : « fais
comme chez toi. »
Mais, religieusement parlant, peut-on être plus
catholique que le pape, au sens littéral du mot ? N’est-ce
pas pour cette même raison qu’il n’y a jamais eu un pape
noir au Vatican ? N’est-ce pas pour la même raison
littérale – puisque nous sommes en train d’analyser la
question sous un angle purement littéral – que le cardinal
Émile Biayenda de la République du Congo, en dépit des
témoignages et du poids du dossier fourni par
Brazzaville, n’a jamais été canonisé par le Vatican ?
Entre nous, n’est-ce pas faire preuve d’une ridicule
naïveté que d’espérer qu’un beau jour, le tableau blanc
de la sainteté occidental – miroir des Ancêtres européens
– sera souillé par une tache noire, fût-ce celle d’un
chrétien aussi pieux que le légendaire cardinal Émile
28
Biayenda ? En quoi croire sottement à cette possibilité
est-il différent d’espérer vainement que les poules aient
des dents ? Aurions-nous tort de croire que si les fameux
Saints occidentaux avaient vécu à l’époque de la traite
négrière – donc au temps où les nègres n’étaient encore
que des « babouins » dans l’entendement occidental ou
pour reprendre les mots délibérément insultants et
racistes du roi Léopold II, des « sauvages » – ils ne se
seraient pas empêchés de nous traiter comme tels ? Qui
peut affirmer, sans grand risque de se tromper, qu’il n’y a
pas eu, parmi les Saints de l’Église catholique, donc de
pieux défunts inscrits par le pape au nombre des saints,
de bons esclavagistes, comme il existe et qu’il a toujours
existé – et ce n’est plus un secret pour personne – des
prêtres pédophiles, pédérastes et des lesbiennes dans les
abbayes et les couvents dont les disques durs – pour ne
citer que ceux de certaines nonnes de Brazzaville – sont
remplis de films pornographiques ?
Réveillons-nous ! Combien de Saints l’Afrique n’a-t-
elle pas invoqué depuis la traite négrière à nos jours pour
que nos conditions de vie s’améliorent ? Combien de
tours de chapelets l’Afrique n’a-t-elle pas fait pour sortir
du marasme politico-économique dans lequel elle
patauge depuis l’arrivée du colon sur les côtes africaines
? Regardons la vérité en face : si, avec le catholicisme –
religion « humaniste » –, les conditions de l’Afrique
n’ont nullement changé hier, peut-on gauchement espérer
qu’elles changeront demain ? À quoi nous sert le
catholicisme s’il ne parvient nullement à nous faire
évoluer ? Quand un bras ou un pied nous empêche
d’avancer que faut-il faire ?
29
En laissant trop de place au catholicisme dans notre
pays, ne risquons-nous pas de perdre le maigre espace
qui nous reste ? Serions-nous fiers d’être impliqués dans
l’extinction de nos propres traditions ? Porterions-nous
aisément ce fardeau sans scrupule, sans regretter une
minute d’avoir contribué de près ou de loin, par action ou
par omission, à l’épuration d’une tradition, au génocide
culturel d’une civilisation ou à l’atomisation – au sens
chimique du terme – d’une religion ?
Nous exhortons l’Africain actuel à ne pas s’aviser de
jouer les Atlas, car cette posture – passez-moi
l’expression – atlasique 29 ne soulagera point ses épaules
du poids insondable de la culpabilité qui pourrait en
découler. L’étranger n’a que faire de l’avenir de nos
religions, et moins encore du destin de l’Afrique. Que
l’on ne se méprenne point ; la condition actuelle du
continent noir n’est que l’aboutissement d’un plan
antérieurement et savamment monté30 par ceux qui
29
Relatif à Atlas.
30
Référence à la conférence de Berlin : conférence internationale,
tenue de novembre 1884 à février 1885, qui a consacré les règles
du partage colonial en Afrique centrale. Organisée par
l’Allemagne et la France, la conférence de Berlin réunit les
délégués de quatorze nations : Allemagne, Autriche-Hongrie,
Belgique, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Italie, Pays-
Bas, Portugal, Royaume-Uni, Russie, Suède, Turquie. Le
23 février 1885, les États participants édictent, dans un « acte
général », deux principes essentiels de la colonisation. Le premier
proclame la liberté de navigation sur le Niger et le Congo et la
liberté de commerce dans le bassin du Congo ; le second, aux
objectifs plus vastes, développe la théorie des zones d’influence :
chacune des puissances contractantes peut revendiquer l’annexion
30
avaient décidé de se partager le « gâteau africain31 ».
Sommes-nous trop stupides pour ne pas le deviner ou
suffisamment intelligents pour ne plus prendre part
consciemment ou inconsciemment, aveuglement ou
lucidement, à l’étranglement – mieux – l’enterrement de
nos religions liminaires ?
Le « joug d’airain »
33
34
Chapitre I
Le joug d’airain
AK.
37
propre aux Européens – que l’un serait civilisé et que les
autres seraient des indigènes, ou que les autres seraient
civilisés et que l’un serait un indigène. Non. Ce n’est pas
cela qui fait l’indigénat, mais la différence
civilisationnelle ou de culture – au sens le plus large du
terme, y compris la religion.
En ce qui nous concerne, nous nous appesantirons
beaucoup plus sur la religion. Car c’est là que gît le
lièvre35. En lieu et place de la veste religieuse rouge
sang36, importée et taillée sur mesure par le colonisateur
pour nous asservir et nous maintenir dans la nuit noire
d’une illusion sans borne, une religion37 en harmonie
avec notre propre culture et appartenant intrinsèquement
à notre civilisation eût été mise en valeur ou « tirée » du
sépulcre dans lequel des missionnaires ou, pour mieux le
dire, des mercenaires racistes et impérialistes avaient
voulu l’engloutir.
Malheureusement, la religion venue par voie de mer
dans la boîte de conserve – que dis-je ! –, la boîte de
papyrus qu’est la Bible 38– comprenez mes émotions –, a
poursuivi son petit bonhomme de chemin dans les cœurs
des ex-indépendantistes ou supposés indépendants –
puisqu’encore sous le « joug d’airain » –, que sont les
35
Le nœud de l’affaire, du problème.
36
Le sang de Jésus.
37
Le Bungunza par exemple.
38
L’auteur affirme n’avoir rien contre la Bible qui, qu’on le
veuille ou pas est un livre de Sagesse incontestable. Son seul souci
est l’utilisation incorrecte que certains prêtres catholiques en font
pour parvenir à des desseins peu orthodoxes dont les conséquences
sont le visage actuel de l’Afrique.
38
nègres contemporains en général et les Koongo actuels
en particulier.
Groupe A
Que s’est-il passé dans la conscience du peuple
africain en général et Koongo en particulier pour qu’il en
vienne à oublier l’essentiel, c’est-à-dire ce qui faisait de
nous des Kamites39, des Bisi-Koongo purs et non des
marionnettes à la merci de l’Occident ou des pantins
enchaînés qui, tels des fous joyeux et agités, pensent
qu’ils sont en parfait état de liberté et/ou de santé, et que
le monde « apparemment » conscient n’est calme que par
pure ignorance ?
Groupe B
Au sortir du pays du Nil, après 4 siècles d’esclavage
passés en Égypte, les Hébreux avaient-ils emporté les
croyances égyptiennes en Israël ou simplement rendu à
Pharaon, ce qui était à Pharaon ? Avant l’apparition de
Moïse, les Hébreux vouaient-ils un culte aux divinités
égyptiennes ou en Jéhovah, leur propre Dieu ?
39
Africains : inflexion du mot Kama (nom originel de l’Afrique.)
39
Groupe C
Le message du Christ a-t-il été interprété dans le sens
voulu par Jésus ou – comme nous le soupçonnons –, il a
subi des déformations stratégiques et indépendantes de la
volonté du Christ ? Si déformation il y a eu, à quelle fin ?
Et au service de quel Dieu ? Celui-là même pour lequel
Jésus a donné sa vie et qui est universellement reconnu
comme un Père juste et bon ou au service inavoué d’un
démon infiltré, d’un tentateur rusé comme le serpent,
d’un illusionniste, champion du camouflage et de
l’esclavage – qui, d’une part, des siècles durant a
vainement essayé de christianiser l’islam et dont les actes
de barbarie ont, au fil des âges, engendré ou susciter le
radicalisme dans l’âme d’une certaine catégorie de
musulmans et – d’autre part, à avaler comme une
couleuvre les religions celtiques, et mis au pilori, passer
sous la lame impitoyable du bourreau ou brûler vif ceux
qui refusaient de se soumettre au christianisme ou
d’abandonner leurs anciennes croyances ? Jésus, roi de
paix et de justice, se serait-il frotté les mains en
apprenant que ses disciples ou plutôt ceux qui se sont
constitués disciples du Christ – lui-même n’ayant créé
aucune religion, sinon laissé un message, et ayant
personnellement choisi ses propres disciples pour éviter
toute interprétation erronée –, sont en train de soumettre
les autres par la force et en son nom ? N’est-ce pas le
catholicisme, religion, corrompue de l’intérieur, qui a
imaginé de terribles instruments de torture pour
« sorciers » – encore fallait-il le prouver – et
40
« hérétiques » comme Galilée : universellement reconnu
comme le symbole de la bataille livrée contre les
autorités40 pour la liberté de la recherche ? N’est-ce pas
en utilisant la même ruse et la même barbarie que le roi
Léopold II de Belgique avait soumis la République
Démocratique du Congo, sa grosse portion de
« gâteau » ?
Groupe D
Devons-nous continuer avec une religion qui ne nous
a que trop exploités ou revenir aux anciennes
« amoures » ? Un vieux proverbe africain ne dit-il pas
que c’est avec les vieilles marmites que l’on prépare les
meilleures soupes ? Doit-on choisir la liberté religieuse
ou demeurer dans l’illusion pieuse? Que signifie être
religieusement libre et que veut dire demeurer dans
l’illusion pieuse ? Voilà autant de questions auxquelles
nous tenterons d’apporter une réponse englobante.
40
Allusion faite à la Sainte Inquisition.
41
Un essai est ouvrage en prose développant un sujet de façon très
libre.
41
littéraire42 que nous avons choisi étant affranchi de toute
contrainte, qu’il nous soit permis d’ouvrir « le bal » de
manière fort provocante avec la parabole du « pêcheur et
du poisson. »
42
Genre littéraire (essai).
42
Chapitre II
La parabole
du pêcheur et du poisson
AK.
46
martyrisé, et dispersé ses adeptes à travers le monde45. Ils
ont tout fait pour éteindre le culte Ngunza afin de
prouver aux yeux du monde que les Noirs n’avaient pas
de religion. Qu’ils n’en ont pas. Qu’ils ne l’auront
jamais. Et que l’unique religion crédible sur toute la
surface de la Terre est, et demeurera la grande Église
catholique romaine. Que d’égoïsme ! Que de mensonge !
Que de – passez-moi l’expression –, religionnisme 46 !
45
La traite négrière.
46
Idéologie qui affirme la supériorité d’une religion, en prônant
souvent l'élimination des autres. Hostilité envers les personnes
d'appartenance religieuse différente. (Ce mot est un néologisme
officieux, une création de l’auteur.)
47
guerre contre tout mouvement religieux différent du sien
et porteur d’espoir et – par-dessus tout –, d’une part de
vérité.
Religion de l’intolérance
Le christianisme est la religion des religionnistes47.
« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. » Telle est
la philosophie du christianisme. La plus grave erreur de
Paul de Tarse fut d’avoir importé le message du Christ
aux impérialistes Romains qui, très tôt – plus
précisément à l’aube de la création du mouvement –,
avaient compris que les enseignements d’une telle valeur
morale étaient une lame à double tranchant ou un
« glaive » dont l’ambiguïté pouvait servir ou desservir
leurs desseins impérialistes.
À l’époque de Constantin 1er le Grand, période où ne
pas s’allier au message du Christ était presque synonyme
de creuser sa propre tombe, infiltrer le christianisme sous
le couvert de l’adhésion – dans le but inavoué de piloter
ses dirigeants de l’intérieur, de les manipuler, de
participer au premier concile œcuménique convoqué48 à
Nicée en 325 et à la traduction en latin de certains
manuscrits hébreux pour avoir la possibilité d’y infiltrer
quelques propos impérialistes du genre : « heureux les
pauvres, car le Royaume des cieux est à eux » ou « Il est
beaucoup plus facile à un chameau d’entrer dans le trou
47
Ceux qui dénigrent les membres de certains mouvements
religieux et affirment la supériorité du leur en méprisant tous les
autres (relatif au religionnisme).
48
Constantin 1er le Grand.
48
d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume
des cieux » ou encore « Cherchez d’abord le Royaume
des Cieux et le reste vous sera donné » –, fut un moyen
habile de garantir sa survie et de gagner la sympathie des
chrétiens où et des nouveaux convertis dont le nombre
grossissait chaque jour un peu plus.
49
Sous le règne de Constantin 1er le Grand, plusieurs églises
catholiques furent construites à Rome et en Terre sainte où la mère
de l’empereur d’Orient et d’Occident (également chrétienne) aurait
trouvé la véritable croix sur laquelle Jésus fut crucifié.
50
Le Nouveau Testament.
49
juste (dont les propos sont immuables) et qui avait jadis
inspiré la loi et la peine du Talion aux Hébreux pour que
chacun prenne conscience du poids de la douleur qu’il
voudrait infliger à autrui, pouvait-il changer d’avis ou
revenir sur sa décision ?
Pour revenir à nos moutons, la cinquième étape
consistait à bâtir un empire. Un empire devant lequel les
rois, les royaumes ou les nations se soumettraient, non
pas par la force du glaive, mais par la force de
persuasion. « Au commencement était le verbe. » Le
verbe est, à n’en pas douter, l’arme la plus redoutable qui
soit, car s’il a pu créer le monde, il peut tout aussi le
détruire, sinon le diviser ou l’assujettir. Si le verbe peut
engendrer des paradis, il peut tout aussi créer des enfers.
Les textes compilés dans le document qui allait bientôt
s’appeler le Nouveau Testament n’était, aux yeux des
impérialistes romains (guerriers en tenue de moine ou
loups dissimulés sous des peaux d’agneaux) qu’une
« arme à destruction massive, un outil de lavage de
cerveau, une machine de soumission psychologique, un
appareil de claustration morale et spirituel ». Car autant
il promettait le paradis et la rédemption par la main
droite, autant le Nouveau Testament servait d’outil de
manipulation, d’aveuglement et d’assujettissement à
l’Empire romain, dont le siège ou plutôt le Saint-Siège,
comme on aime à le dire, avait stratégiquement été
construit dans la ville de Rome. Rome capitale du
Christianisme. Rome, véritable gendarme du monde.
Rome, pour mieux les contrôler. Car « tout chemin mène
à Rome. » Rome, ville de Jules César. Tout doit ou
devrait se faire en conformité avec Rome. « Rendez à
50
César ce qui est à César », à « Rome ce qui est à
Rome » ou aux « catholiques ce qui est aux catholiques »
; car « celui qui n’est pas avec nous est contre nous »,
autrement dit : « celui qui n’est pas avec César est contre
César. », « celui qui n’est pas avec Rome est contre
Rome » ou « Celui qui n’est pas avec les catholiques est
contre l’Église catholique ». Telle est le slogan implicite
de cette cité religionniste, dont le Vatican est le cœur. Un
cœur qui ne bat que pour dominer. Un cœur qui ne bat
que pour imposer. Un cœur qui ne bat que pour enrôler.
Dès l’an 1198, toute décision, toute pensée romaine
est dictée ou décrétée par le Vatican. Les rois et les
princes de Rome sont sous l’empire du Saint-Siège. Le
Vatican les tient – passez-nous l’expression – par les
couilles. Et sous le dos de Rome, le Vatican – n’ayons
pas peur des mots – se fait des couilles en or. La flotte et
les armées romaines sont sous la botte du Vatican. Le
Vatican s’en sert pour ses expansions impérialistes. Car
si des peuples aux religions millénaires comme les
Hébreux ont compris qu’on pouvait soumettre, par la
force, leur chair et non leur esprit, leur corps et non leur
foi, d’autres ne l’ont pas encore compris. « Le monde est
une immense mine d’or que la religion peut nous aider à
exploiter. Le verbe nous ouvrira les portes des
« Eldorados » que sont les continents », pense-t-on
furtivement. Les gisements, les trésors d’Égypte et les
tombeaux des Pharaons ayant été surexploités, ruinés et
pillés, il fallait absolument trouver d’autres territoires
d’approvisionnement ou d’enrichissement. Entre temps,
on fait planer la malédiction sur les tombeaux des
pharaons afin que seuls les archéologues à la solde du
51
Saint-Siège osent s’approcher de leur terrain de chasse
privé.
51
Pape qui fut considéré comme l'un des plus grands et des plus
puissants papes du Moyen Âge. Théoricien de la théocratie
pontificale (1160-1216).
52
Pépin le Bref (v. 714-768), maire du palais d'Austrasie (741-
751) et roi des Francs (751-768).
52
toute l’Italie du Centre, atteignant leur expansion
maximale au XVIe siècle.
