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Les Trois Mousquetaires

Ce document présente un résumé biographique d'Alexandre Dumas et de Ménina Azza, ainsi qu'un sommaire du roman Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas.

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TROIS

LES MOUSQUETAIRES
Alexandre Dumas
TROIS
LES MOUSQUETAIRES Alexandre Dumas

Adtptallon du tt.xtt
MtnlnaAzza
SOMMAIRE
1. En route pou r Paris .... ...... ....... ...... ....... .. ........ ...... ....... ..... 6
2. L'hôtel d u capita ine des mousquetaires ........ ...... ............... 9
3. Les gardes d u Cardinal de Richelieu ... ..... .. ...... , ....... ...... ..... 13
4. Une rencontre royale .................. ...................... ........ ........ 16
5. Une intrigue d e cour ..... ....... ...... ....... .......... ... ..... ....... ..... . 18
6. Un rendez-vous secret .. ....... ........... ...... ............. ....... ...... . 20
7. Le plan d u Cardinal .... ....... ..... ....... ...... ....... ....... ...... ....... .. 23
8 . Comment Constance aide ta reine ..... .... ....... ...... ....... ...... .. 25
9. Les insépa rables compagnons ................... .............. ..... ... 27
10. En rou te pou r Lond res ... ... .... ...... ....... .... ....... ...... ....... ..... 29
11. Retour en France ................. ............ ............... ................. 32
12 . Le bal royal ..... ....... ...... ... .... ..... ........ .... ....... ............. ..... 34
13. Le rendeZ·VOUS .............................................................. 38
14 . D'Artagnan renco ntre M ilady .. ...... ....... .... ....... ...... ....... ... 40
15. Angla is contre Françai s .. ...... ....... ...... ....... .. ........ ...... ..... 43
16. l a nuit tou s les chats sont gris ..... ...... ........... ....... ...... ..... 46
17. Rêve d e vengeance .... ... .... ....... ... .... ............. ............. ...... 48
18. D'Artagnan est en danger ............................................... 51
Adaptation du texte et rédaction du dossier pédagogique: Mé-nlnaAzza 19. Étranges retrouva illes .... ....... ....... ...... ............. .... ... .... .... S3
Direction éditoriale: MayaAbdo·Hanna 20. Les deux messagers ........... ....... ..... ....... ........................ 56
Direction de collection: Mathilda Wehbt
Coordination idltortatt: Anne,Vatérle Roumleh 21. Milady est emprisonnée ...... .......... .... .... ...... .. .... .. ............ 58
Conception graphique et direction artistique: Magali A. Safar Abboud
Maquelle: Ralph Vlaked, Nadine 8ou1ros
22. Un meurtre à Buckingham .............. ....... ...... ....... ...... ...... 62
lllustratlons: Mich~te Suindjofski 23. Ma l heu reuse coin cid ence à Béthune ...... ............ .. ...... ..... 64
Adaptation num6r1qut : Nadlm Harfouche, JoelleAssM
24. Ange et Mmon .... .... .. ..... ...... ....... ....... ...... ...... ....... .... ... . 67
25. Le jugement ........ .... ................... .................. ... ............ .. 71
Cl Samir !diteur 2018 - Sin at,Fil, B.P. SSS42 Beyrouth, Ul>an
IS8N 978•614,443,443,7 26. L' exécution ... ............. ....... .... .. ..... ...... ... ........... ............. 73
Épilogue .................................. .............. .. ......... .................. 76
l011tf floet$tnüllM OU f'fPf'Odu<OOn ll'llftl1lf OU ~111tllt. Pl! MCIW"'O(fdf Qllt(f soll.. q,u'fllf Port• SUI tes
l@lltff, tfS llrfslUUOns. IU P'*otllplllts. ltS letNtt ou" mtst ,en o,tt. f,lllt WAS .. (MSffllf,.. dt l'HltfO!r Activités ....... ....... ...... ....... ............. .... ....... ........ ..... ............. 77
ou dt us ar,nts dfol( w 1<ano (auw, wa1111Udtt , 1~lt9ffl<tl un fllJ1l.11 ou unt contttQCon wnalonl'lff pat
lts lob 1e1a11ws a la protettlon des. dlOks dt ptoptl,kt lntttt,tttutlt. Tous d1011s rheivts pour tous pan. Corrigés .......... ......................................................... ........... 93
Alexandre Ouma5 Ménlnï1Az.za

Alexandre Dumas est un {!;crivaln français du XIX• siècle. Il est né à Villers• Ménina Azza est née en 1968 à Paris. Après des études en commerce
eouerêts, le 24 juillet 1802. Il est mort à 1'3ge de 68 ans à Dieppe, dans la international, elle part vivre une année en Afrique. De retour en France, elle
maison de son fils, le 6 décembre 1870. Il est élevé par sa mère car son père, change d'orientation professlonnelle en préparant avec succ~s te Professorat
géné>ral dans l'année française, était sowent en déplacement. de didactique du français langue étrangère (FlE) de l"Alliance française
A vingt ans, Dumas décide de s'installer a Paris et devient clerc de notaire. de Paris. S'ensuivent alors si~ années d'enseignement a l'étranger dans
Il découvre aussi la Comédie-Française. Dumas est passionné d'histoire et plusieurs Alliances françaises et centres culturels. Elle enseigne à des adultes
commence à écrire des drames historiques dont Hel'lfl Ill et sa cout en 1828. en ~cosse, à des enfants au Portugal et se spécialise en cours en entreprise
Cette pièce jouée a la Comédie-Française connaît un énorme succès. Il au Maroc. Forte de ses expériences. elle retourne à Paris en 1997. Elle donne
travaille ensuite dans la presse en publiant chaque semaine un chapitre d'un des cours de FtE à l'Alliance française e1 participe à la forma1ion linguistique
roman. C'est ce qu·on appelle le roman-feuilleton. Ces romans historiques d'étudiants en commerce à l'European Business School.
sont écrits à« plusieurs mains». Il travaille notamment avec Auguste Maquet En juin 2000, elle s'installe dans le sud de la France pour rejoindre l'équipe
qui a contribué à de nombreux romans célèbres. pédagogique de l'Alliance française de Nice.
En 184~. parait sous forme de 67 feuille1ons, Les Trois MousQuecoites puis le Voulant parfaire sa formation, elle reprend te chemin de la faculté pour
Comte de Monte•Cristo en 1846. Cette m~me année, il fait construi re i Paris préparer un Master de didactique des langues qu'elle obtient en 2007, ce qui
son thé3tre, appelé le «Théatre·Historique». Dumas multiplie les romans lui permet d'enseigner le FlE à l'université de Nite Sophia-Antipolis.
histor'iques: la Reine Moroor. Les QuoroMe-CinQ, Mémoites d'vn médecin. Ménlna a toujours été passionnée par la langue frantalse et l'écriture. Pour
C'est un auteur prolifique. Dumas aime l'écriture et la cuisine. Il est l'auteur créer un lien entre l'enseignement du FLE et son envie d'écrire, elle suit,
du Grand Dictionnaire de cuisine (1870). en 2009, la formation au métier de correcteur du Centre d't.criture et de
En septembre 1870, Dumas a un accid ent cardio-vasculaire. Il s'installe chez Communication de Paris.
son fils à Dieppe oll Il vivra ses derniers Instants. En 2010, M~nina rejoint l'équipe de Samir ~dlteur. En adaptant les Trois
A 1·occasion du bicentenaire de sa naissance, ses cendres ont été transférées Mousqvetaires d'Alexand re Dumas pour des apprenants de niveau A2, le lien
au Panthéon à Paris, le 30 novembre 2002. Il rejoint ainsi les écrivains français entre l'enseignement du FLE et l'écriture s·est concrétisé.
qui ont participé symboliquemen1 à la construction de la Nation. Son cercueil
est entouré de mousquetaires et d'une Marianne, symbole de la République.
l'œuvre littéraire d'Alexandre Dumas est immense. La plupart de ses grands
romans historiques ont été adaptés au cinéma.

Alexandre Dumas et Les Trois Mousquetoires

C'est d'abord sous forme d'un feuilleton publié chaque semaine que ce livre
volt le Jour. les aventures de d'Artagnan et de ses trois amis mousquetaires
paraissent de mars à juillet 1844.
le roman raconte les aventures d'un Gascon déSargenté de 18 ans, monté à
Paris pour devenir mousquetaire. Très vite, ce Jeune homme se lie d'amitié
avec trois mousquetaires du roi louis XIII. les quatre amis vont s'opposer
au premier ministre, le cardinal Richelieu, pour sauver l'honneur de la reine,
Anne d'Autriche.
Avec ses nombreux combats et ses rebondissements, ce roman est l"exemple
type du roman de cape et d'épée.A l'époque, le succè-5 est tellement important
que Dumas écrira la suite des aventures des mousquetaires : Vinot ans Ol)tbs
en 1845 et le Vicomte de Btagetonne en 1847.
I
EN ROUTE POUR PA.RIS

Le premier lundi d'avril 1625, d'Anagnan, un jeune Gascon 1


de 18 ans 1 part à Paris pour l'enoontre t M . de Tréville, capitaine
des mousquetaires et ami du roi Louis XIU. U s'arrête à
l 'auberge de Meung. T ro is hommes regardent son cheval puis
commencent à rire. D'Artagnan s'approd1e.
cOites-moi de quoi vous riez, et nous rirons ensemble.• Un
homrne avec un grand manteau noir répond : •Je ris quand je
veux, monsieur !>
O'Anagnan est furieux. Il s'élance' avec son épée'. Mais
plusieurs hommes ar,·ivent avec des bâtons. lis le frappent
D'Artagnan tombe, évanoui'. O n l 'amène à l 'intérieur de
l'auberge. l'homme au manteau noir demande à l'hôtelier :
- Comment va ce fou?
- On le soigne au premier étage.
- Comment il s'appelle?
- Je ne sa is pas, mais il a parlé de M. de T réville.

1. Gascon: de l:1 Gascogne, une :incicnnc province du sud-ou<..-st de la France.


2. S'ékrncer: se précipiter. se kmœr en avam. Un éL,n (nom).
~. Une ~ : une anne en acier.
4. Év:mo ui: verbe s'C-v:mouir: perdre connaissance. Ex1>rcs.sion familière:
•tomber dans les pommes•, Un évano1.1is.semem ( nom).

6
, JI ne faut pas que M ilady' rencontre ce jeune fou. Je dois
pa 1t ir to ut de suite•, pense l 1homme au manteau noir.
Vingt minutes plus tard, d'Artagnan va mieux. li se lève et
regarde par la fenêtre. L'homme au manteau noir parle à une 2
femme dans un ca ffosse':
- Le cardinal de Richelieu m'ordonne de retourner en L'HôTEL DU CA.PITA.INE
Angleterre? demande-t-elle.
- Oui, M ilady. JI veut savoir si le duc quine I.ondres. Moi, je
DES MOUSQUETAIRES
retourne à Paris.
O'Anagnan sorL de la cha mbre et court dans les escaliers.
li arrive dans la cour mais l'inconnu saute sur son cheval et Comme tous les matins, beaucoup de mousquetaires sont
s'enfüit'. D'Artagnan essaie de le l'attraper mais ses blcssul'es dans la cour. Certains s•emraînem à se bactre•, cl'aurres rncontem
sont trop douloureuses. U tombe en criant, •Misérable, lâche, des histoires sur le royaume.
lâche ! • D'Altagnan se présente et dernande le capitaine. Après
Deux jours après, d'Artagnan est guéri. U se prépare pour quelques minutes, la pol'te du cabinet2 s'ouvre. , M. de Tréville
pa 1t i.r à Paris. li remarque que la lettre pour le capitaine des attend M. cl'A.rtag nan •, d it un garde. Le jeune Gascon traverse
mousquetaires, M . de Tréville, n'est plus ck111s s.~ poche : l'amichambre. li entre et salue très polhnenc le capitaine.
- Ot, est la lenre de mon père? J'ai perdu ma lettre de Celui-ci a l'a ir furieux. Jl fait signe à d'Artagnan d'anendre et
recommandation ! ouvre la porte. li appelle tro is fois,
- C'est l'hornrne au manteau no ir, répond l 'hôteli er. Il a •Athos!•
fouillé" dans vos affaires. • Porthos!•
- Ah ! Ce lâche est aussi un voleur ! Je me plaîndra i9 à M. de •Aramis!•
Tréville. DetL'< mousquetaires arrivent.
D'Artagnan reprend sa route po u r Pa ris. En arrivant, iJ - Le ro i veut recruter ses gardes chez le Cardinal! d it Tréville.
s'installe près du P'•rc du Luxembourg'°. Après une longue nuit - Mais pourquoi ? demande Porthos.
de sommeil, il va à l'hôtel de M. de Tréville. - Parce que les mousquetaires font triste figuré Ils se
font arrêter dans des cabarets après avoir trop bu! répond
5,Milady: JX'-rsonnage-cl~ de 11\iSlOirc. il s·aw1 de ta comtesse (l(' Wintcr. furieusement Tréville.
6. Un c:1rrossc: un véhicule 1iré p:ir deux chcv:.lux.
7.s·enfuir: prendre la fuite, panir rapidement.
8. Fouiller: chcreher. Une fouille ( no1n) . 1.Se battre : dom~er de-s coups. se b,1.garrer. se dispUler, une b:ltaille (nom).
9. Sc pl~tindre: è!rc mécontent, r::llcr. Une p l:lin1c (nom). 2. Un cabinet : un bvre.io, une pièce pour u·.walller.
10. Le (XI«: du Lu.~embourg: Jardin public près do ptlais du L1.1xemboi.1rg à Paris. 3 . Faire criS1e lig1.1re: :1\'oir \Ille m:iu,~i.se réput:.ulon.

