L'intelligence émotionnelle : analyser et contrôler ses
sentiments et ses émotions, et ceux des autres
Daniel Goleman
Tome 1
Première partie : Le cerveau émotionnel
Signatures biologiques caractéristiques des émotions [p23] (R W Levenson, P Ekman, W V Friesen) :
Colère Peur Bonheur Amour Surprise Dégoût Tristesse
La colère fait affluer le La peur dirige le sang Le bonheur se L’amour, la tendresse et La surprise provoque un Partout dans le monde, Une des fonctions
sang vers les mains, ce vers les muscles qui caractérise par une la satisfaction sexuelle haussement des sourcils le dégoût se manifeste principales de la
qui permet à l’individu de commandent le augmentation de provoquent une qui élargit le champ par la même expression tristesse est d’aider à
s’emparer plus mouvement du corps, l’activité du centre excitation visuel et accroît la et possède la même supporter une perte
prestement d’une arme comme les muscles des cérébral qui inhibe les parasympathique – quantité de lumière signification : quelque douloureuse, celle d’un
ou de frapper un ennemi, jambes, ce qui prépare la sentiments négatifs et l’inverse, sur le plan atteignant la rétine. chose est déplaisant, être cher par exemple,
et une sécrétion massive fuite et fait pâlir le favorise un physiologique, de la L’individu dispose ainsi littéralement ou ou une grande déception.
d’hormones comme visage, le sang en étant accroissement de réaction « fuir ou se de davantage métaphoriquement. La tristesse provoque
l’adrénaline libère chassé (d’où la sensation l’énergie disponible et un battre » de la colère ou d’informations Comme l’avait observé une chute d’énergie et un
l’énergie nécessaire à de sang qui « se glace ralentissement de de la peur. Le réflexe concernant un Darwin, l’expression manque d’enthousiasme
une action vigoureuse. »). Simultanément, le l’activité des centres parasympathique, appelé événement inattendu. faciale du dégoût – la pour les activités de la
corps est paralysé générateurs « réponse de relaxation Cela lui permet de mieux lèvre supérieure se vie, en particulier les
l’espace d’un instant, ce d’inquiétude. Cependant, », consiste en un évaluer la situation et de retrousse sur les côtés distractions et les
qui laisse peut-être à il ne se produit pas de ensemble de réactions concevoir le meilleur tandis que le nez se plaisirs, et, quand elle
l’individu le temps de modification corporelles qui plan d’action possible. plisse légèrement – devient plus profonde et
décider s’il est physiologique engendrent un état semble refléter une approche de la
préférable de se cacher. particulière, si ce n’est général de calme et de tentative primitive pour dépression, elle
Les centres émotionnels un apaisement, grâce contentement propice à fermer les narines à une s’accompagne d’un
du cerveau sécrètent auquel le corps se remet la coopération. odeur désagréable ou ralentissement du
massivement des plus rapidement des recracher un aliment métabolisme. Le repli sur
hormones qui mettent le effets biologiques induits toxique. soi permet de faire le
corps en état d’alerte par les contrariétés. Cet deuil d’un être cher ou
générale, celui-ci se état procure à de digérer un espoir
tend, prêt à agir, l’organisme un repos déçu, d’en mesurer les
l’attention se fixe sur la général ; l’individu conséquences pour sa
menace imminente, accomplit avec propre vie et, lorsque
attitude idéale pour empressement et l’énergie revient, de
décider quelle réaction enthousiasme toutes les projeter un nouveau
est la plus appropriée. tâches qui se présentent départ. Lorsque les
à lui ; il se donne des premiers humains
buts plus variés. étaient tristes – et donc
vulnérables –, cette
perte d’énergie les
obligeait peut-être à
rester près de leur gîte,
donc en sécurité.
