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Le Droit Du Commerce International

Ce document présente un plan de cours sur le droit du commerce international. Il contient trois parties principales abordant les notions, les opérations et les règlements des litiges en droit du commerce international.

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1

ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION ET DE MAGISTRATURE


(ENAM)

COURS DE DROIT DU COMMERCE INTERNATIONAL

DIPLOMATIE ET RELATIONS INTERNATIONALES SEMESTRE 4

Année académique 2018- 2019

Enseignant : Dr Dédji KOUNDE


2

PLAN DU COURS

Introduction

Partie 1 : Notions de droit du commerce international

Chapitre 1 : Les règles du droit du commerce international

Chapitre 2 : Les acteurs du droit du commerce international

Partie 2 : Les opérations du commerce international

Chapitre 1: Les contrats du commerce international

Chapitre 2: Le droit international de l’investissement

Partie 3 : Les règlements des litiges du commerce international

Chapitre 1: Le recours à une juridiction étatique

Chapitre 2: L’arbitrage international


3

PARTIE 1 : NOTIONS DE DROIT DU COMMERCE


INTERNATIONAL

CHAPITRE 1 : LES REGLES DU DROIT DU COMMERCE INTERNATIONAL

Sur quoi porte le droit du commerce international ? Quelles en sont les


sources et quelles sont les méthodes ? Telles sont les questions qui seront
traitées dans ce chapitre.
4

Section 1 : L’objet du droit du commerce international

Il n’est pas de droit sans objet. Le droit du commerce international ne fait


pas exception à la règle.

Le droit du commerce international, parfois appelé droit international des


affaires fait partie du droit international privé. Il a pour objet au sein droit
international privé de fournir les règles qui doivent s’appliquer aux
activités économiques internationales.

Les activités économiques sont entre autres les échanges, les mouvements
de bien ou de services de nature à générer de la croissance. Les activités
économiques internationales se caractérisent par leurs participants et
l’élément d’internationalité.

Paragraphe 1 : Les participants à l’activité économique

Ce sont les opérateurs économiques qui ont des activités « à


l’international ». Ils peuvent être des personnes privées (sociétés
commerciales ou personnes physiques) ou des personnes publiques (Etat,
collectivités territoriales, organismes publics qui dépendent des Etats).

En Afrique, les Etats s’impliquent bien souvent par eux-mêmes dans les
activités économiques internationales.

Paragraphe 2 : L’élément d’internationalité

L’internationalité suppose l’existence d’un élément d’extranéité dans un


rapport juridique. On peut citer comme éléments d’extranéité la
nationalité des personnes engagées dans le rapport, leur domicile, le siège
social, le lieu de conclusions ou d’exécution de l’acte juridique ou de
l’obligation contractuelle, le lieu de survenance du fait juridique, du lieu de
situation du bien. L’un de ces éléments doit être à l’étranger lorsque l’on
prend pour point de repère un Etat donné.

En présence d’un élément d’extranéité, plusieurs lois sont susceptibles de


s’appliquer et il convient de déterminer la loi applicable à travers
l’application d’une règle de conflits de lois.

Pour la Cour de cassation française et les juridictions du fond, le droit du


commerce international intervient dès lors que les opérations impliquent
des mouvements de biens ou de services à travers les frontières ; lorsqu’un
contrat intéresse l’économie de plusieurs Etats.

Section 2 : Les sources du droit du commerce international


5

Elles relèvent autant du droit interne que du droit international.

Paragraphe 1 : Les sources de droit interne

A- La loi

En général, l’application de la loi d’un pays se confine à son territoire


géographique sauf en ce qui concerne les questions de nationalité des
personnes morales ou celles relatives aux droits et obligations des
personnes morales.

En droit du commerce international, la loi nationale peut trouver


application en matière de procédure, en matière de la lex societatis
(formalités de constitution, de fonctionnement ou de liquidation).

La loi nationale peut trouver application si le contrat le vise comme celle


qui sera appliquée et qui est retenue après application des règles de
conflits des lois.

Les règles de police d’un Etat ont également toute leur importance en
droit du commerce international.

B- La jurisprudence

La jurisprudence comprenant les décisions des tribunaux nationaux et des


sentences arbitrales est d’une grande importance en droit du commerce
international.

Leur rôle est d’autant plus important qu’il existe de nombreux vides
juridiques et de nombreuses lacunes dans les textes régissant la matière.

C- La doctrine

En droit du commerce international, les règles procèdent de nombreux


compromis et sont sujettes à des interprétations diverses. Les travaux
doctrinaux sont assez souvent exploités par les tribunaux dans les conflits.

Paragraphe 2 : Les sources internationales


6

A- Les conventions internationales

Elles visent soit l’uniformisation des règles de conflits, de choix de la loi


applicable, (Ex : La convention de La Haye du 15 juin 1955 sur la loi
applicable aux ventes internationales d’objets mobiliers corporels, Le
règlement de Bruxelles du 22 décembre 2000 « sur la compétence
judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des jugements en matière civile
et commerce » ou la convention de Rome du 19 juin 1980 applicable aux
obligations contractuelles), soit l’uniformisation de règles dans une
matière donnée (Ex : la convention de Genève du 7 juin 1930 sur la lettre
de change et le billet à ordre, l’Acte uniforme de l’OHADA sur le transport
des marchandises, la convention de Vienne du 11 avril 1980 sur les ventes
internationales de marchandises).

Les conventions peuvent être multilatérales ou bilatérales. Signalons la


pratique des réserves.

Certains Etats peuvent cependant être réticents à appliquer les


conventions internationales auxquelles ils ont adhéré. Ces Etats
n’admettent pas alors le principe de la supériorité de la norme
internationale.

Par ailleurs, les conventions internationales ont une importance relative


en droit du commerce international où le principe de l’autonomie de la
volonté a une importance accrue.

B- La jurisprudence internationale

S’il existe de nombreuses juridictions internationales (Cour Internationale


de Justice, la Cour Européenne des droits de l’homme, la Cour de Justice
des communautés européennes), il en existe peu qui soit consacré
spécifiquement aux conflits du commerce international. En Afrique, on
citera la Cour Commune de justice et d’Arbitrage, la Cour de justice de
l’UEMOA, la Cour de justice de la CEDEAO.

C- Les lois types

Des règles ont été élaborées par certaines organisations spécialisées en


matière de droit de commerce international. La Commission des Nations
Unies pour le Droit Commercial International (CNUDCI), UNIDROIT label de
l’Institut International pour l’Unification du Droit Privé, la Chambre de
commerce International de paris (CCI) ont élaboré des lois modèles dans
7

le but de parvenir à une harmonisation du droit en proposant des clauses


types pour les législateurs nationaux.

UNIDROIT a par exemple écrit des « principes relatifs aux contrats du


commerce international ».

D- Les coutumes et usages

Ils ont une grande importance en droit du commerce international où de


nombreuses activités ne sont pas réglementées ou peu règlementées. Les
coutumes et les usages en droit du commerce international ont été à
l’origine de règles écrites. Ex : Les règles écrites sur la lettre de change, le
droit cambiaire, proviennent de la pratique, le RUU 500 de la Chambre du
Commerce international de Paris sur les crédits documentaires, les
Incoterms de la CCI qui précisent les obligations de l’acheteur et du
vendeur auxquels sont associés un transporteur et un assureur.

Les coutumes et usages sont si importants que certaines organisations


recommandent d’en tenir compte dans le règlement des litiges. C’est le
cas de la CNUDCI qui a invité expressément l’arbitre à tenir compte des
usages dans une profession donnée (Article 28 alinéa 4 de la loi type de la
CNUDCI sur l’arbitrage commercial)

E- Les principes généraux du commerce international

Fouchard a découvert dès 1965 l’existence d’un droit commun des Nations
auquel se référaient les arbitres pour régler le fond du litige. Ce droit
commun a évolué et donné naissance à la lex mercatoria.

