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Belvina Rapport de Stage Final

Ce document présente un rapport sur l'évaluation de la séquestration du carbone dans le sol de parcelles agroforestières de bambou et d'acacia à Ignié, Congo. Il décrit le contexte, la problématique, les objectifs et hypothèses de l'étude, ainsi qu'une revue de la littérature sur le protocole de Kyoto, le cycle du carbone, l'agroforesterie et la fixation du carbone dans le sol par les légumineuses. La méthodologie utilisée pour les prélèvements et analyses d'échantillons est également présentée.

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Belvina Rapport de Stage Final

Ce document présente un rapport sur l'évaluation de la séquestration du carbone dans le sol de parcelles agroforestières de bambou et d'acacia à Ignié, Congo. Il décrit le contexte, la problématique, les objectifs et hypothèses de l'étude, ainsi qu'une revue de la littérature sur le protocole de Kyoto, le cycle du carbone, l'agroforesterie et la fixation du carbone dans le sol par les légumineuses. La méthodologie utilisée pour les prélèvements et analyses d'échantillons est également présentée.

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UNIVERSITE MARIEN NGOUABI

********
ECOLE NATIONALE SUPERIEURE
D’AGRONOMIE ET DE FORESTERIE
(ENSAF)
*********

№ d’ordre :

Rapport de fin de formation


pour l’obtention du diplôme de Licence

Parcours : Sciences et Techniques Forestières

Thème :

Appréciation de la variabilité du carbone séquestré dans


le sol des parcelles agroforestières de Bambou-Mingali
(District d’Ignié)

Présenté par : MABENGO Belvina Chardène

Encadreur : Jean Pierre KAMPÉ

Année-académique : 2017-2018

i
Je dédie ce travail à ma feue grand-mère BOUDIYA Philomène qui
était pour nous une eaux-forêts extraordinaire et aux familles :

MABENGO,
BOUNGA.

i
REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier tous mes formateurs à l’ENSAF, particulièrement le Professeur Parisse


AKOUANGO, Directeur de l’ENSAF ; le Docteur Félix KOUBOUANA, Directeur-
adjoint ; le Docteur Paul MOPOUNDZA, Chef de Département des Licences et le Docteur
Pierre MBETE, Chef du bureau de Stage.

Mes remerciements s’adressent très sincèrement au Docteur Jean De Dieu NZILA, ancien
Directeur Général de l’Institut national de Recherche Forestière (IRF), pour m’avoir accueilli
au sein de cette structure.

Je tiens à remercier également le Docteur Victor KIMPOUNI, actuel Directeur Général de


l’Institut National de Recherche Forestière, pour ses cours de perfectionnement, sa présence
et ses conseils scientifiques prodigieux.

Mes sincères remerciements à Monsieur Jean Pierre KAMPÉ, chef de département de


Sylviculture et de Dynamique Forestière à l’Institut national de Recherche Forestière (IRF),
pour sa contribution et sa disponibilité dans la conduite de ce travail.

J’adresse ma plus profonde gratitude et mon plus profond respect à ceux qui je peux
considérer comme mes co-directeurs de mémoire les Docteurs Jean De Dieu NZILA et
Garel Chrissy EKOMONO MAKOUANZI (actuel Directeur Scientifique de IRF), qui en
dépit de leurs occupations, ont bien voulu codiriger ce travail et surtout pour de nombreux
échanges qui ont constitué un grand ferment pour la consolidation de ce rapport. Laissez-moi
vous exprimer ma pure gratitude messieurs pour votre aide précieuse.

Je remercie aussi Madame Prudence NGUILA NTSOKO, Directrice de zone de recherche


de Brazzaville, pour son assistance et ses conseils tout au long de mon stage.

Mes remerciements du fond du cœur à tous les cadres, chercheurs, techniciens et stagiaires de
l’Institut national de Recherche Forestière (IRF), pour leur assistance, pour les orientations
reçues, pour leur disponibilité mais également pour l’encadrement dont j’ai bénéficié durant
mes recherches et l’entraide permanente tout au long de ce stage. Il s’agit plus précisément de
M. Isidore NGUELET MOUKAHA, technicien supérieur à l’IRF, M. Salisou
MOUHAMED YALLO, technicien supérieur à l’IRF qui malgré leurs multiples
occupations, ont dirigé ce travail.
ii
Je remercie énormément mes collègues de stage pour leur aide et pour le courage qu’ils
m’ont imprégné, il s’agit exactement de : Sethi TANGUIMISSA, Valdegrace BOUKONO,
Judicia SAYA MIBOUKA, ,Glavy MBOUBA, Beny GANDA OKOULONGUIA,
Myveck TSIKA, Belgea IBARA, Sevit MAHOUKOU, Gracia NSIKEKOLO, Eric
Joseph POUNGUI KAYA, Dieuveil MIFOUNA, Delly BADI et Laurdan
MAHOUNGOU NTSOUNGA. Je tiens à remercier également tous mes amis de la
promotion et plus particulièrement Dieudrice NGANGA-NTONDELE, Gloire
LOUYAKO, Murphy ENGARRA, Henry NSOSSO, Gastevie KIYIMBOU et Kani
ONDZE ! Merci beaucoup !

Mes pensées vont aussi à mes parents Antoine Richard MABENGO et Rose Léa KALI
ainsi qu’à tous mes frères et sœurs mais surtout à Chardan MABENGO et Paulvina
BOUNGA. Je ne vous remercierai jamais assez.

Je remercie toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce rapport de près ou de
loin, qu’ils trouvent ici ma vive reconnaissance.

iii
Table des matières
INTRODUCTION ..................................................................................................................... 1

Contexte et justification ......................................................................................................... 1

Problématique......................................................................................................................... 2

Objectif général ...................................................................................................................... 2

Hypothèses ............................................................................................................................. 3

CHAPITRE I : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE ........................................................................ 4

1-Aperçu sur le protocole de Kyoto ....................................................................................... 4

2-Définition et cycle du carbone ............................................................................................ 4

2-1-Définition ..................................................................................................................... 4

2-2-Cycle du carbone.......................................................................................................... 5

3-Généralités sur l’agroforesterie ........................................................................................... 6

3-1-Définition de l’agroforesterie ....................................................................................... 6

3-2-Importance de l’agroforesterie ..................................................................................... 6

3-3-Description de l’Acacia mangium ............................................................................... 7

3-4-Description de l’Acacia auriculiformis ........................................................................ 8

3-5-Contribution des systèmes agroforestiers tropicaux dans le stockage de carbone....... 9

3-6-Fixation du carbone dans le sol par les Légumineuses .............................................. 10

CHAPITRE II : PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE ................................................. 12

II-1- Présentation de la structure d’accueil : Institut national de Recherche Forestière (IRF)


.............................................................................................................................................. 12

Création et Statut .............................................................................................................. 12

Ressources ........................................................................................................................ 12

Missions ............................................................................................................................ 12

Domaines de compétences................................................................................................ 12

Départements .................................................................................................................... 13

Organigramme de l’IRF.................................................................................................... 14

II-2-Présentation du milieu d’étude...................................................................................... 14


iv
2-1-Situation géographique .............................................................................................. 14

2-2-Sol .............................................................................................................................. 15

2-3-Végétation .................................................................................................................. 15

