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Études Sur La Parole de Dieu DANIEL

Le document présente une analyse détaillée du livre de Daniel. Il décrit les principaux événements et empires mentionnés dans le livre, notamment les quatre grands empires, la petite corne et les événements à venir pour Israël.

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Études Sur La Parole de Dieu DANIEL

Le document présente une analyse détaillée du livre de Daniel. Il décrit les principaux événements et empires mentionnés dans le livre, notamment les quatre grands empires, la petite corne et les événements à venir pour Israël.

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Études sur la Parole de Dieu

DANIEL
par J.N. Darby

Tables des matières :

0 - [Introduction]
0.1 - [Changement du système sur la terre, selon le gouvernement
divin]
0.1.1 - [Gouvernement de Dieu sur Israël centre du système des
nations, dans Ézéchiel]
0.1.2 - [Remplacement de ce système par la domination des Gentils,
en Nebucadnetsar]
0.1.3 - [Caractères du résidu fidèle dans ces temps  : esprit de
prophétie et d’intelligence, et portion de Dieu pour lui]
0.2 - [Plan du livre]
0.2.1 - [Deux parties, avec la position du résidu au début et à la fin]
0.2.2 - [ch. 1-6 — Histoire de la domination des gentils, selon Dieu,
et son jugement]
0.2.3 - [ch. 7-12 — Communications à Daniel sur le caractère des
puissances gentiles]
1 - Chapitres 1-2
1.1 - [La fidélité à rester pur est le secret de l’intelligence de la pensée
de Dieu]
1.2 - [Nebucadnetsar dépositaire de tout le plan de Dieu, et Daniel
reconnu objet de la faveur divine]
1.3 - [Tableau général de la puissance des gentils]
1.3.1 - [Succession des empires formant un tout, établi de Dieu
comme puissances]
1.3.2 - [Le Dieu des cieux établit l’homme dominant sur la terre,
comme Adam]
1.3.3 - [Caractère mélangé du quatrième empire, et établissement
par Dieu du cinquième]
1.3.4 - [Établissement du dernier royaume, détruisant d’abord la
statue]
1.3.5 - [Les quatre grands empires de la prophétie]
1.4 - [Nebucadnetsar reconnaît que Dieu est avec le résidu et lui révèle
Ses pensées]
1.5 - [Traits des empires montrant leur éloignement de Dieu]
2 - Chapitre 3
2.1 - [ch. 3 v. 1-7 — L’homme se fait un dieu en rapport avec le pouvoir
suprême]
2.2 - [ch. 3 v. 8-18 — La fidélité au vrai Dieu contrarie la volonté du roi]
2.3 - [ch. 3 v. 19-30 — Conséquences de la fidélité des trois hébreux, et
de Dieu]
2.3.1 - [Épreuve de la fidélité et bonheur de la présence de Dieu]
2.3.2 - [Dieu agit et délivre Ses serviteurs, malgré le roi et devant
lui]
2.4 - [Principes de la conduite du résidu fidèle]
2.4.1 - [Fidélité et obéissance, en ne reconnaissant que Dieu seul]
2.4.2 - [Trois principes caractérisant le résidu, et faisant reconnaître
Dieu par eux]
3 - Chapitre 4
3.1 - [Relations propres du pouvoir gentil avec Dieu, reconnu comme
dominateur]
3.2 - [Orgueil de l’homme ne regardant pas vers Dieu, jugé et abaissé]
3.3 - [Gloire rendue au Dieu Très-Haut, dominant sur toute la terre]
3.4 - [Détails particuliers de la scène du chapitre 4]
3.4.1 - [Haute position de l’homme ayant reçu la puissance, et Dieu
veillant sur tout]
3.4.2 - [Les anges comme instruments exécuteurs et
administrateurs du jugement de Dieu]
3.4.3 - [Responsabilité de Nebucadnetsar soulignée par Daniel]
3.4.4 - [Dieu vu comme roi des cieux, non pas de la terre, ce qui est
lié à Jérusalem]
3.4.5 - [Détails dans les communications directes à Daniel, mais les
principes sont déjà là]
4 - Chapitre 5
5 - Chapitre 6
5.1 - [L’homme veut un dieu pour ses convoitises, non pour sa
conscience, et rejette le vrai Dieu]
5.2 - [L’orgueil de l’homme veut exclure tout dieu, pour s’élever lui-
même]
5.3 - [Le roi est lié à la volonté de l’homme, mais reconnaît et respecte
Dieu]
5.4 - [Idolâtrie, impiété et orgueil, caractéristiques et causes du
jugement des empires gentils]
6 - Chapitre 7
6.1 - [Communications directes à Daniel, avec des détails historiques]
6.2 - [ch. 7 v. 2-6 — Les quatre bêtes des empires gentils, et caractère
des trois premières]
6.2.1 - [Histoire des quatre puissances gentiles surgissant de la mer]
6.2.2 - [ch. 7 v. 4 — Babylone, empire puissant et fort établi de
Dieu, puis abaissé]
6.2.3 - [ch. 7 v. 5 — L’empire Médo-Perse, lourd et féroce pour
s’approprier les empires]
6.2.4 - [ch. 7 v. 6 — L’empire d’Alexandre, léger, actif et rapide]
6.2.5 - [Vision particulière pour la quatrième bête]
6.2.6 - [Plan du chapitre]
6.3 - [ch. 7 v. 7-12 — Caractère détaillé de la quatrième bête]
6.3.1 - [ch. 7 v. 7-8 — Force puissante mais partagée, et élévation
d’une intelligence mauvaise]
6.3.2 - [ch. 7 v. 9-12 — Jugement et destruction de la quatrième
bête]
6.4 - [ch. 7 v. 13-14 — Domination de la terre confiée à l’homme Christ
Jésus]
6.5 - [ch. 7 v. 15-28 — Interprétation, générale puis détaillée, de la
vision]
6.5.1 - [Ajout de ce qui concerne les saints, par rapport à la vision]
6.5.2 - [ch. 7 v. 21-22 — Persécution des saints par la petite corne,
avant que jugement et royaume leur soient donnés]
6.5.3 - [ch. 7 v. 22 — La venue de l’Ancien des jours change tout
pour le monde et les saints]
6.5.4 - [ch. 7 v. 23-26 — Détails historiques de la petite corne]
6.5.4.1 - [ch. 7 v. 23-25 — Caractère extérieur général et
apparition de la petite corne s’élevant contre Dieu]
6.5.4.2 - [Prophétie pour la terre et les Juifs, sans rien à voir avec
l’Église]
6.5.4.3 - [ch. 7 v. 25-26 — Domination suprême de la petite
corne et jugement qui la détruit]
6.5.5 - [ch. 7 v. 27 — Domination confiée aux saints, de telle
manière que Dieu règne]
6.5.5.1 - [Dieu règne en rapport avec les saints qui Le
reconnaissent et dépendent de Lui ici-bas]
6.5.5.2 - [Différence entre le gouvernement ici et les chrétiens
assis dans les hauts lieux]
6.6 - [Résumé de la prophétie du chapitre 7]
6.6.1 - [Caractères particuliers de la quatrième bête, avec abolition
temporaire du système juif]
6.6.2 - [Le gouvernement de la terre échoit aux saints des hauts
lieux]
6.6.2.1 - [Non-rétablissement du trône à Jérusalem, mais
caractère céleste des saints]
6.6.2.2 - [Le peuple terrestre domine sur la terre, mais sous la
dépendance de ceux d’en haut]
6.6.2.3 - [Voies du Dieu du ciel dans le gouvernement terrestre,
en lien avec Christ Fils de l’homme]
6.6.3 - [Tableau du gouvernement de l’homme et différentes
classes de fidèles]
7 - Chapitre 8
7.1 - [Événements des empires perse et grec, et puissance issue de ce
dernier]
7.2 - [Interprétation liée aux derniers jours, lors de l’indignation contre
Israël]
7.3 - [Caractères de la petite corne]
7.3.1 - [Extension territoriale et élévation de la petite corne]
7.3.2 - [Système juif rétabli dans sa position devant Dieu, mais
châtié car leur état n’y correspond pas]
7.3.3 - [Signalement de la transgression, venue à son comble]
7.3.4 - [Châtiment des Juifs en relation avec l’Éternel par la petite
corne]
7.4 - [Vision et interprétation liées à la petite corne s’élevant en
rapport avec les Juifs]
7.4.1 - [ch. 8 v. 13-14 — Durée de la vision liée à la transgression et
à la désolation]
7.4.2 - [ch. 8 v. 23-25 — Élévation d’un roi puissant et rusé,
détruisant les Juifs]
7.4.3 - [Petite corne opprimant et désolant en orient, distincte de
celle du chap. 7]
8 - Chapitre 9
8.1 - [Vision sur Israël et Jérusalem en réponse à la confession et la
supplication de Daniel]
8.2 - [ch. 9 v. 24-27 — Les soixante et dix semaines]
8.2.1 - [ch. 9 v. 25-26 — Division en trois, et les soixante-neuf
premières semaines]
8.2.2 - [ch. 9 v. 27 — La dernière semaine, divisée en deux demies]
8.2.3 - [Relations de Dieu avec Son peuple par rapport à la foi d’un
résidu]
8.2.4 - [Interruption des relations entre Dieu et le peuple par le
rejet de Christ]
8.2.5 - [Alliance et idolâtrie du peuple la dernière semaine, et
jugement soudain]
8.3 - [Annonces de la prophétie pour les Juifs, comme réponse à
Daniel]
9 - Chapitres 10-11
9.1 - [Prophétie des chap. 10-12, clôturant l’histoire des gentils et du
résidu]
9.2 - [ch. 10 v. 1 à 11 v. 35 — Vision adressée à Daniel et histoire liée
aux Juifs]
9.2.1 - [ch. 10 v. 1 à 11 v. 28 — Vision répondant à l’état de Daniel,
montrant l’histoire des rois du nord et du midi]
9.2.2 - [ch. 11 v. 29-32 — Attaques du roi du nord contre les Juifs et
le temple, allié aux apostats]
9.2.3 - [ch. 11 v. 33-35 — État des Juifs, opprimés et relevés,
jusqu’aux derniers jours]
9.2.4 - [Contraste entre la masse des plusieurs et les sages,
enseignés de Dieu]
9.3 - [ch. 11 v. 36-45 — Les événements de la fin en Israël  : le roi et les
ennemis]
9.3.1 - [ch. 11 v. 36-39 — Introduction du roi impie et idolâtre,
dominant sur Israël]
9.3.2 - [ch. 11 v. 40-45 — Attaque et destruction finale du roi du
nord]
10 - Chapitre 12
10.1 - [Histoire du peuple d’Israël aux temps de la fin et de la
tribulation]
10.1.1 - [ch. 12 v. 1-4 — Temps de détresse et délivrance du peuple
juif, au-delà même du pays]
10.1.2 - [ch. 12 v. 5-10 — Fin déterminée de la tribulation, mais
oracle encore scellé]
10.1.3 - [ch. 12 v. 11-13 — Intervalles de temps jusqu’à la
bénédiction finale]
10.1.4 - [Daniel présente le temps des gentils jusqu’à la délivrance
d’Israël, mais pas au-delà]
10.2 - [Points saillants de la prophétie de Daniel]
10.2.1 - [Explication du livre de Daniel, et non système de
prophéties]
10.2.2 - [Les différentes puissances présentées dans les chap. 7-11]
10.2.3 - [Le roi en Judée de 11:36-39]

