Paludisme Minimodule 2021 2022
Paludisme Minimodule 2021 2022
Pathologie infectieuse
Parasitologie
LE PALUDISME
Elaboré par :
Pr. Ag. Adnène Toumi (Maladies Infectieuses)
Dr Jihène Chelli (Maladies Infectieuses)
Dr Azer Ben Salah (Parasitologie – Mycologie)
Durée : 4 heures
Année Universitaire
2021-2022
Le Paludisme
PREAMBULE
Le paludisme ou malaria est une maladie potentiellement mortelle. C’est la première endémie
parasitaire à l’échelle mondiale en termes d’incidence et de mortalité. Elle est principalement
tropicale et subtropicale.
Le paludisme a été éradiqué dans notre pays depuis 1979. Toutefois, nous restons concernés par
cette pathologie et ce, pour 2 principales raisons : (i) le risque de réapparition de la maladie dans
notre pays, (ii) le fait que le paludisme constitue une menace potentiellement mortelle pour tout
voyageur partant d’une zone indemne vers une zone endémique et ceci est valable aussi pour le
voyageur tunisien (non immunisé contre le parasite). Depuis 1979, les cas déclarés dans notre
pays sont des cas d’importation qui restent toutefois rares (moyenne de 50 cas/an). A cause de
cette rareté, il est possible que les professionnels de la santé ne connaissent pas bien la maladie et
que le diagnostic soit tardif exposant ainsi le malade à une issue fatale. D’où l’importance d’être
sensibilisé à cette pathologie.
Le paludisme est une urgence diagnostique et thérapeutique. Il doit être évoqué devant toute
fièvre au retour d’une zone d’endémie palustre. Le diagnostic doit être confirmé par la goutte
épaisse et le frottis sanguin. Le meilleur traitement reste la prévention basée sur l’information et
la chimioprophylaxie pour tous les voyageurs partant d’une zone indemne vers une zone
d’endémie palustre.
Pré-requis
▪ Cours de Microbiologie élémentaire (Parasitologie)
▪ Cours de Sémiologie
Taches de l’apprenant
▪ Lire le document
▪ Répondre aux tests d’auto-évaluation
▪ Pour en savoir plus, consulter :
- Parasitoses et mycoses des régions tempérées et tropicales. Association Française des
enseignants de parasitologie et mycologie. 5ème Edition. Paludisme. 2016. p17-70.
- E. Pilly 2014, Maladies Infectieuse et Tropicales, 24ème édition, Ouvrage du collège
des universitaires de maladies infectieuses et tropicales.
1
Le Paludisme
- Guide national de prise en charge du paludisme en Tunisie. Ministère de la Santé
Publique 2016.
Concepts clés :
1- P. falciparum est l’espèce la plus fréquente et la plus redoutable. C’est quasiment la
seule espèce qui tue
2- La protection des individus contre les piqures de moustiques le soir, la pulvérisation des
insecticides (pour éliminer les femelles) et l’assèchement des collections d’eau stagnante
(pour éliminer les stades aquatiques) représentent 3 mesures importantes de lutte contre le
paludisme.
3- Les sujets neufs, non prémunis, sont à haut risque de développer des formes graves à P.
falciparum.
4- Contrairement aux autres espèces, les hématies parasitées par les trophozoites âgés et les
schizontes de P. falciparum sont séquestrées dans les capillaires profonds des viscères.
Ces formes matures sont donc absentes de la circulation sanguine périphérique.
5- La schizogonie érythrocytaire dans les capillaires profonds des viscères (encéphale ++)
est caractéristique de P. falciparum et explique la survenue d’accès graves dus à cette
espèce.
6- Toujours évoquer un paludisme devant une fièvre chez un voyageur en retour d’une
zone d’endémie palustre.
7- Primoinvasion et accès périodiques sont des formes de paludisme simple, sans signes de
gravité, mais sont des URGENCES MEDICALES, car ils peuvent évoluer vers un accès
grave potentiellement mortel s’ils sont dus à P. falciparum
8- Diagnostic du paludisme = Frottis sanguin + Goutte épaisse
2
Le Paludisme
OBJECTIFS EDUCATIONNELS :
1. Enumérer les différentes espèces plasmodiales responsables du paludisme.
2. Préciser les modes de transmission du paludisme.
3. Exposer les aspects épidémiologiques du paludisme dans le monde et en Tunisie.
4. Décrire le cycle évolutif du parasite.
5. Préciser les caractéristiques de l’immunité antipalustre.
6. Décrire la physiopathologie du paludisme dans ses 2 formes simple et grave.
7. Poser le diagnostic d’un accès palustre en se basant sur les données de l’interrogatoire, de
l’examen physique et des examens complémentaires.
8. Enumérer les signes de gravité d’un paludisme à Plasmodium falciparum.
9. Planifier le traitement curatif et préventif d’un accès palustre.
10. Enumérer les moyens de lutte collective contre le paludisme en zones endémiques.
3
Le Paludisme
PRE-TEST
1) Les espèces plasmodiales pathogènes pour l’Homme sont :
A. Plasmodium falciparum
B. Plasmodium vivax
C. Plasmodium ovale
D. Plasmodium malariae
E. Plasmodium knowlesi
Réponse: ……………………………………………………………..
