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Anatomie Endodontique Fondamentale Et Clinique

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Anatomie endodontique fondamentale et clinique

Etienne Médioni : Docteur en chirurgie dentaire et en sciences odontologiques, maître de


conférences des Universités, praticien hospitalier au CSERD de Nice, ancien assistant à l'UFR
d'odontologie, attaché d'enseignement dans le département d'OCE (Pr Rocca)
Gérard Vené : Docteur en chirurgie dentaire et en sciences odontologiques, ancien assistant à l'UFR
d'odontologie, attaché d'enseignement dans le département d'OCE (Pr Rocca)
Nice-Sophia Antipolis France

Résumé

Tout traitement endodontique commence par l'étude de clichés radiographiques qui nous renseignent
sur l'anatomie interne de la dent.

Quelle que soit la qualité de ces clichés, leur définition est insuffisante pour apprécier précisément
l'anatomie du système canalaire dont la complexité est extrême.

C'est pourquoi, depuis la fin du siècle dernier, époque à laquelle s'est vulgarisée la pratique de la
chirurgie pulpaire, de nombreux chercheurs ont fait preuve de beaucoup d'ingéniosité pour mieux
connaître l'anatomie canalaire endodontique.
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Anatomie endodontique fondamentale (+)

Anatomie endodontique clinique (+)

Signes radiographiques de l'anatomie canalaire (+)

Conclusion

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Anatomie endodontique fondamentale

En plus de la cavité pulpaire macroscopique, telle qu'on la connaît par la radiographie ou des coupes
longitudinales de la dent, il existe des ramifications nombreuses qui sont :

• des ramifications du canal principal décrites pour la première fois par Aguilhon de Saran en
1904 [22] ;
• des tubuli dentinaires, dont le diamètre moyen varie de 2 à 5 μm, et qui perforent la dentine
dans la totalité de son volume.

Ce sont essentiellement les ramifications du canal principal qui ont fait l'objet de nombreuses études.

Différentes techniques de mise en évidence des canaux et de leurs ramifications furent imaginées.
On peut les classer en huit catégories.

Moulage

C'est la méthode la plus ancienne. Après élimination des tissus organiques, la cavité endodontique
est remplie d'une substance durcissante, puis les dents sont décalcifiées.
Preiswerck en 1901 [17] utilisa le métal de Wood, Fischer en 1908 [6], le celluloïd en dissolution dans
l'acétone, et Hess (Walter) en 1917 [12], du caoutchouc vulcanisé.

Plus récemment, Skidmore et Bjorndal en 1977 [21] utilisèrent une résine polyester
autopolymérisable, qui n'est plus injectée, mais déposée dans la chambre pulpaire, et aspirée vers
l'apex par une pompe à vide, ce qui limite les risques d'artefacts consécutifs à une pression
excessive.

Diaphanisation

C'est un procédé qui permet de visualiser par contraste l'architecture de la cavité pulpaire.

Cette technique comprend deux étapes principales.

• 1re étape : coloration de la cavité pulpaire à l'aide d'une teinture : encre de Chine pour
Okumura [14], Carames de Aprile [5] et Cambon, hématoxyline pour Vertucci [26].
• 2e étape : transformation de la dent en un objet diaphane (translucide). La diaphanisation permet
une étude anatomique sans destruction de la dent, une visualisation de zones très étroites, et un
examen à l'oeil nu.

Radiographies

Avec remplissage de l'espace endodontique

Cette méthode se rapproche de la précédente dans sa conception et fut employée pour la première
fois par Richter en 1936 [22] qui utilisa du mercure comme substance de contraste.

[22] [22]
Kirkham en 1975 utilisa du lipiodol et Hession en 1977 de l'iodothalamate de sodium.

Sans remplissage

C'est la principale méthode d'étude in vivo. Mais in vitro, elle permet la prise de clichés en direction
vestibulolinguale et mésiodistale [13, 27].

L'avantage de cette technique réside dans le fait qu'il n'est pas nécessaire de pénétrer ou de modifier
le canal de la dent examinée [16].

En 1985, Auzias, Grass, Hess, Médioni et Vené [1] ont essayé de mettre en évidence les canaux
accessoires, par l'utilisation d'un rayonnement monochromatique émis par un sénographe. Seuls les
canaux accessoires d'un diamètre de plus de 200 μm ont été détectés par cette méthode.

