Sutras Du Canon Bouddhique
Sutras Du Canon Bouddhique
INTRODUCTION...
Ce premier cycle d’enseignements sert de base à toutes
Le Bouddha a enseigné en fonction du niveau des per- les écoles bouddhiques et est le fondement de la ten-
sonnes qui l’écoutaient. Pour ce faire, il a fait tourner la dance Théravada (la voie des anciens) aussi appelé Hi-
“Roue de la Loi” (les enseignements) par 3 fois. Chaque nayana ou “Petit Véhicule”.
tour correspond à un cycle d’enseignements ayant donné
naissance à une grande tendance du bouddhisme. Le second cycle d’enseignements insiste sur la notion de
“Vacuité” de tous les phénomènes et met en avant la no-
Le premier cycle d’enseignements correspond à l’ense- tion de Bodhisattva, terme qui peut se traduire par “Fils
ignement dits des “4 Nobles Vérités”1 (1 - Le Samsara est de bouddha”, mais signifie en fait une être qui se voue
par nature souffrance et insatisfaction ; 2 - La cause de par compassion à l’éveil de tous les êtres. Il est le fon-
cette souffrance provient de nos désirs insatiables ; 3 - dement de la tendance Mahayana (“Grand Véhicule”).
Cette souffrance et cette insatisfaction peuvent cesser
par la maîtrise des sens et de l’esprit ; 4 - Le Dharma Le troisième cycle d’enseignements met en avant la no-
permet cette maîtrise par la pratique méditative, la tion de “Vérité Ultime”. Ici, il s’agit de considérer la Vérité
contemplation et l’étude des enseignements). Ultime, plutôt que la Vérité Conventionnelle ou relative.
Elle est reprise par certaines écoles du Mahayana (en par-
Il correspond aussi à l’enseignement de “la Voie du Mi- ticulier le Chan (en chinois) -ou le Zen (en japonais)) et
lieu” (Éviter les extrêmes en adoptant des attitudes et des par le Vajrayana.
pensées modérées, ne pas tomber dans le nihilisme, le
matérialisme ou le théisme). Il met aussi en avant la Véri-
té du “Non-Soi”, la “Vacuité du Soi” (Le “Moi” - l’Ego -
n’est qu’une illusion due à l’ignorance de notre véritable
nature).
les “Bouddhas”.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 4 / 276
Par exemple, les mots faux et vrai... Pour le bouddhisme, J’ai réalisé cette compilation dans le but d’avoir sous la
est VRAI ce qui est VERTUEUX (ou noble - au sens de bon main, en langue française, un ensemble de soutras parmi
et grand), est FAUX ce qui est NON VERTUEUX. Est VER- les plus importants afin de pouvoir les étudier sans re-
TUEUX ce qui procure aux êtres le bonheur et les causes courir à plusieurs livres. J’ai bien conscience, qu’il ne
du bonheur, ce qui soulage et élimine la souffrance et les s’agit que d’une infime partie des enseignements. Ce-
causes de la souffrance, ce qui leur permet d’atteindre pendant, étudier ceux présentés ici donne déjà une
l’Eveil (ou état de Bouddha). bonne base à quiconque s’intéresse aux Dharma. Je les
mets à disposition pour votre étude. J’espère ne pas avoir
Tout ceci a pour base l’amour bienveillant et la grande laissé trop d’erreurs. Je vous prie de men excuser par
compassion que l’on porte aussi bien à soi-même qu’à avance et de me prévenir afin que je les corrige. Merci.
l’ensemble des êtres qui sont en nombre infini comme
l’espace. Pour m’écrire : [email protected]
A propos du mot “bouddhisme”, notons que ce mot ne D’autres textes du canon pâli et les sermons du Bouddha
recouvre rien en réalité. Il est une simplification qui dé-
signe l’ensemble des enseignements des bouddhas, mais http://www.religare.org/intro/BO/BO_SERM_sommaire.htm
prête à confusion. Il sous entend que l’on serait face à
une philosophie ou une religion, alors que le Dharma est http://www.canonpali.org/cdl-index.html
tout le contraire car il ne s’appuie pas sur des théories ou
http://www.canonpali.org/tipitaka.html
des opinions mais sur l’expérience de la vérité.
A l’époque du Bouddha Shakyamuni, le terme employé Pour plus d’information sur le bouddhisme et la méditation
était “vibhajjavâda”, ce qui signifie “école de la vérité ex- http://vibhajjavada.jimdo.com/
périmentée”.
http://djigmetenzin.jimdo.com/index.php (Fichiers PDF à
télécharger)
ô Bhâgavat, lorsque J’étais dans une méditation solitaire, S’il ne m’explique pas si l’univers est éternel ou non
l’idée suivante me vint à la pensée : "L’univers est-il éternel, si l’univers a une limite ou s’il est sans limite,
éternel ou non éternel ? L’univers a-t-il une limite ou alors je pratiquerai la conduite parfaite sous la direction
est-il sans limite ? Le principe vital est-il la même chose du Bhâgavat. S’il ne m’explique pas si l’univers est éter-
que le corps ou le principe vital est-il une chose et le nel ou non éternel, si l’univers a une limite ou s’il est
corps une autre chose ? Le Tathagata existe-t- il après la sans limite, si le principe vital est la même chose que le
mort ou n’existe-t-il pas après la mort ? Existe-t-il et à corps ou si le principe vital est une chose et le corps une
la fois n’existe-t-il pas après la mort ? Ou bien est-il non autre chose, si le Tathagata existe après la mort ou s’il
existant et à la fois pas non existant après la mort ? Ces n’existe pas après la mort, s’il existe et à la fois il
problèmes sont inexpliqués, laissés de côté et rejetés par n’existe pas après la mort, Ou bien s’il est non existant
le Bhâgavat. Le Bhâgavat ne me les explique pas. Le fait et à la fois pas non existant après la mort, alors je prati-
qu’il ne les explique pas ne me plaît pas. Je n’apprécie querai la conduite parfaite sous la direction du Bhâgavat.
pas. S’il ne m’explique pas si l’univers est éternel ou non
J’approcherai le Bhâgavat et je l’interrogerai à ce propos. éternel, si l’univers a une limite ou s’il est sans
S’il m’explique si l’univers est éternel ou non éternel, si limite, alors, en rejetant l’entraînement, je redescendrai
l’univers a une limite ou s’il est sans limite, si le principe dans la vie laïque."
vital est la même chose que le corps ou si le principe vital
est une chose et le corps une autre chose, si le Tathagata ö Bhâgavat, si le Bhâgavat sait que l’univers est éternel,
existe après la mort ou s’il n’existe pas après la mort, s’il qu’il me le dise. Si le Bhâgavat sait que l’univers n’est pas
existe et à la fois il n’existe pas après la mort, Ou bien éternel, qu’il me le dise. Si le Bhâgavat ne sait pas si
s’il est non existant et à la fois pas non existant après la l’univers est éternel ou non, alors quand une personne ne
mort, alors je pratiquerai la conduite parfaite sous la di- sait pas, ne voit pas, elle doit dire par honnêteté : "Je ne
rection du Bhâgavat. sais pas, je ne vois pas." Le bikkhu Malunkyaputta répète
la même phrase concernant les autres opinions.
Le Bhâgavat dit :
Ô Malunkyaputta, est-ce que je vous ai jamais dit : "Ve- "Bhâgavat, je pratiquerai la conduite parfaite sous la di-
nez Malunkyaputta, pratiquez la conduite parfaite sous rection du Bhâgavat et le Bhâgavat m’expliquera si l’uni-
ma direction et je vous expliquerai si l’univers est éternel vers est éternel ou non éternel, si l’univers a une limite
ou non éternel, si l’univers a une limite ou s’il est sans ou s’il est sans limite, si le principe vital est la même
limite, si le principe vital est la même chose que le corps chose que le corps ou si le principe vital est une chose et
ou si le principe vital est une chose et le corps une autre le corps une autre chose, si le Tathagata existe après la
chose, si le Tathagata existe après la mort ou s’il n’existe mort ou s’il n’existe pas après la mort, s’il existe et à la
pas après la mort, s’il existe et à la fois il n’existe pas fois il n’existe pas après la mort, Ou bien s’il est non
après la mort, Ou bien s’il est non existant et à la fois existant et à la fois pas non existant après la mort, alors
pas non existant après la mort, alors je pratiquerai la je pratiquerai la conduite parfaite sous la direction du
conduite parfaite sous la direction du Bhâgavat. S’il ne Bhâgavat. S’il ne m’explique pas si l’univers est éternel
m’explique pas si l’univers est éternel ou non éternel, si ou non éternel, si l’univers a une limite ou s’il est sans
l’univers a une limite ou s’il est sans limite ?" limite ? "
Il est donc clair, ô Malunkyaputta, que je ne vous ai pas "Je ne pratiquerai pas la conduite parfaite sous la direc-
promis : "Venez, ô Malunkyaputta, pratiquez la conduite tion du Bhâgavat, tant qu’il ne m’aura pas expliqué si
parfaite sous ma direction et je vous expliquerai si l’uni- l’univers est éternel ou non éternel, si l’univers a une li-
vers est éternel ou non éternel, si l’univers a une limite mite ou s’il est sans limite, si le principe vital est la
ou s’il est sans limite (...)", et que vous ne m’avez pas même chose que le corps ou si le principe vital est une
promis non plus : "Bhâgavat, je pratiquerai la conduite chose et le corps une autre chose, si le Tathagata existe
parfaite sous la direction du Bhâgavat et le Bhâgavat après la mort ou s’il n’existe pas après la mort, s’il existe
m’expliquera si l’univers est éternel ou non éternel, si et à la fois il n’existe pas après la mort, Ou bien s’il est
l’univers a une limite ou s’il est sans limite, si le principe non existant et à la fois pas non existant après la mort,
vital est la même chose que le corps ou si le principe vital alors je pratiquerai la conduite parfaite sous la direction
est une chose et le corps une autre chose, si le Tathagata du Bhâgavat.
existe après la mort ou s’il n’existe pas après la mort, s’il
existe et à la fois il n’existe pas après la mort, Ou bien S’il ne m’explique pas si l’univers est éternel ou non
s’il est non existant et à la fois pas non existant après la éternel, si l’univers a une limite ou s’il est sans limite",
mort, alors je pratiquerai la conduite parfaite sous la di- l’interrogateur pourra mourir, sans que ces questions re-
rection du Bhâgavat. S’il ne m’explique pas si l’univers çoivent de réponse du Tathagata. C’est tout comme si, ô
est éternel ou non éternel, si l’univers a une limite ou s’il Malunkyaputta, un homme ayant été blessé par une
est sans limite". flèche fortement empoisonnée, ses amis et parents ame-
naient un médecin chirurgien, et que l’homme blessé di-
En ce cas, ô homme stupide, que refusez-vous ? Si quel- rait :
qu’un dit : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir qui
ma blessé : si C’est un ksatriya, ou un brahmane, ou un
vaisya, ou un sudra ?"
Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant
de savoir qui ma blessé : s’il est grand, petit ou de taille de savoir quelles plumes ont été employées pour la
moyenne." flèche : Etaient-ce des plumes de vautour, de héron, de
paon ou d’un autre oiseau ?"
Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant
de savoir la couleur de l’homme qui ma blessé : s’il est Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant
noir, ou brun, ou de couleur d’or ?" de savoir avec quelle sorte de tendon la flèche a été en-
fermée : Avec des tendons de vache, ou de bœuf, ou de
Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant cerf, ou de singe ?"
de savoir d’où vient cet homme qui ma blessé : De quel
village, ou de quelle ville, ou de quelle cité ?" Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant
de savoir si c’était une flèche ordinaire ou une autre sorte
Puis il dirait : "Je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de flèche ?"
de savoir avec quelle sorte d’arc on a tiré sur moi : Etait-
ce une arbalète ou un autre arc ?"
O Malunkyaputta, cet homme mourrait sans le savoir. De La vie dans la conduite parfaite, ô Malunkyaputta, ne dé-
même, ô Malunkyaputta, si quelqu’un dit : "Je ne prati- pend pas de l’opinion : l’univers a une limite. La vie dans
querai pas la conduite parfaite sous la direction du Bhâ- la conduite parfaite ne dépend pas de l’opinion : l’univers
gavat tant qu’il ne m’aura pas expliqué si l’univers est est sans limite. Bien qu’il existe une opinion selon la-
éternel ou non éternel, si l’univers a une limite ou s’il est quelle l’univers a une limite et une opinion selon laquelle
sans limite, si le principe vital est la même chose que le l’univers n’a pas de limite, il existe avant tout la nais-
corps ou si le principe vital est une chose et le corps une sance, la vieillesse, la mort, le malheur, les lamentations,
autre chose, si le Tathagata existe après la mort ou s’il la douleur, la peine, la détresse. Moi, j’enseigne leur ces-
n’existe pas après la mort, s’il existe et à la fois il sation ici-bas, dans cette vie même.
n’existe pas après la mort, Ou bien s’il est non existant
et à la fois pas non existant après la mort, alors je prati- La vie dans la conduite parfaite, ô Malunkyaputta, ne dé-
querai la conduite parfaite sous la direction du Bhâgavat. pend pas de l’opinion : le principe vital est la même
S’il ne m’explique pas si l’univers est éternel ou non chose que le corps. La vie dans la conduite parfaite ne
éternel, si l’univers a une limite ou s’il est sans limite", il dépend pas de l’opinion : le principe vital est une chose
mourra avec des questions laissées sans réponse par le et le corps une autre chose. Bien qu’il existe une opinion
Tathagata. selon laquelle le principe vital est la même chose que le
corps et une opinion selon laquelle le principe vital est
La vie dans la conduite parfaite, ô Malunkyaputta, ne dé- une chose et le corps une autre chose, il existe avant tout
pend pas de l’opinion : l’univers est éternel. La vie dans la naissance, la vieillesse, la mort, le malheur, les lamen-
la conduite parfaite ne dépend pas de l’opinion : l’univers tations, la douleur, la peine, la détresse. Moi, j’enseigne
est non éternel. Bien qu’il existe une opinion selon la- leur cessation ici-bas, dans cette vie même.
quelle l’univers est éternel et une opinion selon laquelle
l’univers est non éternel, il existe avant tout la naissance,
la vieillesse, la mort, le malheur, les lamentations, la
douleur, la peine, la détresse. Moi, j’enseigne leur cessa-
tion ici-bas, dans cette vie même.
La vie dans la conduite parfaite, ô Malunkyaputta, ne dé- Par conséquent, ô Malunkyaputta, gardez donc dans
pend pas de l’opinion : le Tathagata existe après la mort. votre pensée ce que j’ai expliqué comme expliqué et ce
La vie dans la conduite parfaite ne dépend pas de l’opini- que je n’ai pas expliqué comme non expliqué. Quelles
on : le Tathagata n’existe pas après la mort. La vie dans sont les choses que je n’ai pas expliquées ? Je n’ai pas
la conduite parfaite ne dépend pas de l’opinion : le Ta- expliqué si cet univers est éternel ou s’il n’est pas éter-
thagata existe et à la fois n’existe pas après la mort. Bien nel. Je n’ai pas expliqué si l’univers a une limite ou s’il
qu’il existe une opinion selon laquelle le Tathagata existe n’a pas de limite.
après la mort et une opinion selon laquelle le Tathagata
n’existe pas après la mort, il existe avant tout la nais- Je n’ai pas expliqué si le principe vital est la même chose
sance, la vieillesse, la mort, le malheur, les lamentations, que le corps ou si le principe vital est une chose et le
la douleur, la peine, la détresse. Moi, j’enseigne leur ces- corps une autre chose. Je n’ai pas expliqué si le Tathaga-
sation ici-bas, dans cette vie même. ta existe après la mort ou si le Tathagata n’existe pas
après la mort. Je n’ai pas expliqué si le Tathagata existe
La vie dans la conduite parfaite, ô Malunkyaputta, ne dé- et à la fois n’existe pas après la mort. Je n’ai pas expliqué
pend pas de l’opinion : le Tathagata existe et à la fois si le Tathagata est non existant et à la fois pas non exis-
n’existe pas après la mort. La vie dans la conduite par- tant après la mort.
faite ne dépend pas de l’opinion : le Tathagata est non
existant et à la fois pas non existant après la mort. Bien Pourquoi ne lai-je pas expliqué ? Parce que ce n’est pas
qu’il existe une opinion selon laquelle le Tathagata existe utile, que ce n’est pas fondamentalement lié à la
et à la fois n’existe pas après la mort, et une opinion se- conduite parfaite et que cela ne conduit pas à l’aversion,
lon laquelle le Tathagata est non existant et à la fois pas au détachement, à la cessation, à la tranquillité, à la pé-
non existant après la mort, il existe avant tout la nais- nétration profonde, à la réalisation complète, au nibbana.
sance, la vieillesse, la mort, le malheur, les lamentations, C’est pourquoi je ne lai pas expliqué.
la douleur, la peine, la détresse. Moi, j’enseigne leur ces-
sation ici-bas, dans cette vie même.
Culasunatta Sutta Tout comme cette résidence monastique fondée par Mi-
Sur la notion de “vacuité” (impermanent, conditionné et gara-Mata est vide d’éléphants, de vaches, de chevaux,
pourtant existant - l’existence sans substance) de juments, est vide d’or et d’argent, est vide d’assembl-
ées d’hommes et de femmes. Seulement elle est non vide
Ainsi ai-je entendu : Une fois, le Bhâgavat séjournait à la du caractère unique fondé sur l’ordre des bikkhus.
résidence monastique fondée par Migara-Mata, dans le
vihâra de l’Est, près de la ville de Savatthi. Un après-midi, De même, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur
s’étant levé de sa méditation solitaire, l’Ayasmanta la perception concernant le village, sans se concentrer
Ananda s’approcha du Bhâgavat. S’étant approché, il sur la perception concernant les êtres humains, se
rendit hommage au Bhâgavat et s’assit à l’écart sur un concentre sur le caractère unique fondé sur la perception
côté. concernant la forêt. Sa pensée plonge dans la perception
concernant la forêt. Sa pensée s’y plaît, sa pensée s’y
S’étant assis à l’écart sur un côté, l’Ayasmanta Ananda établit, sa pensée s’y libère.
dit au Bhâgavat : Une fois, ô Bhâgavat, vous étiez dans le
bourg des Sakyas appelé Nagaraka au pays des Sakyas. Alors, il sait : "Ici, il n’existe pas de soucis qui se pro-
duisent à cause de la perception concernant le village. Ici,
En ce temps-là, j’ai entendu, étant en face de lui, le Bhâ- il n’existe pas de soucis qui se produisent à cause de la
gavat qui disait : "Moi, ô Ananda, en demeurant dans la perception concernant les êtres humains. Ici, il y a
vacuité, maintenant j’y demeure davantage." Je pense, ô seulement des soucis qui se produisent à cause du ca-
Bhâgavat, que j’ai entendu ainsi correctement, que j’ai ractère unique de la pensée fondée sur la perception
compris ainsi correctement. concernant la forêt."
Le Bhâgavat dit : Certainement, ô Ananda, ce que vous Alors il sait : "Cette perception est vide de la perception
avez entendu ainsi est correct ; ce que vous avez compris concernant le village. Cette perception est vide de la per-
ainsi est correct. Maintenant, tout comme avant, en de- ception concernant les êtres humains. Elle est non vide
meurant dans la vacuité, j’y demeure davantage. seulement du caractère unique fondé sur la perception
concernant la forêt."
De cette façon, s’il n’y a pas une chose, il constate bien Alors il sait : "Ici, il n’existe pas de soucis qui se pro-
cette absence. S’il y a un résidu, à propos de ce résidu, il duisent à cause de la perception concernant les êtres
comprend : "Quand ceci est, cela est." humains. Ici, il n’existe pas de soucis qui se produisent à
cause de la perception concernant la forêt. Ici, il y a
Ainsi, ô Ananda, pour ce disciple, c’est aussi l’arrivée seulement des soucis qui se produisent à cause du ca-
dans une vacuité qui est vraie, non fausse et pure. ractère unique de la pensée fondée sur la perception
concernant la terre."
Et encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur
la perception concernant les êtres humains, sans se Alors, il sait : "Cette perception est vide de la perception
concentrer sur la perception concernant la forêt, se concernant les êtres humains. Cette perception est vide
concentre sur le caractère unique fondé sur la perception de la perception concernant la forêt. Elle est non vide
concernant la terre. seulement du caractère unique fondé sur la perception
concernant la terre."
Tout comme, ô Ananda, une peau de boeuf, bien étendue
par cent chevilles, dont la graisse a disparu, de même, ô De cette façon, s’il n’y a pas une chose, il constate bien
Ananda, un disciple, sans se concentrer sur les choses cette absence. S’il y a un résidu, à propos de ce résidu, il
terrestres comme les hautes terres et les marécages, les comprend : "Quand ceci est, cela est." Ainsi, ô Ananda,
rivières, les arbres portant des branches et des épines, pour ce disciple, c’est aussi l’arrivée dans une vacuité qui
etc., les montagnes et les vallées, etc., se concentre sur est vraie, non fausse et pure.
le caractère unique fondé sur la perception concernant la
terre. Sa pensée plonge dans la perception concernant la Et encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur
terre. Sa pensée s’y plaît. Sa pensée s’y établit. Sa pensée la perception concernant la forêt, sans se concentrer sur
s’y libère. la perception concernant la terre, se concentre sur le ca-
ractère unique fondé sur la perception concernant la "
sphère de l’espace infini". Sa pensée plonge dans la per-
ception concernant la "sphère de l’espace infini". Sa pen-
sée s’y plaît. Sa pensée s’y établit. Sa pensée s’y libère.
Et encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur De cette façon, s’il n’y a pas une chose, il constate bien
la perception concernant la "sphère de l’espace infini", cette absence. S’il y a un résidu, à propos de ce résidu, il
sans se concentrer sur la perception concernant la comprend : "Quand ceci est, cela est." Ainsi, ô Ananda,
"sphère de la conscience infinie", se concentre sur le ca- pour ce disciple, c’est aussi l’arrivée dans une vacuité qui
ractère unique fondé sur la perception concernant la " est vraie, non fausse et pure.
sphère du néant". Sa pensée plonge dans la perception
concernant la "sphère du néant". Sa pensée s’y plaît. Sa Et encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur
pensée s’y établit. Sa pensée s’y libère. la perception concernant la " sphère de la conscience in-
finie", sans se concentrer sur la perception concernant la
Alors il sait : Ici, il n’existe pas de soucis qui se pro- " sphère du néant", se concentre sur le caractère unique
duisent à cause de la perception concernant la "sphère de fondé sur la perception concernant la "sphère sans per-
l’espace infini". Ici, il n’existe pas de soucis qui se pro- ception ni non-perception". Sa pensée plonge dans la
duisent à cause de la perception concernant la "sphère de perception concernant la "sphère ni de la perception ni
la conscience infinie". Ici, il y a seulement des soucis qui de la non-perception". Sa pensée s’y plaît. Sa pensée s’y
se produisent à cause du caractère unique de la pensée établit. Sa pensée s’y libère.
fondée sur la perception concernant la "sphère du néant".
Alors il sait : Ici, il n’existe pas de soucis qui se pro-
Alors il sait : "Cette perception est vide de la perception duisent à cause de la perception concernant la "sphère de
concernant la "sphère de l’espace infini". Cette percep- la conscience infinie". Ici, il n’existe pas de soucis qui se
tion est vide de la perception concernant la "sphère de la produisent à cause de la perception concernant la
conscience infinie". Cette perception est non vide seule- "sphère du néant". Ici, il y a seulement des soucis qui se
ment du caractère unique fondé sur la perception produisent à cause du caractère unique de la pensée
concernant la "sphère du néant". fondée sur la perception concernant la "sphère sans per-
ception ni non-perception".
Ainsi, s’il n’y a pas une chose, il constate bien cette ab- C’est pourquoi, ô Ananda, vous devez vous entraîner en
sence. S’il y a un résidu, à propos de ce résidu, il com- disant : "Entrant dans cette vacuité qui est complètement
prend : "Quand ceci est, cela est." De cette façon, ô pure, incomparable et suprême, j’y demeure."
Ananda, pour ce disciple, c’est l’arrivée dans la vacuité
suprême, incomparable, vraie, non fausse et pure. Ainsi parla le Bhâgavat. L’Ayasmanta Ananda, heureux, se
réjouit des paroles du Bhâgavat.
S’il y a eu, ô Ananda, des sadhus et des ascètes dans le
passé le plus lointain qui sont entrés et ont demeuré
dans la vacuité complètement pure, incomparable et su-
prême, tous ces sadhus et Vacuité entrèrent et demeu-
rèrent précisément dans cette vacuité qui est complète-
ment pure, incomparable et suprême.
Dhammapada Sutta La plupart des hommes oublient que nous mourrons tous
Paroles de vérité (Textes courts) un jour. Pour ceux qui y pensent, la lutte est apaisée.
Tous les états mentaux ont l’esprit pour avant cou- Ceux qui prennent l’erreur pour la vérité et la vérité pour
reur l’erreur, ceux qui se nourrissent dans les pâturages des
pensées fausses, ceux là n’arriveront jamais au réel.
Tous les états mentaux ont l’esprit pour avant coureur ;
ils ont été créés par l’esprit. Si un homme parle ou agit Mais ceux qui prennent la vérité comme vérité et l’erreur
avec un mauvais esprit, la souffrance le suit d’aussi près comme erreur, ceux qui se nourrissent dans les pâtu-
que la roue suit le sabot du boeuf tirant le char. rages des pensées justes, ceux là, arriveront au réel.
Tous les états mentaux ont l’esprit pour avant coureur ; De même que la pluie rentre dans une maison dont le
ils ont été créés par l’esprit. Si un homme parle ou agit chaume est disjoint, de même que la pluie ne rentre pas
avec un esprit purifié, le bonheur l’accompagne d’aussi dans une maison bien couverte ainsi la passion pénètre
près que son ombre inséparable. un esprit non développé. De même, la pluie n’entre pas
dans une maison bien couverte de chaume, ainsi la pas-
"Il ma vilipendé, il ma maltraité, il ma vaincu, il ma volé". sion ne pénètre pas un esprit bien développé.
Chez ceux qui accueillent de telles pensées, la haine ne
s’éteint jamais. L’être bienfaisant se réjouit dans ce monde et se réjouit
dans l’autre. Dans les deux états, il se réjouit. Il est
"Il ma vilipendé, il ma maltraité, il ma vaincu, il ma volé". content et extrêmement heureux quand il voit ses actes
Chez ceux qui n’accueillent jamais de telles pensées, la purs.
haine s’apaise.
La vigilance est le sentier de l’immortalité. La négligence Par la vigilance, Indra, s’est éveillé, s’est élevé au plus
est le sentier de la mort. Ceux qui sont vigilants ne haut rang des dieux. On loue la vigilance, on blâme la
meurent pas. Ceux qui sont négligents sont déjà morts. négligence.
Comprenant bien cette idée, les sages vigilants qui Le bikkhu qui s’attache à la vigilance et qui redoute la
suivent la voie des nobles, se réjouissent dans la vigi- négligence, avance comme le feu, brûlant ses entraves
lance. grandes et petites.
Ceux qui sont sages, méditatifs, persévérants sans re- Le bikkhu qui s’attache à la vigilance et qui redoute la
lâche, atteignent au Nibbana qui est félicité suprême. négligence ne peut plus déchoir. Il s’approche du Nibba-
na.
De celui qui est énergique, attentif, pur en ses actions,
qui agit d’une manière réfléchie, se contrôle, vit avec
droiture, qui est vigilant, la bonne renommée s’accroît.
Longue est la nuit pour celui qui veille ; longue est la L’acte dont on se repent après, dont on éprouve le résul-
route pour celui qui est las de marcher ; long est le cycle tat avec des regrets ou des remords, cet acte n’est pas
des naissances et des morts pour les insensés qui ne bien fait. Cet acte est bien fait quand il n’apporte aucun
connaissent pas la vérité sublime. Si un chercheur ne regret et quand le résultat est accueilli avec délice et sa-
trouve pas son supérieur ou son égal ; qu’il continue ré- tisfaction.
solument son chemin solitaire ; il n’y a pas de camarade-
rie avec un insensé. "C’est aussi doux que le miel", ainsi pense l’insensé du
mal qui n’a pas encore porté ses fruits ; mais quand le
"Ces enfants sont à moi, ces richesses sont à moi" Ainsi mal a fructifié, alors l’insensé vient à en souffrir".
pense l’insensé et il est tourmenté. Vraiment on ne
s’appartient pas à soi-même. De même pour les enfants, Vraiment la connaissance d’un insensé le mène à sa
de même pour les richesses. ruine. Elle détruit son bon côté en brisant sa tête.
Si un insensé est associé à un homme sage, même toute On doit s’associer avec celui qui fait voir les défauts
sa vie, il reste ignorant de la vérité, comme la cuiller comme s’il montrait un trésor. On doit s’attacher au sage
ignore le goût de la soupe. qui réprouve les fautes.
Si un homme intelligent est associé même une seule mi- En vérité fréquenter un tel homme est un bien et non un
nute à un homme sage, il connaîtra promptement la véri- mal. Ne prends pas comme amis ceux qui font le mal ou
té, comme la langue perçoit les saveurs de la soupe. ceux qui sont bas.
Les insensés, les fous, se conduisent vis-à-vis deux Fais ta compagnie des bons, recherche l’amitié des
mêmes comme des ennemis, faisant de mauvaises ac- meilleurs parmi les hommes.
tions dont le fruit est amer.
Celui qui boit à la source de la doctrine, vit heureux dans Il n’est pas de fièvre des passions pour celui qui a termi-
la sérénité de l’esprit. Le sage se réjouit toujours de la né son voyage, qui est libre de tout souci, qui s’est libéré
doctrine enseignée par le ariya. de toutes parts, qui a rejeté tous ses liens.
Les constructeurs d’aqueducs conduisent l’eau à leur Les dieux eux-mêmes envient celui dont les sens ont été
gré ; ceux qui fabriquent les flèches les façonnent ; les domptés, comme l’Est un cheval par son cavalier, qui
charpentiers tournent le bois, les sages se contrôlent s’est débarrassé de tout orgueil et libéré de convoitises.
eux-mêmes.
Comme la terre, un homme constant et cultivé ne s’offe-
De même que le rocher solide n’est pas ébranlé par le nse pas ; il est semblable à un pilier, transparent comme
vent, de même les sages restent inébranlés par le blâme un lac sans limon ; pour lui, le cycle de naissances et de
ou la louange. morts n’existe plus.
Comme un lac profond, limpide et calme, ainsi les sages Tranquilles sont les pensées, les paroles et les actes de
deviennent clairs, ayant écouté la doctrine. celui qui, avec la connaissance juste, est libéré complè-
tement, parfaitement paisible et équilibré.
Il est peu d’hommes qui passent sur l’autre rive. La plu-
part vont et viennent sur cette rive. Que ce soit dans un village, dans une forêt, dans la
plaine ou sur une colline, là où vivent les hommes
Mais ceux qui suivent la doctrine bien enseignée, fran- dignes, cet endroit est charmant.
chissement le domaine de la mort, difficile à traverser.
Délicieuses sont les forêts où la foule ne se réjouit pas ;
les hommes libres de passions y trouvent la joie parce
Tranquilles sont les pensées de celui qui est libéré qu’ils ne recherchent pas les plaisirs des sens.
complètement
On peut vaincre des milliers d’hommes, mais on n’a
rien conquis si on ne s’est pas dominé soi-même
Meilleur que mille mots privés de sens, est un seul mot Si quelqu’un fait le bien, qu’il persévère, qu’il sen ré-
raisonnable, qui peut amener le calme chez celui qui jouisse. Heureuse est l’accumulation du bien.
l’écoute. Un être malfaisant peut être heureux tant que sa mau-
vaise action n’a pas mûri, mais quand elle est mûre, le
Meilleur que mille versets privés de sens est une seule malfaisant connaît le malheur.
ligne de verset pleine de sens qui peut donner le calme à Un être bienfaisant peut avoir de mauvais jours, tant que
celui qui l’écoute. sa bonne action n’a pas encore mûri ; mais quand elle est
mûre, le bienfaisant connaît d’heureux résultats.
On peut conquérir des milliers et des milliers d’hommes Ne traite pas légèrement le bien en te disant : “il ne vien-
dans une bataille ; mais celui qui se conquiert lui-même, dra pas sur moi”. Le pot s’emplit goutte à goutte, ainsi le
lui seul est le plus noble des conquérants. sage, peu à peu, s’emplira de bien. Comme un marchand
qui transporte d’abondantes richesses et n’a qu’une
Un seul jour vécu dans la vertu et la méditation vaut faible escorte, évite une route dangereuse, et comme un
mieux que cent années passées dans le vice et les débor- homme qui aime la vie se garde du poison, - ainsi doit-
dements. on s’éloigner du mal.
Quiconque offense une personne pure, innocente et sans
Un seul jour vécu en comprenant la vérité suprême, vaut souillure, s’expose au retour du mal, comme si l’on avait
mieux qu’un siècle vécu dans l’ignorance de la vérité su- jeté de la poussière contre le vent. Ni dans les airs, ni au
prême. milieu de l’océan, ni dans les antres des rochers, nulle
part dans le monde entier, il n’existe une place où l’ho-
mme trouverait un abri contre ses mauvaises actions.
Faire le bien, éviter le mal
Ni dans les airs, ni au milieu de l’océan, ni dans les
Hâte-toi vers le bien, garde ton esprit du mal. L’esprit de antres des rochers, nulle part dans le monde entier, il
celui qui est lent à faire le bien, se réjouit du mal. n’existe une place où l’homme trouverait un abri contre
Si quelqu’un commet le mal, qu’il se garde de recom- la mort.
mencer. Qu’il ne s’y complaise. Douloureuse est l’accu-
mulation du mal. Le moine véritable
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 27 / 276
Il est temps de chercher la lumière Si l’on se forme soi-même suivant les conseils qu’on
donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger au-
Quelle joie, quelle allégresse peut-il y avoir quand tout trui. En effet, il est difficile de se maîtriser. En vérité, on
est en feu ? Vous qui êtes enveloppés de ténèbres, ne est le gardien de soi-même ; quel autre gardien y-a-t-il ?
chercherez-vous pas une lumière ? En se maîtrisant soi-même, on obtient un gardien diffi-
Les pompeux chars royaux sont détruits par l’usure. Le cile à gagner. Le mal fait par soi-même, engendré en soi,
corps aussi va vieillir mais l’enseignement du sage ne venant de soi, écrase le faible d’esprit comme le diamant
vieillit pas. Ainsi les saints hommes le communiquent broie une gemme. Il est aisé de se faire du tort et du mal.
aux bons. Ce qui est bon et bénéfique est très difficile à accomplir.
L’homme ignorant vieillit à la manière du boeuf ; son
poids augmente, mais non pas sa sagesse. L’insensé qui, appuyé sur des vues fausses, méprise
Les hommes qui n’ont pas mené la vie pure et qui n’ont l’enseignement des Êtres Nobles, des hommes dignes,
pas recueilli de richesses durant leur jeunesse, dépé- des hommes droits, - celui-là produit des fruits (de ses
rissent comme de vieux héron près d’un lac sans pois- actions) pour sa destruction, comme le bambou (qui pro-
sons. duit le fruit pour sa destruction). L’homme se souille par
le mal qu’il a fait et il se purifie en l’écartant. La pureté et
la souillure sont en lui-même ; personne ne peut purifier
La pureté et la souillure sont en nous-même un autre.
La meilleure des pratiques ascétiques est la patience. Le Le vainqueur engendre la haine. Le vaincu gît, étendu
Nirvana est l’état suprême, disent les Bouddhas. Il n’est dans la détresse. L’homme paisible se repose bien, aban-
pas un reclus, celui qui fait du mal aux autres, il n’est donnant à la fois la victoire et la défaite.
pas un ascète, celui qui moleste autrui. Il n’y a pas de feu plus ardent que la concupiscence. Pas
de plus grand malheur que la haine. Il n’y a pas de mi-
sère comparable à celle que procurent les éléments
d’existence ; pas de béatitude plus haute que la paix du
Nirvana.
La santé est le plus grand gain, le contentement est la
plus grande richesse. Un ami fidèle est le meilleur parent,
mais la plus haute béatitude est le Nirvana.
Vaincre le désir Les sages dont les actions sont contrôlées, dont les pa-
roles sont contrôlées, dont les pensées sont contrôlées,
Du désir des sens vient le chagrin, du désir des sens en vérité, ceux-ci sont bien contrôlés.
vient la crainte. Si l’on s’affranchit du désir des sens, on
ne connaît ni le chagrin, ni la crainte.
De l’avidité vient le chagrin, de l’avidité vient la crainte. Si
l’on sen affranchit, on ne connaît ni chagrin, ni crainte.
Vaincre la colère
Un homme qui maltraite des créatures vivantes n’est pas “Toutes les choses conditionnées sont chargées de souf-
un Ariya (être noble). Celui qui est compatissant pour frances” : une fois qu’on voit cela par la sagesse, on est
toutes les créatures mérite d’être appelé un Ariya. dégoûté de la souffrance. Ceci est le sentier de la pureté.
Le menteur va en enfer et aussi celui qui, ayant agi, nie Comme l’éléphant de combat reçoit la flèche jaillit de
son acte. Dans l’avenir, tous deux, hommes d’actions l’arc, ainsi supporterai-je patiemment l’insulte. Certes, la
basses, partagerons le même sort. plupart des gens sont vicieux.
Mieux vaut ne pas faire la mauvaise action ; car après, la
mauvaise action tourmente celui qui la commise. Mieux L’éléphant discipliné est conduit à la bataille. Le roi le
vaut faire la bonne action qui, accomplie, ne causera nul monte. Le meilleur parmi les hommes est celui qui, disci-
tourment à celui qui la commise. pliné, supporte l’insulte.
Ceux qui ont honte de ce qui n’est pas honteux et ceux Excellents sont les mulets dressés, et les chevaux pur-
qui n’ont pas honte de ce qui est honteux, ces êtres sang du Sindh, et aussi les grands éléphants de combat.
adonnés aux vues fausses, vont dans un état malheu- Meilleur encore est l’homme qui s’est contrôlé lui-même.
reux.
Il est bon d’avoir un ami secourable. Il est bon d’être sa-
Ceux qui ont peur de ce qui n’est pas à craindre, et ceux tisfait de tout ce qui arrive. Il est bon, à l’heure de la
qui n’ont pas peur de ce qui est à craindre, ces êtres mort, d’avoir accompli de bonnes actions. Il est bon
adonnés aux vues fausses, vont dans un état malheu- d’abandonner tout chagrin derrière soi.
reux.
Il est bon de pratiquer la vertu tout au long de la vie. Il
Ceux qui voient le mal où il n’y en a pas et ceux qui ne est bon de garder une confiance solide. Il est bon
voient pas le mal où il se trouve, ces êtres adonnés aux d’acquérir la sagesse. Il est bon de ne faire aucun mal.
vues fausses, vont dans un état malheureux.
Comme un arbre coupé pousse encore si ses racines de- Il est bon de contrôlé l’œil. Il est bon de contrôler l’ore-
meurent intactes et fortes, ainsi la souffrance jaillit en- ille. Il est bon de contrôlé le nez. Il est bon de contrôler
core et toujours, tant que l’on n’a pas aboli la convoitise. la langue.
Traqués par la convoitise, les hommes courent en tous Il est bon de contrôlé le corps. Il est bon de contrôler la
sens comme des lièvres poursuivis. Saisis par les en- parole. Il est bon de contrôlé l’esprit. Dans tous les cas le
traves, ils connaîtront longtemps encore la souffrance. contrôle est bon. Le bikkhu qui se contrôle de toute fa-
çon est affranchi de toute souffrance.
Ce qui est fait de fer, de bois ou de chanvre n’est pas un
lien fort, mais l’attachement aux joyaux et aux parures, Le bikkhu qui contrôle sa langue, mesuré dans ses pa-
aux enfants et aux épouses, est certes un lien puissant, roles, qui n’est pas bouffi d’orgueil, interprète la Doctrine
déclarent les sages ; et c’est un lien fort dont il est pé- en l’éclairant. Et ses paroles sont douces.
nible de se débarrasser. Cependant certains le coupent et Observateur de la Doctrine, faisant sa joie de la Doctrine,
choisissent la vie sans foyer ; ils abandonnent les plaisirs méditant sur la Doctrine, se souvenant de la Doctrine, le
des sens sans regarder derrière eux. bikkhu agissant ainsi restera toujours fermement établi
en elle.
Il en est qui s’emprisonnent dans leur propre filet d’ach-
arnement au plaisir, comme l’araignée dans sa toile. les Le bikkhu qui vit dans un état d’amour bienveillant, qui
sages abandonnent même cela, sans se retourner, et se délecte de l’Enseignement de l’Eveillé, ce bikkhu at-
laissant tout souci derrière eux. teint la paix du Nirvana, la fin tranquille et bienheureuse
de l’existence conditionnée.
Le don de la Vérité surpasse tout autre don ; la saveur de
la Vérité surpasse toute autre saveur ; la joie de la Vérité Il n’y a pas de concentration pour celui qui manque de
surpasse toute autre joie ; l’extinction du désir vainc sagesse ; il n’y a pas de sagesse pour celui qui manque
toute souffrance. de concentration. Il est vraiment près du Nirvana, celui en
qui se trouvent la concentration et la sagesse.
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Indriyabhâvanâ Sutta Le jeune homme Uttara répondit : Il ne faut pas voir les
Sur le détachement formes matérielles par les yeux. Il ne faut pas écouter les
sons par les oreilles. C’est ce que, ô vénérable Gotama, le
Ainsi ai-je entendu : Une fois, le Bhâgavat séjournait brahmane Parasariya enseigne à ses élèves sur le déve-
dans le parc de Mukhelu, près de Kajangala. Un jour, un loppement des facultés sensorielles.
jeune homme nommé Uttara, élève du brahmane Parasa-
riya, s’approcha du Bhâgavat. Le Bhâgavat dit : "Ainsi donc, ô Uttara, selon l’enseign-
ement du brahmane Parasariya, un aveugle est quelqu’un
S’étant approché, il échangea avec lui des compliments qui a une faculté sensorielle développée et un sourd est
de politesse et des paroles de courtoisie, puis s’assit à quelqu’un qui a une faculté sensorielle développée, car
l’écart sur un côté. l’aveugle ne voit pas les formes matérielles par ses yeux
et le sourd n’écoute pas les sons par ses oreilles!"
Le Bhâgavat s’adressa au jeune homme Uttara et deman-
da : Est- ce que, ô Uttara, le brahmane Parasariya adresse Lorsque le Bhâgavat se fut exprimé ainsi, le jeune homme
à ses élèves un enseignement sur le développement des Uttara, élève du brahmane Parasariya, resta assis en si-
facultés sensorielles ? lence, abattu, les épaules tombantes, le visage baissé et
incapable de parler.
