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La Pensée Marxiste

Le document présente les idées clés de Karl Marx sur l'économie politique. Il décrit le matérialisme historique de Marx, la lutte des classes et les modes de production comme moteur du changement social.

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La Pensée Marxiste

Le document présente les idées clés de Karl Marx sur l'économie politique. Il décrit le matérialisme historique de Marx, la lutte des classes et les modes de production comme moteur du changement social.

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Université Mohammed V-Rabat Année Universitaire

Faculté des Sciences Juridiques 2018/2019


Economiques et Sociales
Salé

Filière : Sciences Economiques et Gestion


Elément de module : Histoire de la pensée économique
Equipe pédagogique: Professeur Mr. Khalid HAMMES
Pr. Chargée des TD : Mme. Sonia BOUSHABA

Chapitre : LES HETERODOXES (la pensée Marxiste)

Karl Marx et la critique de l’économie politique :

Mots-clés :

Matérialisme historique, mode de production, lutte des classes, marchandise, valeur, travail
abstrait/concret, force de travail, plus value, exploitation, reproduction, capital, baisse
tendancielle du taux de profit.

Biographie de Marx :

Marx et son temps : Karl Marx est né en 1818à Trèves en Allemagne dans une famille aisée.
Son père exerçait la profession d’avocat. Très jeune, il s’est nourri des idées de « lumières »
(Diderot- Condorcet- J.J Rousseau).Le jeune Karl Marx étudie d’abord le droit à Berlin, puis la
philosophie dans la même université de Berlin où il soutient sa thèse en philosophie.

Comme beaucoup d’étudiants de sa génération, il est influencé par Hegel alors philosophe
incontesté et fréquente les « hégéliens de gauche ».il se voit refusé le poste de professeur de
philosophie à cause de ses idées subversives (contre le régime en place). Il se tourne vers le
journalisme et finit par diriger la « Gazette Rhénane »et s’y distingue par de vives attaques
envers le gouvernement prussien (Allemagne n’existait pas du temps de Marx, elle s’appelait
la Prusse). Enfin de compte, la revue a fini par être interdite en 1843.

Marx décide cependant de poursuivre son combat politique, se sépare des « jeunes hégéliens »et
s’établit en France à Paris. A Paris, Marx fréquente les socialistes français (Proudhon et
Fourrier). Il se lit d’amitié avec Engels et développe avec lui une grande complicité

1
intellectuelle. En 1845, son activisme politique (il diffuse des idées de gauche) vaut à Marx
d’être expulsé de Paris. Il se refugie alors à Bruxelles, il entreprend avec Hegel la rédaction de
l’idéologie allemande qui ne trouvera pas d’éditeur et ne sera publié qu’à titre posthume (après
sa mort). Ouvrage cependant important car les deux auteurs y posent les bases du matérialisme
historique.

Fin de 1847, ils rédigent le « Manifeste du Parti Communiste » (Prolétaires de tous les pays,
unissez-vous !)Marx est de nouveau expulsé de Bruxelles et s’établit à Londres où il meurt.

Introduction :

On reconnait généralement trois influences à Marx, la On reconnait généralement trois


influences à Marx, la philosophie allemande (Hegel en particulier), le socialisme français
(notamment Proudhon et sa citation « la propriété est un vol » à qui Marx substitue
l’exploitation de « l’homme par l’homme » et enfin l’économie politique britannique en
particulier Ricardo à qui il emprunte la théorie de la valeur travail qui sera revue et corrigé
par Marx.

À travers son œuvre, Marx va à la fois s’inspirer de ces auteurs suscités et de critiquer ces
trois courants de penser (qui sont la philosophie allemande, le socialisme français et les
auteurs classiques –Ricardo). Marx et Engels reprochent aux socialistes français leur excès
d’idéalismes et de ne pas avoir saisi la véritable nature de la société capitaliste, en particulier
l’importance de la lutte des classes. (Les utopistes préconisent une société idéale sans violence
pour y parvenir).

Le socialisme de Marx et Engels se veut « scientifique » contrairement au socialisme utopique.

Le matérialisme historique et la lutte des classes :


Cette thèse est exposée dans le « Manifeste du parti communiste ». Elle se résume dans la
formule « l’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes des
classes ». Ces classes correspondant à deux groupes antagonistes (aux intérêts opposés) :

• La bourgeoisie ou capitalistes détenteurs des moyens de production.


• Et Les propriétaires détenteurs de la force de travail.

Cette conception est matérialiste c'est-à-dire dans l’homme, il y’a à la fois des facultés
intellectuelles (connaissance et réflexion) et des facultés productives ou économiques. Ces
facultés intellectuelles sont des formes vides pour Marx, la pensée est conditionnée par le
milieu. Pour contre, les facultés productives au contraire déterminent l’homme. Le progrès ne
consiste pas dans le développement des connaissances. Il se définit par un accroissement
économique. Tout est commandé par la matière.

Le communisme est une notion marxiste caractérisant une société débarrassée des hiérarchies
sociales et de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Marx adopte une conception matérielle de l’histoire :

Les rapports sociaux sont déterminés par les conditions et les rapports de production. Quant
aux rapports de force, ils jouent un rôle central dans l’analyse de Marx.

• Condition matérialiste de l’histoire :

2
Marx et Engels cherchent à penser le devenir des sociétés humaines, leur évolution. Selon eux,
le principe de transformation sociale est à retrouver non au niveau « des idées » ou de l’esprit,
mais à celui des rapports de force et les conditions matérielles d’existence des hommes en
société.

