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Le Controle Interne Et La Gestion Des Risques Banc

Ce document décrit le système de contrôle interne bancaire et son importance pour la gestion des risques bancaires. Il examine comment le contrôle interne a évolué et son impact sur la performance des banques marocaines.

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Le Controle Interne Et La Gestion Des Risques Banc

Ce document décrit le système de contrôle interne bancaire et son importance pour la gestion des risques bancaires. Il examine comment le contrôle interne a évolué et son impact sur la performance des banques marocaines.

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Le contrôle interne et la gestion des risques bancaires : cas des banques


marocaines

Article · January 2020

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2 authors:

Afafe Hertouch
Mustapha Achibane
Université Ibn Tofail
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Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit
ISSN: 2550-469X
Volume 4 : numéro 2

Le contrôle interne et la gestion des risques bancaires : cas


des banques marocaines

Internal control and banking risk management: the case of


Moroccan banks

HERTOUCH Afafe
Doctorante chercheuse
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Kénitra (ENCGK)
Université Ibn Tofail - Maroc
Laboratoire de Recherche en Sciences de Gestion des Organisations (RSGO)
[email protected]

ACHIBANE Mustapha
Enseignant chercheur
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Kénitra (ENCGK)
Université Ibn Tofail - Maroc
Laboratoire de Recherche en Sciences de Gestion des Organisations (RSGO)
[email protected]

Date de soumission : 07/05/2020


Date d’acceptation : 30/06/2020
Pour citer cet article :
HERTOUCH A. & ACHIBANE M. (2020) « Le contrôle interne et la gestion des risques bancaires : Cas des
banques marocaines », Revue du contrôle, de la comptabilité et de l’audit « Volume 4 : numéro 2» pp : 899 - 917

Revue CCA www.revuecca.com Page 899


Résumé
Le fondement de base de l’activité bancaire est la gestion des risques. Ces risques émanent
principalement de la relation entre les agents à besoin de financement et ceux à capacité de
financement. Cette relation est caractérisée par une asymétrie d’information et une incertitude
majeure relative au comportement des agents à besoin de financement. Ces agents peuvent
développer un comportement nuisible vis-à-vis des autres agents économiques. Ce
comportement se matérialise par une logique d’insolvabilité. D’où, l’émergence du risque
bancaire. Ce risque peut être à l’origine d’une crise financière et par conséquent d’une crise
systémique. Pour y faire face, les autorités de tutelle, dans le cadre de la gestion prudentielle
des risques bancaires, n’ont cessé de renforcer le dispositif prudentiel. Dans ce sens, ils ont
imposé aux établissements de crédit, conformément aux recommandations des accords de
Bâle II, de mettre en place un système de contrôle interne. Néanmoins, la multiplication des
dysfonctionnements au sein du système financier international a montré l’incapacité de ce
dispositif prudentiel à prévoir et gérer les différents risques bancaires. Le présent travail a
pour objectif d’étudier le système de contrôle interne comme étant un pilier de la gestion des
risques bancaires et de mesurer son impact sur la performance bancaire.
Mots clés : contrôle interne ; risques bancaires ; performance ; règlementation bancaire
Abstract
The basic foundation of banking activity is risk management. These risks are mainly due to
the relationship between agents with funding needs and those with funding capacity. This
relationship is characterized by an asymmetry of information and a major uncertainty
regarding the behavior of agents in need of funding. These agents may develop harmful
behavior in the opposite of other economic agents. This behavior materializes in a logic of
insolvency. From where, the emergence of banking risk. This risk can lead to a financial crisis
and therefore a systemic crisis. To cope with this, the supervisory authorities, in the context of
the prudential management of banking risks, have continuously strengthened the prudential
system. In this sense, they have required credit institutions, in accordance with the
recommendations of the Basel II agreements, to establish a system of internal control.
Nevertheless, the proliferation of dysfunctions in the international financial system has shown
the inability of this prudential system to anticipate and manage the various banking risks.
The aim of this research is to study the internal control system as a mainstay of banking risk
management and to measure its impact on banking performance
Keywords: internal control; banking risks; performance; banking regulations
Introduction

