Bailleurs de Fonds en Afrique
Bailleurs de Fonds en Afrique
Août 2009
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« L’efficacité de la Banque mondiale mise en doute au Cameroun » Tel est le titre d’un
article de François BAMBOU publié en Juillet 2008 dans le journal les Afriques.
Dans cet article Louis Paul MOTAZE, Ministre de l’Economie du Cameroun s’exprime ainsi :
« Certains projets, malgré l’importance du volume de ressources qui leur sont affectées, se
focalisent sur l’assistance technique qui parfois absorbe pratiquement 70 voire 80% desdites
ressources finançant essentiellement des consultants, des études, etc. S’il est vrai que dans
une certaine mesure l’assistance technique est nécessaire, elle ne doit cependant pas prendre
le pas sur les réalisations concrètes, palpables, qui permettent de mettre en œuvre les
ressources extérieures combinées au génie propre des Camerounais. Pour résumer, je dirai
que les études, les consultants, c’est bien. Mais les réalisations concrètes ; routes, ponts,
barrages et centrales électriques, etc., c’est encore mieux. Car ce sont ces réalisations qui
peuvent contribuer de manière probante à un meilleur impact sur la qualité de vie, objectif
ultime de toute politique de développement »
Le Cameroun ayant franchi son point d’achèvement depuis le 28 Avril 2006, il y a lieu de se
poser des questions sur l’efficacité économique que confère l’appui financier des Bailleurs de
Fonds.
C’est donc face à ces interrogations que nous proposons une analyse portant sur la nécessité
ou non de se financer par les bailleurs de fonds aujourd’hui.
Nous prendrons comme exemples les cas du Cameroun et de la Côte d’Ivoire.
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Les Bailleurs de Fonds sont des partenaires (États, institutions, organismes, associations, ...)
qui, dans le cadre d'un projet ou d'un programme, apportent leur concours sous forme de prêts
ou de capital pour un objectif déterminé.
Les principaux Bailleurs de Fonds qui officient en Afrique sont : La Banque Africaine de
Développement, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, l’Agence Française
de Développement.
L’Agence Française de Développement est une institution financière française publique dont
le rôle est de combattre la pauvreté en favorisant le développement des pays du Sud dans le
cadre de la coopération française.
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Le rôle principal de tous ces bailleurs de fonds est de lutter contre la pauvreté, notamment en
octroyant des prêts à faibles taux d’intérêts pour la relance économique des pays en voie de
développement.
La Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et l’Agence Française de
Développement sont très actifs dans le secteur financier, en proposant des services et produits
financiers variés : fonds propres, prêts à long terme et lignes de crédit à faibles taux d’intérêt,
outil de garantie, capital-investment.
La Banque Mondiale et l’Agence Française de Développement sont très soucieux de la mise
en place de politiques de développement durable efficaces.
Ces Bailleurs de Fonds travaillent également ensemble dans la mise au point de réformes
économiques, tels le programme d’ajustement et de réforme initié par le FMI et la Banque
Mondiale : l’Initiative en faveur des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés).
Il s’agit d’un allègement de la dette pour des pays qui remplissent un certain nombre de
critères, dont un engagement ferme à mettre en place des réformes économiques avisées et la
rédaction d’un Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP).
Une fois ces conditions remplies, le FMI et l’IDA (composante de la Banque Mondiale citée
ci-dessus) décident de l’admissibilité du pays. C’est ce qu’on appelle le « Point de Décision ».
Le pays peut ainsi recevoir un allègement intérimaire de sa dette, et pour avoir un allègement
intégral, il doit exécuter de manière satisfaisante les réformes fondamentales convenues au
point de décision et également adopter et exécuter pendant un an au moins le Document de
Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Il atteint ainsi le « Point d’Achèvement ».
Ainsi, lorsque le point d’achèvement est atteint, les PPTE obtiennent un allègement intégral
de tous leurs créanciers (Banque Mondiale, Banque Africaine de Développement, Fonds
Monétaire International, Club de Paris, Banque Interaméricaine de Développement,…).
D’autre part, notons une conséquence inattendue de cette réforme dont profitent certains
créanciers commerciaux surnommés « Vautours » au comportement peu scrupuleux : Ces
fonds d’investissement rachètent à prix bas auprès d’autres créanciers commerciaux (banques
de dépôts pressées de s’en débarrasser), sur des marchés secondaires, des obligations peu
recherchées émises par des PPTE. Une fois la dette de ces pays annulée, ils entament une
procédure judiciaire pour les obliger à payer la valeur nominale (montant initial de la créance)
de ces obligations au moment de leur émission, majorée des intérêts moratoires.
En dehors de la lutte contre la pauvreté, les Bailleurs de Fonds ont leurs spécificités et/ou
complémentarités.
Comparativement aux autres grands bailleurs de fonds, le Fonds Monétaire International, se
distingue par son rôle, et par le fait qu’il couvre assez largement les pays développés.
