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Rapport Fiscalité Au Maroc Bouzoubaa Et Saber

Ce document décrit brièvement l'histoire de la fiscalité au Maroc et liste les principaux impôts et taxes au Maroc comme l'impôt sur le revenu, la TVA et les droits d'enregistrement.
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Rapport Fiscalité Au Maroc Bouzoubaa Et Saber

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Theme :

LA FISCALITE AU
MAROC
ANNEE :2021/20222

BOUZOUBAA FATIMA EZZAHRA MR LABADAL ABDELKRIM

SABER JIHANE

2
Remerciements

Nous tenons a exprimer nos vifs, sinceres et profonds remerciements a tous ceux et
celles qui ont contribue a notre formation, ainsi a la realisation de ce travail

Nous remercions Mr Abdelkrim LABADAL pour son orientation, son suivi et conseils
reguliers, qui nous ont permis de developper commodement notre sujet de recherche.

SOMMAIRE

3
Introduction……………………………………………………………………………………….5
Partie1 :Concepts liés à la fiscalité au Maroc
Chapitre1 :Généralité sur la fiscalité au Maroc
Section 1:Histoire de la fiscalité………………………………………………………….7
Section2:Liste de différents impôts et taxes ……………………………………….8
Section3:Structure des recettes fiscales au Maroc……………………………..22
Chapitre 2 L’impact théorique de la fiscalité sur l’économie
Section 1:L’impact de la fiscalité sur l’état ………………………………………..26
Section 2:L’impact de la fiscalité sur les citoyens ………………………………28
Section 3:Les risques fiscaux ……………………………………………………………29
Partie2:Analyse de l’évolution des statistiques fiscales
Chapitre1 :les recettes
Section 1:Statistiques……………………………………………………………………….39
Section 2:Analyses……………………………………………………………………………42
Chapitre2:Les dépenses
Section 1:Statistiques……………………………………………………………………….45
Section 2: Analyses …………………………………………………………………………..41
Conclusion………………………………………………………………………………………..48

4
Introduction
En adequation avec les orientations economiques, sociales et societales conduites par
le Maroc au cours de ces dernieres annees, la fiscalite a fait l’objet de plusieurs reformes; c’est
le cas notamment de la reforme fiscale de 2006, qui a donne lieu a l’elaboration du livre
d’assiette et de recouvrement et de la reforme fiscale de 2007 qui a donne lieu a l’elaboration
du code general des impots. Ces differentes actions ont permis une amelioration et un
changement important dans l’environnement fiscal marocain. Cote entreprises marocaines,
les preoccupations fiscales occupent une place importante dans la gestion des flux tout au
long de la chaine logistique ; la variable fiscale exerce, en permanence, une pression sur leur
tresorerie, ce qui necessite une attention et un traitement particuliers. Traditionnellement, la
litterature a considere la fiscalite comme une contrainte et ponction lourde pour les
entreprises qu’elles devaient subir. Selon (Chadefaux,1987), elle « apparait comme une
contrainte financiere et risquee pour l’entreprise ». Cela dit, avec le temps, la fiscalite est «
devenue un parametre a gerer dans toutes les organisations » (Rossignol, 2010).

C’est dans ce sens que les entreprises marocaines ont cherche, sans relache, a lui faire
face en recourant, parfois, a des pratiques deloyales. Face a cette situation, les controles
fiscaux ont connu de l’accroissement considerable au cours de ces dernieres annees, stimules,
notamment, par l’utilisation des nouvelles technologies d’information. En effet, l’annee 2016
a connu l’emergence de nouveaux outils informatiques preparatoires aux controles fiscaux
permettant ainsi a l’administration fiscale la realisation de plusieurs avancees en matiere de
programmation des controles et de data mining. En outre, la generalisation de la tele-
declaration a facilite l’accessibilite a l’information fiscale, et les controles fiscaux sont
devenus plus nombreux et plus frequents. Ainsi les mesures de dematerialisation des
procedures de declaration ont contribue a l’amelioration des paiements des contribuables.
Selon le rapport d’activite de la Direction Generale des Impots en 2017, les recettes nettes
issues des actions de controle fiscal en temoignent, ils s’elevent 128 565 MDH en 2017 contre
120 921 MDH en 2016 soit une augmentation de 6,3%. Au niveau metier, le nombre de
dossiers verifies a augmente de 22% comparativement a 2016, passant de 3258 a 3977
dossiers verifies. Les entreprises marocaines se sont engagees dans cette nouvelle ere de
digitalisation avec un bord de 76% du nombre des adherents au service electronique SIMPL,
se traduisant par l’accroissement du nombre des operations de telepaiement de 253 556
adherents en 2016 aux teleservices a 1 554 422 adherents en 2017 soit une progression de
513%. Pour faire face a cette situation, les entreprises marocaines ont deploye des efforts
pour mettre en place des strategies de gestion et de suivi de risque fiscal. Toutefois, la
complexite de la reglementation en vigueur et l’ambiguïte de certains textes relatifs a ce
5
domaine, ont amene ces entreprises a apprehender differemment les aspects financiers dans
le cadre de leurs activites industrielles et commerciales

6
Histoire de la fiscalité
Les institutions fiscales de l’Etat marocain, et les regles juridiques qui regissent le
domaine des finances publiques sont le couronnement d’une longue evolution historique.
Avant, pendant ou apres le protectorat, cette evolution avait toujours comme principal
objectif, voire l’unique objectif, de repondre aux pressions budgetaires. Il faut dire que comme
partout dans le monde, le systeme fiscal marocain avait comme unique vocation de trouver
encore plus de sources de financement. Ainsi, les problematiques de justice sociale sont
relativement absentes notamment au debut de la genese du systeme fiscal moderne

Trois periodes historiques cles ont marque la naissance du systeme fiscal marocain tel
qu’on le connait aujourd’hui : D’abord, la periode precedant le protectorat. La degradation
des finances publiques en raison essentiellement de la baisse des recettes avait pousse les
pouvoirs publics a puiser dans la religion musulmane et dans la tradition marocaine pour
mettre en place un certain nombre d’impots et prelevements. A cette epoque on distinguait
donc entre les impots et prelevements a caractere religieux (la Zakat, l’Achour, la Jezya, le
Kharaj ) et ceux qui ne le sont pas (la Hedya, la Harka, la Mouna, la Sokhra, la Ghorama et la
Touiza, le Meks et le Tertib). Ensuite, le regime fiscal pendant le protectorat. Le traite conclu
entre le Maroc et la France le 30 Mars 1912 pour l’organisation du protectorat français stipule
dans son 7e article que la France se reserve le droit de fixer les bases d’une reorganisation
financiere du Maroc. C’est sur cette base juridique que l’impot a constitue le principal
instrument d’intervention economique du protectorat, une intervention qui s’est traduite par
la mise en place d’un systeme fiscal inspire du systeme français. Ainsi, en plus du Tertib, le
protectorat a institue des impots (essentiellement indirects) tels que la patente, la taxe
urbaine, les impots sur les salaires (a partir de 1948). Et enfin, le regime fiscal apres
l’independance. Cette periode a ete marquee par la mise en place de la premiere constitution
du Royaume, une constitution qui a apporte une sorte de« legitimite » au systeme fiscal en
place. De meme, cette periode a connu la mise en œuvre d’un certain nombre de modifications
sur le systeme fiscal herite du protectorat (abandon de certains droits estimes trop faibles,
modification de taux etc.) et ce toujours dans l’unique objectif de recolter les ressources
necessaires pour la marche de l’appareil etatique.

