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Histoite de L'art Bac1 Arch

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0

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Enseignement Supérieur et Universitaire

UNIVERSITE CATHOLIQUE DE BUKAVU

COURS D'HISTOIRE DE L’ART

FACULTE DES SCIENCES/ Architecture

Année préparatoire au baccalauréat

Prof. BULAMBO L. Pierre


1

INTRODUCTION

Ce cours d'Histoire de l’Art a pour objectif l'étude du vaste empire du beau à travers les
réalisations historiques.

=Problématique

Ce sujet nous met en face de quelques incertitudes qui entourent ce concept « art » :

-Le beau considéré dans l’art serait-il abstrait? ou encore l’art est-il une apparence, une
illusion ?

-Etant donné qu’il initie à une parfaite imitation du réel, l'art serait-il enchaîné par le réel?

-L’art vise-t-il à satisfaire le désir ou c'est un savoir pur et simple?

=Hypothèses

-Pour lever l'incertitude sur le beau traité comme une illusion, une apparence disons que l’art
sert à dégager la vérité contenue dans les apparences. En effet, certaines formes de ce monde
sont imparfaites ou disons, illusoires et mensongères. L'esprit artistique sert à créer et mettre
en surface une réalité plus haute.

-L’art enchaîné au réel ou simple imitation du réel. L’imitation est l’habitude à reproduire
avec une parfaite fidélité les objets naturels tels qu’ils s’offrent à nous. Il faut remarquer tout
de suite que cette reproduction est un travail superflu et un jeu présomptueux qui reste bien
au-delà de la nature car l’art est limité dans ses moyens d’expression et ne peut en aucun cas
imiter parfaitement la nature. En d’autres mots, il donne à la place du réel et du vivant, une
simple caricature.

-L’art ne vise pas la satisfaction du désir car le désir ne peut pas laisser l’objet subsister dans
la liberté. Supprimer l’indépendance et la liberté des objets serait les détruire et les utiliser
jusqu'à l’épuisement. Si cela est vrai pour l’objet il en est de même du sujet : une fois rendu
prisonnier de ses désirs l’homme n’est plus libre ni en lui-même, ni vis-à-vis du monde
extérieur. C’est pourquoi l’œuvre d’art laisse exister libre, en face de lui celui qui le
considère.

-L’art serait-il un pur savoir ? Un savoir pur est théorique, spéculatif. L’art n’est pas
théorique, spéculatif car il se manifeste comme un objet extérieur.

Ces enjeux seront vérifiés implicitement dans les points qui seront étudiés à savoir la
classification des œuvres d'art et les réalisations artistiques selon les civilisations.
2

=Définition des concepts

L'histoire est l'étude du passé humain à savoir les réalisations accomplies par l'homme à
travers les âges.

L'art est une création de l'homme dans le but de réaliser des choses belles capables de réveiller
l'émotion. L'art dépend de la technique utilisée, du support, de l'époque et de pays.

La technique dépend de l'outil utilisé; par exemple le crayon, la craie, la peinture à huile…Les
supports sont variés; il s'agit du mur, de la toile, du bois, la pierre…

Le but de l'art : il vise le beau, l'agréable, l'harmonieux; autrement dit le résultat est esthétique
et essaie de provoquer les sentiments comme l'admiration, la peur...

=Objectifs globaux

L’Université ou Institut supérieur remplit une triple mission, à savoir : l’enseignement, la


recherche et le service à la nation. Elle prépare l’étudiant à donner sa contribution au
développement économique et social de son pays, grâce aux activités de formation, de
recherche, et de développement de la communauté. Cette mission consiste à :

-donner une formation globale de haut niveau aux jeunes et aux adultes admis à l’Université,
pour leur permettre de s’adapter à la société et de participer à son évolution grâce à une
formation spécifique adaptée aux contingences de leur orientation ;

-encadrement des étudiants dans leur choix d’une étude précise;

-préparer les étudiants à une vie d’autonomie et active ;

-préparer à la recherche scientifique misant sur les fonctions académiques et professionnelles


;

-par essence, l’enseignement universitaire forme ainsi des cadres supérieurs et des chercheurs
de haut niveau.

-favoriser la contribution de l’Université au développement de la région et de la République


Démocratique du Congo en général ;

-favoriser la création des conditions d’acquisition et d’épanouissement des valeurs


républicaines et du respect du patrimoine collectif.

-Objectifs spécifiques

Les étudiants auront suivi régulièrement et assidûment le cours d'histoire de l'art dans leur
parcourt à caractère architectural pour acquérir et augmenter leur connaissance scientifique.
Cette connaissance tourne autour des types d'arts, des différentes réalisations artistiques des
divers peuples. Ils pourront aussi découvrir la place de l’architecture dans le vaste paysage de
l’art et le rapport entre ces arts et l’architecture.
3

Le but ne doit pas être uniquement cognitif mais surtout pratique car les apprenants en
architecture sont invités à s'inspirer des principes et signification de l’art en général façonner
leur performance aux fins d'innover leurs initiatives au profit de la société qui est la leur.

=Plan du cours :

A.Les types d'art

-Les arts traditionnels

-Les arts modernes

-Les arts graphiques

-Les arts décoratifs

B.Classification des arts (selon les époques)

0.Dans la préhistoire

1. Dans l'Antiquité : lettres, musique

2. Le Moyen-Âge : les 7 arts libéraux, les arts mécaniques et les arts nobles.

3. La Renaissance : les arts du volume, les arts de la surface

4. Temps moderne : les arts intuitifs, les arts sensitifs

5. Epoque contemporaine : la littérature, arts de scène, la danse, le théâtre, le mime, le cirque,


le cinéma, la radio, la télévision, la photographie

C.Les réalisations selon les civilisations

a. Préhistorique : art pictural, les gravures


b. Grec : architecture (soubassement, soutènement, entablement)
c. Etrusque : les catacombes
d. Romain : héritage grec, les arcs, les coupoles, les colonnes, les poutres
e. Egyptien: les pyramides, les mastabas, les temples, les obélisques
f. Chinois : l'écriture, la peinture, la pagode, la porcelaine, la soie, la poésie…
g. Indien: réalisme et mysticisme, sensualité et ascèse
h. Japonais : le paysage, la miniature, le religieux
i. Mexicain et Péruvien : Sculptures, peinture, monuments, temples aztèques
j. Océanien et Australien : expressif, vitaliste, religieux
k. De l’Afrique noire : l’utilitarisme, le collectivisme, la vitalité, le rythme, le
symbolisme et l’anonymat
l. Byzantin : circulaire (voûte, coupole)
m. Chrétien : surhumain, symbolique
n. De la Renaissance : baroque, protestant
4

Bibliographie sommaire

A,B,C Histoire de l'art par les citations : les Beaux-Arts dans la culture générale, Wikiwix

Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1997) Esthétique, Le livre de Poche, collection Les
classiques de la philosophie, Paris, tome 1 776 pages, tome 2, 780 pages.

Hans HARTJE Pour un 8e art, Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, 2008

Joseph-Émile MULLER & Frank ELGAR, La peinture moderne, Fernand Hazan, Paris, 1979.

M.D.PHILIPPE, L’activité artistique. Philosophie du faire, Beauchesne et fils, Paris, 1969.

René DU PONT, Matthieu LE HEURT, La philosophie des esprits (3e édition), Antoine
Mesnier, 1612.

S.AZOMBO-MENDA, Précis de philosophie pour l'Afrique, Fernand Nathan, Evreux, 1981.

XXX, Histoire mondiale de l’art, Gérard et Cie, Belgique, 1965.


5

A. Types d'art
1. Les arts dits traditionnels :

-l’architecture : sert à bâtir des édifices sur des espaces en respectant des règles de
construction empiriques ou scientifiques, ainsi qu'esthétiques. Elle doit respecter aussi les
aspects sociaux et environnementaux pour qu'elle remplisse les fonctions suivantes :
habitable, rituelle, institutionnelle, religieuse, défensive, artisanale, commerciale, scientifique,
industrielle, monumentale.

-le dessin : c'est une technique de représentation visuelle sur un support plat. Ce terme
désigne à la fois l'action de dessiner, l'ouvrage graphique qui en résulte, et la forme d'un objet
quelconque. Le dessin limite son objet par des contours, indique le volume par des ombres.
Un dessin peut être artistique ou technique. Quand un dessin incorpore des couleurs il devient
une peinture.

-la gravure : technique artistique, artisanale ou industrielle qui utilise l'incision ou


creusement pour produire un texte, une image dans une matière.