Le Fonds Monétaire International n’accorde pas de prêts pour des projets spécifiques. L’une
de ses principales fonctions est de fournir des prêts aux pays qui éprouvent des difficultés de
balance des paiements afin qu’ils reconstituent leurs réserves internationales, stabilisent la
valeur de leur monnaie, continuent de régler leurs importations et restaurent les conditions
d’une croissance forte et durable.
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D’autre part, en Afrique notamment, les Bailleurs de fonds doivent bien distinguer leurs
actions de celle des institutions régionales telles que : l’Union Africaine (UA), La
Communauté Economique d’Afrique Centrale (CEMAC), l’Union Economique Monétaire
d’Afrique de l’Ouest (UEMOA), la Southern African Development Company (SADC), la
Commission Economique Africaine (CEA). En effet les bailleurs de fonds, fournissent le
financement nécessaire à la réalisation de projets de coopération régionale, mais ne peuvent
obliger les pays qu’ils couvrent à céder partiellement leur souveraineté sur leurs propres
affaires, comme l’implique l’intégration régionale.
Ainsi les bailleurs de fonds limitent leurs actions à la mesure de la volonté manifeste des
gouvernements. Cependant elle conditionne son aide dans le cadre de programme
d’ajustement structurel selon un principe dit de « Conditionnalité », qui implique évidemment
une perte de souveraineté des Etats concernés par un contrôle accru dans la conduite des
réformes et une intervention sur la gouvernance économique et financière des états appuyés.
LE CAS DU CAMEROUN
Il faut remonter au 20 Août 1997, lorsque se conclut avec les institutions de Bretton Woods,
la mise en place d’un Programme Economique Triennal présenté par le gouvernement
camerounais un mois plus tôt. C’est ainsi que le 11 Octobre 2000, les conseils
d'administration de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International ont jugé
favorablement le dossier du Cameroun, candidat à l'initiative de réduction de la dette des pays
pauvres très endettés : c’est l’atteinte du « Point de Décision ».
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Le Cameroun fait donc partie des pays bénéficiaires de « l’initiative en faveur des pays
pauvres très endettés - (PPTE) » et voit le service d’une partie de sa dette annulé. Toutefois,
les sommes correspondantes doivent être mobilisées puis placées sur un compte spécial du
trésor camerounais ouvert à la Banque des Etats d’Afrique Centrale - dit compte
BEAC/PPTE. L'atteinte du point de décision aboutit à une réduction immédiate de la dette du
Cameroun de 265 milliards de FCFA (source gouvernementale). La dette intégrale devant être
annulée trois ans plus tard sous réserve de l’application stricte d’un certain nombre de
mesures préconisées par les Bailleurs de Fonds. A l’exemple de la rédaction d’un Document
de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), de l’achèvement du processus de
privatisation de certaines entreprises publiques telles que la Cameroon Development
Corporation (CDC), la Société de Télécommunication (CAMTEL), la Société Nationale
d’Electricité (SONEL) et la Société Nationale des Eaux (SNEC).
C’est ainsi que le 1er Décembre 2000, le Premier ministre camerounais crée le Comité
Consultatif et de Suivi de la Gestion des Ressources PPTE (CCS/PPTE) en associant toutes
les composantes de la société (représentants des différentes confessions religieuses,
représentants des ministères, secteur privé, secteur de la micro-finance, bailleurs de fonds,
organisations non gouvernementales,…) dont la mission principale est d’assurer le suivi et le
contrôle d’une gestion participative et transparente des ressources PPTE.
Trois ans plus tard (2004), le Cameroun manque sont Point d’Achèvement. Le Fonds
Monétaire International le déclare « Off Track », c’est à dire « hors cadre », ce qui suspend
tous les programmes en cours. Pourtant certaines exigences des institutions de Bretton Woods
ont bien été satisfaites, telles que la privatisation d’un certain nombre de sociétés d’état : dans
le secteur énergétique, la Société Nationale de l’Electricité a été rachetée en partie par le
groupe américain AES (société aujourd’hui nommé AES SONEL), l’état ne détenant plus que
44% d’actifs. Le processus de privatisation de la Société Nationale des Eaux ayant été entamé
(aujourd’hui elle se subdivise en deux entreprises : la Camerounaise Des Eaux (CDE), société
privée chargée de la gestion des activités d’exploitation et de distribution de l’eau et la société
publique de patrimoine Camwater qui est chargée des investissements sur les infrastructures
de production). Le FMI reproche cependant à l’état camerounais de ne pas avoir poursuivi les
efforts entamés en Juin 1997, notamment sur la mise en place de mesures pour « une gestion
rigoureuse des finances publiques en évitant à tout prix les dérapages budgétaires et en
sécurisant les recettes de l’État ».