0 - [Introduction]
0.1 - [Changement du système sur la terre, selon le gouvernement
divin]
0.1.1 - [Gouvernement de Dieu sur Israël centre du système des
nations, dans Ézéchiel]
Nous avons vu dans le livre d’Ézéchiel le gouvernement de Dieu sur la
terre pleinement développé en rapport avec Israël, soit en jugement (le
péché qui a amené ce jugement étant clairement et puissamment
démontré), soit dans le rétablissement de ce peuple sous l’autorité de
Christ, le Germe, qui germerait de la maison de David et qui même, dans
le livre de ce prophète, porte le nom de ce roi, comme vrai bien-aimé de
Dieu ; et à la fin, la description du temple avec toute son organisation.
Dans ce développement, nous avons trouvé Nebucadnetsar, chef des
gentils, introduit comme serviteur de l’Éternel, chapitres 29:20, 30:24,
pour le jugement d’Israël devenu méchant, rebelle et même apostat,
adorant de faux dieux. Mais Israël avait été le centre divin d’un système de
nations, de langues et de peuples qui avaient surgi à la suite du jugement
de Babel, et qui subsistaient devant Dieu, indépendamment les uns des
autres, centre bien distinct, sans doute, de tout ce qui l’entourait, comme
peuple connaissant le vrai Dieu et connu de Lui, possédant son temple et
son trône ; mais qui, comme nation, quelque contraste qu’il y eût
d’ailleurs entre son état et celui des autres, était membre du système de
nations qui se trouvaient devant Dieu sur la terre (Deut. 32:8).
0.1.2 - [Remplacement de ce système par la domination des
Gentils, en Nebucadnetsar]
En exécutant le jugement sur Israël, Nebucadnetsar a mis de côté en
même temps tout ce système, qui a été remplacé par la domination
absolue et universelle que Dieu lui a conférée. C’est de ce nouvel ordre de
choses et de ses conséquences, de cette domination du chef des gentils et
des rois gentils sous les phases successives qui l’ont caractérisé, que traite
le livre de Daniel, en mettant en avant un résidu d’Israël au sein de ce
système, et assujetti à cette domination. Le roi de Juda ayant été livré
entre les mains du chef des gentils, la semence royale elle-même se
trouve placée dans cette même position. Le résidu devient l’objet spécial
des pensées de Dieu, révélées par son Esprit dans ce livre.
0.1.3 - [Caractères du résidu fidèle dans ces temps : esprit de
prophétie et d’intelligence, et portion de Dieu pour lui]
Outre le témoignage rendu à l’Éternel par le fait de la fidélité du résidu
au milieu des gentils idolâtres, deux choses importantes caractérisent son
histoire, ainsi qu’elle est développée dans ce livre. L’esprit de prophétie et
d’intelligence des voies de Dieu s’y trouve. C’est ce que nous avons vu
surgir dans Samuel, lorsque tout Israël avait manqué, et traverser toute
l’histoire de ce peuple sous l’ombre de la royauté. Maintenant, il redevient
le lien du peuple avec Dieu, et le seul appui de sa foi dans la ruine qui l’a
atteint par le juste jugement de Dieu. La seconde circonstance qui
caractérise les voies de Dieu à l’égard de ce résidu, c’est que celui-ci, gardé
par ses soins à travers tout le mal où le péché du peuple l’a jeté, participe
assurément à la portion que Dieu donne aux siens selon son
gouvernement et selon la fidélité de ses promesses. C’est ce qui se voit
dans le premier et dans le dernier chapitre du livre que nous étudions.
0.2 - [Plan du livre]
0.2.1 - [Deux parties, avec la position du résidu au début et à la
fin]
Ce livre se divise en deux parties assez faciles à distinguer : la première
se termine avec le chapitre 6 ; l’autre avec le livre même ; le premier et le
dernier chapitre ayant cependant un caractère à part comme introduction
et conclusion, faisant respectivement connaître la position du résidu
auquel le témoignage de Dieu a été confié au commencement et à la fin,
ainsi que nous l’avons dit.
0.2.2 - [ch. 1-6 — Histoire de la domination des gentils, selon
Dieu, et son jugement]
Les deux grandes divisions ont un caractère aussi assez distinct. La
première nous présente le tableau de la domination des gentils elle-
même, et les positions qu’elle devait prendre vis-à-vis de Dieu, selon
l’orgueil humain qui en serait le ressort. Ce tableau est composé de traits
historiques qui indiquent assez clairement l’esprit dont la puissance
dominante serait animée dans ses diverses phases, puis le jugement de
Dieu. Cette partie ne se compose pas des révélations directes faites à
Daniel, sauf ce qui le met en état de rappeler à Nebucadnetsar son songe.
Ce sont les chefs des gentils qui sont en scène ; c’est l’histoire générale et
extérieure des monarchies qui devaient se succéder, les traits divers et
successifs qui les caractériseraient, ainsi que leur jugement final, et en
particulier le cours et le jugement de celle que Dieu avait lui-même
établie, et qui les représente toutes, en tant qu’elles sont revêtues de ce
caractère d’établissement divin. Les autres n’ont fait qu’hériter
providentiellement du trône confié par Dieu à la première. C’est une
question entre Dieu et Israël qui a donné lieu à la suprématie établie
parmi les gentils. Sa destruction a été amenée par l’esprit d’idolâtrie
présomptueuse et de blasphème contre le Dieu d’Israël. Le chapitre 6 ne
nous présente pas l’iniquité du roi, sinon comme subissant l’influence
d’autrui. Ce sont les chefs du peuple qui veulent qu’on ne reconnaisse
personne pour Dieu sinon le roi [(6:7)] , et qui subissent le jugement qu’ils
ont voulu faire tomber sur celui qui était fidèle au Seigneur [(6:24)].
0.2.3 - [ch. 7-12 — Communications à Daniel sur le caractère des
puissances gentiles]
La seconde partie du livre consiste dans des communications faites par
Dieu à Daniel, et nous présente le caractère que revêtiraient les chefs des
gentils en rapport avec la terre, leur conduite envers ceux qui
reconnaîtraient Dieu, et enfin, l’établissement du royaume divin, dans la
personne du Fils de l’homme, royaume duquel les saints jouiraient ; des
détails sur les voies de Dieu avec son peuple à la fin étant donnés dans le
dernier chapitre. On peut aussi remarquer que le chapitre 7 donne
l’histoire essentiellement de la puissance occidentale ; le chapitre 8, celle
de la puissance orientale, — les deux cornes. Le chapitre 9, tout en
concernant spécialement le centre moral de ces questions, Jérusalem et le
peuple, se rapporte par là même à la puissance occidentale qui les a
envahis. Au chapitre 10, et jusqu’à la fin du chapitre 11, nous sommes de
nouveau dans l’Orient, finissant ainsi par le jugement des nations qui s’y
trouvent, et le rétablissement en bénédiction du résidu d’Israël.
Examinons maintenant la suite des chapitres.
1 - Chapitres 1-2
1.1 - [La fidélité à rester pur est le secret de l’intelligence de la
pensée de Dieu]
 [1:2] Le chapitre premier nous présente la royauté de Juda, autrefois
établie de Dieu sur son peuple dans la personne de David, succombant
sous la puissance de Nebucadnetsar ; et le roi, l’oint de l’Éternel, livré par
l’Éternel entre les mains du chef des nations, auxquelles Dieu maintenant
remettait la domination. [1:3-4] Les enfants de la semence royale
subissent le sort annoncé par És. 39:7 ; mais Dieu agit en leur faveur, [1:9]
et spécialement à l’égard de Daniel, dans le cœur de ceux qui les gardent,
et veille sur eux par sa providence. Ces deux traits du fidèle résidu en
captivité, ressortent du récit du chapitre ; [1:8] fidèles à la volonté de
Dieu, quoique loin de son temple, ils ne se souillent pas au milieu des
gentils, [1:17] et, exaucés de Dieu, l’intelligence leur est donnée de sa
part ; et cela, ainsi que le chapitre 2 le montre à l’égard de Daniel, [2:28]
jusqu’à la connaissance de ce que Dieu seul peut révéler, et de son
intention dans cette révélation. [1:19-20] Eux seuls possèdent cette
intelligence, marque de la faveur divine et fruit, par grâce, de leur fidélité.
Ceci est en particulier le cas de Daniel, dont la fidélité ardente et la foi
tracent le chemin de la foi aux autres. Ils n’en sont pas moins soumis aux
nations, dont le pouvoir est établi de Dieu pour le moment. Mais c’est ici
un élément de la plus grande importance : la vraie connaissance de
l’intelligence de la pensée divine, ce qui est appelé le secret de l’Éternel
[(Ps. 25:14)], dans les jours de la corruption et de la puissance
babylonienne, se trouve dans la fidélité à se conserver pur du moindre
contact avec ce que donne Babylone, avec la viande dont elle voudrait
nous nourrir.
1.2 - [Nebucadnetsar dépositaire de tout le plan de Dieu, et Daniel
reconnu objet de la faveur divine]
D’un autre côté, au chapitre 2, [2:29] nous trouvons le roi puissant des
gentils, dépositaire de la révélation du sort des gentils, de tout le plan de
Dieu, comme vase des communications divines, [2:47] mais de manière à
montrer Daniel, le captif enfant d’Israël, le fidèle qui se tenait séparé au
milieu de Babylone, comme étant celui que l’Éternel reconnaissait et sur
lequel il faisait reposer sa faveur.
1.3 - [Tableau général de la puissance des gentils]
Mais les détails de ce chapitre, comme tableau général de la puissance
des gentils qui commence avec la domination donnée à Nebucadnetsar,
doivent occuper davantage notre attention.
1.3.1 - [Succession des empires formant un tout, établi de Dieu
comme puissances]
[2:31] Premièrement, on peut remarquer que les monarchies des
gentils qui se sont succédé les unes aux autres, font un tout. Ce n’est pas
la succession historique, ni les traits moraux à l’égard de Dieu et des
hommes qui nous sont présentés, mais l’ensemble des monarchies
envisagé comme un personnage devant Dieu, l’homme de la terre, dans sa
splendeur publique, glorieux et terrible aux yeux des hommes. [2:39-40]
Quatre puissances impériales devaient se succéder, [2:37] desquelles
Nebucadnetsar lui-même était le grand chef de la part de Dieu. [2:32] Il y
aurait, y apprenons-nous, sous certains rapports, une dégénérescence
progressive, [2:44] et enfin le Dieu du ciel susciterait une autre puissance
qui exécuterait le jugement sur ce qui subsisterait encore, ferait
disparaître la statue de dessus la terre, et la remplacerait par un royaume
qui ne serait jamais renversé. Dans la détérioration successive, en principe
et en caractère, de la puissance impériale, la force matérielle de celle-ci ne
diminuerait pas. [2:40] Le fer qui briserait et écraserait tout, caractérise la
quatrième puissance. [2:37-38] La tête d’or me semble avoir sa force en ce
que Dieu Lui-même lui a formellement donné l’autorité ; son autorité
absolue était en effet fondée sur le don du Dieu du ciel. Les autres ont
succédé par des principes providentiels ; mais Dieu, tel qu’il a été connu
comme souverain conférant l’autorité au chef, en faisant remplacer la
sienne sur la terre par celle du chef des gentils, n’a pas été la
source directe de l’autorité des autres. Babylone était l’autorité établie de
Dieu. C’est pourquoi nous avons vu, en lisant Ézéchiel (et la même chose
se trouve ailleurs), que le jugement de Babylone se lie avec la restauration
d’Israël et du trône de Dieu.
1.3.2 - [Le Dieu des cieux établit l’homme dominant sur la terre,
comme Adam]
[2:37] Toutefois remarquez que Dieu ne se présente pas ici comme le
Dieu de la terre, mais des cieux. En Israël il était Dieu de la terre  ; il le sera
de nouveau au rétablissement de toutes choses. Ici, il agit souverainement
comme Dieu des cieux, en établissant l’homme dans un certain sens à sa
place sur la terre (voyez les versets 37 et 38). C’est une domination qui,
bien que plus limitée, porte quelques traits de celle d’Adam [(Gen. 1:26)],
différant de celle-ci en ce que les hommes lui sont assujettis ; elle est plus
limitée, car la mer n’est pas renfermée dans les limites de sa
souveraineté ; mais elle s’étend partout où les bêtes et les oiseaux
peuvent se trouver. La force humaine se trouve à la fin de son histoire,
mais la puissance subsistante est beaucoup plus éloignée des relations de
Dieu avec le monde.
1.3.3 - [Caractère mélangé du quatrième empire, et
établissement par Dieu du cinquième]
Le mélange de fer et d’argile (v. 33) est une altération qui s’accomplit
dans le caractère primitif de la puissance impériale de Rome, un autre
élément y étant introduit. Ce caractère reste en partie, mais un autre
élément est ajouté ; l’énergique volonté de l’homme ne se trouve pas une
et absolue ; c’est l’introduction dans la puissance impériale romaine d’un
élément distinct de ce qui constituait sa force impériale, c’est-à-dire la
volonté de l’homme sans conscience, la puissance militaire et populaire
concentrée dans une seule personne, et cela, sans qu’elle soit bridée par
la conscience. Il y a deux causes de cette faiblesse : la division et
l’incohérence des éléments ; verset 41, le royaume sera divisé ; verset 42,
il sera en partie fort, en partie frêle. La semence humaine est, je le pense,
quelque chose en dehors de ce qui caractérise la force propre de l’empire,
mais ces deux éléments ne formeront jamais un tout. Il me semble que
l’élément barbare ou teutonique est probablement désigné ici, parce qu’il
a été ajouté à ce qui constituait primitivement l’empire romain. Le fait
d’une subdivision nous est indiqué d’une manière générale, verset 43.
[2:44] Ensuite, il est annoncé que, dans le temps de ces derniers rois, Celui
qui gouverne d’en haut établirait un royaume que rien n’ébranlerait, et
qui ne passerait jamais en d’autres mains. C’est ici le seul royaume qui
remplace, à proprement parler, de la part de Dieu, le royaume de
Babylone. [2:37-38] Le Dieu des cieux avait établi Nebucadnetsar dans son
royaume et lui avait donné puissance, force et gloire, lui assujettissant
tous les hommes. Sans doute, les trois autres ont suivi, d’après la volonté
de Celui qui dispose de tout ; mais ce n’est que dans le cas du royaume du
verset 44, qu’il est de nouveau dit que le Dieu des cieux établirait un
royaume. Le caractère du quatrième et quelques traits principaux de son
histoire nous sont présentés. Il n’est question de l’existence des deux
autres que pour montrer que le second est inférieur au premier ; de sorte
que l’esprit de Dieu nous donne l’établissement divin du premier, le
caractère du quatrième, et l’établissement divin du cinquième et dernier.
1.3.4 - [Établissement du dernier royaume, détruisant d’abord la
statue]
Nous avons maintenant à faire remarquer comment ce dernier
royaume est établi. Cet établissement est effectué par le moyen d’un acte
judiciaire et destructeur, qui réduit en poudre toute la statue, et en opère
la dissolution complète et totale, n’en laissant pas trace (v. 34 et 35).
[2:34] L’instrument qui l’accomplit n’est pas formé par la sagesse ou par
les arrangements humains. Il est coupé sans main. Il n’agit pas par une
influence morale qui change le caractère de l’objet sur lequel il agit ; il
détruit cet objet par la force ; c’est Dieu qui l’établit et qui lui prête cette
force. [2:35] La pierre ne grandit pas graduellement pour déplacer la
statue ; elle la détruit avant de grandir. Lorsqu’elle a grandi, ce n’est pas
seulement un droit donné de Dieu sur les hommes ; siège éminent d’une
autorité universelle, elle remplit toute la terre. [2:34] C’est sur la dernière
forme de puissance présentée dans la statue, que tombe le coup
destructeur de la petite pierre, lorsque l’empire est divisé, en partie fort et
en partie faible, à cause des éléments dont ses membres sont composés.
On peut remarquer aussi, que ce n’est pas Dieu qui détruit la statue pour
établir le royaume, c’est le royaume qu’il établit qui frappe les pieds de la
statue ; c’est son premier acte. Voilà l’histoire générale et extérieure de ce
qui a remplacé de la part de Dieu son trône et son gouvernement à
Jérusalem, qui a graduellement dégénéré dans son caractère public à
l’égard de Dieu, et qui trouve enfin son terme dans le jugement exécuté
par le royaume établi de Dieu sans préparation humaine, par le royaume
de Christ qui, tombant sur la dernière forme de la monarchie autrefois
établie de Dieu, détruit toute trace de son existence ; et lui-même remplit
le monde.
1.3.5 - [Les quatre grands empires de la prophétie]
Je n’ai rien à dire de particulier sur les quatre monarchies : Babylone, la
Perse et la Grèce sont nommées dans le livre comme étant déjà connues
des Juifs, et les Romains sont aussi introduits par le nom que portait leur
territoire, les côtes de Kittim [(11:30)], de sorte que j’accepte sans les
mettre en question les quatre grands empires ordinairement reconnus de
tous comme étant dépeints dans cette prophétie ; il ne me paraît pas que
ces prophéties laissent aucun doute sur ce point.
1.4 - [Nebucadnetsar reconnaît que Dieu est avec le résidu et lui
révèle Ses pensées]
[2:47] L’effet de la communication qui montre que Dieu est ainsi avec
le résidu, qui seul a l’intelligence de ses pensées, est que l’orgueilleux
gentil reconnaît le Dieu des Juifs comme suprême dans les cieux et sur la
terre. Le caractère du résidu, ici, c’est que Dieu lui révèle ses pensées.
1.5 - [Traits des empires montrant leur éloignement de Dieu]
À la suite de ce tableau général, les traits historiquement
caractéristiques de ces empires signalent l’état où ils tombent dans leur
éloignement de Dieu, et premièrement et principalement Babylone.
2 - Chapitre 3
2.1 - [ch. 3 v. 1-7 — L’homme se fait un dieu en rapport avec le
pouvoir suprême]
Au chapitre 3, nous est présenté le premier trait caractéristique de
l’homme investi du pouvoir impérial, mais dont le cœur est éloigné de
Dieu, et qui l’est d’autant plus qu’il possède le pouvoir même. Il veut avoir
un Dieu à lui, un Dieu qui dépende de la volonté de l’homme, et dans ce
cas, de la volonté du dépositaire du pouvoir impérial. C’est de la sagesse
selon l’homme. [3:3] Les besoins religieux ont leur aliment en rapport avec
le pouvoir suprême, et les influences religieuses s’exercent en liant tous
les membres de l’empire dans une fusion générale autour du chef par le
lien le plus fort, sans que l’autorité paraisse ; car le besoin religieux de
l’homme se lie ainsi à sa volonté, et sa volonté, sans le savoir, au centre
que le pouvoir lui a formé. Autrement, la religion, le plus puissant motif du
cœur, devient un dissolvant dans l’empire. Mais la volonté de l’homme ne
peut pas faire un vrai Dieu. Nebucadnetsar, par conséquent, abandonne le
vrai Dieu, quoiqu’il eût même reconnu qu’il n’y en avait point de pareil à
celui des Juifs [(2:47)], et en fait un pour lui-même. Le gouvernement des
gentils rejette le Dieu qui lui avait donné sa puissance ; et le vrai Dieu n’est
reconnu que par un résidu fidèle et souffrant [(dans l’original : et à l'égard
du vrai Dieu, il s’agit d’un résidu fidèle et souffrant)] ; l’empire est
idolâtre : voilà le premier grand trait qui caractérise la domination de
Babylone.
2.2 - [ch. 3 v. 8-18 — La fidélité au vrai Dieu contrarie la volonté du
roi]
Mais la fidélité qui contrarie ce sage système lequel lie à la volonté du
chef le plus puissant mobile de tous les peuples, et fait que ceux-ci
entourent le chef en adorant ce qu’il leur présente [(3:7)], est
insupportable à cette volonté. Une telle fidélité touche au premier ressort
de tout le mouvement. L’idole n’est pas Dieu du tout, et l’homme,
quelque puissant qu’il soit, ne peut pas en créer. [3:18] L’homme qui a la
foi, soumis au roi, ainsi que nous l’avons vu dans les chapitres précédents,
puisqu’il est établi de Dieu, ne l’est pas au faux dieu que le roi établit en
reniant Celui qui lui a donné son autorité, et que le fidèle reconnaît
encore. [3:15] Mais le roi dispose de la force, et veut faire valoir sa
volonté.
2.3 - [ch. 3 v. 19-30 — Conséquences de la fidélité des trois
hébreux, et de Dieu]
2.3.1 - [Épreuve de la fidélité et bonheur de la présence de Dieu]
[3:21] Shadrac, Méshac et Abed-Nego sont jetés dans la fournaise
ardente. [3:25] Mais c’est dans les souffrances de son peuple, que Dieu à
la fin paraît comme Dieu. Il permet que leur fidélité soit éprouvée là où le
mal subsiste, afin qu’ils soient avec Lui dans la jouissance du bonheur, là
où son caractère et sa puissance sont pleinement manifestés, soit sur
cette terre, soit d’une manière encore plus excellente, dans le ciel.
2.3.2 - [Dieu agit et délivre Ses serviteurs, malgré le roi et
devant lui]
On peut remarquer que la foi et l’obéissance sont aussi absolues que la
volonté du roi. [3:16] Rien de plus beau, de plus calme, que la réponse des
trois fidèles. [3:17] Dieu peut délivrer et délivrera ; [3:18] mais, quoi qu’il
en soit, ils ne l’abandonneront pas. [3:15] La rage du roi jette le défi à
Dieu. Qui est le Dieu qui délivrera le fidèle de sa main ? [3:19] Dieu lui
permet de faire tout ce qu’il peut. [3:22] Sa rage aveugle a pour effet de
détruire les instruments de sa vengeance par l’ardeur du feu préparé pour
les fidèles Hébreux. [3:21] Ceux-ci y sont jetés et extérieurement la
volonté du roi s’accomplit ; mais ce n’est que pour faire briller la puissance
et la fidélité de Dieu, qui intervient au milieu du feu, pour témoigner
l’intérêt qu’il porte à la fidélité de ses serviteurs. [3:25] L’effet du feu pour
eux est que leurs liens sont brûlés et qu’ils trouvent la présence de Celui