La lex mercatoria qui est l’ « ensemble de règles applicables aux relations


internationales qui ne trouvent pas leur source ni leur autorité dans le
droit des Etats mais qui ont été élaborées par ou au sein de la
communauté internationale des commerçants sous forme d’usages et de
principes généraux, notamment par les sentences arbitrales. »

Dans le domaine des contrats par exemple entre Etats et les personnes
privées étrangères, la convention de Washington du 18 mars 1965 a
institué un centre d’arbitrage spécifique, le CIRDI qui fait référence en son
article 42 aux principes de droit international en la matière.

La doctrine a essayé de dresser la liste de quelques unes de ses règles :

- le principe de bonne foi dans l’exécution d’une convention


- l’exception « non adimpleti contractus »
- si pacta sunt servanda
- le principe de la responsabilité internationale
- le principe de la compensation entre deux dettes connexes
8

CHAPITRE 2 : LES ACTEURS DU COMMERCE INTERNATIONAL

Le commerce international est pratiqué autant par des


acteurs publics que par des acteurs privés dont les rôles ne sont
cependant pas les mêmes.

Section 1 : Les acteurs publics

Ce sont les Etats, les organisations internationales parmi


lesquelles l’Organisation mondiale du commerce

Paragraphe 1 : Les Etats

Ils sont la colonne vertébrale du commerce international


puisqu’ils édictent des lois qui comprennent des disposition de droit
international privé, délèguent des représentants dans des organisations
internationales, participent directement ou indirectement aux activités
commerciales internationales, jugent des litiges du commerce
international.

Paragraphe 2 : Les organisations internationales

Les organisations internationales jouent un rôle énorme


dans l’élaboration de normes du commerce international.

A- La Conférence des Nations unies sur le commerce et le


développement (CNUCED)

Créée à la suite de la conférence des Nations unies sur le


commerce et le développement (Genève 1964), la CNUCED est un organe
subsidiaire des Nations Unies. Elle a pour objectif de favoriser la
coopération internationale en vue d’établir un régime général du
commerce international qui tienne compte des intérêts spécifiques des
pays en développement.
9

Grâce à l’action de la CNUCED, un système généralisé des


préférences a été mis en place avec les accords de Lomé. Ces accords
accordent des tarifs préférentiels aux pays en développement.

B- Les transports internationaux

1- L’organisation de l’aviation civile internationale (OACI)

Créé par le traité de Chicago du 7 décembre 1944, l’OACI est


une organisation spécialisée de l’ONU. Elle veille à l’application correcte
du régime de la navigation et du transport aérien établi par la convention
de Chicago et ses deux annexes (transit de services aériens internationaux
et transport aérien international)

2- L’Organisation maritime internationale (L’OMI)

Cette organisation qui comporte 168 Etats membres fait


adopter des conventions qui interviennent dans trois domaines
principaux : la sécurité maritime, la prévention des pollution marines, la
réparation des dommages causé par des pollutions d’origine accidentelle.
On peut citer la convention de 1969 et de 1971 sur la responsabilité du
propriétaire de navire en cas de pollution par les hydrocarbures, la
convention de Marpol de 1973 modifiée en 1978 sur la prévention de la
pollution, la convention de 1974 relative au transport par mer des
passagers et de leurs bagages.

3- L’organisation intergouvernementale pour les transports


internationaux ferroviaires (OTIF)

Elle gère l’interprétation et l’application de la convention


international sur le transport de marchandises par chemins de fer, dite
convention de Berne, en vigueur depuis le 1er janvier 1893 complétée par
deux convention de 1928 et 1973 sur les transports de voyageurs et de
bagages par chemin de fer

C- La propriété intellectuelle

L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a été


créée en 1974. C’est la quinzième institution spécialisée du système des
Nations unies.
10

Elle a pour objectif la promotion de la propriété intellectuelle


à travers le monde afin d’encourager l’activité créatrice dans tous les pays.

En Afrique, on peut citer l’OAPI.

D- Le droit des affaires et le droit financier : L’OHADA et


l’UEMOA

- L’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du


droit des affaires)

Elle a été créée par le traité de Port-Louis (Îles Maurice) le 17


octobre 1993. Elle compte aujourd’hui 17 Etats africains. L’OHADA prend
des actes uniformes directement applicables dans les matières définies
comme étant du droit des affaires.

- L’UEMOA

Créé à Dakar le 10 janvier 1994, l’UEMOA a pour objectif


essentiel l’édification en Afrique de l’ouest d’un espace économique
harmonisé et intégré. L’UEMOA vise à promouvoir une totale liberté de
circulation des personnes, des capitaux, des biens, des services et des
facteurs de productions, ainsi que la jouissance effective du droit
d’exercice et d’établissement pour les professions libérales.

Paragraphe 3 : L’organisation mondiale du commerce

A- Le GATT

General Agreement on Tarifs and Trade a été créé au


lendemain de la deuxième guerre mondiale pour être un lieu de
négociation permanente où les Etats se retrouveraient pour réfléchir
ensemble aux questions douanières et tarifaires avec des étapes de
négociations appelées « round ». Ex : kennedy round, Tokyo round,
l’Uruguay round

B- L’OMC

Le cycle de l’Uruguay a donné naissance à l’Organisation


mondiale du commerce (OMC) en 1994. Véritable organisation
internationale dotée de la personnalité juridique, l’OMC a pour mission
d’administrer tous les accords du GATT.
11

Deux principes fondamentaux ont été dégagés pour régir les


relations commerciales entre Etats : le principe de non-discrimination et la
protection par les droits de douane.

Le principe de non-discrimination comporte deux aspects : la


clause de la nation la plus favorisée et le principe du traitement national.
Le principe du traitement national interdit de réserver un traitement
moins favorable aux produits ou aux services étrangers par rapport aux
produits ou services nationaux. Ce principe n’interdit pas des barrières
douanières mais une fois celles-ci franchies, les produits étrangers ne
doivent pas être pénalisés par rapport aux produits nationaux.

Même si la protection par les droits de douane n’est pas


encouragé, celle-ci n’est cependant pas interdite au regard du GATT.

Section 2 : Les acteurs privés

Paragraphe 1 : Les organisations privées

Nous citerons ici la Chambre de Commerce Internationale de


paris (CCI) qui a été créée après la première guerre mondiale à l’initiative
d’hommes d’affaires. La CCI de Paris est une association de droit français à
but non lucratif.

La CCI de paris a pour objectif de codifier les usages du


commerce international. Elle a eu à mettre en place des règles reconnues
sur les risques dans le transport international des marchandises (les
International Commercial Terms ou Incoterms qui ont pour but de
déterminer qui doit supporter les risques durant les différentes phases de
transport de la marchandise) et des règles sur l’harmonisation de règles de
crédits à l’échelle mondiale (Règles et Usances Uniformes RUU) auxquelles
de nombreuses banques ont adhérées.

La CCI a créé en 1923 une Cour international d’arbitrage pour


pallier l’inexistence de tribunaux internationaux en matière de commerce
international.

Paragraphe 2 : les commerçants et les sociétés commerciales

Ce sont les mêmes problématiques qu’en droit national.


Quelle est en droit international la loi applicable aux contrats de sociétés
12

ou lex societatis (conflits des lois), la compétence des tribunaux pour


trancher un litige (conflits de juridictions, la reconnaissance de l’activité
d’une société sur un territoire étranger (condition des étrangers) et quelle
est la nationalité d’une société ?