Le fondement de base de l’activité bancaire est la gestion du risque. Ce travail de gestion


impacte le comportement des entités bancaires en termes de performance. En effet, les
établissements de crédit essayent par tous les moyens de minimiser l’impact du risque sur leur
performance. Dans ce sens, ils ont mis en place et ont eu recours à certain nombre de modèles
et de méthodes s’inscrivant dans la gestion opérationnelle du risque.
Dans une logique préventive de gestion du risque, les banques ont été appelés à mettre en
place un système de contrôle interne, ayant pour vocation principale d’anticiper et de prévoir
l’éclosion des risques, principalement le risque opérationnel. Ce système consiste en la mise
en place de méthodes, de normes et de règles à respecter par les entités bancaires dans le
cadre de leur activité quotidienne. Il représente un outil de gestion opérationnelle du risque au
service de la gestion prudentielle, imposée par les autorités de tutelle.

Cet article a pour objet d’étudier le système de contrôle interne bancaire et son impact sur le
comportement des établissements de crédit, principalement en termes de performance. Pour y
parvenir, on doit essayer de comprendre comment cet outil peut permettre une gestion
rationnelle des banques. Autrement dit, le système de contrôle interne bancaire se présente-il
comme un outil efficace pour la gestion des risques bancaires ? Comment a-t-il évolué dans le
temps ? Pour répondre à ces questions, on va se référer au cas des banques marocaines.
Ainsi, cette étude a pour ambition de chercher une réponse aux questions suivantes :
- Comment le système de contrôle de gestion permet-il la gestion des risques
bancaires ?

- Dans quelles mesures les banques marocaines sont investies dans la pratique du
contrôle interne ?

- Quel est l’impact de la pratique du contrôle interne sur la performance des banques
marocaines ?

Pour traiter ces questions, l’article sera structuré par rapport à trois axes. Lors du premier axe,
on va essayer de définir le système de contrôle interne bancaire afin de mettre en lumière ses
composantes et son utilité.
Le deuxième axe sera l’occasion d’énumérer les différents risques bancaires et leur relation
avec le système de contrôle interne.
Le troisième axe servira à analyser l’impact du contrôle interne sur la performance bancaire
des établissements de crédit marocain.

1. Le système de contrôle interne


1.1. Définition
La première définition du contrôle interne a été lancé en1960 par l'Ordre français des experts-
comptables et la Compagnie des commissaires aux comptes comme l’ensemble des mesures
de sécurité contribuant à la maitrise de l’entreprise en démontrant que la maîtrise des risques
essentiels en comptabilité permettait d’assurer la régularité et la sincerité des comptes.

Et Dés 1977 l’ordre français des experts comptables donne une autre définition qui dépasse le
cadre comptable en mettant l’accent sur le caractère universel de la notion au sein de
l’organisation, cette définition qui était aussi remplacé par le « Consultative Committee of
Accountancy » en soulignait le double caractère de maîtrise et d'universalité en 1978.
(Renard, 2012)

C’est avec l’apparition de certains scandales en 1985 que commence vraiment l’actualisation
de la définition du contrôle interne par une commission du Sénat américain dénommée
« Tradeway Commission» dans le but d’élaborer un référentiel de concepts uniformes en
matière de contrôle interne connu simplement sous le nom COS0 (Committee of sponsoring
Organisations of the Tradeway) et dont les travaux ont donné lieu à un référentiel, publié en
1992 sous le titre « La pratique du contrôle interne» .
Selon le référentiel COSO le système de contrôle interne couvre l’ensemble d’activités,
actions et politiques mis en œuvre par une entité dans le but d’assurer :
 L’efficacité et l’efficience des opérations ;
 La fiabilité des rapports financiers ;
 le respect des lois et réglementations applicables (Leitch, 2008)