8 9
- Les gardes du Cardinal nous ont pris en traître'. Athos a - Oui. Elle s'appelle Milady. Elle doit a 1.ler à Londres et
essayé de résister mais îl est tombé deux fo is. On s·esr sauvés surveîller u n duc.
sur le chemin de la prison, ajoute Ponhos. - Intéressant, très intéressant, dil le capitaine. Je vais écrire
- J'ai même tué un des gardes avec mon épée, ajoute Aramis. votre lettre pour l 'Académie. jeune homme.
Au même i nstanl, la pone s'ouvre i Athô6 entre et salue I.e capitaine s'înst.1.lle à son bureau, d·Arragna n, près de la
le capitaine. Sa blessure lui fair très mal. li to mbe, presque fenêtre. Toue à coup, il voir l'hornm e au manteau noir dans
évanoui. c Un docteur, le mien, celu i du roi 1 le meîlleur •, crie la rue. Sans attendre, il pa11 en criant : •Ah! Mon voleur! li ne
M. de Tréville. nféduppera pas cene fo is ! Ah! Traître !•
Athos est cransponé dans une autre p ièce. Sa b lessu re n'est •Quel fou !•, ,~nse le capitaine, en le regardant courir.
pas grave mais il a perdu beaucoup de sang. En courant dans les escaliers, d "Artagnan he ur1e8
Tréville revient dans son cabinet. li regarde d 'Artagnan v iolemn'lenc Athos. Le mousquem ire pousse un cri de douleur.
longuemenc et dit : - Excusez-moi, dil d'A.J·cagnan , ,nais je suis crès pl'essé.
- Alors, jeune ho nune, que voulez-vous? - Vous pensez que vos excuses suffisent, dit Alhos, vous
- Je viens de Ta1·bess pour enrrer chez les mousquetaires. Je n'êtes pas poli jeune homme!
sais que ce n'est pas facile mais.. . - Je ne voulais pas vous cogner mais je dois ranraper un
- Pour devenir garde du roi, dit Tréville, il faut d'abord homn1e i excusez-moi encore une fo is.
servir deux ans dans une compagnie ou accornplir6 des - Pour vous apprendre ta pal icesse, répond Athos, venez
actions remarquables. Mais je peux vous aider. Je vais écrire à vous banre à midi den-ière le Luxembourg.
l 'Académ ie royale et vous entrerez delnain chez eux. - Très bien, monsieur, à midi, répond d 'Artagnan.
D'Artagnan est déçu'. Il rnoonte les événements de Meung et li continue St cou1·se mais 1 œne fois, il ne voit pas Pol'chos
la disparition de sa lettre de reoonmianclation. clans les escaliers et se jen e dans son manteau.
M. d e T réville écoute avec ::tttentîon. - Bon sang! Vous ne regardez pas quand vous <."Ourez?
- Ce1 homme au manteau noir a une cicatrice sur le visage, - Si, monsieur, excusez-moi mais je cours après quelqu\ i.n !
n 'est-ce pas? demande le capitaine. - Et alors. ce n'est pas mes affaires ! d it Po11hos.
- Oui! C'est Jui. Ah! Si je le re1rouve ! D'A1tagnan conlinue son chemin en riant.
- li a parlé il une femme' Une Anglaise? demande le capitaine. - À une heure derrière le Luxembourg, jeune homme! d it
Po,thos très énervé.
4. Prendre en traitre une JX'rsonnc : ne pas se manifc.ucr franc hement, - Très bien, à une heure! répond d'A.11agnan en tournanl à
an:1qucr l:1 personne p:tr·dcrrièrc.
), T:ubes : ville sin•ée :J\t sud-ouest de la france. l'angle de la rue.
6. Acco1nplir: fair(•. U11 accornpliSSen'lent ( 1,o m).
7. Déçu : ile 1>as i:tre $alisfait <1·\111 rés\1lla1. d\10 événezne1u. Oécevoir (verbe).
Une déccplion (noin). S. HC\1rter: cogner. bousculer une personne . Un Ilet.in (nom).

10 11
Mais l 'homn1e au manteau noir a dispan.1. D'Artagnan ne
saît pas quoi foire. Tl vient de quitter le ca pitaine sans le saluer!
Et il doit se banre contre deux mousqlletaires ! li décide de
rentrer dans sa d 1ambre. 3
Sur le chemin, il voit Aramis avec trois brardes du roi. I.e
mousquemire fait semblant?cle ne pas le voir. LES GARDES DU CA.RDINA.L DE RICHELIEU
0 1Artagnan salue les quatre hommes et remarque qu' A.ramis
a posé son p ied sur un mouchoir qu i venail de tomber de sa
poche.
- Monsieur, vous avez perdu v0tre mouchoir, d it d 'Artagna n.
- Il n·esc pas il moi, le mien est dans ma poche, répond À midi, d 1 A11agnan arrive à son premier rendez-vous. Athos
Aramis en mo ntram son mouchoir. est assis sur une grosse pierre.
D'Artagnan s'excuse al!près d 'Aramis visiblement gêné" par - Monsieur, dit Athos, attendons mes deux témoin s.
cene si niation. - Moi, je n'ai pas de témoin, dit d "Arcagnan, je ne connais
- Monsieur, ce mouchoir n'est pas à moi et vous m'avez personne à Paris.
ridicul.isé 11 devant mes amis. Vous venez de Gascogne et cela - Si je me bats contre vous1 j'aurai l 'air d'un tueur d'enfanl,
se voie ! clit Aramis. pense cout haut Atl1os.
- J'ai déjà présenté mes excuses, dit d 'Artagnan en colère. - Pas trop, répond d'Artagnan, puisque vous me fa ites
Vous ne dites pas la vérité! Ce mouchoir, je l 'ai vu so1tir de l 'honneur de vous battre contre moi malgré votre blessure.
votre poche! - O h ! Oui, ma blessure me fait ho1'riblemem souffrir. Mais je
- Vous avez besoin d 'apprendre les bonnes manières, jeune vais me battre de la main gauche.
hom me. À deux heures derrière le Luxembourg, dit Aramis. - Je peux vous donner un médicamen t merveilleux qui vient
D'Anagnan quine Aramis en pensanl: ,Si je suis rué de ma mère. Dans lrois jours, vous serez guéri er on se baura.
aujourd' hui, ce sera au moins par un mousquetai.re!> - Merci, ;eune homme! Mais ;e n'ai qu'une parole ! On se
battra aujourd'hui! répond Athos.
Porthos el A.ramis arrivem à cet instant. D'Arcagnan est
surpris:
- Ce sont vos témoins? demande d'Artagnan.
- O ui, dit Athos. Nous sommes toujours ensemble, on nous
9, Faire semblant: fuire roin.1n,e si,
JO.Gêné: cmb0rr:1ssé, mal :1 l':aisc. Gêner ( n ."fi,c). Un<! gêne ( no m) .
appelle les trois mousquetail'cs!
11. RJdiculiser : meure ql1elqu·on dans une sitl1:1tion ridiclile Q\11 prête~ rire. - C"est avec lui que je me bats, d it Athos à Porthos.

12 13
- Moi aussi mais à une heure, répond Porthos, très surpris
par cette sîtuatîon.
- Moi, à deux heures, dit Ammis.
Les quatre honlmes se regardent. D'Ait agnan pre nd la parole:
• Excusez.moi si je ne peux me battre contre vous trois! Mais
M. Athos a le droit de me tuer en premier.,
O'A1tagnan sort son épée et se met en garde 1•
Athos et d'Artagnan commencent leur duel quand cinq
ga rdes d u Cardinal arl'ivent.
- Alors, messieurs, on se bat ici? C'est interdît p-Jr le roi, d ît
un des gardes nommé Jussac.
- Lai~ez-nous faire, d it Athos. Si vous voulez regarcler: vous
êtes les bienvenus.
- Rangez vos épées et suivez-nous, dit Jussac.
- Par tez rnessieurs, ce sera mieux pour vous ! d it AJ·amis.
- Obéissez, ou nous nous battrons contre vous, répond
Jussac.
- Ils sont cinq et nous trois, dit Athos à ses deux compagnons.
- Non! Nous sommes quatre! dit d 'Artagnan.
Les trois mousquetaires regardent le jeune Gascon avec
surprise. Les qts1tre hommes se mettent en garde devant les
ga rdes.
D'A11agn:in se bm avec beaucoup de cournge. En quelques
minutes seulement, les gardes du Cardinal sont à terre.
Les mousquetaires emportent les épées des perdants et se
rendent à l 'hôtel de Tréville.

l.Se meure en garde : kl, se placer poorcommenœr ;a se baure en <h•el.


jettent sur cl'Artagnan mais les trois mousquetaires sortent au
mê me moment Deux contre <1uatre 1 les gardes du Cardinal
appellent à l'aide.
4 Plusieurs gardes commencent à se bat1re contre d 'autres
mousqueta ires présents au jeu d e paume.
UNE RENCONTRE ROYA.LE Les mousquernires sont plus forts et les hornines du Card inal
s'enfuient.
Le soir, Tréville rend visire au roi.
- Ce ll'iati n, les mousquernires ont encore désobéi à mes
o rd res ! lis ont provoqué les gardes du Cardinal d e Richelieu,
En arrivant à l'hôte l , tous les rnousquemires parlent du d it le roi.
duel contre les gardes du CardinaJ. Le capitaine est fu1·ieux et - Sire, répond tranqu illemem T réville, rnes hommes se som
demande des explications. défendus. Ce n e sont pas eux les p rovocateurs!
Le soir, Tréville va au palais roya l. JI rencontre le roi qui T réville raconte comment le d uel a commencé.
est en colè re. Les duels sont interdits et les rno usquecaires ne •Bien, d it le l'Oi. A.menez-mo i ce jeune Gascon.•
respectent pas ses o rdres. Tréville défend ses hommes. O n fai t entrer d 'Artagnan.
U raconte co,nrnent d'Artagnan a batna la rneilleul'e lame 1
• Vous êtes courageux, jeune hoirune, dit le roi. Voilà un e
d u Card i na l 1 M. Jussac. Le ro i veut re ncontre r le jeu ne Gascon poignée d 'or comme récompense.,
et les trois mousquetaires, le lendemain . D'Artagnan ne peut Avec cet argent~d'Artagnan peut s'installer da ns une chambre
dormir cette nuit-là. Il va voir le l'Oi, quel honneul' ! plus grande. Il e ngage u n laquais' nommé Planellet.
Dès huit heures du matin , il va chez A thos. Les q uatre li passe beaucou p de temps avec les tro is mousquetaires et
compagnons décident de faîre une pa1tie de jeu de paume2 au ils devie nnent amis.
parc du l.uxembou rg avant d 'aller au Louvre'. J:nnais l'un sans Paurre, ils ont d ésonnaiss une devise: c Un
Pendant la partie, u n des gardes d u Cardinal, Bernajoux, pour tous, to us pour un. >
provoque d 'Artagmm pour venger Jussac.
Les deux hommes sonenr pour se bmtre. D'Anagn an bl esse
BernajOU."\ detL\'. fois. Deux gardes du Cardinal arrivent et se

ici. la mcille\1rc ép&, Je mdlleur garde, cch,11qui se b:it


1.1..:1 meilleure Jam<=:
lemlaax.
2. Le jeu de 1>aurne: un jeu de balle qui se jo ue avec une roquette et qui
o p ~ :au moins dctL\'. t()l,1curs; ancê1re du 1cnnis. 4.Un l:tqtt:tis: un serviteur, un homme?! 1ou1 faire.
}. Le Louvre: le palais dt• roi. ; . Désormais: m:.1lmen:.1m. 3 pinir de ce moment.

16 17
escaliers. Les tro is n1ousquetaires arrivent au rnême in stant.
- Oll vas-tu si vite?
- L'inconnu d e Meung! répond d 'Artagnan el il disparaît.
5 Un e dem i-heure après, d 'Artagnan revient chez lui.
Les trois mousquetaire$ sont m.
UNE INTRIGUE DE COUR - Eh bien' di1 Porthos.
- Cet homme est le diable. Il a dîsparu comme un fantôme2•
d it d'Anagnan. Mais u ne autre affaire nous anend, messieurs,
une intrigu & d e cour.
Et il raconte sa con versation avec Bonacieux.
Après plusieurs semaines, d'Artagnan n'a plus d targenc pour Toue à coup, Bonacieux arrive dans la chambre: •Messieurs.
payel' son loyer. sauvez-mo i, quatre hommes arrivent pou,· rn'arrête1·!·
Un jour, son propriétaire, M. Bonacieux, vient le voir. Les Q uatre gardes du Cardin al enlrent d errière lui.
deux hommes s'installent pour parler. - Nous avons ordre d 'arrêter M. Bonacieux, dit le chef des
- J'ai besoin de vous. Ma femme est li ngère de la l'ein e. Elle gal'des.
a d isparu depuis h.ier matin. On l'a enlevée•, d it Bonacieux. - Messieurs, d it d 'A.rtagnan, vous ê tes ici chez vous. Nous
- Pourquoi enlevée? dernande d'Artagnan. sorrunes tous des serviteurs du roi et d e Son Éminence", le
- J'ai reçu œ message œ matin, répond Bonacieux en Cal'd inal de Richeli eu.
montrant un b ille t. Bonacieux rega rde d'A1tagnan avec surprise.
D"Artagnan l it le papiel' : •Eh bien, faites vocre travail!• dit d'Artagnan.
Necberchez pas voirefemme. elle reviendra quand 0 11 n'aura Bonacieux ne comprend pas la n ise' de d 'Artagnan. li se
pl11s /,esoin delle. défend mais les gardes l'emmènent.
- StLVe*hvous qui a enlevé votre femme? dernande d'Art:1gnan. • E1 maintenam messieurs, un pour cous, tous pour un! N'eSl•
- Non, mais je sais pourquoi! répond Bonacieux. Ma femrne ce pas? dit d'Artagnan. Rentrez d 1ez vous et attendons la suite
connaît les secrets de la reine. Si vous nfaîdez. vous ne p ayez des événements.•
plus votre chambre.
D 'Artagnan accepte la proposition de son propriétaire.
2. Oispo.raître comme \ Ill famôme: se volatili.Ser, se s.;1uver sans lai~ de
li réfléchit en regarda nt par la fenê1re. Tout à coup, il voit lra<:cs, s'enfuir. Une djsp·.uilion ( nom).
l'inconnu de Meung. Il prend son épée et court dans les 3. U11e i1utigue: i ci, UJ\ en.semble de m.,nœuvrc.>s sectè-tes vi5.'lr'll à faite ré-ussit
ou échouer une :1ffüirc. Intriguer (verbe) .
4. tminei,ce: le tilre qu·o1l do1lne ~ un cirdill..1.I.
1. t:nle-.-er: kidn:ipper une personne, la garder prisonnière. Un enlève,nenc (nom). 5. Une ruse: \111 moyen J)O\•r tromper une personne. Ru.set (verbe).

18 19
L'homme tire son épée 1>our pousser d'Artagnan.
- Au no m d u ciel 1 milo rd ! s'écrie Constance, vous allez no us
perd re.
6 - Milord! s'écrie d'Artagna n à son to u r. Milo rd! Pardon
monsieur, mais êtes.vous . ..
UN RENDEZ-VOUS SECRET - Milord duc de Buckingham), dit Constance doucemenr.
- Milord, mada me, pardon 1 cent fois pardon 1 dît d 'Artagnan .
Je vous accompagne. Je suis votre servireur.
- Très b ie n, dit le duc. Venez avec no us au Louvre !
Const::ince et le d uc e n trent sans difficulté au p alais royal.
Pendant plusieurs jours, d'Armgnan surveille la maison Le duc anend dans u ne chambre. Après q ue lq ues min u res, la
des Bo nacieux. Q uatre gardes du Card inal arrêtent touces les reine de France, Ann e d'Autr iche, an·ive. Le d uc 1·este i1nrnobile..i
personnes qui entrent dans la maison. deva nt sa beauté. Il se jerte à ses genoux et embrasse sa rol>e.
Un soir, d'Arragnan enrend les cris d'une femme. Il ne peur - Vous risquez n'lo n h o nneur et vocre vie, dit la reine. Vous
rester sans rien faire. Il entre dans la n1aison et se bat contre les ne devez p lus chercher à me voir ! Jamais!
gardes qui s'enfuient. Une jeune et jolie femme est évanouie sur - Oh ! Votre Majesré, je sa is. Ma is que voulez-vous, quand o n
un faureuil. Après quelques mi mues, elle reprend ses esprits'. aime, on croit facile1nent à l'a1nour, répond Je du c.
- Qui êtes-vous? demande d'Artagnan. - Cer amour n'esr pas possible! Je suis la reine de France! Je
- Je suis Constance Bonacie~1x. Depuis trois jours, un n'aime q ue le roi. d it la rei ne d'un air t riste.
inconnu m'a enfel'rnée. Ce rnatin, j'ai ,·éussi à n"l'éd1apper. - Cette tristesse est u ne p1-euve5 de vorre amour, Votre
- Vous ne devez pas rester ici! Cette maison est dangereuse. Majesté. Pour espérer vous revoir, d onnez-mo i quelque d1ose
Allo ns chez mo n ami Athos! C'est plus sûr! que je g arde contre mo n cœur.
D'Anagnan l ui raconte l':.rrestation 2 de son ma ri. Constance - Et vous partez :1près? demande la re ine.
accep te d'aller chez Athos. Plus tard, dans la nu it, cl'Artagnan - Oui, je vous le jure! répond le duc.
rentre chez lui . Tl voit un couple dans la me. Tl re<.-onnaît La reine prend dans u n tiroir un petit coffre en bois.
Constance. . Tenez, milo rd, dit.elle, gardez ceci en sou venir de moi.•
- Mais madame, q ue faites-vous ici? dema nde d 'Artagnan . Je Le d uc tombe à genoux et lu i e mbrasse doucement la main .
vous ai la issée chez mon ami ! L~ reine regarde rendremenr le duc puis sort de la chambre.
- Laissez-nous passer ! dit l'ho rnn'le avec un acœm étran ger.
3. Buckingham: ViJle d 'Angleterre au nord.oue.s1 de L01'Klres.
Reprendre ses C:.l)rits: se réveiller :iprl!s s'ê1rc év:moui, se .scn1ir mic."t.1x . 4. Immobile: s:ins bouger, ne P3S faire de mouvement I mmo biliser ( ,·crbc) .
2. Une arresmlon: le fait de mettre en prison. Atrêter une personne ( verbe). ; . Une preuve: un fait pré<.is, un argument nlOmr.tm la réalité. 1>ro\1\'er(verbe).