- Oui, ô vénérable Gotama. Le brahmane Parasariya
adresse un enseignement sur le développement des fa- Le Bhâgavat constata alors que le jeune homme Uttara,
cultés sensorielles. élève du brahmane Parasariya, restait assis en silence,
abattu, les épaules tombantes, le visage baissé et inca-
De quelle façon, ô Uttara, le brahmane Parasariya pable de parler.
adresse-t-il à ses élèves son enseignement sur le déve-
loppement des facultés sensorielles ? Pendant cette discussion, l’Ayasmanta Ananda était assis
auprès du Bhâgavat.
Le Bhâgavat s’adressa à l’Ayasmanta Ananda et dit : "Ô Le Bhâgavat dit : Quel est, ô Ananda, l’incomparable dé-
Ananda, le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un veloppement des facultés sensorielles dans la discipline
certain enseignement sur le développement des facultés des êtres nobles ? Ô Ananda, lorsqu’un disciple voit une
sensorielles. Cependant, ô Ananda, dans la discipline des forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une
êtres nobles, l'incomparable méthode du développement sensation agréable, ou une sensation désagréable, ou
des facultés sensorielles est une autre chose." une sensation à la fois agréable et désagréable. Le dis-
ciple le sait selon la réalité : "Voici une sensation
L’Ayasmanta Ananda dit : "Le bon moment est arrivé, ô agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation
Bhâgavat, le bon moment est arrivé pour expliquer in- désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation
comparable développement des facultés sensorielles se- à la fois agréable et désagréable qui se produit chez
lon la discipline des êtres nobles. Ayant écouté les pa- moi."
roles du Bhâgavat, les disciples les garderont dans leur
mémoire." Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait condi-
tionné ; elle est un fait grossier ; C’est un effet qui est
"Très bien, ô Ananda. Ecoutez donc attentivement. Je vais produit par des causes. (Cependant), c’est l’indifférence
parler, dit le Bhâgavat. " mondaine (le détachement) qui est pure, qui est excel-
lente.
"Bien, ô Bhâgavat ", répondit l’Ayasmanta Ananda.
Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable, ou la sen-
sation désagréable, ou la sensation à la fois agréable et
désagréable s’estompe chez lui. Enfin, c’est l’indifférence
mondaine qui reste.
Tout comme, ô Ananda, un homme qui peut voir, ayant Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable, ou la sen-
les yeux ouverts, les ferme ou, ayant les yeux fermés, les sation désagréable, ou la sensation à la fois agréable et
ouvre, de même, ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, désagréable s’estompe chez lui. Enfin, c’est l’indifférence
une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation mondaine qui reste.
agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa-
tion à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, Tout comme, ô Ananda, un homme fort est capable de
c’est l’indifférence mondaine qui reste. claquer ses doigts, de même, c’est avec une telle vitesse,
une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation
Tel est, ô Ananda, le développement de la faculté senso- agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa-
rielle concernant les formes matérielles connaissables par tion à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin,
les yeux. c’est l’indifférence mondaine qui reste.
Et encore, ô Ananda, lorsqu’un disciple a entendu un son Tel est, ô Ananda, le développement incomparable de la
par ses oreilles, il se produit chez lui une sensation faculté sensorielle concernant les sons connaissables par
agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa- les oreilles.
tion à la fois agréable et désagréable. Le disciple le sait
selon la réalité : Voici une sensation agréable qui se pro- Et encore, ô Ananda, lorsqu’un disciple a senti une odeur
duit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se par son nez, il se produit chez lui une sensation
produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa-
et désagréable qui se produit chez moi. tion à la fois agréable et désagréable. Le disciple le sait
selon la réalité : Voici une sensation agréable qui se pro-
Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait condi- duit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se
tionné ; elle est un fait grossier ; C’est un effet qui est produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable
produit par des causes. (Cependant), c’est l’indifférence et désagréable qui se produit chez moi.
mondaine qui est pure, qui est excellente.
Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait condi- Et encore, ô Ananda, lorsqu’un disciple a goûté une sa-
tionné ; elle est un fait grossier ; C’est un effet qui est veur par sa langue, il se produit chez lui une sensation
produit par des causes. (Cependant), c’est l’indifférence agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa-
mondaine qui est pure, qui est excellente. tion à la fois agréable et désagréable. Le disciple le sait
selon la réalité : Voici une sensation agréable qui se pro-
Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable, ou la sen- duit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se
sation désagréable, ou la sensation à la fois agréable et produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable
désagréable s’estompe chez lui. Enfin, c’est l’indifférence et désagréable qui se produit chez moi.
mondaine qui reste.
Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait condi-
Tout comme, ô Ananda, une goutte d’eau tombe sur une tionné ; elle est un fait grossier ; C’est un effet qui est
feuille de lotus, qui descend sur la pente et qui ne reste produit par des causes. (Cependant), c’est l’indifférence
pas, de même, ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, une mondaine qui est pure, qui est excellente.
telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation
agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa- Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sen-
tion à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, sation désagréable, ou la sensation à la fois agréable et
c’est l’indifférence mondaine qui reste. désagréable s’estompe chez lui. Enfin, c’est l’indifférence
mondaine qui reste.
Tel est, ô Ananda, l’incomparable développement de la
faculté sensorielle concernant les odeurs connaissables Tout comme, ô Ananda, un homme fort peut cracher une
par le nez. particule de mucus rassemblée sur la langue, de même,
c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle
aisance qu’une sensation agréable, ou une sensation
désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désa-
gréable s’estompe et, enfin, c’est l’indifférence mondaine
qui reste.
Tel est, ô Ananda, l’incomparable développement de la Tout comme, ô Ananda, un homme fort peut replier son
faculté sensorielle concernant les saveurs connaissables bras qui était étendu, ou étendre son bras qui était re-
par la langue. plié, de même, c’est avec une telle vitesse, une telle rapi-
dité, une telle aisance qu’une sensation agréable, ou une
Et encore, ô Ananda, lorsqu’un disciple a senti une chose sensation désagréable, ou une sensation à la fois
tangible par son corps, il se produit chez lui une sensa- agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’indi-
tion agréable, ou une sensation désagréable, ou une sen- fférence mondaine qui reste.
sation à la fois agréable et désagréable. Le disciple le sait
selon la réalité : Voici une sensation agréable qui se pro- Tel est, ô Ananda, l’incomparable développement de la
duit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se faculté sensorielle concernant les choses tangibles
produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable connaissables par le corps.
et désagréable qui se produit chez moi.
Et encore, ô Ananda, lorsqu’un disciple a perçu un objet
Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait condi- mental par sa pensée, il se produit chez lui une sensation
tionné ; elle est un fait grossier ; C’est un effet qui est agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa-
produit par des causes. (Cependant), c’est l’indifférence tion à la fois agréable et désagréable. Le disciple le sait
mondaine qui est pure, qui est excellente." selon la réalité : Voici une sensation agréable qui se pro-
duit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se
Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable, ou la sen- produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable
sation désagréable, ou la sensation à la fois agréable et et désagréable qui se produit chez moi.
désagréable s’estompe chez lui et, enfin, c’est l’indiffére-
nce mondaine qui reste. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait condi-
tionné ; elle est un fait grossier ; C’est un effet qui est
produit par des causes. (Cependant), c’est l’indifférence
mondaine qui est pure, qui est excellente.
Lorsque le disciple a entendu les saveurs connaissables Lorsque le disciple a perçu un objet mental par sa pen-
par la langue, il se produit chez lui une sensation sée, il se produit chez lui une sensation agréable, ou une
agréable, ou une sensation désagréable, ou une sensa- sensation désagréable, ou une sensation à la fois
tion à la fois agréable et désagréable. A cause de la sen- agréable et désagréable. A cause de la sensation
sation agréable, ou à cause de la sensation désagréable, agréable, ou à cause de la sensation désagréable, ou à
ou à cause de la sensation à la fois agréable et désa- cause de la sensation à la fois agréable et désagréable
gréable qui s’est produite chez lui, le disciple est sou- qui s’est produite chez lui, le disciple est soucieux, il est
cieux, il est déçu et il ne désire pas s’abandonner à une déçu et il ne désire pas s’abandonner à une telle sensa-
telle sensation. tion.
Lorsque le disciple a entendu les choses tangibles Et quel est, ô Ananda, l’être noble dont les facultés sen-
connaissables par le corps, il se produit chez lui une sen- sorielles ont été développées ? Lorsque le disciple a vu
sation agréable, ou une sensation désagréable, ou une une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui
sensation à la fois agréable et désagréable. A cause de la une sensation agréable, ou une sensation désagréable,
sensation agréable, ou à cause de la sensation désa- ou une sensation à la fois agréable et désagréable. Alors,
gréable, ou à cause de la sensation à la fois agréable et s’il souhaite : "Que je demeure sans conscience de la
désagréable qui s’est produite chez lui, le disciple est non-attirance, dans un cas de non-attirance ", alors il
soucieux, il est déçu et il ne désire pas s’abandonner à demeure sans conscience de la non-attirance. S’il sou-
une telle sensation. haite : "Que je demeure avec conscience de la non-atti-
rance dans un cas d’attirance", alors il demeure avec
conscience de la non-attirance. S’il souhaite : "Que je
demeure sans conscience de la non-attirance dans un
cas de non-attirance et d’attirance ", alors il demeure
sans conscience de la non-attirance. S’il souhaite : "Que
je demeure avec la conscience de la non-attirance dans
un cas à la fois non- attrayant et attrayant", alors il de-
meure avec la conscience de la non-attirance.
(Cependant) s’il souhaite : "M’étant débarrassé de l’atti- (Cependant) s’il souhaite : "M’étant débarrassé de l’atti-
rance comme de la non-attirance, que je demeure dans rance comme de la non-attirance, que je demeure dans
l’indifférence mondaine avec l’attention et la conscience l’indifférence mondaine avec l’attention et la conscience
claire ", alors il demeure dans l’indifférence mondaine claires ", alors il demeure dans l’indifférence mondaine
avec l’attention et la conscience claires. Ainsi, ô Ananda, avec l’attention et la conscience claires. Ainsi, ô Ananda,
c’est lui qui est l’être noble dont les facultés sensorielles c’est lui qui est l’être noble dont les facultés sensorielles
ont été développées. ont été développées.
Et quel est, ô Ananda, l’être noble dont les facultés sen- Et quel est, ô Ananda, l’être noble dont les facultés sen-
sorielles ont été développées ? Lorsque le disciple a en- sorielles ont été développées ? Lorsque le disciple a senti
tendu les sons connaissables par les oreilles, il se produit les odeurs connaissables par le nez, il se produit chez lui
chez lui une sensation agréable, ou une sensation désa- une sensation agréable, ou une sensation désagréable,
gréable, ou une sensation à la fois agréable et désa- ou une sensation à la fois agréable et désagréable. Alors,
gréable. Alors, s’il souhaite : "Que je demeure sans s’il souhaite : "Que je demeure sans conscience de la
conscience de la non-attirance, dans un cas de non-atti- non-attirance, dans un cas de non-attirance ", alors il
rance ", alors il demeure sans conscience de la non-atti- demeure sans conscience de la non-attirance. S’il sou-
rance. S’il souhaite : "Que je demeure avec conscience de haite : "Que je demeure avec conscience de la non-atti-
la non-attirance dans un cas d’attirance", alors il de- rance dans un cas d’attirance", alors il demeure avec
meure avec conscience de la non-attirance. S’il souhaite : conscience de la non-attirance. S’il souhaite : "Que je
"Que je demeure sans conscience de la non-attirance demeure sans conscience de la non-attirance dans un
dans un cas de non-attirance et d’attirance ", alors il de- cas de non-attirance et d’attirance ", alors il demeure
meure sans conscience de la non-attirance. S’il souhaite : sans conscience de la non-attirance. S’il souhaite : "Que
"Que je demeure avec la conscience de la non-attirance je demeure avec la conscience de la non-attirance dans
dans un cas à la fois non-attrayant et attrayant", alors il un cas à la fois non-attrayant et attrayant", alors il de-
demeure avec la conscience de la non-attirance. meure avec la conscience de la non-attirance.
(Cependant) s’il souhaite : "M’étant débarrassé de l’atti- (Cependant) s’il souhaite : "M’étant débarrassé de l’atti-
rance comme de la non-attirance, que je demeure dans rance comme de la non-attirance, que je demeure dans
l’indifférence mondaine avec l’attention et la conscience l’indifférence mondaine avec l’attention et la conscience
claires ", alors il demeure dans l’indifférence mondaine claires ", alors il demeure dans l’indifférence mondaine
avec l’attention et la conscience claires. Ainsi, ô Ananda, avec l’attention et la conscience claires. Ainsi, ô Ananda,
c’est lui qui est l’être noble dont les facultés sensorielles c’est lui qui est l’être noble dont les facultés sensorielles
ont été développées. ont été développées.
Et quel est, ô Ananda, l’être noble dont les facultés sen-
Et quel est, ô Ananda, l’être noble dont les facultés sen- sorielles ont été développées ? Lorsque le disciple a tou-
sorielles ont été développées ? Lorsque le disciple a goû- ché les choses tangibles connaissables par le corps, il se
té les saveurs connaissables par la langue, il se produit produit chez lui une sensation agréable, ou une sensa-
chez lui une sensation agréable, ou une sensation désa- tion désagréable, ou une sensation à la fois agréable et
gréable, ou une sensation à la fois agréable et désa- désagréable. Alors, s’il souhaite : "Que je demeure sans
gréable. Alors, s’il souhaite : "Que je demeure sans conscience de la non-attirance, dans un cas de non-atti-
conscience de la non-attirance, dans un cas de non-atti- rance ", alors il demeure sans conscience de la non-atti-
rance ", alors il demeure sans conscience de la non-atti- rance. S’il souhaite : "Que je demeure avec conscience de
rance. S’il souhaite : "Que je demeure avec conscience de la non-attirance dans un cas d’attirance", alors il de-
la non-attirance dans un cas d’attirance", alors il de- meure avec conscience de la non-attirance. S’il souhaite :
meure avec conscience de la "Que je demeure sans conscience de
non-attirance. S’il souhaite : "Que je demeure sans la non-attirance dans un cas de non-attirance et d’attira-
conscience de la non-attirance dans un cas de non-atti- nce ", alors il demeure sans conscience de la non-atti-
rance et d’attirance ", alors il demeure sans conscience rance. S’il souhaite : "Que je demeure avec la conscience
de la non-attirance. S’il souhaite : "Que je demeure avec de la non-attirance dans un cas à la fois non-attrayant et
la conscience de la non-attirance dans un cas à la fois attrayant", alors il demeure avec la conscience de la non-
non-attrayant et attrayant", alors il demeure avec la attirance.
conscience de la non-attirance.
(Cependant) s’il souhaite : "M’étant débarrassé de l’atti- (Cependant) s’il souhaite : "M’étant débarrassé de l’atti-
rance comme de la non-attirance, que je demeure dans rance comme de la non-attirance, que je demeure dans
l’indifférence mondaine avec l’attention et la conscience l’indifférence mondaine avec l’attention et la conscience
claires ", alors il demeure dans l’indifférence mondaine claires", alors il demeure dans l’indifférence mondaine
avec l’attention et la conscience claires. avec l’attention et la conscience claires. Ainsi, ô Ananda,
c’est lui qui est l’être noble dont les facultés sensorielles
Ainsi, ô Ananda, c’est lui qui est l’être noble dont les fa- ont été développées.
cultés sensorielles ont été développées.
C’est de cette façon, ô Ananda, que l’incomparable déve-
Lorsqu’un disciple a perçu un objet mental par sa pen- loppement des facultés sensorielles dans la discipline des
sée, il se produit chez lui une sensation agréable, ou une êtres nobles a été enseigné par moi ; de cette façon que
sensation désagréable, ou une sensation à la fois l’entraînement du disciple étudiant a été enseigné par
agréable et désagréable. moi ; de cette façon que j’ai défini l’être noble dont les
facultés sensorielles ont été développées.
Alors s’il souhaite : "Que je demeure sans conscience de
la non- attirance dans un cas de non-attirance ", il de- S’il est un devoir pour un maître religieux compatissant,
meure sans conscience de la non-attirance. S’il souhaite : plein de bonne volonté et qui souhaite le bien-être de
"Que je demeure avec conscience de la non-attirance ses disciples, ce devoir pour vous tous a été rempli par
dans un cas d’attirance ", alors il demeure avec moi. Voici, ô Ananda, les pieds des arbres. Voici des en-
conscience de la non-attirance. S’il souhaite : "Que je droits isolés. Engagez-vous, ô Ananda, dans le progrès
demeure sans conscience de la non-attirance dans un intérieur. Ne soyez pas paresseux afin de n’avoir pas,
cas de non-attirance et d’attirance ", alors il demeure plus tard, de regrets. Cela est notre instruction pour vous
sans conscience de la non-attirance. S’il souhaite : "Que tous.
je demeure avec conscience de la non-attirance dans un
cas à la fois non-attrayant et attrayant", alors il demeure
avec la conscience de la non-
attirance.
"Ce n’est pas comme cela quelle se produit, ô Kassapa ", "Comment cela peut être alors, ô vénérable Gotama ?
dit le Bhâgavat. Lorsque j’ai demandé si la souffrance (dukkha) de l’indi-
vidu avait été créée par lui-même, vous m’avez répondu
"Si la souffrance (dukkha) de l’individu n’est pas quelque en disant "Ce n’est pas comme cela quelle se produit"."
chose de créé par lui-même, si la souffrance (dukkha) de
l’individu n’est pas quelque chose de créé par quelqu’un "Lorsque j’ai demandé si la souffrance (dukkha) de l’indi-
d’autre, ô vénérable Gotama, la souffrance (dukkha) de vidu avait été créée par quelqu’un d’autre, vous m’avez
l’individu est-elle une chose apparue par hasard ?" répondu en disant "Ce n’est pas comme cela quelle se
produit"."
"Ce n’est pas comme cela quelle se produit, ô Kassapa",
dit le Bhâgavat.
"Lorsque j’ai demandé si la souffrance (dukkha) de l’indi- "Lorsqu’on dit qu’un individu fait des actions et qu’un
vidu se produisait par hasard, vous m’avez répondu en autre obtient leurs résultats, c’est-à-dire l’opinion selon
disant "Ce n’est pas comme cela quelle se produit"." laquelle on souffre à cause de la faute d’un autre, une
telle affirmation se réduit à la théorie annihilationiste."
"Lorsque j’ai demandé si la souffrance (dukkha) de l’indi-
vidu était une chose non existante, vous m’avez répondu "Dans ce cas, ô Kassapa, le Tathagata enseigne la doc-
en disant " La souffrance (dukkha) de l’individu n’est pas trine sans aller à ces deux extrêmes, mais selon la voie
une chose non existante. La souffrance (dukkha) de du milieu, selon laquelle : conditionnées par l’ignorance
l’individu est une chose existante"." se produisent les formations mentales ; conditionnée par
les formations mentales se produit la conscience ; condi-
"Lorsque j’ai demandé si le vénérable Gotama ne tionnés par la conscience se produisent des phénomènes
connaissait pas et ne voyait pas la souffrance (dukkha), psychiques et des phénomènes physiques ; condition-
vous m’avez répondu en disant " Je ne suis pas quelqu’un nées par les phénomènes psychiques et les phénomènes
qui ne connaît pas la souffrance (dukkha) de l’individu. Je physiques se produisent les six facultés ; conditionné par
suis quelqu’un qui connaît la souffrance (dukkha). Je suis les six facultés se produit le contact (sensoriel et
quelqu’un qui voit la souffrance (dukkha)". mental) ; conditionnée par le contact (sensoriel et mental)
se produit la sensation ; conditionné par la sensation se
"Dites-moi donc, ô vénérable Gotama, comment se pro- produit le désir ; conditionnée par le désir se produit la
duit la souffrance (dukkha) ? Expliquez-moi, ô vénérable saisie ; conditionné par la saisie se produit le processus
Gotama, comment se produit la souffrance (dukkha) ?" du devenir, conditionnée par le processus du devenir se
produit la naissance ; conditionnés par la naissance se
Le Bhâgavat répondit : "Lorsque l’on dit que l’individu fait produisent la décrépitude, la mort, les lamentations, les
des actions et que le même individu reçoit leurs résultats peines, les douleurs, les chagrins, les désespoirs. De
- comme vous l’avez dit au début : "La souffrance (duk- cette façon se produit ce monceau de souffrances (duk-
kha) de l’individu est créée par lui-même " ; une telle af- kha).
firmation se réduit à la théorie éternaliste."
Cependant, par la cessation complète de l’ignorance, les Je prends donc refuge dans le Bhâgavat, dans l’enseign-
formations mentales cessent ; par la cessation complète ement et dans la communauté. Puissé-je obtenir l’ordi-
des formations mentales, la nation mineure et l’ordination majeure auprès du Bhâga-
conscience cesse ; par la cessation complète de la vat.
conscience, les phénomènes psychiques et les phéno-
mènes physiques cessent ; par la cessation complète des Le Bhâgavat dit :
phénomènes psychiques et des phénomènes physiques,
les six facultés cessent ; par la cessation complète des Ô Kassapa, si quelqu’un qui était d’abord un adepte
six facultés, le contact cesse ; par la cessation complète d’une autre religion veut obtenir l’ordination mineure et
du contact, la sensation cesse ; par la cessation complète l’ordination majeure ici, dans cette doctrine et dans cette
de la sensation, le désir cesse ; par la cessation complète discipline, il lui faut passer une période de probation de
du désir, le processus du devenir cesse ; par la cessation quatre mois. Lorsqu’il a passé cette période de proba-
complète du processus du devenir, la naissance cesse ; tion, à la fin des quatre mois, les bikkhus contents de lui,
par la cessation complète de la naissance, la décrépitude, lui donneront délibérément l’ordination mineure et
la mort, les lamentations, les peines, les douleurs, les l’ordination majeure afin de le faire bikkhu. Néanmoins,
chagrins, les désespoirs cessent. Telle est la cessation je constate une différence entre les individus."
complète de tout ce monceau de souffrances (dukkha).
L’ascète nu Kassapa dit :
Cela étant dit, l’ascète nu Kassapa dit au Bhâgavat :
"Merveilleux, ô Vénérable, merveilleux, ô Vénérable. C’est
vraiment, ô Vénérable, comme si l’on redressait ce qui a
été renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le
chemin à l’égaré ou apportait une lampe dans l’obscurité
en pensant : "Que ceux qui ont des yeux voient les
formes ", de même le Bhâgavat a rendu claire la doctrine
de maintes façons."
Mahâdukkhakkhandha Sutta
Sur dukkha (la souffrance - l’insatisfaction) "L’ascète Gotama, ô amis, énonce la compréhension
claire des plaisirs des sens. Nous aussi, nous énonçons la
Ainsi ai-je entendu : compréhension claire des plaisirs des
sens. L’ascète Gotama, ô amis, énonce la compréhension
Une fois, le Bhâgavat séjournait au vihâra fondé par Anfi- claire des formes matérielles. Nous aussi, nous énonçons
thapindika dans le parc Jeta, près de la ville de Savatthi. la compréhension claire des formes matérielles. L’ascète
En ce temps-là, quelques disciples, s’étant habillés de Gotama, ô amis, énonce la compréhension
bon matin, prirent leur bol à aumône et leur manteau, et claire des sensations. Nous aussi, nous énonçons la
entrèrent dans la ville de Savatthi pour recevoir la nourri- compréhension claire des sensations. Ainsi, ô amis, où
ture. est la divergence, où est le désaccord, où est la diffé-
rence entre nous et l’ascète Gotama, en ce qui concerne
L’idée suivante vint à ces disciples : notre doctrine et notre enseignement par rapport à la
doctrine et à l’enseignement de l’ascète Gotama ?"
"Il est trop tôt pour aller recueillir l’aumône. Si nous nous
approchions du Les disciples n’approuvèrent ni rejetèrent les paroles des
bois où se trouvent les Paribbajakas, adeptes d’autres Paribbajakas, adeptes d’autres sectes.
sectes."
S’étant levés de leurs sièges, les disciples partirent sans
Les disciples s’approchèrent donc du bois où se trou- approuver ni rejeter, mais en pensant :
vaient les Paribbajakas, adeptes d’autres sectes.
"Nous comprendrons le sens des paroles des Paribbaja-
S’étant approchés, ils échangèrent avec eux des compli- kas auprès du Bhâgavat."
ments de politesse et des paroles de courtoisie, et en-
suite s’assirent à l’écart sur un côté. Puis, étant allés pour recevoir la nourriture et étant reve-
nus de leur tournée, après avoir fini leur repas, ces dis-
Les Paribbajakas, adeptes d’autres sectes, dirent alors ciples s’approchèrent du Bhâgavat.
aux disciples :
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 52 / 276
S’étant approchés, ils rendirent hommage au Bhâgavat, différence entre nous et l’ascète Gotama, c’est-à-dire en
puis s’assirent à l’écart sur un côté. ce qui concerne notre doctrine et notre méthode d’ense-
ignement par rapport à la doctrine et à la méthode
S’étant assis à l’écart sur un côté, ils informèrent le Bhâ- d’enseignement de l’ascète Gotama ?"
gavat :
Alors, nous n’avons approuvé ni rejeté les paroles des
Ce matin, ô Bhâgavat, nous étant habillés, prenant nos Paribbajakas.
bols à aumône et nos manteaux, nous sommes entrés à
Savatthi pour recevoir la nourriture. Nous étant levés de nos sièges, nous partîmes sans ap-
prouver ni rejeter, mais en pensant :
L’idée suivante, alors, nous est venue :
"Nous comprendrons le sens des paroles des Paribbaja-
"Il est trop tôt pour aller recevoir la nourriture. Si nous kas auprès du Bhâgavat."
nous approchions du bois où se trouvent des Paribbaja-
kas, adeptes d’autres sectes." Le Bhâgavat alors s’adressa à ces disciples et dit :
Ensuite, nous étant approchés du bois, nous avons Ô bikkhus, les Paribbajakas, adeptes d’autres sectes, qui
échangé avec les Paribbajakas des compliments de poli- parlent ainsi doivent être interrogés de façon suivante :
tesse et des paroles de courtoisie, et "Cependant, quelle est, ô amis, la jouissance des plaisirs
nous nous sommes assis à l’écart sur un côté. des sens ? Quels sont leurs désavantages ? Quelle est
l’évasion hors des plaisirs des sens ? Quelle est la jouis-
Les Paribbajakas nous parlèrent alors ainsi : sance des formes matérielles ? Quels sont leurs désavan-
tages ? Quelle est l’évasion hors des formes matérielles ?
"L’ascète Gotama, ô amis, énonce la compréhension Quelle est la jouissance des sensations ? Quels sont leurs
claire des plaisirs des sens. Nous aussi, nous énonçons la désavantages ? Quelle est l’évasion hors des sensations ?"
compréhension claire des plaisirs des sens (...) Ainsi, ô
amis, où est la divergence, où est le désaccord, où est la
Ô bikkhus, lorsque les Paribbajakas, adeptes d’autres La jouissance des plaisirs des sens, c’est, ô bikkhus, le
sectes, seront interrogés ainsi, ils ne seront pas capables bonheur et le plaisir qui se produisent en conséquence
de répondre, et de plus ils tomberont dans des difficultés de ces cinq sortes de plaisirs des sens.
supplémentaires. Pourquoi ? La raison en est que ce sujet
est en dehors de leur compétence. Moi, ô bikkhus, je ne Quels sont, ô bikkhus, les désavantages des plaisirs des
vois personne dans le monde avec ses dieux, ses Mara et sens ? Supposons, ô bikkhus, qu’un fils de famille gagne
ses Brahma, ses troupes d’ascètes et de prêtres, ses êtres sa vie par un métier tel que le calcul ou la comptabilité
célestes et humains, qui soit capable de répondre à ces ou l’estimation, ou par un métier agricole ou bien au ser-
questions, sauf un Tathagata, ou un disciple du Tathaga- vice des rois, ou par une autre profession. Supposons
ta, ou bien quelqu’un qui a appris auprès des disciples qu’il soit affligé par le froid, affligé par la chaleur, ou
du Tathagata. bien qu’il souffre de piqûres de taon, ou de piqûres de
moustique, ou bien qu’il souffre à cause du vent, à cause
Quelle est, ô bikkhus, la jouissance des plaisirs des du soleil, à cause des serpents venimeux, ou bien qu’il
sens ? Il y a cinq sortes de plaisirs des sens. Quelles sont meure de faim ou de soif.
ces cinq sortes : les formes connaissables par la
conscience visuelle, désirées, aimées, plaisantes, char- Voilà, ô bikkhus, le désavantage des plaisirs des sens qui
mantes et pourvues de séduction. Les sons connaissables est devenu réalité ici même. C’est une multitude de
par la conscience auditive, désirés, aimés, plaisants, désagréments, qui a les plaisirs des sens pour cause, les
charmants et pourvus de séduction. Les odeurs connais- plaisirs des sens pour origine, qui est une conséquence
sables par la conscience olfactive, désirées, aimées, plai- des plaisirs des sens. La véritable cause, ce sont les plai-
santes, charmantes et pourvues de séduction. Les sa- sirs des sens.
veurs connaissables par la conscience gustative, désirées,
aimées, plaisantes, charmantes et pourvues de séduction. Ô bikkhus, si, malgré son courage dans son métier, mal-
Les choses tangibles connaissables par la conscience tac- gré sa force et ses efforts, ce fils de famille n’acquiert
tile, désirées, aimées, plaisantes, charmantes et pourvues pas de biens, alors il s’attriste, se lamente, se frappant la
de séduction. Tels sont, ô bikkhus, les plaisirs des sens. poitrine et gémissant, il tombe dans la désillusion et
pense : "J’ai employé ma force en vain. Mon effort est
sans fruit."
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 54 / 276
Ceux qui entrent dans la querelle, dans la contestation, conséquence des plaisirs des sens. La véritable cause, ce
se battent et s’attaquent l’un l’autre à mains nues, avec sont les plaisirs des sens.
des pierres, avec des bâtons et avec des armes, ils
meurent en souffrant ou bien ils éprouvent une douleur Et encore, ô bikkhus, lorsque les plaisirs des sens sont la
mortelle. Cela aussi, ô bikkhus, est un désavantage des cause, lorsque les plaisirs des sens sont l’origine, lorsque
plaisirs des sens qui est devenu réalité ici même, et C’est les plaisirs des sens sont la raison, lorsque les plaisirs
un monceau de souffrances qui a les plaisirs des sens des sens sont la véritable cause, ayant pris des épées et
pour cause, les plaisirs des sens pour origine, qui est une des boucliers, portant des arcs et des carquois, ils
conséquence des plaisirs des sens. La véritable cause, ce sautent sur les remparts brillants, et des flèches volent,
sont les plaisirs des sens. des couteaux volent, des épées flamboient. Ici, il y en a
qui blessent avec des flèches, avec des couteaux et qui
Et encore, ô bikkhus, lorsque les plaisirs des sens sont la versent des bouses brûlantes, qui écrasent avec une
cause, lorsque les plaisirs des sens sont l’origine, lorsque grande force et qui décapitent avec des épées. Là, il y en
les plaisirs des sens sont la raison, lorsque les plaisirs a qui souffrent en mourant ou bien éprouvent une dou-
des sens sont la véritable cause, ayant pris des épées et leur mortelle.
des boucliers, portant des arcs et des carquois, les deux
parties se rassemblent pour combattre, et des flèches Cela aussi, ô bikkhus, est un désavantage des plaisirs des
volent, des couteaux volent, des épées flamboient. Ici, il sens qui est devenu réalité ici même, et C’est un mon-
y en a qui blessent avec des flèches et blessent avec des ceau de souffrances qui a les plaisirs des sens pour
couteaux, qui décapitent avec des épées. Là il y en a qui cause, les plaisirs des sens pour origine, qui est une
souffrent en mourant, ou bien qui éprouvent une douleur conséquence des plaisirs des sens. La véritable cause, ce
mortelle. sont les plaisirs des sens.
Cela aussi, ô bikkhus, est un désavantage des plaisirs des Alors, quelle est, ô bikkhus, l’évasion hors des plaisirs
sens qui est devenu réalité ici même, et c’est un mon- des sens ? L’évasion hors des plaisirs des sens, c’est la
ceau de souffrances qui a les plaisirs des sens pour maîtrise du désir et de l’attachement, et la possibilité de
cause, les plaisirs des sens pour origine, qui est une se débarrasser des désirs et de l’attachement à l’égard
des plaisirs des sens.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 56 / 276
Quelle est alors, ô bikkhus, l’évasion hors des Ainsi parla le Bhâgavat.
sensations ? L’évasion hors des sensations, c’est la maî-
trise du désir et de l’attachement, et la possibilité de se Les bikkhus, heureux, se réjouirent des paroles du Bhâ-
débarrasser des désirs et de l’attachement à l’égard des gavat.
sensations.
Ainsi toutes choses composées sont impermanentes, in- Moine, il vient un moment, une époque à la fin d’une
stables et incertaines. N’y cherchez pas de satisfaction. vaste période où un sixième soleil apparaît. Lorsque ce
Eprouvez de la répulsion envers elles et libérez-vous en ! sixième soleil apparaît, cette terre et le mont mérou, roi
des montagnes, émettent des fumées, dégorgent de fu-
Moine, il vient un moment, une époque à la fin d’une mées, projettent nuages de fumées. Tout comme un four
vaste période où un cinquième soleil apparaît. Lorsque ce de potier lorsqu’on l’allume émet de la fumée, dégorge
cinquième soleil apparaît, les eaux du puissant océan re- de la fumée, projette nuages de fumées, ainsi le font la
culent de cent lieues, de deux cents lieues, de trois, de terre et le mont mérou.
quatre, cinq, six et sept cents lieues. Les eaux du puis-
sant océan sont profondes de sept palmiers, six, cinq, Ainsi toutes choses composées sont impermanentes, in-
quatre, trois, deux ou un seul palmier. Les eaux du puis- stables et incertaines. N’y cherchez pas de satisfaction.
sant océan descendent à la hauteur de sept hommes, six, Eprouvez de la répulsion envers elles et libérez-vous en !
cinq, quatre, trois, deux ou un seul homme. Puis elles
descendent à sa taille, à ses genoux, à ses chevilles. Moine, il vient un moment, une époque à la fin d’une
vaste période où un septième soleil apparaît. Lorsque ce
Ainsi toutes choses composées sont impermanentes, in- septième soleil apparaît, cette terre et le mont mérou, roi
stables et incertaines. N’y cherchez pas de satisfaction. des montagnes, éclatent en feu, s’embrasent et ne
Eprouvez de la répulsion envers elles et libérez-vous en ! forment qu’une seule flamme. Cette explosion fulgurante
atteint même les cieux de brâhma. Le pic du mont mérou
Moine, tout comme en automne, quand la pluie tombe à s’écroule à cause de l’explosion et de la fournaise. De ce
grosses gouttes, il y a des flaques d’eau dans les em- cataclysme, on ne retrouve ni braises, ni cendres. De
preintes des buffles, ainsi devient le grand océan, en même qu’on ne retrouve on ne retrouve ni braises, ni
flaques d’eau disséminées ici et là. cendres, ainsi il ne restera rien de cette grande terre et
du mont mérou.
Ainsi toutes choses composées sont impermanentes, in-
stables et incertaines. N’y cherchez pas de satisfaction. Ainsi toutes choses composées sont impermanentes, in-
Eprouvez de la répulsion envers elles et libérez-vous en ! stables et incertaines. N’y cherchez pas de satisfaction.
Eprouvez de la répulsion envers elles et libérez-vous en !
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 63 / 276
J’ai pensé : ce n’est pas seulement parce qu’il le croit lui- Le maître répond : C’est un gain pour nous, mon ami, un
même que le maître Âlâra Kâlâma déclare : je suis entré grand gain pour nous d’avoir un tel compagnon dans la
et je demeure dans cet enseignement, l’ayant réalisé par vie sainte. Ainsi avez vous trouvé par vous-même le
moi-même par la connaissance directe. Il est certaine- dhamma dans lequel je suis entré par connaissance di-
ment véritablement établi dans la connaissance directe et recte. Le dhamma que je connais est le même dhamma
la vision de cet enseignement. Je L’ai approché et je lui ai que vous connaissez ; le dhamma que vous connaissez
dit : jusqu’à quel niveau déclarez vous avoir pénétré cet est le même dhamma que je connais. Venez, dirigez
enseignement ? Il a déclaré : jusqu’à la sphère du vide. maintenant cette communauté ensemble avec moi. De
Alors j’ai pensé : le maître Âlâra Kâlâma a la conviction, cette façon le maître Âlâra Kâlâma ma fait moi, son élève
la persévérance, l’attention, la concentration et le discer- le grand honneur de me placer sur le même niveau que
nement. Mais moi aussi j’ai la conviction, la persévé- mon professeur et de me récompenser en conséquence.
rance, l’attention, la concentration, et le discernement. Et Mais la pensée suivante n’est venue : ce dhamma ne
si j’essayais de mettre en pratique l’enseignement dont le mène pas à la désillusion, à la fin de la passion, à la ces-
maître Âlâra Kâlâma déclare qu’il la trouvé par connais- sation, au calme, à la connaissance, à l’éveil, ni à l’ultime,
sance directe ? Ainsi, peu après je réalisais le dhamma du mais seulement à la renaissance dans le monde de la
maître Âlâra Kâlâma par connaissance directe. contemplation du vide. Ainsi, mécontent de ce dhamma,
je suis parti.
Je suis allé à la recherche de ce qui pourrait être habile, Alors j’ai pensé : le maître Udaka Râmaputta à la convic-
d’un état sublime de paix et ultime et je suis allé voir le tion, la persévérance, l’attention, la concentration et le
maître Udaka Râmaputta et lui ai dit : ami Uddaka, je discernement. Mais moi aussi j’ai la conviction, la persé-
veux pratiquer ces doctrines et cette discipline. Il ma ré- vérance, l’attention, la concentration, et le discernement.
pond : vous pouvez rester ici mon ami. Cette doctrine Et si j’essayais de mettre en pratique l’enseignement
était telle qu’une personne sage pouvaient bientôt ac- dont le maître Udaka Râmaputta déclare qu’il la trouvé
quérir la connaissance qu’avait le professeur et pouvait par connaissance directe ? Ainsi, peu après je réalisais le
en faire l’expérience directe par lui-même. Peu de temps dhamma du maître Udaka Râmaputta par connaissance
après, j’avais appris la doctrine. Par la seule récitation et directe.
répétition, je pouvais parler de la connaissance, utiliser
les expressions des anciens et je pouvaient affirmer que
je la connaissais comme d’autres la connaissaient aussi.
Le Bouddha raconte son succès dans la méditation à son À la recherche de ce qui pourrait être habile, d’un état
maître. Le maître répond : C’est un gain pour nous, mon sublime de paix ultime, j’ai erré par étapes dans le pays
ami, un grand gain pour nous d’avoir un tel compagnon de Maghada et je suis arrivé à Uruvela. Là, j’ai vu une
dans la vie sainte. Ainsi vous avez trouvé le dhamma campagne délicieuse, avec une plantation de forêt, un
dans lequel je suis entré par connaissance directe par fleuve d’eau claire aux berges à sable fin, entouré de vil-
vous-même. Le dhamma que je connais est le même lages permettant d’aller aux aumônes. La pensée m’est
dhamma que vous connaissez ; le dhamma que vous venue : comme cette campagne est délicieuse, avec sa
connaissez est le même dhamma que je connais. Venez, plantation de forêt, le fleuve clair aux berges à sable fin,
menez maintenant cette communauté ensemble avec entouré de villages permettant d’aller aux aumônes.
moi. De cette façon le maître Udaka Râmaputta ma fait C’est juste ce qu’il me faut pour la tâche que j’ai l’inte-
moi, son élève le grand honneur de me placer sur le ntion d’accomplir.
même niveau que mon professeur et de me payer en
conséquence. Mais la pensée suivante n’est venue : ce Ainsi me suis je assis là, pensant : C’est juste ce qu’il
dhamma ne mène pas à la désillusion, à la fin de la pas- faut pour la tâche que j’ai l’intention d’accomplir.
sion, à la cessation, au calme, à la connaissance, à l’éveil,
ni à l’ultime, mais seulement à la renaissance dans le
monde de la contemplation de la conscience a la percep-
tion presque inexistante. Ainsi, mécontent de ce dham-
ma, je suis parti.
Il m’est venue trois images spontanées dont je n’avais C’est pourquoi j’ai pensé : et si je serrais les dents et la
jamais entendu parler avant : imaginez un morceau de langue contre le palais pour contraindre et écraser mes
bois humide et mouillé qui se trouve dans l’eau et quel- pensées avec ma conscience ? Ainsi, serrant les dents et
qu’un viendrait avec une allumette en pensant : je vais la langue contre le palais, j’ai contraint et écrasé mes
allumer un feu. Je vais produire de la chaleur. Que pen- pensées avec ma conscience. Tout comme un homme
sez-vous ? Pourra-t-il allumer le feu avec le morceau de fort attrape un homme plus faible par la tête, la gorge ou
bois humide et mouillé qui se trouve dans l’eau ? Non, les épaules et le bat pour le contraindre et l’écraser, j’ai
maître. Et pourquoi cela ? Parce que le bois est humide et battu, contraint et écrasé mes pensées avec ma
mouillé sans parler du fait qu’il est dans l’eau. Cet conscience. Quand je faisais cela la sueur se déversait de
homme récolterait seulement de la fatigue et de la dé- mes aisselles. Et bien qu’une persévérance inlassable ait
ception. Ainsi en est-il avec n’importe quel prêtre ou été réveillée en moi et une attention claire ait été établie,
bikkhu qui ne vit pas retiré de la sensualité du corps et mon corps était agité, n’était pas calme en raison de
de l’esprit et chez qui le désir, la soif et la fièvre de la l’effort douloureux. Malgré cela, le sentiment douloureux
sensualité n’est pas calmé. Il ressent des sentiments qui avait surgi ainsi n’a pas influencé mon esprit, ne la
douloureux, perçants du à ces souillures et il est inca- pas envahi et ne s’y pas établi.
pable de réaliser la connaissance, la vision et l’éveil. ...