Une Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF) est donc créée le 31 mai 2005. Elle
est chargée de transmettre toute information à la justice au titre de la lutte contre le
blanchiment et le terrorisme. Des mesures vigoureuses sont prises pour assurer le
recouvrement des impôts et des taxes douanières. Le processus de privatisation des sociétés
d’état continu et le 11 mars 2006, un décret présidentiel met en place la Commission
Nationale Anti-Corruption (CONAC), placée sous l’autorité directe du chef de l’État.
C’est ainsi que le 28 Avril 2006 le Cameroun franchit enfin le point d'achèvement PPTE. Ce
qui signifie l'annulation à 100% de la dette extérieure du Cameroun par les bailleurs de fonds.
Le Cameroun voit ainsi sa dette allégée à hauteur de près de 1150 milliards de FCFA.
Quelques grands projets ont été (ou sont) initiés au Cameroun grâce au soutient des bailleurs
de fonds dans divers domaines : hydrocarbures, énergie, eau, santé, éducation, agriculture…
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Secteur Pétrolier :
Secteur Energétique :
En 2006, l'institution de financement à long terme de l'Union européenne qui est la Banque
européenne d'investissement (BEI) a signé un contrat de financement d'un montant de 65
millions d'EUR avec le groupe AES Sonel. Ce contrat est destiné à financer partiellement le
plan d'investissement de ce dernier, qui prévoit la rénovation et l'amélioration de la sécurité
du barrage de Song Loulou et la réalisation d'investissements secondaires destinés à améliorer
le transport et la distribution d'électricité. L’ensemble du programme d’investissement est
évalué à 380 millions d'EUR, le but étant pour AES Sonel d'accroître sa capacité de
production et d'améliorer les services d'électricité : amélioration de l'efficacité, de la fiabilité
et de la qualité du réseau, extension du réseau à un rythme de 50 000 raccordements nouveaux
par an en moyenne sur 15 ans, répartis sur tout le territoire.
En Mars 2009 AES Sonel a aussi bénéficié de la Banque Africaine de Développement, de la
Banque Mondiale et du FMI, d’un prêt de 170 milliards de Fcfa pour réaliser son programme
d'investissement au Cameroun, soit la construction des barrages hydroélectriques et des
centrales thermiques.
Secteur de l’Eau :
En Mai 2009, La Camwater (Société publique des eaux au Cameroun) a bénéficiée d’un
financement de la Banque Africaine de Développement à hauteur de 28 Milliards de Francs
CFA, d’un financement de 40 Milliards de FCFA de l'Agence Française de Développement
(Juin 2009). On peut noter le prêt chinois d'un montant de 11 Milliards, et un financement de
31 milliards de FCFA par la Banque Mondiale. Il s’agit de financer un programme qui vise à
porter le taux de desserte en eau potable de 37% actuel de la population camerounaise à 50%
à l'horizon 2015. Ce programme, qui concerne 50 agglomérations du Cameroun. Les travaux à
réaliser avec ses financements portent essentiellement sur la réhabilitation, le renforcement et
l'extension de la capacité de production et de distribution des centres existants et la
construction de nouvelles infrastructures de production, d'adduction et de distribution d'eau
potable dans les villes qui ne sont pas encore équipées d'un système d'approvisionnement en
eau potable.
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Secteur de la Santé :
Secteur de l’Education :
Secteur Agricole :
Depuis la fin des années 2000, la Côte d’Ivoire est confrontée à une crise sociopolitique
marquée par : le coup d’État survenu en 1999, les élections contestées de 2000 qui ont porté
au pouvoir Laurent Gbagbo, actuel président de la République et le conflit armé interne de
2002. Cette situation a entraîné un ralentissement de la croissance économique. Après un long
processus de réconciliation et suite à la signature de l’accord politique de Ouagadougou
(APO) par tous les protagonistes de la crise, le 4 mars 2007, la situation politique du pays se
normalise progressivement et l’économie ivoirienne a retrouvé un nouveau souffle. Le taux de
croissance est estimé à 2.3% en 2008, porté principalement par la bonne performance du
secteur de la construction et des exportations de cacao. Le cacao, dont la Côte d’Ivoire génère
40 % de la production mondiale, est la principale ressource économique du pays. Le pays
occupe, à l’échelle mondiale, la place de premier producteur de cacao.
Ainsi, depuis 2008, les relations entre la Côte d’Ivoire et les Bailleurs de Fonds se sont
considérablement améliorées. Il était reproché entres autres à l’état ivoirien ses retards dans le
remboursement de sa dette extérieure ainsi qu’une gestion opaque de la filière du cacao.
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Suite à un audit réalisé en Octobre 2007 dans la filière café-cacao, à la demande du chef de
l'Etat, les conclusions déposées ont révélées qu’en 2006, 100 milliards de francs CFA
(environ 238 millions de dollars) avaient été détournés, alors que cet argent devait servir à
l'achat d'une usine de chocolat à Fulton, aux Etats-Unis. Il s’en est suivi une Opération "mains
propres" ayant conduit à l’arrestation du président du conseil de gestion du Fonds de
développement des producteurs de café-cacao et de quelques uns de ses collaborateurs.
