The Housemaid D Amma Darko Traduction Co
The Housemaid D Amma Darko Traduction Co
KUMASI
PREMIERS CHAPITRES
BY
MAY 2009
1
THE HOUSEMAID D’AMMA DARKO: TRADUCTION COMMENTEE DES SIX
PREMIERS CHAPITRES
by
©*May 2009
DECLARATION
2
I hereby declare that this submission is my own work towards the MPhil French and that
person nor material which has been accepted for the award of any other degree of the
university, except where due acknowledgment has been made in the text.
(Supervisor)
(Head of Department)
3
DEDICACE
A mes filles
(Maa)
et
(La Vieille)
et
REMERCIEMENTS
4
Je tiens à remercier les suivants pour leur soutien dans la réalisation de ce
AGYEMAN pour ses conseils et sa contribution, ainsi que ces professeurs des
Henriet Eyeson pour leur encouragement et leur soutien moral durant le programme.
ANYIMAH, Joseph A. ANYIMAH (Vieux) pour leur soutien, sans oublier mes oncles,
Je dis aussi merci à tous mes amis qui m’ont voulu du bien ainsi qu’à d’autres
RESUME
5
Dans cette étude intitulée The Housemaid d’Amma Darko : Traduction
commentée des six premiers chapitres, il a été question de la traduction et l’analyse des
six premiers chapitres du roman, The Housemaid d’Amma Darko, femme écrivain
contemporain ghanéen.
Cette étude comprend trois chapitres. Le premier chapitre, dont le titre est
de la recherche. Il fait montre de trois théories de traduction exposées par Inês Oseki-
Dépré (1999), à savoir les théories prescriptives ou classiques, les théories descriptives
texte original. Cela se relie au fait que le roman en question est un texte expressif, plein
communicative pour rendre compte des énoncés cibles dont les effets sont aussi proches
et communicative, nous avons tâché de contourner des expressions dont la plupart sont
généralement sous forme de lexies dont les versions appropriées sont parvenues par des
processus détaillés et des procédés tels que l’équivalence, la concentration (de Vinay et
6
Darbelnet), le procédé d’équivalent fonctionnel (de Peter Newmark) et la théorie de
Georges Mounin (qui insiste sur la compréhension exacte de la notion par rapport à
Il ressort de cette étude que toutes les langues partagent des points communs
de la grammaire, par exemple, les langues comportent des phrases qui consistent en mots
ayant une prononciation et un sens. Chaque langue fait une distinction entre les
substantifs et les verbes et chacune a aussi des pronoms. En outre, toute langue fait
preuve d’un accord avec les sujets (actants) et les objets. Il faudrait signaler que les
divergences et les points communs offrent à chaque langue une manière unique
d’exprimer toute situation, assurant ainsi la possibilité de traduction entre les langues.
Nous avons donc tâché de dissiper à travers cette recherche la notion d’intraduisibilité
7
ABSTRACT
In this research entitled “Translation into French of, and comment on, the first
six chapters of The Housemaid by Amma Darko”, it was all about the translation and the
analysis of the first six chapters of the novel, The Housemaid, by Amma Darko, a
This study comprises three chapters. The first chapter, whose title is
modern theories and prospective or artistic theories. The methodology used was
semantic translation, a method which takes into consideration the aesthetic value of the
original text. This relates to the fact that the text-type is expressive and therefore
The second chapter entitled “The translation Activity” is about the translation of
the novel from English to French. At this level, it was all about the application of the
methodology that has just been summarised. With the semantic and communicative
methods, we ensured to find versions of expressions, most of which are idiolects, as well
The third chapter (“Translation Analysis”) refers to the study of the translation.
This chapter emphasises the problems of translation which are generally lexical and
8
whose versions demanded detailed processes and procedures such as equivalence,
concentration, (by Vinay et Darbelnet), functional equivalence (by Peter Newmark) and
George Mounin’s theory (which insists on the exact understanding of the notion rather
This same chapter illustrates a lexical distinction between English and French. It
has been noted from the author’s style that some English sentences show in themselves a
It has been noticed in the course of this research that all human languages have
common aspects (“language universals”), though there are linguistic differences between
them. In grammar, for example, languages have sentences which consist of words with a
pronunciation and a meaning. Each language distinguishes between nouns and verbs and
between subjects (agents) and objects. It is necessary to indicate that the differences and
the common aspects provide each language with a unique manner of expression about
any situation, thereby ensuring the possibility of translation between languages. Thus,
language.
9
TABLE DES MATIERES
DECLARATION………………………………………………………………………iii
DEDICACE……………………………………………………………………………iv
REMERCIEMENTS…………………………………………………………………..v
RESUME……………………………………………………………………………….vi
0.0 INTRODUCTION………………………………………………………………1
CHAPITRE 1………………………………………………………………………….10
CHAPITRE 2…………………………………………………………………………14
10
2.2.3 Chapitre 4……………………………………………………………………..46
CHAPITRE 3………………………………………………………………………..85
CONCLUSION………………………………………………………………………105
BIBLIOGRAPHIE ET SITOGRAPHIE…………………………………………...108
REFERENCES……………………………………………………………………....110
11
0.0 INTRODUCTION
commentée des six premiers chapitres » est un travail de traduction et analyse des six
roman. Comme toute oeuvre de traduction, il nous est impératif de produire le même
effet ou presque sur le lectorat de la traduction comme obtenu sur le lectorat du texte
source, ou bien rendre le sens juste tout en prenant compte de la valeur esthétique de
l’original. Nous voudrons donner un aperçu sur certains mots-clés tels que traduction,
http://www.cslf.gouv.qc.ca/Publications/PubD116/D116-1.html (le 1e
avril, 2006.))
12
Quant à Antar Solhy Abdellah: Translation is ultimately a human activity which
enables human beings to exchange ideas and thoughts regardless of the different
(La traduction est principalement une activité humaine qui donne la possibilité
aux humains d’échanger des idées et des pensées malgré les langues différentes
aspects linguistiques et culturels qui sont impliqués dans la traduction. D’après Andrew
Chesterman, la traduction sémantique est plus fidèle, plus littérale ; elle donne la priorité
au sens et à la forme du texte original, sans du tout imposer la forme sur la langue
d’arrivéé, et c’est approprié aux traductions de textes sources qui sont autoritaires, tels
que les textes religieux, les textes juridiques, la littérature, et peut-être les discours
message à communiquer. Elle porte surtout sur des facteurs tels que la lisibilité et le
naturel, et c’est approprié aux traductions des textes « pragmatiques » dont la forme
réelle de l’original n’est pas fidèlement liée au sens visé. Elle se rapporte à des textes
comme les publicités, les brochures touristiques, les descriptions et règles d’usage des
13
0.2 Justification du Choix du Sujet
Tout d’abord, notre choix du sujet a été suscité par un cours sur le féminisme
pendant la première année de notre programme d’études. A travers ce cours, nous avons
Nous nous sommes rendu compte de la manière dont les différentes cultures africaines
placent la femme dans une position subordonnée par rapport à l’homme. Nous avons
aussi remarqué comment les normes sociales obligent la femme à accepter sa situation ;
elle devient en fin de compte son propre ennemi. C’est ce dernier point qui retient notre
Une deuxième raison pour le choix de ce sujet repose sur notre envie de pratiquer
la profession de traducteur. Avant de nous inscrire pour notre programme d’études, nous
des procédés de traduction acquise lors de nos études en licence. Cependant, c’est au
cours du programme actuel que nous avons eu une connaissance profonde des procédés
et des méthodes de traduction. Ainsi, il nous a fallu choisir un sujet d’intérêt pour y
L’oeuvre littéraire The Housemaid est composée de douze chapitres, faisant cent
sept pages en tout. Elle est aussi divisée en deux parties. Nous comptons entreprendre la
traduction des six premiers chapitres du roman, ainsi pour nous restreindre aux
exigences pour le travail de la maîtrise. (Une copie de ces chapitres du texte original
14
0.4 Hypothèses de Départ
(1) que les problèmes qui se posent dans la traduction sont strictement d’ordre
linguistique,
(2) que les problèmes de traduction sont d’ordre culturel (mais lesquels des aspects de
la culture ?)
Nous tâcherons ainsi d’examiner les problèmes qui vont naître du passage du monde
langue française qui est la langue cible. En même temps que nous faisons passer des
énoncés dans l’expérience française, nous faisons passer aussi, au moins, l’image ou la
représentation des énoncés dans l’expérience du monde français. Cela a un lien étroit
société ghanéenne moderne. Le thème principal du roman porte sur l’exploitation des
15
femmes au Ghana. Il s’agit d’abord de la découverte d’une enfant mort-née et des habits
souillés de sang, aux alentours d’un petit village nommé Braha, dans la région de l’est
du Ghana. Tout le monde est prêt à donner des commentaires sur l’histoire probable
concernant l’enfant abandonné. Les hommes ont leur point de vue: ils accusent les
femmes d’être responsables d’une telle situation. Les femmes aussi se défendent en s’en
et enfants.
impliquées dans la tragédie. Elles sont toutes prises dans la toile de la superstition,
première recouvrant anaphoriquement l’abandon et les réactions des gens, tandis que la
deuxième touche au complot abortif des parents d’Efia pour hériter de la richesse de
Tika. (Efia est la bonne de Tika, toutes les deux étant protagonistes).
Pour le besoin de cette étude, nous nous référons à certains auteurs qui ont travaillé
Ph.D., indique dans l’introduction à son article « Narrowing the Gap between Theory
and Practice of Translation » (Translation Journal, Vol. 10, No. 2, April 2006) que pour
être plus pratique que théorique, la traduction doit être conçue comme une tentation de
diminuer l’écart entre la théorie et la pratique) et que les complications sont plus
marquées quand une langue tonale et une langue non tonale y sont impliquées.
16
Igor Maslennikov, en mettant l’accent sur la fidélité dans la traduction des
langues d’arrivée, estime qu’il est obligatoire pour tout traducteur de trouver les
d’arrivée (« Proverbs and Phrases of Biblical Origin, » Translation Journal, Vol. 10, No.
2, April 2006). Selon lui, c’est la raison pourquoi une traduction mot à mot n’est pas
Peter Newmark (1987 : 79) postule qu’il est absurde de considérer comme
intraduisible un mot dont le sens ne peut pas être rendu littéralement et précisément par
un autre mot, surtout quand ceci pourrait être énoncé au moins par le procédé d’analyse
componentielle en quatre ou cinq mots, ou comme une note de bas de page. Il soutient
cet avis en citant Gadamer qui maintient que la tâche du traducteur n’est jamais de
copier ce qui est dit, mais de viser le sens de ce qui est dit afin de le transmettre selon
son dicton.
Newmark rend compte de la manière dont Faust tente de traduire « logos » (1987 :
78), un mot qui est pratiquement sans contexte, du grec en allemand. Il fait remarquer
son départ de « Wort » (mot), « Sinn » (sens, pensée), « Kraft » (force, puissance)
départ (le grec). Newmark reconnaît, néanmoins, la lutte intensive de Faust avec ces
17
Tel est le vaste ensemble de raisons pour lesquelles on peut parler
d’universaux de langage : cosmologie, biologie, physiologie,
psychologie, sociologie, anthropologie culturelle et linguistique elle-
même contribuent à dresser ce vaste inventaire de traits communs,
grâce auxquels le nombre des références et des dénotations
communes permet le passage de toute langue en toute langue, pour de
très vaste secteurs de l’expérience humaine, qui vont s’élargissant.4
J.-P.Vinay et J. Darbelnet (1958 : 68) avancent l’argument qu’il est peu probable
que la « représentation linguistique » soit identique dans deux langues différentes. Ainsi,
les lacunes qui caractérisent une langue dans un domaine particulier ne sont pas
nécessairement les mêmes dans la langue à traduire. Ces auteurs préviennent les
traducteurs de s’attendre donc à des mots dont il faudrait à tout prix rendre le sens dans
la langue d’arrivée. Dans le domaine des termes génériques, ils citent des mots anglais
tels que « nuts », dont le sens comprend « les noix », « noisettes », « amandes », etc. et
Il est à souligner que la notion de culture est essentielle quant aux implications
pour la traduction. Newmark définit la culture comme un mode de vie y compris ses
manifestations propres à une communauté qui emploie une langue particulière comme
son moyen d’expression (op cit : 94). Mais au niveau opérationnel, il ne considère pas la
langue comme un élément de la culture (op cit : 95), contrairement à H. Vermeer (2002)
pour qui la langue est une partie intégrante de la culture (« Cultural Implications for
Translation, » in Translation Journal, Volume 6, No. 4, October 2002). Malgré ces idées
18
Inês Oseki-Dépré (1999), en exposant sur la traduction après la Deuxième
Guerre Mondiale, reconnaît que les problèmes de traduction sont aussi liés à « la
différence des langues (obstacle linguistique) »,5 mais affirme que c’est « la diversité
majeur. Selon elle, les diversités culturelles sont présentes durant toute l’histoire de la
traduction.
Translation Journal, Vol. 8, No. 3, July 2004) affirme qu’il n’est pas facile de transférer
un texte ancré dans une culture en une autre. D'après lui, ce qui est une tâche exigeante
Kate James (2002) cite Eugène Nida qui, au sujet des problèmes de la
complications pour le traducteur, par rapport aux différences dans les structures des
Nous avons recueilli jusqu’ici des auteurs dont les apports sont pertinents pour la
Housemaid. Le troisième chapitre rend compte des processus et procédés employés pour
analyser la traduction.
20
CHAPITRE UN
étapes mettent en perspective notre manière d’aborder et de résoudre les problèmes qui
se posent dans la traduction. Elles définissent aussi les parages de notre travail.
expose trois types de théories pour la traduction, tels que les théories préscriptives, les
on fait la traduction d’une langue en une autre. C’est-à-dire que ce genre de traduction
impose les structures de la langue source sur la langue d’arrivée. Ces théories défendent
« une argumentation qui prône l’élégance et/ou l’adaptation aux habitudes de la langue
d’arrivée au détriment d’une exactitude qui serait en quelque sorte étriquée »8 (op cit :
19).
de sa fonction de représentation » (op cit : 45). Elles insistent « davantage sur la fidélité
au contenu qu’aux beautés stylistiques de l’original » (op cit : 46). D’après ces théories,
(op cit : 97). Quant aux théories prospectives, elles préconisent une activité traduisante
21
ouverte et artistique. En fait, elles « n’appartiennent ni à l’un ni à l’autre groupe » 10 (op
cit : 97).
1.2 Méthodologie
Peter Newmark précise dans Textbook of Translation (1988 : 47) que parmi les
nombreuses méthodes exposées par les experts sur la traduction, seules les méthodes
et adoptée par Jakobson, il rend compte de trois fonctions du langage à savoir les
communicative soit appliquée aux textes vocatifs (les affiches, les écriteaux, les
publicités, etc.) et informatifs, tandis que la méthode sémantique doit viser les textes
Selon l’approche de Peter Newmark (op. cit: 21), nous lisons le texte The Housemaid
deux ou trois fois pour découvrir l’intension, le registre, le ton de l’auteur et aussi
remarquer les expressions difficiles. Cela nous permet de nous repérer avant de
travail, mais nous employons aussi la traduction communicative quand cela est
nécessaire. Nous aurons comme procédure initiale la traduction littérale (op. cit:76) dont
22
la non application à n’importe quel niveau signalerait un problème de traduction, ce qui
procéder à partir des unités de traduction, c’est-à-dire phrase par phrase dans le texte
Nous faisons aussi référence aux théories de la traduction par Georges Mounin,
J.-P. Vinay et J. Darbelnet ainsi qu’à des revues de traduction. L’internet aussi sera notre
source de référence à cet égard. Le dictionnaire Collins Robert (21st century edition)
traduction appropriés.
y a une situation de servitude quand le choix, la forme et l’ordre des mots sont imposés
par la langue. Néanmoins, quand la langue offre le choix entre deux constructions ayant
Nous avons établi jusqu’ici le processus par lequel nous comptons entamer et
réaliser la traduction. Cette définition de notre approche mène ainsi à son emploi, dans le
23
chapitre deux. Il s’agit là de la mise en œuvre des théories et des méthodes pour mener à
24
CHAPITRE DEUX
originale (voir photocopie en annexe page 115). L’oeuvre est divisée en deux parties. La
première partie comprend le premier chapitre, et les onze autres chapitres se regroupent
sous la deuxième partie. Nous commençons par le titre du roman, The Housemaid, qui se
traduit comme La Bonne. A propos, nous signalons que certains termes particuliers sont
bibliographiques).