7
Liste des differents impots au maroc
L'impot sur le revenu au Maroc
Dans la serie "Impôt sur le revenu à l'étranger" : aujourd'hui, le Maroc ! On ne parle plus
d'impot general sur le revenu (IGR) au Maroc en 2021, mais d'impot sur le revenu. Chaque
annee, les contribuables marocains doivent s'acquitter d'un impôt sur le revenu. Pour les
revenus salariaux, l’impot sur le revenu (IR) est prélevé à la source par l’employeur et figure
sur le bulletin de paie. Des deductions sociales et fiscales sont appliquees sur le revenu brut
imposable pour calculer un revenu net imposable (RNI). Les revenus categoriels concernes
par cet impot sont les suivants :

 les revenus professionnels


 les revenus provenant des exploitations agricoles ;
 les revenus salariaux et revenus assimiles ;
 les revenus et profits fonciers ;
 les revenus et profits de capitaux mobiliers

Quels sont les revenus professionnels au Maroc ?


Les revenus professionnels constituent une categorie a part. Elle se distingue de la categorie
des revenus salariaux et assimilés qui englobe les salaires, traitements, pensions, rentes,
allocations, etc. Les revenus professionnels correspondent aux bénéfices realises par les
personnes physiques et provenant de l’exercice :

 des professions commerciales, industrielles et artisanales ;


 des professions de promoteur immobilier, de lotisseur de terrains, ou de marchand de
biens
 d’une profession libérale

Les contribuables marocains qui perçoivent des revenus professionnels peuvent choisir entre
3 regimes d'imposition :

 regime du resultat net simplifie (par defaut)


 regime du benefice forfaitaire (en dessous d'un certain CA annuel)
 regime de l’auto-entrepreneur

8
Qui paye l'impôt sur le revenu au Maroc ?
Au Maroc, sont considerees comme contribuables :

 les personnes physiques qui ont au Maroc leur domicile fiscal,


a raison de l’ensemble de leurs revenus et profits, de source marocaine et etrangere ;
 les personnes physiques qui n’ont pas au Maroc leur domicile fiscal, a raison de
l’ensemble de leurs revenus et profits de source marocaine ;
 les personnes, ayant ou non leur domicile fiscal au Maroc, qui realisent des bénéfices ou
perçoivent des revenus dont le droit
d’imposition est attribué au Maroc en vertu des conventions tendant a eviter la
double imposition en matiere d’impots sur le revenu.

On considere qu'une personne est domiciliee fiscalement au Maroc lorsqu'elle


possede son foyer d’habitation permanent ou le centre de ses intérêts économiques au
Maroc. C'est aussi le cas lorsque la duree continue ou discontinue de ses sejours au Maroc
depasse 183 jours pour toute periode de 365 jours.

Cas particuliers : les expatriés

Les agents de l’État qui exercent leurs fonctions ou sont charges de mission a l’etranger
lorsqu’ils sont exoneres de l’impot personnel sur le revenu dans le pays etranger ou ils
resident sont imposes au Maroc.

EXONERATION D'IMPOT SUR LE REVENU AU MAROC : POUR QUI ? POURQUOI ?

Comme partout ailleurs, le systeme fiscal marocain prevoit des exonerations d'impot,
notamment pour certains revenus a caractère social ou indemnites. En bref, la liste ci-
dessous detaille tout ce qui au Maroc n'est pas impose a l'IR :

 allocations familiales et d’assistance a la famille ;


 indemnites destinees a couvrir des frais de fonction ;
 pensions alimentaires ;
 la part patronale des cotisations de retraite et de securite sociale ;

9
 indemnites journalieres de maladie, d’accident et de maternité et des allocations
décès ;
 indemnites de licenciement, de départ volontaire et de toutes autres
indemnités pour dommages et interets accordees par les tribunaux ou resultantes
d’une procedure de conciliation
 pensions d’invalidité
 retraites complémentaires
 prestations servies au titre des contrats d’assurance sur la vie et des contrats de
capitalisation dont la duree est au moins egale a 10 ans et a 8 ans pour les contrats
conclus a partir de janvier 2009 ;
 bourses d’études ;
 indemnites de stage brutes mensuelles plafonnees a 6,000 DH, versees par les
entreprises privees aux stagiaires laureats de l’enseignement superieur ou de la
formation professionnelle ;
 prix littéraires et artistiques dont le montant ne depasse pas annuellement cent mille
(100 000) dirhams ;

Outre les exonerations sur les revenus a caractere social, le Maroc dispense d'imposition tout
salarie dont le salaire mensuel brut ne depasse pas 10 000 dirhams (944 € environ),
pendant 2 ans (a compter de la date de recrutement) si :

 l'entreprise a ete creee entre le 1er janvier 2015 au 31 decembre 2019


 a raison de 5 salaries par entreprise

Les etudiants en doctorat qui exercent une activite professionnelle en parallele de leur cursus
sont egalement exoneres d'IR si le montant de leurs revenus ne depasse pas 6 000 dirhams
(566 € environ), pour une periode de 2 ans a compter de la date de conclusion du contrat
de recherches. Autre categorie de personnes exonerees : les salaries ayant perdu leur emploi
entre le 1er mars et le 30 septembre 2020 a cause du Covid-19 ont ete exoneres pendant 12
mois s'ils retrouvaient un emploi dont le salaire mensuel n'excede pas 10 000 dirhams (944 €
environ).

Enfin, dans le cadre d'un plan epargne retraite mis en place par l'entreprise, le montant de
l’abondement verse, dans la limite de 10 % est exonere du montant annuel du revenu
salarial imposable.

10
Les taux, tranches et baremes de l'impot sur le revenu au Maroc
Le barème de l’impôt sur le revenu sert a calculer le montant de l’impot a payer a partir de
l’impot brut. Il est compose de 6 tranches du revenu net imposable, d’un pourcentage
d’imposition pour chacune de ces tranches d’impot et la deduction a appliquer.
Concretement, il suffit de comparer le revenu net imposable (RNI) aux tableaux ci-dessous
pour deduire et calculer l’impôt sur le revenu à payer.

Barème de l’impôt 2021 sur le revenu de 2020 : tranches de revenu annuel

Revenu annuel (dirham) Taux d'imposition

Moins de 30 000 0%

De 30 0001 a 50 000 10 %

De 50 001 a 60 000 20 %

De 60 001 a 80 000 30 %

De 80 001 a 180 000 34 %

Au-dela de 180 000 38 %

Pour les contribuables assujettis au regime des auto-entrepreneurs, les taux sont differents.
Avec le versement liberatoire, l'administration fiscale preleve un pourcentage sur le chiffre
d'affaires encaisse, correspondant a l'impot sur le revenu. Ce pourcentage s'eleve a :

 1 % si montant ne depasse pas 500 000 DH pour les activites commerciales, industrielles
et artisanales ;

11
 2 % si le montant ne depasse pas 200 000 DH pour les prestataires de services.

Les taux specifiques

10 %
Montant hors taxe sur la valeur ajoutee des produits bruts perçus par les personnes
physiques ou morales non residentes.

15 %
Les profits nets résultants :

 des cessions d’actions cotees en bourse ;


 des cessions d’actions ou parts d’O.P.C.V.M dont l’actif est investi en permanence a
hauteur d’au moins 60 % d’actions ;
 du rachat ou du retrait des titres ou de liquidites d’un plan d’epargne en actions ou d’un
plan d’epargne entreprise avant la duree de 5 ans.

Les revenus bruts de capitaux mobiliers de source étrangère ;

Les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés énumérés par l’article 13
du CGI.

17 %
Enseignants vacataires ou remplaçants.

20 %
Les revenus des entreprises d'exportation.

30 %

 les remunerations, les indemnites occasionnelles ou non, si elles sont versees a des
personnes ne faisant pas partie du personnel permanent de l’employeur autre que les
etablissements publics ou prives d’enseignement ou de formation professionnelle ;
 les medecins non soumis a la taxe professionnelle qui effectuent des actes chirurgicaux
dans les cliniques et etablissements assimiles ;

12
 les produits des placements a revenu
fixe, en ce qui concerne les beneficiaires personnes physiques ;
 les artistes exerçant a titre individuel ou constitues en troupes ;
 les voyageurs, representants et placiers de commerce ou d’industrie qui ne font aucune
operation pour leur compte ;
 les profits nets realises ou constates a l’occasion de la premiere cession a titre onereux
d’immeubles non batis ;
 les cessions d’immeubles urbains non batis ou de la cession de droits reels immobiliers
portant sur de tels immeubles.