J’ai pensé : et si je m’absorbais dans la transe de l’arrêt D’autres leur répondirent : " il n’est pas encore mort, il
de la respiration ? Ainsi j’ai arrêté les inspirations et les est en train de mourir ".
expirations. En faisant cela, il y avait des vents hurlants
qui sortaient de mes oreilles, tout comme le roulement D’autres dirent : " il n’est mi mort ni mourant, il est un
des vents produits par les soufflets d’un forgeron. C’est saint parce que les saints passent par cette phase ".
ainsi que j’ai arrêté les inspirations et les expirations par
la bouche et par le nez. Quand je faisais cela des forces J’ai pensé : et si je pratiquais sans prendre de nourriture
extrêmes ont découpé ma tête, comme si un homme fort du tout ? Alors les deva sont venus vers moi et on dit : "
la découpait en tranches avec une épée pointue. Des cher maître, ne pratiquez pas sans prendre de nourriture
douleurs extrêmes ont surgi dans ma tête comme si un du tout. Si vous faites cela, nous vous infuserons de la
homme fort serrait un turban fait de courroies de cuir nourriture divine par vos pores et vous survivrez ". J’ai
dur autour de mes tempes. Des forces extrêmes ont divi- pensé : si je devais prétendre jeûner complètement tan-
sé mon estomac, tout comme si un boucher ou son ap- dis que ces êtres célestes influent de la nourriture par
prenti divisait l’estomac d’un bœuf. Une brûlure extrême mes pores je serais un menteur. Ainsi les ai-je écarté en
apparut dans mon corps, tout comme si un homme fort, disant : assez.
saisissant un homme plus faible par les bras le rôtissait
et le grillait au- dessus d’un puits de braises ardentes. Et
bien qu’une persévérance inlassable est été réveillée en
moi et une attention claire ait été établi mon corps était
agité, n’était pas calme en raison de l’effort douloureux.
Malgré cela le sentiment douloureux qui avait surgi ainsi
n’a pas influencé mon esprit, ne la pas envahi et ne s’y
pas établi.
Quand l’esprit était concentré ainsi, épuré, lumineux, Quand l’esprit était concentré ainsi, épuré, lumineux,
sans tache, débarrassé des souillures, malléable, régulier sans tache, débarrassé des souillures, malléable, régulier
et avait atteint le calme, je l’ai dirigé vers la connaissance et avait atteint le calme, je l’ai dirigé vers la connaissance
du souvenir de mes vie passée. Je me suis rappelé de la de l’œil divin pour voir la mort et la réapparition des
turbulence des vie C’est-à-dire d’une naissance, de 5, êtres. J’ai vu au moyen de l’œil divin, épuré et surpassant
10, 50, 100, 1.000,100.000 naissances pendant beau- l’œil humain - des êtres s’éteindre et réapparaître et j’ai
coup d’éons cosmiques. Je me suis souvenu : dans cette discerné comment ils sont inférieurs ou supérieurs,
vie là, tel était mon nom, je faisait partie de telle famille beaux ou laids, chanceux ou malheureux en fonction de
j’avais un tel visage. leurs actions : les êtres dotés de mauvaise conduite du
corps, de la parole, et de l’esprit, qui méprisaient les
Telle était ma nourriture et telles mes expériences de nobles et avaient de fausses vues et qui ont agi sous
plaisir et de douleur. Telle était ma mort. M’éteignant ici, l’influence de ses fausse vues - à la dissolution du corps,
j’ai resurgi là. Dans la vie suivante, j’avais tel nom, je fai- après la mort sont réapparus dans des sphères de priva-
sait partie de telle famille et j’avais tel visage. Telle était tion, dans de mauvaises destinées, dans des royaumes
ma nourriture et telles mes expériences de plaisir et de inférieurs, en enfer. Mais les êtres qui y avaient une
douleur. Telle était ma mort. M’éteignant ici, j’ai resurgi bonne conduite du corps, de la parole et de l’esprit qui
là. ne méprisaient pas les nobles, qui avaient des vues justes
et agissaient sous l’influence de ces vues justes - à la
Ainsi me suis-je rappelé de la turbulence des vies, les dissolution du corps, après la mort réapparaissant dans
unes après les autres en détail. C’était la première de bonnes destinées, dans des monde merveilleux.
connaissance que j’avais atteint dans le premier tiers de
la nuit. L’ignorance avait été détruite ; la connaissance Au moyen de l’œil divin, épuré et surpassant l’œil humain
avait surgi ; l’obscurité avait été détruite ; la lumière avait - j’ai vu ainsi des êtres mourir et réapparaître et j’ai dis-
surgi comme cela se produit chez quelqu’un qui est pru- cerne comment ils sont devenus inférieurs ou supérieurs,
dent, ardent et résolu. Mais le sentiment plaisant qui beaux ou laids, chanceux ou malheureux selon leurs ac-
avait surgi de cette façon n’a pas envahi mon esprit est tions. Ceci était la deuxième connaissance que j’avais at-
n’y est pas demeuré. teint dans le deuxième tiers de la nuit.
L’ignorance avait été détruite ; la connaissance avait sur- Mon cœur, voyant ce fait, avait été libéré de l’attach-
gi ; l’obscurité avait été détruite ; la lumière avait surgi ement à la sensualité, libéré de l’attachement au devenir,
comme cela se produit chez quelqu’un qui est prudent, libéré de l’attachement à l’ignorance. Avec le détache-
ardent et résolu. Mais le sentiment plaisant qui avait sur- ment, il y a eu la connaissance que J’étais libéré. J’ai dis-
gi de cette façon n’a pas envahi mon esprit est n’y est cerné qu’il n’y avait plus de renaissance pour moi, que la
pas demeuré. vie sainte avait été bien menée, que la tâche avait été ac-
complie. Il N’y Avait plus rien à faire pour moi dans ce
Quand l’esprit était concentré ainsi, épuré, lumineux, monde. Ceci est la troisième connaissance que j’avais at-
sans tache, débarrassé des souillures, malléable, régulier teint dans le troisième tiers de la nuit. L’ignorance avait
et avait atteint le calme, je l’ai dirigé vers la connaissance été détruite ; la connaissance avait surgi ; l’obscurité
de la fin des choses composées. J’ai discerné telle quelle avait été détruite ; la lumière avait surgi comme cela se
est la souffrance, l’origine de la souffrance, la fin de la produit chez quelqu’un qui est prudent, ardent et résolu.
souffrance et la voie menant vers la fin de cette souf- Mais le sentiment plaisant qui avait surgi de cette façon
france. J’ai discerné telles quelles sont les choses com- n’a pas envahi mon esprit est n’y est pas demeuré.
posées, l’origine des choses composées, la fin des
choses composées et la voie menant vers la fin les
choses composées.
Milindapañha " Maître, s’il n’y a pas d’individualité enveloppée dans les
(Questions du roi Milinda) phénomènes, Qu’est-ce donc qui alors vous procure ce
Sur le non soi dont vous avez besoin : vêtements, nourriture, demeure,
médicaments pour les malades ? Qui est-ce qui jouit de
Le roi Milinda, rendant visite à Nâgasêna, l’interrogea : toutes ces choses ? Qui est-ce qui vit dans la droiture et
dans la justice ? Qui est-ce qui atteint le but de la voie
"Comment t’appelle-t-on, quel est ton nom ? " excellente, la sagesse, le nirvâna ? Et qui est-ce qui tue,
qui vole ? Qui est-ce qui vit dans le mal, dans la sensua-
"Je me prénomme Nâgasêna, ô roi, c’est ainsi que l’on dit lité, qui ment, qui s’adonne à l’intempérance ?
quand on s’adresse à moi. Les parents donnent un nom à
leurs enfants, mais ce nom, Nâgasêna, ou n’importe quel S’il en est ainsi, il n’y a plus de mérite ou de démérite,
autre nom, n’est qu’une désignation généralement utili- plus d’hommes qui provoque de bonnes et de mauvaises
sée, un mot sur lequel on s’accorde pour désigner quel- actions et plus personne, non plus, qui les commette, il
qu’un. D’égo permanent, enveloppé dans les phéno- n’y a plus ni fruit, ni résultat d’un bon ou d’un mauvais
mènes, il n’en existe pas ". kamma. Si quelqu’un se tuait, ô Nâgasêna, il ne serait
donc pas un meurtrier. Il s’ensuit, aussi, que les maîtres
Le roi en appela alors au témoignage de l’assistance : et les docteurs de tes adeptes sont des êtres fictifs et que
l’ordination qu’on y reçoit n’est, en réalité, conférée à
" Nâgasêna, prétend que son nom ne représente pas une personne. Tu dis que tes frères ont l’habitude de s’adr-
individualité permanente, peut-on adhérer à cette théorie esser à toi en t’appelant Nâgasêna. Qu’est-ce que Nâga-
?" sêna ? Veux-tu dire que tes cheveux sont Nâgasêna ? "
Et se tournant vers Nâgasêna, il lui dit : "Je ne dis pas cela, grand roi "
"Certainement non."
"Ou bien s’agit-il des dents, des ongles, de la peau, de la Et encore, il répondit non.
chair, des nerfs, des os, de la moelle, des rognons, du
cœur du foie du ventre, des intestins, de l’estomac, des "Ainsi, Maître, n’importe où je m’adresse, je ne puis,
excréments, de la bile, des humeurs, du pus, du sang, de nulle part, découvrir Nâgasêna. Un mot, voilà ce qu’est
la transpiration, de la graisse, des larmes, du sérum, de Nâgasêna. Cependant, qui est ce Nâgasêna que je vois en
l’huile qui lubrifie les articulations, de l’urine ou du cer- face de moi ? Lorsque tu parles de Nâgasêna tu mens,
veau qui sont Nâgasêna ?" Maître, il n’y a pas de Nâgasêna."
Et, à chacune de ces choses Nâgasêna répondit non. Et le vénérable Nâgasêna de répondre au roi :
"Est-ce la forme extérieure ~ rupa ~ qui est Nâgasêna, ou "Tu es, ô roi, habitué à un très grand bien-être, à un très
les sensations conditionnées ~ vedanâ ~ ou les percep- grand luxe. Si tu marchais sur le sol échauffé, sur le sable
tions conditionnées ~ sañña ~ ou les formations men- brûlant et trouvais sous tes pieds de pierres aiguës et du
tales conditionnées ~ sankhâra ~ ou la conscience condi- gravier, ceux-ci te feraient mal et, comme ton corps
tionnée ~ viññana ~ qui sont Nâgasêna ?" souffrirait, ton esprit se troublerait et tu éprouverais une
sensation de souffrance corporelle. Comment es-tu venu
Et, à chacune de ces choses Nâgasêna répondit encore jusqu’ici ? A pied ou dans un char ?"
non.
"Je ne suis pas venu à pied. Maître, je suis venu en char."
"Alors, est-ce l’assemblage du nom, du corps, des sen-
sations, des représentations, des formations mentales et "Si tu es venu en char, ô roi, alors explique-moi ce qui
de la conscience, est-ce cela qui est Nâgasêna ?" est ce char. Qu’est-ce donc que ce char ?" Le char est-ce
le timon, les roues, le coffre, le joug ?"
Et, à cela Nâgasêna répondit à nouveau non.
"Non, ce n’est pas ces choses."
"Est-ce quelque chose en dehors des cinq agrégats ~
skandas ~ qui est Nâgasêna ?" "Le char est-ce quelque chose en dehors de ces parties ?"
Sabbâsava Sutta En celui qui pense sans sagesse, ô bikkhus, des obstacles
Majjhima Nikâya, n°2 non apparus paraissent, et les obstacles déjà présents
Sur les obstacles s’accroissent ; en celui qui pense sagement, ô bikkhus,
des obstacles non apparus ne paraissent pas, et les obs-
Ainsi ai-je entendu : tacles déjà présents décroissent. Il y a, ô bikkhus, les
obstacles qui doivent être vaincus par le discernement, il
Une fois que le Tathâgatha, qui se trouvait au vihâra y a les obstacles qui doivent être vaincus par l’action ap-
d’Anâthapindika dans le parc de Jeta à Sâvatthi, s’expr- propriée, il y a les obstacles qui doivent être vaincus en
ima ainsi : les évitant, il y a les obstacles qui doivent être vaincus en
les écartant ; il y a les obstacles qui doivent être vaincus
" La façon de surmonter tous les obstacles, ô bikkhus, je par le développement mental.
vous l’enseignerai. Ecoutez cela, réfléchissez bien, je
parlerai. " Quels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être
vaincus par le discernement ?
" Oui, Bhante ", répondirent ces bonzes.
Voici, ô bikkhus, l’homme ordinaire et non instruit qui ne
Alors, le Tathâgatha parla ainsi : voit pas les nobles êtres, n’est pas instruit de la noble
doctrine, ni entraîné dans la noble doctrine, qui ne voit
"La destruction des obstacles, ô bikkhus, je vous le dis, pas les sages, n’est pas instruit de la doctrine des sages,
est pour celui qui sait et pour celui qui voit, non pour ce- ni entraîné dans la doctrine des sages ; il ne sait pas les
lui qui ne sait pas, ni pour celui qui ne voit pas. Et que choses qui doivent être pensées, il ne sait pas celles qui
doit savoir, ô bikkhus, que doit voir celui qui détruit les ne doivent pas être pensées. Alors ne sachant pas les
obstacles ? La pensée sage et la pensée sans sagesse. choses qui doivent être pensées, celles qui ne doivent
pas être pensées, il les pense, et celles qui doivent être
pensées, il ne les pense pas.
Ainsi, pensant sans sagesse, l’une des six vues fausses Mais le sage, ô bikkhus, le noble disciple qui voit les
surgira en lui : " J’ai une âme " ; cette vue fausse naît en nobles êtres, est instruit de la noble doctrine et, est en-
lui, véridique et ferme. " Je n’ai pas d’âme " ; cette vue traîné dans la noble doctrine, qui voit les sages, est ins-
fausse naît en lui, véridique et ferme. " Par l’âme, je truit de la doctrine des sages, est entraîné dans la doc-
connais l’âme " ; cette vue fausse surgira en lui, véridique trine des sages, il sait les choses qui doivent être pen-
et ferme. " Par l’âme, je connais le non-âme " ; cette vue sées et sait les choses qui ne doivent pas être pensées.
fausse surgira en lui, véridique et ferme. Ou encore, cette Alors sachant les choses qui doivent être pensées et sa-
autre vue fausse surgit en lui : " Cette âme qui est chant celles qui ne doivent pas être pensées, les choses
mienne, s’exprimant et ressentant, reçoit ici et là le ré- qui ne doivent pas être pensées, il ne les pense pas et
sultat des bonnes et mauvaises actions, et cette même celles qui doivent être pensées, il les pense.
âme qui est mienne, permanente, fixe, éternelle, de na-
ture immuable, demeure ainsi éternellement ". Et quelles sont, ô bikkhus, les choses qui ne doivent pas
être pensées et auxquelles il ne pense pas ?
Ceci, ô bikkhus, est appelé spéculations, jungle d’opini-
ons, déserts d’opinions, perversion d’opinions, agitation Si par la pensée de certaines choses, ô bikkhus, l’obsta-
d’opinions et liens d’opinions. Lié par ces liens d’opini- cle du désir sensuel non apparu, paraît ; l’obstacle du
ons, ô bikkhus, l’homme ordinaire et non instruit n’est désir sensuel déjà présent s’accroît ; l’obstacle de l’ign-
pas libéré de la naissance, de la vieillesse, de la mort, des orance non apparu, paraît ; l’obstacle de l’ignorance déjà
chagrins, lamentations, souffrances, peines mentales, présent s’accroît : l’obstacle du désir d’existence non ap-
agonies ; il n’est pas libéré de la souffrance, je le dis. paru, paraît ; l’obstacle du désir d’existence déjà présent
s’accroît ; ces choses qui ne doivent pas être pensées, il
ne les pense pas.
Ainsi, sagement il pense : " Ceci est dukkha " ; sagement Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant
il pense : le contrôle de la faculté de l’odorat. Alors, ô bikkhus,
" Ceci est la cause de dukkha " ; sagement il pense : " qu’en celui qui demeure sans garder le contrôle de l’odo-
Ceci est la cessation de dukkha " ; sagement il pense : " rat, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient,
Ceci est le sentier qui mène à la cessation de dukkha ". en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté
d’odorat, ces obstacles oppressifs et brûlants n’appara-
Pensant ainsi, trois liens se détachent de lui : l’illusion du issent pas.
moi, le doute, la croyance en l’efficacité des rites et des
cérémonies. Tels sont, ô bikkhus, les obstacles qui
doivent être vaincus par le discernement.
Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant Alors, ô bikkhus, qu’en celui qui demeure sans garder le
le contrôle de la faculté du goût. Alors, ô bikkhus, qu’en contrôle de ses facultés, des obstacles oppressifs et brû-
celui qui demeure sans garder le contrôle de l’odorat, lants apparaîtraient, en celui qui demeure gardant le
des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en contrôle de ses facultés, ces obstacles oppressifs et brû-
celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté du lants n’apparaissent pas. Tels sont, ô bikkhus, les obs-
goût, ces obstacles oppressifs et brûlants n’apparaissent tacles qui doivent être vaincus par le contrôle.
pas.
Et quels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être
Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant vaincus par l’action appropriée ?
le contrôle de la faculté du toucher. Alors, ô bikkhus,
qu’en celui qui demeure sans garder le contrôle de l’odo- Voici, ô bikkhus, un moine, considérant avec sagesse, se
rat, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, sert de sa robe seulement pour se protéger du froid, de
en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté du la chaleur, des taons, des moustiques, du vent, du soleil,
toucher, ces obstacles oppressifs et brûlants n’appara- des serpents, seulement dans le but de recouvrir sa nu-
issent pas. dité.
Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant Le considérant avec sagesse, il se sert de sa nourriture,
le contrôle de la faculté mentale. Alors, ô bikkhus, qu’en non pour le plaisir, non pour l’exagération de la vigueur,
celui qui demeure sans garder le contrôle de l’odorat, non pour l’esthétique, non pour la beauté, mais seule-
des obstacles oppressifs et brûlants apparaissent, en ce- ment pour maintenir l’existence de ce corps, pour sup-
lui qui demeure gardant le contrôle de la faculté mentale, primer la souffrance, pour soutenir une noble vie, pen-
ces obstacles oppressifs et brûlants n’apparaissent pas. sant : " Ainsi je mettrai fin à la souffrance ancienne, je ne
produirai pas de nouvelles souffrances, et ainsi mon
existence sera droite et heureuse "
Le considérant avec sagesse, il se sert de sa maison Et quels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être
seulement pour se protéger du froid, de la chaleur, des vaincus par l’endurance ? Voici, ô bikkhus, un bikkhu
contacts des taons, des moustiques, du vent, du soleil, considérant avec sagesse, supporte le froid, la chaleur, la
des serpents, seulement pour éviter le danger des sai- faim, la soif, les contacts avec les taons, les moustiques,
sons, et pour se procurer un endroit propice à la médita- le vent, le soleil, les serpents ; les discours médisants et
tion. malveillants ; les sensations corporelles qui surviennent :
douloureuses, perçantes, pénibles, amères, désagréables,
Les considérant avec raison, il se sert de tout ce qui déplaisantes, mortelles, il les supporte avec patience.
constitue des remèdes à la maladie, seulement pour faire
cesser les sensations de malaise, et dans le but de Alors, ô bikkhus, qu’en celui qui n’est pas endurant, des
conserver sa santé. obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui
qui est endurant, ces obstacles oppressifs et brûlants
Alors, ô bikkhus, qu’en celui qui ne pratique pas les ac- n’apparaissent pas.
tions appropriées, des obstacles oppressifs et brûlants
apparaîtraient, en celui qui pratique les actions appro- Tels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être vain-
priées, ces obstacles oppressifs et brûlants n’appara- cus par l’endurance.
issent pas.
Et quels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être
Tels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être vain- vaincus en les évitant ?
cus par les actions appropriées.
Voici, ô bikkhus, un bikkhu considérant avec sagesse, il Voici, ô bikkhus, un bikkhu considérant avec sagesse ; si
évite l’éléphant furieux, il évite le cheval furieux, il évite une pensée sensuelle s’élève en lui il ne la tolère pas, il
le taureau furieux, il évite le chien furieux, le serpent, les l’écarte, il la repousse, il y met un terme, il ne la fait pas
souches d’arbres, les buissons piquants, les mares, les naître ; si une pensée malveillante s’élève en lui il ne la
précipices, les bourbiers, les cloaques ; il évite de s’asse- tolère pas, il l’écarte, il la repousse, il y met un terme, il
oir dans des sièges incorrects, de visiter de mauvais en- ne la fait pas naître ; si une pensée d’hostilité violente
droits, de se lier avec des amis indignes d’amitié, et tout s’élève en lui il ne la tolère pas, il l’écarte, il la repousse,
ce que les sages avisés réprouveraient. Considérant avec il y met un terme, il ne la fait pas naître ; toutes les
sagesse tels sièges incorrects, tels mauvais endroits et choses néfastes qui s’élève en lui il ne les tolère pas, il
tels mauvais amis, il les évite sagement. les écarte, il les repousse, il y met un terme, il ne les fait
pas naître.
Alors, ô bikkhus, qu’en celui qui ne les évite pas, des
obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui Alors, ô bikkhus, qu’en celui qui ne les écarte pas, des
qui les évite, ces obstacles oppressifs et brûlants n’appa- obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui
raissent pas. qui les écarte, ces obstacles oppressifs et brûlants
n’apparaissent pas. Tels sont, ô bikkhus, les obstacles
Tels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être vain- qui doivent être vaincus en les écartant.
cus en les écartants ?
Et quels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être
vaincus par le développement mental ?
Considérant avec sagesse, il développe le facteur de Alors, ô bikkhus, qu’en celui qui ne pratique pas le déve-
l’illumination de l’examen de la loi, accompagné du dé- loppement mental, des obstacles oppressifs et brûlants
tachement, de l’absence de désir, de la cessation, et apparaîtraient, en celui qui pratique le développement
conduisant à l’abandon. mental, ces obstacles oppressifs et brûlants n’appara-
issent pas.
Considérant avec sagesse, il développe le facteur de
l’illumination de l’énergie, accompagné du détachement, Tels sont, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être vain-
de l’absence de désir, de la cessation, et conduisant à cus par la pratique le développement mental.
l’abandon.
Et si, ô bikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus
Considérant avec sagesse, il développe le facteur de par le discernement sont vaincus par le discernement, les
l’illumination de la joie, accompagné du détachement, de obstacles qui doivent être vaincus par le contrôle sont
l’absence de désir, de la cessation, et conduisant à l’aba- vaincus par le contrôle, les obstacles qui doivent être
ndon. vaincus par l’action appropriée sont vaincus par l’action
appropriée, les obstacles qui doivent être vaincus par
Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l’endurance sont vaincus par l’endurance, les obstacles
l’illumination de la tranquillité, accompagné du détache- qui doivent être vaincus en les écartant sont vaincus en
ment, de l’absence de désir, de la cessation, et condui- les écartant, les obstacles qui doivent être vaincus en les
sant à l’abandon. évitant sont vaincus en les évitant et les obstacles qui
doivent être vaincus par le développement mental sont
Considérant avec sagesse, il développe le facteur de vaincus par le développement mental, il est, ô bikkhus, le
l’illumination de la concentration, accompagné du déta- bikkhu qui demeure libéré de tout obstacle, il a détruit la
chement, de l’absence de désir, de la cessation, et soif du désir, il a dénoué les liens, et par la juste com-
conduisant à l’abandon. Considérant avec sagesse, il dé- préhension des fausses mesures, il a mis un terme à la
veloppe le facteur de l’illumination de l’équanimité, ac- souffrance."
compagné du détachement, de l’absence de désir, de la
cessation, et conduisant à l’abandon. Ainsi parla le Tathâgatha.
Un jour que le bouddha se trouvait au pays des Kurus, "Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser-
dans un village nommé Kammassadhamma, il entreprit vant le corps ?
d’exposer la doctrine de l’attention à ses disciples :
Voici, ô bikkhus, un bikkhu étant allé dans la forêt, ou au
"Il n’y a qu’un seul sentier, ô bikkhus, conduisant à la pied d’un arbre, ou dans une maison isolée, s’assied, les
purification des êtres, à la conquête des douleurs et des jambes croisées, le corps droit, son attention fixée de-
peines, à la destruction des souffrances physiques et vant lui. Attentivement il aspire, attentivement il expire.
morales, à l’acquisition de la conduite droite, à la réalisa- Aspirant lentement, il sait "Lentement j’aspire". Expirant
tion du Nibbana, ce sont les quatre sortes d’établisseme- lentement, il sait " Lentement j’expire". Aspirant rapide-
nts de l’attention. ment, il sait "Rapidement j’aspire". Expirant rapidement,
il sait "Rapidement j’expire". "Ressentant tout le corps,
Quelles sont ces quatre sortes ? j’aspire", ainsi s’entraîne t-il. "Ressentant tout le corps,
j’expire", ainsi s’entraîne t-il. "Calmant les activités du
Voici, ô bikkhus, un bikkhu observant le corps demeure corps, j’aspire", ainsi s’entraîne t-il. "Calmant les activités
énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs du corps, j’expire", ainsi s’entraîne t-il.
et les soucis mondains ; observant les sensations..., ob-
servant l’esprit..., observant les sujets différents, il de-
meure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les
désirs et les soucis mondains."
1-2 l’établissement de l’attention sur le corps ~ Et de plus, ô bikkhus, un bikkhu allant sait : "Je vais",
Kâyagatâsati ~ étant debout, il sait "Je suis debout", étant assis, il sait :
"Je suis assis", étant couché, il sait : "Je suis couché", le
De même, ô bikkhus, qu’un habile tourneur ou un ap- corps étant dans telle ou telle position, il le sait être dans
prenti tourneur, tournant lentement sait : "Lentement je telle ou telle position. Ainsi il demeure, observant le
tourne", tournant rapidement il sait : "Rapidement je corps intérieurement ; il demeure observant le corps ex-
tourne". térieurement, il demeure observant le corps intérieure-
ment et extérieurement. Il demeure observant l’appariti-
De même, ô bikkhus, un bikkhu aspirant lentement sait : on du corps, il demeure observant la disparition du
"Lentement j’aspire", aspirant rapidement il sait : "Rapi- corps, il demeure observant l’apparition et la disparition
dement j’aspire". "Calmant les activités du corps, du corps. "Voilà le corps", cette introspection est pré-
j’aspire", ainsi s’entraîne t-il. "Calmant les activités du sente à lui, seulement pour la connaissance, seulement
corps, j’expire", ainsi s’entraîne t-il. Ainsi il demeure, pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à
observant le corps intérieurement ; il demeure observant rien dans le monde.
le corps extérieurement, il demeure observant le corps
intérieurement et extérieurement. Il demeure observant C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
l’apparition du corps, il demeure observant la disparition le corps.
du corps, il demeure observant l’apparition et la dispari-
tion du corps. "Voilà le corps", cette introspection est Et de plus, ô bikkhus, un bikkhu allant ou revenant en est
présente à lui, seulement pour la connaissance, seule- parfaitement conscient, regardant devant ou autour de
ment pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’atta- lui, il en est parfaitement conscient, étendant ou repliant
che à rien dans le monde. les membres, il en est parfaitement conscient, portant un
bol et les robes monastiques, il en est parfaitement
C’est ainsi, ô bikkhus,qu’un bikkhu demeure observant le conscient, mangeant, buvant, mastiquant, goûtant, il en
corps. est parfaitement conscient, déféquant, urinant, il est par-
faitement conscient, marchant, étant debout, s’asseyant,
s’endormant, s’éveillant, parlant, se taisant, il en est par-
faitement conscient.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 88 / 276
Et de plus, ô bikkhus, un bikkhu examine le corps, tel 1-3 contemplation du champ des morts ~ Sîvatikâ ~
qu’il est placé par éléments : "Il y a dans ce corps l’élé-
ment terre, l’élément eau, l’élément feu, l’élément air". Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté
sur un charnier, mort depuis un jour, deux jours, trois
De même ô bikkhus, qu’un habile boucher, ou un ap- jours, gonflé, bleui, putréfié, il réfléchit à son propre
prenti boucher, ayant tué une vache va s’asseoir à un corps : "Ce corps a la même nature, il deviendra de
carrefour l’ayant débitée en morceaux, de même, ô bik- même, il ne peut l’éviter".
khus, un bikkhu examine ce corps tel qu’il est placé par
éléments : "Il y a dans ce corps l’élément terre, l’élément Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il
eau, l’élément feu, l’élément air". demeure observant le corps extérieurement, il demeure
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il
Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob-
demeure observant le corps extérieurement, il demeure servant la disparition du corps, il demeure observant
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il l’apparition et la disparition du corps.
demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob-
servant la disparition du corps, il demeure observant "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui,
l’apparition et la disparition du corps. seulement pour la connaissance, seulement pour la ré-
flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le
"Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, monde.
seulement pour la connaissance, seulement pour la ré-
flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
monde. le corps.
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté
le corps. sur un charnier, déchiqueté par les corbeaux, les vau-
tours, rongé par toutes sortes de vers, il réfléchit à son
propre corps : "Ce corps a la même nature, il deviendra
de même, il ne peut l’éviter".
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 90 / 276
Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui,
demeure observant le corps extérieurement, il demeure seulement pour la connaissance, seulement pour la ré-
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le
demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob- monde.
servant la disparition du corps, il demeure observant
l’apparition et la disparition du corps. C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
le corps.
"Voilà le corps", cette introspection est présente à lui,
seulement pour la connaissance, seulement pour la ré- Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté
flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le sur un charnier, les ossements déliés des tendons, dis-
monde. persés ça et là, ici un os des mains, là un os des pieds, là
un tibia et là un fémur, ici un bassin et là des vertèbres,
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant ici le crâne, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la
le corps. même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter".
Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il
sur un charnier, charpente d’ossements liés par les ten- demeure observant le corps extérieurement, il demeure
dons, sans plus de chair, mais taché de sang, il réfléchit à observant le corps intérieurement et extérieurement. Il
son propre corps : "Ce corps a la même nature, il devien- demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob-
dra de même, il ne peut l’éviter". servant la disparition du corps, il demeure observant
l’apparition et la disparition du corps.
Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il
demeure observant le corps extérieurement, il demeure "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui,
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il seulement pour la connaissance, seulement pour la ré-
demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob- flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le
servant la disparition du corps, il demeure observant monde.
l’apparition et la disparition du corps.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 91 / 276
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il
le corps. demeure observant le corps extérieurement, il demeure
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il
Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob-
sur un charnier, les ossements blanchis comme des co- servant la disparition du corps, il demeure observant
quillages, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la l’apparition et la disparition du corps.
même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter".
"Voilà le corps", cette introspection est présente à lui,
Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il seulement pour la connaissance, seulement pour la ré-
demeure observant le corps extérieurement, il demeure flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il monde.
demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob-
servant la disparition du corps, il demeure observant C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
l’apparition et la disparition du corps. le corps.
"Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté
seulement pour la connaissance, seulement pour la ré- sur un charnier, les ossements pourris et devenus pous-
flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le sière, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la même
monde. nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter".
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il
le corps. demeure observant le corps extérieurement, il demeure
observant le corps intérieurement et extérieurement. Il
Et de plus, ô bikkhus, quand un bikkhu voit un corps jeté demeure observant l’apparition du corps, il demeure ob-
sur un charnier, les ossements entassés après un an pas- servant la disparition du corps, il demeure observant
sé, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la même l’apparition et la disparition du corps.
nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter".
"Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, 2 l’établissement de l’attention sur les sensations ~
seulement pour la connaissance, seulement pour la ré- Vedanâsati
flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le
monde. "Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser-
vant les sensations ?
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant "Voici, ô bikkhus, un bikkhu ressentant une sensation
le corps." agréable sait : "Je ressens une sensation agréable", res-
sentant une sensation désagréable, il sait : "Je ressens
une sensation désagréable", ressentant une sensation ni
agréable, ni désagréable, il sait : "Je ressens une sensa-
tion ni agréable, ni désagréable". Ressentant une sensa-
tion charnelle agréable, il sait : "Je ressens une sensation
charnelle agréable", ressentant une sensation spirituelle
agréable, il sait : "Je ressens une sensation spirituelle
agréable", ressentant une sensation charnelle ni agréable,
ni désagréable, il sait : "Je ressens une sensation char-
nelle ni agréable, ni désagréable",ressentant une sensa-
tion spirituelle ni agréable, ni désagréable, il sait : "Je
ressens une sensation spirituelle ni agréable, ni désa-
gréable".
Ainsi il demeure, observant les sensations intérieurement "Ceci est un esprit passionné", ayant un esprit libre de
; il demeure observant les sensations extérieurement, il passion, il sait : "Ceci est un esprit libre de passion",
demeure observant les sensations intérieurement et ex- ayant un esprit haineux, il sait : "Ceci est un esprit hai-
térieurement. Il demeure observant l’apparition des sen- neux", ayant un esprit libre de haine, il sait "Ceci est un
sations, il demeure observant la disparition des sensa- esprit libre de haine", ayant un esprit égaré, il sait "ceci
tions, il demeure observant l’apparition et la disparition est un esprit égaré", ayant un esprit libre d’égarement, il
des sensations. "Voilà les sensations", cette introspection sait : "Ceci est un esprit libre d’égarement", ayant un es-
est présente à lui, seulement pour la connaissance, prit recueilli, il sait : "Ceci est un esprit recueilli", ayant
seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne un esprit distrait, il sait "ceci est un esprit distrait", ayant
s’attache à rien dans le monde. un esprit grand, il sait : "Ceci est un esprit grand", ayant
un esprit sans grandeur, il sait : "Ceci est un esprit sans
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant grandeur", ayant un esprit inférieur, il sait : "Ceci est un
les sensations." esprit inférieur", ayant un esprit supérieur, il sait : "Ceci
est un esprit supérieur", ayant un esprit concentré, il
sait : "Ceci est un esprit concentré", ayant un esprit libé-
3 l’établissement de l’attention sur l’esprit ~ Cittasati ré, il sait : "Ceci est un esprit libéré", ayant un esprit non
libéré, il sait : "Ceci est un esprit non libéré".
"Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser-
vant l’esprit ? Ainsi il demeure, observant l’esprit intérieurement ; il
demeure observant l’esprit extérieurement, il demeure
Voici, ô bikkhus, un bikkhu ressentant un esprit passion- observant l’esprit intérieurement et extérieurement. Il
né sait : demeure observant l’apparition de l’esprit, il demeure
observant la disparition de l’esprit, il demeure observant
l’apparition et la disparition de l’esprit.
"Voilà l’esprit", cette introspection est présente à lui, Quand la méchanceté est en lui, il sait : "En moi est la
seulement pour la connaissance, seulement pour la ré- méchanceté", quand la méchanceté n’est pas en lui, il sait
flexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le : "En moi n’est pas la méchanceté", il sait comment la
monde. méchanceté non apparue, apparaît. Il sait comment la
méchanceté apparue est déracinée. Il sait comment la
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant méchanceté déracinée ne surgira plus.
l’esprit."
Quand l’inertie et la torpeur sont est en lui, il sait : "En
moi sont l’inertie et la torpeur", quand l’inertie et la tor-
4 l’établissement de l’attention sur les sujets différents peur ne sont pas en lui, il sait : "En moi ne sont pas l’ine-
rtie et la torpeur", il sait comment l’inertie et la torpeur
"Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser- non apparues, apparaissent. Il sait comment l’inertie et la
vant les sujets différents ? torpeur apparues sont déracinées. Il sait comment l’ine-
rtie et la torpeur déracinées ne surgiront plus.
Voici, ô bikkhus, un bikkhu demeure observant les cinq
empêchements. Quand l’agitation et le remords sont est en lui, il sait :
"En moi sont l’agitation et le remords", quand l’agitation
Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser- et le remords ne sont pas en lui, il sait : "En moi ne sont
vant les cinq empêchements ? pas l’agitation et le remords", il sait comment l’agitation
et le remords non apparus, apparaissent. Il sait comment
Voici, ô bikkhus, un bikkhu quand le désir sensuel est en l’agitation et le remords apparus sont déracinés. Il sait
lui, il sait : "En moi est le désir sensuel", quand le désir comment l’agitation et le remords déracinés ne surgiront
sensuel n’est pas en lui, il sait : "En moi n’est pas le désir plus.
sensuel", il sait comment le désir sensuel non apparu,
apparaît. Il sait comment le désir sensuel apparu est dé-
raciné. Il sait comment le désir sensuel déraciné ne sur-
gira plus.
Quand le doute est en lui, il sait : "En moi est le doute", Voici, ô bikkhus, un bikkhu se dit : "Ainsi est la matière,
quand le doute n’est pas en lui, il sait : "En moi n’est pas ainsi est l’apparition de la matière, ainsi est la disparition
le doute", il sait comment le doute non apparu, apparaît. de la matière".
Il sait comment doute apparu est déraciné. Il sait "Ainsi sont les sensations, ainsi est l’apparition des sen-
comment le doute déraciné ne surgira plus. sations, ainsi est la disparition des sensations." "Ainsi
sont les perceptions, ainsi est l’apparition des percep-
Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieu- tions, ainsi est la disparition des perceptions". "Ainsi sont
rement ; il demeure observant les sujets différents exté- les formations mentales, ainsi est l’apparition des forma-
rieurement, il demeure observant les sujets différents in- tions mentales, ainsi est la disparition des formations
térieurement et extérieurement. Il demeure observant mentales". "Ainsi est la conscience, ainsi est l’apparition
l’apparition des sujets différents, il demeure observant la de la conscience, ainsi est la disparition de la
disparition des sujets différents, il demeure observant conscience".
l’apparition et la disparition des sujets différents. Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieu-
rement ; il demeure observant les sujets différents exté-
"Voilà les sujets différents ", cette introspection est pré- rieurement, il demeure observant les sujets différents in-
sente à lui, seulement pour la connaissance, seulement térieurement et extérieurement. Il demeure observant
pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à l’apparition des sujets différents, il demeure observant la
rien dans le monde. disparition des sujets différents, il demeure observant
l’apparition et la disparition des sujets différents.
C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
les cinq empêchements. "Voilà les sujets différents ", cette introspection est pré-
sente à lui, seulement pour la connaissance, seulement
Et de plus, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il observant pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à
les cinq agrégats. rien dans le monde.
Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser- C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
vant les cinq agrégats ? les cinq agrégats.
Et de plus, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il observant Il connaît le corps, il connaît les tangibles, et il connaît le
les six sphères intérieures et extérieures des sens. Et lien qui naît à cause deux. Il sait comment ce lien non
comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il observant apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé,
les six sphères intérieures et extérieures des sens ? il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.
Il connaît le mental, il connaît les objets mentaux, et il
Voici, ô bikkhus, un bikkhu connaît l’œil, il connaît les connaît le lien qui naît à cause deux. Il sait comment ce
formes, et il connaît le lien qui naît à cause deux. Il sait lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu
comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’appa-
lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à raîtra plus.
l’avenir n’apparaîtra plus.
Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieu-
Il connaît l’oreille, il connaît les sons, et il connaît le lien rement ; il demeure observant les sujets différents exté-
qui naît à cause deux. Il sait comment ce lien non appa- rieurement, il demeure observant les sujets différents in-
ru, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il térieurement et extérieurement. Il demeure observant
sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus. l’apparition des sujets différents, il demeure observant la
disparition des sujets différents, il demeure observant
Il connaît les nez, il connaît les odeurs, et il connaît le l’apparition et la disparition des sujets différents.
lien qui naît à cause deux. Il sait comment ce lien non
apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, "Voilà les sujets différents ", cette introspection est pré-
il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus. sente à lui, seulement pour la connaissance, seulement
pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à
Il connaît la langue, il connaît les saveurs, et il connaît le rien dans le monde.
lien qui naît à cause deux. Il sait comment ce lien non
apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, C’est ainsi, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant
il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus. les six sphères intérieures et extérieures des sens.
Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieu- Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieu-
rement ; il demeure observant les sujets différents exté- rement ; il demeure observant les sujets différents exté-
rieurement, il demeure observant les sujets différents in- rieurement, il demeure observant les sujets différents in-
térieurement et extérieurement. Il demeure observant térieurement et extérieurement. Il demeure observant
l’apparition des sujets différents, il demeure observant la l’apparition des sujets différents, il demeure observant la
disparition des sujets différents, il demeure observant disparition des sujets différents, il demeure observant
l’apparition et la disparition des sujets différents. l’apparition et la disparition des sujets différents.
"Voilà les sujets différents", cette introspection est pré- "Voilà les sujets différents ", cette introspection est pré-
sente à lui, seulement pour la connaissance, seulement sente à lui, seulement pour la connaissance, seulement
pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à
rien dans le monde. rien dans le monde.
C’est ainsi ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure observant C’est ainsi Voici, ô bikkhus, qu’un bikkhu demeure ob-
les six sphères intérieures et extérieures des sens. servant les quatre nobles vérités.
Et de plus, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il observant Alors, ô bikkhus, celui qui pratiquerait ainsi ces quatre
les quatre nobles vérités. établissements de l’attention pendant sept ans pourrait
en récolter l’un de ces deux fruits : l’état d’Arahant dans
Et comment, ô bikkhus, un bikkhu demeure t-il obser- cette vie, ou, s’il y a un reste d’attachement, l’état de non
vant les quatre nobles vérités ? retour. Mais laissons, ô bikkhus, ces sept ans.
Voici, ô bikkhus, un bikkhu comprend exactement : "Ceci Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de
est dukkha", il comprend exactement : "Ceci est l’origine l’attention pendant six ans, cinq ans, quatre ans, trois
de dukkha", il comprend exactement : "Ceci est la cessa- ans, deux ans, un an pourrait en récolter l’un de ces
tion de dukkha", il comprend exactement : "Ceci est le deux fruits : l’état d’Arahant dans cette vie, ou, s’il y a un
sentier qui mène à la cessation de dukkha". reste d’attachement, l’état de non retour. Mais laissons, ô
bikkhus, cette année.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 99 / 276
"Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou Ô Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à
neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des cause de l’union des humeurs du corps. Vous pouvez sa-
actions qu’il a commises dans le passé", vont trop loin voir par votre propre expérience qu’il y a aussi des sen-
des faits qu’on peut connaître par l’expérience person- sations qui se produisent à cause de l’union des humeurs
nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A du corps. Le fait de l’existence de sensations qui ont
cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de l’union des humeurs pour origine est généralement re-
ces brahmanes n’est pas correcte. connu par le monde comme vrai.
Ô Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à Dans ce cas-là, ô Sivaka, les ascètes et les brahmanes qui
cause du souffle. Vous pouvez savoir par votre propre disent :
expérience qu’il y a aussi des sensations qui se pro-
duisent à cause du souffle. Le fait de l’existence de sen- "Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou
sations qui ont le souffle pour origine est généralement neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des
reconnu par le monde comme vrai. actions qu’il a commises dans le passé ", vont trop loin
des faits qu’on peut connaître par l’expérience person-
Dans ce cas-là, ô Sivaka, les ascètes et les brahmanes qui nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A
disent : cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de
ces brahmanes n’est pas correcte.
"Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou
neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des Ô Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à
actions qu’il a commises dans le passé ", vont trop loin cause du changement des saisons. Vous pouvez savoir
des faits qu’on peut connaître par l’expérience person- par votre propre expérience qu’il y a aussi des sensations
nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A qui se produisent à cause du changement des saisons. Le
cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de fait de l’existence des sensations qui ont le changement
ces brahmanes n’est pas correcte. des saisons pour origine est généralement reconnu par le
monde comme vrai.
