0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
474 vues213 pages

Conduire Son Chantier

gestion de projet

Transféré par

Bruno Tchivongo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
474 vues213 pages

Conduire Son Chantier

gestion de projet

Transféré par

Bruno Tchivongo
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF ou lisez en ligne sur Scribd
Vous êtes sur la page 1/ 213
CONDUIRE SON CHANTIER Préparation et organisation du chantier Planification et suivi des travaux Achévement de Pouvrage Jacques Armand Ingénieur TPE, Yves Raffestin Ingénieur TP - Diplomé EOST 68.05 «6 Cinquime édition Attention au «photocopllage ‘Nous alertons nos lectus sur la menace que représente, pour Vaventr de écrit, te développe- ment nasi di «photocopllage» Le Cole de la propriété inelecmelle invert expressénens la photocopie & usage cole sans autorisatin des ayants dot. Or cere pratique sx développee dans de nombres cabinets entre prises, administrations, organisations professionelles et éablssementsdensignement, Pcv0- ‘quant une basse des achas de livres, de reeset de magasines. En tant qu éieur, nous vous ‘mettons en garde pour que cessent de elles prasgues ‘Aux termes de ace L. 122-4 du Code de Ja propriété intlletuelle, «toute repuésenttion ot ‘production inégrale ou pale fie sans le cosentement de Pauteur ou de ses ayant droit ‘¥ ayans cause est ict». Latcl L. 122-2 et 3a) du mtme code w'autorise que les «coice ‘ou reproductions strictement rservées a Tusage du copiste et non destinges & une utisation collective» et les «analyses et courte citations», dans un but exemple et dillstration, «sus ‘serve que sient indiqués client le om de auteur ct la source. Toute représetation ot reproduction, par quel procédé que ce sit, ne respectatpaslaleyslaton ea vigueu,const- ‘wert done une contefagon sanctionnée par les articles L. 338.2 et suivants du Code de Ia opi itellecwele.Toueois, autoisation detfectuer des reproduction finlité non com metic par reproaraphie(phetocope, eésople, copie pope sélige par tout moyen) peut te obtemieanprs du Cente fangas dl exploitation du droit de copie, 3 ue Hatfill, 75006 Pati. ISBN: 2-281-11186-5 © Groupe Moniteur (Editions Le Moniteur), Paris, 1999 Table des matiéres Introduction ... —— ut Ht | Les intervenants et les dossiers 1. Les intervenants soso 1s Le maitre de Pouvrage ae 5 La maitrise d'ouvrage 16 Les différents maitres de Fouvrage 16 | entrepreneur et les processus de consultation : cence 19 | [Le processus de construction So 19 | La passation des marchés ...nsnnsnnn 20 | La conception-réalisation - 21 | La construction de maisons individueles 2 Le marché ’entreprise de travaux publics 2 lapel d’offtes sur performances... 21 Le maitre d’ceuvre 2 La matrise d’euvre 2 | Professions assurant ia maitrise d'ccuvre 2 | Linge 23 rincipales professions de lingénierie ps | Les géometres-experts fonciers 4 Ordonnancement = pilotage - coordination (OBC) 25 1 Le coordonnateur de sécurité 25 ' Les contréleurs techniques 6 Le controle technique 26 Les verifications tecnigues 26 Les missions . . 2 Les services publics... 2 La direction dépsriementale de T Equipement (DDE) 27 [ies services techniques de la commune 28 | Electrcité de France ~ Gaz de Fence (EDF-GDF) ee weanes 28 Services des eaux et asainissement I | Tes opérateus de réseau i TABLE DES MATIERES: 2. Le dossier technique et administeatit 31 Documents généraux : 31 Dossier de consultation 31 Analyse des limites de prestations 32 2 La mise au point du dossier marché de travaux 3. Les documents contractuels du marché : 39 Létablissement du calendtier prévisionnel des travaux 39 Le délai n'est mentionné dans le marché que par sa due global 39 Le délai global est assorii de phases « charni@res >... 40 Le délai global est formalisé par un ou plusieurs plannings détailés 40 Les pitces contractuelles du marché 2 Les marchés soumis au Code des marchés publics 2 [Les marchés non soumis au Code des marchés publics ~~. a [Les regles de Part 4B [Les normes européenines 43 4. Assistances apportées par le responsable des travaux 45 assistance av rédacteur du cahier des charges 45 assistance lors des négociations et discussions avec les entreprises pressenties 46 ‘Quand les négociations sont-elles possibles? 46 Examen des Variantes techniques ou financitres proposées par les entreprises 47 ‘assistance et la participation a la mise au point des dossiers... 48 'Névessité de disposer d'une période de préparation des marchés 48 reparation des marchés 48 5. La synthise de Popération 9 Fiche de synthise générale de l'opération 49 Fiche de symthése des principales prestations 50 Fiche de synthése récapitulative des marchés 56 3 La préparation du chantier 6. Lorganisation générale du chantier 59 La direction de chantier 59 Le compte interentreprises 6 ‘Mise en place de la convention inierentreprises 6 Clauses dela convention inerenteprises 6 Dépenses prévues au compte interentreprises =. 62 “Modele de convention interentreprises pour In gestion du compte prorata 63 Organisation de la sécurité et de la santé des travailleurs 68 ‘La déclaration préalable . 68 Le coordonnatcur en matise de sécurité ei de protection de la santé 69 Le college interentreprises de sécurité, de santé et des conditions de travail (CISSCT) 0 Le plan général de coordination en matte de sunt et deprotection de la santé (PGC) 72 Le plan particulier de sécurité et de protection de la santé bse) B Le registre-journal - 4 Le dossier intervention ultévicure sur Fouvrage (DIU) B Voiries et réseaux dIVEFS ow B Les obligations de chacun des partenaires 5 TABLE DES MATIERES 7 Les assurances de la construction .. so ee 6 assurance décennale des constructeurs 7 assurance dommage-ouvrage 7 La police unique de chanticr (PUG)... eee 7 ‘Lrassurance lige ala responsabilité civiie ae m8 Les autres assurances : B Le plan d’installation de chantier B ‘Objectifs du plan d'instalation B Le plan installation a Samncnanannnans 79 Indications 3 transcrte sur le pian «installation » Les formalités administratives d’ouvertare de chantier - ~ ‘Obtention du permis de démolir os 1) Déclaration réglementaire d’ ouverture de chantier ~.. on aL Panneau relatif & la publicité du permis de construire 81 i Affichage de la déclaration préalable... een | Panneau dit de chantier oe aL Autres types de déclarations 81 | organisation du bureau de chantier “ - soe “ - 2 La transmission du courtier... : ees) j Application de la sécurité et de Phygitne Sue 1s canter eens | ‘Les organismes de contrale 8 ‘Opérations passées par les maitres d’ouvage publics I . 84 Le rdglement de chantiet enn so : 4 7. La préparation et la coordination techniques ... 85 | Les mises au point techniques internes & I'entreprises 85 Organisation et coordination technique 86 | ‘La réunion de coordination technique 86 Les plans d'exécution .. Cnansnanne 87 ‘Cohérence entre les plans d'architectire et ies plans techniques 90 ‘Cohérence entre les plans techniques des différents lots spécialisés 90 8. Le planning des travaux 7 on Les documents nécessaires a I'éablissement du planning... sutnnenininnansienin OW | Les renseignements nécessaires &Iétablissement du planning 2 Les modes de représentation du planning 92 Le planning Gantt... : 92 Necessité d'avoir une méthode dordonnancement =n... on 93 La méthode PERT —— . : oo oceans OM La méthode des poteniels sonurmnns 98 Application des méthodes «3 chemin enti Sus opérations e tient cn 100 Le planning «chemin de fer». scnanninananannnne, 105 Quelle méthode choisir 105 Linformatisation des plannings 105 Les phases d'élaboration La saisie des données Tes documents de sortie 9. La pratique du planning ...... ut 128 AEDES cor _ — cee iil Definition des délais a ui Le délai d’exécution 12 Lélaboration du planning des tfaVaUs eon 12 ‘Aide-mémoire pour Iétablissement du planning won UD ( Exemple simphfié d'établissement d'un graphe-planning par ia méthode des potenticis 15 Lélaboration des autres planning «0... somminmnaninsnieninmnnninnn LB Planning de fabrication et d'approvisionnement du chantier 8 Planning de fabrication et d’approvisionnement des «éléments préfabriqués» 119 Planning de consultation des SouS-raitaMts jon a 119 , TABLE DES MATIERES: Planning d'utilisation du matériel et des engins = 119 Planing de rotation du matériel (gu, cotrage te de Fapprovisionement en bin 20 Planning @afectaton dv personnel... coe 120 10. L’échéancier de versement des acomptes 121 Le bilan financier prévisionnel ... 121 Objectif de Iéchéancier de versement des acomptes 122 Corrélation entre le planning des travaux ct 'échéancier des acomptce . 123 Diagnostics & partir des documents financiers mensuels 126 4 L’exécution des travaux 11, Les préalables & Pexécution des travaux .. 13 Londre de service de commences les travaux . 