Après 1992 l’ensemble des définitions qui viennent par la suite n’ont fait que compléter et
mettre en valeur les concepts initiaux du COSO et du Coco.
On peut synthétiser et dire que selon l’AMF (autorité des marché financiers) dans son cadre
de référence (2006) le contrôle interne est un dispositif de la société défini et mise en œuvre
sous sa responsabilité pour servir à la maitrise de l’ensemble de ses activités en permettant à
mieux gérer les risques significatifs, qu’ils soient opérationnels, financiers ou de conformité.
(Renard, 2012)

1.2. Objectifs du contrôle interne


Les principaux objectifs du processus de contrôle interne peuvent être classés en trois
groupes :
o Les objectifs de performance :il s’agit des objectifs liés à l’efficience et l’efficacité
de la banque quant à la réalisation de ses objectifs et l’utilisation de ses ressources.
o Les objectifs d’information : il s’agit des objectifs liés aux repoting interne et
externe, financier et extra-financier, à l’établissement des états financiers fiables et
solide et des rapports pertinents et récents indispensable à la prise de décision au sein
de la banque.
o Les objectifs de conformité : il s’agit de donner une assurance raisonnable sur la
conformité des dispositifs internes par rapport aux lois et aux règlements aussi que par
rapport aux statuts et procédures de l’organisation.

1.3. Composantes du contrôle interne


Le COSO découpe les éléments du Contrôle Interne en 5 parties, indique que pour atteindre
ses objectifs, l'organisation peut s'appuyer sur cinq composantes du contrôle interne (Leitch,
2008) :

Environnement de contrôle : qui correspond à la culture de contrôle diffusée au sein de


l’entreprise aux caractéristiques et à la dimension.il est assez important parce qu’il
conditionne les autres composantes pour déterminer un environnement interne favorable à la
maîtrise des risques.

Évaluation des risques : il s’agit de définir l’ensemble des facteurs susceptibles d’affecter
l’activité bancaire ce qui nécessite un processus dynamique et itératif d'identification, de
mesure et d'analyse des risques susceptibles d'affecter l’ensemble de l’activité.

Activités de contrôle : il s’agit de l’ensemble des mesures prises par la direction générale, le
Conseil et d'autres parties pour maîtriser les risques et assurer la réalisation des objectifs et
buts fixés par l’organisation.
Information et communication : il s’agit de maitriser la qualité de l’information, la qualité
des systèmes d’information, stratégiques et intégrér aux opérations pour faciliter le
fonctionnement du contrôle interne. Il correspond à la collecte des informations utiles et à leur
identification, à la communication des informations au dirigeant et enfin à la communication
de la part du dirigeant à l’ensemble du personnel de l’entreprise.

Pilotage : il s’agit notamment d’une évaluation permanente et/ou ponctuelle des activités de
contrôle interne et la mise à jour des procédures en fonction des besoins à tous les niveaux de
l'organisation.

1.4. Les différents niveaux de contrôle


Le 1er niveau de contrôle : Il s’agit des autocontrôles, est assuré par les opérationnels et la
hiérarchie, on parle alors du contrôle opérationnel et du contrôle hiérarchique
Le 2ème niveau de contrôle : est assuré par plusieurs parties pour assurer le contrôle
comptable, le contrôle de gestion, le contrôle de conformité (une fonction qui existe dans
certaines organisations telles que les banques) et le contrôle interne.
Le 3ème niveau de contrôle : il s’agit des auditeurs internes et inspecteurs.
Le 4ème niveau de contrôle : Il peut s’agir d’un Commissaire Aux Comptes, ou d’un organe
de tutelle.