-la peinture : application d’une association des couleurs grâce au pinceau sur une surface tel
que le mur, le bois, le papier…en représentant le monde visible ou imaginaire

-la sculpture : vient du mot latin dont le verbe signifie "tailler". La sculpture est une
technique artistique qui consiste à concevoir et réaliser des formes en volume dans l’espace
(ronde-bosse) ou en relief (haut-relief et bas-relief) sur une surface. Elle peut se faire par la
taille dans une pierre (calcaire, marbre, grès, granite, quartzite) par modelage d'une pâte de
terre à la main ou du plâtre; par assemblage des morceaux grâce au boulon, au rivet ou par
soudage; ou encore par tressage des fibres végétales

2. Les arts dits modernes :

-la bande dessinée : est un art qui représente une histoire racontée par une succession de
dessins et peu de texte.

-le cinéma : art du spectacle présenté au public sous forme de film c'est-à-dire un récit
documentaire ou fictionnel véhiculé par une pellicule souple ou support magnétique ou encore
un contenant numérique, qui est enregistré et lu par un mécanisme continu et intermittent. La
présentation au public est en forme de spectacle non vivant.

-la photographie : techniques, procédés et matériels qui permettent d'enregistrer un sujet en


image fixe; c'est parmi les arts graphiques.

-la télévision : techniques pour transmettre des images à distance par voie hertziène captée
par antenne ou un câble; actuellement c'est par voie numérique
6

3. Les arts graphiques :

-la calligraphie : art de dessiner à la main les caractères de l’écriture.

-le dessin (cf. ci-haut)

-l’enluminure : art de décorer à la main le texte d'un livre (les bordures, le frontispice ou
composition placée à la première page, les lettres initiales, les lettres ornementales en
majuscules) mais aussi sur les tableaux, sur les fresques (peintures murales). Elle diffère de la
calligraphie par les couleurs.

-la gravure (cf. ci-haut)

-la peinture (cf. ci-haut)

4. Les arts décoratifs qui rendent belles les choses utiles :

-la céramique : c'est un objet fait en argile cuite; elle désigne aussi la technique utilisée. La
céramique comprend : la poterie (vases et récipients à usage culinaire, domestique), la faïence
(argile cuite, vernissée, décorée et à fond blanc), le grès (céramique d'une grande résistance
obtenue grâce à une forte température), la porcelaine (céramique fine et translucide utilisée
dans les arts de la table)

-le design : innovation technique et industrielle qui produit en série des œuvres d’art
ornementales et figuratives pour des fins commerciales

-l’ébénisterie : menuiserie de luxe qui utilise des techniques de décoration comme le placage
du bois précieux, la marqueterie et l'incrustation.

-la mosaïque : art décoratif sacré utilisé dans les lieux de culte et qui emploie des fragments
de pierres (marbre) , des céramiques et des verres colorés assemblés à l'aide de mastic pour
représenter des figures.

-l’orfèvrerie : fabrication artisanale des bijoux à partir des métaux précieux comme l'or,
l'argent, la platine.

-la verrerie : technique et fabrication des verres et des objets en verre.


7

B. Classification des arts


Elle se fait selon les époques historiques

1. Dans la préhistoire (20.000 ans Av.J.C)

L’art naît par l’homo sapiens et concerne la peinture, la gravure et la sculpture d’un niveau
élémentaire.

2. Dans l'Antiquité

L’antiquité s’étend de 3.300 av.J.C avec l’invention de l’écriture à 476 ap.J.C avec la chute
de l’empire romain d’Orient.

Elle est dominée par la Grèce qui connaît l'art en tant que technique. Les activités artistiques
connues sont :

- les lettres : la poésie épique et la rhétorique ou art de l'éloquence; la tragédie et la comédie

-la musique : Clio la fille de Zeus chantait les hauts faits des hommes et des cités en jouant la
lyre

-la peinture se faisait sur la poterie en céramique et représentait des figures noires et rouges.

-la sculpture grecque est connue pour ses statues monumentales en marbre ou en bronze. Les
Romains avaient pillé et copié les sculptures grecques; ils s'en servir pour représenter les
figures humaines surtout les empereurs. L'originalité romaine réside dans la sculpture des
bustes, le réalisme, la sculpture narrative ou historique (les reliefs sur une pierre ou un
marbre représentent un récit fondateur ou les faits glorieux) et la sculpture religieuse.

-l'architecture : en Egypte ce sont les pyramides, les tombeaux, les temples, les monuments. A
Rome ce sont les amphithéâtres (vaste édifice public en forme elliptique, à gradins étagés et
qui étaient utilisés pour les spectacles), les arcs de triomphe (arc monumental qui enjambe une
voie), les basiliques, les termes (maisons abritant des bains publics), les aqueducs (ouvrages
d'adduction d'eau)

3. Au Moyen-Âge

Le M.A s’étend de 476 à 1492 ap.J.C (découverte de l’Amérique)

Les arts sont confondus avec les sciences. Cette époque est connue pour les 7 arts libéraux,
les arts mécaniques et les arts nobles.

⁎Les 7 arts libéraux sont groupés en deux catégories:

Le trivium (science du langage) comprend: la dialectique (méthode de discussion, de


raisonnement, de questionnement et d'interprétation), la grammaire (étudie les règles qui
régissent une langue donnée et utilisée par les locuteurs natifs de cette langue. La grammaire
8

descriptive décrit comment la langue est, sans y porter jugement. La grammaire prescriptive
juge un énoncé comme correct ou incorrect) et la rhétorique (art de l'éloquence; elle
comprend cinq parties : l’invention ou art de trouver des arguments et des procédés pour
convaincre, la disposition ou art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace,
l’élocution ou art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments "style", la diction
ou gestes de l’orateur et la mémoire pour mémoriser le discours.

Le quadrivium (sciences du nombre) contient:

-l'arithmétique : science de nombres;

-l'astronomie : observation des astres afin d'expliquer leur origine, leur évolution, ainsi que
leurs propriétés physiques et chimiques;

-la géométrie: étudie la figure du plan et de l'espace;

-la musique : consiste à combiner sons et silence au cours du temps. Les éléments principaux
sont le rythme "façon de combiner les sons dans le temps", la hauteur "combinaison dans les
fréquences", les nuances et le timbre.

⁎Les arts mécaniques (activités manuelles) comprennent d'abord les Beaux arts notamment
l'architecture, l'orfèvrerie, la peinture et la sculpture; ensuite les activités qui transforment la
matière (coutellerie, draperie, épicerie, verrerie, sidérurgie "alliage du fer et du carbone", le
filage, l'agriculture, la médecine, la navigation).

⁎L'architecture connaît les types suivants :

-l'architecture chrétienne dominée par :

+l'architecture romane : églises basses en forme de croix ayant une façade


harmonique, des murs épais en pierre, les arcs en berceau utilisés pour les portes et les
fenêtres, et des voûtes de pierre.

+l'architecture gothique : églises à nefs très hauts avec des arcs-boutants externes
munis des contreforts, et la voûte sur les portes et fenêtres.

-l'architecture islamique : pour construire une mosquée elle utilise deux types de support à
savoir les piliers (maçonnés et carrés ou rectangulaires) et les colonnes (cylindriques); la
coupole ou couvrement hémisphérique) ; et les arcs soit en plein cintre (semi-circulaire), arc
brisé (ou concave formant deux segments), arc polylobé (formé des petits arcs en nombre
impair au-dessus)

⁎La sculpture

Elle est ornementale et s'intègre dans la structure architecturale des édifices religieux.
Elle orne le fronton (forme triangulaire placée au-dessus de la porte, de la fenêtre ou l'entrée
principale d'un édifice).
9

⁎La peinture : elle met l'accent sur les icônes (images représentant les saints), les fresques
(peinture murale faite d'un produit mou ou semi-fluide appliqué en plusieurs couches), les
mosaïques (art décoratif utilisant des fragments de pierres colorées, de verres ou céramiques
rassemblés à l'aide de mastic et appliqués sur les murs des églises romanes ou gothiques)

⁎Les arts nobles (apprentissage et perfectionnement des nobles) : maniement des armes, les
arts martiaux, la chasse, la danse, le jeu des échecs…1

4. La Renaissance

Cette époque ne fait que distinguer les arts du volume (sculpture, architecture) et ceux de la
surface (dessin, peinture, gravure), autrement dit les arts plastiques et les arts graphiques.

La peinture est portée à son plus haut niveau grâce à la perspective, à la proportion et à
l'étude de l'anatomie humaine. La peinture devient à huile et se fait sur du bois déplaçable et
plus sur les murs. La haute renaissance connaît l'éclosion de la peinture baroque : utilisation
des couleurs vives

La sculpture devient architecturale car elle est utilisée pour orner les bâtiments, les ponts, les
mausolées, les monuments, les châteaux. Elle n'est plus réservée à l'usage religieux du
Moyen-Äge.