2) Les Plasmodium sp peuvent être transmis à l’Homme suite à :
A. Une piqure de phlébotome femelle infesté
B. Une piqure de moustique femelle infesté
C. Une baignade en eau douce contaminée
D. La consommation de crudités souillées
E. Une transfusion de sang contaminé
Réponse: ……………………………………………………………..
3) Parmi les propositions suivantes, quelles sont celles qui s’appliquent au cycle des
Plasmodium responsables du paludisme chez l’Homme ?
A. Le phlébotome femelle peut transmettre toutes les espèces plasmodiales
B. La phase hépatique chez l’Homme est asymptomatique
C. Une bilirubinémie élevée est constante lors de la phase hépatique
D. La fièvre est contemporaine de la phase érythrocytaire
E. Toutes les espèces plasmodiales donnent des accès de reviviscence tardifs
Réponse: ……………………………………………………………..
4) Les sujets exposés à un haut risque de développer une forme grave de paludisme
sont les :
A. Femmes enceintes
B. Adultes autochtones
C. Enfants de moins de 5 ans
D. Sujets atteints de drépanocytose
E. Voyageurs provenant de zones indemnes
Réponse: ……………………………………………………………..
4
Le Paludisme
5) Parmi les arguments suivants, lequel (lesquels) étaye(nt) l’hypothèse d’un accès
palustre ?
A. Adénopathies cervicales
B. Urticaire
C. Hyperéosinophilie
D. Absence de chimioprophylaxie
E. Retour d’une zone d’endémie palustre depuis plus de 10 jours
Réponse: ……………………………………………………………..
7) Quel examen biologique doit être demandé en urgence pour confirmer un accès
palustre ?
A. Une recherche d’anticorps spécifiques
B. Une ponction lombaire
C. Une ponction ganglionnaire
D. Une hémoculture
E. Un frottis de sang et une goutte épaisse
Réponse: ……………………………………………………………..
8) Parmi les examens suivants, certains sont demandés devant la suspicion d’un accès
palustre. Lesquels (lequel) ?
A. Une recherche d’anticorps spécifiques
B. Une recherche d’antigènes circulants
C. Une numération formule sanguine
D. Un frottis mince
E. Une goutte épaisse
Réponse: ……………………………………………………………..
5
Le Paludisme
9) Sur un frottis de sang positif à Plasmodium falciparum, les éléments parasitologiques
de gravité sont :
A. Association avec Plasmodium vivax
B. Présence exclusive de trophozoites jeunes
C. Présence de trophozoites âgés
D. Presence de gamétocytes
E. Parasitémie de 10%
Réponse: ……………………………………………………………..
10) Parmi les examens suivants, certains sont demandés dans le cadre du suivi post-
thérapeutique d’un paludisme. Lesquels (lequel) ?
A. Une recherche d’anticorps spécifiques
B. Une ponction lombaire
C. Une hémoculture
D. Un frottis mince
E. Une goutte épaisse
Réponse: ……………………………………………………………..
11) Un homme tunisien de retour d’un voyage au Sénégal vous consulte pour
complément de prise en charge. A l’interrogatoire, il rapporte la notion de fièvre, 2
mois avant son retour, traitée par un médicament anti-palustre sans preuve
parasitologique. Il aimerait vérifier s’il a bien contracté le paludisme. Quel est
l’examen biologique le plus adapté à cette situation ?
A. Numérotaion formule sanguine
B. Frottis/Goutte épaisse
C. Recherche d’anticorps spécifiques
D. Recherche d’antigènes circulants
E. PCR sur sang
Réponse: ……………………………………………………………..
12) Parmi les propositions suivantes concernant le paludisme en Tunisie, quelles sont
celles qui sont exactes ?
A. Le paludisme pose un problème de santé publique
B. Le paludisme est une maladie à declaration obligatoire (MDO)
C. Le nombre moyen de nouveaux cas autochtones est de 50 cas/an
D. L’espèce plasmodiale la plus fréquente est Plasmodium falciparum
E. La vaccination est préconisée pour le voyageur vers les zones endémiques
6
Le Paludisme
Réponse: ……………………………………………………………..
16) Pour pouvoir conseiller un jeune homme tunisien se rendant bientôt au Nigéria
concernant le paludisme, vous devez connaitre les éléments suivants :
A. Ses conditions de séjour
B. La durée prévue de son séjour
C. Son profil de vaccination
D. La chimiorésistance de P. falciparum au Nigéria
E. La chimiorésistance de toutes les espèces plasmodiales endémiques au Nigéria
Réponse: ……………………………………………………………..
7
Le Paludisme
17) Parmi les propositions suivantes concernant la chimioprophylaxie anti-palustre chez
un voyageur se rendant en zone endémique, quelles sont celles qui sont exactes ?
A. Elle prévient l’impaludation
B. Elle prévient la piqure de moustiques
C. Elle prévient le développement de signes clinqiues
D. Elle prévient le développement de forms graves
E. Elle prévient la mortalité
Réponse: ……………………………………………………………..
CAS CLINIQUE
Un homme âgé de 35 ans, sans antécédents pathologiques particuliers, consulte pour fièvre à
39°C évoluant depuis 3 jours, associée à des douleurs abdominales et à une diarrhée liquidienne.
Il vous rapporte la notion de voyage au Cameroun il y a 15 jours.