Cette action, n’est pas étrangère à la normalisation des relations entre la Côte d’Ivoire et les
institutions de Bretton Woods.
En Décembre 2008, la Côte d'Ivoire a été admise à bénéficier d'une aide au titre de l'Initiative
renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
Et pour être admise à bénéficier d'un allégement de sa dette au titre de l'Initiative PPTE au
Point de Décision, la Côte d'Ivoire devait : veiller à bien appliquer les mesures prévues par
son Programme d'assistance d'urgence post-conflit (EPCA) ; parvenir à une entente sur des
points d'achèvement appropriés concernant les réformes économiques et structurelles et en
matière de gouvernance essentielles au développement de la Côte d'Ivoire; éponger ses
arriérés envers les créanciers multilatéraux ou conclure des accords avec ceux-ci sur une
stratégie à cet égard ; et concevoir une stratégie de réduction de la pauvreté satisfaisante.
C’est chose faite depuis le 31 Mars 2009. L’Association Internationale de Développement
(AID) de la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont convenu que la
Côte d’Ivoire est désormais admise à recevoir un allégement de la dette au titre de l’Initiative
en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée, lui permettant ainsi d’atteindre le
point de décision prévu par cette initiative. La Côte d’Ivoire devient le 35ème pays à atteindre
son point de décision.
Mr. John Lipsky, Directeur général adjoint du FMI, a déclaré dans un communiqué : « La
Côte d'Ivoire a rempli les conditions pour atteindre le point de décision dans le cadre de
l’Initiative PPTE renforcée. Pour atteindre le point d’achèvement, la Côte d’Ivoire devra
réaliser des performances satisfaisantes dans le cadre de la FRPC soutenue par le FMI,
mettre en application la stratégie de réduction de la pauvreté pendant au moins un an,
appliquer des mesures proposées, notamment des réformes structurelles et sociales clés,
notamment dans les domaines de la gestion des finances publiques, de la gestion de la dette et
de la gouvernance. A ce stade, la Côte d'Ivoire bénéficiera d'un allégement au titre l’Initiative
d’allégement de la dette multilatérale (IADM). La Côte d'Ivoire est aussi qualifiée à
bénéficier de la réduction de la dette dans la période allant du point de décision jusqu’au
point d’achèvement, conformément aux normes de l’Initiative PPTE ».
Pour atteindre le point d’achèvement la Côte d’Ivoire devrait donc préserver la stabilité
macroéconomique au vu d’une exécution satisfaisante de son programme économique appuyé
par un accord au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance
(FRPC). Le communiqué du Conseil d’administration du FMI révèle également que « le pays
devra en outre mettre en œuvre les déclencheurs du point d’achèvement flottant, lesquels
couvrent des réformes structurelles et sociales clés, notamment dans les domaines de la
gestion des finances publiques, de la gestion de la dette et de la gouvernance ».
En Avril 2008, par l’intermédiaire de l’ONUCI (Représentation ivoirienne des Nations Unis)
la Côte d’Ivoire reçoit 115 milliards de francs CFA dans le but de doter les Ivoiriens de
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Prenons le cas de la construction du yard pétrolier de Limbé au Cameroun. Bien que les coûts
de financement soient élevés, à savoir 140 Milliards dont 84 Milliards pour la première phase.
Ce premier lot (construction d’un brise-lames) a été établi avec entreprise hollandaise, et
l’ensemble du projet est coordonné par une firme allemande.
Autre exemple : le Cameroun a lancé un programme d'urgence de développement du secteur
de l'énergie. Un des projets dont les coûts de financement s’élève à 75 Milliards de FCFA
consiste en la construction d’une Centrale thermique à gaz à Logbaba (quartier de Douala).
Cette centrale devrait permettre de réduire considérablement le délestage en augmentant
substantiellement la production énergétique dans 6 grandes régions du pays : le Centre, le
Sud, le Littoral, l’Ouest, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le Cameroun a donc signé une
convention avec la société sud-coréenne Energy Trading Group qui s’engagent à la mise en
place du démarrage de cette centrale thermique en Septembre 2010.
Les exemples de ce type sont nombreux. Si les bailleurs de fonds permettent de se doter
d’infrastructures modernes dans divers domaines (éducation, énergie, eau, santé, agriculture,
hydrocarbures, …), ce qui permet de se positionner dans une situation de croissance
économique, on ne peut s’empêcher de penser que si ces grandes réalisations impliquaient
davantage des entreprises locales, le développement économique croîtrait beaucoup plus vite.
Car les pays africains ne manquent pas de compétences dans ces différents domaines.