Le signal visuel est d’abord transmis de la rétine au thalamus,
où il est traduit dans le langage du cerveau. La plus grande
partie de ce message est ensuite envoyée vers le cortex
visuel. Il y est analysé et sa signification évaluée en vue d’une
réponse appropriée. Si cette réponse est émotionnelle, un
signal part vers l’amygdale pour activer les centres de
l’émotion. Mais une petite partie du signal originel passe
directement du thalamus à l’amygdale, ce qui permet une
réponse plus rapide mais moins précise.
L’amygdale peut donc déclencher une réponse émotionnelle
avant que les centres corticaux aient compris ce qui se passe.
Réponse « fuir ou se battre » : le rythme cardiaque s’accélère,
la tension artérielle augmente. Les muscles sont prêts à agir
rapidement. [p42]
Deuxième partie : La nature de l’intelligence émotionnelle
Formes d’intelligence personnelle (Solvey / Gardner) en cinq domaines principaux [70] :
La connaissance des La maîtrise de ses L’auto-motivation La perception des émotions La maîtrise des relations
émotions émotions d’autrui humaines
La conscience de soi – le fait de La capacité d’adapter ses Il faut savoir canaliser ses émotions L’empathie, une autre faculté fondée Savoir entretenir de bonnes
pouvoir identifier ses émotions – est sentiments à chaque situation pour se concentrer, se maîtriser et sur la conscience de soi, constitue relations avec les autres, c’est en
la clé de voûte de l’intelligence dépend de la conscience de soi ; s’automotiver. Le contrôle de ses l’élément fondamental de grande partie savoir gérer leurs
émotionnelle. Cette capacité est comment on peut pacifier son esprit, émotions – le fait d’être capable de l’intelligence interpersonnelle. Nous émotions - compétence, facultés
essentielle à la compréhension de se libérer de l’emprise de l’angoisse, remettre à plus tard la satisfaction identifierons les bases de l’empathie, particulières qu’elle exige et
soi et à l’intuition psychologique. de la tristesse ou de la colère, et les de ses désirs et de réprimer ses le coût social de son absence et les conséquences de son absence. Les
Quiconque est aveugle à ce qu’il conséquences négatives d’une pulsions – est la base de tout raisons pour lesquelles elle a pour personnes qui savent se rendre
ressent est à la merci de ses incapacité à y parvenir. Les accomplissement. La capacité de se conséquence l’altruisme. Les populaires, qui savent diriger et
sentiments. Par contre, les personnes qui n’ont pas cette placer dans un état de « fluidité » personnes empathiques sont plus conduire efficacement leurs
personnes qui en sont capables aptitude psychologique fondamentale psychologique permet de faire des réceptives aux signaux subtils qui relations avec autrui les possèdent
conduisent mieux leur vie et sont en lutte constante contre des choses remarquables. Les gens qui indiquent les besoins et les désirs au plus haut point. Elles réussissent
perçoivent plus clairement les sentiments pénibles. Ceux qui la possèdent cette aptitude sont en des autres. Ces individus sont doués dans toute entreprise fondée sur
répercussions intimes de leurs possèdent supportent général extrêmement productifs et pour l’enseignement, la vente, la des rapports harmonieux.
décisions personnelles, qu’il s’agisse incomparablement mieux les revers efficaces dans tout ce qu’ils gestion, et les autres métiers où
du choix d’un conjoint ou d’un métier. et les contrariétés que leur réserve entreprennent. l’intérêt pour les autres est
la vie. primordial.
Catégories d’individus selon leurs rapports avec leurs émotions [p77] (Mayer)
Ceux qui ont conscience d’eux-mêmes. Ceux qui se laissent submerger par leurs émotions. Ceux qui acceptent leurs dispositions d’esprit.