5. Temps moderne (1492-1789 ap.J.C. =révolution française)

L’art abstrait : il renonce à une représentation fidèle à la réalité comme la photographie. Les
artistes visent le beau à partir de ce qu’ils ressentent en eux sans se référer à la nature2.

Le cubisme : l’art représente des fragments d’objets en formes géométriques.

L’impressionnisme : l’art se fait à travers l’observation des paysages dans la nature. Le


travail se fait en plein air et non en atelier. L’impressionnisme ne s’empêche pas de
représenter la vie intime3. Il intègre dans l’art l’aspect fugitif du mouvement.

La peinture est symbolique car elle valorise l’imaginaire, le rêve, l’hallucination, le


mystérieux, la mélancolie (trouble de l’humeur par la dépression), le fantastique.

1
Cfr René DU PONT, Matthieu LE HEURT, La philosophie des esprits (3e édition), Antoine
Mesnier, 1612, pp. 666-670.

2
Cfr Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1997) Esthétique, Le livre de Poche, collection Les classiques
de la philosophie, Paris, tome 1 776 pages, tome 2 780 pages, t.2. pp. 19-22.

3
Joseph-Émile MULLER & Frank ELGAR, La peinture moderne, Fernand Hazan, Paris, 1979, pp.7-
9.
10

6. Epoque contemporaine

Elle a permis l'expansion de la littérature comprise comme cet ensemble d'œuvres écrites ou
orales qui expriment la beauté. Les productions littéraires permettent aux auteurs de révéler
ses émotions aux lecteurs ou aux auditeurs. La littérature sert à éduquer, à communiquer des
pensées, à influencer et même à séduire4. Cette époque a connu la littérature surréaliste qui
libère celle-ci de toute règle ; en effet, le surréalisme s’oppose à toute forme d’autorité et
manifeste une hostilité aux valeurs sociales et morales.

Les arts de scène ont aussi évolué : il s'agit du spectacle vivant à travers lequel les acteurs se
font voir et entendre à un public auquel ils communiquent un message. Ils comprennent :

-la danse : ce sont des séquences de mouvement rythmique de corps dans l'espace souvent
accompagnées par de la musique. Ces mouvements sont répétitifs et représentent une culture;
leur valeur esthétique et symbolique est indéniable.

La chorégraphie ou « danse en chœur » est l'art de composer des danses et des ballets
principalement pour la scène, au moyen de pas et figures.

-le théâtre : représente une comédie ou un drame.

-l’humour, est une forme de raillerie qui souligne le caractère comique, ridicule, absurde ou
insolite de certains aspects de la vie, dans le but de faire rire ou de divertir un public.

-le mime : c'est un genre théâtral dans lequel l'acteur joue un rôle muet, sans masque. Grâce à
son attitude, sa mimique et le geste il représente un récit évocateur souvent l'imaginaire.

-Le cirque est une troupe itinérante dont les artistes sont le plus souvent des acrobates qui
proposent des scènes de dressage et de domptage d’animaux; leurs spectacles est celui
de clowns, de jongleurs et des magiciens.

- L’art cinématographique : c'est un spectacle proposé au public sous la forme d’un film,
c’est-à-dire d’un récit (fictionnel ou documentaire), véhiculé par un support (pellicule souple,
bande magnétique, contenant numérique) qui est enregistré puis lu par un mécanisme continu
ou intermittent qui crée l’illusion d’images en mouvement, ou par un enregistrement et une
lecture continue de données informatiques. Cette communication au public du spectacle
enregistré est différente du spectacle vivant.

-Une émission de radio est effectuée depuis une station qui assure une transmission du son
par rayonnement hertzien; elle inclue éventuellement un codage numérique, via les satellites,

4
Cfr A,B,C Histoire de l'art par les citations : les Beaux-Arts dans la culture générale, Wikiwix, p.15
11

le câble ou les émetteurs. Pour les programmes radio véhiculés par internet, on parle plus
volontiers d'émission de webradio5.

-La télévision est un ensemble de techniques destinées à émettre et recevoir des


séquences audiovisuelles, ou programme. Leur transmission peut se faire par ondes
radioélectriques ou par réseau câblé.

-La photographie est l'ensemble des techniques, des procédés et des matériels qui permettent
d'enregistrer un sujet en image fixe.

- La gastronomie : l'art de faire bonne chère

-Les arts de la table sont associés aux repas pris en commun, à la présentation et au service
des mets, à la conversation et à la civilité, à la décoration du mobilier, des ustensiles et aux
lieux des repas gastronomiques. Ils intègrent la connaissance des mets, des boissons, de
la verrerie et de la porcelaine, de la disposition des convives, de la décoration de la table, des
façons de recevoir les hôtes, de l'étiquette, des manières de table, du service, des menus …Les
arts de la table évoluent dans le temps, ainsi l'usage de la fourchette ne s'est répandu que sous
Henri III
-Le graffiti est une inscription exécutée sur une surface publique (mur, transports en
communs, etc.), parfois considérée comme une forme d’art qui dégrade ou détériore un bien
appartenant à autrui.

-L'art numérique utilise les spécificités du langage et des dispositifs numériques, ordinateur,
interface ou réseau. Il s'est développé comme genre artistique depuis le début des années
1960.

-L'art robotique consiste à utiliser des robots ou autre technologies automatiques pour
composer une œuvre d'art.

- L'art corporel (appelé parfois body art) est un ensemble de pratiques et de dispositifs qui
placent le langage du corps au centre d'un travail artistique.

- L'art sonore met l'accent sur le son et l’ouïe (qui en font la matière première de création) et
produit diverses formes de créations artistiques (auditives, mais également visuelles et
sensorielles). L'art sonore est par nature interdisciplinaire. Il peut utiliser l'acoustique,
l'électronique, la musique bruitiste.

5
Cfr Hans HARTJE Pour un 8e art, Presses universitaires de la Méditerranée, Montpellier, 2008.
12

C. Les réalisations selon les civilisations


Ces réalisations sont diversifiées en fonction de différents peuples. Chacun de ces
peuples fait de l’art suivant son génie propre, mais en fin de compte le but semble être
presque le même. En fait, au premier plan attachent à l’art l’idéal religieux.

Le but poursuivi constituerait déjà une certaine conception de l’art. Autrement dit,
chaque peuple conçoit l’art à sa manière. Certains donnent à l’art, en plus de son sens
religieux un but moral, social, politique ou purement esthétique. C’est ce qui a été découvert
par les philosophes qui ont fait une analyse fort intéressante de certains types d’art.

C’est d’ailleurs la tendance de l’homme d’unir l’être et la vérité dans une seule activité6

1. L’art préhistorique

-Période

Cet art se situe au paléolithique supérieur ou âge de la pierre taillée7. Le paléolithique est
une période glaciaire, il y a environ 20.000 ans : c’est l’âge de la pierre taillée. Il est suivi par
le mésolithique et le néolithique relativement long car il va de 3.500 à 1.700 av.J.C. Ce
dernier est l’âge de la pierre polie.

-Types d’art

La gravure : des gravures sont exécutées au pinceau et non plus avec le doigt. Ces figures ont
été découvertes en France, en Espagne et en Afrique sur les parois des grottes ou des
cavernes.

La peinture : l’art pictural de cette époque est fait de figurations de mains, puis des traces de
couleur de forme géométrique faits avec les doigts. Cette peinture est monochrome : surtout le
rouge ou noir.

La sculpture : des statuettes sont sculptées dans les os, l’ivoire ou la pierre et représentent des
corps féminins (en forme réduite).

-Objets représentés : l’art, dans cette première période, s’est intéressé d’abord aux formes
géométriques, aux hommes et aux silhouettes animales (les mammouths, les bisons, les
rennes et les chevaux sauvages), et non aux plantes.

-Les causes sont :

+ religieuses et humaines. Cet art est sans aucun doute un art des peuples chasseurs.

6
Cfr M.D.PHILIPPE, L’activité artistique. Philosophie du faire, Beauchesne et fils, Paris, 1969, pp.28-29.

7
Cfr XXX, Histoire mondiale de l’art. De la préhistoire à la Grèce antique, Gérar et Cie, Belgique, 1965, pp.32,36.
13

+mythiques : un exemple frappant est celui de l’art rupestre de l’Afrique du Sud, qui
est celui des bushmen, peuple de chasseurs de petite taille. Cet art fort significatif a
commencé au paléolithique supérieur, et dure encore jusqu’aujourd’hui ; il semble n’avoir pas
de but utilitaire et magique, mais illustre des mythes : les peintures peuvent être alors comme
des apothéoses, des manières d’éterniser les animaux qui, au fond sont pour ce peuple les
images des dieux.