Q1- A ce stade, les diagnostics à évoquer sont :
A. Fièvre typhoïde
B. Paludisme de primo-invasion
C. Toxi-infection alimentaire à Staphylocoque
D. Amibiase intestinale
E. Gastroentérite à E. coli
9
Le Paludisme
LE PALUDISME
I. INTRODUCTION
Le paludisme ou malaria est une parasitose potentiellement mortelle, due à un hématozoaire du
genre Plasmodium, transmis par un moustique l’anophèle femelle. A l’échelle mondiale, le
paludisme est une endémie parasitaire majeure et demeure un problème majeur de santé publique
car elle coute très cher en termes de vies humaines et frais médicaux et ce, malgré les efforts
déployés par l’OMS depuis des décennies. En Tunisie, le paludisme a été éradiqué (= éliminé)
mais la vigilance reste de mise pour éviter la reprise de la transmission locale de la maladie. Pour
cela, le paludisme est une maladie à déclaration obligatoire (MDO).
Le paludisme est une urgence diagnostique et thérapeutique. Le diagnostic doit être suspecté
devant toute symptomatologie surtout fébrile avec la notion d’un séjour en pays endémique et
doit être confirmé dans le plus bref délai par la goutte épaisse et le frottis sanguin.
Le paludisme est grave en raison de la létalité potentielle lorsque l’espèce Plasmodium
falciparum en est la cause. Par ailleurs, l’infestation par cette espèce plasmodiale est de plus en
plus difficile à traiter et à prévenir à cause de sa chimiorésistance croissante à divers
antipaludéens.
II. EPIDEMIOLOGIE
A. Agents pathogènes : 5 espèces de Plasmodium sont pathogènes et causent le
paludisme chez l’Homme :
1. Plasmodium falciparum :
▪▪ C’est l’espèce la plus redoutable ; celle qui tue.
▪▪ La plus fréquente, la plus répandue.
▪▪ La plus concernée par le développement de résistance aux traitements antipaludéens.
▪▪ Sa longévité dépasse rarement les 2 mois, mais parfois jusqu’à 6 mois à 1 an.
▪▪ Pas de rechutes à distance de l’infestation.
2. Plasmodium vivax :
▪▪ C’est la 2ème espèce par ordre de fréquence.
▪▪ Répandue surtout en Asie et en Amérique latine. Elle est rare en Afrique noire (non réceptivité
des noirs africains qui sont du groupe sanguin Duffy négatif).
▪▪ Sa longévité est de 3 à 5 ans.
▪▪ Des rechutes à distance de l’infestation sont possibles.
10
Le Paludisme
3. Plasmodium ovale :
▪▪ Il est plus rare ; remplace P. vivax en Afrique.
▪▪ Même longévité que P. vivax (de 3 à 5 ans).
▪▪ Des rechutes à distance de l’infestation sont possibles.
4. Plasmodium malariae :
▪▪ Réparti en foyers localisés et épars.
▪▪ Sa longévité est très grande excédant parfois 20 ans voire plus.
5. Plasmodium knowlesi :
▪▪ Présent uniquement en Asie du Sud-est, en zones forestières où vivent des singes macaques
(réservoirs de l’espèce).
▪▪ Les cas de paludisme dus à cette espèce ont commencé à être rapportés depuis 2004 mais
restent très rares.
B. Répartition géographique
Le paludisme est une maladie qui sévit principalement dans les régions tropicales et
subtropicales. Selon le rapport de l’OMS de 2016 :
- Près de la moitié de la population mondiale vit dans des pays endémiques exposés au risque
du paludisme.
- Le paludisme est endémique dans 91 pays (parmi les plus pauvres).
- Incidence (nouveaux cas) en 2015 : 212 millions cas.
- Mortalité : 429 000 décès.
- 90% des cas et 92% des décès sont survenus en Afrique.
- Les cas restants sont survenus en Amérique latine, Asie du Sud-est et le Moyen orient.
- Plus de 80% des décès ont été observés chez des enfants < 5 ans.
11
Le Paludisme
C. Situation en Tunisie :
Grace au programme national de lutte contre le paludisme, la Tunisie est parvenue à éliminer la
maladie. Le dernier cas autochtone (= local) a été rapporté en 1979 à Aïn Draham, depuis, les
seuls cas observés dans notre pays sont des cas importés (tunisiens ayant séjourné en zones
endémiques ou des africains provenant de ces zones et viennent résider en Tunisie comme les
étudiants et les sportifs).
Le lieu de contamination : principalement Afrique subsaharienne, rarement pays d’Asie.
Espèce en cause : principalement P. falciparum (85% des cas).
Incidence du paludisme d’importation : moyenne de ~ 50 cas/an, mais en augmentation !!
Il importe de souligner que le cycle de transmission du paludisme exige : Parasite + Homme +
Anophèle
La transmission locale de ce cycle a été interrompue dans notre pays par l’élimination du
parasite. Les 2 autres éléments sont toujours présents : Homme et Anophèle. Donc il suffit de
réintroduire le parasite en Tunisie pour que le cycle local reprenne. La réintroduction du parasite
peut se faire à cause des cas d’importation. Pour cela, la vigilance est de mise et ce, par un
système de surveillance rigoureux. Cette surveillance constitue la dernière étape du programme
national de lutte contre le paludisme qui est toujours d’actualité. Pour cela, le paludisme est une
MDO.