Ces personnes font naturellement preuve d’une certaine Ils ont souvent l’impression de ne pas pouvoir échapper à leurs Tout en ayant souvent conscience de ce qu’ils éprouvent, ils ont
subtilité dans leur vie affective. La connaissance de leurs émotions, comme si elles prenaient le commandement. Ils sont tendance eux aussi à ne rien faire pour y remédier. Il semble
propres émotions sous-tend parfois d’autres traits de versatiles et n’ont guère conscience de leurs sentiments, de que cette catégorie se subdivise en deux : d’une part, les
personnalité : ce sont des gens indépendants, en bonne santé sorte qu’ils s’abîment en eux et perdent toute distance. En personnes généralement de bonne humeur et donc peu enclines
psychologique, qui ont le sens de la mesure et, en général, une conséquence, ils ne font pas grand-chose pour se défaire de à modifier leur état ; d’autre part, celles qui, tout en ayant
conception positive de la vie. leur mauvaise humeur et ont souvent le sentiment de ne pas conscience de leurs sautes d’humeur, les acceptent et ont
Lorsqu’ils sont de mauvaise humeur, ils ne la remâchent pas à contrôler leur vie affective. tendance à s’y laisser aller et à ne rien faire. Cette tendance se
n’en plus finir et sont capables de s’en défaire rapidement. Bref, rencontre souvent chez les dépressifs, résignés à leur
leur caractère attentif les aide à maîtriser leurs émotions. désespoir.
Aptitudes composant l’intelligence interpersonnelle [p176] (Hatch / Gardner) :
L’aptitude à organiser des groupes La capacité à négocier des La capacité à établir des relations La capacité d’analyse sociale
solutions personnelles
C’est la capacité première du leader ; elle C’est le talent du médiateur, celui qui permet C’est la capacité à éprouver de l’empathie et à C’est le fait de savoir percevoir les sentiments,
consiste à savoir amorcer et coordonner les de prévenir les conflits ou de les résoudre. Les communiquer. Elle facilite les contacts et les motivations et les préoccupations des
efforts d’un réseau d’individus. C’est le talent personnes possédant cette aptitude excellent à permet d’identifier les sentiments et les autres. Cette compréhension permet une plus
dont font preuve les metteurs en scène, les négocier des arrangements, à arbitrer les préoccupations des autres pour y répondre de grande intimité et procure un sentiment de
chefs militaires et les dirigeants d’entreprise différends ; on les trouve souvent dans les manière appropriée – c’est tout l’art des sympathie. Dans sa forme supérieure, cette
ou d’association. carrières diplomatiques ou juridiques, elles relations personnelles. Ceux qui la possèdent aptitude fait les bons conseillers ou
savent servir d’intermédiaires. Ce sont les sont de bons coéquipiers, des amis sûrs, des psychothérapeutes – et, associée à un talent
enfants qui règlent les disputes dans la cour de époux sur qui on peut compter et des associés littéraire, les bons romanciers ou auteurs
récréation. sérieux ; ils deviennent d’excellents vendeurs, dramatiques.
gestionnaires ou professeurs. Ce sont les
enfants qui s’entendent bien avec quasiment
tout le monde, jouent volontiers avec les autres
et y prennent plaisir. Ils savent en général
déchiffrer les émotions et sont les préférés de
leurs camarades.
Troisième partie : L’intelligence émotionnelle appliquée
Les conceptions masculines et féminines du couple se forment dans l’enfance [p192] :
Il existe bel et bien deux réalités émotionnelles dans le couple, celle de l’homme et celle de la femme. Bien qu’elle puisse être en
partie biologique, on peut aussi rechercher l’origine de ces différences émotionnelles dans l’enfance et dans les univers
émotionnels séparés dans lesquels vivent garçons et filles pendant qu’ils grandissent. […] Les garçons et les filles apprennent à
gérer leurs émotions de manière totalement différente. En règle générale, les parents abordent plus volontiers les questions
liées aux émotions – à l’exception de la colère – avec leurs filles qu’avec leurs fils. Parce que les filles apprennent plus tôt que les
garçons à manier le langage parlé, elles savent mieux exprimer leurs sentiments et sont plus habiles à employer les mots pour
analyser leurs réactions émotionnelles et en maîtriser certaines, comme le désir de se battre.
