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Corblet Histoire Du Sacrement de L'eucharistie 2 1886

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J
HISTOIRE
DU

SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

II
TYPOGRAPHIE

EDMOND MONNOYER

LE MANS (sarthe)
HISTOIRE
DOGMATIQUE, LITURGIQUE ET ARCHEOLOGIQUE

DU SACREMENT \>^°'^
DE
%

L'EUCHARI
PAR

l'abbé JULES CORBLET


CHANOINE HONORAIRE D AMIENS
CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR, OFFICIER D'ACADÉMIE
fondateur de la Revue de l'Art chrétien
CORRESPONDANT DU MINISTERE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE, DE LA SOCIÉTÉ
DES ANTIQUAIRES DE FRANCE, ETC.

TOME SECOND

PARIS
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DE LIBRAIRIE CATHOLIQUE
VICTOR PALMÉ, directeur général
76, rue des Saints-Pères, 76

BRUXELLES GENÈVE
12, rue des Paroissiens, iï 4, rue Corraterie, 4
r886
ÏHC GITTY CEMTER
HISTOIRE
DOGMATIQUE, LITURGIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE
DU

SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

LIVRE XV

CÉRÉMONIES ET COUTUMES
RITES,
DE L'ADMINISTRATION DE L'EUCHARISTIE

Nous diviserons ce livre en sept chapitres : i° des lieux de l'admi-


nistration de l'Eucharistie; 2° de la préparation immédiate à la com-
munion; 3° rites, cérémonies et coutumes qui précèdent ou précé-

daient jadis la réception de l'Eucharistie; 4 rites, cérémonies et


coutumes qui accompagnent ou accompagnaient jadis la réception de
l'Eucharistie; 5° rites, cérémonies et coutumes qui suivent ou sui-
vaient jadis la réception de l'Eucharistie 6° des rites spéciaux motivés
;

par la condition du ministre ou par celle des communiants; 7 des


rites des sectes protestantes.

T. II. I
CHAPITRE PREMIER

Des lieux de l'administration de l'Eucharistie

ARTICLE I

Des lieux ordinaires et extraordinaires de communion

Aujourd'hui l'Eucharistie peut être distribuée dans toutes les églises


et dans les oratoires publics. Il faut une licence expresse de l'Ordinaire
pour les oratoires privés (i). En Occident, la réception de la commu-
nion dans la maison des fidèles n'est plus maintenant d'usage que
pour les malades et les personnes qui sont hors d'état de se rendre à
l'église. Sur ce point de discipline, nous avons à signaler les coutumes

différentes du passé et les exceptions des temps modernes.


Dans les temps apostoliques, une pièce d'une maison chrétienne était
métamorphosée en oratoire pour la célébration des saints Mystères
et la fraction du pain. A Rome, durant les persécutions, la commu-

nion était distribuée dans les catacombes. Pendant les cinq premiers
siècles, et même plus tard en certaines contrées, beaucoup de fidèles

emportaient l'Eucharistie dans leur domicile et s'en communiaient eux-


mêmes. On offrait parfois le Saint-Sacrifice dans les maisons particu-
lières, surtout quand il y avait un malade désireux de recevoir le

saint Viatique. Les fidèles, comme nous l'avons vu, emportaient du


pain consacré dans leurs lointains voyages, surtout dans les traversées
maritimes, pour s'en nourrir en temps opportun.
Une ancienne prescription du droit canon défend de célébrer les
saints Mystères sur tombeaux et d'y distribuer la sainte communion.
les

Il s'agit ici non pas des tombeaux de martyrs abrités par une église,

mais des tombeaux situés en pleine campagne. On voulait par là ne


point paraître favoriser la coutume qu'avaient les Païens d'offrir, sur les
sépulcres, des sacrifices aux dieux et des aliments aux mânes des morts*

(i) Bened. XIV, De Sacr., 1. III, c. xvm.


4 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Quand le pape saint Marcel célèbre la messe dans la demeure de


Lucine, saint Ambroise dans une maison du Transtévère à Rome,
saint Grégoire de Nazianze dans une chapelle domestique, etc., il
nous paraît difficile de déterminer si c'était là des messes privées où
le prêtre seul communiait.
Le deuxième concile de Carthage condamna l'abus par lequel cer-
tains prêtres, sans demander l'autorisation de l'évêque, célébraient les
saints Mystères dans des maisons privées. Le concile de Laodicée
défendit de les accomplir ailleurs que dans les églises, les chapelles ou
oratoires. Saint Isaac le Grand, au v e siècle, blâme les prêtres d'An-
tioche qui en agissaient autrement (i). L'empereur Justinien fit passer
cette obligation ecclésiastique dans la loi civile (2).
On trouve dans l'ancien Sacramentaire gallican une messe intitulée :

Missa in domo ciijuslibet c'est que les évêques, en certains cas^


:

permettaient de dire la messe dans des oratoires privés et même dans


des maisons particulières. Ainsi, le vi e concile de Paris (829) autorise
les prêtres en voyage à célébrer dans les maisons, sur un autel por-

tatif, quand l'église est éloignée, afin que les fidèles ne soient pas

privés de l'audition de la messe et de la participation à la communion.


Un certain nombre de prêtres étaient enclins à juger par eux-mêmes de
l'opportunité des exceptions, et les conciles furent obligés de rappeler
la rigueur de la règle et de s'en réserver l'interprétation (3).

Depuis deuxième partie du xv e siècle, les réguliers ont obtenu la


la

faculté d'administrer librement, dans leurs églises, la communion aux


séculiers; mais dans les induits accordés à ce sujet, les papes
Nicolas V, Sixte IV, Jules II et Léon X exceptèrent constamment le
jour de Pâques. Contrairement à l'avis de beaucoup de théologiens, la
Sacrée Congrégation du Concile a toujours déclaré que cette exception
comprenait aussi le cas où l'on voudrait communier par pure dévotion,
sans faire ses Pâques.
Le pape saint Pie V, ayant appris qu'on refusait l'assistance d'un
prêtre à l'infortunée Marie-Stuart, lui permit de se communier elle-
même dans sa prison, au moyen des hosties consacrées que ses amis
lui faisaient secrètement parvenir.
Au xvn e
siècle, des personnes bien portantes ou très peu malades se

(1) Assémani, t. I, p. 218.


(2) Novel. LVII.
(3) Conciles de Paris (829), de Constantinople (861), de Metz (888); synode de Nîmes
(1284).
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 5

faisaient apporter la communion chez elles et la recevaient dans leur lit.


Un décret d'Innocent XI condamna la conduite des prêtres qui avaient
cette coupable complaisance.
Pendant la Révolution française, les fidèles communièrent partout
où un prêtre pouvait dire la messe en cachette, dans une maison, dans
un château, dans une grange, dans un bois, et jusque sur la mer. Des
pêcheurs bretons s'embarquaient la nuit avec un prêtre déguisé; on
dressait un autel sur la barque, le prêtre disait la messe, et les marins
y communiaient.
Un prêtre catholique put être introduit dans le cachot de Marie-
Antoinette, y dire la messe et donner une dernière communion à
l'infortunée reine qui allait bientôt monter sur l'échafaud.
En 1871, sous le règne de la Commune, de pieuses mains firent
parvenir, le i5 mai, dans de petits vases à double fond, des hosties
consacrées, aux otages de la prison Mazas; les PP. Olivaint, Du Gou-
dray, Clerc, Caubert, de Bengy, etc., ainsi que M^ r Darboy, purent,
au fond de leur cœur, jouir d'un dernier jour de fête. Quand le
P. Clerc, le 24 mai, se rendit au lieu du supplice, on le vit ouvrir sa
soutane et y prendre le Viatique suspendu sur son cœur, dans un
sachet.
Aujourd'hui encore, dans les contrées persécutrices, les Chrétiens et
les missionnaires sont heureux de pouvoir communier dans leur pri-
son. L'un d'eux, confesseur de la foi en Cochinchine, racontait ainsi au
P. Huguet (1) la joie qu'il éprouva, après vingt-trois mois de tortures
et de privations, en recevant dans sa prison le corps de Jésus-Christ :

« Nous avons été honorés d'une visite infiniment plus précieuse que
cellede toutes les grandeurs du monde. Jésus-Christ lui-même a dai-
gné abaisser sa Majesté suprême jusqu'à pénétrer dans nos cachots,
pour nourrir du pain des forts ceux qui ont combattu pour sa cause.
La veille de ce beau jour, nous avons entendu les confessions de nos
fervents compagnons de un
captivité, et, le lendemain, dès l'aurore,
prêtre indigène, à qui nous avions manifesté nos désirs, estvenu sous
prétexte de voir quelque connaissance, mettre le comble à nos vœux.
Recevoir le corps de Jésus-Christ, c'est toujours un bonheur pour les
âmes qui ont la foi; mais communier, quand on s'est vu éloigné de
l'autel pendant si longtemps, communier avec un coliier de fer et une
lourde chaîne qu'on porte pour Jésus-Christ même, communier dans

(1) Dévotion à la Sainte Euchar., 3e édit., p. 3o5.


6

un cachot sous le poids d'une sentence de mort, communier sous les


yeux des persécuteurs, à leur insu et contre leur défense, c'est un
bonheur qu'il ne m'est pas possible d'exprimer. »
En Orient, l'usage de communier à domicile et d'emporter l'Eu-
charistie en voyage s'est conservé jusqu'à nos jours en diverses
contrées. On porte encore parfois la communion aux pâtres et autres
gens de la campagne qui, en raison de leurs occupations ou de leur
éloignement, ne peuvent assister à la messe.

ARTICLE II

Des endroits de l'église affectés à la communion des fidèles

Le concile de Laodicée permit aux seuls ministres de l'autel de


communier dans le sanctuaire. Il n'était fait d'exception que pour les
empereurs.
Pendant les premiers siècles, surtout en Italie et en Afrique, les

fidèles restaient à leur place; le célébrant portait à chacun l'espèce du


pain, et les diacres celle du vin. Plus tard, à Rome, les laïques com-
muniaient debout, hors de la balustrade qui séparait le chœur d'avec
la nef; le célébrant consommait la sainte Eucharistie au milieu de
l'autel, les prêtres autour, les diacres derrière l'autel, les sous-diacres
et les clercs à l'entrée du sanctuaire ou dans le chœur.
Il en était de même dans la plupart des églises d'Afrique, mais les

néophytes qui venaient d'être baptisés avaient le privilège de commu-


nier à l'autel. Les Égyptiens laissaient aux laïques l'entrée libre du
sanctuaire.
Le concile de Brague (563) et celui de Tolède (633) nous apprennent
qu'en Espagne le célébrant etcommuniaient devant
les assistants
l'autel, le reste du clergé dans l'intérieur du chœur, et le peuple hors

des cancels. En France, au contraire, comme nous le voyons par le


quatrième concile de Tours (567), hommes et femmes communiaient
à l'autel.
Chez Orientaux, l'antique discipline se perpétue. Le célébrant
les

seul se communie à l'autel, les autres prêtres autour de l'autel, le


diacre derrière, les sous-diacres à l'entrée du chœur et les fidèles en
dehors, près de la porte royale de l'iconostase.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE

Le quatrième concile de Milan veut que les ecclésiastiques com-


munient sur les marches de l'autel et les laïques à la balustrade.
Saint Charles Borromée recommande que, dans les grandes paroisses,
il y ait un autel pour la communion des hommes et un autre pour
celle des femmes.
De nos jours, la communion peut être donnée dans les églises, à
tout autel où se trouve la réserve eucharistique, ou bien sur lequel
le célébrant vient de consacrer des hosties. Ici, les communiants
restent en dehors du chœur, là, en dehors du sanctuaire; ailleurs, ils

s'agenouillent sur la marche même


de l'autel. En un mot, il y a des
habitudes locales mais non point des règles précises
différentes,
comme celles que nous avons mentionnées dans le passé.
La Sacrée Congrégation des Rites a plusieurs fois défendu, à moins
qu'il n'y ait nécessité, de donner la communion, soit pendant la messe,
soit hors de la messe, à un autel où le Saint-Sacrement est exposé (i).
On sait que les religieuses cloîtrées reçoivent la communion par
une petite porte pratiquée dans la grille qui sépare leur chœur du
sanctuaire.

(i) 12 nov. i83i ; 16 mars i833.


CHAPITRE II

De la préparation immédiate à la communion

Dans le livre VIII, nous avons parlé de la préparation éloignée des


fidèles à la sainte communion ;
ici, il ne s'agit que de la prépara-
tion immédiate, formulée par la liturgie, c'est-à-dire de la cinquième
partie de la messe.

ARTICLE I

Des prières liturgiques depuis le Pater jusqu'à la fraction du pain

Cette préparation liturgique commence par l'oraison dominicale que


le prêtre récite à haute voix, que tous les assistants chantaient jadis
dans les Gaules, ce qui se fait encore en Orient. C'est par la récita-
tion de cette sublime prière que les Catéchumènes se disposaient à
recevoir les trois sacrements de l'initiation chrétienne. On la trouve,
comme préparation à la communion, dans toutes les liturgies, excepté
dans celle des Constitutions apostoliques.
Dans les Églises de Gaule et d'Espagne, Févêque, après le Pater,
donnait la bénédiction au peuple. En Afrique, c'était immédiatement
avant que l'évêque imposât les mains aux fidèles pour la rémission de
leurs péchés (i). Ce n'était point une absolution sacramentelle, mais
une prière par laquelle le pontife intercédait auprès de Dieu, pour
qu'il purifiât de leurs imperfections ceux qui allaient bientôt approcher
de la Table-Sainte.
Dans l'Église grecque, on appelle 7rapaôs<n; cette supplication adressée

à Dieu pour qu'il sanctifie les corps et les âmes des fidèles, en les

rendant dignes de recevoir la communion.

(i) Optât. Milev., L. II cont. Parm.


LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE ^EUCHARISTIE 9

ARTICLE II

De la fraction du pain

Après avoir où il demande à Dieu la déli-


dit l'oraison Libella nos,
vrance de tous maux, le célébrant prend l'hostie, l'élève sur le
les

calice, la rompt en deux parties égales, met l'une de ces parties sur la
patène, rompt une parcelle de l'autre moitié et la laisse tomber dans
le calice, en disant « Que ce mélange et cette consécration du corps
:

et du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ deviennent pour nous qui

les recevons, la source de la vie éternelle. »

A Rome, pour aider à la fraction de Thostie, le moule, au moyen

d'une double rainure pratiquée sur la palette opposée à la gravure,


trace, au revers du pain d'autel, deux lignes en relief, l'une droite,
Tautre oblique, qui aident à la rompre plus facilement. En France et

ailleurs, le prêtre, en préparant le calice à la sacristie, pose l'hostie sur


la pale et y trace une double ligne avec la patène. Cet usage, qui nous
paraît très moderne, n'est point prohibé par la rubrique, mais nous
devons faire remarquer que ni la pale, ni la patène ne sont faites pour
cette destination.
La fraction de l'hostie avait lieu avant l'oraison dominicale, dans les
Rites ambrosien, mozarabe 11 en était de même dans
et gallican.
l'Église romaine, avant saint Grégoire le Grand.
La fraction du pain, actuellement toute symbolique, a remplacé
la fraction d'un pain entier en particules, ce qui était de toute néces-
sité, alors que l'on ne confectionnait pas encore de petites hosties pour
la communion des fidèles. Originairement, Tune des grandes parties
du pain rompu servait à la communion du prêtre, de ses ministres et
des fidèles présents; l'autre fragment était destiné aux absents et au
Viatique des malades. Parfois, l'évêque célébrant en envoyait une
part aux prêtres de sa juridiction, pour qu'ils la missent dans le calice

qu'ils devaient consacrer, ou bien encore ils en réservaient une por-


tionpour la messe du lendemain. Dans les deux cas, c'était une affir-

mation de l'unité des Sacrifices qui se succédaient.


Au xi e siècle,Jean de Bayeux, évêque d'Avranches, fait remarquer
qu'on divisait en trois parties, que la première se mettait dans
l'hostie
le calice, que la seconde servait à la communion du prêtre, du diacre
10

et du sous-diacre, que la troisième demeurait sur la patène jusqu'à


la finde la messe et qu'on la gardait pour communier les malades.
Quand on réserva de petites hosties pour le saint Viatique, les trois
parts de la grande hostie furent destinées, Tune au calice, l'autre au
célébrant, la troisième au diacre et au sous-diacre. Au xn e siècle
encore, les laïques prenaient parfois part à la grande hostie. Pas-
cal II, après avoir conclu un traité avec l'empereur Henri V, célébra
lamesse et partagea l'hostie avec ce souverain, en lui disant : « De
même que ce corps de Jésus-Christ a été divisé, qu'ainsi
vivifiant
celui-là soit séparé de son royaume qui entreprendrait de violer notre
accord (i). »

A la messe papale, le Souverain-Pontife prend pour lui la moitié


de l'hostie qu'il a consacrée, et rompt l'autre moitié en deux parties,
pour communier le diacre et le sous-diacre qui l'ont assisté à l'autel.
A la messe du sacre des évêques, les trois parts de l'hostie sont pour
le calice, pour le consécrateur et pour l'évêque consacré.

Les écrivains sacrés et les liturgistes ont toujours attaché des signi-
fications mystiques, même aux rites dont l'origine peut s'expliquer
d'une manière toute naturelle. Ainsi trouve-t-on, au moyen âge, un
grand nombre d'explications mystiques de la fraction du pain et de
sa triple division. La fraction du pain, a-t-on dit, se fait pour imiter
Jésus-Christ qui, dans la Cène, rompit le pain qu'il allait distribuer à
ses disciples; pour représenter la mort du Sauveur, c'est-à-dire la
séparation de son âme et de son corps; pour signifier que le pain n'est
pas seulement destiné au célébrant, mais encore à tous les fidèles, a Le
prêtre rompt l'hostie, dit Innocent III (2), parce que c'est à la fraction du
pain que nous devons reconnaître le Seigneur, comme le reconnurent
les deux disciples à qui Jésus apparut, le jour même de la Résurrec-

tion, sur le chemin d'Emmaus. Le mélange des deux espèces du


pain et du vin figure l'union du corps et de l'âme qui, au moment
de la Résurrection, furent de nouveau réunis. »
Pourquoi une triple division ? Les réponses du moyen âge sont
encore ici plus nombreuses et plus variées :

C'est pour représenter les trois personnes de la Sainte-Trinité;


C'est pour figurer le sang, la chair et l'âme du Sauveur, lesquels
furent divisés lorsqu'il mourut sur la croix;

(1) Chron. Mont. Cassin., 1. IV.

(2) De sacr. myst ait., 1. VI, c. n.


LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE I I

C'est en l'honneur des trois grands mystères : la Passion, la Résur-


rection et l'Ascension;
Ce sont les trois états de Jésus-Christ sur la terre, dans le tombeau
et dans ciel;

C'est la répartition des grâces qui, comme un triple fleuve, vont


glorifier l'Église triomphante, fortifier l'Église militante et soulager
l'Église souffrante, pensée que les scolastiques ont exprimée dans le

distique suivant :

Hostia dividitur in très partes tincta beatos


:

Plene, sicca notât vivos, servata sepultos (i);

C'est le corps mystique de l'Église composé de trois ordres, le clergé,


les vierges, les personnes mariées.
Le Micrologue dit que le célébrant rompt l'hostie du côté droit
(celui de l'Évangile), pour faire mémoire du coup de lance porté au côté
droit du Sauveur.
Le mélange d'une particule de l'hostie avec le vin consacré s'expli-
que historiquement par deux usages dont nous avons parlé précédem-
ment (2). Le prêtre mettait dans le calice la portion d'Eucharistie
qu'il avait réservée de la messe précédente, ou bien celle que lui avait
envoyée l'évêque en signe de communion c'était une attestation de :

l'unité et de la continuité du Saint-Sacrifice. Le P. Le Brun signale


encore une autre raison toute naturelle. « C'est que, dit-il (3), les
;

hosties étant autrefois plus épaisses qu'elles ne le sont à présent, cette


parcelle pouvait être durcie et avoir besoin d'être humectée pour la

prendre plus facilement. )>

Les liturgistes ont attaché diverses significations symboliques à


cette immixtion; elle figure, disent-ils, l'unité des deux espèces dans
le sacrifice et dans le sacrement de l'Eucharistie; l'union de l'huma-

nité et de la divinité qui s'opéra dans le mystère de l'Incarnation;


l'union de Dieu et de l'homme qui se fait dans la réception eucharisti-
que; la réunion du corps et du sang de Jésus-Christ dans le mystère
de la Résurrection; l'union de Dieu et de l'homme qui s'accomplira

(1) Voici d'autres vers scolastiques dont le symbolisme est différent :

Très partes facice de Christi corpore signant,


Prima suam carnem, sanctosque secunda sepultos,
Tertia viventes ; hœc est in sanguine tincta.

(2) Livre XII, ch. n.


(3) Expl. des cérém. de la messe, Ve part., art. 5.
12

dans le Ciel, quand les saints seront consommés dans la paix et l'unité
de Dieu.
Raban Maur constate trois manières différentes
on faisait dont
le mélange du pain et du vin consacrés. En
on mettait une Italie,
partie de l'hostie dans le calice, avant de dire Pax Domini; ailleurs, on
donnait la paix avant de rompre le pain mais, à Rome, on disait, ;

comme partout aujourd'hui, le Pax Domini en même temps qu'on


mettait la particule dans le calice.

Dans les Chartreuses, ce rite s'accomplit sans que le prêtre dise la


prière Hœc commixtio.
Chez la plupart des Orientaux, il y a trois fractions du pain : l'une,
avant qu'il soit consacré, dans la liturgie préparatoire qui s'accomplit
sur le petit autel nommé prothèse; l'autre, immédiatement avant la

consécration, alors que le prêtre, en prononçant le mot f régit, par-


tage le pain en trois ou quatre parties ; la troisième, avant l'oraison
dominicale, ou au moment de la communion du peuple, alors que le

prêtre prépare les particules qu'il doit donner, trempées dans le vin,
aux fidèles qui sont disposés à communier.
Dans la liturgie préparatoire, le prêtre, revêtu de ses habits sacer-
dotaux accompagné du diacre, se rend à la table de la prothèse ou
et

d'oblation.De la main gauche, il prend un des cinq pains qui s'y trou-
vent; de la main droite, il fait trois signes de croix sur la partie
marquée de l'empreinte inscrite dans quatre petits carrés (ÏHGOUG
XPIGTOG NIKA, Jésus-Christ a vaincu).

IHC XG IG XG
ou
NI KA N K

Il enfonce successivement la sainte lance (ayta W^i) à droite, à gauche,

en haut et en bas, de manière à bien détacher ce carré de croûte qu'on


nomme V Agneau pascal II l'enlève par un cinquième coup de lance et
leplace sur la patène, de façon à ce que l'empreinte soit en dessous;
ilcoupe ensuite le pain sacré en forme de croix et le retourne pour
que l'empreinte se trouve par-dessus. Ces opérations sont accom-
pagnées de prières, empruntées à la liturgie de saint Jean Chrysostome,
et qui rappellent diverses circonstances de la Passion du Sauveur.
les

Il pose ensuite sur ces oblations l'astérisque, espèce de croix d'argent



LIVRE XV. —

ou d'autre métal, composée de deux règles en équerre et terminée


par un pied qui les tient élevées sur la patène et empêche que le voile,
placé au-dessus, ne touche ces oblats. Le prêtre laisse sur la prothèse le

bassin qu contient ces fragments et ne vient les reprendre, ainsi que


le calice, qu'avant la consécration. Quant aux restes des pains, ils doi-
vent être distribués, comme eulogies, à ceux qui ne communient pas.
En diverses contrées de l'Orient, le prêtre enlève de YAgneau pascal,
avec une parcelle de croûte, grosse comme une lentille,
la sainte lance,

en l'honneur de saint Jean-Baptiste, dont il invoque le nom; puis


neuf autres parcelles i° en l'honneur des prophètes Moïse, Aaron,
:

Élie, Élisée et David; 2° de saint Pierre, de saint Paul et des autres


apôtres; 3° des saints Pères et Docteurs saint Basile, saint Grégoire le

Théologien, saint Jean Chrysostome, saint Athanase, saint Cyrille, et

de saint Nicolas, évêque de Myre 4 ;


des martyrs saint Etienne, saint
Georges, saint Théodore; 5° des ermites saint
Démétrius, saint
Antoine, saint Euthyme, saint Sabas, saint Onuphre, saint Arsène et
saint Athanase du Mont-Athos; 6° des charitables médecins saint
Corne, saint Damien, saint Pantaléon, saint Hermolaiis 7 de saint ;

Joachim, de sainte Anne et du saint en l'honneur de qui on célèbre


la sainte messe 8° pour la personne qui fait dire la messe
; 9 pour ;

les patriarches et les princes chrétiens. Le prêtre enlève de la même


croûte autant de parcelles qu'il recommande à Dieu de personnes
mortes ou vivantes (1).

Un très petit nombre de Grecs schismatiques ont prétendu que les


particules offertes en l'honneur des saints et nommées meridas n'étaient
point consacrées avec l'oblation principale (2).

La lance dont nous venons de parler est un instrument liturgique


dont le manche allongé se termine par
une croix. En Occident, le diacre se ser-
'^Z^_3S& j

vait d'une espèce de couteau — culter >


j

eUCharisticilS pOUr décOUper dans Un Sainte lance des Orientaux.

pain ce qui devait servir à la consécration ; il en est question dans la


liturgie de saint Germain.
La fraction préparatoire dont nous venons de parler est complétée,
dans l'action du Saint-Sacrifice, par le prêtre qui divise V Agneau pascal
en quatre parties. Le fragment qui porte les lettres IHC est destiné au
calice, le fragment XC est distribué entre les prêtres et les diacres ;

(1) Tournefort, voyage du Levant, t. 1, p. 118.


(2) Arcudius, De Concordia, p. 175.
14

les deux autres NI KA sont divisés en autant de particules qu'il en


faut pour les communiants.
Chez les Maronites et les Jacobites de Syrie, on compte trois frac-
tions de l'hostie i° au moment de l'offertoire
: 2° après la consécration, ;

quand le prêtre divise en deux portions la partie centrale et trempe


Tune dans le calice, pour marquer du précieux sang les autres parti-
cules ;
3° avant la communion des fidèles, quand le prêtre divise les
grands fragments de l'hostie en petits morceaux qu'il met tremper
dans un calice plein de vin consacré, et qui doivent être donnés dans
une cuiller aux communiants.
Les Syriens et les Égyptiens ne se servent ni de la lance, ni de l'as-
térisque.
Dans le rite mozarabe, encore suivi aujourd'hui à Tolède, dans la

capilla mu\arabe de la cathédrale et dans les deux églises de Santa-


Justina et de San Marcos, le prêtre, après avoir divisé l'hostie en
deux parties égales, partage la première en quatre et l'autre en cinq.
Ces neuf morceaux représentent les neuf principaux mystères de l'his-
toire de Notre-Seigneur, c'est-à-dire l'Incarnation, la Nativité, l'Epi-
phanie, la Passion, la Mort, la Résurrection, l'Ascension et le Royaume
éternel, mystères qui sont rappelés et célébrés dans celui de l'Eucha-
ristie. Ces neuf fragments sont disposés ainsi sur la patène, les sept
premiers en forme de croix, et les deux autres à droite, au pied de la

croix :

CORPORATIO

MORS NATIVITAS RESURRECTIO

CIRCUMCISLO

APPARITIO GLORIA

PASSIO REGNUM

Au vn e
siècle, le pape Sergius établit que, pendant la fraction de
l'hostie, le clergé et le peuple chanteraient l'invocation Agnus Dei,
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE l5

comme préparation à la communion. Cet appel à la miséricorde du


Seigneur passa dans la bouche du célébrant, du x c au xi e siècle, et fut
assez généralement répété trois fois, comme aujourd'hui.

ARTICLE m

Du baiser tle paix

Le baiser de paix, que les fidèles se donnaient avant la communion, a


son origine dans ces paroles de Jésus-Christ « Si votre frère est indis-
:

posé contre vous, laissez votre offrande devant l'autel étaliez aupa-
ravant vous réconcilier avec votre frère. » « C'est là, dit saint Augus-
tin (i), un signe depaix par lequel les lèvres montrent ce qui est dans le
cœur. De même, en effet, que vos lèvres s'approchent des lèvres de
votre frère, ainsi votre cœur doit être uni au sien et ne s'en séparer
jamais. »
Quelques historiens ont attribué à tort l'institution de ce rite soit à
Innocent I, soit à Léon II, car il en est déjà question dans les écrits
de saint Justin, de Clément d'Alexandrie, d'Origène, de Tertullien, etc.
Le prêtre, en faisant un signe de croix sur le calice avec la particule
qu'il va y laisser tomber, prononce ce souhait Pax Domini sit :

semper vobiscum. Ce fut, pendant les dix premiers siècles, le signal du


baiser de paix que devaient se donner les fidèles. Plus tard, une
prière spéciale, Domine Jesu Chrisie^îxxt introduite après YAgnusDei,
pour demander à Jésus-Christ de donner la paix à l'Église, et ce fut
généralement à ce moment qu'eut lieu la cérémonie symbolique. En
Orient et en Grèce, le baiser de paix se donnait avant ou après l'obla-
tion, mais toujours avant la préface.
Il en fut longtemps de même en Espagne et dans les Gaules. Les
conciles d'Aix-la-Chapelle (789) et de Francfort (794) recomman-
dèrent de ne donner la paix qu'après la consécration.
Dans l'origine, le prêtre donnait directement le baiser de paix à tous
ceux qui communiaient. Saint Jérôme (2) fait allusion à cet usage en

(1) Serm. CCXXVII, ad infantes de sacramentis.


(2) Epist. LXII.
,

l6 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

disant de Jean de Je'rusalem, que son baiser aux communiants ressem-


blait à celui de Judas. Plus tard, le célébrant n'embrassa plus que le

diacre ; celui-ci donnait le baiser au sous-diacre qui le transmettait


aux prêtres, aux clercs et aux fidèles qui s'embrassaient, les hommes
entre eux, les femmes entre elles.
En diverses églises, surtout au xvi siècle, e
le prêtre, après avoir
dit Pax tecum, ajoutait « Ayez le lien de la : paix et de la charité,
pour être en état d'approcher des saints Mystères. » Cela se disait
encore au xvm e siècle à Sens, à Auxerre, à Laon, chez les Carmes et
les Dominicains (i).
Il est à remarquer que le célébrant, avant de donner la paix au

clergé et aux fidèles, la puise à sa véritable source, en embrassant


l'autel. Au moyen-âge, selon les lieux, il baisait tantôt l'hostie elle-

même (2), tantôt la pierre sacrée, tantôt le pied du calice, quelquefois


le calice et le corporal, ou bien encore, soit le missel, soit la patène.

Le baiser liturgique était un signe de charité et aussi de pardon ;

mais ce pardon, en diverses églises, se demandait et s'accordait d'une


manière plus explicite. Dans la liturgie de saint Chrysostome, le
diacre, se disposant à la communion, baise la main du prêtre en lui
demandant pardon. Les fidèles qui doivent communier, se tournent
successivement vers le Couchant, le Midi et le Nord, disant aux assis-
tants « Pardonnez-nous, mes frères, car nous avons péché en actions
:

et en paroles. » Et les assistants répondent « Dieu vous pardonne, :

mes frères ! » On usage chez les


retrouve quelques traces de cet
Latins, car les Coutumes de Clunj, rédigées au xi° siècle (3), témoi-

gnent que les religieux demandaient tous pardon avant de communier


et qu'ilsbaisaient en même temps la main de l'officiant.
Aujourd'hui encore, chez les Maronites, ceux qui doivent com-
munier se donnent le baiser de paix, et chacun d'eux, se tournant du
côté du peuple, dit « Pardonnez-moi, mes frères, pour l'amour de
:

Dieu. »

On sait qu'il n'y a jamais eu de baiser de paix à la messe des morts.


Au moyen-âge, certaines communautés s'en abstenaient, sans aucune
exception, par cette raison, dit Guillaume Durand (4), que les moines

(1) Le t Brun, Expl., etc. V e part., art. 7.


(2) Cet usage n'a cessé à Paris qu'en i6i5. Plowden, Traité du sacrifice de Jésus-Christ
t. III, p. 474.
(3) Spicil.y t. IV, p. 145.
(4) Ration., 1. IV, c. lih, n. 8.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 17

étant morts au inonde se comportaient à toutes les messes comme


à celle des morts.
Le baiser de paix des fidèles entre eux a cessé, en général, vers le

xm e
que la séparation des sexes, de chaque côté de l'église,
siècle, alors
ne fut plus rigoureusement observée. Un motif de convenance devait
alors faire disparaître cet antique usage, que le clergé seul conserva.
Quant aux fidèles, on leur fit baiser un instrument de paix, nommé
instrumenium pacis, lapis pacis, osculum pacis, osculatorium, pax,
paxilla, signum pacis, tabula pacis, etc. On commença à s'en servir,
au xm e siècle, en Angleterre au xiv e , son usage se répandit en
;

France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, etc.; mais, à cette


époque et au siècle suivant, un certain nombre d'églises conservaient
encore l'ancien usage. Il n'est point question d'instrument de paix

dans aucun Ordre romain avant la fin du xv c siècle.


Uosculatorium était en or, en argent, en cuivre, en ivoire, en
émail, et quelquefois en marbre, en pierre ou en bois. Quant à la
forme, c'est une ovale, cintrée ou ogivale, derrière
tablette carrée,
laquelle est adaptée une poignée. On en connaît quelques-unes en
forme d'édicule, de retable, de mitre, de fleur de lis, etc. Elles ont
pour ornements des rinceaux, des guirlandes, des émaux, des pierres
précieuses, des niellures et des sujets gravés, sculptés, peints ou
émaillés. Le crucifiement est le sujet le plus ordinairement représenté ;

mais on y voit aussi d'autres scènes tirées de la vie de Jésus-Christ,


de la vie de la sainte Vierge ou du patron de l'église.
Nous empruntons à M. le chanoine Barraud (i) la description de la
célèbre paix du musée de Florence, exécutée en 1452, par Maso Fini-
guerra, pour l'église de Saint-Jean de Florence « Jésus-Christ, assis
:

sur un trône que surmonte un riche baldaquin, et coiffé d'un bonnet


semblable à celui des doges, pose sur la tête de sa divine Mère, assise
près de lui, une couronne fleuronnée. Marie s'incline pour la rece-
voir; elle tient ses bras croisés sur sa poitrine. A côté du trône, on
remarque deux anges tenant chacun un vase plein de parfums, et deux
autres ayant en mains une branche de lis. Plus haut, plusieurs
esprits célestes sonnent de la trompette, et, au-dessus du baldaquin, il
s'en présente encore deux qui soutiennent une banderolle sur laquelle
on lit Assumpta est Maria in cœlum, are exercitus angelorum. Saint
:

Augustin et saint Ambroise sont à genoux au bas du tableau. Une

(ij Notice sur les instruments de paix, p. 78.

T. 11. 2
i8

multitude de saints, ayant à leur tête saint Jean-Baptiste, en occupent


la gauche; à la droite, se rangent un grand nombre de saintes, parmi
lesquelles on distingue sainte Catherine et sainte Agnès. Ces saints et
ces saintes sont debout et ont derrière leur tête un nimbe ayant la
forme d'un plateau allongé par des rayons. Une auréole semblable
couvre la tête des anges. Sur les vêtements des deux Pères de l'Église,

on lit leurs noms Agosti, Anbrus. »


:

Aujourd'hui, l'instrument de paix n'est plus offert au baiser des


fidèles qu'aux messes où ily a offrande. En France, on y substituait
souvent la patène, avant l'introduction de la liturgie romaine.
CHAPITRE III

Rites, cérémonies et coutumes qui précèdent ou qui précédaient


jadis la réception eucharistique

ARTICLE I

De la communion du célébrant

Le prêtre, après avoir récité deux oraisons où il demande la grâce


d'être délivré de tous les maux
de l'âme, de suivre invariablement tous
les préceptes de Jésus-Christ et de rouver dans la communion un

préservatif contre le péché, prend dans sa main gauche les deux parties
de l'hostie et, se frappant la poitrine, dit trois fois le Domine non sum
dignus, prière ou il exprime en même temps ses sentiments d'humilité et
de foi. Ensuite il prend les deux parties de l'hostie avec le pouce et
Findex de la main droite, fait le signe de la croix avec l'hostie sur la
la main gauche, et dit avant de se communier
patène qu'il tient de :

Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam


œternam. Dans plusieurs liturgies, ces paroles sont remplacées par
une prière analogue. Voici celle des anciens Missels de Bangor Ave :

in œternum, sanclissima caro Christi : mihi ante omnia et super


omnia dulcedo. Corpus Domini nostri Jesu Christi sit mihi peccatori
via et vit a (i).

Autrefois les Chartreux communiaient en tenant l'hostie avec les


mains au-dessus de la patène; les Cisterciens et les Carmes, en la
tenant avec les deux mains au-dessus du calice; les Dominicains, en
la tenant de la main gauche. Trithème, dans sa Chronique (2), donne

de ce dernier usage monastique une explication tout à fait inadmissible.

(1) W. Maskell, The ancient Liturgy ofthe Church of En gland, p. 58.


(2) Anno 1 3 13.
20 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Il raconte que l'empereur Henri IV, étant venu combattre en Italie


Robert Guiscard, duc de la Pouille, fut empoisonné par l'hostie que
lui donna son chapelain, le frère Bernard, de Tordre de Saint-Domi-

nique, et que le pape Grégoire VII, pour perpétuer la mémoire de


ce crime individuel, aurait ordonné à tous les Jacobins de communier
de la main gauche.
Cet usage n'est nullement spécial aux Dominicains; il est prescrit
dans des Missels parisiens des xiv e et xv e siècles, dans un Missel de
Meaux du xvi e et dans plusieurs Cérémoniaux du xm e (i). Un écrivain
anonyme du xv c siècle, Dom Martène (2),
dont l'ouvrage a été publié par
a donné de une explication exagérément mystique.
ce rite exceptionnel
« L'hostie, dit-il, est placée du côté du cœur, parce que ce côté est le

plus digne de participer à la consommation du mystère du divin amour.


De plus, la main gauche, selon le pape saint Grégoire, est la figure de
la vie mortelle de Jésus-Christ, terminée par le sacrifice de la croix. »

Nous supposons tout simplement que le véritable motif de cet usage


aura été un sentiment de précaution respectueuse. On aura voulu, en
maintenant l'hostie dans la main gauche au-dessus du calice, éviter
un changement qui pouvait faire tomber des parcelles, et aussi laisser
la main droite libre pour maintenir le pied du calice (3).

Dans la liturgie romaine, le prêtre, après avoir recueilli avec la

patène les particules qui pourraient rester sur le corporal, les fait
tomber dans le calice, en purifiant la patène ainsi que ses doigts, et
prononce quelques prières, qui sont absentes de beaucoup d'anciens
Missels, se bornant à engager le prêtre à méditer un instant sur les
saints Mystères.
Le célébrant prend ensuite le précieux sang, après avoir dit Sanguis :

Domini nostri Jesu Christi custodial animant meam in vitam œter-


nam. Amen. On trouve des variantes dans diverses liturgies; voici celle
d'un ancien Missel de Sarum Ave œternum cœlestis potus mihi ante
:

omnia et super omnia summa dulcedo. Corpus et sanguis Domini nostri


Jesu Christi prosint mihi peccatori ad remedium sempiiernum in
vitam œternam. Amen (4).

Du temps de la communion sous les deux espèces, l'officiant lais-

sait une partie du précieux sang pour les ministres et les assistants.

(1) Mercure de France, oct., 1740, p. 21 34.

(2) Vet. script., t. VI, p. 879.


(3) Sarnelli, Lett. eccl., t. IX, îetteraXV.
(4) W. Maskell, Op. cit., p, 60.
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 21

« Ni les Ordres romains, ni les auteurs liturgistes, jusque vers


l'an 1200, dit le père Le Brun (i), n'ont point marqué qui devait
prendre la particule. Il y a seulement lieu de juger, par les anciennes
coutumes ou les anciens Statuts des ordres religieux que le prêtre
prenait cette particule, et expressément dans la messe de
il est dit
Maurille, archevêque de Rouen, et de Jean d'Avranches, au xi e siècle,
que le prêtre la prend toujours. Cependant, selon Durand, au xm e siècle,
l'évêque laissait prendre cette particule au diacre ou au sous-diacre
qui devait purifier le calice, et c'est ce qui s'observe encore à la messe
papale, comme on le voit dans le Cérémonial romain donné en i5i(5
par Marcel, archevêque de Corfou, et réimprimé plusieurs fois. »
Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, le prêtre boit trois
gorgées successives du précieux sang en disant à trois reprises diffé-
rentes In nomine Patris
: et Filii — —
et Spiritus sancti (2). Il s'essuie
ensuite les lèvres avec le voile du calice; le diacre met alors dans le
calice les fragments de pain consacré, qu'on appelle margaritœ, et qui
doivent être distribués aux fidèles avec une cuiller.
Chez les Cophtes, le prêtre rompt l'hostie en forme de croix, la
trempe dans le vin consacré; puis il en consomme trois parcelles avec
autant de cuillerées qu'il prend dans le calice (3).

ARTICLE II

De l'aYertissement aux communiants et de la profession de foi

Aujourd'hui, les fidèles sont avertis du moment de la communion


par le Domine non snm dignus récité à haute voix. Autrefois, aux
messes solennelles, ils Tétaient encore en diverses églises, à Paris par
exemple, par le diacre qui, pendant le Pater, se rendait au milieu du
chœur, montrait la patène aux assistants et allait ensuite la remettre
au sous-diacre. C'était pour ceux qui devaient communier le signal
d'approcher de l'autel (4).

(1) Explic. descérém., V e part., art. 9, \ 2.


(2) Goar, EuchoL, p. 83.
(3) Vansleb, Relat. dello stato dell Egitto.
(4) Cl. de Vert, Cérém. de l'Église, t. III, p. 3iq.
22 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Pendant les premiers siècles, ceux qui devaient communier restaient


seuls dans l'église. C'est pour cela que l'officiant disait aux assistants :

« Reconnaisse*z-vous les uns les autres, » ou que le diacre leur


disait: « Que ceux qui ne doivent point communier se retirent (r). »

Le plus ordinairement, pour éloigner du Sacrement ceux dont la


conscience n'aurait pas été entièrement pure, le diacre disait à haute
voix : Sancta sanctis ! et cette formule s'est perpétuée dans la plupart
des liturgies orientales. ^
Dans les liturgies grecques, l'appel aux communiants provoque de
leur part une profession de foi. Quand le diacre a dit « Approchez- :

vous avec foi et crainte de Dieu,» les futurs communiants répondent:


« Amen, amen, amen ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur » !

ou bien « Je crois, Seigneur, et je confesse que tu es véritablement le
:

Fils du Dieu vivant » ou bien encore ;



« Seigneur, je ne vous :

donnerai pas le baiser de Judas, mais je confesserai votre foi à l'exemple


du bon larron. Souvenez-vous, Seigneur, de votre serviteur, lorsque
vous viendrez dans votre royaume. »
La liturgie grecque d'Alexandrie prescrit au prêtre de faire une longue
confession dans laquelle il affirme la présence réelle. Les fidèles répon-
dent Amen.
:

Dans le rite arménien, le célébrant, tourné vers le peuple, dit à haute


voix :Approchez-vous avec crainte et avec foi, pour communier
«

saintement, » et les fidèles, les mains levées vers le ciel, répondent :

« Le Seigneur notre Dieu s'est montré à nous. Béni soit celui qui vient

au nom du Seigneur » Au moment de distribuer la communion, il


!

prononce trois fois ces paroles, que les fidèles doivent aussi répéter
trois fois « Je crois fermement que ceci est le corps et le sang du Fils
:

de Dieu qui ôte les péchés du monde et qui est non seulement mon
propre salut, mais celui de tous les hommes (2). »
Les Cophtes, avant de communier, prononcent la profession de foi
suivante : « Ceci est le saint corps et le précieux sang de Jésus-Christ,
Fils de notre Dieu. Amen. C'est le saint et précieux corps et le vrai
sang de Jésus-Christ, Fils de notre Dieu. Amen. C'est en vérité le
corps et le sang d'Emmanuel, notre Dieu. Amen. Je crois, je crois,
je crois, et je confesserai jusqu'à mon dernier soupir que c'est là la

chair vivifiante que Jésus-Christ, votre Fils unique, notre Seigneur,

(1) Greg. Magn., DiaL, 1. II, c. xxm.


(2) Tavernier, Voyages, 2* édit., t. II, p. 110 ;
Tournefort, t. II, p. 412.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 23

notre Dieu et notre Sauveur, a tirée de Notre-Dame, la sainte Mère de


Dieu, la divine Marie. Il l'a unie avec sa divinité, sans mélange, sans
confusion, sans mutation, etc. » Le commencement de cette prière

préparatoire est seul réellement ancien.


Chez les Éthiopiens, aussitôt que le prêtre a dit : Sancta sanctis,
le peuple répond : « Il n'y a qu'un Père saint, un Fils saint, un
Esprit saint. »

Dans l'antique liturgie des Syriens jacobites, le prêtre tenant entre


ses mains l'hostie consacrée, dit : « Tu es le Christ, notre Dieu. Tu es
le même qui, près de Jérusalem, sur le sommet du Golgoiha, eus le côté
transpercé pour nous. Tu es l'Agneau de Dieu qui enlèves les péchés
du monde. »

ARTICLE III

Du Confiteor

Au xn
siècle, les Cisterciens se confessaient mutuellement leurs
e

péchés avant de se rendre à la sainte Table. Lorsqu'un seul devait


communier, il se confessait au prieur. On croit que c'est là l'origine de
la récitation, avant la communion, du Confiteor, dont la formule actuelle
paraîtremonter au xiir9 siècle. Toutefois, on trouve bien antérieure-
ment, mais pas à de la messe, certaines confessions de
cet endroit
péchés. Un Ordinaire de l'abbaye de Savigny veut que le
ancien
diacre, le sous-diacre, les frères convers et les enfants de chœur se
confessent au moment du Pater. Il ne s'agit probablement là que de
l'aveu rapide des fautes qu'on aurait pu avoir oubliées dans la dernière
confession. Dans des Missels des vm e e
et ix siècles, cités par Dom
Martène (i), la confession des péchés est prescrite entre l'Évangile et
Augustin nous laisse entendre que les fidèles faisaient
l'Offertoire. Saint
une espèce de confession de leurs péchés en frappant leur poitrine,
lorsque, dans la récitation du Pater, l'officiant disait Dimitte nobis :

débita nostra.
C'est au commencement du xiir3 siècle que Ton se mit à réciter le

(i) Deant.eccl. ritib. t. I, p. 5i6, 528, 534.


24 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Confit eor,comme préparation immédiate à la réception du Sacre-


ment. Cette récitation, suivie de l'absolution du prêtre (misereatur),
n'eut lieu d'abord que pour les communions données en dehors
de la messe. Bientôt après, cet usage fut introduit dans le temps même
du Saint-Sacrifice, par les ordres mendiants. Il n'a jamais été adopté
par les Chartreux.
Ce Corifiteor est abrégé dans plusieurs liturgies. Dans celles de
Sarum et de Bangor, il est ainsi formulé « Confiteor Deo, beatae
:

Marise, omnibus sanctis et vobis, quia peccavi nimis cogitatione,


locutioneet opère, mea culpa. Precor sanctam Mariam, omnes sanctos
Dei et vos orare pro me (i). »

(i) W. Maskell, The ancient Liturgy of the church of England, p. G.


CHAPITRE IV

Des rites, cérémonies et coutumes qui accompagnent ou accompa-


gnaient jadis la réception de l'Eucharistie

ARTICLE I

De la posture des communiants

Les apôtres, quand ils firent la Cène avec Notre-Seigneur, étaient assis
sur des lits, à la manière des Romains et des Juifs. C'est ainsi que

durent communier les premiers fidèles, surtout- dans leurs agapes. Cet
usage, qui régnait encore au 111 e siècle, fournit à M. Roller (i) un argu-
ment contre la croyance à la transsubstantiation il oublie que ;

l'adoration ne se traduit pas nécessairement par des marques exté-


rieures.
Aujourd'hui, la nécessité seule autorise cette posture; mais on pour-
rait reconnaître un vestige de l'usage primitif dans l'office solennel où
le pape communie étant assis.
La coutume de s'agenouiller en certaines circonstances remonte à
l'origine de l'Église. Saint Pierre s'agenouilla pour prier (2). Saint
Paul se mit à genoux avec les anciens d'Ephèse (3). Il se jeta à genoux
au bord de la mer pour prier avec ceux qui l'accompagnaient (4).
Jésus-Christ lui-même s'agenouilla pour prier son Père dans le jardin
de Gethsémani. Saint Jean nous montre à genoux et prosternés les
vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse qui entouraient le trône de
l'Agneau. De prime abord, il peut paraître singulier que, pour recevoir
la sainte Eucharistie, on soit resté debout, même après que le culte

(1) Catacombes de Rome, t. I, p. 143.


(2) A et., ix, 40.
(3) Act., xx, 36.
(4) A et., xxi, 5.
26

chrétien fut complètement organisé. Mais il faut se rappeler que, pen-


dant longtemps, on déposait la parcelle eucharistique dans la main du
communiant. Il était bien plus facile au prêtre de faire cette distri-
bution, alors que les fidèles restaientdebout; et, quand ceux-ci parti-
cipaient au calice, il y avait bien moins de danger d'effusion que s'ils
avaient été agenouillés. D'ailleurs les chancels, derrière lesquels se
tenaient les communiants, étaient ordinairement assez élevés; si les

fidèles s'étaient agenouillés, il leur eût été souvent bien difficile de


recevoir l'Eucharistie dans le creux de la main.
Saint Epbrem dit que la posture des communiants était inspirée par
le souvenir des enfants d'Israël qui mangeaient debout l'Agneau
pascal.
On pourrait objecter que saint Cyrille de Jérusalem dit qu'en allant
communier, il faut se courber dans un état d'adoration et de vénéra-
tion (i); que saint Jean Chrysostome exhorte les communiants à se
prosterner devant l'autel (2). Mgr Martigny en conclut qu'on recevait
parfois l'Eucharistie à genoux. Il invoque également la pratique gêné-
raie de prier à genoux aux jours de station. « Si cette posture humi-
liée, dit-il (3), était exigée pour la prière en général, elle devait l'être
plus encore pour la communion. »Nous croyons qu'il serait hasardeux
de tirer des conséquences d'analogie, en ce qui concerne des rites tout
à fait différents ; il y avait dans l'un d'eux des conditions physiques
qui n'existaient pas dans l'autre. Quant aux textes invoqués, ils se
rapportent à des inclinations de tête, à des génuflexions, à des pros-
trations, à des marques d'adoration qui sont tout à fait distinctes de la
posture que l'on gardait en communiant. Là où ces signes extérieurs
ne se produisaient pas, il n'y en avait pas moins une adoration inté-
rieure, Personne ne mange cette chair, dit saint Augustin (4), avant
ce

de l'avoir adorée. » Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, le


diacre, au moment de la communion, dit Stemus honeste, stemus :

cum tremore. « Approchons-nous debout, en tremblant et avec


crainte, les yeux baissés, notre âme élevée à Dieu, gémissant en silence, »
dit Jean de Jérusalem, dans un sermon sur la pénitence, inséré dans
les œuvres de saint Jean Chrysostome.

A la messe solennelle du pape, le diacre communie debout c'est le :

(1) Cat. Vmyst.


(2) Homil. XXXI in natal. Christi.
(3) Dict. des ant. chrét., 2 e édit., p. iq6.
(4) In Psalm. XCVIII.
LIVRE XV.

seul vestige qui reste en Occident de cet antique usage.Les Orientaux,


au contraire, l'ont parfaitement conservé la plupart. Les fidèles, ainsi
que les ministres de l'autel, se tiennent debout pour recevoir l'Eucha-
ristie dans leurs mains croisées l'une sur l'autre. Ils tiennent les yeux
baissés et inclinent un peu la tête en signe d'adoration. Les Cophtes
et les Éthiopiens prétendent que la génuflexion est un signe de deuil

et d'humilité, action qui ne convient pas à la joie spirituelle, insépa-

rable de la communion (i).

Comme nous le verrons plus loin, c'est vers le xi


c
siècle, plus tôt
dans certaines contrées, plus tard dans d'autres, que, chez les Occi-
dentaux, on déposa la sainte hostie dans la bouche des fidèles et non
plus dans leurs mains. Il devint alors plus commode pour l'officiant

et pour que
les fidèles ces derniers se missent à genoux. Cet usage se
généralisa peu à peu, surtout après la suppression du calice, qu'il
n'aurait pas été prudent de boire dans une position agenouillée, ce
qui aurait rendu les accidents plus fréquents.
Les Bulgares, imbus des préjugés populaires de quelques Grecs,
croyaient que, pour recevoir l'Eucharistie, il était obligatoire de se
diriger vers l'autel avec les mains croisées sur la poitrine. Le pape
Nicolas I les dissuada de cette croyance (2).

Les religieuses de Port-Royal n'approchaient point de la sainte


Table sans s'être prosternées auparavant. C'est ce qui se fait encore
dans quelques communautés de femmes.

ARTICLE II

De l'ordre «le succession dans la réception eucharistique

Dans toutes les liturgies de l'Orient et de l'Occident, le prêtre com-


munie avant les fidèles, imitant en cela l'exemple que, d'après la tra-
dition, Jésus-Christ a donné dans l'institution de la Cène. Nous ne
trouvons d'exception à cet égard que dans la prétendue liturgie catho-
lique, rédigée pour la Suède en 1576, où le prêtre ne communie qu'a-
près les fidèles. Rappelons aussi que Jobius, moine d'Orient, sous le

(1) Legrand, Voyage hist. d'Abyssinie, diss. II, p. 332.


(2) Consult. Buîgar., c. liv.
28 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

règne de Justinien, prétendait prouver, en invoquant des textes de


saint Luc et de saint Paul, que l'usage primitif était de donner d'a-
bord le précieux sang et ensuite le corps de Jésus-Christ.
Les Constitutions apostoliques prescrivent Tordre suivant pour la
réception de l'Eucharistie les prêtres assistants selon leur rang
:

d'ancienneté dans le sacerdoce, les diacres, les sous-diacres, les lec-


teurs, les chantres, les ascètes, les diaconesses, les vierges consacrées à
Dieu, les veuves, les enfants, le reste des fidèles, en commençant par
les hommes.
Ce n'est que dans les Constitutions apostoliques que nous voyons
Dans les autres anciens docu-
l'évêque faire seul cette distribution.
ments liturgiques, où l'ordre prescrit est à peu près le même, les
diacres coopèrent à la distribution du calice et quelquefois même à
celle du pain eucharistique. En ce qui concerne le précieux sang, les
prêtres assistants le prenaient eux-mêmes ; les diacres recevaient le
calice et ensuite le distribuaient aux fidèles dans l'ordre que nous
avons indiqué.
Le concile de Nicée (can. xvm) dit que le diacre ne doit recevoir
la communion qu'après les prêtres, et qu'il a appris que plusieurs de
ces ministres s'ingéraient de recevoir l'Eucharistie, même avant les

évêques; il s'agit évidemment là non point de l'officiant, mais des


prêtres et des évêques qui assistaient au Saint-Sacrifice.
Thomassin (i) considérait comme une faute liturgique que, dans
certaines églises, le Jeudi saint, le diacre et le sous-diacre qui ser-
vaient à l'autel, communiassent avant les prêtres qui sont au chœur.
Joseph Baldeschi, maître des Cérémonies à Saint-Pierre de Rome,
dit d'une manière générale que les ministres sacrés, parati, doivent
communier les premiers. « L'auteur, dit M. l'abbé Favrel (2), suppose
que les ministres sacrés sont prêtres, puisqu'il ajoute : ainsi que les
autres prêtres; mais, lors même qu'ils ne seraient pas revêtus de ce
caractère, nous croyons qu'ils devraient encore recevoir la commu-
nion les premiers, ratione paramentorum. »

Nous apprenons de Jean Moschus que, de son temps, dans quel-


(3)

ques églises, les petits garçons communiaient immédiatement après


les clercs.

A Rome, les hommes se présentent à la sainte Table, du côté de

(O Discipline de V Église, t. II, p. 260.


(2) Cérémonies selon le rite romain, p. 146.
(3) Prat. spirit., cap. ult.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L EUCHARISTIE 20,

l'Évangile, et les femmes, du côté de l'Épître. Ailleurs, les hommes


communient d'abord, les femmes ensuite.
La Congrégation des Rites a décidé que la communion doit être
donnée premièrement au servant de messe, en raison de son minis-
tère, puis selon les rangs de dignité (i).

Chez les Cophtes, le prêtre descend du sanctuaire, donne la béné-


diction au peuple par un signe de croix de la patène contenant le pain
consacré; il communie d'abord les hommes qui, en recevant l'hostie,
se prosternent jusqu'à terre. Après avoir donné à ces derniers la béné-
diction avec la patène, il communie les femmes en leur donnant la
bénédiction de la patène, avant et après la communion (2).

ARTICLE III

Des paroles prononcées par le prêtre en donnant la communion

Le célébrant prend de la main gauche le ciboire qu'il a découvert,


ou bien la patène contenant les hosties qu'il a consacrées à la
messe ;
de la main prend une des saintes hosties qu'il élève un peu
droite, il

au-dessus de la patène ou du ciboire et, se tournant vers le peuple,


il prononce ces paroles Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi ;
:

et aussitôt il ajoute trois fois : Domine, non sum dignus ut intres sub
tectnm meum; sed tantum die verbo et sanabitur anima mea. Il des-

cend alors par le milieu de l'autel, s'approche de ceux qui doivent


communier, commençant toujours du côté de l'Épître. Sur chacune
des personnes à qui il va donner la communion, il fait un signe de
croix, en disant Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat animant
:

tuam in vitam œternam. Amen.


Nous trouvons dans Y Agnus Dei les propres paroles de saint Jean-
Baptiste, montrant aux Juifs le divin Rédempteur, la sainte victime
figurée par l'Agneau pascal. Dans
plusieurs anciens Missels, on lit cette
variante : Agnus Dei qui peccata mundi, miserere nobis. En
tollis
Allemagne, le prêtre dit ces paroles en langue vulgaire.

(1) i3 jul. i658, n° 1760.


(2) Perpét. delà Foi, t. m, p. i85.
3o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Le prêtre cophte prononce cette allocution « Voici le pain des :

saints. Que celui qui est exempt de tout péché approche mais que ;

celui qui est souillé par le péché se garde bien d'approcher, de peur
qu'il ne soit foudroyé parla vengeance divine. Quant à moi, je ne par-
ticipe pas à son sacrilège (i). »
Le prêtre répète les paroles Domine non sum dignus, qu'il a déjà
dites pour lui-même; il les répète, pour que tous ceux qui doivent
communier les disent avec lui et se pénètrent de sentiments d'humilité.
Cet usage est fort ancien, puisqu'il est recommandé par Origène (2)
et par saint Jean Chrysostome (3). Mais les paroles du Centenier ne
sont devenues liturgiquement obligatoires pour l'officiant que vers le
xvi e siècle. En 1 585, le concile d'Aix dit qu'elles seront prononcées
par le prêtre ou par le clerc. Parfois ces paroles étaient remplacées

par une formule toute différente. Le cardinal Bona cite la suivante


d'un ancien Missel romain « Je vous salue, ô chair de Jésus-Christ,
:

à jamais sainte, ô vous qui, avant tout et par-dessus tout, êtes ma


suprême douceur ! »

communiant des personnes du sexe, ont cru,


Certains prêtres, en
par purisme grammatical, devoir dire Domine, non sum digna. Cette :

innovation se répandit dans quelques couvents de religieuses, par


exemple, à l'abbaye de Ronceray, d'Angers ; elle fut même conseillée
par un Missel imprimé à Venise en 563. Mais le Missel romain, en 1

ordonnant de dire Domine, non sum dignus, même pour les femmes,
se conforme aux bulles de saint Pie V et de Paul V qui interdisent
le moindre changement dans les paroles du Missel.

Le concile de Narbonne (1609) et e Ri tue l d'Annecy, publié en *

161 2, par saint François de Sales, se sont écartés de ces prescriptions


en permettant au prêtre de dire en français « Mon Seigneur, je ne :

suis pas digne que vous entriez dans mon corps ; mais, par 'votre
sainte parole, que mon âme soit sauvée! »
Nous avons dit que le prêtre qui donne la communion fait le signe
de la croix avec l'hostie sur la personne qui va la recevoir. Jadis, ce
signe de croix se faisait quelquefois avec la main et après la commu-
nion des fidèles. C'est même une prescription que fait encore, en
1609, le Narbonne.
concile de
La formule actuelle Corpus Domini nostri, etc., apparaît déjà dans le

(1) Sollerius, Act. sanct., t. V jun., p. 14:?.

(2) Homil. VI in Evang.


(3) Homil. in S. Thom.
LIVRE XV. RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE ^EUCHARISTIE 3l

Sacramentaire de saint Grégoire, où elle est suivie de ces paroles


pour la communion sous l'espèce du vin Sangnis Domini Jesu :

Christi custodiat te ad vitam œternam.


Pendant les six premiers siècles, en Orient comme en Occident, la
formule se bornait généralement à ces mots Corpus Christi, sanguis :

Christi, et les communiants répondaient Amen.


Voici les principales variantes que nous trouvons dans les liturgies

anciennes et modernes :

Que le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ vous soient


corps et le

donnés pour pardon de vos fautes et la rémission de vos péchés,


le

dans ce siècle et dans l'autre. (Liturgie de saint Jacques.)


Voici le corps saint. —
Voici le sang précieux de Notre-Seigneur,
Dieu et Sauveur. (Liturgie alexandrine de saint Marc.)
Voici le corps et le sang de l'Agneau de Dieu qui vous sont donnés
pour la rémission de vos péchés. (De persica captivitate, traité
anonyme édité par Combefis.)
Que le corps sang du Seigneur vous servent pour la rémission
et le

de vos péchés pour la vie éternelle. [Concile de Rouen, 65o.)


et
Que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ vous garde pour la vie
éternelle. (Alcuin, de officiis.)
Que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit pour nous le

salut du corps etde l'âme. (Helgaud, Vita reg. Roberti.)


Ceci est le corps du Christ qu'il a livré pour nos péchés. — Ceci
est le sang du Christ répandu pour nous. (Canons d'Ebnassali.)
qu'il a
Ceci est sang de Notre Dieu Emmanuel. Hoc est in
le corps et le

rei veritate. (Rituel de Gabriel de Philadelphie.)


Dans la liturgie actuelle des Grecs, le prêtre, s'étant informé du
nom du communiant, lui dit « N, serviteur de Dieu, vous recevez le :

corps sacré et sang précieux de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour


le

la rémission de vos péchés et pour la vie éternelle. »


Chez les Ethiopiens et les Abyssiniens, le prêtre dit en présentant
l'hostie : « Voici le pain de vie qui est descendu du ciel; c'est vrai-
ment le précieux corps d'Emmanuel, notre Dieu. Amen. » — Le diacre
dit en présentant le calice : « C'est le calice de vie qui est descendu du
ciel, c'est le précieux sang du Christ (i). »

Dans quelques parties de PAbyssinie, le prêtre dit en donnant


Thostie: «Ceci est la chair sacrée que l'Emmanuel, notre Dieu, a pris

(i) Renaudot, Lit. orient., 1.


1, p. 493.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

dans le sein de Notre-Dame. » Le diacre distribue le vin avec une


petite cuiller, en disant : « Ceci est le sang de Jésus-Christ, pour la vie
du corps et de l'âme et pour la vie éternelle. » Un sous-diacre met
ensuite dans le creux de la main des communiants un peu d'eau qu'ils
avalent, après s'être rincé la bouche.
En Russie, le pope dit, en donnant la communion : « Ceci est le
vrai corps et le vrai sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a été
livré pour vous et pour plusieurs, en rémission de vos péchés. Toutes
les fois que vous y participerez, vous ferez mémoire de la mort et de la

Passion de Notre-Seigneur. Dieu vous bénisse » !

Des formules hétérodoxes ont parfois remplacé les formes tradition-


nelles. Léothéric, archevêque de Reims, s'ingérait d'y ajouter ces
mots « Si vous en êtes digne, recevez-le.
: » Le roi Robert lui

reprocha vivement cette innovation, qu'il appelait « une sorte


d'examen par le corps et le sang de Notre-Seigneur (i) ». Jacques
Spifames, évêque de Nevers, donnant la communion dans sa cathé-
drale, dit un jour » Recevez la figure du Christ. » Le doyen du
:

Chapitre qui l'entendit le traita d'impudent menteur. Bientôt après,

ce misérable évêque, ayant abjuré sa foi se retira à Genève où il se


livra au commerce des farines; c'est lui, dit-on, qui donna lieu à ce
proverbe Il est devenu d'évêque meunier (2).
:

En Orient, le communiant répond Amen aux paroles du prêtre cet ;

acte de foi se formulait aussi en Occident, au moins jusqu'au vi e siècle.


Ce fut probablement, dans l'origine, une protestation contre
l'hérésie des Docètes qui n'admettaient pas une chair véritable en
Jésus-Christ.
Cet acte de foi à la présence réelle est mentionné par les Pères de
PÉglise. Tertullien, dans son livre sur les spectacles, reproche à cer-
tains Chrétiens d'acclamer les gladiateurs de la même bouche dont ils

ont prononcé Amen, en recevant les saints Mystères. Le pape Corneille,


dans sa lettre à Fabien, évêque d'Antioche, lui dit que le schisma-
tique Novatien exigeait de ceux auxquels il donnait la communion le

serment de ne point retourner à l'unité catholique. « Ainsi, ajoute-


t-il (3), celui qui, en recevant le pain sacré, aurait dû répondre
Amen, disait : « Je ne retournerai pas dans la communion de Cor-
neille. »

(1) Helgaud, Vita Roberti.


(2) Voyagelitt.de deux Bénédictins, t. I, p. 48.
(3) Euseb. , Hist. ecc\.,\. IV, c. xliii.
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 33

Saint Léondans un de ses sermons (i) « Vous devez tellement


dit :

participer à la Table du Seigneur que vous ne doutiez nullement de


la vérité du corps et du sang de Jésus-Christ; car on croit par la foi à

ce qu'on reçoit par la bouche, et ceux-là répondent en vain Amen qui


entretiennent des disputes sur ce qu'ils reçoivent. »

« Le sang de Jésus-Christ, dit saint Augustin (2), jette un grand


cri sur la terre, lorsqu'après l'avoir reçu on répond Amen dans toutes
les nations. »
e
Vers le vi siècle, en Occident, ce fut généralement le prêtre seul qui
ajouta Amen à la prière Corpus Domini. L'antique usage fut restauré
à Milan et, au xvm e
siècle, dans le Missel de Paris.

ARTICLE IV

Du mode de réception eucharistique

Tous les monuments des premiers siècles nous montrent que les
fidèles recevaient l'Eucharistie dans la main droite soutenue par la
gauche, et se l'administraient ensuite eux-mêmes. Quand certains
documents, tels que des Actes de saints ayant vécu dans les âges pri-
mitifs,nous parlent de communion déposée immédiatement dans la
bouche, il faut se défier de leur antiquité. Ainsi on lit dans la Vie de
saint Syr (3), premier évêque de Pavie, qu'un Juif se présenta pour
recevoir l'hostie de sa main, afin de l'emporter chez lui et de l'outrager
librement; mais il se trouva brûlé par Thostie dès qu'il l'eût sur la
langue. Ce récit est évidemment apocryphe. L'auteur a supposé que le
Juif reçut l'hostie dans la bouche, car s'il l'eût reçue dans la main, il ne
l'aurait pas lui-même déposée dans sa bouche, puisqu'il voulait l'em-
porter chez lui.

Les visions de Catherine Emmerich sont encore bien plus en contra-


diction avec les données historiques les plus certaines. Témoin ce
récit du 18 avril 1821 : « Je vis, dit-elle, un peu après minuit, la
sainte Vierge recevoir à genoux la sainte Eucharistie des mains de

(1) Serm. LXXXIX, cm.


(2) Contra Faust., 1. XII, c. x.
(3) Labus, Fasti délia Chiesa, 9 décembre.
34 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Pierre. Il tenait à la main la patène du calice sur laquelle étaient les


saintes espèces, et il mit dans la bouche de Marie le morceau de pain
rompu par Jésus lui-même. »
Tertullien (i) reproche à certains Chrétiens de recevoir le corps du
Christ dans des mains qui se sont profanées par la fabrication des
idoles.
Saint Cyprien (2) voit avec horreur la main qui, après avoir reçu le

corps du Seigneur, sacrifie aux faux dieux.


Saint Ambroise (?) disait à Théodose,, en lui reprochant le massacre
de Thessalonique « Comment étendez-vous ces mains encore teintes
:

d'un sang innocent ? Comment oserez-vous en de telles mains recevoir


le corps du Seigneur ? »

« Considérez, dit saint Chrysostome (4), ce que vous recevez dans la

main; après qu'elle a été honorée d'un si grand don, ne la déshonorez


point par des violences qu'elle exercerait contre le prochain. »
Saint Cyrille de Jérusalem (5) explique ainsi aux fidèles de quelle
façon ils doivent recevoir le « Quand vous
corps de Notre-Seigneur :

approchez pour communier, ne faut point venir les mains étendues,


il

ni les doigts ouverts ;


mais, soutenant de votre main gauche votre
main droite, trône du divin Roi, recevez-y le corps de Jésus-Christ, en
disant Amen. Alors, après avoir eu soin de sanctifier vos yeux par
la vue d'un corps si saint et si vénérable, vous communierez en le
mangeant. Mais prenez bien garde qu'il n'en tombe rien, considérant
la perte que vous feriez de la moindre miette, comme si vous perdiez
quelqu'un de vos membres. »
Saint Jean Damascène constate la coutume où l'on était, dans quel-
ques églises, après avoir reçu l'Eucharistie dans la main, de s'en tou-
cher les yeux, les lèvres et le front avant de la consommer (6). C'était
dans le but de se sanctifier les sens, de les rendre moins accessibles
aux tentations. Cette coutume régnait encore du temps de Théodore Stu-
dite (7). Peut-être faut-il en voir une réminiscence dans la rubrique d'un
Missel d'Orléans (i5o4), recommandant au prêtre, après le libéra nos,
de toucher l'hostie avec la patène et de porter ensuite cette patène à ses

( 1) De idolatria, vu.
c.

(2) Epist. L VI ad
Thibanitanos.
(3) Theodoret., Hist. eccl., 1. V, c. xvîu
(4) Homil. XXI ad pop. Antiochi
(5) Cat. myst. V.
(6) De fide orthod., 1. IV, c.xw.
(7) Senn. XLVf.
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 35

lèvres et à ses yeux. On pourrait reconnaître une autre analogie dans


un rite de l'Église de Melita, où les fidèles, pendant l'élévation, tendaient

les mains vers l'hostie, comme pour la saisir, et se touchaient ensuite


religieusement les yeux (i).

Au vi e siècle, les hommes recevaient encore l'Eucharistie dans la


main nue, femmes, dans la main couverte d'un dominical, linge
et les

blanc dont nous parlerons dans le livre suivant (2). Un concile de


Gonstantinople (587) dit que « Il n'est point permis aux femmes de
recevoir l'Eucharistie dans la main nue. »
Les premiers exemples d'hostie déposée immédiatement dans la
bouche apparaissent au vi e et au vn e siècle. Saint Grégoire le Grand
nous apprend que le pape saint Agapet, se rendant en Grèce, com-
munia un sourd-muet en lui mettant l'Eucharistie dans la bouche (3).
Dans la vie de saint Magnebode (4), nous voyons que cet évêque
d'Angers déposa la communion dans la bouche d'une jeune fille malade,
qui était venue de fort loin pour solliciter sa guérison, et dans celle
d'un aveugle. Il s'agit ici, il est vrai, d'infirmes et de malades, et peut-
être a-t-on pu les assimiler à ceux qui recevaient le Viatique et pour
lesquels on dut souvent, par nécessité, faire dérogation à l'usage habi-
tuel.Mais Jean Diacre (5) nousdonne un témoignage plus général, quand
il que saint Grégoire le Grand déposait l'hostie dans la bouche des
dit

communiants.

Le concile de Constantinople in Trullo (692) désapprouve ceux qui
recevaient l'Eucharistie dans des vases d'or ou de quelque autre matière
précieuse, au lieu de la recevoir dans leurs mains, comme si une
créature inanimée était préférable à la main de l'homme. Parfois
aussi c'était sur une petite tablette que le communiant recevait le pain
consacré. Cet usage existait déjà du temps de saint Jean Ghrysos-
tome (6).

En Orient, au vi c siècle, les deux


modes étaient usités pour le Via-
tique. Le malade qui communie, dit Jacques d'Edesse (7), peut, s'il
«

le veut, recevoir l'oblation dans sa bouche ou, s'il le préfère, la prendre

dans sa main pour se communier lui-même. » - ',

(1) Macri, Hierolex., V° Hostia.


(2) Chap. 1, art. 12.
(3) DiaL, 1. III, c. m.
(4) D. Martène, Spicil.,V, append. t.

(5) Hist.S. Gregor., 1. n° 41. II,

(6) Homil. LXI ad pop. Antioch.


(7) Nomocanon, c. iv, sect. 4.
36 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Le P. Bède nous parle d'un religieux, nommé Godmon, qui, sentant


la mort arriver, se fit apporter l'Eucharistie qu'il reçut dans sa
main (i).
Au vm e siècle, saint Jean Damascène nous dit « Allons à Jésus-Christ
:

avec une ardente charité et, mettant nos mains en forme de croix, rece-
vons-y le corps du Crucifié. »

Nous dans les Actes de sainte Odile que cette abbesse, sur son
lisons
lit de mort, prit dans ses mains le calice où se trouvaient le corps et

le sang de Notre-Seigneur, et qu'elle s'en communia. On comprend

facilement que, dans ces cas d'intinction, il n'était pas convenable de


déposer dans la main une hostie toute imbibée de précieux sang ;

aussi, dès le x e siècle, dans une grande partie de l'Orient, on se servit


d'une cuiller pour donner la communion.
En ce qui concerne l'Occident, plusieurs écrivains (2) prétendent que
l'usage de remettre l'Eucharistie dans la main cessa au vn e siècle ils ;

se basent sur un canon d'un concile de Rouen, conçu en ces termes :

« L'Eucharistie ne doit pas être déposée dans la main des laïques,

mais dans leur bouche (3). » Or, ce concile, qu'ils placent en 65o, date
du ix e siècle, comme l'ont montré Mgr Héfélé et les meilleurs critiques.
C'est là, après tout, une ordonnance locale, déterminée peut-être par
quelque regrettable accident. C'est en effet pour diminuer les cas de
chutes d'hostie que le prêtre la plaça directement sur la langue des
communiants. Ce nouveau mode ne pouvait point s'introduire partout
en même temps; nous croyons qu'il ne se généralisa qu'au xi c siècle.
Il est prescrit dans les Coutumes de Cluny, rédigées par Udalric.

Le diacre et le sous-diacre conservèrent plus ou moins longtemps


le privilège de se communier eux-mêmes. Dans la messe d'Illyricus et

dans un ancien Ordre romain publié par Mabillon, le sous-diacre seul


reçoit l'Eucharistie dans la bouche, tandis que le diacre et les prêtres
la recevaient dans la main. Dans la description de la messe que nous

donne Jean d'Avranches (xi e siècle), le célébrant communie le diacre et


le sous-diacre, tandis que beaucoup plus tard, en i25g, les Statuts

des Chartreux indiquent que ces deux ministres de l'autel se commu-


niaient eux-mêmes.
L'usage de mettre l'Eucharistie dans la main des ministres s'est
conservé en Orient, surtout dans les monastères. On fait de même, à

(1) Hist. angl., 1. IV, c. xxiv.


(2) Hospinien, Hist. sacrament., t. I, p. 33.
(3) Mansi, t. X, p. 1 199»
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 37

l'égard des laïques, en Syrie, en Géorgie et en Mingrélie. Dans le reste


de l'Orient, deux on met dans la bouche
rites différents sont usités. Ici,

du communiant, à l'aide d'une cuiller, du pain consacré trempé dans


le précieux sang; là, on dépose encore l'Eucharistie dans la main du

communiant. On sait que les Orientaux ont l'habitude de porter la


main sur la tête et au front en signe de vénération c'est dans ce but :

qu'un certain nombre d'entre eux, après avoir reçu l'Eucharistie dans
la main, la mettent un instant sur la tête en récitant une prière.
Les Hussites, en restaurant l'usage de la coupe, reprirent égale-
ment celui de la réception du pain dans la main ; la plupart des
Églises protestantes firent revivre cette coutume primitive. Dans la

prétendue Église gallicane de M. Hyacinthe Loyson, les fidèles reçoi-

vent aussi l'hostie dans le creux de la main et la prennent ensuite avec


la langue.
Dans toutes les communions orientales, le même pain sert à la

communion du célébrant, du clergé et des fidèles. Il n'en est pas


ainsi chez les Nestoriens, qui consacrent trois ou quatre pains dont
un doit être exclusivement réservé au célébrant (i).

En onzième siècle, au moins, de petites hosties


Occident, depuis le

sont données aux fidèles une grande est réservée au célébrant. Des
;

exceptions sont cependant admises pour certains cas. On lit dans la


Vie du B. Herluin, fondateur de l'abbaye du Bec, que l'abbé Roger,
ne trouvant point d'hostie consacrée dans le ciboire de l'église, prit
une parcelle de la grande hostie qu'un célébrant venait de consacrer et
en communia l'abbé Herluin.
Le Missel romain permet de communier un malade en péril de
mort âvec une parcelle de la grande hostie destinée au prêtre, quand il
n'y en a pas d'autre. Plusieurs théologiens (2), appliquent cette règle
à toute personne se présentant à la sainte Table.
Un décret de la Congrégation du concile de Trente, approuvé par le
pape Innocent XI (3), enjoint aux évêques, curés et confesseurs
d'avertir les fidèles qu'on ne doit donner à qui que ce soit ni plusieurs
hosties à la fois, ni une grande hostie. Ces abus, sollicités par la dé-
votion mal entendue de quelques fidèles, furent parfois entretenus par
la complaisance de leurs curés. Sainte Thérèse elle-même avoue qu'elle

était bien aise de recevoir de grandes hosties pour jouir plus longtemps

(1) Assémani, Bibl. orient., t. III, part. I, p. 243.


(2) S. Thomas, Jacques de Graffio, Scortia, etc.
(3) 12 februar. 1279.
-

38 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

de la présence sensible de Jésus-Christ. Son confesseur, saint Jean de


la Croix, pour la mortifier, ne lui donna un jour que la moitié d'une
hostie.
L'amour vaniteux du privilège était quelquefois le mobile de ces
singularités. On raconte 384, un seigneur de Schosberg,
qu'en 1

nommé Milser, voulut, par orgueil, communier avec une grande


hostie semblable à celle que consacre le prêtre. Les religieux de
l'église de Séefeld ne parvinrent point à vaincre son obstination à cet
égard et eurent le tort de consentir enfin à ses désirs. L'hostie que
Milser reçut dans sa bouche s'en échappa, en versant des flots de sang,
et le communiant s'enfonça dans le sol jusqu'aux genoux. En vain
voulut-il s'accrocher à l'autel, la pierre s'amollit et céda sous sa main.
Il allait être englouti tout vif, quand un acte de repentir le sauva. On
montre au couvent des Augustins de Séefeld, près d'Inspruck,
l'hostie miraculeuse conservée dans un reliquaire de verre, l'empreinte
d'une main sur la pierre d'autel, un enfoncement dans le pavage et
une inscription sur une plaque d'airain où est narrée cette lé*

gende (i).
Pour éviter les chutes d'hostie, les conciles recommandent que le

servant de messe accompagne le prêtre pendant la distribution de


l'Eucharistie, et prescrivent aux communiants de tenir entre les mains
un pan de nappe de communion. Bien que la rubrique ne pres-
la

crive rien à ce sujet, dans beaucoup de diocèses, aux messes solen-


nelles, pendant la communion, le diacre tient la patène sous le
menton de chaque communiant, pour recueillir les parcelles, s'il s'en
échappait quelqu'une. Aux messes basses, dans un certain nombre
d'églises, le prêtre tient tout à la fois de la main gauche le ciboire et
la patène. Nous parlerons plus tard" (2) de l'invention des ciboires à
charnière, dont le couvercle joue le rôle de patène.
En traitant de la communion sous les deux espèces, nous avons suffi
sammentindiqué les rites qui accompagnaient jadis la libation du calice.

Nous nous bornerons donc ici à reproduire un curieux passage de


Jérusalem (3) « Après avoir ainsi communié au corps
saint Cyrille de :

de Notre-Seigneur Jésus-Christ, approchez-vous du calice du sang,


non pas en étendant les mains, mais en vous inclinant comme pour
l'adorer et lui rendre hommage, en disant Amen; puis, sanctifiez-vous

(1) Bredenbach, Collât, sacr., ï. I, c. lv; Misson, Voyage d'Italie, 4


e édit. ; t. ij p. i3i.
(2) Livre XVII, ch. m.
(3) Catech. myst. V.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 3g

par l'attouchement de ce sang de Jésus-Christ que vous recevez ; et,


pendant que vos lèvres en sont encore trempées, essuyez-les avec la
main, et portez-la aussitôt à vos yeux, à votre front et aux autres
organes de vos sens pour les consacrer. Enfin, entendant la dernière,
prière du prêtre, remerciez Dieu de ce qu'il vous a rendus dignes de
participer à des mystères si grands et si élevés. »
En Orient, on distribua parfois des grappes de raisin avec l'Eucha-
ristie. Le concile de Constantinople in Trullo veut « qu'elles soient

bénites séparément comme des prémices et qu'on en donne aussi sépa-


rément à ceux qui en demanderont (can. 28) ».
Nous terminerons ce chapitre en parlant des chants qui avaient
lieu pendant la communion, quelquefois avant et après.
Le type de ces chants se trouve dans le récit de la Cène Et hymno :

dicto, exierunt in montent Oliveti. Ce sont même ces hymnes d'actions


de grâce qui ont donné lieu au nom
d'Eucharistie. Elles ont proba-
blement commencé en Orient, dès l'origine du Christianisme, et de là
se sont répandues partout. Saint Augustin nous dit qu'elles se sont
introduites de son temps dans l'Église de Carthage.
On chantait surtout des psaumes ; mais comme il y en a plus d'un
approprié au bienfait eucharistique, le choix en fut différent selon les

églises. Les Constitutions apostoliques prescrivent de chanter le

psaume XXXIII Benedicam Domino; Jérôme parle du psaume


saint
XLIV Eructavit cor meum; Tertullien et saint Augustin mentionnent
le psaume CXXXIII Ecce quam bonum. Saint Jean Chrysostome recom-

mande le psaume CXLIV Oculi omnium. La liturgie de saint Jacques


prescrit le psaume XXXIII Benedicam; la liturgie de saint Marc, le
psaume XLI Quemadmodum desiderat cervus ad fontem aquarnm.
Des chants de diverse nature accompagnaient parfois ou rempla-
çaient les psaumes. En Afrique, c'était le Domine non sum dignus ; en
Espagne et dans les Gaules, c'était leCredo; ailleurs c'étaient des
hymnes spéciales, comme celles que composa saint Rembert pour
l'Eglise de Hambourg.
Dans la liturgie de saint Basile, les clercs chantaient, avant et pen-
dant ta communion, les paroles suivantes : « Le Christ sacrifié se dis-
tribue parmi nous. Alléluia. Il nous donne son corps en nourriture
et nous communique son sang divin. Alléluia. Approchez-vous du
Seigneur et remplissez-vous de sa lumière. Alléluia. Goûtez et voyez
combien est suave le Seigneur. Alléluia. Bénissez le Seigneur dans
les deux. Alléluia. Bénissez-le sur les hauteurs. Alléluia. Bénissez-le
40 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

tous, ô vous, ses anges. Alléluia. Bénissez-le toutes, ô vous, ses vertus.
Alléluia. » Quand la communion se prolongeait, les clercs ajoutaient
à ces versets un cantique inspiré par la fête du jour ou par le temps
liturgique.
Dans le rite ambrosien, on chantait pendant la communion une
antienne appelée Transit or ium. Aux grandes où les com-
fêtes,
munions étaient nombreuses, on ajoutait les psaumes Benedixisti et
Dominus régit me, usage qui fut rétabli par le troisième concile de
Milan.
Le chant qui est appelé Tricanum par saint Germain de Paris,
dans son Traité sur la liturgie gallicane, est probablement l'antienne
Gustate et videte quoniam suavis est Dominus, qu'on trouve dans les
Missels gallican et mozarabe. Cette dénomination peut provenir de
ce que cette antienne était suivie de la doxologie Gloria Patri et
d'un triple Alléluia (i).
L'usage de chanter un psaume entier avec le Gloria Patri durait
encore à la fin du xi e siècle, puisqu'il est consigné par l'auteur du
Microloge. C'est vers cette époque qu'on réduisit ce chant à un
simple verset, nommé antienne parce qu'on le répétait après chaque
verset du psaume dont il était tiré c'est là l'origine de la prière
:

que nous appelons aujourd'hui communion.


Au xm e siècle, le pape Nicolas III ordonna de chanter avant la
communion le psaume Lœtatus sum, pour demander la paix entre
les princes chrétiens. Cet usage se prolongea jusqu'à la fin du
e
xiv siècle.
Dans l'antique liturgie lyonnaise, encore suivie au xvn e siècle, on
chantait à la communion, aux de Pâques, de la Pentecôte et de
fêtes
Noël, l'antienne suivante « : Peuples, approchez-vous de ce mystère
sacré, immortel, pour y faire l'offrande de vos cœurs. Venons-y avec
crainte et avec foi. Prenons avec des mains pures ce gage de récon-
ciliation, parce que l'Agneau de Dieu s'est offert en sacrifice pour
nous à son Père. Adorons lui seul, glorifions lui seul, en chantant
de concert avec les anges Alléluia.
La liturgie éthiopienne chante des hymnes en l'honneur du Saint-
Sacrement et aussi du saint dont on célèbre la fête.
Dans le rite arménien, on chante l'hymne suivante pendant qu'on
donne la communion au peuple :

(i) Le Brun, Cérém., t. II, p. 33o.


LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 41

O mère de la foi, asile des noces sacrées,


Église,
Splendide chambre nuptiale,
Maison de l'Époux immortel
Qui vous a parée d'ornements éternels,
Vous êtes un autre ciel admirable ;

Élevé de gloire en gloire,


Qui nous avez régénérés par le moyen du baptême
Et nous avez rendus des fils resplendissants de lumière ;

Qui nous avez distribué ce pain purificateur,


Et nous avez donné à boire le sang redoutable ;

Qui nous avez élevés au plus haut degré,


Jusqu'à partager le sort des célestes intelligences.
Venez donc, ô fils de la nouvelle Sion,
Approchez-vous avec pureté du Seigneur.
Goûtez et voyez combien Notre-Seigneur est doux et puissant.
L'antique tabernacle était une figure qui vous représentait,
Mais vous, vous êtes la figure du tabernacle suprême.
Il a brisé les portes de fer;

Vous, vous arrachez de leurs fondements les portes de l'enfer;


Il a triomphé du Jourdain,

Vous, de la mer de la malice universelle.


Son conducteur était Josué,
Le vôtre est Jésus, le Fils unique du Père éternel.
Ce pain est le corps de Jésus-Christ,
Ce calice est le sang de la nouvelle alliance.
Le plus grand des mystères se révèle à nous,
Dieu même se manifeste à nous.
Voici le Christ lui-même, le Verbe divin
Qui est assis à la droite du Père,
Qui, immolé ici parmi nous,
Efface les péchés du monde.
Il est béni dans l'éternité,

Avec le Père et l'Esprit-Saint,


Maintenant, toujours et à jamais,
Et dans les siècles sans fin (1).

(1) Lapostolet, Liturgie delà messe arménienne.


CHAPITRE V

Des rites, cérémonies et coutumes qui suivent ou qui suivaient


jadis la réception eucharistique

Dans le Livre XIV, nous avons parlé du vin que le diacre offrait
parfois à ceux qui venaient de communier (i). Dans notre Histoire du
Baptême, nous nous sommes occupés du lait, du miel et du vin qu'on
donnait aux néophytes après leur communion (2). Nous n'avons donc
à parler ici que de l'action de grâces.
Après avoir communié les fidèles, le célébrant purifie le calice en
disant : « Faites, Seigneur, que nous recevions avec un cœur pur ce
que nous avons pris par la bouche, et que ce don temporel devienne
pour nous un remède éternel.» Cette prière est au pluriel, parce qu'au-
trefois elle était également prononcée par tous les fidèles qui avaient
communié. Quand le célébrant seul continua à la dire, mais tout bas,
la formule fut parfois mise au singulier Qiwd ore sunipsi, etc.
:

Le prêtre se purifie les doigts, en récitant une prière où il demande


à Dieu d'être entièrement purifié de ses péchés ut in me non —
remaneat scelerum macula —
« Quand le prêtre disait cette prière au

nom de tous les fidèles, remarque le Père Le Brun (3), il ne disait pas
ce mot scelerum qui signifie crimes ; mais quelques prêtres ont été
portés à s^ppliquer en particulier cette prière à chaque messe et ont
ajouté ce mot. Les prêtres ne craignent jamais de parler trop humble-
ment d'eux-mêmes à l'autel, au lieu qu'ils parlent toujours de l'assem-
blée des fidèles avec beaucoup de réserve. Comme ils doivent être
plus purs que le commun des fidèles, ils regardent leurs péchés comme
de grands crimes. »
L'action de grâces constitue la sixième partie de la messe ; elle

(1) Tome I, page 619.


(2) Tome II, p. 455.
(3) Cérém., V e part., art. 9.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE l/EUCHARISTIE 43

comprend l'antienne de la communion, l'oraison de la post-commu-


nion, Vite missa est, la bénédiction et la lecture de l'Evangile selon
saint Jean.
Mais l'action de grâces par excellence, c'est la post-communion,
oraison où le prêtre, parlant au nom de tous ceux qui ont communié
comme au sien, remercie Dieu du bonheur ineffable d'avoir participé
aux divins Mystères et lui demande la grâce d'en conserver les fruits.
Cette oraison finale s'appelait autrefois oratio iiltima, complenda, ou
ad complendum.
Dans les Constitutions apostoliques, le diacre disait : « Nous qui
avons reçu le précieux corps et le précieux sang de Jésus-Christ, ren-

dons grâce à Celui qui a bien voulu nous admettre à la participation


de ses saints Mystères ». Dans la liturgie de saint Basile, la distribu-
tion de l'Eucharistie se terminait par ces paroles du diacre « Priez :

pour tous les Chrétiens. »

D'autres liturgies renferment de fort belles prières pour l'action de


grâces; en voici quelques-unes :

Liturgie de l'apôtre saint Jacques. —


Nous vous rendons grâces, Seigneur, et nous
vous louons surtout à cause de votre immense et ineffable amour pour les hommes.
O Dieu! tous ceux que vous daignez admettre à partager votre banquet céleste, ne les
condamnez pas, puisque vous les avez admis à participer à vos divins Mystères !

Dieu clément, conservez-nous plutôt dans la justice et la sainteté, pour que nous deve-
nions dignes de communier à un Esprit si pur et de partager le sort et l'héritage
de tous les saints qui vous ont plu sur la terre.
Dieu grand et plein de gloire, qui avez abaissé les cieux et êtes descendu pour nous sauver,
regardez-nous dans votre miséricorde et dans votre grâce. Bénissez votre peuple,
conservez votre héritage, et que nous puissions vous louer dans les siècles des
siècles.
Je bénirai le Seigneur en tout temps, et sa louange sera toujours sur mes lèvres.

Liturgie alexandrine de saint Basile. —


O Dieu, vos serviteurs viennent d'accomplir
le Sacrifice; ils adorent votre saint nom, et se courbent en même temps devant vous.
Habitez en eux, Seigneur que votre esprit circule dans leurs âmes soutenez-les dans
;
:

leurs bonnes œuvres ; élevez leurs cœurs au-dessus de toute influence, de toute pensée
terrestre.
Accordez-leur qu'ils vivent, qu'ils pensent à Celui qui est seul la vie qu'ils comprennent
;

ce qui est de vous par les mérites de votre Fils unique Notre-Seigneur Jésus-Christ,
vers lequel nous élevons la voix en criant: O Seigneur! notre salut, ayez pitié de nous.

Liturgie des syriens jacobites. —


Que mes doigts modulent vos louanges que ma bou- ;

che exalte votre gloire Honneur à Celui qui, par sa mort,. a détruit la mort, et qui a
!

délivré tous les enfants des hommes, en s'immolant pour eux !

Que les mains des hommes qui se sont étendues vers vous, Seigneur, vous le Fils de
Dieu, le prix de notre rançon, au dernier jour, à votre tribunal suprême, ne soient
pas saisies par l'ardeur des flammes; car, c'est de la main de votre Église,. ô Christ,
notre Roi, que vous sont offerts les sacrifices. Recevez-les dans votre clémence; vous
44 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

qui aimez les âmes pénitentes, laissez-vous apaiser par ces sacrifices. Qu'ils montent
vers vous comme une sainte odeur ;.
qu'ils nous obtiennent à tous le repos et la misé-
ricorde,dans les siècles des siècles.
Si Moïse a pu rendre la vie aux Israélites pécheurs, en répandant le sang des animaux,
combien plus aisément ne l'obtiendra pas aux fidèles défunts le sacrifice vivant et vi-
vifiant que nous venons d'offrir pour eux.
Que les vivants conservés par votre amour, que les morts ressuscités par votre clémence,
que toute créature rende gloire à votre Majesté, vous le Père, vous le Fils et le Saint-
Esprit, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles.
O Dieu, je suis entré dans votre maison ô Roi du ciel, je me suis prosterné devant votre
;

trône pardonnez-moi tous mes péchés.


;

Liturgie de saint Grégoire. —


Nous vous rendons grâce, ô notre Père, Dieu saint et
tout-puissant, source de tout bien, créateur des êtres, qui nous avez donné ce pain
sacré, immortel qui nous avez ouvert le chemin de la vie; qui nous avez montré la
;

route par laquelle nous pourrons monter au ciel; qui avez accordé à vos serviteurs
la multitude de tous les biens; vous, Seigneur, tendre ami des hommes, conservez
en nous la grâce de votre sagesse, afin qu'elle ne tourne pas à notre condamnation;
mais qu'elle soit notre repos, notre gloire, l'acquisition de la vie, la vigueur de notre
âme, la purecé de notre corps, que nous vivions en vous que nous accomplissions ;

en tout temps la justice; qu'en nous soit glorifié votre nom, et que la gloire, i'hon-
neur vous soient rendus maintenant et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Dans temps relativement modernes, sainte Gertrude, sainte


les
Thérèse, saint Liguori, etc., ont composé, pour l'action de grâces,

des actes ou des hymnes, destinés à faciliter l'expansion de la piété.


Voici, traduit en vers, le cantique que récitait sainte Thérèse après sa
communion ( i) :

Dieu, s'unissant à moi par un heureux mélange,


Fait sentir à mon cœur son amour pur et vif.
Je suis libre, il est mon captif;
C'est lui qui sous mes lois de lui-même se range.
Quoi, mon Dieu, mon captif? Ah! le puis-je souffrir?
Dans ce renversement étrange,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

II

Oh ! qu'il me reste encore une longue carrière !

Que cet exil est dur, qui m'arrête en ces lieux !

Que le séjour est ennuyeux


Qui les fers une âme prisonnière!
retient dans
Attendant que la mort vienne me secourir,
Mais, ignorant l'heure dernière,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

(i) Nous l'empruntons à l'excellent ouvrage de M. l'abbé Noël : Instructions sur la


liturgie, t, III, p. 43 1.
LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET. COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 45

III

La vie est à mon


goût d'une amertume extrême;
Est-ce vivre, Seigneur, que de vivre sans vous "i

Si l'amour que je sens est doux,


Le terme de l'attente, hélas n'est pas de même.
!

Ce faix rude et pesant m'empêche de courir;


Et, toujours loin de ce que j'aime,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir !

IV

Je fonde sur la mort toute mon espérance.


L'arrêt qui limita le compte de nos jours,
Sitôt qu'il en tranche le cours,
D'un meilleur avenir nous donne l'assurance.
Mort, dont le coup propice exempte de périr,
Hâte-toi pour ma délivrance.
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

Fol amour des mortels, trop dangereuse vie,


Un autre amour, plus noble et plus puissant que toi,
Armé décourage et de foi,
Pour mieux me faire vivre à mourir me convie.
Ta perte est le salut où je dois recourir;
Que ne m'ts-tu bientôt ravie!

— Je me meurs du regret de ne pouvoir mourir.

VI

La vie habite au ciel; heureux qui l'y peut suivre !

Faisons pour la trouver un généreux effort.


vie est une mort,
Ici la

Dont mort cependant à la fin nous délivre.


la
Approche, douce mort, qu'on ne peut trop chérir;
Dans l'ardeur de mourir pour vivre,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

VII

Vie humaine, trésor qu'à tout autre on préfère,


Si mon Dieu vit en moi, si je vis en mon Dieu,
Craindrai-je de te dire adieu ?
Et la mort à ce prix me sera-t-elle amère ?
C'est un bien qu'elle seule a droit de m'acquérir !

Pourquoi faut-il qu'elle diffère ?


Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.
46 HISTOIRE DU SACREMENT DE L^EUCHARISTIE

VIII

Absente de mon Dieu, je languis, triste et sombre.


Qu'est-ce que je puis voir, où je ne le vois pas ?
Ma vie est un affreux trépas :

Mon jour est une nuit, et ma lumière une ombre,


La source de mes maux sans lui ne peut tarir;
Lasse d'en voir croître le nombre,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

IX

Le poisson qui se meurt, sorti du sein de l'onde,


Trouve au moins dans la mort la fin de son tourment.
Mourir est un contentement,
A qui traîne une vie en supplices féconds.
Trop sûre que le temps ne sert qu'à les aigrir,
Vivre ensemble est la mort en ce monde,
Je meurs de regret de ne pouvoir mourir.

En vain, pour soulager le transport de mon âme,


Je vous cherche, Seigneur, sur vos sacrés autels !

Invisible aux yeux des mortels,


Vous suspendez ma joie et redoublez ma flamme.
Ce n'est qu'après la mort qu'on peut vous découvrir.
Viens donc, ô mort que je réclame,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

XI

Vous le savez, mon Dieu, lorsque je vous possède,


A peine puis-je, hélas ! un moment vous garder,'
Qu'au plaisir de vous posséder,
La crainte de vous perdre aussitôt ne succède.
Il n'est que le trépas qui m'en puisse guérir.

Mourons, c'est l'unique remède.


Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

Xlf

Mettez fin, mon Sauveur, à ma longue agonie.


Sans vous je ne puis vivre, et je meurs pour vous voir.
Ne retardez plus mon espoir,
Rompez, brisez les fers d'une âme assez punie.
Il temps qu'à mes cris le ciel se laisse ouvrir;
est
Brûlant de m'y voir réuniè,
Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.
LlVilE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE ^EUCHARISTIE 47

XIII

Mais non, je dois, Seigneur, pour apaiser votre ire,

De ma vivante mort prolonger les douleurs.


Je dois, les yeux baignés de pleurs,
Expier mes par un juste martyre.
forfaits
Ah ! quand vivement pourrai-je m'attendrir,
si

Qu'il soit enfin vrai de vous dire :

Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

Après la messe, les personnes qui ont communié, prêtres et laïques,

consacrent un certain temps à faire leur action de grâces. Les saints


se sont toujours distingués par la ferveur qui les animait en ce moment.
Il serait trop long d'en énumérer ici des exemples. Bornons-nous à
en citer un seul. Sainte Adélaïde, impératrice d'Allemagne, quand elle

avait participé à la sainte Table, se tenait renfermée dans sa chambre,


passait ensuite plusieurs heures à l'église et, pendant le reste de la
journée, évitait toute conversation inutile.
On raconte que saint Jean d'Avila, voyant sortir de l'église une
personne qui, après avoir communié, n'avait pas pris le temps de
faire son action de grâces, la fit escorter par deux, lévites avec
des flambeaux, pour honorer Jésus-Christ qui était encore en
elle.

Diverses précautions sont recommandées à ceux qui viennent de


communier. Le Rituel romain les engage à s'abstenir de cracher et
même à ne point réciter de prières, dans la crainte de laisser sortir de
leur bouche quelque reste des saintes espèces. Saint Nicéphore
imposait une pénitence de cinquante jours à celui qui crachait peu
de temps après avoir communié (i). L'exagération sur ce point est
poussée si loin chez les Abyssins, qu'il est interdit de cracher jusqu'au
coucher du soleil. .

Théodore Balsamo n (2) et d'autres écrivains orientaux, voulant


que toute la journée soit consacrée à rendre grâce à Dieu, interdisent
aux communiants de prendre un bain, de -se faire saigner, de se faire
raser, etc.
'



.

(1) Can. i32, ap. Pitra, Jur. eccî. grœc. Hist, et Monum., t. II, p. 340.
{2) Resp. ad Marc, pair. A lex.
CHAPITRE VI

Des rites spéciaux motivés par la condition du ministre ou par


celle du communiant

Le Sacramentaire de saint Grégoire et les anciens Ordres romains


nous font connaître les rites spéciaux qui accompagnent la commu-
nion du pape aux messes pontificales. Le Souverain-Pontife commu-
niait assis sur son siège, non loin de l'autel ; il distribuait ensuite le
pain consacré aux évêques agenouillés devant lui l'archidiacre leur
;

donnait le calice. Le pape descendait de son siège et allait distribuer


les saintes hosties aux se'nateurs et aux personnages notables qui se
trouvaient au haut de la nef ; l'archidiacre suivait, pour leur présenter
le calice où ils puisaient, avec un chalumeau d'or, le vin consacré.

De leur côté, les évêques et les prêtres portaient la communion au


peuple, suivis des diacres pour l'espèce du vin. Le pape, retourné à
son trône, communiait enfin ceux des membres du clergé qui venaient
de l'assister dans la distribution de l'Eucharistie.
A certains jours (le mercredi des cendres, le Jeudi saint, à la
première messe de Noël), le pape, en célébrant, prenait la communion
à l'autel et, ces jours-là, il buvait dans le calice, sans se servir de
chalumeau.
La plupart des anciens rites se sont conservés dans la messe ponti-
ficale de nos jours, comme on le verra dans la description sui-

vante :

« Après que la paix a été donnée et immédiatement avant les deux


dernières oraisons, le pape quitte remonte sur son trône.
l'autel et

Le cardinal qui remplit les fonctions de diacre prend la patène sur


laquelle sont les deux espèces de l'hostie, et recouvre le vase d'une
étoile d'or à douze rayons, qui ressemble à l'astérisque dont se ser-
vent les Grecs. Ce couvercle est une précaution sagement employée
pour que, dans le transport, le Saint-Sacrement ne soit pas exposé à
tomber. On en voit le premier usage sous Urbain VIII. Ce diacre
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 49

porte ainsi les deux parcelles au cardinal-sous-diacre qui les reçoit


dans ses mains recouvertes d'une écharpe à franges d'or, et se place à
côté du pape, qui adore la sainte hostie. Pendant ce temps, toute
l'assistance se met en état d'adoration, les troupes présentent les
armes et mettent genou en terre comme au moment de l'élévation. Le
sous-diacre se tient à la gauche du pape, pour signifier que c'est du
côté droit que coulèrent le sang et l'eau du même côté de Jésus-
Christ. Le cardinal-diacre, revenu à l'autel, prend le calice et le porte
avec le même cérémonial au pape; il se place au côté droit du pon-
tife, et cette position fait ressortir l'explication mystique dont nous

venons de parler. Le pape récite les deux oraisons Domine Jesu :

Christe, fili Dei vivi et Perceptio; pendant ce temps, les patriarches


ou archevêques assistants tiennent auprès du pape un cierge allumé
et le Missel. Quand les oraisons sont terminées, pape prend de la
le

main gauche une des deux parcelles de l'hostie, celle qui est au côté
droit, et se frappe la poitrine en disant : Domine non sum dignus;
puis, faisant le signe de la croix, il se communie. Le cardinal-diacre
donne au pape le chalumeau, et le pontife, le mettant dans le calice,
boit une partie du précieux sang. Aussitôt après il rompt en deux
parts la parcelle qui reste et en communie le diacre et le sous-diacre ;

puis le calice est pendant que le pape, tous


reporté à l'autel,
les assistants et la garde-noble se tiennent à genou là, le diacre se :

communie, par le moyen du chalumeau, sous l'espèce du vin, et, après


lui, le sous-diacre; mais celui-ci n'use point du chalumeau et purifie

le calice. Le pape prend une ablution dans le petit calice spécial que

lui présente le cardinal-évêque. Tel est l'ordre de cette communion


qui nous reporte aux premiers siècles de l'Eglise, lorsque l'évêque,
entouré de son presbyterium, célébrait les saints Mystères (i). »

Pourquoi le pape ne communie-t-il pas à l'autel où il a fait la frac-

tion du pain, mais assis sur son trône ? Nous croyons que le repré-
sentant de Jésus-Christ imite ainsi la posture qu'avait à la Cène le
divin Sauveur. Innocent III donne une autre explication qui nous
paraît bien recherchée. « Le Souverain-Pontife, nous dit-il (2), agit
ainsi parce que Jésus-Christ, à Emmaiis, fit la fraction du pain
devant les deux disciples, figurés par le diacre et le sous-diacre, et
mangea à Jérusalem en présence des douze apôtres car, on lit bien ;

(1) Angelo Rocca, De sacra summi Pontificis communione sacrosanctam missam solem-
niter celebrantis commentarius ; Pascal, Dict. liturg., au mot Communion.
(2) Desacr. miss., 1. VI, c. 11.

T. 11.
4
5o

dans l'Évangile qu'il fit la fraction à Emmaiis, mais on ne voit pas


qu'il y ait accompli la manducation à Jérusalem, on ne lit pas qu'il
;

ait brisé le pain, mais on lit qu'il y a mangé. »

L'évêque, célébrant dans son diocèse ou hors de son diocèse, fait


baiser son anneau pastoral. C'est là un vestige de l'époque où les
fidèles, tantôt avant, tantôt après la communion reçue, baisaient
l'évêque ou le prêtre, en signe de charité fraternelle.
Sainte Marie
l'Égyptienne en agit ainsi à l'égard du vieillard Zozime qui allait lui
donner le pain de vie.
Le sixième Ordre romain nous dit que les diacres, avant la com-
munion, baisaient la face de l'évêque, et le sous-diacre la main du
pontife.
Au moyen âge, l'évêque n'embrassait pas seulement le diacre, comme
aujourd'hui, mais aussi tous les prêtres auxquels il donnait la com-
munion. Le temps prolongé que prenait cette cérémonie et le danger
de laisser tomber l'hostie ont fait substituer à cet embrassement le

baiser de l'anneau.
A diverses époques, des prêtres ont voulu s'arroger ce privilège,
devenu exclusivement épiscopal, et réclamer pour eux-mêmes ce bai-
sement de main, signe de respect pratiqué dans toute l'antiquité.
Mais les décrets de la Congrégation des Rites ont toujours condamné
cette prétention (i).
La condition du communiant détermine aussi certains rites spé-
ciaux. Nous avons parlé de ceux qui accompagnent la première com-
munion des enfants et la réception du Viatique. La communion du
roi donnait lieu jadis à des cérémonies spéciales. Du Peyrat, aumô-
nier de Louis XIII, nous les décrit en ces termes (2) : « Après la con-
sécration et quand l'évêque a pris le précieux corps et sang de Nostre-
Seigneur, on prépare devant l'autel pour le Roy, un siège sur lequel
on met un carreau de velours et une riche tavayole de point coupé,
ou autre, et, au pied du siège, un autre carreau de velours quand ;

l'évesque est prest de donner la communion au Roy, sa Majesté s'age-


nouille sur le carreau qui est au pied de ce siège, les mains jointes et
priant Dieu. Lors, deux princes du sang royal ou autres princes, ou
deux officiers de la Couronne, prennent les deux bouts de la tavayole
proche du Roy, et le grand aumosnier et premier aumosnier prennent

(1) N 08 1861 et 3528.


(2) Antiquité^ de la chapelle du Roy, p. 785.
LIVRE XV. RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 5l

les deux autres bouts de la tavayole, et tous les assistants se mettent


en prières et en dévotion. L'evesque alors se tourne vers le Roy et
lui fait une briefve exhortation sur le sujet du Saint-Sacrement,

après laquelle et après les cérémonies ordinaires qui se font en telles


actions de pénitence, il baille le corps de Nostre-Seigneur au Roy.
Et puis les officiers du Gobelet versent du vin dans une coupe de
cristal, lequel après l'essay qui en est fait, est présenté à sa Majesté
par le Grand Maistre de France. »

Quand la communion est distribuée après la messe, le prêtre donne

la bénédiction, avec main, à ceux qui viennent de recevoir l'Eucha-


la

ristie : c'est la prescription du Rituel romain. Dans la plupart des dio-


cèses d'Allemagne, cette bénédiction se fait avec le saint ciboire.

Le cinquième concile de Milan (1579) voulait que le prêtre, dis-


tribuant la communion après la messe, ôtàt sa chasuble et son mani-
pule.
En existe divers rites spéciaux pour la communion donnée
Orient, il

aux prêtres et aux diacres. Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome,


le célébrant dit: « Diacre, approche; » le diacre s'avance, adore l'Eucha-

ristie, en disant « Voici que je viens vers le Roi immortel.


: » Quand

il a récité le Credo et le Confiteor, le prêtre lui dit « Serviteur de :

Dieu, diacre N, tu communies au précieux et saint corps de Notre-


Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, pour la rémission de tes péchés et
pour la vie éternelle. » Après que le diacre a communié, le prêtre
ajoute : « Ce qui a touché tes lèvres enlèvera tes iniquités et purgera
tes péchés (1). »

En Grèce, les prêtres qui doivent communier à la messe pontificale


versent quelques gouttes d'eau dans le creux de leur main droite, y
passent légèrement le doigt et s'essuient ensuite. Puis, avançant la
main droite, qu'ils placent sur la gauche, ils reçoivent ainsi la sainte
Eucharistie.
Chez les Cophtes, le où boivent à leur
célébrant boit dans le calice

tour le prêtre assistant et le diacre. Ce dernier y puise une cuillerée


de précieux sang qu'il donne à chaque ministre de l'autel puis, avec ;

la même cuiller, il donne au clergé inférieur et aux laïques une par-


ticule du pain consacré qui a trempé dans le calice (2).

(1) Goar, Euchol., p. 83.


(2) Renaudot, Hist. patriarch. Alexand., lib. C, p. 261.
CHAPITRE VII

Des rites des sectes protestantes

Dans messe allemande de Luther, le ministre dit, en donnant le


la

pain : Prenez et mangez, ceci est le corps de Notre-Seigneur Jésus-


«

Christ, mort pour vous sur la croix qu'il vous fortifie dans la vraie
;

foi pour la vie éternelle. » Et, il ajoute, en donnant le vin « Prenez et


:

buvez; ceci est le sang de Jésus-Christ, qui a été répandu pour vous,
pour la rémission des péchés. Qu'il vous fortifie et vous garde dans la
vraie foi pour la vie éternelle. » Le communiant répond Amen.
M. Duchesne aîné (i) décrit ainsi une communion luthérienne à
Augsbourg en 1834: « Toutes les personnes qui sont dans l'intention
d'y participer se lèvent, se rangent sur deux files et arrivent deux à
deux jusqu'à l'autel. Les hommes se présentent les premiers, les
femmes viennent ensuite. A l'instant où elles approchent de l'autel,
elles font ensemble une révérence, reçoivent des mains du ministre le
pain consacré, font encore ensemble une seconde révérence et passent
ensuite derrière l'autel pour se présenter de l'autre côté, où sont deux
diacres tenant chacun un grand calice d'une main et, de l'autre, un
linge avec lequel ils ont soin d'essuyer le bord du vase, chaque fois
qu'ils ont donné à communier. Sur le devant du sanctuaire, sont
placés deux troncs où chaque personne, retournant à sa place, vient
déposer, si elle le juge convenable, une offrande qui est employée au
soulagement des pauvres de la paroisse. »

Les prêtres anabaptistes reçurent de leur chef, Jean de Leyde,


l'ordre de prononcer ces seules paroles en donnant la sainte commu-
nion « Reçois, mange, souviens-toi du Seigneur (2). »
:

Dans une partie de l'Allemagne, on communie debout dans la ;

Saxe on se met à genoux. D'après la discipline de cette Eglise, il est

(1) Voyage d'un iconophile, p. 1 38.


(2) Clericati, Deven. Euch. Sacr. decisiones, p. 20.
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 53

interdit au ministre célébrant de se communier lui-même ; mais on


admet des exceptions pour les cas très nombreux où il n'y a pas, dans
le temple, un second ministre.

Une singulière question d'étiquette surgit au siècle dernier dans


l'Église de Saxe. Voici ce que nous raconte à ce sujet l'auteur des
Cérémonies ecclésiastiques de Saxe « Quoique ces paroles, Prene\ et
:

mangei, ne doivent pas être regardées comme une formule de céré-


monie, et qu'au contraire il faille les prendre en quelque manière pour
une partie essentielle de la Cène, puisque Notre-Seigneur Jésus-
Christ s'en est servi pour l'instituer, on demande s'il faut dire aux
personnes qualifiées Prenez et rrtange\, ou Qiie Monsieur on Madame
: :

veuille prendre... J'ai vu disputer assez longtemps sur cet article;


mais, pour dire ce que je pense, je crois qu'il ne faut gêner personne...
Quand on s'adresse, en donnant la cène, à une personne qualifiée, on
pourrait lui dire Que Monsieur ou Madame prenne-, mais comme
:

on se sert toujours de l'impératif en s'adressant à des personnes de


basse condition, il semble qu'il ne conviendrait pas tout à fait de l'em-
ployer, en donnant la communion à des rois ou à d'autres
princes. »

Les ministres de Strasbourg, en 1670, invoquèrent l'exemple de la


Saxe, en demandant aux magistrats de la ville d'obliger les fidèles à
recevoir la cène à genoux. Si saint Paul, remarquent-ils, dit que tout
genou doit fléchir au nom de Jésus, à plus forte raison doit-il en être
ainsi devant sa personne sacrée.
Voici comment doit se faire la cène, d'après la liturgie composée par
Zwingle pour l'église de Zurich. Sur une table couverte d'une nappe,
on met un panier plein de pains sans levain, des petits plats et des
tasses de bois remplies de vin. Un diacre lit les passages de l'Epître
aux Corinthiens et du vi e chapitre de saint Jean où il est question de
l'Eucharistie. Après la récitation du Symbole et une exhortation du
pasteur qui termine en lisant les paroles de l'institution, les fidèles
reçoivent du ministre le dans
pain présenté dans des plats, et le vin,
des coupes. Les plus rapprochés rompent mangent,le pain, en
passent le reste à leurs voisins, boivent une gorgée dans la coupe et la
font circuler. La cène se termine par la lecture d'un chapitre de saint
Jean et par diverses actions de grâces. Ce rite, avec plusieurs modifi-
cations, fut suivi plus tard par les Calvinistes.
Dans la Liturgie des Églises delà principauté de Neufchâtel, impri-
mée en 1 7 1 3, le pasteur dit en donnant le pain : « Souvenez-vous
54 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

que Jésus-Christ, votre Sauveur, est mort pour vous et rendez-lui en


grâce; » et, en donnant la coupe « Souvenez-vous que Jésus-Christ,
:

votre Sauveur, a répandu son sang pour vous et rendez-lui en


grâce. »
En Hollande, hommes et femmes s'asseyent à une longue table. Les
diacres découpent pain que le ministre distribue aux communiants.
le

Les anciens au bon ordre. Chez les Mennonites de ce pays,


veillent
la cène est administrée après le sermon. Le ministre, accompagné de

deux de ses collègues et de trois diacres qui tiennent chacun une


corbeille de pains, vont en distribuer des morceaux à tous les assistants
sans exception, en passant de rang en rang. Les fidèles attendent que
le ministre, retourné à l'autel, se soit communié lui-même, pour
manger le pain qu'ils ont reçu. Ils boivent ensuite le vin que distribuent
les diacres.

Dans les Églises réformées de France, les fidèles se rangent succes-


sivement autour de la table; le ministre leur présente le pain et le vin,

remonte en chaire et prononce ces paroles :

« Mes Frères, qui venez de célébrer la mémoire de la mort de


Jésus-Christ, nous vous supplions en son nom de faire en sorte que
vous n'ayez pas reçu sa grâce en vain. Que le péché ne règne donc
plus en vous; mais conduisez-vous d'une manière digne de votre
vocation, en sorte que rien au monde ne puisse vous priver de l'amour
que Dieu vous a témoigné par Jésus-Christ. Ayez, comme ses saints
et ses bien-aimés, des entrailles de miséricorde revêtez-vous de bonté,
;

d'humilité, de douceur, de patience. Supportez- vous les uns les


autres et si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous
;

réciproquement comme Jésus-Christ vous a pardonnés. Que la paix


de Dieu, à laquelle vous êtes appelés pour n'être qu'un seul corps,
règne dans vos cœurs. Rendons-lui tous ensemble de très humbles
actions de grâces.
« Prions !

« Père céleste, qui viens de nous donner, dans le sacrement de la

sainte cène, les gages de notre réconciliation avec toi par Jésus-Christ,
que te rendrons-nous pour un si grand bienfait Nous annoncerons !

pendant toute notre vie les richesses de ta miséricorde, par laquelle


tu nous a adoptés pour tes enfants et appelés à ton héritage. O Dieu !

ta charité nous presse et nous possède. Tu nous a rachetés à un grand


prix; nous voulons te glorifier désormais dans nos corps et dans nos
esprits qui t'appartiennent. Agrée, Seigneur, ces mouvements de
LIVRE XV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE 55

notre reconnaissance, et qu'il te plaise de nous aider par ta grâce à


exécuter les promesses que nous te faisons aujourd'hui de t'être fidèles
jusqu'à la mort. Enseigne-nous à faire ta volonté. Que ton Esprit
nous transforme en de nouvelles créatures, en sorte que nous vivions
désormais dans la foi que nous avons en ton cher Fils, qui nous a
aimés et qui s'est livré pour nous. O Dieu de paix sanctifie-nous par- !

faitement et que tout ce qui est en nous, notre âme et notre corps,
;

soit conservé irrépréhensible pour le jour de l'avènement de Notre-


Seigneur Jésus-Christ, auquel, comme à toi, Père céleste, et au
Saint-Esprit, soient honneur et gloire, aux siècles des siècles.
Amen. »

Toute l'assemblée demeurant debout, chante le cantique de


Siméon :

Laisse-moi désormais,
Seigneur, aller en paix,
Car, selon ta promesse,
Tu fais voir à mes yeux
Le salut glorieux,
Que j'attendais sans cesse;

Salut, qu'en l'univers


Tant de peuples divers
Vont recevoir et croire,
Ressource des petits,
Lumière des Gentils,
Et d'Israël la gloire.

Enfin le ministre congédie l'assemblée, en disant :

« Que l'amour de Dieu le Père, que la grâce de Jésus-Christ notre


Sauveur, et que la communion ineffable du Saint-Esprit soient et
demeurent avec vous, dès maintenant et à jamais. Amen (i). »
Il n'y a point, chez les Calvinistes, de formule rigoureusement pres-

crite pour la distribution de la cène. En diverses contrées, le mi-


nistre dit « C'est ici le corps qui a souffert pour vous, » ou pro-
:

nonce quelques paroles tirées de l'Ecriture sainte. Ailleurs, il fait


cette distribution en silence. Dans un certain nombre de temples,
celui qui reçoit le pain de la cène baise la main du ministre en signe de
respect et d'hommage.
Dans la liturgie anglicane, la table de communion peut être mise
soit dans le chœur, soit dans la nef. Le ministre se tient debout auprès

(i) La liturgie ou l'ordre du service divin, selon l'usage des Eglises réformées de
France. Paris, 1860; Bersier, Liturgie à l'usage des Églises réformées, p. 23 1.
56 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

de la du Nord. Après la récitation du Confiteor, les


table, du côté
genoux le pain et le vin. Les Presbytériens, qui s'as-
fidèles reçoivent à
seyent autour d'une table, disent que l'agenouillement est une inven-
tion de l'Antéchrist; les Anglicans s'excusent, en disant que c'est là
une simple marque de respect qui n'implique aucune idée d'ado-
ration.
Danspremière édition du P rayer Book (i 549), il était enjoint au
la

ministre de distribuerla cène en prononçant ces paroles « Que le :

corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a été immolé pour vous,


conserve votre corps et votre âme pour la vie éternelle. » Bientôt
après, en i55g, on trouva que cette formule respirait le papisme, et on

laremplaça par la suivante « Prenez et mangez ceci, en mémoire de


:

ce que le Christ est mort pour vous; nourrissez-vous en dans votre


cœur par la foi et la reconnaissance. Buvez ceci, en mémoire de ce —
que le sang de Jésus-Christ a été répandu pour vous et rendez-lui en
grâce. »
Au commencement du xvm e
siècle, un gentilhomme anglais, nommé
Lacy, fonda à Londres une secte de fanatiques et de prophètes qui
avaient beaucoup de rapport avec les Camisards des Cévennes.
Bernard Picard (1) décrit ainsi leur parodie de la cène « Lacy cou- :

vroit une table d'une nappe, y mettoit une assiette et sur l'assiette une
tasse, se plaçoit lui-même au haut bout de cette table avec la petite
prophétesse, sa femme-sœur. Les autres directeurs et prophètes se
rangeaient aussi autour de la table, après quoi Lacy se levoit, se pla-
çoit au bas-bout de la table et, dirigé par l'Esprit, adressoit à ses
convives spirituels ces paroles « Mes amis, si je ne vous avois appe-
:

lés, vous ne seriez point venus... Je vous ai préparé cette table pauvre

et chétive extérieurement, mais cependant pourvue de mets spirituels.


Le vin que je vous donne, c'est mon esprit avec sa grâce... » Cette
première partie de la cérémonie étant faite, il ôtoit la tasse de dessus

l'assiette, prenoit l'assiette et la présentant à la ronde, il disoit :

« Voilà les richesses spirituelles, prends-les, nourris-toi. » La céré-


monie de la coupe eucharistique se faisait à peu près de la même
manière. »

En général, le Protestantisme du xvnr2 siècle a éliminé de plus en plus


ce qui restait d'éléments catholiques dans la cène, à ce point qu'un
nommé Lange proposa cette formule pour l'administration de la cène

(r) Cérém. religieuses, t. IV, p. 180.


LIVRE XV. — RITES, CEREMONIES ET COUTUMES DE L'EUCHARISTIE bj

a Prenez un peu de pain ;


que l'esprit de piété repose sur vous avec
toute sa bénédiction. Prenez un peu de vin; ce n'est pas dans le vin
que résident la force et la vertu, mais en vous, en la parole de Dieu et
en Dieu. » Une certaine réaction s'est opérée de nos jours en faveur
des anciennes formes catholiques ; elles sont surtout sensibles, en
Allemagne, dans le Rituel prussien, et, en Angleterre, dans les céré-
monies puséystes.
On ignore assez généralement qu'il existe à Paris, au n° 39 de
l'avenue deSégur, une Église apostolique, ainsi nommée parce qu'elle
prétend remonter aux apôtres et renouer la chaîne de la tradition qui
aurait été brisée par l'Église romaine. Ce culte qui, en réalité, date
de i83o, compte à peine une centaine d'adeptes. Sa liturgie, rédigée
en français, s'appelle La Sainte-Eucharistie, et se termine par la
communion générale sous les deux espèces. Les fidèles s'agenouillent
sur les marches du chœur, reçoivent l'hostie dans leurs mains et,
quand ils l'ont consommée, boivent à même du calice. Le Coîifiteor,
récité au début de l'office, est la seule préparation à cette communion;
car la confession est inconnue dans cette secte minuscule qui prétend
être la seule véritable Église catholique (1) !

(r) Bernadille, Esquisses et croquis parisiens, ch. 1.


LIVRE XVI

DES AUTELS

L'autel est aussi ancien que le sacrifice et remonte par conséquent


à l'origine des temps. L'Écriture sainte ne mentionne pas ceux qui
furent érigés avant le déluge, mais seulement ceux qui furent élevés par
Noé, Abraham, Jacob et les autres patriarches. C'étaient de simples
tertres de gazon, des amas de pierres sèches ou de rustiques monu-
ments de pierre brute, qui devaient être analogues à nos dolmens
celtiques. Les Livres saints ne nous donnent de détails précis que sur
l'autel des parfums, sur l'autel des pains de proposition et sur celui des
holocaustes, que Moïse fit construire dans le Tabernacle et que Salomon
établit dans le temple de Jérusalem. Ces renseignements si abondants
nous montrent que l'autel hébraïque n'a exercé aucune influence sur
l'autel chrétien. L'autel païen, si varié dans ses formes, n'en a pas eu

beaucoup davantage. Pour un sacrifice nouveau, il fallait de nou-


velles conceptions de détail, et les premiers Chrétiens durent nécessai-
rement les puiser dans la Cène de Notre-Seigneur et dans la pratique
des catacombes : de là les deux types persévérants de l'autel-table et
de l'autel-tombeau.
Faut-il faire une part dans ces innovations à l'éloignement que
devaient inspirer aux Chrétiens ces autels des faux dieux, souillés du
sang des victimes? oui sans doute, pourvu qu'on ne voie là qu'un
6o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

motif secondaire dans une transformation qui s'explique si naturel-


lement par la destination même de l'autel chrétien. Il ne faudrait point
d'ailleurs s'exagérer, comme on le faisait autrefois, la répulsion que
les Chrétiens portaient aux monuments du paganisme; car, dans bien
des cas, ils une nouvelle attribution.
n'hésitaient pas à les sanctifier par
Saint Pierre, revenant d'Antioche, avec saint Marc, célébra la messe
à Naples sur un autel d'Apollon, à l'emplacement où se trouve
aujourd'hui l'église de San-Pietro ad aram. Saint Martial recom-
mande aux habitants de Bordeaux de conserver l'autel dédié ignolo
Deo, pour le consacrer à saint Etienne (i). Au xvn e siècle,, on a trouvé
à Vesoul, sur l'emplacement du prieuré de Marteroy, un autel où
étaient gravés ces mots Non ampîius Marti, sedChristo Deo vero (2).
:

On voit dans l'église d'Ispagnac (Lozère) un cippe funéraire romain


qui paraît avoir été transformé en autel chrétien à une époque très
ancienne. C'est surtout comme base ou soutiens de la table d'autel
qu'on a employé un certain nombre d'autels païens ou de débris de
monuments romains. A Rome, des baignoires ou des urnes antiques
ont été métamorphosées en autels à Sainte-Marie in Cosmedin, à Saint-
Nicolas in carcere, à sainte Bibiane, à Sainte-Croix de Jéru-
salem, etc.

Un auteur qui avait constaté ce fait à la cathédrale d'Apt, dans


vieil

les églises de Saint-Maximin, de Cabasse, de Castellane, etc., remar-


que avec raison qu'on en agit ainsi, « pour que la gloire de la gentilité
fût le trophée de la croix et que toute la pompe païenne fut l'escabeau
des pieds de Jésus-Christ (3) ».

Ces emprunts restèrent toujours à l'état d'exception. Dans les temps


apostoliques, l'autel ne fut, comme à la Cène, que la table ordinaire de
la salle à manger. Peut-être se servit-on aussi du trépied tel qu'il
figure dans les fresques des catacombes. Dans ces cryptes funéraires,
ce fut également sur une table de bois, de pierre ou de marbre qu'on
célébra les saints Mystères mais cette table servait de couvercle au
;

tombeau d'un martyr, tantôt enfermé dans une niche surmontée d'une
voûte en forme d'arc (arcosolium), tantôt adossé contre un mur.
Dans les grands oratoires, l'autel était parfois un coffre en bois, tantôt
un massif de tuf ou de maçonnerie, tantôt encore une table de bois ou
une plaque de marbre soutenue par des colonnes.

(1) Baronius, Ann., ad ann. 34.


(2) Mém. de la commission d'archéol. de la Haute-Saône, t. I, 3 e livr., p. 17.
(3) H. Bouche, Chorographie ou description de Provence, t. \, p. 222.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 6.1

Les premiers Chrétiens, en ne faisant de l'autel et du tombeau qu'un


seul monument, ont dû être inspirés par le passage de l'Apocalypse
où saint Jean parle des âmes qui se trouvent sous l'autel d'or, dans le
temple éternel « Après que l'Agneau eut ouvert le cinquième sceau,
:

je vis sous l'autel les âmes de ceux qui ont été mis à mort à cause de

la parole de Dieu et pour le témoignage qu'ils portaient, et ils criaient

à haute voix « Quand donc, quand, Seigneur, qui êtes saint et vrai,
:

ferez-vous justice et vengerez-vous notre sang sur ceux qui habitent


la terre ? » Et il donné à chacun d'eux une étole blanche, et il leur
fut
fut dit de se reposer encore un peu de temps, jusqu'au moment où
serait complété le nombre des serviteurs de Dieu, leurs frères, qui
devaient être mis à mort comme eux (vi, 9).
Quand les Chrétiens purent construire des églises au grand jour,
un tombeau extrait des catacombes servit de support à la table sur
laquelle on offrait le Saint-Sacrifice ; bientôt on creusa une crypte
pour y déposer ce tombeau et, au-dessus du caveau, on érigea un autel.
Lorsque le pape Félix I er au 111 e siècle, prescrivait de consacrer le
,

corps et le sang de Jésus-Christ sur les mémoires des martyrs, il ne


faisait que rendre obligatoire une coutume apostolique qui avait persé-

véré jusqu'à lui.

L'autel a toujours été indispensable pour célébrer la sainte messe;


il n'y a jamais eu d'exceptions que dans des cas de nécessité absolue.
Théodore, évêque de Cyr, un solitaire à offrir le Saint-
invité par
Sacrifice dans sa de lui laisser des hosties consacrées,
cellule, afin
célébra, à défaut d'autel, sur les mains de son diacre. Saint Lucien,
prêtre et martyr d'Antioche, se trouvant en prison le jour de l'Épi-
phanie, ses compagnons de captivité lui exprimèrent le désir de parti-
ciper aux saints Mystères. Le Saint, leur montrant sa poitrine, leur dit :

(( Voici quel sera l'autel ; il ne sera pas, je l'espère, moins agréable à


Dieu qu'une pierre inanimée. Quant à vous, vous m'environnerez et
vous me servirez de temple. » Les Chrétiens se rangèrent autour de
lui pour dérober les saints Mystères aux yeux des geôliers le saint ;

prêtre consacra sur sa poitrine les espèces préparées, et tous purent se


disposer, par ce saint Viatique, aux épreuves du martyre.
Au vm e
Théodore de Cantorbéry remarque, dans son
siècle,
Pênitentiel, qu'un évêque peut dire la messe en pleine campagne,
pourvu qu'un prêtre ou un diacre ou même celui qui célèbre tienne le
calice et l'hostie entre ses mains.
En 1 865, Pie IX autorisa les prêtres catholiques, déportés en
62

Sibérie, à célébrer la messe dans n'importe quel lieu, soit sur une
table ordinaire, soit surune pierre ou un tronc d'arbre, dans n'importe
quel costume, toutes les fois qu'il leur serait impossible de se confor-
mer aux prescriptions du Rituel.
Après ces notes préliminaires, nous allons consacrer deux chapitres :

i° aux autels proprement dits; 2° aux autels portatifs.


CHAPITRE PREMIER

Des autels proprement dits

Nous nous occuperons successivement dans ce chapitre : i° des


divers genres d'autel 2° des noms des autels
; ;
3° de leur matière ;

4° de leur forme et de leurs inscriptions ;


5° de leurs reliques ;
6° de

leur emplacement et de leur orientation ; 7 de leur nombre ;


8° de

leur consécration; 9 de leur sainteté et de leurs privilèges; io°de


leurs ornements; n° de leurs accessoires; 12 des linges d'autel;
]3° enfin, nous terminerons cette étude par des notes historiques
et descriptives sur un certain nombre d'autels conservés ou dis-
parus.

article 1

Des divers genres d'autels

L'autel, dans le sens strict de la liturgie, ne consiste que dans la


pierre plane, rectangulaire ou carrée, fixe ou mobile, consacrée pour
l'oblation du Saint-Sacrifice. Mais, dans l'acception usuelle, employée
même par les rubriques, on donne le nom d'autel à la table qui
supporte ou entoure cette pierre, ainsi qu'au support même de cette
table.
Uautel fixe est celui dont la table de pierre, égalant ordinairement
la superficie de la base qui la supporte, est inséparablement unie par
l'onction à cette base qui ne fait plus avec elle qu'un seul tout, sanc-
tifié par une même consécration. L'autel est toujours fixe lorsque
64 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

l'église a été consacrée, ce qui devient rare aujourd'hui. Le plus sou-


vent, on dans la table de Pédicule une pierre
se contente d'encastrer
d'autel consacrée, qu'on appelle encore autel portatif, mais qui diffère
notablement des autels portatifs de l'antiquité, auxquels nous consa-
crerons un chapitre spécial. Ces derniers étaient de petites pierres
consacrées, encadrées dans une bordure de bois ou de métal, et dont
on se servait principalement en voyage.
L'autel qui occupe la place d'honneur dans le chœur ou dans le sanc-
tuaire est appelé maître-autel ou autel-majeur, pour le distinguer des
autels secondaires. Au xi
c
Stepdin donne au maître-autel le
siècle,

nom à'altare capitaneum. Le concile de Reims (i 583) veut que dans

les églises cathédrales et collégiales, où il y a plus de quinze cha-


noines, l'autel-majeur soit réservé exclusivement aux chanoines et à
ceux qui sont constitués en dignité.
En Grèce, il n'y a qu'un seul autel pour le Saint-Sacrifice, mais il
est accompagné de deux autels-crédences. Sur celui qui est à droite,
qu'on appelle Staxovuov, on place l'encensoir, le feu, les charbons, les
livres liturgiques, les vêtements sacerdotaux, les chandeliers, l'eau
gauche et nommé 7cpoxe<yi;, que
bénite, etc. C'est sur le petit autel, placé à
se fait l'oblation du pain et du vin, avant que le prêtre les consacre au
grand autel. Outre le pain et le vin, on y met le calice, le voile, la
lance, l'astérisque et tout ce qui est nécessaire pour ce qu'on appelle
Yoblaiion préparatoire.
Dans les églises qui possédaient de nombreuses reliques, on érigea,
e
dès le xn siècle, soit dans une chapelle spéciale, soit derrière ou aux

côtés du maître-autel, un autel des reliques sur lequel étaient étagées


les châsses. Ces reliquaires se trouvaient souvent placés sur un re-

table, supporté par des colonnettes, et au-dessous duquel les fidèles et

les pèlerins aimaient à passer, afin de recevoir ainsi une sorte de bé-
nédiction. Ces espèces d'autels, devenus rares en France, se ren-
contrent plus fréquemment en Espagne et en Italie.

Parmi les diverses sortes d'autels, il faut encore distinguer : X autel


papal, maître-autel des basiliques patriarcales, où pape seul peut le

célébrer, à moins que, par une bulle spéciale, il n'autorise un cardinal


à y dire la messe Y autel matutinal, placé dans les églises monastiques,
;

entre les deux escaliers latéraux qui conduisent du chœur au sanctuaire ;

V autel de retro^ situé derrière le maître-autel; X autel des morts où se


disent les messes d'enterrement; Y autel privilégié, auquel le Souve-
rain-Pontife attache une indulgence plénière, applicable au défunt
LIVRE XVI. — DES AUTELS 65

pour lequel on y célèbre la messe ; du Saint-Sacrement, où se


V autel
trouve la réserve eucharistique ; Yautel du Christ en croix, nom
donné jadis à celui qui s'élevait à l'extrémité orientale des nefs ro-
manes, parce qu'on plaçait au-dessus un grand crucifix ; les autels
isolés adossés, arqués, à la romaine, etc., en raison de leur situation
y ;

les autels-tables, les autels-tombeaux ; les autels à retable, les autels

romans, ogivals, Renaissance, etc., en raison du style qui les carac-


térise.
En Allemagne, on donne le nom d'autels domestiques (Hausal-
tarchen) à de petits retables destinés à orner les chapelles privées ouïes
chambres à coucher.

ARTICLE II

Des noms des autels

Nous venons d'indiquer quelques dénominations s'appliquant à


divers genres d'autel ;
signalons maintenant les différents noms qui
désignent l'autel en général. Saint Paul l'appelle al tare (Hebr.,
xni, 10). Chez les anciens, l'autel dédié aux dieux terrestres s'appelait
ara, tandis que l'autel plus élevé, consacré sur les hauts lieux, aux
divinités célestes, se nommait altare (de alta ara). Le terme altare,
pendant les quatre premiers siècles, fut presque exclusivement em-
ployé par les Chrétiens, qui laissaient à ara le sens d'autel païen :

cependant saint Cyprien, Tertuliien et saint Ambroise se sont servis


de ce dernier mot dans le sens chrétien. Dès le vu e siècle, il fut princi-
palement réservé à ce que nous appelons vulgairement aujourd'hui
pierre d'autel : c'est la signification exclusive que depuis longtemps
lui donnent les rubriques.

Le mot 6u<jiaffTïjpiov, qui dérive de &u<no;w, sacrifier, dont la racine


est ÛuMv, immoler, est employé par tous les Pères grecs et implique
l'idée d'un véritable sacrifice. Les Protestants se trouvent donc en
désaccord avec les siècles apostoliques, quand ils rejettent le terme
d'autel et ne voient dans l'Eucharistie qu'une simple commémoration
de la Cène.
L'expression Pimanerschouschi, employée par les Cophtes, corres-
pond exactement au Ouata^piov des Grecs.
T. II. 5
66

Le terme par lequel les Païens désignaient l'autel de leurs faux


pw^o;,

dieux, apparaît pour la première fois, avec le sens chrétien, dans une
constitution des empereurs Théodose II et Valentinien.
Le mot table, mensa, xpaTie^a, employé par saint Paul (i Cor., x, 2 1),

rappelle la table de la Cène et convient parfaitement à l'auteloù


les fidèles viennent se grouper pour prendre part au banquet
eucharistique. Mais ce terme est toujours accompagné d'un qualifi-
peut être considéré comme une de ces périphrases usitées
catif (1) et
dans tous les siècles : le siège de Dieu, le tombeau de Jésus-Christ,

le divin tabernacle, le trône de Dieu,


le Saint des Saints, etc.

L'autel a été quelquefois désigné sous le nom d'ara?, parce que c'est

un coffre, une espèce d'arche qui contient des reliques (2). Les
Abyssins emploient cette dénomination, mais par cette seule raison
qu'ils construisent leurs autels sur le modèle de l'arche d'alliance,
qu'ils s'imaginent conserver dans leur église d'Axum.
Les noms de martyrium, memoria, titulus, testimonium, confessio,
etc., donnés parfois aux autels, surtout en Afrique, dénotent l'usage

de placer une table d'autel sur le tombeau d'un martyr qui a rendu
témoignage à Jésus-Christ, qui a confessé sa foi en répandant son sang;
mais ces différents termes s'appliquent plus spécialement au loculus
des reliques.
Mentionnons encore le nom de EXacxr'ptov emprunté
{propitiatoire),
à l'antiquité judaïque, et celui de xaXafxo; [roseau), donné par Siméon
de Thessalonique (3) aux autels soutenus par une seule colonne.

ARTICLE III

De la matière des autel*

Dans les premiers siècles, on dut nécessairement se servir de la


mensa tripes des triclinia, table en bois, qu'il était facile de faire dis-
paraître dans les crises des persécutions. A Sainte-Pudentienne de

Cœlestis mensa (Liturgie de saint Jacques); mensa sancta (Greg. Nyss., Orat. in
(1)
bapt. Christi) mensa sacra (Aug., /. / contra Pelag., c. xxiv); mensa mystica (Theodor.,
;

Serm. X
de Provid.).
(2) Gregor. Tur., Hist. Franc, 1. IX, c. xv.
(3) Lib. de sacram.
67

Rome, on voit un vieil autel de bois vermoulu, où Ton assure que le


prince des apôtres a célébré les saints Mystères. Le bréviaire romain,
au g novembre, mentionne que saint Sylvestre, en dédiant l'église de
Latran, y érigea un autel en bois, qu'on y conserve encore aujourd'hui.
Les mosaïques, du vi e siècle, de Ravenne et de Sainte-Marie-Majeure
représentent des autels en bois.
En Afrique, les autels étaient généralement en bois. Saint Optât de
Milève signale ceux que brûlèrent les Donatistes et ceux qu'ils ra-
claient avec la prétention de les purifier (i). Saint Augustin nous ap-
prend queMaximin, évêque de Bagaï, fut massacré, sous un autel de
bois, par ces farouches hérétiques. C'est un autel en bois que les

Ariens brûlèrent à Alexandrie, sous l'épiscopat de saint Athanase (2).


Les premières prohibitions connues des autels en bois sont celles
d'un concile de Paris, en 509, et de celui d'Epaone en 5 1 7. En Orient,
nous voyons Jean Bar-Algari, patriarche des Nestoriens, à la fin du
ix e siècle, interdire les autels en bois (3). Ceux en pierre prévalurent
chez nous dès le vn e siècle, mais quelques exceptions persistèrent au
moyen âge. Du temps de Charlemagne, une table en bois servait
d'autel à l'abbaye de Saint-Denis (4). Le légat du pape Jean VIII qui
dédia, en 870, l'église Notre-Dame de Compiègne, y consacra un
autel en bois qui ne disparut qu'au xvm e siècle (5).
Les autels en bois reparurent assez nombreux au xvi e siècle et se
sont multipliés de nos jours il y en a de fort modestes dans les
;

églises rurales et de somptueux dans certaines grandes églises, comme


à Sainte-Clotilde de Paris et aux Carmes de Tours. Ces sortes d'autels
sont autorisés par la liturgie, pourvu que dans la table soit placé un
marbre ou en ardoise.
autel portatif en pierre, en
Les Maronites construisent leurs autels en bois de cèdre; mais ils
y insèrent ordinairement cinq pierres en forme de croix. Les Syriens
emploient indifféremment le bois, le marbre et la pierre.
L'usage des autels de pierre prit naissance dans les catacombes,
où, lorsqu'on posait une table sur un sarcophage, il était tout naturel
de la choisir de la même matière. Plus tard, ce choix fut appuyé par
des raisons mystiques. « L'autel est en pierre, dit saint Siméon de

(1) De schism. Donat., 1. VI.


(2) Epist. ad solitar.
(3) Assémani, Bibl. orient., t. III, p. 238.
(4) Mirac. S, Dionys., I. I, c. xx.
(5) Martène, Ant. eccl. rit,, l. 1, c. m, art. 6.
68

Thessalonique (i), parce qu'il représente Jésus-Christ qui, lui aussi,

est appelé pierre, en tant qu'il est notre fondement, le chef de l'angle
et la pierre angulaire, et parce que le rocher qui autrefois désaltéra les
Israélites était la figure de la table d'autel. »

On a prétendu que saint Sylvestre avait prescrit l'emploi de la pierre


pour les autels; mais le décret qu'on lui attribue est apocryphe (2);
on ne comprendrait pas d'ailleurs qu'une telle prescription pontificale
eût été si mal observée pendant les siècles suivants. Celle du concile
d'Épaone, en 517 (3), fut renouvelée dans un Capitulaire de Charle-
magne, en 769, et par de nombreux conciles.
L'exemple de Rome, qui avait transféré l'autel-tombeau des cata-
combes dans les basiliques constantiniennes, ne fut suivi généralement
qu'un peu plus tard en Orient et en Afrique. Partout, il y eut un
certain nombre d'exceptions, même dans le cours du moyen âge :

ainsi saint Vulstan, évêque de Worcester, déploya beaucoup de zèle,


au xi e siècle, pour substituer des autels en pierre à ceux qui étaient
en bois (4).
Il estbon de remarquer que les prescriptions successives dont nous
venons de parler ne concernent que la table; les supports, les
accessoires, les parements pouvaient être en maçonnerie, en bois, en
métal, etc., et c'est ce qui a encore lieu de nos jours (5). Ajoutons que
le mot pierre, dans le sens liturgique, est très élastique; il comprend

aussi bien la simple craie dont est fait l'autel de Saint-Germer (Oise),
que le marbre, si affectionné des Italiens, bien qu'il soit, par sa nature,
assez rebelle à la décoration.
Des autels d'or ou d'argent ont été érigés dans les grandes basiliques
par les papes et les souverains. Constantin fit entièrement revêtir d'or
et d'argent l'autel de Saint-Pierre de Rome, et fit exécuter sept autres
autels d'argent, chacun du poids de 260 livres, pour la basilique qui
devait un jour porterie nom de Sain-Jean-de-Latran. L'autel d'argent
que Sixte III offrit à Sainte-Marie-Majeure pesait 3oo livres; celui
donné par saint Hilaire à l'église Saint-Laurent, 40 marcs. A la fin
du vm e siècle, Adrien I enrichit les basiliques de Saint- Pierre et de
Saint-Paul de divers autels en métaux précieux.

(1) Bibl. magn. pair., t. XXII.


(2) Krazer, De antiq. eccles. liturg., p. 1 5g.
(3) Altaria nisi lapidea non sacrentur ; can. XXIII.
(4) Guillaume de Malesbury, Vita S. Vulstani, I, III, n° 40.
(5) Remarquons toutefois que, d'après un décret de la Congrégation des rites
(9 febr. 1675), on peut bien employer la brique pour la base, mais que les quatre
côtés doivent être en pierre.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 69

Le premier autel d'or dont il soit question dans l'histoire de


TOrientest celui qui fut donné par l'impératrice Pulchérie à la pre-
mière église Sainte-Sophie de Constantinople il était soutenu par des ;

colonnes de même métal et enrichi de gemmes et d'émaux (1). Un


autre autel d'or, également émaillé, futdonnépar Basile le Macédonien
à la nouvelle basilique qu'il fît édifier. Charlemagne fit présenté Hil-
debald, archevêque de Cologne, d'un autel en or ciselé. Angilbert,
archevêque de Milan, et saint Etienne, roi de Hongrie, se sont dis-
tingués par de semblables générosités; mais il est présumable que, le
plus souvent, on ne faisait qu'appliquer des lames d'or ou d'argent
sur des monuments de pierre ou de bois.
La terre pétrie, la terre cuite, le cristal de roche n'ont jamais été
que des matières La tradition rapporte que
tout-à-fait exceptionnelles.
les compagnons de Marie de Salomé, en débarquant sur la terre de
et

Provence, élevèrent à Dieu un autel en terre pétrie. On a trouvé dans


les catacombes de petits autels en terre cuite, accompagnés de deux
lampes attachées à leurs côtés. Enfin, Everard, gendre de Louis le
Débonnaire, mentionne dans son testament un autel décoré d'argent
et de cristal.

Aujourd'hui, où Ton se contente généralement d'encastrer dans la


table une pierre consacrée, imaginé de
l'industrie française s'est
fabriquer d'affreux autels, prétendus gothiques, en terre cuite, en grès
artificiel, en zinc, en fonte et même en carton-pierre! Heureusement,

pour notre réputation artistique, que d'habiles orfèvres, tels que


MM. Poussielgue- Rusand [et Armand Cailliat ont fait revivre,
dans leurs beaux autels en cuivre battu, les meilleures traditions
du moyen âge.

ARTICLE IV

Forme et inscriptions des autels

Au point de vue liturgique, on distingue dans l'autel : la table


(tabula), \q sépulcre des saintes reliques (sepulcrum) et la base(stipes).
C'est surtout par la base que les autels diffèrent entre eux.

(1) Sozom., Hist. eccl., 1. IX, c. u


7o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Nous trouvons dans les catacombes les "deux types qui devaient
être reproduits dans les basiliques constantiniennes et persévérer
jusqu'à nos jours, l'autel-tombeau et l'autel-table. Dans les citbicula,
c'est une table de marbre, scellée ho-
rizontalement dans le tuf, recouvrant
une construction en briques, enduite
de stuc, où se trouve le corps ou le
tombeau d'un martyr Dans les .

grandes salles servant d'église, c'était


un monument isolé, consistant en une
table quadrangulaire supportée, soit
par un pilier, soit par des colonnettes,
soitpar des dalles placées verticale-
ment, entre lesquelles reposaient les
reliques d'un martyr. M. de Rossi
considère les monuments isolés
comme postérieurs à Constantin. Ces
deux espèces d'autels, après la pa-
cification de l'Église, furent transpor-
tés dans les basiliques, mais il arriva
souvent que le sarcophage fut placé
dans une crypte plus ou moins grande
Autel-tombeau des Catacombes. et qu'on érigea au-dessus un autel-

table, soutenu par quatre petites colonnes et un pilier central.


Quelquefois, premiers Chrétiens posaient la table d'autel sur
les

une urne contenant les restes d'un martyr; un souvenir de cet an-
c
tique usage apparaît dans un pied d'autel du xn siècle, conservé au
musée d'Aix-en-Provence: c'est un vase muni de deux anses et décoré
de rubans (i).
Les anciennes tables d'autel sont presque toujours rectangulaires.
On peut citer comme exceptions celle de Besançon qui est circulaire et
celle du musée de Vienne (Isère), supportée par trois colonnes et qui
s'arrondit en demi-cintre. Dès le v ô siècle, ces tables mesurent en-
viron un mètre de largeur sur plus d'un mètre de longueur. Elles
sont d'une seule pièce et adaptées à leur support; cependant il est
arrivé parfois qu'on a taillé table, colonnes et supports dans un
f

(i) Revoil., Archéol. romane, t. III, p. 20.


,

LIVRE XVI. — DES AUTELS


t

71

seul bloc de pierre; tel est un ancien


autel de Sainte-Marthe de Tarascon
provenant d'une église voisine (1).
La surface supérieure des anciennes
tables était creusée de quelques centi-
mètres dans toute son étendue et enca-
drée dans une moulure plus ou moins
large, en sorte qu'elle avait la forme
d'un vaste plateau à rebords. Cette dis-
position était nécessaire pour prévenir
les accidents qui auraient pu résulter de
la multiplicité des offrandes et des es-
pèces eucharistiques, à une époque où
les fidèles participaient en très grand Autel de Sainte-Marthe à Tarascon.

nombre au banquet sacré, sous la double espèce du pain et du vin.


Les principaux ornements qui décorent la tranche de ces tables sont
des agneaux, des colombes, le palmier, l'A et l'Q, des monogrammes
du Christ, des grappes de raisin, des feuilles de vigne et divers
autres emblèmes qui se rapportent au double sacrifice de la croix et
de l'autel.

Les colonnes de
soutien étaient au
nombre de deux,
trois, quatre ou
cinq; quand il n'y
avait qu'un seul
pilier central, il

était creusé à son


sommet d'une pe-
tite cavité desti-
née à contenir des
reliques. En Ita-
lie, on voit un cer-

tain nombre d'anciens autels chrétiens où un cippe païen a été em-


ployé comme pédicule.
Cette disposition, qui laissait un vide sous l'autel, nous explique
comment saint Alexandre, patriarche de Constantinople, a pu, avant

(1) Bullet. monum., t. XI, p. 104.


72 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

d'entrer en controverse avec les Ariens, se mettre en prière sous


l'autel; comment le consul Eutrope, pour échapper à la colère de
l'empereur Arcade, alla se cacher sous l'autel de l'église Sainte-Sophie ;

comment Maximien, évêque de Bagaï, choisit ailleurs un même


refuge, pour se soustraire aux persécutions des Donatistes; comment
le pape Vigile tenait embrassées les colonnes de Tautel, dans l'église
Sainte-Euphémie, lorsqu'on vint l'en arracher de force.
M. Didron a cru qu'à l'époque romane, l'autel principal était en
forme de tombeau, tandis que les autels latéraux affectaient celle de
table. Des faits nombreux prouvent que cette théorie est beaucoup
trop absolue. Les monuments qui nous restent des époques antérieures
au xm e siècle nous prouvent qu'il y eut aussi alors de grands autels-
tables et de petits autels-tombeaux. En général, ces derniers étaient
c
fort simples, et ce n'est guère qu'au xi siècle et surtout au suivant
qu'ils se décorent d'arcatures, quelquefois disposées en deux étages,
lesquelles encadrent les figures du Christ bénissant, de la Vierge,
des Apôtres et de divers saints. Sous romano-byzantine,
la période
quelques autels s'ornent de mosaïques, se couvrent de peintures à
fresque ou à l'encaustique. A la fin du xn e siècle, la coloration s'ob-
tient par l'emploi de diverses espèces de marbre ou bien par l'appli-
cation de verres de couleur.
Comme du mobilier ecclésiastique, l'autel dut subir
tout le reste
les variations de chaque époque, surtout dans la
architecturales
forme et la décoration des arcades. Le xm e siècle vit persévérer les
deux formes de table et de tombeau mais le premier type, dans les
;

grandes églises, restait le plus en faveur. Dans les églises secondaires,


c'étaient de simples massifs en maçonnerie, sans aucune ornementa-
tion, qui n'empruntaient de richesse qu'aux parements d'étoffe dont
on les décorait aux jours de fête.
Le synode de Trêves disait, en 1227, que « les autels ne doivent pas
être si petits qu'on ne puisse y célébrer qu'avec peine. » Aussi de-
vinrent-ils bientôt plus longs et moins carrés que sous la période
romane.
Du xm e
au xvi e siècle, nous voyons des tables en pierre portées sur

des colonnes et des arcades détachées, sur des massifs décorés d'arca-
tures; plus rarement, des tables supportées par un massif trian-
gulaire et par deux colonnes isolées, ou bien encore soutenues aux
deux extrémités par des jambages faisant l'office de chantier; en ce
dernier cas, l'espace laissé vide était rempli par des châsses.
LIVRE XVt. — DES AUTELS ?3

A partir de la prend des dimensions consi-


Renaissance, l'autel
1
dérables et, forme d un coffre
se décorant d'un vaste retable, affecte la
plus ou moins allonge', en pierre, en marbre ou en bois. Quelque-
fois on place dans le massif un corps saint renfermé dans une caisse
de plomb, ou bien on y dispose une châsse, visible à travers un
cristal. Les fantaisies mythologiques osent, çà et là, envahir jusqu'au
sanctuaire, et il est tel autel où se coudoient scandaleusement les
amours et les anges, les nymphes et les saintes (1).

Les autels du xviri siècle affectent souvent la forme du sarcophage


romain mais ce qui
; les caractérise principalement, c'est leur style
prétentieux et contourné, et le faste de leurs retables dont nous
devons parler dans un article spécial.
En Italie, une croix se trouve toujours sculptée sur la partie anté-
rieure de l'autel : c'est là une obligation liturgique qui a été formulée
par Benoît XIII.
De nos jours, on a considérablement varié la forme des autels ;

s'il en est de véritablement remarquables au point de vue artistique,


beaucoup d'autres blessent les lois du goût et même de la liturgie tels :

sont, par exemple, ces petits autels vides, portés sur des colonnettes,
que M. Viollet-le-Duc a multipliés dans les chapelles de nos cathé-
drales; ce sont Là des espèces de crédences sans destination; car,
d'après les décrets de la Congrégation des Rites, l'autel doit être
plein, à moins que une châsse.
la table n'abrite

En Orient, les autels ont gardéforme d'une table assez étroitela :

c'est une tranche de marbre soutenue par quatre colonnes et le plus


souvent par un seul cippe central, ce qui n'empêche pas les colon-
nettes du ciborium de s'appuyer sur les angles de l'autel.
En Angleterre, par une ordonnance royale datée de i55o, renou-
velée par la reine Elisabeth, les tables furent substituées aux anciens
autels, pour être mieux en harmonie avec l'idée d'un simple repas
commémoratif. Les Puséystes, dans la forme et la décoration de
leurs autels, tendent de plus en plus à se rapprocher des usages de
l'Eglise romaine.
Après avoir parlé de la forme de l'autel proprement dit, nous
allons ajouter quelques détails sur ses degrés, ses gradins et ses
inscriptions.

(1) Voir le dessin du grand autel de l'abbaye de Barbeau, dans Millin, Antiquités
nat., t. II, pl. I, n. i3.
74

Depuis le xv e siècle, divers Rituels prescrivent un nombre impair


pour les marches, ordinairement trois, jamais plus de cinq. D'après
les liturgistes du moyen-âge, le nombre trois exprime les vertus
théologales qui doivent animer le cœur du célébrant et de tous ceux
qui assistent au Saint-Sacrifice, ou bien encore la chasteté, l'élévation
de Tâme et la pureté d'intention.
Il y a eu, de nombreuses exceptions à cette
tout temps, d'assez
disposition trinaire, qui ne remonte pas à une haute antiquité. Les
autels des catacombes de Roms et de Naples reposent in piano ;
ceux des iv et v e siècles ne sont exhaussés que d'une marche, régnant
e

tout autour de la table isolée ; il en était ainsi à Sainte-Sophie de


Constantinople. Cet antique usage a persévéré dans la plupart des
églises de Chartreux et de Cisterciens.
L'Ordre romain ne mentionne que deux degrés, V inférieur et le
supérieur. Il y en avait quatre dans une église dédiée à saint Cyprien,
dont parle saint Grégoire de Tours (i). Saint Charles Borromée en
exige cinq pour les grandes églises. On monte par sept marches à
Pautel-majeur de Saint-Pierre du Vatican. Il y en a de beaucoup plus
nombreuses dans d'autres églises, mais cette multiplicité ne saurait
être approuvée que lorsque Tautel est érigé au-dessus d'une crypte.
En 1701, Bocquillot s'insurgeait, non pas seulement contre ces
sortes d'escaliers, mais même contre les trois ou quatre marches
qu'il était assez difficile de monter avec une aube longue et qui,
selon lui, étaient en opposition avec la tradition gallicane (2). Nous ne
croyons pas qu'il y ait jamais eu, en France, de tradition générale
à cet égard car s'il n'y avait, très anciennement, qu'un seul degré
;

aux autels de Lyon, de Vienne, à ceux des Chartreux et des Cister-


ciens, il y en avait deux à la Sainte-Chapelle de Paris, à la basilique
de Saint-Denys, aux cathédrales d'Arras et de Paris, et trois à la ca-
thédrale d'Amiens, ainsi que chez les Ordres mendiants.
En Grèce, les autels sont élevés sur un marchepied, sans autre
degré ceux des Arméniens ont cinq ou six marches.
;

Autrefois, aux grandes solennités, on exposait aux yeux du peuple,


sur des espèces de dressoirs nommés pergulœ, tout ce que le trésor
contenait de plus précieux. Ce fut l'origine des gradins qui devaient
plus tard recevoir une décoration permanente. Un gradin unique

(1) Greg.Tur., I. I de glor. mart., c. xcxiv.


(2) Traité historique de la Liturgie, p. 109.
.

LIVRE XVI. — DES AUTELS

apparaît au xm e
siècle, et il n'y en a encore qu'un seul aujourd'hui
au maître-autel des basiliques majeures de Rome. Il n'y en a même
pas du tout à certains autels où le prêtre, en disant la messe, est
tourné vers le peuple.
L'adjonction de deux ou trois gradins date du xv e siècle ; on en
voit encore davantage aujourd'hui dans certaines églises, où les
nombreux chandeliers dont ils sont chargés donnent trop souvent
à l'autel l'aspect d'un étalage de marchand de bronzes. Ces gradins
sont souvent exhaussés d'une manière si extravagante, qu'ils devien-
nent la partie principale de l'autel.
Ce n'est que depuis un petit nombre d'années que les Grecs-Unis
ont adopté l'innovation des gradins, ornés de vases de fleurs, de
tableaux et de cierges. L'usage de trois gradins paraît au contraire
assez ancien chez les Arméniens.
On nommait altaria inscripta ou litterata ceux dont la tranche
ou le cippe était décoré d'une inscription. Ces inscriptions, écrites
parfois sur une pierre incrustée dans un mur voisin, sont relatives :

i° à la sainte Eucharistie; 2° à la consécration de l'autel; 3° aux


reliques qu'il contient; 4 au donateur de l'autel. Nous allons en
offrir quelques exemples :

i° Inscriptions relatives à V Eucharistie. Roger, évêque d'Oléron,


fit construire un autel, où on lisait les inscriptions suivantes :

RES SUPER IMPOSITAS COMMUTAT SPIRITUS ALMUS.


FIT DE PANE CARO ;
SANGUIS, SUBSTANTIA VINI.
SUMPTA VALENT ANINLE PRO CORPORIS AT QUE SALUTE

DANTUR HAG MENSA SANGUIS, CARO, POTUS ET ESGA.


IN
VERBA REFERT CŒN£ SUPER H^G OBLATA SACERDOS
MUNERA SANCTIFIGAT ET PASSIO COMMEMORATUR

HANG MORIANENSIS RAINALDUS CONDIDIT ARAM.


PR^ESUL ROGERIUS OLORENSIS JUSSIT UT ESSEM (i).

2° Inscriptions relatives à la consécration de V autel. M gr


Barbier
de Montault a publié dans la Revue de VArt chrétien (2) un grand

(1) Pierre de Marca, Histoire de Béarn, l. V, c. xvi.


2) Années 1879, ^80, 1881.
76 HISTOIRE DU SACREMENT DE L^EUCHARISTIE

nombre d'inscriptions de dédicace : nous lui empruntons la suivante


qui se trouve dans l'église du Rosaire à Monte-Mario, de Rome :

ECCLESIAM HANC, EIVSQVE ALTARE MAIVS


DIE V MAIJ MDCCXXVI
MINORESQVE HAS ARAS SEX
DIEBVS SCILICET
XII ET XIII IVNIJ, ATQVE II IVLIJ

EIVSDEM ANNI
SOLEMNI RITV DEDICANS, SACRA VIT
BENEDICTVS PAPA XIII

ORD. PR^DIC.
QVI
SINGVLIS CHRISTI FIDELIBVS
ECCLESIAM, ET ALTARIA IPSA
ANNIVER. DIE D EDI CATION VM HVIVS MODI
DEVOTE VISITANTIBUS
DECEM ANNORVM INDVLGENTIAS
PERPETVO CONCESSIT.

Le plus ordinairement, la mention des autels dédiés se trouve


dans l'inscription de la dédicace de l'église, parce qu'ils ont été
consacrés en même temps que l'édifice. On y trouve le nom du con-
sécrateur, le vocable de l'autel et quelquefois le nom des reliques
contenues dans le sépulcre.
3° Inscriptions relatives aux reliques de l'autel. — On lit sur
celui de Saint-Marc de Rome :

IN HOC ALT A RI
QVIESCIT CORPVS SANCTI MARCI
PAPjE et confessoris

M. Hubner citeune dizaine d'inscriptions espagnoles, datant du


v° au vn e siècle, énumérant les reliques contenues dans les autels (i).
Voici celle de Morera (Estramadure) :

Sunt in hoc altario sancti Stephani reliqule num (ero) xv Ste-


phani, LucRETiiE, Saturnini, Sebastiani, Fructuosi, Augurii, Ban-
delii, Pauli conf., Nazarii, Eulogii, Tirsi, Verissim^e, Maxime et
Julle.

(i) Inscript. Hispaniœ, n° s 85, 88, 90, 100, ni, 126, 140, i65, 175, 263.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 77

4° Inscriptions relatives aux donateurs. — Spes, évêque de


Spolète, à la fin du iv e
siècle, inscrivit ces mots sur l'autel qu'il érigea

sur le tombeau de saint Vital :

Spes episcopus dei servus sancto Vitali martyri a se primum


invento altaris honorem fecit.

Sur un antique autel (vi


e
siècle) de la basilique Saint-Clément,
à Rome, on lit ces mots :

Altare tibi Deus salvo Hormisda papa Mercurius presbyter cum


sociis of (fert.)

Dans l'église de Roissy-en-Brie, les lignes suivantes, inscrites sur


le mur de la nef, indiquent le donateur d'un autel qui n'existe plus
aujourd'hui :

Anne Robinot de sô vivat a doné par testamêt a leglise de Roissy-


en-Brie 3oo livres po r faire les 2 Havtels cy prît a la charge de dire
tous les Ans le 7 Ivin vne messe haulte a son intention.

Dans le cours du moyen-âge, le prêtre étranger qui avait célébré sur


un autel à l'occasion d'un vœu ou d'un pèlerinage, y gravait parfois
son nom à la pointe sur le filet d'encadrement. Il en était de même
des pèlerins laïques et aussi des criminels qui avaient trouvé là droit
d'asile. On a signalé de ces graphites ou inscriptions cursives
à l'autel de Verneuil, conservé au musée de Poitiers, à ceux de
Saint-Félix d'Amont, d'Auriol (Bouches-du-Rhône), de Jonquières
(Gard), etc. On compte jusqu'à 93 noms incisés sur l'autel de la
Minerve, dans l'Aude (1).

article v

Reliques des autels

En 274, le pape
l'an saint Félix I
er
rendit obligatoire l'usage
déjà ancien de célébrer les saints Mystères sûr les reliques d'un

(1) Ed. Le Blant, Mémoire sur V autel de l'église de la Minerve.


-78

martyr (i). Son corps était placé soit dans une crypte ou confession
creusée au-dessous de l'autel, soit dans les bases creuses de cet édicule,
soit sous l'autel, soit même sur l'autel. Plus tard, les corps des con-
fesseurs reçurent les mêmes honneurs (2); il en fut ainsi de saint
Ambroise à Milan, de sainte Marie de Béthanie à l'abbaye de Veze-
lay, de saint Firmin le Confesseur à Amiens. On n'admettait point
qu'une église pût être érigée sans la présence sanctifiante de reliques.
Saint Ambroise, dans sa lettre XXII e à sa sœur Marcelline, dit
que le peuple ne put souffrir qu'il ait dédié une église (c'est celle
qu'on appela depuis basilique ambroisiemie), sans qu'on y eût mis
les restes d^n martyr; aussi s'empressa-t-ii de faire transporter sous
l'autel les corps des saints Gervais et Protais, qu'on venait de décou-

vrir dans la basilique de Saint-Félix et de Saint-Nabor.


Au moyen âge et quand on l'a pu,
jusqu'à nos jours, on a continué,
de placer un corps saint sous où un cristal permet de le
les autels,
voir et de le vénérer. Au xvi e siècle, cet usage disparut généralement
en France, parce qu'on craignait d'exposer ces précieux restes aux
profanations des Huguenots.
Quand les autels se multiplièrent, il ne fut plus possible de placer
sous chacun d'eux le corps entier d'un martyr ou d'un confesseur.

On dut alors se contenter de quelques fragments plus ou moins con-


sidérables, qui n'en étaient pas moins un monument de l'alliance de
l'Eglise triomphante et de l'Église militante. Ces reliques étaient
placées dans de petites boîtes, qu'on incrustait soit dans le massif,
soit dans la table, en une petite cavité nommée sépulcre, pour
montrer qu'elles remplaçaient un corps saiïit. Ces sépulcres ne sem-
blent guère apparaître qu'au vn e siècle. Dans les tables supportées
par un pied droit, la cavité était pratiquée dans le chapiteau, à moins
qu'une ou plusieurs niches ne fussent ménagées dans les flancs du
cippe.
Au presbytère de Joncels (Hérault), dans un cippe, provenant d'un
antique autel, sont creusées deux niches carrées, profondes de douze
centimètres; autour de la plus haute, on lit cette inscription : Hic
sunt reliquiœ sanctorum. A diverses époques, on a découvert à Hé-
bron, à Rome, à Rimini, à Girone, à Lyon, etc., des coffrets en

(1) Hic constitua supra sepuîcra martyrum missa celebrari, dit Anastase Bibliothé-
caire.
(2) On croit que S. Martin de Tours est le premier saint non martyr dont la tombe
ait été tranformée en autel.
LIVRE XVI. DES AUTELS 79

ivoire, des urnes en marbre ou en albâtre, des vases en terre cuite,


contenant des reliques et qui avaient été déposés sous un autel.

On comprend que toutes les églises rurales ne pouvaient point se


procurer des reliques. A leur défaut, on se contentait de brandea,
c'est-à-dire de linges qui avaient touché le tombeau d'un martyr. Cet
usage était autorisé par les Souverains- Pontifes. Une impératrice
d'Orient ayant demandé à saint Grégoire le Grand des reliques de
saint Pierre et de saint Paul, pour les mettre dans une église qu'elle
voulait dédier à ces deux apôtres, le pape répondit La coutume : ce

des Romains, quand


donnent des reliques, n'est pas d'en extraire
ils

du corps même des saints, mais seulement de mettre un linge [bran-


deum) sur leur tombeau on retire ces étoffes et on les envoie pour
-,

être gardées avec respect dans les églises qu'on veut consacrer; elles

y opèrent des miracles, non moins que les corps mêmes des saints. »
Du vni e au xiv e siècle, dans quelques églises d'Occident, on a cru
pouvoir substituer aux reliques qui faisaient défaut, trois parcelles
d'une hostie consacrée, ou un morceau du corporal sur lequel on
avait célébré (i). On a voulu justifier cet usage en alléguant qu'un
pape du nom de Léon, manquant de reliques pour la consécration
d'un autel, aurait donné, afin d'y suppléer, un corporal renfermant
la sainte Eucharistie (2). Cette prétendue disette de reliques, à Rome,

n'est-elle point tout-à-fait invraisemblable ? On a cité également une


bulle de Benoît VIII prescrivant, d'une manière générale, d'ajouter le
Saint-Sacrement aux reliques de l'autel, mais il a été démontré que
ce document est apocryphe.
Dans un Sacramentaire de saint Grégoire, écrit avant l'an
986,
on voit que le consécrateur déposait dans l'autel trois portions d'hos-
tie consacrée, accompagnées d'encens (3). Le pape Urbain II suivit
ce rite en faisant la dédicace de l'église abbatiale de Marmou-
tiers (4).
On peut signaler complète absence de reliques dans un certain
nombre d'autels. Saint Grégoire le Grand parle d'une église où il
y
avait treize autels, dont quatre n'avaient pas été consacrés, faute de
reliques. A Rome, l'autel de Saint-Jean de Latran en est dépourvu,
parce que la table où célébra saint Pierre en tient lieu.
Quand l'autel était placé au-dessus d'une crypte, renfermant un

(1) G. Durand., Ration, divin, offic, 1. I, c. vi, n. 23.


(2) Pasqualigo, De sacrif. nov. legis, t. I, quaest. 679.
(3) Nat. de Wailly, Traité de Diplom., II, 25 4 .

(4) D. Martène, De ant. eccles. ritib., I, 440.


8o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

corps saint, comme à Saint-Mathias de Trêves, à Saint-Savin, etc.,


on se dispensait de mettre aucune relique dans l'autel lui-même.
Enfin, dans beaucoup d'églises, on trouve de petits autels non
consacrés, sans reliques, sur lesquels on ne dit jamais la messe, et
qu'on pourrait appeler votifs, puisqu'ils ne servent qu'à honorer les
saints auxquels ils sont dédiés.
Outre les niches à reliques, on a parfois abusivement pratiqué sous
l'autel une armoire pour y mettre soit des vases sacrés, soit des habits
sacerdotaux.
En Grèce, dans les églises de couvent, on déposait sous l'autel,
pour les sanctifier, les habits monastiques dont devaient se revêtir
les novices, le jour de leur profession.
Les autels des Arméniens sont souvent dépourvus de reliques.

ARTICLE VI

Emplacement et orientation des autels

Nous avons dit que les premiers autels furent érigés sur le tombeau
même des martyrs; adossés contre le tuf, ils occupaient le fond des
chapelles. Il faut ajouter que Bosio et Boldetti en ont signalé un cer-
tain nombre placés à côté des tombes, au milieu du cubiculum. Dans
certains cas, il incommode de célébrer les saints Mystères
eût été
sur un tombeau enfoncé dans un arcosolium alors on tirait la table \

de l'autel, comme un de gros anneaux de bronze qui y


tiroir, à l'aide
étaient attachés, et le corps saint restait à découvert (i).
Saint Maxime de Turin fait ressortir les admirables harmonies de
cette alliance de la liturgie et de la mort « Qu'y a-t-il de plus hono-
:

rable, s'écrie-t-il (2), que de reposer sous l'autel même où le Sacri-


fice est présenté à Dieu, où s'offre la victime pour laquelle le Seigneur
est le prêtre, selon ce qui est écrit : Tu es prêtre éternellement selon
l'ordre de Melchisédech. Il est donc juste que les martyrs soient

(1) De Rossi, Roma sotter.,i, 169, 285.

(2) Serm. LXIII de natal, sanct.


LIVRE XVI. DES AUTELS 81

placés sous l'autel, parce que le Christ est déposé dessus ; il est juste
que les âmes des saints reposent sous l'autel, parce que, sur ce même
autel, le corps du Seigneur est offert. C'est par convenance, c'est par
une sorte d'association intime que la sépulture des martyrs a été
établie là où chaque jour la mort du Seigneur est célébrée, suivant ce
qu'il a dit lui-même ((Chaque fois que vous fer e\ ceci, vous annoncerez
:

ma mort jusqu'à ce que je vienne, » afin que ceux qui sont morts pour
lui reposent dans le mystère du sacrement. Cest, je le répète, par

l'effet d'une intime communauté que la tombe de ceux qui ont souffert

la mort est située là où sont posés les membres de la mort sanglante

du Sauveur. »
A Rome, on continua jusqu'au vn e siècle à célébrer les saints Mys-
tères dans les cimetières ou dans les basiliques cimetérales. Ce ne fut
guère qu'à cette époque que l'on transféra des corps de martyrs dans
les basiliques urbaines et qu'on y érigea des autels. Ils furent tou-
jours placés entre l'abside où se trouvaient le trône de l'évêque, ainsi
que les sièges presbytéraux, et le chœur où se tenaient les sous-
diacres, les chantres et les autres clercs, c'est-à-dire au point central
de l'intersection de la nef et du transept.
Le docteur Cattois a fait jadis une croisade archéologique pour
faire restituer à nos autels leur place antique, en les mettant au
centre du transept, où la tour centrale ou bien le dôme leur servirait
de couronnement naturel. Il en est à peu près ainsi à la cathédrale
de Reims, à Saint-Maurice d'Angers, à Crepon (Calvados) et dans de
nombreuses églises monastiques où le chœur se trouve occupé par
les stalles des religieux.

Quand le siège de l'évêque fut transféré de l'abside dans l'intérieur


du chœur, l'autel fut placé soit au fond de cette abside, soit vers le
milieu du chœur, très rarement vers le bas, si ce n'est en Italie.
Depuis un certain nombre d'années, on remarque quelque tendance
à rapprocher l'autel des fidèles.
Jusqu'au xvi e siècle, les autels-majeurs, même ceux qui étaient
placés au fond de l'abside, restaient isolés; c'est alors que Ton com-
mença à les murs. Ce fut là une regrettable
appliquer contre les
innovation, car la pour la consécration et pour
liturgie prescrit,
l'office divin, un certain nombre de cérémonies qui exigent l'isolement

complet de l'autel. Sur ce point, comme sur bien d'autres, l'antique


tradition a persévéré dans tout l'Orient. Depuis le xiv e siècle, l'autel de
la sainte Vierge, dans les grandes églises, est communément placé

T. II. 6
82 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

dans la chapelle absidale, ou, à défaut de cette chapelle, au fond du


collatéral qui correspond au côté de l'Évangile.
A partir du xv e siècle, on mit des autels secondaires dans toutes
les parties de l'église, non seulement dans les absides latérales, au
fond des transepts et dans les chapelles, mais le long des murs, sous
les orgues, sous le jubé, aux clôtures de chœur, des deux côtés de

l'arcade qui communique de la nef au chœur, et même contre des


piliers. Le concile d'Aix ( r 585) a protesté contre ces fâcheuses locali-
sations.
Il est interdit d'ériger un autel sur une sépulture, parce que, dans
la primitive Église, c'était là comme une déclaration de sainteté. Cette
prescription n'était pas toujours observée autrefois; des évêques et

des prêtres se faisaient enterrer sous l'autel ou tout à côté. « Il est


juste, dit saint Ambroise, que le prêtre soit inhumé où il a
là même
consacré; mais je cède volontiers la partie droite aux reliques des mar-
tyrs, place d'honneur qui leur est bien due. » Synesius s'écrie (i) :

« J'embrasserai ces colonnes sacrées qui soutiennent la table pure et


sans tache : c'est là que je siégerai vivant et que je reposerai après
ma mort. »

La Congrégation des Évêques et Réguliers a décidé que les autels

sous lesquels des cadavres ont été ensevelis ne perdaient point leur
consécration, mais qu'ils devaient être interdits jusqu'à ce que le
cadavre ait été enlevé ou que l'autel ait été changé de place. Cette

même Congrégation a défendu d'élever sur une sépulture, même un


autel temporaire destiné à recevoir le Saint-Sacrement (2). La cathé-
drale de Séville ne se conforme point à l'esprit de ce décret, quand
elle érige le monument 0, c'est-à-dire le reposoir du vendredi-saint,
sur la pierre tombale de Fernand Colomb.
C'est par un même sentiment de respect pour l'autel que, lorsqu'il

y a des bâtiments au-dessus, ils ne doivent point être affectés à la


destination de chambre à coucher (3),

Ce seulement dans les églises et les chapelles qu'on a


n'est pas
érigé des autels, mais aussi dans les sacristies, les trésors, les
cloîtres, les préaux, les baptistères, les cimetières, les salles d'hôpi-
taux, les palais, les châteaux, les oratoires privés, les camps, sur les
places publiques en temps de foire ou de pèlerinage, etc.

(1) Catastas.
(2) i5 sept. 1547.
(3) Congr. Episc. et Reg., 16 oct. 161 5.
LIVRE XVI. — DES AUTELS

Dans la Tauride et en Gappadoce, on voit des autels, formant


corps avec le rocher, dans des grottes ante'rieures à la paix de
l'Église (i).

le long des routes, soit sur le tombeau


Jadis on dressait des autels
des martyrs qui y étaient inhumés, soit en des endroits qui avaient
été sanctifiés par leur présence. Plus d'une fois la piété populaire
s'est laissée égarer à ce sujet : c'est ce que nous démontre le Capitu-
laire suivant de Charlemagne : « Que qui sont élevés çà
les autels
et làau milieu des plaines et le long des chemins, en mémoire des-
martyrs, et dans lesquels il est prouvé n'exister ni leurs corps ni
quelqu'une de leurs reliques, soient renversés et détruits par les
évêques de ces lieux-là. Si des tumultes populaires rendaient im-
possible cette exécution, que les peuples soient du moins avertis
qu'il n'est pas permis de fréquenter ces lieux, afin que ceux qui ont
une conscience éclairée soient à l'abri de toute excuse et s'éloignent
de la Nous ordonnons qu'il soit expressément défendu
superstition.
d'accepter la mémoire des martyrs, quand elle n'est que probable,
à moins que cette mémoire ne se soit conservée par la plus fidèle
tradition, depuis son origine, au moyen du corps ou de quelque
vestige d'habitation, de possession ou de souffrances du Saint. Et
que les rêveries et les frivoles révélations que font quelques per-
sonnes, lorsqu'on élève des autels, soient tout à fait défendues (2). »

On ne pourrait citer qu'un fort petit nombre d'autels, érigés au


milieu des champs, sur lesquels on ne célèbre point le saint Sacrifice

et qui servent seulement de station pour les processions des Roga-


tions ou du Saint-Sacrement. Tel est l'autel situé près de Saint-
Pierre de Ruons (Ardèche), du haut duquel on donne la bénédiction
aux récoltes naissantes. Voir la gravure de la page suivante.)
(

Nous terminerons cet article en parlant de l'orientation des autels.


Les premières églises avaient leur abside à l'Ouest mais le prêtre, ;

en célébrant, tournait le dos à l'Occident, et avait en face de lui les


fidèles placés à l'Orient il n'avait donc pas besoin de
; se retourner
pour bénir le peuple ni pour dire le Dominus vobiscum. La prière
suprême se dirigeait vers l'Orient, parce que c'est de ce côté qu'était
situé le Paradis terrestre ;
parce que Jésus-Christ, à qui s'adressent
nos adorations, est la vraie lumière et que l'Écriture sainte le désigne

(1) Stroukow, Les anciens monuments chrétiens de la Tauride.


(2) Steph. Baluz. ; Capital* reg., p. 228.
84 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

sous le nom d'Orient parce que Jésus, ayant été crucifié le visage
;

tourné vers l'Occident, nous le considérons pour ainsi dire en face;


parce qu'il est monté au Ciel du côté de l'Orient; parce que c'est de ce
même point de l'horizon que le Saint-Esprit descendit sur les apôtres
et que viendra le Fils de l'homme pour juger les vivants et les morts.

Autel de Ruons.

Ce fut vers le ix e siècle que se généralisa la coutume de placer le

portail principal à l'Occident et l'abside à l'Orient; le prêtre alors


célébra les saints Mystères en tournant le dos aux fidèles. L'ancienne
orientation a persévéré dansun certain nombre d'églises d'Italie :

à Saint-Jean de Latran, à Saint-Pierre du Vatican, à Sainte-Marie


Majeure, à Saint-Marc, à Saint-Laurent in Damaso, à Sainte-Marie
LIVRE XVI. — DES AUTELS 85

in Transtevere, à la cathédrale d'Ancgni, etc. Cette disposition n'a


jamais été adoptée en France que dans un fort petit nombre de
grandes églises. M. Joseph Bard a en vain plaidé la cause de ces
autels à la romaine (i), que le xviii siècle désignait sous le nom de
contournés. Plusieurs archéologues leur sont opposés, parce que cette
disposition symbolisme des points cardinaux, tel qu'il
détruit le

a été exposé par du moyen-âge et que, par exemple,


les liturgistes
l'évêque ou le prêtre, étant tourné vers les fidèles, lit l'évangile du
côté du Midi au lieu de celui du Nord.
Il y a toujours eu des exceptions, motivées ou non, aux règles de
l'orientation. A l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, un autel était
tourné vers le Midi, un autre vers le Nord, un troisième à l'Ouest,
A l'église abbatiale de Saint-Gall et à la cathédrale de Nevers, il

y avait un autel à l'Orient et un autre à l'Occident. Depuis le

xvi e siècle, les petits autels des chapelles latérales, au lieu d'être adossés
contre le mur oriental, ont été placés en face de l'entrée, en sorte
que le prêtre est tourné soit vers le Nord, soit vers le Midi. De nos
jours on se préoccupe si peu, sous ce rapport, des anciennes lois
liturgiques qu'il y a des églises, même à Rome, dont les autels sont
tournés vers chacun des quatre points cardinaux.

Article vu

Du nombre des autels

Plusieurs écrivains que les archimandrites de


protestants, ainsi
Moscou, nous reprochent la multiplicité de nos autels, à laquelle les
Jansénistes du xvin e siècle se montrèrent également défavorables. Il
y
a là une question théologique qui ne rentre point dans notre cadre,
mais en même temps une question historique, puisque ce reproche
se fonde principalement sur l'unité d'autel qui aurait régné exclu-
sivement jusqu'au temps du pape Adrien I er , c'est-à-dire jusqu'au
vm e siècle.

nous paraît certain qu'il n'y a jamais eu de règle fixe à ce sujet;


Il

on ne saurait produire aucun texte, aucune prohibition relativement

(i) Nécessité d'une réforme dans la décoration fixe et mzuble des églises.
86 HISTOIRE DU SACREMENT DE i/EUCHARlSTIE

à la pluralité des autels. Quand saint Ignace, évêque d'Antioche,


dans sa lettre aux Philadelphiens, dit qu'il n'y a dans chaque église
qu'un seul autel de même qu'un seul évêque, il ne fait que constater
l'usage assez général de son temps, qui s'explique par le petit
nombre de prêtres qu'il y avait alors. Descendons dans les cata-
combes, nous trouverons souvent, dans une même crypte, plusieurs
arcosolia, disposés pour la célébration des saints Mystères (i). On
compte jusqu'à onze autels-tombeaux dans une église cimetérale de
Sainte-Agnès. Si les basiliques constantiniennes eurent un autel
unique, c'est qu'elles furent construites sur la tombe d'un seul
martyr; mais, dès qu'on voulut ravir les reliques des catacombes
aux ravages des barbares, on les transporta en grand nombre dans
l'intérieur des villes, et on les renferma dans des autels qui se
multiplièrent alors dans une même église.
Nous ne voulons pas nier que l'unité d'autel ne fût d'un usage
très général: un seul autel suffisait alors qu'une seule messe était
célébrée chaque jour par l'évêque, messe à laquelle les prêtres com-
muniaient en même temps que les fidèles; mais il y eut toujours à
cet égard d'assez nombreuses exceptions.
Constantin fit ériger trois autels dans l'église du Saint-Sépulcre,
sept dans la basilique de Latran. En 326, l'évêque Aventius en
consacra trois dans l'église d'Avignon. Dès le iv e siècle, il y en avait
plusieurs à Saint-Pierre du Vatican, à Saint-Paul-hors-Ies-Murs, à
Sainte-Marie dans la vallée de Josaphat (2), etc. Saint Ambroise
parle des soldats qui, en se retirant de la basilique de Milan, embras-
saient les autels pour fêter la paix accordée à l'Eglise par Valentinien.
Du temps de saint Basile, il y avait plusieurs autels dans l'église
de Néocésarée.
Saint Pierre Chrysologue suspendit une couronne d'or sur Tautel-
majeur de Saint-Cassien d'Imola, ce qui indique qu'il y en avait de
secondaires. Au v e siècle, le pape Hiiaire dédia trois autels dans le
baptistère de Saint-Jean de Latran.
Saint Grégoire le Grand nous
que Pallade, évêque de Saintes,
dit
avait placé treize autels dans sa cathédrale, et il n'en témoigne aucun

étonnement. On lit dans la Vie de sainte Rusticule que cette abbessè


fit ériger sept autels dans les deux églises qu'elle construisit à Arles.

(1) Aringhi, Rom. Sotter., I. I, c. xxx-.


(2) Martène, De ant. cccles. rit., t. I, p. 440.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 87

Saint Grégoire de Tours nous apprend que, dans l'église de Braine,


en Soissonnais, il célébra trois messes sur trois autels différents.
Au vm siècle, saint Benoît d'Aniane, fondateur du monastère de
e

Saint-Guilhem-du-Désert, fit construire sept autels, dans l'église


Sainte-Marie, en l'honneur des sept dons du Saint-Esprit. A cette
époque, les prêtres ayant cessé de communier messe de Tévêque,
à la
il devint nécessaire, pour qu'ils pussent célébrer eux-mêmes, de mul-
tiplier les autels dans une même église. On
trouva qu'il y avait
quelque exagération dans cette puisque le concile de
tendance,
Thionville, en 804 (1), et Gharlemagne, dans un Capitulaire,
essayèrent de la modérer. Un poème d'Alcuin signale jusqu'à trente
autels dans la cathédrale d'York.
Au prolongement des nefs autour du chœur fit mul-
xi e siècle, le

tiplier les chapelleset par conséquent les autels. Leur nombre fut
toujours plus considérable dans les églises cathédrales, collégiales
et monastiques (2), en raison même du nombre de prêtres qui y

célébraient la messe. On voit figurer jusqu'à soixante-dix autels dans


le plan de l'abbaye de Saint-Gall.
M. Rohault de Fleury (3) croit que « les autels, après avoir sym-
bolisé le monothéisme par leur unité, ont, en se multipliant, présenté

l'image de la sainte Trinité, le souvenir du collège apostolique, des


disciples, etc., jusqu'au moment où les fidèles oublièrent ces règles
symboliques pour satisfaire leur piété envers un grand nombre de
saints. »
Dans temps modernes, certains autels ont été disposés de façon
les

à ce que plusieurs prêtres puissent y dire la messe en même temps.


Aux Dominicains de Toulouse, le maître-autel avait quatre faces celui ;

de Saint-Jean, à Gaen, est pourvu d'une double table, l'une à l'Orient,


l'autre à l'Occident. A Rome, dans quelques églises où existent tout à
la fois un chapitre et un service paroissial, par exemple à Sainte-Marie

de la Rotonde et à Saint-Jérôme des Esclavons, il y a de ces bizarres


autels à double face; les offices capitulaires se font du côté du chevet
et les services paroissiaux en vue des fidèles.

Dans tout l'Orient, en Grèce et en Russie, il n'y a généralement

Altaria ne superabundent in ecclesiis.


(1)
Les Révélations de sainte Brigitte fixent à treize le nombre des autels dans les mo-
(2)
nastères qui suivent la Règle du Sauveur, laquelle fut appelée vulgairement plus tard
Règle de Sainte Brigitte.
(3) La Messe, t. 1, p. 178.
88 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

eu et il qu'un seul autel, où Ton ne doit


n'y a encore aujourd'hui
célébrer qu'une seule fois le même jour. Toutefois les
Grecs construi-
sent des oratoires ou paréglises qui ne sont séparés de l'église que
par un simple mur et, les jours de fête, on dit la messe dans ces
annexes. Ces sortes d'oratoires sont très nombreux dans les mo-
nastères.

ARTICLE VIII

Consécration des autels

I/usage de consacrer les autels par des rites spéciaux remonte sans
doute au berceau du genre humain, et c'est pour cela que, chez tous
les peuples, les temples et les autels ont été dédiés avec des céré-
monies plus ou moins solennelles. Sans parler ici du patriarche Jacob,
Moïse consacra le tabernacle avec l'huile d'onction; le temple érigé
par Salomon fut dédié avec une pompe incomparable. Chez les Grecs
et les Romains, les autels étaient sanctifiés par une effusion d'eau, de
vin et d'huile; l'indication de cette cérémonie religieuse est souvent
consignée par cette inscription AVG. SAC, c'est-à-dire, Auguste
:

sacrum, consacré avec la -pompe des cérémonies religieuses. Il serait


donc naturel de penser que les premiers Chrétiens auraient consacré
leurs autels, bien autrement saints que ceux de l'antiquité judaïque :

cependant les quatre premiers siècles ne nous fournissent aucun ren-


seignement à ce sujet. Saint Denys l'Aréopagite, il est vrai, nous parle
de la consécration des autels dont il fait remonter l'origine aux temps
apostoliques; mais il est difficile de baser une appréciation chronolo-
gique sur un témoignage unique, dont la date est contestée. En face
de ce silence, plusieurs écrivains (i) n'en ont pas moins cru que les
consécrations dont parle le concile d'Agde (5o6) ne devaient être que
la continuation des anciennes traditions. D'autres (2) ont supposé que,
pendant les quatre ou cinq premiers siècles, les autels paraissaient
être suffisamment consacrés par la célébration même des saints
Mystères.

(1) Le cardinal Bona, Mgr Crosnier, l'abbé Goschler, etc.


(2) J.-B. Thiers, Grancolas, Boehmer, Gareiso, de Résie, etc.
LIVRE XVI. —

DES AUTELS 89

Ce qui nous paraît certain, c'est que ce rite remonte au moins au


iv e siècle etnon pas au v e car il en est question dans saint Grégoire de
,

Nysse (1), et nous voyons les Eusébiens accuser saint Athanase d'avoir
renversé un autel consacré (2). Eusèbe, Socrate et Sozomène nous
parlent de la dédicace des églises de Tyr, de Jérusalem et d'Antioche;
il semble difficile d'admettre qu'on ait consacré le temple et non l'autel

qui en constitue la sainteté.


Quand le que « les autels ne doivent pas
concile d'Agde (5o6) dit
être simplement oints du saint-chrême, mais qu'ils doivent aussi être
bénits par l'évêque, » quand celui d'Epaone (517) défend de consacrer
les autels qui ne seraient pas en pierre, ces deux conciles visent évi-

demment un usage très antérieur. Nous pouvons en conclure que ce


rite devint obligatoire dès le commencement du vi siècle, mais les
e

éléments nous manquent pour préciser l'époque de son origine.


Les oraisons et les cérémonies de la consécration des autels
sont consignées dans le Sacramentaire du pape Gélase. Nous allons
en exposer les principaux détails, en faisant plus d'un emprunt à deux
ouvrages spéciaux de Mgr Crosnier et du P. Levavasseur (3).
Bien que cette consécration puisse se faire n'importe quel jour, on
choisit d'ordinaire pour cette cérémonie un dimanche ou une fête.
Elle s'accomplit presque toujours en même temps que la dédicace
même de l'église. On pourrait consacrer les autels sans consacrer
l'église,mais on ne saurait faire la dédicace d'une église sans y con-
sacrer au moins un autel. Cette décision de la Congrégation des Rites
(12 août 1854) a mis un terme aux controverses relatives à ces
questions (4).
Dès la veille de la cérémonie, l'évêque place les reliques destinées
à l'autel dans un ou dans une petite boîte de plomb, avec
petit vase
trois grains d'encens (5) et un acte authentique, ordinairement sur
parchemin et conçu en ces termes MDCCC LXXX... die : N
mensis N,
ego N episcopus N consecravi altare hoc in honore sancti N et reliquias

(1) Orat. de bapt. Christi.


(2) Sozom., Hist. eccl., 1. II, c. xxv.
(3) Crosnier, Prières et cérémonies de la consécration d'une église d'après le Pontifical
romain; Levavasseur, Cérémonies de la consécration des églises et des autels.
(4) Barbosa, Quarti, Tamburini, Veatriglia prétendaient qu'on ne peut point consacrer
un autel dans une église qui n'est point consacrée; l'opinion contraire était soutenue
par Pasqualigo, Suarez, Ferraris, etc.
(5) Ces grains d'encens mis avec les reliques rappellent tout à la fois les aromates de la
sépulture de Jésus-Christ et la cassolette d'encens qu'on déposait dans les tombeaux des
martyrs.
9o

sanctorum martyr um A7 et N
in eo indu si, et singulis Chris li fide-
,

libus, hodie unum annum, et in die anniversario consecrationis hujus


modi ipsam visitantibus quadraginta dies de vera indulgentia in
forma Ecclesiœ consueta concessi. L'évêque scelle le tout et dépose
ces reliques, entourées de cierges allumés, dans une chapelle voisine
du chœur. Le soir, on chante matines et laudes en l'honneur des saints
dont les reliques sont contenues dans le vase. A Rome, ce vase a été
bénit, bien que le Pontifical ne le prescrive pas.
La coutume de passer la nuit en chantant des prières devant les
reliques existait déjà au iv e siècle, puisque saint Ambroise en parle
dans une lettre à sa sœur Marcelline (i).
Le jour de la consécration, la cérémonie s'ouvre par le chant des
sept psaumes de la pénitence. Le pontife, revêtu d'une chape blanche,
assisté d'un diacre et d'un sous-diacre, se rend à l'autel qui doit être
consacré et reste à genoux pendant le chant des litanies, où l'on répète
par trois fois les noms des saints dont les reliques doivent être déposées
dans l'autel. Quand ce chant est terminé, l'évêque procède à la béné-
diction de l'eau grégorienne, ainsi appelée parce qu'on en attribue
l'institution à saint Grégoire le Grand c'est un mélange de sel, d'eau, ;

de cendre et de vin que l'évêque bénit en prononçant diverses oraisons.


Durand de Mende explique ainsi le symbolisme de cette cérémonie :

« Quatre choses sont nécessaires pour la consécration de l'autel: l'eau,

le vin, le sel et la cendre quatre vertus sont également requises pour


;

vaincre Tennemi du salut : les larmes de la pénitence indiquées par


l'eau, la générosité par le vin, la prudence dont le sel est le symbole
et enfin une humilité profonde désignée par la cendre. L eau signifie
encore l'humanité; le vin, la divinité qui a bien voulu s'unir à notre
faible nature; le sel, la sagesse de la doctrine du Sauveur; la cendre

rappelle les abaissements de la Passion de Jésus-Christ (2). »

Pendant que le chœur chante le psaume Judicame, l'évêque trempe


2 5
le pouce dans l'eau grégorienne et fait cinq croix
sur l'autel, en commençant par le milieu et en di-
+ + sant à chaque croix : « Que cet autel soit sanctifié
1

+ en l'honneur de Dieu tout-puissant, de la glorieuse


Vierge Marie et de tous les saints, sous le nom
+ + et en mémoire de saint N. » Puis il ajoute cette
oraison : « Seule victime de propitiation immolée

(1) Epist. XXII.


,2; Rat. div, offlc, 1. 1, c. vu.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 9*

sur l'autel de la croix, pour notre salut ; autel que le patriarche


Jacob figurait, lorsqu'il érigea la pierre qui devait servir au Sacri-
fice, et au-dessus de laquelle les portes du ciel devaient s'ouvrir
pour faire entendre les divins oracles; exaucez, Seigneur, nos
supplications, afin que cette pierre, préparée pour recevoir d'augustes
Sacrifices, soit enrichie de l'abondance de votre sainteté ; car. vous
n'avez pas trouvé indigne de votre majesté d'écrire votre Loi sur des
tables de pierre. »

Le Pontifical n'exige pas que les croix soient tracées au ciseau à


l'endroit où le pontife doit faire les onctions. C'est là un usage fran-
çais destiné à perpétuer le souvenir de la consécration; on le constate
déjà au iv e siècle, tandis qu'on n'en trouve aucun vestige dans beau-
coup de monuments postérieurs à cette époque(i). Il est assez probable
que les croix grecques tracées par l'évêque durent être primitivement
des X, lettre initiale du nom du Christ, Xp-.a-ro; (2). D'après les écrivains
mystiques, les croix figurées aux cornes de l'autel représentent les
quatre caractères de la charité du prêtre l'amour de Dieu, l'amour
:

de la perfection, l'amour des amis, l'amour des ennemis. Les cinq


croix rappellent les cinq plaies du Sauveur, sources des grâces qui
doivent découler de l'autel; ou bien encore la croix centrale indique
le Sacrifice que Jésus-Christ a consommé au milieu de la terre, c'est-à-

dire à Jérusalem, tandis que les quatre autres croix figurent les quatre
parties du monde sauvé par la vertu de la croix (3).
L'évêque fait sept fois le tour de l'autel dont il asperge la table avec
un aspersoir d'hysope, trempé dans pendant que le
l'eau grégorienne,
chœur chante le psaume Miserere. Ce chant se trouve coupé en sept
parties par l'antienne Asperges me. On connaît le symbolisme du
nombre septénaire, employé d'ailleurs dans les aspersions du Ju-
daïsme (4). Ici, il rappelle spécialement les sept effusions du sang de
Jésus-Christ depuis sa circoncision jusqu'à l'ouverture de son côté, les
sept dons du Saint-Esprit qui doit sanctifier les obîations de l'autel, et
les sept sacrements qui tirent leur vertu du sacrifice de la croix, per-
pétué sur nos autels.
Le pontife, après avoir bénit le ciment délayé avec l'eau grégorienne,

(!) S. Germain, évêque d'Auxerre, raconte sa légende, consacrait un autel à Angoulême;


les croix qu'il
y marquait avec l'huile sacrée se gravèrent dans la pierre, comme si son
doigt eut été un burin qui les entaillât. —
Boll., Àct sanct., t. VII Julii.
(2) Davin, La cappella greca, ap. Revue de l'art chrétien, t. XXVI,
p. 3ç5.
(3) G. Durand, Rat. div. off., 1. I, c. xvn.
(4) Levit., IV, 5, 16; XIV, 7, 16, 5i.
92 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

va processionnellement chercher les reliques et les de'pose à côté de


l'autel, sur une table, au milieu de cierges allumés. Après le chant des
psaumes CXLIX et CL, le consécrateur trempe son pouce dans le

saint-chrême et fait une onction aux quatre angles du sépulcre où


doivent être déposées les reliques, puis au-dessous de la pierre qui
doit les clore; enduit ensuite cette plaque de ciment
il et en com-
mence le scellement qu'achève un maçon.
La boîte aux reliques, munie d'un couvercle, liée d'un ruban rouge
en croix et scellée du sceau épiscopal, doit contenir un parchemin
attestant la consécration de l'autel et la liste authentique des reliques.
Il doit y en avoir de deux saints martyrs au moins, pour justifier les
paroles que le prononce en commençant la messe Quorum
prêtre :

reliquiœ hic sunt. Aux reliques de martyrs, on joint ordinairement


celles de quelques saints non martyrisés.
La Congrégation des Rites a décidé (7 sept. i63o) qu'on pouvait se
servir des reliques des saints dont on ne connaît pas les noms, pourvu
qu'elles soient authentiques; quant à celles des simples bienheureux,
il faut une concession spéciale du Saint-Siège, puisque leur culte
repose sur une permission de l'Église et non sur un commandement.
Au point de vue historique, les reliques mises dans l'autel rappellent
qu'on ne célébrait jadis les saints Mystères que sur le corps d'un
martyr. Toutes les cérémonies transportent nos souvenirs au temps
des ensevelissements dans les catacombes les grains d'encens, aro-
:

mates de ces dépouilles saintes, l'office récité pendant la nuit, la pro-


cession triomphale, la mise dans le sépulcre, et jusqu'au scellement fait
avec du mortier. Au point de vue symbolique, cette addition de reliques
marque l'union intime de Jésus-Christ avec les saints qui ont parti-
cipé à ses souffrances ; les fidèles par excellence, c'est-à-dire les
martyrs, restent cachés en Jésus-Christ, dont l'autel est la figure, jus-

qu'au jour de sa manifestation triomphante.


L'opération du scellement terminée, l'évêque fait une onction en
forme de croix sur la pierre de clôture et encense l'autel sur tous ses
côtés. Ces encensements sont continués par un prêtre thuriféraire,
pendant que le consécrateur fait cinq onctions sur l'autel, dans l'ordre
que nous avons indiqué plus haut, d'abord avec l'huile des caté-
chumènes, puis avec le saint-chrême. Ensuite, il verse de ces deux
saintes-huiles qu'il étend avec la main sur toute la table; enfin, après
le chant du psaume LXXXVI, il prononce cette oraison : « Prions
le Seigneur, nos très chers Frères, afin qu'il daigne bénir et sanctifier
LIVRE XVI. DES AUTELS 9?

cette pierre sur laquelle nous avons répandu l'huile de Fonction sainte,
pour que peuple y dépose ses
le vœux et ses sacrifices; que cette
onction soit faite au nom de Dieu, afin qu'il puisse recevoir les vœux
du peuple fidèle, et que nous-même, offrant ce sacrifice de propitiation
sur cet autel consacré par l'onction sainte, nous méritions les faveurs
de notre Dieu, par Jésus-Christ Notre-Seigneur, etc. »

Ces onctions se font à l'imitation de celles que Jacob, après sa


vision, fit sur la pierre commémorative qu'il avait érigée; elles indi-
quent Fonction spirituelle opérée dans Fâme par les saints Mystères.
Saint Remi d'Auxerre explique ainsi (1) la multiplication des onc-
tions : « Pourquoi ces onctions trois fois répétées, deux fois avec Fhuile
des catéchumènes et une fois avec le saint-chrême? Les dons du Saint-
Esprit sont multipliés à l'infini; mais il y a trois vertus principales
que l'Église catholique regarde comme indispensables et sans les-
quelles on ne peut être sauvé c'est la Foi, FEspérance et la Charité.
:

Comme ce divin Esprit enrichit les hommes de ces trois vertus, il


orne l'autel d'une triple onction. Les deux premières n'ont pas la
même valeur que la troisième qui est incontestablement d'un prix
plus relevé; c'est parce que la Foi et FEspérance, toutes nécessaires
qu'elles soient, sont loin d'égaler la Charité, qui est la plus précieuse
de toutes, d'après l'apôtre saint Paul. La Foi et FEspérance cesse-
ront un jour d'exister, mais le règne de la Charité ne cessera ja-
mais. »

L'évêque, après avoir bénit et aspergé des grains d'encens, les


dispose en forme de croix sur les cinq croix de l'autel, et, sur cha-
cune d'elles, il place des croix de cire qu'il allume par les quatre
bouts, que l'encens brûle. Ces grains d'encens enflammés,
afin
image de indiquent que c'est par la croix et les mérites
la prière,

de Jésus-Christ que nos supplications peuvent être agréables à


Dieu.
Quand les bougies sont éteintes, un prêtre recueille dans
petites
un vase, pour dans la piscine, les restes de l'encens et de la
être jetés
cire, c'est alors que le pontife chante cette belle préface « Il est véri- :

tablement juste et raisonnable, il est équitable et salutaire de vous


rendre grâces en tout temps et en tout lieu, ô Seigneur très saint,
Père tout-puissant, Dieu éternel et plein de miséricorde, vous dont
on ne connaît ni le commencement ni la fin, qui avez voulu être aussi

(1) De dedicatione eccles., c. vn.