PARTIE 2 : LES OPERATIONS DU COMMERCE


INTERNATIONAL
13

Ce sont en général des opérations de ventes qui nécessitent


des opérations de transports. D’autres contrats sont également au cœur
des opérations commerciales. L’ensemble des activités de commerce
international comme la plupart des activités de commerce nécessitent des
financements internationaux

CHAPITRE 1: LES CONTRATS DU COMMERCE


INTERNATIONAL

Ces contrats ont un socle commun comme les autres


contrats de droit interne mais se différencient par certains éléments. La
grande différence avec les contrats de droit interne est la nécessité de
déterminer la loi à laquelle chaque contrat est soumis. Si les contrats du
commerce international répondent à des figures juridiques connus, ils
comportent tout de même des particularités.

Section 1 : La détermination de la loi applicable aux


contrats

Paragraphe 1 : La méthode de détermination de la loi


applicable aux contrats

A- Le choix de la règle de conflits

Lorsque le litige survenu doit être traité par une juridiction


nationale, celle-ci, pour déterminer la loi applicable au contrat utilise ses
propres règles de conflits des lois. Ce peut conduire bien souvent d’un Etat
à l’autre à des divergences quant au choix de la loi applicable à un contrat.

Plusieurs conventions ont été adoptées pour mettre fin à la


variabilité des solutions auxquelles on peut aboutir à partir de la diversité
des règles de conflits. Ainsi, la conférence de la Haye a adopté deux
principales conventions. L’une du 15 juin 1955 sur la loi applicable aux
14

ventes d’objets mobiliers corporels, l’autre du 14 mars 1978 sur la loi


applicable aux contrats d’intermédiaires et la représentation.

Aujourd’hui, une commission spéciale de la Conférence de la


Haye de droit international privé a adopté un projet de « Principes de la
Haye sur le choix de la loi applicable en matière de contrats
internationaux.

Il n’en demeure pas moins que les règles de conflits des lois
sont toujours appliquées.

1- Les conditions de l’application des règles de conflits des


lois

a- Le problème doit comporter un élément d’extranéité

Il peut arriver que cet élément ait été créé artificiellement


par les parties dans le but d’échapper à leur droit national au profit d’un
droit étranger plus favorable. La « fraude à la loi » permet de mettre un
terme à ce comportement.

b- L’Etat du pays dans lequel le litige est jugé (Etat for doit
avoir reconnu le pays d’où émane la règle

Il n’est pas possible à un juge d’appliquer la loi d’un pays qui


n’a pas été reconnu par le sien. Mais le juge doit rester pragmatique en
reconnaissant l’existence d’une décision d’un Etat qui n’a pas été reconnu.

C’est le cas dans l’arrêt Scherbatoff/Stroganoff (1973) où la


Cour de cassation française devait s’interroger sur la question de
l’application de la loi tsariste (abolie dans les faits depuis la révolution
russe) alors que les Soviets avaient pris le pouvoir. Or, la France ne
reconnaissait pas le nouveau régime. Selon la Cour, « le défaut de
reconnaissance d’un gouvernement étranger ne doit pas permettre au juge
de méconnaître les lois de droit privé édictées par ce gouvernement
antérieurement à sa reconnaissance pour le territoire sur lequel il exerçait
effectivement son autorité ».

c- Le conflit ne peut se résumer à un simple conflit inter


territorial

d- Le contentieux ne doit pas être éliminé par une loi de


police ou de sûreté du pays du for.
15

Dans certains cas, la loi locale s’applique indépendamment


des règles de droit international et du choix des parties.

2- Critères de rattachement

Pour déterminer la loi applicable à un contrat, il faut


déterminer un critère à partir duquel le contrat peut être rattaché à une
législation. Trois méthodes sont utilisées pour trouver le critère de
rattachement.

La localisation peut être fondée sur le sujet, sur l’objet ou sur


la source du droit.

- Lorsque la localisation est fondée sur le sujet, la loi


applicable dépend des attributs de la personne considérée. La localisation
fondée sur le sujet est utilisée s’agissant du statut personnel (mariage,
capacité, filiation, divorce etc.). Dans les droits d’essence européenne et
orientale, c’est la nationalité de la personne qui est considérée pour
déterminer la loi qui est applicable tandis que dans les droits anglo-saxons
et latino-américains, c’est le domicile.

Exemple : Un contrat commercial signé par une saoudienne


ou une iranienne est-il valable ?

Pour répondre à la question, il faut vérifier si la loi iranienne


ou saoudienne considère comme critère de rattachement la nationalité ou
le domicile.

Si la loi saoudienne considère la nationalité, la femme


saoudienne ou iranienne est-elle capable de signer un bail commercial.

Si la loi saoudienne ou iranienne considère le domicile, la


femme saoudienne ou iranienne domiciliée au Bénin est-elle capable de
signer un bail commercial.

Il conviendra de vérifier si la loi béninoise permet à une


béninoise de signer valablement un bail commercial.
16

Le critère de la nationalité et le critère du domicile


comportent des avantages et des inconvénients : la nationalité permet de
préserver les mœurs des individus alors que le domicile permet de
privilégier l’adaptabilité et les différentiations entre les nationaux et les
étrangers.

Il sera plus facile pour un Béninois de signer un bail


commercial avec un Brésilien de 19 ans domicilié au Bénin s’il sait que le
statut personnel de son cocontractant a adopté le critère du domicile. Si le
cocontractant est issu d’un pays qui a adopté le critère de nationalité, il
faut vérifier si dans son pays la majorité n’est pas de 21 ans.

Le critère du domicile allège le travail du tribunal du for


puisque celui-ci n’a pas à chercher la législation étrangère applicable.

Les deux critères de nationalité et de domicile ont des


faiblesses. Comment définir le critère de rattachement d’un binational ?
Qu’est-ce qu’un domicile ? Une résidence ?

- La localisation fondée sur l’objet fait essentiellement


référence au régime applicable au droit des biens. La loi admise en général
est celle du lieu où est situé l’immeuble ou le meuble concerné. C’est la lex
rei sitae.

Pour les immeubles, les législations retiennent que c’est la


loi du lieu où ils se trouvent qui est applicable.

Pour ce qui concerne, les meubles, les Etats sont quel que
peu partagés. Certains Etats estiment que l’autonomie de la volonté doit
prendre toute sa place.

- En fonction de la source, il y a les actes juridiques et les faits


juridiques. La forme des actes juridiques est régie par la règle facultative
« locus regit actum » (la loi du pays où l’acte est passé). Le fond est régi par
la loi d’autonomie. Les faits juridiques sont régis par la loi de l’Etat où ils
sont survenus « lex loci delicti commissi ». C’est une règle unanimement
admise par les Etats.

Il convient de signaler que les Etats-Unis ont créé un concept


qui connaît un succès, la « loi de la relation sous-jacente » qui consiste en
matière de faits juridiques de tenir compte également de la nationalité des
auteurs et des victimes pour déterminer la loi applicable.
17

La loi applicable aux quasi-contrats (gestion d’affaires,


paiement d’indu et enrichissement sans cause) est celle du lieu de
l’engagement.

3- Conflits de qualification

Pour connaître le critère de localisation ou la catégorie


juridique de la question posée, le juge doit interroger pour la majorité des
juristes, sa propre législation.

4- Conflits de rattachement

Ce conflit naît des renvois dictés par les législations.

Exemple : En vertu du droit béninois, la capacité de


contracter est régie par la loi nationale des signataires. Si ceux-ci sont tous
deux de nationalité anglaise mais domiciliés au Bénin, pour le droit
anglais, cette question relève de la loi du domicile soit un renvoi vers le
droit béninois. Le tribunal béninois devra alors appliquer la loi béninoise.

B- le principe d’autonomie

Une autre méthode de la détermination de la loi applicable


est le choix exprimé par les parties dans le contrat. Mais celle-ci est
controversée par la théorie de la localisation selon laquelle, la volonté des
parties n’est qu’un élément dans un ensemble d’éléments à prendre en
compte pour ressortir la loi applicable au contrat.