D. Mode de transmission :
➢ Piqûre d’un moustique : la transmission du paludisme d’un sujet à un autre est indirecte par la
piqûre d’un moustique vecteur infesté, l’anophèle femelle, qui est la seule hématophage. Une
seule piqûre est suffisante pour acquérir la maladie. Ce mode de transmission reste de loin le
plus fréquent.
12
Le Paludisme
Après accouplement des adultes (males et femelles) et le repas de sang pris par les femelles,
celles-ci pondent leurs œufs dans des collections d’eau où ces œufs vont éclore pour donner des
larves, puis des nymphes puis des adultes qui s’envolent. Les stades œufs, larves et nymphes sont
aquatiques et leur évolution nécessite de la chaleur (≥ 20°C) et de l’humidité.
13
Le Paludisme
F. Cycle parasitaire
Il se déroule entre Homme et anophèle femelle.
Après plusieurs cycles schizogoniques, apparaissent dans les hématies des gamétocytes mâles et
femelles qui sont les formes infestantes pour le vecteur.
14
Le Paludisme
Ce cycle général est valable pour les 5 espèces plasmodiales pathogènes pour l’Homme.
Cependant, 3 particularités selon l’espèce sont à retenir :
▪ 1ère Particularité : la durée d’un cycle schizogonique érythrocytaire (depuis la pénétration du
mérozoïte dans l’hématie jusqu’à l’éclatement de l’hématie) varie selon l’espèce. Il est de :
▪▪ 48 heures pour P. falciparum, P. vivax et P. ovale.
▪▪ 72 heures pour P. malariae.
▪▪ 24 heures pour P. knowlesi
La durée du cycle érythrocytaire est responsable de la périodicité de la fièvre (tierce pour P.
falciparum, P. vivax et P. ovale, quarte pour P. malariae et quotidienne pour P. knowlesi).
▪ 2ème Particularité : pour P. vivax et P. ovale, les sporozoïtes inoculés par l’anophèle, et qui
pénètrent dans les hépatocytes ont une 2ème destinée possible. Certains peuvent, en effet, rester
quiescents ou dormants dans les hépatocytes sous la forme d’hypnozoïtes, donc sans donner
immédiatement de schizontes intra-hépatiques. Mais ces hypnozoïtes ont la capacité de « se
réveiller » quelques mois ou années plus tard pour subir à leur tour une schizogonie hépatique
puis érythrocytaire. Ce phénomène de reprise de multiplication hépatique et érythrocytaire est
responsable de rechutes cliniques à distance de la phase initiale de l’infestation. Ces rechutes
(dues aux formes hépatiques quiescentes) ne sont observées qu’avec P. vivax et P. ovale. D’où la
longévité de ces 2 espèces (pouvant aller jusqu’à 5 ans).
Anophèle femelle pique un sujet infesté : absorbe les hématies contenant des gamétocytes
Fécondation des gamétocytes ⇢ Formation d’un zygote (dit aussi oocyste)
Genèse de sporozoites ⇢ Stockés dans glandes salivaires du moustique ⇢ Ils seront inoculés à un
sujet réceptif lors de la prochaine piqure
15
Le Paludisme
Cycle du Plasmodium chez l’Homme : 1- Anophèle femelle prenant un repas de sang et inoculant des
sporozoites. 2- Infection d’hépatocytes. 3- Multiplication du noyau et formation de schizontes. 4- Rupture
des schizontes hépatiques et libération des mérozoites dans la circulation sanguine. 5- Pénétration du
mérozoite dans l’hématie. 6- Eclatement des schizontes murs. 7- Formation de gamétocytes males et
femelles. 8- Anophèle femelle prenant un repas de sang contenant des gamétocytes.
G. Chimiorésistance
Actuellement, un des principaux problèmes que soulève le paludisme, à l’échelle mondiale, est
représenté par la résistance de P. falciparum aux produits antipaludéens. Cette résistance a
commencé dans les années 1960s avec la chloroquine (le produit le plus utilisé à cette époque).
Cette chimiorésistance concerne actuellement la quasi-totalité des antipaludéens. Le paludisme à
P. falciparum est devenu de plus en plus difficile à traiter et à prévenir.
La connaissance de la résistance de P. falciparum pour chaque pays endémique est utile pour le
choix du traitement curatif et prophylactique qui doit être adapté à la zone présumée de
contamination. Chaque année, la cartographie de la chimiorésistance de P. falciparum est mise à
jour par l’OMS pour guider ce traitement.
16
Le Paludisme
III. IMMUNITE ANTI-PALUSTRE :
1) Résistance naturelle : certains facteurs génétiques confèrent à certains sujets une protection
partielle à l’infestation palustre. Exemples :
2) Immunité acquise : cellulaire et humorale, elle se constitue lentement, sur des années, chez
les sujets soumis à des réinfestations répétées. Cette immunité :
-- est spécifique d’espèce. Exemple : l’immunité contre P. vivax ne protège pas contre
P. falciparum.
-- n’est pas stérilisante : le parasite peut persister chez le sujet infesté malgré son
immunité. Il s’établit ainsi une sorte de « paix armée » entre le parasite et l’hôte, elle
est désignée alors par Prémunition.