2.1.1 Chapitre un
auras besoin désespérément au fur et à mesure que la vieillesse te traque, et que la main
de Dame Nature se rapproche de toi avec un sourire ironique, peinture et brosse toute
En plus de cela, si tes enfants, luttant désespérément eux-mêmes pour leur survie
économique, trouvent qu’ils n’ont pas assez de temps pour toi, et te classent parmi les
délaissés, et si, pour comble de malheur, l’argent, métal précieux qui rend la vie belle, se
décide que ton allure ne lui dit vraiment rien et t’échappe à tous les coins et recoins,
sache alors sans aucun doute que tu es sur le point de mériter le nom grandiose de
sorcière.
25
a
Une veuve découragée, une vendeuse dynamique d’akpeteshie au temps jadis
dans le village de Braha, maintenant sans ressources, âgée et solitaire, commença à être
On se demandait pourquoi elle se logeait de la sorte dans les parties des corps de
Chassée du village, elle se réfugia dans une hutte isolée dans la banlieue du
village. Nul ne lui venait en aide à part quelques sympathisants qui laissaient les restes
Près de la hutte se trouvaient plusieurs sentiers, mais au-delà de cela il n’y avait
que la brousse. C’était la raison pour laquelle la vieille dame commença à se méfier
quand elle aperçut une dense colonne de fourmis-magnans faire le va-et-vient depuis le
fourré derrière sa hutte. Elle fit part de son soupçon, mais elle reçut ce qui est dû à toute
peut que deux ou trois de tes crapauds aient trouvé la mort prématurément en essayant
Mais la vieille veuve persista, insistant à ce que le fourré soit fouillé. Voyant que
26
l’arriver d’une sorcière à l’aube devant votre porte, si ce n’est pas la malchance ? Mieux
Les jeunes, qui étaient chargés de faire cette fouille, étaient furieux.
« Si nous ne trouvons rien, nous la chasserons plus loin encore dans la brousse, »
menacèrent-ils.
piquante les assaillit. La recherche prît de la ferveur. Puis ils tombèrent là-dessus : le
« Qui est-ce qui a fait cela ? C’était l’enfant de qui ? Quel acte abominable et
travail! »
La communauté de Braha était trop petite pour avoir un commissariat de police à elle-
même, alors la police à Osiadan, le grand village voisin, fut informée. A son tour, elle fit
27
«Est-ce que les dieux dormaient ? » se demanda un journal local. « Démasquez la
Mais deux journaux nationaux étaient moins sensationnel dans leur reportage :
proche.
comme d’habitude pour un quelconque qui puisse être utile, aperçurent un sac rouge en
plastique et firent un geste vif pour le saisir. A l’intérieur, ils trouvèrent un corsage
Tout était taché de sang et d’autres liquides dont les deux pilleurs de poubelle n’avaient
pas la moindre idée. Mais ils l’emportèrent tout de même car ils étaient tombés sur des
De retour à la maison, ils donnèrent leur trouvaille à leur baby-sitter qui avait dix
ans et était soeur d’un d’entre eux. Elle trempa les habits dans un seau d’eau et elle
attendit que sa mère revienne du marché à la maison afin qu’elle puisse avoir 200 cedis
Deja, à ce moment-là, l’histoire du bébé abandonné s’était répandue à tous les coins et
recoins, déclenchant bagarres et disputes dans plusieurs camps. Soudain, le nom d’un
village oriental peu connu était sur les lèvres de chaque Ghanéen.
28
A la gare près du grand marché à Kumasi, ville où les deux pilleurs de poubelle
avaient fait leur découverte, un charron dont la joue gauche porte des marques tribales,
chargeait les ignames d’une femme. Il cria sans s’adresser à quiconque en particulier : «
Lorsque la mère sera démasquée, il faudrait que son utérus soit enlevé, coupé en deux et
présenté à elle pour être avalé avant d’avoir compté jusqu’à trois. »
avec une vendeuse de tomates. Il hurla, tout en montrant ses dents grièvement tachées.
masculines. « Je peux prévoir que vous avez tendance à vous avérer aussi irresponsables
était irresponsable ? Lui, qu’est-ce qu’il a à voir même avec l’abandon du bébé ? »
Cela infuria tellement la vendeuse d’igname qu’elle cracha juste aux pieds du
« Zut alors ! » hurla-t-elle. « Tu crois que la mère a pris simplement place là, et
écarté les jambes pour que Dieu fourre le bébé dans le ventre d’en haut ou quoi ? »
« Oh ! Pourquoi ? Est-ce que mon frère a dit que ce n’était pas un homme qui l’a
« Question pertinente, mon frère. Pose-la encore. » Un chauffeur de taxi qui gara
29
« Pourquoi est-ce que les femmes essaient toujours de renverser les situations comme
ça ? Le problème est de savoir pourquoi elle devrait mettre au monde un rien que pour
les hommes, vous essayez de justifier les situations, juste pour vous soustraire aux
reproches ? »
« Echapper aux reproches ? Pardon madame ! » dit le charron aux dents tachées,
d’un air méprisant. Tournant au chauffeur de taxi, il dit, « Dis-moi, est-ce que tu peux
comprendre pourquoi chaque fois qu’il y a un problème relatif au sexe, les femmes
parlent comme si c’était les hommes seuls qui prennent plaisir à l’acte? »
dessus, mon frère ! » Cela davantage attira d’acclamations, ce qui dégoûta la vendeuse
de tomates.
« Cela ne mène nulle part, » lança-t-elle. Et elle déversa sa frustration sur son
charron. « Tu acceptes ce que je te propose ou nous deux nous n’avons aucune affaire à
traiter. »
caustique. « La maman du pauvre bébé, qui qu’elle soit, n’est pas une parente à moi,
alors pourquoi est-ce que je dois être furieuse contre toi à son propos ? Tout ce qui
m’intéresse, c’est de te payer le minimum possible pour transporter mes tomates. C’est
tout. »
30
Les charrons tous les deux de sexe masculin réalisèrent qu’il valait mieux ne pas
« Alors, mon frère, que je ferme ma grande bouche, avant que ma madame-
cliente ici présente ne décide de faire transporter ses ignames par quelqu’un d’autre »,
Mais partout, il n’y avait pas de quoi rire. A une gare de taxi tout près du marché, le
désaccord entre deux chauffeurs de taxi sur qui est coupable, résulta en une bataille
réelle.
« C’est la femme ! » cria un chauffeur à tue-tête. Son cuir chevelu était si peu
couvert qu’on dirait que le créateur n’était pas d’humeur généreuse quand il travaillait
sur ses cheveux. « Ça doit être la femme. C’est toujours la femme. Ah ! Qui avait
jeune fille d’environ dix-sept ans. « Va voir ma soeur. Elle n’a que quinze ans et déjà
enceinte de son deuxième enfant. L’homme qui était responsable du premier avait
disparu aussitôt qu’on lui en avait fait part. Et ce dernier aussi, il était vraiment un
parler bizarrement: ‘ Ah ! n’était-il pas une seule fois que j’ai concrétisé avec toi ?’,
‘ Toutes les autres fois, ne me suis pas retiré avant de jouir ?’ « Puis il déclara que non,
non, non, c’est sûr qu’il n’était pas responsable. Alors, dis-moi, deux enfants à seize ans,
pas de mari ni de travail. Je t’assure, c’est une bonne raison pour abandonner son bébé,
n’est-ce pas ? »
31
« Alors, peut-être l’homme et la femme doivent en être tous deux, tenus
« Nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé. Nous ne savons ni pourquoi
cela s’est passé ni comment. Il se peut que ce soit quelqu’un d’autre qui en est
responsable à part l’homme et la femme. Qui sait ? Peut-être même que c’est quelqu’un
parmi nous ici. Donc, ne commençons pas à juger qui est coupable et qui ne l’est pas.
Après tout... »
« Quoi ? Quoi encore, vieillard ? » dit un autre jeune chauffeur, un jeune homme,
qui ne pouvait plus se maîtriser. « Epargne-nous tes longues, vaines paroles, d’accord ?
Le problème est simple, alors pourquoi tourner autour du pot ? La femme était une
prostituée qui était devenue négligente; elle pensait que le bébé ruinerait ses affaires, et
ainsi elle s’en est débarrassée dans le fourré. C’est simple. C’est une chose terrible à
faire, et seule une putain, un démon, une Jézabel jusqu’aux ongles peut le faire. »
calmement le vieux.
« Tu serais surpris d’apprendre les raisons pourquoi les gens font des choses pareilles. »
« Les gens font quelles choses ? » railla encore le deuxième chauffeur le plus
jeune. « Vieillard, ce que tu dis est toujours de la pure absurdité. Et dis-moi, pourquoi
même devons-nous t’écouter ? Est-ce que nous ne te connaissons pas ? A ton âge d’or,
quand l’agent de police avait fécondé la petite soeur de ta femme, est-ce que tu avais
deux grands gaillards de fils à la caserne pour lui régler son compte ? Que je continue? »
32
A ce moment, le chauffeur aux cheveux clairsemés, qui avait parlé
affaire, mon frère ? Ou bien tu veux le honnir pour ton plaisir ? » réprimanda le
ainsi à lui.
« Tu veux te disputer avec moi ? D’accord, ce n’était pas pour mon plaisir;
c’était pour le plaisir de la tête de ta mère. Si malgré sa vieillesse et ses cheveux gris, il
l’imaginait, et déclenchait un coup de représailles très mal visé. Cela manqua sa cible, le
chauffeur aux cheveux clairsemés, mais cogna les lèvres d’un innocent passager qui
s’était arrêté à côté, perdu dans ses pensées. Le passager virevolta, étonné, confus et
saisit sa bouche sanglante d’une main. Qu’est-ce qui les a pris de l’amener dans cela ? Et
souciait de quelle partie du corps frappait le coup. La personne qu’il avait cognée hurla
des obscénités, sentit son oeil gonflé et aussi laissa voler un coup. Alors des poings
C’était à ce moment-là que Mami Korkor, une vendeuse ambulante de poissons frais,
son parcours à la maison, mais mieux valait cela que risquer un coup mal venu.
Son retour tardif avait mis sa fille Bibio en colère, donc quand elle a vu sa mère
qui le jugea préférable de ne pas du tout essayer d’expliquer les choses. Et puis, d’une
manière même plus impolie, Bibio demanda- non, exigea 200 cedis pour une savonnette.
« Ton fils et son ami, ils m’ont envoyé quelque chose du dépotoir, que je dois
laver », répondit avec brusquerie Bibio, la fille de dix ans qui apparaissait, réfléchissait
les moyens de lui procurer une meilleure vie. Bibio, de sa part, ne cacha pas son mépris
de la vie dans laquelle elle est née. Quand l’occasion se présentait, elle ne manquait pas
de bien faire comprendre à sa mère qu’elle était la cause de leur vie pitoyable.
« Ils vont toujours faire les poubelles ? Ne t’ai-je pas dit de ne pas le leur
permettre? » La mère reprocha à sa fille, ce qui exaspéra davantage Bibio déjà furieuse.
Aussi furieuse qu’elle était déjà de sa vie, il lui suffisait seulement d’être reproché
ainsi. Et certainement pas de la personne qui l’a mise au monde dans la misère.
elle était d’une humeur d’esclandre), « lequel des deux garçons ai-je mis au monde ? »
34
« Je n’aime pas le ton sur lequel tu parles, Bibio », avertit sa mère d’un ton
glacial.
Bibio gloussa.
« Tant pis. Tu devrais alors m’envoyer à l’école pour apprendre les bonnes
manières. Mais puisque tu m’as plutôt fait rester à la maison pour faire la mère à toi et
aux fils de ton amie - des garçons qui ne sont que de trois ans moins âgés que moi – à
Et n’oublie pas, Mami Korkor, que même cette robe que je porte vient du
dépotoir.
Accablée par Bibio, Mami Korkor fut embarrassée. Elle savait que sa fille
grandissait dans les milieux des zonards, mais comment pourrait-elle changer la
situation ? Elle avait dû colporter des poissons du matin au soir pour gagner juste pour
nourrir elle-même et ses quatre enfants. Ils dépendent tous d’elle. Pas un sou ne venait
de leur père.
« Pourquoi, après avoir fait Nereley avec lui, tu avais continué à faire Akai, moi
ainsi que Nii Boi quand tu t’es rendue compte qu’il était irresponsable ? »
Mami Korkor conclut qu’elle aurait toujours tort dans l’esprit de Bibio. Elle lui
Le lendemain matin, elle vit la blouse à fleurs fraîchement lavée, les dessous et le
pagne sur la corde à linge. Ils étaient anciens, mais toujours mettables. « C’est triste »,
pensa-t-elle, et elle maudit le père des enfants. Puis elle ramassa son plateau et se dirigea
vers le marché.
35
Dès lors, la police avait été débordée d’informations dont certaines s’étaient révélées
utiles. Deux ou trois journaux aussi avaient suivi certains des gros titres et avaient ouvert
leurs propres enquêtes. Ils proposaient des histoires diverses sur l’identité du suspect.
Pourtant un facteur commun parcourait toutes les histories: les habits qu’on avait
dernièrement vu porter la femme. Et quand Mami Korkor l’entendit, elle tressaillit, jura
trente fois, accabla Satan d’injures de lui avoir amené plus d’ennuis dans son arrière-
cour déjà en proie à des troubles, puis fit venir la vendeuse de manioc, la commère
principale du marché, et confia en elle qu’en fait l’habillement dont tout le monde
parlait, pendait en ce moment précis sur une corde à linge chez elle.
« Retourne-le au dépotoir ».
Mais Mami Korkor fit ce qui lui était venu en tête. Elle réunit son fils, l’ami de
son fils et Bibio, puis rassembla les habits et eux tous se dirigèrent vers le commissariat
de police.
Une fille, âgée d’environ seize ans, s’assit devant l’officier du jour, rongeant ses
ongles. Elle ne parlait pas le ga, en lequel Mami Korkor parlait à l’officier, mais elle
Après qu’il eut noté la déposition de Mami Korkor, l’officier fit venir une
secrétaire pour la faire taper à la machine, et dit: « Nous vous sommes reconnaissants
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d’être venue, madame. Nous faisons certainement des progrès. Et maintenant,
permettez-moi de vous présenter cette jeune fille-ci ». (Il indiqua la fille du doigt).