20 21
7
LE PIAN DU CA.RDINA.L

Depuis son an·esra,ion, Bonacieux est à la prison de la


Bastille. Pendant plusieurs jours, il reste seul dans une cellule.
Un matin 1 un garde amène Bonaci eux dans le cabinet du
Cardinal.
- Vous êtes accusé de haute trahison! dit sèchernent le
Card inal.
- Je n'ai rien fait! Je vous jure! ,·épond Bonacieux.
- Votre femme s'est échappée. Oti est-elle?
- Je ne sais pas, Votre Éminence, je vous en supplie !
- Emmenez• cet imbécile ! dit le Cardinal à cieux gal'des.
L' homme au manteau noir arrive.
- la reine a rencontré le duc, dît-il. M~ de Lannoy, sa
d:,me de compagnie, me 1'a dit. Elle :, donné au duc un collier
de douze diamants, o ffert par Sa Majesté.
- Bîe n, bien, RocheforL, dît le Cardinal. Peut--être une
occasi on de perdre la reine ! Laissons M- Bonacieux pour Je
mo ment. Je vais fa ire de son imbécile de mari mon espion.
L'homme au manteau noir son . I.e Cardinal s'installe à son
bureau et écrit une lettre :

1. Emmener : accompagner ou r.1ccompag.ner q,1elqo·un quelq\1e pan.

23
Milady, allezr.111 procbai11 bal ori sera led11c de B11cki11gba111.
il po rtera t111 collier de douze diamtmls. Vous devez dérobe,.:i
den.\: d;amauts et me les ewx>J'er au plus vite/
l e Cardinal va e nsuite clans les appartem ents du roi pour lui 8
raconter le rendez.vo us secret de la reine.
- C'est une crahison·\ d it le roi furieux. Elle doit êrre punie4 ! COMMENT CONSTA.NCE A.IDE lA REINE
- Mais, Si re, nous n 'avo ns pas de preuve, juste les paro les
de Mm!;' de Lannoy. Si vous vous ffiche1.s avec la reine, vous ne
connaîtrez jan'lais la vérité.
- Oui, peut.être, d ît le roi. Alors que faire? Q uand le roi demande à la reine de porter son collier pour le
- Je vous conseille d e vous rapprocher d e la reine, d e gagner bal , elle devient toute pfüe'. Elle rentre dans ses appartements
sa confiance, clit le Cardinal. et se met à pleurer.
- Me rapprocher de la reine, mais c'est elJe qui me trahit! - Qu'avez-,rous1 ma reine? de1nande Constance avec douceur.
crie le roi d e plus en plus en colère. - Je suis perdue, perdue! Je d ois porter l e collier p our le bal.
- Au contraire, Sire, donnez l'exemple. Laissez la sévérité' Mais ce collier est à Londres avec le duc.
aux n1inistres1 l 'indulgence' au roi, dit calm ement le Card inal. - Ne craignez2 rien ma reine, je connais une personne qui
Ol'ganisez u n bal. La reine adore danser. Demandez-lui de peut vous aider.
porter votre dernier cadeau, le collie r d e d iamants. - Mais qui?
- Vous êtes tro p i ndulgent, Cardinal . ma is je vais su ivre votre - Faites-moi confiance, répond Constance.
conseil ec no us verl'ons. - Je vai s écrire une lenre au duc, die la reine. Elle doit al'river
Quelques jours après cette conversation, le Ca rd inal reçoit très rapidement à Londres !
u n rnessage cle Milady. Tout s'est 1rès bien passé. Constance p re nd la lettre e t court voîr son mari qui vient d e
Dans quelques jou rs, elle arrive à P:iris. sortir de la B:1S1ille.
Le Cardinal con sei lle au roi d 'organiser le bal dix jours p lus - Mon anli, d it-elle, j'ai un se1vice à vous de mander. Allez
ta rd. JI veut avoir le temps d e récupérer-3 les deux diamants volés. tout d e suite à Lo ndres remettre ce papier.
- À Londres ! Mais pour quoi faire' demande Bonacieux. Je
2, Oérol){'r: \'Ol<."r quelqu(' ch06('.
3, Une lr:thison: le fait de tromper 13 oonfümcé de quelqu'un. 1hhir (verbe) . ne veux plus d 'i ntrig ues. j'ai passé quelques jours e n prison, ça
4. l>t.inlr: corriger une personne. la s;rnc1ionner. Une punit ion (nom). suffit! Et monsieur le Cardinal . ..
5. Sc f:'ichcr: ne plus parler :tv<..'C qt.1clqu'un suite à un d(~1ccorcl.
6. 1,.1 sé,'éri1é: la dureté. Contt.1lre de l'inclt.ilgenœ.
7. L'indulbienc<.": I(' fuit d'('xcuser ou de, pardonner facile,ru('nt les agisse1»ents 1. P.île: avoir mauvaise n'lin(', avoir le ViS.'lb,e d'une bla1'k'heur t<'ro('. l~lir (v<'tbe).
clè quelqu'un. Une pâleur (nom).
8. Récupérer: reuo'-1ver. :i,·oir de nou\'eau. Une récopér..ulon ( nom). 2.Craindre: avoir pe\lr. Une cr.lime (nom).

24 25
- Le Cardinal ? demande Constance en tremblant. Vous
servez le Cardinal ?
- Oui, rnadarne, c'est un grand homme qui veille' sur la France.
Constance est désespérée'. Q ui va a iderla reine >EJie ne dit p lus 9
rien. Bonacieux quine sa femme pour 1out raconte r au Card inal.
De son appartemem, cl'rutagnan a encend u cette conver sation. LES INSÉPARABLES COMPAGNONS
JI se dirige vers l 'appartement des 13onacieux.
- Ah ! Madame, votre ,nari est un irnbédle ! Vous pou vez
co,npter sur ll'1o i, dit le jeune hon'lme en arl'ivan t
- Et quelle garantie me donnez.vous si je vous confie cette - J ai besoin de votre aide, dît <'.11Ar1agnan ?L Tréville. Je pars
mission? demande Consmnœ. en missio n à Lon dres.
- Mon amour pour vous, madame! - À Lond res? clem ande Tréville.
- Votre amour n'est rien face à l 'honneur de la rei ne! dit la - Po u r servi r la reine, répond d 'Altagnan.
jeune ferrune. - Je ne veux rien savoir, répond Tréville. Gardez vo1re secret
- Je p(lt'S et vous verrez ainsi comme je vous aime! ma is ne partez pas seul. Vous serez tué avant d'arriver. Pour
- Mais vous êtes si jeune! Cette mission est da ngere use. En serv ir la reine, i.l faut être quatre pour a rriver un.
aidant l·a reine, vous devenez l'ennemi 5 d u Cardinal. - Vous avez raison, <lit d'Arcagnan. Mais Arhos, Porthos er
- J'ai beaucoup de courage, d it d'A11agnan avecenthousiasme6. Atarni s sont sous vos o rdr es• el. . .
Constance rega rde le jeune homme. Elle n'a pas d 'autre choix . - Ne vous i nq uiétez pas. fenvoie un congé' de quin ze jours
Elle l ui clonn e la lettre cle la ,·eine. à Athos pour soigner sa b lessu ,-e à l 'épaul e, et à Ponhos et
- Partez, jeune homlne! Panez tout de suite. Soyez prudent7 1 Ararnis pour accompagner' leur arni.
supplie C.Onstance. Les homrnes du Cardinal sont sur votre - Merci, monsieur1 vous êtes cent fo is bon, dit cl'Artagnan.
chemin! Vous avez la répu 1a1io n de la reine emre vos mains! - Allez vile chercher vos amis el partez cene nuit. Je
- Je j1..1re devant D ieu, nladame, que je suis prêt à rnourir m 'oco..ipe des autorisations. Faites t rès attention.
pour ae<..- ompl îr cette mission, d it d'Anagnan en s'încl înant. D'A1t agnan salue Tréville e t se rend chez Aramis.
D'Anagnan laisse Constance e t court chez Tréville. Son ami est en train de lire.
- Prenez des affaires pour quinze jours. Nous allons à
Londr es, dit d'Artagnan.
} . Veiller: id, fuirc :utenlion à qt1clqu·un ou à quelque d1osc.
4. Désespéré: qui n·â (XLS d"espoir. Désespérer (verbe). Un désespoir (nom).
;. Un ennemi: UO(' personne qui vous \'ettt du mal. C01umire d'un :uni. 1. Être .sous les ordres de: obéir à quelqu·un.
6. Ull enthousiasme: une moti\'ltlon. s·ell(housta.smer/ Enthousklsiner (\'eibes). 2. Un congé: ttnc période de v:1c:mces. Ici, une autori$:uion de s":ibs(~ntcr.
7. Ê1re prudên1: fuire àlt('nlion. agir avê(' prudencê . 3 . A«ompagit<'r : :tllcr avec quelqu·un. Un aC('()l'llpag,1el't)('1U (nom).

26 27
- À Londres? demande Aram is surpris.
- Je ne peux rien dire maîs l'honneur de no tre reine est en
danger. Tréville a préparé votre congé.
- Porthos et Athos viennent avec nous? demande Aramis 10
- Bien sûr! Un pour lOus, lOus pour un, n'est-ce pas? dit
d'Artagnan en prenant son arn i par le bras. EN ROUTE POUR LONDRES
Athos vient d e recevoir son congé, quand d 1Artagnan et
Aramis tLrrivent chez lui.
- Comprenez-vous œ la mes amis? demande Alhos. Je reçois Au petit n1atin, nos quatre amis s·an·êtem dans une auberge
à lïnstant un congé mais je n"ai rien demandé. à Chantilly pour déjeuner.
- C~r je rai d emandé pour vous, répond d 'Arrngnan. Suivez- Au moment de repanir, Porthos se dispute 1 avec un voyageu r.
nous et je vous expliquerai. Les deux homir1es sortent leur épée: ,Nous n'avons pas d e
À cet instant 1 Ponhos entre. temps à perdre, d it Athos. Tuez cet homme et rejoignez-nous
- Pardieu, dit-il, voici une chose é,range. Depuis quand les le plus vite possible!,
mousquetaires ont des congés sans qu'ils les d emandent? Athos, Aramis et d 'Artagnan montent à cheval et partent
- Depuis que leur a_mi les d emande pour eux ! dit d'Artagnan rapidement.
en l'iant. D eux heures plus tard, ils s'anêten, pour reposer leurs
- Ah! Et ol1 allons-nous? chevaux. Porthos n 'est toujours pas là. Au bord de la rou te, d es
- À Londres 1 mes amis. Faites-mo i confiance ! Je suis ouvriers trava illent.
porteur" d'une lenre très imponante à l'emenre5 à quelqu'un. Tout à coup, les ouvriers sortent des armes du fossé et tirent
Soyez tranquilles1 vous servez votre royaume. Et maintenant 1 sur les mousquetaires: ,C'est une embuscade2, crie d 'Artagnan,
préparons notre voyage. dît d 'Artagnan. fuyons ou i ls vont nous tuer !•
À deux heures du matin, nos quarre cornpagnons, suivis de Aramis esi b lessé à l"épaule. JI s'arrête avec son laquais dans
leurs laquais1 Planchet, le laquais d e d 'Artagnan1 Bazin 1 celui une aoberge à Crèvecœur pou r se soigner.
d'Aramis, G rimaud, <.-elu i d'Athos, et i\·1ousqueton, le laquais de Athos et d'AruLgnan arrivent ?L minuît à !"au berge du Lys d 'Or.
Porthos, so11ent de Paris. Le lendemain matin, au moment d e partir, Athos est accusé
Pendant ce temps1 8onacieux a tout raconté au Cardinal qui par l'aubergiste de payer avec de la fausse mo nnaie. Des gardes
ordonne à ses gardes d'arrêter tous les voy-.ageurs en route pour du Cardinal arrê1en1 Athos.
Londres.
1. se clispULer: se fâcher, se quereller avec quelqu·u1\. Une diSpu1e (nom).
4. Un poncur: un m<.~gcr, un füe1cur. 2. Une cmbu.sc:1dc: Je f:1i1 de se c:1chcr pot.Ir :maqt1cr quelqu'un par surprise.
). Remenre : donner. Embusquer ( \'elbe).

28 29
D 'Artagnan saute sur son cheval et s'enfuit avec Planchet.
Tous les cieux arrivent au port de Ca1aîs3 à la tombée du
jour.
Us s'embarquent" pour l 'Angleterre.
À dix heures du malin, le n:avire entre dans le port de
Douvress. D'Artagnan ne connaît pas Londres ec ne pa..le
pas anglais. Il écrit sur un papier le nom de Buckingham et
demande aux passants.
À midi, il trouve l'hô tel du d uc et se présence comme
messager de la reine de France.
Le duc reconnaîr le jeune Gascon.
- li n'est point an·ivé mal heur à la ,·eine? dernande le duc
très inquiet.
- Je ne crois pas. Cependant, elle court un grand danger6. Et
seule Votre Grâce peut la sauver, d it d'Artagnan en lui do nnan t
la lenre de la rein e.
En lisant la lettre, le duc devient tout pâle: , Venez d'Attagnan,
venez!•

~. Le port de C."LlaiS: porl au nord~uest de la 1~n-mce. d'ol1 s'embarquent les


voragcurs pour l'Angleterre.
4.s·emlxlrquer: kl. mo,uer à bord d\11l txneau. Un emba.rq1.1emen1 (nom).
5, Le porl de Douvres: 1>0rl au sud-esl de l'Angleterre où déb:uquem les
voyageurs venant clc Fr.mec.
6. Courir t.111 grnnd danger: être menacé. être <L1ns t.ine situation d;,1ngereose.

JO
- Nous avons encore le temp s de sauver la reine! dit le d uc.
li appelle son joaillier'.
- Monsieur O'Reilly, j'ai besoin de cieux d iamants
II identiques" à ceux-ci 1 dit le duc en montrant le collier de la
reine. Je les veux ici dans deux jours, pas p lus! ordonne le d uc.
RETOUR EN FRANCE - A vos ordres, milord, répond le joaillier en s'inclinant.
Deux jours plus tard, les d iamants sont p rêts. Le duc fait
appeler d'Artagnan.
- Tenez, voici le collier. Ramenez-le à la reine aussi vite que
possi ble.
Le duc emmène cl'Artagnan clans ses appartements. Il prend - Soyez tranquille, milord, je pars à l'instant, répond d'Artagnan.
dans un ti roir le coffre de la reine. - Allez au po1t, dit le duc. Remettez cene Jeure au capitaine
c'l'e nez1 monsieur, voici le précieux collier, dit le duc. La du bateau le S1111d. li va à Saint-Valéry. Vous trouverez, à
reine rne l'a d onné, elle me le reprend. Q ue sa volonté, con·u11e l'auberge du village, d es chevaux pour vous rarnener à Paris.
celle de D ieu, soit faite.> - C'est entendu, mi lord. Merci ! Encore merci.
Tout à coup, le duc pousse un cri terrible. Le voyage de retour se passe sans problème. Douze heures
- Qu'y a-1-il? demande d'Artagnan avec i nquiérude. Que plus tard, d'Arrngnan arrive à Paris. Il va directement au Louvre
vous arrive-t-il, n1ilord? rernenre le collier à la reine.
- li y a que tout est perdu, s'écrie Buckingham. Il manque 1

deux d iarnants au collier!