IMPOT SUR LES SOCIETES AU MAROC


L’impot sur les societes (I.S) au Maroc est un impot qui s’applique sur les benefices realises
par les societes (a l’exception des societes de personnes qui ont le droit d’opter pour l’I.R.). Il
s’applique notamment aux benefices des S.A.R.L (societes a responsabilite limitee) et des S.A.
(Societes anonymes).

Il s’agit d’un impot etabli sur une base declarative. Ceci signifie que chaque societe doit
deposer chaque annee une declaration de resultat fiscal et payer spontanement l’impot sur
les societes (I.S.)

Quel est le champ d’application de l’I.S. (impot sur les societes) au Maroc

Le champ d’application se definit par rapport a deux facteurs cles :

D’abord, la territorialite (dans quelle zone l’impot s’applique)

Ensuite, les attributions des personnes (ou entites auxquelles il s’applique)

Territorialite

13
Tout d’abord en matiere de territoires, cet impot s’applique obligatoirement aux societes dont
le siege social est au Maroc. Par ailleurs, il peut s’appliquer a des societes qui n’ont pas leurs
sieges au Maroc dans les cas suivants :

Si une societe n’a pas son siege au Maroc mais y possede un etablissement dit stable (par
exemple, exerce une activite sous forme de succursale) ;

Si une societe exerce une activite lucrative au Maroc dont l’imposition est accordee au Maroc
en vertu d’une convention de non double imposition.

En outre, il est a noter qu’en vertu des dispositions de la circulaire 717 (qui porte
interpretation de l’Administration fiscale Marocaine des dispositions du Code General des
Impots), sont reputes etablissements stables les cas suivants :

D’abord, les sieges de direction ou d’exploitation ;

Ensuite, les succursales, les agences, les magasins de vente ;

Les chantiers de construction ou de montage ;

Et enfin, les bureaux ou comptoirs d’achats exploites au Maroc par une societe non residente
qui y procede a l’achat de marchandises en vue de leur revente en l’etat.

Personnes imposables

Le code general des impots (CGI) stipule que l’I.S. s’applique obligatoirement aux produits,
benefices et revenus des :

societes quelles que soient leurs formes et leurs objets ;

etablissements publics et autres personnes morales realisant des operations a caractere


lucratif ;

associations et organismes legalement assimiles au titre de leurs activites lucratives ;

Fonds crees par voie legislative ou par convention ;

etablissements des societes non residentes ou des groupements desdites societes ;

14
Dans certaines formes de societes de personnes (par exemple, societes en noms collectifs, …),
l’I.S. peut etre du sur option irrevocable par le contribuable.

Quelle est la base imposable de l’impot sur les societes (I.S.)

L’I.S. est assis sur le resultat fiscal de l’entreprise qui doit etre determine selon les regles
comptables en vigueur au Maroc.

En vertu des dispositions de l’article 8-I du C.G.I., le resultat fiscal de chaque exercice
comptable est l’excedent des produits sur les charges de l’exercice.

Sont considerees comme charges deductibles, les charges engagees ou supportees pour les
besoins de l’activite imposable.

En pratique, le tableau de passage du resultat comptable au resultat fiscal permet de


neutraliser, notamment, les charges considerees comme non deductibles a savoir par
exemple :

Charges non liees a l’exploitation

Amendes, penalites et majorations

Charges non justifiees par une piece reguliere

Liberalites

Certaines charges dont la deductibilite est consideree comme limitee, par exemple :

les dotations d’amortissement des vehicules de tourisme sont acceptees dans la limite d’un
montant total de 300.000 MAD par vehicule sur une duree de 5 ans)

Limitation du montant deductible a 50% pour certaines charges lorsqu’elles sont reglees en
espece ;

15
En cas d’exercice deficitaire, les pertes fiscales sont reportees sur quatre exercices, a
l’exception de celles relatives aux amortissements qui sont reportables sans limitation dans
le temps.

Quel est le taux d’I.S. (impot sur les societes) applicable au Maroc ?

L’impot sur les societes s’applique a des taux progressifs comme suit :

16
(*) L’activite industrielle s’entend de toute activite qui consiste a fabriquer ou a transformer
directement des biens meubles corporels moyennant des installations techniques, materiels
et outillages dont le role est preponderant.

Il est a noter aussi que certains taux specifiques sont prevus dans certains cas :

Toutefois, est fixe a 20% le taux applique a la tranche dont le montant du benefice net est
superieur a 1 000 000 de dirhams, pour certaines activites (notamment) :

entreprises exportatrices de biens et services

hotels et etablissements d’animation touristique

entreprises artisanales

etablissements prives d’enseignement ou de formation professionnelle

exploitations agricoles

Le code general prevoit aussi des regimes specifiques pour certains types de societes :

Societes installees a Casablanca Finance City :

Ces societes beneficient d’une exoneration de 5 ans puis d’un taux de 15% au-dela.

Societes exerçant les activites d’externalisation de services :

Ces societes beneficient de l’exoneration pendant une duree de 5 ans puis d’un taux de 20%
au-dela.

Enfin, conformement aux dispositions de l’Article 6-II-B-4, certaines activites industrielles


fixees par decret beneficient d’une exoneration totale d’I.S. pendant les cinq (5) premiers
exercices consecutifs a compter de la date du debut de leur exploitation.

17
Cotisation minimale

L’impot du ne pourra etre inferieur ni a 0,50 % du chiffre d’affaires HT annuel (cotisation


minimale a l’IS), ni a 3000 MAD.

Ainsi, la cotisation minimale a l’IS est due meme en cas d’exercice deficitaire. Par contre, en
cas d’exercice beneficiaire, elle s’impute sur l’IS. Toutefois, la part de cotisation minimale
excedant l’IS peut etre imputee sur le montant d’IS sur les 3 exercices suivants.

En principe, une exoneration de la cotisation minimale est applicable durant les trois
exercices suivant la creation d’une societe. Cependant, cette exoneration n’est pas applicable
lorsqu’il s’agit d’une entite concessionnaire de service public (article 144 C 1° du CGI Maroc).

Quelles sont les modalites de paiement de l’I.S. ?

Le paiement de l’impot se fait spontanement a travers 4 acomptes provisionnels trimestriels.


En pratique, les acomptes se calculent sur la base de l’impot du au titre de l’annee precedente.

Par ailleurs, il faut noter que :

Premierement, lorsque le montant definitif de l’I.S. au titre d’une annee est superieur aux
acomptes verses, l’entreprise effectue la regularisation. Cette regularisation correspond au
paiement spontane du reliquat par la societe.

Deuxiemement, en cas d’excedent d’impot, l’entreprise doit l’imputer d’office sur les
acomptes provisionnels au titre des exercices suivants.

18
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)

La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutee) est une contribution visant les differentes operations
economiques (livraisons de biens et prestations de services) realisees par des assujettis. Les
redevables peuvent deduire la taxe qui leur a ete facturee dans le cadre de leur activite. Le
taux normal de la TVA est fixe a 20% mais il existe egalement un taux intermediaire (10%) et
reduit (5,5%). La TVA concerne egalement les operations internationales, soumises a des
regles specifiques en la matiere.

LE CHAMP D’APPLICATION DE LA TVA

D’après l’article 256 du code général des impôts, "sont soumises à la TVA les livraisons de
biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant
que tel".

L’assujetti exerce une activité économique à titre indépendant. A contrario, les opérations
réalisées par les particuliers (ventes de biens d’occasion par exemple) ne sont pas imposées,
sauf exceptions.

Qu’en est-il de l’exonération de la TVA au Maroc à l’importation et à l’intérieur ?