L’article 3 de la convention de Rome du 1 er avril 1991 vient


cependant renforcer le principe de l’autonomie de la volonté. Selon cet
article, seule la volonté des parties doit être prise en compte pour
déterminer la loi applicable au contrat.

Les avantages de ce principe sont par exemple la sécurité


juridique et la prévisibilité. Les parties sont aussi susceptibles de choisir la
loi la plus appropriée à leur affaire.

Paragraphe 2 : Les lois de police

Ce sont des lois imprégnées par les intérêts étatiques. Ces


lois ont tendance à être imposées par les Etats en dépit de la loi de
l’autonomie de la volonté dans les contrats internationaux et de la règle de
conflits de lois.
18

A- Les intérêts étatiques

Les lois de police ont été définies par Ph. Francescakis


comme celles « dont l’observation est nécessaire pour la sauvegarde de
l’organisation politique, sociale ou économique du pays. »

La règle de police s’accommode mal de sa mise à l’écart au


profit d’une loi étrangère par la règle de conflits de lois.

Le Règlement de Rome définit la loi de police comme « une


disposition impérative dont le respect est jugé crucial par un pays pour la
sauvegarde de ses intérêts publics, tels que son organisation politique,
sociale ou économique, au point d’en exiger l’application à toute situation
entrant dans on champ d’application, quelle que soit par ailleurs la loi
applicable au contrat d’après le présent règlement. »

Ainsi, les Etats établissent le plus souvent des lois de police


pour les contrats conclus avec des consommateurs (vente, crédit-bail,
prêt, assurance etc.) et dans les contrats de travail pour protéger les
parties faibles.

B- La mise en œuvre des lois de police

1- Les lois de police appartenant à l’ordre juridique qui régit


le contrat

Selon H. Batiffol : « lorsque la règle de conflit désigne une loi


étrangère, celle-ci doit être prise dans son ensemble, y compris les règles
ayant le caractère de lois de police. »

Il est toutefois possible que certaines lois de police ne


trouvent application alors même qu’elles font partie de la loi applicable à
la matière.

C’est ainsi que le Conseil d’Etat a refusé l’application d’une


loi de police française au licenciement d’un employé travaillant à
l’étranger1.

2- Les lois de police n’appartenant pas à l’ordre juridique qui


régit le contrat

1
CE 5 juin 1987, Rev. Crit. DIP 1989, 688, note P. Lagarde.
19

La convention de Rome en son article 7 précise que les lois


de police du for sont des « règles de la loi du pays du juge qui régissent
impérativement la situation quelle que soit la loi applicable au contrat. ».

Par exemple, en France, la législation sur les congés payés a


été déclarée applicable à tout travail exécutée sur le territoire français. La
législation française sur les comités d’entreprise a été imposée à une
société exerçant des activités en France mais soumise en raison de son
siège social à une loi étrangère.

La loi du 10 janvier 1978 relative à la protection des


consommateurs a été considérée en France comme une loi de police.

Section 2 : Les problèmes communs aux contrats du


commerce international

La théorie générale des contrats s’appliquent aux contrats


internationaux outre le fait que l’élément d’extranéité doive être pris en
compte.

Paragraphe 1 : Solutions communes

Nous parcourrons ici la naissance du contrat, son exécution


et sa fin en précisant qu’un contrat, pour être valide doit être fait par des
parties capables, qu’il doit exister un objet, une cause et surtout le
consentement des parties.

A- La naissance du contrat

Le contrat international sera généralement conclu après une


phase précontractuelle.

1- Les documents préparatoires et la responsabilité


précontractuelle

Le formalisme imposé à travers la rédaction de différents


documents dans la phase de négociation attestera du sérieux que les
parties accordent au contrat à venir. Trois documents apparaissent
régulièrement au cours de la phase précontractuelle : la lettre d’intention,
l’accord cadre et l’offre de contrat.

a- La lettre d’intention
20

Elle constate unilatéralement l’entrée en négociation et


définit les limites de la négociation. Elle peut contenir quelques
engagements comme la clause d’exclusivité ou la clause de
confidentialité.

b- L’accord cadre

Il constate les points d’accord et de divergences entre les


parties en établissant l’existence de négociations. Il comporte des
engagements tel celui de poursuivre les négociations qui doivent être
respectés.

d- L’offre

C’est un document unilatéral par lequel une partie exprime


sa volonté à l’autre de signer un contrat dont les différents éléments sont
définis. L’offre lie son auteur qui ne peut la retirer avant le délai fixé ou à
défaut après un délai raisonnable.

La convention de Vienne sur la vente internationale de


marchandises a consacré de nombreux articles au mécanisme de l’offre.

L’importance accordée à ces documents précontractuelle


peut varier selon les pays. Les Anglais et les Allemands accordent par
exemple peu d’importance à une lettre d’intention ou à un accord cadre.

e- La responsabilité précontractuelle

Si les négociations sont libres, leur rupture sans tenir compte


des règles de bonne conduite peut entraîner pour l’autre partie un
préjudice. Le juriste allemand Von Ihering a développé une théorie sur la
responsabilité précontractuelle qui a conduit à la réduction de la liberté
discrétionnaire des parties de rompre les négociations.

L’obligation de bonne foi doit qui signifie obligation d’agir de


façon honnête et loyale doit être respectée dans la rupture des
négociations précontractuelles.
21

2- La conclusion du contrat

Les parties sont libres de donner au contrat de commerce


international la forme de leur choix. Mais certains contrats doivent être
écrits.

La vente d’un fonds de commerce en droit béninois doit se


faire par écrit. La clause de non concurrence en droit français et en droit
belge, la clause d’exclusivité en droit allemand doivent être écrites.

L’écrit permet d’avoir une preuve du contrat.

3- Les clauses ordinaires d’encadrement du contrat

La plupart d’entre elles se rencontrent également dans les


contrats ordinaires. Seule la clause de choix du droit applicable constitue
une exception.

On peut citer comme clauses, la clause de confidentialité, la


clause de force majeure, la clause de hardship, la clause relative au
paiement, la clause d’interprétation, la clause pénale, la clause de
limitation ou d’exonération de responsabilité.

a- La clause de choix du droit applicable

L’autonomie de la volonté permet aux parties de choisir le


droit applicable à leur contrat. Cette autonomie est tout de même limitée.

Le choix de la loi ne peut être motivé par la volonté de se


soustraire au droit qui devrait être appliqué auquel cas ce sera une fraude
à la loi. De même, les juridictions saisies d’un différend doivent respecter
certaines dispositions impératives du for comme les lois de police.

Il faut préciser qu’il est aujourd’hui admis la possibilité pour


les parties de scinder leur contrat en différentes parties soumises à des
droits différents autant qu’il soit possible pour elle de modifier le droit
applicable en cours d’exécution.
22

b- La clause d’élection de for ou de choix de la juridiction


compétente

La possibilité de choisir la juridiction compétente par les


parties est largement admise. Cette possibilité est par exemple clairement
exprimée dans le code de droit international privé suisse en son article 5.

c- La clause d’arbitrage ou clause compromissoire

L’arbitrage est une procédure de règlement pacifique d’un


conflit, dans laquelle, les parties choisissent directement ou indirectement
le ou les juges privés appelés arbitres qui seront appelés à trancher le
conflit en droit et déterminent directement ou indirectement les règles de
procédure qui seront appliquées par ce ou ces arbitres.

La clause d’arbitrage peut être conclue à tout moment. C’est


une clause par laquelle les parties décident de soumettre le règlement de
leur différend à l’office d’un arbitre.

4- La fin du contrat de commerce international

Le contrat prend fin après avoir été exécuté. L’exécution peut


être en nature, par cession de créance et subrogation, par compensation.

a- L’exécution en nature

L’obligation peut consister en une livraison, en un paiement.