En Australie des peintures préhistoriques naturalistes et d’autres de style linéaire et


géométrique (selon les régions) ont allusion au mythe de l’origine du monde. Les Australiens
considèrent que ces images sont sacrées, car, disent ils c’est Dieu même qui les a peintes 8.

Au néolithique (3500 à 1500 av .J.C) caractérisé par la pierre polie, on trouve des
monuments mégalithiques associés au culte des morts : c’est le mehnir (un seul bloc de pierre
dressé verticalement) et le dolmen (deux ou plusieurs pierres énormes posées horizontalement
sur d’autre fixées verticalement)

2. L’art chinois

-L’architecture n’a jamais attiré le chinois. Il n’y a en Chine ni pyramides, ni acropoles, ni


châteaux forts. Le bâtiment le plus ancien, qui est une pagode, ne date que de 530 av.J.C. Un
élément caractéristique de l’architecture chinoise est la superposition de plusieurs toits
recouverts par des tuiles et soutenus par des consoles.

-L’Ecriture : durant 800 ans, l’écriture chinoise ne fut utilisée que pour des choses sacrées : le
commerce avec les esprits et les ancêtres au caractère magique et sacré est resté ainsi attaché
à ses signes jusqu’au début de notre siècle. On sait aussi l’importance de la morale dans la
civilisation chinoise. Morale à laquelle est lié l’art. Raison pour laquelle selon Confucius
(551-471 av.J.C), l’art joue une importante fonction sociale.

-La peinture : peindre pour le chinois du premier siècle de notre ère, consiste à dessiner les
frontières. De fait, la ligne domine la peinture chinoise d’un bout à l’autre de son histoire. Ce
qui fait que la peinture chinoise faite au pinceau et à l’encre est simple et raffiné.

De 200 à 900 ap.J.C. , la peinture de la figure humaine domine. Elle est surtout faite pour
orner les sanctuaires bouddhiques et les murs des grottes.

Dès le 9e siècle, on commence à s’intéresser à la nature ; mais c’est en cette période que
s’accomplira l’évolution, le renversement définitif.

La peinture, possédant le pouvoir de se substituer à ce qu’elle représente, donne à celui qui la


regarde les mêmes émotions qu’il éprouverait devant la scène réelle. Les formes de la nature
possèdent, outre leur substance physique, une attirance une « saveur » qui touche l’esprit de

8
Cfr A.D.PHILIPPE, Op.Cit., pp.29-32.
14

l’homme sensible. La peinture se faisait sur des vases rituels destinés aux libations, sur la
poterie et la porcelaine, cette dernière a fait la célébrité artistique de la chine9.

Aux 12 et 13 siècles, on constate, comme dans notre Romantisme, une attitude nouvelle à
l’égard de la nature. L’homme se perd dans la contemplation de la nature et cette sensibilité
devient le sujet même de la création picturale. Ce que l’on cherche à représenter, ce n’est plus
la nature telle qu’elle existe, mais une projection des réactions affectives qu’elle suscite. Le
sujet véritable de la peinture est l’esprit de l’artiste, et non pas tel paysage. On se trouve
alors face à face avec le peintre, le créateur.

3. L’art de l’Inde

Caractéristiques :

-La sensualité : l’art indien est trop influencé par le climat. Or, le climat de l’Inde est
oppressant ou exaltant, et invite ainsi à la sensualité. Par ailleurs l’Indien essaie de limiter
cette sensualité de crainte d’en être complètement absorbé. Poussé par le désir de conserver sa
personnalité propre, il peut aller jusqu’au refus complet du monde des sens.

-Dialectique entre 2 tendances : toutes les tensions de l’art de l’Inde se trouve ainsi entre
l’acceptation et la négation de la nature, des joies de la vie et de l’amour ; entre une humeur
exubérante et un calme solennel ; entre une humiliation devant le divin et un rêve du
surhomme ; entre réalisme et mysticisme, entre sensualité et ascèse. En art, ces tensions se
reflètent aussi dans l’oscillation entre naturalisme et idéalisme, sensualité et abstraction,
réalisme humoristique et mysticisme sublime.

-Le mysticisme : cet art est avant tout religieux. Il caractérise la spiritualité propre à :

+l’Islam : religion monothéiste propre aux musulmans et fondée par Mahomet en 622
de notre ère. Il utilise le coran comme livre sacré.

+au Bouddhisme : les bouddhistes croient à la réincarnation et pensent que l’homme


peut atteindre la sagesse et la paix de l’âme grâce à la méditation et le renoncement aux biens
matériels

+à l’Hindouisme : les hindous croient en de nombreuses divinités et est donc une


religion polythéiste. Tous les dieux font l’objet de cultes publics, mais également de prières
personnelles ou familiales. C'est pourquoi, quotidiennement, les hindous s'installent devant un
petit autel personnel, et font des prières et des offrandes aux dieux. Ils croient aussi à la
réincarnation ou renaissance de l’âme sous une forme animale ou humaine car le corps est une
enveloppe provisoire. Bref, la beauté est un aspect du divin, un des nombreux attributs de sa
révélation. Subséquemment, faire de l’art pour le simple plaisir d’en faire est étranger à
l’esprit hindou.

9
Cfr XXX, Histoire mondiale de l'art. L'Orient et l'Extrême orient, p.183.
15

+au Jaïnisme : religion qui prône la libération de l’âme contre la transmigration ou


réincarnation

4.L’art Japonais

-Le contexte

La mer et la côte jouent un grand rôle dans la vie et dans l’art du Japon. Le paysage y est
très beau. Ensuite, un sixième seulement du pays peut être utilisé pour l’agriculture ; le Japon
est un pays pauvre à ce point de vue, mais qui cache sa pauvreté derrière un sourire. Le
Japonais est très conscient de la beauté de son pays, et on la retrouve dans les peintures de
paysages.

Habitué à vivre à l’étroit, le Japonais accorde une grande importance au moindre


détail dans les relations sociales

-Les caractéristiques de l'art japonais

=L'individualité : l’art japonais représente les personnages dans l’individualité; on


retrouve là le côté émotionnel, individualité et parfois sentimental des Japonais.

= La petitesse : l’art japonais possède le sens du monumental jusque dans la miniature.


Le Japonais voit l’infiniment petit comme quelque chose d’immense: cet intérêt pour le détail
se retrouve également dans l’art.

=L’art Japonais est surtout religieux. En effet, le bouddhisme se propagea sans grande
difficulté au Japon (contrairement à ce qui s’était passé en chine) et l’art japonais du 6e siècle
ap. J. C. manifeste l’influence du bouddhisme sur l’âme japonaise.

Au milieu du 16è s., l’arrivée du christianisme au Japon introduit des symboles


chrétiens dans l’art ; mais cette influence n’est que de courte durée : 50 ans plus tard, la
persécution des chrétiens met brusquement fin à toute influence chrétienne sur l’art japonais.

Mais de nombreuses sectes et écoles de spiritualité plus ou moins ésotériques et


mystique se développent en faisant apparaître dans l’art une multitude de symboles qui ne
pouvaient plus être vraiment compris que par les plus savants.

=Le symbolisme (représentation d'une idée abstraite par un objet concret) : tout est
symbole dans l’art bouddhique : attitudes et gestes, façon d’être assis ou debout, vêtements
trône, animaux, plantes, couleurs, (on peut être sûr qu’aucune couleur n’a été employée pour
des raisons esthétiques). Tous les signes et couleurs avaient une signification déterminée et les
règles iconographiques étaient consignées dans les livres.

=Les chiffres (nombre des personnages, nombre des bras,…) étaient fixés par la
signification et non par un besoin d’harmonie géométrique.
16

5.L’art du Mexique et du Pérou

L’art du Mexique précolombien est un art religieux ; non seulement l’architecture,


mais aussi la sculpture, la peinture, les étoffes, sont imprégnés d’idées, d’aspiration
religieuses. Tout est lié à l’univers des dieux et des esprits. Les constructeurs de temples
aztèques trouvaient plus important d’ériger des symboles monumentaux de leurs conceptions
religieuses, que de faire œuvre d’esthétique. Et la même remarque vaut même pour les
statues. L’œuvre d’art n’était qu’une partie de l’univers rempli de forces divines, tout ce qui
passe sur la terre est considéré comme une image de ce qui se passe au ciel. Et avec la baisse
de la religiosité viendra la baisse de la qualité artistique.

6.L’art Océanien et de l’Australie

⁕L’art Océanien est expressif : toutes les formes sont modifiées par des exagérations pour
mettre l’accent sur certaines valeurs. On a l’impression que les artistes n'ont pas voulu imiter
la nature ou leur modèle. Ils ne cherchent pas à faire le portrait d’un homme ou d’un animal,
mais à rendre présentes des puissances non humaines mais surnaturelles, à donner des
incarnations palpables de force créatrice.