2-4-Climat ......................................................................................................................... 16

CHAPITRE III : MATERIEL ET METHODES ..................................................................... 17

1- Matériel ............................................................................................................................ 17

2-Méthodes ........................................................................................................................... 17

2-1-Dispositif expérimental .............................................................................................. 17

2-2-Définition et planification des prélèvements dans les parcelles ................................ 20

2-3-Préparation des échantillons au laboratoire ............................................................... 23

2-4-Traitement des données.............................................................................................. 25

CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION................................................................. 26

IV-1-Résultats ...................................................................................................................... 26

1-1-Résultats sur la couleur .............................................................................................. 26

IV-2-Discussion ................................................................................................................... 31

Conclusion ............................................................................................................................... 33

Bibliographie............................................................................................................................ 34

v
Liste des figures

Figure 1 : Cycle du carbone (Source : Fiche agroforesterie : cultiver des sols vivants)............ 6
Figure 2 : Organigramme de l’IRF .......................................................................................... 14
Figure 3 : Localisation de la zone d’étude ............................................................................... 15
Figure 4 : Plan de la parcelle 1 (Lancement) ........................................................................... 18
Figure 5 : Unité expérimentale (UE) ....................................................................................... 19
Figure 6 : Localisation et planification des prélèvements ....................................................... 21
Figure 7 : Etapes de prélèvement de sol .................................................................................. 21
Figure 8: Planification du prélèvement dans une UE .............................................................. 22
Figure 9: Mélange des échantillons simples et conservation des échantillons composites ..... 22
Figure 10: Préparation des échantillons au séchage et stockage.............................................. 23
Figure 11 : Code Munsell ........................................................................................................ 24
Figure 12 : Variation de la couleur dans la parcelle 1 ............................................................. 26
Figure 13 : Variation de la couleur dans la parcelle 2 ............................................................. 27
Figure 14 : Variation de la couleur au sein de la parcelle 3 ..................................................... 28
Figure 15 : Variation de la couleur dans la parcelle 4 ............................................................. 29
Figure 16 : Variation de la couleur au sein de la parcelle 5 ..................................................... 29

vi
Liste des tableaux

Tableau 1 : Informations sur les cinq parcelles ....................................................................... 19


Tableau 2 : Nombres d’unités expérimentales par bloc et par parcelle ................................... 20
Tableau 3 : Codification attribuée aux couples représentatives des couleurs .......................... 25
Tableau 4 : Couleur des échantillons témoins des deux campagnes (2017 et 2018) ............... 29
Tableau 5 : Tableau d’analyse de variance .............................................................................. 30

vii
Liste des abréviations et acronymes

AFD : Agence Française de Développement

CO2 : dioxyde de carbone

COS : Carbone organique du sol

CIB : Congolaise Industrielle du Bois

FAO : Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

GES : Gaz à Effet de Serre

IPCC ou GIEC : Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat

IRF : Institut national de Recherche Forestière

MDP : Mécanisme de Développement Propre

PRONAR : Programme National d’Afforestation et de Reboisement

RN1 : Route Nationale №1

UE : Unité Expérimentale

viii
INTRODUCTION
Contexte et justification
Depuis plusieurs décennies, la communauté internationale s’est engagée dans des stratégies
de développement durable avec pour objectif général de léguer une planète viable et vivable
aux générations futures (Mansur, 2015). En plus de fournir un moyen de subsistance à des
millions d’individus, les forêts offrent un habitat vital à de nombreuses espèces animales y
compris l’homme, et revêt une importance critique pour le climat local, régional et mondial.
Mais elle fait face à de graves menaces (Anonyme 1, 2005). De ce fait, la tendance est de se
tourner vers la valorisation des savanes. Ces dernières quant à elles, occupent au Congo une
superficie de 12 millions d’hectares, soit environ 35% du territoire national (FAO, 2014).
Cependant, dans l’ensemble, les formations végétales sont détruites du fait de l’expansion de
l’agriculture alors qu’elles constituent d'importants réservoirs de carbone en interaction
permanente avec l'atmosphère et à l'activité humaine. Elles participent à la réduction de la
quantité des GES (gaz à effet de serre) émis dans l’atmosphère, donc à la diminution de la
vulnérabilité des populations et de toute la biodiversité mondiale. Ainsi, l’agroforesterie, en
qualité d’approche technologique, figure parmi les méthodes appropriées aptes à cette fin, car
elle améliore la fixation du carbone de l’air pour avoir des concentrations supportables par les
êtres vivants sur terre, dans l’eau et dans le sol.
De ce fait les systèmes agroforestiers, outre leurs bénéfices environnementaux et productifs,
représentent un outil intégré pour la séquestration de carbone et constitue une véritable
activité de piégeage de carbone dans la biomasse mais aussi dans le sol, car le piégeage par
les arbres est plus profond. La séquestration du carbone dans les sols implique un transfert du
CO2 atmosphérique par la végétation vers les sols dans lesquels, si les conditions le
permettent, le carbone sera stocké et non directement réémis dans l'atmosphère (Lai, 2004).
Ce qui à long terme va contribuer à la réduction des GES et donc à l’atténuation des
changements climatiques que subissent notre planète Terre. Face à cela, il est essentiel de
bien connaître et comprendre le cycle du carbone afin de construire des modèles
prévisionnels de l'évolution climatique des prochaines décennies.
En effet, la connaissance des stocks de carbone des différents compartiments et des flux qui
participent à ce cycle est encore insuffisante. Les compartiments atmosphériques et
océaniques sont maintenant bien connus. Les stocks contenus dans la biomasse végétale sont

1
également bien connus dans les régions tempérées ou arides. Le compartiment sol est le plus
mal connu. Les estimations sur le carbone de la phytomasse des forêts du Nord-Congo
viennent à peine d’être amorcées par l’équipe du Professeur Loumeto, dans le cadre de la
COMIFAC, mais celles portant sur le compartiment sol sont encore au seuil d’intention.
Quelques études à grande échelle sont annoncées sur les tourbières du Lac Télé, en même
temps que l’IRF et le PRONAR ont placé un intérêt sur le carbone des sols sous pratiques
agroforestières à Bambou-Mingali. En effet, dans les pays où ces travaux sont largement
entamés, le sol représente le deuxième compartiment carboné le plus important du globe
terrestre, en termes de masse (Namri, 1996).
Au Congo, la pratique de l’agroforesterie n’a pas encore pris de l’ampleur, mais quelques
études sont envisagées sur cette pratique comme dans le cadre de la relance de la filière
Cacao en 2015 avec la CIB. Celle-ci à consister à introduire le Cacao dans les forêts
naturelles. Dans le but d’améliorer les connaissances sur les pratiques agroforestières au
Congo, des plantations de Légumineuses (Acacia auriculiformis et Acacia mangium) ont été
mises en place sur les savanes du plateau de Mbé à Bambou-Mingali, et associées ensuite
avec les Cacaoyers plantés en sous-étage quelques années plus tard. Le but visé par ce
dispositif est d’évaluer l’amélioration de la fertilité chimique que ces Légumineuses
apporteraient aux Cacaoyers grâce à la fixation de l’azote et l’augmentation du stock de
carbone dans le sol.
Problématique
La pauvreté en matière organique des sols du Congo, notamment des sols sous savanes du
plateau de Mbé est un frein pour la pratique de l’agriculture. Ce qui contraint les populations
à déforester des zones forestières et/ou à aller rechercher plus loin des zones fertiles. En
outre, l’agroforesterie, sa pratique et ses effets sur les sols restent peu connus. Les plantations
d’acacias ont été étudiées sur les sols sableux de la plaine côtière où il a été montré une forte
production de litières et un enrichissement de sol en matière organique (Bernhard-Reversat,
1993 ; 1996 ; 1998). Sur le plateau de Mbé où sont installées depuis 2011 une dizaine de
plantations d’acacias, aucune étude n’a été réalisée pour évaluer la fixation symbiotique
d’azote et la production de matière organique par les retombées de litières. C’est dans cette
optique que porte notre étude, à savoir l’apport d’une certaine fertilité aux sols de savane par
la pratique de l’agroforesterie pour réduire la fatigue des sols induite par la monoculture du
manioc. Cependant, cette étude porte sur la variabilité des sols suite à l’augmentation de la
matière organique dans les parcelles agroforestières de Bambou-Mingali. Elle va contribuer

