Études Sur La Parole de Dieu DANIEL
Études Sur La Parole de Dieu DANIEL
DANIEL
par J.N. Darby
0 - [Introduction]
0.1 - [Changement du système sur la terre, selon le gouvernement
divin]
0.1.1 - [Gouvernement de Dieu sur Israël centre du système des
nations, dans Ézéchiel]
0.1.2 - [Remplacement de ce système par la domination des Gentils,
en Nebucadnetsar]
0.1.3 - [Caractères du résidu fidèle dans ces temps : esprit de
prophétie et d’intelligence, et portion de Dieu pour lui]
0.2 - [Plan du livre]
0.2.1 - [Deux parties, avec la position du résidu au début et à la fin]
0.2.2 - [ch. 1-6 — Histoire de la domination des gentils, selon Dieu,
et son jugement]
0.2.3 - [ch. 7-12 — Communications à Daniel sur le caractère des
puissances gentiles]
1 - Chapitres 1-2
1.1 - [La fidélité à rester pur est le secret de l’intelligence de la pensée
de Dieu]
1.2 - [Nebucadnetsar dépositaire de tout le plan de Dieu, et Daniel
reconnu objet de la faveur divine]
1.3 - [Tableau général de la puissance des gentils]
1.3.1 - [Succession des empires formant un tout, établi de Dieu
comme puissances]
1.3.2 - [Le Dieu des cieux établit l’homme dominant sur la terre,
comme Adam]
1.3.3 - [Caractère mélangé du quatrième empire, et établissement
par Dieu du cinquième]
1.3.4 - [Établissement du dernier royaume, détruisant d’abord la
statue]
1.3.5 - [Les quatre grands empires de la prophétie]
1.4 - [Nebucadnetsar reconnaît que Dieu est avec le résidu et lui révèle
Ses pensées]
1.5 - [Traits des empires montrant leur éloignement de Dieu]
2 - Chapitre 3
2.1 - [ch. 3 v. 1-7 — L’homme se fait un dieu en rapport avec le pouvoir
suprême]
2.2 - [ch. 3 v. 8-18 — La fidélité au vrai Dieu contrarie la volonté du roi]
2.3 - [ch. 3 v. 19-30 — Conséquences de la fidélité des trois hébreux, et
de Dieu]
2.3.1 - [Épreuve de la fidélité et bonheur de la présence de Dieu]
2.3.2 - [Dieu agit et délivre Ses serviteurs, malgré le roi et devant
lui]
2.4 - [Principes de la conduite du résidu fidèle]
2.4.1 - [Fidélité et obéissance, en ne reconnaissant que Dieu seul]
2.4.2 - [Trois principes caractérisant le résidu, et faisant reconnaître
Dieu par eux]
3 - Chapitre 4
3.1 - [Relations propres du pouvoir gentil avec Dieu, reconnu comme
dominateur]
3.2 - [Orgueil de l’homme ne regardant pas vers Dieu, jugé et abaissé]
3.3 - [Gloire rendue au Dieu Très-Haut, dominant sur toute la terre]
3.4 - [Détails particuliers de la scène du chapitre 4]
3.4.1 - [Haute position de l’homme ayant reçu la puissance, et Dieu
veillant sur tout]
3.4.2 - [Les anges comme instruments exécuteurs et
administrateurs du jugement de Dieu]
3.4.3 - [Responsabilité de Nebucadnetsar soulignée par Daniel]
3.4.4 - [Dieu vu comme roi des cieux, non pas de la terre, ce qui est
lié à Jérusalem]
3.4.5 - [Détails dans les communications directes à Daniel, mais les
principes sont déjà là]
4 - Chapitre 5
5 - Chapitre 6
5.1 - [L’homme veut un dieu pour ses convoitises, non pour sa
conscience, et rejette le vrai Dieu]
5.2 - [L’orgueil de l’homme veut exclure tout dieu, pour s’élever lui-
même]
5.3 - [Le roi est lié à la volonté de l’homme, mais reconnaît et respecte
Dieu]
5.4 - [Idolâtrie, impiété et orgueil, caractéristiques et causes du
jugement des empires gentils]
6 - Chapitre 7
6.1 - [Communications directes à Daniel, avec des détails historiques]
6.2 - [ch. 7 v. 2-6 — Les quatre bêtes des empires gentils, et caractère
des trois premières]
6.2.1 - [Histoire des quatre puissances gentiles surgissant de la mer]
6.2.2 - [ch. 7 v. 4 — Babylone, empire puissant et fort établi de
Dieu, puis abaissé]
6.2.3 - [ch. 7 v. 5 — L’empire Médo-Perse, lourd et féroce pour
s’approprier les empires]
6.2.4 - [ch. 7 v. 6 — L’empire d’Alexandre, léger, actif et rapide]
6.2.5 - [Vision particulière pour la quatrième bête]
6.2.6 - [Plan du chapitre]
6.3 - [ch. 7 v. 7-12 — Caractère détaillé de la quatrième bête]
6.3.1 - [ch. 7 v. 7-8 — Force puissante mais partagée, et élévation
d’une intelligence mauvaise]
6.3.2 - [ch. 7 v. 9-12 — Jugement et destruction de la quatrième
bête]
6.4 - [ch. 7 v. 13-14 — Domination de la terre confiée à l’homme Christ
Jésus]
6.5 - [ch. 7 v. 15-28 — Interprétation, générale puis détaillée, de la
vision]
6.5.1 - [Ajout de ce qui concerne les saints, par rapport à la vision]
6.5.2 - [ch. 7 v. 21-22 — Persécution des saints par la petite corne,
avant que jugement et royaume leur soient donnés]
6.5.3 - [ch. 7 v. 22 — La venue de l’Ancien des jours change tout
pour le monde et les saints]
6.5.4 - [ch. 7 v. 23-26 — Détails historiques de la petite corne]
6.5.4.1 - [ch. 7 v. 23-25 — Caractère extérieur général et
apparition de la petite corne s’élevant contre Dieu]
6.5.4.2 - [Prophétie pour la terre et les Juifs, sans rien à voir avec
l’Église]
6.5.4.3 - [ch. 7 v. 25-26 — Domination suprême de la petite
corne et jugement qui la détruit]
6.5.5 - [ch. 7 v. 27 — Domination confiée aux saints, de telle
manière que Dieu règne]
6.5.5.1 - [Dieu règne en rapport avec les saints qui Le
reconnaissent et dépendent de Lui ici-bas]
6.5.5.2 - [Différence entre le gouvernement ici et les chrétiens
assis dans les hauts lieux]
6.6 - [Résumé de la prophétie du chapitre 7]
6.6.1 - [Caractères particuliers de la quatrième bête, avec abolition
temporaire du système juif]
6.6.2 - [Le gouvernement de la terre échoit aux saints des hauts
lieux]
6.6.2.1 - [Non-rétablissement du trône à Jérusalem, mais
caractère céleste des saints]
6.6.2.2 - [Le peuple terrestre domine sur la terre, mais sous la
dépendance de ceux d’en haut]
6.6.2.3 - [Voies du Dieu du ciel dans le gouvernement terrestre,
en lien avec Christ Fils de l’homme]
6.6.3 - [Tableau du gouvernement de l’homme et différentes
classes de fidèles]
7 - Chapitre 8
7.1 - [Événements des empires perse et grec, et puissance issue de ce
dernier]
7.2 - [Interprétation liée aux derniers jours, lors de l’indignation contre
Israël]
7.3 - [Caractères de la petite corne]
7.3.1 - [Extension territoriale et élévation de la petite corne]
7.3.2 - [Système juif rétabli dans sa position devant Dieu, mais
châtié car leur état n’y correspond pas]
7.3.3 - [Signalement de la transgression, venue à son comble]
7.3.4 - [Châtiment des Juifs en relation avec l’Éternel par la petite
corne]
7.4 - [Vision et interprétation liées à la petite corne s’élevant en
rapport avec les Juifs]
7.4.1 - [ch. 8 v. 13-14 — Durée de la vision liée à la transgression et
à la désolation]
7.4.2 - [ch. 8 v. 23-25 — Élévation d’un roi puissant et rusé,
détruisant les Juifs]
7.4.3 - [Petite corne opprimant et désolant en orient, distincte de
celle du chap. 7]
8 - Chapitre 9
8.1 - [Vision sur Israël et Jérusalem en réponse à la confession et la
supplication de Daniel]
8.2 - [ch. 9 v. 24-27 — Les soixante et dix semaines]
8.2.1 - [ch. 9 v. 25-26 — Division en trois, et les soixante-neuf
premières semaines]
8.2.2 - [ch. 9 v. 27 — La dernière semaine, divisée en deux demies]
8.2.3 - [Relations de Dieu avec Son peuple par rapport à la foi d’un
résidu]
8.2.4 - [Interruption des relations entre Dieu et le peuple par le
rejet de Christ]
8.2.5 - [Alliance et idolâtrie du peuple la dernière semaine, et