⁕Leur art est vitaliste, mais non dynamique : il n’y a pas de représentations d’action. On
représente presque exclusivement les être seuls, jamais en groupes, ni à deux. Il n’y a pas de
compositions scéniques, tout au plus des répétitions et des enfilades. L’œuvre d’art
personnifie une force surnaturelle dans son existence, et non en action.

⁕Préservation des mythes : cette préservation se fait à travers des chants poétiques riches en
contenu afin que ces mythes ne soient pas oubliés.

⁕ Cet art, dans sa quasi-totalité, a un caractère religieux et sert au culte, aux initiations, etc.

⁕Lieux artistiques : c’est sur leur propre corps, sur leurs armes et leurs outils, sur les troncs
des arbres et parois des cavernes, sur les rochers ou sur le sol, sur l’écorce qui garnit
l’intérieur de leurs cases, que les Australiens (semblent être tous naturellement doués)
exercent leur art.

7.Les arts de l’Afrique noire.

Les arts de l’Afrique ont les caractéristiques suivantes: l’utilitarisme, le collectivisme


la vitalité, le rythme, le symbolisme et l’anonymat10.

-Utilitarisme
Les arts nègres ne sont pas orientés, en général, vers des buts esthétiques ; ils sont,
fonctionnels, utilitaires, en ce sens qu’ils donnent à l’objet son efficacité non seulement en

10
Cfr S.AZOMBO-MENDA, Précis de philosophie pour l'Afrique, Fernand Nathan, Evreux, 1981, p.101.
17

servant à la contemplation qui suscite un sentiment esthétique mais en jouant un rôle dans la
vie individuelle ou sociale.

Cet utilitarisme de l’art nègre se manifeste dans deux fonctions principales : sociale et
religieuse sans ignorer les fonctions secondaires.

=Sociale

C’est surtout dans des rites liés au développement de la vie que se manifeste ce rôle.
Les activités sociales dans lesquelles s’intègrent l’art sont les fêtes de naissance, de semailles,
d’initiation, de confrérie, de mariage ; les rites funéraires. L’art africain ne se sépare pas des
activités artisanales : la dance du forgeron à la fin de l’opération. L’art nègre établit aussi une
hiérarchie entre les différentes couches sociales : le siège réservé au maître est souvent sculpté
en forme d’un animal représentant la puissance.

=La fonction religieuse : d’une façon générale, l’art nègre est vraiment au service de la
religion, qu’il s’agisse de la représentation des ancêtres, de celle des héros civilisateurs ou
des fétiches, ou qu’il s’agisse de la statuaire animale (peu répandue, du reste) ou qu’il
s’agisse enfin de masques ou d’objets cultuels (bâtons, cloches, tambours, coupes, plats).

Dans ce même cadre religieux, l’Afrique ignore l’art pour l’art, car précisément, son
art est trop réalise, trop concret, trop lié à l’attitude religieuse. Un sculpteur, par exemple ne
travaille que la nuit en accompagnant le bruit produit par l’outil attaquant le bois de chants
qu’il ne faut pas interrompre. Ainsi donc, la chanson et le rythme s’incorporent dans le bois
… Contrevenir à ce rite serait ruiné toute l’œuvre.

=Fonctions agraires, funéraires, initiatiques : les masques jouent un rôle d’envergure


dans l’art africain. Ils sont utilisés dans les rites agraires, funéraires (rappellent les
événements qui se sont produits à l’origine et qui ont abouti à l’organisation du monde et de la
société), et initiatiques (incarne le génie qui instruisit les hommes) dans la plupart des cas, ils
suscitent la peur, l’anxiété de par leur apparence diversifiée : tantôt en figure d’animaux,
tantôt en figure d’êtres vivants.

=La fonction esthétique est difficile à comprendre dans les civilisations noires, il n’est
cependant pas un fait marginal, et existe d’une manière diffuse. Il est lié au faste des
cérémonies, la cosmétique et les parures jouent un rôle important dans la vie de chaque jour,
ainsi que l’étiquette et le bien dire, autrement dit tout se touche : l’ornementation du corps et
des relations humaines.

-L’art nègre est collectif : l’œuvre d’art est faite par tous car le forgeron peut travailler au
rythme tam-tam et pour tous.
-L’art nègre est engagé : il engage la personne dans un avenir qui est partie intégrante de son
moi.
-L’art nègre est vital : il accompagne et accomplit les activités de production spirituelle, et
sociale.
18

-L’art nègre set caractérisé par le rythme : il est l’expression la plus souveraine de l’âme
africaine. C'est ainsi que la musique et la danse vont toujours de pair et occupent une grande
place dans les loisirs, mais elles jouent leur rôle surtout dans les rites et jusque dans le travail.
Ainsi distingue-t-on des danses pour les chasseurs, pour les cultivateurs, pour les rites, pour
les femmes, pour les guerriers, pour les circoncis… Les instruments de musique sont d’une
variété étonnante allant de la flûte au tam-tam.

-L’art nègre est symbolique : il ne copie pas la nature ; l’artiste cherche plutôt à inculquer la
force et le rayonnement de son idée dans la matière.
-L’art nègre est souvent anonyme : quand les pièces sont d’usage religieux, l’artiste cache
souvent son identité.

-L’art occupe donc, dans la vie communautaire des Africains une place plus importante que
chez les autres peuples.

Mais notons que l’art africain est un art tribal; chaque tribu est un groupe fermé,
exclusif, qui forme un univers en soi et donc l’art est un moyen, parmi d’autres d’exprimer sa
solidarité interne et son autarcie en se différenciant ainsi des autres groupes. C’est l’art d’un
peuple, par le peuple et pour le peuple.

Un tel art exprime les valeurs religieuses et philosophiques de la communauté tout


entière, où tous comprennent le langage de l’artiste. En ce sens, on peut dire que l’art tribal est
fonctionnel à l’intérieur de la tribu, mais non en dehors d’elle.

On peut tout simplement dire que le but de l’art africain est multiple : il est à la
fois religieux et magique, social et politique, c’est un art de prestige et de jeu, ce qui n’exclut
nullement que les œuvres, un suscitent, chef les Noirs africain, une réaction esthétique. Il
existe, entre l’artiste africain et son œuvre, un contact plus grand qu’entre l’artiste européen et
la sienne. Et si l’artiste noir crée une œuvre apparemment irréelle avec des formes abstraites
ou ramenées à l’essentiel, elle est pour lui le support d’un être spirituel « surnaturel » Au
centre se trouve la figure humaine et, en dépit des proportions naturelles, on met l’accent sur
ce qui a une signification spirituelle, tandis que ce qui n’est pas essentiel est omis. La forme
est comme concentrée, de sorte qu’elle se rapproche de la forme absolue, jusqu’aux yeux à
demi-clos, qui font penser à une vérité supérieure.

A mesure que les recherches s’approfondissent, on discerne dans les arts de l’Afrique
Noire les sortes et une grande diversité de styles.

Les sortes d'art africain

On peut aujourd’hui les classer différentes sortes d’art de la manière suivante :

-L'Architecture

Les observateurs avancent que l’art nègre n’est pas architectural, monumental. Il existe
cependant quelques vestiges de la tradition architecturale qui n’ont pas bravé le temps et les
conditions climatiques à cause de la matière utilisée.
19

-La peinture

D’autres ont estimé que l’art nègre ne connaît pas la peinture. En réalité la peinture est un art
auxiliaire à la sculpture et à l’architecture.

-La sculpture

La sculpture est l’art privilégié en Afrique. Elle se caractérise par une liberté totale, le
manque de proportions, le naturalisme, l’autonomie c’est-à-dire qu’elle n’est pas intégrée
dans l’architecture.