2
dans la nécessité d’améliorer la fertilité des sols pour stopper la culture itinérante causée par
l’épuisement des sols dans le plateau de Mbé, afin de sédentariser les cultivateurs.
Objectif général
Cette étude a pour objectif global d’apprécier la variation de la teneur en matière organique
du sol sous parcelles Acacia-Cacao de Bambou-Mingali.

Spécifiquement, il s’agit de :

• prélever les échantillons de sol dans chaque parcelle ;


• déterminer la couleur de chaque échantillon de sol à l’aide du Code Munsell;
• établir une relation entre la couleur du sol et la teneur en C organique ;
• déduire la fertilité chimique du sol induite par les Légumineuses.

Hypothèses
Les hypothèses émises sont :
les acacias ont une production de litière importante qui favorise l’augmentation du
taux de matière organique dans le sol.
la teneur en carbone organique est corrélée avec la couleur du sol.

En dehors de l’introduction et de la conclusion, le présent rapport s’articule autour de quatre


points :(i) la revue bibliographique, (ii) la présentation du milieu d’étude, (iii) la présentation
du matériel (objet de l’étude) et de la méthodologie adoptée, (iv) la présentation des résultats
et la discussion.

3
CHAPITRE I : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE

1-Aperçu sur le protocole de Kyoto


Le protocole de Kyoto est un traité international visant à la réduction des émissions de gaz à
effet de serre, dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
Climatiques dont les pays participants se rencontrent une fois par an depuis 1995. Signé le 11
décembre 1997 lors de la 3e conférence annuelle de la Conférence des Parties (COP 3) à
Kyoto, au Japon, il est entré en vigueur le 16 février 2005 et a été ratifié par 168 pays en
2010. Ce protocole visait à réduire, entre 2008 et 2012, de 5,2 % par rapport au niveau de
1990 les émissions de six gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde
d'azote et trois substituts des chlorofluorocarbones.

Les six (06) gaz à effets de serre couverts par le protocole de Kyoto signé en 1997 sont les
suivants : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O),
l’hydrofluorocarbure (HFC), l’hydrocarbure perfluoré (PFC) et l’hexafluorure de soufre
(SF6).

Les engagements souscrits par les pays développés sont ambitieux. Pour faciliter leur
réalisation, le protocole de Kyoto prévoit, pour ces pays, la possibilité de recourir à des
mécanismes dits « de flexibilité » en complément des politiques et mesures qu’ils devront
mettre en œuvre au plan national.

Les mesures prises à l'intérieur des États doivent contribuer à l’effort de réduction, le recours
aux mécanismes du protocole ne venant qu’en supplément : échanges internationaux de
permis d’émission, mise en œuvre conjointe, Mécanisme de Développement Propre (MDP),
qui permettent aux pays industrialisés de bénéficier de crédits-carbone résultant
d'investissements en technologies propres dans des projets de réduction d'émissions de GES à
l'extérieur de leur zone géographique.

2-Définition et cycle du carbone

2-1-Définition
Corps simple métalloïde de la famille des cristallogènes, le carbone (de symbole C, de
numéro atomique 6 et de masse atomique 12,01 g) existe sous plusieurs formes allotropiques,

4
est très répandu dans la nature à l'état combiné et se trouve dans tous les corps vivants. Il est
le 17ème élément constituant l'écorce terrestre (0,08%) et le premier de la colonne IVA du
tableau périodique de Mendeleïev. Le carbone est encadré, dans ce tableau périodique par le
Bore (B, de numéro atomique 5) à gauche, par l’azote (N, de numéro atomique 7) à droite et
par le silicium (Si, de numéro atomique 14) en bas.

2-2-Cycle du carbone
On entend par cycle du carbone, une série de changements subis par le carbone et qui le
ramène à son état primitif entre les grands réservoirs que sont la lithosphère, l'atmosphère,
l'hydrosphère et la biosphère (figure 1). Dans chaque réservoir, le carbone a une forme
donnée. La plus grande partie du carbone terrestre est piégée dans des composés qui
participent peu au cycle : roches sous forme de carbonates et océan profond. L'essentiel du
cycle se fait entre l'atmosphère, les couches superficielles du sol et des océans, et la biosphère
(biomasse et nécromasse). Le cycle du carbone est très important pour la biosphère, puisque
la vie est fondée sur l'utilisation de composés à base de carbone. La disponibilité en carbone
fait partie des facteurs primordiaux pour le développement des êtres vivants sur terre. Les
autotrophes utilisent le CO2 atmosphérique pour fabriquer la matière organique en présence
de la lumière. En respirant les autotrophes et les hétérotrophes dégagent le CO2 qui retourne
dans l’atmosphère.

5
Figure 1 : Cycle du carbone (Source : Fiche agroforesterie : cultiver des sols vivants)

3-Généralités sur l’agroforesterie

3-1-Définition de l’agroforesterie
Il existe plusieurs définitions de l’agroforesterie parmi lesquelles, on peut retenir celle-ci :
« l’agroforesterie est l’association sur une même surface, des arbres et des productions
agricoles (cultures et/ou élevage) en vue de jouer sur leurs interactions afin d’en améliorer les
rendements » (Dupraz et Liagre, 2011) .

3-2-Importance de l’agroforesterie
L’agroforesterie a une grande importance, nous pouvons retenir entre autres (Motis, 2007) :

• l’utilisation maximum des terres,


• le raccourcissement des lieux d’exploitation de terre,
• l’augmentation du rendement de la production,
• la réduction des surfaces à cultiver,
• la réduction des GES (elle est remarquable surtout lorsque les légumineuses sont
utilisées comme arbres, car elles captent de l’air et fixent dans le sol plus de carbone
et d’azote que la plupart des autres arbres),

6
• la production accrue de la litière par la chute des feuilles des arbres ou retombées qui
augmente la fertilité du sol,
• la valorisation des savanes, la protection (contre l’érosion) et la conservation (contre
le lessivage) des sols.