2. Le dispositif de Contrôle interne et gestion des risques bancaires


Le fondement de base d’une banque c’est la gestion des risques. En effet, les établissements
de crédit essayent par tous les moyens de minimiser l’impact du risque sur leur performance.
Dans ce sens, ils ont mis en place et ont eu recours à certain nombre de modèles et de
méthodes s’inscrivant dans la gestion opérationnelle du risque.
Pour ce faire les autorités de tutelle ont fait du contrôle interne une partie intégrante du
dispositif de management des risques.
D'après le COSO : Un risque est défini comme la possibilité qu'un événement survienne et ait
un impact défavorable sur la réalisation des objectifs.

2.1. Risques inhérents à l’activité bancaires


Comme précisé, la raison d’être d’une banque est la prise des risques de plusieurs natures.
Et si on veut synthétiser les principaux risques inhérents à l’activité bancaire on aura :
2.1.1 Risque de crédit :
Accorder un crédit est un acte complexe, il est lié à des risques dont la couverture devient un
principe de sauvegarde. Selon Thierry Roncalli « le pourcentage de chances pour qu’un
débiteur où l’émetteur du moyen de paiement soit dans l’impossibilité de payer l’intérêt dû ou
de rembourser le principal selon les termes spécifiés dans la convention de crédit est inhérent
à l’activité bancaire ». (Greuning et al., 2004)
La notion du risque de crédit étant le risque de perte auquel la banque est exposée en cas de
défaillance de la contrepartie. Il résulte de la combinaison de 3 facteurs : le risque de
contrepartie, le risque d'exposition et le risque de récupération.

2.1.2 Risque de marché :


Sur les marches financiers les banques subissent des fluctuations des cours de marché, qui
peuvent être favorable comme défavorable et qui peuvent engendrer par la suite des pertes
financières.
Le risque de marché est alors le risque de subir des pertes financières face aux variations des
prix des instruments financiers.
Les principaux risques de marché sont : le risque de taux, le risque de change, et le risque de
liquidité.
2.1.3 Risque opérationnel :
Il se définit selon le comité de Bâle II comme « le risque de pertes résultant de carences
ou de défaillance attribuables à des procédures, personnels et systèmes internes ou à des
évènements extérieurs ». (BOUCHET M-H., 2007)

2.2. Processus de gestion des risques


Le processus de gestion des risques est quasiment le même dans toutes les organisations et
suit des normes internationales. L’outil le plus utilisé par l’auditeur interne en matière
d’identifier les risques c’est notamment la cartographie des risques qui permet d’indiquer où
se trouve le bon équilibre entre le risque et l'activité de contrôle, là où les activités de contrôle
sont plus efficaces vis-à-vis des risques critiques que des risques faibles.

Selon la norme ISO 31000 : la première norme relative à la gestion des risques reconnue à
l'échelle mondiale publié en 2009 par l'Organisation internationale de normalisation, il est
indispensable de mettre en place, dans l'ensemble de l'organisation, un processus qui permette
au management du risque de fonctionner de manière efficiente.
Ce processus contient selon la norme ISO 31000 Illustré comme suit :
Figure N°1 : Processus d’évaluation des risques

Source : Processus global d’appréciation et de traitement des risques


(Tiré de la norme ISO 31000 :2008)

L'établissement du contexte : qui consiste à mettre en place un environnement favorable


pour le bon déroulement du processus de management du risque qui veut dire étudier les
facteurs internes et externes qui pourront influencer le processus du management du risque.
L'appréciation du risque : consiste au processus global d’identification, d’analyse et
d’évaluation du risque.
Il convient que l’appréciation du risque soit menée de façon systématique, itérative et
collaborative, en s’appuyant sur les connaissances et les opinions des parties prenantes. Il
convient d’utiliser les meilleures informations disponibles, complétées si nécessaire par une
enquête plus approfondie. (Iso 31000:2018)
Le traitement des risques : qui consiste à prendre des décisions similaires à celles du COSO
il s’agit de réduire les menaces brutes (risque brut) pour arriver à un risque résiduel (risque
net) le plus faible possible.
Le système de contrôle interne est représenté sous la forme d'un entonnoir, qui illustre le «
filtrage » des principaux risques opérés à divers niveaux du système.
Figure N°2 : Processus de traitement des risques