13 ‘Cas d'un marché public BI Cas d'un marché privé BI Les ordres de service suivant ia forme dintervention des enteprises 1B Liimportance de a date de d&butd'exécution des travaux 132 LLacceptation des sous-traitans et l'agrément des conditions de paiement 132 Le sous-traitant See 132 Te paiement direst 2 132 action diecte 133 1a sous-tratance ineguliere 2133 Ta réglementation du travail 133 Les vriticatons avant le démarrage du chante 133 Libération des sols 133 Servitudes foncieres 134 Liaisons avee les services publics Be ‘errassements 134 CISSCT (college inierenireprises de SéCit, de Santé et es Conditions de travail) Ba Les préalables aux travaux, “ 135 LE plan implantation des ouvrages : 135 Aluimétre, planimetrc, rperes 135 Viabilité sseaux > 136 Installation de chantier 136 Planification des verifications de début de chantier 136 12, Les réunions de chantier 137 Le déroulement des réunions . 37 ‘Qualitésrequises de P'animaicur By Qui est convogué aux réunions” ~ > 38 Conditions générales pour que les 140 Le procés-verbal de reunion 140 La premire réunion de chantier 140 Proposition d'un plan de déroulement 141 Les réunions hebdomadaires et mensuelles . 143 La visite de chantier 143 Ce déroulement dela téunion hebdomadaie 143 Le déroulement de la réunion mensuelle .. 145 {as unios lies au compte interenteprises 145 Leassemblée générale 145 Le comité de gestion . 145 Les réunions du CISSCT .. . 146 Reunions 146 Composition du CISSCT 146 TABLE DES MATIERES 9 Convocation - semnannnonone 146 Brocds-verbaux = oo oo 146 Le journal de chantier 146 13, La gestion des délais et fe contréle de la qualité so “ 149 La gestion des délais 149 ointage des grilles et wibelsdavancement de UravaUx wnsnonnnnnn 149 Planning : mise a jour et recalage : oe C150 Relance des entreprises défallantes vo 152 Planning de rattrapage ... — I 152 Décompte des jours d'intempéries 154 incidence des ventes sur le déroulement des travaux sen 135 Le controle de la qualité 155 Le contrdle lors des visites de chantier 0. 156 {Les conirdles & effectuer par comps détat en 156 {a présentation des échantllons et approbation dt maitre de Pouvrage 157 Les essais durant les travaux 157 | LEes techniques nouvelles 158 Lappartement ou la clle-témoi vn nncn ns a 158 j Le conttble qualité sur les chantiers 159 | ‘La démarche qualité en bitiment 9 Ca démarche qualité en travaux py 160 14, La gestion finanefére i eee 16 Les ordres de service et les avenants sc 161 i Modifications demandées par le maitre de Fowviage nc ears 1] -Mowitications demandées par Tentrepreneur cnn 16 | Contractualiser les modifications a 162 Les constats et attachements .... Sone 168 La situation des travaux dans fe marché & prix unites 164 | 1a situation des travaux dans le marché 2 forfait senmnnnannnnnnnnnnnsnsnne YOR j La demande d'acompte du sous-taitant 168 | Paiement direct 168 Délégation ——— 170 | Les travaux en dépenses contolées = suennnonsnsene TIO | Les t2¥Q0 €N EBC on See 170 La demande d'acompte 170 eriodicité ot délas des acomptes E ee 170 Eléments eonstitutits de acompte een 72 ' Principe du calcul de I'acompte pour un marché privé EN 176 | Liacompte en application dv CCAG WaVaUX nner * 16 | Les modalités de réglement 176 | Le rglement des comptes en marché publi 176 Le reglement des comples en marché privé... 176 La gestion du compte interentreprises 176 i 5 Ltachévement du chantier 15, La réception des travaux. 183 ' Les opérations préalables la réception 183 Visite préalable & la réception 183 Essais et controls techniques 184 Gestion des clés 184 10 TABLE DES MATIERES Nettoyage Conirale et accords des services extérieurs La réception Formalisme des marchés publics Réception des travaux des marchés de droit privé Effets de la réception Les demnizres opérations concemant les travaux Replicment des installations de chantier Levée des réserves Garantie de parfait achévement 16. La conclusion financi La cloture des études Le dossier des ouvrages exécutés (DOE) Le dossier «intervention ultérieure (DIU) Carchivage des documents su... La conclusion financiére Décompte général et detinitif Libération des garanties financigres Les demires formalités administratives Déclaration d’achevement des travaux Certiticat de conformité .. eet administrative 17. Les différends et les litiges en phase travaux... La mise en demeure ... ‘Lopposition & la libération dune stretéfinanciere ‘Le marché public prévoit une retenue de garantie Le marché privé est passé avec une retenue de gar La caution personnelle est solidaire : Les autres sanctions du marché Le reglement des litiges . La protection du sous-traitant nus ‘Le sous-raitant est soumis au paiement direct Le sous-traitant a accepté la délégation parfaite ‘Le sous-traitant est soumis a fa délégation imparfaite Le sous-traitant est garanti par une caution personnelle et solidaize 205 La eésiliation 205 ‘La résiliation en marchés pubis 205 La résiliation en marches privés 206 La fallte de Ventreprise 206 [Le droit des provédures collectives 206 Dispositions communes a toas les marchés 206 Particulates du marché public 207 Cas des marehés privés 207 Les conflits entre participants 208 Aide-mémoire des taches 2 aeeomplir durant le déroulement des travaux 21 ‘Moddle de réglement de chantier 215 “Table des fiches de synthtse et des modBles de documents 221 Bibliographie 223 Index 225 Introduction Lobjet essentiel de ce guide est de donner au responsable de Ia conduite du chantier une méthode qui prend en compte & la fois les questions techniques, les procédures administratives et financiéres, tout en considérant la particularité de chaque chantier, liée au site, au calendrier et & la personnalité des intervenants. Ce livre décrit l'ensemble des connaissances et des actions des responsables participant aux travaux, et qui concernent tous les participants : service technique du maitre de l’ouvrage, public ou privé, maitrise d’ceuvre, organisme d’ordonnancement, pilotage et coordination, entreprise pilote, bureau d'études techniques ou tout autre personne ou organisme ayant la compétence pour assumer ces actions. La mission de ces intervenants commence donc avec le chantier, ou méme, ce qui est souhaitable, un peu avant, c’est-2-dire au moment oit la conception est terminée, oit les plans d’exécution vont commencer, et lorsque les entreprises sont ou vont étre désignées. La mission prend fin sur le chantier avec Ia livraison de l’ouvrage au maitre de l'ouvrage, les levées de réserves, la verification des décomptes définitifs des entreprises et la remise de divers documents de fin de chantier au maitre de l’ouvrage. ‘Afin de faciliter Ia mission — vaste et complexe — du responsable des travaux, ce guide contient une série de tableaux synthétiques et d’aide-mémoire sur divers sujets (analyse des limites de prestations, assistance a la rédaction du marché, etc.), ce qui en facilite la pratique. Pris dans Pactivité fébrile du chantier, le responsable ne doit pas ignorer d’appliquer les régles nouvelles, aussi nombreuses que variées, qui, aprés leur mise en place suivent des Evolutions en fonction des textes d’ application, de la pratique et de la jurisprudence. Depuis une dizaine d’années des réformes sont intervenues: modification du Code des marchés publics, organisation de la sécurité et de Ja santé des travailleurs sur les chantiers, relation de la maitrise d’@uvre avec la maitrise d’ouvrage publique. Cette nouvelle édition, prend en compte les nouveaux décrets relatifs & 1a consultation européenne, la jurisprudence sur la garantie de paiement, la formalisation de I'assistance & maftrise d’ouvrage (AMO), etc. Conduire son chantier constitue un aide-mémoire pour toute personne qui assume des responsabilités lors d'une opération en phase d’exécution. Les intervenants et les dossiers Le maitre de louvrage, qui est le constructeur, devra ‘passer un ou plusieurs contrats appelés marchés de tra- vvaux —juridiquement nommés contrats de louage d'ou- vrage ou contrats d'entreprise (1) ~ en vue de faire réaliser Pouvrage. Le plus souvent, il s’entoure de compétences complé- ‘mentaires & Ia sienne et sollicite des hommes de l'art dont le savoir-faire participe & la réalisation de l'ou- ‘rage, L'un des rOles principaux consiste & assurer la ‘aiirise d'ceuvre. La convention passée avec le maitre GTeeuvre est aussi un contrat de louage d'ouvrage ou Aentreprise. Les relations qui s’établiront entre les divers interve- nants sont tres variées. Leur connaissance est indis- pensable & tous et & plus forte raison au «responsable travaux», terme ts général que nous utiiserons pour toute personne ayant des initiatives & prendre sur un cchantier. (0) Contat de louage W ouvrage:terminalogic de Vartile 1779 de Code ii: Conta denteprise:terminolopie jurisprudentile reprise dans la oj relative la Sous-aitance. (@) Loi n°85-704 dy 12 juler 1985 ZO du 13 jullet 1985, Le ‘Moniteur des rave pli ex du binent, 19 juillet 1985). {@) Décres 93-1268 et 93-1269 dv 29 novembre 1998 JO a 1 décembre 1993); ante da 21 décembve 1993 (10 du 13 janvier 1998), Les intervenants Le maitre de l’ouvrage Le terme «maitre de 'ouvrage> fait partie de ceux, nombreux dans le monde du batiment, qui prétent & confusion, La norme frangaise NF P 03-001 de sep- tembre 199] en donne tx définition suivante: «per- sonne physique ou morale désignée par ce terme dans Jes documents du marché et pour le compte de qui les ‘travaux ou ouvrages sont exécutés » La loi de 1985 sur la maitrise d’ouvrage publique (2) ‘en donne une définition qui le responsabilise : «Le maitre de T'ouvrage est Ia personne morale pour laquelle louvrage est construit. Responsable principal de louvrage, il remplit dans ce rOle une fonction din- t6rét général dont il ne peut se démettre. 