jugement soudain]
8.3 - [Annonces de la prophétie pour les Juifs, comme réponse à
Daniel]
9 - Chapitres 10-11
9.1 - [Prophétie des chap. 10-12, clôturant l’histoire des gentils et du
résidu]
9.2 - [ch. 10 v. 1 à 11 v. 35 — Vision adressée à Daniel et histoire liée
aux Juifs]
9.2.1 - [ch. 10 v. 1 à 11 v. 28 — Vision répondant à l’état de Daniel,
montrant l’histoire des rois du nord et du midi]
9.2.2 - [ch. 11 v. 29-32 — Attaques du roi du nord contre les Juifs et
le temple, allié aux apostats]
9.2.3 - [ch. 11 v. 33-35 — État des Juifs, opprimés et relevés,
jusqu’aux derniers jours]
9.2.4 - [Contraste entre la masse des plusieurs et les sages,
enseignés de Dieu]
9.3 - [ch. 11 v. 36-45 — Les événements de la fin en Israël : le roi et les
ennemis]
9.3.1 - [ch. 11 v. 36-39 — Introduction du roi impie et idolâtre,
dominant sur Israël]
9.3.2 - [ch. 11 v. 40-45 — Attaque et destruction finale du roi du
nord]
10 - Chapitre 12
10.1 - [Histoire du peuple d’Israël aux temps de la fin et de la
tribulation]
10.1.1 - [ch. 12 v. 1-4 — Temps de détresse et délivrance du peuple
juif, au-delà même du pays]
10.1.2 - [ch. 12 v. 5-10 — Fin déterminée de la tribulation, mais
oracle encore scellé]
10.1.3 - [ch. 12 v. 11-13 — Intervalles de temps jusqu’à la
bénédiction finale]
10.1.4 - [Daniel présente le temps des gentils jusqu’à la délivrance
d’Israël, mais pas au-delà]
10.2 - [Points saillants de la prophétie de Daniel]
10.2.1 - [Explication du livre de Daniel, et non système de
prophéties]
10.2.2 - [Les différentes puissances présentées dans les chap. 7-11]
10.2.3 - [Le roi en Judée de 11:36-39]
0 - [Introduction]
0.1 - [Changement du système sur la terre, selon le gouvernement
divin]
0.1.1 - [Gouvernement de Dieu sur Israël centre du système des
nations, dans Ézéchiel]
Nous avons vu dans le livre d’Ézéchiel le gouvernement de Dieu sur la
terre pleinement développé en rapport avec Israël, soit en jugement (le
péché qui a amené ce jugement étant clairement et puissamment
démontré), soit dans le rétablissement de ce peuple sous l’autorité de
Christ, le Germe, qui germerait de la maison de David et qui même, dans
le livre de ce prophète, porte le nom de ce roi, comme vrai bien-aimé de
Dieu ; et à la fin, la description du temple avec toute son organisation.
Dans ce développement, nous avons trouvé Nebucadnetsar, chef des
gentils, introduit comme serviteur de l’Éternel, chapitres 29:20, 30:24,
pour le jugement d’Israël devenu méchant, rebelle et même apostat,
adorant de faux dieux. Mais Israël avait été le centre divin d’un système de
nations, de langues et de peuples qui avaient surgi à la suite du jugement
de Babel, et qui subsistaient devant Dieu, indépendamment les uns des
autres, centre bien distinct, sans doute, de tout ce qui l’entourait, comme
peuple connaissant le vrai Dieu et connu de Lui, possédant son temple et
son trône ; mais qui, comme nation, quelque contraste qu’il y eût
d’ailleurs entre son état et celui des autres, était membre du système de
nations qui se trouvaient devant Dieu sur la terre (Deut. 32:8).
0.1.2 - [Remplacement de ce système par la domination des
Gentils, en Nebucadnetsar]
En exécutant le jugement sur Israël, Nebucadnetsar a mis de côté en
même temps tout ce système, qui a été remplacé par la domination
absolue et universelle que Dieu lui a conférée. C’est de ce nouvel ordre de
choses et de ses conséquences, de cette domination du chef des gentils et
des rois gentils sous les phases successives qui l’ont caractérisé, que traite
le livre de Daniel, en mettant en avant un résidu d’Israël au sein de ce
système, et assujetti à cette domination. Le roi de Juda ayant été livré
entre les mains du chef des gentils, la semence royale elle-même se
trouve placée dans cette même position. Le résidu devient l’objet spécial
des pensées de Dieu, révélées par son Esprit dans ce livre.
0.1.3 - [Caractères du résidu fidèle dans ces temps : esprit de
prophétie et d’intelligence, et portion de Dieu pour lui]
Outre le témoignage rendu à l’Éternel par le fait de la fidélité du résidu
au milieu des gentils idolâtres, deux choses importantes caractérisent son
histoire, ainsi qu’elle est développée dans ce livre. L’esprit de prophétie et
d’intelligence des voies de Dieu s’y trouve. C’est ce que nous avons vu
surgir dans Samuel, lorsque tout Israël avait manqué, et traverser toute
l’histoire de ce peuple sous l’ombre de la royauté. Maintenant, il redevient
le lien du peuple avec Dieu, et le seul appui de sa foi dans la ruine qui l’a
atteint par le juste jugement de Dieu. La seconde circonstance qui
caractérise les voies de Dieu à l’égard de ce résidu, c’est que celui-ci, gardé
par ses soins à travers tout le mal où le péché du peuple l’a jeté, participe
assurément à la portion que Dieu donne aux siens selon son
gouvernement et selon la fidélité de ses promesses. C’est ce qui se voit
dans le premier et dans le dernier chapitre du livre que nous étudions.
0.2 - [Plan du livre]
0.2.1 - [Deux parties, avec la position du résidu au début et à la
fin]
Ce livre se divise en deux parties assez faciles à distinguer : la première
se termine avec le chapitre 6 ; l’autre avec le livre même ; le premier et le
dernier chapitre ayant cependant un caractère à part comme introduction
et conclusion, faisant respectivement connaître la position du résidu
auquel le témoignage de Dieu a été confié au commencement et à la fin,
ainsi que nous l’avons dit.
0.2.2 - [ch. 1-6 — Histoire de la domination des gentils, selon
Dieu, et son jugement]
Les deux grandes divisions ont un caractère aussi assez distinct. La
première nous présente le tableau de la domination des gentils elle-
même, et les positions qu’elle devait prendre vis-à-vis de Dieu, selon
l’orgueil humain qui en serait le ressort. Ce tableau est composé de traits
historiques qui indiquent assez clairement l’esprit dont la puissance
dominante serait animée dans ses diverses phases, puis le jugement de
Dieu. Cette partie ne se compose pas des révélations directes faites à
Daniel, sauf ce qui le met en état de rappeler à Nebucadnetsar son songe.
Ce sont les chefs des gentils qui sont en scène ; c’est l’histoire générale et
extérieure des monarchies qui devaient se succéder, les traits divers et
successifs qui les caractériseraient, ainsi que leur jugement final, et en
particulier le cours et le jugement de celle que Dieu avait lui-même
établie, et qui les représente toutes, en tant qu’elles sont revêtues de ce
caractère d’établissement divin. Les autres n’ont fait qu’hériter
providentiellement du trône confié par Dieu à la première. C’est une
question entre Dieu et Israël qui a donné lieu à la suprématie établie
parmi les gentils. Sa destruction a été amenée par l’esprit d’idolâtrie
présomptueuse et de blasphème contre le Dieu d’Israël. Le chapitre 6 ne
nous présente pas l’iniquité du roi, sinon comme subissant l’influence
d’autrui. Ce sont les chefs du peuple qui veulent qu’on ne reconnaisse
personne pour Dieu sinon le roi [(6:7)] , et qui subissent le jugement qu’ils
ont voulu faire tomber sur celui qui était fidèle au Seigneur [(6:24)].