Source : IFACI

La suivi et revue du risque : consiste à savoir si les modalités de traitement des risques sont
conformes et correctement enregistrées pour mieux prévenir les risques.
L'établissement d'un processus de communication : 1La communication et la consultation
visent à :
— réunir différents domaines d’expertise pour chaque étape du processus de management du
risque ;

1
(ISO 31000:2018(fr), Management du risque — Lignes directrices, s. d.)
— s’assurer que les différents points de vue sont pris en compte de manière appropriée dans
la définition des critères de risque et lors de l’évaluation des risques ;
— fournir suffisamment d’informations pour faciliter la surveillance du risque et la prise
de décisions ;
— faire naître un sentiment d’inclusion et de propriété parmi ceux affectés par le risque.

2.3. Analyse des instruments d’appréciation des risques bancaires


Récemment, les mécanismes prudentiels et les instruments utilisés en matière d’analyse des
risques des établissements des crédits sont évolué d’une manière importante qui a rendu le
contrôle interne bancaire une obligation et une nécessité en matière de gestion des différentes
risques bancaires.
Le Comité de Bâle publie pour la première fois en 1975 un document intitulé le « Concordat
de Bâle » ,et revue en 1983,qui met l’action sur le principe d'une surveillance bancaire
consolidée en vue de couvrir toute lacune en matière de surveillance et régulation bancaire.
(Hennani, 2017)
 Accords de Bâle I :
Le principe des premiers accords, en 1988, est d’instaurer un taux minimum baptisé le ratio
Cooke pour renforcer les fonds propres. (ACPR & VISNOVSKY, 2017)

Ratio Cooke = Fonds propres >8%


Risques


- Fonds propres = Capital et réserves (« Tier 1 ») 2 + Emprunts subordonnés (« Tier 2)3
- Et Risques = risques « pondérés »
- Etat Risque à 0 %
- Banque Risque à 20 %
- Crédit immobilier Risque à 50 %
- Autres crédits Risque à 100 % (ACPR & VISNOVSKY, 2017)

2
« Tier » est un mot anglais pouvant se traduire par « étage » ou « catégorie ».
Le ratio global était notamment décomposé en deux parties : un ratio dit « Tier 1 » de 4 % où le capital était
supposé être du « vrai » capital (c’est-à-dire comme les actions, seule ressource non remboursable) ;
3
et un autre ratio de 4 % « Tier 2 » qui désigne notamment les fonds propres complémentaires, par exemple
les plus-values latentes ou les provisions.
Le Comité de Bâle amende le ratio Cooke en 1996 pour prendre en compte les risques de
marché et ouvre la possibilité d’utiliser les modèles internes pour calculer les fonds propres
réglementaires sur ces risques et pourtant ce ratio dévoile des lacunes d’où la publication des
accords Bâle II.

 Accords Bâle 2 :
Les Accords Bâle 2 viennent renforcer les limites rencontrées au niveau de bale 1, mises en
place entre 2004 et 2008, notamment en ce qui concerne la limite au risque de crédit et du
marché. Bale 2 vient pour introduire et clarifier l’importance du risque opérationnel.

- Pilier 1 : exigences minimales de fonds propres


Le ratio de Cooke devient donc le ratio Mac Donough, il se formule ainsi :

Source :lafinancepourtous.com

Le nouvel accord vient donc comme extension et renforcement du premier accord mais la
définition des fonds propres règlementaires reste inchangée et le ratio minimal requis demeure
fixe à 8%.