Ces deux éléments (rapport de force et les conditions matérielles) s’imposent aux hommes qui
ne les choisissent pas et déterminent leurs idées et leur façon d’appréhender la réalité.

Ce schéma d’analyse a reçu le nom de matérialisme a reçu le nom de matérialisme historique.


Il s’agit d’abord d’un matérialisme car se sont les conditions matérielles c'est-à-dire la base
économique de la société qui expliquent le mouvement de l’histoire. Ce ne sont donc pas les
idées qui mènent le monde, mais les contradictions qui naissent au sein du mode de production
de chaque société (contradiction à l’origine du développement de la lutte des classe). Karl Marx
est ainsi amené à opposer l’infrastructure d’une société (son mode de production) à sa
superstructure qui comprend l’organisation juridique (le droit), l’organisation politique
(l’Etat, les partis), le système de valeur (Religion, idéologie etc).

Une superstructure caractérise donc tout mode de production, mais elle est le reflet, la
conséquence. Ce matérialisme peut être qualifié en outre d’Historique, car Marx montre
comment les modes de production se sont nécessairement succédé dans l’histoire. Il s’agit
cependant de l’histoire occidentale, le mode de production asiatique ne constituant pas l’histoire
de l’Occident.

Ainsi, la vie économique implique donc l’antagonisme de classe et leur lutte entraine la
transformation sociale, le mouvement de l’histoire dont elle est le MOTEUR. « L’histoire de
toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de lutte des classes…. une lutte qui finissait
toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la
disparition des deux classes en lutte » (Manifeste du parti Communiste, Marx et Engels).

Cette idée d’antagonisme de groupes sociaux aux intérêts opposés n’est pas propre à Marx
puisqu’elle était déjà au cœur de la pensée des principaux auteurs « classiques ». Mais tout en
la simplifiant (en passant à deux classes) Marx utilise la notion de mode de production.

Les modes de production :

Marx considère qu’à chaque grande période de l’histoire correspond un mode de production
spécifique constitué de deux éléments :

Un état de développement des forces productives matérielles et humaines qui conditionnent


(qui assurent) la capacité d’une société à produire des richesses : degré de développement
technologique, avancement de la division de travail (amélioration), les formes prises par le
capital, niveau général des connaissances, etc….. Ces forces productives tout comme l’histoire
des sociétés sont en perpétuelle évolution. A l’occasion de cette activité de production, les
hommes nouent entre eux des relations sociales que Marx appelle les rapports de production.

Les rapports de production –esclavage –servage-salariat

Le rapport de production détermine les positions des groupes sociaux et montre qu’à chaque
période, une classe domine l’autre dans l’organisation de la production.

3
Ainsi au lieu de penser régime économique, ou de structure sociale à une époque donnée, Marx
utilise la notion de mode de production, il peut alors distinguer les étapes de l’histoire humaine
en déterminant quatre modes de production à savoir :

• Le mode de production asiatique

Se caractérise par des sociétés quasi-esclavagistes dans lesquelles la population est


subordonnée. (Rattaché, soumise et dépend de lui) qui est relativement développé, centralisé et
fort.

• Le mode de production antique

Se caractérise par l’esclavage.

• Le mode de production féodal

Est défini par les servages. La société étant divisée en deux camps antagonistes, les seigneurs
et les serfs.

• Le mode de production capitaliste

Ne se distingue pas par la propriété des moyens de production, mais par le SALARIAT qui
assimile le travail des hommes à une marchandise qui peut être achetée et vendue.

La dynamique des modes de production :

Pour Marx, le mouvement de l’histoire s’explique par les contradictions entre les forces
productives et les rapports de production. Dans un mode de production, les forces productives
représentent un élément dynamique comme le montre l’histoire des découvertes, les inventions,
les progrès de la division du travail, la rationalisation de la production etc. Marx lui donne un
aspect plus radicale - l’exploitation et surtout dynamique. Loin de figer « l’histoire
(immobiliser) comme chez Ricardo, l’antagonisme de classe devient la clé d’interprétation de
son évolution (évolution de l’histoire) ».

Comme les rapports de production sont, en revanche, relativement stables et immuables


(immobiles), il arrive un moment où ils entravent le développement des forces productives.

Marx considère qu’à chaque grande période de l’histoire correspond un mode de production
spécifique constitué de deux éléments: un état de développement des forces productives
matérielle et humaines qui conditionnent la capacité d’une société à produire des richesses:
degré de développement technologique, avancement de la division de Travail(amélioration),
formes prises par le capital, niveau générale des connaissances, etc. les forces productives tout
comme l’histoire des sociétés sont en perpétuelle évolution.

A l’occasion de cette activité de production, les hommes nouent entre eux des relations sociales
que Marx appelle les rapports de production.

Les rapports de production:(esclavage, servage, salariat) le rapport de production


détermine les positions des groupes sociaux et montre qu’à chaque période une classe
domine l’autre dans l’organisation de la production.

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La domination d’une classe ne peut cependant être que temporaire. Au fur et à mesure que
les techniques évoluent, le système devient de moins en moins adapté à la situation nouvelle.

Les superstructures plus rigides se modifient plus lentement que les infrastructures. Il en résulte
un décalage entre les deux.

Pour Marx, l’Etat élément de la superstructure d’une société de classes constitue alors
l’instrument du pouvoir de la classe dominante . Mais des contradiction de plus en plus graves
et se manifestent et aboutissent à un changement souvent violent du système.

Pour Marx, le capitalisme révèle une opposition grandissante entre les capitalistes de
moins en moins nombreux, et la baisse tendancielle du taux de profit, la paupérisation du
prolétariat et la sous consommation (du fait de la baisse du pouvoir d’achat).

Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, mais au contraire, leur
existence sociale qui détermine leur conscience.

Ainsi au lieu de penser régime économique ou de structure sociale à une époque donnée, comme
les rapports de production sont, en revanche, relativement stables et immuables, il arrive un
moment où ils entravent le développement des forces productives.

Ce schéma peut ainsi expliquer le passage du mode de production féodal ou mode de production
capitaliste. Ainsi, la naissance de l’industrie moderne avec les manufactures et le
développement de l’économie marchande sont venus peu à peu buter (se heurter) sur les
rapports de production figés. (Division de la société en ordre, corporations qui entravaient la
liberté du commerce et du travail). En effet, comme le rappelle Marx « les conditions féodales
de la propriété ne correspondent plus aux forces productives déjà développées. Elles se
transforment en autant de chaines (entraves). Il fallut les briser, elles furent brisés ».

Le même processus doit, selon Marx, conduire du mode capitaliste au mode de production
socialiste ou communiste. A travers une série de crises, le capitalisme doit peu à peu s’effondrer
pour laisser la place au socialisme dont la devise était « A chacun selon son travail », puis au
communisme « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins »caractérisé par
l’abolition de l’Etat, des classes sociales et de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Chaque société peut se caractériser à un moment donné par son mode de production qui désigne
l’ensemble constitué par les forces productives et les rapports sociaux de production.

Sans forces productives, il ne saurait être question de production, de même que ce sont les
rapports sociaux de production qui définissent la manière de produire. A l’occasion de
cette activité de production, les hommes nouent entre eux des relations sociales.

Ainsi, une fois réunis les rapports de production, les forces productives et le mode de
production, on dispose de tous les éléments nécessaires pour mener une analyse marxiste
des sociétés.

L'évolution de la société s'analyse à partir du jeu combiné des éléments qui la composent ; en
se développant, les forces productives entrent de plus en plus en contradiction avec des rapports
de production qui n'évoluent pas au même rythme ; au-delà d'un certain seuil, l'ensemble du
système se trouve bloqué.

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S'ouvre, alors, une époque de révolution sociale qui a pour fonction de faire disparaître les
rapports de production anciens, pour permettre le développement de rapports plus
conformes au niveau atteint par les forces productives.

Ces rapports inégaux se traduisent par l'extorsion d'un surtravail non payé et plus
largement par une relation de servitude (pour survivre le prolétariat n’a d’autre solution que
de mettre sa force de travail à disposition de l’entrepreneur capitaliste).

En guise de conclusion on peut retenir deux points :

• L’exploitation n’est pas propre au mode de production capitaliste puisqu’ elle existait
déjà dans les modes de production antique (esclavagisme) et féodal (servage).
• Le capitalisme n’est qu’un stade de l’histoire, voué comme ses prédécesseurs à être
dépassé et n’est ni la forme naturelle, ni la forme définitive d’organisation des sociétés
humaines.

Le Matérialisme historique (rien ne se crée rien ne se perd et tous se transforme) .

Se base sur la réalité pour étudier le monde (matérialisme) =dialectique c’est la loi de
développement Histoire humaine.

• Étudie le monde comme un monde en mouvement (dialectique).


• Se base sur la méthode scientifique pour étudier le monde L'histoire selon Marx est
d’étudier comment les hommes se sont organisés pour produire la richesse,
comment cette richesse a été distribuée et comment le monde a été influencé par
la production.
• Pour Marx « l'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de
luttes de classes. » Pour lui, l'histoire est une succession de modes de production
(esclavagisme, féodalisme, capitalisme et communisme).
• Les contradictions d'un système engendrent la mise en place d'un nouveau
système. La lutte des classes entre les esclaves et les maîtres, les serfs et les
seigneurs ou entre les prolétaires et les capitalistes constitue l’aspect primordial
de la contradiction de chaque mode de production.

La notion de luttes des classes :

Le matérialisme historique est une conception matérialiste de l’histoire. Cette doctrine permet
une analyse de l’histoire, des luttes des classes.

Marx fait de la notion de classes sociales un concept central de la critique du capitalisme en


mettant l’accent sur la distance qui sépare les différentes classes sociales et qui sont fermées les
unes aux autres. Selon lui, il existe deux classes aux intérêts divergents (antagonistes), ce qui
engendre des conflits et une lutte des classes.

Pour Marx, la lutte des classes est au cœur du mode de production capitaliste caractérisée par
l’apparition du salariat et l’antagonisme entre la classe bourgeoise qui détient les moyens de
production (le capital) et la classe ouvrière ou prolétariat. Les travailleurs ou ouvriers ou
prolétaires n’ont d’autres choix pour survivre que de vendre leurs forces de travail aux
propriétaires des moyens de production (les capitalistes).

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Or, ces derniers cherchent à augmenter leur profit en réduisant la rémunération (le salaire) du
travail (celle de la force de travail) soit :

• En intensifiant (la cadence et le rythme du travail).


• Ou un allongement de la durée du travail pendant la journée.

Tout cela afin d’accroitre un maximum la valeur de la plus value. La baisse des salaires et
l’intensification de l’exploitation des travailleurs accroit les inégalités et conduit à son
paroxysme la polarisation entre les capitalistes et les prolétaires. Elle débouche selon Marx sur
la lutte des classes renversant la société capitaliste dans son ensemble et permettant l’avènement
(la survenu) d’un mode de production communiste. La lutte des classes devient un concept de
philosophie politique, il doit être un moteur des transformations des sociétés et de l’histoire
moderne.