94 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

grand que vous êtes, c'est-à-dire un Dieu admirable pour sa sainteté


etdont le ciel et la terre ne peuvent contenir la majesté. Nous vous
bénissons et, humblement prosternés
à vos pieds, nous vous conju-
rons d'agréer cet autel, comme
vous avez agréé celui d'Abel qui, par
sa mort, avait figuré ce mystère de salut, quand, immolé par son
frère, il l'avait oint et consacré par son sang innocent. Agréez cet au-
tel, ô Seigneur, comme vous avez agréé celui que notre père Abra-

ham, qui mérita de vous voir, éleva et consacra après avoir invoqué
votre nom; et sur lequel votre prêtre Melchisédech figura par ses
offrandes le sacrifice glorieux de la Loi nouvelle. Agréez cet autel, ô
Seigneur, comme vous avez agréé celui sur lequel Abraham, père de
notre foi, n'hésita point à placer son fils Isaac, ni à croire à votre
parole ; le symbole du mystère salutaire de
sur lequel on vit paraître
la Passion du Sauveur, par loblation du Fils et l'immolation de
l'Agneau. Agréez cet autel, comme vous avez agréé celui qu'Isaac dé-
dia à votre majesté, quand il trouva les sources vives et fécondes du
puits qu'il appela Puits de 1 abondance. Agréez cet autel, ô Seigneur,
comme vous avez agréé la pierre qui servait d'oreiller à Jacob, quand
il vit, pendant son sommeil, des anges qui montaient et descendaient

à l'aide d'une échelle mystérieuse. Agréez cet autel, ô Seigneur,


comme vous avez agréé celui que Moïse purifia pendant sept jours, et
qu'il nomma le Saint des Saints, à la suite du céleste entretien qu'il
eut avec vous c'est vous qui lui avez fait entendre ces paroles
; :

Que celui qui aura touché cet autel soit considéré comme sanctifié.
Que les dons qui y seront déposés le soient par des mains inno-
centes; qu'avant tout on immole l'orgueil, on sacrifie la colère, que
la luxure et toute passion impure soient frappées à mort; que le

sacrifice de la chastetéremplace celui des tourterelles, et le sacrifice


de l'innocence, celui des petits des colombes. »
Après le chant du psaume LXVII, l'évêque fait, avec le saint-
chrême, une croix aux quatre angles de la jonction de la table d'autel
avec sa base.
Des ministres engagés dans les ordres sacrés frottent et essuient
l'autel. L'évêque, s'étant purifié les mains avec de la mie de pain,

procède ensuite à la bénédiction des nappes et des. ornements, ce dont


nous parlerons plus tard.
La consécration des autels portatifs ou pierres d'autel qu'on doit
encastrer ou poser sur une table non consacrée, est beaucoup moins
solennelle; elle se fait ordinairement à la chapelle de Tévêché; la
LIVRE XVI. — DES AUTELS 95

pierre doit avoir de douze à quinze centimètres d'épaisseur ; la fosse

aux reliques, de huit à dix centimètres de profondeur. On ferme ce


sépulcre au moyen d'une petite pierre convenablement taillée, et on
la scelle avec du ciment bénit. En France, ces pierres sacrées qui
ne devraient exister qu'à l'état d'exceptions, sont devenues d'un usage
très commun.
Gattico croit, contre l'avis de J.-B. Thiers, que la consécration des
autels portatifs est aussi ancienne que celle des autels fixes (1). 11

nous paraît impossible de produire des textes décisifs à cet égard; car,
lorsque les anciens auteurs nous parlent de consécrations, ils ne
spécifient guère si les autels sont fixes ou portatifs. Toutefois ces
derniers sont expressément désignés par le V. Bède, par Hincmar,
par le sixième synode de Paris et par un concile de Mayence (888).
Une controverse s'éleva au xi e siècle sur le point de savoir si les
pierres d'autel devaient être consacrées seulement après qu'elles
étaient fixées à la table, ou si la cérémonie pouvait se faire aupara-
vant. Saint Yves de Chartres et saint Anselme de Gantorbéry sou-
tinrent la première opinion, qui n'a point prévalu.
Que l'autel soit portatif ou fixe, sa consécration est réservée exclu^
sivement aux évêques. Toutefois le Saint-Siège, par un privilège
spécial, concède ce pouvoir à de simples prêtres, surtout aux mis-
sionnaires qui évangélisent des contrées lointaines. Cette faveur
fut accordée, en 1489, par Innocent VIII, à l'abbé du Mont-Cassin et
à quatre autres abbés bénédictins ; en 1622, par Adrien VI, aux pro-
vinciaux des Frères Mineurs dans les Indes; en 1649, P ar F^ul III,
aux Jésuites missionnaires; en 5 9 , par Grégoire XIV, à tous les
1
r

abbés cisterciens d'Espagne. Pie VI permit plusieurs fois à des


prêtres séculiers de consacrer des pierres d'autel, pourvu que ce fut
avec du saint-chrême bénit par un évêque catholique.
La consécration d'un fait par un seul ministre. Cependant
autel se
l'histoire nous fournit divers exemples de plusieurs
ecclésiastique
évêques intervenant dans cette cérémonie. Une inscription de l'église
de la Navicella^ à Rome, constate que les deux autels latéraux ont
été consacrés chacun par deux cardinaux, tandis que Benoit XIII
consacrait lui-même le maître-autel (2). Un bas-relief de Tarascon
(xn e siècle) représente deux évêques mitres et crossés, consacrant un

(1) De orator. domest., 2 e édit., p. 362*


(2) Analecta jur. pontif*, t. I, col* 3436.
96 HISTOIRE DU SACREMENT DE L EUCHARISTIE

même autel avec les huiles


saintes contenues dans deux pe-
tits vases.
Chaque autel a sa fête propre
en l'honneur du saint dont il
porte le nom. On ne doit pas

en dédier à un saint qui est déjà


titulaire de l'église, ni à un
Consécration d'un autel
simple bienheureux, si ce n'est
(Bas-relief de Tarascon) en vertu d'un induit apostolique.
En diverses contrées, notamment à Venise, des autels sont placés
sous le vocable de prophètes et de saints de l'Ancien-Testament ;

mais, pour leur dédier de nouveaux autels, il faut l'autorisation du


Saint-Siège, depuis le décret rendu à cet égard, le 3 août 1697, par
laCongrégation des Rites.
En France, des motifs souvent bien futiles font changer le vocable
des autels; le simple caprice d'un curé dépossède le titulaire de ses
droits et bouleverse la tradition.
Le concile de Trêves,i3io, ordonna qu'à chaque autel une
en
peinture, une sculpture ou une inscription indiquât à quel saint
l'autel est voué. Voilà une excellente prescription à laquelle malheu-
reusement on ne se conforme pas toujours.
Outre le patron liturgique, l'autel peut avoir un patron dans le sens
canonique; ce patron est celui qui a fondé ou qui entretient l'autel;
il jouit de certains privilèges, comme d'en nommer le chapelain desser-
vant, d'apposer ses armes etson nom sur le retable, et d'avoir un
caveau de sépulture en avant de l'autel: c'est ce qui a souvent lieu en
Italie.

Trois principales causes font perdre aux autels leur consécration :

i° la séparation de la table d'avec la base ou ses supports; 2 une frac-


ture considérable ou une grande diminution de la table; 3° la viola-

tiondu sépulcre des reliques. Ces deux dernières causes s'appliquent


à l'autel portatif aussi bien qu'à l'autel fixe.Il est bien des cas où le

doute peut surgir. Par exemple, un autel perd-il sa consécration, s'il


est brisé à ses quatre coins? Les théologiens sont partagés à cet
égard (1). Que faut-il faire quand le sépulcre, renfermant des reliques,

(1) Oui, disent Antonin, Sylvestre, Armilla, Henriquez, Azor, Réginald, Bonacina,
Barbosa; non, prétendent Layman, Palaus, le cardinal Lugo, Tamburini, Quartus,
Pasqualigo, etc.
LIVRE XVI. DES AUTELS 97

n'est plus ou n'a jamais été revêtu du sceau épiscopal en cire d'Espa-
gne? La Congrégation des Rites a mis un terme aux controverses rela-
tives à cette question, en distinguant trois cas différents (i) i° lorsque :

la pierre sacrée, quoique entière, a été déposée dans un endroit où

elle n'est plus employée au Saint-Sacrifice, par là même qu'on n'a

plus de preuve de l'authenticité des reliques, on ne doit plus s'en ser-


vir pour dire la messe; 2° lorsque, au contraire, l'autel portatif est
entier, les reliques bien closes, et qu'il a toujours fait partie d'un au-
tel où l'on messe, on peut continuer à s'en servir ;
pouvait dire la

réellement perdu sa consécration, il ne suffirait pas


3° si l'autel avait

d'y mettre des reliques, mais on devrait le consacrer de nouveau.


Un décret de la Congrégation des Rites (9 sept. 1880) ordonne de
réitérer la consécration des autels dont le sépulcre aurait été fermé
avec du plâtre, au lieu d'une pierre.
Nous terminerons cet article par quelques mots sur la consécration
des autels chez les communions dissidentes. Elle se fait très solennel-

lement dans tout l'Orient. En Russie, l'autel qu'on doit consacrer est
placé au milieu du sanctuaire, en face de la porte royale de l'iconos-
tase. Les prêtres officiants y clouent un recouvrement, au chant des
psaumes CXLV et XXII ce recouvrement est assujetti aux piliers
;

voisins au moyen de quatre clous rappelant ceux de la crucifixion,


et d'une sorte de mastic odorant, en mémoire des aromates dont fut
oint le corps de Jésus-Christ détaché de la croix. Quand l'autel a été
lavé d'eau parfumée, Tévêque l'enduit de saint-chrême. Cet autel est
ensuite revêtu d'une housse en toile blanche, puis d'une riche étoffe
en brocart. On
y place alors le livre des Évangiles, la croix et
Yantimensium dans lequel on dépose des reliques; on en met aussi
sous l'autel. se termine par une série de prières
Cette consécration
pour le souverain régnant, le saint-synode et tous les Chrétiens (2).
Les Orientaux remplacent nos pierres d'autel par Vantimensium,
petite nappe de soie, dont une pochecontient de la poudre de reliques.
L'évêque en consacre plusieurs à la fois ; il les trempe dans du vin, en
le psaume Asperges me,
récitant
y marque trois croix avec le saint-
chrême, y introduit quelques parcelles de reliques et célèbre ensuite
la sainte messe (3). C'est sur cet antimensium que doivent être déposés
les éléments du sacrifice.

(1) N" 4805, 5087, 5162.


(2) Boissard, l'Église de Russie, t. I, p. 460.
(3) Goar, Eucol., p. 64g.

T. 11.
7
9« HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Les Protestants n'admettent point la consécration des autels, ni des

vases, ni des linges sacrés; ne voient là qu'un reste du culte lévi-


ils

tique aboli par l'Évangile. Les Églises réformées de France ont des
prières spéciales pour la consécration d'une église (i), mais il n'y est
pas fait mention de la table sainte.

ARTICLE IX

Sainteté et Prif ilt'ges des autels

L'autel, par là même qu'il a été consacré, qu'il est le théâtre des
plus augustes mystères, qu'il est le centre et le résumé de la religion,

qu'il est la raison d'être de l'église qui l'abrite, a toujours été revêtu
d'un caractère de sainteté qu'ont proclamée tous les Pères. « Le saint
autel, dit saint Grégoire de Nysse (2), est fait d'une pierre commune,
semblable à celles qui servent à la construction de nos maisons ;
mais,
parce qu'elle a été consacrée et dédiée au culte de Dieu et qu'elle a
reçu une bénédiction particulière, elle est devenue une table sainte, un
autel sacré, qui ne peut être touché que parles prêtres et avec respect.»
Tous les écrivains ecclésiastiques ont considéré l'autel comme la figure
d^ Jésus-Christ, dont saint Paul (Ephes., 11, 20) a dit qu'il est « la

pierre principale et angulaire. Guillaume Durand, dont on sait le


»

goût raffiné pour le symbolisme, ne manque pas d'examiner l'autel à


tous ses points de vue mystiques. « Premièrement, nous dit-il (3),
l'autel signifie la mortification des sens, c'est-à-dire notre cœur dans
lequel les mouvements de la chair sont consumés par l'ardeur du
Saint-Esprit. En second lieu, l'autel figure l'Eglise spirituelle ; ses
quatre coins sont les quatre parties du monde sur lesquelles l'Église
étend son empire. Troisièmement, il est l'image de Jésus-Christ, sans
lequel aucun don ne peut être offert d'une manière agréable au Père :

aussi l'Eglise a-t-elle coutume d'adresser ses prières au Père par l'entre-

(1) Bersier, Liturgie à l'usage des Eglises réfovm 'es, p. 277.


(2) Orat. in bapt. Christi.
[3.) Rat. div. offic, I, I, c> n,
LIVRE XVI. — DES AUTELS 99

mise du Christ. Quatrièmement, c'est la du corps de Notre-


figure
Seigneur. Enfin, l'autel représente la table le Sauveur but
sur laquelle
et mangea avec ses disciples. » D'autres liturgistes du moyen âge
ajoutent que les quatre angles de l'autel représentent les quatre évan-
gélistes ou les quatre vertus cardinales.
L'autel est si bien la figure de Jésus-Christ que, le jeudi saint, il est
complètement dépouillé et lavé avec du vin et de l'eau, parce que le

Sauveur, la veille de sa Passion, abandonné des siens, dépouillé de


ses vêtements et de sa gloire apparente, fut laissé nu et sans défense
aux mains de ses ennemis'(i).
C'est parce que l'autel est saint que les canons défendent de le dé-
molir, quelle que soit sa vétusté, sans la permission de l'évêque; que
Nicéphore permet aux vierges seulement de l'approcher, et non pas
aux femmes mariées (2) qu'on le considère comme profané quand
;

on y a offert un sacrifice païen ou qu'il a été souillé par un homi-


cide (3); qu'on le couvre de linges précieux qu'on l'abrite par un -,

ciborium et qu'on le protège, par un cancel, de l'approche des simples


fidèles.
Le respect dont on honorait les autels a été quelquefois exploité
par la fourberie et la superstition. En Afrique, des imposteurs pro-
menaient partout des autels qu'ils présentaient faussement pour des
monuments de martyrs, ce qui donna lieu à une condamnation de la
part du quatrième concile de Carthage. Au vn e siècle, le treizième
concile de Tolède proscrivit un autre abus qui consistait à dépouiller
complètement un autel pour intercéder de plus près, disait-on, les
saints dont les reliques y étaient contenues.
La sainteté des autels leur a fait accorder tout à la fois des privi-
lèges religieux et des privilèges civils : parlons d'abord des premiers.
On appelle privilégié l'autel auquel le Saint-Siège a attaché une
indulgence plénière en faveur du défunt pour lequel on dit la messe,
à un jour déterminé ou bien à quelque jour que ce soit. Ce privilège
est tantôt perpétuel et tantôt renouvelable tous les sept ans. La faveur
d'un autel privilégié n'autorise pas à y célébrer des messes funèbres,
les jours auxquels les rubriques le défendent. M. Littré donne donc

Honorius, Gemm. animœ, 1. III, c. 84.


(1)
Can. 106, apud card. Pitra, Juris eccles. grœc. Hist. et Monum., t. II, p. 338.
(2)
(3) Chez les Syriens, une table d'autel sur laquelle les Arabes auraient fait un repas,
ne pouvait plus désormais servir au Saint- Sacrifice. Jacques d'Édesse, Résolut, canon.,
n. 25, ap. Lamy, de Syror. fide, p. 127.
.

100 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

une définition doublement fausse, en disant que l'autel privilégié est


celui « où il est permis de dire la messe des morts, le jour qu'on ne
peut pas la célébrer aux autels qui ne sont pas privilégiés. »
Les écrivains des deux derniers siècles ne font remonter l'origine
des autels privilégiés qu'en 1 563, époque où Grégoire XIII accorda
cette faveur aux Carmes de Besançon et de Sienne. Il est certain qu'un
privilège de ce genre avait été concédé par Jules III, le i er mars 1 55 1

Aujourd'hui, on croit plus généralement que l'origine de cet usage


remonte au pape saint Grégoire le Grand qui fit célébrer à Rome, dans
l'église de son monastère, trente messes consécutives pour l'àme d'un
religieux. Toujours est-il que Pascal I, élu en 817, accorda un autel
privilégié à l'église Sainte-Praxède, ce qu'atteste encore aujourd'hui
une inscription de ce sanctuaire (1).
C'est au xvi e siècle que se propagèrent les autels privilégiés,
d'abord chez les Ordres mendiants et ensuite chez les autres régu-
liers. Par une constitution datée du 24 mai 1688, Innocent XI
décréta que toutes les messes célébrées sur les autels privilégiés, aux
jours où il n'est point permis d'en dire de Requiem, peuvent s'appli-
quer avec les mêmes indulgences que si l'on avait célébré la messe
des Morts. Benoît XIII, par sa bulle Omnium saluti, du 20 juillet 724, 1

a attaché un privilège perpétuel et quotidien à un autel quelconque


désigné respectivement par le patriarche, l'archevêque ou Tévêque,
dans son église patriarcale, métropolitaine ou épiscopale. Clément XIII
accorda la même faveur à toutes les églises paroissiales, mais à la
condition que le privilège serait renouvelé tous les sept ans de plus, ;

par un décret du 19 mai 176 1, il déclara privilégiées toutes les messes


qui sont célébrées le 2 novembre, jour de la Commémoration des fidèles
trépassés, comme si elles étaient dites à un autel privilégié. Pie VII
a privilégié les autels des églises où le Saint-Sacrement est exposé en
forme de Quarante-Heures et pendant toute la durée de l'exposition.
L'autel du Rosaire est privilégié pour tous les prêtres qui font partie
de la Confrérie du Rosaire. On nomme grégorien l'autel qui jouit des
mêmes indulgences que celui de S. Grégoire à l'église de Saint-Gré-
goire au Cœlius.
A Rome, les autels privilégiés les plus renommés sont ceux de
Saint-Grégoire sur le Cœlius, de Saint-Sébastien-hors-les-Murs, des

(1)Quicumque celebraverit vel celebrari fecerit quinque missas pro anima parentis
velamici existentis in purgatorio, dictus Paschalius dat remissionem plenariam per
modum suffragii eidem animae.
LIVRE XVI. DES AUTELS 101

Saints-Côme-et-Damien, de Saint-Laurent-hors-les-Murs et de Sainte-


Anastasie. A Saint-Pierre du Vatican, y a sept autels auxquels les
il

Souverains-Pontifes ont attaché les mêmes indulgences que l'on gagne


en visitant les sept principales églises Rome. Ce privilège des sept
de
autels a été accordé à un certain nombre d'églises de la catholicité,
mais seulement une fois par mois.
A Rome, les autels privilégiés sont désignés par cette inscription :

Altare privilegiatum qnotidianum perpetuum ou bien Altare privi-


legiatum pro defunctis. Les mots Altare gregorianum indiquent ceux
qui jouissent du privilège de l'autel de Saint-Grégoire sur le Cœlius.
Quand le pape accorde l'indulgence des sept autels de la basilique de
Saint-Pierre ou simplement l'indulgence adhérente à l'un de ces sept
autels, on inscrit ces mots Unus ex sept em.
:

Le privilège est personnel, quand il est accordé, pour certains jours

de la semaine, à un prêtre qui gagne l'indulgence en célébrant à


n'importe quel autel (i).

En France, sous le règne du Gallicanisme, certaines cathédrales

(Paris, Lyon, Sens, Chartres, etc.) ont persisté à ne pas vouloir d'au-
tel privilégié. A la grande Révolution, la suppression des Ordres reli-
gieux, qui jouissaient, la plupart, de ces privilèges liturgiques, fit

presque tomber dans l'oubli la signification de cette faveur. Ce n'est


guère que depuis i85o que les Catholiques de France et d'Allemagne
ont attaché à cette question l'importance qu'elle mérite.
Il est un autre genre de privilège, qu'on pourrait appeler d'exclu-
sion, dont jouissent certains autels-majeurs. Ainsi ceux des quatre
basiliques patriarcales de Rome sont uniquement réservés au Sou-
verain-Pontife. Toutefois, par une concession faite en l'an i3oo par
Boniface VIII, l'abbé bénédictin de Saint-Paul, quand il a été ordonné
prêtre par le pape, peut dire la messe au grand autel de Saint-Paul-
hors-les-Murs. Cette même faveur est quelquefois aussi accordée,
par un bref pontifical, pour les quatre basiliques majeures, à des cardi-
naux, à des évêques même
à de simples prêtres.
et

Autrefois, lorsqu'un évêque avait dit la messe à un autel, aucun


autre prêtre ne devait, ce jour-là, y célébrer c'est une décision que :

formulait, au vi e siècle, le synode d'Auxerre.

(i; Nous avons emprunté un certain nombre de ces renseignements à deux excellents
articles publiés par Mgr Barbier de Montault dans les tomes VIII et XII des Analecta
juris pontifîcii.
102 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Dans les siècles passés, l'autel, outre ses droits religieux, jouissait
d'un important privilège connu sous le nom de droit d'asile.
Dès la plus haute antiquité, les lieux qu'étaient censées habiter les

divinités, et tout spécialement les autels, étaient réputés inviolables.


Il étaitdonc naturel que ceux qui étaient poursuivis par la justice
humaine ou par les haines populaires allassent y chercher un refuge
assuré. Les lois réglèrent cette coutume en tâchant de concilier les
dû aux lieux saints.
droits de la justice avec le respect
On comprend qu'un privilège aussi général ait été transporté à
l'autel du vrai Dieu et plus tard à toutes ses dépendances. Dès le
règne de Constantin, on pensa que poursuivre un criminel dans le lieu
saint, c'était transporter la souveraineté humaine sur un domaine où
Dieu seul doit régner en maître absolu.
Le droit d'asile, d'après une loi de Théodose le Jeune (43 1), compre-
nait l'intérieur de l'église et aussi l'enceinte où étaient situées les
maisons sacerdotales, les galeries, les jardins, les bains, etc. Au
moyen âge, ces immunités s'étendirent aux cimetières, aux croix, aux
cloîtres, aux monastères, aux hôpitaux, etc mais la source du droit
;

d'asile, le vrai palladium, ce fut toujours l'autel dont le coupable allait


embrasser les colonnes.
Sous la domination franque, le privilège d'asile s'entoura des préro-
gatives et des attributs d'un droit positif. Plus tard les Capitulaires,
les ordonnances royales et les conciles '(1) réglèrent à ce sujet toutes

les questions contestées, jusqu'à ce que Grégoire XIV, dans la Consti-


tution qui porte son nom, réunit en un seul corps de doctrine tous les
principes qui régissaient ce privilège.
L'entraînement des passions populaires, aussi bien que la volonté
despotique des puissants, portait parfois de graves atteintes à ce que
l'on considérait comme un droit sacré aussi fut-on obligé d'édicter
:

des peines sévères contre les violateurs de ces immunités. Les lois de
Valentinien, d'Honorius et de Théodose en font un crime de lèse-
majesté; un Capitulaire de Charlemagne le punit de la peine de mort.
De leur côté, les conciles prononcent contre les infracteurs l'excom-
munication ipso facto et les privent, s'il y a lieu, de leurs fiefs ecclé-

siastiques (2).

(1) Conciles de Tuluja (1041), de Lillebonne (1080), de Clermont (1095), de Rouen


(1096), d'Avignon (1209), de Cologne (1260), etc.
(2) Conciles de Vaucluse (441), d'Orléans (vi
e siècle), de Ruffec (i25S), de Mont-
pellier (i258), de Saint-Quentin (1271), de Bourges (1276), etc.
LIVRE XVI. — DES AUTELS io3

Des exceptions au droit d'asile, qui devaient se multiplier d'âge en


âge, ont existé dès les temps anciens. L'empereur Arcadius exclut de
ce bénéfice les Juifs qui feignent de se convertir et qui vont près des
autels chercher un refuge contre les poursuites de leurs créanciers.
Justinien en exclut les homicides, les adultères et les ravisseurs de
vierges.
Des écrivains du xvm e siècle ont prétendu à tort que l'asile assurait
l'impunité des coupables ou bien qu'il les du juge
rendait justiciables
ecclésiastique ; ce ne fut jamais là l'esprit du droit canonique. Quand
la justice ne pouvait pas saisir le coupable, quittant momenta-
civile

nément son refuge, elle finissait par l'obtenir des mains de l'Eglise,
moyennant promesse de ne lui faire subir ni la mutilation, ni la mort.
Dans certaines églises du moyen âge, un siège, nommé pierre de la
paix, était réservé, pour les réfugiés, près de l'autel. Ailleurs, le

simple anneau d'une des portes du temple devenait une sauvegarde


pour le poursuivi. Il était interdit au réfugié de conserver ses armes
dans l'église, d'y manger et d'y dormir. Jl devait se tenir dans une
pièce spéciale qui, dans un certain nombre de monastères et d'églises,
portait le nom d'asile.

Le droit d'asile, battu en brèche dès le xiv e siècle, fut aboli, en


matière civile, par l'ordonnance de Villers-Cotterets ( 1 53g) ; en
matière criminelle, il tomba bientôt en désuétude. De leur côté, les
Souverains-Pontifes s'efforcèrent de détruire les nombreux abus qui
se multipliaient. Grégoire XIV, en 1591, et plus tard Benoît XIII,
Clément XII et Benoît XIV restreignirent de plus en plus les catégo-
ries de crimes qui pouvaient bénéficier du droit d'asile.
Onne pourrait citer que quelques rares vestiges de l'ancien droit
d'asile, par exemple l'article 781 du Gode de procédure civile qui
interdit d'arrêter un débiteur dans les édifices consacrés au culte,
et un du dernier concordat d'Autriche ainsi conçu « Pour
article :

l'honneur de la maison de Dieu, l'immunité des temples sera res-

pectée, autant que la sécurité publique et les exigences de la justice


le permettront. »

Il y eut sans doute de nombreux abus dans le droit d'asile, et nous

ne devons pas regretter qu'il ait disparu ; mais il faut convenir que
l'origine en fut très respectable. « Après la chute de l'empire franc,
dit M. de Beaurepaire, plusieurs souverainetés et diverses coutumes
se partagèrent le pays. La révolution qui mettait fin à l'existence
d'un pouvoir central livrait les peuples à l'arbitraire de petits despo-
104 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

tismes et à une guerre incessante. Au milieu de cette anarchie qui


marque le plus haut degré de l'influence barbare, un ardent
besoin
de repos s'empara de tous les cœurs. Le sentiment religieux qui avait
fait établir des temps de trêve à l'action régulière de la justice, pro-
duisit alors des effets plus étendus et vraiment extraordinaires.
Quelques esprits généreux avaient rêvé l'existence d'une paix perpé-
tuelle. Cette prétention exagérée n'eût pu aboutir à aucun résultat.
Il fallut se réduire à continuer, sur une plus vaste échelle, ce qu'on
avait faitprécédemment. Ne pouvant soustraire le pays tout entier à
l'empire de la violence, ni garantir à tous les temps et à tous les lieux
cette sécurité continuelle qui n'appartient qu'à la civilisation, on
l'accorda à autant de lieux et à autant de jours qu'il fut possible de
prendre. Cette spécialité de faveurs, fort remarquable, qui n'a pu
arriver que dans des temps désastreux, était Tunique moyen d'assu-
rer quelque calme à une société aussi profondément troublée (i). »
Nous ne devons pas négliger d'ajouter que, par un autre genre de
privilège, l'autel assurait toute sécurité aux choses qu'on y venait
déposer en temps de guerre et de révolutions, pour les mettre hors

de danger, et qu'il rendait inviolable contrat qu'on y signait. « C'est


le

au coin de l'autel, dit M. Guerard (2), que les affranchissements


étaient célébrés, de manière que le serf, après avoir trouvé dans le
temple, un asile contre l'emportement de son maître, venait encore y
recevoir le bienfait de la liberté. »

(1) Essai sur l'asile religieux, article inséré dans la Bibliothèque de l'école des Chartes,
troisième série, t. V, p. i5i. Sur le droit d'asile, on peut consulter les ouvrages sui-
vants G. Goetz, Dissertatio de Asylis, Ienœ, 1660, in-4; Moebius, AcuXoyia seu Ebroeorum
:

Gentilium et Christ ianorum asylis. Lips., 1678, in-4; Carlhom, De asylis, Upsal, 1682,
in-8; Lynckner, Dissertatio de juribus templorum, Francfort, 1698, in-4; Vildvogel, De
juribus altarium, Ienas, 1716; Engelbrecht, De injusta asylorum immunitafisque eccle-
siarum ad crimina dolosa extensione, Helmst 1720, in-4; Discussion historique, juri-
,

dique et politique de l'immunité réelle des églises, in-12, s. d.; De Guasco, Le droit
d'asile, 2 v. in-12; Teulet, deux articles dans la Revue de Paris 1834; Michelet, Ori-
gines du droit, p. 024; Wallon, Du droit d'asile, in-8; Proost, Histoire du droit d'asile
religieux en Belgique, dans le Messager des sciences hist., 1868 et 1869, et dans les
Annales de V Académie d'archéol. de Belgique, t. XXXVI, 1880.
(2) Cartulaire de N.-D. de Paris, p. xxui.
1

io5

ARTICLE X

Ornements de l'autel

Le pape Léon IV qu'on ne doit placer sur l'autel que les reli-
dit
quaires, les Évangiles et la pyxide renfermant le corps du Seigneur
pour le Viatique des infirmes. Dans les miniatures du xn e siècle, nous
ne voyons guère encore sur l'autel qu'un calice, une croix et un chan-
delier. Parmi les ornements de l'autel, il en est qui ne sont plus
usités, tandi^ que d'autres, datant d'une époque plus ou moins
reculée, ont été conservés jusqu'à nos jours.
Nous allons les étudier tous dans l'ordre suivant i° ciborium et :

baldaquins; 2° voiles et courtines; 3° couronnes; 4 parements


d'autel ; 5° retables ; 6° croix ; 7 chandeliers, lampes et luminaire ;

8° propitiatoires ; 9°statues ; 1 o° diptyques ; 1 châsses et reliquaires ;

12° fleurs naturelles et artificielles; i3° missel et porte-missel;


14 canons d'autel. On se rappelle que nous avons parlé des taber-
nacles au livre XII.

§ 1

Ciborium et Baldaquins

L'origine du baldaquin, pris dans son sens général, remonte à une


haute antiquité. Ce fut d'abord, en Assyrie et en Égypte, un dais mobile
qu'on portait au-dessus de la tête des rois, pour
les mettre à l'abri des
ardeurs du soleil. Ce qui primitivement qu'un préservatif
n'était
contre les inconvénients d'un climat trop ardent devint une préro-
gative honorifique. Telle a été l'origine commune du parasol, du
pavillon d'honneur, de Yombrellino, du ciborium et du dais. Ce
signe d'honneur, cette marque de respect a été accordée, sous des
formes différentes, à l'autel, aux fonts baptismaux, au Saint-Sacrement
porté processionnellement, aux statues des saints, au trône des rois,
des patriarches, des évêques, aux Chapitres des basiliques mi-
neures, etc.

On appelle ciborium un édicule isolé, formé de quatre ou six colonnes


icG HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

correspondant aux angles de portant une coupole destinée


l'autel, et
une décoration d'honneur et une pro-
à l'abriter. C'est tout à la fois
tection matérielle il était aussi destiné à soutenir les voiles dont
;

nous parlerons plus loin et à supporter la croix qui n'apparut que


tardivement sur l'autel lui-même.
Diverses opinions se sont produites sur l'étymologie du mot
ciboire (xiêopiov, xtêoupiov, xiêoxov, cibarium, ciborium, cibureum, civarium,
cyborium, cybureum, etc.). Les uns le dérivent d'un mot égyptien qui

signifie fève, parceque sa forme aurait servi de modèle à certains


vases en forme de coupe et que le ciborium a l'aspect d'une coupe
renversée; les autres y voient une traduction du grec xiSo)piov, coupe.
Ceux-ci prétendent que cet édicule est ainsi appelé parce qu'on y
suspendait le ciboire en forme de tour ou de colombe, contenant
les saintes espèces; ceux-là, n'admettant point l'antiquité de ce
vocable dans ce dernier sens, proposent l'étymologie de cibus, parce
que le ciborium servait comme de tente à la nourriture divine. Il en
est enfin qui remontent jusqu'à l'hébreu kebcr, sépulcre, parce que
le un autel-tombeau.
ciboire abritait
L'étymologie de baldaquin est beaucoup moins contestée Balda- :

chinum est un mot de la basse latinité, désignant une riche étoffe dont
la chaîne était de fil d'or et la trame de soie. C'est avec ce tissu, prove-
nant de Baldac, aujourd'hui Bagdad, qu'on revêtait ordinairement les
dais en bois qui abritaient l'autel.
On adonné aussi au ciborium les noms à'apellaria, aplare, ciel (en
italien capo cielo), columbarium ou peristerium la colombe (à cause de
eucharistique), cooperculum, coopertorium, dais, ou malum (à lilia

cause des fleurs dont on couvrait le ciborium), supracœlum, poelle,


poil le, propitiatorium, sur ciel (xvn e siècle), tabernaculum, tegimen
altaris, tigurium, umbraculum altaris, etc.
Le ciborium paraît dater de l'époque où l'on commença à suspendre
le vase eucharistique au-dessus de l'autel, c'est-à-dire du iv e siècle.

Les voiles qui l'entouraient formaient un véritable tabernacle qui


semble avoir pris pour type le Saint des Saints dont Moïse environna
l'Arche dans le désert. « Peut-être aussi, dit M. A. Lenoir (i), était-ce
une reproduction des Memoriœ, petits édicules composés de quatre
colonnes surmontées d'un toit, que les premiers Chrétiens élevèrent

(i) Architecture monastiqu?, t. I, p. 199.


LIVRE XVI. DES AUTELS I0 7

d'abord sur la sépulture des martyrs ensevelis hors des catacombes,


ce qui fut fait pour saint Pierre et pour saint Paul. Ces édicules,
enveloppés ou reproduits plus tard dans les basiliques, auraient
formé le ciborium. Cette décoration de tombeau était usitée chez les
anciens, ainsi qu'on le voit sur les vases grecs et comme l'indique
Pausanias. »

L'empereur Justinien I, ayant rebâti l'église Sainte-Sophie à Cons-


tantinople, y fit construire un magnifique ciborium, dont la coupole
d'or était soutenue par quatre colonnes d'argent. Il supportait un globe

d'or du poids de 118 livres, que surmontait une croix également en


or, pesant 80 livres.
Anastase le Bibliothécaire énumère un grand nombre de ciboires
donnés par les papes aux églises de Rome. Celui qu'Honorius I fit
placer à Sainte-Agnès n'était qu'en airain doré; mais c'est en argent
que furent construits les ciborium offerts à Saint-Pancrace par ce même
pape, à Saint-Paul par Grégoire II, à Saint-Chrysologue par Gré-
goire III, à Saint-Paul et à Saint-Pierre par Léon III.
En France, au ix e siècle, on s'empressa d'imiter ce qu'on avait vu
à Rome. En revenant de cette ville, Aaron, évêque d'Auxerre, fit

exécuter pour l'autel de sa cathédrale un ciboire d'or et d'argent.


S. Angilbert fit venir d'Italie des colonnes de marbre pour servir
de supports aux deux ciborium, enrichis d'or et d'argent, qu'il
construisit, à l'abbaye de Centule, dans l'église de Saint-Sauveur
et dans celle de Notre-Dame.
Nous venons voir figurer l'or, l'argent, l'airain, le marbre
de
dans les ciboireson y employa aussi le cuivre, l'ivoire, la pierre,
;

le jaspe, le porphyre, le bois, la mosaïque et les émaux.

Leur forme a subi d'assez nombreuses modifications. Ordinaire-


ment, c'est un couronnement plus ou moins pyramidal, supporté par
quatre colonnes exhaussées sur des piédestaux. Il arrivait parfois
qu'au-dessous du grand édicule, y en avait un plus petit, appuyant ses
il

piliers sur l'autel lui-même. On l'appelait peristerium (de rapicrrépiov,


colombaire), parce qu'il était destiné à abriter plus immédiatement la
colombe eucharistique.
Au monastère de Saint-Benoît, près Subiaco, une fresque repré-
sente un autel dont le dais est en forme de cloche à côtes alternative-
ment roses et blanches. Dans l'inventaire de la chapelle d'Édouard III,
roi d'Angleterre, on voit que l'autel du Saint-Sacrement était couvert
d'un dais blanc et rouge, en forme de cloche; l'étoffe était ornée
io8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

d'aigles d'or, de petits saphirs et des insignes de Tordre de la jarre-

tière (i).

Au moyen ciborium fut souvent remplacé par une potence


âge, le

ayant la forme d'une grande crosse, ou d'un arbre placé derrière


l'autel, de manière à le couvrir de son feuillage. A l'aide d'une petite

poulie, on faisait descendre ou monter à volonté la pyxide eucharis-


tique qui y était suspendue.
Dans temps modernes, on voit beaucoup de baldaquins carrés
les

ou elliptiques, garnis de pentes en étoffe, sans supports et suspendus


à la voûte. Souvent lourds et disgracieux, ils rappellent le vulgaire
ciel de lit des chambres à coucher. En Normandie et en Touraine,

on voit un certain nombre de baldaquins faisant corps avec le retable


et formant un quart de cercle, terminé par une galerie flamboyante.

Tel est le baldaquin curviligne de l'église de Moutiers-Hubert, dans


le Calvados (2).

Le ciborium était dominé par une croix à sa voûte, on suspendait


;

la custode eucharistique, ou bien une couronne, et plus tard une

lampe. Des chandeliers, des reliquaires, des fleurs étaient placés


sur le ciborium, avant l'époque oû on les mit sur l'autel lui-même.
M. Didron a considéré le baldaquin comme essentiellement italien
et n'ayant pas été en usage dans la France du xm siècle (3). M. le doc-
e

teur Cattois, après vingt-cinq années de recherches et de voyages, a


pu, tout au contraire, affirmer que la plupart des églises, dans toute
l'Europe, ont eu leur principal surmonté d'un ciborium ; le
autel
dôme ou la flèche formait à l'autel comme une seconde couronne.
Cet antique et noble usage fut à peu près abandonné en France au
xiv e siècle, tandis qu'il persévéra en Allemagne et surtout en Italie.
La Renaissance devait le remettre en honneur. De nos jours, on se
conforme un peu plus aux décisions de la Congrégation des Rites
qui exige, un baldaquin pour tous les autels où l'on célèbre, sur-
tout pour l'autel-majeur et celui du Saint-Sacrement (4). Mgr l'évêque
de Valence, en 1873, a voulu rendre le baldaquin obligatoire dans
son diocèse pour l'autel du Saint-Sacrement ; mais son ordonnance a
été peu exécutée.
L'Italie est fort riche en ciborium du moyen âge et des temps

(1) Archœologia britann t. XXXI. ,

(2) Annuaire normand, 1868, p. 533.


(3) Annal, archéol., t. XVI, p. 222.
(4) 27 april. 1697.
LIVRE XVI. — DES AUTELS

modernes. A Rome, le plus ancien est celui de la chapelle Saint-Jérôme


à Sainte-Anastasie. Ceux de Saint-Clément, de Saint-Laurent-hors-

Giborium de Saint-Clément.

e
les-Murs de Sainte-Marie au Trastevere datent du xn siècle ; ceux
et
de Saint-Georges in Velabro, de Sainte-Marie in Cosmedin, de Sainte-
Cécile in Trastevere, du xm e siècle ; celui de Saint-Jean de Latran,
du xiv e ; ceux de Sainte-Agnès-hors-les-Murs, de Saint-Chrysogone
et de Saint-Alexis, du xvn e ceux de Sainte-Marie-Majeure et de
;

Sainte-Croix de Jérusalem, du xvm e siècle (i).

(i) Voir un article de Mgr Barbier de Montault dans la Revue de l'art chrétien, t. XXIV,
p. 296.
I I HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

A Saint-Georges en Velabre, quatre colonnes en porphyre noir


supportent une architrave sur laquelle s'élèvent huit petites colonnes
de marbre blanc, soutenant une corniche qui supporte elle-même un
second rang de colonnettes sur un plan octogone. A Saint-Paul-
hors-les-Murs, le ciborium, daté de 1285, signé par les deux artistes
Arnolfo di Lapoet Pierre Cavallieri, est soutenu par quatre colonnes
d'albâtre oriental, offertes par Méhémet-Ali, vice-roi d'Egypte, et
estimées à plus de 200,000 francs. Le baldaquin de Saint- Pierre du
Vatican, œuvre capitale du Bernin (i633), a coûté 525, 000 francs et
contient 186,392 livres de bronze. Quatre colonnes torses supportent
un entablement surmonté de quatre anges couronné d'un amortis-
et
sement, dont la croix dorée s'élève à 81 pieds du sol.
Dans le reste de l'Italie, on remarque surtout les ciborium de la
cathédrale d'Anagni (xn e s.), de Saint-Pierre de Corneto (xn e s.), de
Saint-Ambroise de Milan (ix° ou x e s.), des cathédrales de Parenzo,
de Pérouse et de Terracine, de Saint- Apollinaire in classe à Ravenne
e e
(ix s.), de Saint-Pierre et de Sainte-Marie de Toscanella (xn s.), de

Saint-Marc de Venise, de Saint-Nicolas de Bari, etc.


Signalons, en Allemagne, les ciborium d'Aix-la-Chapelle, contem-
porain de Charlemagne, de Notre-Dame de Halberstadt (xm e s.), de
Sainte-Elisabeth de Marbourg, de Saint-Etienne de Mayence (1509),
de la cathédrale de Ratisbonne, de Saint-Etienne à Vienne, etc en ;

Angleterre, de Saint-Barnabé de Nottingham, et ceux des églises


gothiques construites par M. Pugin en France, ceux du Vai-de-
;

Grâce et des Invalides, à Paris; d'une crypte antérieure au xi e siècle,


à Chambéry ceux des églises de Bretagnolles et de Louversey (Eure),
;

de Chassy et de Mornay-Bery (Cher), de Guyencourt (Somme), de La


Chapelle- Rainsoin (Mayenne), de Saint-Jean-de-Maurienne, etc. Parmi
les constructions modernes, nous nous bornerons à citer celles de la

cathédrale de Bayonne,de Saint-Paul de Nîmes (œuvre de M. Questel),


de Saint-Pierre de Montrouge (œuvre de M. Vandremer) et de la
Sainte-Chapelle de Paris.
En Grèce et dans une grande partie de l'Orient (1), les autels sont
surmontés d'un ciborium en marbre dont les quatre colonnes s'ap-
puient sur les angles de la table sacrée. L'un des plus remarquables
c
était celui de Saint-Démétrius àThessalonique (v s.) c'était un pavil-
:

lon clos, d'argent ciselé, de forme hexagone, dont les six colonnes

(1) II n'y a pas de ciborium en Arménie.


I î I

supportaient une coupole sommée d'un globe crucifère orné de tiges


de lis. Celui de Sainte-Sophie de Gonstantinople, dû à la libéralité de
l'empereur Justinien I
er
, était encore plus riche. Quatre colonnes de
vermeil supportaient une voûte d'argent que surmontait un globe
d'or du poids de 18 livres, entouré de lis d'or d'où émergeait une
1

croix du même métal, pesant 75 livres et étincelant des plus rares


pierreries.

S 2

Voiles et Courtines

Les saints Mystères devaient être soigneusement dérobés aux yeux


des Catéchumènes, des Juifs et des Païens qui pouvaient s'introduire
dans Aussi attachait-on au ciborium des voiles qui cachaient
l'église.

l'autel pendant la consécration et qu'on n'ouvrait que pour la commu-


nion des fidèles. Lorsque la loi de l'arcane n'eut plus sa raison
d'être, ces courtines persévérèrent comme un
souvenir traditionnel et
une marque de respect. probable que chez les Latins, quand
Il est
s'introduisit, à la messe, l'usage de l'élévation, on écartait les voiles en ce
moment. Ces courtines, au nombre de quatre, s'appelaient tetravela
(de TÉxpa, quatre) ; on donnait aussi le nom de dorsalia ou dossalia
aux draperies pendantes. C'étaient souvent des étoffes précieuses,
artistement travaillées, enrichies de figures tissées ou brodées à la
main. Vers le xm e siècle on supprima le voile antérieur. Le concile de
Cologne (1280) ne réclame de courtines que pour les côtés laté-
raux de l'autel. Quand le ciborium disparut en France, il fut rem-
placé par des tringles horizontales scellées aux colonnes, et on y
suspendit des courtines, excepté dans la partie antérieure. L'usage de
ces courtines latérales se conserva en Belgique, au moins jusqu'au
xvii
c
siècle. Au il était devenu
siècle suivant, si rare en France que
Moléon, dans son Voyage liturgique (1), l'a signalé comme existant
encore dans une dizaine d'églises. A Saint-Étienne d'Auxerre, on
fermait les rideaux au Paler ; on les ouvrait à YAgnus Dei, à Saint-
Etienne de Sens depuis le Sanclus jusqu'après le Pater, à Notre-
;

Dame de Rouen.
Les modernes églises catholiques d'Angleterre font revivre cette
antique décoration. Elle a survécu en Orient où, de nos jours comme

(1) Pages 121, 1 $7, 159, 169,275 et 386.


I I 2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

du temps de saint Jean Chrysostome (i), le rideau antérieur reste


fermé depuis la Préface jusqu'à la Communion des fidèles.
Outre ces rideaux permanents, il y en avait qui ne servaient que
dans certaines circonstances liturgiques.
Au moyen âge, le jour de Pâques, pendant le premier nocturne,
on couvrait l'autel d'un voile noir pendant le second, d'un voile gris-
;

obscur pendant le troisième, d'un voile rouge. Ces changements de


;

couleur figuraient la loi de nature, la loi de Moïse, et la loi de Grâce


sanctionnée par le sang de Jésus-Christ.
Pendant la semaine sainte, on ne voilait pas seulement le crucifix
comme aujourd'hui, mais l'autel tout entier. Cet usage s'est conservé
dans beaucoup d'églises d'Espagne et donne lieu à une cérémonie dra-
matique dont je fus témoin, à la cathédrale de Séville, le 20 avril 878. 1

Le mercredi saint, au passage de l'Évangile où il est dit que le voile


du Temple se déchira, un bruit formidable retentit dans l'église, des
éclairs sillonnent la voûte, et le premier voile qui cache le sanctuaire
se déchire et tombe avec une telle rapidité que je n'ai pu me rendre
compte des moyens employés pour produire ce coup de théâtre. A la
messe du samedi saint, quand le célébrant entonne le Gloria in
excelsis, le second voile noir du sanctuaire disparaît comme par
enchantement et laisse apparaître l'immense retable ogival, si admi-
rablement sculpté. Aussitôt des détonations d'artillerie éclatent dans
les voûtes, les cloches de la Giraîda se dédommagent de leur long

silence, et les 35oo tuyaux du buffet d'orgue laissent échapper, d'une


voix triomphante, leurs chants les plus joyeux.
A Saint-Maurice d'Angers, le samedi saint, vers le soir, l'autel était
enveloppé d'un grand drap blanc, souvenir du linceul de Notre-
Seigneur on ne l'enlevait que lorsque la Résurrection avait été
;

annoncée par deux maires-chapelains, cachés derrière la tenture (2).

§3

Couronnes

Les souverains faisaient parfois don aux autels des couronnes dont
ils avaient ceint leur front ; mais le plus ordinairement, c'était des

(2) Quand vous voyez tirer les rideaux, dit-il, pensez que vous voyez le ciel s'ouvrir et
les anges descendre. Homil. III in epist. ad Ephes.
(1) Moléon, Voyage liturgique, p. 98.
LIVRE XVI. — DES AUTELS

couronnes qui n'avaient point servi. On les fixait à la voûte du cibo»


rium, au-dessus de l'autel. Cet usage, introduit à Byzance et à Rome
par Constantin, devint général en Occident. La couronne d'or que
Charlemagne donna à Saint-Pierre de Rome pesait, y compris les
perles, 55 livres celle de Saint-Clément, offerte par Léon IV, pesait
;

5o livres. Il y en avait aussi de petites du poids d'environ deux livres,


comme celles que Léon III donna à Saint-André et à Saint-Nérée.
Les célèbres couronnes d'Agilulphe et de Théodelinde n'ont jamais
orné la tête de ces souverains elles ont été faites pour être suspen-
;

dues au-dessus de Pautel de l'église de Saint-Jean de Ravenne. Les


chaînes attachées h chacune des couronnes de Guarrazar, au Musée de
Cluny, nous montrent de quelle façon ces œuvres de l'orfèvrerie gothi-
que du vn c siècle étaient suspendues.
La Chronique de l'abba}^ de Saint-Riquier mentionne trois cibo-
rium, à chacun desquels était suspendue une couronne resplendis-
sante d'or et de pierres précieuses.
Louis offrit, en 1261, trois couronnes votives à l'abbaye de Saint-
S.
Denis; son exemple fut imité par Henri IV, Louis XIII, Anne d'Au-
triche et Louis XIV.
En Grèce, on suspend autour de l'autel des œufs d'autruche. « Ce
n'est point sans mystère, dit M. l'abbé Pougnet (1), car, assurait-on,
pour couver ses œufs, Pautruche les regarde sans cesse ; si elle venait
à en détourner ses regards, ses œufs ne pourraient éclore, mais ils se
gâteraient infailliblement : telle est la prière, dont l'intention doit
toujours tendre vers Dieu ; telle est encore le soin qu'il faut prendre
pour éviter les distractions, dont l'effet serait de détourner l'intention
et de la rendre mauvaise, en la dirigeant vers les créatures. »

§4
Parements d'autel

Les parements d'autel doivent leur origine aux voiles ou tapis pré-
cieux dont on entourait les autels pour préserver de la poussière les
saintes reliques placées en-dessous.
Il y a deux sortes de parements, les uns en matière dure (or, argent,
vermeil, cuivre, ivoire, pierre, marbre, jaspe, porphyre, bois recou-

(2) Annal, archéol., t. XXVI, p. 68.

T. II.
ii4 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

vert ou non de peintures, etc) ; les autres en étoffes (tissus d'or ou


d'argent, soie, soie mêlée d'or ou d'argent, rehaussée de perles et de
pierres précieuses, satin, gros de Naples, velours, drap,
taffetas,
imprimée, cuir doré et gaufré, guipures, dentelles,
laine, lin, toile
perles ou jais appliqués sur de forts reliefs, etc.)
On a donné au parement, partie principale de ce qu'on appelait
autrefois Yhabillement de l'autel, les noms $ antependium qu'on écrit
parfois à tort antipendium, contre-table, contre - retable, devant
d'autel, dossalia, dorsalia, faciès altaris, palla, pallium (vêtement)
que les Italiens traduisent par pala, paliotto ; tobalea, tobalia, tabula
altaris, iovalia (touaille), vestis (i).

Les expressions frontale et mantile désignent plus spécialement


l'orfroi horizontal qui orne la partie supérieure du parement.
Les écrivains ecclésiastiques ne manquent pas de mentionner les
dons de parements, qui avaient souvent une grande valeur vénale et
artistique. L'empereur Justinien envoya au pape Hormisdas deux
parements de soie pour orner l'autel des saints Apôtres ; le pape
Adrien I er en fit exécuter deux pour le grand autel de Sainte-Marie-
Majeure, l'un de toile d'or garni de pierreries où était représentée
l'Assomption de la Sainte-Vierge; Tautre de soie, également à figures,
avec une bordure d'écarlate. Le pape Léon III donna des parements
d'autel en vermeil aux églises romaines de Saint-Grégoire, de Saint-
André de Sainte-Pétronille. Léon IV en offrit un d'argent, pesant
et
er
1 16 livres, à l'église Saint-Sylvestre. Celui que Pascal I fit faire pour

l'autel de saint Pierre était en drap d'or, orné de perles, avec une
représentation du prince des Apôtres délivré de sa prison par un ange.
Quand l'autel était isolé au milieu du chœur, on l'entourait entiè-
rement de parements, ou tout au moins on en mettait par devant et
par derrière ; quand il était appliqué contre un mur, tantôt on ne déco-
rait que la face antérieure, tantôt aussi les côtés latéraux.

Au xin e siècle, les parements métalliques furent généralement rem-


placés par des antependium ou étoffe, se composant d'une robe galon-
née, tendue sur un châssis de bois et d'un frontal frangé. Ce frontal
était souvent recouvert par un second orfroi,ce qui se pratique encore
aujourd'hui à la cathédrale de Bénévent (2).

(1) Quand Anastase le Bibliothécaire se sert du mot vestis, il faut entendre par là un
parement d'autel ; mais quand il dit vestis in altari ou super altare, il s'agit d'une nappe
d'autel.
(2) Barbier de Montault, Le trésor de la cathédrale de Bénévent, c. vi
LIVRE XVI. — DES AUTELS Il5

Vers la fin du xvi e siècle, le nom et les armoiries du donateur sont


souvent brodés sur les parements ils sont décorés de galons, de fran-
;

ges, de médaillons peints. Des artistes en renom, tels que Tintoret,


Zucchero, Vasari, n'ont pas dédaigné de s'appliquer à ce genre d'ou-
vrage. Parmi les sujets les plus fréquents, nous remarquons les sacri-
fices d'Abraham et de Melchisédech, l'Annonciation, la Nativité,

l'Adoration des Bergers et des Mages, Jésus-Christ en croix, les ins-


truments de la Passion, l'Ascension, la sainte Vierge et les douze
Apôtres, l'Assomption, des saints et des saintes, les Vertus théolo-
gales, etc.
D'après parements, les jours de la semaine
les lois liturgiques, les

aussi bien que les fêtes dimanches, doivent être de la couleur du


et

jour. Ces prescriptions sont répétées dans les Missels français des
xvn e et xvni e siècles. Mais on sait que ces couleurs variaient selon les
diocèses. Ainsi, tandis que, dans le rite romain, le blanc était la couleur
des confesseurs-pontifes, c'était le vert dans l'Église de Paris, le jaune
dans celle d'Autun. Ces changements du parement exigeaient un peu
de peine, et c'est ce qui contribua à en faire abandonner l'usage. On
crut être autorisé à y renoncer, par cette raison que, malgré l'opinion
de Quarti (i), ce ne fut jamais-là une règle strictement obligatoire, et
que les liturgistes les plus autorisés considèrent la rubrique du Missel,
sur ce point, comme purement directive.
Peut-être d'ailleurs crut-on se conformer à l'esprit de la liturgie en
réduisant le grand parement d'autrefois au frontal en broderies, cousu

ou épingle sur la nappe d'autel, et pouvant servir à n'importe quel


jour. Ces broderies, malheureusement, étaient déjà tombées en dé-
cadence au xvn e siècle. « A de rares exceptions près, dit M. de
Farcy (2), les personnages disparaissent; les merveilleuses scènes qu'on
y rencontrait au moyen âge sont remplacées par quelque pâle copie
d'un tableau à la mode, souvent fort mal exécutée au petit point ou
au passé. En revanche, voici des corbeilles de fleurs, des guirlandes
enlacées de nœuds de rubans, des cornes d'abondance à profusion
(comme sur un écran de feu ou un fauteuil); au milieu de tout ce
fouillis, un cartouche avec un maigre chiffre de Notre-Seigneur, ou

bien une grande croix de Malte, avec un Saint-Esprit. Ces compo-


sitions, d'un goût douteux, surchargées de détails, laissent à peine
voir le fond; elles sont tantôt brodées au passé sur fond de couchure

(1) In rubric. MissaL, part. I, tit. XX, dub. 9.


(2) Mélanges de décoration relig., p. 5o.
HISTOIRE DU SACREMENT DE l'eUCH AR1STIE

d'or ou d'argent, tantôt en tapisserie ou en jais. Ce dernier procédé est

une innovation du xvn c siècle, qui semble venir d'Italie; le jais est
très brillant, solide et peu coûteux on en a tiré souvent un mer-
;

veilleux parti au point de vue décoratif. On employait aussi beaucoup


la toile peinte à l'huile et le cuir doré, pour les parements d'autel. Il

serait toutefois injuste de ne pas reconnaître le mérite réel de quelques


antependium de cette époque, par exemple de ceux qu'avaient envoyés
les Ursulincs d'Amiens à l'exposition de Lille; ils sont d'une magni-

ficence extraordinaire et d'une grande valeur artistique. Mais ce sont


des exceptions très rares, quand on considère le nombre fort consi-
dérable de parements d'autel des xva e et xvm e siècles, qui existent
encore presque tous sont d'une médiocrité incontestable. »
;

Quant aux parements métalliques, il ne faudrait pas croire que la


Révolution seule soit coupable de les avoir détruits un bon nombre ;

avaient disparu auparavant. Ainsi le chapitre de la cathédrale d'A-


miens vendit, en 1598, un magnifique parement d'argent pour sub-
venir aux misères causées par la peste et par la guerre (1). En 1760,
le chapitre de la cathédrale d'Angers vendit un parement en vermeil

du xiii c siècle, pour solder les boiseries du chœur (2). Enfin, un certain
nombre & antependium ont été métamorphosés en retables et, pour
recevoir cette nouvelle destination, ont subi des modifications plus ou
moins regrettables.
Aujourd'hui, l'usage des devants d'autel persiste à Rome, dans
beaucoup d'églises d'Italie et à Lyon ; il a été rétabli dans quelques
diocèses de France, notamment dans Montauban. Ailleurs,
celui de
l'autel n'est paré qu'aux jours de funérailles. Dans certaines paroisses
rurales, les jours de fêtes, on déploie un mauvais goût vraiment
déplorable, en appliquant des mousselines claires ou des dentelles
sur percaline rose ou bleue, et en lesémaillant de papier doré et de
perles fausses.
Depuis une trentaine d'années, on fait en France, de beaux pare-
ments en cuivre repoussé et doré. Mais on a le tort de les fixer à
l'autel et de ne pas les réserver pour les grandes solennités.
Nous allons signaler un certain nombre des parements les plus
remarquables conservés en Allemagne, en Angleterre, en Belgique,
en Espagne, en France et en Italie.

(1) Manuscrits de Pages, t. V) p. 469.


(2) De Farcy, V ancien trésor de la cathédrale d'Angers,
LIVRE XV t. — DES AUTELS II 7

Allemagne et Autriche. Aix-la-Chapelle : de l'ancien parement


d'autel attribué à l'empereur Othon III (xi e s.), il ne reste que douze pla-
ques d'or que l'empereur Guillaume, en 1872, a fait encadrer dans de
riches bordures. Le Christ triomphant se trouve au centre de diverses
scènes relatives à la Passion du Sauveur. On voit dans — le même tré-

sor les panneaux démontés d'une autre pala d'oro, du xv e siècle, repré-

sentant tous les Apôtres assis (1). — Coblent\ : dans la collection de


M. Finck, devant d'autel en métal, orné d'émaux, provenant de l'église
de Lendesdorf. — Cologne : à l'Hôtel-de- Ville, antependium émailié,
avec figures de saintes, en partie du xn c siècle, en partie du xiv e . — Dans
la collection Walraf, parement en métal, orné d'émaux. Combourg —
(Souabe) devant : d'autel du xi e
siècle. Dresde : au Musée— du Grand-
Jardin, deux devants d'autel en étoffe, l'un du xm siècle, figurant
c

l'arbre de Jessé l'autre du xiv°, brodé sur toile, en soie et or, et repré-
;

sentant le Couronnement de la sainte Vierge. Klosterneubourg : —


antependium brodé au xn e siècle, représentant l'Annonciation. Autre —
parement en métal, de l'an 1 181, transformé en retable. Munster : —
au Musée du Kunsvescin, devant d'autel, du xn e siècle, provenant du
couvent de Sainte-Walburge àSoast en Westphalie il est en bois, avec ;

figures peintes à l'eau sur fond doré. Le Rédempteur, tenant le livre des
Évangiles, est accompagné, à droite, du Précurseur et d'un saint
archevêque de Cologne à gauche, de la sainte Vierge et de sainte
;

Walburge. Quelques antiquaires rangent ce monument parmi les


retables. —
Goss (Autriche) parement brodé, du xn e siècle.
: Mon\a : —
au maître-autel de la cathédrale, paliotto d'argent doré, œuvre de
Borgino (1359), divisé en trois panneaux couverts de sculptures en
bas-reliefs. —
Sal^bourg : parement brodé, au trésor de la cathé-
drale.

Angleterre. —
Londres : à l'exposition de broderies de 1874, on
remarquait plusieurs devants d'autel en broderies appliquées. La
Galette des Beaux-Arts en signalait spécialement un de velours
rouge, travail italien du xvi e siècle, appartenant à M. Spitzer « Toute :

lapartie décorative qui est très importante, est entièrement brodée en


application d'or et principalement de soie blanche, avec de légères
parties retouchées à l'aiguille ou au pinceau. Les sujets représentent,
au centre, une Vierge-Mère ayant à sa droite saint Sébastien, et à sa

(1) Barbier de Montault, Le trésor du dôme d'Aix-la-Chapelle, p. 16.


n8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

gauche saint André (i). » A la même exposition se trouvait un chef-


d'œuvre, unique en son genre, appartenant à MM. Hailstone de Wake-
field c'est un parement en point coulé, procédé primitif qui a été
;

employé dans tous les pays du monde et jusque dans les Indes « C'est .

là un poème, dit le Journal général des Beaux-Arts (2), où se dérou-

lent les souffrances et la mort ignominieuse d'un Dieu pour le salut des
hommes, et, après sa chute volontaire et rédemptrice, son entrée
triomphante dans le séjour divin, où, d'accusé et de victime, il est
devenu le juge suprême, plein de gloire et de majesté. En tout,
56 personnages, dont les poses et les physionomies très archaïques,
naïves et informes même, attestent leur haute ancienneté. Malgré cette
grossièreté de lignes, l'ensemble ne manque pas d'élégance et d'har-
monie nous y constatons, en tout cas, beaucoup d'imagination, de
;

cachet et d'originalité. Les lettres sont à jour, de même que les zigzags
superposés qui ornent les colonnes. » —
Steeple-Aston (Oxfordshire) :

devant d'autel du xiu e siècle, où sont brodés le portement de croix et


le martyre de nombreux saints. —
Westminster : à l'abbaye, ante-
pendium du xm e siècle, peint sur fond d'or, avec des bordures ornées
d'or, de cristaux, de pierres incrustées et de verres de couleur.

Belgique. — Bruges : à Notre-Dame de la Poterie, parement en


tapisserie représentant l'Adoration de Jésus par la sainte Vierge,
saint Joseph, les anges, les bergers, les donateurs et leurs patrons.
Bruxelles : Notre-Dame du Sablon, antependium en cuir gaufré,
à
production malinoise du xvn e siècle. —
Gand la collection, aujour- :

d'hui dispersée, de M. Onghena, contenait un parement du xm e siècle,


exécuté en soie et en or de Chypre, représentant deux scènes de la

vie d'un évêque martyr et deux épisodes de la vie de saint Jean l'Evan-
giliste. — Liège : à Saint-Martin, frontal à' antependium dont les bro-
e
deries (xiv s.) reproduisent dix-neuf épisodes de la vie de saint Martin.
— Lierre : à Saint-Gommaire, deux devants d'autel en velours rouge,
du xvi e siècle. — Tournai : à la cathédrale, antependium brodé en
soie et or, figurant un arbre de Jessé.

Danemark. — Copenhague : antependium en métal repoussé, prove-


nant de Tvenstrup (xn e s.).

(1) Galette des Beaux-arts, 2 e part., t. XI, p. 247.


(2) N° du 22 août 1874, p. 41.

LIVRE XVI. — DES AUTELS 1I 9

Espagne et Portugal. Il y a des antependium en argent à la cathé-


drale de Cordoue et à San-Lorenzo de Pampelune. Celui de la cathé-
drale de Gerona est l'œuvre de Petro Barners, de Valence, qui l'acheva
en 1 358. — Lu\ (Portugal) devant d'autel en satin blanc avec frontal
:

rouge et or, où se voient les armoiries de l'infante Dona Maria, fille


de don Manoël ( r 553).

France. Abbeville : à Saint-Vulfran, devant d'autel en bois du


e
xv siècle, dont les peintures représentent la Résurrection des dona-
teurs et le Jugement dernier. — Amiens : les Ursulines possè-
dent un magnifique devant d'autel, œuvre de leurs anciennes sœurs
(xvn e siècle). Sur des fonds en or de Chypre, se détachent divers genres
de broderies, en or filé, en argent, en soie, en relief, avec pierres
précieuses. Les cinq compartiments renferment les figures de la
sainte Vierge, de la Charité, de la Foi, d'un évêqueet d'un martyr.
Guy parement formé d'une tapisserie en moquette et jais
(Yonne) :

blanc (xvn e s.). —


Dijon : au Musée, parement en stuc, exécuté en
1674, pour décorer l'autel où était placée l'hostie miraculeuse de la
Sainte-Chapelle de Dijon. On y voit représenté l'ostensoir qui conte-
nait l'hostie envoyée, en 1433, par le pape Eugène IV à Philippe le
Bon. — Esves-le-Moutier (Indre-et-Loire) : devant d'autel, sculpté en
bois et doré, provenant de l'église Saint-Saturnin de Tours. Le mono-
gramme placé au centre paraît être celui de Marie de Médicis ; les

statues de la Foi et de la Religion sont des additions du règne de


Louis XV. — Frigolet (Bouches-du-Rhône) à chapelle de Saint- : la

Michel, antependium en cuir doré peint. — Paris on conserve au


et :

Musée du Louvre parement d'autel que Charles


le offrit à la cathé- V
drale de Narbonne. un grand morceau de soie blanche dont
C'est
les peintures en grisailles sont exécutées à la plume pour le trait,

au pinceau pour le modelé. Les principaux sujets représentent les


scènes de la Passion; Charles V et sa femme sont agenouillés
devant un prie-Dieu. — Au Musée de Cluny, parement d'autel
en or, donné par l'empereur saint Henri II, en 10 19, à la cathédrale de
Bâle. Hauteur, 1 m.
m. 78. Les cinq arcades de la façade
;
largeur, 1

contiennent les figures du Christ, aux pieds duquel sont prosternés


Henri II et sajfemme^unégonde, de saint Benoît, des archanges Michel,
Gabriel et Raphaël. Quatre médaillons placés au-dessus des cintres
figurent les Vertus cardinales, exécutées au repoussé et retouchées
I 20 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

au burin. Deux vers léonins, singulier mélange de latin, de grec et


d'hébreu, témoignent de la piété reconnaissante de l'Empereur envers
saint Benoît :

Quis sicut Hel fortis medicus soter ? Benedictus


Prospice terrigenas clemens mediator usias (i).

Cet autel, que l'Académie des Beaux-Arts de Milan a estimé valoir


plus de 1 5o, ooo francs, ne serait pas un véritable parement, selon

Autel de Bâle

M. mais un retable mobile.


Viollet-le-Duc, Au même Musée —
(n° 79), on voit
gravure d'un
la ancien parement d'autel existant
jadis à l'abbaye de Saint-Victor de Paris et représentant les obsèques
des réguliers de cette Congrégation. —
Versailles : à la bibliothèque,
parement en soie rouge couverte d'ornements de feuillages, formés
de broderies en jais blanc et en pierres de couleur.
Des parements en étoffe, plus ou moins remarquables, sont conser-
vés à l'église Saint-Vaast de Bailleul, au musée de Soissons, dans les

(1) M. Labarte {Histoire des arts industriels, 2 e édit.,


t. I,p. 385) traduit ainsi
: « Quel mé-
decin fait des miracles comme le Seigneur? Benoît, regarde, médiateur clément, les
êtres terrestres,
LIVRE XVI. — DES AUTELS 121

M. Basilewski, de M. L. Gaucher à Paris, de M. de


collections de
Farcy à Angers, de M. Favier à Douai, de M. Quenson à Saint-
Omer, de M. Grimot, curé de l'Isle-Adam (Seine-et-Oise), etc.

Italie. — Anagni : à la cathédrale, parement de soie donné par


Boniface VIII. — Citta di Castello cathédrale, parement : à la d'ar-
c
gent du xn exécuté probablement par des
siècle, grecs qui artistes se
trouvaient alors en — Florence paliotto d'argent du baptis-
Italie. : le

tère commencé en 1 366 est l'œuvre d'assez nombreux artistes qui


se succédèrent en rivalisant de talent.Le centre est occupé par la sta-
tue de saint Jean-Baptiste,œuvre de Michelozzi (145 1). Les sujets des
bas-reliefs sont empruntés à la vie du Précurseur. Dans diverses égli-
ses de Florence, on remarque des peintures sur bois, datant la plupart
de la Renaissance et servant à'antependium. Milan : le célèbre —
paliotto de l'église Saint-Ambroise fut exécuté en 835 parWolvinius,
comme le témoigne Wolvinius magister phaber.
cette inscription :

C'est un carré long dont la façade principale est revêtue de lames


d'or et dont les trois autres côtés sont en argent, le tout ornementé
d'émaux et de pierreries. La face antérieure se divise en trois pan-
neaux au centre, on voit le Christ sur son trône et les douze Apôtres ; à
:

droite et à gauche, six bas-reliefs figurent la vie et la passion de Jésus-


Christ; la face postérieure, consacrée à la vie de saint Ambroise, offre
en outre quatre médaillons où Ton voit saint Michel, saint Gabriel, An-
gilbert, archevêque de Milan offrant cet antependium à saint Ambroise,
et l'orfèvre Wolvinius s'inclinant devant ce saint archevêque. Les

faces latérales sont décorées de bas-reliefs exécutés au repoussé, repré-


sentant des anges et des bustes de saints. On lit les vers suivants sur
les bandes lisses qui encadrent les panneaux de la partie postérieure :

Emicat aima foris, rutiloque décore venusta


Arca metallorum, gemmisque compta, coruscat.
Thesauro tamen hseccuncto (potiore) métallo,
Ossibus interius pollet donata sacratis.
Egregius quod praesul opus sub honore beati
Inclytus Ambrosii templo recubantis (in) isto
Optulit Angilbertus ovans, Dominoque dicavit,
Tempore quo nitidae servabat culmina sedis.
Aspice, summe pater, famulo miserere benigno,
Te miserante, Deus, donum sublime reportet.

Pistoja : le parement d'argent de l'autel de saint Jacques, à la cathé-


drale, est l'œuvre du célèbre orfèvre Andréa d'Ognabene (1 3 16) mais ;
122 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

les panneaux des côtés furent ajoutés en 1 3 57 et en 1371. Quinze


bas-reliefs, disposés en trois rangées horizontales, représentent diver-
ses scènes de l'Évangile. Six statuettes de prophètes encadraient laté-
ralement le paliotto. — Rome : à Saint-Jean de Latran, pare-
ment d'autel en broderie, portant les armes de Benoît XIV et
un médaillon d'or contenant les effigies des Bienheureux que ce
pape canonisa le 29 juin 1746. Ce parement, brodé à Rome, a
coûté 75,000 francs (1). —
La basilique Saint-Pierre possède aussi
un grand nombre de riches antependium qui furent donnés la
plupart à l'occasion des fêtes de canonisation : aussi représen-
tent-ils les effigies des nouveaux saints. — Venise : à Saint-Marc,
célèbre pala d'oro qui sert aujourd'hui de retable au maître-autel; c'est
un rectangle de 2 m. 10 c. de haut sur 3 m. ib de large. Quatre-vingt-
trois tableaux d'émail sur fond d'or sont encadrés par des bordures
décorées de pierres fines et de médaillons ciselés. Dans la partie supé-
rieure, on voit l'archange saint Michel, le Crucifiement, la Descente de
Jésus aux Enfers, l'entrée du Christ à Jérusalem, l'Ascension, la Pen-
tecôte, la sépulture de la Vierge. Dans la partie inférieure, on remar-
que les figures du doge Ordelafo Faliero, de l'impératrice Irène,
d'anges, de prophètes, des douze Apôtres, de divers saints, et des
sujets tirés de la vie et de la Passion de Jésus-Christ. Les pierres pré-
cieuses sont au nombre de 1 33g et les perles de plus de 1200. On
n'est point d'accord sur l'origine et la date de ce parement. D'après
M. Labarte (2), la partie supérieure actuelle composait la pala que le
doge Orseolo fit exécuter à Constantinople, à la fin du x e siècle; les
autres plaques d'émail auraient été ajoutées par le doge Faliero en
no5, lorsqu'il fit convertir le parement d'autel en retable ; enfin, la
plupart des dispositions architecturales du monument et de ses enca-
drements seraient dues au doge Andréa Dandolo (1 345). Ce chef-
d'œuvre d'émaillerie, orné d'inscriptions grecques et latines, est estimé
valoir environ quatre millions.
Les anciens écrivains grecs ne font pas mention de parement d'autel ;

on n'en rencontre pas en Orient.


Il y avait jadis des parements d'autel en or aux cathédrales de
Clermont-Ferrand, Hildesheim, Ratisbonne, Sens, etc. aux abbayes ;

de Prum, Saint-Benoît-sur-Loire, Saint-Gall, etc.

(1) Barbier de Montault, L'archéologie à l'exposition religieuse de Rome, ch. ix.

(2) Histoire des arts industriels, 2 e édit., p. 11.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 123

S 5

Retables

On donne le nom de retable h l'espèce de panneau peint ou sculpté •

qui est posé verticalement sur l'arrière de la table d'autel. On dérive


généralement le mot retable de rétro (en arrière) et de tabula (table).
Nous croyons plutôt que retable, qu'on écrivait jadis rentable, vient
de la basse latinité rasus (ras) dans le sens où Ton dit re\-lerre, re\-
de-chaussée, au ras de Veau. C'était en effet une décoration que Ton
plaçait immédiatement sur l'autel, et par conséquent au niveau, au
ras ou au re\ de sa table.
Quelques écrivains, surtout au siècle dernier, donnaient le nom de
retable aux predella ou petits gradins de l'autel, et celui de contre-
autel, ou contre-retable au lambris dans lequel est
contre-table
enchâssé un tableau ou un bas-relief et contre lequel est adossé le
retable, c'est-à-dire les gradins. Cette terminologie n'est plus guère
d'usage aujourd'hui. On donne le nom de triptyques ou de polypty-
ques aux retables en bois, décorés de peintures, qui se composent de
trois volets ou d'un plus grand nombre.
Dès la fin du x e
siècle, à certains jours de fête dont on voulait
rehausser on plaçait verticalement sur Tautel des retables
l'éclat,

mobiles, c'est-à-dire des panneaux peints ou sculptés, en métal, en


ivoire, en pierre ou en bois. Hauts d'environ 60 centimètres, ils
étaient ornés de petites figures encadrées dans des arcades et dispo-
sées sur un seul rang. Souvent, c'était des diptyques ou des triptyques
en ivoire, avec encadrement de marqueteries, c'est-à-dire deux ou
trois tablettes distinctes qu'on pouvait, à l'aide de charnières, plier
l'une sur l'autre. On donnait à ces décorations mobiles le nom de
tables d'autel, re\-de-table, rentable, chapelles portatives.
On que leur usage avait cessé complètement au xiv e siècle,
a dit à tort
car les inventaires nous montrent qu'ils ont persévéré jusqu'au
xvm e dans un certain nombre d'églises et surtout de cathédrales qui,
conservant leur autel-majeur isolé, ne pouvaient point admettre les
grands retables fixes (1).

(1) Il y avait encore des retables mobiles, au xvn e ou au xviri e siècle, dans les cathé-
drales de Clermont, de Reims, de Sens, à la Chartreuse de Dijon, à Notre-Dame de
Beaune, à la Chapelle de la Trinité de Fontainebleau, etc.
I2 4 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Les retables fixes, c'est-à-dire adhérents à l'autel,


apparurent au
xn e siècle et se multiplièrent au xiv e
Tandis qu'en France, à cette .

dernière époque, ils restent peu élevés, ayant souvent la forme d'un
rectangle surélevé au centre, ils prennent déjà de vastes proportions
en Italie, en Espagne et en Allemagne.
Avant le xiv e siècle, dans les cathédrales, il n'y avait point de
retable à l'autel-majeur, parce qu'il eût empêché de voir l'évêque
et membres du clergé
les mais, quand le trône du prélat fut
;

déplacé, on commença à mettre sur l'autel de petits retables portatifs.


Ce n'est guère qu'au xvi e siècle que l'autel fut décoré d'un grand reta-
ble, alors qu'au lieu de rester isolé, il fut appliqué contre un mur ou
contre l'arcade centrale de l'hémicycle.
Au xv e et surtout au xvi c siècle, les retables fixes se multiplient
dans toutes les églises et deviennent bientôt comme un accessoire
indispensable de l'autel.
Les matières les plus diverses ont été employées pour cette déco-
ration. Jusqu'à la fin du xu e siècle, les petits retables mobiles sont en
ivoire ou bien en métal orné d'émaux et de pierres précieuses. Au
xm e siècle et pendant une grande partie du xiv e la pierre domine ; à ,

la fin du xiv e et au xv e le bois et l'albâtre obtiennent la préférence.


,

Au xvi les marbres rares et précieux étalent leur faste dans les
e
,

grandes églises, quand toutefois la peinture ne l'emporte pas sur la


sculpture.
« Entre les années i36o et 1400, dit M. Victor Gay (1), il a existé

en un endroit que je ne suis pas en mesure de préciser, mais que


je soupçonne au pied du Mont-Jura et dans les environs de Saint-
Claude, des ateliers de sculpture en albâtre d'où sont sortis une prodi-
gieuse quantité de retables d'autels, historiés des scènes de la Passion
ou d'épisodes relatifs à la vie des saints. Ces figures sont originaire-
ment peintes et rehaussées d'or. Leur diffusion, à l'époque précitée,
dans toutes provinces, semble même un obstacle à la recherche de
les

leur origine mais on doit les supposer faites dans un lieu unique et
;

voisin des carrières d'albâtre dont le nombre est en France assez res-
treint. »
On a aussi employé, en guise de retables, des tapisseries historiées
qu'on appliquait, à certains jours de fête, contre le mur, au-dessus de
l'autel. Il en est encore ainsi aujourd'hui àla Chapelle Sixtine. Ailleurs,

(1) Glossaire archéologique du moyen âge, v° albâtre.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 125

cetantique usage n'est plus rappelé que par le drap mortuaire qu'on
suspend au-dessus de l'autel pour les grands enterrements.
Après avoir parlé des noms, de l'origine et de la matière des reta-
bles, nous devons signaler leurs principales formes.
A partir du xv e siècle, les retables perdirent leur ancienne simpli-
cité ; les lignes droites horizontales furent souvent remplacées par

des lignes courbes ; les compartiments s'agrandirent et se superpo-


sèrent, pour représenter soit des scènes évangéliques et surtout la Pas-
sion, soit la légende du saint auquel l'autel était consacré. L'invention de
la peinture à l'huile fit exécuter de grands tableaux qu'on plaça souvent

dans l'endroit le plus en vue, c'est-à-dire dans le fond du sanctuaire.


Ce fut un des motifs qui firent reculer l'autel contre cette décoration
qui l'embellissait.
En Allemagne et en Espagne, la peinture et la sculpture font une
heureuse alliance. Tantôt ce sont des renfoncements destinés à rece-
voir des décorations picturales ou des statues; tantôt ce sont des
volets, peints intérieurement et extérieurement, qui recouvrent les
parties sculptées, et qu'on n'ouvreque pendant les offices.
On voit, à la même époque, beaucoup de petits retables en albâtre
représentant des scènes de la vie de Jésus-Christ, encadrées dans une
ornementation gothique. En général l'exécution en est assez médiocre;
la peinture y joue un rôle très accessoire les dorures sont réservées
;

pour les barbes, les cheveux, les orfrois des vêtements et quelques
détails d'architecture.
Au commencement du xvi e siècle, les seigneurs et les châtelains ri-
valisaient de zèle pour décorer d'un retable l'église de leur paroisse.
Vers le milieu de cette époque, les panneaux peints remplacent assez
souvent les scènes sculptées.
A la Renaissance, les retables prirent la forme deportiques couron- -

nés de frontons ; le fond est occupé par une vaste toile peinte les ;

arcades abritent des statues et parfois des reliquaires ; les parties


sculptées sont rehaussées par des peintures et des dorures ; la frise
porte une inscription qui indique le titulaire de l'autel ou qui exprime
une pieuse pensée. Cet ensemble, d'un effet un peu théâtral, monte
souvent jusqu'à la voûte, et bouche la fenêtre du chevet, surtout dans
les campagnes. On peut fréquemment reprocher à ces monuments

une ornementation incohérente, des dimensions disproportionnées


avec l'autel, le mauvais goût de certains détails, une alliance regret-
table du profane et du sacré, un désaccord criant avec le style général
1 26

de l'édifice ; mais parfois aussi ce sont des œuvres d'art d'une réelle
valeur.
Au xvm e siècle, le retable est quelquefois remplacé par une immense
gloire en cuivre doré, en bois ou même en plâtre, dont le centre est
occupé par le Père éternel, par un symbole de la Trinité ou du Saint-
Sacrement. A la cathédrale d'Amiens, c'est le Saint-Sacrement lui-
même, renfermé dans une colombe, qui se trouve entouré de rayons
et qu'environnent des anges adorateurs.
Nous ne saurions avoir la prétention de déterminer quels sont les
plus beaux retables de l'Europe. Nous voulons seulement en indiquer
un certain nombre, remarquables par leur antiquité ou leur valeur
artistique, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Espagne,
en France et en Italie.

Allemagne et Aulriche. —
Berlin : au Musée, deux retables en
bois, décorés de peintures (xm s.), provenant de l'église Sainte-Marie
e

de Soest. —
Cologne : dans une chapelle absidale de la cathédrale,
triptyque peint par maître Stephan (xiv e s.), provenant de l'ancienne
chapelle de l'Hôtel-de-Ville. —A la chapelleSainte-Glaire,de la même
basilique, polyptyque dont les peintures sont attribuées à maître Wil-
hemde Cologne (xiv e s.). — Au Musée, retable du xn e
siècle, richement
émaillé, provenant de Sainte-Ursule, dont tous les personnages ont été
remplacés, au xiv e siècle, par des sujets peints surfondd'or. — L'église
Saint-Pierre possède un retable en bois sculpté et peint du xv e siècle.
— Fribourg-en-Brisgau ; à la cathédrale, un retable en grès bigarré,
véritablement colossal et pourtant d'une légèreté extraordinaire, s'élève
jusqu'au sommet des fenêtres absidales. — Klosterneubourg, près
de Vienne : on voit dans l'église abbatiale un splendide retable d'orfè-
vrerie, daté Cinquante-et-une plaques de cuivre émaillé
de 1 1 8 1 .

mettent en parallèle les sujets historiques de la Nouvelle Loi et les


sujets figuratifs de l'Ancienne entre ces représentations se trouvent
;

vingt-deux anges, vingt-deux prophètes et quatorze Vertus. Cette


œuvre magnifique, qui servit d'abord de parement d'autel, a été exé-
cutée par un artiste français, Nicolas de Verdun, et commandé par le

sixième prévôt de l'abbaye, comme l'indique l'inscription suivante :

Anno milleno centeno. septvageno


Nec. non. vndegeno. Ghwernhervs. corde, sereno.
Sextvs prepositvs. tibî. Virgo Maria dicavit.
Qvod Nicolavs. opvs virdvnensis fabricavit.
LIVRE XVf. DES AUTELS

Munich :à la Riche-Chapelle, dans le palais de l'ancienne Résidence,


retable tout en ébène, incrusté de trente-deux bas-reliefs en argent,
exécutés au repoussé, dont tous les sujets sont empruntés à l'histoire
de la Passion. Ce travail, terminé en 1607, fut l'œuvre d'orfèvres
d'Augsbourg. —
Il y a de forts beaux retables aux cathédrales d'Aix-

la-Chapelle, de Coblentz, de Schleswig (1 52 1) ; dans les églises de


Saint-Ulrich à Augsbourg, de Blœubeuren (Saxe), de Calcar (Prusse
Rhénane), de Saint-Kilian d'Heilbronn,de Saint-Jacques de Rothem-
bourg(i466), de Xanten (Prusse Rhénane), etc.

Angleterre. —
Westminster : à l'ancienne église abbatiale, retable
mobile du xm e siècle, accroché en guise de tableau, dans le bas-côté
sud du chœur. Ce panneau a 3 m. 3o c. de longueur sur o m. 96 c.
de hauteur. « Il se compose, dit M. Viollet-le-Duc (1), d'un parquet
de bois à compartiments et sculpté, entièrement revêtu de vélin
collé à la colle de fromage, couvert de gaufrures dorées, de plaques
de verre, fixant des dessins d'or sur couleur, d'une extrême finesse, et
de peintures d'un beau style. Le moine Théophile, dans son Traité
de divers arts, parle longuement de ce genre de décoration appliquée
sur panneaux de bois. C'est un objet peut-être unique en Europe et
qui permet, en l'étudiant avec soin, de ressusciter un genre de fabri-
cation entièrement oublié aujourd'hui, produisant les effets les plus
splendides avec des moyens très simples. »
Il y a de forts beaux retables à la chapelle d'Albon Towers (comté
de Stroff), à la cathédrale de Durham, à Sainte-Marie d'Overies
(Southwark), à l'église abbatiale de Saint-Alban, à la cathédrale de
Winchester, etc.

— Buvrinnes retable en bois du xvi


Belgique. : dont e
siècle, les six
compartiments représentent diverses scènes de vie de saint Pierre, la

patron de paroisse. — Notre-Dame de Hal œuvre magnifique en


la :

albâtre, exécutée en 533 par Jean Mone, mais où l'on doit déplorer
1

le sensualisme de Renaissance. — Gand à


la cathédrale, chef- : la le

d'œuvre des frères Van Eyck, Y Adoration de V Agneau, était originaire-


mentun retable polyptyque on sait qu'il est aujourd'hui dépouillé de
:

ses volets dont s'est enrichi le Musée de Berlin. Herenthals : œuvre —


de Barthélémy Van Raephorst (xvi e s.), représentant l'histoire de saint

(1) Dictionnaire du mobilier français, t. I, p. 234.


*

,28 HISTOIRE DU SACREMENT DE L.' EUCHARISTIE

Crépin et de saint Crépinien. —


Megen : l'ancien retable (xv e s.) du
monastère des Glarisses fait aujourd'hui partie du cabinet de M. le
comte Maurin Nahuys, membre de l'Académie d'archéologie d'An-
vers. C'est un chef-d'œuvre de sculpture et de peinture bruxelloises,
1

représentant Annonciation, la Naissance du Sauveur, la Circonci-


l

sion, la Présentation de la Sainte Vierge au Temple et l'Adoration


des Mages.
Signalons encore retables de la cathédrale de Bruges, des
les
églises de Boendael, Boussu, Estines-au-Mont, Deerlyk, Haekendover
(xiv e s.), Hemelveerdegem, Hulshout, Oplinter, Schoonbroeck, Vil-
lers-la-Ville de Sainte-Dimphne à Gheel (xiv e s.), de Saint-Léonard
;

de Léau (xv s.), de Notre-Dame de Lombeck, de Saint-Denis à


e

Liège, de Notre-Dame et du Béguinage de Tongres des Musées ;

d'Arlon, de Bruxelles et de Namur.

Espagne. —C est surtout pays des gigantesques


retables, où
le

sont sculptés parfois des milliers de personnages. Bornons-nous à


citer ceux des cathédrales de Barcelone, de Burgos, de Cordoue, de
Grenade, de Pampelune, de Sarragosse, de Séville, de Tarragone, de
Tolède, de Valence, etc. Les retables des églises hispano-américaines,
par leur faste et leurs dimensions, rappellent ceux de l'Espagne.
Celui de Santo-Domingo, à Lima, est tout en argent.

France. — Aix
> : à l'église des Pénitents, retable en bois, de i5i5,
dont les statues en ronde-bosse et de grandeur naturelle représentent
le Calvaire et la mise au sépulcre. De nouvelles restaurations ont
supprimé le paysage, les astres et les anges. —
Auxerre : au Musée,
deux retables, l'un en pierre, du xv c siècle, provenant de l'église

conventuelle de Crisenon, et contenant, en huit tableaux sculptés, les

principaux faits de la naissance et de l'enfance de Jésus-Christ;


l'autre en bois, du xvi e siècle, provenant de Lucy-sur-Cure et repré-

sentant, en figures de haut-relief, les scènes de la mort, de la sépul-


ture et du couronnement de la sainte Vierge. — Avignon : dans une
chapelle de l'église Saint-Didier, riche retable en marbre sculpté, don
du roi René aux Célestins de cette ville : on y remarque surtout les

statues de saint Pierre Célestin et du B. Pierre de Luxembourg. —


Beaune : le célèbre tableau-retable de l'hôpital, attribué longtemps à
Jean van Eyck, est l'œuvre de son meilleur élève, Roger van der
Weyden ce polyptyque représente le Jugement dernier. Carrière-
: —
LIVRE XVI. — DES AUTELS 1
2g

Saint-Denis (Seine) son retable est peut-être le plus ancien retable


:

fixe deFrance ; il est en pierre de liais et date du xn e siècle. Ses


la

trois compartiments représentent la Vierge-Mère, l'Annonciation et


le baptême de Notre-Seigneur. —
Dijon : au Musée, deux curieux
retables portatifs, exécutés en 1 3g par Jacques de Baerze, artiste
i
,

flamand, pour l'ancienne Chartreuse de Dijon. Les peintures sont


attribuées à Melchior Broderlain, peintre du duc Philippe-le-Hardi.
Parmi les figures placées dans les niches de l'intérieur du premier
retable, on remarque surtout un saint Georges terrassant le dragon,
complètement équipé comme l'était un chevalier du xiv e siècle. —
Paris : à Saint-Germain-l'Auxerrois, dans la chapelle de N.-D. de
la Compassion, beau retable en bois sculpté de la dernière époque du

style ogival. — Perpignan : le plus beau des retables de la cathédrale


est celui, tout en marbre blanc, du maître-autel, exécuté en 1620 par
Soler, artiste barcelonais. —
Saint-Denis : à l'ancienne église abba-
tiale, beau retable portatif du xn siècle, en cuivre repoussé et émaillé,
e

provenant de Coblentz. On y voit le Christ bénissant, en buste, et


les douze apôtres assis, figures de ronde-bosse, en cuivre doré, avec
des nimbes en émail et une flamme qui descend sur chaque nimbe. —
Saint-Maximin (Var) autel et retable de la Renaissance, dont les
:

peintures offrent un vif intérêt pour l'étude de l'iconographie. Vingt-


deux compartiments représentent la Passion de Notre-Seigneur ces ;

peintures portent la date de i52o. Le nimbe de Judas est une simple


ligne noire privée de tout rayon lumineux la Madeleine se sert d'une ;

plume pour oindre les plaies du Sauveur les Apôtres sont chaussés ;

de sandales. Comme le dit fort bien M. Rostan (i), « c'est un écho


prolongé du gothique, un dernier parfum, si l'on veut, des siècles de
foi, mêlé déjà aux brises païennes qui se lèvent à l'horizon. » Sens: —
en 1760, sur la demande de Louis XV, on livra à la monnaie le
magnifique retable d'or du maître-autel de Saint-Étienne de Sens.
Cette table d'or, c'est le nom qu'on lui donnait, était un don de
Seguin, archevêque de Sens à la fin du x e siècle. Les figures en bosse
représentaient Notre-Seigneur couronné par deux anges, la Sainte-
Vierge, S. Jean-Baptiste, les quatre Evangélistes, etc. Des filigranes
d'or et des pierres précieuses rehaussaient encore la richesse de ce
retable qu'on ne découvrait que deux fois par an, aux deux fêtes de
S. Etienne.

(1) Bulletin ar ch. publié par le Comité historique des arts et monuments, t. IV, p. 442.

t. 11.
9
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

La Normandie est la province la plus riche


en retables. Citons,
dans Calvados, Blangy
le dans l'Eure, La Selle, Le Vaudreuil, Pont-
;

de-l'Arche et Rotes dans la Manche, Avranches et Pontorson ; dans


;

la Seine-Inférieure, le Lycée et Saint-Remi de Dieppe, Fécamp,


Gournay, Graville, Harfleur, Hautot-l'Auvray, Livry, Montivilliers,
Notre-Dame et Saint-Nicaise de Rouen, Saint-Saens, etc.
Pour les autres contrées de la France, nous nous bornerons à men-
tionner les retables de Saint-Paul d'Abbeville, de la chapelle des Péni-
tents-Gris à Aigues-Mortes, d'Arles-sur-Tech (1647), de Saint-Pierre
de Bordeaux, de Brou (xvi° s.), de Cernay (Marne), de Champallement
(Nièvre), de Chasseigne (Vienne), de Chaource (Aube), de la chapelle
du collège de Chaumont, de Contrexeville (Vosges), de Saint-Aré k
Decize et de Dornes (Nièvre), de Saint-Malo à Dinan, de La Ferté-
Bernard (Sarthe), de Mareuil-en-Brie et de Mesnil-Hurlus (Marne),
de Marissel (Oise), de la cathédrale de Marseille, de Saint-Cyr de
Nevers, de la cathédrale de Noyon, de la chapelle du château de
Pagny (Côte-d'Or), de Poisay-le-Sec (Vienne), de Saint-Front
de Périgueux, de Plessy-Placy (Seine-et-Marne), de la chapelle
du Saint-Lait à la cathédrale de Reims, de la cathédrale de Rennes,
de Rumilly-lès-Vandes (Aube), de Saint-Bertrand de Comminges, de
Saint-Malo, de Saint-Thibaud (Côte-d'Or), de la cathédrale de Troyes,
de Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme), etc.
Un grand nombre de retables ont été détruits ou supprimés, uni-
quement pour dégager la fenêtre absidale quon voulait garnir de
vitraux peints. Plusieurs d'entre eux ont trouvé un refuge dans les
Musées et les collections particulières. On en voit de fort beaux dans
les Musées du Louvre, de Cluny, de Rouen, etc., dans les collections
de MM. Basilewski, de Farcy, O. de la Saussaye, etc.

Italie. — Fiesole : à la cathédrale, le retable de l'autel est composé


de panneaux peints par Frà Angelico. Lacques : à l'église San-—
Frediano, retable en marbre de 1422, chef-d'œuvre de Jacopo délia
Quercia. —
Pavie celui de la Chartreuse, dont les dimensions sont
:

considérables, est attribué à Bernardi dell' Uberriaco (xiv e s.). — Pis-


toja: le retable en argent delà chapelle Saint-Jacques, à la cathédrale,
fut exécuté en 1287 et enrichi par des artistes des siècles suivants,
entre autres, Nofri de Buto et Alto Braccini. On croit que les deux
demi-figures de prophètes dont il est orné sont dues au ciseau de
Brunelleschi. — Rome : parmi ses plus beaux retables, on remarque
ceux du Gesù, de la Minerve, de Saint-Grégoire au Cœlins^do, Saint-
Ignace, de Saint-Laurent-hors-les-Murs, de Saint-Pierre du Vatican,
de Saint-Silvestre in Capite, de Sainte-Agnès de la place Navone,
de Sainte-Balbine, de Sainte-Marie de la Paix, de Sainte-Marie du

Peuple ceux des Muse'es de Latran et du Vatican.


; Venise : la —
pala d'oro de Saint-Marc dont nous avons parlé, sert aujourd'hui de
retable et s'élève à un mètre environ en arrière de l'autel ; un autre
retable de cette église, entièrement peint sur fond d'or, a été exécuté
à Constantinople, vers la fin du x e siècle, sur le modèle de celui de
Sainte-Sophie. A l'église Saint-Sauveur, on voit un grand retable
d'argent du xiv e siècle, divisé en trois étages dont les niches contien-
nent les figures du donateur, des Evangélistes, de la Vierge, de divers
saints et la scène de la Transfiguration.

I 6

Croix et crucifix

La croix n'est que la figure de l'instrument du supplice de Notre-


Seigneur, tandis que le crucifix représente Jésus sur la croix. On fit

des croix dès les premiers siècles de l'Église ;


mais, par respect pour
léSauveur, on ne voulait pas l'y représenter dans son état de nudité
c
et d'ignominie. Jusqu'au vui siècle, notre divin Sauveur ne fut

guère figuré que sous l'emblème du Bon-Pasteur. Le concile in


Trullo, tenu en 692 à Constantinople, ordonna d'abandonner l'allé-
gorie dans la représentation du crucifiement. Jean VII, élu pape en
705, paraît avoir, le premier, consacré l'usage du crucifix dans les
églises.
Un Tongres nous montre comment on
ivoire sculpté de l'église de
représentait la du ix e siècle (1).
crucifixion à la fin
Dès le ix e siècle, mais surtout à partir du xm e les croix portent ,

presque toujours l'image du Christ leurs branches égales se termi-


;

nent par un médaillon où figurent les quatre Evangélistes ou bien


leurs animaux symboliques.

(1) Voir'la gravure à la page suivante.


132 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

As
La Crucifixion
Ivoire du trésor de Tongres.

La croix apparaît dès le iv e siècle au sommet du cîboriiim et dans


les couronnes qu'on suspendait au-dessus de l'autel. Le plan de Saint-
Gali démontre qu'au commencement du ix e siècle on plaçait déjà une
croix sur l'autel; cet usage semble ne s'être introduit en France qu'au
X e siècle et ne s'être généralisé qu'au xui c A ces époques, et beaucoup
.
LIVRE XVI. — DES AUTELS i33

plus tard encore, la croix ne restait pas à demeure sur l'autel. Au


moment de célébrer les saints Mystères, quand le clergé arrivait
en procession au sanctuaire, on enlevait le crucifix de la croix pro-
cessionnelle pour l'adapter à un pied placé sur l'autel; la messe ter-
minée, on le replaçait sur la hampe de la même croix, et Ton retour-
nait à la sacristie. Au xvi e
siècle, on vit se multiplier les crucifix
restant toujours sur l'autel; mais on trouve encore, de cette époque,
beaucoup de croix à double destination.
Au xvn e siècle, la présence permanente de la croix sur l'autel n'était
pas encore considérée, du moins en France, comme essentielle. A la
cathédrale d'Angers, on n'en mit qu'en 1702, après la construction
de l'autel à la romaine.
Aujourd'hui, il estde règle que la croix soit placée sur le tabernacle,
ou, s'il n'y a pas de tabernacle, au milieu de l'autel; elle doit porter
l'image du divin Crucifié et dépasser en hauteur les six principaux
chandeliers. La croix n'est pas exigée lorsque le retable offre un
tableau avec une statue du Sauveur en croix (1).
La croix est-elle obligatoire, pendant la célébration de la messe,
lorsque le Saint-Sacrement est exposé? Les uns (2) l'affirment, en
faisant remarquer que les rubriques ne formulent aucune exception;
les autres (3) le nient, en disant que, dans ce cas, la réalité remplace la

figure. Le Saint-Siège, consulté sur ce point, a décidé que chaque


église pouvait s'en tenir à ses usages traditionnels (4).
Depuis assez longtemps, les Arméniens imitent les Grecs et les
Latins, en mettant sur l'autel une croix et des chandeliers. Chez les
Arméniens schismatiques, le crucifix est peint ou fait en nacre de
perles, enchâssée dans du bois.
La Profession de foi anglicane, publiée sous le règne d'Elisabeth,
n'autorise sur la table de la cène que deux chandeliers et une croix
sans Christ.

§ 7

Chandeliers, lampes et luminaire

Pour mettre de l'ordre dans cette étude, nous nous occuperons


successivement : i° de l'origine du luminaire ecclésiastique; 2 du

(1) Congr. Rit., 16 jul. 1 633 17 sept. 1822.


;

(2) Bonartius, Merati, Pasqualigo, etc.


(3) Aversa, Bauldry, Gavantus, card. Lugo, Quartus, Tamburini, etc.
(4) Congr. Rit., 2 sept., 1741; Benoît XIV, Constitution Accepimus du 16 juillet 1746.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

symbolisme du luminaire; 3° de l'entretien du luminaire; 4 des


lampes d'église; 5° des cierges; 6° de l'antiquité des chandeliers;
7 de
leurs noms; 8°
de leur matière; 9 de leurs diverses formes; io° des
endroits où on les plaçait; 1° de leur nombre; 12 de l'indication de
1

quelques chandeliers remarquables; i3° de divers autres appareils de


lumière; 14 enfin de quelques usages des Églises dissidentes.

I. Origines du luminaire ecclésiastique. — L'usage des lumières


dans le culte divin se retrouve chez tous les anciens peuples : c'est là
un de ces rites universels qui paraissent provenir du culte primitif,
antérieur aux lois de Moïse. On allumait des cierges et des lampes
devant les statues des idoles. En Grèce, dans le temple de Minerve,
il y avait une lampe qui brûlait perpétuellement. « Callimaque, dit
Pausanias (1), fit pour la déesse une lampe d'or dans laquelle, une
fois chaque année, on mettait de l'huile en quantité telle qu'elle
n'était consumée qu'au bout d'un an, bien que la lampe brûlât nuit
et jour la mèche était faite avec une espèce de lin incombustible. »
;

Dans le temple de Jérusalem, il y avait un chandelier d'or avec de


nombreuses lampes qui devaient brûler sans cesse devant la table
où étaient placés les pains de proposition.
Il était naturel que le Christianisme naissant s'appropriât cet
antique usage; d'ailleurs, il y fut déterminé par la nécessité. Pendant
les persécutions, les Chrétiens réfugiés dans les catacombes avaient

besoin de luminaire; on a trouvé dans ces cryptes funéraires des


milliers de lampes en argile ou en bronze. Suspendues par une
chaîne à la voûte des chapelles, ou fixées sur de petites consoles le
long des corridors, ou bien encore attachées près des tombeaux où se
célébraient les saints Mystères, elles servaient à éclairer les cérémo-
nies religieuses; mais elles avaient en même temps une signification
mystique, témoin celles qu'on déposait dans l'intérieur des tombeaux,
comme un symbole d'immortalité. Quand l'Eglise sortit des cata-
combes, on continua à se servir de lampes et de cierges, même
pendant le jour, non seulement en souvenir du passé, mais en signe
de vénération pour Jésus-Christ, en signe de joie spirituelle, comme
symbole de la foi dont les fidèles sont éclairés et comme emblème de
l'éternelle clarté.
Nous'avons de nombreux témoignages relativement au luminaire

(1) Attica, c. xxvi, n. 6.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 135

qu'on plaçait non pas sur l'autel, mais au-dessus ou à Tentour. Saint
Epiphane, dans sa lettre à Jean, évêque de Jérusalem, raconte qu'en
passant par un village nommé Anablatha, il reconnut l'église du lieu
à la lampe qui y était allumée. Saint Paulin nous parle plusieurs fois
des lampes suspendues en cercle autour de l'autel et brûlant nuit et
jour (i). L'hérétique Vigilance reprochait aux Chrétiens d'imiter en
cela les usages du paganisme: « Oui, répondait saint Jérôme, cela se
faisait pour les idoles, et c'était une chose détestable; cela se fait
aussi pour les martyrs, et c'est en ce cas un culte digne d'éloges. »
Saint Prudence, dans son hymne sur saint Laurent, met ces paroles
dans la bouche du tyran « On rapporte que des coupes d'argent
:

reçoivent le sang fumant de vos victimes et que, dans vos sacrifices


nocturnes, des flambeaux reposent sur des lustres d'or. »
C'était surtout aux fêtes solennelles qu'en Orient comme en
Occident, on faisait brûler de nombreux cierges pour ajouter à la
solennité de l'office. Aux jours ordinaires, on se contentait souvent
d'allumer un cierge pendant la lecture de l'Évangile, et on l'éteignait
aussitôt après. Il en était ainsi au vi e siècle en Occident, et c'étaient
les acolytesqui portaient les cierges de là leur nom de céroféraires.
:

C'est seulement au vn e siècle qu'on a allumé des cierges dès le


commencement de la messe, en l'honneur de Jésus-Christ qui est la
vraie lumière de l'âme.

Symbolisme du luminaire.
II. —
D'après les Saints Pères, le cierge
n'est pas
seulement le signe expressif de la lumière indéfectible,
apportée par le Sauveur et entretenue par l'Église; c'est aussi
l'emblème de l'intelligence éclairée par la foi; c'est en même temps un
symbole de purification et de charité, « On allume les cierges en plein
jour, disait saint Jérôme (2), non pour chasser les ténèbres, mais
pour exprimer la joie avec laquelle nous reconnaissons dans l'Évangile
la lumière qui éclaire nos pas et nous guide dans les sentiers du
Seigneur. » Le moyen âge a développé cette thèse dans des considé-
rations raffinées : « Deux chandeliers, dit Guillaume Durand (3), sont
placés aux cornes de l'autel pour signifier la joie qu'ont éprouvée les

(1) Nocte dieque, sic nox splendore diei


Fulget, et ipsa dies cœlesti illustris honore
Plus micat innumeris lucem geminata lucernis.
In natal. III S. Felicis.
(2) Epist. ad Vigil., c. m.
(3) Ration, div. offic, 1. I.
i36 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Juifs et les Gentils à la Nativité du Christ. » « Il y a dans le cierge

allumé, ajoute Pierre d'Esquilin (i), trois choses qui existent en


Jésus-Christ : la cire, chaste produit de l'abeille, signifie la chair si

pure du Sauveur, né de la Vierge immaculée; la mèche enveloppée


dans la cire désigne son âme très sainte, cachée sous les voiles de la
chair; la lumière est l'emblème de sa divinité. »

III. Entretien du luminaire. —


L'ordre des acolytes, qui date du
berceau de l'Église, a été institué pour prendre soin du luminaire des
églises. La matière en était offerte par les fidèles. Le troisième canon
apostolique mentionne l'huile qu'on apportait à l'autel pour l'entretien
des lampes. Parmi les revenus qu'assigna Constantin aux basiliques de
Saint-Pierre, de Saint-Jean de Latran et de Saint-Paul, il y en avait

d'expressément réservés pour le luminaire. L'impératrice Eudoxie,


femme de Théodose-le-Grand, constitua une rente de 10,000 setiers
d'huile pour l'alimentation des lampes de l'église de Constantinople.
Le pape une rente de vingt écus d'or pour l'entre-
saint Zacharie créa
tien des lampes de A Modène, au x e siècle, un
la basilique vaticane.

certain nombre d'habitants, hommes et femmes, signèrent une


convention par laquelle ils s'engageaient à fournir une cotisation
annuelle pour le luminaire de leur église.
Cet entretien, aujourd'hui à la charge des Fabriques, a paru si rigou-
reusement nécessaire, que le troisième concile de Brague (672), les
Novelles de Justinien et le Pontifical romain ont prescrit de ne point
construire d'église, avant d'avoir réuni les ressources indispensables
pour entretenir ses ministres et pour alimenter le luminaire (2).

IV. Lampes d'église. —


Les lampes des catacombes sont de
forme ronde, avec deux ouvertures, l'une pour mettre l'huile, l'autre
en forme de bec par où sortait la mèche. Une partie saillante, souvent
en forme d'anse, servait à la tenir ou à l'attacher. Les mèches étaient
confectionnées avec des fils enduits de cire, que l'on tirait de la feuille
du papyrus. Des lampes en métal, suspendues à l'aide de chaînes,
affectaient parfois les formes les plus diverses, celles de dauphins, de
dragons, de vaisseaux, etc.
Au moyen-âge, dans les contrées où l'huile d'olive était rare, on a
employé de la graisse au lieu d'huile, ce qui se fait encore aujourd'hui
dans certains villages d'Allemagne.

(1) Catalog., 1. III, c. lxxii.


(2) Jobin, Étude sur les lampes du Saint-Sacrement.
.

LIVRE XVI. — DES AUTELS .37

La vénération pour l'huile des lampes remonte bien haut car saint ;

Jean Chrysostome dit à ses auditeurs, dans une de ses homélies :

« Que voyez-vous dans ces lieux qui ne soit digne d'admiration?. .

Et cette lampe, n'est-elle pas d'une dignité et d'une efficacité incompa-


rable ? Ceux-là seuls connaissent sa valeur qui, dans leurs maladies,
y sont venus puiser de son huile; ils en ont oint leurs membres
infirmes et se sont retirés guéris (1). » Les papes, à défaut de
reliques, envoyaient aux évêques et aux souverains des fioles d'huile
recueillie dans les lampes d'églises. Dans les temps modernes, le curé
d'Ars guérissait des infirmes avec l'huile qui avait brûlé devant l'autel
de sainte Philomène. On connaît les guérisons merveilleuses opérées
par Thuile que M. Dupont, de Tours, faisait brûler devant l'image de
la Sainte-Face.
Nous aurons occasion de parler plus loin des diverses formes des
lampes du moyen âge, et, dans le livre consacré au culte de l'Eucha-
ristie, des lampes du Saint-Sacrement.

V. Cierges. — Ayant expliqué ailleurs


(2) l'origine et le symbolisme
des cierges, nous n'avons à donner que de courtes indications.
ici

On sait que la cire d'abeilles est exclusivement admise dans les


fonctions liturgiques. Cette cire, provenant du suc exquis des fleurs,
est un symbole expressif de l'humanité du Fils de Dieu, qui a été for-
mée du sang de la plus pure des vierges.
Les cierges doivent être de couleur blanche; il n'y a d'exception
que pour l'office des Ténèbres, pendant les derniers jours de la
semaine-sainte, pour l'office du vendredi-saint et les offices des morts,
où la cire doit être jaune. Remarquons toutefois qu'en Suisse, en
Allemagne et dans quelques églises d'Italie, on a conservé l'ancien
usage de la cire jaune.
En 1839, lesciriers de Marseille s'adressèrent à la
Congrégation des
Rites pour faire prohiber l'emploi, tendant à s'introduire, des bougies
stéariques qui ne sont autre chose que du suif épuré. Après une lon-
gue enquête, Sacrée Congrégation, en date du 16 septembre 1843,
la
répondit qu'il s'en tenir aux rubriques c'était condamner la
fallait :

stéarine, puisque les rubriques n'admettent que des cierges faits de


cire d'abeilles. Depuis, malgré de nouvelles instances en faveur de la
stéarine, la Congrégation n'a fléchi que devant des cas d'impossibilité

(1) Homil. XXXIII in cap. IX Matth.


(2) Hist, du Baptême, t. II, p. 437.
i38 HISTOIRE DU SACREMENT DE L EUCHARISTIE

absolue : ainsi, en i85o, elle a permis aux mission-


naires de l'Océanie, réduits à célébrer la messe sans
lumière liturgique, d'employer des bougies dites de
fabriquées avec du blanc de baleine. Les
l'étoile,

bougies stéariques peuvent avoir accès dans l'église,


quand elles ne remplissent pas un rôle liturgique,
par exemple pour l'éclairage, les illuminations, et,
même à Rome, on les admet pour l'exposition des
Quarante-Heures, pourvu qu'il y ait en même
temps dix cierges en cire.
Les cierges du moyen âge étaient gros et courts,
en forme de torche, et quelquefois en spirale. En
France, les cierges sont creux et effilés, et se fixent

sur un chandelier muni d'une pointe de fer. A


Rome, ils sont pleins et gardent le même diamètre
dans toute leur longueur; on les implante dans une
douille ou boccalet au-dessus de la bobèche, en les
assujettissant avec des éclats de bois, quand l'ou-
verture de la douille est trop large.
En Italie, en Espagne, dans quelques régions de
la Normandie et dans les environs de Cologne, on
se sert quelquefois, aux fêtes solennelles, de
cierges peints et dorés.
Les torches {intortitia, funalia) se composent de
plusieurs cierges juxtaposés, soit en long, soit en
spirale et ayant chacun leur mèche distincte. On
s'en sert principalement à l'élévation, à la bénédic-
tion du Saint-Sacrement, au transport du Viatique
et aux enterrements. On les mettait sur des tor-
chères dont quelques unes étaient remarquablement
sculptées.
Jadis, les cierges étaient probablement fabriqués
par les acolytes, qui avaient la surveillance spé-
ciale du luminaire. On
ne devait pas laisser à l'in-

Torchère de Bos- dustrie privée la confection de ces torches de cire,


l'Abbé (Eure). alors que les païens eux-mêmes les faisaient fabri-
quer par le collège des Cérulaires (i).

(i) Zimmerman, Florileg. philolog. hist., p. 245.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 1
3g

Dans beaucoup de nos églises, l'esprit d'économie et l'amour du


gigantesque ont fait remplacer de gros tubes en fer-
les cierges .par

blanc, munis intérieurement d'un ressort en spirale, et dans lesquels


on insère la bougie. Ces vulgaires souches qui portent de maigres
flammes, dix pieds au-dessus du crucifix, s'éteignent facilement et sont
d'un triste effet.

On sait qu'aujourd'hui il est rigoureusement interdit de célébrer


sans lumière, fût-ce même pour donner le saint Viatique à un malade.
Mais les théologiens ne sont point d'accord sur le genre de luminaire
qui peut suffire dans les cas de nécessité. Les uns(i) exigent abso-
lument la cire ; d'autres (2) permettent l'huile des lampes; enfin, il

en est qui vont jusqu'à tolérer des chandelles de suif (3).

VI. Antiquité des chandeliers. — Jusqu'ici on n'a point trouvé


de chandeliers dans les catacombes. Divers textes du iv e siècle dé-
montrent évidemment qu'ils faisaient partie à cette époque du mo-
bilier ecclésiastique. Saint Athanase se plaint de ce que les Ariens
aient introduit des païens dans que ceux-ci en aient
les églises, et

emporté les chandeliers pour y devant leurs


faire brûler des cierges
idoles (4). Anastase le Bibliothécaire nous apprend que Constantin
fit placer quatre chandeliers devant l'autel de la basilique Saint-
Paul, en l'honneur des quatre évangélistes, et que, deux siècles plus
tard, le pape Vigile reçut de Bélisaire deux grands chandeliers d'ar-
gent doré, destinés à être placés devant l'autel de l'église Saint-
Pierre (5).

Le XIV e
Concile de Carthage (6), tenu en 398, prescrit en ces
termes forme de l'ordination des acolytes « Que l'acolyte reçoive
la :

le chandelier avec un cierge des mains de l'archidiacre, afin qu'il

sache que sa fonction est d'allumer les cierges dans l'église. » Ce


canon est fort important et jette du jour sur des textes postérieurs
où les chandeliers ne sont pas expressément désignés. Ainsi, quand
Isidore de Séville (7), qui florissait à la fin du yi« siècle, nous

(1) Bellarmin, F;icundez, Henriquez, etc.


(2) Fernandez, Garzia, Ledesma, Riccius, Rodriguez, Suarez, Vasquez, etc.
(3) Azor, Barbosa, Bonacina, Layman, Palaus, Tolet, etc.

(4) Epist.ad orthod. in persecut.


(5) In vita S. Sylvestri. —
In Vigil.
(6) Et non point le quatrième, comme le disent Suarez, de Euchar., quaest. 83, art. 3
sect. 6, p. 862 du tome XVIII, et Chardon, Hist. des sacrements,
ap. Migne, Theol. curs,
compl., t. XX, p. 790.
(7) Origin., 1. VII, c. xn.
140 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

dit que « les cierges sont portés et déposés par des acolytes, » il

devient évident qu'il s'agit de cierges supportés par des chande-


liers. Le chandelier est l'attribut distinctif des acolytes dans les
anciens monuments iconographiques. L'ordination de l'acolyte est
figurée dans un Pontifical latin du ix e siècle, appartenant à la biblio-
thèque de la Minerve, à Rome (1). L'évêque fait toucher aux acolytes
une burette et un chandelier à trois pieds, dont la tige se compose de
douze nœuds; la hauteur de ce chandelier dépasse la moitié de la taille

de l'évêque.
La plus ancienne représentation de chandeliers que nous connais-
sions se trouve sur une mosaïque du vi e siècle, publiée par Seroux
d'Agincourt (2). Elle figure les sept chandeliers qui entourent l'Agneau
de l'Apocalypse ; ce sont des fûts renflés par le milieu, supportés par
trois pieds et couronnés par une bobèche en forme de chapiteau. L'ar-
tiste a-t-il monuments qui existaient de son temps ou
représenté des
en a-t-il pris le type dans son imagination? c'est ce qu'il est impossible
de déterminer.
Nous venons de constater qu'en Orient et en Italie, on faisait usage
e
de chandeliers dans les églises, tout au moins dès Quant le iv siècle.

à nos contrées, moins riches en cire, il est probable qu'on ne s'y ser-
vit de cierges qu'un peu plus tard et que, par conséquent, les chande-
e
liers n'y furent introduits que vers le v ou le vi e siècle.

VII. Des noms des chandeliers. — Depuis le xvn e siècle, on ré-

serve le nom de candélabre aux chandeliers à plusieurs branches, et

aussi aux chandeliers destinés à porter une seule torche de dimension


considérable.
Les mots candelabrum, ceroferarium, cereostatum sont ceux qui
ont étéle plus généralement employés au moyen âge pour désigner les

chandeliers. Les textes de cette époque offrent de nombreuses varian-


tes de ces dénominations. Voici les principales candelabra, candela- :

ria, candeleris, candilerium, cereostata, cerostata, cyrostata, cereos-


taria, cereostarium, cerostanda, cerostans, ceroferale, cerogeru-
lum, etc.

On se servait aussi des mots candela, cereus, pour signifier le cierge

avec son chandelier (3).

(1) Seroux d'Agincourt, Peinture, pl. XXXVII, n. 6.


(2) Peinture, pl. XVI, n° 9.
(3) D. Martène, De ant. monach. rit., 1. II, c. iv, n. 7.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 141

Les canthara cerostata étaient des chandeliers disposés de façon à


recevoir des lampes les cerostati battutiles anaglyphi étaient des
;

chandeliers en lames d'argent battu, décorées de bas-reliefs.


Le nom de flambeau (de flamma) ne s'appliquait d'abord qu'aux
torches de cire. C'est par abréviation qu'au xvi siècle on a nommé
e

flambeaux ce qu'on appelait jadis chandeliers à flambeaux.


Les chandeliers à manche ou bougeoirs, qui étaient connus dès le

xm e
siècle (1), se nommaient esconces (de abscondere) quand la lumière
était protégée par un entourage quelconque, et palettes ou platines
quand la lumière restait à l'air libre (2). On appelait torsiers, et plus tard
torchères, les chandeliers dans lesquels on brûlait des torches de cire.

Matière des chandeliers.


VIII. —
Dans le cours du moyen âge,
on a employé pour la fabrication des chandeliers, l'or, l'argent, le
bronze, le cuivre argenté, doré ou émaillé, le marbre, le fer, le
cristal, le bois, etc.
En en Bretagne, en Normandie, on voit des chandeliers en
Italie,
e
bois doré des xv e et xvi siècles, qui sont d'un fort beau travail.
Saint Charles Borromée tolère que les chandeliers dont on se sert
pour les fêtes solennelles soient en argent, quand lés ressources de
l'église ne permettent pas d'en avoir en or (3). Hélas ! cette tolérance
s'applique à un luxe devenu inabordable pour la plupart de nos sanc-
tuaires; nous avons substitué à l'or et à l'argent, le zinc et la fonte; il

est vrai que nous en sommes prodigues et que, grâce au bas prix de ces
matières, nous pouvons peupler l'autel d'une forêt de chandeliers
gigantesques! Ainsi avons-nous remplacé la qualité par la quantité,
et l'art par le poids. Quelquefois ces immenses chandeliers sont en
argent doré, ou bien en cuivre doré; mais, par une économie qui
fait songer à celle des soigneuses ménagères relativement à leur

pendule, on enveloppe ces chandeliers d'apparat d'une percale de


couleur ou d'une gaze transparente. La Congrégation des Rites, con-
sultée à ce sujet (12 sept. 1837), tolère que, pendant la semaine, on
préserve ainsi les chandeliers de l'humidité et de la poussière; mais
elle veut qu'ils soient découverts les dimanches et jours de fête.

VII. Des diverses formes des chandeliers. — Du xn


au xvi e siècle, e

le chandelier se compose ordinairement d'un pied, d'une tige avec ou

(1) Villars de Honecourt en donne un dessin.


(2) De Laborde, Notice des émaux, etc., t. II, p. 262.
(3) Instruct. fabric. eccles., éd.. Van Drivai, p. 254.
142 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

sans nœuds, d'une coupe ou bobèche destine'e à recevoir les gouttes


de d'un tuyau ou d'une pointe pour y fixer le cierge. Ils sont en
cire, et
général faits d'une seule pièce ; les Us des métiers, recueillis au xm e siè.
cle par Etienne Boileau, contenaient même une prescription formelle
à ce sujet : « Que nuls chandeliers de cuivre ne soient faiz de pièces
soudées. » Ils sont généralement peu élevés ; les plus hauts attei-
gnent à peine un demi-mètre ;

beaucoup ne dépassent pas vingt


centimètres. Leur poids, quand
ils sont en argent, varie d'une
demi-livre à vingt livres. Les
chandeliers d'argent de quatre à
huit livres sont ceux qui figurent
le plus communément dans les

inventaires. Les chandeliers por-


tés par les acolytes paraissent
avoir été un peu plus grands que
ceux qu'on plaçait sur l'autel.
L
Ancienne collection Bouvier * *

Le pied tout entier est quelquefois formé d'un animal sur le dos

Ancienne collection Bouvier


LIVRE XVI. — DES AUTELS

duquel est fïxe'e la tige. Tantôt c'est un monstre à deux pattes, dont
la queue sert de troisième support tantôt c'est un pied carré repo-
;

sant sur les quatre animaux évangélistiques. Quand le pied forme


une base plate sans pattes, il est plus souvent triangulaire que rond,
ovale, carré ou multilobé, et alors les trois supports se terminent or-
dinairement en pattes d'animaux divers, en griffes de lion, en serres
d'aigle, etc. C'est sur le pied du chandelier que l'artiste étale le plus
librement ses fantaisies capricieuses ou ses enseignements sym-
'

boliques. C'est là que se découpent les festons, que fleurissent les


roses, que s'entrelacent les rinceaux, les serpents et les lézards, que
les anges et les saints s'abritent sous des niches.
Parfois le blason du donateur s'étale sur le pied. En France, ces
écus armoriés figuraient surtout sur les chandeliers faisant partie du
mobilier du château seigneurial, et qui n'apparaissaient à l'église que
pour l'enterrement d'un membre de la noble famille. En Italie, on voit
bien plus souvent les armoiries de l'église ou du donateur, quelquefois
même l'effigie du titulaire et une inscription commémorative.
L'inventaire des dîtes de Bourgogne, n° 4,090, nous fait connaître
deux chandeliers portatifs dont les pieds servaient de burettes. « Deux
chandeliers nuefs d'argent, desquels les bacins se mettent et sortent
à viz et autre viz qui font bouteille dessoubz, pour mettre en l'un
du vin et en l'autre de Teaue, quand on chevauche pour dire les messes,
et se mettent lesdits bacins dedans les piez qui ont double fons pour

estre plus portatifs, pesant xvj marcs vij onces. »


La tige du chandelier est unie ou cannelée, ou décorée de feuil-
lages et d'autres ornements; elle s'amincit ordinairement en mon-
tant. Elle a un nœud, quelquefois deux, rarement trois. On donnait
à ces nœuds le nom de pommeL Outre les nœuds, il y a parfois des
tores au-dessous de la bobèche et au-dessus du pied. Les nœuds
sont ornés d'émaux incrustés, de rinceaux, d'entre-lacs, de roses, de
trèfles,de quatre-feuilles, et quelquefois de scènes religieuses, telles
que l'Annonciation, le Couronnement delà Vierge, etc.
Au xv e siècle, on voit des tiges flanquées de clochetons et de pina-
cles. D'autres se renflent par le bas en forme de balustre tel est le :

chandelier que porte un acolyte dans un tableau du musée de Cluny,


attribué à Frà Angelico, et représentant une consécration d'autel.
Certains chandeliers avaient des anses pour qu'on pût les porter plus
commodément.
Les bobèches affectent la forme de coupe, d'entonnoir, de chapiteau,
144 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

de couronne de fleurs, etc. Elles sont quelquefois surmontées d'un


bout de tuyau pour recevoir les cierges mais le plus ordinairement
;

c'est une broche conique en fer, en cuivre ou en argent, dans laquelle

la bougie doit s'adapter par sa partie creuse.

Ancienne collection Bouvier

Les remarques que nous venons de faire s'appliquent principale-


e
ment aux chandeliers des xn% xin% xiv e et xv siècles. Aux époques
suivantes, ils deviennent plus hauts, remplacent les figures d'animaux
par des feuillages et semblent vouloir déguiser leur lourdeur par la

profusion des ornements.


Au xvm e
siècle, les chandeliers devinrent des machines gigantes-
ques qui, sans souci des convenances liturgiques, dépassèrent arro-
gamment la hauteur de la croix. On ne pouvait plus mettre
de petites bougies sur de pareils supports; d'un autre côté, l'éco-
nomie des Fabriques reculait devant la dépense de torches en cire de
145

dimension analogue. Ce fut alors qu'on in- fl

venta les souches; on y mit d'abord un peu


d'art et on imita les formes des torchères ;
aujourd'hui nous n'avons plus que de grands
tuyaux de fer-blanc, dont le capricieux méca-
nisme donne bien des soucis aux bedeaux.
C'est en Angleterre qu'a commencé l'insur-
rection du goût contre ces massifs chandeliers
qui ressemblent à des canons braqués contre
la voûte. Pugin a publié de très jolies imita-

tions de petits chandeliers du xv e siècle, et les


artistes ont reproduit ses modèles. D'habiles
fabricants de France, MM. Poussielgue, Thier-
ry, Triouilier, Villemsens, etc., sont entrés
dans cette voie de réforme et ont produit des
œuvres remarquables.
Il est assez rare de rencontrer des inscrip-
tions sur les chandeliers. Celles qu'on connaît
sont la plupart relatives aux donateurs. Un
chandelier de la cathédrale de Lincoln portait
ces mots: Orate pro anima Richardi Smith (i).
On conserve au musée d'Orléans un chande-
e
lier en cuivre, du xv siècle, trouvé en février

1 858 dans les fouilles de Laqueuvre (Loiret).


Sur le pied de ce chandelier, dont la hauteur Collection Bouvier,

estde 20 centimètres, on lit cette inscription Prie\ pour Aignan de :

SaintMesmin et de Laquœuvre (2). On lisait les rimes suivantes sur


un grand chandelier de cuivre donné, au xvi e siècle, à la cathédrale
d'Amiens par la paroisse Saint-Leu :

(Êu l'oit mil cljtnq ctns d six

Cm paroissûns k Sctint-Cfu

iïU ont fit u nobU iun assis


gu bf lîlMstcurs ci VJLvtn.

X. Des endroits ou on plaçait les chandeliers. — Du temps


de saint Jérôme (3), c'était une coutume universelle en Orient

(1) Dugdale, Monasticon anglicanum.


(2) Mémoires de la soc. arch. de l'Orléanais, t. IV, 1 858, p. 406.
(3) Adv. Vigil
T. II.
.
46

d'allumer un cierge pendant l'Évangile. Cet usage passa, au cinquième


siècle, dans l'Occident, et, vers le septième, on laissa les cierges allumés
pendant tout le temps du Sacrifice. Mais les chandeliers étaient alors
déposés aux deux coins du sanctuaire. A quelle époque les plaça-t-on
sur l'autel? Si nous consultons à ce sujet les liturgistes, les uns nous
répondront que ce fut au x e siècle (r); d'autres, au xv e (2) Grancolas ;

prétend même que c'est un usage tout récent, et par là il entend le


xvi c ou le xvii e siècle (3). Essayons de trouver la vérité au milieu de
tant d'opinions contradictoires.
On a donné comme preuve de l'absence de chandeliers sur la table
du Sacrifice, jusqu'au xv e siècle, les petites représentations d'autels
que nous offrent les miniatures et les vitraux, et où l'on ne voit figurer
tout au plus que le calice. Cette preuve négative, en supposant les re-
présentations exactes, ne serait point admissible ; car ces figures d'autels
sont souvent si petites que les artistes ont dû se contenter d'en déter-

miner la nature, en y plaçant seulement un calice; le défaut d'espace


a pu leur faire négliger les accessoires. D'ailleurs, on pouvait ne
mettre les chandeliers, comme on Ta fait de la croix, qu'au moment
même du Saint-Sacrifice, et c'est pour cela que certaines miniatures
nous représentent des autels entièrement nus.
Si l'absence de chandeliers sur l'autel, dans les monuments figurés,
ne peut rien prouver, leur présence, au contraire, est un argument
décisif. Nous pouvons en produire un pour le xn siècle. La châsse
e

romane de saint Calmin, provenant de l'abbaye de Mauzac (Puy-de-


Dôme), nous offre une peinture d'autel où un chandelier unique fait
le pendant de la croix (4). Deux autels reproduits par Villemin (5),

d'après des monuments du xv e siècle, sont ornés de deux chande-


liers.

Consultons maintenant les textes. Les écrivains ecclésiastiques


e
antérieurs au xi siècle, qui se sont occupés des autels, saint Denys
l'Aréopagite, saint Cyrille de Jérusalem, saint Isidore de Séville,
Fortunat de Trêves, Walafrid Strabon, Raban Maur, etc., ne font
aucune mention de chandeliers fixés sur l'autel. Ils nous apprennent
que les acolytes posaient leurs chandeliers par terre, in pavimento,

(1) Thiers, Dissert, sur les autels, ch. xix.


(2) Bocquillot, Traité hist. de la lit. sacrée.
Anciennes liturgies, t. II, p. 52.
(3)
Voyez-en le dessin dans VEssai sur les églises romanes du département du Puy-
(4)
de-Dôme, par M. Mallay.
(5) Monuments français inédits, t. II, pl. 200.
LIVRE XVI. — DES AUTELS '47

aux angles de l'autel, comme c'est encore l'usage aujourd'hui dans


beaucoup d'églises orientales; qu'au moment de l'Évangile, ils les
reprenaient pour accompagner le diacre à l'ambon ou au pupitre;
qu'ils les replaçaient ensuite auprès de l'autel, et qu'après l'office, ils

les rangeaient soit à la sacristie, soit derrière l'autel. Un souvenir de


cet antique usage subsiste encore à Rome, où l'on voit souvent deux
grands chandeliers à l'entrée du chœur ou du sanctuaire.
Au ix e pape Léon IV (i) et le concile de Reims
siècle, le ;

e
au x Ratherius, évêque de Vérone (2), prescrivent expressément de
,

ne mettre autre chose sur l'autel que les reliques des saints et le livre
des Évangiles.
Quand les anciennes Coutumes de Saint-Benigne de Dijon, de
Fleury-sur-Loire, de Corbie, etc., prescrivent un nombreux lumi-
naire pour les offices, elles parlent toujours d'allumer les cierges non
point sur l'autel, mais devant l'autel (3).
Les Coutumes de Cîteaux, rédigées en 1 188, disent que, le vendredi-
saint, avant l'office, on doit allumer deux cierges près de l'autel,
comme c'est l'usage pour les jours de fête, ut mos est festibus
die bus.
C'est seulement dans les auteurs du xm e
siècle que nous avons
trouvé des indications positives relativement à la présence de chande-
liers sur l'autel. Guillaume Durand nous dit que : « aux coins de
l'autel sont placés deux chandeliers, pour signifier la joie des deux
peuples qui se réjouissent de la nativité de Jésus-Christ; » et plus
loin, que : « la croix est placée sur l'autel, au milieu de deux chande-
liers, parce que le Christ, dans l'Église, a été le médiateur entre les
deux peuples (4). »

Le Sire de Joinville dit, en parlant des cérémonies de la Sainte-


Chapelle, -sous règne de saint Louis
le « Et en chascun jour ferial :

ou jour que l'on ne dit pas ix leçons, estoient deux cierges sur l'autel
qui estoient renouvelez chascun jour de lundi et chascun mercredi :

mès en chascun samedi et en toute simple feste de ix leçons estoient


mis quatre cierges à l'autel; et en toute feste double ou demi-double,
ils estoient renouvelez et estoient mis à l'autel six cierges ou huit;

(1) Homil. de cura pastorum.


(2) Burchard, 1. III décret., c. 97.
(3) De ant. mon. rit., t. III, c. xv, n. 3a*
(4) Rational, lib. ï. } c. 111, n os 27 et 3i.
148 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

mès ès festes qui estoient moult sollempnex, douze cierges estoient


mis à l'autel (1). »

L'usage de mettre des chandeliers sur l'autel était devenu général au


xvi e siècle. Il y avait cependant encore des exceptions au xvn% parmi

les églises cathédrales et collégiales qui, selon l'expression de Thiers,


« étaient restées le plus attachées à l'antiquité (2). » La cathédrale de
Chartres peut, de nos jours, revendiquer ce mérite on y place les :

chandeliers sur les marches de l'autel. Dans quelques chapelles de

monastères de la Trappe, on continue à ne mettre des cierges que sur


des branches appliquées aux extrémités du retable. Nous avons
constaté ce même usage dans quelques églises paroissiales de France,
de Belgique et d'Allemagne; mais c'est là un abus réprouvé par la
Liturgie (3).

Ainsi donc, pour nous résumer, il paraît certain : i° que, jusqu'au


xn e on ne mit point de chandeliers sur l'autel 2 que cet usage
siècle, ;

e
existait, du moins dans quelques églises, au xn siècle et surtout
au xm e ; 3° qu'il se généralisa aux xv e et xvi e siècles, sauf quelques
exceptions qui ont persévéré plus ou moins longtemps.
Les montants de la grille du chœur étaient parfois garnis de petits
chandeliers en guise de fleurons mais, en général, c'étaient des
;

cierges sans chandeliers ou munis d'une bobèche que l'on plaçait


sur les clôtures du chœur, sur les ciborium et sur les trefs.
On rencontre fréquemment, en Allemagne et en Belgique, de très
hauts chandeliers qui accompagnent les clôtures de chœur en fer
ouvré. Telle a dû être la destination de deux chandeliers en fer battu,
provenant, l'un de la cathédrale de Noyon, l'autre de l'hospice de la
même ville. Ils paraissent remonter au xiv e siècle (4).
Outre ces chandeliers qui restaient à poste fixe, il y en avait d'autres
pour les acolytes plus ou moins nombreux qui prêtaient leur ministère
à la célébration de Dans l'ancienne liturgie gallicane, le diacre
l'office.

accompagné de sept acolytes portant cha-


qui chantait l'évangile était
cun un chandelier, pour figurer les sept dons du Saint-Esprit (5). Le
degré de solennité des offices, dans les monastères, était vulgairement
désigné sous le nom de fête à trois, à cinq, à sept chandeliers. On

(1) Histoire de S. Louis, éd. de 1761, p. 3i 1.

(2) Dissert, sur les autels, ch. xix, p. 141.


;3) S. Congr. Rit., 16 sept. 1 865.
(4) Voir la gravure à la page suivante.
(5) Lettre de S. Germain de Paris dans le tome V du Llies.iurus anecdotorum de
D. Martène.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 149

Chandeliers de la cathédrale de Noyon

indiquait par là, non pas qu'on dût placer ce nombre de flambeaux
sur Fautel, mais que l'officiant devait être accompagné d'un pareil
nombre de céroféraires.

XI. Du nombre des chandeliers. — Jusqu'au xvi e siècle, les chan-


deliers étaient ordinairement au nombre de deux sur
de l'autel,
chaque côté de la croix. L'autel de la châsse de Mauzac ne nous en
offre qu'un; il en est de même dans quelques anciennes réprésen-
tations, d'où l'on a conjecturé qu'il n'y eut d'abord qu'un seul chande-
lier sur l'autel.

Aux jours de grande solennité, on doublait ou triplait le nombre


des chandeliers. A la cathédrale de Bourges, jusqu'au xiu e sièch, on
i5o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

n'en mettait que deux aux fêtes simples et quatre aux fêtes doubles.
A partir de 1260, on en plaça quatre aux fêtes ordinaires et six aux
grandes solennités (1). L'autel de la chapelle de Henri VIII, élevé
dans le Camp du drap dor, était garni de dix chandeliers d'or (2).
Au xvi e siècle, l'adoption des gradins sur l'autel fit augmenter le
nombre des chandeliers (3), et on a continué depuis, du moins en
France, à en mettre six, douze, dix-huit et même plus. La rubrique
du Missel n'interdit pas, il mais les liturgis-
est vrai, cette profusion,
tes les plus autorisés disent qu'on ne doit mettre que deux chande-
liers pour les fériés ; quatre, aux octaves fériées de TAvent et du
Carême, aux Quatre-temps et Vigiles, aux semi-doubles et aux dou-
bles mineures; six, les dimanches, aux doubles et aux fêtes d'obliga-
tion.
L'évêque célébrant, en cour de Rome, a droit à quatre chandeliers ;
dans son diocèse, il en a sept; le pape en a toujours huit.
Le Cérémonial des évêques veut que les chandeliers ne soient pas
d'une hauteur égale, mais qu'ils s'élèvent graduellement depuis les
cornes de l'autel, de manière que les deux plus hauts se trouvent de
chaque côté de la croix. Cette prescription n'est guère observée,
même à Rome.
Autrefois, aux messes basses, on allumait un troisième cierge
depuis le Sanctus jusqu'après la communion du prêtre. Cette rubri-
que du Missel était déjà tombée en désuétude du temps de saint
Liguori, et nous avons constaté qu'elle est bien rarement observée
en Italie. Elle a été récemment remise en honneur dans quelques
diocèses de France, notamment dans celui de Périgueux.

XII. — Indication de quelques chandeliers remarquables. — On


conserve à la cathédrale d'Hildesheim, deux chandeliers fondus par
saint Bernward, évêque de cette ville (io23); ils avaient été placés
dans son cercueil, où ils restèrent jusqu'en 1 192, c'est-à-dire jusqu'à
la levée des reliques, après la canonisation de Bernward.

On voit au trésor d'Aix-la-Chapelle un chandelier dont l'écusson


indique qu'il a été donné à cette église par Louis le Grand de Hon-
grie (i32Ô-i382); son pied cubique, s'évasant par le bas, est décoré
d'une arcade géminée inscrite dans une anse de panier.

(1) Cartulaire de Saint-Étienne de Bourges, t. I.


(2) Chronique de Hollinsched, t. II, p. 857.
(3) A Rome, les chandeliers des messes basses se placent sur la table même de l'autel
et non sur le gradin.
i5i

M. un chandelier qui appartenait à l'é-


l'abbé Texier décrit ainsi
glise de Tarnac (Gorrèze) Aux trois angles, sur une base triangu-
: «

laire, enlacée de feuillages aux capricieux replis, liée de galons, semée

de perles, sont assis trois anges aux longues tuniques; un livre est
ouvert sur leurs genoux. Ce chandelier, en style roman, est fondu en
cuivre jaune, Vauricalque de Théophile, matière assez rarement mise
en œuvre par les orfèvres français (i). »
Nous avons vu à Tours, en 1847, à l'exposition rétrospective, un
fort beau chandelier appartenant à M. d'Espaulard, du Mans ; on
croitque c'est celui que saint Thomas de Cantorbéry donna à l'église
du Mans.
Les cinq chandeliers dont le R. P. Arthur Martin a publié les
dessins dans le tome I de ses Mélanges d'archéologie, proviennent
des cabinets de MM. Carraud, Dugué, Desmotte et Sauvageot.
D'après réminent archéologue, ils offriraient les scènes d'une même
légende, celle de l'Edda, relative au loup Fenris qui coupa d'un
coup de dent la main de Tyr, un des douze compagnons d'Odin. Ces
interprétations, tout ingénieuses qu'elles soient, n'ont point convaincu
tous les archéologues, et beaucoup pensent que ces cinq monuments
présentent trop d'analogie avec certains chandeliers d'église des xn°
et xm e
siècles, pour qu'on leur attribue une origine septentrionale et
un caractère mythologique. Ils croient qu'on peut rattacher ces diver-
ses scènes aux légendes chrétiennes où le démon figure sous les traits
d'animaux divers, à moins que ce ne soit là qu'une simple fantaisie
d'artiste.
Il y a des chandeliers du moyen-âge, plus ou moins remarquables,

aux Musées du Louvre, de Cluny, d'Amiens, etc; dans les trésors


des cathédrales de Sens, de Bourges, de Munster, d'Aix-la-Chapelle,
de Mayence, etc; dans les églises de Jérusalem à Bruges, de Saint-
Nicolas à Léau en Flandre, de Saint-Sébald et de Saint-Laurent à
Nuremberg, etc. Nous avons donné le dessin de quelques curieux
chandeliers qui faisaient partie de la riche collection, aujourd'hui
dispersée, de M. Bouvier, d'Amiens.

XIII. De divers autres appareils de lumière. — Ce n'était point seu-


lement par des chandeliers que l'autel était jadis éclairé. Souvent de
nombreuses lampes brûlaient sur les trefs ou poutres transversales

(1) Dict. d'orfèvrerie, col. 476.


l52 HISTOIRE DU SACREMENT DE i/EUCHARISTlE

suspendues par des chaînes; des cierges en cire jaune étaient allumés
autour du ciborium, sur les candélabres qui entouraient l'autel, sur
les couronnes de bronze ou d'argent suspendues à la voûte, sur les
grilles qui fermaient le sanctuaire. Ces divers appareils de lumière
étaient désignés par des noms spéciaux. Indiquons les principaux.
Les candélabres, en marbre ou en bronze, avaient deux, quatre, sept,
quinze branches et au-delà ; un des plus célèbres est le candélabre de
Milan qu'on appelle arbre de la Vierge, la plus belle œuvre de bronze,
peut-être, que nous ait léguée le xm e
Les canistra ou canistri
siècle.
étaient des lampes en forme de ou des sortes de plateaux
corbeille
placés au-dessous des lampes. Les canthara étaient des lampes
évasées on donnait aussi ce nom à des chandeliers de diverses
:

formes. Les lustres en cire s'appelaient ceriones. Les coronce, les ré-
gna, les rotœ étaient des cercles garnis de lampes tout à l'entour elles ;

reproduisaient parfois la figure d'une étoile à six ou huit branches.


Les cruces étaient entourées de croix lumineuses que l'on y adaptait :

il y en a une à Saint-Marc de Venise. Les delphini, lampes à plusieurs

mèches, affectaient la forme d'un dauphin. Les herses ou râteliers


sont un appareil de supports horizontaux dont les branches sont en
nombre plus ou moins considérable. Les phara coronata étaient des
lampes surmontées d'une couronne. Les relia aliéna étaient des lustres
de bronze en forme de rets orbiculaires. Les trabes ou trefs, poutres
transversales placées à l'entrée du cœur, tantôt fixes, tantôt suspendues
à des chaînes, recevaient une série de cierges sur des pointes de fer.
On désignait sous le nom de iurres ou bien des couronnes ornées de
tours, ou bien une suite de cercles superposés allant en décroissant
depuis la base jusqu'au sommet.
L'appareil de lumière le plus usité au moyen-âge était une couronne
de métal (corona, phara, pharacanthara), composée de cercles d'un
diamètre plus ou moins considérable, dont le pourtour était chargé de
cierges et de lanternes. Honorius d'Autun nous dit qu'on suspendait
ces luminaires à la voûte pour trois motifs i° pour orner l'église
:

qu'ils inondent de clarté; 2° pour nous apprendre que ceux qui


servent Dieu ici-bas, méritent seuls la couronne de la vie éternelle;
3° pour figurer la Jérusalem céleste dont elles sont un symbole.

La cathédrale de Tours possède un râteau à trois cierges, en fer


forgé, estampé et doré c'est un monument unique en son genre (i).
:

(i) Barbier de Montault, Le râteau à trois cierges de la cathédrale de Tours.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 153

A la basilique de Saint-Jean de Latran, du temps de Constantin,


la couronne d'or qui brûlait devant l'autel était enrichie de quatre-

vingts figures de dauphins. Quatre couronnes de lumière entraient


dans la décoration du ciborium que Léon IV fit exécuter, au ix e siècle,
pour la basilique de Saint-Pierre.

Aix-la-Chapelle Reims

La célèbre couronne d'Aix-la-Chapelle, en cuivre doré, émaillé et


ciselé, fut offerte à la Sainte Vierge, au xn e siècle, par l'empereur
Frédéric Barberousse. Elle a huit mètres de circonférence. Chacun
des huit lobes qui forment son contour supporte deux lanternes en
forme de tour, au bas desquelles sont représentées les huit Béatitudes
et diverses scènes de la vie de Notre-Seigneur. On peut placer trois
cierges dans l'espace qui sépare les tours.
Il y a deux couronnes de lumière à la cathédrale d'Hildesheim,
près de Hanovre. La plus grande, don de l'évêque Hézilon, au
e
xi siècle, mesure dix-huit mètres de circonférence. Divisé en douze
lobes, son pourtour est décoré de douze tours et de douze portes,
réunies par une courtine crénelée, dont chaque créneau porte un chan-
delier. Des places sont ménagées pour cent-dix lumières.
On voit aujourd'hui des imitations de ces sortes de couronnes dans
beaucoup de grandes églises de France, par exemple dans les
cathédrales d'Amiens, d'Angoulême, de Bourges, de Chartres,
de Reims, de Paris, etc.
M. Poussielgue-Rusand a exécuté, d'après le dessin de M. Pugin,
le célèbre architecte anglais, une très gracieuse couronne de lu-
mière. Elle est disposée sur deux cercles en cuivre, découpés à
jour ; chaque cercle est orné d'une inscription latine peinte à la
cire directement sur le cuivre doré ; chaque phrase de l'inscription
1 54 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

est séparée par des écussons champlevés et émaillés. Une galerie


découpée à jour court sur chaque bandeau.

L'usage des bras de lumière, branches ou appliques, sortes de


candélabres sans pied, fixés à la muraille ou au retable, ne remonte
pas à des époques fort anciennes.

XIV. Usages des églises dissidentes. — Chez les Grecs, les

cierges sont placés sur la prothèse du diacre,dans certaines circons-


et,

tances liturgiques, sont portés par les lecteurs ou les acolytes devant
l'officiant. Les Arméniens, contrairement à l'usage des autres Orien-

taux, ornent les deux gradins de leurs autels de la croix et de chan-


deliers.
Dans plusieurs églises de Saxe, l'usage catholique des cierges
allumés a été conservé, mais, disent les Protestants, seulement pour
rappeler Theure tardive où Notre-Seigneur a institué la Cène.
Les Ritualistes d'Angleterre mettent deux cierges sur Tautel pendant
la célébration de la cène. Cette pratique fut dénoncée à la Cour des

Arches en 1868; mais ce tribunal ecclésiastique déclara cet usage


LIVRE XVI. — DES AUTELS 155

orthodoxe, attendu qu'Édouard VI, quand il réforma le Rituel


de 1547, n'avait pas aboli l'emploi des deux cierges (i).

'

S 8

Propitiatoires

On incrustait parfois, dans les tables d'autels fixes, des plaques d'or
ou d'argent enchâssées, qu'on appelait propitiatoires, parce qu'on
y offrait le sacrifice de paix et de propitiation. Anastase le Bibliothé-
caire mentionne les propitiatoires d'or ou d'argent donnés par le pape
Pascal à Saint-Pierre de Rome, à Sainte-Praxède, à Sainte-Marie in
Cosmedin, à Sainte-Marie-Majeure, etc. ;
par Léon IV, à Saint-Pierre
de Rome. Ce dernier propitiatoire contenait 72 livres d'argent et

80 livres d'or.

S 9

Statues

Dans l'antiquité chrétienne, on plaçait des images de Jésus-Christ,


de la Sainte Vierge, des Apôtres, et de divers Saints, sur les supports
de voiles qui entouraient l'autel, sur les arcades du ciborium qui le

surmontait, mais non point sur l'autel lui-même. Baronius et Bini


admettent la présence des images sur l'autel dès le vi e siècle, mais
c'est en mal interprétant un canon du deuxième concile de Tours,
dont nous avons déjà eu occasion de parler. Cet usage ne s'intro-
duisit guère qu'au x e siècle et n'était pas encore universel au xv e .

A coté des statues de on mettait parfois les figures des


saints,
donateurs et des bienfaiteurs de l'église. Sur l'autel de la cathédrale
de Reims, que fit exécuter, au x e siècle, l'archevêque Hérivée, autel
qui existait encore en 1789, on voyait les figures en pied d'Hérivée,
de son prédécesseur Foulques, de Charles le Simple, de Judith,
femme de Charles le Chauve, et d'Ansgarde, femme de Louis le

Bègue (2).

(1) Revue britann., avril 1868, p. 538.


(2) Tarbé, Trésors des églises de Reims, p. 216.
i56 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Sans un induit spécial, on ne peut pas enlever d'un autel l'image du


Saint sousle nom duquel il a été dédié. Cette prescription de la

Congrégation des Rites (i) est très souvent violée.

S io

Diptyques

Les diptyques, d'origine grecque, furent d'abord un mode de


communication missive entre les princes c'étaient des tablettes
:

composées de deux ou trois pièces de bois, d'ivoire ou de métal,


enduites intérieurement d'une couche de cire, sur laquelle on écrivait
avec le style. Chez les Romains, les consuls échangeaient entre eux
des diptyques au premier jour de Tan. Après que Constantin eut
donné la liberté au Christianisme, les magistrats adressèrent des
diptyques aux églises, par marque de respect, et les églises, en signe
de reconnaissance, placèrent ces présents sur les autels, afin de
recommander les donateurs aux prières des fidèles. Plus tard, ce
symbole consulaire devint tout à fait écclésiastique il servait à ;

marquer les noms, non seulement des autorités civiles qui étaient en
bonne harmonie avec l'Église, mais aussi des morts pour qui Ton
devait prier, des évêques avec lesquels on était en communion, des
papes régnants, des saints dont on faisait la fête ou la mémoire. Cet
usage d'inscrire ainsi le nom des défunts à recommander à l'autel,
explique pourquoi plusieurs Sacramentaires donnent le nom de
Super diptycha à la Commémoration des Morts.
La partie de l'ivoire, opposée à celle où était étendue la cire pour
recevoir les inscriptions, était ordinairement sculptée et figurait des
scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ceux que l'on connaît
de l'époque mérovingienne offrent de grandes incorrections de
dessin : en général, les têtes sont trop grosses, les mains exagérées,
les Musée d'Amiens possède un diptyque
draperies mal ajustées. Le
e c
de ce genre, fort curieux, qu'on présume être du vi ou du vn siècle*

Il représente trois miracles de saint Remi, relatifs au sacre de Clovis.

C'est le seul monument connu de cette espèce, datant de cette époque,


où Ton trouve sculpté un trait de l'histoire de France.
L'usage des diptyques, invoquant sur l'autel la miséricorde divine

(i) N° 4 655.
5i 7

pour les vivants pour les morts, a disparu depuis longtemps,


et

comme coutumes de l'Église primitive; mais la liturgie


tant d'autres
n'a jamais oublié de prier ni pour les bienfaiteurs défunts, ni pour les
vivants. Les lettres N. N. inscrites dans le Missel et auxquelles le
célébrant substitue de véritables noms, au Mémento des vivants et à
celui des morts, remplace l'office des anciens diptyques. C'est ainsi
que les usages de l'Église se modifient à travers les siècles, sans
qu'aucune atteinte soit portée à l'esprit qui les avait inspirés; la forme
change, mais l'idée survit; l'écorce peut se détacher de l'arbre sans en
altérer la sève.
Quand l'emploi des diptyques tomba en désuétude, leurs feuillets
sculptés servirent le plus ordinairement de reliquaires, de porte-
feuilles d'images et de couvertures pour les livres liturgiques.

§ ii

Châsses et reliquaires

Dès on rendit un culte de vénération à ceux


l'origine de l'Église,
qui mouraient pour lafoi; n'est donc pas étonnant qu'on ait recueilli
il

précieusement leurs restes, qu'on ait creusé des cryptes pour les
abriter et qu'on les ait placés dans les autels dédiés à Dieu sous leur
invocation. Nous avons parlé plus haut des reliques qu'on mettait
dans l'intérieur de l'autel, pour le consacrer, nous n'avons plus à nous
occuper que de celles contenues dans des châsses qu'on plaçait sur
l'autel. Cet usage n'est pas antérieur au ix e siècle. Les plus anciens

y soient relatifs sont ceux d'un concile de Reims et d'une


textes qui
homélie de Léon IV, où il est dit qu'on ne doit rien mettre sur l'autel
que les châsses contenant les reliques des saints, les livres des Évan-
giles et la pyxide du Viatique. On a invoqué en faveur d'une plus
haute antiquité de cet usage l'autorité de saint Grégoire de Tours.
Cet écrivain nous dit, il est vrai, que lorsque Didier apporta à Saint-
Martin de Tours les corps de saint Martin et de saint Félix, il
ordonna qu'on les plaçât super altarium; mais ce n'était là qu'une
résidence temporaire, puisque Didier devait, dès le lendemain,
reprendre ces reliques et continuer avec elles son voyage.
Ces placements transitoires, lors des promenades de châsses,
T 58 HISTOIRE DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE

étaient encore désapprouvés au x° siècle par divers écrivains qui


poussaient par trop loin le culte de la tradition (i).

C'est au xm e
que remonte l'usage général de placer de
siècle
grandes châsses au-dessous de l'autel ou bien derrière, à une certaine
hauteur, de façon à ce que les fidèles puissent passer dessous ou
même les toucher de la main ou les baiser respectueusement. Quant
aux petits reliquaires, on les posait temporairement sur l'autel, le
jour de la fête du saint dont ils contenaient une relique.
Guillaume Durand nous apprend que, de son temps, dans certaines
églises, on plaçait des reliques dans le tabernacle mais les conciles ;

ont toujours condamné cet abus de mettre les restes mortels des saints
sur le même rang, pour ainsi dire, que la réserve eucharistique.

§ 12

Fleurs artificielles ou naturelles

Saint Augustin nous parle d'un homme de qualité, adversaire de la

religion chrétienne, qui fut converti de la manière suivante par son


gendre: « Ce dernier, dit-il (2), crut devoir se rendre à l'oratoire de
saint Etienne et prier pour son beau-père mourant. En se retirant, il
pritquelques fleurs de l'autel, qui se trouvèrent sous sa main, et les
emporta. Puis il alla les poser sur la tête du malade qui déjà n'y
voyait plus et qui soudain s'écria qu'il avait la foi. » Prudence, dans
son poème sur sainte Eulalie, engage les jeunes filles à cueillir des
violettes et des crocus pour en décorer l'église. Saint Jérôme félicite
le prêtre Népotien du zèle qu'il mettait à décorer les églises, de fleurs,

de pampres et de feuillages (3). Saint Paulin de Noie engage les


fidèles à joncher de fleurs les dalles du sanctuaire, à couvrir de
guirlandes les piliers des portes (4). Venance Fortunat nous dit que
sainte Radegonde, avec les premières fleurs du printemps, faisait des
guirlandes et des couronnes pour les suspendre autour de l'autel (5).
En examinant de près ces textes, on voit qu'il n'est jamais question
de fleurs disposées en couronne ou en bouquet pour être placées

(1) Gezzo, abbas Dothenensis, ap. Muratori, t. III. Anecd.


(2) De civit. Del, XXII, 8.
(3) Epist. IXadHellod.
(4) Natal. S. Felicis.
(5) L. VIII, carm. IX.
'5 9

sur la table même de seulement les murs,


l'autel; les fleurs de'coraient
les piliers, ciborium ou la crypte; on en jetait aussi
les portes, le

sur les dalles. Il en fut de même au moyen-âge. Au xm e siècle, les


fleurs artificielles furent introduites dans les usages du culte on croit :

que ce sont des religieuses de Flandre qui, les premières, confection-


nèrent des fleurs en soie. L'emploi des fleurs sur l'autel lui-même
paraît avoir été admis d'abord par les couvents de femmes, puis par
e
les ordres mendiants et les paroisses rurales, vers le xvi siècle; au
xvm cet usage était encore fréquemment repoussé par les cathé-
e
,

drales, les collégiales et les églises monastiques. Aujourd'hui, les


fleurs naturelles ou artificielles, plantées dans des vases de bois, de
porcelaine oii de métal, se sont emparées des gradins, a peu près
partout, excepté dans les basiliques majeures de Rome. Les austères
défenseurs de l'ancienne liturgie auraient mauvaise grâce à proscrire
ces ornements ; mais trop souvent, ils pourraient trouver occasion de
critiquer le mauvais goût de ces décorations et surtout de ces vulgaires
fleurs artificielles, aux couleurs déteintes, chargées de poussière, ou
bien emprisonnées dans un globe, comme on en rencontre encore
sur certaines cheminées de salon.

§ *3

Missel et porte-missel

Autrefois le livre des Évangiles restait souvent à demeure sur Tau-


tel, parce que la parole de Dieu, selon l'expression de saint Augustin,
n'est pas moins digne de nos respects que le corps même de Jésus-
Christ. Encore aujourd'hui, dans beaucoup d'églises orientales, le
Missel reste perpétuellement sur l'autel.
Le Missel se plaçait jadis sur un coussin de la couleur du jour,
usage peu commode qui se perpétue dans plusieurs villes d'Italie. Les
pupitres apparaissent dès lexnr9 siècle. Un inventaire de la cathé-
drale d'Angers, daté de 1297, en mentionne un en argent (1). C'est en
Espagne qu'on voit les plus beaux pupitres ouvragés ils restent à
;

demeure sur l'autel.


On peut avoir des doutes sur la destination réelle des meubles qui
sont conservés sous le nom de pupitres d'autel à Sainte-Croix de
Poitiers et au musée de Lyon.

(1) Revue de l'art chrétien, 2 e série, t. XV, p. 3i8.


i6o

§ 14

Canons d'autel

Les canons ou cartons d'autel (tabellœ), destinés à aider la mémoire


du célébrant, ne datent que de la fin du xv e siècle. SaintCharles Borro-
mée et un concile d'Avignon (1594) en font une obligation liturgique.
La rubrique du Missel ne mentionne que la tabella secretarum qui
se place au milieu de l'autel et contient le Gloria, le Credo, les prières
de l'offertoire, les paroles de la consécration, les oraisons avant la

communion et le Placeat : c'est le plus ancien. Le canon de l'Évan-


gile In principio n'est pas antérieur à saint Pie V, puisque c'est sous
son pontificat que l'on commença à réciter cet évangile à l'autel.
Quant au canon du Lavabo, contenant les prières de l'infusion du vin
et de l'eau dans le calice et le psaume pour l'ablution des mains, il est
encore plus récent, puisque Gavantus qui écrivait au commencement
du xvn e siècle, en parle comme d'une commode innovation de son
temps.
En diverses églises d'Espagne et d'Italie, on ne trouve point de
canons d'autel; dans d'autres, il n'y a que celui des secrètes.
Les cartons ne doivent rester sur l'autel que pendant la messe; en
tout autre temps, ils doivent être déposés sur la crédence ou rangés
dans la sacristie, et non point renversés sur la nappe d'autel, comme
cela se fait souvent en France.
Les canons sont tantôt de simples feuilles de papier imprimées,
collées sur un carton (de là le nom de caria, carte, qu'on trouve
dans les inventaires), tantôt des parchemins entourés de cadres plus
ou moins riches et protégés par un verre. Les plus anciens sont écrits
à la main, ornés de miniatures ou tout au moins de majuscules
rehaussées d'or ou de couleurs variées celui des secrètes avait parfois
:

des charnières et se pliait comme un triptyque : il en est encore ainsi


aujourd'hui dans le rite lyonnais.
Certains canons modernes sont envahis par des images aux dépens
du texte imprimé trop fin. On peut reprocher à d'autres leur gran-
deur démesurée et leur poids tellement excessif qu'on est obligé de
les traîner sur des roulettes, quand il est besoin d'ouvrir le taber-
nacle dont il cache entièrement la porte.

Les canons d'autel en vermeil donnés à la cathédrale de Reims


LIVRE XVI. — DES AUTELS l6l

pour le sacre de Charles X valent plus de 12,000 francs, sanscomp-


ter le prix artistique des peintures. La première lettre de chaque prière
est fleuronisée et représente un saint ou une sainte dont le nom com-
mence par cette lettre.
Parmi les plus remarquables canons d'autel, nous devons citer ceux
de la cathédrale d'Evreux, en argent ciselé (xv e siècle); ceux du musée
de Naples, brodés au xvi e siècle par les religieuses de Fontevrault ;

ceux de l'église de Saint-Riquier, plaques d'argent gravées, dont les


cadres sont en cuivre ciselé et doré ceux de Notre-Dame de Ver-
;

saillesdont les miniatures datent de 1770; ceux de Notre-Dame de


Ghâlons-sur-Marne, donnés et dessinés en 1753 par le chevalier de
la Touche ceux de la cathédrale de Limoges, émaux exécutés par
;

Noël Laudin ceux du musée de Cluny (n° 658o), imprimés sur


; et

soie, à Poitiers,en 1690, avec encadrements et bordures couverts de


broderies en fleurs de couleurs rehaussées d'or.
AuCongrès des Sociétés savantes de 1882, M. Castan a lu à la
section des Beaux-Arts une dissertation sur un beau canon d'autel
du xvi e siècle, brodé par Madeleine de Bourbon pour la première
messe de son cousin Charles de Guise (1544), archevêque nommé
de Reims.
Parmi les œuvres modernes, nous nous bornerons à signaler un
grand canon peint sur vélin par M. Ernest Lami, qui a figuré au
salon de 833, et ceux qu'a exécutés M. Boileau pour la maison Cur-
1

mer. Voici la description de ces derniers, que nous trouvons dans


les Instructions sur la Liturgie de M. l'abbé Noël:
« C'est une sorte de poème sacré, dont les divers épisodes consti-

tuent un ensemble tout à la fois pittoresque et gracieux. Le carton du


milieu, qui est plus spécialement nommé canon, présente une Cène
eucharistique d'une exécution digne des plus grands éloges. Elle est
encadrée de trois arcades ogivales, relevées de rinceaux de feuillages,
dans le goût gothique le plus riche. Immédiatement au-dessous des
paroles de la consécration, le soubassement en entrelacs représente,

au centre, la Vierge Marie chantant le cantique Magnificat. Elle est


accompagnée de l'archange Gabriel, tenant une banderolle où se lisent
les premiers mots de la Salutation angélique, et de sainte Élisabeth

dont la banderolle porte les paroles Benedicta tu in mulieribus.


:

L'encadrement de tout le canon est formé d'un vigoureux feuillage,


retraçant les ciselures du moyen âge, et dont il est impossible de dé-
crire l'ornementation aussi variée que savante. En commençant par la
T. II. I I
;

IÔ2 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

gauche, au-dessus de l'hymne angélique et du Symbole, on voit figurer


saint Pierre; puis, en redescendant, saint Gélase et saint Ambroise
et, au soubassement, saint Hilaire de Poitiers. Ces figures, costumées
selon l'époque à laquelle elles se rattachent, sont séparées par des
médaillons symboliques, la Confession, la Louange, le Trisagion, et
par les titres des œuvres de ces personnages, qui ont rapport à la

Liturgie. A droite, on voit saint Paul, symétrisant avec le prince des


apôtres ;
puis, en descendant, saint Grégoire pape, saint Cyrille, et
au-dessous, saint Thomas
d'Aquin. Les médaillons représentent la

Prière, l'Instruction, l'hymne des anges, et les titres, comme pour le

côté gauche. L'or, l'azur, le vert-antique, le rouge, le bleu, le jaune,


s'harmonisent avec le goût le plus exquis. Tout, dans cette composi-

tion, charme, instruit, intéresse. Le carton de l'épître offre dans son


encadrement, avec le même luxe d'ornementation, au sommet, saint
Jean l'Évangéliste, avec une banderolle qui porte l'inscription Apo- :

calfpsis, etc. L'apôtre, dessiné en vieillard, tient à la main un rou-


leau. Les montants des deux côtés sont ornés des figures des quatre
auteurs d'épîtres, savoir: saint Paul, saint Pierre, saint Jacques et
saint Jude. Au soubassement est saint Luc. Les médaillons retra-
cent les premières paroles de chacun des livres de ces auteurs sacrés,
où l'Église a puisé le sujet de la lecture qui suit la collecte. Le carton
de l'Évangile présente, selon le même système, les quatre évangélis-
tes, posés sur des figures symboliques. Au sommet, Jésus-Christ,
couronné d'un nimbe divin, enseigne l'inimitable prière, le Pater.
Au soubassement, le roi David tient un rouleau déployé, le livre des
Psaumes. »
En France, à certaines solennités, on mettait quelquefois des ins-
truments de paix entre les canons ou sur les gradins ainsi, à la ca- :

thédrale d'Angers, les jours de fête, on décorait l'autel de quatre


instruments de paix, ornés de pierres précieuses (i).

ARTICLE XI

Accessoires de l'Autel

Nous rangerons sous ce titre ce qui concerne : i° les crédences;


2° les piscines; 3° les chancels et les balustrades; 4 les tables de

t) DeFarcy, L'ancien trésor delà cathédrale d'Angers.


LIVRE XVI. — DES AUTELS l63

communion. Les tabernacles isolés sont aussi l'un des accessoires les
plus importants de l'autel mais nous avons cru devoir en parler
;

en même temps que des tabernacles adhérents au corps même de


l'autel.

§ i

Des crédences

Dans les y avait, outre l'abside principale,


basiliques latines, il

deux absides collatérales correspondant aux deux contre-nefs. Celle de


gauche, nommée diaconium, était une sorte de sacristie où s'habillait
le clergé; celle de droite, secretarium, contenait les vases sacrés.
Ailleurs, ces vases étaient renfermés dans une armoire pratiquée
dans le mur, à droite de l'autel; dans une autre armoire, à gauche, on
mettait le missel, le livre des Évangiles, celui des Épîtres et celui
des Psaumes. En l'absence d'armoire, on se servait de grands
coffres. La crédence a remplacé tout à la fois le secretarium, l'armoire
et le coffre. C'est une table carrée, circulaire ou polygonale, disposée
près de l'autel pour recevoir temporairement les objets nécessaires au
sacrifice de la messe, les burettes, l'aiguière, le manuterge, etc. Elle
fait souvent corps avec l'architecture alors, c'est tantôt une tablette
:

supportée par une console, tantôt une base pratiquée dans le creux
d'un mur. Sa place régulière est du côté de l'Épître; celle qu'on voit
parfois du côté de l'Évangile était destinée à recevoir les offrandes
des fidèles. On l'appelait Trpoôsctç, TrapaTpaTrsÇov, oblationarium, parato-
rium.
Les crédences ne deviennent communes qu'au xm e siècle; quand
elles sont pratiquées dans une niche, il arrive souvent qu'une tablette

supérieure a la destination dont nous parlons, tandis que la partie


inférieure fait l'office de piscine, c'est-à-dire qu'elle est creusée en
forme de cuvette, percée d'un trou pour l'écoulement de l'eau qui a
servi au lavabo de l'officiant.
Parmi les crédences remarquables par leur antiquité ou leurs déco-
nous citerons celles des Saints-Nérée-et-Achillée et de Saint-
rations,
Clément à Rome; des églises de Minot (Côte-d'Or), de Pontigny et
de Vezelay (Yonne); des Saintes-Chapelles de Paris, de Saint-Germer,
de Souvigny, etc.
i6 4 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

§ 2

Des piscines

Il n'est point question de piscine monumentale avant le ix e siècle,


et l'on n'en connaît point d'antérieure au xi
e
Le prêtre officiant se
.

lavait les mains dans un bassin portatif et l'eau était jetée ensuite au
dehors, à moins qu'elle ne fût versée dans un trou creusé sous l'autel
ou à côté, et nommé ôaWaa, GaXacraa^tov, /ovetov, lavacrum. Le pape
Léon IV, au ix e siècle, dans une instruction adressée aux évêques (i),
exige qu'il y ait près de l'autel un lieu où l'on puisse jeter l'eau qui a
servi à purifier les vases sacrés et où le prêtre trouve de l'eau et du
linge pour se laver les mains et les essuyer après la communion.
Telle fut probablement l'origine de ces piscines où le prêtre se lavait
les mains avant la messe, après les encensements et après la commu-
nion.
Quelquefois la piscine est un récipient percé d'un trou et supporté
par un pédicule isolé ou accolé au mur; le plus ordinairement, c'est
une niche pratiquée dans la muraille et munie d'une cuvette perforée
pour l'écoulement des eaux. Nous avons déjà dit qu'elle est souvent
accompagnée d'une tablette qui sert de crédence.
Aujourd'hui le célébrant ne purifie dans le calice que le pouce et
l'index de chaque main; mais autrefois le pain consacré étant en
beaucoup plus grande quantité, le prêtre ne pouvait pas, surtout au
moment de la fraction, n'y employer que quatre doigts; il devait
donc, après la communion, se laver entièrement les deux mains.
L'ablution, trop abondante pour être bue, était jetée dans la piscine.
La diminution des communions et l'emploi des petites hosties
devaient réduire la quantité de l'ablution; l'usage traditionnel n'en
persévéra pas moins jusqu'au xin e siècle et au-delà. Innocent III
ordonna au prêtre de boire les ablutions, mais on ne tint pas compte
partout de ses recommandations; seulement on manifesta plus de
respect pour l'eau qui avait servi à rincer le calice. La piscine fut
géminée et par conséquent munie de deux cuvettes. On jetait dans la
première l'eau qui avait servi au lavabo; dans la seconde, l'ablution
du calice. Un conduit les faisait déverser en terre sainte, soit dans
l'église, soit dans le cimetière. On comprend dès lors l'importance

(i) Sirmond, ConciL, t. XXI, p. 570.


LIVRE XVI. DES AUTELS

liturgique de la piscine, les encensements qu'on lui donnait dans


certains diocèses et le soin qu'on mettait à la décorer, surtout dans la
partie destinée à l'ablution du calice.

Quand généralement au xiv e siècle, il ne


l'usage de la boire s'établit
fut plus nécessaire de ménager deux cuvettes dans une piscine à
double usage. Un seul bassin suffit dès lors pour recevoir les eaux
ordinaires, et l'architecture dut se conformer à la modification
liturgique qui venait de s'opérer. Remarquons toutefois que l'ancien
usage se prolongea très longtemps dans certaines localités, par
exemple à Cluny, à Rouen, à Chartres, à Orléans, à Paris, à Saint-
Denis, à Saint-Jean de Lyon, chez les Chartreux, etc.
Aux xv e et xvi e siècles, les piscines sont moins grandes et se parent
de dais évidés à jour, de consoles, de culs-de-lampe, de clochetons à
crosses végétales; elles se fermaient quelquefois à clé et pouvaient
alors servir de trésor.
Il est à remarquer que dans les grandes églises on trouve des
piscines dans les chapelles des bas-côtés tournants et des basses-nefs,
et non point près du grand autel; là, elles n'auraient point servi,
puisque, aux messes solennelles, le diacre et le sous-diacre prenaient
les ablutions du calice. La place régulière de la piscine est du côté de
TÉpître, mais les dispositions architecturales des chapelles ont fait

parfois intervertir cette place, surtout dans le bas-côté de l'Évangile.


En Italie, la piscine est souvent logée à la sacristie.
Nous citerons comme particulièrement remarquables les piscines
de La Ferté-Bernard, de la Sainte-Chapelle de Paris, de Saint-
Gabriel (Calvados), de la cathédrale de Coutances, de Notre-Dame de
Sémur, de Saint-Urbain de Troyes, de l'abbaye aux Hommes à
Caen celles de Donfield en Angleterre et de la cathédrale de Lau-
;

sanne.

§ 3

Des chancels

Des écrivains protestants ont prétendu à tort que les chancels ou


cancels avaient été inventés dans des siècles d'ignorance, pour
établir symboliquement une différence entre l'ordre ecclésiastique et
la condition laïque. Ces balustrades, qui existaient dès la plus haute

antiquité, fermaient l'entrée du sanctuaire aux laïques, même


i66

qu'autrefois les lévites seuls étaient admis dans certaines parties du


temple et que le Grand-Prêtre seul pouvait, une fois par an, pénétrer
dans le Saint des Saints. A cette raison morale nous pouvons ajouter
un motif matériel. Les chapelles des catacombes étaient fermées par
des transenna, espèce de grillage en marbre ou en bronze pour
protéger les reliques des martyrs contre l'indiscrète piété des fidèles.
Cet usage fut transporté, pour les confessions, dans les églises supé-
rieures et s'appliqua plus tard à toute espèce d'autel. On retrouve
d'ailleurs des clôtures analogues dans les basiliques profanes et dans
les prétoires.

Ces clôtures du sanctuaire ou du chœur s'appelaient Sr^a, aSu-rov, can-


cellus (barreaux), septum (cloison) et quelquefois pectoralia, parce
qu'elles s'élevaient à la hauteur de la poitrine. La dénomination de
cancelli s'appliquait, par extension, à l'espace compris entre les
balustrades du sanctuaire et le jubé. C'est pour cela qu'en Angle-
terre le chœur est parfois désigné traditionnellement sous le nom de
chancel.
Dès les premiers siècles, les chancels affectèrent des formes assez
variées : c'était tantôt des grilles ou
treillis en bois, en pierre, en

marbre, en fer, en bronze, en argent; tantôt des balustres plus ou


moins ouvragés, tantôt des panneaux décorés de mosaïques et de
peintures. En général, les chancels primitifs n'étaient décorés que de
simples imbrications; au vi e siècle, ils s'ajourèrent ou bien se décorè-
rent de disques crucifères, de losanges, de monogrammes, de chrismes,
de rinceaux et de rubans. Au vn e
apparurent de riches
siècle,

sculptures et surtout des bandes d'entre-lacs. Au ix e on les orna sou-,

vent d'arcades crucifères; au xu e on voit de grandes dalles de marbre


,

entourées de cadres en mosaïque. Quelquefois ces clôtures étaient


percées de portes, ornées d'arcades et de statuettes, surmontées de
pilastres auxquels on suspendait des voiles en tapisserie, qui
cachaient le sanctuaire pendant une partie de la messe. A l'église

romaine des Saints-Nerée-et-Achillée, des pupitres ou analogia ont


été établis à demeure sur les chancels pour tenir lieu d'ambons.
La séparation du chœur d'avec la nef a été d'autant plus maintenue
au moyen âge qu^l arrivait souvent que l'entretien du chœur était à
la charge du seigneur ou des décimateurs, tandis que la nef était

construite et réparée aux frais des paroissiens.


Dans les églises à une seule nef, le chœur était séparé de la nef,
non; seulement par le chancel, mais aussi par l'arc triomphal, arcade
LIVRE XVI. — DES AUTELS 167

en maçonnerie, en pierre ou en bois, plus ou moins décorée de sculp-


tures et surmontée d'un crucifix qu'accompagnaient souvent les sta-
tues de la Sainte- Vierge et de saint Jean. Il est à regretter que
dans beaucoup d'églises on ait fait disparaître cette séparation tradi-
tionnelle.
L'arc triomphal et le chancel suffisaient bien pour interdire l'en-

trée du chœur aux laïques, défense qu'un concile de Reims renouve-


lait encore en 1 585 ; mais ils étaient impuissants à protéger certains

autels contre la rapacité des voleurs ou la piété mai entendue des


fidèles. Il en est qu'on garantissait par des volets de bronze et par une

forte grille presque adhérente tel est celui du sancta sanctorum au


:

patriarchat de Latran. « Il y a là, dit Mgr Barbier de Montault (1),


pour protéger les reliques précieuses qui y étaient renfermées*, un
premier rempart de marbre épais, plus une forte grille munie de
serrures. La grille s'ouvre à la partie antérieure, et Ton a alors deux
volets de bronze portant les effigies de saint Pierre et de saint Paul et
le nom d'Innocent III. La présence des apôtres indique que là étaient

conservés leurs chefs, et la date de cet autel grillé est fixée par le
nom du pape qui dut l'élever et le consacrer, et qui siégea de 1 198
à 12 16. »
Dès le xm
siècle, on commença à remplacer les chancels par des
e

murs des lambris de bois qui défendaient du froid et des courants


et
d'air, et qui, dans les cathédrales et les collégiales, firent tout le tour
du chœur, en se décorant à l'extérieur de riches bas-reliefs. Les jubés
qui se multiplièrent au xv e siècle, en France, en Angleterre et en
Allemagne, remplacèrent tout à la fois les clôtures et lesambons.
De nos jours, il y a parfois une double clôture, Tune autour de
l'autel, l'autre entre le sanctuaire et le chœur, ou bien entre le chœur

et la nef. Souvent aussi les anciens chancels sont remplacés soit


par des tables de communion, fixes ou mobiles, soit par des grilles en
fer forgé.
Parmi les anciennes grilles, remarquables
par leur beauté, nous
citerons en Franee, celles des
cathédrales de Goutances, Mende,
Reims, des églises de Béziers, Braine (Aisne), La Brède (Gironde),
Saint-Denis, Le Puy, Thor (Vaucluse), Saint-Saturnin de Tou-
louse, etc en Italie, celles des églises de Sainte-Croix de Florence,
;

de Pérouse, de Prato, etc.

(1) Bulletin de la Soc. des ant. de l'Ouest, 1880,


p. 41.
i68 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Ancienne grille de l'abbaye de Saint-Denis


69

Grille de Notre-Dame du Puy

Dans les églises orientales, le sacrarium où est l'autel se trouve


séparé du reste de l'édificepar une haute cloison, appelée iconostase
(de £txo>v, image, et axaciç, assemblée) à cause des saintes images qui
y sont peintes. La porte du milieu ou porte sainte est réservée au
prêtre; cependant le diacre y peut également passer quand il accom-
plit certains rites solennels. Les deux autres portes sont à l'usage des

clercs. On
y peint des anges, pour montrer que les ministres remplis-
sent près de l'autel les fonctions qu'occupent les anges près du trône
divin. M. de Rossi croit que la disparition générale des iconostases
n'est pas antérieure au vm e siècle et aux persécutions des icono-
clastes ce fut surtout une protestation contre la doctrine et les
:

sacrilèges de ces hérétiques. Tout d'abord, les iconostases se compo-


sèrent d'une rangée de colonnes surmontées de vases et de statues, et
aux fûts desquels étaient attachées des tringles sur lesquelles glis-
saient les voiles qu'on fermait pendant certaines parties de la

messe.
170 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

On voit de remarquables clôtures d'autel à Saint-Théodore et à


Sainte-Sophie de Gonstantinople (vi e siècle), à la Panagia Nicodemo

d'Athènes, à la cathédrale de Stnyrne,à Saint-Demetrius de Thessalo-


nique (vi e siècle), à Saint-Spiridion de Corfou, etc en Italie, à Saint-
;

Cle'mentde Rome (vi e siècle), à Sainte-Marie au Transtévère(ix e siècle),


à Saint-Marc de Venise (vi e siècle), à Saint-Pierre de Toscanella
(vn e siècle), à l'église grecque de Livourne, à Ravenne. à Torcello
(xi e siècle), etc, (1),

Clôture sacrée de l'église grecque de Livourne

(1) Cf. Rohauh de Fleury, La Messe, planches CCXVII à CCXLVI.


LIVRE XVI. — DES AUTELS

S 4

Des tables de communion

Pendant longtemps, les Ghrétiensse rangèrent debout contre les chan-


cels pour recevoir la communion. « Que ceux qui savent que je suis
instruit de leurs péchés, dit saint Augustin (i), s'éloignent de la com-
munion, s'ils ne veulent pas être chassés des chancels. » Quand les
fidèles commencèrent à communier à genoux et non plus debout, on
dut diminuer la hauteur des chancels ou se servir d'un meuble por-
tatif qu'on appela table de communion, banc de communion, appui

de communion, estai, étal. Le chancel fut souvent aussi remplacé par


une balustrade, peu élevée, en bois, en pierre, en marbre, en fer battu,
ayant une surface plane qu'on recouvrait d'une garniture en drap et
d'une nappe de toile garnie de dentelle.
D'après les prescriptions de Benoît XIII, la table de communion
devrait avoir trois pieds de hauteur et un pied de largeur; saint
Charles Borromée n'exige que 21 centimètres de large. En Espagne
et en Italie, la tablette de la balustrade est d'ordinaire beaucoup plus
large qu'en France, où généralement une simple grille tient lieu d'ap-
pui de communion. Au xvm e siècle, dans un certain nombre d'églises
de Normandie et d'Anjou, on abritait la table de communion, le
jour de Pâques, d'un dais blanc frangé.
Nous ne connaissons pas de communion qui remontent
tables de
authentiquement au moyen-âge; yen a quelques unes des deux
il

derniers siècles qui sont de véritables œuvres d'art, comme celles.de


Saint-Michel de Louvain et de Saint-Jacques d'Anvers.
On remarque, dans la de Toulouse, une place
principale église
dorée à la Table-Sainte. A
une époque que nous ne saurions préciser,
le premier président de la Cour s'approchait de la Sainte-Table pour

communier. Un homme, enveloppé d'un vaste manteau, s'avançait


également vers l'autel pour recevoir le Dieu de l'Eucharistie mais, ;

en levant la tête, il aperçoit le Président, se recule et se retire dans


le coin le plus sombre de la vieille basilique.
Le Président, surpris,
le suit et, lui frappant légèrement sur l'épaule, lui dit avec douceur :

« Mon ami, pourquoi me fuyez-vous ? Venez communier avec

(1) Serm. 322, n. 6.


172 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

moi. — Moi, moi, à côté de vous, Monsieur le Président, balbutie


l'inconnu. — Ici, il n'y a pas de Président, répond le noble vieillard ;
il n'y a que des chrétiens égaux devant Dieu. » — Le Président et le

bourreau communièrent côte à côte. On fit dorer la place de la table


de communion où ces deux hommes s'étaient agenouillés, et c'est
ainsi que ce souvenir se perpétue dans la religieuse cité du Lan-
guedoc (i).

ARTICLE XII

Des linges d'autel

On donne le nom de litiges d'autel à ceux des linges sacrés qui se


trouvent ou pourraient se trouver plus ou moins en contact avec les
saintes espèces. Nous ne que des nappes d'autel;
parlerons ici i°
2° des corporaux nappes de
et des bourses; 3° des dominicales et des
communion, en réservant ce qui concerne le purificatoire et la
pale pour le paragraphe relatif aux accessoires du calice. Quant au
manuterge, il en sera question à l'article des burettes.

§ t

Des nappes et des couvertures d'autel

La nappe d'autel a pour origine la nappe qui, selon l'usage juif,

fut étendue sur la table de la Cène. Ce n'est pas seulement une marque
de respect pour la consécration de l'autel, mais aussi une précaution
contre les conséquences d'une effusion accidentelle du précieux sang.
Au point de vue symbolique, la nappe représente le suaire et les

autres linges dont la piété des disciples enveloppa le corps de Notre-


Selgneur avant de l'ensevelir. Cette attribution mystique, mentionnée
dans la liturgie, se comprend d'autant mieux quand on se rappelle
que l'autel est la figure de Jésus-Christ.
Le texte connu le plus ancien, relativement aux linges d'autel, nous
est fourni au iv siècle, par saint Optât de Milève
c
« Quel est celui :

(i) Annales du Saint Sacrement, t. XIV, p. 285.


LIVRE XVI. — DES AUTELS i
73

d'entre les fidèles,nous dit-il (i), qui ignore que la table de l'autel
est couverte d'un linge pendant la célébration des saints Mystères ? »
Saint Victor de Vite rapporte que Genséric, roi des Vandales, envoya
dans la province de Zengitane (Tunisie), un certain Roculus dont la
main rapace avait tout ravagé et qui s'était emparé des nappes des
autels pour s'en faire des chemises et des caleçons (2).
Au vn e siècle, l'empereur Constance, dans un voyage qu'il fit à
Rome, offrit à la basilique Saint-Pierre une pièce de drap d'or pour
couvrir l'autel (3) c'est à ce même autel que Léon IV donna une cou-
:

verture de soie, mouchetée d'or.


On voit par ces différents faits que, jusqu'à la fin du ix e siècle, les
nappes d'autel étaient indifféremment en lin, en soie ou en tissus d'or.
D'après Polydore Virgile (4), le premier décret concernant les nappes
de lin aurait été rendu, au vn e siècle, par Boniface III. Fut-il univer-
sellement observé ? On serait tenté d'en douter en voyant mentionner,
dans les inventaires du moyen-âge et même des deux derniers siècles,
des nappes d'or et des nappes de soie ; mais il est possiblequ'on ait
désigné par là tantôt des parements, tantôt des housses d'autel. Il

n'est point toujours facile de bien déterminer le sens précis de ces


termes : mantilia, mappce, operimenta, palla, pallia, parmi linnei, pro-
pitiatoria, tobalea, tovalia, titalea, velamina, vestes altaris ; linceul ,
longères, touailles, toueilles, etc.
Aujourd'hui, les nappes d'autel, de même que que les corporaux, les
purificatoires, les pales, les amicts et les aubes, doivent être de chan-
vre ou de lin. Le coton, que toléraient encore beaucoup de théolo-
giens des deux derniers siècles (5), a été définitivement proscrit par la
Congrégation des Rites (6). C'est sans doute parce que ce fut dans un
linge de toile que Joseph d'Arimathie ensevelit le corps du Sauveur et
que le lin, dans l'Écriture, est le symbole de la pureté du corps et de
l'âme (7).
Les nappes d'autel étaient souvent ouvrées, c'est-à-dire brochées
dans le tissu ou brodées à la main de divers dessins, en fil bleu ou
rouge. C'est surtout aux quatre coins que l'on voit figurer des scènes

(1) Quis tidelium nescit in peragendis mysteriis ipsa ligna linteamine cooperiri.
Contra Parm., 1. VI.
(2) Persecut. Afric, 1. I, c. 1.
(3) Anast. Bibl., in Vital., CXXXV, i5.
(4) De invent, rer., 1. V, c. vi.
(5) Azor, Fr. Lugo, Pasqualigo, Quartus, Tamburini, etc.
(6) i5 mars 1664; 18 mars 1819.
(7) ClavisS. Melit., ap. Pitra, Spicil. Solesm., pp. 182 et 403.
174

religieuses, les figures des évangélistes et quelquefois les armoiries


des donateurs ; on y mettait même des inscriptions. Sur la nappe
brodée par Berthe, femme du roi Robert, pour
d'autel, l'église Saint-
Remi de Reims, on lisait ce distique ;

Hic panis vivus cœlestisque esca paratur


Et cruor ille sacer qui Christi in carne currit ;

A l'église Saint-Etienne de Lyon, on conservait autrefois une


e
nappe d'autel du ix où se lisaient, en lettres d'or, seize vers
siècle,

latins ayant trait la plupart aux dispositions qu'il faut apporter à la


Table sainte (i).

A partir du xv e
siècle, on borda les nappes soit d'une petite frange

de de deux ou trois doigts de haut, soit de guipures ou d'ou-


fin or,

vrages en fil à jour. Cette dernière décoration était surtout employée


pour la nappe supérieure qui tombait sur les deux côtés de l'autel. La
seconde, qui garnissait le devant, était décorée d'un orfroi, nommé
frontal, c'est-à-dire d'un morceau d'étoffe, cousu au rebord, que les
temps modernes ont remplacé par une bande plus ou moins large de
dentelle.Dans certaines églises de village, on voit des nappes qui
seterminent par de vulgaires guipures de coton et même par des dé-
coupures de papier doré !

En Italie et surtout à Rome, on plisse les nappes avec les doigts, de


façon à y figurer d'ingénieux dessins, tels que des fleurs, des fruits,
des vases sacrés, etc.

On sait que l'autel doit être couvert de trois nappes, au moins de


deux, dont l'une soitpliée en double. Il n'en a pas toujours été ainsi.
Dans l'origine on ne mettait qu'une seule nappe, et cette coutume
était encore suivie au à Saint-Jean de Lyon. Bocquillot
xviii" siècle

pense que nappes remonte au ix° siècle, époque ou


la triplicité des
apparurent les fausses Décrétâtes contenant une prétendue ordon-
nance de saint Pie I à ce sujet (2) Toujours est-il qu'au xm e siècle,
Guillaume Durand ne parle encore que de deux nappes, représentant
dit-il, l'habit du corps et celui de l'esprit. Cependant, dès le siècle pré-

cédent, les Cisterciens employaient trois nappes. Ce devint une pres-


e
cription dans les Missels du xv siècle et dans les synodes du xvi
e
.

Ces prescriptions ne parurent pas sans doute rigoureusement obliga-

(1) De la Mure, Hist. eccles. de Lyon, p. 292.


(2) Traité de la liturgie, l, I, ch. v, p. 94.
LIVRE XVI. — DES AUTELS i
75

toires, puisque beaucoup de théologiens trouvaient que deux nappes


pouvaient suffire (1), et que d'autres ajoutaient qu'on pouvait célé-

brer avec une seule en cas de nécessité (2) c'est ce que l'on faisait, au
:

xvm siècle,
e
dans un certain nombre d'églises du diocèse d'Amiens,
qui arguaient de leur pauvreté (3).
Jusqu'au xv e siècle, les autels restaient nus en dehors du temps de la
messe et n'étaient couverts de nappes qu'immédiatement avant le Saint-
e
Sacrifice. Il en était encore ainsi, au xvin siècle, à Saint-Maurice
d'Angers, à Saint-Jean de Lyon, à Notre-Dame de Rouen, à Saint-
Martin de Tours, etc. Le quatrième concile de Milan (1576) exige
qu'en dehors du temps de la messe on recouvre les nappes d'autel
d'une toile cirée pour les préserver de la poussière, prescription que
nous avons vue observée dans la plupart des provinces d'Espagne. Les
conciles d'Aix (1 583), de Salerne (1596) recommandent une couver-
ture en toile bleue ou verte. La serge verte a prévalu en Italie; on y
voit aussi des housses d'apparat, brodées et rehaussées de galons d'or,
pour couvrir l'autel pendant les vêpres des jours de fête : à la chapelle
Sixtine, c'est une'couverture en lin rayé d'or. Ces housses ne doivent
être enlevées que lorsqu'il y a salut du Saint-Sacrement.
En en Espagne, une toile cirée, qu'on n'enlève que le
Italie et
jeudi-saint, adhère à la surface de l'autel elle protège tout à la fois
:

la pierre contre la poussière et les nappes contre l'humidité.


De droit ordinaire, la bénédiction des nappes et des corporaux
appartient à l'évêque qui peut, sans un induit spécial, déléguer cette
un simple prêtre. Les abbés et les dignitaires qui jouissent
faculté à
des droits pontificauxpeuvent procéder à cette bénédiction, mais seu-
lement pour les églises et les monastères qui dépendent de leur juri-
diction.
Des théologiens (4) ont prétendu qu'il n'était pas rigoureusement
nécessaire de bénir les nappes d'autel, mais les rubriques du Missel
e
sont formelles sur ce point. Cet usage existait déjà au ix siècle, puis-
que saint Remi, évêque d'Auxerre, en fait mention en ces termes:
« Des sous-diacres et des acolytes présentent à bénir à l'évêque les
linges, les vases et les autres ornements de l'église (5). »

(1) Antonin, Armîlla, Azor, Jean Chappuis, Durand, Facundez, Barthélémy Fumée,
Gabriel, Henriquez, Paludanus, Sylvestre, etc.
(2) Fernandez, Garzia, Leander, Suarez, etc.

(3) Mioland, Actes de l'Église d'Amiens, t. II, p. 284.

(4) Azor, Facundez, Reginald, Sà, Suarez, Sylvestre, Vasquez, Villalobos, etc.
(b) De dedicatione, c. vu.
176 HISTOIRE DU SACREMENT DE l'eUCHARJSTIE

Cette bénédiction des nappes, des vases et des ornements destinés à


l'autel est faite par l'évêque, immédiatement après la consécration
de l'autel. Le pontife asperge d'eau bénite et encense les nappes, les
croix et autres ornements déposés sur une toile cirée qui porte le nom
de chrémeau. Parmi les diverses oraisons que prononce le pontife,
nous nous bornerons à reproduire celle-ci « Dieu tout puissant et :

miséricordieux, qui avez créé dès le commencement tout ce qui était


utile et nécessaire aux hommes qui avez bien voulu que les temples
:

élevés par leurs mains soient consacrés à votre saint nom et soient
appelés les lieux de votre demeure qui avez ordonné à Moïse, votre
;

serviteur, de faire confectionner les vêtements propres aux pontifes,


aux prêtres et aux lévites, ainsi que les autres ornements de tout
genre, destinés au service et à la décoration de votre tabernacle et de
votre autel; prêtez une oreille favorable à nos prières,et, sans avoir

égard à notre indignité, daignez, par notre ministère, purifier, bénir


et consacrer ces divers ornements, préparés pour les besoins de
votre église et de votre autel, en votre honneur et pour votre gloire,
afin qu'ils puissent servir à votre divin culte et à vos sacrés Mystères,
et qu'ils soient dignes de concourir au sacrement du corps et du sang
de Jésus-Christ, votre Fils, Notre-Seigneur, qui, étant Dieu, vit et
règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des
siècles. Ainsi soit-il. »

Par là même qu'une destination sacrée a été donnée aux nappes par
la bénédiction du pontife ou du prêtre, elles ne peuvent plus servir à
des usages profanes. Au
en France, on croyait, par une
vi e siècle,

vénération mal entendue, pouvoir les employer à la sépulture des


morts; mais cet abus fut réprimé par les conciles de Clermont (534)
et d'Auxerre (578).
Combien de Fabriques n'ont pas vendu aux brocanteurs de ces
riches nappes d'autel remarquables par leurs broderies, leurs écus-
si

sons, leurs inscriptions, leurs filigranes d'or et d'argent. Aussi sont-


elles devenues très rares aujourd'hui. Il y en a de fort belles à Saint-
Laurent de Nuremberg (xn e siècle), à Saint-Jean de Latran, àla Cha-
pelle Sixtine, au couvent des Clarisses d'Amiens, à Saint-Martin du
Canigou (Pyrénées-Orientales), au musée de Cluny, etc.
M. Alexander Nesbett possède une nappe d'autel en batiste, faite en
Italie, au xiv e siècle, et qui a figuré à l'exposition de broderies à Lon-

dres, en 1874. Elleest ainsi décrite dans la Galette des Beaux- A rts(i) :

(1) Deuxième période, t. X, p. 1 68.


177

* Au centre, est une composition représentant la crèche. Dans cha-


que extrémité sont cinq petites figures en pied représentant divers
saints. Chaque figure est sur un socle qui se relie à son voisin par une
très riche ornementation qui forme base et qui est répétée au dessus
de cette charmante galerie de personnages. Toutes les broderies ont
été brodées entièrement en couleurs au petit point. Les ornements
étaient blancs, liserés de rouge; cette pièce importante et rare se recom-
mande encore plus à l'attention par la valeur et l'harmonie de sa com-
position que par son exécution merveilleuse, fine et large tout à la
fois. »

M. Essenwein, membre de Commission impériale des monu-


la

ments historiques de Vienne, a composé en style du xm e siècle, le


dessin d'une nappe d'autel dont nous empruntons la description aux
Annales archéologiques (i): « C'est un grand carré inscrivant un cer-
cle. Au centre du cercle est le Temps, vieillard ailé, armé de la faux

et du une des roues ailées, comme les Byzantins


sablier, porté sur
représentent les Trônes. Dans le champ du cercle, les étoiles,
le soleil et les phases de la lune. En cadre, autour du cercle, les

douze signes du Zodiaque. Dans les quatre angles intérieurs du cer-


cle et du carré, les quatre vents ailés. Dans la bordure du carré, des
lions, des cerfs, des chiens, des espèces de dragons à tête humaine.
Dans les quatre angles extérieurs du carré, les quatre éléments l'ai- :

gle pour l'air, le dragon pour le feu, l'éléphant pour la terre, le péli-
can pour l'eau. »
En Orient, on met d'abord, aux quatre coins de l'autel, quatre mor-
ceaux de drap,nommés euavYsXuyTai, parce qu'on y voit le nom et l'image
de chacun des évangélistes. Sur ces quatre morceaux, on étend une
première nappe, appelée xaxa êapxa (ad carnem), représentant le lin-
ceul de l'ensevelissement de Notre-Seigneur, puis une seconde nappe
plus fine, souvent en soie, symbole de la gloire de Jésus-Christ dans
l'Eucharistie, et enfin un corporal. Quand l'autel n'est pas consacré, on
y ajoute un sachet de reliques qui tient lieu de pierre d'autel et qu'on
nomme avTijxsvcrtov (de avu, au lieu de, et ^evcriov (table). Benoît XIV a
autorisé les prêtres du rite latin, résidant dans la Russie polonaise,
à cé lébrer, à défaut d'autel, sur les antimensia dont se servent les
Russes catholiques.
Les Protestants couvrent leur table de communion d'une nappe de
toile, et, hors le temps delà cène, d'un tapis de soie.

(i) T. XXIII, p. 179.


T. H. 1 2
i
78 HISTOIRE DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE

§ 2

Des corporaux et des bourses

Le corporal est un linge bénit qui reste étendu sur l'autel depuis
Foblation jusqu'après la communion, afin de recevoir les parcelles
qui pourraient se détacher de l'hostie. On l'appelle corporal, parce
qu'on y consacre le corps du Sauveur, palla ou pallium, parceque pri
mitivement, comme nous le verrons bientôt, il lui servait de vêtement.
Le rite ambrosien lui conserve le nom de syndon, par comparaison
avec le saint suaire qui servit à ensevelir le corps de Notre-Seigneur.
On Tappelle encore eîXtjtov, chrismale, coopertorium, linteum sacrum,
operlorium, palla corporalis, palla dominica, sudarium, etc.

Ce linge sacré remonterait aux origines apostoliques, s'il fallait s'en

rapporter à Philippe de Commines, nous racontant qu'un pape fit pré-


sent à Louis XI d'un corporal dont se serait servi saint Pierre (i).

Quelques écrivains ont avancé sans preuves que l'institution des


corporaux était due au pape Eusèbe ou à saint Sixte I; saint Sylves-
tre, au commencement du iv siècle, ordonna qu'on ne consacrât le
c

corps de Notre-Seigneur que sur des voiles de lin et non sur du


coton ou de de représenter les suaires de lin dont le corps
la soie, afin

du Sauveur a enveloppé après sa mort (2). Mais entend-il par


été
là le corporal ou la nappe d'autel? On peut se faire la même question
pour le texte de saint Optât que nous avons cité plus haut, pour ceux
de saint Isidore de Damiette (3) et de saint Isidore de Pelouse (4),
comparant le linge de l'autel au suaire du Sauveur. En réalité, la
nappe unique des premiers siècles servit tout à la fois de nappe, de
corporal, de pale et de voile. C'était une grande pièce de toile, cou-
vrant tout l'autel, que le diacre apportait avant l'offertoire; on la
repliait sur le calice et sur les pains. Le corporal n'est devenu distinct
de la nappe d'autel, que lorsqu'on fit usage de deux ou trois nappes;
la supérieure fut alors un corporal spécial. Raoul de Tongres nous

dit que cette distinction se produisit d'abord en Italie, mais il


n'en précise pas l'époque et nous croyons que cela n'est point pos-
sible.

(1) On conserve au trésor de Monza un corporal qui, dit-on, aurait servi aux Apôtres.
(2) Labbe, ConciL, t. I, Viia S. Sylvestri, p. 1409.
(3) L. I, ep. 109.
(4) L. I, ep» 12 3.
i79

Par un sentiment de vénération, on n'a point voulu que le pain


consacré, ni le calice du précieux sang touchassent immédiatement

l'autel, ni qu'ils restassent constamment en vue des fidèles. C'est pour

cela que sur toute la surface de l'autel on étendait un très long corpo-
ral; sur le pli antérieur, on posait les pains; sur le pli du milieu, le
calice et, avec la partie postérieure, on recouvrait toutes les oblations.
;

Cet usage primitif subsistait encore au xvi e siècle à Rouen et à Or-


léans; il persiste aujourd'hui chez les Chartreux et dans l'Église de
Lyon. Presque partout ailleurs, lors de l'introduction de l'élévation
du calice, il fut abandonné, comme étant fort incommode. On parta-
gea, pour ainsi dire, le corporal en deux parties, l'une qui resta éten-
due sur l'autel, l'autre, plus petite, qu'on plaça sur le calice, et qui
plus tard, avec l'addition d'un carton, constitua la pale moderne. C'est
depuis le xvn e siècle que le corporal n'a plus en tout sens qu'environ
5o centimètres.
Dans un certain nombre d'églises d'Allemagne, d'Italie et d'Es-
pagne, outre le grand corporal, on se sert d'un plus petit (animeta),
sur lequel on place la sainte hostie. En vertu d'un privilège de Clé-
ment VII, les Théatins pratiquent cet usage.
En dehors du Saint-Sacrifice, le corporal sert de repositoire au ci-
boire dans le saint tabernacle. Autrefois, surtout en Allemagne, on
en mettait un dans l'intérieur du ciboire.
Nous avons dit que saint Sylvestre prescrivit le lin pour la confec-
tion des corporaux, afin de mieux représenter le linceul de Jésus-Christ,
dont il Germain de Paris, dans son Exposition de la
est l'image. Saint
Messe, fait la même
recommandation. Peut-être que ce choix a été éga-
lement influencé par cette considération que la toile n'est pas suscep-
tible d'être rongée par les mites. On a employé exceptionnellement la
soie ou d'autres matières précieuses ainsi saint Grégoire de Tours
:

nous raconte que, pendant un songe, il croyait célébrer les saints Mys-
tères dans sa basilique, lorsque déjà l'autel et les oblations étaient re-
couverts pallio serico (i). Les conciles ont toujours réprimé cet abus et
surtout l'emploi du coton. Pie VIII, par un décret générai du i5 mai
1819, l'a formellement proscrit pour les corporaux, les pales, les puri-
ficatoires, les nappes d'autel, les amicts et les aubes, permettant seule-
ment d'user les linges d'autel qu'on avait à l'époque de la publication
du décret. Ces linges doivent être hors de service depuis longtemps,

(1) Hist. Franc, 1. VII, c. xxii.


i8o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

et cependant on rencontre encore, même dans les églises qui ne sont


point pauvres, des corporaux et des purificatoires en coton. Dans le

diocèse de Besançon, on se sert de corporaux en toile gommée.


Les corporaux n'admettent aucune broderie, mais simplement une
bordure de dentelle. Contrairement à la rubrique, l'usage allemand
est de les broder en couleur; au moyen âge, on les a quelquefois
ornés d'or et de pierreries. A l'endroit que doit baiser le prêtre, on
fait ordinairement une petite croix grecque avec du fil blanc ou

rouge.
Le corporal doit être bénit par l'évêque ou par un prêtre muni de la
permission de l'Ordinaire. Il y a une formule spéciale de bénédiction
dans le Pontifical.
Innocent VIII a concédé au général et aux provinciaux des Frères
Mineurs le privilège de bénir les corporaux. Cette faculté a été accordée
par le même pape au vicaire-général et aux visiteurs des Augustins ;

par Léon X, au général, aux provinciaux et aux gardiens des Mineurs


Observantins ; par Pie V, aux Hiéronymites d'Espagne.
Les abbés, les généraux d'ordre, les missionnaires, en un mot tous
ceux qui ont la faculté de bénir les ornements sacrés pour leurs propres
églises, n'ont pas le droit de bénir les linges d'autel qui ne sont pas
destinés à leur usage (i).
La bénédiction donnée aux corporaux, ainsi que leur usage sacré,
interdit de leur affecter une destination profane c'est pourtant ce :

qu'on fit plus d'une fois au moyen âge, par suite d'une vénération
mal entendue, quand on jetait un corporal au feu pour arrêter un
incendie. Cet abus fut sévèrement condamné par le concile de Selings-
tadt (io23).
Le empêcher de se servir de linges
respect des saints Mystères doit
sales. Les Mémoires sur la vie de Mgr de La Motte, évêque
d'Amiens, rapportent un trait qui montre l'impression que faisait sur
lui Tirrévérence pour les choses saintes. « Croyez-vous, dit-il à un
curé dans l'église duquel il trouva des corporaux extrêmement mal-
propres, croyez-vous à la présence réelle ? » Le curé se défendait de
répondre, comme on refuse de le faire à une question qu'on ne croit
pas sérieuse. —
« Répondez-moi, reprit l'évêque d'Amiens, y croyez-
vous ?» —
Le curé étonné proteste que personne n'y croit plus sin-
cèrement que lui. —
« Tant pis, réplique alors vivement l'évêque,

(i) Congr. Rit., n<* 1828 et 1687.


i8i

parce que vous n'y croyiez pas, vous ne seriez qu'un hérétique, et
si

qu'en y croyant, vous êtes un impie l'état de ce linge sur lequel vous
:

placez ce que vous croyez être le corps de Jésus-Christ, en est la


preuve. »

Quand les corporaux, les pales et les purificatoires sont salis, ils

doivent être lavés successivement à trois eaux par un ecclésiastique


constitué dans les ordres sacrés, et livrés ensuite au blanchissage.
Dans l'instruction qu'il adresse aux sous-diacres, au moment de leur
ordination, l'évêque les avertit qu'il est de leur ministère de laver les
pales, les corporaux et les purificatoires. A défaut des sous-diacres,
c'est aux diacres aux prêtres qu'incombe cette fonction. Le pape
et

saint Boniface défendit qu'aucune femme, même une religieuse, touchât


aux linges sacrés, fût-ce pour les laver. « Les corporaux, dit le concile
de Saumur (i253), seront lavés par des prêtres revêtus de surplis et
dans un vase fort net destiné à cet usage, et la première eau sera jetée
dans la piscine. »

On trouve encore dans les sacristies, mais assez rarement, de ces


vases dont parle le concile de Saumur et dont les Capitulaires d'Hinc-

mar rendaient l'emploi obligatoire; ils sont ordinairement en cuivre


étamé.
Aumonastère de Cluny, des prêtres et des diacres, après avoir
donné une légère lessive aux corporaux, les plongeaient dans une eau
blanchie par une farine très pure. Pour les faire sécher, on les suspen-
dait à une corde qui ne servait qu'à cet usage; tant que les corporaux
étaient exposés à l'air, on les gardait soigneusement pour empêcher
les mouches de s'y poser.

