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Sujet - BB - N°1 - Corrigé FR

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Dans les années 20, un instituteur, M.

Bernard, souhaite présenter au concours de la


bourse des lycées trois élèves brillants mais pauvres. Les parents de deux enfants ont
accepté, mais la grand-mère de Jacques a refusé, parce qu’il doit gagner rapidement sa
vie. M. Bernard s’adresse à Jacques.

« Écoute : il faut la comprendre. La vie est difficile pour elle. À elles deux 1, elles vous
ont élevés, ton frère et toi, et elles ont fait de vous les bons garçons que vous êtes. Alors
elle a peur, c’est forcé. Il faudra t’aider encore un peu malgré la bourse, et en tout cas tu
ne rapporteras pas d’argent pendant six ans à la maison. Tu la comprends ? » Jacques
5 secoua la tête de bas en haut sans regarder son maître. « Bon, mais peut-être on peut lui
expliquer. Prends ton cartable, je viens avec toi ! - À la maison ? dit Jacques. - Mais oui, ça
me fera plaisir de revoir ta mère. »
Un moment après, M. Bernard, sous les yeux interdits de Jacques, frappait à la porte
de sa maison. La grand-mère vint ouvrir en s’essuyant les mains avec son tablier dont le
10 cordon trop serré faisait rebondir son ventre de vieille femme. Quand elle vit l’instituteur,
elle eut un geste vers ses cheveux pour les peigner. « Alors, la mémé, dit M. Bernard, en
plein travail, comme d’habitude. Ah ! vous avez du mérite. » La grand-mère faisait entrer
le visiteur dans la chambre, qu’il fallait traverser pour aller dans la salle à manger,
l’installait près de la table, sortait des verres et de l’anisette 2. « Ne vous dérangez pas, je
15 suis venu faire un bout de conversation avec vous. » Pour commencer, il l’interrogea sur
ses enfants, puis sur sa vie à la ferme, sur son mari, il parla de ses propres enfants. À ce
moment Catherine Cormery 3 entra, s’affola, appela M. Bernard « Monsieur le Maître » et
repartit dans la chambre se peigner et mettre un tablier frais, et vint s’installer sur un
bout de chaise un peu à l’écart de la table. « Toi, dit M. Bernard à Jacques, va voir dans la
20 rue si j’y suis. Vous comprenez, dit-il à la grand-mère, je vais dire du bien de lui et il est
capable de croire que c’est la vérité… Jacques sortit, dévala les escaliers et se posta sur le
pas de la porte d’entrée. Il y était encore une heure plus tard, et la rue s’animait déjà, le
ciel à travers les ficus 4 virait au vert, quand M. Bernard surgit dans son dos. Il lui grattait
la tête. « Eh bien ! dit-il, c’est entendu. Ta grand-mère est une brave femme. Quant à ta
25 mère… Ah ! dit-il, ne l’oublie jamais. » « Monsieur », dit soudain la grand-mère qui
surgissait du couloir. Elle tenait son tablier d’une main et essuyait ses yeux. « J’ai oublié…
vous m’avez dit que vous donneriez des leçons supplémentaires à Jacques. — Bien sûr,
dit M. Bernard. Et il ne va pas s’amuser, croyez-moi. — Mais nous ne pourrons pas vous
payer. » M. Bernard la regardait attentivement. Il tenait Jacques par les épaules. « Ne
30 vous en faites pas », et il secouait Jacques, « il m’a déjà payé ».
Albert Camus, Le Premier Homme, Gallimard, 1994

1
- Elles deux : la grand-mère et la mère de Jacques ; 2- Anisette : apéritif à base d’anis
3
- Catherine Cormery : la mère de Jacques ; 4- Ficus, n. m. : arbre tropical
Photographie d’enfant
employé dans une usine de
fabrication de briques au
Bengladesh, en 2011.

Compréhension et compétences d’interprétation (26 points)

1. En répétant : « il faut la comprendre », « tu la comprends ? » (l.1 et 4), quel sentiment M.


Bernard veut-il éviter chez Jacques à l’égard de sa grand-mère ? Explique ton choix. (4
points) Il veut que Jacques évite d’éprouver du ressentiment ou de la rancune vis-à-vis de
sa grand-mère qui, à l’inverse de ses camarades, s’est opposée à la poursuite de ses
études.

2. a) Pourquoi M. Bernard n’aborde-t-il pas immédiatement le sujet pour lequel il est venu
voir la grand-mère et la mère de Jacques ? (2 points) M. Bernard ne veut pas brusquer sa
grand-mère . Il sait que sa requête est difficile et il préfère créer entre elle et lui un climat
de confiance, en lui parlant comme un ami (l. 15 et 16) plutôt que comme l’instituteur de
son petit-fils.
b) À partir de quel moment aborde-t-il le sujet ? Pourquoi fait-il sortir Jacques selon
vous ? (4 points) A partir du moment où il a établi une relation de confiance, il fait sortir
Jacques sous un prétexte à semi-déguisé. C’est à partir de ce moment qu’il va développer
son argumentation dont on ne saura rien.

3. « essuyait ses yeux » (l.26) Comment interprétez-vous les larmes de la grand-mère à la


fin du texte ? Proposez au moins deux interprétations. (4 points)
On peut donner plusieurs interprétations de ces larmes. La grand-mère a été soumise à de
nombreuses émotions : l visite inattendue de l’instituteur de son petit-fils, la remise en
question de ses projets, une discussion qui a duré une heure, la certitude que Jacques est un
enfant exceptionnel, peut-être le soulagement d’avoir renoncé à sacrifier son petit-fils à des
intérêts matériels … tout cela fait que le grand-mère est submergée par l’émotion.

