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Imagerie de L'adénomyose

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¶ 150-A-30

Imagerie de l’adénomyose
M. Bazot, J. Nassar-Slaba, J. Rouger, A. Cortez, E. Daraï

L’adénomyose est une pathologie gynécologique fréquente touchant surtout les femmes après 40 ans et
responsable d’un tableau clinique peu spécifique. Le rôle de l’imagerie est de préciser le diagnostic, de
définir l’extension de l’atteinte et d’éliminer d’autres pathologies associées. L’échographie, qui est
l’examen de première intention, a une sensibilité et une spécificité variant respectivement entre 50 et
89 %, et entre 53 et 89 %, en fonction des pathologies associées. L’imagerie par résonance magnétique
(IRM) pelvienne peut être proposée lorsqu’il existe un doute diagnostique du fait de ses bonnes sensibilité
(de 78 à 89 %) et spécificité (de 67 à 93 %). Le principal diagnostic différentiel de l’adénomyose qui pose
problème en pratique quotidienne est la pathologie léiomyomateuse. Certains signes échographiques et
IRM sont à rechercher spécifiquement pour corriger le diagnostic, car la prise en charge thérapeutique de
ces deux pathologies varie souvent, en particulier chez les patientes ayant un désir de grossesse.
© 2005 Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Mots clés : Adénomyose ; Léiomyome ; Échographie ; Imagerie par résonance magnétique

Plan une hypertrophie et une hyperplasie musculaires secondaires


surajoutées. Le tamoxifène, qui est un antiœstrogène non
stéroïdien utilisé dans le traitement du cancer du sein, aug-
¶ Introduction 1
mente l’incidence de l’adénomyose chez les femmes ménopau-
¶ Rappel anatomopathologique 1 siques. [1] La prévalence de cette affection sur les pièces
¶ Données de l’imagerie 2 d’hystérectomie est variable et difficile à préciser, pouvant aller
Hystérographie 2 de 7 à 77 %, [2] fonction surtout du nombre de prélèvements
Échographie transabdominale 2 effectués sur la pièce opératoire. Plus il est important, plus la
Échographie endovaginale 2 fréquence du diagnostic est élevée. [3]
Imagerie par résonance magnétique 4 Le traitement de l’adénomyose dépend de l’âge, des symptô-
¶ Conclusion 6 mes de la patiente et d’un éventuel désir de grossesse. Le
traitement définitif est l’hystérectomie mais, le plus souvent, un
traitement médical est proposé initialement, comme le danazol
ou les agonistes de la gonadotrophin releasing hormone (GnRH)
qui ne sont pas toujours efficaces. Une résection endométriale
peut être proposée lorsqu’il s’agit d’une adénomyose superfi-
■ Introduction cielle chez les patientes présentant une ménométrorragie.
L’embolisation de l’artère utérine, qui est parfois proposée pour
L’adénomyose est une pathologie gynécologique fréquente le traitement des léiomyomes, peut devenir également une
qui touche plus volontiers les femmes préménopausiques alternative au traitement de l’adénomyose. [1]
au-delà de 40 ans, le plus souvent multipares, avec un pic entre
35 et 50 ans. Deux tiers environ des patientes sont symptoma-
tiques, présentant des douleurs pelviennes, une dysménorrhée
et surtout des ménométrorragies observées dans 80 % des cas. ■ Rappel anatomopathologique
Le taux de diagnostic préopératoire basé sur la clinique varie
entre 2,6 et 26 %. [1] Ces signes sont donc peu spécifiques et La connaissance des données histopathologiques concernant
sont également observés en cas de léiomyomes utérins. Le rôle l’adénomyose est essentielle pour comprendre celles de l’image-
de l’imagerie est de préciser le diagnostic, d’autant plus qu’une rie. Pour l’anatomopathologiste, c’est la présence de multiples
association lésionnelle de ces deux pathologies est fréquente. glandes hétérotopiques au sein du myomètre qui permet
L’échographie et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) d’affirmer le diagnostic d’adénomyose. En raison de l’irrégularité
permettent également d’apprécier le degré d’extension de physiologique de l’interface qui existe entre l’endomètre et le
l’adénomyose, d’établir la meilleure conduite à tenir thérapeu- myomètre, on note la présence normale d’invaginations de la
tique et assurent un suivi évolutif de la pathologie chez les muqueuse au sein du myomètre. Malgré l’absence de consensus
patientes sous traitement médical. définitif, la plupart des anatomopathologistes, à ce jour,
L’adénomyose, dont l’étiologie n’est pas encore bien établie, considèrent que l’extension en profondeur de ces glandes ne
est caractérisée par la présence de muqueuse endométriale doit pas excéder 2,5 mm par rapport à la basale endométriale. [4]
hétérotopique au sein du myomètre, entraînant habituellement Au-delà de ce seuil, le diagnostic d’adénomyose est porté. Une