Bien que des conciles et des synodes des trois derniers siècles aient
renouvelé les anciennes prescriptions relatives au lavage des corpo-
raux, un certain nombre d'évêques de France confiaient ce soin à des
religieuses. Cet usage tend de plus en plus à disparaître ; il a cessé
en 1879 dans le diocèse de Versailles, où les Clarisses ne sont plus
chargées que du second lavage.
En Pologne, on renouvelle la bénédiction des linges d'église chaque
fois qu'ils ont été lavés.
Quand corporaux sont usés, on les brûle, et la cendre en est
les
jetée dans Les anciens corporaux, dit le synode d'Oxford
la piscine. «

(1222), seront conservés avec les reliques ou bien brûlés en présence


de l'archidiacre (1). »

(1) Mansi, Concil., t. XXII, p. 1147.


l82 HISTOIRE DU SACREMENT DE L^EUGHARISTIE

Parmi corporaux remarquables, nous nous bornerons à men-


les

tionner un linge d'aspect oriental, décoré de l'image du Sauveur et de

la Sainte-Vierge, que Ton conserve au trésor de la cathédrale de Gran


(Hongrie); un corporal en soie, brodé d'or, du xu e siècle, au musée
deCluny; et, aux Carmélites d'Amiens, un corporal, garni de den-
telle, venant de Madame Louise de France, en religion la mère Thé-

rèse de Saint-Augustin, et portant son initiale surmontée d'une cou-


ronne royale.
On conserve au trésor de Monza un prétendu corporal des apôtres,
dans lequel il faut voir un corporal employé par S. Grégoire-le-Grand
au Saint-Sacrifice qu'il célébrait sur le tombeau des saints apôtres
Pierre et Paul. Mgr Barbier de Montault (i) a décrit ce linge précieux,
dont le monogramme central proclame que Jésus-Christ est la vie et
la lumière, et où l'on voit une représentation de la Jérusalem céleste.
Les Orientaux ont eu jadis des corporaux de soie et d'étoffes pré-
cieuses ; mais depuis longtemps, ils emploient une serviette de lin,

carrée, qu'ils appellent iliton. Ce linge n'est pas seulement bénit,


mais consacré et oint de chrême par l'évêque. Par respect pour cette
consécration, on ne lave jamais le corporal; quand il est sali ou usé,
on le brûle, et la cendre en est enterrée dans quelque endroit de l'église
où elle ne soit point exposée à être foulée aux pieds.
Nous terminerons ce paragraphe en disant quelques mots des
bourses, qui ont été désignées sous le nom de bursa, loculus, marsu-
pium, pera, etc.

Les bourses destinées à renfermer le corporal apparaissent tout


au moins au xm e siècle, puisqu'il en est question dans la Chronique
de Mayence, rédigée par Conrad, et dans la Vie de sainte Claire qui
confectionnait des corporaux et des corporaliers pour les paroisses des
environs d'Assise.
La bourse doit être de la couleur des ornements du jour. Elle est
souvent à double face, afin de pouvoir servir à des fêtes liturgiques de
couleurs différentes on économise ainsi les frais de deux doublures.
:

Ilen est en tissus d'or ou d'argent, richement ornementées les déco- ;

rations les plus ordinaires sont la croix, l'Agneau divin, l'hostie,


l'Esprit-Saint sous forme de colombe. En Italie, on met une houppe
à chaque coin. La bourse dont se sert le pape aux offices pontificaux
est assez grande pour que le corporal y entre tout entier sans être plié.

(i) Le Trésor de Mon\a.


i83

En Espagne, la bourse est quelquefois adhérente à l'autel; elle se

compose de trois parties, dont la centrale y est attachée et dont les


deux autres compartiments mobiles se déplientet se replient à volonté,
comme les feuilles d'un triptyque.
Le Rituel romain n'indique aucune formule de bénédiction pour la
bourse, ni pour le purificatoire, ni pour le voile du calice.
On s'est servi de la bourse comme d'un récipient pour
parfois
recueillir des aumônes, ce qui est une inconvenance blâmée par le
synode d'Osimo, en 1734.
Mgr Barbier de Montault a fait justement observer qu'il ne faut
point confondre la bourse du calice, qui ne contient qu'un seul corpo-
ral,avec le corporalier, ou boîte à corporaux, destinée à en renfermer
plusieurs, et qu'on appelait receplaculum, repositorium, esluit à cor-
poraux. Le corporalier, qui a persisté jusqu'au siècle dernier, était
une boîte revêtue de soie ou de velours, décorée de broderies, de
perles, d'émaux et d'armoiries. Le savant prélat en signale un au mu-
sée de Gluny, et beaucoup d'autres, dans des inventaires de diverses
époques (1). Quant aux bourses de calice, nous mentionnerons seu-
lement celles de la cathédrale d'Anagni, revêtues d'anciennes étoffes
byzantines, et une bourse brodée en or, en grenat et en perles fines,
conservée au monastère des Carmélites d'Amiens.
M. L. de Farcy croit que le corporalier a donné naissance à la
bourse : « Au xvn c
et xvm e
siècle, dit-il (2), quand peu à peu s'intro-
duisit l'usage d'avoir une bourse spéciale pour chaque ornement, le
corporalier perdit sa forme primitive: les côtés de la boîte, désormais
inutiles, puisqu'il n'y avait plus qu'un corporal dans chaque bourse,
furent supprimés; il ne resta plus que le dessous et le couvercle réliés

à une une extrémité, et par des rubans ou un morceau de soie


toile, à

latéralement: c'est ce que nous appelons encore aujourd'hui la bourses

§ 3

Des dominicales et des nappes de communion

« Il n'est point permis aux femmes, dit le Concile d'Auxerre, tenu

Inventaire de la chapelle papale, dans le Bulletin monumental, t. XLV, pp. 208-211.


(1)
Nous aimons à rappeler combien les nombreuses publications liturgiques et archéolo-
giques de Mgr Barbier de Montault nous ont été utiles pour tout ce qui concerne l'autel
et ses accessoires.
(2) Article inséré dans le Règne de Jésus-Christ, 1884, p. 120.
184 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

en 585 (can. 36), de recevoir l'Eucharistie dans


main nue. » Et, la

plus loin (can. 42) « Les femmes, quand elles communient,


: doivent
avoir leur dominicale. Celle qui ne l'aura pas attendra au dimanche
suivant pour communier. » Un ancien Pénitenciel manuscrit, cité par
Du Cange, dit que si une femme communie sans avoir son dominicale
sur la tête, il lui communier jusqu'au dimanche
sera interdit de
suivant. D'autre part, dans un sermon attribué autrefois à S. Augus-
tin (1) et qui appartient peut-être à saint Maxime de Turin, on lit
cette recommandation « Que les hommes, quand ils doivent
: com-
munier, se lavent les mains, et que les femmes aient un linge
blanc pour y recevoir le corps du Christ. » Ajoutons qu'au vn e siècle,
saint Théodore de Cantorbéry permet auxfemmes de recevoir l'Eucha-
ristie sur un voile noir. De ces divers textes et de quelques autres, les
uns, comme Baluze, concluent que le terme dominicale désigne
un voile dont les femmes, le dimanche {die dominica), se couvraient
la tête pour communier ; les autres, comme Bergier et Mgr Martigny,
entendent par là le linge dont elles revêtaient leur main pour y rece-
voir l'hostie, en sorte que le prêtre ne fût pas exposé à toucher leur
main nue. Il y a enfin des liturgistes,comme le P. Le Brun, qui
croient que, selon les provinces, ce même terme de dominicale s'est
appliqué, tantôt ou tout à la fois, au voile de tête et au voile de main.
Cette dernière supposition est très plausible, mais nous sommes porté
à croire que ces deux voiles n'en que les
faisaient qu'un, c'est-à-dire
femmes se rendaient à l'église avec un voile de tête assez long pour
qu'elles pussent, avec l'un des pans, se couvrir la main.
Quand la sainte hostie fut déposée dans la bouche du communiant,
le dominicale perdit sa raison d'être, mais on ne continua pas moins

de s'en servir pour se rendre à l'église, et nous le retrouvons, jusque


de nos jours, dans le me\\aro des Génoises, le domino des Proven-
çales, Yahautoir des Picardes et Yaffulette des Normandes.
Les Pères de l'Église grecque ne parlent point du dominicale, ce
qui nous fait supposer que son usage était inconnu en Orient. Il est
question dans saint Jean Chrysostome (2) de petites tablettes de bois sur
lesquelles lescommuniants recevaient la sainte hostie. En Occident,
surtout dans les monastères, on donnait la même destination à de
petits plateaux creux qu'on nommait scuiella (3).

(1) Serm. ibi de tempore.


(2) Hom. LXIad pop. antioch.
(3) Hergott, Vet. discipl. monast., p. 36q.
r85

Le dominicale et le scutellum ont été l'origine des nappes de com-


munion qui ont pour but, en cas d'accident, d'empêcher l'hostie de
tomber à terre. Elles doivent remonter à l'époque où l'on commença
à communier à genoux, c'est-à-dire au xiu e siècle. Il y en a eu en
toile, en coton, en velours, en taffetas, ornées de dentelles et de gui-
pures. On lit dans un ancien inventaire de Notre-Dame de Paris :

« Une paule de soye de diverses couleurs, eschiquetée, pour escom-


micher (communier), le jour de Pasques (i). »

Dans certaines églises, on laisse à demeure, toute l'année, la nappe


de communion. Liturgiquement, elle ne devrait être mise sur l'appui
que lorsque des fidèles doivent communier. « Dans quelques églises
d'Italie, dit M. l'abbé d'Ezerville (2), on la laisse à demeure seulement
pendant le temps désigné pour remplir Je devoir pascal : c'est une
invitation tacite à venir s'asseoir à la sainte Table. »

On sait qu'il n'est point permis de donner aux communiants, en


guise de nappe, le voile du calice, la pale, la bourse, ni le manuterge;

mais on peut suppléer à la nappe par une pale spéciale ou un plateau


de métal. A Parme, on se sert d'un petit plateau d'osier, garni de toile
et de dentelle, qu'on se passe de main en main. En Piémont et en

Savoie, c'est un plateau d'argent ou bien une pale destinée uniquement


à cet usage. La Congrégation des Rites a décrété, le 8 mai 1873, que
rien ne s'oppose à l'emploi des tablettes métalliques.

ARTICLE xiv

Notes sur un certain nombre d'autels encore existants

Sous ce titre, nous avons indiqué un certain nombre d'autels, de


toutes les époques et de tous les pays, remarquables soit par leur
antiquité, soit par leur mérite artistique, ou bien encore par les sou-
venirs historiques qui s'y rattachent. Cet article était rédigé, lorsque
nous avons pu prendre connaissance du récent ouvrage de M. Ro-
hault de Fleury sur les Monuments de la Messe. L'auteur a consacré
la plus grande partie de son premier volume à dessiner et à décrire

les plus importants autels, conservés ou disparus, des treize premiers

(1) Revue archéol, t. XXVIII, p. 88.


(2) Traité pratique de la tenue d'une sacristie, p. 5g.
i86 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

siècles. En comparant sa vaste et savante étude avec notre modeste


article, nous avons trouvé, ce qui devait nécessairement arriver ici, :

des indications d'autels qui ne sont point dans l'œuvre de M. Ro-


hault de Fleury ; là, d'autres indications que nous n'avions point
Dans les cas où il s'agissait de monuments encore existants et
faites.

d'une conservation assez complète, nous nous sommes empressé de


les ajouter à notre énumération. C'est un devoir pour nous de le
déclarer à nos lecteurs, en rendant hommage à l'éminence d'une
œuvre qui, comme dessins et texte descriptif, restera la plus com-
plète étude qu'on puisse faire sur l'archéologie des autels.

§ i

Allemagne, Autriche, Suisse, Danemark et Suède

Augsbourg. A Saint-Ulrich, deux autels en bois, sculptés par


Degler et Greuter. Au-dessus de la sacristie, autre autel gothique très
curieux, en forme de tour.
Blaubeuren (Wurtemberg). Table soutenue par trois colonnes iso-
lées. — Brauwetler (Prusse), xn e siècle. —
Brunswick. Table en cal-
caire coquillier, soutenue par cinq colonnes creuses en fonte de bronze
(xn e siècle). Sur la colonne centrale on lit cette inscription A. D. :

MCLXXXVIII dedicatpm est hoc altare in honore béate Dei genetri-


cis Marie, ab Adelogo venerabili episcopo Hildesemensi, fondante ac

promovente illvstri dvce Henrico, filio Jiiie Lotharii imperatoris, et


religiosissima ejus consorte Mathildi, fi lia Henrici secrndi, régis
Anglorvm, filii Mathildis imper atricis Romanorum.
Cologne. A la cathédrale, autel du xrn e siècle. —
Dans la crypte de
Saint-Géréon, table soutenue par quatre pieds, près de laquelle, d'après
la tradition, saint Géréon aurait été immolé avec ses compagnons. —
Combourg (Wurtemberg). A l'église bénédictine, autel en bronze du
xn e siècle. Le Christ, dans une auréole en amande, est entouré des
quatre animaux évangélistiques ; à ses côtés, sur deux rangs, sont
placés les douze apôtres. —
Copenhague. Au musée, autel en métal
repoussé, provenant de Lisberg. —
Cracovie. Le maître-autel de
Notre-Dame a été exécuté au xv e siècle par le célèbre Wit Stosv; tous
les bas-reliefs de ce chef-d'œuvre sont tirés de la vie de la Sainte-
Vierge. Le faire rappelle le style d'Albert Durer, mais déjà modifié par
l'influence du style italien qui commençait alors à pénétrer en Pologne.
i8 7

Dresde. Au
Musée, autel du xi e siècle. —
Gerresheim (Prusse).
Autel en grès fin du xn e siècle. —
Granson (Suisse). « Plusieurs autels
de cette église, dit M. de Blavignac (i), présentent, scellés dans leurs
faces, de gros anneaux en fer d'un usage problématique, et dans les-
quels on doit peut-être voir des monuments analogues aux boucles
qui, fixées sur certaines portes d'église, conféraient le droit d'asile
aux coupables qui pouvaient s'en saisir. »
Heilbronn (Wurtemberg). Autel du xi e siècle. Moosbourg —
(Bavière). Le maître-autel, chef-d'œuvre de boiserie du xv e siècle,
dénote une grande intelligence du symbolisme chrétien. Muns- —
ter. Au musée épiscopal, ancien autel peint, deSoest (xn siècle). Sur
e

un fond d'or se détachent les figures peintes de Notre-Seigneur entouré


des animaux évangélistiques, de la Sainte-Vierge, de saint Jean-
Baptiste, d'Isaïe, d'Ezéchiel, de sainte Walpurgis, patronne de l'église
de Soest, et d'un archevêque de Cologne.
Parenzo (Istrie). Autel d'Euphrasius (vi
e
siècle). — Ratisbonne. Au
vieux Dôme, du xi e siècle, et, à la chapelle de Tous-les-Saints
autel
(xn e
siècle). — Reichenau (xi c siècle). —
Rothenbourg (Hesse électo-
rale). Autel composé de peintures et de sculptures exécutées, dit-on,

par le même artiste, Frédéric Herlen. —


Sindelfingen (Wurtemberg).
Autel du xi e siècle. —
Spire. A la cathédrale, cinq autels cubiques du
v e siècle. — Stockholm. Au musée, autel en cuivre repoussé (xn e siècle),
provenant de Stroddetorp. —
Autels romans à Wechselbourg, Wur-
tzbourg, etc.

S ^

Belgique et Hollande

Mentionnons un autel-sarcophage antique à Tongres; des autels ro-


:

mans à Andenne, à Bastogne, à Esquelmes, à la chapelle Saint-Ma-


caire de Gand, à Saint-Servais de Maestricht, à Rolduc, à la chapelle
claustrale de Tongres des autels de la Renaissance dans l'église de
;

Halle (œuvre de Jean Mone, sculpteur de Charles-Quint) et à Sainte-


Vaudru deMoNs(ceuvre de Jacques Breack); des productions des xvn e et
xvm e siècles à Saint-Jacques et aux Dominicains d'ANVERS, à Saint-
Sulpice de Diest, à Saint-Bavon de Gand, à Saint-Paul de Liège, à
Saint-Rombaut de Mali nés, etc.

(i) Hist. de V architecture sacrée.


. —

i88 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

§ 3

Espagne

D'après les recherches récentes de M. Guerra y Orbe, M. Rohault


de Fleury attribue au v e siècle de Loja et de Saint-Jean de
les autels
Banos; au vn e ceux d'Acci, près Grenade, d'AiXALA de los Gazulès,
,

de Saint-Jean de Cabra et d'UTRERA au xn e ceux de Saint-Isidore ; ,

d'AviLA, d'Ujo et de Santa-Maria de Villa-Mayor.


La tradition fait remonter au règne de Constantin l'autel du Saint-
Sépulcre, à Saint-Barthe'lemy de Valence.
Abordons maintenant les époques modernes.
Escorial. Les peintures du maître-autel de la capilla major sont
dues à Peregrino, Tibaldi, et F. Zucara; les statues, aux deux Leoni.
Parmi ces statues, on remarque celles de Charles-Quint et de Phi-
lippe II. —Sarragosse. L'autel de Notre-Dame del Pilar, dû au ciseau
de Forment, représente les principales scènes de la vie de la Vierge.
Séville. L'autel majeur de la cathédrale est construit sur une véritable
montagne de marbre. Au-dessus s'élève une riche exposition envi-
ronnée d'une gloire splendide et portant à son sommet une couronne
royale avec la croix archiépiscopale. Le retable gothique, tout en bois
de mélèze, est le plus grand qu'on connaisse.
Parmi les nombreuses églises espagnoles dont le maître-autel est
digne d'admiration, nous citerons encore les cathédrales de Barcelone,
de Burgos et de Léon; la Casa de la misericordia à Valladolid et
Santa-Maria à Vittoria.

S 4

France

Ain. — Brou. L'autel moderne, sculpté en marbre de Carrare, est

décoré de quinze statues en bronze doré, représentant le Sauveur, les

douze apôtres, saint Marc et saint Luc, d'après les modèles d'un sta-

tuaire de Lyon, M. Legendre-Hérald.


Aisne. — Filain (vi
e
siècle).

Allier. — Bourbon-V Archambault — Montilly{y.\\


e
siècle). — Saint-
Menoux. —
Vicq. Autel du x siècle, en pierre de taille, surmonté
e

d'une sorte de tabernacle fermé par des grilles de fer et couronné par
un fronton très rustique.
LIVRE XVI. — DES AUTELS

Ardèche. — Saint-Pierre de Sauveplantade (xi e siècle).


Aude. — Celeiran (vn e ou x e siècle ?
)

Aveyron. — Rode\ (cathédrale de). On voit, appliqué au mur de la


chapelle du Sacré-Cœur, une table de marbre dont les bords portent

Autel de Deusdedit à Rodez.


19°

l'inscription suivante Devsdedit episcopvs indignvs fieri ivssit hanc


:

aram. L'évêque Dieudonné vivait au vi e siècle; mais les formes des


lettres et le caractère des sculptures démontrent que ce monument a
été retouché environ trois siècles plus tard. Les quatre colonnettes de
support se trouvent aujourd'hui au musée de Rodez.
Basses-Alpes. —
Digne (Notre-Dame de). Autel antérieur au vm e
siècle, cantonné de colonnes rondes et privé aujourd'hui de sa table.
Sur la face principale est sculptée une croix monogrammatique dont
les quatre branches sont terminées en pointe.
Boughes-du-Rhône. —
Aix (cathédrale d'). Autel à retable de l'an
1470, dont la tablette, enfoncée dans le mur, est soutenue par trois
colonnes. —
Arles (cathédrale d'). Autel massif entouré de colonnettes,
dont ne reste qu'une seule face divisée en trois panneaux (xn e s.)
il —
Auriol. On a trouvé dans ses environs une table du v e siècle, en
marbre de Carrare, dont trois faces sont ouvragées ; sur celle de devant,
douze colombes, six à droite, six à gauche, séparées par le mono-
gramme du Christ. Aux faces latérales, branches de vigne avec grappes
de raisin. M. l'abbé Barges y a trouveé un certain nombre de noms
inscrits par des visiteurs chrétiensqui ont ainsi voulu consigner le sou-
venir de leur pieux pèlerinage Ces graphites paraissent remonter du
(1).
e
vii au x e siècle. Cet autel est aujourd'hui la propriété de M. Tra-
baud. —Cassis. Autel du vn e siècle. —
Favarie, commune de
e
Rousset (vn siècle). —
Marseille. Dans une chapelle absidale de la
cathédrale, autel massif du xn e siècle, en marbre blanc, dont les
trois arcades contiennent les statues en métal de
la sainte Vierge et de

deux évêques. — Au musée, autel du v provenant de l'abbaye


e
siècle,

Saint-Victor de Marseille. C'est une table creusée, en marbre de Car-


rare, dont l'encadrement est orné d'une guirlande de feuilles de vigne.
Sur la face de devant, le monogramme du Christ est accompagné, à
droite et à gauche, de six colombes; au-dessous du monogramme, se
trouve une inscription grecque, mutilée, indiquant que cet autel a
été dédié par Callinicus, pour accomplir son vœu et celui de toute sa
maison. Sur la face postérieure, l'Agneau divin trône sur un mon-
ticule au milieu de douze autres agneaux, figures des apôtres. Aux
deux faces latérales, courent des branches de vigne chargées de raisins,
que becquettent des colombes. Les colonnes de support ont disparu.
M. l'abbé Dassy (2) a proposé la restitution ci-jointe de ce monument.

(1) Notice sur un autel chrétien antique découvert dans les environs de la ville d'Auriol.
(2) Revue de Part chrétien, t. II, p. 463.
LIVRE XVI. DES AUTELS I
9I

Restitution de l'autel de Saint- Victor à Marseille.

Montmajoitr. Plusieurs autels du xn


e
siècle dans la crypte. — Saintes-
Mariés. Sarcophage antique, servant d'autel. Tarascon. La crypte —
de Sainte-Marthe contient aussi de curieux autels de diverses époques,
dont un, très antique, supporté par cinq colonnes et formé, dans sa
totalité, par un bloc de travertin.

Calvados. —
Caen. Abbaye aux Dames (xi e siècle) et Saint-Pierre
e
(x.v siècle). —
Contepille. Deux autels analogues à ceux de Saint-
Savin.— Norrey. Deux autels du xm — Tracy4e-Bocage e
siècle. et
e
Vire (xv siècle).

Cher. — Avor (xn e


siècle).

Côte-d'Or. — Bard-le-Régulier (roman). — A Notre-Dame de


Beaune, on voit les fragments d'un autel roman en marbre, où une
princesse du nom de Mathildis est agenouillée aux pieds de la Sainte-
Vierge.Ce paraît être un legs fait en 147 par Mathilde, veuve de 1

Hugues II, duc de Bourgogne (1). —


Rouvres. Autel en pierre, sur-
monté de trois belles statues (xv e siècle). — Sémur (gothique).
Dordogne. — Limeuil (xn e
siècle).
Doubs. — A Saint-Etienne deBesançon, marbre de forme circu-
laire, probablement d'origine italienne (vi e siècle).

Finistère. — Folgoat. Plusieurs autels du xv° siècle en pierre

(1) Mém. de la Soc. d'hist. de Beaune, 1876*77, p. 37.


192 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

de Kersanton. —
Saint -Pol-de-Léon. A l'ancienne cathédrale, autel
du xiv e siècle, orné d'arcatures trilobées et de guirlandes de feuilles;
le retable représente une pietà.
Gard. —
Bagnols. M. Revoil décrit ainsi (i) un autel mérovingien
provenant de Saint- Victor-de-Castel et servant aujourd'hui de piédes-
tal à une croix de bois placée au bord de la route de Bagnols à Saint-

Gervais « Ce petit monument, d'un mètre de hauteur environ, est un


:

monolithe carré. Chaque angle est flanqué d'une colonne ronde, sail-
lante de o m o, surmontée d'un chapiteau à feuilles pointues et simple-
i

ment épanelées. Sur trois faces de cet autel, est sculptée en relief
une croix ancrée, renfermée dans un double cercle, symbole de l'éter-
nité. La face principale, d'un travail mieux soigné, représente un por-
tique formé de deux pilastres, surmonté d'une archivolte décorée de
dents de scie. Au milieu de ce portique est figurée une autre croix
ancrée, dont le bras inférieur est plus allongé. Sur le champ de cette
croix, serpente une sorte de spirale qui semble radier vers les quatre
branches, en partant du centre où la moulure s'arrondit en une circon-
férence. La pointe droite de la branche supérieure se replie et s'allonge
en se recourbant vers le côté droit de la croix, de façon à former le P
des Grecs, L'ensemble présente donc le monogramme XP. Une
colombe surmonte cette croix. » — Saint-Marcel-de-Careiret ([X e siè-
cle). — Crypte d'Usés (vi e siècle).

Gers. — Saint -Clamens. Sarcophage antique servant d'autel.


Haute-Garonne. — A Saint-Sernin de Toulouse, table du xi
c

siècle, en marbre blanc des Pyrénées, creusée à sa surface, entourée


d'un encadrement saillant, décoré d'une série de lobes. Un plat verti-
cal,formé de larges écailles, et un biseau sculpté faisant saillie sur la
maçonnerie offrent, parmi leurs décorations, un buste du Christ, des
anges volant, des oiseaux affrontés, la Vierge couronnée, S. Pierre et

divers saints qu'il n'est guère possible de dénommer. L'inscription


gravée sur un listelmots qui font connaître le nom
se termine par ces
de l'artiste Bernardus Geldvinus me fec.
: Valcabrère (xm e siècle). —
Haute-Marne. —
Beauchemin (xi e siècle). Lusy (xn e siècle). —
Hérault. —
Be\iers. Au musée, autel daté du commencement du
e
x siècle, provenant de Capestang. Maguelone. Plusieurs autels —
romans. — Minerve. Autel dédié en 457 par le saint évêque Rustique,
comme l'atteste son inscription : Rvsticvs ann XXX eplvs {episcopatus)

(1) Architecture romane, t. III, p. 19.


.

LIVRE XVI. — DES AUTELS 10,3

sviff. Il est couvert de graphites de pèlerins, dont 93 noms, encore


lisibles, appartiennent en plus grand nombre à Tépoque carlovin-
gienne qu'aux temps mérovingiens (1). Quarante. A Notre-Dame, —
deux autels romans de grande dimension et d'une riche ornementation

sont relégués dans le fond de l'église. Régimond. Autel en —


marbre blanc; deux pilastres cannelés encadrent le monogramme du
Christ (fin du v e siècle). —
Sainl-Guillem-du-Désert. Mabillon avait
assigné à son autel la date de 076, mais M. le Rique de Monchy, dans
1

un mémoire spécial (2), a démontré qu'il ne remontait qu'à l'an 1 338.


La face antérieure se compose de deux panneaux en marbre blanc,
encadrés chacun par une large bordure d'arabesques. Dans l'un, se
trouve le Crucifiement de Notre-Seigneur, et, dans l'autre, le Sauveur
triomphant, accosté des quatre animaux évangélistiques. « Ce monu-
ment, dit M. le Rique, tient à la fois de la sculpture, de la gravure et
de la peinture. Les figures qui y sont représentées, ainsi que les ara-
besques, forment un léger relief plat le fond est orné de verres ;

de couleurs très foncées ; les traits et les détails extérieurs des figures
sont gravées à la pointe. » Il y a des tables antiques à Corneillan,
Espondhcilan, Saint-Martin de Londres, Saint-Pierre de Rèdes,
Sauvian, Serignan, Villemague, etc.
— Grenoble. Crypte de Saint-Laurent
Isère.
%
(vi
e
siècle). — Vienne.
Au musée, autel du vn — A cathédrale
e
siècle. la Saint-Maurice, un
autel roman, encastré dans un mur, sert de soubassement au tombeau
de l'archevêque Robert.
Loire-Inférieure. — Geneston — Château de
(xiv e siècle) la Musse,
près Chantenaf (xv e siècle). — Paimbœuf. Autel en marbre, exécuté à
Rome au milieu du xvm e
siècle et provenant de la riche abbaye de
Bazay. — Saint-Jean de Boi\eau. A la chapelle de Bethléem, on voit
un autel dans lequel est pratiqué un tronc dont l'ouverture est dans
la table elle-même.
Lot. — Rocamadoitr. Autd que la tradition fait remonter à S. Mar-
tial.

Lot-et-Garonne. — Gaujac(xi e
siècle). — Le Mas (xn e siècle). —
e
Saint'Savin (xn siècle).

Lozère. — Espagnac.
Cippe funéraire romain, dont l'épitaphe
païenne a été imparfaitement effacée pour faire place au monogramme
du Christ, accosté de l'A et de l'Q (vi e siècle).

(1) Le Blant, Inscript, chr. de la Gaule, n° 600.


(2) Mém. de la Soc. arch. de Montpellier, t. IV, p. 38 1
i
94 HISTOIRE DU SACREMENT DE L^EUCHARISTlE

Manche. — Coutances. A cathédrale, plusieurs


la autels du xm c

siècle. — Pontorson. Deux autels en granit, du xir 3


siècle, engagés d'un
côté dans les murs, et, de l'autre, reposant sur deux colonnes. — Saint-
Floxelet Saint-Pair ; du xi siècle.
autels Valogne. On conserve
e

à la bibliothèque une table d'autel en pierre, du vn e siècle, trouvée en
1693 dans l'église Saint-Pierre-du-Ham. C'est un parallélogramme
dont le centre est décoré d'une croix ancrée, et les angles d'une croix
nimbée. M. Le Blant (1) traduit ainsi l'inscription qui se déroule sur
la bordure, sans aucune solution de continuité dans les mots et sans
ponctuation « : — +
Le seigneur Fromond, pontife, recteur de la
de Coutances, a, en l'honneur de la bienfaisante Marie, Mère de
ville

Notre-Seigneur, élevé ce temple et cet autel, et les a pieusement et


dignement dédiés, au milieu du mois d'août; que cet anniversaire soit
célébré tous les ans par une +
L'année sixième ? (676) du règne
fête.

de Thierry, roi de France, il entoura ce monastère de murs... heu-


reusement... Accomplissant ses fonctions de pasteur en l'amour de
Notre-Seigneur, il établit la bergerie de ses ouailles avec la plus grande
sollicitude. Ni les morsures des loups, ni la voracité... éternels pâtu-
rages... unies aux chœurs des vierges avec la bienfaisante Marie,
puissent vivre et jouir avec elle du bonheur céleste dans l'éternité des
siècles... Le Seigneur... Déplus, le roi a concédé le terrain du monas-
tère ; en (Fromond) a commencé le premier à élever le monas-
effet...

tère ;
enfin, nommé pontife... toujours... plusieurs... et d'autres prai-
ries? au nombre de sept + ainsi... »

Marne. — Binson. Autel du xn e


siècle, en forme de table, porté au
centre par un faisceau de quatre colonnes et, sur les deux angles libres,
par une colonne doublée. — Châtillon-sur-Marne. Deux autels
romans.
Oise. — L'autel roman de Saint-Germer est une table rectangu-
laire, reposant sur neuf colonnes écourtées dont les piédestaux sont
à angles saillants; un boudin sert de tore aux fûts. Les feuilles des
chapiteaux se lancéolent ou se roulent en volutes. Les tailloirs, ceux du
moins qui n'ont pas subi de dégradation, sont enveloppés par une
plate-bande perforée. A l'extrémité du cordon de chaque arcade, se
dessine une petite feuille ou un arc en relief. Dans la Sainte-Chapelle —
de cette église, on voit un autel du xm siècle.
e

Pas-de-Calais. —
Boulogne-sur' Mer Le maître-autel de Notre-
.

(1) Inscriptions, p. 181.


Livre xvi. — des autels

Dame, don du prince Torlonia, est estimé valoir 700,000 francs. Il a


Rome, d'après les plans du chevalier Carnevali. Dans ce
été exécuté à
riche monument d'ordonnance corinthienne, on trouve des échantil-
lons de ce que les carrières d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique
fournissent de plus recherché en marbres brillants et en pierres pré-
cieuses.

Autel de la cathédrale de Clermont.

Puy-de-Dôme. —Clermont-Fer ranci. Antiques autels à l'église des



Carmes. A la cathédrale, autel exécuté par M. Poussielgue-Rusand.
I96 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Il est surtout remarquable par son retable décoré des statuettes des

douze apôtres et par son tabernacle placé entre les deux figures de
PÉglise triomphante et de la Synagogue découronnée. Au tympan,
le Père éternel, dans sa gloire, est entouré des attributs évangéliques ;

la flèche de couronnement est garnie d'anges, dont les uns sonnent


de la trompette, dont les autres sont armés de lances. C'est tout à la
fois une milice d'honneur et de défense pour la garde du Saint-Sa-
crement. —Au musée, autel du vn e siècle, le seul connu dont la
forme soit semi-circulaire.
Pyrénées-Orientales. —
Elue. La table de l'autel roman de Tan-
cienne cathédrale du Roussillon est devenue un devant d'autel (ix e s.)
— Saint-Féliu d'Amont (vn e
siècle).

Autel d'Avenas.

Rhône. — Avenas.Autel cubique en pierre, du xn° siècle. Le Sau-


veur, assis et des quatre évangélistes ; les
bénissant, est entouré
douze apôtres sont groupés sur deux rangs. —
Lyon. A Saint-Martin
d'Ainay, autel en bronze doré, dessiné par M. Questel, et exécuté par

M Poussielgue-Rusand. Nous croyons que c'est le plus beau spé-


cimen d'autel roman qui ait été conçu p ar l'orfèvrerie moderne. La
LIVRE XVI. — DES AUTELS I
97

variété des chapiteaux, les ciselures de la frise, l'éclat des émaux, les
ornements de l'exposition, tout captive l'attention dans cette œuvre
magistrale.

Autel de Saint-Martin d'Ainav.

Saône-et-Loire. — Bois-Sainte-Marie (xi


e
siècle) — Paraj-le-
Monial (xn e siècle).
Sarthe. — VEpan (xiir3 siècle). — Saône (xn e siècle). — Ve\ot
e
(xn siècle).
ig8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Seine. — Créteil (xm e


siècle). — Saint-Denis. Plusieurs anciens
autels de diverses époques.

1
sjyj
ïl i
Autel de Saint-Denis.

Seine-et-Oise. —
Saint-Germain- en-Laye. On conserve au musée
de cette fragments d'un autel chrétien trouvé à Saint-Marcel-
ville les
de Grussol (Ardèche). Douze colombes et douze agneaux, figurant les
apôtres, escortent le monogramme cruciforme, flanqué de l'A et de VQ.
Aux deux extrémités de la face de devant, on remarque deux édicules.
« Ces sculptures, dit M. de Mortillet (i), représentent des temples ro-

mains du meilleur style. On voit une cella,zr\ grandes pierres de taille,


précédée d'un vaste et élégant portique, le tout recouvert en tuiles à
rebord. On que le sculpteur a pris pour modèle l'élégante cons-
dirait
truction de Vienne (Isère), connue sous le nom de Temple de Livie.
Évidemment, ce sculpteur, quand il a fait son œuvre, se trouvait en
plein dans la vie romaine cette œuvre doit donc être de la seconde
:

moitié du iv e siècle. »
Seine-Inférieure. — Rouen. Crypte de Saint-Gervais (xi
e
siècle). —
L'autel de Notre-Dame de Bon-Secours, dont le prix s'est élevé à
25o,ooo francs, a été exécuté sur des croquis très incomplets laissés
par le P. Arthur Martin; aussi donne-t-il prise à la critique les chan- :

deliers sont remplacés par des faisceaux de souches d'un aspect dis-
gracieux les statuettes ont peu de caractère les émaux sont manqués.
: ;

— Sainte-Marguerite, près de Dieppe (xu c siècle).


Somme. —
Amiens (cathédrale d'). L'autel en cuivre repoussé de la
chapelle du Sacré-Cœur a été exécuté par M. Poussielgue-Rusand. Le
tabernacle est dominé par une statue du Sacré-Cœur. Les deux bas-
reliefs du retable représentent S. Jean reposant sa tête, pendant la

Cène, sur la poitrine du Sauveur, et l'apparition de Notre-Seigneur à


la B. Marguerite-Marie. Dans les arcatures de la chapelle, on a peint

les figures des saints qui, par leurs écrits ou leurs actions, ont été les

meilleurs interprètes de l'amour divin.

(i) Le Musée archéologique , t. I, p. 3,


-

LIVRE XVI. — DES AUTELS '99

Var. —Lérins. Table romane supportée par une colonne. —


Saint-Honorat (Ile). Plusieurs autels pédicules dont la tablette en
e
pierre calcaire est quelquefois décorée de moulures (vn siècle).

Saint-Maximin. L'autel du Corpus Domini est décoré de curieuses
peintures du xvi c
siècle, attribuées par les uns à quelque disciple
d'Albert Durer; par les autres, à un artiste italien, parce que les

paysages et les costumes semblent appartenir à l'Italie. — Saint-


Zacharie (vn e siècle). —
Six-Fours, autel du xi e siècle en pierre
dure polie; on remarque, au chapiteau du pied droit qui supporte
la table, une entaille bouchée par une brique qui servait à sceller la

boîte des reliques. —


Soliès-la-Hauteville. Autels gothiques. Tho- —
e
ronet. Support d'autel très curieux (xn siècle), dans une des chapelles
absidales de l'ancienne abbaye.
Vaucluse. —
Apt (cathédrale d'). Autel massif en marbre, du
xii siècle, remarquable par la délicatesse des feuillages et l'élégance
e

des moulures. Entre des colonnes engagées et accouplées, sont creusés


trois compartiments en forme de niche, où des traces de crampon sem-
blent accuser la primitive existence de statues en métal ou en marbre.
-~ Dans la crypte, un cippe romain avec son inscription funèbre forme
la base d'un autel du vn c ou vm e
siècle. — Avignon. A la cathédrale,
autel-table antique, en marbre
soutenu par cinq colonnes
cipolin,
dont quatre en marbre et l'autre en brèche africaine. Autre autel, —
en pierre de liais (xn e
siècle), divisé en trois compartiments par
d'élégants pilastres. La frise du milieu représente Notre
Seigneur en croix, assisté par deux anges; à droite et à gauche,
un agneau et un lion : c'est peut-être la traduction graphique de
l'Écriture: « Le lion et la brebis demeurant ensemble. » — Au musée,
façade d'autel antique en marbre blanc. Cavaillon. Tablette en—
marbre blanc, provenant, dit-on, de Notre-Dame de Vignères (vm e s.).
— Gronau. Ancien autel pédiculé. —
Montfavet. Autels-tables en
grès calcaire, formés de quatre piliers carrés à arêtes rabattues, qui
supportent une tablette très simple. —
Saint-Pantaléon. Ancien autel
pédiculé e
(vi siècle). —
Saint-Saturnin-lès-Apt. Curieux pied d'autel
monolithe où on lit l'inscription suivante In honore sancti Satvmini :

martyr. M
Revoil (1) le croit du xi e siècle. Senanques. Six autels —
massifs du xn e siècle, formés d'un dé entre deux doucines. — Vaison.
autel de Saint-Quesnin, table en marbre blanc de Carrare, supportée
par quatre colonnes. Une croix était peinte dans le centre, au milieu

(1) Architecture romane, t. III, p. 20.


200 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Autel de Vaison.

de quatre rondelles dessinées aux angles. Sur les encadrements sont


sculptés des pampres, des colombes et le monogramme du Christ
entre deux colombes (vi
e
siècle).— Autre autel (xn e
siècle), dont une
dalle provient d'un sarcophage antique. — Vaiicluse. On attribue au
e
x ou xi un autel-table en marbre blanc-gris, reposant sur cinq
e
siècle
colonnettes dépourvu de tout signe symbolique.
et Venasque. —
Tablette en cipolin, supportée par un pied carré en granit rouge, avec
chapiteau orné de feuilles d'eau (xn e siècle).

Vienne. — Le Bonchet. Autel en pierre du xn c siècle. — Ma\erolles


(ix
e
siècle). — Poitiers. Dans des
fouilles opérées, il y a quelques années,
aux environs de Poitiers, le R. P. de La Croix a découvert un
cippe d'autel chrétien du v c siècle, pourvu de deux niches à reliques
et décoré d'une croix peinte. Il est plus large à sa base que dans le

lîaut. —
Au musée, autel mérovingien, en marbre blanc, provenant
de Vouneuil-sous-Biard. Il offre cette particularité que les tranches de
la table sont percées de onze trous carrés, d'une largeur de deux centi-

mètres. On a supposé successivement que ces trous indiquaient une


ornementation d'appliques en métal qu'ils étaient destinés aux bou- ;

tons auxquels on aurait suspendu des festons de feuillages et de fleurs;


que c'étaient des cavités faites pour recevoir les reliques de consécra-
tion. Mgr Barbier de Montault, qui a décrit ce monument (i), nous
semble avoir détruit toutes ces hypothèses et démontré que ces trous

(i) Bulletin de la Soc. des ant. de V Ouest , i


er trimestre de 1880.
201

indiquent l'existence d'une grille qui protégeait l'autel et ses reliques


contre l'indiscrétion des visiteurs. — Crypte de Saint-Nicolas de Poi-
tiers (xn e siècle). — Saint-Sainn-sur-Gartempe. L'ancienne église abba-
tiale possède six autels carrés en pierre, du xi° siècle. Sur la tranche

Autel de Saint-Savin.

des tables, des inscriptions indiquent le nom des reliques qui étaient
jadis contenues dans chaque autel.
Yonne. —
Chaource. Autel en forme de table (xvi e siècle), sup-
porté par deux colonnes et surmonté d'un beau retable sculpté. —
Montréal. Autel du xn e siècle.

§ 5

Grande-Bretagne

L'Angleterre protestante a détruit la plupart de ses anciens autels;


parmi ceux qui subsistent encore, nous nous bornerons à citer ceux
d'ABEY-DoRE (Herefordshire), Farnham (Sussex), Newington (Kent),
Porlock (Sommerset) Ripon et Tervaulx (Yorkshire).
En Irlande, le vaste autel de Limérick (xn e siècle), après avoir été
expulsé de la cathédrale, par la Réforme, y a été réintégré.
M. Parker, dans son Glossaiy of architecture, a publié d'assez
nombreux autels des xm e xiv e et xv e siècles; ils sont souvent imités
,

par les architectes de l'école de Pugin.

§ 6

Italie

Asti. — Dans le baptistère, autel cubique, du xn e siècle. Au


centre, le Christ assis sur son trône, dans une auréole tétralobée,
202 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

tient le livre des Évangiles. Les animaux évangélistiques occupent


les angles. Sur deux zones superposées, on voit la Vierge, saint Pierre,
saint Jean et cinq autres saints.
Baccano. — En
i8y5, on a découvert, dans le cimetière de Saint-
Alexandre, deux pilastres ayant servi de soutiens à une table d'autel.
Leur face principale est ornée d'un graphite représentant une vigne
commençant et finissant dans le monogramme du Christ. M. J.-B. de
Rossi, qui a publié une restitution de cet autel (i), l'attribue à
l'an 32i.
Bagnacavallo (vi e siècle).

Bologne. —
A l'église Saint-Etienne, autel de S. Vital, daté de
Tan 382, et autre sarcophage antique, transformé en autel.
Chiusi. —
Dans une chapelle de la catacombe de Sainte-Catherine,
l'autel consiste en une petite table de marbre, posée, au fond de
l'abside, sur une colonnette de travertin.
Citta del Castello. —
A la cathédrale, autel en métal ciselé, du
xn e siècle.
Cividale (Frioul). — Église Saint-Martin (vm e siècle).

Florence. — Au baptistère, autel d'argent massif du poids de


325 livres, œuvre de plusieurs artistes des xm e
, xiv e et xv e siècles.
C'est un témoignage de l'ancienne munificence de la République de
Florence, qui voulut non seulement égaler, mais surpasser la valeur
de l'autel donné par Constantin à la basilique de Constantinople.
Douze bas-reliefs en argent représentant la vie de saint Jean-Baptiste,
séparés par des pilastres d'argent et de lapis lapilli, soutiennent de
belles statues de prophètes et de sybilles. Au milieu est la statue du
saint patron de Florence. —A l'église d'Or-San-Michele, Tautel de
la Vierge est l'œuvre d'Orcagna. — A Santa-Maria-Novella, autel du
e
xni siècle.
Milan. — Nous
avons parlé à l'article Parements du célèbre autel
de l'église Il nous reste à mentionner celui de Saint-
Saint-Ambroise.
Eustorge, qui date du xm e siècle, et le magnifique sarcophage-autel
de Saint-Celse (x e siècle).

Modène. — Au Dôme, autel-tombeau de S. Géminien (vin siècle).

Monza. — Au trésor, autel en vermeil du xiv


e
siècle, représentant
la vie de S. Jean-Baptiste.
Naples. — Dans l'église San-Pietro ad Aram, un autel d'origine

(i) Bulletino, 1873, n° 4, pl. 9.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 2o3

païenne, dédié à Apollon, a servi, d'après la tradition, à S. Pierre


célébrant sa première messe à Naples, en venant d'Antioche.
Narnl — Madonna Impensole (xi e ou xn e siècle).
No le.— Basilique des Martyrs (vm e siècle).
Orvieto.— Musée (ix
e
siècle).

Padoue. — Dans une chapelle de l'église Saint-Antoine, un autel du


e
xv siècle, surmonté de cinq statues, est exhaussé sur une base très
haute où conduit un escalier garni latéralement de rampes à
colonnes.
Palerme. — San-Cataldo (xn e siècle).
Parme. — Baptistère (xm e
s.).

Pavie. — A Saints-Gervais-et-Protais, cippe de marbre blanc hexa-


gonal (v e siècle).

Pérouse. — A Saint-François, sarcophage païen métamorphosé en

Autel-tombeau à Saint-Francois de Pérouse.

autel.— A Sant'Angelo, autel pédiculé du — A San-Matteo xi e siècle.


(xm e — San-Prospero
s.) (ix
e
siècle).
Pise. — Baptistère (xin e
siècle).
Ravenne. — Dans crypte de Saint-Jean-l'Évangéliste, deux autels
la
204 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

antiques, l'un supporté par cinq colonnes, l'autre par un cippe qua-
drangulaire. —A l'église des Saints-Celse et Nazaire, autel du vi e siècle,
provenant de Saint- Vital. Sur la partie antérieure, en albâtre oriental,
sont sculptés une croix pattée, deux agneaux affrontés et des couronnes
piiiîiil^^
MM

Autel de l'église des Saints-Celsc-et-Nazaire, à Ravenne.

suspendues aux parois latérales. Une couronne semblable domine une


croix grecque. —
Autres autels antiques à Saint-Apollinaire intra
muros, à Saint-Apollinaire in Classe et dans le baptistère.
Rimini. — En
863, on y a découvert un autel du v e siècle, décoré
1

d'un vase ansé, surmonté d'une croix et d'où s'échappent des ceps de
vigne becquetés par des colombes (i).

Rome. — A Saint-Barthélemy-en-l'Ile, le maître-autel, où repose le

corps de l'apôtre S. Barthélémy, est formé d'une magnifique baignoire


antique de porphyre. —
Le pape S. Sylvestre, après avoir construit
l'églisede Latran, dédiée au Saint-Sauveur, y fit mettre l'autel de
bois sur lequel S. Pierre et ses successeurs avaient célébré les saints
Mystères; il ordonna par un décret que *le Souverain-Pontife seul y
pourrait dire la messe, ce qui a été régulièrement observé jusqu'à nos
jours. C'est une simple table de bois de sapin, n'ayant pour tout orne-
ment qu'une croix sculptée sur la partie antérieure. Plusieurs savants
n'admettent pas que cet autel, ni celui de l'église Sainte-Pudentienne,
remontent à l'époque de S. Pierre (2). M. Rohault de Fleury pense
que l'autel conservé à Saint-Jean-de-Latran est le coffre dans lequel
était renfermé un autel portatif à l'usage de saint Pierre, espèce de

{1) De Rossi, Bulletino, i863, anno II, p. i5.



(2) Krazer, De antiquis liturgiis,?. i58.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 205

trépied analogue à ceux qui sont figurés dans les catacombes. — Dans
la chapelle du Saint-Sacrement de cette même église, on conserve, au-
dessus de l'autel, la table de bois sur laquelle Jésus-Christ fit la der-
nière Cène avec ses apôtres (r). — Dans
le cloître, on voit un autel de

marbre, perforé, dit-on, par une hostie qui s'était échappée des mains
d'un prêtre incrédule. —
A Saint-Yves des Bretons, autel monolithe

Autel de Saint-Yves à Rome.

en marbre blanc, porté sur cinq colonnes reposant sur un socle plat.
On voit, au milieu de la table, un trou rectangulaire destiné à contenir
les reliques de consécration. —
A Sainte-Marie in Cosmedin, l'autel
estformé d'une baignoire antique en granit rouge. — On conserve à
Sainte-Praxède une table en bois sur laquelle, d'après la tradition,
saint Pierre aurait offert les saints Mystères, alors qu'il était l'hôte
de Pudens. Ce bois vermoulu est recouvert d'une table de pierre sur
laquelle on lit cette inscription :

In hoc altari S. Pet rus


Pro vivis et defunctis ad
Augendam fidelium
Multitudinem
Corpus et sanguinem
Domini offerebat.

Mentionnons encore à Rome des tables d'autel reposant sur un cippe

(i) Voir ce que nous en avons dit, tome I, p. 65.


206 HISTOIRE DU SACREMENT DE L EUCHARISTIE

païen, à Saint-Jacques Scossacavallo, à Saint-Théodore-le-Rond, à la


Madone du Bon-Secours, au musée de des Latran, etc; des autels
premiers siècles à Saint-Alexandre, à Saint-Clément, à Saint-Côme-et-
Saint-Damien, à Saint-Georges in Velabro, à Saint-Jean in 0//o, à Saint-
Sébastien, à Saint-Vincent aux Trois-Fontaines, dans la crypte papale
du cimetière de Galliste, dans celle de Sainte-Cécile, etc. des autels ;

du moyen âge à la Madonna del Buon Consiglio (xn e siècle), à Saints-


Côme-et-Damien (xn e siècle), au cloître de Saint-Jean-de-Latran
(xm e siècle), à Saint-Jean- Porte- Latine, à Saint-Grégoire au Cœlius, à
Saint-Laurent-hors-les-Murs (xn e siècle), à Saints-Nérée-et-Achillée
(xm e siècle), à Saint-Sébastien (xn e siècle), à Saints-Vincent-et-Anas-
tase(xm e siècle), à Sainte-Cécile (xm e siècle), à Sainte-Galle, à Sainte-
Marie du Prieuré (x c siècle), à Sainte-Marie in Ara Cœii (xm e siècle), à

Sainte-Marie m Via (xa e siècle), à Sainte-Marie-Majeure (xiv e siècle),etc;


des autels remarquables des derniers siècles au Gesù, à Sainte-Agnès-
hors-les-Murs, à Sainte-Marie des Anges, à Sainte-Marie-Transpon-
tine, à Saint-Paul-hors-les-Murs, à Saint-Pierre du Vatican, à Saint-
Pierre in Vincoli, etc. (1).

Saint-Oreste. — A l'église Saint-Sylvestre, autel du xn e siècle,

construit avec des marbres du ix e


.

Sienne. — A cathédrale, maître-autel de


la 536. l'an 1

Spolète. — Sainte-Lucie (xi


e
siècle).

Torcello. — Autel métamorphosé en crédence(vi e


siècle).
c
Toscanella (ix siècle).

Venise. — Le maître-autel de Saint-Marc


est placéau milieu du
chœur, sous un ciborium en marbre vert-antique, supporté par quatre
colonnes d'albâtre, sculptées, avant le x e siècle, de sujets représentant
la vie du Christ. C'est derrière que s'élève le grand autel connu sous
le nom de pala d'oro.
Vercelli (xm e siècle).

Vérone. —A
Saint-Zénon, autel du ix e siècle, en calcaire tertiaire,
avec une marbre rouge. Les sculptures de la face principale
table en
représentent le Christ en croix, les quatre évangélistes, les âmes des
justes délivrées des Limbes, et les âmes du Purgatoire introduites
dans la gloire du Paradis.
Visciano. — Autel du x e siècle, accompagné de deux prothèses ou
crédences.

(1) Sur tous ces autels, comme sur les monuments religieux de Rome, le meilleur ou-
vrage à consulter est le Guide du pèlerin aux églises de Rome,par Mgr Barbier de Montault.
LIVRE XVI. DES AUTELS

* 7

Afrique et Asie

M. Héron de Villefosse a communiqué à la Société des antiquaires


de France, dans la séance du 17 novembre 880, le dessin d'un antique
1

autel chrétien qu'il a découvert à Henchir-Begucus, au sud de Tebessa

Autel de saint Montanus.

^Algérie). C'est une dalle carrée en calcaire, au milieu de laquelle un


trou rond, de 25 centimètres de diamètre, servait de loculus des reli-
ques. La face antérieure offre le monogramme du Christ entre deux

Façade de l'autel de saint Montanus.

palmes et deux cartels.Sur celui de droite, on lit cette inscription :

Memoria sa(n) cti Montant. Cet autel contenait donc les reliques de
S. Montanus, martyrisé à Carthage en 259 (1).

1) Bullet. de la Société des antiq. de France, 4 e trim. de 1880, p. 270.


208 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Le vieux Caire, dit M. Rohault de Fleury (i), possède des


«

monuments chrétiens d'une grande ancienneté. La forteresse romaine


deMusr-el-Ateekah ne renferme pas moins de cinq églises coptes. On
y voit des autels construits en pierre, de forme carrée et présentant,
dans la partie inférieure, une cavité sans doute destinée à contenir
des reliques, et, sur le dessus, un creux où les saintes espèces sont
déposées et que recouvre un panneau de bois avec peintures de
saints et sujets de l'Ecriture. »

M. Texier (2) a signalé en Cappadoce et en Mésopotamie des autels


de pierre creusés dans des rochers et faisant corps avec eux. Il les

croit antérieurs à la paix de l'Église. Des monuments analogues ont


été observés dans l'ancienne Tauride.

(1) La Messe, t. I, p. 1 65.


(2) Architecture Bysant., p. 3q et 55.
CHAPITRE II

Des autels portatifs

Nous avons dit que, dans la langue liturgique, on donne le nom


d'autel portatif à la pierre sacrée dans un autel non
que l'on encastre
consacré, ou que Ton pose dessus. On désigne par le même nom la
pierre consacrée, entourée d'un encadrement, que le prêtre porte en
voyage et sur laquelle il dit la messe, en la plaçant sur un autel non
consacré ou sur un support quelconque (i). Sa destination itinéraire
lui a fait donner les noms de altare gestatorium, itinerarium, levati-

eum, portatile, vialicum; lapis itinerarius, portatile; mensa ou tabula


ilineraria ; on l'appelle encore altariolum lapideum. Nous allons
nous occuper exclusivement, dans les cinq articles suivants, de ces
sortes de pierres d'autel i° antiquité et usage des autels portatifs;
:

2° matière et forme des autels portatifs 3° des privilèges des autels


;

portatifs 4 des autels portatifs de l'Orient


;
5" notes historiques et ;

descriptives sur un certain nombre d'autels portatifs.

article 1

Antiquité et usage îles autels portatifs

Un grand nombre d'écrivains (2) ont prétendu que les autels porta-
tifs ne furent pas usités avant le vn e ou le vm e
siècle. Nous croyons, au

(1) Pendant Révolution, la pierre sacrée est souvent devenue un véritable autel
la
portatif, dans sens rigoureux du mot. De 1792 à 1800, les prêtres qui distribuaient
le
les secours de la religion dans nos villages et nos bourgades, portaient constamment dans
leur petit bagage une pierre consacrée. C'est sur une pierre de ce genre que l'abbé
Magnin, introduit furtivement à la Conciergerie, célébra la messe dans le cachot de
Marie-Antoinette.
(2) J.-B. Thiers, Thomassin, Van Espen, J.-L. Keyser, J. Labarte, etc.

T. II. '4
. ,

2 10

contraire, avec d'autres érudits (i), qu'on s'en servit dès les premiers

siècles, alors qu'il pas de lieux fixes pour l'assemblée des


n'y avait
fidèles. La qualification de portatif n'apparaît, il est vrai, que tardi-
vement, mais parce que l'on ne faisait point de distinction entre
c'est
les deux genres d'autel qui ne différèrent d'abord que par leurs dimen-
sions. Danscatacombes, on dut souvent se contenter de poser un
les
le tombeau du saint dont on célébrait la fête. Il en
autel portatif sur
fut de même quand on disait la messe dans les maisons particulières
dans les prisons, dans les déserts, dans les solitudes, dans les
champs, etc. (2). C'est sur des autels viatiques que Constantin et ses
successeurs faisaient célébrer les saints Mystères au milieu de leurs
camps (3). Au v e siècle, il est question d'un autel portatif que saint
Patrice jeta à la mer, pour servir de véhicule à un pauvre lépreux
qui voulait se rendre en Hibernie (4).

On pourrait nous objecter qu'au vn c siècle, Théodore, archevêque


de Cantorbéry, dit qu'il est permis à un prêtre de célébrer la messe
en pleine campagne, pourvu qu'il y ait un prêtre ou un diacre qui
tienne dans ses mains le calice et l'hostie. Il n'aurait probablement
pas indiqué ce moyen fort incommode, s'il avait eu connaissance des
autels portatifs. ne faut point tirer une conséquence générale de
Il

ce fait isolé, mais simplement en conclure que dans le diocèse de


Cantorbéry, et peut-être dans le reste de l'Angleterre, l'autel por-
e
tatif était inconnu au vn siècle. Il est certain qu'il n'en était plus

ainsi au siècle suivant, car le V. Bède nous parle de deux prêtres


nommés Ewalde qui célébraient le Saint-Sacrifice sur une table con-
sacrée, qu'ils portaient toujours avecépoque
eux. A la même
S. Vulfran, archevêque de Sens, pendant une traversée maritime, disait
la messe sur un autel portatif, ayant la forme d'un bouclier, avec des

reliques aux quatre coins et au milieu.


Un Capitulaire de Charlemagne (769) est ainsi conçu « Qu'aucun :

prêtre ne célèbre la messe dans un lieu qui ne serait pas consacré. En


voyage même, il ne le doit faire que sous une tente et sur une pierre
consacrée par l'évêque. » « Que nul prêtre, dit Hincmar, ne dise la
messe sur un autel non consacré; si la nécessité exige qu'on célèbre,
soit en attendant la consécration d'une église ou d'un autel, soit dans

(1) Gattico, de Rossi, Martigny, de Linas, etc.


(2) Gattico, De orat. domest., 2 e édit., p. 3j; De usu altar. portât., c. i, n° 1 1
(3) Sozom., Hist. eccl., 1. I, c. vnr.
(4) Il est juste de faire observer que les actes de S. Patrice n'ont été rédigés qu'au
xn e s!è:le, ce qui diminue beaucoup leur autorité historique.
Il X

une chapelle qui ne mérite pas d'être consacrée, que le prêtre nous
envoie, pour la consacrer, une table de marbre, d'ardoise ou d'autre
pierre très convenable il la portera avec lui, en cas de nécessité, et
;

pourra s'en servir pour célébrer les saints Mystères selon les rites de
l'Église. »

A la fin du x° siècle, Gotefrid, archidiacre de Milan, envoya à Saint-


Bénigne de Dijon, un autel d'onyx, décoré de lames d'or et d'argent.
Le roi Robert laissa en mourant, à l'église Saint-Aignan d'Orléans,
un autel portatif, enrichi d'or et d'argent, au milieu duquel il y avait
un onyx.
Quelques évêques du xi° siècle, entre autres S. Anselme (i), ne se
montraient point favorables à l'emploi des autels portatifs. Ils ne
s'en multiplièrent pas moins aux xn e et xm e
siècles ; les voyages en
Terre-Sainte et les croisades en accrurent la nécessité.
Ce seulement dans ces impérieuses circonstances qu'on
n'est point
recourait aux autels portatifs. On s'en servait dans les chapelles que
leur peu d'importance avait empêché de consacrer, et aussi dans les
maisons des malades et des infirmes, où parfois, surtout avant le
ix e siècle, les prêtres allaient célébrer les saints Mystères.
Le docteur Rock (2) croit que pas exclu-
les autels portatifs n'étaient

sivement destinés à remplacer l'autel fixe consacré, et qu'on les pla-


çait sur cet autel dans le but d'honorer davantage la sainte Eucharistie
et le prélat consécrateur.

ARTICLE 11

Matière et forme des autels portatifs

Les noms de tabula de mensa donnés très anciennement aux


et
autels portatifs sembleraient montrer qu'ils furent d'abord en bois.
Par la légèreté du poids, ils étaient plus faciles à transporter, et ce
n'était point là une considération de minime importance, aux époques
de persécution ou de périgrinations lointaines. L'auteur anonyme des
Miracles de saint Denys (ch. xx) nous dit que les moines de cette
abbaye qui suivaient Gharlemagne, pendant sa guerre contre les Saxons,

(1) Epist i5 9 , lib. III.


(2) The Church of our fathers, t. I
212

(( avaient une table de bois, recouverte d'un linge, laquelle tenait lieu
d'autel. »
Plus tard, on employa la pierre, l'ardoise, le porphyre, le jaspe,
l'albâtre, l'onyx, le serpentin, le saphir, l'ivoire, etc. On peut citer
comme matières exceptionnelles, la terre cuite et le cristal. Aringhi(i)
a signalé un autel portatif des catacombes, en terre cuite, ayant la
forme d'un cippe antique, avec adjonction de deux consoles, pour sou-
tenir deux lampes en argile. Mgr Barbier de Montault a décrit deux
autels en cristal de roche, avec bordure métallique, conservés au
trésor de Monza.
Un certain nombre d'inventaires mentionnent des autels portatifs
en métal, mais cette désignation ne concerne probablement que l'en-
cadrement qui entourait le bois ou la pierre. D'ailleurs, comme le
fait observer Mgr Martigny (2), « le mot metallum qui se trouve fré-

quemment dans les divers Ordres liturgiques est vague et désigne


ordinairement la pierre, lapideum metallum comme on lit dans la for-
^

mule de consécration de l'autel portatif, du Pontifical romain. »



L'autel portatif dut consister d'abord dans une simple plaque de
bois ou de pierre polie, dénuée d'ornements accessoires. Plus tard on
l'encastra dans un châssis métallique. En général, c'est un parallé-
logramme rectangle, enchâssé dans une bordure de cuivre ou d'argent
ciselé, doré, niellé, émaillé, ou bien dans un ais en chêne, garni d'or
ou d'argent, décoré d'émaux, de nielles et de pierres précieuses. Il y
en a eu, mais rarement, de triangulaires, d'elliptiques et de circulaires.
On distingue deux types principaux celui d'un coffret, en forme
:

d'autel, supporté par des pieds; celui d'une simple tablette, munie
quelquefois d'une poignée. Dans le premier cas, il peut y avoir sous
la pierre consacrée des reliques assez considérables ; dans le second, il
n'y a place que pour des parcelles qui sont enchâssées dans la garni-
ture, ou bien sous la pierre, dans de petites cavités couvertes de cris-
tal. Guillaume Durand nous apprend (3) qu'il n'y avait pas obligation

de mettre des reliques dans un autel portatif; en effet, parmi ceux


qui nous restent, on en voit où aucune place n'a été ménagée pour
cet usage.
La dimension de ces meubles sacrés a dû varier selon leur destina-
tion; pour les oratoires domestiques et les chapelles, on a choisi

(1) t. i; P 5i 9
. .

(2) Dict.,W° Autels portatifs.


(3) Ration., 1. I, c. vu, n. 23.
LIVRE XVI. — DES AUTELS 2l3

une forme exiguë, et de plus grandes proportions, quand on devait


consacrer pour de nombreux fidèles; car alors il fallait une place suf-
fisante pour les oblations sous les deux espèces. L'autel-coffre en
porphyre, garni d'or, que Charles le Chauve donna à l'abbaye de
Saint-Denys, avait quatre pieds de large et contenait trois bras de
saints (i).

Les scènes le plus fréquemment représentées sur les encadrements,


sont le sacrifice d'Abel, ceux de Melchisédech et d'Abraham, les

fleuves du Paradis l'Agneau divin, les animaux évangélisti-


terrestre,
ques, les scènes de la vie du Sauveur, les douze apôtres, etc.

On voit souvent des inscriptions sur les bordures en métal. Les


auteurs du Voyage littéraire (2) ont lu les vers suivants sur un autel
portatif (1 137) conservé à l'abbaye de Saint- Laurent de Liège :

Hic datvr ipse Jesrs animarvm potrs et esvs

Hœc tibi sit car a, cvi caro fit, crvcis ara.

Sur un autel portatif, consacré par l'évêque Roger de Champagne


(996-1023), et qui fut longtemps conservé au trésor de la cathédrale
de Beauvais, on lisait : Primvm. crvci. presvl. locvm sanxi.
.

Mariœ. postervm. Rotgervs. tercivm. Petro. qvartvm. dedi


Lvciano (3).

L'inscription suivante se lit sur un ancien autel portatif découvert


dans un autel en maçonnerie de Moutiers (Deux-Sèvres) :

Hec magna sci Rufini confessor (4).

Les autels portatifs étaient renfermés dans des coffrets en bois ou


dans des étuis de cuir estampé, garnis de courroies et de fermoirs. On
croit que le coffre du Cid, conservé à la cathédrale de Burgos, était
destiné à contenir l'autel portatif qui suivait le héros espagnol dans
ses campagnes contre les Arabes.

(1) Martène, De ant. eccl. rit., 1. II, c. xvn.


(2) Tome III, p. iqo.
(3) Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, t. II, p. 4? 2.
(4) M. Ledain (Bullet. de la Soc. des ant. de l'Ouest, 1881 p. 280) croit
,
que magna
est ici pour manna et signifie la manne, la sainte poussière de S. Rufin.
214 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

ARTICLE III

Des privilèges d'autel portatif

Au xm e
au xiv% l'ancien droit commun des autels
siècle et surtout
portatifs devint un privilège. Pour mettre fin à des abus qui se mul-
tipliaient, le Saint-Siège n'accorda de concessions de ce genre que
pour des motifs spéciaux. Il concéda ce privilège tantôt à des souve-
rains, comme Charles-le-Bel, Philippe-le-Bel, Philippe VI ; tantôt à
des malades qui ne pouvaient se rendre à l'église ; tantôt à des congré-
gations qui se livraient au ministère des missions; tantôt aux évêques
voyageant hors de leur diocèse. En ce dernier cas, on trouvait que ces
prélats, en disant la messe dans des églises étrangères, .pourraient
paraître empiéter sur la juridiction de l'Ordinaire. C'est la raison qui
détermina Boniface VIII à permettre à tous les évêques d'avoir un
autel portatif dont ils pourraient se servir hors de leur diocèse, n'im-
porte en quel lieu, pour y célébrer ou y faire célébrer les saints
Mystères.
Le privilège de l'autel portatif fut concédé aux Franciscains par
Honoré III aux Dominicains, par Grégoire IX aux Carmes, par Clé-
; ;

ment IV; aux Servîtes, par Innocent VUI aux Minimes, par Jules II.
;

Le concile de Trente maintint ce privilège pour les évêques, mais


l'abolit pour les religieux. Depuis, il a été accordé par Sixte V,
en i559, aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem; par Pie IV,
en 1 564, aux chanoines de Latran; par Grégoire XIII, en 1579, aux
Jésuites en i58o, aux Dominicains de Pologne, etc.
;

Il serait superflu d'ajouter que très souvent les missionnaires des

pays infidèles ne peuvent célébrer que sur la pierre consacrée qu'ils


emportent dans leurs voyages.

ARTICLE IV

Des autels portatifs d'Orient

En Orient, les Chrétiens qui se trouvaient exposés aux invasions


des Musulmans se sont souvent contentés d'autels portatifs, qu'ils
plaçaient sur une table en bois. Mais ces pierres, offrant quelques
difficultés de transport, ont été généralement remplacées par des
2l5

nappes consacrées, nommées antimensia, dont nous avons parlé pré-


cédemment. Manuel Gharitopule (i) enseigne que les avxip)v<na ne peu-
vent pas être placés sur des autels consacrés, mais seulement sur des
autels non consacrés, ou dont la consécration est douteuse.
Les Éthiopiens ont des autels portatifs qu'ils appellent tabou (arche),
parce qu'ils sont modelés sur leur prétendue arche de PAncienrTesta-
ment qui, selon eux, fut apportée en Éthiopie, lorsque le fils de Salo-
mon et de la Reine de Saba fit un voyage à Jérusalem. Quand
l'empereur d'Ethiopie est en voyage, accompagné d'une tente
il est
pour improviser une chapelle quatre prêtres portent un tabou sur
;

leurs épaules ils sont précédés de deux clercs, l'un portant la croix
;

et l'encensoir, l'autre une sonnette qu'il agite. Tous les cavaliers qu'on
rencontre mettent pied à terre en signe de vénération (2).

article v

Notes historiques«ct descriptives sur un certain nombre d'autels portatifs

Angleterre. —
L'un des plus beaux autels portatifs connus est
celui que possède M. le chanoine Rock et qui a été publié dans les
Annales archéologiques. « La longueur de la pierre, y lisons-nous (3),
est de 23 centimètres. Cette pierre est en jaspe oriental d'une couleur
purpurine mêlée de vert. Elle est enfoncée dans un morceau de chêne,
mais le bois est entièrement plaqué d'argent. Le tout porte sur quatre
pieds d'argent également. Ces plaques sont d'argent avec des nielles
dessinées dans un style d'une pureté et d'une élégance rares...
Aux quatre points cardinaux sont les quatre éléments : le Feu,
qui tient deux flambeaux allumés; l'Eau qui porte deux urnes; l'Air
qui montre un oiseau et peut-être un nid; la Terre, qui tient des fleurs
dans une main et des fruits dans l'autre. Au centre, l'Esprit de Dieu,
sous la forme d'une colombe, au nimbe crucifère, tenant la double
croix de l'étendard de la Résurrection, repose sur un petit monument
qui pourrait figurer l'Église ;
puis l'Agneau de Dieu, au nimbe crucifère,
tenant la double croix de l'étendard de la Résurrection et versant dans

(1) Lib. Ul Juris Orient.


(2) Alvarez, Hist. d'Êthiopie, ch. xi, n. 3.
(3) Tome XII, p. 1 15.
2 t6 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

un calice son sang divin. L'Agneau est escorté de l'archange Gabriel


qui tient le sceptre, et de l'archange Michel qui porte le globe du

monde surmonté de la croix à double traverse. »

Bamberg. — L'autel portatif, donné par l'empereur Henri II à la cathé-

drale, est en vert-antique. L'encadrement est en bois de chêne recouvert


de plaques de cuivre doré, enrichies d'émaux et de figures gravées
sur métal. Celles du pourtour, niellées d'un émail foncé, représentent
le Christ, la Vierge et les douze apôtres. Quatorze figures de Séra-

phins et de Chérubins, en émail champlevé, sont accompagnées de cette


inscription :
-f-
Cherubim. quoque. et. serajim. sanctus. proclamant, et.
omnis. ordo. dicens. te. decet, laus. et. honor. domine.
celicus.
Brunswick. —
Il y a quatorze autels portatifs au trésor du roi de

Hanovre, la plupart du xn c siècle et enrichis d'émaux champlevés.


Cologne. — A Sainte-Marie du Capitole, petit autel en serpentine,
encadré d'émaux et de figures (xn e siècle), et dont les bandes offrent,
sur fond d'or, l'inscription suivante en émail bleu :

Qiiidquid in altari punctatur spirituali


lllud in altari complet nr materiali :

Ara crucis, tnmuli calix, lapidisque patena,


Sindonis officium candida bissus habet (1)

VT:D:iQ^iI^D :

"di!3ji iN!ii;' A:liH?* Ai :!

RfrI. p ? V '

? ;

M. C, T

Autel portatif de Sainte-Marie du Capitole.

(i) Bock, Les Trésors sacrés de Cologne, p. i36.


LIVRE XVI. — DES AUTELS 217

Conques (Avéf ron). —


Autel en albâtre oriental, du xi e siècle, riche-
ment enchâssé. Le premier encadrement se compose d'oves granulés,
le second de médaillons avec figures en émaux cloisonnés, représentant
le buste de Notre-Seigneur, l'Agneau divin, les quatre animaux évan-
gélistiques, sainteFoy, sainte Marie et deux saints nimbés. Autre —
autel, dit deBégon, en porphyre rouge, garni de plaques d'argent
où sont gravées et niellées, sur fond d'or pointillé, les figures de
Jésus, de Marie, des douze apôtres, de saint Luc, de saint Marc, de
saint Etienne, de sainte Cécile, de saint Caprais, de saint Vincent et
de sainte Foy, patronne de l'ancienne abbaye. Ce beau meuble litur-
gique date de l'an 1 100, comme l'indique l'inscription suivante :

Anno ab incarnatione Domini millesimo C


Sexto Kl ivlii domnvs pontivs barbastrensis
Episcopvs et sancte fidis virginis monachvs
Hoc altare begonis abbatis dcdicavit
FA de +xpi et sepvlcro eivs mvltasqve
Alias sanctas rellqvïas hic reposvit

Autel portatif de Conques.

Czenstochowa (Pologne). — Autel portatif en chêne et argent, daté


2l8

de 1624, d'un travail exquis. Une tradition populaire erronée l'at-

tribue à S. Casimir, prince royal de Pologne.


Darmstadt. — Au musée, trois autels du xn e siècle, l'un en vert-
antique, l'autre en porphyre rouge, le troisième en ivoire. Les faces
de ce dernier sont décorées de neuf figurines en haut relief représen-
tant le Christ, la Vierge et divers saints.
Faye-l'Abbesse (Deux-Sèvres). —
Fragment d'un autel portatif en
marbre, qui, d'après la tradition, aurait appartenu à S. Hilaire.
Grenade. —
A la cathédrale, autel que transportaient en voyage
Isabelle la Catholique et Ferdinand. On y voit des peintures de Lucas
Borro.mée. —
Au musée, autel composé de six émaux de Limoges
qu'on attribue à Jean Pénicaud l'Ancien. Cette œuvre admirable pro-
vient du couvent de San-Geronimo où fut enterré Gonzalve de
Cordoue.
Maestricht. —
A l'église Saint-Servais, autel portatif très antique,
en porphyre vert, encadré d'argent estampé. D'après la tradition, il
aurait appartenu à l'évêque saint Servais.
Metz. —
Au trésor de la cathédrale, autel portatif du xm e siècle,
formé d'une plaque d'agate cornalinée, enchâssée dans une tablette
de bois d'une épaisseur de 35 centimètres. Sur les lames de cuivre
argenté qui garnissent les côtés, sont estampés des sirènes, des grues
et des hommes qui dansent.
Namur. —A la cathédrale, coffret rectangulaire, porté sur des
pieds de lion. La pierre sacrée est une agate rayonnée, encadrée dans
une bordure de cuivre. Les dix-huit plaques des côtés, en dent de
morse, représentent des sujets qui sont surtout relatifs aux miracles
e
de Jésus-Christ. C'est une œuvre du ix e ou x siècle, selon les uns, du
e e
XI ou xn siècle, selon les autres.

Paris. —
Au Louvre, autel portatif du xm e siècle, provenant de la
collection Soltikoff. C'est une plaque de marbre lumachelle, entourée
d'un encadrement de cuivre doré, décoré de deux bas-reliefs en ivoire
(la Crucifixion, la Sainte-Vierge entre deux évêques), de deux plaques

de cristal de roche recouvrant deux miniatures, et de gravures repré-


sentant les animaux évangélistiques, saint Pierre, saint André, saint
Etienne et saint Laurent.
Rome. — A Sainte-Marie du Portique, autel portatif qui, d'après la
tradition, aurait servi à saint Grégoire de Nazianze.
Saintes-Mariés (Bouches-du-Rhône). —
Son église possède une
plaque de marbre de 18 cent, de largeur sur 36 de longueur, sur la-

LIVRE XVI. — DES AUTELS 219

quelle est gravée, en caractères du ix siècle, l'inscription suivante


e :

4- Altare sci salvatoris.


Siegberg (Prusse).— Au trésor de l'abbaye, deux autels du xn siècle,
e

l'un en vert-antique, l'autre en porphyre rouge, garni d'émaux champ-


levés.
Trêves. —A la cathédrale, autel de S. André, en jaspe oriental,

enfoncé dans un morceau de chêne plaqué d'argent niellé. C'est un


ancien reliquaire que fit exécuter, auvi e siècle, l'archevêque Egbert et
qui, vers le xi e siècle, fut métamorphosé en autel portatif. On y lit
cette inscription altare consecratv{m) est in honore sci andreae
: Hoc
ap (psto) l (î). Il est richement décoré d'émaux, de filigranes, d'éme-
raudes, de saphirs, d'opales, de plaques métalliques, etc. Parmi les
sujets figurés, on remarque un lion, une biche, les animaux évangélis-
tiques,des léopards, des griffons, un lièvre, un hippocampe, etc. (1).—

Autel portatif de Saint-André à Trêves.

A l'église Saint-Laurent, autel du xn c siècle, avec des parties du vin


e
.

nous n'étions pas obligé de nous renfermer dans certaines limites,


Si
nous aurions pu ajouter quelques notes sur d'autres autels portatifs,

(1) Voir une longue et savante description de ce curieux monument par M. de Linas
dans la Revue de l'art chrétien, 1 I
e série, t. XIV, p. 74.
320 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

conservés au couvent cTAdmont, en Styrie (xiv e siècle), au Kunstkam-


mer de Berlin (xi e siècle), à la cathédrale de Berne, au musée royal
d'antiquités de Bruxelles, au palais de TEscurial, à la cathédrale de
Durham (Angleterre), à Gladbach (Prusse), à Saint-Jean de Lyon, à
l'abbaye de Melk (Autriche), au couvent des Sœurs Noires de Namur,
aux cathédrales de Paderborn (xi siècle), d'OsNABRucK (xi e siècle),
e

e
et de Tongres, (xm siècle, à Saint-Etienne de Troyes, à Xanten

(Prusse), etc.
LIVRE XVII

VASES ET USTENSILES EUCHARISTIQUES

Nous donnons la qualification d'eucharistiques aux vases et aux


ustensiles qui ont un rapport direct ou indirect avec le sacrifice de la

messe ou le sacrement de l'Eucharistie.


Après avoir parlé i° des vases eucharistiques en général, nous nous
occuperons: 2° des plats et des coupes d'offrande; 3° des patènes ;

4° des astérisques 5° des calices 6° des accessoires du calice (pales,


; ;

voiles, purificatoires, couloires, chalumeaux, cuillers, jlabellum) 7°des ;

ciboires; 8° des ostensoirs ; 9 des burettes et des bassins de lai>abo.


CHAPITRE I

Des vases eucharistiques en général

Pour éviter des répétitions à la plupart des chapitres suivants, nous


allons grouper ici tous les renseignements qui concernent la consécra-
tion ou la bénédiction des vases eucharistiques, et ensuite ceux qui
se rapportent au respect dû aux vases sacrés.

Article i

De la consécration ou de la bénédiction des vases eucharistiques

Le calice et la patène sont les seuls vases eucharistiques qui soient


consacrés; les autres, ou du moins la plupart des autres, sont simple-
ment bénits.
L'évêque consacre d'abord la patène, puis le calice, en oignant leur
intérieur de Saint-Chrême, en les aspergeant d'eau bénite et en réci-
tant diverses oraisons.
Il nous paraît difficile de déterminer l'époque où s'introduisit cet
usage et quand il devint obligatoire. En Afrique, il n'existait pas du
temps de saint Augustin, puisque ce grand docteur nous dit que « les

instruments liturgiques et tous les vases qui servaient à la célébration


des sacrements étaient regardés comme saints et comme consacrés
par leur usage (i). » Nous pouvons tirer la même conclusion pour
l'Orient, au vm e
puisque nous lisons dans les actes du second
siècle,
concile de Nicée : « Nous honorons
et nous embrassons les vases sacrés,

quoiqu'ils n'aient reçu aucune bénédiction, dans l'espérance de rece-


voir quelque bénédiction en les baisant. »

(i) In psalm. CXIII.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 22?

Quant à Rome, on a dû de bonne heure y sanctifier certains instru-


ments du culte; car les Sacramentaires de saint Gélase et de saint Gré-
goire contiennent une formule pour la consécration de la patène et
une autre pour la bénédiction du calice, lesquelles n'indiquent point
d'onction.
Le concile de Poitiers (1100) ne fait que constater une discipline
ancienne, en disant « qu'il n'appartient qu'à Tévêque de bénir les
habits sacerdotaux et les vases qui servent à l'autel. »

Le privilège de consacrer des patènes et des calices, de bénir des


ciboires, des corporaux, des pales et d'autres ornements sacrés a été
parfois accordé à des tibbés et à des supérieurs de communauté, mais
seulement pour leur propre église, et beaucoup plus rarement à de
simples prêtres. Cette faveur fut concédée par Innocent IV à l'abbé
de Saint-Étienne de Dijon et à ses successeurs ; par Innocent VIII,
aux cinq premiers abbés de Cîteaux ; par Léon X et Adrien VI, aux
provinciaux des Frères Mineurs, dans les Indes ;
par divers papes,
aux missionnaires en pays étrangers.
L'archiprêtre de la basilique royale de Monza avait le pouvoir de
consacrer les calices et les patènes (i).

On s'est parfois arrogé ce droit sans permission aucune, ce qui


détermina les autorités ecclésiastiques à formuler des défenses géné-
rales ou nominatives. Ainsi, l'article 28 du règlement des Réguliers,
fait par l'assemblée du clergé de France, tenue à Paris en septembre

1625, défend aux religieux et à tous les prêtres de consacrer les ca-
lices. En 1 633, la Congrégation des Rites condamna comme un abus

l'usage où étaient tous les abbés réguliers du diocèse de Lodesino


(Milanais) de consacrer les calices (2).

En 1 865, Pie IX a autorisé les prêtres catholiques déportés en


Sibérie à consacrer le vin dans n'importe quel vase, quoique non

sanctifié,pourvu qu'il fût en verre.


Quelques théologiens (3) ont pensé que lorsqu'un prêtre consacre
de bonne foi avec un calice non consacré, ce vase se trouve être con-
sacré par le contact du précieux sang. Mais le plus grand nombre (4)
est d'un avis contraire. Plusieurs liturgistes, partisans de la première

(1) Barbier de Montault, Invent, de la cath. de Mon\a.


(2) 19 nov. 1 63 3, n° 2023.
(3) Avila, Alph. de Castro, Célestin, Diana, Henriquez, Marchant, Niger, Perenus,
Zerola, etc.
(4) Carli, Dicastillo, Facundus, Faustus, Layman, les deux Lugo, Portel, Quartus,
Suarez, etc.
224 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

opinion, ont cru que, dans un canon assez obscur du premier concile
d'Orange (441), il s'agissait de la consécration des vases par la célé-
bration même de l'Eucharistie. Ce canon ordonne de porter le

calice avec le ciboire et de premier en y mettant l'Eu-


consacrer le

charistie. Il est plus probable qu'il s'agit ici d'un usage de l'Église
gallicane, consistant à porter sur l'autel un ciboire en forme de tour et
contenant une parcelle de l'Eucharistie, consacrée la veille, pour la
mettre avec les nouvelles espèces du vin qu'on devait consacrer dans
le calice.

La patène perd sa consécration et ne peut plus par conséquent servir


au culte, si elle est rompue d'une manière notable. Le calice ne
doit plus être employé, quand la coupe est brisée ou percée, ou quand
elle est séparée de la tige par une rupture. Perd-il sa consécration
quand son intérieur est doré de nouveau? En 1845, la Congrégation
des Rites se prononçant affirmativement sur ce point, a mis un terme
aux divergences des théologiens.
Un certain nombre d'ecclésiastiques s'imaginaient jadis qu'avant
de livrer un calice ou une patène à un ouvrier chargé d'y faire une
réparation, il fallait qu'un prêtre lui fît perdre sa consécration, soit
avec la main, soit avec un instrument. La Congrégation des Rites a
déclaré erronée et abusive cette espèce d'exécration qui ne repose sur
aucun fondement liturgique (i).

Le ciboire et l'ostensoir, n'étant point essentiellement employés au


Saint-Sacrifice de messe, ne reçoivent qu'une simple bénédiction
la

qui est réservée à l'évêque. Dans le Rituel romain, la formule est la

même pour le tabernacle, le ciboire, l'ostensoir et sa lunule. On trouve


des variantes d'oraisons dans le Sacramentaire de Bobbio, publié par
Mabillon, dans le Sacramentaire gallican, dans le Missel franc du vn e
siècle et dans d'autres anciens monuments liturgiques. Aujourd'hui,
l'évêque délègue ordinairement la fonction de bénir les ciboires aux
doyens de son diocèse.
Parmi les théologiens, les uns considèrent cette bénédiction comme
obligatoire (2) ; les autres comme convenable, mais facultative (3). Il y
avait la même divergence d'opinions sur la nécessité de bénir le puri-

(1) 20 avril 1822.


(2^ Barboza, Durand, Faustus, Garzia, G. Hurtado, Scortia, etc.
(3) Azor, Bonacina, Henriquez, Layman, P'alaus, Pasqualigo. Sylvestre, Tabienà.
Vasquez, etc.
225

fkatoire (i); mais la prononcée contre


Congrégation des Rites s'est
cette obligation (2), qui n'existe pas non plus pour la bourse et le
voile du calice. On trouve, il est vrai, dans la Liturgie de saint Jacques
et de saint Basile des oraisons pour la bénédiction des voiles; mais il
s'agit là soit des tentures et des tapisseries dont on décorait les
églises, ou bien des rideaux dont on entourait le sanctuaire.
La Congrégation des Rites a souvent accordé à des abbés, à des
vicaires généraux, à des doyens de chapitre, la permission de bénir
les vases sacrés pour lesquels on n'emploie pas l'onction du Saint-

Chrême (3). Ces autorisations sont parfois uniquement personnelles,


et même limitées à quelques années, quand elles sont motivées par

une absence temporaire de l'évêque.


UEucologe des Grecs prescrit la consécration du calice avec le
Saint-Chrême c'est une simple bénédiction dans la liturgie des
;

Ethiopiens. Chez les Nestoriens, quand un calice est profané, le

prêtre y met une particule de pain consacré, en disant Consignatur :

calix isle sacro corpore. Cette consignation, que le diacre peut faire
aussi bien que le prêtre, équivaut à une nouvelle consécration (4).

Les Protestants ne sanctifient par aucune bénédiction leurs vases


liturgiques. Ils leur donnent pourtant la qualification de sacrés,
en raison de leur destination et parce qu'ils ne doivent plus servir à
des usages profanes.

ARTICLE II

Dès les le respect qu'on portait aux vases


premiers âges de l'Eglise,
eucharistiques employer à des usages profanes c'est
fit interdire de les :

une prescription formelle édictée par les Canons apostoliques (5).


Saint Optât de Milève qualifie de sacrilège le bris haineux des vases
sacrés « Pour combler vos forfaits, dit-il aux Donatistes (6), vous
:

avez brisé les calices qui avaient contenu le sang de Jésus-Christ. O

(1) Pour l'affirmative, Facundez, Layman, Quartus, etc. ;


pour la négative, Faustus,
Garzia, Gavantus, le cari. Lugo, Suarez, etc.
(2) 7 sept. 1 8 6. 1

(3) N 0S
443, 450, 529, 578, 625, 750,761, 1342, 2i65, etc.

(4) Assémani, Bibl. orient., t. III, part I, p. 24.8.


(5) Can. LXXIII.
(6) Contra Parmen.

t. 11. i5
226

crime abominable ! ô scélératesse inouïe! Vous avez imité les Juifs :

ils percèrent le corps de Jésus-Christ sur la croix, et vous, vous l'avez


percé sur l'autel. »

Les Ariens dévouèrent saint Athanase à la déposition et à l'exil, en


l'accusant faussement d'avoir brisé un calice.
Ces deux derniers faits, comme bien d'autres, ne démontrent-ils
pas la croyance des premiers siècles à la présence réelle? Où serait en
effet le sacrilège, si le calice n'avait contenu que la figure symbolique

du sang de Jésus-Christ ?
Les Orientaux poussent si loin leur vénération pour les calices,
qu'ils leur attribuent des miracles. Un calice, racontent-ils, ravi par des
Mahométans et brisé par un orfèvre, aurait laissé jaillir du sang ;

un homme, à demi-écrasé par la chute d'un mur, aurait été subite-


ment guéri, en buvant de Teau versée dans un calice (i).
Des écrivains d'Occident nous signalent quelques faits analogues.
Saint Prosper (2) dit qu'une jeune fille possédée du démon fut
délivrée par l'application qu'un prêtre lui fit d'un calice. Grégoire de
Tours (3) rapporte que l'abbé Maxence, embarqué sur la Saône
pour retourner dans sa patrie, s'était prémuni contre les dangers de
la traversée, en suspendant à son cou un calice et un livre des Évan-
giles.
Les vases sacrés, s'ils contiennent l'Eucharistie, ne peuvent être
touchés que par le prêtre et ,1e diacre, et, privative, par le sous-
diacre. Quand ils ne la contiennent pas, ils peuvent être touchés par
le sous-diacre et les acolytes, mais non point par les laïques, ni

surtout par des femmes. En France, avant le retour à la liturgie


romaine, les sacristains laïques, dans beaucoup d'églises, préparaient
le calice pour la messe.

Le Liber Pontificalis attribue au pape saint Sixte I (i 17-127) la


défense faite à ceux qui ne sont pas clercs de toucher aux vases sacrés.
Cette interdiction a été renouvelée par divers conciles, entre autres
par ceux d'Agde (5o6) et de Quedlimbourg (io85).
Le pape Soter reproche vivement à une diaconesse d'avoir touché
aux vases et aux linges sacrés (4).
Le xxi e canon du concile de Laodicée (481) défend aux sous-diacres

(1) Renaudot, Liturgie orient., t. I, p. 192.


(2) Collât. XXII, c. vi.
(3) De Glor. confess., c. xxn.
(4) Epist. II.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 227

de remplir les fonctions de diacre, et, par conséquent, de toucher au


calice et à la patène (1).

Quand les sous-diacres furent admis au rang des ministres majeurs,


il leur fut permis de toucher aux vases sacrés. Le Brague
concile de
(572) leur reconnaît ce droit qu'il dénie aux lecteurs. Le second con-
cilede Rome le refuse aux lecteurs, aux acolytes et aux portiers.
L'Ordre romain prescrit aux acolytes de porter un humerai (sindo)
sur leurs épaules ; de l'un de ses pans, ils s'enveloppaient la main
droite pour tenir la patène.
Les clercs minorés peuvent toucher les vases sacrés vides. Dans la
plupart des diocèses de France, ce privilège ne s'étend pas aux clercs
tonsurés (2).

Les Souverains-Pontifes ont accordé souvent sur ce point des auto-


risations aux religieux non constitués dans les ordres, remplissant
l'office de sacristain. Les frères convers, investis de ces fonctions, ont-

ils par là même le droit de toucher les vases sacrés ? Le P. Gury le leur

attribue, mais il y a eu une décision contraire de la Congrégation des


Rites (3).

Cette mêmeCongrégation déclare que cette faculté peut être


accordée aux clercs minorés et tonsurés, mais non pas aux laïques (4).

En divers diocèses de France, l'Ordinaire donne cette permission aux


sacristains laïques.
Quand communiaient sous les deux espèces, le diacre
les laïques
communiants n'y portaient pas la main.
tenait le calice, et les
Bien qu'on représente sainte Claire tenant entre ses mains le saint
ciboire, en allant à la rencontre des Sarrasins, il est certain que son
biographe dit qu'elle fit porter le Saint-Sacrement devant elle, et nous
devons supposer que ce fut par un prêtre. Quoi qu'il en soit, des cir-
constances spéciales peuvent légitimer une infraction à la règle. On
ne contestera point, par exemple, que des laïques puissent toucher aux
vases sacrés, quand il s'agit de les sauver d'un incendie, d'une inon-
dation ou de quelque profanation. C'est ainsi que, pendant la guerre
de la Commune, en 1 871, de généreux laïques bravèrent la mort pour

(1) Quod non opporteat ministros seu subdiaconos habere îocum in diaconio et dominica
vasa çontingere. Richard (Analyses des conciles) suppose que le mol contingere ne
doit pas s'entendre ici d'un simple contact, mais du transport solennel des vases sacrés
à l'autel le concile aurait
; donc voulu dire que ce transport solennel, appelé par
les Grecs le grand introït, était une fonction du diacre et non du sous-diacre.
(2) Revue des sciences ecclésiast., t. XIV ; p. 475 t. XL1II, p. 473.
;

(3) 1626, V° Calix, n. 2.


(4) N« 477.
228 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

retirer le ciboire du tabernacle, dans les églises menacées de l'invasion


des Fédérés.
du respect porté aux vases sacrés que, dans chaque
C'est par suite
un registre spécial appelé brevis ou
église, ils étaient inventoriés sur
commemoratorium; qu'ils étaient conservés dans le sacrarium ou dans
une armoire creusée près de l'autel et munie d'une forte serrure;
qu'on préposait à leur garde un fonctionnaire nommé custos, man-
sionarins, sceropliylax ou cêméliarque ; que le calice, en dehors de la
messe, est enveloppé d'abord dans une pochette d'étoffe, puis dans un
étui en cuir bouilli.
Le respect qu'on portait au mobilier eucharistique n'a pas empêché
de le vendre, quand un intérêt supérieur exigeait ce sacrifice. Dans les

temps de calamités publiques, les évêques et les prêtres, pour venir


au secours de la patrie ou des pauvres, mettaient en pièces une partie
de l'orfèvrerie liturgique, pour en vendre le métal. Saint Ambroise,
Acudius d'Amid, Deogratias, évêque d'Afrique, saint Augustin, saint
Grégoire le Grand, saint Césaire d'Arles, saint Hilaire, saint Remi et
bien d'autres ont vendu leurs vases sacrés pour racheter des
captifs (i).

(i) Le Blant, Inscript, chrét. de la Gaule i


t. II, p. 292
CHAPITRE II

Des plats et des coupes d'offrande

On nommait offertoria des plats de métal, des corbeilles d'osier,


des sacs de toile, des napperons, des coquilles, dans lesquels les

fidèles présentaient leurs offrandes de pain pour le Saint-Sacrifice. Ces


pains étaient déposés dans un grand bassin, nommé aussi offertorium
ou patina, patena ; mais c'est là un vase qu'il ne faut point confondre
avec la patène sacerdotale : aussi lit-on dans beaucoup d'anciens in-
ventaires : offertoria cum patenis. Quelquefois les offrandes de pain
étaient recueillies dans de grandes nappes en toile, appelées également
offertoria ou fanons.
L'usage des grands plats de métal se conserva longtemps en France
et en Allemagne. « Il n'est pas rare, dit l'abbé Pascal (i), de trouver
encore de ces grands plats dans plusieurs églises de campagne et prin-
cipalement dans les contrées méridionales. Nous pouvons à cet égard
citer le diocèse de Mende où ces plats sont fort communs. Ces
offertoires ont conservé leur ancienne destination. On s'en sert pour
la quête, aux messes des morts; et, dans quelques fêtes patronales,
c'estdans ce platque sont reçues les offrandes en pain, farine, cire, fil,
laine, etc.,que les fidèles présentent pour l'église. » On conserve à
Saint-Sever sur l'Adour quatre plats d'offertoire le fond du premier ;

est uni le second représente Marie portant l'Enfant-Jésus ; le troi-


;

sième, la lutte de saint Michel et de Lucifer; le quatrième, quatre


vendangeurs portant, à l'aide d'un bâton, une énorme grappe de
raisin.
Les fidèles présentaient le vin dans une petite burette nommée
amula. Tantôt on versait ce vin dans le calice, et quand celui-ci était
plein, on transvasait son contenu dans des coupes d'oblation, en verre
ou en métal, appelées coppa, cobolitus f tacca, gobelettus, crater,

(i) Dict. liturgique, au mot Offertoire.


23o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

pichet, mais plus ordinairement scyphus ; tantôt on vidait immédiate-


ment burettes dans les scyphi, qu'on plaçait de chaque côté de
les

l'autel (i). Quand le calice, où les fidèles puisaient avec un chalumeau,


commençait à s'épuiser, on y ajoutait du vin non consacré, d'un
scyphus ; ou bien on présentait aux communiants un scyphns dans
lequel on ajoutait une portion du vin consacré dans le calice, et alors
ce vase devenait un véritable calice ministériel.
Mgr Barbier de Montault a le premier bien précisé l'emploi des
scyphi, souvent mentionnés dans les inventaires, et que l'on confon-
dait tantôt avec le ciboire, tantôt avec le calice sacerdotal. Il a constaté
que ces vases, de capacités diverses, ordinairement sans anses, munis
d'un couvercle, décorés de perles et de ciselures, affectaient en général
la forme d'une boule, reposant sur un pied bas et épaté (2). Les
inventaires mentionnent en même temps un bassin qui devait servir
de support à la coupe, pour éviter que son contenu ne tombât à
terre.
Quand disparut la communion sous les deux espèces, le scyphas
fut souvent employé à contenir le vin d'ablution qu'on donnait aux
fidèles, à certains jours de fêtes.

M. Ch. de Linas a signalé deux scyphi très antiques, l'un à l'abbaye


de Werden, l'autre à la cathédrale de Minden (3). A l'église de Saint-
Riquier, on voit deux coupes d'ablution en cristal (xni e siècle), qui ont
été métamorphosées en reliquaires. On conserve dans divers musées,
à Rouen par exemple, des coupes en cristal dans lesquelles on pré-
sentait le vin aux fidèles, après la réception de la sainte Eucharistie.

(1) Cum scypho in quem calix impletus refunditur, lit-on dans le plus ancien Ordre
romain.
(2) Inventaires de la basilique royale de Mon^a, dans le Bulletin monum., t. XLV1I,
p. 1 53, 181.
(3) Revue de l'art chrét., t. XXXI, p. 04 et 56.
CHAPITRE III

Des patènes

la patène doit remonter aux temps apostoliques, bien


L'origine de
que Liber pont fi'cal s (i) semble en attribuer l'invention au pape
le i
't

saint Zéphyrin. Il est déjà question de la patène dans la Liturgie de


saint Jacques.
Les écrivains mystiques du moyen âge, qui voient dans le calice la

représentation du tombeau de Notre-Seigneur, disent que la patène


figure la pierre qui y fut scellée par les Juifs et que le Sauveur res-
suscité devait briser par sa toute-puissance.
Le mot patène (patena, patina, patella, plaiena, platina, plataine,
platène, platine), vient de patere, être ouvert, et indique un vase
ouvert ayant plus de surface que de profondeur. Le pape Innocent III
(2) profite de cette étymologie pour dire que la patène « est l'image
d'un cœur ouvert et large, de l'abondante charité avec laquelle doit
être offert le Sacrifice de justice, afin que l'holocauste de Pâme soit
agréable au Seigneur. »

Les Grecs donnent à la patène le nom de disque, que l'on trouve


déjà dans la Liturgie de saint Jacques.
On peut distinguer cinq espèces de patènes ; i° les patènes sacer-
dotales, qualifiées parfois de minores, qui servent au célébrant pour
l'oblation du Saint-Sacrifice ; 2 les grandes patènes, dites ministé-
rielles, qui servaient à distribuer les hosties aux communiants ;
3° les
patènes chrismales, qui servaient pour l'administration du baptême et
de la confirmation ; 4 les patènes d'apparat, destinées uniquement à

(1) Cap. xvi.


(2) De sacr. myst. altaris, 1. II, c. lviii.
232 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

la décoration des autels; 5° la patène en métal doré que, dans certaines


communautés, chaque religieuse tient elle-même sous son menton,
en recevant la communion, usage que la Congrégation des Rites a
autorisé en i853, à la condition que ces patènes n'auraient jamais
d'autre destination. Au moyen âge, dans quelques monastères, on se
servait, dans le même but, d'un vase nommé scutella.
En
dehors de son emploi au Saint-Sacrifice pour offrir l'espèce du
pain pour recueillir les parcelles qui peuvent être tombées sur le
et
corporal, la patène a servi et sert encore à quelques autres usages.
Quand il n'y a point d'hosties réservées dans le ciboire et que le
prêtre en consacre quelques unes pour la communion des fidèles, il

les leur porte sur la patène.


Lorsqu'un évêque distribue la communion, un diacre l'accompagne
pour tenir la patène sous le menton des communiants, dans la crainte
d'une chute d'hostie : cette fonction peut être dévolue à un prêtre en
surplis, quand la communion générale est donnée par un dignitaire
de l'Église (i).

A Rome, le prêtre, communion, ne se sert jamais de


en donnant la

la patène conjointement avec Dans quelques diocèses de


le ciboire.
France, le célébrant use d'une patène spéciale, munie d'une petite
anse dans laquelle il passe l'index de sa main gauche dont il tient le
ciboire.
Le rite romain n'autorise pas le baiser de la patène à l'offrande, si

fréquent dans le rite parisien. Cet usage n'a jamais été général en
France. Nous le voyons interdit par les conciles d'Aix ( 1 585) et de
Toulouse (1590).
En Orient, la patène ou disque, d'une très grande dimension, sert à
porter aussi bien que les oblata.
le calice

Après avoir parlé des divers usages de la patène, nous devons nous
occuper de sa matière, de sa forme, de ses ornements et de ses ins-
criptions.
D'après la rubrique du Missel, la patène doit être en argent et dorée
à l'intérieur. Benoît XIII tolère que le rebord soit en autre métal
inférieur. Il marbre, en terre
y a eu des patènes en verre, en bois, en
cuite, en corne, en or, en bronze, en étain, en cuivre, en onyx ou
autres pierres précieuses ; dans ces derniers temps, on a employé le
platine et l'aluminium.

(1) Congr. Rit. }


3 sept. i665, n. 1980.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 233

Les patènes de verre, dont on se servit dans les premiers siècles,


étaient quelquefois décorées de médaillons bleu et or, représentant
des scènes bibliques. On en a découvert de ce genre, non seulement à
Rome, à Velleja et en Sardaigne, mais aussi à Cologne, dans l'église de
Saint-Séverin, en 1864 (1). Peut-être sont-ce là les patènes de verre
que le pape Zéphyrin ordonnait aux diacres de porter devant les
prêtres, pendant que l'évêque célébrerait (2). On y mettait probable-
ment les hosties que les prêtres des divers tituli devaient emporter
dans leurs églises respectives, pour en communier leurs paroissiens.
Au 111 e siècle, le pape Urbain II, dit le Liber pontificalis, ordonna
que les vases sacrés seraient tous d'argent et fit faire vingt-cinq pa-
tènes de ce métal, nombre correspondant à celui des tituli ou parois-
ses de Rome (3). Les prescriptions pontificales ne pouvaient alors être
connues rapidement comme de nos jours aussi le verre, malgré sa
:

fragilité, était-il encore employé au v e siècle en divers pays. Saint Hi-


laire d'Arles, ayant vendu tous les vases d'argent de son église pour
subvenir aux besoins des pauvres, ne se servait plus que de patènes
de verre.
Celles de saint Colomban étaient en cuivre en Angleterre, il y en
;

avait en corne, puisque le concile de Celchyth (787) proscrit cette


matière.
Aujourd'hui, les patènes sont en verre chez les Cophtes, en cuivre
chez les Ethiopiens, en bois chez les Mingréliens.
La patène primitive était beaucoup plus grande que les nôtres et
en forme de bassin creux, parce qu'elle devait contenir, pour y être
consacrés, tous les pains destinés aux communiants. Saint Grégoire
le Grand, écrivant à Venance, évêque de Luna, lui détaille tout ce

que devait fournir un fondateur de monastère il assigne deux livres ;

de poids à la patène d'argent, tandis qu'il se contente de six onces pour


un calice (4). Au vn e siècle, saint Arige lègue par son testament une
patène d'argent valant 72 sols, ce qui démontre, vu la valeur du nu-
méraire à cette époque, combien elle était grande.
Grégoire de Tours nous rapporte un trait qui montre combien les
patènes étaient larges et profondes « Un comte de Bretagne, nous dit-
:

il (5), se sentant affligé de grandes douleurs aux pieds, dépensaittout son

(1) De Rossi, Bullet., ann. II, p. 89.


(2) Labbe, ConciL, t. I, p. 602.
(3) Ibid., p. 617.
(4) Epist., lib VIII, ep. IV.
(5) De Gloria martyr., c. LXXXV.
234 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

avoir avec les médecins, sans s'en trouver mieux, quand l'un des siens
lui dit : « Si tu te faisais apporter de 1 église quelqu'un de ces vases
qui servent au ministère de l'autel, pour t'y baigner les pieds, peut-
être cela pourrait-il apporter remède à ton mal ? » Sot et insensé
qui ignorait que les vases consacrés à Dieu ne doivent pas être em-
ployés à des usages profanes ! Le comte envoya promptement à l'é-
glise, et on lui en rapporta une grande patène d'argent du saint autel.
Il s'y lava les pieds, mais aussitôt ses douleurs s'accrurent, et il devint
sicomplètement impotent par la suite qu'il ne pouvait plus faire un
pas. J'ai appris que la même chose était arrivée au duc des Lom-
bards. »

C'est parce que la patène, en raison de sa dimension, aurait pu


gêner le prêtre pendant une partie du canon, qu'un acolyte était char-
gé de la tenir; comme il n'avait pas le droit de toucher aux vases
sacrés, il enveloppait ses mains d'un voile. On sait que cet antique
usage se retrouve encore dans la messe solennelle où le sous-diacre
tient la patène avec Técharpe.
En Orient, la patène en or ou en argent, Staxoç, est restée grande et
profonde comme un bassin très creux, et souvent munie d'un cou-
vercle à charnière. On y place le calice, ainsi que le pain fermenté.
Ses dimensions sont surtout considérables en Syrie.
Certaines patènes étaient munies d'anses telle était celle en or, :

ornée de perles, dont parie Anastase dans sa Vie de Léon III. Dans
le rite mozarabe, la patène a des anneaux marquant la place des sept

particules qui doivent être disposées en forme de croix.


Quelques anciennes patènes, comme celles que Ton conserve à l'é-
glise de La Ciotat, sont munies d'un anneau. Le prêtre y passait l'in-
dex ou l'annulaire de la main gauche et maintenait ainsi fortement
la patène près du ciboire, en sorte que, pendant l'administration de la

communion, les hosties ou du moins les parcelles qui pouvaient s'en


détacher n'étaient point exposées à tomber à terre.
De tout temps, il y eut des patènes fort simples, dénuées de toute
ornementation. D'autres recevaient, non point à l'extérieur, qui doit
rester plane, mais sur le rebord et à l'intérieur, des décorations di-
verses consistant en gravures, en ciselures, en nielles, en peintures,
en émaux, en incrustations de perles et de pierres précieuses.
Anastase le Bibliothécaire mentionne des patènes, données par des
papes, sur lesquelles on voyait des représentations de Jésus-Christ,
de Marie, des Apôtres, etc.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 235

Pendant la période ogivale, le fond du plateau porte souvent,


niellé ou gravé au trait, un cercle ou un quadrilobe inscrivant soit
l'Agneau divin, soit la main nimbée de Dieu, soit un autre sujet.
Au xv e siècle, on remarque parfois, au centre, une dépression ornée
d'une rosace qui encadre un émail translucide sur relief.
Parmi les sujets le plus fréquemment représentés, nous citerons
l'Agneau de Dieu, pain vivant, tenant l'étendard de la Résurrection,
les quatre fleuves du Paradis terrestre figurant les grâces qui décou-

lent de l'Eucharistie, les sacrifices d'Abel, de Melchisédec et de Noé,


Aaron balançant l'encensoir, l'immolation de l'Agneau pascal, la main
bénissante de Dieu le Père, des traits de la vie de Jésus-Christ et
surtout la Cène.
Visconti s'est imaginé qu'on représentait sur les patènes de l'en-
cens et une colombe ; il en donne pour preuve un texte du Pontifical
de saint Damase, où il est dit que saint Sylvestre fit exécuter patenam
anream cum thnre et columba, ce qui signifie évidemment une patène
d'or, ainsi qu'un encensoir et une colombe. Ce cum mal compris donne
quelque tablature à notre écrivain, et il avoue naïvement qu'il est
malaisé de figurer de l'encens.
L'usage d'inscrire le nom
du donateur est très ancien, puisque Cons-
tantin fit mettre ledeux patènes d'or et sur une grande coupe
sien sur
qu'il donna à l'église des Saints-Marcellin-et-Pierre (i). L'effigie du
donateur apparaît plus rarement. Sur une patène du xm e siècle,
donnée par Conrad à la cathédrale de Plock (Pologne), on voit la
figure de Conrad, de sa femme et de leurs deux fils. Sur une patène
du xiv e siècle, à Klosterneubourg, un ancien abbé de ce monastère,
Stephanus, est agenouillé aux pieds du Christ auquel il adresse cette
prière : Aspice, peccator tuus hic resid(ti) miserator.
D'autres inscriptions ont surtout rapport au mystère de l'Eucharis-
Sur une patène antique de
tie. la collection de M. Usterlyck, de Ha-
novre, on lit ces deux vers :

En panis sacer et fidei laudabile munus


Omnibus omnis adest et sufficit omnibus unus.

Une patène du x e siècle, à Trzemeszno (Pologne), représente la

passion de Notre-Seigneur avec cette légende :

Vita subit letum, dulcedo potat acetum.


Non homo sed vermis, armatum vincit inermis.

(i) Liber pontifie,, in S. Sylvestro, xliv, i5.


236 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

On lit,au-dessus de la figure de l'Agneau divin, sur une patène en


e
or (xi siècle), de la cathédrale d'Hildesheim :

Victima quaevicit septem signacula solvit.


Ut comedas pascha scandes cœnacula celsa.

Autour de la Cène figurée sur une patène (xu e siècle) de l'abbaye de


Saint-Pierre de Salzbourg, sont gravés ces deux vers :

Mors est indignis hec cœna, salusque benignis.


Qui carnem mundam malus accipis aspice Judam.

Mgr Barbier deMontault (i) a copié l'inscription suivante sur une


patène allemande du haut moyen âge :

Est corpus in se panis qui frangitur in me


Vivit inaeternum qui bene sumit eum.

Nous terminerons ce chapitre en signalant quelques patènes remar-


quables par leur antiquité ou leurs ornements.
Le moyen-âge a quelquefois transformé en calices et en patènes
d'anciens vases profanes. Ainsi en est-il de la patène du musée du
Louvre, antique plateau de serpentine, incrusté de poissons d'or,
œuvre purement orientale.
On conserve à la cathédrale d'Imola une patène où l'on voit une
représentation d'autel, surmontée de l'Agneau divin; d'après la tradi-

tion, ce serait un don que saint Pierre Chrysologue, citoyen de cette


ville et évêque de Ravenne, aurait fait à sa patrie (2).

Dans la collection de M, le comte Strogonoff, on remarque une pa-


tène en argent, connue sous le nom de disque de Beresoff, parce qu'elle
fut trouvée près de cette île, au nord de la Sibérie. « Cette patène, dit
Mgr Martigny (3), a quinze centimètres de diamètre ornée d'un
; elle est
bas-relief au repoussé, représentant une croix gemmée, fixée sur un
globe terrestre parsemé d'étoiles, et accompagné de deux anges tenant
une baguette de la main gauche et dirigeant leur main droite, en signe
d'adoration, vers la croix, sous laquelle coulent les quatre fleuves mys-
tiques. » La Société archéologique de Moscou ne fait remonter ce

(1) Traité de la construct. des églises, t. I, p. 325.


(2) Sebast. Pauli, De patena argentea Forocorneliensi olim fut fertur) data S. Pétri
Chrysologi.
(3) Dict. des antiq. chrét., 2 e édit., p. 588.^
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES

curieux monument qu'au ix e siècle; M. de Rossi l'attribue au vn e (i);


c e
d'autres archéologues au vi ou au v .

Patène de Sibérie.

Citons encore, au trésor du chapitre de Délémont (Suisse), une


grande patène qui, dit-on, servit à saint Germain, abbé de Grand-
fels au vm e siècle; à Nancy, celle de saint Gozlin (x e siècle), enrichie
de pierres précieuses, d'émaux et de filigranes à la cathédrale d'Hil- ;

desheim, celle en or de l'évêque Bernwald (+ 1079); à Biville (Man-


che), celle que saint Louis donna au B. Thomas Hélie; à la cathé-
drale de Troyes, celle de l'évêque Hervé (xm e siècle), portant, gravée
à son centre, une main bénissante au milieu d'une croix pattée; à
Klosterneubourg, patène du xiv° siècle à saint Jean du Doigt (Finis- ;

e
tère) et à Bellaing (Nord), patènes du xvi siècle, etc.

(1) Bullet., 1 87 1 , p. 1 53.


CHAPITRE IV

Des astérisques

Les Grecs donnent le nom d'astérisque ou d'étoile (aVrvip, aaryipiaxo?)


à une espèce de croix ou d'étoile en or, en argent ou en cuivre,
composée de deux règles en équerre terminées par un pied qui

Astérisque des Grecs.

les tient élevées sur la patène, ce qui empêche le voile de toucher


au pain et de déranger la symétrie des particules. Parfois l'étoile est
formée en arc par deux demi-cercles, surmontés d'une petite croix.
L'astérisque est considéré comme un emblème de l'étoile qui condui-
sit les Mages au berceau du Chrisi aussi, dans la Liturgie de saint
:

Jean Ghrysostome, le prêtre, après avoir encensé cet instrument,


prononce ces paroles empruntées à l'évangile de saint Matthieu (II, 9):
« Et l'étoile s'arrêta là où était l'Enfant-Jésus. »

En Occident, Fastérisque n'est employé qu'à la messe pontificale :

on le pose sur la patène où se trouve l'hostie consacrée qu'on porte


au pape, qui, assis sur son trône, doit s'en communier c'est pour
:

préserver l'hostie de tout accident. Cet astérisque en or a la forme


d'une étoile dont les douze rayons portent chacun le nom d'un
apôtre, en mémoire des douze convives de la Cène.
CHAPITRE V

Des calices

Le une coupe montée sur un pied qui sert à l'offrande, à


calice est
la consécration et à la consommation de l'Eucharistie sous l'espèce du
vin.
On dut se servir d'abord des coupes à boire, en terre cuite, en verre
ou en métal, usitées chez les Juifs comme
Grecs et les Ro-
chez les

mains. Plus tard, par respect pour le Sacrement, on lui affecta des
vases spéciaux, ayant à peu près la même forme que les anciennes
coupes. Peut-être faut-il voir le type de notre calice dans la coupe
juive figurée sur un ancien sicle d'argent, monnaie de la Judée. Sur
l'une de ses faces on voit un vase plein de manne c'est une coupe :

évasée, à deux anses, dont la tige, vers le milieu, est pourvue d'un
nœud en forme de pomme. Elle est portée sur un pied arrondi, dont
le diamètre est un peu moins étendu que celui du galbe de la coupe.

Article i

Des noms et des diverses espèces de calices.

Le mot calix est une forme altérée du grec xuXt5, qui s'appliquait à
tous les genres de coupes à boire. Le calice a été aussi désigné sous
les noms de iwT^pwv, communicalis, craler, poculum, poculum mys-
ticum, poculum sanctum, vas, vas sanction, vasculum, etc.
Des qualificatifs déterminent ordinairement les diverses espèces de
calices ou les usages différents qu'on en peut faire.
240

Calice sacerdotal. — C'est celui qui sert à la consécration et à la


communion du prêtre. Désigné le simple nom
le plus souvent sous
de calix, il l'est quelquefois sous celui de calix sanctus ou bien de
calix minor, par opposition au grand calice ministériel.
Jusqu'au xv c siècle, le calice sacerdotal ne se plaçait point, comme
de nos jours, en arrière de l'hostie, mais à sa droite, du côté de
l'Évangile c'est parce que le calice, dit saint Yves de Chartres (1),
:

doit paraître comme prêt à recevoir le sang de Jésus-Christ, qu'on


présume avoir jailli du côté droit.
Calice ministériel. — C'était un calice de grande capacité, avec
lequel on administrait la communion aux fidèles sous l'espèce du vin.
On ou calix major. Le vin consacré dans le
l'appelait aussi crater
calice sacerdotal n'aurait pu suffire pour tous les communiants, du
moins à certains jours de fête aussi n'en versait-on qu'une faible
:

portion dans un ou dans plusieurs calices ministériels, déjà aux trois


quarts remplis de vin ordinaire, et, c'est en puisant dans ces vases,
avec un chalumeau, que les laïques recevaient, selon l'expression du
Micrologne, le complément de la communion.
Le calice ministériel était muni de deux anses, afin que le diacre
pût le porter commodément en parcourant les rangs des fidèles. On
appelait offertorium le linge dont le sous-diacre s'enveloppait les

mains pour prendre les anses de ce calice.


Saint Grégoire le Grand, dans son homélie de Pâques (2), fait
observer « qu'il deux ou trois coupes,
est nécessaire d'avoir à l'autel
lors des messes solennelles, afin d'administrer au peuple le saint Sa-
» Au viu
e
crement. siècle, saint Grégoire II, consulté sur ce point par
saint Boniface, archevêque de Mayence, lui répondit qu'on ne devait
pas mettre plusieurs calices sur l'autel, parce que cette coutume est
contraire à l'institution de Jésus-Christ qui fit communier tous ses
apôtres à un seul et même calice. Cet argument ne nous paraît point
décisif, car si un seul calice suffisait pour les convives de la Cène, il
n'en était pas de même pour les nombreuses communions des pre-
miers siècles. Leur fréquence ayant diminué du temps de saint Gré-
goire II, c'est sans doute pour cela qu'il crut inutile de se servir de
calices ministériels. Quoi qu'il en soit, en beaucoup d'endroits, on
continua à s'en servir, à certaines grandes fêtes, jusqu'à la suppres-
sion de la communion sous les deux espèces.

(1) Epist. cxxxv.


(2) Lib. III, c. xxxni.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 241

Les vases représentés sur les monnaies de Charibert et de Dago-


bert I sont des calices ministériels, munis d'espèces d'oreillettes.
Calices personnels. —
Outre les calices d'église, il est probable
que, dans les premiers siècles, chaque fidèle avait le sien, dans lequel

le diacre lui versait du précieux sang contenu dans un grand calice


ministériel. C'est ce que conjecture le P. Secchi (1), qui considère
comme des calices particuliers les nombreux vases historiés trouvés
dans les catacombes.
Calices royaux. — Au témoignage de saint Grégoire de Tours (2),
les églises principales avaient un calice spécial pour la communion
du roi et des princes. Ceux-ci ne se servaient point de chalumeau
comme le reste des fidèles. Chez les Ariens, il y avait également un
calice particulier pour le roi.

Calice du jeudi-saint. — La réserve du jeudi saint se met dans un


calice. En diverses églises, comme à Saint-Pierre de Rome, c'est une
large coupe qui n'a point d'autre destination. A chapelle Sixtine,
la

c'est un vase en cristal de roche, monté en or émaillé, et datant du


xvi e
siècle. En Italie, ce calicede réserve est souvent remplacé
par
une urne d'argent ; en Espagne, par un ostensoir.
Calices baptismaux. —
On appelait calices baptismi les calices dans
lesquels on donnait à communier aux nouveaux baptisés, et aussi ceux
dans lesquels on leur offrait le lait, le miel ou le vin non consacré.
Calices itinéraires. —
On donnait de petites dimensions aux calices
itinéraires, disposés de façon à ce qu'on pût y adjoindre la patène,
les burettes et la boîte à hostie tel est un calice du xv e siècle, en ar-
:

gent doré, conservé à l'abbaye de Klosterneubourg (Autriche), dont


M. Darcel donne la description suivante « Les burettes, d'une :

forme assez extraordinaire, ressemblent à un quart de sphère creusée


à l'intérieur. Elles s'appliquent toutes deux sur le pied du calice,
qu'elles recouvrent entièrement, en y engageant leur goulot, fort
court, dans une encoche réservée à cet effet. La coupe du calice, dé-
vissée de la tige et renversée, recouvre le tout, qui occupe aussi fort
peu de place. Enfin, la boîte à hostie s'engage et se visse sous le
pied, et est recouverte par la patène. Le calice, monté, est haut de
o m ,i25, et le tout, démonté et ajusté, n'a guère que o m ,5o de hau-
teur sur un diamètre de o m ,o93, qui est toujours le même (3). »

S. Sabîniano, p. 42.
(1)
Hist. Franc, 1. III, c. xiu.
(2)

(3) L'exposition d'archéologie de Vienne, dans les Mémoires lus à la Sorbonne ai 1861,
p. 232.

t. n. 16
24'2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Calices d'offertoire. — Les calices ojf'ertorii étaient ceux dans


lesquels les diacres versaient le vin offert par les fidèles. Aujourd'hui
encore, dans la liturgie ambrosienne, c'est dans un calice spécial d'of-
frande que les vieillards, dont nous avons déjà parlé (i), offrent le vin
qui doit être consacré à la messe pontificale.
Calices d'ornement. —
Dans les somptueuses basiliques de Rome,
on suspendait des calices autour de l'autel et on en mettait sur les
trabes des clôtures de sanctuaires. Anastase, dans sa Vie de Léon IV,
nous dit que ce pontife donna à Saint- Paul-hors-les-Murs les dix
calices, suspendus sous la grande arcade, et ceux qui, à droite et à
gauche, étaient placés entre les colonnes majeures. A la même époque,
il y avait de même soixante-quatre calices, dans les travées de la nef
centrale, à la basilique Saint-Pierre.
Calices funéraires. —
La coutume d'enterrer avec le mort des
objets dont il s'était servi remonte à la plus haute antiquité. Les
Chrétiens, sans répudier complètement cet usage, se bornèrent en
général à mettre dans la tombe une
du charbon, de l'encens,
croix,
de l'eau bénite, quelquefois des fleurs et une croix d'absolution. Dans
la tombe des évêques, des abbés, et plus rarement des simples prêtres,

on déposait un calice qui, le plus souvent, était en plomb. Plus tard,


alors que divers théologiens (2) considérèrent cet usage comme abu-
sif, on se contenta de graver un calice sur les tombes sacerdotales.

Calices d'ablution. —
Quand fut supprimée la communion sous les
deux espèces, on continua longtemps encore, aux grandes fêtes, à pré-
senter aux fidèles qui venaient de communier, un calice, mais qui ne
contenait que du vin non consacré, ou du vin mêlé d'eau.
Le pape, en officiant, se sert de deux calices. Dans l'un, il puise
une partie du précieux sang à l'aide d'un chalumeau ; dans l'autre, il
prend les ablutions.
Calices de quête. —
Au moyen âge, on recueillait parfois des
aumônes dans un calice, sans doute pour exciter la pieuse générosité
des fidèles. Un concile de Trêves (1 1 10) défend, sous peine d'excom-
munication, que personne, n'importe de quelle condition, n'aille de
tous côtés recueillirdes aumônes dans des calices, sans avoir une mis-
sive spéciale de l'évêque du lieu.
Calice de vote. —
C'est dans un grand calice que les cardinaux,

(1) Tome I, p. 225.

(2) Bassi, Clericatus, Ferraris, etc.


LIVRE XVlt. — VASES EUCHARISTIQUES 243

au conclave, déposent leur bulletin de vote, pour l'élection du Sou-


verain-Pontife.
Calice-patène. —
Les Arméniens se servent de deux calices à la
messe mais l'un remplace la patène des Latins ou le disque des
;

Grecs, et ne reçoit que le pain qui doit être consacré.

article 11

De la matière «les calices

Argent et or. — Ces matières sont aujourd'hui à peu près exclu-


sivement prescrites pour la coupe des calices. D'après la rubrique du
Missel, le pied pourrait être en tout autre métal. Si l'Eglise exige que
la coupe d'argent soit dorée à l'intérieur, que l'argent est sujet
c'est

à s'oxider. Le calice d'or est réservé au pape, aux cardinaux et aux


patriarches, sauf pendant les temps de pénitence et de deuil.
Aux âges apostoliques, on dut se servir des vases usuels des repas,
ordinairement en verre ou en argent. Le pape saint Urbain (222-
2'3o) paraît être le premier qui ait ordonné que les patènes, les calices

et autres vases destinés au Saint-Sacrifice fussent en argent ou en or.

Cette prescription, comme nous le verrons, fut loin d'être généralement


observée pendant longtemps, d'autres matières, principalement le
et,

verre et l'étain, devaient être employées dans les églises pauvres.


Un calice d'argent a été trouvé dans le cimetière de la voie Sa-
lara(i). Les Actes de saint Zénophile parlent des calices d'or et d'ar-
gent découverts par les persécuteurs, au temps de Dioclétien, dans les
maisons où s'assemblaient les Chrétiens. C'étaient des vases eucharis-
tiques d'or et d'argent que Julien l'Apostat fit transférer de l'église
d'Antioche au trésor public, et dont la richesse faisait dire ironique-
ment au trésorier Félix : « Voilà donc les vases dans lesquels on sert
le Fils de Marie (2) » !

Saint Jean Chrysostome condamne la conduite des Chrétiens qui,


après avoir injustement dépouillé les veuves et les orphelins, croient
réparer leurs torts en offrant aux églises des calices d'or enrichis de
pierreries (3).

(1) Boldetti, p. 190.


(2) Theodoret, Hist. eccl., 1. III, c. xn.
(3) Hom. LI in Matth.
244 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Il y avait en Afrique, aussi bien qu'en Italie et en Orient, au iv e


siècle, des calices d'or et d'argent; car saint Optât (i) fait le reproche
suivant aux Donatistes : « Vous avez brisé les calices qui avaient
contenu sang de Jésus-Christ; vous les avez fondus et mis en lingots,
le

ou bien vous les avez vendus, sans vous mettre en peine de ceux qui
les achèteraient, ni de l'usage qu'ils pourraient en faire. Peut-être
sont-ils entre les mains de femmes impudiques ! Peut-être servent-ils
aux sacrifices des idoles » !

Théophylacte (2) nous rapporte que Chosroès, roi de Perse, donna


à saint Serge un calice, une patène et un encensoir d'or, pour obtenir,
par son intercession, que sa femme Syra, qui était chrétienne, vît
cesser sa stérilité.
La Grande Chronique de Belgique fait mention d'un calice d'or à
deux anses, donné à l'église Saint-Laurent par saint Henri II, em-
pereur d'Allemagne.
Le concile de Compostelle (io56) prescrit que les croix, les calices

et les ciboires soient en argent. Le synode d'Albi (1254) et ^ e concile


d'Arles (i2y5) exigent que toute église, possédant quinze livres tour-
nois de revenu annuel, soit munie d'un calice d'argent (3).
Bois. —
Honoriusd'Autun prétend que les apôtres se sont servis de
calices de bois mais cet écrivain est trop éloigné des temps dont il
;

parle, pour que son témoignage ait une sérieuse valeur. Il est vrai,
comme on le voit par des vers de Tibulle et d'Ovide, que les anciens
ont employé des gobelets en frêne, en buis, en hêtre, etc. Mais,
comme ces vases sont toujours un peu poreux, les apôtres, ce nous
semble, ont dû leur préférer le verre qui n'était pas rare alors et dont
on se servait pour les usages domestiques. On cite bien un té-
moignage plus ancien, celui de saint Boniface, archevêque de
Mayence: « Autrefois, disait-il, des prêtres d'or se servaient de calices
de bois; aujourd'hui, au contraire, des prêtres de bois emploient des
calices d'or,» ce qu'on a traduit par ce quatrain bien connu :

Au temps passé du siècle d'or,


Calice en bois et prêtre d'or;
Mais maintenant changent les lois :

Calice d'or, prêtre de bois.

(1) De Schism. Douât., 1. VI.


(2) Hist.,1. V, c. xiii.

(3) Mansi, Concil., t. XXIH, p. 82g.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES

Faut-il voir là une indication historique ou bien une simple boutade,


où la comparaison manque de justesse? Quoi qu'il en soit, les calices
en bois ont certainement existé à l'état d'exceptions et d'abus, car ils

ont été interdits par le pape Léon IV, par un concile de Reims tenu
sous Charlemagne et par celui de Tribur (895).
On raconte que saint Benoît d'Aniane, inspiré par un sentiment
d'humilité, se servit d'abord d'un calice en bois, puis en verre, puis
en étain, et qu'il se résigna enfin à se soumettre à l'usage général, en
adoptant l'argent.
Les calices en bois sont très usités chez les Mingréliens ; ils étaient
e
encore tolérés, au xiv siècle, dans les églises pauvres de l'Arménie.
Corne. — Les Norvégiens, qui se servaient de corne pour leurs
vases ordinaires, employèrent aussi cette matière pour les calices (1).

Le concile de Chelchyt, en Angleterre (787), défend d'employer des


patènes ou des calices faits avec de la corne de bœuf, quod de sanguine
Ce motif de proscription peut faire supposer que les
sunl, ajoute-t-il.
Pères de ce concile voulaient inspirer de l'horreur pour l'homicide,
en défendant d'employer à l'autel ce qu'on ne pouvait se procurer
que par l'effusion du sang (2).
Cristal et verre. —
Les vases en verre blanc ou de couleur, em-
ployés dès les premiers siècles, persévérèrent assez longtemps, malgré
leur inconvénient de fragilité, dans les églises pauvres et dans les
monastères. C'était d'un calice de verre que se servait l'hérésiarque
Marc pour produire ses enchantements ; c'est évidemment aussi
de vases en verre peint que parle Tertullien (3), en y signalant la
représentation du Bon-Pasteur chargé de sa brebis. Le cardinal Bona
et M. du Sommerard (4) ont cru à tort qu'il s'agissait là d'un bas-

relief, car le texte indique une image qui transparaît (translucet).

De saints évêques des premiers siècles, après avoir vendu leurs


vases sacrés d'or et d'argent pour soulager les pauvres, se servaient de
simples calices de verre. Tel fut saint Exupère, évêque de Toulouse,
à l'occasion duquel saint Jérôme fait cette réflexion «Personne n'est :

plus riche que celui qui porte le sang de Jésus-Christ dans un vase
de verre, et son corps dans une corbeille d'osier (5). »

(1) Bartholini, De medicina Danorum domestica, dissert. VII.


(2) Mansi, Concil., t. XII, p. 937 ;
Gibert, Consult canon, sur les sacrements,
. t. III,

p. 507.
(3) De pudit., c. vu et x.
(4) Les Arts au moyen-âge, t. II, p. 64.
(5) Epist. IV ad Rusticum.
246

Saint Grégoire le Grand (1) nous dit que saint Donat, évêque
d'Arezzo, rendit sa première forme à un calice de verre qu'avaient
brisé des païens. Un trait analogue est raconté par saint Grégoire de
Tours. Un diacre de Saint-Laurent de Milan, nous dit-il (2), laissa
choir le calice de cristal qu'il portait à
l'autel après en avoir ramassé ;

les morceaux, mit sur l'autel et implora l'assistance de saint


il les
Laurent. Aussitôt les fragments du calice se rejoignirent et Ton put,
comme auparavant, se servir de ce vase.
Saint Patrice révéla à un prêtre irlandais l'existence d'un autel et
de quatre calices de verre qui étaient cachés dans une caverne.
Saint Gésaire d'Arles, qui avait vendu ses vases d'or et d'argent
pour racheter des captifs, disait « Est-ce que le sang de Jésus-Christ
:

n'est pas également dans un calice de verre (3) ? »


Gratien cite un canon d'un concile de Reims tenu, croit-on, sous
Charlemagne, qui proscrit, pour les calices, le verre, le bois, l'airain
et le cuivre. Le pape Léon IV interdit le verre, le bois et le plomb,

défense qui fut renouvelée au xe siècle, dans la collection de


Reginon (4).

A cette même époque, les moines de Saint-Winoc se servaient


encore de calices de verre (5), et, au siècle suivant, saint Henri II, em-
pereur d'Allemagne, en donnait un à l'église Saint-Victor de Verdun.
Le synode de Chartres, en 1526, exclut le verre et le bois.

Il y a deux calices en cristal à la chapelle Sixtine. Comme nous


l'avons dit, l'un d'eux sert à la réserve du jeudi saint.
Aujourd'hui encore, toutes les communautés cophtes se servent de
calices de verre. Il en est de même chez la plupart des communions
protestantes, où, du reste, la matière est considérée comme facul-
tative.
Cuir. — Le concile provincial de Trêves (i3io) dit qu'on ne doit
pas célébrer avec un calice de pelte, c'est-à-dire recouvert d'une peau
tannée (6).
Cuivre, airain, bronze. — Les disciples de saint Colomban paraissent
s'être servis de calices de cuivre. Nous lisons dans les Actes de saint
Gall qu'un religieux, nommé Magnoald, lui offrit un vase d'argent

(1) Dial., 1. I, c. ni.


(2) De glor. martyr., c. xlvi.
( 3) Cvprian., Vit. S. Ccesar.
(4) M'igne, Patrol lat., t. CXXXII, n. 67, p. 2o3.
(5) Martène, De antiq. monach. ritib., 1. II, c. x.
(6) Can. 68, ap. Mansi, Concil., t. XXV, p. 247.
247

pour en confectionner un calice, mais que cet abbé irlandais refusa ce


présent, en disant Donnez-le aux pauvres, car mon maître saint Co-
: «

lomban a coutume de consacrer dans des calices de cuivre, parce que


Notre-Seigneur a été attaché sur la croix par des clous de fer (r). »
Un synode de Cologne, en 1280, prescrit que le calice soit d'or,
d'argent, d'ivoire ou tout au moins de cuivre.
Jusqu'à la Révolution, il y a eu en France, dans un certain nombre
d'églises pauvres, des calices de cuivre ou de bronze.
Les Ethiopiens se servent de calices et de patènes d'airain. Quand
il s'y produit une fente, ils la bouchent avec de la cire.

Etain et plomb. —
On a dû se servir d'étain et de plomb dans les
Gaules, surtout à l'époque où l'invasion des Barbares déterminait le
clergé à livrer l'argenterie des églises, pour venir en aide à des misères
pressantes. L'infériorité de l'étain l'a fait interdire par le concile de
Chelchyt (787), par le pape Léon IV, par saint Pierre Damien (2), par
le concile de Londres (i 175), par les Constitutions de Richard, arche-

vêque de Cantorbéry (1 175), par le concile de Dublin ( 5 1 9) mais il r ;

fut toléré par le concile de Rouen (1 189), par le synode de Nîmes

(1284), par le synode de Chartres (i526), par le concile d'Aix


(i585), etc.
Le concile de Rouen (i58ij supposait que dans cette province il
y
avait beaucoup de calices d'étain, puisqu'il prescrit la manière de les
nettoyer, toutes les semaines, avec un linge, du sable et de l'eau.
Dans la plupart des diocèses de France, l'étain fut toléré pour les
églises pauvres.
Ivoire. — Le comte Éverard, gendre de Louis le Débonnaire,
légua à l'un de ses fils, le calice d'ivoire qui faisait partie de sa cha-
pelle. Nous ne voyons nulle part d'interdiction positive de l'ivoire. Le
synode de Cologne l'autorisa en 1280.
Marbre. —
On lit dans la Vie de saint Théodore l'archimandrite que
le prêtre Grégoire, ayant vendu tous ses vases d'argent, pour recons-

truire son monastère, se servait, pour les saints Mystères, de vases de


marbre.
Pierres précieuses. — La reine Brunehaut donna à l'église

d'Auxerre un calice en onyx, garni d'or très fin (3). Léon d'Ostie (4)

(1) Cf. Vit. S. Columb., ap. Surium, 16 oct.


(2) Ojrusc. XXIII, c. 1.
(3) Le Bœuf, Mém. sur Vhist. d'Auxerre, t. r, p. 126.
(4) Chron. Cassin., 1. III.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

mentionne deux parmi les objets que le pape Vic-


calices de cornaline,

du Mont-Cassin.
tor III avait laissés à l'église
Dans le concile où fut jugée la cause d'Hincmar, évêque de Laon,
on lui reprocha, entre autres crimes, d'avoir dérobé un calice de cor-
naline, enrichi d'or et de perles, dont le roi avait fait présent à la
cathédrale de Laon.
Au xi c siècle, l'empereur saint Henri II donna à l'église Saint-
Victor de Verdun un calice d'onyx monté en or (i).

L'abbé Suger, alors qu'il était régent du royaume, fit exécuter un


riche calice de sardoine pour l'abbaye de Saint-Denis.
Au trésor de Saint-Marc, à Venise, on voit d'anciens calices en
albâtre, en serpentine, en agate, en sardoine, en onyx, en calcédoine,
en jaspe, etc.

Platine et aluminium. —
Le platine et l'aluminium semblent réunir
les conditions voulues pour la matière des vases sacrés. A la basilique

de Saint-Pierre de Rome, on se sert d'un calice en platine qui fut


offert au pape Pie VI, par Charles III, roi d'Espagne. Le 9 décembre

1866, la Sacrée Congrégation des Rites a autorisé le bronze d'alumi-


nium, à certaines conditions relatives à son alliage, à son argenture et
à sa dorure.
Terres-cuites. — On sait que les anciens ont employé l'argile
pour leurs vases à boire. Il estdonc probable que, dans les premiers
siècles, il y eut des calices de même matière. On s'en servait encore
au xm e
siècle, dans l'île de Chypre, puisque le concile de Nicosie en
interdit l'usage. .

A Sainte- Anastasie de Rome, on conserve un très ancien calice dont


le pied en cuivre et la coupe en terre-cuite. La tradition l'attribue
est

à saint Jérôme ; mais il n'est point prouvé que cet illustre docteur,
toujours dominé par un sentiment d'humilité, ait jamais célébré les
saints Mystères (2).

Au xiv e siècle, les Arméniens schismatiques se servaient encore de


calices d'argile.
Nous avons remarqué, au musée de Nevers,deux calices en faïence ;

l'un d'eux servait, en 1793, à l'abbé Groult, qui fut depuis vicaire-
général de Nevers.

(1) Pertz,Monum. german., t. VI, p. 49.


(2) Mabillon, Iter italic, p. 97; Collombet, Hist. de S. Jérôme, t. I, p. 292.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 249

Article m

De la forme et de la dimension des calices.

Les premiers calices durent avoir les formes variées des diverses
coupes à boire. Sur une très antique médaille de dévotion, publiée
par M. de Rossi (1), un personnage s'approche de l'autel, tenant
un calice qui a la forme de nos verres à Champagne. Un des calices
que le pape Léon III donna à Saint-Pierre de Rome était de forme
carrée (tetragonum) et pesait 32 livres romaines. Grégoire IV en offrit
un de forme octogone à l'église Saint-Marc de Rome. Mais, en général
et très anciennement, ces vases sacrés affectèrent la forme d'une coupe
plus ou moins haute, soutenue par une tige, coupée d'un ou de plu-
sieurs nœuds, et reposant sur un pied plat, hémisphérique, conique
ou pyramidal.
La dimension de ces vases, surtout de ceux destinés à la commu-
nion des fidèles, fut d'abord assez considérable, comme nous le prou-
vent les indications de poids, fournies par Anastase le Bibliothécaire.
Grégoire III fit faire un calice d'or, orné de pierres précieuses, pesant
20 livres. Dans sa Vie, il est question d'un autre calice orné de perles,
pesant 34 livres. Charlemagne en donna un de 58 livres au pape
LéonlII.
Au xi e siècle, la coupe prend une forme hémisphérique, le nœud
de la tige s'accentue, le pied circulaire devient à peu près aussi large
que la coupe, Au siècle suivant, particulièrement en Allemagne, l'ex-
térieur de la coupe du calice disparaît souvent entièrement sous les
émaux, les médaillons, les pierreries et les filigranes. Il n'en reste de
découvert qu'un petit espace semi-circulaire, où le prêtre peut appli-
quer ses lèvres pour communier.
Après la suppression de la communion sous les deux espèces, le ca-
lice, n'étant plus destiné qu'au prêtre, dut naturellement se réduire
à de moindres proportions.
Au xiv e siècle, surtout en Italie, les calices prennent plus d'éléva-
tion ; la coupe, se rétrécissant, devient semi-ovoïde ou conique ; la

tige anguleuse et prismatique repose sur un pied qui, au lieu d'être


circulaire, se découpe en lobes et en contre-lobes avec des angles
saillants.

(1) Bulletino, 1869, pl. III, n. 8.


250 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Au xv e octogonale est percée à jour d'arcatures, enri-


siècle, la tige
chie de pignons qui s'appuient sur les petits contreforts des angles.
Dans une miniature de cette époque, au British Muséum, on voit un
calice carré (i).

La forme devient encore plus élancée au xvi e siècle ; la partie plate


du pied, découpée en forme d'étoile à huit pointes, est surmontée
d'une partie circulaire à courbes et contre-courbes.

Galice de l'an i55o.

Le xvin e siècle allonge encore la tige et la munit souvent de trois


nœuds dont le plus développé occupe le centre. L'extérieur de la cou-
pe, dans la moitié inférieure, se revêt d'une cupule ou fausse-coupe,
tantôt ajourée, tantôt présentant une surface plane, ciselée de divers
sujets.
Parfois, au moyen d'un couvercle, le calice pouvait être métamor-
phosé en ciboire. On lit dans Y Inventaire de Saint-Denis : a Avec le
calice est un couvercle servant pour ledit calice lorsqu'on le veult
faire servir de ciboire. »

En Allemagne, on voit d'anciens calices, à la coupe desquels on a


ajusté un tuyau, par lequel les simples fidèles recevaient le vin eucha*
ristique.
En Orient, les calices à deux anses sont munis d'un couvercle à
charnière et de fort grande dimension, à cause de la persistance de la
communion sous les deux espèces. Ils contiennent au moins la valeur
d'une chopine. En Mingrélie, un simple gobelet tient lieu de calice.

i) Rohault de Fleury, la Messe, t. I, p. xxn.


25 l

ARTICLE IV

Des ornements et «les inscriptions des calices.

Tantôt les ornementations sont ciselées, tantôt simplement repous-


sées. Parfois les deux procédés sont mis simultanément en œuvre.
Souvent les médaillons, dégrossis à la fonte, étaient retouchés et
achevés au burin.
Dès le iv e siècle au moins, il y eut des calices décorés de pierreries,
que saint Jean Ghrysostome (i) appelle gemmati. Constantin en
donna trois, en or, cufn gemmis prasinis et hyacinthinis. Ces pierre-
ries se plaçaient principalement sur le pied, aux nœuds de la tige et
près des bords de la coupe. Au grand calice ministériel, les pierres
précieuses n'étaient pas seulement fixées et serties il y en avait de ;

suspendues à des réseaux de fils d'or on ne pouvait donc y boire qu'à


:

l'aide d'un chalumeau. Leurs anses affectaient la forme de feuillages,


de dragons ou d'animaux fantastiques.
Les calices ont été émaillés fort anciennement, témoin celui de
l'abbaye de Chelles, œuvre de saint Éloi. Mais, c'est surtout du
xi au xiv e siècle que des émaux de couleur représentaient, sur le pied,
e

sur la tige et même sur la coupe, des feuilles, des fleurons, des rosa-
ces et des personnages.
En Orient, le fond de la coupe est quelquefois émaillé; ainsi, au
trésor de Saint-Marc de Venise, un buste du Christ, en émail, se
trouve au fond d'un calice, en sorte que le prêtre pouvait contempler,
à travers le précieux sang, l'image de la Victime du Saint-Sacrifice.
Outre les entailles niellées d'émail et les émaux de basse-taille, des
ciselures, des figures de ronde-bosse et des bas-reliefs exécutés au
repoussé représentent, sur le pied, aux nœuds et à la coupe, de nom-
breux sujets. Parmi les plus fréquents, nous citerons les quatre :

fleuves du Paradis terrestre, les sacrifices d'Abel, d'Abraham et de


Melchisédec, la grappe gigantesque récoltée dans la Terre-Promise,
Moïse frappant le rocher, le serpent d'airain, l'Agneau divin, les ani-
maux symboliques du Christ (aigle, pélican, lion, licorne, phénix),
des scènes de la vie de Jésus-Christ, surtout le Crucifiement et la Cène,
les douze apôtres, les quatre Evangélistes, des bustes de saints et de

(i) Homil. LXad pop. Antioch.


252 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

saintes, les trois Vertus théologales, les instruments de la Passion, etc.


A partir du xvn e
siècle, l'ornementation consista surtout en têtes
d'anges, en épis de blé et en grappes de raisin. Beaucoup d'artistes
du xvm fc
siècle se préoccupent peu de la destination des vases liturgi-
ques et oublient complètement les traditions symboliques du moyen-
âge. Ils vont jusqu'à imiter les travaux patiemment ingénieux des
Chinois. Un inventaire de la cathédrale de Bénévent, du temps de
Benoit XIII (r), mentionne « un calice et patène d'argent doré, tra-
vaillés à la chinoise. »

En France, le pied du calice est toujours marqué d'une croix en


creux ou en relief, comme point de repère, et cette face du calice
du prêtre qui célèbre le Saint-Sacrifice. Cet usage
doit être vis-à-vis
de mettre une croix ou un crucifix sur le pied du calice apparut au
xm e
siècle et devint général au xv e .

M. l'abbé Pascal déclare que


« aucun écusson armoriai ne peut
(2)
figurer sur le pied du
Nulle part nous ne trouvons trace de
calice. »
cette interdiction. Cet usage des armoiries est très fréquent en Italie.
L'écusson du Sénat était même le seul ornement des calices d'argent
que la magistrature romaine offrait naguère à diverses églises de
Rome.
Parmi les ornements exceptionnels, nous mentionnerons les reliques

et les clochettes.
Le pied d'un calice que saint Louis donna aux Dominicains de
Liège, contenait du bois de la vraie Croix (3).

Mabillon (4) a vu, à l'abbaye de Clairvaux, un calice garni de clo-


chettes d'or, qui avait appartenu à saint Malachie, primat d'Irlande.
Le bruit que rendait ces sonnettes, quand on remuait le vase sacré,
excitait les fidèles à la piété. On rencontre en Espagne et en Portugal,
jusqu'au xvf siècle, un certain nombre de ces calices, où les clochet-
tes sont au nombre de quatre ou de huit.
M. de Linas, partant de ce fait que les calices à clochettes se ren-
contrent surtout en Espagne et en Portugal, conclut qu'il y a là une
influence dérivée de la civilisation mauresque. « On s'obstine tou-
jours, dit-il (5), à chercher la raison de certaines formes liturgiques,
quand les mœurs locales répondraient beaucoup mieux aux questions

(1) Barbier de Montault, Le trésor de la cathédrale de Bénévent.


(2) Institut, de l'art chrét., t. II, p. 224.
(3) Voyage litt. de deux bénédictins, t. II, p. 182.
(4) Iter italic, p. 4.
(b) Revue de l'art chrét., t. XI, p. 274. . .
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 2f>3

soulevées. Les races sémitiques eurent, de temps immémorial, un


goût prononcé pour la musique de percussion, et elles ont introduit
les instruments bruyants dans leurs cérémonies religieuses. Les Ma-

ronites accompagnent le chant liturgique avec de petites cymbales


dont le son aigre et criard agace les oreilles européennes, tandis
qu'eux-mêmes en sont charmés. On ne peut nier la persistance des
usages arabes en Espagne, surtout en ce qui concerne la musique la ;

Péninsule ibérique restera le pays légendaire des grelots et des tam-


bours de basque. A quel titre donc s'étonnerait-on de voir l'Eglise
portugaise admettre sur ses autels un genre d'instruments regardé
par les fidèles comme un témoignage d'allégresse respectueuse. A
mon sens, les clochettes ajoutées aux calices portugais avaient pour
but unique d'honorer la présence réelle de Notre-Seigneur Jésus-
Christ sous les espèces du pain et du vin, après la consécration. »

Les inscriptions des principalement relatives aux ar-


calices sont
tistes qui les ont exécutés, à leur donateur, à leur possesseur, à leur
poids et à leur valeur, au sacrement de l'Eucharistie et aux sujets
représentés.
Noms d'artistes. —
Sur le calice de Weingarten, dont Martin
Gerbert a publié le dessin (i), on lit Magister Conradus de Huse
:

argentarius me fecit. Un calice d'Osnabrlick porte cette indication :

Fecit mychy Engelbertus Hoffleger avrifaber de Cosveldyge


anno MCCCCL VIII.
Noms de donateurs. — Il n'est point surprenant que les inscriptions

de calice fassent mention des donateurs, puisque leur nom est pro-
noncé dans la formule de bénédiction que contient le Sacramentaire
de saint Gélase.
Sur un calice offert à Saint-Zacharie de Ravenne par l'impératrice
Galla Placidia,on lit: OfferoS. Zachariœ Galla Placidia Augusta (2).

Saint Rémi, archevêque de Reims, fit graver les trois vers suivants
sur un calice ministériel qu'il donna à l'église de Laon :

Hauriat hinc populus vitam de sanguine sacro,


Injecto œternus quem fudit vulnere Christus.
Remigius reddit Domino sua vota sàcerdos (3).

:
Un calice du v e siècle, conservé jusqu'à la Révolution à l'église

(1) Vet. liturg. allem.,t. 1, p. 219.


(2) Mai, Collect. Vatic, t. V, p. 197.
(3) Migne, Pair, lat., t. CXXV, p. 11 35.
254 HISTOIRE DU SACREMENT DE l' EUCHARISTIE

collégialede Brives, portait cette inscription Valentinianus Au- :

gustus Deo et sancto martyri Martino Brivensi pro se suisque omni-


bus votum vovit et reddidit (i).

Au Saint-Marc de Venise, un calice du X e siècle, en


trésor de
sardoine côtelée, avec émaux cloisonnés, porte cette invocation sur
le pied KYPIE BOH0EI PftMAN (<,>) OP0OA (o£«) (Se) CIIOT
: (tj), c'est-à-
dire : Seigneur, protège Romain, empereur orthodoxe.
A la cathédrale de Plock (Pologne), sur un calice du xm e
siècle, on
lit autour de la coupe, entre deux lignes niellées : Dux Conradus -)-

Dux Bole^laus -f- Emomi\l + Mesco -f- Ludimilla + Salomea +


Judita +.
On lit sur le pied d'un calice de la même époque, conservé à l'aca-
démie royale des Beaux-Arts de Lisbonne : In nomine Dni lesv Christi
hvnc caîicem dédit regina dvlcia Alcvbacie ad serviendvm in maiore
altari.
Un calice émaillé de l'abbaye de Saint-Denis portait cette inscrip-
tion à l'intérieur Je fu donné par le roy Charles, fils du roy
du pied :

de France Jehan, fondea en Vhonneur de saint


en sa chapelle que
Jehan dedens V église de S. Denys.
Sur un calice de la cathédrale de Wloclawek, donné,'au xv e siècle,
par révêque Sbignée, on lit autour de la coupe Sit tibi Christe :

calix gratus et Sbigneus acior.


Voici l'inscription portugaise d'un calice d'argent doré, conservé à
l'académie royale des Beaux-Arts de Lisbonne Este cales deixon :

obispo don iorie Dalmeida ao sanlo sacramento da se em era de 1SS1,


On y voit en outre l'écusson héraldique de l'évêque don Jorge d'Al-
meida, avec sa devise Ne quid nimis.
En Italie, une inscription indique très souvent le nom du donateur
et celui de l'église propriétaire.

Noms du propriétaire. — Un des trois calices de l'abbaye de Saint-


Denis, figurés par Claude de Vert, porte le nom de son possesseur:
Suger abbas.
A l'académie royale des Beaux-Arts de Lisbonne, on lit sur un
calice du xn e
siècle : Calix iste ad honorem dei et sce marie de alco-
bacia factvs est.
Au musée de Saint-Omer, un calice porte cette indication :

Appartiens aulx poissonniers, 1590.

(1) Le Blant, Inscript, chrét. de la Gaule, n. 5n.


255

On lisait sur le pied d'un calice d'argent de Saint-Etienne de


Troyes : A
fabrique de Saint-Estienne de Troies, 1644 (1).
la
Poids et valeur du vase. Autour du pied d'un calice de —
vermeil, à Saint-Maurice d'Hildesheim, on lit Ad honorem omnipo- :

tenlis Deifrater Henricus Mackol dédit et procuravit istum calicem


per patrem suum Bartoldumfactum tribus marcis argenti vel modico
magis per heum abbatem dumtaxat appositis. 141 9.
Sur un calice d'argent doré, daté de i582, au musée de Rouen, on
lit :Je pesé troys mare e demy^fai cousié 4S escus au soleil.
Inscriptions relatives a l'eucharistie. — Plusieurs anciens calices
portent ces mots : Sanguis Christi : c'est l'ancienne formule qu'on
employait pour distribuer l'Eucharistie sous l'espèce du vin. D'autres,
surtout en Grèce, en Russie et en Orient, nous offrent les paroles de
la consécration du vin, tandis que les patènes correspondantes con-

tiennent celles de la consécration du pain.


Le P. Secchi (2) considère comme des calices destinés aux fidèles
des vases de verre trouvés dans les catacombes, offrant des représen-
tations religieuses et où le mot bibere se change souvent en vipère.
On ne comprendrait pas de la part des Chrétiens des acclamations
contraires à la sobriété. D'ailleurs certains indices dénotent l'usage
religieux de ces vases. FIE ZHGAIG EN AFABOIG (bois afin que tu vives
de ces biens), lit-on sur l'un d'eux, trouvé dans le cimetière des saints
Thrason et Saturnin : or, on sait que, dans la langue mystérieuse des
premiers siècles , l'Eucharistie était appelé to àyaôov (le bien) ou
Ta ayaGa (les biens). On comprend alors cette acclamation fréquente :

Vivas in Cristo,vivatis in Deo, Pie \e\es ou ZH2EI2, promettant la vie


à ceux qui boiront le breuvage du calice. Il est probable que certains
de ces vases appartenaient à des particuliers ou à des familles qui les
portaient soit aux agapes, soit à l'église, pour recevoir leur part de
vin consacré ; car quelques uns font allusion à une réunion de
plusieurs .personnes : Cum tuis omnibus bibas, pie \e\es cum tuis, ou
eu m caris tuis.
e
Sur le calice de saint Ludger (ix s.), conservé à l'église abbatiale
de Werden, sont inscrits ces mots :

-j- Agitvr haec svmmvs p(er) poc(u) la triomphvs


-f- Hic calix sangvinis Dni IHV XPI.

(1) Ancien inventaire publié dans les Annales archéol., t. XX, p. 85.
(2) Preuves du martyre de S. Sabinien, dans las Annales de philos., 3c série, t. V,
p. 3o2.
.

256 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

On lit sur la coupe d'un calice à anses de l'abbaye de Saint-Pierre


de Salzbourg :

Prescia priscorvm svspirant vota vivorvm


Ut sacer hic sangvis restavret quod negat angvis.

Le Voyage littéraire de deux Bénédictins (i) cite cette inscription


d'un ancien calice de l'abbaye de Saint-Josse :

+ Cvmuino (sic) mixta fit XPI sanguis et unda

+ Talibus sumptis salvatvr quisque fidelis.

Voici quelques autres inscriptions eucharistiques, citées par John


Doughti (2) et par Sébastien Paulli (3).
Sanguis Jesu Christ i, filii Dei, emundat nos ab omni peccato.
Ecce Agnus Dei qui tollit peccata mundi.
Jésus Christus nos dilexit, suo sanguine a peccatis nostris nos
mundavit.
Esto nobis turris fortitudinis.
Si Deus pro nobis, quis contra nos.
Pie Pelicane, Jesu Domine, me immundum munda tuo sanguine,
cujus una stilla salvum facere totum mundum possit omni sceîere.
D'autres inscriptions reproduisent des textes divers de l'Écriture
sainte, donnent l'indication des sujets représentés, formulent l'ana-
thème contre ceux qui détourneraient le calice de sa destination, ou
bien portent simplement la date de la fabrication, ou celle de l'acqui-
sition, ou même du jour où le vase a été redoré.

ARTICLE v

Indication de quelques calices remarquables

Nous Tordre alphabétique des pays, un


allons signaler, suivant
certain nombre de remarquables par leur antiquité, leur va-
calices
leur artistique, leurs particularités, ou bien par les personnages aux-
quels on en attribue ^'ancienne possession. Nous passerons sous
silence ceux dont nous avons déjà eu occasion de parler.

(1) Tome II, p. 179.


(2) De calicibus eucharist. vet. Christian.
(3) De patena Forocorneliensi
257

§ i

Allemagne et Autriche

Cologne. —
A l'église des Saints-Apôtres, calice en argent "doré,
richement orné (xur3 siècle). Les médaillons en bas-reliefs duïpied
représentent l'Annonciation, la Nativité, le Crucifiement et la] Résur-
rection du Sauveur. Il y a d'autres calices remarquables à la cathé-
drale, à Saint-André, à l'Assomption, à Sainte-Catherine, à Saint-
Géréon, etc. (i).
Francfort-sur-le-mein. —
A la cathédrale, calice d'argent doré du
xv e siècle ; sur les lobes du pied, fines gravures représentant le Christ,
la Vierge-Mère, saint Georges, sainte Catherine, sainte Barbe et la

Crucifixion.

Pied d'un calice de la cathédrale de Gran.

Gran (Hongrie). —
A la cathédrale, calice en argent doré, du xv e
siècle. Le pied est disposé en forme de rose à six feuilles, décorées de

i) Bock, Trésors sacrée dé Cologne.

T. II.
258 HISTOIRE DU SACREMENT DE l'eUCHARISTÎE

filigranes rétiformes; l'une d'elles porte dans un écu une double aigle
couronnée (i).

Autre calice de la cathédrale de Gran (xv e siècle).

Hildesheim (Cathédrale d').- Calice en or, attribué parla tradition à


Bernwald, treizième évêque d'Hildesheim (-j- 1079), mais d'un travail

(1) Voir la description de ces deux calices dans la Revue de l'Art chrétien, t. III, p. 497
et t. IV, p. 443.
LÎVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES

qui dénote le xm e
siècle. Au-dessus de la représentation de la Cène,
on lit ces deux vers :

Rex sedet in cœna turba cinctus duodena


Se tenet in manibus se cibat ipse cibus.

La topaze qui en orne le nœud est une des plus grandes pierres de
cegenrequi soit connue en Europe. —
Autre calice de saint Bernwald,
évêque d'Hildesheim (-)- 146). Toute la coupe est entourée de fili-
1

granes, sauf un espace en demi-cercle, réservé pour les lèvres du


célébrant.
Kreismunster (Autriche). — On conserve, à cette abbaye, un grand
calice en cuivre doré, exécuté par ordre deTassilo, duc de Bavière, et
de sa femme Liutperge, fille de Didier, roi des Lombards (vnr3 siècle),
comme l'indique l'inscription du pied : Tassilo dux forlis livperg
virgo regalis. Cinq plaques d'argent niellé, adaptées à la coupe,
représentent le Christ et les quatre symboles évangéliques.

Calice du duc de Tassilo.

Munich. —
A la Riche-Chapelle du roi de Bavière, calice d'or aux
armes de Maximilien I er duc de Bavière. Des émaux, incrustés à
,

fleur de métal, forment une ornementation d'un goût très pur.


Osnabruk —
Calice en argent doré et émaillé, du xiv e siècle. Les
émaux représentent la trahison de Judas, la comparution devant
Caïphe, la Flagellation, le Portement de Croix, le Crucifiement, les
26o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Prophètes, les Apôtres, des Anges, le Phénix et le Pélican, et les


quatre symboles évangélistiques (i).
Il y a encore des calices remarquables du moyen-âge aux cathé-
e
drales d'Aix-La-Chapelle (xv s.), de Dantzig (xv e s.), de Lubeck, de
Mayence (xi
e
et xiv c
s.), de Monza (v
e
et xv e
s.), d'Osnabriick (xm e et

xv e s.), de Paderborn (xiir3 s.), de Ratisbonne (xm e s.); aux abbayes


d'Admont (xiv e s.), de Klosterneubourg (xiv ô
s.J, de Saint-Pierre de

Salzbourg (xm e s.), de Wilten près d'Inspriick (xn e s.); à Saint-


e
Gervais de Trêves (xi e s.) aux églises d'Emmerich (xi s.), de Fritz-
;

lar, de Gladbach, de Siegburg, de Wesel, etc. à la chapelle du châ- ;

teau de Mamberg, en Bavière (xvi e s.); au musée de Berlin, etc.

S 2

• Belgique

Namur. — Au couvent des Sœurs de Notre-Dame, calice du xm e


siècle, dont le pied est décoré de dix plaques niellées. Une inscrip-
tion fait connaître sa destination originelle et le nom de l'artiste

+ Hvgo me fecit : orale pro eo: calix ecclesiœ beati Nicholai de


Ognies.
Calices remarquables à Saint-Jacques de Liège (xv e s.) ; à Saint-
Servais de Maëstricht (xm e s.); à la chapelle de l'archevêché de Ma-
lines (xv c s.); au musée diocésain de Bruges, etc.

§3

Espagne et Portugal

Ajuda. — L'exposition universelle de 1867 a fait connaître le calice

en vermeil de la chapelle du palais d'Ajuda (Portugal). C'est une œuvre


e
du xvi siècle, dont le ciseleur est resté inconnu. Les douze apôtres
sont groupés, deux par deux, dans les six niches qui décorent la

coupe et d'où pendent des clochettes. De nombreuses scènes de la


Passion sont figurées dans de petits cadres qui garnissent la tige (2).

(1) De Linas, Exposition de Dusseldorf, dans la. Revue de Vart chrétien, janv. 1881,
p. 55. Nous avons emprunté quelques autres indications à cet excellent travail.
(2) Magasin pittor., i8j3, p. 169.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 2ÔI

Burgos. — Calice en or du xv e
richement décoré de perles
siècle, et
Le custode m'a affirmé
de pierres précieuses. valait un million. qu'il
Madrid. — Au musée naval, du bois de l'arbre
calice fait Ceiba, dit
à l'ombre duquel fut célébrée la première messe à la Havane, le 19
mars 1 5 19. Au musée archéologique, on voit un calice décoré
d'ivoire et de corail.
Saint-Dominique de Silos. —
A cette abbaye, occupée aujourd'hui
par des Bénédictins delà Congrégation de France, se trouve un calice
du xi e siècle, dont l'inscription nous apprend qu'il a été fait en l'hon-
neur de saint Sébastien, par un abbé nommé Domenico. Des arcatures
en plein-cintre sont figurées en filigranes autour de la coupe.
Sarragosse. — A Notre-Dame del Pilar, calice orné de 1999
pierreries.
Autres calices à la cathédrale de Coïmbre (xn e s.), à l'Académie
royale des Beaux-Arts de Lisbonne (du xn e au xv e siècle), au cabinet de
don Luis, roi de Portugal, à la cathédrale de Séville (fausse attribu-
tion aupape Clément I er ), etc. Calices à clochettes aux cathédrales de
Braga, de Caminha et de Lamego, à la cathédrale de Guimaras, etc.

§ 4

France

Notre ancienne orfèvrerie sacrée a perdu la plupart de ses chefs-


d'œuvre ; ils ont été détruits, au xvi e siècle, par les Huguenots sous ;

Louis XIV, pour battre monnaie au profit des expéditions guer-


rières; sous Louis XV, par mépris de tout ce qui était gothique; et
enfin surtout, pendant la tourmente révolutionnaire, où tant d'œuvres
d'art religieuses ont été jetées au creuset. Depuis, le vandalisme a
parfois été encouragé par ceux qui auraient dû se montrer les respec-
tueux conservateurs des monuments antiques. C'est ainsi que
Mgr Affre, dans son Traité des Fabriques, n'a point hésité à écrire
ces lignes stupéfiantes « Si les vases sacrés sont d'un goût gothique,
:

le curé peut exiger du conseil de Fabrique qu'ils soient remplacés par

d'autres d'un goût plus moderne. »


Amiens. —
On conserve à l'évêché, un calice provenant de Saint-
Martin-au-Bourg, lequel, d'après l'ancienne tradition de cette pa-
roisse, aurait servi à saint Thomas de Cantorbéry, alors qu'il y dit
2Ô2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

lamesse en 1 170. Le style de ce calice nous semble démontrer qu'il ne


remonte pas plus haut que le xiir6 siècle.
Bar-sur-Aube. —
A Saint-Maclou, calice en vermeil dont la coupe
est frappée au marteau. Les douze apôtres y figurent avec Jésus-
Christ, ainsi que les animaux évangélistiques et diverses scènes du
Nouveau-Testament.
Bellaing (Nord). —
Galice du xvi e siècle, provenant de l'abbaye de
Saint-Martin de Tournai. Sur le pied, douze médaillons circulaires
représentent des scènes hagiographiques relatives à sainte Catherine,
sainte Marthe, saint Vaast, saint Amand, saint Éloi, etc.
Biville (Manche). —
On y conserve le calice du bienheureux
Thomas Hélie (xm e siècle). Il est en argent doré et non pas en or
massif, comme on l'a souvent prétendu. Sur le pied, on lit cette ins-
cription trois fois répétée :
-f-
Par amour mi (sic) donné. La tradition
veut que ces paroles fassent allusion au don que saint Louis aurait
fait de ce calice au bienheureux Hélie, par affection pour lui. On a

récemment supposé que ces paroles doivent être mises dans la bouche
de Jésus-Christ qui se donne par amour dans l'Eucharistie mais ;

cette interprétation paraît invraisemblable (1). Remarquons d'ailleurs


que l'inscription est très postérieure au calice : elle aura probable-
ment été regravée au xv e siècle, alors qu'on fit quelques réparations à
ce précieux objet.
Chelles. — Le calice, exécuté par saint Éloi et donné à l'abbaye de
Chelles par sainte Bathilde, fut envoyé à la Monnaie en 1792; il n'est
donc connu que par des gravures. On a longuement discuté si

certaines décorations de ce précieux monument étaient en verroteries


incrustées à froid ou en émail cloisonné (2). Cette dernière opinion a
fini par prévaloir.
La Rochelle. — Au grand séminaire, on conserve un calice en

vermeil, que l'on dit avoir servi à Richelieu, célébrant une messe
d'actions de grâces dans l'église Sainte-Marguerite, le jour de l'entrée
de Louis XIII à La Rochelle.
Nancy. —
Calice de saint Gozlin (x e siècle). Sa coupe hémisphérique,
pourvue de deux anses, est soutenue par un pied de forme élégante.
Le tout est orné de filigranes, de pierres précieuses non taillées et de
perles enchâssées.

Cf. Revue de l'art chrétien, 2 e série, t. IV, p. 120.


(1)
Cf. Mém. des ant. de France, 3 e série, t. VII, p. 2o3
(2) ;
Bulletin, p. 176 ; Revue de
l'art chrétien, t. VIII, p. n3, etc. ; t. XXVIII, p. 32o.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 263

Calice de saint. Gozlin. Vase de Gourdon.

Paris. — On conserve, au cabinet des Antiques, un petit vase d'or,


trouvé à Gourdon, en 1 845 ; ce un calice du v e ou vi e
paraît être
siècle et non pas une burette, comme l'ont supposé quelques archéo-
logues ; c'est une coupe cannelée par le bas, décorée dans la partie
supérieure de six cœurs en pierres fines et supportée par un pied
conique, sillonné de cannelures à arêtes vives.
Reims. — Calice d'or, dit de saint Remi, apporté à Paris en 1792 et
restitué à la cathédrale par Napoléon III, en l'an 1 861 Sa décoration
.

Galice de saint Remi.


2 64 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

principale consiste dans une bande d'or, sur laquelle alternent des
pierres fines, entourées de perles et de cabochons d'émail. On y compte
7 émeraudes, 6 grenats, saphirs et 9 agates. Ce magnifique vase a
3
toujours été désigné sous le nom de calice de saint Remi, sans doute
parce qu'il fut exécuté pour remplacer un vase que saint Remi avait
légué à son église métropolitaine. On lit sur le pied l'inscription sui-
vante, qui a dû contribuer à faire rentrer ce précieux objet dans son
vénérable après une absence de soixante-dix ans Quicumque.
asile, :

hune, caîicem. invadiaverit. vel. ab. ecclesia. Remensi. aliquo. modo,


alianaverit. anathema. si t. fiât. Amen. Ce calice a été attribué par
plusieurs archéologues au xi e ou au xn e siècle. M. J. Labarte (1) croit
que c'est l'œuvre d'un des artistes grecs qui ont suivi en Allemagne
l'impératrice Théophanie, mariée en 972 à Othon II.
Saint-Jean-du-Doigt (Finistère). —
Calice donné, dit-on, par Anne
de Bretagne, en i5o6. Il est décoré de rinceaux, d'enroulements, de

dauphins et de huit statuettes d'apôtres.


Saint-Servan (Morbihan). —
On y conserve un calice sur lequel
est inscrit, en lettres gothiques, le nom de Sanct Gobrian. On sait que
saint Gobrien, évêque de Vannes, se fit ermite dans ces parages.
Sens. —A la cathédrale, calice en vermeil du xv e siècle. La coupe
n'a pour ornements que des flammes; le nœud est décoré de treize
médaillons, représentant la douze apôtres.
Vierge et les

Autres calices aux cathédrales de Lyon, dePamiers,deParis(xvi e s.),


de Troyes (xm e s.); aux églises de Bellignies (Nord), de Chitry (Yonne),
de Genolhac (Gard), de Gordes (Vaucluse), de Malabat (Gers), d'Obies
(Nord), de Rocamadour (Lot), de Saillant (Corrèze), de Saint-Marc-
sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine), de Saint-Omer, de Sainte-Radegonde
(Gers), de Tintury (Nièvre) ; au musée de Cluny, etc.
On voit des calices, plus ou moins remarquables, dans des collections
particulières, telles que celles de M. Basilewski, de M. Odiot, de
M. Ch. Stein, du prince Soltikoff, etc. M. P. du Chatellier possède

une coupe en argent trouvée à Plomelin (Finistère), dont le fond


représente la sainte Face de Notre-Seigneur, avec cette inscription :

Ecce aug. vul. sanctus, c'est-à-dire Ecce augustus vultus sanctus.


Cet antiquaire croit que c'est un vase du xiv e siècle, destiné à la
distribution du vin consacré, à l'époque où les fidèles communiaient
encore sous le$ deux espèces. « L'image du Saint-Suaire, dit-il (2),

(1) Hist. des arts industriels, 2 e édit., t. I, p. 844.


(2) Bulletin monum., t. XLI, p. 728.
265

aurait été disposée sur le fond de la coupe, dans le but de placer, au


moment de la communion, grâce à l'inclinaison du vase, la Face
même du Christ, sous les yeux de celui qui recevait sa chair et son
sang. » ^tr^w

Calice de Notre-Dame de Paris, exécuté par M. Poussielgue-Rusand.

M. Poussielgue-Rusand, M. Armand Cailliat et d'autres orfèvres


ont exécuté dans le style du moyen âge, de remarquables calices.
Bornons-nous à citer, parmi les œuvres contemporaines, les calices

des cathédrales d'Auch et de Paris, de Saint-Martin de Laon et

de Notre-Dame de la Délivrande.

§ 5

Grande-Bretagne

Ardagh (Irlande). — Le d'Ardagh, ainsi nommé du lieu où il


calice
a été découvert, est en argent, pourvu de deux anses et décoré d'or-
nements en filigranes d'or et en émail. On y lit les noms des douze
apôtres. Ce calice, croit-on, est celui dont il est question dans les
annales irlandaises, en 1 129, comme étant l'œuvre de la fille de Ro-
deric O'Gonor (1). —
Autres calices du moyen âge à l'église Saint-
Chad, de Birmingham (xiv e siècle), au collège Sainte-Marie d'Oscott
(xv e siècle), au collège du Corpus Christi à Oxford (xv e siècle). Un

(1) Buîlet. de la Soc. des ant. de France, 1879, p. t39.


266 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

certain nombre d'anciens calices d'Angleterre ont été publiés par


Bough (Sepulchral Monuments in Great Britain, 5. vol. in f°).

S 6

Italie

Assise. — Calice d'argent donné, en 1290, par le pape Nicolas IV,


et exécuté par Guccio de Sienne. Sur la coupe, des figures de saints,
gravées, se détachent sur un fond d'émail bleu.
Milan. — Galice en argent et ivoire (xiv e siècle). — Calice d'or,
avec figurines, assises, d'apôtres (xv e siècle).
Pistoia. —A la cathédrale, calice d'argent doré (xm e siècle), dont
les médaillons sont en filigranes. — Calice d'argent exécuté, en
354, 1

par Andréa Braccini.


Rome. —
Seroux d'Agincourt a publié deux calices des catacombes,
dont la coupe est très allongée (1).

Calices des catacombes.

Au Palais du Vatican, nombreux calices de diverses époques. L'un


des plus curieux est un vase de verre à anses, d'une forme très gra-
cieuse, trouvé au cimetière Ostrien (2).

(1) Hist. de l'art, Peint., pl. 12, n. 2S.


(2) De Rossi, Bulletino, 1879, tav.
.

267

Calice du cimetière Ostrien.

Le calice cfétain qu'on montre à la sacristie de l'église des Saints-


Côme-et-Damien comme étant celui de saint Félix II, retiré dans
ces lieux en 36o, pendant les persécutions ariennes, ne paraît pas
authentique à Mgr Barbier de Montault (1). —A l'église Saint-Marc,
calice à émaux translucides (xv c siècle). — Au couvent des Oratoriens,
calice dont se servait saint Philippe de Néri.
Venise. — Au Trésor de Saint-Marc, beaucoup de calices et de pa-
tènes de diverses époques, la plupart en matières précieuses. Il y a
huit calices à deux anses. On attribue au x e siècle un vase de sar-
doine, monté en argent doré, où quinze médaillons d'émail cloisonné
représentent le Christ, la Vierge et divers saints, en buste.
Zamon (Tyrol italien). —
En 1875, on y a découvert un calice d'ar*
gent du vi e siècle, pesant 320 grammes. Il est aujourd'hui conservé
dans l'église paroissiale de cette localité. On y lit cette inscription :

f Dedonis Dei, Wrsvs diaconvs sanclo Petro et sancto Pavlo optvlit.


La coupe peut contenir un litre et demi de liquide (2).

(0 Les églises de Rome, dans la Revue de l'art chrétien, n° de sept. 1 8y5


(2) DeRossi, Bullet. 1878, tav. XII.
268 HlSTOfRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

§ 7

Pologne et Russie

Pereieslav (Russie). —A la cathédrale, calice duxin 6 siècle.


Plock (Pologne). — Outre le calice de Conrad, dont nous avons cité
on voit, à la cathédrale, un calice en or, donné par le
l'inscription,
prince Charles-Ferdinand, au milieu du xvu e siècle. Des médaillons
en émail, encadrés, représentent la Cène, l'apparition d'Emmaûs et
le Jardin des Oliviers.
Souzdal (Russie). — Au monastère de Spasso-Effimiev, plusieurs
calices d'argent gravé et ciselé (xvie siècle).
Trzemeszno (Pologne). —
Sans parler des calices relativement mo-
dernes, nous devons mentionner trois calices du x e siècle. L'un est tra-
vaillé au marteau; l'autre offre un sujet symbolique fort curieux la :

crèche où naquit TEnfant-Jésus elle est couronnée de clochers byzan-


;

tins, en sorte quel'étable de Bethléem est la figure de la future Église.


Le troisième calice, dit saint Adalbert, est une coupe en agate,
doublée en or à l'intérieur et dont la bordure inférieure est travaillée
en forme de fleurs de lis (i).
L'espace ne nous permet pas de nous occuper des calices des autres
pays. Notons seulement, qu'en 1879, on a trouvé, sur remplacement
de Kobt, ancienne Coptos, jadis centre du Christianisme dans la Haute-
Egypte, une très belle coupe en verre, ornée de poissons dorés, et que
l'on croit avoir servi au Sacrifice eucharistique.

(1) Przezdziecki, Monuments du moyen dge et de la Renaissance dans l'ancienne


Pologne, t. I, pl. 4, 5, 6, 7 ; t. II, pl. 10.
CHAPITRE VI

Des accessoires du calice

ARTICLE I

Des pales

La pale, qu'on ferait mieux d'écrire palle, pour se conformer à


l'étymologie (pallium), sert à couvrir le calice pendant une grande
partie du Saint-Sacrifice. En France, on lui donnait souvent le nom
de carré, à cause de sa forme.
Primitivement, le corporal s'étendait sur toute longueur de l'autel
la

et pouvait, à certains moments, pour le proté-


se replier sur le calice
ger. Mais quand le corporal fut raccourci, on usa d'un second corpo-
ral nommé pale et qu'aujourd'hui, en France, nous assujettissons à
un carton.
L'abbé Pascal a invoqué à tort un texte du pape Innocent III (i),
pour démontrer l'antiquité de la pale. Le cardinal Bona s'est égale-
ment mépris sur la signification de ce même passage Duplex est :

palla quœ dicitur corporale, una quam diaconus super altare totum
ex tendit, altéra quam super calicem plicatam imponit. Il s'agit ici,
non pas de deux linges séparés, mais des deux parties du corporal,
dont Tune couvre la table de l'autel, et dont l'autre sert à couvrir le
calice. La preuve, c'est qu'Innocent III ajoute aussitôt « La partie :

qui est étendue [pars extenso) représente la Foi celle qui est repliée ;

(i) De sacro mysterio altaris, 1. II, c. lv.


270 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

(pars plicata) figure l'intelligence. » Il faut, de plus, remarquer le

titre même du chapitre Des corporaux : Pourquoi une partie est


: «

étendue, et l'autre repliée au-dessus du calice (i) ?»


Ce qu'il y a de certain, c'est que l'usage des pales existait, au
xiv e siècle, en divers pays; car Raoul de Tongres (2) nous dit que
dans toute l'Italie et l'Allemagne, on suivait la coutume de Rome en
se servant de la pale pour recouvrir le calice; mais, qu'en France, on
persévérait à n'employer pour cet usage qu'une partie du corporal.
La pale ne s'introduisit en France qu'au xvn e siècle et ne fut à peu
près universellement admise qu'au xvin e Avant la Révolution, les
.

diocèses d'Orléans et de Rouen, les Dominicains et les Chartreux


continuèrent à replier sur le calice le corporal, auquel ils avaient con-
servé les grandes dimensions d'autrefois. C'est ce qui se fait encore
aujourd'hui dans le diocèse de Lyon.
A Rome, la pale, ayant environ i5 centimètres carrés, ne couvre
la patène qu'en débordant très peu par ses angles c'est une double :

toile de lin, bordée par une étroite dentelle ; il en est de même en


Espagne. Dans quelques diocèses d'Italie, on voit des pales dont la
partie supérieure est en drap d'or. En France, la toile est fixée à un
carton, recouvert d'une étoffe de soie de la couleur liturgique du
jour, souvent brodée en or, en argent, et même en perles. On ra-
conte, dit l'abbé Pascal que, pendant le séjour de Pie VII à
(3),
Paris, une dame une riche pale, ornée de rubis et d'une
lui offrit

exquise broderie d'or. Le pontife, après avoir admiré la beauté du


présent, pria la dame de le reprendre, en lui faisant observer que l'É-
glise romaine ne se servait que de pales de lin. Le io janvier i852,
la Congrégation des Rites, vivement sollicitée, a fini, contrairement à
ses décrets antérieurs, par tolérer les pales dont la partie supérieure
est couverte de soie, pourvu que la partie inférieure fût en lin et

que la partie supérieure ne fût jamais noire ni marquée d'aucun


signe de deuil.
Aucune règle n'exige qu'il y ait une croix brodée sur la pale, soit
au-dessus, soit au-dessous.
Saint Cajétan introduisit, dans les églises des clercs réguliers,
l'usage d'une seconde petite pale, sur laquelle est placée l'hostie avant

(1) Du sacré mystère de l'autel, opuscule du pape Innocent III, traduit et annoté par
l'abbé Couren, p. 154.
(2) In canon, observ*

(3) Orig. de la liturg. cathoL, p. 91 5.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 27t

et après la consécration, afin de donner plus de facilité pour recueillir

les parcelles détachées et les mettre dans le calice. Cette coutume ne


paraît avoir été approuvée par Paul IV que pour cet ordre religieux.
Cependant nous l'avons vue pratiquée dans un certain nombre d'é-
glises d'Espagne. Dans quelques autres, jusqu'au moment de l'Offer-
toire, on place, sur l'hostie qui doit être consacrée, un petit rond en
lin fin, qu'on prend au milieu par une espèce de houppe ou bouton.

ARTICLE 11

Des Toiles de calices

Le voile du sudarium, couverture, volet) a son


calice [vélum, pepla,
origine dans le grand voile (pauuum oblongum), dont le calice restait
enveloppé jusqu'à ce que le diacre le remît au prêtre. On dut surtout
s'en servir lorsque le corporal, devenant moins ample, ne pouvait
plus servir à couvrir tout à la fois le pain et le calice.
Dans l'ancien rite gallican, les dons offerts sur l'autel étaient re-
couverts d'un voile de soie, orné d'or et de pierreries. Il devait être
assez épais pour dérober les choses aux yeux des assistants.
saintes
Grégoire de Tours (1) dit qu'un homme ayant donné à une église un
voile précieux, il fut défendu de s'en servir, parce que sa transpa-
rence laissait apercevoir le mystère du corps et du sang de Jésus-
Christ.
Le concile de Clermont-Ferrand (535) défend de couvrir le corps
d'un prêtre que l'on porte en terre du voile qui sert à couvrir le corps
de Jésus-Christ, de peur qu'en voulant honorer les corps des défunts,
on ne souille les autels.

En France, on fait retomber le voile sur le devant du calice, parce


qu'il n'est pas assez ample pour le recouvrir tout entier. En Italie et
en Espagne, le voile, très souple, plus grand, ordinairement sans
broderies et sans doublure, retombe également des quatre côtés.
En Italie, au xiv e siècle, les voiles étaient généralement faits d'un
tissu tiré de l'ortie. Un inventaire de la cathédrale de Sienne (1467)

(1) Vit. pair., c. vin, n. u.


2-]2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

mentionne dix-huit voiles de calice en ortickaccio (i). D'après les


prescriptions du Missel, considérées seulement comme directives, le
voile doit être en soie mais l'usage : a prévalu qu'il soit de la même
étoffe que l'ornement dont se sert le célébrant. Il y en a en velours,
en moire d'or ou d'argent, etc.
Le voile est garni d'un étroit galon ou d'une petite dentelle de soie
ou d'or. En France, on marque d'une croix la partie qui doit retom-
ber devant le prêtre.
Plusieurs rubricistes pensent que le voile doit toujours être de la

couleur du jour quelques uns prétendent qu'il devrait toujours être


:

de soie blanche. La rubrique se tait à cet égard (2).


En France, on substitue quelquefois, abusivement, le voile du calice
à lanappe, pour la communion des laïques.
Les Orientaux se servent de trois .sortes de voiles (xaXujjtjjia) l'un :

pour couvrir le calice ; l'autre pour couvrir le disque où est le pain; le


troisième, beaucoup plus grand, enveloppe le tout. On le désigne
sous le nom Bàfy, parce qu'il entoure les espèces comme l'air envi-
ronne la terre. Les Syriens le désignent par un mot qui signifie nuée.
Cette sorte de voile paraît avoir été employé d'abord à Jérusalem.
On connaît un certain nombre d'anciens voiles de calice remar-
quables par la richesse de leurs broderies et de leurs médaillons.
Citons en particulier ceux de Saint-André de Lille, de Zermezcelle
(Nord), de Nédonchel (Pas-de-Calais,) et des Carmélites d'Amiens. A
l'Exposition de broderies, qui eut lieu à Londres, en 1874, on voyait
un voile de calice du xvn e siècle, en dentelle de Valencienne, où étaient
brodés divers sujets religieux, tels que l'Agneau divin, le pélican, la

sainte Hostie, des anges adorateurs, des cœurs enflammés (3).

article m
Des purificatoires

Le purificatoire est une bande de toile blanche, repliée plusieurs


fois sur elle-même, qui sert à essuyer le calice, d'abord avant d'y

(1) Annal, archéol., t. XXV, p. 270.


(2) Revue théol., t. III, p. 479.
(3) Journal général des Beaux-Arts, n° du 22 août 1874. Cum digitis bene tergat
calicem.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 273

verser le vin et l'eau, puis après la communion, à la suite des deux


ablutions.il tire son origine assez moderne, du linge que le prêtre
portait au bras gauche, comme aujourd'hui le manipule, et avec
lequel il purifiait les vases du Sacrifice et s'essuyait les doigts. Quand
ce linge fut remplacé par le manipule, on employa de petites serviettes
pour purifier le calice.

D'après les écrivains mystiques du moyen âge, le purificatoire re-


présente l'éponge pleine de vinaigre et de fiel que les Juifs approchè-
rent des lèvres de Jésus mourant.
Dans un certain nombre dans les monastères, le
d'églises, surtout
même linge, fixé près de ou attaché au coin de l'autel, du
la piscine

côté de l'Épître, servait tout à la fois de purificatoire et de manuterge.


Nous voyons dans le xiv e Ordre romain, qu'à la première messe de
la nuit de Noël, le pape essuyait le calice, non pas avec un purifica-

toire, mais avec ses doigts (1).


Les Clercs réguliers ne purifient point le calice aussitôt après
les ablutions, mais seulement quand ils sont rentrés à la sacristie.
Clément VII, ayant approuvé les usages liturgiques de ces religieux,
ils ne croient pas que la constitution de saint Pie V Qito primurn

tempore puisse porter atteinte à leurs antiques coutumes (2).


En Italie, on attache des dentelles aux deux extrémités du purifica-
toire, quelquefois même tout autour.
Le troisième recommande de marquer
concile provincial de Milan
d'une croix, pour indiquer sa sainte destination.
le purificatoire

La Congrégation des Rites, par un décret du 7 septembre 18 16, a


approuvé la coutume d'essuyer avec le purificatoire les gouttes de vin
ou d'eau qui se seraient attachées aux parois du calice, usage que le
P. Judde avait vivement combattu, comme étant contraire aux ru-
briques.
A Lyon, du moins dans les grandes églises, le purificatoire dont on
s'est servi pour essuyer le calice n'est point replié pour resservir
encore. Il est introduit comme un tampon dans le calice, et ne doit
plus être employé qu'après avoir été blanchi.
Dans la plupart des Eglises orientales, c'est avec une éponge que le
diacre purifie la patène et le calice, en souvenir de celle de la Passion
de Notre-Seigneur. Cet usage est très ancien, puisqu'il en est question

(i) Mabillon, Jter Italie, t. II, p. 325..


(>) Pasqualigo, De sacrificio novœ legis, t. II, quaest. 785.

18
274 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

dans une homélie de saint Jean Chrysostome (i). Hors le temps de


lamesse, cette éponge (àyi'a cKoyyla) est conservée dans un corporal.

ARTICLE IV

Des couloires

La couloire ou passoire était un vase en argent, de forme concave,


dont le fond était percé de petits trous. On la plaçait au-dessus du

calicejpoury verser le vin, qu'on épurait ainsi de toute matière étran-


gère. Cet ustensile est désigné dans les inventaires sous les noms de
cœbus, cola, colatorium, colum, colus; coidouère, stoupi.
On lit dans un ancien Rituel de Saint-Martin de Tours : Vinum per
sion incalicem mittatur. D. Martène (2) dit avoir demandé aux cha-
noines de cette église ce qu'il fallait entendre par sion, et qu'ils l'igno-
raient. (Tétait probablement un vase analogue à la couloire.
Les Egyptiens, les Grecs et les Romains se servaient de couloires en
métal pour passer le vin qu'ils prenaient à leurs repas, surtout quand
il sortait du pressoir. La liturgie adopta cet ustensile, du moins dans
1
les contrées qui produisaient des vins épais. Il est douteux qu il ait
été employé dans les Gaules avant l'introduction de la liturgie
romaine. Mabillon (3) n'en a trouvé aucune trace dans les textes anté-
rieurs à Charlemagne.
Le moine Théophile nous donne des détails précis sur ce genre de
cuiller perforée. « Vous ferez, dit-il, la passoire, en or ou en argent,
de cette manière battez un petit vase en forme de petit bassin, un
:

peu plus large que la paume de la main vous y adapterez une queue ;

de la longueur d'un bras, de la largeur d'un pouce. Cette queue aura,

(1) Hom. in epist. ad Ephes.


(2) De antiq. eccl. ritib., I,
I. c. ni, art. 9, \ 12.
(3) De liturg. gallic., 1. III.
275

à l'extrémité, une tête de lion fondue, convenablement ciselée, qui


tiendra la coupe dans sa gueule. Elle aura aussi, à l'autre bout, une
tête ciselée de même
dans sa gueule, sera suspendu un anneau, à
;

l'aide duquel, en y introduisant le doigt, on pourra porter Instrument.


Le reste de la queue, entre les deux têtes, doit être orné de nielles
partout, et çà et là sillonné d'un travail de fonte, de points, de lettres
et de versets où il convient. La coupe sera au milieu du fond, sur
une largeur circulaire de deux doigts, perforée de trous très fins, pour
couler le' vin et l'eau qu'on met dans le calice (1). » C'était le sous-
diacre qui, à la messe pontificale, tenait cet instrument, avec le doigt
auriculaire de lamain gauche, passé dans l'anneau.
Dans certains monastères, l'usage de la passoire a persévéré jus-
qu'à la Révolution. « On voit au musée Barberini, dit le cardinal
Bona (2), une petite couloire, de la forme d'une cuiller ayant un long
manche, et une autre, également en argent, en forme de soucoupe,
et dont les petits trous forment un dessin admirablement tracé. »

article v

Des chalumeaux

Le chalumeau liturgique est un tube en métal, qui sert à humer le


Précieux-Sang dans le calice. Pour expliquer son origine, on a pré-
tendu que cet usage avait été introduit en faveur des Souverains-
Pontifes âgés; mais pourquoi alors ne s'en servent-ils que dans les
messes solennelles et non dans les messes privées? Ange Rocca (3) dit
qu'on a voulu rappeler par là le roseau qui portait l'éponge imbibée de
fiel, présentée au divin Crucifié. C'est là une explication mystique,
faite après coup. Evidemment, le chalumeau fut inventé pour qu'on
fût moins exposé à répandre le Précieux-Sang. Comme plusieurs an-
tiques usages, ce rite s'est conservé, à titre de souvenir traditionnel,
dans les solennités pontificales.

(1) Divers, art. schedula, lib. III, c. lVi, de colatorio.


(2) De reb. lit., c. xxv.
(3) Opéra, t. I, p, 27.
276 HISTOIRE DU SACREMENT DE L' EUCHARISTIE

Le sous-diacre, après avoir reçu le baiser de paix, tirait cet ins-


trument du sac ou du fourreau qui le renfermait. Après la commu-
nion du prêtre, du diacre et du sous-diacre, le diacre suçait le cha-
lumeau par les deux bouts et le remettait au sous-diacre celui-ci le ;

lavait avec du vin, en dedans et en dehors, et le replaçait dans le


fourreau, qui devait être déposé avec le calice dans Yarmarium.
Outre les chalumeaux, conservés à mis à la disposition
l'église et

des fidèles, il y en avait qui étaient apportés par ceux qui ne


voulaient pas se servir d'un instrument à l'usage de tous.
Le bout qui trempait dans le calice était évasé ou fait en forme de
bouton; l'autre, qui se mettait dans la bouche, était plus petit et tout
uni. Quelquefois une rondelle l'entourait du côté de la poignée, pour
limiter la longueur de la tige que le communiant devait mettre dans
sa bouche.
Le chalumeau a été désigné sous les noms à'arundo, calamus,
canalis, canna, cannela,cannula, canola, caniilum, fistula, pipa,pugil-
laris (1), pugillarium, sipho, siphon, suctorium, sugillaris (suçoir),
sumptorium, tubulus, tuellus, tutellus, tuyau (2).

D'après Daillé chalumeaux n'auraient été mis en usage par


(3), les
c
les moines que vers la fin du xi siècle, après que le pape Urbain II
eut interdit l'intinction. D'autres écrivains (4) ne les font remonter
qu'au xn e siècle. Dom Chardon (5) croit qu'on s'en servait à Rome
dès le vi e siècle. Il est du moins certain qu'ils étaient connus au ix*,
puisque Paschase Radbert en parle, et que Charlemagne offrit à la
basilique Saint-Pierre de Rome un calice et un chalumeau, après la
messe où il fut sacré par le pape Léon III.
Une inscription de l'église Sainte-Marie in Cosmedin, à Rome,
mentionne que Théobald, en 902, donna à l'église de Sainte- Valen-
tine un calice en vermeil avec sa patène et son chalumeau. Vers cette
même époque, le vi e Ordre prescrit l'emploi du chalumeau.
En 1040, Suppo, abbé du Mont-Saint-Michel, légua à son monas-
tère un chalumeau d'argent, sur lequel était gravée cette inscription :

Hic Domini sanguis nobis sit vit a perennis (6).

(1) Parce qu'on le tenait à la main.


(2) En italien, sanguisuchello ; en allemand, Kelch-rhrôgen.
(3) De cuit. lat. relig., 1. III, c. xx.vm.
(4) Quenstedius, Buddaeus, etc.
(5) Hist. des sacr., p. 128.
t. II,

(6) Mabillon, Annal, bened., t. IV, p. 496.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 277

Léon cTOstie (i) compte, parmi les cadeaux que Victor III fît au
monastère du Mont-Cassin, une fistule d'or à crosse.
Les Statuts de Saint-Benigne de Dijon (xi e s.) nous apprennent que
les religieux de ce monastère aspiraient le Précieux-Sang dans le calice,
avec un chalumeau d'argent. Chez les Chartreux, au xn e siècle, le
chalumeau était en or.
Un
règlement d'Albéric, abbé de Cluny, mort en 1109, ordonne
que les chalumeaux soient en argent doré et non en or.
Les Us de Gîteaux disent qu'on peut se passer de chalumeau quand
il n'y a que prêtre et ses ministres qui communient, mais qu'on
le

doit s'en servir chaque fois qu'il y a d'autres communions.


L'usage du chalumeau devait disparaître à peu près en même temps
que la communion sous les deux espèces. 11 persévéra jusqu'en
1437 dans l'ordre de Gîteaux et, jusqu'à la Révolution, dans les abbayes
de Glunyet de Saint-Denis.
Cette ancienne coutume a survécu pour la messe papale solen-
nelle. Le Souverain-Pontife puise le Précieux-Sang avec un chalumeau
d'or, dans le calice que le diacre lui présente. Le diacre et le sous-
diacre communient ensuite de la même manière.
Le 20 novembre 1846, Pie IX accorda à un chanoine du Chapitre
de Saint-Jérôme des Illyriens, qui ne pouvait mouvoir sa tête, laper-
mission de se servir du chalumeau pour l'absorption du Précieux-Sang.
Du Cange a cru que les Grecs se servaient du chalumeau et lui
donnaient le nom de Xaêfe, mais il s'est trompé à cet égard. Le Xa&'ç,
comme on peut le voir dans PEucologe de Goar (2), n'est autre chose
que la cuiller eucharistique. J. Gretzer (3) et Vogt (4) disent que
l'usage du chalumeau, quoique rare chez les Grecs, n'y est pas
inconnu. Nous ne croyons pas qu'il en soit fait mention dans les écrits

des Orientaux (5).

L'emploi du chalumeau fut adopté par les Luthériens et même


prescrit, en 1564. On s'en servait encore auxvm siècle à Hambourg
e

et dans quelques autres églises évangéliques luthériennes (6).

Des chalumeaux du moyen-âge sont conservés à l'abbaye de Saint-


Pierre de Salzbourg; à celle de Witten (Tyrol), etc.

(1) Chron. Cassin., I, III, ad calcem.


(2) P. 125.
(3) Annot. ad J. Cantacu\eni Histor., p. 913.
(4) Hist. fistulœ euchar., p. 2 3.
(5) Lamy, De Syror. Jîde, p. 188.
(6) Vogt, Op. cit., p. 41.
278 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

ARTICLE IV

Des cuillers eucharistiques

Les cuillers liturgiques (cochlear, cochleare) ont eu diverses des-


tinations eucharistiques. Les deux principales sont, en Occident, de
puiser dans la burette l'eau qu'on doit mettre dans le calice, ce qui
évite l'inconvénient d'en mettre une trop grande quantité; et, en
Orient, de communier les fidèles avec une petite portion du pain
trempé dans le Précieux-Sang.
La cuiller à puiser l'eau, en or
ou en argent, est encore assez usi-
tée aujourd'hui en Italie, en Espagne, en Belgique et en Alsace; elle
l'était jadis dans les Pays-Bas, en Flandre, dans un certain nombre

de diocèses de France, à Cluny, à la Chaise-Dieu, chez les Mini-


mes, etc. les Chartreux sont restés fidèles à cette coutume.
;

La Congrégation des Rites a répondu, le 6 février 1 858, que l'em-


ploi de cette petite cuiller n'est pas défendu.
A lamesse pontificale, le sacriste met quelques gouttes d'eau dans la
cuiller d'or, pour que le sous-diacre en verse le contenu dans le calice
du pape.
Les Orientaux se servent aussi d'une cuiller eucharistique, mais
dans un tout autre but que les Latins. Avec cette cuiller, ils pren-
nent dans le calice les particules de pain consacré, pour les distri-
buer aux communiants, et préviennent ainsi l'effusion du Précieux-
Sang.
Les Grecs'prétendent que saint Jean Chrysostome inventa l'usage
de cette cuiller, mais ils ne sauraient en fournir aucune preuve cer-
taine. Il n'en est pas moins démontré que cette coutume est antérieure
au concile d'Ephèse, puisque les Nestoriens, qui se séparèrent de
l'Église à cette époque, donnent la communion de cette manière,
ainsi que les Jacobites Syriens, les Coptes, les Éthiopiens, et presque
tous les Chrétiens du rite oriental.
Un très ancien diptyque grec, publié par Pacciaudi (i), nous mon-

(i) Antiq. christ., p. 38g.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 2 79

tre le saint abbé Zosiine communiant sainte Marie l'Égyptienne, à


l'aide d'une cuiller.

Communion donnée avec une cuiller.

Les Grecs modernes donnent à cette cuiller le nom de Xa&'ç, par


allusion au forceps avec lequel l'ange, dans la vision d'Ezéchiel, saisit
le charbon ardent sur l'autel, pour en purifier les lèvres du Pro-
phète.
Les Arabes appellent cette cuiller labidan ou mulanbet, les Coptes,
cochlear crucis, parce que cet ustensile est ordinairement terminé en
forme de croix.
La cuiller eucharistique des Orientaux est consacrée avec un grand
apparat. Voici la bénédiction qu'on trouve dans la liturgie copte de
saint Cyrille : « Dieu, qui as rendu ton serviteur Isaïe digne de voir
le Chérubin, dans la main duquel était la pincette avec laquelle il enleva
un charbon de l'autel et l'approcha de la bouche du Prophète, main-
tenant encore, ô Dieu/; Père tout-puissant, [étends ta main sur cette
cuiller, dans laquelle doivent être reçus les membres du corps saint
qui est le corps de ton Fils unique, Seigneur, Dieu, et Notre Sau-
veur Jésus-Christ. Bénis-la et sanctifie-la, donne-lui la vertu et la
gloire de la pincette qui est sous la main du Chérubin, parce que à
toi appartient la puissance, la gloire et l'honneur, avec ton Fils unique
Jésus-Christ Notre-Seigneur, et l'Esprit-Saint, maintenant et tou-
jours. »

Renaudot trompe quand il croit que les Arméniens se ser-


(1) se
vent de pour distribuer le pain eucharistique. Il est certain
la cuiller

que le prêtre prend ce pain dans le calice avec le pouce et l'index,


pour le déposer dans la bouche des communiants (2).

(1) Perpét. de la Foi, 1. VIII.


(2) Le Brun, Explic. des cérém., t. V ;
diss. X, p. 33g.
280 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

En dehors des deux usages principaux que nous venons de signaler,


il était quelques autres qui ont disparu.
en
y avait des cuillers qui servaient aux prêtres pour prendre les
Il

oblations du pain et les poser sur la patène. C'est pourquoi, dans


divers inventaires, nous voyons des mentions de cuillers, accompa-
gnant celles des patènes.

D'après M. de Rossi (1), certaines cuillers au-


raient servi pour puiser dans le scyphus la
quantité de liquide nécessaire pour le calice.
Elles ont pu être employées également pour
verser dans le scyphus déjà presque rempli de
vin, une petite quantité du Précieux-Sang, mé-
lange qui devait servir à la communion des
fidèles.
Peut-être aussi, quand on ne faisait pas
usage du chalumeau, se servait-on de la cuiller

pour donner au communiant une petite portion


du Précieux-Sang.
En Italie, au sacre des évêques, l'élu com-
muniait, sous l'espèce du vin, dans une grande
cuiller d'or.
Un certain nombre d'antiques cuillers, con-
servées dans les églises, dans les musées et les
collections particulières, sont décorées de sujets
religieux. Quelques unes ont été publiées par

Cuiller de calice a
M. de Rossi (2) et par le P. Garucci (3); mais
«•/*» •% i a m
Sainte-Marie de Cologne, il est très difficile de reconnaître celles qui ont
eu une destination eucharistique, attendu que les cuillers de table
étaient fréquemment ornées de sujets chrétiens.

(1) Bullet., nov. 1868, p. 82.


(2) Ibid.
(3) Storia dell'arte cristianà, pl. 462.
1

LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 28

ARTICLE VII

Des flabella

Ondonne le nom de Jîabeîlum à l'éventail, ordinairement en vélin


ou en plumes de paon, avec lequel un diacre ou un acolyte tempérait
la chaleur dont le célébrant aurait pu être incommodé, et chassait les
mouches qui auraient pu se poser sur les oblations ou tomber dans le
calice sacerdotal,dans les calices ministériels et dans les scyphi. Cette
précaution, déjà consignéedans les Constitutions apostoliques (vin, 12),
démontrerait, à elle seule, la croyance des premiers âges chrétiens à
la présence réelle. Les écrivains du moyen âge attachent, comme
d'ordinaire, diverses significations mystiques à ces instruments d'uti-
lité pratique. Par là même que le Jlabellum était généralement fait

avec des plumes de paon, rappelant les plumes ocellées des ailes des
Chérubins, on y a vu le symbole de ces anges adorateurs qui, selon
l'expression d'Isaïe (vi, 2), entourent le trône de Dieu et voilent avec
leurs ailes la face du Seigneur. Hildebert de Tours indique une autre
signification mystique. Envoyant un jlabellum à l'un de ses amis, il
lui écrit « Lorsqu'avec cet éventail, vous chasserez les mouches qui
:

viendront se reposer sur l'autel, il faudra aussi repousser avec l'éven-


tail de la foi catholique les diverses tentations qui se présentent à
l'esprit pendant le Saint-Sacrifice. Ainsi il arrivera que cet objet
destiné à votre usage vous fournira de plus une instruction mystique. »

Les éventails destinés à chasser les mouches étaient connus dès la


plus haute antiquité ; on en voit de figurés, comme insignes de souve-
rain, sur les bas-reliefs de l'Assyrie, de l'Égypte et de la Perse. Les
Grecs et les Romains empruntèrent à l'Asie cet éventail circulaire que
les esclaves agitaient autour de leur maître. L'Église en fit, de très
bonne heure, un instrument liturgique.
Les Grecs lui donnèrent le nom de pwceç, "ptTrtèiov [éventail),
u-uatoauêat [chasse-mouches) et aussi à'hexaptérige, quand il représente,
un Séraphin à six ailes. Chez les Latins, on
cherubim, dya-
l'appelait
dema, Jlabellum, flavellum, muscarium, musco, pavonium, philacia
rotunda, ripidia, rotulus, ventilabrus ; au moyen" âge, on dit esmou- :

choer, esmouçhoir, éventail, etc.


282

A cette dernière époque, ces instruments ressemblaient à certains


éventails modernes, consistant en une bande de papier ou d'étoffe
pliée autour d'un axe muni d'un manche. Il y avait quelquefois deux
manches qui, étant réunis dos à dos, donnaient à l'ensemble la forme
d'un éventail rond. On a employé pour les fabriquer, des feuilles de
palmier, le parchemin, la soie, et surtout des plumes de paon. Les
montants étaient en bois, en ivoire, ou en argent.
M. de Linas, dans une savante dissertation (i), a restitué à la caté-
gorie des flabella des disques crucifères en or, en argent ou en cuivre,
dont une soie ou une queue aiguë indique qu'on les fichait sur un
support quelconque. Jusque là on avait cru y reconnaître des croix de
consécration, des croix processionnelles, des crosses abbatiales, des
reliquaires, ou bien encore des pièces d'orfèvrerie, destinées à parer
soit l'autel,soit des châsses de saints. L'éminent archéologue a
décrit huit monuments de ce genre, s'échelonnant du xn e au xv c siècle,
appartenant à la cathédrale d'Hildesheim, à l'abbaye de Kremsmuns-
au musée d'antiquités de Copenhague, aux collections de
ter(Styrie),
M. Basilewski et de M. le baron Seillière.
Dans la vie de saint Fulgence, évêque de Ruspe, il est dit que,
lorsqu'il était encore moine, il fabriquait souvent des flabella avec
des feuilles de palmier.
er
Photius, en 85c), envoya au pape saint Nicolas I de riches pré-
sents, parmi lesquels se trouvaient plusieurs flabella (2).
Le ix e siècle nous a légué un curieux flabellum, qui a servi de
chasse-mouches, soit à table, soit durant l'office divin c'est celui de :

l'abbaye de Tournus, où il avait été apporté par les moines de Noir-


moutiers, et qui se trouve dans le cabinet de M. Carrand, jadis à
Lyon, aujourd'hui à Pise. Sur les zones du vélin de cet éventail se
trouvent de nombreuses figures de saints et de saintes, avec l'indi-
cation de leurs noms et une longue inscription en vers dont voici le
sens :

Dominateur suprême des vents, daigne accepter ce don


« offert

d'un cœur pur Vierge, mère du Christ, sois célébrée par le


;
même
vœu; toi, prêtre Philibert, sois pareillement honoré. Il y a deux
choses qu'un petit éventail procure en été : il chasse les mouches,

(1) Les disques crucifères, le flabellum et ïumbella, dans la Revue de l'art chrétien,
t. XXXIV, 3« et 4
e livr.
(2) Héfélé, Hist. des conciles, trad. Delarc, t. V, p. 446.
283

tempère la chaleur et donne le moyen de goûter le bienfait de l'air


sans fatigue. De
plus, celui qui veut passer une année chaude, en se
garantissant des mouches insupportables, doit se munir d'un éven-
tail pour tout l'été. » Du côté opposé, on lit a Ce précieux orne- :

ment, monté sur un beau manche, permet d'être toujours présent


dans le saint lieu, car il chasse par son souffle les volatiles incom-
modes et les fait partir au plus vite par son déplacement. Cet éventail
provoque un doux zéphyr, tandis que la chaleur brûle, il rafraîchit
et met en fuite les insectes malpropres et importuns. Au-dessous
»

de quatre figures sculptées sur le chapiteau de la monture, on lit les


noms suivants : S. Maria. — S. Agnes. — S. Filibertas. — S. Peints.
Le nom de l'auteur nous est révélé par cette inscription écrite sur
l'astragale inférieure : iohel me sce fecit in honore mariae (i).