Sont exoneres par la taxe sur la valeur ajoutee, dans le cadre d’une convention
prealablement conclue avec l’Etat marocain, tous les biens d’equipement, les materiaux, les
outils (pieces detachees, accessoires importes …) utilises pour la realisation de projets
d’investissement dont le montant global est egal ou superieur a 100 million de dirhams. A
noter que ces projets d’investissement doivent etre acquis par les concernes sur une
periode n’excedant pas 36 mois, a compter de la date de demarrage de l’activite.


LES TAUX DE TVA

19
Un taux normal de 20 % : Ce taux est communément utilisé et le plus répandu dans
nos transactions quotidiennes en entreprise. Ce taux concerne toutes les opérations
imposables pour lesquelles aucun autre taux n’a été prévu.
Trois taux réduits : un taux de 14 %, un taux de 10 % et un taux de 7 %

Un taux de 14 % :

 Avec droit à déduction, le taux intermédiaire de 14% concerne certains produits et


services de consommation courants tels que le beurre non artisanal, le transport de
voyageurs ou encore de marchandises….
 Sans doit à déduction, le taux de 14 % concerne toutes les prestations de services des
agents d’assurance principalement.

Un taux de 10% :
Avec droit à déduction, le taux de 10 % est relatif à certains produits alimentaires, boissons,
au secteur de l’hôtellerie, du tourisme, des établissements touristiques ou encore
d’opérations financières…

Taxes d’habitations :

Valeur locative annuelle Taux

Entre 0 et 5 000 MAD 0%

Entre 5 001 et 20 000 MAD 10%

Entre 20 001 et 40 000 MAD 20%

Plus de 40 001 MAD 30%

20
Revenu Brut Imposable (RBI) :

Tout comme en France, les impots au Maroc dependent aussi du revenu brut imposable.
Effectivement, etant forme du montant total des traitements et salaires perçus, ainsi que de
tous les avantages en argent ou en nature accordes en plus du traitement.

Revenu Net Imposable (RNI) :

Le revenu net imposable (RNI) s’obtient par deduction du revenu brut imposable (RBI) :

D’une somme forfaitaire pour frais inherents a la profession. Cette somme s’eleve a 20% du
revenu brut imposable (sauf cas particuliers, tels que les journalistes, les ouvriers mineurs,
le personnel navigant de la marine marchande, etc.) avec plafonnement a 30 000 MAD.

Statistiques des recettes publiques en Afrique 2021 ─ Maroc

Recettes fiscales : ratio impots/PIB

Recettes fiscales en % du PIB dans le temps

21
Recettes fiscales en % du PIB, 2019 Le ratio impots/PIB au Maroc a augmente de 0.2 points
de pourcentage entre 2018 et 2019, passant de 28.2 % en 2018 a 28.4 % en 2019. En
comparaison, la moyenne* des 30 pays africains figurant dans la publication a augmente de
0.3 point de pourcentage sur la meme periode, et s’elevait a 16.3 % en 2019. Depuis 2010, la
moyenne des 30 pays africains a augmente de 1.8 point de pourcentage entre 2010 et 2019,
passant de 14.8 % en 2010 a 16.6 % en 2019. Au cours de la meme periode, le ratio
impots/PIB au Maroc a augmente de 0.8 point de pourcentage de 27.6 % a 28.4 %. Le ratio
impots/PIB le plus eleve au Maroc etait de 31.1 % en 2008, et le ratio le plus bas etait de 22.0
% en 2000.

Recettes fiscales en % du PIB, 2019

Le ratio impots/PIB au Maroc en 2019 (28.4 %) etait superieur de 11.7 points de pourcentage
a la moyenne des 30 pays d'Afrique figurant dans la publication 2021 (16.6 %).

22
Dans la classification de l'OCDE, le terme « impots » se limite aux versements obligatoires
sans contrepartie aux administrations publiques. Les impots sont sans contrepartie car les
prestations fournies par les administrations aux contribuables ne sont pas normalement
proportionnelles a leurs paiements. Les recettes non fiscales incluent toutes les autres
recettes qui ne sont pas classifiees en tant qu'impots.
http://www.oecd.org/fr/fiscalite/politiques-fiscales/ocde-classification-impots-guide-

interpretation.pdf Le ratio impots/PIB au Maroc en 2019 (28.4 %) etait superieur de 11.7


points de pourcentage a la moyenne des 30 pays d'Afrique figurant dans la publication 2021
(16.6 %). *La moyenne Afrique (30) n'est pas disponible avant 2009 en raison de donnees
manquantes dans certains pays. En 2009, elle est calculee sur la base des ratios impots/PIB
estimes pour le Tchad et le Nigeria pour cette annee-la, car les donnees ne sont pas
disponibles avant 2010 dans ces pays. *Les moyennes de l'Amerique latine et des Caraïbesl
(ALC) et de l'Asie-Pacifique (24) font reference aux respectives publications de 2021 de ces
regions. Pour plus d'informations, voir oe.cd/revenue-statistics-in-asia-and-pacific et
oe.cd/revenue-statistics-in-latin-america-and-the-caribbean.

Recettes fiscales : structure fiscale

23
La structure fiscale est mesuree par la part des principales categories d'impot dans le total
des recettes fiscales. La principale source des recettes fiscales au Maroc en 2019 provenait
des taxes sur la valeur ajoutee (TVA) (26 %). La deuxieme plus importante source des recettes
fiscales en 2019 provenait des cotisations de securite sociale (22 %).

Recettes non fiscales

En 2019, les recettes non fiscales du Maroc representaient 4.3 % du PIB et elles etaient
inferieures a la moyenne des 30 pays africains (6.3 % du PIB). Les ventes de biens et de
services representaient la plus grande part des recettes non fiscales au Maroc en 2019,
s'elevant a 1.8 % du PIB et 42.4 % des recettes non fiscales

24
L’impact de la fiscalité sur l’économie:

Les systemes fiscaux different suivant les pays de l’OCDE et ces variations contribuent a des
divergences des performances economiques. En effet, la fiscalite influe sur les decisions des

25
individus concernant l’epargne, le travail et l’amelioration du niveau d’instruction ; les
decisions des entreprises en matiere de production, de creation d’emplois, d’investissement
et d’innovation ; ainsi que le choix des instruments d’epargne et des actifs par les
investisseurs. Ces decisions sont affectees non seulement par le niveau des impots mais aussi
par la maniere dont les differents instruments fiscaux sont conçus et combines pour gene rer
les recettes publiques (voir ci-apres le paragraphe structures de la fiscalite).

2Face a cette situation, nombre de pays de l’OCDE ont engage au cours des dernieres
decennies des reformes visant a alleger le poids des structures fiscales qui grevaient la
croissance economique. Ces reformes ont generalement cherche a creer un environnement
fiscal encourageant l’epargne, l’investissement, l’entrepreneuriat et le travail. En meme
temps, il est a souligner que les revenus fiscaux sont utilises en grande partie pour financer
des depenses telles que les infrastructures, l’education, la sante, des instances juridiques
stables et coherentes, depenses qui augmentent la productivite et promeuvent
l’investissement en capital physique et en capital humain. Ainsi, la question n’est pas tant de
reduire la charge fiscale globale (bien que cela soit souhaitable dans certains pays) mais
plutot de redefinir la structure fiscale qui minimiserait l’impact negatif des impots sur la
croissance tout en preservant les recettes budgetaires. Fideles a cette philosophie, de
nombreuses reformes ont introduit des diminutions des taux d’imposition tout en elargissant
les assiettes des impots. Toutefois, d’autres objectifs que la croissance, en particulier le souci
d’equite, influencent egalement les politiques d’imposition. En reponse a la crise financiere
actuelle, de nombreux pays ont utilise leur systeme fiscal pour stimuler la demande agre gee,
mais dans la plupart des cas sans inscrire de modification durable dans les structures fiscales.
Dans la mesure ou des impots plus eleves seront necessaires dans le futur pour corriger les
augmentations de la dette publique qui ont resulte de la crise, il sera primordial d’obvier les
externalites negatives de la fiscalite sur la croissance economique (voir le chapitre 1).