A travers les débats sur la séquestration du carbone et les mécanismes de « crédits carbone »,
la tendance serait de rémunérer les efforts des pays luttant contre la déforestation (AFD,
2011). Les processus d'échange de CO2 entre l'atmosphère, la végétation et le sol sont la
photosynthèse, la respiration autotrophe (végétale) et la respiration hétérotrophe dans le sol
(principalement microbienne, transforme le matériel organique en CO2).

Dans le but de contribuer à la réduction des émissions de GES dans l’atmosphère, les
chercheurs du domaine forestier se sont orientés vers la reforestation (reboisement) dans les
zones de forêts et l’afforestation dans les zones de savanes. Mais cette dernière est plus
valorisée avec l’agroforesterie, où les arbres poussent plus vite et produisent plus de
biomasse. En effet, les arbres agroforestiers sont des arbres de pleine lumière et bénéficient
d’un environnement qui leur est favorable (fertilisation de la culture, faible concurrence entre
eux, travail du sol). A âge égal, ils produisent ainsi trois fois plus de biomasse par arbre
(Dupraz et Liagre, 2008).

3-3-Description de l’Acacia mangium


Règne : Végétale
Taxon : Spermaphyte
Embranchement : Angiospermes
Classe : Eudicots
Sous classe : Rosidae
Ordre : Fabales
Famille : Fabaceae
Sous famille : Mimosoideae
Genre : Acacia
Epithète : mangium.

L'Acacia mangium Wild est un grand arbre vivace pouvant atteindre 30 m de haut avec un
long fût droit ayant jusqu’à 50 cm de diamètre, parfois légèrement cannelé à la base. C’est
une espèce exotique pour le Congo, car il est originaire de l'Australie et du Sud-Est asiatique.

7
Dans des conditions moins favorables c’est un petit arbre, parfois à tiges multiples et
buissonnant. Les plants sont installés à des écartements réduits pour obtenir une densité de
625 à 1100 arbres à l’hectare. Des désherbages sont nécessaires jusqu’à la fermeture du
couvert. Ses branches persistent longuement sur le tronc car l’élagage naturel est mauvais. Le
système racinaire quant à lui est vigoureux et traçant. Son écorce est claire, gris-brunâtre ou
brune, rugueuse, fissurée longitudinalement. Seules les premières feuilles de la plantule sont
bipennées mais plus tard, le pétiole se transforme en phyllode de grande taille (11 à 27 cm de
long sur 3 à 10 cm de large) caractérisé par quatre (3 à 5) nervures longitudinales. C’est une
espèce à croissance rapide mais de durée de vie relativement courte qui ne dépasse guère une
trentaine d’années dans son aire d’origine. C’est une espèce tropicale de zone humide et
chaude, mais elle supporte des conditions climatiques très diverses où les précipitations
varient de 1000 à 4000 mm avec une saison sèche de 0 à 6 mois, des températures maximales
pouvant dépasser 38°C et des minima absolus inférieurs à 10°C. Elle vit sur des sols
généralement acides (pH 4,5-6,5) et pauvres. Dans les sols à hydromorphie temporaire un peu
prononcée, elle est remplacée par Acacia auriculiformis. C’est une espèce des forêts claires
et des savanes boisées, partiellement liée aux passages des feux. C’est une essence pionnière,
exigeante en lumière. L’espèce forme des associations symbiotiques avec des Rhizobiums,
des Bradyrhizobium et des ecto et endomycorhizes, ce qui explique sa capacité à croître sur
des sols particulièrement pauvres (Gnahoua et al., 2003).

3-4-Description de l’Acacia auriculiformis


Règne : Végétale
Taxon : Spermaphyte
Embranchement : Angiospermes
Classe : Eudicots
Sous classe : Rosidae
Ordre : Fabales
Famille : Fabaceae
Sous famille : Mimosoideae
Genre : Acacia
Epithète: auriculiformis.

C’est un grand arbre qui peut atteindre, dans de bonnes conditions, 30 m de hauteur avec un
fût droit et long de 60 cm de diamètre. Acacia auriculiformis est originaire du Nord de
8
l’Australie. C’est une espèce à croissance rapide tout comme l’Acacia mangium qui a été
largement plantée de par le monde tropical et subtropical. On la trouve entre le niveau de la
mer et 1000m d’altitude. Elle est résistante à la sécheresse, pouvant se contenter d’une
pluviosité de 800(600) mm par an mais supportant aussi 2500 (3500) mm de pluies d’été. Elle
s’adapte à une grande variété de sols allant des sols sableux aux sols argileux et aux sols à
hydromorphie temporaire. Le bois de cœur brun clair, est dur, mi-lourd et durable. En raison
de sa plasticité, Acacia auriculiformis est utilisé pour la revégétalisation des sites dégradés
tels que les terrains miniers. Il est planté pour contrôler l’érosion, comme jachères améliorées
en raison de sa capacité à fixer l’azote atmosphérique. Sa litière, tout comme celle Acacia
mangium enrichie le sol en matière organique, en carbone et azote. On peut l’utiliser en brise
vent. C’est aussi un arbre ornemental, d’ombrage et mellifère (Dossa, 2011).

3-5-Contribution des systèmes agroforestiers tropicaux dans le stockage de carbone


Le stock de carbone des sols est extrêmement sensible au changement d’usage des terres, et
peut à la fois être une source ou un puits de CO2 atmosphérique. Les systèmes agroforestiers,
associations d’arbres et de cultures, permettent de stocker du carbone dans la biomasse
ligneuse aérienne et souterraine des arbres. Ces systèmes améliorent les stocks de carbone
organique du sol, de part des entrées de carbone plus importantes, comme les litières
aériennes des arbres, les résidus de tailles, le renouvellement des racines fines et les
exsudations racinaires des arbres et de la strate herbacée des allées d'arbres. De plus
l’estimation du potentiel de stockage est rendue plus difficile en raison de la variabilité
spatiale importante dans ces systèmes.
Le carbone organique contenu dans les sols forestiers a donc été compris depuis longtemps
comme un équilibre dynamique entre les apports des débris végétaux et la perte de CO2 due à
leur décomposition. Les sols ont ainsi été considérés comme l'une des principales sources
naturelles de CO2 vers l'atmosphère et l'un des principaux puits de carbone terrestre. Des
études ont montré que les perturbations naturelles, le climat, dont la température et les
précipitations, la texture du sol et la topographie étaient les principales variables contrôlant le
carbone contenu dans les sols.
L’importance qu’occupe le thème des changements climatiques dans l’espace scientifique,
mais également public, est indéniable. Les conséquences d’une hausse des températures
globales causée par des concentrations élevées de gaz à effet de serre peuvent sembler
inquiétantes : perturbations climatiques sévères, fonte des calottes polaires, perte de

9
biodiversité, désertification accrue et populations dites défavorisées subissant les impacts les
plus sévères (IPCC, 2007). La communauté scientifique mondiale tente de trouver des
solutions de rechange à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, notamment
par la séquestration géologique du carbone. Cependant, un mécanisme de séquestration
naturelle est connu depuis longtemps : la photosynthèse. À première vue, tout ce qui touche
de près ou de loin à la reforestation ou le maintien de forêts existantes serait un outil efficace
de lutte contre les changements climatiques. L’agroforesterie s’inscrit dans cette perspective
par son potentiel élevé de séquestration du carbone (Maraux et al., 2007). De cette manière,
en plus de pouvoir atténuer les impacts des changements climatiques, il y a possibilité de
créer de la richesse via les crédits d’émissions de carbone.

