UNIVERSITE HASSAN II - Faculté des sciences juridiques
Economiques et sociales de Mohammedia
Master de Recherche Ingénierie Comptable Financière et
Fiscale
LA FISCALITE DES ZONES D’ACCELERATION
INDUSTRIELLE AU MAROC
Sous l’encadrement :
Réalisé par :
M. Fekkak Chanani
BEROUZ Meriem
NAHID Zahra
Année universitaire 2021/2022
Sommaire :
.....................................................................................................................................................1
Sommaire :.................................................................................................................................3
Introduction...............................................................................................................................4
Partie 1 : Le cadre conceptuel des ZAI...................................................................................6
I- Définition des ZAI..........................................................................................................6
II- L’historique des ZAI au Maroc................................................................................6
III- La loi N° 19-94 relative aux zones Franches d'exportation....................................7
Partie 2 : Le Régime Fiscal des Z.A.I Au Maroc.................................................................13
I- Présentation de quelques ZAI du Maroc......................................................................13
II- Un régime fiscal attrayant :.....................................................................................16
1. Impôt sur les Sociétés :.............................................................................................16
2. Impôt sur les Revenus:.............................................................................................16
3. Droits d’Enregistrement et de Timbre :....................................................................16
III- Un régime douanier spécial.....................................................................................17
1. Régime des changes libre :..............................................................................................17
2. Commerce extérieur :.......................................................................................................17
Conclusion...............................................................................................................................18
Bibliographie...........................................................................................................................19
Introduction
Depuis l'indépendance, le Maroc avait une stratégie protectionniste de substitution des
importations fondée souvent sur l'argument des industries naissantes. Pour financer son
développement, il s'est beaucoup endetté dans les années 60 et 70. En effet, l'accès à la dette
été facilité notamment par les gouvernements occidentaux qui accordait massivement aux ex-
pays colonisés des crédits à l'exportation pour maintenir, d'une part, leurs liens économiques
et commerciaux et d'autre part, pour promouvoir leurs propres exportations.
Ainsi, pour plusieurs raisons, dont la chute brutale du cours d'exportations des produits de
base, la hausse des prix pétroliers ainsi que celle des taux d'intérêt du dollar, le Maroc s'est
trouvé durant les années 80, face à des difficultés d'honorer ses dettes. Pour faire face à ces
problèmes, le pays été obligé, entre autres, à prendre des mesures d'ouverture aux échanges
extérieures, d'encouragement aux exportations pur fournir les devises nécessaires aux
remboursements et des mesures de privatisation, le secteur privé étant estimé seul apte à
développer efficacement l'économie et ainsi sortir le pays de sa situation de débiteur.
En effet, le besoin en devises étrangères nécessaires au remboursement de la dette extérieure
conduit l'Etat à sur-développer ses exportations. Le remboursement ne peut se faire dans la
pratique que selon les préférences monétaires des créanciers.
Ainsi, un régime de ZFE devrait, par les recettes en devises qu'il apporte, contribuer à libérer
le pays, si possible, de sa dette sinon à lui garder un accès dans le commerce international,
dans la mesure où la hausse des exportations peut avoir des effets sensibles sur les recettes en
devises. En effet, l'accumulation de devises permet à un Etat de se passer d'emprunt extérieur
pour son industrialisation et ainsi, d'envisager un développement réellement autonome selon
ses objectifs en octroyant des contreparties à leurs activités, sources bénéfiques de devises
internationales.
La fiscalité joue un rôle principal pour attirer l’investisseur étranger, c’est pourquoi le Maroc
mis en place un régime fiscal attrayant pour les sociétés situées aux zones d’accélération
industrielles. Dans ce cas, comment le Maroc peut-il assurer une justice fiscale entre
l’investisseur étranger et l’investisseur national ?