Entre les esclaves et les maitres, entre les serfs et les seigneurs ou entre les salariés et les
capitalistes constituent l’aspect primordial de la contradiction de chaque mode de production
c’est l’opposition entre les bourgeois et les prolétaires qui puissent rendre compte de la logique
du système capitaliste.

Dans ce système, l’exploitation de la force de travail par le capital caractérise les rapports de
production qui sont des rapports d’exploitation résultant de la détention des moyens de
production.

La société est alors divisée entre deux classes antagonistes ayant des intérêts contradictoires:

• La classe des capitalistes (ceux qui détiennent des moyens de productions).

• La classe de salariés (la classe qui ne possède qu’une seule marchandise, c’est leur
force de travail qui serait vendus au capitaliste).

• Les deux classes principales du mode de production capitaliste sont :

• les capitalistes (ou bourgeois) qui possèdent le facteur capital (machines, bâtiments…),
les prolétaires (ou ouvriers) qui ne possèdent que leur force de travail et doivent donc
la “vendre” aux capitalistes.

• L’affrontement de ces deux classes s’effectue dans le cadre du processus de production.


Marx distingue deux sphères importantes :

Celle de l’échange de marchandises et du cycle M-A-M‟ (marchandises, argent,


marchandises). La circulation M-A-M‟ aboutit à échanger un produit contre un autre par
l’intermédiaire de l’argent. Le but final de l’échangiste, qui après avoir vendu quelque chose
dont il n’a pas besoin, est d’acheter la marchandise qu’il désire.

En revanche, celle de la production et du cycle A-M-A‟ (capital avancé, marchandise,


produit obtenu) renferme en elle un objectif tout autre qui est celui d’acheter des
marchandises pour les vendre plus cher.

• Le but final n ’est pas la consommation mais l’enrichissement, faire avec l’argent
plus d’argent, c’est faire du capital cette différence est due à l ’exploitation des ouvriers

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( plus-value). Le capitalisme repose donc sur un mode de répartition où une classe
sociale en exploite une autre.

• L’idée de base consiste à distinguer la valeur du travail (valeur, en temps de travail,


des marchandises vendues par le capitaliste) et la valeur de la force de travail. (salaire
reçu par le salarié, supposé égal au temps de travail nécessaire pour reproduire sa
force de travail), qui conduit à la notion de plus-value, puis à celle d’exploitation
économique.

La notion de classe sociale fait partie du lexique sociologique courant. L'analyse marxiste en
fait une pièce centrale de la critique du capitalisme, en mettant l'accent sur la distance entre
les groupes sociaux, qui sont fermés les uns aux autres.

Marx parle de classe sociale pour désigner un groupe de grande dimension rassemblant des
individus se ressemblant socialement. Les membres d’une même classe sociale se caractérisent
par une même place dans les rapports de production, un mode de vie et des ressources
propres, le sentiment d’appartenir à ce groupe, et une certaine capacité de mobilisation.

Pour Marx, la lutte des classes est au cœur du mode de production capitaliste, caractérisé par
l’apparition du salariat et l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat.

Les prolétaires n’ont d’autre choix pour survivre que de vendre leur force de travail aux
propriétaires des moyens de production. Or ces derniers cherchent à augmenter leur profit
en réduisant la rémunération du travail, en intensifiant celui-ci ou en allongeant sa durée,
afin d’accroître au maximum la valeur de la plus-value.

Les travailleurs tentent de résister à la baisse de leur rémunération et à la détérioration de leurs


conditions de travail. La baisse des salaires et l’intensification de l’exploitation des
travailleurs accroit les inégalités et conduit à son paroxysme la polarisation entre les
bourgeois et les prolétaires.

Elle débouche selon Marx sur la lutte des classes renversant la société capitaliste dans son
ensemble et permettant l’avènement d’un mode de production communiste. La lutte des
classes devient un concept de philosophie politique : il doit être un moteur des transformations
des sociétés et de l'histoire moderne.

L’analyse marxiste standard présente l'analyse des classes sociales dans le cadre d'une
théorie matérialiste des modes de production. Cela signifie que les classes sociales sont
définies par la place qu’elles occupent dans la production matérielle. En d’autres termes, Marx
voit dans la base matérielle, réelle, dans l’économie, l’origine des classes sociales et de leur
lutte.

Ainsi, chez Marx, le processus de production capitaliste crée en fait deux positions, celle
de l’exploiteur et celle de l’exploité. Les exploiteurs grâce à la propriété des moyens de
production prélèvent un surplus (= la plus value) mesuré en unités de travail. Les
comportements individuels et les actions collectives sont expliquées par ces positions dans le
système. C’est donc bien le mode de production capitaliste qui détermine les positions des
classes sociales.

Marx pose comme principe « qu’en produisant, les hommes produisent la société ». Sa
réflexion s’inspire du matérialisme historique et de la dialectique. Ainsi, pour lui, toute réalité

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est traversée par des forces contradictoires ; leur lutte provoque le changement en général sous
la forme d’une rupture brutale, qui fait suite au lent renforcement des forces de la partie la plus
faible. Chaque société porte en son sein des oppositions et des forces antagonistes, mais pour
Marx, le plus important des antagonismes sociaux est la lutte des classes.

A chaque forme de société correspond une forme nouvelle de cette lutte. Le « mode de
production » va déterminer les relations sociales qui s’établissent entre les individus et
par là-même faire émerger des oppositions.

Le conflit de classe qui est inscrit dans la nature et le fonctionnement même de la société va
constituer le moteur principal des grands changements sociaux.