Microradiographies

Cette méthode utilisée par Juster, Hess et Baron [22], consiste en la radiographie d'une coupe de
dent après fixation au formol, lavage, déshydratation et inclusion plastique.
Ce type d'étude permet la comparaison entre l'examen radiographique et l'examen microscopique
puisqu'il est possible de passer les échantillons au microscope optique après avoir réalisé les
radiographies.

Observations stéréomicroscopiques des surfaces radiculaires

Après avoir débarrassé les racines dentaires des restes de tissu desmodontal, en les essuyant à
l'aide d'une gaze, un examen minutieux de leur surface est réalisé à l'aide d'une loupe binoculaire.

[8, 22]
Les résultats ainsi obtenus ne sont que fragmentaires et n'indiquent pas le trajet des canaux .

Ionophorèse

L'étude de l'anatomie canalaire par ionophorèse est basée sur le passage d'ions dans la cavité
pulpaire. Ceux-ci provoquent une coloration ponctuelle d'un bain de phénolphtaléine dans lequel
plonge la dent, au niveau des orifices des canaux [3].

Cette méthode permet uniquement de préciser la position des foramina.

Coupes anatomiques

Les coupes sont exécutées dans des plans verticaux ou horizontaux. Elles se pratiquent avec ou sans
décalcification de la dent. Cette technique a été utilisée par Green [8], Vermot-Gaud [24],
Bourdeau [4], Hess, Médioni, Vené, Auzias et Monginot [11].

Ces derniers [2], dans une étude portant sur plus de 4 500 coupes de dents, ont confirmé les travaux
de Kramer [22] en montrant que le contenu essentiel des canaux pulpoparodontaux est constitué de
vaisseaux sanguins et de leur stroma (fig. 1, 2, 3).

D'autre part, de nombreux canaux présentent une obturation partielle ou totale de leur lumière par
du tissu cicatriciel de type cémentaire, ce qui confirme les travaux de Hess et coll. [10] au microscope
électronique à balayage (fig. 4).

Microscopie électronique à balayage

[22]
Cette technique ne permet l'examen que des surfaces. Koenigs et coll. en 1974 , Salomon et
Franquin en 1985 [19], ont étudié les furcations des molaires.

[10]
Hess et coll. en 1983 , ont étudié les foramina apicaux et latéroradiculaires.

De toutes ces études fondamentales, il est possible de tirer les conclusions suivantes.

• L'existence d'un canal unique par racine n'est pas la règle, au contraire, un pourcentage élevé de
dents présente toute une série de canaux secondaires ; ils constituent des variations anatomiques
classées différemment selon les auteurs.
o Carames de Aprile [5] distingue trois types de ramifications : longitudinales, collatérales et
apicales (fig. 5) ;
o Bourdeau [4], après une étude histologique, classe les canaux endodontiques en cinq
catégories (fig. 6) ;
o enfin Vertucci [25, 26], pour ne citer que les principaux, distingue huit types différents de
canaux (fig. 7).
• Le pourcentage de l'existence des canaux secondaires est variable selon les dents et les
études (tableaux I, II et III).
• L'existence et la fréquence de certains canaux varient avec l'âge. En particulier les canaux
accessoires tendent à disparaître avec l'âge ou après certaines dépulpations, en raison de
phénomènes d'apposition cémentaire [10, 11, 24].
• Il est aussi remarquable de constater que les études faites ne font apparaître que les variations
morphologiques radiculaires, la portion coronaire ne présentant pas de telles modifications.
• La plupart des travaux sur l'anatomie fondamentale ne se sont intéressés qu'à la morphologie de
la cavité. Seuls les travaux de Bourdeau [4], de Hess, Médioni, Vené, Auzias et Monginot [11], et
de Kramer [22], apportent quelques enseignements sur le contenu des canaux pulpoparodontaux.
o Le contenu essentiel de ces canaux est constitué de vaisseaux sanguins et de leur stroma.
o Sur les dents parodontosiques, on observe un parenchyme indifférencié, ou un tissu en voie
de dégénérescence.
o Dans certains cas, du tissu de granulation est mis en évidence mais, le plus souvent, un tissu
cicatriciel cémentaire obstrue partiellement ou totalement la lumière de ces canaux ; en aucun
cas, des odontoblastes n'ont pu être observés, le contenu tissulaire de ces canaux n'est donc
pas de la pulpe.
• Sur le plan pratique, il ne faut pas espérer, devant une telle complexité anatomique, procéder à
une extirpation complète de la pulpe ni à une pénétration radiculaire totale au moyen des
instruments à canaux usuels.