3-6-Fixation du carbone dans le sol par les Légumineuses


Lorsqu’on associe une légumineuse à une autre culture, la légumineuse lui transfère l’azote
qu’elle a prélevé dans l’air. Cela permet d’avoir une meilleure accumulation d’azote dans la
culture associée (Fustec, 2014). Ce transfert se fait à travers la transformation de l’azote
atmosphérique en ammoniac par les microorganismes diazotrophes (les Rhizobactéries) qui
pour la plupart vivent en symbiose avec les Légumineuses au niveau des structures racinaires
appelées nodosités. L’azote contrôle la teneur en protéine tandis que le carbone assure le
remplissage du grain en amidon (Anonyme 2, 2005). Quant au carbone, il arrive dans les sols
à travers la photosynthèse effectuée par l’arbre. En effet, l’arbre en capturant le CO2 libère
l’oxygène et stocke le carbone qui y reste séquestré et ne pourrait s’en échapper qu’après une
calcination.
Dans les relevés pédologiques, la variable la plus corrélée avec la teneur en carbone
organique est sa couleur : plus le sol est foncé, plus il est riche en carbone organique (
Tremblay et al., 1999). L’agroforesterie figure parmi les méthodes réputées aptes à cette fin,
car elle améliore la séquestration du carbone non seulement dans les parties vivantes des
plantes ligneuses, mais aussi dans le sol. Nettement, cette séquestration se résume en trois
étapes : prélèvement du CO2 atmosphérique via la photosynthèse des végétaux, ensuite
transfert du carbone de CO2 en biomasse végétale et enfin transfert du carbone de la biomasse
vers le sol où il sera stocké sous forme de COS (carbone organique du sol). Cependant, les
sols à leur tour gardent une quantité de CO2 libéré par les racines et le reste provient des
activités anaérobiques des microorganismes dans le sol. Naturellement, les plantes annuelles
subissent aussi le même processus. Quand les plantes annuelles et/ou les arbres/arbuste sont

10
coupés, le stock de carbone emmagasiné est libéré dans l’atmosphère sous forme de GES.
Chez les herbacées et les plantes annuelles, le stock de carbone est considéré comme nul car
ils ont un cycle court et sortent plus vite du système. Ce sont les arbres et les arbustes
conservés dans le système qui participent à la séquestration de carbone (Dossa, 2011). Les
plantations de Acacia auriculiformis et de A. Mangium sont ainsi supposées augmenter
significativement les quantités de carbone organique du sol, comparativement à la savane
herbeuse qui domine sur l’étendue du Plateau des Batékés (Nsombo, 2016).

11
CHAPITRE II : PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE
II-1- Présentation de la structure d’accueil : Institut national de Recherche Forestière
(IRF)

Création et Statut
Créé par la Loi n° 23-2012 du 24 septembre 2012 portant création de l’Institut national de
Recherche Forestière, IRF est un établissement public administratif à caractère scientifique,
doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière.

Ressources
Les ressources de l’IRF proviennent de :
• Subventions de l’Etat ;
• Prestations de l’institut ;
• Contributions du fonds de soutien à la recherche scientifique ;
• Dons et legs.

Missions
Les missions attribuées à l’institut sont :
• Organiser, conduire et exécuter toute recherche fondamentale et appliquée visant la
promotion du développement forestier durable ;
• Mettre en œuvre une programmation scientifique autour des axes prioritaires pour le
développement du pays ;
• Effectuer des expertises scientifiques dans son champ de compétence ;
• Participer à la valorisation des résultats de ses recherches et de son savoir-faire ;
• Contribuer à l’élaboration de la politique de recherche dans les domaines relevant de
sa compétence ;
• Apporter son concours à la formation, à la recherche et par la recherche ;
• Publier et diffuser les résultats de ses travaux et concourir au développement des
connaissances et de l’information scientifique.

Domaines de compétences
Les domaines de compétence à l’institut sont les suivants :
• Aménagement forestier ;
• Sylviculture ;
• Agroforesterie ;

12
• Génétique forestière ;
• Technologie du bois ;
• Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL);
• Conservation et gestion de la biodiversité ;
• Changement climatique ;
• Appui à la mise en place des plantations forestières privées ou communautaires ;
• Environnement : érosion hydrique, pollutions des sols et des eaux, Etudes d’Impact
Environnemental et Social (EIES), évaluation environnementale…

Départements
L’institut se subdivise en neuf départements qui sont :
• Sylviculture et dynamique forestière ;
• Amélioration génétique ;
• Valorisation des Produits Forestiers Non Ligneux ;
• Changement climatique et implication sur les ressources forestières ;
• Ecologie Forestière ;
• Environnement et Société ;
• Entomologie et Phytopathologie Forestière ;
• Technologie du bois ;
• Economie et Sociologie Rurale.

Cependant, les trois derniers départements sont non fonctionnels par manque de personnel.

13
Organigramme de l’IRF
L’organigramme de l’IRF se présente comme suit :

Figure 2 : Organigramme de l’IRF

II-2-Présentation du milieu d’étude

2-1-Situation géographique
L’étude a été effectuée dans la concession du PRONAR à Bambou-Mingali, située dans le
district d’Igné, département du Pool, plus exactement au plateau de Mbé. Ce périmètre
attribué à l’Institut national de Recherche Forestière (IRF) couvre 100 ha de superficie. Le
but principal de cette attribution est de couvrir cette savane arbustive de forêt plantée afin
d’assurer la gestion durable des terres de savane de la zone.
Elle est limitée entre 15°29’60’’ et 15°30’13’’ de longitude Est et entre 3°52’16’’et 3°52’13’’
de latitude Sud. Le site est accessible par une piste de 8 km à partir de la RN1 au niveau du
village Bambou-Mingali.

14
Figure 3 : Localisation de la zone d’étude

2-2-Sol
La zone d’étude repose sur des sols sableux pauvres, de type ferralitique, fortement acides
(Mbimi, 2016). Ces sols présentent un bon drainage et une grande perméabilité, ce qui facilite
une pénétration humifère importante en profondeur. Mais sur ces sols, la réserve minérale et
la teneur en matière organique sont considérablement faibles avec une teneur de 3% en
matière organique en surface (De Boissezon et al., 1970). Cependant, on note également une
variation de la texture moins argileuse en surface (15%) et un peu plus argileux en
profondeur, puis une absence d’accumulation d’argile (Mbimi, 2016).

2-3-Végétation
La végétation du plateau de Bambou Mingali est savanicole, faiblement arbustive et herbeuse
(Otongo, 2013). Elle est principalement dominée par Hyparrhenia diplandra, Bridelia

15
ferruginea, Chromolaena odorata, Annona senegalensis. Ces dernières sont notamment
indicatrices de la fertilité du sol alors que Loudetia demeusei et Hymenocardia acida, sont les
espèces indicatrices de l’acidité du sol (Makany, 1976). Aussi, on rencontre quelques
Légumineuses locales telles que Millettia laurentii, Millettia versicolor et Millettia
eetveldeana.