3Ce chapitre etudie les structures de la fiscalite les plus a meme de contribuer a la croissance
du PIB par habitant [1][1]Le present chapitre est fonde sur les analyses empiriques de…. Il
n’examine pas la façon dont les modifications de la pression fiscale globale, qui sont
indissociables des modifications des depenses publiques qu’elles financent, peuvent influer
sur la croissance. Les principales conclusions sont les suivantes :

 L’analyse empirique prete a penser que les impots sur les societes sont le type d’impot
le plus nuisible a la croissance, suivis des impots sur le revenu des personnes
physiques et des impots a la consommation, alors que les impots recurrents sur la
propriete immobiliere sont les moins nocifs.

26
 Les impots sur la propriete immobiliere ont une incidence relativement faible sur les
decisions des menages et des entreprises concernant l’offre de main-d’œuvre,
l’investissement dans l’education, les niveaux de production et d’investissement et
l’innovation ; ils peuvent meme renforcer la croissance s’ils reduisent les avantages
fiscaux de l’investissement immobilier par rapport a d’autres formes
d’investissement.
 Les impots sur la consommation peuvent attenuer les incitations au travail mais
n’affectent pas les incitations a l’epargne ; c’est lorsque le principal impot sur la
consommation est fixe a un taux unique pour l’ensemble des biens et des services que
la croissance sera la moins affectee. Cependant, des impots specifiques sur la
consommation peuvent etre utilises de façon additionnelle pour reduire la
consommation de produits generant des externalites negatives, comme la pollution.
 Les impots sur le revenu des personnes physiques reduisent l’emploi, l’investissement
en capital humain, et diminue la productivite de diverses manieres, notamment en
pesant sur l’activite entrepreneuriale. Certaines desincitations specifiques a l’exercice
d’un travail faiblement remunere peuvent etre reduites par des prestations adaptees,
liees a l’exercice d’un emploi; l’activite entrepreneuriale peut etre stimulee par la
reduction de la progressivite du regime fiscal, mais cela peut etre contradictoire avec
les objectifs d’equite.
 Les impots sur les benefices des societes affaiblissent l’incitation qu’ont les
entreprises a produire et a creer de l’emploi, de meme qu’ils freinent l’investissement
national et etranger ainsi que les incitations des entreprises a investir dans des
activites novatrices ; un soutien a la recherche et au developpement par le biais du
regime fiscal peut contribuer a accroïtre les depenses privees jusqu’au niveau
socialement souhaitable dans ce domaine, alors que l’alignement des taux
d’imposition sur ceux appliques a l’etranger limite l’incidence que les impots sur les
benefices des societes ont sur les decisions de localisation des entreprises
internationales.

L’impact de l’impot sur le citoyen :

Au XVIIIe siecle, les projets de creation d’un impot universel, paye par tous, se sont
systematiquement heurtes a l’hostilite des beneficiaires de privileges fiscaux (notamment la
noblesse). Ces privileges, sur fond d’inegalites insupportables, ont ete a la source d’une
revolution qui aura notamment pose le principe du consentement a l’impot, erige dans la
Declaration des droits de l’Homme et du citoyen en principe fondateur du pacte social. Le
consentement a l’impot suppose, par construction, une organisation democratique de la vie

27
en societe, qui doit notamment faire respecter l’egalite devant l’impot. Il n’y a donc pas de
societe ni de democratie sans consentement a l’impot. Les termes de la declaration des droits
de l’Homme et du citoyen demeurent d’une pertinence eclairee. Ils posent le principe selon
lequel la contribution commune, autrement dit (mais mieux dit) l’impot, constitue le lien
citoyen entre la societe et l’individu. Ces principes fondateurs sont aujourd’hui affaiblis : ils
sont ronges par l’ideologie neoliberale pour qui, a l’instar de Margaret Thatcher, il n’y a pas
de societe mais seulement des individus. Il n’est donc guere surprenant que l’ideologie
neoliberale se soit attaquee a l’impot, a l’Etat, aux services publics et, plus largement, a ce qui
s’apparente a des mecanismes collectifs. Cette offensive s’est, de plus, appuyee sur une vision
de la politique economique quasi exclusivement tournee vers une vision particuliere des
politiques de l’offre : les « facilites » (permises par les dereglementations, la liberte de
circulation des capitaux…) et les allegements fiscaux, dont ont largement beneficie les plus
aises depuis une trentaine d’annee, etaient supposes irriguer l’ensemble de l’economie et
profiter a l’ensemble de la population.

Les Risques fiscaux

1. L’entreprise et le risque fiscal.

Le concept du risque fiscal a fait l’objet de plusieurs definitions. Certains le definissent


comme « le risque lie au non-respect par le contribuable des obligations suivantes :
l’enregistrement dans le systeme, la production en temps utile de declarations et de
renseignement, l’etablissement d’informations completes et exactes et le paiement ponctuel
de l’impot du. » (OCDE1 , 2004) . Ils l’assimilent ainsi au risque d’indiscipline fiscale a travers
le non-respect des regles comptables et de la reglementation en vigueur. D’autres considerent
que ce risque englobe deux acceptations : - « La premiere correspond au non-respect,
volontaire ou non, des regles fiscales ; elle rejoint l’interpretation precedemment avancee liee
au non-respect des regles ; - La deuxieme se rapporte davantage a la meconnaissance d’une

28
disposition favorable qui peut generer un manque a gagner important ; elle est associee a un
risque de perte d’opportunite lie a une ignorance des regles en vigueur qui peuvent generer
des gains d’impots. »

Il en resulte que le risque fiscal peut se manifester sous forme d’une charge fiscale superieure
a celle que le contribuable devrait normalement payer pour une raison ou pour une autre,
comme il peut se manifester sous forme de pertes de gains resultant des avantages fiscaux
non exploites ou de la negligence des pratiques, a caractere loyal, permettant de realiser des
economies reelles d’impots. Afin de cerner le risque fiscal, l’entreprise doit deployer tous les
moyens necessaires qui permettront de constater les eventuelles erreurs organisationnelles
et manageriales pouvant etre source de risque fiscal. Il s’agira de classer les risques selon
leurs consequences, sources et moyens de controle afin de mieux gerer le risque. Au Maroc,
une attention particuliere au risque fiscal commence a se developper. Les dirigeants
marocains commencent a prendre conscience de l’importance de ce risque dans la gestion
organisationnelle de leur entreprise et sa continuite d’exploitation. Toute erreur
organisationnelle ou manageriale peut induire a une surcharge fiscale pour l’entreprise. C’est
ainsi qu’il est necessaire a toute entreprise marocaine de cerner ses risques fiscaux et
d’essayer de les evaluer et analyser afin de dresser une matrice claire et utile des actions a
entreprendre pour s’affranchir legalement du surplus d’impot. Concernant les categories de
risques fiscaux, La litterature fait ressortir plusieurs typologies. Bien que les auteurs ne
soient pas unanimes sur une classification determinee, il en ressort deux principales
categories qui permettent d’englober les risques fiscaux dans une entreprise. C’est dans ce
sens que (Rossignol,2002) fait la distinction entre deux principaux types de risque fiscal : Un
risque de non-conformite et un risque d’opportunite