Dans ce cas-là, ô Sivaka, les ascètes et les brahmanes qui "Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou
disent : neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des
actions qu’il a commises dans le passé", vont trop loin
"Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou des faits qu’on peut connaître par l’expérience person-
neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A
actions qu’il a commises dans le passé ", vont trop loin cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de
des faits qu’on peut connaître par l’expérience person- ces brahmanes n’est pas correcte.
nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A
cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de Ô Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à
ces brahmanes n’est pas correcte. cause d’accidents soudains. Vous pouvez savoir par votre
propre expérience qu’il y a des sensations qui se pro-
Ô Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à duisent à cause d’accidents soudains. Le fait de l’existe-
cause d’incidents irréguliers. Vous pouvez savoir par nce des sensations qui ont des accidents soudains pour
votre propre expérience qu’il y a des sensations qui se origine est généralement reconnu par le monde comme
produisent à cause d’incidents irréguliers. Le fait de vrai.
l’existence des sensations qui ont des incidents irrégu-
liers pour origine est généralement reconnu par le monde Dans ce cas-là, ô Sivaka, les ascètes et les brahmanes qui
comme vrai. disent :
Dans ce cas-là, ô Sivaka, les ascètes et les brahmanes qui "Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou
disent : neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des
actions qu’il a commises dans le passé ", vont trop loin
des faits qu’on peut connaître par l’expérience person-
nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A
cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de
ces brahmanes n’est pas correcte.
Ô Sivaka, il y a aussi des sensations qui se produisent à Merveilleux, ô vénérable Gotama, merveilleux, ô véné-
cause de la rable Gotama. C’est (vraiment), ô vénérable Gotama,
maturation des actions. Vous pouvez savoir par votre ex- comme si l’on redressait ce qui a été renversé, découvrait
périence qu’il y a des sensations qui se produisent à ce qui a été caché, montrait le chemin à l’égaré ou ap-
cause de la maturation des actions. Le fait de l’existence portait une lampe dans l’obscurité en pensant : "Que
des sensations qui ont la maturation des actions pour ceux qui ont des yeux voient les formes" ; de même, le
origine est généralement reconnu par le monde comme vénérable Gotama a rendu claire la doctrine de maintes
vrai. façons.
Dans ce cas-là, ô Sivaka, les ascètes et les brahmanes qui Je prends refuge dans le vénérable Gotama, dans le
disent : dhamma (l’enseignement) et dans le sangha (la commu-
nauté). Que le vénérable Gotama veuille bien m’accepter
"Toutes les sensations agréables, ou douloureuses, ou comme disciple laïc de ce jour jusqu’à la fin de ma vie.
neutres éprouvées par tel ou tel individu dépendent des
actions qu’il a commises dans le passé ", vont trop loin
des faits qu’on peut connaître par l’expérience person-
nelle et des faits généralement reconnus par le monde. A
cause de cela, je dis que l’opinion de ces ascètes et de
ces brahmanes n’est pas correcte.
Tevijja Sutta "La voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie
La voie bouddhique exposée à des aspirants brâhmanes directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à
l’état d’union avec Brahma."
Ainsi ai-je entendu :
Le jeune brahmane Vasettha ne put convaincre le jeune
Une fois, le Bhâgavat, en voyageant dans le pays Kosala brahmane Bharadvaja, ni le jeune brahmane Vasettha.
avec un groupe important d’à peu près cinq cents dis-
ciples, arriva à Manasakata qui était un village de brah- Enfin, Vasettha dit à Bharadvja :
manes. Alors le Bhâgavat fit halte dans le parc des Man-
guiers situé au nord du village, au bord de la rivière Aci- l’ascète Gotama, fils des Sakyas, ayant abandonné sa fa-
ravati. A cette époque-là, beaucoup de brahmanes cé- mille sakya et quitté son foyer pour entrer dans la vie re-
lèbres et riches, le brahmane Canki, le brahmane Taruk- ligieuse, demeure ces jours-ci dans le parc des Man-
kha, le brahmane Pokkarasati, le brahmane Janussoni, le guiers du village Manasakata.
brahmane Todeyya et d’autres encore vivaient dans le
village. A propos du vénérable Gotama, une haute réputation
s’est propagée partout :
Un jour, une discussion naquit entre les jeunes brah-
manes nommés Vasettha et Bharadvaja, sur le sujet de la "Il est le Bhâgavat, l’Arahant, parfaitement et pleinement
voie et de la non-voie, alors qu’ils faisaient les cent pas. éveillé, parfait en sagesse et en conduite, bienvenu, le
Connaisseur des mondes, l’incomparable Guide des êtres
Le jeune brahmane Vasettha dit : qui doivent être guidés, l’Instructeur des dieux et des
humains, le Bouddha, le Bhâgavat."
"La voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie
directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à - Viens, Bharadvaja. Allons voir l’ascète Gotama, interro-
l’état d’union avec Brahma." geons-le sur cette question et gardons sa réponse dans
nos pensées.
Le jeune brahmane Bharadvaja dit :
"Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces - Cependant, ô Vasettha, y a-t-il un seul brahmane,
voies dirigent correctement ?" parmi les brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait
vu Brahma face à face personnellement ?
Vasettha répondit :
- Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama.
"Oui, ô vénérable Gotama. J’affirme qu’elles dirigent cor-
rectement." - Y a-t-il, ô Vasettha, un seul maître des brahmanes,
parmi les maîtres des brahmanes versés dans les trois
Pour la deuxième fois, le Bhâgavat demanda : Veda, qui ait vu le Brahma face à face personnellement ?
"Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces - Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama.
voies dirigent correctement ?"
- Y a-t-il, ô Vasettha, un seul précepteur ou maître de - Ainsi, ô Vasettha, vous affirmez qu’aucun brahmane
précepteur, parmi les précepteurs et les maîtres de pré- versé dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs pré-
cepteurs des brahmanes versés dans les trois Veda, qui cepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu’à
ait vu Brahma face à face personnellement ? la septième génération, qu’aucun deux n’a jamais vu
Brahma face à face personnellement. Egalement, vous af-
- Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama. firmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les
trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des fai-
- Y a-t-il, ô Vasettha, un seul brahmane, parmi les seurs de formules, d’anciennes formes des mots que les
brahmanes versés dans les trois Veda, pendant les der- brahmanes de nos jours entonnent soigneusement, ré-
nières générations jusqu’au septième Acariya- Mahayu- citent précisément comme ils les ont appris par la tradi-
ga, qui ait vu Brahma face à face personnellement ? tion même, ces anciens risi comme Atthaka, Vamaka,
Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja,
- Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama. Vasettha, Kassapa, Bhagu, n’ont jamais dit : "Nous savons
qui est Brahma. Nous savons d’où il vient et où il va."
- Est-ce que, ô Vasettha, les anciens risi des brahmanes
versés dans les trois Veda, les auteurs de formules, les Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en
faiseurs de formules, dans lesquelles des formes an- disant par exemple : "Voici la voie directe, voici la voie
ciennes de mots sont chantées, émises ou composées, directe pour le salut, celle qui mène (l’individu qui la suit)
que les brahmanes de nos jours chantent encore et en- à l’état d’union avec Brahma ", dirent en réalité ceci :
core, ou répètent, des risi comme Atthaka, Vamaka, Va- "Nous montrons la voie de l’union avec quelqu’un dont
madeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, nous ne savons rien, que nous n’avons pas vu." Mainte-
Vasettha, Kassapa, Bhagu, ont-ils dit : "Nous savons qui nant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la
est Brahma. Nous savons d’où il vient et où il va ?" parole des brahmanes versés dans les trois Veda n’est-
elle pas une parole insensée ?
- Non, ô vénérable Gotama.
- Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits,
la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est
une parole insensée.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 108 / 276
Vous affirmez qu’aucun de ces brahmanes versés dans - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits,
les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs et la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est
maîtres de précepteurs même jusqu’à la septième géné- une parole insensée.
ration, n’a jamais vu Brahma.
- Bien, ô Vasettha. Il est impossible que ces brahmanes
Vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés versés dans les trois Veda soient capables de montrer la
dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, voie pour s’unir avec quelqu’un dont ils ne savent rien,
des faiseurs de formules, dans lesquelles des formes an- qu’ils n’ont jamais vu.
ciennes de mots sont chantées, émises ou composées,
que les brahmanes de nos jours chantent encore et en- Supposons, ô Vasettha, qu’un homme dise : "J’attends la
core, ou répètent, des risi comme Atthaka, Vamaka, Va- plus belle jeune fille de ce pays et j’ai le désir de lavoir ",
madeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, les gens alors lui demanderaient : "Bien, cher ami, à pro-
Vasettha, Kassapa, Bhagu, n’ont pas dit : pos de la plus belle jeune fille de ce pays que vous atten-
dez et que vous désirez, savez-vous si cette jeune fille a
"Nous savons qui est Brahma. Nous savons d’où il vient pour origine la caste des nobles, la caste des brahmanes,
et où il va." la caste des commerçants ou bien la caste des Sudras ? "
Questionné ainsi, il répondrait : "Je ne sais pas."
Cependant, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en
disant par exemple : "Voici la voie directe, voici la voie Les gens lui demanderaient alors : "Eh bien, cher ami, la
correcte vers le salut, qui mène (l’individu qui la suit) à plus belle jeune fille de ce pays que vous attendez et que
l’état d’union avec le Brahma ", dirent en réalité ceci : vous désirez, connaissez-vous son nom ou le nom de sa
famille ? Cette jeune fille est-elle grande ou petite ou de
"Nous montrons la voie pour s’unir avec quelqu’un dont taille moyenne ? Est-elle noire, ou brune, ou couleur
nous ne savons rien, que nous ne voyons pas." Mainte- d’or ?
nant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la
parole des brahmanes versés dans les trois Veda n’est- Savez-vous dans quel village ou quelle ville elle habite ? "
elle pas une parole insensée ? Questionné ainsi, il répondrait :
"Je ne sais pas." "Nous savons qui est Brahma. Nous savons d’où il vient
et où il va."
Les gens alors lui demanderaient :
Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en
"Eh bien, cher ami, n’est-il pas vrai que vous attendez et disant par exemple : "Voici la voie directe, voici la voie
désirez une jeune fille que vous ne connaissez pas, que directe pour le salut, celle qui mène (l’individu qui la suit)
vous n’avez jamais vue ?" Questionné ainsi, il répondrait à l’état d’union avec Brahma ", dirent en réalité ceci :
par l’affirmative. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Va- "Nous montrons la voie de l’union avec quelqu’un dont
settha ? Selon les faits, la parole de cet homme ne s’avè- nous ne savons rien, que nous n’avons pas vu."
re-t-elle pas une parole insensée ?
Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les
- Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda
la parole de cet homme s’avère une parole insensée. n’est-elle pas une parole insensée ?
- De même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brah- - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits,
manes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est
leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même une parole insensée.
jusqu’à la septième génération, qu’aucun deux n’a jamais
vu Brahma face à face personnellement. (Egalement) vous - Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de
les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des montrer la voie de l’union avec quelqu’un dont ils ne
faiseurs de formules, d’anciennes formes des mots que savent rien et qu’ils n’ont pas vu.
les brahmanes de nos jours entonnent soigneusement,
récitent précisément comme ils les ont appris par la tra- Supposons, ô Vasettha, qu’un homme veuille construire
dition même ces anciens risi comme Atthaka, Vamaka, un escalier pour une maison située à un carrefour. Les
Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, gens lui demanderaient :
Vasettha, Kassapa, Bhagu, n’ont jamais dit :
"Eh bien, cher ami, cette maison pour laquelle vous allez - De même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brah-
construire un escalier, savez-vous si elle est située à l’Est manes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni
ou au sud, à l’Ouest ou bien au nord ? Savez-vous si leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même
cette maison est grande ou petite ou de taille moyenne ? jusqu’à la septième génération, qu’aucun deux n’a jamais
" Questionné ainsi, il répondrait : "Je ne sais pas." Les vu le Brahma face à face personnellement. Cependant, les
gens alors lui diraient : "Alors, cher ami, n’est-il pas vrai brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par
que vous voulez construire un escalier pour monter à une exemple : "Voici la voie directe, voici la voie directe pour
maison dont vous ne savez rien et que vous ne voyez pas le salut, celle qui mène (l’individu qui la suit) à l’état
? " Questionné ainsi, il répondrait par l’affirmative. d’union avec le Brahma ", dirent en réalité ceci : "Nous
montrons la voie de l’union avec quelqu’un dont nous ne
Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les savons rien, que nous n’avons pas vu." Maintenant, qu’en
faits, la parole de cet homme ne s’avère-t-elle pas une pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole des
parole insensée ? brahmanes versés dans les trois Veda n’est-elle pas une
parole insensée ?
- Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits,
la parole de cet homme s’avère une parole insensée. - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits,
la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est
une parole insensée.
Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit En vérité, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois
pleine d’eau jusqu’au bord et, par conséquent, débor- Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qua-
dante. Un homme y arriverait dans l’espoir de la traverser lités par lesquelles on devient un vrai brahmane, assi-
pour aller sur l’autre rive, ayant à faire sur l’autre rive. milent de plus des pratiques concernant les qualités par
Cet homme, debout sur la rive, commencerait par invo- lesquelles on devient un non-brahmane.
quer l’autre rive, en disant :
Il est impossible que, à cause de leurs invocations, de
"Viens ici, ô l’autre rive ! viens de ce côté-ci ! " leurs prières, de leurs souhaits, de leurs éloges, ils
puissent s’unir avec le Brahma, après la dissolution de
Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Se peut-il leur corps, après leur mort.
qu’à cause de l’invocation, de la prière, du souhait et de
l’éloge de cet homme, l’autre rive vienne de ce côté-ci ? Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit
pleine d’eau jusqu’au bord et, par conséquent, débor-
- Certainement non, ô vénérable Gotama. dante. Un homme y arriverait dans l’espoir de traverser la
rivière, pour aller sur l’autre rive, ayant à faire sur l’autre
- De même, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les rive. Supposons que les mains de cet homme qui est sur
trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les cette rive soient attachées fortement dans son dos.
qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en
assimilant des pratiques concernant les qualités par les- Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Cet homme
quelles on devient un non-brahmane, répètent ainsi : est-il capable d’aller sur l’autre rive de la rivière Aciravati
?
"Nous invoquons Indra, nous invoquons Soma, nous in-
voquons Varuna, nous invoquons Isana, nous invoquons - Certainement non, ô vénérable Gotama.
Pajapati, nous invoquons Brahma, nous invoquons Ma-
hiddhi, nous invoquons Yama." - De même, ô Vasettha, il y a cinq choses prédisposant
au désir. Dans la discipline des êtres nobles, ces cinq
choses sont nommées une "chaîne" et également nom-
mées un "lien".
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 113 / 276
En vérité, ô Vasettha, telles sont les choses prédisposant Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit
au désir qui sont nommées dans la discipline des êtres pleine d’eau jusqu’au bord et, par conséquent, débor-
nobles une "chaîne " et également un "lien". dante. Un homme y arriverait dans l’espoir de traverser la
rivière, pour aller sur l’autre rive, ayant à faire sur l’autre
En effet, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les trois rive. Cependant, il s’étend pour dormir sur ce côté-ci.
Veda sont attachés à ces cinq choses prédisposant au Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Cet homme
désir, ils se collent à elles, ils sont inclinés vers elles, ils est-il capable de gagner l’autre rive ?
sont infatués d’elles ; ils ne voient pas leur danger ni ne
savent combien ces cinq choses sont instables et pour- - Certainement non, ô vénérable Gotama.
tant ils prennent plaisir à ces cinq choses.
- Il ne les possède pas, ô vénérable Gotama. - Ils les possèdent, ô vénérable Gotama.
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- La pensée des brahmanes est-elle haineuse ou est-elle - Non, il n’y a pas de similitude, ô vénérable Gotama.
libérée de la haine ?
- Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
- Leur pensée est haineuse, ô vénérable Gotama. brahmanes versés dans les trois Veda, qui possèdent les
femmes et la richesse, après la dissolution de leur corps,
- La pensée des brahmanes est-elle malveillante ou est- après leur mort, s’unissent à Brahma.
elle libérée de la malveillance ?
Vous affirmez, ô Vasettha, que la pensée de ces brah-
- Leur pensée est malveillante, ô vénérable Gotama. manes est haineuse, tandis que la pensée de Brahma est
libérée de la haine (...) Vous affirmez que la pensée de
- La pensée des brahmanes est-elle impure ou est-elle ces brahmanes est malveillante, tandis que la pensée de
libérée de l’impureté ? Brahma est libérée de la malveillance (...) Vous affirmez
que la pensée de ces brahmanes est impure, tandis que
- Leur pensée est impure, ô vénérable Gotama. la pensée de Brahma est libérée de l’impureté (...) Vous
affirmez que ces brahmanes n’ont pas la maîtrise de soi,
- Est-ce que ces brahmanes ont la maîtrise de soi ou tandis que le Brahma a la maîtrise de soi (...) Comment
n’ont-ils pas la maîtrise de soi ? peut-il alors y avoir une concordance et une similitude
entre les brahmanes versés dans les trois Veda, qui n’ont
- Ils n’ont pas la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama. pas la maîtrise de soi, et Brahma, qui a la maîtrise de
soi ?
- Alors, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes
versés dans les trois Veda possèdent les femmes et la ri- - Non, il n’y a pas de similitude, ô vénérable Gotama.
chesse, tandis que Brahma ne les possède pas. Comment
peut-il alors y avoir une concordance et une similitude - Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces
entre les brahmanes versés dans les trois Veda qui pos- brahmanes versés dans les trois Veda, qui n’ont pas la
sèdent les femmes et la richesse et Brahma qui ne les maîtrise de soi, après la dissolution de leur corps, après
possède pas ? la mort, s’unissent à Brahma.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 116 / 276
Lorsque le Bhâgavat eut ainsi parlé, le jeune brahmane Brahma, ô Vasettha. Je connais aussi le ciel de Brahma. Je
Vasettha dit : J’ai entendu dire que le vénérable Gotama connais également le chemin menant au ciel de Brahma.
connaît la voie menant à s’unir avec le Brahma. Je sais qui est sur le chemin menant au ciel de Brahma. Je
sais également qui est né dans ce ciel de Brahma.
- Qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Le village de Manasa-
kata, n’est-ce pas près D’ici, n’est-il pas loin D’ici ? Lorsque le Bhâgavat eut ainsi parlé, le jeune brahmane
Vasettha dit :
- C’est vrai, ô vénérable Gotama. Manasakata est près
D’ici, il n’est pas loin D’ici. J’ai entendu dire que le vénérable Gotama explique le
chemin de l’union avec le Brahma. Il est bon que le véné-
- Qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Supposons qu’un rable Gotama nous explique le chemin de l’union avec le
homme né à Manasakata et qui y aurait grandi viendrait Brahma. Que le vénérable Gotama sauve la race des
d’y revenir. Des gens lui demanderaient le chemin de brahmanes !
Manasakata : est-ce que cet homme aurait une difficulté
ou un doute pour l’indiquer ? - Eh bien, ô Vasettha, écoutez, réfléchissez bien. Je vous
expliquerai.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 117 / 276
Il s’abstient d’accepter des chèvres, des moutons, des Il s’abstient de spectacles, à savoir danse, chant, mu-
coqs, des porcs, des éléphants, des bovins ou des che- sique, théâtre, récitation, claquement des mains, magie,
vaux. Il s’abstient d’accepter des champs ou d’autres hautbois, groupes musicaux, jonglerie, jeu de bambou,
biens. lavage des ossements, combats d’éléphants, de chevaux,
de buffles, de taureaux, de boucs, de béliers, de coqs, de
Il s’abstient d’envoyer des messages ou d’en porter. cailles, au bâton, au poing, boxe, lutte, avant- garde,
armée déployée, revue de troupes, etc. il s’abstient de
Il s’abstient d’acheter et de vendre. Il s’abstient d’utiliser tels spectacles.
de faux poids, de la fausse monnaie et de fausses me-
sures. Il s’abstient de fourberie, de tromperie, de fraude, Il s’abstient de telles occupations consistant en jeux et
de pratiques tortueuses. frivolités, à savoir huit carrés, dix carrés, jeu de plein air,
jeu où l’on évite les lignes, jeu de présence, dés, bâton-
Il s’abstient de blesser en coupant ou en perçant, de lier, nets, main et pinceau, boules, charrue, saut périlleux,
de pratiquer le vol à main armée ou par effraction, moulin a vent, mesures en feuilles de palmier, chariot,
d’exercer une forme quelconque de violence. petit arc, jeu de lettres, jeu de pensée, imitation des dé-
fauts physiques, etc. il s’abstient de telles occupations
Il s’abstient d’endommager les graines et plantes, à sa- consistant en jeux et frivolités.
voir les graines nées d’une racine, les graines nées d’une
branche, les graines nées d’un nœud, les graines nées
d’une greffe, les graines nées d’une graine, etc.
Il s’abstient de lits élevés et de couches luxueuses, à sa- Il s’abstient de propos vulgaires, à savoir les conversa-
voir fauteuils, divans, tapis de haute laine, courtepointes, tions à propos des rois, des voleurs, des ministres, de
couvertures de laine, couvertures brodées de fleurs, ma- l’armée, des périls, des batailles, de la nourriture, de la
telas de coton, couvertures à broderie d’animaux, cou- boisson, des vêtements, des lits, des guirlandes, des par-
vertures avec poil au-dessus ou avec poil d’un seul côté, fums, des parents, des véhicules, des bourgades, des
couvertures de soie brodée de joyaux, soieries, tapis marchés, des villes, des campagnes, des femmes, des
pour danseuses, couvertures d’éléphants, de chevaux, de hommes, des héros, des routes, des points d’eau, des
attelages, housses en eau, belles couvertures en poil morts, des sujets divers relatifs aux choses de la nature,
d’antilope, avec baldaquins et coussins rouges des deux relatifs à l’océan, et à propos de ce qui est et ce qui n’est
côtés, etc. il s’abstient de tels lits élevés et de telles pas, etc. il s’abstient de tels propos vulgaires.
couches luxueuses.
Il s’abstient de tels propos chicaniers, à savoir des pa-
Il s’abstient d’occupations employant ornements et pa- roles comme : "Toi, tu ne connais pas cette doctrine et
rures, à savoir onguents, massages, bains, frictions, mi- cette discipline, moi, je connais cette doctrine et cette
roirs, pommades, guirlandes, cosmétiques, poudres dé- discipline, comment connaîtrais-tu cette doctrine et cette
tersives pour le visage, fards, bracelets, chignons, discipline ? Tu t’es engagé dans la mauvaise voie, moi je
cannes, boîtes, épées, parasols, sandales aux couleurs suis engagé dans la bonne voie. Je suis conséquent avec
vives, turbans, joyaux, éventails en crin de buffle, vête- moi-même, tu es inconséquent. Tu as dit après ce qu’il
ments blancs à longues franges, etc. il s’abstient de fallait dire avant, tu as dit avant ce qu’il fallait dire après.
telles occupations employant ornements et parures. Ce que tu as imaginé est jeté bas. Ta thèse est réfutée :
tu es battu. Va te défaire de cette opinion-ci ou démolis
celle-là, si tu en es capable, etc." il s’abstient de tels
propos chicaniers.
Il s’abstient d’occupations consistant à envoyer des mes- Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
sages ou en porter, à savoir pour les rois, les hauts fonc- gagner sa vie, à savoir en faisant des pronostics d’après
tionnaires du roi, les nobles, les brahmanes, les chefs de les signes du corps, les auspices, les incidents extraordi-
famille, les jeunes gens, en disant : "Va ici. Va là-bas. naires, les rêves, les marques, les déchirures causées par
Emporte ceci là-bas. Apporte-le ici, etc." il s’abstient de les rats, et en faisant des oblations comme les oblations
telles occupations consistant à envoyer des messages ou dans le feu, les oblations à la cuiller, les oblations de
en porter. paille, de poudre de riz, de grains de riz, de beurre,
d’huile, de bouche, de sang, et en pratiquant des
Il s’abstient de fraudes et hâbleries qui sont pratiquées sciences (occultes) comme la science du corps, la science
par des fraudeurs, hâbleurs, devins, jongleurs, et des des lieux à bâtir, la science des lieux à cultiver, la science
profiteurs, etc. il s’abstient de telles fraudes et hâbleries. des propitiations, la science des démons, la science se-
crète, la science des serpents, des poissons, des scor-
pions, des rats, des oiseaux, des corneilles, la prédiction
du temps (qui reste) à vivre, la protection contre les
flèches, la protection contre le règne animal, etc. il
s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises fa-
çons de gagner sa vie.
Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner sa vie, à savoir en faisant des pronostics d’après gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions
les signes des joyaux, des vêtements, des bâtons, des comme : "Il y aura une éclipse de lune, une éclipse de so-
couteaux, des épées, des dards, des arcs, des armes en leil. Il y aura une éclipse de constellation. La lune et le
général, des femmes, des hommes, des garçons, des soleil suivront leur chemin. La lune et le soleil quitteront
filles, des esclaves mâles, des esclaves femelles, des élé- leur chemin. Les constellations suivront leur chemin. Les
phants, des chevaux, des buffles, des taureaux, des constellations quitteront leur chemin. Il y aura chute de
bœufs, des chèvres, des béliers, des coqs, des cailles, météores. Il y aura embrasement des orients. Il y aura
des varans, des bêtes à longues oreilles, des tortues, des tremblement de terre ; il y aura grondement céleste. La
bêtes sauvages, etc. il s’abstient de tels arts vulgaires, de lune, le soleil, les constellations monteront, descendront,
telles mauvaises façons de gagner sa vie. seront brouillés, seront purs. Voici quelles seront la
conséquence de l’éclipse de lune, la conséquence de
Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de l’éclipse de soleil, la conséquence de l’éclipse de constel-
gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions lation, la conséquence du fait que la lune et le soleil
comme : "Les rois feront une sortie. Ceux-ci ne feront suivent leur chemin, la conséquence du fait que la lune et
pas de sortie. Les rois indigènes feront une avance. Les le soleil quittent leur chemin, la conséquence du fait que
rois étrangers feront une retraite. Ceux-ci feront une les constellations suivent leur chemin, la conséquence du
avance. Les rois indigènes feront une retraite. Ceux-ci fait que les constellations quittent leur chemin, la consé-
feront une avance ; les rois indigènes auront la victoire. quence de la chute de météores, la conséquence de
Les rois étrangers auront la défaite. Ceux-ci auront la l’embrasement des orients, la conséquence du tremble-
victoire. Les rois indigènes auront la défaite. C’est ainsi ment de terre, la conséquence du grondement céleste,
qu’un tel aura la victoire, qu’un tel aura la défaite, etc." il quelle sera la conséquence du fait que la lune, le soleil,
s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises fa- les constellations montent, descendent, sont brouillés,
çons de gagner sa vie. sont purs, etc." il s’abstient de tels arts vulgaires, de
telles mauvaises façons de gagner sa vie.
Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de
gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions gagner sa vie par les pratiques magiques, à savoir les
comme : "Il y aura une pluie abondante. Il N’y Aura point pratiques magiques en vue d’apporter la bénédiction, de
de pluie. Il y aura une riche moisson. Il y aura la disette. Il se libérer de promesses faites, de se protéger, de garder
y aura la paix. Il y aura péril de guerre. Il y aura la mala- sa maison, de donner et d’ôter la virilité, de déterminer
die. Il y aura la santé ", ou encore en faisant des prédic- les lieux à bâtir, de consacrer les lieux à bâtir, de se rin-
tions par les gestes, par l’arithmétique, par le calcul im- cer la bouche, de se baigner, de faire des oblations, de
provisé, par la poésie, par les choses de la nature, etc. il faire vomir, de purger, de chasser les impuretés par le
s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises fa- haut, de les chasser par le bas, de chasser celles qui sont
çons de gagner sa vie. dans la tête, de préparer de l’huile pour l’oreille, des la-
vages des yeux, des drogues à respirer par le nez, des
Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de collyres, des onguents, d’exercer l’ophtalmologie, la chi-
gagner sa vie, à savoir par l’art de marier, de réconcilier, rurgie, la pédiatrie, d’appliquer de nouveaux remèdes
de désunir, de faire rentrer l’argent, de faire prêter de consistant en racines, de contrecarrer l’effet de médica-
l’argent, de rendre heureux, de rendre malheureux, de ments, etc. il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles
faire avorter, de paralyser la langue, de bloquer les mâ- mauvaises façons de gagner sa vie. C’est là sa part dans
choires, de conjurer les mains, de conjurer les oreilles, la morale.
d’interroger le miroir, d’interroger les filles, d’interroger
les dieux, d’adorer le soleil, d’adorer le sacrifice, de Ce disciple ascète, ô Vasettha, qui est devenu ainsi ver-
souffler le feu, d’invoquer la déesse Fortune, etc. il tueux, ne voit aucun danger nulle part. Tout comme un
s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises fa- prince dûment couronné, qui a terrassé ses ennemis, ne
çons de gagner sa vie. voit plus de danger d’aucun côté pour ce qui est de ses
adversaires, de même ô Vasettha, un disciple ascète qui
suit ainsi les principes moraux ne voit plus de danger
d’aucun côté, pour ce qui est de la défense morale. Pour-
vu de ce noble ensemble de vertus, il éprouve intérieu-
rement le bonheur de l’irréprochabilité.
C’est ainsi, ô Vasettha, que le disciple ascète possède Lorsqu’il sent une odeur au moyen de son nez il n’en sai-
une bonne conduite. sit ni les apparences générales ni les détails car, en
conséquence de ce que son nez demeure non maîtrisé,
Et comment, ô Vasettha, le disciple ascète a-t-il sa porte les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et
gardée vis-à-vis des facultés sensorielles ? la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à de
son nez ; il se prémunit de ce que son nez peut produire.
Lorsqu’il voit une forme au moyen de son œil, il n’en sai- Lorsqu’il goûte une saveur au moyen de sa langue il n’en
sit ni les apparences générales ni les détails car, en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en
conséquence de ce que l’organe de l’œil demeure non conséquence de ce que sa langue demeure non maîtrisé,
maîtrisé, les choses inopportunes et inadéquates, la les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et
convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis
garde vis à vis de l’organe de l’œil ; il se prémunit de ce sa langue ; il se prémunit de ce que sa langue peut pro-
que l’organe de l’œil peut produire. duire.
Lorsqu’il entend un son au moyen de son oreille il n’en Lorsqu’il sent une chose tangible au moyen de son corps,
saisit ni les apparences générales ni les détails car, en il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car,
conséquence de ce que son oreille demeure non maîtrisé, en conséquence de ce que son corps demeure non maî-
les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et trisé, les choses inopportunes et inadéquates, la convoi-
la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis tise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde
de son oreille ; il se prémunit de ce que son oreille peut vis à vis son corps ; il se prémunit de ce que son corps
produire. peut produire.
Lorsqu’il connaît une idée au moyen de sa pensée, il n’en Dans ce cas, ô Vasettha, le disciple ascète est pleinement
saisit ni les apparences générales ni les détails car, en satisfait d’un vêtement (monastique) qui lui préserve le
conséquence de ce que cet organe de la pensée demeure corps et des aumônes de nourriture dont il sustente son
non maîtrisé, inopportunes et inadéquates, la convoitise ventre ; partout où il va, il va avec son vêtement (monas-
et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à tique) et avec son bol à aumône.
vis l’organe de la pensée ; il se prémunit de ce que
l’organe de la pensée peut produire. C’est ainsi, ô Aset- Tout comme, ô Vasettha, un oiseau emporte ses ailes
tha, que le disciple ascète a sa porte gardée vis-à- vis partout où il vole, de même le disciple ascète qui est
des facultés sensorielles. pleinement satisfait emportant seulement, partout où il
va, le vêtement (monastique) dont il protège son corps et
Et comment, ô Vasettha, le disciple ascète possède-t-il la le bol à aumônes dont il sustente son ventre. C’est ainsi,
conscience et la compréhension ? ô Vasettha, que le disciple ascète est pleinement satisfait.
Dans ce cas, ô Vasettha, en allant ou en venant, le dis- Ainsi pourvu de ce noble ensemble de vertus, pourvu de
ciple ascète agit avec conscience et compréhension. En cette noble maîtrise des facultés sensorielles, pourvu de
regardant devant ou autour de lui, il agit avec conscience cette noble conscience et compréhension, pourvu enfin
et compréhension. En étendant ou pliant ses membres, il de cette noble satisfaction absolue, le disciple ascète
agit avec conscience et compréhension. En mangeant ou cherche et choisit une résidence à l’écart, dans un bois,
en buvant, en mastiquant, en goûtant, il agit avec au pied d’un arbre, dans une montagne, une grotte, une
conscience et compréhension. En déféquant et en uri- caverne, un cimetière, un plateau boisé, un endroit dé-
nant, il agit avec conscience et compréhension. En étant couvert, une meule de paille. Etant revenu de sa tournée
debout, en s’asseyant, s’endormant, s’éveillant, parlant d’aumône, après son repas, il s’assied en repliant et croi-
ou se taisant, il agit avec conscience et compréhension. sant ses jambes, posant son corps bien droit, fixant son
attention.
Et comment, ô Vasettha, le disciple ascète est-il pleine-
ment satisfait ? Ayant abandonné la convoitise dans ce monde, il de-
meure avec la pensée débarrassée de convoitise ; il puri-
fie sa pensée de la convoitise.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 126 / 276
Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trom- Ensuite, ô Vasettha, le disciple ascète demeure en faisant
pette fait entendre sans difficulté dans quatre directions rayonner la pensée de joie sympathique dans une direc-
le son de son instrument, de même est la libération de la tion (de l’espace), et de même dans une deuxième, dans
pensée atteinte par la bienveillance, et ici il n’y aura plus une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au- des-
aucun kamma restreint, il n’y restera aucun kamma re- sous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de
streint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est un chemin de l’uni- l’univers, il demeure en faisant rayonner la pensée de joie
on avec Brahma. sympathique, large, profonde, sans limite, sans haine et
libérée d’inimitié.
Ensuite, ô Vasettha, le disciple ascète demeure en faisant Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trom-
rayonner la pensée de compassion dans une direction (de pette fait entendre sans difficulté dans quatre directions
l’espace), et de même dans une deuxième, dans une troi- le son de son instrument, de même est la libération de la
sième, dans une quatrième, au-dessus, au-dessous, au pensée atteinte par la joie sympathique, et ici il n’y aura
travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de l’univers, plus aucun kamma restreint, il n’y restera aucun kamma
il demeure faisant rayonner la pensée de compassion, restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est aussi un chemin
large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d’ini- de l’union avec Brahma.
mitié.
Ensuite, ô Vasettha, le disciple ascète demeure en faisant
Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trom- rayonner la pensée d’indifférence mondaine dans une di-
pette fait entendre sans difficulté dans quatre directions rection (de l’espace), et de même dans une deuxième,
le son de son instrument, de même est la libération de la dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au-
pensée atteinte par la compassion, et ici il n’y aura plus dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu
aucun kamma restreint, il n y restera aucun kamma re- de l’univers, il demeure en faisant rayonner la pensée
streint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est aussi un chemin de d’indifférence mondaine, large, profonde, sans limite,
l’union avec Brahma. sans haine et libérée d’inimitié.
Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Le disciple - Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple ascète
ascète qui mène sa vie ainsi, possède-t-il les femmes et ne possède pas les femmes et la richesse et que Brahma
la richesse ? ne les possède pas non plus. N’y a-t-il pas une concor-
dance et une similitude entre le disciple ascète qui ne
- Il ne les possède pas, ô vénérable Gotama. possède pas les femmes et la richesse et Brahma qui ne
possède pas les femmes et la richesse ?
- La pensée du disciple ascète est-elle haineuse ou est-
elle libérée de la haine ? - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Il y a une simi-
litude.
- Sa pensée est libérée de la haine, ô vénérable Gotama.
- Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible
- La pensée du disciple ascète est-elle malveillante ou que ce disciple ascète qui ne possède pas les femmes et
est-elle libérée de la malveillance ? la richesse, après la dissolution de son corps, après sa
mort, se réunisse à Brahma qui ne possède pas les
- Sa pensée est libérée de la malveillance, ô vénérable femmes et la richesse !
Gotama.
"Chers amis, aujourd’hui je voudrais vous faire partager "Chers amis, de la même manière, quand une personne
les cinq méthodes pour mettre fin à la colère et à la n’agit pas avec bonté mais prononce encore des paroles
haine. Je vous prie de m’écouter attentivement et de mé- aimables, ne prêtons pas attention à ses actes. Par
diter sur ce que je vais vous dire." contre, pensons uniquement à ses paroles afin de pou-
Les moines consentirent à l’écouter attentivement. voir mettre fin à notre irritation ou à notre colère. Un
sage devrait pratiquer ainsi.
"Quelles sont ces cinq méthodes pour mettre fin à la co-
lère et à la haine ? demanda le Vénérable Sariputta. "Ceci est la deuxième méthode, mes chers amis :
Si une personne ne dit pas de paroles aimables mais agit
"Voici la première méthode, chers amis : avec bonté, et quelle nous met en colère, comme nous
"Si les actions d’une personne ne sont pas aimables mais sommes sages, nous devrions savoir comment méditer
que ses paroles le sont et quelle nous met en colère, pour mettre fin à notre irritation ou à notre colère.
parce que nous sommes sages, nous devrions savoir "Mes chers frères, disons que non loin du village se
comment méditer pour mettre fin à notre irritation ou à trouve un lac profond. Mais sa surface est couverte
notre colère. d’algues et d’herbes. A ce moment, une personne tortu-
rée par la faim, la soif et la chaleur s’approche du lac.
"Chers amis, imaginons un moine qui pratique l’ascéti- Elle se déshabille, pose ses vêtements au bord du lac,
sme et aime se vêtir d’une robe faite de morceaux de tis- plonge dans l’eau, écarte les algues et les herbes de ses
su. Un jour, il passe devant un dépotoir dégoûtant avec deux bras, se désaltère et savoure la baignade.
des excréments, de l’urine, du pus et d’autres saletés et
il voit un morceau de tissu encore intact. De sa main
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 132 / 276
"De la même manière, chers amis, quand nous voyons couverte de sueur, arrive au lac. Elle se déshabille, pose
quelqu’un qui n’agit ni ne parle avec bonté et qui n’a rien ses vêtements au bord du lac, se plonge dans l’eau, se
dans son coeur qui s’apparente à l’amabilité, nous de- désaltère et savoure pleinement la baignade. Sa chaleur,
vrions penser ceci : sa soif et ses afflictions se dissipent. Il en est ainsi, chers
amis, quand nous voyons quelqu’un qui agit, parle et
"Une personne dont les actes, les paroles et les pensées pense gentiment. Nous devrions reconnaître cette amabi-
ne sont pas aimables est une personne qui souffre beau- lité reflétée dans les trois domaines, actions, paroles et
coup. Elle s’engage certainement dans un chemin extrê- pensées, sans laisser la colère ou la jalousie nous enva-
mement dangereux. Si elle ne rencontre pas d’ami, elle hir. Si nous ne savons pas comment vivre heureux avec
n’aura aucune chance de se transformer et d’aller dans la une personne aussi fraîche, nous ne vivons vraiment pas
voie qui mène au bonheur." En pensant ainsi, nous pou- dans la sagesse.
vons ouvrir notre coeur à la compassion et à l’amour,
mettre fin à notre colère et aider l’autre personne. Un "Mes chers frères, j’ai partagé avec vous les "Cinq mé-
sage devrait pratiquer ainsi. thodes pour mettre fin à la colère".
"Ceci est la cinquième méthode, chers amis : Après avoir entendu le Vénérable Sariputta, les moines
Si quelqu’un agit et parle gentiment, s’il est également furent heureux de recevoir ces enseignements et de les
aimable dans ses pensées et que malgré cela, mous mettre en pratique.
sommes en colère ou jaloux contre lui, comme nous
sommes sages, nous devrions chercher à méditer de fa-
çon à pouvoir mettre fin à notre colère.
Veludvareyya Sutta Ayant connu lui-même ce monde-ci avec ses dieux, avec
(extrait de l’Anguttara Nikaya XI.1 Kimattha Sutta) ses Màra(s) et ses Brahmà(s), avec ses troupes de reli-
Sur l’abandon des dix actes négatifs gieux et de brahmanes, ses êtres célestes et humains, il
le fait connaître. Il enseigne la doctrine, bonne en son
Ainsi ai-je entendu : début, bonne en son milieu, bonne en sa fin, bonne dans
sa lettre et dans son esprit, et il exalte la conduite pure,
Une fois, le Tathagata voyageant dans les provinces du parfaitement pleine et parfaitement pure. Rencontrer un
pays Kosala, avec un important groupe de disciples, arri- tel arahant est vraiment une chance. »
va à Veludvàra, un village de brahmanes. Les habitants
de Veludvàra, brahmanes chefs de famille apprirent que Les brahmanes chefs de famille, habitants de Veludvàra,
le sadhu Gotama, fils des Mayas, qui avait abandonné sa rendirent visite au Tathagata. En arrivant, certains parmi
famille Maya et quitté son foyer pour entrer dans le re- eux rendirent hommage au Tathagata, puis s’assirent à
noncement, en voyageant dans les provinces du pays Ko- l’écart sur un côté. D’autres échangèrent avec lui des po-
sala, était parvenu à Veludvàra. litesses et des paroles de courtoisie, puis s’assirent à
l’écart sur un côté.
En effet, une bonne réputation s’était propagée à propos
du Tathagata Gotama « Il est le Tathagata, l’arahant par- Certains, les mains jointes, se tournèrent vers le Tatha-
faitement et pleinement éveillé, parfait en sagesse et en gata, puis s’assirent à l’écart sur un côté. D’autres en-
conduite, bien arrivé (à son but), le connaisseur des core, ayant énoncé leurs noms et leurs noms de famille,
mondes, l’incomparable guide des êtres qui doivent être s’assirent à l’écart sur un côté.
guidés, l’instructeur des dieux et des humains, le Boud-
dha, le Tathagata. D’autres s’assirent à l’écart sur un côté sans rien dire.