2-4-Climat
Notre zone d’étude est sous l’influence d’un climat subéquatorial marqué par une saison
sèche de quatre (4) mois (de mi-mai à fin septembre) et d’une longue saison de pluies de huit
(8) mois environ (allant de septembre en mi-mai) mais interrompue entre janvier et février.
Tout compte fait, d’après Makany (1976), aucun mois n’est écologiquement sec dans cette
zone. La variation du climat de la zone est d’une grande importance pour les activités
agricoles. Car, elle permet notamment de distinguer le premier cycle de production agricole
d’octobre à janvier et du second de mars à mi-mai.

16
CHAPITRE III : MATERIEL ET METHODES
1- Matériel
Le matériel d’étude sur le terrain se compose de :

→ Matériel pédologique
Il s’agit d’un sol sableux sur lequel a été installée la plantation agroforestière de Bambou-
Mingali.

→ Matériel végétal
Sur ce sol sableux, cinq (5) parcelles agroforestières comprenant deux Légumineuses (Acacia
mangium et Acacia auriculiformis) et une Sterculiacée (Theobroma cacao) ont été mises en
place.

2-Méthodes
La collecte d’échantillons nécessite une bonne connaissance des outils de prélèvement et le
choix du matériel utilisé dépend des résultats visés. La technique d’échantillonnage à adopter
dépend de la profondeur à échantillonner, du type d’échantillon à prélever et du sol présent
sur le site (Pellet et Laville-Timsit, 1993). Dans le cadre de la présente étude, les échantillons
ont été prélevés dans les 20 premiers centimètres parce que cette profondeur correspond aux
horizons les plus affectés par les changements d’usages du sol (Anonyme 1, 2015). Ainsi, les
deux campagnes de prélèvement de sols (2017 et 2018) dans les parcelles concernées ont
facilité la création d’une base de données des échantillons de sols, permettant d’apprécier la
variation du stock de carbone des sols de Bambou-Mingali. Ce travail constitue une première
étape vers l’estimation du stock de carbone de ces sols.
Le matériel utilisé (équipement) et la méthodologie décrite ici ne concernent que la deuxième
campagne de prélèvement de sol fait en 2018.

2-1-Dispositif expérimental
Les plants de Légumineuses ont été plantés par unité expérimentale (UE) et celles-ci sont
réparties en quatre blocs dans chaque parcelle. En effet, le nombre d’UE varie entre 10 et 23
par bloc tandis que le nombre de blocs est uniforme, c’est-à-dire quatre blocs dans chacune
des cinq parcelles concernées.

17
L’emplacement des UE dans les blocs d’une parcelle est représenté dans la figure 4 où les
points en rouge désignent le centre de chaque UE et approximativement le point de chaque
prélèvement des échantillons de sols.

Figure 4 : Plan de la parcelle 1 (Lancement)

Sur le terrain, les pieds de cacaoyer ont été plantés entre les Légumineuses dans les UE de
chaque parcelle comme le présente la figure 5.

18
17,5 m

Légende:

Acacia

Cacao

15m
3m

UE= 25 pieds Acacias + 25 pieds Cacao


3,5 m

Figure 5 : Disposition des pieds d’acacia et de cacao dans chaque unité expérimentale (UE)

Le tableau 1 donne des informations sur les cinq (5) parcelles concernées par l’étude, à savoir
leurs nominations précises, les dates auxquelles elles ont été mises en place, les superficies
totales des parcelles ainsi que celles des essais et les écartements entre les Acacias.

Tableau 1 : Informations sur les cinq parcelles


Superficie de
Date de Espèce Superficie
Parcelle Nom la parcelle Ecartement
plantation dominante Essai (ha)
(ha)
Acacia
P1 Lancement 06/11/2011 100 ha 3,5mx3,5m 2
auriculiformis
Acacia
P2 PM-0413 19/02/2013 2 ha 3,5mx3m 1,5
auriculiformis
Acacia
P3 BM 01-15 17/01/2015 10 ha 3,5mx2m 1,5
auriculiformis
Acacia
P4 BM 14-15 26/03/2015 30 ha 3,5mx2,5m 2
mangium
Acacia
P5 BM 07-14 03/05/2014 10 ha 3,5mx2m 2
auriculiformis
Total 9

19
Le tableau 2 renseigne sur le nombre d’Unités Expérimentales (UE) des parcelles dans
lesquelles les prélèvements des échantillons de sol ont été réalisés.
Tableau 2 : Nombres d’unités expérimentales par bloc et par parcelle

Parcelles Blocs Total


BI B II B III B IV UE/Parcelle
P1 17 16 17 16 66
P2 10 10 10 10 40
P3 21 21 22 22 86
P4 23 22 23 23 91
P5 23 22 23 23 91
Total UE 374

2-2-Définition et planification des prélèvements dans les parcelles

Localisation des points de prélèvement


Cette procédure a commencé par la reconnaissance de chaque parcelle, de ses différents blocs
et ensuite des unités expérimentales (UE) qui les composent. Et sur ceux, les points de
prélèvement ont été localisés au centre de chaque UE tout en sachant qu’une UE est séparée
d’une autre par un morceau de tissu rouge attaché à une branche de l’un des arbres extrêmes.
Selon la disposition du terrain, chaque UE a la forme d’un carré et est composée de 25 arbres
soient cinq pieds de chaque côté.

Préparation à la campagne d’échantillonnage


Il a consisté à la préparation des outils de terrain y compris le nettoyage pour éviter la
contamination des échantillons avec ceux qui ont été réalisés antérieurement avec la même
tarière. Tous les outils nécessaires étant prêts et en bon état, nous avions procédé au
nettoyage ou déblayage de toute la surface au point de prélèvement au moyen d’une pelle
pour éviter toute contamination d’avec les éléments superficiels du sol.

20
Figure 6 : Localisation et planification des prélèvements

Echantillonnage

Le prélèvement d'un échantillon de sol a été fait manuellement à l’aide d'une tarière par un
mouvement de rotation dans le sens des aiguilles d'une montre. Il a fallu en moyenne dix
révolutions pour atteindre les 20cm de profondeur. La carotte de terre a été ôtée de la tarière à
l’aide d’un transplantoir et recueillie en la renversant dans un seau en plastique (figure 7).
Ainsi la figure 8 nous illustre le point de prélèvement dans chaque UE.

Figure 7 : Etapes de prélèvement de sol

21
Légende

: Pied d’Acacia

: Point de
prélèvement

Figure 8: Planification du prélèvement dans une UE

La profondeur 0-20cm a été choisie pour mieux constater l’effet de l’augmentation du stock
de COS (carbone organique du sol), dans la mesure où de nombreuses études ne mesurent pas
les stocks de carbone organique au-delà des vingt premiers centimètres, partant du principe
que le changement d’utilisation des terres n’affecte en premier lieu le COS que dans les
horizons supérieurs et que la teneur en carbone diminue avec la profondeur (Razakamanarivo
et al., 2010).

Figure 9: Mélange des échantillons simples et conservation des échantillons composites

Conservation et transport
Tous les prélèvements réalisés dans un bloc étant mis dans seau en plastique, sont bien
mélangés et chargés en quantité suffisante dans un sac plastique pour faire un échantillon

22
composite, ensuite celui-ci est bien étiqueté (à l’intérieur et à l’extérieur du sac plastique) et
enfin stocker dans un autre seau plastique pour faciliter le transport (figure 9).