« Voici Akua, celle qui nous a donné l’indice essentiel à propos des habits. Elle vivait
avec une amie appelée Efia, qui s’en est allée brusquement un jour, portant ces mêmes
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2.2 Deuxième Partie (du roman)
Cela n’avait jamais été le rêve de Tika d’être toujours célibataire et sans enfant à l’âge
mûr de trente cinq ans. Ce n’était pas très amusant de vivre seule avec Efia, sa bonne,
recherche des marchandises pour vendre au Ghana, ni était le fait de sauter au lit avec les
hommes de toute forme et taille pour le plus piètre des excuses d’affaires. Mais elle
tombée amoureuse pour la première fois. Elle s’était tellement investie dans l’amour que
lorsque cela a mal tourné elle s’était jurée de ne plus se faire avoir. Elle devint
Il s’appelait Owuraku, et ils avaient tous deux dix-huit ans quand ils s’étaient
rencontrés. Ils venaient tous deux d’atteindre aussi le niveau d’études de seconde et ils
coup de foudre. Mais quand les résultats étaient déclarés, Owuraku avait réussi avec une
mention très bien et avait été reçu pour la classe de première, tandis que Tika avait
échoué lamentablement.
inquiet.
Son attention était sur sa mère. Madame Sekyiwa, sa mère, était cent pourcent
analphabète, bourrée de fric et criblée de culpabilité. À l’âge de vingt-deux ans elle avait
commencé une affaire clandestine avec un homme marié et de vingt-quatre ans plus âgé
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qu’elle. Sa femme était stérile et les rumeurs couraient que c’était le résultat d’un
avortement qu’elle avait eu quand ils sortaient ensemble. Puis Sekyiwa tomba enceinte.
Et l’homme sentit que son obligation envers le fœtus dépassait sa loyauté à sa femme.
Il l’abandonna.
Sekyiwa. «Je te lancerai dans les affaires. Je vais t’enrichir. Je vais investir tout ce que je
gagnerai en toi. Ainsi un jour quand je serai vieux et que je ne travaillerai plus, tu
pourrais t’occuper de moi et notre enfant ». Alors aussitôt après la naissance de Tika il
pourvit à Sekyiwa un grand magasin rempli de textiles. Dès la troisième année, Sekyiwa
était devenue une des riches propriétaires de magasins au marché. Des jeunes, beaux
chercheurs d’or commencèrent à rivaliser les uns avec les autres pour obtenir son
attention. De toute façon, la libido de son époux diminuait, alors elle céda. Elle leur
donna de fortes sommes ; ils lui assurèrent de la satisfaction sexuelle. Elle était
évidemment satisfaite de la vie. Son mari l’avait mal interprété pour de l’amour ; son
cœur débordait d’affection pour sa jeune femme. Il l’embrassa et dit : « Maintenant que
nous avons atteint notre but, nous pouvons commencer à jouir de la vie », la regardant
« Jouir de quelle vie ? Quelle vie y a-t-il à jouir avec une pine impuissante ? »
C’était ainsi que les disputes avaient commencé. Pas un jour ne passait sans
Puis, il s’est passé un jour quelque chose. Tika était retournée de l’école et avait
trouvé la maison en tumulte. Tout le monde était en noir et pleurait. Sa mère l’avait prise
à part, lui avait expliqué ce qu’est la mort, et lui avait dit que son père était mort.
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La petite Tika se rappelait les bagarres et les disputes entre ses parents
auxquelles elle avait assistées. Tous les hurlements et les cris venaient de sa mère ; les
supplications et prières provenaient de son père. Elle se rappelait les mains de sa mère,
lancées en direction du visage de son père en accord avec ses insultes. C’était son père
qui avait l’habitude de pleurer. Après une pareille dispute, Tika qui était adossée,
comme un ouragan. Elle était allée trouver son père et lui avait demandé pourquoi il
pleurait. Il l’avait câlinée, et avait réussi quand même à avoir un faible sourire et l’avait
assurée qu’il ne pleurait pas, mais elle savait qu’il ne lui disait pas la vérité.
« Non », son père avait répondu calmement. Comme s’il tirait sur les forces de sa
fille pour éviter d’éclater en sanglots, il l’avait serrée fort dans ses bras. Ce n’était jamais
nécessaire qu’on dise à Tika que son père était un homme très malheureux.
C’était même une évidence plus aveuglante, ces samedis libres-là où sa mère ne
l’emmenait pas au magasin. Durant ces jours, son père devenait une personne
l’arrivée de sa mère pour que la bonne humeur de son père disparaisse brusquement,
comme si la lumière de sa vie était éteinte rien qu’en appuyant sur un bouton.
Sa mère, en lui expliquant la mort, disait que son père était allé au ciel et ne
retournerait plus. Tika se demandait si sa mère l’avait envoyé au ciel parce qu’elle ne
voulait plus de lui. « Tu l’as fait mourir ? » demanda-t-elle à sa mère en toute innocence.
prudemment.
« Tika, tu es trop petite pour comprendre comment ton père était mort »,
manoeuvra- t-elle, « mais un jour, quand tu seras assez grande pour comprendre, je
t’expliquerai. D’accord ? »
Tika hocha la tête. Puis, comme cherchant une affirmation catégorique, elle
nouvelle bonne qu’elle voulait employer pour s’occuper de Tika. La petite Tika
Des années plus tard, Tika apprit que deux jours avant la mort de son père, il
avait essayé de se réconcilier avec sa première femme. Mais son ex-femme était
beaucoup offensée par cette démarche et lui avait lancé toute injure imaginable. Et elle
« Enterre tout grain d’espoir que tu as pour une réconciliation possible dans un
trou d’un million kilomètres ! » avait-elle dit. « Et il faut t’assurer aussi qu’autant que
nous vivons tous deux, tu ne traverseras jamais mon pas ni marcheras sur mon ombre.
Même quand tu étais puissant et que tu m’avais quittée pour ton potage au poulet, est-ce
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que je t’avais demandé de retourner ? Alors pourquoi maintenant que tu n’es qu’un
Elle lui lança qu’il serait affligé de lèpre, s’il désobéissait à ses avertissements, et
elle avait cassé six œufs crus à ses pieds pour solliciter les pouvoirs des dieux pour le
qu’elle avait en imagination était les mains de Sekyiwa et des injures lancées à la figure
de son père.
réconciliation ? »
son père sur elle. Elle essayait d’acheter son pardon. Tika trouvait du plaisir à voir sa
mère bouleversée. En quelque sorte, le désespoir de sa mère pour son pardon adoucissait
le souvenir de la tristesse remarquée dans le visage de son père la dernière fois qu’elle
l’avait vu. Elle acceptait en jubilant toute négociation financière que Sekyiwa lui offrait.
Que pouvait-elle avoir d’autre de sa mère, se demanda-t-elle. Et quand Tika avait échoué
à son examen, elle savait que tout ce qu’elle pouvait faire était de proposer un projet
Tika comme une occasion pour montrer sa responsabilité ; c’était une occasion pour
acheter le pardon de sa fille. Elle offrait son aide spontanément pour de meilleurs
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« Non. Mais je te ferai avoir un entrepôt. Tu vas faire entrer des marchandises
des pays avoisinants. Des propriétaires des magasins achèteront en gros de toi ».
Sekyiwa avait demandé à une amie qui était déjà dans les affaires de donner une
connaissance de base à Tika. Puis elle signa un chèque contenant beaucoup d’argent à
remis.
continuait à la regarder avec l’air d’attendre quelque chose. Comme Tika ne disait
Si cette générosité avait aussi manquer de faire une forte impression sur Tika, alors peut-
être la meilleure des choses à faire était d’attendre que Tika elle-même décide quand la
Obsédée à prouver sa réussite malgré son échec scolaire, surtout à Owuraku, Tika
investit tout dans ses affaires – son intelligence, son énergie, sa dignité. Et elle réussit.
Le temps où Owuraku avait fini la terminale et allait à l’université Tika fournissait tous
ses besoins.
Cela gonfla l’amour propre d’Owuraku. Puis il parvint aux oreilles des amis
d’Owuraku qu’il payait le prix de sa bonne chance à son insu. Il avait dû partager Tika
avec d’autres hommes, quelque chose dont ils étaient sûrs qu’Owuraku n’avait aucune
idée. Et ils n’étaient plus si jaloux de lui. En effet, ils décidèrent de le mettre au courant.
devenue ton fournisseur, elle pourrait récupérer ta masculinité tandis que tu n’as aucune
autorité du tout sur sa féminité. Tu piges ? Rien n’est gratuit, n’est-ce pas ? »
deuxième ami parla au premier d’un ton brusque, « Il ne faut pas tourner autour du pot,
mon vieux ! Parle directement ! ». Et faisant face à Owuraku, il dit sans ménagements,
« Comme… »
dirait que tout le monde avait entendu, à part lui. Il avait aussi remarqué la joie avec
Stupéfait, furieux, et se sentant à la fois avili et humilié, il alla plus tard chercher
Tika. Il la trouva complètement épuisée, écroulée dans un fauteuil, venant juste d’arriver
« Quels sont ces vilains bruits qui courent que tu couches avec tout le monde ?
Il pensait que Tika allait fondre en larmes et demander pardon. Au contraire, elle
parla sur la défensive d’un ton brusque, « Est-ce que je fourre mon nez dans tes
méthodes d’études ? »
Tika était accablée par les événements. Comment se fait-il que ces choses ne
qu’elle n’y soit rentrée, elle ne s’était pas rendue compte que les affaires pouvaient
comporter tant de frictions. Il lui avait fallu quelque temps pour comprendre qu’afin de
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rester dans les affaires et avoir de bons résultats il fallait consentir. Et il lui fallait avoir
de bons résultats car elle voulait prouver, surtout à Owuraku, que son échec était
seulement au niveau de son examen. Par exemple, quand elle avait commencé les
affaires, elle pensait que les femmes qui importaient les marchandises pour vendre au
Ghana payaient tous les droits de douane à la lettre. L’amie de Sekyiwa, qui lui avait
donné des cours particuliers dans ses affaires, n’avait rien dit pour la désillusionner. Ce
n’était que quand elle (Tika) y était rentrée qu’elle (Tika) s’était rendue compte que les
profits reçus des importations étaient négligeables si tout droit de douane était payé
échange des tarifs douaniers réduits, mais ceci ne s’appliquait pas à Samuel, le chef
douanier à la frontière, quand l’intéressée était justement jeune et jolie. Il rejeta l’offre
d’argent de Tika et indiqua de façon obscène que ce qu’il voulait d’elle était l’acte
sexuel. Elle avait besoin de son aide, alors elle avait consenti.
Les maris d’autres femmes faisaient semblant de ne pas être au courant. Les affaires
étaient les affaires. Un point c’est tout, car s’ils intervenaient et les femmes arrêtaient
leurs cabrioles, les affaires diminueraient et l’argent cesserait de rentrer. Mais Owuraku
n’était pas comme ces autres hommes. Il était étudiant en licence avec l’orgueil et des
perspectives d’avenir. Pour Owuraku, l’argent était bon, mais pas à tout prix. Et cela
Owuraku choisit un plan de sortie de la liaison. Dans son cœur, il en avait fini
avec Tika, mais il avait décidé de ne pas le lui dire immédiatement. Il la laisserait croire
jusqu’à ce qu’elle se rende compte que c’était fini entre eux. Ensuite, il choisit une
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copine au campus. Quand Tika en avait entendu parler, elle avait refusé de croire et elle
confronta Owuraku. Il n’avait pas nié. Mais Tika n’abandonnerait toujours pas. C’était
une réaction contre la peine qu’elle lui avait faite, se dit-elle. Elle engagea une enquête
dans les origines de sa rivale, elle apprit qu’elle était d’une famille pauvre, et elle se
moment. Owuraku se rendrait compte que la fille n’avait rien à lui offrir.
à Owuraku ? L’argent incarne le pouvoir. Pas les livres. » Et elle combla Owuraku avec
Cela devait lui faire renoncer à cette « erreur »-là, s’assura-t-elle. Mais Owuraku
avait senti sa frustration. Et il était toujours enragé. Alors, avec l’idée de vengeance il
« Quand est-ce que tu feras venir tes parents pour voir mes parents pour célébrer
étonné. « Seule une femme éhontée, et désespérée qui voulait un mari pour le plaisir
d’acquérir le titre d’une femme mariée, ferait cela. As-tu incinéré tout ton orgueil et ta
dignité ? »
« Tu m’insultes exprès ? »
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« Comment peux-je le faire ? » railla Owuraku. « Comment est-ce que j’ose le
faire ? Mais crois-moi, mes parents disent toujours qu’une femme comme toi ne vaut
Tika n’avait pas besoin de plus d’injures. Elle abandonna Owuraku et s’en tint à
quatre amants utiles et attirés. Samuel, le fils d’un pasteur apostolique, était son douanier
plusieurs débouchés. Et à travers Eric, l’artiste qui tire le diable par la queue, elle resta
sur la liste des clients favoris de la banque commerciale gérée par son frère aîné. Mais
c’était M. Attui, un propriétaire d’usine, qui l’aidait à avoir des taux de crédit
intéressants sur les marchandises qu’elle achetait, qui était sa seule erreur.
Samuel, Riad et Eric avaient tous une femme, et portaient des anneaux de
sexuel de Tika. Attui, cependant, avait deux femmes avec une totalité de douze enfants
entre elles, et deux concubines. Il insultait toujours ses femmes, et avait laissé tomber
les deux concubines quand il avait rencontré Tika et n’avait pas hésité à désirer
«veuves ». Et quand les noms de tous ses enfants entrent dans une ou deux lignes, où en
Pour quelque raison Attui pensait que Tika souhaiterait être sa troisième femme ?
rapports sexuels. Perdu en extase, il insultait ses épouses comme des femmes idiotes
Elle fit quelques calculs et se décida que cela devait appartenir à Attui.
Tika, consternée, était même plus dissuadée par la mémoire du mariage de ses
propres parents. Elle n’aimait pas Attui et elle savait très bien quel genre de femme elle
serait pour lui au cas où elle resterait avec lui dans un mariage sans amour. Le
lancement des mains de Sekyiwa au visage de son père était toujours une image vive
« Attui, garde ton argent. Je n’ai pas besoin de ça. Mais à partir d’aujourd’hui
garde tes distances. Et oublie d’avoir jamais eu des rapports sexuels avec moi ».
Attui était abasourdi. Puis il devint désespéré. Comment pourrait-il laisser partir
tourna vers Sekyiwa, la mère de Tika, et sollicita désespérément son aide pour
convaincre Tika à changer d’avis. En fait, Sekyiwa méprisait Attui. Attui ne savait pas
ceci parce que Sekyiwa était très gentille envers lui chaque fois qu’il rendait visite à
Tika. Mais Sekyiwa décida de parler à Tika pour une raison différente.
Mais mon souci n’est pas au sujet de sa demande en mariage. Tu ne deviens pas de plus
en plus petite, ma fille. Tes affaires sont devenues l’essentiel de ta vie, donc tu as tenu
pour réaliser que c’est trop tard pour faire d’autres choses ».
« Comme quoi ? »
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« Comme avoir des enfants. S’il te plaît, Tika, je te conseille vivement, garde
cette grossesse. Comme moi, il se peut que ce soit la seule que Dieu est disposé à te
donner. Nous allons nous en occuper ensemble. Nous n’avions pas besoin d’un homme.
Je vais réduire mes activités commerciales et être là pour cet enfant. Moi et toi, nous
semblons accumuler seulement la richesse sans penser à qui nous allons la léguer ».
Tika pensa à son défunt père. Et à Kataso, la pauvre collectivité rurale à l’est
d’où il venait. Comme la plupart des villages au Ghana, le village avait perdu les plus
prospères de ses enfants aux villes, et ses enfants ne retournaient pas très souvent pour
aider ceux qu’ils avaient laissés là. N’y a-t-il personne à qui léguer sa richesse ?