Il existe divers modes de paiement dont le plus ancien et le moins usité
aujourd’hui est le paiement en espèces. Les plus courants sont le virement
bancaire, la lettre de change, le billet à ordre et le chèque.

Le virement international fait intervenir plusieurs acteurs


internationaux. Une loi-type sur les virements internationaux a été faite en
1992 par la CNUDCI et prévoit les obligations de l’expéditeur d’une
instruction et celles de la banque réceptrice, le moment de paiement et la
responsabilité de la banque à l’égard de l’expéditeur ou de la banque.

La lettre de change ou traite est un titre par lequel l’émetteur


garantit inconditionnellement au porteur légitime, qu’une personne
désignée dans le titre (le tiré) lui payera une somme déterminée à une
échéance fixée. Trois conventions signées à Genève, le 7 juin 1930 ont
introduit un droit uniforme de la lettre de change.
23

Le billet à ordre est un titre par lequel une personne, le


souscripteur, s’engage inconditionnellement à payer à une date
déterminée un montant déterminée au porteur ou à son ordre. Une
convention également signée à Genève le 7 juin 1930 porte sur le billet à
ordre.

La lettre de change et le billet à ordre sont deux anciens


modes de paiement.

b- L’exécution par cession de créance et subrogation

Les droits du créancier sont transférés vers un tiers par la


cession de créance. C’est un accord entre le tiers et le créancier qui opère
ce transfert.

La subrogation est un transfert des obligations de débiteur à


un tiers qui paye en ses lieu et place. L’accord se fait entre le débiteur et le
tiers.

Selon la Convention de Rome sur la loi applicable aux


obligations contractuelles en son article 12 concernant la cession de
créance : « les obligations entre le cédant et le cessionnaire d’une créance
sont régies par la loi qui, en vertu de la présente convention, s’applique au
contrat qui les lie. »

La loi qui régit la créance cédée détermine le caractère


cessible de celle-ci, les rapports entre cessionnaire et débiteur, les
conditions d’opposabilité de la cession au débiteur et le caractère
libératoire de la prestation faite par le débiteur. »

La convention de Rome, à travers son article 13 donne


compétence à la loi qui régit le rapport juridique entre le tiers et le
créancier pour déterminer si ce tiers peut exercer en tout ou en partie les
droits détenus par le créancier contre le débiteur.

c- L’exécution par compensation

Lorsque deux entreprises se doivent mutuellement des


obligations, les sommes dues par l’une sont consignées sur un compte en
attendant que l’autre exécute également son obligation. C’est le cas
lorsqu’une entreprise africaine vend des matières premières à une
entreprise étrangère qui elle lui vend des équipements. L’entreprise
24

africaine consignera les fonds dans une banque en attendant que


l’entreprise étrangère livre les équipements.

C’est la technique du « trust » ou « escrow account »

d- Le crédit documentaire

C’est autant un moyen de financement qu’un moyen de


paiement. Le crédit documentaire ou « documentary credit » est une
opération complexe constituée d’une part par une ouverture de crédit
accordé par le banquier « issuing banker » à son client, appelé « donneur
d’ordre », lequel est partie débitrice de sommes en vertu d’un contrat de
commerce international « underlying agreement » communément appelé
le contrat de base et, d’autre part, par l’engagement unilatéral de ce
banquier d’effectuer un paiement au profit d’un tiers, appelé le
bénéficiaire, lequel est la partie créancière de ces sommes en vertu de ce
contrat de base, contre la remise de documents stipulés dans ce contrat,
pour autant que les termes et conditions du crédit soit rigoureusement
respectées.

Paragraphe 2 : Les contrats du commerce électronique ou le


e-commerce

Une multitude de contrats peuvent être considérés comme


faisant partie du commerce électronique : achats de biens en ligne livré à
domicile, achat de services fournis en ligne etc.). Le juriste définit l’e-
commerce comme un commerce ordinaire dont le contrat « on line » est
conclu via un réseau de communication électronique. Le réseau sera
considéré comme un moyen de communication tout comme l’écrit, la
télécopie, le télex etc.

Les problèmes posés par le e-commerce au juriste sont entre


autres : la délocalisation des rapports juridiques, la normalisation des
rapports juridiques, la conclusion des contrats « on line » et la sécurisation
des transactions commerciales conclues par le biais de l’outil
électronique.

A- La délocalisation des rapports juridiques

Les règles de conflits de lois et la loi d’autonomie serviront


de méthode à la détermination de la loi applicable. La difficulté survient
dans les contrats électroniques en l’absence de choix de loi applicable par
les parties.
25

Le moment et le lieu de conclusion du contrat peuvent


fournir des critères de rattachement du contrat nécessaire pour le choix de
la juridiction et du droit applicable au contrat.

B- La normalisation des rapports juridiques

La plupart des Etats reconnaissent la validité des contrats


conclus dans le cadre du e-commerce. La directive européenne sur le
commerce électronique a précisé le cadre juridique de commerce en
Europe. Le principe élaboré est celui « du pays d’origine ». Les normes à
prendre en compte sont alors celles du fournisseur.

Dans le cadre de la normalisation du e-commerce, la CNUDCI


élaboré la loi-type de 1996. L’organisation mondiale du commerce a
également élaboré de nombreux documents dans le cadre du e-
commerce.

L’UEMOA (Règlement15/2002/CM/UEMOA relatif au système


de paiement dans les Etats membres de l’UEMOA), la CEDEAO (l’acte
additionnel A/SA.SA. 2/01/10 du 16 février 2010 portant transactions
électroniques et l’OHADA (Acte uniforme sur le droit commercial général)
ont adopté des textes sur la signature électronique.

Le Bénin a adopté la Loi n° 2014- 14 relative au commerce


électronique. Un Ministère de l’économie numérique a été créé depuis
2016. Certains autres Etats africains comme le Sénégal, le Burkina Faso, le
Cameroun ont adopté des législations spécifiques en matière de
commerce électronique.

C- La conclusion des contrats en ligne

Le contrat en ligne n’est pas considéré comme un contrat


écrit et ne peut substituer un contrat dont la validité est subordonnée à un
écrit. Le contrat en ligne est cependant entièrement accepté dans les
diverses législations dans la mesure où il est entouré de garanties
d’authenticité.

La signature électronique

La loi type de la CNUDCI du 16 décembre 1996 sur les


signatures électroniques proposent une définition de la signature
électronique : « Le terme signature électronique désigne des données sous
forme électronique contenues dans un message de données ou jointes ou
logiquement associées audit message, pouvant être utilisées pour
identifier le signataire dans le cadre du message de données et indiquer
qu’il approuve l’information qui y est contenue (art. 2 de la loi type)
26

D- L’exécution des transactions commerciales

La facture électronique

Elle comporte des avantages dans la réduction des coûts. Les


Etats se sont quant à eux inquiétés de son existence compte tenu du
risque de perte de TVA.

Les instruments de paiement électronique

- La gestion de compte à distance et les paiements à distance

- La monnaie électronique qui est un instrument


rechargeable et contient un certain nombre d’unités de valeur.

La responsabilité de l’opérateur du commerce électronique


est une responsabilité contractuelle alors que celle des différents
prestataires de services intermédiaires est une responsabilité délictuelle.