11 lui appar- tient, apreés s'@tre assuré de la faisabilité et de Vopportunité de l'opération envisagée, d’en détermi- net la localisation, d’en définir le programme, d’cn arréter l'enveloppe financiére prévisionnelle, d’en assurer le financement, de choisir le processus selon lequel Vouvrage sera réalisé et de conclure, avec les maitres deeuvre et les entrepreneurs qu'il choisit, les ccontrats ayant pour objet les études et les travaux.» ‘Remplacant la réforme de lingénierie et de 'archit ture de 1973, cette loi renforce les régles d’ organisation e la maitrise d’ouvrage appliquée & un ensemble de ‘maftres douvrage que nous citerons plus loin. Elle fait objet d’un certain nombre de décrets d’application (3) 16 _LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS ‘qui modifient profondément la relation contractuelle du maitre d'ceuvre avec le maitre d’ouvrage, Le maitre de ouvrage pourra se faire assister par un cconducteurd opération dont le role est defini ci-apres (4). La maitrise d’ouvrage Les principales fonctions de la mattrise d’ouvrage sont Tes suivantes = prendre & son compte T'intention de construire et «gérer cette intention jusqu’a ce que Ia réalisation soit menée & bonne fin + ~arréter V'enveloppe financidre, wouver les fonds nécessaires a la réalisation et gérer ces fonds notam- ‘ment en rémunérant les réalisateurs (le maitre de Pou vrage est toujours le payeur) ; —procurer le terrain ou espace nécessaire & la construction envisagée, par achat, bail ou concession, ‘ou déterminer la localisation — défi dans le programme les objectfs de Vopération €t les besoins qu'elle doit satisfaire, ainsi que les contraintes et les exigences. Le programme peut étre cconfié & une personne extérieure Ia maitrise d'ouvrage; =Sil n'a pas les moyens de construire seul son ouvrage, passer des contrats de louage 4 ouvrage (mar- cchés d'études et marchés de travaux) avec un certain nombre de personnes qui construiront pour son compte (maitre d’euvre, éventuellement techniciens et entre- reneurs) ; = prendre livraison de ouvrage en le réceptionnant; ~ exploiter I'ouvrage ou, dans certains cas, le remettre, le consigner, & Porganisme qui est chargé de cette exploitation et de sa gestion, Afin d’éviter des erreurs, le « responsable des travaux > evra trés rapidement, des le début des travaux, étre en mesure de répondre aux trois questions suivantes ~ Lemaitre de louvrage estil de droit privé ou de droit public? ~Estil un professionnel de la construction, avec une compétence certaine, ou est-il «oveasionnel» appa- remment incompétent ? ~ Acton affaire au véritable maftre de Vouvrage (qui «opére en direct») ou & quelqu’un qui s'est substitué a Tui (moyennant un mandat, un contrat, une déléga- tion, une concession, etc.) ? Les différents maitres de l’ouvrage Le classement que I'on peut faire de l'ensemble des maitres de louvrage, d’aprés Ia réglementation qui s'applique & chague catégorie, fait référence & deux classifications qui ne correspondent pas toujours =a premiére classification se fait avec des critéres nationaux, suivant que Ie maitre de l'ouvrage est soit soumis aul Code des marchés publics, soit réglementé ‘ou n'est soumis a aucune réglementation ; =In deuxitme classification se fait en application de directives européennes pour les mattres de T'ouvrage its «pouvoirs adjudicateurs». Sont concernés les ‘marches supérieurs & certains seuils et indépendam- ment de la classification nationale, Nous n’expliciterons, ci-aprés, que les principales ccatégories de ces deux classifications. Les maitres de Vouvrage publics * L’Etat et ses établissements publics a caracteére administratif Lorsque Etat est maitre de l'ouvrage, cette fonction se trouve dans la personne responsable dur marché, savoir les ministres ou les personnes a qui a été délé- guée la signature (les directeurs départementaux par exemple). La personne responsable du marché peut se faite aider par un conducteur d’opération, qui sera la plupart du femps son service technique s'il n'est pas dja maitre euvre, Les établissements publics de I’Etat & caractére admi- nisiratif sont rangés dans cette catégorie. Nous y retrouvons les écoles, caisses, instituts, musées, uni- Versités, agences, conservatoires nationaux, etc. Cette liste, fastidieuse & énoncer, peut évoluer dans le temps. Citons par exemple ta Caisse des dépéts et consigna- tions, Ia Caisse nationale d’assurance maladie, les Ecoles nationales (Mines, Ponts et Chaussées, etc.) * Les collectivités territoriales et leurs établissements publics Le maitre de I ouvrage est Passemblée élue dite aussi assemblée délibérante, qui donne pouvoir a une per- sonne: le maire pour une commune, le directeur pour tun office d’HLM....ou 2 une commission pour des objets bien défins. On retrouve la méme fonction de conduite d’opération ‘que pour I'Etat, Les collectivités tertitoriales sont les régions, les départements et les communes. Dans la liste de leurs établissements publics, on retrouve: les établissements hospitaliers, les offices d’HLM, les communautés urbaines, les villes nouvelles, les syndicats intercom- ‘monaux, etc (@)La rémunération de cot fonction est dine pa arrté da 7 mary 1949 moti par Vas da 2 décembre 198, 1 faut noter que les incidences réglementaires dues & Ja décentraisation ne sappliquent pas aux établisse- ‘ments publics hospitaliers. Les directeurs de ces éta- bblissements ont des compétences élargies (5), Bien que fous ces mates d’ouvrage soient soumis au livre IIT du Code des marchés publics, il existe entre ‘eux des différences marquées quant aux roles et pou- voirs des personnes et des assemblées Ces particularités ont des incidences sensibles sur la passation et la gestion des marches * Les régles nationales de passation des marchés Depuis la consultation jusqu’a des régles de gestion liges & la comptabilité publique, ces maitres de 'ou- vrage suivent le Code des marchés publics. En part- culier, pour la maitrise d’ceuvre, les regles applicables sont définies par la loi MOP (6) et ses textes dappli cation (7). La consultation est soumise & des procé. dures négociées.d'aprés le montant prévisible du ‘marché et en application des articles 108 bis et 108 rer. et aux articles 314 bis et 314 fer duu Code des marchés publics. La maitrise d’ceuvre est Himitée aux travaux neufs, de rehabilitation et de rEnovation de batiment et infrastructure, Les études relatives & d'autres travaux (travaux den- tuetien, travaux relevant du domaine industrie comme lune usine d’incinération) sont attribuées par les régles de consultation de droit commun qui sont I’appel offre. * Les procédures européennes De nouvelles obligations ont été finées en matitre de publicité et de mise en concurrence par des directives applicables aux Eats européens. Pour les maitres de Pouvrage publics, ces directives ont été transposées en (6) Loi du 31 décembre 1970, modi, ails 22 et 22-2. (6) Loin 85-704 gu 12 jilet 1985 (J0 da 13 juillet 1985). (7) Decrets 93-1268 ef 93-1269 do 29 novembre 1993 JO dv 1 dscomibe 1993); até du 21 dseembre 1993 (0 da 13 janvier 1999, (8) Union pour le groupement achat publics soumis au Code des match publi (©) Ces organises suivent les disposiions de la loi 93-192 da 29 Janvier 1993 (an. 433-1 eta 481-4 du Code dela constuction tt de habitation) et da dere aplication 93-746 da 27 mars 1993 (G0 di 30 mars 1993) (10) Amd 4a 1984, modifié notamment pa été du 9 msi 1995, (11) Décrets 99-1268 ot 93-1269 da 29 novembre 1998 UO du 1 aéoembre 1993); até du 21 décembre 1993 (10 du 13 janvier 1998). LES INTERVENANTS 17 droit imteme par plusieurs décrets qui composent le livre V du Code des marchés publics. Les maitres de 'ouvrage réglementés CCertans maitres de I'ouvrage, parce qu’lsuilisent des sabventions de I'Etat ou parce qu'ils sont établisse- ments publics de Etat & caractoe industriel et com- mercial, se voient imposer certines réglementations dans la passation de leurs marches. Parmi les établissements de I'Ftat & caractére industriel et commercial, il faut citer: EDF, GDF, les ports auto- nomes, la RATP, la SNCF et I"'UGAP (8). Ces établis- sements.s'inspirent tr8s librement du Code des smarchés publics, & défaut pour certains d'y étze sou- mis. Ils sont ou non soumis aux régles de Ia compta- bilité publique, Le contentieux du contrat peut relever aussi bien de la compétence administrative que judi- ciaire, Autant de particularités qui ne rendent pas aisée pour le contractant la gestion du marché Drautres maitres de louvrage, bien que relevant stric- tement du droit privé, sont réglementés. Ce sont: =les- organises. privés HLM et les SEM de construction et de gestion de logements sociaux (9); = les organismes privés mentionnés aT artile L. 64 du Code de la Sécurité sociale (casses régionales ou pri- maires «assurance maladie, caisses d°allocations familiales, etc.). Lorsque cos organismes passent des ‘marchés, ils sont soumis & une réglementation particu- litre (10), Les incidences de ta loi MOP ‘La loi MOP "applique & ensemble de ces maitres de Youvrage. Si les procédures de passation des marchés sont propres & chaque maftre de T'ouvrage, le contenu des missions est défini par Tes mémes textes que pour Jes maitres de 'ouvrage publies (11), Les pouvoirs adjudicateurs 1 s'agit des « pouvoirs adjudicateurs » définis par les directives européennes. Sans vouloir en dresser une liste exhaustive, relevent de cette catégorie =Ies pouvoirs publics: Etat, collectivités territoriales et leurs établissements publics autres qu’a caractére industriel et commercial ; ceux-ci sont soumis au Code des marchés publics et déja cités: = es entreprises publiques sur lesquelles les pouvoirs publics peuvent exercer ure influence dominante ; = les entreprises liges dont les comptes annuels sont consolidés avec ceux de I’entité adjudicatrice ou exer- cent une influence dominante: =les opérateurs de réseaux (eau, énergie, transport, 1élécommunications) ; les personnes privées agissant en tant que manda- taires d'une personne ayant le caracttre de pouvoir adjudicateur, 18 _LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS Des obligations ont été fixées en matiére de publicité ct de mise en concurrence par une série de textes de ‘transposition des directives européennes (12). Parmi les pouvoirs adjudicateurs, nous pouvons citer tie d'exemple ~~ Réseaux fernés de France (RFF) : entreprise publique nationale & caractére industriel et commercial; = France Télécom: opérateur public de service univer- sel; —les régies de distribution d’électrcité: opérateurs de réseaux: —les SEMCA:: sociétés d’économie mixte chargées des autoroutes ; —CEGETEL, COLT, SIRIS: opérateurs privés de réseau, Certains de ces maitres de 'ouvrage sont des per- sonnes privées et ne relevent que de la réglementation européenne ; ils se trouvent de ce fait dans la catégo- rie suivante des maitres de Pouvrage privés. Les maitres de ouvrage privés ‘Ces maittes de ouvrage ne sont soumis 8 aucune rege administrative * Les promoteurs et les constructeurs privés Cotte profession, la plus récente du secteur qui nous conceme, est née des besoins apparus de fagon pres- sante au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La principale organisation professionnelle définit le ‘romoteur-constructeur comme « a personne physique ‘ou morale dont la profession ou l'objet est de prendre, de facon habituelleet dans le cadre dune organisation permanente, initiative de réalisations immobilires et assumer la responsabilité dela coordination des opé- rations intervenant pour Pétude, Pexécution et la mise A isposition des usagers de programmes de construc- tion». Si acte de promotion est désormais strictement régle- ‘menté, I'exercice de la profession demeure libre. Les principales organisations professionnelles sont : =Ia FNPC (Fédération nationale des promoteurs- constructeurs); =Ie GNECI (Groupement national des entrepreneurs construeteurs immobiliers). Ces deux organisations regroupent les entreprises de bitiment réalisant, comme activité secondaire, des ‘opérations de promotion immobiligre. * Les organismes utilisant le « 1 % employeur » Le «1% employeur» est obligation faite & certains cemployeurs de consacrer une certaine participation financidre & effort de construction en faveur des sala- rigs (at. L. 313.1 du Code de la construction et de I’ha- bitation). Cette participation était a ’origine de I % de Ja masse salariale elle n'est plus actuellement que de 0,45 %. La plupart de ces professionnels sont regroupés au sein de I'Union nationale interprofessionnelle du logement (UNIL), association relevant de la loi de 1901, créée cen 1968 pour rassembler tous ceux qui, A un titre quel- cconque, participent a la collecte et 2 V'utilisation du 1%, ot d'une maniére plus générale ont vocation de ’imtéresser au logement des salariés © Le maitre de Vouvrage occasionnel Crest la personne qui construit occasionnellement Vindustriel qui construit ou agrandit son usine, ou le particulier qui bitit pour Iui-méme. Le mandataire Lorsque le maitre de Vowvrage, pour le compte de qui doit seffectuer la réalisation, n'a pas Vintention, les ‘moyens humains ou la compétence nécessaire pour assurer les taches opérationnelles qu’ implique la fone- tion, il peut confier ces taches 2 un mandataire dans les conditions définies par une convention appropriée qui s'appelle mandat. Ce mandataire agissant au nom et pour le compte du maitze de l'ouvrage exerce tout ou partie des attribu- tions de ce dernier. I1s’est substitué au maitre de I'ouvrage délégué depuis application de la Joi sur la maitrise d’ouvrage publique du 12 juillet 1985 dite loi MOP par simplification Cette loi fixe ta liste des personnes qui peuvent rem- plir cette mission et les_principales clauses de la convention qui doit prévoir =la définition des conditions administratives et techniques selon lesquelles I'ouvrage sera étudié et exécuté; ~ la préparation du choix du maitre d’quvre la signa- ture du contrat de maitrise d’ceuvre, aprés approbation du choix du maitre d’ euvre par le maitre de louvrage, et la gestion du contrat de maitise d'euvre ; =Tapprobation des avant-projets et l'accord sur le projet =a préparation du choix de Fentrepreneur, la signa- ture du contrat de travaux, apres approbation du choix de Y entrepreneur par le maitre de ouvrage, et la ges- tion du contrat de travaux; =le versement de la rémunération de la mission de maitre d'wuvre et des travaux: (42) Notamment au du 9 ferir 194 modifié le 22 ae 1958 LES INTERVENANTS 19 = Ia réception de Pouvrage et T'accomplissement de tous les actes afférents aux attributions mentionnées ci- dessus, Certaines prérogatives du maitre de I’ouvrage ne peu- ‘vent étre mandatées en vertu de sa mission de service public. En particulier, la réglementation & suivre pour Ta passation des marchés est celle du mandant, en application du décret 93-548 du 26 mars 1993. Une convention précise les conditions expresses du mandat Avec T'attribution des compétences des collages et Iycées, espectivement aux départements et aux régions, le chef d’établissement peut se voir confier la compé- tence de maitre de ouvrage en matiére «de construc- tion, de reconstruction, d'extension, de grosses réparations.,. de I’établissement » Cette disposition Iégale (13) ne s'assimile pas & un mandat mais devrait faire objet d'une convention pour en définir les conditions. Le condueteur d’opération Le maitre de l'ouvrage, tout en conservant la maitrise de lopération, peut recourir & une assistance tech- nique, financiére et administrative en faisantintervenir un conducteur d’opération (14). ‘Une convention définit les conditions dans Iesquelles est passéeceite conduite. La réglementation sur la mis- sion et sa rémunération a été prévue_lorsqu’elle concerne les servives de 'Equipement (15). Les personnes qui peuvent assurer la conduite d’opé- ration sont limitées & l'article 6 de la loi MOP et & quelques exceptions, il s'agit de personnes publiques. Lassistant a maitre de ouvrage (AMO) La mission de conduite d’opération prévue par la loi MOP entre personnes publigues peut aussi se conce- voir pour des personnes privées entre elles. On dit alors qui s'agit d’assistance & maitrise d’ouvrage (AMO). Pour les personnes qui remplissent cette mission, il existe plusieurs qualifications attribuées par des orga- nismes professionnels, par exemple I'OPQTECC (Organisation. professionnelle de qualification des (13) Aricle 15-14 de 198s, (14) La rémnunération de cate fonction es dine pa arr inte rminitiel du 7 mars 1949, modifié notamment par Maré du 2 décemine 1998, (13) Ciculies 76-487 dS octobre 1976 et 79-81 uv 30 aot 1979 (ascot B11 bis dy BOMECY) et art du 2 décembre 1958 (16) Le Monieur a3 mai 191. Texts offcietsp. 293 (22 juillet 1983 modifié le 25 juier techniciens de l'économie de la construction et de Ia coordination) (16), 'OPQCM (Office professionnel de {qualification de conseil en management), 'OPQIBL (Organisation professionnelle de qualification de Vin- génierie du bétiment et de Vinfrastucture) qualifica- tion M33 (Administratf, juridique et compétences particuligres). Il nest pas logique qu'un mature de louvrage public recoure & intervention d’'un AMO pour une mission qui revient normalement & un conducteur d'opération, ‘sauf pour une mission ponctuelle nécessitant une com- pétence spéciale. Lentrepreneur et les processus de consultation entrepreneur est le partenaire du maitre de Pouvrage dans le contrat d'entreprise. Il réalise les travaux, sans lien de subordination, en mettant en ceuvre les moyens en personnel, matériaux et matériel. Vis-2-vis du maitre de Touvrage, ila un réle de conseil et une obligation de résultat se concrétisant parla livraison de I ouvrage. Le processus de construction ‘Actuellement, le mode de construction repose essen~ tiellement sur un processus traditionnel, et ce malgré Jes efforts du Plan construction qui avait tenté de relancer Pindustrialisation sur des bases nouvelles (Industrialisation ouverte), Plusieurs actions furent ‘entreprises: ~ Ia politique des Systémes constructifs (1978-1981) ; le programme « Produits industriels et productivité » (PIP) (1981-1985). Les résultats obtenus ne furent pas a la hauteur des efforts déployés. Avec le recul du temps, on peut méme dire aujourd'hui qu’ils furent décevants. Les