Pour Sekyiwa ceci confirma son pressentiment depuis le début. Elle ne pouvait
venait-elle pas d’un de leurs enfants célèbres ? Maman, je ne vais pas garder cette
grossesse. Cela me fera faire aux femmes d’Attui ce que tu avais fait à la première
femme de papa. Et si l’enfant grandit pour être pour moi ce que je suis devenue pour toi
? Je sais que tu n’es pas fière de moi. Je ne suis aucune bénédiction pour toi. Je ne te
reproche pas seulement la mort de mon père. A l’intérieur ici », indiquant son coeur du
doigt, « je te reproche aussi la perte d’Owuraku. Tu m’as élevée pour apprécier l’argent
au-dessus de tout autre chose. Alors, tu vois, Owuraku et moi, nous aurions pu déjà
besoin ».
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« Je ne devais pas me mêler de ce qui ne me concerne pas, » dit Sekyiwa à Tika,
« Je devais savoir comment je suis indigne même de te suggérer quelque chose. Mais
oui, j’ai besoin désespérément d’un petit enfant. Donc, je t’en prie toujours. S’il te
amertume. « Je ne serai plus hantée par ce que je t’ai fait subir. Tu dis que je suis une
Comment dois-je t’appeler toi aussi, hein ? Je t’ai payé les conséquences de mes actes,
ma fille. Tout. Je dois payer à Dieu mon créateur quelle que soit la dette qu’il me reste
à payer ».
Cette nuit-là Tika décida que le moment était venu de quitter la maison de sa
mère.
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2.2.2 Chapitre trois
Kataso.
Son père l’appellerait de venir s’asseoir à coté de lui dans le divan du salon, ses
pieds étendus sur la table basse, et dirait avec passion, « C’est là où mon cordon
Tandis que cela se passait Sekyiwa serait loin dans une chambre d’hôtel, jouant
Kataso, un village dans les collines de l’est, n’avait pas d’eau potable, pas
d’électricité, pas de centre de loisir, rien. Le chef seul possédait un poste de télévision –
ancien, noir et blanc, et complètement en panne. Il n’y aurait aucun courant pour le faire
Une minorité favorisée qui, parfois avait les moyens d’acheter des piles, possédait des
radios programmées à l’avance, le genre importé de la Chine dans les années 1960; elles
étaient programmées définitivement sur la seule chaîne qui était disponible à l’époque.
C’est donc la raison pour laquelle l’amour restait le seul loisir vraiment
abordable à Kataso. Tout un chacun – les jeunes, les vieux, ceux d’âge mûr et les
Les jeunes hommes, ne pouvant plus supporter cette vie terne et triste, partaient
pour Accra, Kumasi et Takoradi pour travailler comme des cireurs de chaussures, des
charrons ou des vendeurs ambulants d’articles tels que pop-corn, colliers de chiens et
désodorisants pour voitures le long des rues les plus populaires de la ville. Parfois,
certains étaient flanqués à la porte, sur l’ordre du chef, pour cause de méfait. Un jour à
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l’aube, on entendit crier l’annonceur du palais : « Ecoutez, oh écoutez, vous les bons
demandé à Kofi Akorti de quitter ce village immédiatement. Mama Ama Mbroo avait
rapporté qu’il avait fécondé sa fille âgée de 14 ans. Cela amène à douze le nombre de
jeunes filles que Kofi Akorti a fécondées jusqu’à présent à Kataso. Dans l’intérêt du
village, Akorti est banni du village, selon le chef, afin de l’empêcher de féconder encore
douze filles ».
chercher les filles pour travailler comme des bonnes et des baby-sitters, bien que
beaucoup d’entre elles finissaient par devenir des vendeuses d’eau glacée et des
prostituées.
mais sans aucun espoir d’être embauchée, avait fait ce qu’une seule fille avant elle avait
fait: elle avait quitté la maison pour une destination inconnue, sans dire un mot à
quelqu’un.
Sa mère pensait qu’elle allait chez des amis. Ceux qui l’avaient vue se diriger
Alors, Akua s’en alla, sortit de Kataso, continua à travers Braha, le village
voisin, arriva à Osiadan, et marcha à travers la ville pour se placer sur l’autoroute
Pendant presque trois heures elle s’était arrêtée au bord de la route demandant à
« Kumasi ».
52
« Tu as l’argent pour me payer ? »
« Non ».
consentement. Elle enleva son slip. Il eût un grand sourire, et arrêta le camion dans un
virage isolé.
« Je ne le ferai pas », et il couvrit les bouts de ses seins avec ses lèvres. Il les
lécha et caressa son corps. Akua aimait cela et lui faisait la même chose. Quand c’était
fini, le reste du voyage avait continué dans un silence stupéfiant. Le chauffeur la déposa
« Je suis sûr que tu trouveras de l’aide ici », l’assura-t-il. Et il s’en est allé.
Akua en avait trouvé. Il y avait plusieurs jeunes filles ici travaillant comme des
porteuses, qui avaient fui le village pour chercher des cieux plus cléments, juste comme
elle.
« Le village d’où je viens, quand deux femmes se disputent, vous savez comment
elles s’insultent ? ‘Qui t’a dit que tu peux te comparer à moi ? Combien de tes enfants
sont dans la ville ?’ Alors quand j’ai dit à ma mère que je voulais quitter, elle m’a donné
Puis une autre: « C’est la même histoire, d’où je viens. J’ai appris que quand ma
mère avait reçu la bouteille thermos et la lanterne que je lui ai envoyées le mois passé la
moitié des villageois lui ont rendu visite pour y jeter un coup d’oeil et faire des
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C’était un mois après l’arrivée d’Akua. Elle s’était habituée dans son travail de
porteuse et elle était devenue plus ouverte et plus cordiale avec ses amies. Alors elle
avait aussi quelque chose à dire: « Quant à Kataso, le moment très attendu était quand
les citadins y retournent pour la fête d’igname. La maisonnée qui comprend le plus
«showtime,» car c’est le moment où les personnes qui sont de retour mettent leurs
meilleurs habits et rivalisent l’une avec l’autre. Je ne peux pas croire que je puisse être
Et pour le reste du jour Akua ne pouvait pas s’empêcher d’y penser. Qu’est-ce
chambre en plastique aux couleurs vives et une poire de lavement fabriquée en Chine.
« Eh, Akua ! Arrête de rêver ! Tu ne peux pas voir ton client là-bas ? » cria
Dieu sait qu’elle aurait besoin de tout jeton. Et elle se précipita pour aider la femme qui
venait par là chaque semaine pour acheter des oeufs à vendre à Nkawkaw. Elle passa les
quarante minutes suivantes à transporter les caisses délicates d’oeufs dans le train et elle
reçut un gros pourboire. Quand elle avait rejoint ses amis, son attention était toujours
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« Qu’est-ce qu’il y a ? Est-ce qu’elle était mesquine avec toi ?
« Pas elle. C’est sa tresse de mèche. N’est-ce pas que c’est merveilleux ? C’est
appellerait la vie. C’est la survie. Mais Akua savait qu’au jour de la fête d’igname,
Comme ses camarades, Akua n’avait pas de maison régulière. Elles vivaient
toutes dans des maisons inachevées, quand les travaux d’achèvement commençaient,
elles quittaient. Grâce à des pots-de-vin et de rapports sexuels, les travailleurs aux
passant, elles ne permettaient rien qui pouvait trahir leur présence. La préparation de
repas était hors de question; elles achetaient à manger strictement au bord de la rue.
L’eau gardée dans des réservoirs pour les travaux de construction suffisait pour leur bain
et leur lessive. L’eau potable était achetée et conservée dans des bouteilles en plastique,
C’est ce qu’il a fallu à Akua pour mériter d’être bientôt une des personnes à
Au village pour la fête cette première année-là, Akua avait ébloui sa famille avec
des histoires sur les feux de signalisation, les autoponts, le dernier cri en matière de
voitures et des événements exotiques tels que les visiteurs musiciens. Et finalement,
quand le moment de ‘show time’ était arrivé, elle s’était jointe fièrement à la foule de
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personnes qui étaient retournées, pour aller à Osiadan. Les filles rayonnaient dans leurs
leurs jeans amidonnés, leurs chaussures à grosses semelles, leurs T-shirt d’occasion,
exhibant des slogans comme «Chicago Bulls»f et «Wacko Jacko »g avec de bizarres
Durant sa deuxième visite au village pour la fête, Akua qui dansait avec un mec
en T-Shirt gris ruisselait. A l’avant, en caractères gras et rouge, se lisait « Je suis assuré
elle avait aperçu Efia. Elles étaient des amies d’enfance mais durant sa visite précédente
Akua ne l’avait pas rencontrée. Efia semblait pitoyable, en entrant dans la Quebec Inn
portant une robe froissée et tenant deux oranges pelées. Quand Akua l’avait appelée,
Akua lui acheta toute une bouteille de Coca Cola. Efia fut électrisée. « Je veux
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2.2.3 Chapitre quatre
Parmi les natifs de Kataso ayant du travail officiel et le confort d’un foyer à
Accra, dont le père de Tika, était une dame appelée « Teacher »h en raison de sa
profession. Et elle avait atteint le niveau où elle était mariée parce qu’elle était adoptée
par une parente qui était mariée à un homme d’Accra. Au début, elle avait l’intention de
prendre Teacher pour bonne, mais son mari bienveillant avait reconnu la capacité de la
« Est-ce que tu n’attends pas trop d’elle ? » demanda la femme à son mari. « La
fille a presque onze ans et les enfants à qui tu veux qu’elle se joigne au cours primaire
un, sont âgés de six à sept ans. Non seulement aura-t-elle du mal à s’intégrer, elle ne
aussi avoir juste un peu plus de douze ans ! » En lui lançant un regard méfiant.
leur lignée. A cause de leur taille, il y a une plaisanterie dans leur village, que leur
grand-père avait cueilli une noix de coco en s’arrêtant seulement sur un tabouret. Le
frère qui vient après elle a un peu plus de six ans … mais je le ferai venir pour que vous
lança un regard douteux. « Les mensonges doivent vraiment être un problème dans la
Mais encouragée par son père adoptif, la fille persista et réussit jusqu’à l’école
normale supérieure.
Après l’obtention de son diplôme, elle resta à Accra pour enseigner. Elle
entretînt des liens avec les habitants de Kataso, leur rendant visite au moins une fois par
quinze ans quand Tika était née et ses sentiments pour les habitants de Kataso n’avaient
jamais diminué. C’était parce qu’elle était née dans la hutte d’une sage-femme
traditionnelle dans le village, et son cordon ombilical était mis dans une calebasse et
enterrée par sa grand-mère dans la terre rouge du village, comme le père de Tika. Par
contre, Tika était mise au monde dans un hôpital dans la ville et son cordon ombilical
A cause de sa position, Teacher était souvent chargée de chercher pour les jeunes
filles de Kataso des fonctions de bonnes auprès des familles à Accra. D’habitude, il y
avait une garantie que la formation de couturière ou de coiffeuse serait financée après
que la fille aurait servi pour quatre ans. Pour cette raison, Teacher était très bien connue
parmi les natifs de Kataso vivant à Accra, y compris Tika. Avant la naissance de Tika,
Teacher connaissait son père et sa première épouse qui était aussi originaire justement
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de Kataso. Et comme la plupart des natifs de Kataso vivant dans la ville, Teacher avait
suivi avec un intérêt vif, les rumeurs et les commérages se rapportant à l’histoire de
l’abandon par le père de Tika de sa première épouse pour Sekyiwa, qui n’était pas de
Kataso. L’allégeance de Teacher, bien sûr, était à la première des deux épouses.
Comme la plupart des villageois, avec qui elle discutait ces développements, quand cette
première épouse avait éconduit les tentatives de réconciliation du père de Tika, elle la
épouse, Teacher et tous le natifs de Kataso, tout comme Tika, en avaient reproché à
« Ne pas être originaire de Kataso est une chose », dit-elle, « mais causer la mort
d’un de ses fils, et un immense chagrin à une de ses filles, en est une autre. Les
Tika à cause du simple fait que le sang de Kataso coule dans ses veines.
dans la classe lui dire qu’elle était attendue dans la salle des professeurs, et qu’elle était
rentrée voir Tika, elle s’était dit immédiatement qu’il y aurait eu une erreur quelque part.
Tika, se rendant compte de la manière dont Teacher était déconcertée, ne lui avait même
Teacher ne pouvait pas se tenir parfaitement débout sur ses jambes. Elle s’assit.
« Puis-je m’asseoir aussi, s’il vous plaît ? Je me sens assez épuisée », demanda
Tika.
vivre avec votre mère. Peu importe l’empressement avec lequel les gens profiteraient de
l’occasion de faire échapper leur fille du village, cela ternirait la réputation de cette
famille-là. Ils auraient à vivre toujours avec la culpabilité et la honte d’avoir cédé à
l’ennemi ».
Tika commença à se sentir un peu faible. Elle était en bonne santé quand elle
s’était mise en route. La sensation d’être dans les vapes avait commencé sur le chemin,
mais elle avait décidé quand même de venir et en finir avec l’affaire. Le franc-parler de
« La fille ne va pas servir ma mère », Tika retrouva son style. Elle va vivre avec
Teacher était heureuse d’apprendre cela, mais, merde ! quelqu’un ferait une
« Il y a beaucoup de jeunes filles qui errent dans les rues ici à Accra, qui
sauteraient joyeusement sur l’occasion d’un bon abri, et la garantie d’au moins un repas
« Ça c’est vrai », consentit Tika, mais je veux que la personne soit de la famille
« Pourquoi? » demanda-t-elle.
la vie d’une personne, je le considère mon obligation de le faire pour quelqu’un venant
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de la lignée de mon père. De cette façon je rendrais, à ma manière une partie de ce que
« Vous aurez de mes nouvelles dès mon retour », l’assura-t-elle. Mais tandis
qu’elle parlait, elle avait remarqué que quelque chose n’allait pas.
Soudain, Tika eût les yeux écarquillés et resta debout, fixant Teacher d’un air
tordit de douleur.
Depuis le jour où Sekyiwa avait remarqué à son retour à la maison que Tika était partie,
« Pourquoi travailler si dur, rien qu’à économiser ? Pour qui fais-je cela ? » Et
Au départ, elle caressait l’idée de se lancer dans une folle fête sexuelle et
prétendre qu’elle ne s’inquiétait pas de ce qui se passait. Mais plus elle prétendait plus
Elle voulait à tout prix gagner le pardon de son défunt mari aussi. Elle avait
L’après-midi de ce jour, elle était absorbée dans ses pensées comme d’habitude,
et n’avait pas remarqué au début que quelqu’un frappait à la porte de devant. Quand elle
Sekyiwa. Elle était restée calme, ce qui n’était pas ce à quoi l’homme s’attendait. Après
qu’il ait entendu ce qu’elle avait à dire, il était même plus stupéfait.
« C’est bien que vous soyez venu m’informer, jeune homme, mais je ne pense
pas que ma fille voudrait me voir à côté de son lit de malade. Vous a-t-elle demandé
« Non. C’était la dame qui l’avait accompagnée à l’hôpital ». Et il lui était venu
à l’esprit que la dame ne lui avait pas révélé son identité. Sekyiwa se demandait de qui
il pouvait s’agir.
Le jeune homme haussa les épaules. « Je ne sais pas, mais elle m’a supplié, elle
m’a indiqué le chemin d’ici et elle m’a donné de l’argent pour le transport ».
« Des com…complication ».
« Quelles complications ? »
« L’avortement ? »
62
Cela frappa l’infirmier comme un éclair. «Vous êtes au courant ? »
« On a dû enlever aussi son utérus parce que c’était très mal infecté », ajouta
lentement l’infirmier.
« Pourquoi, Dieu ? Pourquoi as-tu permis à ce que cela lui arrive ? Elle est
tellement jeune ! »
allait.