-- elle est obtenue au prix d’une mortalité infantile élevée chez les enfants (par
neuropaludisme).
-- disparaît quelques mois ou années après l’élimination du parasite (sous l’effet du
traitement ou lorsque les sujets ayant acquis cette immunité quittent la zone
d’endémie et ne sont donc plus soumis à l’infestation).
-- diminue chez les femmes enceintes.
Les sujets non prémunis sont dits « sujets neufs » et sont représentés par: enfants < 5 ans,
femmes enceintes, autochtones ayant quitté les zones endémiques, les voyageurs provenant de
zones indemnes.
Concept clé : Les sujets neufs, non prémunis, sont à haut risque de
développer des formes graves à P. falciparum.
IV. PHYSIOPATHOLOGIE
Durant la phase hépatique, moins d’une centaine de cellules hépatiques sont parasitées. Leur
destruction lors de la schizogonie hépatique n’entraine aucune lésion inflammatoire et par
conséquent aucun signe biologique ni clinique. Pour cela, la phase hépatique est muette =
asymptomatique (sur le plan biologique et clinique).
Les signes cliniques et biologiques du paludisme sont liés à la schizogonie érythrocytaire.
17
Le Paludisme
1. Paludisme simple
On désigne par paludisme simple ou accès palustre simple toute infestation par Plasmodium sans
signes de gravité.
Hémolyse
Fièvre
Signes généraux
Signes digestifs
▪ Au début de la phase sanguine, les cycles schizogoniques (par conséquent l’éclatement des
schizontes) ne sont pas synchrones ⇢ La fièvre est anarchique ou apparemment continue.
▪ Après plusieurs jours d’évolution sans traitement, les cycles schizogoniques deviennent
synchrones et l’éclatement de tous les schizontes se fait :
▪▪ toutes les 48 h pour P. falciparum, P. vivax et P. ovale ⇢ la fièvre apparait à J1 puis à J3, J5,
etc. Elle est dite tierce.
▪▪ toutes les 72 h pour P. malariae ⇢ la fièvre apparait à J1 puis à J4, J7, etc. Elle est dite
quarte.
▪▪ toutes les 24 h pour P. knowlesi ⇢ la fièvre apparait à J1, J2, J3, etc. Elle est quotidienne.
18
Le Paludisme
2. Paludisme grave = accès pernicieux :
Il s’observe uniquement avec P. falciparum. Sa physiopathologie n’est pas totalement élucidée. Il
est du à la multiplication (= schizogonie) de P. falciparum dans les capillaires viscéraux en
particulier ceux du cerveau, mais aussi des autres organes comme les poumons, les reins, le foie,
etc. Pour cela, les signes neurologiques sont au premier plan du tableau clinique qu’on désigne
par neuropaludisme. Deux principales hypothèses expliquent le paludisme grave ; la
séquestration et la production de cytokines pro-inflammatoires et de toxines.
▪ la séquestration des hématies parasitées : les hématies parasitées par les trophozoites âgés
et les schizontes de P. falciparum développent à leur surface des molécules parasitaires appelées
« Knobs » qui vont jouer le rôle de ligands.
L’endothélium capillaire des viscères (particulièrement le cerveau) exprime des récepteurs à la
surface des cellules.
La fixation des ligands aux récepteurs est responsable de l’adhérence des hématies parasitées (par
les formes matures : trophozoites âgés et schizontes) aux capillaires. C’est la cyto-adhérance.
Ces ligands sont responsables aussi de la fixation de l’hématie parasitée à des hématies non
parasitées formant ainsi des « rosettes ». C’est le phénomène du Rosetting.
La cyto-adhérence et le rosetting sont responsables de la réduction de la lumière des capillaires
entrainant une diminution du flux sanguin et une hypoperfusion des tissus. D’où l’hypoxie
tissulaire et la diminution de l’élimination des produits métaboliques responsables de l’atteinte de
l’organe.
▪ la production des médiateurs pro-inflammatoires : l’obstruction des capillaires et la
production de toxines parasitaires induisent également une réaction inflammatoire locale avec
recrutement de cellules inflammatoires puis la production de médiateurs pro-inflammatoires
(TNFα, IL1, IL6, NO, etc.) qui participe à la défaillance viscérale.
Concept clé : Contrairement aux autres espèces, les hématies parasitées par les
trophozoites âgés et les schizontes de P. falciparum sont séquestrées dans les capillaires
profonds des viscères. Ces formes matures sont donc absentes de la circulation
sanguine périphérique.
19
Le Paludisme
V. CLINIQUE
Les manifestations cliniques du paludisme sont diverses dans leur expression et leur gravité et
dépendent à la fois du parasite (espèce et densité parasitaire dans le sang) et de l’état immunitaire
du sujet.
Certains tableaux cliniques sont communs à toutes les espèces plasmodiales avec des degrés
d’intensité variables selon le parasite.
1. Primo invasion
Elle se manifeste chez un sujet neuf non immun : l’enfants et femmes enceintes en zone
d’endémie, les sujets ayant perdu leur prémunition et ceux provenant d’une zone indemne.
L'incubation est cliniquement muette. Elle est en moyenne de 7 à 21 jours.