Reimbert évêque de Verdun, au xi e siècle, fit présent à son


;
église
de deux éventails liturgiques, richement brodés.
Visconti prétendu que l'usage du flabellum
(2) a
ne dura que jusque l'an 1 100. Cette assertion est
complètement inexacte. En effet, il est question
de cet instrument dans le National de Guillaume
Durand, et nous le voyons figurer dans des minia-
tures du xm siècle. Il n'a été presque générale-
e

ment abandonné que vers la fin du xiv e siècle,


alors que cessa la communion sous les deux es-
pèces, et encore a-t-il persévéré à Rome et peut-
être ailleurs dans le cours du xv e
siècle. C'est en
souvenir de l'ancienne coutume que, lorsque le

pape est porté sur la sedia gestatoria, deux ca-


mériers tiennent, de chaque côté, deux grands
éventails en plumes d'autruche, ocellées de plu-
mes de paon. Flabellum grec (3).

Les Grecs ont conservé l'usage du flabellum. Le diacre, à son ordi-


comme un signe de la fonction dont il sera chargé. Le
nation, le reçoit
rhipidion des Grecs a la forme d'une tête de Séraphin à six ailes, fixée

(1) Ce flabellum a été chromolithographié dans V Album des arts au moyen âge, de
Du Sommerard, 9 série, pl. XIV.
e

(2) Observ., t. IV, l. VII, c. xm.


(3) Nous reproduisons dessin donné par Goar. M. de Linas pense que ce Séraphin
le
devait être figuré au repoussé sur un disque métallique. Loc. cit., p. 504.
284 HISTOIRE DU SACREMENT DE i/eUCHARISTIE

au bout d'un manche en bois. On le porte, comme insigne d'hon-


neur, devant les patriarches et à diverses processions. Le rhipide
qui sert à la messe est fait ordinairement d'un morceau de drap
brodé.
Aujourd'hui, chez les Russes, l'usage du flabellum, disque métal-
lique, orné d'un séraphin hexaptère, est limité aux évêques qui offi-
cient pontiflcalement. En Moldavie, on ne se sert du rhipide que
dans trois circonstances aux processions où figure un archevêque,
:

pendant la lecture de l'évangile, et à l'élévation de la messe. Chez les


Arméniens et les Maronites, deux diacres agitent, chacun, près de
l'évêque,un flabellum, garni de petites lames d'argent faisant l'office
de clochettes.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 285

CHAPITRE VII

Des ciboires

Le ciboire est le vase destiné à contenir des hosties consacrées pour


la communion des fidèles.
Hospinien, Gabriel Biel, Duplessis-Mornay, Jonas Porrée et quel-
ques autres écrivains ont avancé que l'usage de réserver la sainte
Eucharistie et de la conserver dans des ciboires ne s'était introduit
dans TÉglise que vers l'an 121 5, après la célébration du iv e concile de
Latran. Cette assertion est démentie par les témoignages les plus
irrécusables. Nous avons vu précédemment que, dès l'origine de
l'Eglise, les fidèles, en diverses circonstances, communiaient hors du
sacrifice de la messe, et que les espèces consacrées étaient réservées à
leur intention. Aussi les Constitutions apostoliques recommandent-
elles aux diacres de renfermer dans le tabernacle les hosties qui
n'auraient point été consommées pendant le Saint-Sacrifice (1).
Nous allons nous occuper successivement i° des noms des :

ciboires ; 2 de leur matière 3° de leur forme et de leurs dimensions ;


;

4 de leurs ornements et de leurs inscriptions; 5° des custodes de via-


tique; 6° de quelques prescriptions liturgiques, relatives aux ciboi-
res; enfin, 7 nous fournirons des indications sur un certain nombre
de ciboires remarquables.

ARTICLE 1

Des divers noms des ciboires

Le vase destiné à contenir la réserve eucharistique a été, le plus


ordinairement, désigné sous le nom de pjxis (pyxide), dans le cours

(1) Lib. VIII, c. xiii.


286 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

du moyen-âge, et sous celui de ciborium (ciboire) depuis trois ou


quatre cents ans. D'autres appellations, moins fréquemment usitées,
ont servi à désigner ces vases eucharistiques. Nous allons mentionner
ces principaux termes et en indiquer l'étymologie.
Apxd'foptov (de Spxoç, pain, et cpscw, je porte).Les Grecs, avons-nous
dit, donnent ce nom à l'endroit, situé derrière l'autel, où est réservé le
saint Viatique. Ils désignent aussi par le même terme la boîte où est
contenu le pain eucharistique (i).

Ghrismale. Catalan cite un manuscrit de Reims où la bénédiction


du vase eucharistique porte le titre de Prefatio chrismaîis
(2). Mais ce

terme ordinairement
s'applique à la boîte qui renferme le Saint-
Chrême, au linge dont on enveloppait le front de ceux qui venaient
de recevoir le baptême ou la confirmation, et à la toile dont on re-
couvre les autels nouvellement consacrés.
Ciborium, Ce n'est guère que depuis
^'êcoptov, yjéoupiov, ^têoriov, ^i'Swtov.

trois siècles que les Grecs ont désigné sous ce nom les coffrets eucha-
ristiques. Dans les anciens textes, ces expressions s'appliquent tou-
jours aux édicules soutenus par des colonnes, servant de couronne-
ment à l'autel. On trouve cœborium, avec le sens de vase eucharis-
tique, dans un inventaire de la cathédrale de Prum(3). Mais, ce n'est
qu'au xv e siècle et surtout au xvi% que cette appellation se généralise.
Les érudits sont loin d'être d'accord sur l'étymologie du mot
ciboire. Grancolas (4) et l'abbé Thiers veulent qu'on ait appelé les

vases eucharistiques ciboires, parce qu'autrefois ils étaient suspendus


sous les baldaquins nommés ciborium; Duranti (5) le fait dériver de
xi'&otov, coupe; Robert Étienne, de xiêoto;, coffret ; Casalius (6) et M. du

Sommerard, de cibus, parce que l'hostie qu'il contient est la nourriture


de l'âme; Hesychius, Saumaise, Casaubon, Dacier, etc., pensent que
ce mot vient de l'égyptien, et qu'il signifiait, dans cette langue, une
espèce de fève dont la forme servait de modèle à certains vases, ou
qu'on employait elle-même à leur confection.
Ces vases eucharistiques sont parfois désignés par le terme de cibo-
rium minus (7), pour les distinguer des édicules destinés à protéger

(1) Goar, Eucol.yp. 209.


(2) Pontificale roman., tit. XVIII.
(3) Bullet. monum., t. XV, p. 298.
(4) Les anciennes liturgies, t. Il, p. 241.
(5) De ritib. eccl. cath.
(6) De Christ, vet. Sacr.rit.
(7) Du Gange, Constant, christ., 1. III, c. lxiii.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 287

l'autel. Cette identité de noms pour deux objets tout-à-fait différents a


induit plusieurs liturgistes en erreur. Ainsi le savant Gropper (i) voit
des vases eucharistiques dans lespape Symmaque
ciborium que le

donna aux basiliques romaines de Saint-Sylvestre et de Saint-André,


d'après le témoignage d'Anastase-le-Bibliothécaire ; mais il est cer-
tain qu'à cette époque, le mot ciborium n'avait pas encore le sens de
vase eucharistique.
Le terme ciborium a également servi pour désigner i° les : petits
autels portatifs que V Ordre romain appelle tabula iiineraria ; 2° les
tabernacles adhérents à l'autel; 3° les niches creusées dans le mur
près de l'autel, pour y conserver la réserve eucharistique.
Dans les anciens inventaires, le mot ciboire subit maintes altéra-
tions, telles que : cibolum, ciboreum, civorium, civorius, cjbureum ;

chiboirz, chyboille, ciboingne, ciboingre, syboingne, etc.


On donnait spécialement le nom de ciboriolum aux petits vases des-
tinés à porter le saint Viatique.
Columba, rapiarspiov ce nom, qui indique une forme très fréquente
:

du ciboire, apparaît dans le testament de saint Perpétue, évêque de


Tours, lequel date de 475 (2).
Eucharistiale (sous-entendu Vas). On trouve ce mot dans un Ponti-
e
fical du x siècle, cité par Catalan (3).

Margarita (perle). Fortunat donne ce nom à un vase d'or, dans


lequel on mettait le corps de Jésus-Christ.
Pastophoria. Bellarmin croit qu'on a désigné par là des custodes
eucharistiques.Ce pu que
n'a être très exceptionnellement, car le pas-
tophore désigne l'endroit où l'on conservait les livres liturgiques et
tout ce qui servait à l'autel.
Pyxis, Ttufo, 7tu;cov, 7o>Sj5iov (de -jruçtç, buis). Les anciens appelaient
pyxide les cassettes à bijoux, parce qu'ordinairement elles étaient en
buis. Les Chrétiens, considérant à bon droit la sainte Eucharistie
comme le plus précieux des trésors, donnèrent, par analogie, le nom
de pyxide aux coffrets qui renfermaient des hosties consacrées. Cette
dénomination, la plus répandue au moyen-âge, s'appliquait aux grands
ciboires aussi bien qu'aux petits vases de Viatique. On trouve les

formes altérées de pixis, pyxida, pyxomelum, buxis, buxida, bussida,


buslela, bustia, etc.

(1) De asservatione Euchar., art. 2, c. xxv.


(2) 'DAchéry, Spicil., t. V.
(3) Ponti/îc. roman., tit. XVIII.
288 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Les vases eucharistiques sont encore désignés sous les noms


d'arca, capsa, capsella, capsula, cassa, conditoriuin, copa, cophinus,
cupa, cuppa, custodia, hierotheca, hostiaria, loculum, repositorium,
suspensio, tabernaculum, techa, turris, pas ; conditoire, conserve,
'oyau pour le Saint-Sacrement repositoire, réserve,
, etc.

ARTICLE II

De la matière des ciboires

Le Pontifical romain, qui détermine la matière du calice et de la


patène, ne parle pas du ciboire; mais l'argent est requis formellement,
par un décret de la Congrégation des Evêques et Réguliers, en date
du 12 septembre 1 588.
L'argent doré, au moins pour l'intérieur du ciboire, a toujours été
la matière le plus généralement employée ; c'est elle que recomman-
dent, d'abord principalement et ensuite exclusivement, les conciles,
les synodes et les rituels, en ne tolérant l'étain que pour les paroisses
pauvres. On a aussi employé, mais rarement, l'albâtre, l'aluminium,
le bois, le bronze, le cristal, le cuivre, l'éiectrum, la fonte, l'ivoire,
le laiton, le marbre, l'or, les pierres précieuses, le platine et le verre.
Albâtre. A Saint-Benigne de Dijon, on conservait les espèces con-
sacrées dans un vase d'albâtre, haut d'un demi-pied, et dont le cou-
vercle avait un pied de diamètre. Ce vase était renfermé près de
l'autel, dans une armoire sur la porte de laquelle on lisait cette ins-

cription Hostia salveto nosirœ spes sanctœ salut is (i).


:

Argent. Guillaume, évêque d'Autun, fit présent à l'église Saint-


Etienne, d'un ciboire d'argent, en forme de coupe, pesant quatre
marcs ; il était doré en dedans et en dehors (2).
Il est peu d'inventaires de trésors du moyen-âge qui ne mentionnent

des ciboires en argent. Quand la forme des coupes prévalut, on se


bornait souvent, comme de nos jours, à faire la coupe proprement
dite en argent; le pied était en cuivre argenté.
Le concile de Lyon (i85o)veut que la coupe des ciboires soit en

(1) Voyage litt. de deux Bénéd., t. I, i


re part., p. 144.
(2) Hist. episc. antissiod., c. lvii.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 289

argent doré. Beaucoup d'autres conciles n'exigent la dorure que pour


Tintérieur de la coupe.
Bois. Les premiers Chrétiens, qui conservaient chez eux la sainte

Eucharistie, la plaçaient dans un dans


coffret de bois, parfois même
une simple corbeille d'osier.
Saint Zénon de Vérone parle « du pain eucharistique déposé dans
un vase de bois. » Les Coutumes de Cluny, rédigées par saint Udalric,
désignent sous le nom de pyxis corlicea la boîte eucharistique que
l'on mettait dans la colombe d'or, suspendue au-dessus de l'autel.
Saint Grégoire de Tours (1) nous apprend que Léon, XIII e évêque
de Tours, qui avait été ouvrier en bois, fabriquait des tours eucha-
ristiques en bois, qu'il recouvrait de feuilles d'or.
Un ciboire en bois fut l'objet d'un miracle, en 11 28, dans l'église
monastique de Deutsch, près de Cologne. Cette pyxide était placée
dans une niche en forme de fenêtre, près de l'autel, et close par un
châssis revêtu de soie. Un incendie dévora, avec l'abside, le vase à
encens, une burette d'étain, la boîte à hosties non consacrées; en un
mot, tout ce qui se trouvait dans la niche fut brûlé,, à l'exception de
la pyxide eucharistique. L'abbé Rupert fit rétablir cet armarium,

et l'on y grava l'inscription suivante : Hoc corpus Domini flammas


in pixide vicit (2).

A l'abbaye d'Olivet (Loiret), le Saint-Sacrement était conservé


dans une espèce de tourelle en bois (3).
Laurent I er Allemand, dans les visites pastorales qu'il fit, de 1493
à 1497, dans son diocèse de Grenoble, prescrivit de remplacer les
coffrets eucharistiques en bois par des pyxides en métal. Ces coffrets
en bois étaient de formes très diverses, carrés, longs, oblongs,
ovales, etc. (4).

On trouve en Allemagne des pyxides de Viatique, en bois, revêtues


d'une broderie de perles de verre, œuvre de religieuses qui ont voulu
ainsi suppléer à l'émail.
Pendant la Révolution de 1793, on a souvent été forcé d'employer
des ciboires de bois; c'est ce que Ton fait encore aujourd'hui en cer-
taines circonstances. « A la cathédrale de Beauvais, dit M. l'abbé Bar-

(1) Hist. Franc. 1. X, c. xxxi.


(2) Rupert, De incendio Tuitiensis, c. v; Mabillon, Annal, benedict., saec. XII, c. xlix.
(3) Voyages litt., t. I, part., p. 24.
(4) l'Abbé Trépier, Notice sur le ciborium de la cathédr. de Grenoble, dans le Bullet.
monum., 1 858, p. 64.

T. 11. *9
2 9° HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

raud(i), ainsi qu'à l'église Saint-Etienne de la même ville, on a fait faire


il y a quelques années, les vols d'églises étant devenus très fréquents,
des ciboires en bois de palissandre, et l'on s'en sert encore quelque-
fois maintenant, lorsqu'on peut craindre quelque soustraction sacri-
même forme que ceux de métal. On place dans l'inté-
lège. Ils ont la
rieur une toile de lin fortement empesée, à laquelle on a donné la
forme d'une coupe et que l'on a bénite avec la formule en usage pour
les corporaux. C'est dans cette coupe que se consacrent et que se
conservent les hosties. Chaque matin, on l'enlève et on la met dans
un ciboire d'argent ou de vermeil dont on se sert pour la communion.
Lorsque les messes sont dites, elle est replacée dans le vase de
bois, et le ciboire d'argent est reporté à la sacristie. L'usage des vases
ou des boîtes en bois pour les circonstances dont il est ici question
est autorisé dans le Rituel de Beauvais, publié en 1783 par les ordres
de Mgr de La Rochefoucault. »
Chez les Grecs modernes, Yariophorion, boîte pour le pain consa-
cré du Viatique, est en argent et même en or dans les églises riches;
mais dans la plupart des églises rurales, elle est en bois (2).
Cristal et verre. La Chronique des évêques de Minden nous
apprend que jadis, dans une église voisine de Hildesheim, on conser-
vait l'Eucharistie dans des vases de verre.
Au couronnement de Charles-Quint, la sainte Eucharistie fut por-
tée devant lui, sous un dais brodé d'or, dans une cassette de cristal,
que renfermait un coffret en bois (3).
A Saint-Rambert (Ain), le Saint-Sacrement était conservé dans une
tour vitrée (4) ; à l'église Sainte-Croix de Rome, c'était dans un vase
de cristal, placé derrière l'autel (5).
En 1 86 Pie IX, à l'occasion de la béatification de Benoît-Joseph
1
,

Labre, a offert à l'église de Sainte-Marie-des-Monts, un ciboire en


cristal de roche, monté en or et bordé d'une couronne d'améthystes.
Cuivre. A partir du xn e siècle, quand l'ivoire devint plus rare, on
employa fréquemment le cuivre doré et émaillé, désigné sous le nom
de Limoges. Les inventaires mentionnent aussi des pyxides
à' œuvre

en simple cuivre. Elles ne sont pas ordinairement dorées à l'intérieur

(1) Notice sur les ciboires, p* 35.


(2) Richard Simon, Biblioth. critique, t. I, p. 160»
(3) Paul Jove, HisU sui temp., I. XXVII.
(4) Voyages litt. de deux Bénéd., t. I, p. 23g.
(5) Thiers,Dm. sur les autels, p. 206.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 29I

de la coupe. Peut-être y plaçait-on les hosties renfermées dans une


autre petite boîte de matière plus précieuse, ou bien les enveloppait-
on dans un petit corporal.
est presque partout proscrite de nos jours,
Etain. Cette matière, qui
pour les églises pauvres. Les Statuts synodaux de Jean
était jadis tolérée
Avantage, évêque d'Amiens (1454), et d'un de ses successeurs, Fran-
çois Faure (1662), en permettent l'usage. Feydeau de Brou le con-
firme en 1697, mais à la condition expresse que ces ciboires contien-
dront une petite boîte d'argent, pour y mettre les saintes hosties.
Fonte. Un inventaire des Célestins d'Éclimont (Eure-et-Loir)
mentionne un ciboire de fonte bien dorée (1).
Ivoire. Cette matière est fréquemment désignée dans les anciens
inventaires. Les Statuts synodaux d'Eudes de Sully, évêque de Paris,
ordonnent que les pyxides de viatique soient en ivoire, propter casum.
L'auteur de la Vie de sainte Claire parle d'une châsse d'ivoire où
était réservée l'Eucharistie (2). Dom Martène signale les ciboires
en ivoire qu'il a vus aux cathédrales de Sion et d'Autun, aux monas-
tères de Ferrière (diocèse de Sens) et de la Grasse en Languedoc (3).
Mabillon cite celui de l'église des chanoines réguliers de Vérone (4).
La Congrégation des Evêques et Réguliers, par un décret du
26 588, interdit les pyxides en ivoire.
juillet 1

Laiton. On donnait, au moyen âge, les noms à'électrum ou auri-


calque à une espèce de laiton où le cuivre était mélangé avec de l'étain,
et quelquefois avec une addition d'autres métaux (5).

Marbre. A la cathédrale de Maurienne, le Saint-Sacrement était


réservé dans un vase de marbre (6).
Or. Les ciboires en or ont toujours été rares. Ce sont, en général,
des dons faits aux églises par les papes, les princes et de puissants
seigneurs. L'empereur Constantin fit présent à l'église Saint-Pierre
de Rome d'une tour eucharistique et d'une colombe, toutes deux en
or, pesant trente livres, et ornées de 2 1 5 pierres précieuses (7).
Venance Fortunat loue le zèle de l'archevêque de Bourges, qui avait
fait faire une tour d'or où était renfermé le corps de Jésus-Christ.

(1) l'Abbé Texier, Dict. d'Orfèvrerie, au mot Ciboire.


(2) Surius, XII aug.
(3) Voy.litt., t. I, ire part., p. 68, i56; 2 part., p. 55. De anUrit., 1. 1, c. v.
(4) Iter. ital. f p. 178.
(5) Barraud, op. cit.

(6) \oy.litt., t. I, impart., p. 247.


(7) Anast. Biblioth., In Sylvestro,
292 HISTOIRE DU SACREMENT DE i/EUCHARISTlE

Flodoard(i) rapporte qu'un voleur essaya de s'approprier un


ciboire d'or, enforme de tour, suspendu au-dessus de l'autel de Notre-
Dame de Reims, mais qu'il se laissa choir et mourut du coup.
La Sainte-Chapelle de Paris possédait un ciboire en or, estimé
i3oo livres, qui fut volé en 1673. Un inventaire de i532 (2) en donne
la description suivante « Ung repositoire
: nommé ciboire, où Ton
mect le Sainct-Sacrement, lequel est dessus le grand hostel, pendu
au bout d'une crosse de cuyvre, et est ledicte repositoire tout d'or,
excepté la moullure et empâtement du pied, qui est d'argent doré ; au
hault duquel y a une petite croix d'or, et en chacun costé d'iceluy, y
a ung crucifix d'or eslevé, et deux titres de Jhesus Na^arenus rex
Judeorum. »
Pierres précieuses. Les inventaires du moyen âge mentionnent
parfois des ciboires en agate, en béryl, et en diverses autres pierres
précieuses.
Hugues de Flavigny nous apprend que l'empereur saint Henri
donna au monastère de Saint- Vanne une custode d'onyx, pour servir
de suspension eucharistique (3).

Article m
De la forme et des dimensions des ciboires

Des ciboires en forme de tour

On donné aux ciboires la forme d'un petit édicule rond,


a souvent
carré, hexagone ou octogone, surmonté d'un toit conique, hérissé ou
non de crochets. Ces tours eucharistiques, pour lesquelles on trouve
une formule spéciale de bénédiction dans le Sacramentaire gallican,
étaient conservées dans les sacristies ou les armarium. On les posait
parfois sur l'autel pendant le Saint-Sacrifice, afin de distribuer la
communion aux fidèles, et c'est là l'origine des tabernacles adhé-

(î) Hist. Remens., 1. I, c. xvi


(a) Invent, des reliques de la Sainte-Chapelle, publié par M. Douet d'Arq, dans la Revue
avchéoU, t. V, p. 192.
(3) Chronic. Vird.
.

2g3

rents à l'autel, qui ont conservé longtemps la forme de leur type


primitif. Dans le cours du moyen âge, on suspendait la tour au-dessus
de l'autel ; en Orient, elle était attachée au centre intérieur du cibo-
rhim; en Occident, la tour, protégée par une petite tente en soie,
était fixéeà une crosse munie d'une poulie. Mabillon prétend que
cet usage était inconnu à l'Italie.
Sandelli (i) a décrit des tours eucharistiques, en argile rougeâtre,
qui ont été trouvées dans les catacombes de Rome ; elles servaient

aux fidèles pour emporter chez eux la sainte Eucharistie. Ces antiques
pyxides avaient à peu près la forme des autels carrés faits d'une seule
pièce. Des lampes en bronze ou en argile adhéraient à quelques-unes
d'entre elles et rappellent nos lampes brûlant perpétuellement devant
le Saint-Sacrement. Un petit meuble en terre cuite et de forme
ronde, publié par M. Perret a beaucoup d'analogie avec les tours
(2),

dont parle Sandelli, et a probablement servi aussi à conserver l'Eu-


charistie.
Le pape Innocent er
(402-417) fit don d'une tour d'argent à l'église
I

des Saints-Gervais-et-Protais. Le pape Hilaire, mort en 468, fit un


semblable présent à la basilique de Latran. I

Saint Aredius, abbé de Saint- Yrieix, a mentionné quatre tours parmi


les vases sacrés qui lui appartenaient (3).

Saint Remi, archevêque de Reims, enjoignit à son successeur, par


son testament, de faire confectionner une tour (turriculum) et un
matière d'un vase d'or, pesant dix marcs, que lui avait
calice, avec la
donné Clovis (4).
La tour eucharistique que Félix, évêque de Bourges, donna à son
église, était aussi en or. Venance Fortunat(5) l'a célébrée dans les vers
suivants :

Qiiam bene juncta décent, sacrât i ut corporis Agni


Margaritum ingens, aurea dona ferant !
Cedunt chrysolithis salomonia vasa metallis
Ista placere magis ars facit atque fides

(1) De sacris synaxib., c. xix.


(2) Catac. de Rome, t. IV, pl. XIX, n. 4.
(3) Mabillon, Vetera Analecta, t. Il, p. 5j
(4) Flodoard, Hist. eccl. Remens., 1. I, c. xvm.
(5) Lib. III, Carm. XXV.
2 94 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Grégoire de Tours nous raconte qu'un diacre sacrilège de la ville de


Riom, transportait de la sacristie une tour in qnâ ministerium domi-
nici corporis habebatnr (i) ; que cette tour s'échappa de ses mains et
alla se poser d'elle-même sur
l'autel où on célébrait les Saints-Mys-
tères. Cedonné lieu à diverses interprétations. Mabillon et
texte a
J.-B. Thiers pensent que cette tour ne contenait que les vases sacrés
nécessaires à la célébration de la messe. J. Gropper, Duranti, Bona,
Dom Chardon et le P. Le Brun croient, au contraire, que cette expres-
sion collective ministerium oumysîerium dominici corporis comprend
non seulement les vases liturgiques, mais aussi les hosties réservées
pour la communion. Il pouvait y avoir quelque doute sur l'interpré-
tation de ce passage, alors que l'on discutait sur le sens du mot minis-
terium mais, Dom Ruinart, dans l'édition qu'il a donnée du livre de
;

Grégoire de Tours, affirme que tous les manuscrits qu'il a pu


consulter portent mysterium, ce qui nous semble trancher la difficulté.

Parmi les églises Réserve dans des


qui conservaient jadis la sainte
ciboires en forme de tour, nous citerons les cathédrales de Laon,
Reims, Bourges, Digne, Orléans; Saint-Michel de Dijon, Saint-Lau-
rent de Rouen, Saint-Benoît à Paris, l'abbaye de Marmoutiers, les
Célestins d'Avignon et de Paris, etc. (2).
On conserve, dans l'église de l'ancienne abbaye de Senanques, une
tour du xm e siècle, en bois peint et doré; le corps principal est octo-
gone, percé de trente-deux fenêtres et surmonté d'une sorte de clocher
à six pans. On y lit l'inscription suivante, que M. Viollet-le-Duc (3)
suppose avoir été repeinte d'après l'ancienne Qui : mandvcat : hvnc : :

panem rivet in : œternvm.


: :

Les antiques tours eucharistiques sont devenues extrêmement


rares ; on en rencontre fort peu dans les musées. Un très petit nombre
de ces curieux monuments ont été dessinés.
Un tableau du xvi e siècle, conservé dans la sacristie de la cathé-
drale d'Arras, représente le grand autel de peu près tel
cette église, à
qu'il était au xm e
siècle. Une custode, en forme de tour, est tenue
suspendue par un ange qui, la tête en bas, semble descendre de la
volute d'une crosse (4).

(1) De glor. mart., 1. I, c. lxxxvi.


(2) Bellotte, Rit.eccl. Laudun., p. 49 ;
Chardon, Hist. des sacr., t. II, p. 25o; Thiers,
De Vexposit. du St-Sacrem., t. I, p. 40, 42 Moléon, Voyage lit., p. 180; Voyages litt.,
;

t. I, 21, 67, etc.


p.
(3) Dict. du mobilier franc., t. I, p. 246.
(4) Annal. arch.,t. IX, p. 1.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 295

Ce n'est point sans un motif symbolique qu'on a donné la forme de


tour aux vases eucharistiques : cette forme est l'emblème de la force
morale que le chrétien puise dans la sainte Communion. L'Eucharistie,
dit Novarini (1), est la tour inexpugnable de l'Église et ne peut être
mieux réservée que dans un ciboire en forme de tour. Saint Germain
de Paris (2) remarque que ces sortes de vases sont destinés à nous rap-
peler le sépulcre de Notre-Seigneur, qui fut creusé en forme de tour
dans un rocher. On considérait aussi la tour comme l'emblème de la
sainte Vierge, Turris Davidica mais cette application était faite
;

même aux ciboires qui n'avaient point la forme turriculée ; car Guil-
laume Durand (3) dit, d'une manière générale * Le coffre (capsa) :

dans lequel on conserve les hosties consacrées, signifie le corps de la


Vierge glorieuse. Il est tantôt de bois, tantôt d'ivoire blanc, tantôt
d'argent, tantôt d'or, tantôt de cristal, et, selon ces diverses matières,
il exprime les diverses vertus du corps de Jésus-Christ. »

Il faut remarquer que les tours ne servaient parfois qu'à renfermer

un autre vase eucharistique telle était la tour d'ivoire, conservée à


:

l'abbaye de Saint-Waast d'Arras, et qu'une tradition erronée regar-


dait comme le vase où Marie-Madeleine conservait ses parfums.

§ 2

Des ciboires en forme de colombe

Dom Martène pense que l'usage des ciboires en forme de colombe


est plus ancien que celui des tours (4) mais cette assertion ne paraît :

reposer sur aucune preuve. Il est question tout à la fois de tours et


de colombes dans des textes du iv e et du v e siècle; antérieurementà cette
époque, il n'en est fait aucune mention. Il est vrai que Tertulîien
désigne une église sous le nom de « la demeure de notre colombe (5) » ;

mais ce passage peut donner lieu à diverses interprétations. Quant à


la colombe en verre, provenant des catacombes, que l'on conserve au

musée chrétien du Vatican, rien ne prouve que ce soit un vase


eucharistique.

(1) Agnus eucharist., c. lv, n. 568.


(2) Ap Dom
. Martène, Thes. anecd., t. V, p. g5.
(3) Ration., 1. I, c. m.
(4) De antiq. Eccl. rit., 1. I, c. v, art. 3.
(5) Adv. Valent., c. 11.
296 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

Le P. Le Brun pense que Tusage des colombes est originaire de


l'Orient. Il est certain du moins que les plus anciens textes relatifs à
ces vases nous viennent d'auteurs orientaux. Mais faut-il admettre

avec Macri(i) que ce fut saint Basile qui inventa cette forme? Rien
dans la vie de ce saint ne peut le faire conjecturer.
Les colombes n'ont peut-être été d'abord qu'un ornement emblé-
matique qu'on plaçait sur les tours et les coffrets destinés à contenir
l'Eucharistie. Nous nous expliquerions ainsi la double mention de
tours et de colombes qui est faite dans des textes du v e siècle. On lit,
en effet, dans Anastase le Bibliothécaire, qu'Innocent I fît faire une
tour d'argent, accompagnée d'une colombe dorée, pour l'église des
martyrs saint Gervais et saint Protais; que le pape Hilaire donna
aussi une tour d'argent et une colombe d'or, de deux livres pesant, à
la basilique de Latran que Constantin fit don à la basilique Saint-
;

Pierre d'une tour et d'une colombe de For le plus pur, enrichies


toutes deux de prases, d'hyacinthes et de deux cent quinze perles
blanches.
Au déposée
siècle suivant, la sainte Eucharistie n'était pas toujours
dans l'intérieur de colombe, mais dans une pyxide suspendue au
la

bec de l'oiseau il en était ainsi


: au monastère de Cluny. Quand la
Réserve était contenue dans l'intérieur de la colombe, on renfermait
souvent l'hostie dans une petite boîte ou dans un linge. Ce dernier
usage était observé à Saint-Théoffray, dans le Velay, comme le
prouve un passage de ses archives, rapporté par Du Cange (2).
Voici quel était, au moyen âge, le mode de suspension le plus
ordinaire la colombe était fixée sur un plateau accroché par deux
:

ou trois chaînes, à un dais qu'enveloppait un rideau ou pavillon. Une


chaîne, attachée au sommet de ce pavillon, roulait sur une poulie
fixée à l'extrémité d'une crosse. Cette chaîne passait dans la tige de
suspension, et le célébrant n'avait qu'à ouvrir une petite porte percée
dans cette tige, pour faire descendre la colombe sur l'autel. C'est à
peu près le même système qu'on emploie de nos jours pour les réver-
bères.
Mabillon a constaté que les colombes eucharistiques avaient été
extrêmement rares en Italie; il en a vu en auricalque au monastère
de Bobbio, en Sardaigne (3).

(1) Hierolexicon, V° Ciborium.


(2) Columba desuper altare aurea, ubi dominicum reponitur corpus in linteo mundo
servandum. Glossar, V' Columba.
(3) Iter ïtalic, p. 217.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 2 97

En France et en Belgique, tout au contraire, la forme de colombe


a été généralement admise jusqu'au xvi e siècle. Il y en avait encore
un certain nombre aux deux siècles suivants. Les voyageurs et les
liturgistes de cette époque ont mentionné celles des cathédrales de
Rodez et de Chartres-, des abbayes de Saint-Denys, de Chésy-sur-
Marne, de Saint-Paul de Sens, de Saint- Waast d'Arras, de Grand-
mont (diocèse de Limoges), de Cluny, de Saint-Germain-des-Prés,
de Saint-Bénigne de Dijon, des prieurés du Val-Dieu en Champagne,
de Ruffec en Berry; des églises de Saint-Maur-les-Fossés, près de
Paris, de Jolans, près de Châteaudun, de Saint-Luperce, près de
Chartres, de Saint-Julien d'Angers; des Cordeliers et des Jacobins de
Rodez, etc.

Ce ne fut point sans raison qu'on choisit, pour les ciboires suspen-
dus, forme de colombe. Pour renfermer le mystère de la charité
la

divine, on voulut imiter la forme de l'oiseau qui, chez presque tous


les peuples de l'antiquité, a été regardé comme le symbole de l'amour.

Il en fut ainsi chez les Indiens, ainsi que l'attestent encore aujourd'hui

leurs antiques pagodes. La Vénus des Cypriotes et des Grecs l'attelait


à son char et la portait à la main. Selon Elien, cette déesse se méta-
morphosait elle-même en colombe. C'est sans doute à cause du senti-
ment dont ces oiseaux étaient l'emblème, que les habitants d'Ascalon
en nourrissaient un nombre si considérable; que les Assyriens en
plaçaient l'image sur leurs étendards; que les Syriens les adoraient et
que les Samaritains leur rendaient un culte sur le mont Garizim.
Dans le symbolisme chrétien, la colombe n'est pas seulement
l'emblème de l'amour divin, mais encore de la simplicité de l'âme, de
la paix du cœur, de la candeur, de l'innocence, etc. Voilà un ensemble

de motifs bien suffisants pour expliquer comment la forme de


colombe a été si affectionnée pour les vases qui devaient contenir la
divine Eucharistie, source de toutes les vertus et foyer de l'amour
divin. C'est donc à tort que le P. Chesneau, dans son Orphée eucha-
ristique, prétend que cette forme a été déterminée par le souvenir des
colombes mystérieuses qui apparurent à divers prêtres, alors qu'ils
célébraient le Saint-Sacrifice de la messe. Ces apparitions, en suppo-
sant même qu'elles soient toutes incontestables, n'eurent lieu qu'en
petit nombre que l'usage des colombes eucharistiques était
et alors
déjà introduit dans grecque et latine. D'ailleurs, tous les
les Églises
écrivains du moyen âge sont unanimes dans l'interprétation de ce
type symbolique.
298 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Tous les vases en forme de colombe n'étaient point destinés à


contenir l'Eucharistie. en est qui n'avaient d'autre but que de
Il

figurer le Saint-Esprit. On en a trouvé dans les catacombes qui ont


évidemment servi de lampes. On en plaçait au-dessus des chaires
épiscopales pour figurer l'inspiration du Saint-Esprit. La forme de
colombe donnée à certains reliquaires, et même à de sim-
était aussi
pies objets de piété, que les fidèles conservaient dans leur demeure.
Des doutes se sont élevés sur la destination des colombes qu'on
suspendait au-dessus des tombeaux et dans les baptistères. Quelques
liturgistes y voient de véritables ciboires; d'autres pensent que ce
n'étaient que des images du Saint-Esprit.
En ce qui concerne les tombeaux, nous croyons qu'il faut faire
une distinction entre ceux qui étaient surmontés d'un autel et ceux
qui en étaient dénués. Les colombes dont ces derniers pouvaient être
ornés n'étaient évidemment que des emblèmes de l'Esprit-Saint; mais
les tombeaux-autels pouvaient être surmontés de la custode eucharis-

tique. Quand le Moine de Saint-Denys rapporte qu'un soldat de


Sigebert, roi de Soissons, monta sur le tombeau de saint Denys pour
enlever une colombe d'or qui y était suspendue, et qu'il se perça le
flanc en tombant sur sa propre lance, nous pensons qu'il s'agit ici
d'une colombe eucharistique, parce que le tombeau de saint Denys
était surmonté d'un autel (i).

Il est certain qu'il y avait, dans les baptistères, des colombes


n'ayant d'autre destination que de représenter le Saint-Esprit qui
apparut sous cette forme au baptême de Notre-Seigneur. Les actes
du Concile de Gonstantinople, tenu sous Memnas, en 536, men-
tionnent les plaintes des moines d'Antioche contre l'hérétique Sévère,
qui s'était approprié les colombes d'or et d'argent, images du Saint-
Esprit, suspendues dans les baptistères, et qui donnait cet ingénieux
prétexte que « il ne convenait pas de représenter le Saint-Esprit sous
la forme de colombe. » D'un autre côté, on a fait remarquer que les

néophytes recevaient la communion immédiatement après le bap-


tême, et que l'Eucharistie devait être réservée pour cet usage, dans
les vastes baptistères où se trouvaient souvent plusieurs autels. JV^Lais
il nous paraît bien plus probable que les nouveaux baptisés commu-
niaient avec les hosties consacrées à la messe spéciale que l'évêque
célébrait pour^eux.

(i) Greg. Tur., De glor. mart., cap. lxxii.


LIVRE XVII. VASES EUCHARISTIQUES 299

S 3

Des boîtes cylindriques

Beaucoup de ciboires du moyen âge avaient la forme d'une boîte


cylindrique, à couvercle plat ou le plus souvent conique. Ces pyxides,
ordinairement en cuivre émaillé, peuvent être con-
sidérées comme les diminutifs des tours dont nous
avons parlé plus haut. Cette forme était très ré-
pandue du xi e au XIV e siècle. En général, cette
custode sans pied est profonde de quatre centi-
mètres environ et d'un diamètre de six à sept
centimètres. Son couvercle conique, d'environ
cinq centimètres de hauteur, se termine par une
petite croix. Une charnière, établie sur le rebord
de l'ouverture, relie entre elles les deux parties
Custode du xive siècle.
^ a custo d e< L'intérieur est souvent doré
j à ;

l'extérieur, le fond est émaillé en bleu d'outre-mer, sur lequel on a


réservé des surfaces circulaires en émail blanc, avec épargne de cuivre
doré et de rinceaux interposés de place en place.
Ces petites pyxides, qu'on voit fréquemment dans les musées et les
collections particulières, étaient parfois déposées dans de plus grands
ciboires, en forme de tour ou de coupe. L'inventaire latin du trésor
de la cathédrale de Laon, dressé en 1 523, et publié par M. Edouard
Fleury, constate cet usage (i) « Un vase très remarquable d'argent
:

doré, de ceux qu'on nomme coupes, sur le couvercle duquel se dresse


une croix dorée, pourvue d'un crucifix de vermeil. Il renferme une
pyxide d'argent où sont déposées les hosties consacrées qu'on porte aux
malades, et dont le couvercle d'argent est aussi surmonté d'une croix. »
A cette époque, les synodes et les rituels recommandent d'avoir
deux sortes de ciboires, l'un plus grand, qui doit rester dans le taber-
nacle; l'autre, plus petit, pour porter le saint Viatique aux malades :

le prêtre qui remplissait ce ministère faisait usage de custodes


cylindriques. Antérieurement, on mettait parfois la sainte hostie dans
un simple corporal ou dans un petit sac, coutume qui fut interdite par
plusieurs conciles (2).

(1) Éd. Fleury, Inventaire du trésor de la cathédrale de Laon, p. 45.


(1) Mansi, Concil., t XXIV, p. 403.
3oo HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

§4

Des ciboires en forme de coupes à pied

Quand on ne voulut plus suspendre les pyxides, on leur donna un


pied analogue à celui du calice. L'usage de ces ciboires pédicules a
dû surtout se propager à l'époque où, la communion des fidèles deve-
nant moins fréquente, le prêtre ne consacra plus à chaque messe les
hosties qu'il devait distribuer aux assistants, en se servant d'une
patène. On trouva plus commode de réserver un certain nombre
d'hosties dans un vase spécial, différent quelquefois de celui qui con-
tenait le saint Viatique.Très rares à l'époque romane, ces pyxides se
multiplient au xm e
au xvi e Ces vases
siècle et se rencontrent partout .

de communion se composent d'une coupe épatée, surmontée d'un


couvercle en forme de dôme, qu'on ferme au moyen d'une charnière
à goupille. La coupe est supportée par une tige, avec ou sans renfle-
ments, qui se termine le plus souvent par un pied circulaire à sa base.
On voit que c'est la forme que nous avons conservée pour nos ciboires
modernes, à cette exception près que, depuis le xm e siècle, nous
avons supprimé la charnière pour que le couvercle puisse s'enlever
complètement.
En Allemagne, on rencontre, au xv c siècle, des coupes hexagones,
à bords droits, ayant pour couvercle un dôme émaillé, le tout porté sur
un pied élevé.
Au xvm e siècle, M. Boudon, archidiacre d'Evreux, inventa
l'abbé
des ciboires à charnières dont le couvercle, placé sous le menton

des fidèles, était destiné à recevoir les hosties, au cas où elles


viendraient à tomber. Les orfèvres modernes ont cru perfectionner ce
vase, en adaptant au couvercle une plaque qui fait l'office de patène.
On usurpe par là sur les privilèges de l'évêque, on supprime le rôle
liturgique de la nappe de communion et Ton donne au ciboire une
destination qui ne lui appartient pas. M. l'abbé Decron s'est fait l'apo-
logiste de cette regrettable innovation (i); un savant Bénédictin
de Solesmes a solidement réfuté les erreurs accumulées dans sa bro-
chure (2).

(1) De l'administration de l'Eucharistie aux fidèles ou plaidoyer pour la conservation


des charnières à la coupe des ciboires Angers, 1867.
.

(2) De la forme traditionnelle des ciboires. Arras, 1869.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 3oi

C'est également dénaturer l'office de la custode de Viatique que de


ménager dans sa tige un récipient pour l'huile des infirmes. C'est là
un expédient utilitaire qui date d'assez loin, avec des modifications
diverses. Il y a un compartiment pour les saintes huiles dans un

Ciboire de Saint Cunibert, à Cologne.

ciboiredu xv e siècle conservé à Saint-Cunibert de Cologne. C'est un


hexagone à six fenêtres surmontées de clochetons, avec une adjonc-
tion insolite de gargouilles.
3o2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

S 5

Des autres formes de ciboires

Outre les quatre principales formes de ciboires que nous venons


d'indiquer, il en est d'autres qu'il faut considérer comme exception-
nelles.
Une peinture de neuvième chambre du cimetière de Saint-Mar-
la

cellin-et-Saint-Pierre nous montre un petit agneau qui porte sur


le dos un coffret nimbé. Buonarotti pense que c'est une pyxide eucha-
ristique.
On a trouvé dans les catacombes de petits coffrets en bronze avec
un anneau au sommet du couvercle. D'un côté, se trouve le mono-
gramme du Christ avec les lettres symboliques A Q, de l'autre, une ;

colombe. Plusieurs antiquaires croient que ces sortes de custodes


étaient destinées à contenir l'Eucharistie et à être suspendues au cou
des fidèles. On les aurait placées dans les sépultures comme un des
objets les plus chers aux défunts. M. de Rossi ne voit dans ces petits
coffrets carrés que des encolpia, ayant seulement contenu des re-
liques (i).

D'Agincourta dessiné, dans son Histoire de V Art (2), un ciboire en


forme de tasse, qui provient de l'église Saint-Ambroise de Milan.
Les bas-reliefs dont il est orné représentent l'histoire de Jonas, les
miracles de l'Hémorroïsse, du Paralytique et de Lazare. Cette forme
de tasse, fermée par un couvercle plus ou moins bombé, a été quel-
quefois usitée au xviir2 siècle, pour porter le saint Viatique.
Saint Jérôme (3) nous dit qu'Exupère, évêque de Toulouse, portait
le corps de Notre-Seigneur dans un panier d'osier, et le Précieux-Sang

dans une fiole de verre, parce qu'il avait vendu les vases d'or et d'ar-
gent de son église, pour subvenir aux besoins des pauvres.
Dom Mabillon a vu, dans le baptistère de la cathédrale de Pise, un
globe dans lequel on conservait autrefois l'Eucharistie pour les nou-
veaux baptisés (4).

A Notre-Dame de la Ronde, à Rouen, on réservait le très Saint-

(1) Bulletino, 1872, p. 19.


(2) Sculpture, pl. XII, p. 2.
(3) Epist. XLIV.
(4) Iter ital.y p. 106.
Livre xvit. — vases eucharistiques 3o3

Sacrement tout au haut du contre-retable de l'autel, dans une lan-


terne vitrée dont le bois était doré (i).

On mis quelquefois des hosties miraculeuses dans des châsses. Il


a
en fut ainsi à Douai, dans l'église Saint-Amé, pour l'hostie miracu-
leuse de l'an 1254, qui a donné lieu à la procession séculaire du Saint-
Sacrement de Miracle. Elle était renfermée dans une châsse d'argent,
qu'on nommait lajîer/re du Sacrement. Ce n'est qu'au xvm e siècle
qu'on la suspendit dans une boîte, à la couronne d'un ostensoir (2).
Les auteurs des Voyages littéraires (3) décrivent ainsi le coffret dans
lequel on conservait, à la Sainte-Chapelle de Dijon, l'hostie miracu-
leuse percée de coups de canif par un Juif. « C'est un coffre d'or, long
environ d'un pied et demi, large d'un bon demi-pied, et élevé pour le
moins autant. Il est très bien travaillé et orné de plusieurs agates.
C'est un présent du duc d'Epernon. Auparavant, on la mettait dans
un autre coffre plus petit, de vermeil doré, émaillé si délicatement,
qu'on ne peut se lasser de le voir. »

Un inventaire du trésor de la cathédrale d'Amiens, fait en 1347,


mentionne, comme n'étant plus en usage, un grand vase d'ivoire en
forme d'arche, où l'on conservait jadis l'Eucharistie (4).
Les chanoines réguliers de Saint-Léonard de Vérone, conservaient
la sainte Réserve dans une urne d'ivoire. Les Bénédictins de Saint-

Benigne de Dijon la mettaient dans un vase d'albâtre (5).


M. de La Borde (6) décrit un ciboire, en forme de coffret carré, qui
appartient à la collection Germeau. Celle du prince Soltykoff possédait
une pyxide carrée, émaillée de bleu, la seule de cette forme que
connaisse M. Darcel (7).
On s'est quelquefois servi de vases hémisphéroïdaux sans pied et
sans couvercle, pour porter le Viatique aux malades. A la cathédrale
de Séville, c'est dans un cœur d'or qu'est porté le Viatique à l'arche-
vêque.
Parfois on s'est servi d'un simple calice en guise de ciboire. C'est
dans un calice que l'abbé Zozime porta l'Eucharistie sous les deux

(1) Moléon, Voy. liturg., p. 407.


(2) l'Abbé Capelle, Recherches sur l'histoire du Saint-Sacrement de Miracle de Douay,
p. 27.
(3) Tome I, 1™ partie, p. 144.
(4) Garnier, Inventaire du trésor de la cathédrale d'Amiens (Mém. des ant. de Picardie,
t. X, p. 262.)
(5) Voyages litt., t. I, p. 144.
(6) Notice des émaux, etc., p. 67*
(7) Galette des BeaiwArts, t. X, p. 224*
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

espèces à sainte Marie l'Égyptienne. C'est également dans un calice


couvert d'un linge blanc, que les moines de Cluny portaient le Via-
tique aux malades (i). Le concile de Narbonne, tenu en l'an 1609, dit
que lorsque les prêtres administrent la communion, ils doivent porter
l'hostie dans une pyxide ou dans un calice. Bouteroue (2) a prétendu,
mais à tort, que les calices à anses, surmontés d'hosties, figurés sur
les monnaies de Caribert et de Dagobert I er , représentaient la

forme des ciboires de cette époque. Le P. Mabillon, tout en combat-


tant l'argument numismatique invoqué par Bouteroue et Leblanc,
ne nie point pourtant que ces calices n'aient pu servir autrefois de
ciboires bien loin de là, il rapporte que le pape Grégoire III fit
;

suspendre un calice à l'abside d'une chapelle de Saint-Pierre de


Rome, et il ajoute qu'on ne peut lui assigner un autre usage que la
conservation des espèces consacrées (3).

Dans quelques trésors d'églises, on trouve des vases qui servaient


tout à la fois de ciboire et d'ostensoir. M. l'abbé Pascal (4) en décrit
un de manière suivante « Le pied est octogone et supporte une
la :

tige assez courte, à peu près comme celle de nos ciboires de médiocre
dimension. Cette tige porte une sorte de coupe à parois perpendicu-
laires et à huit pans. Elle est couronnée d'un couvercle fait en forme
de pyramide, qui se termine par une croix. Au milieu d'un de ces
pans est percée une ouverture ronde, munie d'un cristal. C'est derrière
celui-ci que se plaçait l'hostie. Le fond de ce vase est doré et servait
en même temps à recevoir les autres saintes espèces que l'on con-
servait. Le couvercle est adhérent à la coupe et s'ouvre par le moyen
d'une charnière. »

Article iv

Des ornements et des inscriptions des ciboires

Les églises pauvres avaient de simples ciboires-coupes en étain ou


en cuivre, dont quelques moulures faisaient tout l'ornement. Mais,

(1) d'Achéry, Spicil., t. IV, Coutumes de Cluny, 1. III, c. xxviii.

(2) Recherches curieuses des monnoyes de France.


(3) De a^ym. et ferm., c. vnr.
(4) Dict. de liturgie, au mot Ostensoir,
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 3o5

dans les cathédrales et les riches monastères, la coupe, son couvercle


et son pied étaient ciselés ou émaillés et offraient des rinceaux et des

arabesques entremêlés de monogrammes, de blasons, d'enroulements


en filigranes, de pierres précieuses, de figures d'hommes et d'ani-
maux, quelquefois même de scènes bibliques et hagiographiques.
Les custodes en ivoire, munies d'un couvercle légèrement conique,
sont sculptées en demi-relief, et représentent des sujets religieux, tels
que les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, l'histoire de Jonas,
Moïse recevant les Tables de la Loi, le frappement du Rocher, Jésus
et la Samaritaine, le Paralytique, la résurrection de Lazare, etc. Sur
les pyxides en cuivre émaillé, on trouve les mêmes sujets, mais le plus

souvent, des rinceaux, des fleurs, des rosaces, des fleurons, des croix,
des figures d'anges et de saints.
L'inscription du nom de l'orfèvre est très rare; mais, dès le xui e siècle,
des gravures placées sur un écusson ou ailleurs indiquent fréquem-
ment le propriétaire ou le donateur. Cet usage traditionnel a été vive-
ment attaqué par des liturgistes français du xvn e siècle.
Les longues inscriptions sont bien plus rares sur les ciboires que
sur les calices. Une custode qui faisait partie de la collection Debruge-
Duménil mots Intvs portatvr per quoi (pour qnod) mun-
portait ces :

dvs salvatvr. Autour de la coupe d'une pyxide pédiculée du musée


d'antiquités de Bruxelles, on lit f Discat. qri. nescit. hic. hostia.
:

sancta. qviescit.
La Gallia Christiana (i) cite les vers suivants que Roger, évêque
d'Oléron, fit graver, au commencement du xu e siècle, sur un ciboire
en bois recouvert de lames d'argent :

Res super impositas commutât Spiritus almus :

Fit de pane caro, sanguis substantia vini.


Sumpta valent animas pro corporis atque salute.
Danlur in hac mensa sanguis, caro, potus et esca.
Verba refert Ccenae super haec oblata sacerdos,
Munera sanctificat et Passio commemoratur.
Hanc Morlanensis Raynaldus condidit aram.
Prœsul Rogerius Oloensis jussitut essem.

(i) T. I, p. 1268.

T. II. 20
3o6 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

Article v

Indication de quelques ciboires remarquables

Amiens. — Le musée d'Amiens conserve une colombe du xn e


siècle,
qui, après avoir appartenu à l'église de Raincheval, passa dans le
trésor de l'abbaye de Gorbie. J'en ai publié le dessin, en 1842, dans
le tome V des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie.
En voici une petite réduction.

Musée d'Amiens.

Ce précieux ciboire, comme on le voit, se compose d'une colombe


et d'un plateau à rebords ciselés, sur lequel elle repose ; le plateau,
vers le centre, devient concavo-convexe, et, sur la partie concave, on
lit cette inscription circulaire, gravée par une main inhabile : Olim
eccelsiœ fpour ecclesiœ) de Raincheval. Les rebords du plateau sont
percés de douze petites ouvertures, disposées dans un ordre symé-
trique pour attacher les chaînettes qui devaient tenir la colombe sus-
pendue. Les ailes et la queue sont seules émaillées le reste du corps ;

était recouvert d'une peinture brune que le temps a fait disparaître en


partie. On a tâché d'imiter l'agencement des plumes par des écailles
imbriquées, nuancées d'or, de bleu, de vert, de blanc, de jaune et de
rouge. Sur le milieu du dos, entre les deux ailes, on a ménagé une
ouverture peu profonde, destinée à recevoir les hosties consacrées ;

elle est surmontée d'un couvercle qu'on maintenait à l'aide d'un


bouton tournant.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 307

| Arras. — M. le chanoine Van Drivai possède un ciboire en cuivre


bronzé exécuté au repoussé et dont les courbes sont fort gracieuses.

Ciboire du xv e siècle (Cabinet de M. Van Drivai).

Cette œuvre du xv e siècle a été trouvée dans le jardin d'une ancienne


3o8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

communauté Douai; il a 21 centimètres de haut. Le


religieuse de
diamètre de coupe est de dix centimètres. Près de la petite cou-
la

ronne du couvercle, on remarque trois trous. Étaient-ils destinés à


donner de l'air à l'intérieur, pour que les hosties s'y conservassent
mieux ? Ou plutôt n'ont-ils pas servi à recevoir les attaches d'une
croix ou d'un couronnement quelconque dont le couvercle aurait été
sommé ?

Assise. — On conserve à l'église Saint-Damien, dans un reliquaire


d'albâtre, une boîte d'ivoire dans laquelle sainte Glaire gardait l'Eu-
charistie.
Bordeaux. —
Au musée des Antiques, ciboire en cuivre jaune, doré.
Les croix qu'on voit sur le pied sont formées par de simples traits
gravés à la pointe. Les quatre médaillons du couvercle représentent
tous l'Agneau divin, portant l'étendard de laRésurrection. Autour de
chaque médaillon, on lit cette inscription :
f Ave Maria gratta pl.
Burgos. — Au trésor placé dans une sacristie haute, est un ciboire
d'or, orné d'émaux et de pierres précieuses. D'après le custode, sa
valeur serait d'un million.
Maestricht. —
Au trésor de l'église Saint-Servais, on conserve la
coupe que la tradition dit avoir été apportée miraculeusement à saint

Servais. Cette coupe est enchâssée dans un ciboire en vermeil.


Minden. —
M. Ch. de Linas décrit ainsi, dans la Repue de l'Art
chrétien (1), divers ciboires de la cathédrale de Minden « Vase en :

cristal de roche sculpté, monture d'argent hauteur o m. 28 c,


;

diamètre o m. 09 c. Symboles asiatiques du lion et de l'aigle travail ;

oriental du x e siècle, à mettre en regard des gobelets de l'abbaye


d'Oignies. — Tour eucharistique hexagone, bois recouvert d'argent
battu hauteur o m. 24 c, diamètre o m. 12 c. Aux angles, des colon-
;

nettes supportant une plate-bande gemmée et filigranée ; dans chaque


entre-colonnement, une figurine d'apôtre sur le couvercle pyra- ;

midal, les bustes*du Sauveur et de cinq apôtres xi e siècle. Ciboire : —


de cuivre doré, hauteur o m. 35 c, diamètre o m. i5 c. Pied lisse :

Nœud une arcature abritant la Vierge-Mère cou-


sur lequel on voit
ronnée un loculus, ménagé dans son giron, reçoit la sainte Eucha-
;

ristie. Une colombe amortit le couvercle. Travail français du


xii e siècle. »

Paris. — Au musée du Louvre, magnifique vase du xn e


ou xin e siècle,

(1) Janvier-mars 1881, p. 56.


.

LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES

provenant de l'abbaye de Montmajour. Ce ciboire se compose de


deux valves, d'à peu près même forme, dont l'inférieure repose sur un

Ciboire d'Alpais.

pied ajouré et dont la supérieure est surmontée d'un bouton. Sur ce


vase en cuivre doré, ciselé, émaillé et enrichi de pierres fines, on voit
figurer huit apôtres, huit anges également nimbés, des oiseaux fan-
tastiques, etc. Les têtes des figures sont seules ciselées en relief ; les
détails des bustes sont simplement gravés sur le métal. Les fonds sont
incrustés d'émail bleu. Dans l'intérieur du couvercle, on lit cette
inscription Magister : G : Alpais : fecit : lemovicanim. « La signa-
:

ture d'un artiste, à ces époques, dit M. de Laborde (i), est un fait rare
et précieux le nom à? Alpais donne à celle-ci plus d'importance encore,
;

parce qu'on s'est servi de la forme et de la désinence de ce nom pour


démontrer l'établissement, à Limoges, d'une colonie d'artistes grecs,
venus en ligne directe de Constantinople. Rien n'est moins fondé. Ce
nom a une désinence toute méridionale et au moins aussi limousine

(i) Notice des émaux du Louvre, n° 3i


.

3io HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

que grecque. La finesse d'exécution des parties ciselées et la beauté des


émaux font de ce ciboire un chef-d'oeuvre de la fabrique de Limoges. »
Nous devons ajouter que si presque tous les archéologues qualifient
ce vase de ciboire, Mgr Barbier de Montault n'y voit qu'un scjphus,
c'est-à-direune coupe ministérielle pour administrer l'Eucharistie
sous l'espèce du vin (i). —
Un autre ciboire, en forme de coupe à

couvercle, est également conservé au musée du Louvre. Sa coupe est


décorée de quatre médaillons circulaires, renfermant le monogramme
de J. H. S., et non point, comme on l'a dit, celui de la Vierge Marie.
Le musée de Cluny possède un certain nombre de custodes eucha-
ristiques en cuivre émaillé de Limoges (xm e s.). Parmi celles qui sont
en ivoire sculpté, l'une, n° 386, représente les pèlerins d'Emmaûs et
les quatre Evangélistes ; une autre, n° 385, figure PAveugle-né, la
Samaritaine, la guérison du Paralytique et la résurrection de Lazare.
Rouen. — Au musée, ciboire à charnières, du xm e
siècle.
Rome. — Benvenuto Cellini a exécuté pour Paul III une pyxide
d'or destinée, dans les offices pontificaux, à la communion des cardi-
naux-diacres et des nobles laïques.
Saint-Maurice-d'Agaune. — On conserve, au trésor de cette ab-
baye, deux ciboires désignés sous les noms de coupe de Charîemagne
et coupe de saint Sigismond. M. Éd. Aubert, qui les a décrits (2),
attribue le premier au xm siècle et le second au xn
e
e
La prétendue .

coupe de Charîemagne a été convertie en reliquaire. Les médaillons


elliptiques du pied représentent la figure trois fois répétée d'un saint
assis. Les cinq médaillons ovales de l'hémisphère inférieure nous
montrent le massacre des Saints-Innocents, le baptême de Notre-
Seigneur, les trois Rois chez Hérode, les trois Rois, à cheval, suivant
l'étoile, et la Circoncision. Les cinq médaillons de l'hémisphère supé-

rieure sont décorés des sujets suivants : l'Annonciation, la Visitation,

l'Annonciation de l'Ange aux Bergers, la naissance du Christ, et


l'Adoration des Mages. « A l'intérieur, dit M. Aubert, se trouve un
objet bien peu en harmonie avec la composition éminemment chré-
tienne des sujets contenus dans médaillons, et bien fait pour
les

déconcerter les archéologues veux parler d'une petite figurine


: je

fondue, ciselée et dorée, qui est fixée au fond de la coupe inférieure et


qui représente un Centaure portant en croupe un jeune enfant. Que

(1) monum., t. XLVII, p. 1 53


Bullet.
(2) Trésor de Saint-Maurice d'Agaune dans les Mém. des ant. de France, t. XXXII
p. 104 et 108.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 3ll

signifie ce souvenir païen La coupe de


?
de l'éducation d Achille
? »

saint Sigismond un ciboire d'argent travaillé au repoussé et


est
décoré de simples ornements gravés. Le bouton, de forme ovoïde,
qui termine le couvercle, est creux et contient un morceau de métal,
en sorte qu'il est impossible de bouger ce ciboire sans produire
comme un bruit de grelots. « Cette circonstance, dit M. Aubert (i),
a donné lieu à la description suivante, trouvée dans un inventaire du
mois d'août 1659 Alia pjxis argent ea quœ dum fertur sonat. »
:

D'après Mgr Barbier de Montault, ces deux vases seraient des scfphi
et non des ciboires.
Saint-Omer. —
A la cathédrale, ciboire du xn e siècle, en forme de
calice turriculé, dont le couvercle à la forme d'un toît conique; il est
enrichi de perles fines.
Sens. —A la cathédrale, ancien scyphns en vermeil, du xnr3 siècle,
qui a servi de ciboire, quand fut supprimé la communion sous les
deux espèces. La coupe et le couvercle sont décorés d'arcatures
feuillagées et de fleurs de lis.

Tarent aise.

(1) Jbid.f p. 176.


3l2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

doré, muni d'un couvercle à charnières et désigné faussement sous le


nom de calice de saint Pierre de Tarentaise.
Varsovie. —
A l'église des Pères-Réformés, ciboire en vermeil,
exécuté par Sigismond III, roi de Pologne, qui était tout à la fois
peintre, alchimiste, tourneur, graveur sur pierre et orfèvre. L'ins-
cription latine, gravée sur le pied, ne laisse aucun doute sur cette
attribution Sigismundus III, rex Polonie, fundator huius cntus (con-
:

venais) hanc pixidem propria manu fabricavit et ecclesie P. P. Refor-


matorum S. Antonii donavit (i).

Il y a d'autres ciboires plus ou moins remarquables et de formes di-

verses aux cathédrales de Dantzig (xv e siècle) et de Munster (xm e siècle);


aux de Sainte-Catherine de Cologne (xv e siècle), de Léau, en
églises
Belgique v xm e siècle), d'Ober-Millengen (Allemagne); aux monastères
de Klosterneuburg, en Autriche (xiv e siècle), et de Saint-Antoine à
Novgorod, en Russie (xm e siècle); au couvent des Sœurs-Noires à
Mons (xv e siècle) ; à divers collèges d'Oxford; aux musées de Steen, à
Anvers (xm e siècle), d'Avignon, de Bruxelles (xn° siècle), de Guéret
(xiv e siècle), de Moscou (xi
e
siècle); au musée chrétien et à la Biblio-
thèque du Vatican; au musée archiépiscopal de Lyon (xm e siècle);
dans les collections particulières de MM. Basilewski, l'abbé Couissi-
nier à Marseille (vi e siècle), Desmottes, de Lille, Gaillard de la Dion-
nerie, à Poitiers, le prince de Hohenzollern, le prince Soltykoff,
Spitzer, Van der Cruisse, de Waziers, à Lille, etc.
Des orfèvres habiles reproduisent aujourd'hui
ou imitent des ciboires-coupes du moyen âge.
Nous connaissons un certain nombre de ces
œuvres d'orfèvrerie qui méritent tout à la fois
l'approbation des artistes et des antiquaires. Nous
nous bornerons à mentionner un seul de ces
ciboires, en style du xm e siècle, exécuté par
M. Poussielgue-Rusand, dont le modèle est dû
au R. P. Arthur Martin et qui appartient à l'église
de Sémur (Côte : d'Or). M. l'abbé L. Picard a bien
voulu nous en adresser la description. Ce vase
est en vermeil, haut de 35 centimètres. Le pied
se divise en quatre lobes, ornés chacun d'émaux
historiés, et séparés par un dragon dont la tête

s'avance à l'extérieur et dont la queue remonte sur


(i) Przezdziecki, Monuments de l'ancienne Pologne, t. I, pl. 38.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 3i3

le pied. Le premier émail représente un sacrifice en général ; le

deuxième, Moïse frappant le rocher ; le troisième, les raisins de Cha-


naan rapportés aux Hébreux dans le désert; enfin, le quatrième, le
serpent d'airain. Ces sujets, bien choisis, sont des imitations parfaites
du xm e siècle. Le nœud est gros, divisé en quatre parties rondes et
plates par le bout. Chacune est terminée par un émail et séparée
par une pierre. L émail représente l'emblème des évangélistes
1
:

l'homme, le bœuf, le lion et l'aigle. La coupe est entourée d'une


dentelle en vermeil, repercée à jour. Au-dessus se voient encore quatre
émaux; sur le premier est reproduite la Cène avec ces mots Hoc est :

corpus méum; sur le deuxième, le Christ en croix. D'un côté se tient


la Synagogue à demi penchée; elle a les yeux bandés, sa couronne

tombe, et son sceptre se brise. De l'autre, l'Église, couronnée dans


son triomphe du Calvaire; ses yeux sont couverts d'un bandeau; d'une
main elle tient un sceptre entier; de l'autre main, une coupe où elle
recueille le sang qui coule du cœur même de Jésus en croix. Ce sont
les deux Testaments ou les deux Lois l'une finit, Tautre commence;
:

l'une aboutit à la croix dont elle est la préparation et où elle trouve à


la fois son complément et sa fin; l'autre, née dans le sang du Calvaire,

doit régner avec le Christ. Au-dessus, le soleil et la lune assistent au


déchirant spectacle de l'agonie et de la mort du Fils de Dieu. Sur le
troisième émail, on voit le Christ au tombeau le quatrième repré-
;

sente saint Thomas, avec cette Dominus meus et Deus


inscription :

meus, paroles du saint apôtre reconnaissant le Sauveur à l'inspection


de ses plaies. Le couvercle offre encore quatre émaux où l'on voit les
quatre prophètes avec leurs noms, et quatre grands rubis. Le tout est
surmonté d'une croix, à branches trilobées.

ARTICLE VI

Des pavillons du ciboire

On sait que le ciboire, lorsqu'il est dans le tabernacle, doit reposer


sur un corporal et rester couvert d'un pavillon blanc, en forme de
rotonde, percé, au sommet, d'une ouverture pour la croix qui sur-
monte le couvercle du vase sacré. Le ciboire doit toujours être,
3i4 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

quand on l'ouvre, dégarni du pavillon. Ce vêtement est un souvenir


du voile, nommé autrefois custode ou tabernacle, dont on enveloppait
la pyxide suspendue au-dessus de l'autel.
On connaît quelques pavillons véritablement artistiques : tel est
celui que Ton voit aux Carmélites d'Amiens, brodé en or, en soie et
en perles fines, œuvre d'anciennes religieuses de ce couvent.
MM. Berger et Chantrier ont exécuté des pavillons brodés d'une
manière fort remarquable, dont les principaux sujets sont le mono-:

gramme du Christ, la croix, avec l'alpha et l'oméga, le chrisme des


catacombes, l'oiseau qui se nourrit de la vigne mystique, colombes
les

qui boivent à une même coupe, etc.


En Allemagne, dans beaucoup d'églises, on place au fond de la
coupe du ciboire un linge en fin lin, s'adaptant exactement à la coupe
et formant une sorte de corporal. Cet usage était jadis recommandé
en France pour les ciboires en étain.
CHAPITRE VIII

Des ostensoirs

L'ostensoir est un vase destiné à recevoir la sainte Eucharistie pour


être exposée à l'adoration des fidèles. Son emploi a été nécessité par
l'institution de la Fête-Dieu, et surtout de la procession du Corpus
Domini.
On commence au xn e siècle, quelques représentations
à voir,
d'ostensoirs, par exemple dans une mosaïque de Saint-Ambroise de
Milan, consacrée à l'histoire de saint Satyre. Mais les plus anciens
ostensoirs que l'on connaisse ne datent que du xm e siècle, et encore
sont-ils fort rares. Mgr Barbier de Montault n'en admet que trois
exemples authentiques de cette époque celui du musée du Vatican,
:

en cuivre doré; celui qui a figuré en 1864 à l'exposition archéologique


de Malines, portant la date de 1276; et celui de Saint-Nicolas de
Bari, qui, d'après la tradition, serait un don de Charles II d'Anjou (1).
Il est probable que les premiers ostensoirs ont été fabriqués à Liège

et sur les bords de la Meuse.


Alors qu'on n'était pas encore pourvu d'un vase spécial pour cette
destination nouvelle, on se servait de certains reliquaires des âges
antérieurs. Aussi a-t-on donné d'abord aux ostensoirs le nom de
monstrance, qui s'appliquait aux reliquaires à jour, montrant les re-
liques qu'on devait vénérer. Le terme de soleil, indiquant une forme
e e
spéciale, n'apparaît qu'au xvi siècle, et celui d'ostensoir, au xvin .

Les ostensoirs ont aussi été désignés sous les noms de arche, :

coupe-couverte custode, expositorium, gloire, joyau, majesté, Mel-


f

chisédec, porte-Dieu, porte-sacre, reliquaire, remontrance, sacraire,


saint-sacrement, tabernacle, tour, vaissel, etc. La liturgie a conservé
le terme de tabernaculum, parce que l'ostensoir n'est qu'un lieu de

passage pour la divinité de Jésus-Christ, unie à notre humanité.

(1) Revue de Vart chrétien^ t. XXVII, p. 34.


3i6 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

M. Douet d'Arc le mot ciborium a pu aussi désigner


croit que
l'ostensoir. Il un passage d'un inventaire du trésor de la
se fonde sur
cathédrale de Clermont-Ferrand; ce texte du x e siècle est ainsi conçu :

Majestât em Sanctœ Mariœ, vestitœ, cum ciborio et cum cristallo.


M. Douet d'Arc entend par là un vase sacré muni d'un cristal, et il
ajoute « II faut donc voir dans le ciboire de notre texte quelque
:

chose d'analogue, du moins quant à l'usage, à ce que nous nommons


un saint-sacrement, ou, en terme d'orfèvrerie, un soleil (i). »
Nous ne pouvons partager cet avis, parce qu'il nous paraît démontré
qu'il n'y a jamais eu d'exposition du Saint-Sacrement à découvert
au x e siècle. Il s'agit, croyons-nous, dans ce texte, de trois objets
différents : i° d'une statuette de la Vierge, représentée en Majesté,
c'est-à-dire assise et couronnée; 2° d'un ciboire; 3° d'un autre ciboire
ou d'un reliquaire en cristal.
Puisque nous avons ouvert ce chapitre par quelques remarques
philologiques, pourquoi ne dirions-nous pas, en passant, qu'on appelle
haricots du Saint-Sacrement une variété de ce légume où l'on dis-
tingue un petit ostensoir de couleur rouge sur fond blanc. Madame de
Gaulle (2) raconte en ces termes la légende qui aurait donné lieu à
cette appellation « Un jour que nous ne saurions préciser, mais qui
:

remonte probablement à une époque assez reculée, un curé de village


s'était mis en route pour porter le saint Viatique à l'un de ses parois-

siens dangereusement malade. Accompagné d'un acolyte muni d'un


cierge et d'une clochette, le bon prêtre portait ostensiblement le remède
céleste qui donne l'immortalité. A son aspect, au bruit argentin de la
sonnette qui annonce l'approche du Sauveur, hommes, femmes,
enfants sortent de leurs chaumières, et, se prosternant sur le seuil de
leurs portes tous adorent, bénissent Celui qui passe en faisant le
;

bien. Les plus fervents lui font cortège, et le groupe pieux va toujours
grossissant. Pour abréger la route (car le malade pouvait trépasser
d'unmoment à l'autre), la petite procession s'apprête à traverser un
champ de blé en herbe, tout diapré de coquelicots aux vives couleurs,
de barbeaux azurés de blanches marguerites étoilées. Il suffisait
et
que le Maître en eût besoin. N'a-t-il pas le droit de disposer des biens
qu'il a créés et qu'il a prêtés à l'homme ? Dans cette pensée, déjà le

(1) Mémoire sur l'inventaire du trésor de la cathédrale de Clermont au x e siècle, dans la

Revue archéol., t. X, p. 160.


(2) Fastes et légendes du Saint-Sacrement, p. 186.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 3i 7

prêtre a posé le pied sur ce tapis vert émaillé de fleurs, lorsqu'un


homme s'avance précipitamment vers la tête de la procession, déclare
que ce champ est sa propriété et s'oppose à ce que l'on y passe. « Je
crains, dit-il, qu'en le foulant aux pieds, vous ne gâtiez un blé qui a
sibelle apparence et que ma récolte ne soit compromise. » A la
brusque apostrophe de ce paysan, le pasteur, avec son précieux
fardeau, va reprendre sans murmure la route poudreuse un instant
abandonnée, lorsqu'un voisin, mieux inspiré, et sachant apprécier le
don de Dieu, accélère le pas à sa rencontre. —
« Je vous en prie,

dit-il, Monsieur le curé, traversez mon champ ; j'en serai trop honoré !

Quand même ma récolte en souffrirait un peu, qu'importe ? Je ne


suis pas inquiet ; partout où Dieu passe, peut-il faire autre chose que
porter bonheur ?» —
Ainsi parla ce vrai chrétien, et le Seigneur, avec
sa suite, traversa son petit domaine; c'était un champ de haricots en
fleurs, son seul patrimoine, sa seule ressource mais, dans sa pauvreté,
;

il se trouvait heureux d'avoir quelque chose à sacrifier à Dieu. Cepen-

dant les tiges de haricots, un moment inclinées, se relèvent d'elles-


mêmes, et, semblables aux vagues que divise un léger esquif, repren-
nent aussitôt leur place naturelle. Avant peu, on s'aperçoit qu'elles
foisonnent davantage ; leurs fleurs se multiplient et font place à de
nombreuses cosses remplies de grains. Le champ de haricots a, cette
année, rapporté trois fois autant que de coutume, tandis que les épis
du champ de blé voisin, quoiqu'ils présentassent, au temps de la
moisson, la plus belle apparence, ne contenaient, au lieu de bon
grain, qu'une poussière noire, grasse, fétide : tous avaient été frap-
pés de la nielle. Ce qu'il que les tubercules
y a de plus singulier, c'est
légumineux, produit du champ béni par le Sauveur, portaient tous
une empreinte rayonnée et firent souche d'une nouvelle variété du
genre, qui s'est reproduite dans plusieurs campagnes sous le nom
traditionnel de haricots du Saint-Sacrement. On y distingue un petit
ostensoir de couleur rouge sur fond blanc le rond qui figure l'hostie,
;

contenant quelques traces sensibles à l'œil nu, est entouré de rayons


et supporté par un pied qui s'élargit à sa base. Nous en avons vu et
cultivé nous-même en divers endroits, notamment en Picardie, en
Artois et en Espagne, chacun de ces lieux revendiquant l'honneur
d'avoir été le théâtre du phénomène dont la tradition a propagé le
poétique souvenir. »
L'absence de prescriptions liturgiques pour la matière de l'osten-
soir provient de son emploi récent. La plupart des Statuts diocésains
3i8 HISTÔIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

tolèrent un pied en cuivre argenté, mais ils exigent que la gloire soit
en argent et surtout que le croissant (lunula) soit en or ou en vermeil.
En on affectionne les ostensoirs en cristal de roche.
Italie,
En Espagne, les custodia de mano, qu'on place à l'intérieur des
gigantesques ostensoirs, sont parfois en or.
En France, pendant la Révolution, quand les églises furent dépouil-
lées de leurs vases d'or et d'argent, on en fabriqua en fer-blanc.
M. l'abbé Gahour a communiqué à la Société archéologique de Nantes,
dans sa séance du 20 février 1872, un ostensoir en fer-blanc, qu'il
croit avoir été fabriqué à Châteaubriand. Il serait curieux de connaître
les diocèsesoù s'établirent des fabriques clandestines de ce genre.
Les ostensoirs primitifs ne diffèrent guère des monstrances-reli-
quaires contemporaines, avec lesquelles on est exposé à les confondre.
Leurs formes sont excessivement variées. Tantôt c'est un coffret de
métal, garni d'un verre sur le devant et monté sur un pied plus ou
moins élevé ; tantôt c'est une tour ronde ou hexagone en cristal de
roche, portée sur un pied d'argent ciselé et surmontée d'un chapiteau
mobile. Quand la tour est en métal précieux, elle est pourvue de
quatre ouvertures garnies de verre ou de cristal ; elle se change
parfois en clocher pédiculé.
Au xv e insérée dans un croissant, était fréquemment
siècle, l'hostie,
placée dans un cylindre vertical, porté et maintenu par une garniture
circulaire que supporte un pied décoré de moulures. Le tube est souvent
accompagné latéralement d'appendices ornés de statuettes de saints
ou d'anges adorateurs.
Ces anciennes formes subsistent encore dans toute l'Allemagne et
dans quelques églises de Belgique, d'Espagne et d'Italie. Dans cette
dernière contrée, on conserva longtemps la forme d'une coupe dont le
couvercle était surmonté d'une flèche ou d'un dôme. En France, on
aimait à placer l'hostie dans un édicule à pignons, soutenu par deux
anges, ou au centre d'une croix, ou bien encore dans un cercle de
métal qui, plus tard, devait donner naissance au soleil.
La forme d'une lanterne terminée en pyramide persévérait au
commencement du xviir3 siècle, dans quelques églises. « Nous avons
encore, dit un écrivain de cette époque (1), un reste de l'ancienne sim-
plicité dans ce qui se passe à Rouen le jour des Rameaux. L'usage
est de porter la Sainte-Eucharistie en procession dans une espèce de

(1) La coutume de prier debout, x. II, p. 640


Livre xvii. — vases eucharistiques 3i 9

lanterne ou de tout autre verre et, quelques efforts qu'on ait pu faire
;

pour changer cet usage, cette église a toujours été assez généreuse
pour ne rien innover, quoiqu'on ait souvent offert de gros revenus
pour mettre les choses à la moderne. »
On a fait aussi porter l'hostie par des statuettes du Christ en croix
ou ressuscitant, de la sainte Vierge ou de saint Jean. A Marseille, la
statue d'argent de Notre-Dame de la Garde servait d'ostensoir pour les
processions de la Fête-Dieu on mettait, entre les mains de l'Enfant-
:

Jésus, une custode de cristal montée en vermeil, où était renfermée


la sainte hostie.
La forme de soleil, qui apparaît au xv e siècle,
mais surtout au
e
xvi , fut probablement par ces paroles de l'Écriture
inspirée :

<(Il a placé son tabernacle au milieu du soleil. » Rien assurément ne

convenait mieux pour contenir Jésus-Christ, dont la gloire est brillante


comme le soleil, et qui, Lui-même, est appelé Soleil de Justice, parce
qu'il est la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde.
En France, cette forme de soleil ne se montre guère que sous le

règne de Louis XII. On a prétendu que Raphaël en fut l'inspirateur,


pour donner une auréole à l'hostie. Nous croyons plutôt que le germe
de la forme sidérale se trouve dans plusieurs tabernacles du xiv e siècle,
où la boîte destinée à renfermer la sainte Eucharistie est entourée
d'une couronne de rayons.
A l'origine, ces rayons n'étaient point, comme trop souvent de nos
jours, multipliés et compacts, lourdement chargés de nuages de métal,
d'épis et de ceps de vigne.
En Italie, les ostensoirs, restés fort bas, n'ont guère que 3o à 35
centimètres de hauteur : tel est celui, en cristal de roche, que le Sou-
verain-Pontife portait naguère à la procession, le jour de l'octave de
la Fête-Dieu.
En France, et surtout en Espagne, on a donné à l'ostensoir des
proportions exagérées. Celui de la cathédrale de Perpignan pesait
quatre cents marcs ; il fallait huit prêtres pour porter celui de la
cathédrale de Narbonne (i). Aujourd'hui, l'ostensoir à mètre 65 i

à Notre-Dame de Paris, i m. 85 à Gerona, 2 m. à Valladolid,


3 m. 23 à Séville, 4 m. 5o à Tolède. Le poids de ces custodes est de
17b kilos à Cordoue, de 200 à Tolède et de 5oo à Séville !

Cet amour du gigantesque n'est malheureusement pas encore

(1) Robert de Hesseln > Dict t de la France, t. IV, p. 640.


320 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

éteint. En 1859, un orfèvre de Paris a fabriqué un soleil de 2 mètres


10 c. de hauteur pour l'Amérique du Sud, le pays des excentricités en
fait d'orfèvrerie religieuse (1).

Quand l'ostensoir fut devenu démesurément grand et lourd, le célé-


brant ne pouvait plus commodément le porter ; aussi, dès le milieu
du xvn e siècle, on inventa une sorte de bandoulière que le prêtre
suspendait à son cou et dont les deux extrémités supportaient un
appui, sur lequel il plaçait le pied de l'ostensoir. Plus tard, on ima-
gina une planchette recouverte d'étoffe et suspendue au dais, sur
laquelle la monstrance est déposée, maintenue seulement par mains
les

du prêtre. En ce dernier cas, le Saint-Sacrement est porté, non plus


par le prêtre, mais par les porteurs du dais, ce qui est absolument
contraire aux décisions de la Congrégation des Rites.
Les ornements de l'ostensoir, pour la tige, les nœuds et le pied,
sont à peu près les mêmes que ceux des ciboires et des calices. Dès le

xiv siècle, on voit des monstrances décorées d'émaux translucides,


e

représentant des scènes bibliques ou hagiographiques.


M. de Linas dit avoir vu, en Allemagne, deux ostensoirs belgo-
germaniques, contemporains de Philippe le Bon, l'un accosté de clo-
chettes, l'autre de grelots sphériques (2).

Dans les contrées germaniques, quand


hostie est renfermée la sainte

dans l'ostensoir, on en décore parfois la croix d'une couronne de


fleurs ou d'une couronne royale, ornée de pierres précieuses, ou bien,
ce qui est de fort mauvais goût, d'aigrettes, de fausses perles ou de
paillettes de couleur. Quand l'ostensoir est exposé, le vendredi saint,
au saint-sépulcre, on le couvre d'un voile blanc ou noir.
La Congrégation des Rites a décidé (n° 6762) qu'une croix doit
toujours dominer les ostensoirs. Les Dominicains n'en mettaient pas
aux leurs.
Quelques ostensoirs portent le nom du donateur, le monogramme
du nom de Jésus, ou bien une inscription eucharistique, par exemple,
un fragment du Lauda Sion. Une monstrance cylindrique pédiculée,
de la collection Basilewski (xiv e siècle), nous offre de très nombreuses
inscriptions, expliquant la légende de saint Henri et de sainte Cuné-
gonde représentés sur des médaillons circulaires en émail translucide
L'ostensoir est ordinairement muni d'un croissant, c'est-à-dire d'un

(1) Galette des Beaux- Arts, t. IV, p. 3oa


(2) Revue de l'art chrét., t. XI, p. 273.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 321

arc de cercle en vermeil, avec une rainure dans laquelle on place la


divine hostie. Ce système ayant l'inconvénient de détacher des par-
celles, on a voulu, depuis quelque temps, remplacer le croissant par
une lunule. C'est une espèce de custode d'or ou de vermeil, composée
de deux cercles s'emboîtant l'un dans l'autre, et de deux verres en
cristal. Assez récemment, la Congrégation des Rites a interdit cet

usage français de renfermer l'hostie entre deux lames de cristal.


L'hostie doit être placée sur la lunette, sans toucher aux parois transpa-
rentes qui la protègent.
En France, on conserve dans le tabernacle, la lunule en cristal
renfermant la sainte hostie, et on l'adapte à l'ostensoir lorsqu'on
veut faire une exposition du Saint-Sacrement. Il n'en est pas de
même en Toutes les sacristies de Rome, dit Mgr Barbier
Italie. «

de Montault (t), sont pourvues d'un vase d'argent qui se compose


de trois parties un pied prolongé en tige une boîte posée vertica-
: ;

lement et dans laquelle se conserve l'hostie de l'ostensoir, et enfin une


croix, indice de la présence réelle, d'après Benoît XIII. D'autres
fois la boîte n'a pas de pied, mais elle est toujours munie d'une croix
qui facilite l'enlèvement du couvercle. Rome ne veut pas que la lunule
de l'ostensoir soit mise à même le tabernacle, et exige un vase spécial. »
Nous allons terminer ce chapitre en donnant quelques indications
sur divers ostensoirs remarquables par leur richesse, leur valeur
forme ou quelque particularité.
artistique, leur
Aichslet. Son ostensoir, l'un des plus riches du monde, pèse
40 marcs d'or ilestenrichi de 35o diamants, de25o rubis et d'autres
:

pierres précieuses.
Aix-la-Chapelle. Mgr Barbier de Montault une (2) décrit ainsi
monstrance du xiv siècle, au trésor d'Aix-la-Chapelle « La forme
e
:

de cette monstrance, en argent doré, est très originale qu'on se figure :

un plateau rectangulaire, appuyé sur quatre pattes de lion, et, entre deux
statuettes d'anges, un pilier supportant un disque émaillé et gemmé.
Les anges ont servi autrefois de burettes ; ils sont montés mainte-
nant sur des supports crénelés. Leurs ailes mobiles formaient Panse,
les plumes émaillées imitent celles du paon. Ils ont pour vêtement une

tunique et une chape à chaperon pointu par le pectoral saillant se ;

versait l'eau ou le vin, que Ton introduisait par le cou, car la tête se

(1) Un ciboire saintongeais du xiv e siècle, dans le Bulletin de la Soc. des archives hist.
de la Saintonge, n" de juillet 1880, p. 11 5.
(2) Le trésor du dôme d'Aix-la-Chapelle,?. 3g. ,

t. n. 21
322 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

dévisse. Au dé du pilastre, on voit un émail champlevé du xn e siècle,


qui représente la Justice, IVSTITIA. Elle tient en main la balance
dans laquelle se pèsent les actions des hommes, et sa sainteté est affir-
mée par un nimbe bleu, ourlé de blanc. Le disque a une bordure en
caissons, où des feuillages alternent avec des pierres précieuses et
des perles. Ce motif est interrompu, en haut, par l'aigle de saint
Jean; à droite, par l'homme de saint Matthieu à gauche, par le lion
;

de saint Marc; en bas, par le bœuf de saint Luc; les animaux sym-
boliques sont en émail translucide. Dans le champ du disque est une
croix pattée, dont le centre contient de spongia Domini, et les croisil-
lons de ligno Dm, de capillis sci Bartholomei, dens soi Thome apost.,
de osse Zacharie pis (S. Joannis Baptistœ). Cette croix est cantonnée
de quatre médaillons en émail translucide, où sont figurées la fla-
gellation, la crucifixion (Longin intercède, à genoux, Celui dont il
reconnaît la Divinité), la descente de croix et la résurrection (deux
anges jouent du psaltérion et de la viole, le Christ bénit, et les gardes
dorment sous les arcades du tombeau). »
Au même trésor, monstrance du xiv e siècle, portant les
autre
armoiries de Louis le Grand de Hongrie. Le grand médaillon central
représente l'Agneau triomphant, avec cette inscription Agne Dei :

miserere mei qui crimina tollis. Cette monstrance est surmontée


d'une croix patriarcale qui rappelle le privilège accordé à la Hongrie
par les Souverains Pontifes.
L'ostensoir, dit de Charles-Quint, fut donné probablement par ce
prince à Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle, lors de son couronnement
en i52o. « Dans cette monstrance, dit le P. A. Martin (i), la forme de
soleil, inusitée au moyen-âge, ne fait que commencer à se montrer. On

voit l'astre apparaître sous les arcs de triomphe que les rayons absorbe-
ront un jour. Deux scènes, l'Incarnation et la Résurrection complètent
le sens du symbole. Dans l'Incarnation, le Soleil de Justice dont nous

voyons se lever l'image, s'est levé pour le monde ; dans la Résurrec-


tion, il s'est levé pour le ciel. L'Incarnation rappelle la présence
réelle, dans la sainte hostie, du corps autrefois passible et immolé
sur la croix; et la Résurrection, sa gloire actuelle dans les Cieux. La
foi adore, réunis, les anéantissements et les grandeurs de Celui qui

est tout-à-la fois le Fils de l'homme et le Fils de Dieu. »

Notons encore un autre ostensoir surmonté d'un Agnus Dei et

(i) Mélanges d'archèol, t. I, p. 12.


LIVRÉ XVII. — VASES EUCHARISTIQUES

portant cette inscription : Consecratvm per Evgenivm quartvm anno


Domini 1434.
Baelen (Belgique). —
A l'église Saint-André, ostensoir en cuivre
doré, que M. L. de Farcy (1) décrit ainsi « Le pied à six lobes est :

orné de fleurs de lis et d'autres rieurs en gravure; la tige hexagonale est


munie d'un nœud, orné de gravures. La base, sur laquelle repose le
cylindre, est soutenue par six bras en sections d'arc, contenant eux-
mêmes un trilobé ajouré. La lunette est portée par deux anges
agenouillés sur une petite base à jour. Le dais est soutenu par trois
colonnettes annelées et trois contreforts à deux étages, dont les bases
posent sur des gargouilles d'un beau dessin et d'une exécution admi-
rable; au-dessus, se trouve une statuette de la sainte Vierge avec
TEnfant-Jésus, placée dans une tourelle à six frontons, surmontée
d'une pyramide à jour, couronnée par un crucifix fleuronné. Cet
ostensoir date de la seconde moitié du xiv e siècle; mais il a été
modifié; les contreforts autour du cylindre ont primitivement été
ceux de la tourelle par des arcs-boutants qu'on a supprimés,
reliés à
probablement à cause de la difficulté d'ouvrir l'ostensoir; le pied ne
remonte pas plus haut que la seconde moitié du xv e siècle. Sur le
devant de la base du cylindre se trouve gravé I. S. M. Goris :

K. V. B. »

Barcelone. — Sa custodia, en argent doré, date du xv e siècle, mais


elle a subi diverses modifications postérieures. A la procession du
Saint-Sacrement, on la place sur un fauteuil en vermeil qui servit de
trône au roi Don Martin d'Aragon (r que huit prêtres
39,3-1412), et
ont peine à porter. Parmi les joyaux suspendus à cet ostensoir, on
compte 1206 diamants, 2,000 perles fines, 1 5 opales orientales, un 1

rubis cabochon, gros comme un œuf de pigeon, des camées, des


chaînes d'or, etc. Habituellement on se sert d'un petit ostensoir en
vermeil, de la même époque (2).
Bari. —
« Son ostensoir, dit M. L. de Farcy (3), donné par Charles II

d'Anjou à Féglise de St-Nicolas, est à huit pans, munis de cristal.


Le pied et la toiture sont enrichis de médaillons peints sur parchemin,
représentant tantôt des aigles, tantôt des rinceaux, et protégés par un
mince cristal la monture des pierreries, les filigranes, la forme du
:

nœud et tout l'ensemble de cette belle pièce qu'on peut comparer au

(1) Mélanges de décorations religieuses, 2 e année, 1* livraison.


(2) Ces deux ostensoirs ont été publiés dans le Magasin pittor., t. IX, p. 276.
3) Op. cit.
324 HISTOIRE DU SACREMENT_DE L'EUCHARISTIE

reliquaire-ostensoir de Rémi d'Ittre (Belgique), dénotent la fin du


xm e
siècle. L'inscription (HIC (EST) GORPVS DNI) qu'on lit

sur cet objet remarquable, ne laisse aucun doute sur sa destination.


Il a été transformé en reliquaire, au xvi e siècle, au moyen d'un second
étage octogonal. »
Bellem. — Son ostensoir, qui a figuré à l'exposition universelle
de 1867, a été fabriqué au xvi e siècle par Gil Vicente, sur les ordres
du roi Emmanuel, avec que lui avaient offerts divers
les tributs d'or
princes infidèles de l'Afrique orientale. Les douze apôtres, age-
nouillés au pied du Saint-Sacrement, sont d'un travail exquis.
Bénévent. —
A la cathédrale, grand ostensoir en cuivre doré, garni
de corail, du prix de 405 ducats. Mgr Barbier de Montault (1) en
parle en ces termes « Sa hauteur est de 87 centimètres. Il date
:

de 1726 et est assurément plus curieux que beau; il frappe du moins


par sa masse imposante. Le pied est rond, décoré de têtes d'anges et
des statuettes des quatre évangélistes assis. La sphère rayonne et ses
jets de lumière sont alternativement droits et flamboyants à l'extré- :

mité, brille une petite marguerite d'émail blanc. Tout autour de


l'hostie, des anges expriment leur joie en faisant de la musique. Le
corail est le produit napolitain par excellence c'est pourquoi on :

attache un grand prix à cet ostensoir vraiment original. Le corail,


travaillé avec art, imite des feuillages et est relié au métal par des
fils invisibles. Comme cet ostensoir serait trop lourd à porter à la
main aux processions, on le pose sur un plateau que l'officiant suspend
à son cou. »
Besançon. —
Le remarquable ostensoir de la cathédrale est un
don de Charles-Quint.
Bruges. —
Sa cathédrale possède un ostensoir, daté de 1 685, en
forme de rayonnant. M. Didron (2) le décrit ainsi
soleil « Au pied, :

trois apôtres dorment ou plutôt se réveillent éblouis de la gloire de


Jésus. Sur les côtés, Moïse et Elie sont descendus du ciel pour
contempler cette gloire. Dans le haut, le Père proclame que cette
hostie est son Fils, et des anges portent cette banderolle où se lit
le témoignage du Père Hic est Filins meus dilectus. Le Saint-Esprit
:

ombrage de ses ailes la scène entière qui est peuplée de dix-neuf


anges assis sur des nuages. Cet ostensoir où le pain de l'hostie est

(1) Le trésor de la cathédrale de Bénévent.


(2) Annales arch., t. XIX, p. 174.
LIVRE XVII, — VASES EUCHARISTIQUES 325

devenu Dieu, représente donc la Transfiguration, où le Christ apparut


en Dieu aux deux prophètes et aux trois apôtres. »
Cadix (Cathédrale de). —
On estime à un million de réaux la valeur
des pierres précieuses qui décorent l'ostensoir donné par Don Pedro
Calderon de la Barca.
Cambrai. —
D'Alembert a raconté que Fénelon, après la condam-
nation de son livre des Maximes des Saints, avait fait exécuter pour
sa cathédrale un soleil d'or porté par deux anges qui foulaient aux
pieds plusieurs livres, sur l'un desquels était le titre du sien. Il est
bien certain que Fénelon a donné un mais
soleil d'or à sa cathédrale,

il démontré que le prélat n'a point eu pour but d'éterniser son


a été
repentir, et que le sujet en question n'a jamais existé que dans l'ima-
gination de d'Alembert (i).
Carnac (Morbihan). —
Ostensoir en vermeil du xvn e siècle, sur le
pied duquel sont représentés la Cène et le repas d'Emmaus. Les
rayons sont, les uns en en cristal colorié en
cristal blanc, les autres

rouge. Le sacristain de ne
l'église manque pas de les
de Carnac
signaler aux touristes comme étant des pierres précieuses, et de faire
remonter au moyen âge cet ostensoir, estimé, dit-il, à une valeur
de 20,000 francs.
Cologne. —
Le grand ostensoir en vermeil de la cathédrale
(xiv siècle) a la forme d'un tabernacle flanqué de contreforts. La sta-
e

tuette ciselée de la Mère de Dieu s'élève au-dessus de la boîte en


cristal, destinée à recevoir la sainte hostie. La tige est décorée de
niches, où s'abritent les statuettes de saint Géréon, saint Christophe,
sainte Catherine, sainte Barbe, sainte Madeleine et saint Laurent. On
remarque d'autres monstrances du moyen âge aux églises de
belles
Saint-Cunibert et de Sainte-Colombe.
Conques (Aveyron). —
Le riche trésor de son église possède un
ostensoir en vermeil (xv e siècle), à végétation gemmée. Quatre reliefs
ciselés sur le pied sont de la plus grande finesse. L'hostie se place
dans un cercle entouré de lobes.
Eichstaedt (Bavière). —
Le P. Arthur Martin (2) a publié, d'après
un ancien dessin, un magnifique ostensoir en or massif et émaillé,
exécuté à Augsbourg en 1610, et aujourd'hui détruit. C'était un arbre
de Jessé qui, de ses rameaux, entourait le Saint-Sacrement.

(1) Servois, Observations sur le soleil d'or offert par Fénelon à l'église de Cambrai.
(2) Op. cit., t., IV, pl. XXXV.
ah .^O <£}
326 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Gran (Hongrie). — Deux monstrances de son trésor représentent


des époques et des styles différents. Le R. P. Martinov les décrit
ainsi : « L'une forme d'une chapelle gothique avec force
d'elles a la
tourelles qui sont superposées les unes sur les autres et surmon-
tées d'une flèche. De chaque côté de la monstrance, dont la forme cir-
culaire s'harmonise peu avec le reste, on voit les statues delà Vierge
et du Précurseur ; les mêmes figures se retrouvent dans les niches du
milieu, au-dessus delà monstrance. Tout en haut, sous un baldaquin,
se tient l'Homme de douleur, le calice à la main. La date de cette
œuvre est donnée par l'inventaire de 1 553, disant qu'elle a été exécutée
pour l'archevêque Paul Varda (i 526-1 549). On la portait dans les pro-
cessions solennelles de la Fête-Dieu Monstrantia qua in festo Sacri
:

Corporis Christi Sacrosanctum gestaiur. Par sa forme architecto-


nique, elle rappelle le mot des Écritures-Saintes Ecce tabernaculum :

Dei cum hominibus (Apocal.,xxi, 3), de même que l'autre monstrance


fait penser aux paroles suivantes du Psalmiste Insole posuit taberna- :

culum suum (Ps. xvin). Elle a, en effet, la forme de soleil rayonnant et


flamboyant. Le pied, le nœud, la tige et le récipient proprement dit de
la divine hostie sont enrichis de diamants, 'de rubis, d'émeraudes et

d'escarboucles. La croix qui surmonte le tout, le pied et l'écu du


donateur brillent d'une émaillure multicolore. Le nom du donateur et
le motif de la donation sont perpétués dans l'inscription suivante :

22 Martii 1872, medici manu e mortis ereptus faucibus ideoque Deo


gratus fier i et datœ a coronato rege crucis lapidibus orna ri jussit
princ. Primas Joannes Simor. L'usage de cette monstrance votive
est réservé aux trois jours les plus solennels le jour du nouvel an, le :

jeudi-saint et la Fête-Dieu (1). »

Hal (Belgique). — M. L. de Farcy (2) décrit ainsi l'ostensoir


conservé à l'église Saint-Martinforme d'une croix fleurde-
: « Il a la

lisée, accompagnée de deux statuettes de la sainte Vierge et de saint

Jean, et soutenue par un disque représentant le monde, divisé en


trois parties. Le tout est posé sur une base oblongue hexagonale, qui
supporte les statuettes de Louis XI et de Charlotte de Savoie à ge-
noux. Il est en argent, en partie doré, et couvert d'inscriptions. Autour
de la lunette destinée à l'hostie, on lit sur le devant Ego sum lux mundi, :

via, veritas et vita, et sur le revers Partis quem ego dabo caro mea
:

(1) Le trésor de Gran, dans la Revue de l'art chrétien, t. XXXII, p. 206.


(2) Op. cit.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 327

est pro mundi vita. Les rayons portent le nom des douze apôtres et
les quatre-feuilles, d'où se projettent les fleurs de lis, sont ornés, sur la
face, desemblèmes des évangélistes et, sur le revers, des figures assise s
des docteurs de l'Eglise. Sur la face du grand cercle, qui figure la
terre, on peut lire ^ Adoramus te Xpriste et benedicimus tibi quia
:

per crucem sanctam tuam redemisti mundum. Sur le revers Nos :

antem gloriari oportet in cruce Domini Ihesu Xpristi in quo est


sains vita et resurrexio nostra per qnem salnati et libéra ti snmns.
L'arc, traversant le cercle dans le sens horizontal, est orné de l'ins-
cription suivante O deitas clemens servorum snscipe landes et Dnlce
:

lignnm dnlces clavos dnlcia ferens pondéra. Trois petites bande-


rolles suspendues par des chaînes figurent les trois parties du monde :

on y lit d'un côté le nom des rois Mages et de l'autre le nom des
parties de l'ancien continent. Entre les mains des statues de Louis XI
et de Charlotte de Savoie, deux banderolles portent les textes Tibi :

lans tibi gloria tibi gratiarnm actio et Miserere miserere miserere


nobis. Sur la base se trouvent trois reliquaires et cette légende gravée
tout au bord Claro paschali gandio sol mnndo nitet radio cnm
:

Xpristnm iam aposloli visn cernnnt corporeo. Des quatre-feuilles


ajourés décorent tout le contour du soubassement, au milieu duquel
un écusson aux armes de Louis XI rappelle que ce bel ostensoir fut
offert par ce prince à Notre-Dame de Hal. »
A cette même église, se trouve le magnifique ostensoir donné
en i5i3, par Henri VIII, après le siège de Tournai.
Hasselt (Pays-Bas). — Saint-Quentin possède un
L'église de
ostensoir, fait, en 1286, pour l'exposition d'une hostie miraculeuse.'
Il provient de l'abbaye de Herckenrode, comme l'indique une inscrip-

tion. Le pied est muni de six cavités, en forme de quatre-feuilles,


destinées jadis à recevoir des reliques que recouvraient des plaques
de cristal.

Léau (Belgique). — A Saint-Léonard, ostensoir du xv e


siècle. « Le
pied est entouré d'une plate-bande ornée de trèfles et de quatre-
feuillesdécoupés à jour; les angles, où se réunissent les lobes, sont
gracieusement remplis par des feuilles ciselées. La tige s'élève au
milieu d'un petit édifice à jour avec des contreforts aux angles. Le
nœud muni de boutons en forme de losanges ornés de fleurs
est
ciselées; les espaces entre ces boutons sont occupés par un fenestrage
ajouré. La base, sur laquelle repose le cylindre, s'appuie sur trois
sections d'arc polylobée.s. Le dais, soutenu par trois contreforts en
328 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

retraite,ornés chacun d'une statuette d'un saint évêque, est surmonté


d'une tourelle à deux étages, couronnée par une pyramide à jour qui
se termine en croix. L'étage inférieur de la tourelle abrite une sta-
tuette de saint François d'Assise à genoux. Entre les contreforts, et à
leur base, se trouvent douze anges portant instruments de la
les
Passion, et six séraphins. Cet ostensoir date de 1450 environ ; certaines
parties, il est vrai, ont un caractère plus antique, mais l'artiste s'est
probablement servi de moules anciens ayant appartenu à un prédé-
cesseur. L'arrangement primitif de la lunette a été conservé celle-ci ;

est mobile; on enlève d'abord le couronnement, puis le cylindre et


enfin la lunette (1). »

Lind (Pologne). —
Au couvent des Capucins, ostensoir en vermeil

donné par Etienne Batory, roi de Pologne, aux Pères Jésuites de


Riga. On y lit cette inscription « Stephanus D. G. rex PoL M. D. S.
:

hostibus patris, reaiperataque Livonia, monumentum D. D. A.


D. i583, regni sut septimo. »
Louvain. —
Très bel ostensoir à Notre-Dame des Domini-
caines, Trois groupes de colonettes, dit M. le chanoine Van
ce

Drivai (2), accompagnent le cylindre de cristal; des arcades à jour


relient ces colonnettes les unes aux autres, et le tout est surmonté de
la plus admirable tourelle, toute découpée, toute en dessins d'archi-

tecture, mais d'architecture fleurie, idéale, produite par l'objet même


qu'il s'agit de décorer, et non pas reproduisant purement et simple-
ment de l'architecture ordinaire. C'est comme une mystérieuse végé-
tation où vous voyez habiter les images de Notre-Seigneur, de sainte
Claire, des douze apôtres et d'autres saints. C'est un travail où tout
respire la liberté et la beauté de l'imagination de l'artiste, ou rien ne
sent les entraves de règles étroites ni la servitude de l'imitation. »

Marcoussy (Seine-et-Oise). — J. B. Thiers (3) décrit de la manière


suivante le Montagu, sous le règne de
célèbre ostensoir que Jean de
Charles VI, donna aux Célestins de Marcoussy « Le pied qui sert :

de base est de bonne forme ovale, embouty et relevé par-dessus. Il y a


quatre Chérubins au dessous du bord qui le soutiennent, et quatre
autres qui servent d'ornement sur sa connexité. Son étendue est de
sept pouces et demy de long sur cinq pouces et demy de large. De ce

(1) L. de Farcy, op. cit.


(2) L'Exposition de Maîines, dans la Revue de l'art chrétien, t. VIII, p. 533.
(3) De l'expos. du Saint^Sacrement, 1 II, ch. 11, p. 23i.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 32Q

pied sort une tige ornée de


quatre Chérubins adossez l'un
contre l'autre. Elle se termine
par un feuillage d'où sortent
deux cornes d'abondance et
deux ceps de vigne, chargez
de grappes de raisin et entre-
lassez d'épics de bled. Ces
cornes d'abondance qui se
jettent à droite et à gauche
soutiennent les ceps de vignes
et les épies de bled qui se
perdent et sont couverts d'un
nuage. Toute cette partie, sça-
voir le pied, la tige et ses
branches et les nuages qui
sont d'argent doré, s'élève à la
hauteur de douze pouces et de
trois lignes. Sur le nuage il
y
a deux anges debout, hauts de
cinq pouces et neufs lignes
chacun, et éloignez l'un de
l'autre de deux pouces. Ils

sont d'un or très-pur, et leurs

vestement faits en manière


d'aube. De leurs mains ils sou-
tiennent un crystal de roche
taillé en rond et en forme de
cylindre, de trois pouces de
long sur trois pouces et demy
de diamètre. Il est creux par Ostensoir de Marcoussy.
dedans etque deux lignes
il n'a
d'épaisseur. Les deux bouts sont fermez par deux placques d'or gra-
vées de part et d'autre. Sur la face entérieure de l'une, est gravée la
Transfiguration de nostre Seigneur sur l'autre partie intérieure il y
;

a un ange à genoux qui tient un encensoir; et sur l'autre, on voit aussi,


sur la partie de dehors, nostre Seigneur agonisant entre les bras d'un
ange, et par le dedans un ange pareil à celuy de l'autre bout, qui
tient un encensoir. Il y a dans ce crystal un croissant ou une lunule
33o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

d'or, qui s'emboëte dans un pivot et dans lequel on met la sainte


Hostie. Ce surmonté et à demy-couvert d'un petit édifice
crystal est
en façon d'église, tout d'or de trois pouces et demy de haut ».
Milan. —
Le plus ancien exemple d'ostensoir est peut-être celui
qu'on voit entre les mains de saint Satyre, dans la mosaïque absidale
de Saint-Ambroise. «Le pied est celui des calices, dit Mgr Barbier de
Montault(i). Au-dessus, s'élève un tube cylindrique bleu, avec deux
longues raies blanches verticales. La partie supérieure se termine par
une petite coupole, plus étroite que le cylindre, et une croix. » A la —
cathédrale de Milan, on voit une monstrance en cristal de roche, mon-
tée en or (xv e siècle).
Mons (Belgique). — A Sainte- Waudru, un ostensoir du xiv e siècle
a été métamorphosé en un reliquaire où se trouvent aujourd'hui des
reliques de saint Eloi et de saint Laurent.Le pied est orné de l'écus-
son armorié du donateur, dont l'inscription suivante fait connaître le
nom Maistre Pierre Cramette, secrétaire du roj, chanoine de Noion
:

et de ces te église.
Reims. —A la cathédrale, ancien reliquaire du xm e
siècle, méta-
morphosé en ostensoir. Il a la forme d'un clocher à cinq pans. Cet
édicule, en cuivre doré, repose sur une petite galerie à jour, soutenue
par deux contreforts à trois étages, et ornée de clochetons et
d'ogives. La tige est fixée sur un pied à six pans, en forme de
rose. Au milieu de l'ostensoir, est un tube de cristal qui s'enlève à
volonté.
Rome. —
A la basilique Saint-Pierre et au musée du Vatican, on
voit de remarquables ostensoirs de toutes les époques, depuis le
xm e siècle jusqu'à nos jours. L'ostensoir, dit de la Fête-Dieu, date du
e
xvi siècle. Son pied, en cristal de roche, monté en or, est enrichi
d'émaux translucides. La partie supérieure est en forme de soleil.
Séville (Cathédrale de). —
On oublie son petit ostensoir en or,
décoré de pierreries, quand on se trouve en face de sa gigantesque
custodia, véritable temple à cinq étages, tout en argent, pesant plus
de 5oo kilogrammes. Ce prodigieux tabernacle, qui a 3 m 6o c. de hau-
teur, fut exécuté en 1587, par Juan Arphé y Villafosse, qui a mérité
par là le surnom de Benvenuto Cellini de l'Espagne. On remarque
au premier étage une statuette de l'Immaculée-Conception, par
Juan de Segura; au troisième, l'Agneau mystique et les sept sceaux;

(1) Rev. de l'art chrét., 2 e série, t. XV, p. 1 56.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 33i

au sommet, la figure de la Foi, beaucoup mieux placée là que sur


la Giralda. Il faut vingt-quatre hommes pour hisser cet ostensoir
sur le monument o du jeudi-saint, ou pour le porter dans les pro-
cessions.

Ostensoir de Sinzenich.

Sinzenich (Allemagne). — Monstrance du xvi e siècle. Dans l'inté-


rieur du premier étage, deux chérubins ciselés soulèvent avec leurs
mains le croissant de la lune. Aux deux côtés du cylindre de verre,
les statuettes de la sainte Vierge et de saint Jean sont surmontées

d'un gracieux couronnement. Le cylindre est abrité par un charmant


33 2 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

baldaquin porté sur quatre colonnettes, au milieu desquelles on voit


une statue d'évêque et douze anges musiciens.
Tolède. —
Ostensoir commandé, en i5i5, pour sa cathédrale, par
le cardinal Ximénès. « Cette grande custodia,dit M. Germond de
Lavigne (i), ne sert qu'à la procession de Fête-Dieu. Elle est en
la
argent doré, de 4 mètres et demi de hauteur, de forme pyramidale,
composée de trois corps, d'une richesse inouïe d'ornements, de cise-
lures et de merveilles d'orfèvrerie. Elle pèse 795 marcs. Les diamants
y sont semés à profusion, et aussi les émaux les plus précieux. Toutes
les pièces de cette immense machine sont assemblées par 80,000
viroles, et il a fallu rédiger un livre tout entier pour indiquer com-
ment elle se démonte et comment se classent toutes ses parties.
La fabrication, qui a duré cent ans, est l'œuvre de trois générations
d'artistes allemands, Henri de Arphé, son fils et son petit-fils. Ajou-
tons que cet ostensoir, orné de 260 statuettes, en contient un plus petit
pesant 16 kilogrammes, en or pur, que la reine Isabelle-la-Catho-
lique fit exécuter avec les premiers lingots d'or que Christophe
Colomb rapporta d'Amérique. »

Il y a des ostensoirs plus ou moins remarquables dans les églises

d'Amettes (Pas-de-Calais), de Baupréau (Maine-et-Loire), de Crespin


(Nord), de Saint-Jacques-de-Compostelle, de Cordoue, de Dantzig
(xiv e siècle), de Dijon, d'Evora (Portugal), de Gerona et de Léon
(Espagne), de Narbonne, d'Orsbach (Prusse), de Palencia (Espa-
gne), de Perpignan, de Rœulx (Nord), de Saint-Jean-du-Mont (Ven-
dée), de Santiago (Espagne), de Saragosse, de Valladolid, de Val-
lendar, près Coblentz ; au musée de Cluny ; dans les collections
particulières de MM. Basilewski, L. de Farcy (d'Angers), Paren-
teau, etc.
L'orfèvrerie religieuse de nos jours a produit un certain nombre
d'ostensoirs, véritablement dignes de leur destination tels sont ceux
:

exécutés par M. Armand Cailliat, pour Notre-Dame-de-la-Salette,


Notre-Dame de Lourdes, Saint-Bonaventure et l'Immaculée-Concep-
tion de Lyon, Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, Saint-Médard
d'Eyran (Gironde) ; par M. Cauzier-Lahaie, pour la cathédrale de
Toul par M. Froment-Meurice, pour la Madeleine de Paris, la
;

cathédrale de Cologne, le Sacré-Cœur d'Issoudun, la chapelle du


Pape ; par M. Trioullier, pour l'église de Bercy ; par M. Poussielgue-

(1) Itinéraire de l'Espagne, p. 3oo.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 333

Rusand, pour les cathédrales de Paris, Bourges, Reims, Avignon,


Nîmes, Bordeaux, et Saint-Vincent-de-Paul de Marseille.
M. l'abbé Pougnet (i) décrit ainsi l'ordonnance de ce dernier osten-
soir, exécuté d'après ses propres dessins « Quatre grands reptiles :

ailés se raidissent sous leurs serres puissantes pour former les nerfs
principaux du pied dont ils garnissent les angles, fournissant ainsi
une assiette solide à l'ostensoir. Leur cou descend sur la terre, contre
laquelle leur mâchoire inférieure semble clouée. On reconnaît qu'ils
sont condamnés à ramper la tension de leurs muscles indique les
;

efforts qu'ils font pour résister ils cherchent à se redresser, mais


;

des animaux plus petits s'acharnent après eux et s'attachent à leurs


oreilles ou à leur cou pour les dévorer. Aussi la gueule béante des
monstres témoigne d'une rage impuissante ils sont vaincus leurs ; ;

yeux jettent le feu, leurs narines s'élèvent contre le ciel leurs queues, ;

terminées par une tête sauvage, se replient convulsivement et mor-


dent avec fureur de plantureux feuillages qui se recourbent en volutes
gracieuses. Des statues couronnées, tenant divers attributs, sont assises
paisiblement dans les rinceaux, et de jeunes enfants se sont élancés
sur dos contracté des quatre monstres, qu'ils foulent aux pieds.
le

Ces monstres sont l'aspic et le basilic, le lion et le dragon. Un léger


ruban les relie et limite la bordure du pied, dont les quatre faces,
tournées vers les quatre points cardinaux, sont entièrement formées
de rinceaux à jour, entremêlés de toute une population d'animaux sau-
vages ou domestiques singulièrement accouplés : le lion et la brebis,
le léopard et le chevreau, l'ours et le veau, le loup et l'agneau. Des
enfants s'y montrent pareillement, et quatre autres statues couronnées
y sont alliées, les pieds posés sur des serpents. Des grenats, des
perles, des filigranes ornent cette partie du pied, et l'on remarque
des pierres diverses, jusque dans les yeux et sur la tête des monstres.
Le premier nœud est tout diamants et d'amé-
de filigranes, de
thystes. Au-dessus, Isaïe ou Jessé, père de David, couché sur le feuil-
lage, la tête élevée, regarde en haut, comme s'il cherchait à pénétrer
le mystère du bel arbre dont il est la racine. Cet arbre est de la plus

riche végétation : c'est une vigne à rameaux entrelacés et chargés de


fruits. Le rameaux
cep, cerclé d'abord, s'épanouit, et porte, assis sur des
latéraux, deux rois, David qui joue de la harpe, et Salomon avec le
sceptre et l'image du Temple surmonté d'une nuée. La tige continue

(i) Bulletin de la Société arch. de Tarn-et-Garonne, 1869, t. ï, p. 3oi.


334 HISTOIRE DU SACREMENT DE L*EUCHARISTÎË

à s'élever, semée d'améthystes et de diamants, et se sépare enfin en


quatre branches vigoureuses, qui ne cessent de s'entrelacer. A ce point
de la tige est l'image de la très sainte Vierge, le serpent sous les
pieds ; elle porte l'enfant Jésus dans ses bras, et semble lui aider à
enfoncer la croix dans la tête du serpent.Une couronne de diamants
lui sert de dais. Derrière elle, est un tombeau, dont la pierre a été ren-
versée ; le linceul y est vide, et au-dessus s'élève la croix triomphante
de la Résurrection. Au milieu des rameaux resplendit une
immense
fleur à nombreux et riches pétales, en forme de quatre-feuilles on ;

y voit les quatre animaux ailés, attributs ordinaires des Evangélistes,

auxquels s'opposent les quatre fleuves du Paradis répandant leurs


eaux, l'Agneau de Dieu, sept colombes, des aiglons réunis autour de
la sainte custode, de riches filigranes constellés de diamants, du milieu
desquels se détachent douze pierres du rationai et douze étoiles,
les

enfin une couronne de un diadème de brillants,


feuillage qui encadre
autour du cristal qui protège la sainte Eucharistie. Les branches de
vigne qui entourent notre fleur, portent des raisins en diamant, des
perles, dont une très précieuse, et des rubison y remarque aussi des
;

brillants isolés. Enfin, un nœud de diamants réunit les entremêlés


des rameaux à la croix terminale, toute resplendissante de brillants et
d'émeraudes. Des rayons droits, alternés avec des rayons flamboyants,
s'élancent de la custode à travers les ceps de vigne et leur feuillage,
formant ainsi une splendide auréole à Notre-Seigneur et complétant
l'ostensoir. »
Un non moins remarquable, également exécuté par
ostensoir
M. Poussielgue-Rusand, sur les dessins du P. Arthur Martin, est
celui de la cathédrale de Bourges. Il est composé de trois parties par-
faitement distinctes concourant ensemble à former un tout harmonieux
et dont le symbolisme est aussi remarquable que la composition.
Des anges assis aux quatre angles du pied écrasent quatre dragons,
symboles des quatre puissances des ténèbres. Sur chaque face, un
grand médaillon, en émail cloisonné, représente les quatre points
cardinaux, autour desquels d'autres émaux reproduisent l'image des
apôtres qui ont évangélisé cette partie du globe. La tige, ornée de
feuillages grimpants et tournants, est accompagnée de deux rinceaux
qui soutiennent deux anges méditant le Mystère eucharistique. La
gloire est formée de rayons et de fleurons alternés, entourant un
quatre-lobes dont le centre est occupé par la custode. Dans les quatre-
lobes sont placés les quatre evangélistes entourés d'émaux brillants.
LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 335

Ostensoir de la cathédrale de Bourges

Enfin la croix, ornée de feuillages et de rinceaux, couronne le tout.


Les deux faces de l'ostensoir sont semblables, à l'exception des évan-
gélistes qui sont remplacés au revers par des émaux cloisonnés, repré-
sentant les quatre fleuves du Paradis terrestre. Cette magnifique pièce
d'orfèvrerie est ornée, depuis la base jusqu'au faîte, d'émaux, de fili-

granes et de pierres fines.


CHAPITRE IX

Des burettes et bassins de Lavabo

Tant que persista l'usage pour les fidèles d'offrir le vin du Sacrifice,
ils le présentaient dans des vases de formes diverses ; le diacre le

transvasait tantôt dans le calice sacerdotal, tantôt dans le calice minis-


ou dans le vase nommé scyphus, ou bien encore dans une
tériel,

grande burette, nommée ama ou amula. Quand le clergé resta chargé


de fournir la matière du Sacrifice, le vin fut mis dans un vase spécial
désigné sous le nom de burette.
Jadis, quand les fidèles présentaient une grande quantité de pain
et de vin, il était convenable que l'officiant qui avait manié ces
offrandes se purifiât les mains : c'est ce qu'il faisait en se les lavant
dans un bassin (aquamanile), où l'eau était ordinairement versée avec
une aiguière [urceus). Après la suppression de l'offrande par les
fidèles, surtout après l'adoption des petites hosties, il n'y avait plus
les mêmes raisons matérielles de se laver les mains. Toutefois, comme
cette cérémonie un sens symbolique, la liturgie
avait devait en
conserver Seulement, à partir du xv e siècle, la rubrique
la tradition.

ne prescrivit plus aux prêtres que l'ablution de l'extrémité des doigts,


coutume qui, d'ailleurs, était très ancienne dans certaines églises.
« Cet usage, dit le P. Le Brun (i), est fondé sur deux raisons, l'une
naturelle, l'autre mystérieuse. La raison naturelle est qu'on a princi-
palement en vue de tenir fort propres les deux doigts qui doivent
toucher le corps de Jésus-Christ. Or, on ne le touche qu'avec l'extré-

mité du pouce et de l'index de chaque main. La raison mystérieuse


de cet usage nous a été donnée, depuis plus de douze cents ans, par
l'auteur de la Hiérarchie ecclésiastique. «Cette ablution, dit-il (2), ne
se fait pas pour effacer les souillures du corps, elles ont déjà été lavées,

(1) Expîicat. des cérém., 3 e partie, art. vijl, § 1.

(2) Cap. lui.


LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 33 7

mais pour marquer que l'âme doit se purifier des moindres taches :

c'est pour ce sujet que le prêtre lave seulement l'extrémité des doigts
et non pas les mains. »

On comprend que, pour se laver seulement l'extrémité des doigts,


il suffise d'une petite quantité d'eau, et, par conséquent, d'un vase de

très petite dimension.


L'antique usage, déjà mentionné par le IV e concile de Carthage, a
persévéré pour l'évêque qui se lave encore non pas seulement les
doigts, mais les mains, avec aiguière, grand bassin et serviette.
On a prétendu que burette, diminutif de buire, dérive de buis,
parce qu'on, aurait fait d'abord ces récipients en bois de buis. Ces
vases liturgiques sont aussi désignés sous les noms de ama, am- :

pulla (i), amula, buretta, fons, hama, lagena, poculum, scyphus, ur~
ceolus, urceus ; beuvrette, buirette, canette, chopine, chopinette, chop-
pineau, cruet, urceau, urcel, etc.

Visconti croit qu'ama, amula désignent plus particulièrement la


burette du vin ;
scyphus et fons, celle de l'eau. MgrMartigny dit qu'on
donnait plus spécialement le nom à! hama aux vases dont la panse
était arrondie.
Des burettes sont désignées dans le Liber pontificalis sous le nom
de staupos (de cria^tv, verser?). La bouteille où se trouve l'eau chaude
que les Grecs versent dans le calice, avant la communion, s'appelle
Çeov [lagenuld).
La liturgie n'a point déterminé la matière des burettes, mais divers
conciles provinciaux ont prescrit qu'elles soient en verre ou en cristal,
afin qu'on puisse distinguer facilement le vin d'avec l'eau. En 1868,
la Sacrée Congrégation des Rites a déclaré tolérable l'usage des bu-
rettes d'or et d'argent, sans faire aucune distinction entre les fêtes
solennelles et les autres jours.
Le pape Damase et Anastase le Bibliothécaire mentionnent des
burettes d'or ou d'argent dues à la générosité des papes et des empe-
reurs. Quelques-unes étaient ornées de pierres précieuses. Mais, dans
le plus grand nombre des églises, les burettes étaient en bois, en terre-

cuite, en cuivre, en étain, en verre ou en cristal. Les inventaires en


signalent plusieurs en ambre, en onyx, en béril, et en d'autres ma-
tières précieuses.
Les formes des burettes ont été assez variées ; il y en avait avec ou

(1) On dit ampuîette en italien.

T. 11. 22
338 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

sans pied, avec ou sans anses, avec ou sans couvercle protecteur.


Parfois elles étaient munies d'un conduit plus ou moins étroit. Au
moyen âge, quelques-unes sont enrichies de figurines, d'ornements
Le burin de l'orfèvre y grave des médaillons his-
ciselés et émaillés.
Les burettes en cristal sont souvent accompagnées d'une élé-
toriés.
gante monture en argent, en vermeil ou en or.
Sous le règne de la communion sous les deux espèces, les burettes
devaient nécessairement avoir une plus grande capacité que celles
de nos jours. Les indications d'Anastase le Bibliothécaire, nous
donnent l'idée de leurs dimensions, quand elles déterminent, pour les
amulœ de métal, un poids de cinq, dix, vingt, trente et même qua-
rante livres.
Quand les burettes étaient en métal, il était important d'éviter de
confondre l'eau avec le vin : aussi voit-on certaines paires de burettes,
dont Tune seule est dorée. La précaution de mettre un V (
Vinum) sur
la burette au vin, et un A (Aqua) sur la burette à l'eau ne paraît dater
que du xiv e siècle. On représente souvent une grappe de raisin sur le

couvercle de la qu'une touffe de roseaux décore la


première, tandis
seconde. Sur une burette en cristal de roche, du palais Borghèse à
Rome, nous dit Mgr Barbier de Montault, on voit gravée une écre-
visse, pour indiquer l'élément de l'eau.
De même que la burette a remplacé la grande aiguière, ainsi un
petit plateau a été substitué à l'ancien bassin, qu'on appelait aquama-
?iile, aquamantile, aquamanualis, manilium, vas manuale.
Dans les églises riches, ces bassins étaient en argent ou en cuivre
émaillé ; dans les autres églises, en terre-cuite, en cuivre, en étain,
etc. La forme desbassins était aussi variée que celle des aiguières.
Brunehaut offrit à la basilique de Saint-Germain d'Auxerre, un
aquamanile pesant trois livres neuf onces, au milieu duquel était
représenté Neptune armé de son trident. Au vn e siècle, Didier, évêque
d'Auxerre, donna à son église des aquamanilia dont le manche était
décoré d'une tê;e humaine. Un inventaire de l'église Saint-Martin de
Mayence(i) énumère des bassins en forme de lion, de dragon, de
griffon, d'oiseaux et d'autres animaux
Au moyen âge, les bassins sont souvent émaillés ; des médaillons,
ordinairement au nombre de cinq, sont décorés de compositions reli-
gieuses qui se détachent sur un fond d'émail bleu-clair. On trouve

(i) Victor Gay, Glossaire arch. } p* 12*


33 9

aussi de modestes plats creux et circulaires, simplement ornés de


dessins à lignes ponctuées et présentant, au centre, une étoile à huit
pointes.
On donnait le nom de pelves, ciminalia, gemelliones (jumelles) à une
paire de bassins jumeaux superposés, dont l'un, garni d'un goulot,
servait à verser l'eau sur les mains du prêtre officiant, et l'autre à
recevoir le liquide. Ainsi donc, le premier servait d'aiguière, et l'autre

à'aquamanile. Ces gémellions, usités dès le v e siècle, furent exécutés


au moyen âge en émail de Limoges. Les émaux qui décorent le fond
sont inscrustés dans le métal et ne forment aucune saillie, ce qui était
nécessité par la destination même de ces bassins. Le sujet le plus
fréquemment représenté est Pilate se lavant les mains. On y voit aussi
des sujets profanes et des armoiries.
Nos plateaux modernes, circulaires en Italie, oblongs en France,
sont quelquefois munis de pointes, de bandeaux ou d'autres parties
saillantes, pour maintenir les burettes.
A Rome, dit Mgr Barbier de Montault (i), le plateau reste à
demeure à la crédence. Pour apporter les burettes de la sacristie et
les y reporter après la messe, le clerc les met dans un petit panier

d'osier ou de fer-blanc, peint en vert, qu'il pose sur la crédence. Ce


panier est oblong, à double compartiment, et muni d'une anse au
milieu.
Les aiguières ne sont point rares dans les musées et les collections
particulières mais il est assez malaisé de déterminer celles qui ont
;

servi au culte. On considère comme d'antiques burettes, des vases en


verre blanc colorié, trouvés dans les catacombes et portant sur leur
panse l'image du Sauveur et de saint Pierre, des brebis, des colombes,
etc., ainsi-que les deux vases en argent doré du musée du Vatican,

portant d'un côté l'image nimbée de Jésus-Christ et, de l'autre, celle


de saint Pierre.
e
Bianchini (2) a publié une burette du iv siècle, où se trouve
le miracle de Cana, sans doute par allusion à la transsubstantia-
tion.
Nous avons vu à Angers, dans la riche collection de M. L. de
Farcy, des burettes et leur plateau, en cuivre repoussé, de la fin du
xvn e siècle. Sauf les instruments de la Passion, rien de religieux no

(1) Traité de la constr. des églises, t. I, p. 341.


(2) Not. inAnast. } in vitaS. Urbani.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

caractérise le plateau. Les burettes, d'une forme toute particulière,


sont décorées de fines gravures.

Burette du iv e siècle. Burette du xvn e siècle.


(Bianchini.) (Cabinet de M. de Farcy.)

On conserve des aquamanilia remarquables à la cathédrale de


e
Minden (xn e siècle), à l'église de Herford (xn siècle), à celle de Cam-
bronne (Oise) ; et des burettes de haute valeur à Notre-Dame d'Aix-
la-Chapelle, à Saint-Lambert de Dusseldorf, à la Bibliothèque Natio-
nale de Paris, au Vatican, aux musées du Louvre, de Pesth, etc.

Nous avons parlé précédemment (i) de la petite cuiller avec laquelle,


en Espagne, en Belgique et en Allemagne, on puise, dans la burette,
mise dans le calice. Il ne nous reste plus qu'à dire
l'eau qui doit être
un mot du manuterge, petit linge avec lequel le prêtre essuie ses
doigts, après le lavabo. Il en est déjà question dans le quatrième
concile de Carthage, où il est dit qu'à son ordination, le sous-diacre

(i) Tome II, page 278.


1

LIVRE XVII. — VASES EUCHARISTIQUES 34

reçoit l'aiguière et lemanuterge des mains de l'archidiacre. Ce linge


est désigné sous le nom de perfusorium, dans le XIV Ordre romain.
e

Le manuterge, d'après les décisions de la Congrégation des Rites,


ne doit pas être placé sur les burettes ni sur le calice, en allant à
l'autel ou en en revenant, mais sur le plateau des burettes ou sur la
crédence. Dans un certain nombre d'églises, le manuterge est attaché
au côté droit de l'autel. A Lyon, on lui donne près de deux mètres
de hauteur.

Burette et plateau exécutés par M. Poussielgue-Rusand pour Notre-Dame de Paris.


LIVRE XVIII

DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

Le une conséquence logique du dogme de


culte de l'Eucharistie est
la présence Puisque Notre-Seigneur est contenu réellement,
réelle.
substantiellement et d'une manière permanente dans ce sacrement
divin, nous devons rendre un culte de latrie, intérieur et extérieur,
à Jésus-Christ caché sous les espèces du pain et du vin. Ce cuite,
pendant tous les siècles chrétiens, a été la vie même de l'Église, et
tous les âges ont répété ces paroles de Y Apocalypse (v, 6): « L'Agneau
qui a été immolé est digne de recevoir les honneurs de la Divinité,
les louanges, la gloire et les bénédictions. »
Dans les premiers siècles, alors que les fidèles emportaient la sainte

Eucharistie à leur domicile et même en voyage, il n'était guère


possible de rendre au Saint-Sacrement tous les honneurs qui lui sont
dus : les motifs d'utilité devaient primer toute autre considération.
Mais, quand les hérésies eurent attaqué ce divin Mystère, l'Église dut
protester par le développement d'un culte extérieur, qui grandit de
plus en plus. En diverses contrées, ses progrès furent entravés par les
subtiles arguties du Jansénisme et par la sectedu anti-liturgique
xvm e
siècle, favorisée par Joseph II en Allemagne en Belgique, et
par Léopold en Toscane. Le xix e siècle a dissipé la plupart des nuages
accumulés par ces hérésies, et, sous l'heureuse impulsion de Pie IX,
il a fait resplendir le culte eucharistique d'un éclat incomparable. La
344 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

France y a pris la plus large part, et M. de Benque a exprimé une


vérité incontestable, en disant à l'assemblée générale des Comités
catholiques de France, le 20 avril 1876: « Nous croyons pouvoir dire,
sans crainte d'être contredit, qu'il n'y a pas un autre pays au monde
où le Saint-Sacrement soit plus aimé, plus honoré que dans notre
cher pays de France. » Loin de nous la pensée de méconnaître la piété

eucharistique des diverses autres nations catholiques, par exemple, de


telle province d'Espagne où l'on s'aborde par ces mots Loué soit :

Jésus-Christ au très Saint-Sacrement de l'autel (1); de cette Italie,


pleine de vénération pour ses églises du Corpus Domini, se souvenant
sans doute que le Saint-Sacrement fut jadis intronisé roi de Florence
par Savonarole. Là, comme ailleurs, il y a malheureusement beau-
coup de Chrétiens qui ne mettent point leur dévotion en harmonie avec
leur foi, ce qui surprend étrangement ceux-là mêmes qui ne partagent
point nos croyances. Le P. de Géramb racontait qu'un jour un Musul-
man lui avait dit « Je m'étonne de l'indifférence des Catholiques pour
:

l'Eucharistie. Si je croyais, moi, à la présence réelle de Dieu dans


Téglise, je m'y rendrais toujours à genoux. »
L'histoire complète du culte de l'Eucharistie demanderait des déve-
loppements considérables; restreint, comme nous le sommes, dans
d'étroites limites, nous devons nous borner à parler sommairement
i° de l'adoration de l'Eucharistie, en général; i° de certaines marques

spéciales de respect et d'adoration envers l'Eucharistie; 3° des fêtes


du Saint-Sacrement; 4 de l'exposition et de la bénédiction du Saint-
Sacrement; 5° des lampes du Saint-Sacrement; 6° des œuvres eucha-
ristiques.

(1) La piété eucharistique des Espagnols éclata à la suite de la capitulation de Baylen,


en 1808. Les prisonniers français, conduits à Cadix, allaient être massacrés par la rage
populaire; on plaça le Saint-Sacrement au milieu d'eux, et ils restèrent alors à l'abri de
tout danger.
CHAPITRE I

De l'adoration de l'Eucharistie, en général

Des auteurs protestants ont prétendu, uns que l'adoration de les

l'Eucharistie n'avait commencé qu'au xi siècle (i); les autres, que e

cette adoration ne s'était produite qu'au xm


e
alors que le pape ,

Honorius III prescrivit de s'incliner à l'élévation de l'hostie (2). Tout


ce que nous avons dit dans le Livre de la Présence réelle suffit pour
démontrer la fausseté de ces assertions. Bornons-nous donc à ajouter
ici quelques témoignages des Pères de l'Église, spécialement relatifs à

l'adoration du Sacrement de l'autel.


Origène, en divers endroits (3), proclame que le mystère de l'Eu-
charistie est adorable et recommande aux fidèles de s'humilier devant
le Seigneur, caché sous les voiles de l'Eucharistie.

Dans l'oraison funèbre qu'il consacre à sa sœur Gorgonie, saint


Grégoire de Nazianze dit, qu'étant affligée d'une maladie incurable,
elle alla se prosterner au pied de l'autel et qu'elle invoqua « Celui qui

y est adoré. »
« Après la communion au corps de Jésus-Christ, dit saint Cyrille
de Jérusalem (4), approchez-vous du calice de son sang, non plus en
étendant les mains, mais en vous inclinant en signe d'adoration et de
vénération.
« Nous adorons encore aujourd'hui, dit saint Ambroise (5), la chair
de notre Rédemption, et nous l'adorons dans les mystères qu'il a
institués et qui se célèbrent tous les jours sur nos autels. »

(1) Daillé,De cuit. Latin., 1. VII, c. xni.


(2) Hospinien, Hist. sacram., t. I, 1. IV, p. 372 ;
Larroque, Hist. de l'Euch., 1. III,
ch. iv.
(3) Hom. XIII in Exod.; Hom. V in Is.; Hom. V in div. Nov. Test, locos.
(4) Cat. Vmyst.
(5) De Spirit. Sanct., 1. III, c. xn.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

« Personne, dit saint Augustin (i), ne mange la chair de Jésus-


Christ, sans l'avoir auparavant adorée; et bien loin que nous péchions
en l'adorant, ce serait pécher que de ne point l'adorer. »
Saint Jean Chrysostome dit, dans son Discours aux néophytes :

« La table royale est dressée, le Roi lui-même y est présent .... adorez
et communiez. » En divers autres endroits (2), saint Jean Chrysos-
tome parle des Puissances célestes qui environnent le sanctuaire et
qui rendent leurs adorations au Dieu de l'Eucharistie. Saint Nil (3)
ajoute que le saint archevêque, en célébrant les saints Mystères,
aperçut plus d'une fois des anges qui, dans la posture la plus humiliée,
adoraient le Saint-Sacrement.
Saint Jean Climaque (4) dit qu'on adore le Don divin en le recevant.
Sans qu'il soit nécessaire de multiplier davantage les citations,
ajoutons que tous les Pères des premiers siècles parlent d'une adora-
tion corporelle et visible; qu'ils la comparent à celle que les mages
rendirent à l'Enfant-Dieu; qu'ils s'adressent au Saint-Sacrement
comme Dieu lui-même, en invoquant son secours et en lui deman-
à
dant pardon de leurs offenses.
L'adoration est clairement indiquée dans les anciennes liturgies.
L'auteur de la Chronique ci' Alexandrie (vn e siècle) nous dit que dans
le carême, alors qu'on transportait la réserve eucharistique du sacra-

rium sur l'autel, le peuple chantait cette antienne « En ce moment, :

les Vertus des cieux adorent invisiblement Dieu avec nous. Voici que
le Roi de gloire fait son entrée, voici que le sacrifice mystique est

offert : approchons avec foi et avec crainte, pour devenir participants


de la vie éternelle. Alléluia (5). »

On peut dire que l'adoration de la sainte Eucharistie a été le carac-


propre de tous les saints et que, dans les âmes ferventes, cette
tère
dévotionsemble s'être accrue de siècle en siècle, comme pour
dédommager Notre-Seigneur des négations de l'hérésie et de l'incré-
dulité.
Saint François d'Assise n'entreprenait rien sans aller auparavant
dans l'église consulter Jésus-Christ. Saint Dominique passait parfois
des journées entières dans l'église, tantôt le visage prosterné contre

(1) In Ps. XCXVIII.


(2)
"

De sacerdot., 1. VI, c. xiv ; Hom. XXV ad pop. Antioch. ; Hom. I in cap. VI


Is ; Serm. XXXI in diem nat. Dom ; Hom. XXIV in I Cor.
(3) Epist. CCXC1V.
(4) Grad. XXIII.
(5) Chron. Alexandr., Olymp. CCCCXLVIII, ann. X.
.

LIVRE XVIII. — DU CULTE DE l'eUCHARTSTIE 347

terre, tantôt tenant les bras en croix. Le P. Sanchez visitait le Saint-

Sacrement cinq fois par jour; saint François de Borgia, sept fois;
sainte Madeleine de Pazzi, trente fois.
Saint Liguori, qui a composé un si édifiant ouvrage sur les Visites
au Saint-Sacrement n'a fait que conseiller aux autres ce qu'il accom-
y

plissait lui-même avec une incomparable perfection. Quand il ne fut


plus absorbé par les devoirs de l'épiscopat, il passait jusqu'à huit
heures par jour au pied du saint Tabernacle. Il fallait en quelque
sorte lui faire violence pour l'arracher à ses pieuses méditations
et l'obliger à faire la promenade quotidienne qui lui était pres-
crite (i).
Saint Ignace de Loyola, saint François Régis, saint Stanislas
Kostka, saint Louis de Gonzague passaient devant le Saint-Sacre-
ment tout le temps qu'ils pouvaient avoir de libre.

Quand on demandait à la comtesse de Feria, surnommée V épouse


du Saint-Sacrement , ce qu'elle faisait dans ses visites prolongées au

pied du Tabernacle « Que fait, répondait-elle, un courtisan devant


:

son roi, un malade devant son médecin, un pauvre devant une


personne riche, celui qui est pressé par la faim, placé à une table où
il y a des mets exquis? Voilà ce que je fais en présence de mon
Dieu (2). »
Les voyages n'empêchaient point les saints de rendre leurs hom-
mages accoutumés au Saint-Sacrement. Saint Vincent de Paul, dans
chaque localité où il passait, descendait de cheval pour faire sa visite
au Dieu des Tabernacles si l'église était fermée, il se prosternait sur
;

le seuil et adorait Notre-Seigneur. Saint Léonard de Port-Maurice et

saint Benoît-Joseph Labre, quand ils arrivaient dans une ville ou dans
un village, consacraient toujours leur première visite au Saint-Sacre-
ment. A Rome, le pèlerin d'Amettes était surnommé le Pauvre des
Quarante-Heures parce qu'il passait la plus grande partie de ses
,

journées dans les églises où le Saint-Sacrement était exposé.


Ce n'était point seulement le jour, mais aussi pendant la nuit, que
les saints consacraient de longues heures à adorer la sainte Eucha-
ristie. Saint Winceslas, roi de Bohême, se levait toutes les nuits pour

aller faire une visite au Saint-Sacrement. Se rendant une nuit, nu-


pieds à une église voisine, par un rigoureux temps de neige, le valet

(1) Verdier, Vie de S. Liguori, p. 464.


(2) Le P. de Géramb, Lettres à Eugène sur l'Eucharistie, 7 e édit-., p. 201
3 48 HISTOIRE DÛ SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

qui raccompagnait se plaignit du froid qu'il éprouvait. Le saint roi


lui conseilla de marcher sur les traces que ses pieds laissaient dans
la neige. Le serviteur suivit ce conseil et sentit une chaleur bienfai-
sante pénétrer tous ses membres. Saint Casimir, issu des rois de
Pologne, se levait aussi chaque nuit pour se rendre à l'église ;
là, il

se prosternait devant les portes encore fermées, et adorait le Saint-


Sacrement. Saint François-Xavier, après les rudes labeurs de sa
journée de missionnaire, passait souvent des nuits entières près du
saint Tabernacle. Il en était de même du B. Bonaventure Potenza,
frère mineur conventuel, et de la sœur Marie-Ange (i).

Outre les saints et les divers personnages que nous venons de


nommer, il parmi les plus fervents adorateurs de
faudrait encore citer,
l'Eucharistie au xn e siècle, saint Bernard, saint Bruno, Hugues de
:

Saint-Victor, saint Malachie, saint Thomas de Cantorbéry; au


xni e siècle, saint Antoine de Padoue, saint Bonaventure, sainte
Claire, saint Hyacinthe, sainte Julienne de Mont-Cornillon, sainte
Marguerite de Hongrie, saint Thomas d'Aquin; au xiv e siècle, sainte
Catherine de Sienne, saint Jean Népomucène, sainte Julienne de
Falconieri ; au xv e , sainte Colette, sainte Françoise Romaine, saint
Laurent Justinien, laB. Lidwine; au xvi e saint Cajétan, saint Charles
,

Borromée, saint Pascal Baylon, le V. Jean d'Avila, saint Louis Ber-


trand, saint Philippe de Néri, saint Pierre d'Alcantara, sainte Thé-
rèse; au xvn e , saint André V. Henri Marie Boudon, saint
Avellin, le

Camille de Lellis, saint François de Sales, sainte Jeanne de Chantai,


la M. Mechtilde du Saint-Sacrement, sainte Rose de Lima, l'abbé
Ollier; au xvm e le baron de Hubens, Mgr de La Motte,
,
lle
de Lou- M
vencourt, etc.

Que de noms à énumérer, s'il nous fallait parler du xix e siècle ;


mais comment ne pas nommer, parmi ceux qui ont déjà trouvé leur
récompense au ciel, le P. Eymard et le P. Drevon, fondateurs de
si grandes œuvres eucharistiques, M. Vianey, le saint curé d'Ars,

et Marie Eustelle, qu'on a si bien surnommée Yange de V Eucha-


ristie.

Les Orientaux schismatiques, séparés du centre de la vie catholique


ne rendent pas à l'Eucharistie un culte aussi fervent que le nôtre;
mais, de tout temps, ils lui ont adressé un sincère tribut d'adoration.
Si, autrefois, quelques écrivains protestants et même des mission-

(i) De Géramb, Ibid.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 349

naires catholiques ont mis ce fait en doute, c'est qu'on n'était pas
alors suffisamment renseigné sur les croyances des communions
orientales, et qu'on n'en jugeait trop souvent que par l'absence de
certaines cérémonies. S'il y a excès dans quelques-unes d'entre elles,
par exemple dans la procession des oblations, on constate, au con-
traire, peu de respect dans la manière de réserver le Viatique et de le

porter aux malades.


Toutes les liturgies de l'Orient attestent un culte de latrie et
prescrivent au prêtre et au diacre d'adorer le pain et le vin consa-
crés (1). Tout l'office de la communion, dans Y Horologe des Grecs,
respire l'adoration de l'Eucharistie. Ce dogme a été exprimé par des
peintures où des anges planent sur le calice et sur la patène, espèce
de disque où est couché l'Enfant-Jésus.
Les Protestants nous accusent d'artolâtrie, sans réfléchir que les
Catholiques ne peuvent adorer le pain, puisqu'ils croient fermement
qu'après la consécration, la substance du pain a entièrement disparu.
Luther avait d'abord laissé la liberté d'adorer ou de ne point adorer
la sainte Eucharistie. « Si je croyais, comme vous, lui disait le calvi-
nisteBèze (2), que Jésus-Christ fût réellement présent sous ce pain,
non seulement je croirais lui pouvoir rendre une adoration religieuse,
mais je la jugerais absolument nécessaire. » Sur la fin de sa vie,
Luther, après maintes variations, proclama que le sacrement de
l'autel était adorable, ce dont Calvin ne manqua point de lui faire un
grief.

Chemnitz (3) admet l'adoration de l'Eucharistie, mais seulement


au moment de la communion, le seul instant, d'après les Luthériens,
où Jésus-Christ soit réellement présent.
La Convocation anglicane de i562 a supprimé indirectement l'ado-
ration du Saint-Sacrement. Toutefois, il
y a, sur ce point, divergence
d'opinions chez les Anglicans. « Les Protestants les plus sensés, dit
Tévêque Forbes (4), n'hésitent point à adorer Jésus-Christ dans
l'Eucharistie ;
car, en la recevant, on doit au Christ une véritable ado-
ration de latrie.... Je trouve monstrueuse l'erreur de ces rigides Pro-
testants qui ne permettent d'adorer Jésus-Christ que par un senti-
ment intérieur de l'âme et nient qu'on puisse le témoigner par des

(1) Perpét. de la Foi, éd. Migne, t. I, p. 96; t. III, p. i36,


(2) Lib. deCœn. Domini.
(3) Exam. Trid. conc, part. II, sess. XIII, c. V.
(4) Traité del'Euch., I. II, ch. 11, §9.
1
35o HISTOIRE DU SACREMENT DE L EUCHARISTIE

actes extérieurs, tels que des génuflexions ou toute autre posture du


corps. Je les soupçonne, pour la plupart, de penser mal sur la pré-
sence du Christ devant son Sacrement, présence très réelle, toute
mystérieuse qu'en soit la manière. »
CHAPITRE II

De certaines marques de respect et d'adoration envers


l'Eucharistie

L'adoration n'entraîne point nécessairement une manifestation


extérieure. Tantôt elle n'existe qu'au fond de l'âme, tantôt elle se tra-
duit par l'inclination de la tête, par l'agenouillement, par le pros-
ternement, par les mains jointes, par les bras étendus en forme de
croix, etc. Ces diverses postures du corps ne signifient rien par elles-
mêmes et n'ont de sens qu'en raison des divers usages des temps et
des climats. Chez les anciens, l'adoration consistait souvent à porter
la main yeux vers l'objet de leur vénération,
à la bouche, en levant les
et c'est de que vient le terme adorer (ad os).

Il ne faut donc pas attacher une fausse importance à l'absence de

signes extérieurs, quand ils ne sont point prescrits par des lois litur-
giques. Pénétrons-nous bien de ce principe, que si l'adoration du très
Saint-Sacrement a toujours existé, elle ne s'est point constamment
traduite par une posture spéciale du corps, et que les attitudes, long-
temps restées du domaine de la liberté individuelle, devaient néces-
sairement varier selon les pays et les siècles* Ne perdons pas de vue,
non plus, que l'élévation ayant eu pour but primitif de montrer
l'hostie et le calice, on crut pendant longtemps devoir regarder l'autel
pour s'exciter à des sentiments de foi et d'amour*

ARTICLE i

Des diverses attitudes du corps devant le Saint-Sacrement

L'Écriture sainte ne dit point en quelle posture on doit prier et


adorer. Les Juifs priaient et adoraient debout, les jours de sabbat et de
352

fêtes; toutefois, la génuflexion a été pratiquée chez les Hébreux (i).


Dans le Nouveau Testament, nous voyons un certain nombre de
croyants se prosterner devant Jésus-Christ (2).

Les premiers fidèles se tenaient debout pour assister au Saint-


Sacrifice, et cet usage a longtemps persisté, surtout dans les contrées
méridionales.
Tertullien et saint Pierre d'Alexandrie constatent l'habitude de ne
point fléchir genou, le dimanche, en signe de la joie qu'on doit
le

ressentir pourRésurrection du Sauveur. Ces textes prouvent donc,


la
par leur teneur, qu'on s'agenouillait les autres jours, du moins dans
certaines églises. D'ailleurs, Tertullien lui-même, saint Basile et saint
Eucher parlent du rite de la génuflexion. Il est à remarquer que,
dans les fresques des catacombes, on ne trouve que deux ou trois
exemples de personnages à genoux (3).

Dans les Constitutions apostoliques et dans l'antique liturgie des


Éthiopiens, le diacre, à certains moments de la messe, dit aux fidèles :

Flectamus genua.
On lit dans la Vie de l'anachorète saint Luc que l'archevêque de
Corinthe, étant venu le visiter, lui expliqua en détail comment il devait
communier « Vous chanterez, lui dit-il, les psaumes qui conviennent
:

à ce mystère ou bien le cantique du Trisagion avec le Symbole de la


Foi; puis, vous fléchirez trois fois les genoux en terre, et, joignant
les mains, vous participerez au précieux corps de Jésus-Christ votre
Dieu. »

Dans Vie de sainte Théoctiste, écrite au X e siècle, nous lisons que


la

cette sainte, ayant vécu trente-cinq ans dans un désert de l'île de Paros,
pria un homme qui venait chasser dans cette île de lui apporter,
l'année suivante, la sainte Eucharistie, ce qu'il fit en effet. Quand
l'étranger tira de son sein la boîte « où était la chair du Seigneur, la

Sainte se jeta incontinent à terre et reçut le Don divin en arrosant la

terre de ses larmes. »

Les Constitutions de Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, prescri-


vaient de fléchirle genou, à la procession du jour des Rameaux,
quand passait la châsse contenant le Saint-Sacrement. Cet usage pa-
raît s'être généralisé aux xi e et xn e siècles, comme protestation contre
l'hérésie de Bérenger.

(1) IReg., ix, 54; II Parai., xxix, 3o Daniel, ;


vi, 10.
(2) Matth., xvii, 14; xxvii, 29; Marc, 1,40.
(3J Roller, Les cat. de Rome, 1. 1, p. 298.
.

LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 353

Les Ordinaires des treize premiers siècles ne parlent d'aucune


génuflexion au moment de l'élévation, mais quelquefois seulement
d'inclination de tête (i). Saint Raymond de Pennafort est peut-être le
premier écrivain qui dise qu'on peut alors s'agenouiller par dévotion.
Le concile de Wurzbourg(i2i5) engage à s'agenouiller devant le saint
Viatique, mais il ne parle point de l'élévation. Les Statuts de l'ordre
de Cluny, rédigés la même année, disent que lorsqu'on entendra
sonner la clochette de l'élévation, on devra s'agenouiller. Les Consti-
tutions d'Isaac Poore, évêque de Sarum, en Angleterre, ordonnent
aux fidèles de fléchir le genou pendant l'élévation
Le pape Honorius ÏII n'a point prescrit, ainsi qu'on l'a prétendu,
de s'agenouiller à l'élévation, mais seulement de s'incliner avec
respect à ce moment-là, et de même quand on rencontre le saint Via-
tique'.

On a commis une
autre erreur, en supposant que l'agenouillement
avait formellement commandé par un décret de Grégoire IX.
été
C'est seulement dans le Cérémonial de Grégoire X (+ 1270) qu'il est
prescrit de se prosterner la face contre terre jusqu'au Per omnia
secula qui précède le Pater : c'est ce que font encore aujourd'hui les
Chartreux (2).
Le synode de Mayence s'exprime ainsi en 1261 « On doit ensei- :

gner aux fidèles à ployer le genou ou à s'incliner avec le plus grand


respect, lorsqu'à la messe le prêtre lève la sainte hostie. »
En1279, le concile de Bade (3) exhorte les ecclésiastiques à incli-
ner la tête en passant devant l'autel. C'est cette même marque de
respect que Luc, évêque de Tuy (1280), réclame de la part des
fidèles, au Gloria Patri, à l'Évangile, à l'élévation de l'hostie et au
passage du saint Viatique.
Otton et Ottobini, légats du Saint-Siège en Angleterre, accordèrent
des indulgences à ceux qui s'agenouilleraient pour adorer l'Eucha-
ristie.Ces indulgences furent renouvelées par le concile de Lambeth,
en 1281. Sept ans plus tard, Jean Peckam, au concile d'Exeter,
enjoignit aux curés d'exhorter fréquemment leurs paroissiens à se
mettre à genoux à l'élévation.

(1) Hildebrand, Ritual. orantium, c. vu.


Le Lorrain, Y Ancienne coutume de prier debout, t. II, p. 271. Cet auteur, tout en
(2)
prouvant combien est ancienne la coutume de prier debout, a mis quelque exagération
dans sa thèse, en donnant toujours au mot stare le sens d'être debout, alors que souvent
il signifie assister, prendre rang, se placer.
(3) Mansi, Concil., t. XXIII, p. 1079.

T. II. 23
354 Histoire du sacrement de ^eucharistie

Il y avait, dans de Chypre, beaucoup de Grecs et de Syriens


l'île

qui ne s inclinaient pas à cet auguste moment, quand ils entendaient


lamesse dans les églises des Latins. Le concile de Nicosie 3 3) ( 1 1

ordonna aux prêtres de les engager à rendre à. la sainte hostie le


même témoignage de vénération que les Latins.
Dans les miniatures du xiv e siècle, représentant l'élévation, on voit
les fidèles agenouillés, mais sans courber la tête, ni incliner le corps.
C'est seulement en 1420 que l'agenouillement devint, en Alle-
magne, une prescription formelle, par suite d'un décret du concile de
Salzbourg. Cette prescription fut renouvelée, en 1546, au concile
de Trêves, et, en 1549, à celui de Mayence.
En Italie, la génuflexion n'était pas encore considérée comme
obligatoire en 1445; car Nicolas de Païenne dit qu'on peut, par
dévotion, fléchir le genou à l'élévation (1).

A la fin du xv s siècle, l'agenouillement, qui jusqu'alors avait été

une dévotion libre, devint une loi à peu près générale.


En 1 555, ce pieux usage n'existait point encore à la cathédrale de
Lyon. Le doyen du chapitre voulut l'y introduire; mais les chanoines
s'y opposèrent, par éloignement, disaient-ils, pour toute espèce d'in-
novation. Le roi Henri II nomma pour juges de ce différend l'arche-
vêque de Lyon et celui de Reims, qui se prononcèrent en faveur du
statu quo. Le doyen du chapitre, mécontent de cet arrêt, porta plainte
à la Faculté de Théologie de Paris, qui déclara que « le règlement
qui empêche que l'on ne mette les deux genoux en terre à l'élévation
est arrogant, impie, schismatique, scandaleux et favorise l'hérésie. »
Les chanoines-comtes de Saint-Jean de Lyon se pourvurent alors
au Conseil du roi, et les docteurs de Sorbonne se trouvèrent obligés
de biffer leur censure (2).
Un concile de Reims, en i583, constate la coutume presque uni-
verselle de l'agenouillement devant le Saint-Sacrement, et engage à
s'yconformer les Églises qui suivaient encore une pratique contraire.
Le 14 décembre 1602, la Sacrée Congrégation des Rites a déclaré
que tous les fidèles, sans distinction de sexe, sont tenus de faire la

génuflexion devant le Saint-Sacrement, alors qu'il est renfermé dans


le saint tabernacle, et qu'ils doivent se prosterner, c'est-à-dire fléchir
les deux genoux, quand le Saint-Sacrement est exposé sur l'autel.

(1) Le Lorrain, op. cit., t. II, p. 279.


(2) Claude de Vert, Explic. des cérém. de l'Eglise, t. I, p. 25g.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 355

En France, sous l'influence du Jansénisme et du Gallicanisme, dans


beaucoup de diocèses, on se bornait, comme trop souvent encore
aujourd'hui, à une simple inclination de tête, que les femmes rem-
plaçaient ordinairement par une révérence.
Après la prise de La Rochelle, en 1628, on voulut affirmer de
diverses façons, contre les Huguenots, la croyance en la présence
réelle. Au Louvre, vers onze heures du matin, tout le monde devait

fléchir le genou, en entendant la cloche de la chapelle sonner l'élé-


vation.
Les chapitres de cathédrale ont parfois poussé trop loin l'attache-
ment à leurs usages séculaires, en repoussant d'heureuses modifica-
tions introduites par les progrès de la piété. Au milieu du xvn e siècle
les chanoines de Châlons-sur-Marne, de Chartres, d'Evreux et de
Verdun ne s'agenouillaient pas à l'élévation. Au xvin e siècle, ceux de
Lyon et de Reims restaient debout, se bornant à incliner la tête (i).
Pie IX, le er janvier 1877, dans une lettre adressée à Mgr Gaume,
i

exprima le désir que les prédicateurs, les catéchistes, les confesseurs,


les curés insistassent vivement auprès des fidèles sur le devoir de
faire la génuflexion devant côté, Sa
le Saint-Sacrement. De son
Sainteté Léon XIII, en juin 1879, a renouvelé le décret du 14 oc-
tobre 1602. Ces recommandations ne nous semblent pas viser seu-
lement la France, mais aussi l'Espagne, où presque personne ne
s'incline à la bénédiction du Saint-Sacrement, et où les fidèles re-
gardent l'hostie à l'élévation.
Partout ailleurs, spécialement en Angleterre, nous avons vu les
vrais catholiques et même les femmes faire la génuflexion devant le
Saint-Sacrement.
Les exceptions, malheureusement, proviennent quelquefois des
personnes qui sont le plus familiarisées avec les choses saintes. On
parlait à Philippe II d'un homme qui avait passé, dans une église,
devant le Saint-S.icrement, sans s'incliner : « Ce doit être, dit le roi,
un ou un sacristain. »
Juif....

Beaucoup d'Orientaux se prosternent jusqu'à terre avant de recevoir


la communion, et la plupart ont alors la tête découverte, bien que chez
eux on conserve toujours le turban (2). « Nous devons adorer de cœur,
dit Siméon de Thessalonique, le Pain vivant et le Sang qui est dans le

(r) La liturgie ancienne et moderne, Paris, 1752,


(2) Allatius, Exercit. contra Creigton, p. 246,
356 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

calice, en nous prosternant jusqu'à terre et en mettant nos mains en


croix,pour témoigner notre soumission et la foi que nous avons en
Jésus crucifié.» Nous lisons dans la Liturgie actuelle des Grecs « Alors
:

(à l'élévation), le prêtre et le diacre se prosternent, disant trois fois à


voix basse : ô Dieu, aie pitié de moi, pauvre pécheur », et tous les
fidèles se prosternent également avec dévotion (i).

En Arménie, les fidèles restent prosternés pendant la consécra-


tion.

ARTICLE II

De l'élévation au Saint-Sacrifice de la Messe

Après avoir consacré l'hostie, le prêtre, la tenant entre les deux


premiers doigts de chaque main, l'adore en faisant une génuflexion,
puis il l'élève aussi haut qu'il le peut commodément, pour la faire
adorer aux fidèles. Cette élévation a aussi pour but, d'après les litur-
gistes du moyen âge, de représenter l'élévation de Jésus-Christ sur la
croix et son exaltation, quand il sortit triomphant du tombeau. Après
la consécration du calice, le célébrant, en le levant des deux mains, le

présente également à l'adoration du peuple.


Avant le Per omnia secula qui précède le Pater, il y a une autre
élévation qu'on appelle petite ou seconde. Le prêtre, tenant de sa main
droite l'hostie au-dessus du calice qu'il tient de la main gauche, élève
un peu l'hostie et le calice, en disant Omnis honor et gloria. Cette
:

seconde élévation des dons sacrés exprime physiquement l'honneur


et la gloire que nous devons à Dieu.
Lorsque le prêtre,'à YAccepit panent, prend l'hostie sur l'autel et, à
YAccipiens et hune prœclarum calicem, prend en ses mains le calice,
il élève nécessairement tant soit peu les espèces qui vont être consa-

crées. Quelques anciens monuments liturgiques ont donné à cette


action le nom d'élévation. Un Missel allemand du xm e siècle, cité par
Martin Gerbert (2), prescrit au prêtre d'élever l'hostie autant qu'il
peut, immédiatement avant la consécration; mais cet usage peu

(1) Goar, Euchol., p. 81.


(2) Vêtus liturg. alleman., t. I, p. 382.
LIVRE XVIII. DU CULTE DÉ L'EUCHARISTIE 35 7 .

répandu a été condamné par les conciles de Cologne (1261), de


Munich (1279) et de Liège (1287).
Nous n'avons à nous occuper ici que de la grande élévation,
destinée à provoquer l'adoration des fidèles. On n'est point d'accord
sur la date de son institution. Durand de Mende et Étienne Duranti
se trompent assurément, en la considérant comme aussi ancienne que
la messe elle-même. Selvaggi la fait remonter au ix siècle, mais en
e

arguant d'un texte de Raban-Maur (1) qui se rapporte à la petite élé-

vation.
Mabillon, Richard Simon, Basnage croient que la grande éléva-
tion fut introduite en France, soit vers le milieu, soit à la fin du
xi e siècle, comme protestation contre l'erreur de Bérenger.
Le cardinal Bona P. Le Brun supposent que ce rite aurait été
et le

institué au Mans ou
Tours par Hildebert qui, après avoir été évêque
à
du Mans, puis archevêque de Tours, mourut vers l'an 1 1 33. Dans son
Traité en vers des Mystères de la messe, Hildebert parle, il est vrai,

de l'élévation, mais rien ne démontre que ce fut lui qui établit cette
coutume. Peut-être n'a-t-il fait que la propager, comme une solen-
nelle réparation de la protection suspecte que jadis il avait accordée
à Bérenger.
Quelques autres écrivains pensent que l'élévation de l'hostie fut
surtout une protestation contre une erreur de Pierre le Chantre. Ce
théologien prétendait que la consécration des deux espèces était indi-
visible, c'est-à-dire que le pain n'était réellement consacré qu'au
moment de la consécration du vin. L'élévation de l'hostie, prescrite à
Paris par Eudes de Sully, en 1198, l'année qui suivit la mort de
Pierre Chantre, aurait été une protestation liturgique contre sa
le

doctrine, qui comptait alors un certain nombre de partisans (2). Sans


vouloir nier cette influence, nous devons dire qu'elle a pu contri-
buer à l'extension de cette coutume, mais qu'elle ne Ta point provo-
quée.
A plus forte raison faut-il rejeter l'opinion de divers auteurs pro-
testants (3), affirmant que, vers l'an 1220, le pape Honorius III a ins-

titué l'élévation de l'hostie. Il n'a fait que sanctionner une coutume


dont parlent déjà, comme nous l'avons vu, des documents du xn e siècle,

(1) Elevatio sacerdotis et diaconi corporis et sanguinis Christi elevationem ejus ad


crucem insinuât pro totius mundi salute. De instit. clericor., 1. I, c. xxxiii.
(2) Plowden, Traité du sacrifice de Jésus-Christ, t. III, p. 327.
(3) Jonas Porrée, Traité des anciennes cérémonies, 4 e édit., p. 109.
358 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

et dont il dans les Coutumes de Clairvaux et de Cluny,


est question
en 121 Cet usage se répandit assez rapidement. Un nombre
5, etc.
considérable de constitutions, de décrets, de synodes, d'ordinaires,
de missels et de rituels du xm e siècle en font mention. Toutefois on
peut encore citer des livres liturgiques de cette époque et même du
xm e siècle où il n'est point question d'élévation, par exemple, un
missel, imprimé à Rouen en i5oo, et un autre missel de Saint-Sernin
de Toulouse, daté de i SSy.
11 est assez difficile de fixer l'époque où l'élévation de l'hostie,
d'origine française, s'introduisit à Rome. Le pape
évidemment
Innocent abondant dans les explications qu'il donne du sacri-
III, si
fice de la messe, ne dit pas un mot de la grande élévation, ce qui doit

nous faire supposer qu'elle n'était pas encore admise à Rome, au


commencement du xm e siècle.
L'élévation du calice n'eut lieu, en beaucoup d'endroits, qu'assez
longtemps après l'élévation de l'hostie. Comme les fidèles se proster-
naient assez généralement aussitôt que la cloche ou la clochette
annonçait l'élévation du pain consacré, et qu'ils restaient dans cette
posture jusqu'après la consécration du calice, on crut longtemps qu'il
n'était pas nécessaire de faire un nouvel appel aux fidèles pour exciter
leurs sentiments d'adoration. Les usages locaux ont dû varier sur ce
point. Il est question de l'élévation du calice dans Hugues de Saint-
Victor; Guillaume Durand n'en parle point comme d'un usage
récent; saint Thomas garde le silence à ce sujet, bien qu'il entre dans
tous les détails des cérémonies de la messe.
Des missels romains, imprimés en i5oo et 1507, ainsi que le mis-
sel de Poitiers de 1 5 9 mentionnent l'élévation de l'hostie et non
1

pas celle du calice; cette dernière, aujourd'hui encore, ne se fait pas


chez les Chartreux.
On commença d'abord par élever le calice revêtu de la pale, et

Guillaume Durand voit là l'image de la pierre dont on ferma le


sépulcre du Sauveur. Cet usage, que devaient longtemps conserver
les Célestins, fut généralement abandonné, sans doute en raison du

danger de laisser glisser la pale.


L'élévation n'a trouvé de contradicteurs que parmi les hérétiques.
Les Béguards prétendaient qu'à l'élévation les fidèles ne devaient ni
s'agenouiller, ni se lever, parce que ces divers mouvements pouvaient
les détourner de la contemplation singulière doctrine qui fut con-
:

damnée par Clément V au concile de Vienne.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 35 9

On prétend que les Illuminés du xv e siècle fermaient les yeux,


comme protestation, pendant l'élévation de la sainte hostie (i).'

L'élévation ayant pour objet principal de faire adorer le corps et le

sang de Notre-Seigneur, on sentit l'utilité de signaler ce moment


solennel à tous les paroissiens, même à ceux qui n'assistaient pas au
Saint-Sacrifice : de là l'emploi de la clochette (campanella), pour avertir
tous les assistants, et le tintement de la cloche (campana), pour engager
ceux qui n'assistaient pas à la messe à s'unir aux fidèles réunis au
pied de l'autel. Yves de Chartres, dans une lettre adressée à Mathilde,
reine d'Angleterre (2), la remercie des cloches qu'elle avait données à

l'église Notre-Dame, don précieux qui devait perpétuer le souvenir


de la généreuse bienfaitrice, « surtout quand l'hostie est consacrée par
les ministres du sacerdoce nouveau. » Le cardinal Bona et le P. Le

Brun en concluent que Pusage de sonner l'élévation existait en France


dès le commencement du xn e siècle. M. le chanoine Barraud (3) trouve
avec raison que cette preuve n'est point péremptoire. Le passage in-
voqué peut s'appliquer, d'une manière générale, au Saint-Sacrifice de
la messe et non pas au moment même de la consécration et de l'éléva-

tion. Il n'admet pas que cette coutume remonte plus haut que le
commencement du xm e siècle ou tout au plus au dernier tiers
du xii e .

Césaire d'Heisterbach (4) nous dit que le cardinal Guy, archevêque


de Reims et légat du Saint-Siège en Allemagne, introduisit dans cette
contrée, vers l'an i2o3, « la pieuse pratique d'avertir les fidèles au son
de la cloche, au moment
de l'élévation, pour qu'ils pussent alors se
prosterner et demander à Dieu le pardon de leurs péchés. » Les moines
deClunyet de Cîteaux en agissaient ainsi dès l'an 1 2 1 5. On a pré-
tendu, mais sans preuve, que le pape Grégoire IX avait, vers
l'an 1240, un décret à ce sujet.
fait

Le concile de Lambeth, en 1281, ordonne de sonner la grosse

(1) Des catholiques superstitieux fermaient aussi les yeux, tout en se proternant pendant
l'élévation c'était pour être guéris de la jaunisse. J.-B. Thiers (Traité des superstitions,
:

t. III, p. 21) cite un bon nombre d'autres superstitions relatives à l'élévation. En voici
quelques-unes dire le Pater à rebours, pendant ce temps- là, pour guérir du mal de
:

dents dire trois A ve Maria entre les deux élévations, pour se préserver des mauvais
;

songes; se tenir assis pendant la première élévation et agenouillé pendant la seconde,


afin de gagner aux jeux de hasard, etc.
{2) Epist. CXLIL
(3) Clochettes et Sonnettes, dans les Annales arch., t. XVIII, p. 290.
(4) DiaL, î. IX, c. li.
36o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

cloche à l'élévation de l'hostie, pour que ceux qui n'ont pu venir à


Téglise offrent du moins au sacrement de l'autel leurs sentiments
d'adoration.
En 1340, un concile provincial de Chypre ordonne à tous les
évêques de l'île d'avoir une cloche pour convoquer le peuple aux
offices et pour l'avertir du moment de la consécration.
Au xvi e
siècle, en France, l'élévation était annoncée par neuf tinte-
ments de la cloche.
L'usage de la clochette est contemporain et peut-être même anté-
rieur de quelques années à celui de sonner la cloche. Le cardinal Guy
paraît avoir introduit en même temps, c'est-à-dire vers l'an i2o3, ces
deux genres de signaux.
Guillaume d'Auvergne, évêque de Paris (1228-1248), prescrivit de
sonner la clochette à l'élévation, pour exciter la ferveur des fidèles.
Cette même recommandation est formulée par les Constitutions
d'Alexandre, évêque de Coventry (1237), par un concile de Winches-
ter (1240) et par beaucoup de synodes postérieurs.
Dans les temps modernes, on a multiplié les avertissements de la
clochette qui, d'après les règles liturgiques, ne devrait servir que
pour l'élévation et le Sanctus.
A Lyon, on n'use de la sonnette que pour les messes basses. Aux
grand'messes, l'élévation commence et se termine à un coup de halle-
barde, frappé par le suisse, sur les dalles du sanctuaire. Il en est de
même pour les bénédictions du Saint-Sacrement.
Les clochettes que nous ont léguées le moyen âge et la Renaissance
sont en bronze ou en argent. Quelques-unes, ciselées à jour, repré-
sentent les symboles des quatre évangélistes, dans des enroulements
de feuillages. Le petit battant est parfois remplacé par des grelots;
c'estun usage assez fréquent aujourd'hui en Angleterre.
En Italie, la clochette est souvent fixée à la muraille, du côté de
on
l'Épître; l'agite à l'aide d'une corde. En France, presque partout,
on a abandonné les roues garnies de clochettes, qu'on suspendait à
l'une des colonnes du sanctuaire. A Ercheu (Somme), à Golleville
(Manche), on voit encore de ces rouets de sonnerie, formés par
etc.,

une bande de fer garnie d'une série de grelots. Dans les anciennes
églises d'Angleterre, la clochette de l'élévation était suspendue au-
dessus du sanctuaire.
LIVRE XVJII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 36i

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Rouet de sonnerie d'Ercheu.

Aux messes militaires, l'élévation est saluée par le roulement des


tambours ou par les fanfares des trompettes. Jadis, à Lyon, quand,
pendant les temps de peste, on célébrait la messe en plein air, sur le
pont de pierre, on tirait le canon à l'élévation.
Les Hongrois, quand ils sont en armes, brandissent leur sabre et
font entendre un cliquetis d'épées et de lances. Cet usage paraît avoir
été assez général autrefois en Europe, et c'est probablement de là que
proviennent, aux messes militaires, la présentation des armes, les
roulements de tambour et les salves de canon. Aujourd'hui encore,
les Polonais poussent un grand cri à l'élévation (i).
Le rite romain a perpétué l'usage primitif d'adorer en silence la
e
sainte hostie, pendant l'élévation. Divers conciles du xvi siècle
étaient pénétrés du même esprit, quand ils interdisaient, pour ce
moment-là, soit toute espèce de chants, soit le jeu des orgues. Le
synode d'Augsbourg (1548), tout en se bornant à exclure seulement
les antiennes qui ne se rapportent pas au mystère de l'Eucharistie,

ajoute qu'il serait mieux d'adorer Jésus-Christ en silence.


L'usage de chanter PO salutaris Hostia pendant l'élévation, fut
établi, en t5i3, par les évêques de France, à la prière de Louis XII.

1) Le Règne du Christ, 1884, p. 63.


362 HISTOIRE DU SACREMENT DE l'eUCHARJSTIE

Le gravement malade à Vincennes, la France était attaquée


roi était
sur toutes ses frontières on voulut adresser à Jésus-Hostie une
:

supplication spéciale (Bella prémuni hostilia). Le Ciel exauça ce cri


de détresse (Da robur, fer auxilium). La Trémouille fit signer aux
Suisses un traité inespéré, la sainte Ligue se trouva dissoute et la
France fut sauvée. A la chapelle royale, on ajoutait au nouveau
motet :

In te confidit Francia
Da pacem, serva lilium.

Le chant de YO salutaris devait survivre aux circonstances qui


l'avaient fait naître, d'autant plus qu'on pouvait donner un sens
mystique à ces vœux de pacification.
Selon les provinces, on ajoutait quelquefois un autre motet à YO
salutaris, ou bien on lui substituait un autre chant, tel que Maria
mater graciœ, ou Gloria tibi Domine, ou Noël, Noël, et, aux messes
des morts, Pie Jesu Domine, ou Languentibus ou bien le Miserere ,

mei. Au xvnr9 siècle, à Chàlon-sur-Saône, on chantait, pendant l'élé-


vation, le Domine salvum fac regem; à Saint-Pierre de Reims, YO
sacrum convivinm. Le missel des Carmes commande de réciter, après
l'élévation, pendant les fériés de carême, le psaume Deus venerunt
gentes. Dans quelques diocèses, on a été jusqu'à remplacer YO salu-
taris par un cantique en langue vulgaire.
C'est pour l'élévation de l'hostie et du calice que Mozart a composé
son célèbre Ave verum, motet qui avait antérieurement la même
destination, surtout en Allemagne. Les paroles de cette prière, dues
probablement à Innocent VI, pape d'origine limousine, semblent
être modelées sur les expressions essentielles du serment de rétrac-
tation prononcé par Bérenger de Tours, au synode de Rome,
en 1078 (1).
L'usage de chanter un motet pendant l'élévation n'a jamais été
universel en France. Au xvin e siècle, il n'était pas admis à Saint-
Etienne de Bourges, à Saint-Vincent de Mâcon, à Saint-Aignan
d'Orléans, à Saint-Etienne de Rouen (2). Les Chartreux, les Bénédic-
tins, les Cisterciens ont toujours adoré la sainte hostie en silence,
comme on le fait à peu près partout en France, depuis le rétablisse-
ment de la liturgie romaine.

(1) Davin, V Ave verum de Mozart, dans le Monde du 17 juin 1881.


(2) Moléon, Voyage lit., pp. 142, 147, 202, 411.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 363

On attribue généralement à saint Ignace la prière Anima Christi,


sanctifica me, etc., qu'on récite à l'élévation. Mgr Battandier (i) a
prouvé que le fondateur de Compagnie de Jésus, qui a inséré cette
la

prière dans ses Exercices, en avait été, non pas l'auteur, mais le
vulgarisateur; que cette oraison n'a point de relation directe et néces-
saire avec la sainte Eucharistie, et que c'est à cause du moment où
on la récite qu'elle devient un acte de foi à la présence réelle.
Les anciens Protestants ont nié à tort qu'il y ait une élévation à la
messe des Orientaux. Elle a lieu presque partout chez eux, non pas
aussitôt après la consécration, mais immédiatement avant la commu-
nion, après que le diacre a donné le solennel avertissement Sancta :

sanctis. Les rideaux qui avaient caché l'autel pendant la consécration


sont ouverts, le prêtre élève l'hostie sainte; les fidèles se prosternent
alors et adressent leurs adorations à Jésus-Christ. Cette élévation se
trouve dans presque toutes les liturgies orientales, à l'exception des
plus anciennes; mais elle est déjà rapportée par Cyrille de Scythopolis,
dans la Vie de saint Euthyme, vers l'an 473. Quelques voyageurs ont
prétendu que les Ethiopiens n'avaient pas d'élévation; il n'en est
point question, il est vrai, dans leur liturgie, parce qu'autrefois on
n'inscrivait point de rubriques dans le canon, mais ils n'en élèvent
pas moins le immédiatement
corps de Notre-Seigneur dans la patène,
avant la communion. Le diacre dit alors Regardons Le célébrant : .

ajoute Donne\ le Saint aux saints. Le peuple répond


: Un seul Père :

saint, un seul Fils saint, un seul Esprit saint. Et le prêtre élève


l'hostie, en disant à haute voix : Seigneur Jésus-Christ, aye\ pitié de
nous !

Chez les Coptes, le prêtre prend dans ses mains la partie de l'hostie
appelée isbodicon. Il l'élève autant qu'il peut et la montre au peuple
en disant : Sancta sanctis. Le dimanche, les fidèles se contentent de
baisser la tête; les autres jours ils se prosternent le visage contre
terre, tandis que les diacres élèvent les cierges et la croix.
Dans le rite maronite, le diacre, avant l'élévation, avertit le peuple
de se prosterner, et les fidèles avec le corps de
le célébrant bénit
Jésus-Christ. En
quelques églises, ces Orientaux restent debout,
appuyés sur leur bâton, pour adorer Jésus-Christ. Ailleurs, disait
Jovet, en 17 10 (2) « Ils tournent leurs mains toutes ouvertes vers
:

(1) Rev. de l'art chrétien, juillet 1881, p. 21.


(2) Histoire des Religions du monde, t. II, p. 389.
364 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

les sacrés Mystères, comme pour se sanctifier par cet attouchement,


comme faisaient autrefois les anciens Chrétiens et comme le font encore
aujourd'hui les plus anciens de quelques villages autour de Mar-
seille. »

En Arménie, les fidèles sont avertis de la consécration du pain et du


vin, par deux coups de timbre successifs.
Luther trouva fort mauvais que Carlostadt eût entrepris d'abroger
l'élévation de l'hostie pendant la messe. Néanmoins il l'abolit lui-
même, en i537, à la réunion de Schmalkalden, tout en disant qu'on
pouvait la conserver comme un témoignage de la présence réelle.
Quand on lui demandait l'explication de cette contradiction, il répon-
dait : « Si j'ai attaqué l'élévation, c'est en dépit de
la papauté; si je l'ai

retenue si en dépit de Carlostadt. » Les vives contro-


longtemps, c'est
verses qui s'élevèrent à ce sujet, de 1542 à 1544, ne l'amenèrent pas à
professer une opinion plus tranchée. Il continua à permettre de faire
ou de ne pas faire l'élévation, de la supprimer ou d'en reprendre
l'usage là où on l'avait interrompu.
Dans un certain nombre d'églises protestantes, particulièrement en
Saxe, au moment où le ministre prononce les paroles de la consécra-
tion, on sonne une clochette, ou bien le chantre frappe trois fois par
terre avec son bâton cantoral. Ce signal a seulement pour but
d'exciter la dévotion des fidèles, et non pas de leur faire produire un
acte d'adoration.
Les Ritualistes d'Angleterre ont rétabli l'élévation du Saint-Sacre-
ment, ce qui a déterminé la Cour des Arches, en 1868, à condamner
cette innovation anglicane comme papiste (1).

article m
Dei précautions de respect prescrites à l'égard des {Saintes-Espèces

Comme conséquence du respect et de l'adoration dus à la sainte


recommandent aux prêtres les plus
Eucharistie; les Pères de l'Église
grandes précautions pour ne point laisser tomber la moindre parcelle
du pain consacré, ni la moindre goutte du Précieux-Sang (2). Les
conciles et les livres pénitentiaux ont porté des peines rigoureuses

(1) Revue Britann., avril 1868, p. 538.


"
(2) Orig., Hom. XIII in Exod.; Tertul., De Coron, milit., c. m ;
Cyril. Hier., Cat. tnyst.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 365

contre les négligences commises à cet égard. L'un des Pénitentiels les
du monastère de Bobbio (vn e siècle)^
plus explicites sur ce point est celui
Il impose mois de pénitence au pain et à l'eau au prêtre qui, par
six
négligence, aura laissé consumer par les vers le pain eucharistique; la
même peine, à celui qui laisse tomber la sainte hostie et qui ne la
retrouve point; quarante jours, s'il la retrouve; dix jours, à celui qui
répand à terre le Précieux-Sang; trois jours, à celui qui en laisse
couler sur l'autel; un jour, à celui qui laisse tomber la sainte
hostie sur l'autel.
Le troisième concile de Brague (775) condamme à la déposition les

clercs qui se seraient servi de vases eucharistiques à leurs repas. Il

fulmine l'excommunication perpétuelle contre les laïques qui se ren


draient coupables du même sacrilège.
Des peines plus ou moins graves sont portées contre ceux qui
traitent négligemment ou indignement le sacrement de l'Eucharistie,
par les vn e et xi e conciles de Tolède (646 et 675), par le pape Gré-
goire III, par les Pénitentiels du V. Bède, d'Halitgaire, évêque de
Cambrai, de Robert, chanoine de Saint-Victor, par les Constitutions
d'Eudes de Sully, évêque de Paris, etc. (1).
Saint Charles Borromée, donnant un jour la communion, laissa
tomber une hostie par la faute de celui qui l'assistait. Il eut tant de
douleur de cet accident qu'il passa quatre jours sans dire la messe et
qu'il se condamna à un jeûne rigoureux de huit jours.
Les Statuts synodaux d'Étienne Poncher, évêque de Paris, au com-
mencement du xvi e siècle, contiennent cette prescription « Nous :

ordonnons que si quelque chose du sang de Notre-Seigneur tombe sur


le corporal, le morceau soit coupé et conservé avec les reliques; s'il

tombe sur la pierre ou sur le bois, on râclera cette partie, on la


brûlera et on la conservera dans le sanctuaire, auprès de l'autel, avec
les saintes reliques. »

Les Orientaux ont toujours imposé des pénitences à ceux qui, par
négligence, laissent tomber les espèces consacrées sur l'autel ou sur
leurs habits. Les Canons apostoliques, si respectés par les Grecs,
recommandent de veiller avec grand soin qu'aucun animal immonde
ne touche aux espèces consacrées, parce qu'elles sont le corps et le
sang de Jésus-Christ. Le Pénitentiel syrien de Denys Barsalibi punit
cette sorte de négligence d'une pénitence de trois ans.

(1) D. Martène,Z)e ant. eccL rit., 1. I, c. v, art. 5.


366 HISTOIRE DU SACREMENT DE L*EUCHARISTIË

Les Pénitentiaux grecs, ainsi que les Canons arabes et syriaques,


sont extrêmement sévères pour les moindres négligences dans le mi-
nistère sacré des autels, même pour celles qui proviennent d'accidents
complètement involontaires. On lit dans un Pénitentiel anonyme grec:
« Le prêtre ou le diacre qui aura renversé les Dons sacrés fera péni-

tence durant deux ans; il fera de plus dire douze liturgies et il jeûnera,
ne mangeant que des choses sèches; il fera cent prosternements et,
sur le lieu même de l'accident, il chantera le psaume Beati immacu-
lati (i). »

Gabriel, fils de Tarich, défend aux jeunes diacres de présenter le

calice au peuple, dans la crainte que trop de vivacité ne leur fasse


répandre quelques gouttes du vin consacré (2).
C'est encore par respect pour la sainte Eucharistie qu'on a supprimé
la communion sous les deux espèces, qu'on a interdit aux laïques de

toucher aux vases sacrés, que l'entrée du chœur leur a été longtemps
défendue, que les méridionaux tolèrent peu de chaises et de bancs
dans les églises, etc.

ARTICLE IV

De la réparation des sacrilèges eucharistiques

La profanation des hosties a toujours donné lieu à des cérémonies


expiatoires. Nous n'en rappellerons qu'un petit nombre.
En i5o3, dit M. Cherruel (3), une profanation de cette nature ayant
eu lieu à Paris, on couvrit d'un drap d'or l'endroit où le sacrilège avait
été commis, et l'on plaça auprès deux cierges ardents. Le lieu fut
ensuite dépavé, puis repavé; les pierres enlevées furent déposées au
trésor de la Sainte-Chapelle, ainsi que les parties de l'hostie qu'on
avait recueillies avec le plus grand soin.
En réparation des sacrilèges commis par les Huguenots, on fît des
processions solennelles du Saint-Sacrement, en 1534, à Rouen, à
Paris, à Blois; en 1548, à Metz; en 1 563, à Meaux; en 1569, à Poi-
tiers, etc.
Félibien nous raconte les faits suivants dans son Histoire de la ville

(1) Perpét. dé la foi, éd; Migne, t. IÎI, p. 2o3i


(2) Renaudot, Dissert, in lit. Copt.
(3) Dict. des institut. > V°. Rites,
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 36 7

de Paris : « L'an 1648, pendant la nuit du 27 au 28 juillet, , deux


voleurs, entrés par une fenêtre de Saint-Sulpice, forcèrent le taber-
nacle de la chapelle de la Vierge, enlevèrent le saint ciboire et jetèrent
les hosties sacréesdans le coin d'un confessionnal. Le bruit de ce
sacrilège, s'étant répandu dans Paris, alarma toutes les personnes de
piété. On crut qu'il fallait réparer par quelque action d'éclat une si
grande injure faite au Saint-Sacrement. Henri de Bourbon ou de
Verneuil, abbé de Saint-Germain des Prés, ordonna une suite
d'œuvres de piété, des messes, des prédications et des processions,
dont la dernière se fit le jeudi, 6 août, avec la plus grande solennité.
Ce jour-là, toutes les boutiques du faubourg furent fermées, et les rues,
par où devait passer la procession, tendues de tapisseries comme à la
Fête-Dieu. Les prêtres de la paroisse, précédés de leurs croix, allèrent
quérir les religieux de l'abbaye Saint-Germain, et l'on fut en état de
commencer la procession générale sur les dix heures du matin. A la
tête de la procession, marchaient les Jacobins du faubourg, au nombre
d'environ cinquante; après eux, en plus grand nombre, étaient les
Petits-Augustins. Ensuite venaient cent ecclésiastiques en surplis et
enfin les Le nonce du pape porta le Saint-
religieux de l'abbaye....
Sacrement; la reine Anne la longueur du chemin
d'Autriche, malgré
et la chaleur de la saison, accompagna la procession et assista à la

cérémonie jusqu'à huit heures du soir. » Une fête réparatrice continue


d'avoir lieu à Saint-Sulpice, le dernier dimanche d'Octobre. Nous
avons parlé précédemment de celle qui se perpétue à Saint-Gervais de
Paris.
En 1657, Mgr Faure, évêque d'Amiens, ordonna une procession
générale à l'occasion du vol d'un saint-ciboire, commis dans les
églises de Bougainville et d'Allery.
A la sacristie de PEscurial, on conserve avec vénération, dans un
tabernacle en bronze doré, la Santa Forma, c'est-à-dire une sainte
hostie foulée aux pieds par des hérétiques, recueillie par l'empereur
d'Allemagne Rodolphe II et envoyée au roi Philippe IL
Son Eminence le cardinal Mathieu, en 1857, a fait placer dans un
vase d'argent, à la chapelle de l'archevêché de Besançon, plusieurs
hosties consacrées, trouvées dans des dossiers révolutionnaires, con-
servés aux Archives de la Justice criminelle du département du Doubs.
Elles avaient été saisies comme pièces de conviction contre des ecclé-
siastiques non assermentés.
Une loi du 20 avril 1825 frappait de la peine des parricides les
368 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

profanateurs des hosties. On est revenu, depuis i83o, aux principes


de la Révolution qui fit rentrer le sacrilège parmi les délits
communs.
Depuis cette époque et surtout de nos jours, les profanations
se sont multipliées de donné lieu à de
plus en plus et ont
nombreuses cérémonies Mais combien d'autres sacri-
réparatrices.
lèges, restés généralement secrets, qui ne peuvent être expiés que
par les pieuses associations fondées tout exprès pour faire amende
honorable au divin hôte du Tabernacle On pourra, par les !

renseignements que nous donne Monseigneur de Ségur, juger du


nombre des horribles crimes commis dans certaines réunions oc-
cultes.
qu'il nous dit, d'après des instructions judiciaires, sur
Voici ce
la Messe du diable qui avait lieu à Rome en 1848 « Sur un :

autel orné de six cierges noirs, on déposait un ciboire; chacun, après


avoir craché sur un aux pieds, appor-
crucifix et après l'avoir foulé
tait et mettait dans une hostie consacrée qu'il était allé
le ciboire
recevoir le matin dans quelque église, ou bien qu'il avait achetée
de quelque méchante vieille pauvresse, à prix d'argent, comme
Judas. Puis commençait je ne sais quelle cérémonie diabolique qui
se terminait par un ordre donné à tous de tirer le poignard, de
monter à l'autel et de frapper le Saint-Sacrement à coups redoublés.
La messe finie, on éteignait toutes les lumières... D'Italie, ces pra-
tiques sacrilèges se sont infiltrées chez nous et tout récemment ;

(1867), on a découvert l'existence d'une sorte de sous-Franc-Maçon-


nerie, déjà tout organisée, dans le but exclusif de s'entendre sur les

moyens de détruire la foi plus efficacement et plus sûrement. La


secte est divisée en petites sections de douze à quinze membres cha-
cune, pas davantage, de peur d'éveiller l'attention. Elle se recrute
parmi les gens ou du moins parmi les personnes qui, par leur
lettrés
position, leurs talents ou leur fortune, exercent autour d'elles quelque
influence. Les chefs de section ne résident pas aux lieux des réunions,
mais à Paris qui est leur centre d'action. Chose horrible, chaque
adepte, pour être agrégé, doit apporter, le jour de son initiation, le
Très Saint-Sacrement de l'autel et le fouler aux pieds en présence des
Frères (1). »

(1) Annales du Saint-Sacrement, t. X, p. 172.


CHAPITRE III

Des Fêtes du Saint-Sacrement

Toutes les fêtes sont, d'une manière générale, la glorification de


l'Eucharistie, puisque toutes se célèbrent par le Saint-Sacrifice de la
messe et la participation d'un certain nombre de fidèles à la sainte

communion. La messe est tellement la partie essentielle des fêtes


religieuses que le mot messe entrait dans la composition du nom de
plusieurs d'entre elles ; cet usage persiste encore dans l'Angleterre
protestante, où Noël s'appelle Christ Mass (Messe du Christ); la Pré-
sentation, Caudal Mass ; la saint Michel, Michel Mass ; la saint Mar-
tin, Martin Mass; etc. Aussi a-t-on pu se dire pendant longtemps,

comme le pape Alexandre III de la fête de la Sainte-Trinité, qu'il


n'était point nécessaire d'établir une solennité particulière pour un
dogme dont la liturgie quotidienne proclame les grandeurs.
Il existait d'ailleurs un jour spécial, consacré à célébrer l'institution

de l'Eucharistie, celui du jeudi saint. Les anciens Pères de l'Église


l'appelaient Natalis calicis, le jour de la naissance du calice, parce qu'à
la Cène, le divin Sauveur, ayant changé le vin en son précieux sang,

fit passer le calice de l'usage profane à un usage sacré.

C'est parce que le jeudi saint est la fête de l'institution eucharistique


que ce jour était chômé jadis que, dans certains endroits, il interrom-
;

pait le jeûne du carême; que tout appareil de deuil disparaît de ses


offices et que le blanc devient la couleur du jour.
En Orient, le jeudi saint est resté tout à la fois Tunique fête de
l'institution de l'Eucharistie, la commémoration du Lavement des
pieds et celle de l'Oraison suprême de Jésus-Christ. Pour les Syriens,
c'est en outre la fête de l'institution du sacerdoce. Chez ceux-ci,

comme chez beaucoup d'autres Orientaux, ce jour s'appelle la Fête


des Mystères.
La Liturgie latine porte aussi ce jour-là son attention sur d'autres
T. II. 24
370 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

objets ; elle s'occupe de la réconciliation des pénitents, de la bénédic-


du lavement des pieds.
tion des saintes huiles et
Il était convenable de donner une manifestation plus spéciale et

plus éclatante au culte latreutique de l'Eucharistie, pour remercier


Notre-Seigneur d'avoir institué ce sacrement et pour le glorifier dans
le sublime mystère qui est la plus grande expansion de son amour.

Ce fut le but que se proposa l'Église dans l'institution de la Fête-


Dieu.

ARTICLE 1

De la Fête-Dieu.

Certains Protestants ont prétendu que la Fête-Dieu était un em-


prunt fait au paganisme et spécialement au culte de Vesta, de Cybèle,
d'Isis et de Diane Ces sortes d'accusations pourraient avoir un
(1).

vernis de vraisemblance, s'il s'agissait des institutions des premiers

siècles, alors que Chrétiens et païens se trouvaient confondus dans le


même milieu social; mais attribuer une origine polythéiste à une
œuvre du xui e siècle, ce n'est vraiment pas sérieux.
Chacun sait que cette fête a été fondée en 1264 par le pape
Urbain IV, à la suite de révélations faites à sainte Julienne de Mont-
Cornillon et d'un célèbre miracle arrivé à Bolsène. On donna à cette
solennité le nom de Festum Corporis Domini en Italie, en Espagne,
en Allemagne, on dit encore aujourd'hui la fête du Corpus Domini.
Notre appellation de Fête-Dieu signifie la Fête de Dieu. « C'est là, dit
M. Littré, un archaïsme et un reste du temps où la langue ayant
deux cas, le nominatif et le régime, on marquait le complément par
le cas du régime sans préposition. »

Les anciennes rubriques appellent souvent cette fête solemnitas


Eucharistiœ Christi, festum consecrationis corporis Christ i ; cette
dernière désignation a été traduite et abrégée par le mot sacre qui s'est

conservé en Anjou et ailleurs.

(1) Conformités des cérémonies modernes avec les anciennes ; Traité des anciennes
cérémonies, 1673; La Fête-Dieu, épisode hist., Paris, 1843.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 37 i

En plusieurs provinces, on donne le nom de petite Fête-Dieu à


l'octave du Saint-Sacrement.

§ i

De l'institution de la Fête-Dieu

Sainte Julienne, née en 193, à Rétine, dans la banlieue de Liège,


1

avait perdu ses parents dès l'âge de sept ans. Son tuteur la confia aux
soins des religieuses hospitalières du Mont-Gornillon. La jeune fille,

placée sous la direction d'une religieuse nommée Sapience, fit de ra-


pides progrès dans l'étude et dans la vertu, en montrant une très vive
dévotion pour l'auguste Sacrement de l'autel. Elle prit le voile à qua-
torze ans et devint dès lors, pour ses compagnes, le modèle de la vie
religieuse. Deux ans plus tard, en 1208, elle fut favorisée d'une vision
extraordinaire. Un jour qu'elle était plongée dans ses affectueuses
méditations, elle aperçut le globe de la pleine lune, brillant d'une
radieuse clarté, à l'exception d'une sorte d'écornure formée par une
bande noire. Julienne ne comprit point d'abord le sens de cette vi-
sion qui devait se renouveler souvent pendant ses oraisons.
Les sœurs, qu'elle consulta sur ce point, ne purent calmer ses
anxiétés. Il fallut que Dieu lui-même, deux ans plus tard, lui expli-
quât cette mystérieuse apparition : la lune était la figure du cycle an-
nuel des solennités chrétiennes qui viennent éclairer les ténèbres de
notre exil; l'ombre qui constituait une brèche à la surface de la
sphère lumineuse indiquait qu'une lacune existait encore dans l'en-
semble des fêtes catholiques, aucun jour spécial n'étant consacré exclu-
sivement à honorer l'Eucharistie. Julienne avait été choisie par
Notre-Seigneur pour être la promotrice de cette nouvelle solennité.
La lutte entre l'obéissance et l'humilité devait durer vingt ans dans
l'âme troublée de la sainte religieuse. Devenue prieure de son monas-
tère, en i23o, elle osa enfin ouvrir son cœur à la B. Eve, recluse au
Mont-Saint-Martin, et à Isabelle de Huy, religieuse de Cornillon.
Encouragée parleurs conseils, elle révéla ses visions à Jean de Lau-
sanne, chanoine de la collégiale de Saint-Martin de Liège. Celui-ci
consulta des hommes de Dieu, renommés par leur science et leur
sagesse, tels que Jacques Pantaléon, archidiacre de Liège, qui devait
un jour ceindre la tiare, sous le nom d'Urbain IV; Guy de Laon,
évêque de Cambrai; le Chancelier de l'Université de Paris; trois
372 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Dominicains de Liège et, plus tard, leur provincial, Hugues de Saint-


Cher, qui devint cardinal de Sainte-Sabine.
Sur les instances de Julienne, un jeune religieux du Mont-Cornil-
lon, nommé Jean, composa un office du Saint-Sacrement, qui reçut
En 1246, Robert
l'approbation de plusieurs théologiens de Belgique.
de Torote, évêque de Liège, institua pour tout son diocèse une fête
chômée du Saint-Sacrement, précédée de vigile et jeûne. Elle fut
célébrée pour la première fois, en sa présence, à la collégiale Saint-
Martin, en 1247, le jeudi après l'octave de la Trinité. Ce prélat mou-
rut cette même année, et l'extension de son œuvre fut entravée par
de nombreux opposants.
Le cardinal Hugues de Saint-Cher, légat du Saint-Siège en Alle-
magne, se trouvant à Liège en 1255, adressa un mandement à tous
les archevêquesévêques des contrées soumises à sa légation,
et

pour ordonner que la fête du Saint-Sacrement fût désormais célé-


brée, dans toute l'étendue de sa juridiction, le jeudi après l'octave de
la Pentecôte. Le départ du légat, le triste épiscopat d'Henri de

Gueldre et de nombreux troubles politiques devaient retarder l'exé-


cution de ces prescriptions.
Depuis longtemps, l'intendant de l'hôpital du Mont-Cornillon vou-
lait se débarrasser de la prieure, dont l'œil clairvoyant aurait pu décou-

vrir ses malversations; il l'accusa de vouloir faire passer la direction


de l'hôpital des mains de bourgeoisie dans celles de l'évêque-, une
la

émeute populaire contraignit Julienne à se réfugier d'abord dans la


réclusion de son amie Eve, puis successivement dans divers monas-
tères, et enfin à Fosses où elle mourut le 5 avril 1258. Son culte se
répandit bientôt en Belgique et s'est propagé depuis dans plus de
deux cents diocèses (1).
Julienne n'avait pu voir le triomphe de la dévotion qu'elle avait
inaugurée. Plus heureuse que son amie, Eve, qui avait hérité de son
zèle eucharistique, fut servie par des circonstances plus favorables.
Le 29 août 1261, l'ancien archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon,
avait été élevé sur le trône pontifical, sous le nom d'Urbain IV. Par
l'entremise de plusieurs prélats, Eve sollicita du Souverain Pontife
une bulle qui pût mettre un terme à toutes les contestations et qui
étendît la fête liégoise à toute la chrétienté. Les troubles qui agitaient

Barth. Fisen, De origine festi corporis Christi ; Bertholet, Hist. de l'institution de


(1)
la Fête-Dieu; Donzelin, Istoria délia solennita del corpus Domini ; Chapeauville, Traité
hist. de la fête du Saint-Sacrement ; Arsène de Noue, Vie de sainte Julienne de Rétine.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 373

alors l'Italie avaient fait ajourner la réalisation de ces vœux, quand


un événement miraculeux leur vint puissamment en aide.
Un prêtre allemand, obsédé de doutes sur la présence réelle, avait
supplié Dieu de lui donner un signe manifeste qui raffermît sa foi. Il

voulut visiter Lieux saints de Rome ; arrivé dans cette cité, il célé-
les

bra la messe dans l'église de Sainte-Christine. Au moment où il élevait


l'hostie sur le calice, une chair réelle lui apparut toute couverte d'un
sang abondant qui se répandit sur le corporal. Sans achever le Saint-
Sacrifice, le prêtre mit l'hostie dans le tabernacle et alla se jeter aux
pieds du Pape Urbain IV qui se trouvait alors à Orvieto, petite ville
de Toscane située à trois lieues de là. Il en obtint l'absolution pour
son doute contre la foi. Le pape fit apporter le corporal à Orvieto et le
déposa solennellement dans la cathédrale où on le vénère encore
aujourd'hui. Une enquête épiscopale démontra bientôt l'indiscutable
réalité du prodige (i).
Cet événement contribua à déterminer le Souverain Pontife à ins-
tituer, pour l'Église universelle, la fête du Saint-Sacrement. Voici le
dispositif de la bulle qu'il publia en 1264:
« Nous avons appris, dans le temps où nous étions revêtu d'une
dignité inférieure, que quelques personnes pieuses et vraiment catho-
liques avaient su par révélation divine que la fête du Très Saint-Sacre-
ment se célébrerait un jour par toute l'Église. Nous donc, pour l'af-

fermissement et l'exaltation de la foi catholique, avons raisonnable-


ment cru devoir ordonner qu'outre la mémoire qui se fait tous les
jours dans l'Eglise d'un si grand sacrement, l'on en fit encore une
annuellement, qui fût plus particulière et plus solennelle, assignant
pour cela un jour déterminé que nous voulons être le jeudi d'après
l'octave de la Pentecôte. En ce jour donc, que les dévotes troupes
des fidèles s'assemblent dans les temples en grand nombre et avec une
vive ferveur. Que le clergé et le peuple témoignent leur joie par des
cantiques de louanges ; que tous chantent des hymnes et des canti-
ques sacrés, non seulement en esprit et dans le fond de leur cœur,
mais aussi de la bouche ; que la foi s'épanche en bénédiction que ;

l'espérance bondisse de joie; que la charité tressaille d'allégresse;

(1) En 1290, les habitants d'Orvieto, pour faire honneur à la sainte relique, bâtirent
une somptueuse cathédrale dont le pape Nicolas IV vint poser la première pierre. Le
corporal est conservé dans un magnifique reliquaire exécuté en 1 3 38 par Ugolin de
Vieri. Pennazi, Ictoria dell' ostia di Bolsena ; Monaldo Monaldeschi, Comment, hist,,
1. VII,
374 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

que la dévotion jubile ; que la pureté se console, et que l'assemblée


des saints soit remplie d'une suavité spirituelle. Que chacun y vienne
avec un esprit joyeux une volonté pleine d'affection qu'il y accom-
et ;

plisse saintement ses bons désirs par la célébration de cette grande


fête. Dieu veuille que les cœurs des fidèles se portent avec une telle
ardeur au service de Jésus-Christ que, profitant de ces pratiques de
piété et d'autres semblables, et amassant par ces moyens de grands
trésors démérite, ils soient si heureux, que cet aimable Sauveur, qui
s'est livré pour prix de leur rançon et qui s'est fait aussi leur aliment
et leur nourriture, devienne, après cette vie, leur salaire et leur
récompense. Cela étant, nous vous avertissons et nous vous exhor-
tons en Notre-Seigneur, et même nous vous commandons expres-
sément, par ces lettres apostoliques, en vertu de la sainte obéissance
et pour la rémission de vos péchés, que vous célébriez tous les ans,
dévotement et avec solennité, cette excellente et illustre fête, le jeudi

que nous avons assigné ci-dessus, et que vous la fassiez diligemment


célébrer dans toutes les églises de votre diocèse ;
ayant soin, le
dimanche d'auparavant, d'exhorter les personnes qui sont sous votre
dépendance spirituelle, tant par vous-mêmes que par vos coopéra-
teurs, de se disposer si saintement à cette solennité, par une sincère
confession de leurs péchés, par la pratique de l'aumône, par des
prières recueillies et dévotes et par d'autres actions de piété et de
religion, qu'elles puissent ce jour-là être participantes de cet auguste
et très précieux sacrement. »

La bulle se termine par rénumération des indulgences accordées à


tous ceux qui assisteront aux offices soit de la Fête-Dieu, soit des
jours de l'octave.
Urbain IV mourut octobre 1264, et n'eut point le temps de
le 2
faire exécuter son décret. On n'y pouvait guère songer tant que l'Ita-
lie resta en proie aux factions des Guelfes et des Gibelins. Aussi fort
peu d'églises, à la fin du xm e siècle, imitèrent-elles celle de Liège.
Clément V, au concile général de Vienne (i3ii), remit en lumière
la bulle d'institution d'Urbain IV. La Fête-Dieu se propagea alors
dans toute la chrétienté, et, vers l'an i3 18, elle était célébrée dans
presque toutes les églises de France. Elle avait été instituée en 1270
dans le diocèse de Noyon ; en i3o3, dans le Ponthieu etleVimeu;
en 3 1 5 dans le diocèse de Rouen. Cette solennité s'introduisit plus
1

tardivement dans les monastères à Fontenelle, en 1324; chez les


:

Chartreux en 1 368 à Corbie, en 141 1 à Bursfeld, en 1 585, etc.


