Elle était déchaussée
Mouvement 1er : proposition
amoureuse dans cadre
bucolique
Mouvement 2nd :
réponse de la
jeune fille à la
requête du poète
Contexte où se situe
l’œuvre :
Poème du recueil Les Contemplations de Victor Hugo, recueil publié 1856
Parcours associé : Mémoire d’une âme
Mouvement 1er : la proposition amoureuse
(v 1) « Elle était déchaussée, elle était décoiffée »
parallélisme de construction : sujet/verbe/adj attribut du sujet sur les 2 hémistiches
préfixe « dé » qui dont défait la jeune fille des attributs qui l’éloigne du naturel (les
chaussures, les cheveux coiffés) -> en harmonie avec la nature
(v2) « Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; »
« les pieds nus » : encore 1 fois portrait femme en accord avec la nature + sa
féminité (pcq sensualité nudité)
CCL « parmi les les joncs penchants » : poète met en place décor bucolique
Allitération en p : « pieds », « parmi », « penchants » (+ « passais » v3) -> son doux
évoque sérénité, nature, bruits de pas
(v3) « Moi qui passais par là, je crus voir une fée, »
« Moi » : poète n’est pas simple spectateur mais voit scène du pvd du promeneur
« crus », « fée » : surnaturel + beauté surprenante de la femme mis en avant
« fée » : parallèle femme//nature pcq fée dotée beauté++ liée forces de la nature
(v4) « Et je lui dis : Veux-tu venir dans les champs ? »
Invitation « je lui dis » : promeneur n’est plus spectateur mais acteur : 1ere prsn sing.
« je » ; « tu » -> tutoiement = soudaine proximité, rapprochement = laisse présager
réponse positive
« ? » = en attente d’une réponse
(v5) « Elle me regarda de ce regard suprême »
« Elle » : 3eme « elle » depuis début poème : aucune info sur identité femme :
apparence mystérieuse, nourrit l’aspect surnaturel du poème
Inversion rapport de force : (v4) « je lui dis », (v5) « elle me regarda » -> preuve que
femme a la main sur le poète, puisqu’il est dans l’attente d’une réponse (elle a les
cartes en main)
Allitération en « r » : la réponse de la femme se trouve dans son regard
Passé simple « regarda » : renforce caractère spécial de cet évènement
Polyptote « regarda »// »regard » : souligne intensité de son regard
« suprême » : femme position de force + renforce côté surnaturel situation : parallèle
avec nature encore une fois = beauté silencieuse
(v6) « Qui reste à la beauté quand nous triomphons, »
Beauté surnaturelle, dépasse l’aspect physique : encore une fois la femme en
puissance
(v7) « Et je lui dis : « Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, »
Poète réitère sa demande
« c’est le mois où l’on s’aime » : le poète s’appuie sur phénomènes naturels (c’est-à-
dire la saison des amours) comme argument + signifie aussi retour à l’état
« primaire » de l’humain, quand il était encore régulé par la nature + fait référence à
fertilité
(v8) « Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? »
Anaphore « veux-tu » x3 : les demandes se rapprochent : impatience/insistance du
poète qui est tjr dans l’attente d’une réponse + rappelle mécanisme des relations
amoureuses = poète doit courtiser la femme
P.p « nous » : suggère intimité grandissante entre les 2 perso : après le tutoiement,
ils ne font qu’1
« arbres profonds » : rappelle la nature + sensualité
Mouvement 2 : la réponse de la femme
(v9) « Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ; »
« Elle » -> tjr aucune info sur son identité = mystère
« ses pieds » -> sensuelle, délicate
« à l’herbe de la rive » : encore 1 fois, parallèle femme/nature puisque le moindre de
ses gestes sont liée à nature
(v10) « Elle me regarda pour la seconde fois »
Intimité s’intensifie + pouvoir de la femme aussi -> attente se fait longue, et elle seule
peut nous en délivrer
(v11) « Et la belle folâtre alors devint pensive »
« belle folâtre » : parallèle avec la nature, où femme est aussi insouciante, enjouée et
libérée de toutes conventions
« devint pensive » : encore 1 fois, femme à les cartes en mains et fait perdurer le
