Arthur Chambon
L2 groupe 3
TD droit administratif
Séance 3
Commentaire d’arrêt :
« Le premier public du rapporteur public est ainsi la formation de jugement, à
laquelle il s’adresse en disant ‘’vous’’ ». Cette citation vient de Jacques-Henri Stahl,
président adjoint de la section du contentieux du Conseil d’Etat. Via cette citation, il
nous montre que le rapporteur public a un rôle appart au sein de la juridiction
administrative, il s’adresse aux parties et aux juges en disant ‘’vous’’ ce qui montre un
détachement dans sa fonction. L’arrêt du Conseil d’Etat rendu le 10 juillet 1957 a
pour thème le rôle du rapporteur public au sein du tribunal administratif.
Un fonctionnaire été relevé de ses fonction de commissaire au gouvernement par
arrêter en date du 15 novembre 1952.
Le fonctionnaire n’est pas d’accord avec cette décision et décide de faire un recours
gracieux contre cet arrêté. Il est le requérant et le Haut-commissaire de la république
française, Gouverneur général de l’Afrique occidentale française, est le défendeur.
Son recours gracieux a été rejeter par le Haut-commissaire, il y a donc rejet implicite.
Le fonctionnaire décide de faire un recours pour excès de pouvoir devant la
juridiction administrative pour contester ce rejet implicite.
Les arguments du requérant ne sont pas précisés au sein de l’arrêt.
Quel est le rôle du commissaire au gouvernement au sein de la juridiction
administrative ?
Le Conseil d’Etat rappelle la fonction du commissaire du gouvernement n’est pas le
représentant de l’administration et qui doit formuler ses conclusions de façon
impartiale. Le Conseil d’Etat juge que le Haut-commissaire de la République française
s’est fondé exclusivement sur ce que la personne physique de droit public n’avait pas
soutenu avec succès la thèse de l’administration dans un litige soumis à cette
juridiction. Cependant le Haut-commissaire ne pouvait pas légalement justifier cette
mesure contester par la personne physique de droit public. Il y a donc manifestement
la présence d’un excès de pouvoir pour cette décision prise. Par conséquent le
Conseil d’Etat annule la décision prise.
En effet le rôle du commissaire du gouvernement est une notion qui vas fortement
évoluer au cours du temps, pour traiter cette question nous verrons son rôle comme
membre de la juridiction administrative (I), puis nous aborderons les critiques de son
rôle (II).
I/commissaire du gouvernement comme membre de la juridiction administrative :
En effet le commissaire du gouvernement est un membre de la juridiction
administrative, il possède un rôle bien particulier (A), son rôle au sein des juridictions
administratives lui permet de ne pas tenir compte du principe du contradictoire (B).
A) Le rôle du commissaire du gouvernement au sein des juridictions administratives.
Le commissaire de gouvernement joue un rôle bien particulier au sein des juridictions
administratives. Ce rôle nous l’est rappeler par les juges du Conseil d’Etat dans l’arrêt
Gervaise, ils nous citent « il a pour mission d’exposer au Conseil les questions que
présente à juger chaque recours contentieux et de faire connaître, en formulant en
toute indépendance ses conclusions, son appréciation, qui doit être impartiale, sur les
circonstances de fait de l’espèce et les règles de droit applicables ainsi que son
opinion sur les solutions qu’appelle, suivant sa conscience, le litige soumis à la
juridiction ». Ce passage nous montre son rôle vis-à-vis des juges durant le procès. Il a
la charge de les aiguillés, de les conseillers en formulant ses conclusions. L’arrêt
souligne le caractère impartial de ses conclusions, cependant le fait que le
commissaire du gouvernement soit un fonctionnaire qui dépend de l’état, remet en
doute son impartialité car il sera toujours du coté de l’administration. Son rôle est
d’autant plus flou car il n’est pas un juge, pourtant il prend par au délibération des
juges et donne son avis durant ces délibérations. Il n’appartient pas aux parties des
procès. Il est donc un membre des juridictions administratives sans être un juge, ni un
avocat. Les parties ne peuvent pas contester ses décisions car le commissaire du
gouvernement n’est pas un membre de l’administration comme rappeler par les
juges du Conseil d’Etat dans l’arrêt Gervaise « le commissaire du gouvernement près
le Conseil du contentieux n’est pas le représentant de l’administration ».
Le commissaire du gouvernement n’est pas soumis au principe du contradictoire car il
n’est pas un représentant de l’administration.
B) Le commissaire du gouvernement, imperméable au principe du contradictoire.
En effet le commissaire au gouvernement n’est pas soumis au principe du
contradictoire car il n’appartient pas aux parties du procès et n’est pas un juge,
cependant il est membre des juridiction administrative. C’est un acteur au procès
administratif, cela est précisé par les juge de l’arrêt Gervaise « il a pour mission
d’exposer au Conseil les questions que présente à juger chaque recours contentieux ».