Cependant, l'expérience montre l'efficacité de nos traitements endodontiques qui ne font appel qu'à
la connaissance morphologique du canal principal.

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Anatomie endodontique clinique

In vivo, seule la radiographie constitue une technique d'examen capable de faire apparaître
l'anatomie interne de la dent. Elle fournit des renseignements sur les dimensions de la cavité
pulpaire, sur la présence de tels denticules, de tel matériau d'obturation ou de tel fragment
d'instrument laissé accidentellement in situ.

Malheureusement, l'image obtenue du système canalaire est restreinte et imparfaite, son exploration
se fera en aveugle. Il est donc indispensable de visualiser mentalement la configuration de chaque
canal en se référant à des connaissances anatomiques approfondies.

Anatomie canalaire de chaque type de dent

[26]
Les chiffres avancés dans cet article résultent d'une moyenne, et la classification de Vertucci a
été utilisée pour présenter les différentes configurations.

Anatomie canalaire mandibulaire


Anatomie canalaire du groupe incisivocanin (tableau IV)

Les incisives mandibulaires ont une racine aplatie dans le sens mésiodistal et assez large dans le
sens vestibulolingual. Elles présentent parfois une courbure apicale distale.

L'angulation de la couronne par rapport à l'axe coronaire impose souvent une cavité d'accès
intéressant le bord incisif.
La description commune des incisives centrales mandibulaires avec un canal ne représente en fait
que 70 à 75 % des cas.

La configuration de type III est fréquente, elle concerne une dent sur quatre. Ainsi, l'opérateur doit
toujours avoir conscience de la possibilité de trouver une bifurcation, voire un double canal (fig. 8).

L'anatomie canalaire des canines mandibulaires est moins sujette à variation que celle des incisives
mandibulaires [7, 18].

Généralement, elle présente une seule racine ovoïde, à grand diamètre vestibulolingual comportant
un canal aplati dans le sens mésiodistal, mais très large dans le sens vestibulolingual.

L'anatomie canalaire est parfois représentée par les types II et III. Exceptionnellement, elles
présentent deux racines distinctes, comportant chacune un canal (fig. 9).

Anatomie canalaire des première et deuxième prémolaires (tableau V)

Pour la première prémolaire, plusieurs remarques s'imposent :

• la configuration de type II présente dans les dents du groupe incisivocanin inférieur n'est que
rarement rencontrée ;
• les systèmes canalaires de cette dent peuvent se résumer à un canal (70 %) et à une
configuration de type V (24 %) ;
• la fréquence de canaux latéraux est importante (42 %).

La découverte d'une seule entrée canalaire ne doit donc pas orienter systématiquement le praticien
vers le traitement d'un canal unique, une configuration de type V doit toujours être redoutée (fig.
10).

La deuxième prémolaire mandibulaire possède une anatomie canalaire bien plus simple. Celle-ci est
en effet pratiquement réduite à un canal unique (98 %) (fig. 11).

Anatomie canalaire de la première molaire (tableau VI)

La première molaire mandibulaire présente deux racines assez larges dans le sens vestibulolingual
et aplaties dans le sens mésiodistal. La racine distale plus massive est soit rectiligne avec une
orientation distale, soit présente une courbure en direction mésiale.

Le canal distal est large dans le sens vestibulolingual, mais peut présenter un étranglement médian.
Il n'est pas rare de trouver dans cette racine deux canaux bien individualisés vestibulodistal et
linguodistal. Mais les configurations de types II et IV sont aussi fréquentes.

La racine mésiale est plus étroite dans le sens mésiodistal, mais assez large dans le sens
vestibulolingual. Elle présente souvent une courbure distale et une concavité plus ou moins
accentuée sur la face distale [7, 9, 18].