suspense -> permet imager les rapports de séduction entre 2 prsn
(v12) « Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! »
« Oh [...] ! » : interjection + exclamation -> empressement, poète devient agité pcq
attente se fait difficile
MAIS attente pas douloureuse, au contraire, impression qu’il a du mal à contenir sa
béatitude :
- « comme » : permet d’appuyer sur caractère « magique » de cette rencontre
- utilisation imparfait + passé simple & oiseaux chantent -> décor de conte de fée
Perspective d’une réponse positive le met en joie : hâte de savoir ses sentiments
partagés
« au fond des bois » : fait écho aux « bois profonds » (v8) = sérénité + invitation à la
sexualité
(v13) « Comme l’eau caressait doucement le rivage ! »
Anaphore reprise de la même expression que sur (v12) « Comme [...] ! » : permet
introduire description nature -> renforce atmosphère joyeuse + sensualité du moment
+ intensifie exclamation du poète
Personnification de l’eau : « eau caressait doucement le rivage » : portrait nature
devient plus vivant en lui donnant sorte sensualité (avec verbe « caresser » donc)
« caressait » : imparfait -> scène figée dans l’air : perte notion du temps
Analyse linéaire : Victor Hugo, Melancholia
Mvt 1 : description
des enfants
Mvt 2 : description
vie des enfants
Mvt 3 : la prière ->
enfants font
appel/implore Dieu
Mvt 4 : invitation à
la révolte
Mvt 5 :
poète fait
appel à
Dieu pour
proférer
malédiction
Contexte où se situe l’extrait :
Objet d’étude : La poésie du XIXe au XXIe siècle
Partie 1 « Autrefois », livre troisième « Les luttes et les rêves », poème I
Mouvement 1 : v1 – v3 -> La description des enfants
V1 : « Où vont tous ces enfants, dont pas un seul ne rit ? »
« dont pas un seul ne rit » = paradoxe : rire/sourire = ce qui caractérise 1 enfant,
mais ns ne savons pas ce qui en est la cause, tt comme le poète puisqu’il s’interroge
-> lecteur en attente réponse
V2 : « Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ? »
« doux êtres pensifs » : auteur rappelle ici qu’enfants = êtres immaculés :
l’association de ces êtres perçus comme dépourvus d’autonomie/libre-arbitre avec
terme « pensif » -> lecteur est dérouté
« que la fièvre maigrit ? » : tjr dans l’ignorance : qlqch s’abat sur les enfants comme
une maladie terrible
V3 : « Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ? »
« de huit ans » : détail qui alimente aspect réaliste de la description des enfants
-> détail pas laissé au hasard car fait référence à âge minimum pr travailler
« cheminer » : peut laisser penser aux cheminées des usines -> enfants feraient
partie processus de production ?
« seules » : enfants livrés à eux-mêmes + moroses (« dont pas un seul ne rit » v1) +
faibles (« que la fièvre maigrit » v2)
Description des enfants à travers 3 interrogations directes (en réalité 1 seule et
même question qui se prolonge sur 3 premiers vers) : rappelle curiosité des
jeunes enfants qui posent questions sans cesse = effet d’attente
Mouvement 2 : v4 – v14 -> description du quotidien des enfants
V4 : « Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ; »
« Ils s’en vont travailler » : réponse aux 3 précédentes interrogations
« quinze heures » : autre détail précis qui indique durée travail des enfants : mise en
place d’un cadre réaliste
« sous des meules » : CCL introduit par « sous » = l’enfant est soumis
V5 : « Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement »
« de l’aube au soir » + « éternellement » : tâches très longues
V6 : « Dans la même prison le même mouvement. »
« Dans la même prison » : rejet -> poète met en avant fait que lieu de travail est en
réalité une « prison » pr les enfants, un lieu liberticide
« prison » : hyperbole -> dénonce travail comme immoral
« la même prison le même mouvement » : même x2 -> accentue caractère
redondant/abrutissant du travail infantile : tâches très longues et répétitives
(on suppose donc que les enfants font travail à la chaîne en usine)