0.2.3 - [ch. 7-12 — Communications à Daniel sur le caractère des
puissances gentiles]
La seconde partie du livre consiste dans des communications faites par
Dieu à Daniel, et nous présente le caractère que revêtiraient les chefs des
gentils en rapport avec la terre, leur conduite envers ceux qui
reconnaîtraient Dieu, et enfin, l’établissement du royaume divin, dans la
personne du Fils de l’homme, royaume duquel les saints jouiraient ; des
détails sur les voies de Dieu avec son peuple à la fin étant donnés dans le
dernier chapitre. On peut aussi remarquer que le chapitre 7 donne
l’histoire essentiellement de la puissance occidentale ; le chapitre 8, celle
de la puissance orientale, — les deux cornes. Le chapitre 9, tout en
concernant spécialement le centre moral de ces questions, Jérusalem et le
peuple, se rapporte par là même à la puissance occidentale qui les a
envahis. Au chapitre 10, et jusqu’à la fin du chapitre 11, nous sommes de
nouveau dans l’Orient, finissant ainsi par le jugement des nations qui s’y
trouvent, et le rétablissement en bénédiction du résidu d’Israël.
Examinons maintenant la suite des chapitres.
1 - Chapitres 1-2
1.1 - [La fidélité à rester pur est le secret de l’intelligence de la
pensée de Dieu]
[1:2] Le chapitre premier nous présente la royauté de Juda, autrefois
établie de Dieu sur son peuple dans la personne de David, succombant
sous la puissance de Nebucadnetsar ; et le roi, l’oint de l’Éternel, livré par
l’Éternel entre les mains du chef des nations, auxquelles Dieu maintenant
remettait la domination. [1:3-4] Les enfants de la semence royale
subissent le sort annoncé par És. 39:7 ; mais Dieu agit en leur faveur, [1:9]
et spécialement à l’égard de Daniel, dans le cœur de ceux qui les gardent,
et veille sur eux par sa providence. Ces deux traits du fidèle résidu en
captivité, ressortent du récit du chapitre ; [1:8] fidèles à la volonté de
Dieu, quoique loin de son temple, ils ne se souillent pas au milieu des
gentils, [1:17] et, exaucés de Dieu, l’intelligence leur est donnée de sa
part ; et cela, ainsi que le chapitre 2 le montre à l’égard de Daniel, [2:28]
jusqu’à la connaissance de ce que Dieu seul peut révéler, et de son
intention dans cette révélation. [1:19-20] Eux seuls possèdent cette
intelligence, marque de la faveur divine et fruit, par grâce, de leur fidélité.
Ceci est en particulier le cas de Daniel, dont la fidélité ardente et la foi
tracent le chemin de la foi aux autres. Ils n’en sont pas moins soumis aux
nations, dont le pouvoir est établi de Dieu pour le moment. Mais c’est ici
un élément de la plus grande importance : la vraie connaissance de
l’intelligence de la pensée divine, ce qui est appelé le secret de l’Éternel
[(Ps. 25:14)], dans les jours de la corruption et de la puissance
babylonienne, se trouve dans la fidélité à se conserver pur du moindre
contact avec ce que donne Babylone, avec la viande dont elle voudrait
nous nourrir.
1.2 - [Nebucadnetsar dépositaire de tout le plan de Dieu, et Daniel
reconnu objet de la faveur divine]
D’un autre côté, au chapitre 2, [2:29] nous trouvons le roi puissant des
gentils, dépositaire de la révélation du sort des gentils, de tout le plan de
Dieu, comme vase des communications divines, [2:47] mais de manière à
montrer Daniel, le captif enfant d’Israël, le fidèle qui se tenait séparé au
milieu de Babylone, comme étant celui que l’Éternel reconnaissait et sur
lequel il faisait reposer sa faveur.
1.3 - [Tableau général de la puissance des gentils]
Mais les détails de ce chapitre, comme tableau général de la puissance
des gentils qui commence avec la domination donnée à Nebucadnetsar,
doivent occuper davantage notre attention.
1.3.1 - [Succession des empires formant un tout, établi de Dieu
comme puissances]
[2:31] Premièrement, on peut remarquer que les monarchies des
gentils qui se sont succédé les unes aux autres, font un tout. Ce n’est pas
la succession historique, ni les traits moraux à l’égard de Dieu et des
hommes qui nous sont présentés, mais l’ensemble des monarchies
envisagé comme un personnage devant Dieu, l’homme de la terre, dans sa
splendeur publique, glorieux et terrible aux yeux des hommes. [2:39-40]
Quatre puissances impériales devaient se succéder, [2:37] desquelles
Nebucadnetsar lui-même était le grand chef de la part de Dieu. [2:32] Il y
aurait, y apprenons-nous, sous certains rapports, une dégénérescence
progressive, [2:44] et enfin le Dieu du ciel susciterait une autre puissance
qui exécuterait le jugement sur ce qui subsisterait encore, ferait
disparaître la statue de dessus la terre, et la remplacerait par un royaume
qui ne serait jamais renversé. Dans la détérioration successive, en principe
et en caractère, de la puissance impériale, la force matérielle de celle-ci ne
diminuerait pas. [2:40] Le fer qui briserait et écraserait tout, caractérise la
quatrième puissance. [2:37-38] La tête d’or me semble avoir sa force en ce
que Dieu Lui-même lui a formellement donné l’autorité ; son autorité
absolue était en effet fondée sur le don du Dieu du ciel. Les autres ont
succédé par des principes providentiels ; mais Dieu, tel qu’il a été connu
comme souverain conférant l’autorité au chef, en faisant remplacer la
sienne sur la terre par celle du chef des gentils, n’a pas été la
source directe de l’autorité des autres. Babylone était l’autorité établie de
Dieu. C’est pourquoi nous avons vu, en lisant Ézéchiel (et la même chose
se trouve ailleurs), que le jugement de Babylone se lie avec la restauration
d’Israël et du trône de Dieu.
1.3.2 - [Le Dieu des cieux établit l’homme dominant sur la terre,
comme Adam]
[2:37] Toutefois remarquez que Dieu ne se présente pas ici comme le
Dieu de la terre, mais des cieux. En Israël il était Dieu de la terre ; il le sera
de nouveau au rétablissement de toutes choses. Ici, il agit souverainement
comme Dieu des cieux, en établissant l’homme dans un certain sens à sa
place sur la terre (voyez les versets 37 et 38). C’est une domination qui,
bien que plus limitée, porte quelques traits de celle d’Adam [(Gen. 1:26)],
différant de celle-ci en ce que les hommes lui sont assujettis ; elle est plus
limitée, car la mer n’est pas renfermée dans les limites de sa
souveraineté ; mais elle s’étend partout où les bêtes et les oiseaux
peuvent se trouver. La force humaine se trouve à la fin de son histoire,
mais la puissance subsistante est beaucoup plus éloignée des relations de
Dieu avec le monde.
1.3.3 - [Caractère mélangé du quatrième empire, et
établissement par Dieu du cinquième]
Le mélange de fer et d’argile (v. 33) est une altération qui s’accomplit
dans le caractère primitif de la puissance impériale de Rome, un autre
élément y étant introduit. Ce caractère reste en partie, mais un autre
élément est ajouté ; l’énergique volonté de l’homme ne se trouve pas une
et absolue ; c’est l’introduction dans la puissance impériale romaine d’un
élément distinct de ce qui constituait sa force impériale, c’est-à-dire la
volonté de l’homme sans conscience, la puissance militaire et populaire
concentrée dans une seule personne, et cela, sans qu’elle soit bridée par
la conscience. Il y a deux causes de cette faiblesse : la division et
l’incohérence des éléments ; verset 41, le royaume sera divisé ; verset 42,
il sera en partie fort, en partie frêle. La semence humaine est, je le pense,
quelque chose en dehors de ce qui caractérise la force propre de l’empire,
mais ces deux éléments ne formeront jamais un tout. Il me semble que
l’élément barbare ou teutonique est probablement désigné ici, parce qu’il
a été ajouté à ce qui constituait primitivement l’empire romain. Le fait
d’une subdivision nous est indiqué d’une manière générale, verset 43.