Cette concavité située généralement au niveau du tiers coronaire de la racine représente une zone
à risque lors de la préparation canalaire des canaux mésiaux. De toutes les études portant sur cette
dent [14, 16, 19,21, 26], plusieurs observations se dégagent :

• la racine mésiale contient en majorité deux canaux séparés (40 %), un vestibulaire, l'autre
lingual. Mais elle présente aussi fréquemment une configuration de type II (30 %) ;
• la racine mésiale est le siège de très nombreuses anastomoses transverses ;
• pour la racine distale, un canal unique constitue pratiquement la règle (73 %) ; mais toutes les
autres configurations peuvent se rencontrer (fig. 12).
Anatomie canalaire de la deuxième molaire (tableau VII)

La deuxième molaire mandibulaire a deux racines ayant des caractéristiques semblables à celles de
la première molaire.

La racine mésiale possède avec la première prémolaire maxillaire, l'une des anatomies canalaires les
plus soumises à controverses.

Les écarts entre les différentes fréquences enregistrées sont tels qu'il ne faut avoir aucun préjugé
quant à la configuration canalaire avant d'avoir examiné le plancher pulpaire ainsi que les
radiographies pré- et peropératoires [9].

La configuration canalaire de la racine distale ne souffre, elle, d'aucune contestation, la présence


d'un canal unique est la règle généralement admise.

Assez souvent, la coalescence partielle ou totale des deux racines engendre une configuration
canalaire en C.

Dans 27 % des cas, cette dent ne présente qu'une seule racine avec un canal très large (fig. 13).

Anatomie canalaire maxillaire


Anatomie canalaire du groupe incisivocanin (tableau VIII)

Tous les auteurs s'accordent pour décrire l'anatomie canalaire des dents du groupe incisivocanin
maxillaire comme étant constituée par un canal unique.

Dans un plan sagittal, la chambre pulpaire comporte un épaulement lingual qui risque d'orienter les
instruments de préparation canalaire vers la paroi vestibulaire opposée.

Exceptionnellement, l'incisive latérale présente une anomalie de développement qui se traduit par
l'existence d'un sillon palatin partant du lobe cingulaire pour intéresser une longueur variable de la
racine. Cette invagination peut compromettre la conservation de la dent par échec du traitement
endodontique et parodontal. La canine maxillaire quant à elle, présente un volumineux canal, très
large dans le sens vestibulolingual, au niveau de sa partie médiane (fig. 14).

Anatomie canalaire des première et deuxième prémolaires (tableau IX)


Première prémolaire

Elle présente une configuration canalaire très variée.

Les tentatives de détermination des fréquences d'apparition des différents systèmes canalaires
apportent des résultats fort différents (tableau X).

La première prémolaire maxillaire possède généralement deux racines, mais leur jonction est
variable et plus ou moins éloignée de la région cervicale, chaque racine comportant un canal.

Toutefois, il n'est pas exceptionnel de trouver trois racines, deux vestibulaires et une palatine, ainsi
que des racines en baïonnette.

Dans ce dernier cas, l'anatomie canalaire ne présente pas forcément de courbure très accentuée,
mais le volume de la préparation canalaire devra tenir compte des zones à forte concavité (fig. 15).

Deuxième prémolaire
Les études portant sur la deuxième prémolaire maxillaire révèlent une prédominance de racines à
canal unique.

Mais elle peut présenter une configuration canalaire de type II, III ou IV. Elle peut également avoir
deux racines distinctes (15 %) s'individualisant à différents niveaux et comportant chacune un
canal (fig. 16).

Anatomie canalaire de la première molaire (tableau XI)

La première molaire maxillaire est communément décrite et traitée cliniquement comme possédant
trois racines, deux vestibulaires, une palatine, et trois canaux, un par racine.

Cette représentation s'avère fausse, puisque la racine mésiovestibulaire ne contient un canal unique
que dans 38 à 48 % des cas [16, 20].

Toutes les études révèlent une racine mésiovestibulaire à anatomie canalaire complexe (tableau
XII).

Cette racine contient soit un canal aplati dans le sens mésiodistal, soit deux canaux avec des
configurations de type II, III ou IV, étant donné la fréquence de ce deuxième canal mésiopalatin, on
entreprendra sa recherche systématiquement. La racine distovestibulaire est souvent assez
rectiligne, et présente une orientation distale plus ou moins accentuée qui souvent implique une
direction très mésiale des instruments de préparation canalaire.

La racine palatine, la plus massive, et généralement la plus longue, présente parfois une extrémité
grêle ou incurvée vers le vestibule (56 %), ce qui peut entraîner des erreurs d'estimation de la
longueur du travail lors de la préparation canalaire (fig. 17).