Fondements de la doctrine de Marx Ces trois instruments constituent la doctrine de Marx ou


du marxisme:

• Le matérialisme dialectique et la loi du développement de l’histoire humaine (le


matérialisme historique).

• La plus-value et l’exploitation de l’homme par l’homme.

• La lutte de classes pour atteindre une société sans exploitation.

La théorie de la valeur et l’exploitation de la force de travail :

La théorie marxiste de la valeur s’inspire de la théorie classique et notamment de la théorie de


la valeur de travail de Ricardo, mais la corrige et la développe différemment. C’est d’ailleurs
pourquoi on a pu dire qu’il était considéré comme le dernier des classiques.

Approche de la théorie de la valeur chez Ricardo ;

Chez Ricardo, le travail est la source de toute création de la valeur (Richesse). Cette valeur se
manifeste dans la production de la marchandise. La valeur de la marchandise est alors
déterminée dans l’activité productive par la quantité ou le temps de travail qui est nécessaire
pour la production.

Notons que Ricardo raisonne dans le cadre d’une réalité sociale qu’il considère durable, celle
du système capitaliste. Or, tout système de production est lié à un mode de répartition du produit
social. Le système capitaliste ayant pour objectif principal l’accumulation du capital, réalise
cette accumulation grâce à l’accumulation du profit.

Les principales critiques adressées à Ricardo vont être formulées par Marx :

La théorie de valeur chez Marx :

Marx part du constat que le capitalisme se caractérise par l’échange marchand. Pour
s’échanger, les marchandises doivent avoir une caractéristique commune, un étalon de mesure
commun pour déterminer les rapports d’échange (pour savoir combien une quantité de
marchandise s’échange contre x quantités de marchandises). Cet étalon, est le travail.

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Marx adopte une théorie de la valeur-travail c’est-à-dire que la valeur d’une marchandise se
mesure par le temps de travail moyen (ou social) nécessaire à sa production.

La critique essentielle adressée par Marx à Ricardo est d’avoir considéré la valeur telle qu’elle
est réalisée dans la société capitaliste comme une réalité naturelle et non pas comme un
rapport social (capitaliste-ouvrier). « la richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode
de production capitaliste (MPC) dit-il s’annonce comme une immense accumulation de
marchandises. L’analyse de la marchandise forme élémentaire de cette richesse, sera par
conséquent le point de départ de nos marchandises » (Karl Marx, le Capital).

Toute l’analyse sera polarisée (focalisée) autour de la marchandise. Dans le processus de


production capitaliste, en effet, le travail de l’homme devient elle-même une marchandise. Il
s’agit donc de déterminer la valeur de la marchandise. Pour Marx, la marchandise a deux pôles.

Une valeur d’usage liée à l’utilité de cette marchandise indépendamment de l’effort qu’elle a
nécessité pour être produite. Cette valeur se réalise dans l’utilité ou la consommation de la
marchandise. Cette valeur d’usage se dédouble d’une valeur d’échange qui signifie que la
marchandise est aussi une valeur d’échange. En effet, dans le mode de production capitaliste
(MPC), les produits (les biens) ne sont pas produits pour eux même, mais pour être vendus sur
le marché. D’où, l’apparition de la valeur d’échange (VE) comme un taux d’échange des
marchandises de natures différentes en tant que valeur d’usages sur un marché dans un rapport
déterminé.

Ce taux d’échange est possible pour ces marchandises de nature différentes vu qu’elles ont
toutes un élément en commun qui permet de les comparer, cet élément commun est le travail
humain qui leur est incorporé ce qui permet d’avoir une unité de mesure de la valeur.

Seule la valeur travail peut servir de base à la détermination des rapports d’échange entre les
marchandises plus précisément, Marx construit, relativement au travail plusieurs typologies:

• Travail concret/travail abstrait:

En tant que le travail produit une chose utile, il est un travail concret, en tant qu’il crée de la
valeur, il est abstrait càd qu’il correspond à une dépense d’énergie humaine.

• Travail productif/travail improductif:

Dans un même laps de temps, le travail productif par rapport au travail improductif est celui
qui crée de la valeur, de la richesse.

• Travail simple/travail complexe:

Dans un même laps de temps, un travail même qualifié( travail simple) crée moins de valeur
qu’un travail qualifié (travail complexe), par conséquent, la dépense d’énergie humaine ne
peut pas être mesurée de la même façon par le temps de travail.

Cette loi de la valeur travail s’applique à toutes les marchandises, y compris à la force de travail
qui, dans une économie capitaliste est une marchandise vendue par les travailleurs et
achetée par les capitalistes. Comme toute marchandise, la FdT a donc une valeur égale à
la quantité de travail socialement nécessaire à sa production, càd le temps que requiert la
production de biens de subsistance nécessaire à sa reconstitution.

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Mais si la force de travail est une marchandise parmi les autres, elle n’est pas pour Marx une
marchandise comme les autres.

En effet, lorsque le capitaliste a une quantité déterminée de FdT (par exemple un certain
nombre d’ouvriers)à son prix de Marché (soit V le capital variable qui augmente à la valeur
de la Fde T) et qu’il met en œuvre cette force de travail, l’usage de cette dernière fait naitre
une valeur additionnelle ( la plus value ou survaleur).

• Marx appelle taux de plus value le rapport Pl/v :

Cette conception de la production est à la base de l’idée d’exploitation.

Un travailleur à un Fd T: une capacité à fournir une quantité de travail dans un temps donné.
Pour entretenir cette force, un travailleur doit consommer un panier de biens, ce panier peut se
réduire en tenant compte des rapports de forces entre deux classes. Ainsi, quand un non
travailleur (le capitaliste) accapare la plus value produite par un travail, le premier
exploite le second.