Gynécologie 1
150-A-30 ¶ Imagerie de l’adénomyose

Figure 1. Examen macroscopique d’un utérus globuleux adénomyo- Figure 2. Hystérographie (cliché de face en remplissage) retrouvant un
mateux présentant des parois asymétriques et des cavités intramyomé- utérus discrètement latérodévié à droite présentant de multiples images
triales. diverticulaires corporéales et fundiques, très évocatrices d’adénomyose.

hypertrophie musculaire est conjointement associée chez les retenir comme suffisamment sensible. Par ailleurs, ce signe n’est
patientes non ménopausées et doit, pour certains auteurs, être pas spécifique et peut être retrouvé lors d’extravasations
présente pour retenir le diagnostic d’adénomyose. Le nombre de vasculaires ou lymphatiques. L’hystérographie ne doit donc pas
foyers retrouvés par champ de microscope est variable, de rares être considérée aujourd’hui comme une technique fiable
à multiples, de siège superficiel ou profond, épars ou dissémi- permettant ce diagnostic. Néanmoins, cette sémiologie reste
nés. À l’examen macroscopique, l’utérus est ferme, augmenté de utile à connaître car elle peut être fortuitement retrouvée chez
taille, souvent globuleux avec des parois plus ou moins asymé- des patientes passant une hystérosalpingographie dans le cadre
triques, renfermant de petites cavités intramyométriales parfois d’un bilan d’infertilité. En effet, le rôle de l’adénomyose comme
hémorragiques à la coupe (Fig. 1). Il faut distinguer, à ce titre, facteur éventuel d’infertilité n’est pas encore bien défini, un
la pathologie focale et diffuse. L’adénomyose focale correspond gros utérus pouvant être associé à une diminution de la
à quelques foyers retrouvés sur une seule localisation myomé- réceptivité utérine et endométriale. [1]
triale. Elle est dénommée adénomyome si elle prend une forme
nodulaire à limites discrètement imprécises. L’examen macro-
scopique sur la pièce opératoire est le plus souvent indiscernable
d’un authentique léiomyome. L’adénomyose est dite diffuse Échographie transabdominale
quand existent de nombreux foyers disséminés dans de multi-
Les critères diagnostiques d’adénomyose retrouvés en écho-
ples sites myométriaux ou étendus de la superficie à la profon-
graphie par voie sus-pubienne sont la présence d’un gros utérus
deur du myomètre. Lorsqu’il s’agit d’une forme où les îlots
régulier hétérogène, présentant un aspect en « rayons de miel »
glandulaires sont particulièrement épars et diffus, un problème
avec de petites images kystiques de 5 à 7 mm. [7] Ce dernier
diagnostique peut se poser aux pathologistes pour la différencier
critère hautement évocateur n’a malheureusement pas été
d’un sarcome stromal endométrial de bas grade. L’imagerie est
confirmé par d’autres auteurs. [8] La sensibilité de l’échographie
alors utile pour orienter le diagnostic, en visualisant un
transabdominale varie selon les études entre 32,5 et 63 %, et sa
épaississement endométrial associé à la pathologie myomateuse
spécificité entre 95 et 97 %. [1, 9] Selon Bazot et al., si « un gros
dans le cas de la tumeur endométriale. [5] Enfin, il convient de
utérus régulier, éventuellement asymétrique, plus ou moins
rappeler l’association fréquente entre l’adénomyose et les
hétérogène, sans myomes individualisables, avec d’éventuelles
léiomyomes qui, s’ils sont recherchés systématiquement sur la
images kystiques intramyométriales » est considéré comme
pièce opératoire, sont présents dans environ trois quarts des cas
critère diagnostique, l’échographie transabdominale présente
d’hystérectomie.
une très mauvaise sensibilité, de 30 %, mais une excellente
spécificité, de 97 % (Fig. 3). [10] Elle ne permet donc pas le
diagnostic d’adénomyose et est souvent incapable de différen-
■ Données de l’imagerie cier une adénomyose des léiomyomes en raison d’une résolu-
tion insuffisante. Dans le cadre d’une pathologie myométriale
Le diagnostic en imagerie se base sur des critères diagnosti- indéterminée suspectée, il convient de coupler systématique-
ques indirects en rapport avec la visualisation de l’hypertrophie ment l’échographie transabdominale et l’échographie endovagi-
musculaire et d’autres, directs, expliqués par la présence des nale pour rechercher une adénomyose. Beaucoup d’utérus
foyers hétérotopiques endométriaux. L’intérêt des diverses volumineux « grossièrement hétérogènes » sont encore aujour-
techniques non invasives pour le diagnostic de l’adénomyose d’hui décrits à tort comme « myomateux » alors qu’il s’agit
est abordé de façon successive dans cet article. d’une adénomyose caricaturale. Dans ce cadre, l’échographie
endovaginale peut elle-même être non contributive du fait d’un
défaut de pénétration des ultrasons en profondeur, ce qui est un
problème similaire à celui rencontré lors de l’étude des utérus
Hystérographie polymyomateux volumineux.
L’hystérographie a été la première modalité d’imagerie utilisée
pour effectuer le diagnostic d’adénomyose. Golberger a rapporté
en 1949 un signe dit « caractéristique » en hystérographie, sous Échographie endovaginale
forme de multiples spicules de 1 à 4 mm de long, s’étendant de
l’endomètre au sein du myomètre [6] (Fig. 2). Cette sémiologie, Grâce à sa bonne résolution spatiale, l’échographie endovagi-
excessivement évocatrice, n’était présente que chez moins d’un nale a permis de définir des signes échographiques pertinents
quart des patientes explorées et ne permet donc pas de la pour le diagnostic d’adénomyose. Un certain nombre de critères