Les styles

-L’art du corps (déformations, mutilations, scarification, tatouages, cosmétique, vêture,


parure, chaussure, bâtons, coutelas d’apparat, casques, boucliers ; tous ces arts demeurent
« fonctionnels » soit dans l’ordre pratique, soit selon des conceptions théologiques,
cosmologiques. Ces art mineurs jouent un rôle en Afrique et ne faut pas négliger).
-Arts des entours (il existe une variété de styles de construction des habitations. L’ordonnance
des quartiers d’une ville ainsi que d’une maison a souvent des significations cosmologiques.
-Arts figuratifs autonomes, avant tout la statuaire (généralement en bois, des dimensions
modestes ; mais même les statues les plus grandes – deux mètres – ne sont jamais écrasantes
et sont toujours à la mesure de main qui les façonne ; la statuaire est presque toujours sacrée)
-
9.L’art égyptien

L’art égyptien est essentiellement un art religieux centré sur la croyance en la vie de l’au-
delà (le désir de survivre se manifeste dans une architecture) et aussi en rapport avec le
pharaon considéré comme un dieu. C’est en fonction de ses rapports avec la divinité que sont
conçus les monuments religieux, rapport dont dépend l’état du pays et la bonne marche du
monde. Le roi est ainsi chargé d’assurer à l’Egypte la prospérité et le maintient de l’ordre
cosmique. Il y parvient par une bonne administration et le culte célébré dans les temples

L'architecture
Ce qui est le plus représentatif de l’art égyptien est incontestablement l’architecture,
e
au 4 millénaire; les architectes, personnages de haut rang social étaient quasi vénérés comme
des dieux. L’architecture égyptienne est dominée par les pyramides où étaient enterrés les
pharaons, tandis que les mastabas étaient réservés aux nobles.
Cependant, l’architecture des pyramides ne pouvait pas être comparée à celle des
temples. Une des particularités de ces temples est la claire-voie (cette partie centrale du toit
qui est surélevée par rapport aux ailes latérales permettant ainsi d’aménager des fenêtres pour
éclairer l’intérieur); les colonnes et le chapiteau (partie supérieure de la colonne). Quatre
éléments constituent le temple : le pylône (portail monumental), le péristyle (cour à portique),
hypostyle (salle soutenue par des colonnes) et enfin le sanctuaire.
20

Il faut retenir que les monuments faits durer sont des monuments religieux : tombeaux,
temples, chapelles, pyramides. Par contre, les demeures des hommes et même les palais des
rois, construits en briques séchées, n’ont presque pas laissé de traces11 .

La sculpture

Le 3e millénaire a plutôt excellé en sculpture dont le rôle était aussi religieux comme
l’architecture avec une tendance particulière à la magie. C’est ainsi que les effigies des
défunts étaient gravées dans le calcaire ou le granit, plus solide que le bois (la solidité était en
fonction de l’éternité) pour que la momie, venant à se décomposer son esprit puisse entrer
dans ces effigies et continuer la vie éternelle. Cette sculpture était réaliste au début (Moyen
Empire) quand elle représentait des statues de classes inférieures, avec le temps elle devint
conventionnelle c’est-à-dire symbolique et stylisée surtout quand elle représentait les pharaons
qu’elle devait idéaliser pour marquer leur caractère semi-divin. En plus, les statues
égyptiennes sont monotones dans leur attitude, de reste rigide : toutes se rapprochent de la
forme cubique et respectent la loi de la frontalité. Cette sculpture se faisait aussi par la gravure
ou sculpture à creux retrouvée sur les parois des temples et des sanctuaires.

La peinture

Le 2e millénaire est surtout connu pour la peinture. Celle-ci est soit de face ou de
profil. Cette peinture ne connaît pas les ombres. C’est aussi l’âge de la littérature empreinte
du lyrisme.

10.L’art islamique

La peinture

Selon les musulmans, les représentations sont permises mais seulement dans les endroits
dégradants : tapis ou coussins. On peut représenter des arbres ou des objets où ne réside
« aucun esprit vivant » et il est légèrement moins répréhensible de posséder des
représentations picturales que d’en fabriquer. En effet, dans le coran, le terme signifiant
« faire, former » est synonyme de celle qui veut dire « créer ». Et si l’on désigne Dieu par le
terme de créateur, on le désigne aussi par celle de Peintre. Donc, l’artiste, en représentant un
être vivant, prend une attitude blasphématoire : il entend rivaliser avec Dieu.
Subséquemment, au jour du jugement, Dieu lui ordonnera d’insuffler la vie aux créatures qu’il
a présentées, et son impuissance sera durement punie.

Ils pensent également que les images détournent l’esprit de la prière. Et la foi dans le
pouvoir magique des images, qui les met au rang d’idole, justifie la méfiance de l’islam.

11
Cf. A.D.PHILIPPE, L'activité artistique…,pp.59-61.
21

L’orthodoxie islamique n’ouvre donc aucun avenir à la peinture de personnages ; elle


oriente bien plutôt l’artiste vers la calligraphie et la décoration géométrique et florale,
domaines où excelle l’art islamique. De fait, l’élan créateur de l’islam se trouve dans le
domaine du décoratif, dans la transformation de la nature en abstrait et en ornementation,
dans la formule. L’islam a hérité de deux patrimoines artistiques distincts : celui du monde
classique et celui du monde oriental.

Dans cette religion la peinture, de par sa nature même, n’a pas de fonction religieuse.

L'architecture

L’architecture est appliquée surtout à la construction de la mosquée ; cette dernière


n’est pas un lieu de culte, mais un lieu de rassemblement pour les fidèles. Elle n’a pas de
direction, c’est une construction horizontale visant à contenir le plus grand nombre possible
de fidèles pour la prière du vendredi. A part la chaire, elle est vide, ne contenant ni objets de
culte, ni images.

L’art islamique a connu un seul type d’architecture, un seul style, un seul programme
de motifs, lié à une idée et à une religion. Dans le monde islamique, l’uniformité prévaut.
L’artiste ne cherche pas ce qui est nouveau, original, mais s’en tient à l’originel qu’il
renouvelle et rajeunit grâce à la variation prudente du détail.

11.L’Art grec

L'Architecture

Celle-ci fut utilisée surtout pour la construction des temples pour montrer l’importance et
la puissance de dieux. L'expression architecturale était dictée par une attitude rationnelle et
plutôt terrestre (contrairement aux égyptiens).

Trois éléments principaux la caractérisent : le soubassement ou élément de base, la


colonne ou élément de soutènement et l’entablement ou élément de couronnement qui exprime
la fonction du toit. Si l’on veut essayer de caractériser en quelque mots l’architecture grecque,
on peut dire que ce qui distingue le temple grec des chefs-d’œuvre architecturaux d’autres
civilisations, c’est la simplicité, la perfection et une parfaite clarté.

La sculpture

La sculpture grecque remonte à l’antiquité. Cette période archaïque (7e au 6e S. av.


J.C) est caractérisée par un art qui exprime les sentiments collectifs de la cité. A part les
statues sculptées en pierre et en bronze ; elle était architecturale car elle se faisait aussi sur les
métopes [plaques carrées sculptées en marbre et placés sur le péristyle (suite de colonnes qui
entourent un édifice à l'extérieur ou à l'intérieur] , les frises (bande ornementale, généralement
22

sculptée, qui court en-dessous du toit de certains édifices publics) et figures du fronton des
temples. Elle représentait alors des scènes diverses : combats des centaures, dialogue des
dieux … Toutefois, le corps est le premier sujet de la sculpture. Celui-ci est nu, innocent et
pur en fait; l’étude anatomique y est caractéristique car l’artiste évitait toute forme
conventionnelle. Il voulait représenter le corps non pas tel qu’il est en réalité mais tel qu’il
pourrait être. Ce sont surtout les jeux olympiques qui font inspirer l’artiste car dans les
palestres (lieu d'exercices physiques en Grèce), les jeunes s’entraînaient nus. Par contre les
sculptures féminines sont généralement drapées.

La peinture

La peinture grecque repose surtout sur la céramique. Le peintre grec va se concentrer


d’abord sur de pures formes géométriques. Les premières figures humaines, qui apparaissent
en particulier sur les vases funéraires, sont réduites à l’essentiel. Le type humain simplifié
apparaît également, au 7e Siècle, dans la plastique ; l’homme y est représenté tout en
membres, car pour Homère « ce sont les membres qui constituent la partie vivante et
immédiatement perceptible de l’homme ».

Buts
Poètes, peintres ou sculpteurs apparaissent comme les véritables prophètes de la
religion grecque. Alors que les artistes archaïques s’intéressaient surtout à l’apparence
extérieure de la statue finie, on constate une intériorisation ; et l’abstraction philosophique
montre la voie à l’art figuré.

A la période archaïque succède la période classique (5e et début du 4e S.A. J.C) siècles
de Platon et d’Aristote, marqué par l’apparition du génie individuel et se concentre sur un
type d’homme : le citoyen grec idéal.

Art de la scène
Signalons que le 5e Siècle est aussi le grand Siècle de la tragédie grecque, et de la
comédie12 .

12.L’art étrusque

-Origine des Etrusques

Les Etrusques n’étaient qu’un petit peuple, mais leur influence a été grande en Italie
et ailleurs. D’après Hérodote, ils seraient venus d’Asie mineure ; mais le peuple étrusque
comme tel s’est constitué en Italie aux débuts des temps historiques (7e Siècle av. J.C).