[2:44] Ensuite, il est annoncé que, dans le temps de ces derniers rois, Celui
qui gouverne d’en haut établirait un royaume que rien n’ébranlerait, et
qui ne passerait jamais en d’autres mains. C’est ici le seul royaume qui
remplace, à proprement parler, de la part de Dieu, le royaume de
Babylone. [2:37-38] Le Dieu des cieux avait établi Nebucadnetsar dans son
royaume et lui avait donné puissance, force et gloire, lui assujettissant
tous les hommes. Sans doute, les trois autres ont suivi, d’après la volonté
de Celui qui dispose de tout ; mais ce n’est que dans le cas du royaume du
verset 44, qu’il est de nouveau dit que le Dieu des cieux établirait un
royaume. Le caractère du quatrième et quelques traits principaux de son
histoire nous sont présentés. Il n’est question de l’existence des deux
autres que pour montrer que le second est inférieur au premier ; de sorte
que l’esprit de Dieu nous donne l’établissement divin du premier, le
caractère du quatrième, et l’établissement divin du cinquième et dernier.
1.3.4 - [Établissement du dernier royaume, détruisant d’abord la
statue]
Nous avons maintenant à faire remarquer comment ce dernier
royaume est établi. Cet établissement est effectué par le moyen d’un acte
judiciaire et destructeur, qui réduit en poudre toute la statue, et en opère
la dissolution complète et totale, n’en laissant pas trace (v. 34 et 35).
[2:34] L’instrument qui l’accomplit n’est pas formé par la sagesse ou par
les arrangements humains. Il est coupé sans main. Il n’agit pas par une
influence morale qui change le caractère de l’objet sur lequel il agit ; il
détruit cet objet par la force ; c’est Dieu qui l’établit et qui lui prête cette
force. [2:35] La pierre ne grandit pas graduellement pour déplacer la
statue ; elle la détruit avant de grandir. Lorsqu’elle a grandi, ce n’est pas
seulement un droit donné de Dieu sur les hommes ; siège éminent d’une
autorité universelle, elle remplit toute la terre. [2:34] C’est sur la dernière
forme de puissance présentée dans la statue, que tombe le coup
destructeur de la petite pierre, lorsque l’empire est divisé, en partie fort et
en partie faible, à cause des éléments dont ses membres sont composés.
On peut remarquer aussi, que ce n’est pas Dieu qui détruit la statue pour
établir le royaume, c’est le royaume qu’il établit qui frappe les pieds de la
statue ; c’est son premier acte. Voilà l’histoire générale et extérieure de ce
qui a remplacé de la part de Dieu son trône et son gouvernement à
Jérusalem, qui a graduellement dégénéré dans son caractère public à
l’égard de Dieu, et qui trouve enfin son terme dans le jugement exécuté
par le royaume établi de Dieu sans préparation humaine, par le royaume
de Christ qui, tombant sur la dernière forme de la monarchie autrefois
établie de Dieu, détruit toute trace de son existence ; et lui-même remplit
le monde.
1.3.5 - [Les quatre grands empires de la prophétie]
Je n’ai rien à dire de particulier sur les quatre monarchies : Babylone, la
Perse et la Grèce sont nommées dans le livre comme étant déjà connues
des Juifs, et les Romains sont aussi introduits par le nom que portait leur
territoire, les côtes de Kittim [(11:30)], de sorte que j’accepte sans les
mettre en question les quatre grands empires ordinairement reconnus de
tous comme étant dépeints dans cette prophétie ; il ne me paraît pas que
ces prophéties laissent aucun doute sur ce point.
1.4 - [Nebucadnetsar reconnaît que Dieu est avec le résidu et lui
révèle Ses pensées]
[2:47] L’effet de la communication qui montre que Dieu est ainsi avec
le résidu, qui seul a l’intelligence de ses pensées, est que l’orgueilleux
gentil reconnaît le Dieu des Juifs comme suprême dans les cieux et sur la
terre. Le caractère du résidu, ici, c’est que Dieu lui révèle ses pensées.
1.5 - [Traits des empires montrant leur éloignement de Dieu]
À la suite de ce tableau général, les traits historiquement
caractéristiques de ces empires signalent l’état où ils tombent dans leur
éloignement de Dieu, et premièrement et principalement Babylone.
2 - Chapitre 3
2.1 - [ch. 3 v. 1-7 — L’homme se fait un dieu en rapport avec le
pouvoir suprême]
Au chapitre 3, nous est présenté le premier trait caractéristique de
l’homme investi du pouvoir impérial, mais dont le cœur est éloigné de
Dieu, et qui l’est d’autant plus qu’il possède le pouvoir même. Il veut avoir
un Dieu à lui, un Dieu qui dépende de la volonté de l’homme, et dans ce
cas, de la volonté du dépositaire du pouvoir impérial. C’est de la sagesse
selon l’homme. [3:3] Les besoins religieux ont leur aliment en rapport avec
le pouvoir suprême, et les influences religieuses s’exercent en liant tous
les membres de l’empire dans une fusion générale autour du chef par le
lien le plus fort, sans que l’autorité paraisse ; car le besoin religieux de
l’homme se lie ainsi à sa volonté, et sa volonté, sans le savoir, au centre
que le pouvoir lui a formé. Autrement, la religion, le plus puissant motif du
cœur, devient un dissolvant dans l’empire. Mais la volonté de l’homme ne
peut pas faire un vrai Dieu. Nebucadnetsar, par conséquent, abandonne le
vrai Dieu, quoiqu’il eût même reconnu qu’il n’y en avait point de pareil à
celui des Juifs [(2:47)], et en fait un pour lui-même. Le gouvernement des
gentils rejette le Dieu qui lui avait donné sa puissance ; et le vrai Dieu n’est
reconnu que par un résidu fidèle et souffrant [(dans l’original : et à l'égard
du vrai Dieu, il s’agit d’un résidu fidèle et souffrant)] ; l’empire est
idolâtre : voilà le premier grand trait qui caractérise la domination de
Babylone.
2.2 - [ch. 3 v. 8-18 — La fidélité au vrai Dieu contrarie la volonté du
roi]
Mais la fidélité qui contrarie ce sage système lequel lie à la volonté du
chef le plus puissant mobile de tous les peuples, et fait que ceux-ci
entourent le chef en adorant ce qu’il leur présente [(3:7)], est
insupportable à cette volonté. Une telle fidélité touche au premier ressort
de tout le mouvement. L’idole n’est pas Dieu du tout, et l’homme,
quelque puissant qu’il soit, ne peut pas en créer. [3:18] L’homme qui a la
foi, soumis au roi, ainsi que nous l’avons vu dans les chapitres précédents,
puisqu’il est établi de Dieu, ne l’est pas au faux dieu que le roi établit en
reniant Celui qui lui a donné son autorité, et que le fidèle reconnaît
encore. [3:15] Mais le roi dispose de la force, et veut faire valoir sa
volonté.
2.3 - [ch. 3 v. 19-30 — Conséquences de la fidélité des trois
hébreux, et de Dieu]
2.3.1 - [Épreuve de la fidélité et bonheur de la présence de Dieu]
[3:21] Shadrac, Méshac et Abed-Nego sont jetés dans la fournaise
ardente. [3:25] Mais c’est dans les souffrances de son peuple, que Dieu à
la fin paraît comme Dieu. Il permet que leur fidélité soit éprouvée là où le
mal subsiste, afin qu’ils soient avec Lui dans la jouissance du bonheur, là
où son caractère et sa puissance sont pleinement manifestés, soit sur
cette terre, soit d’une manière encore plus excellente, dans le ciel.