2 Gynécologie
Imagerie de l’adénomyose ¶ 150-A-30

Figure 5. Coupe longitudinale en échographie endovaginale retrou-


vant des images kystiques intramyométriales associées à une hétérogé-
Figure 3. Coupe axiale en échographie transabdominale. Utérus glo- néité des parois du myomètre, en rapport avec une adénomyose.
buleux d’échostructure hétérogène qu’il est difficile d’imputer à une
pathologie léiomyomateuse ou à de l’adénomyose.

Figure 6. Coupe longitudinale en échographie endovaginale avec une


étude en doppler couleur pour différencier les images kystiques intramyo-
Figure 4. Coupe longitudinale en échographie endovaginale retrou- métriales typiques d’adénomyose et les vaisseaux.
vant un volumineux utérus régulier, asymétrique, dont le myomètre
postérieur est hétérogène et le siège de multiples fines zones d’atténua-
tion postérieure faisant évoquer une adénomyose diffuse à prédominance
postérieure.

ont ainsi été définis : un volumineux utérus non expliqué par


la présence de léiomyomes, une asymétrie des parois myomé-
triales antérieure ou postérieure, une zone hétérogène mal
limitée, éventuellement sans effet de masse sur la muqueuse
endométriale en regard ou la présence d’une zone d’hyperécho-
génicité du muscle utérin (Fig. 4). Parmi ces critères, l’hétérogé-
néité myométriale est considérée par la plupart des auteurs
comme le meilleur critère diagnostique d’adénomyose. [11, 12]
Atri et al. ont démontré, grâce à des corrélations échoanatomi-
ques, que cette hétérogénéité myométriale correspond à l’hyper-
trophie musculaire engendrée par l’endomètre ectopique. [13] Si
ce signe, défini par la présence de plages myométriales mal
limitées hypo- ou hyperéchogènes, est utilisé d’une manière
exclusive pour faire le diagnostic, il permet d’obtenir une bonne Figure 7. Coupe longitudinale en échographie endovaginale montrant
sensibilité au détriment d’une spécificité médiocre (Fig. 5). [11] une lésion hypoéchogène homogène, arrondie, aux bords bien circons-
Il faut plutôt retenir comme critère échographique plus spécifi- crits, en rapport avec un myome interstitiel, dont l’aspect des contours et
que celui d’une plage myométriale d’hétérogénéité localisée. de l’échostructure contraste avec celui de l’adénomyose.
Néanmoins, comme l’avaient proposé auparavant Fedele et al.,
le critère essentiel est la visualisation de lacunes anéchogènes
arrondies ou des kystes intramyométriaux de taille variable, de intramyométriaux des vaisseaux utérins, ainsi qu’une adéno-
1 à 7 mm (Fig. 6). [14] Il s’agit du critère le plus sensible et le myose focale d’un léiomyome qui présente le plus souvent une
plus spécifique en échographie endovaginale. [10] En termes de couronne vasculaire périphérique (Fig. 7, 8). Les adénomyomes
corrélation échoanatomopathologique, ces lacunes correspon- sont caractérisés par l’absence de flux ou par la présence de
dent à des foyers endométriaux hétérotopiques contenant des vaisseaux rectilignes traversant le myomètre hypertrophié
glandes dilatées, voire plutôt kystisées éventuellement, hémor- (Fig. 9). De nouveaux signes ont été également décrits et validés
ragiques. [15] Le doppler couleur sert à différencier les kystes par une étude radioanatomique effectuée par Atri et al. [13]

Gynécologie 3
150-A-30 ¶ Imagerie de l’adénomyose

patientes ayant une ménométrorrhagie isolée, une sensibilité et


une spécificité élevées de l’échographie endovaginale (de 80 et
74 % respectivement). [14] Néanmoins, quand il s’agit de
patientes non sélectionnées ou ayant des pathologies gynécolo-
giques associées, la sensibilité de l’échographie endovaginale et
sa spécificité pour le diagnostic d’adénomyose varient respecti-
vement de 53 à 89 % et de 50 à 89 %. [10, 12-16] L’association à
d’autres pathologies, notamment léiomyomateuses, est particu-
lièrement responsable de la baisse de sensibilité de l’échographie
endovaginale. [10]
En pratique quotidienne, le diagnostic différentiel principal
posé en échographie est représenté par les léiomyomes utérins,
qu’ils soient isolés ou associés à l’adénomyose. Les léiomyomes
présentent une forme arrondie, aux contours bien définis et une
atténuation plus marquée des ultrasons aux bords latéraux. En
revanche, les lésions d’adénomyose ont des limites mal définies
sans effet de masse sur l’endomètre. L’association de ces deux
Figure 8. Coupe longitudinale en échographie endovaginale avec hy- pathologies n’est pas sans conséquence pratique quant à la prise
pervascularisation caractéristique périphérique d’un myome en étude en charge thérapeutique. En effet, l’arsenal thérapeutique
doppler couleur. disponible pour le traitement des myomes est large. Quant à
celui de l’adénomyose, il n’existe à ce jour que l’hystérectomie
comme alternative pour le traitement des formes diffuses. Le
traitement médical peut être proposé aux femmes symptomati-
ques pour préserver la fertilité. [4] Il peut être discuté également,
selon les équipes, la possibilité de résection endométriale pour
les suspicions d’adénomyoses superficielles. [18, 19] L’embolisa-
tion des artères utérines à l’aide de particules inertes est
actuellement en cours de validation. Ainsi, lorsqu’il existe un
doute diagnostique en échographie concernant la présence
d’une adénomyose isolée ou associée à une autre pathologie, la
réalisation d’une IRM doit être proposée pour optimiser la prise
en charge thérapeutique. [10]