qui a la forme de Fils de Dieu, à la vue même du monarque qui reniait sa
toute-puissance. [3:29] La conséquence, d’un côté, est la défense au
monde entier de parler contre le Dieu des Juifs, [3:30] de l’autre, la gloire
du résidu de ce peuple captif et faible.
2.4 - [Principes de la conduite du résidu fidèle]
2.4.1 - [Fidélité et obéissance, en ne reconnaissant que Dieu
seul]
Remarquez ici que c’est par la fidélité et l’obéissance que le résidu est
caractérisé. Cette fidélité se manifeste en ce qu’il ne veut que son Dieu à
lui ; point de concessions : ç’aurait été le nier ; car, pour reconnaître le vrai
Dieu, il ne faut reconnaître que Lui seul. La vérité n’est que sa pleine
révélation, et ne peut reconnaître qu’elle-même ; la mettre au niveau du
mensonge, serait dire qu’elle n’est pas la vérité.
2.4.2 - [Trois principes caractérisant le résidu, et faisant
reconnaître Dieu par eux]
Ces trois principes nous ont été signalés à l’égard du résidu :
1° Il ne se souille pas en participant à ce que le monde donne, à la
viande du roi [(1:8)].
2° Il a l’intelligence des pensées et des révélations de Dieu [(2:21-23)].
3° Il est fidèle, en refusant absolument de reconnaître tout autre dieu
que le sien, qui est le vrai [(3:18)]. Le premier est commun à tous ; le
second est l’esprit de prophétie dont Daniel est ici le vase ; le troisième est
la part de chaque croyant, même alors qu’il n’a pas l’esprit de prophétie.
Plus on est près de la puissance du monde, plus on est en danger de
souffrir, si l’on est fidèle. On remarquera que tout ceci se lie à la position
et aux privilèges des Juifs. Remarquez aussi que Dieu est reconnu, par la
volonté et le pouvoir des gentils, de deux manières et par des moyens
différents, les deux étant des privilèges accordés au résidu. [2:47] Le
premier de ces privilèges consiste dans la possession de l’intelligence de
l’Éternel, la révélation de ses pensées et de ses conseils. C’est ce qui porte
le gentil à reconnaître le Dieu de Daniel comme le Dieu des dieux et le
Seigneur des rois : telle est sa position en rapport avec tout ce qui était
exalté au-dessus de la terre. Il était suprême dans les cieux et sur la terre.
[3:28-29] Le second de ces privilèges, c’est que Dieu s’intéresse au pauvre
résidu de son peuple, ayant la puissance de le délivrer de la tribulation
dans laquelle la puissance rebelle et idolâtre (et par conséquent apostate),
l’a jeté. Le résultat, ici, est qu’il est reconnu, et que ses fidèles sont
délivrés et exaltés. Le premier point est plus général et s’étend aux gentils,
qui sont reconnus de Dieu ; le second a pour effet la délivrance de ce
résidu juif.
3 - Chapitre 4
3.1 - [Relations propres du pouvoir gentil avec Dieu, reconnu
comme dominateur]
 [3:7] L’établissement de l’unité idolâtre en fait de religion [4:30] et
l’orgueil du pouvoir humain sont ce qui caractérise ici Babylone. [4:25]
Cette folie qui ne connaît pas Dieu, remplit tout le cours du temps
assigné à ce pouvoir, « sept temps ». [4:34] À la fin le gentil reconnaît,
pour lui-même, le Très-Haut, et le loue et le bénit. Ce chapitre, donc,
expose les propres relations du pouvoir gentil avec Dieu, non seulement
ses rapports avec le Dieu et le peuple des Juifs. [4:32] C’est pourquoi
Dieu est appelé au chapitre 4, le Très-Haut qui domine sur le royaume
des hommes ; [3:17] au chapitre 3, c’était pour le cœur du résidu fidèle,
« notre Dieu », [3:28] et pour le monde qui avait vu la délivrance, le Dieu
de Shadrac, Méshac et Abed-Nego.
3.2 - [Orgueil de l’homme ne regardant pas vers Dieu, jugé et
abaissé]
Au chapitre 4, nous trouvons l’orgueil humain manifesté, [4:30] en ce
que le roi se glorifie dans l’œuvre de ses mains, comme créateur de sa
propre gloire. [4:31] Cet orgueil amène le jugement. [4:32] Le dépositaire
du pouvoir est réduit à l’état des bêtes qui ne connaissent pas Dieu et
manquent d’intelligence humaine. Le seul vrai privilège de l’homme, ce
qui l’élève, c’est qu’il peut regarder en haut vers Dieu et le reconnaître.
Autrement, il regarde en bas, il est dégradé, car il ne peut se suffire seul
à lui-même. La dépendance est sa gloire, car elle le place devant Dieu, lui
donne le moyen de le connaître ; son intelligence est associée avec Dieu,
et tire sa mesure et ses connaissances de Lui. L’orgueil et l’indépendance
séparent l’homme de Dieu. Il devient bête, privé d’intelligence réelle. Or
cet état dépeint celui des monarchies dont parle le prophète, envisagées
comme un ensemble devant Dieu, et représentées par le chef établi de
Dieu, par Nebucadnetsar. [4:25] Sept temps ou années passent sur la
tête de Nebucadnetsar privé de sa raison. Il s’est élevé, et il a été
abaissé. Les temps des gentils se caractérisent par l’absence de toute
intelligence qui mette la puissance gouvernementale en rapport avec
Dieu. Faire des idoles, bâtir Babylone et ne pas connaître Dieu, voilà ce
qui caractérise moralement la puissance que Dieu avait établie à la place
de son trône à Jérusalem. Voilà la capacité morale de l’homme, en
possession de cette puissance qui lui a été confiée (*).
(*) La puissance dans l’obéissance avait caractérisé le trône de David,
car le roi devait faire une copie de la loi [(Deut. 17:18)] et observer la loi ;
le trône de Nebucadnetsar était un trône de pouvoir absolu, l’homme
suprême dans l’exercice de sa propre volonté : ce sont les deux moyens
par lesquels l’homme est mis à l’épreuve dans une position d’autorité.
3.3 - [Gloire rendue au Dieu Très-Haut, dominant sur toute la
terre]
[4:34] Mais la scène se termine avec le témoignage rendu à la gloire
du Dieu Très-Haut, [4:37] du roi des cieux. Le roi reconnaît sa majesté et
le bénit, maintenant que son jugement est ôté de dessus lui. [4:34] Il le
reconnaît comme Celui qui vit éternellement, [4:37] qui abaisse et élève
qui il veut, [4:35] faisant ce qu’il veut dans les cieux et sur la terre ; tous
les hommes étant la vanité devant sa majesté et sa puissance. Ici, l’effet
est produit, non par la délivrance des fidèles, mais par le jugement
tombé sur les gentils eux-mêmes, qui sont cependant délivrés à la suite
du jugement, et rendus intelligents à l’égard de l’Éternel ; et cela, en
rapport avec le témoignage confié au peuple juif par l’esprit prophétique
qui se trouvait de la part de Dieu dans le résidu de ce peuple. [4:34] Le
roi lève ses yeux vers les cieux, au lieu d’être la bête tournée vers la
terre, il devient intelligent, soumis et heureux de bénir le Dieu Très-Haut.
On peut remarquer ce nom de « Très-Haut ». C’est le nom donné à
l’Éternel dans l’entrevue entre Melchisédec et Abraham, Melchisédec
ajoutant : « Possesseur des cieux et de la terre » [(Gen. 14:19)]. Dieu
prendra, en effet, ce caractère, lorsqu’il réunira en un toutes choses en
Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la
terre [(Éph. 1:10)], et que Christ sera le vrai Melchisédec. Les gentils
seront soumis pleinement à Dieu. Ce sera le rétablissement de toutes
choses, dont les prophètes ont parlé.
3.4 - [Détails particuliers de la scène du chapitre 4]
3.4.1 - [Haute position de l’homme ayant reçu la puissance, et
Dieu veillant sur tout]
Quelques remarques de détail restent encore à faire. C’est le
jugement, puis la délivrance qui produit cet effet. [4:20-22] On peut
remarquer la force du symbole d’un grand arbre : c’est un puissant de la
terre, capable de prendre les autres sous sa protection. [4:11] Dans ce
cas-ci, c’en est un qui est dans la plus haute position possible pour
l’homme. [4:12] Les oiseaux du ciel s’y nichent, ce qui veut dire que
toutes sortes de personnes y cherchent l’abri et la protection. Nous
apprenons aussi que Dieu prend connaissance des principes qui guident
les gouvernements de la terre, envisagés comme dépositaires de cette
puissance qu’ils tiennent de Lui. [4:17] Ici, quoique ce ne soit pas,
comme en Israël, son trône sur la terre, Dieu veille sur tout et juge la
puissance à laquelle il a confié l’autorité. Il ne gouverne pas
immédiatement, mais il tient pour responsable celui à qui il a confié le
gouvernement, pour qu’il reconnaisse l’autorité de Dieu comme
suprême dans ce monde.
3.4.2 - [Les anges comme instruments exécuteurs et
administrateurs du jugement de Dieu]
[4:17, 23] À l’égard de l’emploi du mot « veillant », je ne crois pas que
l’intelligence à l’égard de celui qui a porté le décret du jugement, aille
plus loin que l’état religieux de Nebucadnetsar. Daniel l’attribue
directement au Très-Haut. Que les anges en soient les instruments
intelligents, et que l’administration leur soit confiée en quelque sorte,
c’est ce qui ne présente aucune difficulté, et ce de quoi l’épître aux
Hébreux [(1:14)] et d’autres passages font foi. Le monde à venir ne leur
sera pas ainsi assujetti [(Héb. 2:5)].
3.4.3 - [Responsabilité de Nebucadnetsar soulignée par Daniel]
On voit, verset 27, que Daniel rend Nebucadnetsar attentif à cette
responsabilité qui pèse sur lui et l’engage à changer de conduite.
3.4.4 - [Dieu vu comme roi des cieux, non pas de la terre, ce
qui est lié à Jérusalem]
[4:37] On peut encore remarquer ici que c’est le roi des cieux que
Nebucadnetsar reconnaît. C’était nécessairement sa place. Le Dieu de la
terre avait son trône à Jérusalem ; mais Nebucadnetsar n’avait rien à
faire là. Daniel ne présente jamais le trône à Jérusalem, ni moralement,
ni prophétiquement ; ses prophéties s’arrêtent toujours avant d’en venir
à ce point. Il est captif entre les mains des gentils, fidèle à Dieu dans
cette position, enseigné de Lui ; mais Dieu ne peut pas être pour lui le
Dieu de la terre (*). C’est le Dieu des cieux, suprême sur tout et partout,
qui dispose des cieux et de la terre, mais ne gouverne pas encore sur la
terre comme roi de la terre ; au contraire, il venait d’y renoncer et de
confier la puissance à Nebucadnetsar, tandis qu’il se retire de devant
l’iniquité de son peuple terrestre, pour se renfermer dans sa suprême et
immuable puissance, dont les effets seront manifestés plus tard, mais
d’après laquelle il gouverne déjà, quoique caché aux yeux des hommes.
(*) La semence de David ne sera pas captive à Babylone, quand Dieu
prendra sa place comme le Dieu de la terre.
3.4.5 - [Détails dans les communications directes à Daniel, mais
les principes sont déjà là]
Le lecteur peut s’attendre à plus de détails peut-être. Ces détails se
trouveront de préférence dans les communications faites directement à
Daniel ; mais s’il a bien saisi les principes que nous venons de constater
(et le grand but de ces chapitres est de les présenter), il aura les
éléments les plus importants pour l’intelligence de toutes les prophéties
de ce livre, et, sans ces principes, jamais il ne saura saisir clairement la
portée des révélations qui y sont contenues. Souvenons-nous que nous
sommes sur le terrain des Juifs captifs parmi les gentils, avec
l’intelligence des voies de Dieu à leur égard et le jugement qu’il porte sur
ce qu’ils ont été pendant que la puissance a été laissée entre leurs
mains.
4 - Chapitre 5
Au chapitre 5, l’iniquité du chef des gentils à l’égard du Dieu d’Israël
est montée à son comble, et prend le caractère d’insolence et de mépris,
qui n’est que l’effort que la faiblesse fait pour se cacher. [5:1] Au milieu
des orgies d’un grand festin de courtisans et de gens de cour, [5:2]
Belshatsar fait venir, pour s’en servir dans ce festin, les vaisseaux du
temple de Dieu, que Nebucadnetsar avait emportés de Jérusalem, [5:4] et
loue les dieux d’or et d’argent, de pierre et de bois. La folie du roi pose la
question entre les faux dieux et l’Éternel, le Dieu d’Israël. L’Éternel l’a
décidée cette nuit-là, par la destruction du roi et de toute sa gloire. [5:17]
Daniel interprète l’avertissement que Dieu a donné à Belshatsar ; mais,
quoique soumis au roi, il n’use pas des égards qu’il a eus pour
Nebucadnetsar. Belshatsar s’était posé en ennemi insolent de l’Éternel,
[5:23] et Daniel lui répond selon la révélation que Dieu donnait de son
jugement, et d’après la manifestation fastueuse que le roi faisait de son
iniquité, en glorifiant ses dieux et insultant l’Éternel. [5:26-28]
L’avertissement n’avait plus pour objet de corriger, il ne laissait plus lieu
pour la repentance. Il annonçait le jugement, et cette annonce suffisait
pour détruire toute l’insolence du roi impie, [5:22] car le roi avait négligé
les avertissements que l’histoire de Nebucadnetsar lui fournissait. Ce récit
nous présente le dernier caractère de l’iniquité de la puissance souveraine
des gentils contre le Dieu d’Israël, et le jugement qui en résulte pour la
monarchie dont Babylone a été le chef, et à laquelle elle a imprimé son
caractère. Car, quelle qu’ait été la patience de Dieu, ses voies à d’autres
égards envers la monarchie des gentils comme puissance à laquelle il
confiait l’autorité dans le monde, il n’est pas moins vrai que tout était déjà
perdu pour ces empires dans le temps même de Babylone.
5 - Chapitre 6
5.1 - [L’homme veut un dieu pour ses convoitises, non pour sa
conscience, et rejette le vrai Dieu]
Une autre forme d’iniquité se trouve en dehors de celle de Babylone
(ch. 6). Personnellement, Cyrus avait de meilleures pensées, et Dieu, qui
les lui a données, s’est servi de lui pour le rétablissement temporaire de
son peuple, afin que le Messie pût se présenter, dernière épreuve à
laquelle serait soumis ce peuple de sa dilection. Ce n’est pas Cyrus donc
que nous trouvons ici, au chapitre 6, comme instrument de l’iniquité qui
cherchait à détruire Daniel, de cette volonté de l’homme qui ne peut
jamais supporter la fidélité à Dieu. Ici, ce n’est pas l’idolâtrie, ce ne sont
pas des insultes offertes à l’Éternel, [6:7] mais c’est l’élévation de l’homme
lui-même qui veut exclure toute idée de Dieu. Il ne veut aucun Dieu. C’est
un des traits qui caractérisent le fond du cœur de l’homme ; il veut bien,
en général, un dieu qui lui aide à satisfaire ses passions et ses convoitises,
un dieu commode pour l’unité de son empire et la consolidation de sa
puissance ; la partie religieuse de sa nature se contente de tels dieux et se
livre volontiers à leur culte, quoique celui qui les établit en souverain ne le
fasse que dans des vues politiques. Pauvre monde ! Le vrai Dieu ne va ni à
sa conscience ni à ses convoitises. L’ennemi de nos âmes est content
d’exploiter dans ce sens la religiosité de notre nature. La fausse religion
présente des dieux qui répondent aux désirs du cœur naturel quels qu’ils
soient, mais qui n’appellent jamais à la communion et n’agissent jamais
sur la conscience. Ils peuvent lui imposer des cérémonies et des
observances, car l’homme y tient ; mais ils ne mettent ni ne peuvent
mettre une conscience réveillée en rapport avec eux. Ce que l’homme
veut, ce que l’homme craint, voilà la sphère de leur influence. Ils ne
produisent rien dans le cœur, sauf en tant que des joies ou des craintes
naturelles y agissent.
5.2 - [L’orgueil de l’homme veut exclure tout dieu, pour s’élever lui-
même]
Mais, d’un autre côté, l’orgueil de l’homme se revêt quelquefois d’un
caractère qui change tout à cet égard. L’homme veut être lui-même Dieu,
disposer de tout d’après sa volonté, et exclure une rivalité que l’orgueil ne
supporte pas : une supériorité incontestable, si Dieu existe, est
insupportable à celui qui ne veut que lui-même. Il faut qu’il se débarrasse
de Dieu. Les ennemis des fidèles se servent de cette disposition. [6:7] La
cruauté est moins inventive, sauf qu’en flattant le pouvoir, elle n’a l’air de
blâmer que ce qui lui désobéit et ce qui méprise sa parole.
5.3 - [Le roi est lié à la volonté de l’homme, mais reconnaît et
respecte Dieu]
La guerre étant avec Dieu lui-même, la question avec les hommes est
tranchée avec plus de mépris et moins de passion quant à eux. La passion
s’allie moins à l’orgueil qu’à la volonté de l’homme ; il est esclave de ceux
qui lui rendent le tribut de leur flatterie. La volonté est davantage son
maître. [6:15] Dans ce cas, dupe de sa vanité, le roi se trouve lié par des
lois apparemment faites pour garantir ses sujets de ses caprices, en
paraissant attribuer à sa volonté et à sa sagesse un caractère
d’immutabilité qui n’appartient qu’à celles de Dieu. [6:16] Daniel est jeté
dans la fosse aux lions : [6:22] Dieu le garde. C’est ce qu’il fera pour le
résidu d’Israël, en général, à la fin du siècle. [6:24] Le jugement que les
ennemis d’Israël ont voulu faire tomber sur les fidèles d’entre ce peuple,
s’exécutera sur eux-mêmes ; mais l’effet de ce jugement va plus loin que
celui des autres. Nebucadnetsar défendait de dire du mal du Dieu d’Israël
[(3:29)], il a dit du bien du roi des cieux qui l’avait abaissé [(4:37)] ; [6:26]
mais Darius commande que partout on reconnaisse le Dieu de Daniel et
d’Israël pour le seul Dieu vivant, dont le royaume ne saurait être ébranlé,
[6:27] et qui, de fait, a délivré celui qui se confiait en Lui. Historiquement,
il paraît que Darius avait des sentiments de respect pour Dieu et pour la
piété de Daniel. Il n’est pas son Dieu, mais le Dieu de Daniel ; mais il le
respecte ; [6:26] il l’appelle aussi le Dieu vivant.
5.4 - [Idolâtrie, impiété et orgueil, caractéristiques et causes du
jugement des empires gentils]
Enfin, l’idolâtrie, l’impiété, l’orgueil, qui s’élèvent au-dessus de tout,
voilà ce qui caractérise les grands empires présentés en Daniel et ce qui
amène leur jugement. L’effet du jugement, [6:26-27] c’est que le Dieu des
Juifs est reconnu comme le Dieu vivant qui délivre, [4:25] le Très-Haut qui
domine sur le royaume des hommes. Les mêmes traits caractériseront les
jours de la fin. Ceci termine la première partie du prophète.
6 - Chapitre 7
6.1 - [Communications directes à Daniel, avec des détails
historiques]
Nous arrivons maintenant aux communications faites à Daniel lui-
même : elles contiennent non seulement des principes généraux, mais des
détails concernant le peuple de Dieu et les gentils qui l’opprimaient,
détails historiques, quoique donnés d’avance prophétiquement.
6.2 - [ch. 7 v. 2-6 — Les quatre bêtes des empires gentils, et
caractère des trois premières]
6.2.1 - [Histoire des quatre puissances gentiles surgissant de la
mer]
Le grand but du chapitre 7 est de nous présenter l’histoire de la
quatrième bête, soit de la dernière forme de l’empire commencé à
Babylone parmi les gentils, de la grande puissance de l’Occident dans
laquelle devait se développer tout ce que l’homme en possession du
pouvoir deviendrait à l’égard de Dieu et des fidèles ; et avec cela, ses
relations avec les saints sont données dans l’interprétation. Mais, pour
introduire cette bête occidentale, ce qui l’a précédé est succinctement
exposé. [7:3] Quatre bêtes montent de la mer, c’est-à-dire s’élèvent au
milieu des flots des populations humaines. Ces puissances ne sont pas
envisagées ici comme établies de Dieu, mais à un point de vue purement
historique. Nous avons vu l’empire directement établi de Dieu dans la
personne de Nebucadnetsar ; mais ici, quoique toute puissance qui existe
soit établie de Dieu, elles sont envisagées, non dans leur origine, mais
dans leur histoire. Ces bêtes montent de la mer. Le prophète les voit
premièrement toutes à la fois, sortant de l’agitation des peuples. Cette
partie de la vision présente des traits qui les caractérisent, et ne donne
pas de date.
6.2.2 - [ch. 7 v. 4 — Babylone, empire puissant et fort établi de
Dieu, puis abaissé]
Le verset 4 nous montre Babylone puissante, puis abaissée et soumise ;
corps de lion avec des ailes d’aigle. Ce qu’il y avait de plus énergique et de
noble, humainement parlant, dans la force, ce qui planait sur les nations
avec le vol le plus rapide et le plus élevé, caractérisaient ce premier essor
de l’esprit humain, auquel la volonté divine avait confié l’empire du
monde. Cette position, Babylone la perd.
6.2.3 - [ch. 7 v. 5 — L’empire Médo-Perse, lourd et féroce pour
s’approprier les empires]
[7:5] La seconde bête dévorait beaucoup de chair, mais elle n’avait ni
l’énergie ni le vol rapide de la première ; elle s’appropriait d’autres
empires, plutôt qu’elle n’en créait un ; double dans sa force au
commencement, elle s’est élevée d’un côté plutôt que de l’autre. Elle est
féroce, mais comparativement lourde : c’est l’empire Médo-Perse.
6.2.4 - [ch. 7 v. 6 — L’empire d’Alexandre, léger, actif et rapide]
[7:6] Le chapitre dit peu de chose de la troisième bête ; la légèreté et
l’activité rapide la caractérisent, et puis la domination lui est donnée :
c’est l’empire fondé par Alexandre.
6.2.5 - [Vision particulière pour la quatrième bête]
La quatrième est réservée pour une vision distincte.
6.2.6 - [Plan du chapitre]
On fera bien de remarquer ici, en passant, que le chapitre se divise en
quatre parties distinctes : les trois visions et l’interprétation donnée
ensuite au prophète de ce qu’il a vu. La première vision contient les quatre
bêtes mises ensemble et les caractères des trois premières brièvement
exposés [(v. 1-6)] : la seconde, celui de la quatrième, avec beaucoup plus
de détails [(7:7-12)] ; la troisième, l’arrivée de celui qui ressemblait à un
fils d’homme devant l’ancien des jours [(7:13-14)]. Elles commencent
respectivement aux 1er, 7e et 13e versets ; puis vient l’interprétation du
15e jusqu’à la fin du chapitre.