- Vous les avez perdus?
- O n me les a volés, reprend le duc. c·est le Cardinal qui a
fait le coup?, fen s uis sûr!
Le duc reste silencieux, puis s'écrie :
- j'ai porté ce collie r, il y a huit jours, au ba l du roi
d'Angleterre i\ Windsor. l,1 comtesse de \V.nier s'est approchée
plusieurs fois de moi. Cette femme est un agent du Cardinal.
Q uand a lieu le bal ?
- Dans cinq jours.

1. ~f:mquer: ne pas o u ne plus être là, f:tirc défaut. 3.Un t<):1illicr: une personne qui fubri(fltC, crée ou vénd des bijo ux.
2. Faire un coup: expression famllière: être respons3ble d't.me acllon. 4. ldemiq\1e : semblable, pareil.

32 33
12
LE BAL ROYAL

Le soir du bal, on entend de nombreuses acclamations 1


quand le 1·oi et la reine s'installent dans leur loge.
Le roi a l'air préoccupé'. Le Cardinal apparaît derrière un
rideau. Un sourire d iabolique' est sur ses lèvres. Il parle cout
bas au roi. Celui-ci rega l'de alors la rein e.
- Madame, dit le roi, pourquoi ne portez-vous pas le collier
de diamams?
- Sire, dit-elle, au milieu de cette roule', je pense que c'est
dangereux et .. .
- Vous avez tort= madame. Nous sommes très bien protégés
pa r les gardes du Cardinal, clic le roi d 'une voix tremblante.
- Sire1 je peux le porter. si vous le désirez.
- Faites, madame, faites au plus vite! répond le roi.
Le Cardinal regarde la reine et sourit. Elle comprend son plan
diabolique. JI s'approche ensuite du roi. JI donne une boîte avec
les deux diamants volés: ,Sire, clic le Cardinal, si la reine porte le
collier, comptez les diamants. li n'y en aura que dLx. Vous verrez. •

L Une a«J:unation: un cri de joie. Acd:uner (verbe): :.1ppla,1dir.


2. A\'Oir l'air préoccupé : sembler inqui<.>1. Une préoccuJ).'lli<>n (norn): u1\ soud.
3. Diabolique: qui fail penser au diable, maléfique.
·i. Une f0\1le: un gnnd nombre de pen;onnes.

34
Après quelques m inutes, la reine revient dans la saUe de ba l. - Silence, dit la jeune femme. Partez maintenant, on ne doit
Tout le monde l'acclame. Elle est magnifique avec sa robe de pas nous voîr.
satins et son collier de diamants qui illumin e6 son visage. - Mais je vous revois quand? Je vous aime !
l e roi s'approche de la reine. - Bientôt1 je vous prornets. Lisez ma lettre~ dit Constance.
- Je vous remercie, madame, dît le roi, de porter ces Partez maintenant !
cliarnams. Mais il en manque deux, 1fes1~œ pas? D'Altagnan quine le bal en esp érant revoir Constance très
- Comment, Sire? dît la reine. Cela en fera quatorze alors! vite.
I.e roi regarde le collier. li con1ie111 douze diamants. li se
rourne vers le cardinal.
- Eh bien, Card inal, expl îquez~moi !
- Sire, je ne savais pas comment offrir à la reine œs deux
diamants. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour ...
- Je vous remercie, Cardinal, dit la reine avec un large sourire.
Pendant ce temps, d'Altagnan observe toute la scène. Il est
très content d'avoir réussi sa. mission.
Constance arrive et l'emmène clans un cabinet obscur7• Elle
lui fait signe" de n e pas parle,· et so,t.
D 'Anagnan se retrouve dans l 'ombre. Après un long
moment, une main passe à travers la tapisserie'. D'Artagnan
comprend que c'est sa récompense. li se jene à gen oux et
embrasse respecn1eusernent cette main. li reçoit un objet. C'est
u ne bague. La mai n se retire.
Constance revient.
- Vous enfin! s'écrie d'Artagnan. j'ai accompli cette m.ission
pour vous aussi, madame !

). Le sa1in: vn tissu doux et brillant.


6. Illuminer: éclairer. lllumin:uion ( no m).
7.0bscur: q\1i o·esc JXlS éclairé, sombre.
8. Faire sign(': indiquer. fair<" un gesw.
9. Une 1:ipi.sscrk!: une pi èce etc 1i.ssu décor:uif ou tm 1:1bk-:1u lissé rt.'COUV1"31ll
un mur.

36
Méfiez-vous$ de tout le monde, de vos amis, de votre maitresse
surtout!
O'Alt agnan ne dit rien de son rendez-vous avec Constance.
13 - Et vos trois compagnons de voyage? Où sont-i ls? demande
le capitaine.
LERENDEZ-VOUS - Nous nous sonunes séparés sur la route.
- Allez les che rcher dès ce soir ! répond T réville.
- Ce soir, èest impossible, dit d'Artagnan. Mais demain
marin, s(ireme nt !
- Alors, bon voyage mo n ami et rappelez-vous mes <.-onseils.
En rentrant, d'Artagnan tro uve une lenre dans sa chambre. D'Artagnan passe chez Athos, l'orthos et Aramis. lis ne sont
Constance l'attend à Saint-Clo ud le lendernain soit. pas encol'e rentrés. li pal't ensuite à son rendez-vous.
Épuisé' par son voyage à Londres, il se couche avec la lettre Deux heu res pl us tard, i l attend Constance à Saint-Cloud.
de Constance contre son cœur. li voit un vieillard près d u pavillo n .
Le matin, il appelle Planche!. - Monsieur, j'acte nds q uelqu'u n qui ne vient pas. Avez-vous
- Je sors pour la joum ée. Prépare deux d 1evaux pour ce soir. vu q uelque chose?
- Tou t sera prêt, d it Plancher. - À neuf h eures, u n homme avec un rnameau noir el une
D 'Artagnan va ensuite chez T réville. Le capitaine remarque cicatrice sur le visage est entré clans le pavillon, répond le vieil
la bague à son doigt. homme. Une femme a crié puis un ca rrosse est parti au galo p .
- D'où v ient ce diamant? demande Tréville. • En core l'inconnu de Meung, pense d 'Artagnan. Toujours lui !•
- De la reine, répo nd fièrement d 'Artagnan. li est minuit maintena nt et1 sans espoir de revoir sa b ien-
Et il raconte l histoire du collier.
1
aimée\ cl'Artagn an rentre à Paris.
- Jeun e homme, suivez œ conseil. Vendez ceue bague ! Le
Cardinal a la mémoire tenace2 et la main lo ngueJ. li vous iouera
q uelq ues tours4 •
- Mais lesquels?
- Je ne sais pas. Faites attention ou vous êtes perdu!

L tpulsé : 1rès r:.nlgué. tpuiser (verbe}. Un épuisemem (nom).


2,A\'Oir la 1némoire tenace : ~ j:aina.iS oubHer. U11e ténacité (nom).
3, Avoir la main longue: avoir du pouvoir, de l'influcoœ. 5. Sc méfier: ne P3S faire confiance. l.:t méfiance (nom).
4.Jôu('f des tours: faire de mauvais roups, nuire à quelqu'un. 6.Une bien•aimée : une femme qu·on aime. \Ille amo1.1reuse.

38 39
Quand j'ai présenté la note, i l m'a menacé de tous les diables'.
- Ne vous i nquiétez pas. Ses dettes seront réglées, répond
d'Artagnan.
14 O'A1tag.nan rejo int Porthos clans sa chambre. li raconte
son voyage à t ondres et l'enlèvement de Constance. li paye
O·A.RTA.GNA.N RENCONTRE MIIADY l'hôtelier. Les deux amis partent pour chercher Aramis.
Q uand ils arrivent à l 'auberge cle Crèvecœu r, Aramîs d iscute
avec dem hommes d'égl ise. li a décidé d 'encrer dans les o rdres'.
D 'Al'tagnan demande cl'abord à Aramis de retrouver
Constance. Son ami accepte. Le lendemain mati n , i ls retrouvent
D'Anagnan raconte cout au capitaine des mousquetaires. leur ami Athos el rentrent to us à Paris.
- C'est sûrement l e CaI'dinal, dit le capiraine. Q uelques jo,11·s plus iard, d'Attagnan sort de l'hôtel de
- Mais que faire? demande d'Artagnan. Tréville. li voit dans un caffosse la dame angla ise de Meung.
- Trouvez d'abord vos compagnons. Je vais parler à la reine. Il décide cle la suivre. À Saint~Germain, Milady s'arrête
Paris est dangereux pour vous maintenant! Le Cardinal veut se clevant un hôtel. Elle paI'le à un cavalier. D'Artagnan observe la
venger pour le collier! scène. Milady semble très en colère.
- Je pars immédiatemenc' ! répond d 'Artagnan. Dès que - Mack.11ne, clic d'Al'tagnan en s·approch anc du carrosse, si
nous serons réunis, nous viendrons ici. ce1 homme vous importunes, je peux vous aider.
D'Artagn an va d 'abord retro uver Po rthos. JI arrive à l 'auberge - Je vous remercie, répond M ilady. mais tout va bien. Cet
de Chantilly. homme est mon frère.
- Je suis passé ici iJ y a dix jours avec mes amis motisquetaires1 Milady donne l'ordre à son cocher de partir. Le carrosse
dit d 'Artagnan à Jlhôtelier. t'un d'eux s'est disputé avec un s'élo ign e r.1pidement. Les cieux cavaliers se retrouvent face à face.
voyageur er depuis je n'ai plus de nouvelles. Tout fL coup, d'Arrngnan reconnaît le cavalier ang.Jais qui a
- Oui, je me rappelle, ré1>ond l 'hôtelier. Votre ami est gagné le d 1eval de Porthos.
toujours ici, à !"auberge. Tl est enfermé dans sa chambre. - Monsieur, vous avez dépouillé6 mo n ami d e son cheval, d ît
- Enfenné, mais pourquoi ? d'Armgnan. Pour réparer cela, rendez.vous à six heures derrière
- Il a fait beaucoup de dépenses2• JI a même joué son cheval le Luxembourg.
à un Anglais, d it l'hôteJier en momrant un C'dvalier dans la cour.
3. i\lenaœr de tous les diables: faire lx."3ucoup de menaces à qtlliqu'un.
4.Emrer d:ans les o rdres: devenir \IO homme d 'égllse.
1. lmm(·di:11cmcn1: 1ou1 de S1.1ilc, :s:ms :mcndrc. s. 1m1>0nuner : ennuyer. embêler u1le perso11J\e. la déranger.
2. U1lC dépense: de l':.1tgen1 utilisé poor payer q\1elq\1e d 1ose. Dépenser (verbe). 6. Dépouiller: voler. dérober «out ce qui ~p(Xlniem à quelq\1'\111.

41
- Ah! O u i, je me rappelle votre ami. À sLx heures, très b ien,
répond le cavalier anglais.
- Venez accompagn é car nous serons quatre ! ajoute
d 'Artagnan. 15
- Quatre? À merveille, c'est juste mon compte, répond
l 'Anglais en partant au galop. A.NGlAIS CONTRE FRA.NÇA.IS
D 'Artagnan rentre à Paris chez Ath os. Il raconte à ses a mis sa
rencontre avec Milady et le rend ez-vou s tLvec les Anglais.
Ravis <le se barrre contre des Anglais, les quacre arnis se
préparent pou r aller au Luxembourg.
À six heu res, d'Artagnan ec les 1rois rnousqueraires arrivent
au rendez-vous.
- Je suis lord de Winter et voici mes trois compagnons, d it
l 'Anglais.
- Aramis, Athos et Porthos que vous connaissez dé~\, répond
cl'Artagnan. Mainten ant que les présentations sont faites, en
garde, rnessieurs !
Aussitôt, huit épées se lèvent pour un combat au soleil
couch ant. Athos tue le p remier son adversa ire. Porthos blesse le
sien à la cuisse. o ·Art~:i.gna.n met à cerre \Vinter1 son épée à la gorge:
- Je peux vous tuer, lord 1 ou vous laisser la vie pour l 'amou r
d e votre scx:u r! dît d 'Artagnan.
- Vous êtes un gentilhomme. Je vous présente ma sœur1 ou
p lutôt ma belle-sœur, lady Clarick, dès ce soir, répond W inter.
D'A1tagnan est satisfait. li va se rapprocher d e Milady et peut-
êcre obtenir d es in fonnarions sur le ravisseur d e Constance.
• Rendez-vous ce soir, place Royale. à huit heures•, dit \X' in ter
à d'Artagnan.
Le soir rn êrne, d'Arragnan rencontre lvlilady.
- Vous voyez, di t \'\l'inter à M ilady, cc jeune homme m 'a
gardé en vie. Re,nerc iez-le pour cela.

43
- Soyez le bienvenu, monsieur, répond M ilady. Vous avez
ma reconnaissance éternelle.
To ute la soirée, d 'Artagna n essaie d'avoir d es informations
sur l'homme au manteau noir mais Milady reste mystéri euse.
De jo ur en jour', d 'Artagnan est troublé p<lr Milady. Un jOllr q uïl
an-ive chez Milady, la femme de chambre, Keny, s'approche de lui.
- Monsieur le chevalier, je veux vous parler, dit Ketty. Vous
aimez ma maîtresse, n·est-<:e pas?
-À la folie' !
- Héla.s3, elle ne vous aime pas, répond Ke1ty.
- Po urquoi dis-tu cela? demande d 'Artagnan.
- Parœ qu'elJe aiirie un autre homme, répond Keny en
donnant un papier à cl'Artagnan.
C'est un m essage cle Milady pour un ce,tain conne d e \'(lardes.
- Pourquoi me montres-tu ce billet? demande d'Artagnan.
- Par amour pour vous, répond Ketty.
Tout à coup, Milady appelle sa servante. D'Artagnan se
cache et entend leu r conversation.
- Eh b ien ! dit Milady, notre Gascon est absent ce soir. li va
reveni1\ c'est cerrain. Il est tellement stupide.
- Vous ne l 'aimez pas alors? d emande Ketry.
- Moi l'aimer! Mais no n! Je le déteste. À cause de lui, Son
Éminen ce esr très en colè re contre m oi. Je me suis déjà vengée de
la femn1e qu' il aimait, Mffil' Bonacieux.i bientôt ce sera son tour!
cCeue femme est Je d iable, murmure d 1Artagnan. Je dois
venge r Conscance !•
Le lendemain 1natîn1 il écrit un mess.1ge à Milady: Madame.
chez 1011s ce soir à onze heure:.. VOJre dé1:011é. co,me de \~11tltN.

1. De ;our en ;our: progressi\·tment. tous les ;ours un 1X'u plus.


2 . À l:1 folie: éno rmémcn1, vrnimcn1 IX"3ucoup.
}. Héla,:,: m~1lheureo.semem.