L'invasion est marquée par une fièvre d’apparition brutale, élevée, en plateau, continue ou
oscillante. Cette fièvre n'est jamais périodique.
La fièvre est souvent associée à :
• Un syndrome algique : asthénie, myalgies, arthralgies, douleur abdominale ;
• Des signes digestifs : nausées, vomissements, diarrhées, anorexie.
• Des signes neurologiques : céphalées intenses, parfois une réaction méningée.
20
Le Paludisme
Non traité, cette forme évolue le plus souvent vers des accès périodiques ou vers l’aggravation.
2. Accès périodiques
Les accès périodiques débutent soit brutalement soit après une phase prodromique associant,
céphalée, anorexie et vomissements.
Chaque accès se déroule en 3 stades successifs :
- Stade de frissons : les frissons sont intenses avec sensation de froid intense. Le malade
demande à se couvrir. Ce stade dure 1 heure.
- Stade de chaleur : Les frissons cessent, la fièvre augmente rapidement à 40 - 41 °C. Le
malade jette les draps. Ce stade dure 1 à 4 heures.
- Stade de sueurs : La température s’effondre brusquement avec une phase d’hypothermie
accompagnée de sueurs profuses. Ce stade est parfois suivit d’une sensation d’euphorie
et de bien être et le malade s’endort.
L’examen clinique trouve une splénomégalie, parfois un ictère et un pouls en rapport mais
parfois dissocié.
Concepts clés :
▪ Toujours évoquer un paludisme devant une fièvre chez un voyageur en retour
d’une zone d’endémie palustre.
▪ Primoinvasion et accès périodiques sont des formes de paludisme simple, sans
signes de gravité, mais sont des URGENCES MEDICALES, car ils peuvent évoluer
vers un accès grave potentiellement mortel s’ils sont dus à P. falciparum.
Goutte épaisse
Frottis mince
2. Diagnostic immunologique
▪▪ Les tests diagnostiques rapides (TDR) permettent de rechercher des Ag circulants
dans le sang en utilisant des bandelettes réactives. Ce sont des tests simples, rapides donnant un
résultat au bout de 10-15 minutes.
Ils ont une sensibilité comparable à celle du frottis mince mais ils ne permettent pas d’estimer la
parasitémie. Ils ne doivent en aucun cas remplacer le frottis mince et la goutte épaisse. Ils doivent
être utilisés comme une aide au diagnostic.
▪▪ La sérologie : elle permet de détecter les Ac antipalustres dans le sérum. Elle n’est pas
utilisée pour le diagnostic d’urgence. Elle est utilisée pour :
- Le diagnostic rétrospectif du paludisme
- Le dépistage des donneurs de sang pour prévenir le paludisme transfusionnel
- Le diagnostic étiologique d’un syndrome fébrile indéterminé
- Les études épidémiologiques en zones endémiques.
22
Le Paludisme
3. PCR : elle a un intérêt taxonomique et épidémiologique. Pour le diagnostic, elle est mal
adaptée au contexte d’urgence d’un accès palustre car elle nécessite au moins plusieurs heures
pour sa réalisation.
4. Signes biologiques d’orientation :
- Leuco-neutropénie modérée.
- Anémie, thrombopénie.
- CRP élevée
- Hypocholestérolémie, hypertriglycéridémie.
- Hyperbilirubinémie.
T
°
40°
C
37°
C
1 3 5 Jours
23
Le Paludisme
T
°
1 4 7
24
Le Paludisme
IX. TRAITEMENT
Le but du traitement est l’éradication du parasite. Ce traitement est une urgence médicale. Ainsi,
il faut répondre à 3 questions pour amorcer un traitement efficace :
• L’infection est elle causée par P. Falciparum ? : c’est le biologiste qui répond à cette question.
En cas de doute, cette espèce doit être considérée comme étant en cause de l’infection.
• S’agit-il d’une infection grave ? il faut se référer aux critères de gravité de l’OMS (chapitre
accès pernicieux ou graves).
• L’infection a-t-elle été acquise dans une région de pharmaco-résistance au paludisme ? il faut
se référer au site web de l’OMS. En cas de doute, le paludisme doit être traité comme due à
une souche de P. falciparum résistant (BEH n° 22-23, 4 juin 2013).
D’autre part, le choix du traitement dépend de plusieurs critères :
• La disponibilité des médicaments, leurs contre indications et leurs effets indésirables.
• Le terrain : grossesse, enfants, antécédents neuropsychiatriques, cardiaques …
• De la présence de vomissements ou de troubles de la conscience.
26
Le Paludisme
• De la prise récente d’un traitement antipaludique à visée prophylactique.
• Du pays de séjour : zone de chloroquino-résistance.
1. Traitement curatif
1.1. Traitement du paludisme simple
1.1.1. P. Falciparum en zone de chloroquino-résistance
On donne de l’artémisinine associé à un autre antipaludéen tel que le Coartéméther
(Coartem®) pendant 3 jours : cp Artéméther 20 mg + Luméfontrine 120mg. Aux posologies
suivantes :
• Enfant : ≥ 10 kg : 1cp x 2/j ; ≥ 15 et < 25 kg : 2cp x 2/j ; ≥ 25 et < 35 kg : 3cp x 2/j.