Très honnêtement, le pape – investi par les hommes
et non par l’autorité ou la volonté divine –, peut-il
imposer des sanctions spirituelles ? A-t-il seulement le
pouvoir d’agir sur le plan spirituel comme le Christ ? La
volonté humaine, entachée d’égoïsme, de cupidité et de
soif du pouvoir peut-elle prétendre représenter
valablement et sans défaillance ou trahison les voix
impénétrables du Seigneur ?
Cette démonstration n’est-elle pas la preuve
incontestable de la volonté de puissance du Vatican sur
les empereurs, les rois, les États, les continents et le
monde ?
La « Donation de Pépin »
Par une politique habile, faite d'alliance avec la
papauté et de conquêtes territoriales, Pépin – surnommé
le Bref à compter du IXe siècle – a su s'imposer comme
premier roi de la dynastie carolingienne.
Ayant déposé Childéric III pour incapacité en 751, Pépin
se fait élire roi la même année par les grands de Soissons
(novembre 751), et reçoit l'onction sainte des mains de
saint Boniface. Il devient ainsi le premier roi de la
dynastie carolingienne. Cette époque est marquée par un
rapprochement étroit entre les « Pippinides » (appellation
des premiers Carolingiens, du nom de Pépin) et la
papauté, rapprochement qui permet à Pépin le Bref
d'acquérir une réelle autorité monarchique.
Le 6 janvier 754, à l'entrevue de Ponthion, le pape
53
Étienne II, menacé par les Lombards du nord de l'Italie,
sollicite son aide. Après la conclusion de l'accord de
Quierzy-sur-Oise en avril, Pépin est couronné par le pape
le 28 juillet à Saint-Denis. Ce sacre lui confère une réelle
légitimité, puisqu'il devient par cet acte l'élu de Dieu.
Pépin lève ensuite une armée contre les Lombards en
754 et 756. Une fois la victoire acquise, il remet au pape
les territoires libérés, lesquels comprennent 22 villes de
l'exarchat de Ravenne, de l'Émilie et de la Pentacole.
Cette cession, appelée la « Donation de Pépin », permet
la création des États pontificaux, et fait naître en
Occident de nouvelles structures politiques et religieuses.
54
Innocent III, fidèle reflet de la vision du Vatican
Le Pape Innocent n’était pas si innocent que son nom
l’indique ; sa vie est souillée d’entreprises les plus
controversées du pontificat : ses deux croisades. En
1209, après avoir dépêché en vain des prédicateurs pour
régler la question de la secte des hérétiques dualistes
albigeois sans combat, le pape lança une offensive dans
le Sud-Ouest de la France, contre la secte hérétique
dualiste des albigeois, dont les pratiques menaçaient
selon lui les institutions sociales traditionnelles. La
croisade provoqua une terrible effusion de sang, et le
pape dut multiplier les appels à la modération, sans
pouvoir arrêter le carnage ni vaincre l’hérésie.
Très concerné par la protection de la Terre sainte,
Innocent III y envoya la quatrième croisade. En 1204, un
bataillon de croisés envahit la ville chrétienne de
Constantinople et la mit à sac. Cet incident dramatique
devait empoisonner les relations entre les Églises
d’Orient et d'Occident pendant des centaines d'années ; il
fut aussi le prétexte de l'établissement, à Constantinople,
d'un royaume latin éphémère.
53
Dixit Hamsa Manarah, Grand Maître de l’omisme.
56
ficelles du Vatican : « un seul Dieu, une seul religion,
une seule culture ou un seul peuple dominant. »
57
58
Chapitre III
La diversité : une leçon
naturelle de tolérance
L’importance de la diversité
54
Ici, l’auteur fait référence aux croisades : expéditions militaires
des chrétiens contre les musulmans pour la défense de la chrétienté
et la délivrance des lieux saints, le plus souvent.
55
Lieu du récit évangélique ou vécut et mourut Jésus-Christ, c'est-
à-dire l'actuelle Palestine.
59
Comme tout ce qui existe sous le soleil, la diversité à
sa place dans la création. Le plus bel exemple de cet
élément est l’arc-en-ciel, arc de lumière que l’homme a
toujours observé avec une joie tintée d’étonnement ; ça
fait toujours plaisir de voir un objet aussi beau et aussi
rare que la variété de couleur qui dans une sublime
harmonie forme ce que l’on appelle : arc-en-ciel. Dieu,
dans sa formidable et incroyable fantaisie créatrice aurait
très bien pu en faire un monochrome 56. Mais, il a préféré
un polychrome57, à l’image de la nature. C’est pareil pour
les croyances. Chaque famille a son nom, son ADN, sa
religion et ses esprits protecteurs. Le schéma est le même
dans les Cieux où même les anges son divisés en
plusieurs Cœurs – nous n’avons pas la prétention de vous
apprendre ce que vous savez déjà. Qu’il nous soit donc
permis de nous abstenir de les citer ; une telle digression
dans un sujet aussi important ne sera qu’une perte de
temps inutile…
Alors, si même les fleurs ne sont pas pareilles,
pourquoi voulez-vous que les religions se ressemblent ou
qu'elles soient uniques ? N’est-ce pas tuer l’œuvre de
Dieu que de vouloir que tous les peuples du monde
gravitent autour d’une seule et même religion ou d’une
seule et même doctrine ?
Il n’est pas rare d’entendre des catholiques affirmer
qu’ils aiment Dieu. Loin de nous l’idée d’en douter.
Toutefois, nous sommes en droit de dire que quiconque
prétend aimer Dieu et la nature est obligé de tolérer la
56
Object d’une seul couleur.
57
Object de plusieurs couleurs.
60
diversité, autrement dit d’accepter, dans son
environnement ou ailleurs, la présence naturelle – car
c’est la volonté suprême de la nature –, d’autres
religions : d’autres croyances, d’autres doctrines,
d’autres façons d’adorer et de concevoir l’Éternel des
armées.
58
Luc 6-37.
61
Vous jugez selon la chair ; moi, je ne juge personne
60
(...)»
Contrairement aux catholiques qui ignorent
pratiquement tout de nos croyances ancestrales, un
proverbe africain résume avec exactitude la nature du
regard du Ngunza sur le catholique : « la tortue, voisine
immédiate du crocodile, seule peut confirmer si le
crocodile a fait gras ou pas, car les deux sont
amphibies. »
« Ne jugez point »
Voilà les mots qui devaient être gravés sur les
soutanes et dans l’esprit des missionnaires ; ces trois
mots les eussent rappelés à l’ordre chaque fois qu’ils
eussent été tentés de diviser ou qu’ils eussent été sur
point de diaboliser, de désacraliser ou de passer à tabac
ceux qui étaient profondément ancrés dans leur religion
respective ou ceux qui, comme les missionnaires, avaient
fait – au vu et au su des membres de leur communauté
religieuse respective –, le serment de servir le Créateur –
car il n’existe en fait qu’un seul Dieu –, au péril de leur
vie. Dans ce lot, on peut encore ajouter ceux qui étaient
parfaitement conscients que s’attacher aux croyances
d’une religion étrangères est une offense à sa propre
tradition, à sa propre culture ou sa propre civilisation
pour la bonne raison que la religion est l’âme d’un
peuple ; un peuple sans religion est un peuple sans âme ;
un peuple sans âme est un peuple téléguidé. C’est un
59
Jn 7-24.
60
Jn 8-15.
62
peuple de moutons – de moutons enchaînés –, qui ne
broutent que l’herbe de l’enclos dans lequel ils sont
enfermés. C’est un peuple passif et dépourvu de sens
critique, qui se range facilement à l’avis de la majorité,
donc un peuple résigné, attentiste, fataliste et sacrifié à la
moindre belligérance, comme nos grands-parents
pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Un
peuple sans religion est un peuple au destin limité et
prévisible, car décrété par d’autres sociétés, des
communautés plus rusées, plus fortes, plus voraces et
qui, longtemps avant nous, ont compris que l’acte
d’allégeance envers une religion importée est non
seulement un outrage à la mémoire des mânes des
ancêtres, mais surtout un manquement grave aux intérêts
de la tribu, de l’ethnie, du peuple ou du continent.
Nous pouvons encore ajouter : un peuple sans
tradition est un peuple sans lumière. Un peuple sans
lumière est un peuple aveuglé. Un peuple aveuglé est un
peuple à la merci des rapaces impérialistes… Ne peut
aspirer à la liberté que celui qui tient le flambeau. Nulle
liberté spirituelle n’est envisageable sans flambeau.
Nulles ténèbres de l’esprit ne peuvent être dissipées sans
flambeau. Nul flambeau ne peut être allumé sans l’aide
du feu. Le feu est l’origine de la liberté et la liberté est le
reflet du feu intérieur. Nulle âme enflammée ne saurait
être embastillée. Nulle âme née du feu ne saurait être
apprivoisée. Nulle âme tissée dans le feu de l’esprit ne
saurait tomber sous le « joug d’airain » des croyances
importées. Car le feu est l’origine de la lumière. La
lumière est le résultat de la connaissance. Toute
connaissance, toute lumière n’est que propagation du feu
63
ardent des origines. Le feu est lumière. Le feu ardent est
connaissance. Le feu ardent est liberté. Nul ne peut
soumettre le feu. Nul ne peut domestiquer le feu. Nul ne
peut constamment jouer avec le feu. Car le feu ardent n’a
point d'amis. Il n'a pour seul guide et unique compagnon
que lui-même... Feu, connaissance et liberté sont la base
du Bungunza. Le but du Bungunza est de transmettre
aux nègres contemporains le feu ardent de la liberté,
c’est-à-dire les éléments de connaissance qui leur
permettront de briser le « joug d'airain »
64
historiquement indélébiles d’un passé croisé 61 et
inquisitorial62 ?
Le problème avec les assemblées chrétiennes
africaines, c’est qu’en décidant de couper le cordon
ombilical avec le catholicisme, elles se sont perdues en
chemin, non pas parce qu’elles ne savaient plus où aller –
loin de là – mais parce que ceux qui, il y a 40 ans,
avaient obtenu la révélation du Printemps africain, non
seulement avaient surévalué l’ampleur de la chose – et
donc douter de la faisabilité d’une telle révolution en ces
temps où personne ne s’attendait à la pérestroïka, à la
chute du mur de Berlin, au souffle de la démocratie dans
le continent noir, à la cessation de l’apartheid, à la
libération de Nelson Mandela, à l’élection d’un noir à la
maison blanche, et à la forte croissance économique de la
Chine – mais encore, et surtout, parce que, comme
l’Apôtre Pierre qui avait renié trois fois son maître aux
temps chauds, les prophètes et les pasteurs africains, de
l’époque, n’avaient pas eu le courage de mener la barque
jusqu’au bout, c’est-à-dire de faire exactement ce qui leur
avait été demandé dans la prophétie de Mama Ngounga :
ramener les brebis égarées par le colon à la source des
traditions africaines.
Le cas Louzolo-Amour
61
Intolérant (lié à l’intolérance des croisés envers les musulmans à
l’époque des croisades)
62
Arbitraire (qui voit le diable partout où il n’y pas un crucifix ou
qui pense que Dieu, Seigneur de la diversité, est uniquement lié au
crucifix)
65
Louzolo-Amour, communauté religieuse congolaise,
qui aurait pu jouer un rôle majeur dans
l’affranchissement spirituel de l’Afrique s’est noyée dans
l’alcool en justifiant son ivrognerie dans le premier
miracle que Jésus fit : la transformation de l’eau en vin,
lors des noces de Cana. « 1 Trois jours après, il y eut des
noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, 2 et
Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Le
vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus
de vin. 4 Jésus lui répondit : Femme, qu'y a-t-il entre moi
et toi ? Mon heure n'est pas encore venue. 5 Sa mère dit
aux serviteurs : Faites ce qu'il vous dira. 6 Or, il y avait
là six vases de pierre, destinés aux purifications des
Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. 7 Jésus
leur dit : Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent
jusqu'au bord. 8 Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-
en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. 9 Quand
l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, ne
sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui
avaient puisé l'eau, le savaient bien, il appela l'époux, 10
et lui dit: Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le
moins bon après qu'on s'est enivré; toi, tu as gardé le
bon vin jusqu'à présent63. »
Louzolo-Amour et ses nombreux adeptes ont ainsi
raté leur « virage » pour sombrer dans le gouffre béant
d’une perdition qui fait d’Émile Loufoua-Sétikouabo 64
l’égale du Christ, sinon Dieu lui-même. D’une perdition
qui élabore pêle-mêle des théories sur la chimérique
63
Jean 2 ; 1-10.
64
Guide et fondateur de cette communauté religieuse.
66
« Nouvelle Jérusalem » que serait le Mont Kari-kari65.
Tel est le drame des religions africaines bâties sur les
cendres d’une rupture avec l’Église catholique romaine,
schisme mal orienté qui, loin de servir le continent noir,
se recroqueville sur des guides qui promettent le « visa »
du paradis moyennant des sacrifices multiformes,
souvent d’ordre financier. Soyons raisonnable ! Dieu
peut-il confier les clés du paradis entre les mains d’un
humain ? Les Saintes-Écritures ne nous enseignent-elles
pas que le paradis est protégé par des anges aux glaives
de feu ?
65
La montagne sacrée des lousolifiés (adeptes du mouvement
spirituel Louzolo-Amour).
67
LA PROPHÉTIE DE MAMA NGOUNGA
(À ceux qui souffrent en silence)
Enfants du continent
Le temps n’est plus bien loin
Où de grands bouleversements
Éclaireront le firmament
Le Terre va changer
Le monde va bouger
La roue va tourner
Les murs vont tomber
De vieux prisonniers
Illustres combattants
De la libération du continent noir
Seront libérés en Afrique australe
Le soleil de la démocratie
Dardera ses rayons dorés
Sur les pays au parti unique
68
D’organiser des élections
De choisir librement
Ceux qui demain conduiront
Les destinées de vos nations
La Chine se réveillera
Et la puissance du dragon de l’est
Se manifestera dans le monde
66
Dragon en lingala : langue nationale (en République du
Congo).
69
De leurs anciennes civilisations
Enfants du continent
Combattez la mort
Pour vaincre la mort
Comme la Chine
Redressez l’échine
Pour le triomphe
De la puissante créature
Qu’est l’Afrique
67
Il s’agit ici de la science de l’ancienne Égypte, celle de ses
Dieux qui sont descendus du ciel dans leurs disques solaires
pour civiliser le monde (se référer au livre « Les Royaumes Unis
de Kama (Afrique», par Raël.)
70
L’heure de la récolte a sonné
Retroussez les manches
Et mettez-vous au travail
Réveillez-vous !
Votre salut viendra
Ni de l’Occident ni de l’Orient,
Mais du Midi
Ce n’est ni le Christianisme
Ni le Bouddhisme
Et encore moins l’Islam
71
Qui déchargera l’Afrique noire
Du poids séculaire
De sa terrible malédiction
Nul doute.
Nul doute que le christianisme
68
Les Ancêtres (la tradition, la civilisation.)
72
Est la religion du progrès
69
Joanne Kathleen Rowling, Harry Potter.
73
74
Chapitre IV
L’option de la réhabilitation
AK.
76
Le but inavoué de la diabolisation
La diabolisation médiatique est un moyen efficace de
décrédibiliser, désacraliser, bafouer et pousser un peuple
à honnir, bannir, vomir ou maudire ses propres
croyances. Pour ne citer qu’un exemple, le nom
« Zambie » qui dans de nombreuses langues africaines
signifie Dieu a été tourné en dérision dans les films
d’horreur occidentaux où, le Dieu de nos Ancêtres
devient tout bonnement – dans la conscience universelle
–, un mort-vivant, un vampire ou un démon cannibale.
Tout cela, bien sûr, dans le but inavoué de renforcer
l’opinion « erronée » selon laquelle : « en matière de
spiritualité, tout ce qui provient de l’Afrique noire n’est
que cannibalisme, sorcellerie, fétichisme, charlatanisme,
artifice ou imposture. Bref, l’œuvre des démons. » Des
« démons » que les poètes, les écrivains et artistes du
Vatican ont toujours peints en noir, pour contraindre
l’esprit humain à rattacher instinctivement les peuples
africains à la couleur noire, et ainsi faire croire que tout
ce qui est Africain est noir : noir d’esprit, noir de cœur,
noir d’ignorance, noir de croyance, noir – n’ayant pas
peur des mots70 –, comme l’enfer.
La naissance de la Grèce
Nos religions ont été étranglées et saignées à blanc.
Leur sang a été goulument absorbé par des missionnaires
70
Puisqu’il sied de restituer les faits tels qu’ils étaient dans l’esprit
des bâtisseurs de la Place Saint-Pierre, la chapelle Sixtine et la
pinacothèque Vaticane.
77
catholiques aux crocs acérés – par ceux-là même qui,
conscients de leur état de « vampires » ont jeté
l’anathème sur « Nzambi », notre Dieu, en le faisant
injustement passer pour un « zombi.» Les masques
funéraires, les objets sacrés de nos religions ont été
dépêchés dans des musées occidentaux pour être
observés comme de simples objets d’art.
Déjà, en des temps très anciens, les dieux qui
faisaient la grandeur et la gloire de l’Afrique avaient été
déportés, débaptisés et mis au service d’un peuple de
pillards qui a volé et violé jusqu’à l’âme de l’Afrique.