Pour répondre à cette problématique, on a opté pour le plan suivant : La première partie
traite le cadre conceptuel des zones d’accélération industrielles notamment c’est quoi une
zone d’accélération industrielle en se référant à la loi 19-94, ainsi que l’historique
chronologique de ces zones tout en clarifiant leurs évolutions dans le temps, et enfin une
présentation des articles qui constituent la loi qui règlemente ces zones à savoir la loi 19-94
avec des exemples des quelques ZAI au territoire national. La deuxième partie s’intéresse
l’étude du régime fiscal des ZAI au Maroc, ainsi que le régime douanier spécial dédié à ces
zones , outre qu’une analyse comparative entre la fiscalité des ZAI et celles des entreprises
hors des dites zones tout en montrant les points de divergences entre les deux.
Partie 1 : Le cadre conceptuel des ZAI
I- Définition des ZAI
Baptisées initialement zones franches, des espaces déterminés du territoire douanier où les
activités industrielles et de services qui y sont liées sont sous traités, selon les conditions et
limites posées dans la présente loi, à la législation et à la réglementation douanière et à celles
relatives au contrôle du commerce extérieur et des changes. (Article premier du loi19-94)
II- L’historique des ZAI au Maroc
Les zones d’accélération industrielles ont vue le jour en 1961 grâce au dahir n° 1-61-426 du
30 décembre 1961 portant création d'une zone franche dans le port de Tanger, pris en
application par le décret n° 2-61-709 du 30 décembre 1961. Le deuxième article du dite décret
précise que « Sont autorisées à l'intérieur de la zone franche toutes opérations de nature
commerciale portant sur les marchandises entreposées dans ladite zone, à l'exception des
ventes au détail. Sont autorisées dans la zone franche, toutes opérations de triage, de mélange,
d'assortiment, de criblage, de division, de changement d'emballage, de conservation et toutes
celles qui seront déterminées par arrêtés du ministre chargé des finances ».
Ensuite la promulgation et la publication au bulletin officiel de la loi 19-94 relative aux zones
franches d'exportation, suite au dahir n° 1-95-1 du 26 janvier 1995.
Après en 1997, La création de la zone franche d'exportation de Tanger suite au Décret n° 2-
96-511 du 9 rejeb 1418 (10 novembre 1997), ce dernier est composé de 5 articles : Le premier
annonce la création de la zone franche d'exportation dans la province de Tanger, le second
déclare la superficie de la zone qui est de 345 hectares, le troisième montre les activités des
entreprises qui peuvent s'installer dans la zone franche précitée à savoir : l'agro-industrie, les
industries textile et cuir, les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et
électroniques, les industries chimiques et parachimiques ainsi que les services liés aux
activités visées ci-dessus. Il fait mentionner aussi que l'entrée en zone franche d'exportation
est spécialement interdite aux déchets dangereux, ainsi qu'à toutes substances, déchets ou non,
pouvant présenter une incommodité, une insalubrité ou tout autre inconvénient similaire pour
la santé, la faune, la flore et les ressources en eau ainsi que d'une manière générale pour le
voisinage et la qualité de la vie. Le quatrième article démontre la liste des services liés aux
activités autorisées à s'implanter dans la zone franche précitée sera fixée par arrêté conjoint du
ministre chargé du commerce, de l'industrie et de l'artisanat et du ministre chargé des
finances. Et le dernier article dévoile que le ministre des finances, du commerce, de l'industrie
et de l'artisanat qui est chargé de l'exécution du présent décret qui sera publié au Bulletin
officiel.
Toujours en 1997, c’était la création de la zone franche d'exportation de Nador suite au décret
n° 2-96-512 du 9 rejeb 1418 (10 novembre 1997), ce dernier est subdivisé en 5 articles :
Le premier est relatif à la création de la zone franche d'exportation dans la province de Nador,
le second traite la superficie de la zone qui est réalisée sur une superficie de 300 hectares, les
trois articles restants sont similaires aux ceux du décret précédent relatif à la création de la
zone franche de Tanger.
Et enfin en 1998, c’était l’approbation de la concession de l'aménagement et la gestion de la
zone franche d'exportation de Tanger à la société Tanger Free Zone suite au décret n° 2-98-99
du 6 chaoual 1418 (4 février 1998)
III- La loi N° 19-94 relative aux zones Franches d'exportation
Article 1-3 : Dispositions générales des zones franches d’exportation
Ces articles s’intéressent à la fois la définition des zones franches d’exportation notamment
des espaces déterminés du territoire douanier où les activités industrielles et de services qui y
sont liées sont sous traités, ces activités bénéficient également des avantages fiscaux.
