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Copie de Diminution Dnas La Polyphonie

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La diminution instrumentale

Francesco Rognoni

Introduction

De nos jours, au niveau du style et de l’interprétation, on est loin de savoir comment se jouait la
musique de la renaissance. En effet la manière de s’approcher à la musique et le rôle de
l’interprète de l'époque devait être différent. L’art de l’ornamentation s’est perdu au travers des
nouvelles pratiques dans la musique mais aujourd’hui la nécessité de rechercher l’authenticité
historique nous emmène à travers différentes sources de l’époque et quelques études
musicologiques modernes nous guident vers une interprétation plus juste.
Dans la musique du XVIème siécle l’exécutant de l’époque jouait un rôle très important dans le
processus de la composition. Il devait maîtriser l’art de l’improvisation, l’art du contrepoint
improvisé, corriger les fautes de la partition et faire coïncider les mots du texte avec les notes. Le
musicien du XVI siècle était donc également créateur.

Particulièrement intéressée dans la pratique de la diminution dans la musique baroque, dans ce


travail je souhaite étudier la méthodologie de l’apprentissage de la diminution dans la pratique
vocale et instrumentale occidentale du XVIIème siècle, qui au cours de l’histoire de la musique s’est
peu à peu perdue. En me penchant sur les méthodes et techniques évoquées dans le travail du
compositeur du XVIIème siècle Francesco Rognoni , notamment les exercices et les madrigaux qu’il
propose en exemple, je souhaite m’interroger sur la méthode pédagogique utilisée par le
compositeur. Je me pose alors la question suivante : « est-ce qu’en exécutant les règles et conseils
qu’il propose dans sa lettre je pourrai arriver à faire de la diminution dans la polyphonie ? »

Polyphonie

Etymologiquement, le mot polyphonie vient du grec « polus » et « phônè » qui signifient


respectivement « plusieurs » « son » ou « voix ». La polyphonie est une composition musicale où
plusieurs sons se superposent selon les règles du contrepoint ou de l’harmonie. C’est la combinaison
ordonnée de plusieurs voix indépendantes les unes des autres mais liées par des règles harmoniques.
On peut dire que l’harmonie est l’émission simultanée de plusieurs sons sous son aspect vertical, soit
la science de l'enchaînement des accords. Le contrepoint, lui, est l’écriture horizontale. Il combine
simultanément des lignes mélodiques distinctes et interdépendantes. La polyphonie peut aussi bien
être instrumentale que chant

Durant la Renaissance, la musique vocale polyphonique atteint son apogée. Les musiciens Franco-
Flamands instaurent une polyphonie où chaque voix est d’importance égale. Apparaissent alors de
nouveaux genres religieux (motet) ou profanes (chanson à plusieurs voix, madrigal). Le plus souvent
les chansons sont constituées de quatre voix mixtes a capella : Soprano/Alto/Tenor/Basse. A cette
époque, il y a une cohabitation entre deux styles d’écriture : une écriture contrapuntique où les voix
se mêlent et s’imitent, et une écriture syllabique verticale. La virtuosité tant vocale qu’instrumentale
était toujours fondé sur l'habileté de l’improvisation. Nombreux sont les traités du XVIè siècles
apprenant les réflexes à connaître pour orner des intervalles suivant la longueur des notes. Ces
formules font donc entièrement partie du vocabulaire d’un bon musicien de l’époque.
Aujourd’hui seul une dizaine d’ouvrages, tous publiés en Italie, nous permettent de reconstituer les
méthodes d'ornementation de la musique écrite. On peut y trouver de nombreux styles différents
ainsi que des désaccords concernant la manière de réaliser ces ornements.
Il est important de noter que la pratique varie bien entendu avec le temps, d’un endroit à l'autre, et
même d’un interprète à l’autre : tout virtuose reconnu devait ainsi développer son propre style
d’improvisation .

Une base commune à tous ces ouvrages est le lien entre l'ornementation vocale et instrumentale :
non seulement les techniques utilisées sont exactement les mêmes, mais la plupart des traités
prennent la voix comme exemple. Presque tous ces écrits s’adressent donc à tout type d’instruments
aussi bien qu'à la voix seule. Maffei et Bovicelli ne font pas allusion à l'ornementation instrumentale
et comme le souligne Ganassi, la voix humaine tient une position dominante dans la musique. Les
instruments sont inférieurs aux voix et doivent copier l’expressivité et la flexibilité mélodique du bon
chanteur aussi bien que la technique et le style de l’ornementation vocale
Il faut rappeler que les traités étaient très peu publiés pour la consommation publique et chaque
grand virtuose et professeur avait son propre type d’ornementation et sa propre méthode pour
enseigner.

Lettre de Giovanni Camillo Maffei

Maffei, dans sa lettre, donne une table dans laquelle les diminutions ne diffèrent quasiment pas de
celles proposées par ses contemporains. Bien que le nombre de formules soit très petit, l’auteur
donne des règles précises pour leur application à la polyphonie et c’est en cela que ce document est
extrêmement important.

Dans la partie pratique, il commence la méthode d’apprentissage avec 10 règles concernant la


technique vocale et l’attitude à adopter envers la musique. Il donne des exercices composés de
formules mélodiques simples et ornées de manière relativement basique de manière à s'entraîner à
la « dispositione delle gorga »1 avec la voyelle « o ».
Il remarque qu’il ne faut pas passer au passagi 2 suivant avant de l’avoir maîtrisé. «  si je n'ai pas mis
la clé dans ces exemples c’est pour pouvoir commencer sur toutes les notes, ut, re, mi, fa, sol, la, en
ascendant, comme en descendant » .