4. Lorsque M. Bernard dit « il m’a déjà payé » (l.30), qu’entend-il par-là ? (4 points)
Quand la grand-mère pense « donner de l’argent » en employant le verbe « payer », M.
Bernard pense aux bienfaits humains, aux satisfactions personnelles qu’il tire de son
dévouement envers un enfant intelligent et courageux, auquel il va assurer un avenir digne.

5. Expliquez la relation entre l’image et le texte. (4 points)


Cette photo montre un enfant, en âge d’être scolarisé, qui gagne sa vie en travaillant. Bien
que très jeune, Jacques aurait dû, lui aussi, abandonner ses études et entrer dans la vie
active.
6. Montrez que, cependant, cette photo ne pourrait pas illustrer le texte. (4 points)
Il n’y a aucune commune mesure entre l’apprentissage auquel aurait été soumis Jacques
pour apprendre un métier qu’il aurait exercé plus tard et les efforts physiques inhumain
imposés à l’enfant sur la photo, comme en témoigne son expression de souffrance.

Compétences linguistiques et grammaticales (25 points) (24 points)


6. Des lignes 10 à 14 (7 points)
a. Relevez les paroles rapportées directement. Justifiez votre réponse. (3 points)
« Alors, la mémé […] en plein travail, comme d’habitude. Ah ! vous avez du mérite. ».
Présence des guillemets, de l’interjection (marque de l’oral), temps employés, « vous ».
b. Quels sont les deux temps principaux utilisés pour le récit ? Justifiez l’emploi de
chacun d’eux. (4 points)
Ce texte est un récit au passé dont le temps dominant est le passé simple. Ce temps est
utilisé pour les faits de premier plan, isolés dans le passé : « secoua », « vint », « vit »,
« interrogea ». ilm est accompagné d’imparfaits pour les faits d’arrière-plan : actions
présentées dans leur déroulement (« frappait »’ « faisait entrer »…) et des descriptions
( « faisait rebondir », « s’animait », « virait » …)
Passé simple (0.5 pt) + actions courtes (1 pt) + imparfait (0.5 pt) + actions longues (1
pt) et description (1 pt)

7. « les yeux interdits de Jacques » (l. 8) ; « un tablier frais » (l. 18) (3 points)

a. Quelle est la classe grammaticale des deux mots soulignés ? (1 point) Ce sont des
adjectifs
b. Remplacez, dans ces expressions, les mots interdits et frais par des synonymes. (2
points)
Les yeux stupéfaits (surpris, étonnés, interloqués …) ; un tablier propre (neuf)

8. Depuis « Écoute …, jusqu’à … que vous êtes. » (l. 1 à 2) (6 points)


a. Relevez une phrase simple et justifiez votre réponse. (2 points)
« La vie est difficile pour elle » (1pt) + 1 pt pour la justif
b. Recopiez 2 phrases complexes, séparez chaque proposition par des crochets et
indiquez le lien qui les unissent. (4 points)
« [Écoute] : [il faut la comprendre] » -> Juxtaposition (1.5 pt)
« [À elles deux, elles vous ont élevés, ton frère et toi], et [elles ont fait de vous les bons
garçons] [que vous êtes.] » coordination et subordination (2.5 pt)

9. Réécrivez depuis « Jacques sortit…, jusqu’à … la porte d’entrée » (l. 21-22), en


remplaçant le nom Jacques par le pronom personnel Je. Vous effectuerez les
changements nécessaires. (8 points)

Je sortis, dévalai les escaliers et me postai sur le pas de la porte d’entrée. J’ y


étais encore une heure plus tard, et la rue s’animait déjà, le ciel à travers les
ficus virait au vert, quand M. Bernard surgit dans mon dos. Il me grattait la
tête.

DICTÉE – 20 mn – 10 points

Je n'ai pas aimé l'école, pour laquelle mes aptitudes ont toujours été médiocres, sauf

en une seule matière, la lecture, qui m'a régulièrement valu la note la plus élevée. M.

Moïssesco, à la bonté duquel je suis redevable d'avoir terminé mes quatre classes

primaires, s'acharnait à voir en moi un élève au tempérament prometteur et me faisait

lire devant tous les inspecteurs scolaires. Là encore, bel enseignement à tirer pour

ceux qui se consacrent à l’éducation mais ne comprennent rien à l'âme de l'enfant et le

font marcher au son du tambour battant et à coups de fouet.

Panaït ISTRATI, Mes départs, 1928


RÉDACTION – 1h30- (40 POINTS)

Vous traiterez l’un des deux sujets au choix.

Votre texte comportera environ 50 lignes.

 Sujet d'imagination :

Dix ans plus tard, Jacques rencontre, par hasard, M. Bernard.


Racontez les circonstances de cette rencontre, imaginez la discussion
entre les deux hommes. Vous insisterez sur leurs réactions et leurs
sentiments.
- Ellipse (10 ans plus tard)
- Une rencontre « par hasard » + réactions (surprise, étonnement …. et
sentiments (joie, confusion ….)
- Respect du texte d’origine : récit au passé (passé simple et imparfait)
avec insertion de dialogues (discours direct, indirect et indirect libre)
- Cohérence avec le texte de départ : années 1930 (attention aux
anachronismes !) et Jacques a réussi sa vie grâce à M. Bernard.
- Cohérence : il ne s’est passé que 10 ans (ex : il ne peut pas avoir un
enfant de 15 ans !)

 Sujet de réflexion :

Depuis le 6 janvier 1959, la scolarisation est obligatoire jusqu’à


l’âge de 16 ans révolus.
Que pensez-vous de ce décret ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé
et illustrerez vos arguments d’exemples précis.

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