Imagerie par résonance magnétique


Les avantages de l’IRM sont nombreux et bien connus : elle
permet une acquisition multiplanaire sans irradiation, ce qui est
Figure 9. Coupe longitudinale en échographie endovaginale avec dop- un facteur particulièrement important chez les femmes en âge
pler couleur, montrant un utérus globuleux en rapport avec une adéno- de procréation, avec une très bonne résolution spatiale et en
myose et des vaisseaux rectilignes traversant le myomètre hypertrophié. contraste grâce aux nouvelles antennes. De plus, elle est moins
opérateur-dépendante que l’échographie. Pour les IRM pelvien-
nes, il est recommandé d’administrer un antispasmodique avant
la réalisation de l’examen et d’effectuer une compression
abdominale pour diminuer les artefacts de mouvements et de
pulsations. Les séquences en pondération T2 montrent le mieux
l’anatomie zonale de l’utérus. En revanche, les séquences en
pondération T1 semblent aujourd’hui de peu d’intérêt diagnos-
tique dans le cadre de l’adénomyose. Les séquences en écho de
spin pondérées T2, initialement utilisées, ont été remplacées par
les séquences en fast-spin écho T2, qui permettent un meilleur
contraste T2 en un temps d’acquisition trois à quatre fois plus
court [20-22] n’éliminant néanmoins pas les artefacts de mouve-
ment. Des séquences hyperrapides T2 en apnée sont également
proposées, permettant le diagnostic d’adénomyose en dimi-
nuant ces artefacts. [23] Les séquences T1 après gadolinium
semblent inutiles pour la pathologie myométriale bénigne. [24]
Sur les séquences T2, chez les femmes en période d’activité
Figure 10. Coupes longitudinales en échographie endovaginale retrou- génitale, l’endomètre est en hypersignal, la zone jonctionnelle
vant une image kystique et un aspect nodulaire hyperéchogène, intra- qui est la partie la plus interne du myomètre est une bande en
myométriaux, en rapport avec des localisations adénomyosiques. hyposignal et le myomètre périphérique est de signal intermé-
diaire, plus élevé que celui des muscles striés. Les premières
Ainsi, la présence de nodules hyperéchogènes, de stries linéaires publications ont défini la sémiologie élémentaire de l’adéno-
hyperéchogènes juxtaendométriales et l’aspect nodulaire de la myose en IRM. [25, 26] Elles insistent sur la sémiologie diagnos-
jonction endomètre-myomètre semblent des critères significati- tique « indirecte » liée à la création d’une hypertrophie et d’une
vement reliés à la pathologie adénomyosique (Fig. 10). hyperplasie musculaires au sein du myomètre. Ainsi a été
L’échographie endovaginale a été évaluée par de nombreux définie, sur les séquences pondérées T2, la notion d’« épaissis-
auteurs pour le diagnostic d’adénomyose, avec des résultats sement de la zone jonctionnelle », liée à une adénomyose
quelque peu contradictoires. [12, 14-17] Ces contradictions diffuse et la présence d’une zone focale hypo-intense mal
peuvent être rapportées aux critères histologiques, cliniques et limitée engendrée par une adénomyose focale. [27] La visualisa-
échographiques, et à la méthodologie d’analyse pratiquée. tion d’une zone jonctionnelle supérieure ou égale à 5 mm
Fedele et al. rapportent dans une étude réalisée chez des permettait de poser le diagnostic d’adénomyose avec une bonne

4 Gynécologie
Imagerie de l’adénomyose ¶ 150-A-30

Figure 11. Coupe sagittale en


pondération T2 présentant un
utérus augmenté de taille avec un
pseudoépaississement majeur de
la zone jonctionnelle et quelques
rares lésions kystiques intramyo-
métriales visibles sur sa paroi anté-
rieure en rapport avec une adéno-
myose diffuse.

Figure 13. Coupe sagittale en pondération T2 (séquence STIR) mon-


trant un utérus avec une adénomyose focale antérofundique (zone myo-
métriale aux contours mal limités en hyposignal T2) et deux myomes
antérieurs (lésions en hyposignal T2 marqué, aux bords bien circonscrits).
Noter la différence dans l’aspect des contours et du signal de ces deux
lésions.