Il faut mentionner qu’en cas de suspension éventuelle du régime institué par la présente loi,
les entreprises qui en bénéficient disposeront d'un préavis d'une durée de 20 ans courant à
compter de la date de suspension du régime. En outre, les activités qui peuvent être installées
dans ces zones doivent avoir un caractère industriel ou commercial ainsi que les activités de
service qui y sont liées sous réserve des dispositions de l'article 2.
Article 4-10 : l'Organe d’aménagement et de gestion de la zone franche
L'aménagement et la gestion de chaque zone franche d'exportation sont confiés à un
organisme dénommé ci-après organisme d'aménagement et de gestion de la zone franche qui a
pour mission l'aménagement, de la gestion et de la maintenance de l'ensemble de la zone
franche d'exportation
Il établit le plan qui correspond à l'aménagement de la zone franche d'exportation et assure à
la fois la réalisation et l'entretien :
Des voies de circulation ;
Des réseaux d'eau, d'électricité, d'assainissement et de télécommunications ;
Des constructions nécessaires à l'exécution des services qu'il assure ou qu'il gère, y
compris les clôtures, murs d'enceintes et voies d'accès à la zone franche d'exportation ;
De l'éclairage.
Il assure également la gestion de l'intérieur de la zone franche d'exportation :
La location aux usagers de bâtiments, hangars et terre-pleins ;
La distribution d'eau, d'électricité et la gestion des réseaux correspondants ;
La surveillance et la sécurité des parties communes et des accès à la zone franche
d'exportation ;
Le contrôle des constructions, installations et activités ainsi que les déplacements de
marchandises et de personnes à l'intérieur de la zone franche d'exportation.
En outre, l'organisme d'aménagement et de gestion est chargé de :
Assurer la promotion commerciale et industrielle de la zone franche d'exportation en
conformité avec la politique arrêtée par le gouvernement ;
Accueillir les investisseurs et les assister dans la préparation de leurs dossiers relatifs aux
demandes d'autorisation ;
Présenter les dossiers des investisseurs à l'approbation de la commission locale des zones
franches d'exportation instituée par la présente loi ;
Assister à la préparation des dossiers relatifs aux demandes d’autorisations des
investisseurs
Rendre aux investisseurs tous les services nécessaires à la réalisation de leurs projets et à
l'exploitation de leurs installations.
Enfin, Les plans de l'aménagement des zones franches d'exportation sont soumis pour
approbation aux services compétents de la préfecture ou la province concernée, et aux
services de sécurité et des douanes, un délai maximum de soixante (60) jours doit être statué
sur ces plans. Passé ce délai, ils sont considérés comme approuvés.
Article 11-14 : La procédure de prise d’autorisation
La demande d'autorisation est présentée par l'investisseur à l'organisme d'aménagement et de
gestion de la zone franche d'exportation qui la soumet, après instruction, à une commission
locale des zones franches d'exportation présidée par le wali ou le gouverneur de la préfecture
ou province concernée, y compris les représentants des administrations concernées, le
président ou les présidents des conseils communaux et le président de la chambre de
commerce et d'industrie concernée.
Il doit être statué sur la demande d'autorisation dans un délai ne dépassant pas trente jours à
compter de la date de son dépôt contre récépissé auprès de l'organisme d'aménagement et de
gestion. Passé ce délai, la demande est considérée comme acceptée et notification doit en être
faite à l'investisseur par ledit organisme.
En cas de rejet de la demande, l'investisseur peut, dans un délai de huit jours à compter de la
date de notification, saisir le Premier ministre qui statuera dans un délai de trente (30) jours.