;
-,
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 3j5

Martin V, Jean XXII, Eugène IV, Paul III, Grégoire XIII, Ur-
bain VIII enrichirent cette solennité de nombreuses indulgences et
contribuèrent à en augmenter l'éclat.

En 1542, Henri II ordonna de chômer l'octave qu'on appelait la


petite Fête-Dieu.

§ 2

Office du Saint-Sacrement

L'office rédigé sous l'inspiration de sainte Julienne, par un jeune


religieux du Mont-Cornillon, était accommodé au rite gallican et avait
on se
subi plusieurs modifications dans diverses églises. Ailleurs,
contentait de dire la messe Incœna Domini. Pour assurer l'unifor-
mité du rite, Urbain IV chargea saint Thomas d'Aquin et saint
Bonaventure de composer, chacun de leur côté, un office du Saint-
Sacrement. Au jour indiqué, les deux religieux vinrent soumettre
leur œuvre au jugement du Pontife. Saint Thomas commença par lire
les leçons et les répons, admirablement choisis dans l'Ecriture
sainte. En entendant les hymnes et les cantiques de cet office, saint
Bonaventure versait des larmes d'admiration. Quand vint son tour,
il se jeta aux pieds du Pape, en disant « Très Saint-Père, quand :

j'écoutais frère Thomas, il me semblait entendre le Saint-Esprit Lui :

seul peut avoir inspiré d'aussi belles pensées, et j'aurais cru commet-
tre un sacrilège, si j'avais laissé subsister mon faible ouvrage, à côté
de beautés si merveilleuses. Voici ce qui en reste. » Et le fils de saint
François, secouant sa robe de bure, tomber à terre les fragments fit

du manuscrit qu'il venait de lacérer. Le Souverain Pontife admira


profondément ces deux religieux dont l'un avait produit un chef-
d'œuvre de littérature, et dont l'autre avait accompli un chef-d'œuvre
d'humilité (1).

On montre encore à Orvieto, dans de Saint-Dominique, un


l'église
crucifix qui aurait pris la parole pour adresser à l'auteur de l'office
du Saint-Sacrement, cette approbation divine : Bene scripsisti de me,
Thoma.
Le pape saint Pie V fit quelques changements à l'office de saint

(1) Sur l'office du Saint-Sacrement, voir les excellents commentaires de Y'Année litur-
gique, continuée par les Bénédictins de Solesmes, Temps de la Pentecôte, t. I,
pp. 221-470,
376 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Thomas. Plus tard on composa ceux de l'octave, et on recueillit dans


les Pères, pour les offices votifs des jeudis de Tannée, les principaux
témoignages de la tradition sur la présence réelle.
De l'office de sainte Julienne et de celui de saint Thomas, on en
composa un troisième pour l'Eglise de Liège il fut adopté, avec ;

divers changements, par plusieurs Églises de la France du Nord.


Clément XI a accordé par un induit, le 17 août 171 5, aux États
de la maison d'Autriche, l'autorisation de célébrer l'office et la messe
du Saint-Sacrement, tous les jeudis de l'année où Ton ne fait pas un
office à neuf leçons. Ce privilège a été concédé depuis à différents
diocèses d'autres contrées, avec exception toutefois des jeudis de
TAvent, du Carême et des \ igiles.
En Portugal, l'octave du Saint-Sacrement est privilégiée comme
celle de l'Épiphanie.
Au xvm e siècle, en France, les Jansénistes, dans leur éloignement
pour les manifestations eucharistiques, parvinrent, dans certains dio-
cèses, à rabaisser d'un degré liturgique la fête du Corps du Seigneur.
Autrefois, une prédication solennelle avait lieu chaque jour, pen-
dant l'octave de la Fête-Dieu. Lés anciens recueils de sermons con-
tiennent presque tous cette octave oratoire. On prêchait la Cène, le
jeudi de la Fête-Dieu, comme on prêche encore la Passion le vendredi
saint.
La couleur rouge a longtemps prévalu en France pour le Saint-
Sacrement. A Clermont-Ferrand et dans quelques autres Églises, on
avait adopté le vert. Depuis l'introduction du rite romain, on a pris
partout la couleur blanche qui s'harmonise beaucoup mieux avec un
sacrificenon sanglant.
On que le Concordat de 1802 a rejeté la célébration de
sait la Fête-
Dieu au dimanche qui suit sa date liturgique.

Article 11

Des processions de la Fête-Dieu

Dès le xi
e
siècle et peut-être auparavant, y a eu des processions
il

où la sainte hostie, sans être à découvert, était portée dans une


LIVRE XVIII. DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 3 77

châsse. Nous en parlerons plus tard. Ici, nous n'avons à nous occuper
que des processions de la Fête-Dieu.

.
§ i

De l'origine de la procession de la Fête-Dieu

Quelques écrivains (1) ont supposé à tort que la procession de la

Fête-Dieu avait été instituée en même temps que la fête liturgique


du Saint-Sacrement. La Fête-Dieu n'a pas été établie pour exposer, en
évidence, le Saint-Sacrement, ni pour le porter en procession. Il n'est
point parlé de ces solennelles démonstrations envers l'hostie sainte
dans la bulle d'institution d'Urbain IV, ni que composa dans l'office

saint Thomas, ni dans la bulle de confirmation de Clément V. Durand


de Mende, qui écrivit son Rational vers l'an 1284, ne fait aucune
mention de la procession delà Fête-Dieu, et l'on connaît so» exacti-
tude à noter tous les usages de son temps.
Les uns rapportent l'origine de cette procession aux prescriptions
du pape Jean XII 3 6- 334) ( 1les autres, à la procession solennelle
1 1 ;

du Saint-Sacrement qui eut lieu à Vienne en i3n, à l'époque du


concile ceux-ci prétendent que la première procession solennelle de
;

la Fête-Dieu eut lieu le 29 mai 1404, à Milan ceux-là, à la même date, ;

à Pavie. Il nous paraît certain que ce parcours triomphal de Jésus-


Hostie n'est qu'une extension de l'exposition du Saint-Sacrement,
qu'on faisait depuis quelque temps dans les églises que l'initiative :

populaire y eut la plus large part et qu'elle prit naissance en


France. Des actes authentiques mentionnent cette cérémonie à Sens
en i320, à Paris en i323, à Tournai en i325,à Chartres en i33o.
Elle existait àAngers dès le xm e siècle, et peut-être antérieurement.
Parmi les villes où l'on a fait le plus anciennement des processions
du Saint-Sacrement, il faut encore citer Amiens, Beauvais, Bruxelles,
Clermont-Ferrand, Douai, Dreux, Évreux, Lisieux, Rouen, Saint-'
Flour, Saintes, Sisteron, Troyes, Turin, etc.
Le pape Nicolas V introduisit à Rome la coutume de porter solen-
nellement le Saint-Sacrement le jour de la Fête-Dieu. Le 8 juin 1447,
accompagné des cardinaux, des évêques et de tout le clergé, il inaugura

(1) Bellarmin, Benoît XIV, Jacques Éveillon, etc.


HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

cette solennelle manifestation de la Foi, en se rendant de la basilique


Saint-Pierre à la porte de Castello.
Les papes Martin V et Eugène IV, les conciles de Constance et de
Bâle accordèrent de nombreuses indulgences à tous les fidèles qui
feraient partie du cortège eucharistique. Aussi multiplia-t-on bientôt
ces processions au xvi e
siècle, elles avaient lieu non seulement le
;

jour de Fête-Dieu, mais à chaque jour de l'octave dans les villes


la

deBeauvais, Bourges, Évreux, Langres, Malines, Noyon, Orléans,


Rouen, Sens, Tours, etc.

Détails liturgiques relatifs à la procession de la Fête-Dieu

C'est à l'e'vêque qu'il appartient d'établir, de diriger, de supprimer


des processions publiques et privées, en se conformant toutefois aux
décisions des Congrégations romaines. Nous en signalerons quelques-
unes en examinant l'ordre qui doit être suivi dans la procession de la
Fête-Dieu.
La Congrégation des Rites veut que la messe solennelle soit célé-
brée avant la Les paroles du Rituel romain finit a
procession
(i).

missa ne s'entendent pas en générai d'une manière rigoureusement


préceptive. Elles semblent seulement indiquer ce qu'il y a de mieux
à faire. En France, le rite parisien place la procession avant la messe,
mais l'usage le plus général est de la faire dans l'après-midi, afin de
laisser plus de temps pour préparer les reposoirs. Il y a même des
rituels, celui des Carmes par exemple, qui prescrivent de faire la
procession vespertino tempore.
En la procession est souvent précédée d'une ou deux clo-
France,
chettes que l'on sonne continuellement. On oublie ou l'on ignore que
c'est là un privilège qui n'appartient qu'aux basiliques majeures et
mineures (2).
Les processions du Saint-Sacrement ont souvent donné lieu à des
questions de préséance que la Congrégation des Rites a été appelée
à régler. Le Cérémonial des Evêques s'est borné à prescrire l'ordre
suivant pour les cathédrales le ministre portant la croix de l'église
:

cathédrale, entre deux clercs, ayant chacun un chandelier avec cierge

(1) N. 2020.
(2) Barbier de Montault, Traité de la constr. des églises, t. \, p. 358.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L EUCHARISTIE
;

379

allumé ; les clercs du séminaire ; les réguliers ; les curés des églises
paroissiales en "surplis ; les églises collégiales avec leurs insignes
accoutumés ; le clergé de l'église cathédrale, les prêtres en chasuble,
en chape; l'évêque portant le Saint-Sacrement et assisté
les dignitaires
de deux diacres en dalmatique et le porte-mitre en surplis.
Le Cérémonial range les officiers, les gentilshommes et les magis-
trats après les religieux et avant le clergé séculier. Dans la province
de Forli, les marchent en tête de la croix, antique
autorités civiles
usage qu'a respecté la Congrégation des Rites (1). En France, les auto-
rités civiles, judiciaires et militaires suivent immédiatement le dais,
tandis que les troupes escortent les flancs du cortège.
La Congrégation des Rites a décidé (2) que les chanoines doivent
assister, revêtus de leurs ornements sacrés, à la procession de la
Fête-Dieu, quand bien même elle ne serait point présidée par l'évêque.
Elle a condamné plus d'une fois (3) l'usage des confréries qui, au lieu
de marcher des deux côtés du dais, se placent derrière le clergé, immé-
diatement avant le dais.

Le célébrant doit toujours être en chape, également


les dignitaires

en chape, les prêtres en chasuble, les diacres en dalmatique et les


sous-diacres en tunique.
En Italie, en Espagne et ailleurs, tous ceux qui précèdent ou qui
suivent le Saint-Sacrement, les laïques comme les ecclésiastiques,
portent un cierge allumé. En France, cette coutume est peu suivie par
les laïques, à moins qu'ils ne fassent partie de quelque confrérie.
On ne peut point du Saint-Sacrement, même
faire de procession
dans les églises pauvres, sans avoir un dais,
ou tout au moins un
ombrellino. Tous deux ont la même origine que le baldaquin des
autels, origine que nous avons expliquée précédemment (4). Dans
les anciens inventaires, ces pavillons d'honneur sont désignés sous les
noms de mappula, linteum, cappa, tobalia, pannum (étoffe), umbella,
umbrella, umbraculum ; courtine, poile, poêle (de pallium).
Les dais du moyen âge consistaient en une pièce d'étoffe plus ou
moins ajustée sur des hampes et sur un châssis brisé, susceptible de se
prêter à toutes les inégalités de passage. Tel est encore le dais italien,
dont les pentes de soie blanches sont galonnées et frangées d'or. En

(1) N° 912, 4 april. i6i5.


(2) N° 2069, i5 jul. 1634.
(3) N" 3 7 2, 5 47 , 829, 940, 1423, 38 9 6, etc.
(4) Livre XVI ;
ch. i, art. 10, p. 106.
38o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

France, dès le xvn e


siècle, ces dais pleins d'élégance et de souplesse ont
été remplacés par nos disgracieuses charpentes tendues de velours.
Ce fut souvent à cause de ces énormes machines qui ne pouvaient point
passer par la porte centrale, qu'on détruisit ces charmants trumeaux
qui la partageaient en deux baies. Ces sortes de tentes carrées, surmon-
tées à leurs angles de panaches à plumes d'autruche, étaient parfois
si lourdes qu'on y adaptait des roulettes pour en faciliter le transport.
On conserve au musée de Nancy le dais en soie verte, que le roi
Stanislas, dans les processions de la Fête-Dieu, se plaisait à porter de
ses royales mains il en avait
;
fait don à la paroisse d'Heillecourt où
il passait une partie de l'été.
Le dais delà cathédrale de Marseille (1859) est f° rt remarquable.
Ses larges pentes de velours cramoisi sont presque entièrement recou-
vertes par de riches et fines broderies en or, du style gothique du
xv e siècle : elles portent chacune un sujet emblématique du sacre-
ment de l'Eucharistie. De longues franges à gros bouillons d'or
bordent que séparent et terminent des glands également en
les festons

or. Au-dessus, en forme de corniche, court tout autour une gracieuse


et légère galerie à jour, dorée et du même style. Six magnifiques
panaches aux plumes blanches, élancées ou mollement recourbées,
ajoutent encore à la majesté de cette tente royale ; un dôme en
velours rouge, parsemé d'étoiles d'or, surplombe une ogive recourbée.
Les arêtes sont dessinées par des baguettes d'or, et au sommet s'élève
une croix en signe de paix et de triomphe.
Le dais de la cathédrale d'Amiens, tout en soie blanche et or, est
dans le style du xm e siècle. Notons encore, pour sa richesse, celui que
Charles X donna à la cathédrale de Reims il est estimé 24.000 fr. ;

Les hampes, ou supports du dais, sont portées par des laïques


notables. En France, ce sont, en général, des confrères du Saint-Sacre-
ment qui remplissent cet office ; quatre ou six cordons suspendus à
Pédicule sont tenus par des membres du Conseil de Fabrique ou par
d'autres personnes de distinction.
Le Sacerdotal de Brescia prescrit que le dais sera porté par des
notables du pays ayant chacun une couronne de fleurs sur la tête.
En général, les rois et les empereurs se bornaient à suivre le Saint-
Sacrement. Néanmoins plusieurs tinrent à honneur de prendre une
part plus directe à la cérémonie. Ainsi, à Vienne en Dauphiné, pen-
dant le concile de 1 3 1 1, le dais fut porté par Philippe le Bel, roi de
France, par son fils le roi de Navarre, par Edouard II, roi d'Angle-
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 38l

Jacques II, roi d'Aragon. En 1 535, Charles-Quint, se trou-


terre, et
vant à Barcelone, un jour de Fête-Dieu, porta, lui aussi, un des
bâtons du dais, ce qu'avait fait dans la même ville, en 1424, le roi
Alphonse le Sage.
Le Cérémonial des Evêques exige huit torches pour accompagner
le Saint-Sacrement, dans les processions extérieures faites par l'évêque

et le clergé de sa cathédrale. Trois suffisent pour les autres églises.

Les torches peuvent être remplacées par des falots, c'est-à-dire par une
lanterne ajustée à un long bâton. Le concile de Rome (1725) en pres-
crit au moins quatre. Dans quelques églises on rencontre encore
d'anciens falots en fer-blanc peint et perforé d'une multitude de trous
formant différents dessins.
Le jour de la Fête-Dieu, F Eucharistie doit être portée par le célé-
brant; aux Vêpres de l'octave, par celui qui a chanté vêpres. Les usages
contraires ont été désapprouvés par la Congrégation des Rites (1). Ici,
cet honneur était dévolu aux premiers dignitaires de la cathédrale; là,

à Farchiprêtre; ailleurs, au chanoine hebdomadier, alors même qu'il


n'avait point célébré la messe ni chanté les vêpres.
Le prêtre qui porte Saint-Sacrement tient, de la main droite, le
le

nœud de l'ostensoir, en même temps que sa main gauche en


soutient le pied. Ses deux mains sont recouvertes des pans de
l'huméral en soie blanche, qu'il porte sur ses épaules. La Sacrée
Congrégation des Rites (2) a condamné la très ancienne coutume où
l'on était à Raguse de faire porter le Saint-Sacremant sur les épaules
de plusieurs prêtres. Elle a également blâmé l'usage où l'on était
dans le diocèse de Trivento de faire porter successivement l'ostensoir
par divers prêtres (3).

Originairement, l'hostie n'était pas en évidence comme aujourd'hui,


mais voilée et renfermée dans une châsse ou dans un vase sacré.
C'est le concile de Cologne, en 1452, qui fournit le plus ancien texte
sur l'hostie exposée visiblement dans une monstrance.
D'après rubrique du Cérémonial des évêques, confirmée par un
la

décret de Congrégation des Rites (4), on ne devrait donner la béné-


la

diction du Saint-Sacrement qu'à la fin de la procession et non pas


aux reposoirs. Toutefois, à des dates postérieures, la Sacrée Congré-

(1) N° 8 2i9i, 2499, 2922, etc.


(2) N° i858, 2 aug. i63i.
13) N" 6498, 6565.
(4) 11 mai i652
382 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

gation a autorisé la coutume existante de donner la bénédiction aux


reposoirs où la procession s'arrête, mais en maintenant le principe
de ne faire qu'une station, deux au plus. Cette tolérance est générale
pour toutes les églises où existe cette ancienne coutume. Dans beau-
coup de diocèses de France, les reposoirs sont très nombreux et, à
chacun d'eux, on donne la bénédiction du Saint-Sacrement. Gomme
c'est là une pratique invétérée, on pourrait obtenir qu'elle soit sanc-
tionnée par l'autorisation du Saint-Siège. Le diocèse de Luçon a
obtenu, à cet égard, la faveur d'un induit apostolique (i).

On voit, dans l'ancien rituel d'Aleth, qu'on déposait le Saint-


Sacrement sur plusieurs autels-reposoirs, qu'on y lisait des oraisons
et que l'on continuait la procession, sans donner la bénédiction.
Dans plusieurs diocèses d'Allemagne et de Pologne, on dépose
successivement le Saint-Sacrement sur quatre reposoirs à chacun ;

d'eux, on chante le commencement d'un des quatre Évangiles.


Aux xv e et xvi e siècles, pendant que le Saint-Sacrement était placé
sur un reposoir, un prêtre adressait aux fidèles une instruction sur
l'Eucharistie, et c'était ordinairement sur une place publique qu'on
érigeait la chaire ou hourdis du prédicateur. Les anciens registres de
Béthune mentionnent la somme qui fut donnée au guetteur du
beffroy qui « avoit fait le hourdich du frère Mineur (2). »
Dans quelques localités, on s'efforce d'élever jusqu'aux proportions
de Tart, ces monuments éphémères d'une généreuse piété, et l'on y
réussit quelquefois, témoin les divers dessins qu'en a publiés V Illus-
tration. On m'a affirmé à Rennes que les frais de certains reposoirs
s'élevaient jusqu'à dix et même douze mille francs.
En diverses provinces, quand le prêtre quitte le reposoir pour
retourner sous le dais, il pose le pied de l'ostensoir sur la tête de
jeunes enfants que lui présentent leurs mères ou tout autre personne.
Cette bénédiction rappelle l'imposition des mains de Notre-Seigneur,
lorsqu'il disait : Laisse^ les petits venir jusqu'à moi. Ailleurs, on fait

toucher à l'ostensoir des couronnes et des bouquets de fleurs que l'on


conserve ensuite avec vénération.
Au moyen âge, durant la procession du Saint-Sacrement, on repré-
sentait des mystères dramatiques plus ou moins en harmonie avec la
Fête-Dieu, ce qui amena les conciles et les synodes à interdire cette

(1) Revue des sciences eccl., mars 1882, p. 285.


(2) Annales arch. } t. VIII, p. 272.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 383

adjonction de jeux de théâtre, en un mot, tout ce qui n'était point de


nature à exciter la dévotion la Congrégation des Rites
(i). Plus tard,
s'opposa à ce que des jeunes gens et des jeunes filles représentassent
des saints, des saintes, des anges et diverses scènes de l'Ancien et du
Nouveau Testament (2). La Sacrée Congrégation regarde également
comme un abus de chanter, dans les processions, des cantiques en
langue vulgaire, et d'y faire figurer des reliques et des statues (3),
accompagnement beaucoup de contrées, est considéré comme
qui, en
le plus digne cortège qu'on puisse donner au Saint-Sacrement.
Dans les villes épiscopales, le dimanche qui suit la Fête-Dieu est
réservé à la cathédrale pour une procession générale de toutes les
paroisses de la ville, et, le dimanche suivant, à chaque paroisse en
particulier. La Congrégation des Rites a souvent décrété qu'il n'est
point permis aux Réguliers de faire une procession du Saint-Sacre-
ment hors de leur clôture, sans la permission de l'Ordinaire (4). En
vertu d'une concession du pape Grégoire XIII, ils ont le droit de
faire une procession hors de l'enceinte de leur habitation, à un
jour quelconque de l'octave de la Fête-Dieu, sans avoir besoin de
l'autorisation de l'évêque ou du curé mais ils sont tenus de suivre
;

l'itinéraire qu'ils ont une fois adopté (5).

S 3

Be quelques particularités locales des processions de la Fête-Dieu

Nous voulons signaler ici des particularités, la plupart louables,


quelques-unes blâmables, qui caractérisent certaines processions de
la Fête-Dieu, dans les temps passés ou présents, en France et dans

quelques États étrangers.


France. —
Le pays qui vit naître la procession de la Fête-Dieu fut
plus d'une fois menacé dans la liberté de cette manifestation eucha-
ristique. Marie de Médicis, probablement dans le but de faciliter la
réunion des Protestants à l'Église, demanda, mais en vain, au pape

(1) Concile de Cologne (1649), ier concile de Milan ( 1 564), statuts d'Angers (1587), etc.
(2) N° 2272, 5 mart. 1667.
(3) 21 mart. 1609* 17 jun. 1684, etc.
(4) N°s 340, 672, 1299, 1648, 1666/2392, 2422, etc.
(5) Annal, jur. pont if., t. I, p. 2834
384 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Pie IV d'abolir la fête et la procession du Saint-Sacrement, comme


étant une institution nouvelle, pouvant donner occasion à de regretta-
bles irrévérences. Les Jansénistes n'ont pas ménagé leurs critiques à
ce. comme excessif dans la pompe des cérémonies
qu'ils considéraient
de la Fête-Dieu. Les incrédules du xvm e siècle devaient naturellement
se montrer hostiles à cet acte public d'adoration. Cependant, l'un des
plus célèbres d'entre eux, Diderot, n'a pu s'empêcher de rendre
hommage à la bienfaisante influence de cette solennité « Des rigo- :

ristes absurdes en religion, dit-il (i), ne connaissent pas l'effet des


cérémonies extérieures sur le peuple. Ils n'ont jamais vu notre Ado-
ration de la Croix, le vendredi saint, ni l'enthousiasme de la multi-
tude à la procession de la Fête-Dieu, enthousiasme qui me gagne moi-
même quelquefois. Je n'ai jamais vu cette longue file de prêtres en
habits sacerdotaux, ces jeunes acolytes, vêtus de leurs aubes blanches,
ceints de leurs larges ceintures bleues, et jetant des fleurs devant le
Saint-Sacrement, cette foule qui les précède et qui les suit dans un
silence religieux, tant d'hommes, le front prosterné contre terre je ;

n'ai jamais entendu ce chant grave et pathétique, entonné par les


prêtres et répété affectueusement par une infinité de voix d'hommes,
de femmes, de jeunes filles et d'enfants, sans que mes entrailles s'en
soient émues et que les larmes m'en soient venues aux yeux ».
La procession du Saint-Sacrement, interrompue par la Révolution,
mais non pas aussi généralement qu'on le suppose, fat remise en
honneur dans beaucoup de localités sous le Consulat et l'Empire.
L'article XV des Lois organiques est ainsi conçu « Aucune céré- :

monie religieuse n'aura lieu hors des édifices consacrés au culte catho-
lique, dans les villes où il y a des temples destinés à différents cultes. »
Cette défense, aux termes d'une décision ministérielle, ne s'applique
qu'aux villes où il y a six milles âmes de la communion protestante.
En réalité, même dans la plupart de ces villes, ayant un consistoire,
on continua à faire la procession du Saint-Sacrement, avec le con-
sentement tacite des sectes dissidentes.
L'article 43 de la loi du 18 germinal an X a prescrit avec beaucoup
de détails les honneurs que les troupes devaient rendre au Saint-
Sacrement. « Lorsque le Saint-Sacrement passera à la vue d'une
garde ou d'un poste, les sous-officiers ou soldats prendront les armes,
se présenteront, mettront le genou droit en terre, inclineront la tête,

(1) Salon de 1708, dans les œuvres complètes, 1821, t. VIII, p. 317.
385

porteront la main droite au chapeau, mais resteront couverts. Les


tambours battront aux champs; les officiers se mettront à la tête de
leurs troupes, salueront de l'épée, porteront la main gauche au cha-
peau, mais resteront couverts le drapeau saluera : Aux processions
du Saint-Sacrement, les troupes seront mises en bataille sur les places
où la procession devra passer. Le poste d'honneur sera à droite de
la porte de l'église par laquelle la procession sortira.... Les troupes
à cheval viendront après l'infanterie ; les régiments d'artillerie à che-

val occuperont le centre des troupes à cheval. La gendarmerie mar-


chera à pied entre les fonctionnaires publics et les assistants. L'artil-
lerie fera trois salves pendant le temps que durera la procession, et

mettra en bataille, sur les places, ce qui ne sera pas nécessaire pour la

manœuvre du canon. »

Depuis quelques années, beaucoup de municipalités républicaines


ont interdit les processions du Saint-Sacrement, sous le futile prétexte

de respecter la liberté de conscience et de ne pas entraver la circula-


tion des rues. Ces odieuses persécutions contre le culte catholique
n'auront qu'un temps, nous voulons l'espérer. Aussi, en parlant des
processions que caractérisent certaines particularités locales, le ferons-
nous comme si elles existaient toujours.
Dans le Midi de la France, les jeunes garçons et les jeunes filles

jouent un grand rôle dans les processions uns figurent des per- : les

sonnages bibliques, tels que Moïse portant les Tables de la Loi,


Judith armée d'un glaive, saint Jean-Baptiste, sainte Marie-Made-
leine, etc. D'autres forment des groupes représentant le sacrifice
d'Abraham, l'Arche d'Alliance, les Vertus théologales, les sept Sacre-
ments, etc. Des bataillons d'enfants encensent et jettent des fleurs en
faisant de nombreuses évolutions; c'est là une pratique peu conforme
aux règles liturgiques et qui n'est nullement en harmonie avec la
gravité de nos saintes cérémonies. Jusqu'ici pourtant, la Congrégation
des Rites a usé de tolérance à cet égard, en s'en remettant à la
sagesse de l'Ordinaire.
« Ce qui nous semble distinguer surtout les processions bretonnes,
dit M. René de K. (i), c'est la radieuse et turbulente phalange des
chérubins, représentés par environ cinquante enfants de trois à cinq
ans, attifés avec amour par leur mère. Tous portent une perruque
ronde et bouclée couronnée de roses; tous sont vêtus de blanc; corsage

(i) L'Illustration, t. XXV, p. 355.

T. II. 25
386

de satin criblé bordé de clinquant, avec une croix


de paillettes et

rouge sur la poitrine et des ailes aux omoplates


jupon de gaze très ;

court, parsemé de roses, maillot couleur de chair, et souliers de satin,


brodés de filigrane. Tous tiennent en main une corbeille remplie de
incessamment, comme s'ils donnaient
fleurs effeuillées qu'ils lancent
l'essor à des myriades de papillons multicolores derrière eux s'avance ;

l'archange saint Michel, l'épée haute et menaçante il porte un casque ;

d'or au cimier ondoyant, quelquefois une cuirasse; mais le plus souvent


son costume est à peu près celui d'un troubadour de pendule. A son
côté, marche le Précurseur, saint Jean, vêtu d'une peau de mouton,
guidant d'une main une brebis sans tache, élevant de l'autre une croix
latine, rouge, ornée de bandelettes. Puis, Ton voit venir, sévèrement
drapée dans la bure, le front couronné d'aubépine et courbé sous le
poids des remords, la chevelure éparse,mais splendide, sainte Marie-
Madeleine. Elle porte un crucifix et une tête de mort, sur lesquels
semble rivé son regard, indifférent aux choses de ce monde. »
Dans certains villages de Normandie, on a la mauvaise habitude de
tirer des coups de fusils autour des reposoirs, au moment où le
prêtre y donne la bénédiction du Saint-Sacrement.
Abbeville. — Au xvi e siècle, les joueurs de violon de la grande
bande marchaient en tête de la procession. Douze bourgeois, repré-
sentant les apôtres, escortaient le Saint-Sacrement. Les cinquante-
niers, les archers et les chacun un bâton à la
arbalétriers, portant
main, étaient chargés de maintenir l'ordre (r).
Aix-en-Provence. —
La peste ayant ravagé la ville d'Aix, le cha-
pitre métropolitain, pour fléchir le courroux du ciel, s'engagea à fon-
der une procession générale et perpétuelle. Ce fut pour accomplir
le vœu du chapitre, dont il était membre, que René i
er
duc d'Anjou ,

et comte de Provence, créa et organisa lui-même, en 1462, toutes


les cérémonies de la Fête-Dieu. Pendant son séjour à Angers, il avait
plus d'une fois assisté à la procession du Sacre et avait contribué à
restaurer l'antique éclat de cette cérémonie. Il voulut que celle de la
ville d'Aix fut encore plus splendide et qu'elle représentât, par des
groupes symboliques, la supériorité de la Nouvelle Loi sur l'Ancienne
et le triomphe de la religion de Jésus-Christ sur le Paganisme. Aussi
donna-t-il à cette fête le nom de Sacre ou le triomphe de V Adorable
Sacrement.

(1) Louandre, Hist. d'Abbeville, t. II, p. 1 83.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 38 7

Nous allons indiquer quel était l'ordre le plus ordinaire de la pro-


cession, au xvm e
siècle, en faisant remarquer toutefois que, bien sou-
vent, d'une année à l'autre, il a subi diverses modifications.
Quatre bâtonniers; les archers du comte de Provence portant
chacun une torche.
La Renommée, à cheval, vêtue d'une robe jaune, sur laquelle étaient
peintes les armes des principaux seigneurs provençaux. Les chevaliers
du Croissant, ordre militaire institué par le roi René ils portaient ;

un croissant sur leur poitrine et à leur casque.


Une musique militaire.
Le duc et la duchesse d'Urbin, montés sur des ânes, en souvenir
de la victoire remportée, en 1460, par le roi René sur le duc d'Urbin.
Momus, tenant son masque et sa marotte.
Mercure, dieu des voleurs, s'appuyant sur la Nuit, revêtue d'un
manteau noir parsemé d'étoiles et de pavots.
Les Ra\ Cassetos ou Lépreux de l'Ecriture.
Moïse, tenant d'une main sa verge et de l'autre portant les Tables
de la Loi; il était accompagné d'Aaron, revêtu de ses habits pontifi-
caux, et expliquant aux Israélites le sens de la Loi divine. Mais
ceux-ci se moquaient de lui et dansaient autour du veau d'or, tandis
que l'un d'eux, en signe de mépris pour les instructions du Grand-
Prêtre, lançait en l'air un jeune chat et le ressaisissait avec une remar-
quable adresse. C'était ce qu'on appelait Lou Jouech doit cat (le jeu
du chat).
Pluton et Proserpine tenant leur sceptre d'ébène et les clefs du
sombre empire.
Le petit jeu des diables. Un certain nombre de démons cherchaient
à frapper de leurs masses un enfant vêtu de blanc, figurant l'âme
chrétienne; mais les coups retombaient toujours sur le dos d'un
ange protecteur.
Le grand jeu des diables. Des diables harcelaient le roi Hérode à
coups de fourches et de piques. Une diablesse, en grands falbalas,
personnifiait la coquetterie.
Neptune, armé de son trident, entouré des divinités marines et des
vents qui exécutaient une danse animée.
Une musique champêtre.
Les nymphes en robes vertes, Pan jouant de la flûte; Bacchus, assis
sur un tonneau dans un char Faunes vidant des coupes; Mars
; les
en costume de chevalier; Minerve, tenant la tête de Méduse.
388 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Les chevaoux frux (chevaux fringants). Des chevaliers, debout sur


des chevaux, exécutaient des tours d'adresse. A la suite de divers
accidents, ils furent remplacés par des hommes emboîtés sur des
chevaux de carton.
Diane, armée de son arc; Apollon, tenant sa lyre; les Heures.
La reine de Saba, dans les atours d'une dame du xv e siècle, ren-
dant visite au roi Salomon. Celui-ci, sensible à cette démarche, dansait
devant elle au son du tambourin et des grelots attachés à ses jarre-
tières.

Le char des dieux, où trônaient Jupiter, Junon, Vénus et l'Amour.


Les trois Parques, filant et coupant les jours des mortels.
Hérode, couronne en tête, ordonnant le massacre des Innocents.
Le groupe de la belle Etoile, composé des Mages et de leurs pages.
Les Apôtres, les Evangelistes et Notre-Seigneur portant sa croix.
Un saint Christophe, mannequin gigantesque qu'un homme faisait
mouvoir, suivait le Christ.
Le prince d'Amour, l'abbé de la Jeunesse et le roi de la Bazoche,
personnifiant la noblesse, le clergé et le peuple.
Venaient ensuite le clergé et le Saint-Sacrement.
Derrière Mort, tout habillée de noir, brandissait sa faux.
le dais, la

On voit qu'il y aun singulier mélange de groupes sacrés et pro-


fanes ; il n'en était pas ainsi à l'origine, comme le prouvent d'ancien-


nes indications, tout incomplètes qu'elles soient. Les jeux de la Fête-
Dieu se composaient de trois représentations distinctes, données à des
temps différents et où ne figuraient qu'un certain nombre de groupes.
Le Saint-Sacrement n'accompagnait que ceux du triomphe du Chris-
tianisme.
Ces jeux ont été appréciés fort différemment. Beaucoup d'écrivains
n'y ont vu qu'un mélange grotesque du sacré et du profane. D'après
M. le chanoine Auber, c'était, dans l'esprit du roi René, une véritable
trilogie religieuse. Le premier acte, joué la veille, comprenait l'exhibi-
tion des divinités païennes; le second, qui avait lieu au point du jour,
symbolisait l'Ancienne Loi, aurore de la Nouvelle; le troisième, joué
en plein jour, était le triomphe du Catholicisme.
M. Fisch donne une autre explication symbolique : « La première
représentation ou lepremier acte, dit-il (i), est, pour ainsi dire, le
prologue de la pièce et en offre le sommaire, c'est-à-dire le but et les

(i) Briefe ûber die siidlichen Provin\en von Frankreich, p. 419.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 38q

résultats de la Religion sous l'image d'une âme assaillie par le diable


et sauvée par le Christianisme, désigné par la croix et la protection
d'un ange. Le roi René avait aussi l'intention de rappeler à lui-
même, ainsi qu'à ses successeurs, les dangers de la dignité royale, ce
qui lui fit imaginer les deux scènes de diables, dont chacun paraît
désigner un vice particulier : la diablesse est l'emblème de la volupté.
La seconde représentation nous offre l'esprit humain abandonné à ses
propres forces, s'égarant sur la route d'une fausse religion et adorant
des dieux qu'il s'est fait lui-même. Comme religion des ténèbres, elle
paraît la nuit, parce qu'elle est fausse le véritable com-
: elle précède
mencement de la fête chrétienne. La
Saba est peut-être Cérès
reine de
ou Latone à qui, par des raisons d'économie, on aura donné le vête-
ment de la reine de Saba qui paraît le lendemain à la grande fête.
Dans la troisième représentation ou troisième acte, la fausse religion a
quitté la scène, avec la nuit qui l'avait fait naître, elle a cédé la place à
la Religion révélée. Le prologue paraît encore une fois, pour mieux
faire saisir la signification Les deux époques du
de l'ensemble.
Judaïsme sont d'abord mises sur la scène la reine de Saba marque :

celle de sa plus grande splendeur, où des personnages puissants


venaient des pays les plus éloignés pour admirer la magnificence
du nouveau royaume et la sagesse du grand roi. Le Judaïsme est
suivi du Christianisme, figuré par ses principaux personnages et par
les événements les plus remarquables de son histoire dans les pre-
miers temps. Enfin, comme application de la pièce entière, on voit
paraître le Chrislophore (saint Christophe), symbole du monde qui
se convertit au Christianisme. Le quatrième acte offre l'épilogue et
l'application locale. Le roi René et ses Provençaux, sous les traits de
chevaliers et de gens du peuple, se réjouissent du triomphe de leur
religion, en dansant au son d'une joyeuse musique. Peut-être le

masque dégoûtant des Ra^cassetos est-il une allusion à la conquête


de la Terre-Sainte, d'où les Croisés ne rapportaient chez eux que
la misère et la lèpre. La Mort vient en dernier lieu et termine la pro-
cession; sa faux indique, d'une manière assez tragique, qu'elle est la
fin de tout ce qui se passe dans ce monde. »
Qu'on accepte ou non certains détails de ces explications, il n'en est
pas moins avéré que le roi René a eu surtout pour but de montrer
l'ancien monde du Paganisme et de la Synagogue s'évanouissant
comme une ombre au grand jour de la Fête-Dieu. Pour donner encore
plus d'éclat à cette cérémonie, le comte de Provence avait ordonné
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

que les syndics de la ville d'Aix choisissent tous les ans des poètes,
pour composer et réciter, après la procession, des hymnes en harmonie
avec la solennité. Ces poètes populaires négligèrent bientôt les sujets
religieux et composèrent d'abord des satires contre les ennemis de
la maison d'Anjou et, plus tard, contre les vices et les ridicules des
Provençaux.
On finit par oublier le sens symbolique de l'institution primitive;
ce qui n'était que naïf tourna au grotesque. Nous ne devons donc pas
nous étonner des jugements sévères portés contre ces jeux par madame
de Sévigné et par Gassendi (i). L'autorité ecclésiastique, en 1645 et
en 1680, essaya de retrancher les scènes profanes de cette célèbre
cérémonie qui attirait un très grand concours d'étrangers mais le ;

peuple se révolta, et les jeux de la Fête-Dieu ne furent supprimés


qu'à la Révolution. Ils ont été rétablis, d'abord après le Concordat
jusqu'en i83o, puis en i85i, mais avec d'importantes modifications,
inspirées par les convenances religieuses (2).
Amiens. —
M. Edm. Soyez parle en ces termes (3) de la procession
générale du Saint-Sacrement à Amiens, avant 1790. « Entête de la
marche, on vit longtemps deux étranges figures d'animaux fantas-
tiques, vulgairement désignées sous le nom de papoires ; elles étaient
portées par des hommes
cachés sous des toiles peintes, simulant le
corps d'un dragon monstrueux et qui, à l'aide d'un méca-
et les ailes
nisme, faisaient mouvoir les mâchoires d'un animal et enlevaient adroi-
tement la coiffure des spectateurs qui négligeaient de se découvrir
sur le passage de la procession. Ces emblèmes, produits naïfs de
l'imagination de nos bons aïeux, désignaient probablement l'Esprit
du mal. Ils furent sagement proscrits par une ordonnance de Pierre
Sabattier, en date du 14 mai 1727 ils ne servaient plus qu'à com-
:

promettre d'une façon regrettable la gravité qui sied à une si auguste


cérémonie. Les corps de métiers venaient ensuite; au milieu de leurs
rangs, les principaux membres de chaque corporation portaient ce
que Ton appelait alors des mays : c'étaient des pyramides en bois
sculpté, posées sur un brancard et surmontées d'une torche ardente

Nouveau choix de pièces tirées des anciens Mercures, t. LXXXVI, p. 19.


(1)
Saint-Vincent, Mémoires et Notices; Clément, Les Soirées provençales ; Millin,
(2) Cf.
Voyage dans les dép. du Midi, t. II, ch. iv; le comte de Quatrebarbes, Œuvres du roi
René, t. IV, p. 177; M me Clément, Hist. des fêtes civiles et relig.; Rostan, les Jeux de
la Fête-Dieu à Aix, dans le Bulletin monum., t. XVII, p. 408; et les ouvrages spéciaux
dont on trouvera les titres dans la Bibliographie finale.
(3) Le Dimanche, Semaine relig. d'Amiens, t. VIII, p. 437.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

en cire ouvragée ; d'autres cierges étaient attachés autour de la pyra-


mide, à laquelle on suspendait des instruments ou des marchandises
servant à désigner la profession de ceux à qui appartenait le may ;
ainsi, celui des poissonniers était chargé de carpes, de brochets et
d'anguilles; celui des orfèvres, de vaisselle d'argent; celui des
corroyeurs, de peaux teintes de diverses couleurs, etc. Très convenable
dans le principe, la tenue des porteurs de mays finit par laisser beau-
coup à désirer les observations satiriques qu'ils échangeaient entre
:

eux ou avec les spectateurs, les discussions et même les querelles qui
s'élevaient souvent parmi tous ces gens pour des questions de pré-
séance, déterminèrent le prélat à défendre l'usage des mays, par le
même acte qui interdisait celui des papoires. Les membres des cor-
porations, invités à faire partie de la procession, durent se con-
tenter de marcher avec modestie, en tenant à la main un cierge orné
de Pécusson de leur confrérie. Après les corps de métiers, on voyait
des enfants et même des adultes qui, par les costumes divers dont ils
étaient revêtus, représentaient des personnages de l'Ancien Testa-
ment, les apôtres et les saints les plus populaires.
« Les ordres religieux, si nombreux à Amiens, s'avançaient ensuite,

précédant le clergé de toutes les paroisses, auquel succédaient les


chapelains et chanoines de la cathédrale, couverts de chapes fort
riches. Douze enfants de chœur, habillés en anges, balançant des
encensoirs ou jetant des fleurs, annonçaient l'approche du Saint-
Sacrement. L'ostensoir était porté par l'évêque ou, à son défaut, par
le doyen du chapitre. Depuis la sortie du sanctuaire jusqu'au grand

portail, deux vicaires, en chape, soutenaient un petit dais au-dessus


des saintes espèces; sous le porche, on prenait un grand dais dont
six chapelains en tunique portaient les bâtons.
« Toutes les rues parcourues par le cortège étaient couvertes de

pièces d'étoffes de la fabrique d'Amiens, déployées sur des cordes


tendues d'une maison à l'autre, de manière à former un plafond qui
interceptait la vue du ciel. Au lieu de pièces d'étoffe, des branches
d'arbres couvraient toute la longueur de la rue des orfèvres, en sou-
venir, disait-on, d'un lucus ou bois sacré qui aurait existé sur l'empla-
cement de cette rue, au temps du paganisme...
« Indépendamment des tentures transversales, chaque maison était

décorée de tapisseries ou de toiles, étalées sur sa devanture. Des


herbes coupées et des feuillages jonchaient le sol.... Sur la place du
Beffroi, se dressait le may de Saint-Firmin : c'était un arbre coupé
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

dans le bois de Montières, dépendant de la maison de campagne des


évêques d'Amiens. On le couvrait de roses rouges et blanches. Après
la cérémonie, ces fleurs étaient partagées entre les paroissiens deSaint-
Firmin-en-Castillon.
« Quand la procession approchait du Beffroi, la grosse cloche était
mise en branle, et le guetteur jouait des airs religieux sur sa trompe
ou pipette. A la Pierre Saint-Firmin, les choristes et musiciens
de la cathédrale exécutaient un motet en chant figuré, avant la béné-
diction. La grand'messe, solennellement chantée au chœur par
l'évêque, au retour de la procession, terminait cette cérémonie qui,
d'ordinaire, ne durait pas moins de trois heures et demie. »
Angers. —
La célèbre procession, connue sous le nom de Sacre,
commençait à six heures du matin et durait jusqu'à quatre heures
du soir. Les rues qu'elle traversait étaient couvertes de toiles blanches
qui protégeaient contre les ardeurs du soleil. Plusieurs savants n'ont
fait remonter cette solennité qu'à l'an 1405, tandis que d'autres croient
e
qu'elle a été instituée dès le xi siècle, en réparation des blasphèmes
proférés contre l'Eucharistie par Bérenger, archidiacre d'Angers. Il

est certain, du moins, qu'elle existait au xm e


siècle, puisqu'un Direc-
toire de cette époque, publié par les Bollandistes (1), détermine la

cérémonie marche de la procession.


et la

Voici, d'après un Cérémonial manuscrit de 1692, conservé à l'évêché


d'Angers, quel était alors l'ordre des groupes du Sacre.
i° Les dou\e grosses torches des boulangers, des savetiers, des
gantiers, des corroyeurs et autres corporations. On donnait ce nom
à de petits théâtres portatifs, formés par quatre colonnes qui suppor-
taient un baldaquin surmonté de cierges. Des personnages en cire y
représentaient des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
C'est ceque les Espagnols appellent des pasos.
2 Le prieur de paienostres, ayant un chapelet en bandoulière et
agitant une clochette placée au haut de sa torche.
3° Les portefaix, les filassiers, les bateliers, les vinaigriers, les chan-
deliers, les verriers, etc.

4 Les blanchisseurs, les tailleurs de pierre, les serruriers, les bahu-


tiers, etc.
5° Les arquebusiers, les armuriers, les gainiers, les couteliers, les
fourbisseurs d'épée, etc.

(1) T. I. april, p. 903.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

6° Les bonnetiers, les chapeliers, les parcheminiers, les mégissiers,

les corroyeurs, etc.

Les cuisiniers, les rôtisseurs, les bouchers, les pâtissiers, les



pêcheurs portant un énorme cierge où saint Pierre était représenté,
un filet à la main.
8° Le corps des marchands, des orfèvres, des apothicaires et dro-
guistes, des chirurgiens, etc.
9° Les administrateurs des hôpitaux, Messieurs du Corps de la

Monnoye, les juges et consuls des marchands, etc.


io° Les notaires, les bazochiens, les greffiers, les avocats, les offi-
ciers du grenier à sel, les conseillers de la Prévôté, les maires, échevins
et officiers du Corps-de-Ville, le présidial, etc. Chaque Corps était
précédé d'un guidon, portant, au haut de sa torche, le patron ou
l'enseigne de sa corporation. Il y avait quatre mille torches à la pro-
cession de 1624.
1 1° Les ordres religieux.
12° La paroisse de la Trinité.

i3° Les autres paroisses de la ville.

14 Le clergé de la cathédrale.
i5° Le Saint-Sacrement, porté, sur un brancard de velours, par le
doyen du chapitre et par l'évêque.
16 Le chapitre.
17 Le juge de police, en robe rouge, le grand Prévôt d'Anjou, la
sénéchaussée, etc.
Pendant que l'ostensoir était déposé sur un autel dressé dans la
chapelle Notre-Dame, un docteur en théologie faisait un sermon sur
la présence réelle, dans une chaire en pierre, construite au milieu du
cimetière de Saint-Laurent, antique chaire où, d'après la tradition,
l'hérésjarque Béranger avait énoncé ses funestes doctrines.
A partir de i85o, on a fait revivre, jusqu'à un certain point,
l'ancienne solennité du Sacre (1).
Apt. — Au xv e
des jeunes gens habillés aux frais du public,
siècle,
représentaient divers mystères qui se rapportaient à la solennité de
la Fête-Dieu. Il en était de même à Arles et dans beaucoup d'autres

villes.

(1) Cf. le comte de Quatrebarbes, Œuvres du roi René, t. IV, p. 171 Dom Cha-
;
mard, le Sacre d'Angers, dans la Revue de l'Art chrétien, t. IV, p. 147 Walsh. Fêtes
' ;
chrét., p. 3o8.
394 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Bordeaux. —
Au xvi e siècle, à la procession de la Fête-Dieu, les
maisons où quelqu'un était mort pendant l'année, était tendues de
noir, ce qui fut interdit en 1619, par le cardinal de Sourdis.
Cambrai. —
A la procession de la collégiale de Saint- Venant, le
vicaire général de l'évêque, en habit de ville, suivait le cortège entre
l'archidiacre de la cathédrale et le prieur de Saint-Venant, tous deux
revêtus de leurs pluviaux, abus qui fut condamné par la Congrégation
des Rites, en 1608 (1).
Laon. —
La Fête-Dieu y était célébrée avec d'autant plus de pompe
qu'on se rappelait que son instituteur, Urbain IV, avait été chanoine
de la cathédrale de Laon. « Ce jour-là, dit M. Melleville (2), les rues
étaient jonchées de fleurs et tendues de tapisseries, les assistants
marchaient dans l'ordre suivant tous les corps de métier, dont les
:

membres étaient munis d'un cierge, ouvraient la marche, faisant porter


devant eux une grosse torche allumée, avec leur bannière sur laquelle
était peinte la figure de leur patron. Venaient d'abord les serruriers,
puis les selliers, les tourneurs, les arbalétriers, les fabricants de cire,
les marchands de poissons, les marchands de légumes, les bouchers,

les boulangers, les tonneliers, les vignerons, les cordonniers, les

bonnetiers, les tailleurs, les couvreurs, les tisserands et les drapiers.


A leur suite marchaient les confréries de Saint-Antoine et de Saint-
Claude, les pèlerins de Saint-Jacques avec les voyageurs ;
puis, la
communauté des chirurgiens, le corps des marchands et l'ordre des
avocats. Après eux s'avançaient les Cordeliers, les Minimes, les Capu-
cins, les moines de Saint-Jean et de Saint-Vincent; ensuite, les curés
de la ville et les chanoines, portant tous un petit reliquaire à la main et

une couronne sur la tête; enfin l'évêque fermait la marche, avec les

officiers du bailliage et le Corps de Ville. »


Lille. — La Fête-Dieu, qui coïncidait avec la fête patronale, fut fon-
dée en 1269 par la comtesse Marguerite de Flandre. La marche de la
procession s'ouvrait par les Compagnies bourgeoises des canonniers,
des archers, des albalétriers et des tireurs d'armes. Venaient ensuite
les corps de métier avec leurs bannières et les images de leurs patrons
respectifs, puis des chars de triomphe où des enfants, agréablement
costumés, représentaient les chœurs des anges.
Mantes. —
Chaque corps de métier faisait porter, par deux hommes,

(1) N° 641.
(2) Hist. de la ville de Laon, t. I. p. 1 83.
LIVRE XVIII, — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

une grosse torche, avec tous les attributs de sa profession. En 1 588,


la confrérie des cinq Plaies, de Mantes, représentait, à la procession
de la Fête-Dieu, les Vertus théologales, les douze Apôtres et diverses

scènes de la Passion.

Marseille. —
Jusqu'au xm e siècle, la procession s'ouvrait par des
joueurs de violon, de flûte, de fifre et de tambourin, que précédait une
troupe de diables, très laids et très cornus. On voulait par là repré-
senter la défaite des démons par Jésus-Christ et surtout par la sainte
Eucharistie. Une autre singularité, qui dura plus longtemps, fut la
présence d'un bœuf couronné de fleurs et portant sur son dos un
enfant qui figurait le petit saint Jean-Baptiste. Les uns ont vu là un
souvenir du bœuf que les païens sacrifiaient à Flore ; les autres, soit un
symbole de Jésus immolé dans l'Eucharistie, soit une allégorie ayant
pour but de montrer que le sacrifice de l'autel a aboli les sanglants
holocaustes du paganisme. C'était bien plus probablement l'exhibi-
tion d'un acte de charité des confrères du Saint-Sacrement ils four- :

nissaient ce bœuf, dont la chair devait être ensuite distribuée aux


pauvres de la ville. Le lendemain, on reconduisait solennellement au
fort de la Garde la célèbre statue de Notre-Dame, qui avait figuré
dans le cortège et qui avait passé la nuit dans la chapelle de l'Hôtel
de Ville (i).

Paris. — Voici, d'après un règlement du Conseil royal, daté


de 1 534 (2), quel devait être l'ordre des processions, lorsque le roi y
assistait :

Le clergé des paroisses de Paris.


Le clergé de Notre-Dame.
Le Recteur et les membres de l'Université.
Les Suisses de la Garde royale.
Le clergé de la Sainte-Chapelle du Palais et de la Chapelle du Roi,
précédé de hautbois et de sacquebutes.
Les évêques portant des reliques.
Les cardinaux.
Le Saint-Sacrement, porté par l'évêque de Paris, les quatre bâtons
du dais étant tenus par les princes du sang.
Escorte de cent gentilshommes.
Le Roi.

(1) Ruffi, Hist. de Marseille ; Marchetti, Usages et coutumes des Marseillais,


t. I, p. 388.
2) Du Peyrat, Antiquité^ de la chapelle du Roy, p. 756.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Les princes et chevaliers de l'Ordre.


Les membres du Parlement.
La Cour des Comptes.
Les générauxde la Justice et des Monnaies.
Les gentilshommes de la maison du Roi.
Le prévôt de Paris et le prévôt des marchands.
Les archers de la garde.
Au xvi e siècle, les Réformés refusaient de tendre leurs maisons, ce
qui donnait lieu à des scandales et à des rixes. Le Parlement fit à ce
sujet le règlement suivant, daté du 4 juin 1669 « La Cour, ouy le
:

procureur général du Roy, a ordonné que pour l'honneur de Dieu,


service du Roy, repos et tranquillité des habitants de cette ville
de Paris, le commissaire de chaque quartier, avec le quartenier
d'icelluy, cinquantenier, dixenier et l'un des marguilliers des paroisses
cette ville et fauxbourgs, se transporteront particulièrement ez
maisons de chacune paroisse, pour advertir les demourans esd. mai-
sons de faire ce qu'il est accoustumé faire ez jours de la feste du
Saint-Sacrement et des Octaves, affin d'entendre s'ils sont pas en
cette volonté de faire et continuer ce qui est de bonne coustume
de faire et ce que de tout temps a esté faict, mesme de tendre
devant leurs maisons, selon ce que l'on peut avoir le moyen, aisance
et commodité, et de mettre et rédiger par escript la response qui
aura esté faicte, sans entrer en aucune contention ou dispute pour
le regard de ceux qui en pourroient faire difficulté pour cause de
remors de conscience; et quant à ceux qui feront response de ne
vouloir ou pouvoir tendre, le marguiliier qui sera présent prendra
leur response par escript, pour faire tendre aux despens de l'oeuvre
de l'église au-devant des maisons des refusans (1). »
« Autrefois, dit Sauvai (2), le jour de la Fête-Dieu, des paroissiens

de Saint-Nicolas-des-Champs contrefaisoient Jésus-Christ, les Apô-


tres, Adam, Ève, Abraham, Isaac et Moïse, mais avec des moqueries
et des scandales honteux qu'en 1671, le Parlement, par arrêt, con-
si

damna à deux cent livres parisis d'amende ceux qui, à l'avenir, pro-
faneroient de la sorte une si sainte fête, avec commandement aux ser-
gents de les mener à la Conciergerie. »
Sur la paroisse Saint-Paul, le Saint-Sacrement, suspendu à une

(1) Félibien, Hist. de la ville de Paris, t. IV, p. 829.


(2) Hist. et antiq. de la ville de Paris, t. II, p. 6i3.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

statue de saint Paul à cheval, était porté sur une espèce d'arche par
des diacres.
Une ordonnance de police du 18 mai 1710 défend « à tous parti-
culiers de tirer aucuns pétards ou fusées, boîtes, pommeaux d'épée ou
saucissons, pistolets, mousquetons ou autres armes à feu, dans les

rues, cours ou jardins et par les fenêtres de leurs maisons, les jours

de la Fête-Dieu, pendant que les processions passeront dans les rues,

avant qu'elles passent, ni même après qu'elles auront passé, à peine


de quatre cents livres d'amende. »
La Révolution de 93, on l'ignoré trop, a respecté les processions
que les républicains de nos jours proscrivent au nom de la liberté de
conscience. Nous allons emprunter à une Revue eucharistique (1) les

documents qu'elle a publiés sur ce point, d'après les papiers de la


police secrète, conservés aux Archives nationales (2).

Un ancien avocat, nommé Dulard, était entré


observateur comme
au service de la police secrète, le 3o avril 1793. Un mois après, le
25 mai, dans un rapport adressé à Garât, ministre de l'Intérieur, il
s'exprimait en ces termes, avec une franchise qui fait honneur, sinon
à ses sentiments religieux, du moins à son bon sens et à son honnê-
teté politique « La Fête-Dieu approche. Rappelez-vous, citoyen
:

ministre, que c'est à cette époque, Fan passé, que Pétion, le dieu
du peuple, fut accueilli à coups de pierres par les sans-culottes de
la section des Arcis, pour avoir déclaré, dans une ordonnance,
qu'on serait libre, ce jour-là, de travailler ou de ne pas travailler.
Rappelez-vous qu'à la même époque, les sans-culottes de Paris déli-
bérèrent pendant quelques jours, s'ils devaient ou non lapider Manuel,
pour avoir osé imprimer qu'on serait libre de tapisser ou non; que,
ce jour-là, des hommes qui, paropiniâtreté ou par irréligion, n'avaient
pas tapissé reçurent de bons coups de bâton. Je ne sais si c'est fana-
tisme de la part d'un peuple, qui veut unanimement une chose qui lui
fait plaisir et à laquelle il est attaché, ou si ce n'est pas une infamie
stupide et aveugle, de la part des représentants de ce même peuple,
qui contrarient absolument tous ses goûts, tous ses penchants, dont
cent années de révolution ne sauraient le délivrer. »

La procession de la Fête-Dieu eut lieu à Paris le jeudi 3o mai 1793,


cent vingt-huit jours après l'immolation du Roi-martyr. Voici le récit

(1) Le très saint Sacrement, 2e année, n° 49, p. 858.


(2) F. 1, c. Seine, 1793.
HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

et les impressions transmises par Dulard au ministre Garât « Mes :

premiers regards se sont portés aujourd'hui vers les processions et


les cérémonies du jour. Dans plusieurs églises, j'ai vu beaucoup de
peuple, et surtout les épouses des sans-culottes. On avait fait la pro-
cession intra muros. J'arrive dans la rue Saint-Martin, près de Saint-
Merry: j'entends un tambour et j'aperçois une bannière. Déjà dans
toute cette rue, on savait que la paroisse Saint-Leu en
allait sortir

procession. J'accours au-devant : tout y était modeste. Une douzaine


de prêtres, à desquels était un vieillard respectable, le doyen,
la tête

qui portait rayon sous le dais;'un suisse de bonne mine précédait


le

le cortège. Une force armée de douze volontaires à peu près, sur deux

rangs, devant et derrière. Une populace assez nombreuse suivait dé-


votement. Tout le long de la rue, tout le monde s'est prosterné; je n'ai

pas vu un seul homme qui n'ait ôtéson chapeau. En passant devant


le poste de la rue Bon-Conseil, toute la force armée s'est mise
sous les armes. J'étais chez un marchand, au milieu des Halles,
quelques moments après. Le tambour qui précédait et ceux qui sui-
vaient ont annoncé la procession. Ah! quel a été l'embarras de toutes
nos citoyennes delà Halle! Elles se sont concertées à l'instant, pour
examiner s'il n'y aurait pas moyen de tapisser, avant que la procession
ne passe. Chacune aurait volontiers mis son tablier. Une partie se
sont prosternées d'avance, à genoux, et enfin lorsque le Dieu a passé,
toutes à peu près se sont prosternées. Les hommes en ont fait de
même. Des marchands se sont mis à rôder devant chez eux; d'autres
ont tiré des coups de fusil. Plus de cent coups ont été tirés. Tout
le monde approuvait la cérémonie, et aucun, que j'aie entendu, ne

l'a désapprouvée. C'est un tableau bien frappant que celui-là. La pré-

sence d'un Dieu, notre ancien maître et qui n'a pas cessé de l'être,
a porté la consternation dans tous les esprits. C'est là que Y Observa-
teur a pu dessiner les physionomies, images parlantes des impres-
sions qui se sont fait si vivement sentir au fond de l'âme des
assistants. J'y ai vu le repentir; j'y ai vu le parallèle que chacun
a fait forcément de l'état actuel des choses avec celui d'autrefois. J'y
ai vu la privation qu'éprouvait le peuple par l'abolition d'une céré-

monie qui fut jadis la plus belle de l'Église. J'y ai vu aussi les regrets
sur la perte des profits que cette fête et autres valaient à des milliers
d'ouvriers. Le peuple de tous les rangs, de tous les âges, est resté
honteux, silencieux, abattu. Quelques personnes avaient les larmes
aux yeux. Les prêtres et le cortège m'ont paru fort contents de
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE l'eUCHARISTIE .

l'accueilqu'on leur a fait partout. J'espère, citoyen-ministre, que vous


ne laisserez pas cet article sur votre cheminée. »
C'est au nom de la liberté que, depuis i83o, le Saint-Sacrement
ne peut plus franchir le seuil des églises de Paris. Celles qui ont un
péristyle extérieur, comme la Madeleine, ainsi que les établissements
religieux entourés de cours et de jardins, ont seuls le privilège d'ado-
rer Jésus-Christ en dehors de ses temples.
Aujourd'hui, à Notre-Dame de Paris, il est beau et édifiant de voir,
au jour delà Fête-Dieu, plus de trois mille hommes, tenant un cierge
à la main et marchant six de front, faire une triomphale escorte au
Saint-Sacrement, dans les nefs devenues trop étroites de l'immense
basilique.
Salon (Bouches-du-rhone). —
« H y avait à Salon, dit M. A. des

Essarts (i), une confrérie de paysans qu'on désignait sous le nom de


Dion lou payre. Chaque année, en vertu de l'élection, un des leurs
prenait le titre de Rey de VEyrado (roi de la pioche), et paraissait
à la Fête-Dieu, portant une pioche en guise de sceptre et précédé
par une troupe de laboureurs qui brandissaient des épées nues. Il
choisissait une paysanne qui partageait avec lui les honneurs de la
royauté. Les dames qui accompagnaient cette reine se paraient de
bouquets énormes. Devant ces souverains, marchait un villageois
battant la caisse, un berger s'escrimant du bâton et d'autres danseurs
suivis de plusieurs tambourins. »
Toulon. —
Pendant la durée de la procession, on fermait les por-
tes de la ville. Quand le cortège arrivait sur les quais, au moment de
la bénédiction de la rade, le bâtiment-amiral saluait le Saint-Sacre-
ment de vingt-et-un coups de canon, salut que répétaient tous les
bâtiments en rade.
VALRÉAs(Vaucluse). — La procession de la Fête-Dieu était ouverte
par un laboureur qui simulait l'action de la semaille; il était suivi
d'une charrue enrubannée. On élisait aussi un roi des bouviers qui
assistait à la procession, une hallebarde à la main (2).
Versailles. — « Les processions de la Fête-Dieu et de la
petite Fête-Dieu, ditM. Dussieux, (3) étaient d'une grande magnifi-
cence. En 1677, Bontemps donna l'ordre à Berain, dessinateur du cabi-
net du Roi, de préparer tout ce qui regardait la pompe de ces deux

(1) Les Fêtes de nos pères, p. 324.


(2) Dulaure, Descript. du comtat Venaissin.
(3) Le château de Versailles, t. II, p. 116. '
4oo

grandes journées. Toutes les richesses du cabinet du Roi, les pièces


les plus rares et les plus curieuses, entre autres une couronne de deux
pieds de diamètre, ornaient le plus riche reposoir qu'on ait jamais vu.
La cour du château, dans laquelle on avait dressé ce reposoir, était
décorée des plus belles tapisseries du Roi. Huit jours après, la cour

du château ornée de riches tapis de Perse à fond d'or, et de caisses


fut
d'oranger... En 1688, la procession partit de la Paroisse (Notre-Dame),
traversa l'avant-cour et la cour du château, en sortit pour passer
devant les Écuries et revint à la Paroisse. Le Roi suivait Ja procession
tête nue; il était accompagné de plus de mille pages de la Chambre,
de la grande et de la petite Ecurie, des Cent-Suisses, des gardes du
corps, tous portant un flambeau de cire blanche, de toute la Cour,
de tous les aumôniers de la maison royale, enfin des Pères de la Mis-
sion et des Récollets. La procession revenue à la Paroisse, le Roi y
entendit une grande messe et revint au château en carosse. »
Belgique. —
Ses processions du Saint-Sacrement sont justement
renommées. « De grandes bannières, accompagnées d'oriflammes pro-
fondément découpées, dit M. de Farcy (1), sont suspendues au travers
des rues et présentent, par leurs continuelles ondulations et la richesse
de leurs couleurs, un des plus agréables spectacles qu'on puisse ima-
giner; la piété trouve en même temps un aliment dans les inscriptions
qu'on ne manque jamais d'y représenter. La satinette et les étoffes de
laine ou de coton sont employées à confectionner ces bannières de
rue, qui ressemblent à un véritable vitrail. » L'église Saint-Martin
de Liège renouvelle tous les cent ans l'anniversaire de l'institution
de la Fête-Dieu. Il a été célébré avec une grande pompe en 1846.
Allemagne et Autriche. — Dans beaucoup d'églises d'Allemagne,
il y a trois processions successives ; la première, le jour de la Fête-
Dieu; la deuxième, le dimanche suivant; et la troisième, à la fin de
l'octave.
Depuis le règne de Ferdinand I, l'empereur d'Autriche suit, à
Vienne, la procession de la Fête-Dieu.
Magdebourg. —
Avant l'introduction du Protestantisme, les curés
des diverses paroisses de cette ville, voulant produire au grand jour
la richesse de leur ostensoir, portaient chacun le Saint-Sacrement

dans une même procession générale. De vives controverses s'échan-

(1) Mélanges de décorations religieuses.


4oi

gèrent à ce sujet, et l'on en revint enfin à l'unité prescrite par la

liturgie (i).

Munich. — La célèbre procession de cette ville est ainsi décrite par


M. Victor Tissot (2) :

a Le caractère d'un peuple qui pousse aussi loin le culte des formes

extérieures se révèle tout particulièrement dans ses fêtes religieuses.


En aucune ville allemande, si ce n'est à Vienne, la Fête-Dieu n'est
er
plus somptueuse qu'à Munich. Louis I avait fait, de la procession qui
parcourt ce jour-là les rues, une sorte de cortège théâtral et artistique.
Ily avait introduit des Pénitents de toutes couleurs, des Chevaliers de
Malte, des Croisés. A la suite des discussions qui agitent l'Allemagne
politique et religieuse, la fête a perdu une partie de son éclat, mais
c'estencore un grand et beau spectacle. On place des arbrisseaux
devant chaque maison les façades sont décorées de tapis et de guir-
-,

landes; des images saintes sont exposées sur les fenêtres, entre des
bougies allumées ; les rues sont recouvertes d'un parquet et jonchées
de fleurs. La troupe fait la haie. Les cuirassiers, sur leur haute mon-
ture, sabre au poing, sont échelonnés devant le palais du roi. Les
cloches sonnent à toute volée, le canon tonne, la musique éclate. En
tête, s'avancent les différents corps de métiers, avec leurs insignes et
leurs bannières. Voici d'abord les drapiers en costume du seizième
siècle, puis les tanneurs, les cordonniers, les brasseurs, les tailleurs,
les ramoneurs, les tonneliers, etc. Ils sont suivis des élèves de toutes
les écoles de la ville; les petites filles en robe blanche avec des noeuds
roses; les petits garçons en noir avec des gants blancs. Puis viennent
les congrégations, lesmembres des diverses confréries, en chapeaux
et manteaux de pèlerins; les Sœurs de charité, les internes des hôpi-
taux, les Capucins avec leur croix colossale, les Franciscains et les

Dominicains. Le clergé des paroisses de Munich et les chantres de la

chapelle royale précèdent l'archevêque, qui s'avance sous un dais, avec


un ostensoir d'or étincelant de pierreries. Immédiatement après lui,
marchent le roi, les princes royaux, les ministres, les employés supé-
rieurs, les professeurs universitaires dans leur longue robe de docteur,
le conseil municipal, etc. La foule suit, tête nue, en priant à haute voix.
Cette prière générale et publique, récitée sur un certain rythme, est
une chose grande et touchante. Quatre reposoirs s'élèvent sur le

(1) Euschius De reform, monast.,


;
1. I, c. xvi,ap. Lcibnit., t. II. Script. Brunvic, p. 816.
(2) Les Prussiens en Allemagne.

T. 11. 26
402 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

parcours de la le monde est tenu de


procession; à son passage, tout
se découvrir et de fléchir legenou, sous peine d'amende. »
Autrefois, à certains intervalles d'années, on donnait une grande
splendeur à la procession de la Fête-Dieu. Sa marche s'ouvrait par des
trompettes, deux sénateurs, et un drapeau décoré d'un sujet eucha-
ristique. Diverses corporations représentaient des figures de l'Ancien
Testament la Création, Adam et Eve chassés du Paradis terrestre, le
:

fratricidede Gain, l'arche de Noé, les Sacrifices de Melchisédech et


d'Abraham, les épreuves de Job, le buisson ardent, l'agneau pascal, le
passage de la Mer Rouge, les tables de la Loi, le veau d'or, le serpent
d'airain, du temple de Jérusalem, Elie, nourri par un pain
l'arche
miraculeux, Venaient immédiatement après des scènes du Nou-
etc.

veau Testament le mariage de la sainte Vierge, l'Annonciation, la


:

Visitation, l'Adoration des Mages, la fuite en Egypte, le baptême de


Notre-Seigneur, ses principaux miracles, sa Passion, sa Résurrection,
son Ascension. Le cortège se terminait par les congrégations de la

ville, les religieuses et les clercs. Le dais était accompagné par le Duc
sérénissime, les autres princes, les sénateurs (i), etc.

Italie. — Plusieurs sont dédiées au Corpus DominL


églises d'Italie
Bologne. — La procession décennale du Saint-Sacrement est juste-
ment célèbre un grand concours d'étrangers
et attire (2).

Brescia. — Un ancien Sacerdotal de Brescia prescrit que por- les

teurs du dais auront une couronne de fleurs, tout aussi bien que les
enfants de chœur chargés de jeter des fleurs effeuillées devant le Saint-
Sacrement.
Brindes. — Le Saint-Sacrement était porté par l'archevêque, monté
sur un cheval blanc, que tenaient par la bride le gouverneur de la

ville et l'assesseur royal. C'était en mémoire d'un célèbre événement


local. L'empereur Frédéric, ayant été fait prisonnier par les Turcs,
obtint du Sultan d'aller chercher lui-même sa rançon, mais en lais*

sant Saint-Sacrement en gage. L'empereur après avoir accompli


le

sa promesse, emporta dans son vaisseau la sainte Hostie. Il fut poussé


par la tempête sur les côtes de Brindes, et là, monté sur un cheval
blanc, il porta le corps du Seigneur dans une église de cette ville (3).

(1) Gretzer, Pompa eucharistica.


(2) Cf. Salvatore Muzzi, Li Pompa décennale delV eucaristico sacramento perla paroc-
chia di S. Pictro di Bologna.
(3) Veranus, Histor. Brundus. ;. Lupus, Dissert, de sacris process., c. iv.
LIVRE XVJII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

Rome. — Aujourd'hui, on voit flotter, dans ses rues, les , ban-


nières des francs-maçons, des internationaux et des libres-penseurs ;

mais, depuis 1877, les processions du Corpus Domini sont confinées


dans l'intérieur des églises. Confiant dans l'avenir, on nous permettra
de parler de ces somptueuses manifestations comme si elles avaient
encore lieu de nos jours.
La procession générale de Fête-Dieu sort de la chapelle Six*
la

tine, traverse la basilique Saint-Pierre et va de l'un à l'autre bras


de la colonnade, en longeant la partie de la place Rusticuci qui fait
face à la basilique. La colonnade est décorée de tentures en damas
rouge, de tableaux, des armoiries du pape, de celles des cardinaux et
de nombreuses tapisseries, religieuses ou profanes, dont beaucoup
appartiennent au palais du Vatican.
Les plus anciennes remontent au xv e siècle; on en remarque huit,
er
don de Napoléon I en i8o5. Jadis les cardinaux devaient tendre
de tapisseries 665 aunes de murailles, depuis le Vatican jusqu'à
l'extrémité du bourg Saint-Pierre.
Le cortège officiel se compose de plus de 1 5oo personnes.
Voici dans quel ordre il se déploie :

Un peloton de soldats ouvre la marche ; deux files de soldats


accompagnent de chaque côté les différents corps que nous allons
énumérer. La marche est réglée par les huissiers du tribunal du
Cardinal-vicaire, par les huissiers pontificaux et par divers maîtres de
cérémonie ;

Lacroix suivie des élèves de l'Hospice apostolique de Saint-Michel


au Tibre et de la Maison des orphelins ;
Le clergé régulier, savoir: les religieux du tiers-ordre de la Péni-
tence, appelés les Petits Déchaussés, les Hermites déchaussés de Saint-
Augustin, les Capucins, les Hiéronimites, les Minimes, les Francis-
cains du tiers-ordre, les Franciscains conventuels, les Cordeliers des
deuK observances, les Hermites de Saint-Augustin, les Carmes, les
Servîtes, les Dominicains;
Les Ordres monastiques, savoir les Olivétains, les Cisterciens,
:

les Camaldules, les Bénédictins, les Chanoines réguliers du La-


tran ;

Le clergé séculier, savoir: les élèves du Séminaire romain, les cin-


quante-quatre curés de Rome, les chanoines et les bénéficiers des
collégiales, leCamerlingue du clergé de Rome;
Les Chapitres des basiliques mineures et des trois basiliques
404 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

patriarcales, ayant chacun leur vicaire, leurs massiers et leur pavil-


lon;
Le. Vice-gérant de Rome avec les ministres du tribunal du Cardinal-
vicaire ;

Les Procureurs-généraux des ordres religieux ;

La chapelle papale, savoir : les camériers d'honneur, les camé-


riers secrets de cape etd'épée, les écuyers, les procureurs de collège,
le Confesseur de maison du Souverain-Pontife, le Prédicateur
la

apostolique, les aumôniers communs et secrets, l'Audition des con-


tredits, le commissaire de la Chambre apostolique, les avocats con-
sistoriaux, une seconde classe de camériers d'honneur et secrets, les
chapelains-chantres, les Abréviateurs, les Votants de la Signature, les

Clercs de la Chambre,
Auditeurs de Rote avec le Maître du Sacré-
les

Palais, les porte-insignes du Souverain-Pontife; le Maître du saint


Hospice ; des Votants de la Signature un sous-diacre, auditeur de
;

Rote, portant la croix pontificale entre sept chandeliers ;

Deux huissiers de la verge rouge, gardiens de la croix papale ;

Les Pénitenciers des églises patriarcales ;

Les Abbés mitrés, avec l'Archimandrite de Messine et le Com-


mandeur de l'Ordre du Saint-Esprit;
Les Evêques, les Archevêques, les Primats, les quatre Patriarches
majeurs et les Patriarches mineurs de l'Orient ;

Les Cardinaux-diacres en dalmatique. les Cardinaux-prêtres en cha-


suble, les Cardinaux-évêques en chape, suivis de leurs caudataires,
accompagnés de leurs Maîtres de Chambre,
camériers et des
du Capitole
escortés de la garde-suisse et de la garde ;

Le Doyen du Sacré-Collège, portant en main le grand chapeau


rouge appelé pastoral;
Le Conservateur du peuple romain en robe de drap d'or;
Le Gouverneur de Rome, à droite du prince assistant au trône ;

deux Auditeurs de Rote. Le Pape tenant le Saint-Sacrement sous un


dais. Il est précédé de deux Cardinaux-diacres assistants, accompagné
de quatre écuyers avec des lanternes d'argent, de deux camériers
secrets portant un flabeîlum et de divers officiers de la Maison de Sa
Sainteté.
Viennent ensuite huit chapelains-chantres qui chantent le Lauda
Sîon, l'Auditeur de la Chambre, le Trésorier-général, le Majordome,
les Protonotaires apostoliques participants et d'honneur, les Géné-

raux d'ordres religieux, les Référendaires delà Signature, les massiers


LIVRE XVIII. DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 4o5

pontificaux, les gardes du corps à cheval et des troupes des différentes


armes (i).

Une des processions les plus magnifiques du Corpus Domini a été

celle du 20 juin 1867, à laquelle assistaient 337 cardinaux, patriar-


ches, archevêques ou évêques.
Quant à la manière de porter le Saint-Sacrement, dit le chevalier
«

Moroni (2), nous savons que les Papes n'ont point observé le même
rite : les uns l'ont porté assis sur la sedia, ayant la mitre sur la

tête, tels qu'Innocent VIII, Alexandre VI, Jules II et Léon X qui ce-

pendant, en i5i3, le porta la tête découverte. Clément VII le porta


à pied, n'ayant blanche sur la tête. Pie V, en 1 566, le
que sa calotte
porta à pied, ayant la tiare sur la tête. Sixte-Quint, en 1 585, porta
aussi le Saint-Sacrement à pied, la tête découverte Grégoire XIV, ;

Innocent XII montèrent sur la sedia, et leurs successeurs imitèrent


leur exemple,ou le portèrent à pied, comme Urbain VIII, en 1639.
Mais Alexandre VII fut le premier à introduire dans les processions
du Corpus, l'usage du talamo. L'état de sa santé ne lui permettant
pas de porter le Saint-Sacrement à pied et ne voulant pas profiter
de la sedia, il demanda à Bernini le dessin d'un appareil qui lui
permettrait de porter Saint-Sacrement à genoux, et d'être porté
le

lui-même. Cet appareil ressemblait à un prie-Dieu doré et ciselé,


porté à l'aide d'un brancard recouvert de velours rouge, par les pale-
freniers Sur le prie-Dieu était un piédestal à vis, destiné
pontificaux.
à recevoir une sphère percée qui devait supporter l'ostensoir, que le
Pape, à genoux, devait tenir de ses mains. Le Pape était lui-même
soutenu par une forte ceinture, afin que tout le poids du corps age-
nouillé ne portât pas sur les genoux. Les pieds étaient retenus par
un coussin en crin, recouvert de velours, solidement fixé à l'appa-
reil. Le talamo usité aujourd'hui diffère peu de celui d'Alexandre VII :

le prie-Dieu a été remplacé par une petite table tournante, sur la-

quelle, à l'aide d'une vis, l'ostensoir est fixé devant, est placé un ;

siège destiné au Pontife, dont les bras s'appuient sur la surface de


la table, et, comme le Pape porte une grande chape blanche qui

recouvre le talamo de son ampleur, et dont les orfrois se réunissent


sur la partie antérieure de la table, on croirait que le Pontife, dont

(1) J. Barlazzi, De la procession solennelle qui se fait au Vatican dans la Fête-Dieu.


Rome, 1837.
(2) Hist. des chapelles papales, ch. xxn.
406 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

la tête est inclinée devant le Saint-Sacrement, est réellement à genoux.


Benoît XIV, Clément XIV et Pie VI portèrent le Saint-Sacrement
la tête découverte, genoux sur le talamo; Pie VII le porta égale-
et à

ment la tête découverte, et à genoux; mais, postérieurement à 1816,


il le porta sur le talamo, assis et la tête découverte. Léon XII,
Pie VIII et Grégoire XVI ont suivi cet exemple. »

Mgr Barbier de Montault rectifie sur un point ces renseignements


si précis. « On avait cru, dit-il (1), sur la foi d'une médaille mal in-
terprétée, qu'Alexandre VII était le premier Pape qui se soit fait
portera la procession de la Fête-Dieu. Les détails donnés en i5o5
par Paris de Grassis sur la procession du Saint-Sacrement par le
Pape Jules II, déclarent positivement le contraire. Rétablissons donc
la vérité des faits. Les Papes ne montaient sur la sedia qu'en dehors

de la chapelle Sixtine l'innovation de Jules II consista à monter


;

dans la chapelle même, parce que, étant goutteux, il avait peine à


marcher. La sedia n'était pas différente de celle qui servait aux pon-
tificaux et aux consistoires le Pape y était assis et tenait l'ostensoir
:

posé sur une traverse qui s'appuyait sur les bras du fauteuil.
Alexandre VII perfectionna le système. »
Quand le Saint-Siège est vacant, la procession générale du Saint-
Sacrement ne se fait point à Saint-Pierre du Vatican, mais à Saint-
Jean de Latran. C'est ce qui eut lieu en 1691, après la mort d'A-
lexandre VIII.
Les processions paroissiales ont lieu dans le cours de l'octave, à
des jours déterminés.
Le dimanche dans l'octave est réservé à la basilique de Saint-Jean
de Latran. C'est le le Saint-Sacrement. Le
Cardinal-vicaire qui porte
Souverain Pontife marche derrière le baldaquin, tenant de la main
droite une torche allumée. La procession traverse l'hôpital de La-
tran, dont les lits, garnis de rideaux blancs, sont enguirlandés de
fleurs.
Le Souverain Pontife et le Sacré Collège, au dernier jour de l'oc-

tave, assistent également à la procession faite après vêpres, par la

basilique de Saint-Pierre.
Le Chapitre de cette église dote un certain nombre de jeunes
filles, voilées de blanc {amantatè), qui ont assisté à la cérémonie (2).

(1) Inventaire de la Chapelle en i54j.


(2) Barbier de Montault, l'Année liturg. à Rome, p. 169.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 407

« A Rome, dit M. de Farcy (i), toutes les fenêtres des maisons sont
décorées de tabliers, plus longs que larges, ornés d'inscription ou
d'emblèmes et quelquefois d'un riche galon et d'une frange. Cette
tenture, répétée de tous côtés, donne un air de fête à l'humble de-
meure de l'artisan comme au palais des princes; elle a l'avantage
d'être peu coûteuse et de se prêter à tous les procédés d'ornemen-
tation. Que l'on dispose sur des tabliers des fleurs naturelles symétri-
quement attachées en forme de médaillons ou de que l'on y chiffres,
applique de riches bordures, des inscriptions en l'honneur du Saint-
Sacrement, que l'on y représente des anges portant des écussons au
chiffre de Notre-Seigneur, ou enfin, qu'on emploie le velours, la soie
relevée de galons et de franges d'or, on aura, dans tous les cas, une
décoration élégante et d'une exécution facile. »

La Congrégation des Rites a plusieurs fois défendu d'admettre aux


processions qui se font dans Rome, pendant la semaine de la Fête-

Dieu, des enfants de l'un ou de l'autre sexe, représentant des scènes


hagiographiques (2).

Une des plus magnifiques processions du Corpus Domini qui


Rome a été celle du 20 juin 1867, à laquelle assistaient
aient eu lieu à
337 cardinaux, patriarches, archevêques et évêques.
Turin. —
La procession de l'octave du Saint-Sacrement y est plus
ancienne que partout ailleurs. Elle se fait en mémoire du fameux
miracle de 1453, qui eut lieu le jour même de Foctave du Corpus
Domini.
Venise. —
Jean de Tournay, dans une relation manuscrite d'un
voyage en Terre-Sainte, qu'il accomplit en 1487, rend compte dans
les termes suivants de la manière dont on portait alors, à Venise, le

Saint-Sacrement, à la procession de la Fête-Dieu(3) « Le Corpus


:

Domini estoit assis, comme vous diriez, sur une civière à porter fier-
tres; par deçà et sur ladite civière, il y avoit un fort grand calice, et à
la moyenne d'icelui à fachon d'une grande brance, auxquelles bran-
ces y a quatre gros cordons de soye lesquels viennent desdites
il

brances respondre en ladite civière, et au plus hault desdites brances,


là est mis le Corpus Domini. Prennent 4prebstres ladite civière, dont

le calice est par-dessus, et le Corpus Domini en une brance comme

(1) Op. cit.


(2) 5 mart. 1667, 7 d éc. 1844.
(3) Ms. 453 de la Bibl. de Valenciennes.
408 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

dit est, et aussi tenu à quatre cordeaux de noire soye. Après portent
6 hommes les plus nobles de la ville le pasle par-dessus le Corpus
Domini (i). »
Espagne et Portugal. —
Les rues, pour préserver des ardeurs du
soleil, sont tendues horizontalement de larges bandes de coutil, et
les maisons y sont tapissées de diverses étoffes, de verdure et de
fleurs. Du haut des balcons, sur le passage de la procession, on jette
des fleurs et Ton parfume l'air d'eaux odoriférantes. Jadis, pendant
tout un mois, on jouait en pleine rue, à la clarté des flambeaux, des
autos sacramentos^ drames religieux en l'honneur de la sainte Eu-
charistie»

Barcelone. —
Le R. P. Cahier (2) a dépeint la physionomie de
la Fête-Dieu, à Barcelone, au xiv e siècle.
La procession du Corpus était entremêlée de représentations des
principaux faits de l'Écriture Sainte et de l'histoire ecclésiastique. On
y voyait successivement, entre autres sujets, la Création du monde,
l'arche de Noé, David et Goliath, Moïse et Pharaon, l'Annonciation,
l'Adoration des Mages, Massacre des Innocents, la Résurrection, un
le

grand nombre de saints et de saintes, les tentations de sainte Eulalie,


le martyre de saint Sébastien, le phénix, les Apôtres, des anges jouant

de la musique devant la custodia, le clergé et l'évêque ; des diables


armés de verges pour faire la police, et enfin deux hommes sauvages
tenant des baguettes à coulisse qui pouvaient s'allonger ou se raccour-
cir selon la largeur de la rue, pour arrêter la poussée de la multitude.
Les bâtons du dais étaient portés par les grands seigneurs, y compris
l'ambassadeur de Venise et le roi d'Aragon.
Lisbonne. — « Le jour de la Fête-Dieu, dit M. Germond de Lavi-
gne (3), tous les balcons sont pavoisées d'étoffes rouges galonnées de
jaune, damas en aux premiers étages, étoffes de coton bro-
soie et or
chées aux étages supérieurs. Toutes les fenêtres sont garnies de
femmes coiffées de fleurs et de dentelles. La troupe forme la haie. La
procession est précédée d'un escadron de lanciers puis viennent un ;
:

mannequin couvert d'une armure, représentant saint Georges, et

(1) Le transport du Saint-Sacrement sur une civière n'était point spécial à Venise il :

en était de même à Tournai dès 3 7 3 A la paroisse Saint-Piat, cette civière était en


1 .

bois décoré de peintures polychromes. Les porteurs mettaient sur leurs épaules des
coussinets de cuir rouge. Un ciel ou baldaquin abritait le Saint-Sacrement. L. Clo- —
quet, Notes sur quelques anciens usages liturgiques des églises de Tournai, p. G.
(2) Mélanges d'arch., t. II, 77.
(4) Itinéraire de l'Espagne, p. 787.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

soutenu sur un vrai cheval par deux écuyers du roi l'écuyer de saint :

Georges en costume Louis XIII son page, représenté par un enfant


;

portant des ailes d'ange en carton; douze chevaux des écuries royales,
tenus en main; des confréries en gris, en rouge; des sacristains por-
tant quinze mitres, pour figurer quinze évêchés du Portugal
les le ;

dais sous lequel est porté le Saint-Sacrement. Le roi, en costume


d'officier général, tient le premier brancard de droite; il est tête nue
et porte sur ses épaules une espèce de fichu en filet, ornement dis-
tinctif que portent seulement le roi, les princes et les personnages
qui ont été ministres. La famille royale, la Cour, les ministres suivent
le dais à pied, pendant que le canon gronde, et que l'infanterie tire
des coups de fusil. »

Saint-Jacques de Compostelle. — « C'était autrefois la coutume


en Galice, dit M. Ch. Davilliers (i), de danser, le jour de la Fête-Dieu,
un pas religieux qu'on appelait la pela : un jeune garçon très riche-
ment habillé, était perché sur les épaules d'un homme de haute taille

qui dansait en le portant, en tête de la procession. »

Se ville. — « La procession de la Fête-Dieu, dit Mgr Postel, se


fait à Séville avec une rare solennité. La ville entière est sur pied; les

rues, sablées et jonchées de fleurs, sont en outre couvertes dans toute


leur longueur de tentes élevées qui leur donnent l'aspect d'une
immense galerie; les murailles disparaissent sous les tentures de soie
rouge, qui, encadrant portes et fenêtres et suivant tous les caprices de
l'architecture andalouse, forment autant de palais enchantés qu'il y

y a d'hôtels, de boutiques, de masures même. Tout cela sous le ciel


le plus radieux de l'Europe (2). »

M. Ch. dans son Voyage en Espagne, donne de curieux


Davilliers,
renseignements sur les danses qui se font, ce jour-là, devant le Saint-
Sacrement « On donne le nom de Seises, dit-il, à des enfants de
:

chœur de la cathédrale de Séville, dont l'emploi principal consiste à


figurer comme chanteurs, aussi bien quecomme danseurs, dans certai-
nes cérémonies religieuses. On les avait autrefois appelés los Seises, les
nombre bien qu'aujourd'hui ils soient dix, leur
SIX) à cause de leur ;

ancien nom La danse des Seises est un souvenir des


s'est conservé.
anciennes representaciones et des dansas qui, au moyen âge, accom-
pagnaient, dans les principales villes d'Espagne, les processions de la

{1) Voyage en Espagne, dans le Tour du Monde, t. XVI, p. 323.


(2) Le bon Ange de la première communion, 6 e éd., p. 235.
410 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Fête-Dieu. Une du pape Eugène IV, datée de 1439, autorisait


bulle
les danses des Seises
; paraît qu'un archevêque de Séville, don Jaime
il

de Pallafox, essaya de les supprimer, les trouvant peu compatibles


avec le respect dû au Saint-Sacrement. Le Chapitre, qui n'était pas
du même avis, fréta un navire, et les Seises, accompagnés du Maestro
de Capilla, s'embarquèrent pour Rome, afin de montrer au Souve-
rain Pontife, que leurs costumes et leurs danses ne faisaient qu'aug-
menter Féclat des solennités religieuses. L'archevêque de Séville avait
déjà fait tout son possible pour obtenir la suppression des dan~as
qui s'exécutaient aux frais de la municipalité, devant les processions
de la Fête-Dieu.
« Plus tard on voulut, dit-on, empêcher les Seises de garder leur

chapeau devant le Santissimo ; il paraît que cette permission aurait


été accordée par la Cour de Rome, mais elle fut bornée au temps où
les costumes seraient conservés sans être autrement modifiés : c'est
pour cela, assure-t-on, qu'ils n'ont subi depuis lors aucun changement.
« La danse des Seises n'attire pas moins de curieux à Séville que
les cérémonies de la Semaine Sainte, et l'immense cathédrale est trop
étroite les jours où ils doivent figurer dans une funcion. Fort heureu-
sement un ami nous avait réservé des places; mais, pour y arriver,
nous eûmes toutes les peines du monde à nous frayer un passage à
travers une foule énorme, échelonnée sur les gradas ou escaliers qui
entourent l'église. Nous aperçûmes enfin les dix Seises, placés sur
deux rangs devant le maître-autel; bientôt, après avoir salué le Saint-
Sacrement, ils se mirent à danser lentement en faisant résonner leurs
castagnettes d'ivoire puis ils entonnèrent un villancico, fort ancien
:

sans doute, à la louange de la Vierge, « Fille, Mère et Épouse, plus


« pure et plus belle que l'aurore et que l'astre du jour. » Après quel-

ques instants de repos les ninos cantorcillos chantèrent encore d'autres


copias. Tout en chantant ces couplets, d'une fort jolie voix, les Seises
continuaient à danser en s'accompagnant de leurs castagnettes; à
vrai dire, leurs danses ne ressemblent en rien aux danses profanes en
usage en Espagne ce sont des coulés ou des glissés, sur un mouve-
:

ment de valse très lent, tout à fait dans le genre de ceux de l'an-
cienne pavane d'Espagne, telle qu'on la dansait au xvi 6 siècle, ou du
menuet qui la remplaça. »
,Des danses analogues avaient lieu autrefois devant le Saint-Sacre-
ment à Lugo, à Tolède, à Valence, à Vigo, à Yépès et dans quelques
autres villes d'Espagne.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

Valence. — Naguère, à la procession de la Fête-Dieu, quatre


hommes, portant des têtes d'homme, de lion, de bœuf et d'aigle,

représentaient les quatre évangélistes. Six ou huit diacres, tenant de


longues baguettes, s'en servaient pour admonester ceux qui auraient
manqué de respect au Saint-Sacrement.
Turquie. — La Fête-Dieu est désignée par les Turcs sous le nom
de Fête des roses. Il n'est point rare que des Musulmans s'associent

respectueusement à ces processions qui, escortées par les troupes


ottomanes, parcourent librement les rues de Constantinople. Les
pavillons de toutes les nations européennes flottent fièrement dans
les airs les murailles disparaissent presque entièrement sous les
;

tapis et les plus riches cachemires.


A Jérusalem, la première procession de la Fête-Dieu a eu lieu le

2 juin 1872.
Chine. — La procession delà Fête-Dieu se fait librement à Pékin et

ne manque pas d'exciter l'avide curiosité des Chinois. Ils apprécient


peu reposoirs dressés dans le goût européen, mais ils se montrent
les

pleins d'admiration pour ceux qui, construits avec des nattes, imi-
tent l'architecture des pagodes.
Paraguay. — Voici comment le P. Charlevoix décrit une pro-
cession parmi les peuplades si bien organisées par les Jésuites :

« J'ai dit qu'on ne voyait rien de précieux à cette fête toutes : les

beautés delà simple nature sont ménagées avec une variété qui la

représente dans son lustre : elle y est même, si j'ose ainsi parler,
toute vivante; car, sur les fleurs et les branches des arbres qui com-
posent les arcs de triomphe sous lesquels le Saint-Sacrement doit
passer, on voit voltiger des oiseaux de toutes les couleurs qui sont
attachés par les pattes à des fils si longs, qu'ils paraissent avoir
toute leur liberté et être venus d'eux-mêmes pour mêler leur gazouil-
lement aux chants des musiciens et de tout le peuple, et bénir à leur
manière celui dont la Providence ne leur manque jamais... D'espace
en espace, on voit des tigres et des lions bien enchaînés, afin qu'ils
ne troublent point la fête, et de très beaux poissons qui se jouent
dans de grands bassins remplis d'eau; en un mot, toutes les
espèces de créatures vivantes y assistent comme par députation, pour
y rendre hommage à l'Homme-Dieu dans son auguste Sacrement.
On fait entrer aussi dans cette décoration toutes les choses dont on se
régale dans les grandes réjouissances, les prémices de toutes les
récoltes pour les offrir au Seigneur, et le grain qu'on doit semer, afin
4-12 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

qu'ily donne sa bénédiction. Le chant des oiseaux, le rugissement


des tigres, tout s'y fait entendre sans confusion et forme un concert
unique... Dès que le Saint-Sacrement est rentré dans l'église, on
présente aux missionnaires toutes les choses comestibles qui ont été
exposées sur son passage. Ils en font porter aux -malades tout ce
qu'il y a de meilleur; le reste est partagé à tous les habitants de la
bourgade; le soir, on tire un feu d'artifice, ce qui se pratique dans
toutes les grandes solennités et jours de réjouissances publiques. »

article m

De quelque» autre§ procédions «lu Saint -Sacrement

En dehors des jours de l'octave de la Fête-Dieu, le Saint-Sacre-


ment ou a été porté processionnellement
est porté i° en raison de :

certaines fêtes religieuses; 2° à cause de divers événements politiques


ou religieux; 3° pour satisfaire, en certaines localités, la piété des
fidèles.

S i

Processions motivées par certaines fêtes religieuses

Plusieurs auteurs ont inféré du concile de Brague, tenu en 675,


qu'on réservait, à cette époque, l'Eucharistie, pour la porter aux
processions, les jours des fêtes de martyrs. J.-B. Thiers ne partage point
leur opinion (1). La divergence de ces avis provient de l'interprétation
qu'il faut donner du mot arca Dei. Les uns entendent par là un taber-
nacle portatif où était contenu le Saint-Sacrement; les autres pensent

(1) De l 'expos, du Saint-Sacr., 1. I, ch. 11.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

qu'il s'agit d'une châsse, qu'on appelait arca Dei, uniquement parce
qu'on y plaçait des reliques des serviteurs de Dieu (i).
A Rome, à la procession du jour des Rameaux, on portait le texte
des saints Évangiles, pour honorer l'entrée triomphale de Jésus-Christ
à Jérusalem; en Allemagne, en Angleterre, en Normandie, c'était le
Saint-Sacrement contenu dans une châsse. Lanfranc, dans les Statuts
qu'il composa au xi e siècle pour l'Ordre de Saint-Benoît, prescrit
que cette châsse à brancard soit portée par deux prêtres revêtus
d'aubes.
A la cathédrale de Rouen, on faisait, au dimanche des Rameaux,
la procession du Corps saint. Entre trois et quatre heures du matin,
on descendait la suspension et on mettait le saint ciboire dans une
châsse vitrée (feretnim),un brancard. La procession
attachée à
commençait après Laudes, vers cinq heures et demie deux chapelains ;

revêtus d'aube, portaient la châsse sur leurs épaules et la déposaient,


sous un riche dais, dans le chœur de Saint-Godard. La procession
revenait à la cathédrale, par les rues tendues de tapisseries, et s'arrêtait
à un reposoir, érigé à l'emplacement de l'ancienne porte de Sainte-
Appolline. Quand on était arrivé au portail de Notre-Dame, les cha-
pelains exhaussaient le brancard, de façon à ce que le clergé et les
fidèles pussent rentrer dans l'église en passant sous le Saint-Sacre-
ment. L'archevêque donnait la bénédiction, remettait le saint ciboire
dans la suspension et commençait la grand'messe. Cette cérémonie,
mentionnée dès le xv e siècle, s'observait encore avant la Révolution ;

elle se pratiquait également à l'église Saint-Ouen où, au xvi e siècle,


elle commençait à minuit (2). Diverses églises des diocèses de Cou-
tances et de Lisieux ont longtemps conservé des coutumes ana-
logues.
Le Vendredi saint, dans plusieurs cathédrales et collégiales du
Portugal, on faisait une procession du Saint-Sacrement, après la
communion du célébrant. La sainte Hostie était portée dans une châsse
par quatre prêtres jusqu'cà l'autel qui, la veille, avait servi de chapelle
ardente, et on l'y laissait jusqu'au jour de Pâques. La Sacrée Con-
grégation des Rites, le 11 février 1702, a déclaré que cette coutume
était un abus à réprimer.

(1) Voici du concile Antiqua in hac parte et solemnis consuetudo servabitur,


le texte :

ut in festis quibusque arçam Dei non episcopi, sed Ievitae gestent in humeris. Can. VI.
(2) Molcon, Voy. lit., p. 33g.
4H HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Delacroix (i) parle ainsi d'une procession qui se faisait encore de


son temps à Venise, le Vendredi saint, à neuf heures du soir: « On
y promène le Saint-Sacrement dans un cercueil de velours noir. La
place de Saint-Marc est le rendez-vous de cette procession ; elle est
magnifiquement illuminée, et les lumières y sont de toute part si

multipliées qu'elles font de la nuit le plus beau jour. » Mais voici le

singulier de cette procession « On y voit, rapporte un


: auteur
moderne, marcher les Pénitents avec leurs bonnets en pointe, de
deux pieds de haut, sur la tête, lesquels se battent jusqu'au sang, en
marchant de temps en temps en arrière devant le crucifix ils ont ;

pour cet effet des disciplines faites d'un grand nombre de petites cordes,
qu'ils tiennent à deux mains et qu'ils trempent de temps en temps
dans un peu de vinaigre qu'on leur porte exprès, frappant sur
leur dos avec une certaine mesure et une cadence si réglée, qu'il faut
nécessairement avoir bien étudié cet art pour s'en acquitter comme il
faut. »
La Congrégation des Rites a désapprouvé les processions du Saint-
Sacrement, qu'on faisait parfois dans la nuit du Jeudi au Vendredi
saint, mais nous ne sachons pas qu'elle ait jamais interdit celle de
l'aurore du jour de Pâques, qui avait lieu dans beaucoup d'églises,
en Italie, en Allemagne et en France, coutume qui n'a pas complète-
ment disparu aujourd'hui. Après Matines, on allait chercher au repo-
soir la sainte Hostie qui y avait été mise le Jeudi saint ou le Samedi
saint et même le dimanche matin'; les chants liturgiques rappelaient
les paroles de l'Ange et des trois Marie, auprès du sépulcre de Notre-
Seigneur. Au moyen âge, c'était tout un drame où les costumes
étaient en harmonie avec les paroles.
Pour donner plus d'éclat à certaines solennités, on y faisait une
procession du Saint-Sacrement. C'est ainsi qu'en 1480, à Cambridge,
alors que la fête de la dédicace de la cathédrale coïncida avec la com-
mémoration de saint Paul, deux prêtres portèrent sur leurs épaules
un reliquaire contenant le Saint-Sacrement (2).
Dans un certain nombre de paroisses, la procession aux fonts pour
la rénovation des voeux de baptême se fait avec le Saint-Sacrement
qu'on dépose sur les fonts, pendant que les premiers communiants
prononcent la formule de la rénovation.

(1) Dict. des cultes, au mot Procession.


(2) Thomas Walsingham, ad ann. 1480.
4i 5

Le vénérable Jean Eudes et le P. Brydaine terminaient toujours


une procession du Saint-Sacrement, à laquelle ils
leurs missions par
donnaient une grande pompe, pour exciter la foi et laisser un long
souvenir.

S 2.

Processions motivées par des événements politiques ou religieux

D'assez nombreuses processions du Saint-Sacrement ont été moti-


vées par des événements politiques ou religieux, par des calamités
publiques, des pestes, des guerres, des victoires, etc.
La plus ancienne de toules est probablement celle qui eut lieu à
Avignon, le 14 septembre 1226. Louis VIII, étant entré dans cette

ville après un long siège soutenu par les Albigeois, voulut ainsi ren-
dre hommage à la présence réelle niée par les hérétiques qu'i venait
de vaincre. Le roi suivit cette procession, tête nue, un flambeau à la
main, la corde aux reins, vêtu d'un sac couleur de cendre.
Cette procession, présidée par le légat du pape Honoré III, se ren-

dit de la cathédrale jusqu'à la chapelle de Sainte-Croix située alors


en dehors des murs de la ville. C'est là l'origine de la procession com-
mémorative qui se renouvelle à Avignon tous les vingt-cinq ans, avec
une grande magnificence.
Après le couronnement de l'empereur d'Allemagne, avait lieu une
procession où le pape et l'empereur, tous deux montés à cheval,
étaient précédés du Saint-Sacrement. Il en fut ainsi à Bologne,
en i53o, pour le couronnement de Charles-Quint 1). (

A Rome, après l'intronisation du pape, le Saint-Père se rendait, à


cheval, dans une procession solennelle, de la basilique Saint-Pierre à
Saint-Jean de Latran. Le Saint-Sacrement était porté sous un dais
par un cheval blanc caparaçonné de rouge; mais la sainte Hostie
n'était point à découvert.
En
1549, Henri II ordonna une procession du Saint-Sacrement
depuis Saint-Paul, sa paroisse, jusqu'à Notre-Dame, pour l'extirpa-
tion de l'hérésie et pour l'affermissement de la foi.

(1) Catalan, Cœremon., t. I, p. 212.


416 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Louis XIII ne voulut entrer en vainqueur dans la ville de La Ro-


chelle qu'à la suite de l'auguste Sacrement auquel il attribuait l'hon-
neur de sa victoire.
La session des états généraux s'ouvrait par une procession solen-
nelle du Saint-Sacrement il en fut ainsi à Versailles, le 4 mai 1789; la
:

procession partit de l'église Notre-Dame pour se rendre à Saint- Louis.


Les Récollets, seuls religieux qui fussent à Versailles, ouvraient la
marche; te clergé des deux paroisses les suivait. Après eux, sur deux
lignes parallèles, marchait le tiers état, en habit noir et en manteau
court de même couleur. Après lui venait la noblesse, l'épée au côté, en
manteau noir relevé d'un parement d'étoffe d'or, avec un chapeau à
plumes blanches; enfin, le clergé, divisé en deux classes d'abord ce :

qu'on appelait le bas clergé, c'est-à-dire les curés et les abbés, en


soutane, grand manteau et bonnet carré ; ensuite le haut clergé, com-
posé des cardinaux, des archevêques et des évêques, les premiers en
chape rouge, les autres en rochet, camail et soutane violette. Après
les trois Ordres, s'avançaient les grands
de la Couronne, lesofficiers
gentilshommes d'honneur des princes qui portaient tour à tour le
dais, dont les cordons étaient tenus par le comte de Provence (plus
tard Louis XVIII), par le comte d'Artois (plus tard Charles X), et par
ses enfants les ducs d'Angoulême et de Berry. Immédiatement der-
environné des princes, des ducs,
rière, marchaient, à droite, le Roi,
des pairs et Cour, et, à gauche, la Reine, Madame,
des seigneurs de la

madame Elisabeth, la duchesse d'Orléans, la princesse de Lamballe


et les dames du Palais. Les gardes-françaises et les gardes-suisses
bordaient la haie depuis Notre-Dame jusqu'à Saint-Louis; les rues
étaient tendues des tapisseries de la Couronne, et des chœurs de mu-
siciens, placés de distance en distance, remplissaient l'air de sons
mélodieux. M. de Lafare, évêque de Nancy, prononça à Saint-Louis
un discours où il laissa échapper le mot de libertés publiques, et aussi-
tôt des applaudissements partirent de tous les points de l'église. Jus-
qu'alors on ne s'était jamais permis d'applaudir ni au sermon ni en
présence du Roi. Qu'on juge par là de la révolution qui déjà s'était
opérée dans les esprits (1).

Nous avons parlé précédemment des processions du Saint-Sacre-


ment faites en expiation des sacrilèges.

(1) Les Journées de la Révolution, 5 mai 1789.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 417

§ 3

Processions motivées par la piété locale

La en certains endroits, les proces-


piété des fidèles a fait multiplier,
sions du Saint-Sacrement, et parfois dans une mesure qui ne s'accorde
pas avec la sagesse des lois liturgiques. Ici, comme dans certaines
villes de l'Allemagne et de la Sicile, on faisait tous les jeudis une pro-
cession extérieure; là, comme dans plusieurs paroisses d'Italie, elle
avait lieu régulièrement chaque troisième dimanche du mois. En
Allemagne, au xvir3 siècle, on portait l'Eucharistie dans les foires,
dans les marchés, pour attirer la bénédiction du Ciel sur les transac-
tions commerciales. Ailleurs, des confréries du Saint-Sacrement s'in-
géraient de faire des processions eucharistiques sans l'autorisation de
l'évêque, ni même du curé, et parcouraient les rues des paroisses autres
que la leur. La Congrégation des Rites s'est toujours efforcée de con-
cilier les tendances de la piété locale avec les règles générales de
l'Église (1). De nombreux conciles et synodes, depuis le xv e siècle
jusqu'à nos jours, ont prescrit de ne faire de processions solennelles
du Saint-Sacrement, en dehors de l'octave de la Fête-Dieu, que pour
des motifs véritablement importants et jamais sans l'autorisation de
l'Ordinaire (2).

ARTICLE IV

De la fête du Précieux- Sang

La fête du Précieux-Sang ne fut d'abord célébrée, par induit spe-

(1) 18 déc. 1784, 12 nov. i83i, etc.


(2) Conciles cTAugsbourg (1548), deMalines (1570 et 1607), etc.

T. 11. 27
4i8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

que par un certain nombre de congrégations, le vendredi qui suit


cial,

lequatrième dimanche de Carême, ou bien le quatrième ou le cin-


quième dimanche de la Pentecôte. Un décret de la Congrégation des
Rites, du 10 août 1849, a prescrit cette fête pour toute l'Église sous
le rite double de deuxième classe et Ta fixée au premier dimanche de
juillet.
CHAPITRE IV

De l'exposition du Saint-Sacrement, des saluts et de la bénédiction


du Saint- Sacrement

Aujourd'hui, le salut se compose généralement de trois parties dis-


tinctes: i° l'exposition du Saint-Sacrement; 2° le salut proprement dit,
composé de diverses prières chantées par le chœur et l'officiant ;
1
3° la bénédiction du Saint-Sacrement. Il n en a pas toujours été

ainsi nous voyons dans le passé des expositions sans salut ni béné-
:

diction ; des saluts sans exposition ni bénédiction ; et quelquefois


aussi des bénédictions sans exposition ni salut.

ARTICLE i

Origine de l'exposition du Saint-Sacrement, cte la bénédiction du Saint-


Sacrement et des saluts

Chrétien Lupus (i) que, du temps de saint


a essayé de prouver
Ambroise et de Augustin, on exposait le Saint-Sacrement
saint
devant les néophytes, pendant les huit jours qui suivaient leur
baptême; mais toute son argumentation ne repose que sur une fausse
interprétation de figures oratoires.
Quelques écrivains attribuent l'usage d'exposer le Saint-Sacrement
au fait suivant raconté dans la vie de sainte Glaire « Après que Fré-
:

déric II eut semé la dévastation dans Spolète, il y laissa 20,000 soldats


de son armée, parmi lesquels se trouvaient aussi des Sarrasins* Entre
autres villes, ils assiégèrent celle d'Assise et se portèrent tout d'abord

(1) Dissert, de S. S. Sacr, publ. exposit.


420 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

sur couvent de Saint-Damien situé hors des murs de la ville ; déjà


le

ils avaient escaladé une partie


des remparts, lorsque sainte Glaire
apparut sur les portes du couvent, faisant porter devant elle le Saint-
Sacrement dans un vase d'argent entouré d'ivoire; elle se jeta à genoux
et implora le secours du ciel, en versant un torrent de larmes-. Sa
prière fut exaucée; les ennemis s'enfuirent en partie, d'autres furent
pris de vertige et tombèrent du haut des remparts. »
C'est là un inspiré par les circonstances et qui ne nous
fait isolé,

paraît point de nature à avoir exercé une telle influence sur la liturgie
générale de l'Église. La plupart des liturgistes rattachent avec raison
l'exposition du Saint-Sacrement à l'établissement de la Fête-Dieu ;

mais les uns pensent que la procession de cette solennité a donné lieu
à l'exposition, et les autres, que l'exposition a été l'origine des proces-
sions du Saint-Sacrement. Cette dernière opinion nous semble beau-
coup plus probable. On a dû naturellement adorer l'Eucharistie,
exposée sur l'autel dans une custode fermée, avant de songer à la por-
ter triomphalement par les rues. Ce premier usage se sera introduit
dans quelques églises, surtout en Belgique, peu de temps après l'insti-
tution de la Fête-Dieu, et seulement pour le jour de cette solennité.
Mais il ne devint assez général qu'au xv c siècle.
Nous ferons remarquer toutefois que la ville d'Avignon fournit un
exemple d'exposition perpétuelle, antérieur à l'institution de la
Fête-Dieu. Le 14 septembre 1226, d'après le désir de Louis VII,
vainqueur des Albigeois, le Saint-Sacrement, voilé, fut exposé, en
actions de grâces dans la chapelle de la Croix. Le concours des adora-
teurs devint si grand que l'évêque Pierre de Corbie jugea à propos
que l'exposition continuât nuit et jour, ce qui fut approuvé par le
Saint-Siège. Cette adoration perpétuelle, interrompue en 1792, a été
reprise en 1829, en faveur de la confrérie des Pénitents-Gris (1).

Le premier règlement pour l'exposition du Saint-Sacrement fut

faiten 1452, au concile de Cologne, par le cardinal de Cusa. Cette


exposition ne s'introduisit que très tardivement dans certaines églises:
en i582 seulement chez les Chartreux, au jour de la Fête-Dieu ; en
1627, à Notre-Dame de Paris, en dehors de la solennité du Corpus
Domini. Elle ne se faisait point encore à la cathédrale de Maurienne,
au commencement du xvm e siècle.
La bénédiction du Saint-Sacrement avec l'ostensoir est un usage

(1) Annales du Saint-Sacrement, t. III, p. 90


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 421

qui ne paraît que vers le commencement 'du


guère remonter
xvi siècle (1). Antérieurement, on remettait le Saint-Sacrement dans
e

le tabernacle de l'autel ou dans le sacrarium, immédiatement après

la procession ou l'exposition solennelle, sans former avec le vase


sacré un signe de croix sur les assistants, comme on le fait aujour-
d'hui (2).

La bénédiction donnée avec le saint-ciboire est encore plus


récente et n'est pas d'un usage général dans l'Église. Quelques
doutes même se sont élevés sur la convenance de cette coutume. La
Congrégation des Rites, consultée à ce sujet, en 1837, différa d'abord
sa réponse interrogée de nouveau en i85o, elle répondit
;
Arbitrio :

episcopi (3).

Plusieurs écrivains ont supposé que les saluts étaient originaires


d'Italie, peut-être parce que ce genre d'office y est tellement répandu
qu'il a, pour ainsi parler, supplanté les vêpres. La priorité en appar-
tient certainement à la France, où, dès le xvi e siècle, nous voyons de
nombreuses fondations d'offices désignés sous le nom de Salus, Salu-
tatio. Cette désignation provient-elle du premier mot de la strophe
salutaris ou de Sains honos virtus quoque, ou bien de la récitation
de la salutation angélique ? En Italie, au contraire, aucun document
du xvi e siècle ne mentionne cet exercice religieux. Gavantus, Merati,
Cavalieri n'en parlent point, et Théophile Raynaud, qui professait à
Rome la théologie vers le milieu du xvn e siècle, le signale comme
un usage récent. Le nom même de salut est resté étranger aux
contrées méridionales : on dit benedi{ione en Italie et reservalio en
Espagne (4).
En France, il y avait jadis des saluts sans bénédiction ni exposition
du Saint-Sacrement. Tels sont souvent ceux dont la fondation est
mentionnée dans les archives des églises ou sur des pierres commé-
moratives. On se bornait, suivant le vœu du fondateur, à y chanter
telles hymnes, tels répons et telles antiennes.

(1) Grancolas, les Anciennes Liturgies, t. II, p. 221.


(2) Ordinaire du xvi e siècle de l'abbaye de Saint-Martin-au-Bois, cité dans les Voyages
littéraires de deux Bénédictins, t. II, re partie,
p. 170. i

(3) Revue théologique, n° de nov. 1857, p. G47. #


(4) Ibid., t. II, p. 3o5.
422 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

ARTICLE II

De la fréquence des expositions du Saint-Sacrement et des saluts

« C'est un moment sublime, dit le protestant Jenisch (i), je dirai


même un moment divin, que celui où le prêtre catholique bénit la
foule avec l'hostie renfermée dans l'ostensoir, ou qu'il l'expose à ses
adorations. En ce moment unique, le catholique élève son cœur jus-
qu'au trône de la Trinité.rédemption, sanctification, vie
Création,
éternelle, espérance et effroi en vue de l'éternité, tout cela se présente
à son âme son corps et son esprit ne sont plus de la terre, ils sont
;

absorbés en Dieu et Dieu en eux. Lequel d'entre nos prédicants pourra


se glorifier d'avoir jamais produit par ses prêches cette vue si vive de
l'invisible, cette représentation de ce que nul oeil n'a vu, de ce que
nulle oreille n'a entendu, de ce qui n'a jamais pénétré dans un cœur
humain? Assistant moi-même un jour au salut, dans l'église de
Saint-Etienne, et voyant tomber à terre, devant le Saint-Sacrement,
une foule recueillie, je me prosternai avec ces fidèles, répandant des
larmes d'attendrissement et de bonheur. »
Si la bénédiction du Saint-Sacrement a produit un tel effet sur
Pâme d'un protestant, quelles impressions plus douces et plus con-
solantes ne doit-elle pas opérer dans les cœurs véritablement catho-
liques ! Ne nous étonnons donc pas que les fidèles aient désiré voir se

multiplier ce bienfait, et que l'Église ait, progressivement et dans une


sage mesure, satisfait les désirs de leur piété.
Les conciles et les synodes, inspirés par des considérations locales et
par les besoins religieux de leur temps, se sont montrés plus ou moins
prodigues de ces faveurs liturgiques mais on peut dire, d'une ma-
:

nière générale, que la générosité de l'Eglise a toujours grandi de plus


en plus, quand elle a espéré que la multiplicité des expositions ne
compromettrait pas le respect dû au Saint-Sacrement. Originairement,
l'exposition n'avait lieu que le jour de la Fête-Dieu. Bientôt elle
s'étendit à d'autres fêtes qu'à celle du Corpus Domini, puis à des
jours qui ne sont point fériés.
Un synode tenu à Breslau en 141 6 se plaignit que l'exposition
trop fréquente du Saint-Sacrement avait refroidi plutôt qu'animé

(1) Ueber Gottesverehrung. Berlin, i83o.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 423

la piété des fidèles. Aussi plusieurs évêques limitèrent-ils alors le

nombre des expositions solennelles. Déterminé parles mêmes motifs,


le concile de Cologne, tenu en 1452, ordonna qu'on exposerait le
Saint-Sacrement et qu'on ne le porterait processionnellement dans un
ostensoir que le jour de la Fête-Dieu, et pendant l'octave de cette
fête puis, en dehors de ce temps, une seule fois seulement par an,
;

dans chaque paroisse, avec une permission expresse de l'Ordinaire.


En France, au xvi e siècle, dans un certain nombre d'églises, le
Saint-Sacrement était exposé à la messe et au salut, les dimanches et
les jeudis dans d'autres, à tel ou tel jour de chaque semaine. A cette
;

époque, Jean Gropper, archidiacre de Cologne, se montra très défavo-


rable à la fréquence des expositions. Les Jansénistes des deux siècles
suivants ne manquèrent point d'invoquer son autorité. Ils inspirèrent
un grand nombre d'édits et de décrets synodaux pour interdire ou du
moins restreindre du Saint-Sacrement, pour enjoindre de
l'exposition
du ciboire qui cache la sainte Hostie, plutôt que de l'ostensoir
se servir
qui la montre triomphante. J.-B. Thiers prit une large part à cette
campagne liturgique et, dans son Traité de Vexposition du Saint-Sa-
crement de l'autel, il mit sa vaste érudition au service d'une mau-
vaise cause.
Bien que le dans ses assemblées générales, tenues
clergé de France,
e
au xvn siècle, ait souvent répété qu'on ne devait exposer le Saint-
Sacrement, en dehors de la Fête-Dieu, que pour de graves nécessités
publiques de la Religion ou de l'État, les usages n'étaient pas les
mêmes dans tous les diocèses. Ici, l'exposition n'avait lieu que
le jour même de la Fête-Dieu ou bien à chacun des jours de l'octave ;

là, une ou deux fois par mois; ailleurs, tous les dimanches.

Saint Liguori, évêque de Sainte-Agathe-des-Goths, ordonna que,


dans son diocèse, on fit, tous les soirs, l'exposition du Saint-Sacre-
ment. En 1747, M. de La Motte, évêque d'Amiens, permit qu'on
donnât la bénédiction dans toutes lés églises, après la prière du soir.
Avant la Révolution, le Saint-Sacrement, à Saint-Jean de Lyon,
n'était jamais exposé qu'au jour de la Fête-Dieu, à celui de la Nativité
de saint Jean-Baptiste et à celui de sa Décollation. On sait qu'aujour-
d'hui la bénédiction solennelle se donne, le 8 septembre, à la ville de
Lyon, du haut de la terrasse de Fourvières. Rien de plus saisissant
que cette cérémonie, lorsqu'au signal donné par le canon, les tambours
et les clairons, la multitude s'agenouille en silence pour recevoir la
bénédiction.
424 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Avant 1793, une solennité analogue avait lieu tous les jours, à
l'église Saint-Martin de Liège, pour perpétuer le souvenir de l'insti-

tution de la Fête-Dieu. Une bénédiction duSaint-Sacrement se


donnait à toute la ville, au coup de midi, du haut de la tour de
l'église.
En Espagne, il y avait exposition du Saint-Sacrement dans la cha-
pelle du roi, un vendredi et un samedi de chaque mois. Après la
*
messe, avait lieu une procession eucharistique dans l'intérieur du
palais ; elle était suivie par tous les seigneurs de la Cour (1).
Les expositions sont très rares en Pologne, très fréquentes en
Italie et en France, surtout depuis l'introduction des prières de
Quarante-Heures et de l'Adoration perpétuelle. Dans beaucoup de
nos paroisses, la bénédiction du Saint-Sacrement se donne, tous
les dimanches, après vêpres ou dans un salut du soir, et, dans d'au-
tres, surtout dans les villes, chaque jour, après la prière du soir.
En dehors des fêtes et jours accoutumés, le Saint-Sacrement est
parfois exposé pour des motifs spéciaux.
A Rome, dans l'église de la Nativité des Agonisants, la confrérie de
ce nom y fait exposer le Saint-Sacrement, la veille de l'exécution des
condamnés, dans le but d'obtenir pour eux la conversion et une bonne
mort.
« Ce une chose entièrement inusitée, disent les Analecta
n'est pas
juris pontifiai (2), que l'on veuille exposer le Saint-Sacrement pour
un malade. Il existe à cet égard un règlement particulier pour Rome,
du 12 juillet 1742. L'exposition dont il s'agit n'est pas continuelle,
comme celle des Quarante-Heures qui dure tant la nuit que le jour;
mais elle doit commencer le matin pour cesser vers midi et être
reprise l'après-midi pour finir le soir. Le recteur de l'église doit
attendre, pour exposer le Saint-Sacrement, qu'il y ait dans l'église
plusieurs personnes pour l'adorer. Il y a aussi cette particularité que
l'ostensoir, après l'encensement, est couvert d'un voile blanc qui
empêche de voir l'hostie, laquelle est entourée de vingt cierges allu-
més. Les personnes qui demandent l'exposition doivent faire en sorte
qu'il y ait constamment un prêtre, en étole et surplis, en adoration
devant le Saint-Sacrement autrement on ne permet pas l'exposi-
:

tion. )>

(1) Turturellus. De capellis regum, f9 100.


(2) Tome II, p. 2009.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 425

Dans quelques diocèses de France, on expose le Saint-Sacrement


et on donne la bénédiction, à la grand rnesse du premier jour de l'an,
pour obtenir de Dieu la grâce de passer saintement l'année.
Les Capucins de la province de Suisse ayant demandé à la Congré-
gation des Rites, si Ton pouvait conserver la coutume de donner la
bénédiction du saint-ciboire, chaque fois qu'on distribuait la sainte
communion, il leur fut répondu, le 23 mai 1 83 5 qu'il fallait se ,

conformer au Rituel romain et donner seulement la bénédiction avec


la main. Cette même Congrégation a également désapprouvé l'usage

où l'on était à Porto (Portugal) d'exposer le Saint-Sacrement pendant


la nuit de Noël ( r).

ARTICLE III

Détails liturgiques relatifs à l'exposition, à la bénédiction et aux saluts


du Saint- Sacrement

C'est à l'évêque qu'il appartient de régler dans son diocèse tout ce


qui concerne le culte public. Aucune exposition du Saint-Sacrement
ne saurait donc avoir lieu, sans son approbation, dans les églises et
chapelles des séculiers ni dans celles des réguliers. Ces derniers, en
certains endroits, ontméconnu cette règle du droit épiscopal, et la
Congrégation des Rites a toujours blâmé ces infractions (2). Mais, par
un décret du 10 décembre 1602, elle a déclaré que les réguliers pou-
vaient, sans une permission spéciale de l'Ordinaire, exposer le saint-
ciboire à l'adoration des fidèles, dans leur propre église, pourvu qu'il
ne soit point retiré du tabernacle.
Ce dernier genre d'exposition, consistant à ouvrir seulement le
tabernacle, se pratiquait assez souvent en Italie et en Savoie. En
France, elle n'était guère usitée que dans le diocèse d'Orléans et dans
quelques églises particulières, par exemple à la cathédrale d'Angers.
On lit dans un Cérémonial manuscrit de cette église, au sujet de
l'octave de la Fête-Dieu : « L'évêque, ayant encensé, fait son adoration

(1) 17 sept. 1785.


(2) NM 2270, 23i3, 2388, 2392, 4628.
426 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

en silence, puis remonte à l'autel "au milieu duquel il fait la génu-


flexion, se relève et tire des deux mains les rideaux de la niche où est
exposé le Saint-Sacrement, qu'il voile ainsi, pendant qu'un enfant
du sanctuaire, pour avertir le peuple du voile-
tinte la petite clochette
ment; ce qui sert de bénédiction, car l'évêque ne donne la béné-
diction qu'au salut du jeudi de l'octave (i). »
L'exposition peut avoir lieu dans le tabernacle ouvert, et être
pourtant suivie d'une bénédiction ; c'est ce qui a lieu à Bénévent.
a J'ai observé dans cette ville, dit Mgr Barbier de Montault (2), un
pieux usage que je tiens à consigner pour montrer combien, dans une

paroisse, on peut exciter les fidèles à une plus grande dévotion envers
le Saint-Sacrement. Tous les soirs, deux heures environ avant le cou-

cher du soleil, dans toutes les paroisses de la ville (ce qui a lieu égale-
ment dans tout le diocèse, m'a-t-on affirmé), le curé convoque ses
paroissiens pour la visite. A cet effet, on sonne la cloche en volée
pendant dix minutes, puis on tinte six cierges sont allumés au grand
;

autel. Le prêtre prend l'étole sur le surplis, monte à l'autel et ouvre


le tabernacle; puis, agenouillé sur la dernière marche, il entonne le

Pange lingna, que les fidèles continuent jusqu'à la strophe Tantùtn


ergo; ensuite il lit à haute voix, dans Alphonse de Liguori, la visite
au Saint-Sacrement, accompagnée quelquefois d'une méditation, la
communion spirituelle et la visite à la sainte Vierge, avec les oraisons
jaculatoires, qu'il fait suivre des litanies de Lorette, chantées alternati-
vement avec le peuple. L'oraison propre est toujours suivie des
collectes prescrites par l'Ordinaire pour la messe. Après le Tantum
ergo, avec son verset et son oraison, il donne, sans encensement
préalable, la bénédiction avec le ciboire voilé de l'écharpe, qu'il sort
seulement alors du tabernacle et qu'il y remet tout de suite, après la
bénédiction. La cérémonie se termine par le chant d'un cantique
italien. »

A Cadix et dans quelques autres villes d'Espagne, l'ostensoir


contenant la sainte Hostie est renfermé dans une niche placée au-
Au moment du salut, la niche s'ouvre d'elle-
dessus du tabernacle.
même, au moyen d'un simple mécanisme. Après le salut, elle se
referme de la même manière. Ainsi donc, la bénédiction est donnée
sans que le célébrant ait touché l'ostensoir.
Plusieurs conciles et divers statuts synodaux défendent d'exposer le

(1) Revue de l'Art chrétien, 2 e série, t. XV, p. 3 12.


(2) Traité de la visite pastorale, p. 27.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

Saint-Sacrement ailleurs que sur le grand autel, à moins d'une auto-


risation spéciale de l'évêque.
L'ostensoir, pour l'exposition du Saint-Sacrement, doit être posé
sur un trône mobile, muni d'un corporal. Dans beaucoup d'églises, on
donne le nom d'exposition à cet édicule placé au-dessus du taber-
nacle, et dont la forme rappelle celle du ciborhtm ou du baldaquin.
En France, le trône mobile est souvent remplacé par ce qu'on
appelle un thabor. « Ce thabor, dit Mgr Barbier de Montault (i), est
un tabouret garni d'étoffes blanches galonnées et brodées, sur lequel
se pose l'ostensoir. Rien n'est plus opposé aux rites le Saint-Sacre- ;

ment n'est alors ni abrité, ni à sa vraie place. Une anomalie en entraîne


une autre. Pour lui faire honneur, on dispose des cierges tout autour,
sur l'autel même. Enfin, au lieu d'un corporal, on met une caisse de
bois au milieu de l'autel, là même où s'offre le Saint-Sacrifice, malgré
l'interdit formel des rubriques. »

Une instruction de Clément XI, en vigueur à Rome, prescrit au


moins vingt cierges pour une exposition du Saint-Sacrement.
Innocent XI, par un décret du 20 mai 1682, en requiert dix; enfin,
un décret de la Sacrée Congrégation des Rites, du 16 mai 1698, se
contente de six. C'est l'usage assez général de la France et de la Bel-
gique où, toutefois, on double généralement ce nombre, quand l'expo-
sition se fait avec l'ostensoir.
La Sacrée Congrégation des Rites a déclaré que, pendant l'expo-
sition, il ne fallait jamais omettre de placer un crucifix sur l'autel (2).
D'après un décret du pape Innocent XII, on doit, avant l'expo-
sition, enlever de l'autel les reliques et les images des saints; mais on
peut y laisser des statues d'anges adorateurs.
Les personnes pieuses ornent l'autel de bouquets de fleurs et sont
heureuses de reprendre ces fleurs, sanctifiées pour ainsi dire par la
présence de Jésus-Hostie. Sainte Fr. de Chantai avait sous ce rapport
une dévotion toute particulière, que la Mère de Chaugy nous révèle en
ces termes « Elle
: avait un grand soin qu'il y eût de belles fleurs au
jardin et qu'on les conservât pour les mettre devant le Saint-Sacrement.
Tous les dimanches et les fêtes, les sœurs jardinières avaient coutume
de lui donner un bouquet pour le porter à la main, pensant la récréer,
mais toujours elle faisait appeler la sœur sacristine, et envoyait

(1) Traité de la constr. des églises, t. I, p. 19g.


(2) N° 5406, 14 mai 1709.
428 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

mettre ce bouquet sur l'autel, dans un vase, et lorsqu'on lui en don-


nait un nouveau, elle l'envoyait de même devant l'autel et se faisait
rendre le précédent, qu'elle gardait au pied de son crucifix, dans sa
cellule, et, quand il était tout flétri, elle le faisait brûler, de crainte
qu'on ne dans un lieu indécent. Elle n'était point sans avoir
le jetât

de ces bouquets séchés devant le Saint-Sacrement c'était sa pratique :

constante. Une sœur s'enhardit à lui demander instamment un jour


pourquoi elle faisait cela ; cette Bienheureuse lui répondit « Mes :

« pensées ne méritent pas d'être dites. »Xa sœur la pressant de nou-

veau : « Ma fille, lui dit-elle, la couleur et l'odeur sont la vie de ces


« fleurs; je les envoie devant le Saint-Sacrement, où peu après elles se
a flétrissent, elles passent et demeurent. Je désire être ainsi, et que ma
« vie, qui passe peu à peu, finisse devant Dieu en honorant le mystère
« de la très sainte Eglise ». Une autre sœur étant
fois, cette travaillée
de peines intérieures, notre bienheureuse Mère lui donna la moitié
du bouquet flétri qu'on venait de lui apporter de devant le Saint-
Sacrement et lui dit « Ma fille, pliez cela dans du papier et mettez-
:

((le sur votre cœur par révérence du Saint-Sacrement; j'ai quelque-

ce fois été soulagée de mes peines par ce remède. »

Le 1 1 mars 1 837, la Sacrée Congrégation des Rites a déclaré, comme


devant être aboli, l'usage de célébrer la sainte Messe à l'autel où le

Saint-Sacrement est exposé, décision déjà donnée en 1670,1671,


et i83o. La coutume contraire subsiste nécessairement dans les

églises où il n'y a qu'un autel, et aussi dans la plupart de celles


où a lieu la solennité de l'Adoration perpétuelle.
Les saluts, en France, n'ont lieu qu'à l'issue des vêpres ou le soir.
En Italie, c'est aussi bien le matin que le soir.
Parfois les saluts consistent à chanter les Vêpres du Saint-Sacre-
ment; mais, le plus ordinairement, voici quel est l'ordre des prières
et des chants i° une antienne, un répons ou une hymne au Saint-
:

Sacrement; 2 une prière relative à la fête qu'on célèbre, au temps


liturgique ou à l'objet principal du salut; 3° une prière en l'honneur
de la Sainte-Vierge, c'est-à-dire, les litanies, un psaume, le Magnificat,
une antienne, un répons, ou une hymne, au choix, selon le temps;
4 l'antienne du patron, et, si Ton veut, d'autres suffrages; 5° le Tan-
tum ergo avec le verset et l'oraison pour la bénédiction; 6° après la
bénédiction, le psaume Laudate omnes gentes ou quelque prière ana-
logue, ou même un cantique en langue vulgaire, qui ne saurait être
chanté auparavant.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 429

En 1864, l'évêque de Nicaragua (Guatimala) demanda à la Congré-


gation des Rites si, malgré la bulle Piœ sollicitudines d'Alexan-
dre VII et Congrégation des Rites, on pouvait
divers décrets de la

continuer, dans son diocèse, à chanter des cantiques en espagnol, soit


devant le Saint-Sacrement exposé, soit dans les processions de la
Fête-Dieu, usage auquel tenaient beaucoup les fidèles. En date du 27
septembre de la même année, il lui fut répondu que, vu la coutume,
ces cantiques en langue vulgaire pouvaient être tolérés.
A Rome, depuis un certain temps et par ordre du Souverain
Pontife, le prêtre, après la bénédiction, récite, en italien, à haute
voix et alternativement avec le peuple, une louange aux saints noms
de Dieu, de Jésus et de Marie.
Le prêtre, avant de donner la bénédiction, se revêt du voile numé-
ral, vulgairement nommé écharpe ; c'est avec ses pans qu'il prend

l'ostensoir ou le ciboire ; dans ce dernier cas, il couvre entièrement ce


vase sacré avec l'extrémité de Técharpe. Ce voile, qui sert aussi à
transporter le saint-ciboire et la custode de viatique d'un lieu à un
autre, doit être en soie blanche, léger, souple, fort large et assez
long pour retomber assez bas de chaque côté. On l'alourdit parfois
par des broderies qui le rendent incommode.
En Espagne et en Portugal, les écharpes sont en filet de soie rouge,
rehaussé d'un lacis en or.
Dans les provinces flamandes, Thuméral est souvent remplacé par
un simple voile de mousseline ou de batiste brodée, que le prêtre ne
porte pas sur les épaules, mais qu'il tient seulement dans ses
mains.
On connaît un certain nombre d'écharpes du xvi e siècle, brodées au
point de chaînette : telle est celle de l'église Saint-Pierre à Fritzlar
(Hesse-Electorale), où l'on voit des anges, tenant des philactères
chargées de légendes relatives à l'Eucharistie (1).

L'industrie moderne a produit quelques écharpes fort


remarquables
par leur richesse symbolisme. M. Paul Giffard décrit ainsi
et leur

celle qui a été exécutée, en 1874, par MM. Buckley, de Londres (2).
« Le dos de cette draperie, qui est de soie et de velours, représente
dans un carré le couronnement de la Vierge-Mère par deux anges qui

(1) De Linas, Exposit. de Dùsseldorf, dans la Revue de l'Art chrétien, 2e série,


t. XIV, p. 52.
(2) Journal général des Beaux- Arts, 17 oct. 1874.
43o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

planent de chaque côté que deux autres au-dessous sont


d'elle, tandis

en adoration, de même qu'un cinquième au bas. Tous ces person-


nages célestes portent des ailes éployées. La Vierge tient l'Enfant
Jésus dans ses bras; elle est debout, posant le pied sur le croissant.
Elle est vêtue d'une chape bleue, et couverte de la tête aux pieds d'un
voile d'or et d'argent dans une auréole rouge, bordée de bleu. Un
nimbe d'or rayonne autour de sa tête. De chaque côté de ce carré, se
trouve, dans un autre carré, le chiffre de Marie, avec un A et un M
enlacés, surmonté d'une couronne richement ornée, entourée d'ara-
besques, d'enroulements, de fleurs et de fleurons. Une large frange
en effilé de soie de diverses couleurs termine le voile de chaque côté.
Ces broderies en application de soie, de satin et de velours, sur un
fond de soie blanche, où se marient toutes sortes de couleurs bril-
lantes et habilement combinées, produit un effet extrêmement gra-
cieux, fort distingué et d'une richesse éblouissante. Le style en est
du xm e
siècle, scrupuleusement emprunté à des monuments origi-
naux, et copié aussi fidèlement qu'il est possible. Une particularité
historique se rattache à ce voile humerai. Gomme il est destiné à une
église du comté de Limerick, en Irlande, et que les fabricants-artistes
aiment à donner aux objets qui sortent de leurs ateliers un caractère
local intéressant pour les pays auxquels sont destinés leurs ouvrages,
ils ont mis au bas du voile des trèfles verts, emblèmes nationaux de
l'Irlande; de ces trèfles sortent des lis et des roses, au-dessus desquels
règne une bande de filigranes celtiques, absolument tels qu'on les

trouve sur les antiques croix et les châsses de la vieille Hibernie. »

La bénédiction du Saint-Sacrement doit êtredonnée en silence ; ni


le célébrant, ni les chantres, ni les musiciens, ni les fidèles ne doivent
rien chanter à ce moment solennel.
Dans le rite parisien, le célébrant, après avoir chanté les versets
Adjutorium et Sit nomen, donne la bénédiction en chantant : Bene*
dicat vos omnipotens Deus, Pater et Filius et Spiritus sanctus.
Depuis l'introduction de la liturgie romaine, cette coutume a dis-
paru de presque tous nos diocèses; elle compte cependant encore un
certain nombre de partisans ils prétendent que le chant le Y Adju-
:

torium, etc. donnait à la bénédiction une solennité de nature à


augmenter la piété des fidèles; que c'était là une coutume immémo-

riale en France; qu'on peut invoquer sur ce point les bénéfices de


la prescription, d'autant plus que Rome n'a jamais réclamé officiel-

lement. Il n'est pas exact de dire que cet usage ait été général dans
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

tous les diocèses de France; il en est, celui de Lyon par exemple,


qui ne l'ont jamais connu ; il a toujours été réprouvé par les décisions
des Congrégations romaines qui se sont bornées à donner de simples
dispenses locales et temporaires, motivées par des raisons spéciales.
Il est bon de se rappeler que c'est le Saint-Sacrement qui bénit et non
pas le prêtre, simple instrument de la miséricorde divine. Notre-
Seigneur bénissant en personne, il ne paraît pas utile d'invoquer
alors la Sainte Trinité. La bénédiction silencieuse semble affirmer
davantage la présence réelle.
Le 10 septembre 1847, l'évêque de Langres a obtenu de la Congré-
gation des Rites, pour son diocèse, l'autorisation de donner la béné-
diction en chantant; mais, à la suite du Synode de i85i,ce diocèse
est rentré dans la règle universelle.

A Utrecht, jusqu'en 1857, on donnait la bénédiction pendant le

chant de la seconde strophe de YO Salutaris.


A Novi et à Bitonto (ancien royaume de Naples), par suite d'une
coutume invétérée, aujourd'hui réformée, on chantait, pendant la
bénédiction, ce verset du psaume LXVI Benedicat nos Deus, Deus :

nosler, et metuent eum omnes fines terrœ.


CHAPITRE V

Des lampes du Saint-Sacrement

Dans le livre consacré aux autels, nous avons parlé des lampes en
général, de leur antiquité, de leur symbolisme et de leur forme. Il ne
nous reste plus ici qu'à ajouter quelques renseignements particuliers
sur les lampes spécialement destinées à brûler devant le Saint-Sacre-
ment, sur leur antiquité, leur usage obligatoire, leur place déterminée
et sur leur entretien.
Dieu, dans le Lêvitique (XXIV), avait ordonné qu'il y eût toujours
une lampe ardente devant le tabernacle, comme signe du sacrifice per-

pétuel, que lui offrait son peuple. Ce même motif a fait entretenir,

devant le Saint-Sacrement, une lampe qui a pour fonction symbo-


lique de représenter Jésus-Christ, la Lumière éternelle qui est venue
apporter la Vérité au monde.
La lampe du Saint-Sacrement est un signe de joie. « Tout le monde
sait, dit le liturgiste Amalaire, que par la lumière des cierges et des
lampes, on désigne la joie de l'Eglise; c'est un signe de la Divi-
nité qui, du temps de Moïse, comme plus tard au Cénacle, s'est
manifestée sous forme de flammes c'est le signe de Jésus-Christ
la ;

qui a dit de lui-même Je suis la Lumière du monde. C'est le signe


:

de la royauté de Jésus-Christ, en ce sens qu'autrefois on portait une


lumière devant les empereurs et les rois, pour rendre hommage à
leur majesté suprême; c'est un signe de notre dévotion envers le
Saint-Sacrement, parce que sa lumière se consume devant lui, comme
notre cœur doit briller par sa foi et se consumer par son amour; c'est
encore le signe de l'humanité de Jésus-Christ, de sa grâce, des bonnes
œuvres et de la gloire éternelle (i). »
Sandelli et Passeri (2) ont décrit des tours eucharistiques, en argile
rougeâtre, qui furent trouvées dans les catacombes de Rome ; ces

(1) M. l'abbé Jobin a développé ces pensées dans ses Etudes sur les lampes du Saint'
Sacrement, excellent ouvrage que nous avons mis à profit.
(2) Sandelli, De sacris synaxibus, c. xix; Passeri, Lucernœ Hctiles %
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 433

tours avaient à peu près la forme des autels carrés faits d'une seule
pièce. Des lampes en bronze ou en argile adhéraient à quelques-
unes d'entre elles, ce qui semble prouver l'antiquité de l'usage de
faire brûler une lampe devant le Saint-Sacrement. Cette coutume était
déjà très répandue au iv e siècle. Le texte le plus ancien qui la.conver-
tisse en une sorte d'obligation est une prescription du synode de
Verdun, au vi e siècle « Que l'endroit, y est-il dit (1), où l'on garde
:

le précieux dépôt de l'Eucharistie soit un lieu éminent et digne, et

que, si les ressources de l'église le permettent, il y ait toujours devant


une lampe allumée. »

Le concile d'Aix-la-Chapelle, tenu en 836, anathématise ceux qui


dérobent les cierges qui doivent perpétuellement brûler devant le

Saint des Saints.


Mathieu Paris rapporte qu'au x e siècle, Paul, abbé de Saint-
Aubin, donna à cette église une lampe d'argent, afin qu'un cierge y
brûlât toujours devant le grand autel. La substitution du cierge à
l'huile des lampes était encore admise au xv e siècle. Dans les règle-
ments de la collégiale de Saint- André de Cologne, il est prescrit
qu'une chandelle de suif doit rester continuellement allumée devant le

Saint-Sacrement (2).

En France, c'est, en général, une veilleuse qui brûle dans un verre


d'huile. En Italie, c'est une véritable lampe, en forme de boule, avec
une mèche apparente.
Quelques théologiens ont cru que cette coutume, n'étant pas uni-
verselle, n'oblige pas sub gravi (3).
Au moyen âge, cette obligation ne s'appliquait qu'aux églises dont
les ressour ces le au xm e siècle, les conciles de
permettaient : ainsi,
Worcester et de Winchester ordonnent aux églises qui auront un
revenu suffisant, d'entretenir une lampe perpétuelle devant la sainte
Eucharistie.
Un synode provincial, tenu à Saumur en 1276, demande que « dans
les églises cathédrales, conventuelles, collégiales et prieurales, une
lumière brille continuellement, le jour et la nuit, si on le peut, mais
au moins la nuit (4). »
Les conciles de Rouen (i58i), de Toulouse (i5go),de Nîmes (1592),

(1) Migne, Theol. curs. cornpL, t. XX, col. 3 10.


(2) Candelam de sebo factam. Cahier et Martin, Mél. d'archéol., t. III, p. 8.
(3) Barafaldi, Clericati, Diana, Maggio, J. Marchant, Naldus, Quarti, Romsée^etc.
(4) Mansi, Concil., t. XXIV, p. i5q
T. II. 28
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

d'Avignon (1594), prescrivent qu'une lampe ou un cierge doit brûler


nuit et jour devant le Saint-Sacrement. Le concile de Lam-
beth (1 556), en portant la même ordonnance, constate que cet antique
usage était tombé en désuétude dans presque toutes les églises d'An-
gleterre.
Au commencement du xvir3 siècle, le Rituel romain et le Céré-
monial des Evêques firent une obligation rigoureuse de faire brûler
une ou plusieurs lampes, le jour et la nuit, devant le Saint-Sacre-
ment.
En France, les troubles révolutionnaires avaient presque
fait

entièrement disparaître cet antique usage. Il peu à peu


fut rétabli ;

mais, dans certains diocèses, les rituels n'en firent pas une obligation
absolue pour les paroisses pauvres. Le concile de Rouen avait décrété
que les évêques de cette province ne dispenseraient de l'obligation des
lampes qu'après d'une impossibilité véritable ; sur l'or-
s'être assurés

dre du Saint-Père, la Congrégation du Concile corrigea ce décret, en


rappelant que le Pape seul pouvait dispenser de cette loi, qui est une
loi générale de l'Église. En fait, il paraît que cette dérogation n'a
jamais été autorisée. « Nous avons fait des recherches minutieuses,
dit le directeur des Analecta volumineuse collection des
(1), dans la

décrets de la Congrégation des Rites par Gardellini et dans celle de la


Congrégation du Concile, qui ne comprend pas moins de 120 volumes
in-4 , pour trouver un seul exemple d'une concession authentique de
la dispense de la lumière perpétuelle devant le saint Tabernacle, et
nous ne l'avons pas rencontré. »

Le Rituel romain prescrit de placer la lampe devant le très Saint-


Sacrement, coram sanctissimo Sacramento. Cette règle est violée,
quand la lampe est suspendue à côté de l'autel ou posée dans une
niche, dans une crédence, sur une console, ou bien sur un support fixé
au mur.
Tout en conseillant plusieurs lampes, le Rituel romain n'en exige
qu'une seule. Le Cérémonial des Evêques, qui n'a en vue qu'une
cathédrale ou tout au moins une grande église, s'exprime en ces ter-
mes « Qu'il y ait dans l'église des lampes allumées, en nombre
:

impair, tant pour le culte et l'ornement que pour la signification


mystique. On en place surtout devant l'autel ou le lieu qui sert à
conserver le Saint-Sacrement et devant le maître-autel. En face de ces

(1) i™ série, col. 142.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 435

autels, convient que l'on suspende des lampadaires portant plu-


il

sieurs lampes. Que celui qui sera devant le maître-autel en ait au


moins trois et que celui qui sera devant le Saint- Sacrement en ait
cinq. »

Quand y a trois lampes, dit M. l'abbé Jobin (i), elles symbo-


il

lisent le mystère de la Sainte-Trinité ; quand il y en a cinq, elles rap-


pellent les mystères de la Sainte-Trinité et de l'Incarnation; quand il
y en a sept, elles indiquent les sept dons du Saint-Esprit et les sept
Sacrements; quand il y en a neuf, elles figurent les neuf chœurs des
anges qui sont jour et nuit prosternés devant le trône de la Majesté
divine et ne cessent de chanter ses louanges. Aujourd'hui, beaucoup
d'églises de France, à l'exemple de l'Italie, ont rétabli les trois
lampes devant le Tabernacle.
Saint Charles Borromée prescrit de mettre la lampe à 2 mètres 80 c.
du sol. A Rome, elle est élevée de manière à ne pas gêner les allants
et venants; mais, en dehors des offices, elle est abaissée au niveau de
l'autel.

Tous les liturgistes exigent que l'huile soit extraite de l'olive :

l'olivier, symbole de la paix, représente Jésus-Christ qui est venu

donner la paix au monde. Cette prescription est assez mal observée


en France. On y emploie ce qu'on appelle de l'huile à brûler, qui, en
dehors de deux provinces méridionales où l'olive abonde, est presque
toujours fabriquée avec l'œillette, le colza, les faînes, etc. En Alle-
magne, il n'y a pas longtemps encore, on tolérait l'emploi de la
graisse.
M. l'abbé Marette, curé de Glatigny, ayant inventé une lampe
propre à brûler du pétrole dans les églises, Mgr Gignoux, évêque de
Beau vais, sollicita du Saint-Siège l'autorisation d'employer cette
huile, attendu que celle d'olive est trop chère pour les églises pauvres,
et que celles de colza, de navette, de pavot, etc., encore trop coûteuses
et souvent falsifiées, ont l'inconvénient d'encrasser les lampes. Huit

autres prélats adhérèrent à cette supplique. De la réponse de la Sacrée


Congrégation des Rites, en date du 9 juillet 1864, il résulte que i° la :

loi exige de l'huile d'olive, en sorte qu'il faut une raison sérieuse

pour être dispensé d'en employer; 2 que si cette raison sérieuse


existe, il faut en référer à l'évêque, afin d'obtenir de lui la permission
d'employer d'autres espèces d'huiles 3° que ces autres espèces
;

(1) Op. cit., 2 e édit., p. 49.


436 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Le décret ne parlant point


doivent, autant que possible, être végétales.
du pétrole, les uns, comme Mgr de Ségur, ont conclu qu'il devait
être complètement exclu; les autres, beaucoup plus nombreux, en ont
inféré que la Congrégation laisse aux évêques le droit d'autoriser
l'huile minérale, quand ils jugent impossible l'emploi de l'huile végé-
tale. La différence de prix entre les huiles communes végétales et les
huiles minérales est peu considérable, qu'on s'imagine difficilement
si

une paroisse quelconque obligée de recourir au pétrole qui, à l'incon-


vénient de sentir mauvais, joint celui de détériorer les dorures et les
peintures.
Il est permis, dans les solennités, de remplacer la lampe d'huile

par un ou plusieurs cierges de cire, allumés.


Plusieurs théologiens mettent l'entretien de la lampe du Saint-
Sacrement au compte de la paroisse; d'autres en font une obligation
personnelle du curé. Plusieurs décisions des Congrégations romaines,
dans des réponses qu'il n'est pas toujours facile de concilier, semblent
surtout avoir tenu grand compte des usages établis; mais, en somme,
quand il n'y a pas moyen de faire autrement, elles prélèvent les frais
sur les revenus du curé, pourvu qu'ils soient suffisants. En France,
il n'y a pas lieu à discuter cette question, puisque, d'après le décret
de 1809, la Fabrique est obligée de subvenir aux frais du luminaire.
L'entretien d'une lampe exige une dépense mensuelle de trois à
quatre francs.
Autrefois, le luminaire du Saint-Sacrement était entretenu par des
quêtes, par les offrandes des fidèles, par des fondations spéciales ou
par les soins des confréries du Saint-Sacrement. Certains fidèles
déployaient à ce sujet un zèle extraordinaire. On raconte que le
P. François Olimpio, religieux théatin, ne mettait dans sa salade
d'autre assaisonnement que du vinaigre et du sel, et réservait son
huile pour la lampe du Saint-Sacrement.
Le concile d'Aix-la-Chapelle (749) menace de peines très sévères
les ecclésiastiques qui détourneraient de leur destination les offrandes
faitespar les fidèles, pour l'entretien du luminaire.
Les fondations des lampes perpétuelles ont paru d'une impor-
tance si grande, qu'elles ont donné lieu à l'apposition d'inscriptions
commémoratives. En voici un exemple, pris à Rome dans l'église de
Saint-Pierre-ès-Liens, par Mgr Barbier de Montault :
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE i/eUCHARISTIE 4^7

CHRISTE PANIS VIVE


TIBI
QUI DE GAELO DESCENDIS
ITEM B. PETRO APOSTOLO
ET B. SEBASTIANO M.
PESTILITATIS DEPVLSORI
TRES LAMPADES QVOTIDIE ARDENTES
V. ARCHIEPISGOPVS LAODIGEN.
EX VOTO SVPPLEX
Dans l'archipel de Samoa, les femmes qui remplissent les fonctions
de catéchistes, vont recueillir de village en village l'huile nécessaire
pour alimenter les lampes des rares églises catholiques de ces con-
trées. Les Protestants, qui ne connaissaient point cet usage, ont
essayé de le ridiculiser ; mais les Catholiques ont répondu à leurs
sarcasmes par un chant populaire, qu'ils répètent en conduisant leurs
pirogues « Ce feu, disent-ils, qu'on voit de la mer pendant la nuit,
:

c'est la vraie Lumière qui est venue de France. La France est bien
loin d'ici, mais à Samoa nous avons la même Lumière qui éclaire là-
bas. Il n'y a pas de feu dans les églises des hérétiques, c'est vrai;
mais c'est que la Vérité n'habite point parmi eux. Dans nos églises,
le Seigneur habite toujours et la lumière luit toujours dans sa de-

meure (1). »

Nous ne devons pas négliger de mentionner ici l'œuvre des lampes


du Saint-Sacrement, qui a pour but de fournir gratuitement aux
églises pauvres une lampe convenable et l'huile nécessaire à son
entretien. Dans une audience que M
de Mauroy obtint du Saint-
lle

Père, en 853, elle lui fit part de son regret de voir si peu d'églises
1

en France faire brûler une lampe perpétuelle devant le Saint-Sacre-


ment, et le pria de bénir l'association qu'elle voulait fonder, pour
fournir des lampes aux églises pauvres. Pie IX encouragea son projet
et, le 23 mars 855, un bref apostolique enrichit l'œuvre naissante de
1

nombreuses indulgences. Elle a son siège à Paris; Mgr de Ségur en


fut le premier Directeur. Les associées s'engagent à faire tous les
mois, chacune chez soi, une heure d'adoration à l'heure qui leur est
prescrite. Aussi, Pie IX a-t-il donné aux associées le nom de lampes
vivantes du Saint-Sacrement. Le pieux Pontife s'intéressait tellement
à cette dévotion liturgique, qu'ayant reçu un legs testamentaire de

(1) Lettre du P. Poupinel, dans les Annales de la Propagat. de la Foi.


4 38 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

trois mille francs, pour être employé à l'oeuvre qu'il aurait le plus à
cœur, il ne crut pas pouvoir mieux appliquer cette aumône qu'en la
consacrant à l'œuvre des Lampes du Saint-Sacrement.
En Orient, une lampe, sauf dans les églises pauvres, brûle nuit et
jour devant l'endroit où se trouve la sainte Réserve eucharistique.
Dans les grandes églises de la Grèce, on voit parfois treize lampes
brûler devant le sanctuaire ; celle du milieu, beaucoup plus grande,
représente Notre-Seigneur, et les autres, les douze apôtres.
Les fidèles qui viennent de communier se font souvent oindre le
front et les mains avec l'huile qui a brûlé devant le Saint-Sacrement.
Les Arméniens ne font pas brûler de lampe devant l'Eucharistie
qu'ils gardent pour les malades, soit à l'église, soit au presbytère.
Les Protestants, ne conservant pas le Saint-Sacrement, n'ont natu-
rellement pas de lampes. On peut cependant citer un exemple excep-
tionnel d'une lampe qui, dans une ancienne église catholique, devenue
protestante, a survécu à la disparition du tabernacle. « Mgr Aloisi,
auditeur de Nonciature apostolique à Paris, dit M. l'abbé Jobin (i),
la

alla visiter une église, à Nuremberg, ce me semble. Une grosse


lampe de vieil argent brûlait, suspendue à la voûte. Par un geste
spontané, Mgr Aloisi fit le signe de la croix. Le cicérone détrompe
le visiteur. L'église était devenue un temple protestant. Un chrétien

des vieux jours avait laissé une rente pour l'entretien perpétuel de la
lumière. »

(i) Op. cit., p. 143.


CHAPITRE VI

Des œuvres eucharistiques

Le de l'Eucharistie ne se traduit pas seulement par des


culte
actes privés, mais aussi par des manifestations collectives, auxquelles
on donne le nom à'œuvres. Les âmes, ainsi groupées dans un but
spécial, trouvent au pied du Saint-Sacrement une constante émulation
de zèle, un accroissementd'amour qui contribuent puissamment à
l'extension de la gloire Nous allons nous occuper
eucharistique.
successivement des œuvres qui sont relatives i° à l'adoration du :

Saint-Sacrement; 2° à la communion ;
3° au saint Viatique, et 4 à
diverses autres dévotions eucharistiques.

ARTICLE I

Des œuvres relatives à l'adoration du Saint-Sacrement

§ I

Des confréries du Saint-Sacrement

On a souvent répété que la première confrérie du Saint-Sacrement


a été érigée à la Minerve de Rome et approuvée par Paul III, en 1 53g.

Ce fut là, en effet, le type des nombreuses confréries qui furent


érigées aux xvi e et xvn e siècles (r); mais il y eut antérieurement un

(1) Parmi les confréries eucharistiques du xvn e siècle, il faut citer, pour sa singu-
larité, laCompagnie du Saint- Sacrement, fondée à Paris en 1627 par Henri de Lévis,
duc de Ventadour, dans le couvent des Capucins du faubourg Saint-Honoré. Elle différait
de toutes les autres sociétés de ce genre, en ce sens que, pour agir plus librement, elle
restait complètement secrète, n'étant connue que du roi et des évêques. Cette organisa-
tion parut dangereuse à Mazarin, qui la supprima. Cf. Le Règne de Jésus-Christ, janv.
1884, p. 24.
440 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

certain nombre d'associations locales qui eurent à peu près le même


but. Sans vouloir rechercher si une confrérie du Saint-Sacrement
existait déjà au ix e siècle à Saint- Remy de Laon (i) si la confrérie du
;

très Saint-Sacrement de l'autel a bien été fondée, en 1120, à Saint-


Godard de Rouen; si la confrérie des Pénitents-Gris d'Avignon est
contemporaine de l'exposition perpétuelle qui commença dans cette
ville au xin e siècle; si la confrérie du Saint-Sacrement de Troyes a

été fondée en 1264 par le pape Urbain IV; si les confréries pari-
siennes du Saint-Sacrement de Saint-Nicolas-des-Champs et de Saint-
Jacques-la-Boucherie furent fondées peu de temps après l'institution
de la Fête-Dieu, il est du moins incontestable qu'une confrérie de ce
genre fut érigée dans l'église Saint-Martin de Liège, très antérieu-
rement à PArchiconfrérie de la Minerve, et que, dès le xiv e siècle, il
existait en France et spécialement dans le diocèse du Mans, un grand
nombre de confréries du Saint-Corps de Dieu ; qu'au xv e siècle, il y
en avait d'analogues â Bruges, à Anvers, à Amiens, etc.
L'Archiconfrérie romaine du Saint-Sacrement, établie aujourd'hui
dans l'église dominicaine de Sainte-Marie-sur-Minerve, prit naissance
vers Tan 1 5 1 3 Elle avait pour but spécial d'honorer Jésus-Christ
.

dans le sacrement de son amour et de réparer les outrages qu'il y


reçoit si souvent. Par une bulle, en date du i5 novembre 1 539, le
Pape Paul III approuva les statuts qui lui furent soumis et enrichit de
nombreuses indulgences cette pieuse association.
Tous les confrères s'engageaient à veiller à ce qu'une lampe fût
toujours allumée devant le Saint-Sacrement, dans chaque église
paroissiale; à accompagner le saint Viatique, portant chacun un
flambeau, lorsqu'ils y seraient conviés par un coup de cloche; à
assister à la messe dans l'église de la Minerve, le troisième dimanche
de chaque mois; à suivre la procession solennelle qui se faisait autour
de cette église, le vendredi dans l'octave de la Fête-Dieu; à visiter
les confrères malades pour les préparer à une bonne mort, et à réciter,
chaque semaine, quinze Pater et quinze Ave en l'honneur du Saint-
Sacrement.
Des confréries analogues furent bientôt établies dans toute la catho-
licité.Parmi les plus ardents propagateurs de ce nouvel hommage
rendu à Jésus-Christ, on doit citer saint François de Sales, le P. Auger,

(1) Cartulaire de Saint-Remy de Laon, extrait communiqué par M. Bâton, archiprêtre


de Laon.
1

LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 44

de la Compagnie de Jésus, et S. François Régis qui, dans toutes les


paroisses où il prêchait une mission, ne croyait pas mieux en per-
pétuer qu'en y établissant une confrérie du Saint-Sacrement.
les fruits
Aujourd'hui, ces pieuses associations sont répandues dans la plupart
des paroisses importantes. Elles sont surtout très nombreuses dans
les diocèses d'Annecy, d'Arras, de Belley, de Chartres, de Cambrai,
de Coutances, de Limoges, de Maurienne et de Toulouse.

Ces confréries accomplissent en tout ou en partie les œuvres qui


incombent à PArchiconfrérie romaine. Les confrères assistent aux
processions de la Fête-Dieu et aux saluts du Saint-Sacrement qui ont
lieu à des époques déterminées par l'évêque; ils célèbrent leur fête
spéciale le lendemain de la Fête-Dieu, font dire une messe le troisième
dimanche de chaque mois ou tous les jeudis, et célébrer un service
annuel de Requiem pour les confrères décédés.
Ils s'engagent souvent à réciter chaque jour quelques prières spé-

ciales et à concourir, par une cotisation personnelle aux frais qu'en*


traînent les solennités eucharistiques.
Au moyen âge, les confrères du Saint-Sacrement se métamor-
phosaient fréquemment en acteurs pour représenter des Mystères
aux jours de grandes fêtes. Les confrères d'Amiens représentèrent le
Mystère de la Passion en 1413, 1427 et 1445; celui de S. Fi r m in,
en 1469; ceux de S. Nicolas et des dix mille martyrs, en 1488; les
Forces d'Hercule en 1 568. Ces jeux furent proscrits en 1727 par
Mgr Sabatier (1).
Aux processions, l'un des confrères élus portait une torchère
enjolivée avec beaucoup de recherche ou bien un bâton de confrérie.
Ce bâton, en bois ou en métal, était surmonté d'une petite niche
de forme carrée ou triangulaire, dont le plafond était supporté par
trois ou quatre colonnettes, unies ou torses, souvent avec de petits
chapiteaux sculptés. Aujourd'hui, ces bâtons sont généralement rem-
placés par des bannières, dont quelques-unes sont véritablement
artistiques; telle est celle de Sainte- Foy-lez-Lyon. C'est un étendard
représentant, sur sa face principale, l'institution de l'Eucharistie, et,

sur l'autre, les principales figures qui ont annoncé cet ineffable mys-
tère.
Les confréries jouissent du bénéfice de nombreuses indulgences.

(1) Daire, Hist. de la ville d'Amiens, t. II, p. 141; Dusevel, Archives de Picardie, t. I,
p. 211.
442 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

En i539, le Pape Paul III étendit à toutes les confréries du Saint-


Sacrement les privilèges, induits, exemptions, libertés, immunités,
indulgences plénières et autres grâces spirituelles et
temporelles dont
jouissaient les confréries dans la ville de Rome. Paul V
établies
accorda une indulgence plénière aux confrères qui assisteraient à la
procession du jeudi de l'octave de la Fête-Dieu; cent jours d'indul-
gences, tous les vendredis, pour visiter l'église, siège de la confrérie;
pour visiter le Saint-Sacrement; pour accompagner le corps d'un
fidèle à sa sépulture, etc. Benoît XIV concéda 100 jours d'indulgences
aux confrères qui donneraient l'hospitalité à un pauvre, qui récon-
cilieraient des ennemis, qui visiteraient un malade, etc.
Le xix e siècle a vu naître, sous divers noms, un grand nombre
d'associations laïques, dont le but principal est le culte de l'Eucha-
ristie. En Italie, de nombreuses confréries du Précieux-Sang se sont

fondées sous l'influence du V. Gaspard del Bufalo. Cette dévotion au


Précieux-Sang remonte au xiv e siècle et fut surtout propagée alors par
sainte Catherine de Sienne (1). Nous devons faire remarquer que
plusieurs des confréries qui portent ce nom ont surtout pour but
d'honorer les sept circonstances où Jésus-Christ a répandu son sang
innocent par amour pour nous. Elles n'ont donc qu'un rapport très
indirect avec le Précieux-Sang eucharistique (2).
U
Agrégation du Très-Saint-Sacrement est une congrégation sécu-
lière, fondée par le P. Eymard. Elle est divisée en trois branches :

les agrégés simples, les membres des semaines eucharistiques et la


Fraternité. Ces trois catégories embrassent toutes les conditions et
correspondent aux divers degrés de zèle de chacun pour le service
de l'adorable Eucharistie.
La Confrérie de Faction de grâces, fondée par le R. P. Hermann,
supérieur des Carmes Déchaussés de Lyon, a été bénie et encou-
ragée par Pie IX, le 16 février 1859. Elle a pour but, en offrant des

y avait à Paris, rue de Vaugirard, avant la Révolution, une maison de Religieuses


(1) Il
du Précieux-Sang. C'était une réforme de Bernardines. Elles étaient ainsi nommées
parce qu'elles conservaient, dans un vase de cristal, quelques gouttes de sang sorties mi-
raculeusement d'un crucifix de bois percé par un Juif. Ce n'était donc pas une congré-
gation eucharistique.
(2) Bien qu'il ne s'agisse plus ici d'une congrégation, nous devons mentionner les
Chevaliers du Sang de Jésus-Christ, ordre militaire fondé en 1608 par Vincent IV, duc
de Mantoue, en l'honneur du sang du Sauveur. Au bout du collier que portaient ces
Chevaliers, était suspendue une ovale où se trouvaient représentés deux anges, avec
trois gouttes de sang et ces mots Nihil hoc triste recepto
: (Il n'y a rien de triste quand
on a reçu ceci).
LIVRE XVHI. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 44 3

actions de grâces au divin Sacrement, de suppléer à l'ingratitude du


grand nombre qui oublie les devoirs de la reconnaissance envers Dieu.
Les membres de cette association s'engagent à faire une heure d'ado-
ration par mois dans l'église des Carmes de Lyon, siège de la con-
frérie, ou bien dans les sanctuaires où se trouvent des affiliations.
Une institution analogue, celle de Notre-Dame de V Action de
grâces, compte environ 5ooo membres. Le siège de l'œuvre est à
Mauron (Morbihan). Cette association a pour but de payer directe-
ment à la personne même de Notre-Seigneur un tribut de reconnais-
sance pour l'institution de l'Eucharistie et les bienfaits qui en déri-
vent les associées font tous les mois une communion en action de
;

grâces et s'engagent à réciter diverses prières.


Sous le nom de La Grande Famille du Saint-Sacrement, s'est fondée
à Bordeaux, vers 1867, une association qui a pour but de réunir les
catholiques pratiquants et zélés, appartenant à toutes les conditions
sociales, et d'augmenter leur foi et leur piété, par le culte pratique de
l'Eucharistie. Un conseil général gouverne l'œuvre divisée en grou-
pes paroissiaux. Certains jours sont réservés aux réunions générales,
et d'autres aux réunions paroissiales.
YJŒuvre de VAdoration réparatrice a été fondée par un Mariste,
le P. Martin. Elle est établie dans la chapelle des religieux de cet

ordre à Paris (rue de Vaugirard), à Toulon, etc.


Plusieurs œuvres locales, sous le nom de G ar de- d" Honneur de
VAdoration réparatrice sont affiliées à la Congrégation de VAdo-
ration réparatrice, fondée en 1848, par la mère Marie-Thérèse.
Telle est, par exemple, celle de Lille, établie en 1874, où, pour l'ado-
ration, un jour du mois est réservé aux hommes et tous les autres
aux dames. L'obligation de chaque associé n'est que d'une heure
d'adoration par mois. Les dames suivent, la plupart, la procession de
la Fête-Dieu, vêtues de deuil, avec la croix réparatrice sur la poi-

trine.
La Garde d'honneur a pris naissance au monastère de la Visitation
de Bourg (Ain), le i3 mars 1 863 . Elle fut érigée canoniquement en
confrérie, le 9 mars 1864. En 1 883, quatre mille trois cent soixante
communautés avaient reçu de Bourg des lettres d'affiliation. Le but
de cette association est de rendre un culte perpétuel de gloire, d'amour
et de réparation au divin Cœur de Jésus chaque associé choisit une
;

heure de la journée où il se rend simplement en esprit devant le saint


Tabernacle.
444

Une association établie à Marseille sous le titre de la Dévotion au


Saint-Sacrement a pour fin principale l'adoration diurne. Les mem-
bres s'engagent à faire une heure d'adoration par semaine, n'importe
dans quelle église. En i85o, Pie IX accorda des indulgences à cette
confrérie.
\J Association du Très-Saint-Sacrement, érigée en archiconfrérie,
fonctionne à Munich, à Vienne, Prague, Salzbourg, Linz, Olmutz,
Bude et dans un grand nombre d'autres villes d'Autriche.
Il existe encore diverses autres associations locales plus ou moins
importantes, qu'il serait trop long d'énumérer ici.

§ 2

Des Communautés eucharistiques

Toutes les communautés religieuses d'hommes et de femmes ren-


dent un culte spécial à l'Eucharistie ; mais il en est un certain nombre
qui, en raison même de leur règle, se livrent à l'adoration perpé-
tuelle ou temporaire du Saint-Sacrement. C'est de celles-là, et surtout
de celles qui résident en France que nous voulons dire quelques
mots, sans avoir la prétention d'être complet sur ce point (i).
De même que nous l'avons fait précédemment pour les processions,
nous ne tiendrons nul compte des suppressions, momentanées, nous
l'espérons, qui sont dues à la crise anti-religieuse que nous traver-
sons.
Au commencement du xiv c siècle, l'Italie vit se fonder l'Ordre des
Religiosi bianchi del corpo di Gesu Christo; c'était une réforme béné-
dictine. En i393, Boniface IX réunit cette congrégation à l'Ordre de
Cîteaux. Elle s'en sépara plus tard, et le pape Eugène IV approuva
la règle de ces Moines blancs du corps du Christ, qui se livraient spé-
cialement à l'adoration du Saint-Sacrement. Enfin elle fut unie, par
Grégoire XIII, à la congrégation des Olivétains.
Philippe II, roi d'Espagne, institua, dans le monastère royal de
l'Escurial, la Veillée du Saint-Sacrement. Deux religieux, qui se rele-

(1) Nous avons puisé quelques-uns des renseignements suivants dans V Histoire des
ordres religieux d'Hélyot, dans le Di^ionario de Moroni, dans les Annales et dans la
Revue du Saint-Sacrement, dans le Miroir des ordres et instituts relig. de France, par
M. Maittaquet.
445

vaient d'heure en heure restaient, nuit et jour, devant l'autel du Saint-


Sacrement.
La Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, dite Société
de Picpus, se rattache dans le passé à l'Ordre de Saint-François.
Elle fut fondée en 1594, par M. l'abbé Coudrin elle comprend une
:

communauté d'hommes une communauté de femmes. Son but est


et

d'honorer tout à la fois la Sainte Enfance de Jésus, par l'éducation


de la jeunesse; sa vie cachée, par l'adoration du très Saint-Sacrement
de l'autel ; sa vie évangélique, par la prédication et les missions ; sa
vie crucifiée, par la mortification. Les Religieux se livrent surtout aux
missions dans l'Amérique du Sud et en Océanie ; ils ont la direction
du Grand Séminaire de Versailles. Les Religieuses se consacrent spé-
cialement à l'éducation; possèdent vingt-quatre Établissements
elles

en France, huit en Amérique et en Océanie. Les Religieuses, de même


que les Religieux, portent un manteau rouge, pendant leur heure
d'adoration devant le Saint-Sacrement. Les Picpussiens tirent leur
nom de la s'établirent tout d'abord, et où se trou-
rue Picpus où ils

vent encore aujourd'hui Maison-Mère


la des Prêtres des Sacrés-Cœurs
de Jésus et de Marie^ et celle des Dames des Sacrés-Cœurs de Jésus
et de Marie et de l'Adoration perpétuelle.
L'abbé Christophe d'Authier de Sisgau, qui devint plus tard
évêque de Bethléem, fonda à Avignon, en 1 63 2 Tordre des Prêtres
,

missionnaires du Saint-Sacrement, appelés d'abord les Missionnaires


du Clergé. Cet institut disparut à la Révolution.
La Congrégation du Saint-Sacrement ou de la primitive obser-
vance des Frères Prêcheurs, connue aujourd'hui sous le nom de
Dominicaines de V Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, fut
fondée en 1 636, parle dominicain Antoine Le Quien, à Lagnes, près
d'Avignon. Les constitutions de cet Ordre furent approuvées en 1693,
par un bref du pape Innocent XII. Cette congrégation possède
aujourd'hui des Établissements à Aix (B. du Rhône), Avignon, Bernay
(Eure), Bollène (Vaucluse), Cannigton (Angleterre), Carpentras et

Marseille. Ces religieuses suivent la règle de saint Augustin, adorent


nuit et jour Saint-Sacrement, en se relevant d'heure en heure, et
le

s'occupent de l'éducation des jeunes filles. Elles portent deux écussons


d'argent, à l'image du Saint-Sacrement, l'un sur le bras droit, Tautre
sur le cœur.
En 1647, l es religieuses Bernardines de Port-Royal-des-Champs
s'associèrent à VInstitut de V Adoration perpétuelle du Saint-Sacre-
446 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

ment, et joignirent à leur premier nom celui de Filles du Saint-


Sacrement. On ne sait que trop combien peu dignement elles ont sou-
tenu ce titre.

Anne maux causés par les pro-


d'Autriche, pour faire cesser les
grès de l'hérésie, conçutpensée de créer une communauté qui
la

aurait pour but spécial l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.


Des dames de la Cour secondèrent ce projet par de riches offrandes.
Pour le réaliser, on jeta les yeux sur une religieuse bénédictine, la
Mère Mechtilde, qui, dans le monde, avait porté le nom de Catherine
de Bar. Elle fonda la première communauté des Bénédictines de
V Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, rue Cassette, à Paris, et
l'adoration y commença Le Jeudi Saint, 12 mars 1654. Les Constitu-
tions en furent approuvées en 1668, par le cardinal de Vendôme, et
en 1676, par Innocent XI. D'autres Maisons furent successivement
fondées à Toul (1664), Rambervillers en Lorraine ( 66(5), Nancy 1

(1669), Rouen (1677); Paris, rue Saint-Louis (1684) (1), Caen (1 685),
Varsovie (1687), etc.
Aujourd'hui, cet Institut possède de nombreux Établissements en
France, en Alsace, en Allemagne, en Suisse et en Pologne. Ces reli-
gieuses s'obligent, par un vœu solennel, à rendre l'adoration perpé-
tuelle au Saint-Sacrement de l'autel; elles se succèdent jour et nuit,
d'heure en heure. Pendant la messe conventuelle, une religieuse,
ayant cordeau cou et tenant une torche allumée, se tient agenouillée
la

au milieu du chœur, pour faire amende honorable à la sainte Eucha-


ristie, si souvent outragée. Leur mot de passe est « Loué le Saint-

Sacrement de l'autel. » C'est là leur salutation dans leurs lettres,


dans leurs visites au parloir; c'est le commencement et la fin de leur
office, les premières paroles qu'elles prononcent au réveil, les der-
nières qu'elles disent en se couchant. Elles portent, sur leur scapu*
une médaille du Saint-Sacrement, en cuivre doré.
laire,
Les Pauvres Filles du Saint-Sacrement (Zitelle povere del SS.
Sagramento di Roma) furent instituées en i65o. Clément X approuva
leurs Constitutions en 1671.
Les Religieuses du Corpus Domini, institut fondé à Macerata (Etats
de l'Église), en 683 par la vénitienne Hyacinthe de Bassi, sont
1
,

nommées vulgairement les Monachettes.

(1) Sur remplacement de ce couvent détruit en g3, on bâtit de i8i(> à 835 une1

église paroissiale qu'on appela Saint-Denys du Saint-Sacrement, pour perpétuer le sou-


venir de l'ancienne communauté.
447

La Congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement, dont la Maison-


Mère est à Romans (Drôme), a été fondée en 7 5, par l'abbé Pierre
1 1

Vigne, ancien pasteur protestant de Genève. Elle compte un grand


nombre de Maisons dans le midi de la France. Le but de cet Institut
est de rendre un culte spécial à Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la
sainte Eucharistie, d'instruire les jeunes filles et de soigner les malades
dans les hôpitaux.
Les Religieuses de la Congrégation du Saint-Sacrement dont la ,

Maison-Mère est à Perpignan, doivent leur fondation ( 1 733) à un


saint prêtre du diocèse de Màcon, M. Agut. Gomme les précédentes,
elles dirigent des hôpitaux et se livrent à l'éducation. D'après leurs
statuts, elles doiventchaque jour réciter l'office du Saint-Sacrement
et faireune visite d'une demi-heure au pied du Tabernacle.
La Congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement, dont la Maison-
Mère est à Autun, doit également sa fondation à M. l'abbé Agut
(1748). Elle a des Établissements dans les diocèses d'Autun,de Lyon,
de Saint-Claude, de Grenoble, de Saint-Flour, etc. Comme les Sœurs
du même nom et de la même origine qui sont à Perpignan, elles
récitent le petit office du Saint-Sacrement, mais ne sont point
astreintes par la règle à l'adoration quotidienne.
U Ordre des Religieuses de Saint-Norbert fut fondé en 1767, dans
le diocèse de Coire (Suisse), par Joseph Hély. Elles adorent perpé-
tuellement le Saint-Sacrement, en chantant des cantiques en langue
allemande.
Vers 1780, un Institut de Prêtres du Saint- Sacrement fut fondé à
Mileto (Calabre supérieure) mais cette communauté, composée seule-
;

ment de quelques membres, ne fut pas approuvée par Pie VI et se


fondit bientôt dans Tordre des Rédemptoristes.
Catherine Sordini, en religion sœur Marie-Madeleine de l'Incar-
nation, supérieure des Franciscaines d'Ischia, établit à Rome, dans le

couvent de Sainte-Anne-des-Quatre-Fontaines, un nouvel Ordre


d'adoration perpétuelle, qui fut approuvé par Pie VII en 1807 et par
Pie VIII en 18 18. Les Adoratrices perpétuelles du Saint-Sacrement,
ou vulgairement Sacramentines, ont leur principal Établissement au
Quirinal, dans l'église Sainte-Madeleine, et d'autres Maisons à Naples,
à Turin, etc. Un ostensoir est brodé sur le corsage de leur robe blan-
che. Pendant le jour, elles adorent le Saint-Sacrement, exposé à la
vénération publique; elles l'adorent aussi la nuit, mais renfermé
dans le Tabernacle.
44 8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Les Sœurs de V Adoration perpétuelle, dont la Maison-Mère est à


Quimper, doivent leur fondation (i 835) à Mlle de Moëlieu. Elles se
livrent à l'adoration perpétuelle de jour et de nuit et élèvent de petites
filles pauvres qu'elles conservent jusqu'à l'âge de vingt ans, en les

formant à devenir domestiques ou ouvrières.


Il y a deux autres Instituts du même nom dont l'un a sa Maison-

Mère à Saint-Laurent d'Olt (Aveyron) et l'autre à La Rajas (Loire).


La Congrégation des Religieuses de l'Adoration perpétuelle du
Saint-Sacrement, fondée en 1845, près d'Einsiedeln (Suisse), fut trans-
férée, en 1847, à Othmersheim (Alsace). Les Sœurs, la plupart d'ori-
gine allemande, portent sur la poitrine un petit ostensoir, comme
marque distinctive de leur fonction spéciale d'adoratrices du Très-
Saint-Sacrement.
Peu de temps après la Révolution de 1848, Mlle Théodelinde
Dubouché, en religion sœur Marie-Thérèse, fonda la Congrégation
des Dames de VAdoration réparatrice, dont le but est de réparer les
outrages que reçoit Jésus-Christ dans l'Eucharistie (1). L'association
se compose de personnes de Sœurs régulières qui,
trois classes de :

étant liées par les trois vœux simples de pauvreté, de chasteté et


d'obéissance, vivent en commun dans la même maison; de Sœurs
séculières qui, n'étant liées que par les vœux de chasteté et d'obéis-
sance, peuvent vivre chez elles ;
enfin, de personnes simplement
associées. L'adoration du Saint-Sacrement a lieu, pour toutes, la nuit
et le jour. Cette Société, honorée d'un bref de Pie IX, en date du

8 juillet 853, a sa Maison-Mère à Paris, rue d'Ulm, 36, et divers


1

Etablissements à Châlons-sur-Marne, Lille, Lyon, etc.


La Congrégation des Sœurs de VAdoration perpétuelle et des
églises pauvres fut fondée à Bruxelles en i852, par
mc
Anna de M
Meeuns. Elle compte aujourd'hui des Établissements en Belgique, en
Italie, en Espagne, en Autriche, en Angleterre, en Amérique, etc.
;
L'exposition du Saint-Sacrement n a lieu qu'à certains jours de la
semaine. Ces religieuses travaillent tous les jours quelques heures
pour les églises pauvres. Un décret de la Congrégation des Indul-
gences, en date du i
er
février 1879, autorisa cette Société à établir à
Rome le siège de l'archiconfrérie qui lui est annexée, et à la fusionner
avec l'archiconfrérie du même nom, fondée à Rome par M me de
Courballay.

(1) Cf. l'abbé d'Hulst, Vie de la Mère Marie-Thérèse, fondatrice de la congrégation de


l'Adoration réparatrice.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 449

La Société du Tres-Saint-Sacrement doit son existence (1857) à un


homme de Dieu, de pieuse et vénérée mémoire, le R. P. Eymard,
que sa tendre dévotion et son zèle admirable pour l'auguste Sacre-
k ment de l'autel ont rendu de nos jours comme l'apôtre spécial de la
très sainte Eucharistie.
Cet Institut se propose quatre objets principaux : i° la prédication
des retraites ecclésiastiques; 2 première communion
l'œuvre de la
des adultes; 3° la prédication des Quarante-Heures dans les paroisses;
4 la confection, de la part des membres laïques, des objets
nécessaires au culte divin, pour les églises pauvres.
Les membres de la Société se divisent en trois classes i° les :

religieux contemplatifs consacrés à l'adoration perpétuelle du Saint-


Sacrement ; 2 les religieux contemplatifs et actifs qui s'occupent du
saint ministère; 3° les membres du Tiers-Ordre, prêtres ou laïques,
qui ne suivent qu'une partie de la règle. Cette Société a été approuvée
par le Saint-Siège en 1859 et en 1 863. C'est l'un des membres les plus
distingués de cette congrégation, le R. P. A. Tesnières, qui dirige la
revue eucharistique intitulée Le Tr es-Saint-Sacrement.
Les Prêtres du Saint-Sacrement ont des Maisons à Paris (14, rue
de Chateaubriand, et 27, avenue de Friedland), à Angers, Bruxelles,
Marseille, etc.
En 1 858, le P. Eymard œuvre la branche des Vierges
ajouta à son
adoratrices, connues sous le nom
de Servantes du Très-Saint-Sacre-
ment. Cette congrégation, transférée de Paris à Angers en 1864, fut
confirmée canoniquement par un décret du Saint-Siège apostolique,
en date du 21 juillet 1871. L'année suivante, elle obtint la faveur
d'une agrégation eucharistique qui fut érigée dans leur chapelle. Pour
en faire partie, il faut i° être inscrit sur le registre de l'agrégation;
2 faire une heure d'adoration chaque mois devant le Saint-Sacrement
exposé, ou résidant dans le Tabernacle, avec la faculté de la diviser
dans la journée, si l'on ne peut la faire tout entière de suite.
La Société de Marie Réparatrice, fondée en 1857, par mo
la M
baronne d'Hooghvort, en religion la Mère Marie de Jésus, a surtout
pour mission de faciliter les retraites particulières. Cette Congrégation,
qui jouit de la faveur de l'exposition perpétuelle, possède des Éta-
blissements à Paris (rue de Vaugirard, 18 r), à Rome, à Bruxelles,
Tournai, Liège, Strasbourg, Liesse, etc.
Un monastère d'hommes de l' Union au Très-Saint-Sacrement a
été fondé à Esparon (Isère), vers l'an 1866, par le R. P. Honoré;

T. II. 29
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

cette congrégation a pour but de glorifier la vie eucharistique de


Jésus.
Beaucoup d'autres communautés se livrent à l'adoration perpé-
tuelle ou temporaire. Citons, par exemple, les Carmélites, les Cla-
risses, les Chanoinesses de Saint-Augustin, les Bénédictines du
Temple, les Bernardines de l'Adoration perpétuelle, les Religieuses
de l'Assomption, celles du Sacré-Cœur, de FArchiconfrérie réparatrice,
les Dames auxiliatrices de l'Immaculée-Conception, les Dames Zéla-
trices de la Sainte-Eucharistie, les Dames de sainte Julienne du
Très-Saint-Sacrement (Belgique), les Franciscaines du Saint-Sacre-
ment, les Servantes du Sacré-Cœur de Jésus dont la Maison-Mère est
à Versailles, les Religieuses Récollettes (Espagne), les Religieuses
du Centre eucharistique (Espagne), les Théodoriennes ou Sœurs de
Sainte-Croix (Suisse), etc.

S 3

Des Œuvres d'adoration temporaire ou perpétuelle, diocésaine ou locale,


diurne ou nocturne

L'adoration diurne peut avoir lieu dans un même sanctuaire ou


dans plusieurs sanctuaires d'une ville ou d'un diocèse ; elle peut être
répartie entre toutes les églises et chapelles d'un diocèse; enfin, l'ado-
ration peut avoir lieu pendant la nuit. Nous allons nous occuper de
ces trois catégories ; mais comme elles doivent toutes leur origine aux
prières non perpétuelles des Quarante-Heures, il convient d'y arrêter
tout d'abord notre attention.
DES PRIÈRES NON PERPÉTUELLES DE QUARANTE-HEURES. Il y a deux —
sortes de prières de Quarante-Heures i° celles qui, se
: succédant
toute l'année d'église en église, dans une même ville .ou dans tout un

diocèse, sont une véritable adoration perpétuelle, d'une forme parti-


culière, et dont nous parlerons plus tard; 2° les prières de Quarante-
Heures qu'on fit d'abord uniquement aux jours de dissipations qui
précèdent mercredi des Cendres, et qu'on étendit plus tard aux
le

temps de Jubile, de guerre, de calamités publiques, etc., pour faire


amende honorable à Dieu.
Les prières de Quarante-Heures sont ainsi appelées, parce qu'elles
durent à peu près ce laps de temps. Il est probable qu'à l'origine,
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

elles se suivaient sans interruption, même


pendant la nuit. Il en était
encore ainsi au diocèse de Bologne, alors que Benoît XIV occupait le
siège archiépisopal de cette ville. Quelques troubles nocturnes sem-
blent avoir déterminé les évêques à partager les Quarante-Heures en
trois journées, ainsi qu'on le fait de nos jours, et l'on dut alors
commencer l'adoration le dimanche de la Quinquagésime.
Le nombre de ces heures
de prières expiatoires a été choisi :
i° pour honorer quarante jours que Jésus passa dans le désert;
les
2° en mémoire des quarante heures qu'il demeura dans le tombeau ;
3° en reconnaissance des quarante jours que Notre-Seigneur passa
encore sur la terre, après sa Résurrection.
Le sentiment qui fit instituer ces prières est bien ancien dans
PÉglise, puisque, dès le v e siècle, elle avait établi une messe avec
jeûne et litanies solennelles, en opposition aux coupables excès des
calendes de Janvier.
Il n'est point facile de déterminer exactement l'origine de cette
institution, attendu qu'une telle industrie de zèle sacerdotal a pu spon-
tanément surgir sur divers points, sans qu'il ait nécessairement existé
de corrélation entre ces dévotions analogues.
L'institution des Quarante-Heures a été attribuée contradictoire-
ment à sainte Gertrude, au Père Joseph de Ferno, à S. Ignace de
Loyola, aux Pères Jésuites de Lorette en 1 556 ; à ceux qui, la même
année, donnaient une mission à Macerata; à saint Charles Borromée, à
saint Philippe de Néri, à l'abbé Benoît, curé de Saint-Eustache, à la
fin du xvi e siècle, etc. Il n'y a pas à discuter la priorité fabuleuse de
sainte Gertrude, ni celle de l'abbé Benoît qui ne fit qu'introduire
cette dévotion à Paris. Saint Ignace ne paraît qu'avoir popularisé
l'usage des Quarante-Heures dans fa ville de Rome. Saint Charles
Borromée les a prescrites dans son diocèse, comme le cardinal Pa-
liotto institua dans le même but, à Bologne, Y Oraison de trente
heures, avec sermon et indulgences ; mais les prières de Quarante-
Heures sont beaucoup plus anciennes.
En 1 534 ou quelques années plus tard, alors que la ville de Milan
souffrait cruellement des suites de la guerre entre François I er et Char-
les-Quint, le Père Joseph de Ferno, Capucin de cette ville, réunit les

fidèlesau pied des autels, le lundi de la Quinquagésime, pour implo-


rer la miséricorde divine et prolonger ces prières pendant quarante
heures, afin d'honorer les heures que Notre-Seigneur passa au tom-
beau. Ce serait là, d'après Benoît XIV, l'origine de cette dévotion.
452 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Remarquons toutefois que les prières ne se faisaient point alors


devant Saint-Sacrement exposé. Cette exposition n'aurait eu lieu,
le

dit-on, pour la première fois, qu'en 1 556, à Lorette, dans les circons-
tances suivantes une troupe de comédiens venait d'y arriver, pen-
:

dant le carnaval, pour donner des représentations véritablement


scandaleuses. Le Jésuite Olivier Manarée, voulant paralyser ces
funestes impressions, fit décorer somptueusement, avec l'autorisation
de l'évêque, la chapelle du collège, et y exposa le Saint-Sacrement
pendant quarante heures. Les illuminations, la musique, les chants,
les prédications attirèrent la foule des fidèles ; c'est de là que cette
dévotion réparatrice se serait répandue peu à peu dans d'autres
villes.

Nous devons remarquer qu'antérieurement, la con-


toutefois faire
frérie des Pèlerins, fondée à Rome
en 1548, dans l'église de la Sainte-
Trinité, exposait le Saint-Sacrement pendant quarante heures, tous
les premiers dimanches de chaque mois et dans le cours de la Semaine

Sainte. Les trois jours qui précédaient le mercredi des Cendres, les
pèlerins se rendaient processionnellement dans les sept basiliques de
Rome, suivis d'un grand concours de fidèles.

ASaint-Laurent in Damaso, l'archiconfrérie de Sainte-Marie de


l'Oraison ou de la Mort adopta, en i55i, ces quarante heures de
prières pour le troisième dimanche de chaque mois. On peut conjec-
turer, mais non pas affirmer, que le Saint-Sacrement était exposé
depuis commencement jusqu'à la fin de tous ces exercices.
le

En i56o, Pie IV approuva les Constitutions de cette confrérie,


et accorda des indulgences à ceux qui assisteraient aux prières de
Quarante-Heures.
Les Éméronites sont une association vénitienne de quatorze laïques
qui pratiquent la dévotion des Quarante-Heures, à leur église du
Santissimo Redentore. Cette association, fondée en 1584 par quelques
gentilshommes de Venise, n'a jamais depuis modifié son règlement.
Clément VIII, en 1592, étendit facultativement la dévotion des
Quarante-Heures à toutes les églises de Rome, de façon à ce qu'elle
s'y succédât durant tout le cours de l'année. Elle fut pratiquée presque
partout dès le commencement du xvn e
Clément XI, en 1705,
siècle.

rendit ces prières obligatoires pour de Rome. C'est ainsi que


la ville

les prières de Quarante-Heures, limitées d'abord aux jours qui pré-


cèdent le et à quelques circonstances exceptionnelles, se
carême
changèrent en véritable adoration perpétuelle.
453

Complétons ce qui concerne la forme primitive, conservée clans


toute la chrétienté, par quelques mots sur la France.
En 1574, le P. Auger, de la Compagnie de Jésus, détermina M. de
Gondy, archevêque de Paris, à établir les prières de Quarante-
Heures dans quelques églises de sa ville épiscopale. L'abbé Benoît,
curé de Saint-Eustache, paraît les avoir instituées antérieurement
dans sa paroisse.
Le concile d'Avignon, en 1594, les introduisit dans le Comtat
Venaissin. Les Carmes Déchaussés propagèrent bientôt cette dévotion
dans toutes les provinces de France.
A l'occasion du siège de La Rochelle, des prières de Quarante-
Heures furent prescrites dans toutes les églises de Paris. Sous le
règne de Louis XIV, on multiplia ces supplications, pour la santé du
roi, pour le succès de ses armes, pour les heureuses couches de la
reine, etc. Dans ces circonstances, à la cathédrale de Rouen, la nef
était tendue de riches tapisseries; le Saint-Sacrement était exposé

sous un dais à l'autel de la chapelle de Notre-Dame des Vœux. Deux


chanoines, accompagnés de quatre chapelains et de deux enfants de
chœur, se relevaient d'heure en heure pour l'adoration (1).
Les auteurs jansénistes se sont élevés non seulement contre la fré-
quence de l'exposition, mais contre le principe même des Quarante-
Heures. « Ne semble-t-il pas, disaient-ils (2), que dans une affliction
publique, ou que dans un jour de débauche publique, il serait plus à
propos d'ordonner un jeûne public, des prières publiques et des pro-
cessions publiques, que d'exposer le Saint-Sacrement, puisque cette
exposition est une marque de joie, et qu'il faudrait pleurer en ces
occasions pour arrêter la colère de Dieu. »
Quelques évêques des xvir3 et xvnr3 siècles semblent avoir partagé
ces fausses idées, car les termes de certaines prescriptions épiscopales
indiquent qu'il y avait, pour ces prières de Quarante-Heures, une
série d'exercices publics, sans aucune exposition du Saint-Sacre-
ment (3).

De l'adoration diurne, perpétuelle ou non, limitée a un seul sanc-


tuaire ou a plusieurs sanctuaires d'une ville ou d'un diocèse.
C'est à Avignon, comme nous l'avons rapporté plus haut,
qu'en 1226, à l'occasion de la victoire de Louis VII sur les Albigeois,

(1) Moléon, Voyage liturg., p. 35o.


(2) Pratiques de piété pour honorer le Saint-Sacrement, Bruxelles, 1712, p. 137.
(3) Thiers, Exp, du S. Sacr., 1. II, ch. ix, p. 424.
,

454 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

commença dans la chapelle de Sainte-Croix une adoration continue

du Saint-Sacrement, qui ne devait être interrompue qu'en 1793.


Mais ce fut là une institution locale, motivée par un fait particulier
et qui ne devait pas exercer d'influence au dehors.
On a dit (1) que l'adoration perpétuelle, établie d'abord à Liège,
passa de là en France, puis en Allemagne où elle se répandit surtout
dans PÉlectorat de Mayence, dans Tévêché de Wurtzbourg et dans
TÉlectorat de Trêves.
Sans vouloir nier l'influence de la ville où fut instituée la Fête-Dieu,
nous ne croyons pas que l'adoration perpétuelle y ait été pratiquée
avant les Quarante-Heures perpétuelles, établies officiellement en 1 592
par le Pape Clément VIII. Elles se fondèrent en France, sous cette
forme plus ou moins modifiée, à la fin du xvi e siècle, mais seulement
dans certaines communautés et dans quelques grands centres de popu-
lation, dont les paroisses se partageaient les jours et parfois les
semaines ou les mois d'adoration.
S. François Régis jeta les fondements de cette dévotion dans le
Vivarais et le Velay, pendant les missions qu'il y donna en 1620. Il
avait surtout pour but de réparer les profanations commises par les
Calvinistes.
En 1641, le baron de Renty, avec l'assentiment du curé de Saint-
Paul de Paris, fonda, dans cette paroisse, une association de dames,
pour l'adoration du Saint-Sacrement, dans le cours de l'après-midi. Il
établit plus tard cette même dévotion à Dijon. Cet homme de Dieu
fut, au xvn e siècle, avec la Mère Mechtilde du Saint-Sacrement,
l'abbé H. M. Boudon, archidiacre d'Evreux, et le jésuite Vincent
Huby, le plus ardent propagateur de l'adoration perpétuelle.
L'adoration réellement perpétuelle fut établie en 1648 à Saint-
Sulpice, à l'occasion d'une profanation des saintes hosties. Le curé de
cette paroisse, M. Ollier, raconte ainsi, dans ses manuscrits, les com-
mencements de cette, œuvre :

«Ces jours passés, dans notre de Saint-Sulpice, notre Seigneur


église
et adorable Maître a bien voulu souffrir l'attentat effroyable de douze
voleurs qui ont porté leurs mains sacrilèges sur le saint-ciboire, ont
jeté par terre son sacré corps: c'est ce qui a donné lieu à douze habi-
tants de la paroisse de s'unir en esprit aux douze apôtres pour réparer
ce crime abominable, par tout ce que leur inspirera la religion dont

(1) Bertholet, Hist. de la Fête-Dieu.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 455

leur cœur est rempli. Ils se sont associé douze autres adorateurs
pour doubler leur réparation, et, par cette réunion de vingt-quatre,
ils ont voulu imiter la fonction religieuse des vingt-quatre Vieillards
de l'Apocalypse qui adorent continuellement Jésus-Christ, prosternés
et abîmés devant son trône. Ces vingt-quatre personnes se partage-
ront les vingt-quatre heures du jour, demeurant chacune, Tune après

l'autre, l'espace d'une heure, devant le très-auguste Sacrement de


l'autel, afin d'y être en adoration perpétuelle et de pouvoir en leur

manière, toute pauvre qu'elle est, honorer Dieu sur la terre, comme
il est honoré par les anges et les bienheureux dans le Ciel (1). »

L'adoration perpétuelle fut fondée à Lyon, en 1667, dans l'église


de l'Hôtel-Dieu. Le nombre des fidèles qui s'engagèrent à faire au
moins une heure d'adoration s'éleva tout d'abord à i3,ooo. Cette
même dévotion existait au xvn e siècle à Abbeville, à Beauvais, à Cler-
mont-Ferrand, à Dreux, à Lille, à Lisieux, à Marseille, à Nancy, à
Saintes, à Sisteron, dans diverses localités de la Flandre, de la Cham-
pagne, de la Picardie, de la Provence, etc.
Au milieu du xvm e siècle, l'adoration perpétuelle était partagée
entre seize paroisses d'Amiens et durait, dans chacune d'elles, quinze
jours ou tout un mois.
M. le baron de Hubens, chanoine de la collégiale de Saint-Martin
de Liège, y fonda en 1764, l'œuvre de l'adoration perpétuelle. Tous
les adhérents s'engageaient à consacrer, chaque année, une heure à
cette adoration. Clément XIII enrichit de nombreuses indulgences
cette pieuse association, qui fut bientôt imitée
par divers diocèses des
Pays-Bas de l'Allemagne.
et
L'adoration diurne, établie à Madrid, dès 1772, par un saint reli-
gieux, sous le non de Veillée du Saint-Sacrement, y a persévéré jus-
qu'à nos jours.
En1770, Mlle de Louvencourt, qui devait établir à Amiens l'Ins-
titutqui porte son nom, soumit à M. de La Motte le projet qu'elle
avait conçu depuis deux ans, de fonder, dans la chapelle des Ursu-
lines,une messe quotidienne et une exposition perpétuelle du Saint-
Sacrement. L'évêque d'Amiens, après avoir temporisé, céda aux ins-
tances de Mlle de Louvencourt et institua l'adoration perpétuelle, à
titre d'épreuve pour un an, dans la chapelle des Clarisses: mais Fado-
ration ne commença que le i
ep
janvier 1773; elle fut autorisée d'une

(1) Le P. Huguet, Dévotion à la sainte Euchar., 3 e édit., p. 4 56.


456

cr
manière définitive le i janvier 1774. Depuis lors, sauf une interrup-
tion forcée, causée par la tempête révolutionnaire, la sainte Eucha-
ristie n'a cessé d'être adorée, nuit et jour, dans la chapelle des pau-
vres Clarisses, et de voir à ses pieds deux de ces religieuses s'offrant en
victimes de propitiation pour les péchés du monde.
Aujourd'hui, l'adoration diurne des hommes a lieu, soit tous
les jours, soit un jour par semaine ou par mois, dans un certain
nombre de villes importantes. Il y a même de simples campagnes où
l'adoration diurne est perpétuelle il en est ainsi à Fanjeaux
: (Aude)
et dans diverses paroisses de Bretagne, surtout dans le diocèse de
Rennes.
Dans celui de Constantine, le Saint-Sacrement n'est exposé, dans
chaque paroisse, à tour de rôle, que les dimanches et jours de fête.
Les Annales d'Orléans nous donnent les renseignements suivants
sur une dévotion de cette ville, qu'on appelle la Première Heure de
l'Année devant le Saint-Sacrement, et qui existe ailleurs sous le nom
de Adoration du premier jour de Van. Le 3i décembre, vers onze
l'

heures et demie, tous les assistants se réunissent sous la présidence


de Monseigneur l'Evêque, au pied du très Saint-Sacrement exposé
dans une chapelle de la ville. Après un quart d'heure de recueille-
ment, à minuit moins un quart, tous ensemble récitent le Te Deum
et le Magnificat en action de grâces pour les bienfaits reçus pendant
l'année qui va finir, le Miserere en expiation de toutes les fautes com-
mises, et le De Profundis pour tous les confrères décédés. Au coup
de minuit, tous se prosternent en adoration et, après quelques courts
instants de silence, ils répètent par trois fois, en l'honneur de la très
Sainte-Trinité, l'invocation « Sit nomen Domini benedictum, ex hoc
:

nunc et iisque in sœculum. » Puis, le directeur de la nuit récite au nom

de tous la prière suivante « O mon Dieu, une nouvelle année com-


:

mence! Daignez nous bénir et remplir notre cœur de votre saint


amour et d'une vraie charité pour nos frères. Soyez toujours présent à
notre esprit et à notre cœur, pour sanctifier toutes nos actions. Accor-
dez-nous tous les biens de l'âme et du corps, dont nous avons besoin
pour arriver à la possession du céleste héritage. Consolez les affligés,
soulagez les malades, et surtout, ô mon Dieu, convertissez les
pécheurs. Comblez de vos riches bénédictions notre Saint-Père le Pape,
notre Evêque et tous ceux qui sont engagés dans le saint ministère.
Que ceux qui se préparent au sacerdoce reçoivent aussi la plénitude
de vos dons. Conservez et ranimez la foi de notre chère patrie,
LIVRE XV1IL '
— DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 457

éclairez et dirigez tous nos supérieurs temporels; délivrez les âmes du


Purgatoire. Nous vous demandons toutes ces grâces par l'intercession
de Marie conçue sans péché, et par les mérites de votre divin Fils qui
a pris aujourd'hui le nom de Jésus, qui signifie Sauveur, et qui vit et
règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des
siècles. Ainsi soit-il. » Après cette belle prière, tous les assistants
récitent d'abord le Vent Creator, afin d'attirer sur eux les grâces
nécessaires pour bien passer l'année qui commence; et puis la prière
suivante composée par M me Elisabeth et qui est le cri sublime d'un
cœur entièrement soumis à la volonté de Dieu « Que m'arrivera-t-il:

cette année, ô monDieu? Je n'en sais rien. Tout ce que je sais,


c'est qu'il ne m'arrivera rien que vous n'ayez prévu, réglé, voulu,
ordonné de toute éternité; cela me suffit. J'adore vos desseins éternels
et impénétrables, je m'y soumets de tout mon cœur pour l'amour de

vous. Je veux tout, j'accepte tout, je vous fais le sacrifice de tout, et


j'unis ce sacrifice à celui de mon divin Sauveur. Je vous demande en
son nom et par ses mérites infinis, la patience dans mes peines et la

parfaite soumission pour tout que vous voudrez ou permettrez. »


ce
Enfin, l'on termine par le Sub tuum, pour se mettre sous la protec-
tion de la très sainte Vierge après quoi chacun se retire, sauf les
:

membres désignés pour continuer l'adoration jusqu'au jour.


A Rome, la succession des Quarante-Heures, telle qu'elle a été
réglée par le pape Clément XI, constitue une Fête-Dieu perpétuelle.
Le premier jour de l'année ecclésiastique, c'est-à-dire le premier
dimanche de l'Avent, le Saint-Sacrement est exposé par le Souverain
Pontife. L'exposition y dure jusqu'au mardi matin elle a lieu ensuite ;

à Saint-Jean de Latran, puis, de deux jours en deux jours, dans toutes


les églises patriarcales, et enfin dans toutes celles qui sont désignées à

cet effet par le Cardinal-Vicaire. Le matin, on célèbre, dans le sanc-


tuaire di QuarânfOre, une messe solennelle; à midi, a lieu une pro-
cession intérieure où Ton chante les litanies des Saints. Les membres
de l'association du Saint-Sacrement se chargent de l'adoration noc-
turne. Vers 9 heures du soir, un carrosse va les chercher à domicile ;

ils sont au moins au nombre de quatre, sans compter un prêtre et

un clerc. L'adoration, pour chacun d'eux, est de quatre heures. A


chaque heure du jour et de la nuit, un clerc sonne la cloche, pour
engager les fidèles à adorer le Saint-Sacrement de l'autel. Le portail
de l'église est toujours richement décoré. On tend la porte principale
de grands rideaux d'étoffe blanche et rouge, et l'on place au-dessus
458 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

du lambrequin, qui retombe sur ces voiles, un tableau représentant


un ostensoir.
L'adoration diurne perpétuelle a lieu soit dans une même église, soit
dans plusieurs églises à tour de rôle, à Milan, à Turin, à Venise, à
Vienne (Autriche), à Varsovie, etc.
En 1882, on a organisé à Rome une œuvre française par son ori-
gine et universelle dans son but : V Adoration perpétuelle des nations
catholiques représentées dans la ville éternelle. Elle a pour but d'offrir
à Dieu une réparation renouvelée chaque jour par quelqu'une des
nations catholiques représentées à Rome, dans les églises où ont lieu
les Quarante-Heures. Voici, pour le moment, la liste des nations au
nom desquelles l'adoration réparatrice se renouvelle chaque semaine :

Dimanche : le Portugal, la Pologne, l'Irlande et la Lombardie ;


Lundi : l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie et la Grèce; Mardi :
l'Italie ; Mercredi : l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud et
l'Ecosse; Jeudi: la France; Vendredi : les Missions catholiques et
la Suisse Samedi : l'Espagne, l'Angleterre et la Belgique. Un avis,
;

imprimé en diverses langues et répandu à un grand nombre d'exem-


plaires, invite les Catholiques de tous les pays, résidants ou de pas-
sage à Rome, à s'inscrire à cette œuvre. Elle compte en France, par
exemple dans le diocèse de Beauvais, des affiliations qui, en union
avec les fidèles de Rome, offrent à la justice divine, au nom de la

France pénitente, une réparation nationale.