Non satisfaits d’avoir épuisé nos richesses naturelles, non
satisfaits d’avoir volé notre connaissance scientifique,
littéraire et sportive, ils ont brûlé la bibliothèque
d’Alexandrie qui contenait des documents d’une valeur
inestimable, dont certains retraçaient la naissance de
l’Égypte.
Bien avant cela – près d’un millénaire avant
l’apparition d’Hésiode, de Homère et des célèbres Sept
sages de Grèce71 – ce peuple de pillards avait subtilisé les
trois flambeaux que les Ancêtres égyptiens avaient
hérités des Atlantes après le déluge : le flambeau des
Jeux Atlantique (renommé Jeux olympiques pour
brouiller les pistes de ses réelles origines), le flambeau
des Arts, et le flambeau des Sciences. Avec le temps, un
seul flambeau fut présenté au grand public, celui des
Jeux, donc du sport. Les autres furent jalousement
71
Solon d’Athènes, Bias de Priène, Chilon de Sparte, Cléobule de
Lindos, Périandre de Corinthe, Pittacos de Mytilène et Thalès de
Milet.
78
conservées, et transmis à quelques privilégiés issus des
grandes familles, elles-mêmes liées à des sociétés
secrètes initiées en Égypte. Ce savoir, volé en Égypte, fut
tout d’abord transmis de père en fils jusqu’à ce que
certains érudits jugent nécessaire de civiliser les peuples
barbares pour faire de l’Occident un pôle incontournable
de connaissance. Ainsi naquit la Grèce.
Mais en 305 av. J.-C., la fascination de la Grèce pour
l’Égypte poussa Ptolémée 1er – un général d’Alexandre le
Grand autrefois nommé satrape d'Égypte et de Libye –, à
se greffer au noble arbre « généalogique » des Pharaons
d’Égypte et à fonder la dynastie ptolémaïque. Il est
historiquement établi que Ptolémée 1er était le bâtisseur
de la bibliothèque d’Alexandrie. Mais ce que
« l’Histoire » ignore, c’est que de la même façon dont
Ptolémée 1er s’était autoproclamé Pharaon d’Égypte, il a
faussement déclaré être le bâtisseur d’une bibliothèque
qui non seulement existait déjà avant sa naissance, mais
contenait des papyrus datant de plusieurs millénaires
avant l’annexion du territoire égyptien par la Grèce. Le
seul « mérite » de Ptolémée 1er fut d’avoir transféré des
tonnes de parchemins, confisqués par les Soudanais, les
Assyriens et les Perses pendant la basse époque, dans la
cité d’Alexandrie et d’avoir ouvert cette bibliothèque à la
curiosité des érudits d’Europe et du monde. Mais tant de
sagesse, issue d’un empire conquis, pouvait-elle
demeurer longtemps ? Voir cette Bibliothèque rayonner
comme un phare irradiant sa lumière sur l’Europe et le
monde pouvait-il faire la joie des nouveaux maîtres du
monde que devinrent les Romains ? Cette bibliothèque
n’était-elle pas la preuve que l’Afrique n’avait pas pour
79
unique fonction que celle de berceau de l’humanité ?
Autant de parchemins, autant de manuscrits ne
représenteraient-ils pas déjà une menace pour tous ceux
qui nourrissaient des visées expansionnistes sur
l’Égypte ? Pouvait-on réellement soumettre un peuple
qui trouverait dans ses bibliothèques les « armes »
nécessaires pour faire obstacle à l’invasion ? Une telle
bibliothèque dans cette partie du monde n’était-elle pas
une insulte pour le reste du monde ? Conserver cette
bibliothèque en l’état ne constituerait-il pas déjà une
trahison en ce sens qu’elle remettrait de facto la thèse du
miracle Grecque, qui, du coup, devenait, le miracle
égyptien ? L’idée pourtant salvatrice de Ptolémée 1er fut
foulée aux pieds, et la Bibliothèque brulée au cours d’une
belligérance afin que l’Afrique ne garde de sa grandeur
pas autre chose en dehors des vestiges architecturaux,
édifices et monuments muets ou plutôt privé de l’usage
du verbe par ceux qui ont commis le « crime intellectuel
» de couper la langue à la plus grande bibliothèque du
monde et privé ainsi tout un continent de l’héritage
millénaire de ses ancêtres.
80
plus faibles, mais encore ne contribue qu’à dégrader
progressivement nos croyances au profit d’une
mondialisation apparente, mais qui – dans le fond – n’est
autre qu’une vaste et lente campagne d’écrasement,
d’engloutissement, d’anéantissement, d’extinction des
derniers foyers de propagation de tradition spirituelle
africaine ou « îlots de résistance » rescapés du déluge de
la colonisation.
73
Les saints des religions africaines, les Balongo, les Batâta-ba-
Mpungu-Tuléndo ou Ntinu-mia-N’sanga.
74
Dans tous les domaines.
75
Idéologie qui affirme la supériorité d’une religion, en prônant
souvent l'élimination des autres. Hostilité envers les personnes
84
Chapitre V
Où va le monde ?
ans le Bungunza des origines ou Tikulu76, Dieu n’est
D pas perçu comme un Père transfiguré. Cette notion
– comme bon nombre de « consommables » spirituels
actuels – s’est introduite dans le royaume77 par bateau.
Elle est donc propre au Christianisme et inspirée, d’une
part, par la prière dominicale et, d’autre part, par la
considération de Jésus vis-à-vis de Dieu. Dans
l’entendement du Grand maître Jésus Christ78, Dieu n’est
pas un père au sens humain du terme, mais au sens
spirituel du mot. Dans l’entendement de Jésus, Dieu n’est
non pas un père physique ou céleste, mais un Principe
créateur, une Puissance suprême, une Source d’énergie
Où va le monde ?
« Il faut voter une loi pour légaliser
l’homosexualité. Ceux qui s’y opposent ne sont que des
conservateurs, des obscurantistes. »
Où va le monde ? Le respect de l’orientation
sexuelle, fût-ce déviationniste, fait désormais partie des
Droits de l’homme. Pour booster ces lois, les
sacrilegistes – car c’est ainsi qu’il convient de les appeler
– se sont constitués en lobbies puissants pour infiltrer les
plus hautes fonctions de l’État et s’octroyer ainsi le droit
de pratiquer librement et en toute légalité leur sexualité
tordue. Où va le monde ? Si, même les chiens, avec le
80
Ceux qui commettent des sacrilèges ou dont les actions sont
considérés comme des sacrilèges.
87
peu d’intelligence qu’ils possèdent, savent d’instinct
qu’il ne faut jamais se livrer à de telles bassesses,
l’homme avec tout son bagage intellectuel, toute sa
culture et tout son « discernement » – si tant est qu’il l’a
– n’est-il pas tombé plus bas qu’un animal ? Où va le
monde ? Certainement pas au paradis !
La mendicité dévote
Outre l’homosexualité, la réduction du Principe
créateur à la condition de Père transfigurer a engendré ce
qu’il sied d’appeler la « mendicité dévote. » Dieu n’est
plus glorifié en tant que Principe créateur, mais en tant
qu’agent ou Patriarche condamné à subvenir aux besoins
multiformes de la communauté. Conséquence : l’homme
ne prie plus ; il quémande. Le croyant ne croit plus ; il
quémande parce que sa main est vide. Remplissez-la et
vous verrez qu’il n’aura pratiquement plus aucune raison
de se prosterner, puisque : « tout va pour le mieux comme
dans le meilleur des mondes. » Ce n’est qu’au moment
où la terre tremble que l’on se sent obliger de chercher un
abri, un « refuge ». Ce n’est qu’au moment où le ventre
bourdonne que l’on cherche un « parrain ». Ce n’est
qu’au moment où la guerre éclate que l’on ressent le
désir de s’abriter sous l’aile protectrice d’une divinité.
C’est quand le monde est contre nous que l’on cherche
un « allié. » Mais jamais quand tout va pour le mieux
comme dans le meilleur des mondes… Les prières
égoïstes de l’homme disent d’elles-mêmes à quel point
l’homme est « reconnaissant » envers le Principe
créateur, qui fort heureusement, et contrairement aux
idées reçues, n’a ni besoin de vos prières, ni besoin de
votre adoration, et encore moins de votre soumission
89
pour exister ou continuer à couver le monde dans ses
grandes ailes de lumière et d’amour. Ne dit-on pas que le
soleil brille pour tout le monde ? La pluie tombe-t-elle
pour une certaine catégorie de personnes ?
90
Chapitre VI
Les mânes, le tam-tam…
es mânes ou devrais-je dire, les mânes82
L bienveillants des Ancêtres constituent la lignée des
Ntinu, des Guides de l’autre monde. « Guides » parce
que ce sont des maitres spirituels et de « l’autre monde »
parce qu’ils ne sont plus de ce monde et résident dans la
région supérieure du Koongo : Koongo-dia-kimpévé83 ou
Koongo-dia-ma-Zulu84, c’est-à-dire le « Royaume des
cieux. » Étrange coïncidence, n’est-ce pas ? Pourtant, les
initiés du royaume de N’tôtila désignaient cette région
céleste – accessible aux Ngunza d’un certain rang – sous
cette appellation bien avant « la première prophétie du
tam-tam » : l’apparition des premiers explorateurs
portugais sur les côtes africaines.
82
Pour la compréhension du lecteur, le terme bienveillant n’est pas
utilisé dans ce groupe de mots pour la simple raison que cela
s’entend dans l’esprit de tout bon Africain, c’est-à-dire des
personnes liées aux valeurs traditionnelles de leur terroir.
83
Le royaume spirituel.
84
Le royaume des cieux.
91
Pour votre gouverne, le mot « Koongo », signifie
royaume. C’est donc une redondance ou un doublon que
de dire « le royaume Koongo ». La bonne expression est
« le royaume de N’tôtila ». Cependant, l’histoire de
l’Afrique et nos livres d’histoire ayant été écrits par le
Blanc, c’est-à-dire, par ceux qui n’avaient ou qui n’ont,
jusqu’alors, aucune maîtrise de nos langues, l’erreur s’est
glissée au point où le commun, non pas des
« Congolais » car cette maladroite francisation du terme
Koongo ne veut absolument rien dire – nous y
reviendrons –, mais des « Con-golais », car cons et
ignorants, l’ont avalé.
Si le mot « Koongo » signifie royaume, comment
désignait-on les gentilés ? diriez-vous.
La réponse est simple. On les appelait non pas les
« Koongo », mais les Bisi-Koongo, c’est-à-dire les gens
du Koongo ou les fils du royaume, si vous préférez. Pour
s’en convaincre, il suffit de prêter attention au folklore :
Bisi-Koongo85luya eh ! (Yayé) Luizakweno luakota mu
nkembo...
Les Ntinu sont des âmes vivantes. Quelques-unes
sont mortes pour la défense d’une cause juste. Mais
mêmes mortes, elles continuent à agir. Elles continuent à
nous informer, nous parler, nous inspirer. Cette force,
elles l’ont acquise de leur vivant. Cette immortalité, ces
âmes l’ont méritée dans la foi et dans l’action bienfaitrice
et salvatrice.
85
Gens du Koongo (ou fils du royaume) venez entrer dans la
gloire…
92
Une erreur à ne pas commettre
N’allez pas croire que pour évoluer il faut être mort.
N’allez pas croire qu’après la mort vous irez vous
reposer au paradis. Le paradis comme présenté par les
témoins de Jéhovah n’est que pure illusion. Car le monde
agit à la manière de la fourmi. Il n’y a de repos que pour
se préparer à mieux travailler. On ne poursuit pas dans
l’au-delà ce que l’on a inachevé ici-bas. Après la mort,
on renait sur Terre pour tout recommencer à zéro. Cela
s’applique à tout le monde, sauf aux Ntinu ou âmes
glorifiées qui décident elles-mêmes de demeurer dans
l’au-delà ou de renaître sur Terre.
93
Mfumu-Ngunza-Tuléndo est le feu originel, le souffle
primaire, le fluide liminaire, la pierre fondamentale, la
lumière primordiale, l’origine des origines. Peu importe
le nom qu’on lui attribue, Mfumu-Ngunza-Tuléndo est
au-delà de la déclinaison nominale.
Dans la langue de Molière, la traduction de son nom
équivaudrait à peu près au « Seigneur-du-Feu-
bienfaisant» ou au « Seigneur-Feu-miséricordieux », car
le feu, vous le savez, est non seulement connu pour son
côté destructeur, mais encore pour ses qualités
bienfaitrices et purificatrices. Aussi vrai que Mfumu-
Ngunza-Tuléndo est le Grand Râ, Grand Soleil spirituel
ou Grand Volcan éternel dont le Ngunza n’est qu’une
insignifiante étincelle. Nul ne peut aller à Mfumu-
Ngunza-Tuléndo sans s’être purifié. Se purifier, c’est
brûler en nous les scories, les vieilles et laides habitudes :
l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la
paresse, la gourmandise que sont les sept péchés
capitaux, contre lesquels il faut constamment lutter pour
demeurer une flamme allumée.
Les Bibâ
94
« Qui sait parler aux Ancêtres est maître de sa
destinée. Le futur n’est énigmatique que pour ceux qui
ont brisé le pont qui relie les vivants et les morts », dixit
Mfumu a Mbanza Mbongolo Ramsès.
Il existe deux types de Bibâ : les Bibâ du premier
degré (terriens) et les Bibâ-bia-mazulu du deuxième
degré (extraterriens). Si les Bibâ du premier degré86
symbolisent les mânes de nos Ancêtres terriens, ceux du
deuxième degré représentent le « Peuple du soleil »,
voyageurs interplanétaires que les mânes de nos Ancêtres
considéraient comme les Bibâ-bia-mazulu87 ou Bibâ-bia-
ntama88. Le « Peuple du soleil » est originaire de Nza-
yilémaka-tiya89 ; ce sont ces hommes venus de l’espace,
précisément de Sirius90 qui ont foulé le sol de Kama
(Afrique) à bord des Nkala91. Le « Peuple du soleil » est
père d’Osiris. L’expression « Osiris, fils du soleil, n’est
en fait que la contraction de l’expression « Osiris est le
fils du « Peuple du soleil92. »
86
Voir page 85.
87
Les Ancêtres stellaires.
88
Les Ancêtres des origines.
89
Du « Monde-du-feu-ardent » ou « Pays-des-flammes-
éternelles »
90
[Astronomie] La plus brillante étoile du ciel et de la
constellation du Grand Chien, d’une magnitude apparente de - 1,4.
91
Vaisseaux spatiaux en forme de crabe ou de disque solaire.
92
Nom que les anciens égyptiens donnaient aux Ancêtres
originaires de Sirius. Sirius étant une étoile bien plus brillante que
le soleil les anciens nommaient ces habitants « le peuple du
soleil. »
95
Que signifie être le fils du soleil ?
Être un fils du soleil n’a strictement rien à voir avec
la filiation. Être un fils du soleil signifie plutôt qu’on est
le messie, c’est-à-dire l’ambassadeur plénipotentiaire du
« Peuple du soleil » ou habitants de Sirius. Contrairement
aux enseignements de la théologie chrétienne – qui
d’ailleurs n’existait pas à l’époque –, le mot messie, tiré
de l’hébreu mashiah, lui-même dérivé de l’ancien
égyptien mash désigne le guide, le mentor, l’instructeur,
le civilisateur, bref le porteur de lumière dont la mission
est de sortir le monde des nuées de la nuit sans
connaissance.
93
Par opposition au mot « extraterrestre » qui de nos jours renvoie
plus aux Aliens (créatures ou monstres de l’espace), le mot
extraterrien semble plus approprié pour décrire le « Peuple du
Soleil Sirius », hommes de l’espace dont les Kamites (Africains)
sont les descendants.
94
Africain.
95
Une ambassade, un espace d’accueil, un havre, un aérodrome,
une résidence privée.
97
de sa cachette céleste pour lui apporter la lumière96 sans
laquelle le continent noir est condamné à végéter dans le
puits de l’ignorance et de la pauvreté.
Le tam-tam
Les mânes sont sensibles au son du tam-tam comme
les abeilles sont attirées par le pollen des fleurs… Fait
d’un tronc d’arbre ouvragé et d’une peau de cabri fumée,
la magie du tam-tam résulte de sa double nature :
végétale et animale. De plus, sa mystérieuse tonalité est
jusqu’à preuve du contraire l’unique sonorité de l’univers
qui forme le « carré » ou se propage dans les quatre
règnes. Produit par la chaleur des mains humaines, le son
du tam-tam se diffuse alternativement du règne humain,
au règne animal. Du règne animal au règne végétal. Et
enfin, du règne végétal au règne minéral des esprits.
Cette migration du son à travers les différents règnes de
la nature est identique à la transmigration de l’âme. Avec
la même aisance, le son magique du tam-tam passe ainsi
de ce côté-ci du monde à l’au-delà, non seulement pour
transmettre nos joies et nos peines aux mânes des
ancêtres, mais aussi nos prières et nos vœux. Car les
Saints sont aux yeux des chrétiens, ce que les mânes des
Ancêtres représentent pour les Ngunza. La sainteté n’est
pas une invention catholique. De même que chaque
monde à ses démons, chaque religion à ses Saints. Et ce
n’est pas parce qu’ils portent des noms différents que
ceux habituellement connus du christianisme qu’ils sont
96
La science.