diverses crises du batiment, depuis 1975, n'y sont certainement pas étrangeres ! Le processus traditionnel consiste & élaborer Touvrage rogressivement, in situ, A son emplacement définiti titre d’image, on peut dire que l'on commence par les fondations pour terminer par la toiture... Les maté- riaux sont amenés & pied d’ceuvre (au pied de euvre A édifier) et mis en ceuvre sur place, suivant des pro- ‘e6d6s qui, bien que modemisés, ressemblent fortement ceux ulilisés par les batisseurs des temps anciens. OS 20 _LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS ‘Dans ce processus, la production de l’ouvrage est assu- rée essentiellement par l'entreprise ou par un groupe entreprises. ‘La fonction principale de l’entreprise est de fournir une prestation composée d’éléments trés imbriqués indis- sociables les uns des autres: une main-d’ceuyre qualifige et correctement enca- Adrée (rOle de la maitrise de l'entreprise) ; =e matériel spécialisé nécessaire & V'édification de Pouvrage ; les matériaux ou les composants plus ou moins ‘manufacturés ou industrialisés (le bois est un matériau, tune fenétre est un composant) ; un savoir-faire spécifique qui, dans la plupart des cas, se traduit par une qualification codifige et reconnue par Qualibat (17). Ce savoir-faire entraine pour I’entrepre- neur une obligation de consel, tant A ’égard du maitre de Pouvrage que du maitre d’ceuvre. Cette obligation interdit & Ventrepreneur dexécuter des travaux qui ne seraient pas conformes aux régles de son art. C’est 6ga- Iement en fonction de ce savoir-faire que l'entrepre- nneur proposera, en concertation avec le maitre d'eeuvre, un procédé et un enchainement des opéra- tions propres & chaque type d’ouvrage (re de Ia direc- tion technique de lentreprise ow de son service méthode, quand il existe). Si on voulait faire Vinventare des qualifications des entreprises du batiment, il ne faudrait pas oublier Quulifelec (18) pour les travaux d’électricité et de chauffage électrique, le CNIH (19) pour les travaux relatifs aux espaces vers, aux terains de sports et aux boisements, ainsi que Ia qualification d'artisan et de ‘maltre-artisan (20) Quel que soit le processus choisi, dominante indus- trielle ou dominante traditionnelle, la fonction produc- tion-exécution a toujours comme objectif le résultat Contrairement au maitre d'ceuvre qui, en gle géné- tale, ne doit qu'une obligation de moyens, l'entreprise doit toujours une obligation de résultat La passation des marchés Le maitre de l'ouvrage peut passer des marchés & un ‘ou plusieurs entrepreneurs. ‘Marché passé a un seul entrepreneur Deux cas sont possibles =T'entrepreneur exécute la totalité de la prestation Iui- méme (travaux d’installation de chauffage d'un bati- ‘ment existant, ravalement de facade, etc.); le marché comprend des prestations pour lesquelles entrepreneur n'est pas obligatoirement un spécialiste ‘et doit faire appel par sous-traitance & des entreprises ‘qualifies. Le titulaire du marché est alors appelé entrepreneur général. Et le plus souvent, le découpage en lots cor- respond 2 une qualification de comps détat en consé- ‘quence & des sous-traités. Le report des lifférentes ‘clauses du marché principal n’est pas toujours repris. La sous-traitance totale devrait rester un eas particulier de marché privé (21). Quoi gu’ en soit, le maitre de Iouvrage et plus forte raison ses cocontractants (maitre d'euvre...) ne peu- vent s“immiseer dans le contrat passé entre un entre- preneur et son sous-traitant malgré Ia possibilité de se faire communiguer le contrat (22). Marché passé & un groupement Des entrepreneurs sont dits groupés lorsqu'ils ont souscrit un acte d’engagement unique. Quand le groupement est conjoint, les consequences juridiques sont celles d'un rassomblement de marchés séparés dans lequel le mandataire apporte une respon- sabilité de l'ensemble vis-2-vis du maitre de l'ouvrage. Dans un groupement dentrepreneurs solidaires, tous s6pondent indéfiniment de la responsabilité du groupe. Lianticle 2.3 du CCAG travaux (23) donne des défini tions précises sur ce point, Marchés séparés Le maite de Mouvrage peut passer autant de marches qu'il y a de lots techniques définis, Tl devra alors prendre en compte les problemes de coordination et du ‘compte interentreprises (17) Organise professionnel de qualification et de elssfation du bitiment (18) Associaton testnigue et professionnelle de qualifiaion de ‘Péquipemen cectrique. (19) Comité national interprofessionne de Vhoriculture (20) Décret n° 88-109 du 2 fever 1988 (Le Moniteur des travoe publis et da itiment, 12 fear 1988), (21) Souf en march publi. Voir Code des marchés publics, ancl 2, (22) Anicle 3 dele loin" 75-1334 du 31 décembe 1975 relative & la soustratance. (03) Cahier des clauses adinistatives générales des marchés de VE La conception-réalisation Lorsque le maitre de Touvrage, pour des motifs tech- niques justifiés, décide d'associer T'entreprise au multe d’ceuvre ds le début des études, il a recours au processus de conception-réalisation bien défini pour Jes marchés publics (24), La procédure de consultation est restreinte : sur la base d'un programme détaillé, le groupement composé de Ia maittise d’cruvre et des entreprises répond en ren- dant des prestations du niveau d’un APS ainsi que I’en- ‘gagement sur un prix de réalisation, Une prime est prévue pour dédommager les investis- ssements réalisés en études. Dans ce montage d’opération, la maitrise d’ouvrage devra organiser pour présenter une équipe forte, dotée de moyens adaptés, Pour I’établissement du marché, les documents types actuels ne sont pas du tout adaptés. Ne prenons quun seul exemple, mais significatif, L'entrepreneur est aussi maftre dPeuvre ; si l'on prend le CCAG travaux contractuel, on imagine mal comment il peut s"aulo- controler en assurant la mission de maitre-d'euvre. Si le maitre de Pouvrage est privé, a construction clés fen main est une pratique courante en construction industrialisée Lorsque Tensemblier vend a la fois le terrain, les lucles et Tes travaux, il passe un contrat de vente en Péiat futur d’achévement avec son client et il prend le ccaraciére de maitre de Pouvrage dans les marchés 4’ études et de travaux qu’il passe avec les autres par- ticipants. Le caractére de clés en main pourrait aussi s'appliquer a ce type de montage. La construction de maisons individuelles La réglementation (25) sur le contrat de construction ‘de maisons individuelles conceme la construction pour soi-méme d'un immeuble ne comportant pas plus de ‘deux logements i usage (habitation sur la base d'un plan fourni par le constructeur ou soi-méme. La construction est réalisée par un seul constructeur et peut étre limitée au clos et couvert, les autres équipe- ‘ments étant terminés par I'acquéreur. LES INTERVENANTS 21 Cette réglementation impose une notice d'information, tun contrat formel, un prix forfaitaire, des garanties, uun formalisme de sous-traitance... et des sanctions pénales, Le marché d’entreprise de travaux publics Le METP est un marché public de travaux de longue durée (10 ans en principe) dans lequel le prestataire, ‘ou plut6t un groupement, avance le financement din- vestissement pour exécuter des travaux (neuf ou rha- bilitation) et assure 1a gestion — et pas seulement la maintenance — pendant la durée du marché. Les régle- ‘ments sont répartis en annuités permettant d’étaler I'in- vestissement dans le temps. Une des difficultés de gestion du contrat peut se pré- senter lorsque es intervenants changent entre 1a période investissement et la période maintenance. Ce {ype de marché, par ces caractéristiques, séduil certains maitres de I’ouvrage publics. Lappel d’offres sur performances Lappel doffres sur performances, dexpérimental est passé au rang des procédures reconnues en entrant dans le Code des marchés publics (26), Le maitre de Pouvrage propose un programme fonetionnel détaillé sous forme d'exigences de résultats vérifiables a atteindre on de besoins &satisfaire, L'appel d’offtes est restreint est demands de réaliser des prestations qui portent & 1a fois sur I’établissement "un projet et son exécution. Le domaine d’application exclut la conception immo- biliére, ce cas étant traité par la conception-réalisation. (24) Arles 100 ot 304 du Code des marché publics. (25) Loi 90-1129 du 19 décemire 1990 (JO ds 22 décembre 190). “Tt ll da Cove de a constuction et de habitation, Le Moniteur id janver 1991, (26) Articles 99 ou 303 du Code des marchs polis. Voir ausi Pour une application pratique, le «Guide de Ia constuction sit ‘vant projet performaneil»sté pu e ministre de Equipement, Cia Logerent, de PAméngement du tertoie et des Teanspors et pat Ie CSTB. 22_LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS CChaque candidat est entendu par la commission ; 4 la suite de quoi, il peut préciser, compléter ou modifier son offre. Des primes sont attribuées pour justifier de Pinvestis- sement demandé au niveau des études contenues dans les offtes. L'introduction des performances se retrouve dans a programmation par la prise en compte de I'entretien et de la maintenance des ouvrages avec une notion de codt global. Cette idée a été introduite dans les mis- sions de la maftrise