S’étant assis à l’écart sur un côté, les brahmanes chefs de
famille, habitants de Veludvàra, s’adressèrent au Tatha-
gata et dirent :
Le Tathagata dit :
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 136 / 276
« Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple Ainsi, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi
noble réfléchisse ainsi : "Si quelqu’un prenait avec l’inte- doit être un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour
ntion de la voler une chose m’appartenant que je ne lui ai quelqu’un d’autre. Donc, un fait qui n’est ni agréable ni
pas donnée, ce serait un fait ni agréable ni plaisant pour plaisant pour moi, comment puis-je l’infliger à quelqu’un
moi. Si moi, je prenais avec l’intention de la voler une d’autre ?" « Le résultat d’une telle réflexion est que le
chose appartenant à quelqu’un d’autre qu’il ne m’aurait disciple noble lui-même s’abstient de s’engager dans les
pas donnée, cesserait un fait ni agréable ni plaisant pour relations sexuelles illicites. Il encourage les autres aussi à
lui. Ainsi, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour S’abstenir de s’engager dans des relations sexuelles illi-
moi doit être un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour cites. Il parle et fait l’éloge d’une telle abstinence. Ainsi,
quelqu’un d’autre. Donc, un fait qui n’est ni agréable ni en ce qui concerne la conduite de son corps, il est com-
plaisant pour moi, comment puis-je l’infliger à quelqu’un plètement
d’autre ?" « Le résultat d’une telle réflexion est que le pur.
disciple noble lui-même s’abstient de prendre ce qui ne
lui est pas donné. Il encourage les autres à S’abstenir de
prendre ce qui ne leur est pas donné. Il parle et fait éloge
d’une telle abstinence. Ainsi, en ce qui concerne la
conduite de son corps, il est complètement pur.»
« Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple « Et encore, ô chefs de famille, imaginons que le disciple
noble réfléchisse ainsi : "Si quelqu’un entamait mon noble réfléchisse ainsi : "Si quelqu’un me séparait de mes
bien-être par des mensonges, ce serait un fait ni amis par la calomnie, ce serait un fait ni agréable ni plai-
agréable ni plaisant pour moi. Si moi, j’entamais le bien- sant pour moi. Si moi, je séparais un autre de ses amis
être de quelqu’un d’autre par des mensonges, ce serait par la calomnie, ce serait un fait ni agréable ni plaisant
un fait ni agréable ni plaisant pour lui. Ainsi, un fait qui pour lui. Ainsi, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant
n’est ni agréable ni plaisant pour moi doit être un fait qui pour moi doit être un fait qui n’est ni agréable ni plaisant
n’est ni agréable ni plaisant pour quelqu’un d’autre. pour quelqu’un d’autre. Donc, un fait qui n’est ni
Donc, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi, agréable ni plaisant pour moi, comment puis je l’infliger
comment puis- je l’infliger à quelqu’un d’autre ?" « Le ré- à quelqu’un d’autre ?" « Le résultat d’une telle réflexion
sultat d’une telle réflexion est que le disciple noble lui- est que le disciple noble lui-même s’abstient de dire des
même s’abstient de dire des mensonges. Il encourage les paroles calomnieuses. Il encourage les autres aussi à
autres aussi à S’abstenir de dire des mensonges. Il parle S’abstenir de dire des paroles calomnieuses. Il parle et
et fait l’éloge d’une telle abstinence. Ainsi, en ce qui fait l’éloge d’une telle abstinence. Ainsi, en ce qui
concerne la conduite de sa parole, il est complètement concerne la conduite de sa parole, il est complètement
pur.» pur.»
Donc, un fait qui n’est ni agréable ni plaisant pour moi, « Puis le disciple noble possède une confiance sereine à
comment puis- je l’infliger à quelqu’un d’autre ? « Le ré- l’égard de la communauté, en réfléchissant : " La com-
sultat d’une telle réflexion est que le disciple noble lui- munauté des disciples du Tathagata est de conduite
même s’abstient de dire des paroles insensées, des pa- droite, la communauté des disciples du Tathagata est de
roles futiles. Il encourage les autres aussi à S’abstenir de conduite correcte, la communauté des disciples du Ta-
dire des paroles insensées, des paroles futiles. Il parle et thagata est de conduite bienséante ; ce sont en fait les
fait l’éloge d’une telle abstinence. Ainsi, en ce qui quatre paires d’êtres : les huit êtres. Telle est la commu-
concerne la conduite de sa parole, il est complètement nauté des disciples du Tathagata, digne des offrandes,
pur.» digne de l’hospitalité, digne de dons, digne de respect ;
le plus grand champ de mérite pour le monde."
« Puis, le disciple noble possède une confiance sereine à
l’égard du Bouddha, en réfléchissant : " Il est le Tathaga- « Désormais, ô chefs de famille, puisque le disciple noble
ta, l’Arahant, parfaitement et pleinement éveillé, parfait a rempli ces sept conditions et ces quatre points davan-
en sagesse et en conduite, bienvenu, le Connaisseur des tage, s’il le veut, il peut déclarer avec certitude :
mondes, l’incomparable Guide des êtres qui doivent être
guidés, l’instructeur des dieux et des humains, le Boud- "La voie vers l’enfer a été coupée, la voie vers les nais-
dha, le Tathagata." « Puis, le disciple noble possède une sances animales a été coupée, la voie vers le monde des
confiance sereine à l’égard de l’Enseignement, en réflé- esprits malheureux a été coupée, la voie vers les mondes
chissant : " Bien exposé par le Tathagata est l’Enseign- de malheurs, vers le malheur, vers les destinations mal-
ement, donnant des résultats ici même, immédiat, invi- heureuses, a été coupée. je suis entré dans le courant. Il
tant à le comprendre, conduisant à la perfection, com- est sûr que je ne suis plus destiné à retomber. Je suis
préhensible par les sages en eux-mêmes. " destiné à atteindre l’état d’éveil." »
Discours sur les dix Dharma 6. "Il y aura une séparation d’avec tous les êtres chers et
aimés. La mort me porte vers cette séparation." Cela doit
Ainsi ai-je entendu, une fois que le Bienheureux était être sans cesse médité par lui.
installé à Savatthi, dans le bosquet de Jéta, au monastère
d’Anathapinkida. Là, il s’adressa aux Bikkhus en ces 7. "Je suis constitué de Kamma, le Kamma est mon héri-
termes : "Bikkhus", "Oui Bhanté (Vénérable)", répon- tage ; le Kamma est ma force motrice, le Kamma est mon
dirent-ils. Il leur dit : " Il y a dix choses qui doivent parent, le Kamma est mon refuge. Quelque soit le Kam-
constamment être développées, pour qui devient moine : ma que je forme, bon ou mauvais, j’en serai héritier".
" Cela doit être sans cesse médité par lui.
1. "J’ai maintenant changé de mode de vie (quitté la vie 8. "Comment je passe mes nuits et jours ?" Cela doit être
de laïc)". Cela doit être sans cesse médité par lui. sans cesse médité par lui.
2. "Ma vie dépend des autres", Cela doit être sans cesse 9. "Est-ce que je prends plaisir à la solitude ? (en médita-
médité par lui. tion)". Cela doit être sans cesse médité par lui.
3. "Je dois maintenant me comporter d’une manière dif- 10. "Ai-je obtenu des facultés surhumaines ? Ai-je gagné
férente", Cela doit être sans cesse médité par lui. la sagesse supérieure de sorte que, lorsque je serai inter-
rogé par les Brahmacarins à l’approche de la mort, je ne
4. "Ma conscience me tracassera-t-elle au sujet de l’état serai pas déprimé et confus ?" Cela doit être sans cesse
de ma vertu ?" Cela doit être sans cesse médité par lui. médité par lui.
5. "Est-ce que mes compagnons brahmacaris avisés, me Ces choses-là, Ô Bikkhus, sont au nombre de dix. Et,
testant, me reprocheront-t-ils l’état de ma vertu ?" Cela tous dans la vie monacale doivent souvent les maintenir
doit être sans cesse médité par lui. en leur esprit.
KARANÎYA METTA SUTTA Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège
son unique enfant, ainsi avec un esprit sans entraves
(Sur la bonté bienveillante)
doit-on chérir toute chose vivante avec une bonté bien-
veillante envers le monde entier et un esprit sans en-
Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui
traves, au dessus, au dessous et tout autour, sans limita-
recherche le bien et a obtenu la paix. Qu’il soit appliqué,
tion, sans haine et sans aversion.
droit, parfaitement droit, sincère, humble, doux, sans or-
gueil,
Etant debout ou en marchant, assis ou bien couché, tant
que l’on est éveillé, on doit cultiver cet esprit. " Telle est
Content de toute chose et joyeux ; qu’il ne se laisse pas
la vie divine dans ce monde. "
submerger par les affaires du monde. qu’il ne se charge
pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtri-
Abandonnant les fausses opinions, vertueux, possédant
sés ; qu’il soit sage, sans être hautain et ne convoite pas
la vision pénétrante,débarrassé des appétits des sens,
des biens de famille.
l’homme pur ne connaîtra plus de renaissances.
Vassala Sutta suivi de Brâhmana Sutta Entendant cela, le bienheureux répondit : “Ô brahmane,
Qui est Paria ? Qui est Brâhmane ? savez-vous qui est un paria et quelles sont les choses qui
font d’un homme un paria ?” - ”Non, Vénérable Gotama,
Vassala Sutta : je ne le sais pas, ce serait bien si le vénérable Gotama
m’enseignait cela afin que je puisse reconnaître un paria
Ainsi ai-je entendu : ou les choses qui font d’un homme un paria” - “Alors,
écoutez, brahmane, je vais vous l’enseigner, soyez atten-
A ce moment, le bienheureux demeurait au monastère tif.” - “Bien, Vénérable”, répondit le brahmane, et le Bien-
d’Anâthapiodika dans le parc Jeta à Sâvatthi. Le bienheu- heureux lui dit :
reux, ayant revêtu ses robes dans la matinée, prît son bol
et entra dans Sâvatthi pour sa tournée d’aumônes. Au L’homme qui est coléreux et haineux, qui est méchant et
même moment, dans la maison du brahmane Aggika hypocrite, qui a adopté des vues fausses et est trompeur
Bharadvaja, le feu du sacrifice était allumé et les of- - qu’il soit considéré comme un paria.
frandes disposées.
Celui qui dans ce monde fait souffrir les créatures vi-
Le bienheureux allant de maison en maison arriva près vantes quelles soient nées une fois ou deux, en qui il n’y
de celle du brahmane Aggika Bharadvaja et ce brahmane a pas de compassion pour les êtres vivants - qu’ils soit
voyant de loin le bienheureux s’approcher, lui cria : “N’a- considéré comme un paria.
vance pas, tête rase, arrête, ô misérable samapa, arrête ô
paria”. Celui qui détruit ou assiège des villages et des villes et se
conduit en ennemi - qu’ils soit considéré comme un pa-
ria.
Celui qui ayant contracté une dette, dupe son créditeur Celui qui ayant commis une mauvaise action espère que
en disant “je ne vous dois rien” - qu’ils soit considéré personne ne le saura et fait le mal en se cachant - qu’ils
comme un paria. soit considéré comme un paria.
Celui qui par convoitise pour un objet attaque un voya- Celui qui étant allé dans la maison d’un autre y reçoit la
geur pour le dépouiller - qu’ils soit considéré comme un nourriture et ne rend pas cette hospitalité - qu’ils soit
paria. considéré comme un paria.
L’homme qui dans son intérêt ou celui des autres, ou Celui qui par fausseté trompe un brahmane ou un sama-
pour des richesses, porte un faux témoignage - qu’ils na ou tout autre mendiant - qu’ils soit considéré comme
soit considéré comme un paria. un paria.
Celui qui prend les femmes de ses parents ou de ses Celui qui lance des paroles irritées et ne donne rien à un
amis, que ce soit de force ou avec leur consentement - brahmane ou un samana venu au moment du repas -
qu’ils soit considéré comme un paria. qu’ils soit considéré comme un paria.
Celui qui pouvant le faire, ne veut pas subvenir aux be- Celui qui est enfoncé dans l’ignorance, ne donne pas la
soins de son père et de sa mère lorsqu’ils sont vieux - moindre aumône mais dénigre les dons modestes - qu’ils
qu’ils soit considéré comme un paria. soit considéré comme un paria.
Celui qui frappe ou blesse en parole, sa mère, son père, Celui qui se glorifie et méprise les autres par orgueil
son frère, sa soeur ou ses beaux parents - qu’ils soit étant lui même méprisable - qu’ils soit considéré comme
considéré comme un paria. un paria.
Celui qui fait naître la colère chez les autres, est avare, a
Celui qui, étant consulté, donne de mauvais conseils et des désirs mauvais, est envieux, rusé, n’a pas de honte
complote secrètement - qu’ils soit considéré comme un ou ne craint pas de faire le mal - qu’ils soit considéré
paria. comme un paria.
Celui qui injurie le Bouddha ou son disciple, un moine Il est des brahmanes nés dans des familles vouées aux
errant ou un laïc - qu’ils soit considéré comme un paria. incantations qui doivent suivre les Védas, et pourtant
sont pris continuellement dans de mauvaises actions. Ils
Celui qui sans être un arahant (Saint) prétend l’être, est le sont méprisés dans cette vie même, et dans leur vie sui-
plus grand voleur et vraiment le plus bas des parias de vante renaissent dans un état misérable : leur naissance
tous les mondes jusqu’à celui de Brahma. ne les sauve ni des enfers ni du blâme.
Ceux-là que je viens de décrire sont vraiment des parias. Ce n’est pas par la naissance que l’on devient un paria.
Ce n’est pas par la naissance que l’on devient un paria. ce n’est pas par la naissance que l’on devient un brah-
ce n’est pas par la naissance que l’on devient un brah- mane. Par ses actes l’on devient un paria, par ses actes
mane. Par ses actes l’on devient un paria, par ses actes l’on devient un brahmane.
l’on devient un brahmane.
Ayant entendu cela, le brahmane Aggika Bharadvaja
Ecoutez cet exemple. il y avait un Candâla (paria) appelé s’écria : “Merveilleux, Vénérable Gotama, c’est comme si
Sopâka, et bien connu sous le nom de Mâtanga. Ce Mâ- l’on redressait ce qui a été renversé ou découvrait ce qui
tanga put atteindre la plus haute gloire, la plus difficile à a été caché ou montrait le chemin à l’égaré. Ainsi le Vé-
atteindre. Beaucoup de nobles et de brahmanes le ser- nérable Gotama a rendu claire la vérité de nombreuses
virent. Monté dans le véhicule divin, entré dans la voie façons. Je prend refuge dans le Vénérable Gotama, dans
élevée, libre de la poussière, ayant abandonné les désirs le Dhamma et dans le Sangha. Que le Vénérable Gotama
des sens, il put atteindre le monde de Brahma. Sa nais- veuille bien m’accepter comme disciple laïc qui, de ce
sance ne l’empêcha pas de renaître dans le monde de jour jusqu’à la fin de sa vie, les prenne comme refuge”.
Brahma.
Brâhmana Sutta :
Celui dont la science est profonde, qui possède la sa- Celui qui ne convoite plus rien, ni en ce monde, ni en un
gesse, qui discerne la voie droite des voies fausses, qui a autre, qui est détaché de tout, inaccessible au trouble ;
atteint le plus haut but ; celui-là je l’appelle un Brâhma- celui-là je l’appelle un Brâhmana.
na.
Celui qui n’a plus d’attaches, que le savoir préserve des "
Celui qui se tient à l’écart, à la fois des laïques et des re- pourquoi ? " qui a atteint la profondeur où la mort n’est
ligieux, qui se contentant de peu ne va pas frapper aux plus ; celui-là je l’appelle un Brâhmana.
portes ; celui-là je l’appelle un Brâhmana.
Celui qui dans sa sérénité, sa paix inaltérable brille sem-
Celui qui n’use de violence ni envers les faibles, ni envers blable à la lune sans tache, qui a tari, en lui, la source de
les forts, qui ne prend la vie ni d’une manière ni d’une toute joie ; celui-là je l’appelle un Brâhmana.
autre ; celui-là je l’appelle un Brâhmana.
Celui qui a traversé la route boueuse, le monde difficile à
Celui qui est tolérant avec les intolérants, doux avec les traverser du samsara, qui ayant achevé la traversée et at-
violents, sans cupidité parmi les hommes cupides ; celui- teint l’autre rive est réfléchi, ferme, exempt de doutes,
là je l’appelle un Brâhmana. d’attachements et satisfait ; celui-là je l’appelle
un Brâhmana.
Celui de qui sont tombés l’envie, la haine, l’orgueil et
l’hypocrisie, comme tombe la graine de moutarde placée Celui qui, délaissant tous liens avec les hommes, s’est
sur la pointe d’une aiguille ; celui-là je l’appelle un élevé au-dessus de tout lien divin, qui est libéré de tous
Brâhmana. les liens ; celui-là je l’appelle un Brâhmana.
Celui qui fait entendre des paroles instructives, véri- Celui qui a rejeté ce qui est cause du plaisir et ce qui
diques, sans rudesse, qui n’offense personne ; celui-là je cause de déplaisir, qui est impassible, délivré de toutes
l’appelle un Brâhmana. racines, le héros qui s’est élevé au-dessus tous les
mondes ; celui-là je l’appelle un Brâhmana.
Sacca Vibhanga Sutta Amis, Qu’est-ce que le Moyen d’existence Juste ? Amis,
Le Soutra De la vérité c’est un noble disciple renonçant aux moyens de vivre
illicites pour mener une vie honnête. Amis, tel est le
Amis, quelle est la vérité de la voie menant à la fin de la Moyen d'existence Juste.
souffrance ? Ce n’est que le Noble Sentier Octuple, à sa-
voir : Compréhension Juste, Pensée Juste, Parole Juste, Amis, Qu’est-ce que l’Effort Juste ? C’est un disciple qui
Action Juste, Moyen d’existence Juste, Effort Juste, Atten- espère, lutte, s’efforce, maîtrise son mental, s’exerce
tion Juste, Concentration Juste. pour combattre l’apparition du Mal et de mauvaises pen-
sées. Il espère, lutte, s’efforce, maîtrise son mental,
Amis, Qu’est-ce que la Compréhension Juste ? C’est en s’exerce pour l’apparition de bonnes pensées. Il espère,
fait, amis, la connaissance de la souffrance, l’apparition lutte, s’efforce, maîtrise son mental, s’exerce pour la sta-
de la souffrance, la cessation de la souffrance, le sentier bilité, pour l’absence de confusion, pour la croissance, la
menant à la cessation de la souffrance. Amis, telle est la plénitude, et la culture du mental, pour la consolidation
Compréhension Juste. des bonnes pensées apparues ; Amis, tel est l’effort
juste.
Amis, Qu’est-ce que la Pensée Juste ? La pensée du re-
noncement, de l’affranchissement de la méchanceté, de Amis, Qu’est-ce que l’attention juste ? Amis, c’est un
l’affranchissement, de la cruauté. Amis, telle est la pen- disciple qui vit en voyant le corps dans sa réalité, zélé,
sée juste. réfléchi, attentif, discipliné dans un monde sans cupidité
ni découragement ; qui vit en voyant le sentiment dans sa
Amis, Qu’est-ce que la Parole Juste ? C’est s’abstenir de réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné dans un monde
mentir, de calomnier, de parole dure, de parole inutile. sans cupidité ni découragement ; qui vit en voyant le
Amis, telle est la Parole Juste mental dans sa réalité, zélé, réfléchi, attentif, discipliné
dans un monde sans cupidité ni découragement. Amis,
Amis, Qu’est-ce que l’action juste ? C’est s’abstenir de telle est l’attention juste.
tuer, de voler, de commettre l’adultère. Amis, telle est
l’action Juste.
Mangala sutta Prendre soin de ses parents,bien traiter ses proches, ac-
SUTTA DES BENEDICTIONS complir des actions justes. Cela est une grande bénédic-
tion.
Ainsi ai-je entendu. Une fois, alors que le Béni demeurait
dans la cité de Sâvatthi au parc Jeta dans le Monastère Etre charitable, se conduire honnêtement, avoir soin de
d’Anâthapindika, un Déva d’une radieuse beauté apparut sa famille, accomplir des actes méritoires. Cela est une
vers minuit, s’approcha du Béni et le saluant avec respect grande bénédiction.
se tint debout à son côté. Alors s’adressant au Béni il dit :
Nombreux sont les dieux et les hommes qui discutent S’abstenir de méchanceté, renoncer aux intoxicants, être
entre eux sur les bénédictions qui donnent le bonheur. attentif, être persévérant dans le bien. Cela est une
Pour ceux qui cherchent à connaître les véritables choses grande bénédiction.
bienfaisantes ; O vous le très excellent, je vous en prie,
veuillez expliquer les bénédictions. Et le Bouddha dit ceci Se conduire avec dignité et douceur, être content et re-
: connaissant, entendre la Doctrine aux jours heureux.
Ne pas être associé à des fous mais vivre auprès des Cela est une grande bénédiction.
sages. Rendre hommage à ceux qui méritent d’être ho-
norés. Cela est une grande bénédiction. Etre patient, être courtois, rechercher la compagnie des
sages, parler de la Loi au juste moment. Cela est une
Vivre dans un endroit qui procure de nombreux avan- grande bénédiction
tages, avoir le bénéfice de mérites accomplis antérieure-
ment, être désireux de faire le bien. Cela est une grande Etre tranquille, vivre chaste, avoir la vision intérieure pro-
bénédiction. fonde de la Vérité supérieure, avoir la compréhension
absolue du Nibbâna. Cela est une grande bénédiction.
Etre instruit en science et en art, être discipliné et cultivé,
dire des paroles justes. Cela est une grande bénédiction. Au milieu de toutes les conditions de la vie demeurer
avec un esprit inébranlable, être libre de douleur, d’atta-
chement et de peur. Cela est une grande bénédiction.
Ceux qui suivent ces principes, ceux-là ne seront jamais Les quatre sortes de fidèles disciples qui sont divisés en
vaincus, mais ils iront toujours vers le bonheur et pour huit classes, formant quatre paires loués par les ver-
eux. cela sera une grande bénédiction. tueux, sont dignes de recevoir les offrandes. Ce qui leur
sera donné portera un grand fruit. Ce joyau excellent se
Vous tous, les esprits de la terre ou des cieux ici assem- trouve dans le Sangha. Par cette vérité que tous les êtres
blés, prêtez attention. Puissiez vous être heureux et soient heureux.
écouter attentivement.
Ceux qui, l’esprit fermement établi, avancent dans
Ecoutez, tous esprits, soyez bienveillants pour la race des l’enseignement de Gotama ont obtenu le plus haut Nib-
hommes qui vous donnent du mérite par leurs offrandes bana. Obtenant cette paix ils sen réjouissent. Ce joyau
jour et nuit. Protégez-la donc de toutes vos forces. excellent se trouve dans le Sangha. Par cette vérité que
Quoiqu’il existe dans ce monde, ou dans un autre tous les êtres soient heureux.
monde, ou dans les cieux, si précieux que ce soit, rien ne
peut égaler le Tathagata. Ce joyau excellent se trouve Ainsi qu’une borne bien établie en terre n’est pas ébran-
dans le Bouddha. Par cette vérité que tous les êtres lée par le vent des quatre directions, tel est le sage qui a
soient heureux. pénétré les Quatre Nobles Vérités. Ce joyau excellent se
trouve dans le Sangha. Par cette Vérité que tous les êtres
Le Cakya Muni dans sa parfaite tranquillité a prêché la soient heureux.
doctrine de la paix parfaite. Ce joyau excellent se trouve
dans le Dhamma. Par cette vérité que tous les êtres Celui qui a compris le sens des Quatre Nobles Vérités
soient heureux. bien enseignées par Lui, à la profonde sagesse, bien qu’il
ne soit pas totalement libéré il est assuré de n’avoir pas
La méditation pure, ininterrompue, enseignée par le une huitième renaissance. Ce joyau excellent se trouve
Bouddha, ne peut être égalée par aucune autre médita- dans le Sangha. Par cette vérité que tous les êtres soient
tion. Ce joyau excellent se trouve dans le dhamma. Par heureux.
cette vérité que tous les êtres soient heureux.
Simultanément avec la perception du Sentier, ayant la vi- Le passé est détruit, le futur indéterminé, leur esprit sans
sion éclairée, il se sépare de trois choses : l’illusion du passions est détaché du devenir, ils ont détruit la graine,
"moi", le doute, la croyance aux rites et cérémonies. Il ne les désirs sont absents, les Sages se sont éteins comme
peut renaître dans les quatre états malheureux. Il est in- une lampe sans huile. Ce joyaux excellent se trouve dans
capable de commettre les six grands crimes. Ce joyau la Sangha.
excellent se trouve dans le Sangha. Par cette vérité que
tous les êtres soient heureux.
DHAMMA-CAKKAPPA VATTANA-SUTA
Les quatre Vérités des Êtres Nobles - la vue juste,
(LE SERMON DE BÉNARÈS) - la pensée juste,
- la parole juste,
Ainsi ai-je entendu : Une fois, le Bienheureux séjournait - l’action juste,
au parc aux Daims, à Isipatana, près de Bénarès. Il - le moyen d’existence juste,
s’adressa aux cinq moines et dit : - l’effort juste,
- l’attention juste,
" Ô moines, il existe deux extrêmes qui doivent être évi- - la concentration juste.
tés par un religieux. Quels sont ces deux extrêmes ?
S’adonner aux plaisirs des sens, ce qui est inférieur, vul- Cela est, ô moines, la Voie du Milieu que le Tathâgata a
gaire, mondain, ignoble et engendre de mauvaises découverte, qui prodigue la vision, qui donne la connais-
conséquences, et s’adonner aux mortifications, ce qui est sance, qui conduit à la quiétude, à la sagesse, à l’éveil et
pénible, ignoble et engendre de mauvaises consé- à l’émancipation.
quences.
Voici, ô moines, la Vérité de dukkha (la souffrance -
Sans aller à ces deux extrêmes, ô moines, le Tathâgata a l’insatisfaction) :
découvert la Voie du Milieu qui prodigue la vision, qui La naissance est dukkha, la vieillesse est aussi dukkha, la
donne la connaissance, qui conduit à la quiétude, à la sa- maladie est aussi dukkha, la mort est aussi dukkha, être
gesse, à l’éveil et à l’émancipation. uni à ce que l’on n’aime pas est dukkha, être séparé de
Et quelle est, ô moines, cette Voie du Milieu que le Ta- ce que l’on aime est dukkha, ne pas obtenir ce que l’on
thâgata a découverte et qui prodigue la vision, qui donne désire est aussi dukkha. En résumé, les cinq agrégats
la connaissance, qui conduit à la quiétude, à la sagesse, à d’attachement sont dukkha.
l’éveil et à l’émancipation ? Ce n’est que le Sentier Oc-
tuple des Nobles , à savoir :
Voici, ô moines, la Vérité de la cause du dukkha :
Ô moines, c’est avec la compréhension : " Cette vérité
C’est cette "soif" (désir et attachement avec saisie) qui dite dukkha doit être comprise " que, dans les choses qui
produit la ré-existence et le re-devenir, qui est liée à une n’avaient pas été entendues auparavant, s’est élevée en
avidité passionnée et qui trouve une nouvelle jouissance moi la vision, s’est élevée en moi la connaissance.
tantôt ici, tantôt là, c’est-à-dire la soif des plaisirs des
sens, la soif de l’existence et du devenir et la soif de la Ô moines, c’est avec la compréhension : " Cette Vérité
non existence. dite dukkha a été comprise " que, dans les choses qui
n’avaient pas été entendues auparavant, s’est élevée en
Voici, ô moines, la Vérité de la cessation du dukkha :
moi la vision, s’est élevée en moi la connaissance.
C’est la cessation complète de cette "soif ", la délaisser, y
renoncer, sen libérer, sen débarrasser. Ô moines, c’est avec la compréhension : "Ceci est la Véri-
té dite la cause du dukkha " que, dans les choses qui
Voici, ô moines, la Vérité du sentier conduisant à la ces- n’avaient pas été entendues auparavant, s’est élevée en
sation du dukkha :
moi la vision, s’est élevée en moi la connaissance.
C’est le Sentier Octuple des Nobles (des Bouddhas - des
êtres éveillés), à savoir : la vue juste, la pensée juste, la Ô moines, c’est avec la compréhension : " Cette Vérité
parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, que la cause du dukkha doit être détruite - que, les
l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste. choses qui n’avaient pas été entendues auparavant, s’est
élevée en moi la vision, s’est élevée en moi la connais-
Ô moines, c’est avec la compréhension “Ceci est la Vérité sance.
dite dukkha " que, dans les choses qui n’avaient pas été
entendues auparavant s’est élevée en moi la vision, s’est Ô moines, c’est avec la compréhension : " Cette Vérité
élevée en moi la connaissance, s’est élevée en moi la sa- dite la cause du dukkha a été détruite" que, dans les
gesse, s’est élevée en moi la science, -s’est élevée en choses qui n’avaient pas été entendues auparavant, s’est
moi la-lumière. élevée en moi la vision, s’est élevée en moi la connais-
sance.
Samaññaphala Sutta
Les fruits de la vie contemplative Lorsque ceci fut dit, le roi resta silencieux.
(D’après la traduction du Pâli à l’Anglais par Thanissaro Alors un autre ministre dit au roi : "Votre majesté, il y a
Bikkhu.) Makkhali Gosala..."... "Votre majesté, il y a Ajita Kesa-
kambalin..."... "Votre majesté, il y a Pakudha
J’ai entendu qu’à une occasion le Béni du Ciel demeurait Kaccayana..."... "Votre majesté, il y a Sañjaya Belatthaput-
à Rajagaha, dans le Parc des Manguiers de Jivaka Koma- ta..."... "Votre majesté, il y a Nigantha Nataputta, le chef
rabhacca, avec une grande communauté des moines - d’une communauté, le chef d’un groupe, le maître d’un
1250 moines en tout. Or à cette époque - comme c’était groupe, honoré et célèbre, estimé comme étant saint par
le jour d’observance, la nuit de pleine lune de la saison la masse des gens. Il est âgé, depuis longtemps il a quit-
des lys d’eau, le quatrième mois des pluies - le roi Ajata- té le foyer, il est avancé en années, dans la dernière
sattu du Magadha, le fils de la reine Videha, était assis phase de sa vie. Votre majesté devrait lui rendre visite.
sur la terrasse du toit de son palais entouré par ses mi- Peut-être que si vous lui rendiez visite, il allégerait et
nistres. Alors il se sentit inspiré de s’exclamer : "Quelle apporterait la paix à votre esprit."
est merveilleuse cette nuit de plein lune ! Quelle est Lorsque ceci fut dit, le roi resta silencieux.
belle... Quelle est plaisante... Quelle est inspirante...
Quelle est auspicieuse cette nuit de pleine lune ! Quel Tout ce temps Jivaka Komarabhacca était assis en silence
prêtre ou contemplatif devrions-nous visiter ce soir qui pas loin du roi. Le roi lui dit donc, "Ami Jivaka, pourquoi
pourrait alléger et apporter paix à notre esprit ?" es-tu silencieux ?"
Lorsque ceci fut dit, l’un des ministres dit au roi : "Votre
majesté, il y a Purana Kassapa, le chef d’une communau-
té, le chef d’un groupe, le maître d’un groupe, honoré et
célèbre, estimé comme étant saint par la masse des gens.
Il est âgé, depuis longtemps il a quitté le foyer, il est
avancé en années, dans la dernière phase de sa vie. Votre
majesté devrait lui rendre visite. Peut-être que si vous lui
rendiez visite, il allégerait et apporterait la paix à votre
esprit."
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 157 / 276
"Votre majesté, il y a le Béni du Ciel, digne et à juste titre Alors le roi, ayant fait monter cinq cents de ses femmes
auto-éveillé, qui demeure dans mon parc des manguiers sur les cinq cents éléphants - une sur chaque - et étant
avec une grande communauté des moines - 1,250 monté sur son propre porte-défenses, sortit de la capi-
moines en tout. En ce qui concerne ce Béni du Ciel, cet tale en pleine pompe royale, avec des serviteurs portant
admirable témoignage s’est répandu : Certes, le Béni du des torches, et se dirigea vers le parc des manguiers de
Ciel est digne et à juste titre auto-éveillé, accompli en Jivaka Komarabhacca. Mais quand le roi ne fut plus loin
claire connaissance et conduite, bien allé, expert par du parc des manguiers, il fut saisi par la peur, des trem-
rapport au cosmos, entraîneur inégalé des personnes ap- blements, ses cheveux hérissés. Craintif, agité, ses che-
privoisables, enseignant des êtres humains et divins, veux hérissés, il dit à Jivaka Komarabhacca : "Ami Jivaka,
éveillé, béni. Votre majesté devrait lui rendre visite. Peut- tu n’es pas en train de me tromper, n’est-ce pas ? Tu
être que si vous lui rendiez visite, il allégerait et apporte- n’est pas en train de me trahir, n’est-ce pas ? Tu n’est
rait la paix à votre esprit." pas en train de me donner à mes ennemis, n’est-ce pas ?
Comment peut-il y avoir une aussi grande communauté
"Alors en ce cas, ami Jivaka, fais préparer les éléphants des moines - 1250 en tout - sans qu’on entende éter-
pour la promenade." nuer, sans qu’on entende tousser, sans qu’on entende
Après avoir répondu, "Comme vous le voudrez, votre ma- une seule voix ?"
jesté," après avoir fait préparer cinq cents éléphants de
même que le porte-défenses personnel du roi, Jivaka an- "N’ayez pas peur, grand roi. N’ayez pas peur. Je ne suis
nonça au roi : "Votre majesté, vos éléphants de prome- pas en train de vous tromper, vous trahir ou vous donner
nade sont préparés. Faites ce que vous croyez qu’il est à vos ennemis. Avancez, grand roi, avancez! Ce sont là
maintenant temps de faire." des lampes qui brûlent dans la salle du pavillon."
Alors le roi, s’avançant aussi loin sur son porte-défenses
que le sol le permettait, descendit de sa monture et
s’approcha de la porte du pavillon à pied. En arrivant, il
demanda à Jivaka : "Où donc, ami Jivaka, est le Béni du
Ciel ?"
"Voilà le Béni du Ciel, grand roi, assis contre le pilier du La question du roi
milieu, face à l’Est, entouré par la communauté des
moines." "Seigneur, il y a ces artisans ordinaires : dompteurs
d’éléphants, dompteurs de chevaux, charretiers, archers,
Alors le roi s’approcha du Béni du Ciel et, en l’atteignant, porte-drapeaux, maréchaux de camp, officiers d’inte-
se tint d’un côté. Comme il se tenait là - observant la ndance, grands officiers royaux, commandos, héros mili-
communauté des moines assis dans un silence absolu, taires, guerriers en armure, guerriers cuirassés, esclaves
calme comme un lac - il se sentit inspiré de s’exclamer : domestiques, pâtissiers, barbiers, serviteurs des bains,
"Puisse mon fils, le prince Udayibhadda, jouir de la même cuisiniers, tisserands, vanniers, potiers, calculateurs,
paix dont cette communauté de moines jouit comptables, et tous autres artisans du même genre. Ils
maintenant!" gagnent leur vie grâce aux fruits de leurs métiers, vi-
Le Béni du Ciel dit : "Etes-vous venu, grand roi, en com- sibles dans l’ici et maintenant. Ils apportent bonheur et
pagnie de vos affections ?" plaisir à eux-mêmes, à leurs parents, épouses, et en-
"Seigneur, mon fils, le prince Udayibhadda, m’est très fants, à leurs amis et collègues. Ils mettent en place une
cher. Puisse-t-il jouir de la même paix dont cette com- excellente présentation d’offrandes aux prêtres et
munauté de moines jouit maintenant!" contemplatifs, qui mène au ciel, qui résulte en bonheur,
qui entraîne une renaissance céleste. Est-il possible, sei-
Alors, s’inclinant devant le Béni du Ciel, et saluant la gneur, de faire voir un pareil fruit de la vie contemplative,
communauté des moines avec les mains paume contre visible dans l’ici et maintenant ?"
paume sur son coeur, il s’assit d’un côté. Comme il était
assis là, il dit au Béni du Ciel : "J’aimerais interroger le "Vous rappelez-vous, grand roi, avoir jamais posé cette
Béni du Ciel sur un certain sujet, s’il veut bien me donner question à d’autres prêtres et contemplatifs ?"
la possibilité d’expliquer ma question." "Oui, effectivement."
"Si si ça ne vous ennuie pas, comment ont-ils répondu ?"
"Demandez, grand roi, tout ce que vous voudrez." "Non, ça ne m’ennuie pas où que soit assis le Béni du Ciel
- ou quelqu’un comme le Béni du Ciel."
"Alors parlez, grand roi."
Est-il possible, vénérable, de faire voir un pareil fruit de Même si on devait aller tout au long de la rive gauche du
la vie contemplative, visible dans l’ici et maintenant ? " Gange, en donnant et en obligeant d’autres à donner, en
Lorsque ceci fut dit, Purana Kassapa me dit, Grand roi, en offrant des sacrifices et en obligeant d’autres à offrir des
agissant ou faisant agir d’autres personnes, en mutilant sacrifices, cela n’entraînerait aucun mérite, aucun effet
ou en obligeant d’autres personnes à mutiler, en tortu- de mérite. La générosité, le contrôle de soi, la mesure, et
rant ou en obligeant d’autres personnes à torturer, en in- la parole vraie n’entraînent aucun mérite, aucun effet de
fligeant du chagrin ou en obligeant d’autres personnes à mérite.
infliger du chagrin, en tourmentant ou obligeant d’autres
personnes à tourmenter, en intimidant ou obligeant
d’autres personnes à intimider, en prenant la vie, en pre-
nant ce qui n’est pas donné, en cambriolant des maisons,
en pillant la richesse, en commettant des vols, en volant
sur les chemins, en commettant l’adultère, en disant des
mensonges - on ne fait pas de mal.
"Ainsi, interrogé sur un fruit de la vie contemplative, vi- Purification par l’errance
sible ici et maintenant, Purana Kassapa a répondu par la
non-action. C’est comme si une personne, interrogée à "Une autre fois je m’approchai de Makkhali Gosala et, en
propos d’une mangue, devait répondre par un fruit de arrivant, j’échangeai de courtoises salutations avec lui.
l’arbre à pain ; ou, interrogée à propos d’un fruit de Après un échange d’amicales salutations et courtoisies,
l’arbre à pain, devait répondre par une mangue : de la je m’assis d’un côté. Comme J’étais assis là je lui deman-
même façon, interrogé sur un fruit de la vie contempla- dai : Vénérable Gosala, il y a ces artisans ordinaires... Ils
tive, visible ici et maintenant, Purana Kassapa a répondu gagnent leur vie grâce aux fruits de leurs métiers, vi-
par la non-action. L’idée alors m’est venue : Comment sibles dans l’ici et maintenant... Est-il possible, véné-
quelqu’un comme moi pourrait-il imaginer de de me rable, de faire voir un pareil fruit de la vie contemplative,
montrer désobligeant envers un prêtre ou un contempla- visible dans l’ici et maintenant ?
tif vivant en son royaume ? Et pourtant je n’appréciai pas
plus les paroles de Purana Kassapa que je ne protestai "Lorsque ceci fut dit, Makkhali Gosala me dit, Grand roi, il
contre elles. N’appréciant ni ne protestant, J’étais insatis- n’y a aucune cause, aucune condition nécessaire, pour
fait. Sans exprimer d’insatisfaction, sans accepter son souiller les êtres. Les êtres sont souillés sans cause, sans
enseignement, sans l’adopter, je me levai de mon siège condition nécessaire. Il n’y a ni cause, ni condition né-
et partis. cessaire, pour la purification des êtres. Les êtres sont pu-
rifiés sans cause, sans condition nécessaire. Rien n’est
auto-causé, rien n’a de cause extérieure, rien n’est causé
par l’homme. Il n’y a ni force, ni effort, ni énergie hu-
maine, ni entreprise humaine. Tous les êtres vivants,
toute la vie, tous les êtres, toutes les âmes sont impuis-
sants, privés de force, dépourvus d’effort. Sujets aux
changements du destin, au don de faire des trouvailles,
et à la nature, ils sont sensibles au plaisir et à la douleur
dans les six grandes classes de naissance.
"Il y a 1,406,600 modes principaux d’origine. Il y a 500 "Ainsi, interrogé sur un fruit de la vie contemplative, vi-
sortes de kamma, cinq sortes, et trois sortes ; plein sible ici et maintenant, Makkhali Gosala a répondu par la
kamma et demi kamma. Il y a 62 pistes, 62 sous-éons, purification au moyen de l’errance. C’est comme si une
six grandes classes de naissance, huit classes d’hommes, personne, interrogée à propos d’une mangue, devait ré-
4,900 modes de gagne-pain, 4,900 sortes d’errants, pondre par un fruit de l’arbre à pain ; ou, interrogée à
4,900 demeures de Nagas, 2,000 facultés, 3,000 enfers, propos d’un fruit de l’arbre à pain, devait répondre par
36 domaines de poussière, sept sphères d’êtres percep- une mangue. De la même façon, interrogé sur un fruit de
tifs, sept sphères d’êtres non-perceptifs, sept sortes de la vie contemplative, visible ici et maintenant, Makkhali
plantes jointées, sept sortes de devas, sept sortes d’êtres Gosala a répondu par la purification par l’errance. L’idée
humains, sept sortes de démons, sept grands lacs, sept m’est venue :
noeuds majeurs, sept noeuds mineurs, 700 précipices
majeurs, 700 précipices mineurs, 700 rêves majeurs, 700 Comment quelqu’un comme moi pourrait-il imaginer de
rêves mineurs, 84,000 grands éons. Après avoir transmi- de me montrer désobligeant envers un prêtre ou un
gré et erré à travers tous ceux-là, les sages et les fous contemplatif vivant en son royaume ? Et pourtant je
tout pareil mettront fin à la souffrance. n’appréciai pas plus les paroles de Makkhali Gosala que
je ne protestai contre elles. N’appréciant ni ne protestant,
"Quoiqu’on pourrait imaginer, "Par cette moralité, cette J’étais insatisfait. Sans exprimer d’insatisfaction, sans ac-
pratique, cette austérité, ou cette vie sainte je porterai à cepter son enseignement, sans l’adopter, je me levai de
maturité le kamma qui n’est pas mûr et éliminerai le mon siège et partis.
kamma mûr chaque fois que je serai touché par lui" -
C’est impossible. Le plaisir et la douleur sont mesurés,
l’errance est déterminée en ses limites. Il n’y a ni rac-
courcissement ni allongement, ni accélération ni décélé-
ration. Tout comme une pelote de fil, quand on la jette,
arrive à sa fin simplement par son dévidage, de la même
manière, après avoir transmigré et erré, les sages et les
fous tout pareil mettront fin à la souffrance.
Non-apparentement
"Et parmi elles il n’y a aucun tueur ni personne qui fasse
"Une autre fois je m’approchai de Pakudha Kaccayana et, tuer, aucun auditeur ni personne qui fasse entendre, ni
en arrivant, j’échangeai de courtoises salutations avec lui. connaisseur ni personne qui cause la cognition. Lorsque
Après un échange d’amicales salutations et courtoisies, l’on tranche la tête d’une autre personne, il n’y a per-
je m’assis d’un côté. Comme J’étais assis là je lui deman- sonne qui prenne la vie de quiconque. C’est simplement
dai : Vénérable Kaccayana, il y a ces artisans ordinaires... entre les sept substances que passe l’épée.