2.3.2 - [Dieu agit et délivre Ses serviteurs, malgré le roi et
devant lui]
On peut remarquer que la foi et l’obéissance sont aussi absolues que la
volonté du roi. [3:16] Rien de plus beau, de plus calme, que la réponse des
trois fidèles. [3:17] Dieu peut délivrer et délivrera ; [3:18] mais, quoi qu’il
en soit, ils ne l’abandonneront pas. [3:15] La rage du roi jette le défi à
Dieu. Qui est le Dieu qui délivrera le fidèle de sa main ? [3:19] Dieu lui
permet de faire tout ce qu’il peut. [3:22] Sa rage aveugle a pour effet de
détruire les instruments de sa vengeance par l’ardeur du feu préparé pour
les fidèles Hébreux. [3:21] Ceux-ci y sont jetés et extérieurement la
volonté du roi s’accomplit ; mais ce n’est que pour faire briller la puissance
et la fidélité de Dieu, qui intervient au milieu du feu, pour témoigner
l’intérêt qu’il porte à la fidélité de ses serviteurs. [3:25] L’effet du feu pour
eux est que leurs liens sont brûlés et qu’ils trouvent la présence de Celui
qui a la forme de Fils de Dieu, à la vue même du monarque qui reniait sa
toute-puissance. [3:29] La conséquence, d’un côté, est la défense au
monde entier de parler contre le Dieu des Juifs, [3:30] de l’autre, la gloire
du résidu de ce peuple captif et faible.
2.4 - [Principes de la conduite du résidu fidèle]
2.4.1 - [Fidélité et obéissance, en ne reconnaissant que Dieu
seul]
Remarquez ici que c’est par la fidélité et l’obéissance que le résidu est
caractérisé. Cette fidélité se manifeste en ce qu’il ne veut que son Dieu à
lui ; point de concessions : ç’aurait été le nier ; car, pour reconnaître le vrai
Dieu, il ne faut reconnaître que Lui seul. La vérité n’est que sa pleine
révélation, et ne peut reconnaître qu’elle-même ; la mettre au niveau du
mensonge, serait dire qu’elle n’est pas la vérité.
2.4.2 - [Trois principes caractérisant le résidu, et faisant
reconnaître Dieu par eux]
Ces trois principes nous ont été signalés à l’égard du résidu :
1° Il ne se souille pas en participant à ce que le monde donne, à la
viande du roi [(1:8)].
2° Il a l’intelligence des pensées et des révélations de Dieu [(2:21-23)].
3° Il est fidèle, en refusant absolument de reconnaître tout autre dieu
que le sien, qui est le vrai [(3:18)]. Le premier est commun à tous ; le
second est l’esprit de prophétie dont Daniel est ici le vase ; le troisième est
la part de chaque croyant, même alors qu’il n’a pas l’esprit de prophétie.
Plus on est près de la puissance du monde, plus on est en danger de
souffrir, si l’on est fidèle. On remarquera que tout ceci se lie à la position
et aux privilèges des Juifs. Remarquez aussi que Dieu est reconnu, par la
volonté et le pouvoir des gentils, de deux manières et par des moyens
différents, les deux étant des privilèges accordés au résidu. [2:47] Le
premier de ces privilèges consiste dans la possession de l’intelligence de
l’Éternel, la révélation de ses pensées et de ses conseils. C’est ce qui porte
le gentil à reconnaître le Dieu de Daniel comme le Dieu des dieux et le
Seigneur des rois : telle est sa position en rapport avec tout ce qui était
exalté au-dessus de la terre. Il était suprême dans les cieux et sur la terre.
[3:28-29] Le second de ces privilèges, c’est que Dieu s’intéresse au pauvre
résidu de son peuple, ayant la puissance de le délivrer de la tribulation
dans laquelle la puissance rebelle et idolâtre (et par conséquent apostate),
l’a jeté. Le résultat, ici, est qu’il est reconnu, et que ses fidèles sont
délivrés et exaltés. Le premier point est plus général et s’étend aux gentils,
qui sont reconnus de Dieu ; le second a pour effet la délivrance de ce
résidu juif.
3 - Chapitre 4
3.1 - [Relations propres du pouvoir gentil avec Dieu, reconnu
comme dominateur]
[3:7] L’établissement de l’unité idolâtre en fait de religion [4:30] et
l’orgueil du pouvoir humain sont ce qui caractérise ici Babylone. [4:25]
Cette folie qui ne connaît pas Dieu, remplit tout le cours du temps
assigné à ce pouvoir, « sept temps ». [4:34] À la fin le gentil reconnaît,
pour lui-même, le Très-Haut, et le loue et le bénit. Ce chapitre, donc,
expose les propres relations du pouvoir gentil avec Dieu, non seulement
ses rapports avec le Dieu et le peuple des Juifs. [4:32] C’est pourquoi
Dieu est appelé au chapitre 4, le Très-Haut qui domine sur le royaume
des hommes ; [3:17] au chapitre 3, c’était pour le cœur du résidu fidèle,
« notre Dieu », [3:28] et pour le monde qui avait vu la délivrance, le Dieu
de Shadrac, Méshac et Abed-Nego.
3.2 - [Orgueil de l’homme ne regardant pas vers Dieu, jugé et
abaissé]
Au chapitre 4, nous trouvons l’orgueil humain manifesté, [4:30] en ce
que le roi se glorifie dans l’œuvre de ses mains, comme créateur de sa
propre gloire. [4:31] Cet orgueil amène le jugement. [4:32] Le dépositaire
du pouvoir est réduit à l’état des bêtes qui ne connaissent pas Dieu et
manquent d’intelligence humaine. Le seul vrai privilège de l’homme, ce
qui l’élève, c’est qu’il peut regarder en haut vers Dieu et le reconnaître.
Autrement, il regarde en bas, il est dégradé, car il ne peut se suffire seul
à lui-même. La dépendance est sa gloire, car elle le place devant Dieu, lui
donne le moyen de le connaître ; son intelligence est associée avec Dieu,
et tire sa mesure et ses connaissances de Lui. L’orgueil et l’indépendance
séparent l’homme de Dieu. Il devient bête, privé d’intelligence réelle. Or
cet état dépeint celui des monarchies dont parle le prophète, envisagées
comme un ensemble devant Dieu, et représentées par le chef établi de
Dieu, par Nebucadnetsar. [4:25] Sept temps ou années passent sur la
tête de Nebucadnetsar privé de sa raison. Il s’est élevé, et il a été
abaissé. Les temps des gentils se caractérisent par l’absence de toute
intelligence qui mette la puissance gouvernementale en rapport avec
Dieu. Faire des idoles, bâtir Babylone et ne pas connaître Dieu, voilà ce
qui caractérise moralement la puissance que Dieu avait établie à la place
de son trône à Jérusalem. Voilà la capacité morale de l’homme, en
possession de cette puissance qui lui a été confiée (*).
(*) La puissance dans l’obéissance avait caractérisé le trône de David,
car le roi devait faire une copie de la loi [(Deut. 17:18)] et observer la loi ;
le trône de Nebucadnetsar était un trône de pouvoir absolu, l’homme
suprême dans l’exercice de sa propre volonté : ce sont les deux moyens
par lesquels l’homme est mis à l’épreuve dans une position d’autorité.
3.3 - [Gloire rendue au Dieu Très-Haut, dominant sur toute la
terre]
[4:34] Mais la scène se termine avec le témoignage rendu à la gloire
du Dieu Très-Haut, [4:37] du roi des cieux. Le roi reconnaît sa majesté et
le bénit, maintenant que son jugement est ôté de dessus lui. [4:34] Il le
reconnaît comme Celui qui vit éternellement, [4:37] qui abaisse et élève
qui il veut, [4:35] faisant ce qu’il veut dans les cieux et sur la terre ; tous
les hommes étant la vanité devant sa majesté et sa puissance. Ici, l’effet
est produit, non par la délivrance des fidèles, mais par le jugement
tombé sur les gentils eux-mêmes, qui sont cependant délivrés à la suite
du jugement, et rendus intelligents à l’égard de l’Éternel ; et cela, en
rapport avec le témoignage confié au peuple juif par l’esprit prophétique
qui se trouvait de la part de Dieu dans le résidu de ce peuple. [4:34] Le
roi lève ses yeux vers les cieux, au lieu d’être la bête tournée vers la
terre, il devient intelligent, soumis et heureux de bénir le Dieu Très-Haut.