1.1.1. Le risque de non-conformite.

Ce type de risque est lie au non-respect de la reglementation fiscale en vigueur. Il peut emaner
d’un acte volontaire ou involontaire. Lorsqu’il s’agit d’un acte volontaire, il se traduit par la
volonte de l’entreprise de s’affranchir de la reglementation fiscale. Les origines de ce risque
sont nombreuses et variees dont les principales sont : - Ce risque peut etre du a l’ambiguïte
des textes reglementaires en vigueur. Les lois, telles qu’elles sont ecrites, peuvent conduire a
des interpretations diverses ce qui mene le contribuable a l’erreur. La mauvaise
interpretation, volontaire ou pas, conduit l’entreprise au non-respect des regles fiscales en
vigueur. - Ce risque peut trouver aussi son origine dans l’incompetence du personnel en
charge du suivi des operations routinieres de l’entreprise, generatrices d’impots. Toute

29
entreprise doit disposer de ressources competentes et bien informees sur l’environnement
fiscal. - La tenue de la comptabilite represente aussi une principale source de risque fiscal.
Selon (Yaïch,2007) : « La comptabilite apparaït donc a la fois comme etant la premiere source
de menace fiscale mais aussi l’outil de formalisation des options jugees offrir une opportunite
pour l’entreprise. ». En effet, la comptabilite represente la base qui genere les indicateurs
assujettis a l’impot de toute entreprise. Elle se doit ainsi de s’assurer du bon verrouillage de
son systeme comptable et de s’assurer ainsi de la conformite, sincerite et regularite de ses
informations financieres. - Ce risque peut trouver egalement son origine dans l’incompetence
de l’administration fiscale durant ses controles. En effet, detecter le non-respect des regles
fiscales, suppose la presence de controleurs competents disposant de qualifications
techniques necessaires pour mener a bien la mission de controle fiscal. - Et enfin,
l’internationalisation de l’entreprise represente aussi une source majeure du risque fiscal.
Selon une etude menee par (l’OCDE,2004), « Le transfert incorrect de benefices dans un
contexte multinational afin d’en retirer un avantage fiscal est un risque d’indiscipline fiscale
qui doit etre traite via la procedure de gestion de ce risque. » Au Maroc, le niveau de risque
de non-conformite est assez eleve ; les entreprises ne disposent pas, dans la plupart des cas,
d’un systeme integre de gestion du risque fiscal pour faire face a l’environnement fiscal
relativement defavorable

1.1.2. Les risques d’opportunite:


Ce type de risque se rapporte principalement a une meconnaissance d’une disposition
favorable qui peut generer un manque a gagner important pour l’entreprise. Une
meconnaissance des regles fiscales avantageuses peut engendrer une perte d’opportunite
pour l’entreprise en payant un impot superieur a celui qu’elle aurait du payer si elle beneficie
de l’avantage fiscal. En d’autres termes, l’exploitation des opportunites offertes par le cadre
reglementaire fait partie des bonnes pratiques de gestion que l’entreprise doit utiliser pour
optimiser ses finances. En effet, selon (Cozian,2008) « Il existe une bonne gestion fiscale
comme il existe une bonne gestion financiere ou une bonne gestion commerciale. Comme le
bon pere de famille du code civil ou comme le chef d’entreprise prudent et avise du droit
comptable, le contribuable eclaire doit gerer sa fiscalite au mieux de ses interets. » Ce type de
gestion fiscale est appele dans le langage anglo-saxon « effective tax planning ». Cette notion
differe de celle de minimisation de la charge fiscale dans la mesure ou il s’agit d’une strategie
qui tient compte de tous les couts a supporter par l’entreprise (couts fiscaux et non fiscaux).
En ce qui concerne les couts non fiscaux, il s’agit principalement des depenses liees au
recours a des consultants externes pour realiser l’economie fiscale, les depenses dans la

30
recherche d’opportunites d’economie d’impot ainsi que les risques de sanctions et d’agence.
Ainsi, le risque de perte d’opportunite se rapporte a trois principaux facteurs : - Le non
benefice d’un avantage fiscal, - La conduite d’operations incompatibles avec la politique
economique de l’entreprise, - La conduite d’operations a but exclusivement fiscal.

1.2. Les sources des risques fiscaux

Traditionnellement, on distingue trois principales sources du risque fiscal selon


(Rossignol,2002):

La reglementation fiscale

- L’organisation de l’entreprise

- L’organisation de l’administration fiscale

1.2.1. La reglementation fiscale


. La complexite et l’ambiguite des textes de loi constituent la principale cause des irregularites
fiscales. A la suite d’une etude menee sur la gestion du risque d’indiscipline fiscale par l’OCDE
en 2004 : « Une legislation tres complexe ou ambigue multiplie les possibilites, pour le
contribuable, d’adopter un comportement que le legislateur ne jugeait pas souhaitable », et,
« meme dans le cas ou la loi est claire quant a sa finalite ainsi qu’a son application, les
contribuables peuvent y echapper lorsqu’elle est jugee trop lourde. » En effet, un impot a
payer tres eleve constituera une contrainte compromettante a la performance de l’entreprise.
Celle-ci procedera subsidiairement a l’ajustement de ses donnees financieres afin que l’impot
du soit raisonnable. En plus des couts fiscaux, l’entreprise supporte aussi des couts relatifs a
l’execution des obligations fiscales. Ces couts sont a prendre en consideration dans la
discipline fiscale de l’entreprise. En d’autres termes, le manque de ressources necessaires a
la bonne tenue des declarations fiscales fait augmenter le risque fiscal dans une entreprise.
Parmi ces couts on peut citer les depenses liees au recours a des consultants fiscaux et le
temps de recherche pour se conformer aux formalites necessaires … En outre, les
changements des lois fiscales et des textes juridiques constituent une source importante de
risque fiscal. Les responsables fiscaux doivent etre constamment a jour des nouveautes
fiscales. A defaut, ceci peut entraïner des redressements et sanctions fiscales importantes
pour l’entreprise. C’est le cas notamment des banques marocaines qui ont, recemment, fait
l’objet des sanctions fiscales importantes en raison de leur non-conformite au bareme de
calcul de la prime d’anciennete enoncee dans le code du travail marocain. Le risque de non-

31
conformite trouve ainsi son origine dans la non actualisation des bases de calcul de la prime
d’anciennete ; ces banques ont utilise le bareme de la convention collective du secteur
bancaire qui date de 1956 au lieu de celui du code de travail. En consequence, et pour
regulariser leur situation, ces banques seront amenees a payer des indemnites dont les
montants sont relativement eleves. Ainsi, d’apres l’ancien responsable du pole risques de
marche du Credit Du Maroc, Reda El Ouardi : « Au total, si la CDM devait regulariser sa
situation, cela pourrait lui couter entre 175 et 292 millions de dirhams ». Source : Magazine
Telquel, n° 12 decembre 2017.

1.2.2. L’organisation de l’entreprise

. Cette deuxieme source de risque fiscal porte sur la structure meme de l’entreprise. Il est
important de mettre en valeur la taille de l’entreprise, ses orientations (nationales et
internationales), ses investissements et ses activites. En effet, tous ces parametres influent
directement le niveau de risque fiscal. Une grande entreprise est susceptible d’etre plus
agressive sur le plan fiscal en raison du pouvoir economique qu’elle detient par rapport a une
petite entreprise. De plus, il existe d’autres operations specifiques qui engendrent un risque
fiscal telles que les operations de fusions acquisitions ou les operations entre les actionnaires.
Ce type d’operations engendre des risques fiscaux plus eleves que ceux lies aux operations
habituelles de l’entreprise. L’entreprise s’expose davantage au risque de non-conformite a
defaut de bien documenter ce type d’operations et de mettre en œuvre toutes les ressources
organisationnelles necessaires pour mener a bien ces operations. L’internationalisation
constitue aussi une source de risque fiscal. L’entreprise se trouve confrontee a plusieurs
regles fiscales qu’elle doit maïtriser et respecter dont, principalement, celle des prix de
transfert.