A l’hôpital, Teacher disait à Tika, « Je vais à Kataso. Tu auras besoin de la bonne même
Teacher était retournée avec des réactions, mais cela n’avait pas plu à Tika.
divulgua Teacher. « J’ai même rapporté vos paroles. Ils ont préparé quelqu’un pour
« Ils ont insisté à négocier directement avec vous. Je pense que c’est seulement
Tika avait compris. Mais elle voulait aussi vite sa bonne. « Une journée ou deux
après que je serai déchargée guérie de l’hôpital, je pense que nous devions chercher un
taxi avec de bons amortisseurs à louer aller-retour pour Kataso, suggéra-t-elle. Teacher
savait que cela coûterait une fortune. Mais ce n’était pas son problème; c’était celui de
Tika, et ce qui était une fortune pour elle n’était rien probablement pour Tika. Donc à
travers un chauffeur qui couvre la route entre Accra et Osiadan, elle avait relayé un
demanda Tika.
A Kataso au jour convenu, le père d’Efia s’était déjà soûlé et dormait profondément sur
une natte en osier dans la hutte, bien qu’il n’était même pas encore midi.
« Akpeteshie », gémit la mère d’Efia. « C’est avec quoi il lave sa bouche très tôt
le matin ».
La mère était allée vérifier. Il était étendu bras et jambes écartés sur le sol,
Kaawire est là ».
Efia était alors envoyée d’appeler Papa Kaawire, qui avait consenti aussitôt et
Lorsqu’ils étaient assis, les villageois avaient accueilli les citadins, qui à leur tour
les avaient remerciés et leur avaient fait cadeau de leurs pains. Puis Teacher lança
l’affaire, récapitulant leur mission. Les membres de famille d’Efia étaient allés à un côté
et s’étaient entretenus comme s’ils entendaient tout pour la première fois. Quand ils se
furent rejoints aux autres, Papa Kaawire parla, les yeux fixés sur Tika.
« Nous savons ce que nous voulons de vous pour notre enfant. Pourrez-vous
honnête et digne de confiance, car elle sera chargée de toute la maison à maintes
reprises. Il est nécessaire que je puisse assez me fier à elle pour ne pas m’inquiéter pour
« C’est l’essentiel. Si elle peut nettoyer, laver, balayer et bien préparer, c’est
« Mais je ne vais pas supporter le vol », Tika dit son mot, « et tout ce qui se
les visages autour de lui. Il reprit, « Alors maintenant pouvons-nous savoir comment
vais l’inscrire comme une apprentie couturière. Et avant de quitter, elle aura sa propre
Les membres de famille d’Efia, qui ne cessaient pas de faire un signe de tête tout
« Je vais parler à la fille moi aussi », commença la mère, « pour lui dire de se
comporter bien. Elle est naturellement travailleuse, donc je prie qu’elle reste comme
« Et s’il arrive qu’il ne soit pas d’accord sur quelque chose ? » demanda Teacher.
« Quelle chose par exemple ? » cracha la grand-mère d’Efia. « S’il voulait que
ses points de vue soient pris en considération, ne devrait-il pas se réveiller et nous
La mère d’Efia marmonna une protestation, mais la grand-mère lui lança juste un
regard méchant et pinça les lèvres d’une manière de défi. Mais le problème secoua Papa
Kaawire. Il plaça ses lèvres à l’oreille de la mère d’Efia. Elle fit un signe de tête et
« Je veux qu’elle vérifie si son mari peut nous rejoindre maintenant », Papa
Kaawire informa les autres. Mais le père d’Efia était toujours affalé où ils l’avaient
laissé, ronflant toujours, et il y avait même plus de mouches festoyant goulûment sur sa
bouche. Papa Kaawire n’était pas du tout content de cela. Il consulta la grand-mère,
66
« Je sais que vous auriez voulu emmener Efia, mais ce n’est pas bien que je vous
la laisse sans la bénédiction de son père ». Teacher fronça les sourcils. « Autrement dit
…? »
« Autrement dit, soit vous attendez à ce qu’il se réveille soit vous laissez de
femme se précipita dans la hutte pour l’assurer que cela venait. Quelques minutes plus
tard, il était assis et se régalait avec contentement du taro bouilli, avec du piment et du
tilapia fumé. Sa femme débarrassa les assiettes quand il avait fini, puis lui donna de
l’eau pour se laver les mains et à boire. Puis elle l’informa calmement qu’Efia devait
partir pour Accra le lendemain. L’homme bouillit de colère, et hurla des obscénités, et
« Pour quelle raison spécifique as-tu osé me tenir hors des négociations ? »
« Tu te considères un peu trop, mon maître. Ce sont des gens de la ville. Très
Sa femme l’étudiait avec pitié. « Sois donc reconnaissant que nous avons une
passé, confiant que le fait d’apprendre un métier spécifique à Efia lui ferait beaucoup
plaisir. Au contraire, après avoir écouté attentivement, sans interrompre une seule fois,
réussit quand même à dire quelque chose, tout en gardant son calme.
nous avoir du départ de notre fille pour la ville pour servir quelqu’un ? »
vendions notre fille ? Est-ce un mariage où nous devions avoir droit à une dot
quelconque ? »
« Non ? »
« Non, pour l’amour de Dieu ! La dame, en dépit de qui elle est, semble être une
croyait pas. Elle ferait ce que nous n’aurions jamais pu pour notre enfant. Il faut en être
au moins reconnaissant ».
Mais le père d’Efia était même plus étonné que sa femme ne partageait pas son
point de vue.
l’avions pas nourri jusqu’ici, aurait-elle grandi si forte pour pouvoir la servir ? »
La mère d’Efia éclata, « Cela était notre responsabilité, n’est-ce pas ? Nous
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Mais son mari ne se laisserait pas faire. «Tu t’es bien préparée pour une
confrontation, hein ? »
Le silence.
« Oui ».
Quelques instants plus tard, la mère d’Efia était allée à la recherche de la vieille dame.
«Maman, nous n’avons pas assez de manioc pour le « foutou »i du soir. Je dois allez en
A son retour, une scène très atypique la confronta. Son mari et sa mère étaient
comme chat et souris. Ils ne s’évaluaient jamais, et à la moindre occasion elle crierait
« Bon à rien ! » après lui et il crierait « Sorcière ! » après elle. Alors quoi diable
Elle l’avait su au milieu de la nuit, quand la vieille dame l’avait réveillée, et lui
La grand-mère s’adressa à Efia, « Ton père m’a fait la surprise de ma vie hier. Il
m’a prouvé que bien que son corps soit tombé à akpeteshie, sa cervelle ne l’est pas.
« Il avait attiré mon attention sur quelque chose que je n’avais pas du tout
discuté. Mais aussi raisonnable qu’il s’est prouvé, il s’en est remis à moi et à ma vieille
69
sagesse de mettre vraiment des choses en place. Et je te dis, nos ancêtres chéris ne
La mère d’Efia était déjà si frappée de stupeur qu’elle ne pouvait que dévisager
la vieille dame tandis qu’elle se tournait pour s’adresser à elle. « Mon enfant, le choix de
Teacher pour Efia pour cette Tika ». (La mère d’Efia grimaça : « cette Tika ? ») « était
« Cette Tika » était assez mauvaise, mais les esprits ? Que veux-tu dire par là,
maman ?»
« Parmi tous les membres de la famille étendue, pourquoi Teacher avait-elle opté
pour nous ? Elle pouvait aller à la maison familiale, n’est-ce pas ? Regarde toutes les
filles entravées là-dedans cherchant juste une occasion comme ceci. Pourtant Teacher
avait seulement jeté un coup d’œil à notre fille Efia et s’était décidée que c’était elle.
Pourquoi ? Parce que l’esprit avait choisit quelqu’un qui pouvait entendre et comprendre
sa voix lointaine – moi, à travers ton mari. La manière dont cette méchante femme- là
avait causé la mort prématurée du père de Tika, je te dis, que son âmek n’aura de repos
Mais la vieille dame l’ignora. « Ecoute, le défuntl veut retourner à sa famille tout
ce que sa méchante femme lui avait volé. L’argent avec quoi Tika avait commencé ses
« Ma mère est devenue folle ! » La mère d’Efia se disait. Puis elle demanda,
70
« Qu’est-ce que tu veux nous dire, maman ? »
La vieille dame semblait prouver à quel point elle était folle. Elle se tourna vers
Efia, «Ecoute, la femme avec qui tu vas vivre est une femme riche mais inutile ».
« Maman ! »
« Un utérus improductif est assez mal. Mais aucun utérus du tout ? Et c’est ce
aucune coïncidence du tout. Cela a été destiné de cette manière depuis le jour où cette
« Les dieux et les ancêtres de notre village avaient tout conçu. Et le fait que tu
vas vivre avec elle est une partie essentielle de ce plan-là. Alors écoute-moi ! Sois
« Quoi ? »
« Vous m’avez tous deux bien entendue. Efia, tu vas vivre avec elle, gagner son
enceinte…»
« Cela n’a pas d’importance. Ce qu’elle doit faire, c’est seulement pour tomber
enceinte ».
autrement ?» hurla sa mère, s’enthousiasmant peu à peu pour le plan de la vieille dame,
quoi qu’il en soit. « Ne me dis pas que tu n’en sais pas déjà ! »
La vieille dame jeta un regard curieux à sa fille et sourit un peu. Puis elle se
« Parce que cela va nous épargner un jour le risque d’une réclamation pour
l’enfant par quelque homme idiot après que l’enfant sera devenu le personnage
important que nous attendons sûrement. Et ceci est le plan. Inévitablement, cette Tika
se précipitera pour nous informer de ce qui se passera. Et c’est là où je vais jouer aussi
mon rôle. Aussi vieille et ridée que je sois, quand j’aurai versé énormément de larmes
en sa présence, elle aura besoin d’un cœur de fer pour refuser ma supplication fervente
« Cela doit marcher ! » La mère d’Efia parlait avec enthousiasme. « Mais tu sais
« Bien sûr, mon enfant ! » Elle savait qu’elle avait convaincu sa fille.
72
« En plein dans mes larmes », reprit-elle, « au bon moment, je vais renverser les
rôles. Je suggérerai qu’il se pourrait que tout se serait passé avec la bénédiction de nos
ancêtres, et je soulignerai comment son cher père était aussi actuellement un des
ancêtres bien-aimés ».
« Ooh ! Maman ! »
« Puis j’insisterai que mes instincts me disent que c’est la volonté des ancêtres
« Oh ! Maman ! »
La vieille dame rit longuement et profondément. « Et dire que ton mari et moi,
« Mais non, ce n’est pas cela. C’est ainsi que la richesse nous reviendra. »
« Comment ? »
tout ? Si elle prend ce bébé-là comme son enfant, que supposes-tu se passera si elle
richesse ? »
« Oh, Maman ! »
73
« Je suis donc heureuse que nous soyons tous d’accord maintenant. Cela veut
dire que la réussite est assurée. Notre tâche sera de nous assurer que l’enfant n’oublie
jamais qui est sa vraie mère. Ainsi, la richesse appartiendra aussi à Efia, et donc à nous
tous. Et nous ferons de sorte que toute la famille en bénéficie. Nous allons transformer
Kataso. Les habitants du village nous tiendront en haute estime. Que les ancêtres nous
74
2.2.4 Chapitre cinq
Efia avait suivi le conseil de sa grand-mère à la lettre. Et Tika pouvait à peine se retenir
de son exultation.
Et Teacher dit, « Eh bien, alors Dieu merci. Et elle était vraiment reconnaissante
que le Tout Puissant l’avait une fois de plus guidée à faire un bon choix et sans ennuis.
Tika était d’accord, mais n’avait pas dit à Teacher que la situation rendait les
choses pénibles et inconfortables pour elle à propos de ses affaires sexuelles avec ses
nombreux amants. Efia s’était révélée très fiable, tenant la maison avec une main de
maître. Mais peut-être même à cause de cela, Tika ne savait pas comment l’intégrer
dans cette autre partie de sa vie. Elle fit preuve de diplomatie en disant à Efia que les
hommes qui lui rendaient visite étaient des associés. Cela, bien sûr, n’était pas tout à fait
faux, mais Efia n’était pas une imbécile. Les associées de sa dame se retrouvaient
toujours au salon.
Monsieur---et moi, nous ne soyons pas dérangés. Nous avons beaucoup d’affaires à
discuter ». Et Tika disparaîtrait avec lui dans la chambre. Ensuite, la clé tournerait dans
la serrure. Et le nombre de fois qu’Efia mettait son oreille au trou de la serrure, elle
entendait des bruits : des gémissements, des halètements et des soupirs, et le grincement
violent du lit.
75
« Qu’est-ce que cela a à voir dans les discussions d’affaires ? » pensa-t-elle.
Alors un jour, quand un certain associé avait visité madame et ils s’étaient
retrouvés derrière la porte bouclée de la chambre et puis un deuxième associé était venu
frapper à la porte de devant, les instincts éveillés d’Efia l’avaient poussée à prendre le
plus grand des risques qu’elle ait jamais pris dans sa vie de ménagère. Elle avait jeté un
regard sur l’homme à la porte, elle avait pensé aux affaires qui se déroulaient déjà dans
la chambre de madame, et lui avait dit : « Madame devait être de retour de Lagos hier,
mais elle a envoyé un message à propos d’un retard inattendu et a dit qu’elle serait de
retour demain ».
ma carte. N’oublie pas de la lui remettre dès son retour ». Et il se tourna, jeta un dernier
Des heures plus tard, quand Tika avait fini ses relations avec l’associé numéro un
et l’avait accompagné à sa voiture, Efia s’était servie de son courage d’inspiration divine
et avait dit à Tika ce qu’elle avait fait. Tika fronça les sourcils. « La fille est en train de
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me dire carrément qu’elle sait le genre d’affaires qui se déroulent derrière ma porte
« Oui, pourquoi pas ? N’est-ce pas là la solution du problème ? Si Efia avait fait le
C’était ainsi que cela avait commencé. En cas de mauvais moments ou de pure
malchance, quand il est apparu qu’une dispute était imminente, ou bien si Tika ne
voulait pas voir un associé particulier à un moment particulier, Efia s’assurerait à ce que
l’homme en question parte de bonne grâce pour revenir un autre jour, parce que
«Madame n’est pas de retour », ou « L’oncle de madame est en visite du village » ou,
comme cela s’était passé à deux reprises, « Madame est très malade, alors un pasteur
« Oh, Efia ! Que ferais-je sans toi ? » demanda Tika. Et elle dit à Teacher :
Tika s’apprêtait pour faire le tour chez ses débiteurs, et appela Efia pour la
« Je serai de retour le soir, alors prépare le riz vers 15 heures. Mais prépare le
77
Efia fit docilement un signe de tête et la rappela que Monsieur ---- avait dit qu’il
Tika pouvait facilement acheter une très bonne voiture d’occasion mais l’idée ne
lui était pas très appréciable. Etant absente de la maison à maintes reprises voudrait dire
employer un chauffeur.
« Les domestiques et les bonnes, les chauffeurs et les bonnes, les jardiniers et les
bonnes – ils sautaient toujours au lit les uns avec les autres. Pas question ! »
En plus, un chauffeur dans la maison signifierait aussi une autre paire d’yeux
Alors comme d’habitude, ce jour-là, Tika avait loué un taxi, et avait indiqué le
chemin de son premier débiteur au chauffeur. Le chauffeur regarda son dos disparaître
dans la boutique du débiteur, inclina son siège, puis ferma les yeux et pria à ce que sa
l’argent d’une femme. Ces femmes propriétaires de grands magasins au marché sont en
train de prendre le pouvoir du pays. Elles vous éblouissent avec leur humilité
trompeuse, vous tirent de tout votre argent par des cajoleries, puis elles visent votre
pouvoir. Je parie…»
tour aujourd’hui ».