98
loin de l’être ou qu’ils ne sont pas dignes d’être appelés
ainsi.
Dans la langue sacrée qui est la nôtre97 (le Koongo)
le mot qui désigne la communauté des Saints est « Bibâ»
Et ce n’est pas parce que certains d’entre eux,
précisément ceux qui sont bien connus 98 – car, plus ou
moins contemporains – ont lutté pour la suppression de
l’esclavage, l’obtention de l’indépendance et plus que
tout autre chose la sauvegarde de notre culture – ou
devrais-je dire – du Bungunza (la religion du tam-tam, du
cola blanc, des piments sauvages99, de la cendre et du vin
de palme) qu’ils ne le sont pas.
Je vois déjà vos lèvres s’étirer de moquerie à
l’annonce du mot « vin de palme. » Oui, c’est bien cela ;
j’ai bien dit vin palme. Et ne peut se marrer que celui qui
ignore la valeur spirituelle du vin de palme.
Le vin de palme
D’aussi loin qu’on s’en souvienne, toutes les
religions du monde ont leur nectar. Certains nectars sont
abstraits, d’autres sont physiques comme la gandia100 des
97
La langue Koongo est notre Nsinga wa Mbila (téléphone
spirituel qui nous relie directement aux mânes des ancêtres.
Chaque langue est semblable à un étendard. Quand l’étendard des
Ancêtres est agité, ces derniers sont obligés de se manifester.
Comme il est presque inutile de le dire, invoquer les Ancêtres dans
des étrangères est un « coup d’épée dans l’eau. »
98
Kimpa Vita, Simon Kimbagu, André Grenard Matsou, Mama
Ngunga etc…
99
Nzo-za-nungu.
100
La drogue.
99
rastafaris, l’hydromel des Vikings, le vin des chrétiens,
etc. Pour les Ngunza, le vin de palme représente l’eau.
Mais pas n’importe quelle eau. Une eau blanche 101,
symbole de pureté.
Dans les bilokola bia bungunza102, répandre ou
renverser un peu de vin de palme à même le sol permet
de purifier le périmètre. Cette pratique est spirituellement
identique à l’aspersion d’eau bénite chez les chrétiens. À
la seule différence que ce n’est pas la même substance,
mais l’esprit est le même puisque le vin de palme
symbolise l’eau dont la pureté chasse les mauvais esprits
et attire les Bibâ (les Saints), donc les mânes des
Ancêtres, dont la présence neutralise les démons et autres
sorciers.
Le cola
Le cola est l’aliment traditionnel par excellence.
Aucune cérémonie digne de ce nom ne peut s’effectuer
sans y associer le cola qui est, comme qui dirait, le repas
des mânes. Certaines multinationales, qui ont compris les
vertus du cola, se sont enrichies en créant le Coca-cola,
produit universellement consommé. Si d’un point de vue
physique le cola a une valeur matérielle incontestable,
combien plus sur le plan spirituel ?
Dans la tradition ésotérique koongo, il y a deux
sortes de cola : le rouge des profanes et le blanc des
initiés. Le même produit selon son degré de fraicheur est
101
Au sens strict du mot.
102
Cérémonies Ngunza.
100
nocif pour une catégorie de personnes et pas pour
d’autres. Pour être un peu plus explicite, le cola rouge est
prisé par les consommateurs de viande rouge, tandis que
le cola blanc l’est par les Ngunza, initiés qui à certaines
périodes – surtout en période de Tikumbi-tia-yuma103,
s’abstiennent de consommer, selon leur propre terme,
« tout ce qui craint la mort », entendu par là tout ce qui
est chair ou viande, pour s’adonner parfois, un mois
durant, à un végétarisme pur et dur, un végétalisme digne
des fakirs indiens.
Le piment sauvage104
Très prisé par les sages, ce piment est différent du
piment ordinaire ; on l’utilise souvent dans certaines
cérémonies initiatiques. Le piment sauvage est un
dangereux aliment contre la sorcellerie. Dans les débits
de vain de palme où les sorciers ont l’habitude de
« tendre leurs filets », donc de jeter des sorts, la
consommation du piment sauvage neutralise
automatiquement toute attaque sorcière. Non seulement il
joue le rôle d’antidote, mais aussi de choc en retour ;
celui qui a le malheur de s’introduire mystiquement dans
le verre de l’autre subit l’effet du Nzo za nungu, c’est-à-
dire du piment sauvage. Sa douleur est presque similaire
à celle d’un ver de terre sur lequel on a aspergé du sel.
Pour saisir la force du « Nzo za Nungu », il faut se
référer à la racine du mot. « Nzo » (case.) « Za » (des)
« Nungu » (piments). Le vocable « Nungu » est tiré de
103
Jeûn sec.
104
Nzo za nungu (Case du piment).
101
« Lunungu », mot à double sens qui signifie en même
temps « piment » et « victoire. » Pour les initiés, les mots
« Nzo za nungu » sont beaucoup plus liés à la victoire
qu’à l’épice. Car « Lunungu » égale victoire ; c’est la
victoire par la douleur ; la victoire par le feu : le feu du
piment. Telle est la signification ésotérique du piment
sauvage.
Le raphia
Il représente l’univers végétal, la flore. Il est
spirituellement lié aux forêts, à la brousse, aux lacs, aux
fleuves, aux cours d’eaux qui serpentent dans les forêts.
L’initié vêtu d’un raphia ou d’un bout de raphia
s’harmonise directement avec la nature, notamment le
monde végétal. Or qui dit monde végétal dit également
ceux qui y dépendent, c’est-à-dire les insectes, les
animaux, les oiseaux et plus encore, les génies des forêts,
des ravins, des grottes, des lacs, des montagnes, des
plaines, donc de la terre, de l’air, des eaux et du feu. Cela
s’explique par le fait que « eaux » et « forets » sont
liées ; sans eaux, pas de forêts. Les arbres ont besoin
d’eau pour survivre. Car leurs racines se nourrissent
exclusivement d’eau. Et l’eau, c’est la vie. Dans les
écoles de sagesse Ngunza, une explication plus
exhaustive est donnée sur le mystère de l’eau. Bref,
porter le raphia, c’est s’harmoniser avec la nature.
La cendre
Tirée du charbon ardent, la cendre est l’exemple
même de la pureté. Nos Ancêtres l’utilisaient pour
102
former des cercles de protection contre les forces du mal
et autres figures géométriques sacrées pour faciliter le
contact avec les génies. Chez les Ngunza, la cendre joue
exactement le même rôle que le sel. Mais à la différence
du sel, on ne peut pas l’utiliser en cuisine. La cendre
permet de réchauffer les esprits.
Le Ngunza étant une étincelle potentielle, un esprit
froid ou malade ne saurait entrer en contact avec les
ancêtres. Pour faciliter le contact ou la connexion avec
les êtres de l’au-delà, les Ngunza utilisent la cendre,
symbole physique du feu, qui augmente les vibrations du
malade ou de ceux qui ont du mal à transpirer. Une fois
les vibrations augmentées, ces derniers peuvent
facilement entrer en contact avec les Balongo105 etc.
105
Autre nom des Batâta-na-ba-Mâma-ba-Mpungu-Tuléndo (Les
Saints dans la croyance Ngunza.)
103
104
Chapitre VII
Un changement de couleur
s’impose
AK.
106
Tuléndo, Tiya-tua-kondo-ndilu 106, Tiya-tu-yumisaka-
langu107, Tâta-wa-vanga-zulu-na-n’tôto 108, Tiya-tua-
kondo-ntalu109, Ntinu-yaba-Ntinu110, Nkossi-yaba-
111 112
Nkossi , Tiya-tua-mpandu-zazo .
Ce changement de couleur peut étonner plus d’un.
Mais rassurez-vous. Ce n’est ni un effet de mode, ni un
puéril et futile désir de différenciation ou de démarquage.
Mais, c’est une question de reconquête de notre dignité ;
car s’habiller en noir, c’est honorer le continent noir.
S’habiller en noir, c’est revaloriser la terre de Kama
(Afrique). S’habiller en noir, c’est s’accepter en tant que
noir... Il n’est un secret pour personne que nombre de
Noirs ne sont pas fiers de la couleur de leur peau. Les
nombreux produits cosmétiques qu’ils achètent pour se
décaper la peau en disent long. La peau noire étant
faussement perçue comme subalterne, le Noir aliéné et
atteint du « virus » paralysant du sentiment d’infériorité
n’a qu’une seule obsession : rendre sa peau noire aussi
claire que celle d’un Européen. Conséquence : cancer,
dégradation ou vieillissement de la peau. Fait curieux,
c’est lorsqu’il n’a pratiquement plus de chair sur la peau
que l’aliéné abuse de produits décapants et dévalorisants.
106
Seigneur du feu des profondeurs.
107
Chaleur brûlante qui sèche les cours d’eaux.
108
Créateur du ciel et de la terre.
109
Le Feu inestimable.
110
Le Saint des saints.
111
Le lion des lions.
112
Le Feu de tous les mystères ; Feu des réalisations invisibles ;
Feu de la transformation des matières subtiles en matières
physiques.
107
Les Anciens disaient : « Mpésé ni ka yébélakua bombi
nsusu kalediaka muzimbakana ko. » Cette citation peut se
traduire de deux façons. En premier lieu : « la blatte a
beau se couvrir de cendre, le coq la reconnaîtra
toujours. » En deuxième lieu : « le cafard a beau se
poudrer le corps, jamais il ne passera inaperçu aux yeux
d’un coq. »
C’est pareil pour le Noir. Il aura beau se décaper la
peau, non seulement il ne pourra devenir plus blanc que
neige113, mais encore il ne pourra jamais blanchir sa
cervelle. Sa forme extérieure aura beau avoisiner celle de
l’Européen, sa personnalité demeurera aliénée,
enchainée, assujettie, dominée et embrouillée.
Nous disions donc que s’habiller en noir, c’est
s’accepter en tant que Noir. Et s’accepter en tant que
Noir, c’est réadopter nos traditions. Réadopter nos
traditions, c’est renouer avec les mânes de nos ancêtres.
Renouer avec les mânes de nos ancêtres, c’est rejeter la
malédiction. Rejeter la malédiction, c’est tourner le dos
aux religions étrangères. Tourner le dos aux religions
étrangères, c’est ôter le « joug d’airain.» Oter le joug
d’airain, c’est recouvrer sa liberté. Recouvrer sa liberté,
c’est reconquérir sa dignité. Reconquérir sa dignité, c’est
cesser de se prendre pour un animal. Et cesser de se
prendre ou de se comporter comme un animal, c’est
redevenir un être humain. Et redevenir un être humain,
c’est vomir le sentiment d’infériorité. Et vomir le
sentiment d’infériorité, c’est apprendre à apprécier la
mélanine. Et apprécier la mélanine, c’est se ranger dans
113
Personne de couleur blanche.
108
la droite ligne de la volonté de Dieu qui voudrait que
chacun soit en étroite harmonie avec son lignage, son
peuple et sa religion. L’extrait biblique ci-après en dit
plus qu’il ne semble dire : « 6 Voici ce que l'Éternel
ordonne au sujet des filles de Tselophchad : elles se
marieront à qui elles voudront, pourvu qu'elles se
marient dans une famille de la tribu de leurs pères. 7
Aucun héritage parmi les enfants d'Israël ne passera
d'une tribu à une autre tribu, mais les enfants d'Israël
s'attacheront chacun à l'héritage de la tribu de ses pères.
8 Et toute fille, possédant un héritage dans les tribus des
enfants d'Israël, se mariera à quelqu'un d'une famille de
la tribu de son père, afin que les enfants d'Israël
possèdent chacun l'héritage de leurs pères. 9 Aucun
héritage ne passera d'une tribu à une autre tribu, mais
les tribus des enfants d'Israël s'attacheront chacune à
son héritage. 10 Les filles de Tselophchad se
conformèrent à l'ordre que l'Éternel avait donné à
Moïse. 11 Machla, Thirtsa, Hogla, Milca et Noa, filles de
Tselophchad, se marièrent aux fils de leurs oncles; 12
elles se marièrent dans les familles des fils de Manassé,
fils de Joseph, et leur héritage resta dans la tribu de la
famille de leur père. 13 Tels sont les commandements et
les lois que l'Éternel donna par Moïse aux enfants
d'Israël, dans les plaines de Moab, près du Jourdain, vis-
à-vis de Jéricho114.»
La couleur noire est donc une réouverture sur
l’Afrique ; c’est un recentrage, un ressourcement
nécessaire. Il sied de retenir qu’à l’origine l’Afrique est
114
Nombre 36, 6-13.
109
un continent scientifique. Un continent qui a connu un
essor scientifique exceptionnel au temps des glorieux
Pharaons noirs d’Égypte, nos lointains Ancêtres
d’ascendance divine115. Si dans l’Antiquité – c’est-à-dire
à une époque où le niveau de conscience de l’humanité
était encore très bas –, l’Afrique a su prouver qu’elle
pouvait ériger des pyramides, briller et civiliser le
monde, que ne pourra-t-elle pas accomplir en ces temps
modernes, si elle met les avantages de la science et de la
tradition à son service ?
Pour votre gouverne, le noir est la couleur de la
science, de l’inconnu, du futur, car tout futur est noir
avant de s’éclaircir dans l’esprit humain. Tout futur est
une ombre avant de se concrétiser dans la matière. Le
noir – gardez-le bien à l’esprit – est la couleur de
115
Ce n’est pas en vain que les pharaons s’autoproclamaient fils de
Râ. N’est pas fils de Râ qui le veut ! A ce propos, la Genèse en ces
chapitre 6 ; 1-4 donne quelques fragments d’explications à ce
sujet : « 1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier
sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, 2 les fils de
Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en
prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent. 3 Alors
l'Éternel dit: Mon esprit ne restera pas à toujours dans l'homme,
car l'homme n'est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. 4
Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de
Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent
donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans
l'antiquité. » Dès lors on peut se faire une idée de l’ascendance
divine des pharaons que d’autres livres plus clair et précis
expliquent sans ambigüité. (cf. Poison blanc : un noir chrétien est
un traître à la mémoire de ses ancêtres, de Kayemb uriël nawej ;
Les royaumes unis de kama (Afrique), de Raël)
110
Kama116. La couleur noire est celle d’Osiris, notre
ancêtre stellaire117, fils de Râ118. Le noir est la couleur
des pharaons. La couleur noire est donc la mieux
indiquée en cette période où se joue le destin de
l’humanité et particulièrement de l’Afrique. L’Africain
du 21ème siècle sera-t-il un homme libre ou un éternel
ignorant, prisonnier des religions sangsues, des cultures
et des produits importés ? Que gagnerait l’Afrique en
s’ouvrant à la science et aux nouvelles technologies ?
Que perdrait le continent noir en développant l’amour de
la science dans les cœurs des jeunes africains ? Que
perdrait l’Afrique si elle renonçait au christianisme et
renouait avec ses croyances ancestrales ? Que perdrait
l’Afrique si elle apportait aux religions traditionnelles la
touche scientifique qui a fait la gloire de l’Égypte
ancienne et dont l’Afrique contemporaine a grandement
besoin pour lutter contre la pauvreté, la malnutrition, les
maladies, etc. ? Que perdrait l’Afrique en associant
science et religion traditionnelle dans un merveilleux
mariage qui à coup sûr enfantera une émergence durable
et une indépendance spirituelle ?
La religion est une sorte de pagne. Les anciens
disaient : « Mlélé sompa kawu tomenaka matinu ko. »
Nul ne peut danser à son aise avec des habits d’emprunt ;
la crainte de la sueur, des déchirures ou des salissures
hante constamment l’esprit et plonge dans une sorte de
116
Le nom originel de l’Afrique (cf. Les royaumes unis de Kama
(Afrique), de Raël)
117
Venu des étoiles pour civiliser l’humanité.
118
Le Dieu des Dieux dans la croyance égyptienne.
111
« prison psychologique. » C’est pareil pour les religions
étrangères ; ce sont des boulets accrochés à nos chevilles,
des boulets qui nous emprisonnent et que l’on traine un
peu partout. « Sobéno mvuatu. Kaléno mu nlélé wa ba
kulu119. »
À l’orée de l’inévitable érection des Royaumes Unis
de Kama (Afrique), tout africain, amoureux et soucieux
de l’avenir de l’Afrique et du destin des religions
ancestrales, devrait longuement méditer sur la question et
encourager ce genre de réflexion dans son entourage, son
pays, son lieu de travail et les cercles de réflexion.
119
Changez vos vêtements. Reprenez l’habit des ancêtres.
112
confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. 22
Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et
il dit: Seigneur, tu m'as remis deux talents; voici, j'en ai
gagné deux autres. 23 Son maître lui dit: C'est bien, bon
et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te
confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. 24
Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et
il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui
moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu
n'as pas vanné; 25 j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton
talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi. 26 Son
maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu
savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que
j'amasse où je n'ai pas vanné; 27 il te fallait donc
remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour,
j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. 28 Ôtez-
lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix
talents. 29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans
l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce
qu'il a. 30 Et le serviteur inutile, jetez-le dans les
ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des
grincements de dents120.»