• Adulte : 4cp x 2/j
Autres alternatives :
• Quinine (Quinimax® cp500) : 1 cp x 3/j x 7 jours.
• Mefloquine (Lariam® cp 250) : 3 cp – 2 cp – 1 cp en 1 jour (8 heures d’intervalle).
• Atovaquone-Proguanil (Malarone cp 250-100) : 4 cp/j x 3 jours (au milieu des repas.
• Doxycycline 100 mg x 2 / jour x 7 jours
1.1.2. Paludisme à P. falciparum sensible à la Chloroquine ou à P. vivax, P. ovale, P. malariae
Chloroquine per os (cp 100mg) : J1-J2 : 10 mg de sel base/kg en 1 prise puis à J3 : 5mg base/kg
en 1 prise.
Si P.vivax ou P. ovale : Après la chloroquine on donne de la primaquine 0,25 mg/kg/j en 1 prise
x 14 jours afin d'éviter les rechutes (hypnozoïtes).
1.2. Traitement du paludisme grave
• Artésunate IV ou IM
o 2,4 mg/kg en IV : H0, H12, H24, H48, H72 (3 mg/kg si enfant < 20 kg)
o Un relais est possible per os a partir du 4ème jour (traitement complet)
o En cas de relais impossible, le traitement par artésunate peut être poursuivi jusqu’a
7 jours pleins (9 doses)
• Quinine par voie intraveineuse :
o 25 mg/kg/24h en 3 à 4 perfusions IV de 4 heures chacune
o Dose de charge 17 mg/kg en perfusion de 4 heures.
o Toxicité cardiaque et risque d’hypoglycémie
o Surveillance : ECG prélable puis /j / dextro (hypoglycémie) / EI: acouphènes,
vertiges, diplopie, nausées, vomissements / Surdosage : hypotension, trouble de la
conduction, TV, angor
Puis, dès que la voie orale est possible Coartéméther pendant 3 jours.
27
Le Paludisme
28
Le Paludisme
29
Le Paludisme
XI. CONCLUSION
Le diagnostic de paludisme doit être évoqué de principe devant une fièvre de retour d’un pays
endémique. Le diagnostic est confirmé par la goutte épaisse et le frottis sanguin pratiqués en
urgence. L’accès pernicieux fait toute la gravité de la maladie. La connaissance du pays de séjour
est primordiale dans le traitement curatif et préventif du paludisme.
REFERENCES
1. Le paludisme. Parasitose et mycoses des régions tempérées et tropicales. Association
française des enseignants de Parasitologie et Mycologie. 5ème Edition, 2016, p47-70.
2. Paludisme. Danis M et Gentilini M. Médecine tropicale. 6ème Edition, 2012, p191-227.
3. Rapport sur le paludisme dans le monde. OMS 2016.
http://www.who.int/malaria/publications/world-malaria-report-2016/report/fr/ (Consulté
le 2 Aout 2017).
4. Paludisme. Organisation Mondiale de la Santé. Aide-mémoire N°94. Avril 2017.
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs094/fr/ (Consulté le 2 Aout 2017).
5. https://www.cdc.gov/malaria/ (Consulté le 2 Aout 2017).
30
Le Paludisme
AUTO-EVALUATION
3) Parmi les propositions suivantes, quelles sont celles qui s’appliquent au cycle des
Plasmodium responsables du paludisme chez l’Homme ?
A. Le phlébotome femelle peut transmettre toutes les espèces plasmodiales
B. La phase hépatique chez l’Homme est asymptomatique
C. Une bilirubinémie élevée est constante lors de la phase hépatique
D. La fièvre est contemporaine de la phase érythrocytaire
E. Toutes les espèces plasmodiales donnent des accès de reviviscence tardifs
Réponse: ……………………………………………………………..
4) Les sujets exposés à un haut risque de développer une forme grave de paludisme
sont les :
A. Femmes enceintes
B. Adultes autochtones
C. Enfants de moins de 5 ans
D. Sujets atteints de drépanocytose
E. Voyageurs provenant de zones indemnes
Réponse: ……………………………………………………………..
1
Le Paludisme
5) Parmi les arguments suivants, lequel (lesquels) étaye(nt) l’hypothèse d’un accès
palustre ?
A. Adénopathies cervicales
B. Urticaire
C. Hyperéosinophilie
D. Absence de chimioprophylaxie
E. Retour d’une zone d’endémie palustre depuis plus de 10 jours
Réponse: ……………………………………………………………..
7) Quel examen biologique doit être demandé en urgence pour confirmer un accès
palustre ?
A. Une recherche d’anticorps spécifiques
B. Une ponction lombaire
C. Une ponction ganglionnaire
D. Une hémoculture
E. Un frottis de sang et une goutte épaisse
Réponse: ……………………………………………………………..
8) Parmi les examens suivants, certains sont demandés devant la suspicion d’un accès
palustre. Lesquels (lequel) ?
A. Une recherche d’anticorps spécifiques
B. Une recherche d’antigènes circulants
C. Une numération formule sanguine
D. Un frottis mince
E. Une goutte épaisse
Réponse: ……………………………………………………………..
2
Le Paludisme
9) Sur un frottis de sang positif à Plasmodium falciparum, les éléments parasitologiques
de gravité sont :
A. Association avec Plasmodium vivax
B. Présence exclusive de trophozoites jeunes
C. Présence de trophozoites âgés
D. Presence de gamétocytes
E. Parasitémie de 10%
Réponse: ……………………………………………………………..