sont visibles dans moins de 50 % des adénomyoses diagnosti-


Figure 12. Coupe axiale en turbo spin echo T2 retrouvant une pseudo- quées par IRM. [16] Lors de la réalisation d’IRM dynamique
hypertrophie majeure de la zone jonctionnelle sur les parois antérieure et injectée, des anomalies de perfusion myométriale peuvent être
postérieure du myomètre associée à de petits spots en hypersignal en observées au temps artériel, les glandes ectopiques se rehaussant
rapport avec une adénomyose diffuse. sauf lorsqu’elles sont kystiques. [30] Elles paraissent alors comme
de petits spots intramyométriaux en hyposignal sur les séquen-
ces en pondération T1 après injection de gadolinium. Cepen-
fiabilité diagnostique. [25] Togashi et al. ont précisé ultérieure- dant, aucune étude prospective n’a encore démontré l’intérêt de
ment qu’il s’agissait d’un pseudoépaississement de la zone réaliser en routine ce type de séquences. Même en l’absence de
jonctionnelle par juxtaposition de son hyposignal normal et traitement ou d’hémorragie, l’aspect de l’adénomyose peut
d’une zone anormale hypo-intense liée à l’hypertrophie muscu- fluctuer au cours du temps, probablement en réponse à des
laire. L’intérêt de la visualisation de petits spots hyperintenses stimuli hormonaux. Chez les patientes traitées par les analogues
juxtaendométriaux au sein de l’hyposignal a été souligné dès de GnRH et surveillées en IRM, on peut noter une diminution
cette époque. [27] La valeur de la taille normale de la zone de l’épaisseur de la zone jonctionnelle et des lésions kystiques
jonctionnelle a été secondairement modifiée. Kang et al. ont en hypersignal T2, permettant parfois de proposer une énucléa-
effectué des mesures systématiques de zone jonctionnelle chez tion de la zone persistante d’adénomyose. On peut également
des sujets indemnes a priori d’adénomyose et ont défini un observer au décours de ce traitement une meilleure délimitation
seuil de normalité de 8 mm. [28] Ce critère de taille a été modifié de la zone d’adénomyose, prenant l’aspect d’un léiomyome ; la
une nouvelle fois par Reinhold et al., qui considèrent que le connaissance des antécédents de la patiente peut alors corriger
critère à retenir a priori, aujourd’hui, comme référence et le diagnostic. [1]
au-delà duquel on doit porter le diagnostic est celui de Un épaississement focal de la zone jonctionnelle peut faire
12 mm. [16] Le rapport entre l’épaisseur maximale de la zone porter le diagnostic d’adénomyose, mais un épaississement
jonctionnelle et l’épaisseur de la totalité du myomètre corres- diffus doit être différencié d’un processus physiologique.
pondant, mesurées au même niveau, est également un critère L’utérus peut présenter pendant les menstruations, en particu-
diagnostique d’adénomyose lorsqu’il est supérieur à 40 % lier le premier et le second jour, un épaississement de la zone
(Fig. 11). [10] La visualisation d’un utérus large, aux parois jonctionelle, parfois de plus de 12 mm. La visualisation des
asymétriques et aux contours réguliers, sans léiomyomes foyers myométriaux en hypersignal T1 ou T2 aide au diagnostic.
décelables, est un argument supplémentaire indirect mais non Il faut toutefois éviter de réaliser une IRM au cours de la phase
suffisant pour poser le diagnostic. [10] Il faut rappeler que la menstruelle lors d’une suspicion d’adénomyose. [1]
visualisation de la zone jonctionnelle se fait habituellement L’unique diagnostic différentiel à poser un problème en
chez environ 80 % des patientes en période d’activité génitale pratique quotidienne est celui des léiomyomes. Ceux-ci présen-
et chez 50 % des patientes ménopausées. Un certain nombre de tent le plus souvent une forme ronde plutôt qu’elliptique, un
faux négatifs peut donc survenir lorsque cette zone jonction- hyposignal T2 par rapport au myomètre et des contours bien
nelle n’est pas visible, [29] d’où l’intérêt de privilégier la délimités avec des vaisseaux dilatés en périphérie, par opposi-
visualisation du signe direct d’adénomyose, à savoir la présence tion aux lésions d’adénomyose qui ont des limites mal définies,
de spots hyperintenses intramyométriaux en pondération T2 et presque sans effet de masse sur l’endomètre (Fig. 13). Les
plus rarement en pondération T1 (Fig. 12). Ces spots sont contractions myométriales peuvent également créer des zones
l’équivalent en IRM des lacunes endométriales visualisées en localisées intramyométriales, faisant protrusion dans la cavité
échographie. Ils représentent donc des dilatations le plus utérine, hypo-intenses en pondération T2, [31] du fait d’un
souvent kystiques de foyers endométriaux ectopiques. Quand ils phénomène de fuite d’eau et de sang de la zone contractée. [1]
sont le siège de saignements menstruels, leur signal devient Elles sont facilement différenciées des léiomyomes ou des plages
hémorragique en hypersignal T1. Malheureusement, ces spots d’adénomyose focale par leur forme souvent discrètement