Toute décision de rejet doit être dûment justifiée par la nature de l'activité eu égard aux
dispositions de l'article 2 ci-dessus
L'autorisation précise les délais dans lesquels les projets visés par l'autorisation
doivent être réalisés, ainsi que les conditions particulières de réalisation des
investissements à caractère dangereux ou polluant. Dans le cas où les investissements
ne seraient pas réalisés dans les délais déterminés, l'autorisation sera révoquée par le
wali ou le gouverneur avec l'accord de la commission locale des zones franches saisie
par l'agence d'aménagement et de gestion.
Pour l'obtention de l'autorisation prévue à l'article 11 de la présente loi, l'investisseur
doit joindre à sa demande l’ensemble des documents et engagements prévus à cet
effet, par le règlement intérieur établi par l'organisme d'aménagement et de gestion de
la zone franche et qui a pour but la définition des modalités et des règles de l'exercice
des activités au sein des zones franches d'exportation.
Article 15-20 : Régime de contrôle du commerce extérieur et des changes
En application des dispositions des articles 16 et 22, les entrées et les sorties des marchandises
en zones franches d'exportation ne sont pas soumises à la législation relative au contrôle du
commerce extérieur et des changes.
Sous réserve de l’application des dispositions du premier article de la loi du commerce
extérieur, l'entrée en zones franches d'exportation est interdite :
Aux marchandises prohibées au titre de l'article 115 du Code des douanes et impôts
indirects approuvé par le dahir n° 1-77-339 du 25 chaoual 1397 (9 octobre 1977) ;
Aux déchets dangereux, ainsi qu'à toutes substances, déchets ou non, qui peut
présenter une incommodité, une insalubrité ou tout autre inconvénient similaire pour
la santé, la faune, la flore et les ressources en eau ainsi que d'une manière générale
pour le voisinage et la qualité de la vie.
Les transactions commerciales, industrielles et de services effectués avec l'étranger
par des entreprises installées dans les zones franches d'exportation jouissent d'une
liberté totale de change quels que soient la nationalité et le lieu de résidence de
l'opérateur.
Les personnes physiques de nationalité marocaine résidant au Maroc, ainsi que les
personnes morales ayant leur siège social au Maroc ne peuvent pas investir au sein
des zones franches d'exportation qu'en conformité avec la législation et la
réglementation des changes en vigueur
Les règlements des transactions effectuées au sein des zones franches d'exportation
sont effectués exclusivement en devises étrangères convertibles.
Les règlements effectués entre lesdites zones et le territoire assujetti tel que
mentionné l'article premier du code des douanes et impôts indirects visé à l'article 16,
s'effectuent conformément à la réglementation du commerce extérieur et des changes
en vigueur.
Article 21-26 : Le régime douanier
En application des dispositions de l'article 22, les marchandises entrant en zones franches
d'exportation ou en sortant ainsi que celles y obtenues ou y séjournant, sont exonérées de tous
droits, taxes ou surtaxes relatifs à l'importation, la circulation, la consommation, la production
ou l'exportation.
Les marchandises entrant en zones franches d'exportation à partir dudit territoire sont
considérées comme exportées du territoire assujetti tel que mentionné à l'article 20,
ainsi que les marchandises entrant dans ledit territoire et provenant des zones franches
d'exportation sont considérées comme importées sur le territoire assujetti.
Le personnel étranger des entreprises opérant en zones franches d'exportation,
bénéficie de la suspension des droits et taxes ainsi que des formalités de contrôle du
commerce extérieur pour les effets et objets neufs ou en cours d'usage composant le
mobilier importé à l'occasion de son installation au Maroc. Il bénéficie également du
régime de l'importation temporaire pour le véhicule automobile importé dans ce cadre.
Toute cession ultérieure au Maroc de ces effets, objets et véhicules est soumise à
l'accomplissement des formalités de contrôle du commerce extérieur et au paiement
des droits et taxes en vigueur à la date de la cession desdits effets, objets et véhicules,
calculés sur la base de leur valeur à cette date.
Article 27-34 : Régime fiscal des droits d'enregistrement et de timbre
Les zones franches d’exportations bénéficient de l’exonération de plusieurs impôts, ces
derniers seront traités dans la partie suivante
Article 35-38 : Dispositions contentieuses
Les différends pouvant intervenir entre l'investisseur et l'organisme d'aménagement et de
gestion de la zone franche d'exportation peuvent être portés devant le wali ou gouverneur de
la préfecture ou province concernée, qui sur avis conforme de la commission locale des zones
franches d'exportation, statuera dans un délai maximum de trente jours à compter de la date de
sa saisine par l'organisme ou l'investisseur.