d’ceuvre par les décrets d’applica- tion de 1a loi MOP. Le maitre d’euvre ‘La norme frangaise NF P 03-001, applicable aux mar- cchés privés, définit le role de maitre d’euvre: «per- sonne physique ou morale qui pour sa compétence est ‘chargée par le mattre de Pouvrage de diriger Pexécu- tion du marché et de proposer la réception et le régle~ ment des travaux, » (27) Pour les marchés publics, la loi relative & la maitrise a’ouvrage publique précise que la mission de maitrise d'eeuvre doit permettre dapporter une réponse archi- twcturale, technique et économique au programme. La mission de maitre d’@uvre est distincte de celle de entrepreneur. Il s’agit en outre d'une fonction assu- xée par diverses professions. La maitrise d’ceuvre ‘La maitrise d’ @uvre recouvre essentiellement les fone- tions suivantes: ~ s'assurer que le programme de l'opération est viable et réalisable, compatible avec le terrain mis 3 disposi- tion (tant sur Ie plan technique qu’administatit ou réglementaire); =s'assurer de I'adéquation budget disponible /pro- gramme —concevoit, eprésenter, décrire et évaluer Pouvrage (plans, dessins, devi, spécifications techniques) dans Te respect de la réelementation en vigueur; —coordonner les études techniques complémentaires nécessaires 2 la réalisation de Vouvrage; = introduire les demandes d’autorisation administra- tives (telles que Te permis de construire) dans le res- pect de la réglementation en vigueur; — rechercher et proposer les moyens de produire l'ou- ‘rage (consultations des entreprises et proposition dun choix entreprises): = préparer les marches & passer par le maitre de V'ou- vrage = diriger les travaux conformément aux documents du ‘marché, la réglementation en vigueur, et dans le res- pect du budget et des délais imparts = contréer la conformité de louvrage avec le projet; ~contrdler la qualité et la quantité des matériaux, ainsi {que leur mise en eeuvre ; ~contrfler le codt des travaux; — proposer les versements «acomptes, ainsi que les paiements aux entrepreneurs et fournisseurs; ~ assistr le maitre de I ouvrage lors des opérations de réception. Professions assurant Ja maitrise d’ceuvre Historiguement, Pexercice de Ia maitrise d'eeuvre s'est confondu avec l'exercive de Ia profession d’architecte, cet ce jusqu’’ une épogue récente, La complexité gran” dissante de l'acte de construire progressivement séparé les deux nations de maitrise d’ceuvre et de fonc- tion architecturale, d’autant plus que jusqu’’a la pro- ‘mulgation de la loi sur l’architecture (28) I'exercice de Ja fonction architecturale était libre ; seul le titre d’ar- chitecte était protégé. Les architectes, La loi du 31 décembre 1940 a structuré et réglementé cette profession, en instaurant ordre des architectes. “Mais elle s'est révélée inadaptée & l’évolution de Péco- nomie du secteur bati dos les années 1960-1970 et n'a jamais constitué I outilefficace nécessaire & la sav ‘garde d'une certaine qualité architecturale. Elle a été abrogée et remplacée par la loi sur ‘architecture n°77-2 du 3 janvier 1977, intervention de Varchitecte est, depuis cette loi, obli- gatoire dans presque toutes les opérations immobi- litres En effet, l'article 3 prévoit que: «Quiconque désire ‘entreprendire des travaux soumis & une autorisation de ‘construire doit faire appel & un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire, sans préjudice du recours a ‘autres personnes participant soit individuellement, (27) Anite 1.4.16 des generis dela norme NF P 03-001 (28) Loi n° 77-2 dh 3 janvier 1977 LES INTERVENANTS _ 23 soit en équipe a la conception. Cette obligation n’ex- clut pas le recours & un architecte pour des missions plus étendues, «Le projet architectural mentionné ci-dessus définit ppar des plans et documents écrits implantation des bitiments, leur composition, leur organisation et I'ex- pression de leur volume, ainsi que le choix des maté- riaux et des couleurs, «Mme si Parchitecture n’assure pas Ja direction des travaux, le maitre de Touvrage doit le mettre en ‘mesure, dans des conditions fixées par le contrat, de stassurer que les documents d'exécution et des ‘ouvrages en cours de réalisation respectent les dispo- sitions du projet architectural élaboré par ses soins. Si ces dispositions ne sont pas respectées, I'architecte en avertt le maitre de Pouvrage. » Les agréés en architecture Avant Ia. promulgation de ta loi sur architecture, le dossier de permis de construire pouvait également étre ‘dzessé par des professionnels qui s’inttulaient suivant les cas = maitres d’eeuvre en batiment; = techniciens en batiment nets darchitecture. Lattice 34 de Ia Toi avait prévu que ces professionnels pouvaient, sous certaines conditions, devenir «agréés en architecture» et &tre soumis, ds lors, aux mémes droits et aux mémes obligations que les architectes. Cette profession est de fait en voie d’extinction. Les bureaux d’études, maitres d’ceuvre [Nous les citons dans la rubrique ci-dessous consacrée aux professions de lingénierie. En effet, la plupart des ‘bureaux d°6tudes peuvent assurer la maitrise d'ceuvte complete d'une opération, en particulier quand il n'y a ‘pas recours au dép6t d'un permis de construire. Les entrepreneurs, maitres d’euvre De méme, les entreprises peuvent assurer la maittise d’euvre dans le cadre de leur contrat d'entreprise. On se retrouve dans Je cas de maisons individuelles ow dans le procédé conception-construction oi entrepre- eur s'est associé & l'architecte, Les services techniques publics Plusicurs administrations disposent de services tech- niques pouvant assurer la maitrise d°cruvre, notam- ment = es vlles ou communautésurbaines disposant de ser- Vices techniques municipaux ou communautaires =les_ directions départementales de !'Equipement (DE) ou de Vagriculture (DDA); Ie Génie militaire ; et. Il est & noter que la rémunération correspondant dans ce cas & Pintervention des services techniques publies suit une réglementation spécifique quand il s‘agit de a DDE ou de Ia DDA (29). Les autres personnes publigues peuvent s’en inspiner Le maitre de Vouvrage, maitre d’@uvre La maitrise d’eeuvre peut enfin étre assurée directe- ‘ment par le maitre de l'ouvrage, ds lors qu’il dispose un service technique qui lui est imtéeré Crest le cas de certains maitres de ouvrage privés, et ‘aussi en principe des maitres de Vouvrage publics: ppuisque la réglementation prévoit que lorsque le maitre de ouvrage «n'est pas en mesure d’exécuter par ses propres moyens les études qui lui sont nécessaites, ila recours & des marchés d'études » (30). Vingénierie La construction contemporaine fait appel & des tech- niques de plus en plus complexes dont le niveau de technicité ne peut étre maitrsé que par des spécialistes. Le généraliste qu’est le maitre d’ceuvre sollicite done ngcessairement et tout naturellement ces spécialistes pour T’assister dans une ou plusicurs disciplines. intervention des conscils techniques est complémen- ‘aire de celle du maitre d'ceuvre; elle couvre des dis- ciplines multiples dont les. prineipales sont les suivantes = topographie et connaissance du foncier mécanique des sols; ~ fondations spéciales et structures; — béton armé et précontraint —charpentes et ossatures métalliques, charpentes bois ou lamellé-collé ~ génie thermique, climatique et isolation thermique ; ~ installations sanitaires et hydrauliques —lecricité, microcourants, signaisation, sonorisation; — second ceuvre, notamment menuiserie et tanchéité; acoustique et isolation phonique ; ~ Gclairagisme; (29) Arté du 7 décembre 1979 JO du 19 décembre 1979) qua 1a DDE ou la DDA est mane d'auve, Cet at ae modifié par Parr 2 décembre 1998 (90) Articles 106 et 313 du Coxe des marchés publics, 24 _LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS. —voiries, réseaux divers, infrastructures extérieures aux batiments; —paysagisme, expaces verts, spaces de plein air. Outre ces disciplines purement techniques, autres spécialistes assurent les taches ayant trait & la gestion, organisation ou aux sciences humaines, notamment: ~ gestion financidre et rentabilité des investissements ; — Evaluation des projets, méirés, devis et gestion des rmarehés de travaux ; coordination, programmation et ordonnancement, tant en phase étude qu’en phase travaux; = sociologie appliquée & habitat Principales professions de l’ingénierie Les bureaux d’études techniques (BET) Les bureaux d'études techniques se caractérisent par lune organisation permanente, pluridisciplinaire. On peut distinguer plusieurs formes de BET: = BET indépendants; — BET intégnés dans les entreprises ~ BET intégrés chez les maitres de l’ouvrage: ~ BET intégrés dans les groupes industriels BET publics ou parapublies. Ces différentes formes d'exercice ne prennent en ‘compte que certains critres et laissent de c6té notam- ment: le statut juridique qui peut éte public, civil ou com ‘mercial; = les éléments qualitatifs concernant la gamme de spé- cialisation; les éléments quantitatifs Liorganisation professionnelle 1a plus représentative des BET est la Syntec (Chambre syndicale des socié- 16s d'études et de conseils). Les ingénieurs-conseils Les ingénicurs-conseils mono ou pluidisciplinaires exercent soit en profession libérale, soit sous