Ils gagnent leur vie grâce aux fruits de leurs métiers, vi-
sibles dans l’ici et maintenant... Est-il possible, véné- "Ainsi, interrogé sur un fruit de la vie contemplative, vi-
rable, de faire voir un pareil fruit de la vie contemplative, sible ici et maintenant, Pakudha Kaccayana a répondu par
visible dans l’ici et maintenant ? le non-apparentement. C’est comme si une personne, in-
terrogée à propos d’une mangue, devait répondre par un
"Lorsque ceci fut dit, Pakudha Kaccayana me dit, Grand fruit de l’arbre à pain ; ou, interrogée à propos d’un fruit
roi, il y a ces sept substances - non-faites, irréductibles, de l’arbre à pain, devait répondre par une mangue. De la
incréées, sans créateur, désolées, stables comme un pic même façon, interrogé sur un fruit de la vie contempla-
montagneux, se tenant fermes comme un pilier - qui ne tive, visible ici et maintenant, Pakudha Kaccayana a ré-
s’altèrent pas, ne changent pas, n’interfèrent pas lune pondu par le non-apparentement.
avec l’autre, sont incapables de se causer lune à l’autre
plaisir, douleur, ou et plaisir et douleur. Quelles sept ? La L’idée m’est venue : Comment quelqu’un comme moi
substance-terre, la substance-liquide, la substance-feu, pourrait-il imaginer de de me montrer désobligeant en-
la substance-vent, le plaisir, la douleur, et l’âme en tant vers un prêtre ou un contemplatif vivant en son
que septième. royaume ? Et pourtant je n’appréciai pas plus les paroles
Ce sont là les sept substances - non-faites, irréductibles, de Pakudha Kaccayana que je ne protestai contre elles.
incréées, sans créateur, désolées, stables comme un pic N’appréciant ni ne protestant, J’étais insatisfait. Sans ex-
montagneux, se tenant fermes comme un pilier - qui ne primer d’insatisfaction, sans accepter son enseignement,
s’altèrent pas, ne changent pas, n’interfèrent pas lune sans l’adopter, je me levai de mon siège et partis.
avec l’autre, et sont incapable de se causer lune à l’autre
plaisir, douleur, ou et plaisir et douleur.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 164 / 276
Et pourtant, l’idée m’est venue : Comment quelqu’un Premier fruit visible de la vie contemplative
comme moi pourrait-il imaginer de de me montrer déso-
bligeant envers un prêtre ou un contemplatif vivant en "C’est pourquoi, seigneur, je demande au Béni du Ciel
son royaume ? Et pourtant je n’appréciai pas plus les pa- aussi bien : Il y a ces artisans ordinaires : dompteurs
roles de Sañjaya Belatthaputta que je ne protestai contre d’éléphants, dompteurs de chevaux, charretiers, archers,
elles. N’appréciant ni ne protestant, J’étais insatisfait. porte-drapeaux, maréchaux de camp, officiers d’inte-
Sans exprimer d’insatisfaction, sans accepter son ensei- ndance, grands officiers royaux, commandos, héros mili-
gnement, sans l’adopter, je me levai de mon siège et taires, guerriers en armure, guerriers cuirassés, esclaves
partis. domestiques, pâtissiers, barbiers, serviteurs des bains,
cuisiniers, tisserands, vanniers, potiers, calculateurs,
comptables, et tous autres artisans du même genre. Ils
gagnent leur vie grâce aux fruits de leurs métiers, vi-
sibles dans l’ici et maintenant. Ils apportent bonheur et
plaisir à eux-mêmes, à leurs parents, épouses, et en-
fants, à leurs amis et collègues. Ils mettent en place une
excellente présentation d’offrandes aux prêtres et
contemplatifs, qui mène au ciel, qui résulte en bonheur,
qui entraîne une renaissance céleste. Est-il possible, sei-
gneur, de faire voir un pareil fruit de la vie contemplative,
visible dans l’ici et maintenant ?"
Répondez si vous le désirez. Supposons qu’il y avait un "Donc après quelque temps il rase ses cheveux et sa
homme à vous : votre esclave, votre ouvrier, se levant le barbe, endosse les robes ocre, et quitte la vie domes-
matin avant vous, allant au lit le soir seulement après tique pour le sans domicile. Après être ainsi parti il vit
vous, faisant tout ce que vous lui ordonnez, toujours fai- modéré en corps, en paroles, et en esprit, se contentant
sant en sorte de vous plaire, vous parlant poliment, ob- de la nourriture et de labri les plus simples, se plaisant
servant toujours l’aspect de votre face. L’idée lui vien- dans la solitude. Alors supposons que l’un de vos
drait : N’est-ce pas étonnant ? N’est-ce pas stupéfiant ? - hommes devait vous informer que : Il faut que vous sa-
la destination, les résultats, d’actes méritoires. Car ce roi chiez, votre majesté, que cet homme à vous - votre es-
Ajatasattu est un être humain, et moi aussi, je suis un clave, votre ouvrier... qui observait toujours l’aspect de
être humain, et pourtant le roi Ajatasattu s’amuse fourni son visage... a quitté la vie domestique pour le sans do-
et rassasié des cinq cordes de la sensualité - comme un micile... se contentant des plus simples nourritures et
deva, si ça se trouve - alors que je suis son esclave, son abris, se plaisant en solitude. Diriez-vous, l’ayant appris :
ouvrier... observant toujours l’aspect de son visage. moi Ramenez-moi cet homme. Faites le redevenir mon es-
aussi, je devrais faire des actes méritoires. Et si je rasais clave, mon ouvrier... toujours à l’affût de l’aspect de mon
mes cheveux et ma barbe, endossais les robes ocre, et visage ! ?"
quittais la vie domestique pour le sans domicile ?
"Pas du tout, seigneur. Au contraire, je suis de ceux qui
s’inclineraient devant lui, se lèveraient par respect pour
lui, l’inviteraient à prendre un siège, l’inviteraient à ac-
cepter des cadeaux de robes, de nourriture d’aumônes,
de logements, et de fournitures médicales pour les ma-
lades. Et je le pourvoirais de juste sécurité, de défense, et
de protection."
"Donc qu’en pensez-vous, grand roi. Cela étant le cas, y
a-t-il un fruit visible de la vie contemplative, ou n’y en a-
t-il pas ?"
"Oui, seigneur. Cela étant le cas, il y a certainement un
fruit visible de la vie contemplative."
Page 167 - GRATUIT NE PEUT ETRE VENDU
Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 168 / 276
"Oui, c’est possible, grand roi. Mais tout d’abord, par Alors supposons que l’un de votre hommes devait vous
rapport à ça, je vais vous poser une contre-question. informer que : Il faut que vous sachiez, votre majesté,
que cet homme à vous - le fermier, le chef de maison, le
Répondez si vous le désirez. Supposons qu’il y avait un contribuable qui remplissait le trésor royal... a quitté la
homme à vous : un fermier, un chef de maison, un vie domestique pour le sans domicile... se contentant de
contribuable qui remplisse le trésor royal. la nourriture et de labri les plus simples, se plaisant dans
la solitude. Diriez-vous, l’ayant appris : Ramenez-moi
L’idée lui viendrait : N’est-ce pas étonnant ? N’est-ce pas cet homme. Faites le redevenir un fermier, un chef de
stupéfiant ? - la destination, les résultats, d’actes méri- maison, un contribuable qui remplisse le trésor royal! ?"
toires! Car ce roi Ajatasattu est un être humain, et moi
aussi, je suis un être humain, et pourtant le roi Ajatasattu "Pas du tout, seigneur. Au contraire, je suis de ceux qui
s’amuse fourni et rassasié des cinq cordes de la sensua- s’inclineraient devant lui, se lèveraient par respect pour
lité - comme un deva, si ça se trouve - alors que je suis lui, l’inviteraient à prendre un siège, l’inviteraient à ac-
un fermier, un chef de maison, un contribuable qui rem- cepter des dons de robes, d’aumônes, de logement, et de
plit le trésor royal. moi aussi, je devrais faire des actes fournitures médicales pour les malades. Et je le pourvoi-
méritoires. Et si je rasais mes cheveux et ma barbe, en- rais de juste sécurité, de défense, et de protection."
dossais les robes ocre, et quittais la vie domestique pour
le sans domicile ?
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 169 / 276
"Donc qu’en pensez-vous, grand roi. Cela étant le cas, y "Un chef de maison ou le fils d’un chef de maison, en En-
a-t-il un fruit visible de la vie contemplative, ou n’y en a- tendant le Dhamma, y gagne la conviction dans le Tatha-
t-il pas ?" gata et se dit : La vie domestique est étriquée, c’est une
piste poussiéreuse. La vie de renoncement est comme
"Oui, seigneur. Cela étant le cas, il y a certainement un l’air libre. Ce n’est pas facile quant on vit chez soi de
fruit visible de la vie contemplative." pratiquer la vie sainte totalement parfaite, totalement
pure, comme un coquillage poli. Et si je rasais mes che-
"Ceci, grand roi, est le second fruit de la vie contempla- veux et ma barbe, endossais les robes ocre, et quittais la
tive, visible dans l’ici et maintenant, que je vous vie domestique pour le sans domicile ?
désigne."
"Donc après quelque temps il abandonne la masse de ses
Fruits supérieurs de la vie contemplative richesses, grandes ou petites ; quitte le cercle de ses pa-
rents, proches ou lointains ; rase ses cheveux et sa
"Mais est-il possible, seigneur, de faire voir encore un barbe, endosse les robes ocre, et quitte la vie domes-
autre fruit de la vie contemplative, visible dans l’ici et tique pour le sans domicile.
maintenant ?"
"Lorsque il a ainsi renoncé, il vit modéré par les règles du
"Oui, c’est possible, grand roi. Ecoutez et soyez bien at- code monastique, voyant du danger aux moindres fautes.
tentif. Je vais parler. Accompli dans sa vertu, il garde les portes de ses sens,
est rempli d’attention et de vigilance, et est content.
"Il y a le cas, grand roi, où un Tathagata apparaît dans le
monde, digne et à juste titre auto-éveillé. Il enseigne le
Dhamma admirable en son commencement, admirable en
son milieu, admirable en sa fin. Il proclame la vie sainte
autant en ses détails qu’en son essence, entièrement
parfaite, inégalablement pure.
La moindre section sur la vertu "Abandonnant les paroles qui sèment la discorde il
s’abstient des paroles qui sèment la discorde. Ce qu’il a
"Et comment un moine est-il accompli en vertu ? Aban- entendu ici il ne le raconte pas là pour séparer ces gens-
donnant le fait de prendre la vie, il s’abstient du fait de là de ces gens-ci. Ce qu’il a entendu là il ne le raconte
prendre la vie. Il demeure avec son bâton posé, son cou- pas ici pour séparer ces personnes-ci de ces personnes-
teau posé, scrupuleux, plein de pitié, compatissant au là. Ainsi réconciliant ceux qui se sont séparés ou cimen-
bien-être de tous les êtres vivants. Cela fait partie de sa tant ceux qui sont unis, il aime la concorde, se plaît à en
vertu. la concorde, profite de la concorde, dit des choses qui
créent la concorde. Ceci aussi, fait partie de sa vertu.
"Abandonnant le fait de prendre ce qui n’est pas donné, il
s’abstient de prendre ce qui n’est pas donné. Il prend "Abandonnant les paroles injurieuses, il s’abstient des
seulement ce qui est donné, accepte seulement ce qui est paroles injurieuses. Il dit des paroles qui sont douces à
donné, vit non par ruse mais au moyen d’un soi qui est l’oreille, qui sont affectueuses, qui vont au coeur, qui
devenu pur. Ceci aussi, fait partie de sa vertu. sont polies, attirantes et plaisantes pour les gens dans
"Abandonnant le non-célibat, il vit la vie de célibat, dis- leur ensemble. Ceci aussi, fait partie de sa vertu.
tant, s’abstenant de l’acte sexuel qui est la manière du
villageois. Ceci aussi, fait partie de sa vertu. "Abandonnant le bavardage inutile, il s’abstient du ba-
"Abandonnant les paroles fausses, il s’abstient des pa- vardage inutile. Il parle en temps voulu, dit ce qui est
roles fausses. Il dit la vérité, sen tient à la vérité, est factuel, ce qui est en accord avec le but, le Dhamma, et le
ferme, fiable, n’est pas un trompeur du monde. Ceci aus- Vinaya. Il dit des paroles dignes d’être préservées, à pro-
si, fait partie de sa vertu. pos, raisonnables, circonscrites, en rapport avec le but.
Ceci aussi, fait partie de sa vertu.
"Il s’abstient de danser, de chanter, de faire de la mu- La section intermédiaire sur la vertu
sique instrumentale, et d’assister à des spectacles.
"Il s’abstient de porter des guirlandes et de s’embellir "Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de
avec des parfums et des cosmétiques. nourriture donnée en bonne foi, s’adonnent à endomma-
"Il s’abstient de lits et de sièges hauts et luxueux. ger des semences et de la vie végétale comme celles-ci -
"Il s’abstient d’accepter de l’or et de l’argent. des plantes propagées par des racines, des tiges, des
"Il s’abstient d’accepter des céréales non-cuites... de la joints, des bourgeons, et des graines - il s’abstient
viande crue... des femmes et des filles... des esclaves d’endommager la semence et la vie végétale comme
mâles et femelles... des chèvres et des brebis... de la vo- celles-ci. Ceci aussi, fait partie de sa vertu.
laille et des cochons... des éléphants, du bétail, des
montures, et des juments... des champs et des proprié- "Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de
tés. nourriture donnée en bonne foi, s’adonnent à consom-
"Il s’abstient de porter des messages... D’acheter et de mer des biens en réserve comme ceux-ci - de la nourri-
vendre... De faire affaire avec des fausses balances, de ture en réserve, des boissons en réserve, des vêtements
faux métaux, et de fausses mesures... De de la corrup- en réserve, des véhicules en réserve, de la literie de ré-
tion, de la tromperie, et de la fraude. serve, des parfums en réserve, et de la viande en réserve
"Il s’abstient de mutiler, d’exécuter, d’emprisonner, du - il s’abstient de consommer des biens en réserve
brigandage de grand chemin, du pillage, et de la vio- comme ceux-ci. Ceci aussi, fait partie de sa vertu.
lence.
"Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de "Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de
nourriture donnée en bonne foi, s’adonnent aux parfums, nourriture donnée en bonne foi, s’adonnent à parler de
aux cosmétiques, et aux moyens d’embellissement sujets triviaux comme ceux-ci - parler de rois, de vo-
comme ceux-ci - poudres à frotter sur le corps, mas- leurs, de ministres d’état ; d’armées, , et de batailles ; de
sages aux huiles, bains aux eaux parfumées, pétrissage nourriture et de boisson ; de vêtements, d’ameublement,
des membres, usage des miroirs, onguents, guirlandes, de guirlandes et de parfums ; de parents ; de véhicules ;
parfums, crèmes, poudres pour le visage, mascara, bra- de villages, de bourgades, de villes, de la campagne ; de
celets, serre-têtes, cannes de marche décorées, bou- femmes et de héros ; du commérage de la rue et du
teilles à eau ornementées, épées, ombrelles de fantaisie, bien ; de récits sur les morts ; de récits de diversité dis-
sandales décorées, turbans, joyaux, chasse-mouches en cussions philosophiques sur le passé et l’avenir, de la
poil de yak, robes blanches à longues franges - il s’absti- création du monde et de la mer, et de discuter à savoir si
ent d’utiliser des parfums, des cosmétiques, et moyens des choses existent ou pas - il s’abstient de parler de
d’embellissement comme ceux-ci. Ceci aussi, fait partie sujets triviaux comme ceux-ci. Ceci aussi, fait partie de
de sa vertu. sa vertu.
"Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de "Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de
nourriture donnée en bonne foi, s’adonnent à des débats nourriture donnée en bonne foi, s’engagent dans des in-
comme ceux-ci - Tu comprends cette doctrine et disci- trigues, de la persuasion, de la suggestion, de la dépré-
pline ? Je suis celui qui comprend cette doctrine et disci- ciation, et de la poursuite du gain avec le gain, il s’absti-
pline. Comment pourrais-tu comprendre cette doctrine ent de les formes d’intrigues et de persuasion manières
et discipline ? Tu pratiques de façon erronée. je pratique inappropriées de t’enter de se gagner un soutien matériel
à juste titre. Je suis consistant. Tu ne les pas. Ce qui de- auprès de donateurs comme ceux-ci. Ceci aussi, fait par-
vrait être dit d’abord, tu las dit en dernier. Ce qui devrait tie de sa vertu.
être dit en dernier, tu las dit en premier. Ce que tu
comme mis si longtemps à exposer a été réfuté. Ta doc-
trine a été renversée. Tu es battu. Va donc, essaie de
sauver ta doctrine ; sors-toi de là si tu peux! - il s’absti-
ent de débats comme ceux-ci. Ceci aussi, fait partie de
sa vertu.
La grande section sur la vertu "Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de
nourriture donnée en bonne foi, vivent au moyen d’un
"Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de mauvais gagne-pain, par des arts aussi vils que : déter-
nourriture donnée en bonne foi, vivent au moyen d’un miner les pierres, vêtements, bâtons, épées, lances,
mauvais gagne-pain, par des arts aussi vils que : flèches, arcs, et autres armes ; femmes, garçons, filles,
lire des marques sur les membres (la chiromancie) ;
esclaves mâles, esclaves femelles ; éléphants, chevaux,
lire les présages et les signes ; interpréter les événe- buffles, taureaux, vaches, chèvres, béliers, volaille,
ments célestes étoiles filantes, comètes ; interpréter les cailles, lézards, rongeurs aux longues oreilles, tortues, et
rêves ; lire des marques sur le corps (la phrénologie) ;
autres animaux chanceux et malchanceux - il s’abstient
lire des marques sur du tissu rongé par les souris ;
d’avoir un mauvais gagne-pain, par des arts aussi vils
offrir des oblations de feu, des oblations à la cuiller, des que ceux-ci.
oblations de cosses, de poudre de riz, de grains de riz,
de beurre clarifié, et d’huile ;
"Cependant que des prêtres et contemplatifs, vivant de
offrir des oblations de la bouche ;
nourriture donnée en bonne foi, vivent au moyen d’un
offrir des sacrifices de sang ;
mauvais gagne-pain, par des arts aussi vils que prédire
faire des prédictions à partir du bout des doigts ;
que :
la géomancie ;
les dirigeants vont s’avancer ;
installer des démons dans un cimetière ;
les dirigeants vont s’avancer et revenir ;
jeter des sorts sur des esprits ;
nos dirigeants vont attaquer, et leurs dirigeants vont
réciter des charmes pour la protection des maison ;
battre en retraite ;
charmer les serpents, étudier la connaissance des poi- leurs dirigeants vont attaquer, et nos dirigeants vont
sons, des scorpions, des rats, des oiseaux, des battre en retraite ;
corbeaux ; prédire l’avenir à partir de visions ;
là il y aura un triomphe pour nos dirigeants et la défaite
donner des charmes de protection ;
pour leurs dirigeants ; là il y aura un triomphe pour leurs
interpréter les cris des oiseaux et des animaux - dirigeants et la défaite pour nos dirigeants ; ainsi là il y
il s’abstient d’avoir un mauvais gagne-pain, par des arts aura un triomphe, ainsi là il y aura la défaite - il s’absti-
aussi vils que ceux-ci. ent d’avoir un mauvais gagne-pain, par des arts aussi
vils que ceux-ci.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 176 / 276
"Et comment un moine est-il en possession de l’attention "Doté de ce noble agrégat de vertu, cette noble modéra-
et de la vigilance ? Lorsqu’il s’avance et revient, il agit tion des facultés des sens, cette noble attention et vigi-
avec vigilance. Lorsqu’il regarde de près et qu’il regarde lance, et ce noble contentement, il se cherche un lieu
de loin... quand il plie et qu’il étend ses membres... d’habitation isolé : une forêt, l’ombre d’un arbre, une
quand portant son manteau, sa robe de dessus, et son montagne, un vallon, une caverne a flanc de colline, un
bol... quand il mange, qu’il boit, qu’il mâche, et qu’il charnier, une futaie dans la jungle, l’air libre, une meule
goûte... quand il urine et qu’il défèque... quand il de paille. Après son repas, de retour de sa tournée
marche, qu’il se tient debout, qu’il est assis, qu’il d’aumônes, il s’assied, croise ses jambes, maintient son
s’endort, qu’il s’éveille, qu’il parle, et qu’il demeure si- corps droit, et porte son attention devant lui.
lencieux, il agit avec vigilance.
Contentement
"Abandonnant la convoitise par rapport au monde, il de- "Ou supposons qu’un homme tombe malade - en souf-
meure avec une conscience exempte de convoitise. Il france et sérieusement malade. Il ne profite pas de ses
nettoie son esprit de la convoitise. Abandonnant la mau- repas, et il n’y a aucune force en son corps. Comme le
vaise volonté et la colère, il demeure avec une conscience temps passe, il finit par se remettre de cette maladie. Il
exempte de mauvaise volonté, sympathique au bien-être profite de ses repas et il y a de la force dans son corps.
de tous les êtres vivants. Il nettoie son esprit de la mau- L’idée lui viendrait, Auparavant, J’étais malade... Mainte-
vaise volonté et de la colère. Abandonnant la paresse et nant je me suis remis de cette maladie. Je profite de mes
l’engourdissement, il demeure avec une conscience repas et il y a de la force en mon corps. A cause de cela il
exempte de paresse et d’engourdissement, attentif, vigi- en tirerait joie et bonheur.
lant, perceptif à la lumière. Il nettoie son esprit de la pa-
resse et de l’engourdissement. Abandonnant l’agitation "Ou supposons qu’un homme soit jeté en prison. Comme
et l’anxiété, il demeure imperturbable, son esprit inté- le temps passe, il finit par être libéré de cet enferme-
rieurement calmé. Il nettoie son esprit de l’agitation et de ment, sain et sauf, sans perte de ses propriétés. L’idée lui
l’anxiété. Abandonnant l’incertitude, il demeure ayant viendrait, Auparavant, J’étais en prison. Maintenant je
passé par-dessus l’incertitude, sans perplexité par rap- suis libéré de cet enfermement, sain et sauf, sans perte
port aux qualités mentales adroites. Il nettoie son esprit de mes propriétés. A cause de ça il en tirerait joie et
de l’incertitude. bonheur.
"Supposons qu’un homme, faisant un prêt, l’investit dans "Ou supposons qu’un homme soit un esclave, le sujet
ses affaires. Ses affaires réussissent. Il rembourse ses d’autres que lui, pas son propre sujet, dans l’incapacité
vieilles dettes et il en reste pour entretenir son épouse. d’aller où il voudrait. Comme le temps passe, il finit par
L’idée lui viendrait, Auparavant, faisant un prêt, je l’ai in- être libéré de cet esclavage, son propre sujet, pas le sujet
vesti dans mes affaires. Maintenant mes affaires ont d’autres que lui, libéré, pouvant aller où il veut. L’idée lui
réussi. J’ai remboursé mes vieilles dettes et il en reste viendrait, Auparavant, J’étais un esclave... Maintenant je
pour entretenir mon épouse. A cause de cela il en tirerait suis libéré de cet esclavage, sujet à moi-même, pas le
joie et bonheur. sujet d’autres que moi, libéré, pouvant aller où je veux. A
cause de cela il en tirerait joie et bonheur.
"Ou supposons qu’un homme, portant de l’argent et des Les quatre jhânas
biens, passe par une route dans un pays dépeuplé.
Comme le temps passe, il finit par sortir de ce pays dé- "Tout à fait retiré de la sensualité, retiré des aspects
peuplé, sain et sauf, sans perte de ses propriétés. L’idée mentaux maladroits, il entre et demeure dans le premier
lui viendrait, Auparavant, portant de l’argent et des jhâna : ravissement et plaisir nés de la retraite, accompa-
biens, je passais par une route dans un pays dépeuplé. gnés par la pensée dirigée et l’évaluation. Il imprègne et
Maintenant je suis sorti de ce pays dépeuplé, sain et sauf, imbibe, inonde et remplit ce corps même avec le ravis-
sans perte de mes propriétés. A cause de cela il en tire- sement et le plaisir nés de la retraite.
rait joie et bonheur.
C’est comme si un habile baigneur ou apprenti-baigneur
"De la même façon, quand ces cinq obstacles ne sont pas versait de la poudre de bain dans un bassin de cuivre et
abandonnés en lui, le moine le considère comme une la pétrissait, l’arrosant encore et encore avec de l’eau, de
dette, une maladie, une prison, un esclavage, une route sorte que sa boule de poudre de bain - saturée, humidi-
dans un pays dépeuplé. Mais quand ces cinq obstacles fiée, imprégnée au dedans et au dehors - sans pour au-
sont abandonnés en lui, il le considère comme un non- tant goutter ; de même, le moine imprègne... ce corps
endettement, une bonne santé, une libération de prison, même avec le ravissement et le plaisir nés de la retraite.
la liberté, un place de sécurité. Voyant qu’ils ont été Rien n’est de son corps entier ne reste sans être impré-
abandonnés en lui, il en est content. Content, il en est gné par le ravissement et le plaisir nés de la retraite.
ravi. Ravi, son corps se tranquillise. Son corps tranquilli-
sé, il est sensible au plaisir. Ressentant du plaisir, son "Ceci est un fruit de la vie contemplative, visible ici et
esprit se concentre. maintenant, plus excellent que les précédents et plus su-
blime.
"Qui plus est, avec la tranquillisation de la pensée dirigée "Et qui plus est, avec l’effacement du ravissement, il reste
et de l’évaluation, il entre et demeure dans le second dans l’équanimité, attentif et pleinement conscient, et
jhâna : ravissement et plaisir nés du calme, unification de physiquement sensible au plaisir. Il entre et demeure
la conscience libre de la pensée dirigée et de l’évaluation dans le troisième jhâna, duquel les Personnes nobles dé-
- assurance intérieure. Il imprègne et imbibe, inonde et clarent, équanime et attentif, il a un état agréable. Il im-
remplit ce corps même avec le ravissement et le plaisir prègne et imbibe, inonde et remplit ce corps même avec
nés du calme. Tout comme un lac avec de l’eau de source le plaisir qu’il tire du ravissement. C’est comme en un
qui sourd de l’intérieur, n’ayant pas d’afflux de l’Est, de étang de lotus, certains des lotus, nés et croissant dans
l’Ouest, du nord, ou du sud, et avec les cieux fournissant l’eau, restent immergés dans l’eau et fleurissent sans
des pluies abondantes très souvent, de sorte que la sortir de l’eau, de sorte qu’ils sont imprégnés et imbibés,
fraîche fontaine d’eau qui sourd de l’intérieur du lac inondés et remplis par l’eau fraîche de leur racines à
l’imprégnerait et se répandrait dedans, l’inonderait et le leurs extrémités, et il n’y aurait rien de ces lotus qui ne
remplirait avec des eaux fraîches, aucune partie du lac serait pénétré d’eau fraîche ; de même, le moine im-
n’étant pas imprégnée par les eaux fraîches ; de même, prègne... ce corps même avec le plaisir qu’il tire du ravis-
le moine imprègne... ce corps même avec le ravissement sement. Rien de son corps tout entier qui ne soit pénétré
et plaisir nés du calme. Rien de son corps tout entier qui du plaisir qu’il tire du ravissement.
ne soit pénétré par le ravissement et le plaisir nés du
calme. "Ceci aussi, est un fruit de la vie contemplative, visible ici
et maintenant, plus excellent que les précédents et plus
"Ceci aussi, est un fruit de la vie contemplative, visible ici sublime.
et maintenant, plus excellent que les précédents et plus
sublime.
"Et qui plus est, avec l’abandon du plaisir et du stress - Connaissance pénétrante
comme avec la précédente disparition de l’euphorie et de
l’angoisse - il entre et demeure dans le quatrième jhâna : "Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache,
pureté de l’équanimité et de l’attention, ni-plaisir ni libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à
stress. Il s’assied, imprégnant le corps d’une pure et l’imperturbabilité, il le dirige et l’oriente vers la connais-
claire conscience. C’est comme si un homme était assis sance et la vision. Il discerne : Ce corps qui est mien est
couvert de la tête aux pieds par un tissu blanc, de sorte doté de forme, composé des quatre éléments primaires,
qu’il n’y aurait aucune partie de son corps à laquelle le nés de mère et de père, nourri de riz et de gruau, sujet à
tissu blanc ne s’étendrait pas ; de même, le moine s’assi- l’inconstance, à la friction, à la pression, à la dissolution,
ed, imprégnant le corps d’une pure et claire conscience. et à la dispersion. Et cette mienne conscience est soute-
Rien de son corps tout entier qui ne soit pénétré d’une nue ici et attachée ici.
pure et claire conscience.
C’est comme s’il y avait une belle gemme de béryl de
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla- l’eau la plus pure - à huit facettes, bien polie, claire, lim-
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- pide, parfaite en tout ses aspects, et que passant en son
cédents et plus sublime. milieu il y avait un fil bleu, jaune, rouge, blanc ou brun -
et qu’un homme à la bonne vue, la prenant dans sa main,
devait y réfléchir ainsi : Ceci est une belle gemme de bé-
ryl de l’eau la plus pure, à huit facettes, bien polie, clair,
limpide, accompli en tout ses aspects.
Et, passant en son milieu, il y a un fil bleu, jaune, rouge, C’est comme si un homme devait tirer un roseau de sa
blanc ou brun. de la même façon - son esprit ainsi gaine. L’idée lui viendrait : Ceci est la gaine, ça C’est le
concentré, purifié, et clair, sans tache, libre de défauts, roseau. La gaine est une chose, le roseau une autre, mais
souple, malléable, solide, et entraîné à l’imperturbabilité le roseau a été tiré de la gaine. Ou comme si un homme
- le moine le dirige et l’oriente vers la connaissance et la devait tirer une épée de son fourreau. L’idée lui
vision. Il discerne : Ce corps qui est mien est doté de viendrait : Ceci est l’épée, ça C’est le fourreau. L’épée est
forme, composé des quatre éléments primaires, nés de une chose, le fourreau une autre, mais l’épée a été tirée
mère et de père, nourri de riz et de gruau, sujet à l’inco- du fourreau. Ou comme si un homme devait retirer un
nstance, à la friction, à la pression, à la dissolution, et à serpent de sa mue. L’idée lui viendrait : Ceci est le ser-
la dispersion. Et cette mienne conscience est soutenue ici pent, ça c’est la mue. Le serpent est une chose, la mue
et attachée ici. une autre, mais le serpent a été retiré de la mue. de la
même façon - son esprit ainsi concentré, purifié, et clair,
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla- sans tache, libre de défauts, souple, malléable, solide, et
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- entraîné à l’imperturbabilité, le moine le dirige et l’ori-
cédents et plus sublime. ente vers la création d’un corps fait par l’esprit. A partir
de ce corps il crée un autre corps, doté de forme, fait
Le corps créé par l’esprit d’esprit, complet en toutes ses parties, pas inférieur en
ses facultés.
"Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache,
libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à "Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla-
l’imperturbabilité, il le dirige et l’oriente vers la création tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré-
d’un corps fait par l’esprit. A partir de ce corps il crée un cédents et plus sublime.
autre corps, doté de forme, fait d’esprit, complet en
toutes ses parties, pas inférieur en ses facultés.
"Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache, "Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache,
libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à
l’imperturbabilité, il le dirige et l’oriente vers le divin l’imperturbabilité, il le dirige et l’oriente vers la connais-
élément auditif. Il entend - au moyen du divin élément sance de la conscience d’autres êtres. Il connaît la
auditif, purifié et dépassant l’humain - les deux sortes de conscience d’autres êtres, d’autres individus, l’ayant en-
sons : divins et humains, que ce soit de près ou de loin. globée avec la sienne propre. Il discerne un esprit avec
passion comme étant un esprit avec passion, et un esprit
C’est comme si un homme en voyage sur une grand sans passion comme étant un esprit sans passion.
route entendait les sons de timbales, de petits tambours,
de conques, de cymbales, et des tam-tams. Il saurait Il discerne un esprit avec aversion comme étant un esprit
que, Cela est le son de timbales, ceci est le son de petits avec aversion, et un esprit sans aversion comme étant un
tambours, ceci est le son de conques, ceci est le son de esprit sans aversion. Il discerne un esprit avec illusion
cymbales, et ceci est le son des tam-tams. de la même comme étant un esprit avec illusion, et un esprit sans
façon - son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans illusion comme étant un esprit sans illusion. Il discerne
tache, libre de défauts, souple, malléable, solide, et en- un esprit étroit comme étant un esprit étroit, et un esprit
traîné à l’imperturbabilité - le moine le dirige et l’oriente dispersé comme étant un esprit dispersé.
vers le divin élément auditif. Il entend - au moyen du di-
vin élément auditif, purifiés et dépassant l’humain - les Il discerne un esprit large comme étant un esprit large, et
deux sortes de sons : divins et humains, que ce soit de un esprit non-élargi comme étant un esprit non-élargi. Il
près ou de loin. discerne un esprit excellé qui n’est pas au niveau le plus
excellent comme étant un esprit excellé, et un esprit in-
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla- surpassable comme étant un esprit insurpassable. Il dis-
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- cerne un esprit concentré comme étant un esprit concen-
cédents et plus sublime. tré, et un esprit non-concentré comme étant un esprit
non-concentré.
Il discerne un esprit libéré comme étant un esprit libéré, Souvenir des vies passées
et un esprit non-libéré comme un esprit non-libéré.
C’est comme si une jeune femme - ou homme - amateur "Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache,
d’ornements, en examinant le reflet de son propre visage libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à
dans un clair miroir ou un bol d’eau claire connaissait ta- l’imperturbabilité, il le dirige et l’oriente vers la connais-
ché si c’était taché, ou sans tache si ça ne l’était pas. De sance du souvenir des vies passées (Litt. : demeures pré-
la même façon - avec son esprit ainsi concentré, purifié, cédentes).
et clair, sans tache, libre de défauts, souple, malléable,
solide, et entraîné à l’imperturbabilité - le moine le dirige Il se rappelle de ses multiples vies passées, c-à-d., une
et l’oriente vers la connaissance de la conscience d’autres naissance, deux naissances, trois naissances, quatre,
êtres. Il connaît la conscience d’autres êtres, d’autres in- cinq, dix, vingt, trente, quarante, cinquante, cent, mille,
dividus, l’ayant englobée avec la sienne propre. Il dis- cent mille, d’innombrables éons de contraction cos-
cerne un esprit avec passion comme étant un esprit avec mique, d’innombrables éons d’expansion cosmique,
passion, et un esprit sans passion comme étant un esprit d’innombrables éons de contraction et d’expansion cos-
sans passion... un esprit libéré comme étant un esprit li- mique, se souvenant, Là j’avais tel nom, j’appartenais à
béré, et un esprit non-libéré comme un esprit non-libé- tel clan, j’avais telle apparence.
ré.
Telle était ma nourriture, telle fut mon expérience du
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla- plaisir et de la douleur, telle fut la fin de ma vie. Décé-
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- dant de cet état, je renaquis là. Là aussi j’avais tel nom,
cédents et plus sublime. j’appartenais à tel clan, j’avais telle apparence.
Telle était ma nourriture, telle fut mon expérience du Le décès et la réapparition des êtres
plaisir et de la douleur, telle fut la fin de ma vie. Décé-
dant de cet état, je renaquis ici. Ainsi il se rappelle de ses "Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache,
multiples vies passées en leur modes et détails. C’est libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à
comme si un homme devait aller de son village de rési- l’imperturbabilité, il le dirige et l’oriente vers la connais-
dence à un autre village, et puis de ce village à encore un sance du décès et de la réapparition des êtres.
autre village, et puis de ce village de retour à son village
de résidence. Il voit - au moyen de l’œil divin, purifié et dépassant
l’humain - des êtres décéder et réapparaître, et il dis-
L’idée lui viendrait, J’ai été de mon village de résidence à cerne comment ils sont inférieurs et supérieurs, beaux et
ce village là-bas. Là je me tenais de telle manière, m’as- laids, fortunés et infortunés en accord avec leur kamma :
seyais de telle manière, parlais de telle manière, et res-
tais silencieux de telle manière. A partir de ce village j’ai Ces êtres - qui étaient dotés de mauvaise conduite en
été à ce village là-bas, et là je me tenais de telle manière, corps, en paroles, et en esprit, qui injuriaient les nobles
m’asseyais de telle manière, parlais de telle manière, et personnes, tenaient des vues erronées et entreprenaient
restais silencieux de telle manière. des actions sous l’influence de vues erronées - à la dis-
solution du corps, après la mort, ont réapparu dans le
A partir de ce village je suis revenu chez moi. de la même plan des privations, la mauvaise destination, les do-
façon - son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans maines inférieurs, en enfer.
tache, libre de défauts, souple, malléable, solide, et en-
traîné à l’imperturbabilité - le moine le dirige et l’oriente Mais ces êtres - qui étaient dotés de bonne conduite en
vers la connaissance du souvenir des vies passées. Il se corps, en paroles, et en esprit, qui n’injuriaient pas les
rappelle de ses multiples vies passées... en leur modes et nobles personnes, qui tenaient des vues correctes et en-
détail. treprenaient des actions sous l’influence de vues cor-
rectes - à la dissolution du corps, après la mort, ont ré-
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla- apparu dans les bonnes destinations, dans le monde cé-
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- leste.
cédents et plus sublime.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 188 / 276
Ainsi - au moyen de l’œil divin, purifié et dépassant La fin des fermentations mentales
l’humain - il voit des êtres décéder et réapparaître, et il
discerne comment ils sont inférieurs et supérieurs, beaux "Son esprit ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache,
et laids, fortunés et infortunés en accord avec leur kam- libre de défauts, souple, malléable, solide, et entraîné à
ma. C’est comme s’il y avait un grand édifice sur la place l’imperturbabilité, le moine le dirige et l’oriente vers la
centrale d’un bourg, et qu’un homme à la bonne vue se connaissance de la fin des fermentations (projections,
tenant sur son sommet voyait des gens entrer dans une opinions, suppositions) mentales. Il discerne, au moment
maison, la quitter, marcher au long de la rue, et s’asseoir où C’est réellement le cas, que Ceci est le stress... Ceci
sur la place centrale. est l’origine du stress... Ceci est la cessation du stress...
L’idée lui viendrait, ces gens sont entrés dans une mai- Ceci est le chemin qui mène à la cessation du stress... Ce
son, l’ont quitté, ont marché au long des rues, et se sont sont là des fermentations mentales... Cela est l’origine
assis sur la place centrale. de la même façon - son esprit des fermentations... Cela est la cessation des fermenta-
ainsi concentré, purifié, et clair, sans tache, libre de dé- tions... Cela est le chemin qui mène à la cessation des
fauts, souple, malléable, solide, et entraîné à l’impertu- fermentations. Son coeur, connaissant ainsi, voyant ainsi,
rbabilité - le moine le dirige et l’oriente vers la connais- est dégagé de la fermentation de sensualité, de la fer-
sance du décès et la réapparition des êtres. Il voit - au mentation du devenir, de la fermentation de l’ignorance.
moyen de l’œil divin, purifiés et dépassant l’humain - des Avec la libération, il y a la connaissance, Libéré. Il dis-
êtres décéder et réapparaître, et il discerne comment ils cerne que La naissance est terminée, la vie sainte est
sont inférieurs et supérieurs, beaux et laids, fortunés et remplie, la tâche est accomplie. Il ne reste rien de plus
infortunés en accord avec leur kamma... pour ce monde. C’est comme s’il y avait un plan d’eau en
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla- un vallon de montagne - clair, limpide, et non pollué -
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- où un homme à la bonne vue se tenant sur la rive pour-
cédents et plus sublime. rait voir des coquillages, du gravier, et des galets, et aus-
si bancs de poissons nageant à propos et se reposant, et
il lui viendrait,
Ce plan d’eau est clair, limpide, et non pollué. Ici sont Lorsque ceci fut dit, le roi Ajatasattu dit au Béni du Ciel :
ces des coquillages, du gravier, et des galets, et aussi ces "Magnifique, seigneur! Magnifique! C’est comme si on
bancs de poissons nageant tout autour et se reposant. de avait remis à l’endroit ce qui est était renversé, révéler ce
la même façon - son esprit ainsi concentré, purifié, et qui est était caché, montrer le chemin à quelqu’un qui
clair, sans tache, libre de défauts, souple, malléable, so- était perdu, ou porter une lampe dans l’obscurité de
lide, et entraîné à l’imperturbabilité - le moine le dirige sorte que ceux qui ont des yeux pourraient voir les
et l’oriente vers la connaissance de la fin des fermenta- formes, de la même manière le Béni du Ciel - par de
tions mentales. Il discerne, au moment où C’est réelle- nombreuses lignes de raisonnement - a rendu le Dham-
ment le cas, que Ceci est le stress... Ceci est l’origine du ma clair. Je prends refuge auprès du Béni du Ciel, du
stress... Ceci est la cessation du stress... Ceci est le che- Dhamma, et de la communauté des moines. Puisse le
min qui mène à la cessation du stress... Ce sont là des Béni du Ciel se rappeler de moi comme d’un disciple laïc
fermentations mentales... Ceci est l’origine des fermen- qui qui a pris refuge auprès de lui, à partir de ce jour,
tations... Ceci est la cessation des fermentations... Ceci pour la vie.
est le chemin qui mène à la cessation des fermentations.
Son coeur, connaissant ainsi, voyant ainsi, est dégagé de "Une transgression a eu raison de moi, seigneur, en ce
la fermentation de la sensualité, la fermentation du deve- que j’ai été assez fou, assez mal dirigé, et assez malheu-
nir, la fermentation de l’ignorance. Avec la libération, il y reux pour tuer mon père - un homme droit, un roi droit
a la connaissance, Libéré. Il discerne que La naissance est - afin de m’emparer du pouvoir souverain. Puisse le Béni
terminée, la vie sainte est remplie, la tâche est accomplie. du Ciel accepter cette confession de ma transgression
Il ne reste rien de plus pour ce monde. comme telle, de sorte que je puisse me modérer à l’ave-
nir."
"Ceci aussi, grand roi, est un fruit de la vie contempla-
tive, visible ici et maintenant, plus excellent que les pré- "Oui, grand roi, une transgression a eu raison de vous en
cédents et plus sublime. Et comme pour un autre fruit vi- ce que vous avez été assez fou, assez mal dirigé, et as-
sible de la vie contemplative, plus élevé et plus sublime sez malheureux pour tuer votre père - un homme droit,
que celui-ci, il n’y a pas." un roi droit - afin de m’emparer du pouvoir souverain.