On peut remarquer ce nom de « Très-Haut ». C’est le nom donné à
l’Éternel dans l’entrevue entre Melchisédec et Abraham, Melchisédec
ajoutant : « Possesseur des cieux et de la terre » [(Gen. 14:19)]. Dieu
prendra, en effet, ce caractère, lorsqu’il réunira en un toutes choses en
Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la
terre [(Éph. 1:10)], et que Christ sera le vrai Melchisédec. Les gentils
seront soumis pleinement à Dieu. Ce sera le rétablissement de toutes
choses, dont les prophètes ont parlé.
3.4 - [Détails particuliers de la scène du chapitre 4]
3.4.1 - [Haute position de l’homme ayant reçu la puissance, et
Dieu veillant sur tout]
Quelques remarques de détail restent encore à faire. C’est le
jugement, puis la délivrance qui produit cet effet. [4:20-22] On peut
remarquer la force du symbole d’un grand arbre : c’est un puissant de la
terre, capable de prendre les autres sous sa protection. [4:11] Dans ce
cas-ci, c’en est un qui est dans la plus haute position possible pour
l’homme. [4:12] Les oiseaux du ciel s’y nichent, ce qui veut dire que
toutes sortes de personnes y cherchent l’abri et la protection. Nous
apprenons aussi que Dieu prend connaissance des principes qui guident
les gouvernements de la terre, envisagés comme dépositaires de cette
puissance qu’ils tiennent de Lui. [4:17] Ici, quoique ce ne soit pas,
comme en Israël, son trône sur la terre, Dieu veille sur tout et juge la
puissance à laquelle il a confié l’autorité. Il ne gouverne pas
immédiatement, mais il tient pour responsable celui à qui il a confié le
gouvernement, pour qu’il reconnaisse l’autorité de Dieu comme
suprême dans ce monde.
3.4.2 - [Les anges comme instruments exécuteurs et
administrateurs du jugement de Dieu]
[4:17, 23] À l’égard de l’emploi du mot « veillant », je ne crois pas que
l’intelligence à l’égard de celui qui a porté le décret du jugement, aille
plus loin que l’état religieux de Nebucadnetsar. Daniel l’attribue
directement au Très-Haut. Que les anges en soient les instruments
intelligents, et que l’administration leur soit confiée en quelque sorte,
c’est ce qui ne présente aucune difficulté, et ce de quoi l’épître aux
Hébreux [(1:14)] et d’autres passages font foi. Le monde à venir ne leur
sera pas ainsi assujetti [(Héb. 2:5)].
3.4.3 - [Responsabilité de Nebucadnetsar soulignée par Daniel]
On voit, verset 27, que Daniel rend Nebucadnetsar attentif à cette
responsabilité qui pèse sur lui et l’engage à changer de conduite.
3.4.4 - [Dieu vu comme roi des cieux, non pas de la terre, ce
qui est lié à Jérusalem]
[4:37] On peut encore remarquer ici que c’est le roi des cieux que
Nebucadnetsar reconnaît. C’était nécessairement sa place. Le Dieu de la
terre avait son trône à Jérusalem ; mais Nebucadnetsar n’avait rien à
faire là. Daniel ne présente jamais le trône à Jérusalem, ni moralement,
ni prophétiquement ; ses prophéties s’arrêtent toujours avant d’en venir
à ce point. Il est captif entre les mains des gentils, fidèle à Dieu dans
cette position, enseigné de Lui ; mais Dieu ne peut pas être pour lui le
Dieu de la terre (*). C’est le Dieu des cieux, suprême sur tout et partout,
qui dispose des cieux et de la terre, mais ne gouverne pas encore sur la
terre comme roi de la terre ; au contraire, il venait d’y renoncer et de
confier la puissance à Nebucadnetsar, tandis qu’il se retire de devant
l’iniquité de son peuple terrestre, pour se renfermer dans sa suprême et
immuable puissance, dont les effets seront manifestés plus tard, mais
d’après laquelle il gouverne déjà, quoique caché aux yeux des hommes.
(*) La semence de David ne sera pas captive à Babylone, quand Dieu
prendra sa place comme le Dieu de la terre.
3.4.5 - [Détails dans les communications directes à Daniel, mais
les principes sont déjà là]
Le lecteur peut s’attendre à plus de détails peut-être. Ces détails se
trouveront de préférence dans les communications faites directement à
Daniel ; mais s’il a bien saisi les principes que nous venons de constater
(et le grand but de ces chapitres est de les présenter), il aura les
éléments les plus importants pour l’intelligence de toutes les prophéties
de ce livre, et, sans ces principes, jamais il ne saura saisir clairement la
portée des révélations qui y sont contenues. Souvenons-nous que nous
sommes sur le terrain des Juifs captifs parmi les gentils, avec
l’intelligence des voies de Dieu à leur égard et le jugement qu’il porte sur
ce qu’ils ont été pendant que la puissance a été laissée entre leurs
mains.
4 - Chapitre 5
Au chapitre 5, l’iniquité du chef des gentils à l’égard du Dieu d’Israël
est montée à son comble, et prend le caractère d’insolence et de mépris,
qui n’est que l’effort que la faiblesse fait pour se cacher. [5:1] Au milieu
des orgies d’un grand festin de courtisans et de gens de cour, [5:2]
Belshatsar fait venir, pour s’en servir dans ce festin, les vaisseaux du
temple de Dieu, que Nebucadnetsar avait emportés de Jérusalem, [5:4] et
loue les dieux d’or et d’argent, de pierre et de bois. La folie du roi pose la
question entre les faux dieux et l’Éternel, le Dieu d’Israël. L’Éternel l’a
décidée cette nuit-là, par la destruction du roi et de toute sa gloire. [5:17]
Daniel interprète l’avertissement que Dieu a donné à Belshatsar ; mais,
quoique soumis au roi, il n’use pas des égards qu’il a eus pour
Nebucadnetsar. Belshatsar s’était posé en ennemi insolent de l’Éternel,
[5:23] et Daniel lui répond selon la révélation que Dieu donnait de son
jugement, et d’après la manifestation fastueuse que le roi faisait de son
iniquité, en glorifiant ses dieux et insultant l’Éternel. [5:26-28]
L’avertissement n’avait plus pour objet de corriger, il ne laissait plus lieu
pour la repentance. Il annonçait le jugement, et cette annonce suffisait
pour détruire toute l’insolence du roi impie, [5:22] car le roi avait négligé
les avertissements que l’histoire de Nebucadnetsar lui fournissait. Ce récit
nous présente le dernier caractère de l’iniquité de la puissance souveraine
des gentils contre le Dieu d’Israël, et le jugement qui en résulte pour la
monarchie dont Babylone a été le chef, et à laquelle elle a imprimé son
caractère. Car, quelle qu’ait été la patience de Dieu, ses voies à d’autres
égards envers la monarchie des gentils comme puissance à laquelle il
confiait l’autorité dans le monde, il n’est pas moins vrai que tout était déjà
perdu pour ces empires dans le temps même de Babylone.