2-3-Préparation des échantillons au laboratoire


La préparation des échantillons a consisté à apprêter nos échantillons de sol pour la lecture de
la couleur au moyen du code Munsell. D’abord, il a fallu étaler chaque échantillon composite
sur un plateau pour une opération de séchage à l’air libre pendant deux semaines. Ensuite, un
tamisage s’est poursuivi à l’aide d’un tamis de 2mm à maille carrée et enfin le stockage des
échantillons dans des barquettes en plastique bien étiquetées sur les deux parois latérales et
une troisième étiquette placée à l’intérieur de la boîte. Nous avons au total étiqueté 20
échantillons composites d’au moins 1000g et un échantillon témoin pris dans la savane pour
cette deuxième campagne de prélèvement.

Etalement des échantillons Echantillon de sol tamisé Echantillon de sol


Séchage à l’air libre
dans les plateaux placé dans la boîte et étiqueté stocké

Figure 10: Préparation des échantillons au séchage et stockage

2-4-Mesure de la couleur du sol avec le Code Munsell

Le système de Munsell ou nuancier est un catalogue définissant visuellement un ensemble


plus ou moins limité de couleurs dont chacune est reproduite sur un support (papier) appelé la
teinte (hue) accompagnée d'un identifiant unique. Le code de Munsell est organisé d’une
façon qui paraît assez naturelle, les couleurs y sont hiérarchisées en distinguant d’abord la
teinte (hue, en anglais), puis la clarté (value), et enfin la pureté (chroma). A chaque feuille
correspond une teinte présentant des étalons colorés de clarté croissante en ordonnée et de
pureté croissante en abscisse (figure 11).

23
• Teinte (Hue) = Nuance de la couleur ;
• Intensité ou clarté (Value)= Luminosité, énergie,
énergie noté de 1 à 8 ;
• Saturation ou pureté (Chroma)=
Chroma)= force de la coloration, noté de 0 à 8.

Seule la teinte 10YR du code a été utilisée.. Finalement, les indices sur la couleur ont été
représentés à partir de la teinte, en prenant compte les couples des valeurs clarté/pureté ou
Value/Chroma.

La couleur du sol a été comparée au laboratoire, à la lumière du jour après séchage de


l’échantillon à l’air libre pendant deux semaines.. Cela s’est fait en déplaçant une portion de
l’échantillon de sol sous les fenêtres prévues sous chaque étalon coloré, et dès lors qu’on
repère celui dont la couleur se rapproche le mieux, on note ses coordonnées (teinte, clarté,
pureté). La clarté est inversement proportionnelle à la quantité de matière organique.
organique La
couleur des horizons est l’un
un des critères fondamentaux, car elle
lle donne de précieuses
indications sur la présence de matière organique (Ardouin, 2012).

Figure 11 : Code Munsell

24
La première campagne de prélèvement de sol (2017), tout comme la deuxième campagne en
2018 nous a permis d’effectuer 374 prélèvements (correspond au nombre total d’UE) pour
chaque année, que nous avons ensuite répartis en 20 échantillons composites plus un
échantillon témoin pris dans la savane pour chaque campagne. Ce qui fait un total de 42
échantillons soient 40 échantillons composites et deux échantillons témoins.

2-4-Traitement des données


Toutes les données obtenues pendant la prise de la couleur ont été saisies dans Excel en
séparant les données de chaque campagne.

Une analyse de variance non paramétrique a été effectuée pour comparer le degré de
coloration entre les deux campagnes. Le logiciel R-Studio version 3.3.2 a été utilisé pour
effectuer cette analyse. Sachant que la couleur du sol était numérisée par un couple de
nombre (3/2 ; 3/3 ; 4/1 ; 4/2) pour chaque échantillon, nous avons codifié à l’unité chaque
couple, afin d’avoir des variables numériques à analyser (tableau 2).

Tableau 3 : Codification attribuée aux couples représentatives des couleurs

Couples (couleur) Codes assignés


3/1 0
3/2 1
3/3 2
4/1 3
4/2 4
4/3 5

25
CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION
IV-1-Résultats

1-1-Résultats sur la couleur


A l’aide du code de Munsell, nous avions pu lire la couleur sur 42 échantillons au total dont
20 échantillons composites dans les parcelles plus un échantillon témoin pour chaque
compagne.

Les échantillons composites de sol pris par blocs présentent plus les couleurs de code
10YR3/3 et 10YR3/2.

Les figures suivantes (figures 12 à 16) représentent les différentes variations de la couleur du
sol par parcelle suite aux deux campagnes de prélèvement.

Au sein de la parcelle 1
En 2017, la couleur moyenne des blocs 1,2 et 3 est brun grisâtre sombre (10YR4/2) tandis
que celle du bloc 4 est gris sombre (10YR4/1). En 2018, la couleur des sols des blocs 1 et 3
s’assombrit en passant au gris sombre (10YR4/1) alors les blocs 2 et 4 ont des teintes brun
sombre (10YR3/3) donc de pureté plus intense (figure 12).

Figure 12: Variation de la couleur dans la parcelle 1

26
Dans la parcelle 2

En 2017 (figure 13), les sols de cette parcelle ont des couleurs qui varie du brun sombre
grisâtre (10YR4/2) dans le bloc 2 au brun sombre (10YR3/3) dans les blocs 3 et 4, et au brun
grisâtre très sombre (10YR3/2) dans le bloc 1. En 2018, seuls les bloc 1 et 2 qui changent de
couleur, en passant respectivement au brun grisâtre très sombre (10YR3/2) et au brun sombre
grisâtre (10YR4/2)

Figure 13 : Variation de la couleur dans la parcelle 2

Au sein de la parcelle 3

La figue 15 montre qu’en 2017, les sols de cette parcelle ont des couleurs qui sont brun
grisâtre très sombre (10YR3/2) dans le bloc 1, brun sombre grisâtre (10YR4/2) dans le bloc 2
et brun grisâtre très sombre (10YR3/2) dans les blocs 3 et 4. En 2018, toute la parcelle a des
sols plus foncés qui ont la couleur brun grisâtre très sombre (10YR3/2).

27
Figure 14 : Variation de la couleur au sein de la parcelle 3

Dans la parcelle 4

Sur la figure 14, la variation de la couleur du sol entre 2017 et 2018 ne s’observe que dans le
bloc 1 où le sol passe du brun sombre (10YR3/3) au brun grisâtre très sombre (10YR3/2),
alors que la couleur brun sombre (10YR3/3) demeure dans bloc 2 et le brun grisâtre très
sombre (10YR3/2) dans les blocs 3 et 4.

28
Figure 15 : Variation de la couleur dans la parcelle 4

Dans la parcelle 5

Dans la parcelle 5, la couleur du sol passe du brun sombre (10YR3/3) au brun grisâtre très
sombre (10YR3/2) dans les blocs 1, 2 et 3 tandis qu’il n’y a pas de variation dans le bloc 4 où
elle est constante au brun sombre (10YR3/3) entre 2017 et 2018.

Figure 16 : Variation de la couleur au sein de la parcelle 5

Résultats concernant les échantillons témoins


Les échantillons témoins exposés dans le tableau 4 ci-après sont ceux prélevés pendant les
deux campagnes, en 2017 et en 2018. On constate que la couleur des sols de savane n’a pas
varié d’une année à l’autre.