1. Ainsi lai-je entendu. Un jour le Béni du Ciel demeurait Il poursuivit aussi loin que put aller l’attelage, puis, en
à Rajagaha, sur la colline appelée Pic du Vautour. A cette étant descendu de son char, il s’approcha du Béni du Ciel
époque, le roi de Magadha, Ajatasattu, fils de la reine Vi- à pied. Après avoir échangé de courtoises salutations
dehi, voulut faire la guerre aux Vajjis. Il parla de la sorte : avec le Béni du Ciel, de même que bien des paroles
"Ces Vajjis, puissants et glorieux comme ils le sont, je agréables, il s’assit d’un côté et s’adressa comme suit au
vais les annihiler, je vais les faire périr, je vais complète- Béni du Ciel : "Vénérable Gotama, Ajatasattu, le roi de
ment les détruire." Magadha, rend hommage aux pieds du Vénérable Gota-
ma et lui souhaite bonne santé, force, aisance, vigueur,
2. Et Ajatasattu, le roi de Magadha, s’adressa à son pre- et réconfort. Il désire faire la guerre aux Vajjis, et il s’est
mier ministre, le brahmane Vassakara, en disant : "Allons, prononcé de la sorte : Ces Vajjis, puissants et glorieux
brahmane, va trouver le Béni du Ciel, rends-lui hommage comme ils le sont, je vais les annihiler, je vais les faire
en mon nom à ses pieds, souhaite lui bonne santé, force, périr, je vais complètement les détruire.”
aisance, vigueur, et réconfort, et dis-lui ceci : O Seigneur,
Ajatasattu, le roi de Magadha, désire faire la guerre aux
Vajjis. Il a dit de la sorte : "Ces Vajjis, puissants et glo-
rieux comme ils le sont, je vais les annihiler, je vais les
faire périr, je vais complètement les détruire."
Conditions du bien-être d’une nation "Qu’as-tu entendu, Ananda : est-ce que les Vajjis ho-
norent, estiment, montrent du respect, et de la vénéra-
4. A ce moment le Vénérable Ananda se tenait derrière le tion envers leurs anciens et pensent qu’il vaut la peine
Béni du Ciel, en train de l’éventer, et le Béni du Ciel des écouter ?"
s’adressa ainsi au Vénérable Ananda : "Qu’as-tu entendu,
Ananda : est-ce que les Vajjis se rassemblent fréquem- "J’ai entendu dire, Seigneur, que c’est ce qu’ils font."
ment, et est-ce que leurs rassemblement sont bien cou- "Pour le moment, Ananda, comme c’est le cas, on peut
rus ?" s’attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.
"Qu’as-tu entendu, Ananda : est-ce que les Vajjis évitent
"J’ai entendu dire, Seigneur, qu’il en est ainsi." d’enlever les femmes et les jeunes filles de bonne famille
"Pour le moment, Ananda, comme c’est le cas, on peut et des détenir ?"
s’attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.
"Qu’as-tu entendu, Ananda : est-ce que les Vajjis "J’ai entendu dire, Seigneur, qu’ils évitent du faire."
s’assemblent et se dispersent en paix et s’occupent de "Pour le moment, Ananda, comme c’est le cas, on peut
leurs affaires en concorde ?" s’attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.
"J’ai entendu dire, Seigneur, que c’est ce qu’ils font." "Qu’as-tu entendu, Ananda : est-ce que les Vajjis ho-
"Pour le moment, Ananda, comme c’est le cas, on peut norent, estiment, montrent du respect, et de la vénéra-
s’attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin. tion envers leurs sanctuaires, autant ceux qui sont à
"Qu’as-tu entendu, Ananda : est-ce que les Vajjis n’ont l’intérieur de la cité que ceux qui sont à l’extérieur, et ne
ni promulgué de nouveaux décrets ni aboli ceux qui les privent pas des justes offrandes ainsi données et pré-
existent, mais procèdent en accord avec leurs antiques cédemment à eux faites ?"
constitutions ?" "J’ai entendu dire, Seigneur, qu’ils vénèrent effectivement
leurs sanctuaires, et qu’ils ne les privent pas de leurs of-
"J’ai entendu dire, Seigneur, que c’est ce qu’ils font." frandes."
"Pour le moment, Ananda, comme c’est le cas, on peut
s’attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin. "Pour le moment, Ananda, comme c’est le cas, on peut
s’attendre à la croissance des Vajjis, pas à leur déclin.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 193 / 276
Bien-être des bikkhus "On peut s’attendre à la croissance des bikkhus, pas à
leur déclin, bikkhus, tant qu’ils s’assembleront fréquem-
6. Alors, peu après le départ de Vassakara, le Béni du Ciel ment et en grand nombre ; se rencontreront et se disper-
s’adressa comme suit au Vénérable Ananda : "Va mainte- seront en paix et s’occuperont des affaires du Sangha en
nant, Ananda, et rassemble dans la salle d’audience tous concorde ; tant qu’ils ne promulgueront pas de nouvelles
les bikkhus qui vivent aux alentours de Rajagaha." règles, et n’aboliront pas celles qui existent, mais procé-
"Très bien, Seigneur." Et le Vénérable Ananda fit comme deront en accord avec le code d’entraînement (Vinaya) ;
on lui avait demandé et informa le Béni du Ciel : "La tant qu’ils honoreront, estimeront, montreront du res-
communauté des bikkhus est rassemblée, Seigneur. Que pect, et de la vénération envers les anciens bikkhus, ceux
le Béni du Ciel fasse maintenant comme il le désire." de longue pratique, depuis longtemps passés, les pères
Là-dessus le Béni du Ciel se leva de son siège, monta à la et chefs du Sangha, et penseront qu’il vaut la peine de
salle d’audience, y prit sa place, et s’adressa ainsi aux les écouter ; tant qu’ils ne tomberont pas au pouvoir de
bikkhus : "Je vais exposer sept conditions qui conduisent l’envie insatiable qui conduit à un nouveau devenir ; tant
au bien-être, bikkhus. Ecoutez et soyez attentifs à ce que qu’ils chériront les profondeurs de la forêt pour leur de-
je vais dire." meure ; tant qu’ils s’établiront dans l’attention, de sorte
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." que les frères vertueux de l’ordre qui n’y sont pas encore
venus puissent le faire, et que ceux qui y sont déjà venus
puissent vivre en paix ; tant et si longtemps, bikkhus,
que ces sept conditions qui conduisent au bien-être per-
dureront parmi les bikkhus et que les bikkhus seront
connus pour elles, on pourra s’attendre à leur croissance,
pas à leur déclin.
"On peut s’attendre à la croissance des bikkhus, pas à "On peut s’attendre à la croissance des bikkhus, pas à
leur déclin, bikkhus, tant qu’ils ne se régaleront pas, ne leur déclin, bikkhus, tant qu’ils auront foi, tant qu’ils au-
se complairont pas, et n’apprécieront pas les activités, la ront de la pudeur et la crainte de l’inconduite, qu’ils se-
conversation, le sommeil, et la compagnie ; tant qu’ils ront compétents dans l’étude, résolus, attentifs, et sages.
n’hébergeront pas de mauvais désirs, ne tomberont pas Dans cette mesure, bikkhus, tant que ces sept conditions
sous l’emprise des mauvais désirs ; n’auront pas de qui conduisent au bien-être perdureront parmi les bik-
mauvais amis, associés, ou compagnons ; et tant qu’ils khus, et que les bikkhus seront connus pour cela, on
ne s’arrêteront pas à mi-chemin en raison de quelque pourra s’attendre à leur croissance, pas à leur déclin.
résultat mineur. Dans cette mesure, bikkhus, tant que
ces sept conditions qui conduisent au bien-être perdure- Sept facteurs de l’Eveil
ront parmi les bikkhus et que les bikkhus seront connus
pour cela, on pourra s’attendre à leur croissance, pas à 9. Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui
leur déclin. conduisent au bien-être, bikkhus. Ecoutez et soyez at-
tentifs à ce que je vais dire."
Sept bonnes qualités "Qu’il en soit ainsi, Seigneur."
8. Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui "On peut s’attendre à la croissance des bikkhus, pas à
conduisent au bien-être, bikkhus. Ecoutez et soyez at- leur déclin, bikkhus, tant qu’ils cultiveront les sept fac-
tentifs à ce que je vais dire." teurs de l’Eveil, c’est-à-dire : l’attention, l’investigation
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." des phénomènes, l’énergie, la béatitude, la tranquillité, la
concentration, et l’équanimité. Dans cette mesure, bik-
khus, tant que ces sept conditions qui conduisent au
bien-être perdureront parmi les bikkhus, et que les bik-
khus seront connus pour cela, on pourra s’attendre à leur
croissance, pas à leur déclin.
Sept perceptions
10. Je vais exposer sept conditions supplémentaires qui "On peut s’attendre à la croissance des bikkhus, pas à
conduisent au bien-être, bikkhus. Ecoutez et soyez at- leur déclin, bikkhus, tant qu’ils auront mutuellement soin
tentifs à ce que je vais dire." les uns des autres avec bonté en faits, en paroles et en
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." pensées, autant en public qu’en privé ; tant qu’ils res-
pecteront ce qu’ils reçoivent dûment comme offrandes,
"On peut s’attendre à la croissance des bikkhus, pas à même le contenu de leurs bols à aumônes, qu’ils n’en fe-
leur déclin, bikkhus, tant qu’ils cultiveront la perception ront pas usage sans en partager avec des membres ver-
de l’impermanence, du non-soi, de l’impureté (du corps), tueux de la communauté ; tant que, en compagnie de
de la misère (du corps), de l’abandonner, du détache- leurs frères, ils s’entraîneront, autant en public qu’en
ment d’avec la passion, et de la cessation. Dans cette privé, aux règles de conduite, qui sont complètes et par-
mesure, bikkhus, tant que ces sept conditions qui faites, sans tache et pures, libératoires, louées par les
conduisent au bien-être perdureront parmi les bikkhus, sages, non-influencées (par des préoccupations mon-
et que les bikkhus seront connus pour cela, on pourra daines), et favorables à la concentration de l’esprit ; et en
s’attendre à leur croissance, pas à leur déclin. compagnie de leurs frères, préserveront, autant en public
qu’en privé, la pénétration qui est noble et libératoire, et
Six conditions à se rappeler conduit celui qui agit ainsi à la totale destruction de la
souffrance. Dans cette mesure, bikkhus, tant que ces six
11. "Je vais exposer six conditions supplémentaires qui conditions qui conduisent au bien-être perdureront par-
conduisent au bien-être, bikkhus. Ecoutez et soyez at- mi les bikkhus, et que les bikkhus seront connus pour
tentifs à ce que je vais dire." cela, on pourra s’attendre à leur croissance, pas à leur
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." déclin.
Conseil aux bikkhus "Telle et telle est la vertu ; telle et telle est la concentra-
tion ; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le
12. Et le Béni du Ciel, lorsqu’il vivait à Rajagaha, sur la fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu’elle est
colline appelée Pic du Vautour, souvent donnait ainsi pleinement développée par la conduite vertueuse ; grand
conseil aux bikkhus : devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu’elle
"Telle et telle est la vertu ; telle et telle est la concentra- est pleinement développée par la concentration ; l’esprit
tion ; et telle et telle est la sagesse. Grand devient le qui est pleinement développé dans la sagesse est com-
fruit, grand est le gain de la concentration lorsqu’elle est plètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir,
pleinement développée par la conduite vertueuse ; grand et de l’ignorance."
devient le fruit, grand est le gain de la sagesse lorsqu’elle
est pleinement développée par la concentration ; l’esprit 15. Quand le Béni du Ciel eut resté à Ambalatthika aussi
qui est pleinement développé dans la sagesse est com- longtemps qu’il lui avait plu, il s’adressa au Vénérable
plètement libéré des pollutions de la luxure, du devenir, Ananda ainsi : "Allons, Ananda, allons à Nâlanda."
et de l’ignorance." "Qu’il en soit ainsi, Seigneur."
Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Nâlanda de même
13. Quand le Béni du Ciel eut resté à Rajagaha aussi qu’une grande communauté des bikkhus, et vint demeu-
longtemps qu’il lui avait plu, il s’adressa ainsi au Véné- rer dans le bosquet de manguiers de Pavarika.
rable Ananda : "Allons, Ananda, allons à Ambalatthika."
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur."
Et le Béni du Ciel prit ses quartiers à Ambalatthika, de
même qu’une grande communauté des bikkhus.
Le rugissement de lion de Sariputta "Alors comment sais-tu cela, Sariputta ? De moi, qui suis
à présent l’Arahant, le Pleinement Eveillé, as-tu connais-
16. Alors le Vénérable Sariputta alla trouver le Béni du sance directe et personnelle, ainsi que de ma vertu, de
Ciel, le salua respectueusement, s’assit d’un côté, et lui ma méditation, de ma sagesse, de mes demeures, et de
parla comme suit : mon émancipation ?"
"J’ai, Seigneur, foi dans le Béni du Ciel, je vois qu’il n’y a
pas eu, qu’il n’y aura pas, ni qu’il n’y a pas maintenant, "Ce n’est pas le cas, Seigneur."
d’autre reclus ou brahmane plus exalté dans l’Eveil que le
Béni du Ciel." "Alors il est clair, Sariputta, que tu n’as pas une telle
connaissance directe et personnelle des Arahants, des
"Noble effectivement est ce discours, Sariputta ! Fiers Pleinement Eveillés du passé, du futur, et du présent.
propos, et véritable rugissement d’un lion ! Mais Comment oses-tu donc prononcer un discours aussi
comment sais-tu cela, Sariputta ? Ces Arahants, Pleine- noble et seigneurial, des propos aussi fiers, un véritable
ment Eveillés du passé - as-tu connaissance directe et rugissement de lion, en disant : J’ai, Seigneur, cette foi
personnelle de tous ces Bénis du Ciel, ainsi que de leurs dans le Béni du Ciel, qu’il n’y a pas été, qu’il n’y aura pas,
vertus, de leur méditation, de leur sagesse, de leurs de- ni y a-t-il maintenant, d’autre reclus ou brahmane plus
meures, et de leur émancipation ?" exalté dans l’Eveil que le Béni du Ciel. ?"
"Ce n’est pas le cas, Seigneur."
17. "Je n’ai effectivement pas une telle connaissance di-
"Alors comment sais-tu cela, Sariputta ? Ces Arahants, recte et personnelle, Seigneur, des Arahants, des Pleine-
Pleinement Eveillés du futur - as-tu connaissance directe ment Eveillés du passé, du futur, et du présent ; et pour-
et personnelle de tous ces Bénis du Ciel, ainsi que de tant j’en suis venu à reconnaître la légitimité du Dham-
leurs vertus, de leur méditation, de leur sagesse, de leurs ma.
demeures, et de leur émancipation ?"
"Ce n’est pas le cas, Seigneur."
Supposons, Seigneur, qu’une forteresse frontalière d’un "Et, Seigneur, tous les Bénis du Ciel, Arahants, Pleinement
roi soit fortement fortifiée, avec de forts remparts et tou- Eveillés du futur vont abandonner les cinq empêche-
relles, et qu’elle n’avait qu’une seule porte, et qu’il y ments, les souillures mentales qui affaiblissent la sagesse
avait là un portier, intelligent, expérimenté, et prudent, ; vont bien établir leurs esprits dans les quatre fonda-
qui empêcherait l’étranger d’entrer mais permettrait à tions de l’attention ; vont dûment cultiver les sept fac-
l’ami d’entrer. En patrouillant le sentier qui fait le tour de teurs de l’éveil, et vont être pleinement éveillés dans
la forteresse, il ne perçoit pas de trou ou de fissure dans l’Eveil suprême insurpassable.
les remparts même assez grands pour permettre à un
chat de s’y glisser. Il en vient donc à la conclusion : "Et le Béni du Ciel aussi, Seigneur, étant à présent l’Ara-
hant, le Pleinement Eveillé, a abandonné les cinq empê-
Quelles que soient les choses vivantes qui doivent entrer chements, les souillures mentales qui affaiblissent la sa-
ou quitter cette cité, elles devront toutes passer par cette gesse ; a bien établi son esprit dans les quatre fondations
porte. De même, Seigneur, j’en suis venu à connaître la de l’attention ; a dûment cultivé les sept facteurs de
légitimité du Dhamma. l’éveil, et est pleinement éveillé dans l’Eveil suprême et
insurpassable."
"Car, Seigneur, tous les Bénis du Ciel, Arahants, Pleine-
ment Eveillés du passé avaient abandonné les cinq empê- 18. Et aussi à Nâlanda, dans le bosquet de manguiers de
chements, les souillures mentales qui affaiblissent la sa- Pavarika, le Béni du Ciel souvent donnait conseil aux bik-
gesse ; avaient bien établi leurs esprits dans les quatre khus ainsi :
fondations de l’attention ; avaient dûment cultivé les sept
facteurs de l’éveil, et étaient pleinement éveillé dans
l’Eveil suprême et insurpassable.
Les fruits d’une vie immorale et ceux d’une vie morale 25. Et le Béni du Ciel passa une grande partie de la nuit à
instruire les dévots de Pataligama dans le Dhamma, les
23. Là-dessus le Béni du Ciel s’adressa ainsi aux dévots incitant, les édifiant, et les réjouissant, après quoi il leur
de Pataligama : "L’homme immoral, maîtres de maison, donna congé, en disant : "La nuit est très avancée,
en s’éloignant de la vertu, va à la rencontre de cinq périls maîtres de maison. Vous pouvez y aller à votre gré.
: de grandes pertes de fortune à cause de l’insouciance ;
une mauvaise réputation ; un comportement timide et "Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et les dévots de Pataligama
troublé dans toute société, que ce soit celle des nobles, se levèrent de leurs sièges, saluèrent respectueusement
des brahmanes, des maîtres de maison, ou des ascètes ; le Béni du Ciel, et tout en gardant leur côté droit tourné
la mort dans l’hébétude ; et, à la dissolution du corps vers lui, partirent. Et le Béni du Ciel, peu après leur dé-
après la mort, à une renaissance dans un domaine de mi- part, se retira dans ses quartiers.
sère, dans un état malheureux, dans le monde inférieur,
en enfer. 26. A ce moment-là Sunidha et Vassakara, les principaux
ministres de Magadha, construisaient une forteresse à
24. "Cinq bénédictions, maîtres de maison, amènent des Pataligama en défense contre les Vajjis. Et des devas en
bienfaits à l’homme honnête du fait de sa pratique de la grand nombre, comptés par milliers, avaient pris posses-
vertu : grande augmentation de fortune à cause de sa di- sion de sites à Pataligama. Dans la région où des devas
ligence ; une réputation favorable ; une prestance assu- de grand pouvoir prévalaient, des officiels de grand pou-
rée, sans timidité, dans toute société, que ce soit celle de voir s’occupaient à construire des édifices ; et là où des
nobles, de brahmanes, de maîtres de maison, ou d’ascè- devas de moyen et de moindre pouvoirs prévalaient, des
tes ; une mort sereine ; et, à la dissolution du corps après officiels de moyen et de moindre pouvoirs s’occupaient à
la mort, une renaissance dans un état heureux, dans un construire des édifices.
monde céleste."
27. Et le Béni du Ciel vit avec l’œil céleste, pur et trans- 29. Alors Sunidha et Vassakara allèrent trouver le Béni du
cendant la faculté des hommes, des devas, comptés par Ciel, et après avoir courtoisement salué le Béni du Ciel, et
milliers, là où ils avaient pris possession de sites dans avoir échangé beaucoup de paroles agréables, ils se
Pataligama. Et se levant avant que la nuit fut passée, tinrent d’un côté et s’adressèrent à lui ainsi : "Puisse le
avant l’aube, le Béni du Ciel s’adressa ainsi au Vénérable Vénérable Gotama daigner accepter notre invitation au
Ananda : "Ananda, qui est en train de construire une cité repas de demain, ensemble avec la communauté des bik-
à Pataligama ?" khus." Et le Béni du Ciel consentit par son silence.
"Sunidha et Vassakara, Seigneur, les principaux ministres 30. Connaissant le consentement du Béni du Ciel, Sunid-
de Magadha, sont en train de construire une forteresse à ha et Vassakara partirent pour leurs propres demeures,
Pataligama, en défense contre les Vajjis." où ils firent préparer des mets de choix, durs et tendres.
Et quand il fut temps, ils annoncèrent au Béni du Ciel : "Il
28. "C’est, Ananda, comme si Sunidha et Vassakara est temps, Vénérable Gotama ; le repas est prêt."
avaient pris conseil avec les dieux des Trente-trois. Car
j’ai observé, Ananda, avec l’œil céleste, pur et transcen- Là-dessus le Béni du Ciel se prépara dans lavant-midi, et
dant la faculté des hommes, un grand nombre de devas, prenant son bol et sa robe, il partit ensemble avec la
comptés par milliers, qui ont pris possession de sites à communauté des bikkhus chez Sunidha et Vassakara, où
Pataligama. Dans la région où des devas de grand pou- il prit le siège préparé pour lui. Et Sunidha et Vassakara
voir prévalent, des officiels de grand pouvoir s’occupent eux-mêmes servirent la communauté des bikkhus
de construire des édifices ; et là où des devas de moyen conduite par le Bouddha, et les servirent avec des mets
et moindre pouvoirs prévalent, des officiels de moyen et de choix, durs et tendres. Lorsque le Béni du Ciel eut fini
moindre pouvoirs s’occupent de construire des édifices. son repas et eut enlevé sa main de son bol, ils prirent des
En vérité, Ananda, aussi loin que s’étendent la race sièges bas et s’assirent d’un côté.
aryenne et les routes commerciales, cela sera la très im-
portante cité de Pataliputta, un centre du commerce. 31. Et le Béni du Ciel les remercia avec ces stances :
Mais Pataliputta, Ananda, va être assailli par trois périls -
le feu, l’eau, et les dissensions."
"Partout où il habite, l’homme prudent
33. Mais quand le Béni du Ciel arriva au Gange, ce der-
Pourvoit aux besoins du chaste et du vertueux ;
nier était en pleine crue, de sorte que les corneilles pou-
Et ayant fait des dons à ces dignes personnes,
vaient en boire. Et des gens partirent à la recherche d’un
Il partage ses mérites avec les devas locaux. bateau ou d’un bac, cependant que d’autres assem-
Et ainsi honorés, ils l’honorent en retour,
blaient un radeau, parce qu’ils désiraient traverser. Mais
Ils lui sont gracieux ainsi qu’une mère
le Béni du Ciel, aussi vite qu’un homme fort pourrait
Lest envers son propre fils unique ;
étendre son bras plié, ou replier son bras étendu, dispa-
Et qui jouit ainsi de la grâce des devas,
rut de ce côté du Gange, et se retrouva de l’autre côté.
Et est aimé par eux, il voit sa bonne fortune."
34. Et le Béni du Ciel vit les gens qui désiraient traverser
Après ceci, le Béni du Ciel se leva de son siège et partit. chercher un bateau ou un bac, cependant que d’autres
assemblaient des radeaux. Et alors le Béni du Ciel, les
Traversée du Gange voyant ainsi, prononça cette phrase solennelle :
32. Alors Sunidha et Vassakara suivirent derrière le Béni "Ceux qui ont franchi le vaste océan,
du Ciel, pas à pas, en disant : "Quelle que soit la porte Laissant loin derrière les terres basses,
par laquelle sortira l’ermite Gotama aujourd’hui, on L’ap- Alors que d’autres attachent encore leurs frêles radeaux,
pellera la Porte Gotama ; et le gué par lequel il traversera Sont sauvés par la sagesse sans pareille."
le Gange, on L’appellera le gué de Gotama." Et il en fut
ainsi, en ce qui concerne la porte.
Les Quatre Réussites Spécifiques "Le laïc Sudatta, Ananda, grâce à la destruction des trois
chaînes (l’auto-persuasion, le doute, et la foi dans l’effi-
6. Alors le Vénérable Ananda s’approcha du Béni du Ciel cacité des rituels et des observances), et l’amoindrisse-
et, après lavoir salué respectueusement, s’assit d’un ment de la luxure, de la haine, et de l’illusion, est devenu
côté. Et il dit au Béni du Ciel : "Ici à Nadika, Seigneur, un ne-revient-qu’une-fois (sakadagami) et il est en me-
sont décédés le bikkhu Salha et la bikkhuni Nanda. De sure de mettre fin à la souffrance après n’être revenu
même sont décédés le laïc Sudatta et la laïque Sujata ; de qu’une fois de plus à ce monde.
même les laïcs Kakudha, Kalinga, Nikata, Katissabha,
Tuttha, Santuttha, Bhadda, et Subhadda. Quel est leur "La laïque Sujata, Ananda, grâce à la destruction des trois
destin, Seigneur ? Quel est leur futur état ?" chaînes, est devenue une entrée-dans-le-courant (sota-
panna), et ne risque plus de tomber dans les états de mi-
7. "Le bikkhu Salha, Ananda, grâce à la destruction des sère, assurée quelle est, et partie pour l’Eveil.
pollutions a atteint en cette vie-même à la délivrance
sans tache de l’esprit et à la délivrance grâce à la sa- "Le laïc Kakudha, Ananda, grâce à la destruction des cinq
gesse, l’ayant connu directement et l’ayant réalisé par chaînes inférieures (qui lient les êtres au monde des
lui-même. sens), est monté spontanément (parmi les Suddhavasa
des devas), et arrivera à la cessation finale en cet en-
"La bikkhuni Nanda, Ananda, grâce à la destruction des droit-même, non susceptible de revenir de ce monde.
cinq chaînes inférieures (qui lient les êtres au monde des "Il est ainsi de Kalinga, Nikata, Katissabha, Tuttha, San-
sens), est montée spontanément (dans le Suddhavasa des tuttha, Bhadda, et Subhadda, et de plus de cinquante
devas) et arrivera à la cessation finale dans en cet en- laïcs à Nadika. Plus de quatre-vingt-dix laïcs qui sont
droit-même, non susceptible de revenir de ce monde décédés à Nadika, Ananda, grâce à la destruction des
(anagami). trois chaînes, et l’amoindrissement de la luxure, de la
haine, et de l’illusion, sont devenus des ne-revient-
qu’une-fois et sont en mesure de mettre fin à la souf-
france après n’être revenus qu’une fois de plus à ce
monde.
"Plus de cinq cent laïcs qui sont décédés à Nadika, Anan- "En ce cas, Ananda, le noble disciple possède une foi in-
da, grâce à la complète destruction des trois chaînes sont ébranlable dans le Bouddha de cette manière : Le Béni du
devenus des entrés-dans-le-courant, et ne risquent plus Ciel est un Arahat, un Pleinement Eveillé, parfait en
de tomber dans les états de misère, assurés qu’ils sont, connaissance et en conduite, le Bienheureux, le connais-
et partis pour l’Eveil. seur du monde, le suprême entraîneur des êtres, l’Ense-
ignant des dieux et des hommes, l’Eveillé, le Béni du Ciel.
Le Miroir du Dhamma
"Il possède une foi inébranlable dans le Dhamma de cette
8. "Mais en vérité, Ananda, il n’est en rien étrange que les manière : Bien exposé par le Béni du Ciel est le Dhamma,
êtres humains doivent mourir. Mais si tu dois venir trou- évident, hors du temps, il invite à l’examen, il conduit à
ver le Tathagata à chaque fois que cela se produit et l’émancipation, pour que les sages le comprennent, cha-
l’interroger à leur propos de la sorte, cela le dérangerait cun pour lui-même.
effectivement.
"Il possède une foi inébranlable dans l’ordre des Dis-
En conséquence, Ananda, je vais te donner l’enseign- ciples du Béni du Ciel de cette manière : Bien portant est
ement appelé le Miroir du Dhamma, dont le noble dis- l’ordre des Disciples du Béni du Ciel, correctement, sa-
ciple lorsqu’il le possède, et s’il devait en avoir l’envie, gement, et selon le devoir : C’est à dire, les quatre paires
peut déclarer de lui-même : Il n’y a plus de renaissance des hommes, les huit classes de personnes. L’ordre des
pour moi en enfer, ni en tant qu’animal ou que fantôme, Disciples du Béni du Ciel est digne d’honneur, d’hospita-
ni dans aucun domaine de malheur. Je suis entré-dans- lité, d’offrandes, de vénération - le champ suprême
le-courant, ne risquant plus de tomber dans les états de d’actes méritoires dans le monde.
misère, assuré que je suis et parti pour l’Eveil.”
"Et il possède des vertus qui sont chères aux Personnes
9. "Et quel est, ô Ananda, cet enseignement appelé le Mi- Nobles, qui sont complètes et parfaites, sans tache et
roir du Dhamma, en possession dont le noble disciple pures, qui sont libératoires, louées par les sages, non-
peut ainsi se déclarer ? influencées (par des préoccupations mondaines), et favo-
rable à la concentration de l’esprit.
14. "Et comment, bikkhus, un bikkhu se montre-t-il at- 16. Alors Ambapali la courtisane vint à savoir : "Le Béni
tentif ? Lorsqu’il demeure dans la contemplation du corps du Ciel, dit-on, est arrivé à Vesali et demeure maintenant
dans le corps, sincèrement, en état de comprendre clai- dans mon bosquet de manguiers." Et elle ordonna de
rement, et attentif, après avoir surmonté le désir et le préparer un grand nombre de magnifiques attelages,
chagrin par rapport au monde ; et quand il demeure dans monta dans lune d’elles, et accompagnée par le reste,
la contemplation des sensations dans les sensations, de sortit de Vesali vers son parc. Elle alla en attelage aussi
l’esprit dans l’esprit, des objets mentaux dans les objets loin que celle-ci put aller, avant de descendre ; et s’appr-
mentaux, sincèrement, en état de comprendre claire- ochant du Béni du Ciel à pied, elle le salua respectueu-
ment, et attentif, après avoir surmonté le désir et le cha- sement et s’assit d’un côté. Et le Béni du Ciel instruisit
grin par rapport au monde, alors dit-on de lui qu’il est Ambapali la courtisane dans le Dhamma et la stimula,
attentif. l’édifia, et la réjouit.
15. "Et comment, bikkhus, un bikkhu a-t-il une claire 17. Après cela Ambapali la courtisane s’adressa au Béni
compréhension ? Lorsqu’il reste pleinement conscient de du Ciel, en disant : "Puisse le Béni du Ciel, ô seigneur,
ses allées et venues, de ses actions de regarder devant avoir la bonté d’accepter mon invitation pour le repas de
lui ou de détourner le regard, de se plier ou de s’étirer, demain, ensemble avec la communauté des bikkhus." Et
de porter sa robe et son bol, de manger ou de boire, de par son silence le Béni du Ciel consentit.
mastiquer et de savourer, de déféquer et d’uriner, de Assurée, dès lors, de l’assentiment du Béni du Ciel, Am-
marcher, de rester debout, d’être assis ou couché, d’aller bapali la courtisane se leva de son siège, le salua respec-
dormir ou de rester éveillé, de parler ou de garder le si- tueusement, et tournant son côté droit vers lui, prit
lence, alors dit-on de lui qu’il a une claire compréhen- congé.
sion.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 209 / 276
18. Alors les Licchavi de Vesali vinrent à savoir : "Le Béni 20. Et le Béni du Ciel vit venir de loin les Licchavis. Alors
du Ciel, dit-on, est arrivé à Vesali et demeure maintenant il s’adressa aux bikkhus, en disant : "Ceux d’entre vous,
dans le bosquet d’Ambapali." Et ils ordonnèrent de pré- bikkhus, qui n’ont pas encore vu les Trente-trois dieux,
parer un grand nombre de magnifiques attelages, chacun peuvent regarder l’assemblée des Licchavis, et peuvent
en prit une, et accompagné par le reste, sortit de Vesali. les contempler, car ils sont comparables à l’assemblée
Or, de ces Licchavis, certains étaient en bleu, avec des des Trente-trois dieux."
vêtements et des ornements tout bleus, cependant que
d’autres étaient en jaune, rouge, et blanc. 21. Alors les Licchavis allèrent en attelage aussi loin que
celles-ci purent aller, avant de descendre ; et s’approch-
19. Et Ambapali la courtisane en vint donc à croiser les ant du Béni du Ciel à pied, ils le saluèrent respectueuse-
jeunes Licchavis, essieu par essieu, roue par roue, et joug ment et s’assit d’un côté. Le Béni du Ciel instruisit les
par joug. Là-dessus les Licchavis s’exclamèrent : "Pour- Licchavis dans le Dhamma, et les stimula, les édifia, et
quoi viens-tu ainsi à notre rencontre, Ambapali ?" les réjouit.
"C’est ainsi, effectivement, mes princes, et pas autre-
ment! Car le Béni du Ciel est invité par moi pour le repas 22. Après cela les Licchavis s’adressèrent au Béni du Ciel,
de demain, ensemble avec la communauté des bikkhus!" en disant : "Puisse le Béni du Ciel, ô seigneur, avoir la
"Laisse tomber le repas, Ambapali, pour cent mille!" bonté d’accepter notre invitation pour le repas de de-
Mais elle répliqua : "Même si vous deviez me donner Ve- main, ensemble avec la communauté des bikkhus."
sali, messeigneurs, ensemble avec ses terres tributaires, "L’invitation pour le repas de demain, Licchavis, je l’ai ac-
je ne laisserais pas tomber un repas d’une telle impor- ceptée d’Ambapali la courtisane."
tance."
Alors les Licchavis claquèrent des doigts de déplaisir :
"Voyez, les amis! Nous sommes vaincus par cette fille aux
manguiers! Nous sommes complètement surpassés par
cette fille aux manguiers!" Mais ils continuèrent leur
route jusqu’au bosquet d’Ambapali.
"Qu’est-ce que la communauté des bikkhus attend de 33. "En conséquence, Ananda, soyez des îles pour vous-
plus de moi, Ananda ? J’ai prononcé le Dhamma sans mêmes, des refuges pour vous-mêmes, et ne cherchez
faire de distinction de doctrine ésotérique et exotérique ; aucun refuge extérieur ; avec le Dhamma pour votre île,
il n’y a rien, Ananda, par rapport aux enseignements que le Dhamma pour votre refuge, ne cherchez aucun autre
le Tathagata retienne jusqu’à la fin du poing fermé d’un refuge.
enseignant qui retient des choses secrètes. Quiconque
croit qu’il est celui qui doit mener la communauté des "Et comment, Ananda, un bikkhu est-il une île pour lui-
bikkhus, ou que la communauté dépend de lui, est celui même, un refuge pour lui-même, et ne cherche-t-il au-
qui devrait laisser de dernières instructions par rapport à cun autre refuge ; avec le Dhamma pour son île, le
eux. Mais, Ananda, le Tathagata n’a aucune idée de qui Dhamma pour son refuge, ne cherche-t-il aucun autre
devrait mener la communauté des bikkhus, ou que la refuge ?
communauté dépendrait de lui. Quelles instructions de-
vrait-il donc donner par rapport à la communauté des
bikkhus ? 34. "Lorsqu’il demeure dans la contemplation du corps
dans le corps, sincèrement, en état de comprendre clai-
"Je suis frêle désormais, Ananda, vieux, âgé, très avancé rement, et attentif, après avoir surmonté le désir et le
en années. Ceci est ma quatre-vingtième année, et ma chagrin par rapport au monde ; quand il demeure dans la
vie est passée. De même qu’une vieille charrette, Ananda, contemplation des sensations dans les sensations, de
n’est plus maintenue ensemble qu’avec beaucoup de dif- l’esprit dans l’esprit, des objets mentaux dans les objets
ficulté, de même le corps du Tathagata ne continue à mentaux, sincèrement, en état de comprendre claire-
fonctionner qu’avec des soutiens. Ce n’est, Ananda, que ment, et attentif, après avoir surmonté le désir et le cha-
lorsque le Tathagata, ne tenant plus compte des objets grin par rapport au monde, alors, en vérité, il est une île
extérieurs, avec la cessation de certaines sensations, at- pour lui-même, un refuge pour lui-même, ne cherchant
teint et demeure dans la concentration de l’esprit sans pas de refuge extérieur ; ayant le Dhamma pour son île,
signes, que son corps est plus confortable. le Dhamma pour son refuge, il ne cherche aucun autre
refuge.
35. "Ces bikkhus, Ananda, qui maintenant ou après mon 2. Et le Béni du Ciel alla au sanctuaire de Capala et s’assit
départ, seront ainsi une île pour eux-mêmes, un refuge sur le siège préparé pour lui. Et quand le Vénérable
pour eux-mêmes, ne chercheront aucun autre refuge ; Ananda se fut lui-même assis de côté après avoir respec-
qui, ayant le Dhamma pour leur île et refuge, ne cherche- tueusement salué le Béni du Ciel, le Seigneur lui dit :
ront aucun autre refuge : ce sont eux qui deviendront les "Agréable, Ananda, est Vesali ; agréables sont les sanc-
plus hauts, s’ils ont le désir d’apprendre." tuaires de Udena, Gotamaka, Sattambaka, Bahuputta, Sa-
randada, et Capala."
5. Et quand pour une seconde et troisième fois le Béni du "Car le Béni du Ciel, ô seigneur, ma dit ces paroles : je ne
Ciel répéta ses paroles, le Vénérable Ananda garda le si- vais pas arriver à mon décès final, ô Malin, tant que mes
lence. bikkhus et bikkhunis, laïcs et laïques, ne seront pas de-
venus de vrais disciples - sages, bien disciplinés, aptes et
6. Alors le Béni du Ciel dit au Vénérable Ananda : "Va instruits, protecteurs du Dhamma, vivant selon le Dham-
maintenant, Ananda, et fais comme bon te semble." ma, sen tenant au comportement approprié, et ayant ap-
"Comme vous voudrez, ô seigneur." Et le Vénérable pris les paroles du Maître, capables de l’exposer, la prê-
Ananda, se levant de son siège, salua respectueusement cher, la proclamer, l’établir, la révéler, l’expliquer en dé-
le Béni du Ciel, et tenant son côté droit envers lui, prit tail, et la rendre claire ; jusqu’à ce que, quand surgissent
place assis sous un arbre à quelque distance de là. des opinions adverses, ils puissent être en mesure des
réfuter totalement et bien, et de prêcher ce Dhamma
L’appel de Mara convainquant et libératoire.
7. Et quand le Vénérable Ananda se fut éloigné, Mara, le 8. "Et maintenant, ô seigneur, bikkhus et bikkhunis, laïcs
Malin, s’approcha du Béni du Ciel. Et debout d’un côté il et laïques, sont devenus les disciples du Béni du Ciel
s’adressa au Béni du Ciel, en disant : "Maintenant, ô sei- exactement de cette manière. Donc, ô seigneur, que le
gneur, que le Béni du Ciel en vienne à son décès final ; Béni du Ciel arrive à son décès final ! Le temps est venu
que le Béni du Ciel disparaisse complètement ! Le temps pour le Paranibbâna du Seigneur.
est venu pour le Paranibbâna du Seigneur.
"Car le Béni du Ciel, ô seigneur, ma dit ces paroles : je ne "Ce qui cause la vie, illimitée ou confinée -
vais pas arriver à mon décès final, ô Malin, tant que cette Son processus du devenir - à cela le Sage
vie sainte enseignée par moi n’aura pas été couronnée de Renonce. Avec calme et joie intérieurs il rompt,
succès, ne sera pas prospère, très renommée, populaire, Comme une cotte de mailles, la cause de sa propre vie."
et très répandue, tant quelle n’aura pas été bien procla-
mée parmi les dieux et les hommes. Et ceci aussi est ar- 11. Alors il vint à l’esprit du Vénérable Ananda : "C’est
rivé exactement de cette manière. Donc, ô seigneur, que effectivement merveilleux, et très extraordinaire! La terre
le Béni du Ciel arrive à son décès final, que le Béni du Ciel tremble puissamment, terriblement! C’est épouvantable
disparaisse complètement ! Le temps est venu pour le et abasourdissant, comme le tonnerre gronde à travers
Paranibbâna du Seigneur." les cieux! Que pourrait être la raison, que pourrait-être la
cause, qu’un si puissant tremblement de terre
Le Béni du Ciel abandonne son envie de vivre survienne ?"
9. Lorsque ceci fut dit, le Béni du Ciel s’adressa à Mara, le Huit causes de tremblements de terre
Malin, en disant : "Ne te préoccupe pas, ô Malin. D’ici peu
le Paranibbâna du Tathagata surviendra. Dans trois mois 12. Et le Vénérable Ananda s’approcha du Béni du Ciel, et
le Tathagata va complètement disparaître." le saluant respectueusement, s’assit d’un côté. Alors il
s’adressa au Béni du Ciel, en disant : "C’est effectivement
10. Et au sanctuaire de Capala le Béni du Ciel ainsi atten- merveilleux, et très extraordinaire! La terre tremble puis-
tif et en état de comprendre clairement renonça à sa vo- samment, terriblement! C’est épouvantable et abasour-
lonté de survivre. Et au moment où le Seigneur renonça à dissant, comme le tonnerre gronde à travers les cieux!
sa volonté de survive, survint un terrible tremblement de Que pourrait être la raison, que pourrait-être la cause,
terre, épouvantable et abasourdissant, et le tonnerre qu’un si puissant tremblement de terre survienne ?"
gronda à travers les cieux. Et le Béni du Ciel l’observa en
comprenant, et fit cette déclaration solennelle : 13. Alors le Béni du Ciel dit : "Il y a huit raisons, Ananda,
huit causes, pour que se produise un puissant tremble-
ment de terre. Que sont ces huit ?
14. "Cette grande terre, Ananda, est établie sur du li- 16-21. "Encore une fois, Ananda, quand le Bodhisattva
quide, ce liquide sur l’atmosphère, et l’atmosphère sur quitte le domaine Tusita et descend dans la matrice de sa
l’espace. Et quand, Ananda, de puissantes perturbations mère, attentif et en état de comprendre clairement ; et
atmosphériques ont lieu, le liquide est agité. Et avec quand le Bodhisattva sort de la matrice de sa mère, at-
l’agitation du liquide, se produisent des secousses de la tentif et en état de comprendre clairement ; et quand le
terre. Ceci est la première raison, la première cause pour Tathagata devient pleinement éveillé dans l’Eveil suprême
que se produisent de puissant tremblements de terre. et insurpassable ; quand le Tathagata met en mouvement
l’excellente Roue du Dhamma ; quand le Tathagata re-
15. "Encore une fois, Ananda, quand un ascète ou un nonce à sa volonté de survivre ; et quand le Tathagata
saint homme de grand pouvoir, un qui est arrivé à la arrive à passer dans l’état de Nibbana dans lequel ne
maîtrise de son esprit, ou une divinité qui est puissante demeure aucun élément d’attachement - alors, là aussi,
et efficace, développe une concentration intense sur Ananda, cette grande terre tremble, frémit, et secoue.
l’aspect limité de la terre-élément, et à un degré illimité "Ce sont là, Ananda, les huit raisons, les huit causes pour
sur l’élément liquide, eux, aussi, sont cause que la terre que se produise un grand tremblement de terre.
tremble, frémisse, et secoue. Ceci est la seconde raison,
la seconde cause pour que se produisent de puissants
tremblements de terre. Huit assemblées
23. "Et je me rappelle, Ananda, comme j’ai assisté à cha- 26. "Lorsque, percevant subjectivement les formes, on
cune de ces huit sortes d’assemblées, par centaines. Et voit de grandes formes, belles ou laides, extérieures à
avant de m’asseoir et de commencer la conversation ou soi-même, et qu’on les maîtrise, qu’on est conscient des
la discussion, j’ai fait en sorte que mon apparence res- percevoir et des connaître comme elles sont - ceci est le
semble à la leur, que ma voix ressemble à la leur. Et ainsi second champ de la maîtrise.
je leur ai enseigné le Dhamma, et je les ai stimulé, édifié,
et réjoui. Et pourtant cependant que je leur parlais ainsi 27. "Lorsque, ne percevant pas subjectivement les
ainsi, ils ne me connaissaient pas, et ils se demandaient formes, on voit de petites formes, belles ou laides, exté-
les uns aux autres : Qui était-ce qui parle à nous ? Etait- rieures à soi-même, et qu’on les maîtrise, qu’on est
ce un homme ou un dieu ? conscient des percevoir et des connaître comme elles
sont - ceci est le troisième champ de la maîtrise.