La mesure de la valeur chez Marx :

La valeur de travail d’une marchandise est liée au temps de travail incorporé nécessaire pour la
production du bien. Marx estime qu’il y’a un problème à faire de ce temps de travail une source
de valeur car écrit-il dans le capital « si la valeur de la marchandise est déterminée par la
quantité ou temps de travail dépensée pour la produire, plus un homme est paresseux ou
maladroit et plus sa marchandise a de la valeur puisqu’il emploi plus de temps à sa
fabrication » ce qui est absurde économiquement.

Ainsi, Marx pense que la valeur d’un bien est déterminée uniquement par le temps de travail
nécessaire socialement à la produire. Marx considère que la plus ou moindre valeur d’une
marchandise dépend du temps de travail socialement nécessaire pour la produire dans des
circonstances sociales données.

L’exploitation capitaliste et la plus-value :

Le travailleur est exploité selon Marx, mais il l’est par ce que le salaire qui est perçu par
celui-ci est différent de celui qu’il aurait dû percevoir.

Le revenu ou salaire qui est à la contrepartie de la valeur créée par le travail, ne va pas
uniquement au travailleur, mais va au travailleur et au capitaliste. Le capitaliste bénéficie
aussi de la valeur créée par le travail alors qu’il ne créée aucune valeur.

Cette différence représente l’exploitation du travailleur par le capitaliste. On peut mesurer


cette exploitation puisqu’elle est égale à la différence entre la valeur créée par le travail et
le salaire versé au travailleur. Cette différence Marx l’appellera : La plus-value.

Si le travailleur travail 8h, il va recevoir un salaire correspondant à ces 8h, si le capitaliste


emploie le travailleur pour une durée équivalente (8h), alors il n’aura pas de plus-value. Si
le travail a besoin de 6h pour reconstituer sa force de travail (c'est-à-dire le salaire de
subsistance nécessaire à la reconstitution de sa force de travail), alors le salaire reçu va
correspondre à 6h de travail.

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Mais si le capitaliste emploie le travailleur pendant 8h, alors il va y avoir une différence
entre le salaire payé sur la base de 6h de travail et la valeur créée par le travail égale à 8h
de travail. Les deux heures (8H-6H) que le capitaliste n’a pas payé au travailleur,
représente donc la plus value que réalise le capitaliste en utilisant du travail mais pour
Marx, il n’y a pas de « Vol » dans cette exploitation puisque le capitaliste paie au
travailleur ce qu’il doit payer le salaire de subsistance.

L’exploitation et la plus-value sont inévitables dans un système capitaliste parce que


la société capitaliste est divisée en classe et parce que les moyens de production ont été
pris par les capitalistes.

La « survaleur » ou plus-value créée par les travailleurs et non rémunérée par les
capitalistes correspond à la différence entre la valeur d’échange des marchandises
produites par la force de travail et la valeur d’échange de la force de travail (l’ouvrier
vend sa force de travail, le capitaliste l’achète en payant un salaire, c’est donc un échange
de la force de travail en contrepartie d’un salaire).

Cette dernière correspond au salaire de subsistance nécessaire à l’entretien de la force de


travail = Salaire perçu par le travailleur nettement inférieur par rapport à la valeur créée par
lui. Marx parle d’exploitation pour désigner le fait que la plus-value créée dans le processus
de production par la force de travail des ouvriers soit accaparée par le capitaliste.

C'est-à-dire lorsque la production et le commerce atteignent un certain niveau de


développement, (production en vue de vendre pour réaliser des profits). La circulation des
marchandises s’effectue selon le schéma suivant :

Argent (A) Marchandise (M) Argent (A’)

Commentaire :

Ici l’argent du capitaliste est seulement avancé (investi), puis il s’est transformé en
marchandise (achat), ensuite les marchandises sont vendues au marché pour de l’argent. En
outre, l’argent investi n’est dépensé que pour être récupéré d’une manière plus avantageuse
(Argent final est supérieur à l’argent investi au départ) c'est-à-dire de manière à pouvoir le
transformer en capital.

Dis autrement, l’objectif de la circulation de l’argent comme capital investi, n’est pas de
produire des marchandises mais à travers elles, l’obtention de l’excédent ∆A. Soit la
production de ce que Marx appelle la plus-value.

Donc le travail est une marchandise qui possède cette particularité de créer de la valeur. Le
point fondamental est que le salaire reçus en échange du travail vendu ne correspond pas à
la valeur créée par ce travail. La valeur vendue par le salaire est la force de travail et non
pas la valeur résultant de cette force de travail, de cet usage de travail.

Comme toute marchandise, la force de travail ou valeur d’usage sera payée en fonction du
temps de travail nécessaire à sa production. Le salarié étant un être vivant, Marx parlera
plutôt de temps de travail nécessaire à sa reproduction.

Cela augmente à la quantité de travail nécessaire « à la remise en état » de la force de


travail c'est-à-dire à la valeur du panier de marchandises que le travailleur consommera pour
être capable de fournir continuellement sa force de travail ( produits alimentaires, vêtement,

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logement, entretien de sa famille, le capitaliste a besoin de la main d’œuvre des femmes et
des enfants plus que leurs salaires seront beaucoup plus bas aux adultes).

La valeur de la force de travail est nécessairement inférieure à la valeur créée par cette
force de travail parce que le travail est justement créateur de valeur, il existe donc un
écart constant entre la valeur créée par le travail et le salaire, c’est la plus-value.