Exercise sans passagi Exercises Passagi ascendant

Maffei s’adresse ici clairement à un débutant souhaitant s’initier à l'art de la diminution. Au début il
avertit le lecteur qu’il doit beaucoup s’entraîner et ne pas abandonner en se plaignant dès les
premiers échecs, affirmant qu’il pourra ainsi appliquer les diminutions sur les madrigaux et motets.

Dans la deuxième partie il propose comme exemple de madrigal entier orné à chacune des 4 voix
Lascare il velo de Francesco de layolle. Il propose ensuite 5 règles à suivre pour pouvoir orner une
polyphonie :
1
Disposition de la gorge
2
Les passagi est un type d’ornements décrits et utilises dans la musique du XVI eme siècle .Maffei est le
premier en utiliser ce terme dans sa lettre . Diminutions ou passagi :il s’agir de remplacer des notes ou groupes
de notes par formules rapides,apprises par cœur,qui produisent ainsi une variation de la mélodie .ce formules
stéréotypées peuvent s’appliquer aux brèves,semi-brèves voire même aux minimes, c’est-a-dire aussi à des
valeurs de note assez petites.
 Première règle  : « passagi uniquement dans les cadences »
 Deuxième règle  : « pas plus de 4 ou 5 passagi »
 Troisième règle  : « passagi doit être fait dans l’avant dernière syllabe du mot »
 Quatrième règle  : « La meilleure voyelle « o »pour les passagi »
 Cinquième règle  : « En concert à 4 ou 5 voix, il faut que chacun fait le passagi à son tour »

Pour la première règle, selon Maffei, il faut faire des passaggi uniquement dans les cadences « de
sorte que lorsque l'harmonie se termine avec beaucoup de plaisir, on peut plaisanter un peu sans
déranger les autres compagnons; quoi qu’il n’est pas interdit de faire quelques uns [passaggi] avant
d’arriver à la cadence, avec quelques tournures ou fioritures, comme on le voit dans le madrigal
imprimé ci-dessus, où l’on peut voir quels endroits s’y prêtent pour bien faire.  »

Avant cadence

Dans la cadence

Dans la deuxième règle, selon Maffei, il ne faut pas faire plus de quatre ou cinq passaggi dans la
même pièce, «  si nous chantions continuellement, que des passagi, ils deviendraient ennuyeux » .
La diminution en continue ne nous permet pas de respecter les altérations ni les paroles. Selon le
théoricien Nicolas Vicentino, les diminutions font parfois passer des notes importantes de
l’harmonie trop rapidement, et ont ainsi tendance à brouiller le contrepoint.

Pour la troisième règle, selon Maffei, il faut faire le passagi sur l’avant dernière syllabe du mot, afin
de respecter l’accent tonique et finir la dernière note avec la dernière syllabe du mot .

A Passagi dernière syllabe


la

quatrième règle, Maffei conseille aux chanteurs d’exécuter les passagi avec la lettre « o ». D’après
lui cette voyelle est la meilleure car elle rend la voix plus ronde et s’unit bien avec le souffle.

Passagi dans voyelle « o »


Et pour la cinquième règle, selon Maffei, «  lorsque quatre ou cinq chantent en concerto [ensemble] il
faut faire [les passaggi] chacun son tour ; car si deux ou trois d'entre eux font les passaggi tous en
même temps, cela apporterait une confusion à l'harmonie  »

Passagi d’alto

Passagi de tenor

Pour compléter l'entraînement dans l’art de la diminution il propose des formules de cadences
ornées typhique de superius, altus, tenor ou bassus. Et enfin, il propose un exemple de l’air diminué
Vago Augelletto.

Dans la dernière partie, pour que les disciples aient confiance en son enseignement, il assure
qu’avec un entraînement quotidien et en respectant ses conseils et ses règles, ils pourront
maîtriser rapidement la diminution.
A la fin de sa lettre, il donne un commentaire et conseille pour éviter les erreurs : «  il est très vrai,
que dans le passaggi il [peut-y avoir] quelques erreurs [note false] mais en raison de la vitesse, la
douceur couvre le défaut de sorte que ni les notes dures ni les fausses [dissonances] s’entendent.
Pour cette raison le seul conseil que je donnerai à ces envieux c’est de se taire et d’apprendre,
parce qu'en conclusion, la vraie façon courtisane de chanter, et de procurer plaisir à l'oreille, c’est
le chant des passaggi  »

Conclusion

Selon Maffei, un bon musicien « qui procure plaisir à l’oreille  » sait exécuter les passagi. Cela nous
montre donc qu’à l’époque, l’ornementation était un élément très importa
Maffei nous donne les bons outils. Le reste ne tient qu’au travail et à la patience du musicien. En
tant qu’interprète de la musique de cette époque, je me dois donc d’avoir dans mes bagages la
maîtrise des passagi, que ce soit seul ou en polyphonie. Et pour cela je peux parfaitement suivre
les explications de Maffei et les exécuter dans le bon goût de l’époque.
Bibliographie et sources

Sources littéraires

Romain, Bockler, L’Ornamentation dans la polyphonie vocale de la Renaissance, Mémoire de


recherche , CNSM ,Lyon ,2012 .

Collicard, Adeline, Le chant polyphonie au cycle 2 . Mémoire de recherche ,ESPE , Grenoble, 2016.

Dongois,William, Semplice ou passeggiato, HEM, Genève, 2014.

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