Dans le cas où la décision prévue à l'alinéa ci-dessus n'interviendrait pas dans le délai précité
ou lorsque l'une des parties entend en contester le contenu, le différend est porté devant le
Premier ministre dans un délai de huit jours à compter de sa notification aux parties et il est
statué dans un délai de trente jours.
Les parties peuvent, en tout état de la procédure, saisir la juridiction compétente. Cette saisine
met fin à la procédure de conciliation prévue aux alinéas précédents et dont les formes seront
précisées dans les cahiers de charges prévus à l'article 5. Toute infraction aux dispositions de
la présente loi et des textes pris pour son application relevée par les agents compétents visés à
l'article 38 est portée à la connaissance du wali ou du gouverneur qui peut, sur proposition de
la commission locale des zones franches d'exportation visée à l'article 2, prendre à l'égard du
contrevenant l'une des sanctions suivantes :
Avertissement ;
Amende égale à la contre-valeur en dirhams de 25 000 dollars us au maximum
Retrait de l'autorisation
Dans le cas de non-respect des délais de séjour prévus par l'article 39, les marchandises
litigieuses sont vendues et le produit de la vente est réparti dans les conditions fixées par voie
réglementaire. Les officiers de police judiciaire, les agents de l'administration des douanes et
impôts indirects et les agents de l'office des changes, des agents assermentés de l'organisme
d'aménagement et de gestion spécialement commissionnés à cet effet, sont habilités à
constater les infractions à la présente loi et aux textes pris pour son application.
Article 39-43 : Dispositions diverses
Le délai de séjour des marchandises en zone franche d'exportation n'est pas limité. Cependant,
lorsque la nature de la marchandise le justifie, ce délai peut être limité par l'organisme
d'aménagement et de gestion de ladite zone.
La vente au détail est interdite à l'intérieur des zones franches d'exportation.
Il est interdit aux personnes physiques de résider dans les zones franches
d'exportation.
Il est fait obligation aux entreprises de fournir à l'organisme d'aménagement et de gestion les
documents nécessaires à l'accomplissement de sa mission notamment au contrôle de l'activité
de l'entreprise sous peine des sanctions prévues à l'article 36.
Les avantages accordés par la présente loi sont exclusifs de tout autre avantage prévu par
d'autres dispositions législatives en matière d'encouragement à l'investissement.
Article 44 : Dispositions transitoires
Les entreprises industrielles installées dans la zone franche du port de Tanger bénéficient des
avantages prévus par le dahir n° 1-61-426 du 22 rejeb 1381 (30 décembre 1961) portant
création de ladite zone.
Toutes entreprises régies par les dispositions dudit dahir, continuent à bénéficier des
avantages prévus par ledit dahir, sauf si elles optent pour le régime de la présente loi dans un
délai ne dépassant pas un an à compter de la date de sa publication.
Partie 2 : Le Régime Fiscal des Z.A.I Au Maroc
I- Présentation de quelques ZAI du Maroc
1. MIDPARC
MIDPARC a été créée à Nouaceur, en 2011, sur une superficie globale de 124,4 ha (1ère
tranche 62,4 ha avec 142 lots en cours de commercialisation). Il présente aux investisseurs
opérants, principalement, dans le secteur aéronautique un environnement adéquat pour la
réalisation de leurs projets, avec des infrastructures de qualité et des avantages importants.
MIDPARC est une zone franche située au sein du 1er pôle économique du Maroc, qui cible :
L’industrie aéronautique.
Les activités connexes : spatiales, défense, sécurité, etc.
Les autres industries du futur : médical, électronique embarquée, etc.
La logistique industrielle.
Les services support à l’industrie : maintenance, bureaux d’études, centres d’affaires,
etc.