Lorsque la marchandise produite sera vendue, la plus-value se matérialise en monnaie et se


transforme en profit. C’est seulement à cet instant que le capitaliste « touche » la plus-value.

Le capitaliste peut accroitre la plus value de deux manières : augmenter pour le travailleur
la journée de travail. Il obtient ainsi la plus-value absolue. Et améliorer la productivité du
travail par l’utilisation croissante de machines par exemple. C’est la plus-value relative.

Selon Marx, ces deux manières traduisent, en fait, l’exploitation des travailleurs par les
capitalistes. La plus-value ainsi obtenue est capitalisée et se trouve donc à la base de
l’accumulation capitaliste. Elle va se transformer en PROFIT sur le Marché.

Le Capital :

Marx suit ici aussi la définition des économistes classiques. Le capital est composé des
moyens de production (le capital fixe) et de la Fde , (le capital variable), le capital est acheté
par les individus (les capitalistes) et sera mis en œuvre dans le processus de production.

En même temps, le capital reflète un rapport social particulier: d’un côté les propriétaires
du capital, de l’autre ceux qui ont vendu leur force de travail.

Dès que la séparation s’opère entre celui qui travaille et celui qui est le propriétaire de la
F de T, l’échange marchand apparait et l’appropriation privée de la plus-value est
possible. En d’autre terme, dès que la propriété privée des moyens de production est possible,
dès que les facteurs sont achetés, donc considérés comme marchandises, le capitalisme Nait.

Les contradictions du capitalisme :

Pour Marx, le capitalisme est un système historiquement daté et fondé sur l’exploitation
de la force de travail, qui est appelé à disparaitre, la disparition à causes de ses
contradictions internes qui ne peuvent être résolues que par le passage à un régime fondé
sur la propriété collective des moyens de production. Ces contradictions sont au nombre de
trois:

• Prolétarisation et paupérisation de la classe ouvrière:

• Crises de surproduction

• Baisse tendancielle du taux de profit

Le fonctionnement du mode de production capitaliste (MPC) :


La loi de la concentration du capital -l’accumulation du capital :

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Les modes de production antérieure au MPC étaient caractérisés par l’esclavage (mode de
production de la société antique) puis par le servage (mode de production de la société
féodale).

Le MPC repose sur une organisation sociale caractérisée par un rapport de production
particulier : le salariat comme pour les autres modes de production, le moteur du système est
le prélèvement de la PV . Le MPC a une autre spécificité : l’accumulation sans fin du capital.

Pour Marx, le capitalisme est un agent fanatique de l’accumulation du fait de sa « Soif de


profit » voulant toujours plus de plus-value, donc de production, le capitaliste, accumulera
toujours plus de machine et de force de travail. L’accumulation du capital ou mouvement du
capital constitue l’objet d’étude spécifique du MPC. Il constitue le processus sans fin par lequel
la PV est extraite, reproduite et agrandi (accrue). Il explique la croissance économique c'est-à-
dire la reproduction élargie du circuit économique.

Pour représenter ce processus, Marx évoque le cycle :

Argent Marchandises Marchandises Argent.

Habituellement noté : A –M-M’-A’et qu’on peut illustrer schématiquement :

4- Reconstitution du capital A 1- Engagement du capital

A’ M capital fixe au cours du


Processus de production
P (profit) CV

3- Réalisation de la PV M’ 2- Production de la PV(plus-value)

Les capitalistes engagent un capital en achetant les marchandises (M) que sont le capital fixe
(C) et le capital variable (V). Au cours du processus de production, les facteurs de production
(capital et travailleurs) transmettent leur valeur sachant que le capital variable ajoute une valeur
supplémentaire aux marchandises produites (M’) c'est-à-dire une plus –value (PV).

Lors de la vente, les marchandises produites se transforment en argent (A’), ce qui permet au
capitaliste de récupérer la PV sous la forme monétaire du profit (P). Le capitaliste engage alors
un nouveau cycle du capital (en conservant éventuellement une partie des profits pour son usage
personnel). Le processus d’accumulation est sans fin et explique la croissance économique.

Les lois tendancielles du mode de production capitaliste(MPC) :

L’accumulation du capital va s’accompagner de transformations qui seront à l’origine de sa


perte et des crises. Marx parle de lois « Tendancielles »pour désigner ces transformations,

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elles ne seront pas vérifiées constamment, mais seulement sur le long terme car
temporairement des contre tendance peuvent l’emporter. C’est pour cela que Marx reste
prudent et parle de tendancielle.

La baisse du taux de profit :

Elle est due à l’évolution technologique et au comportement des capitalistes. Le taux de


profit est égal à la plus-value (profit) divisé par le capital mis en œuvre.

Taux de profit= Pv/ C+V intéresse par contre le capitaliste puisque dans don esprit le
profit est issu non seulement du capital variable V(qui correspond à la force de travail
qui crée la plus-value), mais de la totalité du capital investi (C+V). Or, si nous
considérons que le taux de profit à tendance à baisser et que cette tendance est une loi
du système capitaliste. Quelle est alors l’explication de ce phénomène ?

En divisant tous les termes par V, on obtient : Pv/V/C+V/V= Pv/V/C/V+ V/V = Pv/V/C+1.
Cette dernière correspond à la baisse du taux de profit.

La Pv/V est défini comme le taux de plus value ou taux d’exploitation du travail Ou
lien entre le capital variable mesure le rapport entre le travail non payé au travailleur par le
capital (c’est la définition de la plus value) et le travail payé qui correspond au salaire (le
capital variable c’est la force de travail). Il intéresse pour cela le travailleur puisqu’il
mesure le degré d’exploitation de celui-ci.