V7 : « Accroupis sous les dents d’une machine sombre, »
« accroupis sous les dents » : CCL débutant par « sous » -> enfant position de
faiblesse/soumission
La machine est personnifiée (« les dents ») , atmosphère fantastique + lugubre
(« sombre »)
V8 : « Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre »
Métaphore de la « machine sombre » = « monstre hideux »
analogie du monstre grâce champ lexical de la « monstruosité » : « dents » (v7),
« sombre » (v7), « monstre hideux », « mâche », « ombre »
fantastique : suscite peur = endroit morbide
V9 : « Innocents dans un bagne, anges dans un enfer »
2 Antithèses : innocents//bagne, anges//enfer -> opposition entre enfants//leur travail,
démontrant ainsi qu’ils ne sont pas à leur place PCQ enfant représente notion du
bien (« doux êtres » v2), leur exploitation se rapporte notion du mal : enfants sont
enfermés, pris au piège
Chiasme : « innocents dans un bagne » // « anges dans un enfer » : permet
d’accentuer opposition (effectuée par anthitèses) entre pureté des enfants & côté
cauchemardesque de leur lieu travail
Gradations : innocents < anges & bagne < enfer -> exagération permet accentuer
opposition entre enfant/travail (chacun à un antipode)
V10 : « Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer. »
« ils travaillent » : phrase minimale = rompt le rythme et recentre sur l’action des
enfants (rejet ?)
« tout est d’airain, tout est de fer » : lieu travail rustre/froid :
V11 : « Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue. »
Présence plusieurs négations : « jamais...ne » x2 -> époque où industrie transformait
les sociétés, ici est dévalorisée par négations
Allitération [j] et [a] : permet évoquer vies enfants dans un rythme soutenu (rappelle
rythme effréné de leur travail), mais peut aussi être associé à des pleurs (allitération
se poursuit jusque V13)
V12 : « Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue. »
« pâleur », « cendre » = renvoient à la mort
Allitération [j] & [a] se poursuit
« Aussi quelle pâleur ! » = poète s’exclame, s’indigne
V13 : « Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las. »
Allitération [j] & [a] se poursuit
Travail épuisant
V14 : « Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas ! »
« hélas » : registre du pathétique (rappelle l’exclamation « Aussi quelle pâleur ! »)
Mouvement 3 :v15 - v16 -> la prière, enfants s’en remettent à Dieu
V15 : « Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes »
Antithèse : Dieu//petits : met accent sur fragilité des enfants
« Dieu » : enfants désespérés, n’ont pas autre solution que s’adresser à Dieu
-> situation à caractère pathétique également
Prosopée v15-16 : enfants n’ont pas droit à parole, leur avis pas sollicité -> preuve,
c’est le poète qui rapporte leurs dires , c’est poète qui les “anime“.
V16 : « Notre Père, voyez ce que nous font les hommes ! »
« Notre Père » : ne s’adressent pas seulement à Dieu mais le prient
Prière est rapportée directement de la bouche des enfants : suscite pitié (pathétique)
Mouvement 4 : v17 – v28 -> l’incitation à la révolte
V17 : « Ô servitude infâme imposée à l’enfant ! »
« Ô » + phrase exclamative témoignent indignation/colère de l’auteur
« servitude infâme » : travail a une valeur diabolique + s’apparente à esclavage
« imposée » : enfants la subissent = victimes
V18 : « Rachitisme ! travail dont le souffle étouffante »
« Rachitisme ! » : se rapporte à « la fièvre » qui amaigrit (v2) ou encore « la pâleur »
(v12) donc la maladie -> santé/sécurité des enfants se détériore (lié à conditions
travail)
« le souffle étouffant » : rappelle qu’enfants subissent + v « étouffer » rappelle la mort
V19 : « Défait ce qu’a fait Dieu, qui tue, œuvre insensée, »
Antithèse : défait/fait -> notion religieuse, travail s’oppose/altère la création divine
« qui tue » : travail altère à tellement point que tue -> langage cru pr percuter le
lecteur
« œuvre insensée » : insensée pcq pq s’opposer à volonté de Dieu ?