44
Avant le lever du jour, d'Artagnan sort discrètement de la
chambre. Milady est encore endormie. ri court chez Athos.
- D'où vient cene bague? denrnnde Athos.
16 - De Mi lady. Elle n1e l 'a donnée cette nuit.
- Étrange! Ma famille avait une bague identique, d it Athos
IANUITTOUS LES CHATS SONT GRIS' très pâle. Cene fernme est vra iir1enr mystérieuse. Ne la voyez
plus! C'est un conseil d'ami.
En rentrant chez lui, d'Anagnan tro uve Keuy qui attend.
•Ma maîtresse veu1 revoir le coince. Je ne sai s pas quoi faire •,
dit Ketty toute tremblante.
Le soir venu, d'Arragnan an-ive chez Milady. Elle est de très D'Artagnan écrie un message:
bonne humeur et attend avec inlpatience son rendez-vous Jes11is trop occupé pour vous reuoir. madame.
nocturne. Comte de Wa,rles.
Vers dix heures, d 'Artagnan prend congé et monte dans .ce n'est pas possi ble! s'écrie Milady en lisant le billet.Je ne
la chambœ de Keny. Milady éteint IOutes les lumières pour comprends pas. Ap,·ès la nuil q ue nous avons passée ense mble !
recevoir le comte en toute inti1n ité 2. li s'est mCX}ué de moi ! Je me vengerai 5 !•
À onze heu,·es, M ilady emend un bruit. D'Artagnan son de
sa cachene' et frappe à la porte de sa chambre.
- Qui est là ' dem ande Milady.
- Le comte de \Varcles, ll'i adame, réponcl d 'Artag.nan.
- Entrez! Je vous anends, répond Milady.
Dans l'obscurité\ d 1Artagnan s'avance vers elle.
• Pre nez cen e b:,gu e en gage d e mon amour p our vous,, dit
tendrement M ilady en serrant les mains de d'Attagnan.
D'Artagnan ne répond pas et embrasse Milady. t es cieux
anmnts restent de longues heures e nsemble.

1. Cc titre csc un proverbe qui signifie que, q1.1:tnd Il fait nuil, il <-'Sl difficile de
<Bs:1ing;uer les choses ()Q fœ qu·eues se ressemblem.
2. E1\ to..ne iJUimilé: ici, discrètement. e,, tC:te-à-tt1e.
3, Une cad1cuc: un endroit pour ne pas ê1rc V\L Sc c:icher (verbe). 5. Sc venger :prendre s:i revanche, ptmir quclq\1'un pour le 1n:al qu'il :1 fui1.
·i. L'ob.set.1rité: le noir, l\1bsellce de lumière. Obscoteir (verbe). Une \·enge.1nce ( nom).

47
- Comment savez-vous cela?
- Ce n ·est pas le comte que vous avez vu, mais moi. Je
voulais venger Constance! Mais je vous aime, je ne peux vous
17 menti r encore!
Milady est folle de rage. Elle se ;ene sur d'Aru,gnan qui
la repousse. Il découvre, sur son épaule, une fleur de lys, la
marque des bouffe~uxl. li court dans la chambre de Ketty et
ferme l:l porte à clé : , Vite Keny, fais-moi sortir o u elle va me
n ier !» crie cl 1Anagnan.
D'A1tagnan sort par-derrière et court chez Athos pour tout
Pendant deux jours, d'Arcagnan ne répond pas aux invitations lui raconter.
de M ilady. Il vient le tl'oisième soir.
- Mon cher arni. J'ai un service à vous demander, dit MiJady.
- Tout ce que vous voulez, rnadame!
- N1 ! Vraunem? El pourquoi cela ? demande Milady.
- Parce que je vous aime, répond d'Artagnan .
- Vous m 'airnez vrain'lent? Alo1·s d o nnez-m o i une preuve de
votre amour. j'ai un ennemi ! dit Milady.
- Quel est son nom? demande d 'Artagnan.
- Le comte de Warcles ! Il rn ·a insultée. Vengez-moi !
D'Artagnan es1 partagé entre son désir de vengeance e1 ses
sentiments.
- Madame, je dois d 'aborcl vous dire une chose, dit le jeune
honune.
- Je vous écoute e1 après nous parlerons de ma vengea nce,
répond Milady.
- Justement! Je crois que le comte n'est pas coupable' .
- Ah oui ! Et pourquoi cela>
- Jeudi , vous avez rencontré le conne ici, 1fes1-œ pas?
Un coup:1blc: une personne qui C$1 rc.spollS3ble d'un événc.-mcn1. 2. Un bourrc:1u: t.inc personne d1:1rgéc de faire .souffrir p hysiquement o u de
con1rnire: un innocent donner la mon.

49
I8
D·A.RTA.GNA.N EST EN DANGER

I.e lenclemain, les gardes de l'Académie royale se préf'l']renr


pourpa,tiren campagne' à La Rochelle', contre l 'Angleterre. Cene
viUe reste la derni ère porte ouven e aux Anglais. D'Artagnan est
tellement comem cle défendre son f'l'JYS qu'il n e remarque pas
Milady qui l'observe. Elle fait sign e à deux hommes qui montent
à cheval e t suivent discrètement le jeune homme. Arrivé au
camp, d 'Artagnan va se promener. Tout à coup, il voit den·ière
un arbre une anne. JI se jette à terre. L1 balle siffle au-dessus de
sa tête. Il regarde de l'autre côté, un autre homme tire . C'est un
piège. JI son son pistolet et tire. JI blesse un des deux hommes.
- Misérable! Qui veut m'assassiner? dit d'Artagnan.
- U ne femme qu'on appelle Mîlady. Elle m'a payé cent louis!
- T u as fait autre chose pour elle?
- Nous devions enlever une femn1e mais nous avons échoué.
- Q uelle fe mme ? demande d'Artagnan.
- Madame Bonacieux, répond le blessé.
•Constance! pense d'A1t agnm1i voilà une bonne nouvelle.
Mil ady n e l ui a pas fait de mal. •

1.Partir en c;unpagne: partir à la guerr<".


2.l.a Rochelle: ville sur 13 CÔie oue.st de l:t Fr:mcc, qui éc:1it l'sscnticllemc.'flt
prolest~1me et une txlse pour l'Angleterre pe1l(fam ceue période.

51
Deux jours plus tard, il reçoit une lem·e de ses amis
mousquetaires avec douze bouteilles de v in . Au moment de
boire son premier verre, d'Artagnan entend des acclamations:
• Vive le roi! Vive le Cardinal !• Le roi arrive au camp avec les 19
mousquetaires. D'Artagnan est très heureux de revoir ses amis.
- Pardieu, s'écrie cl'A.ltagnan. Vous arrivez au bon m.omenr. ÉTRANGES RETROUVA.ILLES
Nous allons lx>îre ensemble le vin que vous m'avez envoyé.
- De quel vin parlez-vous' demande Aramis.
- Mais de celui-ci, répond d'Artagnan en montrant les bouteilles.
- Ce vin ne vient pas de nOtL5 1 répo ndent les motL5quernires.
- Et cette lettre? demande d'Artagnan. Le lende1nain, Je Cardinal o rdo nne aux trois mousquetaires
- Elle est fausse, dit Porthos, de l'accompagner à l'auberge du Colombier-Rouge. D'Altagnan
- Ne touchons pas à ce vin, dit Athos. C'est plus prudent. est de garde au camp.
Au mê:1ne instant, Planellet crie: c. Venez vite! Un garde se Q uand le Cardinal arrive à la porte de l'auberge, il frappe
sent mal, il a bu u n verre de vin et il est tombé., trois coups. Rochefo1t, l 'homn1e au manteau noir, ouvre. Les
Un jeune honune est au sol. Il hurle de douleur. Les deux hommes parlent à voix basse 1 puis le Cardinal se tourne
mousquemires n'ont pas le cemps d'appeler un méclecin, il meurt vers Aramis, Porth.os et Athos: •Messieurs les mousquetaires,
- Affreux! Affreux, munnure Athos pencl1nt que Porthos attendez-moi ici!•
casse toutes les bouteilles de vin. Les m ousquetaires s'in stallent da ns une grande sa lle. Athos.
- Oh mes arnis ! <lit d 'Artagnan, vous venez de me sauver la près de la cheminée, entend une conversation au premier
vie. Ce vin vient d'un ennemi qui veut ma mort. étage. •C'est étrange, murmure Athos. Je connais cette voi.x.•
- Mais qui veut votre mort? demande Ara mis. - Madame, asseyons-nous et parlo ns.
- Une femme! Milady' répond d'Arrngnan. - Votre Éminence, je vous écoute avec une grande anention,
- Restez sur vos ga rdes, dit Athos. Oès le siège' de La Rochelle répond M ilady.
tennîné, nous nous occuperons de cette Milady. - P..irtez pour Londres<.-e soir. Allez voir Buckingham. Dîtes~luî
Après ce tragique' événement, les quarre amis restem tou1e que je sais pour la reine et Je collier de d iamants! Si Buckingham
la nuit en semble. continue d 'attaquer la France. je raconte tout au roi cle France!
- Comptez sur rno i1 Voire Éminen<.-e.Je répéterai exactement
vos paroles.
~. Le siège d\10(' ville: des :1ctio1\S c1 <k."S bal:lilles qu·on mène pour env,:ihir
- C'est très bien ! Et s'il résiste, arrangez-vous pour le faire
une ville ennemie. Assiéb'<'r (verbe) .
·i. Tragique : gr:.we, lrès lrl~e. d isparaître !

52 53
- C'est e nte ndu, d it Milady. j'ai aussi besoin d e vous, me naçant Milady d e son arme.
Cardinal. Mîlady veut crier mais elle n'a pas la force de faire un seul
- Oui, je vous écoule ! mouvement.
- Je veux re trouver Constance Bonacieux po u r n1e venger Athos sort de la chambre sans même regarder en arrière.
de son amant, d'A11agnan. li prend son cheval et galope aussi vite que possible pou r
- Faites votre mission à Londres el j'envoie ces cieux arriver au camp avant ses cieux arnis et le Cardinal.
personnes e n p rison à la Bastille, répond le Cardinal.
- Je vous remercie. Je pars (Out de sui te à l.ondre.s.
Athos se toul'ne vers Ara.mis et Ponhos: •Je vais prévenir1
d'Artagnan. Restez ici et attendez le Cardinal. •
li prend son cheval et part au galop. Après q uelques mètres,
il fait d emi-tour ec se cache d en·ière des arb ,·es. Il voit passer ses
ami s e t le Cardinal. li retourne à l'auberge. U d oic e n avoir le cœur
nec'. Q u i esc Milad)•? Il arrive à l'auberge ec mo nce direccemenc
au p remier écage. M ilady est encore dans sa chambre. U entre
et s'avance en d issin1ulant3 son visage sous son chapeau .
- Qui êces-vous? d emand e Milady.
- Vous ne me reconnaissez pas? demande Athos.
Milady devient toute pâle et recule d 'un pas.
- Le comte d e L, Fère! mumi ure+ elle.
- O ui, votre ancien mari .Je vous croyais morte, en enfer ! Vous
avez clone ressuscité'' ! Vous vous appelez Milady maintenant!
- Mais enfin, que vou lez.vous? demande Milady d'une voix
tremblante.
- Écoutez bien ceci ! Assassînez le duc de Buckingham, peu
m'importe! Mais ne to uchez pas un cheveu de cl'A1tagnan ou
je vous jure que ce sera votre dernier crime! crie Athos en

L 1>révenir: lnfo,mer. signaler. Une prév emlon (nom).


2. E1\ avo ir le cœur r'l et: oonn:iître la "étité, écla ircir Je my.stê-re.
3. Dissimuler: cad1cr. Une clissimul:uio n (nom) .
·i . Ressusci1er : re\'enlr :1 k1 vie . Une rés\,rrectlon (nom).

54
- Envoyons nos laquais, d it Aramis. Bazin à Paris et Plancher
à Londres.
- Oui, c'est très bien, d it Athos. Mais nous avons besoin
20 d'argent!
- Vendez votre diamant, d it J>o11hos à d'A1tagn an. L1. reine
LES DEUX MESSAGERS sauve le duc avec cene bague, rier\ de plus ju sce !
- Écrîvons les lettres pour la rein e et \"<' i nter, d ît Athos.
D 'Artagnan, allez vendre votre bague.
Le soir mêrne, Aramis écrit les deux messages. Le lendemain
matin, les cieux laquais se meuent en route.
Après une n uit de garde, d'Artagnan rejoint ses amis. L'anenre est très longue pour les mousqueca ires.
- J'ai vu M ilady œ ne nui t, dit Athos. Leul' p lan pour an·êter Milady ec p ,·otéger le duc d e
- ot,? demande d 'A1tagnan . Buckingham va-t-il fonctionner?
- À l'auberge du Colombier-Rouge. Elle a de mandé votre Le marin du huitième jo ur, Bazi n revient au camp, Tout s'est
tê te au Cal'dinal. très bien passé. La ,·eine est prévenue du complot' contre le duc.
- Ma tête! Ah !Je suis perdu avec tous ces ennemis. L'homrne Le seizièm e jour, Planchet apparaît clans la b rume' du soir. Il
de Meung, Milady et nlaince nant le Cal'dina l, dit cl'Artagn-an donne un m essage à d'Anagnan. Une simple phrase est sur le
désespéré. billet, Merci. soyez 1ra11q11ille.
- Elle est pallie en Angleterre. Le duc de Buckingham est en Les cieux 1T1issîons sont réussies. Les mousqu etaires peuvent
danger. Le Cardinal veut se venger pom· le collier. enfin avoir une nuit tranquille.
- Qu'allons-nous faire? d emande cl'AJtagnan.
- Prévenons la reine! Elle fera tout pour pro téger le duc, dît
Aramis.
- Et nous, qui nous p rotégera? demande Porthos.
- Milady a un beau -frère, n'est-ce pas d 'Artagn an> d emande
Athos.
- Oui, lo rd de W inter. Elle le déteste.
- Envoyons une lenre à \Vtnter pour qu'il surveille Milady à
Londres. Nous sero ns tranquilles un moment, propose Athos.
- Mai s nous ne pouvons quitter le camp de bataille, dit
1. Un complo t: une :activité Sl.""Crète pour nuire à quclqu\m. C.Omplo1er (\'l'.!'rbc) .
Po rthos. 2. Une brmnC': un IC,ger brouiU:1.rd.

57
- Dites-moi, ma chère sœur, pourquoi venez-vous en
Angleterre'
- Po u r vous voir.
21 - Vous traversez la Manche en ces temps de guerre juste
pour me voir! dil \Vimer soupçonn eux5. N"avez..vous pas

MIIAOY EST EMPRISONNÉE d 'autres buts?