2. Atlantic Free Zone
Atlantic Free Zone est un parc industriel et logistique de dernière génération, réalisée dans le
cadre du Pacte National pour l’Emergence Industrielle. Il a été créé en 2010 sur une superficie
globale de 345 ha à 12 km de la ville de Kénitra.
Jouissant d’un emplacement stratégique et bénéficiant d’une excellente connectivité aux
grands axes de transport, Atlantic Free Zone cible essentiellement les équipementiers
automobiles, mais aussi :
Les activités connexes et à l’export ;
La logistique industrielle ;
Les services support à l’industrie (maintenance, bureaux d’études, centres d’affaires,
etc.).
3. Le parc TECHNOPOLIS
Le parc Technopolis a été créé en 2008 sur une superficie globale de 107 ha (205 000 m² de
plateaux bureaux) dans la ville de Salé. Elle présente aux entreprises opérantes, notamment,
dans le secteur de l’offshoring un environnement adéquat pour la réalisation de leurs projets,
avec des infrastructures de qualité et des avantages importants, notamment, une offre locative
de bâtiments prêts à l’emploi à des prix attractifs, un ensemble de services de proximité, un
guichet unique, un bassin d’emploi important une offre de formation et un cadre incitatif
adéquat. Technopolis est un pôle d’excellence, destiné à catalyser les interactions entre le
monde de l’entreprise et celui de la recherche universitaire. Le Pole Offshoring accueille des
projets IT, d'Ingénierie, de BPO/CRM et de KPO.
Plusieurs pôles s’y développent :
Pôle académique : Université International de Rabat (UIR)
Pôle “Valorisation et de Recherche”
Pôle R&D
4. Zone franche d’Oujda
La zone franche d’Oujda est créée en 2011, sur une superficie globale de 94 ha, elle est
délimitée au Nord par l’aéroport d’Oujda Angad. Cette zone franche est dédiée aux
activités industrielles en relation avec le développement durable et l’efficacité
énergétique.
Les activités des entreprises qui peuvent s’installer dans les zones franches d’Oujda sont
les suivantes :
L’industrie liée aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique ;
L’industrie agro-alimentaire ;
Les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques ;
Les industries textiles et cuir ;
L’industrie chimique et para-chimique ;
Les services liés aux activités visées ci-dessus.
5. Tanger Free Zone
Cette zone est Entrée en exploitation en 1999, Tanger Free Zone (TFZ) s’est développée de
manière importante sur une assiette foncière de 400 ha. Outre les mesures incitatives
importantes mises en place à l’échelle nationale, TFZ combine des atouts notables :
localisation géographique, modèle de commercialisation adapté (vente de terrains et location
d’entrepôts prêts à l’emploi), et offre de services.
Elle est une zone polyvalente en termes d’activité :
Industrie automobile
Aéronautique
Textile
Agroalimentaire…
6. Zone franche de Dakhla
Elle est créée à la province de Oued Ed-dahab, dénommée zone franche d’exportation de
Dakhla sur un terrain faisant partie du domaine public portuaire d’une superficie totale de
13,5 hectares.
Les activités des entreprises qui peuvent s’installer dans la zone franche de Dakhla sont les
suivantes :
Les industries agro-alimentaires ;
Les activités de congélation, de traitement et de transformation des produits de la
mer
Les activités de congélation, de traitement et de transformation des produits agricoles
Les industries du textile et cuir ;
Les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques ;
Les industries plastiques et industries de l’emballage ;
Les activités et services en relation avec la logistique portuaire ;
Les industries de construction et de réparation navale ;
Les activités de stockage sous froid des produits de la mer ;
Les activités commerciales et services liés aux activités ci-dessus.
Seuls les produits de la pêche ayant transité, suite à leur débarquement, par les emplacements
publics réservés à cet effet conformément à la législation et la réglementation en vigueur,
peuvent être acheminés dans la zone franche d’exportation de Dakhla pour
l’approvisionnement des installations exerçant les activités susmentionnées.
II- Un régime fiscal attrayant :
1. Impôt sur les Sociétés :
Exonération totale durant les 5 premières années d’exploitation et application du taux de 15%
pour les 20 exercices consécutifs qui suivent le 5ème exercice d’exonération totale.