6.3 - [ch. 7 v. 7-12 — Caractère détaillé de la quatrième bête]


6.3.1 - [ch. 7 v. 7-8 — Force puissante mais partagée, et
élévation d’une intelligence mauvaise]
Les traits de la quatrième bête sont assez nettement dessinés. [7:7]
Elle est excessivement forte ; elle dévore et brise tout, foulant sous ses
pieds ce qui reste. Elle n’avait pas le même caractère que les monarchies
précédentes, et elle avait dix cornes, c’est-à-dire sa force a été partagée
entre dix puissances distinctes. La force, la rapacité n’épargnant et ne
respectant rien, s’appropriant tout en le foulant sous les pieds sans
conscience, voilà ce qui caractériserait la quatrième bête moralement ;
une division en dix royaumes la distinguerait quant à sa forme. La
simplicité uniforme pour le fond des autres monarchies lui manquerait
aussi ; [7:8] mais ce n’était pas tout : un autre élément bien distinctif et
spécial attirait l’attention toute particulière du prophète : en considérant
les cornes, il voyait monter une autre petite corne ; trois des premières
tombent devant elle. Cette corne avait la perspicacité et l’intelligence de
l’homme ; elle avait des prétentions énormes. Voilà son caractère. Une
puissance s’élève au milieu des dix, qui en renverse trois. Cette puissance
est clairvoyante et pénétrante dans son intelligence, elle ne possède pas
seulement la force, mais a des pensées, des plans, outre ceux d’ambition
et de gouvernement, une tête qui travaille moralement, qui s’occupe de
connaissance et s’élève avec des prétentions pleines d’orgueil et de
hardiesse. Il y avait chez elle un caractère d’intelligence moral et
systématique (en mal), et non seulement la force d’un conquérant. Cette
corne avait des yeux d’homme.
6.3.2 - [ch. 7 v. 9-12 — Jugement et destruction de la quatrième
bête]
[7:9] Ensuite les trônes sont placés (*), et l’ancien des jours s’assied.
C’est une séance de jugement, le trône de jugement de l’Éternel. Il n’est
pas dit où, mais son effet est sur la terre. [7:11] Les paroles de la petite
corne sont la cause de l’exécution du jugement. Il s’exécute sur la bête,
qui est détruite et livrée aux flammes. [7:12] À l’égard des autres bêtes,
leur domination avait été ôtée, mais leur vie prolongée ; [7:11] mais la
quatrième perd sa vie avec son empire. La scène de jugement fait partie
de la vision de la quatrième bête, et s’y rapporte spécialement.
(*) C’est la traduction reconnue juste à peu près par tous.
6.4 - [ch. 7 v. 13-14 — Domination de la terre confiée à l’homme
Christ Jésus]
Ensuite, verset 13, il y a une nouvelle vision. Quelqu’un, semblable à un
fils d’homme, est amené à l’Ancien des jours [7:14] et reçoit le royaume et
la domination universelle. C’est la domination de l’Éternel confiée à
l’homme dans la personne du Christ, substituée à l’empire de la bête.
Faites attention que ce n’est pas ici l’exécution du jugement dont il a été
question, mais la réception du royaume terrestre, car il s’agit du
gouvernement de la terre en tout ceci.
6.5 - [ch. 7 v. 15-28 — Interprétation, générale puis détaillée, de la
vision]
6.5.1 - [Ajout de ce qui concerne les saints, par rapport à la
vision]
L’interprétation embrasse deux parties : elle est générale (v. 17, 18), et
détaillée à l’égard de la quatrième bête (v. 19-28). [7:17] La partie
générale déclare que ces quatre bêtes sont quatre rois ou empires qui
surgissent de la terre ; [7:18] mais que les saints des hauts lieux prendront
le royaume et le posséderont pour toujours. Voilà les deux grands faits qui
ressortent de cette histoire : l’empire terrestre et celui des saints des
hauts lieux, le premier se composant de quatre monarchies. Ensuite
viennent les détails à l’égard de la quatrième. On remarquera ici que, dans
l’interprétation, il y a un élément ajouté du plus haut intérêt, qui n’était
pas dans la vision à laquelle elle se rapporte, savoir : ce qui regarde les
saints. En communiquant au prophète la portée de la vision, Dieu ne
saurait les omettre. Déjà le verset 18 nous les présente en contraste avec
les empires de la terre. Dans la vision, ces empires étaient vus dans leur
caractère public ou extérieur. Ici, l’Esprit de Dieu montre ce qui rendait
leur conduite intéressante au cœur même de Dieu, qui voulait témoigner
cet intérêt au prophète. Les saints paraissent immédiatement, mais en
souffrance (verset 21). Voilà ce qui caractérise tout premièrement la
petite corne, lorsqu’il est question de ses voies.
6.5.2 - [ch. 7 v. 21-22 — Persécution des saints par la petite
corne, avant que jugement et royaume leur soient donnés]
Mais les versets 21 et 22 demandent encore quelques remarques.
[7:21] La petite corne non seulement fait la guerre aux saints, mais elle a
le dessus sur eux jusqu’à une certaine époque, [7:22] c’est-à-dire jusqu’à
ce que l’Ancien des jours vienne. Nous voyons ici quelque chose de plus
précis que l’idée générale du jugement qui doit frapper l’audace des
hommes. Nous sommes occupés, non de l’histoire publique et des
principes généraux, mais des explications fournies aux saints dans la
personne du prophète. C’est la venue de l’Ancien des jours qui met fin à la
puissance de la petite corne sur les saints. D’autres événements
importants résultent de ce grand changement, de cette intervention de
Dieu : 1° le jugement est confié aux saints des hauts lieux ; et 2° les saints
prennent le royaume. Remarquez ici la désignation spéciale des hauts
lieux. [7:21] La petite corne persécute les saints sur la terre, et a le dessus
[7:22] jusqu’à ce que l’Ancien des jours vienne ; mais ce n’est qu’aux saints
des hauts lieux que le jugement est confié. Ne savez-vous pas, dit l’apôtre,
que les saints jugeront le monde [(1 Cor. 6:2)] ? Le lecteur ne doit pas aller
au-delà de ce qui est dit, et il n’est pas dit ici à l’Église, idée qui ne se
trouve pas dans ces passages : ce sont les saints qui sont attachés au nom
du Dieu souverain (*) dans le ciel, pendant que la terre est entre les mains
de ceux qui ne le reconnaissent pas, et pendant que son gouvernement ne
s’exerce pas, c’est-à-dire n’a pas pour caractère de les garantir des
souffrances et de la malice des méchants. Ceci s’applique, en principe, à
tous les temps, depuis la chute jusqu’à ce que l’Ancien des jours vienne.
Mais il y a une période spécialement caractérisée par cet esprit de
rébellion, savoir celle du pouvoir de la petite corne. [7:27] Il y a une autre
catégorie de personnes nommées plus bas : le peuple des saints des hauts
lieux ; le royaume lui est donné ; mais, dans ce cas, l’Esprit ne dit pas : le
jugement.
(*) Il y a quatre noms que Dieu s’est donné dans ses relations avec les
hommes : « le Tout-Puissant », en rapport avec les patriarches (Gen. 17) ;
« l’Éternel », avec Israël (Ex. 6) ; « le Père », avec les chrétiens (Jean 18) ;
« le Très-Haut », dans le millénium (Gen. 14), et ici, dans Daniel (comp. Ps.
91). Le nom de Père marque une différence dans la position tout entière,
nous associant à Christ, le Fils en qui le Père s’est révélé. C’est ce que
l’évangile de Jean fait spécialement ressortir.
6.5.3 - [ch. 7 v. 22 — La venue de l’Ancien des jours change tout
pour le monde et les saints]
Au verset 22 aussi, lorsqu’il est question du royaume, il n’est pas fait
mention des saints des hauts lieux ; il est dit seulement : « les saints
possédèrent le royaume » ; de sorte que nous voyons la puissance de la
petite corne exercée contre les saints en les surmontant, terminée par
l’avènement de l’Ancien des jours, la terre étant la scène de ce qui
s’accomplit. Cet avènement est accompagné de deux autres faits qui en
résultent et qui changent l’aspect du monde, c’est-à-dire le jugement est
mis entre les mains des saints célestes, et le royaume est donné aux
saints. Le premier de ces deux faits se limite aux saints célestes ; le second
est plus général, les saints sur la terre y ayant part selon leur condition,
sans en exclure ceux d’en haut selon la leur.
6.5.4 - [ch. 7 v. 23-26 — Détails historiques de la petite corne]
6.5.4.1 - [ch. 7 v. 23-25 — Caractère extérieur général et
apparition de la petite corne s’élevant contre Dieu]
Au verset 23, commencent les détails historiques de la petite corne. Le
caractère général de la quatrième bête est mis en relief ; [7:23] elle
dévore, subjugue et écrase tout. Ce n’est pas seulement un empire
consolidé d’une telle ou telle étendue ; elle étend ses ravages, comme de
droit, par toute la terre ; [7:24] puis il y a dix royaumes qui surgissent au
sein de l’empire et partagent sa puissance. C’est son caractère extérieur et
général ; mais une autre puissance surgit, lorsque les dix subsistent déjà,
qui est d’un caractère différent des dix ; elle en assujettit trois. [7:25] Or,
cette corne parle contre le Très-Haut, s’élève en paroles contre Lui, et,
dans sa malice, détruit les saints desquels les cœurs sont liés avec le Dieu
des cieux, et qui reconnaissent son nom et son autorité sur la terre. Elle
veut disposer des fêtes religieuses et de la loi, et elles sont livrées entre
ses mains pendant trois ans et demi. Dans ce dernier fait, nous
rencontrons d’une manière assez distincte l’oppresseur des Juifs : tout
leur système est livré entre ses mains. Ces trois caractères sont
suffisamment clairs et distincts ; il s’élève en paroles contre le Très-Haut ;
il persécute ceux qui reconnaissent Dieu dans le ciel, et dont le cœur
s’élève jusque là-haut (comp. Ps. 11:4) ; il efface toute trace publique de la
religion terrestre.
6.5.4.2 - [Prophétie pour la terre et les Juifs, sans rien à voir
avec l’Église]
On peut remarquer qu’on se trouve ici en dehors de toute question
relative à l’Église, sauf en des expressions très générales qui peuvent
s’appliquer en principe à tout saint quelconque sur la terre. [7:25] Il est
bien aussi de remarquer que ce ne sont pas les saints, ainsi qu’on l’a
supposé, qui sont livrés entre les mains de la petite corne, mais les formes
de la religion judaïque. Dieu peut permettre et vouloir, pour le bien des
saints, qu’il y ait une persécution ; mais il ne livre jamais les saints entre
les mains de leurs ennemis ; il ne saurait le faire, ni abandonner et
délaisser les siens. En un mot, quels que soient les principes généraux qui
puissent trouver une application dans le courant des siècles, cette
prophétie, comme révélation propre et exacte, se rapporte, ainsi que tout
le livre, à la terre, de laquelle l’Église n’est pas, et aux Juifs, à l’égard
desquels Dieu exerce son jugement sur la terre.
6.5.4.3 - [ch. 7 v. 25-26 — Domination suprême de la petite
corne et jugement qui la détruit]
[7:25] Ceci compris, on trouve très clairement ces trois traits :
l’élévation de la petite corne contre le Très-Haut, ses paroles exhalant la
fierté contre Lui ; tous les saints qui s’élèvent en esprit au-dessus de la
terre, reconnaissant le Dieu Très-Haut dans le ciel et attendant leur
délivrance de sa main, se réfugiant de cœur auprès de Lui lorsque la terre
sera comme livrée entre les mains des méchants ; tous ceux qui, ainsi,
maintiennent un témoignage de fait contre l’homme qui s’arroge tout
droit sur la terre et ne veut pas du ciel, persécutés par lui ; enfin, la
suppression par lui des fêtes régulières des Juifs et des ordonnances qu’ils
avaient rétablies ; sa tyrannie, qui ne veut rien que sa propre puissance,
effaçant toute trace de ces ordonnances qui, quelle que soit leur futilité
quand elles sont ainsi rétablies dans l’incrédulité, rendent néanmoins
témoignage à un Dieu de la terre. [7:26] Mais le jugement arrive et
s’assied pour prendre connaissance de tout cet orgueil. La domination de
la petite corne est consumée et détruite. On peut remarquer ici que, de
fait, c’est la petite corne qui, à la fin, manie le pouvoir suprême.
C’est sa domination qui est détruite.
6.5.5 - [ch. 7 v. 27 — Domination confiée aux saints, de telle
manière que Dieu règne]
6.5.5.1 - [Dieu règne en rapport avec les saints qui Le
reconnaissent et dépendent de Lui ici-bas]
[7:27] Ensuite, le royaume et la domination au-dessus des cieux sont
confiés au peuple des saints des hauts lieux. Il me semble que la portée de
ces expressions, dont la forme est particulière, est cependant assez
évidente. Le Dieu souverain règne, mais il règne en rapport avec le
système qui fait savoir : « que les cieux règnent », ainsi qu’il est dit, à ce
sujet, dans le cas de Nebucadnetsar. L’homme de la terre a voulu régner,
jeter le défi au ciel, et, soustrayant la terre au gouvernement de Celui qui
demeure en haut, la posséder indépendamment de Lui. Or le jugement a
démontré sa folie. Le souverain règne pour toujours ; les saints qui l’ont
reconnu ont le jugement et la gloire, et le peuple, qui en dépend sur la
terre, est le peuple suprême et dominateur. Ce sont les Juifs ; mais, en
définitive, c’est Dieu qui règne.
6.5.5.2 - [Différence entre le gouvernement ici et les
chrétiens assis dans les hauts lieux]
Il y a deux mots traduits par « Très-Haut » et « hauts [lieux] » : l’un au
singulier et l’autre au pluriel, et ce dernier signifiant les « hauts [lieux] ».
Je suis porté à croire que ce mot a amené l’expression de lieux célestes
dans l’épître aux Éphésiens, où cependant sa portée est beaucoup plus
grande [(Éph. 1:3)] ; car ici, il ne s’agit que du gouvernement ; là, des
choses qui appartiennent à cette sphère, ou qui s’y trouvent. Cette
distinction fait bien comprendre la différence entre l’Église ou même les
chrétiens, et les saints des hauts [lieux] du chap. 7 de Daniel. Dans le cas
des chrétiens, il s’agit de personnes jouissant, en esprit au moins, des
bénédictions qui s’y trouvent, assis là en Christ et combattant avec les
malices spirituelles qu’ils y rencontrent. Ici, au contraire, il s’agit de
reconnaître le gouvernement, qui appartient de droit aux cieux et à Celui
qui y règne, en présence d’une puissance qui le nie et qui s’élève contre
Lui, pour ne reconnaître qu’elle-même sur la terre. La portée de la
prophétie est claire et très facilement intelligible : reconnaître le droit de
gouvernement en haut, ou y être assis pour jouir des bénédictions qui
sont propres à cette place, sont deux choses bien distinctes. Chaque chose
a sa place dans les pensées de Dieu, où l’ordre parfait règne.
6.6 - [Résumé de la prophétie du chapitre 7]
6.6.1 - [Caractères particuliers de la quatrième bête, avec
abolition temporaire du système juif]
En somme, nous voyons, outre le système des quatre bêtes en général,
[7:24] la puissance de l’Occident partagée en dix, et la domination à la fin
entre les mains de la petite corne qui abat trois des dix cornes, [7:25]
s’élève contre Dieu dans le ciel, persécute et surmonte les saints,
détruisant par ses persécutions ceux qui s’identifient avec le Dieu des
cieux, abolit toutes les ordonnances juives, [7:26] et enfin, est elle-même
détruite. [7:25] Cette abolition du système juif dure trois ans et demi, ou
1260 jours, période qui ne s’applique qu’à ce dernier point. Les autres
sont caractéristiques et non chronologiques.