Gynécologie 5
150-A-30 ¶ Imagerie de l’adénomyose

examen de première intention ou en IRM, quand il existe un


doute échographique ou en présence d’autres pathologies
associées. Il est important de savoir l’évoquer et de la distinguer
en particulier des léiomyomes afin d’éviter une hystérectomie,
surtout chez les femmes ayant un désir de grossesse. La
connaissance des données histopathologiques est essentielle
pour mieux interpréter les différents aspects de l’adénomyose en
imagerie.

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radiologue en imagerie gynécologique. [32]]. Une étude réalisée adenomyosis of the uterus. AJR Am J Roentgenol 1987;148:765-6.
par Reinhold et al. a pu montrer que l’IRM et l’échographie [9] Siedler D, Laing FC, Jeffrey Jr. RB, Wing VW. Uterine adenomyosis. A
endovaginale ont des précisions diagnostiques équivalentes, difficult sonographic diagnosis. J Ultrasound Med 1987;6:34-9.
avec une sensibilité de l’IRM de 86 % et une spécificité de [10] Bazot M, Cortez A, Darai E, Rouger J, Chopier J, Antoine JM, et al.
Ultrasonography compared to magnetic resonance imaging for the
89 %. [16] À l’opposé, Ascher et al. montrent que la sensibilité
diagnosis of adenomyosis: correlation with histopathology. Hum
de l’IRM est supérieure à celle de l’échographie endovaginale
Reprod 2001;16:2427-33.
(88 % versus 53 %). [12]
[11] Brosens JJ, de Souza NM, Barker FG, Paraschos T, Winston RM.
Les striations linéaires en hypersignal T2 radiant à partir Endovaginal ultrasonography in the diagnosis of adenomyosis uteri:
de l’endomètre, l’aspect de pseudoélargissement de l’endo- identifying the predictive characteristics. Br J Obstet Gynaecol 1995;
mètre, et une jonction endomètre-myomètre irrégulière et 102:471-4.
mal limitée, sont des signes fréquemment observés dans [12] Ascher SM,Arnold LL, Patt RH, Schruefer JJ, BagleyAS, Semelka RC,
l’adénomyose. Cependant, en présence d’un carcinome et al. Adenomyosis: prospective comparison of MR imaging and
endométrial, il est quasiment impossible de les différencier transvaginal sonography. Radiol 1994;190:803-6.
d’un envahissement tumoral du myomètre. [1] Il faut donc [13] Atri M, Reinhold C, MehioAR, Chapman WB, Bret PM.Adenomyosis:
s’assurer de l’absence d’une lésion tissulaire endométriale US features with histologic correlation in an in-vitro study. Radiol
concomitante. 2000;215:783-90.
Enfin, il faut rappeler un aspect moins fréquent de la [14] Fedele L, Bianchi S, Dorta M, Arcaini L, Zanotti F, Carinelli S.