Les religions de nos Ancêtres sont nos talents. Nous
devons les faire fructifier, les mettre en valeur au risque
d’être puni. Le poids de la malédiction qui pèse sur nous
est déjà trop lourd à porter pour l’additionner à une
punition supplémentaire.
En outre, si physiquement s’habiller en noir signifie
renouer avec la tradition et les civilisateurs stellaires,
120
Matthieu 25 ; 14-29.
113
d’un point de vue spirituel, cela sous-entend accéder à un
niveau de vie ou un degré supérieur. Un ngunza –
retenez-le une fois pour toutes –, est une flamme ardente,
une lave en fusion, donc une âme incandescente. Une
âme incandescente est une chose qui émet la lumière
rouge sous l’effet de la chaleur121. D’où la couleur feu,
c’est-à-dire rouge des Ngunza. Mais avant d’être au
rouge, c’est-à-dire d’être pénétré par les rayons
« brûlants122 » du Grand Soleil spirituel, le charbon123 est
au noir. De même après le passage au rouge, c’est-à-dire
chauffé, rougi et s’être débarrassé des « impuretés » que
symbolisent – uniquement dans ce cas de figure124 –, la
cendre blanche, le charbon incandescent perd sa lumière
rouge pour recouvrer son manteau d’ébène. Autant le
destin du charbon ardent est de redevenir noir, autant le
destin du Ngunza – peuple charbon – est de recouvrer
son naturel manteau noir des origines, donc de renouer
avec les Ancêtres et le mystère. La tradition et la science.
Les religions liminaires et les civilisateurs stellaires.
Par les temps qui courent, demeurer dans le rouge,
c’est mener une lutte perdue d’avance. C’est mener un
combat aveugle ; car la Patrie, longtemps endormie,
longtemps manipulée dans son sommeil a besoin de
combattre les yeux grand ouverts. Et cela ne dépend que
de nous de s’ouvrir à l’éveil ou de demeurer dans le
sommeil sempiternel. « Tournons la veste », tournons le
121
La Chaleur spirituel qui assèche les cours d’eaux.
122
Purificateur.
123
Le Noir ou le nègre (relatif au peuple charbon).
124
Ceci n’est qu’une illustration ; la cendre a une place importante
dans le Bungunza. Ce livre y consacre d’ailleurs un sous-titre.
114
dos aux croyances importées et arborons la couleur
charbon des ancêtres. N’ayez pas peur du Noir ; c’est la
couleur de votre peau, de votre intelligence, de votre
identité spirituelle, de vos religions. Chaque religion à sa
couleur. Les nôtres sont noires. Les leurs sont jaunes125,
rouges126, blanches127, verte128 etc. Elles correspondent
aux différentes traditions ou aux différents peuples :
charbon129, neige130, soleil131, sang132, sable133.
Les religions de Kama (l’Afrique) sont noires. Ne
l’oubliez jamais ! Autant il est difficile de voyager avec
le passeport d’un autre en cette ère biométrique, autant il
est difficile d’accéder au royaume des dieux-Créateurs134
avec une religion d’emprunt. Avec le même zèle que des
policiers au service de l’immigration, les gardiens
immatériels des traditions – des peuples et des religions –
ne vous laisseront pas passer. Ces entités vous renverront
sur terre pour apprendre la règle des quatre : « À chacun
sa famille. À chacun son peuple. À chacun son
continent. À chacun sa religion. »
125
Bouddhisme.
126
Hindouisme.
127
Christianisme.
128
Islam.
129
Monde noir.
130
Monde occidental.
131
Monde asiatique.
132
Monde Indiens.
133
Monde arabe.
134
26 Puis Élohim dit : « Faisons l'homme à notre image, selon
notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur
les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les
reptiles qui rampent sur la terre. » Genèse 1-26.
115
Etre Kamite135 et fonder ses espoirs sur une religion
étrangère, c’est être spirituellement flou ; c’est être ni
chair ni poisson, indistinct, informe, impur, mixte,
métissé, mélangé, mêlé, partagé, divisé, balloté, mitigé,
piégé et difficile à caractériser. C’est avoir des racines
noires et des feuilles blanches. C’est avoir un teint noir et
des cheveux jaunes ; c’est avoir un corps noir et un cœur
bleu. Bref, c’est de l’hybridité. Or le monde n’a que faire
des hybrides. L’hybridité – à ne pas confondre avec
l’hermaphrodisme –, n’est pas une création divine, mais
une déviation humaine. « (…) Aucun héritage ne passera
d'une tribu à une autre tribu, mais les tribus des enfants
d'Israël s'attacheront chacune à son héritage136. » Ce
principe s’applique à tous les peuples.
137
Deutéronome 27-16.
117
118
Chapitre VIII
Décryptage d’un échantillon
d’images catholiques
138
Partisan de l’idéologie qui affirme la supériorité d’une religion,
en prônant souvent l'élimination des autres. Personne qui affiche
une hostilité envers les personnes d'appartenance religieuse
différente. (Ce mot est un néologisme officieux, une création de
l’auteur.)
119
représentation symbolique du soldat romain, du
missionnaire d’Afrique ou, pour mieux le dire, du garde
suisse139. Cette première image sous-jacente nous
présente donc un « ange », un « saint », un Blanc
rayonnant terrassant un Noir ténébreux. Un Noir
diabolisé, rabaissé, martyrisé, malmené. Un Noir,
soupesé, agressé, capturé. Un noir à la merci de
l’étranger. Un Noir psychologiquement détruit, soumis
par l’épée140 et mentalement abattu. Un Noir d’une
pigmentation et d’une laideur répugnante. Un Noir sans
espoir. Un Noir maudit. Un Noir à queue de dragon et
aux ailes de chauves-souris – créature mi-oiseau mi-
mammifère : autre façon de présenter la nature « mi-
homme mi-babouin141 » du captif nègre ou de l’esclave
noir qu’est potentiellement tout habitant du continent
noir. Ce tableau intelligent nous présente non seulement
l’image du Noir déshumanisé incarnant les forces du mal,
mais aussi de tout un peuple sous le « joug d’airain. »
D’un peuple condamné à la servitude. Bref, d’une lignée
prétendument maudite par Noé : « (...) Maudit soit
Canaan ! qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères !
26 Il dit encore : Béni soit l'Éternel, Dieu de Sem, et que
Canaan soit leur esclave ! 27 Que Dieu étende les
possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de
Sem, et que Canaan soit leur esclave142 !» Le sens sous-
139
Membre d’un corps de troupe chargé de la sécurité du pape.
140
C’est-à-dire par les armes et la technologie occidentale par
extension.
141
Grand singe cercopithèque d’Afrique au museau allongé, dont
il existe plusieurs espèces.
142
Voir infra.
120
jacent de la première image est donc celui d’un peuple à
qui il fallait lentement et sûrement – puisque tel fut l’un
des principaux objectifs des missionnaires –, faire croire
que sa mélanine est à l’origine de ses malheurs. Car,
disaient les religionnistes et les esclavagistes, « Dieu ne
saurait être Africain ; il ne saurait l’être pour la simple
raison que la couleur africaine est celle d’un peuple
destiné à servir d’esclave aux personnes qui
appartiennent au groupe ethnique dont la peau,
faiblement pigmentée, est d'une couleur qui va du rose
pâle ou brun, et dont les yeux ne sont pas bridés. »
121
âme te bénisse avant que je meure. 5 Rebecca écouta ce
qu'Isaac disait à Ésaü, son fils. Et Ésaü s'en alla dans les
champs, pour chasser du gibier et pour le rapporter. 6
Puis Rebecca dit à Jacob, son fils: Voici, j'ai entendu ton
père qui parlait ainsi à Ésaü, ton frère: 7 Apporte-moi du
gibier et fais-moi un mets que je mangerai; et je te
bénirai devant l'Éternel avant ma mort. 8 Maintenant,
mon fils, écoute ma voix à l'égard de ce que je te
commande. 9 Va me prendre au troupeau deux bons
chevreaux; j'en ferai pour ton père un mets comme il
aime; 10 et tu le porteras à manger à ton père, afin qu'il
te bénisse avant sa mort. 11 Jacob répondit à sa mère:
Voici, Ésaü, mon frère, est velu, et je n'ai point de poil.
12 Peut-être mon père me touchera-t-il, et je passerai à
ses yeux pour un menteur, et je ferai venir sur moi la
malédiction, et non la bénédiction. 13 Sa mère lui dit:
Que cette malédiction, mon fils, retombe sur moi! Écoute
seulement ma voix, et va me les prendre. 14 Jacob alla
les prendre, et les apporta à sa mère, qui fit un mets
comme son père aimait. 15 Ensuite, Rebecca prit les
vêtements d'Ésaü, son fils aîné, les plus beaux qui se
trouvaient à la maison, et elle les fit mettre à Jacob, son
fils cadet. 16 Elle couvrit ses mains de la peau des
chevreaux, et son cou qui était sans poil. 17 Et elle plaça
dans la main de Jacob, son fils, le mets et le pain qu'elle
avait préparés. 18 Il vint vers son père, et dit: Mon père!
Et Isaac dit: Me voici! qui es-tu, mon fils? 19 Jacob
répondit à son père: Je suis Ésaü, ton fils aîné; j'ai fait
ce que tu m'as dit. Lève-toi, je te prie, assieds-toi, et
mange de mon gibier, afin que ton âme me bénisse. 20
Isaac dit à son fils: Eh quoi! tu en as déjà trouvé, mon
122
fils! Et Jacob répondit: C'est que l'Éternel, ton Dieu, l'a
fait venir devant moi. 21 Isaac dit à Jacob: Approche
donc, et que je te touche, mon fils, pour savoir si tu es
mon fils Ésaü, ou non. 22 Jacob s'approcha d'Isaac, son
père, qui le toucha, et dit: La voix est la voix de Jacob,
mais les mains sont les mains d'Ésaü. 23 Il ne le
reconnut pas, parce que ses mains étaient velues, comme
les mains d'Ésaü, son frère; et il le bénit. 24 Il dit: C'est
toi qui es mon fils Ésaü? Et Jacob répondit: C'est moi.
25 Isaac dit: Sers-moi, et que je mange du gibier de mon
fils, afin que mon âme te bénisse. Jacob le servit, et il
mangea; il lui apporta aussi du vin, et il but. 26 Alors
Isaac, son père, lui dit: Approche donc, et baise-moi,
mon fils. 27 Jacob s'approcha, et le baisa. Isaac sentit
l'odeur de ses vêtements ; puis il le bénit, et dit: Voici,
l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que
l'Éternel a béni. 28 Que Dieu te donne de la rosée du
ciel et de la graisse de la terre, du blé et du vin en
abondance! 29 Que des peuples te soient soumis, et que
des nations se prosternent devant toi! Sois le maître de
tes frères, Et que les fils de ta mère se prosternent devant
toi! Maudit soit quiconque te maudira, et béni soit
quiconque te bénira.
30 Isaac avait fini de bénir Jacob, et Jacob avait à
peine quitté son père Isaac, qu'Ésaü, son frère, revint de
la chasse. 31 Il fit aussi un mets, qu'il porta à son père;
et il dit à son père: Que mon père se lève et mange du
gibier de son fils, afin que ton âme me bénisse! 32 Isaac,
son père, lui dit: Qui es-tu? Et il répondit: Je suis ton fils
aîné, Ésaü. 33 Isaac fut saisi d'une grande, d'une
violente émotion, et il dit: Qui est donc celui qui a chassé
123
du gibier, et me l'a apporté? J'ai mangé de tout avant
que tu vinsses, et je l'ai béni. Aussi sera-t-il béni. 34
Lorsque Ésaü entendit les paroles de son père, il poussa
de forts cris, pleins d'amertume, et il dit à son père:
Bénis-moi aussi, mon père! 35 Isaac dit: Ton frère est
venu avec ruse, et il a enlevé ta bénédiction. 36 Ésaü dit:
Est-ce parce qu'on l'a appelé du nom de Jacob qu'il m'a
supplanté deux fois? Il a enlevé mon droit d'aînesse, et
voici maintenant qu'il vient d'enlever ma bénédiction. Et
il dit: N'as-tu point réservé de bénédiction pour moi? 37
Isaac répondit, et dit à Ésaü: Voici, je l'ai établi ton
maître, et je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs,
je l'ai pourvu de blé et de vin: que puis-je donc faire
pour toi, mon fils? 38 Ésaü dit à son père: N'as-tu que
cette seule bénédiction, mon père? Bénis-moi aussi, mon
père! Et Ésaü éleva la voix, et pleura.
39 Isaac, son père, répondit, et lui dit:
Voici! Ta demeure sera privée de la graisse de la terre et
de la rosée du ciel, d'en haut. 40 Tu vivras de ton épée,
Et tu seras asservi à ton frère; Mais en errant librement
çà et là, tu briseras son joug de dessus ton cou143. »
La loi de la bénédiction
Le texte ci-dessus prouve que la bénédiction est une
question de lignage et qu’elle ne peut provenir que de la
hiérarchie familiale, clanique et raciale. Méfiez-vous des
bénédictions des religions étrangères. Ce ne sont que des
chimères, des gouttes d’eau dans l’eau. Donc, une perte
143
Genèse 27-40.
124
de temps inutile ; car n’étant lié aux populations
étrangères par aucune filiation, aucune attache
généalogique, rien ne peut garantir une bénédiction ou
permettre à la bénédiction d’un prêtre catholique, d’un
imam musulman ou d’un moine 144 tibétain de se déverser
sur vous. L’Africain doit comprendre une fois pour
toutes que la bénédiction est un « liquide », une semence
dont l’ascendance du bénéficiaire constitue le réceptacle.
Peut-on récolter une importe quantité d’eau sans
réceptacle ? Même en se servant de nos deux mains,
nous ne saurions conserver cette « eau bénite » qui au
moindre faux pas ou à la moindre manœuvre malhabile
finira par se renverser ou s’évaporer sous la pression des
rayons solaires et autres voleurs de bénédictions. Telle
est malheureusement la loi de la bénédiction.
En réalité, ce que l’on obtient des religions
étrangères se résume à des bribes ou des déchets de
bénédiction. Bribes et déchets qui n’ont jamais, et ne
feront jamais, avancer l’Afrique. Devons-nous nous
contenter de ces résidus ou profiter librement de ce qui
nous revient de droit : la grande bénédiction de nos
ancêtres, bénédiction que seul le retour aux religions
traditionnelles pourrait permettre, établir et pérenniser ?
144
Bouddhiste.
125
de soldat du christ. Car si les démons ont leurs armées,
l’Éternel a aussi ses armées. C’est pour cette raison
qu’on le nomme « l’Éternel des armées. »
Le mot « armées » s’applique en même temps aux
légions d’anges et aux armées de croyants, de toutes les
traditions qui lui sont fidèles. Comment le nègre
contemporain pourrait-il décrocher des bénédictions
dans l’invisible lorsque ses prières ne sont que des coups
d’épée dans l’eau ?
Explication : pour bénéficier des grâces du Seigneur
les Hébreux, pour ne citer que cet exemple, évoquent les
noms de leurs ancêtres. La formule utilisée est la
suivante : « Dieu d’Abram, d’Izac, de Jacob, de Moïse,
etc… »
Pourquoi le font-ils ?
L’évocation des Ancêtres est un véritable passeport
vers la concrétisation de la requête. Avant d’accorder une
réponse favorable à la prière, les intermédiaires – donc
ceux qui sont chargés d’acheminer les prières des vivants
vers le Seigneur – prennent d’abord la peine de vérifier si
le demandeur est en conformité avec la loi de la
bénédiction (voir chapitre 8). Si le principe exige que soit
maudit celui qui méprise son père et sa mère – donc sa
religion et sa tradition –, le même principe demande que
soit béni celui qui considère ses racines : sa culture et ses
ancêtres.
L’expression du religionnisme
126
Pour revenir à nos moutons, le deuxième sens caché
de l’image décryptée plus haut est : la domination de la
grande Église catholique romaine sur les religions
africaines. Pour l’Africain, accepter cette image équivaut
à applaudir ses propres malheurs. Car cet ange
dominateur n’est autre que la personnification de la
« pieuvre romaine » dont les tentacules écrasent les
religions africaines. Cette œuvre d’art qui représente non
pas l’Archange Michel, mais le Vatican, a été pensée et
conçue par des religionnistes dans le seul objectif de
manipuler la conscience spirituelle du continent noir.
146
Mono-Nsengé-Nsémpila (Adam) et Nziétélé-Enani (Eve).
147
Jardin d’Eden.
129
Hindous, les Aztèques et les Mayas y avaient eu accès de
façon glorieuse et avec de nombreux égards.
Ombrageux et revanchard, les Occidentaux jurèrent
de prendre leur revanche sur les peuples glorifiés : noirs
(Atlantes et égyptiens) arabes (babyloniens et perses)
jaunes (chinois et japonais) et rouges (indiens, aztèques
et Mayas).