6.6.2 - [Le gouvernement de la terre échoit aux saints des hauts


lieux]
6.6.2.1 - [Non-rétablissement du trône à Jérusalem, mais
caractère céleste des saints]

Le gouvernement de la terre, autrefois confié à l’homme dans la


personne de Nebucadnetsar, n’est pas rétabli comme il était auparavant,
par un trône simplement terrestre à Jérusalem. Dans l’intervalle, en
présence de la rébellion de la puissance terrestre contre le Très-Haut, les
saints ont pris un caractère qui découle de ce qu’ils regardent vers les
cieux, et vers Celui qui y règne, Dieu, à l’égard de son gouvernement de la
terre, ayant pris ce nom (Dan. 2:37), position très intelligible, vu qu’il avait
abandonné Jérusalem.

6.6.2.2 - [Le peuple terrestre domine sur la terre, mais sous


la dépendance de ceux d’en haut]
Ce sont ces saints des hauts lieux qui prendront le royaume ; mais à la
suite du jugement de la corne rebelle, le peuple terrestre se retrouve en
possession de la domination au-dessous des cieux, mais sous la
dépendance de ceux qui sont assis là-haut.

6.6.2.3 - [Voies du Dieu du ciel dans le gouvernement


terrestre, en lien avec Christ Fils de l’homme]

De sorte que nous possédons déjà trois éléments clairs et importants


des voies de Dieu : le trône terrestre de Jérusalem délaissé ; le trône des
gentils établi par l’autorité de Dieu, du Dieu du ciel [(2:37)] ; la rébellion de
cette dernière puissance, c’est-à-dire celle des gentils, contre Celui qui lui
avait confié l’autorité ; [7:25] les saints distingués par ceci, qu’ils
reconnaissent Celui que la puissance terrestre a renié : ils sont des cieux,
où Dieu avait sa place et son trône maintenant, car il n’était plus sur la
terre à Jérusalem ; [7:26] ensuite, le jugement exécuté contre la puissance
rebelle ; le jugement donné à ces saints des hauts lieux ; [7:22] le peuple
terrestre établi dans le royaume sous les cieux en rapport avec eux. C’est
là la domination du Dieu du ciel qui ne passe pas. En rapport avec ceci est
le caractère donné à Celui qui par excellence reçoit le royaume. Ce n’est
plus le Messie reconnu roi en Sion, mais quelqu’un dans la forme de Fils
de l’homme [(7:13)], titre d’une portée bien plus grande et d’une étendue
bien plus vaste. C’est le changement qui se trouve avoir eu lieu quand on
passe du Ps. 2 au Ps. 8 (*). Non seulement le Messie prend le caractère de
Fils de l’homme, mais quand les faits s’accomplissent, [7:22] on trouve
que c’est l’Ancien des jours lui-même qui vient, et qui met fin à la
puissance qui tourmentait les saints, et que Christ (comme le montrent si
abondamment les Psaumes et les évangiles) est l’Éternel.
(*) Amené là par la réjection du Messie.

6.6.3 - [Tableau du gouvernement de l’homme et différentes


classes de fidèles]

C’est le grand tableau du gouvernement de l’homme qui prend tout


son développement caractéristique à la fin, et sa suppression par le
jugement de Dieu qui établit les fidèles dans l’autorité, et par-dessus tout
le Fils de l’homme lui-même et son peuple sur la terre. Les saints des lieux
très-hauts seraient donc ceux qui lorsque l’Église (dont il n’est pas fait
mention ici) sera enlevée, regardent en haut, reconnaissant que la
puissance se trouve là, et qui, s’ils sont mis à mort par une puissance
rebelle, ont leur place en haut. Nous les retrouvons dans l’Apocalypse,
spécialement au chapitre 20 [(v. 4)], et là deux classes. [7:22] Le peuple
des saints est le résidu épargné sur la terre.

7 - Chapitre 8
7.1 - [Événements des empires perse et grec, et puissance issue de
ce dernier]

Le chapitre 8 nous donne des détails sur les événements qui


s’accomplissent ailleurs, en Judée, et qui concernent les Juifs. [8:20-21]
Les deux empires de Perse et de Grèce, soit ceux de l’Orient après celui de
Babylone sous lequel la prophétie a eu lieu, ne sont mentionnés que pour
désigner les contrées où les événements doivent se passer et les
introduire dans leur ordre historique. L’empire perse est renversé par le
roi grec, [8:22] dont l’empire est ensuite remplacé par quatre monarchies,
de l’une desquelles surgit une puissance qui fait essentiellement le sujet
de la prophétie.