forme de sociétés commerciales (encore qu'une société d'ingé- niieurs-conseils puisse exercer dans un «esprit» libé- ral). La principale caractéristique qui différencie les ingénicurs-conseils des BET est V’indépendance finan- cigre, mais, par voie de conséquence, rien ne distingue objectivement une société d’ingénieurs-conseils d'un BET indépendant, ‘Une classification généralement admise fait ressortir: =les ingénieurs-conseils de structure (béton armé, bois, métal, ec.); les ingénieurs-conseils en équipement (génie clima- Ligue, hydraulique, électrique, etc.); les ingéniewrs-conseils spécialisés (acousticiens, thermiciens, éclairagistes, mécaniciens des sols, etc.) La plupart des ingénieurs-conseils sont regroupés au sein de la Chambre des ingénieurs-conseils de France (cIcr), Les techniciens économistes de la construction (inétreurs vérificateurs) Lintervention privilégiée de cette famille de profes- sionnels concerne (out ce qui a wait & évaluation et & Ia gestion des codts de la construction, Si certains techniciens économistes de la construction interviennent comme conseils tout au long du proces- sus de I'acte de construire, d'autres n'agissent qu’en phase étude. Lorganisation professionnelle la plus représentative est Union nationale des techniciens économistes de Ja construction (UNTEC). Les géométres-experts fonciers PPar souei de simplification, nous incluons dans ce cha- pitre 1a profession des géometres, certaines de leurs interventions s’apparentant & Vingénierie, alors que leur activité principale y est étrangére. Est géométre-expert le technicien qui, en son nom propre et sous sa responsabilité personnelle, exerce la profession libérale qui consiste Atte habituel et principal, a lever et dresser & toutes 4échelles les documents topographiques ou les plans des biens fonciers, & procéder a toutes opérations ou études s'y rapportant ou en découlant: = titre spécial, a fixer les limites des biens fonciers, {i procéder & toutes opérations techniques ou études sur Tévaluation, le partage, la mutation ou la gestion de ces biens Indépendamment de cette définition quelque peu res- trictive, un certain nombre de missions remplies par des géometres s‘apparentent & Vingéniere, a savoir =a conception, a réalsation ou la participation & la conception ef & la réalisaton de lotissements ou de groupements d’ habitat individual: dans ee cs, le g60- rétre remplit un réle de maitre d'euvre} la conception, Ia réalisation ou la participation & la conception et 8 la réalisation des projets de VRD (oi- rie et réseaux divers) ou d’infrastructures; dans ce cas, Je géométre joue un r6le d'ingéniewr-conseil ; =Fassistance pour Fimplantation 4’ ouvrages lorsque celle-ci est délicate ou complexe, ou pour le controle ct Pavancement de certains ouvrages (telle la vertica- Tit des immeubles de grande hauteur) ; =a participation a 1’élaboration des reglements de ccoproprigté avec répartition des surfaces privatives et des surfaces communes, En revanche, d'autres missions remplies par les g0- smétres dans I'acte de construire sont extérieures a in- sxénierie et sont rémunérées sur des bases distinctes. La profession de géométre, comme celle darchitecte, fait objet dune double organisation corporative et syndicale, Ordonnancement-Pilotage- Coordination (OPC) La fonction de coordination recouyre une activité tes dliversfiée, allant de la mission d’agent de liaison inter- entreprises jusqu’aux missions d’ordonnancement et de planification qu'il est nécessaire d’assurer dans les ‘opérations complexes et importantes Deux grandes tendances prévatent a 1a mise en place une mission de coordination © La premiére fait du coordonnateur un écheton fone tionnel quin’est investi d’ aucune autorité propre et dont Te rGle essentiel consiste & faire circuler l'information, détecter les d&cisions & prendre, fournir les éléments ngcessaires & ces prises de décisions, signaler en temps utile les éléments qui risquent de perturber la bonne ‘marche du chantier. Le coordonnateur-agent de liaison est au service de tous les acteurs mais ne se substitue & aucun deux; © La seconde fait du coordonnateur le véritable maitre du chantier, investi de Pautorité du maitre d'ceuvre pour tout ce qui touche le pilotage des travaux. Ces deux tendances ne préjugent pas des moyens mis ‘en ceuvre pour assurer une programmation rationnelle des travaux, telles que les méthodes découlant de ta théorie des graphes, avec ou sans support informatique, La fonction de coordination est souvent assurée par le maitre d’eeuvre, le BET ou V’entreprise. Elle peut éga- Tement étre assurée par des organismes ou des sociéiés indépendantes, S‘apparentant alors & des BET spécia- lisés, qui ont donné naissance 2 une véritable profes- sion (G1) Lo sur la mate onvrage publiqne ate 7.7, son dcr application 93-1268 ds 29 novembre 1993, ale 10, et Pareté ‘821 décembre 1993, annexe 17 (62) Voir. Amand etP. Haxaire, Coordonner une operation dea a, Editions du Monte, 1999. LES INTERVENANTS — 25 Lorsque le pilote veut remplir pleinement sa mission, il doit posséder un savoir-faire d'entreprise lui per” ‘mettant de s"intégrer a T'exécution des travaux, Signalons enfin que la réforme de Vingénierie et de architecture, qui avait fait une place 2 cette mission cen Pinttulant « maitrise de chantier», a 66 supplantée par la loi sur la maitrise d'ouvrage publique qui reprend une terminologie plus tradtionnelle d'ordon- nancement, pilotage et coordination du chantier dans lequel on retrouve le sigle OPC BI). organisation professionnelle la plus représentative est Union nationale des professionnels de ordon- rangement, pilotage, coordination, sécurité et protec- tion de la santé (UNAPOC). Ses adhérents peuvent bénéficier des qualifications de l'OPQIBI parmi les- quelles on peut citer: ~ une qualification technique complete (B8) de OPC sur toutes les opérations quelles que soient leur com- plexité et leur importance; —des qualifications partilles, tel B80, limitées aux petites opérations un certificat de capacité, de valiité provisoire, qui ne s'applique qu’a de petites opérations. Les adhérents de !' UNTEC (Union nationale des tech- niciens économistes de Ia construction) peuvent aussi aacquérir une qualification OPQTECC (Organisme pro- fessionnel de qualification des techniciens économistes de la construction et de la coordination) sous forme d'extension ~ CC: coordination de chantier et direction de travaux; ~ CP: coordination-planification. Le contrat qui lie le eoordonnateur au mattre de I'ou- ‘rage ou a Tentrepreneur doit contenir la définition aussi précise que possible de sa mission qui passe par des moyens en vue de faire respecter un objectif de délai aux entreprencurs. Aucun document a caraetére officiel ou réglementaire n’existe dans ce domaine (32). Le coordonnateur de sécurité La transposition d'une directive européenne sur la sécurité applicable aux chantiers, qui est exposée au cchapitre 6 a créé une fonction nouvelle qui est le coor onnateur de sécurité. Cette personne peut étre: =e maitre de Pouvrage ; ~ un partenaire de Ia maitrise d’eeuvre: une délégation peut étre donnée par la mairise de ouvrage d'une commune de moins de 5 000 habitants; 26 _LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS. —un entrepreneur, et pour les opérati de construire, celui dont la part de mai plus importante pendant son intervention ; un spécialiste qui va correspondre & cette nouvelle fonetion, 38 sans permis: eure est la Le maitre de ouvrage le désigne sans crtére particu lier dans ce choix sauf& s'assurer de la compétence de la personne morale retenue ev/ou de la personne phy- sigue qui sera désignée pour cette fonction. Cette com- pétence, & la suite d'une formation spécifique, fait Pobjet d'un agrément donné par lorganisme de for- mation, Iui-méme agré. ‘Trois niveaux de compétence sont prévus en fonction de importance de I'opération. Les contréleurs techniques Le contrble technique est exeroé par des personnes physiques ou morales, dénommées contréleurs tech- nigues, agréées par le ministre chargé de la ‘Construction apres avis d’une commission. Le role des contrOleurs techniques préte parfois & confusion, du fait qu’ils se voient confier des missions de nature et de poriée trés diversitices. Ce rile a par ailleurs été précisé et limité par la loi 1° 78-12 du 4 janvier 1978, qui permet de classer les ‘ions pouvant étre assurées par les bureaux de ccontrdle en trois grandes catégories —le contrdle technique; les vétifications techniques ; les « missions interdites » Le contréle technique Le contréle technique découle directement des dispo- sitions de la loi, qui précise en son article 8: «Le contrOleur technique a pour mission de contribuer & la prévention des différents aléas techniques susceptible d'etre rencontrés dans la réalisation des ouvrages. Il intervient 2 Ia demande du maitre de Touvrage et donne son avis a ce dernier sur Tes problémes «ordre technique. Cet avis porte notamment sur les problemes qui concernent la solidité de ouvrage et la s6curité des personnes.» Les opérations qui sont obligatoirement soumises au contréle technique sont énumérées dans le décret n° 78- 1146 du 7 décembre 1978. Le controleur