De l'adoration diurne perpétuelle, répartie entre toutes les
églises et chapelles d'un diocèse. — L'adoration perpétuelle, non
plus restreinte àun seul sanctuaire ou à toutes les églises d'une même
cité, mais étendue à toutes les paroisses d'un diocèse, se propagea
en France dans le cours des xvir3 et xvm e siècles.
En i658, au diocèse de Chartres, les églises des villes et des cam-
pagnes étaient ouvertes dans ce but, depuis six heures du matin jus-
qu'à six heures du soir; là où existaient des communautés religieuses
ayant une chapelle, l'adoration s'y continuait pendant la nuit.
François Faure, évêque d'Amiens, par un mandement en date du
20 juin i658, établit l'adoration perpétuelle dans toutes les églises de
son diocèse. Mais beaucoup de paroisses rurales ne se conformèrent
point à cette ordonnance; dans un certain nombre de localités, elle ne
fut exécutée que pendant quelques années.
L'adoration perpétuelle fut fondée, en 1667, dans le diocèse de
Lyon ; en 1672, dans celui d'Evreux ; en 1700, dans celui de Rouen ;
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 45 9

en 1753, dans celui de Boulogne. Dans ce dernier diocèse, toutes les


paroisses étaient partage'es en douze groupes, correspondant aux
douze mois de l'année. Chaque groupe, composé d'autant de paroisses
qu'il y avait de jours dans le mois, était chargé de la célébration quoti-
dienne de l'office du Saint-Sacrement.

En Bavière, l'adoration perpétuelle, fondée dès 1674, tomba en


désuétude et fut rétablie en 1802, et, sur une plus grande échelle,
en 1873,
Cette œuvre de réparation et d'amour envers Jésus-Christ fut inter-
rompue en France par la Révolution de 1793; elle a été restaurée sous
le règne de Louis-Philippe, dans quelques diocèses, mais surtout à
la suite des journées de juin 1848, par l'influence du célèbre pianiste
Hermann, qui prit plus tard l'habit de Carme Déchaussé, sous le nom
de Père Augustin du très Saint-Sacrement. Par une lettre pastorale
du 24 novembre i85o, Mgr Sibour établit, dans le diocèse de Paris,
l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, sous le titre et la forme
de Prières de Quarante-Heures. Cette dévotion, avec des modes divers,
fut établie dans de Saint-Brieuc (1843), de Nancy (1847),
les diocèses
de Cahors ( 1 849), d'Angers ( 1 854), de Strasbourg ( 1 856), d'Autun (1857),
d'Agen (i858), d'Auch et de Marseille (1859), d'Amiens (1861), d'Alby
(1862), d'Avignon, de Limoges et de Lyon (1 863), etc. En 1880, il
n'y avait plus que vingt diocèses où n'existait pas encore cette insti-
tution (1), mais où l'adoration diurne était cependant pratiquée dans
certaines localités importantes.
Dans six diocèses de France (Angers, Besançon, Cahors, Montpel-
lier, Nancy et Paris), l'adoration est absolument perpétuelle, c'est-à-
dire qu'elle se fait le jour et la nuit.
L'adoration perpétuelle est florissante dans toute la Belgique, dans
divers diocèses d'Allemagne, d'Italie, du Mexique, du Brésil et même
dans TOcéanie et les vastes contrées de l'Amérique du Nord. Comme
les églises sont rares dans ces dernières régions, et par conséquent
souvent très éloignées des résidences des sauvages chrétiens, ceux-ci,
au jour et à l'heure qui leur ont été désignés pour l'adoration du Saint-
Sacrement, se tournent vers l'église la plus rapprochée et adressent
de loin leurs prières au Dieu de l'Eucharistie.
De l'adoration nocturne. —
Nous avons vu que dans six diocèses de

(1) Angoulême, Ajaccio, Beauvais, Belley, Chartres, Clermont-Ferrand, Dijon, Le Puy,


Lucon, Nice, Oran, Perpignan, Saint-Dié, Saint-Jean-de-Maurienne, Soissons, Tarentaise,
Tours, Troyes, Tulle et Verdun.
460 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

France, dans plusieurs villes et dans certaines communautés, l'adora-


tion du jour est complétée par celle de la nuit. Ici nous n'avons à
parler que des œuvres spéciales qui concernent exclusivement l'adora-
tion nocturne, soit perpétuelle, soit intermittente.
On peut dire que la première pensée de cette dévotion est due à
Clément VIII qui, en i5o,2, institua l'adoration perpétuelle le jour
et la nuit, par la célèbre bulle Gravis et diuturna. Mais l'établisse-
ment d'une adoration spécialement nocturne appartient à notre
siècle.

Les épreuves que traversait l'Église firent instituer à Rome, en 8 1 o,


1

dans l'église Sainte-Marie in via lata, une confrérie de l'adoration


nocturne du Saint-Sacrement. La Pia unione di adoraiori del
SS. Sagramento s'étendit bientôt à d'autres sanctuaires. En 1 814,
quand le pape Pie VII fut de retour à Rome, il enrichit cette œuvre
de précieuses indulgences, et, cette même année, tout fut réglé pour
la liturgie de cette fête perpétuelle, désignée vulgairement sous le

nom d''il sacro nffi\io. Cette association, érigée en archiconfrérie par


Léon XII (1824), compte trois classes de membres i° ceux qui
:

sont à la fois actifs et souscripteurs *,2° ceux qui sont seulement


actifs ; 3° ceux qui ne sont que souscripteurs.

Une œuvre française analogue a été fondée à Paris, après les jour-
nées de Juin 1848, parle R. P. Hermann, alors encore simple laïque,
et par l'abbé de La Bouillerie, vicaire-général de Paris. Vingt-trois
fervents catholiques, enrôlés sous la présidence de ce dernier, passèrent

la première nuit d'adoration à Notre-Dame-des-Victoires, le 6 décem-


bre 1848, alors qu'on apprit le départ de Pie IX pour Gaète. Les
deuxième et troisième nuits eurent lieu, le 20 et le 21 décembre, à
l'occasion des prières de Quarante-Heures, prescrites par Mgr Sibour,
pour le Souverain Pontife. Comme on craignait de déranger le service
paroissial de Notre-Dame-des-Victoires, l'œuvre fut transférée dans
la chapelle des Pères Maristes, rue Montparnasse. Elle fut agrégée,

en i85o, à l'archiconfrérie de Rome, dont nous avons parlé plus haut.


Après avoir quelque temps périclité, elle conquit de plus nombreux
adhérents et reçut une nouvelle organisation en 1 855. Aujourd'hui,
l'adoration nocturne, à Paris, se succède dans plus de i3o sanctuaires,
où l'élément paroissial prête son concours à l'association diocésaine.
Plus de 2,5oo hommes veillent et prient la nuit devant le Dieu du
Tabernacle.
Les membres d'une section se réunissent à 10 heures du soir, dans
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE

la sacristie de Après avoir tiré au sort les heures de


l'église désignée.

la nuit, les l'église où le prêtre directeur expose


confrères se rendent à
le Saint-Sacrement. On récite la prière du soir, le chapelet et l'office

du Saint-Sacrement. A 1 1 heures, les confrères se retirent pour se


livrer au repos sur de simples matelas, dans une pièce non éloi-
gnée, laissant deux membres en adoration, qui sont, une heure
après, relevés de leur garde par deux autres adorateurs, et ainsi de
suite. A cinq heures, tous disent la prière en commun, font la médi-
tation, assistent à la messe et reçoivent la bénédiction du Saint-Sacre-
ment (i).
Dans une réunion annuelle, qui se tient actuellement à Saint-
Thomas-d'Aquin, le président de l'œuvre de l'adoration nocturne ou
l'un de ses membres rend compte de la situation des diverses agréga-
tions de France. L'œuvre, en effet, s'est vite répandue en province
et,dès 1849, e ^ e était inaugurée à Tours, pendant les trois nuits qui
précèdent le Carême. Aujourd'hui, elle est pratiquée dans plus de
quarante diocèses (2), soit comme œuvre comme complé-
spéciale, soit
ment de l'adoration perpétuelle. Dans celui de Cambrai, on ne compte
pas moins de cent paroisses ayant leur nuit d'adoration.
Presque toutes les associations de province ont adopté l'organi-
sation de celle de Paris, mais en est qui s'en tiennent à un certain
il

nombre de nuits, par semaine ou par mois. Ainsi la Petite Adoration


nocturne, qui fonctionne à Alger depuis 1 883, se borne à l'adoration
de huit à dix heures du premiers vendredis du mois.
soir, la veille des
L'adoration nocturne s'est propagée en Belgique, en Allemagne, en
Italie, en Espagne, au Mexique, à Cuba, en Océanie, aux îles Philip-

pines, etc. Elle est très florissante en Pologne, à Cologne, à Gand,


à Gênes, à Grenade, à Liège, à Londres, à Madrid, à Saragosse,
à Turin, etc.
U Adoration nocturne à domicile a été fondée en i85i, par l'abbé de
La Bouillerie, en même
temps que celle des Tabernacles. S. S. Pie IX
Ta érigée en archiconfrérie, par un bref du 23 février 1 858. Cette

(1) Nous avons emprunté quelques-uns de ces renseignements à l'ouvrage anonyme du


président de l'œuvre, M. Baudon, intitulé : VŒuvre de l'exposition et adoration nocturne
du très Saint-Sacrement. Paris,, 1877, in-12.
(2) Parmi les localités où a lieu l'adoration nocturne, nous citerons, entre autres :

Abbeville, Amiens, Angers, Arras, Autun, Avignon, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Bourg,


Caen, Chambéry, Clermont-Ferrand, Coutances, Dijon, Douai, Grenoble, La Rochelle,
La Roche-sur- Yon, Lille, Limoges, Lyon, Le Mans, Marseille, Nantes, Nice, Or-
léans, Poitiers, Roubaix, Saint-Malo, Saintes, La Salette, Tours, Troyes, Turcoing,
Vannes, etc.
462 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

œuvre a été créée en faveur des personnes du sexe qui, convenablement,


ne peuvent, pendant la nuit, se rendre à l'église. Toute associée fait,
chaque mois, l'adoration chez elle, pendant une heure. Pour l'orga-
nisation de l'association, il faut trente zélatrices, qui se partagent
entre elles les heures de nuit du mois, de 8 heures du soir à 8 heures
du matin.

ARTICLE II

Des œuvres eucharistiques relatives à la Communion

Les œuvres spéciales communion concernent i° les as-


relatives à la :

communier un nombre de fois


sociations dans lesquelles on s'engage à
déterminé 2 les associations qui s'occupent de la première commu-
;

nion des enfants ou des adultes 3° les communions générales.


;

1
§

Des associations de Communion

Dans lesœuvres dont nous avons parlé précédemment, il y a parfois,


comme nous Pavons vu, un engagement pris par leurs membres de
faire la sainte communion à des époques déterminées, mais il y a quel-
ques autres œuvres ayant exclusivement ce but spécial nous devons ;

indiquer ici les principales.


Communion du mois du Billet. —
Les associés s'engagent à com-
munier, sauf empêchement, au jour qui leur est désigné par un billet
tiré au sort. Ce pieux usage, qui remonte au xvn e siècle, a sur-
vécu à la Révolution dans le diocèse de Vannes et s'y pratique
encore.
Une confrérie dite de Y Année eucharistique a. été fondée en 1828,
dans l'église Saint-Paul-Serge, à Garcassonne. Chaque jour du
mois, un certain nombre d'associés s'approchent de la Table
Sainte.
UArchiconfrêrie de Vannée et du mois eucharistique, établie à
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L 'EUCHARISTIE 463

Vendeuil (Aisne) par M. l'abbé Delaigle, curé de cette paroisse, a pour


but d'assurer des communions pour chaque jour de l'anne'e et spé-
cialement pendant le mois de juin, aux diverses fins de l'œuvre,
dont les principales sont le triomphe de l'Eglise et la réparation des
outrages commis envers le Saint-Sacrement.
U
Œuvre de la Communion perpétuelle et réparatrice, fondée à
Avignon, a pour but principal d'obtenir que Dieu, apaisé par la pra-
tique de la communion fréquente, éloigne de nous les fléaux de sa
colère. Les membres sont divisés en classes ou sections ; chaque sec-
tion se compose de sept ou trente associés ; dans le premier cas, un
jour de chaque semaine, et, dans le second, un jour de chaque mois
est assigné à chacun des associés, pour qu'il s'approche ce jour-là de
la sainte Table. Pie IX, en date du 9 août 1 861 et du 18 mai i863,a

accordé des indulgences spéciales à cette association, qu'ont approuvée


et encouragée un grand nombre d'évêques de France et de Belgique.
U Œuvre de la Communion réparatrice, dont le siège est au couvent
de la Visitation de Paray-le-Monial, a été fondée en 1854, par le P. Dre-
von, de Compagnie de Jésus. Elle a surtout pour but de réparer le
la

défaut de communion des chrétiens non pratiquants, et d'expier les


outrages que Jésus-Christ reçoit dans la Sainte-Eucharistie. Les
membres la communion une fois le mois ou une fois
s'engagent à faire
la semaine,pour consoler le Cœur de Jésus dans le divin Sacrement

de son amour; 2 pour les besoins de l'Église; 3° pour le Souverain


Pontife 4 pour obtenir la conversion des pécheurs, et le maintien de
;

la foidans tout l'univers, principalement en France. Cette vaste asso-


ciation, encouragée par six brefs ou rescrits de Pie IX, s'est répandue
en Belgique, en Italie, en Espagne, en Portugal, en Tunisie, en Amé-
rique et Cochinchine française.
jusque dans la

La Communion réparatrice a obtenu de ses adhérents :

De 1854 a 1860, 5,ooo communions par jour,


De 1860 à 1870, 5,ooo 1 — —
De 1870 à 1876, 35,ooo — —
De 1875 à 1878, 45,000 — —
De 1878 à 1880, 55,ooo — —
ce qui fait, en 26 ans, 289 millions de communions offertes en répara-
tion au divin Cœur de Jésus (1).

(1) Cf. La communion réparatrice offerte au Sacré-Cœur de Jésus, Lyon, 1874; Recueil
de différentes publications concernant l'œuvre de la communion réparatrice, par le P. Dre-
von; le Règne de Jésus-Christ, i ie livraison.
464 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

V Œuvre de la Communion réparatrice, en union avec Marie, a été


érigée en archiconfrérie par Pie IX. Son siège est à Vaugirard,
dans la communauté de Marie Réparatrice.
UAssociation réparatrice envers la sainte Trinité, par le moyen
des trinités de messes
de communions, a été fondée en 1873 par
et

une humble tertiaire franciscaine de Paris et approuvée par Pie IX,


en 1876.
Une Association de communion mensuelle, pour les besoins actuels
de l'Eglise, a été érigée à Rome dans l'église Saint-Laurent, sous le
pontificat de Pie IX. De là, elle s'est répandue à Gênes et dans un
grand nombre de villes d'Italie.
A Madrid, une association du Centre eucharistique a été fondée
en 1872. Elle comprend environ 260,000 associés qui font un nombre
égal de communions mensuelles. LAssocialion du culte continuel du
Saint-Sacrement, établie à Grenade en 1854, a également pour but de
multiplier le nombre des communions.

S 2

Œuvres relatives aux premières Communions

A Paris et ailleurs, les familles aisées dont un enfant se dispose à

faire lapremière communion, se font un bonheur d'habiller gratui-


tement un petit garçon ou une petite fille, parmi les plus indigents
d'entre ceux qui, le même jour, doivent s'asseoir à la Table eucharis-
tique.
Dans beaucoup de diocèses, on fait une quête, soit à domicile, soit
dans l'église, pour fournir des vêtements convenables aux enfants
pauvres de la première communion. On veut que, ce jour-là, une
sainte égalité règne entre ceux qui s^sseyent au même banquet.
Cette bonne œuvre a été l'objet de diverses fondations. En mourant
à l'âge de 91 ans, M
mc d'Haubersaert
a légué à l'église Notre-Dame
de Douai, une terre de valeur importante, sous la condition d'habiller,
chaque année, les enfants pauvres, pour leur première communion.
Ce sont là des œuvres de charité matérielles. Il en est beaucoup
d'autres qui, sans négliger ce soin secondaire, ont pour objet de facili-
ter aux enfants pauvres les moyens de faire une bonne première com-
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 465

munion. On s'occupe surtout de ceux que leur ignorance, ou leur- jeu-


nesse avancée, ou d'autres causes éloignent des catéchismes parois-
siaux. Ils sont instruits dans une maison de retraite, et, après leur
première communion, on s'efforce de les faire persévérer dans le bien.
Il existe beaucoup d'œuvres de ce genre à Paris et en province. Celle

de la Première Communion des ouvriers adultes a été fondée à Paris


par le P. Eymard ; celle de la Première Communion des apprentis,
fondée par M. l'abbé Planchât, fusillé par la Commune, est aujour-
d'hui dirigée par M. l'abbé de Broglie. Celle de la Première Commu-
nion des ramoneurs et des fumistes, qui existe depuis plus de deux
siècles, ason siège aujourd'hui dans l'ancienne église des Carmes de
la rue de Vaugirard. Les membres de l'association font eux-mêmes
le catéchisme aux enfants, quatre fois par semaine, dans une des salles
de l'Institut catholique. Les enfants sont préparés au grand acte qu'ils
doivent accomplir par une retraite de huit jours, à laquelle assistent
beaucoup de parents et un certain nombre de patrons.
M. l'abbé Roussel a établi à Auteuil une œuvre importante, dont un
membre du Congrès des Comités catholiques parlait en ces termes, dans
l'Assemblée générale du Quatre fois par an, à Auteuil,
1 2 juin 1878 : «

s'ouvrent les portes d'une maison connue sous le nom de Maison de


la Première Communion, mais qui se dit volontiers la Maison de la
Providence. Les envoyés du bon Maître s'en sont allés par les carre-
fours, appelant ceux qu'ils rencontraient pour remplir la salle du
festin. C'est une Sœur ou une dame de charité, un membre des
Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, un patron chrétien, un de ces
mille bienfaiteurs que l'occasion du bien fait surgir en France; —
quelquefois c'est un agent de police. Et, chaque trimestre, cinquante
ou soixante jeunes garçons, de quatorze à dix-huit ans, sont ainsi
recrutés pour le bataillon sacré de M. l'abbé Roussel. Il est très inté-
ressant d'assister, au jour marqué, à l'entrée de la troupe en haillons;
presque tous ces visages portent l'empreinte profonde de toutes les
souffrances et de toutes les misères. Mais, en trois mois, la transforma-
tion est complète, et, dans la chapelle de la maison hospitalière, la
première communion a des joies rayonnantes, des larmes et des
ardeurs — « brûlantes comme un fer rouge », suivant l'énergique
expression d'un de ces chers régénérés — qui sont pleins de pro-
messes, promesses sont tenues. »
et ces

UArchiconfrérie de Notre-Dame de la Première Communion, établie


au petit séminaire de Felletin (Creuse), se propose d'obtenir pour les
T. II. 3o
466

enfants qui en font partie la grâce d'une bonne première communion.


i° La sainte messe est célébrée pour eux le chaque semaine.
jeudi de
2° Les associés mettent en commun leurs prières, leurs bonnes
œuvres, etc., le jeudi, jour de l'institution de la sainte Eucharistie, et
le samedi, jour consacré à la sainte Vierge. 3° Les associés, dès que

leur âge le permet (ou leurs mères, s'il sont encore trop jeunes),
récitent chaque jour aux mêmes fins un Ave Maria avec l'invoca-
tion Notre-Dame de la Première Communion, prie\ pour nous.
:

4° Au petit séminaire où est fondée l'association, deux enfants sont


conduits chaque jour aux pieds de Marie pour lui offrir, au nom des
associés, des prières déterminées. 5° Chaque année, à la fin des exer-
cices du mois de Marie, le saint Sacrifice est offert solennellement
pour tous les membres vivants ou défunts de l'Association et pour ses
bienfaiteurs. Cette confrériecompte un grand nombre d'associés par
toute la France et publieun Bulletin intitulé Le Parterre de Notre- :

Dame de la Première Communion.


Une œuvre analogue existe à Châteauneuf-sur-Cher, sous le nom
d'Archiconfrérie de Notre-Dame des Enfants.
En 1 863, à Lyon, s'est fondée, dans la maison dite des Convales-
centes, F Œuvre de Sainte-Anne pour la convalescence et la première
communion des jeunes filles délaissées. Elle a pour but de faciliter la
première communion aux jeunes filles abandonnées qui ne peuvent
être appelées chrétiennes qu'en raison du baptême qu'elles ont reçu.
Une Union de prières des premiers communiants s'est formée,
en i883, entre les premiers communiants du monde catholique. Cette
œuvre présente plusieurs précieux avantages i° elle suggère au jeune :

chrétien la salutaire pratique de réciter chaque jour une prière en


l'honneur de la sainte Vierge ;
2° elle attire les bénédictions célestes

sur toutes les premières communions du monde entier, par les

prières spéciales des enfants les uns pour les autres 3° elle dispose ;

l'enfant à solliciter son entrée dans une œuvre de jeunesse ou dans


les congrégations locales destinées à assurer plus efficacement sa per-
sévérance. Pour faire partie de Y Union, il suffit de réciter, chaque
jour, un Ave Maria, avec l'invocation O Marie, conçue sans pé-
:

ché..,. ; chaque dimanche, un Pater, un Ave, avec une prière pour la


communion spirituelle.
Dans plusieurs villes de France, à Amiens, à Nancy, etc., des
Jésuites, des prêtres séculiers ou des membres de la Société de Saint-
Vincent-de-Paul, profitent des foires qui réunissent un grand nombre
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 467

de saltimbanques, pour instruire leurs enfants et les préparer à la


première communion, à la confirmation, quelquefois même au bap-
tême.
Les oeuvres de première communion se sont nécessairement multi-
pliées,depuis que l'enseignement du catéchisme est interdit dans les
écoles communales. Dans beaucoup de paroisses, des dames pieuses
suppléent à cette lacune, due à une loi inique.

Des Communions générales

Dans un certain nombre des églises de la Compagnie de Jésus, une


communion générale se fait chaque mois, à jour fixe, avec une grande
solennité. Elle a été primitivement établie à Rome, en 1609, par les
PP. Jésuites, pour le salut des vivants et le soulagement des âmes du
Purgatoire. Plus tard, dans la même une pieuse congrégation se
ville,

forma sous le nom de Sodaliîé de la Communion générale. Au xvne


siècle, chaque jour de communion générale comptait à Rome, de 20 :

à 3o,ooo participants à Séville, de 20 à 24,000 ; à Lisbonne, de 24


;

à 25,000 à Palerme, de 24 à 28,000; à Messine, de 5o à 80,000.


;

Saint François de Hiéronimo, dans le royaume de Naples, fut un


ardent propagateur de cette dévotion, qu'enrichirent successivement
de nombreuses indulgences les papes Paul V, Urbain VIII, Inno-
cent X, Innocent XII, Clément XI et Clément XII.
On sait que, d'ordinaire, les missions données dans les paroisses se
terminent par une communion
générale. M. l'abbé Cochet (1) raconte
1700 à Saint-Remy de Dieppe. « La com-
ainsi celle qui eut lieu en
munion générale qui termina la mission fut vraiment merveilleuse. On
la partagea en trois séries, les filles d'abord, puis les femmes, puis les
hommes et les garçons ; de ces derniers, on en compta plus de 8,000
bien pressés, disent les chroniqueurs. A cette communion de clôture,
le Bouneau monta en chaire, dit un manuscrit anonyme, tira des
P.
larmes des yeux de tout le monde; un chacun pleuroit, le cierge
ardent à la main, criant par plusieurs fois : Miséricorde ! La circon-
stance était vraiment solennelle. La ville fumante encore des boulets

(1) Les églises de l'avr. de Dieppe, p. 42.


468 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

qu'Albion y avait lancés, se relevait à peine de ses ruines. Aussi on


ne peut rien s'imaginer de plus sublime que le spectacle qu'elle pré-
senta alors. »
Le P. Ravignan, en 1841, inaugura à Paris une retraite pour la
communion pascale des hommes. Elle s'ouvrit à l'église de l'Abbaye-
au-Bois, et, vu l'afïïuence des auditeurs, fut tranférée, dès le lende-
main, à Saint-Eustache. L'année suivante, la retraite eut lieu à Notre-
Dame où, chaque année, elle porte des fruits si abondants. Elle est
terminée par l'accomplissement public du devoir pascal. Plus de 5, 000
hommes, appartenant à toutes les classes de la société, se pressent
autour des quatre tables de communion où, pendant une heure, est
distribué le pain eucharistique. Durant cette imposante manifestation
chrétienne, le chant général du Credo et du Te Deum produit un
effet véritablement grandiose.
Dans un certain nombre de diocèses, surtout dans les grandes
villes, on prêche une retraite de quelques jours, comme préparation

à la communion générale de Pâques. Dans les villes épiscopales, la


communion générale des hommes se fait ordinairement à la cathé-
drale.

ARTICLE III

Des Œuvres relatives au saint Viatique

Toutes du Saint-Viatique, ont pour principal


les associations, dites

objet de former un cortège d'honneur au Sauveur des âmes, toutes


les fois qu'il est porté aux malades. Beaucoup de confréries du Saint-
Sacrement s'imposent cette obligation dans leurs statuts. Ce fut même
là l'originede l'archiconfrérie romaine instituée en i5i3, et dont
nous avons parlé plus haut. Un Carme de l'église Santa-Maria in
Traspontina portait le saint Viatique à un malade et n'était accom-
pagné que d'un seul laïque, tenant une torche allumée. Plusieurs fer-
vents paroissiens, témoins de cet isolement, résolurent de fonder
dans leur église une association pour accompagner le saint Viatique.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 469

Plus tard, cette confrérie fut transférée dans l'église Saint-Jacques in


Borgo, et enfin à Sainte-Marie de la Minerve (1).
Depuis longtemps il existe, à Rome, une association plus spéciale,
nommée Pia unione per 1 acccompagnamento de! SS. Viatico.
Le i5 avril 1 885, le Cardinal-Vicaire de Rome, dans une circulaire
adressée aux curés de cette ville, a protesté contre la suppression des
honneurs publics rendus au saint Viatique.
En France, la principale œuvre de ce genre est Y Archiconfrérie du
Saint-Viatique, dont le siège est à Saint-Pierre de Saintes. Elle a
pour but d'honorer le Saint-Sacrement, particulièrement dans la
maison des pauvres, de suppléer à l'insuffisance des prêtres en pré-
parant les malades à recevoir la visite de leur Dieu enfin de s'opposer,
;

par l'exercice d'un saint zèle, aux tentatives impies des solidaires et
des francs-maçons. Toutes les associations particulières de paroisse,
agrégées à l'œuvre centrale, participent aux indulgences accordées
en 1874 par Sa Sainteté Pie IX. Cette archiconfrérie a un lien maté-
riel qui permet aux associés de n'être jamais pris au dépourvu dans

leur ministère de charité. C'est une petite chapelle portative qui con-
tient les objets suivants une nappe de toile blanche avec garniture,
:

pour couvrir une table; un petit thabor pour déposer la custode; un


bénitier en métal argenté et un goupillon une cassolette pour faire
;

brûler de l'encens une timbale dans laquelle le prêtre puisse se puri-


;

fier les doigts; un purificatoire; deux vases en bois avec des bouquets

artificiels de l'encens ; deux flambeaux et deux cierges bénits ; une


;

nappe de communion qu'on étend sur le lit des malades. Le tout


est contenu dans une caisse, qu'une seule personne peut facilement
porter.
Des agrégations de ou des œuvres analogues
cette archiconfrérie
ont été établies à Moulins et dans diverses autres
Lille, Marseille,
localités, soit pour les hommes, soit pour les femmes. A Lyon, on la
désigne sous le nom de Confrérie de Notre-Dame du Saint-Sacrement
et du Saint- Viatique. Nous devons ajouter qu'un certain nombre de
ces œuvres sont momentanément en souffrance, depuis que le trans-
port solennel du saint Viatique a été interdit par beaucoup de muni-
cipalités libres-penseuses.
Une Association du Saint- Viatique a été fondée en 1844, par
D. Francisco Rodriguez Vela, dans la province de Santiago; elle

(1) Moroni, Di\ionario di erudi^ione, V° Arciconfraternita.


470

s'est répandue depuis à Madrid et dans quelques autres villes d'Es-


pagne.
Un certain nombre de confréries, dites des Agonisants, de la Bonne
Mort, des Malades, de Notre-Dame des Malades, ont pour objet
le soin corporel et spirituel de ceux qui sont en danger de mort.
Il y avait jadis des Confréries des Agonisants, à Rouen (1472), à
Paris, dans l'église de la Mercy ([673), à Dijon, dans la chapelle du
Séminaire (1686), à Lille, à Marseille, à Nancy, etc. Elles rendaient
des services corporels et spirituels aux malades. Les frères visiteurs
s'enquéraient tout d'abord si le malade avait rempli ses devoirs de
chrétien, et, ne l'avait pas fait, ils s'efforçaient, par leurs exhorta-
s'il

tions, de l'y amener. On faisait dire des messes à son intention. S'il
venait à mourir, les confrères l'ensevelissaient, priaient pour le
repos de son âme et s'occupaient de sa sépulture.
A Marseille, une Confrérie de saint Joseph agonisant fut fondée
très anciennement. La cloche paroissiale convoquait les confrères, qui
se mettaient en prières devant l'autel de saint Joseph, et qui accom-
pagnaient le saint Viatique auprès des malades.
Aujourd'hui encore, il existe des confréries analogues à l'église
Saint-Aubin de Rennes, à Tinténiac (Ille-et- Vilaine), etc.
A Anvers, V Administration de la quinzaine est destinée à procurer
tous les quinze jours le bienfait de la sainte communion aux malades
qui la désirent. Le Saint-Sacrement leur est toujours porté d'une
manière solennelle, aux accents des chants religieux. Une confrérie
du Viatique fut fondée dans cette ville, sur la paroisse Notre-Dame,
en vertu d'un legs de 62,000 florins de Brabant, fait par un négociant
nommé Pierre Verbiest. Le donateur voulut qu'avec la rente de ce
capital, on entretînt six chapelains-prêtres et quatre musiciens qui
devaient accompagner le saint Viatique (1).

On que l'archiconfrérie de Notre-Dame des Malades a son


sait
centre à Paris, dans l'église Saint-Laurent, et que de nombreuses
messes y sont dites pour les besoins corporels et spirituels des
associés.

(1) Congrès des œuvres euch., tenu à Liège, p. 204.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 471

ARTICLE IV

©c quelques autres Œuvres eucharistiques

Il existe un certain nombre d'œuvres eucharistiques, n'ayant point

pour but spécial, comme les précédentes, soit l'adoration du Saint-


Sacrement, soit la communion, soit le saint Viatique ; nous allons
énumérer les principales.
Le Mois du Saint-Sacrement. —
Beaucoup de personnes pieuses
honorent, par des pratiques de dévotion, sous le nom de Mois du
Saint-Sacrement, les trente jours qui suivent la Fête-Dieu. Des prières
et des méditations ont été publiées pour aider les fidèles à célébrer
dignement ces jours bénis (i). Dans divers diocèses, le mois de juin
est consacré tout entier au Saint-Sacrement et donne lieu à des exer-
cices quotidiens. Chaque matin, on fait à l'église une méditation
eucharistique; le soir, une instruction précède le salut du Saint-Sacre-
ment. Dans d'autres diocèses, les pieux exercices du Mois du Pré-
cieux-Sang se font également dans le cours du mois de juin.
L'Œuvre de zèle, pour l'accroissement du culte du saint-sacre-
ment, parmi les hommes, s'est fondée à Lille, en 1872.
L'Œuvre des tabernacles et des églises pauvres, fondée en 1846
par M. l'abbé de La Bouillerie, et érigée en archiconfrérie dix ans
plus tard, est véritablement eucharistique, en ce sens qu'un de ses
buts est de fournir gratuitement aux églises de France, dénuées de
ressources, des vases sacrés, des linges d'autel, des vêtements sacer-
dotaux, en un mot, tous les objets liturgiques dont elles ont besoin
pour la célébration du culte. Les ressources de l'œuvre se composent
i° de souscriptions fixées à trois francs au moins, par an ; 2 de dons
en nature, tels qu'étoffes anciennes, robes de soie, fleurs artificielles,
enfin de tous les objets qui peuvent servir au culte. Les dames
associées s'occupent de confectionner des vêtements sacerdotaux,
des nappes d'autel, des voiles de calice, etc., pour les églises pauvres.
A Paris, le siège de l'œuvre est au couvent des Dames Réparatrices
du Saint-Sacrement (rue des Ursulines, 12). En province, on se réu-
nit à certains jours fixes, pour travailler soit dans une communauté

(1) Citons entre autres l'abbé A. Girard, le Mois du très Saint-Sacrement du pieux
:

fidèle ; l'abbé G. Hippolyte, le Mois du très Saint-Sacrement à Vusage du clergé; Madame


Bourdon, le Mois eucharistique .
472 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

religieuse, soit alternativement chez un certain nombre de dames


dont le salon se métamorphose en atelier. Tous les ans, dans le cou-
rant de l'hiver, se fait une exposition de tous les objets achetés ou
confectionnés par l'association dans le courant de l'année : c'est après
cette exposition qu'a lieu la distribution aux églises pauvres (i).

Avant de cette œuvre, des chrétiens fervents avaient


l'institution
isolément poursuivi même but. Tel fut le baron de Rentyqui,
le

au xvn e siècle, donna des ciboires en argent à un grand nombre


d'églises rurales du diocèse de Bayeux, et les enrichit de tabernacles
qu'il fabriquait et dorait de ses propres mains. On sait que Marie
Leczinska consacrait presque tous ses loisirs à broder des ornements
pour les églises pauvres.
L'Œuvre apostolique poursuit le double but de secourir les mis-
sionnaires en leur fournissant tous les objets nécessaires au culte, et
de faire élever, instruire et former des prêtres indigènes dans les
séminaires des missions. Cette œuvre, fondée par Mlle Zoé Duchesne,
à Orléans,"transportée à Paris en i856, est éminemment eucharistique,
puisque, chaque année, elle fournit aux Missions étrangères un
nombre considérable de vêtements sacerdotaux, de linges d'autel, de
calices, de ciboires, d'ostensoirs, de custodes, etc. U Œuvre aposto-
lique a des succursales dans beaucoup de villes de France.
L'Œuvre de la messe réparatrice, dont le siège est au Grand Sémi-
naire de Nevers, a pour but d'offrir à Dieu, chaque jour et à perpé-
tuité, une ou plusieurs messes dites de réparation, comme amende
honorable à la personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en com-
pensation des messes célébrées indignement dans l'univers entier, et
de plus, en expiation des manquements journaliers commis dans la
célébration des saints Mystères.
L'Union au sacrifice perpétuel de Notre-Seigneur Jésus-Christ
estune dévotion qui consiste à s'unir au saint Sacrifice offert dans le
monde entier à tout instant du jour et de la nuit. Le soleil se levant
à différentes heures dans les diverses contrées, il n'est pas de moment
où la sainte messe ne soit célébrée et où l'on ne puisse s'y associer

par la communion spirituelle. Voici l'horloge eucharistique, indi-


quant les heures de Paris où la Victime sainte est immolée :

(i) Voici les noms des vingt diocèses qui s'affilièrent les premiers à l'Œuvre centrale :

Angoulême, Bourges, Garcassonne, Goutances, Meaux, Mende, Nîmes, Sens, Soissons,


Saint-Flour, Châlons-sur-Marne, Séez, Bayeux, Limoges, Luçon, Troyes, Viviers, Le
Mans, Clermont-Ferrand.
LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 47 3

A minuit. On célèbre la Sainte Messe, en Asie dans la Chine occi-


:

dentale, dans le royaume de Siam, dans la péninsule de Malacca, dans


le Thibet, etc.

A une heure du matin. En Asie dans le Bengale, dans les Vica-


:

riats de Dacca et de Calcutta, dans la Péninsule de Ceylan, à Madras


et dans le Maduré.

A deux heures. En Asie dans les trois Vicariats de Maïssour, de


:

Goa et de Bombay (rives du Malabarj.


A trois heures. Dans l'Archipel indien, à l'île de la Réunion, dans
l'île de Madagascar, etc.

A quatre heures. Dans la Perse, la Palestine, une partie de la


4

Russie d'Europe, etc.

A cinq heures. En Pologne, en Autriche, en Egypte, etc.


De six heures à midi. En Italie, en France, en Espagne, en Angle-
terre, en Vénézuéla, etc.
A une heure après midi. Dans
le Missouri, le Texas, une partie du

Mexique, etc.
A deux heures de Paprès midi. Au Mexique et dans les montagnes
Rocheuses.
A trois heures. Dans la Californie et dans l'Orégon.
A quatre heures. Dans l'Océanie, aux îles de Mangariva, aux îles
Marquises, etc.

A En Océanie dans les Archipels de Pomotou et de


cinq heures. :

Taïti, dans
grand archipel des Sandwich, etc.
le

A six heures. En Océanie dans un grand nombre d'îles, comme


:

Hamoa, Tonga, Wallis, Futuna, etc.


A sept heures. Dans les colonies anglaises de l'Australie orientale.
A huit heures. En Océanie dans la Nouvelle-Calédonie, les Nou-
:

velles-Hébrides, les Nouvelles-Philippines, etc.


A neuf heures. En Océanie, dans l'archipel Viti, récemment converti
au Catholicisme.
A dix heures. En Océanie, dans l'Australie méridionale, aux îles
Moluques, aux Philippines; en Asie, dans la Corée et quelques îles
du Japon.
A on^e heures du soir. Dans l'Australie occidentale, dans le diocèse
de Batavia et dans la Chine orientale (i).

(i) Le P. Kinane, La Colombe du Tabernacle, trad. de l'anglais par M. Lérida Geofroy,


p. 181.
474 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Congrès eucharistiques. —
Chaque année, aux séances des Comités
catholiques, il se fait un rapport sur les œuvres eucharistiques c'est :

ce qui a donné Congrès spéciaux, composés, sans distinction


lieu à des
de nations, des représentants des diverses œuvres du Saint-Sacrement
et de catholiques dévoués au culte de l'Eucharistie. Le premier a eu
lieu à Lille, en 1881 le second, à Avignon, en 1882
; le troisième, à ;

Liège, en 883 le quatrième, à Fribourg,en i885. Celui de Lille était


1 ;

divisé en trois commissions i° œuvres d'adoration et de réparation


:
;

2 culte de l'Eucharistie, hommages intérieurs, œuvres diverses ;


3° propagande de la dévotion eucharistique. Le 3o juin, pour la clô-
ture du Congrès, plus de 4,000 hommes, dans l'église Saint-Maurice,
ont suivi avec des flambeaux la procession du Saint- Sacrement, en
réparation de l'injure faite à t
Notre-Seigneur par l'interdiction des
processions extérieures delà Fête-Dieu.
Pèlerinages eucharistiques. — Il existe un certain nombre de pè-

lerinages eucharistiques, plus ou moins anciens, dans les sanctuaires


qui ont été témoins de prodiges opérés par le Saint-Sacrement.
Comme nous avons parlé de ces miracles dans le livre XI, nous ne
dirons ici que quelques mots sur les pèlerinages auxquels ils ont
donné lieu.
En 1875, un pèlerinage a été établi à l'église Saint-Jean-Saint-
François, à Paris, où se sont conservées les traditions du fameux
miracle des Billettes.
A Douai, le sixième Jubilé séculaire du Saint-Sacrement de
Miracle eut lieu en 1 855, avec une pompe qui ne peut être comparée
qu'au pèlerinage national de 1875, où plus de 5o,ooo personnes assis-
taient à la procession.
En 1874, un pèlerinage général fut inauguré à la chapelle des Péni-
tents-Gris d'Avignon, où le Saint-Sacrement est exposé depuis six
siècles et demi. La procession jubilaire de 1876 comptait près de cent
mille pèlerins.
Le 2 janvier amène tous les ans à Marseille (Oise) un grand nom-
bre d'ecclésiastiques et de fidèles, pour le pèlerinage des saintes
Hosties dont nous avons raconté l'histoire. Nous avons également
parlé des pèlerinages eucharistiques de Favernay, de Vrignes-
au-Bois, des Ulmes, près de Saumur, etc. (1). D'autres pèlerinages
eucharistiques, plus ou moins fréquentés, existent dans les]Pays-Bas :

(1) Tome I, pages 498, 5o2 ; 5o8, etc.


LIVRE XVIII. — DU CULTE DE L'EUCHARISTIE 475

à Amsterdam, depuis 1 345 ; à Boxmeer, depuis [1400; à Boxtel,


depuis 1 449 à Bergen, depuis 142 1 à RipHont,
280 ; à Breda, depuis 1 ; ;

depuis 1342; à Meersen, en Limbourg, depuis un temps immémo-


rial (1).

Onpeut encore ranger parmi les pèlerinages eucharistiques (et


c'est effet le nom qu'on leur donne) ces rendez-vous de nom-
en
breuses paroisses qui, depuis 1874, ont lieu dans le diocèse de
Luçon ils ne sont attachés ni à un jour ni à un lieu particulier.
;

D'immenses foules se réunissent dans une paroisse déterminée, où


une fête eucharistique se termine par la procession du Saint-Sacre-
ment (2).
Presque tous les pèlerinages peuvent être considérés comme des
manifestations eucharistiques, en raison des nombreuses communions
qui les sanctifient. Dans les plus célèbres sanctuaires français de
pèlerinage, on a constaté, en 1878, le nombre suivant de communions
annuelles :

Église d'Ars 20,000


Notre-Dame de Liesse '.
21,000
Visitation de Paray-le-Monial 3.2,000
Chapelle du Vœu national, au Sacré-Cœur de Parts. 35, 000
Notre-Dame de la Délivrande 40,000
Notre-Dame de la Salette 45,000
Notre-Dame de Chartres 80,000
Notre-Dame de Fourvières 140,000
Notre-Dame des Victoires 140,000
Notre-Dame de Lourdes 200,000 (3).
Musée eucharistique de paray-le-monial. Le P. Drevon, de la —
Compagnie de Jésus, mort à Rome en 1880, avait fondé, deux ans
auparavant, à Paray-le-Monial, un musée et une bibliothèque eucha-
ristiques. Cette œuvre est continuée par M. le baron Alexis de Sara-
chaga; elle a pour organe le Règne de Jêsns-Chr~ist, Revue illustrée
trimestrielle. La bibliothèque compte déjà plus de 5, 000 volumes. Le
musée est une sorte de démonstration artistique du règne de Notre-
Seigneur dans le Saint-Sacrement. Les tableaux, les gravures, les pho-
tographies, les dessins, les objets d'art sont placés dans trois salles

(1) Congrès euchar. de Lille, p. 485.


(2) Congrès euch. tenu à Liège, p. 32g.
(3) Rapport des Œuvres euchar. lu à l'Assemblée générale des Comités cathol.
de 1878.
476 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

spéciales'; Tune renferme les monuments du règne eucharistique dans


Tordre intellectuel; l'autre, dite salle des miracles, concerne le règne
eucharistique sur les natures inférieures ; la troisième est consacrée au
Sacré-Cœur, c'est-à-dire au règne de Jésus-Christ dans l'ordre moral,
au règne de son Cœur sur le cœur des hommes. Le nouvel édifice
qu'on a dessein de construire contiendra en outre ce qu'on pourrait
appeler l'archéologie du Saint-Sacrement, c'est-à-dire des monu-
ments de sculpture, d'épigraphie, d'orfèvrerie, de numismatique, etc.
LIVRE XIX

ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE

Les monuments iconographiques dont nous devons nous occuper


sont relatifs i° aux figures de l'Eucharistie; 2° à son institution; 3° à
l'Eucharistie en ge'néral ou à des particularités eucharistiques.
CHAPITRE I

Des figures de l'Eucharistie

Nous avons déjà signalé les principales figures de l'Eucharistie,


d'après les indications des Pères (i). Nous n'avons plus à les étudier
que sous le rapport iconographique.
La discipline du secret devait interdire aux premiers artistes chré-
tiens de représenter le mystère le plus auguste de la Religion ; il fallait
se garder de le révéler aux profanes qui auraient pu furtivement s'in-
troduire dans les catacombes. Aussi n'y a-t-il, dans ces cimetières
sacrés, aucune représentation proprement dite de la Cène, ni de la
messe, ni de la communion; mais il y est fait de nombreuses allusions
par des figures symboliques dont les Chrétiens seuls pouvaient com-
prendre la signification. Nous allons indiquer, par ordre alphabétique,
les principales figures allégoriques, par lesquelles les premiers siècles
chrétiens ont désigné Y Eucharistie.
Animaux symbolisant la communion. —
On voit, sur les marbres
chrétiens, des vases d'où s'élèvent des pampres garnis de raisin que
becquettent une ou deux colombes. Dans une église du v c siècle,
découverte à Rimini en 1 863, se trouve un autel où est sculpté un
vase anse, surmonté d'une croix d'où sortent deux ceps de vigne char-
gés de raisins que becquettent six oiseaux (2). A Briord (Ain), sur
la tombe de Boldaricus, deux colombes boivent dans un vase. Sous
une inscription de l'an 460, publiée par M. de Rossi (3), on voit une
colombe ayant sur la tête le signe de la croix et s'apprêtant à boire
dans un calice ministériel « C'est là, dit M. le chanoine Davin (4),
:

le fidèle lavé dans le baptême, et marqué du sceau du Christ dans la

(1) Livre I, ch. i, page 3.


(2) De Rossi, Bulletino, 1864, p. i5.
(3) Inscr. Christ., t. 1, p. 323.
(4) La Capella greca, ch. xxn.
LIVRE XIX. — ICONOGRAHIE DE L'EUCHARISTIE 479

Confirmation, qui va goûter lajmanne ou le vin céleste de l'Eucharistie.


A Lyon, nous trouvons sur un marbre funéraire, deux colombes
ayant encore ce signe sur la tête, qui becquettent les dattes d'un pal-
niîer, figure du Christ. C'est le même symbole du Baptême, de la
Confirmation et de l'Eucharistie, et, sur tous ces monuments, ce
signe -f-
est bi en ^ e signe du Christ empreint au front des chrétiens à
la Confirmation. »

Sur des monnaies de la première race, frappées dans le Gévaudan,


ainsi que sur des triens de Cahors, se trouvent des oiseaux affrontés
qui boivent dans un calice ou qui becquettent une grappe de raisin
émergeant d'un vase. MM. Lelewel et E. Cartier voient là, avec raison,
un symbole eucharistique (i). Cette allégorie a persévéré dans le cours
du moyen âge. Des colombes, emblème de la simplicité et de la dou-
ceur, parfois munies de la queue du serpent, emblème de la pru-
dence, se désaltèrent dans un calice. On voit de ces représentations
sur des chapiteaux de Saint-Hilaire de Poitiers, de la cathédrale du
Mans, etc. La de l'oiseau est souvent ornée d'une riche aigrette.
tête
Il est impossible, dit l'abbé Crosnier (2), de ne pas reconnaître ici les
dispositions nécessaires pour approcher dignement du banquet eucha-
ristique et les fruits précieux qu'en retire l'âme fidèle. C'est en effet
dans la communion que le chrétien trouve le germe de l'immortalité
et qu'il s'assure la couronne de gloire indiquée par l'aigrette déployée,
qui surmonte, comme un magnifique diadème, la tête de ces co-
lombes.
Quelquefois, au lieu de colombes, ce sont des paons qui becquettent
la vigne sortant d'un vase ansé. Sur une pierre sépulcrale du cimetière
de Prétextât (111
e
siècle), conservée au musée de Latran, on voit au

centre deux paons, près d'un vase, sur l'orifice duquel sont disposés
des pains, c'est-à-dire les coronœ consecratœ du sacrifies eucharis-
tique (3).

Plusieurs chapiteaux du moyen âge, par exemple à Saint-Aignan de


Cosne, nous montrent un lion buvant dans un calice. C'est évidem-
ment l'emblème du chrétien qui puise sa force dans le banquet eucha-
ristique (4).

(1) Revue numismatique, i83g.


(2) Bullet. monum., t. XIV, p. 293.
(3) De Rossi, Bullet., nov. 1867, p. 81.
(4) On a cité à tort comme
appartenant à ce symbolisme les lions buvant dans un
calice, qui figurent dans un ancien tissu conservé à la cathédrale du Mans. C'est une
chasse orientale ces lions, comme l'a démontré M. Le Normand, sont une réprésen-
;

tation hiératique empruntée à la religion de Zoroastre.


480 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

Banquets. — Dans les catacombes, il y a deux sortes de représenta-


tions de repas; les uns nous montrent sept hommes assis à une table
où il n'y a pour aliments que des pains et des poissons frits; dans les
autres, on voit des hommes et des femmes en nombre indéterminé*

Parlons d'abord de ces derniers banquets.


Au une fresque représente deux personnes
cimetière Domitille,
assises sur un
devant une table à trois pieds, sur laquelle est
lit,

servi un poisson entouré de trois pains. Près de la table, un homme


se tient debout.
Au cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin, on voit deux banquets
(fin du 111
e
siècle), l'un de cinq convives dont deux femmes, l'autre de
trois hommes et trois femmes. Entre les personnages, on lit distinc-
tement, sur l'une de ces peintures : Agape misce nobis, Irène porge
caîda; et sur l'autre : Agape misce mi, lreïie da calda. C'est donc la
Paix {Irène) et la Charité [Agape) qui sont chargées de distribuer les
mets et les boissons (i).
Sur une peinture murale analogue, du cimetière de Saint-Calliste,
transférée aujourd'hui au musée de Latran, il n'y a ni table ni ali-
ments.
Aringhi, Boldetti, Bottari avaient cru reconnaître des agapes dans
ces représentations et dans plusieurs autres, qu'on trouve également
dans les catacombes. Cette opinion est aujourd'hui généralement
abandonnée. On ne voit jamais de viande sur ces tables, et le luxe des
lits n'est nullement en harmonie avec la simplicité des agapes primi-

tives. Ce sont là des images symboliques du bonheur céleste, que les


paraboles évangéliques comparent souvent à un festin. Aussi, dans une
peinture du cimetière de Sainte- Agnès et sur une sculpture du musée
de Latran, ces repas mystiques forment-ils le pendant de la parabole
des Vierges sages c'est la félicité éternelle, récompense de leur fidé-
:

lité. On peut dire toutefois que ce sont là des représentations figura-


tives de l'Eucharistie, en tant que les agapes sont une image du ban-
quet céleste. Un écrivain protestant, M. Roller, admet cette inter-

prétation. « Ces images, dit-il, (2), étaient aussi des allusions aux
agapes, car le repas espéré avait pour type la Cène chrétienne, celle

qui se faisait dans l'église, entre fidèles, comme témoignage de


l'union au Christ et de la commune participation aux grâces de
Dieu. »

(1) Garucci, Storia dell' arte cristiana, p. 170,

(2) Les Catacombes de Rome, t. II, p. 10.


1

LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 48

Dans un bon nombre de représentations (il y en a cinq dans la

crypte des Sacrements), on voit une table où sont servis des poissons
et parfois des pains. Devant elle, sont assis, sur des lits, des convives
au nombre de sept, et qui sont toujours des hommes. Cette scène rap-
pelle l'apparition, aux apôtres, de Jésus ressuscité, après la pêche
miraculeuse, sur les bords du lac de Tibériade. On sait que Notre-
Seigneur leur offrit alors un repas composé de poissons, cuits sur la
braise, et de pains. Mais, ce n'est point là exclusivement une compo-
sition historique. Les saints Pères ont montré les relations symbo-
liques entre le poisson grillé et le Christ souffrant. « Le poisson frit,

dit S. Augustin (i), c'est le Christ il est aussi le pain qui est des-
;

cendu du Ciel. » Prosper d'Aquitaine, ou plutôt l'Anonyme d'Afrique


qu'on a pris pour lui, appelle Jésus-Christ « le grand Poisson qui,
sur le rivage, a rassasié lui-même ses disciples, qui s'est offert en
Ichlus au monde entier, et dont les vertus intérieures nous illumi-
nent et nous nourrissent chaque jour (2). » La preuve que cette repré-
sentation n'est point purement historique, c'est qu'on y a adjoint un
certain nombre de corbeilles de pain (7, 8 ou 12), dont il n'est point
question dans le texte de saint Jean, et qui n'ont ici pour but que de
rappeler le sens également eucharistique de la multiplication des pains.
Daniel dans la fosse aux lions, Daniel, debout et nu au milieu —
des lions, est fortifié par le pain que lui présente
Habacuc. Cette composition devait rappeler aux
fidèles le prêtre, l'Habacuc de la nouvelle Loi, qui,
lui aussi, guidé par les anges, se rendait dans les
prisons, pour donner le Viatique à ceux qui al-
laient être livrés aux bêtes.
M. Ed. Le Blant a reconnu le même sujet sur une
petite seille en bois, recouverte de cuivre repoussé,
trouvée dans le cimetière mérovingien de Mian-
nay (Somme). « Daniel, dans la fosse aux lions,
dit-il (3), avait, au point de vue symbolique, deux
significations la constance dans la
principales :

persécution, dans la résurrection promise.


la foi

Parmi d'autres sens que cette image présentait de


plus pour nos pères, il en est un encore qu'il faut

( 1 ) Tract. XII in Joan.


(2) De Promiss, et prœd. Dei, t. II, p. 3q.
(3) Revue de l'Art chrétien, t. XIX, p. 94.

T. 11
482

noter. Les vivres apportés par Habacuc à l'illustre prophète étaient,


à leurs yeux, une figure de l'Eucharistie. J'en connaissais déjà deux
preuves : la première, dans les sculptures d'un sarcophage d'Arles,
très inexactement figuré par Millin, et où l'on voit lange et Habacuc
apportant à Daniel des pains et un poisson à tête de dauphin. Une
autre tombe, trouvée à Brescia et publiée dans le beau recueil de
M. Odorici (1), représente Habacuc offrant à Daniel un pain et un
poisson, dans une corbeille. Ce double symbole bien avéré du mys-
tère de l'Eucharistie me paraît se retrouver encore sur la seille de
Miannay. En même temps qu'il porte de la main droite une sorte
de panier à anse, Habacuc tient suspendu, dans sa main gauche, un
objet renflé au milieu et de forme allongée et ondulée. Les données
de la scène ne permettent pas de voir ici autre chose qu'une matière
comestible, et la comparaison des sarcophages d'Arles et de Brescia
me fait incliner à y reconnaître un poisson. Si l'on en juge ainsi
que moi, la seille de Miannay serait le troisième monument de l'art
chrétien, venant révéler, dans une figuration de Daniel exposé aux
lions, une signification symbolique dont je n'ai trouvé, jusqu'à cette
heure, aucune mention dans les écrits des Pères. »
Épis, vigne et raisins. —
Il est certain qu'au ix e siècle, le blé, la

vigne et les raisins avaient, comme de nos jours, une signification


eucharistique. Mais nous croyons que ce symbolisme remonte à une
bien plus haute antiquité, surtout en Orient et en Afrique. Outre les
oiseaux qui becquettent le raisin, on voit fréquemment des génies
vendangeant des vignes et des ouvriers fauchant des moissons. Un
bas-relief de Deir-Saubil (Syrie), antérieur au vn e siècle, représente
un Agneau de Dieu, ayant une croix soudée à son échine; il est accom-
pagné de grappes de raisin et d'un pain incisé en croix (2). Nous ne
devons pas oublier que Jésus-Christ a dit de lui-même « Je suis la :

vraie vigne, » et que les pampres garnis de raisins peuvent faire


allusion à cette parabole. Dans les catacombes, les palmiers, chargés
de fruits, semblent aussi avoir figuré l'Eucharistie.

Manne du désert. Dans un arcosolium du cimetière de Cyriaque,
on voit représentée la parabole des Vierges sages, à côté de la manne
tombant du ciel sur les Juifs dans le désert. « Le miracle de la manne,
dit M. de Rossi (3), n'a jamais été vu dans les autres peintures primi-

(1) Monumenti cristiani di Brescia, tav. XII, n° 3.


(2) Melchior de Vogué, Syrie centrale, pl. 48, n° 3.
Bulletino, i
re série, 1. p. 80.
(3) 1,
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 483

tives,en sorte que les monuments ne peuvent nous aider à en deviner


lemystère. Mais le Sauveur lui-même le révèle, au chapitre VI de
l'Évangile de saint Jean c'est lui qui est la vraie manne, le pain
:

vivant descendu du Ciel. Et l'artiste a peut-être exprimé ce mystère,


en inscrivant le monogramme du Christ dans une couronne, d'où
jaillissent les rayons qui illuminent le nuage chargé de la manne. Ce
prodige, symbole du pain céleste qui nourrit les fidèles durant leur
vie mortelle et les prépare à l'immortalité bienheureuse, en d'autres
termes symbole de en Jésus-Christ et de la divine Eucharistie,
la foi

ne pourrait pas mieux faire suite à la parabole des Vierges ; il démontre


comment la Vierge sage a alimenté la flamme de sa lampe et a été
reçue aux noces éternelles. » Dans d'autres peintures, Moïse (c'est-à-

dire saint Pierre) montre du doigt, soit la manne elle-même, soit le


nuage de bénédiction d'où elle tombe. Ce peut être là une allusion à
l'Eucharistie, en raison même des scènes correspondantes.
Moïse frappant le rocher. — L'eau qui jaillit du rocher ne désigne
pas seulement la grâce, la doctrine évangélique et l'eau du baptême;
elle représente aussi l'Eucharistie, canal de la grâce et de l'Esprit-
Saint. Cette dernière signification est surtout frappante, lorsqu'à côté
de cette scène, on voit Moïse, une verge à la main, montrer des paniers
remplis de cette manne miraculeuse, à laquelle Jésus-Christ s'est
comparé. Saint Jean Chrysostome, commentant la première épître de
saint Paulaux Corinthiens, nous dit « Comme tu manges le corps du:

Seigneur, ainsi les Hébreux ont mangé la manne; et comme tu bois


le sang, ainsi ils ont bu Peau de la pierre. A eux, ont été données la
. .

manne et Peau ; à toi, le corps et le sang. »

Multiplication des pains. — C'est la représentation d'un fait his-

torique, mais en même temps


une figure de la multiplication miracu-
leuse du pain eucharistique qui ne s'épuise jamais, quel que soit le
nombre de ceux qui y participent. On sait que le Sauveur fit deux
multiplications de pains, l'une de cinq pains d'orge et de deux pois-
sons, près de Bethsaïde, dans le désert; l'autre, de sept pains de fro-
ment dont les restes, après avoir nourri quatre mille hommes, rem-
plirent encore sept corbeilles. C'est presque toujours ce dernier
miracle que reproduisent, avec quelque variation, les fresques des
catacombes. Tantôt ce sont les pains et les poissons qui sont figurés
dans leur nombre primitif, c'est-à-dire avant d'avoir été multipliés (i);

(i) Ibid., i865, p. 76.


484 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

(La multiplication des pains (cimetière de l'Ardéatiné).

tantôt ce sont les corbeilles, remplies de pains, qui prennent place


soit autour de la table où est servi le poisson, soit près de celle du
repas de Tibériade (1). Ici, comme dans le cimetière ad duas lauros,
le Sauveur, vêtu de la tunique et du manteau, touche avec une baguette
l'une des corbeilles disposées à ses côtés; là, c'est la véritable scène
historique où les apôtres présentent les aliments qui doivent être
multipliés.
Dans une fresque de la catacombe d'Alexandrie, représentant la
première multiplication des pains, ce n'est pas André et Philippe,
conformément au texte évangélique, qui présentent à Notre-Seigneur
les pains et les poissons, mais Pierre et André. « Il y a là évidem-
ment, dit Mgr Martigny (2), une intention symbolique d'attribuer à
saint Pierre la primauté du sacerdoce eucharistique. Ceci est un trait

de lumière, à l'aide duquel nous pourrions reconnaître saint Pierre ,

offrant les pains et les poissons, dans la plupart des monuments,


[

des sarcophages notamment, où ce fait miraculeux est retracé. »

(1) Bosio, Roma sotter., t. II, pl. 14.

(2) Dict. d'antiq. chrét., éd., p. 290.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 485

Les faits évangéliques sont souvent résumés d'une manière très


sommaire, mais suffisante pour en rappeler le souvenir. Ainsi la mul-
tiplication des pains est fréquemment figurée par un personnage de-
bout, entre deux autres qui lui présentent des pains et des poissons, ou
plus simplement encore par une rangée de corbeilles de pains, le plus
ordinairement au nombre de sept ou de douze.
Quand la multiplication des pains est figurée sur un tombeau, elle
paraît signifier que le défunt s'est muni du pain céleste avant d'entre-
prendre le voyage de l'éternité.
Noces de cana. —
Tous les Pères ont
vu dans le miracle de Cana une image
de la transsubstantiation ; aussi est-il
parfois représenté sur des vases eucha-
ristiques, par exemple sur une burette
du iv e siècle, signalée par Bianchini,
dans ses notes sur Anastase le Biblio-
thécaire (i).

Dans beaucoup de peintures et de


sculptures, nous voyons le Christ tou-
cher des cruches de grès, placées devant
lui. Cette scène a souvent pour pendant

la multiplication des pains, en sorte

qu'on a ainsi sous les yeux, non seule-


Miracle de Cana
ment les deux substances eucharistiques,
mais le changement de l'une et la distribution de l'autre.
Certains sujets qui, isolés, pourraient être différemment inter-
prétés, prennent, par leur rapprochement, une signification eucha-
ristique. Ainsi, dans une coupe d'or provenant de la catacombe de
Calliste, on voit tout à la fois i°Tobie avec le poisson; 2 le Christ
:

changeant en vin l'eau des urnes de Cana; 3° le Christ guérissant le


Paralytique; 4 le Christ apparaissant aux trois jeunes gens dans la four-
naise. On sait que la chair du Sauveur est symbolisée par le poisson ;
son précieux sang, par les vases de Cana ; la vie de la grâce, par la

guérison du Paralytique ; la Résurrection, par la délivrance de la four-


naise ardente. Cet ensemble représente donc la promesse du Sauveur :

« Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang- a la vie éternelle et
je le i~essusciterai au dernier jour. » Cette dernière pensée est encore

(1) lbid., Vo Cana.


486 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

plus accusée, lorsque, comme dans d'autres compositions, l'artiste


y
a ajouté la résurrection de Lazare.
S'il pouvait rester le moindre doute sur la signification eucharis-
tique du miracle de Cana, mis en regard de la multiplication des
pains, ce doute complètement dissipé par l'inscription qui
serait
accompagne ces deux scènes sur une fresque des catacombes d'Alexan-
drie Ta<7 suXoyta? tou Xptatou saôcovTsç ( les mangeants
: les eulogies du

Christ). On sait que dans l'Église d'Alexandrie, l'Eucharistie est tou-


jours désignée sous le nom d'eulogie (1). Cette même inscription euXoyia

se trouve sur un petit coffret en bronze de la collection Basilewski,


représentant le miracle de Cana (2).

Les artistes chrétiens, comme pour montrer qu'ils veulent exprimer


une idée plutôt qu'un fait, réunissent ensemble des événements étran-
gers les uns aux autres; les corbeilles de pains recueillies, après la
multiplication miraculeuse, se trouvent parfois auprès des urnes de
Cana. Comme cette représentation est essentiellement symbolique
l'artiste se préoccupe peu du nombre des récipients; aussi lui arrive-t-

il de dessiner huit corbeilles au lieu de sept ou de douze, et une, deux

trois, cinq ou sept urnes de vin, au lieu des six qu'indique le texte
sacré.
Pain. — Comme le pain accompagne ordinairement le poisson, nous
parlerons de cette association iconographique dans un paragraphe
spécial. Ici, nous nous bornerons à rappeler que les pains figurés dans
les fresques sont souvent marqués du X, monogramme du Christ.
En les fouilles de Porto une lampe en
1869, on a trouvé dans
bronze du iv e siècle, représentant le vaisseau de l'Église. La poupe
est formée du serpent tentateur, tenant entre ses dents la pomme
fatale; mais il est vaincu par la croix qui le domine, et l'on voit
à la proue un dauphin tenant dans sa bouche le pain eucharis-
tique d'un côté, la cause du mal ; de l'autre, son remède triom-
:

phant (3).

Poisson. — Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit dans
notre Histoire du Baptême, de richtusau point de vue philologique, ni
de d'Autun (4), mais nous devons faire remar-
la célèbre inscription

quer qu'en dehors de l'origine anagrammatique de ce symbole, plu-

(1) De Rossî, Bullet., anno III, p. 74.


(2) Jbid.y 1872, p. 19.
(3) Ibid., 1869, p. 16»; 1870, p. 172.
(4) T. II, p. 53 et 522.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE i/EUCHARISTIE 487

sieurs motifs ont pu le populariser parmi les premiers Chrétiens.


Tous les écrivains des âges primitifs comparant la vie à une mer,
l'homme a dû être assimilé au poisson; or, Jésus-Christ n'est-il

pas l'homme par excellence? En tant que Sauveur, n'est-il point figuré
par le poisson que le jeune Tobie pécha dans le Tigre, pour délivrer
Sara du démon vue à son père Tobie ? Les Pères de
et rendre la

l'Église n'assimilaient-ils pas Jésus-Christ lui-même, considéré


comme victime, au poisson frit qu'il servit à ses disciples sur les bords
du lac de Tibériade ?
Tous les poissons qui accompagnent les inscriptions ne se rappor-
tent pas au Christ eucharistique; mais il en est dont l'allusion est
évidente. Telle est la pierre sépulcrale de Maritima, ornée du poisson
et de l'ancre, avec l'inscription suivante :

MapiTijxa aetxve yXuxepov cpaoç ou xareXsupaç*


*E<7/e; [j-stoi <toïï (IX© YN) 7iava0avaTOv xaià rcavra*

Evasêsia yocp <s-f\ xavroxe as irpoayei (1).

Vénérable Maritima, jamais tu ne perdis la très douce lumière car tu portais avec toi :

(lePoisson), le Seigneur immortel des créatures. Ton céleste amour" t'a ravie dans le sein de
l'infini.

« Ainsi donc, dit M. Maurus Wolter (2), c'est un vœu très tendre
adressé à une sainte défunte, probablement à une vierge ; on la féli-
cite d'avoir quitté non pas la lumière surnaturelle et vraiment douce,
mais la lumière terrestre, puisqu'en mourant elle a porté dans son
cœur la source de la lumière éternelle, le Christ, l'immortel Ichtus,
qui, en récompense de sa piété, est supplié de la conduire dans la
Vie éternelle. Tout ce que disent les Pères du Poisson mystique,
comme divin dispensateur de la lumière, de la vie et de la nourri-
ture, est résumé ici en peu de mots : vraisemblablement c'est une
allusion au saint Viatique. »
M. Roller, très disposé à voir des subtilités dans les interprétations
du symbolisme catholique, n'en reconnaît pas moins une pensée eucha-
ristique dans une fresque, peu ancienne du reste, du cimetière de
Sainte-Cyriaque. « Un poisson, dit-il (3), nage dans un marais dont
les bords sont figurés par des roseaux et des plantes aquatiques ; il

semble s'avancer et s'offrir de lui-même à un gros oiseau qui marche

(1) Migne, Pair, gr., t. XIII, p. 407.


(2) Les Catac. de Rome, p. 193.
(3) Les Catac. de Rome, 1. 1, p. 106.
488

sur la rive ; celui-ci ouvre le bec fort large, comme pour avaler l'énorme
poisson. L'invraisemblance du dessin prouve qu'il s'agit bien là d'une
scène allégorique. Lepoissonest plus grosquel'oiseau, comme leChrist
est plus grand que le fidèle. Le poisson, pour se prêter à une opéra-
tion si difficile, est plus haut placé que l'oiseau, contrairement aux lois
naturelles. En outre, l'eau est figurée plus élevée que la terre; évi-
demment il ne pouvait s'agir d'une pêche faite par un oiseau aquatique.
Si l'on veut bien se rappeler que l'âme est souvent symbolisée par
l'oiseau, on pourra émettre l'hypothèse qu'il s'agit ici d'un croyant
vivant du Christ, d'un fidèle se nourrissant du poisson sacré, comme
du pain descendu du Ciel. »
Poisson et pain. —
Presque toujours, le poisson est accompagné
d'autres symboles, et c'est de ce rapprochement qu'il emprunte sa
signification spéciale. Il prend celle de l'Eucharistie, quand il est accom-
pagné de pains; quand, en nageant, il porte sur son dos une corbeille

Poisson et corbeille de pains.

de pains; quand il est placé, en guise de plat, sur une table où sont
également plusieurs pains; quand il est bénit en même temps qu'un

Wiïë
^^^ii f^^M'

Trépied au poisson (cimetière de Saint-Gallistej.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 489

pain, par un homme qu'on devine être prêtre, comme dans une
fresque de la crypte de Lucine.
e
Cette peinture du 11 siècle représente deux poissons nageant à fleur
d'eau ; ils portent chacun sur le dos une corbeille d'osier contenant un
vase plein de vin rouge et cinq pains. Ce sont de ces petites galettes
couleur de cendre, que les Romains appelaient mamphulœ ou pains
syriens. M. de Rossi une des plus antiques images de l'Eucha-
voit là
ristie et rappelle à ce sujet la lettre où saint Jérôme, parlant de
saint Exupère de Toulouse, dit que « personne n'est plus riche que
celui qui porte dans une corbeille le corps de Jésus-Christ, et son
sang dans un vase de verre. » Pour M. de Rossi, les deux poissons
symbolisent Jésus-Christ l'Ichtus eucharistique serait donc identifié
;

avec le pain et le vin des sacrés Mystères; ce serait là une évidente


proclamation du dogme de la présence réelle. Remarquons toutefois
que, si le poisson est la représentation hiéroglyphique du Sauveur,
c'est aussi celle du chrétien qui, selon l'expression de l'inscription
d'Autun, est fils de l'Ichtus céleste. L'application d'un même symbole
tantôt au Christ, tantôt au fidèle, paraissait toute naturelle aux pre-
miers Chrétiens qui croyaient si profondément à leur incorporation à
Jésus-Christ, par la foi et les sacrements. Il est donc fort admissible
que, dans la représentation qui nous occupe, les poissons figurent des
fidèles. C'est l'opinion de M. le chanoine Davin. « Les deux poissons,

dit-il (1), nagent en face l'un de l'autre vers un objet central, aujour-
d'hui disparu, qui, d'après les analogies, doit être une ancre. Ce sont
les fidèles vivant et se mouvant autour du Christ dans les eaux de
leur baptême et munis du Viatique céleste, qu'on trouve ailleurs sous
la forme d'un vase de lait, porté sur le dos des brebis double image ;

de l'aliment eucharistique que, chaque dimanche, ils rapportaient de


l'église dans leurs maisons. On a vu dans ces poissons une image

répétée du Christ, sur lequel serait le pain et le vin, identifiés avec


lui-même, et, dans ce groupe, un symbole énergique de la transsub-
stantiation. L'explication que nous donnons est bien plus naturelle;
elle rentre dans l'interprétation qui nous paraît certaine du groupe de

l'ancre et des deux poissons. »

Dans la de Saint-Corneille, on voit également, deux fois


crypte
retracée, l'image d'un poisson nageant dans les flots et portant sur son
dos une corbeille avec des pains; au-dessus est un objet rouge et

(1) LaCapclla greca, clans la Kev. de l'Art chrétien, janv. 1878.


490

allongé, qui ne peut être autre chose qu'un vase de verre plein de
vin.
Dans la chambre des Sacrements, au cimetière de Saint-Calliste,
une autre peinture du 11 e siècle nous montre une table semblable au
trépied de l'antiquité, où se trouvent un pain et un poisson à gauche, ;

un personnage vêtu d'un palliam rouge, costume habituel du prêtre


chrétien, impose les mains sur ces offrandes. Vis-à-vis de lui, une
Orante prie, les mains étendues et levées vers le ciel. Pour mieux
donner à cette scène le caractère de consécration eucharistique, l'artiste
a mis en regard le sacrifice d'Abraham, c'est-à-dire la figure à côté de
la réalité.

M. l'abbé Pillet, en examinant cette fresque en détail, n'y voit pas


seulement l'affirmation de la doctrine eucharistique par un fait incon-
testable, mais aussi dans ses développements théologiques. « Si l'on

y regarde de près, dit-il (i), on voit que le prêtre, revêtu du pallium,


n'étend pas ses mains sur tous les objets posés devant lui, sur le
meuble qui est en même temps une table et un autel. S'il détourne la
tête, c'est pour montrer que l'action qu'il fait n'est pas l'œuvre de son
énergie personnelle, et sa main qui recouvre le poisson seul montre
que c'est l'i^Ouç divin qui seul est la victime du sacrifice. Le pain placé
à côté du poisson n'est pas sous la main du sacrificateur il n'est pas ;

offert, il n'est là que pour cacher la véritable victime, aux yeux de


l'Église représentée par TOrante qui élève les mains au ciel et qui
prie, pendant que s'opère l'action mystérieuse. Il n'est pas possible de
méconnaître, dans cette allégorie, la doctrine catholique sur le Sacre-
ment de nos autels, comme on ne peut s'empêcher de découvrir der-
rière l'artiste qui exécutait ces représentations significatives, l'intelli-
gence du prêtre, du docteur, de Calliste lui-même peut-être, qui diri-
geait la main du peintre, et qui écrivait ainsi sur les parois d'un cime-
tière le premier de nos traités sur l'Eucharistie. »
Dans l'ambulacre de la catacombe apostolique de Domitille, une
fresque du second siècle représente deux convives, assis sur un lit,
devant un trépied où sont un poisson et trois pains. Or, comme
près de là est la représentation du banquet céleste, l'ensemble de ces
peintures signifie que l'Eucharistie sert de préparation au banquet
de la vie éternelle.

(i) Souvenirs du cimetière de Saint-Calliste dans


, la Rev. des Sciences eccl., t. XLII,
p. 353.
1

LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 49

Sur la pierre tombale de Suntrophion, trouvée près de Modène


en 1862, on voit deux poissons tenant chacun, dans sa bouche, un
pain timbré d'une croix ; les deux poissons sont séparés par cinq

Les deux poissons et les sept pains.

autres pains également marqués d'une croix. On a voulu par là rap-


peler que le défunt nourri pendant sa vie de l'aliment divin
s'était

qui lui procurerait la résurrection bienheureuse (i).

Il beaucoup d'autres monuments analogues, par exemple une


existe
belle mosaïque de Pesaro, représentant plusieurs pains et plusieurs
poissons, un marbre de Ravenne où l'on voit l'image d'un pain entre
deux poissons, une épitaphe trouvée à Porto, où trois hommes font
un repas composé de pain et de poisson (2).
M. Filliette, de Versailles, possède dans sa collection
numismatique une bague chrétienne antique, dont le
chaton représente un vase surmonté d'une palme, sur
lequel sont perchées deux colombes. A droite de ce
vase, on voit un poisson ; à gauche, un pain de forme
oblongue.
Sacrifices de l'ancienne Loi. — Dans les peintures des catacombes,
comme dans le langage des Pères, le sacrifice d'Abraham est la figure
du sacrifice non sanglant de la messe et du sacrifice sanglant de la
croix, le premier, représenté par Isaac, et le second, par le bélier ou
Fagneau.
Une mosaïque de Saint- Vital de Ravenne (vi
e
siècle) représente le

sacrifice de Melchisédech qui bénit, sur un autel, deux pains et un petit

(1) De Rossi, Bullet., i863, p. 76.


p. 41 ; Roma crist. sotter.,
re série, t. IV, tin.
(2) Ibid., i t. I, c.
492 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

vase rempli de vin. En face de lui, Abel debout, ayant les mains
on voit
élevées au ciel. C'est une allégorie vivante de l'Eucharistie.
On n'a commencé qu'au vi° siècle à dégager le sacrifice eucharistique
de ses types figuratifs. C'est encore Melchisédech qui représente le
prêtre, mais l'autel apparaît dans sa forme liturgique, avec son calice,
ses hosties et ses nappes. C'est seulement au ix° siècle que les diverses
scènes de la messe sont rendues dans toute leur réalité. Toutefois,
les figures symboliques persévèrent jusque dans le cours du moyen

âge, où l'on voit Melchisédech, revêtu d'une chasuble, donnant une


grande hostie crucifère à Abraham, habillé en guerrier.
Vase de lait. — Dans les cimetières de FArdéatine, de la voie
Lavicane, de Sainte-Domitille, on voit un vase suspendu à la houlette
du Bon-Pasteur, ou placé sur le dos de l'Agneau divin. Au cimetière
de la voie Nomentane, le Bon-Pasteur est représenté entre deux de
ces vases, posant sa houlette sur l'un d'eux. Au cimetière de Saint-

Le vase delait et le bâton pastoral Agneau portant le vase de lait nimbé


(catacombe Domitille). (catacombe des Saints-Pierre-et-Marcellin).

Pierre-et-Saint-Marcellin, le vase qui se trouve sur le dos de l'agneau

est entouré d'un nimbe, pour indiquer son divin contenu c'est pour :

ainsi dire le pendant du poisson portant la corbeille de pains.


Dans un des plus anciens cubicula de la crypte de Lucine, on voit,
non loin du poisson vivant, un vase de lait posé sur un autel mystique,
avec l'accompagnement obligé du pedum. Près de là, une brebis et
un bélier c'est le troupeau des fidèles, qui doit se nourrir du lait
:
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 49 3

divin, c'est-à-dire de la chair et du sang du divin Pasteur immolé sur


l'autel du sacrifice.
Cette signification du vase de mentionnée dans plusieurs
lait est
anciens documents. Sainte Perpétue raconte que, la veille de son mar-
tyre, le Bon Pasteur apparut dans sa prison, prit dans le vase qu'il
portait du lait caillé et le lui offrit. La Sainte reçut le Don divin dans
ses mains superposées, le mangea, et tous les assistants dirent
Amen (1). C'est bien là le rite eucharistique des premiers siècles; par
conséquent, il faut considérer le caseus du Bon-Pasteur comme un
symbole de l'Eucharistie. Clément d'Alexandrie donne le nom de lait
à la nourriture eucharistique distribuée aux fidèles. Saint Augustin,
dans un de ses sermons (2), explique ainsi le symbolisme du lait, qui
figure l'humilité victorieuse de l'orgueil : « Comment un mortel
pourrait-il approcher de cette nourriture (la chair et le sang du Sau-
veur) ? Comment pourrait-il acquérir un cœur digne de la recevoir ? Il

fallait qu'elle devînt lait et pût ainsi parvenir aux petits. Mais com-
ment la chair peut-elle se changer en lait, à moins de passer d'abord
par la chair? Dans la mère, il en est ainsi :ce que la mère mange
devient la nourriture de l'enfant. Mais, comme il ne peut encore lui-
même manger le pain, la mère incarne le pain en sa chair et nourrit
ainsi l'enfant du même pain qu'elle-même, par le jus de son lait. »

Ainsi donc, l'Eucharistie est assimilée au lait, transformation de la

chair, pour les fidèles qui sont considérés comme des enfants nourris
à la mamelle de l'Église. »
Il ne faut pas oublier que les néophytes étaient désignés sous le
nom d'infantes. Le lait étant la nourriture des enfants, il était très
naturel, alors qu'on se trouvait obligé de désigner l'Eucharistie sous
des termes voilés, de lui donner le nom de lait. « L'Agneau, dit saint
Zénon (3), a infusé avec amour son doux lait dans vos lèvres en-
tr'ouvertes et vagissantes. »
Tous les archéologues n'admettent point cette explication mystique.
« Ce vase, dit M. Darcel (4), nous semble plutôt devoir contenir le
sang de l'Agneau lui-même, comme fait plus tard le calice dans l'art
du moyen âge. Les peintres des catacombes n'ont point été, comme

(1) Ruinart, Act. sine, p. 87.


(2) Enarrat. in Ps. XXXIII.
(3) Invit. II ad fontem, n° 45.
(4) Collection Basilervski, p. 12.
494 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

ceux des xu° et xiii c siècles, jusqu'à représenter l'agneau


avec une plaie
béante d'où coule sang qui emplit un vase qui, sous la main de ces
le

derniers, prend nécessairement la forme d'un calice mais il est pos- ;

sible qu'à côté de l'agneau lui-même qui est la chair, ils aient figuré
le sang par le vase qui le soutient. Ce symbole semble d'ailleurs appar-

tenir à une époque assez avancée des catacombes, à en juger par le


nimbe qui l'entoure dans une de ses représentations. » Nous ferons
observer que ces plusieurs de
représentations remontent au
11
e
siècle (i), et que, même en
admettant l'interprétation de M. Darcel,
le vase du Bon-Pasteur n'en resterait pas moins un symbole eucha-

ristique, puisqu'il contiendrait le sang de l'Agneau divin.


Dans les temps modernes, on a imaginé quelques autres emblèmes
eucharistiques.
Ce n'est qu'au qu'on a fait du pélican un symbole de
xvn e siècle
Jésus caché dans l'Eucharistie, en changeant à tort la tradition sécu-
laire. Le pélican ne nourrit pas ses petits du sang qui découle de sa
poitrine entr'ouverte, mais il ressuscite ses petits en. les arrosant de
son sang. C'est ce qu'a exprimé saint Thomas dans cette belle
strophe :

Pie Pcllicane, Jesu Domine,


Me immundum munda tuo sanguine,
Cujus una salvum f'acere
stilla
Totum quit ab omni mundum scelere.

L'agneau sur exprime plutôt l'idée de sacrifice que celle de


l'autel

la communion. Toutefois, on peut considérer comme un sujet


eucharistique Y Adoration de l'Agneau, composition qui a illustré les
noms d'Hubert et de Jean Van Eyck. Ce célèbre tableau, actuellement
placé dans une chapelle latérale de la cathédrale de Gand, fut com-
mencé en 1420, par Hubert, et terminé, après sa mort, par son frère
Jean, en 1432.
Les deux frères ont pris pour thème deux passages de l'Apoca-
lypse, interprétés largement, et autour duquel ils ont groupé toutes

les idées chrétiennes. L'Agneau mystique est debout sur un autel


couvert d'une nappe blanche; de sa poitrine s'échappe un filet de sang
qui tombe dans un calice. Au-dessus, on voit la colombe divine et le
Père Éternel bénissant les fidèles qui se pressent au bas du tableau.

(1) Bosio, Roma sotter., p. 249, 363, 455 Buonarotti, Osserva^.,


; p. 32; De Rossi,
Roma Sotter., 1. 1, p. 349; Guéfanger, Sainte Cécile, p. 235.
495

La Sainte Vierge est assise à sa droite, tandis qu'à sa gauche, saint


Jean-Baptiste désigne le Christ. Autour de la Sainte Trinité, des
anges jouent des instruments, balancent des encensoirs. C'est égale-
ment pour adorer l'Agneau mystique que s'avancent des groupes de
vierges martyres, de moines, de papes, d'évêques, de prêtres, d'er-
mites, de pèlerins, de martyrs, de prophètes de l'Ancien Testament,
de soldats, de juges, etc.

En haut du retable, la désobéissance de nos premiers parents


explique mort volontaire du Dieu martyr. Plus de 3oo figures occu-
la

pent la surface du retable ouvert et les douze panneaux dont huit


sont mobiles, et qui, en se fermant, couvrent les autres. Les pein-
tures extérieures se rattachent plus ou moins directement à la scène
principale. « On dirait là, dit M. A. Michiels (i), un vaste synode,
une immense réunion de tous les peuples qui glorifient le principe
chrétien et ont pour ambassadeurs, pour représentants, les individus
choisis dans toutes les classes de la société. D'autres personnages
complètent le symbole par leur rapport avec les traditions catholi-
:

ques, ils donnent le sens intime de cette fête solennelle. Ce fut la


grande épopée homérique de la peinture néerlandaise, une fertile
création étudiée pendant près de deux siècles. Sur ce tronc merveil-
leux, sur cet arbre de Jessé, verdoyèrent tous les rameaux, s'épa-
nouirent toutes les fleurs que, durant une longue suite d'années,
l'imagination produisit dans les campagnes flamandes. »
Les voiets du célèbre tableau des Van Eyck, vendus en 1817, se
trouvent aujourd'hui au musée de Berlin, qui possède également
une belle copie du panneau central, exécutée en 1 55g, par Michel
Coxie.
Il existe "un certain nombre de recueils consacrés aux emblèmes
eucharistiques : des gravures de Mallery et de L. Gaultier illustrent
les Tableaux sacre^ des figures de l'Eucharistie, par L. Richeome
(Paris 1601). UOrpheus eucharisticus d'Augustin Cheneau (Paris 1657)
contient une centaine de gravures à l'eau forte, représentant des
emblèmes eucharistiques. Cet ouvrage a été traduit par le P. A.
Lubin, sous ce titre Emblèmes sacrés sur
: le très saint et très
agréable sacrement de l'Eucharistie.

(1) Hist. de la peinture flamande, t. II, p. 60.


CHAPITRE II

Des représentations relatives à l'institution de l'Eucharistie

Nous avons dit qu'il n'y avait point catacombes de repré-


dans les

sentation proprement dite de la Gène. Nous devons ajouter que la


plupart des archéologues reconnaissent ce sujet dans une peinture
murale du iv e siècle, provenant du cimetière de Calliste et conservée
aujourd'hui au musée de Latran. Notre-Seigneur, au milieu des
douze apôtres, est assis à une table où il n'y a aucun aliment. De la
main droite, il touche celle de saint Pierre et, de la gauche, il tient
un volume roulé (i).
Au moyen âge et dans les temps modernes, il y a deux manières de
représenter l'institution de l'Eucharistie; l'une, beaucoup plus fré-
quente, est une traduction plus ou moins fidèle du récit évangélique
delà Cène; l'autrenous montre Jésus-Christ debout, donnant la
communion à un ou plusieurs apôtres, d'après les rites usités dans
les premiers siècles.

ARTICLE I

Remarques générales

Avant de signaler les principaux monuments iconographiques,

de l'Eucharistie, nous croyons devoir faire quel-


relatifs à l'institution

ques remarques générales sur la composition de la Cène.


Un trop grand nombre de peintres ont fait de la Cène un repas vul-
gaire et sans caractère religieux; ils auraient dû choisir le moment où

(1) Perret, Catacombes de Rome, t. I, pl. XXIX.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 497

Jésus-Christ communie les apôtres. Frà Angelico a pris celui de la


communion de saint Jean; Le Poussin, celui de la consécration, du
vin; l'auteur de la toile de Reims, celui de la communion de Judas.
Beaucoup d'autres ne figurent pas un acte précis de l'insti-
artistes
tution de l'Eucharistie, mais en réunissent simultanément diverses
circonstances. C'est la représentation du mystère eucharistique,
plutôt que celle de la Cène.
On s'est donné une grande pour figurer la salle du
latitude
Cénacle. Tantôt, comme dans la fresque de Frà Angelico à Saint-
Marc de Florence, c'est une salle d'un aspect pauvre et austère; tantôt,
comme chez les Vénitiens, c'est un temple fastueux, d'architecture
moderne.
Des critiques ont reproché avec raison à Léonard de Vinci et au
Poussin la somptuosité de leur salle de festin. Léonard a supposé,
que le repas du Cénacle se faisait pendant le jour; Le Poussin en fait
une scène de nuit, éclairée par une lampe.
Au moyen âge, le Christ porte le nimbe crucifère ; et les apôtres, le
nimbe sans croix, mais très riche.
Dans beaucoup de tableaux, Jésus-Christ tient une véritable hostie
ronde, semblable à celles de nos jours.
« Overbeck, dit M. Grimouard de Saint-Laurent (i), a placé Jésus
comme le prêtre à l'autel. Le calice est posé devant lui, l'hostie
rayonne dans sa main; il l'élève, comme au moment où l'on dit:
Ecce Agnus Dei, et tous les apôtres se montrent émus et pénétrés,
autant que pouvait les rendre un digne émule du peintre angélique.
On voit cependant que l'artiste moderne a voulu peindre plus vive-
ment le désir et qu'il entre moins avant dans la suavité de l'attendris-
sement amoureux. »
On sait que, selon l'usage des Juifs, les apôtres étaient couchés et
non assis sur des lits. Stella est un des rares peintres qui se soient
conformés sur ce point à la vérité historique. Presque tous les autres
ont assis leurs personnages à la manière moderne. Frà Angelico et
Overbeck ont représenté les apôtres agenouillés pour recevoir la
communion.
Les apôtres étant couchés à la manière antique, on s'explique faci-
lement comment saint Jean, placé à la droite du Sauveur, pouvait

(i) Guidé de l'Art chrét., t. IV, p. 274. Nous avons emprunté plus d'une observation
à cet excellent et judicieux ouvrage.

T. II.
49» HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

appuyer sa tête sur la poitrine du divin Maître. Les artistes du moyen


âge, en faisant asseoir leurs personnages, ont voulu néanmoins tra-
duire le recumbens in sinn Jesu ; mais ils ont violé les lois les plus
élémentaires de l'anatomie, en pliant en deux, à angle droit, le corps
de saint Jean. D'autres lui ont fait reposer la tête sur l'épaule ou
sur la poitrine de Jésus, de telle façon que le Christ, représenté assis,
n'aurait pas pu mouvoir la main droite. Léonard de Vinci et la plu-
part des artistes des temps modernes ont renoncé à reproduire la
situation touchante indiquée par l'Évangile.
Dans plupart des anciens tableaux, saint Pierre est assis à la
la

droite de Notre-Seigneur ; Léonard de Vinci l'a mis à la droite de


Judas ; Poussin, à la droite de saint Jean ; Giotto, à la gauche de saint
Jean,
A partir du xn e
siècle, Judas n'est plus assis avec les apôtres, mais
isolé, sur un escabeau, comme une brebis pestiférée ; c'est un châti-
ment que l'indignation chrétienne lui inflige, souvent aux même
dépens de la vraisemblance. Dans une verrière de Tours (xm e siècle),
Judas est représenté à genoux. Dans la Gène de Giotto, à Santa-Croce
de Florence, il a le dos tourné aux spectateurs et se trouve dans la
position d'un accusé vis-à-vis des apôtres, qui le foudroient de leurs
regards, comme s'ils connaissaient déjà sa trahison.
Souvent, le traître a une bourse à la main, caractéristique qui
n'apparaît guère qu'au xn e siècle. Dans une Cène de Juanes, à la
cathédrale de Valence, il va jusqu'à étaler sur la table la bourse qu'il
devrait tenir à cacher. Le plus ordinairement, il étend la main sur la
table pour prendre, tantôt un poisson, tantôt le morceau de pain que
lui offre Notre-Seigneur. Léonard lui fait renverser la salière. Giotto
et Le Poussin ont représenté Judas déjà levé de table et allant préparer
l'accomplissement de son crime.
Judas ne porte pas de nimbe, parce qu'en Occident, c'est l'attribut
de la sainteté ; toutefois il en a un comme les autres apôtres, dans les
bas-reliefs de Notre-Dame de Paris, dans la Cène de Giotto à PArena
de Padoue, etc. En Orient, le nimbe, symbole de puissance et de
dignité, n'est point refusé à Judas, mais il est souvent noir. De plus,
un petit diable, également noir, lui parle à Poreille ou bien entre dans
sa bouche.
Dans un certain nombre de Cènes, on voit sur la table l'agneau
pascal ce n'est donc point la représentation réelle de l'institution
:

eucharistique, rnais la Cène légale qui l'a précédée. Pour se conformer


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 499

alors à la vérité historique, les artistes auraient dû représenter les


convives, non pas assis ou couchés, mais debout et tenant en marn le

bâton du voyageur.

ARTICLE II

Peintures

Nous allons grouper, par ordre alphabétique, les noms des princi-
paux peintres qui ont représenté l'institution de l'Eucharistie. Autant
que faire se pourra, nous indiquerons le lieu où est conservé le
tableau.
Agresti (Lilio) ;
fresque à l'oratoire du Gonfanon, à Rome. —
Albani (Francesco) ; galerie du palais Falconiere, à Rome. Allori —
(Angiolo); académie des Beaux-Arts de Florence; galerie Weyer, à
Cologne. —
Angelico (Frà) la Communion des apôtres, fresque au
;

couvent de Saint-Marc, à Florence. « Le peintre, dit M. de Saint-


Laurent (i), y a épuisé tout ce qu'il avait de suavité et de ferveur
dans l'âme, de délicatesse dans le maniement du pinceau, pour don-
ner dans cette Communion le plus parfait modèle des dispositions que
demande de nous un acte si saint. »
Balen (Corneille Van) ; Saint-Jacques d'Anvers. Bassano (Fran- —
cesco da Ponte, dit) musée de Madrid.
; Bassano (Léandre); musée —
de Dijon. — Benedetîo (Frà); fresque au couvent de Saint-Marc de
Florence. — Berna (Le) fresque de la collégiale de San-Gimignano,
;

à Sienne. — Bonifa\io musée des ; à Florence, musée Brera>


Uffizi, et
à Milan. — Bonone (Carlo) pinacothèque de Ferrare. — Bordone
;

(Paris) église Saint-Jean en Brigora, à Venise. — Bremond; pein-


;

ture murale, à l'église de la Villette (Paris). — Bnonacorsi (Pietro) ;

musée du Louvre.
Cagliari (Benedetto) ; académie des Beaux-Arts de Venise. —
Cambiaso (Jean) ;
hôpital des Incurables, à Gênes. — Canino ; Saint-*

(i) Guide de l'Art chrét. y t. V, p. 21 5.


5oo HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Nazaire-le-Grand, à Milan. — Cardi[\e chevalier Ludovico); musée de


Saint-Pétersbourg. — Carducci (Bartolommeo) musée de Madrid. —;

Carducci (Vincenzio); académie de San-Fernando, à Madrid. — Ca\es


(Pierre-Jacques) Charlottenbourg (Prusse). — César da Conegliano
; ;

église des Saints-Apôtres, à Venise. — César de Naples cathédrale ;

de Novarre. — Cespedès (Pablo cathédrale de Cordoue. M. L.


de) ;

Viardot, dans YHistoire des peintres de toutes les époques, raconte


l'anecdote suivante, au sujet de ce remarquable tableau : « On rap-
porte que, lorsqu'il fut exposé pour la première aux regards du
fois
public de Cordoue, dans l'atelier du peintre, l'admiration de la foule
se porta tout d'abord sur un vase à rafraîchir le vin, qui se trouvait
au premier plan, dans un angle du tableau. Piqué d'une remarque si
puérile, Cespedès appela son valet « André, s'écria-t-il, apporte une
:

« éponge, efface ce vase, ôte-le vite de là, puisqu'ils ne font nulle atten-
te tion à tant de personnages, tant de figures, tant d'attitudes, que j'ai
« faits avec tant d'étude et de soin. » Il fallut tous les efforts de ses amis
pour que Cespedès révoquât son ordre. Combien de scènes pareilles
se passent tous les jours et dans tous les pays! » —
Champaigne (Phi-
lippe de) ; musée du Louvre. Ce tableau est surtout célèbre, parce
qu'on prétend que l'artiste y a représenté, sous les traits du Christ et
des douze apôtres, les solitaires les plus illustres de Port-Royal.
L'abbé Grégoire dit que l'artiste voulut ainsi complaire aux religieuses
de l'abbaye de Port-Royal, pour qui il exécuta ce tableau en 1648.
Sainte-Beuve affirme le même fait, et M. Charles Blanc {Ecole fran-

çaise) dit avoirreconnu positivement les portraits de l'abbé de Saint-


Cyran, d'Antoine Le Maistre, Arnauld d'Andilly et Biaise Pascal. On
a même prétendu que la figure de Judas offrait les traits d'Antoine
Arnauld. Il est bien difficile d'admettre que le célèbre Janséniste ait
consenti à laisser passer ses traits à la postérité dans la personne
d'Iscariote. Le portrait d'ailleurs n'est nullement ressemblant aussi, :

a-t-on voulu plus tard y voir celui de La Motte Le Vayer, ce qui est
également contestable. Philippe de Champaigne a fait plusieurs répé-
titions de sa Cène, qu'on voit au palais du Luxembourg, au musée de
Versailles, à celui de Lyon, etc. —
Chacal (C.-C); exposition de i863.
— Cima da Conegliano (Jean-Baptiste) ; chapelle Cornaro, à Venise.—
Comi (Jérôme) ; pinacothèque de Bologne. — Cosci (Giovanni)
Sainte-Marie-Majeure de Rome. — Coxie (Michel) ; la Cène du

musée de Bruxelles provient de Sainte-Gudule. — Çranach


l'église

(Lucas) ;
église de Wittemberg. — Crespi (Daniel) musée Brera. \
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5oi

Dans deux anges déroulent une banderolle où on lit cette


les airs,

inscription Panem angelorum manducavit homo.


:

Delaunay (Jules); la Communion des apôtres, au musée du Luxem-


bourg. —Dolci (Carlo); l'institution de l'Eucharistie, au musée de
Dresde Notre-Seigneur y est seul représenté; il lève les yeux au ciel
:

et consacre le pain qu'il tient de sa main gauche et un calice qui se


trouve devant lui, à la table où il est assis. —
Doni (Adone) couvent ;

de San-Francesco à Assise. —
Dupuy-de-la-Roche ; peinture à la cire,
à l'église de Saint-Pierre-lez-Elbœuf. — Duccio (Boninsegna) dôme ;

de Sienne. — Djck (Antoine Van), église Saint-Aubin, à Namur. —


Ejckens le Vieux ; église Saint-André d'Anvers.
Ferrari (Gaudenzio) Sainte-Marie de la Passion, à Milan.
;

Fiori (Frederigo), dit le Barroche la Minerve et le Quirinal à Rome ;
;

San-Giacomo Maggiore, à Bologne carton d'une Cène, à l'académie


;

des Beaux-Arts de Florence. —


Flandrin (Hippolyte); Saint-Séverin
et Saint-Germain-des-Prés, à Paris. M. A. Gruyer, dans la Ga^etiedes
Beaux-Arts (i), apprécie fort bien cette dernière fresque « Dans
la représentation de la Cène, dit-il, M. Flandrin a choisi le moment
de l'institution de l'Eucharistie. Jésus-Christ se lève, il bénit le pain,
et ce pain devient l'hostie sainte. « Prenez, mangez ; ceci est mon
corps donné pour vous », dit-il à groupés de
ses apôtres, et ceux-ci,
chaque côté du Sauveur, sont entraînés vers lui par un grand mouve-
ment de douleur et d'amour. Judas seul baisse sa tête maudite, et n'ose
regarder le pain céleste auquel ses lèvres infâmes ne toucheront
jamais. Le Christ rappelle avec beaucoup de grandeur et de dignité
les meilleurs souvenirs de l'art chrétien. Ses traits reflètent la tristesse
et la mansuétude. La main gauche posée sur son cœur, il exprime à
ses disciples qu'il veut être lui-même la victime de leur délivrance,
et que cette Eucharistie, qu'il leur laisse en mourant, devra être
éternellement célébrée pour le salut du monde. Les apôtres sont très
harmonieusement disposés, en deux groupes distincts, de chaque côté
du Maître. « Ils entrent, comme dit saint Paul, dans les mêmes
« dispositions où a été le Seigneur Jésus. » S'il a désiré de s'immoler

pour eux, ils ont le même désir de s'immoler avec lui. Tous ils disent
d'un même cœur « Offrons nos corps ainsi qu'une hostie vivante,
:

« sainte et agréable. Humilions-nous avec celui qui, se sentant égal à


« Dieu, n'a pas laissé de s'anéantir lui-même, en se rendant obéissant

(I) T. XIII, P 212.


.
502

« jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. » Ce sujet est traité avec


une grande indépendance, et cependant avec une touchante dévotion.
Les personnages ont le mouvement et la vie qui leur manquent dans
les compositions archaïques des premiers temps de la Renaissance
;

mais c'est une émotion divine qui les anime. S'il fallait rapprocher ce
tableau d'un des monuments classiques de l'art chrétien, c'est à la
fresque de San-Salvi que je songerais de préférence. Je retrouverais,
par exemple, le même élan dans le Disciple bien-aimé ; et si la verve
d'André del Sarte est incomparable, le sentiment religieux me paraît
plus vif et plus heureux chez M. Flandrin. » —
Foppa (Vincent) ; église
Saint-Barnabé, à Brescia. —
Franceschini ; église du Corpus Domini,
à Bologne. —Francken (Ambroise) ; musée d'Anvers. Garofolo —
(Benvenuto); galerie du duc de Leuchtenberg. —
Ghirlandajo (Dome-
nico); église de Tous-les-Saints et réfectoire du couvent de Saint-Marc,
à Florence. —Giotto (Angelo di Bondone, dit Le) ; couvent de Santa-
Croce et académie de Florence ; la Madonna dell' Arena de Padoue ;
pinacothèque de Munich ; collection de lord Ward, en Angleterre. —
Giovani (Stefano di) ; Institut des Beaux-Arts, à Sienne. Gué (Nico- —
las); exposition universelle de 1867 (Russie).

Heiss (Jean) ; église Saint-Ulrich d'Augsbourg. Hemling ; hôtel —


de ville de Louvain. Une Cène, qui appartient à son école, se trouve
chez les dames Ursulines d'Abbeviile. —
Henoff (Le) ; Saint-Godard
de Rouen. — Herreyns (Guillaume- Jacques) ; Saint- Nicolas de
Bruxelles. —Holbein le Vieux ; Saint-Léonard, à Augsbourg. —
Holbein le Jeune; musée de Bâle.
Ingoli (Matteo) ; académie des Beaux-Arts de Venise. Isenmann —
(Gaspar) ; musée de Colmar.
Jordaens (Jacques); musée d'Anvers. —
Josse de Gand; on donne
le nom de Communion du Christ à un tableau de l'église Sainte-

Agathe, à Urbino, que cet artiste peignit en 1474, pour la confrérie


du Corpo di Cristo. Le Sauveur distribue l'hostie à ses apôtres age-
nouillés. Saint Jean apporte le vin; Judas regarde par-dessus son
bras. Parmi les personnages accessoires, on remarque le duc Frédéric
d'Urbin et l'ambassadeur vénitien Caterino Zeno (1). Juanes —
(Vicente Juan de) ; galerie du prince Esterhazy, à Vienne, cathédrale
de Valence (Espagne) et musée de Madrid. Cette dernière Cène est une

(i) A. Michiels, HisU de la peinture Jlam., t. II, p. 206.


— —
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5o3

œuvre capitale qui, selon M. Viardot, peut être mise en parallèle' avec
celle de Léonard. — Juccensa ; académie de dessin, à Barcelone.
Lairesse (Gérard de) musée du Louvre. Gomme singulier détail,
;

il faut mentionner un nègre, versant dans un vase le vin que contient

une aiguière. Lanfranco (Giovanni); vente du cardinal Fesch(i846).


Lanino (Bernardin); basilique Saint-Nazaire, à Milan. Leloir —
(Auguste); exposition de 1843. —
Lemoine (François) peignit en 1720,
pour les Cordeliers d'Amiens, une Cène dont ces religieux ne vou-
lurent point payer le prix demandé; l'artiste la garda pour lui. Cette
Cène figura, en 1802, à la vente Laborde de Mereville, comme ayant
été acquise au prix de mille francs, par l'expert Lebrun on croit qu'elle ;

a passé en Amérique (1). —


Léonard de Vinci ; peinture à l'huile,
exécutée vers l'an 1495, sur le mur du réfectoire du couvent domini-
cain de Santa-Maria délie Grazie, à Milan. Louis XII, alors qu'il pos-
sédait leduché de Milan, avait conçu le projet de transporter cette
fresque en France mais il dut reculer devant la difficulté de l'opéra-
;

tion. La mauvaise préparation des couleurs et l'humidité du local ont


considérablement dégradé ce chef-d'œuvre, a Le Christ, dit M. J. Coin-
det (2), est en face de la plus honteuse souillure, la trahison de Judas,
et il se prépare à consommer par la mort le sacrifice qui doit racheter
les hommes du péché. De là,admirablement rendus
ces contrastes si

par l'artiste. Tous ces sentiments, en opposition tes uns aux autres,
sont exprimés au plus haut degré, et cependant telle est l'harmonie
de cette composition, que l'impression dominante est l'unité de la
pensée; l'œil distingue instantanément le sujet, sans qu'il soit besoin
des accessoires pour l'indiquer; le Sauveur attristé, mais calme, est
d'une sérénité divine; les apôtres surpris, indignés, protestent par la

parole ou le geste, chacun selon le caractère que la tradition lui attri-


bue; le plus éloigné croyant avoir mal entendu, interroge son voisin;
Judas, incertain, mais feignant l'assurance, attire les regards par les
traits ignobles de sa figure. Que cette tête de Jésus, inclinée, les yeux
voilés comme pour ne voir pas
mal, ce front si pur, ce geste si
le

doux, si simple et si noble, rendent bien ce que la pensée nous repré-


sente! Et ces groupes des apôtres, comme l'action y est concordante !

Partout, de la vie, du mouvement, de la diversité, et pourtant une

(1) Bull, de la Soc. des ant. de Picardie, t. X, p. 3o8; Lejeune, Guide de Vamateur de
tableaux, t. I, p. 362.
(2) Hist. de la peinture en Italie, p. 61.
5o4 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

unité d'action si parfaite, qu'à l'instant tout l'ensemble de ce vaste


tableau s'empare de l'imagination, sans confusion, ni incertitude. »
Napoléon avait commandé à Jacques Raphaelli, de Milan, une
I
er

reproduction en mosaïque de cette célèbre fresque et l'avait même en


partie payée; mais comme
elle n'était point terminée en 1814, elle

devint la propriété de l'Autriche et fut transportée à Vienne (1). Parmi


les nombreuses copies de cette Gène, nous nous bornerons à citer
celles deMarco d'Oggione, à l'école des Beaux-Arts de Londres (i5io),
au musée du Louvre, à celui de Milan et à l'église Saint-Barnabé de
Milan de Beluini, au réfectoire des Franciscains de Lugano du che-
; ;

valier Rossi, au Musée de Milan; d'Andréa Bianchi, à FAmbroi-


sienne de Milan; de Gagna, au palais royal de Turin; de Perdrici,
de Marco Uglone, etc. On conserve, Saint-Germain-FAuxerrois,
à
une réduction de cette Cène (xvi e siècle) au musée de Dresde, un libre
;

croquis à la sanguine, etc. — Lerole (Henry); la Communion des


apôtres; exposition de 1878. — Le Sueur (Eustache); musée du
Louvre.
Margheritone â?Are\\o; musée du Louvre. Mathey (Paul); —
exposition de 1880. Moretto (Alessandro —
Bonvicini, dit Le);
fresque de l'église Saint-Jean-FÉvangéliste, à Brescia. — Millier (Ch.);
exposition de 1 855.
Oort (Lambert Van) ; musée d'Anvers. — Overbeck; le quatrième
carton des sept sacrements représente l'institution de l'Eucharistie.
M. Léon Lagrange apprécie en ces termes (2) cette admirable compo-
sition « Poussin a peint un repas présidé par Jésus qui, en consa-
:

crant le pain et le Mais cette action carac-


vin, institue l'Eucharistie.
téristique exprimée par un mouvement des mains du Christ,
du sujet,
se noie, dans l'ensemble, et, sauf l'auréole du personnage principal,
rien n'indique que ce repas soit la Cène plutôt qu'un symposium de
philosophes. Il n'y a donc là qu'un tableau d'histoire. Chez Overbeck,
au contraire, le sens religieux du sujet est tellement spécialisé, qu'il

faut être chrétien pour le bien comprendre. Jésus tient le calice, et,

penché par-dessus la table par un mouvement d'effusion divine, il


distribue aux apôtres, comme le prêtre aux fidèles, la véritable com-
munion, l'hostie consacrée. Les apôtres, à peine repus du pain sym-
bolique, échangent entre eux le baiser de paix. Sur le devant du

(1) Duchesne, Voyage d'un iconophile, p. 106.


(a) Galette des Beaux- Arts, t. I, p. 332.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5o5

tableau, Jean et Pierre à genoux s'embrassent, comme plus -tard


François et Dominique, la piété tendre et la piété forte, unies du
même amour par la vertu du même Sacrement. Il n'y a pas à s'y trom-
per, on a sous les yeux, non pas une scène d'histoire sacrée ou pro-
fane, mais une véritable cérémonie religieuse. Là est évidemment le
triomphe d'Overbeck, et jamais, on peut le dire, il n'a été si com-
plètement lui-même que dans ce sujet de l 'Eucharistie. Une onction
sainte est répandue partout. Le dessin en est comme imprégné. Les
figures forment moins un groupe qu'une grappe, qui pyramide en
fuyant par l'effet d'une ligne d'une ineffable douceur. On les dirait
emportées vers le Ciel sur l'aile d'une aspiration toute puissante. Il

n'y a plus rien là de matériel : c'est un élan de l'âme qui a pris un


corps, une prière fixée sur le papier. Les arabesques et les sujets
secondaires du cadre indiquent les précédents historiques du Sacre-
ment, l'Agneau pascal, la Manne dans le désert, deux circonstances
où Dieu s'est plu à nourrir son peuple et, d'autre part, le miracle des ;

Noces de Gana et le miracle de la multiplication des pains, deux occa-


sions aussi où Jésus a rassasié la faim et la soif. Des gerbes et des
épis de blé, une vigne chargée de fruits enlacent les médaillons et la
composition centrale. Ainsi le sujet tout entier se trouve encadré entre
les deux emblèmes de l'Eucharistie, le pain et le vin, les espèces sous
lesquelles l'instituteur du Sacrement se livre tous les jours à ses
fidèles. »
Palma Vecchio (Jacobo) ; églises Saint-Moïse, Saint-Sylvestre et
Santa-Maria Mater Domini, à Venise.— Palme Giani (Marco) ; on lui
doit la Cène de la cathédrale de Forli, que Vasari attribue à tort à Ni-
colo Rondinello. — Pareda (Antoine) musée de Valladolid. — Penni ;

(Francesco); musée de Naples. — Perrin (Alphonse); Notre-Dame


de Lorette, à Paris. — Pia^etta (Jean-Baptiste); palais du Podestat,
à Padoue. — Pichon (A.); expositions de 1846 i855. — P or bus et
(Pierre); église Saint-Sauveur, à Bruges. — Porbus (François) musée ;

du Louvre, Saint-Eustache de Paris Notre-Dame de Bruges. — et


Poussin (Nicolas Le) a fait trois compositions de la Cène : i° tableau
exécuté en 1641, sur l'ordre de Louis XIII, pour la chapelle du châ-
teau de Saint-Germain-en-Laye aujourd'hui au musée du Louvre
; ;

2 première suite des sept Sacrements, exécutée par le commandeur del


Pozzo, appartenant maintenant au duc de Rutland 3° deuxième ;

suite des Sacrements, exécutée pour M. de Chantelou, et faisant


actuellement partie de la galerie du comte de Stafford, en Angleterre.
5o6 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

L'estimation officielle de 1810 donne au tableau du Louvre une


valeur de 5oo,ooo francs, tandis que celle de 181 6 le fait baisser à
à 100,000 francs. Dans une salle obscure, ornée de colonnes et de
pilastres, éclaire'e par une lampe à trois becs, le Christ, debout,
devant une table sur laquelle est posé le calice, tient sur une patène
le pain rompu qu'il va distribuer à ses apôtres, debout ou agenouillés

autour de lui. On voit des copies de cette Cène au musée de Caen, à


celui du Mans, au presbytère de Saint-Germain-des-Prés (œuvre de
Nicolas Loir pour l'abbaye de Saint-Denis), à Notre-Dame de Vétheuil
(Seine-et-Oise), etc. —
Procaccmi; à l'église de PAnnunziata et à la
galerie Spinola, à Gênes.
Qiiantin (Jules) ;
exposition de i85o.
Raphaël (Sanzio) ; une des fresques des Loges du Vatican représente
la Cène. L'artiste a choisi le moment de la consécration solennelle du
pain. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette composition, c'est la
figure imposante de Jésus-Christ, resplendissant d'une inspiration
toute céleste. —
La fresque du Cenacolo, découverte en 1843, dans le
réfectoire de l'ancien couvent de San-Onofrio, à Florence, a été attri-
buée tantôt à Neri di Bicci, tantôt à Spagna ou au Pérugin. Beau-
coup de critiques, tels que MM. délia Porta, Zotti, Jesi, Cornélius,
Minardi, Selvatico, Ludovic Vitet, etc., y reconnaissent une œuvre
de Raphaël, plus encore par le mérite de l'œuvre que par des lettres
plus ou moins endommagées, écrites sur la tunique de l'apôtre saint
Thomas, et qu'on a cru pouvoir interpréter ainsi Raphaël Urbinus :

anno Domini i5o5. « Il y a dans ce tableau, dit M. Ludovic


Vitet (1), un étrange et curieux contraste; si vous le regardez à
distance, si d'un coup-d'œil vous en suivez l'ensemble, cette suite
d'hommes assis, quelque variées que soient leurs attitudes, a je ne
sais quoi d'uniforme et de symétrique qui vous rappelle les produc-
tions les plus ingénues de l'art à son enfance; si vous vous approchez,
si vos regards pénètrent dans chacune de ces figures, vous les voyez

vivre et penser, vous découvrez l'infinie variété de leurs affections, de


leurs caractères, vous apercevez les liens qui les unissent, qui les grou-
pent moralement, pour ainsi dire ; en un mot, c'est Part à son apogée,
avec toute sa magie, toute sa puissance, et, sauf sur les murs du
Vatican, peut-être, vous n'en trouveriez nulle part de plus merveil-
leux effets.» — Restout ; au musée d'Amiens. — Ribalta (Juan de);
(1) Études sur VHist. de l'art, t. III, p. 27.

LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 507

cathédrale de Valence (Espagne). —


Ribera ; au couvent de San-
Martino et à l'église de Santa-Maria délia Pietra de' Sangri, à Naples.
Roselli (Cosimo); chapelle Sixtine. — Rubens (Pierre-Paul) ; musées
de Milan et de Dijon. — Ruts (Van); palais d'Aranjuez.
Sacchi (Andréa) ; vente du duc de Tollard ( r 756). — Salviati (Giu-
seppe Porta, dit) ; musée de Naples et sacristie de la Salute, à Venise.
Santa-Croce (Francesco); église San-Francesco délia Vinea, à Venise.
Santa-Croce (Girolamo); San-Martino de Venise. Schiavone —
(André) galerie du comte d'Ellesmère, à Londres.
;
Schidone (Bar- —
tolommeo); musée de Parme. —
Sarto (Vanuchi, dit Andréa del) ;
ancien couvent de San-Salvi, près Florence. Solimène (le cheva- —
lier François); cloître de Saint-Damien et couvent de San-Francesco,
à Assise. —
Stuerbout (Thierry) ; sa Gène, à l'église Saint-Pierre de
Louvain, a été longtemps attribuée à Hemling, en raison d'une signa-
ture apocryphe. —
Susterman (Lambert); vente Weyer, 1862.
Sylvestre; chapelle du château de Versailles.
Tibaldi ; musée du Capitole, à Rome.
Tiepolo (Giovanni-Battista) ;
galerie Suermond. — Tiepolo (Jean-
Dominique) ; académie des Beaux-Arts de Venise. — Tintoret
(Jacopo Robusti, dit Le); musées du Louvre et de Madrid; cathé-
drale San-Martino de Lucques ; Scuola di San-Rocco et églises
San-Giorgio Maggiore, Santa-Ermacora, San-Simon, San-Felice,
San-Gervasio, San-Paolo, etc., à Venise. —
Titi (Santi) ; Saint-Marc
de Florence. —
Titien (Le); palais de TEscurial. Trometta —
(Nicolas); église du Saint-Sacrement, à Pesaro.
Vasari (Georges) ; musée du Louvre et Santa-Croce de Florence.
Verdier (François); musée de Caen. —
Venius (Otto) ; cathédrale
d'Anvers. —Véronèse (Paolo Gagliari, dit Paul) ; musée du Louvre,
couvent de Saint-Jean et Saint-Paul et église Saint-Julien, à Venise.
— Wamps; Saint-Pierre de Douai. —
West (Benjamin); national
gallery, musée de Kensington et Marlborough-House.
Zelotti (Battista) ; église du Corpus Domini, à Vicence. Zucchero —
(Taddeo); fresque de la voûte, à l'église de la Consolazione.
Maîtres inconnus. —
Il y a des Cènes de maîtres inconnus ou du

moins d'attribution très douteuse au musée du Louvre; à ceux de


Bruxelles, Lille, Madrid, Nantes, Paray-le-Monial, Pau, Valence
(Espagne); aux cathédrales d'Albi et de Bayonne; aux églises de La
Ferté-Vidame (Eure-et-Loir), de Lautrec (Tarn), de Saint-Aspais de
5o8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Melun, de Mortain, de San-Martino de Naples, de Saint-Nicolas de


Valence (Espagne), etc.
Parmi les fresques du moyen âge, dont l'auteur est resté inconnu,
nous citerons celle de Saint- Urbin de Cafarella , près Rome
(xm e siècle).
Dans un certain nombre d'églises russes (Sainte-Sophie de Kiev,
l'Epiphanie de Vessiegonsk, etc.), une iconostase, placée au-dessus de
la porte royale, représente, aux côtés de la Sainte Trinité, Jésus-Christ
communiant les apôtres, à gauche sous les espèces du pain, à droite
sous celles du vin.

ARTICLE III

Mosaïques, Miniatures, Émaux, Vitraux peints, Tapisseries, Dessins et


Gravures

Mosaïques. —
Une mosaïque du vi e siècle, à Saint-Apollinaire de
Ravenne, représente les douze Apôtres couchés autour d'une table,
en forme de sigma. Jésus-Christ, seul nimbé, en occupe l'extrémité
droite, et saint Pierre, l'extrémité gauche. Sur la table, sont deux
gros poissons dans un plat et six pains ronds. A la deuxième coupole
de Saint-Marc de Venise, on voit une Cène du xi e siècle.
Miniatures. —
Bruxelles. —
A la Bibliothèque du duc de Bour-
gogne, une miniature du Liber evangeliorum (n° 9222), représente
Jésus-Christ donnant le pain consacré à un apôtre agenouillé devant
lui.
— Miniature d'un évangéliaire de Tan
Munich. 10 14, n° 57 de la

Bibliothèque Royale.
Florence. —
e
Une Bible syriaque du
« vi siècle, dit M. Rohault
de Fleury (1), laissant de côté la tradition du Cénacle et des lits,

(1) VÉvangile, t. II, p. i85.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE ^EUCHARISTIE 5og

montre Jésus-Christ, comme prêtre, donnant l'Eucharistie dans la


forme où nous la recevons de nos jours. Il est debout, élevé sur un
tertre, et tient dans la main droite une hostie qu'il vient de tirer du

La Cène. — Bible syriaque (Rohault deFleury).

saint-ciboire et qu'il offre à saint Pierre, suivi de dix apôtres... Cest


e
ainsi qu'au vi siècle, les fidèles recevaient la sainte communion. Le
nimbe de Notre-Seigneur est simple, sa robe violette; celles des apô-
tres, de diverses couleurs.»
Paris. —A la Bibliothèque Nationale, des miniatures figurent la

Cène, dans un missel du xi siècle, provenant de Limoges (n° 9438),


e

dans un missel du xn e siècle (n° 12054), dans le bréviaire de Jean, duc


de Bedford. Il y a deux Cènes dans un évangéliaire du xi e siècle
(n° 74). Dans l'une, Notre-Seigneur et les apôtres sont couchés autour
d'une table où se trouve un pain devant chaque convive. Dans l'autre,
Jésus-Christ, représenté deux fois, à droite et à gauche d'un petit édi-
cule, remet d'un côté une hostie dans la main d'un communiant, et
de l'autre, présente un vase d'or aux lèvres d'un apôtre (1).

fi ) Rohault deFleury, VÉvangile, t. II, pl. LXXIV.


5io HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Pise. — Miniature d'un manuscrit du xn e siècle, reproduite par


M. Rohault de Fleury (i).

Tours.— Grande miniature d'un psautier de saint Louis, appar-


tenant à M me comtesse de Puyssegur.
la

Émaux. —
Des émaux, représentant la Cène, se voient au musée du
Louvre (Laudin et Pierre Raymond) ; au musée de Cluny (Léonard
Limousin et Pierre Raymond) ; à Barbuise (Aube) ; à la cathédrale
de Beauvais ; dans les collections de M. Quedevil (Jean Penicaud) ;
de M. Jules Devicq, à Lille (Jean Limousin), etc.
Vitraux peints. —
On voit des Cènes dans les vitraux peints de la
cathédrale d'Anvers (œuvre de Diepenbeck) ; de la cathédrale de
Bourges (xm e siècle), de Saint- Vincent de Châlons-sur-Marne, de
Sainte-Foy de Conches (œuvre d'Aldegrevers) ; de la grande église de
Gouda en Hollande (œuvre de D. Crapeth) ; d'Haslach (Alsace) ; de
Saint-Étienne-du-Mont et de Saint-Germain-FAuxerrois, à Paris ;

de Saint-Armel-de-Ploërmel (xvi e siècle) ; de Saint-Remi de Reims ;


de la cathédrale de Tours (xm c siècle) ; de Walbourg (Alsace) ; de
Verneuil-sur-Oise, etc., etc.

Tapisseries. — Parmi les tapisseries qui représentent la Cène, nous


citerons celles de la cathédrale de Beauvais (xv e siècle), du musée
de Dresde (xvi e siècle), de la cathédrale de Reims (xvi e siècle), du Qui-
rinal et du Vatican. Cette dernière, copie de Léonard de Vinci, a été
envoyée par François I er et probablement exécutée à Fontainebleau,
,

dit Mgr Barbier de Montault (2), sous les yeux mêmes du peintre
milanais. Le fond du tableau est changé les murs sévères du :

Cénacle sont remplacés par une riche architecture dont les arcades
donnent vue sur une belle campagne.
A l'exposition du Palais de l'Industrie, en 1876, nous avons
remarqué une tapisserie, appartenant à M. Fulgence, où le divin
Sauveur tient le calice et l'hostie.
Dessins. —
Notons des dessins de Cène à la galerie des Uffizi,
:

par Andréa del Sarto au musée Brera, par Léonard de Vinci au


; ;

musée de Montpellier, par G. Muziano au musée du Louvre, par


;

Raphaël et par Rubens.


Gravures. —
La Cène a été gravée, soit comme composition origi-
nale, soit d'après quelques-unes des peintures que nous avons citées,

(1) Rohault de Fleury, l'Évangile, t. II, pl. LXXIV.


(2) Mém. de VAcad. d'Avras, u e série, t. X, p. 222. — D'après M. Darcel, cette tapis-
serie sortirait plutôt de la fabrique de Bruxelles.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5ll

par Acacciati, Francesco Aquila, Jacob van Assen, Altdorfer, les Au-
dran,Sisto Baladocchio, Pietro Bonate, Boulai, Butavent, A. Capri'oli,
Gornelis Cort, Théodore Cruyer, Albert Durer, Jacques Frey, Gio-
vannini, Girard, Abraham Girardet, Henri Goltzius, Mat. Greuter,
Jeanneret, Jesi, Krabeth, Leblanc, Mantegna, J. Matham, J.-B.
Mazza, Raphaël Morghen, Pistolesi, Marc-Antoine, Raimondi,
Rainaldi, Réveil, Romanet, J. Saenredam, Sadeler, J.-P.-M. Soumy,
Soutman, Thouvenet, etc.

ARTICLE IV

Sculptures

On voit des sculptures représentant la Cène : au musée d'Amiens


(bas-relief en bois) ; à Saint-Pierre d'Avignon (retable) ; au portail de
la cathédrale deBordeaux; au musée de Bourges (bas-relief prove-
nant de l'église Saint-Ursin); à Notre-Dame de Calais (bas-relief en
albâtre) au portail de Champagne (Ardèche) à la cathédrale de
; ;

Cordoue (stalles) à Sainte-Marie du Capitole de Cologne (porte en


;

bois du xn siècle); à Dijon (bas-relief du xm siècle, à l'église Notre-


e e

Dame, et bas-relief du xvi au musée); à Issoire (portail); à Saint-


e
,

Aspais de Melun (panneau du xv e siècle); à Milan (diptyque de la


cathédrale et chaire du xn c siècle à San-Ambrogio) à Murcie, sculp- ;

ture sur bois, par Zarcillo, dans l'église del Padre Jésus ; à l'église de
Nantua (portail du xn e siècle) à Saint-Sebald de Nuremberg (sculp-
;

ture d'Adam Krafft) à Paris (bas-relief à la clôture du chœur de


;

Notre-Dame bas-relief
; du xm e siècle au portail de Saint-Germain-
des-Prés bas-relief en marbre duxv e siècle, à Saint-Leu bas-relief du
; ;

maître-autel à Saint-Joseph-des-Carmes; bas-reliefs, retables et dipty-


ques au musée de Cluny); à Laucourt, dans la Somme (bas-relief); à
Octeville, dans la Manche (bas-relief fort ancien) ; à Rome, plusieurs
autels sont ornés d'un bas-relief de la Cène; celui de Sainte-Marie de
la Victoire, en bronze doré, a été exécuté par leFrançais Alpin ; à
Notre-Dame de Saintes (portail du xn e siècle) ; au portail de Sainte
Gilles (Ardèche) ; à Saragosse (stalles de Notre-Dame del Pilar; à la
5l2 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

cathédrale de Tolède (sculpture en marbre de Carrare) ; à Saint-


Nicolas de Toulouse (bas-relief attribué à Nicolas Bachelier) ; à
Troyes (bas-relief de François Gentil, à Saint- Pantaléon, et magni-
fique bas-relief à l'église Saint-Jean-au-Marché)
; à Saint- Apollinaire
de Valence (portail) ; à la cathédrale de Vannes (bas-relief de la
Renaissance); à Venise (une des plaques de la Palad'Oro) ; à Vouvant,
dans la Vendée (bas-relief roman) etc. ;

Parmi les œuvres récentes, nous ne citerons que le bas-relief en


marbre de M. Leharivel-Durocher qui a figuré
,
à l'exposition
de i85o.
Au Congrès des Œuvres eucharistiques, tenu à Avignon en 1882,
M. montré que l'hérésie de Bérenger avait produit
l'abbé Didelot a
de 1060 à 1220 d£ nombreuses protestations artistiques. Il cite, en
effet, un certain nombre de Cènes ou de compositions sculpturales

qui étaient à peu près étrangères aux œuvres iconologiques des siècles
précédents (1).

(1) Congrès des œuvres euch. tenu à Avignon, p. 35o.


CHAPITRE III

Représentations relatives à l'Eucharistie en général ou à des


particularités eucharistiques

Avant d'énumérer un certain nombre des œuvres iconographiques


qui se rapportent soit à l'Eucharistie en général, soit à diverses parti-
cularités eucharistiques, nous croyons devoir grouper quelques
remarques sur certaines représentations spéciales, telles que la Mys-
tagogie, la divine Liturgie des Grecs, le Pressoir Mystique, le Moulin
Mystique, les Messes de saint Grégoire, de saint Martin, etc.

ARTICLE I

Remarques générales

Mystagogie. — La Mystagogie ou préparation à


la Messe divine est
un des sujets le plusfréquemment représentés dans la coupole des
églises grecques. M. Didron énumère ainsi les treize scènes de cette
composition, à Vatopedi (Mont-Athos) « Six anges portent le corps
:

inanimé de Jésus-Christ. —
Un ange, en diacre, tient un chandelier et
un exaptérige. —
Un chérubin tout rouge et à trois paires d'ailes
porte un cierge. — Un ange porte un livre. — Un second ange de
même. — Un ange porte la petite lance qui va servir à percer et:
couper l'hostie. —Un ange porte la cuillère qui doit servir à la com-
munion. — Un ange porte le calice ; il est précédé d'un petit ange
t h. 33
5 14 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

habillé en diacre, qui tient un encensoir et un chandelier à trois


branches. — Un ange ôte de dessus sa tête et dépose entreles mains
de Jésus-Christ, habillé en patriarche, le pain placé sur un plat (une
grande patène) et couvert de l'astérisque. —
Un petit ange marche en
tête de cette procession et porte un encensoir. —
Enfin, à l'Orient,
Jésus-Christ, habillé des riches vêtements du patriarche, dépose sur
l'autel le pain qui va devenir son corps. —
Sur l'autel qui est paré et
que couvre un baldaquin ou ciborium, brûlent deux lampes, et, de
plus, entre ces lampes est debout un chérubin, voilé de six ailes, qui
tient une bougie à chaque main. Le livre des Évangiles est déjà placé
sur l'autel. La Mystagogie est donc la préparation à la Messe divine
que servent les anges habillés en diacres et en prêtres et que va célé-
brer Jésus-Christ (i). »

Divine liturgie. — Les Orientaux affectionnent aussi dans leurs


peintures un sujet qui est également étranger à l'Église latine. C'est
la Divine liturgie, qu'on pourrait aussi appeler la Messe dans le Ciel.
Les artistes modernes reproduisent encore aujourd'hui cette antique
composition dont le Moine du Mont-Athos, auteur du Guide de la
Peinture, donne la description suivante « Coupole au bas de laquelle
:

est la table sacrée. Sur la table, le saint Évangile. Au-dessus, le Saint-


Esprit. Le Père Eternel auprès, assis sur son trône il bénit avec ses ;

mains saintes, disant sur un cartel « De mon sein, je t'ai engendré


:

« avant Lucifer. » Au côté droit de la table, le Christ habillé en Grand


Prêtre, debout et bénissant; devant lui, tous les ordres des anges,
avec crainte, en habits sacerdotaux, formant un cercle jusqu'au côté
gauche de la table. Le Christ prend la patène sur la tête d'un ange
vêtu en diacre. Auprès, quatre anges dont deux encensent le Christ,
et deux portent des vases sacrés. Derrière eux les autres anges
portent, l'un la cuillère, l'autre la lance et le chalumeau avec
l'éponge, un autre la croix, et d'autres des cierges (2). »

Pressoir mystique. —
Le Pressoir mystique est une représentation
allégorique, empreinte de réalisme, qui fut fort en vogue du xv au
c

xvne siècle, surtout dans les vitraux. Elle a été inspirée aux artistes
de cette époque par la célèbre prophétie d'Isaïe : <c J'étais seul à
fouler un pressoir et nul ne m'a prêté son bras (LXIII, 3). » Ils ont
rapproché de ce texte quelques autres passages de l'Écriture Sainte (3),

Annales archéol, t. V, p. î54«


(1)
(2) Ibid., XXII, p. 40.
t.

(3) Plantavit vineam electam et aedifîcavit turrim in medio ejus et torcular extruxit in
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5i5

et ont pu songer aussi à ces paroles de Théodoret (i) : « Nos églises


sont des pressoirs; c'est dans ces sanctuaires sacrés que la vigne
spirituelle porte son propre fruit, et que nous fabriquons le vin salu-
taire qui réjouit lecœur des enfants de Dieu. »
La plus ancienne image que je connaisse de Jésus-Christ sous le
«

pressoir, dit M. Eug. Grésy (2), se trouve dans la Bible historiaîe de


la Bibliothèque ne me paraît pas remonter au delà
impériale (3); elle
du xv e siècle ; elle au psaume Asaph, et le texte nous
sert de type
apprend un curieux détail de liturgie c'est qu'on en chantait les ver- :

sets en septembre, dans les pressoirs, en s'accompagnant de l'instru-


ment qui est dit Haguitit^ « pour Dieu loer de l'abondance des fruicts
et Dieu qui estoit espraint es pressouers... Aussi, les bons crestiens
chantent et loent Dieu en saincte esglise du fruict de son précieus
corps et du vin de son précieus sang, mais les pêcheurs sont, de
Dieu, punis. »

Mgr Barbier de Montault a trouvé un plus ancien exemple de cette


composition dans une bible du xiv e siècle, conservée à la Bibliothèque
nationale (n° 6). « Le
Christ, dit-il (4), est étendu sous la planche
d'un pressoir à double vis; pressé, il répand son sang dans une cuve,
placée sous le déversoir d'une table rectangulaire. Au ciel, le Père
Éternel bénit son Fils ; tous les deux se distinguent par le nimbe
crucifère. »

Le type
le plus complet du Pressoir mystique se trouve dans un

vitrailde Saint-Etienne-du-Mont. C'est l'œuvre de Nicolas Pinai-


grier, qui, au commencement du xvn e siècle, s'est inspiré des car-
tons de son aïeul, Robert Pinaigrier, composés vers i53o, pour
l'église Saint-Hilaire de Chartres. Nous en empruntons l'exacte des-
cription à M. F. de Lasteyrie (5) : « Quoique de dimensions res-
treintes, c'est toute une vaste composition où se déroulent simulta-
nément tous les détails de l'allégorie. L'arrière-plan, ce qu'on serait

ea (ts., v. 2). — Lavabit in vino stolam suam et in sanguine uvae pallium suum. (Gènes,
XL1X, 22.) — Dilectus meus mihi in vineis Engaldi (Cant. } i, i3). — Ego sum vitis vera
et pater meus agricola (Joan., XV).
(1) In Ps. LXXXIII.
(2) La Vendange divine, dans le Bulletin de la Soc. d'arch. de Seine-et-Marne, t. IVj
p. 33 9 .

(3) Fonds franc., n° 6829, p. 123.


Les Mesures de dévotion, dans la Revue de l'Art chrét., t. XXXIII, p. 409.
(4)
(5) Notice sur quelques représentations allégoriques de l'Eucharistie, dans les Mém. des
antiq. de France, t. XXXIX, p. 80.
5i6 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

tenté d'appeler la toile de fond, représente une campagne fertile et


accidentée, un riche vignoble que cultivent les patriarches, ainsi que
nous l'apprend l'inscription suivante :

Les anciens Patriarches


Qui le futur ont seu
Pour leur salut ne fut
A cultiver la vigne.

« Plus sur le devant, à gauche, les Apôtres transportent le raisin


récolté et le déposent sur le Pressoir, où
couché Jésus-Christ en
est
personne. Sa croix, qui pèse sur de ses plaies des
lui, lui fait sortir

flots de sang vermeil.. On lit sur un second cartouche :

Ce pressoir fut la vénérable croix


Où sang fut le nectar de la vie
le :

Quel sang celuy par qui le Roy des Rois


Rachepta l'homme et sa race asseruie !

« De l'autre côté du Pressoir, se voit un chariot, attelé de l'ange


et des animaux caractéristiques des quatre Évangélistes; l'inscription
dit :

Tous les cantons de ce large Univers


En ont gousté par les Évangélistes.
Edifiés ont été les peruers,
Laissant d'Adam les anciennes pistes.

a premier plan, un groupe composé des quatre Pères de


Sur le

l'Église s'occupe à transvaser dans des tonneaux le Précieux-Sang


provenant du Pressoir, ce qui donne lieu au quatrain suivant :

Dans des vaisseaus en réserue il fut mis

Par les Docteurs de l'Église, pour être


Le lauement de nos péchés commis,
Mesme de ceux qu'on a venant de naître.

« Sur la droite du tableau, s'élève un vaste et élégant édifice tout

à jour, dans les caves duquel trois personnages, un pape, un roi et un


cardinal, descendent les tonneaux remplis du breuvage mystique. On
lit l'inscription :

Papes, Prélats, Princes, Rois, Empereurs


L'ont au cœllier mis auec réuérence.
Ce vin de vie efface les erreurs
Et donne à l'âme une saincte espérance.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5 17

« Enfin, sous les portiques du palais, à travers ses larges ouver-


tures et ses longues galeries, on aperçoit une foule microscopique de
fidèles se pressant au tribunal de la pénitence et à la table de commu-
nion, avec ce dernier quatrain :

Tous vrais chrétiens le doiuent receuoir


Auec respect des Prebtres de l'Église,
Mais il conuient premièrement auoir
L'âme contriste et la coulpe remise,

« Tout dans un tableau haut de deux mètres à peine, sur


cela
un mètre trente de largeur environ, était bien difficile à grouper sans
confusion. Le peintre s'en est tiré à son honneur, la composition est
claire, l'allégorie ingénieuse, bien suivie dans toutes ses parties, et
l'exécution de nature à satisfaire les plus délicats.»
Dans l'église de Baralle (Pas-de-Calais), on voit un tableau qui
représente le Pressoir mystique. Notre-Seigneur, chargé de sa croix,
foule le Pressoir qu'un ange alimente de raisins et dont deux autres
anges reçoivent le jus dans un calice.

Le Pressoir mystique. — Église de Baralle (Pas-de-Calais).


5i8 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Un bas-relief en bois de chêne, sculpté au xvi e siècle, par Jacques


Cégogne, dans de Recloses, près Fontainebleau, représente la
l'église
Vendange divine. Le sujet est partagé en six groupes i° les patriar- :

ches et les prophètes se livrent à la culture de la vigne ;


2° les apôtres
font la vendange; 3° un chariot, chargé de la Vendange mystique, est
traîné parles figures symboliques des quatre évangélistes ; 4
Jésus-
Christ, couronné d'épines, est étendu dans le Pressoir d'où s'échappe
son sang, recueilli dans un baquet mis en tonneau
et ;
5° un prêtre
donne l'absolution à un pénitent agenouillé devant lui : c'est l'appli-
cation des fruits de la Vendange divine 6° c'est dans ; le même sens
que la dernière scène représente un prêtre portant le saint Via-
tique (1).

M. l'abbé A. Bouillet décrit ainsi (2) un


de Gonches, exécuté
vitrail
en i52o par Aldegrevers «Le sujet de : cinquième verrière est
la

expliqué par l'inscription qui la surmonte Torcular calcavi soins et


:

de gentibus non est vir mecum (Isaïe, XLIII, 3). La scène se passe
au milieu d'une vaste plaine dont l'horizon est borné par des collines,
au pied desquelles on voit une foule de monuments antiques ; sur la
gauche, les ruines d'un amphithéâtre; au centre, celles d'un temple
païen. En avant, au milieu, le Christ est debout sur le Pressoir ; ses
pieds pressentie raisin; de la main droite, il indique sa poitrine; de la
gauche, il montre le vin qui coule sous ses pieds. A gauche, le dona-
teur, entouré des membres de sa famille, va puiser avec un vase fort
riche le vin coulant du Pressoir ; à droite, est agenouillée son épouse,
avec d'autres personnes de sa famille. Au second plan, un char por-
tant une futaille et attelé d'un bœuf et d'un lion, est conduit par un
ange ; un aigle a les serres appuyées sur la futaille. Au bas du tableau,
se trouvent les armoiries du donateur.»
Dans un vitrail de la cathédrale de Troyes, exécuté en 1628, par
Léonard Gauthier, Jésus-Christ est couché sur le Pressoir, dont une
croix forme la table de pression. Le sang du Rédempteur est recueilli
dans un calice d'or. Un cep de vigne, qui naît de son corps, se par-
tage en divers rameaux terminés par des calices de fleurs, portant,
chacun, une figure d'apôtre, représentée à mi-corps.
Au xvn e siècle, le graveur Wierix a compliqué encore les détails de

(1) Grésy, op. cit., p. 333.


(2) Rev. de l'Art chrétien, t. XIX, p. 387.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 519

cette composition. Le Père Éternel fait tourner la vis du Pressoir


auquel sont suspendus tous les instruments de la Passion.
Moulin eucharistique. On a prétendu que — le Protestantisme
s'était emparé de l'idée du Pressoir eucharistique, et qu'en la modi-

fiant, il avait essayé de ridiculiser la transsubstantiation. Le Moulin


mystique est antérieur à Luther, puisqu'il est figuré à la cathédrale de
Berne, dans une verrière du xv e
siècle, œuvre de Frédéric Waller.
M. F. de Lasteyrie (i) décrit ainsi cette singulière et naïve allégorie
de l'Eucharistie, sous l'espèce du pain, véritable pendant du Pressoir
nrystique :

« Dans la partie supérieure de la fenêtre et comme au sommet de


la composition, on aperçoit d'abord Moïse faisant jaillir Peau du
rocher. C'est la source première de la rivière qui doit mettre en mou-
vement le Moulin eucharistique. Tout le long de son cours, dans
cette partie du tableau qui veut figurer
temps antérieurs à la les
venue du Christ, des hommes, des femmes et même des animaux
viennent s'y abreuver. Le Moulin lui-même est presque sur le pre-
mier plan. Aux deux côtés de la meule, sont représentés Marie et
l'ange Gabriel, avec la formule ordinaire de la salutation angélique :

Ave Maria gratia plena. L'Enfant Jésus, placé plus bas, tient un large
phylactère portant une inscription en grande partie effacée, où l'on ne
peut guère plus lire que ces mots partis vivus qui de cœlo
:

ex hoc pane ,
qu'il est facile de reconstituer ainsi Ego sum panis :

vivus qui de cœlo descendi (Joan., VI. 41). Si quis manducaverit —


ex hoc pane vivet in œternum.
« Au sommet du Moulin, sont figurés les symboles des quatre Evan*
gélistes, l'ange, le lion, le taureau et l'aigle, avec autant d'inscriptions
tirées de leurs livres respectifs et toutes relatives au saint mystère de
l'Eucharistie. Plus bas, saint Pierre, en costume de pape, soulève la
vanne par où dans le Moulin et le met en mouvement.
l'eau pénètre
Enfin, au-dessous de la meule s'échappe un torrent d'hosties que les
Pères de l'Eglise recueillent avec soin et distribuent ensuite aux
fidèles, lesquels sont divisés en deux catégories, savoir les prêtres :

à droite, et les laïcs à gauche, un peu plus bas. Quelques-uns de ces


derniers portent des costumes très curieux. Parmi eux se trouveraient,
dit-on, un certain chevalier Gaspard de Mùlinen et sa femme, à qui
une tradition, d'ailleurs sans preuve, 'attribue la fondation de cette

{1) Op. cit., p. 83.


520 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

verrière. La figure du Père Éternel, place'e au sommet de la tenêtre,


et quelques figures de saints, reléguées dans l'amortissement de
l'ogive, mais absolument étrangères au sujet principal, complètent la
décoration.
« Comment
se fait-il que la représentation allégorique du Moulin
soitbeaucoup plus rare que celle du Pressoir, lorsque, depuis long-
temps déjà l'Eglise ne donne plus la communion aux fidèles que sous
l'espèce du pain, représentée par l'hostie ? Cette apparente contradic-
tion s'explique jusqu'à un certain point, selon moi, par cette circon-
stance que le texte des Saintes Écritures, source inépuisable où les
artistes du moyen âge cherchaient à peu près exclusivement leurs
inspirations, contient infiniment plus de passages applicables à l'al-

légorie du Pressoir qu'à celle du Moulin mystique. »


« On voit à Worms, dans l'église Saint-Martin, dit un voyageur (i),
un tableau fort curieux qui a environ cinq pieds en carré. Dieu le Père
est en haut dans un coin, d'où il semble parler à la Vierge Marie qui
est à genou au milieu du tableau. Elle tient par les pieds le petit
Enfant Jésus et le met, la tête la première, dans la trémie d'un Moulin ;

les douze Apôtres font tourner le Moulin à force de bras avec une
manivelle ils sont aidés par les quatre animaux d'Ézéchiel qui tra-
;

vaillent d'un autre côté. Le Pape est à genoux, et il reçoit des hosties
qui tombent toutes faites dans une coupe d'or. Il en présente une à
un cardinal, le cardinal la donne à un évêque, l'évêque à un prêtre,
le prêtre au peuple.»
Doberan (Mecklembourg) possède un tableau figurant
L'église de
à peu près le même
sujet c'est un Moulin à bras, que les douze apô-
:

tres mettent en mouvement, pour confectionner des hosties.


Messe de saint Grégoire. —
C'est là un sujet fréquemment repré-
senté au moyen âge. Tandis que le saint Pape dit la messe, Notre-
Seigneur lui apparaît vivant,, debout sur l'autel, entouré des instru-
ments de la Passion ; il et aux mains
porte des stigmates aux pieds ;

quelquefois son sang s'échappe par Bien qu'il y ait


la plaie du côté.
de fréquentes variantes dans cette composition, on pourra juger
de son ensemble général par la description suivante que donne
Mgr Barbier de Montault (2) d'une fresque du xv e siècle, dans l'église
de L'Absie (Deux-Sèvres) « Le Christ, environné d'une nuée lumi-
:

(1) Misson, Voyage d'Italie, 4 e éd., p. 71.


(2) Le Règne de Jésus-Christ, 1884, p. 109.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 521

neuse et escorté d'anges en adoration, sort à mi-corps du tombeau ;

ses bras sont croisés, sa figure lamentable, la plaie de son côté sai-
gnante. Sur l'autel, deux chandeliers, un missel ouvert au coin de
l'Évangile, un calice recouvert de la pale, une tiare à trois couronnes
terminée par une croix et une patène. Le Pape, à genoux, regarde la
vision et joint les mains en signe de prière. Il est assisté d'un diacre et

d'un sous-diaçrç en dalmatique et tunique, tenant chacun une 'grande

Messe de Saint-Grégoire-le-Grand, fresque de l'église de l'Absie.

torche allumée. A droite et debout, un évêque mitré et chapé tient la

croix papale, qui est double ; un cardinal, en cappa, et coiffé de son


chapeau, tient une croix simple comme patriarche; à gauche, reparaît
le même cardinal, accosté d'un évêque, vêtu d'un rochet, mitré et
$22 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

appuyant sa crosse contre son épaule gauche. En dehors de l'autel


et dans les airs, voltigent deux anges, tenant les instruments de la
Passion; l'un a la croix avec son titre et la couronne d'épines,
puis l'échelle; l'autre la colonne avec les fouets, les verges et les
cordes de la flagellation, la lance et l'éponge. »

Le R. P. Cahier donne à choisir entre diverses origines. « Plu-


sieurs historiens de saint Grégoire, dit-il (i), racontent que le Saint
ayant rencontré une personne qui ne croyait pas à la présence réelle
de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, obtint un miracle public pour
la convaincre ranimer la foi du peuple. L'hostie consacrée se mon-
et
tra sur le corporal en forme de chair visible pour tous les assistants.
On pourrait aussi avoir eu en vue le prodige qu'il opéra également
sur l'autel pour des ambassadeurs qui désiraient des reliques de saint
Pierre et de saint Paul. Afin de ne point toucher aux corps des Princes
des Apôtres, il se contenta de leur donner une étoffe {brandeum) qui
avait été posée sur leur sépulcre, selon l'usage romain. Les envoyés,
témoignant faire peu de cas d'un tel don et disant que, pour des
étoffes, il n'en manquait pas chez eux, Grégoire célébra* la messe en
leur présence; puis, s'étant mis en prières, il perça d'un couteau le
brandeum d'où le sang coula immédiatement. Je ne sais si l'on n'au-
rait pas prétendu dans l'origine rappeler ainsi la grande part que
saint Grégoire est censé avoir prise à la rédaction de la liturgie, du
missel surtout, en remaniant les formules compilées par saint Gélase.
Il n'est pas non plus sans quelque probabilité que Ton ait eu jadis
l'intention de peindre l'apparition de Notre-Seigneur au saint Pape. »
D'après Mgr Barbier de Montault, le thème iconographique de
cette composition se rapporte uniquement à l'apparition du Christ
de Pitié à saint Grégoire, alors qu'il disait la messe sur le Mont-
Cœlius, où se trouve aujourd'hui une église consacrée à cet illustre
pontife (2).

M. Grimouard de Saint-Laurent (3) pense que dans ces composi-


tions, c'est moins saint Grégoire, que l'on a prétendu représenter à
l'autel, que le prêtre en général.
Les Franciscains de la province des Philippines avaient adopté
pour leur sceau la Messe de saint Grégoire le Grand.

(1) Caractérist. des Saints, au mot Messe.


(2) Loc. cit.

(3) Guide de VArt chrétien, t. II, p. 414.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 523

Messe de saint Martin. —


Un jour que saint Martin se disposait
à dire la messe dans sa cathédrale de Tours, il donna sa tunique à un
mendiant et revêtit un grossier habit que son archidiacre avait cru
aller acheter pour un pauvre. Pendant que le saint évêque célébrait
les saints Mystères, un globe de feu rayonna sur sa tête comme une

glorieuse auréole, pour récompenser sa charité. Ce sujet, qui apparaît


déjà dans des sculptures et des vitraux du xm siècle, a été illustré
e

par le pinceau de Le Sueur.


Enfant-Jésus sur une patène. —
Dans beaucoup d'églises grecques,
sous l'hémicycle du sanctuaire, Jésus-Christ est représenté sous la
forme d'un enfant placé sur une patène c'est là une attestation de la
:

croyance en la présence réelle. Dosithée a eu soin de le faire remar-


quer, au concile de Jérusalem « Il est étonnant, dit-il, que les héré-
:

tiques n'aient pas vu Jésus-Christ représenté à Phémycycle du sanc-


tuaire, sous la figure d'un enfant dans le disque sacré; ils pouvaient
se convaincre que, comme les Orientaux représentent sur le disque,
non pas la figure ni la grâce de Jésus-Christ, mais Jésus-Christ lui-
même, ainsi croient-ils que le pain de l'Eucharistie n'est pas autre
chose que le corps même de Jésus-Christ. »

En ce qui concerne la représentation de la messe en général,


sujet qui se rapporte plus au sacrifice qu'au sacrement de l'Eucha-
ristie,nous renvoyons nos lecteurs au texte et aux planches de l'ou-
vrage si complet de M. Rohault de Fleury.

article II

Peintures

Parmi les peintures du moyen nous


âge, relatives à l'Eucharistie,
nous bornerons à citer à l'église souterraine de Saint-Clément de
:

Rome, le pape saint Clément disant la messe dans son oratoire, fresque
du xi e siècle ; à Saints- Vincent-et-Anastase, fresque eucharistique
(xm e siècle); à Saint-Laurent-hors-les-Murs, Pierre de Courtenay,
empereur de Constantinople, communiant des mains du pape Hono-
rius III, peinture du xiv° siècle ; au portique de la basilique de
524 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

VAgro Verano, une fresque du xm e


siècle, représentant saint Justin
donnant communion à saint Hippolyte; à la cathédrale de Pise,
la
fresque de la Messe de saint Clément ; à la cathédrale d'Orvieto, nom-
breuses fresques eucharistiques, entre autres celle d'Ugolin de Prête,
représentant l'histoire de V Enfant juif délivré de la fournaise, etc. (i).
Sans avoir la prétention de signaler toutes les peintures des temps
modernes, relatives soit à l'Eucharistie en général, soit à des particu-
larités eucharistiques, nous allons en citer un certain nombre.
Adan (Em.) la Procession delà Fête-Dieu rentrant à Saint-Pierre
:

de Rome; exposition de 1868. — Albani (Francesco) Communion :

de la Madeleine ce tableau, provenant de l'ancienne galerie du Palais-


;

Royal, fait aujourd'hui partie de la collection de lord Francis Eger-


ton, à Bridgewater. La sainte Pénitente reçoit, dans le désert, la
communion des mains d'un ange tenant un calice et reposant sur des
nuages un second ange place la patène sous les lèvres de la Sainte,
;

tandis qu'un troisième ange se tient en adoration. Amalteo (Pom- —


ponio) une Messe à Venise musée de Rouen.
: Angelico (Frà) ;
— :

la Communion des Apôtres, à l'académie de Florence; une Consécra-


tion d'autel au musée de Cluny.
; Baille : le Miracle de Favernay ; —
chapelle du collège Saint-François-Xavier, à Besançon. Barocci : —
Extase de saint Pascal devant un ostensoir; musée de Paray-le-
Monial. —
Barrias (Joseph) la Communion, souvenir de Ravenne ; :

expos, de 1 861 . —
Bassano (Jacobo da Ponte, dit) le Repas d'Em- :

maûs ; musée de Dijon. — Bastien-Lepage (J.) la Communiante :


;

expos, de 1875. —
Bandit (Am.) le Viatique en Bretagne; expos, :

de 1859.
Baugin (Lubin) saint Zozime donnant la Communion à sainte
:

Marie l'Égyptienne. —
Bayer (Aug. de) Procession de la Fête-Dieu :

à Strasbourg; expos, de 1842. Becquer (J.-D.) la Procession du — :

Corpus Domini à Séville. — Belle (Marie-Anne) la Réparation d'une :

profanation du Saint-Ciboire ; Saint-Merry de Paris. Bellini —


(Jean) : le Repas d'Emmaus; à San-Salvatore de Venise. — Berlin
(Jean-Victor) : le Viatique dans la montagne; expos, de 1841. —
Berthon (Nicolas) pendant la Messe, souvenir d'Auvergne ; expos,
:

de 1866. —
Bertrand (James) dernière Communion de saint Benoît; :

expos, de 1859. —
Blanchard : la première Messe célébrée en Amé-
rique; musée de Dijon. —
Boisricheux (Alph. de) une Messe dans :

(1) Cf. Lodovico Luzi, // Duomo d'Orvieto, Firenze, 18G6.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 525

le Bas-Maine, en 1793; expos, de 1842. Bonvin (Fr.) la Basse- — :

Messe; expos, de 1 855. —


Borsini (Frédéric) la Grand'Messe dans :

le chœur des moines Trinitaires, à Rome; expos, de 1876. —


Boschi (Fabrice) saint Bonaventure communié par un ange église
:
;

Ognissanti de Florence. — Boticelli (Sandro) : dernière Commu-


nion de saint Jérôme. — Bouet (Adelmard) : les préparatifs de la
Fête-Dieu à la cathédrale de Trêves; expos, de 1857. Boulanger —
(Clément) la Procession du Corpus Domini à Rome, en i83o;
:

musée de Lille. —
Boulanger (Louis) la Procession des Etats géné- :

raux à Versailles, le 4 mai 1789, au Palais de Versailles, dans la salle


dite des États-Généraux. Boulhon (M rae —
la Procession du Corpus ) :

Domini, à Rome, en i83o; expos, de 1 833. Brandon (Edouard) — :

sainte Brigitte expirant après l'élévation de l'hostie; expos, de 1 863.


— Bremond (J.-Fr.) : la Communion; fresque de l'église de la

Villette. — Breton Communiantes; expos, de 1884.


(Jules) : les —
Bril (Paul) :le Repas d'Emmaiis; musée de Montpellier. Brion —
(Gust.) : la Fête-Dieu; expos, de 1 855.
Camoncini : Communion de saint Louis de Gonzague ; musée
de Paray-le-Monial. — Cano (Alonzo) Communion, collection : la
du duc de Galliera. — Canuti (D. -Marie) Messe de saint : la

Grégoire musée de Paray. — Caravage (Michel-Ange-Amerighi,


;

dit Le) Repas d'Emmaiis musée d'Angers, national Gallery


: le ;

de Londres Notre-Dame de Bruges. — Carrache (Aug.)


et : la
Communion de saint Jérôme , à la pinacothèque de Bologne ;

répétition au musée du Capitole et à celui de Saint-Pétersbourg.


La scène se passe dans l'église de Bethléem, bâtie par saint
Jérôme au-dessus de la grotte où naquit le Sauveur. Le saint
vieillard, exténué par l'âge et les macérations, a les yeux fixés
sur le Viatique qu'il va recevoir. La ferveur respire dans ses traits,
aussi bien que dans la physionomie des religieux qui l'entourent.
— Carrache (Annibal) la Procession du Saint-Sacrement, autre-
:

du Palais-Royal.
fois à la galerie Cibot : la Communion sacrilège — ;

chapelle du Sacré-Cœur à Saint-Leu de Paris. Cignani (Carlo) — :

saint Dominique guéri par le Saint-Sacrement musée de Paray- ;

le-Monial. —
Ciro Ferri : la Cène d'Emmaiis même Musée. Le ;

Saint-Sacrement présenté par des anges; musée de Paray-le-Monial. —
Champaigne (Philippe de) le Repas d'Emmaiis, au musée d'Angers
:


;

la Communion de saint Louis de Gonzague, au musée de Nantes.

Charlel (Orner) la Messe de saint Lucien; expos, de 1839.


:

526 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Chasselat (Saint-Ange) : la Chapelle delà Fête-Dieu ;


expos, de 1839.
— Chasseriau moine Zozime communiant, dans le désert, sainte
: le

Marie l'Égyptienne; peinture murale de Saint-Merry de Paris. —


Chrétien : Instruction pour une Première Communion dans une cha-
pelle de de Paris; expos, de 1837.
l'église Coello (Claude) — :

Messe de
(élévation
l'Hostie) à laquelle assiste le roi Charles II.
Un grand tableau du même peintre, à la sacristie de l'Escorial,
représente la procession qui eut lieu pour recevoir la sainte
Hostie foulée aux pieds par des hérétiques et envoyée à Philippe II
par Rodolphe II, empereur d'Allemagne. Coignard (Louis) le — :

Repas d'Emmaus expos, de 1843. Colson (G. -F.) saint Charles


;
— :

Borromée donnant la communion aux pestiférés de Milan à Saint- ;

Merry de Paris. —
Cornilliet (J.) le jour de la Fête-Dieu expos, de :
;

1 856. —
Cornu (Sébastien)
«
me
Acarie communiant avec ses : M
enfants domestiques
et sespeinture murale de Saint-Merry de ;

Paris. —
Con^ege (Allegri, dit Le) Communion de sainte Marie :

l'Egyptienne musée de Paray-le-Monial.


; Coste : la Rentrée du —
Viatique, dans Téglise de Santa-Lucia, à Naples; expos, de 1 833. —
Coubertin (Charles de) la Messe pontificale du jour de Noël, à
:

Saint-Pierre de Rome; expos, de 1857. Courbe (M 1Ie Blandine) — :

Calice ayant appartenu à saint François de Sales; expos, de 1877.


— Coypel : les Disciples d'Emmaus, à Saint-Louis des Invalides. —
Crayer (Gaspard) la Cène d'Emmaus; musée de : Berlin; saint
Charles Borromée communiant les pestiférés; musée de Nancy. —
Crespy (Guiseppe Maria) la Communion. Cnlmbach (H. de) : — : la

Transsubstantiation musée de Paray-le-Monial. ;

Dantan : la Fête-Dieu; expos, triennale de 1 883. — Dauban (Jos) :

Trappistes se donnant le baiser de paix avant la communion ;


expos,
de i865. — Delaroche (Paul) : la Dernière Communion de Marie
Stuart ;
esquisse d'un tableau qui n'a pas été fait, achetée 9,000 francs
en vente publique, par M* Stevens. A la vente Lamberty (1 865), figu-
rait un tableau de Paul Delaroche, représentant Jésus à genoux, au
mont des Oliviers, tenant à la main un calice, au-dessus duquel brille
une hostie dont la lumière éclaire seule la tête du Christ. Deligny —
(T) : le Viatique à Rome. — Demay : une Procession de la Fête-Dieu
à la campagne; expos, de 1827. — Déneux (Charles) : le Viatique;
expos, de 1879. — Dergny
(l'abbé): Jésus-Enfant révélant le mystère
de l'Eucharistie ; chapelle du petit séminaire de Saint-Riquier. —
Deshays (J.-B. -Henri) saint Benoît recevant le Viatique au pied de
:
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 527

l'autel; musée d'Orléans. — Diepenbèke (Abraham Van) : saint Fran-


çois adorant le Saint-Sacrement-, musée de Bruxelles. — Dolabella
(Thomas) F Adoration du Saint-Sacrement; ovale de plafond (salle
:

du Sénat) au palais ducal de Venise. Dolci (Carlo) —


la Condamna- :

tion de l'hérésie de Bérenger musée de Paray-le-Monial.


; Domi- —
niquin (Domenico Zampieri, dit Le) la Communion de saint Jérôme.
:

Ce chef-d'œuvre, avant d'être transporté au Vatican, figura pendant


deux cents ans au maître-autel de l'église de Saint-Jérôme-de-la
Charité. Il a été estimé valoir 5oo,ooo francs, pendant son séjour
au Louvre jusqu'en 181 5. «Ce sujet, dit M. Ernest Breton (1), avait
déjà été traité par Augustin Carrache, pour la Chartreuse de Bolo-
gne, et, jusqu'à un certain point, Lanfranc, en faisant graver ce ta-
bleau à l'eau-forte par Perrier, put avec vraisemblance accuser le
Dominiquin de plagiat. Évidemment celui-ci s'est inspiré de la com-
position de son prédécesseur. Dans les deux tableaux, le Saint, nu,
décharné et mourant, est agenouillé à gauche, soutenu sous les bras
et recevant l'hostie des mains de saint Ephrem, revêtu de riches orne-
ments sacerdotaux; dans tous deux, le fond du tableau est occupé par
une arcade ouverte, décorée d'une élégante architecture dans tous ;

deux, enfin, un groupe d'anges plane au-dessus de la scène; mais


quelle supériorité de noblesse et d'expression, quelle unité de compo-
sition dans l'œuvre du Dominiquin personnages sont de pieux
! Ici les
pasteurs assistant à la communion d'un saint; là on ne trouve que
des moines indifférents administrant le Viatique à un vieillard mou-

rant.Le Dominiquin a copié Carrache, comme La Fontaine a copié


Esope et Phèdre; copier ainsi, c'est créer.)) Parmi les bonnes copies
de ce tableau, il faut citer la mosaïque de Saint-Pierre du Vatican,
des peintures à l'académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg et au
musée de Paray-le-Monial, où une esquisse du même peintre,
l'on voit
représentant la Procession du saint Viatique. La Communion des —
Apôtres; musée de [Nancy. Les Vertus cardinales et théologales
groupées autour du Saint-Sacrement; musée de Paray-le-Monial. —
Doyen : Communion de saint Louis; Saint-Eustache de Paris. —
Dramard (G. de) Procession de la Fête-Dieu dans l'église de Dives
:

(Calvados). —
Dupuis (Pierre) les Disciples d'Emmaùs; expos, de
:

1869. —
Durer (Albert) un prêtre disant la Messe en présence d'un
:

empereur; vente du duc de Taliard, 1766. Duveau (Noël) le saint — :

(1) Notice sur la vie et les œuvres du Dominiquin, p. 7.


528 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Viatique ; expos, de 1857; une Messe en mer (1793), sur les côtes de
Bretagne; expos, de 1864. Duverger (Emm.) les Derniers Sacre- — :

ments. —
Duccio : les Pèlerins d'Emmaus ; cathéd. de Sienne. —
Dyck (Antoine Van) Communion de saint Bonaventure ; musée de
:

Caen; le Miracle eucharistique de saint Antoine de Padoue; musée de


Toulouse.
Espinosa (H. -Jérôme de) la Communion de la Madeleine musée :
;

du Roi à Madrid. —
Eyck (Jean Van) la Messe de saint Grégoire;
- :

collection de lord Ward à Londres. La Source de la vie, composition


mystique ; musée de la Trinité, à Madrid.
Fabre d'Olivet (M lle J.) la Veille de la Première Communion; :

expos, de 1839. —
Fiori (Frederigo), dit le Baroche la Commu- :

nion de sainte Marie l'Égyptienne; musée de Munich. Le Repas


d'Emmaus musée de Turin.
; Sainte Catherine de Sienne communiée
des mains d'un ange ; musée eucharistique de Paray-le-Monial. —
Fiorini : Procession de la Fête-Dieu; expos, de 1 835. — Fontaine
(Adolphe) Messe à Pont-FAbbé (Finistère); expos, de 1861.
: la —
Forcade (Jacques) la Fête-Dieu; expos, de 1878.
: Fougère —
(M lle Amanda) un Officier de zouaves mortellement blessé et rece-
:

vant la communion; exp. des Beaux-Arts de Rouen, 863. Fou- 1 —


rau (Hugues) le Mystère de l'Eucharistie expos, de 1845.
: Fran- —
ches chi (Dom. de) la Procession de la Fêtè-Dieu à Venise (1 59 1).
:
;


Franck-le-J eune (François) Célébration de la Messe dans une grotte :
;

vente du cardinal Fesch (1846).


Gauthier (Léon) la Première Communion dans une église de
:

campagne; expos, de 1876. Gérôme (J.-L.) la Communion de — :

saint Jérôme; fresque à Saint-Séverin de Paris. Gerpen (Henri) — :

la Communion de la Trinité; expos, de 1877.


à l'église Geslin —
(Mat.) : la Fête du Saint-Sacrement au calvaire de Dominois (Somme);
expos, de 1868. — Gilio : Célébration d'une Messe solennelle à la

cathédrale de Milan; expos, de 1 835. — Giordano (Lucas) : le Saint-


Sacrement à de Saint-Dominique le Majeur, à Naples. Saint
l'église
Pascal adorant Saint-Sacrement qui lui apparaît dans le ciel, sur
le

une couronne de roses; musée de Grenade. Gobau (François) — :

Adoration du Saint-Sacrement; musée d'Anvers. Gondar (Eugène) — :

une Communiante ;
expos, de 1842. — Gorecki (Thad). Communion
d'une jeune fille mourante. — Granet (François-Narcisse) : Messe à

un autel privilégié; expos, de i83i. Célébration de la Messe à Notre-


Dame de Bon-Secours; expos, de 1846. — Grellet (Alex.) : saint
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE ï/eUCHARISTIE 52g

Bernard et Guillaume d'Aquitaine, à Parthenay; expos, de 1875.


Guillaume, duc d'Aquitaine, étant excommunié pour ses violences, se
trouve à la porte de l'église de Parthenay sans oser y entrer. Saint
Bernard, l'apercevant, mit le corps de Notre-Seigneur sur une patène,
l'éleva dans ses mains ; puis, le visage en flammes, les yeux étince-
lants, marcha droit à Guillaume et lui adressa de terribles paroles qui
firent rentrer le duc en lui-même et rendirent la paix à l'Église d'Aqui-
taine. — Grivolas (Pierre) la Fête-Dieu à Villeneuve-lez-Avignon ;
:

expos, de 1878. —Grobon (Fréd.) l'Eucharistie, tableau de fleurs ;


:

expos, de i852. — Guardi (Francesco) la Fête du Corpus Domini :

à Venise; musée du Louvre. —


Guerard (Am.) une Messe matinale :

à Monterfil (Ille-et- Vilaine) expos, de 1859.


;
Guerchin (J.-F. Bar- —
bieri, dit Le) Communion de sainte Marie l'Egyptienne; à la pinaco-
:

thèque de Munich. Saint Thomas d'Aquin écrivant sur l'Eucharistie ;


à San-Dominico de Bologne. —
Guido-Reni : saint Philippe de Néri
en extase pendant la Messe; musée de Paray-le-Monial. Saint —
François d'Assise devant le Saint-Sacrement ; même musée. —
Guillon : la Communion de saint Pierre ; Saint-Étienne-du-Mont. —
Guirnard (M lle Eudes de) une Procession de la Fête-Dieu à Batz
:

(Loire-Inférieure); expos, de 1 863. Guide (Guido Reni, dit Le) — :

saint Philippe de Néri en extase devant le Saint-Sacrement; musée


eucharistique de Paray-le-Monial.
Halbon (Emile) : le Saint Viatique dans les États-Pontificaux ;

expos, de 1869. — Harrisson : Retour de la Première Communion;


expos, de 1882. — Helmont (Van) : dix-huit tableaux représentant
Hosties miraculeuses de Bruxelles (1369) sont exposés
l'histoire des
à Sainte-Gudule, pendant l'octave du Saint-Sacrement-de-Miracle ; ils
sont dus à Van Helmont, Eykens, Van der Heyden, Kerckox et Van
Orley. — Hemling de) l'Élévation de l'Hostie; musée de
(style :

Madrid. — Her\ (Georges) une Procession de


: Fête-Dieu; expos, la
de 1844. — Hess (H. de) Communion, fresque à
: la de Tous- l'église
les-Saints de Munich. — Holbein une des figures de sa Danse des
:

Morts représente un prêtre portant le Saint- Viatique c'est la Mort


;

qui tient la lanterne. — Honthorst (Gérard) : le Repas d'Emmaus ;


musée de Grenoble.
Ingres. — La Vierge à l'Hostie. « Nous sommes dans un temple du
xvi c siècle, dit un critique; l'autel est dressé pour le saint Sacrifice; sur
un vase d'or repose l'Hostie sainte; c'est l'instant solennel où l'assis-
tance visible et invisible se prosterne dans un saint tremblement, car

t. h. 34
53o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARTSTIE

les paroles de la consécration ont été prononcées. Alors apparaît la


Vierge sainte ; elle prie et adore. Quel regard d'admiration, de recon-
naissance et de respect elle jette sur l'Hostie sainte, qui est le corps
de son Fils qu'elle a donné au monde. La pensée touchante de la
prière domine le tableau et nous transporte dans les régions de l'infini;
on ne peut voir sans émotion cette tête de la Vierge, si pure, si
calme, si heureuse, et l'on est tenté de se prosterner pour adorer avec
elle le fruit de ses entrailles virginales. » Ce tableau est aujourd'hui en
Russie.
Jacquemart (M lle Nélie) le Repas d'Emmaûs expos, de 1866.
:
;

Jobbé-Duval : saint Charles administrant les pestiférés de Milan à ;

Saint-Séverin de Paris. —
Johannot (Alfred) un Miracle de saint :

Hyacinthe; à Notre-Dame-de-Lorette à Paris. Une ville ayant été mise


à feu et à sang par les Tartares, saint Hyacinthe sort de son monas-
tère, tenant d'une main l'image de la Vierge, et, de l'autre, le Saint-
Sacrement. marche ainsi à travers l'incendie et le massacre, pré-
Il

servé à la fois des flammes et de la cruauté des Barbares. Jouvenet —


(Jean) la Messe de l'abbé de La Porte; musée du Louvre. Saint
:

Denis communié par Jésus-Christ lui-même; cathédrale de Beau-


vais.
Krug (Edouard) : la Communion de Jeanne d'Arc dans sa prison ;

expos, de 1864.
Lafon (Emile) : la Sainte Vierge communiée par saint Jean l'Évan-
géliste; expos, de 1843. —
Lahire (Laurent de) Repas d'Em- : le

maûs ; musée de Grenoble. —


la Messe à Béat
Landel (Charles) :

(Basses-Pyrénées); expos, de 1857. —


Landelle : Messe cophte ;

expos, triennale de 1 883. —


Lebault : le Repas d'Emmaiis musée de ;

Dijon. —
Le Brun : la Dernière Communion de Marie; musée de
Paray-le-Monial. —
Le Grain (Edm.) la Messe du Saint-Esprit à :

Vire, expos, de 1868. Leprince (Léopold) — une Procession de la :

Fête-Dieu expos, de 1822. La Première Communion à Saint-


;

Etienne-du-Mont; même exposition. —


Le Sueur : la Messe de Saint-
Martin musée du Louvre. Ce tableau, provenant de l'abbaye deMar-
;

moutiers, et coté 40,000 francs dans l'estimation officielle de 18 16, est


remarquable par la sagesse de la composition, l'expression des per-
sonnages et la chaleur du sentiment. Le globe de feu qui brille au-
dessus de la tête de saint Martin, n'est aperçu que par le diacre et
quelques assistants dont le pieux étonnement est admirablement
rendu. Il y a une copie de ce tableau, faite par Le Sueur lui-même, au
— —
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE

musée de Tours, et une esquisse dans la collection du roi de Bavière.


Au musée d'Amiens, un tableau qui représente saint Norbert disant
la messe, est attribué à Le Sueur. Le Tellier : saint Jean commu- —
église d'Estrées-lez-Crécy (Somme).
niant la Sainte Vierge Lethière*
la Messe dans les Catacombes; salon de 1827.
;

Lêvy (Emile) la — :

Messe aux champs, dans la campagne de Rome; expos, de 1 863. —


VHuillier (Alph) le Viatique expos, de 1859. : Loo (Carie Van) ;
— :

saint Charles Borromée communiant les pestiférés Notre-Dame de ;

Paris. La Communion de saint Benoît ; église de Saint- François de


Paul de Nice sainte Marguerite ; de Cortone en extase à la Sainte
Table; musée de Paray-le-Monial. Loo (J.B. Van) le Triomphe — :

de l'Eucharistie ; cathédrale de Toulon. Lordon (Jérôme) la Com- — :

munion d'Attala. —
Loubon : Communion d'un prisonnier; expos,
de 1 833 . —
Lucas de Leyde : un Prêtre célébrant la Messe; palais de
TEscorial. — Lutti (Benoît) : Communion de sainte Marie-Made-
leine, esquisse; musée de Paray-le-Monial.
MaillotMesse dans une chapelle de la Vieille-Castille.
: la Maison —
(Eugène) le Saint Sacrifice de la Messe à Saint-Louis-en-l'Ile. La
:

Messe pour les âmes du Purgatoire Saint-Louis-des-Invalides. ;



Mallet (J.-B.) : les Préparatifs de la Fête-Dieu ; vente L. de Saint-
Vincent, 852. — Marlet (Jean) une Communion de jeunes
1 : filles;

expos, de 1843. — Maratta (Carlo) sainte Thérèse portant sainte : la


Eucharistie; musée de Paray-le-Monial. — Maréchal père saint :

Charles Borromée communiant pestiférés de Milan expos, les ;


reli-

gieuse de 1874. — Marguérie (Gustave) une Première Com-


Lille, :

munion vendéenne sous Terreur; expos, de 863. — Masaccio


la 1

(Tomaso Guidi) le Miracle eucharistique de saint Antoine de


:

Padoue pinacothèque
;
de Padoue. Ma\erolle (Alexis) les Agapes; — :

expos, de 1877. —
Meir elles de Lima (Victor) la Première Messe :

célébrée au Brésil (1 er mai i5oo); expos, de 1861. Memmi (Simone) :

saint Martin célébrant la messe; à Assise. Menageot : saint —


Charles communiant un pestiféré Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à ;

Paris. — Menard (Alfred) : la Communion de la Vierge, par saint Jean


l'Évangéliste ;
expos, de 1841. — Menesses (François) les Docteurs :

et les Patriarches adorant le Saint-Sacrement; collection Garcia de


Leuniz, à Séville. — Me\ino (Ignacio) Repas d'Emmaùs expos, : le ;

de 1866. — Michel (Charles-Henri) sainte Communion; musée du : la

Luxembourg. — Mignard (Nicolas) saint Charles communiant : les


pestiférés de Milan musée de Narbonne. — Molinari
; Viatique : le
532. HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

porté chez un pauvre ;



exposition artistique de Rome, 1870.
Mosler (Henry) Derniers Sacrements; expos, de 1884. —
: les

Muller (Ch.-Louis) une Messe sous Terreur; expos, de i863. —


: la

Mura (François de) sainte Claire, portant Saint-Sacrement, met


: le

lesSarrasins en fuite; église Sainte-Claire à Naples. — Murillo


(Esteban) : le Triomphe de l'Eucharistie, acheté 67,500 francs par le
musée du Louvre, à la vente de Pourtalès, 865. 1 .

Nargeot (M 1,e Clara) la Première Communiante; expos, de 1845.


:

— Neefs (Peter) Intérieur d'église où un prêtre dit la Messe vente


: ;

Julienne, 1867.
Ochoa (Raphaël) une Messe à Saint-Philippe-du-Roule; expos, de
:

1879. Odier (Edouard) ta Messe pendant la moisson, dans la :

çampagne de Rome; musée du Luxembourg. Omer-Charlet : —


saint Thomas d'Aquin lisant son office du Saint-Sacrement devant le
pape Urbain IV; expos, de 878. Oost le Vieux (Jacques Van) j
— :

saint Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan musée ;

du Louvre. —
Orley (Bernard Van) saint Norbert en chaire, réfutant :

les erreurs eucharistiques de Teuchelin pinacothèque de Munich. ;



Orrente (Pierre) le Repas d'Emmaûs galerie du prince Esterhazi à
:
;

Vienne.
Pacheco (François) saint Vincent donnant la communion aux
:

fidèles ; église de l'Université de Séville. Saint François tenant un —


calice d'où sort le démon sous la forme d'un dragon ailé; collection
Pedro Madrazo à Madrid. —
Padouan (Alexandre Varotari, dit Le) :

Notre-Seigneur communiant miraculeusement les Martyrs musée de ;

Paray-le-Monial. — Palma Vecchio (Jacopo) : le Repas d'Emmaûs;


palais à Florence. — Pellegrini (Louis)
Pitti Communion de : la la

Vierge; expos, de 1879. — Pepyn (Martin) saint Norbert adorant : le

Saint-Sacrement; cathédrale d'Anvers. — Pereyra (Vasco) saint :

Paul ermite, communié par un ange musée de Dresde. — Pernot ; :

la Vision de saint Jean-Chrysostome expos, de 1822. — Perret ;

(Aimé) ; Saint- Viatique en Bourgogne; expos, de 1879. — Perrin


le \

décoration de Chapelle de l'Eucharistie à Notre-Dame-de-Lorette.


la
— Perrodin Communion de
: la Sainte Vierge; peinture murale la

à Notre-Dame-de-Paris. — Petit (Savinien) Présence dans : la réelle,

la chapelle particulière du Corpus Domini, de M lle


de Mauroy, à
Paris. — Petra\\i (Astolphe) : la Communion de saint Jérôme ;
église

Saint-Augustin à Sienne. — - Pichon (Aug.) : saint Charles Borromée


donnant la Communion à son oncle Pie IV mourant ;
peinture murale

LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 533

à Saint-Sulpice de Paris. Détail curieux à noter : saint Charles


tient de la main droite une hostie, et de l'autre non pas un ciboire,
mais un ostensoir ! — Pierret : la Communion au couvent, expos, de
i883. —
Pingret (Édouard) le Viatique à Sorrente; expos, de 1841.
:

— Plinval (M ,:e Zoé) une Jeune Fille, avant sa Première Communion,


:

reçoit la bénédiction de sa grand'mère; expos, de 1848. Pocetti :


sainte Madeleine de Pazzi communiée par Notre-Seigneur ; fresque
de Sainte-Madeleine-de-Pazzi à Florence. Poelembourg (Corneille) — :

Jésus-Christ sur un nuage, donnant la communion à une sainte ;


vente du duc de La Vallière (1781). Poirson (Maurice) le Via- — :

tique en Normandie; expos, de 1874. Poussin (Nicolas Le) : —


l'Eucharistie musée; de Toulouse. Po\\i : une Exposition du —
Saint-Sacrement; musée de Paray-le-Monial. Prudhomme : saint —
Bernard montrant la sainte Hostie au duc d'Aquitaine; musée de
Douai.
Quecq (J.-Éd.) saint Charles Borromée administrant le Viatique
:

au pape Pie IV, son oncle; expos, de 1842. Quillyn (Érasme) — :

Miracle de saint Hugues, évêque de Lincoln, tenant un calice d'où


émerge l'Enfant Jésus; musée d'Anvers. Le Repas d'Emmaiis; église
Saint-Paul d'Anvers.
Raphaël (Sanzio) Dispute du Saint-Sacrement
: fresque de la salle ;

de Signature au Vatican. Cette désignation, empruntée à Vasari,


la

devrait être remplacée par celle de Triomphe de V Eucharistie. La


scène se passe tout à la fois au ciel et sur la terre. Dans la partie
supérieure, Dieu, dans toute sa gloire, entouré de Séraphins et de
Chérubins, bénit le globe terrestre qu'il tient dans la main gauche.
Au-dessous de lui, Jésus-Christ est entouré de la Vierge, de saint Jean-
Baptiste, des Patriarches, des Prophètes, des Evangélistes et des
Martyrs. Dans la partie inférieure, le Saint-Sacrement, reposant sur
un autel, est le Souverain Pontife, les Évêques, les Doc-
vénéré par
teurs qui ont mieux parlé de la présence réelle. Parmi les specta-
le

teurs, on remarque Bramante, le Dante et Savonarole. Selon les uns,


c'est là une composition sans rivale dans l'histoire de la peinture;
selon les autres, elle est très critiquable au point de vue du dessin, du
costume, du mouvement et de l'emploi de la lumière. « Cette grande
peinture symbolique, dit M. Rio (1), n'a pas toujours été interprétée
de la même manière. D'après l'interprétation de Bellori, produite

(1) De l'Art chrétien, t. IV, p. 405.


534 HISTOIRE DU SACREMENT DE i/EUCHARISTIE

pour la première en 1693 et adoptée par tous ceux qui, depuis,


fois
ont ajouté leur exégèse à la sienne, Jules II, en traçant son pro-
gramme à Raphaël, aurait eu la pensée de mettre la théologie chré-
tienne en opposition avec philosophie païenne, représentée par
la

YÉcole d'Athènes, et l'on comprend que


ce point de vue était trop
ingénieux pour ne pas être favorablement accueilli. Mais il était en
désaccord avec l'explication traditionnelle qui remontait jusqu'à
Vasari et qui avait été confirmée, du vivant même de cet écrivain, par
legraveur Giorgio Ghisi, disciple de J. Romain. Pour eux et sans doute
aussi pour leurs contemporains, la fresque dont il est ici question
avait pour but de montrer le moment où la manifestation de la lumière
surnaturelle par la Trinité, résumée dans l'Eucharistie, vient mettre
un terme à toutes les controverses et faire succéder la contemplation
à la recherche. » Louis de Boulogne, pendant son séjour à Rome, a
copié la Dispute du Saint-Sacrement pour être mise en tapisserie.
Une copie de cette admirable fresque, exécutée par MM. Balze frères,
se trouve au Panthéon. Celle de Tiersonien se voit au musée du
Louvre. M. Thiers a fait aussi exécuter une copie de ce chef-d'œuvre
pour sa collection particulière, détruite en partie dans l'incendie de
son hôtel, en 187 1 .

La Messe de Bolsène, fresque de la première
chambre du Conclave au Vatican. Le peintre a représenté admirable-
ment la manifestation de la Présence réelle. L'impression des assis-
tants est habilement graduée, le célébrant est touché sans être troublé ;

le Pape, représenté sous les traits de Jules II, les cardinaux et les
évêques, habitués aux mystères de la Foi, conservent une attitude
calme et recueillie, tandis que les fidèles sont agités par l'enthousiasme
de l'admiration. —
Le Miracle de saint Antoine de Padoue musée de ;

Berlin. —
Rembrandt (P. Van Ryn) Jésus-Christ rompant le pain à
:

Emmaus; musée du Louvre. —


Restout (Jean) le Repas d'Emmaus; :

musée de Lille. —
Rieux (Louis) saint Thomas d'Aquin dictant l'of-
:

fice du Saint-Sacrement; expos, de 1877. Rigo (Jules) —


la Com- :

munion de saint Benoît ; Saint-Etienne-du-Mont. Robert-Fleurj —


(Tony) saint Bernard, disant la messe pour les trépassés, voit les
:

âmes rachetées monter au Ciel; église Saint-Bernard de Paris. —


Roeslas (Juan de Las) le Sacrement de l'Eucharistie; musée de Saint-
:

Pétersbourg. —
Romanino (Jérôme) Apollonius donnant la commu-
:

nion au peuple; église Sainte-Marie di Colchera à Brescia. Roselli —


(Cosimo) le Miracle du Saint-Sacrement; église Saint-Ambroise de
:

Florence. On voyait, du même artiste, à l'exposition de Manchester,



LIVRE XIX. ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 535

un tableau de M. Fuller Maitland) intitulé le Sacrifice de


(collection
laMesse : Le Christ, dit M. W. Burger (i), en longue robe noire
«

ornée de pierreries, met tout simplement les pieds dans le Saint-


Ciboire, sur lequel il apparaît, les bras étendus, dans la pose de cru-
ciné. A gauche,
saint Jean et saint Dominique; à droite, saint Pierre
et saint Jérôme, sont agenouillés. Cette fantasmagorie est une idée
digne de l'alchimiste passionné qui dépensait à la recherche du grand
œuvre tout ce que lui rapportait son art. —
Rossignon (M Ue Octavie) :
Reposoir de la Fête-Dieu, à Saint-Nom-de-la-Bretèche (Seine-et-Oise);
expos, de 1839. —
Rousseau : la Fête-Dieu; expos, de 1874. Rubens —
(Pierre-Paul) la Communion de saint François d'Assise, jadis à
:

l'église des Récollets d'Anvers, aujourd'hui au musée de cette ville.

Ce beau tableau, alors qu'il était au musée du Louvre, fut estimé offi-
ciellement au prix de 2 5o,ooo francs. —
La Bénédiction du pain à
Emmaûs musée de Madrid.
;

Rodolphe de Habsbourg rendant
hommage au Sainf.Viatique; musée de Madrid. Rullier (M me) : —
une Première Communiante; expos, de 1 835.
Sacchi (André) sainte Claire chassant les Sarrasins, en leur pré-
:

sentant le Saint-Sacrement; musée eucharistique de Paray-le-Monial.


Notre-Seigneur communiant les Apôtres ; même musée ; le Corporal
de saint Grégoire le Grand ; Saint-Pierre de Rome. Salmson : une —
Première Communion; au musée du Luxembourg. Santwoort —
(D.-V.) : le Repas d'Emmaus; musée du Louvre. — Sasso Ferrato
(J.-B. Salvi) saint Ignace et saint François-Xavier auprès du Saint-
:

Sacrement; musée de Paray-le-Monial. —


Schedone (Bartolommeo) :
le Repas d'Emmaus; belvédère de Vienne; l'Adoration de l'Eucha-

ristie par tous les saints; au musée de Paray-le-Monial. Scarcellino —


de Ferrare : l'Adoration au Ciel du sacrifice perpétuel de l'Eucha-
ristie ; même musée ; saint François d'Assise et sainte Claire devant

le Saint-Sacrement; même musée. —


Schnorr Rodolphe de Habs- :

bourg rendant hommage au Saint-Viatique ; Festsaalbau de Munich.


Seghers (Gérard) la Communion de la Sainte Vierge; ancienne
:

galerie de Vienne (Autriche); le Saint-Sacrement au milieu des


fleurs ; musée de Paray-le-Monial. Le Saint-Sacrement entouré d'une
guirlande de fleurs; galerie de Vienne. Sneyers (Gilles) —saint :

Norbert recevant le Viatique; musée de Bruxelles. Soyer : la —


Communion pendant la grand'messe à l'église Saint-Sulpice ; expos.

(1) Trésors d'art en Angleterre, p. 3i.


536 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

de 1873. —
Stella : Jésus-Christ ressuscité donnant la communion
aux Apôtres; musée de Toulouse. Subleyras (Hubert) Commu- — :

nion de sainte Madeleine; musée de Cassel. Subleyras (Pierre) la — :

Messe de saint Basile ; musée du Louvre, église Sainte-Marie-des-


Anges et Saint-Pierre de Rome. L'empereur Flavius Valens voulant
contraindre saint Basile à embrasser TArianisme, tombe évanoui çlans
les bras de ses officiers par suite de l'émotion qu'il éprouve, en voyant
Basile célébrer la messe, le jour de l'Épiphanie.
Tassaert (Oct.) Communion des premiers Chrétiens dans les
:

Catacombes; expos, de i852. Thulden (Théodore Van) la Com- — :

munion de saint Boniface ; musée de Caen. Tiepolo (Giovanni —


Battista) la Communion d'une Sainte ; église des Saints-Apôtres de
:

Venise. La Scène d'Emmaus ; musée de Paray-le-Monial. Timbal —


(Ch.) la
: Messe au grand autel de Saint-Pierre de Rome; expos, de
1869. —
La Communion de saint Pierre; Saint-Étienne-du-Mont. —
Titien (Le) le Repas d'Emmaiis; collection de lord Varborough, en
:

Angleterre. —
Toma (G.) le Viatique à l'Hospice des Orphelins, à
:

Naples; expos, de 1876. —


Tristaud (Alphonse) les Pèlerins d'Em- :

maiis; expos, de 1844.


Vafflard : Marie Stuart se communiant dans sa prison expos, de ;

1824. — Valentin (Moïse) : le Repas d'Emmaùs; musée de Nantes.


— Vanni (Francesco) : Communion de sainte Marie l'Égyptienne ;

Sainte-Marie-de-Carignan à Gênes. Saint Hyacinthe portant le Saint-


Sacrement; musée de Paray-le-Monial. Le Saint-Sacrement adoré
par les Anges et les Vera (Alejo) la
Docteurs ; dôme de Pise. — :

Communion dans Catacombes; expos, de 1869.


les Vernet —
(Horace) Célébration de la Messe pendant la campagne de Kabylie
:
;

expos.de i855. —
Véronèse (Paolo Cagliari, dit Paul) le Repas d'Em- :

maiis; musée du Louvre et collection du duc de Sutherland, à Lon-


dres. —Villa-Amil (Perrez de) la Procession du Corpus Domini :

dans un village espagnol; expos, de 1842. Vos (Corneille de) — :

saint Norbert recueillant les saintes hosties dérobées aux profana-


tions de Tanchelin musée d'Anvers. Vriend (Frans Floris, dit
;

François de) Communion d'un Saint; catalogue de Weigel, n°
: 1091.
— Weyden (Rogier Van der) « Le musée d'Anvers, dit M. : l'abbé
Dehaisnes (1), possède un tableau de Van der Weyden, connu sous le

nom des Sept Sacrements. Une église ogivale s'offre au regard, non

(1) De l'Art chrétien en Flandre, p. 168.


LIVRE XIX. — J
ICONOGRAPHIE DE L EUCHARISTIE 53^

basse et sombre comme les basiliques romanes de Jean Van Eyek,

mais élevée, pleine de lumière et présentant des massifs de colon-


nettes, des nefs profondes où l'œil peut s'égarer au loin. C'est l'œuvre
d'un génie poétique et hardi. La nef principale est consacrée au plus
grand des sept Sacrements, à l'Eucharistie. A Pavant-plan, vers la
seconde travée de l'église, sur une haute croix, expire le Christ dont
le type rappelle la seconde personne de la Trinité dans le retable

d'Anchin. La Vierge tombant évanouie entre les bras de saint Jean,


une main dans les mains d'une sainte femme, et Marie, l'épouse d'Al-
phée, pleurant de douleur, tandis que Madeleine regarde avec un sen-
timent d'affliction, bien plus vif et plus profond, forment deux admi-
Après avoir ainsi repré-
rables groupes, à droite et à gauche de la croix.
senté le sacrifice du Golgotha, Van der Weyden, par un rapprochement
aussi habile qu'audacieux, montre le sacrifice non sanglant qui se
célèbre chaque jour dans-les églises un riche autel orné de plusieurs
:

images de saints et d'un retable formé de huit panneaux, de sept sta-


tues et de plusieurs clochetons, est adossé au jubé qui ferme le chœur;
portant une chasuble violette, brodée de palmes d'or, un prêtre, qui
célèbre la sainte messe, élève aux yeux des fidèles le calice où il vient
de consacrer le vin; tout auprès, un ange porte, sur une banderolle,
une inscription relative à l'Eucharistie; dans le fond, à droite, un
diacre dans la nef, un bourgeois qui prie, un mendiant qui tend sa
;

sébille, quelques fidèles, les uns agenouillés, les autres debout. Sur
les deux volets qui montrent les nefs latérales, le peintre a disposé
six groupes destinés à figurer les autres Sacrements. »

Zucchero : la Messe dite par saint Grégoire VII, à l'oratoire du


Quirinal, à Rome. — Zurbaran (François) : Communion d'un Saint ;

vente Soult (i852).


Maîtres inconnus. —
Des tableaux relatifs à l'Eucharistie se trou-
vent à :Saint-Mesme de Chinon (le Pressoir mystique); à Saint-Pierre
de Douai (le Saint-Sacrement de Miracle); à la cathédrale d'Erfurt
(la Transsubstantiation); à Saint-Maximin, dans le Var (l'Adoration

du Saint-Sacrement par les Anges); à Villedieu-les-Poëles, dans la


Manche du Saint-Sacrement); dans une antichambre de
(l'Adoration
l'appartement du Pape, au Vatican (le Pressoir mystique) aux musées ;

de Bruxelles (l'Élévation de l'Hostie); de Cluny (la Cène d'Emmaus,


la Messe de saint Grégoire, une Consécration d'autel); de Grenade

(Communion d'un mort) ; de Lucerne (l'Hostie miraculeuse d'Eths-


wyl) ; de Madrid (la Messe de Bolsène) de Paray (l'Apothéose
;
538 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

de du Saint-Sacrement par les chéru-


l'Eucharistie, l'Adoration
bins la sainte Hostie retrouvée dans une fleur par un prêtre
,

d'Ethswyl, près de Lucerne, sainte Anastasie apportant la Sainte Eu-


charistieaux Chrétiens,, etc.) à l'Académie des Beaux-Arts de Florence,
;

(sainteMadeleine communiée par un ange); dans les collections du


comte Dundley (une Messe); de M. Van der Gruisse, de Lille (la Messe
de saint Grégoire) de lord Ward, en Angleterre, etc.
;

M. Bénard a découvert, à la collégiale de Saint-Quentin, sous un


badigeon de quatre-vingts ans, une peinture murale du xvi e siècle,
représentant deux anges en adoration devant un bel ostensoir doré,
contenant le Saint-Sacrement.
L'Eucharistie tient nécessairement une des premières places dans la
représentation des sept Sacrements réunis en un seul tableau, ou di-
visés en sept parties séparées. Ce
complexe a été traité par Louis
sujet
Be\ard (expos, de i852), M
me Élisabeth Cave (expos, de
i885),
Lucas Cranach (Wittemberg), Gius. Crespi (musée de Dresde), Jean
Van Eyck (Anvers), Giotto (église de l'Inconorata à Naples), H. de
Hess (église de Tous-les-Saints, à Munich), Norbîin (Saint-Jacques-
du-Haut-Pas), Jean Pesne (musée de Lyon), Picot (frise de Saint-
Vincent de Paul à Paris), etc.

ARTICLE ni

Mosaïques, Miniatures, Émaux, Vitraux peints, Tapisseries, Dessins


et Ciravures

Mosaïques. — Sur l'arc triomphal de Sainte-Marie-Majeure, à


Rome, l'autel est chargé du Livre sacré et de la Croix, ce qui nous
rappelle tout à la fois le Sacrifice du Calvaire et celui qui le perpétue
sur nos autels.
Des mosaïques du moyen âge représentent la célébration de la messe :

à Saint-Ambroise de Milan, à Saint- Vital et à Saint-Apollinaire in


classe de Ravenne, à Saint-Marc de Venise, etc.
Miniatures. —
Bruxelles : dans un manuscrit du xiv e siècle de la
Bibliothèque de Bourgogne, on voit un prêtre disant la messe, éle-
vant, au lieu de l'hostie, le corps nu et nimbé de Notre-Seigneur. Cette
miniature a été gravée par M. A. Schaepkens, dans son Trésor de
VArt ancien en Belgique, pl. xix.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 53 9

Laon (Bibliothèque de). —


Dans les Décrétâtes de Grégoire, IX,
manuscrit du xiv e
un prêtre célèbre la messe en pré-
siècle (n° 3 57),

sence de cinq femmes agenouillées. —


Dans un livre d'Heures du
xv e siècle (n° 243), on voit, à la solennité de la Fête-Dieu, deux anges
adorateurs qui portent le Saint-Sacrement devant les fidèles age-

nouillés (1).

Londres (British Muséum de). — Une miniature d'une Bible du


xiv e
siècle, reproduite dans Les Arts somptuaires de M. Louandre
(pl. i33), représente la Communion sacrilège sous la forme d'un mori-
bond grimaçant, qui semble repousser la main de Tévêque, lui pré-
sentant l'hostie.
Milan. —
M. Camille Bonnard (2) a publié une célébration de
messe, d'après un Missel de l'église Saint-Ambroise de Milan, Le
prêtre qui élève l'hostie porte une chasuble bleue, décorée de fleurs
rouges et blanches, avec une doublure verte.
Munich, — Nous empruntons à M. Rohault de Fleury (3) le dessin
d'une miniature d'un manuscrit du ix e siècle et représentant le Repas
eucharistique d'Emmaûs. Ce sujet ne commence à apparaître qu'au
vi e siècle,

1) Éd. Fleury, les Manuscrits à miniatures de la Bibl. de Laon, t. II, p. 109.


(2) Costumi de secoli XIII, XIV et XV, t. I, pl. 52.
(3) L'Évangile, t. II, pl. XGV, fig. 1.
HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

Oxford. —
Une miniature d'un manuscrit (n° 112) de la Biblio-
thèque Bodleienne, représentant la Messe de saint Grégoire, est repro-
duite par M. Parker, dans son Calendar of the prayer-Book, pl. 5.
Paris (Bibliothèque Nationale de). —
Dans une Vie de saint Denys
(n° 5286 de l'ancien fonds latin), une miniature représente saint
Denys communié par Jésus-Christ; et une autre, saint Rieul, évêque
d'Arles, qui, en disant la messe, voit saint Denys, saint Rustique et
saint Eleuthère, sous la forme de trois colombes, venir se poser sous
la croix de l'autel et recevoir la communion. Le Pressoir mystique —
apparaît dans plusieurs Bibles (fonds français, n os 6 et 166). La —
célébration de la sainte Messe est figurée dans un bon nombre de
manuscrits (fonds latins, n os 4, 6, 873, 6829 ; fonds français, n° 1701).
—A la Bibliothèque Sainte-Geneviève, n° 694. —A • la Bibliothèque
de l'Arsenal, n os 255, 259, 290, etc.
Rome. —Missel grec, provenant du monastère de Notre-Dame de
Gethsémani, à la Bibliothèque du Vatican. Nombreuses miniatures
représentant les la Messe grecque, reproduites dans la
cérémonies de
Nova Patrum, du cardinal Mai, t. VI.
Bibliotheca
Rouen (Bibliothèque de). —
La Célébration de la Messe, miniature
d'un manuscrit de la collection Leber (n° 142, gravée dans les Annales
archéologiques, t. XII, p. 329).
Saint-Lô. — L'Eucharistie, miniature du xiv e siècle, dans un Re-
cueil de Traités de dévotion, appartenant à M. Toutain.
Dans un Missel du xv e siècle, de la collection Firmin Didot, une des
miniatures représente la Messe de saint Grégoire. Elle a été lithogra-
phiée dans la Vie militaire et religieuse, de M. P. Lacroix, p. 225.
M. Charton, dans ses Voyageurs anciens et modernes, t. III, p. 33,
a reproduit une miniature de Y Histoire de la Conquête des Canaries,
par Jehan de Bethencourt; elle est intitulée Comment on doit croire :

au Sacrement de VAustel. Le roi et la reine des Canaries assistent à


une messe en plein air, au moment de l'élévation de l'hostie.
Les auteurs de la Perpétuité de la Foi citent une miniature d'un
manuscrit cophte des quatre Évangiles, écrit par Marc, fils de Zaraa,
patriarche d'Alexandrie au xn e siècle. Jésus-Christ est représenté de-
vant un autel sur lequel il y a des petits pains marqués d'une croix;
saint Pierre est prosterné et reçoit ainsi la communion. Au-dessous
de la miniature, on lit ces mots en arabe « Notre-Seigneur Jésus- :

Christ donnant à ses disciples du pain qu'il avait consacré et qu'il


avait fait son corps et son sang. »
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE LEUGHAR1STIE

M. Rohault de Fleury a publié (i) des représentations de la

Messe, tirées d'un sacramentaire de Drogon (Bibl. Nat.), d'un sa-


cramentaîre de Tours, d'un sacramentaire d'Autun, tous trois du
ix e siècle d'un ménologe du Vatican (x e siècle) de divers manuscrits
; ;

du British Muséum , de la Bibliothèque Nationale, de la Bibliothèque


de Troyes (xi e siècle) ; d'un Exultet de Pise (xn e siècle), des manus-
crits de la Bibliothèque de Rouen (xni et xv siècles), etc. Ajoutons
e e

que la Messe de saint Grégoire figure dans beaucoup de livres


d'Heures.
Émaux. — Des émaux du reliquaire de Bolsène (xiv e siècle) repré-
sentent quatre scènes du célèbre Miracle du corporal i° l'instant de :

la consécration; 2° le prêtre incrédule se confessant au Pape; 3° le


transport du corporal à Orvieto 4 le Pape allant au-devant de la
;

relique. — Au
Louvre, plaque d'ivoire du xn e siècle, représentant
Melchisédech donnant la communion à Abraham, costumé en guerrier
du moyen âge.
Vitraux peints. —
Andressy (Seine-et-Oise). Le Pressoir mys- —
tique, vitrail du xvi c siècle.
Anvers, — A Saint-Jacques, vitrail représentant Rodolphe, comte
de Habsbourg, rendant hommage au Saint Viatique.
Auxerre. —
La Communion de sainte Marie l'Égyptienne.
Beauvais (Cathédrale de). —
Une verrière du xiv e siècle, dans le
chœur, représente Jésus-Christ tenant un calice de la main gauche,
une hostie de la main droite, et se préparant à communier saint Denys
dans sa prison.
Bourges (Cathédrale de). — La célébration de Messe (xm la e
siècle).
Bruxelles (Sainte-Gudule — Dans chapelle du Saint-Sacre-
de). la

ment de Miracle, quatre vitraux, exécutés en 1546 et 1547, sur ^ es


dessins de Michel Coxie et de Van Orley, représentent l'histoire des
Hosties miraculeuses, profanées en 1 369, par le juif Jean de Louvain.
Châlons-sur--Marne (Saint-Alpin de). —Histoire du miracle des
Billettes.
Dreux. — Le Repas eucharistique d'Emmaùs verrière du xvi :
e
siècle.
Lillebonne (Seine-Inf.). — Un du xvi siècle représente un
vitrail
e

évêque célébrant la messe devant le Sauveur, du côté duquel le sang


jaillit dans le calice. Une scène analogue est le sujet d'une fresque

dans la chapelle du château de Saint-Maurice d'Ételan (Seine-Inf.).

(1] La Messe.
HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Mans (Cathédrale du). La Messe de saint Martin : vitrail du


xm e
siècle.

Paris. —
A Saint-Étienne-du-Mont, de nombreux vitraux nous
montrent l'Eucharistie adorée par les anges, figurée dans l'Ancien
Testament, réalisée dans le Nouveau, proposée à toutes les conditions
dans tous les siècles de l'Eglise, principe de vie ou de réprobation
selon les dispositions de ceux qui la reçoivent. On remarque princi-
palement le Repas d'Emmaus, l'Adoration du Saint-Sacrement et le
Miracle de la rue des Billettes. Le Règne de Jésus-Christ a publié un
certain nombre de ces belles compositions, dues la plupart à Jean
Cousin et à Nicolas Pinaigrier. —
A Notre-Dame-des-Blancs-
Manteaux, l'histoire du Juif de la rue des Billettes.
Pont-Audemer (Saint-Ouen de). —
Une Procession du Saint-Sacre-
ment, verrière du xv e siècle.
Rouen (Musée de). —
On y conserve six panneaux du xvi e siècle, pro-
venant de l'église Saint-Eloi de Rouen et représentant le miracle des
Billettes (1290). Voici les quatrains de la légende "explicative, dont
plusieurs vers sont aujourd'hui effacés :

Comment la bourgoise porta


Sa robe au Juif pour mettre en gage,
Puys croyant au mauvais langage
Du Juif, de sens se transporta.

Comment la bourgoise seduicte


Par le Juif a Dieu maledict
Luy accorda sans contredict
De livrer l'hostie sans conduicte.
Comment la bourgoise sans crainte
La sainte hostie au Juif livra
Qui puys après luy délivra
L'habit sans argent ni contraincte.

Comment la mist dessus la table


Et puys frappa l'hostie au sang
Et de sa daigne détestable
Troys foys en fist sortir du sang.

Comment la famé eh la maison


Du Juif pénétra par surprise
Au temps qu'il dort oultre raison
Et puis la sainte hostie a prise.

Comment la famé a droict plaignante


Contre le Juif, de sens rassis,
Porta l'hostie non plus saignante
Au prevost dans sa chaire assis.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 543

On ignore ce que sont devenus deux derniers panneaux qui


les

représentaient sans doute la condamnation et le supplice du Juif.'

Tours (Cathédrale de). La Messe de saint Martin, verrière du


xm e
siècle.
Troyes (Saint-Nicolas de). —
Grisaille du xvi e siècle, représentant
l'histoire du Juif et de l'Hostie miraculeuse.
La Célébration de la Messe est figurée dans des vitraux des cathé-
drales de Bourges, Chartres, Le Mans, Tours, etc. à Saint-Pierre de ;

Fécamp, à Saint-Julien-du-Sault (Yonne), etc.