Que vous l’acceptiez ou pas, la vie maculée de sang
d’Alexandre le Grand, roi de Macédoine (336-323 av. J.-
C.), grand conquérant durant l’Antiquité, dont le règne
marque la fin de la période classique grecque et dont
l’héritage est à l’aube de la civilisation hellénistique, fut
un exemple de la matérialisation de l’antique rancœur de
Caïn – fils du serpent148 et Ancêtres meurtriers des
Occidentaux bannis du paradis –, sur les autres peuples.
151
Judas Iscariote (mort vers 28 apr. J.-C.), dans le Nouveau
Testament, apôtre qui livra Jésus-Christ au sanhédrin. Natif de
Judée, Judas servait d'intendant à Jésus et à ses autres disciples.
Dans l'Évangile selon saint Jean (XII, 6), il est décrit comme
cupide et malhonnête. D'après les Évangiles selon saint Matthieu
et saint Marc, c'est l'avidité qui l'amène à livrer Jésus au Grand
Prêtre pour trente pièces d'argent. Dans les Évangiles selon saint
Matthieu, saint Marc et saint Luc, Jésus est conscient de sa
trahison. Quand Judas vit les conséquences de sa trahison, il fut
saisi de désespoir et se pendit. Le Nouveau Testament donne deux
versions différentes (voir Évangile selon saint Matthieu, XXVII, 3-
5 ; Actes des Apôtres, I, 16-20) de sa mort.
152
Le peuple Juif.
132
Esséniens153 furent choisi pour apporter le
154
« détergent » qui devait prurifier leur peuple. Mais les
Juifs155 – conscients de l’importance de la mission du
Christ –, le trahirent et le firent crucifier par les
Romains156.
153
Adeptes d’une secte juive (IIe s. av. J.-C.-Ier s. apr. J.-C.) dont
les membres formaient des communautés menant une vie
ascétique.
154
La bonne nouvelle.
155
Race de serpents, d’après le christ (référence Matthieu 23 ; 33).
156
Donc les Occidentaux.
133
comme celui de l’être humain, ne penche pas toujours du
côté du mal ; autant il existe des hommes de bien, autant
il existe des dragons bienfaisants, comme nous le
démontrent les mythes et les légendes orientales.
Le dragon dans les croyances asiatiques
Dans la mythologie de nombreux pays d’Extrême-
Orient, notamment en Chine et au Japon, le dragon
représente le pouvoir suprême. Sa figure, généralement
bienfaisante, connaît une grande popularité. Ainsi, en
Indonésie, le dragon est associé à la fertilité et offre une
protection contre les mauvais esprits. La Chine connaît
quant à elle toutes sortes de dragons, certains reliés plus
spécifiquement à la terre, d’autres à l’air ou à l’eau.
Munis à l’âge adulte, selon la tradition, de cornes de cerf,
d’oreilles, d’une barbe et d’écailles, les dragons chinois
naissent d’un œuf et connaissent plusieurs
métamorphoses au cours de leur longue vie. Des
distinctions de couleurs existent également entre eux. Au
sommet de la hiérarchie trône le dragon à cinq griffes
rattaché à la figure de l’empereur, lui-même dénommé
« Fils du dragon » et seul autorisé à orner des vêtements
à l’effigie de ce dernier. Au Japon, c’est le dragon à trois
griffes qui occupe la position suprême. Par ailleurs, en
Chine, le dragon incarne la connaissance et la sagesse,
valeurs symbolisées par la perle qu’il tient dans sa gueule
ou entre ses griffes, ainsi que la force. Au cours des
défilés traditionnels du jour de l’An chinois, des danses
mettant en scène des dragons de papier ou de toile sont
réalisées dans le but d’obtenir la prospérité durant la
nouvelle année.
134
Comme nous l’avons dit supra, le dragon est le
gardien du trésor. Sa large gorge représente les mines, et
le feu qui y couve n’est autre que les minerais, nés du
feu, source de richesse, d’émancipation et grandeur.
Dans la préhistoire, les peuples qui avaient la maîtrise du
feu étaient considérés comme supérieurs aux autres,
comme on peut le lire dans La guerre du feu, merveilleux
roman de Rosny J.H. Aîné157.
Soumettre la bête, c’est s’approprier la puissance et
la bienfaisance du dragon. Ce n’est donc pas par hasard
que dans les légendes médiévales les trésors sont gardés
par des dragons.
157
Romancier belge naturalisé français, auteur de romans
préhistoriques, notamment la Guerre du feu, considéré comme
l’un des précurseurs du roman de science-fiction et du roman
d’anticipation.
158
Les Ancêtres stellaires ou Ancêtres venus des étoiles,
originaires de Nza-yilémaka-tiya (la planète représentée sur les
parois des pyramides et des temples égyptiens sous la forme d’un
disque solaire.) Nza-yilémaka-tiya dont la traduction en français
équivaut à « Monde-du-feu-ardent » ou « Pays-des-flammes-
éternelles » n’est autre que le soleil. Le soleil dans sa dimension
spirituelle, car si le soleil physique est inhabité, le soleil spirituel
est le siège des Bibâ-bia-ntama, nos Ancêtres stellaires,
équivalents des Élohim hébreux.
135
l’eau et la terre. « L’homme, disaient nos Ancêtres
stellaires, est une croix qui doit s’harmoniser... »
La croix est donc le signe d’une grande pureté. Bien
que la croix soit un signe de pureté incontestable,
l’Église catholique romaine a souillé sa croix en y collant
le christ crucifié, le christ agonisant, le christ dégoulinant
de sang, le christ impuissant, le christ mort sur la croix,
donc le christ humilié, car dans une tenue vestimentaire
qui n’honore pas le fils de Dieu. Les catholiques se sont-
ils déjà posé la question de savoir si le Christ est heureux
de se voir ainsi diminué ? La passion du Christ,
souffrances et supplices subis par le Christ avant sa mort
sur la croix, a été mystifiée, transformée en une sorte de
mystère de la passion...
Entre nous, le fait de garder le Christ sur la croix
n’est-il pas une façon indirecte de le vouloir mort, de
rejeter son enseignement ou de l’exploiter dans un sens
contraire à la vision de Jésus, comme nous l’avons
démontré dans ce livre ? Peut-on en même temps aimer
le Christ et le vouloir cloué sur une croix ? Peut-on avoir
les pieds et les mains crucifiés et aider ou agir
puissamment en faveur de l’humanité ? Et si la croix
représentait le « message crucifié », c’est-à-dire
l’enseignement bafoué de Jésus, que deviendraient les
milliers de croyants qui se sont jetés sur un crucifix qui
en fait, n’est pas exactement ce qu’il semble être ?
« Que celui qui a des oreilles pour entendre
entende159. »
159
Matthieu 11-15.
136
Chapitre IX
La bénédiction est un héritage
AK.
137
relisons ensemble ce passage biblique : « Voici ce que
l'Éternel ordonne au sujet des filles de Tselophchad :
elles se marieront à qui elles voudront, pourvu qu’elles
se marient dans une famille de la tribu de leurs pères. 7
Aucun héritage parmi les enfants d'Israël ne passera
d'une tribu à une autre tribu, mais les enfants d'Israël
s'attacheront chacun à l'héritage de la tribu de ses pères.
8 Et toute fille, possédant un héritage dans les tribus des
enfants d'Israël, se mariera à quelqu'un d'une famille de
la tribu de son père, afin que les enfants d'Israël
possèdent chacun l'héritage de leurs pères. 9 Aucun
héritage ne passera d'une tribu à une autre tribu, mais
les tribus des enfants d'Israël s'attacheront chacune à
son héritage. 10 Les filles de Tselophchad se
conformèrent à l'ordre que l'Éternel avait donné à
Moïse. 11 Machla, Thirtsa, Hogla, Milca et Noa, filles de
Tselophchad, se marièrent aux fils de leurs oncles; 12
elles se marièrent dans les familles des fils de Manassé,
fils de Joseph, et leur héritage resta dans la tribu de la
famille de leur père. 13 Tels sont les commandements et
les lois que l'Éternel donna par Moïse aux enfants
d'Israël, dans les plaines de Moab, près du Jourdain, vis-
à-vis de Jéricho. »
Cela est aussi valable pour les religions. La
bénédiction de l’Afrique viendra d’Afrique et non
d’Occident. Ne cherchez pas à laver votre malédiction
raciale dans les eaux des religions étrangères. Elles n’ont
pas été programmées pour ça. Chaque religion à son
propre monde à gérer. Chaque religion a un ange. Et cet
ange a pour mission de gérer les personnes issues d’un
certain peuple, d’un certain code génétique, d’une
138
certaine lignée ou hérédité. Les anges des religions sont
comme des filtres qui ne permettent aucune infiltration,
aucun perturbateur, aucune perturbation de l’ordre
naturel divinement établi. Qu’on le veuille ou pas, c’est
ainsi. « Et le libre arbitre alors ? » diront certains. À
quoi sert-il, si ce n’est à avoir le choix ?
Sur cette question, l’illustre Shakespeare, en cinq
mots, a été suffisamment clair : « être ou ne pas être ? »
Mais notre réponse est la suivante : on ne choisit pas
sa couleur. Ou on est Noir ou on ne l’est pas. Mais si on
est Noir, alors on n’a pas le choix, car de même qu’on ne
choisit pas sa couleur, on ne choisit pas sa religion. On se
range. On se classe. On obéit au principe, à la grande
règle des 4, qui à l’instar de la loi de la pesanteur, ramène
le poids vers le bas et attire les peuples vers leur religion
respective. C’est la loi d’attraction ; celle-ci ne consiste
pas qu’à attirer vers nous tout ce que nous désirons
fermement, mais aussi à orienter les espèces et les
peuples dans la direction voulue par la nature. De même
que l’eau d’un fleuve coule toujours dans la même
direction, que l’aiguille du temps ne fait jamais marche
arrière ou que l’histoire – science de l’étude des hommes,
des sociétés et des évènements du passé – ne se
préoccupe jamais des évènements du futur, le mâle est
naturellement attiré par la femelle ; le chien est attiré par
la chienne ; le coq est attiré par la poule ; l’homme est
attiré par la femme...
C’est pareil pour les peuples ; chaque peuple est
naturellement attiré par sa religion respective. Un peuple
qui ne ressent plus aucune attirance pour sa religion est
139
semblable à un chevalier félon qui s’absout de toute
allégeance à la couronne160. Un peuple qui ne ressent
plus aucune attirance pour sa religion est semblable à un
soldat qui trahit son pays en pactisant avec l’ennemi. Un
peuple qui ne ressent plus aucune attirance pour sa
religion est semblable à une femme officiellement mariée
qui non seulement n’éprouve absolument plus rien pour
son conjoint, mais le trompe constamment avec d’autres
hommes. C’est un peuple infidèle, un peuple prostitué,
un peuple déculturé, un peuple aveuglé, un peuple borné,
un peuple dérouté, un peuple tordu, un peuple déréglé, un
peuple déviationniste. Bref, c’est un peuple à qui l’ange
gardien de sa religion spécifique a tourné le dos. D’où la
misère chronique et le manque de prospérité
permanent…
160
Pouvoir royal.
161
Matthieu 11-15.
140
et surtout, de cruauté. Pour justifier son action, l’Église
catholique s’est inspiré d’une vieille légende juive
condamnant la descendance de Cham, fils de Noé, à
l’esclavage : « 18 Les fils de Noé, qui sortirent de
l'arche, étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de
Canaan. 19 Ce sont là les trois fils de Noé, et c'est leur
postérité qui peupla toute la terre. 20 Noé commença à
cultiver la terre, et planta de la vigne. 21 Il but du vin,
s'enivra, et se découvrit au milieu de sa tente. 22 Cham,
père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le
rapporta dehors à ses deux frères. 23 Alors Sem et
Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules,
marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur
père; comme leur visage était détourné, ils ne virent
point la nudité de leur père. 24 Lorsque Noé se réveilla
de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. 25
Et il dit: Maudit soit Canaan ! qu'il soit l'esclave des
esclaves de ses frères! 26 Il dit encore: Béni soit
l'Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave !
27 Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il
habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur
esclave! 28 Noé vécut, après le déluge, trois cent
cinquante ans. 29 Tous les jours de Noé furent de neuf
cent cinquante ans; puis il mourut162. »
Belle légende, n’est-ce pas ? Mais ne dit-on pas que
les légendes sont bâties sur des mensonges ? L’âge
mythologique de Noé en dit long163. Et même si ces
162
Genèse 9, 18-25.
163
« Tous les jours de Noé furent de neuf cent cinquante ans; puis
il mourut. » (Genèse 9-29)
141
légendes étaient vraies, le message de Jésus nous convie-
t-il à assujettir et commercialiser notre prochain, fût-il un
étranger ? N’était-ce pas à l’Église catholique – qui
contrôlait l’Europe –, de s’opposer à cet infâme
commerce ?
Fort curieusement – sous les ordres des papes –, ceux
qui étaient censés marcher sur les traces de Jésus de
Nazareth se sont fourvoyés en se comportant comme de
véritables brutes en Afrique noire. Les méthodes utilisées
pour « civiliser » l’Afrique n’étaient pas si différentes de
celles utilisées pour dresser les lions. Questions : les
Africains étaient-ils des lions féroces ou des chevaux
sauvages pour utiliser des armes à feu, des lassos, des
fouets, des filets, des chaînes, des cages, des sabres,
etc. ? Les femmes de couleur étaient-elles des bêtes
sauvages ou des poules pondeuses pour les violer
constamment dans les soutes des navires négriers, dans
les champs de coton ou dans les plantations de canne à
sucre ? Est-ce ainsi que le Nouveau Testament aurait
souhaité que l’on traitât nos semblables ? Les négriers et
autres missionnaires, venus, soi-disant, pour civiliser les
« petits sauvages » du continent noir avaient-ils la
soutane et le Nouveau Testament en poche lorsqu’ils
commettaient des exactions ou laissaient-ils la soutane et
la Bible dans les bateaux ou les Églises qu’ils avaient
implantées sur les cendres de nos religions traditionnelles
? Peut-on bâtir une Église juste et pacifique sur les
cendres d’une autre ? Est-ce normal de prêcher la bonne
nouvelle avec la main droite quand le vol, le viol, le
pillage, la brutalité, la torture et l’esclavage sont
perpétrés par la main gauche ? L’Église catholique a-t-
142
elle déjà fait un examen de conscience sur sa
participation active ou passive à la traite négrière ? Au
cours des quatre siècles d’esclavage, l’Église catholique
a-t-elle agi pour son propre compte ou pour le compte de
Jésus ? Reformulons la question : le catholicisme a-t-il
agi pour sa propre gloire ou pour la gloire du Christ ? Au
cas où la réponse serait « au nom du Christ », nous
défiant le Vatican de nous montrer, dans le Nouveau
Testament – car c’est le Nouveau Testament et non
l’Ancien Testament qui compile l’enseignement de Jésus
de Nazareth –, un verset dans lequel Jésus aurait mandaté
ses disciples juifs ou romains, donc Occidentaux (chaque
peuple étant – rappelons-le –, lié à sa propre religion) de
réduire les Africains à l’esclavage ? Dans le cas où le
Vatican aurait agi pour son propre compte, nous serons
en droit de lui poser la question suivante : Quel maître
sert-il : le Christ ou l’Antéchrist ?
143
144
Chapitre X
Séparons le bon grain
de l’ivraie
AK.
164
Idéologie qui affirme la supériorité d’une religion, en prônant
souvent l'élimination des autres. Hostilité envers les personnes
d'appartenance religieuse différente. (Ce mot est un néologisme
officieux, une création de l’auteur.)
145
liminaires comme cela se passe dans tous les pays
culturellement libres comme la Chine, l’Inde, les pays
Arabes etc. Ceux qui, acquis à la cause de l’Église
catholique romaine, seraient tentés d’y percevoir une
sorte de levée de boucliers auraient foncièrement tort et
n’auront qu’à s’en prendre à leur « cécité » qui leur
expose tout de travers et leur empêche de comprendre
qu’il s’agit là de la défense des droits inaliénables d’un
peuple, donc une réclamation légitime. L’Afrique
contemporaine est lasse des échanges ou des rapports
inégaux favorisant la domination des cultures des uns au
profit de celles des autres. L'Afrique réclame des
rapports culturels égalitaires. Pour une parfaite égalité
culturelle, nous proposons la création d’ambassades
culturelles inter-états, afin que les valeurs traditionnelles
et spirituelles des uns et des autres soient mises en valeur
dans ces espaces respectifs.
146
une condition semblable à un rêve lucide, avec un corps
profondément endormi et un esprit en mouvement ?
Qu’attend-il pour s’ouvrir à la réalité ? Qu’attend-il pour
se réveiller ? Qu’attend le nègre contemporain pour
sortir de son cocon pour voler librement, tel un papillon
savourant l’air frais de la liberté vraie, liberté différente
de la réalité truquée ou de la grande illusion du cocon, du
monde onirique, donc l’esclavage ?