- Pilier 2 : surveillance de la gestion des fonds propres

Ce pilier définit les contrôles exercés par les autorités de surveillance bancaire en matière de
gestion des risques, le processus de surveillance prudentielle doit garantir que les banques
disposent de fonds propres leur permettant de couvrir les différents risques ainsi qu’inciter les
banques à utiliser les techniques de surveillance et de gestion des risques efficaces.
Le comité présente 4 aspects particuliers dans le pilier 2 :
 Principe 1 : Les banques doivent mettre en place un dispositif d’évaluation des fonds
propres face aux risques auxquelles elles sont exposées en vue de maintenir leurs
niveaux de fonds propres.
 Principe 2 : Les autorités de contrôle doivent mettre à jour l’ensemble des procédures
bancaires dans le but de maintenir leurs niveaux de fonds propres et assurer le taux de
solvabilité minimale, pour prendre des mesures prudentielles appropriées en cas de
non satisfaction des autorités.
 Principe 3 : Les autorités de contrôle doivent prévoir les banques qu’elles exercent
leurs activités avec des fonds propres supérieurs aux ratios règlementaires minimaux
et solliciter par la suite qu’elles disposent des fonds propres en plus de ces montants
minimaux.
 Principe 4 : Les autorités de contrôle doivent s’efforcer d’intervenir tôt pour éviter le
non-respect des niveaux minimaux des fonds propres et doivent essayer de mettre en
œuvre dans ,le bref délai, les mesures correctives le cas échant. (Hennani, 2015.)

-Pilier 3 : Discipline de marché


Ce pilier vise à définir des exigences de communication des informations financières pour les
banques en vue d’instaurer les règles de transparence au grand public en matière de
communication d’information sur les actifs, les risques et leur gestion.
Ces exigences devraient renforcer d’une manière importante la place du contrôle interne dans
l’appréciation de la solidité d’un établissement.

 Accords Bâle 3 :
Les accords de Bâle III font suite aux insuffisances de la règlementation prudentielle mises en
évidence par la crise des subprimes. (Hennani, 2015.). L’objectif est de restaurer la confiance
dans l’évaluation des risques réalisés par les banques.
Ces accords mettent plusieurs mesures visant à réformer en profondeur le dispositif prudentiel
international.
Des exigences renforcées pour le capital et de nouvelles normes :
 Mieux assurer la couverture des risques
 Assurer la qualité et la quantité des fonds propres
 Des coussins (fonds propres supplémentaires) en haut de cycle pour freiner la
croissance excessive du crédit
 Diminution du levier
 Encadrement de la liquidité
 Prise en compte renforcée du risque de taux dans le Pilier 2
En pratique, les travaux de finalisation de Bâle 3 portent sur :4
 Mesure du risque de crédit : révision en profondeur de l’approche standard et
encadrement accru de l’approche notations internes
 Mesure du risque opérationnel : refonte du dispositif existant (nouvelle approche et fin
de l’utilisation des modèles internes)
 Introduction d’un plancher (capital output floor) entre le calcul en méthode interne et
celui en méthode standard
 Introduction d’une exigence de levier spécifique pour les banques systémiques (G-
SIBs), au-delà de l’exigence de 3% de capital (Tier 1).

3. Analyse de l’efficacité de système de contrôle interne bancaire


3.1. Aperçu du secteur bancaire marocain
Le système bancaire marocain, comme le système bancaire international suit la
règlementation prudentielle en matière de gestion des risques encadrés par les modalités
induites par la Banque Centrale (Bank Al Maghrib)
L’exercice de l’activité bancaire et les modalités de sa supervision sont régis par la loi n°34-
03 de 2006 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés et par ses textes
d’application.
La nouvelle loi bancaire, référencée loi n°103-12 relative aux établissements de crédit et
organismes assimilés, a fait l’objet d’une nouvelle réforme, après celles de 1993 et 2006.
Celle-ci a été adoptée par le Parlement, le 24 novembre 2014 et a été publiée au Bulletin
Officiel, le 22 janvier 2015 (note info loi bancaire.pdf, s. d.)