Quatrième partie : Possibilités
Trois styles d’incompétence émotionnelle les plus fréquents chez les parents [p273] :
Ignorer purement et simplement les sentiments Laisser faire Être méprisant et ne pas respecter ce que
de l’enfant ressent l’enfant
Ces parents voient dans la détresse émotionnelle de leur enfant Ces parents voient bien ce que ressent leur enfant, mais ils En règle générale, ces parents sont toujours insatisfaits, durs
quelque chose d’insignifiant ou de gênant qui finira bien par estiment qu’il faut le laisser s’exprimer à sa manière – même dans la critique et dans la punition. Ils peuvent, par exemple,
passer tout seul. Ils ne saisissent pas cette occasion pour se s’il le fait en donnant des coups. Comme les parents précédents, interdire à l’enfant toute manifestation de colère et le punir au
rapprocher de lui ou l’aider à mieux maîtriser ses émotions. il est rare qu’ils interviennent pour lui montrer qu’il existe moindre signe d’irritation. Ils se fâchent lorsque celui-ci tente
d’autres façons de réagir. Ils tentent de l’apaiser en lui de se justifier : « Je t’interdis de me répondre ! »
promettant, par exemple, une récompense… ou une punition.
Tempérament et destinée [p307]
Qu’en est-il maintenant des réactions innées, celles dont nous avons hérité ? Est-il possible de modifier le comportement de
gens qui, par nature, sont susceptibles ou timides ? Nous entrons ici dans la sphère du tempérament, cette toile de fond qui
détermine notre caractère profond. Le tempérament est l’ensemble des dispositions qui caractérisent notre vie affective.
Chacun de nous emploie une gamme d’émotions particulières ; le tempérament est donné à la naissance, il fait partie du
patrimoine génétique que le hasard nous a imparti, et son influence se fait sentir au cours de toute notre vie. […] La question est
de savoir si cet inné émotionnel peut être modifié par l’expérience. […] Il existe au moins quatre tempéraments de base –
timide, hardi, optimiste et mélancolique (J. Kargan) –, et chacun correspondrait à un certain schéma d’activité cérébrale.
Cependant, il existe d’innombrables nuances de tempérament, chacune fondée sur des différences innées dans le circuit
émotionnel ; la facilité avec laquelle une émotion donnée est éveillée, sa durée et son intensité varient d’un individu à l’autre.
Cinquième partie : Les rudiments de l’intelligence émotionnelle
Education émotionnelle [p368] :
Voici une manière originale de faire l’appel. Une quinzaine d’élèves de cours moyen sont assis par terre ; au lieu de répondre «
Présent », ils annoncent un chiffre selon leur humeur. « Un » signifie « déprimé », « dix » que le moral est au plus haut. […]
Ainsi commence un cours sur la « connaissance de soi » Le cours traite des émotions, qu’elles soient spontanées ou suscitées
par les rapports avec les autres. Le sujet exige que le maître et les élèves soient particulièrement attentifs à la toile de fond
émotionnelle de la vie, ce qui est rarement le cas dans la plupart des écoles modernes. Cette méthode implique que les tensions
et les traumatismes de la vie des enfants soient étudiés au jour le jour. Les maîtres abordent des questions concrètes : le rejet,
l’envie, les disputes qui dégénèrent en bagarre dans la cour de récréation. […] « la vie émotionnelle de l’enfant influe
considérablement sur ses études. Il faut être fort en émotions comme on est fort en maths et en lecture. »
La bonne leçon au bon moment [p387] :
En identifiant les étapes du développement des émotions, les psychologues peuvent dire quels enseignements sont appropriés à
chaque étape, quels déficits durables risquent de marquer ceux qui n’ont pas maîtrisé la bonne aptitude au bon moment, et
quelles expériences correctrices sont susceptibles de combler ces lacunes.