L’article 12 titre II de l’ordonnance du 31 juillet 1945 31 juillet 1945 rajoute que le
commissaire du gouvernement doit être présent devant les autres formations du
Conseil d’Etat. Il est donc présent à chaque procès administratif. Son rôle est
d’aiguillé le juge, c’est un acteur en charge de l’applicabilité de la loi. Il est confirmé
par l’arrêt Mme Esclatine rendu par le Conseil d’Etat le 29 juillet 1998, cet arrêt nous
affirme que le commissaire du gouvernement est un membre de la juridiction et que
ses fonction n’ont pas à être soumises au contradictoire, il cite « il participe à la
fonction de juger dévolue a la juridiction dont il est membre ; que l’exercice de cette
fonction n’est pas soumis au principe du contradictoire applicable à l’instruction ». Cet
arrêt rajoute également que le commissaire du gouvernement n’a pas à
communiquer ses conclusions aux parties au préalable, il cite « les conclusions du
commissaire du gouvernement – qui ne peuvent d’ailleurs ne pas être écrites – n’ont à
faire l’objet d’une communication préalable aux parties ». Toute ces conditions
affirment que le commissaire du gouvernement n’est pas soumis au principe du
contradictoire.
Le caractère indiscutable de ces décisions provoquera de vive critique.
II/le rôle du commissaire du gouvernement vivement critiquer :
Sa fonction est vivement critiquée vis-à-vis des normes européennes (A), c’est pour
cela qu’une réforme de ses fonction était nécessaire (B).
A) Une critique basé sur les normes européennes.
Effectivement l’absence de principe contradictoire ses décisions ont été vivement
critiquer par la doctrine. Plusieurs principes de sa fonction vont à l’encontre de la
Convention européenne des droits de l’Homme et du citoyens, en ce qui concerne le
droit a un procès équitable. Ces principes sont au nombre deux, tout d’abord en ce
qui concerne sa partialité, et ce qui concerne son imperméabilité au principe du
contradictoire. Dans l’arrêt Kress contre France rendu par la Cour européenne des
droits de l’Homme le 7 juin 2001, les juges de la Cour trouvent que le principe de
contradictoire est suffisant pour les parties, car ils peuvent à présent répliquer par
une note en délibérer les conclusions rendu par le commissaire. En ce qui concerne
son impartialité, le gouvernement trouve que sa présence aux délibérés est justifiée
car il fait parti de la formation de jugement. Cependant les juges de la Cour ne sont
pas du même avis, ils soulignent le fait qu’un membre du jugement qui est présent
mais ne donne pas son opinion n’as pas a assisté aux délibérés, que le justiciable peut
douter de la partialité du commissaire du gouvernement. Par conséquent les juges de
la Cour affirment qu’il y a donc violation de l’article 6 paragraphe 1 de la Convention
européenne des droits de l’Homme et du citoyen sur le droit à tout justiciable d’avoir
un procès équitable, jugeant que le commissaire du gouvernement n’avait pas sa
place au sein des juges lors des délibérations. Nous observons donc des changements
importants le concernant comparer à sa fonction durant l’arrêt Gervaise là où les
parties ne pouvaient pas le contredire, où son rôle lui permettait d’assister aux
délibérations et d’y participé.
Toute ces critiques on permit de réformé sa fonction au sein des juridictions
administratives.
B) La nécessité des réformes de ses fonctions.
Le rôle du commissaire au gouvernement va changer au cours de temps via des
arrêtés qui jugeaient que sa fonction n’était pas conforme à la Convention
européenne des droits de l’homme. Après l’arrêt Gervaise de nombreuses
jurisprudences ont fait évoluer son rôle, notamment l’arrêt Kress contre France qui
permet aux justiciable de demander le sens des conclusions du commissaire, de
pouvoir répliquer par note délibérer. L’arrêt Martinie contre France, lui, confirmera
l’arrêt Kress. Le justiciable peut demander au commissaire de ne pas assister aux
délibérés car cela fait partie intégrante de la Convention européenne des droit de
l’homme sur le droit à avoir un procès équitable, principe affirmé par l’arrêt du
Conseil d’Etat M. Courty rendu le 25 mai 2007, et par l’arrêt de la Cour européenne
des droits de l’homme Mme Etienne contre France en date du 15 septembre 2009. La
décision de l’arrêt du Conseil d’Etat Communauté d’agglomération du pays de
Martigues rendu le 21 juin 2013 définit le nouveau statut du commissaire du
gouvernement, par l’article L.7 du code de la justice administrative qui nous cite « Un
membre de la juridiction, chargé des fonctions de rapporteur public, expose
publiquement, et en toute indépendance, son opinion sur les questions que
présentent à juger les requêtes et sur les solutions qu'elles appellent ». Ces
conclusions doivent être faite avant le jugement et doivent être rendus
publiquement, de sorte que les justiciables en prennent connaissance. L’article R.
711-3 du code de la justice administrative précisera que les justiciables doivent être
mis au courant de l’ensemble des éléments du dispositif de la décision du
commissaire du gouvernement. Le rôle de sa fonction fut tellement réformé qu’il
change d’appellation le 1er février 2009 abandonnant le nom de commissaire du
gouvernement pour celui de rapporteur public.