C/V représente l’importance respective entre le travail et le capital-machine. On l’appelle


communément « intensité capitalistique » Marx l’appelle « Composition organique du
capital ». Pour extraire le maximum de plus value, pour accroitre la rentabilité, les
capitalistes vont chercher à accroitre la productivité du travail en utilisant le progrès
technique qui sera incorporé dans les machines. C’est le phénomène de substitution Capital-
Travail. Les machines remplacent les salaires.

Cela explique l’ère de la mécanisation visant à démultiplier le travail humain,


conséquence :

C/V augmente et si Pl/V n’augmente pas aussi vite le taux de profit diminue. Pour Marx,
l’augmentation de la Pv/V connait nécessairement des limites, ne serait ce que la limite
physique. On ne peut pas faire travailler toujours d’avantage les individus.

Ceci dit quelle est la signification de cette baisse ?

Le capitaliste pour rester sur le marché est obligé de maintenir un taux de profil élevé. Il
recourt pour cela à une accumulation de la plus value absolue (obtenue par l’allongement
de la durée de la journée de travail), ensuite de la plus value relative (s’obtient en
diminuant la valeur de la force de travail notamment grâce aux progrès technique qui
permet un grain de productivité=production=mécanisation du processus de production).

Ayant épuisé cette voie et voyant que le taux de plus value à tendance à être constant, le
capitaliste n’a plus qu’une seule solution, augmenter le rapport C/V de manière à récupérer
sa quantité du capital accumulé (C) ce qu’il perd sur le taux du profit.

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Le système se trouve donc en contradiction avec lui-même puisque le capital source de
richesse, en s’accumulant, fait baisser le taux de profit et se dévalorise ainsi. Il prépare par
conséquent la survenue (l’avènement) de crises.

Marx distingue deux moyens pour accroître la plus value, d’une part, en augmentant la
productivité du travail (quantité fournie en 1 heure par exemple), ce qu’il appelle la plus
value relative.

Pour Marx, il faudra toujours d’avantage de capital fixe (C) pour obtenir une augmentation
constante de plus value. Le taux de profit est donc condamné à baisser sur une longue
période : le système est en crise et bloque l’accumulation du capital.

Pourquoi les capitalistes ne se rendent pas comptent qu’ils provoquent la crise ? Parce
qu’ils sont obnubilés (obsédés) par la soif de profit et par l’accumulation du capital.

La baisse du taux de profit les conduira à mettre en œuvre d’avantage de progrès


technique et à accélérer encore la substitution Capital-Travail.

En résumé sur la loi de la baisse tendancielle du taux de profit :

Pour comprendre le mécanisme de la baisse tendancielle du taux de profit chez Marx,


nécessite de modifier le taux de profit. Nous avons :

Taux de profit π= Plus value/ Capital employé investi= Pl/ C+V

Si on divise le numérateur et le dénominateur par V, on peut alors modifier l’expression du


taux de profit. On aura :

Taux de profit = Pl/V/C+V/V= Pl/V/C/V+1 = taux de la plus value/ C/V (Taux de plus
value qui tend à être constant) et C/V (augmentation de la composition organique du
capital.

La loi de la paupérisation croissante :

Marx considère comme Ricardo que le taux de salaire est déterminé par des conditions sociales
de production. Il ne peut pas être durablement inférieur à la valeur de la force de travail, le
salaire de subsistance nécessaire à la survie et maintien de celle-ci. Mais l’accumulation de la
part relative du capital constant (les machines-bâtiment-matière première- outils) utilise pour
acheter les machines par rapport au capital variable utilisé par l’achat de la force de travail.

Cela a une conséquence qui la diminution de la demande de travail (par les capitalistes). Cela
est dû à la hausse du capital constant qui remplace le capital variable (c'est-à-dire les
ouvriers et à la nouvelle génération de machine plus performante ce qui conduit à
l’accroissement du chômage et à la paupérisation).

Le remplacement continu du travail par le capital fixe conduit à freiner ou réduire la quantité
de main d’œuvre employée. Le chômage se développe et avec lui la précarité et la misère et
« l’armée de réserve industrielle » dans laquelle les capitalistes pourront puiser de la force de
travail en cas de revendications salariales de ceux qui conservent leur emploi. on a alors un
accroissement de la pauvreté du salarié qui précipitera (…) la crise du capitalisme car la
paupérisation se manifeste par une crise de sous-consommation ou crise de surproduction,
le développement de l’offre lié à la baisse drastique du pouvoir d’achat.

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La loi du développement des moyens de production du capital (les crises)
La surproduction :

Marx rejette l’idée selon laquelle les produits peuvent toujours être vendus et affirme que
le système capitaliste ne peut être à l’abri de crises de surproduction.

Ces crises résultent d’un développement disproportionné entre le secteur qui fabrique les biens
de production et celui qui fabrique les biens de consommation qu’il nome (secteur 1 et secteur
2).

Conclusion :

L’apport de Marx en matière d’analyse économique est considérable, on ne peut pas


comprendre le fonctionnement du monde contemporain en l’ignorant.

Cependant, pour ce qui est de ses prédictions concernant l’évolution du système capitaliste, on
ne peut que constater un écart entre les prévisions de Marx et la réalité historique:

D’une part la révolution qui devrait toucher les pays capitalistes avancés n’a pas vu le jour,
mais au contraire ce sont d’autres pays comme l’URSS qui ont connu des bouleversements.

D’autre part, la paupérisation n’a pas touché les pays capitalistes développés où les conditions
de vie de la classe ouvrière se sont améliorées.

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