Exemple : À l’école maternelle, les enfants s’assoient en cercle et lancent un dé dont chaque face porte un mot comme « triste »
ou « excité ». À tour de rôle, ils expliquent comment ils se sentent lorsqu’ils sont dans cet état ; cet exercice leur apprend à
nommer les émotions et leur permet de ressentir davantage d’empathie quand les autres éprouvent les mêmes émotions
qu’eux.
En cours moyen, les relations de l’enfant avec son entourage prennent une grande importance, et on lui enseigne donc ce qui
permet d’entretenir l’amitié : l’empathie, le contrôle des pulsions et la maîtrise de la colère. Les cours où les élèves essaient de
découvrir les émotions exprimées par des visages sont essentiellement un apprentissage de l’empathie. Pour faciliter le contrôle
des pulsions, une affichette placée bien en vue énumère les six étapes suivantes :
L’enfant doit marquer un temps d’arrêt chaque fois qu’il est, par exemple, sur le point d’en frapper un autre ou de se vexer ou
encore de fondre en larmes. Cela permet à l’enfant d’adopter une attitude plus mesurée en suivant un ensemble de conseils
concrets. Et, quand le contrôle des pulsions désordonnées est devenu une habitude, on est mieux armé pour affronter
l’adolescence et l’âge adulte.
L’éducation des émotions permet-elle d’obtenir vraiment des résultats probants ? [p394]
Toutes les évaluations montrent que oui.
CONSCIENCE MAÎTRISE DES ÉMOTIONS UTILISATION EMPATHIE : MAÎTRISE DES RELATIONS
AFFECTIVE DE PRODUCTIVE L’INTERPRÉTATION
SOI DES ÉMOTIONS DES ÉMOTIONS
• Augmentation de • Meilleure tolérance de la frustration et maîtrise • Comportement • Capacité plus • Meilleure capacité d’analyser et de comprendre les relations avec les
la capacité de de la colère. plus responsable. grande de se placer autres.
reconnaître et de • Moins d’insultes, de conflits et de perturbations • Capacité du point de vue • Meilleure capacité de résoudre les conflits et de négocier des accords.
nommer ses en classe. supérieure de d’autrui. • Meilleure capacité de résoudre les problèmes relationnels.
émotions. • Augmentation de la capacité d’exprimer sa concentration et • Augmentation de • Davantage d’assurance et d’adresse dans la communication.
• Augmentation de colère sans en venir aux mains. d’attention. l’empathie et de la • Plus grandes popularité et ouverture ; comportement amical et
la capacité de • Moins d’exclusions temporaires et de renvois. • Moins sensibilité aux tendance à s’engager davantage avec les autres.
comprendre leurs • Comportement moins agressif ou d’impulsivité, plus sentiments des • Davantage recherché par ses camarades.
causes. autodestructeur. grande maîtrise autres. • Plus concerné et prévenant.
• Reconnaissance • Sentiments plus positifs sur soi-même, l’école et de soi. • Meilleure aptitude à • Comportement plus social et en harmonie avec le groupe.
de la différence sa famille. • Meilleurs écouter les autres. • Tendance à partager, à coopérer et à être obligeant.
entre émotions et • Meilleure tolérance du stress. résultats aux • Attitude moins autoritaire.
actions. • Moins de solitude et d’anxiété. examens.
Le développement de l’intelligence émotionnelle améliore les résultats scolaires des enfants. La constatation n’est pas isolée,
elle ressort de toutes les études de ce genre.
Appendice : Qu’est-ce qu’une émotion ? [p403]
Goleman désigne par émotion à la fois un sentiment et les pensées, les états psychologiques et biologiques particuliers, ainsi que la gamme de
tendances à l’action qu’il suscite. Il existe des centaines d’émotions, avec leurs combinaisons, variantes et mutations. Leurs nuances sont en
fait si nombreuses que nous n’avons pas assez de mots pour les désigner.