La loi consacre l'obligation de la mise en place des Comités d’audit chargés d’assurer
l’évaluation des dispositifs du contrôle interne ainsi que des comités chargés du suivi du
processus d’identification et de gestion des risques et suite à cette loi, les établissements de

4
Banque de France : Séminaire national des professeurs de BTS Banque Conseiller de Clientèle
crédit marocains sont obligés de mettre en place un système de contrôle interne. Par contre la
mise en place d’une cartographie des risques, qui joue le rôle majeur dans l’identification et
l’évaluation des risques, dans le secteur bancaire marocain n’a commencé qu’en 2013.

En 2018, le champ de contrôle de Bank Al-Maghrib a couvert une population de 86


établissements de crédit et organismes assimilés, comprenant 19 banques conventionnelles
dont 3 dotées d’une fenêtre participative, 5 banques participatives, 28 sociétés de
financement, 6 banques offshore, 13 associations de micro-crédit, 13 établissements de
paiement. (Rapport annuel de Bank Al Maghrib 2018)

Les neuf groupes bancaires ont ainsi clôturé l’exercice 2018 avec un résultat net-part du
groupe en hausse de 4,4% après 9,2% en 2017, traduisant une progression modérée du PNB et
une baisse du coût du risque. (Rapport annuel de Bank Al Maghrib 2018)

En juillet 2018, une circulaire relative aux conditions et modalités de fonctionnement du


comité d’audit a été mise en place par Bank al Maghrib pour l’application des dispositions de
l’article 78 de la loi bancaire, et reprend les dispositions de la circulaire n°4/W/14 relative au
contrôle interne des établissements de crédit régissant ce comité, tout en tenant compte des
recommandations édictées par le Comité de Bâle en matière de gouvernance bancaire.

3.2. Analyse de la performance du secteur bancaire marocain


D’après la présentation de la notion de contrôle interne bancaire, on constate que la rentabilité
et la performance de la banque sont des indicateurs essentiels afin d’amener un bon contrôle
et de déterminer la capacité de la banque à réaliser une rentabilité importante ce qui nous
amène à analyser les différents facteurs ci- dessous :
3.2.1 Analyse du produit net bancaire (PNB) (en millions de DA)

Figure N°3 : l’évolution du PNB

PNB
46
45,1
46 44 43,6
44
42 40,3
40 38,6
38
36 35,9 pnb
34
32
30

2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

Source : Elaborée à partir des rapports d’activité de Bank Al Maghrib.

L’évolution du PNB dénotent une consolidation de la situation financière de la banque issue


de l’augmentation des résultats qui lui confère une position financière confortablement et
tendanciellement évolutive.
Néanmoins en 2015 une baisse nette du PNB qui peut être expliqué par la diminution du taux
d’intérêt et l’augmentation du coût du risque.

3.2.2 Analyse du résultat net bancaire (en millions de DA)

Figure N°4 : l’évolution du RNB

RNB
10,80
11,00
10,50 10,10 10,00
10,00 9,90 9,90
9,50 9,4
9,20
9,00 RNB
8,50
8,00

2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

Source : Élaborée à partir des rapports d’activité de Bank Al Maghrib.


L’analyse du résultat net bancaire (RNB) a évolué d’une manière positive. Le RNB est passé
de 10,1 milliards de dirhams en 2011 à 10,8 milliards de dirhams en 2017 qui est dû
principalement à la stabilité des revenus par les activités de transformation.

3.2.3 Analyse de la rentabilité

Figure N° 5 : ROE (Rendement de fonds propre)


14,00%

13,40%
ROE
13,00%

12,00%
11,80%

11,00%
10,60%
10,20%
10,00%
9,50%
9,00% 9,10%
8,60% ROE
8,00%
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

Source : Elaborée à partir des rapports d’activité de Bank Al Maghrib.