Section 3: Principaux contrats du commerce


international

Paragraphe 1 : Les contrats de vente

Evidemment, ce sont les contrats les plus courants du


commerce international. Pour comprendre un contrat de vente, il faut se
référer à la loi qui lui est applicable. Et les législations nationales sont
d’une telle diversité sur les règles du contrat de vente. Certains privilégient
l’exportateur, d’autre mettent l’accent sur les vices cachés, certains ne
connaissent pas la clause de réserve de propriété etc. Autant donc se
référer aux conventions internationales qui régissent la matière
principalement la Convention des Nations Unies sur les contrats de vente
internationale de marchandises et les Incotermes (International
Commercial Terms)

A- La Convention des Nations Unies sur les contrats de vente


internationale de marchandises

Les parties ont la liberté d’écarter l’application de cette


convention. Si elle ne l’écarte pas, elle s’applique si l’un des contractants y
27

a adhéré et que par le jeu des règles de conflits de loi, la loi de l’Etat de ce
contractant est désignée

Le contrat de vente est un contrat en vertu duquel le


vendeur s’oblige à livrer les marchandises, à en transférer la propriété et,
s’il y a lieu, à remettre les documents s’y rapportant, tandis que l’acheteur
est obligé d’en payer le prix et d’en prendre livraison.

La forme et la formation du contrat ont été déterminées par


la Convention, les droits et obligations du vendeur (à savoir la livraison de
la marchandise, la conformité de la marchandise, les droits et prétentions
des tiers sur la marchandise, les moyens de coercition dont dispose
l’acheteur), de l’acheteur ( à savoir le paiement du prix, l’examen de la
marchandise, la prise en charge, les moyens de coercition propres au
vendeur), le transfert des risques, la résolution etc.

B- Les INCOTERMS (International Commercial Terms)

Les Incoterms précisent les conditions internationales de


vente. Ils indiquent les transferts des risques entre le vendeur et
l’acheteur. On les retrouvent le plus souvent dans la vente maritime. Ils
n’ont aucun caractère impératif.

1- Vente franco-bord ou FOB (free on board)

Dans la vente FOB, le vendeur livre la marchandise au port


d’embarquement et le transfert de propriété ainsi que le transfert de
risque s’opèrent au départ. L’acquéreur prend livraison de la marchandise
avant le départ et court les risques du transport. Le contrat peut laisser un
délai extrême à l’acheteur pour l’embarquement et s’il ne le respecte pas
le contrat est résolu aux torts de l’acheteur.

2- Vente CAF ou vente coût, assurance, fret en anglais CIF

Ici, le vendeur prend l’obligation de conclure le contrat de


transport, de mettre la marchandise à bord et d’assurer la marchandise
contre les risques de ce transport. La vente est faite pour un prix global
comprenant le prix de la marchandise, le fret et la prime d’assurance.

Dans la vente CAF, le transfert de la propriété et des risques à


l’acquéreur est fait au jour du chargement. Le vendeur intervient en faisant
transporter la marchandise et en l’assurant, non pas comme mandataire
de l’acquéreur, mais en vertu de la vente elle-même.
28

Paragraphe 2 : Les contrats de transport

A- Transport aérien international

Les textes ici sont la Convention de Varsovie du 12 octobre


1929, le protocole de La Haye du 28 septembre 1955, la convention de
Montréal pour l’unification de certaines règles relatives au transport aérien
international du 28 mai 1999.

Le contrat est conclu sur la base d’une lettre de transport


aérien (LTA ou Air Way Bill)

B- Transport maritime international

Les règles de Hambourg adoptées le 31 mars 1978


constituent uns des textes dans le domaine.

C- Transport routier international

L’acte uniforme sur les transports de marchandises par la


route.

Paragraphe 3 : Les contrats de construction

En ce domaine, il faut respecter les règles nationales de


marchés publics lorsqu’il s’agit de marchés publics et s’inspirer de la loi
type de la CNUDCI sur la passation des marchés de biens, de travaux et de
services mise en place en 1994 et complétée par un Guide pour
l’incorporation en droit interne. De nombreuses infrastructures (routes,
ports, chemins de fer, ponts…) sont en effet financés par les pouvoirs
publics et réalisés par des entreprises privées internationales.

Soulignons que le Bénin s’est doté d’une loi sur le


partenariat public/privé.

En ce qui concerne les marchés privés, les contrats


internationaux de construction peuvent échapper à l’application de la loi
Béninoise. Il convient de rappeler que le règlement de Rome I prévoit qu’à
29

défaut de choix exprimé par les parties, « le contrat ayant pour objet un
droit réel immobilier ou un bail d’immeuble est régi par la loi du pays dans
lequel est situé l’immeuble »

CHAPITRE 2: LE DROIT INTERNATIONAL DE


L’INVESTISSEMENT

Si la plupart des Etats accueillent favorablement les


investissements étrangers, il n’en demeure pas moins qu’ils peuvent avoir
tendance à protéger leurs intérêts au détriment de ceux de l’investisseur.
30

L’investisseur courra d’autant plus de risque si le règlement du différend


né entre les parties doit être tranché par les tribunaux de l’Etat d’accueil.

Dès règles internationales de l’investissement ont été mises


en place pour limiter les risques auxquels peuvent s’exposer les
investisseurs internationaux.

Section 1 : Les sources du droit de l’investissement


étranger

Paragraphe 1 : Les sources de droit interne

La résolution 1803 (XVII) sur la charte et les devoirs


économique des Etats affirme le droit souverain de tout Etat de légiférer
dans la matière des investissements étrangers. Le Bénin a un code des
investissements. Même si la pluparts des codes des investissements sont
de nature a attiré les investisseurs, ceux-ci ne sont pas absolument
protégés ou ne le sont même pas parfois. D’où la nécessité de textes
uniformisés pour juguler d’éventuelles velléités nationales.

Paragraphe 2 : Les traités relatifs à l’investissement


international

On citera ailleurs l’Accord de libre échange nord américain


(ALENA) conclu le 17 décembre 1952 entre les Etats-Unis, la Canada et le
Mexique, le traité sur la Charte de l’énergie destiné à organiser la
coopération entre les Etats de l’Europe de l’ouest et les Etats de l’ex-Union
soviétique, la convention de Washington du 18 mai 1965.

En Afrique et au niveau régional, on peut parler de l’UEMOA,


de la CEDEAO.

Section 2 : La relation d’investissement

La relation d’investissement peut s’établir sous la forme d’un


contrat d’Etat ou d’un traité.

Paragraphe 1 : La relation d’investissement sur la base d’un


contrat d’Etat
31

Le contrat d’Etat est un contrat conclu entre un Etat et une


personne privée étrangère. Dans ce genre de contrat, l’investisseur privé
prend des risques car l’Etat peut prendre des mesures de puissance
publique à tout moment qui peuvent rendre difficile sa situation.

Ex : Construction de l’aéroport de Glo-Djigbé par une


entreprise chinoise.

Ex : construction d’un pont reliant Abomey-Calavi à Porto


Novo en passant au-dessus du lac.

Le contrat d’Etat comporte donc une certaine insécurité


juridique à laquelle des remèdes peuvent être trouvés. Les remèdes
généraux à l’insécurité juridique du contrat d’Etat sont les clauses relatives
à l’interprétation, les clauses relatives à l’intensité des obligations
(obligation de moyens et obligation de résultat, « best efforts »,
« reasonable care », « due diligence »), les clauses pénales, des clauses
d’adaptation etc.

Les remèdes spécifiques comme celles visant à soustraire le


contrat de la loi nationale de l’Etat contractant et de choisir le droit
international. Par la jurisprudence arbitrale de nombreuses règles de droit
de l’investissement international se sont progressivement mises en place.
Des principes comme pacta sunt servanda, le respect des droits acquis, la
prise en compte du changement de circonstances, la validité des clauses
de stabilisation, le principe et montant du calcul de l’indemnisation en cas
de nationalisation, le respect de l’équilibre financier du contrat,
l’obligation de négocier et de coopérer de bonne foi sont autant
d’éléments d’un droit international de l’investissement.