Nombreux sont ceux d’entre eux qui ont fait de grandes études, et officient à l’étranger sur
des projets semblables. On est naturellement amené à se dire que si on trouvait une autre
façon de se financer, peut-être serait-on davantage impliqué dans ces types de grands projets.
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Le cas des Accords de Partenariats Economiques (APE) : Accords approuvés par le FMI
Il est à noté cependant, compte tenu de la trop forte dépendance de l’économie africaine
auprès des institutions occidentales, telle l’Union Européenne, que certains états africains se
retrouvent parfois contraints d’établir des accords qui n’œuvrent pas forcément en leur faveur.
Ce qu’est le cas des Accords de Partenariat Economiques signés en autres par le Cameroun, la
Côte d’Ivoire et le Ghana. Ces accords prévoient la suppression immédiate des taxes sur un
certain nombre d’exportations européennes et la diminution progressive des tarifs douaniers.
Ces accords (qui sont totalement approuvés par le FMI) ont été proposés par l’Union
européenne aux Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) pour remplacer l’accord
de Cotonou qui régissait les relations commerciales entre les deux zones jusqu’au 31
décembre 2007. Le problème, c’est que cette libéralisation va occasionner une baisse des
recettes douanières des états africains. Des recettes qui ont un poids important dans leurs
budgets. Selon un certain nombre de spécialistes, les pertes se chiffreraient dans ces pays
signataires en plusieurs centaines de Milliards de FCFA par an, sur une dizaine d’années. Non
seulement il y aura des pertes douanières, mais également des répercussions économiques car
comme le déclarait en 2006 André SIAKA le Président du Groupement Inter Patronal du
Cameroun, "Dès que les barrières douanières seront brisées pour les produits en provenance
des pays de l’Union européenne, leurs coûts vont baisser de manière significative et leur prix
aussi. Les entreprises locales qui ne pourront pas tenir vont certainement disparaître".
Cependant, les pays africains, comme la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui sont de gros
exportateurs de produits agricoles de base se sont vus signifier l’obligation de les signer.
Voici ce que déclarait en Décembre 2007, Louis MICHEL, le Commissaire européen au
Développement : « La Côte d’Ivoire a intérêt à signer les accords commerciaux intérimaires
proposés par l’Union européenne, en attendant la conclusion des APE, car, à défaut, à partir
du 1er janvier, les bateaux européens ne pourront plus transporter les produits de base
ivoiriens, comme la banane et le cacao ».
Un exemple d’initiative de ce type : La Guinée Equatoriale est un pays qui compte à peine
500 000 habitants et l’un des pays dont l’économie se porte le mieux en Afrique. Son taux de
croissance est certainement le plus élevé dans le monde.
Le pays est devenu la quatrième destination des investissements américains en Afrique sub
saharienne, après l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Angola. La raison de cette montée en
puissance est la mise en exploitation de gisements pétroliers largement inexploités jusqu’au
milieu des années 90.
La production pétrolière a été multipliée au moins par 10 depuis 1996.
Le chef de l'Etat équato-guinéen, Teodoro OBIANG NGUEMA, s’est rendu récemment pour
une visite officielle de trois jours au Burundi. Il a visité la Société sucrière du Moso
(SOSUMO) et l'usine de fabrication de l'huile de palme, dans le sud du pays. Ces deux
entreprises font partie des fleurons de l'industrie agro-alimentaire du Burundi en voie de
privatisation et dans lesquelles des capitaux étrangers pourront prendre des parts importantes.
La délégation équato-guinéenne à évaluée les opportunités d'affaires entre les deux pays.
L’idée étant d’après le président de Guinée Equatoriale d’établir un "renforcement de la
coopération Sud-Sud pour assurer le développement intégral de nos économies…Dans le cas
de la coopération Nord-Sud, les grandes puissances mettent parfois des conditions
insurmontables et nuisibles à notre souveraineté".
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Ainsi, cet exemple illustre bien une possibilité d’un autofinancement entre pays du Sud, en
instaurant ce type de coopération bilatérale dans une logique de mise à profit des compétences
et expertises locales tout en s’affranchissant de certains compromis industriels et
commerciaux imposés par les bailleurs de fonds.
Un bon canal pour ce type d’investissement (Financement Sud – Sud), serait la mise en place
de fonds souverains dans ces pays du Sud souffrant d’un excès de réserves de changes. Selon
les propres dires du Directeur Général de la Banque Mondiale, Robert ZOELLICK qui venait
de recevoir les dirigeants de la finance mondiale lors des réunions du printemps (24 et 25
Avril 2009) à laquelle a également pris part les représentants du FMI « les investissements
sous forme de prise de participations sont plus viables à long terme que la dette ». Le
président de la Banque Africaine pour l'Export-import (Afreximbank) Jean-Louis EKRA et le
vice-ministre des Finances du Botswana Keletso RKHUDU ont déclaré lors d'une conférence
conjointe à Gaborone que le montant des réserves de change agrégées des pays du continent
avait atteint 461 milliards de dollars en 2008. On peut rajouter que plus du quart de ces
réserves (126 Milliards de $) provienne d’un seul pays : la Libye. Les deux hommes ont
déploré le fait que ces réserves, pour l'essentiel placées hors du continent, ne rapportent que
de faibles intérêts compte tenu des taux mondiaux actuels. On pourrait également affirmer que
ces réserves dynamiseraient davantage l’économie africaine si elles étaient affectées au
soutien des échanges intracontinentaux, dont le rôle de promoteur et de facilitateur sera assuré
par le Fonds Monétaire Africain.