V20 : « La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée »
Chiasme : montre que travail “défait“ attributs humains que sont la beauté & la
pensée
V21 : « Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain – »
« fruit » : encore sur lexique religieux -> poète joue sur polysémie du mot “fruit“.
peut désigner à la fois conséquences exploitation infantile + fruit du péché originel ->
le travail d’enfants = blasphème
V22 : « D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin ! »
Hyperboles/Antithèses : Apollon//bossu, Voltaire//crétin :
le travail dénature à la fois physiquement (« bossu ») et intellectuellement (« crétin)
Phrase exclamative : poète cherche encore à attiser colère du lecteur
V23 : « Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre »
« mauvais » : adj qui qualifient travail sont tjr péjoratifs
« l’âge tendre » : enfance volée
« en sa serre » : encore 1x, analogie du travail à une bête, sorte de monstre
fantastique
V24 : « Qui produit la richesse en créant la misère »
Opposition/antithèse : richesse//misère -> créé sorte de paradoxe & dénonce
système qui profite aux riches par l’exploitation des + pauvres (= critique sociale)
V25 : « Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil ! »
Phrase exclamative encore 1x
Opposition/antithèse : enfant/outil : met en évidence immoralité exploitation infantile :
série d’opposition, termes contradictoires -> prouve travail enfants est contre nature
( ?)
Sur v23 + v24 + v25 : suivent mêmes schémas avec anaphore « qui » (répétition de
propositions subordonnées relatives) -> effet d’insistance, poète appuie sur
conséquences désastreuses
V26 : « Progrès dont on demande : “Où va-t-il ? Que veut-il ?“»
« “Où va-t-il ? Que veut-il ?“ » : poète s’interroge sur dérives de l’industrialisation -> si
enfants déjà sacrifiés au profit de la production
V27 : « Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme »
« qui brise la jeunesse en fleur » : suit les autres vers (23,24 & 25) avec allitération
en “qui“ SAUF que cette fois-ci proposition pas liée au travail MAIS au progrès :
critique sociale
Paradoxe : briser/fleur -> ce progrès aliène les enfants en plein dvlpmt
V28 : « Une âme à la machine et la retire à l’homme »
Paradoxe : machine a une âme alors qu’homme en est dépourvu : progrès introduit
inversion des valeurs -> travail retire attribut qui définit/différencie l’homme des
autres, preuve que travail altère tt ce qu’il touche
Antithèse : « donne » (v27)// retire (alimente le paradoxe)
Mouvement 5 : v29 - 24 -> La malédiction
V29 : « Que ce travail, haï des mères soit maudit ! »
« soit » (v subjonctif) + phrase exclamative + « maudit » : poète s’implique
personnellement et condamne/maudit pratique de l’exploitation infantile
V30 : « Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit, »
Anaphore « maudit » (v29, 30, 31, 32) : poète procède imprécations notamment avec
« s’abâtardit » (familier, percuter lecteur)
Lexique du péché : « haï des mères » (v29), « vice »
V31 : « Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème ! »
Suite Lexique du péché : « opprobre », « blasphème » + anaphore maudit
Phrase exclamative : poète s’insurge
V32 : « Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même »
Apostrophe « Ô Dieu ! » : poète est du côté des enfants et se met à l’interpeler lui
aussi (cf mouvement 4)
Verbe « soit » subjonctif -> poète procède encore à formuler malédiction
Maudit anaphore -> registre pathétique
V33 : « Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux »
« au nom du vrai travail » : poète établit distinction entre exploitation (infantile) et
“vrai“ travail
Accumulation « sain, fécond, généreux » : “vrai“ travail peut même rendre heureux
V34 : « Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux ! »
Parallélisme « qui fait le peuple libre » et « qui rend l’homme heureux » : le travail
d’adultes (et nn d’enfants) et en harmonie avec valeurs d’une société juste, tt comme
le vers est harmonieux lui mm (pcq parallelisme 6/6)
vrai travail favorise liberté de chacun « qui fait le peuple libre » & « rend [...]
heureux »
sorte message d’espoir dans 2 derniers vers, puisqu’il existe selon poète forme
de travail qui enrichit l’adulte sans l’appauvrir
poème engagé :