interviendra ds la conception jusqu’a Pachévement des travaux. Les vérifications techniques Les vétifications techniques n'entrent pas dans le champ d’application de la loi du 4 janvier 1978, Elles peuvent se différencier de la maniére suivante © Missions de normalisation des risques visés par les polices professionnelles de responsabilité décennale et biennale des maitres douvrage, maitres doeuvre et entrepreneurs. Il s‘agit ici de la mission Ia plus «clas- sigue» des bureaux de controle qui interviennent, en quelque sorte, pour le compte des compagnies d’assu- ances, Cette mission comporte la vétification des documents techniques de modalités d’exécution des travaux, ‘Meme mission que ci-dessus, mais demandse par 'un des partenaires (maitre de Touvrage, maitre d'ceuvre ou entrepreneur), et ce indépendamment des impératifs fixés par la loi ou les compagnies assurances. © Missions trouvant leur origine dans le caractére contraignant de certains textes réglementaires vérifcation des bitiments a usage d'habitation par référence au rglement de construction (décrets des 14 juin 1969 et 10 avril 1974); ~ vétification des dispositions prises pour la protection du public contre les risques dincendie et de panigue dans les établissements recevant du public (décret du 31 octobre 1973, réglement de sécurité joint & Pareté du 23 mars 1965 modifié et arétés divers) ; = vérification des dispositions prises pour la protection ddu public contre les risques dincendie et de panique dans Jes immeubles de grande hauteur (décret du 15 novernbre 1967, arrété du 24 novembre 1967 et cir- culaire du 7 juin 1974); ~ contréles périodiques et registres réglementaires exit 86s par la legislation en vigueur (Gtablissements rece- vant du public, IGH, établissements industriels et commerciaux, installations de chantier). © Missions diverses —essais de réception de matériaux et épreuves de réception des ouvrages ou de parties d’ouvrage dans Jes domaines les plus divers: sols et fondations, struc- tures, corps état d’équipement, acoustique — examen do produits ou procédés nouveaux et essais application de ces produits ou provédés; —essais et contrdles exécutés pour le compte d'un corganisme officiel te1 gue le Comité national pour la sécurité des usagers de Iélecticité (Consuel) LES INTERVENANTS 27 Les missions Le contenu des différentes missions est maintenant bien précisé par un cahier des clauses techniques géné- rales (33) et par la norme NF P 03-100, Les missions de base — Mission L, portant sur Ia solidité des ouvrages et des le sous-traite au lot «gros ceuvre Ces deux dispositions devraient étre prises afin d'évi- ter les réserves d’une entreprise sur le travail de l'autre. Dans le cas de réalisation d'un appartement-témoin pris dans une stricture en cours, I'étancheité de cet ppartement sera exécutée par le gros cere avee des moyens peutéire provisoites mas efficaces (papier oudronné, solins en plite, etc, sur tous les tous et treme). Limites de prestations entre gros ceuvre et cloisons Le tracé dos cloisons devrait etre obligatoirement fait par Mentreprise de gros ceuvre qui en profiterait pour effectuer les rectfications nécessaires de ses murs s'il y a lieu. Limites de prestations entre gros ceuvre et revétements Escaliers préfabriqués Leentreprise de gros ceuvre devra exécuter, aprés 1a pose des marches et contre-marches, le ragréage des imons, Planéité des dalles (1) devant recevoir un revétement mince Ce probléme provoque de nombreux litiges et il y a lieu de bien définir la prestation due par le gros @uvre et de préciser qui doit le ragréage. Il convient de prévoir une réception partielle du support, réception 34__LES INTERVENANTS ET LES DOSSIERS contradictoire entre gros ceuvre et revétements, arbitrée par larchitecte, Brut de décoffrage (2) Cette question entraine également de nombreux litiges et il convient de définir avec précision la prestation due par le gros ceuvre (balevres, flaches, bullage, etc.) et de prévoir une réception partielle des supports. Limites de prestations pour les cloisons et fermetures Huisseries, his, précadres Is devraient étre fournis et posés par Lentreprise qui réalise les cloisons. Cette entreprise serait ainsi rendue responsable de I'aplomb et de la fixation. Cloisons séches Dans le cas de cloisons type Placoplan ou similaire, il cst imtéressant de mettre en place les huisseries 3 Yavancement de la cloison, Limites de prestations entre ouvertures extérieures et gros ceuvre Le calfeutrement est dans tous les cas & la charge du rmenuisier, 11 convient de définir & Porigine un systéme ayant fait ses preuves. Mieux vaut rejeter la compression d'un compriband, qui est d'une réalisation difficile sur une magonnerie imparfaite, et s‘orienter vers le bourrage un joint & la pompe. Limites de prestations entre menuiseries intérieures, gros ceuvre et électricité Plinthes (On définira le mode de pose ; si la pose a lieu sur des taquets de bois, ces derniers doivent ete liveés par 'en- {reprise de menuiserie et posés par I'entreprise de gros eeuvre ou de cloison, Plinthes électriques en bois Leur pose est faite par le menuisier; le couvercle est simplement pointé par le menuisier afin de permettre a Télectricien de mettre plus facilement ses fils en place ; le couvercle est cloue définitivement par I’élec- Iricien ‘Trappes de visite pour gaines techniques Elles sont fournies par le Tot «menuiseries inté- ricures» ; pour la pose, deux cas sont & envisager: soit par le lot «cloison» 4 'avancement; soit par le lot ccmenuiseries intétieures > qui devra le po: a Paide Pun gabarit, Limites de prestations entre serrurerie et autres corps d'état Lorsque les garde-corps sont congus de fagon & mettre cen ceuvre plusieurs matériaux différents (par exemple bois, métal et verre), l'ensemble est confié & Tentre- prise de serrurerie qui sous-traite souvent certaines par- ties de Pouvrage. Cela provoque de nombreux inconvénients, entre autres — des retards dans les livraisons ; — des erreurs dans les dimensions — des difficultés de réglements entre les entreprises, 11 conviendrait, peut-étre, d’inclure dans les lots res- pectfs Ia partie de ouvrage qui s’y rapporte. Limites de prestations entre plomberie, équipements de cuisine et chauffage Plomberie-équipements de cuisine Si un lot «Equipements de cuisine » est prévu, ce qui n'est pas toujours le cas, le ot «Plomberie» devra se ‘mettre en rapport avec le lot « Equipements de cui sine» afin de connaite la nature des prestations de ce Jot et de coordonner tous les raccordements. Le lot « ou » qui reprend les termes de la négociation ou parfois un acte dengagement “le Cahier des clauses administratives particuligres qui arréte les clauses propres au chantier traits ; (6) Noir Les Marchés pris de travous Documents pes et com- ‘mentares, par JA, Clément eC. Cavalli, Editions du Monieur, = éd, 1992, (5) On peut citer te ccret n° 98-28 ca 8 janvier 1998. Mais i aut sive la parton quasi anole de ces déeretsmetant & ourla iste des CCTO, (6 La terminologe donnée & ces documents provient de V'appica- tion des articles 112 et 318 du CMe LES DOCUMENTS CONTRACTUELS DU MARCHE 43 —le bordereau des prix unitaires, si le marché est passé A prix unitaires; les descriptfs techniques des travaux découpés sui- vant I'allotissement défini par le maitre de Vouvrage; =Ies plans d'exécution de Marchitecte et des techni- ciens; —les documents techniques généraux (DTU, CCTG, avis techniques, etc.); le Cahier des clauses administratives générales, Ia norme NF P 03-001, le document rédigé spécialement par le maitre de 'ouvrage ou le maite d’euvre, un cahier des prescriptions. spéciales (CPS) pour une société d’ HLM. De méme que précédemment, il ne faut pas oublier de joinde la liste des pidces indicatives qui sont indis- ppensables pour régler certaines questions concernant les travaux supplémentaires, les demandes d'acompte, cic. Elles ne sont toutefois pas opposables de fagon fondamentale. Caractére de ces pitees Les documents contractuels forment la loi des parties entre le maitre de Pouvrage et Ientreprencur En cas de litige, si le contrat nest pas suffisamment explicite, lejuge se référe aux lois supplétives du Code vil, ar contre, Ies lois impératives, méme si elles ne sont ‘pas mentionnées dans le marché, s'imposent. De plus, toute clause contraire & ces Iois (loi du 31 décembre 1975 relative & la sous-traitance, loi du 17 juillet 1973 relative ala retenne de garantio, es articles 1792 et sui- vants du Code civil sur la responsabilité des construc: teurs, etc.) inserite dans le marché est «réputée non éerite>. Les régles de l'art Les litiges naissent souvent du mangue d’indication dans le contrat de régles techniques applicables dans telle ou telle situation. Pour les marchés de I'Btat, un décret (5) oblige & prendre en considération les regles des CCTG (6) ‘Toute autre référence pour des travaux de batiment et de génie civil est imerdite ‘Comme Je mentionne la liste exhaustive jointe en ‘annexe du déeret cits, ensemble des CCTG est consti- tue: — pour les travaux de génie civil, par des CCTG qui remplacent les CPC (cahiers des prescriptions com- ‘munes) bien que certains soient encore en application;

Vous aimerez peut-être aussi