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A quand une grande école sous-régionale avec expertise technique sur les matières
premières : Diplômes et Certifications ?
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Cette question était au centre des préoccupations lors d’une conférence de Mars 2008
intitulée : « Afrique centrale : La pauvreté malgré les matières premières ».
D’après les participants, les difficultés résultent du fait de la faiblesse du secteur de la
transformation locale, de la dépendance exacerbée des économies de la sous-région des cours
dictés par les marchés internationaux et du recul de la productivité, due au découragement des
acteurs du monde rural. Et selon ces spécialistes, pour y remédier, il faudrait une tentative de
redressement de cette situation passerait par deux étapes incontournables. La relance des
filières traditionnelles et la promotion de la transformation locale des produits de rente en
produits semi-finis ou finis.
Au risque de se répéter, on pourrait rajouter autre chose : La nécessiter d’assainir au mieux le
climat des affaires, ce qui passe par une lutte régionale pour une meilleure gestion des
finances publiques, l’intensification des investissements dans le domaine éducatif, notamment
par la mise en place de filières et d’écoles régionales délivrant une expertise technique dans
les domaines de matières premières, afin de former des ingénieurs capables d’exploiter
intégralement les matières premières, de l’état brut au produit fini. Le but étant in-fine de
développer localement des plateformes technologiques pour l’exploitation de tous ces
minerais. Les Centres de formations seraient rattachés aux principales instances africaines
telles l’Union Africaine (ce qui permettra de réadapter continuellement les programmes en
fonctions des besoins techniques actuels en Afrique) et subventionnés par les principales
entreprises étatiques dans le domaine des minéraux. Ces formations pourraient délivrer pour
des personnes déjà salariées, des certifications comme c’est le cas par exemple à l’Institut
Français du Pétrole (IFP) en France.
En la matière, en Côte d’Ivoire a été crée en 2006 une Ecole Supérieure Internationale des
Matières Premières (ESIMP) à Abidjan. Les programmes sont axés sur les matières premières
suivantes : Café, Cacao, Coton, Anacardes, Karité, Fruits tropicaux, Riz, Pétrole et Gaz
naturel. Ces formations sont destinées à des auditeurs désirant recevoir une formation
complémentaire et aux jeunes diplômés cherchant un emploi dans ces différentes filières. Ce
centre de formation dispense des formations qui débouchent à une expertise commerciale. On
pourrait cependant regretter qu’il ne dispose pas de suffisamment de moyens pour pouvoir
dispenser des formations conduisant également à une expertise technique dans les domaines
des minerais tels : le Diamant, le Fer, le Cobalt,…
On peut constater en tout cas le deal gagnant-gagnant entretenu entre certains pays africains
envers les bailleurs de fonds dans le cadre de coopération bilatérale. Prenons l’exemple plus
récent de la Chine par l’entremise d’Eximbank, qui va financer un projet de pose d’un câble à
fibre optique de 3200 KM à hauteur de 38 Milliards. Projet qui sera réalisé avec l’appui de la
société chinoise Huawei.
Autre exemple, un centre pilote d’application technologique agricole sera construit par la
Chine pour un montant de 3 Milliards. Ce centre, qui sera construit dans la ville de Nanga-
Eboko au Cameroun, permettra de vulgariser et de moderniser l’agriculture, dont la culture du
riz. Selon les termes de l’accord, la gestion sera assurée par la firme chinoise Shaanxi
Agrobusiness Corporation.
Pour palier à ce système qui met plus en pratique le savoir faire des pays prêteurs au détriment
de la nécessité de mettre à contribution des entrepreneurs locaux, il s’avère nécessaire de
réaliser un certain nombre de montages financiers divers tels que les financements structurés,
l’émission d’emprunts obligataires, fonds souverains… Ceci implique la mise en œuvre par
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les gouvernants d’une forte campagne de sensibilisation sur les intérêts que procurerait le
développement d’infrastructures économiques modernes, ce qui passe par une formation plus
accrue dans les domaines de nouvelles techniques financières, chez les opérateurs
économiques, dans les administrations publiques, dans le milieu éducatif (écoles supérieures,
universités) et surtout dans la société civile car sans aucune connaissance du fonctionnement
des produits de marchés financiers, il serait difficile de recueillir de l’épargne locale.