12
Cf. M.D.PHILIPPE, L'activité artistique…, pp.66-70.
23

La peinture
Les historiens de l’Antiquité parlent des Etrusques comme de ceux qui aiment l’art,
mais portent leur intérêt surtout sur les aspects technique et rituels de leur art. De fait, on peut
remarquer que la peinture, dans laquelle les Etrusques ont excellé n’est pas simplement
décorative, ni un signe de piété familiale ; elle n’a pas non plus un but commémoratif. Au
début du moins, elle a une fonction rituelle précise : elle tend à perpétuer autour des morts
l’ambiance de leur existence passée sur la terre, ou à recréer par la force des images
l’efficacité vitale de certaines cérémonies funéraire. En fait, leur peinture est funéraire, elle
s’effectue principalement sur les hypogées ou tombes souterraines.

Cette peinture étrusque est très importante, car, étant seule conservée, elle nous montre
l’origine de la peinture du monde italo-grec. Parce qu’elle constitue le seul témoignage
pictural pendant plusieurs siècles du premier millénaire avant Jésus-Christ, on a conclu que
l’Italie était le berceau de la peinture, comme la Grèce est celui de la sculpture et de la
forme. Mais en réalité, on ne manque pas de documents littéraires qui exaltent la peinture
grecque, laquelle fut sans doute supérieure à celle des Etrusques. Il n’en reste pas moins que
les Etrusques représentent probablement, selon ce qui nous est connu la naissance de la
peinture italienne.

13.L’art romain

a)Contexte

Rome fut fondée par les Etrusques selon une légende. On pense alors que l'art romain
original est un produit secondaire, une variante tardive de grec et étrusque ? De fait, aucun
grand sculpteur romain ne nous est connu. Ceux dont on connaît les noms, étaient des Grecs.
Si l’on excepte les copies d’œuvre grecques, il y a un appauvrissement extraordinaire des
thèmes de la statuaire. Cette situation est d’autant plus étonnante qu’il y avait, dans Rome,
une foule innombrable de statues, copies d’œuvres grecques. Les temples, les thermes, les
villas, avaient l’aspect de musées ; l’intérêt pour les œuvres plastiques ne manquait donc pas.
Mais il y avait pourtant une très grande pauvreté en fait de créations originales.

Il n’est donc pas étonnant que les jeunes Romains, rentrés chez eux après avoir fait
leurs études aux Universités d’Athènes, de Rhodes ou d’Alexandrie, imitent ce qu’ils ont vu
en Grèce. Il faut aussi compter les butins de la victoire qui ne comprenaient pas seulement les
esclaves et l’or mais aussi des œuvres sculptées, de vases d’objets grecs.

Après le 12e Siècle, l’Europe Occidentale perdit son unité politique soutenue par
l’Empire romain à cause des barbares. Alors qu’avant la même langue, le latin étain partout
parlé, les mêmes ressemblances artistiques (aqueducs, temples, thermes, routes …) se
retrouvaient partout, l’invasion des sarrasins, des Hongrois mirent fin aux communications en
enfermant chaque région sur elle-même.
24

La papauté prit la relève de l’Empire romain et c’est grâce au sentiment religieux que
cette unité reprit quelque peu au moyen-âge. Le pape fut en même temps chef politique et
ecclésiastique. Ce fut le temps de croisades avec le désir de reprendre la terre sainte aux
Sarrasins, la période de reformes par la création des ordres nouveaux (Cisterciens…). Ce
sont ces monastères qui gardèrent et perpétuèrent les techniques artistiques (les objets
d’orfèvrerie).

b)L'Architecture

-Héritage grec
Il est très difficile, en fait, de délimiter ce qui est grec. Mais en ce qui concerne
l’architecture, cet art ne peut pas être importé comme on importe des statues, des reliefs, des
vases, des tableaux, des bijoux.

Non que les architectes romains aient ignoré la copie, mais ils ne copiaient que des
œuvres romaines précédentes, jamais des œuvres grecques, qu’ils connaissaient pourtant bien.
Mais il reste vrai que l’architecture romaine est en grande partie héritière de l’ordre
architectural élaboré en Grèce : notamment les rapports entre poids et support, entre
colonnes et poutres, où s’enracinent toutes les mesures et proportion de l’architecture antique,
où la partie est en rapport avec le tout, où tous les membres forment une unité organique.

-Buts et spécificités romains en architecture

Il y a cependant chez les Romains des modifications, et même des éléments et


principes inconnus en Grèce : les arcs et les coupoles.

L’architecture romaine se distingue par l’amour de l’arc associé à la colonne :


exemple le colisée et plusieurs arcs de triomphe. Une autre différence est que l’architecture
grecque est modeste et discrète, par contre celle des Romains est opulente, surchargée et faite
pour couvrir de grands espaces.
Pour comprendre l’art romain, et en particulier l’architecture, il ne suffit pas de
regarder les formes artistiques ; il faut comprendre les idées qui furent exprimées, et qui sont
avant tout des idées politiques, économiques et militaires. Le Romain est un soldat plus qu’un
poète, un homme d’Etat ambitieux plus qu’un artiste, un homme d’affaire plutôt qu’un
penseur13. Si l’art de bâtir est, plus qu’un autre, lié aux conditions sociales et politiques de son
temps, on peut dire que l’architecture romaine l’est plus que toute autre, et que « le véritable
maître d’œuvre romain est un homme politique et un militaire qui se fait aider par des
techniciens ».

13
Cf. XXX, Histoire mondiale de l'art. Des Etrusques à la fin du Moyen-Age, p.38.
25

On peut dire que, d’une manière générale, les édifices romains ont un but éminemment
pratique : les aqueducs, les routes solides, les amphithéâtres, où se déroulaient les combats
de gladiateurs avec pour but d’entretenir les qualités martiales du peuple conquérant.

A l'époque médiévale, l’architecture romane fut une des grandes caractéristiques de


l'art romain. Cette architecture avait une spécificité : l’usage du vitrail (formé de pièces de
verres colorés pour recevoir un décor). Il faut également signaler la voûte d’arêtes divisant
l’église en travées quadripartites, les arcs doubleaux et les arcs diagonaux, sans oublier les
contreforts.

L’art médiéval est également dominé par l’art gothique. Alors que l’art roman était
pris en charge par l’église, l’art gothique était initié par les villes. La cathédrale devient
centre de la cité. L’architecture gothique est caractérisée par l’arc ogive (arc contenant une
ligne diagonale en béton et située au sommet de la voûte pour orienter l'ensemble du poids du
toit vers les supports) mais aussi par des grandes fenêtres allant d’un pilier à un autre.

Bref, cette architecture était une symbiose de l’enthousiasme religieux avec la fierté
civique car les villes rivalisaient intensément entre elles sur la hauteur de la voûte.

b)La sculpture

La sculpture était réaliste et ne représentait souvent que la figure humaine. Elle était
étroitement liée à l’architecture14.

La sculpture romaine frappait par son réalisme, mais alors un réalisme quelque peu
arrogant. En effet, le Romain n’aime pas l’imaginaire. Cette sculpture avait un but : célébrer
la grandeur de Rome.

c)La peinture

Cet art décoratif était surtout utilisé dans l’architecture : sur les colonnes, les arcades.
Les fresques montrent aussi une façade de cette peinture. Quant à la mosaïque, disons qu’elle
est d’inspiration byzantine. Elle se faisait sur le pavement et le mur.

La sculpture romaine tout comme la peinture joue un rôle éducatif et décoratif. Elle
est faite sur les torches et les cloîtres et représente l’histoire sainte racontée en image pour
aider les simples gens. A propos de la peinture l’Italie est reste fidèle à l’art byzantin grâce à
l’image du christ à l’abside (construction semi-circulaire et couverte d'une voûte; elle se
trouve à l'extrémité du chœur derrière le maître autel d'une église).

14
Cf. XXX, L'histoire de l'art. Des Etrusques à la fin du Moyen-Age, pp.192ss.
26

14. L’art byzantin

Tous comme l’Empire d’Occident (romain) celui d’Orient (Byzance est la capitale de
l'empire romain d'Orient) était aussi fondé sur le christianisme, mais un christianisme
interprété différemment par l’Eglise orthodoxe.

L’architecture

L’architecture était caractérisée par l’usage de la voûte (ouvrage en maçonnerie qui une
forme cintrée et couvre l'intérieur d'un édifice) mais en forme de coupole, héritage de la perse.
Par conséquent si la voûte est hémisphérique, les murs auront une forme circulaire. Ce type
d’architecture était appliqué en grande partie aux églises.

La peinture

La peinture est faite de figures plates, sans relief et en dessin schématique. L’ornement
des byzantins apparaît surtout sur les urnes funéraires.
Les Byzantins semblaient considérer la sculpture comme un art mineur. C’est dans la
mosaïque qu’ils trouvèrent leur meilleure inspiration.