10) Parmi les examens suivants, certains sont demandés dans le cadre du suivi post-
thérapeutique d’un paludisme. Lesquels (lequel) ?
A. Une recherche d’anticorps spécifiques
B. Une ponction lombaire
C. Une hémoculture
D. Un frottis mince
E. Une goutte épaisse
Réponse: ……………………………………………………………..
11) Un homme tunisien de retour d’un voyage au Sénégal vous consulte pour
complément de prise en charge. A l’interrogatoire, il rapporte la notion de fièvre, 2
mois avant son retour, traitée par un médicament anti-palustre sans preuve
parasitologique. Il aimerait vérifier s’il a bien contracté le paludisme. Quel est
l’examen biologique le plus adapté à cette situation ?
A. Numérotaion formule sanguine
B. Frottis/Goutte épaisse
C. Recherche d’anticorps spécifiques
D. Recherche d’antigènes circulants
E. PCR sur sang
Réponse: ……………………………………………………………..
12) Parmi les propositions suivantes concernant le paludisme en Tunisie, quelles sont
celles qui sont exactes ?
A. Le paludisme pose un problème de santé publique
B. Le paludisme est une maladie à declaration obligatoire (MDO)
C. Le nombre moyen de nouveaux cas autochtones est de 50 cas/an
D. L’espèce plasmodiale la plus fréquente est Plasmodium falciparum
E. La vaccination est préconisée pour le voyageur vers les zones endémiques
Réponse: ……………………………………………………………..
3
Le Paludisme
16) Pour pouvoir conseiller un jeune homme tunisien se rendant bientôt au Nigéria
concernant le paludisme, vous devez connaitre les éléments suivants :
A. Ses conditions de séjour
B. La durée prévue de son séjour
C. Son profil de vaccination
D. La chimiorésistance de P. falciparum au Nigéria
E. La chimiorésistance de toutes les espèces plasmodiales endémiques au Nigéria
Réponse: ……………………………………………………………..
4
Le Paludisme
17) Parmi les propositions suivantes concernant la chimioprophylaxie anti-palustre chez
un voyageur se rendant en zone endémique, quelles sont celles qui sont exactes ?
A. Elle prévient l’impaludation
B. Elle prévient la piqure de moustiques
C. Elle prévient le développement de signes clinqiues
D. Elle prévient le développement de forms graves
E. Elle prévient la mortalité
Réponse: ……………………………………………………………..
CAS CLINIQUE
Un homme âgé de 35 ans, sans antécédents pathologiques particuliers, consulte pour fièvre à
39°C évoluant depuis 3 jours, associée à des douleurs abdominales et à une diarrhée liquidienne.
Il vous rapporte la notion de voyage au Cameroun il y a 15 jours.
Q1- A ce stade, les diagnostics à évoquer sont :
A. Fièvre typhoïde
B. Paludisme de primo-invasion
C. Toxi-infection alimentaire à Staphylocoque
D. Amibiase intestinale
E. Gastroentérite à E. coli
5
Le Paludisme
Les examens complémentaires montrent : GB = 2500/mm3, Hb = 7 g/dL, plaquettes :
100.000/mm3, Glycémie : 3 mmol//l, Créatinémie : 300 µmol/l, Parasitémie : 6%.
Q2- Selon l’OMS, les signes de gravité du paludisme chez ce patient sont :
A. L’anémie à 7 g/dL
B. La thrombopénie à 100.000/mm3
C. La glycémie à 3 mmol/l
D. La créatinine sanguine à 300 µmol/l
E. La parasitémie à 6%
REPONSES
▪ Cas clinique :
Q1- A- B - E
Q2- D - E
Q3- B - C
6
Le Paludisme
ANNEXE
Elle est basée sur un ensemble d’éléments morphologiques qui tiennent au parasite
lui-même ; mais aussi à l’hématie parasitée.
1) Plasmodium falciparum :
2) Plasmodium vivax :
3) Plasmodium ovale :
- comme P. vivax, P. ovale parasite les globules rouges jeunes qui sont en
plus ovalisés en ballon de rugby (d’où le nom de l’espèce) et prennent un
aspect frangé.
- tous les stades sanguins peuvent être présentés sur le frottis
- le polyparasitisme est possible.
- les granulations de Schüffner sont plus précoces et plus abondantes que
chez P. vivax.
- les corps en rosace ne portent que 6 à 10 noyaux.
- les gamétocytes sont arrondis mais plus petits que ceux de P. vivax.
4) Plasmodium malariae :
- seules les hématies âgées sont parasitées → les hématies parasitées par P.
malariae sont de plus petite taille et paraissent foncées.
- tous les stades sanguins peuvent être présents sur le frottis
- les schizontes jeunes prennent souvent un aspect assez caractéristique en
bande équatoriale, ou en drapeau, ou en écharpe, ou en quadrilatère.
- les corps en rosace portent de 6 à 8 noyaux disposés régulièrement comme
les feuilles d’une marguerite (corps en marguerite).
- P. malariae se caractérise enfin par l’abondance et la précocité du pigment
palustre.
II
Le Paludisme
I
Fin du
Document..
Bon travail