Bien que ce taux d’intérêt soit supérieur à celui que propose les bailleurs de fonds, ce système
serait bénéfique à deux niveaux.
D’une part il permettrait par le biais d’un appel public à l’épargne, de plus impliquer les
citoyens pour une meilleure animation du marché financier local.
D’autre part, il permettrait au même titre que les bailleurs de fonds, de financer les projets de
développement locaux.
En Mars 2007 au Cameroun, un emprunt obligataire de sept milliards de Francs CFA a été
émis par la Communauté Urbaine de Douala (équivalent de la Mairie) avec pour but
d’améliorer l’offre en infrastructures et équipements au profit des entreprises dans le cadre
des parcs d’entreprises en création.
En Décembre 2007, un emprunt obligataire de 100 Milliards de FCFA est émis par l’Etat
gabonais. Cet emprunt dénommé " Etat gabonais 5,50% net 2007-2013 " avait pour but de
rembourser par anticipation la dette gabonaise auprès du Club de Paris avant fin 2008.
Plus récemment (en Décembre 2008), un emprunt obligataire à également été émis au Nigéria
pour un montant de 275 Milliards de Nairas (soit 936 Milliards de FCFA). Cet emprunt
devant servir à réaliser les projets concernant les grandes routes, les ponts, la distribution de
l’eau, les soins de santé, l’éducation, l’environnement et la gestion des déchets.
Ce système de collecte serait sans doute un meilleur moyen d’attirer les financements privés.
Plus récemment (fin d’année 2008), la BEAC qui est dans une situation de surliquidité à
réalisée des placements auprès de la Société générale à Paris dans le but de faire fructifier ses
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réserves. Il s'est avéré que le produit contracté, géré par la Société générale n'était pas
totalement conforme aux prescriptions des statuts de la BEAC, et la décision d'en sortir a été
prise le 29 Avril 2008, et confirmée le 1er Octobre de la même année, avec effet au 28
Décembre 2008 afin d'éviter le paiement d'importantes pénalités contractuelles. Sauf qu’entre
temps, la valeur de marché du dépôt, qui dégageait encore une plus value substantielle
jusqu'au mois de Juillet 2008, s'est fortement dégradée au second semestre, avec
l'effondrement généralisé des valeurs boursières sur les grandes places internationales. A la
sortie du dépôt à la date du 28 Décembre 2008, la valorisation du marché communiquée par la
Société générale, à 475 millions d'euro, se traduisait donc pour la BEAC par une perte
comptable sèche de 25 millions d'euros, soit 16,4 milliards de FCFA.
Cet exemple traduit bien le manque de confiance des administrateurs africains en leur propre
économie. Pourquoi réaliser des investissements boursiers en Europe alors que les zones
d’Afrique Sub-saharienne disposent aujourd’hui de plusieurs bourses (DSX, BVMAC,
BRVM) qui n’aspirent qu’à plus de dynamisme? Les pays d’Afrique sub-saharienne ont des
besoins de financement énormes en termes d’infrastructures routières, énergétiques,
agricoles, … Et cette réticence à investir en Afrique est tout à fait représentative de l’attitude
des opérateurs économiques de la sous-région qui évitent pour la plupart d’investir dans des
projets locaux. La cause commune de cette aversion au risque concernant l’investissement
dans l’économie locale, est le manque d’information et de transparence financière dans la
gestion des comptes des entreprises, le manque de confiance en l’efficacité des instances
judiciaires en cas de défaut de l’emprunteur, ainsi qu’une corruption toujours assez présente
d’après les ONG internationales telle que Transparency International. Il est à noter cependant
que dans certains pays d’Afrique Sub-saharienne, depuis quelques années un certain nombre
d’institutions de contrôle et de répression contre les auteurs de délits financiers ont été mises
en place. Mais le chemin est encore long afin d’atteindre le seuil de crédibilité totale vis-à-vis
des grands investisseurs. Ces plans d’action doivent donc perdurer.
En Afrique Centrale c’est la COBAC (Commission Bancaire d'Afrique Centrale) qui a pour
mission de surveiller l’activité bancaire et la COSUMAF (Commission de Surveillance du
Marché Financier en Afrique Centrale) est l’organe de régulation du marché financier.
En Afrique de l’Ouest, la Commission Bancaire de l'UMOA a pour mission de superviser
l'activité des Banques et Etablissements Financiers et le CREPMF (Conseil Régional de
l'Epargne Publique et des Marchés Financiers) est l'autorité de régulation et de contrôle du
marché boursier sous régional.
Il devient donc impératif pour ces établissements, de s’assurer de la fluidité de l’information
financière des grandes entreprises privées et étatiques, de renforcer les systèmes de contrôles
bancaires, de mettre en place des structures réglementaires appropriées avec un véritable
pouvoir de sanction en cas de manquement en renforçant leur collaboration avec les instances
judiciaires en matière de délit financier.