- Je ne comprends pas, répond Milady. Que voulez-vous
d ire?
- Je sais depu is peu que mon frère est votre second mari,
d il bmtalement \Vi nter. Et q ue vous avez u ne marque secrè te
Quand Milady a,rive en Angleterre, un oflîcier anglais du à l'épaule! Vous êtes une menteuse, madame ! Dans quelques
no m de Felco n viem la cherche!' au port : •Madarne1 vous devez joul's, vous 1>al'tez dans les colonies du Sud et je ne veux p lus
me suivre !• jan1ais ente nd re pa rler de vous!
Une heure plus tard, ils arrivent devant un château. Milady Milady n'essa ie pas de se défendre. Athos a sûrement parlé!
est conduite dans une chan1b1·e qui ressemble à une cellule Elle est p rise au piège. Winter sort de la chambre et le ve,wu
de prison: des barreaux aux fenêtres, des verrous extérieurs se referme.
à la porte. Les premiers jours de captivité', Milady se croit perdue. Elle
- Pourquo i est-ce q u e je suis ici? d emande Milady. cherche un moyen pour s'évader. •Je vais me servi r d e ce jeune
- j'ai eu l 'ordre d 'aller vous chercher au po,t et de vous officier ang la is~ Felto n. Il ne po u rra pas résister à mes charmes>.
an1ener ici. Le reste l'e gard e une autl'e personne, répond se d it-elle.
l'oflîcier, impassible'. Plus les jours passent, plus le jeune homme s'intéresse à
À cet instant1 un ho mme arrive su r le seuil de la porte2. celte mystérieuse femme.
Milady reconnaît son l:ie-au-frère. Felton est protestant. Milady va se servir de sa foi pour
- Vous 1 mo nsieur? l 'apitoyer' et elle va lui fa ire croire qu'elle appa 1t ient aussi à
- Oui, madame, répond \Vinter. l 'église protestante. Malgré ses réticences', le jeune officier
- Suis-je voire prisonnière? tombe amoureux de cette belle prisonnière. Pourquoi \'(' inter
- À peu près. Asseyons-nous et discutons un peu, répond veut l'e xiler} se demande-t-il ?
\Vinter très calrnement.
3. Sot,pçonncux: qt.1i a dc.s sou~ns., des dout<!S :;tir une 1x-rsonnc.
1'.füady et l ui se retro uvent seuls. S0t1pçonner (verl>e).
4.La rupc.ivité: rempriSOl'U)e'Jn('nt, le fait d'&re en prison.
lmP3ssiblc: qlli n·cxprim<! :1t1cunc émOlio n. 5. Apitoycr qtt<.iqu·un : lui f:1irc pilié, l':mcndrir.
2. Le se\lil de la porte : ju~e devant la porte. 6. l:.l réticence : la retenue. ln r&.i$:::ince.

sa S9
D Après quatre jours, Felton ne peut plus résister.
- Madame, qu 'avez.vous foît pour mériter tout ceci? \V inter
m'a raconté une histoire effroyable sur vous. Ou vous êtes un
démo n ou \X' inter est un monstre. Je veux savoir!
- Si je vous racome n1011 histoire, vous m 1aiderez? répond
Milady. Je vous jure devanc Dieu que je suis innocente.
- Je veux vous croire, madame ! Racontez-moi, d it Felton.
Milady lui raconte une histo ire sordide'. Le duc de
Buckingham ra déshonorée'. Elle sait exactement trouver les
mots pour émouvoîr9 le jeune officier. Felton écoule son histoire
les larmes aux yeux. Par Mnour pour elle et pour venger tous
les prorestants 1 il décide de l 'aid er à s'évader et d 'assassine r le
duc de Buckingham.
Le cinquième jour, Felton fait sortir Milady du château. Elle
prend un bateau pour la France. Felton va au palais du duc.

-
, 7.So<dide: rel)O\•mme. homai.se.
8 . Être déshonore: perdre ou avoir JX'rdu son honneur. ne plus être rtSP<'('té.
Un dé.sho nncur (nom).
9. ~moovolr: uo1.1bler q1.1elqu·un par une émoclon. lOU<'her ;)vec des mocs.

-
0
61
Felton sort un couteau et le lui enfonce da ns le cœur. Le duc
appelle à l'aide.
Patrick entre dans la chambre : •Au meurtre! hurle-t-il.
22 À l'aide! Gardes!•
Les gardes arrivent, le duc esl étendu su r le sol. Fellon, taché
UN MEURTRE À. BUCK.JNGHAM de sang, sorr de la pièce en coumn1.
Dans les esca liers, il rencontre \Vinter.
, Ah! Je le savais. Misérable! Elle a réussi! ASsassin I Arrê1ez
ce1 hon'ln'le!• crie \Vimer.
Felton est arrêté par les gardes sans aucune résistance.
Felron arrive à hui1 heures au palais de Buckingham: ,J'ai Winrer court dans la chambre du duc. Le messager de la
un rnessage urgent de la part de lord de \Vinter•, dit-il. reine de Franœ ar1·ive au même instam.
Un garde ouvre les grilles el il s'élance dans les escaliers. - j'ai un message de la reine, dit-il
Pa1rick, le vale1 de Buckingham, conclu i1 Peiron dans la - Us-moi ce message, dit le d uc dans un dernier soupir 1•
chamb,·e du duc, qui est en tra in de s'habiller. Que je meure en entendant les dernières paroles de ma
- Quel esl ce message? demande Buckingham. bien-a imée.
- Monsieur le duc, \Vim er a une prisonnière au château. U Mais le message1· cle la reine est an·ivé trop tard. Le duc
veut l'envoyer en exil! dit Felto n. succombe 2 à sa blessure. Tout le palais est consterné'. On
- Oui, œtte hon-ible femme ! Et alors? annonce sa mort par u n coup de cano n entendu dans toute
- Empêchez cela! supplie Fel1on. la v iJle.
Le duc, l'air surpris, ne comprend pas la demande du jeune
officier.
- Er pourquoi cela? demande le duc.
- Cette femme est innocente et vous le savez! Signez l 'ordre
de 1T1ise en liberté! s'écrie Felton.
- Vous me donnez des o rdres! Sortez tou1 de suite ou je
vous fais arrêter!
- Vous ne ferez pltL'> jamais rien! crie Felton en se jetant sur
le duc. 1. Un soupir: un souffle long. Soupirer (verbe).
2.Sucoo1nber: ici, 1nourir (suite à l:i blessure) .
Buckingham n'a pas le 1ernps de prendre son épée.
3.Constcrné: 1rè.s 1ri:s1c. l)()u!l'.!vcrsé p:tr une m:1uV'!1isc no m·cllc. Conl>1Cmcr
(,·eroe). U 1lC oonsiem~lion ( nom).

62 63
Les quatre amis rep artent au galop en di.rection d e Béthune.
De son côté, M ilady arrive en France après cieux jours de
traversée. Elle écrit au Ca rd inal pour lui annoncer la mort
23 du duc de Buckingham. Elle d écide d 'attendre ses ordres au
couvent de Béthune.
MALHEUREUSE COINCIDENCE À. BÉTHUNE Quand e.lle arrive au couvent, la Mère supé1ieure vient la voir :
- Nous avons cieux pensionnaires5 maintenant, dit la
supérieure.
- Ah! Vraiment, nous sornmes deux? clenrnnde Milady.
- Oui1 une jeune femme très sympathique est avec nous
Pendant ce temps, en France, le siège de L1 Rochelle continue. depuis quelques mois. Vous la verrez bientôt. Reposez,..vous
L'a,·mée du l'O i entoul'e la ville pour affarner 1 les Rochelais. Les d 'abord, vous êtes fatiguée.
mousquetaires ont reçu d es nouvelles de Constance. Elle est Après le déjeuner, la supérieure revient clans la d 1ambre de
cachée au couvent' d es Carmél ites de Béthune. Milady accompagn ée d 'une jeune femme.
Louis )QI! décide d e qu itter le camp d e L1 Rochelle pour •Je suis heureuse de vous rencontrer>, dit Milady en
se rendre à Paris. D'Artagnan et les tro is mousquetaires sont reconnaissant Constance.
choisis p our escorter' le roi. •Quelle heureuse coïncidence! p ense+elle. L1 chance est
Affivés à Paris, nos quatre amis vont chercher Constan ce. En avec moi !•
cours de route. ils s'arrêtent da ns une a~1berge. - Enchantée, rnaclame. Voilà six mois que je suis ici sans
D'Artagnan reconnaît, dans la cour, l 'homme <le Meung qui aucune distraction6 et vous an·ivez. C'est domrnage7 car je pars
pa n au galop. b ientôt, répond Constance.
- Encore lui, crie d'Artagnan .Je dois a 1Têter cet homme! - Comment! d it Milady, vous partez?
- Mais il va du côté opposé ol1 nous allo ns, dit Ar.unis. - O h! Oui, je J'espère, répond Constance p leine de jOie.
Laissons cet homme et sauvons d 'abo rd Constance. Constance ne se méfie pas de cette femme qui a l 'a ir si
- C'est juste, ajoute Ath os. gentil. Elle répond à ses nombreuses questions.
- Vous avez raison rnes amis, répond cl'Artagnan. Je le - Alors, vous êles comme rnoi ! Vicriln.e du Cardinal ! Nous
retrouverai sûrement sur mon chemin. cet homme mauclit4. avons peut-être des amis en commun? demande M ilady.

L Affamer: faire mourir de faim. Une famine (nom). 5.une pensionnaire: Ici. une perso,rne qui est logée chez quelqu'\1n contre
2. Un couvent: une maison oi'.I \'îvem des religieuses. une somme d·arge1u.
3, Esconer: :1ccomp:1gncr une personne pour s:i sécurilé. Une <.'SCOne (nom). 6. Une distraaio n : une :1ctivi1é pour s':mmscr. Oisu:1irc (verbe) .
·i. Ma\1dil:: Ici. qu'on délC'Sle. q\l·on rejette. Maudire (\'Cfbe). Une nttlédktlon (nom). 7.C'est dommage: c·e~ regrem,ble. c·est fficheux.
- Oh! Sans doute. Connaissez-vous M. de Tréville e t ses
mousquetaires?
- Ah ! Oui, très bien même, dit MiJady.
- Vous avez rencontré Athos, Porthos et Ararnis? demande 24
Constance .
- En vérité, je connais n'lieux leur arr,i, d 'Artagnan. C'est un ANGE' ET DÉMON'
très bon ami. Tl me parle sans cesse d'une jeune femme qu' il
aime.
Constance a l'air embarrassé'. Elle devient toute rouge.
- Oh! Mais vous connaissez atL'iSi d'Artagnan n·est•<.-e pas?
Seriez-vous œ ne jeune fernme? Après le départ de Rochefort, Constance revient clans la
- D 'Artagnan arrive bientôt ! Il v ient me du~rche,-, dit chambre de Milady.
Constance. - Vous n 'êtes pas en sécurité ici! d it Milady.
- Quel heureux hasard de se retrouver ici, dit Miladi• avec - Mais pourquoi ? demande Constance.
un large sourire. - L'homme qui sore de ceue chambre est mon frère. li a vu
Tout à coup, la supérieure frappe à la porte. des gardes du Card inal près du couvent. lis nous cherchent
- Un homme vous demande, Milad y. toutes les cieux. Nous devons fuir! dit Milady d"un air effrayé'.
- Je vous laisse, dit Constance, je reviens tout à l'heure. - Mais d 'Anagnan arrive bientô t !
Rochefort entre ckms la chambre de Mi lady. Tout se passe - Faites-moi confiance! dit Milady. Ce soir~ mon frère
comme pl'é vu. Il 1·evient ce soir pour emrnener Milady et revient avoc une voin1re. Son laquais l'esce p rès du couvent. Si
Constance. d'Artagnan arrive, il vient nous chercher. Croyez-moi, c'est la
meil leure solution.
- O h!Je ne sais pas!Jai si peur, répond Constance.
- Ne vous inquiétez pas, mon enfant. D'Artagnan est mon ami,
je suis contente de m '0<.x.· uper de sa bien-aimée, ajoute Milady.
- Q ue dois-je faire> demande Consrance.
- Préparez vos affaires et revenez clans ma chambre après
le dîner.

1. Un a1tg:e: ici, une persomte parfaite.


8. Emlx1rr:t.SSé : gêné, timide, 1roublé. F.mbarr:isscr (\'Crbc) . Un cm001T3s 2. Un démon: ki, une 1x.-rsonnc mauv:1isc, m(-ch::mtc.
(nom) . 3 . Eff~yé: qui a pa ir. Effrayer (vert>e). Une f~ye\1r (nom).

66
Une heure p lus tard, Constance et Milady sont de nouveau
réunîes.
À on7..e heures, on entend le bruit d 'une voinire qui s'arrête
à la porte du couvent. Les d eux femmes se regardent.
•Allons, mon enfant, 111ayez pas peur, d it Milady. Dans un
quart d'heure, nous serons en sécurité ec bientôt vous reverrez
d 'Artagnan.•
Constance sourit à ceue idée. Milady regarde par la fen être,
la voiture auencL Brusquement, on entend le hennissen'lenrt de
chevaux qui se rapprochent. Milady observe la route et voit d es
cavaliers. Elle reconnaît d 'ArL~gnan .
,Oh! Non! crie Mi lady. Les g-ardes du Cardinal. Vite!
Descendons à la voiture.>
Constance essaie de marcher, n1ais sa peur est trop grande.
- Allez, du courage, dit M ilady.
- Je ne peux pas! Les forces me manquent, répond Cons~1nce.
Panez seule!
- Seule? Vous laisser ici? Jamais ! s'écrie Mi lady.
Elle court à la table et verse dans un ve,Te un liquide rouge.
•Buvez mon enfanc ! Cela vous donnera cles fol'ces•, die
Milad y.
Constance prend le verre et boit le liquide rouge. Elle veut se
lever mais ses jambes sont trop fai bles. Elle tombe sur le fauteuil.
cTant pis pour ma vengea nce!• pense Milady en sortant de
la chambre.
Pendant ce lemps, d'A11agnan et ses amis arrivent à la porte
du cou vent.
- Ouvrez sur ordre de la reine! crie d 'Artagnan. Nous venons
chel'cher Constance Bonacieux.

·i . Le hennls.semem: le cri d\1 chei.•:tl. Hennir (ve,be).

68
- Elle est dans la chambre de Milady, dit la supérieure.
- Milady! Oh ! Non ! s"écrie cl"Artagnan.
Les mousquetaires courent jusqu'à la chambre. lis trouvent
Constance sur le fauteuil. O'A1tagnan se jette à ses genoux. 25
- Oh! 0 1A1tagnan! Mon bien-aimé! Tu viens donc enfin !
C'est bien coi ! dit Constance d"une voix faible. LE JUGEMENT
- Oui! Oui, Constance 1 dit d 'Artagna n. Mais qu 1avez-vous?
- Milady m'a donné un verre pour me donner des forces.
Mais je me sens mal! Ma vue se trouble'.
Constance est de pltL5 en plus pâle. Ses yeux se ferment.
Sa respiration devient plus lente. Achos remarque le verre vide Le lendemain marin, lord de \Vimer arrive au couvent.
près du fauceuil. Il comprend qu'elle a écé empoisonnée•. - Ah! Elle a encore frappé, la diabolique. Je suis an·ivé trop
,O'Ar!agnan, d 'Arcagnan•, dit une dernière fois Constance tard! dit Winter.
avant de rnourir clans ses bras. - Mes amis, die Achos, allez à l'auberge. Je vais m'occuper
Le jeune homme pou~e un cri de douleur. li pleure dans les personnellement de venge,· œtce pauvre Constance.
bras d'Athos pendant de longues minutes. Puis Athos appelle les quatre laquais: •Messieurs! Partez
cL1ns les v illages près d"ici. Cherchez des informations sur une
femme an-ivée cette nuit. Le premier qui trouve quelque d1ose
revient me prévenir. •
Le soil', Athos pal't seul à la so,·tie du village. li fai{ nuit noi,·e.
li s'arrête devant une maison rouge. U frappe trois coups. Un
homme, vêtu cr un manteau rouge, ouvre la f'X)1te.
Athos parle :,vec lui quelques minutes. L'honune fait un signe
de la tête, puis il referme la porte. Athos repait à l'auberge.
Le matin, Planellet revient à l'auberge. Il sait où se cad1e
Milady. Elle est dans une maison à Armentières1.
À huit heures du soir, Athos 1 ses amis et Phomme au manteau
rouge se rneuent en route pour Annentières.
Bazin et Grimaud surveillent la maison de Milady. Achos