Colère Tristesse Peur Plaisir Amour Surprise Dégoût Honte
fureur, indignation, chagrin, affliction, anxiété, bonheur, joie, approbation, amitié, choc, ahurissement, mépris, dédain, sentiment de
ressentiment, morosité, mélancolie, appréhension, soulagement, confiance, stupéfaction, répulsion, aversion, culpabilité,
courroux, apitoiement sur soi- nervosité, inquiétude, contentement, gentillesse, affinité, étonnement. répugnance, embarras,
exaspération, tracas, même, solitude, consternation, félicité, délectation, dévotion, adoration, écœurement. contrariété,
acrimonie, animosité, abattement, crainte, amusement, fierté, engouement. remords, humiliation,
mécontentement, désespoir, et, circonspection, plaisir sensuel, regret, mortification,
irritabilité, hostilité, lorsqu’elle devient énervement, effroi, frisson (de joie), contrition.
et, peut-être à pathologique, la terreur, épouvante, ravissement,
l’extrême, haine et dépression profonde. et, en tant que satisfaction,
violence pathologie, phobie et euphorie, humeur
pathologiques. panique. fantaisiste, extase,
et, à l’extrême,
manie.
Tome 2
Les 25 compétences émotionnelles [p523] :
COMPETENCES PERSONNELLES : Ces compétences déterminent comment nous nous comportons …
CONSCIENCE DE SOI : Connaître ses états internes, ses MAITRISE DE SOI : Gestion des états internes, ses impulsions et ses MOTIVATION : Tendances émotionnelles qui guident ou
préférences, ses ressources et ses intuitions. ressources. facilitent la réalisation de nos buts.
- Conscience émotionnelle : Reconnaissant ses - Le contrôle de soi : Gérer les émotions et les impulsions. - L’exigence de la perfection : L’effort pour améliorer ou
émotions et leurs effets. - La fiabilité : Maintien des normes d’honnêteté et d’intégrité en toutes atteindre un standard d’excellence.
- Auto-évaluation précise : Connaître ses forces et ses circonstances. - L’engagement : S’avoir s’aligner sur les objectifs du
limites. - La conscience professionnelle : S’acquitter de son travail de manière groupe ou de l’organisation.
- La confiance en soi : Un sens fort de l’estime de soi, responsable. - L’initiative : Être prêt à saisir les opportunités.
de sa valeur et des capacités. - L’adaptabilité : Faire preuve de souplesse devant les changements. - L’optimisme : Poursuivre ses objectifs avec ténacité
- L’innovation : Être à l’aise avec de nouvelles idées, approches et nouvelles malgré les obstacles et les déconvenues.
informations.
COMPETENCE SOCIALE : Ces compétences déterminent notre façon de gérer nos relations aux autres.
EMPATHIE APTITUDES SOCIALES
La conscience des sentiments, des besoins et des préoccupations des autres Aptitudes à induire des réponses favorables chez les autres)
- La compréhension des autres : Capter les sentiments et les points de vue des autres et - L’influence : Savoir employer des tactiques efficaces pour la persuasion.
éprouver un intérêt réel pour leurs préoccupations. - La communication : Envoyer des messages clairs et convaincants.
- La passion du service : Anticiper, reconnaitre et satisfaire les besoins des autres et renforcer - Le sens de la médiation : Négociation et résolution des désaccords/conflits.
leurs capacités. - Le leadership : Inspirer et guider les individus et les groupes.
- L’enrichissement des autres : Sentir les besoins et les carences des autres et stimuler leurs - La gestion des changements : Savoir initier ou gérer les changements.
capacités. - La construction des liens : Savoir cultiver des relations utiles.
- L’exploitation de la diversité : Savoir concilier des sensibilités différentes pour mieux saisir les - Le sens de la collaboration et de la coopération : Travailler avec les autres vers des objectifs
opportunités. communs.
- La sensibilisation politique : Lecture des courants émotionnels d’un groupe et ses relations de - La capacité de mobiliser une équipe : Création d’une synergie de groupe dans la poursuite des
pouvoir. objectifs collectifs.