L’idée serait peut-être pour les institutions régionales, telles l’Union Africaine, de mener avec
le soutient très appuyé des différents états membres, une lutte acharnée pour un
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assainissement des finances publics par la création d’une cellule indépendante similaire à
TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action Contre les circuits Financiers) en France,
chargée de traquer les délinquants financiers de la région. Cette cellule serait accompagnée
d’une sorte de Tribunal de la Haye spécialisée dans la finance et restreint aux pays de l’Union
Africaine.
Ce TRACFIN version UA recruterait des enquêteurs originaires des pays d’Afrique (ce qui
leur permettrait d’être plus au fait des réalités).
Cette cellule indépendante serait non seulement chargée de poursuivre les auteurs de
détournements de fonds, de blanchiment d’argent sale, de corruption mais également de
valider la transparence comptable des sociétés étatiques et privées.
C'est-à-dire, d’établir un label de qualité financière et comptable qui serait décerné à toutes les
entreprises respectant les normes comptables exigées et présentant un niveau jugé correct de
gestion financière et de transparence comptables. Ce label aura bien entendu une durée de vie
limitée.
Ainsi, afin d’avoir droit à un certain nombre de prestation (subventions étatiques, prêts élevés,
augmentation de capital,…), il faudra être labélisé.
Il est important que ce type d’action se mène non seulement au niveau national de chacun des
pays, mais également au niveau régional étant donné que le but est de redorer le blason de la
région afin d’attirer plus d’investisseurs par l’intermédiaire des bourses locales.
Les enjeux économiques sont si importants qu’un investissement de quelques Milliards de
chacun des pays membres pour la mise en place d’une justice financière internationale en vaut
la peine.
Ainsi, il ne manquera plus qu’à bâtir des infrastructures économiques modernes afin d’en
arriver à une auto régulation l’économie africaine.
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Principe de « Conditionnalité »
« Lorsqu'un pays emprunte au FMI, son gouvernement prend des engagements à l'égard des
politiques économiques et financières — dispositions qui sont connues sous le nom de
«conditionnalité». La conditionnalité permet au FMI de vérifier que l'argent prêté sert à
résoudre les difficultés économiques de l'emprunteur, de sorte que le pays soit en mesure de
rembourser rapidement… » Source : Site officiel du FMI www.imf.org fiche technique : Mai
2008.
Ce concept résume assez bien l’objet de cet article. On peut également rajouter les
interrogations du Ministre de l’Economie au Cameroun s’exprimant auprès de François
BAMBOU dans l’article « L’efficacité de la Banque mondiale mise en doute au
Cameroun » publié en Juillet 2008 dans le journal les Afriques.
L’idée générale de cet article était d’y répondre favorablement par l’entremise d’un certain
nombre éléments constitutifs du système économique actuel des pays africains.
Les pays occidentaux, pays industrialisés, ont apporté à l’Afrique depuis plusieurs décennies
une aide économique considérable et une aide intellectuelle perpétuelle par le biais de leurs
enseignements et l’accessibilité à leurs richesses technologiques.
Après plusieurs décennies d’existence des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, le but
ultime et commun aux pays du Nord et du Sud, devrait être leur disparition pure et simple.
Parce qu’à ce moment là, l’objectif des pays du Nord aura été atteint. Plus de lutte contre la
pauvreté, parce qu’il n’y aura plus de pauvreté nulle part.
Aujourd’hui, grâce à tous ces apports, beaucoup de pays d’Afrique sont peut-être capables de
s’autogérer économiquement et financièrement tout simplement en mettant au profit de leurs
principaux besoins, leurs principales richesses. Il n’est évidemment pas question de se passer
des bailleurs de fonds aujourd’hui, mais concernant certains pays d’Afrique, leur rôle pourrait
peut-être être redéfini.
A savoir, réduire progressivement leurs aides financières et dispenser des conseils et des
études sur la façon dont ces pays pourraient utiliser leurs richesses intérieures et
intellectuelles, afin de mieux réguler leur économie en utilisant tous les moyens modernes
pour accéder à des financements autrement que par des prêts conditionnés.
Bien que le principe de « conditionnalité » que confère les prêts octroyés par les bailleurs de
fonds, constitue un atout lorsqu’il s’agit d’une obligation à mettre en place des mesures de
lutte contre les délits financiers de toutes sortes (corruption, détournements de fonds,
blanchiment d’argent sale,…), il constitue néanmoins une sorte d’ingérence économique et
financière, et donc politique dans la conduite des principaux projets de développement
(projets généralement exploités et coordonnés par des entreprises occidentales), ce qui réduit
considérablement les marges de manœuvre en termes d’initiative industrielle et commerciale
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BIBLIOGRAPHIE
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Nkamouna - Le projet ira jusqu'à son terme »
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Adama Wade, les Afriques 03-05-2009 : « Les fonds souverains, solutions à la liquidité »
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