Nous n’avons pas la prétention de détenir le
monopole de la vérité. Mais nous pouvons dire sans
grand risque de nous tromper que le chemin que nous
proposons, celui de nos Ancêtres, est loin d’être un
mirage ou une simple illusion. En outre, si – avec ses
belles promesses et sous le prétexte fallacieux de
séparation de pouvoir ou du retrait de l’Église dans la
gestion de l’appareil de l’État – la religion catholique,
dans laquelle nous nous sommes jetés à corps perdu et
qui se fiche pas mal de nous en fermant traitreusement
les yeux sur la politique européenne en Afrique, ne nous
a rien apporté, pourquoi continuer à la servir ? Pourquoi
persister à accompagner des égocentriques divisionnistes
qui, en réalité, ne sont que des loups cruels cachés dans
des peaux «d’agneaux innocents » ou des vers dans la
« pomme » de l’Afrique ?
Le nègre contemporain ne pourra prétendre être
libre que lorsqu’il aura fait voter, aux Nations-Unis, une
loi universelle concédant des droits et garantissant la
protection des religions autochtones contre l’hégémonie
culturelle des religions allochtones, en sorte qu’à l’avenir
147
les religions « sangsues » n’aient plus le droit de
phagocyter des croyances traditionnelles.
165
Nos traditions, notre histoire et nos connaissances.
148
Occidentaux –, utilisaient un système d’écriture diffèrent
de le hiéroglyphe ? Pourquoi ces Européens dont la
tradition remonte à plusieurs millénaires n’ont-ils jamais
mentionné le nom de l’Égypte ?
La réponse est simple
L’incomparable éclat de la civilisation égyptienne a
rendu l’Européen jaloux au point de travestir l’histoire et
de s’approprier une généalogie qui n’est point la sienne.
Pour tromper le monde, les Grecs et les Romains se sont
greffés aux dernières dynasties égyptiennes166 dans le but
inavoué de revendiquer un passé glorieux qui n’a jamais
été le leur, comme ce fut le cas avec l’armée
d’archéologues qui, jusqu’à ce jour, conteste à tort la
théorie de « l’antériorité noire de la civilisation
égyptienne » de l’illustre archéologue africain, Cheikh
Anta Diop. Paix à son âme !
L’Afrique a donc connu une longue période de
soumission et de silence. Mais ce temps est révolu.
L’heure n’est plus à la parole volante, mais à l’écriture
« gravée dans la pierre ». Il est temps que la sagesse
africaine se commercialise. Il est temps pour l’Africain
de sortir ce qu’il a dans les tripes. Si c’est de la merde, ça
se saura. Mais si c’est du béton, alors aucun mensonge en
coton ne pourra le briser. Car béton et coton n’ont pas la
même nature et encore moins la même solidité. Il est
166
L’usurpatrice dynastie Ptolémaïque : famille macédonienne qui
gouverna l’Égypte au cours de la période hellénistique, depuis la
mort d’Alexandre le Grand en 323 av. J.-C., jusqu’à ce que
l’Égypte devienne une province romaine en 30 av. J.-C.
149
temps pour les initiés du continent de transmettre le
rameau des Ancêtres aux profanes. Il est temps d’épurer
les eaux usées. Il est grand temps de redonner leurs
lettres de noblesse aux croyances et aux traditions
oubliées. Il est temps de bâtir « l’Armée des Gardiens des
Tradition », afin que jamais plus notre riche patrimoine
culturel ne sombre dans l’oubli.
151
152
DEUXIÈME PARTIE
153
154
Note de l’éditeur
156
Le soulèvement populaire est un cri de guerre, c’est
un appel aux armes qui évoque en même temps les
raisons de l’atteinte du point de non-retour.
Le Samson noir évoque la noire trahison d’un frère de
sang pendant que la prophétesse luttait pour la libération
de la nation ou qu’elle se bâtait contre cette injuste
oppression. Ce poème marque la fin ou plutôt l’arrêt
brutal de la rébellion de Kimpa-Mvita. Il dénonce la
monstruosité des colons qui ont harponné son fils unique
– un nourrisson –, pour faire pression sur elle. En dernier
lieu, Le Samson noir prédit l’avènement de Simon
Kimbangu.
Les Fées du feu est une sorte de réminiscence de
l’autodafé de Kimpa-Mvita par les moines capucins,
précisément les pères Lorenzo da Luca et Bernado do
Gallo. Tel un conte de fées, ce poème est le témoignage
de l’existence ou de l’action bénéfique des génies du feu
dans la croyance Ngunza. « Je vis une porte de feu
s’ouvrir dans le brasier bleu. Derrière ce rideau de
flammes azurées, je perçus ces créatures légendaires
dont souvent me parlait ma grand-mère… »
L’avènement de Mfumu Kimbangu est une promesse
prénatale faite à l’endroit de son peuple. Devant les
souffrances continuelles de son peuple, du haut du ciel,
Mfumu Kimbangu adresse un message d’espoir aux
médiums, aux devins, aux augures, aux sages et aux
prophètes. Il prédit son avènement et donne un aperçu du
rôle déterminant qu’il aura à jouer dans la lutte
anticoloniale.
157
La naissance du prophète n’est que la confirmation de
la promesse faite dans le poème précédent. La naissance
du prophète présente également les miracles qui ont
précédé et suivi la naissance du « jeune lion. »
Indignation témoigne du poids de l’indignation de
Mfumu Kimbangu contre l’oppression coloniale. « Je
suis indigné, car ceux qui nous prêchent l’amour ne sont
que des vautours aux paroles douces comme du
velours. »
Le printemps nègre prophétise la renaissance africaine
tant attendue. « Viendra le temps où le culte sera de
nouveau adressé à Mfumu-Ngunza »
L’avènement de mfumu Matsoua est une prophétie de
Boueta-Mbongo, héros de la lutte anticoloniale. Ce
poème est le monologue intérieur d’un condamné à mort.
Ce flot de pensées, gravé dans les annales invisibles du
temps, fut le dernier avant sa mise à mort par
décapitation.
Le Mea culpa du roi Makoko est l’aveu d’une faute
grave, celle d’un roi qui a cru bien faire « en signant de
[son] vivant [un] traité avec Pierre Savorgnan de
Brazza » et qui « demande pardon à [ses] contemporains
et à la postérité ainsi privée du droit de jouir
librement des » richesses de leurs sous-sols.
Promesse d’un ngunza est une lecture de
l’étonnement de Mfumu Matsoua devant l’ignominie des
colons, les calamités et l’exploitation abusive des
richesses naturelles.
Matricule 22 est le signe de l’amour, du lien profond
et indivisible qui existe entre Mfumu Matsoua et sa terre
158
natale. Matricule 22 est à la fois une prédiction et un
avertissement contre ceux qui seraient tentés de
s’opposer à « la grande révolution qui point à
l’horizon. »
Arrestation musclée retrace l’arrestation de Mfumu
Matsoua en février 1941. Ce poème nous aide à
comprendre que ce héros de la lutte anticoloniale savait
ce qui l’attendait et que, comme toutes les grandes âmes,
Mfumu Matsoua ne s’était pas dérobé à sa divine
mission : verser son sang pour la libération de la nation,
selon l’exemple du Prephète Jésus pour les Hébreux. Tel
est le message implicite de ce poème.
Retourne d’où tu viens est l’expression d’un profond
rejet : celui du colonialisme. À l’instar de L’avènement
de mfumu Matsoua, ce poème est un monologue
intérieur, mieux, un cauchemar dans lequel l’âme
tourmentée et remplie de haine de Mfumu Matsoua
s’adresse aux « corrupteurs d’Africains », au mal
personnifié, à savoir les missionnaires de la « religion de
Caïn », éventreurs des traditions africaines et
manipulateurs de consciences.
Première nuit dans la prison de Mayama met en
lumière un fait : « la colonisation n’est pas une
bénédiction. » Dans un jeu de mots intentionnellement
conçu pour évoquer certaines figures mythiques de
l’histoire chrétienne, Mfumu Matsoua nous aide à sonder
la profondeur de son exaspération. « Je maudis l’Africain
qui à l’instar de Juda m’a livré entre les mains des
Romains. »
159
Deuxième nuit dans la prison de Mayama. Dans cette
mûre réflexion, Mfumu Matsoua, déclame contre le
système colonial. Il révèle le revers de la médaille et
nargue ce système avilissant, cupide et égocentrique, qui
a laissé des stigmates indélébiles dans l’âme et la chair
du continent africain. Ce poème met en lumière les
travaux forcés, la déshumanisation, la domination, le
pillage, le viol, bref le sang, la sueur, le fouet et le
gourdin qui, en fait, constituent le véritable « héritage »
de la « civilisation. »
Troisième nuit en prison répond à une interrogation
en vogue à l’époque coloniale : « Le Noir a-t-il une
âme ? » À cette question, du fond de sa prison, Mfumu
Matsoua apporte une réponse de la plus belle eau :
« Peut-on en même temps rabaisser le Noir au stade
animal et s’autoriser à agir soi-même comme une
véritable bête sans craindre d’être taxé de créature sans
âme ? »
De la quatrième à la sixième nuit en prison, l’âme
pensive de Matsoua traduit son anxiété sur la résignation
fataliste de son peuple et l’avenir incertain du pays.
Dans Septième nuit en prison Mfumu Matsoua fait
remarquer que le Noir est prisonnier de l’illusion d’une
apparente évolution167 qui, en réalité, n’est qu’une subtile
régression, une dégradation ou dégringolade dans la
« roue infernale » de l’acculturation. « Tu crois t’être
enrichi, mais tu t’es appauvri. (…) Tu crois avoir trouvé
ta voie, mais tu t’es perdu. »
167
Civilisation et christianisme.
160
Onze mois plus tard est le dernier monologue de
Mfumu Matsoua avant sa disparition. Non seulement il
traduit le calvaire et l’état psychique de Mfumu Matsoua,
mais aussi l’émotion ressentie après l’annonce de son
exécution. « Très cher oiseau, puisses tes ailes d’ange
me porter haut, quand ces humains aux cœurs d’animaux
me feront la peau sous le drapeau. »
Un roi débusqué est la triste histoire d’un « roi »
incompris et banni par son peuple, Fulbert Youlou,
premier Président de la République Congo.
Appel aux gens du royaume est un appel à la
reconstruction du pont religion entre l’Africain
contemporain et les mânes de ses ancêtres. Selon
l’auteur, cette réconciliation passe par la reconversion
aux croyances ancestrales.
Le cri du tam-tam et contre vents et marées sont la
source d’inspiration de ce recueil de poèmes. C’est dans
ces deux poèmes absolument marquants et rédigés 30 ans
plus tôt par son père, Zounga Bongolo, que Mfumu a
Mbanza Mbongolo Ramsès a puisé la force nécessaire et
les mots qui composent ce recueil. S’il faillait résumé le
contenu de ce recueil en deux poèmes ce serait sans nul
doute Le cri du tam-tam et contre vents et marées, que
Mfumu a Mbanza Mbongolo Ramsès a expressément
inséré dans ce livre pour rendre un vibrant hommage à la
racine principale ou source paternelle dont il n’est que
l’humble goûte d’eau.
Que vienne le phénix du Koongo-dia-n’totila ! est
une évocation de l’action criminelle des colons et de la
sournoiserie des porteurs du message biblique ou
161
missionnaires chrétiens. Ce poème qui n’est autre que la
complainte du tam-tam, instrument traditionnel africain
par excellence et porte-voix des mânes des ancêtres,
lance une série de questions destinées à réveiller le
phénix qui sommeille en chaque enfant du continent :
« Qui portera le bouclier et le heaume ? Qui recollera
les morceaux du royaume ? Qui donc viendra en aide à
la nation ? Qui allumera l’étincelle flamboyante de
l’illumination ? »
Serment d’un prisonnier d’Ambuila est la promesse
solennelle d’un guerrier immortel, d’un personnage
anonyme incarnant la révolte, la bravoure et la
détermination des captifs de la bataille d’Ambuila. Une
bataille qui aux temps jadis opposa dignitaires et
guerriers du royaume Koongo contre les conquistadors
portugais en l’an 1665. Ce poème est le coup de gueule
incisif des indignés, donc des Ngunza des temps anciens
qui ont fait le serment de ne jamais courber l’échine ou
fléchir le genou devant la Bible, la croix et les dieux des
religions étrangères.
Sang d’Afrique est une adresse particulière à l’endroit
des Africains et des afrodescendants. Tout en rappelant
l’indivisible lien du sang qui unit mystiquement tous les
hommes de couleurs de la planète, ce poème est une
émouvante invite au ressourcement. « Sang d’Afrique
contraint à devenir chrétien. Sang d’Afrique martyrisé
par Caïn, n’oublie jamais d’où tu viens. »
MFUMU A MBANZA
MBONGOLO RAMSES,
Directeur des Éditions Alliance Koongo
162
PRÉLUDE POÉTIQUE
(Avis aux lecteurs)
Fermez ce recueil
Pendant qu’il est encore temps
Car les mots qui y sont consignés
163
Sont loin d’être charmants
164
UNE COLOMBE FALSIFIÉE
(Première prophétie de Kimpa-Mvita)
166
Et les royaumes, morcelés
167
L’acier, tel un serpent affamé,
S’enroulera sur vos poignets
Tels des lièvres pris aux lacets
Les nègres seront maîtrisés
168
On vous vêtira comme de la volaille
On vous nourrira comme du bétail
On vous logera comme de la volaille
169
COMME DANS LE MEILLEUR DES MONDES
(Aux veuves infortunées)
170
Par des négriers dodus
171
RUINES ET DÉSOLATION
(Aux femmes victimes de viol)
172
Étaient la vitrine
De la chasteté de notre hymen.
173
RUMINEMENT SILENCIEUX
(De la vierge noire)
Royaume englouti
Dans les bras remplis de haine
De ceux qui nous prennent
Pour des ouistitis
Jusqu’à quand
Les machines de l’oppression
Auront-elles raison
De notre belle nation ?
Fleuve immense
Saturé de larmes
Tintés de sang
Versé par les armes
Jusqu’à quand
Allons-nous assister
Au carnaval pompeux
Des nouveaux croisés ?
174
Des marchands de serfs
Jusqu’à quand
Demeurerons-nous impuissantes
Face aux humiliations
Des ignobles colons ?
175
LA NON-VIOLENCE
(Aux frères d’Amérique)
En vérité
Les mentalités
Sont encore trop barbares
Pour que l’on cesse de se couper la barbe
La non-violence
Belle perspective
Les fils de nos sœurs
Les filles de nos frères
Vendus sur la terre des peaux rouges
Verront cette époque
Eux, ils manifesteront dans la non-violence
Et gagneront leur indépendance
176
LE SOULÈVEMENT POPULAIRE
(À la mémoire de la meneuse du soulèvement)
177
À présent, tremblez, beuglez, criez !
Car mon courroux est loin d’être doux
Pleurez, fuyez, hurlez !
Car ma haine est loin d’être tissée dans la laine
Les lignes doivent bouger,
Les choses doivent changer
Et le royaume doit être libéré
178
LE SAMSON NOIR
(Deuxième prophétie)
179
Entre les mains de ces gens
Armés jusqu’aux dents
Mon esprit d’ordinaire serein perdit la raison
Et mordit à l’hameçon tendu par ces vils serpents
180
LES FÉES DU FEU
(À la mémoire de Ntinu Kimpa-Mvita,
brûlée le dimanche 2 juillet 1706)
Le choix de l’autodafé
Fut pris après un bon café
Par des moines Capucin
Les pères Lorenzo da Luca
Et Bernado do Gallo
181
De regret et de tendresse
182
S’ouvrir dans le brasier bleu
Derrière ce rideau de flammes azurées
Je perçus ces créatures légendaires
Dont souvent me parlait ma grand-mère
183
Que le bout de leur nez
169
Le royaume spirituel. (Mbanza-Koongo ya mazulu,
Nsinda-Mpandu, Nkulu-Mbimbi.)
184
L’AVÈNEMENT DE MFUMU KIMBANGU
(Troisième prophétie)
Pauvres princesses !
Pauvres altesses !
Pauvres duchesses !
Pauvres comtesses !
185
À plusieurs lieues des plantations de canne à sucre
Que j’entendis le rugissement du tam-tam
Qui fit vibrer mon âme
Pauvres princesses !
Pauvres altesses !
Pauvres duchesses !
Pauvres comtesses !