1.2.3. L’organisation de l’administration fiscale.

* Cette derniere source de risque repose sur l’incompetence de l’administration fiscale. En


effet, les autorites fiscales qui ne disposent pas d’assez de ressources financieres et de
technologies d’information necessaires pour exploiter les enormes volumes d’information
sur chaque contribuable, peuvent ne pas se rendre compte des comportements d’indiscipline
fiscale de certaines entreprises, ce qui pourrait accroitre la prise de risque par ces dernieres
(OCDE 2004). Par ailleurs, le manque de competence, de formation continue et de maitrise
de l’outil informatique par le personnel de l’administration fiscale augmente le risque de non
detection des anomalies lors des controles fiscaux, ce qui risque d’augmenter les cas
d’indiscipline fiscale. Dans le cas du Maroc, Ce constat a pousse l’administration fiscale a

32
innover en matiere de centralisation des donnees a travers la mise en place du systeme
declaratif qui donne aux verificateurs un acces periodique et facile a toutes les donnees.

2. Un aperçu sur les pratiques de gestion du risque fiscal:

Les entreprises marocaines cherchent a realiser un maximum de benefices a travers


notamment une reduction des couts d’exploitation, en general, et les couts fiscaux d’une
maniere particuliere. Pour ce faire, un systeme de gestion efficace suppose une bonne
planification en amont, une maïtrise des couts et un bon traitement et pilotage des risques y
afferents. La gestion fiscale obeit aussi a des procedures particulieres.

2.1.Notion de gestion du risque fiscal :

Que ce soit par ignorance, negligence ou encore du fait d’incompetence au niveau


organisationnel, certains contribuables manquent a leurs obligations en matiere de gestion
du risque fiscal ; d’ou la necessite de mettre en place un systeme integre en ce domaine.

2.1.1. Definition de la gestion du risque fiscal :

Plusieurs chercheurs ont tente de circonscrire la notion de gestion du risque fiscal.


(Elgood,2004) explique que cette gestion consiste a « comprendre l’origine du risque et a
faire des jugements sur la maniere de les traiter mais ne vise pas necessairement la
minimisation des risques de l’entreprise. » Autrement dit, cette gestion repose sur
l’identification des risques et leurs effets, negatifs ou positifs, sur l’entreprise, et sur le choix
de solutions optimales pour leur traitement. Plus precisement, l’entreprise doit determiner
la valeur qui peut etre realisee en prenant le risque, les couts qui peuvent etre economises en
reduisant le risque et les ressources necessaires pour gerer aussi bien le risque que les
opportunites qui peuvent en decouler. Le risque fiscal impact ainsi la performance et la
reputation des entreprises. Par consequent, il doit etre detecte, evalue et gere par l’entreprise
dans le cadre de sa strategie globale de gestion de tous ses risques. Une bonne gestion du
risque fiscal permettra la reduction des risques ayant des effets negatifs sur l’entreprise et de
detecter les risques d’opportunites en vue de les creer. Pour atteindre ces objectifs, certains
chercheurs proposent une approche proactive de gestion du risque fiscal. C’est le cas
notamment d’(Erasmus,2009) qui considere que « Pour assurer une mise en œuvre proactive
du processus de gestion du risque fiscal, l’entreprise doit realiser les taches suivantes : -
S’engager d’aller au-dela de la conformite fiscale de base ; - Obtenir l’approbation du

33
president directeur general, du directeur financier, du conseil d’administration et du comite
d’audit

- Recruter une equipe fiscale. L’equipe fiscale doit etre composee du directeur financier, du «
tax manager », d’un representant de chaque division operationnelle de l’entreprise, d’un
conseiller independant, des comptables et d’une equipe juridique competente fournissant la
protection juridique necessaire ; - Constituer une structure de reporting au comite d’audit ; -
Communiquer avec un representant de l’administration fiscale ; - Determiner les questions
fiscales non connues par l’administration fiscale ; - Collecter tous les faits pertinents ; -
Analyser tous les faits ; - Obtenir des conseils techniques aupres d’un specialiste ; -
Determiner le meilleur chemin pour resoudre le probleme, y compris une resolution logique
des problemes a travers une decision prise par le representant de l’administration fiscale. » (
) Ainsi, l’impot ne doit pas etre perçu comme un evenement qui necessite un processus reactif.
Celui-ci doit etre pris en compte lors du commencement des transactions et operations
induisant le calcul d’un impot.

2.1.2. Les pratiques de gestion du risque fiscal en entreprise.

La gestion du risque fiscal comporte globalement deux etapes : celle de la detection des
risques fiscaux potentiels et celle de traitement et controle de ces risques.

 La detection des risques fiscaux.

Dans cette premiere etape, il s’agira de determiner les domaines d’activites et operations qui
peuvent declencher un risque fiscal. Ceci permettra ensuite de documenter les risques et
determiner ceux qui doivent etre eradiques ou maïtrises. Plusieurs approches peuvent etre
utilisees, a ce niveau, pour identifier les risques :  Conception et communication d’une
strategie de gestion du risque fiscal Toute gestion proactive repose sur une documentation
claire des actions a entreprendre pour l’atteinte d’un objectif defini. En effet, il s’agit
d’anticiper toutes les orientations de l’entreprise et les traduire en actions a mener pour
atteindre des finalites. En matiere de gestion du risque fiscal, il s’agira de fixer les objectifs
strategiques et operationnels du risque fiscal et d’evaluer ses impacts sur l’activite de
l’entreprise.

Ensuite, une communication de cette strategie doit s’operer aupres des responsables et
partenaires concernes. Elle doit faire l’objet d’une approbation commune des differentes
parties concernees afin de s’assurer de sa conformite aux orientations strategiques de
l’entreprise.
34
 Recours a un conseil externe en matiere de fiscalite

Le recours a un cabinet de conseil ou d’audit fiscal permet d’aider les entreprises a identifier
les risques fiscaux. L’equipe de conseil ou d’audit est constituee d’experts qui permettent
d’identifier clairement les risques et d’aider l’entreprise a faire les choix optimaux pour une
bonne gestion fiscale. De plus, le recours a une mission de conseil fiscal permettra a
l’entreprise de dresser une cartographie claire de ses risques ayant pour origine des
operations recurrentes ou non recurrentes conduites par l’entreprise. Elle pourra ainsi
definir une strategie claire par rapport a ses orientations fiscale et identifier les points de
controles a mettre en place dans ses procedes afin d’atteindre ses orientions et objectifs.

 Formation d’une equipe fiscale :

Afin de mener une gestion proactive et preventive du risque fiscal, l’entreprise doit mettre a
sa disposition les ressources humaines necessaires. En effet, la creation d’une equipe
competente permettra d’identifier les risques d’une maniere plus rapide et d’evaluer les
consequences fiscales des operations courantes de l’entreprise en temps reel. Toute
entreprise doit s’assurer que le personnel en charge du volet fiscal est bien forme et informe
pour executer cette tache. Elle doit s’assurer que ses ressources ont une connaissance des
exigences procedurales a suivre pour une regularite et conformite fiscale. Ceci suppose une
mise a jour continue des procedes et manieres de faire en adequation avec les nouveautes
reglementaires et orientations de l’entreprise. Cette mise a jour permettra a l’entreprise
d’eviter des manques a gagner en matiere d’impot a payer et reduire l’incidence fiscale de
certaines operations

 Le traitement et controle des risques fiscaux.

Une fois que les risques fiscaux sont identifies, evalues et hierarchises, l’entreprise doit
mettre en place des moyens adequats pour les traiter. Selon (Elgood,2004), ce traitement des
risques peut prendre plusieurs formes :

•  Evitement du risque :
L’evitement consiste a abandonner l’operation qui est a l’origine du risque fiscal et de la
remplacer par une action alternative qui permettra d’eradiquer le risque.

 Partage du risque

35
Le partage consiste a reduire l’impact ou la probabilite du risque en transferant le risque. Ce
traitement se fait a travers l’intervention d’acteurs externes experts en fiscalite ayant une idee
sur les differentes methodes et moyens d’assouplissement du risque.  Reduction du risque
La reduction du risque repose sur la conduite d’une planification fiscale adequate, et la
restructuration de ses operations pour lui donner un traitement plus favorable. Ceci
permettra de reduire l’impact negatif du risque ou de detecter un manque a gagner en
matiere d’imposition fiscale.