Il y a en outre les clauses d’intangibilité qui ont pour objet de


garantir au cocontractant de l’Etat le maintien des droits et avantages qui
peuvent lui avoir été reconnu par le contrat. Les clauses de stabilisation
ont pour objet de garantir au cocontractant de l’Etat la pérennité des
dispositions contractuelles en dépit d’éventuelles modifications du droit
de l’Etat contractant.

Le mode de règlement d’un éventuel litige constitue un autre


moyen pour l’investisseur privé de se prémunir contre les assauts
souverainistes de l’Etat cocontractant. Les investisseurs étrangers venant
en Afrique ont souvent inséré dans les contrats une clause d’arbitrage.

Paragraphe 1 : La relation d’investissement sur la base d’un


traité

Des investisseurs étrangers peuvent être bénéficiaires de


traités signés entre deux ou plusieurs Etats. Les dispositions de ces traités
32

sont relatives au traitement de l’investissement mais également à la


protection de l’investisseur.

A- Le traitement de l’investissement

Les principes qui se rencontrent le plus souvent dans les


traités sont outre le principe du traitement juste et équitable, le principe
du traitement national et le principe de la nation la plus favorisée.

1- Le principe du traitement national

Aux termes de ce principe, l’investisseur étranger ne doit pas,


pendant sa phase de réalisation, se voir appliquer des règles moins
favorables que celles qui sont appliquées aux investisseurs nationaux
placés dans la même situation. C’est une règle souvent contestée par les
Etats africains qui estiment que les investisseurs étrangers plus puissants
financièrement ne peuvent être traités de la même façon que les
investisseurs nationaux.

2- Le principe de la clause de la nation la plus favorisée

L’investisseur étranger qui a signé un contrat avec un Etat


déterminé en vertu d’un traité avec son Etat pourra invoquer à l’encontre
du premier les autres traités signés par celui-ci avec d’autres Etats
accordant une situation plus favorable aux investisseurs ressortissants de
ces Etats.

B- Protection de l’investissement

D. Carreau et P. Juilliard définissent la protection des


investissements comme « l’ensemble des principes et des règles de droit
international, comme de droit interne, qui ont pour objet ou pour effet
d’empêcher ou de réprimer toute atteinte publique à l’existence ou à la
consistance de l’investissement international. » En vertu de la coutume,
tout Etat doit protection aux étrangers. Cette règles et les mesures de
protection des investissements retrouvent toute leur importance face aux
expropriations et aux nationalisations dont peuvent être tentés des Etats.

Paragraphe 3 : Le développement de la jurisprudence


arbitrale

A- La jurisprudence relative aux contrats d’Etat


33

De nombreuses sentences arbitrales sont venues préciser le


régime des contrats d’Etat en éclairant sur l’exercice par l’Etat
cocontractant de certaines de ses prérogatives de souverain pour mettre
fin au contrat, soit directement, soit en mettant fin à une autorisation
d’investir.

Les sentences du CIRDI issu de la convention de Washington.

B- La jurisprudence relative à l’application des traités sur


l’investissement international

PARTIE 3 : LE REGLEMENT DES LITIGES DU


COMMERCE INTERNATIONAL

La question des conflits de juridictions se pose dans les


litiges comportant un élément d’extranéité. Tout tribunal saisi s’interroge
d’abord et avant tout sur sa compétence avant de statuer. La question de
la détermination de la juridiction compétente est antérieure à toute autre
question.
34

CHAPITRE 1: LE RECOURS A UNE JURIDICTION ETATIQUE

Il s’agit de déterminer en présence d’un litige présentant des


éléments d’extranéité la compétence des tribunaux d’un Etat et
l’application des décisions étrangères dans un Etat.

Section 1 : Les règles de détermination de la juridiction


compétente ou règles de conflits de juridiction

Paragraphe 1 : Le droit commun

La question de la détermination de la juridiction se pose


parce qu’il n’y quasiment pas de juridictions internationales chargées de
régler les litiges en matière de commerce international.

La compétence des tribunaux est sans rapport avec la


nationalité des parties au litige. Le critère du domicile de la partie assignée
est le plus souvent important pour déterminer la juridiction compétente.

La problématique de la juridiction compétente est


uniquement réglée par la législation du pays du for.

La Cour de cassation française, dans un arrêt Scheffel a


affirmé que la compétence internationale des tribunaux français se
détermine par extension de règle de compétence nationale.

Il faut dire qu’au Bénin, le tribunal compétent est celui du


domicile du défendeur.
35

Ainsi, un grec peut assigner au Bénin, un haïtien si ce dernier


réside au Bénin. Peu important que le Grec vive à Athènes, à Bruxelles ou à
Shanghai.

En présence de plusieurs défendeurs, c’est le tribunal du


domicile de l’un d’eux qui sera saisi.

En matière contractuelle, le Code de procédure civile,


commerciale, sociale et administrative du Bénin autorise le demandeur à
assigner le défendeur devant la juridiction du lieu où la prestation a été
exécutée ou la livraison de la chose effectuée.

Mais la compétence de la juridiction du lieu de livraison ne


peut être retenue que si le contrat a prévu un lieu de livraison.

En matière délictuelle, c’est la juridiction du lieu du fait


dommageable ou celle dans le ressort de laquelle le dommage a été subi.

En matière immobilière, c’est le tribunal du lieu où se situe


l’immeuble qui est compétent.

Un Béninois résidant au Bénin mais ayant pris à bail une


maison à Cocody sera assigné à Abidjan par les propriétaires de
l’immeuble qui se trouvent à Bobo-Dioulasso s’il ne paye pas son loyer.

Paragraphe 2 : La priorité à la volonté des parties

Les parties peuvent insérer dans leur contrat une clause


dérogatoire de compétence soit par une clause attributive de juridiction,
soit par une clause compromissoire.

A- Clause attributive de juridiction

A travers cette clause, les parties décident dans leur contrat


qu’un éventuel litige qui surgira sera porté devant les tribunaux d’un Etat
donné. C’est un acte de prévision qui réduit considérablement
l’incertitude dans laquelle peuvent être plongées les parties quant à la
juridiction qui connaîtra de leur litige.

La licéité d’une telle clause s’apprécie par rapport à la loi de


l’Etat de la juridiction choisie puisqu’il n’existe pas en matière
internationale de dispositions légales spécifiques.
36

C’est l’arrêt Sorelec (c’est un marché de travaux publics


passés entre une société française et un organisme Libyen et attribuant
compétence aux tribunaux libyens – la clause fut considérée comme licite)
qui nous éclaire sur les conditions d’appréciation d’une clause attributive
de juridiction. La première est que le litige doit être de caractère
international.

Ex : Deux béninois ne peuvent pas décider de régler leur


litige portant sur un contrat à exécuter au Bénin par un tribunal Togolais

La seconde condition est que la clause ne fasse pas échec à


une loi territoriale exclusive de la juridiction nationale saisie (règles de
police notamment en matière de protection de la partie faible – dans les
assurances – en droit du travail si le travail n’est pas exécuté à l’étranger).

Ex : Les contentieux en matière immobilière doivent être


réglés par la juridiction du lieu de l’immeuble. Une clause attributive au
profit d’une autre juridiction sera donc sans effet dans ce type de matière.

Une troisième condition est que la juridiction choisie doit


avoir un lien avec le litige.

Ex : Un litige entre un Béninois et un Belge ne doit pas être


tranché par un tribunal anglais si aucun lien ne rattache le contentieux au
Royaume Uni.

Il importe de souligner que l’application d’une loi de police


du for au fond du litige n’affecte pas la licéité de la clause attributive de
juridiction au profit d’un juge étranger.

B- La clause compromissoire

C’est la clause par laquelle les parties décident de recourir à


l’arbitrage.