186
LA NAISSANCE DU PROPHETE
(Au digne enfant, le 12 septembre 1887)
187
Ayant ainsi parlé, elle regagna un ciel d’azur
Avec un sourire qui présageait une victoire future
188
INDIGNATION
(Aux centaines d’amputés)
Je suis indigné
L’atrocité de l’étranger
A dépassé les limites de l’acceptable
Je suis indigné
De braves gens
Dignitaires du royaume sont publiquement humiliés
Je suis indigné
Des enfants sont maltraités
Et exploités à longueur de journée
Je suis indigné
Des mains sont coupées
Et exposées tous les jours comme des trophées
Je suis indigné
Des villages sont brûlés
Et rasés pour terroriser les entêtés
Je suis indigné
On utilise les Noirs
Pour capturer des Noirs
189
Je suis indigné
On voudrait faire croire à la postérité
Que ce sont les Noirs qui ont vendu leurs frères
Noirs
Je suis indigné
Ceux qui nous font du mal
Veulent truquer l’histoire et travestir la vérité
Je suis indigné
Car c’est à coup de fouet
Qu’ils nous obligent à renoncer
À nos anciennes croyances au profit des divinités
étrangères
Je suis indigné
Car ceux qui nous prêchent l’amour
Ne sont que des vautours
Aux paroles douces comme du velours
190
LE PRINTEMPS NÈGRE
(Quatrième prophétie)
Viendra un temps
Où les enfants auront tout compris
Viendra un temps
Où les enfants auront tout appris
Viendra un temps
Où les enfants voudront effacer l’ardoise
Viendra un temps
Où les enfants feront table rase
Viendra un temps
Où les enfants voudront aller de l’avant
Viendra un temps
Où les enfants contempleront le firmament
Viendra un temps
Où les enfants regarderont vers l’horizon
Viendra un temps
Où les enfants entonneront la chanson
191
Viendra un temps
Où les enfants auront soif de libération
Viendra un temps
Où la nation remettra de l’ordre dans sa désignation
Viendra un temps
Où l’élu des mânes des Ancêtres viendra
Viendra un temps
Où l’enfant prodigue viendra
Viendra un temps
Où l’hostilité resurgira
Viendra un temps
Où la métropole abdiquera
Viendra un temps
Où le royaume morcelé se reconstruira
Viendra un temps
192
Où la lumière de Râ170 surviendra
Viendra le temps
Où le culte sera de nouveau adressé à Mfumu-
Ngunza171
170
Amon-Râ.
171
Nguza ou Mfumu-Ngunza-Tuléndo qui n’est autre que Râ
en Koongo, langue des Bisi-Koongo.
193
L’AVÈNEMENT DE MFUMU MATSOUA
(Prophétie de Bouéta-Mbongo)
194
L’homme blanc le prendra en chasse
L’homme blanc le prendra dans sa nasse
La disparition de Matsoua
Sonnera le gang
De la lente et progressive séparation
Fracture religieuse
Entre l’autochtone et le colon
195
La connaissance séculaire
De ceux qui,
Avant lui
Ont marché sur les traces des mânes
Pour ma part,
Je pars,
Je vais rejoindre les ancêtres
196
Sont unis par un lien permanent
197
MEA CULPA DU ROI MAKOKO
(Aux générations futures)
Moi, Makoko
Mfumu Ntôto
Je croyais avoir fait œuvre utile
En signant de mon vivant
Ce traité avec Pierre Savorgnan
198
Qui, en réalité n’était qu’une sorte d’aval
Pour couper le sein de Mama Ngounga
Et faire du mal à nos descendants ?
Comment ai-je pu
199
Ainsi les exposer
À l’assaut du paludisme
Et de la mouche tsétsé ?
Comment ai-je pu
Les jeter en pâture
Aux fourmis magnans
Et aux piqûres de serpents ?
Comment ai-je pu
Permettre aux mercenaires
De jouer les missionnaires
Et d’ouvrir une chasse aux sorcières
Contre les Ngunza et les Nganga ?
200
Gangrènent la nation ?
201
De jouir librement des biens
De leur propre territoire
J’invite les Gardiens des mystères
Ainsi que tous les sages qui se sentiraient
Concernés par ce message de réparer l’erreur
D’un roi qui a cru bien faire
En tendant la main à l’étranger
La bénédiction du Kikuruntu-Kia-kimpévé172
172
(Koongo) La Hiérarchie spirituelle Koongo.
202
Est disponible pour ceux qui pensent
Que l’accomplissement
De la Renaissance Africaine
A pour condition sine qua non
Le rejet du crucifix romain en faveur d’un
Retour à la hutte des ancêtres173
En vérité, en vérité
Les oreilles ne sont jamais
Plus longues que la tête174
M’lélé sompa kawu tomenaka ma tinuko175
Que celui qui a des oreilles
Pour entendre entende
173
Référence Les Gardiens des mystères, tome 2, par Ramsès
Bongolo.
174
(Traduction du proverbe koongo) Makutu kama yokaka ntu
ko.
175
(Proverbe koongo)
203
PROMESSE D’UN NGUNZA
Dis-moi, Koongo,
Paradis des escargots,
Des passereaux et autres oiseaux !
Dis-moi la vérité !
204
Qui est le vil corbeau
Aux apparences de colombe
Qui a creusé ta tombe ?
205
MATRICULE 22
(Aux nègres contemporains)
206
Pilote de la grande révolution
Qui point à l’horizon
Et qu’aucune tradition ne pourra contenir
La révolution culturelle qui se prépare
Aura la puissance des cataractes
Les flots qui en découleront
Inonderont l’océan d’ignorance
Dans lequel le nègre contemporain
Baigne depuis trop longtemps
Prenez pour argent comptant
Ce message du vent
Présage de l’ouragan
Qui tôt ou tard soufflera sur le continent
207
ARRESTATION MUSCLÉE
(D’André Grénard Matsoua, en février 1941)
Esprit de serpent
Cœur de lion
Force d’éléphant
Gueule de grillon
Marchand d’illusion
Donneur de leçons
A beau mentir
Qui vient de loin
Serpent d’airain
Père de Caïn
Langue de venin
Corrupteur d’Africains
210
PREMIÈRE NUIT DANS LA PRISON DE
MAYAMA
(Pensée de Matsoua aux Juda noirs)
211
Pour les éclaireurs noirs
À la solde du clergé
Je plains le voisin
Qui m’a trahi pour une poignée de sel
Et une miche de pain
Je maudis l’Africain
Qui à l’instar de Juda
M’a livré entre les mains des Romains
212
DEUXIÈME NUIT DANS LA PRISON DE
MAYAMA
Civilisé ?
Oui, mais par le fouet
Civilisé ?
Oui, mais par les armes
Civilisé ?
Oui, mais par les larmes
Civilisé ?
Oui, mais par les chaînes
Civilisé ?
Oui, mais par les poings
Civilisé ?
Oui, mais par des claques
Civilisé ?
Oui, mais par le viol
213
Civilisé ?
Oui, mais par le vol
Civilisé ?
Oui, mais par la peur
Civilisé ?
Oui, mais par la cupidité
Civilisé ?
Oui, mais par la torture
Civilisé ?
Oui, mais par l’humiliation
Civilisé ?
Oui, mais par le sang
Civilisé ?
Oui, mais par l’intolérance
Civilisé
Oui, mais par la corruption
Civilisé
Oui, mais par la perversion
214
Civilisé
Oui, mais par l’aliénation
Civilisé
Oui, mais par le racisme
Civilisé
Oui, mais par l’inhumanité
Civilisé
Oui, mais par l’animosité
Civilisé
Oui, mais par la brutalité
215
TROISIÈME NUIT EN PRISON
(Le Noir a-t-il une âme ?)
Bonne question !
Comme un animal
Et aussi sûrement qu’un végétal
Le Noir n’a pas d’âme
Comme la lune
Et aussi sûrement que le soleil
Le Noir n’a pas d’âme
217
Qui emprisonne 176 le prophète Simon Kimbagu
Le Noir n’a pas d’âme
219
QUATRIÈME NUIT EN PRISON
(D’André Grenard Matsoua)
Au fur et à mesure
Ma peau est pleine d’écorchures
Ma douleur est une déchirure
Dont chaque point de suture
Chaque fracture
Chaque fissure
Chaque ouverture
Fait mauvais augure
De la vie future
Que je passerai derrière ces murs
220
CINQUIÈME NUIT EN PRISON
(Au peuple charbon)
Peuple charbon
Peuple déchu
Peuple méprisé
Peuple opprimé
Peuple égorgé
Peuple essoré
Peuple rabaissé
Peuple humilié
Peuple dégradé
Peuple dénigré
Peuple maltraité
Peuple bafoué
Peuple vilipendé
Peuple éploré
Peuple accablé
Peuple affligé
Peuple bouleversé
Peuple court-circuité
Peuple enchainé
Peuple dompté
221
Peuple apprivoisé
Peuple déraciné
Peuple déculturé
Peuple condamné
222
SIXIÈME NUIT EN PRISON
(Koongo, qu’es-tu donc devenu ?)
Koongo,
Pays des bonobos
Koongo,
Héritage de nos Ancêtres
Koongo,
Royaume des Anciens
Koongo,
Terre d’espoir
Koongo,
Patrimoine précieux
Koongo,
Joyeux berceau
Koongo,
Terre commune
Koongo,
Qu’es-tu donc devenu ?
223
Koongo,
Je ne te reconnais plus
224
SEPTIÈME NUIT EN PRISON
(Sur l’autre rive)
225
Tu crois t’être libéré
Mais tu t’es emprisonné
178
Sur l’autre rive (cette métaphore désigne le monde
spirituel. Dans le contexte ci-dessus il désigne une religion autre
que le christianisme : celle de nos ancêtres).
226
ONZE MOIS PLUS TARD
(Mayama, 3 janvier 1942)
Le souffle du vent
Qui au paravent
Circulait librement
Dans mes poumons
A été remplacé
Par l’odeur polluée
Des défécations
Et des mictions
Je me sens impuissant
Comme un jeune hérisson
Faible et pal comme un chacal
Est-ce normal ?
La guéguerre
227
Que nous nous livrons sans relâche
M’oblige à ne pas fermer l’œil de la nuit
Surtout à minuit
Où tous les chats sont gris
Car ils veillent comme des vautours
Tournent autour et surveillent les alentours
À la moindre faiblesse
À la moindre ivresse
À la moindre caresse de Morphée
Ces voleurs s’emparent de mon dîner
228
Par bonheur, je me suis forgé un ami
C’est grâce à lui que je survis
Mon ami est une pie
Qui tous les matins,
Me redonne la vie,
Le dialogue avec cet oiseau rare
Symbole d’espoir
Me préserve efficacement de l’ennui
De la solitude continue
229
Puissent tes yeux observer
Pour ne point oublier
La cruauté des étrangers
Sur la terre de mes Ainés
230
UN ROI DÉBUSQUÉ
(Cinquième prophétie)
179
L’Égypte vis-à-vis du royaume Koongo, le terme « haut »
désignant l’antériorité.
231
Venus de l’hexagone
Auront nommé « Moyen Congo »,
Un mot qui, une fois de plus,
Ne veut absolument rien dire
180
Aigle (Phénix par extension).
181
Désordre au sens large du terme : social, économique,
administratif et politique.
182
Pays des Bâ, Terre Blanche (au sens de la lumière) encore
appelé Koongo-dia-ma-Zulu.
183
Les mauvais. Ce nom était attribué aux peuples cannibales,
nomades et forestiers aujourd’hui considérés comme autochtones,
et qui préférait vivre, en forêt, à l’état de nature plutôt que de
s’organiser en société civilisé ou en royaume.
232
Est un patrimoine hérité du Haut royaume,
Représente les âmes des morts,
Gardiens du Temple,
Gardiens de la tradition,
Symbolisés par un oiseau fabuleux
À tête humaine,
Esprits transcendants,
Libérés de l’emprise de la matière,
Promeneurs de l’astral,
Pour qui, l’au-delà,
De leur vivant,
N’avait plus aucun secret.
La langue de l’assaillant
Retentira dans tout le pays
Et votre propre langue
Réduite à un simple dialecte
233
L’étranger, pour prouver sa supériorité
Vous contraindra a entonné,
Le chant, pourtant sacré de votre nation
Dans une langue mielleuse et faite pour diviser
Le premier roi
De ce « Congo » désuni
Un fils de Ngunza,
Converti, malgré lui,
Aux croyances étrangères,
Choisi par son peuple
Et contesté par sa communauté
Pour s’être lancé
En politique avec le signe du crocodile,
Animal amphibie,
Donc disposé à servir
Équitablement la nation et le colon,
Autrement dit à faire émerger
Des eaux du grand fleuve
Les anciennes croyances inondées,
234
Le poids d’une longue malédiction
Lancer sans hésitation
184
Fulbert Youlou, premier président de la République du
Congo. Fondateur en 1956 de l'Union démocratique de défense des
intérêts africains (UDDIA).
235
APPEL AUX GENS DU ROYAUME
(Message des mânes)
Habitants de N’tôtila
Cessez de couiner
Cessez de rêver
Cessez d’hésiter
Arrêtez de sangloter
Fils du Royaume,
Cessez de réfléchir
Venez vous rafraichir
Venez vous enrichir
Laissez-nous vous anoblir
Natif du royaume,
L’heure est venue
De revêtir la tenue,
De manger cru
Et marcher dans la rue
Gens du royaume,
Venez boire à la source
De ceux qui ont versé leur sang
Accomplis mille actions
Pour préserver les traditions
236
Frères du royaume
Ne vous méprenez pas
Venez partager le repas
De ceux qui, avant vous, ont fait le pas
Sur la voie royale du Bungunza
237
LE CRI DU TAM-TAM
238
Parmi la gente stupide qui chante et qui danse
Pourtant, je suis le prophète de tous les temps
Zounga Bongolo
239
CONTRE VENTS ET MARÉES
(Aux combattants anonymes)
240
QUE VIENNE LE PHÉNIX DU KOONGO-DIA-
N’TOTILA !
185
Homme blanc.
186
Culture
241
L’homme venu du lointain a travesti mon message
La sournoise douceur de son linge
A précipité le nègre dans son piège
242
Autour des hanches larges
Pour se trémousser au rythme cardiaque
Des sonorités paradisiaques
243
Qui donc viendra en aide à la nation ?
Qui allumera l’étincelle flamboyante de
l’illumination ?
187
Ici l’auteur fait référence à l’Afrique.
244
SERMENT D’UN PRISONNIER D’AMBUILA
(Aux compagnons de détention)
245
Prêtres et prophètes bafoués
Par des missionnaires armés
188
Bataille d’Ambouila (1665)
246
Quoi qu’il m’en coûte
Je défendrai mes valeurs
Éveillé ou endormi
Je honnirai ces prêtres malsains
Qui se font passer pour des saints
247
Je ne serai pas le faible maillon
Mort ou vif
Je réhabiliterai nos croyances d’antan
248
SANG D’AFRIQUE
(Aux nègres contemporains)
Sang d’Afrique
Versé sur l’Atlantique
Sang de milliers d’Africains
Déportés par les Portugais et les Français
Sang d’Afrique
Consommé par les requins
249
Sang d’Afrique
Sueur des Afro-américains
Sang d’Afrique
Larmes des Martiniquais
Sang d’Afrique
Tiré des Dominicains
Sang d’Afrique
Extrait des Antillais
Sang d’Afrique
Extorqué des Brésiliens
Sang d’Afrique
Dépouillé des veines des Cubains
Sang d’Afrique
Dispersé en Colombie
Sang d’Afrique
Répandu au Venezuela
Sang d’Afrique
Fierté des Haïtiens
250
Sang d’Afrique
Contraint à devenir chrétien
Sang d’Afrique
Martyrisé par Caïn
N’oublie jamais d’où tu viens
251
252
Épilogue
189
Saint (e).
253
qui, associés à d’autres, combleront – nous en sommes
convaincus –, les pages vides du puzzle de l’histoire
noire, mais aussi, et surtout, elle pose les questions qui
« fâchent » : l’Église catholique a-t-elle servi ou desservi
l’Afrique ? Devons-nous continuer avec une religion qui
ne nous a que trop exploités ou revenir aux anciennes
« amoures », aux religions africaines qui n’attendent que
notre signal pour nous accueillir à bras ouverts et aider
l’Afrique à combler les trous laissés par des siècles
d’esclavagisme, de religionnisme190, d’ignorance et de
misères imposées par l’Occident ? Devons-nous, en ce
21ème siècle, demeurer dans la servitude spirituelle
volontaire ou choisir l’option de
l’affranchissement complet ? Pauvreté éternelle ou
développement perpétuelle ? Bref, christianisme ou
déchristianisation du continent Africain ?
Étant condamné à faire le choix entre un statu quo
aveuglant ou un schisme clairvoyant, puisse le choix du
nègre contemporain être divinement inspiré, guidé, aidé,
éclairé ! Puisse l’Africain moderne choisir l’option qui
donnera au continent noir ce qu’il y a de meilleur pour
son plein épanouissement !
190
Idéologie qui affirme la supériorité d’une religion, en
prônant souvent l'élimination des autres. Hostilité envers les
personnes d'appartenance religieuse différente. (Ce mot est un
néologisme officieux, une création de l’auteur.)
254
Quel que puisse être son choix, le nègre
contemporain devra garder à l’esprit qu’il est – qu’il le
veuille ou pas – l’héritier d’une culture qui risquerait de
s’éteindre s’il ne prend la mesure de la situation ou
refuse de tirer le bénéfice du sang versé par ses Ancêtres
pour la libération de l’Afrique. Ensemble, frères du
continent, méditons sur cette pensée de Tertullien191 :
«Le sang des martyrs devient la semence de l’Église. »
Que Mfumu-Ngunza, les Balongo et les mânes de nos
Ancêtres bénissent l’Afrique !
AK.
191
Tertullien (v. 155-v. 222), en lat. Quintus Septimius
Florens Tertullianus, premier écrivain chrétien de langue latine.
255
256
DU MEME AUTEUR :
257
Achevé d’imprimer par Corlet numérique
14110 Condé-sur-Noireau
Numéro d’imprimeur : 129502
Dépôt légal : décembre 2016
Imprimé en France
258