S. Sc 1roublcr: ici, devenir flou, se brot.1illcr. Un 1rouble (nom).


6. Empoisonner: donner dt• poison. l.Annemlères: ville si1uée ~u nord de fa France.

70 71
s'app roche de la fenêtre. Milady, seule, est assise p rès de la
cheminée. Tout à coup, elle entend le hennissement c1·un
cheval. Elle pousse un cri e n voyant Athos derrière la fenêtre.
Elle tente de f~1ir mais rencontre d'Artag.na n à la porte. 26
Athos et d 'Artagnan entrent dans la pièce. Derrière eux
arrivem Po,thos, A.ramis ec \V imer. L'homme au manteau rouge L'EXÉCUTION
reste dans l'ombre 1 sur le seuil de la porte.
- Que voulez-vous' s'écrie Mi lady complètement effrayée.
- Nous voulons vous juger d e vos crimes, d it Athos.
D'Artagnan prend la pirole : c Devant Dieu et devant les hommes,
j'accuse cette femme d'avoir ernpoisonné Consmnce Bonacieux, Tous les regards se toument vers l'homme au ,nanteau rouge.
n10rte hier soi!'. Et je raca.1se d'avoir voulu m'empoisonner avec Il p ,·end la pamle avec sa voix grnve qui g lace le sang' : ,J'accuse
du vin. Dieu m'a sauvé; mais u n homme est mort à ma p lace.• cette fenu11e d 'avoir causé la perte de mon frère. C'était u n jeune
Athos se toume vers \-X' incer. prêcre. Elle l'a séduit! Pour fuir avec e JJe, il a volé des vases
- À vous, lord de Winte r ! sacrés. Mais il a été arrêté. De honte et de désespoir, il s'est
- Devant Dieu et devant les ho nunes, j'accuse cette femme clonné la mort2!•
d'avoir fait assa$iner le clucde Buckingham par les mains de Fel ton! En entendant œ ne horrible hiswire, tous pou~em un cri.
- Le duc d e Buckingham ! s'écrient tous les mousquetaires. Mi lady tremble d e tout son oorps .
- Oui, d it \X' inter. mais ce n'est pas tout. Cette fenlme a tué • Cette horrible femme a ensuite trompé le comte de L1 Fère,
mon frè,·e pour hél'iter de sa fo1tune! Monsieu,· Athos: ici présent>, ajoute le bourreau .
- Horreur! crient Porthos et Aramis. Ath05 fait sign e de la tête que ce que raconte le bourreau est
- Et maintenant, à vous. d it Athos en se tournant vers vrai. Tl reste quelques minutes silencieux 1 puis se tourne vers
l'homme au manteau rouge. d'Anagnan.
L'homme s'avance dans la pièce tout e n découvrant son - D'A11agnan, demande Atl1os, quelle peine demandez-vous
visage. Mi lady potL5se un cri de terreur. Elle recule dans la pour cette femme?
pièce et tombe sur un fau teuil. - la peine de mon!
cOh! Non, non, dit-elle. C'est une apparition infernale2. Ce - Et vous, lord de \V inter ?
n·esl pas possible! À moi ! À moi ! I.e bourreau de l.ille3!• - La pei ne de mort!
Milacly pousse un hurlen1enc affreux.

2 . Jn(cm:1lc: terrible, di::1boliquc, qui vicn1 de l'c."nfcr. I.Gl:1cer le sang: expression qui signifie ctîrarcr, f:tirc 1rè:; peur.
3, Lille: ville située ,au rK>rd de la ,~rance. 2. Se donller 1~ mon: se suicider.

72 73
•Anne de Breuil, comtesse de La Fère, milady de Winter,
vous allez payer po ur vos crim es. Si vous avez quelques prières,
dices-les maintenant car vous alJez mourir!• dit Athos.
Bazin et Grimaud attrapent M ilady qui ne résiste pas. l is sortent
de la chambre suivi.') par les mousqueL:1.ires, \-Vînter et d' Artagnan.
li est presque in.inuit mainte nant. L1. nuil est sornbre et
froîcle. Athos marche le premier. Bazîn et Grimaud tiennent
Milady chacun par un bras. D'Amgnan et les autres hommes
suivem en silence. Ils se dirigent vers la rivière.
Milady propose de l'argent aux laquais pour l'aider à fuir
mais i ls ne répondent pas.
A1rivés au bord de l'eau, le boun·eau s'approche d e Milady.
- Vous êtes des lâches! Des misérables ! Dix hommes pour
assassiner u ne femme, hurle M ilady.
- Vous n'êtes pas une femme, répond froidement Athos.
Vous êtes un démon échappé de l'enfer.
- Assassins! À J'aide! crie-c-elle.
- Je suis i ci pour rendre la justice' de Dieu et des hommes,
dit le bourreau.
- Allons, bourreau, fais ton devoir1 dit Athos.
Le bourreau emmène Milady sur une barque'. Elle n'a plus
aucune force pour résister. La barque s'éloigne sur l'autre rîve.
D'A1tagnan, les mousquetaires et \Vinter restent sur le bord de
la riv ière sans rien d ire. Un silen ce d e mort règn e sur la nature.
Après de longues m inutes, le bourreau revient.
,C'est fait, dit-il. l,1 justice de Dieu a été accompl ie.,
Trois jours après~ d'Artagnan et ses am.is retournent à
l .a Rochelle.

3.1..:1 jl.L'Mice: ici, 1:1 loi q ui punil le aime.


·i. Une barq,,e: un peti1 bate:.10.

74
ÉPILOGUE

Le siège de La Rochelle a continué pendant une année


après cette nuit terribJe. I.a capitularion 1 est signée le 28
octobre 1628. Le ro i et les mousquetaires rentrent à Paris sous
les acclamations de la population. C'est un véritable triomphe2
pour Louis Xl ll. À leur re tour, Porthos et Aramis décident de
quitter la ga,·de des mousquetaires. A.ramis devient homrne
d'église et se retire dans un monastèr&. l''oithos se marie avec
sa maîtresse. D'Artagnan est récompensé pour avoir servi le
royaume. li devient lieutenant <L1ns les gardes de M. de Tréville.
Athos, son fidèle ami, reste à ses côtés jusqu'à sa retraite. A_CTIV ITÉS
Un matin, d'Arrngnan va au pa lais du Cardinal. U croise dans
les escaliers l 'homir1e au manteau noir.
- Ah!Je vous rencontre enfin. d it d 'Artagn an e n sortant son ép ée.
- Rangez vocre épée! répond Roche fon . Je suis votre ami !
- Ab ! O ui , et pourquoi cela? demande d'Artagnan curieux.
- Dès no tre première ren contre 1 j'aurais pu, en disant un mot
au Cardinttl, vous faire couper le cou, répond Rochefort en riant.
Les deux hommes se regardent on i nstant puis se serrent la
main <le bo n cœur'.

FIN
1. LO c.tpin1l:nion: l'action de cesser. d 'arrêter 10\ite réslswnœ. C:ipituler(verbe).
2. Un triomphe: u 1'K' ln..'s grande réussite. Tl'io 1npher (verbe).
3, Un mo nas1t:rc: un cou\·~nl de religieux, de mo ines.
·i. De bon cœur: a\'ec pl~lsir. de g~îlé de cœtir.
1. Compréhension orale 7. Où va d'Artagnan en arrivant à Paris?
a. près du parc du Luxembourg.
1. t coutez le chapitre 1 et choisissez la ou les bonne(s) réponse(s). ..J b. à l' hôtel de M. de Tréville .
1.Où part d'Artagnan? c. au jardin des Tuileries.
D a. à Marseille.
L' b. à Paris. 2. tcoutez bien le chapitre 3. Qu'est-ce que vous entendez?
l.J c. à Lyon. Choisissez la phrase exacte.
1. a. Athos et d'Artagnan commencent leur dispute.
2. Pourquoi d'Artagnan fait-il ce voyage?
b. Athos et d'Artagnan commencent leur duel.
l.J a. pour rencontrer ses amis.
L' b. pour rencontrer l' homme au manteau noir. 2. a. C'est interdit par l e roi.
l.J c. pour rencontrer le capitaine des mousquetaires. L, b. C'est interdit par la l oi.

3. Pourquoi d'Artagnan est-il fâché? 3. a. SI vous voulez regarder, vous serez les bienvenus.
LJ a. parce que trois hommes ri ent de lui. b. SI vous voulez regarder, vous êtes les bienvenus.
L' b. parce que son cheval ne veut plus avancer.
l.J c. parce que l'auberge est fermée. 4. a. Ils sont cinq et nous trois.
b. lis sont quinze et nous t reize.
4. Avec qui l'homme au manteau noir parle-t-11?
D a. avec une femme dans un carrosse. 5. a. Les quatre hommes se mettent en garde.
LJ b. avec ses amis. b. Les quatre hommes prennent la garde.
c. avec l' hôtelier.
6. 0 a. Les gardes du Cardinal sont parterre.
5. Qu'ordonne Richelieu à Milady? b. Les gardes du Card inal sont à terre.
a. de retourner en Angleterre.
3. tcoutez attentivement les chapitres 4 et 5 et choisissez vrai,
L b. de rester à l'auberge.
faux ou «on ne sait pas».
O c. de surveiller le duc.
vrai faux ?
6. Pourquoi d"Artagnan n'a plus sa lettre de recommandation? a. Le roi est très en colère contre
D a. parce qu'il l'a perdue. les mousquetaires.
[ b. parce que l'homme au manteau noir l'a volée. b. Les duels sont autorisés dans le royaume.
D c. parce que l'hôte lier l'a jetée. c. D'Artagnan a perdu contre Jussac. D D D
78 79
vrai faux ? b. M. de Tréville donne quinze jours de vacances à Athos.
d. Le jeune Gascon va rencontrer le roi au il lui envoie
parc du Luxembourg. c. D"Artagnan remercie infin iment le capitaine. li a de
e. D'Artagnan blesse deux fois un garde pour le capita ine.
du roi.
d. Porthos et Aram i s vont aller avec Athos . ils vont
f. Le roi offre cent pièces d'or à d'Artagnan.
Athos.
g. C'est la devise des mousquetaires:
e. D'Artagnan a une lettre pour la reine. li est
« un pour tous, tous contre un.>>
d'une lett re .
h. La femme de Bonacieux est partie en
voyage. 6. Après avoir écouté le cha pitre 1 2, répondez aux questions.
i. M-Bonacieux travaille pour la reine. ..J [_, LJ a. La reine porte+elle le collier de diamant au début du bal?
j. M. Bonacieux est emmené au Louvre. ..J '.J Pourquoi?

4. t coutez le chapitre 7 et choisissez la proposition exacte.


t. a. Le duc a offert un collier de douze diamants à la reine.
b. La reine a offert un collier de douze diamants au duc. b. Combien de diamants le collier contient-li pendant le ba l?

2. a. Milady doit voler deux diamants du collier.


b. Le duc doi t offrir deux diamants à Milady.

c. Que dit le Cardinal à propos des deux diamants


3. a. Le roi veut pun ir le Cardinal pour trah ison.
supplémentaires?
J b. Le roi veut punir la reine pour trahison.

4. a. Le roi va organiser un bal.


..J b. La reine va organiser un bal.
d. Pourq uoi d'Artagnan est- il très content ?
5. 0 a. Milady vient à Paris avec les deux di aman ts volés.
b. Le Ca rdinal va à Pari s avec les deux diamants volés.

5. tcoutez le chapitre 9, puis complétez avec les mots utilisés e. Quelle est la récompense de d'Artagnan?
par les personnages pour le dire.
a. D'Artagnan doi t servir la reine. li a

80 St
f. Que demande Constance à d"Artagnan de faire? 8. Complétez le texte, après avoir bien écouté le chapitre 24.
À onze heures . on entend le bru i t d'une voiture qui
s'arrête à la porte du
Les deux f em m es se rega rdent. «Allons. mon en fant,
7. houiez le chapitre 19 et choisissez la ou les bonne(s) pas peur. di t Milady. Dans un
réponse(s). quart d'heure, nous serons en et bien tôt
1. Qui le Cardinal rencontre+ ilà l'auberge du Colombier- Rouge? vous d'Artagnan .»
D a. Rochefort. Constance sourit à cette idée. Milady regarde par la fenêtre,
O b. Milady. la voi ture attend . • on entend
l.J c. D'Artagnan. le de chevaux qui se
rapprochent. Milady
2. Où doit se rendre Milady le soir même? la route et voit des cavaliers. Elle reconnaît d'Artagnan.
L a. à Paris. «Oh! Non! crie Milady. Les du
Cardina l. Vite! à la voiture.»
[ b. à la Rochelle.
L c. à Londres. 9. houiez le chapitre 25, puis choisissez vrai, faux ou « on ne
sait pas».
3. Pourquoi Milady veut-elle rencontrer Constance Bonacieux?
vrai faux ?
D a. pour se venger de d'Artagnan. a. Milady échappe une nouvelle fols à
b. pour lui parler de son amant. d'Artagnan et ses amis.
D c. pour devenir son amie. b. Les trois laquais vont chercher D D D
des informations.
4. Pourquoi Athos retourne-Hl à l'au berge? c. Athos a rendez-vous avec [
L a. Il veut parler au Cardi nal. un homme mystérieux.
d. Bazin trouve la cachette de Milady. [
D b. Il veut rencontrer Milady.
e. L'homme au manteau rouge est [
L c. Il a oublié son épée. un ami d'Athos.
f. Milady a très peur en voyant d'Artagnan.
5. Pourquoi Milady connait-elle Athos?
g. D'Artagnan et ses amis jugent Milady
D a. Pa rce que c'est son ancien mari (son ex-mari).
pour to us ses crimes.
D b. Parce qu'il habite à Londres comme elle. h. Milady ne connaît pas l'homme au C.... l, LJ
D c. Milady a rencontré Athos au bal royal. manteau rouge.

82 83
10. tcoutez attentivement le chapitre 26 et répondez en Il. Compréhension écrite
justifiant votre réponse avec les mots du dialogue.
1. Avez-vous bien compris? Répondez aux questions.
a. Pourquoi le jeune prêtre voulait-il fuir avec Milady? Parce
a. Au village de Meung, de quoi rient les hommes en regardant
qu' , il était amoureux d' elle.
d'Artagnan?
b. Qu'a fait ce jeune prêtre pour rester avec elle?

c. Comment est Milady devant ses juges? Elle est effrayée. b. Qu i a écri t la lettre de recommandation pour le capitaine
des mousquetaires?
d. Comment Milady essa ie de se sauver ? Elle

c. Pourquoi le capitaine est-il furieux contre les mousquetaires?


e. Que pense Athos de MIiady? Il pense qu'elle est mauvaise,
très méchante, que c'est

f. Quel est l e devoir du bourreau? Il doit d. Que demande d'Artagnan à M. de Tréville ?

e. Que faut-il faire pour deven ir mousquetaire du roi ?