Le rendement de fonds propre a connu sa meilleure performance en début de période 2011. Le
ROE de la banque a commencé à décroitre à partir de 2012 et a continué jusqu'à 201 . Cela
est dû à l’accroissement des fonds propres, alors que le résultat n’a pas forcement augmenté
proportionnellement. Néanmoins la rentabilité des fonds propres continue d’afficher une
performance élevée.
Figure N° 6 : ROA (Rendement des actifs)

ROA
2,00%
1,50%
1,00%
0,50%
0,00%

2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

ROA

Source : Elaborée à partir des rapports d’activité de Bank Al Maghrib.


Le rendement des actifs est l’expression de la rentabilité des actifs de la banque, il rapport le
résultat net au total du bilan. On remarque que ce ratio est presque stable depuis 2012 et 2014.
Il y a certes une légère baisse qui s’observe entre 2014 et 2017 cette baisse est alliée à
l’augmentation du total actif.

3.2.4 Analyse de taux des créances en souffrance


Figure N° 7 : Taux des créances en souffrance

Taux des créances en souffrance


8,00%
7,50% 7,6% 7,5%
7,00% 6,90% 7%
6,50%

6,00% 5,90% Taux des créances en


5,50% souffrance
5,00%
4,50% 5,00%
4,80%
4,00%

2011201220132014201520162017
Source : Elaborée à partir des rapports d’activité de Bank Al Maghrib.

Les créances en souffrance des banques ont poursuit leur trend haussier dès 2011 jusqu’à
2017. En effet, ce taux donne une impression favorable sur l’état des banques marocaines.

3.2.5 Analyse du Coût des risques

Figure N° 8 : cout de risque

Coût de risque
9
8,7
8 8,4
8
7,4
7 6,8
6 Coût de risque
5,7
5
4
3,8
3
2011201220132014201520162017
Source : Elaborée à partir des rapports d’activité de Bank Al Maghrib.
Le coût de risque a connu une hausse significative depuis 2011 face à l’augmentation des
dotations en provision, la chose qui marque la bonne gestion des risques au sein des banques
marocaines.

Conclusion

Tout au long de cet article, on a essayé de mettre en valeur le système de contrôle interne,
comme étant un outil de gestion des risques bancaires, et son impact sur l’activité des banques
marocaines en termes de performances. Il s’agit d’un système basé sur le respect des
procédures, des normes et des règles lors de l’application des stratégies bancaires au service
de la recherche de la création de valeur.
Cette création de valeur, synonyme de performance, a été approchée à travers l’analyse des
indicateurs de rentabilité. L’analyse de ces indicateurs indiquent l’amélioration de la
performance des établissements marocains malgré l’effort fourni en termes de gestion
prudentielle, matérialisée par le renforcement des fonds propres destinés à faire face à des
éventuelles éclosions de risque dans le temps.
Les résultats obtenus montrent une amélioration de la performance même après la mise en
place de ce système, ayant pour vocation de s’assurer du respect des consignes prudentielles
imposées par le législateur.
Cette étude a permis de comprendre que l’activité bancaire est caractérisée par une évolution
permanente. Cette évolution est corrélée à une apparition en permanence de nouveaux risques.
D’où, l’utilité de la conception de nouveaux outils et de l’adaptation des ceux déjà existants,
principalement le système de contrôle de gestion bancaire.
Les établissements de crédit doivent se doter d’un système de contrôle interne efficace et
dynamique adapté à leur organisation et structures ainsi qu’aux risques auxquels ils font face.
Néanmoins, la multiplication des dysfonctionnements au sein du système financier
international a montré l’incapacité de ce dispositif prudentiel à prévoir et gérer les différents
risques bancaires. La maîtrise de ces risques devient alors un défi notamment par les autorités
de contrôle.
Au final, le contrôle interne bancaire doit reposer sur un ensemble de méthodes et procédures
formalisées et facilement accessibles. Il convient à présent de nous livrer à une réflexion sur
sa contribution pratique aux banques marocaines.
Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit
ISSN: 2550-469X
Volume 4 : numéro 2

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