5 - Chapitre 6
5.1 - [L’homme veut un dieu pour ses convoitises, non pour sa
conscience, et rejette le vrai Dieu]
Une autre forme d’iniquité se trouve en dehors de celle de Babylone
(ch. 6). Personnellement, Cyrus avait de meilleures pensées, et Dieu, qui
les lui a données, s’est servi de lui pour le rétablissement temporaire de
son peuple, afin que le Messie pût se présenter, dernière épreuve à
laquelle serait soumis ce peuple de sa dilection. Ce n’est pas Cyrus donc
que nous trouvons ici, au chapitre 6, comme instrument de l’iniquité qui
cherchait à détruire Daniel, de cette volonté de l’homme qui ne peut
jamais supporter la fidélité à Dieu. Ici, ce n’est pas l’idolâtrie, ce ne sont
pas des insultes offertes à l’Éternel, [6:7] mais c’est l’élévation de l’homme
lui-même qui veut exclure toute idée de Dieu. Il ne veut aucun Dieu. C’est
un des traits qui caractérisent le fond du cœur de l’homme ; il veut bien,
en général, un dieu qui lui aide à satisfaire ses passions et ses convoitises,
un dieu commode pour l’unité de son empire et la consolidation de sa
puissance ; la partie religieuse de sa nature se contente de tels dieux et se
livre volontiers à leur culte, quoique celui qui les établit en souverain ne le
fasse que dans des vues politiques. Pauvre monde ! Le vrai Dieu ne va ni à
sa conscience ni à ses convoitises. L’ennemi de nos âmes est content
d’exploiter dans ce sens la religiosité de notre nature. La fausse religion
présente des dieux qui répondent aux désirs du cœur naturel quels qu’ils
soient, mais qui n’appellent jamais à la communion et n’agissent jamais
sur la conscience. Ils peuvent lui imposer des cérémonies et des
observances, car l’homme y tient ; mais ils ne mettent ni ne peuvent
mettre une conscience réveillée en rapport avec eux. Ce que l’homme
veut, ce que l’homme craint, voilà la sphère de leur influence. Ils ne
produisent rien dans le cœur, sauf en tant que des joies ou des craintes
naturelles y agissent.
5.2 - [L’orgueil de l’homme veut exclure tout dieu, pour s’élever lui-
même]
Mais, d’un autre côté, l’orgueil de l’homme se revêt quelquefois d’un
caractère qui change tout à cet égard. L’homme veut être lui-même Dieu,
disposer de tout d’après sa volonté, et exclure une rivalité que l’orgueil ne
supporte pas : une supériorité incontestable, si Dieu existe, est
insupportable à celui qui ne veut que lui-même. Il faut qu’il se débarrasse
de Dieu. Les ennemis des fidèles se servent de cette disposition. [6:7] La
cruauté est moins inventive, sauf qu’en flattant le pouvoir, elle n’a l’air de
blâmer que ce qui lui désobéit et ce qui méprise sa parole.
5.3 - [Le roi est lié à la volonté de l’homme, mais reconnaît et
respecte Dieu]
La guerre étant avec Dieu lui-même, la question avec les hommes est
tranchée avec plus de mépris et moins de passion quant à eux. La passion
s’allie moins à l’orgueil qu’à la volonté de l’homme ; il est esclave de ceux
qui lui rendent le tribut de leur flatterie. La volonté est davantage son
maître. [6:15] Dans ce cas, dupe de sa vanité, le roi se trouve lié par des
lois apparemment faites pour garantir ses sujets de ses caprices, en
paraissant attribuer à sa volonté et à sa sagesse un caractère
d’immutabilité qui n’appartient qu’à celles de Dieu. [6:16] Daniel est jeté
dans la fosse aux lions : [6:22] Dieu le garde. C’est ce qu’il fera pour le
résidu d’Israël, en général, à la fin du siècle. [6:24] Le jugement que les
ennemis d’Israël ont voulu faire tomber sur les fidèles d’entre ce peuple,
s’exécutera sur eux-mêmes ; mais l’effet de ce jugement va plus loin que
celui des autres. Nebucadnetsar défendait de dire du mal du Dieu d’Israël
[(3:29)], il a dit du bien du roi des cieux qui l’avait abaissé [(4:37)] ; [6:26]
mais Darius commande que partout on reconnaisse le Dieu de Daniel et
d’Israël pour le seul Dieu vivant, dont le royaume ne saurait être ébranlé,
[6:27] et qui, de fait, a délivré celui qui se confiait en Lui. Historiquement,
il paraît que Darius avait des sentiments de respect pour Dieu et pour la
piété de Daniel. Il n’est pas son Dieu, mais le Dieu de Daniel ; mais il le
respecte ; [6:26] il l’appelle aussi le Dieu vivant.
5.4 - [Idolâtrie, impiété et orgueil, caractéristiques et causes du
jugement des empires gentils]
Enfin, l’idolâtrie, l’impiété, l’orgueil, qui s’élèvent au-dessus de tout,
voilà ce qui caractérise les grands empires présentés en Daniel et ce qui
amène leur jugement. L’effet du jugement, [6:26-27] c’est que le Dieu des
Juifs est reconnu comme le Dieu vivant qui délivre, [4:25] le Très-Haut qui
domine sur le royaume des hommes. Les mêmes traits caractériseront les
jours de la fin. Ceci termine la première partie du prophète.
6 - Chapitre 7
6.1 - [Communications directes à Daniel, avec des détails
historiques]
Nous arrivons maintenant aux communications faites à Daniel lui-
même : elles contiennent non seulement des principes généraux, mais des
détails concernant le peuple de Dieu et les gentils qui l’opprimaient,
détails historiques, quoique donnés d’avance prophétiquement.
6.2 - [ch. 7 v. 2-6 — Les quatre bêtes des empires gentils, et
caractère des trois premières]
6.2.1 - [Histoire des quatre puissances gentiles surgissant de la
mer]
Le grand but du chapitre 7 est de nous présenter l’histoire de la
quatrième bête, soit de la dernière forme de l’empire commencé à
Babylone parmi les gentils, de la grande puissance de l’Occident dans
laquelle devait se développer tout ce que l’homme en possession du
pouvoir deviendrait à l’égard de Dieu et des fidèles ; et avec cela, ses
relations avec les saints sont données dans l’interprétation. Mais, pour
introduire cette bête occidentale, ce qui l’a précédé est succinctement
exposé. [7:3] Quatre bêtes montent de la mer, c’est-à-dire s’élèvent au
milieu des flots des populations humaines. Ces puissances ne sont pas
envisagées ici comme établies de Dieu, mais à un point de vue purement
historique. Nous avons vu l’empire directement établi de Dieu dans la
personne de Nebucadnetsar ; mais ici, quoique toute puissance qui existe
soit établie de Dieu, elles sont envisagées, non dans leur origine, mais
dans leur histoire. Ces bêtes montent de la mer. Le prophète les voit
premièrement toutes à la fois, sortant de l’agitation des peuples. Cette
partie de la vision présente des traits qui les caractérisent, et ne donne
pas de date.
6.2.2 - [ch. 7 v. 4 — Babylone, empire puissant et fort établi de
Dieu, puis abaissé]
Le verset 4 nous montre Babylone puissante, puis abaissée et soumise ;
corps de lion avec des ailes d’aigle. Ce qu’il y avait de plus énergique et de
noble, humainement parlant, dans la force, ce qui planait sur les nations
avec le vol le plus rapide et le plus élevé, caractérisaient ce premier essor
de l’esprit humain, auquel la volonté divine avait confié l’empire du
monde. Cette position, Babylone la perd.
6.2.3 - [ch. 7 v. 5 — L’empire Médo-Perse, lourd et féroce pour
s’approprier les empires]
[7:5] La seconde bête dévorait beaucoup de chair, mais elle n’avait ni
l’énergie ni le vol rapide de la première ; elle s’appropriait d’autres
empires, plutôt qu’elle n’en créait un ; double dans sa force au
commencement, elle s’est élevée d’un côté plutôt que de l’autre. Elle est
féroce, mais comparativement lourde : c’est l’empire Médo-Perse.
6.2.4 - [ch. 7 v. 6 — L’empire d’Alexandre, léger, actif et rapide]
[7:6] Le chapitre dit peu de chose de la troisième bête ; la légèreté et
l’activité rapide la caractérisent, et puis la domination lui est donnée :
c’est l’empire fondé par Alexandre.
6.2.5 - [Vision particulière pour la quatrième bête]
La quatrième est réservée pour une vision distincte.
6.2.6 - [Plan du chapitre]
On fera bien de remarquer ici, en passant, que le chapitre se divise en
quatre parties distinctes : les trois visions et l’interprétation donnée
ensuite au prophète de ce qu’il a vu. La première vision contient les quatre
bêtes mises ensemble et les caractères des trois premières brièvement
exposés [(v. 1-6)] : la seconde, celui de la quatrième, avec beaucoup plus
de détails [(7:7-12)] ; la troisième, l’arrivée de celui qui ressemblait à un
fils d’homme devant l’ancien des jours [(7:13-14)]. Elles commencent
respectivement aux 1er, 7e et 13e versets ; puis vient l’interprétation du
15e jusqu’à la fin du chapitre.