15. L’art chrétien

Le christianisme va venir transformer l’art en l’orientant vers le divin, un « divin » qui


n’est plus celui de l’Olympe, un « divin » qui ne se laisse pas voir par des yeux des hommes
et que l’on ne peut exprimer que par des symboles.

A la différence de l’art grec qui exalte l’homme, l’art oriental, au contraire, « ne


cherche qu’à exprimer le surhumain, qu’il s’agisse pour lui de glorifier la divinité ou le
souverain qui en est l’incarnation terrestre » : d’où sa démesure, sa hardiesse, sa somptuosité
et aussi son réalisme dans la représentation de l’homme, qu’il est, avec toutes ses difformités.
De là également son caractère de langage théologique : l’art byzantin, s’il est service de l’Etat,
est aussi pour l’Eglise un moyen d’agir, et avant tout un moyen d’enseigner (cfr les vitraux et
les mosaïques)

C’est aussi un art symbolique, qui, en nous montrant une chose, nous invite à en voir
une autre : dans l’art du moyen âge, … toute forme est vivifiée par l’esprit. Cet art,
entièrement finalisé par la religion (on se rappelle la crainte que donnait à St. Augustin le
plaisir qu’il prenait à la musique ambrosienne) est en même temps un enseignement. La
cathédrale est, pour le peuple chrétien, la Bible des pauvres

Mais avant d’en arriver là, comme l’art chrétien s’est-elle progressivement
développée? La première étape de l’art chrétien se situe entre le début du 3e S. et la fin du 4e,
date de l’avènement à Rome de la dynastie théodosienne. De la période antérieure à la paix
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de l’Eglise, il ne nous reste presque plus rien en fait d’architecture ; par contre, il nous reste
des peintures et des sculptures d’autant plus intéressantes que le christianisme avait d’abord
exclu les images.

Le 4e S. , époque qui vit le grand essor du christianisme n’est pas, si l’on en juge par
ce qui nous à été conservé, un grand siècle de l’art chrétien. C’est de ce siècle que date la
première église cathédrale de Rome, la basilique du Latran.

Désormais avec la renaissance carolingienne (7e -9e S., époque marquée par un très
grand idéal d’unité à traves l’Empire), Rome va s’effacer devant l’influence orientale.

Dès la fin du 9e S. et au cours du 10e, âges sombres des invasions normandes en France
et des dévastations arabes en Provence et en Italie, une grande partie des églises disparaît. On
voit alors s’élever, dans une partie de l’Europe occidentale, des églises d’une extrême
simplicité et qui se ressemblent toutes. Puis, à la fin du 10e S., cette architecture rudimentaire
se transforme et la voûte apparaît sur les nefs, la voûte qui va donner l’art roman son
caractère propre.

La succession du gothique pourrait revêtir un caractère contradictoire si nous ne la


voyions correspondre au revirement opéré, au début du 13e. par la pensée médiévale. Jusqu’à
la fin du 12e S. , l’augustinisme (et donc le platonisme) domine la théologie.

16. La Renaissance (15-17è siècles)

-Contexte
La renaissance désigne le retour aux œuvres antiques : arts, lettres, modes de pensée.
Elle marque l’affranchissement de l’art car celui-ci n’est plus au service des fins spirituelles
de l’homme comme était l’art médiéval. Et si son impulsion est tournée vers le beau et vers
l’étude de l’homme, cet art n’est pas pour autant païen. En effet, l’artiste italien de l’époque
s’intéresse à l’étude de l’homme et de ses sentiments. Néanmoins, son art n’est pas pour autant
un antichristianisme ; il est tout au plus un humanisme chrétien.

Le berceau de la Renaissance est la Florence (en Italie) du 15e siècle, et cela, grâce au
concours de trois facteurs principaux : le sens plastique réticent à la mystique, un humanisme
particulièrement vivant, la richesse exceptionnelle de la République et de ses bourgeois qui fit
que les œuvres d’art, d’un raffinement distinctif étaient commandés par des nobles; certains
artistes, devenus aussi riches avaient pour mécènes, des seigneurs.

-L'architecture

Mais déjà le 16e S. italien voit se transformer l’esprit de la Renaissance. Dans l’ordre
architectural, le passage se manifeste à la basilique Saint Pierre de Rome où Michel-Ange
dépasse l’harmonie de la Renaissance : alors que l’idéal renaissant était terrestre, c.à.d celui
d’un homme qui ne compte que sur soi, Michel-Ange élargit cet idéal, en l’ouvrant à
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l’émotion ; il l’emplit d’un sentiment de la vie à la mesure du monde et y infuse les


aspirations transcendantes d’un christianisme en plein réveil.

Sur le plan civil, commence la construction des châteaux très grands, élégants et
confortables ayant parfois 400 chambres capables de loger le roi et sa cour.

-L'art baroque

A l’idéal épuré de la Renaissance va succéder la somptuosité de l’art baroque qui se


situe au tournant du 18e au 19e siècle. L’adjectif baroque désigne un art somptueux,
extravagant, contraire à la règle et au goût des maîtres du Moyen Age. Avant la première
guerre mondiale ce terme revêtait une acception péjorative. Après cette période, les
esthéticiens l’ont utilisé pour désigner la libération, l’imagination ou fantaisie qui va souvent
jusqu’au désordre.

-L'art catholique et protestant

Au 16è S., la renaissance est marquée par la réforme protestante de Martin Luther. A
cette réforme va s’opposer la contre-Réforme catholique. Au niveau de l'art, il est à noter que
l’art catholique est particulièrement différent de l’art protestant. L’art catholique attache de
l’importance à l’architecture, à la sculpture, bref à la vue tandis que l’art protestant développe
la musique c.à.d. l’ouïe.
L’art baroque connu pour son éclat, sa somptuosité et sa grandeur va rencontrer
l'opposition de l'art protestant manifestement simple, austère et rigoureux.

17.Temps moderne

Cette expression veut dire agir selon son époque sans se référer aux valeurs jugées
dépassées. Elle est liée à l'émancipation, à l'évolution, au progrès en indiquant l'élan vers
l'avenir.

La peinture sera de type impressionniste et réaliste en rejetant le classique.

18.Epoque contemporaine (1789--)

L'architecture

Elle est innovante et permet à l'architecte de réaliser une idée particulière sous plusieurs styles
en se démarquant de ce qui se faisait avant. C'est une architecture libre, décomplexée aux
formes étonnantes mais attractives.

Cette architecture respecte certains principes:


-le souci écologique : insertion du bâtiment dans son environnement aux fins de le protéger en
utilisant, par exemple les éléments photovoltaïques pour produire la lumière. Le paysagisme
est aussi un critère : aménager le paysage afin de respecter la biodiversité, construire de façon
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que le bâtiment soit en harmonie avec le milieu comme la rive, le virage d'un route,
l'agglomération urbaine…;
-utilisations de nouveaux matériaux : le bois, le verre, la brique…; et surtout les matériaux
locaux;
-l'animation : éclairages extérieurs commodes aux passants, fontaines, jets d'eau…
-la forme : réduction de la ligne droite en privilégiant la ligne courbe afin de créer des
volumes et des formes arrondies;
-les concepteurs et les réalisateurs doivent être des diplômés d'école d'architecture.

Notons que les gratte-ciel ont été conçus pour des raisons économiques soit en épargnant
l'espace soit en prouvant la puissance économique.

Le pop art

Cette époque voit la naissance de "Pop art" ou art populaire en 1950 en Grande
Bretagne et aux Etats-Unis. Un groupe d'intellectuels étudient l'impact des médias sur une
grande masse en musique, peinture, sculpture.... Ce type d'art a perturbé le monde artistique
car les artistes utilisent des objets de la vie quotidienne pour faire de l'art : les bouteilles en
plastiques, les boîtes à conserves…

La sérigraphie (peinture)

La sérigraphie (écriture sur la soie) : technique chinoise datant entre le 10è et 13è s et
qui se répandit aux Etats-Unis au 20è s grâce à l'émigration. Elle consiste à imprimer des
motifs de façon répétitive sur un tissu, un papier, un métal, un verre, un bois…).
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Conclusion

Aux questions de savoir si l'art était un pur savoir, une illusion, une œuvre très liée au réel, le
contenu du cours "Histoire de l'art" montre à travers les types d'art, les classifications de l'art
et les réalisations au cours de l'histoire que l'art est plus pratique que théorique. Il est lié au
réel sans être dépendant car il s'en dégage par la fantaisie et l'imagination.

L'art est lié au concept religieux et remplit beaucoup d'autres fonctions dans la vie de
l'homme.

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