Anatomie canalaire de la deuxième molaire (tableau XIII)

La deuxième molaire maxillaire, pourrait être décrite comme une première molaire maxillaire
simplifiée.

L'angulation entre les différentes racines peut être variable.

Dans certains cas, les racines sont assez proches les unes des autres et parfois accolées, ce qui
entraîne une configuration canalaire particulière.

La racine distovestibulaire peut avoir une position très palatine, ce qui place les orifices canalaires
sur une ligne presque droite.

La racine mésiovestibulaire présente le plus souvent un canal unique, mais elle peut comporter
également deux canaux (fig. 18).

Troisièmes molaires mandibulaires et maxillaires

L'anatomie endodontique des troisièmes molaires mandibulaires et maxillaires, présentant de très


nombreuses variations, il est impossible d'avancer des fréquences d'apparition de tel ou tel système
canalaire.

Chaque troisième molaire constitue un cas unique, qu'il convient de traiter séparément. L'absence
de connaissances précises sur cette anatomie et la difficulté de cette thérapeutique endodontique ne
signifient pas pour autant la condamnation de la dent.
Variations morphologiques

Sur une dent normale, c'est-à-dire à la fin de l'édification radiculaire, la cavité pulpaire présente les
caractéristiques suivantes :

• son volume est important, surtout pour la chambre pulpaire, en effet, les dimensions exactes de
celle-ci sont à peu près le tiers de celles de la couronne ;
• le plafond atteint le tiers moyen, certaines cornes peuvent même correspondre à la moitié de la
couronne ;
• le plancher est situé en moyenne à 2 mm au-dessus (dans le sens apical) du collet anatomique
de la dent ;
• les canaux radiculaires offrent un dessin bien régulier, nettement visible à la radiographie ; leurs
orifices sont bien ouverts et leurs foramina ne présentent qu'un léger rétrécissement.

Cet aspect morphologique général peut subir des modifications diverses dont l'origine est
physiologique ou pathologique.

Variations d'origine physiologique

Si, avant la fermeture apicale, le canal est large et le foramen béant, après celle-ci, la persistance
des phénomènes de calcification n'est pas non plus sans répercussion sur la morphologie interne de
la dent.

La dentinogenèse a pour effet de réduire souvent considérablement le volume de la cavité pulpaire


au point de la faire presque disparaître.

La dentine secondaire se dépose sur les parois de la cavité, mais l'épaisseur de la couche néoformée
varie selon sa situation ; le maximum d'épaisseur se situe sur le plancher de la chambre pulpaire,
vient ensuite le plafond ; la couche des parois latérales de la chambre et des canaux est plus mince.

Le rétrécissement de la cavité pulpaire est associé au vieillissement de la pulpe (atrophie, fibrose,


dégénérescence calcique).

On retrouve dans le parodonte des phénomènes similaires et la cémentogenèse a pour effet de


réduire considérablement le foramen apical au fur et à mesure des années.

Variations morphologiques d'origine pathologique

Elles sont liées aux irritations chroniques, mais elles peuvent évoluer dans des sens différents :
réduction de volume par hypercalcification, ou augmentation par résorption des tissus calcifiés.

Diminutions de volume

Elles sont consécutives à des caries à évolution lente, à des mylolyses, à des micropolytraumatismes
fonctionnels ou mécaniques (abrasions), chimiques (toxicité des ciments et des résines), physiques
(conductibilité thermique métallique). Ces agents pathogènes sont tous à l'origine de
dégénérescence pulpaire calcique.

La dentine, cette fois-ci tertiaire ou réactionnelle, se dépose au niveau de la zone irritée ; sa


formation n'est souvent pas seulement pariétale, elle peut aussi être désordonnée et avoir lieu en
plein parenchyme pulpaire, donnant naissance à des pulpolithes situés dans la chambre, à l'orifice
des canaux ou à l'intérieur de ceux-ci. Il est possible d'associer à une diminution de volume une
diminution de longueur due à un arrêt d'édification radiculaire, ou à une rhizalyse.

Augmentations de volume

La congestion chronique est à l'origine de phénomènes de résorption assimilables à ceux de


l'ostéoclasie. L'inflammation se situe dans la pulpe ou dans le desmodonte.

Dans le premier cas, les parois des canaux radiculaires présentent un aspect irrégulier, avec des
lacunes. Une modification de volume nettement plus apparente, mais aussi plus rare, est causée par
le " granulome interne " ou résorption térébrante.