7.2 - [Interprétation liée aux derniers jours, lors de l’indignation


contre Israël]

[8:19] Dans l’interprétation, nous trouvons la déclaration positive que


c’est à la fin de l’indignation que les événements racontés doivent arriver.
Or, il s’agit de l’indignation contre Israël, chapitre 11:36, de ce livre ; il est
parlé de cette période d’indignation en És. 10:25. Elle se termine par la
destruction de l’Assyrien qui en est l’instrument par excellence (És. 10:5).
Tous ces passages montrent, quand on étudie spécialement leurs
contextes, que c’est tout à fait aux derniers jours que les événements
indiqués dans ces prophéties s’accompliront. Ce sera le temps de
l’affliction de Jacob ; mais il en sera délivré. Le Seigneur lui-même fait
allusion à cette époque (Matt. 24 [v. 15]), en invitant ses disciples à faire
attention à ce que Daniel en dit (comparez avec ces paroles Dan. 12:1, 7,
11). Il me semble que la prophétie elle-même ne se rapporte pas aussi
absolument aux derniers jours que l’interprétation qui en est donnée (*).
[8:8-9] Ce qui est signalé dans cette prophétie n’est pas la dernière fin de
l’indignation, mais le fait qu’une petite corne s’élève d’un de ces quatre
royaumes qui avaient succédé à Alexandre. Cependant, le grand but de
l’Esprit est de révéler ce qui se passera au temps de la fin (v. 17).
(*) Il en est ainsi, ce me semble, parce que des événements arrivés
sous les successeurs de Séleucus, premier roi du Nord, ont servi de type
ou d’accomplissement partiel et anticipatif de ce qui arrivera aux derniers
jours. Au chapitre 11, et ici, il y a une description ou une allusion assez
marquée aux actes d’Antiochus Épiphane. Le chapitre 11, je le crois, le
raconte historiquement. Dieu, dans la prophétie, a en vue les événements
des derniers jours. C’est tout ce qui se trouve dans l’interprétation.
Il est bien de faire remarquer qu’aucune interprétation d’une parabole
ou prophétie obscure de l’Ancien ou du Nouveau Testament, n’est
simplement une interprétation : elle ajoute ce qui révèle, par le résultat, la
signification des voies de Dieu, ou des faits décrits dans ce qui est obscur,
ou par des jugements extérieurs qui justifient le jugement spirituel des
siens, ou par quelques traits nouveaux qui donnent la vraie portée des
événements pour les saints. En un mot, c’est Dieu qui communique aux
siens ce qui donne sa valeur à ce qui précède, ou qui les dirige dans leur
pensée à l’égard de ce qui a été dit, par la révélation de ces jugements, ce
qui les confirme d’une manière pratique dans ses pensées.

7.3 - [Caractères de la petite corne]


7.3.1 - [Extension territoriale et élévation de la petite corne]

Examinons les traits principaux de la petite corne. [8:9] La puissance


désignée par « la petite corne » s’agrandit territorialement du côté de
l’orient, du midi et de l’ornement (de la terre), c’est-à-dire, il me semble,
vers Jérusalem ou Sion. [8:10] Cette corne s’élève contre l’armée des cieux
et en jette une partie, ainsi qu’une partie des étoiles, par terre et les foule
aux pieds.

7.3.2 - [Système juif rétabli dans sa position devant Dieu, mais


châtié car leur état n’y correspond pas]

Quelles sont les personnes désignées sous cette figure : [8:10] l’armée
des cieux et les étoiles ? Il s’agit, souvenons-nous-en, du système juif. Une
fois qu’on a bien saisi cela, l’application n’est pas difficile. Il est question
de ceux qui, par leur profession, entourent le trône de Dieu, et en
particulier, de ceux qui sont éminents au milieu d’eux. Ce ne sont pas les
fidèles qui regardent en haut, desquels parle le chapitre 7 [(v. 25)]. Être
l’armée du ciel, dépeint une position et non pas un état moral : comparez
verset 24 ; mais ce passage suppose que les Juifs ont de nouveau cette
position devant Dieu, lors même que ce serait pour le jugement. Cela veut
dire qu’ils sont de nouveau sous les yeux de Dieu, comme étant en
relation avec Lui, comme un objet dont il s’occupe, un peuple responsable
en vue de ses anciennes relations avec Lui, quoique la puissance des
gentils subsiste encore. Or, si leur état ne répond pas à la position qu’ils
reprennent vis-à-vis de Lui, ils sont, par le fait même qu’elle existe, les
objets des châtiments de Dieu.

7.3.3 - [Signalement de la transgression, venue à son comble]

[8:12] Ici, remarquez de plus, que ce qui est signalé est la transgression
(non pas l’abomination placée par quelqu’un, mais la transgression), qui
cause la désolation, [8:23] et même elle est venue au comble dans
l’interprétation.

7.3.4 - [Châtiment des Juifs en relation avec l’Éternel par la


petite corne]

Cette corne est donc l’instrument de châtiment sur les Juifs rentrés,
quant à leur profession, en relation avec l’Éternel et dans leur terre,
s’arrogeant le caractère de Son peuple, mais poussant la transgression
contre Lui au plus haut degré. [8:10] La corne en ruine quelques-uns
complètement ; mais ce n’est pas tout. [8:11] Il (car, ici, le mot n’est plus
en accord avec le mot corne, peut-être pour désigner le roi
personnellement) s’élève jusqu’au Chef de l’armée ; il pousse ses
prétentions jusqu’à s’opposer à Lui ; il s’élève jusqu’à agir contre le Christ
dans son caractère de chef d’Israël, contre le Juge qui vient, contre le Chef
d’Israël, qui est l’Éternel lui-même ; car c’est l’Ancien des jours, nous
l’avons vu, qui vient [(7:22)]. Ici cependant, tout est envisagé sous le point
de vue judaïque. Il est chef d’Israël. [8:11] On voit que c’est l’Éternel,
parce que c’est son sacrifice qui est ôté, son sanctuaire qui est renversé.
Mais il est présenté comme prince de l’armée (*) ; le sacrifice continuel est
ôté à celui-ci non « par celui-ci (**) ». Le culte judaïque offert à l’Éternel
est supprimé, son sanctuaire est renversé, [8:12] et un temps de détresse
est assigné au sacrifice continuel (c’est ainsi que je comprends ce verset),
à cause des transgressions ; enfin, la petite corne (***) (car ici la forme du
mot se rapporte de nouveau à la corne) renverse la vérité, agit et
prospère.
(*) J’ai un peu hésité sur la question de savoir si l’armée du ciel ne
signifierait pas les puissances de la terre, les Juifs n’y prenant leur place
que comme devant être sous le gouvernement de Dieu, et l’étant pour
l’Esprit de prophétie. Je ne me refuse pas à cette idée, mais il me semble
certain que l’Esprit a en vue spécialement les Juifs. Voyez verset 13. Le
verset 24 pourrait donner à croire qu’il détruira d’autres que les Juifs.
Christ élevé à la droite de Dieu est chef de toute puissance, mais il est
aussi spécialement chef des Juifs. Si l’on veut même appliquer l’expression
Prince des princes à cette suprématie sur toutes les puissances, l’analogie
de la Parole justifie l’application. Le rapport entre armée et sanctuaire,
verset 13, fait voir, ce me semble, que l’Esprit avait particulièrement en
vue les Juifs qui entourent le lieu choisi pour trône de l’Éternel.
(**) Il n’y a pas de doute que le passage dise que le sacrifice est ôté
au Prince de l’armée. Reste encore à savoir par qui ? Le kéri, qui est, en
général, je le pense, la meilleure leçon là où il y a des variantes dans
l’hébreu, lit : « lui fut ôté », sans dire par qui ; le kétib : « il lui ôta », ce qui
attribuerait cet acte à la petite corne.
(***) C’est une différence de genres. Celui qui s’élève, verset 11, est au
masculin en hébreu, tandis que, à la fin du verset 12, le verbe est de
nouveau au féminin, elle renversa, s’accordant avec corne.

7.4 - [Vision et interprétation liées à la petite corne s’élevant en


rapport avec les Juifs]
7.4.1 - [ch. 8 v. 13-14 — Durée de la vision liée à la transgression
et à la désolation]

[8:13] La durée de toute la vision en rapport spécial avec la


transgression qui en est la cause, et peut-être, on peut dire, y compris la
durée de transgression qui amène la désolation, en un mot, toute la scène
de transgression et de désolation qui en découle, de sorte que le
sanctuaire et l’armée sont foulés aux pieds, [8:14] est de 2300 soirs et
matins.
7.4.2 - [ch. 8 v. 23-25 — Élévation d’un roi puissant et rusé,
détruisant les Juifs]

Or nous voyons, au verset 19, que l’interprétation se rapporte au


temps de la fin, indication bien importante pour l’intelligence du
passage (*) ; [8:23] et voici ce qui doit arriver à la fin de l’indignation (sur
Israël), à la fin, lorsque la transgression des Juifs est comble. Un roi d’une
grande fierté, qui résout les énigmes, se lèvera ; une espèce de docteur ou
rabbi, mais fier, effronté et hardi dans son apparence. [8:24] Il sera
puissant, mais ce ne sera pas par le moyen de sa propre force. Il fera de
grands dégâts, prospérera et opérera, détruira des puissants ou un grand
nombre de personnes, et en particulier le peuple des saints, c’est-à-dire
les Juifs (voyez ch. 7:27). [8:25] Il est subtil et fait réussir toutes ses ruses,
il s’exalte dans son cœur et en corrompt plusieurs par le moyen d’une
fausse et irréligieuse sécurité, et enfin s’élève contre le Prince des
princes ; puis il est détruit sans intervention humaine. [8:23] Cela signifie
qu’au temps de la fin, lorsque le dénouement des conseils de Dieu aura
lieu, lorsque son indignation contre Israël touchera à son terme, la
transgression de ce peuple étant déjà venue à son comble, un roi surgira
dans une partie de l’ancien empire grec, dont la puissance sera
caractérisée par son agrandissement à l’orient, au midi, et vers Jérusalem
[(8:9)], c’est-à-dire, sera établie là où est actuellement la Turquie d’Asie,
Jérusalem étant son point de mire. Cette puissance fera beaucoup de
dégâts [8:24] et sa force sera grande, mais ne sera pas la sienne
proprement dite. Ce roi sera sous la dépendance de quelque autre
puissance. Il détruira aussi le peuple juif ; mais la destruction n’est pas son
seul caractère. [8:25] Il a une sagesse semblable sous quelques rapports à
celle de Salomon. Il est très rusé, et il réussit à détruire les Juifs en les
berçant d’une sécurité qui leur fait oublier l’Éternel. On le voit donc
s’occupant des Juifs, non seulement par ses conquêtes, mais comme un
docteur, par la ruse et une fausse paix. Enfin, il s’élève contre Christ
envisagé comme Prince des princes ou des rois de la terre, C’est-à-dire
dans son caractère de suprématie terrestre. Il est détruit par la puissance
divine sans intervention humaine.
(*) La vision parle spécialement des Séleucides, ou successeurs
asiatiques d’Alexandre ; et elle mentionne leurs actes, en particulier ceux
d’Antiochus Épiphane, bien que le verset 11 et la première moitié du
verset 12 soient distincts, comme nous l’avons fait remarquer. [8:14] Ainsi,
les deux mille et trois cents soirs et matins ne se rapportent pas
nécessairement à quoi que ce soit d’autre qu’aux actions des Séleucides,
ce que le verset 26 confirme. L’interprétation (versets 23-25) s’applique
aux derniers jours. Il n’y est pas question du sanctuaire, mais de la
destruction du « peuple des saints » (les Juifs), et de la rébellion contre le
Prince des princes.
7.4.3 - [Petite corne opprimant et désolant en orient, distincte
de celle du chap. 7]

Ce roi est distinct de la petite corne du chapitre 7, qui domine la


grande bête occidentale. C’est un roi de l’orient qui surgit, non de l’empire
romain, mais du sein de l’empire grec, établi en Syrie et dans les contrées
voisines, et qui tire sa force d’ailleurs que de ses propres ressources
[(8:24)]. Il se mêlera religieusement des affaires des Juifs, à sa façon ; mais
il me semble que ce qui est dit de lui est plutôt caractéristique du
désolateur, que Dieu permet à l’ennemi de susciter, à cause des
transgressions de son peuple, que de celui qui confirme alliance avec eux
pour un temps, dans le but de les ruiner et de les entraîner, plus tard, dans
la fange de l’apostasie. C’est celui qui les opprimera en orient, ayant là le
siège de son action, comme la petite corne du chapitre 7 domine en
occident (*). La désolation est mise en relief à l’occasion de cette petite
corne. Le verset 11 est une espèce de parenthèse qui se rapporte en
entier au prince de l’armée, et les deux derniers faits mentionnés dans ce
chapitre, savoir : que le sacrifice lui est ôté, et que son sanctuaire est
renversé, sont introduits en rapport avec le chef de l’armée, comme une
partie de la désolation d’Israël, pour en compléter la description, sans en
indiquer, il me semble, l’auteur. Il n’en est pas question dans l’histoire du
roi lui-même, à la fin du chapitre. C’est une partie de la désolation de ces
temps-là, à laquelle il est fait allusion au verset 11.
(*) Le chapitre 7 nous donne la puissance ou corne de l’occident ; le
chapitre 8, celle de l’orient ; le chapitre 9, l’état de Jérusalem sous la
puissance de l’occident ; les chapitres 10, 11, l’état sous les puissances de
l’orient, y compris le roi qui agit selon son bon plaisir [(11:36)].

8 - Chapitre 9
8.1 - [Vision sur Israël et Jérusalem en réponse à la confession et la
supplication de Daniel]

Le chapitre 9 nous fournit une vision [9:24] concernant le peuple et la


sainte ville, [9:20] à la suite de la confession et de l’intercession de Daniel.
Elle est, comme nous l’avons déjà observé, en rapport avec l’oppression
de la puissance occidentale, et les détails sont, en effet, relatifs à
l’oppression. [9:2] Le prophète avait compris, non par une révélation
directe, mais par l’étude de la prophétie de Jérémie et par l’emploi des
moyens ordinaires mis à la disposition de l’homme spirituel, que la fin de
la captivité, dont la durée avait été annoncée par ce dernier prophète,
était proche. [9:3] L’effet produit sur l’esprit de Daniel, vrai signe du
prophète de Dieu, a été une intercession ardente [9:17] en faveur du
sanctuaire désolé [9:18] et de la ville bien-aimée de l’Éternel. [9:4] Il fait
confession avec effusion devant Dieu, [9:8] et reconnaît le péché du
peuple et des rois, la dureté de leurs cœurs [9:14] et la justice de Dieu qui
avait fait venir le mal sur eux. [9:18] Il en appelle aux compassions de Dieu
[9:17] pour l’amour du Seigneur. [9:23] La prophétie est la réponse de
Dieu à cette prière. [9:24] Soixante et dix semaines sont déterminées sur
le peuple de Daniel et sur sa sainte ville. L’Éternel ne les reconnaît pas
pour siens proprement dits ; mais il accepte l’intercession du prophète,
comme il avait accepté anciennement celle de Moïse, en disant à
Daniel : ton peuple et ta ville. Daniel tient la place de médiateur. Il a les
pensées de Dieu, ses paroles, et ainsi il peut intercéder (comparez sur ce
point profondément intéressant : Gen. 20:7 ; Jér. 27:18 ; Jean 15:7). À la
fin de ces soixante et dix semaines prises d’entre les siècles, arriverait la
période arrêtée de Dieu pour clore la transgression, mettre le sceau sur le
péché (c’est-à-dire le terminer et en disposer), pour pardonner l’iniquité
et introduire la justice éternelle, pour mettre le sceau à (toute) vision et
prophétie et pour oindre le saint des saints ; ceci, faites-y attention, à
l’égard du peuple d’Israël et de la ville. C’est le rétablissement complet du
peuple et de la ville, en grâce.