7 - Chapitre 8
7.1 - [Événements des empires perse et grec, et puissance issue de
ce dernier]
Quelles sont les personnes désignées sous cette figure : [8:10] l’armée
des cieux et les étoiles ? Il s’agit, souvenons-nous-en, du système juif. Une
fois qu’on a bien saisi cela, l’application n’est pas difficile. Il est question
de ceux qui, par leur profession, entourent le trône de Dieu, et en
particulier, de ceux qui sont éminents au milieu d’eux. Ce ne sont pas les
fidèles qui regardent en haut, desquels parle le chapitre 7 [(v. 25)]. Être
l’armée du ciel, dépeint une position et non pas un état moral : comparez
verset 24 ; mais ce passage suppose que les Juifs ont de nouveau cette
position devant Dieu, lors même que ce serait pour le jugement. Cela veut
dire qu’ils sont de nouveau sous les yeux de Dieu, comme étant en
relation avec Lui, comme un objet dont il s’occupe, un peuple responsable
en vue de ses anciennes relations avec Lui, quoique la puissance des
gentils subsiste encore. Or, si leur état ne répond pas à la position qu’ils
reprennent vis-à-vis de Lui, ils sont, par le fait même qu’elle existe, les
objets des châtiments de Dieu.
[8:12] Ici, remarquez de plus, que ce qui est signalé est la transgression
(non pas l’abomination placée par quelqu’un, mais la transgression), qui
cause la désolation, [8:23] et même elle est venue au comble dans
l’interprétation.
Cette corne est donc l’instrument de châtiment sur les Juifs rentrés,
quant à leur profession, en relation avec l’Éternel et dans leur terre,
s’arrogeant le caractère de Son peuple, mais poussant la transgression
contre Lui au plus haut degré. [8:10] La corne en ruine quelques-uns
complètement ; mais ce n’est pas tout. [8:11] Il (car, ici, le mot n’est plus
en accord avec le mot corne, peut-être pour désigner le roi
personnellement) s’élève jusqu’au Chef de l’armée ; il pousse ses
prétentions jusqu’à s’opposer à Lui ; il s’élève jusqu’à agir contre le Christ
dans son caractère de chef d’Israël, contre le Juge qui vient, contre le Chef
d’Israël, qui est l’Éternel lui-même ; car c’est l’Ancien des jours, nous
l’avons vu, qui vient [(7:22)]. Ici cependant, tout est envisagé sous le point
de vue judaïque. Il est chef d’Israël. [8:11] On voit que c’est l’Éternel,
parce que c’est son sacrifice qui est ôté, son sanctuaire qui est renversé.
Mais il est présenté comme prince de l’armée (*) ; le sacrifice continuel est
ôté à celui-ci non « par celui-ci (**) ». Le culte judaïque offert à l’Éternel
est supprimé, son sanctuaire est renversé, [8:12] et un temps de détresse
est assigné au sacrifice continuel (c’est ainsi que je comprends ce verset),
à cause des transgressions ; enfin, la petite corne (***) (car ici la forme du
mot se rapporte de nouveau à la corne) renverse la vérité, agit et
prospère.
(*) J’ai un peu hésité sur la question de savoir si l’armée du ciel ne
signifierait pas les puissances de la terre, les Juifs n’y prenant leur place
que comme devant être sous le gouvernement de Dieu, et l’étant pour
l’Esprit de prophétie. Je ne me refuse pas à cette idée, mais il me semble
certain que l’Esprit a en vue spécialement les Juifs. Voyez verset 13. Le
verset 24 pourrait donner à croire qu’il détruira d’autres que les Juifs.
Christ élevé à la droite de Dieu est chef de toute puissance, mais il est
aussi spécialement chef des Juifs. Si l’on veut même appliquer l’expression
Prince des princes à cette suprématie sur toutes les puissances, l’analogie
de la Parole justifie l’application. Le rapport entre armée et sanctuaire,
verset 13, fait voir, ce me semble, que l’Esprit avait particulièrement en
vue les Juifs qui entourent le lieu choisi pour trône de l’Éternel.
(**) Il n’y a pas de doute que le passage dise que le sacrifice est ôté
au Prince de l’armée. Reste encore à savoir par qui ? Le kéri, qui est, en
général, je le pense, la meilleure leçon là où il y a des variantes dans
l’hébreu, lit : « lui fut ôté », sans dire par qui ; le kétib : « il lui ôta », ce qui
attribuerait cet acte à la petite corne.
(***) C’est une différence de genres. Celui qui s’élève, verset 11, est au
masculin en hébreu, tandis que, à la fin du verset 12, le verbe est de
nouveau au féminin, elle renversa, s’accordant avec corne.
8 - Chapitre 9
8.1 - [Vision sur Israël et Jérusalem en réponse à la confession et la
supplication de Daniel]
[9:26] Ce serait le chef d’un autre empire non encore existant, qui
détruirait ainsi la ville et le sanctuaire. Alors, et pour le moment, il y avait
interruption complète des relations entre Dieu et le peuple, même pour ce
qui concerne un résidu croyant. La foi de Daniel serait repoussée par le
peuple dans la personne de Christ prophète, et dans le reniement de
Christ, exprimé par ces paroles : « Nous n’avons pas d’autre roi que
César » [(Jean 19:15)] ; et le peuple et la ville ont été livrés à la désolation.
9 - Chapitres 10-11
9.1 - [Prophétie des chap. 10-12, clôturant l’histoire des gentils et
du résidu]
[11:40] Le roi du midi (nous nous retrouvons ici dans la suite d’idées
que présente le chapitre en général) se heurte contre lui, et le roi du nord
vient contre lui comme un tourbillon ; il déborde et passe outre, [11:41] et
entre dans le pays d’ornement, en Judée ; mais Édom, Moab et Ammon
échappent à sa puissance, étant réservés (És. 11:14) pour être subjugués
par Israël même. [11:42] Il étend ses mains sur les pays, pille tout :
l’Égypte n’échappe pas, [11:43] les contrées orientales de l’Afrique sont à
ses pieds ; [11:44] mais, troublé par des nouvelles du nord et de l’orient,
[11:45] il va planter ses tentes entre Jérusalem (*) et la mer, et trouve sa
fin sans être secouru. La fin du roi ne nous est pas présentée dans ce récit.
Ce que nous reproduisons ici est la fin du roi du nord ; car il s’agit des
nations et du pays d’Israël, et de ce qui arrivera au peuple de Daniel dans
les derniers jours. Dans la terre, il y aura ce roi méchant et impie, qui sera
attaqué par le roi du midi ; plus tard, le roi du nord envahira à son tour
toutes ces contrées, à l’exception de trois, puis il périra dans la terre
d’Israël.
(*) C’est la force régulière de l’hébreu ; c’est ainsi que traduit de
Wette.
10 - Chapitre 12
10.1 - [Histoire du peuple d’Israël aux temps de la fin et de la
tribulation]
10.1.1 - [ch. 12 v. 1-4 — Temps de détresse et délivrance du
peuple juif, au-delà même du pays]
[12:11] Or, depuis le temps que le sacrifice perpétuel serait ôté et que
l’abomination qui causerait la désolation serait placée, il y aurait douze
cent soixante jours ; [12:12] puis, pour celui qui attendrait
l’accomplissement de mille trois cent trente-cinq jours (*), il y aurait
pleine bénédiction. [12:13] Daniel lui-même aurait sa part dans ce temps
glorieux.
(*) J’ai cru possible que cette supputation pouvait provenir de ceci : un
mois intercalé, ajouté aux douze cent soixante jours, ou trois années et
demie, puis quarante-cinq jours, si les années étaient des années
ecclésiastiques, nous amèneraient à la fête des tabernacles : mais je ne
prétends pas avoir une opinion sur ce point. Quoi qu’il en soit, il nous est
positivement dit que, alors, le sanctuaire de Dieu à Jérusalem sera purifié.
10.1.4 - [Daniel présente le temps des gentils jusqu’à la
délivrance d’Israël, mais pas au-delà]
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