11. Après avoir écouté l'épilogue, complétez l e texte.

D'Artagnan est pour avoir servi


le . Il devient dans
les gardes de M. de Tréville.Athos, son ami, f. Pourquoi d'Artagnan a-t-il rendez-vous au Luxembourg
reste à ses côtés jusqu'à sa avec Athos et Porthos?
Un matin, d'Artagnan va au palais du Cardinal. Il
dans les escaliers l'homme au manteau noir.
-Ah!Jevous rencontre enfin, ditd'Artagnan en sortant son épée. g. Que font les mousquetaires quand ils gagnent un duel?
- Rangez votre épée ! répond Rochefo rt. Je suis votre ami !
-Ah ! Oui, et pourquoi cela? demande d'Artagnan h. Pourquoi Louis XIII veut-il rencontrer d'Artagnan? Que lui
- Dès notre première rencontre, j'aurais pu, en disant donne-Hl comme récompense?
au Cardinal, vous
• ré pond Rochefort en riant.
Les deux hommes se regardent un instant puis i. Qui est Constance Bonacieux? Pourquoi a-t-elle été en levée?
la main

85
j. Dans quelles circonstances d·Artagnan rencontre+ll le duc vrai faux
de Buckingham? f. Athos veut devenir homme d'église.
g. D'Artagnan se bat en duel contre le frère de
k. Quel est le plan du Cardinal pour perdre la reine? MIiady.
h. Milady a un terrible secret.
1. Quelle missi on donne le Cardinal à Milady? i. D'Artagnan reçoit un cadeau empoisonné. J
j. Milady est la femme de Porthos.
m. Pourquoi Constance donne+elle la lettre de la reine à
3. Associez chacun de ces personnages à sa caractéristique.
d·Artagnan?
1. D'Artagnan 2. M. de Tréville 3. Athos 4. Constance
5. Winter 6. M. Bonacieux 7. Patrick B. Felton
n. Commentîréville aide·t-11 d'Artagnan à accompl ir sa
9. Lady de Winter 10. L'homme au manteau noir
mi ssion secrète? 11.Le bourreau de Lille 12. Planche!

a. li a une cicatrice sur l evisage . b. 11 sert le duc de Buckingham .


c. Il est le premier mari de Milady. d. Il vient de Gascogne.
o. Pourquoi d'Artagnan arrive+il sans ses trois compagnons
e. C'est un ami du roi Louis XIII. f. Elle connaît les secrets de
à Londres?
la reine. g. Il est enfermé à la Bastille pour haute trahison.
h. Elle a plusieurs identités . i. Il a un château en Angleterre .
j. C'est un jeune offici er protestant. k. 11 accompagne toujours
d'Artagnan. 1. Il porte un manteau rouge.
2. Cochez vrai ou faux.
vrai faux 4. Com pl étez te text e avec les mots su ivants.
a. Pendant l e voyage pour Londres, J [
amis - à mort - bat - cardinal - collier - courage - duel -
Porthos est blessé. empoisonner- en campagne - entrer- jeune - juger- lieutenant-
b. Le duc de Buckingham a perdu le collier LI D maléfique - lingère- mousquetaires-personnelle - retrouver
de la reine.
c. D'Artagnan ramène le collier de diamants ù D Un Gascon de 18 ans part à Paris pour
en France. dans la garde du roi. Il
d. La reine récom pense d'Artagnan pour [ s'appelle d'Artagnan . Quand il arrive à Paris, il rencontre trois
son courage. , Athos, Porthos et Aramis. Il se joint à eux
e. Constance donne rendez.vous à Aram is. D D pourun contre tes gardes du

86
Les quatre compagnons deviennent . D'Artagnan 2. La reine offre son colller de diamants ...
a beaucoup de . li ai de la reine â retrouver son l a. au duc de Buckingham .
de diamants pour le royal. ..J b. à Constance Bonacieux .
Après cette aventure, il part à La c. au Cardinal.
Rochelle. Une femme veut se venger. 3. Le roi organise un bal. ..
Elle essaie de I' D'Artagnan est tombé a. parce qu'll aime danser.
amoureux de la de la reine et il fait tout pour la b. pour que la reine porte son collier de diamants.
. Malheureusement Milady la tue . D'Artagnan c. pour faire plai sir au Cardinal.
et ses amis décident de Milady. Ils la 4. M. de Trêville donne congé à Porthos et Arami s...
condamnent . En rentrant à Paris, d'Artagnan a. car ils ont beaucoup travaillé.
devient chez les mousquetaires. b. parce qu'Athos est malade.
c. pour accompagner d'Artagnan à Londres.
5. Retrouvez les définitions.
5. D'Artagnan se bat en duel contre le duc de Winter ...
1. s'élancer 2. fouiller 3. s'enfuir
a. car il n'aime pas les Anglai s.
4. prendre en traître 5. fa ire triste figure
b. à cause du cheval de Porthos.
6. faire semblant 7. disparaître comme un fantôme
c. pour se rapprocher de Milady.
8. reprendre ses espri ts 9. courir un grand
danger 10. faire le coup 11. faire signe 6. Ketty donne les messages de sa maîtresse à d'Artagnan ...
a. parce qu'elle est amoureuse de d'Artagnan.
a. attaquer par-derrière b. prendre la fuite, partir rapidement
c. se volatiliser, se sauver, s'enfuir d. chercher e. avoir une b. pour se venger de Milady
mauvaise réputation f. être menacé, être dans une situation J e. parce qu'elle aime le comte de Wardes.
dangereuse g. indiquer, faire un geste h. faire comme si 7. Milady offre une bague à d'Artagnan ...
i. se réveiller après s'être évanoui, se sentir mieux j. être a. parce qu'elle l'apprécie.
responsable d'une situation k. se précipi ter, se lancer en avant b. car elle pense qu'il est le comte de Ward es.
J e. pour la rendre à Athos.
6. Cochez la bonne réponse parmi les propositions.
1. D'Artagnan va â Londres ... 8. Winter retient Milady dans son château ...
l.J a. pour se battre en duel. ..J a. car elle a assassiné son frère.
L b. pour chercher le colller de la reine. b. parce qu'elle le déteste.
O c. pour servir le Card inal. J e. pour l'envoyer en exil.
88
9. D'Artagnan et les trois mousquetaires von t à Béthune ... 10. Complétez le texte avec les mots de liaison suivants.
D a. pour escorter le roi. mais - car - où - comme - et - depuis- pendant - pour
[ l b. pour retrouver Constance.
D'Artagnan arrive à Paris rencontrer le
[l c. pour chercher Milady.
capitaine des mousquetaires. il ne peut entrer
10. Milady veut emmener Constance ... immédiatement dans sa garde, le capitaine lui écrit une lettre
D a. pour se venger de d'Artagnan. pour l'Académie royale.
D b. pa rce que c'est son amie. son arrivée à Paris, d'Artagnan a de nouveaux
n c. car les gardes arrivent au couvent. amis il a rencontré le roi. Il va vivre beaucoup
7. Trouvez le verbe correspondant au nom. d'aventures sa vie sera menacée
a. une plainte -> h. une dispute -> il va aider la reine . Elle lui demande d'aller â Londres
b. une bagarre -> i. une acclamation -> il y a son collier. ce voyage, les trois
c. une déception -> j. une cachette-> mousquetaires tomberont dans une embuscade du Cardinal.
d. une ruse-> k. une vengeance ->
e. une preuve -> 1. un échec -> Ill. Production écrite
f. une trahison -> m. un complot -> 1. Composez un récit dans lequel vous introduirez - sans les
g. une crainte-> n. un triomphe -> mod ifier - les cinq phrases suivantes dans l'ordre qui vous
8. Barrez l'intrus. conviendra.
a. galop- cheval - train - carrosse a. Ce seul moment suffit à d'Artagnan pour prendre son parti.
b. laquais - capitaine - servi teur - lingère b. Debout devant la cheminée. se tenait un homme de
c. heurter- cogner- interpeller- bousculer haute taille, la mine austère.
d. causer - importuner - embarrasser - gêner c. Cela commençait à être inquiétant. Tous ces complots
e. se battre - se disputer- se réconcilier- se quereller étaient peut·être le frui t du hasard.
d. La nuit était sombre et froide.
9. Numérotez avec un même numéro un mot de chaque colonne
e. Les quatre amis échangent un coup d'œil joyeux. L'affaire
à la fois pour former des thèmes comme dans l'exemple.
était convenue.
1 médicament message roi
capitaine protection billet 2. Reportez-vous aux chapitres correspondants à ces
escorter 1 soigner bataille événements et écrivez ces trois lettres (de 60 à 80 mots).
envoyer vainqueur 1 blessure A. La lettre de recommandation de d'Artagnan père pour le
se battre mousqueta ire compagnie capitaine des mousquetaires.

90 91
B. La lettre pour demander la protection du duc de CORRIGÉS
Buckingha m à la reine.
C. La lettre pour le duc de Winter pour le prévenir de l'arrivée 1. Compréhension orale
de Milady à Londres. 1.1b - 2c -3 a - 4ae1c - 5aet c - 6b - 7a~b

3. tcrivez des dialogues en style direct. .. 11 b - 2a - 3b - 4a - sa - 6b


A. Relisez le chapitre 14 et écrivez le dialogue entre 3. a. vrai. b. faux. c. faux. d. faux. e. faux. f. on ne sait pas. g. faux. h. faux.
i. vrai. J. on ne sait pas.
d'Artagnan et son ami Porthos. D'Artagnan raconte
son voyage à Londres pu is l'enlèvement de Constance. ~- 1 b-,a- )b- 4a - ~·

B. (crivez le dialogue entre d'Artagnan et Aram is pour le 5. a. une mission. b. un congé. c. la reconnaissance. d. accompagner.
e. porteur.
convaincre de ne pas entrer dans les ordres et l'aider
6. a. Non, elle ne le porte pas. La reine pense que c'est dangereux de le
à retrouver Constance. porter au milieu de cette foule. b. Le collier contient douze diamants. c. Le
cardinal explique qu'il veut les offrir a la reine. d.11 est tr~s content car il a
4. Expliquez, avec votre propre vocabulaire, le sens de ces r~ussl sa mission. e. La reine lui offre une bague comme r~compense. f. Elle
expressions. lui demande de panlret de lire sa lettre.
ne pas être sorti de l'auberge - être fleu r bleue - par monts ~1 aetb-zc-3a-4b-5a
et par vaux - l'habit ne fait pas le moine - dormir à poings 8. couvent - n'ayez - sêcurit~ - reverrez - brusquement - hennissement -
fermés observe - gardes -descendons.
9. a. vrai. b. faux c. on ne sait pas. d. faux. e. on ne sait pas. f. faux. g. vrai.
5. Décrivez des activités passées et des expériences
h. faux.
personnelles ...
10. a. elle l'a sêduit. b. Il a volê des vases sacrés. c. elle tremble de tout son
D'Artagnan a tenu un journa l de bord pendant toutes ses corps. d. propose de l'argent aux laquais pour l'aider à fuir. e. un démon
aventures. Vous écrirez quelques passages de ce journal : les êchappê de l'enfer. f. rendre la justice de Dieu et des hommes.
points forts, les rencontres, les émotions qui resteront dans 11. rêcompensé - rovaume - lieutenant - fid èle - retraite- croise- curieu.x.-
sa mémoire. un mot - faire couper le cou - se serrent - de bon cœur.

Votre texte comportera un minimum de 200 mots. Vous Il. Compréhension écrite
pouvez utiliser les temps de l' indicatif. t . a. Us rient du cheval de d'Artagnan. b. Le p4},e de d'Artagnan. c. Le capitaine
est furieux car les mousquetaires se font arrêter parce qu'ils sont ivres dans
6. Répondez à ces questions. Votre texte sera structuré. les cabarets. d. D'Artagnan veut entrer dans ta garde des mousqueta ires.
e. Il faut servir deux ans dans une compagnie ou accomplir des actions
À votre avis, pourquoi Les Trois Mousquetaires a-t-il eu un
extraordinaires. f. Il a rendez-vous pour se battre en duel. g. Ils prennenl les
énorme succès au moment de sa parution en 1844? épées des perdants. h. Le roi le trouve courageux et li lui donne une poignée
Connaissez-vous d'autres romans de cape et d'épée? d'or. i. C'est fa lingère de la reine. Elle connaît ses secrets. j . Quand le duc va
au Louvre pour son rendez.vous secret. k. Organiser un bal pour que la reine
porte son collier. 1. Milady doit voler deux diamants du collier de la reine.
m. Parce que son mari est devenu un espion du Cardinal. n. Tréville donne

92 93
des congés exceptionnels aux trois mousquetai res pour Qu'ils accompagnent
a a
d·Anagnan Londres. o. Pendant te vovage Londres, Porthos se bat en duel;
Aramls est blessé au couts d'une embuscade; Athos est accus~ d"utiliser de
ta fausse monnaie.
2. a. faux. Ara mis est blessé. b. faux. c. vrai. d. vrai. Elle lui donne une bague.
e. faux. Elle donne rendez-vous à d'Anagnan. f. faux. C'est Aramis Qui veut
entrer dans les ordres. g. vrai. Il a un plan pour se rapprocher de Milady.
h. vrai. Elle a la marque des bourreaux. i. vrai. Il reçoit douze bouteilles devin
empoisonnê. j. faux. Elle est la femme d'Athos.
3. 1 d - 2 e- 3c- 4 f- si - 6 g - 7 b - 8 i - 9 h - 10 a - u 1- 12 k
4. u n j eune Gascon de 18 ans part à Paris pour entrer dans la garde
personnelle du roi. Il s'appelle d"Artagnan. Quand il arrive Paris, a
i l rencontre trois mousquet,ires, Ath os, Porthos et Ara. mis. Il se
joint à eux pour un duel conue les gardes du Cardinal. Les quatre
compagnons deviennent am i s. D'Artagnan a beaucoup de courage.
a
Il aide la reine retrouver son collier de diamants pour te bal roval.
Après cette aventure, il part en campagne :i la Rochelle. Une femme maléfique
veut se venger. Elle essaie de l'empoisonner. D'Artagnan est tombé amoureux
de la lingère de la reine et il fait tout pour ta retrouver. Malheureusement
M ilady la tue . D'Artagnan et ses amis décident de j uger Milady. Ils la
condamnent à mort. En rentrant à Paris, d'Artagnan devient lieutenant chez
les mousquetaires.
5. l k- 2 d - ) b - 40 - 5 e - 6 h - 7 C - 8 i - 9 f - 10 j - 11 g
6. 1 b- 2a-3b- 4c-sc-6a-7 b-8c-9b-1oa
7. a. (se) pla indre b. se bagarrer c. décevoir d. ru ser e. prouver f. trahi r
g. craindre h. se disputer 1. acclamer j. (se) cacher k. (se) venger l. échouer
m. comploter n. triompher
8. a. train b. capitaine c. interpeller d. causer e. se réconcilier
9. 2. capitaine. mousQuetaire. compagnie/ 3. escorter, protection. roi/
4. envover. message, billet / s.
se banre, valnQueur, bataltte
10. D'Artagnan arrive à Paris pour rencontrer le capitaine des mousquetaires.
Comme il ne peut entrer immédiatement dans sa garde, le capitaine lui êcrit
une leme pour l 'Acadêmie royale.
Depuis son arrivée à Paris. d'Anagnan a de nouveaux amis et il a rencontré le
roi. Il va vivre beaucoup d'aventures mais sa vie sera menacée car il va aider
la reine. Elle lui demande d'aller à Lond res où ily a son collier. Pendant ce
voyage. les trois mousquetaires tomberont dans une embuscade du Cardinal.

94
flèche Niveau . A2 du CECR
B1
• s2

TROIS
LFS MOUSQUETAIRES
Ale.xandre Dumas

D' Ar1~1gnan arrive ~ Paris pour réaliser son rêve :


devenir mousqucrn.icc. Il rencontre Ath05. l'Onhos et
Aramls, les trois meilleurs mousquetaires du roi, qui
deviennent aussitôt ses <.-omix1gnons d'aventure.
un pour tous, tous pour un ! Les qu:urc amis s\1niSSent
pour sauver l'honneur de La reine Anne d'Autriche et
la vie du duc de Buckingham. Ils devront pour cela
éviter les pièges du c:trdilt1l de Riehelicu ec de son
agent, la belle et dangereuse MIiady.

Un dossier pôdago9iquo, à ta fin du tNre, propose


des exercices de comprehensîon orale et êcrite et de
production écrite sur le modèle des activités du OELF.

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