pathologie qui est l’adénomyome. Il s’agit d’une lésion Transvaginal ultrasonography in the diagnosis of diffuse adenomyosis.
localisée, circonscrite en hyposignal marqué T2, souvent Fertil Steril 1992;58:94-7.
polypoïdale, faisant protrusion dans la cavité et, moins [15] Reinhold C, Atri M, Mehio A, Zakarian R, Aldis AE, Bret PM. Diffuse
fréquemment, intramyométriale ou sous-séreuse. [5] Son uterine adenomyosis: morphologic criteria and diagnostic accuracy of
aspect en IRM est identique à celui des léiomyomes, le diagnos- endovaginal sonography. Radiol 1995;197:609-14.
tic ne pouvant être évoqué que lorsqu’il est associé à des foyers [16] Reinhold C, McCarthy S, Bret PM, Mehio A, Atri M, Zakarian R, et al.
en hypersignal T1 ou T2. Le kyste adénomyosique est également Diffuse adenomyosis: comparison of endovaginal US and MR imaging
un autre aspect beaucoup plus rare de la pathologie. Il consiste with histopathologic correlation. Radiol 1996;199:151-8.
en une hémorragie dans un îlot glandulaire ectopique, entouré [17] Vercellini P, Cortesi I, De Giorgi O, Merlo D, Carinelli SG,
complètement ou partiellement par du myomètre, sous- Crosignani PG. Transvaginal ultrasonography versus uterine needle
muqueux ou sous-séreux. La lésion renferme un liquide en biopsy in the diagnosis of diffuse adenomyosis. Hum Reprod 1998;13:
hypersignal T1 entouré d’une paroi en hyposignal T2 marqué. 2884-7.
Occasionnellement, la paroi peut consister en deux zones, l’une [18] McCausland AM, McCausland VM. Depth of endometrial penetration
interne en hyposignal (comme la zone jonctionnelle) et l’autre in adenomyosis helps determine outcome of rollerball ablation. Am
externe en signal intermédiaire T2 (comme du myomètre), la J Obstet Gynecol 1996;174:1786-94.
lésion est alors appelée « utérus miniature ». [1] [19] McCausland V, McCausland A. The response of adenomyosis to
endometrial ablation/resection. Hum Reprod Update 1998;4:350-9.
[20] Nghiem HV, Herfkens RJ, Francis IR, Sommer FG, Jeffrey Jr. RB,
Li KC, et al. The pelvis: T2-weighted fast-spin-echo MR imaging.
■ Conclusion Radiol 1992;185:213-7.
[21] Smith RC, Reinhold C, Lange RC, McCauley TR, Kier R, McCarthy S.
L’adénomyose est une pathologie gynécologique fréquente Fast spin-echo MR imaging of the female pelvis. Part I. Use of a whole-
dont le diagnostic est possible en échographie endovaginale, volume coil. Radiol 1992;184:665-9 [see comments].