La présence d'une infection périapicale chronique est à l'origine d'une cémentoclasie et d'un
élargissement du foramen.

On peut associer à ces augmentations de volume de la cavité pulpaire le taurodontisme : anomalie


assez rare caractérisée par une division des racines loin de la jonction adamantocémentaire : la
hauteur de la chambre pulpaire est alors très augmentée.

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Signes radiographiques de l'anatomie canalaire

Une intervention endodontique ne peut être pratiquée sans une juste représentation de l'anatomie
canalaire de la dent à traiter.

Cette représentation doit être confirmée ou infirmée lors de l'étude des radiographies (pré- ou
peropératoires), lors de la trépanation puis de l'étude du plancher pulpaire, et enfin lors de la
pénétration canalaire.

L'étude des signes radiologiques de l'anatomie canalaire ne peut se faire que si deux conditions sont
réunies :

• la connaissance correcte de l'anatomie canalaire normale ;


• l'obtention d'une image de qualité.

Signes radiologiques des canaux de type I

C'est l'image radiographique d'un canal radiculaire possédant une radioclarté constante sans
variations décelables et se situant sur le grand axe de la dent.

Selon Laurichesse, Chapelle et Grivau [13] " cet ensemble de dispositions, considéré comme
"normal", ne se rencontre que dans environ 20 % des cas et constitue à la fois l'anatomie la plus
simple et la moins habituelle ".

Signes radiologiques des canaux de type II, type V et type VI

L'image des types II et V se caractérise par l'apparition sur la trace du canal d'une zone plus radio-
opaque que ce dernier, s'étendant :

• du tiers cervical au tiers moyen pour le type II ;


• du tiers moyen à l'extrémité apicale pour le type V (fig. 19) ;
• d'une combinaison des deux pour le type VI.

Signes radiologiques des canaux de type III

L'image d'un canal de type III se caractérise par l'apparition sur la trace du canal d'une zone plus
radio-opaque que ce dernier, limitée, franche, contrastée, bien définie et siégeant au tiers supérieur
ou au tiers moyen (fig. 20).

Signes radiologiques des canaux de type IV et de type VIII

La découverte de deux ou trois canaux séparés depuis la chambre pulpaire jusqu'à l'apex se fait lors
de la première radiographie si les canaux apparaissent distincts. Si les canaux sont superposés, la
prise d'un cliché selon l'incidence de Walton avec dissociation des racines révélera la présence du
deuxième et troisième canal.

Signes radiologiques des canaux de type VII

Cette configuration canalaire donne une image radiographique qui est en fait une association des
images des canaux de type III et de type V.

Signes radiologiques d'un rétrécissement canalaire

L'image d'un rétrécissement canalaire se caractérise par l'apparition d'une zone plus radioclaire au
niveau du tiers apical de la racine (fig. 21).

Signes radiologiques d'un foramen excentré

L'image d'un foramen excentré se caractérise par la disparition, à quelques millimètres en deçà de
l'apex, de l'image canalaire dont l'extrémité est nette et contrastée.

[13]
Cette image est décrite par Laurichesse, Chapelle et Grivau comme une dilatation en forme de
point appelée " bouton canalaire ".

Cette image est valable pour les foramina excentrés en position vestibulaire ou linguale. Les autres,
en position mésiale ou distale, sont nettement visibles puisque dans le plan de coupe de la
radiographie (fig. 22).

Signes radiologiques des deltas apicaux

Un delta apical se caractérise aussi par la disparition de l'image canalaire mais sans dilatation.

[13]
Selon Laurichesse, Chapelle et Grivau " une telle image présente un point de résolution " (fig.
23).
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Conclusion

En raison de la complexité de l'anatomie endodontique, tout praticien se heurte à de nombreuses


difficultés chaque fois qu'il entreprend un traitement radiculaire.

C'est pourquoi, la connaissance parfaite de l'anatomie endodontique fondamentale, ainsi que la


recherche systématique des variations anatomiques, associée à l'appréciation la plus juste possible
des limites apicales de la préparation, permettent d'éviter un grand nombre d'échecs.

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Toute référence à cet article doit porter la mention : Etienne Médioni, Gérard Vené. Anatomie
endodontique fondamentale et clinique. EMC - Odontologie 1994;11(3):1-0 [Article 23-
050-A-05].

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