Tableau 4 : Couleur des échantillons témoins des deux campagnes (2017 et 2018)

Année Teinte (Hue) Pureté (Value) Intensité (Chroma)


2017 10YR 4 2
2018 10YR 4 2

29
Le tableau 5 suivant, présente les résultats de l’analyse de variance de la variable code
couleur.

Au seuil de probabilité de 5%, la P-value (Pr > F) est égal à 0,011, donc inférieure à 0,05 ;
cette analyse montre qu’il existe des différences significatives entre les deux campagnes de
prélèvement de sol.

Tableau 5 : Tableau d’analyse de variance

ddl SCE CM F-value Pr (>F)

Campagne 1 5,625 5,6250 7,0896 0,01131

Residuals 38 30,150 0,7934

La moyenne obtenue avec les indices de couleur révèle est de 2,2 pour l’année 2017 et de
1,45 pour la deuxième campagne de 2018.

30
IV-2-Discussion

Sur la profondeur et les espèces choisies

Les résultats obtenus ont montré que sur les vingt premiers centimètres du sol, la conversion
d’une savane à une plantation feuillue d’espèces d’acacia induit un accroissement significatif
du carbone organique du sol. Cependant, la variation de la couleur donnée par le code
Munsell ne présente pas vraiment un gain significatif par rapport à cette augmentation du
stock de carbone. Cela va dans le même sens que les travaux de Marco et al.,(2010) qui
soutiennent ce point de vue. Notons tout de même aussi que la production de la matière
organique entraine une accumulation du carbone organique du sol surtout dans l’horizon
supérieur 0-20cm.

Sur la méthodologie utilisée (système de Munsell)


La charte de Munsell est une source d’erreur en soi, car la probabilité d’obtenir une
correspondance parfaite entre la couleur du sol et celle de la charte est moins de 1% mais
l’interpolation de la charte augmenterait de façon significative la précision d’évaluation de la
couleur surtout pour la pureté (Tremblay et al., 1999).

Sur les parcelles


Si la couleur de nos échantillons témoins n’a pas changé contrairement à celle des
échantillons pris dans les parcelles, cela signifie que l’augmentation de la matière organique a
effectivement une grande influence sur la couleur du sol. Ce phénomène a été aussi observée
dans les blocs 2, 3 et 4 de la parcelle 4 et le bloc 4 de la parcelle 5 ; ceci serai dû au fait
qu’une grande différence de la teneur en carbone organique n’entraine pas forcément une
variation importante de la couleur du sol (Tremblay et al., 1999). Dans les autres parcelles
(P1, P2 et P3) ou dans les autres blocs (bloc 1 de P1 et blocs 1, 2 et 3 de P5), la couleur du sol
a bel bien variée en passant des teintes plus claires à des teintes plus foncées caractéristiques
de la présence de la matière organique. Ces variations de couleur sont dues à l’abondante
production des litières par les arbres d’acacias qui sont bien installés (Bernhard-Reversat,
1993 ; 1996 ; 1998).

31
Les écartements entre les Acacia et l’âge des parcelles

En voyant les écartements qui existent entre les arbres dans chaque parcelle, il y a une grande
influence qui s’exerce sur le stock du carbone organique dans le sol, surtout lorsque les arbres
sont rapprochés c'est-à-dire que les écartements ne sont pas importants donc pour le cas d’une
densité élevée. C’est le cas de la parcelle 3 où l’écartement est plus petit qu’ailleurs soit
3,5mx2m. Nous constatons dans cette parcelle que la couleur du sol est brun grisâtre très
sombre (10YR3/2) dans tous les blocs. Les parcelles 5, 4 et 2 ont des écartements réduits
raisons pour laquelle il y a trois (3) blocs dans chacune des parcelles où les couleurs des sols
sont sombres bruns grisâtres très sombre (10YR3/2) quand bien même les âges sont
différents. Contrairement à la parcelle 1 qui a un grand écartement soit 3,5mx3,5m dans
laquelle aucun bloc ne présente un sol foncé au brun grisâtre très sombre (10YR3/2) malgré
qu’elle soit la plus âgée de toutes les autres parcelles. De ce fait il en ressort que les
écartements entre les arbres influenceraient plus le stockage de CO dans le sol plutôt que
l’âge de la plantation. Pour ce qui est de l’âge des plantations, le constat fait est que les sols
des parcelles les plus jeunes présentent des teintes plus foncées que celles des parcelles
vieilles. Ce qui nous amène à comprendre que le stockage du carbone organique du sol est
plus actif au stade juvénile des plantations à Acacia mangium et A. auriculiformis.

Autres facteurs influençant le stockage du carbone organique dans le sol

Les facteurs climatiques comme la pluviosité et la température, ainsi que le drainage


influencent lourdement la couleur du sol. Cela s’explique du fait que dans les conditions
climatiques sèches, le carbone organique du sol à tendance à se conserver tandis qu’il se perd
de l’ordre de 23% lorsque les conditions pluviométriques sont supérieures à 1500mm/an.
Etant donné que tous les facteurs précités n’ont pas été pris en compte, il serait difficile de
voir la variation cohérente de la couleur par rapport à l’âge des plantations des parcelles
(Marco et al., 2010).

32
Conclusion
Cette étude a eu pour objectif d’apprécier, à partir de deux campagnes de prélèvement de sol
et à l’aide du Code Munsell, la variation du stock de carbone organique dans les sols des 5
parcelles agroforestières d’acacia-cacao de Bambou-Mingali dont les âges varient entre 3 et 7
ans.

La méthodologie développée a permis de prime abord d’échantillonner les sols dans les cinq
parcelles agroforestières de Bambou-Mingali. Ensuite, on a procédé à la détermination la
couleur des échantillons prélevés à l’aide du code Munsell. Ce qui a conduit à approuver que
l’accumulation de la matière organique par les retombées de litières a occasionné un
enrichissement du sol en humus. Ainsi les résultats obtenus ont montré que les plantations de
Acacia mangium et de A. auriculiformis, par leur production abondante de litière sont une
source d’enrichissement du sol en matière organique et donc en carbone organique.

Par ailleurs, on a remarqué que l’âge de la plantation a eu un impact sur le stock de carbone
organique du sol qui se traduit par des couleurs plus sombres observées dans les parcelles les
plus anciennes à l’exception de la parcelle 1 dont la mise en place n’a pas été faite dans les
règles prescrites et donc les arbres n’ont pas connu une croissance optimale permettant une
bonne production de litière.

Les densités de plantation variables d’une parcelle à une autre expliquent par ailleurs les
résultats obtenus. En effet, dans les parcelles où les arbres sont très espacés (3,5m x 3,5m),
les variations de couleur du sol ont été faibles alors que dans les parcelles à densité forte
(3,5m x 2,0m), les résultats sont plus nets.

En perspectives, des analyses chimiques pour la détermination des teneurs exactes en matière
organique des sols étudiés sont à réaliser afin de mieux comprendre l’influence des systèmes
agroforestiers cacaoyers sous acacias sur la séquestration du carbone dans les sols. C’est à
l’issue de ces travaux que l’on pourrait évaluer les crédits carbone que procurent ces systèmes
agroforestiers.

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