6 Gynécologie
Imagerie de l’adénomyose ¶ 150-A-30

[22] Smith RC, Reinhold C, McCauley TR, Lange RC, Constable RT, [28] Kang S, Turner DA, Foster GS, Rapoport MI, Spencer SA, Wang JZ.
Kier R, et al. Multicoil high-resolution fast spin-echo MR imaging of Adenomyosis: specificity of 5 mm as the maximum normal uterine
the female pelvis. Radiol 1992;184:671-5 [comment]. junctional zone thickness in MR images. AJR Am J Roentgenol 1996;
[23] Krinsky G, DeCorato DR, Rofsky NM, Flyer M, Earls JP, 166:1145-50.
Ambrosino M, et al. Rapid T2-weighted MR imaging of uterine [29] Byun JY, Kim SE, Choi BG, Ko GY, Jung SE, Choi KH. Diffuse and
leiomyoma and adenomyosis. Abdom Imaging 1997;22:531-4. focal adenomyosis: MR imaging findings. Radiographics 1999;
[24] Hricak H, Finck S, Honda G, Goranson H. MR imaging in the 19(n°spec):S161-S170.
evaluation of benign uterine masses: value of gadopentetate
[30] Outwater EK, Siegelman ES, Van Deerlin V. Adenomyosis: current
dimeglumine-enhanced T1-weighted images. AJR Am J Roentgenol
concepts and imaging considerations. AJR Am J Roentgenol 1998;170:
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Enlarged uterus: differentiation between adenomyosis and leiomyoma interobserver variability in the diagnosis of adenomyosis. AJR Am
with MR imaging. Radiol 1989;171:531-4. J Roentgenol 2003;180:1291-6.

M. Bazot, Praticien hospitalier ([email protected]).


J. Nassar-Slaba, Interne.
J. Rouger, Attaché.
Service de radiologie.
A. Cortez, Praticien hospitalier.
Service d’anatomo-pathologie, Hôpital Tenon, 4, rue de la Chine, 75020 Paris, France.
E. Daraï, Professeur des Universités, praticien hospitalier.
Service de gynécologie-obstétrique, Hôpital Tenon, 4, rue de la Chine, 75020 Paris, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Bazot M., Nassar-Slaba J., Rouger J., Cortez A., Daraï E. Imagerie de l’adénomyose. EMC (Elsevier SAS,
Paris), Gynécologie, 150-A-30, 2005.

Disponibles sur www.emc-consulte.com


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