2. Impôt sur les Revenus:
Exonération totale durant les cinq (5) premiers exercices d’exploitation et application d’un
taux de 20% pour les vingt (20) années consécutives suivantes.
3. Droits d’Enregistrement et de Timbre :
-Exonération des actes de constitution et d’augmentation de capital des sociétés installées
dans les zones d’accélération industrielles ;
-Exonération des acquisitions de terrains pour la réalisation des projets d’investissement dans
les ZAI.
4. Retenue à la source sur les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés :
-Exonération des dividendes et autres produits de participation similaires lorsqu’ils sont
versés à des non-résidents ;
-Ces dividendes et produits sont soumis au taux de 15% lorsqu’ils sont versés à des résidents.
5. Taxe sur la Valeur Ajoutée :
Exonération avec droit à déduction (obligation déclarative de la TVA).
6.Impôt des Patentes et la Taxe Urbaine :
Exonération pendant les 15 premières années d’exploitation.
III- Un régime douanier spécial
Exonération des droits d´importation
Exonération des taxes et surtaxes à l´importation ;
Exonération des taxes sur la consommation, la production et/ou l’exportation des
marchandises
Procédures douanières simplifiées ; et Absence de contrôle des changes.
1. Régime des changes libre :
-Les entrées et sorties de marchandises ne sont pas soumises à la législation relative au
contrôle des changes.
-Liberté totale de change, quels que soient la nationalité et le lieu de résidence de l’opérateur
au profit des opérations commerciales, industrielles et de services réalisés avec l’étranger par
les entreprises installées dans les ZAI.
-Les règlements des opérations réalisées à l’intérieur de ces zones doivent être effectués
exclusivement en monnaies étrangères convertibles.
2. Commerce extérieur :
-Les entrées de marchandises dans les Z.F.E. ainsi que leur sortie de ces zones ne sont pas
soumises à la législation relative au contrôle du commerce extérieur.
Régime fiscal des chantiers de construction ou de montage
Les entreprises marocaines ou étrangères intervenant dans les zones franches d'exportation,
dans le cadre d'un chantier de travaux de construction ou de montage, sont soumises aux
impôts et taxes dans les conditions de droit commun à l'exclusion de la taxe sur la valeur
ajoutée.
Conclusion
En définitive, l'expérience marocaine dans le domaine des zones franches surtout
d'exportations, le régime dérogatoire en matière d'incitations fiscales à l'investissement en
général et les incitations fiscales destinées aux entreprises implantées dans les ZF montre. La
préoccupation d'une vision intégrée et d'une insertion globale d'un tel régime dans la politique
économique de développement, ainsi que Les coûts et les avantages des zones franches pour
Maroc ont été également développés.
Il n'y a pas de prescription idéale de régime à appliquer dans toutes les zones franches.
Chaque Etat doit élaborer son propre régime incitatif selon ses stratégies, ses moyens, ses
capacités et les objectifs qu'il veut atteindre. Les autorités faisant souvent appel à leur
imagination, et à la comparaison des systèmes des ZF déjà mis en place par les Etats
semblables, elles doivent adapter leur régime aux spécificités du pays et le perfectionner pour
en tirer le maximum.
Le rôle des incitations fiscales dans la panoplie des incitations proposées dans le cadre des
ZAI, on l'a vu, ne constitue pas le facteur décisif dans la décision d'implantation des
entreprises. Le facteur fiscal influe seulement la décision des investisseurs lorsque les autres
facteurs s'égalises. L'accessibilité des marchés, la stabilité et l'orientation des régimes
politiques, la qualité des infrastructures, la disponibilité et la qualification de la main-d’œuvre,
les conditions monétaires et financières, représentent des facteurs parfois plus décisifs, dont
l'importance respective varie selon la nature des investissements à réaliser.
Bibliographie
• LA LOI N° 19-94 relative aux zones franches d'exportation
• https://www.finances.gov.ma
• https://adala.justice.gov.ma
• https://www.tax.gov.ma
• Le code général des Impôts du l’année 2007 à 2022