« Ben oui. C’est mon calepin. Quand je ne l’ai pas, ils se disputent avec moi à
chance, d’être engagé pour la journée. Alors il conduisait comme un dératé. Il s’était à
peine arrêté devant la maison quand Tika était descendue et se précipitait vers la porte de
devant.
Et il avait constaté lorsqu’il parlait que tout n’allait pas très bien pour sa passagère à la
porte de devant.
Il avait raison.
quand elle était dedans. Cela pourrait seulement signifier qu’elle était sortie. Mais où ?
Elle devait être dedans en train de préparer le ragoût. Pourquoi avait-elle quitté la
maison ?
Et Tika essaya encore la porte. Mais toujours pas de chance. Elle mit son sac
sur la balustrade et chercha son propre trousseau de clés. Elle les avait à peine utilisées.
Elles étaient les réserves de toutes les clés dans sa maison et dans son magasin. Dites
79
donc, comme elles étaient toutes identiques ! Laquelle ouvrait la porte de devant ?
Pourquoi n’avait-elle jamais fait attention ? Enfin, elle s’était décidée pour une.
bonne clé, mais cela n’était pas la cause de la confusion sur le visage de Tika. Il y avait
« La porte est bouclée de l’intérieur. C’est ça ! Mais bon sang ! Qu’est-ce qui se
passe ? »
« Efia ! » cria-t-elle.
Silence.
« Efia !! » cria-t-elle.
Silence. Elle donna de grands coups dans la porte en rage et en fureur. Il n’y
Elle donna encore de grands coups dans la porte puis s’arrêta. Elle pouvait
entendre du bruit dedans. Mais, enfin qu’est-ce qui se passait ? Elle frappa violemment
encore.
L’oreille de Tika était toujours collée à la porte, et juste au moment où elle avait
entendu parler Efia, elle avait aussi entendu claquer la porte de derrière de la cuisine.
Attisée par le soupçon, elle alla en coup de vent derrière la maison, mais il n’y avait rien.
Personne.
en personne.
80
« Peux-tu me dire ce qui se passait dedans ici ? » exigea Tika avec colère.
Tika était hors d’elle-même. « Je te défends de m’appeler madame avec une telle
politesse trompeuse ! Tu me prends pour une folle ? A qui est-ce que tu marmonnais
furieuse.
« Tu étais dedans ici avec quelqu’un faisant Dieu sait quoi, et tu as fait sortir la
« Non, madame ».
cette situation ? » pensa-t-elle. « Que dois-je faire ? Et depuis combien de temps cela se
passe-t-il ? Dieu ! La fille a quelque fois cette maison pour elle seule pour toute une
semaine. Que se passe alors ? Et pourtant, comment pourrais-je continuer sans elle ? »
« Je ne peux pas faire autrement que de rapporter cela à ta famille », dit Tika.
«Je dois les faire savoir que je ne peux pas supporter de telles situations ». Elle était
allée dans sa chambre pour le calepin, ce qu’elle avait trouvé sur le lit. « Dieu ! Après
Efia n’avait pas bronché et cela avait rendu Tika furieuse. « Je pense que je dois
même passer par la gare pour envoyer un message à ta famille. J’aimerais les rencontrer
bientôt ».
81
Tika était sûre qu’elle avait joué son atout. « Elle doit cuire le ragoût dedans dans
la peur à l’heure qu’il est », pensa-t-elle. « C’est ridicule. N’est-ce pas qu’elle est venue
travailler pour moi? Qui avait dit qu’elle pouvait venir imiter ce que je fais ? »
Mais tandis que Tika était assise dans le taxi allant à toute allure vers la ville, pensant à
ces choses, Efia se tordit de rire dans la maison, serrant fort son ventre.
rire. Enfin elle cria dans la direction de la porte de la chambre de Tika : « Elle est partie.
Sors !»
Le mec qui surgit de dessous le lit de Tika semblait si pétrifié qu’Efia se tordait
de rire sottement.
Le mec fut perplexe. « J’aurais pu être attrapé. Si elle avait regardé sous le lit,
elle m’aurait vu ».
« Non », Efia, intrépide, dit avec assurance, « car avant d’ouvrir la porte de
devant, j’avais claqué la porte de derrière. Alors, elle pensait que je t’avais fait sortir
comme naïve. Eh ! »
82
L’idée du type était déjà sur le film pornographique minable qu’il avait regardé
la veille au centre délabré de vidéo à côté des toilettes publiques. Il n’avait pas le temps
83
2.2.5 Chapitre six
Tika.
Tika avait affirmé qu’elle n’en doutait pas que c’était le cas, ce qui avait
bouleversé Teacher. Toujours, elle tenait les bonnes qu’elle présentait aux gens à cœur
pour la simple raison que si la bonne ne causait pas d’ennuis, cela rehausserait sa
sponsorisaient les bonnes à apprendre un métier, cela améliorait son image à Kataso.
Teacher n’était pas une bonne Samaritaine en tant que telle. Non seulement ne jouissait-
elle pas des avantages annexes résultant de ses efforts, elle les attendait vraiment avec
impatience. Comme on dit : « Une bonne réputation est bien, mais on ne peut pas faire
les achats avec cela au marché ». Alors du manioc et du plantain et de la viande lui
l’argent lui parvenaient des citadins heureux, y compris Tika. Ainsi, le problème d’Efia
« Il faut que j’établisse la vérité avant que nous ne décidions quoi faire », elle
supplia Tika.
Et Tika avait révélé qu’elle serait de toute façon occupée les deux mois suivants,
puisqu’elle devait voyager au Togo, à Lagos et à Abidjan. « Cela devrait vous donner
vivait Tika ; elle s’était arrangée pour des bonnes pour deux familles voisines. Et elle
84
avait appris de ces bonnes que les mecs dans le quartier avaient surnommé Efia comme
« Fille Facile ».
Avant que Tika ne retourne de ses voyages à l’étranger, Teacher avait pris une
décision.
La mère d’Efia était occupée en pilant ses graines de palme pour la sauce. Elle leva la
tête juste à la longue pour voir un des garçons de courses de la gare routière d’Osiadan
Elle reçut le message sans appeler son mari. Ensuite, elle se dirigea droit vers la
« Pas quand nous irons. Quand est-ce que tu iras ? » souligna la vieille dame.
Cela éveilla des craintes chez la mère d’Efia. « Quand est-ce que j’irai ?
Maman ! Tu rejettes tout sur moi actuellement que cela s’est passé ? »
partiras pour Accra demain tôt dans la matinée. Elle nous a envoyés de l’argent pour le
« Oui ».
85
« Bien. Alors tu iras chez cette Tika demain. Et quand elle t’aura dit la
« Oui, » reprit la vieille dame, « elle doit te voir très abasourdie et bouleversée.
Peut-être que tu dois même faire quelque chose pour le prouver. Oui ! Gifle-là ! »
« Qui ? »
« Efia, bien sûr. Qui d’autre ? Tika ? Alors donne à Efia quelques gifles
« Je vais attacher du piment moulu dans un bout de pagne et le frotter dans mes
« Merveilleux ! Frotte-le bien dans tes yeux et pleure comme un enfant. Dis
ensuite que tu ne peux pas seule te charger de ce qui s’est passé, alors tu dois retourner
« D’accord ».
« Dois-je ? »
Le lendemain, quand Tika avait vu l’allure dans laquelle la mère d’Efia arrivait, elle
avait commencé aussitôt à sympathiser avec elle. « Comment est-ce que je peux jamais
renvoyer Efia ? » pensa-t-elle. « Cela causera la mort à cette femme.» Et elle l’accueillit.
Mais tandis que Tika expliquait ce qui s’était passé, elle avait remarqué que la
mélancolie que la mère d’Efia démontrait au début changeait en chagrin. « Est-ce qu’elle
Tika fronça les sourcils, ne croyant pas ce qu’elle avait entendu. « Est-ce cela
votre manière de me dire que ce que votre fille avait fait n’était pas si mauvais ? La
froideur dans la voix de Tika avait secoué la mère d’Efia. « Non ! Madame Tika, s’il
vous plaît, ce n’est pas ce que je voulais dire. » Je voulais dire, oh…» et elle se leva d’un
Ne sachant que faire d’autre, elle donna six gifles rapides à Efia qui était très
perplexe, car elle ne pouvait pas comprendre pourquoi elle était frappée pour quelque
de toi, c’est compris ? Pas un mot ! » Elle lui donna deux gifles de plus.
« S’il vous plaît ! » intercéda Tika, sauvant la situation sans le savoir. « S’il vous
d’Efia dit plus haut, « Cela ne suffit pas, Madame Tika. Elle mérite d’être battue.
A ce niveau-là Tika déclara que cela suffisait vraiment. « Ceci est sa première
fois, Maame Amoakona,o alors laisse tomber. Cependant, actuellement qu’elle sait que je
n’hésiterais pas de vous informer si elle recommence, je suis sûre qu’elle n’osera même
plus ».
« Cela lui servira de leçon ». Et elle s’était jetée soudainement dans le fauteuil qui lui
était offert pour s’asseoir. (« Comme c’est mou, confortable, agréable ! » pensa-t-elle.
Puis Maame Amoakona se tourna vers Tika pour lui rendre ses excuses attardées.
Mais Tika l’arrêta, exprimant ses propres regrets à propos de la situation, et lui demanda
de passer la nuit.
Osiadan ».
(Du lit confortable. Nourriture agréable de la ville. Une occasion d’expliquer les
Madame Tika. Vous êtes gentille. Merci. » Et elle frotta ses yeux de plus de piment.
« Madame ! »
résolu maintenant. Reposez-vous bien, Maame Amoakona Et toi, Efia, il ne faut pas
« Oui, Madame ».
Efia s’était arrêtée là, son cœur battant, attendant patiemment à ce que Tika quitte, pour
qu’elle attaque sa mère. La mère aussi savait ce que pensait sa fille, alors elle n’avait
« Tout était seulement une farce », expliqua-t-elle tandis qu’Efia lui lança un
regard méfiant. « J’ai dû agir comme si j’étais bouleversée ». Et elle lui montra le bout
« Maintenant, dis-moi, est-ce que la personne avec qui tu as failli être surprise,
« Il l’a fait ? Ooh ! Efia ! Ooh !... » Elle s’était arrêtée brusquement. « Qu’est-ce
« Durant les deux mois que madame avait voyagé, je n’avais pas vu mes règles ».
réflexion ».
89
Le moment où Tika était de retour, Maame Amoakona avait déjà conçu ce qu’elle ferait.
énorme. Quand je serai de retour à Kataso, j’en ferai le compte rendu entier. Il se peut
prendre l’occasion de cette affaire pour rendre ici leur deuxième maison. ») « Maame
Amoakona, ceci n’est pas du tout une affaire qui demanderait la visite de la vieille dame.
La mère d’Efia sourit. « Vous avez encore prouvé comment vous êtes gentille,
Madame Tika. Merci. Et croyez-moi, de la manière dont je l’ai traitée, je doute qu’elle
Tika poussa un soupir de soulagement. « Juste autant que vous restiez loin
d’ici », pensa-t-elle.
Le matin, elle rangea de vieux habits dans un carton pour que la mère d’Efia
emmène à Kataso. Maame Amoakona remercia le ciel, mais pas à cause des vieux
habits.
« Bien sûr. Oh, pourquoi, Maame Amoakona ? Est-ce que vous devez me
En route pour la gare, la mère d’Efia lui dit : « J’ai dû chercher un moyen de te
faire venir avec moi. Ainsi quand je retournerai après demain avec ta grand-mère, je
prétendrai que tu m’avais avoué la nouvelle de ta grossesse juste à la gare. Je dirai que
cela m’avait tellement bouleversée que je ne pouvais même pas prendre le courage de
90
retourner avec toi pour l’informer. Alors, j’avais continué mon chemin à Kataso pour
informer ta grand-mère ».
« D’accord ».
91
2.3 Résumé de Chapitres 7—12
pour révéler à Tika la grossesse « planifiée » d’Efia. Il faudrait rappeler d’abord que la
richesse de Tika provient de sa mère Sekyiwa qui n’est pas originaire de Kataso, mais
qui séduit le père de Tika, un homme de Kataso résidant à Accra, marié également à une
femme de Kataso. Pour cause de stérilité, le père de Tika abandonne sa femme pour
Sekyiwa, une femme qu’il dépasse de vingt quatre ans. Sekyiwa devient riche par son
Après la naissance de Tika, son père devient sexuellement faible, ce qui pousse
Sekyiwa à accepter l’amour d’autres hommes. Le père de Tika meurt de chagrin causé
par le manque d’amour pour lui et par conséquent les mésententes continuelles. Pour ce
fait, les habitants de Kataso reprochent à Sekyiwa la mort de leur enfant célèbre, le père
de Tika. Alors, à travers Efia, la bonne de Tika, les parents d’Efia planifient un moyen
pour avoir accès à la richesse de Tika : faire en sorte qu’Efia tombe enceinte par tous les
moyens possibles, et que l’enfant devienne l’héritier de Tika qui, heureusement pour
septième chapitre, est pour lui révéler la grossesse « planifiée » d’Efia, et la persuader à
adopter l’enfant qui va naître. Selon le plan, Efia ne doit jamais mentionner le nom de la
personne qui l’a fécondée, afin d’éviter une réclamation ultérieure pour l’enfant après
92
Le huitième chapitre raconte comment la nouvelle de la grossesse est répandue à
Kataso. Pour certains, c’est une honte pour la famille, et pour d’autres, c’est une
occasion perdue, car le fait que Teacher cherche une nouvelle bonne pour Tika est la
preuve qu’Efia sera renvoyée. Néanmoins la grand-mère qui en est la cause reste
impénitente. Pour contraindre Tika à garder Efia et son enfant, elle décide qu’un des
amants de Tika soit désigné comme responsable de la grossesse. Selon elle, cela doit être
un homme marié qui est un amant clandestin de Tika, et qui est très sensible à sa
réputation.
Le chapitre neuf rend compte du comble de l’astuce des parents d’Efia. La mère
Tika pour se concerter avec Efia. Parmi les amants de Tika, elles s’entretiennent sur
quatre et se décident finalement sur Nsorhwe, un homme marié depuis dix-sept ans et
avec deux enfants qui fréquentent une école prestigieuse. Il est le gérant d’une grande
banque commerciale et il occupe aussi une haute position dans une des deux églises
auxquelles il appartient. Les parents d’Efia font cette surprise à Tika en la présence de
situation avec l’aide de Tika, au lieu de soucis à cause de cette accusation. Encouragé
par Tika, son allure détendue et sa réaction conséquente foudroient complètement les
parents d’Efia, qui s’attendaient plutôt à une réaction violente. Il les étonne en
« confessant » d’avoir même eu seize rapports sexuels avec elle, et les rassure qu’il
s’occuperait bien de l’enfant, mais insiste sur un test de paternité pour déterminer le vrai
93
responsable de la grossesse ; un test dont elles n’ont aucune idée et qui, selon lui, est très
douloureux. Elles décident entre elles de partir avec Efia, qui, pensant à la honte qui
l’attend à Kataso, fuit la maison à l’insu de ses parents, volant de l’argent à Tika.
camarade qui est aussi originaire de Kataso, dans l’intention de rester chez elle jusqu’à
son accouchement. Elle réussit à convaincre Akua et ses deux occupantes de chambre, à
condition que sa présence ne les dérange pas, selon les deux autres. Mais elle refuse de
visiter la clinique, même quand son ventre cesse de d’augmenter, de peur qu’elle soit
Elle disparaît un jour, laissant seulement des traces de sang qui pourrait signifier
qu’elle a accouché, mais ses amies se demandent comment elle aurait pu le faire sans
l’aide d’une sage-femme. Akua informe la police, donnant une description détaillée
d’Efia, et la police fournit à la média les nouvelles qui font la une le lendemain.