Parmi les verrières modernes, nous ne citerons que l'Adoration du
Saint-Sacrement, exécutée pour Sainte-Gudule de Bruxelles, par
Capronnier, d'après les dessins de Navez.
Nous avons parlé précédemment des verrières eucharistiques de la
cathédrale de Berne, de Sainte-Foy de Conches et de la cathédrale
de Troyes.
Tapisseries. — Un tableau, aujourd'hui perdu, la dernière Commu-
nion du juge Herkenbald, est reproduit, dans une des tapisseries
conservées à Berne et publiées par M. Achille Jubinal. On conserve —
à Madrid de fort belles tapisseries à sujets eucharistiques, dont les car-
tons sont dus à Rubens. On remarque surtout l'anéantissement des
sacrifices païens à l'approche du Saint-Sacrement et la victoire de
l'Église par le Saint-Sacrement.
Citons encore les tapisseries de l'église de Vernon (Rodolphe de
Habsbourg) de Montpezat (Messe de saint Martin) de Notre-Dame
; ;

de Vaux, dans la Vienne (le Pressoir mystique); du musée germanique


de Nuremberg (la Messe de saint Grégoire, par N. Selbig, 1495), etc.
Dessins. —
Barocci (Federigo) la Cène d'Emmaus, dessin à la
:

sanguine et à la pierre noire; vente Boileau (1782). Caravage —


(Polydore de) un prêtre célébrant
: la Messe, dessin au bistre vente ;

Mariette (1775). —
Le Sueur (Eustache) une Procession du Saint-

:

Sacrement collection Reiset.


; —
Pasterini (Jacques) Evêque donnant :

la Communion à des malades; musée de Rennes. Rivais (Antoine) — :

la Communion de saint Jérôme collection Atger, à Montpellier.


;

Sivel (Joseph) la Communion dans un hospice
: expos, de i85o. ;

Gravures. —
Dans beaucoup des premiers Missels imprimés,
et les anciens Recueils à'Emblemata, on voit un prêtre à l'autel?

tenant dans ses mains soit l'Enfant Jésus, soit une hostie où apparaît
une figure d'enfant. C'est moins une allusion à quelque miracle
eucharistique que le commentaire du psaume Benedixisti Domine.
5 44 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Sébastien Leclerc a publié trois Séries de Tableaux où sont repré-


sentés la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et les actions du
prêtre à Sainte Messe, avec des prières correspondantes aux
la
tableaux. L'auteur ne s'est jamais répété, en traitant à trois reprises
les mêmes sujets ; les compositions des tableaux de chacune des trois
Suites sont entièrement différentes.
Parmi les graveurs qui ont traité un sujet eucharistique, soit dans
des compositions originales, soit d'après quelques-uns des tableaux
que nous avons énumérés, nous citerons Stefano Bella, Brustolon,
Calamatta, Delaunoy, Benoît Farjat, Frey, Gaucherel, Joseph Keller,
Klauber, H. Laurent, Meissonier, Mellan, Joseph Parrocel, François
Perrier, Bernard Picart (i), Pistolesi, Fr. de Poilly, Réveil, Alex.
Tardieu, César Testa, Volpato, Wierix, etc.

ARTICLE IV

Sculpture, Ciselure

Aix-la-Chapelle. —
Dans une des chapelles de la cathédrale, la
Messe de saint Grégoire est sculptée au retable.
Amiens. —
Au portail méridional de la cathédrale, un bas-relief re-
présente saint Honoré à l'autel; au-dessus de lui, apparaît la main
divine qui va le communier.
Aquilée. — Une cuiller d'argent (iv e siècle), trouvée à Aquilée, re-
présente les trois sacrements administrés aux Catéchumènes. Un per-
sonnage, revêtu du pallium qu'il relève de la main gauche, s'apprête
à prendre un calice ministériel posé sur un autel cubique.

Cuiller d'Aquilée.

(i) Dans le tome II des Cérémonies religieuses, voir la Communion, le Viatique; dans le
tome lll, la Communion des Réformés des Provinces-Unies, la Communion des Luthériens
à Augsbourg ; dans le tome IV, la Cène des Anabaptistes, celle des Rhimbourgeois, et celle
des Anglicans.
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 545

Bolsène. — Sur une des portes de l'église, on voit la représentation


du miracle local qui contribua à l'institution de la Fête-Dieu et, de
plus, saint Thomas d'Aquin présentant au pape Urbain son office du
Saint-Sacrement.
Caracava (Espagne). — Sur
de dévotion, dite de Caracava,
la croix

on voit un prêtre qui se dispose à dire la messe, tandis que deux


anges apportent la croix qui manquait à l'autel. Sur l'origine de cette
croix et sur le miracle qui y donna lieu au xm e siècle, on peut consulter
la Revue de VArt chrétien, t. V, p. 97, et le Règne de Jésus-Christ,
t. I, p. 107.
Chartres (Cathédrale de). — Au pourtour du chœur, le Repas d'Em-
maùs.
Escorial. — Dans la sacristie, des bas-reliefs en marbre blanc de
l'autel représentent l'histoire de la sainte Hostie foulée aux pieds par
des hérétiques, recueillie par l'empereur d'Allemagne, Rodolphe II,
et envoyée au roi Philippe IL
H al (Belgique). — L'Eucharistie, dans le retable en albâtre du maître-
autel (xvi e siècle).
Liège. — Bertholet ( 1) du xvi e siècle de la
décrit ainsi les sculptures
chapelle du Saint-Sacrement, à Saint-Martin de Liège, où fut célébré,
pour la première fois, l'office de la Fête-Dieu « L'autel est de marbre :

blanc, et le tableau principal représente la sainte Eucharistie entourée


d'Esprits bienheureux, prosternés, qui l'adorent. La sainte Vierge la
montre d'une main et, de l'autre, les trois coopératrices de la Fête-

Dieu, Julienne, Eve et Isabelle. Les deux premières sont vêtues de


noir, avec le voile de religieuse, et Eve en habit gris, qui était sans
doute celui de récluse. Dans le lointain du tableau, on observe des
dômes et des églises ; l'autel est surmonté et terminé par une gloire où
se voient nombre de génies adorateurs. Deux médaillons de marbre de
Gênes, en bas-relief et d'un travail admirable, forment les deux côtés
de la chapelle, depuis l'autel jusqu'à la balustrade. Le premier, du côté
de l'Évangile, représente les bienheureuses Julienne, Eve et Isabelle,
adorant la sainte Eucharistie; le second, une multitude d'anges qui
chantent la gloire et les louanges de l'Agneau immolé; le troisième,
le dernier souper du Seigneur ou l'institution de l'Eucharistie; le

quatrième, les Israélites rapportant de la Terre de promission les deux


;
grappes de raisin qui en prouvaient la fertilité ; le cinquième repré-

(1) Hist. de l'instit. de la Fête-Dieu, 3 e édit., p. 91.

T. II. 35
546 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

sente l'Incarnation du Verbe, figurée par un enfant qui dort sur une
croix et sur le globe du monde ; le sixième enfin contient la manne
qui tomba dans le désert, le sacrifice de l'Agneau pascal et les pains
de proposition, tous sujets, comme on voit, analogues au mystère de
la sainte Eucharistie. Le premier médaillon, du côté de l'Épître, a la
figure de Jésus-Christ mourant en croix pour le salut des hommes,
celle de Madeleine en pleurs. Dans le second, paraît Jésus-Christ
triomphant des hérétiques qui ont combattu la présence réelle et qui
sont terrassés aux pieds de la sainte Eucharistie. Le troisième est le
sacrifice des autels, propitiatoire aux âmes des fidèles trépassés. Le
quatrième a pour sujet Jésus-Christ adoré dans l'Eucharistie, aux
pieds de laquelle les papes, les empereurs, les rois déposent leurs
sceptres et leurs couronnes. Le cinquième est le Viatique porté aux
malades, et le sixième la Sainte-Trinité adorée de toutes les puissances
de la terre. »

Lucques (Cathédrale de). — La Messe de saint Martin; bas-relief du


xm e
siècle.

La Messe de saint Martin (bas-relief de Lucques).

Milan (Saint-Ambroise de). —


Les Agapes ancien bas-relief. ;

Paris. —
A Notre-Dame saint Marcel donnant la Communion
: ;

bas-relief de la Porte Rouge. — A


Saint-Germain- des-Prés Consé- :

e
cration du calice; bas-relief du xni siècle. Au musée de Cluny— :

La Messe de saint Grégoire; triptyque du xv e


siècle. L'église de —
Saint-Denys de la Chartre possédait, à son maître-autel, un fort
LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 547

remarquable groupe de Michel Auguier, représentant Notre-Seigneur


tenant un calice et communiant, dans leur prison, saint Denis, saint
Rustique et saint Éleuthère. Cette sculpture est gravée dans Millin,
Antiquités Nationales, t. I, n° 7, pl. IL
Recloses (Seine-et-Marne). — Le Pressoir mystique; bas-relief du
xvi e siècle. C'est une des rares sculptures qui aient abordé ce sujet.
Reims (Cathédrale de). — La Communion d'un Chevalier.
Rome. —
Le Repas d'Emmaùs, au musée Kircher. La Messe de
saint Grégoire, bas-relief du grand-autel, à Saint-Grégoire sur le Mont-
Cœlius.
Rouen. —
Au portail méridional de la cathédrale, un Eveque célé-
brant la Messe.
Saint-Denis. — Au palais occidental, saint Denis disant la Messe
dans sa prison (xn e siècle).
Solesmes (abbaye de) Dans — le transept-nord de son église, se trouve
la célèbre scène connue sous le nom de Pâmoison de la Vierge.

« Marie, dit Dom


Guéranger (1), est à genoux, et va recevoir la com-
munion des mains du Sauveur qui vient la visiter. Elle recueille ce
qui lui reste de vie pour aller au-devant de la nourriture divine. Un
vieillard vénérable, saint Pierre, la soutient doucement, et en même
temps qu'il rend cet office paternel à la Mère de Jésus, ses yeux cher-
chent respectueusement l'hostie que le Sauveur tient dans sa main.
A genoux, près de sa mère d'adoption, saint Jean lui prodigue les
soins de la tendresse filiale. Six apôtres, dans l'attitude du respect,
assistent à cettegrande scène. L'un d'eux, le genou en terre, tient un
livre sur lequel étaitsans doute inscrit un passage des Écritures, ana-
logue à la circonstance. Ce vénérable personnage, en chape, les mains
jointes, qu'on aperçoit sur le devant, dans une embrasure à droite, et
qui paraît prêter une si grande attention à la scène, est saint Hiéro-
thée, disciple des Apôtres, qui, au rapport de l'auteur du livre des
Noms Divins, attribué à saint Denys l'Aréopagite, était présent à la
mort de la Sainte Vierge.
« Derrière les personnages du premier plan, on aperçoit deux femmes
dont la figure est pleine de douleur et d'expression. L'une surtout,
placée à gauche, est d'une grande beauté et montre, par la pureté du
dessin et la noble simplicité, jointes à un profond sentiment mystique,

(0 Notice sur l 'abbaye de Solesmes, 12*


5 4 8] HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

que son auteur n'était pas étranger à l'étude de l'antique, bien qu'il
n'aitpas cru devoir y sacrifier les traditions catholiques.
« Dans un enfoncement, à gauche, un moine revêtu de l'habit de
bénédictin, tel que ces religieux le portaient dans une partie de la
France, avant la réforme de Saint-Maur, est remarquable par une
exécution consciencieuse, un positif de physionomie qui annoncent
que cette statue est un portrait. En effet, cette tête, où l'on retrouve
évidemment le type manceau, est celle de Dom Michel Bureau, der-
nier abbé régulier de la Couture.
« Le spectateur a dû remarquer, dès le premier coup-d'œil, que la

statue du Christ, dont la tête d'ailleurs n'est pas sans mérite, est dans
un état de mutilation qui jette sur l'intention du groupe tout entier
une certaine obscurité que nous avons cherché à dissiper ci-dessus,
par une explication complète de la scène, telle que l'avait conçue et
réalisée l'artiste. Cette mutilation est ancienne. Un Prieur de
Solesmes, homme véritablement classique, choqué de voir le Christ
donner ainsi la communion à sa Mère, circonstance en effet que le

sculpteur n'avait puisée que dans des traditions postérieures de plu-


sieurs siècles à la mort de la Vierge, eut la docte barbarie de casser le
bras droit qui présentait l'hostie, et probablement aussi le bras gauche
qui tenait sans doute le ciboire. »
Tarascon. —
A l'église Sainte-Marthe, bas-relief du xn e siècle, re-
présentant un autel consacré par deux évêques.
Tribesées (Poméranie). —
Le Moulin eucharistique ; sculpture sur
bois.
L'Eucharistie tient nécessairement sa place dans les compositions
consacrées aux sept Sacrements, comme dans les bas-reliefs d'Andréa
Pisano, au Campanile de Santa-Maria del Fiore, de Florence dans *,

ceux de Giotto, au Baptistère de Florence, etc.


M. Rohault de Fleury a publié diverses représentations de la
Messe, d'après la couverture en ivoire du Sacramentaire de Dro-
gon (ix e siècle), à la Bibliothèque nationale; un bas-relief de l'autel
de Saint-Ambroise de Milan (ix siècle) ; un ivoire de la Bibliothèque
e

de Francfort-sur-le-Mein (ix e
siècle) ; un ivoire du musée du Louvre
(x e siècle), etc.
Vinceslas, duc de Brabant, au commencement du xvi e siècle, fit

frapper en l'honneur du Saint-Sacrement une monnaie d'or, de la

valeur du mouton de France.


CHAPITRE IV

Attributs eucharistiques des saints et des figures allégoriques

Les principaux attributs eucharistiques des saints sont : l'autel, le


calice, le ciboire, l'hostie, l'ostensoir et la patène.
Autel. —
L'autel figure dans les attributs iconographiques d'un
bon nombre de saints. Le pape saint Etienne et saint Thomas
Becket sont martyrisés à l'autel ; saint André Avellino et saint Guen-
nolé meurent au pied de l'autel. On voit y célébrer la messe saint
:

Aureus, évêque de Mayence, saint Gatien, évêque de Tours, saint


Gohard, évêque de Nantes, saint Gonery, solitaire de Bretagne, saint
Grégoire le Grand, saint Honoré, évêque d'Amiens, saint Ignace de
Loyola, saint Josse, saint Martial, évêque de Limoges, saint Martin
de Tours, saint Narcisse, évêque de Gironne, saint Philippe de Néri,
saint Savinien, évêque de Sens, etc. Sont représentés agenouillés ou
debout devant un autel saint Aquilin, martyr, saint André Avellino,
:

sainte Berthe de Blangy, sainte Brigitte d'Irlande, saint Canut, saint


Charles Borromée, saint Guennolé, saint Homobon, sainte Mathilde
impératrice, l'apôtre saint Matthieu, saint Piammon, saint Pierre
d'Arbues, saint Stanislas, évêque de Cracovie, saint Théophile le
Pénitent, sainte Wenefride, etc.
Dans l'iconographie de la Présentation, Jésus est souvent placé
debout sur un autel de forme chrétienne.
Calice. — Notre-Seigneur, seul, tenant entre ses mains le calice,
surmonté d'une hostie, est une représentation de l'institution de l'Eu-
charistie aussi avons-nous rangé ces sortes de compositions dans
:

l'article n du chapitre II.

Au moyen âge, dans les images de la crucifixion, l'Église ou la


Religion recueille dans un calice le sang qui découle du côté de
PHomme-Dieu. C'est là une frappante expression du dogme eucha-
ristique, aussi bien que le petit baril qu'on voit parfois au pied du
crucifix, comme dans une plaque d'ivoire de la Bibliothèque nationale.
A quelques autres crucifix, comme sur celui de Wieselbourg, le
calice est tenu sous les pieds du Sauveur, par un personnage que
55o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

M. Forster (i) croit être Joseph d'Arimathie, chargé du Saint-Graal.


M. Grimouard de Saint-Laurent pense avec plus de raison que c'est
Adam : manière ingénieuse d'exprimer les fruits du divin Sacrifice,
recueillis par l'homme régénéré dans la personne de son premier
auteur.
Le calice est un attribut très fréquent de la Foi personnifiée, parce
que la transsubstantiation est l'un des principaux mystères proposés à
lacroyance du chrétien. Cet emblème, surmonté ou non d'une hostie
ou d'une croix, est très ancien on le voit dans les sculptures du por-
:

tail septentrional de la cathédrale de Chartres, au grand portail de la


cathédrale d'Amiens (xm e siècle), au campanile de Santa-Maria de!
Fi'or e de Florence (i33o), au tombeau de saint Pierre martyr (i 338),
à la chaire de Santa-Croce de Florence, etc.
Sainte Barbe porte un calice surmonté d'une hostie. D'après la
légende, cette noble vierge, près de subir le dernier supplice, demanda
à Dieu, pour tous ceux qui se recommanderaient à elle, la faveur de
mourir munis des sacrements de l'Église. En tenant le calice, elle
semble garantir le Saint- Viatique à ses dévots serviteurs.
Saint Thomas d'Aquin tient dans ses mains un calice surmonté
d'une hostie, pour rappeler qu'il a composé l'office du Saint-Sacre-
ment. Le calice, que porte sainte Odile, est une allusion au miracle
que nous avons rapporté.
Aux stalles de la chapelle municipale de Sienne (xv e siècle), l'apôtre
saint Paul tient un calice couvert d'une patène d'où s'élève une hostie.
Saint Richard (3 avril) est représenté à genoux devant un calice.
On donne souvent un calice à saint Jean, mais ce devrait être une
simple coupe, la coupe empoisonnée d'où, selon la légende, s'échappa
un serpent.
L'iconographie met un calice dans les mains de saint Ansbert,
archevêque de Rouen, de saint Bruno, de saint Conrad, de saint
Edwald le Blanc, de saint Egbert, de saint Hugues, évêque de Lin-

coln, de saint Jean de Facond, de saint Lucien d'Antioche, de saint


Norbert, de saint Robert, abbé de la Chaise-Dieu, de saint Win-
ceslas, de saint Télesphore, du pape saint Urbain I, etc.
Le royaume de Galice portait dans ses armes un calice surmonté
d'une hostie.

(i) Monum. de la sculpt. en Allemagne.


LIVRE XIX. — ICONOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 55i

Le calice figuré sur les tombes indique la dignité sacerdotale du


défunt ;
joint à un livre, c'est l'attribut des chanoines.
Ciboire. — Depuis
le xv e siècle, on met un ciboire entre les mains

de sainte Glaire. L'auteur de sa Vie nous raconte qu'une bande de


Sarrasins étant venue pour piller son couvent d'Assise, elle se fit

porter, toute malade du monastère, étant pré-


qu'elle était, à la porte
cédée par le Saint-Sacrement, renfermé dans une pyxide d'ivoire, et
que hordes de Frédéric, frappées d'une terreur soudaine, prirent
les
aussitôt la fuite. On voit par là que sainte Claire n'a point porté
elle-même la Sainte Eucharistie; l'iconographie a voulu, non pas
représenter un fait, mais résumer une situation, en la simplifiant (i).
Saint Norbert est ordinairement représenté un ciboire à la main, à
cause du zèle qu'il déploya contre l'hérésie anti-eucharistique de
Tanchelin.
Le ciboire est également l'attribut de sainte Barbe, de saint Bona-
venture, de saint Hyacinthe, dominicain, etc.
Hostie. — La bienheureuse Imelda Lambertini est représentée
agenouillée près d'un autel, avec une hostie qui plane sur sa tête.
On met quelquefois une hostie entre les mains de saint Bernard,
de sainte Claire, de saint Syr, de saint Zozime, etc.
Ostensoir. —A
la mosaïque absidale de Saint- Ambroise de Milan

(xn e
siècle), saint Satyre tient à la main une monstrance eucharis-
tique, pour exprimer qu'il a soustrait le Saint-Sacrement aux païens.
C'est à tort qu'on figure quelquefois sainte Claire avec un osten-
soir, ce qui n'est nullement conforme au texte de la légende.
On représente, agenouillés devant une monstrance ou la portant
dans leurs mains : saint Antoine de Padoue, le pape saint Damase,
saint François de Borgia, saint François Caracciolo, sainte Julienne
de Cornillon, saint Guillaume, archevêque de Bourges, le bien-
heureux Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, saint Alphonse de
Liguori, saint Michel des Saints, saint Norbert, saint Paschase Rad-
bert, saint Raymond Nonnat, saint Thomas d'Aquin, saint Zéphyrin,
pape, etc.

Patène. —
On donne une patène pour attribut à saint Pierre
Chrysologue. Nous avons vu qu'à Imola on conserve une patène
d'argent dont se serait servi le saint archevêque de Ravenne, et à
laquelle sont attribuées de nombreuses guérisons.

(i) Grimouard de Saint-Laurent, op. cit., t. V, p. 537.


LIVRE XX

BIBLIOGRAPHIE DE L'HISTOIRE DOGMATIQUE, LITUR-


GIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DE L'EUCHARISTIE

Nous n'avons Tintention que d'indiquer ici les ouvrages spéciaux,


imprimés à part, qui concernent Y histoire dogmatique, liturgique et
archéologique de l'Eucharistie. Nous ne ferons donc figurer dans ces
listes, ni les écrits insérés dans des Œuvres complètes, dans des Col-

lections, des Recueils, des Mélanges et des Revues, ni les ouvrages


dogmatiques relatifs soit aux Sacrements en général, soit aux sept
Sacrements (i), ni les Traités dogmatiques de l'Eucharistie (2), ni

(1) Parmi les Catholiques, citons Guillaume Alain, Baius, Bertieri, Bertrand,
:

J.-B. Bizozer, J. Boden, J. Bosio, Boucat, Canali, Melchior Cano, D. Chameroza,


J. Clericati, G. de Conninck, Gontarini, Denys le Chartreux, Discatillo, J. Dubois,
Eckius, Martin de Esparra, Frias y Zunica, J. Garet, Martin Gerbert, Gibert, Ant. Gra-
tien, Guillaume de Paris, A.-F. Haine, G. de Henao, Henri VIII, Hugues de Saint-
Victor, A. Hunnée, G. Juénin, J. Lafon, Léandre du Saint-Sacrement, G. Le Blanc,
B. de Ledesma, Fr. de Lugo, Maldonat, Marandé, J. Martinez, Mascarenhas, Ant. de
Mouchy, M. Oberascher, Pierre d'Ail ly, Riccius, Ann. Rossetius, Tilman de Segebert,
Tilman Smebing, Fr. Sonnius, Th. Tambourin, les Théologiens de Salamanque,
Thomas Valdensis, Nie. de Thou, A. Vivaldi, etc. —
Et, parmi les Protestants :

G. Adtersol, L. Bachmeister, Th. Bedford, Th. de Bèze, Erasme Brockman, H. Bul-


linger, Ét. Denison, J. Dod, A. de Dominis, N. Galgocinus, G. Meier, G. Wittaker,
G. Zepper, etc.

(2) Parmi les Catholiques, nous nommerons : L. Abelly, G. Allain, J. Andreucci,


R. Aversa, Basile de Soissons, Bellarmin, Cypr. Benêt, R. Benoît, R. Billuart,
55 4 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

les écrits qui appartiennent à la théologie mystique (i), ni ceux qui


ont rapport au Saint Sacrifice de messe (2), ou à la cène protes-
la
tante (3). Nous ferons cependant exception pour quelques-uns de ces
ouvrages où les questions historiques tiennent une assez large place.
Comme les écrits des douze premiers siècles ont une importance
capitale pour l'histoire des Sacrements, nous ferons une seconde
exception, en consacrant un premier chapitre aux ouvrages exclusive*
ment relatifs à l'Eucharistie, qui font partie de la Patrologie grecque
ou latine.
Nous avons mentionné un assez grand nombre d'écrits, catholiques
ou protestants, relatifs à la Cène pascale de Notre-Seigneur, au pain
azyme, aux eulogies, à la communion sous les deux espèces, à la
fréquente communion, parce que, dans ces questions souvent contro-

Ch. Bourgeois, M. Bourdaille, Jos. Cacherano, Cajétan, G. Campion, J. Clichtoue,


N. Coeffeteau, N. Collin, G. de Cordemoy, J. Dartis, P. Dens, I. Derkennis, J. Duguet,
Arth. Fauntée, Alb. Fermé, J. Fischer, J.-B. Franzelin, L. Fundoni, N. Gastineau,
M. Gerbert, Gilles de Rome, P. Gravisset, J. Gropper, J. de Hangest, Fr. de Harlay,
Séb. Heissius, J. Herbet, H. Janson, Ét. Kaprimai, de Lartigue, B. Latome, J. Lefebvre,
Le Sueur, J. Van Linda, Fr. de Lugo, Madrolle, A. Maes, H. Marcel, P. de Marca,
Fr. Nausen, Obry, G. Ockam, J. Pelecius, Pélisson, G. Pratéole, J. Robbe, Mgr Rosset,
J. Th. Sanchez, A. Séguin, J. Tavernier, Turquais, Fr. Turrien, A. Velasquez,
Salier,
Ch. Vuitasse, etc. —
Et, parmi les Protestants Th. de Bèze, D. Blondel, Martin Bucer,
:

J. Calvin, D. Charnier, M. Chemnitz, D. Chytrée, J. Cluton, M. Crell, P. Habercorn,


H. Hamelmann, Fr. Henrick, P. Jurieu, Ph. Melanchton, B. Mentzer, J. Mestrezat,
P. du Moulin, G. Myllius. Ph. Nicolaï, B. Ochin, J. ^Ecolampade, Schulz, F. Socin,
J. Taylor, G. Tindal, P. Vermilli, M. Walther, D. Whitby, etc.

(1) Le P. André, Androzzi, Bigiogero, l'abbé Bion, le P. Blot, H.-M. Boudon, Burel,
Chesneau, le P. Drevon, Du Bosc, L. Dupont, Falconi, le P. de Géramb, Gourdan,
J. Hautin, le P. Huguet, le P. Kikane, Mgr de La Bouillerie, Le Gendre, Liguori, J. de
Machault, J. Nouet, Pagani, le P. Pinelli, Rebullosa, Rodriguez, l'abbé Sagette, Mgr de
Ségur, le P. Vaubert, etc. —
Des recueils de sermons ou de conférences sur l'Eucha-
ristie ont été publiés par Mgr Besson, le P. de Bienville, l'abbé Gridel, Mgr Landriot,
le P. de La Grange, Ch. de Lingendes, Nicolas de Dijon, Mgr Pichenot, le P. Ragon,
G. de Saint-Martin, l'abbé Vermot, etc.
(2) Albert-le-Grand, L. Allatius, Fr. Arias, N. Aurificus, Benoît XIV, Bertrand de
Soûle, J. Boden, N. Bonfils, G. Bretonneau, Cajétan, S. Capponi, G. Casalius,
Amb. Catharin, Jean Cochlée, Ph. Codurc, A. Crantzius, Du Tillet, M. Galenus,
J. Garet, C. Grasius, A.-M. Gratien, A. de Herrera, Marc de Los Huertos, G. Lauthier,

J. Ledesma, J. Lefebvre, Ph. Marchin, M. de Moya, Z. Pasqualigo, A. Pelargue,


F. Pignatelli, P. Roest, Sanderus, J.-B. Scortia, J. Taberna, Fr. Vanderveken, E. de Vega,
Fr. Véron, G. Wicelius, etc.
(3) J.-H. Alsted, D. Arcularius, J. Bernard, M. Bochart, M. Bucer, G. Calixte, A. de
Chandieu, J. Crecellius, G. Dorsch, H. Garthius, J. Heerbrand, J. Herbenus, J. Hor-
chius, L. Hutter, J. Knox, M. Luther, P. Lyserus, G. Outram, Urb. Regius, G. Satzger,
M. Stulivius, Th. Thummius, V. Vannius, Ulr. Zwingle, etc.
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 555

versées, les arguments historiques ont nécessairement une place


plus ou moins importante.

Ce dernier LIVRE était rédigé, quand il nous a été donné d'explorer


la Bibliothèque eucharistique de Paray-le-Monial, qui comprend plus
de 3,ooo volumes, relatifs à l'auguste Sacrement de nos autels.
Grâce à l'extrême obligeance de M. le baron A. de Sarachaga, nous
avons pu, non seulement recueillir quelques renseignements nou-
veaux, mais encore ajouter ici l'indication de certains livres que nous
n'avions rencontrés dans aucune des bibliothèques publiques de
Paris, de Versailles, d'Amiens, etc. (i).
Assurément nous n'avons point la prétention d'offrir un travail
complet; mais cet essai bibliographique, malgré ses lacunes, surtout
pour les publications en langues étrangères, n'en fournira pas moins
d'utiles indications, pouvant aider ceux qui voudraient approfondir
quelqu'une des nombreuses questions qui se rattachent à l'Eucharistie.

(i) Au moment même où nous corrigeons cette épreuve (février 1886), nous recevons de
M. le baron de Sarachaga Les collections d'histoire et d'art du Musée eucharistique de
:

Paray-le-Monial, Lyon, 1866, in-4. Nous y trouvons sous le titre de Monographies sur
:

les hosties de miracles, la liste des livres spéciaux sur cette matière et nous pouvons y
puiser l'indication de quelques autres ouvrages rares en langues étrangères.
CHAPITRE I

Ouvrages des douze premiers siècles, exclusivement relatifs à


l'Eucharistie.

Abbaud. Tractatus de fractione corporis Balduinus. Liber de sacramento altaris.


Domini. (Migne, Patrol. lat., CLXVI, (Patr. lat., CCIV,
403 et 641.)
col.
col. 1341.) Bérenger. De sacra Cœna
adversus Lan-
Adelman, év. de Chartres. Epistola ad francum liber posterior, a codice Guel-
Berengarium de Eucharistiae sacra- ferbysano, primum ediderunt A. F. et
mento. (Patr. lat., CXLIII , col. F. Th. Vischner. Berolini, 1834, in-8.
1290.) (Plusieurs de ses autres écrits sont in-
Adrevald. De corpore et sanguine Do- sérés dans le Thésaurus anecdot. de
mini contra ineptias Joannis Scoti. D. Martène.)
(Patr. lat., CXXIV, col. 947.) Bernaldus. De Berengarii haeresiarchae
Alger (D.). De veritate corporis et san- multiplici damnatione. (Patr. lat.,
guinis dominici in Eucharistia. An- CXLVIII, 683.)
vers, i538,in-8; Louvain, i56i Paris, ; Bernard (S.). Tractatus de corpore Do-
1847, in ~ 2 4- {Patr. lat., CLXXX, col. mini. (Patr. lat., CLXXXIII, 53g.)
7440 Bertram. Tractatus de corpore et san-
Alphan, archevêque de Salerne. De azy- guine Domini. Bremœ, 1614, in-8. (Voir
mis. (Bibl. Patrum, XX, p. 1723.) Ratramne.)
Amalaire. Responsio de corpore et san- Bonizon, évêque de Plaisance. De Sacra-
guine Domini. (D'Achéry,5pzc//., t. XII, mento Eucharistiae. (Patr. lat., CL, col.
P- 3 9 .) 858.)
Anastase (S.). Epistola de veritate cor- Cyprien (S.). De Christi in Eucharistia
poris et sanguinis Chri sti. (Patrol. lat., praesentia. (Patr. lat. IV, 61.)
CXLIX, col. 433.) — De Communione sub utraque specie.
Anonyme. Liber de Sacramento altaris. (Ibid. IV, 65.)
(Patr. lat., CCIV, col. 642.) Déoduin, évêquede Liège. Epistola contra
Anonyme. Missa vEthiopum quae etiam Brunonem et Berengarium. (Patr. lat. f
appellatur Canon universalis. [Patr. lat., CXLVI, 822.)
CXXXVIII, col. 967.) Drogon (le cardinal). De Sacramento domi-
Anonyme. Missae Gallicanae undecim. niez passionis. (Patr. lat., CLXVI,
(Patr. lat., CXXXVIII, col. 863.) i5i3.)
Anselme (S.), archevêque de Cantorbéry. Durand, abbé de Troarn. Liber de cor-
De azymo et fermentato. (Patr. lat., pore et sanguine Christi contra Beren-
CLVIII, 541.) garium et ejus sectatores. (Patr. lat.,

Athanase (S.), archevêque d'Alexandrie. CXLIX, col. 1376.)


Opusculum de azymîs. [Patrol. gr., Ernulphe, évêque de Rochester. Epistolae
XXVI, i3 77 .) solutiones quasdam continentes, ad
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 557

varias Lamberti abbatis Bertiniani mystico et Latinorum azymo. (Patr.


quaestiones, prascipue de corpore et gr., CLVIII, col. 877.)
sanguine Ghristi. (D'Achéry, Spicil., Hildebert, évêque du Mans. De sacra
t. 43 1.)
II, p.
Eucharistia. (Patr. lat., CLXXI, col.
t

Étienne, évêque d'Autun. De Sacramento 1196.)


altaris et iis quce ad illud variosque — Tractatus de Sacramento altaris. (Patr.

Ecclesiae ministros pertinent. (Bibl. lat., CLXXI, col. 1149.)

^
Max. Patrum,\. XX.) Hildegarde. Epistola de corpore et san-
Étienne de Baugé. De Sacramento altaris. guine Christi. (D. Martène, Thes.
(Patr. CLXXII, 1271.)
lat., anecd.)
Eusèbe Bruno. Epistola ad Berengarium. Honorius d'autun. Eucharistion, sive
(Patr. lat., CXLVII, 1201.) liber de corpore et sanguine Domini.
Eutychius (S.), patriarche de Constan- (Patr. lat., CLXXII, 1249.)
tinople. Sermo de paschate et de sancta Hugues, évêque de Langres. Tractatus
Eucharistia. (Patr. gr., LXXXVI, col. de corpore et sanguine Christi. (Patr.
23gi.) Zaf.,CXLII, col. i326.)
Florus. De expositione in canonem Ildefonse. Revelatio quae ostensa est
CXIX, p. i5.)
missae. {Patr. lat., venerabili viro hispaniensi Eldefonso
Geoffroy, abbé de Vendôme. Liber de episcopo. (Mabillon, Œuvres posthumes,
corpore et sanguine Christi. [Patr. lat., t. I, p. 189.)
CLVII, col. 211.) Jean Chrysostome (S.). Epistola ad Caesa-
Gerhohus. Epistolae septem de venerabili rium monachum de Sacramento altaris.
Sacramento Eucharistias. {Patr. lat ,
(J. Hardouin, Opéra selecta, p. 239.)
CXCIV, 1*481.) Jean Damascène (S.). De azymis. (Patr.
Gézon, abbé de Saint-Martien. Liber de gr., XCV, col. 38 7 .)
corpore et sanguine Christi. (Patr. lat., — De corpore et sanguine Christi. (Ib.,
CXXXVII, col. 372.) col. 402.) Ce dernier opuscule lui est
Gillebert de la Porrée. Epistola quali- faussement attribué.
ter punitur sacerdos in solo pane sa- Lanfranc. Liber de corpore et sanguine
crifie. (Patr. lat., CLXXXVIII, 27.) Domini adversus Berengarium. (Patr.
Guibert, abbé de Nogent. De bucella lat., CL, col. 497.)

Judas data et deveritate corporis Ghristi. Magnes. Fragmentum de sancta Eucha-


(Patr. lat., CLVI, 449.) ristia. (Patr. lat., IV, 71.)
— Epistola de corpore Christi. (Patr. Maurilius. Professio fidei de Sacramento
lat., CLVI, col. 53o.) corporis et sanguinis Christi. (Patr.
Guillaume, abbé de Saint-Thierry. De lat., CXLIII, col. i3 9 o.)
Sacramento altaris. [Patr. lat., CLXXX, Metellus (Hugues). Epistola ad Ger-
333 et 35 9 .) landum. (Mabillon, Analect., t. III.)
— De corpore et sanguine Jesu Ghristi. Micrologus. De Ecclesiasticis observa-
(Patr. lat., CLXXX, col. 5 4 o.) tionibus. Patr. lat., CLI, col. 978.)
Guillaume de Ghampeaux.Dc Sacramento Nicolas, évêque de Méthone. De corpore
altaris. (Patr. lat., CLXIII, 1039.) et sanguine Christi. (Mag.Bibl.Patrum,
Guitmond, évêque d'Aversa. Liber
de t. XII.)
corpore et sanguine Christi in Eucha- Paschase Radbert. Epistola de corpore
ristia. (Patr. lat., CXLIX, col. 1375.) et sanguine Domini ad Frudegardum.
Haimon, évêque d'Halberstadt. De corpore (Patr. lat., CXX, col. i35i.)

et sanguine Christi. {Patr. lat., XGIII, Pierre de Blois. De Sacramento Eucha-


col. 8i5.) ristie. {Patr. lat.)
Henri, évêque de Parme. Sermo de Ratramne. De corpore et sanguine Do-
paschate Domini. (Mai, Script, vet. mini. (Patr. lat., CXXI, col. 104.)
nov. coll., t. VII, p. 271.) (Des éditions du texte latin ont été pu-
Hilarion (le moine). De pane Graecorum bliées à Cologne, 1 532, i55ij à
558 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Genève, 1540; à Lyon, 1 558; àSteinfurt, Théodore studite (S.). Explicatio litur-
160 1 ; à Rouen, 1647; à Paris, 1672, giae praesanctifîcatorum. {Patr, gr. t
1686, etc. Traductions françaises: Pa- XCIX, 1687.)
ris,1686, 1712; Amsterdam, 171 7; tra- Wolphelmus (B.). Opusculum de Sacra-
ductions anglaises : Londres, 1686.) mento altaris. {Patr. lat. } GLIV, col.
Samonas, archevêque de Gaza. De Sacra- 4340
mento altaris. {Patr. grœca, CXX, col. Yves de Chartres. De Sacramento altaris
822.) et sanguinis Domini. {Patr. lat. GLXI, }

Sylvestre II, pape. Libellus de corpore et col. 1 35, 1071.)


sanguine Domini. [Patr. fa£.,CXXXIX,
col. 177.)

Parmi les écrits de l'antiquité ecclésiastique qui ne sont point par-


venus jusqu'à nous, on doit regretter un traité de saint Hippolyte,
sur la communion quotidienne; un livre hérétique de Jean Scot
Erigène, sur l'Eucharistie; un abbé de Lobbes,
traité d'Hériger,
intitulé : De corpore
sanguine Domini; une polémique de Jotsauld,
et

moine de Cluny, contre l'hérésie de Bérenger, etc.


CHAPITRE II

Ouvrages spéciaux relatifs à l'histoiredogmatique, liturgique


et archéologique de l'Eucharistie

ARTICLE I

IiiTres latins

Albéric De
(Philippe). sacratissimo usu Eucharistiae crebrius aut rarius
Christi Judaeum pœais
corpore per laïcis concedendo dissertatio. Romœ,
affecto quondam apud regalem Parrhi- 1720 et 1728, in-12.
siorum Lutetiam heroïcum carmen. Andruzzl Triomphus veritatis de reali
Parisiis, îboj, in-4. presentia Christi Domini in Eucha-
Albertis (Fabius de). De sacris utensi- ristia. Romœ, 1725, in-8.
libus tractatus. Rom<r, ij83, in-f. A.nonvmes. Àcta œcumenici concilii habiti
Alexandre (Noël). Dissertationes histo- super controversia de Cœna Domini.
ricae et criticaequibus officium venera- Tubingue, i53i, in-4.
bilis Sacramenti sancto Thomae vindi- — Analysis posterior libri De fréquente
catur. Parisiis, 1680, in-8. communione. Flexiœ, 1649, in-f.
Allatius (Léon). De communione Graeco- — Bibliotheca selecta de ritu azimi ac
rum sub unica specie. In-8. fermentati. Venetiis, 1729, 2 v. in-8;
Alvelde (Aug. Van). De communione Bononiœ, 17^0, in-8.
sub utraque specie quantum ad laïcos. — Calendarium Eucharisticum, sive per-
i520, in-4. petuus Eucharistiee cultus per quoti»
Amato (Michel de). De ritu quo in primi- diana sanctorum exempla et monita
sanctam Eucharis-
tiva Ecclesia fidèles propositus. Monast. Westphaliœ, ij5j.
tiam percepturi manibus excipiebant. — Gompendium historiée institutionis
— Quomodo Ghristus in ultima Cœna festi sanctissimi Sacramenti. Leodii,
Eucharistiam benedixerit. 1770, in-8.
André (Jacques). De usu calicis in synaxi. — Dissertatio an viatica communio pri-
Tubingue, i56o, in-4. vata infirmis administrai valeat.
Andreucci (A. Jérôme). De sacrosanctae Romœ, 1726.
56o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Anonyme. Graeci theologi deChristo pascha Romae ad Vaticanum ducitur. Romœ,


suum praemature atque ia pane fer- 1837, in-8.
mentato célébrante Dissertatio, a theo- Batello (Christophe). Ritus annuae ab-
logo latino censoriis notis dispuncta et lutionis altaris majoris sacrosanctae
confutata. Patavii, ijoo, in-12. basilicae Vaticane in die Cœnae Domini
— Historia et mîracula sacratissimae explicatus ac illustratus. Romœ, 1702,
Hostiae anno 1374, Middelburgi in in-8.
Zelandia in carnem conversae, inde Co- Baumgarten (Sigism.). De Juda sacrœ
loniam et Lovanium translatae apud Cœnae convivio. Halœ, 1744.
PP. Augustinianos asservatae ex novo in Bébel (Balthasar). Exercitatio de aris et
trisaeculari jubilaeo... exaltatio. Lo- mensis eucharisticis veterum. Argen-
vanii, 1674, in-12. tor., 1666, in-4.
— Ima Hostia mirabiliter a bove adorata. Bécan (Martin). De communione sub
Oliva, 1604. utraque specie. Mogunt., 1609, in-12;
— Programme de hzixkfov. tou ayiw Witeb., 1610, in-8.
s Cœna. Lips, 1746,111-4. Béguin (Nicolas). Eucharistiae institutio
itvsb{i.«TOç ïn -

— Tractatus de famoso miraculo quod


adversus Mysoliturgos et Calvinistas.
Parisiis,
Parisiis in vico Hortorum, su-
1 564, in-8.
evenit
sancto corpore Christi a Benoit xiv. De Sacrosancto missae sacri-
per sacro
ficio. (Réimprimé dans
t. XXIII du le
Judeo connxo, anno 1290.
Cursus theologiœ de Migne.)
— Traditio eucharistica ab aevo aposto-
Berlendi (Fr. de). De oblationibus ad
lorum ad saeculum xni ex operibus
altare communibus et peculiaribus.
ApostolorumetPatrum collecta, auctore
vol. Venetiis, 1733, 1736, 1743, in-4.
D. B. L. Bar-le-Duc, 1879, 2
Bermudez (Fr.). Historia eucharistica.
in-8.
Granatœ, 1643, in-4.
— Traditio Ecclesiae de sanctissimo Eu-
Bernardin de paris (le P.). Tractatus
charisties Sacramento ex SS. Patribus
et in de communione Christi Jesu in Cœna-
et autoribus ecclesiasticis collecta
culo quo probatur a Christo corpus
in
LU Officia dispertita. Parisiis, ijbg,
:

suum proprium in Sacramento fuisse


in-8.
— Christi prœsentia in sumptum ut regulam daret praepara-
Vera et realis
Sacramento quod tionis ad Eucharistiam. Parisiis, i658,
sanctiss., miraculoso
in ecclesia S. Cru- in-8.
Auguste Vindelicorum
Canonicorum Regularium S. Au- Blilmaecker (Pierre). De communione sub
cis
altéra tandem specie. Cologne, i582,
gustini, ab anno Christi 1 199 in ho-
in-12.
diernum usque diem sub rubea carnis
Blissemius (Henri). Tractatus de uno
specie visitur et colitur. Dilingœ, 1662
geminoque sacrae Eucharistiae synaxeos
et 1672, in-12.
De frequenti communione salubriter perficienda ritu et usu, contra
Arnauld (A.).
Parisiis, 1647, in-4; Lovanii, errores de communione sub utraque
liber.
specie. Ingolstadii, 1 585, in-4.
1674, in-8.
Assemani (Joseph Aloysius). Codex litur- Blondel (David). De Eucharistia veteris
Ecclesiae. 1640, in-4.

gicus Ecclesia? universae. Liber quar-


de Eucharistia. Romœ, 17b 1, Boileau (Jacques). De adoratione Eucha-

tus :

ristiae libri duo, quibus accedit disqui-


4 vol. in-4.
— Missale Alexandrinum sancti Marci in sitio theologica de prœcepto divino com-

quo Eucharistiae liturgiae omnes anti- munionis sub utraque specie. Luteciœ,
ac récentes ecclesiarum aegipti, i685, in-8.
quae
graece, coptice, arabice et syriace exhi-
— Liber de corpore et sanguine Domini

bentur. Romœ, 1754, in-4.


Ratramno s'eu Bertramo assertus et ab
Barluzzi. De solemni pontificia pompa omni suspicione vindicatus. Paris,
quae in festo sacro sancti corporis J.-C. 1712, in-12.]
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE

Bonnucci (le P. Ant.-Marie). Ephemerides cunda illius quaestionis, quibus verbis


eucharisticae . veritatem atque cultum Christus Eucharistiae Sacramentum con-
sacro-sancti fidei nostrae mysterii lucu- fecerit.

lentissanctorum pontificum, cardina- Chapeauville (Jean). De prima et vera


lium, antistitum, necnon imperato- origine festivitatis SS. Corporis et San-
rum, regum, ducum ac religiosorum, guinis Christi. Liège, 1612, in-4.
qui ad singulos anni dies in sacris ta- — De administrandis Sacramentis tem-
bulis veluti sibi natalitios accedunt, pore pestis. Mayence, 161 2, in-8.
monumentis assignantes. Romœ, 1700- Chesneau (Aug.). Orpheus eucharisticus.
1728, 4 vol. in-4. Paris, 1657, in-12.
Born (Jacques-Henri). De communione Chifflet (Jean). Consilium de Sacra-
peregrina.Lipsiœ, 1742, in-4. mento Eucharistiae ultimo supplicio
Bossuet (J.-B.).De adoratione Eucharistiae. afficiendis non denegando. Bruxelles,
Paris, 1 685, in-8. 1644, in-8.
Bredenbach (Tilmann). Collationum sa- Choquet (Hyacinthe). De mixtione aquae
crarum libri VIII, primo hac editione in calice eucharistico.
aliquot illustribus miraculis in S. Eu- Ciampini (Jean). Conjecturae de perpetuo
charistia et S. Hostia editis aucto. azymorum usu in Ecclesia latina vel
Coloniœ, 1592, in-18. saltem romana. Romœ, 1688, in-4.
Brillmacher. De communione sub altéra Clajus (Christian). Dissertatio historica
tantum specie. Coloniœ, i582. de die Parasceves, vulgo Kar-Freytag.
Budd.eus (J.-Fr.). De Symbolis eucharis- Lipsiœ, 1697, in-4.
ticis. Viteb., 1688, in-8. Cloppenburg (Jean). Epistola ad Ludovi-
Burchard (Pierre-Antoine). De commu- cum de Dieu de die quo Christus et
nione sub una contra Bossuetum. Judaei comederent Agnum paschalem.
Hafniœ, 1688, in-4. Amstelod., 1643.
Cabrera (P. de). De ?Sacramento eucha- Coccius (J.). Miracula ad veritatem Eu-
ristiae (quod asservari Cordubae in Mo- charistiae et Sacrifiai Missae confirman-
nasterio Hieronymitanorum inquohanc dam divinitus édita, a Christi ascen-
ordini aggregatus fuit auctor testimo- sione usque ad annum i5gi. Cologne,
niis domesticorum credimus). 1601.
Calixte (Georges). Disputatio de commu- Coppenstein (J.-André). De ortu Fraterni-
nione sub utraque specie. Helmst., tatis S. Sacramenti Eucharistiae. Mog.,

1642. 1616.
Capelle (Antoine). De Cœnâ Christi su- Cosin (Jean). Historia transubstantiatio-
premâ dissertatio. Parisiis, 1625, in-4. nis papalis, cui praemittitur atque oppo-
Carlholm. De asylis. Upsal, 1682, in-8. nitur tum tum veterum
S. Scripturae,
Casalius (Gaspar). De Cœna et calice Do- Patrum et reformatarum ecclesiarum
mini quoad laïcos et clericos non célé- doctrina catholica de sacris symbolis et
brantes. Venetiis, 1 563, in-4. praesentia Christi in Sacramento Eucha-
Cassander (Georges). Liturgia de ritu et ristiae. Londini, \6-j5, in-8; Oxford,
ordine dominicae Cœnae celebrandae, e i858.
variis scriptoribus. Coloniœ, 1 558, Coster. De processione miraculosi Sacra-
in-8. menti. Bruxelles, 1629, in-8.
— Consultatio de sacra communione Creitlovius (Joach.-Fred.). De veteri
christiani populi sub utraque specie. agaparum ritu. Wittemb., 1690, in-4.
1564, in-8. Dannhawer (J .-Conrad). De festo corpo-
— Dialogus de communione sub utraque ris Christi. Argent., ijo3, in-4.

specie. Helmestadii, 1642, in-4. Deutschmann (A. -H.). De ritibus circa


Catharin (Ambroise). Quaestio, quibus- S. Eucharistiam institutis. Witeb.,
nam verbis Christus confecit Eucha- 169?, in-4.
ristie sacramentum. — Tractatio sé- Deyling (Salomon). Dissertatio de insi-

T. II. 36
.

562

gnioribus romanae Ecclesiae variatio- bis Christiani consensu illustravit Gcor-


nibus circa S. Eucharistiam factis. gius Fejer. Bude, i835, 2 vol. in-8.
Ienœ. Félix (le P. F.). Liber de quantitate
Dominicv (Marc-Antoine). Ad canoncm hostiae contra errorem Oswaldi. Pragœ,
II et V concilii Agathensis et ultimum 1604, in- 12.
Ilerdensis, sive de communione pere- Fisen (le P. Barthélémy). Origo prima
grina dissertatio. Parisiis, 1645, in-4. festi corporis Christi ex viso sanctas
Donfrère (Marc). Tractatus polemicus de virgini Julianae divinitus oblato. Leodii,
adorando sacramento Eucharistiae. Ca- 161 9, in-8; Ditaci, 1628, in-12.
domi, 1682, in-4. Florentii\i (Fr. M.). Tumultuaria dis-
Doughty (John). Dougthei, theologi et quisitio de
antiquo usu fermentati
philologi anglo-britanni, de calicibus panis et azymi pro sanctissimo Eucha-
eucharisticis veterum Christianorum. ristiae sacrirlcio. Luciœ, 1680, in-4.
Bremœ, 1694, in- 12. Frischmuth (Jean). Dissertatio de Agno
Drake (Samuel). Epistola ad Thomam utrum eodem
paschali, die illum cum
Wagstaffe, de aqua non necessario calici Judaeis Salvator comederit. Ienœ, 1674,
eucharistico admiscenda. Londini, 17 19 in-4.
et 1721.
Fronton (J.). toXonplal veterum, epis-
Drescher (Fred.).De veterum Christiano-
tola in qua com-
ritus antiqui sese in
rum agapis. Giessœ, 1824, in-8.
potationibus salutandi tractantur et ad
Elers. De hostia sive placentulis orbicu-
illustrandam divinae Eucharistiae insti-
laribus. Ienœ, 1707, 1724.
tutionem multa afferuntur. Paris,
Engelken (Herm. Chr.). De placentis or-
1660, in-4.
bicularibus seu pane eucharistico;
Gardellini (Aloysius). Commentaria ad
quod sit verus et proprie dictus panis.
instruclionem PP. démentis XI latam
Rostock, 1723, in-4.
prima vice die 21 januarii 1705 pro
Englebert (J.): Dissertatio de paschate
expositione SS. Sacramenti in oratione
Christi ultimo.
quadraginta horarum. Romœ, 1 8 1 g et
Eschenloher (Marc). Medicus-Eucharis-
1 856, in-4.
tico-Augustanus, seu Hostia miraculosa
Garet (Jean). In veritatem corporis
479 annis in monasterio S. Crucis Au- Christi in Eucharistia consensus aetatum,
gustae,... sanguineâ carnis specie visi-
nationum, ac provinciarum per sexde-
bilis, continuisque miraculis cruscans.
cim annorum centenarios; edit. quarta.
Augspurg, 1678, in-8.
Anvers, ibôq, in-8; Lyon, 167 1, in-8.
Espence (Claude d'). De Eucharistia ejus-
Gattico (J.-B.). De oratoriis domesticis
que adoratiorie libri quinque. Paris,
et de usu altaris portatilis juxta vete-
1573, in-8.
rem ac recentem Ecclesiae disciplinam.
Fabricius (J.). De aris veterum Christia-
Romœ, 1746 et 1770, in-f.
norum. Hehnst., 1698, in-4.
Fassini. De singularibus Eucharistiae
— Epistolam ad amicum apologeticam
in qua defenditur capitulum XXIX de
usrbus apud veteres Graecos commen-
vetita administratione sacramenti Eu-
tarius. Brixiœ, 1769, in-8.
— charistiae in oratoriis privatae domus,
De priscorum Christianorum synaxi-
operis inscripti De oratoriis domesticis.
bus extra aedes sacras commentarius.
Bergomi, 1 73 1
Venetiis, 1770, in-8.
Faure (J.-B.). In Arnaldi Iibrum De frc- Gent (Guillaume de). Exempla illustrium
communione et in alterum ejusdem aliquot miraculorum Dei beneficio in
quenti
sacrosancta Eucharistia et corporis
De traditione Ecclesiœ. Romœ, 1 691 ,
n-4.
i

Dissertatio de Agapis. dominici hostia aedita et declarata. Pa-


Faut (Fred.).
risiis, 1574, in-8; Coloniœ, 1 584, in-ia,
Upsaliœ, 180 5.
Fejer (Georges). Sacramentum ac Sacri- Geret (J.-G.). De veterum Christianorum
ncium Eucharistiae perpetuo totius or- 1 altaribus. Anspach., 1755, in-4.
LIVRE XX. BIBLIOGRAPHIE DE l'eUCHARISTIE 563

Gérling (J. -Henri). De Juda sacrae Cœnae vus de miraculoso Eucharistiae. Sacra-
conviva. Magdeb., 1744, in-4. mento qui apparet in forma pueri aut
Gervais de Tournai. Divina quatuor ener- carnis vel sanguinis in hostia conse-
gumenorum liberatio facta apud Sues- crata. Augsbourg, 1493, in-8.
siones, anno 1 582, in qua SS. Eucha- Hermann (Gottfrid). Historia concertatio-
ristiae vis, etc. Paris,
583, in-8. 1 num de pane azymo et fermentato in
Gilbert de Brème. Historia Sacramenti Cœna Domini. Lipsice, ijSj, in-8.
miraculosi in monasterio Sanctae Cru- Hessels (Jean). Declaratio quod sumptio
cis Augustae Vindelicor. Augsbourg, Eucharistiae sub unica panis specie
1604, i n-18. neque Christi praecepto aut institutioni
Giorgi (Dominique). De liturgia romani adversetur, neque minus fructuosa sit.
Pontifiais in solemni celebratione mis- Lovanii, 1 565, in-8.
sarum. Romœ, 1 73 t , 2 vol. in-4. Hevener (Gabriel). Calendarium Eucha-
Gleich (Jean-André). De liturgiis orien- risticum perpetuus sanctissimoe
sive
talibus in doctrina de S. Eucharistia. Eucharistiae cultus per quotidiana sanc-
Wittemberg, 1724, in-4. torum exempla et monita propositus.
— De S. Eucharistia moribundis et mor- Vienne, ^707, in-i2.
olim data. Viteb., 1690, in-4.
tuis Hicler. De cultu et veneratione sacro
Gonon (le P. Benoît). Historia Eucha- sanctae Eucharistiae. 1712, in-i2,

ristie librisduobus digesta, in quibus Hildebrand (Joach.). Primitivae Ecclesiag


multa egregia continentur quae ad hoc offertorium pro defunctis. 1667.
pracstantissimum Sacramentum aman- — Rituale Eucharistiae veteris Ecclesiae.
dam, digneque sumen-
adorandum, Helmstadii, 171g et 17 17, in-4.
dum excitare poterunt. Lugdini, 1 635 Hofmaxn (J.). De communione sub utra-
et 1735. que specie. Venise, i57i,in-8.
Gorscius (Jacques). De usu legitimo sa- Homborg (J. Joachim). De paschate vete-
cro-sancti Eucharistie Sacramenti sub rum Christianorum. Helmstadt, i685,
altéra specie. Coloniœ, i582, in-8. in-4.
Grade (Jean-Ernest). De forma consecra- Homburg. Modum probandi innocentiam
tionis Eucharistiae, hoc est defensio Ec- per Eucharistiam. Helmstadii, 1721,
clesiae groecae, etc. London, 1721, in-8. in-4.
Gretser (le P. Jacques). Auctarium ad Hosius (Stanislas). Dialogus pius et doc-
duos libros de festis nuper evulgatos, tas de communione sacras Eucharistiae
seu dissertatio pro sacratissimâ corpo- sub utraque specie. Lovanii, 1 558, in-12.
ris Christi solennitate et sacro sancta» Hospinien (Rodolphe). Historia sacramen-
Eucharistiae cultu, adversus Hospiniani taria, hocquinque de Cœnae
est libri
calvinistse \mp\eta.tQm. Ingolstadii, 161 2, dominicae prima institutione, ejusque
in-4. vero usu et abusu in primaeva Eccle-
Gropper (Jean). De asservatione Eucha- sia, etc. Tigurii, 1598, in-f. Genevce,
ristiae. Cologne, ib^G, in-f. 1 68 1 , in-f.

— De communione sub una specie. Co- Hueber. Historiae missae romano-catho»


logne, i5Go. licae tractatus. Munich, 1758, in-f.

Hagymasus (André). Moletema historico- Hulen (J.-B.). Tractatus historico-asceti*


ecclesiasticum de calice baptismali. eus de SS.
Eucharistiae Sacramento.
Thoruni, 1697, in-4. Mechliniœ, 1784, 2 v. in-12.
Hardouin (le P. Jean). De supremo Christi Imhoff (Aug.). Dilectus candido-rubicun-
Domini paschate. Parisiis, 1693, in-4. dus, benedictus, laudabilis, gloriosus-
— Sancti Johannis Chrysostomi epislola in saeculaV, sive SS. Hostia sanguinea
ad Caesarium monachum J. Harduinus carnis specie et prodigiose benefica vir-»
notis illustravit ac dissertatione de Sa- tut® miraculosa Auguigta Vindelicorum
cramento altaris. Parisiis, 1689, in-4. in S. Crucis ecclesia, canonicorum regu-
Henri (le P.), dominicain. Tractatus no- lariam ord. S Augustini, continua sup-
564 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

plicum fidelium et voti compotum ve- et communionis usu et utilitale. Pari-


neratione benedicta, laudabilis, etc. siis, 1 65 3, in-8.
Augustœ, 1699, in-8. Lauria (le card. Brancati de). De sacro
Innocent III. De sacro altaris mysterio Viatico in extremae vitae periculo certan-
libri VI. Parisiis, 1 5 18, in-4; Lipsiœ, tibus exhibendo, opinio. Viterbii.
1534; Antuerp., 1540; Parisiis, 1846 — De altarium consecratione.
(Pair, lat., CCXVII, 7 63). Lavater (Louis). Historia de origine et
Institor (H.). Tractatus novus de miracu- progressu controversiae sacramentariae
loso Eucharistie Sacramento. A ug.Vind., de Cœna Domini ab anno 1 524 ad annum
1493, in-4. i563. Tiguri, i563, in-4.
Janus (Guillaume). De liturgiis orientali- Lenhart (le P. A.). Cultus practicus
bus in doctrina de S. Eucharistia. sanctissimae Eucharistiae prasclaris
Wittemb., 1724, in-4. exemplis sanctorum, beatorum, vene-
Janzenius (Charles Adolphe). Dissertatio rabilium servorum et ancillarum ad
de paschate Christi cum Judaeiscomesto. nostra usque tempora illustratus. Pari-
Ienœ, 1724. siis, i
7 5i, in-12.
Jonston (J.). Syntagma de communione Léon (Louis de). Deutrtusque Agni typici
veteris Ecclesiae. Amstelodami, i658, ac veri immolationis legitimo tempore.
in-12. Salamanca, 1590, in-4.
Joseph de la Trinité (le P.). Dissertatio Le Roy (Pierre). Miraculi in nova Hemor-
de sinceritate panis liturgici pro priori rhoïssa perpetrati a Christo in S. Eu-
cujusque Ecclesiae semiaetate juxta pa- charistia prassente. Parisiis, 1726,
triarchicam, primativamque traditio- in-12.
nem necessaria. 1758, Collimbriœ, Lienhart (Th.). De antiquis liturgiis et
in-4. de disciplina arcani tractatus historico-
Keiser (Jean Leonhard). De altaribus dogmaticus ad commonstrandam per-
portatilibus. Ienœ, 1695, in-4. petuam Ecclesiae catholicae fidem de
Kiesling (Rud.). De sicera in usu S. Ccenœ sanctissimo Eucharistiae mysterio. Ar-
non admittenda. Lips., 1745, in-4. gcntorati, 1829, in-8.
Kluge (J. Dan.). De more vinum aqua Lith (Charles de). De adoratione panis
diluendi. Tremon., iy36, in-4.. consecrati et interdictionne sacri calicis
Koch (Chr. Nicolas). De Eucharistia infan- in Eucharistia. Suobac, ij53, in-8.
tum. Helmstadii, 1724. Loer (Theodoric). Liber de Miraculis a
Koecher (J. Chr.). Historia fistularum Sacro-Sancto Bruxellis editis. Bruxel-
eucharisticarum. Osnabruck, 1741, in-4. les, 1529.
Kortholt (Chr.). De hostiis seu placen- Longwy (Ferdinand de). Enarratio mira-
tulis orbicularibus, an verus panis sint culi admodum eximii quod circa augus-
disquisitio. Ienœ, 1677, in-4. tissimum Eucharistiae Sacramentum ac-
Krackewitz (Albert Joachim). Disputatio ciditin oppido Favernay anno 1608.
de ultimo paschali Jesu Christi convi- Cologne, 1609, in-4.
vio. Rostoch. Loredan (Léonard). De communione quo-
Kunad (Andr.). De oblatis eucharisticis. tidiana. Romœ, 1679, in-4.
Viteb., 1657,' in-4. Lupus (Chrétien). Oratio panegyrica in

L. (B. D.). Traditio Eucharistiae ab aevo honorem S. S. Eucharistiae. MiddeU


apostolorum ad sœculum XIII, ex ope- burgi, 1674. (Récits de miracles.)
ribus apostolorum et patrum collecta, — Dissertatio de sanctissimi Sacramenti
auctore D. B. L., decano. Bourges, 1864, publica expositione. Liège, 1 68 1, in-12.
2 v. in-12. Mabillon (Jean). Dissertatio de pane eu-
Lamy (Th. J.). Dissertatio de Syrorum charistico azymo et fermentato, ad
fide et disciplina in re eucharistica. Eminent. Cardilanem Bona. Paris,

Lovanii, i85q, in-8. 1674, in-8.


Launoy(J. de). De frequenti confessionis Macedo (Fr. de). Joannis Bona doctrina
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 565

de fermentati in sacrirkio missee. Ve- Mulmann (Jean). De calice eucharistico


nise, 1673, in-8. disputatio theologica. 1648, in-4.
Macedo (Fr. de). Disquisitio de ritu azymi Muller (J.). Lutheri et Calvini sententiae
et fermentati. Vérone, i6j3, U1-4; Ve- de sacra caena inter se comparatae. Halle,
nise, 1677. 1853, in-4.
Madrid (Christ.) . De fréquente usu sanc- Muller. S. S. Eucharistiae originem ex
tissimi Eucharistiae Sacramenti. Leodii, ritu et formula Judaeorum paschali re-
in-24. petandam non esse., etc., Leipsick, 1734,
Maius (Henri). Dissertatio de tempore in-4.
paschatis Christi ultimi. Gissœ, 1712. Murveus. De Communione sub utraque
Marcepallo (Jacobus de). De hostia ru- specie. Ienœ, 1654, in-4.
b'ricatain urbe Berna?. In-4. s. 1. n. d. Naudé. Querela ad Gassendum de Chris-
Marescalc (Nie). De Hostiis ab Eleazaro tianis provincialium suorum ritibus.
Judaso confossis in Ducatu Megapoli- 1645. (Sur la procession du Saint-Sa-
tano, anno 1492. crement à Aix.)
Marheinecke (Phil.). Sanctorum Patrum Nihusius (Berthold). Adnotationes de com-
de praesentia Christi in Cœna Domini munione Orientalium sub unica specie,
sententia triplex, sive sacras Eucharistiae (à la suite de l'ouvrage d'AUacci De :

historia tripartita. Heildelberg, 181 1,


Eccles. perpet. consensione). Cologne,
in-4. 1648, in-4.
Mayer (J. Frédéric). Commentarius de Novarini (Luigi). Agnus eucharisticus.
Eucharistia infantibus olim data. Lip- Lyon, i638, in-f.
siœ, 1673 et 1678, in-4. Ocksenius (J.) Historia communionis pu-
— De hostiis et calice venenatis. Gryphis- blicae contra Bossuetum. Hafn., 1690,
waldiœ, 1703, in-4. in-4.
Mayer (Léger.). Explicatio compendiosa, Oldecop (Jean Just). De agapis. Hehnes-
litteralis, historica caerimoniarum eccle- tadii, i656, in-4.
siasticarum, earum praecipue quae ad Opmeer (Pierre Van). Ofïîcium missae
sanctam liturgiam spectant. Tugii, apud Ecclesiam tempore IV primorum
1737, in-12; Aug. Vindelic, 1743, in-8. conciliorum generalium in usu fuisse
Meier (Gerhard). Judam Iscarioten sacrœ historica assertio. Anvers, i5jo, in-8.
Eucharistiae convivam, etc. Bremœ, Orlendi (François). Duplex lavacrum in
1727, in-4. Cœna Domini, fidelibus exhibitum
Melensius (F. O.). De quantitate hostiae alterum ex Christi mandato de sacra
contra errorem Oswaldi libei% in quo pedum lotione, alterum ex veteri Ec-
historia Seefeldica de admirabili sacra- clesiae disciplina de expiandis altaribus.
mento explicatur. Neapoli, 1618, in-12. Florentiœ, 1710, in-4.
Mennichen (Math.). De communione sub Orsi (J. Aug.). Dissertatio historica qua
utraque specie. Clogovicœ, 1626. ostenditur catholicam Ecclesiam tribus
Merlius (Augustin). Historia miraculosi prioribus saeculis capitalium criminum
sanctissimi Sacramenti in ecclesia reis'pacem et absolutionem neutiquam
S. Augustini Offidana. Firmi, i582. denegasse, etc. Milan, ij3o, in-8.
Milet (Vit.). De festo corporis Christi. — Dissertatio theologica de invocatione
Mogunt., i58o, in-4. Spiritus sancti in liturgiis Graecorum et
Moerlin (J. Gotfried). Dissertatio histo- Orientalium. Mediolani, in-4.
rico-philologica de agapis veterumChris- Patritius (Jean). Patenae argenteae mys-
tianorum. Lipsiœ, i63oet 1730, in-4. ticae. Romœ, 1706, in-4.
Morcelli (Et. Antoine). Agapea Michaslia Pauli (Mathias). Historia venerabilis Sa-
et tesserae paschales. Bologne, 1822, in-8. cramenti miraculosi Herckenrodiani,
Moulin (Pierre du). Dissertatio de altari- Bruxellensis, Lovaniensis et Gandensis.
bus et sacrifiais veterum Christianorum Antwerpiœ, 1620.
Hanau, 1607, in-8. Pauli (Sébastien). De patena argentea Foro
566 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Corneliensi olim (ut fertur) S. Pétri ne sacrosanctam missam solemniter


Chrysologi Dissertatio. Neapoîi, 171 5, celibrantis commentarius. Romœ, 1610,
in-8 ; 1746, in-4. in-4.
Paulowitch. Sacrorum altarium multi- Roest (Pierre). De communione sub
Novatorum technis
plicitas et cultus a utraque specie. Wurt^bourg, 1608,
et impetu vindicatus. Anconœ, 1791. in-4.
Pfaff (Ghr. Matth.). De Stercoranistis Rohtmeier (Ph. J.). De oblatis eucharisti-
medii œvi, Tubingue, ij5o, in-4. cis quae hostias vocari soient. Helms-
— Dissertatio de oblatione et consecra- 1702, 1727, in-4.
tadii,
tione Eucharistiae. La Haye, 171 5, in-8. Rosset (Pierre). De mirabili cultu hostie
Leyde, 1743, in-8. ab equo suppliciter culte; et de Judeo
Pleyer (Joseph). An ne Berengarius jam ad christianam pietatem monitis divi
saeculo undecimo recentioribus haere- Anthonii Paduani minorité converso.
ticis ita praesulerit ut realem corporis Paris, s. d. petit in-4.
et sanguinis Christi praesentiam in Eu- — De puero judaeo ad Sacramentum alta-
charistia inficiaritur. Pragœ, 1760, ris profecto et a pâtre vitreario in for-
in-4. nacem adacto. Parisiis, i52o.
Poltzius (Henri Christ.) Dissertatio his- Rupert, abbé de Tuit. De incendio Tui-
torica theologica in qua agapas nascen- tiensi in quo corpus dominicum a
tis Ecclesiae christianae, etc. Rostochii, flamma circumfusa intactum remansit.
171 1, in-4. Coloniœ, i5-j2, in-12.

Proele (Emmanuel). De hostiis et calice Rupp (J. B.) De adoratione Christi latreu-
venenatis. Gryphiswaldiœ, 1703, in-4. tica in Eucharistia. Heidelbergœ,
Quenstedt (André). Dissertatio de sacrae 1759.
Eucharistiae ritibus antiquis. Vitteb., Sahmius (Christian). Dissertatio de agno
1680, in-4. paschaliquem Jésus in nocte qua tra-
Quistorp (Jean Nicolas). De agapis nas- debatur comedit. Regiomont.
centis Ecclesiae christianae. Rostochii, Sainctes (Claude de). De rébus Eucharis-
tiae controversis. Parisiis, ibjb, in-f.
171 1.

Raynaud (Théophile). De apparitionibus Sandini (Antoine). Dissertatio de perpetuo


in Eucharistiae Sacramento. Gratiano- azymorum usu in Ecclesia latina.
poli, 1640, in-4. Schandorph (M. W.). De agapis veterum
Reimbold (Diederich). De Coptorum Sacra- Christianorum publicis. Hafn., 1799,
mentis Baptismi atque Eucharistiae. in-8.

Lipsiœ, 1736, in-4. Schlegel (Théoph.). De agaparum aetate

Resenius (J.Paul). AgapaeprimorumChris- apostolica. Lips., ijbô.

tianorum usque ad annum J. C. 3oo. Schlichter (Christian Ludovic). Corn-


Hafn., 1601 in-4. mentatio historico-theologica qua abu-
Rixner (Henri). De laïca et peregrina sus quidam eucharistici ex antiquis
prisçae ac primitivae Ecclesiae commu- monumentis bona fide excerpti variis
nione liber. Accedit ejusdem de com- observationibus selectis illustrantur.

munione praesanctificatorum discursus. Halœ Magdeburgiœ, 1734, in-4.


Helmstadii, 1672, Schmid (J. André). De columbis in Eccle-

— Liber de institutis et ritibus veterum sia graeca et latina usitatis. 173 1 ,


in-4-

Christianorum circa sacram Eucharis- Helmstad., 1708, in-4.


tiam. Helmstadii, 1660, 1671, 1673, — De Eucharistia mortuorum. Ienœ, 1695,

in-4. in-4.

Rocca (Angelo). De sacro sancto Christi — De oblatis eucharisticis quae hostias

corpore romanis Pontificibus iter confi- vocari soient. Helmstadii, 1702, 17 33;

cientibus praeferendo. Romœ, 1599, Amslelodami, 1727.


in*4-
— Dissertatio de litteris sanguine Jesu
— De sacra summi Pontificis communio- Christi firmatis. HehnstaA., iy3o, in-4*
. .

LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 56;

Sch.mid (J. André). Dissertatio historico usitata et peregrina. Cologne, i6o5,


ecclesiastica de altaribus portatilibus. in-4.
Ienœ, 1695, in-4. Thyrée (Pierre). De festo corporis Christi
— Dissertatio historico-theologica de fatis et Deo in sacramento Eucharistiae ado-
calicis eucharistici in Ecclesia romana, rando. Moguntice, 1 585, in-4.
a concilie» Constantiensi ad nostra usque — Tractatus de apparitionibus sacramen-
tempora. Helmst., 170S, 1731, in-4. talibus in quibus sub speciebus et for-
— Modum probandi innocentiam per mis peregrinis atque inusitatis Christus
Eucharistiam. Ienœ, 1744, in-4. creditur exhiberi ad gloriam miraculosi
Schoettgen (Ghr.). De notione et usu Tvj<7 sacramenti. Dilingœ, 1640, in-4.
e7cv/.\'/]Geo)q Ecclesiae graecae ad Spiritum Tournely (Honor.). Praelectiones theolo-
Sanctum in Eucharistia. Stutgard, 1723, gicaede augustissimo Eucharistiae sa-
in-4. cramento. Parisiis, 1729, 2 vol. in-8.
Schurtzfleisch (Creitlov). De veterum Toussaint. Traditio Eucharistiae ex ope-
agaparum ritu. Vittemb., 1690. Lips., ribus apostolorum et patrum. Lyon,
1699. 2 vol. in-12.
Séguier (H.).De miraculo hostiae a Judaeo Treiber (J.). De situ altarium versus
Parisiis anno Domini 1290 multis igno- Orientem. Ienœ, 1668, in-4.
miniis affectae. Paris, 1604, in-8. Veesenmeyer (S.). Commentatio de vicis-
Sikorski (J.). Historia SS. corporis Christi situdinibus doctrinae de S. Cœna in ec-
miraculose reperti Posnaniae in Polonia, clesia Ulmensi. Norimb., 1789, in-4.
1399. Posai, 1604. Vega (Emmanuel de). Disputatio theolo-
Sonntag (Ghr.). De intinctione panis eu- gica de distributione Eucharistiae sub
charistici in vinum. Altorfti, iôg5, altéra tantum vel utraque specie. Vil-
i n-4 nœ, in-4.
— Vindemias sacrae de uvis eucharisticis. Vernier. Magnum et universale conci-
Alt., 1704, in-4. lium Ecclesiae militantis super verita-
Stepner (Salomon). Tractatus de sacris tem divinissimi Eucharistiae sacramenti.
Christianorum publicis pariter et pri- Parisiis, 1 554, in- 16.
vatis, in quo docetur ubi, quando, Villagagnone (Nicol.). Responsiones ad
quomodo sacra cultus divini exercitia articulos calvinianae de Sacramento Eu-
inde usque ab ipsis Ecclesiae novi Testa- charistiae traditionis. Paris, i56o, in-4.
menti incunabulis peracta fuerint et Viringus (le P. J. Wautier). De triplici
hodienum peragantur. Lipsice, 1677, Cœna Christi, agni, vulgari, eucharis-
in-i 2 tica. Antuerpiœ, 161 7, in-4.
Stolberg. De veterum Christianorum Visconti (J ). De antiquis Missae ritibus
agapis. Wittenbcrg, 1673. et apparatu. Mediol., 1620 et 1626,
Suarez, évêque de Vaison. De flabellis 2 vol., in-4.
pontificiis et muscariis pavoninis dia- Vochet (Anast.). Thaumaturgus eucharis-
triba data. Vasioni, kal. junias, \65i. ticus Augustanis Vindelicis divino mu-
Sundt (Mich.). Agapae veterum. Hafn., nereconcessus. Augsbourg, 1637, in-8.
1727, in-4, Voigt (Godefroy). Thysiasteriologia, sive
Synesius (le P. Anusius). De summopere de altaribus veterum Christianorum
consyderando miraculo victoriae corpo- liber posthumus. Hamburgi, 1710, in-8.
ris Christi quod Lauduni contigit 1 566 Voigt (Jean). Historia fistulae eucharisticae
deque ejus fructu opusculum. Came- cujus ope sugi solet e calice vinum be-
raci, 1 566, in-8. nedictum ex antiquitate ecclesiastica et
Thyrée (Pierre). Apodixis praesumptae scriptoribus medii aevi illustrata. Bre-
necessitatis utriusque speciei in sacra- mœ, 1740, in-4; 1771, in-8,
mentali communione. Wurt^bourg, Walch (J. Georges). Dissertatio de sacra
1597. Cœna a laïcis administranda. Ienœ,
— De apparitione Christi sacramentali 1747, in-4.
568 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Weissmann (Chr. Eberh.). De praepostera tiaesacramento cum Christianorum riti-


Eucharistiae infantum in Ecclesia reduc- bus in eo confkiendo et administrando.
tione. Tubing., 1744, in-4; Regiom., Patavii, ij55, in-8.
1684, in-4. Ziebich (Chr.Henri).Dissertatio de usu sa-
Wendeler (David). De clericorum circa crae Cœnae frequentiori. Witteb., ij32,
calicem Christi praerogativa. Witteb., in-4.
1

1690, in-4. Zittard (Matthias ). De supplicatione sue


Wernsdorf (Ern. Fred.). De antiquitate processione cum gestatione sacro-sanc-
consecrationis eucharisticae per oratio- tae Eucharistiae. Venetiis, i56j.
nem dominicam. Witteb., iJjS, in-4. Zorn (Pierre). De £TctxAV)(7£t veterum ad
Wildvoger (Christ.). De juribus altarium. Spiritum Sanctum in S. Cœna. Rostoch,
lence, 17 16. 1705, in-4.
Witte (Hermam). De Eulogiis veterum. — Historia Eucharistiae infantium in
Witteb., 1691, in-4. antiquitatibus Ecclesiarum tum occiden-
Wouters. An Eucharistia data fuerit Ju- talium, tum orientalium, secundum
dae ? (Cet opuscule a été réimprimé dans decem saeculorum seriem et multipli-
le Cursus compl. Script, sacr. de Migne, cem varietatem illustrata. Berolini,
t. XXIII, col. 1043.) ïj36, in-8.
Zaluski. De sumptione sacrae Eucharistiœ Zwinger (Jean). Liber de festo corporis
sub utraque specie. Vilnce, i537,in-fol. Christi. Bâle, 1 682-1 685. Six thèses,in-4.
Zanolini (Ant.), Disputatio de Eucharis-

ARTICLE II

Lifreg français

Abelly La Conduite de l'Église


(Louis). réelle du corps et du sang de Jésus-
catholique touchant le culte du très Christ, prouvée par l'Écriture sainte et
saint Sacrement de l'Eucharistie. Paris, par les témoignages des Pères des pre-
1678, in-12. miers siècles. Sedan, 1671, in-8; Paris,
Abra de Raconis (François d'). Examen 1672, in-8; Bordeaux, 1672, in-12; Pa-
et Jugement du livre de La Fréquente ris, 1675, in-8.
Communion, fait contre la fréquente Anglade (l'abbé).Controverse sur l'Eu-
communion, et publié sous le nom du charistie, pendant le xi e siècle. Paris,
sieur Arnauld, docteur de Sorbonne. i858, in-8.
Paris, 1644, in-4. Anonyme. L'Abrégée Histoire du grand
Adam (le P. Jean). Le Triomphe de la Miracle par Nostre Sauveur et Sei-
très sainte Eucharistie, ou la Présence gneur Jésus-Christ, en la saincte hos-
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 56 9

tie du Sainct-Sacrement de l'autel, l'Église sur le sujet de l'Eucharistie.


laict en la ville de Laon, l'an de grâce Paris, 1687, in -1 2.

1 566. Paris,
i5j3 f in-8. Anonyme. La Fête-Dieu ou sainte Julienne
Anonyme. L'Adoration miraculeuse et et l'église Saint-Martin, à Liège; esquis-
royale du très Saint-Sacrement de ses historiques. Liège, 1846, in-12.
l'autel, dans l'église des RR. PP. Car- — La Fête séculaire du Saint-Sacrement-
mes, du couvent des Billettes, à Paris. de-Miracle. Nantes, j 855, in-18.
Paris, 1604, in-18, et 1 7 14, in-12. — De la Forme traditionnelle des ci-
— Amoureux (P) Traictié que Nostre- boires, par un Bénédictin. Arras, 1867,
Seigneur Ihesu Crist a faict etdémonstré in-8.

au Sainct-Sacrement de l'autel, avec — La Fréquente Communion du P. Pichon,


plusieurs miracles et exemples tou- convaincue d'impiété. 1748, in-12.
chants ledit Sacrement. Paris, s. d., — Le Grand Miracle arrivé dans le Saint-
in-16 et in-8. Sacrement en la paroisse des Ulmes de
— Annales de l'archiconfrérie du Saint- Saint-Florent près la ville de Saumur.
Viatique. Saintes, i8y3- 1876, in-8. (A Paris, 1668, in-4.
cessé de paraître.) — Histoire de la Sainte-Hostie conservée
— Annales du Saint-Sacrement. (Revue à la Sainte-Chapelle du Roy à Dijon,
eucharistique, in-12, paraissant h Lyon, depuis l'an 1433. Dijon, 1727, in-8;
depuis 1 838.) 1739, in-12.
— Apparition de Jésus-Christ dans la — Histoire du très Saint-Sacrement-de-
sainte hostie. Paris, i838, in-12. Miracle, depuis l'an 1369 jusqu'à nos
— Bénédiction (de la) du très Saint-Sa- jours. Bruxelles, i835, in-16.
crement donnée en silence. Paris, i85i, — Histoire du Très Saint-Sacrement mi-
in-8. raculeux conservé à Herckenrode depuis
— Catéchuménat (le) pour la Cène est-il l'année 1 3 1 7. Louvain, 1773, in-12.
évangélique ? Paris, in-8. — Histoires choisies des miracles de la
— Compte rendu général du Congrès Sainte Eucharistie depuis son institu-
des œuvres eucharistiques, tenu à tion divine jusqu'il nous. Paris, 1727,
Lille en 1881. Lille, 1882; — à Avi- in-12.
gnon, en 1882. Lille, i883; à — — Hostie miraculeuse (de 1'), à propos
Liège, en i883. Lille, 1884; à — du Pèlerinage national à Douai, au mois
Fribourg, en i885. Lille, 1886, in-12. demai 1875. Douai, 1875, in-16. (Tiré
— Considérations sur la perpétuité delà à 3o exemplaires.)
foi de l'Eglise catholique, touchant — Institution (1') et les Indulgences de
l'Eucharistie. Paris, 1664, in-12. la confrérie du S. Sacrement-de-Miracle.
La Dévotion au très Saint-Sacre- Bruxelles, 1720.
ment de l'autel, et à la sainte et mira- — Instruction pour les confrères de la
culeuse Hostie de Dijon. Dijon, 17b?, confrérie du Saint-Sacrement-de-l'Autel
in-8. établie à Bordeaux, 1077.
Dissertation historique sur les hos- — Instructions touchant l'adoration per-
ties miraculeuses, qu'on nomme le pétuelle du très Saint-Sacremenl-de-
très Saint-Sacrement-de-Miracle à l' Autel. Paris, 1702, in-12.
Bruxelles. Bruxelles, 1790, in-8. — Les Lampes du Saint-Sacrement. Le
Dissertation sur la communion avec Mans, 1867, in-8.
la main gauche. Paris, 1740. — Lettres où l'on rend compte du miracle
Entretiens sur
miracle opéré par le
le opéré le 5 juin 1777, pour l'octave de la
Saint-Sacrement, à Saint-Côme. Lyon, Fête du Saint-Sacrement, en la proces-
1770, in-12. sion de la paroisse Saint-Etienne-du-
Extraits des Pères de l'Église et des Mont, sur M'"c j. Bernisseaux, femme
auteurs ecclésiastiques, dans lesquels de M. Le Cesne, avocat, avec les certifi-
on voit la tradition perpétuelle de cats de sept personnes qui attestent la
.

570 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

maladie et la guérison. S. d., 1 vol. dévote Compagnie des Pénitents Gris,


in-12. sous le titre de Sainte-Croix-d'Avignon.
Anonyme. Notice sur la vie et la mort de Avignon, 1840, in-12.
Jean-Antoine Ricoux, hôtellier de l'œu- Anonyme. Relation de la guérison d'une ma-
vre de l'adoration nocturne du Très lade en prière devant le Très Saint-Sa-
Saint-Sacrement. Paris, 1867, in» 3-2. crement, letroisième jour de l'Adoration
— Œuvre de l'adoration nocturne du perpétuelle dans l'Église Saint-Martin
Très Saint-Sacrement à Amiens. A miens, de Metz, 14 juin 865. Par le Curé de
1

1870, in-8. la paroisse. Met$, 1874.


— L'Œuvre de l'exposition et de l'adora- — Relation du miracle du Saint-Sacrement
tiondu Très Saint-Sacrement en France aux Ulmes-Saint-Florent. Paris, 1780,
et à l'étranger. Paris, 1877, in-12. in-12.
— Un Pèlerinage aux Saintes Hosties de — Table où la foy de l'Église romaine
Pézilla-de-la-Rivière. Nîmes, i85q, touchant l'Eucharistie est prouvée et
in-8. défendue par les Grecs et les autres
— Le Prêtre de l'Eucharistie ou le R. P. Sociétés de l'Orient. Paris, 1706,
J. Eymard, fondateur de la Société in-f°.
du Saint-Sacrement. Paris, 1.871, — Tradition de l'Église touchant l'Eucha-
in-18. ristie,recueillie des Saints Pères et
— Rapport du miracle arrivé à Pressac, autres auteurs ecclésiastiques, divisée
diocèse de Poitiers, en la saincte hostie, en cinquante-deux offices. (Publication
le jeudy sainct 2 avril 1643. Dijon, 1644, de Port-Royal. )Paris, 1 661, in-8, et 1735,
in-8. in-12.
— Récit véritable du grand attentat fait — Traité où l'on réfute la nouvelle expli-
au Très Auguste Sacrement de l'autel cation que quelques auteurs donnent
par un détestable rénégat, nommé aux mots de Messe et de Communion
François Langlois, qui a méchamment qui se trouvent dans la Règle de S. Be-
arraché et mis en pièces la sainte hos- nott. Paris, 1689, in-12.
tie d'entre les mains d'un prêtre..., — Vénérable histoire du Très Saint-
en l'église parochiale de Saint-Hilaire Sacrement-de-Miracle (Traduit du fla-
de la ville de Chartres en Beauce. Paris, mand par G. D. B.). Bruxelles, 1720,
1645, in-4. in-8.
— Recueil de pièces imprimées et manus- Arnaud (J.). Véritable Forme du Sacre-
crites sur les refus de
Sacrements, 1752, ment de la sainte Eucharistie. Avignon,
et années suivantes; i3 vol. in-12 et 1678, in-8.
i5 vol. in-4, à la Bibl. de l'Arsenal Arnauld (Antoine). De la Fréquente Com-
(Th. 4995, 4996 et 4997-) munion où les sentiments des Pères,
— Recueil des miracles arrivés et qui des Papes et des Conciles touchant Tu-
prouvent et confirment que le Saint- sage des Sacrements de Pénitence et
Sacrement des autels des Catholiques d'Eucharistie sont fidèlement exposés.
contient réellement et véritablement le Paris, 1643, 1644, 1649, in-4; plu-
corps et le sang de N.-S.-J.-C. Paris, 174.3, sieurs autres éditions postérieures,
in-12 in-8.
— Relation de la maladie et de la gué- — Avertissement sur quelques sermons
rison miraculeuse opérée par le Saint- prêchés à Paris contre le livre De la
Sacrement, le 5 juin 1760, sur de- Fréquente Communion. Paris, 164.3.
moiselle Rose-Généreuse-Marie Jacot, — Défense de la vérité catholique contre
veuve du sieur François Meonard, de- les erreurs et les hérésies du sieur de

meurant rue Neuve-Guillermin, paroisse La Milletière. Paris, 1644.


Saint-Sulpice. S. d. n. 1., in-12. — Lettre d'un docteur en théologie sur
— Relation du miracle du Très Saint- un livre intitulé Sentiments sincères
:

Sacrement arrivé dans la chapelle de la et charitables sur les questions de la/ré-


,

LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 571

quente communion, par François Irénée. Barbier de Montault (Mgr X.). L'Autel et
Paris, 1644. les saints offices au moyen âge, d'après

Anonyme. La Tradition de l'Église sur le les manuscrits. Arras, 1 865, in-8.


sujet de la Pénitence et de la Commu- — Un Ciboire saintongeais duxiv c siècle.
nion représentée dans les plus excel- Saintes, 1880, in-8.
lents ouvrages des SS. Pères grecs et — Description de quelques fers à hosties
latins, et des auteurs célèbres de ces der- de l'Anjou. Angers, 1880, in-8.
niers siècles. Paris, 1644 et '645, in-4. — Description du maître-autel offert par

— Discours d'un docteur en théologie sur son Ex. le prince don Alexandre Tor-
les sentiments du P. Émery de Bonis, lonia à la cathédrale de Boulogne-sur-
touchant la fréquente communion. Paris, Mer; traduite de l'italien. Rome, 1864,
i6 4 5. in-fu .

— Traité contenant une manière facile de — Nieules et gaufriers au Moyen Age et

convaincre les hérétiques en montrant à la Renaissance. Toulouse, in-4.


qu'il ne s'est fait aucune innovation — Les Ostensoirs du xiv* siècle en Limou-
dans la créance de l'Église sur le sujet sin. Tours, 1880, in-8.
de l'Eucharistie. Paris, 1662 ou i663. — Rapport sur un ciboire symbolique en
— Défense du livre De la Fréquente Com- style du xm e siècle, adressé à la Société
munion, et lettres des prélats approba- historique de la Charente. Angoulème,
teurs aux papes Urbain VIII et Inno- i853, in-4.
cent X. Paris, i6g5, in-12. — Les Tabernacles de la Renaissance à
— Perpétuité de la foi. (Voir Nicole.) Rome. Arras, 1879, i n- 8.
Aubert (l'abbé Marius). Traité de la — Les Tapisseries de la Fête-Dieu, au Vati-
saintecommunion, avec des traits his- can. Paris, i855, in-4.
toriques. Lyon, 1846, in-18. — Traité de l'autel privilégié. Rome,
— Traité de la présence réelle de Jésus- 1866.
Christ dans l'Eucharistie, avec des traits Barges (l'abbé). Notice sur un autel chré-
historiques. Lyon, 1 856 , in-18. tien antique découvert dans les environs
Aubertin (Edme). L'Eucharistie de l'an- de la ville d'Auriol. Paris, 1861, in-4.
cienne Église. Genève, t 633, in-f°. Barraud (l'abbé). Notice archéologique
Aubespine (Gabriel de 1'). L'Ancienne Po- et liturgique sur les ciboires. Caen, 1 858,
lice de l'Église sur l'administration de in-8.
l'Eucharistie. Paris, 1629 et 1 655, in-12; — Notice sur les calices et les patènes.
1629, 2 vol. in-8. Paris, 1842, in-8.
Avaigne (Hilaire d'). L'Origine du Très Barthélémy. Perpétuité de la foi. (Voir
Saint-Sacrement miraculeux au noble Nicole.)
monastère d'Herkenrode. Liège, 1 655 Baudot. Mémoire sur la manière de con-
in-8. server l'Eucharistie dans les églises du
Aymon (Jean). Monuments authentiques moyen
âge. (Extrait des Mémoires de
de la religion des Grecs, et de la fausseté l'Académie de Dijon.) Dijon, 1829, in-8.
de plusieurs confessions de foi des Chré- Beauxalmis (Thomas). L'Histoire des sectes
tiens orientaux, produites dans la Per- qui ont oppugné le très Saint-Sacre-
pétuité de la Foi. La Haye, 1708, in-4 '»
ment eucharistique. Paris, i5j6, in-8.
Paris, 17 18, in-4. Bellevoye (A.). Rapport sur un autel
Babin. Conférences ecclésiastiques du dio- portatif de la cathédrale de Metz. 1864,
cèse d'Angers sur le Sacrement de l'Eu- in-8.
charistie et le sacrificede la messe Bernard (le R. P. Jean). Histoire origi-
tenues en l'année 1716. Nouvelle édi- nale du S. Sang de miracle, advenu au
tion. Angers, ij55, in'i2. Bois-Seigneur-Isaac, l'an 1405, le 5 de
Balleydier (Alphonse). Histoire de Sainte- juin. Bruxelles, i635, in-8, etNamur,
Gudule et du Saint-Sacrement-de-Mira- 1834, in-16.
cle. Bruxelles, i85g, in-12. Bernardin de paris (le P.). La Commu-
.

572 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

nion de la Mère de Dieu, Marie Vierge, Boulèse (Jean). Le Trésor et entière his-
recevant corps de son Fils en l'Eu-
le , toire de la triomphante victoire du
charistie. Paris, 1672, in-8. corps de Dieu, obtenue sur l'esprit
Bertholet (le P. Jean). Histoire de l'ins- maling Beelzébub, à Laon, l'an 566 1

titution de la Fête-Dieu, avec la vie des Paris, i5j5, in-8, et 1578, in-4.
bienheureuses Julienne et Ève, qui en Bouleiller (E. de). Notice sur les Grands-
furent les premières promulgatrices, Carmes de Metz, et sur leur célèbre
suivie de l'abrégé historique de l'insti- autel. Met\, 1860, in-8.
tution des illustres confréries de l'ado- Boulier (Philibert). Sauve-garde du
ration perpétuelle de l'auguste Sacre- Ciel pour la ville de Dijon, ou Remar-
ment des autels, et surtout de celle ques historiques et chrétiennes sur la
érigée dans l'insigne église primaire de saincte et miraculeuse hostie, avec un
Saint-Martin, à Liège, en 1765. Liège, examen de cette proposition qu'on étoit
1746, 1781 et 1846, in-4. (17 pl.) autrefois plus gens de bien que main-
Bertram. Traité du corps et du sang de tenant, et néanmoins l'on ne se confes-
Jésus-Christ, par Bertram, traduit en soit ni communioit si souvent que main-
françois par A. Martorat. 1619, in-8. tenant. Dijon, 1643, in-8.
(Voir Ratramne.) — Remarques historiques et chrétiennes
Bessin (D. Guillaume). Réflexions sur le sur la sainte et miraculeuse hostie de
nouveau système du R. P. Lamy, tou- Dijon. Dijon, 1646, in-18.
chant la dernière Pâques de Jésus- Bourbon (Henri de), prince de Condé. Re-
Christ Notre-Seigneur. Rouen, 1697, marques chrétiennes et catholiques sur
in-12. le livre de La Fréquente Communion.
Blanchon (J.). Les Œuvres eucharisti- Paris, 1644, in-8.
ques. Lyon, 1874, in-18. Bourgeois. Relation de M. Bourgeois,
Blandec (Charles). Cinq Histoires admi- docteur de Sorbonne, pour la défense
rables, esqvelles est monstre comme du livre de La Fréquente Communion.
miraculeusement par la vertu et puis- Paris, 1695.
sance du Saint-Sacrement de l'Autel, a Boyvin (J.). Relation fidèle du miracle du

esté chassé Beelzebub, prince des dia- Saint-Sacrement, arrivé à Faverney, en


bles,auec plusieurs autres démons, qui 1608. Besançon, 1739 et 1839.
se disoient estre de ses subiects, hors Bretonneau (Guil.). Le Sacrifice de la
des corps de quatre diverses personnes. Messe en la primitive Église. Paris,
Et le tout aduenu en ceste présente 1643, in-8.
année i582, en la ville et diocèse de — Examen désintéressédu livre de La Fr é-
Soissons. Paris, i582, in-12. quente Communion. Rouen, 1645, in-12.
Blaye (l'abbé de). Description de l'osten- Breyer (Remi). Nouvelle Dissertation sur
soir gothique de la cathédrale de Toul. les paroles de la consécration de la
Nancy, i856, in-8. sainte Eucharistie. Troyes, 1733 et
Boguin (J.). Relation fidèle du miracle 1738, in-8.
du Saint-Sacrement, arrivé à Favernay, Bridoul (le P. Toussaint). Escole (1') de
en 1608. Besançon, i83g, in-8. l'Eucharistie, establie sur le respect
Bossuet. Traité de la communion sous merveilleux que les bestes* les oiseaux
les deux espèces. Paris, 1682, 1686, etc., et les insectesont rendu en différentes
in-18. occasions au Saint-Sacrement de l'Autel.
Bougeant (le R. P.). Réfutation de la Lille, 1672, in 12. Traduit en anglais,
dissertation du R. P. Le Brun, sur la Londres, 1688, in-12, et en latin (Schola
forme de la consécration de l'Eucha- Eucharistica).
ristie.Paris, 1727, in-12. Bruyn (l'abbé de). Le Très Saint-Sacre-
— Traité théologique sur la forme de ment-de-Miracle, son Église, son Culte,
la consécration de l'Eucharistie. Paris, ses Jubilés. Bruxelles, 1868 et 1870,
1729, 2 vol. in-12. in-8.
. .

LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 573

Bruyn (l'abbé de). Le Jubilé d'un vrai Cauvet (Jules). La Procession de la Fête-
Miracle. Bruxelles, 1870, in-8. Dieu, à Cologne. Caen, 1884, ii>8.
Bulenger. Response catholique au livre Caylus (de). Ordonnance et instruction
du sieur du Plessis-Mornay De l'Institu- pastorale de Monseigneur l'évêque
tion, usage et doctrine de l'Eucharistie d'Auxerre, portant condamnation d'un
en l'ancienne Eglise. Paris, 1 5gg, in-8. livre intituléL'Esprit de Jésus-Christ
:

C. (André). Ménologe eucharistique, avec et de l'Église sur la fréquente Com-


l'histoire des miracles de la sainte munion, par le P. Jean Pichon. S. /.,
Eucharistie. Paris, 1727, 2 vol. in-16. 1747, in-12.
Cafmeyr (Pierre). Vénérable Histoire Cerveau (René). Relation du miracle
du très Saint-Sacrement-de-Miracle, opéré au Saint-Sacrement, en la paroisse
composée en flamand par Pierre Caf- des Ulmes de Saint-Florent, près Sau-
meyer, et traduite en françois par G. mur, diocèse d'Angers. Paris, 779, in-12. 1

D. B. Bruxelles, 1720, in-12. Chalucet (L. Bonnin de). Réponse à


Camus (Auguste). Le Miracle de la sainte l'écrit du ministre Claude, sur la Pré-

Hostie de Faverney. Paris, 18 14, in-18, sence réelle. 1682, in-12.


et 1867 et 1878, in-18. Chardon de lugny. Traité de la commu-
Camus (Jean-Pierre). Expositions des nion sous les deux espèces. Paris,
passages des Pères, des Papes et des 1701, in-8.
Conciles, allégués dans un livre inti- Cheffontaines (Christophe). Défense de
tulé : De La Fréquente Communion. la foi de nos ancêtres, contenant quinze
Paris y 1645, in-8. chapitres, où sont déclarés les strata-
— Apostilles sur quelques ouvrages des gèmes et ruses des hérétiques de notre
saints Pères, grecs et latins, et des au- temps. Paris, ib-]o, in-8. (Traduit en
teurs célèbres de ces derniers siècles, latin par l'auteur; Anvers, 1 575, et
recueillis dans un livre intitulé : La Venise, i58i, in-8.)
Tradition de VÉglise au sujet de la — Défense de la foi de nos ancêtres, où
Pénitence et de la Communion. (Arnauld.) la Présence réelle du corps de Notre-
Paris, 1644, in-8. Seigneur est prouvée par plus de
— Pratique de La Fréquente Communion, trois cent cinquante raisons. Paris,
où l'on voit ce que l'Église primitive 1 57 1 et 1 586, in-8. (Traduction en
a observé touchant ce sujet, plusieurs latin par l'auteur; Rome, i5y6; Colo-
abus réfutez et la doctrine des SS. Pères gne, 1 587, in-8.)
proposée. Paris, 1644, in-8. — De la Vertu des paroles par lesquelles
Cantimpré. Souvenir du pèlerinage du la consécration du Saint-Sacre-
se fait

17 mai 1875. Le miracle de Saint- ment de l'autel. Paris, 1 585


Amé, prodige qui eut lieu à Douai, en Claude (Jean). Réponse aux deux Traittés
1254; récit de Thomas Cantimpré. intitulez : La Perpétuité de la Foy
Douai, 1875, in-8. catholique, touchant l'Eucharistie. Cha-
Capelle (l'abbé). Recherches sur l'his- renton, i665 et 1666, in-12; 1667,
toire du Saint-Sacrement-de-Miracle in-8; 1668, in-12 et in-4; 1670, in-4,
de Douai. Douai, 1 855, in-8. et 3 vol. in-12.
— Souvenir du Jubilé séculaire du Saint- — Réponse au Traité de Bossuet, tou-
Sacrement-de-Miracle, célébré en 1 855 chant la communion sous les deux
Douai, 1 85 5, in-8. espèces. Cologne, iG83, in-12.
Cartier Études sur les peintures
(É.). Coeffeteau (F. -Nicolas). Œuvres conte-
eucharistiques des catacombes. i883. nant un nouveau Traicté des noms de
Cassignard (Rosen). Histoire du dogme l'Eucharistie, auquel est réfuté tout ce
de la Cène ou de la présence du Christ que les sieurs Du Plessis, Casaubon et

dans le Sacrement, depuis les temps M. Pierre Du Moulin, ont escrit sur ce

apostoliques jusqu'à la fin du 111 e siècle. sujet contre la doctrine de l'Église.


Thèse. Strasbourg, 1848, in-8. Paris, 1622, in-folio.
574

Corbin (Jacques). Le Triomphe de Jésus- Desmay (Jacques). Calice sacré de l'autel


Christ au très Saint-Sacrement de des Chrestiens, traicté où est expliquée
l'autel, et l'histoire miraculeuse de la communion laïque soubs une espèce.

l'institution de sa fête. Rouen, 1621, in-12.


Corblet (l'abbé J ). Essai historique et Didelot (l'abbé). Étude sur les saintes
liturgique sur les ciboires et la réserve Lettres et la divine Eucharistie. Va-
de l'Eucharistie. Paris, 858, in-8. 1 lence, 1867-68, 2 vol. in-8.
— A-t-on réservé le Précieux Sang dans Doucin (le P. Louis). Traité de l'usage du
les siècles primitifs et au moyen âge ? Calice, ou de la Communion
sous les
Paris, 1 85g , in-8. deux espèces. Paris, i685, in-12; Caen,
— L'Autel chrétien; étude archéologique 1686, in-12.
et liturgique. Bruges, 883, in-4. 1 Drevon (le P.). Recueil de différentes
— Des Vases et des ustensiles eucharis- publications, concernant l'œuvre de la
tiques. Bruges, 1 885, in-4. Communion réparatrice. 2 vol. in-8.
— Recherches historiques sur les Aga- — Correspondance de la Communion
pes. Amiens, 1 885, in-8. réparatrice. (Recueil fondé à Paray-le-
-— L'Élévation du Saint-Sacrement. Monial, vers 1860.)
Amiens, 885, in-8. 1 Dubourdieu (J.-A.). Deux Traités d'un
Goret. Les Merveilles arrivées dans le docteur romain, pour le retranchement
Ciel et sur la terre, au temps de l'insti- de la coupe, avec deux Réponses, etc.
tution de la fête solennelle du très Charenton, 1681, in-12.
Saint-Sacrement. Liège, 1694, in-4. Du Perron (le cardinal). Traitté du Sainct-
Couren (l'abbé), Du Sacré Mystère de Sacrement de l'Eucharistie, divisé en
l'autel, opuscule du pape Innocent III, trois livres, contenant la réfutation du
traduit et annoté par M. l'abbé Couren. livre du sieur Duplessis-Mornay, con-
Paris, 1879, i n " 12 - tre la Messe, etc. Paris, 1622, in-folio.
Cruls (J.). Le Saint-Sacrement et l'église Du Plessis-Mornay. De l'Institution,
Saint-Martin, à Liège, etc. Liège, 1881, usage et doctrine du Sainct-Sacrement
in-8. de l'Eucharistie, en l'Église ancienne.
Dalgairns (le P.). La Sainte Communion La Rochelle, 1698, in-4; Saumur, 1604,
considérée au point de vue philoso- in-folio.
phique, théologique et pratique, suivi Dr Puy (G.). Les Merveilles de 440 faus-
d'un Traité sur La Fréquente Commu- setés du sieur Du Plessis, etc. Bor-
nion, emprunté aux Analecta juris pon- deaux, 1600, in-8.
tificii; traduit de l'anglais par Léon Du Saussay (André). Histoire chrono-
Godard. Paris, 863, 2 vol. in-12. 1 logique du combat eucharistique entre
Daniel (le P.). Traduction du système l'hérésie et la foy. Paris, 161 7, in-8.
d'un docteur espagnol, sur la dernière Du Tilliet (Jean). Traité de l'antiquité
Pâques de Jésus-Christ. Paris, 1695, et de la solennité de la messe. Paris,
in-i 2. 1 567, in-16.
Darcel (Alfred). Le Ciboire d'Alpais. Émery de Bonis. Sentiments du P. Emery
Paris, 1
854, in-4. de Bonis touchant la fréquente commu-
— Calice et patène de l'église Saint-Jean- nion. 1644, in-4.
du-Doigt (Finistère). Paris, 1860, Emmerich (Anne-Catherine). La Dernière
in-4. Cène de N.-S. Jésus-Christ, d'après les
Decron (l'abbé). De l'Administration de contemplations d'Anne-Catherine Em-
l'Eucharistie aux fidèles, ou Plaidoyer merich. Paris, i838, in-32.
pour la conservation descharnières à la Evêque de Durham (V). Histoire de la

coupe des ciboires. Angers, 1867, in-8. transsubstantiation, trad. du latin de


Deschamps (le R. P. V.). Le plus Beau feu Mgr. Tévêque de Durham. 1689,
Souvenir de l'histoire de Liège (1246- in-12.
1846). Liège, 184I. Ezerville (l'abbé F. J. d'). De la Confec-
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE l'eUCHARISTIE 575

tion liturgique des hosties ou pains la communion des condamnés à mort.


d'autel. Paris, 1879. Reims, 1841.
Farer (le P. William). Le Saint-Sacrement Grancolas (Jean). Histoire de la commu-
ou les œuvres et les voies de Dieu, nion sous une seule espèce, avec un
trad. par M. F. de Bernhardt. Paris, traité de la concomitance ou delà présen-
1856, 2 v. in- 12. •ce du corps et du sang de Jésus-Christ
Favre (l'abbé Marie J.). Théorie et pra- sous chaque espèce. Paris, 1G9G, in-12.
tique de la communion fréquente et — De l'Intinction ou de la coutume de
quotidienne. Lyon, 1842, 2 vol. in-8. tremper le pain consacré dans le vin.

Fontanes (l'abbé). Les Miracles eucha- Paris, 1693, 1694 et 1 7 14, in-12.
ristiques recueillis des Pères de l'Egli- — Traité de la Messe et de l'office divin.
se, de la vie des saints et de divers au- Paris, 1714, in-12.
teurs dignes de foi. Lons-le-Saulnicr, — Les Anciennes Liturgies ou la manière
1861, in-18. dont on a dit la sainte messe dans cha-
Franciosi (Ch. de). Notes sur la collégiale que siècle dans les églises d'Orient et
de Saint-Amé de Douai, et Miracle du dans celles d'Occident. Paris, 1704,
Saint-Sacrement. Lille, i855, in-8. 3 vol. in-8.
Fronton du Duc. Inventaire des faultes, Graudet (J.). Dissertation apologétique
contradictions et fausses allégations du sur l'apparition miraculeuse deN. S. J. C.
Sr Du Plessis en son livre de la Sainte arrivée au Saint-Sacrement en la parois-
Eucharistie. Paris, 1699, in-8. se des Ulmes de Saint-Florent près
Gandon (R.). Les Motifs de la suspension Saumur, le 2 juin, 1668. Château-Gon-
de la coupe. Paris, 1695, in-12. tier, 171 5, in- [2.
— Les Erreurs des protestants touchant Grégoire (Gaspard). Explication des
la communion sous les deux espèces. cérémonies de la Fête-Dieu d'Aix en
Paris, 1693, in-12. (Même ouvrage que Provence. Aix, 1777, in-12.
le précédent, sauf le titre). Grésy (Eugène). Le Calice de Chelles,
Gaulle (Mme J. de). Fastes et Légendes œuvre de S. Eloi. Paris, in-8.
du Saint-Sacrement, depuis son insti- Griffet (le P. Henri). Histoire des hos-
tution jusqu'à nos jours. Cambrai, i8<53, ties miraculeuses qu'on nomme le Très
in-8. Saint-Sacrement-de-Miraclc qui se
Gènebrard. Traicté de la Liturgie ou conserve à Bruxelles depuis l'an 1370.
sainte Messe, selon l'usage et forme des Bruxelles, 1770, in-8.
apôtres et de leur disciple sainct Denys. Gukrin de Tencin. Notice historique des
Lyon, 1597, in-8. vases sacrés de l'église d'Itxasson, près
Gerbet (Mgr Ph.). Considérations sur le Bayonne (Basses-Pyrénées). Paris, s. d.
dogme générateur de la piétécatholique, in-4.
suivies de vues sur le dogme de la Guiet (l'abbé). Explication
nouvelle des
Pénitence. Paris, 1829, in-8; 1839, i852 jeux de Fête-Dieu d'Aix au point de
la
et i853, in-12. vue historique et symbolique. Aix,
Germain (L.). Inscription d'autel du i85i.
xv e siècle à Marville (Meuse). Nancy, Guillon (l'abbé Aimé). Le Cénacle de
1844, in-8. Léonard de Vinci... Essai historique et
Godefroid (l'abbé). Description du grand psychologique sur ce chef-d'œuvre delà
autel et du sanctuaire de Notre-Dame peinture. Milan, 181 1.
de Bon-Secours. Rouen, 1859, in-12. Haitze (Pierre de). Esprit du cérémonial
Gondrin (Henri de). De l'Usage des Sacre- d'Aix en la célébration de la Fête Dieu.
ments de Pénitence et d'Eucharistie Aix, 170S, 1730 et 1758, in-16.
selon le sentiment des Pères de l'Egli- Hardoltn (Jean). Défense de la lettre de
se, des Papes et des Conciles. Paris, 1 668, S. Jean Chrysostome à Césaire, adres-
in-12. sée à l'auteur de la Bibliothèque uni-
Gousset (Mgr.) Lettre à l'abbé Blanc sur verselle. Paris, 1690, in-4.
576 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Hardouin (Jean). Extrait du traité de la sur les Agapes. Strasbourg, i835,


dernière Pàque de Notre-Seigneur. Dia- in-4.
logue d'Eusèbe et d'Irénée. Paris, i6g3, King (Thomas H.). Modèles de calices du
in-4. xr3 au XIV e siècle mesurés et des-
Hazart (le P. Corneille). L'Arc de triom- sinés sur les originaux. Bruges, i858,
phe à l'honneur du Très Saint-Sacre- in-8.
ment-de-Miracle. Kreuser (J.). Le Saint>Sacrifice de la messe

Hellin (Félix). Histoire du Très Saint- exposé historiquement; traduit de


Sacrement-du-Miracle de Bruxelles. l'allemand en français par M. l'abbé
Bruxelles, 1871. Thierry. Nancy, i86r, 2 vol. in-8.
Hermant (Godefroy). Apologie pour Lafond (Edmond). La Table de la Cène à
M. Arnauld contre un libelle intitulé: Rome : méditations et souvenirs. Paris,
Remarques judicieuses sur le livre De la 1869, in-12.
fréquente communion. Paris, 1644, 1648, Lamy (le P. Bernard). Traité historique
in-4. de l'ancienne Pâque des Juifs où l'on
— Défense des prélats approbateurs du examine à fond la question célèbre si
De la fréquente communion de
livre Notre-Seigneur fit cette Pàque, etc. Pa-
M. Arnauld. Paris, 1646. ris, 1690, in-12.
Hersent (Charles). De la Fréquente Com- — Suite du Traité historique de l'ancienne
munion et du légitime usage de la péni- Pàque des Juifs; réflexions de M.** (le
tence, ou observations sur le livre de P. Lamy) sur le nouveau sistème du
M. Arnauld. Paris, 1644, in-4. R. P. Hardouin. Paris, i6g3, in-12.
Hongnant. Apologie des anciens docteurs — Réponse du R. P. Lamy, prêtre de
delà Faculté de Théologie de Paris... l'Oratoire, à la lettre de M. Tillemont
contre une lettre du P. Le Brun sur la sur la dernière Pasque de Notre-Sei-
forme de la consécration de l'Eucha- gneur. Paris, 1694, in-12.
ristie par M. P. T. H. Ch. R. P.D. D. Larroque (Matth. de). Response à un
Paris, 1728, in-12. livre intitulé : UOffice du Saint-Sacre-
Honoré. Les Ordres eucharistiques. Mar- ment ou tradition de l'Eglise touchant
seille, in-8. VEucharislie, recueillie des Saints Pè-
Honoré de L'Union (le R. P.). Merveil- res et autres auteurs ecclésiastiques.
leseucharistiques ou manifestations de Charenton, 1 665, in-8.
N. S. en son divin Sacrement, mises — Histoire de l'Eucharistie, divisée en
en ordre et expliquées. Grenoble, 1872, trois parties. Amsterdam, 1669, in-4;
in-12. 1 67 1
, in-8.
Huguet R. P.). Dévotion à la sainte
(le — Réponse au livre de M. l'évêque de
Eucharistie en exemples, 5 e édition. Meaux De la communion sous les deux
Paris, i865, in-12. espèces. Rotterdam, 1 683, in- 12.
— Importance de première communion
la Lasteyrie (F. de). Notice sur quelques
démontrée par des exemples. 5 e édition. représentations allégoriques de l'Eucha-
Paris, 1875, in-18. ristie. Paris, 1878, in-8.
Irénée (François). Réponse à l'Apologie Latouche-Loisi. Explication des figures
du sieur Arnauld dans sa lettre à la symboliques d'un canon d'autel. 1745,
Reyne. in-12.
Jobin (L'abbé). Études sur les Lampes du Laurent (le P.). Vie de M mc la Fosse,
Saint-Sacrement et le luminaire ecclé- guérie miraculeusement le 3 1 mai 1725,
siastique. 2 e édition, Paris, 1872, in-12. à la procession du Saint-Sacrement,
Jovet. Le Triomphe du Saint-Sacrement de la paroisse Sainte-Marguerite. 1769,
sur le Démon, ou l'histoire de la déli- in-12.
vrance de Nicole de Vervins. Laon, 1682, Lavalleye (Edouard). La Fête-Dieu, sainte
in-12. Julienne Saint-Martin à Liè-
et l'église
Kiefer (Alb. Fréd.). Thèse historique ge; esquisses historiques par un mem-
.

LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 5 77

bre de l'archiconfrérie du Saint-Sacre- rement annoncée et introduite dans


ment. Liège, 1846, in-12. de Dieu, la haute solennité du
l'Église
Le Blant (Edmond). Mémoire sur l'autel Sacrement de l'autel. Liège, i5g8,
de l'église de la Minerve [Hérault). in-8.
Le Brun (Pierre). Explication littérale, Le Vasseur. Cérémonial de la consécra-
historique et dogmatique des cérémo- tion des églises et des autels. 2 e édition.
nies de la Messe. Paris, 1716, 1726, et Paris, 1879,
1777, 4 vol. in-8. Lhervilliers (Edmond de). Histoire du
— Défense de l'ancien sentiment sur la très Saint-Sacrement-de-Miracle de
forme de la consécration de l'Eucharis- Sainte-Gudule de Bruxelles.* 'Paris,
tie.Paris, 1727, in-8. i856, in-8. (Extrait de la Revue catho-
— Lettre qui découvre l'illusion des Jour- lique.)
nalistes de Trévoux, dans le jugement Liguori (S. Alphonse de). De la Commu-
qu'ils ont porté de la Défense de V an- nion fréquente, traduit de l'italien.
cien sentiment qui joint la Prière de Clermont-Ferrand, 1839, in- 18.
l'Invocation aux paroles de Jésus-Christ Linas (Ch. de). Le Calice de S. Éloi à
pour la consécration de l'Eucharistie. l'abbaye de Chelles. (Extrait du tome VIII
Paris, 1728, in-8. de la Revue de l'art chrétien.) Arras,
Le Maire (Nie). La Défense de la foi ca- 1864, in-8.
tholique et de sa perpétuité touchant Loer (Théodore). Un Traité des miracles
l'Eucharistie contre le ministre Claude. lesplus signalés opérés par les Saintes
Paris, 1670, in-4. Hosties de Bruxelles. Cologne, 53g 1

— Recueil des sentiments des Saints Pè- Lonjon (l'abbé). Les Merveilles de Dieu
res des huit premiers siècles, touchant dans la sainte Eucharistie, traduites de
la Transsubstantiation, l'adoration et l'italien (Rosssignoli). Montauban, 1864,
le de l'Eucharistie... avec la
sacrifice in-8.
réfutation de la dernière Réponse du Lorrain (Jean le). De l'Ancienne Coutume
ministre Claude touchant le change- de prier et d'adorer debout. Rouen,
ment qu'il prétend avoir été fait par 1700, 2 vol. in-12.
Pascase Radbert. Paris, 1686, in-12. Lucq (le P. Henri). Le Saint-Sacrement-
Lenglet du Fresnoy. La Messe des fidèles, de-Miracle et chapelle
expiatoire à
la

avec une explication historique et dog- Bruxelles. Bruxelles, 1870, in-12.


matique. Paris. 1742, in-12. Macé (Jean). Histoire de l'hostie miracu-
Léon (le P.). L'Histoire de l'hostie mira- leuse de Paris. 'Paris, i653, 1660,
culeuse arrivée au couvant des religieus 1664, 1753, in-12.
Carmes du Saint-Sacremant des Billet- Mantelet (E ). Histoire politique et reli-
tes. Paris, 1664, Ui-id. gieuse de Faverney; son abbaye, sa
— Conférences eucharistiques où l'on sainte Hostie. Paris, i865, in-8.
traite particulièrement de l'exposition Marandé (Léonard de). Antiquitez de
et des processions du S. Sacrement. l'Église sur l'ancien usage des sacre-
Paris, 1688, in-12. ments en général et principalement de
Le Ricque de Monchy. Notice sur l'autel la Pénitence et de la Communion. Pa-
de Saint-Guillem-du-Désert.Mon?/?e///<?r, 1645 et i652, in-4.
ris,
1857. Marchant (l'abbé). Pèlerinage national
Le Roy (Pierre). Le Miracle opéré dans au Très Saint-Sacrement-de-Miracle, à
la nouvelle hémorrhoïsse par Jésus- Douai, le 17 Mai, 1875. Douai, 1872,
Christ présent dans la sainte Eucharis- in-32.
tie, à Paris, le 3i mai, 1725. S. 1., Martigny (Mgr.). De l'Usage du jlabellum
1726, in-4. dans les liturgies anciennes. Mdcon,
Le Ruit (Lambert). Histoire mémorable 1857, in-8.
de sainte Julienne, vierge..., à laquelle Mauroy (M lle de). L'Adoration perpétuelle
fut divinement révélée et par elle premiè- dans le diocèse de Paris, son établisse-

T. 11
5 78 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

ment et son développement. Bourges, Morey (l'abbé). La Sainte Hostie de Fa-


1884, in-32. vernay. Discours prononcé à Faver-
Mayer (le P. Chr.). De la Communion nay, le 17 mai, 1869. Besançon, 1869,
sous une espèce. Cologne, 1626. in-8.
Mayet (le P.). L'Ange de l'Eucharistie — Notice historique sur Favernay et son
ou vie et esprit de Marie Eustelle. Paris, double pèlerinage. Besançon, 1873,
i863. — Notice abrégée sur le pèlerinage de
Meurisse (Martin). Apologie de l'adora- Favernay. Vesoul, 1878, in-32.
tion et élévation de l'hostie. Paris, 1620, Mouchy (le R. P. de). Instructions chré-

in-8. tiennes sur l'Eucharistie, où l'on fait


Meynier (le P. B.). Port-Royal et Genève voir les rapports que les saints Pères
d'intelligence contre le Saint-Sacrement ont trouvez dans les figures de l'ancien
de l'autel. Poitiers, 1 556, in-4. Testament avec la sainte Eucharistie.
— La Sainte Eucharistie des catholiques Paris, 1702, in-12.
approuvée et la cène des calvinistes con- Navez (J.). Dissertation sur les hosties
damnée par les confessions de foy, par miraculeuses qu'on nomme le très Saint-
les liturgies, par les synodes nationaux Sacrement-de-Miracle. Bruxelles, 1790,
et par les plus célèbres docteurs de la in-8.
religion prétendue réformée. Paris, Nicole (Pierre). La Perpétuité de la foy
1677, in-i 2. catholique touchant l'Eucharistie, avec
Michel (Francisque). Le Roman du Saint- la réfutation de l'escrit d'un ministre.

Graal, pour la première fois


publié Paris, 1664, 1666, in-12; 1701, in-8.
d'après un manuscrit de la Bibliothèque (Cet ouvrage publié sous le pseudo-
royale, par Fr. Michel. Bordeaux, nyme de Barthélémy est connu sous le
1841. nom de Petite Perpétuité .)

Millin. Note sur le vase que l'on conser- — La Perpétuité de la foy de l'Église
vait à Gênes sous le nom de Sacro Ca- catholique touchant l'Eucharistie,deffen-
tino. (Extrait du Magasin encyclopédi- due contre le livre du sieur Claude,
que. Paris, 1807, in-8.) ministre de Charenton. Paris, 1669,
Milon (l'abbé). Le Sacrifice de la croix 1672, 1676, 3 vol. in-4 I
1
7°4i 4 v °l«
représenté en l'Eucharistie par l'hostie in-4; 171** 4 vol. in '4', 1 7 1 3, 5 vol.
miraculeuse de Paris. Paris, i633, in-4. (Les tomes IV et V sont de Renau-
in-12 et 1634, in-8. dot.) Lausanne, 1781, 7 vol. in-4.
Mollet (l'abbé F.). Apparition de N.-S.- (Nous nous sommes servi de l'édition
J.-C. arrivée au Saint-Sacrement dans Migne, 4 vol. in-4.)
la paroisse des Ulmes, près Saumur, — Réponse générale au nouveau livre de
le 2 juin 1668. Angers, 1878, in-12. M. Claude. Paris, 1671, in-12.
Momméja (Etienne). Thèse historico-criti- Noailles (le cardinal de), archevêque de
que sur le dogme de l'Eucharistie, pen- Paris. Mandement à l'occasion du mi-
dant les sept premiers sièclesde l'Eglise. racle opéré dans la paroisse de Sainte-
Montauban, 1842, in-8. Marguerite, le 3i mai jour du Saint-
Montargon (le P. de). Histoire de l'insti- Sacrement. Paris, 1725, in-4.
tution de la fête du Saint-Sacrement. Nouet (le P. Jacques). La Présence de
Paris, 1753, in-12. Jésus-Christ dans le très Saint-Sacre-
MoNTÉPiN (Aymond de). Histoire des hos- ment, pour servir de réponse au mi-
ties miraculeuses de Paris, de Dijon et nistre qui a écrit contre La perpétuité de
de Favernai. S. 1., 1754 et 1776, in-12. la Foy de VEglise catholique touchant
Montrouzier De la Fréquente Commu-
. VEucharistie. Paris, 16G6, in-4; I0^7,
nion. Arras, 1867, in-8. in-8.
Morel (l'abbé Jules). Les Hosties san- — Lettre à M. Claude, ministre de Cha-
glantes de Vrigne-aux-Bois (Ardennes). renton, sur le sujet de sa réponse au
Tournay, 1860, in-32. livre de La présence réelle de Jésus-
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 579

Christ dans le très Saint-Sacrement. Plowden (Fr.). Traité du sacrifice de


Paris, 1668, in-8. Jésus-Christ. Paris, 1778, 3 vol.
'
Pamus (Auguste). Le Miracle de la sainte in-12.
hostie de Favernay, confirmé par la Poinctes-Gevigney (M ,le Fanny). Faver-
sacrée Congrégation des rites et approuvé nay et sa sainte hostie. Besançon,
par notre Saint-Père le Pape. Paris, s. 1862.
d., in-18. Postel (Mgr V.). Répertoire historique
Paris (Anselme). La Créance de l'Église du catéchiste de première communion
grecque touchant la transsubstantiation, et de confirmation. Paris, 1864,
défendue contre la réponse de M. Claude. in-12.
Paris, 1672 et 167 5- 1676. — Le Bon Ange de la première commu-
Paris (l'abbé François). De l'Usage du nion, 6e édit. Paris, 1879, 2 v °l»
sacrement de Pénitence et d'Eucharistie, in-12.
selon les sentiments des Pèresde l'Eglise, Quercy. Abrégé de la controverse sur
des Papes et des Conciles. Sens, 1674, l'Eucharistie. Paris, 683, in-12.
1

in-12. Quesnel (le P.). Remontrance à Mgr l'ar-


Paulinier (Mgr). Le Miracle de la sainte chevêque de Malines sur son décret
hostie de Favernay. Lettre pastorale de contre le livre De la fréquente comnw
Mgr l'archevêque de Besançon, conte- nion. 1695, in-8.
nant la discussion historique et doctri- Renard (François). Les Remarques judi-
nale de cet événement. Besançon, 1878, cieuses sur le livre intitulé; De la fré-
in-4. quente communion par M. Arnauld. Pa-
Péan du Manoir. L'Eucharistie défendue ris, 1644, in-8.
ou M. Claude réfuté par lui-même. Renaudot. Perpétuité de la foi de l'É-

Paris, 1669, in-12. glise catholiquetouchant l'Eucharistie.


Petau (le P. Denys). De la Pénitence (Suite de l'ouvrage de Nicole.) Paris,
publique et de la préparation à la com- 1 7 1 3 et 1 7 1 3, 2 vol. in-4.
munion, 2 e édition. Paris, 1644, 1645, — Défense de la Perpétuité de la foy
in-4. contre les calomnies et faussetez du
— Abrégé de la doctrine du livre de la livre intitulé : Monuments authentiques
Fréquente Communion, etc. Paris, 1645, de la religion des Grecs (par Aymon).
in-4. Paris, 1709, in-8.
Philip (l'abbé B.). Visite aux saintes — Histoire de l'institution de la Fête-
hosties de Pézilla-de-la-Rivière. Paris, Dieu.
1869, in-32. Ribère. Vérification de quelques propo-
Pichon (le P. Jean). L'Esprit de Jésus- sitions sur le subject du T. S. Sacre-
Christ et de l'Église sur la fréquente ment de l'Eucharistie et de l'ancien
communion. Paris, 1745, in-12. usage, etc. Lyon, 1620, in-12.
Pienud (J.). Dissertations sur la prison Ricard (l'abbé Ant.). Symboles et figures
de S. Jean-Baptiste et sur la dernière de l'Eucharistie dans l'Ancien Testa-
Pàquede JésusChrist. Paris, 1690, in-12. ment ou la divine Eucharistie avant son
Pierre-Joseph. L'Esprit du cérémonial institution. Paris, 1875, in-18.
d'Aix, en la célébration de la Fête-Dieu. Richeome (Louis). Tableaux sacrez des
Aix, 1707. figures mystiques du très auguste sacri-
Pigalle (Marie-Anne). Relation de la mala- fice et sacrement de l'Eucharistie. Paris,

die et de la guérison miraculeuse opérée 1601, in-8.


à la suite d'une neuvaine au Saint- Roger (l'abbé J.). Histoire de Nicole de
Sacrement, sur Marie-Anne Pigalle, Vervins, d'après les historiens contem-
épouse du sieur Denys Mascrey, bour- porains et les témoins oculaires, ou le
geois de Paris. Par la guérie elle- triomphe du S. Sacrement sur le démon j
même, Marie-Anne Pigalle, 1759, s. L, à Laon en 566. Paris, 1 863, in-8.
1

in-12. Rohault de Fleury (Ch.). La Messe,


58o HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

études archéologiques sur ses monu- le monastère des Billettes, etc. Paris,
ments, par Ch. Rohault de Fleury, con- 1604, in-8
tinuées par son fils. Paris , i883, 3 vol. Séguier (J.). Histoire miraculeuse de la
in-4. sainte hostie gardée en l'église de Saint-
Rohault de Fleury (Ch.) Le Calice de Jean-en-Grève, ensemble quelques
S. Chrodegand à Saint-Martin-des- hymnes au Saint-Sacrement de l'autel.
Champs. Paris, i885, in-8. Paris, 1604, in-8.
Rossignoli (le P. G.). Les Merveilles Ségur (Mgr de). La France aux pieds du
divines dans la Sainte Eucharistie, tra- Saint-Sacrement. Paris, 7 e édit., 1878,
duites librement de l'italien. Paris, in-18.
i865 et 1869; Tournai, 1872, in-18. Servois (J. P.). Observations sur le soleil
Rouard de Çard. Delà Falsification des d'or offert parFénelon à l'église de
substances sacramentelles. Paris, i856, Cambrai. Cambrai, 181 6, in-8.
in-4. Simmonel (Dominique). Traité des refus
Roy (l'abbé). Quelques Notes sur la dé- publics et secrets de la communion à
votion eucharistique en Anjou. Angers, la sainte Table ou en maladie, ouvrage
188 3, in-8. dont les principales preuves sont tirées
Rusticus (Éleuthère). Le Pèlerinage de des rituels des différentes églises du
Favernay, 3 septembre 1878. Besan- royaume. Avignon, 1754, 2 vol. in-12.
çon, 1878, in-8. Simon (Richard). De la Créance de l'Église
Saint-Dominique (Jacques de). Dissertation orientale sur la transsubstantiation.
eucharistique touchant la façon pres- Paris, 1687, in-12.
crite par les rituels ecclésiastiques pour Soland (A. de). Not/ice sur un calice
administrer sans péril la très sainte appartenant à la fabrique de Thouarcé
communion. 2 e édition. Paris, 1686, (Maine-et-Loire). i85i, in-8.
in-12. Steeg (J.). Le Procès de la Fête-Dieu.
Saint-Martin. La Divine Relique du sang Histoire de l'Eucharistie. 3 e édit. Pa-
adorable de Jésus-Christ dans la ville ris, 1878, in-8.
de Billom, en Auvergne. Lyon, 1645, Tervecoren (le P.). Salazar ou la chapelle
in-12. expiatoire du Très Saint-Sacrement-de-
Saint-René (le P. Théodoric de). Remar- Miracle, à Bruxelles. Bruxelles, in-8.
ques historiques données à l'occasion Tesnière (le R. P. A.). Le Très Saint-
de la sainte hostie miraculeuse conser- Sacrement, études sur l'Eucharistie
vée pendant plus de 400 ans dans (Revue bi-mensuelle des œuvres eucha-
l'église de Saint-Jean-en-Grève à Paris. ristiques paraissant depuis 1876 sous
Paris, 1725, 2 vol. in-12. la direction des prêtres de la congréga-
Sainte-Foix (Victor de). Histoire du Saint- tion du Saint-Sacrement). Paris, in-8.
Sacrement-de-Miracle. Paris, 1871, in-8. (A cessé de paraître en 1882.)
Sarachaga (le baron Al. de). Le Règne de Theuret (le colonel). Table d'autel en or
Jésus-Christ. Revue illustrée du mu- fin de l'empereur Henri II. i853, in-8.
sée et de la bibliothèque eucharisti- Thiers (Jean B.). Traité de l'exposition
que de Paray-le-Monial. Paris, in-4. du Saint-Sacrement de l'autel. Paris,
(Cette Revue paraît depuis janvier i883.) 1663, in-12, et 1677, 2 vol. in-12.
— Les Collections d'histoire et d'art du — Dissertation sur les principaux autels
musée eucharistique du Sacré-Cœur de des églises, les jubés des églises, et la
Paray-le-Monial. Lyon, 1866, in-4. clôture du chœur des églises. Paris,
Schaepkens (A.). Autels portatifs. Bruxel- 1688, in-12.
les, 1849, in-8. — Traité des Cloches et de la sainteté de
Séguier (J.). Histoire mémorable du l'offrandedu pain et du vin aux messes
grand miracle advenu à Pa-
et signalé des morts. Paris, ïjzi, 1780, in-12.
ris, l'an 1290, en la maison d'un juif, (Le second traité est d'un abbé de la
size rue des Jardins, où de présent est Croix, curé de Bruyères.)
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 58l

Tolra de Bordas (l'abbé). Les Saintes Vert (Claude de). Explication simple,
Hosties et le ciboire doré de Pézilla de littérale et historique des cérémonies
la Rivière, épisode religieux de l'his- de l'Eglise. Paris, 1 706-1 71 3, 4 vol.
toire de la Révolution dans les Pyré- in-8.
nées-Orientales. Paris, i865, in-12. Wabnitz (Aug. Théoph.). Études sur le
Travier (Jean). Aperçu sur l'histoire du dogme de l'Eucharistie (Thèsej. Stras-
calice (Thèse). Strasbourg, 1 83 1 ,
in-4. bourg, i838, in-4.
Van Caloen (le P. Dom Gérard). La Com- Witasse (Charles). Traité de la Pâque ou
munion des fidèles pendant la messe. d'un docteur de Sorbonne à un
lettre
Mémoire présenté au congrès cath. de docteur de la même maison touchant
Liège. 2 e édit. Bruges, 1884, in-12. le système d'un théologien espagnol sur
Versé (Aubert de). Les Trophées de Port- la Pâque. Paris, 1795, in-12.
Royal ou la défense de la créance de Ydens (E.). Histoire des hosties miracu-
l'Eglise des six premiers siècles sur leuses qu'on nomme le très Saint-
l'Eucharistie Ha transsubstantiation.
et Sacrement-de-Miracle, qui se conserve
Amsterdam, 1688, in-12. (Ouvrage faus- à Bruxelles depuis 1370. Bruxelles,
sement attribué à A. de Versé.) i6o5, in-8; 1770, in-12.
.

582 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

ARTICLE III

Livres anglais

Anonyme. Discourse concerning adoration Jonh W. Hamerssey. London, 1867,


of the Host. London, 1 685 in-4.
—• Faith of the catholick Church concer- Larroque (Matthieu de). The History of
ning the Eucharist, proved by the ar- the Eucharist; done in to English, by
guments agains the Protestants, in is Joseph Walker. London, 1684, in-4.
Books of The Perpetuity of the Faith. Owen (James). The History of the con-
London, 1687, in-12. sécration of Altars, Temples and Chur-
— Inquiry concerning Infant Communion ches. London, 1706, in-4.
in the first Ages of Christianity. 2 vol. Peirce (James). An Essay in favour of
BoDY(Lord). Doctrine of the Eucharist. the ancient practice of giving the Eu-
Brett (Th.). Collection of the principal charist to children Lond., 1728, in-8.
Liturgies used by the Christian Church Pointz (Robert). Testimonies for the
in the Célébration of the holy Eucharist. Real Présence. Lovanii, 1 566, in-16.
London, 1720, in-8. Rock (Daniel). Hierurgia, or the holy
Bridgett (le P. I. F.). History of the sacrifice of the Mass. London, 1 833 et
holy Eucharist in Great Britain. Lon- i85o, 2 vol. in-8.
don, 1881, 2 vol. in-8. Tissot (le R. P.). The Real Présence.
Butler (Thomas). A Treatise of the Holy New-York, 1873, in-12.
Sacrifice of the altar. London, i5jo, Vogan. True Doctrine of the Eucha-
in-16. rist.

Cosin (John). History of the Transsubs- Walker. Two Discourses concerning the
tantiation. London, 1676, in-8, et 1840, adoration of our B. Saviour in the
in-r2. Eucharist. Oxford, 1687, in-4.
Cowel (Jean). Some Account of the pré- Waterland (Daniel). A Review of the
sent Greck Church, with renections doctrine of the Eucharist. Cambridge,
on their présent Doctrine et Discipline, ïj3-j, in-8.
particulary in the Eucharist et the rest Wilberforce (Isaac). The Doctrine of the
of their seven pretended Sacraments. holy Eucharist. London, 853 et 1854, 1

Dalgairns (le P.). The Holy Communion. in-12.


Hamerssey (John W.). Chemical Change Wiseman (le cardinal Nicolas). The Real

in the Eucharist, in four letters she- Présence of the body and blood of our
wing the relations of faith to sensé, Lord Jésus Christ in the blessed Eu-
from the french of Jacques Abbadie by charist. London, i836, 2 vol. in-8.
LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 583

ARTICLE IV

fjivres allemands, hollandais, flamands et suédois

Anonyme. Getyden van het ende Hoogh- der Eucharistie, von Christus bis auf
waerdigh Sacramentdes Altaers soo in't unsere Zeiten. Bamberg, 1818, in-8.
gemeyn als voor de Stadt van Amster- Camesina (Albert). Das Niello-Antipen-
dam. 1640. dium zu Klosterneuburg. Wien, 1844.
— Histori der Sacramentstreits, i5gi, Carlstadt. Von beidin Gestalten deir
in-4. heiligen Messe, i856, in-8.
— Kurzer Auszug der Geschichte des Dieckoff. Das heilige Abendmahl, 1864,
wunderbarlichen Sakraments. Augs- in-8.
burg, 1799, in -12 - Dœllinger. Die Eucharistie in den drei
— Le Prodige perpétuel des saintes hos- ersten Jahrhunderten. Mayence, 1827,
tiesde Deggendorf, 1788, in-12. in-4.
— Das obsiegende Glaubens-Wunder des Ebrard. Das Dogma vom heil. Abend-
ganz christlichen Churlandes Bayern, mahl u. seine Geschichte. Francfort,
will sagen Unlaugbarer Bericht der
: 1845, 2 v.
persôhnlichen Gegenwart des Gotllichen Erbstein (J.-C.). Drei Kleine schriften
Sohnes unter den weissen Gestalten vom Abendmahle. Berlin, 1780, in-8.
des Brodes. Deggendorf, 1788, in-12. Eschenloher. Medicus eucharistico-au-
— Von dem hoch uhd weitberûmpten gustanus seu Hostia miraculosa 479
Wunderzeichen, so sich mit dem hoch. annis in monasterio S. Crucis Augustae,
Sakrament des Aîtars auff dem Seeffeld, sanguineo carnis specie visibilis. Augs*
etc., anno 1384 zugetragen, etc. (His- bourg, 1678, in-8. (Texte en allemand.)
toire du Miracle de Seeffeld, écrite sur Franz (J. Théodore). Die eucharistiche
ordre de Ferdinand Ier d'Autriche.) Wandlung und die Epiklese der Grie-
Dillingen, i58o, in-8. chischen und orientalischen Liturgicen,
Bendel. Der Kirchliche Ablasz. 2 e édit. Wurt^ bourg, 1880, in-8.
Beltz-Hillemaar. Verhaal van het Mira- Gallus (Nicolas). Vom Fronleichnams-
kel des heilgen Bloeds geschied te Box- Tag. Frankf., 1 56 1 in-4.
,

meer e gebeden. Gaudentius (P.). L'Institut de l'adoration


Boguslawky (Van). Freimùthige Gedan- perpétuelle du très S Sacrement ; son
ken ûber das heilige. Abend mahl mit but et son histoire. Inspruck, 1869.
einer vorrede von Kûster. Stendaî, Georgi (Théodore). Ware en beknopte ges-
1792, in-8. chiedenis van den Oorksprong van het
Bolswert (A.). Amstelredams Eer ende Mirakuleuse Kruis te Kranenburg, etc.
opkommen doorde denckwaerdighe Mi- 1846, in-32.
rakelen al daer geschie aen ende door Giefers (Engelbert). Ueber den Altar-
het H. Sacrement des Altaers, anno Kelch. Paderborn, 1 856, in-4.
i345. 1639, in-8. Harrer (A.). Le Maître-autel de l'église
Brenner (Fr.). Geschichtliche Darstel- de Moosburg. Lindau, in-8.
lung der Verrichtung und Ausspendung Hazart (Cornélius). Triomph Boogh ter
.

584 HISTOIRE DU SACREMENT DE ^EUCHARISTIE

eere van't. Alderheyligste Sakrament te Marheineck (Ph.). DasBrodtim h. Abend-


Brussel, ende tôt Schaemte van de
etc., mahle u. s. w. Berlin, 1817, in-8.
Sectarissen. Antwerp., in-8. Massl (Xaver). Geschichte der wunder-
Heerbrandt (J.). Vom Fronleichnanîs baren hoch-heilîgen Hostien in der
Fest. 1784, in-8. heiligen Grabeskirche zù. Deggendorf,
Heideloff (Cari). Der Christlichen Alta- 1828, in-8.
ren. Nuremberg, i838, in-fc. Munter (Frédéric). Simbilder und Kunst-
Helmfchrodt (J.-Chr.). Historié Bericht vorstellungen der alten Christen. Alto-
vom Fronleichmams. 1729, in-4. na, 1825.
Hoppe (D r ). Epiklesis der griechischen Neher (E. J.) Altare privigilegiatum,
und orientaledshen Liturgieen und der Praktische Abandlung ûber den Ablasz
Rœmische consécrations kanon. Schaf- des privilegiren Altars. Ratisbonne,
fouse, 1864. 1861.
Kahms. Die Lehre vom Abendmahl. Leip- Opiz. Die Lehre vom Abenmahle fur
sick, 1 85 1 Christen, die sich bei der Lehre ihrez
Kestner. Die Agape. Ience, 181 9. Kirche nicht beruhigen Kômen. Lei-
King. Modèles de calices du xi« au xiv e pzig, i8o3, in-8.
siècle, mesurés et dessinés sur les origi- Ott (Georg.). Eucharisticum digsten. Re-
naux à la grandeur de l'exécution. In-4. gensburg, 1869 et 1876; in-4.
Kistler (Ignace). Rex V Sœculorum Eu- — Begebenheiten und Erzahlungen von
charisticus prodigiosâ amictus purpura, demglorwûrdigsten heiligsten Altars-
etc. (Texte en allemand. ).4 itspurg, 1733, sakramente, ans demLeben der Heiligen
in-16. aller Zeiten und Jahrhunderte. New-
Kossing (J.). Liturgische Borlefungen York, 1876.
ùber die heil. Messe. Billingen, i85o, Parée (David). Bedencten vom Brodtund
3 vol. in-8. Brot-Brechen. im heil. Abendmahle.
Kreuser (J.). Der Christl. Altar. Brixen, Amberg, 1 589 et 1600, in-8.
1869. Pauli (Mathias). Acht schoone Historien
Kurze. Freye und edelmuthige Ges- van het H. Sacrament van Mirakel, 1600.
chichte der Abendmahls Feyer der Pro- Pluym (A.-J.). Het H. Sacrament van Mi-
testanten. Freyberg, 1802, in-8. rakel en h. Stede te Amsterdam, histo-
Lader (Octavien). Historia und Wunder- rich-kritische Proeve, Amsterdam, 1845.
zaichen des Allerheiligsten Wunderbar- 1869, in-12.
lich verwandelten Sacraments. Augs- Rinck. Du Dogme de l'Eucharistie dans
purg, 1625, in-4. les trois premiers siècles.

Laib (Fr.) et Schwarz. Studien ûber die Roth (L.). Le Temps de


la dernière Cène.

Geschichte des Christlichen Altars. Fri bourg, 1874.


Stuttg., 1857, in-4. Ruckert. Das Abendmahl sein Wesen u.
Leimbach (C. L.). Beitrage Zur Abend- seine Gesch. in der alten Kirche. Leip\.,
mahslehre Tertullians. Gotha, 1874., i856.
in-8. Scheibel. Das Abendmahl des Herrn.
Leucht (D. Valentin). Spéculum Illus- Breslau, 1823.
trium Miraculorum SS. Eucharistiœ, ex Schelz. Die chr. Lehre v. heil Abend-
annalibus Ecclesiae Caesaris Card. Baro- mahl. Lips., 1824.
nii. Franco/ 1598, in-8 (texte allemand).
y
Schlegel. Die Haltung des Abendmahles
Loretz a fait un ouvrage en allemand, Jesu Gegen die Einwendungen einiger

sur la doctrine eucharistique pendant Zeitgenossen vertheidiget. Riga, ij83,


les quatre premiers siècles. in-8.
Luderwald. Anmerkungen und Erlau- Der Christ. Altar und
ScHMiDTjî(D r André).
terungen ûber einige Thèses vom hei- seinSchmuck. Ratisbonne, 1871.
ligen Abenmahle. Helmstadt, 1783, Schoenland (S. Th.) Historié Nachricht
in-8. von Altaren. Lips., 1716, in-8.
.

LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE L'EUCHARISTIE 585


..»_ — ,

Schulz (Albert). Der Mythus vom Hei- Mirakulens en heil Sacrament in de


,


ligen-Gral, neue Mittheilungen. 1837. Hegge tôt Poederle. Antwerpen, 1792,
— Die Christliche Lehre vom Abendmahl in-i(5.
Spittler (Th.). Geschichtedes Kelchs im Wackernagel (Wilhem). Die goldene AI-
Abendmahl. Lemgo, 1780, in-8. tartafer von Basel. 1 858, in-4.
Stephani. Das heil. Abendmahl. Landsh, Welfhofer (Sigismond). Die Wesentliehe
181 1 et 1826. Gegenwart Jesu-Ghristi in der wunder-
Sudendorf (H.). Berengarius Turonen- thatigen heiligen Hostie, sogenanten
sis oder eine Samnlung ihn betreffen- wunderbarlichem Gâte beym heiligen
der Briefe. Hambourg, i85o, in-8. Kreuze in Augsburg. Aug. Vind. 1799,
Vogler (Jean-Georges). Pèlerinage au in-8.
précieux Sang à Walldthur (en alle- Werkmeister. Ueberd. deutsche Messe u.
mand). 162, s. 1. Abendmahlsanstalten in d. cathol. hof
Vos (H. de). Historié van het hocgw, Kapelle zu Stuttgart. Ulm, 1787, in-8.

ARTICLE V

Livres espagnols et portugais

Anonyme. La Lampara del santuario. (Re- santissimo misterio de los corporales


vue mensuelle paraissant à Madrid de Daroca. 1625.
depuis 1869.) Francisco (D.). Dissertacaô sobre o uso
— Noticia de la incorrupcion milagrosa do Azymo et Fermentado nas igréjas
que se venera en el colegio de la Ci a grega, latina, e tambem na Lusitania.
de Jésus. En veinte y quatro santissi- 1758, Collimbriœ, in-4.
mas formas consagradas el ano 1597, Gerbet (Mgr Ph.). Consideraciones sobre
etc. Alcala, 1753,10-8. el dogma generador de la piedad cato-
— Relacion de un milagro del santissimo lica. Paris, 1841, in-18,
Sacramento que ha sucedido en el co- Gracian (Jérôme). Del Continuo Milagro
legio de la C'a de Jésus de Alcala de del Santissimo Sacramento que se con-
Honares. Alcala, 161 9, in-fol. serva en corporales de Daroca y de
Bleda (J.). De la Cofraria de la Minerva Fromesta, Santarem y Bruselas, 1610.
y Milagros del Santissimo Sacramento. Herrera (Pierre). Translation del Santis-
Valencia, 1600, in-8. simo Sacramento à la iglesia colegial
Carillo (G.). Fiestas del santissimo Sa- de S. Pedro de la Villa de Lerma. Ma-
cramento, justa litteraria en la parro- triti, 1618 in-4.
,

chial de Sancta Anna de Granada anno, Hortigas (Emmanuel). Historia de los


161 1. Granada, 161 1, in-8. santos corporales de Daroca. Cœsare
Chinchilla (Alonso de). De la Frecuencia Augustœ, 1646, in-4.
de la communion. Valladolid, 1618, La Cueva (G. M. de). Historia del
mis-
in-4. terio divino del santissimo sacramento
Fernandez (Alphonso). Historia del del altar que esta en los corporales de
586 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

Daroca. Cumpîuti, i53g; Saragosse, Ribera (Alphonse de). Histoire du très


i5go, in-8. Saint-Sacrement. Madrid, 1626, in-f,
Maris (Pierre de). Historia del santo Salazar (Hermanduo Chirinus de). Pra-
milagro del santissimo Sacramento de tica de la frequencia de la sagrada
Santarem. communion. Madrid, 1622, in-8.
Parasols y Pi. San Juan de las Abedesas Villard (Jean Gonzaliès). Tratado de la
y su mayor gloria el Santissimo Miste- sagrada luminaria, en forma de disser-
rio. Resena historica. Vich, i85g, in-16. tacion, en el que se demuestra la anti-
Pedrol (Miguel). Descubrimiento de los quedad y piedad de las vêlas, y lampa-
Tesoros y riquezas que tiene Dios es- ras encendidas a honra di Dios, y en
condidos en las Indias de su divino obsequio de las santas Imagenes, y
Cuerpo y sangre. Barcenone, 1608, 2 vol. Reliquias. Léon, 1798; in-8.
Ponz (Ant.). Maravillas del Santissimo
Sacramento. Valencia, 161 3, in-4.

ARTICLE YI

Livres italiens

Allegranza (Joseph). Dissertazione sopra la confessione di San-Paolo. Roma,


un agape in marmo in S. spiegazione 1840, in-f°.
e riffess. sopra alcuni s. monumenti — Gesù-Cristo sempre in mezzo a noi.
ant. di Milano. Milano, ij5j, in-4. Venise, 1876, 2 vol. in-12. (Recueil
Anonyme. Dell' Antica Disciplina délia des miracles.)
Chiesa di espiare diffetti che potevano — Istoria filosofico-critica del SS. mira-
occorrere nell' amministrare e ricevere colo seguito in Firense nell xm secolo
il sagramento dell' Eucharistia. Romœ, nella ven. chiesa di S. Ambrogio,' in
1844. confirmazione délia presenza vera dell'
— Dell' Antico Rito di prendere priva- Uomo-Dio nelP Augustissimo Sagra-
mente il sagramento dell' Eucaristia, e mento. Lucca, 1767, in-4.
quando esso rito cessasse Romœ, 1844. — Meraviglie (le) operate da Christo
— Del Culto esterno particolare con cui N. S. nel instituzione del SS. Sacra-
e fedeli hanno sempre venerato univer- mento, 1647,
salmente il SS. Sagramento dell' Euca- — Miracoli del SS. Sacramento. Vene^ia,
ristia. Romœ,
1844. 1594, in-4.
— Descrizione del tabernaculo che orna — Notizie dell' SS, Miracolo che si con-
.

LIVRE XX. — BIBLIOGRAPHIE DE l'eUCHARTSTIE 58 7

serva e si venera nella chiesa parro- Corneo (Francesco). Origine dell' istitu-

chiale di S. Ambrogio di Firenze. zione dell' orazione délie XL ore. Mi-


Firense, 1 856, in-18. lano, 1649.
— Ommagio al sangue miraculoso che si Deschamps (le P. V.). La più Bella
venera in S. Maria del Vado. Ferrare, Memoria délia storia di Liegi. Veneç-
1878. %ia, 1845.
— Se in ogni tempo siasi serbata la Euca- Donzelino (A.). Istoria ed origine délia

ristia per gl'infermi,eden quale maniera solennità e festa del Corpus Domini.
e con quai rito si conservasse e si am- Romœ, 1575.
ministrasse. Romœ, 1844. Elefante (Giuseppe-Maria). Riposta ail'

— Solenne Processione Vaticana del Cor- anonimo italiano autore dei catechismo
pus Domini diretta da uno de ceremo- sulla communione, 1776.
nieri di SS. Gregorio XVI. Romœ, s. Faventini (Paolo Maria). Miracoli per
d., in-f° (figures coloriées). mezzo délia Santissima Eucharistia e
— Sulla Pratica e sentimento délia Chiesa del Rosario délia Madonna operati.
greca e latina intorno alla communione 1610.
dei bambini. Romœ, 1844. Fornamira (Silvio). La" Compagnia di Gie-
Argelati. Storia del Sacrificio délia santa su, da Dio illustrata con nuovi e singo-
Messa. Venise, 1743, in-8. lari prodigii, operati co' suoi figliuoli
Assemani. Illustrazione délia patena mis- nel divinissimoSacramento dell' Euca-
tica creduta di S. Grisologo. Padoue, ristia.Panormi, 16 76, in-12.
1884, in-4. Francioni (Domenico). Storia dell san-
Banordini (Annibal). Brève Ragguaglio tissimo miracolo seguito in Firense
del SS. Sagramento a Ferrara, con li nell i23o nella chiesa di S. Ambrogio.
ricevimenti onori, ed archi fatti dalle Firense, 1875, in-8.
comunita, ed altri signori. Roma, i5ç)8, Gaetano (le R. P. Frà). Il Gatino di
in-8. smeraldo orientale, gemma consecrata
Battaglini (G.). Sesta Centenaria del de N. S. Gesù Cristo nell' ultima Cena
SS. Miracolo dell' Ostia sacrosanta degli Azimi e custodita con religiosa
avenuto in Bolsena. Viterbo, i863 pietà dalla serenissima Republica di
in-32. Genova. Gênes, 1727, in-4.
Berlendi (F.). Délie Oblazioni ail altare Galletti (Mgr). Il Miracolo del SS. Sa-
antiche e moderne. Vene\ia, 1733, in-4. cramento in Torino. Turin 1874, ,

Bossi (Joseph). Del Genacolo di Leonardo in-8.


da Vinci libri IV. Milano, 1810, in-f°. Giorgi (Filippo). Storia degli avvenimenti
— Lettere confidenziali B. S. alP es-
di che ebbero luogo in Lanciano nel 1273.
tensore délie postille aile osservazioni Bologna, 1880, in-16.
sul Genacolo di Leonardo da Vinci. Mi- Guarino (D. Diego). Descrizione délia mira-
lano, 181 2, in-8. colosa invenzione délie Particole Con-
Cacciaguerra. Lettera sopra la frequen- sacrate portate via da' ladri nella par-
zia délia santissima communione. (Trad. rochiale chiesa di S. Pietro a Patierno,
en latin: Cologne, i586 et 1 5g 1 in-12, , ed ascose sotterra. Napoli, 1877, in-16.
et en français par François de Belle- Laghi (Nicolas). Miracoli del Sacramento.
forest.) Turino, i5o,g.
Canini. (G.). De Miracoli del santissimo Laurenti. Meraviglie (le) del SS. Sacra-
Sacramento. Vene^ia, ij55, in-4. mento narrate ai délia prima
fanciulli
Carafa. Meraviglie (le) del SS. Sacra- comunione. 2 e édit. Torino, i883, in-32.
mento del altare. Païenne, 1702, Leofilo (Anastosioy. Del publico divin
in-12. diritto alla communione eucharistica
Colombo. La Storia del miracolo del SS. nel sacrifizio délia Messa. 1775, 2 vol.
Sacramento seguito in Torino, 1453, in-8.
in-4. Liguori (S. Alphonse de). Riposta apolo-
588 HISTOIRE DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

getica sulla materia délia comunione caristia dimostrati ai credenti e ai non


fréquente, Vene\ia. credenti. Lodi, 1844, in-16.
Mascardi Raconto délie Cérémonie
(J.). Rossignoli (le P. G.). Le Maraviglie de
da usari solennité délie Qua-
nella Dio nel divinissimo Sacramento délia
rant'hore. Panormit, 164.5, in-12. Eucharistia. Vene^ia, 1723, 3 vol. in-4;
Muzzi (Salvatore). La Pompa décennale Rome, 1725,6 vol. in-8, i858, in-12.
d'ell eucaristico sacramento per la par- Solimeno (Gius). Il Corteggio eucaristico ;

rochia metropolitana, di san Pietro di trattato sopra le regole da papa Inno-


Bologna. Vene^ia, 1845. cenzo XII per la maggior venerazione
Nannaroni (le P.) Catechismo esposto in che deve prestarsi al SS. Sagramento
forma di dialoghi sulla comunione in portarsi, ministrarsi, e riceversi per
dell' augustissimo sacrifizio délia messa, Viatico. Roma, 1700, in-f.
1775, 2 vol. in-8. Stub (Paolo). L'Insigne Miracolo del
— La Communione del sagrifizio rispetto SS. Sacramento di Torino. Torino,
al popolo è una délie verità revelate i85 7 .
proposte dalla Chiesa. in-8, s. 1. Tusse. Origine délia festa del corpo di
n. d. Cristo.
Negri (Clémente de). Cenni storico-cri- Torrigio (F. M.). Storica Narrazione délia
tici sopra l'insigne miracolo délia SS. chiesa parrochiale ed Arciconfraternita
Ostia avenuto inTorino. Torino, 1837, del Corpo di Cristo porta in S. Giacomo
in-8. apostolo in Borgo. Roma, 1629, 1649,
Penazzi (Andréa). Istoria dell'ostia sa- in-4.
cratissima che stillo sangue in Bolsena Verri (Carlo). Osservazioni del conte
sopra il che
SS. corporale, si conser- senatore Carlo verri sul volume intito-
vano nella cattedrale e gran duomo di lato : Del Cenacolo di Leonardo da
Orvieto. Montefiascone, 173 1, in-4. Vinci di Luigi Bossi. Milano, 181 2.
Pino (Paolo). Storia genuina del Cenacolo — Postille aile asservazioni del verri sul
insigne. Milano, 1796. volume Del Cenacolo di Leonardo da
Polacco (G.). De' Miracoli del Santiss. 'Vinci Milano, 181 2.
Sacramento raccolti già dal R. D. Mi Vitale (Fr. Ant.). Dell'Antiquo Costume
Laghi da Lugano, con l'istoria de sacri di retenersi da' fedeli l'Eucaristia nelle
corporali di Darocca dal R. D. Girol. private case e di trasmetterla agli as-
Canini d'Anghiari, ed il propugnacolo senti. Rome, iy5b, in-4.
délia vera presenza di Christo nell' Eu- — Délia Communione christiana, cosa
caristia. Vene^ia, 161 5, 1628, 1676, stata fosse, e di quante manière. Rome,
in-4. 1756, in-4.
RAVidNi (H.). Istoria del santissimo cor- Volpi (Benedetto). Storia délia célèbre
porale di Orvieto. Fulginti, 1679, controversia di Crema sopra il publico
in-3. divin diretto alla communione euca-
Riccardi (A.). I Prodigi délia divina Eu- ristica nella Messa. Venet., 1790.
TABLE

DU TOME SECOND

LIVRE XV. — Rites, cérémonies et coutumes de l'administration de l'eu-


charistie I

Chapitre i. — Des lieux de l'administration de l'Eucharistie 3


Article /. — Des lieux ordinaires et extraordinaires de communion 3
Article 2. — Des endroits cle l'église affectés à la communion des fidèles 6

Chapitre 11. — De la préparation immédiate à la communion 8


Article 1. — Des prières liturgiques depuis le Pater jusqu'à la fraction du
pain 8
Article 2. — De la fraction du pain g
Article 3. — Du baiser de paix i5

Chapitre m. — Rites, cérémonies et coutumes qui précèdent ou précédaient jadis


la réception eucharistique 19
Article 1 . — La communion du célébrant 19
Article 2. — De l'avertissement aux communiants et de la profession de foi 21
Article 3. — Du Confiteor 23

Chapitre iv. — Rites, cérémonies et coutumes qui accompagnent ou accompa-


gnaient jadis la réception de l'Eucharistie ih
Article 1 . — De la posture des commmuniants ib
Article 2. — De l'ordre de succession dans la réception eucharistique 27
Article 3 . — Des paroles prononcées par le prêtre en donnant la communion. 29
Article 4. — Du mode de réception eucharistique 33

Chapitre v. — Rites, cérémonies et coutumes qui suivent ou qui suivaient jadis


la réception eucharistique 42

Chahitre vi. —
Des rites spéciaux motivés par la condition du ministre ou par
celle du communiant •
48
1

5go TABLE

Chapitre vu. — Des rites des sectes protestantes 52

LIVRE XVI. — Des autels 5g

Chapitre i. — Des autels proprement dits 63


— Des divers genres d'autel
Article î. 63
Article 2. — Des noms des autels 65
Article 3. — De la matière des autels 66
Article 4. — Forme et inscriptions des autels 69
Article 5. — Reliques des autels 7
Article 6. — Emplacement et orientation des autels 80
Article 7. — Du nombre des autels 85
Article 8. — Consécration des autels 88
Article g. — Sainteté et privilèges des autels 98
Article 10. — Ornements de l'autel io5
§ — Ciborium et baldaquins
1. io5
§2. — Voiles et courtines ni
g3. — Couronnes 112
§4. — Parements d'autel n3
§5. — Retables rai
g6. — Croix et crucifix 1 3

§ 7. — Chandeliers, lampes et luminaire 1 33


§ 8. — Propitiatoires 1 55
g9. — Statues 1 55
§ 10. — Diptyques î 56
§ 11. — Châsses et reliquaires i5y
§ 12. — Fleurs artificielles ou naturelles 1 58
§ 3 — Missels et porte-missel
1 .
5g
1

§ 14. — Canons d'autel 160


Article 11. — Accessoires de l'autel 162
§ î, — Des crédences i63
g 2. — Des piscines 164
§ 3. — Des chancels 165
§ 4. — Des tables de communion 171
Article 12. — Des linges d'autel 172
g — Des nappes et des couvertures d'autel
1. 172
g 2. — Des corporaux et des bourses 178
g 3. — Des dominicales et des nappes de communion 1 83

Article i3. — Notes sur un certain nombre d'autels encore existants 1 85


§ — Allemagne, Autriche, Suisse, Danemark et Suède*
1. 186
g 2. — Belgique et Hollande 187
g 3. — Espagne , 188
g 4. — France ; 188
g 5. — Grande-Bretagne 201
g 6. — Italie j ( 201
g 7. -*» Afrique et Asie. . 1 » ; . . . 1 207

Chapitre iî t — Des autels portatifs.. ; ; < 209


Article 1. — Antiquité et usage des autels portatifs 209
Article 2. — Matière et forme des autels portatifs 211
Article 3. — Des privilèges des autels portatifs... 214
5
11

DU TOME SECOND 5g I

Article 4. — Des autels portatifs d'Orient 214


Article 5. — Notes historiques et descriptives sur un certain nombre d'autels
portatifs 21

LIVRE XVII. — Vases et ustensiles eucharistiques 221

Chapitre r. — Des vases eucharistiques en général 222


Article 1. — De la consécration ou de la bénédiction des vases eucharis-
tiques., -.
222
Artitle 2. — Du respect rendu aux vases sacrés 225

Chapitre ii. — Des plats et des coupes d'offrande 229

Chapitre m. — Des patènes 23

Chapitre iv. — Des astérisques 238

Chapitre v. — Des calices , 23g


Article 1. — Des noms et des diverses espèces de calices 23g
Article 2. — De la matière des calices 243
Article 3. — De la forme et de la dimension des calices 24g
Article 4. — Des ornements et des inscriptions des calices 25
Article 5. — Indication de quelques calices remarquables 256
§ 1. — Allemagne et Autriche 257
§ 2. — Belgique 260
§ 3. — Espagne et Portugal 260
§ 4. — France 261
§ 5. — Grande-Bretagne 265
§ 6. — Italie 266
\ 7. — Pologne et Russie 268

Chapitre vi. — Des accessoires du calice 26g


Article 1. — Des pales 26g
Article 2. — Des voiles de calices 271
Article 3. — Des purificatoires 272
Article 4. — Des couloires 274
Article 5. — Des chalumeaux 275
Article 6. — Des cuillers eucharistiques 278
Article 7. — Des jlabella 281

Chapitre vu. — Des ciboires 285


Article 1. — Des divers noms des ciboires 285
Article 2. — De la matière des ciboires 288
Article 3. — De la forme et des dimensions des ciboires 292
§ — Des ciboires en forme de tour
1, 292
§ — Des ciboires en forme de colombe
2. 2g5
§ 3. — Des boîtes cylindriques.. 2gg
§ 4. — Des ciboires en forme de coupes à pied ;
3oo
§ 5. — Des autres formes de ciboires 3o2
Article 4. — Des ornements et des inscriptions des ciboires 3o4
5 3
315

592 TABLE

Article 5. — Indication de quelques ciboires remarquables 3o6


Article 6. — Des pavillons du ciboire 3 1

Chapitre vin. — Des ostensoirs 3 1

Chapitre ix. — Des burettes et des bassins de lavabo 336

LIVRE XVIII. — Du culte de l'eucharistie 043

Chapitre 1 .
— De l'adoration de l'Eucharistie en général 345

Chapitre ii. — De certaines marques de respect et d'adoration envers l'Eucha-


ristie 35
Article 1. — Des diverses attitudes du corps devant Saint-Sacrement le 35
Article 2. — De l'élévation au Saint-Sacrifice de messe la 356
Article 3. — Des précautions de respect prescrites à l'égard des saintes espèces. 364
Article 4. — De la réparation des sacrilèges eucharistiques 366

Chapitre iii. — Des fêtesdu Saint-Sacrement •


36g
Article 1. — De la Fête-Dieu 370
§ 1. — De l'institution de la Fête-Dieu 371
§ 2. — Office du Saint-Sacrement 375
Article 2. — Des processions de la Fête-Dieu 376
\ 1. — De l'origine de la procession de la Fête-Dieu 377
§ 2. — Détails liturgiques relatifs à la procession de la Fête-Dieu 378
§ 3. — De quelques particularités locales des processions de la Fête-Dieu. 383
Article 3. —
De quelques autres processions du Saint-Sacrement 40
§ 1. — Processions motivées par certaines fêtes religieuses 4 1

g 2. — Processions motivées par des événements politiques ou religieux 41


§ 3. — Processions motivées par la piété locale 417
Article 4. — De la fête du Précieux-Sang 418

Chapitre iv. —
De l'exposition du Saint-Sacrement, des saluts et de la bénédiction
du Saint-Sacrement 419
Article 1. —
Origine de l'exposition du Saint-Sacrement, de la bénédiction
du Saint-Sacrement et des saluts 419
Article 2. — De la fréquence des expositions du Saint-Sacrement et des
saluts 422
Article 3. — Détails liturgiques relatifs à l'exposition, à la bénédiction et aux
saluts du Saint-Sacrement 425

Chapitre v. — Des lampes du Saint-Sacrement 432

Chapitre vi. —
Des œuvres eucharistiques ,
4-^9
Article 1. —
Des œuvres relatives à l'adoration du Saint-Sacrement 43q
§ 1. —
Des confréries du Saint-Sacrement 4^9
§ 2. —
Des communautés eucharistiques 444
§ 3. —
Des œuvres d'adoration temporaire ou perpétuelle, diocésaine ou locale,
diurne ou nocturne 4^°
Article 2. —
Des œuvres eucharistiques relatives à la communion 462
31

DU TOME SECOND 5o,3

" g — Des associations de communion


i. 462
§ — Œuvres relatives aux Premières Communions
2. -
464
g 3. — Des communions générales 467
Article 3. — Des œuvres relatives au saint Viatique 4G8
Article 4. — De quelques autres œuvres eucharistiques 471

LIVRE XIX. — Iconographie de l'eucharistie 477

Chapitre t. — Des figures de l'Eucharistie 478

Chapitre ii. — Des représentations relatives à l'institution de l'Eucharistie 496


Article 1. — Remarques générales 496
Article 2. — Peintures 499
Article 3. — Mosaïques, miniatures, émaux, vitraux peints, tapisseries,
dessins et gravures 5o8
Article 4. — Sculptures 5 1

Chapitre m. — Représentations relatives à l'Eucharistie en général ou à des parti-


cularités eucharistiques 5 1

Article 1. — Remarques générales 5 1

Article 2. — Peintures 523


Article 3. — Mosaïques, miniatures, émaux, vitraux peints, tapisseries,
dessins et gravures 538
Article 4. — Sculptures, ciselures 544

Chapitre iv. — Attributs eucharistiques des saints et des figures allégoriques... 549

LIVRE XX. —
Bibliographie de l'histoire dogmatique, liturgique et archéologique
de l'Eucharistie 553

Chapitre ï. — Ouvrages des douze premiers siècles, exclusivement relatifs à l'Eu-


charistie 556

Chapitre ii. —
Ouvrages spéciaux relatifs à l'histoire dogmatique, liturgique et
archéologique de l'Eucharistie 559
Article 1. —
Livres latins. 55q
Article 2. — Livres français 568
Article 3. — Livres anglais 582
Article 4. — Livres allemands, hollandais et suédois 583
Article 5. — Livres espagnols et portugais 585
Article 0. — Livres italiens 586

t. ii. 38
.

TABLE GÉNÉRALE

DES DESSINS

Agneau portant le vase de lait, nimbé, II, 492.


Astérisque des Grecs, II, 238.
Autel d'Avenas (Rhône), II, 196.
— de Baie (musée de Cluny), II, 120.
— de Deusdedit à Rodez, II, 189.
— de Folgoat (Finistère), II, 191.
— de la cathédrale de Clermont, II, 195.
— de Ruons, II, 84.
— de Saint-Denis, II, 198.
— de Saint-François de Pérouse, II, 2o3.
— de Saint-Martin d'Ainay à Lyon', II, 197.
— de saint Montanus (Algérie), II, 207.
— de Saint-Savin, II, 201.
— de Saint-Victor à Marseille, II, 191.
— de Saint-Yves à Rome, II, 2o5.
— de Sainte-Marthe à Tarascon, II, 71.
— de Vaison, II, 200.
— des Saints-Celse-et-Nazaire à Ravenne, II, 204.
— portatif — de Conques,
217; II, — de Saint-André à Trêves, II, 219; — de Sainte-
Marie du Capitole à Cologne, II, 2 1 (5

Autel-table de Vaucluse, II, 71.


Autel-tombeau des catacombes, II, 70.
Bague eucharistique, II, 491.
Burette —du iv e siècle, II, 340 ;
— du xvn e siècle, ibid.) — de N.-D. de Paris, II, 341.
Calice de la cathédrale de Gran, II, 259.
— de Tan i55o, II, 25o.
— de Notre-Dame de Paris, II, 265.
— de S. Gozlin, II, 263.
— de S. Remi à Reims, II, 263.
— du cimetière ostrien, II, 267.
— du duc de Tassilo, II, 269.
Calices des catacombes, II, 266.
Cène (la), d'après une bible syriaque, II, 509.
. . . . .

5 96 TABLE GÉNÉRALE DES DESSINS

Chandeliers —
(six) de l'ancienne collection Bouvier, d'Amiens, II, 142, 144, 14.Ï ;

delà cathédrale de Noyon, II, 149.
Ciboire d'Alpais (musée du Louvre), II, 3og.
— de Saint-Cunibert de Cologne, H, Soi.
— de Sémur, II, 3 12.
— de Sens, II, 3i 1
— du xv c siècle, II, 307.
Ciborium de Saint-Clément à Rome, II, 109.
Clôture sacrée de l'église grecque de Livourne, II, 170.
Colombe du musée d'Amiens, II, 3o6.
Colum vinarium, I, 198.
Communion donnée avec une cuiller, II, 279.
Consécration d'un autel, bas-relief de Tarascon, II, 96.
Couloire, 274.
II,

Couronnes de lumière, II, r 53, 154.


Crucifixion, ivoire du trésor de Tongres, II, 1 32

Cuiller d'Aquilée, 554.II,

— de calice (Cologne), II, 280.


Custode du XIV e siècle, II, 299.
Disciples d'Emmaûs, miniature du ix« siècle, II, 53g.
Façade de l'autel de saint Montanus, II, 207.
Fer à hosties de Naintré (Vienne), I, 1 83
— de Sainte-Croix de Poitiers, I, 181.
Flabellum grec, II, 283.
Grilles — de l'abbaye de Saint-Denys, II, 108 ;
— de Notre-Dame du Puy, II, 109.
Habacuc, sarcophage de Brescia, I, 11; II, 481.
Hosties des Cophtes, I, 192.
— des Grecs, I, 191.
Inscription d'Autun, I, 95.
Lance eucharistique des Orientaux, I, 228; II, i3.
Messe de S. Grégoire le Grand, fresque de l'église de l'Absie, II, 5n.
— de S. Martin, II, 546.
Miracle de Cana, ivoire du vn e siècle, I, 8 II, 485. ;

Multiplication des pains, fresque des catacombes, I, 8 ; II, 484.


Ostensoir de la cathédrale de Bourges, II, 335.
— de Marcoussy, II, 329.
— de Sinzenich, II, 33i.
Patène de Sibérie, II, 237.
Pied d'un calice de la cathédrale de Gran, II, 267.
Plateau de Lavabo, II, 341.
Poisson et corbeille de pains (crypte de Lucine), I, 12 II, 488. ;

Poissons (les deux) et les sept pains, II, 491.


Pressoir mystique (église de Baralle), II, 517.
Tabernacle de la chapelle de Clitumne, I, 568.
Torchère de Bos-l'Abbé (Eure), II, 1 38
Transport du Saint-Sacrement, d'après Bernard-Picard, I, 53 1 et 533.
Trépied au poisson (cimetière de Saint-Calliste), II, 488.
Rouet de sonnerie d'Ercheu (Somme), II, 36 1
Vase de Gourdon (Cabinet des Antiques), II, 263.
— de lait et bâton pastoral II, 492.
TABLE

ANALYTIQUE DES MATIÈRES


CONTENUES DANS LES DEUX VOLUMES

Aaron, év. d'Auxerre, II, 107. Acci (Espagne), II, 188.


Aaron, grand-prêtre, II, i3. Accidentaires, I, 139.
Abbés, II, 180, 223, 225. Accusations contre les Chrétiens, I, 82.
Abbeville, I, 178; II, 119, i3o, 386, 455. Achéron. I, 339.
Abdérame, I, 3ç3. Achey (Claude d'), archev. de Besancon,
Abdingoeff (Allemagne), I, 553. I, 4 i5.

Abel, I, 9. ACHIMÉLECH, 1, I I.
Abercius (S.), I, 12, 91, 92. Acolytes, II, i35, 1 36, 1 38, 09, 140,
Abey-Dore (Angleterre), II, 201. 146.
Ablutions de la Messe, II, 164, i65. Actes des A pâtres I, 626.
,

Abra de Raconis, I, 41 5. Actions de grâces, II, 41-47.


Abraham, I, 26, 68; II, 491, 492. Acudius d'Amid, II, 228.
Abraham Echellensis, I, 3 10, 604. Adalbert de Prague, I, 528.
Absence —de forme dans l'Eucharistie, Adalgar, év. d'Autun, I, 435.
I, 266-268; —
de ministre de la com- Adam, I, 127.
munion, I, 3oo-3oi. Adam de Saint-Victor, I, 453.
Abus — des agapes, I, 592-593; — des Adaman, moine, I, 68.
eulogies, I, 256-257. Adélaïde (Ste), I, 317; II, 47.
Abyssinie, I, 120, 202, ^65, 284, 299, Adélard (S.), I, 420.

334, 399, 597, 606. Administration de l'Eucharistie, II, 1-57.


Abyssins ou Abyssiniens, I,84, 180, Admont (Styrie), II, 220, 260.
3 10, 3 14, 391, 424; II, 3i, 47. Adoration — de l'Eucharistie en général,
Acace, aveugle, I, 452. II, 345-35o; —
diurne, perpétuelle ou
Accessoires du calice, II, 268, 269-284. non, limitée à un seul sanctuaire ou à
.

598 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

plusieurs sanctuaires, d'une ville ou Albigeois, I, 84, i32, 299, 394, 471.
d'un diocèse, II, 453-459; — diurne, Alboraya (Espagne), I, 514.
perpétuelle, répartie entre toutes les Alby, 459.
II,

églises et chapelles d'un diocèse, II, Alcala (Espagne), I, 5o3, 514; II, 188.
458; — du Saint-Sacrement, substituée Alcala de Hénarès (Espagne), I, 570.
à la réception du saint Viatique, î, 3y8- Alcuin, I, 110, 1
54, 169, 170, 265 ;
II, 3 1,

379; — nocturne, II, 459-462; — per- 87.


pétuelle des nations catholiques repré- Aldegrevers, II, 5 18.
sentées à Rome, II, 458. Aldobrandesca (la B.), I, 5i3.
Adrien I, pape, II, 68, 85, 114. Alembert (d'), II, 325.
Adrien II, pape, I, 434. Aleth (Aude), II, 382.
Adrien VI, pape, II, 95, 223. Alexandre I, pape, I, 164, 206.
Affre (Mgr), II, 261 Alexandre II, p., I, 418, 437.
Afrique, I, 201, 221, 227, 319, 324, 339, Alexandre III, p., II, 369.
404, 406, 418, 514, 591, 593; II, 8, 39, Alexandre VI, p., II, 405.
66, 67, 68, 99, 207, 222, 244. Alexandre VII, p., II, 405, 406, 429.
Agapes, I, 37, 173, 206, 581-599; — II, Alexandre VIII, p., I, 416.
480. —
Voir Repas. Alexandre (le moine), I, 58.
Agapet (S.), pape, I, 455; II, 35. Alexandre (Noël), I, 109.
Agathe de la croix, I, 377. Alexandre (S.), patriarche de Constanti-
Agathon, pape, I, 168. nople, II, 71.
Age requis pour la Première Communion, Alexandre de Halès, I, 274, 411, 6i5.
I, 36 4 . Alexandrie (Égypte), I, 28, 116, 320,
Agen, II, 459. 337, 396, 514, 519, 588; II, 22, 67,
Agenouillement, II, 25, 26, 56, 353, 354, 486.
355. —Voir Génuflexion. Alger, II, 461.
Agilulphe, II, 11 3. Alhama (Espagne), I, 514.
Agneau — divin, II, 492, 493, 494; — Alimentation eucharistique, I, 430-433.
pascal, I, 3-4, 25, 5i, 52, 53, 55, 58, Alipe, év. de Tagaste, I, 237.
62, 63, 68, 69, i5g; II, 12, i3, 498. Alkmaar (Hollande), I, 514.
Agnès (Ste), II, 18. Alléluia, II, 39, 40.
Agnès de Jésus (la V.), I, 293, 294, 365. Allemagne, I, 186, 193, 270, 309, 36o,
Agnès de Montepulciano (Ste), I, 295. 362, 366, 38i, 383, 387, 395, 396, 393..

Agrégation du Très-Saint-Sacrement, II, 401, 418, 424, 514, 541, 554, 555, 56o,
442. 562, 563, 564, 618, 619,622; 11,17,
Agut (l'abbé), II, 447. 29,51, 52, 57, 65, 108, 1 17, I24, 125,
Ahiton, de Bâle, I, 374.
év. 126, 1 36, 137, 148, 179, 186, 229,
Aiglemont (Marne), I, 1 83. 249, 25o, 257-260, 270, 289, 3oo, 3 14,
Aigues-mortes, II, i3o. 320, 354, 362. 382, 400, 413, 414, 417,
Aiguières, II, 338, 33g. 4 35, 454, 455, 4 5g, 461.
Aix-en-Provence, I, 36 1 II, 128, 190, 386, ;
Allery (Somme), II, 367.
445. Allier, rivière, I, 238.
Aix-la-Chapelle, I, 514; II, 110, 117, Aloisi (Mgr), II, 438.
127, i5o, îlij 1 53, 260, 32î, 322, 340, Alpais, artiste, II, 309.
344. Alphonse III, roi de Portugal, I, 477.
Ajuda (Portugal), II, 260. Alphonse d'Orosio (le B.), I, 295.
Albani (Francesco), II, 524. Alsace, II, 278.
Albany (Amérique), I, 5u. Altare, II, 65; — gregorianum, II, 101.
Albert de Padoue, I, 616. — Voir Autels.
Albert le Carme, I, 292. Amalaire, I, 56, 62, 114, 269,409511,
Albert le Grand, I, 616. 432.
Albert d'Ogna (le B.), I, 291. Amator (S.), I, 325.
.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 5gg

Amaury de Chartres, I, 1 33. Andronique, I, 119.


Amaury de Metz, I, 127. Angèle de Foligno (la B.), I, 295,- 432,
Amazy (Nièvre), I, 567. 494, 5 1 3.

Ambroise (S.), I, 6, 8, 14, 55, 77, 82, 97, Angèle de Merici (Ste), I, 420.
112, 1 65, 166, 206,208,220; 259, 332, Angelico (Frà), II, i3o, 143, 497, 499,
373, 406, 408, 450, 522, 527, 544, 52 4 .
569, 590, 593, 609; II, 4, 17, 34, 65, Angers (Maine-et-Loire), I 224, 269, 344,
78, 82, 86, 90, 121, 162, 228, 345, 552, 553, 557, 572, 622; II, 3o, 81,

419. 112, 116, 1 33, 159, 162, 175,297, 33g,


Ambroisie, I, 18, 377, 386, 392, 425, 449, 459.
Amen, I, 265 ;
II, 32, 33. Anges, I, 61, 62, 289, 290, 291, 292,
Amérique, I, 22, 145, 419, 535, 598, 628 ; 293, 294, 295, 314. 373, 451, 453,
II,320, 448, 458, 459, 463. 458.
Amettes (Pas-de-Calais), II, 332. Angilbert (S.), II, 107.
Amhara (Abyssinie), I, 120. Angilbert, archev. de Milan, II, 69, 121.
Amiens,!, 178, 247, 290, 291, 298, 3o8, Anglade (M. l'abbé), I, i3i.
556, 559, 573, 5g5, 622; II, 74, 78, Angleterre, I, 69, 140, 141, 147, i63,
116, 119, 126, 145, 1 53, 175, 176, 182, 2o3, 297, 3i 1, 38i, 418, 527, 528, 555,
i83, 198, 261, 272, 3o3, 314, 379, 38o, 559, 562, 590, 598; II, 17, 73, 110,
390-392, 440, 441, 455, 458, 459, 466, m, 117, 127, 145, 166, 210, 2i5,
5o3, 5 11, 544, 55o. Voir Musée. — 233, 355, 36o, 41 3, 434, 448, 458,
Ammon, I, 73. 473. —
Voir Grande-Bretagne
Ammonas, I, 453. Anglicans, I, 76, 278; II, 1 33, 349.
Ammonius, I, 93. Anglo-Saxons, I, 394, 5g5.
Amour de Dieu et du prochain, I, 3i5, Angoulême, II, 91, 1 53.
3i6. Animaux, I, 247, 342; — symbolisant la
Amphiloque (S.), I, 2g5, 450, 543. communion, II, 478.
Amsterdam, I, 287, 483, 5
14; II, 475. Anjou, II, 171, 370,
Amulœ, II, 356, 337, 338. Annales — archéologiques, I, 492 ;
II,

Anabaptistes, I, 1 38, 1
3g, 287 ;
II, 52. 177, 21 5; — des Missions étrangères,
Anaclet, pape, I, 35o. I, 383; — d'Orléans, II, 456; — du
Anachorètes, I, 35o, 407, 463, 524. Saint-Sacrement, I, 402, 509.
Analecta juris pontificii, I, 143,359, 447; Anne d'Autriche, I, 41 5; II, 11 3, 367,
N, 101, 424, 434. 446.
Anagni, II, 121, i83. Anne de Bretagne, II, 264.
Anagramme, I, 36. Anneau épiscopal, I, 281 II, ;
5o.
Ananie, II, 85, 1 10. Annecy (Savoie), II, 3o, 441.
Anastase d'Antioche, I, io5. Année eucharistique, II, 462.
Anastase le Bibliothécaire, I, 168, 523, Anonyme du v e siècle, I, io5.
526; II, 107, 114, 13g, i55, 234, 242, Ansbert (S.), archev. de Rouen, I, 5g5.
249, 296, 337, 338, 485. Ansbert, moine d'Ouche, I, 340.
Anastase le Sinaïte, I, 77, 79, 108, 317. Anschaire (S.), I, 545.
Anchin (Jean d'), I, 222. Anselme (S.\ archev. de Cantorbéry, I,
Ancône, I, 327, 383. 464 II, 9 5
;
-

Ancoul de Pierrefonds, I, 469. Antependium, II, 1 14-122. Voir Pare- —


Andechs (Allemagne), I, 514. ment.
Andenne (Belgique), II, 187. Anthimus, patriarche, I, 211.
Andelau (Alsace), I, 554. Antide (S.), I, 454.
André (S.), apôtre, I, 88, 118. Anti-liturgistes, I, 579.
André d'Avellino (S.), I, 494 ;
II, 348. Antimensia, II, 97, 177, 21 5.
Andréa d'Ognabene, II, 121. Antioche, I, 67, ioi, 116, 1 57, 288,394,
Andrieux (M.), I, 599. 514 ; II, 4, 60, 89.
. .

6oo TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Amtiphonaire de Bangor, I, 117. Ardagh (Irlande), II, 265.


Antiquité —
de la Réserve eucharistique, Aredius (S.), II, 293.
I, 5i8-5i9 ; — des autels portatifs, II, Arezzo, I, 514.
209-211; — des chandeliers, II, i3q- Ariens, I, 100, 125, 169, 296, 434 ;
II, 67,
140; — des ostensoirs, II, 3 1 5 ;
— du 72, 1
39, 236, 241.
mélange liturgique de l'eau et du vin, Arige (S.), II, 233.
I, 206-207; —
du Saint-Viatique, I, Aringiii, II, 212, 480.
372, 374. Arles, I, 189 II, 86, 190, 393, 482.
;

Antitypes, I, 37, 83, 84, 110. — Voir Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orient.), II,

Types. i3o.
Antoine de Padoue (S.), I, 471 ;
II, 348, Armagh (Irlande), I, 514.
55i. Arménie, I, 164, 2 25, 3 10, 391, 597, 606;
Antonelli (le cardinal), I, 397. II, 2 4 5, 356, 364.

Antonin (S.), I, 257. Arméniens, I, 112, 121, 141, 1 56, 1 65,


Antonins (les), I, 89, 90, 162, 173. 172, 179, 192, 208, 211, 212, 2 1 3, 216,
Anvers, I, i32, 466, 514; II, 171, 187, 23o, 2D4, 272, 304, 3i5, 3 1 6-3 1 7, 323,
312,440, 470, 5io. 541. 423, 578, 604; II, 74,80, 1 33, 1
54, 243,
Apocalypse, II, 61 248, 279, 284, 438.
Apollinaire, I, 169. Armes, I, 324, 325.
Apollo, abbé, I, 406. Armoires eucharistiques, I, 186, 55o-554,
Apôtres, I, 58, 62, 63, 71, 89, 116, 162, 5 7 8.
180, 584, 585 ; II, 25, 129. Armoiries, II, n5, 143, 252.
Appareils de lumière, II, 1 5 1- 54. 1 Arnauld (Antoine), I, 414-416, 577; II,

Apparitions surnaturelles, I, 290, 291, 5oo.


292, 294, 447, 451, 5 1 3. Arnauld (Henri), I, 5o2.
Apt (Vaucluse), II, 60, 199, 393. Arnold (l'abbé), I 167. ,

Aquamanilia, II, 336, 338, 340. Arnould (S.), év. de Soissons, I, 546.
Aquariens, I, 201, 212. Arphé (les), II, 33o, 332.
Aquilée, I, 485 II, 544. ;
Arras, I, 224, 622; 11,74, 294, 295, 297,
Arabes, II, 279. 3o 7 441.
,

Aram, disciple de N.-S., I, 57. Arrhabonaires, I, 35, 1

Arbre de Vie, I, 4. Arsène (S.), I, io3.


Arc triomphal, II, 166, 167. Arsène de Constantinople, I, 432.
Arca, II, 66. Art chrétien, I, 444.
Arcadius, empereur, II, 72, io3. Artaud de Montor, I, 366.
Arcane (loi de 1'), I, 37, 78, 79, 80, 81, Artotyrites, I, 1 55.
82,83,90,93, 102, 259,260,274; II, ASCHANDIUS, I, 96.
m, 478. .
ASCODRUGITES, I, 1 24.
Arc-et-Senon, I, 389. Ascoli (Italie), I, 376.
Arche d'alliance, I, 4-5, 55, 56, 58 ;
II, Asie, II, 207.
2l5. Asile. — Voir Droit d'asile.

Archiconfrérie — de l'année et du mois Assémani, I, I 35

eucharistique, II, 402; de N.-D. de — Assise (Italie), I, 473, 514; II, 266, 3o8,
la Première Communion, II, 465, 46'); 419.
— de N.-D. des malades, II, 470; du — Association —
de communion mensuelle,
Saint-Viatique, II, 469. II,464; —
du culte continuel du Saint-
Archiconfréries, IL440, 452, 460. Sacrement, 11,464; du Saint-Viati- —
Archidiacres, I, 219, 227 ; II, 48. que, 11,469, — du Très-Saint-Sacre-
Archontiques, I, 98, 125. ment, II, 444 ;
— réparatrice envers la

Arcosolia, II, 86. Sainte-Trinité, II, 464.


Arcudius (Pierre), I, 578. Associations de communion, II, 462-
Arculphe, évêque, I, 68. 464.
. 1

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 60

Assomption de la Sainte-Vierge, I, 354, 549; — du Saint-Sacrement, I, 572-


363 ;
II, 1 1 5. 573; II, 7, 428; — majeur, II, 81,
Assuérus, I, i3. 124.
Assyriens, II, io5, 281, 297. Autels, II, 59-220; — des reliques, II,

Astérisques, ii, 238. 64, —


portatifs, II, 209-220.
Asti (Italie), II, 201. Auteuil-Paris, II, 465.
Athanase (S ), I, 77, 96, 97, 208, 254 ;
Autreville (Vosges), I, 565.
II, i3, 67, 89, 139, 226. Autriche, I, 36o, 388, 5 14, 564; II, io3,
Athènes, I, 116, 460, 614; II, 170. 117, 126, 186,257-260, 376, 400, 444,
Athéniens, I, 583. 448, 458, 473.
Attitudes diverses du corps devant le Autun, I, 12, 553, 622 ;
II, 1 15, 288, 291,
Saint-Sacrement, II, 35 1-3 56. 447, 4^9-
Attributs eucharistiques des Saints et Auvergne, I, 492.
des figures allégoriques, II, 549-55 1. AUXENCE (S.), I, 452.
Auber (M. le chanoine), I, 1 83
;
II, 383, AUXERRE, I, 144, 22i; II, l6, III, 247
Aubert (M. Éd.), Il, 3 10, 3i 1. 5 4 I.
AUBERTIN, I, 87, I08. Avantage, év. d'Amiens, II, 291.
Aubespine (de V), év. d'Orléans, I, 33, Avenas (Rhône), II, 196.
162, 236, 239, 339, 548, 590. Aventius, év. d'Avignon, II, 86.
Aubin (S.), év. d'Angers, I, 245. Avertissements aux communiants, II,

Auch, II, 265, 459. 2 1-23.


Auger (le P.), II, 440, 453. Avignon, I, 269, 272, 36i, 489, 5 14, 566;
AUGSBOURG, I, 393, 471, 5l4; II, I27, II, 128, 199, 294, 3 12, 333, 41 5, 420,
186. 440, 445, 453, 459, 463, 474, 5 11.
Augustin (S.), I, 12, 34, 63, 66, 77, 82, Avila (Espagne) I,' ,
5 1 4, 596 ;
II, 188.
102, 123, i55, 167, 218, 221, 237, Avit (S.), I, 106.
246, 292, 3o6, 3 12, 3 14, 3 18, 348, AVRANCHES, II, 3o. I

392, 404, 406, 408, 409, 452, 523, àxum (Abyssinie), II, 66.
593, 609; II, i5, 17, 23, 26, 33, 39, Ayzac (M'» e Félicic d'), 1, 176.
67. 1 58, 171, 222, 228, 346, 419, 481, Azat, fleuve, I, 21 3.
493. Azv (Cher), I, i83.
Augustins (les), 532 II, 180. ;
Azymes, I, 53, 55, 62, 71, 1 56, i5j, 1 58-
Auriol (B. du Rhône), II, 77, 190. 174, 239, 240, 576. — Voir Ferment.
Austremoine (S.), I, 238. AZYMITES, I, l57.
Autel — considéré comme attribut, II,

Babyloniens, I, 56. Bagdad, II, 106.


Baccano (Italie), II, 202. Bagnacavallo (Italie), II, 202.
Bacchantes, I, 21. Bagnols (Gard), II, 192.
Bacchus, I, 21. Bague eucharistique, II, 491.
Badarack (ie), I, 5 qj. Baisement de main, II, 5o.
Bade (grand-duché de), I, 145. Baiser de paix, I, 220; II, 1 5- 8 1

Badger (Georges), I, 606. Baldaquins, II, io5-iii.


Baelen (Belgique), II, 3z3. Baldeschi (Joseph), II, 28.
Baerze (Jacques de), II, 129. Bale, I, 1 38, 309; II, 119, 120.
. . .

602 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Baleine, I, 456. Bassins de Lavabo, II, 338-341.


Ballon (Sarthe), I, 440. Bastogne (Luxembourg), II, 187.
Balsamon (Théodore), I, 246, 254, 327, Bataille (Mgr), év. d'Amiens, I, 559,
33 9 ,; II, 47. 5 7 3.
Balthasar, I, 93. Bathilde (Ste), II, 262.
Baltimore, I, 355. Bâton (M. l'abbé), I, 5g5
Baluze, II, 184. Battandier (Mgr), II, 363.
Bamberg, S, 1 3 3 II, 216. ;
Baudelius, sous-diacre, I, 451.
Bangor ou Benchor, I, 117, 528; II, 24. Baumgarten-Grusius, I, 46.
Banquets eucharistiques, II, 480-481. Bavière, I, 145 ; II, 459.
Baptême (Histoire du), I, préface, II. Baveux, I, 343, 553.
Baptistères, II, 298. Bayonne, II, 1 10.
Baptistes, I, 627. Beauchemin (Haute-Marne), II, 192.
Bar (le duc de), I, 332, 333. Beaulieu (Nièvre), I, 567.
Bar-sur-Aube, II, 262. Beaumont (Guillaume de), I, 283.
Baralle (Pas-de-Calais), II, 517. Beaumont (M. de), archev. de Paris, I,

Barbe (Ste), I, 293; II, 55o, 55i. 416.


Barberousse, empereur, I, 473. Beaune (Côte-d'Or), I, 5oi, 514; II, 123,
Barbier [Journal de), I, 5o3. 128, 191.
Barbier de Montault (Mgr X.), I, préface, Beaupréau (Maine-et-Loire), II, 332.
I, II;
9 5, 38o, 563, 56 7
182, i II, 7 5, ; Beaurepaire (M. de), II, io3, 104.
101, 109, 167, 182, 1 83, 206, 212, 23o, Beauvais,'I, 3o8, 594, 5g5 ;
II, 21 3, 289,
236, 267, 3io, 3ii, 3i5, 32i, 324, 33o, 377, 378, 455, 5io, 541
338, 339, 406, 426, 427, 436, 5io, 5i5, Bf.c ''Abbaye du), I, 464.
520, 522. Beddes (Cher), I, 1 83.
Barcelone, I, 209, 622; II, 128, 188, 323, Bède (le V.), I, 68, 109, 3i8, 409, 612; II,

38i, 408. 36, 95, 210, 365.


Bard (Côte-d'Or), II, 191. Béguards, II, 358.
Bard (M. Joseph), II, 85. Béleth (Jean), I, 221, 265, 266, 353,
Barges (M. l'abbé), II, 190. 594.
Bari (Italie), II, 110, 3i5, 223. Belgique, I, 140, 266,401,440,514,554,

Barils eucharistiques, I, 544, 547. 555, 562, 565, 5 7 3 II, 1 18, 127, 128, 148, ;

Barners (Petro), II, 119. 187, 260, 278, 3 18, 400, 427, 448, 458,
Baronius, I, 32, 239; II, 1 55. 459, 461, 463.
Barraud (M. le chanoine), I, 547; II, 17, Bélisaire, II, 1 3g.
289, 359. Bellaing (Nord), II, 237, 262.
Barrère, I, 599. Bellarmin, I, 3 1 , 32, 45, 126, 140, 264,
Barruffaldi, I, 564. 543, 63o ;
II, 287.
Barsalibi, I, 199. Bellem (Portugal), II, 324.
Barsaniens, I, 1 56- Belley (Ain), II, 441
Barthélemy (S.), apôtre, I, 63. Bellignies (Nord), II, 264.
Basile (S.), év. de Césarée, I, 62, 64, 77, Bellitz (Prusse), I, 5 1 3.
no, m, 116, 206, 212, 218, 252, 263, Bellotte, I, 542.
271, 319,407, 450, 523, 543, 604; II, Belzunce, I, 298.
i3, 39, 43, 86, 296, 352. Benchor (Irlande), — Voir Bangor.
Basile, moine, I, i33. Bénédiction — de la cuiller liturgique,

Basile Macédonien, II, 68.


le II, — des corporaux, 180; — des
279; II,

Basilewski (collection), I, 194, 566; II, eulogies, 242-243 — des linges d'au-
I, ;

121, i3o, 264, 282, 3i2, 320, 33i, 486. tel, 175, 176; — des vases eucharis-
II,

Basilidiens, I, 124. tiques, 222-225 — du Saint-Sacre-


II, ;

Basnage, 109; II, 357.


I, ment, 38 382, 419-431
II, — pater-
1, ;

Bassi (Hyacinthe), II, 446. nelle, I, 367.


. .

6o3

Bénédictines, I, 178, 497, 498 ; — de l'A- Berti (Laurent), I, 162.


doration perpétuelle, II, 446 ;
— du Bertram, I, 127. Voir Ratramne'. —
Temple, II, 45o. Bertrand, abbé de Grandselve, I, 5i3.
Bénédictins, I, 396, 420 ; II, 3Ô2. Besan'çon, I, 225, 355, 454, 498, 5 14; II,

Benévent, I, 23i, D29, 53o, 539; II, 114, 70, 100, 180, 191, 324, 367,459.
252, 324, 426. Bessarion, I, 273; — 588.
Bengy (le P.), II, 5. BÉTHANIE, I, 45, 54, 55.
Benincosa (la V. Ursule), I, 574. Béthine (Vienne), I, 182.
Benoît, curé de Saint-Eustache de Paris, BÉTHUNE, II, 382.
II, 451, 453. Bettbrun (Allemagne), I, 514.
Benoît VIII, pape, II, 79. Beuvelet, I, 338.
Benoît XII, pape, I, 272, 420. Bèze (Th. de), I, 140, 1 58 ;
II, 349.
Benoît XIII, pape, I, 322, 365, 53o, 534 ;
Béziers, II, 167, 192.
II, 73, g5, 100, io3, 171. Bianchini, II, 339, 340, 345.
Benoît XIV, pape, 289, 3 17, I, 61, 144, Bible de Néphi, I, 204.
332, 365, 385, 394, 397, 400, 401, 416, Bibliographie de l'Histoire dogmatique,
419, 440, 529; II, io3, 122, 177,406, 442, liturgique et archéologique de l'Eucha-
45 1 ristie, II, 553.
Benoît (S.), patriarche des moines d'Occi- Bibliothèque —
Barberine, I, 169 de ;

dent, I, 238, 374, 536, 546 II, 119, Hanovre, I, i3o de la Minerve à ;

120.
;

Rome, II, 140; de Laon, II, 53g — ;



Benoît d'Aniane (S.), II, 87, 245. de La Rochelle, I, 489 de l'Arsenal, ; —
Benoît-Joseph Labre (S.), II, 347. I, 044 —
de Rouen, II, 540
;
du Va- ;

Benoîte Mercurel (la V.), I, 295. tican, II, 540 —
Nationale de Paris, II,
;

Benque (M. de), II, 344. 263, 340, 509, 5 1 5, 540, 548.
Benvenuta (la B.), I, 295. Biel (Gabriel), I, 66, 187.
Bérenger, hérésiarque, I, 85, 127, 128 Bien (le) par excellence, I, 28.
— i3i, 383; II, 352, 357, 362, 3g2, 5i2. Bière, I, 201, 202.
Berger et Chantrier (MM.), II, 3 14. Billet — de communion, 35g, I, 36o,
Berghem (Hollande), I, 514. 36 1 ;
— de confession, 344. I,

Bergier, I, 275 II, 184. ; Billettes, I, 479.


Berlendis (Fr. de), I, 33. Binage, 412, 419.
I,

Berlin, I, 193 ;
II, 220. Bingham, I, i63.
Bernard (S.), abbé de Cîteaux, I, 1 32, 266, Bini, II, 1 55.
3i3, 3 16. 466, 467 ;
II, 348, 55 1. Binson (Marne), II, 194.
Bernard, abbé de Froidmond, I, 177. Birin (S.), év. de Dorchester, I, D28.
Bernard (le comte), I, 438. Birmingham, II, 2b5.
Bernard (le P. Jean), I, 488. Bitonto (Italie), II, 43 1
Bernard, prêtre de Constance, I, 186. Biville (Manche), II, 237, 262.
Bernard, prieur de Freysingen, I, 178. Blanc (M. Ch.), II, 5oo.
Bernardi dell' Uberriaco, II, i3o. Blandine (Ste), I, 82.
Bernardin (S.), I, 35o. Blangy (Calvados), II, i3o.
Bernardines de l'Adoration perpétuelle, Blanot (Côte-d'Or), 1,481,482,483, 514.
II, 45o. Blaubeuren (Wurtemberg), II, 186.
Bernay (Eure), I, 565 ;
II, 445. Blavignac (M. de), II, 187.
Berne, II, 220, 519. Blendec (Ch.), I, 495.
Bernin (le), II, 1 10, 405. Blin (M. l'abbé), I, 340.
Bernwald, év. d'Hildesheim, II, i5o, 237, Blœubeuren (Saxe), II, 127.
258, 259. Blois, II, 366.
Berry (le duc de), I, 68. Bobbio ou Bobio (Sardaigne), II, 296, 365.
Bersalibi, I,179. Bocquillot, I, 164, 170, 596, 597; II, 74,
Berthem (Belgique), I, 565. 174.
.

604 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Boèce, philosophe, I, 340. Boudon (M. l'abbé), II, 3oo, 348, 454.
Boendael (Belgique), II, 128. Bougainville (Somme), II, 367.
Bogomites, I, 1 33. Bougaud (M. l'abbé), I, 63.
BOHÊME, I, 3 I I . Bougeant ^le P.), I, 274, 275.
Bohémiens, I, 616. Bougies — de l'Étoile, II, 1 38 ;
— stéari-
Boileau (Etienne), II, 142. ques, II, 137, 1 38.
Boileau (M.), II, 161. Boulogne-sur-Mer, II, 194, 459.
Bois-d'Haine, I, 432, 5 12. Bouillet (M. l'abbé), II, 5i8.
Bois- Sainte- Marie (Saône-et-Loire), II, Bouillon (duc de), I, 1 58.
197. Bouilly (Aube), I, 566.
Bois-Seigneur-Isaac (Belgique), I, 488, Bourbon (duchesse de), I, 268.
5.4. Bourbon-l'Archambault (Allier), II, 188.
Boîtes — à hosties, I, 194-195 ;
— aux Bourg (Ain), II, 443.
reliques, II, 92 ;
— cylindriques, II, Bourgeois (la sœur), I, 5i3.
299. Bourges, I, 178, 83, 5 14 1
;
II, 149, i5i,
BOLDETTI, II, 80, 480. 1 53, 291, 294, 333, 334, 335, 362, 378,
Bolduc (Jacques), 584. 5io, 5i 1, 541, 543.
BOLLANDISTES, I, 91, 289. Bourses de corporaux, II, 178-183.
Bollène (Vaucluse), II, 445. Boussu (Belgique), II, 128.
Bologne, I, 5i4; II, 202, 402, 415, 451, Bouteroue, II, 304.
5 2 5. Bouvier (collection), II, 142, 144, 145,
Bolsène (Italie), I, 514; II, 3*73, 541, i5i.
5 4 5. Bouvines, I, 394, 596.
Bona (le cardinal), I, 1 63, 1 65, 166, 169, Boxmeer (Hollande), I, 514.
1 70, 23o, 265, ;
II, 3o, 245, 269, 275, 294, Boxtel (Hollande), I, 514.
357, 35g. Braccini (Andréa), II, 266.
BONAVENTURE (S.), I, 5, 29 I, 3oO, 410, 477, Brague (Portugal), II, 261. — Voir Con-
5 1616; II, 3 4 8, 3 7 5.
3, ciles.
Bon aventure Potenza (le B.), II, 348. Braine (Aisne), II, 87, 167.
Boniface (S.), archev. de Mayence, I, 528: Braisne-le-Comte (Hainaut), I, 565.
II, 240, 244. Bramhall, év. anglican, I, 142.
Boniface I, (S.), pape, II, 181. Brandea, II, 79.
Boniface III, p., II, 173. Brassards de Première Communion, I,

Boniface VIII, p., I, 567 II, 101, 214. ; 367.


Boniface IX, p., II, 444. Brassy (Nièvre), I, 567.
Boniface (le comte), I, 218. Breda (Hollande), I, 514.
Bonjour (faire son), I, 38. Brentius, I, 09.
Bonnelière (M. l'abbé), I, 5g. Brescia, I, 41 3 ;
II, 38o, 402, 482.
Bon-Pasteur, II, 131,492,493. Bresciani (le P.), I, 441.
Bonté de Dieu, I, 28. Brésil, II, 45o.
Bordeaux, I, 244, 355, 5o5, 5 14; II, Go, Brest, I, 367.
i3o, 333, 394, 443, 5 Voir Con- 1 1
.
— Bretagne, I, 217, 367, 438; II, 141, 385,
ciles. 386, 456.
Born (Henri), I, 33. Bretagnolles (Eure), II, 110.
Borromée (Lucas), II, 218. Breton (M. Ernest), II, 527.
Bosco (Don), I, 365. Bretschneider. I, 73.
Bosi^x II, 80. Brett (Thomas), I, 21 3.