8.2 - [ch. 9 v. 24-27 — Les soixante et dix semaines]


8.2.1 - [ch. 9 v. 25-26 — Division en trois, et les soixante-neuf
premières semaines]

[9:25] Cette période de soixante et dix semaines est divisée en trois


parties : sept, soixante-deux, et une. Pendant la première partie, ou celle
des sept semaines, la ville désolée et ses murs abattus seraient relevés
dans un temps de détresse, ou à travers les difficultés du temps. [9:26]
Après soixante-deux semaines, c’est-à-dire après soixante-neuf en tout, le
Messie serait retranché et n’aurait rien (c’est le vrai sens des mots). Celui
auquel appartenaient le royaume et la gloire, au lieu de les recevoir, serait
retranché et n’aurait rien. Mais à la suite de cet événement, la ville et le
sanctuaire qui avaient été rebâtis seraient détruits, la fin serait comme un
torrent dévastateur, et jusqu’à la fin de la guerre il y aurait une
ordonnance ou décision arrêtée de désolations. Voilà l’histoire complète
des désolations en général. 1° Soixante-neuf semaines sont accomplies.
Après cela, le Messie est retranché sans que le moment en soit
exactement indiqué. Ceci a entièrement interrompu le cours des soixante
et dix semaines. Le retranchement du Messie n’était pas le moment du
rétablissement du peuple et de la ville. Le résultat est clairement annoncé,
savoir une période de désolation jusqu’à la fin. C’est un état dont la durée
n’est pas indiquée. Nous retrouverons, au chapitre 11, la même manière
de traiter une période analogue. Le peuple d’un prince qui devait venir,
détruirait la ville.

8.2.2 - [ch. 9 v. 27 — La dernière semaine, divisée en deux


demies]

[9:27] Ensuite l’Esprit de Dieu reprend la soixante et dixième semaine,


dont les détails n’étaient pas encore développés. Le prince à venir
confirme alliance avec la masse des Juifs (la forme (*) du mot « plusieurs »
indique la masse du peuple), voilà le premier fait qui caractérise la
semaine. Les Juifs s’allient avec le chef du temps d’alors, du peuple qui
avait ruiné autrefois leur ville et leur sanctuaire. Ils forment alliance avec
le chef du peuple romain. Ceci se rapporte à la semaine entière. Mais la
moitié (**) de la semaine écoulée, l’aspect des choses change. Le chef fait
cesser le sacrifice et l’oblation, et à cause de la protection des idoles, il y a
un désolateur et jusqu’à la consomption décrétée (***), le jugement sera
versé sur la désolée.
(*) Le mot plusieurs a l’article en hébreu. La même chose a lieu pour
d’autres passages dans Daniel, sur lesquels j’attirerai l’attention du
lecteur, et qui démontrent clairement qu’il s’agit de la masse du peuple,
des plusieurs. La même forme de phrase se trouve dans le grec.
(**) On peut remarquer que le Seigneur, dans les évangiles, ne parle
d’une manière expresse que de la dernière moitié de la semaine, du temps
de tribulation qui est à la suite de l’introduction dans le lieu saint de l’idole
qui cause la désolation. Quelques personnes ont pensé qu’il ne reste à
venir que cette demi-semaine, le Christ ayant été, selon eux, retranché au
milieu de la semaine. D’autres ont pensé que la soixante et dixième
semaine elle-même s’est écoulée tout entière avant la mort de Jésus, mais
qu’elle n’est pas comptée, Jésus ayant été rejeté, et que cette semaine se
retrouve du temps des rapports des Juifs avec le Méchant. Ce que le
passage nous dit, c’est, en premier lieu, qu’aux temps de la fin, le prince,
le chef de l’empire romain fait une alliance qui se rapporte à une semaine
entière ; et de l’autre côté, la dernière moitié de la semaine est annoncée
par le Seigneur comme encore à venir, devant prendre place
immédiatement avant son arrivée, cette demi-semaine étant le temps de
tribulation sans parallèle qui la précède. S’il n’y avait que cela, l’histoire
précédente du prince à venir qui fait une alliance, rentrerait dans l’histoire
générale de l’état des choses. Je réserve, pour l’Apocalypse (quant à son
plein développement), la question de savoir s’il reste une ou deux demi-
semaines à accomplir, ainsi que la manière dont aura lieu leur
accomplissement pendant la manifestation de la puissance du mal, me
bornant à observer que le Messie est retranché après la fin des soixante-
neuf semaines. Nous savons par le Nouveau Testament, que son ministère
a duré juste la moitié de la semaine. Il est évident que ni le prince, ni le
peuple juif, avec qui le prince fait alliance, ne font aucun cas de cela.
L’interprétation de ce passage est claire, l’alliance d’une semaine avec le
prince à venir, comme si soixante-neuf semaines seulement étaient
écoulées, le Messie et son retranchement étant ignorés, et une demi-
semaine de complète oppression à cause de la protection des idoles,
jusqu’à la consomption décrétée.
(***) Ce mot : consomption décrétée, est une expression usitée pour
les derniers jugements qui fondent sur les Juifs (voyez És. 10:22 ; 28:22).
Le verset 2 de ce dernier chapitre compare le désolateur à un torrent,
comme ici, verset 26. Le lecteur attentif remarquera que ces passages se
rapportent aussi aux événements de ces derniers jours. Remarquez aussi
l’alliance, dans És. 28:18.
Quelque doute pourrait être jeté sur la traduction : « la désolée » ;
quelques-uns traduisent : « le désolateur », disant : « jusqu’à ce que la
destruction décrétée soit versée sur le désolateur ». À une personne qui
n’est pas très familière avec la parole de Dieu, cela a l’air de mieux
terminer la phrase ; mais il me semble que celui qui est familier avec le
contenu de la Bible et sa phraséologie, reconnaîtra que le sens que j’ai
donné à ce passage est plus vrai. La portée de la prophétie est la même
dans les deux cas ; l’une des traductions dit que la désolation continuera
jusqu’à la fin du jugement déterminé d’avance par Dieu ; l’autre, qu’elle
ne s’arrêtera que par la destruction du désolateur, ce qui revient au
même. La traduction que je donne me semble plus exacte et plus selon la
Parole. La traduction anglaise porte « désolée », en donnant
« désolateur » en note. Dans l’original, le mot n’a pas la même forme que
celui rendu par « désolateur » dans des cas où le sens en est certain.
J’ai traduit : « à cause de la protection des abominations (idoles) ». Le
mot est littéralement « aile » : « sur », ou « à cause de l’aile des
abominations » ; or on sait que ce mot « aile » est employé
habituellement pour protection.

8.2.3 - [Relations de Dieu avec Son peuple par rapport à la foi


d’un résidu]
[9:24] Ce qui nous est donc annoncé ici, c’est que soixante et dix
semaines sont mises à part pour l’histoire de la ville et du peuple de
Daniel. Pendant ces soixante et dix semaines, Dieu est en relation avec
Israël (*), non pas cependant immédiatement, mais en rapport avec la foi
d’un résidu fidèle, d’un Daniel, d’une intercession qui, se liant à l’existence
d’un résidu, sert de lien entre Dieu et le peuple, intercession sans laquelle
le peuple serait rejeté. C’est le même principe que celui qui a régi les
relations de Dieu avec le peuple par le moyen de Moïse, après le veau
d’or, le peuple étant appelé peuple de Daniel comme autrefois peuple de
Moïse. Cette position est remarquable, envisagée comme arrivant après
l’établissement de l’autorité des gentils. Les Juifs sont à Jérusalem, mais
les gentils règnent, quoique l’empire de Babylone soit renversé. Dans
cette position anormale, la foi prophétique cherche le rétablissement
complet de la ville, siège du gouvernement de Dieu et de son peuple. C’est
à cela que la réponse de Dieu se rapporte. Une histoire brève, mais
complète, nous est donnée de la période qui s’écoulerait jusqu’à ce que le
jugement sur les Juifs fût accompli et terminé, en introduisant un élément
nouveau d’une haute importance : [9:26] le Messie serait retranché. Il
n’aurait rien de ce qui lui appartenait de droit. La conséquence serait la
destruction de la cité et du sanctuaire, la désolation et la guerre.
(*) La puissance des gentils subsistant en même temps. Nous savons,
par l’Écriture, que la restauration de Jérusalem a eu lieu sous l’empire des
gentils, ainsi que le cours entier des 69 semaines qui sont certainement
écoulées. Les 70 semaines ont toutes un même caractère sous ce rapport.
Ce n’est qu’à la fin des 70 que le pardon est accordé. Quel que soit
l’instrument de l’alliance, la quatrième bête sera, dans ce temps-là, la
puissance dominatrice des gentils auxquels Dieu avait confié l’empire. Cet
état de choses, les Juifs restaurés, la ville rebâtie, les gentils dominant
encore sur le trône du monde, est très important à remarquer, si l’on veut
comprendre les 70 semaines. Les 70 semaines n’ont cours que sous ces
conditions. Il faut bien comprendre qu’il s’agit du peuple de Daniel et de
sa ville, qui doivent être réintégrés dans la faveur de Dieu. La patience de
Dieu attend maintenant. La puissance des gentils avait manqué déjà à la
fidélité ; Babylone était renversée ; les Juifs, par l’intercession,
provisoirement rétablis, et le temple rebâti. Les 70 semaines étaient, à
bien peu de chose près, écoulées, quand Christ les a visités. Si les Juifs
s’étaient repentis, et que Jérusalem, dans cette sienne journée, eût
reconnu ce qui était pour sa paix [(Luc 19:42)], tout était prêt pour son
rétablissement en gloire. Abraham, Isaac et Jacob auraient pu être
ressuscités comme Lazare. Mais elle n’a pas connu le jour de sa visitation
[(Luc 19:44)] et l’accomplissement des 70 semaines, et le bonheur qui
devait s’ensuivre, a dû être ajourné. Nous savons bien, par la grâce, que
Dieu avait des pensées et des desseins bien plus excellents encore, et que
l’état de l’homme était tel, que cette bénédiction n’aurait pu s’accomplir,
comme l’événement l’a prouvé. Aussi tout est ici annoncé d’avance
(comp. És. 49:4-6).

8.2.4 - [Interruption des relations entre Dieu et le peuple par le


rejet de Christ]

[9:26] Ce serait le chef d’un autre empire non encore existant, qui
détruirait ainsi la ville et le sanctuaire. Alors, et pour le moment, il y avait
interruption complète des relations entre Dieu et le peuple, même pour ce
qui concerne un résidu croyant. La foi de Daniel serait repoussée par le
peuple dans la personne de Christ prophète, et dans le reniement de
Christ, exprimé par ces paroles : « Nous n’avons pas d’autre roi que
César » [(Jean 19:15)] ; et le peuple et la ville ont été livrés à la désolation.

8.2.5 - [Alliance et idolâtrie du peuple la dernière semaine, et


jugement soudain]

Mais une semaine restait encore à accomplir en rapport avec cette


race incrédule et perverse, avant que son iniquité fût pardonnée, la justice
éternelle introduite, la vision et la prophétie closes par leur
accomplissement. [9:27] Cette semaine serait distinguée par une alliance
que le prince ou conducteur ferait avec le peuple juif (sauf le résidu), puis
par la cessation forcée de leur culte, causée par l’intervention du prince ;
ensuite, les Juifs s’étant placés sous la protection des idoles (ce mauvais
esprit longtemps chassé du peuple étant rentré avec sept autres plus
mauvais encore [(Matt. 12:45)]), le désolateur arrive et le dernier
jugement fond sur le peuple, jugement terrible, mais dont l’étendue est
définitivement déterminée de Dieu et qui sera arrêté lorsque la mesure en
sera accomplie. Ainsi, nous possédons une réponse bien précise à la
demande du prophète, une réponse qui développe très exactement la
suite des relations du peuple de Daniel avec la puissance des gentils ; sa
position est clairement constatée pendant que la relation avec Dieu, en
rapport avec l’intercession du prophète, subsiste.
8.3 - [Annonces de la prophétie pour les Juifs, comme réponse à
Daniel]

La prophétie annonce en même temps le fait général de la désolation


du peuple (avec un moment de calme apparent par la faveur de la bête),
dans l’intervalle entre les soixante-neuvième et soixante et dixième
semaines, désolation occasionnée par le rejet du Messie, effectué au
moment où la promesse attachée à la prophétie aurait dû bientôt
s’accomplir. Le rejet du Messie (venant au nom de son Père) a eu pour
effet de laisser les Juifs longtemps dispersés, pour devenir, lors de leur
rassemblement, la proie de l’iniquité du chef des gentils, — le temps, de
fait, où ils sont tombés entre les mains de celui qui devait venir en son
propre nom, triste état développé pendant la dernière semaine, mais
auquel Dieu avait posé des limites qu’aucune malice de l’ennemi ne
saurait outrepasser.

9 - Chapitres 10-11
9.1 - [Prophétie des chap. 10-12, clôturant l’histoire des gentils et
du résidu]

Au chapitre 10, nous revenons à l’Orient (*). Les chapitres 10, 11 et 12


ne forment qu’une prophétie. Seulement, le chapitre 11 clôt l’histoire des
gentils, et le chapitre 12, ainsi que nous l’avons remarqué au
commencement, s’occupe de l’état du résidu pendant la dernière période
de la puissance des gentils et de sa délivrance, terminant ainsi la
révélation des pensées de Dieu à l’égard du résidu gardé au milieu des
nations.
(*) On fera bien d’observer que, les deux fois, la révélation donnée à
Daniel quant à son peuple, est une réponse aux exercices de son cœur
dans l’intercession ou le jeûne : les révélations, aux chapitres 7 et 8, quant
aux puissances destructives occidentale ou orientale ne le sont pas. Dieu
les donne quand il lui semble bon : celles-ci le furent au temps de
Belshatsar [(7:1 ; 8:1)] ; les premières, après la prise de Babylone, alors
que les Juifs étaient réellement dans une nouvelle position, jusqu’à la
réjection de Christ, et alors vient le grand abandon, pendant lequel le
temps n’est pas compté jusqu’à ce qu’ils aient été ramenés dans leur pays,
et que Dieu recommence à agir de nouveau parmi eux. Ensuite, après
avoir manifesté leur incrédulité dans la réception de la puissance du mal
et dans l’idolâtrie, vient la dernière grande tribulation, et puis le jugement
dans la personne du Seigneur venant des cieux.