Kataso, dans un sac en plastique, son enfant qui nait avec le mongolisme et qui meurt
aussitôt après. Elle abandonne le corps dans un fourré à Braha, voyant qu’elle ne peut
plus l’emporter dans son état de décomposition. Elle retourne à Accra en auto-stop et
raconte à Teacher tout ce qui s’est passé : l’astuce de ses parents et les conséquences
actuelles. Teacher essaie de convaincre Tika de pardonner Efia et l’accepter une fois de
plus, mais cela a failli résulter en mésententes entre elles. Teacher persuade Tika plutôt
de ne pas prolonger cette affaire afin que la réputation de Nsorhwe ne soit entraînée
dans la boue.
94
Tika reconnaît avoir participé d’une part ou d’une autre à la situation actuelle,
mais il est moins facile pour elle de s’en sortir. Elle dit qu’Efia est victime de la
manipulation de ses parents, autant qu’elle même. Selon Tika et Teacher, Efia doit être
heureuse que son enfant malformé n’ait été vu comme tel au village, car cela y aurait
suscité un tumulte : certaines vieilles dames auraient été accusées d’avoir causé ce
premiers chapitres du roman et du résumé des six autres qui restent. Le chapitre suivant
95
CHAPITRE TROIS
Volume 6, No. 4, October 2002) cite Eugène Nida (1964 : 130) en faisant part du fait
que les problèmes de traduction peuvent varier en étendue selon la lacune culturelle et
linguistique existant entre les deux (ou les plusieurs) langues en question. Selon elle, les
traducteurs font face de manière permanente à comment contourner les aspects culturels
transmettre ces aspects avec succès dans la LA. De la même façon, nous reconnaissons
que les problèmes de traduction qui se posent entre la langue source (LS - l’anglais) à
partir de notre roman d’analyse, et la langue d’arrivée (LA - le français) sont composés
Darbelnet tels que l’équivalence, la concentration, la dilution ainsi que le plan du réel et
analytiques de Peter Newmark, la théorie développée par George Mounin (1963) citée
par Kate James (October 2002) et le procédé de visualisations dont Paul Kussmaul cite
96
Notre texte source révèle à la troisième page l’énoncé « cash, fine sweet cash »,
(21st century edition) propose des options compte tenu du contexte dans lequel figure
« précieux » est la meilleure option dans la mesure où l’argent est rapproché aux bijoux
en matière de valeur. Cela fait ressortir le sens connoté du mot en rapport avec le
Quant à l’adjectif « sweet » nous avons proposé une expression pour rendre une
traduction littérale d’une idée ancrée dans le langage familier : « métal...qui rend la vie
belle ». Nous faisons allusion à un sujet (l’argent) dont la valeur rend du plaisir,
« les sous, les bons sous, » appliquant le procédé de concentration, fait allusion à la
nature familière de l’énoncé dans la LA, mais ne rend pas compte de l’effet de l’énoncé
acceptable devient « l’argent, métal précieux qui rend la vie belle » est celui de
faire ressortir avec des versions équivalentes. Les expressions dont il s’agit dans la
troisième phrase sont « when you were functioning down there » et « chicken soup », et
caractères gras) :
considérer. C’est un idiolecte dont la traduction littérale ne ferait pas ressortir l’effet ou
le sens exact dont l’auteur compte ressortir. Il faudrait donc le procédé d’équivalence
pour atteindre ce but. Nous la traduisons donc comme « Continue seulement de me faire
ça bien ».
langage vulgaire et dont la traduction demande une équivalence pour rendre l’effet
exact. Nous proposons ainsi l’expression « une pine impuissante ». L’expression « She
left home and headed out, (saying nothing to anyone) » (p. 30) constitue un problème de
nous aurons la traduction suivante : « Elle avait quitté la maison pour une destination
98
inconnue, (sans dire un mot à quelqu’un). » Notre envie d’adopter cette version est due
au fait que nous comptons rendre sur le lectorat de la LA le même effet ou presque,
« Monkey humility » (p. 52) est une expression provenant de l’anglais pidginisé,
identique à des collocations telles que « monkey business » ou « monkey tricks » qui
sont applicables au contexte des affaires. Les deux derniers composants signifient la
malhonnêteté dans les affaires ou les relations, l’accent étant mis sur le mot « monkey. »
Dans ce sens, nous traduisons l’expression comme « une humilité trompeuse», par le
ou de pidgin verbalisé telle que «Don’t you dare madam me so monkey-politely » (p.
54) ne pourrait être traduite littéralement puisque cela risquerait de perdre son effet. A
« Luck, luck, be on my side ». (p. 53) est une expression dont la traduction
littérale serait moins acceptable. Nous proposons ainsi une équivalence telle que « Que
customers » (p. 7), appartenant à la catégorie ci-dessus, font également référence aux
fonctions ou activités des hommes et des femmes respectivement, que la tradition avait
établies dans la société ghanéenne ou ouest africaine. Ainsi, seuls les hommes sont
charrons, et les denrées alimentaires sont vendues seulement par les femmes. Selon le
emphatiquement, ainsi que pour faire montre d’un jeu de mots. Une traduction
99
respective de ces expressions comme « les tout masculins charrons » et «leur toutes
féminines clientes » fait preuve de la traduction littérale. En tant que des aspects
respectivement comme des équivalences les expressions « les charrons tous les deux de
sexe masculin » et « leurs clientes toutes de sexe féminin ». Cela servira non seulement à
assurer le sens exact mais aussi le jeu de mots créé par l’auteur.
«un regard méfiant ». L’expression « to mete out kangaroo justice to him » (p. 9) pose
familière « lui régler son compte » est proposée à partir du procédé d’équivalent
fonctionnel (Newmark, 1988 :83) qui, néanmoins ne rend pas compte de la manière
immédiate de l’action impliquée dans l’expression de la LS. Il y a donc une perte dans
growing up on the wrong side of the tracks, she knew » (p.11). Comme l’indiquent
Vinay et Darbelnet (1977:257) dans cette allusion « portant sur des faits très
particuliers, intimement liés à la vie d’une nation, il faut renoncer à toute traduction et
vue est le même que celui de Mounin (1963) 13 selon lequel la compréhension exacte de
100
la notion est ce qui importe dans la traduction et non pas l’emphase sur la référence de
la LS.
traversée fréquente des villes américaines par la voie du chemin de fer, ce qui résulte en
le fait que les habitants se trouvent répartis des deux côtés de la voie. Ainsi il y a
toujours un côté plus chic par rapport à l’autre à chaque ville, et d’où l’expression ‘ a
right side and a wrong side of the tracks ’. 14 Pour ressortir le sens exact de la notion,
nous faisons référence au contexte qui révèle la vie pitoyable du personnage, Bibio, et
ses frères et soeurs abandonnés par leur père. La mère s’occupait seule d’eux à partir de
traduisons donc l’expression comme : « Elle savait que sa fille grandissait dans les
L’expression « angry blow » (p. 10) est un idiolecte. Selon la théorie développée
par Mounin (op cit) qui insiste sur la notion et non sur la référence de la LS, nous
En outre nous analysons l’énoncé « She gave them good money ; they gave her good
sex » (p. 18) qui fait preuve du jeu idiosyncrasique de mots par l’auteur. Nous faisons
lexique de la LS, afin que la version cible réalise la fonction exacte envisagée par
l’auteur du texte source. Les expressions qui retiennent notre attention sont surtout
«good money » et «good sex » dont les traductions sont respectivement « fortes sommes
comme : « Elle leur donna de fortes sommes d’argent ; ils lui assurèrent de la
satisfaction sexuelle ».
101
L’énoncé suivant est aussi digne d’analyse : « The chief thinks that it is in the
interest of the village that Akorti carries his wilful and undisciplined penis away from
traduction littérale ne rendra pas compte du sens exact de cette expression qui fait
preuve du style individuel de l’auteur et qui appartient au langage vulgaire. Ainsi nous
recourons à la théorie de Mounin (op cit) qui met l’accent sur l’importance de la
signification du lexique afin que l’énoncé cible qui est la version française, remplisse sa
bonne fonction. De ce fait, l’énoncé entier se traduit ainsi : « Dans l’intérêt du village,
Akorti est banni du village, selon le chef, afin de l’empêcher d’engrosser douze autres
filles ».
L’énoncé idiolectal « To sighs » (p. 31) signifie un fait extralinguistique qui pose
un problème de traduction. Nous considérons le fait que l’action dont il s’agit se passe
juste après une autre. Employant la théorie de Mounin (op cit) qui met en relief
remplisse sa bonne fonction, nous traduisons l’énoncé comme : « Des soupirs furent
got her son, his friend and Bibio, and gathered up the clothes, and headed for the police
102
Par le plan du réel nous entendons le plan sur lequel la
plus général. 15
Dans leur analyse comparative des énoncés français et anglais, ils concluent que :
ainsi la traduction comme : « Elle réunit son fils, l’ami de son fils et Bibio, et rassembla
La locution « free and fair » (p. 10) est un idiolecte employé adverbialement par
l’auteur. Le procédé de concentration de Vinay et Darbelnet (op. cit : 183) indique que
dans la traduction, la même idée d’une langue a quelquefois besoin de moins de mots
dans une autre. « En d’autres termes, au même signifié correspondent des signifiants
d’inégale longueur » (op. cit : 183). Vinay et Darbelnet donnent un exemple courant de
d’asile »), « to make amends » (« faire amende honorable »). De ce fait, nous traduisons
« free and fair » par « librement ». De la même manière, nous la traduisons l’expression
syntaxique demande à combler la lacune, soit parce que l’énoncé source est ambigu
l’expression « they wouldn’t have » (p.43) demande à être comblé dans la LA, d’où la
Il s’agit dans l’expression « My lord » (p. 43) d’une appellation provenant d’une
femme à son homme dans le contexte d’un mariage coutumier. Bien que ce titre ou cette
appellation évoque également d’autres contextes tels que la religion et la chevalerie c’est
justement ce contexte-là qui avait influencé son choix par l’auteur. Nous traduisons donc
will let it trickle down and spread » (p. 49) dont la traduction littérale ne ressortirait le
18
sens exact. Pour cela, nous recourons au procédé de « Visualisations » dont Paul
Kussmaul fait part dans son article « Observing Visualisations », contribué dans
European Society for Translation Studies. Selon lui, « Visualisations » peut avoir lieu à
texte source, y amenant ainsi quelque chose de nouveau. Prenant en compte ces points
de vue, nous traduisons l’expression comme : « Nous ferons en sorte que toute la famille
en bénéficie ».
104
Ensuite, à travers le procédé de dilution (Vinay et Darbelnet, op cit : 183) se
traduit l’expression suivante « her God-given courage » (p. 50) comme « Son courage
d’inspiration divine ».
concepts, et les gestes et habitudes (Newmark (op cit : 95). Ce sont les cultures
matérielles, sociales et concepts (culturels) qui sont pertinents à notre analyse. Quant
aux sous-catégories, la culture matérielle recouvre la nourriture, les habits, les maisons
(et les villes) et le transport tandis que la culture sociale s’intéresse au travail (et au
loisir) (Newmark (op cit : 95). Il est remarquable que certains lexiques comportent aussi
Cette rubrique d’analyse englobe des sous-catégories telles que la nourriture, les
habits, le transport et les maisons. Elle comporte aussi les procédés d’équivalence
« Fufu » (p. 44) est une nourriture traditionnelle du Ghana et de certains pays de
dire, celle préparée avec de l’igname ou celle avec du manioc comme démontre le
contexte de la LS. Bien qu’il n’y ait pas d’équivalence de cet aspect culturel dans la LA,
105
la culture francophone ouest africaine où cette nourriture est connue, en fournit un : «
foutou. » En plus, la sous-région francophone fait la distinction entre les autres variétés,
à savoir « foutou igname » ou « foutou banane ». En tant que terme dialectal, nous
«foutou ».
« Palm-nut » (p. 57) sont des fruits des palmiers qui sont des arbres nourriciers
cultivés surtout en Afrique occidentale. A partir des fruits, communément appelés « les
graines de palme », se produit de « l’huile de palme » ainsi que de la sauce aussi appelée
(qu’ignore le dictionnaire Collins Robert que nous utilisons), nous traduisons « palm-
Quant à l’expression « tiger-nut seller » (p. 8), cela fait référence à une activité
localement et vendu par les femmes. Le procédé approprié pour rendre compte de ce
problème de traduction est l’emprunt qui, malgré la création d’une couleur locale,
Selon Newmark (op cit : 47), les mots culturels des textes expressifs comme The
Housemaid sont transférés intacts, pour rendre ainsi la couleur locale. Le mot
« akpeteshie» dans l’expression « a vibrant akpeteshie seller » (p. 3) est donc emprunté à
dans le glossaire à la fin. Dans l’énoncé « a faded cover cloth » (p. 5), il s’agit d’une
106
situation provenant de la culture de l’auteur et créant une lacune dans la LA. La
collocation est aussi un sociolecte. Au Ghana, comme dans certains pays de l’Afrique
occidentale tel que le Nigéria, l’expression en question désigne un des trois morceaux de
pagne sert entre autres à attacher les enfants au dos. C’est indéniablement ce morceau de
pagne qui était utilisé pour attacher le nouveau-né abandonné autour duquel tourne
l’histoire. Cette réalité culturelle à laquelle l’auteur fait allusion en anglais est
«pagne » à partir du procédé d’équivalent fonctionnel (Newmark, op cit : 83), car c’est
un mot générique qui ne rend pas compte de la réalité dont il s’agit. Pour contourner ce
Dans cette catégorie de culture matérielle figure aussi l’énoncé « outlandish kaba
styles» (p. 33) qui est une expression dialectale englobant un concept culturel. Il s’agit
des modèles spécifiques d’habillement féminin appelés « kaba » et connus dans certains
pays de l’Afrique de l’Ouest tels que le Ghana et le Nigéria. Puisqu’il n’y a pas
47). Nous traduisons ainsi l’expression comme : « des modèles extravagants de kaba »
(avec une explication dans l’annexe 1). La marque de la voiture dans l’expression « the
dark blue Toyota Carina, » est empruntée à la LA (Newmark, op cit : 81), d’où la
version « la Toyota Carina de couleur bleu-foncé » (avec une explication dans l’annexe
1).
commune ».
considérable dans l’expression « not a pesewa came from their father » (p.11). En tant
et rendrait aussi l’expression lourde. Puisque le but de toute traduction est de rendre
Darbelnet (op cit : 52-53) à partir duquel nous proposons la version « sou » pour traduire
«If she was going to satisfy her people back home, then, God knows, she needed every
« every cedi », est ce dont il s’agit. La partie de la phrase en question fait référence à la
L’adoption de son équivalent, le « franc », ne transmettrait pas non plus la même réalité
culturelle requise par le contexte. D’ailleurs, l’emprunt de cette devise ghanéenne par la
(Coulthard, 1992, cité par Kate James dans Translation Journal, Volume 6, No. 4,
108
October 2002) dont la connaissance culturelle sur le Ghana est peu profonde. Nous
appliquerons donc la théorie de Mounin (op cit) selon laquelle la compréhension exacte
de la notion importe au lieu d’un accent mis sur la référence de la LS. A partir de ce
point de vue, nous traduisons le complément d’objet comme « tout dernier jeton », et la
Selon Newmark, cette phase recouvre le travail et le loisir, mais nous y incluons
des aspects qui sont aussi pertinents, c'est-à-dire ayant des implications sociales. Les
Le substantif nominal « a male truck pusher » (p. 6) est un dialecte dont la même
découle d’une situation culturelle qui existe au Ghana ainsi qu’aux autres pays ouest
africains, mais pas en France ou en Europe. Il s’agit d’une personne qui transporte des
bagages ou des marchandises par le moyen d’une charrette. The Housemaid explicite
cette situation où les hommes transportent les marchandises des femmes qui, seules, sont
les vendeuses des condiments dans les marchés. L’adjonction dans l’énoncé source de
l’adjectif qualificatif « a male » n’est que pour des raisons d’emphase et ne demande pas
l’expression « pousse-pousse » est une sous traduction car le terme fait allusion à un
109
promeneur ou une promeneuse. Nous proposons ainsi le terme « charron » comme la
La collocation « market mummies » (p. 18) est une expression qui exprime un
d’équivalence dynamique (Nida, 1964 :129) 19 qui essaie de rapprocher le récepteur aux
leurs activités commerciales. Elles achètent les marchandises en grandes quantités et les
caractéristiques sans quoi l’implication culturelle sera ratée dans la LA. De ce fait,
l’énoncé « one of the wealthy market mummies » se traduit comme « une des riches
marchandes ».