 Acceptation du risque

Et enfin, l’acceptation du risque se traduit par l’analyse du rapport cout/benefice decoulant


du risque. Il s’agit de definir le degre d’acceptation du risque a travers les benefices qui
peuvent en decouler. Une entreprise peut accepter un risque fiscal lorsque les benefices y
afferents depassent les couts supportes. Le traitement des risques repose ainsi sur le choix
d’une methode convenable a chaque appreciation du risque. Il s’agit d’evaluer les options
disponibles pour la gestion du risque afin de selectionner celle qui permettra a l’entreprise
d’optimiser le risque. Le traitement du risque fiscal permettra ainsi de determiner le meilleur
chemin pour resoudre la problematique du risque fiscal auquel fait face l’entreprise. Apres
avoir mis en place les moyens de traitement des risques fiscaux, l’entreprise doit
constamment s’assurer de leur bonne application. Il s’agit de l’etape de controle. En effet, les
moyens de traitement des aarisques doivent etre controles et surveilles pour s’assurer de leur
efficacite et continuite dans le temps. Il ne suffit pas de mettre en place des procedes, mais il
est important d’assurer leur suivi afin de s’assurer de la regularite et conformite de ces
derniers. Ce controle s’opere generalement par des personnes autres que celles responsables
de conception et de documentation de la strategie fiscale. Ce type d’activite est generalement
realise par les auditeurs internes ou externes de l’entreprise.

Une diminution des recettes brutes de 1,4%, provenant de :

1- La baisse des recettes douanieres nettes de 11,4%, compte tenu de remboursements,


degrevements et restitutions fiscaux de 93 MDH a fin novembre 2020 contre 71 MDH un an
auparavant:

- Droits de douane (-3,5%) ;

36
- TVA a l’importation (-11,9%), compte tenu de remboursements de 15 MDH a fin novembre
2020 contre 11 MDH un an auparavant;

Les recettes fiscales

- Taxe interieure de consommation (TIC) sur les produits energetiques (-14,8%), compte tenu
de remboursements, degrevements et restitutions fiscaux qui ont ete de 62 MDH a fin
novembre 2020 contre 27 MDH un an auparavant;

2- La baisse de la TIC sur les tabacs manufactures (-6,3%) et des autres TIC (-3,5%) ;

3- La diminution des recettes nettes de la fiscalite domestique de 4,7%, compte tenu de


remboursements, degrevements et restitutions fiscaux qui ont ete de 7.034 MDH a fin
novembre 2020 contre 7.111 MDH un an auparavant :

- l’IS a enregistre une hausse de 0,6%, compte tenu de restitutions qui ont ete de 450 MDH
a fin novembre 2020 contre 346 MDH un an auparavant, etant precise qu’a fin decembre
2019, les demandes de restitution de l’IS ont ete de 4,1 MMDH. A fin novembre 2019, l’IS avait

37
enregistre une baisse de 3,5% par rapport a son niveau a fin novembre 2018, soit -1.403 MDH
(38.948 MDH contre 40.351 MDH) ;

- l’IR (-4,8%), compte tenu de restitutions qui ont ete de 100 MDH a fin novembre 2020
contre 82 MDH un an auparavant. Les recettes de l’IR sur profits immobiliers ont connu une
diminution de 28,6% par rapport a leur niveau de fin novembre 2019.

Les recettes de l’IR preleve par la Direction des Depenses de Personnel (DDP) relevant de la
Tresorerie Generale du Royaume ont enregistre une hausse de 1,5%.

- les recettes de la contribution sociale de solidarite sur les benefices ont ete de 2.146 MDH
contre 2.022 MDH a fin novembre 2019, en hausse de 6,1% ;

- la TVA a l’interieur (-1,2%), compte tenu des remboursements supportes par le budget
general qui ont ete de 6.409 MDH a fin novembre 2020 contre 6.568 MDH un an auparavant,
etant precise qu’a fin decembre 2019, les arrieres de remboursement de TVA ont ete de 41,2
MMDH.

A fin novembre 2020, les remboursements de TVA a l’interieur (y compris la part supportee
par les collectivites territoriales) ont ete de 9.157 MDH contre 9.395 MDH un an auparavant.

- Les droits d’enregistrement et de timbre (-19,6%) ;

- Les majorations de retard (-43%), resultant de recettes brutes de 1.036 MDH contre 1.802
MDH et de degrevements de 75 MDH a fin novembre 2020 contre 115 MDH un an auparavant.

4- La hausse des recettes non fiscales de 35,1% en raison notamment de l’augmentation des
versements des comptes speciaux du Tresor au profit du budget general (19,2 MMDH contre
5,6 MMDH) et des fonds de concours (5.262 MDH contre 699 MDH), conjuguee a la baisse des
recettes de monopoles (8.486 MDH contre 9.119 MDH), des recettes de privatisation, des
recettes en attenuation de depenses de la dette (1.475 MDH contre 2.772 MDH) et de la
redevance gazoduc (399 MDH contre 901 MDH).

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Les dépenses fiscales

Un taux d’engagement global des depenses de 76% et un taux d’emission sur engagements
de 90% contre respectivement 77% et 89% un an auparavant ;

- Des depenses ordinaires emises en hausse de 3,6%, en raison de l’augmentation de 7,1%


des depenses de biens et services, due a la hausse de 5,5% des depenses de personnel et de
10,9% des autres

Depenses de biens et services, conjuguee a la baisse de 2,3% des charges en interets de la


dette, de 25,9% des emissions de la compensation et de 0,8% des remboursements,
degrevements et restitutions fiscaux.

Le montant global des remboursements de TVA a l’interieur et a l’importation (y compris la


part supportee par les collectivites territoriales) est de 9.178 MDH contre 9.411 MDH a fin
novembre 2019.

- Des depenses d’investissement emises en hausse de 7,1%, passant de 56,2 MMDH a fin
novembre 2019 a 60,2 MMDH a fin novembre 2020, en raison de la hausse de 36,4% des
depenses des charges communes et de la baisse de 9,6% des depenses des ministeres.

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Soldes du Tresor

Sur la base des recettes encaissees et des depenses emises, l’execution de la loi de finances
fait ressortir :

- Un solde ordinaire negatif de 2,5 MMDH contre un solde ordinaire positif de 8,2 MMDH un
an auparavant ;

- Un deficit du Tresor de 57,7 MMDH, compte tenu d’un solde positif de 5 MMDH degage par
les comptes speciaux du Tresor (CST) et les services de l’Etat geres de maniere autonome
(SEGMA), contre un deficit du Tresor de 43 MMDH a fin novembre 2019 compte tenu d’un
solde positif de 5,1 MMDH degage par les CST et les SEGMA.

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Conclusion:

En conclusion , Nul doute, le dispositif juridique et administratif de la vérification de la


comptabilité au Maroc ou du contrôle fiscal en général s'apparente beaucoup à celui des pays
les plus avancés, en l'occurrence la France dont il est d'ailleurs fortement inspiré.

Toutefois, au niveau de son application il souffre de sérieux handicaps qui compromettent la


réalisation des objectifs recherchés. Ceci est du, en partie à des raisons qui lui sont
intrinsèques, mais aussi aux résistances de son environnement économique, culturel,
idéologique et voire politique.

Certes, au cours de la dernière décennie de grands efforts ont été déployés pour mettre à jour
le système fiscal marocain, néanmoins des zones d'ombres subsistent encore et qui
nécessitent de sérieuses réformes pour pouvoir :

Premièrement, consolider les acquis de la mise en place du « code général des impôts », qui
vient couronner le long processus de simplification, de modernisation et d'harmonisation
que la DGI avait entrepris depuis les « assises nationales sur la fiscalité au Maroc ».

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