La clause compromissoire est licite à condition que :

- la loi locale accepte le principe de l’arbitrage

- les parties aient accepté expressément la clause


compromissoire

Paragraphe 3 : Les règles exorbitantes de compétence


37

Certains Etats accordent à leurs tribunaux le pouvoir de juger


leurs nationaux quelle que soient les règles de droit international privé qui
trouvent à s’appliquer.

L’article 14 du Code civil français prévoit : « L’étranger, même


non résident en France, pourra être cité devant les tribunaux français pour
l’exécution des obligations par lui contractées en France avec un Français.
Il pourra être traduit devant les tribunaux de France pour les obligations
par lui contractées en pays étranger envers des Français. »

L’article 15 prévoit : « Un Français pourra être traduit devant


un tribunal de France pour les obligations par lui contractées en pays
étranger même avec un étranger. »

Ces règles sont combattues par les conventions


internationales et ne sont pas impératives.

Section 2 : Action en justice et immunités des Etats et des


organisations internationales

Paragraphe 1 : Origine et fonction des immunités

Selon des principes très anciens, il était interdit aux Etats de


se faire juge, à travers leurs propres tribunaux, des agents diplomatiques
et des souverains étrangers. Les immunités se sont progressivement
étendues aux Etats eux-mêmes. Elles visent à éviter qu’un Etat ne juge un
autre Etat à travers le jugement d’une personne privée.

Les organisations internationales telles que l’ONU, la Banque


Africaine de développement bénéficient également d’immunité pour
garantir leur indépendance à l’égard des Etats membres.

L’immunité de juridiction permet à son bénéficiaire de se


soustraire des tribunaux du for. Elle est totale pour les chefs d’Etat en
activité mais ne porte pas sur leurs actes privés non couverts.

L’immunité d’exécution empêche l’exécution des décisions


qui ne peuvent s’appliquer à l’égard des bénéficiaires. L’immunité
d’exécution empêche la mise en œuvre de mesures ordonnées au bénéfice
d’un créancier privé et portant sur des biens corporels ou incorporels dont
l’Etat ou l’Organisation internationale disposerait à l’étranger.

Paragraphe 2 : Les textes


38

La question des immunités relève du droit international


public. Deux traités internationaux régissent les immunités : la convention
de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques, instituant une
immunité complète, et la convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les
relations consulaires instituant une immunité partielle.

Les immunités des organisations internationales résultent


quant à elles de traités conclus avec les Etats.

Section 3: Effets internationaux des jugements

Après que la juridiction saisie ait rendu sa décision, il se


posera la question de son exécution. Une décision rendue dans un Etat
étranger peut elle s’appliquer au Bénin et vice versa.

Paragraphe 1 : Principes généraux

En principe la force d’un jugement a pour limite les frontières


de l’Etat dans lequel il a été rendu. Seule l’autorisation de l’Etat où le
jugement doit s’appliquer peut mettre fin à cette limite.

Paragraphe 2 : Droit commun

L’exequatur est le mode habituel de reconnaissance d’un


jugement étranger.

Il s’obtient après vérification de la régularité du titre.

Celle-ci se fera en tenant compte :

- de la compétence judiciaire du juge étranger

- de l’ordre public (au sens du droit international privé)

- de l’absence de fraude à la loi

L’exequatur confère au jugement la formule exécutoire


nécessaire à son exécution sur le territoire national.
39

CHAPITRE 2: L’ARBITRAGE INTERNATIONAL

Nous étudierons la justice arbitrale, les types d’arbitrage et


les sources du droit de l’arbitrage international. Nous n’étudierons pas les
conventions d’arbitrage conclues entre les parties, le déroulement de
l’arbitrage et la phase post-arbitral qui ont leur place dans ce chapitre.

Section 1: La justice arbitrale

C’est une justice qui connaît un franc succès dans les


relations commerciales internationales puisqu’elle répond aux attentes
des parties.

Paragraphe 1 : La réponse aux attentes des parties

Les parties aux échanges commerciaux internationaux


recherchent la célérité, la confidentialité, une justice qui comprenne leurs
problématiques. Or, les juridictions étatiques ont des procédures lourdes
qui peuvent favoriser le dilatoire. Les audiences dans les juridictions
étatiques sont publiques et les juges, s’ils maîtrisent le droit, sont
déconnectés des réalités du commerce international.

Les acteurs du commerce international éviteront également


les difficultés liées à la détermination de la juridiction compétente et à la
difficile exécution d’un jugement étranger par rapport à une sentence
arbitrale en faisant trancher leurs litiges devant une juridiction arbitrale.

Paragraphe 2 : Justice étatique et justice arbitrale


40

La justice étatique et la justice arbitrale diffère en plusieurs


points. La justice étatique est rendue par des juges qui sont des
fonctionnaires alors que les arbitres sont des personnes privées. Les
magistrats rendent la justice au nom du peuple souverain, ce qui n’est pas
le cas pour les arbitres. Les juges étatiques bénéficient d’une investiture
permanente alors que les arbitres sont investis pour juger uniquement
l’affaire pour laquelle ils ont été désignés. L’arbitre n’a pas de for alors que
le juge étatique bénéficie d’un ancrage dans le droit d’un Etat.

Des similitudes sont cependant à noter dans leurs fonctions.


Chacun d’eu doit respecter des principes fondamentaux qui sont par
exemple l’égalité entre les parties, le principe de la contradiction, le
respect des droits de la défense et la nécessité d’un débat loyal.

Section 2: Les types d’arbitrage

Les parties qui décident de soumettre leur litige à l’arbitrage


doivent choisir entre deux types d’arbitrage : l’arbitrage ad hoc et
l’arbitrage institutionnel.

Paragraphe 1 : L’arbitrage institutionnel

C’est l’arbitrage opéré par une institution. De nombreuses


institutions arbitrales existent dans le monde. On peut citer la Cour
commune de justice et d’arbitrage, la chambre arbitrale maritime de Paris,
l’Association américaine d’arbitrage (CAA), la Commission interaméricaine
d’arbitrage commercial (CIAAC) la Chambre de commerce international
(CCI), la Cour d’arbitrage international de Londres (CAIL), la Chambre de
commerce de Stockholm (CCS), le Centre international pour le règlement
des différents relatifs aux investissements (CIRDI).

Une institution arbitrale fonctionne à partir de trois


caractéristiques à savoir un règlement d’arbitrage élaboré par l’institution
et qui détermine les principales règles de l’arbitrage, les pouvoirs et les
devoirs des arbitres ; l’existence d’une autorité chargée d’assure
l’administration de l’arbitrage et exerçant parfois un certain contrôle sur
celui-ci ; un secrétariat chargé d’assurer la liaison entre les parties, les
arbitres et les experts etc et assurant également diverses tâches d’ordre
matériel.

L’arbitrage institutionnel est apprécié par les parties mais


son coût est souvent assez élevé. Les parties doivent payer les honoraires
des arbitres, du centre d’arbitrage ainsi que ceux de leurs conseils.
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Paragraphe 2 : L’arbitrage ad hoc

Cet arbitrage n’est pas confié à une institution particulière. Il


peut avoir pour avantage de s’adapter mieux aux circonstances du litige et
peut être également moins onéreux.

Section 3: Les sources du droit de l’arbitrage


international

Paragraphe 1 : Les sources internationales

La convention de New York du 10 juin 1958 pour la


reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères
(adoptée par la conférence des Nations Unies) est un instrument
important du développement de l’arbitrage international.

La convention de Washington du 18 mars 1965 qui a donné


naissance au CIRDI (Centre international pour le règlement des différends
relatifs aux investissements) est une convention importante an matière
d’arbitrage international.

Nous pouvons citer en outre l’Acte uniforme relatif au droit


de l’arbitrage entré en vigueur le 11 mars 1999.

Paragraphe 2 : Sources d’origine nationale

Voir le Code de procédure civile, commerciale, social et


administrative.

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