Bos-l'Abbé (Eure), II, 38 1 Breyer, I, 275.


Bossuet, I, 268, 440, 542, 543, 544, Brigitte (Ste), I, 285 ;
II, 87.
63i. Briord (Ain), II, 478.
Boston (États-Unis), I, 507. British muséum, II, 539.
Bottari, II, 480. Brives (Corrèze), I, 68; II, 254.
TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 6o5

Broderies, II, n5, 118, 177, 180, 480. Bulgares, I, 409 ;


II, 27.
Broderlain (Melchior), II, 129. Bulle Unigcnitus, 344. I,

Broglie (l'abbé de), II, 465. Bulletin de la Société de Saint-François


Brou (Ain), II, i3o, 188. de Sales, I, 5 10.
Bruges, II, 118, 128, i5i, 260, 324, 440. Bullinger, I, 140.
Brunehault, II, 247, 338. BUONAROTTI, I, 522 ;
II, 302.
Brunellescht, II, i3o. Burchard, I, 5 18.
Bruno (S.), II, 048. Burettes, II, 336-341.
Brunswick, II, 216. Burger (M. W.), II, 535.
Bruxelles, I, 485, 486, 495,
14 ; II, 5 1 iS, Burgos, II, 128, 188, 2i3, 261, 3o8.
3i2, 377, 448, 449, 538, 541, 543. BuRLAMACHI, I, 412.
Brydaine (le P.), H, 41 5. BURSFELD, II, 374.
Bucer (Martin), I, 126, 137, i3g, 140, Bussières (Puy-de-Dôme), I, 178.
277. Buvrinnes (Belgique), II, 127.
BUCKLEY (MiM.), II,42(j. Buxtorf, I, 206.
Bude (Hongrie), II, 444. Byzance, 11, ii3. —
Voir Constant inople.
Buisson ardent, I, 5.

Cabasilas (Nicolas), I, 272, 349. 241 ;


— personnel, II, 241 ;
— royal, II,

Cabasse (Var), II, 60. 241 ; — sacerdotal, II, 240.


-

Cabassut, I, 162. Calices, I, 25, 66,67, 68, 291, 311,454,


Cabra (Espagne), II, 188. 545, 6i5, 617,618, 624, 625 ; II, 11,
Cadalen (Tarn), I, 554. 222, 223, 224, 226, 228, 239-268, 3o3,
Cadeaux de Première Communion, I, 367. 358.
Cadix, I, 514; II, 325,426. Caliste (B.), I, 33.
Caen, I, 85, 176, 422, 553 ;
II, 87, 1 65, Calixte II, pape, I, 248, 291.
191, 446. Calixtins, I, 3 1
1, 617.
Cahier (le P.), T, 544, 547; II, 408, 422. Callimaque, II, 34. 1

Cahors, II, 459, 479. Callotius, I, 32.


Cahour (M. l'abbé), II, 3 18. Calmin (S.), II, 146.
Caïn, I, 9. Calvin, 87, 129, 140, 141, 2o3,
I,
77,
Culliat (M. Armand), II, 69, 265, 332. 2 77>3i4, 392, 424,429. 627; II, 349.
Cajétan (S.), II, 270, 348. Calvinistes, I, 109, 119, 125, i32, 145,
Cajétan (le cardinal), I, 154, 321. 146, i58, i(j3, 2i3, 268, 277, 284,424,
Calamo (Ile de), I, 519. 495, 498, 577, 624; II, 53, 55, 454.
Calcar (Prusse), II, 1 27. Cambrai, II, 325, 394, 441.
Calice — baptismal, II, 241 ;
— consi- Cambridge, II, 414.
déré comme attribut, II, 54g-55o ;
— Cambronne (Oise), II, 340.
d'ablution, II, 242; — de bénédiction, Camille de Lellis, II, 348.
I, 206 ;
— de quête, II, 242 de vote,
;
— Camille Molette (la Sœur), I, 295.
II, 242 : — d'offertoire, 242
II, ;
— Caminha (Portugal), II, 261.
d'ornement, II, 242; — du Jeudi-Saint, Camisards, II, 56.
II, 241 ;
— funéraire, II, 242 ;
— itiné- Cana. —
Voir Noces de Cana.
raire, II, 241 ;
— ministériel, II, 240- Canada, I, 2o3.
. .

6o6 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Cancels. —
Voir Chancels. Cassiodore, I, 106.
Candélabres, II, i52. Cassius, év. de Narni, I, 374.
Candie (île de), I, 514. Cassis (B.-du-Rhône), II, 190.
Candide, femme de Trajan, I, 175. Castellane (B. -Alpes), II, 60.
Cannigton (Angleterre), II, 445. Catacombes, I, 188, 589; II, 3, 60, 68, 69,
Canons —
apostoliques, l, 65, 202, 35o,
1
70, 74, 86, 1 34, 1 36, 212, 243, 255,266,
35 1 ;
II, 225, 465; — syriens, I, 108. 267, 293,298, 3o2, 339, 4^ 2 j 479> 480,
Canons d'autel, II, 160-162. 484, 490, 492, 496. V, Fresques, etc. —
Canossa (Italie), I, 435. Catalans, II, 286.
Cantelmus (le cardinal), I, 355. Cataphrygiens, I, 1 55
Cantiques — en langue vulgaire, II, 429, Catéchèses, I, 81.
447; —
eucharistiques, I, 44-47. Catéchisme du concile de Trente, I, 365.
Cantorbéry, I, 147, 5 14, 620; II, 210. Catéchumènes, I, 80, 81, 244, 245-247,
Canut, roi de Danemark, I, 3o8, 353, 326, 3&7, 33o, 544.
36 4 . Cathares, I, i32.
Capelle (M. l'abbé), I, 475. Catharin (Ambroise), I, 273.
Capharnaïtes, I, 43,44, 123. Catharistes, I, 1 55.
Capharnaum, I, 41. Cathédrales, I, 357.
Capitoniens, 137,202. I, Catherine d'Alexandrie (Ste), II, 18.
Capitulaires de Charlemagne, I, 217, Catherine de Gênes (Ste), I, 432.
245, 248, 3o8, 362; II, 68, 83, 87, 102, Catherine de Sienne (Ste), I, 295, 3oi,
210. 412, 420, 43 1, 432, 484, 494, 5i3 ;
II,

Cappadoce, I, 404; II, 83, 208. 348.


Capucins, I, 56i; II, 425. Catholiques, I, 443, 444. — Voir Église.
Caracava (Espagne), II, 54D. Cattois (le DO, II, 81, 108.
Carayon-Latour (la baronne de), I, 507. Caubert (le P.), II, 5.
Carcassonne, l, 549; II, 462. Caumont (M. de), I, 56 1.
Cardinaux-diacres, II, 49. Cavadès, roi des Perses, I, 393.
Cardinaux-sous-diacres, II, 49. Cavaillon (Vaucluse), I, 38 1 II, 399. ;

Carême, I, 320, 353, 397, 538; II, i5o. Cavalieri (Michel), II, 421.
Carlentini (Italie), I, 2 3 1. Cavallieri (Pierre), II, 110.
Carli, I, 23. Caylus (de), I, 416.
Carlostadt, I, 1 36, 1 37, 626; II, 364. Cedrenus, I, 55.
Carmélites, I, 278, 421; II, 450, bot, Celeiran (Aude), II, 189.
Carmes, I, 477, 479; II, 16, 19, 100, 214, Célestin (S.), pape, I, 227.
362, 453. Célestins, II, 358.
Carnac (Morbihan), II, 325. Cellini (Benvenuto), II, 3 10.
Carnevali (le chevalier), II, 195. Celse, I, 1 54, 1 58.
Carpentras, II, 445. Cénacle, I, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 62, 64,
Carpocratiens, I, 124. 68, 584, 585 ;
II, 497.
Carpzovius, I, 36 1 Cène de N.-S. Jésus-Christ, I, 8, 9, 25,
Carrache (les), II, 525, 527. 45, 48, 49, 50-72, 78., 126, i3a, 1 38,
Carrand (M.), I, 547; II, i5i, 282. 149, 09, 168, 584, 585 ;
II, 10, 25, 369,
Carrière-Saint-Denis (Seine-et-Oise), II, 496-498.
128. Cène protestante, I, 3g, 193, 1 287, 32g,
Cartésiens, I, 85. 339, 392, 424 II, 53, 54-57. ;

Carthage, I, 34, 3g, 116, 514, 583. — Centre eucharistique, II, 464.
Voir Conciles. Céphaléniens, I, 124.
Casimir (S.), roi de Pologne, I, 484 ;
II, Cérémonial — des Évéques, I, 375, 572,
218, 348. 573; II, i5o, 38 1, 434; — romain, II,

Cassette de Macerata, I, 38o. 21.


Cassignard (M,), I, 76. Cérémonies — de l'administration de
.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

l'Eucharistie, II, 1-57; — de l'oblation, Charles III, roi d'Espagne, II, 248.
dans l'Eglise latine. I, 226-228; de — Charles V, roi de France, I, 223; H, 119.
l'oblation, dans les communions dissi- Charles VI, roi de France, I 335.
dentes, I, 228-230; du Viatique, h — Charles Borromée (S.), I, 179, 286, 298,
383, 385. 324, 325, 364,564, 572; II, 7, 74, 141,
CÉRÈS, I, 21. 160, 348, 365, 435, 45 1, 549.
Cernay (Marne), II, i3o. Charles d'Anjou, I, 394.
Césaire d'Arles (S.), I, 106, 217; II, 228, Charles de France, régent, I, 439.
246. Charles le Bel, II, 214,
Césaire d'Heisterbach, I, 256, 472; II, Charles le Chauve, I, 112, 127, 222,
359. 438 II, 55, 21 2.
;
1

César de Bus (le V.), I, 38 r. Charles le Simple, I, 248 II, 5 5 ;


1

Césarée, 1,68, 69, 218, 4o5,45o. Charles Martel, I, 3g3.


Cespedès (Pablo de), II, 5oo. Charles-Quint, I, 321,474; II, 290, 322,
Chalcédoine, I, 577. Voir Conciles. — 324, 38i, 4i5, 45 1.
Chaldéens, I, 180, 576. Charlestown (États-Unis), I, 507.
Challemant (Nièvre), I, 567. Charlevoix (le P.), II, 411.
Chalon-sur-Saône, II, 362. Charlier (Anne), I, 5o3.
Chalons-sur-Marne, I, 40 r, 549; II, 161, Charnières de ciboires, II, 3oo.
355, 448, 5io, 541. Charton (M.), II, 540.
Chalumeaux, I, 620; II, 49, 25 1, 275- Chartres, I, 209, 556, 572; II, 101, 148,
277. i53, i65, 246,
297, 355, 377, 441, 458,
Chambéry, I, 195, 355 II, 110. ; 475, 5i5, 543, 545, 55o.
Champagne, II, 455. Chartreux, I, 186, 227, 417, 620, 622 ;
Champaigne (Philippe de), II, 5oo, 525. II, 12, 19, 24, 36, 74, i65, 179, 270
Champallement (Nièvre), II, i3o. 277, 278, 353, 362, 374, 420.
Champsern (Eure-et-Loir), I, 224. Chasseigne (Vienne), II, i3o.
Chancels, I, 3i II, 6, 26, 165-170.
;
Chassenay (Rhône), I, 566.
Chandeliers, II, i33-i5i. Chasses et Reliquaires, II, 1 57-1 58.
Chanoines, I, 363; II, 379; de Saint- — Chassy (Cher), I, 1 83 II, 119. ;

Augustin, I, 59 II, 450. Voir Cha-;


— Chateaubriant (Loire-Inf.), II, 3 18.
pitres. Chateauneuf-sur-Cher, II, 466.
Chantal (Ste Jeanne-Françoise de), 1,420; Chatel (l'abbé), I, 147, 148.
II, 348, 427, 428. Chatellier (M. P. du), II, 264.
Chantenay (Loire-Inf.), II, 193. Chatillon-sur-Marne, II, 194.
Chantres, I, 218, 224. Chaumont, II, i3o.
Chants — eucharistiques, II, 39-41 ;
•- Chauzeaux (Vendée), I, 368.
pour l'élévation, II, 3Ô2. Cheffontaine (Christophe de), I, 273.
Chaource (Aube), II, i3o. Chelles (abbaye de), II, 25i, 262.
Chaource (Yonne), II, 201. Chemnitz, I, 277, 627 ; II, 349.
Ghapelle portative du saint Viatique, II, Cherruel (M.), II, 366.

469. Chesneau (le P. Augustin), II, 297, 495.


Chapelle privée, I, 573-574. Chésy-sur-Marne, II, 297.
Chapitres de cathédrale, II, 355. Chevaliers, I, 394. —
de la Table-Ronde,
Chardin, I, 21 3. I, 70,; —
du Sang de Jésus-Christ, II ;

Chardon (dom), I, 55o, 543, 547, 555, 42.


56i ;
II, 276, 294. Cheyne (le R.\ I, 147.
Charitopule (Manuel), II, 2i5. Chifflet (J.), I, 336.
Charlemagne, I, 117, 169, 245, 419, 460- Chilpéric, I, 20, 245.

462 II, 67, 69, 1 13, 21 1, 249, 276, 3io.


;
Chine, 325; II, 41 1, 473.
I,

— Voir Capitulaires. Chitry (Yonne), II, 264.


Charles II, roi d'Angleterre, I, 142. Chiusi (Italie), II, 202.
. ; -

6o8 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Chœur des églises, II, 1 66, 167. Clément VIII, p., I, i5 7 , 497, 498, 529,
Chosboès, roi de Perse, II, 244. 571 II,
452, 454, 460.
;

Chrétien de Troyes, I, 70. Clément X, p., I, 325.


Chrétiens —
de Saint-Jean, I, 122, idj, Clément XI, p., I, 395, 53 534; II, 3 6,
268; —
de Saint-Thomas, I, 1 56, 263 ; 427, 4^2, 4 r>7-
1, 7

— des premiers siècles, I, 82, 323, 349, Clément XII, p., II, io3, 467.
372, 376, 403, 522, 535, 583, 586, 587; Clément XIII, p., II, 100, 455.
II, 61. Clément XIV, p., II, 406.
Chrismal, I, 527, 528 ;
II, 286. Clément d'Alexandrie, I, 9, 55, 66, 77,
Christianisme, II, 134. — Voir Eglise. 81, 92, 284, 589; II, i5, 493.
Christine de Cologne (la B.), I, 481. Cléophas (S.), I, 63.
Christine de Stumbel (la B.), I 295. Clerc (le P.), II, 5.
Christodule, patriarche, I, 377. Clercs réguliers, II, 273.
Christophe, anti-pape, I, 23 1. Clermont-Ferrand, I, 396; II, 122, 123,
Christophe de Veza, I, 144. 195, 3i6, 3 7 6, 3 77 , 4 55.
Christophores, I, 99. Cléry (M"e Anne de), I, 5og.
Chronique —
de Dace, I, 166; de — Clitumne (chapelle du), I, 567-569.
Mayence,U, 182; de Saint-Martin — Cloches et Clochettes du Saint-Via- —
de Tours, I, 1 3o. tique, I, 38 -383 pour annoncer 1 ; —
Chypre (île de), I, 571; II, 248, 354, 36o. l'élévation, II, 359-362.
Ciampini, I, 162. Clochettes — de calice, II, 252-253 ;

Ciboire, attribut de quelques saints, II, d'ostensoir, II, 32o.
55i. Clôture de chœur, II, 167.
Ciboires, 473, 477, 484, 485, 504, 5o5,
I, Clovis, 238 I, ;
II, 1 56, 293.
529; II, 224, 285-3i3, 421. Cluny (abbaye de), I, 176, 186, 222, 440,
Ciborium, II, 99, io5-iii, 286, 3 1 6- 464, 553, 620; II, i65, 277, 278, 296,
Cierges, 36- 1 3g
I, 367; II, 134, 1 35, 1
297, 304, 353, 358, 35g. •— Voir Cou-
II, 433; — du Jeudi-Saint, I, 540. tumes.
Cire des cierges, II, 37, 1 3g. 1 COBLENTZ, II, II7, I27.
Circonstances historiques de l'institution Coccius, I, 126.
de la Cène, I, 50-72. Cochet (l'abbé), II, 467.
Cisterciens, 227, 622;
I. II, 19, 23,74, COCHINCHINE, II, 463.
I74, 223, 359, 3Ô2. Coïmbre (Portugal), I, 293 II, 261. ;

Citeaux, I, 421, 557, 61 5; II, 359. Coindet (M. J.), Il, 5o3.
Citta del Castello (Italie), II, 121, 202. Coire (Suisse), II, 447.
Cividale (Frioul), II, 202. Colette (S ), I, 295,412,431, 5i3; 11,348.
l<>

Civilisation chrétienne, I, 444. Collégiales, I, 574.


Claire d'Assise 421, 473, 5i3;
(Ste), I, Collemadieu (Pierre de), I, 242.
II, 182, 227, 3o8, 348, 419, 430, 55 1 Collin (Nicolas), I, 239.
Claire de Montefalcone (Ste), I, 292. Collydiriens, I, 284, 287.
Clairvaux, II, 253, 358. Cologne, 376, 407, 472, 484,485, 5 1 3,
I,

Clarisses, II, 181, 45o, 455. 514, 564; II, 117, 126, 1 38, 186, 216,
Claude de Lorraine, I, 223. 233, 257, 280, 3oi, 3i2, 325, 332, 382,
Claude, ministre protestant, I,
77, 119. 458, 461,511. — Voir Conciles.
Clef du tabernacle, I, 575. Colomb (Fernand), II, 82.
Clément I (S.), pape, I, 80, 55o, 608. Colomban (S.), I, 117, 527; II, 233, 246,
Clément II, p., I, 23. 408.
Clément IV, p., II, 214. Colombe de Rieti (la B.), I, 292, 293, 3or,
Clément V, p., I, 335, 420; II, 358, 374, 412, 43 r , 5 1 3.

3 77 . Colombes, II, 479; — descendues du ciel,

Clément VI, p I, 616. ,


I, 289, 291 ;
— eucharistiques, II, 287,
Clément VII, p., I, 332; II, 179, 273, 405. , 295-298.
.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 609

Colonne de feu, I, 5. Ferrand, I, 6i3; II, 176, 271 ;


— Clo-
Colum vinarium, I, 198. vehow, 409 ; I, — Cologne, I, 200$ 209,
Combourg (Souabe), II, 117, 186. 274, 487, 620; II, ni, 357, 381,420,
Comédiens, I, 33 1 423; — Compostelle,
244; Cons- II, —
Comgall (S.), I, 527. tance, 299, 6i5, 616; II, 378;
I, —
Commercy (Meuse), I, 431. Constantinople, I, 168, 208, 211, 216,
Communautés eucharistiques, II, 444- 220, 299, 340, 438, 536, 590, 5gi, 629;
45o. II, 35, 3g, 1 3 1 , 298; — Diamper, I,

Commune révolutionnaire de Paris, II, 5. 263; — Dublin, II, 247; — Ecosse, I,

Communion, I, 3o, 1 38 ;
— à domicile, I, 330, 376; — Elvire, I, 218, 3i3, 33 1,
522-525; — des apôtres, 64, 65, 70- I, 352 ;
— Enham, I, 353 ;
— Épaone, II,

72 — des enfants avant l'âge de raison,


; 67, 68, 89, 278; —
Exeter, I, 197, 274;
I, 3o4-3ii; — du célébrant, 19-21; II, II, 353 ;
— Florence, I, 119, i56, 208,
— du mois du Billet, 462; — du II, 211, 2i3, 272, 273, 274,429,607; —
Pape, 48-49; — en danger de mort,
II, Francfort, I, 108; II, i5; — Freisingen,
I, 393-394; — en temps de peste, I, I, 299; — Gangres, I, 162, 587; Ha- —
297-298; — fréquente, 403-422; — I, lifax, I, 525 ;

Lambeth, II, 353, 359,
générale, 358; 467; — laïque,
I, II, I, 434; — Laodicée, I, 237, 284, 526, 538,
3i, 33, 63o; — pascale, 355-36 — I, 1 ;
588, 590; II, 4, 6, 226; —
Latran, I, 75,
pérégrine, I, 32-33 ;
— privée, 1,392; 76, 84, 85, i3i, 217, 219, 352, 354,
— sous les deux espèces, I, 6oi-63i. — 358, 364, 5 18; — — Lerida, I, 218;
Voir Première Communion. Liège, II, 357; — Lima, 322; — Li- I,

Compiègne, I, 556; II, 67. moges, I, 571; — Lombes,


I, 274; —
Compostelle, II, 332, 409. Londres, I, 134, 286, 487, 61 3 II, 247 ; ;

Concarneau (Finistère), I, 514. — Lyon, II, 288; Mâcon, I, 217, 3o6, —


Concélébration de la Messe, I, 269. 319; —
Malines, I, 572; Mayence, I, —
Conches (Eure), II, 5 10. 217, 219, 274, 376, 617; II, 95, 354;
Conciles de Agde, I, 353 — ;
II, 88, 89,
— Meaux, I, 248; — Mérida, I, 418; —
226; —
Aix-en-Provence, I, 362, 562, Mexico, I, 322; — Milan, I, 200, 219,
563, 621; II, 3o, 82, 175, 232, 247, 297, 299, 440, 52i, 621 II, 7, 5i, i 5,
7 ;

363 f -
Aix-la-Chapelle, I, a83, 362, 273; —
Mont-Liban, 309; Munich, —
409; II, i5, 433, 436; Alexandrie, — II, 357; —
Nantes, 1,236,238,242;
I, io5 —
Ancyre, I, 245, 3i3;
; An- — — Naples, I, 382; Narbonne, I, 299, —
gers, I, 385; —
Antioche, I, 237, 35 1 ;
621; II, 3o, 304; — Nicée, I, 34, 76,

— Arles, ; 244;
I, Ar- i85, 33 1 II, — 97, 108, no,283, 284, 3i3, 339, 372,
ras, I, 128; Augsbourg, I, 354; — — 373, 52o; II, 28, 222; — Nicosie, II,
Autun, I, 353; Auxerre, I, 198, 201, — 248, 354 ;
— Nîmes, II, 433 ;
— Orange,
219, 340, 363, 536; IT, 176, 1 83 ; — I, 373, 608; II, 224; — Orléans, I, 128,
Avignon, I, 354, 363 ;
II, 160, 434, 453; 198, 201, 337; — Paris, I, 286, 287; II,
— Bâle, I, 617 ;
II, 378; — Bénévent, I, 4, 67; — Poitiers, II, 223 ;
Prague, I,

200, 274, 3 77 , 384, 5 7 2, 5 7 3, 621; — 325, 610; — Quedlimbourg, II, 226;


Bordeaux, I, i3i, 249, 3o8, 356; — — Quierzy, I, 114; Reims,— I, 288,
Bourges, 354, I, 34, $71 ;
— Brague, 33 1, 421; II, 64, 147, 157, 167, 2 4 5,
I, 202, 208, 32i, 35 1 ; II, 6, 1 36, 227, 246, 354; Rennes, I, 377 — Rimini, ;

365, 412 ;
— Bude, 353 II, ;
— Cambrai, I,434; —
Rome, I, 127, i3i, 134, 362;
I, 178, 198; — Carthage, I, 207, 246, — Rouen, I, 286, 362, 524, 571 II, 3i, ;

283, 319, 32i, 33 1 , 340, 373, 536, 590, 36, 247, 433, 434; des Ruthènes, I, —
591, 609, 63o; II, 4, i3g, 340; Chal- — 576; — Salerne,
II, 175; Salzbourg, —
cédoine, I, 125, 197, 2i3; — Châlon- I, 1 299; II, 354;
34, Saragosse, I, —
sur-Saône, — Chartres, 385; —
I, 353; I, 125,524; —
Saumur, II, 181; Seling- —
Chelchyt, IT, — Chine,
233, 2 4 5, 247; stadt, II, 180; Soissons, I, 336; — —
I, Si t; — Chypre, 274; — Clermont- I, Thionville, H, 87; Tolède, I, 168, —
T. II. 39
. . . ,

6io TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

169, i85, 36i, 362, 363, 400, 524, — des saintes Huiles, I, 363 ;des —
5 7 3, 610; II, 6, 99, 365 ;
— Tou- vases eucharistiques, II, 222-225; —
louse, II, 232, 433, 621 ;
— Tours, I, eucharistique, I, 27, 70, 74, 85, 106,
227, 3o8, 352, 353, 5 4 5, 55i, 55 4 -555, 1
14, 259-278, 601
571, 612; II, 6, i55; Trente, I, 74, — Conseil d'Etat, I, 345.
86, 1 3 1 208, 270, 299, 307, 309, 3î2,
,
Constance (J.-B. de), I, 552.
3i5, 35 4 , 362, 363, 364, 371, 413, 417, Constance, empereur, I, 3g3 ; II, 173.
429,'6i 7 ',6i8; II, 214; Trêves, II, 96, — Constant, empereur, I, 5g3
242, 354;
246, — Tribur, I, 208, 209, Constantin le Grand, I, 5g3 II,68, 70,
435; 245;
II, — Troyes, I, 621; — 86, 102, ii3, i36, 1 53, i65,
;

210, 25i,
Tuam, I, 525 ;
— Verceil, I, 127; — 291, 296, 438.
Vienne, I, 335 ;
— Winchester, I, 202, Constantin l'Iconoclaste, I, m.
299; II, 433; — Worcester, II, 433 ;
— Constantin Monomaque, I, 172.
Worms, I,434; — Wurtzbourg, I, 383; Constantine, II, 456.
II, 353; — York, 3 7 6, 38o. I, Constantinople, I, 60, 119, 160, 171,
Concomitance, I, 614. 172, 220, 404, 405, 454,455, 457,463,
Condamnés a mort, I, 334, 336; II, 424. 514, 543 ; II, 74, 107, ni, 122, 1 36,
Condé (prince de), I, 41 5. 170, 309, 41 1.

CONFARRATION, I, l8. Constitutions— Apostoliques, 1, 80, 227,237,


Confection du pain d'autel, I, 175-183. 270, 271, 349, 5ig, 549; II, 28, 43, 281,
Confesseurs, I, 365. 285, 352; —
de Sarum, II, 353.
Confession, I, 3 14, 3i5, 354, ^84, 453. CoNSUBSTANTIATION, I, I 3 7, 1^5.
Confession d'Augsbourg, I, 139, 140 Conteville (Calvados), II, 191.
142, 193, 255. Contrexe ville (Vosges), II, i3o.
Confirmation, I, 33, 275, 3o5. Controverses théologiques, I, 210, 349,
Confiteor, II, 23-24, 56. 357, 376, 410, 411, 4i5, 416, 429.
Confrérie — de l'action de grâces, II, Conversion adductive et productive, I, 85.
442, 443. Convives de la Cène, I, 62-65.
Confréries, 469, 475 II,
I, 379, 3g5, ; Copenhague, II, 118, 186, 282.
399, 417; •— des agonisants, II, 470 ; Cophtesou Coptes, I, 112, 116, 120, 1 53,
— du Saint-Sacrement, I, 382 ; II, 439- 1
57, 179, 192, 199, 202, 2i3, 255, 271,
444; —
du Saint-Viatique, II, 469. 272, 288, 299, 3 10, 324, 424, 576, 604,
Confucius, I, 20. 606; II, 21, 22, 27, 29, 3o, 5i, 65, 233,
Congrégation — de la Propagande, I, 246, 279, 363.
418, 419, 535; —
des Évêques et Régu- Coquerel (M. Ch.), I, 425.
liers, I, 36o, 422, 572, 574; II, 82, 291 ;
Coran, I, 212.
— des Indulgences, I, 394; des Rites, — Corban, I, 1 53, 192.
I, 179, 283, 299, 3 7 6, 3 7 8, 379,
189, Corbie, II, 147, 3o6, 374.
38i, 383, 385, 3g5, 3 9 6, 397, 3g8, 402, Corbinien (S.), I, 247.
539, 5b2, 571, 572, 573, 574, 575, 606; Cordoue, I, 514; II, 119, 128, 3ig, 332,
II, 7, 29, 5o, 73, 89, 92, 96, 97, 108, 5oo, 5 1 1

137, 141, 1 56, 173, i85, 223, 224, 225, CORFOU, II, I7O.
232, 270, 273, 278, 337, 354, 385, Corinthiens, I, 3 11, 399, 591, 592, 5g3,
407, 4i3, 414, 417, 418, 421, 425, 427, Cormenin (M. de), I, 345.
428, 429, 435, 436; du Concile de — Cornaux, I, 5g5.
Trente, I, 355, 356, 374, 379, 4i3; II, Corneille (S.), pape, I, 433, 434; II, 32.
3 7, 434. Corneille (Pierre), I, i52.
Congrès eucharistiques, I, 179,402; II, Cornélius a lapide, I, 5, 7, 54, 60.
474, 5 12. Corneto (Italie), II, 110.
Conopées, I, 563, 564. Corporaux, I, 379, 440, 456, 488, 498;
Conques (Aveyron), II, 217, 325. II, 79, 178-183, 269, 270, 271.
Consécration — des autels, II, 88-98; Corporaliers, II, r 83
. . . . . .

6n

Corps de métier, II, 390, 392, 3g3, 394, Croissant des ostensoirs, II, 320, 32i
401 Croix, I, 189, 193; II, 91, i3i-i33, 32o;
Corwey (Saxe), I, 112. — de Caracava, II, 545.
Cosenza (Calabre), I, 266, 552. Crosnier (Mgr), II, 89, 479.
Cosin, év. anglican, I, 142. Crosse, II, 296.
Cosne (Nièvre), II, 479. Croyances des églises orientales sur la
Coucy-lès-Varzy (Nièvre), I, 367. présence réelle, I, 1 19-122.
Coudrin (M. l'abbé), II, 445. Crouzilles (Indre-et-Loire), I, i83.
Couissinjer (l'abbé), II, 3 12. Crucifix, I, 189 ;
II, i3i, 1 33
Couleur du vin d'oblation, I, 199-201. Crucifixion, I, 189; II, i32.
Couleurs liturgiques, II, 11 5, 376. Cruice (Mgr), I, 90.
COULOIRES, II, 274-275. Crussol (Ardèche), II, 198.
Coupe de bénédiction, I, 60, 62, 66. Cuba, II, 461
Coupes, II, 3 10, 3 1 1 d'offrande, II, ;
— Cubicula, II, 70, 80.
229, 23o ; —
eucharistique pédiculée, Cuillers liturgiques, I, 209, 6o5, 606;
I, 3oo, 3oi II, 37, 278-280, 544.
Cour de France, I, 367. Culte anté-mosaïque, 17, 23.
Courballay (Mme de), II, 448. Culte de l'Eucharistie, II, 343-476.
Couronnes, II, 1 2-1 1 3. 1 Culte du soleil, I, 148.
Couronnes de lumière, II, i52, 1 53. Cuno (le V.), I, 464.
Courtines d'autel, II, ni, 112. Curés, I, 25 1, 297, 299, 357, 359, 36o,
Courtray (Belgique), I, 565. 362, 365, 375 ; II, 436.
Coutances, II, i65, 167, 194, 40, 441. Curicque (M. l'abbé), I, 3oo.
Couteau liturgique, II, i3. Curval (Tarn), I, 566.
Coutumes —
de Cîteaux, II, 147, 277 ;
— Cusa (le cardinal de), II, 420.
de Cluny, I, 186, 25o II, 16, 36, 289; ;
Custodes eucharistiques, I, 379-380; II,
— de Saint-Benigne de Dijon, II, 147 ;
299, 3o2, 3o5.
— des Chartreux, I, 283 ; d'Udalric, — Custodia, I, 53g ; II, 3 18, 323, 33o.
I, 176. —Voir Udalric. Cuthbert (S.), I, 536.
Coutumes de l'administration de l'Eucha- Cuy (Yonne), II, 1 19.
ristie, II, 1-57. Cyprien (S.), I, 14, 94, 201, 206, 207
Couvertures d'autel,
172-177. II, 227, 274, 287,319; 324, 33 1, 332,404
Coxie (Michel), II, 495, 5oo, 541. 408, 449, 522, 591, 6o3, 609 ;
II, 34, 65
Cracovie, I, 473, 484, 514; II, 186. 74-
Crammer, I, 141. Cyrano de Bergerac, I, i52.
Crampon (M. l'abbé), I, 44, 60. Cyrille (S.), év. de Jérusalem, I, 14, 16
Crédence, II, i63. 64, 77, 81, 98, 166, 274,401, 5 19, 6o3
Crépin (S.), II, 128. II, 26, 34, 88, 146, 345.
Crepon (Calvados), II, 81. Cyrille (S.), patriarche d'Alexandrie, I

Crespin (Nord), II, 332. 16, 28, io5, 126, 140, 179, 405, 519.
Créteil (Seine), I, 5o5 ; II, 198. Cyrille de Scythopolis, II, 363.
Crimée, I, 442. Cyrille Lucar, l, 119.
Croisades, I, 69, 394, 529; II, 211. Czorthow (le général), I, 5 10.

Dace (S.), I, 166, Dais de procession, I, 38o ;


II, 379-380.
Dagobert I, ii, 304. Damase (S.), I, p., I, 98; II, 337, 55i.
Daillé, 1, 71,77, i63, 5 1 8 ;
il, 276. Damase II, p., I, 2J I
. . .

6l2 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Dames — Auxiliatrices de l'Immaculée Delaroche (Paul), II, 526.


Conception, II, 45o; — de l'Adoration Délémont (Suisse), II, 237.
réparatrice, II, 448 ;
— de Lorette, I, Delio, 342.I,

5o5, 5o6 ; —
de Sainte-Julienne du Très- Délivrance des prisonniers, I, 368.
Saint-Sacrement, II, 45o; Zélatrices — Delphini (Nonce), I, 619.
de la Sainte-Eucharistie, II, 45o. Deskford (Ecosse), I, 554.
Dandolo (Andréa), II, 122. Desmottes, II, i5i, 3 12.
Danemark, II, 186. Dessins, II, 5 10, 543.
Daniel dans la fosse aux lions, I, 1 1 ; II, Destination de la Réserve eucharistique,
481-482. I, 520-541

Danses religieuses, II, 409-410. Détails liturgiques relatifs à l'exposi- —


Dantzig, II, 260, 3 12, 332. tion, à la bénédiction et au salut du
Darbois (Mgr), II, 5. Saint-Sacrement, II, 425 ;
— à la pro-
Darcel (M.), II, 241, 3o3, 493, 494, 5io. cession de la Fête-Dieu, II, 378-383.
Darmstadt, I, 145. Deutz (Prusse), I, 553 ; II, 289.
Daroca (Aragon), I, 474, S14. Deux-Siciles (Royaume des), I, 397.
Dassy (M. l'abbé), II, 190. Dévie (Mgr), év. de Belley, I, 335.
Daviau (Mgr), I, 507. Devoir pascal, I, 356, 357, 358-36i, 405.
David, roi d'Ecosse, I, 375. Dévotion actuelle, I, 3 1 6-3 17.
David, roi d'Israël, I, 11, 14, 56 ; II, i3. 423. —
Voir Pâques.
Davilliers (M. Ch.), II, 409. Diaconesses, II, 226.
Davin (M. le chanoine), I, 537 ;
n > 478, Diacres, I, 3i, 89,
176, 2o5, 212, 219,
489. 220, 222, 226, 282, 283, 284, 36 1 363, ,

Décadence — decommunion des petits


la 375, 5i8, 5ig, 541, 606, 609; II, 6, 16,
enfants, I, 307-309 ;— de la communion 26, 28, 36, 5o, 181, 232, 276, 283.
sous les deux espèces, I, 61 3-619 du ;
— Didelot (M. l'abbé), II, 5 12.

rite des offrandes du pain et du vin, I, Diderot, II, 384.


221-225 ;
— et abolition des agapes, I, Didier, év. d'Auxerre, II, 338.
592-594. Didron (M.), 69; II, 72, 108, 324,
I, 5-i 3.

Decize (Nièvre), II, i3o. Dieppe, I, 5g5 ; II, i3o. 467.


Deckendorf (Bavière), I, 5i3. Diest (Brabant), II, 187.
Décrétales (fausses), I, 164, 35o, 352 ;
II, Dieu, I, 5; 14, 16, 23, 102. — Voir Jésus-
174. Christ .

Decron (M. l'abbé), II, 000. Digne (Basses-Alpes), II, 190, 294.
Dédicace des églises, I, 58 1 ;
II, 89. Dijon, 1,490, 496, 514, 556, 571, 608;
Deerlyk (Belgique), II, 128. II, 123, 211, 223, 288, 294, 297, 3o3,
Deggendorf (Allemagne), I, 514. 332, 454, 470, 5i 1
Dehaisnes (M. l'abbé), II, 536. Dimension —
des calices, II, 249-250 ; —
Deir-Saubil (Syrie), II, 482. des ciboires, 292-3o5.
Deniers, I, 187. Dinan (Bretagne), II, i3o.
Denisart, I, 244. Dinet (M. l'abbé), I, 481.
Dénominations de l'Eucharistie, I, 24-38. Diogène, préfet d'Héliopolis, I, 448.
— Voir Noms. Diptyques, II, 123, 1 56-i 57.
Denys d'Alexandrie (S.), I, 94, 285, 520, Disciples — d'Emmaûs, II, 53g ;
— de
6o3. Notre-Seigneur, I, 62.
Denys l'Aréopagite(S.), I, 3o, 81, 127 Dispenses, II, 434.

Denys de Paris, I, 289; II, 298.


(S.), év. Dispositions requises de la part des adultes
35o; II, 88, 146, 336. pour la communion, I, 3 1 1 -3 2 5

Denys le Petit, I, 35 1. Disques, II, 23i-232, 234, 282.


Deogratias, év. d'Afrique, II, 228. Divine liturgie, II, 514.
Déols (Indre), 5i3. Division de l'hostie, II, 10, 11, 14.
Delacroix, II, 414. Divorce, I, 334.
. . . . . . . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 6i3

Doberan (Mecklembourg), II, 520. Drames liturgiques, I, 538. — Voir Mys-


DOCÈTES, I, 124; II, 32. tères.

Dolci (Carlo), II, 5oi Drelincourt, I, 627.


Dôle (Jura), I, 498, 514. Dreux, II, 377, 455.
Domine non sum dignus, II, 3o. Drevon (le P.), II, 348, 463, 47 5.
Dominicaines, I, 421 ; — de l'Adoration Droit ecclésiastique de refuser l'Eucha-
perpétuelle, II, 445. ristie, I, 342-346.
Dominicains, I, 227, 272, 437; II, 16, 19, Droit d'asile, II, 102-104.

20, 214, 270. Druides, I, 22.


Dominicales, I, 522 ;
II, 35, 1 83-i 85 Dubno (Volhynie), I, 5 10.
Dominique (S.) I, 295 ;
II, 346. Duboucher (Mlle Th.), 11,448.
Dominique de Viterbe, I, 202. Du Cange, I, 177 ;
II, 184, 277, 296.
Dominique du Paradis (la Sœur), I, 295, Duchesne (Mlle Zoé), II, 472.
5i3. Duchesne aîné (M.), II, 52.
Dominiquin (le), II, 527. Du Coudray (le P.), II, 5.
Domne (Ste), I, 523. Dugué (M.), II, 5 1 1

Don de Dieu (le), I, 29. Dumoutet (M.), I, 83 1

Donat(S.), év. d'Arezzo, II, 246. DUNSTAN (S.), I, 420.


Donateurs, I, 217-219; II, 77, 235, 253, Du Perron (le cardinal), I, 71.
3o5, 320. DUPEYRAT, 240; II, 5o.
I,

Donatistes, I, 100, 125, 299, 342, 450, Du Plessis-Mornay, I, 76, 5 18; II, 285.
5ig II, 67, 72, 225, 244.
;
Dupont (M.), de Tours, II, 137.
Donfield (Angleterre), II, 1 65 Dupuis, I, 148.
Donaustauf (Allemagne), I, 514. Durand, évêque de Meaux, I, 134, 354,
Donne, I, 597. 412.
Dornes (Nièvre), II, i3o. Durand (Guillaume), évêque de Mende,
Dorothée, év. de Thessalonique, I, I, 187, 235, 248; II, 16, 21, 90, 98, 1 35,
524. 1 58, 147, 174, 212, 283, 295, 357, 358,
Dorothée de Pologne (la B.), I, 295. 377, 568.
Dosithée, II, 523 Durand de Villegagnon, I, 5 1

Douai, 474, 475, 476, 5 14, 622


I, ;
II, 3o3, Duranti, II, 286, 294, 357.
377, 464, 474- Durer (Albert), II, 199.
Douet d'Arc (M.), II, 3 16. Durham (Angleterre), II, 127, 320.
Doughti (John), II, 256. Dusseldorf, II, 340.
Doyen du Chapitre, I, 375. Dussieux (M.). II, 399-400.

Eadmer, biographe, I, 464. Éclimont (Eure-et-Loir), II, 291.


Eau —du rocher frappé par Moïse, I, 6; École de saint Thomas, I, 85 ; — de
— grégorienne, II, 90, 91 mêlée au ;
— ^
Scot, 1, 85.
vin d'oblation, I, 205-214. Ecosse, I, 141, 554, ^98 ;
II, 458.
Ebbendorf (Allemagne), I, 514. Écriture Sainte, I, 58g.
Eberhard, év. de Bamberg, I, i33. Edda{V) y
II, i5i.
Ébionites, I, 1 3 3, 1 65, 201. Édesse, 197. I,

Ebnassali, II, 3i. Edgard, roi d'Angleterre, I, 3o8, 364.


Ecce Agnus Dei, II, 29. Edmond de Cantorbéry (S.), I, 291, 379.
Ecclésiastique (Livre de 1'), I, 1 5 Edouard (S.), roi d'Angleterre, I, 5i3.
Écharpes, If, 429. Edouard II, roi d'Angleterre, II, 38o,
. .

6ï4 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Edouard III, roi d'Angleterre, I, 439 ;


II, Élien, II, 297.

107. Elisée, prophète, I, i3, 78; II, i3.


Edouard VI, roi d'Angleterre, I, 141 ;
II, Élisabeth (la B.), I, 431.
i55. Elisabeth (Mme), II, 457.
Effets — de l'Eucharitie, I, 3o-32, Élisabeth, reine d'Angleterre, I, 141 ;
II,

427-445; — extra-sacramentels de
l'Eucharistie, I, 430-433 judi- ;
— Elisabeth (Ste), reine de Portugal, I, 41 1
ciaires diplomatiques de l'Eucha-
et Élisabeth-Christine, reine des Romains,
ristie, I, 433-439 sacramentels de ;
— I, 321.
l'Eucharistie, I, 428-429. sociaux de — Élisabeth de Gerven, I, 495.
l'Eucharistie, I, 442-445. Élisabeth de Jésus, I, 3oi.
Éhremberg, savant, I, 487. Elne (Pyrénées-Or.), II, 186.
Egbert, arch. de Trêves, II, 21g. Éloi (S.), I, 108, 374, 408, 460; II, 25i,
Egbert, év. d'York, I 353, 52 1. 262.
Égée, proconsul d'Achaïe, I, 88. Elzéar de Robians (S.), I, 480.
Égine (Cilicie), I, 458, 514. Émaux, II, 338, 33g II, 5io, 541. ;

Église (1') —
anglicane, I, 141, 147, 2o3, Emblèmes eucharistiques, II, 495.
3i5, 334, 424; —
apostolique de Paris, Éméronites, II, 452.
I, 148; II, 57; —catholique, I, 6, i5, 43, Emmaus (Judée), I, 514.
98, 273, 329. 345, 517; catholique — Emmerich (Catherine), I, 56, 65, 66, 67,
française, 147 I, ;
— d'Abyssinie, I, 68, 584; II, 33, 260.
120 ;
— d'Afrique, I, 1 20 ;
— d'Égypte, I, Emplacement des autels, II, 8o-85.
28; — épiscopale d'Ecosse, I, 147; — Empoisonnements, I, 23 1.
gallicane, I, 274; — gothique, 1, 274; Encens, II, 89, 92, g3.
— grecque, I, 28, 160, 162, i63, 23o; II, Encolpia, II, 3o2.
8; — latine, I, 28, 35, 112, 161, 162, Encratites, I, 201.
163, i65, 170,179; — mozarabe, 274; I, Encratius, I, 33 1.
— nestorienne, 121; — non parois-I, Endroit de l'église affecté à la commu-
siale, I, 573-574; — primitive, 284, I, nion des fidèles, II, 6-7; où Ton pla- —
337; — romaine, 167; 9
— I, II, ; çait les chandeliers, II, 145-149.
russe, I, 172, 273. Energumènes, I/337.
Églises — hétérodoxes de l'Occident, I, Enfant-Jésus sur une patène, II, 523.
624-628; — orientales, I, 1 19-122, 1 56, Enfants, I, 3o4-3n, 364.
164, 1 65, 179, 3io,
524, 603-607; II, Enghien, près Bruxelles, I, 485.
273; — orthodoxes de l'Occident, I, Engilbert (S.), I, 468.
6o8-623 ;
— protestantes, I, 146; II, Enguerrand (le V.), abbé de Saint-Ri-
364 ;
— réformées de France, I, 278, quier, I, 465.
287, 329, 425, 627; II, 54, 98. Énoch, I, 62.
Égypte, I, 61, 164, 202, 286, 404, 453, Entretien du luminaire, II, 1 36, 436-
591, 606; II, io5, 281. 437 .

Egyptiens, I, 19, 21, 1 53, 1 57, z5i, 320, Envoi de l'Eucharistie aux fidèles non
583 ; II, 6, 14. Voir Cophtes. — malades, I. 521-525.
ElCHHORN, I, 46. Épaque, prêtre, I, 32 1.
Eichstaedt (Bavière), II, 325. Éphèse, I, 67, 1 16.
Einsiedeln (Suisse), II, 448. Éphrem (S.), I,
9, 98, 428; II, 26.
Elcésaïtes, I, 124, Épiklésis, 270-276. I,

Élévation du Saint-Sacrement, I, 507; Épiphane (S.), év. de Salamine, I, 5i, 110,


II, 353, 356-36 4 . i55, i65, 184, 452;
i63, II, i65.
t

Éléments du pain d'oblation, I, 1 54-1 58. Épiphane, diacre, I, 119.


Élie, év. de Crète, I, 110. Épiphanie, I, 254, 400, 4o5, 419, 597.
Élie, év. de Jérusalem, I, m. Épis de blé, II, 482.
Élie, prophète, I, 62, 78, 259; IT, i3. Épitaphes, I 1 2, 9 1
. . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 6l5

Éponges liturgiques, II, 273, 274. Etienne (S.), diacre. I, 59; II, i3, 60.
Époque —
de la Cène, l, 5o-54; — de la Étienne (Henri), I, 342.
réception de l'Eucharistie, I, 347-425. Étienne II, év. de Paris, I, 477.
Épreuves judiciaires par l'Eucharistie, I, Étienne III, p., I, 529.
433-438. Étienne X, p., I, 23 1.
f

Éraniste, eutychien, I, io3. Étienne (S.), roi de Hongrie, II, 69.


Érasme, I, 1 38. Étienne d'Autun, I, 66, 84.
Ercheux (Somme), II, 36o. Étole, I, 376, 379.
Erding (Allemagne), I, 514. Êtres non humains, I, 341-342.
Erfurt, I, 514. Étymologies, I, 1 52 II, 106, 123, 23r, ;

Ernulphe, év. de Rochester, I, 612. 269, 286, 337, 421.


Erreurs relatives à la présence réelle, I, Eucharistiale, II, 287.
i23-i5o. Eucher (S.), II, 352.
Escorial ou Escurial, I, 5 14, 562 ;
II, Eucologe grec, I, 119, 120,271 ;
II, 225,
188, 220, 367,545. 270.
Escorte du Saint-Viatique, I, 382-383. Eudes, duc de Bourgogne, I, 616.
Espagnac (Lozère), II, 193. Eudes (le V. Jean), II, 41 5.
Espagne, I, 3o, 116, i63, 168, 169, 186, Eudes de Sully, I, 200, 3o8, 37g, 384, II,

198, 202, 223, 353, 357, 36o, 366, 384, 291, 35 7 , 365.
387, 395, 396, 401,404, 406, 41 3, 414, Eudoxie (Ste), I, 448, 5 18.
418, 514, 52i, 565, 5 7 3, 5 7 5 II, 6, 8, ;
Eudoxie, impératrice, II, i36.
i5, 17, 39, 64, 119, 124, 125, 128, 1 38, Eugène, IV, p., I, 172,272, 355; II, 119,
IÔO, 171, I75,I79,l83, l88, 24I, 252, 375, 378, 410, 490.
253, 260-261, 270,271, 278, 3 1 8, 319, Eugénie (Ste), I, 290.
344, 355, 379, 408,^24, 429, 458, Eulalie (Ste), II, 1 58
461, 463, 470, 473. Eulalius, I, 434.
Espagnols (les), I, 474. Eulogies, I, 28, 38, 61, 194, 216, 233-
Esparon (Isère), II, 449. 257 ,
526; II, 486.
Espaulard (M. d'), II, 1 5 1 Euripide, I, 21
Espèce du vin, I, 3o5, 3o6, 3o8. Eusèbe, év. de Césarée, I, i5, 94, 327,
Espèces diverses de calices, II, 239-243 ; 604 89.
;
II,

de patènes, II, 23 1. Eusèbe, pape, II, 178.
Espèces eucharistiques, I, 7, 74, 83, 86, Eusèbe Bruno, év. d'Angers, I, i3o.
93, io3, 601. Eusèbe d'Édesse, I, 99. ^
Espen (Van), I, 400. Eusébiens, I,8i; II, 89.
Esquelmes (Belgique), II, 187. EUSTATHIENS, I, 587.
Esres-le-Moutier (Indre-et-Loire) , 11,119. Eustelle (Marie), II, 348,
Essarts (M. des), II, 399. Eutrope, l'ermite (S.), I, 71.
ESSÉNIENS, 1,48. 584. EUTYCHÈS, I, 121, 125, 1 65, 211.
Essenweins (M.) II, 177. EUTYCHIENS, I, Io3, I I 3 .

Estimes-au-Mont (Belgique), II, 128. EUTYCHIUS, I, Io6, 227, 229.


Estius, I, 267. Euverte (S.), év. d'Orléans, I, 45 1.

État de grâce, I, 298, 299, 3 1 3, 3i5. EVAGRE, I, 457 .

État des âmes, I, 36o. Ève, recluse, II, 371, 372.


États Généraux, II, 416. ÉVÊQUES, I, 219, 220, 248, 280, 28l, 282,
États-Unis, I, 2o3, 599. 375;54i; II, 28, 5o, 90,91,94, 95,
Ethelred (Grande-Bretagne), I, 514. 101, 3 7 8.
Éthiopie, I, 112, 180, 202, 265, 424, 606. Everard (le comte), II, 247.
Éthiopiens, 11,23, 27, 3i, 120, 2i3, 2i5, Evora (Portugal), II, 332.
23o, 233, 247, 263, 271, 278, 3 1 5, 363, Évreux, II, 161, 355, 377, 378, 458.
391, 441, —
Voir Cophtes. Évroult (S.), I, 340.
Étienne, abbé de Cîteaux, I, 61 5. Ewalde, prêtre, II, 210.
. .

6i6 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Excommunication, I, 33o, 353. Exupère (S.), év. de Toulouse, II, 245,


Excommuniés, I, 32Ç,-33i, 35o. 3o2, 489.
Exiles (Dauphiné), I, 490. Eyck (les Van), II, 128,494,495, 528.
Exposition archéologique, II, 3i5. Eymard (le V.), II, 348, 442, 449, 465.
Exposition du Saint-Sacrement, II, 419- Ezerville (M. d'), I, 286; II, i85.

4 3i. Ézéchiel, I, 10.


Extrême-Onction, I, 285, 390.

Faber (leP.),I, 71, 144, 3oi. Fénelon, I, 35 1 413, 414; II, 325.
,

Fabien, év. d'Antioche, II, 32. Ferdinand I, empereur d'Allemagne, I,

Fabien (S.), p., I, 352. 618.


Fabré-Palaprat, I, 27^. Ferdinand II, roi de Bohême, I, 388.
Fabrique de paroisses, I, 25 1. Ferdinand VI, roi d'Espagne, I, 419.
Facundus, I, 126. Feria (C^se de), II, 347.
Faenza, I, 36o. Fermentai, 3j, 160, 167, 170, 236, 526.
Faliero (Ordelafo), II, 122. Fermentaires, I, 157.
Falots, I, 38 1 Ferrand, diacre, I, 307.
Falsification des substances sacramen- Ferrare, I, 5 3 514. 1
,

telles, I, 179, 197. Ferraris, I, 352, 397.


Famagouste (Chypre), I, 514. Fers à hosties, I, 171, 175, 176,180-183.
Fanaux de cimetière, I, 33g. Fête-Dieu, I, 297, 365, 5o3 II, 369- ;

Fanjeaux (Aude), II, 456. 3 7 6.


Farcy (M. de), II, n5, 121, i3o, 1 83, Fête du Précieux-Sang, II, 417-418.
323, 326,332, 339,340,400, 407. Fêtes du Saint-Sacrement, II, 369-418.
Farel, I, 140. Feydeau de Brou, II, 291.
Farfa (Abbaye de), I, 546. Figures de l'Eucharistie, I, 3-i3, 24 ;

Farine, I, 154, 1 55, 1 56, 157, 09, 180, II, 478-495.


216, 23g. Figures empreintes sur les hosties, I,

Farnham (Sussex), II, 201. 188-190.


Fassini, I, 438. Filain (Aisne), II, 188.
Faure, év. d'Amiens, I, 298; II, 291, 367, Filles —
de la Charité, I, 421 ;
— du
4 58. Saint-Sacrement, II, 446.
Faust le manichéen, I, 583. Filliette (M.), II, 491
Faustin, I, 289. Fiesole, II, i3o.
Fa varie (Bouches-du-Rhône), II, 190. Finck (M.), II, 1 17.
FAVERNEY(Haute-Saône), 1,497,498, 514. Finiguerra (Maso), 567 II, 17. ;

Favier (M.), II, 121. Firmicus Maternus, I, 97.


Favrel (l'abbé), II, 28. Firmilien (S.), év. de Césarée, I,
94,
Faye-l'Abbesse (Deux-Sèvres), II, 218. 297.
Fécamp, I, 463, 464; II, i3o. Firmin le Confesseur (S.), I, 291, 455 ;

Félibien, I, 557 II, 366. ;


II, 78.
Félix, év. de Bourges, II, 293. Fisch (M.), II, 388.
Félix I (S.), pape, II, 6i, 77, 266. Fitz-William (lord), I, 443.
Félix III, p., I, 218. Flabella, I, 198,452 ;
II,281-284.
Felletin (Creuse), II, 465, 466. Flandre, II, i5g, 278, 455.
Femme, ministre de la communion, I, Flandrin (Hippolyte), II, 5oi.
287-288. Flavigny (Abbaye de), I, 435.
. . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 617

Fleurs — artificielles ou naturelles, II, 378, 414, 421, 423, 424, 427, 433, 436,
158-i 59 ; —
décoratives, II, 427,428. 453, 454, 458, 463, 469, 473.
Fleury (M. Édouard), II, 29g. Francfort-sur-le-mein, II, 257.
Fleury-sur-Loire, II, 147. Franciscaines, I, 178; du Saint-Sa- —
Fleuves du Paradis terrestre, 1,6. crement, II, 450.
Flodoard, II, 292 Franciscains, I, 59, 272, 292, 496 ;
II,

Flore (Ste), I, Soi 214, 522.


Florence, i, 514, 667; II, 17, 121, 167, Franc-Maçonnerie, I, 599.
202, 344, 497, 498, 499, 5o6, 5o8, 55o. François I, roi de France, II, 45 1, 5 10.
— Voir Conciles. François d'Assise (S.), I, 417, 421; II,
Florentini, I, 164. 346.
Florentins, I, 23 1. François de Borgia (S.), I, 3 17, 412, 41 3,
Florus, I, 1 14. 494 H, 347.
;

Floss (M.), 127,376. François de Hiéronimo (S.), II, 467.


Foi (la), 1, 99, 100, 102, 3i2. François de Paule (S.), I, 253.
Foissy (Côte-d'Or), I, 566. François de Sales (S.), I, 364, 41 3, 496,
Folgoat (Finistère), II, 191. 529 II, 3o, 348, 440.
;

Folmar, hérétique, I, 1 33, 61 5. François Régis (S.), II, 347,441, 454.


Fontainebleau, II, 23. 1 François-Xavier (S.), II, 348.
Fontenay (Vendée), I, 38. Françoise d'Amboise (la B.), I, 364.
Fontenelle (Abbaye de), I, 460; II, Françoise Romaine, I, 5 3 II, 348. 1 ;

374. Franconie, I, 479.


Fontevrault, I, 375. Franz (le D ), I, 275.
r

Forcade (Mgr), I, 572. Frédéric, archev. de Mayence, I, 435.


Forgues, év. anglican, II, 349. Frédéric, cardinal, I, 172.
Forli, II, 379. Frédéric Barberousse, II, 1 53

Form (Paul), I, 493. Fremyot (André), I, 496.


Forme de l'Eucharistie (de la), I, 259- Fréquence des expositions du Saint-Sa-
278. crement, II, 422-425.
Forme — des autels, II, 69-75 ;
— des Fréquente communion, I, 403-422.
autels portatifs, II, 2ii-2i3; des Frères de Bohême, I, 142.
burettes, 337, 338 ;
II, II, 249-200 ; — Frères Mineurs, I, 414 II, g5, ;
180,
— des chandeliers, II, 141-149 ; des — 223 ;

Observantins, II, 180. — Voir
ciboires, II, 292-305 des eulogies, ;
— Franciscains.
I, 239-241 ;

des hosties, I, 184-193 ;
Frères moraves, I, 5g8.
— des ostensoirs, II, 3 18 ; des pa- — Fresques, 1,8, 12, 2$, 522; 11,107, ^ 2 3-

tènes, II, 233-235 des retables, II,


;
— — Voir Catacombes.
125. Fribourg (Suisse), II, 474.
Formose, pape, I, 248. Fribourg-en-Brisgau, II, 126.
Formules diverses de la consécration, Friedland, I, 366.
I, 261-265. Frigolet (Bouches-du-Rhône), II, 119.
Fortunat de Trêves, II, 146. Fritzlar (Hesse-Électorale), II, 260, 429.
Fraction du pain, I, 38, 626; II, 9- 1 5, Fromage, I, i55.
5o. Froment, I, 154, 176.
France, I, 140, i53, 1 63 . 170, 186, 187, Froment-Meurice (M.), II, 332.
228, 3o8, 32o, 334, 339, 36o, 36 1, 362, Fromesta (Espagne), I, 514.
365, 366, 383, 38 7 , 38g, 3g5, 3g6, 408, Fromond, év. de Coutances, II, 194.
417,419,514,540, 541,554,563, 564, Frontal, II, 114,174. —
Voir Par ement s.
565, 566, 567, 573 ;
II, 6, 9, 17, 18, Fulgence (S.), I, 106, 307; II, 282.
74,78,95,96, 107, 108, 119-121, 128, Funérailles, I, 582.
143, 148, 171, 188-201, 226, 229,
176, Fussals (Afrique), I, 5 14.

252, 261-265, 270, 271, 3 8, 33g, 36o, 1


6i8 TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

GABATiE, I, 221. Gédéon, 1, 6, 12.


Gabent (M.), I, 149. Gélase I (S.), pape, I, 116, 362, 610; II,
Gabriel archange (S.), I, 65; II, 119, 162.
121, l6l. GÉMELLIONS, II, 339.
Gabriel de Philadelphie, I, 24, 272; II, Gênes, 1,65, 69 II, 461. ;

3i. Genèse, I, 14, 26.


Gabriel Tarish, I, 323. Geneston (Mathieu) (Loire-Inf.), II, 193.
Gaétan de Thiène, I, 412. Genève, I, 1 58, 298, 424.
Gaete, I, 292. Geneviève (Ste), I, 238, 25o.
Gaïanites, I, 108,212. Gengoul (S.), I, 222.
Galilée (la), I, 5i, 52, 55. Gennade, 1, 408.
Gall (S.), II, 246. Genolhac (Gard), II, 264.
Galla Placidia, II, 253. Genres divers d'autels, II, 63-65.
Galles (le prince de), 1, 439. Genséric, roi des Vandales, I, 1 25; II, 173.
Gallicanisme, II, 101, 355. Génuflexion, II,352-355.
Gallicans, I, 33 1. Geoffroy (S.), év. d'Amiens,
I, 470.

Galliens, I, ibg. Geofroy Martel, comte d'Anjou, I, i3o.


Gamache (le P.), I, 5oo. Georges (S.), II, i3, 129.
Gand, I, 376, 571 ;
II, 1 18, 127, 187, 461, Georges, év. de Corfou, I, 161.
494. Georges de Cappadoce, I, 4ç8.
Garde d'honneur de l'Adoration répa- Georges Mosulanus, I, 1 35.
ratrice, II, 443. Georgetow (États-Unis), I, 509.
Gardellini, II, 434. Géorgie, II, 37, 423.
Gardereau (le P. Dom), I, 17. Géramb (le P. de), II, 344.
GARUcci(le P.), I, 589; II, 280. Gérard, év. d'Arras, I, 128.
Gascogne, 1,438. Gerbert (Martin), II, 253, 356, 378.
Gassendi, II, 390. Gerbet (Mgr), I, 20,23,428.
Gaspard del du Falo (le V.), II, 442. Gerfroy, moine, I, 435.
Gâteaux bénits, I, 1 56, i5j, 241, 25o, Gerhoh, I, 1 33.
25 4 , 368. Gerlac (S.), I, 295.
Gatien (S.), év. de Tours, I, 290, Germain (S.), abbé de Grandfels, II, 237.
Gattico, II, 95. Germain (S.), év. d'Auxerre, I, 237, 238 ;

Gaucher (M. L.), II, 121. II,9i.


Gaudence (S.), I, 102, 167. Germain (S.), év. de Paris, I, 106, 221,
Gaudulfiens, I, 128. 226; II, i3, 40, 179, 295.
Gaujac (Lot-et-Garonne), II, 193. Germain, patriarche de Gonstantinople,
Gaules, I, 116, 117,128,226, 5>i, 541; I, 108, 109, 2l3.
II, 8, i5, 39, 247, 274. Germains, I, 22.
Gaulle (Mme de), II, 3i6. Germond de Lavigne (M.), II, 332, 408.
Gaume (Mgr), II, 355. Germenay (Nièvre), I, 567.
Gaussen (M.), I, 566. Gerona ou Gironne (Espagne), II, 78,
Gavantus, I, 396, 564; II, 160, 421. 1
19, 319, 332.
Gay (M. Victor), II, 124. Gerresheim (Prusse), II, 187.
Gaza, I, 199, 218. Gerson (le chancelier), I, 614, 616.
Gazette des Beaux-Arts, I, 564, 565 ;
Gertrude (Ste), II, 44, 451.
II, 117, 176, 5oi. Gervais (S.), II, 78.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 6ig

Géso, auteur ecclésiastique, I, 466. Grande Famille du Saint-Sacrement, II,

Gheel (Belgique), II, 1 28. 443.


Giffard (M. Paul), II, 429. Grandmont (Limousin), II, 297.
Gignoux (Mgr), év. de Beauvais, II, Granson (Suisse), II, 187.
4 35. Graphites, II, 77, 190, ig3, 202.
Gilbert 421.
(S.), I, Grath (M.), I, 127.
Gilbert, abbé de Cîteaux, I, 614. Gratien, I, 362, 610 ;
II, 246.
Gilbert de la Porrée, I, 3o8, 335. Gratuité de la communion, I, 299.
Gilles de Conink, I, 210. Gratz (Styrie), I, 295.
Gilles de Reggio, I, 294. Graveson (A. de), I, 164.
Giotto, II, 498, 5o2, 548. Gravures, II, 5 io-5 1 1, 543-544.
Gisors, I, 514. Great-Salt-Lake-Cyty, I, 2o3.
Givry (le cardinal de), I, 223. Grèce, I, 180, 283, 323, 597, 6o5 II, i5, ;

Gladbach (Prusse), II, 220, 260. 51,64, 74, 80, 87, 110, n3, 134, 255,
Glaive de Gédéon, I, 6. 265, 325, 438, 458, 523.
Gloires, II, 126. Grecs, I, 21, 34, 37, 38, 5i, 112, 119,
Glossistes, I, 598. 153, 1 56, 1 57, 159, i65, 168, 172, 184,
Gnesen, I, 579. 191, 211, 212, 213,227, 229, 254, 268,
Gnostiques, I, 90, 123, 1 55, 58i, 592. 272, 273, 3io, 3 16, 354, 390, 408,423,
Goa, I, 383. 429, 438, 549, 576, 607, 629; II, i3,

Goar, II, 283. —


Voir Eucologe. 48, 88, 154, 238, 277, 279, 281, 283,
GOBAT, I, 209. 290; — Unis, I, 576, 579, 6o5, 606;
Gobrien (S.), év. de Vannes, II, 264. II, 7 5.
Godard (M. l'abbé), I, 547, 553. Grégoire (S.), év. d'Utrecht, I, 546.
Godefrid, archidiacre de Milan, II, 211. Grégoire I, le Grand (S.), pape, I, 61,
Goerres, I, 430. 107, 116, 161, 167, 168, 227, 235, 238,
Gojos (Bénigne), I, 86. 3o5, 374,419,455,456,536, 544, 590,
Golleville (Manche), II, 36o. 595 II, 20, 35, 79,
; 86, 90, 100, 162,
Gondy (M. de), archev. de Paris, I, 594 ; 182, 228, 233, 240, 246, 522, 549.
II, 4 53. Grégoire II (S.), pape, I, 397; II, 107,
GONZALVE DE CORDOUE, II, 21 8. 240.
Gontran, roi de Bourgogne, I, 401. Grégoire III, p., II, 107, 249, 304, 365.
Gordes (Vaucluse), II, 264. Grégoire IV, p., II, 249.
Gorgonie (Ste), I, 376,450,519, 542. Grégoire VII (S.), p., I, 1 3 1 , 217, 410,
Gorkum (Hollande), I, 514. 435 II, 20.
;

Gosse (Autriche), II, 117. Grégoire IX, p., I, 33o, 420; II, 214, 35g.
Gossi(M. Max), I, 76. Grégoire X, p., I, 1 19; II, 353.
Gourdon (Lot), II, 263. Grégoire XIII, p., I, 383, 574, 619; II,
Gournay (Seine-Inf. ), II, i3o. 100, 214, 375, 383, 444.
Gousset (le cardinal), I, 336. Grégoire XIV, p., II, g5, 102, io3, 405.
Gouvion de Saint-Cyr, I, 366. Grégoire XVI, p., II, 406.
Goux (Mgr Paul), év. de Versailles, I, Grégoire (l'abbé), II, 5oo,
Préface, II. Grégoire, patriarche, I, 438.
Gozlin (S.), II, 237, 262, 263. Grégoire de Naziance (S.), I, 56, 77, 81,
Grâce de Valence (la V.), I, 43 1. 99, 110, 237, 450, 5 19, 542, 543, 5g3 ;
Gradins d'autel, I, 56i ;
II, 74-75, i5o. II, 4, 218, 345.
Gran (Hongrie), II, 182, 257, 258, 326. Grégoire de Nysse (S.), I, 99, 166, 3i3 ;

Grancolas, I, i63, 164, 35o, 555 ;


II, II, 89, 98.
146, 286. Grégoire de Tours (S.), I, 199, 218, 226,
Grande (leB. Jean), I, 292. 235, 32i, 401, 434, 541 ; II, 74, 87, 1 57,
Grande-Bretagne, I, 146, 5i4; II, 201. 179, 226, 233, 241, 246, 271, 289, 294.
Voir Angleterre, Irlande. Grégoire de Valentia, I, 32.
620 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Grégoire l'Illuminateur, I, 164, i65. Guerrieri (J.), I, 579.


Grégoire Protosyncelle, I, 272. Guettée (M. l'abbé), I, 273.
Grenade (Espagne), II, 128, 218, 461, Gui ou Guy (le cardinal), I, 287; II, 359,
464. 36o.
Grenoble, I, 355, 552, 56i, 566; II, ig3, Guiald, hérétique, I, 471.
447- Guillaume, archev. de Tyr., I, 172.
Grésy (M. Eugène), II, 5i5. Guillaume (S.), archev. d'York, I,23i.
Gretzer (J.), II, 277. Guillaume, duc d'Aquitaine, I, 467.
Grimoald (le duc), î, 247. Guillaume d'Auvergne, II, 36o.
Grimot II, 121. Guillaume de Champeaux, I,6i5.
Grimouard de Saint-Laurent, II, 497, 499, Guillaume de Courtenay, I, 486.
522, 55o. Guillaume de Laon, I, 616.
Grotius, I, 116. Guillaume de Malmesbury, I, i3o.
Gronau (Vaucluse), II, 199. Guillaume de Nangis, I, 267, 41 1.
Gropper, II, 287,294,423. Guillaume de Saint-Thierry, 1,467.
Gruyer (M. A.), II, 5oi. Guillaume le Conquérant, I, 394.
Guccio de Sienne, II, 266. Guillaume III, roi de Prusse, I, 145.
Guéménée (Mme de), I, 414. Guingamp (Côtes-du-Nord), I, 256.
Guéranger (dom), I, 61, 55g ;
II, 547. Guiscard (Robert), II, 20.
Guérard (M.), II, 104. Guise (Charles de), II, 161.
Guercy (Belgique), I, 491. Guitmomd, év. d'A versa, I, 84.
Guéret, II, 3i 2. Guitmond (le cardinal), I, 129.
Guérin (Mgr), I, 292,471, 5oi. Gury (le P.), II, 227.
Guérisons miraculeuses. Voir Mira- — Guy de Laon, év. de Cambrai, II, 371.
cles. Guyancourt (Somme), II, 110.
Guerra Yorbé (M.), II, 188. Guyenne, I, 438.

Haag (M.), I, 77, 146. Hasselt (Belgique), I, 480 II, 327. ;

Habacuc, I, 1 1 ;
II, 481,482. Haubesaert (Mme d'), II, 464.
Habib (la Vallée d'), I, 577. Haute-Saône, I, 225.
Hackendover (Belgique), 1, 28. 1
Hautin (M. l'abbé), I, 179.
Hagueneau (Alsace), I, 566-627. Hautot-l'Auvray (Seine -Inférieure), II

Haimon, I, 114. i3o.


Hailstone (M.), II, 118. Hébreux, I, 18, 61, 184, 234, 583 ; II

Hal (Belgique), 127, 187, 326, 545.


II, 352. — Voir Juifs.
Halberstadt (Allemagne), II, 110. Hébron, II, 78.
Halesbourg (Autriche), I, 514. Héfélé (Mgr), I, i33, 487.
Halitgaire, év. de Cambrai, II, 365. Heilbronne (Wurtemberg), II, 127, 187.

Halle (Prusse), I, 5i3. Heisterbach, I, 256.


Ham (Manche), II, 194. Hélène (Sainte), I, 58.
Helgaud, biographe, I, 528; II, 3i.
Hambourg, II, 277.
Hamilton (le D ), I, 147. 1 Héli, I, 56.

Hanovre, I, 145 II, 216. Hélie (le B. Thomas), II, 237.


;

Hardouin (le P.), I, 5i, 52, 127. Hély (Joseph), II, 447.
Harfleur (Seine-Inf.), II, i3o. Hemelveerdegem (Belgique), II, 128.

Haricots du Saint-Sacrement, II, 3 16. Henaûs (Gabriel), I, 32.


. . . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES Ô2I

Henchir-Begneus (Algérie), II, 207, Hiéronymites, II, 180.


Henri, archev.- de Reims, î, 469. HlÉROPOLIS, I, 92.
Henri I, roi de France, I, 12g. Hingmar, archev. de Reims, I, ii5, 217,
Henri II (S.), empereur d'Allemagne, II, 242, 248, 286; II, 95, 181, 210.
119, 216, 244, 246, 248, 292. Hincmar, év. de Laon, II, 248.
Henri II, roi d'Angleterre, I, D28. Hindous, I, 19.
Henri II, roi de France, II, 354, 4 1 ^- Hippolyte (S.), I, 95, 519.
Henri III, roi de France, I, 894. HlPPOLYTE DE THÈBES, I, 56.
Henri IV, empereur d'Allemagne, I, 435, Histoire littéraire de la France, I, i3o.
437. HlTTORP, I, 205.
Henri IV, roi de France, I, 332, 388 '>
HOHENBOURG, I, 291.
II, n3. Hohenzollern (le prince de), II, 3 12.
Henri V, emp. d'Allemagne, II, 10. Holbein, I, 38 1
Henri VII, emp. d'Allemagne, I, 23 1. Hollande, I, 1 58, 287, 488; II, 54, 187.
Henri VIII, roi d'Angleterre, I, 141, 627. Holocaustes, I, 24.
Henri-Suso, I, 494. Homa, I, 20.
Henriciens, I, l32. Homère, I, 18.
Herblay (Seine-et-Oise), I, 223. Hongnant (le P.), I, 275.
Hérésies relatives à la transsubstantia- Hongrie, 528 II, 322, 36 1, 458.
I,
;

tion, I, i23-i5o. Honneurs rendus au Saint-Viatique, I

Hérétiques, I, 524. — Voir Protes- 386-389.


tants, etc. Honorât (S.), év. de Verceil, I, 0^0.
Herkenrode (Belgique), I, 489, 480, Honoré (S.), év. d'Amiens, I, 290, 454.
514 II, 327.
;
Honoré (le P.), II, 449.
Herford, II, 340. Honorius I, pape, II, 107.
Herinthals (Belgique), II, 127. Honorius III, p., I, 189, 209 ;
II, 214, 345,
Hérivée, arch. de Reims, II, 1 55 353, 357, 415.
Herlen (Frédéric), II, 187. Honorius, empereur, II, 102.
Herluin (le B.), II, 37. Honorius d'Autun, I, 186, '187, 248; II,

Hermann (le P. Joseph), I,


494; II, 442, i52, 244.
459, 460. Hooghvort (Mme d'), II, 449.
Herminégilde (S.), I, 296. Hoogstraten (Belg.), I, 514.
Hermopolis, I, 407. Hor, abbé, I, 407.
Héron de Villefosse (M.), II, 207. Horace, I, 564.
Hersent (Charles), I, 415. Horloge eucharistique, II,. 472.
Hervé, év. de Troyes, II, 287. Hormisdas, pape, II, 114.
Herzogue (M.), I, 77. Horn (M.), I, 120.
Hesse-Rhénane. I, 145. Horloge grecque, I, 120.
Herzilon, év. d'Hildesheim, II, 1 53 Hosties, I, 7, 26, 28, iy5-i83, 152-193,
Heures et divers moments de la com- 222, 297, 298, 3oo, 3oi, 342, 385, 440,
munion, I, 199-402. 469, 56o, 571, 576, 611 ; II, 9, 10, 11,
Hilaire (S.), év. de Poitiers, I, 77, 100, 14, 19, 20, 33, 36, 37, 79, 233, 291, 413,
-408 ; II, 162, 218, 228. 55 1 ; —miraculeuses, I, 449, 450, 451,
Hilaire (S.), év. d'Arles, II, 233. 454, 458, 462, 463, 465, 466, 468, 469,
Hilaire (S.), pape, II, 68, 86, 293, 296. 470, 471, 474, 475, 476, 477, 478, 479,
Hildebald, archev. de Cologne, II, 69. 480, 483, 486, 487, 490, 493, 494, 496,
Hildebert, archev. de Tours, I, 84, 411 ;
5o2, 5o3, 5o5, 5o6, 5o8, 5i 1, 5i2, 5i3 ;
II, 281, 357. II, 119, 3o3 ;
— non consacrées, I, 535,
HlLDEGARDE (Ste), I, 878 536.
Hildesheim, I, 596 ;
II, 122, i5o, 1 53, 236, Hospinien (Rodolphe), I, 206, 892, 524;
287, 255, 258, 282, 290. II, 285.
HlLDUIN, I, 289. Hubens (le baron de), II, 848, 455.
. . .

622 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Hubert, archev. de Cantorbéry, I, 376. Hulshout (Belg.), II, 128.


Hubner (M.), II, 76. Humbert (le cardinal), I, 162, 165,168,171,
Huby (le P.), 454. II, 172, 176, 186.
Huguenots, 472, 566; II, 78, 261, 355,
î, Huméral, II, 42g, 43o.
366. — Voir Protestants . Huniade (Jean), roi de Hongrie, I, 375.
Hugues, de Langres, I, i3o.
év. Hunna (Grande-Bretagne), I, 514.
Hugues de Cluny, I, 5 3 1 Huss (Jean), I, 616.
Hugues de Saint-Cher, II, 371. Hussites, I, 299, 399, 624, 627 ;
II, 37.
Hugues de Saint-Victor, I, 257, 3o6, 3o8 ;
Hyacinthe (S.), II, 348.
II, 3 4 8, 358. Hydromel, I, 202, 2o3.
Huguet (le P.), II, 5. Hydroparastes, I, 202.
Huile, I, i5y ;
— des lampes d'église, II, Hyrcanie, I, 20.
1 36-i 37, 1
3g, 435.

Ibas, év., I, 197. Indication —


de quelques calices remar-
ICHTHUS, I, II, 12, 96; II, 481, 486. — quables, 256-265 ; de quelques
II, —
Voir Poisson. chandeliers remarquables, II, i5o-i5i;
Iconoclastes, I, 109,111, 126. — de quelques ciboires remarquables,
Iconographie, I, 78, 182, 188-190, 563 ; II,3o6-3i3; — de quelques ostensoirs
II, 17, 117-122, 235, 25i, 3 1 3, 333, 334, remarquables, II, 321-335.
477-55i. Indiana (État d'), I, 509.
Iconostases, I, 3 10; II, 6, 169, 5o8. Indiens, I, 10g.
Ida (Ste), I, 5i3. Indulgences, I, 382, 3g4 ; II, 441, 442.

Ida de Louvain, I, 295, 494. Ingilger, solitaire, I, 298.


Idoles, I, 22, 23. Ingres, II, 529, 53o.
Ignace (S.), év. d'Antioche, I, 37, 86, 89, Innocent I (S.), pape, I, 167, 227, 236,
123, i85, 349, 428, 522, 6o3. 239, 373 ;
II, i5, 293, 296.
Ignace de Loyola (S.), I, 412, 5i3; II, Innocent II, p., I, 317.
347, 363, 451, 462, 549. Innocent III, p., I, 161, 210, 411, 418,
Ildefonse (S.), I, 107, 169. 419, 548, 6 1 3 ;
II, 10, 49, 167, 23i,
Ildefonse, év. espagnol, I, i85. 269, 358.
Ile-Barbe (Rhône), I, 68. Innocent IV, p., I, 2i3, 571, 576; II,
Iliton, II, 182. 223.
Illuminés, I, 323, ^29; II, 35g Innocent VI, p., II, 3Ô2.
Illyricus (messe d'), II, 36. Innocent VIII, p., I, 180, 202, 576; II, g5,
Imelda Lambertini (la B.), I, 3oi, 5 1 3 214, 223, 403.
Imola, 11,86, 236, 55 1, Innocent X, p., I, 322 II, 467. ;

Lm^anation, I, 84, 1 37, 1


3g, 145. Innocent XI, p., I, 022, 415, 414, 421;
Imposition des mains, I, 71. II, 5, 37, 100, 427, 446.

Impostures, I, 487 II, g9. ;


Innocent XII, p., II, 405, 427, 445, 467.
Incarnation, I, 97, 123. Inondations, I, 489.
Inclination de tête, II, 353, 355, 363. Inscription d'Autun, I, 12, 95-96 ;
II,

Indès (S.), I* 523. 486.


Indes-Occidentales, I, 337. Inscriptions, I, 182, 537, 55o, 554, 557,
Indes-Orientales, I, 383. 563 ;
II, 10O} 101, i20j 121, 126, 145.
. . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 623

174, 2o5, 2i3, 216, 217, 235, 236, 25g,


Israélites, I, 3, 5, 6, 7, 56o. — Voir
262, 437, 5i6, 517; des autels, II, — Hébreux, Juifs.
75-77 ; —
des calices, II, 253-256 ; — Isidore, hérétique. I, 523.
des ciboires, II, 3c>4-3o5 ;
— des hosties,
Isidore, moine, I, 459.
I, 190-191.
Isidore de Damiette (S.), II, 178.
Inspruch, I, 491 Isidore de Peluse (S.), I, 104; II, 178.
Institution — de la Fête-Dieu, II, 3y 1
- Isidore de Séville (S.), I, 108, 168, 208,

375 — de l'Eucharistie, I, 25, 39-72


375, 408; II, 1 3g, 146.

II,
;

496-512.
;

Isidore Mercator, I, 164, 35o. — Voir


Instruments de paix, Décrétai es.
II, 17, 162.
Istiat (Irlande), I, 285.
Intinction,I,6o5, 606, 612, 61 3, 614, 63 1 ;

Italie, I, 174, 195, 237, 240, 36o, 366,


II, 278.
38 1 383, 384, 385, 389, 3g5, 401, 404,
Invocation au Saint-Esprit, I, 116, 119, ,

270-276. —
Voir Épiklesis. 416, 5o3, 514, 526, 53g, 554, 555, 56o,
Irène, impératrice, II, 122. 563, 567-569, 573, 622 ;
II, 6, 12, 17,

Irénée 64, 71, 73, 81, 84, 108, 110, 116, 121-
(S.), I, 76, 77, 90, 91, 200, 206,
122, 124, i3o-i3i, 1 37, 1 38, 140, 141,
207, 274, 526.
Irénopolis, I, 6o5. 143, 160, 171, 175, 179, 201-206, 241,

Irlande, i32, 249, 254, 266-267, 270, 271, 273, 278,


I, 297; 11,458.
Irvigiens, I, 145. 280, 2g3, 3 1 8, 3 19, 32i, 339, 344, 354,
36o, 368, 379, 402, 414, 417, 421, 424,
Isaac le Grand (S,), II, 4.
Isabelle la Catholique, II, 218. 425, 433, 442, 458, 45g, 461, 463, 473.
Italo-Grecs, I, 52g.
Isaïe, I, 16, 24, 1 53
Ivelle (la B.), I, 2g5.
Isbodicon, I, 1 53, 192 ;
II, 263.
Ivoires sculptés, I, 8; II, i56.
Ispagnac (Lozère), II, 60.
Itxassou (B. -Pyrénées), I, 514.

Jacob, I, 14. Jarnac, I, 394.


Jacobel, curé de Prague, I, 616. Javarin (Hongrie), I, 5i3, 514.
Jacobites, I, m, 112, 121, 1 53, 179,213, Jean, abbé, I, 35o.
267, 272, 281, 288, 296, 578, 604; II, Jean, diacre, I, 168, 455 ;
II, 35.
14, 23, 43, 278. Jean, duc de Normandie, I, 616.
Jacques II, roi d'Aragon, II, 38 1 Jean (S.), évangéliste, I, 42, 44, 45, 49,
Jacques III, roi d'Angleterre, I, 32 1. 5o, 54, 55, 56, 57, 58, 63, 65, 149, 189,
Jacques de Batna (S.), I, io5. 295,419, 585, 625; II, 25, 162, 55o.
Jacques d'Edesse (S.), I, 263, 390, 441, Jean (S.), év. de Jérusalem, I, 104.
544, 604; II, 35. Jean, év. de Porto, I, 168.
Jacques de Nisibe(S.), I, 99. Jean, év. de Trani, I, 171.
Jacques de Vitry, I, 169, 200, 266. Jean I (S.), pape, I, 340.
Jacques le Majeur (S.), I, 63, 116, 206, Jean VII, p., II, i3i.
263, 271 ;
II, 43. Jean VIII, p., II, 67.
Jacques le Mineur (S.), I> 63. Jean XII, p., I, 362; II, 3 7 5, 377.
Jalabert (M. l'abbé), I, 17. Jean, légat de Martin IV, I, 387.
Jansénisme, 414, 416; II, 355.
I, Jean, patriarche des Indes, I, 291,
Jansénistes. 143, 265, 294, 33i, 344,
I, Jean V, roi de Portugal I, 419. ,

376, 384, 416, 423, 453, 5oo. Jean^Baptiste (S.), I, 400, 419; II) i3.
. .

624 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Jean Bar Algari, I, 192; II, 67. 206, 207, 211, 25g, 264, 275, 27g, 289,
Jean Bar Nun, I, 5y6. 2go, 291, 2g2, 2 g5, 3oo, 3i3, 3i6, 348,
Jean Barussa, I, i5j. 455, 46g, 5ig, 584, 625, 626; II, 5, i5,
Jean Chrysostome (S.), I, 6, 3o, 62, 63, 17, 25, 68, g8, i-3 1. 481, 482, 483, 489,
66,77, IOI >
iiï j
I2 ^> 20 ^' 2I1 ' 497, 5i8.
210, 25g, 263, 271, 280, 295, 304, 3i8, Jeudi-Saint, I, 63, 71, 157, 3io, 353, 356,

3 19, 323, 324, 332, 405, 406, 407, 4.51, 362, 363, 366, 390,419, 421, 538, 53g,
454, 543, 55 r, 587, 6o3; II, i3, 16, 21, 540, 544, 575, 5g4, 5g5 ; II, 28, 48, gg,
26, 3o, 34, 35, 3g} 5i, 112, 184, 238, 241, 246, 36g, 414, 620, 621, 622,
243, 25 274, 278, 346, 483.
1, 62g, 63 1
Jean Climaque (S.),I, 35o; II, 346. Jeune eucharistique, I, 317, 3i8o23,
Jean Damascène (S.), I,
9, 3o, 34, 110, 3 7 i, 5gi.
206, 25g, 3 18 ;
II, 36. Jeux de la Fête-Dieu a Aix-en-Provence,
Jean d'Antioche (S.), I, 34. II, 386-3go.
Jean d'Avila, II, 47, 348,413. Jobin (M. l'abbé), II, 432, 435, 438.
Jean de Bayeux, év. d'Avranches, I, 186; Jobius, moine, I, 604; II, 27.
II, 9, 21, 36. Johannot (Alfred), II, 53o.
Jean de Jérusalem, II, 16, 26. Joinville (Haute-Marne), I, 223.
Jean de la Croix (S.), II, 38. Joinville (le sire de), II, 147.
Jean de Lausanne, II, 371. Jonas, biographe, I, 460.
Jean de Levde, II, 52. Jonas, év. d'Orléans, I, 40g.
Jean de Louvain, I, 485, 486. Jonathas, I, 478, 485, 486.
Jean, surnommé Marc, I, 58. Joncels (Hérault), II, 78.
Jean de Paris, dominicain, I, 134. Jonquières (Gard), II, 77.
Jean de Saint-Facond (S.), I, 5i3. Joseph II, empereur d'Allemagne, II, 343.
Jean de Téla, I, 288. Joseph d'Arimathie, I, 56, 57, 6g, 70,
Jean Huss, I, 134. 3 1 3 ;
II, 173.
Jean le Bon (le B.), I, 43 1, 477. Joseph de Cupertino (S.), I, 420, 43 1,

Jean Népomucène (S.), II, 348. 494, 5i 3.

Jean-sans-Peur, I, 439. Joseph de Ferno (le P.), II, 4.5 1

Jeanne de Valois (Ste), I, 178. Josèphe, historien, I, 18.


Jéhovah, I, 61. Voir Dieu. — JOSSE DE GAND, II, 502.
Jenisch, II,422. Journal général des Beaux-Arts, II, 118.
Jérémie, patriarche de Constantinople, Jours —
(division des), I, 54 de jeûne, ;

I, i56. I, 3g7 ;
— polyliturgiques, I, 418, 41g.
Jérôme (S.), I, 11, 55, 58, 5g, 77, io3, 200, JovET*(l'abbé), I, 3 16 ;
II, 363.
206, 3i3, 406, 523, 549, 564; II, 3g, JOVIEN PONTANO, I, 342.
i35, 145, 1 58, 248, 3o2. JOVITET (S.), I, 28g.
Jérôme de Prague, I, 134. Juanes (Juan de), II, 5o2.
Jérôme Gratien, I, 4g4- Jubilé, I, 3g4«
Jérosime (S.). I, 431. Judaïsme, II, 38g.
Jérusalem, I, 5i, 52, 55, 56, 67, 68, 116, Judas, 45, 55, 60, 61, 63, 64, 68,
I, 123,
401, 404, 5ig, 537, 614; II, 8g, 134, 328, 61 3 II, 12g, 4g7, 4g8, 5o3.
;

411. Jude (S.), apôtre, I, 63, 58i, 584, 5g2.


Jessé, év. d'Amiens, I, 611. Judde (le P.), II, 273.
Jésuites, I, 11 g, 210, 400, 412, 41 3, 416, Judée, I, 5i .

421, 52g; II, g5, 214, 328,411,451, Juénin, I, 164.


452, 466, 467. Juifs, I, 16,41,42,43, 5o, 5i, 52, 53, 54,
Jésus-Christ, I, 4, 6, 7, 8, 12, 27, 3o, 35, 60, 63, 73, 1 58, 1
5g, 206, 2i5, 450, 457,
40, 41, 42, 4 3, 44, 45, 47>.48> 5i, 52, 466, 468, 46g, 478, 479, 483, 485, 493,
53, 54, 55, 58, 60, 62, 63, 64, 66, 70, 494, 496, 5 1 3, 584, 588 II, 33, io3, ;

71, i5i, i52, i5g, i65, 173, 1 89, 200, 2 3g, 4g7- — Voir Hébreux, Israélites.
. .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 625

Jules I (S.), pape, I, 208. Jupiter, I, 18.


Jules II, p., II, 4, 214, 4o5, 406. Jurisprudence française, I, 343.
Jules III, p., II, 100. Justin (S.), I, 10, 17, 22, 77, 8q, 90; 164,
Julianites, I, 211. 206, 274, 3 1 3, 349, 372, 5 18, 585, 609;
Julien l'Apostat, I, xoi ; II, 243. II, i5.
Julienne de Falconieri (Ste), I, 378 ;
Justinien, empereur, I, 265, 3o5, 459,
II, 3 4 8. 457; 11,4, io3, 107, 111,1 14, 1 36.
Julienne de Mont-Cornillon (Ste), II, Juvénal, I, 564.
348, 370, 371-373, 5i3, 55 1

Kaiser, I, 46. Knoblok (Brandebourg), I, 493,


Kalmouks, I, 20. Knox (Jean), I, 141
Kastner, I, 22. Kobt (Egypte), II, 268.
Kemnitz, I, 392. Kœnisberg, I, 599.
Kerboga, prince de Mossoul, I, 394. Krafft (Adam), I, 564, 565.
Kieff (Russie), I, 514. Krantz (Albert), I, 470.
Kinkell (Écosse), I, 554. Kremsmunster (Styrie), II, 259.
Klosterneubourg (Autriche), II, 117, 126, Kreuzer (M. J.), I, 79.
235, 237, 241, 260, 3i2. Kuinoel, I, 46.

Labarte (M. J.), II, 120, 122, 264. Lagrange (M. Léon), II, 504, 5o5.
Labis, 277, 279.
II, La Grasse (Languedoc), II, 291.
Labis (M.), I, 35 1 , 407. Laïques, ministres de la communion, I,

Laborde (M. de), II, 3o3, 309. 284-287.


La Bouillerie (Mgr de), I, 5o5 ;
II, 460. Lait, I, 202.
La Brède (Gironde), II, 167. Lambert (M. l'abbé), I, 338.
L'Absie (Deux-Sèvres), II, 52o-52i. Lambert d'Hersfeld, I, 435.
Lacédémoniens, I, 583. Lamégo (Portugal), II, 261.
La Chapelle-Rampsoin (Mayenne), II, 1 10. Lamenay (Nièvre), I, 182.
La Ciotat, II, 234. Lami (M. Ernest), II, 161.
Lacy, sectaire, II, 56. La Motte (Mgr de), I, 178; II, 180, 348,
La Corogne (Espagne), I, 514. 423, 455.
La Coste (Joseph de), I, 337. Lampes d'églises, I, 5b I, 563; II, i34
La Croix (le P. de), II, 200. 1 35, i36-i37, i5i, i52, 293, 432-438J
La Croze, I, 121. 486.
Lafare (M. de), év. de Nancy, II, 416. Lamy (le P.), I, 5i.
La Ferté (Saône-et-Loire), I, 556. Lamy (M.), I, 121.
La Ferté-Bernard (Sarthe), I, 557 ;
II, Lange grecque, I, 228 ;
II, 12, i3.
i3o, i65. Lanciano (Italie), I, 514.
La Fons de Mélicoq (M. de), I, 492. Lanfranc, archev. de Gantorbéry, I, 84,
La Fontaine, I, i52. 248; II, 352, 413, 55i.
T. 11 40
6a6 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

'

Lange, protestant, II, 56. • Leclerc (Sébastien), II, 544.


Langue SyriaquBj I> tlt) »*» vulgaire; Leczinska (Marie), II, 472.
II, 29. Ledaim, II, 21 3.
Langrës, I, 553, 622 ;
II, 378, 43 r. Lefebvre (le D>), I, 5 12.
Lanternes — des Morts, 33g, 340 I, — du Légendes, I, 160, 265, 340, 404, 456,492,
Saint-Viatique, I, 38o-38i. 576 ;
II, 3i6.
Laon, I, 2o5, 221, 514, 540, 5g5, 622 ;
Leharivel Durocher, II, 5 12.
II, 16, 248, 253, 265, 294, 29g, 394, Le Mans, I, 557, 621, 622; II, lit, 357,
440. 3g6, 440, 47g, 542, 543.
Laqueuvre (Loiret), II, 145. Le Mas (Lot-et-Garonne), II, ig3.
La Rajasse (Loire), II, 448. Lemoine (François), II, 5o3.
La Roche-sur- Yon, I, 336. Lindesdorf (Allemagne), II, 117.
La Rochelle, I, 48g; II, 262, 355, 416, Lenoir (M. A.), II, 106.
4 53. Léon, archev. d'Achrida, 1, 171.
Larroque, I, 77, 5 18, 543. Léon I (S.), pape, I, 4, 104, 610; II, 33.
Lartigue. (M. de), I, 5o2. Léon II (S.), p., II, i5.
La Rue (le P. de), I, 447. Léon III (S.), p., I, 169 ; 11,107, n3, 234,
La Salle (le V. J.-B. de), I, 4224 249, 276.
La Saussaye (M. de), II, i3o. Léon IV (S.), I, 248, 286, 353, 074, 55o;
La Selle (Eure)> II, î3o. II, io5, 1 1 3, 114, 147, i53, i55, 157,
Lasteyrie (M. F. de), II, 5i5, 519. 164, 173, 242, 245, 246, 247.
Lateau (Louise), 1,432, 5 12. Léon IX (S.), p., I, 1 1 9, i5g, 161, 162,
Latins, I, 11g, i6q, 171, 211, 272, 273, 171, 172, 23l.
408. Léon X, p., I, 267, 4o5; II, 4, 180, 223.
La Tour d'Auvergne (Mgr de), I, 572. Léon XII, p., II, 406, 460.
La Trémouille (Vienne), I, i83. Léon XIII, p., II, 355.
Laucourt (Somme), II, m, Léon, roi des Arméniens, I, 272.
Laudin (Noël), II, 161. Léon d'Ostie, II, 247, 277.
Laumer (S.), I, 45g. Léon (Espagne), II, 188, 332.
Laurent (S.)» diacre, I, 282, 41g, 44g; Léonard de Port-Maurice, I, 383 II, ;

II, i35, 246. 3 47 .

Laurent-Allémand, év. de Grenoble, I, Léonard de Vinci, fï, 497, 4g8, 5o3, 5 10.
56 1 ;
II, 28g. Léonce, métropolitain de Kief, I, 172.
Laurent de Brindës(S.) I, 2g5. }
Léonigilde, roi des Visigoths, I, 296.
Laurent de Dublin (S.), I, 528. Léopold, duc de Toscane, II, 343.
Laurent Justinien (S.), I, 5 1 3 II, 348. ;
Léothéric, archev. de Reims, I, 128;
Lausanne, II, i65. II, 32.
Lavabo, II, 337- L'Épau (Sarthe), II, 197.
Lavage des Côrporaux, II, 181. LÉPREUX, I, 10, 32 3.
Laval (Mayenne), I, 47g. Le Puy en Vêlay, I, 177 ; ÏIj 167, 16g.
Lavement des pieds, I, 5g, 60, 61, 3 1 3. Le Quien (Antoine), II, 445.
Lazaristes, 357. I, Lérins (Var), II, igg.
Léau (Belg.), I, 565 ;
II, 128, ïlî, 3i2, Le Rique de Monchy (M.), II, ig3.
327. Lerma (Espagne), I, 514.
Le Blant (M. Ed.), I, 537; II, 194, Leroux (M. Pierre), I, 14g.
481. Leroux de Lincy (M.), I, 463»
Le Bouchet (Vienne), II, 200» Le Sueur, II, 523, 53o, 543.
Le Brun (le P.), I, 121, 162, 224,265, Lettres —
de communion, I, 526 ;

273/174; H, 11, 21, 41, 184, 294, testimoniales, I, 33»
2 g6, 336, 35 7 , 35g* Levain, I, 166, 167. — - Voir Ferment»,
Le Caire, II, 208. LevaudreUil (Eure)} II, î3oi
Le Camus, év. de Belley, î, 41 5» Le Vavasseur (le P*)) II, 8g.
.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 627

Liber pontificalis, II, 226, 23 1, 233, 337, 264 ;



lyonnaise, II, 40 nestorienne, ; —
3 99 . I,284; —
romaine, II, 20 suédoise, ;

Libéral d'Altino (S.), I, 43 i I, 278.
Liborlière (M. de la), I, 558, 55g. Liturgies — anciennes, I, 206, 208, 212,
Liberté des cultes, I, 345. 260, 263, 270, 271; II, 39, 43-44;
Libre-Pensée, I, 38g. — occidentales, I, 1 1 5-i 17; — orien-
Lidwine (Ste), I, 412,432, 5 1 3 II, 348. ;
tales, I, 6o3 ;
II, 3i, 34g; — protes-
Liège (Belgique), I, 402, 5 14, 553 II, 1 18, ;
tantes, I, 278.
128, 187, 2i3, 252, 260, 3i5, 372, 374, Liturgistes, II, 11.

376, 400, 424, 440, 449, 454, 455, 461. LlVONIENS, I, 325.
474, 545, 546. LlVOURNE, II, I7O.
Lierre (Belgique), II, 118. Livres en langues latine, française, et
Liesse (Aisne), 449, 475. II, étrangères, relatifs à l'histoire de l'Eu-
Liessies (Flandre), I, 3g6. charistie, II, 559.
Lieu —de la Cène, I, 54, 59; — de la Livry (Seine-Inf.), II, i3o.
communion 356-358.
pascale, I, Lobo (le P.), I, 120.
Lieux affectés à la Réserve de l'Eucharistie, Lodesino (Milanais), II, 223.
I, 219, 549-579; de réception du — Logos, I, 92.
Saint-Viatique, I, 374-375 ;
— réservés Loi mosaïque, I, m.
à l'administration de l'Eucharistie, II, Lois organiques, II, 384.
3-7. Loja (Espagne) II, 188.
LlGHFOOT, I, 583. Lombardie, II, 458.
Ligré (Indre-et-Loire), I, 621. Lombeck (Belgique), II, 128.
Liguori (S. Alphonse de), I, 3 18, 5o3 ;
II, Londres, II, 117, 272, 461, 53g.
44, i5o, 347, 423, 55 1. Loredanus (le P.), I, 414.
Lihons en Santerre, I, 5g5. LORETTE, II, 45 I, 452.
Lille, II, 116, 272, 394, 443, 448, 455, Lorraine, I, 55 1.

469, 470, 474. Lorraine (le card. de), I, 618.


Lillebonne, II, 541. Lothaire II, I, 434, 435.
Lima (Pérou), II, 128. Louis le Débonnaire, empereur, II, 69.
Limérick (Irlande), II, 201. Louis I, roi de Bavière, II, 401.
Limeuil (Dordogne), II, 191. Louis VI, roi de France, I, 469.
Limoges, I, 571 II, 161, 309, 441, 459.
;
Louis VII, roi de France, II, 420, 453,
Linas (M. Ch. de) II, 23o, 252, 260, 282, Louis VIII, roi de France, II, 415.
283, 3o8, 32o. Louis IX (S.), I, 267, 384, 411, 476, 529;
Lincoln, I, 514; II, 145. II, 11 3, 147, 237, 262.
Lind (Pologne), II, 328. Louis XI, II, 178, 326, 327.
Linges d'autel, II, 171-185. Louis XII, I, 490; II, 36i, 5o3.
Linz, II, 444. Louis XIII, I, 240; II, 11 3, 416.
Lions, 479.II, Louis XIV, I, 388, 490 ; II, 11 3, 261, 400.
Liquides divers substitués au vin d'obla- Louis XV, II, 129, 261, 32i, 344.
tion, I, 201-204. Louis XVI, I, 36 7 .

Lisbonne, I, 66, 25o ; II, 254, 261, 408, Louis Bertrand (S.), II, 348.
467. Louis de Bar, évëque de Langres, I, 322.
Lisieux, II, 3 1 7, 41 3, 455. Louis de Gonzague (S.), I, 317; II, 347,
Littré (M.), II,
99, 370. LOUIS DE LÉON; I, 53.
Liturgie — ambrosienne, II, 242; — Louis de Toulouse (S.), I, 411.
anglicane, I, 144, 1 58, 193, 2i3, 278, Louis le Grand, de Hongrie, II, i5o*
392 II, 55 ;
;

arménienne, II, 40 ; — Louise de la Résurrection, I, 432.
d'Allemagne, I, 378; écossaise, — I, Louise de France (M me ), II, 182.
287; —
éthiopienne, II, 40, 352; — Lourdes, I, 5og ; II, 332, 475.
grecque, II, 22, 26, ^356 ;
— jacobite, I, Louvain, I, 5 14, 565 ;
II, 171, 328»
. . ,

628 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Louvencourt (M lle de), II, 348, 455. Lugo (Espagne), 11,410.


Louversey (Eure), II, 110. Lumay (Belgique). I, 480.
LOUVET, I, 493. Luminaire ecclésiastique, II, i33-i54.
Louvre (Palais du), I 440. Lunule des ostensoirs, II, 32i.
Loyson (M. Hyacinthe), I, 628; II, 37. Lupus (Chrétien), I, 162, 167, 434; II,

Lubeck, I, 564 ;
II, 260. 419.
Luc (S.) anachorète, II, 352. Lusy (Haute-Marne), II, 192.
Luc (S.) évangéliste,
44, 46, 5o, 54, 60, I, Luther, I, 75,77, 84, 129, 1 35, 1 36, 137,
62, 66, 262, 584, 626; II, 28, 217. 139, 140, 146, 23o, 277, 286, 288, 3 14,
Luc, évêque de Tuy, II, 353. 424, 429, 626 ;
II, 52, 349, 364.
Luc Jeune (S.),
le I, 525, 6o5. Luthériens, I, 1 73, 91, 126,
3g, 140, 142,
Lucerne, I, 38o. 145, i58, 2i3, 265, 277, 329, 5i7, 618,
Luchent (Espagne), I, 514. 624.
Lucie d'Adelhausen, I, 494. Luxeuil, I, 459.
Lucien d'Antioche (S.), I, 523 ;
II, 61. Luz (Portugal), II, 119.
Lucifer, diacre, I, 45 1 Lyon, I, 367, 402, 622 ; II, 74, 78,
224,
Lucius, I, 161. 101, 116, i65, 174, 175, 179, 196, 197,
Luçon (Vendée), I, 38 ;
II, 38 2 , 475. 220, 264,312, 332, 341, 354, 36o, 36 1
Lucques, I, 484; II, ,i3o, 546. 423, 4^1,443, 447> 448, 455j 4^8, 459,
LUDAN (S.), I, 2 95. 466, 469, 47 5, 479.
LUDGER (S.), II, 255

Mabillon, I, 114, 127, 129, 162, 166, 169, Maître-autel, I, 573 ;


II, 434, 435. —
i85, 239, 540, 555 36, 193, 252, 274, ;
II, Voir Autels.
291, 293, 294, 296, 3o2, 304, 357. Malabar, I, 112, 180, 202.
Macaire (S.), I, 290, 3 18, 407. Malabat (Gers), II, 264.
Macarius Magnes, I, 95, 124. Malachie prophète, I, 16, 56.
Macedo (Fr.), I, 162. Malachie, (S.), I, i3 2 467; II, 348. ,

Macédoniens, I, 296, 454. Malades, I, 372, 374, 378, 391, 52i, 6o5,
Macédonius, I, 104. 611, 63i.
Macérata (Italie), II, 446, 43 1. Maldonat (François), I, 25, 202, 223.
Maçon, II, 362. Malines, I, 386 ;
II, 187, 260, 378.
Macri, II, 296. Malo (S.), I, 456.
Macropedius, I, 3g6. Malplaquet, I, 375.
Madoc (S.), I,43 1 Malte (Ile de), I, 5g6.
Madrid, I, 386 ; II, 455, 461, 464, 470, Malte-Bruges (Belgique), I, 514.
543. Maltot (Calvados), I, 566.
Maestricht, I, 478; II, 187, 218, 260, Mamberg (Bavière), II, 260.
3o8. Mandatum, I, 60, 61. — Voir Lavement des
Maffei (Scipion), I, 188. pieds.
Magdebourg, II, 400. Manducation de la victime des sacrifices,
MagnebodE (S.), II, 35. I, 18, 23.
MagNoald, moine, II, 246. Manichéens, I, 124, 128, i55, 201, 58i,
Maguelone (Hérault), II, 192. 610.
Mahométans, I, 119. Manne du désert, I, 5-7, 42; II, 482-483,
Mai (le cardinal), I, 107. Manon, I, 19.
TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 629

Manoury (M. l'abbé), I, 96. Marie-Madeleine (Ste), II, 295.


Mantes-sur-seine, I, 178; II, 394. Marie-Madeleine de Pazzi (Ste)/I, 292,
Mantoue, I, 514. 365, 420; II, 347.
Manuel Comnène, T, 172. Marie Stuart, I, 286 II, 4. ;

Manuel sacerdotal de Chartres, I, 382. Marie-Thérèse, I, 490.


Manuterges, II, 273, 340, 341. Marie Vela, I, 5i3.
Manvieux, évêque de Bayeux, I 43i. Marienflos (Chartreuse de), I, 3oo.
Marbode, évêque de Reims, I, 299. Mark, abbé, I, 35o.
Marbourg, II, 1 10. Marmoutiers (abbaye de), I, 557; II,

Marc (S.), évangéliste, I, 5o, 54, 206, 235, 79-


2b3, 271, 41g, 625 ;
II, 60, 217. Maronites, I, 112, 1 56, 172, 269, 299,
Marc, hérétique, I,200, 264; II, 245. 3og, 400, 578, 579, 604, 606 ; II, 14, 16,
Marc d'Éphèse, I, 272, 273. 67, 253, 284, 547.
Marca (Pierre de), I, 127, 614. Marques de respect et d'adoration envers
Marcel, archevêque de Corfou, II, 21. l'Eucharistie, II, 35i-368.

Marcel, évêque de Paris, I, 453. Mars (S.), év. de Nantes, I, 237.


Marcel (S.), pape, II, 4. Marseille, I, 3g6, 439, 5 14; II, i3o, 137,
Marcionites, I, 5o, 124, 20 r. 190, 319, 332, 333, 364, 38o, 395, 444,
Marcossiens, I, 284. 445, 449, 455, 45g, 469, 470, 474.
Marcoul (S.), I,
457. Marseille-le-Petit, I, 493, 514.
Marcoussy (Seine-et-Oise), II, 328, 329. Martène (dom), I, 162, 220, 364, 528,
Marette (M. l'abbé),
435. II, 542, 546; II, 20, 274, 291, 295.
Mareuil-en-Brie (Marne), II, i3o. Martial (S.), I, 63; II, 60, ig3.
MargaritjE, II, 21, 287. Martigny (Mgr), II, 26, 184, 212, 236,
Marguerite d'Auriche, I, 486. 237, 337, 484.
Marguerite de Bavière (la B.), I, 3oo. Martin, chanoine de Léon, I, 378.
Marguerite de Gortone (Ste), I, 411, Martin (S.), év. de Tours, I, 235, 238,
5i3. 245 ;
II, 78, 118, 157, 523, 549.
Marguerite de Hongrie (Ste), I, 317; Martin V, pape, II, 375, 378, 617.
II, 348. Martin (le P. Arthur), II, i5i, 198, 3 12,

Marguerite du Saint-Sacrement (la B.), 322, 325, 333.


I, 5oi. Martin (Henri), I, 77.
Marheinac, I, 87. Martin de Brague, I, 245.
Mariage, I, 582. Martinov (le P.), II, 326.
Marianne de Jésus (la B.), I, 365, 43 1,
Martyrologe romain, I, 449, 5 18.
5oo. Martyrs, II, 92.
Maricel (Oise), II, i3o. Maruthas (S.), I, 100, 263.
Marie, mère de Dieu, I, 56, 62, 64, 65, Mazuchelli, I, 166.
66, 86, 97, io5, 112, ii3, 144, 189, Mathias (S.), I, 58, 61.
285, 293, 372, 404; II, 17, 33, 547. Mathias de Lanow, I, 616.
Marie-Ange (la Sœur), If, 348. Mathieu (le cardinal), II, 367.
Marie-Antoinette, II, 5, 209. Mathilde. (la comtesse), I, 410.
Marie d'Agréda, I, 62, 65, 86, 494. Mathilde, reine d'Angleterre, II, 35g.
Marie de Béthanie, II, 78. Matière — de l'Eucharistie, I, 1 52-23 1
;

Marie de l'Incarnation (la B.), I, 3 12. — des autels, 66-69;


II, — des autels
Marie de Médicis, II, 119, 383. portatifs, II, 2ii-2i3; — des burettes,
Marie des Anges (la B.), I, 5i3. II, 337 ;
— des calices, II, 243-248; —
Marie d'Oignies (Ste), I, 494, 5i3. des chandeliers, II, 141 ;
— des ciboires,
Marie - Françoise des Cinq Plaies de II, 288-292 ;

des corporaux, II, 179;
Jésus (la B.), I, 365. — des eulogies, I, 239-241 ;
— des
Marie l'Egyptienne (Ste), I, 407, 604; ostensoirs, II, 218; — des pales, II,

II, 5o, 279, 304. 270; — des patènes, II, 232, 233 ;

. . .

63o TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

des retables, II, 124; — des voiles de Ménard (Hugues), I, 611.


calice, II, 272. Mende (Lozère), II, 167, 229.
Matthieu, abbé de Saint-Florent, I, 3o8. Mennonites, II, 54.
Matthieu (S.), évangéliste, I, 5o, 54, 55, Mensœ, II, 66.
60, 63, 262 ;
II, 549. Mentana, I, 394.
Matthieu (le pasteur), I, 264. Mer Rouge (passage de la), I, 7.
Matthieu de Vendôme, I, 477. Merati, I, 164, 397; II, 421.
Matthieu Paris, I, 476. Mercredi-Saint, II, 112.
Maulévrier (Seine-Inf.), I, 566. Merida (Mexique), I, 387.
Maur (Dominique), I, 596. Meridas, II, i3.
Maures, I, 474, 5o2. Mérovée, I, 245.
Maurice, év. de Paris, I, 249, 256, 401. Mesnil-Hurlus (Marne), II, i3o.
Maurice, empereur, I, 523. Mésopotamie, I, 20 II, 208. ;

Maurienne (Saint-Jean-de), I, 566; II, 110. Messager du Sacré-Cœur, I, 509.


291, 441. Messaliens, I, 98, 125, 469.
Maurille, archev. de Rouen, II, 21. Messe, I, 116, 362, 399-402, 404, 407-
Mauromale (monastère de), I, 577* 420, 460, 463, 464, 465, 472, 496, 519,
Mauron (Morbihan), II, 443. 522, 625, 63 1 ; II, 369, 548 ; de saint —
Mauroy (Mlle de), II, 437. Grégoire, II, 520-522 ; de saint Martin, —
Maury (M. Alfred), I, 614. II, 523, 53o, 546 —
des Morts, I, 224,
;

Mauzac (Puy-de-Dôme), II, 146, 149. 225, 320-321, 397-398, 419 ; II, 16, 100;
Maxime de Turin (S.), I, 8, 80, 184. — du diable, II, 368 ; nocturne de —
Maximien, ou Maximin, év. de Bagaï, II, Noël, I, 3g5 ;
— pontificale, I, 23o ;
II,

67, 72. 238, 277; — sèche, I, 266, 267.


Maximien (S.), év. de Syracuse, I, 455, Messie, I, 16, 43, 1 1 1

527, 544. Messine, I, 394, 467.


Maximilien I, duc de Bavière, II, 259. Métalepse ou Assomption, I, 33.
Maximilien d'Au triche, I, 491. MÉTAMORPHYTES, I, I 35
Maximin, empereur, I, 238. Métaphraste, I, 523.
Mayence, I, 1 33, 145, 378; II, 110, 1 5 1, Metz, I, 509; II, 218, 366.
260, 454. Metz-le-Comte (Nièvre), I, 567.
Mazerolles (Vienne), II, 200. Mexicains, I, 22.
Meaux, II, 20, 366. Mexico, I, 419, 42 1
Mechtilde du Saint-Sacrement (la Mère), Mexique, I, 23, 384 ;
II, 459, 461.
II,348, 446, 454. Miannay (Somme), II, 481, 482.
Meerssen (Hollande), I, 514. Micer (Antonio), I, 53g.
Meeuns (Mme de), 448.
II, Michel (S.), archange), I, 71, 157; II,

Megen (Belg.), II, 128. 119, 121.


Méhémet-Ali, II, 110. Michel-Ange, I, 567.
Melaine (S.), I, 237. Michel Gérulaire, I, 119, 161, 162, i63,
Mélanchton, I, 1 3g, 2o3, 23o, 627. i65, 171, 172, 176.
Melay (Maine-et-Loire), I, i83. Michel des Saints (S.), I, 496.
Melchiade (S.), pape, I, 166, 236, 239, Michel Paléologue, I, 119.
526. Michelet, I, 76, 112.
Melchisédech, I, 68 ;
II, 491, 492, 541. MlCHELOZZI, II, 121.
Melchites, I, m, 179. Michiels (M. A.), II, 495.
Melchtilde (Ste), I, 295. Michon (M. l'abbé), I, 5g.
Melfe (Sicile), I, 465. Micrologue, I, 227 ; II, 11, 40.
Melita (Sicile), II, 35. Midi de la France, I, 198, 555 ; II, 385.
Melk (Autriche), II, 220. Miedz (offrande du), I, 19.
Melleville (M.), II, 394. Miel, I, 246, 3o5.
MEN ANDRE, I, 123. Milan, I, i65, 219, 228,. 286, 332, 404, 116,
• 1

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES 63

466, 514, 52i ;


II, 33, 86, 110, 116, 121, Mois du Saint-Sacrement, II, 471,
i52, 202, 225, 266, 3o2, 3i5, 33o, 377, Moïse, I, 5, 6, 41, 78, io3 j
II, i3, '59, 88,

4 5i, 458, 5o3, 5u, 538, 53g, 546, 55i. 106, 483.
Milanais, I, 200, 355, 622, Moïse (l'abbé), I, 35o.
Milner, I, 203. Moïse, patriarche des Arméniens, I, 21 3.
Milser, seigneur, II, 38. Moissy (Nièvre), I, 567,
Minden, II, 23o, 3o8, 340. Molanus, I, 483.
Minerve (Hérault), II,
77, 192, Moldavie, I, 597; II, 284.
MlNGRELIE, 37, 250, 44I, b^f).
II, Moléon, I, 556, 557; II, in,
MlNGRÉLIENS, I, 122, 1 53, 1 5 7, IQ3, 21 3, Moline (Pierre), I, 141.
391 ;
II, 233, 245. Monastères, 177, 249, 25o, 288, 420, 421,
Miniatures, II, 5o8, 538, 539^41. 433. — Voir Moines.
Minimes, 253 ; II, 214, 278.
I, Moncada (Espagne), I, 487.
Ministres —
delà communion, 1,279-301; Mone (Jean), II, 127,
— de la consécration (leur pluralité), I, Monique (Ste), I, 590.

268-269; — du Saint-Viatique, I, 375- Monnaies, I, i85 j


II, 241, 548.

376 ;
— extraordinaires de la commu- MONOPHYSITES, I, IO7, 121, 1 56, l8o. —
nion, I, 282-288 ;
— ordinaires de la Voir Eutyçhéens, Jacobites,
communion, I, 280-281 ; — schisma- Mons (Belgique), II, 187, 3i2, 33o.
tîques ou hérétiques, I, 296 ;
— supra- Monstrances. —
Voir Ostensoirs,
naturels de la communion, 1, 289-295. Mont-Athos, II, 5i3, 514.
Minot (Côtes-d'Or), II, i63. Montagu (Jean de), II, 328,
Minutius Félix, I, 82, 586, Montaigne (M, l'abbé), I, 338.
Mirabeau, i52. Montanistes, I, i55.
Miracles des Billettes, II, 542, MONTANUS (S.), II, 207,
Miracles eucharistiques, II, 38, io3, 226, Montauban, II, 116.
234, 289-295, 327-329, 378, 430-433, Mont-Cassin, I, 60 ;
II, 95, 248, 277,
447-5i 5. Montfaret (Vaucluse), II, 199.
Mirebeau (Côte-d'Or), I 566. Monfort-l'Amaury, I, 7.
Missel —
de Bangor, II, 19; de Bobbio, — Montilly (Allier), II, 188.
I, 1
17 ;
— de Milan, I, 397; — d'Orléans, Montivilliers (Seine-Inf.), II. i3o.
II, 34; de Paris, II, de Rouen, 33; — Montmajour (B.-du-Rhône), II, 191.
I, 186; —
de Sarum, II, 20; Gallican, — Montmartre, I, 514.
II, 40; —
gothique, I, 117, 263 — ; Montpellier, I, 284 II, 459. ;

jacobite, I, 121 mozarabique, I, ;


— Montpensier (duc de), I, 366.
263; —
romain, I, 228, 261 ; II, 3o, 37, Montréal (Yonne), II, 201.
372. Montrouge, II, 10. 1

Missels, I, 220, 401 ; II, 159, 208, 228; Mont-Sion, I, 55, 56.
— anciens, I, 621 ; II, 29, 3o, 224; — Monumento, I, 53g ;
II, 82.
français, I, 52 1 ;
II, 20, 23, 11 5, 358. Monza, II, 117, 178, 182, 202, 212, 223,
Missionnaires, I, 321, 325 ;
II, q$, 214, 260.
Mithra, I, 22. MORAVES, I, 6l6.
Mode —
de consécration, à la Gène de Morera (Estramadure), II, 76.
Notre-Seigneur, I, 70-72 ;
— de récep- Morel (M. l'abbé), I, 5o8.
tion eucharistique, II, 33-41. Morin (le P.), I, 34, 40, 400.
Modène, I, 398; II, 1 36, 202, 491. Mormons, I, 203-204.
Modestie des vêtements, I, 324-325. Mornay-Bery (Cher), II, 110.
Moelieu (M e de), II, 448. ll
Moroni (le chevalier), II, 405.
Moigno (l'abbé), I, 85. Mortillet(M. de), II, 198.
Moines, I, 406, 417, 524, 528. Morts (communion donnée aux), I, 339-
Moines blancs du Corps du Christ, II, 3 4 i.

444- Moosbourg (Bavière), II, 187. ;

.
.

632 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Mosaïques, II, 67, 5o8, 538. 128, 220, 3o5 ;


— de Cluny, I, 1 83, 238,

Moschus (Jean), I, 468, 570, 6o5 ;


II, 28. II, n3, 119, 120, i3o, 143, i5i, 161,
Moscou, I, 390; II, 3i2. 182, i83, 264, 3 10, 332 de Cologne, ;

Moscovites, I, 112, 579. II,126; —
de Darmstadt, II, 218 ;

-Mosquée, I, 5q, de Dijon, II, 119, 1 29 de Dresde, II, ; —
Motets eucharistiques, II, 362. 117, 187; —
de Latran, 11,480, 496;
Moulin eucharistique, II, 5 19. — de Lyon, II, 159 de Madrid, II, ;

Moulins (Allier), II, 469. 261; —
de Munster, II, 117; de —
Mourants, 372, 373, 374. — Voir Namur, II, 128 ; de Naples, II, 161 ; —
Malades. — de Nevers, II, 248 ; d'Orléans, II, —
Mourette (Augustine), I, 5o5. 145 ; —
de Paray-le-Monial, 1, 1 83, 5 1 3,
Moût de vin, I, 197. 5 14; II, 475 ; —
de Pesth, II, 340 de ;

Moutiers (Deux-Sèvres), II, 21 3. Poitiers, II, 77, 200 ; de Rouen, II, —
Moutiers-Hubert (Calvados), II, 108. i3o, 23o, 255, 3io, 542; — de Saint-
Moyen âge, I, 34, 187, 244, 247, 248-250, Germain-en-Laye, II, 198; —
de Saint-
266, 32i, 440, 521, 537, 61 1 Omer, II, 254 ; — de Soissons, IL, 120 ;

Mozart, II, 362. — de Vienne (Isère), II, 70 du Bri- ;



Multiplication des pains, I, 8-9, 28, 78, tish Muséum, II, 25o ; du Louvre, I, —
188; II, 483- 4 85. 566 ; II, 119, i3o, i5i, 218, 236, 3o8,
Multiplicité des autels, II, 85-88. 3io, 340, 5oo, 5o3, 548, 5io; — du
Munich, II, 127, 259, 401, 444, 5o8, 539. Vatican, II, 295, 3i2, 3i5, 33o, 339,
Munster, II, i5i, 187, 3 12. 340, 5 10, 527.
Muratori, I, 117. Musulmans, I, 59, 212, 327, 328, 473 ;
II,

Musée —
Barberini, II, 275 d'Aix en ;
— 411.
Provence, II, 70; —
d'Amiens, II, i5i, Mystères, I, 35, 81 — ; dramatiques, II,

i56, 3o6; —
d'Arlon, II, 128 d'Au- ;
— 382, 414, 441. — Voir Drames liturgi-
xerre, II, 128; —
de Berlin, II, 126, ques. .

260, 495 ;

de Bordeaux, II, 3o8 ;
— Mystagogie, IL 5 1 3-5 14.
de Bourges, 1, 1 83 de Bruxelles, II,;

Nahuys (M.), II, 128. Nature et choix du vin d'oblation, I, 196-


Naintré (Vienne), 1, 182, i83. 199-
Namur, II, 218, 220, 260. Nazianze, I, 514.
Nancy, II, 237, 262, 38o, 446, 455, 459, Na^ili, I, 391.
466, 470. Neander, I, 487.
Nannaroni, dominicain, I, 579. Nécessité prétendue de la communion
Naples, I, ,359, 366, 387, 397, 480, 494, pour le salut des petits enfants, I, 3o6-
5o3 ;
II, 60, 74, 202, 447, 466, 467. 3o 7 .

Napoléon I, I, 366, 394. Nectar, I, 18.


Napoléon III, I, 252 ;
II, 263. Nédonchel (Pas-de-Calais), II, 272.
Nappes — d'autel, II, 172-177 ;
— de com- Nefs des églises, II, 166, 167.
munion, II, i83-i85. Néocésarée, II, 86.
Narbonne, 177, 178, 182, 224, 23i
I, ;
II, Néophytes, I, 97, 3o5, 337, 545; II, 6.

1
19, 319, 332.
Nesbett (M. Alexander), II, 176.
Narni (Italie), II, 2o3. Nestoriens, I, n3, 121, 125, m, 126,
Nassau (duché de) I, 145. 140, 1 53, 157, 179, 180, 21 3, 263, 270,
TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES b33

281, 283, 296, 299, 390, 457, 462, 576, 363 ;


— (jour de), I, 290, 419, 421, 425,
604, 606; II, 37, 67, 225, 278. 597, 621 ;
II, 48, 273 5
— (messes de), I,

Nestorius, I, io5. 322, 395, 400.


Nevers, I, 567 ; II, 85, i3o, 472. Noël (M. l'abbé), II, 161.
Newington (Kent), II, 201. NOFRI DE BUTO, II, l3û.
New-York, I, 204. Nointel (M. de), I, 577.
Nicéphore (S.), H, 47- Nole (Italie), I, 55o II, 2o3. ;

Nicéphore Calliste, I, 58, m, 404; II, 99. Nombre —


des autels, II, 85-88 ;
— des
NlCÉTAS, I, l68, 462. chandeliers, II, 149-150,
Nicodème, I, 56, 57, 67, 584. Nomocanon,\, 197, 209, 247, 337.
NlCOLAÏTES, I, 124. Noms d'artistes, II, 353 — de la ; Fête-
Nicolas I (S.), pape, I, 127, 219, 325,409 Dieu, II, 370 ;
— des autels, II, 65-66 ;

434 ;
II, 27, 282. — des burettes, II, 337 >
— des calices,
Nicolas II, pape, I, 23 1. II, 239, 240 des chalumeaux, II, ;

Nicolas III, pape, II, 40. 276 —
des chandeliers, II, 140-141
; ;

Nicolas IV,- pape, II, 266. des ciboires, II, 285-288 des eulo- ;

Nicolas V, pape, II, 4, 377. gies, I, 234-235 des éventails, II, ;

Nicolas de Flûe (S.), I, 317, 432, 5i3. 28 1 —
des ostensoi rs, II, 3 5
; des pa- 1 ;

Nicolas d'Hydrountos, I, 160. tènes, II, 23 1 des retables, II, 123 ;
— ;

Nicolas de Lyra, I, 616. du pain et du vin d'oblation, I, i52-i53.
Nicolas de Tolentino (S.), I, 252. Non-baptisés (les), I, 326.
Nicolas de Verdun, II, 126. Norbert (S.), I, 466 ;
II, 55 1.
Nicole, janséniste, I, 415. Normandie, I, 2 25, 242, 492; II, 108, i3o,
Nicole Aubry, I, 495. 1 38, 141, 171, 386, 413.
Nicomédie, I, 523. Norrey (Calvados), II, 191.
Nicon, hérétique, I, 157,578. Norvège, I, 202 II, 245, ;

Nicopolis, I, 394. Notes historiques sur un certain nombre


Nièvre, I, 567. d'autels, II, i85-2o8 ;
— d'autels por-
Nil (S.), I, 101 ;
II, 346,451. tatifs, II, 2 1 5-220.
Nil, fleuve, I, 157. Notre-Dame — de l'Épine, I, 553 ;
— de
Nimègue, 495. I, Paris, I, 223, 23o, 248, 25o, 358, 401,
Nîmes, I, 284; II, 110, 333. 553, 556 du Laus, ;
— I, 294.
Nisan (mois de), I, 5i, 52, 53. Nottingham (Angleterre), II, 110.
Nisibe, I, 92. Nouet (le P.) I, 415.
Nitrie, I, 406. NOVARINI, 189; II, 295.I,

Nivelle (Belgique), I, 488. Novatien, schismatique, I, 327 II, 32.


;

Noailles (le cardinal de), I, 5o3. NOVATIENS, I, 433, 434.


Noailles (M. l'abbé), I, 5o5, 507. Novgorod (Russie), II, 3i2.
Noces —
de Cana, I, 8, 78, 98; II, 485 ; Novi (Italie), II, 431.
— secondes, I, 333. Noyon, II, i3o, 148, 149, 374, 378.
Nodier (Charles), I, 1 52. Numa Pompilius, I, 21.
NoÉ, I, 68. Nuremberg, I, 564, 565 II, i5i, 176,
;

Noël (fêtes de), I, 176, 248, 352, 353, 354, 438, 5 11, 543.

O Salutaris, II, 36i, 362,421,431. Oblata, I, 536.


Ober-Millingen (Allemagne), II, 3i2. Oblation d'ABEL, I, 9 — de Melchisédech ;

Obies (Nord), II, 264. I, 9-10; —


du pain et du vin, I, 226-231.
.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Oblationnaires, I, 216. Olivet (Loiret), II, 289.


Oblations, I, 2i5. Olivétains, 444. II,
Oblayers, I, 177. Ollier (l'abbé), I, 38 1 ; II, 348, 4 5 4 .

Obligation de recevoir l'Eucharistie, 348- Olmutz (Allemagne), I, 514; II, 444.


352. Ombrellino, I, 3 80, 389 ; II, io5, 379.
Obligations de la part du ministre de la Omer (S.), I, 546.
communion, I, 297-299. Onctions des autels, II, 9 1, 92.
Obran (Monastère d'), I, 471. Onghena (M.), II, 1 18,
Occident, I, 116, 170, 173, 200, 240, 244, Onuphre (S.), I, 295,
304, 309, 406, 417, 524, 597, 614, 629; Ophites, I, 124, 266.
II, 3, 36, 37, 146. Oplinter (Belgique), II, 128.
Occidentaux, I, 161 Optât (S.), év. de Milève, I, 100, 45o, 519;
Océanie, I, 199; II, 459, 461, 473. 11, 67, 172, 178, 225, 244.
Ochen (Bernardin), I, 141. Oraison dominicale, II, 8.

Octave de Pâques, I, 355, 385, 397. Orarium, I, 522.


Oculus, I, 55 1. Oratoires privés, II, 3, 4, 88.
Odet de Colignv, I, 493. Orcagna, II, 202,
Odile (Ste), I, 291, 5 1 3, 545 ; II, 36. Ordonnances synodales, I, 242, — Voir
Odiot (M.), II, 264. Synodes,
Odon, év. de Gantorbéry, 1,463. Ordre de sucession dans la réception eu-
Odorici (M.), II, 482. charistique, II, 27-29.
Œcolampade, I, i36, 1 37, 1 38. Ordre teu tonique, I, 421.
Œufs — d'autruche, II, ii3; — de Ordres mendiants, I, 537 ,
H> 74»
Pâques, I, 598. Ordres romains, I, 2o5,
263, 3 19, 219,
Œuvre — apostolique,
472 ; II, —- de 540 ;
II, 17, 21, 36,.48, 5o, 74, 227, 273,
l'adoration réparatrice, II, 443 ; — de la 276, 341.
communion perpétuelle, II, 463 — de
; Orient, I, 162, 170, 173, 199, 202, 211,
la communion réparatrice, II, 463, 464; 225, 244, 265, 270, 283, 299, 304, 324,
— de la messe réparatrice, II, 472 ; — 339, 390-391, 402, 417, 441, 514, 538,
des lampes du Saint-Sacrement, II, 437; 555, 569, 597, 614, 629, 63g; II, 6, i5,
— des tabernacles et des églises pauvres 36, 37, 39, 5i, 68, 69, 73, 81, 97, m,
II, 471. 140, 214-215, 234, 25i, 255, 293,
177,
Œuvres — d'adoration temporaire ou 296, 369, 438.
perpétuelle, diocésaine ou locale, diurne Orientation des autels, II, 80, 85.
ou nocturne, II, 450-462 eucharis- ;
— Orientaux, I, 112, 1
57, i5g, i63, 201,
tiques, 439-476
II, relatives à l'a- ;
— 227, 229, 23o, 254, 270, 271, 275, 3og,
doration du Saint-Sacrement, II, 439- 3 16, 322, 406, 538, 576, 577, 578; II, 6,
462; —
relatives à la communion, II, 12, 182, 226, 272, 278, 348, 349, 355,
462-468 ;

relatives au saint Viatique, 363, 365.
II, 468-471 -— relatives aux Premières
; Orléans, I, 224, 344, 409; II, i65, 179,
Communions, II, 464-467. 211, 270, 294, 362, 378, 425, 472.
Offertoire, I, 216, 221, 227, 228, 23 r, Orléans (duc d'), I, 439.
243. Ormes (Aube), I, 566.
Offertoria,I, 220; II, 229, 240. Ormuzd, I, 19.
Office du Saint-Sacrement, II, 375-376. Ornements —
des autels, I, io5-iÔ2; II,
Offrandes liturgiques, I, 21 5-225, 299, 71-73 ;
— des calices, II, 25i-253 des
;

II, 336. ciboires, II, 3o4-3o5 ;
— des ostensoirs,
Oisemont (Somme), I, 621. II, 320.
Oisy (Nièvre), I, 567, Origène, I, 4, 29, 77, 81, g3, 164, 404,
Oldimbourg, I, 145. 5i8, 519, 586, 609 ; II, i5, 3o, 345.
Olimpio (le P. François), II, 436. Origine —
de la bénédiction du Saint-
Olivaint (le P.), II, 5. Sacrement, II, 420-421 ;
— de la pro-
. . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 635

cession de la Fête-Dieu, II, 377-378 ;


Othmar (S.), I, 536.
— de l'exposition du Saint-Sacrement, Othon (S.), év, de Bamberg, I, 199/410.
II, 419-420; des agapes, I, 583-587 — ;
Othon I, empereur, I, 435.
— des eulogies, I, 236-^38; des — Othon II, empereur, II, 264.
quarante-heures, II, 451 des retables ;
— Othon III, empereur, II, 117. j

II, 123 ;
— des saluts, II, 421 ; — du Othon, de Germanie, I, 3g3,
roi
luminaire des églises, II, 1 34- 1 3 5 Ottobini, légat du Saint-Siège, II, 353.
Orsbach (Prusse), II, 332. Otton, év. de Verceil, I, 353.
Orseolo, doge, II, 122. Oublies, I, 594. —
Voir Nieules.
Orsi (le cardinal), I, 275, 236, Ouche (Normandie), I, 340.
Orvieto (Toscane), I, 567 ; II, 2o3, 373, Ouen (S.), I, 460.
375, 541 Ouvrages —
des douze premiers siècles,
Oscott (Angleterre), II, 265. exclusivement relatifs à l'Eucharistie,
Osculatqrium, II, 17. — Voir Instrument II, 556-558 ;

spéciaux, relatifs à
de paix. l'histoire dogmatique, liturgique et ar-
Osée, I, 16. chéologique de l'Eucharistie, II, 55g-
Osiander, I, 1 3g 588. .

OSNABRUCK, II, 220, 253, 25c), 200. Overbeck, II, 497, 504.
Ossat (le cardinal d'), I, 332. Overis (Angleterre), II, 127.
Osséens, I, 124. Ovide, I, 18, i52.
Ostensoir, attribut de quelques saints, Oviedo, I, 208.
II, 55i. Oxford, I, 1
34, 146; II, 265, 3 12, 540.
Ostensoirs, II, 224, 3o4, 3i5, 335, 420, Ozanne (la B.), I, 295.
426, 427, 497.

Pacciaudi, II, 278. Pala d'Oro. —


Voir Parements.
Pacôme (S.), I, 175. Palatin at, I, 145.
Pacuvius, I, l52. Palencia (Espagne), II, 332.
Paderborn, II, 220, 260. Palerme, II, 2o3, 467.
Padoue, II, 2o3, 498. Pales, II, 269-271.

Paganisme, II, 60, 1 35, 38g. Paley, I, 46.


Pagny (Côte-d'Or), II, i3o. Paliotto. —
Voir Parements.
Païens, I, 80, 324, 583, 586, 587. Paliotto (le card.), II, 451.
Paimbœuf (Loire-Inf.), II, 193. Pallade, év. d'HELLENOPOLis, I, 175, 290,
Pain, I, 21, 22, 23, 26, 27, io5, 106, i32, 453, 58g.
147, i65, 166, 168, 173; II, 9, 12; — Pallade, év. de Saintes, II, 86.
azyme, ,
I, 4. —
(Voir Azymes); bé- — Pallavicini,I, 618.

nit, I, 599. — (Voir Eulogies) d'Élie, — ; Palluau (Indre), I, i83.


I, 10 ; — de Gédéon, I, — d'Habacuc,
6 ; Paludanus, I, 154, 616.
I, 11 ;
— d'oblation, I, 152-193 — sacré, ; Paons, II, 479.
I, 228, 229. Pamelius, I, 166.
Pains, I, 184, 188, 216, 239, 254, 255; II, Pamiers, II, 264.
486, 488-491 de proposition, I, 1 1 ; ;
— Pammachius, sénateur, I, 589.
— de saint Antoine, I, 247 de saint ;
— Pampelune, II, 119, 128.
Bernard, I, 253. Voir Multiplication — Panicocoli (Italie), I, 35g.
des pains. Panier à burettes, II, 33g.
. .. . . .

636 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Pantaléon (Jacques), II, 371, 372. Pascal Baylon (S.) I, 496 II, 348. ;

Panthéisme, I, 127. Paschase Radbert (S.), I, 76, 79, ni, 112,


Pape (le), II, 10, 25, 48, 49 ;
II, 41 5. 1 1 3, 463 II, 276, 55 6i 1 ,
; 1
Papes, I, 37, 529-534; II, 32, 101, 406. Passau (Allemagne), I, 514.
Paphnuce (S.), abbé, I, 295, 35o. Passeri, II, 432.
Papoires, II, 390-391 Pastelliers, I, 1 38.
Paque ou Pâques, I,
45, 5o, 1 55, 166, Pasteurs calvinistes, I, 298.
223, 419, 421, 423, 455, 461 ;
II, 414, Pastophores, I, 549-55o II, 287. ;

468 ;
— (fêtes de), I, 176, 246, 248, 249, Patènes, I, 242 ;
II, 9, 38, 222, 223, 224,
254, 3o5, 352, 353, 354, 363, 365, 399, 231-237, 55 1
400, 5g5, 597, 598, 621; (jour de), — Paterno (Italie), I, 514.
II, 4, 112, 171, 242, 290, 594 ;— légale, Pathmos (île de), I, 6o5.
I. 5o, 5 1 -57, 60, 64, 71, 160, 200, 206, Patriarches d'Orient, I, 171.
3 18; —
Voir Devoir pascal, Octave Patrice (S.), I, 352 ; II, 210, 246.
de Pâques. Patrons des autels, II, 96.
Paradis terrestre, I, 4, 6. Paul (S.), apôtre, I, 28, 3o, 38, 44, 46,
Paraguay, II, 41 1 61, 88, 161, 234, 262, 3 1 1 , 324, 35o,
Parasceve, I, 52. 419, 584, 591, 626; II, i3, 25, 28, 53,
Paray-le-Monial, I, 514; II, 197, 463, — 66, 79, 107, 162, 55o.
475, 555. Voir Musée. — Paul (S.), ermite, I, 35o.
Parements d'autel, II, n3-i22. Paul II, pape, I, 529.
Parenzo (Istrie), II, 110, 187. Paul III, p., I, 53o; II, 95, 3io, 439, 440,
Paris (le P.), I, 127. 442.
Paris, I, 197, 2o5, 241, a5i, 357, 368, Paul IV, p., II, 271.
425, 477,478, 479, 480, 5o2, 5o3, 507, Paul V, p., II, 3o, 442, 467.
514, 566, 622 II, 57, 67, 74, 101, 1 10,
;
Paul de Samosate, I, 94, 124.
1 1
5, 129, 1 53 1 63, i85, 263, 264,, Pauliciens, I, 126.
265, 292,294, 319, 333, 366, 367, 377, Paulin de Noie, I, io3, 237, 239,
(S.), év.

395-399, 420, 440, 443, 446, 449, 459, 55o, 589; II, i35, i58.
460, 461, 465, 468, 470, 471, 472, 474, Paulli (Sébastien), II, 256.
475, 5oi, 5io, 5 1 1 53o, 542, 546; ,
— Paulusius, I, 46.
(les archevêques de) I, 252. Voir ,
— Pausanias, II, 107, 134.
Bibliothèques, Musées, Notre-Dame, etc. Pauvres Fillesdu Saint-Sacrement, II, 446.
Paris (Mathieu), II, 433. Pavie, II, i3o, 2o3, 377, 414.
Parker (M.), II) 201 Pavillons du ciboire, II, 3 1 3-3 14.

Parlementaire, I, 33 1. Pax-Domini, II, 12, i5.

Parlements, I, 252, 343, 344, 36 1, 438 ;


II, Pays-Bas, II, 278, 455, 474. — Voir Hol-
3 9 6.
lande.
Parme, II, i85, 2o3. Pécheurs publics, I, 33 1, 336.

Paroisse, I, 356, 357, 358, 365. Pectorius, I, 96.


Paroles — de la consécration. I, 259-278 ;
Peines canoniques, I, 33 ;
— portéescontre
— de l'institution de l'Eucharistie, 1,45- les infractions du devoir pascal, I, 358-

49 — prononcées par le prêtre en don-


36i.
nant
;

la communion, II, 29-33. Peintures — de la Cène, II, 498-508 ;



Paros (île de), I, 285. relatives à l'Eucharistie, 11,523-538.

Participants aux eulogies, I, 244-247. Pela (Mésopotamie), 1, 393.


Particularités —
locales sur les procès- PÉLAGIANISME, I, 127.
cessions de la Fête-Dieu, II, 383-412; Pèlerinages eucharistiques, I, 483, 5o2,
— relatives aux agapes, I, 588-591 5o8; II, 474-47 5 •

Pascal I, pape, II, 100, 114, 1 55. Peletier, I, 333.


Pascal II, p., I, 6i3 ; II, 10. Pellicia, I, 542.
Pascal (Pabbé), II, 229,252, 269,270, 304. Pélican, II, 494-
. .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 63 7

Pénicaud (Jean), II, 218, 5 10. Philopon (Jean), I, 5i, 168.


Pénitence publique, I, 3i-32. Philoxène, I, 107.
Pénitentiels, I, 528; II, 61, 184, 365, 366. Phocas, empereur, I, 458.
Pénitents —
Gris, ï, 489, 490; publics, — Photius, I, 162, i63, 170, 438, 604; II,

I, 218, 245, 246, 329-33i, 33g, 371, 372, 282.


3 7 3, 535. Picard (Amice), I, 432.
Pentecôte (Fêtes delà), I, 176, 3o5, 352, Picard (Bernard), I, 53o; II, 56.
353, 354, 363, 399, 421, 595, 621 Picard (l'abbé L.), II, 3i2.
Pépin (M. J.), I, 7 5. Picardie, I, 309; II, 455.
Pépin, père de Charles Martel, I, 238. Pichon (le P. J.), I, 416.
Pépuziens, I, 155,284. Pie I (S.), pape, I, 236; II, 174.
Perceval, I, 69. Pie II, p., I, 267.
Péréfixe, I, 388. Pie IV, p., I, 32i, 619; II, 214, 384,
Pereieslav (Russie), II, 268. 452.
Pères de l'Église, I, 12, 77, 78, 79, 80, 83, Pie V (S.), p., I, 209, 270, 36o ;
II, 4, 3o,
1 55, 207, 274, 405, 428, 604. 160, 180, 273, 375, 405.
Perez, prêtre espagnol, I, 473. Pie VI, p., I, 535; II, 95, 248, 406.
Périgueux, I, 3og; II, i3o. Pie VII, p., I, 366, 394, 532; II, 100,
Péronne (Somme), I, 553. 270, 406, 460.
Pérou, I, 23. Pie VIII, p., I, 355 ;
II, 406.
PÉROUSE, II, IIO, 167, 2û3. Pie IX, p., I, 66, 188, 419; II, 61, 223,
Perpétue (Ste), II, 493. 277, 290, 343, 355, 376, 389, 394, 397,
Perpétuité de la foi, I, 87, 89, 119, 540. 400, 437, 442, 448, 460, 461, 463, 464,
Perpignan, I, 386; II, 129, 3 19, 332,447. 469, 532, 535.
Perret, II, 293. Piémont, II, i85.
Perrone (le P.), I, 46, 83. Pierce (Jacques), I, 3 1 1
Perse (la), II, 281. Pierre (S.), prince des apôtres, I, 9, 45,
Perses, I, 19, 20. 54, 57, 63, 65, 86, 161, 2o5, 295, 419,
Personnes privées de raison, I, 336-338. 585, 592; II, i3, 25, 60, 79, 107, 162,
Pesahhim, I, 206. 178, 2o3, 204, 2o5, 483, 484, 498.
Pesaro, II, 491. Pierre, abbé de Braine, I, 469.
Peschitho, I, 121. Pierre, archev. de Melfi, I, 172.
Pessignano (Italie), I, 567. Pierre, patriarche d'Antioche, I, 161,
Petau (le P.), I, 287, 41 5. 171.
Petits Chrétiens de Russie, I, 147, 157. Pierre Célestin (S.), pape, II, 128.
Petra Santa (Sylvestre), I, 477. Pierre Chrysologue (S.), I, io5; II, 86,
PÉTROBUSIENS, I, l32. 236, 55i.
Pezilla-de-la-Rivière (Pyrénées-Orien- Pierre d'Ailly, I, 274.
tales), I, 504. Pierre d'Alcantara (S.), I, 421, 495,
Pharaon, I, 1 3. II, 3 4 8.
Philippe (S.), apôtre, I, 63. Pierre d'Alexandrie (S.), II, 352.
Philippe II, roi d'Espagne, II, 355, 367, Pierre Damien (S.), I, 410, 465, 545;
444. II,247.
Philippe II, dit Auguste, roi de France, Pierre de Blois, I, 84, 353.
I,394, 596. Pierre de Bruis, I, i32. — Voir Pétro-
Philippe IV, dit le Bel, II, 214, 38o. busiens.
Philippe VI de Valois, II, 214. Pierre de Corbie, év. d'Avignon, II, 420.
Philippe le Bon, I, 490 II, 119. ;
Pierre de Dresde, I, 616.
Philippe de Commines, II, 178. Pierre de Luxembourg (le B.), II, 128.
Philippe de Néri (S.), I, 412, 494, 5i3; Pierre le Chantre, II, 357.
II, 267, 348, 45 1, 549. Pierre Martyr (S.), I, 141.
Philon, I, 52. Pierre de la Paix, II, io3.
.

638 TAËLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Pierre d'Autel, II, 65, q5, 97, 209. Porphyre, év. de Gaza, I, 527.
Pietro (Lorenzo di), I, 567. Port-Royal des Champs, I, 119, 223,
PlLATE, II, 339.- 243, 41 5, 422; II, 27, 445, 5oo.
Pillet (M. l'abbé), II, 490. Portalis, I, 345.
Pinaigrier (les), II, 5 1 5, 542. Porte-Missel, II, 15g.
Pinelli (le P.), I, 327, 328. Porto (Portugal), II, 425, 486, 491.
Piscines, II, 164-165. Portugal, I, 355, 36o, 514, 573 II, 119, ;

Pise, II, 2o3, 282, 3o2, 524. 252, 253, 260-261, 376,408, 413,42g,
Pistoia (Italie), II, 121, i3o_, 266. 458, 463.
Pitzipios (M. J.), I, 164. Posën (Pologne), I, 5 1 3, 514.
Planchât (l'abbé), II, 465. Possédés du Démon, I, 464, 466, 491,
Plaute, I, 34. 492.
Platina, I, 206. Post-Communion, 11,43.
Plats d'offrande, II, 229-230. Postel (Mgr), I, 366, 456.
Plégile, prêtre, I, 463. Posture des Communiants, II, 25-27.
Plérome, I, 124» Potenza (Italie), I, 514.
Plessy-Placy (Seine-et-Marne), II, i3o. Pougnet (M. l'abbé), II, n 3, 333.
Pline, le naturaliste, I, 18, 21, 154, i59, Poussielgue-Rusand 69, 145, (M.), II,

23g, 591. 1 53, 195, 196, 198, 265, 3i2, 332, 334,
Plock (Pologne), I, 622; II, 235, 254* 3 4 i.
268. Poussin (Nicolas), II, 497, 498, 5o4, 5o5,
Plomelin (Finistère), II, 264. 5o6.
Plumayen, I, 53. Prague, I, 496 ;
II, 444.
Pluquet, abbé, I, 129. Prato (Italie), II, 167.
Plutarque, I, 21 Prayer-Book, II, 56.
Poiret, ministre, 144. I, Précautions de respect prescrites à l'é-
Poisay-le-Sec (Vienne), II, i3o. gard des Saintes-Espèces, II, 364-366.
Poisson, I, 11-12, 96, 188. — Voir Préceptes relatifs aux époques de com-
Ichthus. munion, I, 352-354.
Poissons, II, 481, 486, 488-491. Précieux-Sang, II, 275, 277, 3o3, 364,
Poitiers, I, 181, i83, 5 14 ;
II, 159, ï6i, 365, 442.
200, 201, 366, 479. Précis Historiques de Belgique, I, 542,
Poitou, I, 467» 546.
Pologne, I, 36o, 514, 528, 539, 598 ;
Prédicateurs, I, 2 38.
II, 181, 268, 424, 446, 461, 473» Préface Liturgique, II, 93-94.
Polonais, I, 5g8 ;
II, 36 1. Première Communion, I, 179, 363-371 ;

POLYBIBLION, 275»
I, II, 464-467,
Polydore Virgile, I, 18, 206; II, 173. Première Heure de l'année devant le

Poméranes, I, 157, 286, 578. Saint-Sacrement, II, 456.


Poméranie, I, 410. Préparation —
à la communion, I, 3 17*
Ponce de Léon, I, 535* 3 18 ;

immédiate à la communion,
Poncher, év. de Paris, I, 299, 322, 365. II, 8-18.
Pons, abbé de Cluny, I, 61 3. Présanctifiés (Liturgie des), I, 116, 268,
Pont-Audemer, II. 542. 362, 396, 538-540, 610, 629.
Pont-de-l'Arche (Eure), II, i3o. Presbourg, I, 496.
PoNTHIEU, II, 374. Presbytériens, I, 141 ; II, 56.
Pontifical, II, 90, 91; d'Apamëe, — Prescriptions liturgiques, relatives à la

I, 3o6; —
romain, I, 275,620; II, i36, réserve de l'Eucharistie, I, 570-575.
288. Préséance (Questions de), I, 252.
Pontigny (Yonne), II, i63. Présence réelle, I, 73-i5o, 577 ;
II, 226.
Pontorson (Manche), II, i3o, 194. Pressac (Vienne), I, 514.
Porlock (Angleterre), II, 201. Pressoir mystique, II, 5i4-5t8.
. .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 63g

Prêtres, I, 280, 36 1 , 362, 3j5, 417-420; 126, 127, 143, 146, 199, 2o3, 2i3, 277,
— II, 27, 28, 5i ;
— du Saint Sacre- 278, 3 1 1 3i2, 349, 372, 391-393, 443,
,

ment, II, 445, 447, 449. 5 18, 543, 557, 610, 6i3, 624, 626,-628,
Prières des Quarante-Heures, II, 45o- 629; II, 52-57, 65, 98, 177, 225, 349,

453, 457. 363, 370, 396, 437, 438. Voir An- —


Prinkipio (îles), I, 678. glicans, Calvinistes, Luthériens, etc.
PriouX (M. Stanislas), I, 468. Prothèses, I, 228, 377, 620; II, 12, i3,
PrISCILLIANITES, ï, 125, 524» 64, 154.
Prison mamertine, I, 2o5. Provence, I, 492; II, 69, 455.
Privilèges des autels, II, 98-104 ;
— des Proverbes, II, 32.
autels portatifs,
II, 214. Proverbes (Livre des), I, i5.
Processions —
de la Fête-Dieu, II, 332 ;
Prudence (S.), év. de Troyes, I, 267;
— du Très Saint-Sacrement, II, 323, II, i35.
376-417; —
du Viatique général, I, 385- Prudence, poète, I, 5ig; ÎI, i35, i58.
386 ; — motivées par certaines Fêtes Prum, II, 122.
religieuses, II, 412-415; —
motivées Pruneaux, I, 1 58
par des événements politiques ou reli- Prusse, I, 145, 528.
gieux, II, 415-416; motivées par la — Psaumes, II, 14, 3g, 40, 62, 92, 94.
piété locale, II, 417. Puget (le), I, 566.
Proclus, I, 58. Pugin (M.), II, 110, 145, 1 53, i54, 201,
PRODICIENS, I, I24. 55 9 .

Profanations, I, 440, 441, 4$o, $04, 5i3; Puits sacrés, I, 2o5.


— eucharistiques, II, 366-368. Pulchérie (Ste), impératrice, lï, 69.
Profession de Foi, II, 21-23. Pulcherius, abbé, I, 340.
Promesse de l'Eucharistie, I, 41-44. Pullen (le cardinal), I, 335.
Properce, I, 564. Pupitres, II, i5g, 166.
Prophéties sur l'Eucharistie, î, 14-16. Pureté du corps, I, 32 3.
Propitiatoires, II, 1 55. Purificatoires, II, 272-274.
Prorogation de la communion pascale, Puritains, I, 425.
I, 355. Pusey (le D r
),
I, 146.
Proses liturgiques, I, 499, 5oo. Puséystes, I, 146, 3i5; II, 57, 73, if>4,

Prosper (S.), ï, 454, II, 226. 36 4 .


Prosternement, II, 26, 27, 355, 356, 358, Pyrrhus, monothélite, ï, 438.
363. Pythagoriciens, I, 21.
Protais (S.), II, 78. Pyxides, I, 379-380; II, 289, 290, 296,
Protestantisme, I, 79 ; Iî, 56. 299, 3o5.
Protestants, I, 25, 42, 46, 73, 75, 77, Pyxis, II, 287.
78, 84, 87, 101, 108, 112, 11 3, 119,

Quakers, I, 143. Quatrebarbes (M. de), I, 368.


Quantité d'eau mêlée au vin, I, 208- Quatre-Temps, I, 399, 400, 419.
209. Quélen (Mgr de), I, 374,
Quarante (Hérault), II, 193. Quenson (M.), II, 121.
Quarante-Heures, II, ioo, i38. — Voir Quesnel (le P.), I, 41 5.
Prières, Questel (M.), II, 110, 196,
Quarti, II, 1 1 5 QUICHERAT (M.), I, 564.
Quasimodo, I, 366* Quimper, II, 448.
.

640 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Raban-Maur, î, 112, 11 3, 170, 240, 395, Règle de Saint-Benoît, I, 248, 249, 420.
409, 611 ;
II, 12, 146, 357. Règne de Jésus-Christ (le), I, Préface, 1
;

Radegonde (Ste), I, 175, 177; II, 1 58. II, 439, 475, 542.
Radet (le général), I, 366. Regnier-Flameng, I, 47g.
Raephorst (Van), II, 127, Regnon (le P. de), I, 5oo.
Raffray (M.), I, 562. Réguliers, I, 297, 356, 357, 3 7 5 î
n i 4,
Raggi (la Sœur), I, 2q5. 223, 227, 383.
Ragon (M.), I, 76, 148, 149. Reichenau, II, 187.
Raguse, II, 38 1 Reimbert, év. de Verdun, II, 283.
Raincheval (Somme), II, 3o6. Reims, 221, 222,
I, 244, 309, 5g3, 611 ;
Raisin, II, 3g, 482. II, 81, 123, i3o, 1 55, 160, 167, 174,
Rambervillers, II, 446. 263-264, 2 9 2 > 2 94» 33o, 333, 362, 38o,
Rameaux )Dimanche des), II, 413. 397, 5io, 547.
Rancé (l'abbé de), I, 557. RÉITÉRATION DU VIATIQUE, I, 3jJ-3j8.

Raoul, abbé de Saint-Trond, I, 6i5. Religieuses, de l'Adoration


I, 177 ;

Raoul, archev. de Bourges, I, 5ax. perpétuelle, II, 448 de l'Archicon- ;

Raoul-Ardent, I, 307, 3o8. frérie réparatrice, II, 450 ; de l'As- —
Raoul de Rivo, I, 401. somption, II, 45o; de la Congré- —
Raoul de Tongres, II, 178, 270. gation du Saint-Sacrement, II, 447 ;

Raphaël (S.), archange, II, 119. de Saint-Norbert, II, 447 ; du Centre —


Raphaël Sanzio, II, 3ig, 5o6, 5io, 533, eucharistique, II, 45o ;
— du Corpus
534. Domini, II, 446 ;

du Précieux-Sang,
Ratherius ou Ratier, év. de Vérone, II, 442; — du Sacré-Cœur, II, 45o.
I, 286, 410 ; II, 147, 353. Religieux et Religieuses, I, 420-422.
Ratisbonne (Allemagne), I, 199, 5 14 ; Religions de l'antiquité, I, 17.
II, 1 10, 122, 187, 260. Reliquaires, II, 1 57-1 58, 219.
Ratramne, I, 112, 11 3, 127. Reliques, I, 60; II, 76, 89, 90, 92, 1 57,
Ravenne, I, 8 11,67,110,113, 170, 187,
; 167, 212, 252 des Autels, II, 77-
;

188, 2o3, 204, 491, 538. 80.
Ravignan (le P.), I, 358; II, 468. Rembert, II, 3g.
Raymond de Pennafort (S.), I, 187 ;
II, Remi ou Remy (S.), archev. de Reims, I,

353. 222, 238, 593 ;


II, 1 56, 228, 253, 263,
Raymond Nonnat (S.), I, 291. 293.
Raynaud (Théophile), I, 144, 32i ;
II, Remi (S.), évêque d'Auxerre, I, 114 ;
II,

421. 9 3, i
7 5.
Réception — de l'Eucharistie, I, 38; — Rémond (Florimond de), I, 497.
des Offrandes, I, 219-221. Renaissance, 73, 108, 125.
II,

Recloses (Seine-et-Marne), II, 5 18, 547. Renan (M. Ernest), I, 47, 149.
Récollettes, II, 45o. Renaud, év. de Paris, I, 248.
Redemptus, I, 168. Renaudot, I, 2i3 II, 279. ;

Refus de Sacrements, I, 325, 33i, 332, René I, duc d'Anjou, II, 386, 388, 38g.
342-346. Rennes (Ille-et-Vilaine), I, 367; II, i3o,
Régimond (Hérault), II, 193. 382, 386, 456, 470.
Réginon, abbé de Prum, I, 288, 435, 52i, Renouvellement de la Réserve eucha-
571 246.
;
II, ristique, I,570-572.
Registres de communion, I, 368. Renty (le baron de), II, 454, 472.
.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 64I

Réparation des sacrilèges eucharistiques, RlGOBERT DE REIMS (S.), I, 2 38.

II, 366-368. Rimini (Italie), I, 342, 514; II, 78, 204,


Repas — dans les églises, I, 5go, 5g3, 478.
594, 596; de Tibériade, — I, 12. — Rio, II, 533.
Voir Banquets. Riom (Puy-de-Dôme), I, 514; II, 294.
Reposoirs, I, 53g II, 382, 401. ;
Ripon (Angleterre), II, 201.
Représentations relatives à l'Eucha- — Rite —
ambrosien, I, 538, 564 II, g, ;

ristie en général ou à des particula- 40 ;



arménien, II, 22, 40 gallican, ; —
rités eucharistiques, II 5 13-548; à — 11,9, 271; — lyonnais, II, 270, 273; —
l'Institution de l'Eucharistie, II, 496- maronite, — mozarabe,
II, 363 ; I, 2o5 ;

5l2. II,9, 14, 234;


— parisien, II, 378,
Réserve de l'Eucharistie, I, 517-579; 43o — romain,
; 270, 36i. — II, Voir
— destinée à divers usages, 540-541 I, ;
Liturgie.
— emportée dans les voyages, 527- 1, Rites — anciens analogues à l'Eucha-
535 — enterrée avec les morts,
; I, ristie, I, 17-23 ; — de la communion
535-537; —
envoyée par le pape et les privée, I, 525 ;
— de l'administration
évêques, en signe de communion, I, de l'Eucharistie, II, 1-57 ;
— des sectes
525-526 ; —
portée aux fidèles non ma- protestantes, 52-57 ;
II, — spéciaux,
lades, I, 521-525 ; pour la com- — motivés du ministre
par la condition
munion des fidèles pendant la messe, ou par celle du communiant, II, 48-51.
I, 537-538 ; —
pour la messe des pré- Ritualistes, I, 146, 214. Voir Pu- —
sanctifiés, 538-540 sous l'espèce
I, ;
— séystes.
du vin, I, 542-548. Rituel —
romain, I, 333, 35g, 36o, 376,
Respect rendu aux vases sacrés, II, 379, 38o, 38i, 384, 385, 400, 570, 573 ;
225-228. II, 47, 83, 242, 444 ; syriaque, I, —
Résurrection de Jésus-Christ, I, 189. 5 4 5.
Retables, II, i23-i3i. Rituels, I, 209, 242, 267, 3o8-3o9, 325,
Rethel, I, 3oo. 329, 333, 334, 355, 385, 3go, 400;
Retz (le card. de), I, 5oi. 11,74; — français, I, 33 r, 337, 382,
Révélation primitive, I, 17. 383, 440, 556, 56i, 572, 61 3 ;
II, 434.
Revoil (M.), II, 192, 199. Robbia (Andréa délia), I, 566.
Révolution française, I, 296, 368, 417, Robert II, roi de France, I, 60, 528 ;
II,

483, 535, 599; II, 5, 101, 261, 289, 32, 174, 211.
384, 397. Robert de Torote, év. de Liège, II, 372.
Revue de l'Art Chrétien, II, 75, 3o8. Robert Paululus, I, 3o8.
Revue du Très Saint-Sacrement, I, 386, ROCAMADOUR (Lût), II, ig3 II, 264. J

38 7 .
Rocca (Ange), I, 34, 529 II, 275. ;
Rey (Ferdinand de), I, 498. •

Rochets, I, 376.
Rhœting (Franconie), I, 479. Rock (le D'), II, 211, 21 5.
Rhin (Bords du), I, 200.
Rodemann, I, 73.
Rhipides, II, 283, 284. Voir Flabella. — Rodez, II, 189, 297.
Rhodes, I, 60. Rodolphe, archev. de Bourges, I, 353.
Rhutènes, I, 203. Rodolphe II, empereur d'Allemagne, I,
Ribadeneira, I, 341.
388; II, 367.
Ribera (le P. Bernard), I, 209, 3go. Rodolphe, hérétique, I, 134.
Richard, archev. de Cantorbéry, II, 247. Rœulx (Nord), II, 332.
Richard (le duc), I, 464. Rogations, II, 83.
Richard de Mediavilla, I, 616. Roger, abbé du Bec, 11, 37.
Richard de Nottingham, I, 616. Roger, év. de Beauvais, II, 21 3.
Richelieu, I, 38, II, 262. Roger, év. d'Oléron, II, 75, 3o5.
Richeome (le P. L.), I, 10 ;
II, 495. Roger (M. l'abbé), I, 495.
Ridley, I, 141 Roger Van der Weyden, II, 128, 535, 537.
t. 11. 4i
642 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Rohault de Fleury, II, 8% i85, 188, Rostan(M.), II, 12g.


«04, 208, 5o8, 5io, 523, 539, 541, 548, Rotes (Eure), II, i3o.
567-569. Rothenbourg (Hesse-Electorale), II, 127,
Roi (Communion du), II, 5o-5i. 187.
Roissy-en-Brie, II, 77. Rouard de Car (M.), I, 178.
Rolduc, II, 187. Rouen, I, 222, 224, 252, 3g6, 552, 553,
ROLLER (M.), II, 25, 480, 487. 556, 5g4 ;
II, ïiï, i3o, 1 65, 175, 17g,
Romagnano, év. de Turin, I, 490. ig8, 270, 2g4, 3o2, 3 18, 358, 362, 366,
Romains, I, 2r, 34, 1 58, 166, 184, 188, 374, 377, 378, 413, 440, 446, 453, 458,
408, 55o, 583 ;
II, 88, i56, 281, 470, 547.
Romans (Drôme), II, 447. Rouet de Sonnerie, II, 36o, 36 1.
Romaric (S.), I, 45g. Rouez (Sarthe), I, 182.
Rome, 1,29, 37, 66, 116, 134, i65, 171, Roussel (M. l'abbé), II, 465.
187, 189, 227, 252, 3ig, 327, 332, 356, Rouvres (Côte-d'Or), II, igi.
36o, 363, 366, 38i, 385, 386, 3g6, 404, Roye (Somme), I, 6, 621.
406, 407, 412, 415, 434, 449, 5i3, 514, Rubens(P. P.), H, 5io, 543.
523, 525, 541, 554, 56o, 563, 564, 567, Ruffec (Berry), II, 2g7.
569, 589, 620, 622 II, 3, 6, 9, 12, 28, ; RUFIN, II, 21 3.
60, 68, 75, 76, 77, 78, 79, 81, 85, 86, Ruinart (dom), II, 2g4.
87,90, 95, 100, 107, 109, n3, m, Rumilly-lès-Vandes (Aube), II, i3o.
Ï16, 122, i3o, i3i, 147, i5g, 1 63, 170, Ruons (Ardèche), II, 83.
174, 204-206, 218, 223, 232, 266, 276, Rupert, I, i32, 162 II, 289. ;

290, 293, 3io, 32i, 347, 358, 377, 403- Russes, I, 3 14; II, 284.
407, 413, 41 5, 424, 427, 435, 439, 447, Russie, I, 147, 180, 254, 272, 3io, 3 18.

448, 449, 451, 452, 457, 458, 460, 467, 390, 423, 514, 570, 607 ;
II, 32, 87, 97
469, 5 1 1, 523, 538, 547. 177, 255, 268, 473.
Rose de Lima 432, 494; II, 348.
(Ste), I, Rusticule (Ste), II, 86.
Rossi (M. J. B. de), I, 95 ; II, 70, 202, Ruthènes, I, 201, 209, 309.
237, a5o, 280, 3o2, 478, 482, 489, 569,
58g.

Saba (la reine de), I, 68. Sacramentaires hérétiques, I, 102, 128


Sabaoth, I, 124. 134, 137, i3g, 145 ;
II, 447.
Sabas (abbé), I, 431. Sacre — des évêques, II, 10 ;
— des rois
Sabatier, év. d'Amiens, II, 390,441. I, 223, 3g4, 620.
Sabbat, I, 52. Sacre d'Angers, II, 392-3g3.
Sabbaites, I, 1 57, 268. Voir Chrétiens — Sacré-Cœur, I, 190.
de Saint-Jean* Sacrements, 1, 35, 36.
Sabbéens, I, 20. Sacrifice de la Messe, I, 9, 36, 168. -
Sablé (Mme de), I, 414. Voir Messe.
Sacareth (Pologne), I, 494» Sacrifices —
de l'ancienne Loi, II, 491
Sachets eucharistiques, I, 577. — païens, I, ig-23.
Sacraires, I, 549-55o. Sacrilèges, I, 342, 44g, 465, 466, 4g3
Sacramentaire —
ambrosien, I, 263 ;
— II, 225, 367.
gallican, II, 224 -* de Bobbio, II, 224
;
Sacro-Catino, I, 68 69.
;

— de saint Gélase, II, 89, 223, 253 ;


— Sagesse (Temple de la), I, i3, i5.

de saint Grégoire, I, 242, 378; II, 3i, Sagette (l'abbé), I, 444.


48, 79, 223. Saignât (Creuse), I, 554.
. .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Saillant (Gorrèze), II, 264. Saint - Marcel-de-Careiret (Gard), II

Saint (le), I, 29. 192.


Saint-Agapet (Grèce), I, 514. Saint-Martin de Tours, I, i3o, 198.
Saint-Alban (Angleterre), II, 127. Saint-Martin des Champs, I, 222.
Saint-André (Tarn), I, 566. Saint-Martin - du - Canigou (Pyrénées*
Saint-Barban (Haute- Vienne), I, 180. Orient.), II, 176,
Saint-Benoit-sur-Loire, II, 107, 122. Saint-Maur-les-Fossés, II, 197.
Saint-Bertrand de Comminges, II, i3o. Saint-Maurice d'Agaunb, II, 3 10.
Saimt-Brieuc, II, 469. Saint-Maximin (Var), II, 60, 129, 199.
Saint-Chad (Grande-Bretagne), II, 265. Saint-Menoux (Allier), II, 188.
Saint-Chrême, II, 89, 94, 225. Saint-Omer, I, 225, 264, 3 1 1
Saint-Clamens (Gers), II, 192. Saint-Oreste (Italie), II, 206.
Saint-Claude (Jura), II, 124, 447, Saint-Pair (Manche), II, 194.
Saint-Come, I, i3o. Saint-Pantaléon, II, 199.
Sainn-Cyran (l'abbé de), I, 414, 41 5, Saint-Pierre du Vatican, I, 5go ;
II, 74,
Saint-Denys (abbaye de), I, 176, 222, 101, 110, n3, 122, 1 36, i53, i55, 173,
620 II, 67, 74, n3, 129, 1 65,
; 167, 242, 248, 249, 291, 296, 304, 33o, 403,
168, 198,211, 2i3, 248, 254, 277, 297, 406.
547. Saint-Pol-de-Léon, II, 192, 432.
Saint-Didier (Nièvre), I, 567. Saint-Quentin, II, 538.
Saint-Dominique de Silos (Espagne), II, Saint-Rambert (Ain), II, 290.
261. Saint-Riquier, 1,440; II, 107, n3, 161,
Saint-Esprit, I, 42, 101, 144, 169, 212, 23o.
270-276 ;
II, 93, 298, 514. Saint-Sacrement, I, 36, 58, 378, 379,
Saint-Félin d'Amont (Pyrénées-Or.), II, 438, 439, 440, 475, 496, 497, 5o5, 5i8,
77, 196. 525, 53o-534, 55 1, 554, 55g, 573, 577;
Saint-Flour, I, 396 ; II, 377, 447. II, 343, 344, •

Voir Adoration, Atti-
Saint-Floxel (Manche), II, 194. tude, Élévation, Lampes, etc.
Saint-Gabriel (Calvados), II, i65. Saint-Saens (Seine-Inférieure), II, 120.
Saint-Gall (abbaye de), II, 85, 87, 122, Saint-Saturnin-lès-Apt (Vaucluse), II,

l32. 199-
Saint-Germain (Aube), I, 566. Saint-Savin (Vienne), II, 79, 201.
Saint-Germer (Oise), II, 68, i63, 194. Saint-Sépulcre de Jérusalem, I, 68.
Saint-Gervais-de-Vic (Sarthe), I, 566. Saint-Servan (Morbihan), II, 264»
Saint-Graal (le), I, 69-70, 76. Saint-Sever-sur-l'Adour, II, 22g.
Saint-Guilhem du Désert, II, 87, 193. Saint-Sulpice (séminaire de), I, 249.
Saint-Honorat (île), II, 199. Saint-Thibaud (Côte-d'Or), I, 55g j
II,

Saint-Jean-de-Banos, II, 188. i3o.


Saint-Jean-de-Bozeau (Loire - Inf.), II, Saint-Victor de Paris, I, 177.
193. Saint-Winoc, II, 246,
Saint-Jean de Latran, I, 65. Saint- Yrieix (Haute- Vienne), I, 55g.
Saint -Jean- des -Abbesses (Espagne), I, Saint-Zacharie (Var), II, igg.
5i 4 . Sainte-Chapelle de Paris, I, ig4.
Saint-Jean-du-Doigt (Finistère), II, 237, Sainte-Foy-lez-Lyon, II, 441.
263. Sainte-Marguerite (Seine- Inférieure) ,

Saint-Josse (Pas-de-Calais), II, 256. II, 198.


Saint-Laurent d'Olt (Aveyron), II, 447. Sainte-Radegonde (Gers), II, 264.
Saint-Lo, II, 540. Sainte-Table, I,- 26, 325, 332, 470;
Saint-Macaire (Moines de), I, 577. II, 28.
Saint-Malo, II, i3o. Saintes (Charente-Inférieure), II, 377,
Saint-Marc-sur-Couesnon (Ille - et - VI- 455, 469, 5 1 1

• laine)j II, 26-4. Saintes Femmes de l'Evangile* I, 585.


644 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Saintes-Mariés (Bouches-du-Rhône), II, Savonarole, I, 411, 437 II, 344.


;

190, 218. Saxe, I, 278, 3i5, 092; II, 52, 53, 154,
Sainteté des autels, II, 98-104. 36 4 .

Salazar (le comte de), I, 486. Scandinaves, I, 22.


Salem, I, 9. Scellement des autels, II, 92.
Salerne, I, 465- Scété, I, io3.
Salogne, I, 222. Schazer (Pologne), I, 5i3.
Salomon, I, 56, 68, 88. Schezet (Russie), I, 514.
Salon (Bouches-du-Rhône), II, 399. Schleswig, II, 127.
Salinis (Mgr de), I, 79, 443. Schnûckler, I, 145.
Saluts du Saint-Sacrement, II, 419, 431. SCHOONBROECK (Belg.), II, I 28.
Salvador, I, 47, 76. Schosberg (Hongrie), II, 38.
Salve (S.), év. d'Amiens, I, 290, 455. SCHWEDENBORG, I, I43.
Salvien (S.), I, 104. Scolastiques, I, i63, 270. Voir Théo- —
Salzbourg, I, 117, 1 33 ; II, 236, 256, 260, logiens.
277, 444. Scoptzis de Russie, I, 147.
Samedi-saint, I, 221, 242, 396, 397, 423, Scot Érigène (Jean), I, 114, 127, 128,
620, 621 ; II, 112, 414. 261, 262, 274, 463.
Samoa (Archipel de), II, 437. Sculptures, II, 5n-5i2, 544-548.
Samson, I, 12. Scutella, II, 2 32.
Sanche de Sicile, I, 59. Scyphi, II, 2 3o, 280, 3 10, 3n, 336, 337.
Sanchez (le P.), II, 347. SCYTES, I, 22.
Sancta Sanctis, I, 29; II, 22, 23. SÉBASTIEN (S.), II, H7.
Sanctuaires, II, 6, 7. Sébastien, roi de Portugal, I, 32 1.
Sandemaniens, I, 598. Sébastienne de Sainte-Marie (la V.), I,

Sandelli, II, 293, 432. 432.


Sandini, I, 162. Secchi (le P.), II, 241, 255.
Santander (Espagne), I, 514. Secret (Discipline du). Voir Arcane. —
Santarem (Portugal), I, 514. Secrète, I, 227.
Santiago (Espagne), II, 332, 469. Sedia gestatoria, II, 405,406.
Saône (Sarthe), II, 197. Sedulius, I, 5g3.
Sarachaga (M. le baron Al. de), II, 475, Seefeld (Allemagne), I, 514; II, 38.
555. Séez (Orne), I, 5g5.
Sarcophages, I, 9, n, 188; II, 70, 482, Ségovie, I, 514.

491. Seguin, archev. de Sens, II, 129.


Sardaigne, 11, 233. Seguin (le P.), I, 41 5.
Sardos (S.), I, 341. Ségur (Mgr de), II, 367, 436, 437.
Sarlat (Dordogne), I, 341, 514. Seillière (le baron de), II, 282.
Saragosse, I, 5oi ;
II, 128, 188, 26r, Seises, II, 409-410. — Voir Danses.
332, 461, 5 11. Sel, 246.
I,

Sarrasins, I, 394, 473. Séleucie, I, 458.


Sarum (Angleterre), II, 24. Selvaggi, I, 265, 542 ; II, 357.
Saturninien, 1, 124. Semaine religieuse de Beauvais y I, 5 10.
Satyre, frère de saint Ambroise, I, 45o, Semaine-sainte, I, 353, 355, 538 ;
II, 112.
527. Semidulites, I, 556.
Saumaise (Claude), I, 3o5. Séminaire, I, 419.
Saumur, I, 68, 514. Sémur (Côte-d'Or), I, 566 ;
II, i65, 191,
Sauvageot (M.), II, 1 5 1 • 3l2.
Sauval, II, 3g6. Senan (S.), I, 285.
Sauveplantade (Ardèche), 1,554; H, 189. Senanques (Vaucluse), I, 566; II, 199,294.
Savigny (Indre-et-Loire), I, i83 ; II, 23. Senlisse (Seine-et-Oise), I, 222.

Savoie, II, i85, 425. Sens (Yonne), 1,221, 225, 557 $ II, 16,
..

645
TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Simon le Lépreux, I, 54, 55.


101, m, 123, 129, i5i, 264, 297,311,
Simon le Magicien, I, 299.
3 7 7, 3 7 8.
Simon Stock, I, 477.
Servais (S.), H, 218.
Simonin (M. L.), I, 2o3.
Sepp (le D r ), I, 26, 52, 63, 65.
Sindelfingen (Wurtemberg)^II, 187.
Septante, I, 3o.
90> Sinzenich (Allemagne), II, 33 1.
Sépulcres des autels, II, 78, 9 2 > 95 >
23 9
Sirice ou Syrice (S.), pape,
I, 236, ,

97.
35g. 526.
Sépulture ecclésiastique, I,
i63, 2^9,
„ .

Sirmond (Jacques), I,
SÉRAPHIA, I, 67.
Sisgau (l'abbé de), II, 445.
Sérapion (le vieillard), I, 285, 520, 6o3.
Sisteron, I, 364, 377, 4^5.
Serge I (S.), pape, II, 14» 2 44;^
Six-Fours (Var), II, 199-
Serment sur l'Eucharistie, I, 433.
Sixte (S.), pape, I, 117, 2 5o; II, 178,
SEROUX d'AgINCOURT, II, 140, 266, 302. I

226.
Serpos, I, 579.
Servantes - du Sacré-Cœur de Jésus, Sixte III, p., H, 68.

H 4 5q;
j
— du Très Saint-Sacrement, Sixte IV, p., I, 38o ;
II, 4-
534,619; II, 214,
Sixte-Quint, I, 53o,
II, 449.
617. 4o5.
Servita (Armand), I,
Smalkade, I, 1 35.
Servîtes, II, 214.
Smyrne, I, 38; II, 170.
Sesmaisons (le P. de), I, 414*
Soave, I, 618.
Sévère (S.), abbé, I, 4 3l «
Sobieski (Jean), I, 394.
Sévère, év. d'Aschmonin, I, 463. —
Société de Marie réparatrice, II, 449 î
Sévère, hérétique, II, 298. — de Picpus, II, 445; des Anti- —
Sévériens, I, 458, 459, 523.
II, 82, 112,
quaires de l'Ouest, I, 558 ;
- du Très
SÉVILLE, I, 322, 38o, 53 9 ;
II, 449-
| Saint-Sacrement,
128,188, 261, 3o3, 319, 33o, 409-410,
Sociniens, I, 141, 4 2 4i 429-
467.
Socrate, historien, I, 320, 5gi H, 89. ;

Sévigné (Mme de), I, 390.


Soest (Bavière), II, 187.
Sibérie, I, 188; II, 62, 223, 336, 337. —
Sœurs de l'Adoration perpétuelle,
Siboud-Allemand, I, 566.
n> 448;— du Saint-Sacrement, 11,447-
Sibour (Mgr), II, 459» 4 6 °- 2o5, 493, 495.
Soissons, I,
Sicile, II, 417-
219, 260.
Soleil. — Voir Ostensoir.
Siegberg (Prusse), II,
II, 547.
Solesmes (Sarthe),
Siège épiscopal, II, 81 58 9
100, 206, Solitaires, I, 407. 4$8, 5 2 3, 5 7 o, ,

Sienne (Italie), I, 249, 56 7 ;


II,
63o.
271, 55o. 199.
Solliès-la-Hauteville (Var), II,
Sierck (Lorraine), I, 3oo. 566.
Solliès-Ville (Var), I,
Sigismond (S.), II, 3 1 1
Solovetok (Russie), I, 157.
Sigismond III, roi de Pologne, I, 494 5

Soltykoff (le prince), II, 264, 3o3, 3 12.


II, 3l2.
35 1. Sommerard (M. du), II, 286.
Signes extérieurs d'adoration, II,
Sonnatius, archev. de Reims, I, 335.
Siligo, I, i54«
SOPHRONIUS, I, IO7.
SlMÉON DE JÉRUSALEM, I, l6l.
212, Sorbonne, I, 275.
SlMÉON DE THESSALONIQUE, I, l6l,
Sorciers, I, 188, 256, 342, 440.
349; IL 67, 355.
Sordini (Catherine), II, 447*
SlMÉON LE MÉTAPHRASTE, I, 58.
Soter, pape, II, 226.
Siméon Stylite(S-), I, 432.
Souabe, I, 1 38.
Simon, apôtre, I, 63.
Souches de Chandeliers, II, 1 3g, H5 -

Simon (Richard), II, 357-


Sourds-Muets, I, 33 7 338 II, 35. , ;

Simon d'Alne, I, 3oi.


Sous-Diacres, I, 2o5, 284, 363, 375 ;

Simon de Cérinthe, I, 123. 276.


II, 28, 181, 226, 227, 2 7 5,
Simon de Montfort, I, 394, 477.
646 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Souverains Pontifes, I, 160, 230,281. Suspensions eucharistiques, I, 554-559


— Voir Pape et Papes. II, 296.
;

Souzdal (Russie), II, 268. Swemkfeld (Gaspard), I, 275.


Soyer (M. l'abbé), I, 368, 369, 370. Swetchine (Mme), I, 574.
Soyez (M. Edmond), II, 390. Swiecone (le), I, 598.
Sozomène, I, 454; II, 89. Sybilline de Pavie (la B.), I, 481.
Spes, év. de Spolète, IL, 77. Sylesius, II, 82.
Spolète (Ombrie), I, 56i, 569; II, 206, Sylvestre (S.), pape, I, i65, 438; II, 66,
Sponde, I, 488. 68, 178, 179, 204.
Spifames (Jacques), II, 32. Sylvius (^Eneas), I, 267.
Spire, II, 187. Symbole des Apôtres, II, 53.
Spitzer (M.), II, 117, 3i2. Symboles, I, 83, 84, ni.
Stanislas Kostka (S.), I, 293; II, 347. Symbolisme, I, 200,212; II, 10, n, 90,
Statues, II, i55-i56.
91 9 2 > 9 3 > 9 8 > 99» Il3 > 23l > 2Ô 9> 2 7°>
Statuts synodaux, I, 324; — d'Angers,
»

2 7 3, 2 7 5, 281, 295, 388, 389, 395, 432,


I, 283; — de Paris, 322; I, — de 435,478-495; —
du luminaire, II, 1 36 ;
Reims, I, 335. — Voir Synodes. — du mélange de l'eau et du vin,
Steeple-Aston (Angleterre), II, 118. I, 207-208.
Stella, peintre, II, 497. Symmaque, pape^ II, 287.
Sten (M. Ch.), II, 264. Synaxe, I, 38.
Stepelin, II, 64. Synodes —
d'Alby, II, 244; — d'Alexan-
Stéphanl, I, 46. drie, I, 81; —
200; d'Ameria, I, —
Stercorianisme, I, 127. d'Augsbourg, II, 36 1; d'Auxerre, —
Sternberg (Allemagne), I, 5i3. II, 101 —
de Bayeux, I, 3o8, 364;
;

Stiphon (Hollande), I, 514. — de Beauvais, I, 594; de Breslau, —


Stockholm, II, 187. II, 422; —
de Cambrai, I, 200, 209,
Strabon, I, 20. 621 ;

de Chàlon-sur-Saône, I, 435 ;
Strasbourg, I, 139, 140, 565; II, 53, 449, — de Chartres, I, 364 II, 247 de ; ;

459. Chelsea, I, 241 de Clermont, I, 333, ;

Strauss, 48. I, — de Cologne, I, 198; II, 247; de —
Strodetorp (Suède); II, 187. Coyaca, I, 208 de Langres, I, 209,
;

Stroganoff (M. le comte), II, 236. 322, 419 de Màcon, I, 247;
;
— de —
Stylites, I, 407, 458. Majorque, I, 200; de Mayence, —
Styx, I, 33 9 .
II, 353 ;

de Nîmes, I, 283, 620;
SUAREZ, I, 60, 293, 502. II, 247; d'Osimo, —
II, i83; —
Succession des faits dans la Cène de d'Oxford, I, 134; II, 181 de Prague, ; —
Notre-Seigneur, I, 59-62. I, 616 —
de Rome, I, 365
; de Saint- ;

Sudendorf (M.), I, i3o. Omer, I, 622; de Saumur, II, 433 — ;

Suède, II, 27, 186. — de Sens, I, 209; de Tarragone, —


Suessa (Campanie), I, 342. I, 411; —
de Tarse, I, 172, 211; de —
Suger, abbé de^Saint-Denys, 469; II, 248. 1, Trêves, I, 3o8 II, 72; de Verdun,
;

Suisse (la), 1, 140, 186,277; II, 137,186, II, 433 —
de Westminster, I, 379
; ;

425, 446, 458. de Worchester, I, 245 de Worms, —
Sujets —de l'Eucharistie, I, 3o3-34Ô; — I, 208; —
Protestants: de Castres, I,
;


"du Saint-Viatique, I, 376-377. 287 —
de Charenton, I, 287, 329;
;

Sully (le duc de), I, 388. d'Orléans, I, 425; de Poitiers, I, 627. —
Sulpice-Sévère, I, 239. — Voir Conciles.
Superstitions, I, 256-257, 440, 441 ; Syr (S.), év. de Pavie, II, 33.
II, 359. Syriaque (langue), I, 47.
Suppo, abbé, II, 276. Syrice (S.), Voir Sirice. —
Surplis, I, 376. Syrie, I, 180, 283, 390,441, 606; II, 37,
Suspensions des Ostensoirs, II, 320. 234.
. . . . . ,

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 647

Syriens, I, 64, 108, 112, 116, 120, 1 53, 604; II, 23,43,67, 99, 272, 297, 354, '369,
157, 179, ig3, 2ii, 2i3, 272, 281, 322, Syrius (le P.), I, 466.

Tabac, I, 322. Testament (Nouveau), I, 26. — Voir


Tabernacle de l'Ancienne Loi, I, 11. Écriture-Sainte.
Tabernacles, I, 556, 560-569, 574, 575 ;
Texier (M. l'abbé), II, i5i, 208.
412, 421
II, Thabor, II, 427.
Table de communion, II, 171-172; de — Thaborites, I, 1 34, 617.
la Gène, I, 65-66; — du Seigneur, Thaddée (S.), apôtre, I, 63, 180.
I, 26. Tharcisius (S.), acolyte, I, 98, 449, 5 18.
Tablettes de communion, II, 184, i85. Théatins, I, 412, 562; II, 179.
Tabou, II, 21 5. Thébaïde, I, 406.
Tacite, I, 82. Themeni, disciple de Notre-Seigneur,
Taïgi (Anna-Maria), I, 5i3. I, 57 .

Taïti, I, 203. Théoctiste (Ste), I, 285, 6o5 ;


II, 35a.
Talamo, II, 405, 406. Théodelinde, II, 1 1 3
Talmud, I, 52. Théodore (S.), archev. de Gantorbéry,
Tanner (le D r ), I, 43 1. I, 408 ;
II, 61, 184, 210.
Tanchelin, I, i32, 466. Théodore (S.), archimandrite, II, 247,
Tapisserie, II, 403, 5 10, 543. Théodore II, duc de Briançon, I, 388.
Tarascon, II, 71, 95, 96, 191,548. Théodore, év. d'Antidore, I, 212.
Tarentaise, II, 3 1 1 Théodore, év. de Cyr, II, 61
Tarnac (Corrèze), II, i5i. Théodore I, pape, I, 438.
Tarnow (Autriche), I, 379. Théodore Abucare, I, 170.
Tarragone, II, 128. Théodore le Sicéote (S.), I, 458.
Tassilo, duc de Bavière, II, 259. Théodore Studite (S,), I, 109, 43a J

Tassien, I, 201 II, 34 .


Tauler (le P.), I, 411. Théodoret, I, 11, 82, io3, 382, 5i5.
Tauride, II, 83, 208. Théodoriennes de Suisse, II, 450,
Tchèques, I, 3i 1. Théodose I, empereur, I, 220, 33a ; II,

Télesphore, pape, I, 399. 34 .


Témoignages des neuf premiers siècles Théodose II, emp., II, 66, 102.
sur la présence réelle, I, 87-117, Théodulphe, év. d'Orléans, I, 175, 353,
Temple de Salomon, I, 55, 56. 421
Templiers, I, 1 35, 147, 278. Théologiens, I, 262, 263, 267, 270, 280,
Temps de la communion pascale, I, 286, 297, 309, 3 1 5, 32i, 322, 326, 336,
355. 338, 349, 358, 371, 374, 414, 428, 548,
TÉOCUALO, I, 23. 601, 611; II, 96, 223, 224. — Voir
Terracine, II, I 10. Controverses, scholastiques.
Terre-Sainte, I, 7, 267, 529; II, 211, — Théophilantropes, II, 44.
— Voir Judée. Théophile (le moine), II, i5i, 274,
Tertullien, I, 14, 37, 77, 80, 93, 274, Théophile d'Alexandrie, I, 247.
280, 314, 319, 324, 399, 404, 418, 522, Théophylacte, I, 55; 11,244,
586, 589, 609; II, i5, 3 2 , 34, 39, 65, Théostène, I, 95.
245, 295, 352. Thérèse (sainte), I, 317, 421, 495, 5 1 3 ;
Tervaulx (Angleterre), II, 201. II, 37, 44, 348.
Tervercoren (le P.), I, 542. Thessalonique, I, 332 ; II, 110, 170.
Tesniers (le P.), II, 449. Thidéric, chanoine, I, 134.
.. . . .

648 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Thierry, I, 498. Toulouse, 1,471, 514; II, 87, 167, 171,


Thierry (M.), orfèvre, II, 145. 192, 358, 441, 5i2.
Thiers (J.-B.), I, 438, 524, 535, 543, Touraine, II, 108.
547 ; II, 95, 148, 286, 294, 328, 359, Tournai, I, 553, 596, 622; II, 118, 377,
412, 423, 453. 408, 449.
Tholedot Jeschu, I, 52. TOURNEFORT, I, 423.
Thomas (S.), apôtre, 1,63, 180, 291. Tournely, I, 164.
Thomas (le B.), camaldule, I, 477. TOURNUS, II, 282.
Thomas à Kempis, I, 491. Tours (Indre-et-Loire), I, i3o, 198, 219,

Thomas d'Aquin (S.), I, 75, i5i, 1


54, 245, 439, 555, 557, 622; II, 67, 119,
167, 196, 197, 208, 209, 210, 295, 3o8, 1 5
1
i52, 175,357,378, 461, 498, 5io,
,

3i2, 33i, 411, 437, 447, 474, 616; II, 5 4 3.

162, 3 4 8, 358, 3 7 5, 3 7 6, 55o. Tours eucharistiques, II, 292-295.


Thomas d'Arundel, I, 495 Toussaint (la), I, 354, 363, 421, 621.
Thomas de Cantimpré, I, 475. Tracy-le-Bocage (Calvados), I, 566 ;

Thomas de Cantorbéry (S.), I, 528; II, II, 191.


i5i, 261, 348. Trajan, I, 448, 591.
Thomas de Valden, I, 495. Transenna, II, 166.
Thomas de Villeneuve (S.), I, 292, 413. Transfiguration (Fête delà), I, 198, 353.
Thomas Hélie (le B.), II, 262. Transport du Saint-Sacrement, I, 389,
Thomassin, I, 236 ;
II, 28. 53o-53 4 .

Thor (Vaucluse), II, 167. Transsubstantiation, I, 73-1 5o.


Thoronet (Var), 199. II, Trappe (la), I, 557.
Thouarcé (Maine-et-Loire), I, i83. Trappistes, i, 422.

Tibériade (lac de), I, 12. Trébizonde, I, 272.


Til-Chatel (Côte-d'Or), I, 566. Trépied (M. l'abbé), I, 552.
Tilmann (Philippe), I, 584. Trêves, II, 80, 219, 260, 454.
Timothée, év. d'Alexandrie, I, 322, 327. Trévoux, I, 275.
Tinténiac (Ille-et-Vilaine), II, 470. Tribesées, II, 548.
TlNTORET, II, I I 5 . Triclinium, I, 63, 58g, 590.
Tintury (Nièvre), II, 264. Trioullier (M.), II, 145, 332.
TlNUSUDE, I, 125. Triptyque, II, 123.
Tiridatk, roi d'Arménie, I, i65, 438. Trithème (Jean), I, 468 II, 19, 20. ;

Tissot (M. Victor), II, 401 Trivento (Deux-Siciles), II, 38 1.


Tobie, II, 485, 487. Troade, I, 626.
Tolède, II, 128, 3 19, 332, 410, 483, 5i2. Trombelli, I, 249.
Tolet (le cardinal), I, 60. Tropistes, I, 1 35
Tolra de Bordas (Mgr), I, 504. Troyes, II, i3o, i65, 220, 237, 255, 264,
Tombeau, II, 83, 298. — Voir Sarco- 377, 440, 5 18, 543.
phages. Trzemeszno (Pologne), II, 235, 268.
Tombes, 1,401 II, 128, ;
i3i, i32, 187, Tunisie, II, 463.
220. TUNKERS, I, 599.
Torcello (Italie), II, 170, 206. TURENNE, I, 394, 440.
Torchères, II, 1 38, 441. Turin, I, 490, 5 14; II, 377, 407, 447, 458,
Torches, II, 1 38, 38i, 392. 461
Torlonu (le prince), II, 195. Turquie, II, 41 1

Toscanella (Italie), II, 110, 170, 206. Tvenstrup (Danemark), II, 118.
Toul, II, 332, 446. Types, I, 37, 83, 84. — Voir Antitypes.
Toulon, I, 566; II, 399, 443. Tyr, II, 89.
— . . .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 649

Ubiquistes, I, 1 3g. Urbain VIII, I, 322, 596; II, 48, 375, 405,
Udalric (S.), I, 186, 394, 61 3 ; II, 289. 467.
Voir Coutumes. Urbino (Italie), I, 491.
Udascale, év. d'Augsbourg, I, 471. Urnes de Cana, I, 28.
Ugholino, orfèvre, I, 567. Ursicin, év. de Cahors, I, 247.
Ujot (Espagne), II, 188. Usage —
de communier les petits enfants
Ulm, I, 565. pendant les premiers siècles, I, 3o5-
Ulmes de Saint-Florent, I, 5o2, 514. 3o6; —des autels portatifs, II, 209-211 ;
Ulrich (S.), I, 464. — des eulogies au moyen âge, I, 248-
Underwald, I, 432. 25o; —
des eulogies dans les Commu-
Union — au Sacrifice perpétuel de Notre- nions dissidentes, I, 254-255; des —
Seigneur Jésus-Christ, II, 472 au
;
— eulogies dans les temps modernes, I,
Très Saint-Sacrement, II, 449; de — 25i-253.
prières des premiers communiants, II, Usages des communions dissidentes, rela-
466; — hypostatique, I, 108, 137. tivement au mélange du vin et de l'eau,
Université — de Paris, I, 474; — d'Ox- I, 211-214.

ford, I, 146. Ustensiles eucharistiques, II, 221-341.


Upsal (Suède), I, 209. USTERLYCK (M.), II, 235.
Urbain I (S.), pape, II, 243, 55o. Utraquistes ou Utriquistes, I, 488, 617,
Urbain II, p., II, 79, 233, 276. 618.
Urbain III, p., I, 382. Utrecht, II, 43 I.

Urbain IV, p., I, 421 II, 370, 371, 372, ;


Utrera (Espagne), II, 188.
440.
3 7 3, 374, 394, Uzès (Gard), II, 192.
Urbain VI, p., I, 616.

Vailly (Cher), I, i83. Van Caloen (le P.), I, 402.


Vaison (Vaucluse), II, 199, 200. Vandrille (S.), I, 175.
Val-Dieu (Champagne), II, 297. Van Drival(M. le chanoine), II, 307, 328.
Valachie, 597.
I, Vandromer (M.), II, 110.
Valcabrère (Haute-Garonne), II, 192. Vannes, II, 462.
Valence (Drôme), II, 108. Varognes (Haute-Saône), I, 566.
Valence (Espagne), I, 68, 355, 474, 514; Varsovie, II, 3 12, 446, 458.
II, 128, 188, 410, 41 1, 498. Varzy (Nièvre), I, i83.
Valens, empereur, 218.
I, Vasari, II, 1 1 5
Valentin (S.), év. de Pavie, I, 376. Vase de lait, II, 492-494.
Valentinien, empereur, II, 66, 102. Vases —
de la Cène, I, 66-70 ;
— eucha-
Valentinien, hérétique, I, 200. ristiques, II, 221-341.
Valentiniens, I, 91. Vasny (Aisne), I, 5g5
Valéry (S.), I, 3 20. Vasquez, I, 3i
Valladolid, II, 188, 3ig, 332. Vaucluse, I, 553 ; II, 71, 200.
Vallier (M.), I, 1 g5. Vaudois, I, i32, 267, 284, 288, 299, 323,
Valogne, II, 194. 490, 576, 617.
Valréas (Vaucluse), II, 399. Vaux-de-Cernay, I, 396.
. .

TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Vecchioni, I, 225. 535, 546, 55o, 555, 5 7 o, 5 7 8, 6o3, 604,


Vechietto (Jérôme), I, 5i. 6o5, 609, 612, 63i ; II, 10, 35, 287, 299,
Veillées du Saint-Sacrement, II, 444, 3o2, 349, 353, 440, 468-471.
4 55. Viole-Comte (Puy-de-Dôme), II, i3o.
Velay, II, 454. Vicq (Allier), II, 188.
Velleja (Italie), 11,233. Victor II, pape, I, 23 1.
Venance, év. de Lima, II, 233. Victor III, pape, I, 23 1 II, 248, 277. ;

Venance Fortunat, év. de Poitiers, I, 37, Victor de Vite (S.), II, 173.
175, 453 ;
II, i58, 291, 293. Vie surnaturelle, I, 431.
Venasque (Vaucluse), II, 200. Vienne (Autriche), 1, 394, 5 14, 619 ;

Venceslas, duc de Brabant, I, 486. II, 1 10, 400, 444, 458.


Venceslas ou Winceslas, roi de Bohême Vienne (Isère), I, 66, 224; II, 74, 193,
(S.), I, 175, 199; II, 347. 198, 377, 38o.
Vendeuil (Aisne), II, 463. Vierges, I, 541.

Vendredi-saint, I, 2o5, 362, 396, 629 ;


Vigilance, hérétique, II, i35,
II, 147, 4i3, 414. Vigile, pape, II, 72, 139.
Venise, I, 529; II, 96, 110, 122, i3i, 170, Vignal (Nièvre), I, 567.
206, 248, 25 1, 254, 267, 407, 408, 414, Vigne, II, 482. — Voir Raisin.
4 5 2j 458, 538. Vigne (l'abbé Pierre), II, 447,

VÉNUS, II, 297. Vignobles, I, 19g, 222.


Verbe divin, I, 90, 91, 94, 97, 100, io5, Vigo (Espagne), 11,410.
125, 129, 146, 167, 261 Villa Mayor (Espagne), II, 188.
Verbiest (Pierre), II, 470. Villani (la Sœur), I, 295.
Vercelli (Italie), II, 206. Villars (le Maréchal de), I, 375.
Verdun, 1,622; II, 246, 248, 355. Villeloup (Aube), I, 566.
Verjus, I, 196, 197. Villemin, antiquaire, II, 146.
Vernon (Eure), I, 493 VlLLEMSENS (M.), II, 145.
Vérone, I, 398; II, 206, 291, 3o3. Villeneuve-le-Roi, I, 344.
Véronique, I, 67. VlLLERS-LA-VlLLE (Belg.), H, I28.
Véronique de Binasco (Ste), I, 292, 3o3, Villy-le-Maréchal (Aube), I, 566.
5 [3. Vin, I, 21, 22, io5, 106, i32, 223, 608,
494,
Véronique Giuliani (Ste), I, 295, 3oi, 6io; — d'ablution, I, 620-623 ;
— d'o-
365, 5i3. blation, I, 196-204.
Versailles, II, 120, 161, 181, 399, 416, Vinaigre, I, 197.

445. Vincent de Paul (S.), I, 421; II, 347.


Vert (Claude de), I, 164, 177, 265, 5g5; Vincent Ferrier (S.), 1,411.
II, 254. Viollet-le-Duc (M,), I, 69, 56i, 562; II,

Vervins, I, 495. 73, 120, 127, 294.


Vesoul, I, 498; II, 60. Vire (Calvados), II, 191.

Vestiges de — la communion sous les Virgile, I, 456.


deux espèces, I, 619-623; — des agapes, Visciano (Italie), II, 206.
I, 594-599 ;
— des offrandes du pain et Visconti, I, 58i ;
II, 235, 283.

du vin, I, 221-225. Visions, I, 169, i85. — Voir Emmerich,


Vezelay (Yonne), II, 78, i63. Marie d'Agréda, etc.

Vezot (Sarthe), II, 197. Visitandines, 1,422.


Vianney (M.), curé d'Ars, I, 3oi, 5o8 Visites au Saint-Sacrement, II, 347.
;

II, i3 7 .
Vital (S.), II, 77.

Viardot, II, 5oo, 5o3. Vitalien, pape, I, 439, 593,


Viatique, I, 3o, 32, 34-35, 186, 256, 267, Vitet (M. Ludovic), II, 5o6.
2 83, 285, 286, 288, 291, 293, 299, 3io,
Vitraux peints, II, 5 10, 541-543.
321, 33i, 33 9 , 340, 371-393, 454, 45 9;
Vittoria (Espagne), II, 188.
520-521, Vivarais, II, 454.
[ 478, 480, 481, 483, 495, 502,
TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES 65*

VlVERSELLE (Belg.), I, 480. Voltaire, I, 443, 5o3,


Vix (Côte-d'Or), I, 537. Volterra (Italie), I, 491.
Vocables des autels, II, 96. Vouneuil-sous-Biard (Vienne), II, 200.
VOGT, II, 277. Voyages, I, 527.
Voiles —
d'autel, II, 111-112; de cali- — Vriendt (Corneille de), I, 565.
ce, II, 271-272; de communion, I,— Vrigne-au-Bois (Ardennes), I, 5o8
024 II, 184.
;
VULFRAN (S.), I, 460; II, 210.
Volmerstatt (Allemagne), I, 514. VULSTAN (S.), II, 68.

w
Wading, I, 292. Wilsnack (Magdebourg), I, 487.
Walarid Strabon, I, 11 5, 217, 227, 409; Wiltein (Allemagne), II, 260.
II, 146. Winchester, II, 127.
Walburge (Ste), II, 117. WlNER, I, 46.
Walldurn (Allemagne), I, 488, 514. Wiseman (le cardinal), I, 47, 120, 121
Wautrie-Braine, I, 488. Wiston Stephens, I, 144,
Wegscheider, I, 46. Wit Stosv, II, 186.
Weingarten, II, 253. Witte (Herman), I, 23g.
Wensdorf (Frédéric), I, 277. Witikind, chef des Saxons, I, 460-462.
Werden (Prusse), II, 23o, 255. WlTTEMBERG, I, 277.
Wesel (Prusse), II, 260. Witten (Tyrol), II, 277.
Westeras (Suède), I, 202. Wloclawek, II, 254.
Westminster, II, 118, 127. WOLFAN (S.), I, I99.
Westphalie, I, 145. Wolfgand, I, 375.
Wetstein, I, 46. Wolter (M. Maurus), II, 487.
Wiclef (Jean), I, 134, 486. WOLVINIUS, II, 121.
WlCLÉFITES, I, 299. WORMS, I, 140; II, 520.
Wiener, I, 73. Wurtemberg, I, 145.
Wierix, II, 5 18. Wurtzbourg, I, 1 33 II, 454.
;

Wilhem de Cologne, II, 126.

X, initiale du mot Christos, I, 188. Xénanias, I, 107.


Xanten (Prusse), II, 127, 220. XÉNOPHON, I, 583,
Xatha, I, 180. Xiste, pape, I, 282. — Voir Sixte.

Yepes, II, 410. Yves de Chartres (S.), 1,464, 612; II, 95,
York, II, 87. 240, 35g.
Yves (le P.), I,4i5.
652 TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES

Zaccaria, I, 33, 3 17, 33g. Zenstochowa (Pologne), II, 217.


Zacharie, I, 16. Zéphyrim (S.), pape, I, 352 II, 233. ;

Zamon (Tyrol), II, 267. ZÉPHYRIN DE SOMEIRE (le P.), I, I44.


Zamoski (Pologne), I, 3og. Zermezcelle (Nord), II, 272.
Zampi (le P.), I, 21 3, 391. Zlabings (Allemagne), I, 514.
Zbyneek, archev., I, 487. Zozime (S.), solitaire, 1,407, 604; II, 5o,
Zébédée, I, 56. 279, 3o3.
Zeith-Abulev, roi de Murcie, I, 473. Zucchero, II, 1 15.
Zends (livres), I, 19. Zurich, I, 1 36, 1 38 ;
II, 53.
Zenon, abbé, I, 35o. Zwingle, I,77, 129, 1 36, 137, 1 38, 140,
Zenon (S.), év. de Vérone, II, 289, 493. 146; II, 53.
Zénophile (S.), II, 243.
ERRATA

TOME PREMIER

Page 52 — Jesciu lisef Jeschu


:

Page 272 — Trébisonde lise% Trébizonde:

Page 418 — Polyturgiques lisef Polyliturgiques:

Page 473 — Zeilh-Abuley lise^ : Zeith-Abuley

TOME SECOND

Page 448 — La Rajas lisef : La Rajasse


Page 52i — Saint-Grégoire-le-Grand lise\ : S. Grégoire le Grand

LE MANS — TYPGRAPHIE EDMOND MONNOVER


(La

i <

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