9.2 - [ch. 10 v. 1 à 11 v. 35 — Vision adressée à Daniel et histoire


liée aux Juifs]
9.2.1 - [ch. 10 v. 1 à 11 v. 28 — Vision répondant à l’état de
Daniel, montrant l’histoire des rois du nord et du midi]

Le cœur de Daniel, toujours occupé du bien du peuple d’Israël (v. 2, 3,


12), s’adressait à Dieu dans un esprit d’attente humble et persévérante,
pour comprendre ses voies. [10:2] Après trois semaines de jeûne et de
prières, [10:12] un ange lui est envoyé, [10:13] faisant voir les combats
que les ennemis de la gloire de Dieu livraient aux instruments de
l’accomplissement de ses desseins en faveur de son peuple, et les
obstacles qu’ils opposaient à la communication de ses desseins pour les
encourager. Mais si la foi est exercée, Dieu est fidèle, et la persévérance
de Daniel le met moralement en état d’apprécier les communications de
Dieu, comme elle était la preuve que, par la grâce, il en était moralement
digne. L’ange lui annonce que la vision regarde les Juifs et qu’elle est pour
les derniers jours (ch. 10:14). [10:19] La force qui lui est donnée, seule le
rend capable d’en recevoir, de fait, la communication. [11:2] Les rois des
Perses, sous le règne desquels il a reçu la vision [(10:1)], sont énumérés, et
l’attaque de l’un d’entre eux contre la Grèce est racontée ; [11:3] elle a
donné lieu à une attaque de la Grèce contre la Perse, et l’empire grec a
été établi, [11:4] mais ensuite partagé en quatre. Deux de ces quatre
monarchies étaient plus puissantes que les autres ; elles étaient aussi
territorialement en relation avec les Juifs. C’est sur le territoire de ces
derniers qu’elles se sont livré combat. [11:5-28] L’histoire des rois de ces
deux puissances, ainsi en conflit sur le territoire d’Israël, nous est donnée
d’une manière assez détaillée sous les noms de roi du nord et roi du midi.
Je n’entre pas dans ces détails.

9.2.2 - [ch. 11 v. 29-32 — Attaques du roi du nord contre les


Juifs et le temple, allié aux apostats]

[11:30] L’histoire est poursuivie jusqu’à l’intervention des Romains, les


navires de Kittim (*), [11:31] et aux attaques faites contre les Juifs et le
temple, [11:30] et la sainte alliance. [11:32] Le roi du nord s’allie avec les
Juifs apostats ; [11:31] il profane le sanctuaire, y place une idole et fait
cesser le sacrifice continuel. [11:32] Il entraîne les méchants dans
l’apostasie (c’est la force de l’expression du verset 32). Mais ceux qui
connaissent Dieu, dit l’ange au prophète, seront forts et agiront avec
énergie. [11:33] Les intelligents, instruits de Dieu, enseigneront les
masses.
(*) L’intervention de ceux-ci en faveur du jeune roi d’Égypte vaincu par
Antiochus Épiphane, amena le retour de ce dernier à Jérusalem et le
déploiement de sa fureur contre les juifs ; il profana le temple et prohiba
le culte juif.

9.2.3 - [ch. 11 v. 33-35 — État des Juifs, opprimés et relevés,


jusqu’aux derniers jours]

Jusqu’ici, nous avons trouvé la succession des premiers rois et l’histoire


du temps des Macchabées et d’Antiochus Épiphane. [11:35] Le résultat
jusqu’à la fin est alors annoncé d’une manière générale, la dernière partie
de l’histoire précédente que nous venons de parcourir, étant le type de ce
qui arrivera aux derniers jours. [11:33] Le peuple tombe de nouveau sous
l’oppression de ses ennemis pour un temps ; [11:34] il sera relevé dans
une certaine mesure ; quelques-uns s’attacheront à lui en le flattant.
[11:35] Un petit nombre même des intelligents, qu’on aurait pu supposer
être providentiellement gardés de Dieu, tomberont aussi par la violence,
pour éprouver la foi de tous et pour les purifier jusqu’au temps de la fin ;
car cet état doit continuer jusqu’à l’époque ordonnée de Dieu. C’est l’état
des Juifs dans ces jours-là, jusqu’aux derniers jours, mais spécialement
dans les temps des Séleucides et des Lagides, rois du nord et du sud, et en
général.

9.2.4 - [Contraste entre la masse des plusieurs et les sages,


enseignés de Dieu]

Quelques remarques sur les détails aideront le lecteur à comprendre


ceci. Dans les passages des chapitres 9:27 ; 11:33 ; 12:3 ; le mot traduit par
la « multitude » a l’article, en hébreu « les plusieurs », et signifie la masse
du peuple, ce qui rend le sens de ces versets beaucoup plus simple. Le
lecteur remarquera aussi (ch. 11:33), en contraste avec les masses : « les
Maskilim », c’est-à-dire les intelligents, mot qui se retrouve dans les titres
d’un grand nombre de Psaumes. Les sages, ceux enseignés de Dieu,
enseigneront les masses. Il y aura l’activité de l’amour de la vérité dans ces
temps d’épreuve. Chapitre 12:3, nous trouvons de nouveau ces sages
associés avec ceux qui instruisent les masses dans la justice. Comparez
11:33 ; ils se retrouveront victimes de la violence, au verset 35. La portée
de ce dernier verset, nous l’avons vu, s’étend jusqu’à la fin de l’histoire de
ce peuple, vu sous la puissance des gentils ; mais des détails plus positifs
sont donnés à l’égard de la fin.

9.3 - [ch. 11 v. 36-45 — Les événements de la fin en Israël : le roi et


les ennemis]
9.3.1 - [ch. 11 v. 36-39 — Introduction du roi impie et idolâtre,
dominant sur Israël]

[11:36] Le roi (*) est introduit, le méchant, qui exercera la puissance en


Judée à la fin du siècle et prospérera jusqu’à ce que l’indignation (époque
dont nous avons déjà parlé) prenne fin. C’est un roi qui agit dans le pays
d’Israël, d’un caractère impie et faisant sa volonté, sans frein, s’élevant au-
dessus de tout, [11:37] abandonnant la religion de ses pères, ne se
souciant pas du Christ ni d’aucun dieu, mais blasphémant contre le Dieu
des dieux [11:38] et établissant l’idolâtrie à sa manière. [11:39]
Cependant, il les fera dominer sur les masses et partagera la terre en
récompense. Il est un peu difficile de dire qui il veut faire dominer ; — je
présume que ce sont ceux qui l’ont suivi ; — mais le caractère de ce roi
sans frein, impie et idolâtre, qui s’élève au-dessus de tout, est assez clair.
(*) Comparez És. 30:33 (en lisant : « pour le roi aussi »), et chapitre
57:9. Il a le caractère propre « du roi » aux yeux des Juifs, caractère qui
n’appartient de droit qu’au Seigneur Jésus, vrai Messie et roi d’Israël.

9.3.2 - [ch. 11 v. 40-45 — Attaque et destruction finale du roi du


nord]

[11:40] Le roi du midi (nous nous retrouvons ici dans la suite d’idées
que présente le chapitre en général) se heurte contre lui, et le roi du nord
vient contre lui comme un tourbillon ; il déborde et passe outre, [11:41] et
entre dans le pays d’ornement, en Judée ; mais Édom, Moab et Ammon
échappent à sa puissance, étant réservés (És. 11:14) pour être subjugués
par Israël même. [11:42] Il étend ses mains sur les pays, pille tout :
l’Égypte n’échappe pas, [11:43] les contrées orientales de l’Afrique sont à
ses pieds ; [11:44] mais, troublé par des nouvelles du nord et de l’orient,
[11:45] il va planter ses tentes entre Jérusalem (*) et la mer, et trouve sa
fin sans être secouru. La fin du roi ne nous est pas présentée dans ce récit.
Ce que nous reproduisons ici est la fin du roi du nord ; car il s’agit des
nations et du pays d’Israël, et de ce qui arrivera au peuple de Daniel dans
les derniers jours. Dans la terre, il y aura ce roi méchant et impie, qui sera
attaqué par le roi du midi ; plus tard, le roi du nord envahira à son tour
toutes ces contrées, à l’exception de trois, puis il périra dans la terre
d’Israël.
(*) C’est la force régulière de l’hébreu ; c’est ainsi que traduit de
Wette.

10 - Chapitre 12
10.1 - [Histoire du peuple d’Israël aux temps de la fin et de la
tribulation]
10.1.1 - [ch. 12 v. 1-4 — Temps de détresse et délivrance du
peuple juif, au-delà même du pays]

Le chapitre 12 traite plus particulièrement de l’histoire d’Israël même.


[12:1] Au milieu de tous ces événements, Michel l’archange s’emploie en
faveur du peuple de Daniel. Il y a un temps de trouble, tel qu’il n’y en a
jamais eu et qu’il n’y en aura jamais de semblable. Le peuple, cependant,
sera délivré, c’est-à-dire ceux qui sont écrits dans le Livre, le résidu de
Dieu. Jérémie nous a déjà parlé de ce temps, et de la délivrance, chapitre
30:7. Le Seigneur en parle aussi (Matt. 24), en attirant l’attention des
disciples sur l’abomination de la désolation dont il est question dans ce
chapitre, nous montrant clairement qu’il parle de Jérusalem, des Juifs et
des derniers jours, lorsque les Juifs seront délivrés. Il montre aussi
comment les fidèles échapperont pendant la durée de la tribulation. Ces
passages, pris ensemble, rendent l’intelligence de chacun d’eux assez
facile. [12:2] Le second verset s’étend au-delà du pays d’Israël qui,
jusqu’ici, avait été la scène de la prophétie. Mais la condition de ceux dont
le verset parle, est exposée de manière qu’on ne reconnaisse pas les pays
de leur dispersion. Plusieurs de la race d’Israël se réveillent de leur long
abaissement, quelques-uns pour la vie éternelle, mais d’autres pour
l’infamie perpétuelle. [12:3] Les sages brilleront comme la splendeur de
l’étendue, ceux qui ont enseigné la justice à la multitude comme les
étoiles ; (comp. l’armée des cieux et les étoiles, ch. 8 [(v. 10)]). Dieu
revêtira de l’éclat de sa faveur ceux qui auront été fidèles pendant ce
temps de rébellion et de détresse.

10.1.2 - [ch. 12 v. 5-10 — Fin déterminée de la tribulation, mais


oracle encore scellé]

[12:6] Ensuite, un des messagers de Dieu demande à celui qui se tenait


sur le fleuve combien de temps s’écoulerait pour arriver à la fin de ces
merveilles (savoir de la tribulation), par l’intervention de Dieu en
délivrance en faveur d’Israël ? [12:7] La réponse est, trois ans et demi, soit
douze cent soixante jours, et que, lorsque Dieu aurait mis fin à la
dispersion du peuple saint, toutes ces choses seraient finies. [12:8] Daniel
veut quelque chose de plus pleinement révélé à l’égard de la fin ; [12:9]
mais jusqu’au temps de la fin l’oracle est scellé ; [12:10] il y en aurait
plusieurs qui seraient purifiés, éprouvés et blanchis, et les méchants
agiraient méchamment. Hélas ! il faut s’y attendre, aucun des méchants
ne comprendrait, mais les intelligents comprendraient, c’est-à-dire ces
« maskilim », ceux dont l’Esprit nous a parlé.

10.1.3 - [ch. 12 v. 11-13 — Intervalles de temps jusqu’à la


bénédiction finale]

[12:11] Or, depuis le temps que le sacrifice perpétuel serait ôté et que
l’abomination qui causerait la désolation serait placée, il y aurait douze
cent soixante jours ; [12:12] puis, pour celui qui attendrait
l’accomplissement de mille trois cent trente-cinq jours (*), il y aurait
pleine bénédiction. [12:13] Daniel lui-même aurait sa part dans ce temps
glorieux.
(*) J’ai cru possible que cette supputation pouvait provenir de ceci : un
mois intercalé, ajouté aux douze cent soixante jours, ou trois années et
demie, puis quarante-cinq jours, si les années étaient des années
ecclésiastiques, nous amèneraient à la fête des tabernacles : mais je ne
prétends pas avoir une opinion sur ce point. Quoi qu’il en soit, il nous est
positivement dit que, alors, le sanctuaire de Dieu à Jérusalem sera purifié.
10.1.4 - [Daniel présente le temps des gentils jusqu’à la
délivrance d’Israël, mais pas au-delà]

Il est à remarquer que Daniel ne dépeint jamais le temps qui succède à


celui des gentils ; il présente l’histoire de ces monarchies, les oppresseurs
et séducteurs des Juifs aux derniers jours, la délivrance du peuple, mais là
il s’arrête : il est le prophète des temps des gentils jusqu’à la délivrance.
10.2 - [Points saillants de la prophétie de Daniel]
10.2.1 - [Explication du livre de Daniel, et non système de
prophéties]
Il se peut que le lecteur, pour avoir une intelligence plus complète du
sujet, ait la pensée de combiner l’action des instruments que la prophétie
de Daniel nous présente comme agissant dans le pays d’Israël aux derniers
jours, et de les identifier, s’il y avait lieu, avec d’autres instruments
nommés par d’autres prophètes. Mais ce serait faire un système de
prophétie et non expliquer Daniel. L’Esprit de Dieu ne le fait pas dans ce
prophète, et je me borne à l’étudier ; je ne ferai donc qu’indiquer
quelques points saillants.
10.2.2 - [Les différentes puissances présentées dans les chap. 7-
11]
Le chapitre 7 nous donne le caractère de l’empire romain,
spécialement sous son dernier chef ; c’est la fin de l’histoire de la
puissance des gentils. Le chapitre 8 (quoique j’aie souvent pensé que le roi
qui y est dépeint pourrait être l’instrument de l’empire de l’Occident dans
le pays d’Israël) me semble, en bien pesant ce qui en est dit, donner à la
corne un caractère différent (*) de celui que revêt, dans ses actes, la
puissance occidentale, soit comme petite corne, soit par quelque
instrument local ; c’est une puissance orientale s’élevant d’un des quatre
royaumes en lesquels l’empire d’Alexandre s’était divisé. Il tire cependant
sa force d’autrui ; c’est une puissance à part agissant en Syrie. Dans le
chapitre 9, nous trouvons celui qui agit au milieu des Juifs, à Jérusalem
même, en rapport, à ce qu’il paraît, avec l’empire romain, quel que soit
l’instrument de cette puissance pour l’accomplir. Peut-être cet instrument
est-il ce roi du chapitre 11, qui se trouve placé entre les rois du midi et du
nord ? Il est très possible que la petite corne du chapitre 7 agisse elle-
même ; cependant il y a une autre puissance qui dépend d’elle, qui agit au
moins religieusement sur les Juifs qu’il entraîne dans l’apostasie, un
personnage qui ne vient pas en son propre nom, et qui ne se soucie point
du Dieu de ses pères [(11:27)].
(*) On peut comparer les Psaumes 74 et 83, qui confirment la pensée
qu’il y aura une destruction à Jérusalem, outre la cessation forcée du
sacrifice continuel accompli d’une manière religieuse par le prince à venir,
le Romain du chapitre 9, qui se trouve au milieu des Juifs, et qui
jusqu’alors s’est comporté au milieu d’eux en ami.
10.2.3 - [Le roi en Judée de 11:36-39]
Le roi du chapitre 11 est un roi en Judée, [11:37] méprisant la religion
de ses pères, agissant dans le pays sans frein moral, rétablissant l’idolâtrie
[11:39] et partageant le territoire entre ceux qu’il favorise. [11:40] Le roi
du midi et celui du nord sont l’Égypte et l’Assyrie aux derniers jours, qui
attaquent le roi qui s’est établi dans la terre sainte. Je suppose que le roi
répond à la seconde bête de l’Apocalypse, sous un autre point de vue,
comme la première à la petite corne du chapitre 7.

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