Le terme « Teacher » (p. 34) est employé au cours de l’histoire comme le surnom
d’un personnage. Comme indiqué dans l’introduction à cette analyse, certains éléments
« Class mother » est une collocation qui décrit une situation sociale existante au
Ghana. C’est un surnom donné à une fille inscrite à l’école à un âge bien au-dessus de
l’âge limite d’inscription ou de scolarisation des enfants, par les autres enfants de
110
l’école. Cette collocation, qui est originaire de la langue locale dont dispose l’auteur, est
française, et pose ainsi un problème de traduction. D’après Peter Newmark (op cit : 47),
les composants expressifs (les structures syntaxiques rares, les collocations, les
métaphores, les mots employés particulièrement, les néologismes, etc.) d’un texte
expressif doivent être traduits avec précision sinon littéralement. Ainsi nous traduisons
la collocation « class mother » comme «maman de classe ». Nous avons préféré le mot
«maman » à celui de « mère » car le registre en question est attribué aux enfants du
ci-dessus et nous l’analysons selon le point de vue de Newmark (op cit : 47). Selon le
texte, l’énoncé que nous analysons provient d’un groupe de maîtres qui se moquent
d’une fille inscrite à l’école à un âge dépassant l’âge limite de scolarisation des enfants.
collocation « school madam » est un surnom donné à une élève plus âgée que les autres
L’expression « class one » (p. 34) indique le niveau premier du système scolaire
anglophone. Elle comporte des implications sociales pour la traduction, d’où le besoin
d’une équivalence fonctionnelle (Newmark, op cit : 83). A cet égard, sa traduction vis-à-
111
3.3 Distinction lexicale
D’ailleurs, une expression anglaise tend à tolérer la répétition d’une idée dans la même
Nous avons décelé des exemples comme les adjectifs « big and generous » (p.
38) dans l’expression « But if the forgiving heart of the living is big and generous
proposition entière devenant « Mais si le cœur clément du vivant est assez généreux… ».
Ensuite, l’expression « calm and composed » dans l’élocution « She remained calm and
composed » (p. 38) a été rendue par « calme », l’élocution entière devenant « Elle était
restée calme ».
Dans l’énonciation « Convincing them to comply took time, tact and energy » (p.
40), nous avons mis l’accent sur l’expresssion « Convincing them to comply » et nous
avons proposé la version suivante pour l’énonciation entière: «Il a fallu du temps, de la
their mission again » dans la déclaration « Then Teacher set the ball rolling, going over
their mission again » (p. 41) est digne d’attention. Ayant proposé la version
« …reprenant leur mission », nous avons traduit la déclaration entière comme « Puis
whole house will be in her complete care… » (p. 41). Ayant mis l’accent sur « complete
112
care », nous l’avons traduite comme, «…car elle sera chargée de toute la maison… ».
relative « …who snorted angrily » dans le déclaré « He can’t, she told the old lady, who
snorted angrily » (p. 41), appartient aussi à cette catégorie d’exemples. La traduction
agreement… » (p. 43) a été traduite comme « …et même hochant la tête avec
enthousiasme par endroits pour signifier son accord… ». Les parties suivantes de
même page se révèle également l’énonciation, « Her husband stared her directly in the
face… », dans laquelle nous avons souligné l’expression, « …stared her directly in the
Dans la proposition « I will urge her…to adopt the child, make it hers » (p. 48),
nous avons repéré l’expression « to adopt the child, make it hers », et nous avons ainsi
« quand il est apparu qu’une dispute était imminente.» Cette version ne fait pas preuve
hand car in fine condition » (p. 51). Nous avons relevé respectivement l’adjectif
113
comparatif et l’adjectif prépositif « very good » et « in fine condition » et nous avons
traduit l’expression entière comme « une très bonne voiture d’occasion ». Quant à
l’énonciation « …another pair of inquisitive eyes peering over her shoulder » (p. 51),
« peering over » qui font apparaître une répétition. La version cible proposée était « une
L’énonciation « …praying for my luck to shine » (p. 52) révèle une répétition à
travers les mots « luck » et « to shine. » La traduction proposée était « …je prie pour que
the house, clutching her belly and laughing her guts out » (p. 55). Nous l’avons traduite
Une répétition se trahit aussi dans l’énoncé « …dreaming dreams and thinking
thoughts… » (p. 57), ce que nous avons rendu en francais comme «…se revassant…»
D’ailleurs, l’élocution « …a big grin on her face » (p. 57) fait remarquer une répétition
à partir de l’expression « grin on her face », ce que nous avons traduit comme « …avec
un grand sourire ».
Nous avons entrepris un inventaire des lexies utilisées par l’auteur présentent des
The Housemaid note « city-dwellers » (p. 41) tandis que le dictionnaire démontre « city
dwellers », « hold-up » (p. 50) est plutôt « holdup », et « summon » devient « summon
up » dans le dictionnaire. Des mots ou des expressions comme « second-hand » (p. 50),
« shuffling » (p. 53), « rundown » (p. 55) et « making a face » (p. 57) sont plutôt notés
traduction. Autrement dit, ces deux aspects constituent également les problèmes de
qui rendent compte de l’idiosyncrasie de l’auteur, et que nous avons contournés à l’aide
des procédés appropriés. Au sujet de l’aspect culturel, bon nombre des mots sont
Il est à rappeler en fin de compte que tous les noms propres ont été empruntés
tels quels à la langue d’arrivée (Newmark, op cit : 82). Cependant, certains n’ont pas du
tout été désignés, à savoir le nom du père de Tika et celui de la grand-mère d’Efia. Ce
n’est qu’au sixième chapitre que le nom de la mère d’Efia est mentionné.
115
CONCLUSION
Nous avons entrepris dans cette étude intitulée The Housemaid d’Amma Darko :
Traduction commentée des six premiers chapitres, la traduction et l’analyse des six
premiers chapitres de l’œuvre littéraire, The Housemaid. Dans l’œuvre, il s’agit des rôles
découverte de ces rôles, les hommes et les femmes s’accusent généralement d’être
employés dans l’analyse. Nous avons étudié les trois théories de traduction explicitées
par Inês Oseki-Dépré (op cit), à savoir les théories prescriptives ou classiques, les
langue d’arrivée. Quant aux deuxièmes, elles insistent sur « la fidélité au contenu qu’aux
beautés stylistiques de l’original » (p. 46) tandis que les troisièmes se rapportent à une
activité de traduction ouverte et artistique. Nous avons employé les théories descriptives
dans notre analyse afin de maintenir fidèlement le contenu de notre texte original.
En ce qui concerne la méthodologie, nous nous sommes basé sur celle préconisée
par Peter Newmark (op cit), adoptant généralement la traduction sémantique compte
tenu du fait qu’il s’agit d’une œuvre littéraire. Néanmoins, la traduction communicative
est employée là où la version cible essaie de produire un effet aussi proche que celui du
texte original. Nous avons aussi employé la traduction littérale comme la méthode
116
initiale, et l’unité de traduction a été au niveau de la phrase. Les procédés de traduction
établis par Vinay et Darbelnet, Georges Mounin et Newmark ont été exploités.
méthodologie que nous venons de résumer. Il a été question de comment traduire des
expressions familières, à travers des processus détaillés et des procédés tels que
théorie de George Mounin (qui met l’accent sur la compréhension exacte de la notion au
lieu de l’accent sur la référence de la langue source). Nous avons également fait face à
certains mots ou concepts culturels, dont la majorité sont empruntés à la langue cible. Le
reste des chapitres (du roman) qui n’ont pas été traduits, c’est-à-dire de sept à douze, ont
été résumés.
la traduction. Cette étape a démontré le dépistage des problèmes de traduction dont les
solutions ont valu des processus détaillés ainsi que des procédés mentionnés ci-dessus, et
des versions appropriés. Nous avons illustré dans ce même chapitre la différence lexicale
entre le français et l’anglais dans la mesure où une idée se répète dans la même
117
Il est évident à partir de notre recherche que toutes les langues humaines
disposent des points communs en dépit de la divergence linguistique. Cela revient à dire
que chaque langue a sa propre manière d’exprimer toute situation. Ces points communs,
autrement dits « les universaux de langage » rendent ainsi possible la traduction d’une
des propositions comprenant des mots qui ont chacun une prononciation un sens. En
plus, chaque langue a des pronoms, et elle fait une distinction entre les substantifs et les
verbes. Il y a aussi un accord entre les sujets et les objets. C’est donc les divergences et
les points communs qui rendent particulière la manière d’expression de toute situation,
dans toute langue. En ce qui concerne les méthodes descriptives que nous avons
Finalement, nous rappelons que les œuvres littéraires sont des textes écrits aux
niveaux linguistiques de leurs auteurs. Elles sont ainsi pleines d’imagination, faisant
Multilingual Portal, 2004), sont des traits du style littéraire, et que la transgression
signifie l’existence des normes. Notre souhait est qu’à travers cette étude, d’autres
chercheurs seront encouragés à savoir ces normes, pour mener à bien des travaux de
118
BIBLIOGRAPHIE
LIVRES
ARTICLES
Abdellah, Antar Solhy (2005). « What Every Novice Translator Should Know ».
ProZ.com.
Adewuni, Salawu (2006). « Narrowing the Gap between Theory and Practice of
Translation ».Translation Journal. Volume 10, No. 2.
Riazi, Abdolmehdi (2003). « The Invisible in Translation: The Role of Text Structure ».
Translation Journal, Volume 7, No. 2.
Tianmin, Jiang (2006). «Translational Norms ». Translation Journal, Volume 10, No.2.
SITOGRAPHIE
120
REFERENCES
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communications » dans Actes du Colloque : Traduction et Qualité de Langue,
Bibliothèque nationale du Québec, extrait de
e
http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/PubD116/D116-5.html (le 1 avril, 2006).
2
ANTHAR SOLHY Abdellah, 2005: « What Every Novice Translator Should Know »,
ProZ.com, extrait de http://www.proz.com/translation-articles/299/1/.2005 (le 1e avril,
2006).
3
GEORGES Mounin, 1963 : Problèmes théoriques de la Traduction, Gallimard, page
59.
4
GEORGES Mounin, 1963 : Problèmes théoriques de la Traduction, Gallimard, pages
222-223.
5
INES Oseki-Dépré, 1999 : Theories et Pratiques de la Traduction litteraire, Paris,
A.Colin, page 55.
6
INES Oseki-Dépré, 1999 : Theories et Pratiques de la Traduction litteraire, Paris,
A.Colin, page 55.
7
ANTHONY Berman, 1984 : « L’Epreuve de l’Etranger, Culture et Traduction dans
l’Allemagne romantique », Gallimard, Essais, 1984, cité par Isabelle Larrivée ,1994 :
La Littéralité comme Traduction : Abdelkebir Khatibi et le Palimpseste des Langues,
Université Paris 13, page 12.
8
INES Oseki-Dépré, 1999 : Théories et Pratiques de la Traduction littéraire, Paris,
A.Colin, page 19.
9
INES Oseki-Dépré, 1999 : Theories et Pratiques de la Traduction littéraire, Paris,
A.Colin, page 97.
10
INES Oseki-Dépré, 1999 : Théories et Pratiques de la Traduction littéraire, Paris,
A.Colin, page 97.
11
J.- P. Vinay et J. Darbelnet, 1977 : Stylistique comparée du Français et de l’Anglais,
Didier, page 31.
12
J.- P. Vinay et J. Darbelnet, 1977 : Stylistique comparée du Français et de l’Anglais,
Didier, page 257.
121
13
KATE James, 2002 : « Cultural Implications for Translation », Translation Journal,
Volume 6, No. 4, (citant Mounin (1963)), extrait de http://www.proz.com/translation-
articles/articles/256/1/-Cultural-Implications-for-translation (le 1e avril, 2006).
14
J.- P. Vinay et J. Darbelnet, 1977 : Stylistique comparée du Français et de l’Anglais,
Didier, page 257.
15
J.- P. Vinay et J. Darbelnet, 1977 : Stylistique comparée du Français et de l’Anglais,
Didier, page 58.
16
J.- P. Vinay et J. Darbelnet, 1977 : Stylistique comparée du Français et de l’Anglais,
Didier, page 59.
17
PETER Newmark, 1987: Textbook of Translation, Prentice-Hall, pages129-130.
18
PAUL Kussmaul, 2005: « Observing Visualisations », European Society for
Translation Studies, extrait de www.est-
e
translationstudies.org/research.html#lapversusesp (le1 avril, 2006).
19
KATE James, 2002 : « Cultural Implications for Translation », Translation Journal,
Volume 6, No. 4, (citant Eugène Nida (1964 : 129)), extrait de
http://www.proz.com/translation-articles/articles/256/1/-Cultural-Implications-for-
translation (le 1e avril, 2006).
20
Logos Multilingual Portal, 2004, extrait de
e
www.logos.it/pls/dictionary/linguistic_resourses.cap_let_1_1b_en?lang=en (le 1 avril,
2006).
122
ANNEXE I
Chapitre 1
(b) Pagne : la traduction de la version source par ce mot générique résulte en une perte
en français.
(c) Tiger-nut : un type de noix cultivé localement et vendu par les femmes.
Chapitre 3
(d) Quebec Inn : un centre de loisirs à Osiadan, le seul grand village avoisinnant le
village de Braha.
(f) Chicago Bulls : le nom d’une célèbre équipe américaine de basket ball.
(g) Wacko Jacko : le nom donné à Michael Jackson, un artiste américain, pour faire
référence à son agression sexuelle à enfant.
Chapitre 4
(i) Foutou : C’est une nourriture traditionnelle du peuple du Ghana ainsi que de la
plupart des groupes ethniques de la sous-region ouest–africaine. Il y a deux variétés
communes de cette nourriture, à savoir celle préparée avec de l’igname et l’autre avec du
manioc.
(j) Esprit : Etre immatériel ou incorporel, non visible mais dont les agissements sont
sentis par les vivants.
(k) Âme : Principe spirituel de l’homme, conçu comme séparable du corps, et immortel.
(Selon la croyance chrétienne, cet aspect immortel de l’homme est jugé par Dieu).
123
Chapitre 5
(m) Toyota Carina : la marque d’une voiture japonaise produite entre 1970 et 2000.
Chapitre 6
(o) Maame Amoakona : le nom de la mère d’Efia, la bonne de Tika. (Ce nom n’était
pas déclaré jusqu'au sixième chapitre, mais il est aussi remarquable que le nom de la
grand-mère d’Efia n’était pas du tout déclaré tout au long de l’histoire.)
124
ANNEXE II
125