"Et telles, Ananda, sont les huit sortes d’assemblées.
28. "Lorsque, ne percevant pas subjectivement les
Huit champs de maîtrise formes, on voit de grandes formes, belles ou laides, ex-
térieures à soi-même, et qu’on les maîtrise, qu’on est
24. "Or il y a là huit champs de la maîtrise, Ananda. Que conscient des percevoir et des connaître comme elles
sont ces huit ? sont - ceci est le quatrième champ de la maîtrise.
25. "Lorsque, percevant subjectivement les formes, on 29. "Lorsque, ne percevant pas subjectivement les
voit de petites formes, belles ou laides, extérieures à soi- formes, on voit des formes extérieures à soi-même qui
même, et qu’on les maîtrise, qu’on est conscient des sont bleues, bleues en couleur, d’un lustre bleu comme
percevoir et des connaître comme elles sont - ceci est le les fleurs de lin, ou comme de la fine mousseline de Bé-
premier champ de la maîtrise. narès qui, polie sur autant de côtés, est bleue, bleue en
couleur, d’un lustre bleu - quand une telle personne voit
des formes extérieures à soi-même qui sont bleues, et
quelle les maîtrise, quelle est consciente des percevoir et
des connaître comme elles sont - ceci est le cinquième
champ de la maîtrise.
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 218 / 276
44. "Je ne vais pas arriver à mon décès final, ô Malin, tant 46. "Et alors, Ananda, j’ai répondu à Mara, le Malin, en
que cette vie sainte enseignée par moi n’aura pas été disant : Ne te préoccupe pas, ô Malin. D’ici peu le Para-
couronnée de succès, ne sera pas devenue prospère, très nibbâna du Tathagata surviendra. Dans trois mois le Ta-
renommée, populaire, et très répandue, jusqu’à ce quelle thagata va complètement disparaître.
soit bien proclamée parmi les dieux et les hommes.
47. "Et C’est ainsi, Ananda, qu’aujourd’hui au sanctuaire
45. "Et encore aujourd’hui, Ananda, au sanctuaire de Ca- de Capala le Tathagata a renoncé à sa volonté de sur-
pala, Mara, le Malin, s’est approché de moi, en disant : vivre."
Maintenant, ô seigneur, bikkhus et bikkhunis, laïcs et
laïques, sont devenus de vrais disciples du Béni du Ciel - L’appel d’Ananda
sages, bien disciplinés, aptes et instruits, protecteurs du
Dhamma, vivant selon le Dhamma, sen tenant au com- 48. A ces paroles le Vénérable Ananda s’adressa au Béni
portement approprié, et ayant appris la parole du Maître, du Ciel, en disant : "Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô
capables de l’exposer, la prêcher, la proclamer, l’établir, seigneur! Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô seigneur,
la révéler, l’expliquer en détail, et la rendre claire ; et tout au long de la période-monde, pour le bien-être et le
quand surgissent des opinions adverses, désormais ca- bonheur de la multitude, par compassion pour le monde,
pables des réfuter totalement et bien, et de prêcher ce pour le bénéfice, le bien-être, et le bonheur des dieux et
Dhamma convainquant et libératoire. les hommes!"
"Et maintenant, ô seigneur, cette vie sainte enseignée par 49. Et le Béni du Ciel répondit, en disant : "Suffit, Ananda.
le Béni du Ciel a été couronnée de succès, est devenue N’implore pas le Tathagata, car le moment est passé,
prospère, très renommée, populaire et très répandue, et Ananda, de telles supplications."
bien proclamée parmi les dieux et les hommes. En
conséquence, ô seigneur, que le Béni du Ciel arrive à son
décès final ! Que le Béni du Ciel disparaisse complète-
ment ! Le temps est venu pour le Paranibbâna du Sei-
gneur.
50-51. Mais une seconde et une troisième fois, le Véné- "Alors, Ananda, la faute est tienne. C’est là que tu as
rable Ananda dit au Béni du Ciel : "Puisse le Béni du Ciel failli, en ce que tu as été ainsi incapable de saisir la
demeurer, ô seigneur! Puisse le Béni du Ciel demeurer, ô perche qu’on te tendait, l’importante suggestion que te
seigneur, tout au long de la période-monde, pour le faisait le Tathagata, et tu n’as pas alors supplié le Tatha-
bien-être et le bonheur de la multitude, par compassion gata de demeurer. Car si tu lavais fait, Ananda, le Tatha-
pour le monde, pour le bénéfice, le bien-être, et le bon- gata aurait pu décliner deux fois, mais à la troisième fois
heur des dieux et les hommes!" il aurait consenti. En conséquence, Ananda, la faute est
tienne ; C’est là que tu as failli.
52. Alors le Béni du Ciel dit : "As-tu foi, Ananda, dans
l’Eveil du Tathagata ?" Et le Vénérable Ananda répliqua : 55. "A Rajagaha, Ananda, quand J’étais au Pic du Vautour,
"Oui, ô seigneur, j’ai foi." je me suis adressé à toi, en disant : Agréable, Ananda,
"Alors comment, Ananda, peux-tu persister contre le Ta- est Rajagaha ; agréable est le Pic du Vautour. Quiconque,
thagata même une troisième fois ?" Ananda, a développé... En conséquence le Tathagata
pourrait, s’il le voulait, demeurer durant toute un éon ou
53. Alors le Vénérable Ananda dit : "Ceci, ô seigneur, je jusqu’à sa fin.
l’ai entendu dire et je l’ai appris du Béni du Ciel lui-
même quand le Béni du Ciel ma dit : Quiconque, Ananda, 56. "De même dans le Bosquet de Banyans, à la Falaise de
a développé, pratiqué, employé, renforcé, maintenu, Voleurs, à la Caverne de Sattapanni sur le mont Vebhara,
scruté, et amené à perfection les quatre composantes des au Rocher Noir d’Isigili, au Bassin des Serpents dans la
pouvoirs psychiques pourrait, s’il le voulait, demeurer Fraîche Forêt, au Bosquet de Tapoda, à la Forêt des Bam-
durant toute un éon ou jusqu’à sa fin. Le Tathagata, bous, à la Forêt de Manguiers de Jivaka, et au Petit Re-
Ananda, a ainsi fait. En conséquence le Tathagata pour- fuge dans le Parc aux Daims, je me suis adressé à toi
rait, s’il le voulait, demeurer durant toute un éon ou jus- avec les mêmes paroles, en disant : Agréable, Ananda,
qu’à sa fin.” est Rajagaha, agréables sont ces endroits. Quiconque,
Ananda, a développé... En conséquence le Tathagata
54. "Et las-tu cru, Ananda ?" pourrait, s’il le voulait, demeurer durant toute un éon ou
"Oui, ô seigneur, je l’ai cru." jusqu’à sa fin.
"Mais toi, Ananda, tu as été incapable de saisir la perche 58. "Et pourtant, Ananda, n’ai-je pas enseigné dès le tout
qu’on te tendait, l’importante suggestion que te faisait le début qu’avec tout ce qui est cher et bien-aimé, il y un
Tathagata, et tu n’as pas supplié le Tathagata de demeu- nécessairement changement, séparation et rupture ? De
rer. Car si tu lavais fait, Ananda, deux fois le Tathagata ce qui est né, qui est venu à être, qui est un être compo-
aurait pu décliner, mais la troisième fois il aurait consen- sé et sujet à flétrissure, comment peut-on dire : Puisse
ti. En conséquence, Ananda, la faute est tienne ; C’est là cela ne jamais en venir à dissolution! Il ne peut y avoir un
que tu as failli. tel état de choses. Et de cela, Ananda, dont le Tathagata
en a fini, ce qu’il a mis de côté, laissé tomber, abandon-
57. "Donc à Vesali aussi, Ananda, à différentes reprises le né, et rejeté - sa volonté de survivre - la parole du Ta-
Tathagata ta parlé, en disant : Agréable, Ananda, est Ve- thagata a été prononcée une fois pour toutes : D’ici peu
sali ; agréables sont les sanctuaires de Udena, Gotamaka, le Paranibbâna du Tathagata surviendra. Dans trois mois
Sattambaka, Bahuputta, Sarandada, et Capala. Qui- le Tathagata va complètement disparaître. Et que le Ta-
conque, Ananda, a développé... En conséquence le Ta- thagata retire sa parole pour continuer à vivre - ceci est
thagata pourrait, s’il le voulait, demeurer durant toute un une impossibilité.
éon ou jusqu’à sa fin.
Dernière admonition
"Mais toi, Ananda, tu as été incapable de saisir la perche
qu’on te tendait, l’importante suggestion que te faisait le 59. "Donc, Ananda, allons à la salle de la Maison aux Pi-
Tathagata, et tu n’as pas imploré le Tathagata de demeu- gnons, dans la Grande Forêt." Et le Vénérable Ananda ré-
rer. Car si tu lavais fait, Ananda, deux fois le Tathagata pliqua : "Qu’il en soit ainsi, Seigneur."
aurait pu décliner, mais la troisième fois il aurait consen-
ti. En conséquence, Ananda, la faute est tienne ; C’est là 60. Alors le Béni du Ciel, avec le Vénérable Ananda, partit
que tu as failli. à la salle de la Maison aux Pignons, dans la Grande Forêt.
Et là il s’adressa au Vénérable Ananda, en disant : "Va
maintenant, Ananda, et rassemble dans la salle d’audi-
ence tous les bikkhus qui demeurent aux environs de Ve-
sali."
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et le Vénérable Ananda 62. "Et que sont, bikkhus, ces enseignements ? Ce sont
rassembla tous les bikkhus qui demeuraient aux environs les quatre fondations de l’attention, les quatre efforts
de Vesali, et les rassembla dans la salle d’audience. Et corrects, les quatre composantes des pouvoirs psy-
alors, en saluant respectueusement le Béni du Ciel, et chiques, les cinq facultés, les cinq pouvoirs, les sept fac-
debout d’un côté, il dit : "La communauté des bikkhus est teurs de l’éveil, et le Noble Octuple Sentier. Ce sont là,
rassemblée, Seigneur. Que le Béni du Ciel fasse mainte- bikkhus, les enseignements dont j’ai une connaissance
nant à son gré." directe, que je vous ai fait connaître, et que vous devriez
apprendre, cultiver et développer totalement, et pratiquer
61. Là-dessus le Béni du Ciel pénétra dans la salle fréquemment, que la vie de pureté puisse être établie et
d’audience, et prenant le siège préparé pour lui, il exhor- durer longtemps, pour le bien-être et le bonheur de la
ta les bikkhus, en disant : "Maintenant, ô bikkhus, je vous multitude, par compassion pour le monde, pour le béné-
dis que ces enseignements dont j’ai une connaissance fice, le bien-être, et le bonheur des dieux et les
directe et que je vous ai fait connaître - il faut que vous hommes."
les appreniez, les cultiviez, les développiez totalement et
que vous les pratiquiez fréquemment, que la vie de pure- 63. Alors le Béni du Ciel dit aux bikkhus : "Donc, bik-
té puisse être établie et durer longtemps, pour le bien- khus, je vous y exhorte : Toutes choses composées sont
être et le bonheur de la multitude, par compassion pour sujettes à la disparition. Efforcez-vous avec sincérité. Le
le monde, pour le bénéfice, le bien-être, et le bonheur temps du Paranibbâna du Tathagata est proche. Dans
des dieux et les hommes. trois mois le Tathagata va complètement disparaître."
Avec une ferme résolution, gardez votre propre esprit!
2. Et le Béni du Ciel s’adressa aux bikkhus, en disant :
Qui poursuit sans relâche le Dhamma et la Discipline
"Bikkhus, c’est par défaut de réalisation, par défaut de
Ira au-delà de la ronde des naissances et mettra fin à la pénétration des quatre principes que vous et moi avons
souffrance." subi et sommes entrés dans cette longue course de la
naissance et de la mort. Que sont ces quatre ? Ce sont la
Quatrième partie noble vertu ; la noble concentration ; la noble sagesse ;
Le dernier repas et la noble émancipation. Mais maintenant, bikkhus,
quelles ont été réalisées et pénétrées, tranché est le désir
Le regard de l’éléphant insatiable pour l’existence, détruit est ce qui mène au re-
nouvellement du devenir, et il n’y a plus de nouveau de-
1. Alors le Béni du Ciel, se préparant dans lavant-midi, venir."
prit son bol et sa robe et partit pour Vesali pour mendier.
Après sa tournée d’aumônes et son repas, à son retour, il 3. Et ayant prononcé ces paroles, le Béni du Ciel, le
regarda Vesali avec le regard de l’éléphant, et dit au Vé- Maître, prit encore une fois la parole, en disant :
nérable Ananda : "Ceci, Ananda, est la dernière fois que "La vertu, la concentration, la sagesse, et l’émancipation
le Tathagata regarde Vesali. Allons, Ananda, allons à inégalables -
Bhandagama." Ce sont là les principes réalisés par Gotama le renommé ;
Et, les connaissant, lui, le Bouddha, il a enseigné le
"Qu’il en soit ainsi, ô seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses Dhamma à ses moines.
quartiers à Bhandagama de même qu’une grande com- Lui, le destructeur de la souffrance, le Maître, le Voyant,
munauté des bikkhus. est en paix."
4. Et à Bhandagama aussi le Béni du Ciel souvent donnait Et quand le Béni du Ciel eut resté à Hatthigama aussi
conseil aux bikkhus ainsi : "Telle et telle est la vertu ; longtemps qu’il lui avait plu, il prit ses quartiers à Amba-
telle et telle est la concentration ; et telle et telle est la gama, et puis à Jambugama. Et à chacun de ces endroits
sagesse. Grand devient le fruit, grand est le gain de la le Béni du Ciel souvent donnait conseil aux bikkhus
concentration lorsqu’elle est pleinement développée par ainsi : "Telle et telle est la vertu ; telle et telle est la
la conduite vertueuse ; grand devient le fruit, grand est le concentration ; et telle et telle est la sagesse. Grand de-
gain de la sagesse lorsqu’elle est pleinement développée vient le fruit, grand est le gain de la concentration lors-
par la concentration ; l’esprit qui est pleinement déve- qu’elle est pleinement développée par la conduite ver-
loppé dans la sagesse est complètement libéré des pollu- tueuse ; grand devient le fruit, grand est le gain de la sa-
tions de la luxure, du devenir, et de l’ignorance.." gesse lorsqu’elle est pleinement développée par la
concentration ; l’esprit qui est pleinement développé
5. Lorsque le Béni du Ciel eut resté à Bhandagama aussi dans la sagesse est complètement libéré des pollutions
longtemps qu’il lui avait plu, il s’adressa au Vénérable de la luxure, du devenir, et de l’ignorance.."
Ananda : "Allons, Ananda, allons à Hatthigama."
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses 6. Et quand le Béni du Ciel eut resté à Jambugama aussi
quartiers à Hatthigama de même qu’une grande commu- longtemps qu’il lui avait plu, il s’adressa au Vénérable
nauté de bikkhus. Ananda : "Allons, Ananda, allons à Bhoganagara."
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses
quartiers à Bhoganagara de même qu’une grande com-
munauté des bikkhus, et il demeura dans le sanctuaire
d’Ananda.
Les Quatre Grandes Références Face à face avec ces anciens, j’ai entendu dire et j’ai ap-
pris ainsi : Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qua
7. Et là le Béni du Ciel s’adressa aux bikkhus, en disant : dispensé le Maître ; ou : Dans une demeure de tel ou tel
"Maintenant, bikkhus, je vais vous faire connaître les nom vit un seul bikkhu qui est un ancien, qui est instruit,
quatre grandes références. Ecoutez et soyez attentifs à qui a accompli sa course, qui est un protecteur du
mes paroles." Et ces bikkhus répondirent, en disant : Dhamma, de la Discipline, et des Textes. Face à face avec
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." cet ancien, j’ai entendu dire et j’ai appris ainsi : Ceci est
le Dhamma et la Discipline, ce qua dispensé le Maître.”
8-11. Alors le Béni du Ciel dit : "De cette façon, bikkhus,
un bikkhu pourrait déclarer : Face à face avec le Béni du "Dans un tel cas, bikkhus, la déclaration d’un tel bikkhu
Ciel, mes frères, j’ai entendu dire et j’ai appris ainsi : ne doit être reçue ni avec approbation ni avec mépris.
Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qua dispensé le Sans approbation et sans mépris, mais en étudiant avec
Maître ; ou : Dans une demeure de tel ou tel nom vit un soin les phrases mot à mot, on devrait les chercher dans
communauté avec des anciens et un chef. Face à face les Discours et les vérifier par la Discipline. Si on ne peut
avec cette communauté, j’ai entendu dire et j’ai appris les retrouver ni dans les Discours ni par la Discipline, on
ainsi : devrait conclure ainsi : “Certainement, ceci n’est pas une
déclaration du Béni du Ciel ; cela a été malentendu par ce
Ceci est le Dhamma et la Discipline, ce qua dispensé le bikkhu - ou par cette communauté, ou par ces anciens,
Maître ; ou : Dans une demeure de tel ou tel nom vivent ou par cet ancien.”
plusieurs bikkhus qui sont anciens, qui sont instruits, qui
ont accompli leur chemin, qui sont des protecteurs du
Dhamma, de la Discipline, et des Textes.
De cette manière, bikkhus, vous devriez la rejeter. Mais "Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et le Béni du Ciel prit ses
si les phrases concernées peuvent être retracées dans les quartiers à Pava de même qu’une grande communauté de
Discours et vérifiées par la Discipline, alors on devrait bikkhus, et il demeura dans le Bosquet de Manguiers de
conclure ainsi : Certainement, ceci est une déclaration du Cunda, qui était de par sa famille un travailleur des mé-
Béni du Ciel ; cela a été bien compris par ce bikkhu - ou taux.
par cette communauté, ou par ces anciens, ou par cet
ancien. Et de cette manière, bikkhus, vous pouvez l’acce-
pter d’après la première, la seconde, la troisième, ou la
quatrième référence. Ce sont là, bikkhus, les quatre
grandes références que vous devrez préserver."
Le dernier repas du Bouddha 18. Là-dessus le Béni du Ciel, dans lavant-midi, s’étant
préparé, prit son bol et sa robe et partit avec la commu-
14. Et Cunda un forgeron vint à savoir : "Le Béni du Ciel, nauté des bikkhus pour la maison de Cunda, et là s’assit
dit-on, est arrivé à Pava, et demeure dans mon bosquet sur le siège préparé pour lui. Et il s’adressa à Cunda, en
de manguiers." Et il alla trouver le Béni du Ciel, et l’ayant disant : "Les sukara-maddava que tu as préparés, Cunda,
salué respectueusement, s’assit d’un côté. Et le Béni du tu peux me les servir ; le reste des mets, durs et tendres,
Ciel instruisit Cunda le forgeron dans le Dhamma, et le tu peux les servir à la communauté des bikkhus."
stimula, l’édifia, et le réjouit.
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et les sukara-maddava
15. Alors Cunda s’adressa au Béni du Ciel, en disant : préparés par lui, il les servit au Béni du Ciel ; et les autres
"Puisse le Béni du Ciel, ô seigneur, avoir la bonté d’acce- mets, durs et tendres, il les servit à la communauté des
pter mon invitation pour le repas de demain, ensemble bikkhus.
avec la communauté des bikkhus." Et par son silence le
Béni du Ciel consentit. 19. Après cela le Béni du Ciel s’adressa à Cunda, en di-
sant : "Quoi qu’il reste, Cunda, des sukara-maddava, en-
16. Assuré, alors, du consentement du Béni du Ciel, Cun- terre-le dans un trou. Car je ne vois pas dans tous ce
da le forgeron se leva de son siège, salua respectueuse- monde, avec ses dieux, Maras, et Brahmas, parmi la foule
ment le Béni du Ciel, et tenant son côté droit envers lui, des ascètes et des brahmanes, des dieux et des hommes,
prit congé. quiconque qu’on pourrait les manger et les digérer en-
tièrement à l’exception du seul Tathagata."
17. Et Cunda le forgeron, dès que la nuit fut passée, fit
préparer des mets de choix, durs et tendres, dans sa de- Et Cunda le forgeron répondit le Béni du Ciel en disant :
meure, de même qu’une quantité de sukara-maddava, et "Qu’il en soit ainsi, ô seigneur." Et ce qui restait des su-
l’annonça au Béni du Ciel, en disant : "Il est temps, ô sei- kara-maddava il l’enterra dans un trou.
gneur, le repas est prêt."
20. Alors il revint au Béni du Ciel, le salua respectueuse- L’éclaircissement des eaux
ment, et s’assit d’un côté. Et le Béni du Ciel instruisit
Cunda le forgeron dans le Dhamma, et le stimula, l’édifia, 24. Or, en chemin le Béni du Ciel s’écarta de la route et
et le réjouit. Après ceci il se leva de son siège et partit. s’arrêta au pied d’un arbre. Et il dit au Vénérable
Ananda : "Je t’en prie, plie ma robe supérieure en quatre,
21. Et peu après que le Béni du Ciel eût mangé le repas Ananda, et pose la par terre. Je suis fatigué et je veux me
fourni par Cunda le forgeron, une horrible maladie tomba reposer un peu."
sur lui, probablement la dysenterie, et il souffrit des dou- "Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et le Vénérable Ananda plia
leurs aiguës et mortelles. Mais le Béni du Ciel les suppor- la robe en quatre et l’étendit par terre.
ta avec attention, en état de comprendre clairement et
imperturbable. 25. Et le Béni du Ciel s’assit sur le siège préparé pour lui
et dit au Vénérable Ananda : "Je t’en prie, apporte-moi de
22. Alors le Béni du Ciel s’adressa au Vénérable Ananda, l’eau, Ananda. J’ai soif et je voudrais boire."
en disant : "Allons, Ananda, allons à Kusinara." Et le Vé-
nérable Ananda répondit : "Qu’il en soit ainsi, Seigneur." 26. Et le Vénérable Ananda répondit au Béni du Ciel :
"Mais juste à l’instant, Seigneur, un grand nombre de
23. Lorsqu’il avaient mangé la nourriture de Cunda, ai-je chariots, peut-être même cinq cent chariots, sont passés,
entendu,
et la profondeur de l’eau a été traversée par les roues, de
Avec force morale les mortelles douleurs il supporta.
sorte quelle est maintenant trouble et boueuse. Mais la
A cause des sukara-maddava une atroce
Kakuttha, Seigneur, est assez près, et ses eaux sont
Et épouvantable maladie vint au Seigneur.
claires, agréables, fraîches, et translucides. On peut faci-
Mais les tourments de la nature il endura. "Allons, par- lement sen approcher et elle est délicieusement située.
tons pour Kusinara," fut son indomptable parole. Là le Béni du Ciel pourra étancher sa soif et rafraîchir ses
membres."
27-29. Mais une seconde fois le Béni du Ciel fit sa re- Pukkusa le Malla
quête, et le Vénérable Ananda lui répondit comme de-
vant. Et alors pour une troisième fois le Béni du Ciel dit : 33. Il se produisit alors qu’un Pukkusa du clan des Mal-
"Je t’en prie, apporte-moi de l’eau, Ananda. J’ai soif et je las, qui était un disciple d’Alara Kalama, passait par là, de
veux boire." Kusinara à Pava.
30. Alors le Vénérable Ananda répondit, en disant : "Qu’il 34. Et quand il vit le Béni du Ciel assis au pied d’un arbre,
en soit ainsi, Seigneur." Et il prit son bol et alla au cours il s’approcha de lui, le salua respectueusement, et s’assit
d’eau. Et la profondeur de l’eau, qui avait été traversée d’un côté. Et il s’adressa au Béni du Ciel, en disant : "Il
par les roues de sorte quelle coulait trouble et boueuse, est merveilleux, Seigneur, il est bien extraordinaire, ô
était devenue claire et avait décanté, pure et agréable seigneur, l’état de calme dans lequel demeurent ceux qui
alors que s’approchait le Vénérable Ananda. ont quitté le monde.
31. Alors le Vénérable Ananda se dit : "Merveilleux et 35. "Car une fois, Seigneur, Alara Kalama était en voyage,
bien extraordinaires sont effectivement le pouvoir et la et il s’écarta de la route et s’assit au bord de la route au
gloire du Tathagata!" pied d’un arbre pour laisser passer la chaleur de la jour-
née.
32. Et il prit de l’eau dans son bol et la rapporta au Béni
du Ciel, et dit : "Merveilleux et bien extraordinaires sont Et il se produisit, Seigneur, qu’un grand nombre de cha-
effectivement le pouvoir et la gloire du Tathagata! Car riots, peut-être même cinq cent chariots, passa près de
cette profondeur de l’eau, qui avait été traversée par les lui, un par un. Et alors, Seigneur, un certain homme qui
roues de sorte quelle coulait trouble et boueuse, était suivait derrière ce train de chariots, s’approcha et
devenue claire et avait décanté, pure et agréable, alors s’adressa à lui, en disant : Avez-vous vu, monsieur, un
que je men approchais. Maintenant que le Béni du Ciel grand nombre de chariots passer près de vous ? Et Alara
boive de l’eau. Que le Béni du Ciel boive." Et le Béni du Kalama lui répondit : Je ne les ai pas vu, mon frère. Mais
Ciel but de l’eau. le bruit, monsieur, sûrement vous lavez entendu ?
Je ne lai pas entendu, mon frère. Alors cet homme lui 38. "Que sont, ô seigneur, cinq cent chariots - que dis-
demanda : Alors, monsieur, peut-être dormiez vous ? je, six, sept, huit, neuf cent, ou mille, voire des centaines
Non, mon frère, je ne dormais pas. Alors, monsieur, étiez de milliers de chariots - comparé à ceci ?"
vous conscient ? Je l’étais, mon frère. Alors cet homme
dit : Alors, monsieur, tout en étant conscient et éveillé 39. "Or une fois, Pukkusa, je demeurais à Atuma, et
vous n’avez pourtant pas vu le grand nombre de chariots, j’avais là ma demeure dans une grange. Et en ce temps-
peut-être même cinq cent chariots, passer près de vous là il y eut une forte pluie, avec le tonnerre qui grondait,
un après l’autre, ni entendu le bruit ? Pourtant, monsieur, les éclairs qui éclataient, et la foudre qui tombait. Et deux
votre robe elle-même est recouverte de leur poussière! Et fermiers qui étaient frères furent tués près de la grange,
Alara Kalama répliqua, en disant : Ainsi en est-il, mon de même que quatre boeufs, et une grande foule sortit
frère. d’Atuma pour voir l’endroit où ils furent tués.
36. "Et à cet homme, ô seigneur, vint l’idée : Il est mer- 40. "Or en ce temps-là, Pukkusa, J’étais sorti de la
veilleux, Seigneur, il est bien extraordinaire, effective- grange et j’allais et venais pensif devant la porte. Et un
ment, l’état de calme dans lequel demeurent ceux qui ont certain homme de la grande foule s’approcha de moi, me
quitté le monde! Et là surgit en lui une grande foi en Ala- salua respectueusement, et se tint d’un côté.
ra Kalama, et il reprit sa route."
41. "Et je lui demandai : Pourquoi, mon frère, cette
37. "Alors qu’en penses-tu, Pukkusa ? Qu’est-ce qui est grande foule s’est-elle assemblée ? Et il me répondit :
le plus difficile à faire, le plus difficile à trouver - qu’un Juste à l’instant, Seigneur, il y a eu une forte pluie, avec
homme, cependant que conscient et éveillé, puisse ne le tonnerre qui gronde, les éclairs qui éclatent, et la
pas voir un grand nombre de chariots, peut-être même foudre qui tombe. Et deux fermiers qui étaient frères ont
cinq cent chariots, qui ont passé près de lui un après été tués tout près de là, de même que quatre boeufs.
l’autre, ni n’entendre le bruit, ou qu’un autre, conscient C’est à cause de cela que cette grande foule s’est assem-
et éveillé, au milieu d’une forte pluie, avec le tonnerre qui blée. Mais vous, Seigneur, où étiez vous ?
gronde, les éclairs qui éclatent, et la foudre qui tombe,
puisse ni ne voir ni n’entendre le bruit ?"
"J’étais ici, mon frère. Et pourtant, Seigneur, ne lavez- 43. Lorsque ceci eut été dit, Pukkusa du clan des Mallas
vous point vu ? Je ne lai pas vu, mon frère. Mais le bruit, dit au Béni du Ciel : "La foi, Seigneur, que j’avais en Alara
Seigneur, vous lavez sûrement entendu ? Je ne lai pas en- Kalama je la disperse maintenant au vent puissant, je la
tendu, mon frère. Alors cet homme me demanda : Alors, laisse se faire emporter comme par un courant d’eau! Ex-
Seigneur, peut-être dormiez vous ? Non, mon frère, je ne cellent, ô seigneur, très excellent, ô seigneur! C’est tout
dormais pas. Alors, Seigneur, vous étiez conscient ? Je comme si, Seigneur, on avait redressé ce qui avait été
l’étais, mon frère. Alors cet homme dit : Alors, Seigneur, renversé, ou qu’on révélait ce qui avait été caché, ou
cependant que conscient et éveillé, au milieu d’une forte qu’on montrait le chemin à qui s’était égaré, ou qu’on
pluie, avec le tonnerre qui gronde, les éclairs qui allumait une lampe dans l’obscurité de sorte que ceux
éclatent, et la foudre qui tombe, vous n’avez ni vu ni en- qui ont des yeux puissent voir - même ainsi le Béni du
tendu le bruit ? Et je lui ai répondu, en disant : Non, mon Ciel a prononcé le Dhamma de plusieurs façons. Et C’est
frère. pourquoi, ô seigneur, je prend refuge dans le Béni du
Ciel, le Dhamma, et la Communauté de Bikkhus. Puisse le
42. "Et à cet homme, Pukkusa, vint l’idée : Il est mer- Béni du Ciel m’accepter pour son disciple, un qui a pris
veilleux, Seigneur, il est bien extraordinaire, effective- refuge jusqu’à la fin de sa vie."
ment, l’état de calme dans lequel demeurent ceux qui ont
quitté le monde! Et là surgit en lui une grande foi en lui, 44. Alors Pukkusa du clan des Mallas s’adressa à un cer-
et il me salua respectueusement, et tenant son côté droit tain homme, en disant : "Apporte moi tout de suite, ami,
envers moi, il reprit sa route." deux ensembles de robes aux reflets dorés, polies et
prêtes à porter." Et l’homme lui répondit : "Qu’il en soit
ainsi."
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et là-dessus, il habilla le 49. "C’est vrai, Ananda. Il y a deux occasions, Ananda,
Béni du Ciel avec une, et avec l’autre, il habilla le Véné- quand la peau du Tathagata semble excessivement claire
rable Ananda. et radieuse. Que sont ces deux ? La nuit, Ananda, où le
Tathagata devient pleinement éveillé dans l’Eveil suprême
46. Et alors le Béni du Ciel instruisit Pukkusa du clan des et insurpassable, et la nuit où le Tathagata arrive à son
Mallas dans le Dhamma, et le stimula, l’édifia, et le ré- décès final dans l’état de Nibbana dans lequel ne de-
jouit. Et après cela, Pukkusa se leva de son siège, salua meure aucun élément d’attachement. Et telles, Ananda,
respectueusement le Béni du Ciel, et tenant son côté sont les deux occasions où la peau du Tathagata semble
droit envers lui, reprit sa route. excessivement claire et radieuse.
47. Et peu après que Pukkusa du clan des Mallas soit 50. "Et aujourd’hui maintenant, au cours de la dernière
parti, le Vénérable Ananda arrangea l’ensemble de robes veille de cette nuit-même, Ananda, dans le Bosquet de
aux reflets dorés, polies et prêtes à porter, sur le corps Salas des Mallas, aux environs de Kusinara, entre deux
du Béni du Ciel. Mais quand l’ensemble de robes eut été arbres sala, le Tathagata vont arriver à son Paranibbâna.
arrangé sur le corps du Béni du Ciel, il était devenu Donc, Ananda, allons maintenant à la rivière Kakuttha."
comme fané, et sa splendeur avait pâli.
51. Vêtu du cadeau de Pukkusa, les robes d’or,
48. Et le Vénérable Ananda dit au Béni du Ciel : " C’est La forme du Maître était radieuse à voir.
merveilleux, Seigneur, c’est bien extraordinaire, effecti-
vement, comme la peau du Tathagata semble claire et
radieuse! Cet ensemble de robes aux reflets dorés, polies
et prêtes à porter, Seigneur, maintenant qu’il est disposé
sur le corps du Béni du Ciel semble s’être fané, sa splen-
deur pâlie."
Il soulage les remords de Cunda 57. Alors le Béni du Ciel, comprenant le problème, profé-
ra cette déclaration solennelle :
56. Alors le Béni du Ciel s’adressa au Vénérable Ananda,
en disant : "Il pourrait arriver, Ananda, que quelqu’un "Celui qui donne, ses vertus augmentera ;
veuille causer du remords à Cunda le forgeron, en Qui est bien dressé, aucune haine ne porte ;
disant : Ce n’est pas un gain pour toi, ami Cunda, mais Quiconque est habile en vertu, le mal rejette,
une perte, que que ce soit de toi que le Tathagata ait pris Et par l’éradication de la luxure et de la haine
son dernier repas d’aumônes, et qu’ensuite il ait trouvé Et de toute illusion, vient à être en paix."
sa fin. Alors, Ananda, le remords de Cunda devrait être
dissipé de la manière qui suit : C’est un gain pour toi,
ami Cunda, c’est une bénédiction que le Tathagata ait
pris son dernier repas d’aumônes de toi, et qu’ensuite il
ait trouvé sa fin.
6. "Et pourtant ce n’est pas ainsi, Ananda, que le Tatha- 9-10. Et le Vénérable Ananda dit sa pensée au Béni du
gata est respecté, vénéré, estimé, adoré, et honoré au Ciel. Le Béni du Ciel dit : "A travers le décuple système
plus haut degré. Mais, Ananda, quel que soit le bikkhu ou cosmique, Ananda, il n’y a presque aucun des devas qui
la bikkhuni, le laïc ou la laïque, qui demeure par le ne soit venu se rassembler pour voir le Tathagata. Car
Dhamma, vit droitement dans le Dhamma, marche dans sur douze yojanas de distance tout autour du Bosquet de
la voie du Dhamma, c’est par une telle personne que le Salas des Mallas aux environs de Kusinara il n’y a pas un
Tathagata est respecté, vénéré, estimé, adoré, et honoré seul endroit qu’on pourrait piquer avec le bout d’un che-
au plus haut degré. En conséquence, Ananda, c’est ainsi veu qui ne soit rempli de puissants devas. Et ces devas,
que vous devriez vous entraîner : Nous demeurerons Ananda, se plaignent : De loin sommes nous venus pour
dans le Dhamma, vivrons droitement dans le Dhamma, voir le Tathagata.
marcherons dans la voie du Dhamma.”
Car rare dans le monde est l’apparition de Tathagatas,
Le chagrin des dieux d’Arahants, de Pleinement Eveillés. Et en ce jour, au cours
de la dernière veille de la nuit, le Paranibbâna du Tatha-
7. A ce moment le Vénérable Upavana se tenait devant le gata surviendra. Mais ce bikkhu de grand pouvoirs s’est
Béni du Ciel, en train de l’éventer. Et le Béni du Ciel le ré- placé juste en face du Béni du Ciel, le cachant, de sorte
primanda, en disant : "Mets-toi de côté, bikkhu, ne te que maintenant, à la toute fin, sommes empêchés du re-
tiens pas devant moi." garder. Ainsi, Ananda, se plaignent les devas."
8. Et au Vénérable Ananda vint la pensée : "Ce Vénérable 11. "De quelles sortes de devas, Seigneur, le Béni du Ciel
Upavana est au service du Béni du Ciel depuis longtemps, est-il conscient ?"
associé de près avec lui et le servant. Et pourtant mainte-
nant, tout à la fin, le Béni du Ciel le réprimande. Quelle
pourrait donc être la raison, que pourrait-être la cause
de ce que le Béni du Ciel réprimande le Vénérable Upava-
na, en disant : Mets-toi de côté, bikkhu, ne te tiens pas
devant moi ?"
15. "Auparavant, Seigneur, en quittant leurs quartiers 20. "Ici le Tathagata est passé dans l’état de Nibbana
après les pluies, les bikkhus demandaient à voir le Ta- dans lequel ne demeure aucun élément d’attachement!
thagata, et nous avions le gain et le bénéfice de recevoir Ceci, Ananda, est un lieu qu’une personne pieuse devrait
et de nous associer avec ces très révérends bikkhus qui visiter et considérer avec des sentiments de révérence.
venaient demander audience au Béni du Ciel et venaient
le servir. Mais, Seigneur, après le départ du Béni du Ciel,
nous n’aurons plus have ce gain et ce bénéfice."
21. "Ce sont là, Ananda, les quatre endroits qu’une per- "Ne vous embarrassez pas, Ananda, à honorer le corps
sonne pieuse devrait visiter et considérer avec des senti- du Tathagata. Au contraire, efforcez-vous, Ananda, et
ments de révérence. Et en vérité, viendront à ces en- soyez zélés pour vous mêmes, pour votre propre bien.
droits, Ananda, de pieux bikkhus et bikkhunis, laïcs et Sans flancher, ardemment, et résolument appliquez-vous
laïques, en se disant que : Ici est né le Tathagata! Ici le à votre propre bien. Car il y a, Ananda, de sages nobles,
Tathagata s’est pleinement éveillé dans l’Eveil suprême et de sages brahmanes, et de sages maîtres de maison qui
insurpassable! Ici le Tathagata a mis en route la Roue du sont dévoués au Tathagata, et ce sont eux qui vont
Dhamma sans pareille ! Ici le Tathagata est passé dans rendre les honneurs au corps du Tathagata."
l’état de Nibbana dans lequel ne demeure aucun élément
d’attachement ! 25. Alors le Vénérable Ananda dit : "Mais comment, Sei-
gneur, devraient-ils agir pour respecter le corps du Ta-
22. "Et quiconque, Ananda, devrait mourir en un tel pèle- thagata ?"
rinage avec son coeur établi dans la foi, à la dissolution "De la même manière, Ananda, que pour le corps d’un
du corps, après la mort, renaîtra dans un domaine de monarque universel."
bonheur céleste." "Mais comment, Seigneur, font-ils pour respecter le
corps d’un monarque universel ?"
23. Alors le Vénérable Ananda dit au Béni du Ciel :
"Comment, Seigneur, devrions-nous nous comporter en-
vers les femmes ?"
"Ne les voyez pas, Ananda."
"Mais, Seigneur, si nous les voyions ?"
"Ne leur parle pas, Ananda."
"Mais, Seigneur, si elles devaient nous parler ?"
"Alors, Ananda, il vous faudra établir l’attention."
26. "Le corps d’un monarque universel, Ananda, est 28-31. "Et pourquoi, Ananda, un Tathagata, un Arahat,
d’abord enveloppé dans du lin neuf, et ensuite dans du un Etre Pleinement Eveillé sont-ils dignes d’un stupa ?
coton peigné, et ce à concurrence de cinq cent couches C’est parce que, Ananda, à la pensée : Ceci est le stupa
de lin et cinq cent de coton. Lorsque C’est fait, le corps de ce Béni du Ciel, de cet Arahat, de cet Etre Pleinement
du monarque universel est placé dans un récipient à huile Eveillé! les coeurs de nombreuses personnes vont être
en fer, qui est enclos dans un autre récipient en fer, on calmés et rendus heureux ; et ainsi calmés et avec leurs
construit un bûcher funéraire de toutes sortes de bois esprits ainsi établis dans la foi, à la dissolution du corps,
aromatiques, et on brûle ainsi le corps du monarque uni- après la mort, ils vont renaître dans un domaine de bon-
versel ; et à un carrefour on élève un stupa pour le mo- heur céleste. Et de même aussi à la pensée : Ceci est le
narque universel. C’est ainsi qu’on fait, Ananda, avec le stupa de ce Paccekabuddha! ou Ceci est le stupa d’un
corps d’un monarque universel. Et donc, Ananda, ainsi disciple de ce Tathagata, Arahat, Etre Pleinement Eveillé!
qu’il est fait avec le corps d’un monarque universel, ainsi ou Ceci est le stupa de ce juste monarque qui régna se-
doit-on faire avec le corps du Tathagata ; et à un carre- lon le Dhamma! - les coeurs de nombreuses personnes
four également devrait-on élever un stupa pour le Tatha- seront calmés et rendus heureux ; et ainsi calmés et avec
gata. Et quiconque apportera à cet endroit des guirlandes leurs esprits ainsi établis dans la foi, à la dissolution du
ou de l’encens ou de la pâte de bois de santal, ou fera corps, après la mort, ils vont renaître dans un domaine
des révérences, et dont l’esprit deviendra calme à cet en- de bonheur céleste. Et C’est à cause de cela, Ananda, que
droit - ce sera pour son bien-être et son bonheur pour ces quatre personnes sont dignes d’un stupa."
longtemps.
La gloire passée de Kusinara 43. "Et puissante, Ananda, était Kusavati, la capitale,
prospère et bien peuplée, très fréquentée par les gens, et
41. Lorsque ceci eut été dit, le Vénérable Ananda abondamment fournie en nourriture. Tout comme la ré-
s’adressa au Béni du Ciel, en disant : "Ne permettez pas, sidence royale des devas, Alakamanda, est puissante,
Seigneur, que le Béni du Ciel décède dans ce méchant prospère, et bien peuplée, largement fréquentée par les
endroit, cette bourgade du milieu de la jungle, loin de la devas et abondamment fournie en nourriture, ainsi était
civilisation, simple poste avancé de province. Il y a de la capitale royale de Kusavati.
grandes cités, Seigneur, comme Campa, Rajagaha, Savat-
thi, Saketa, Kosambi, et Bénarès - que le Béni du Ciel ait 44. "Kusavati, Ananda, résonnait sans cesse jour et nuit
son décès final dans une d’elles. Car dans ces cités ha- de dix sons - le barrissement des éléphants, le hennis-
bitent de nombreux riches nobles, brahmanes et maîtres sement des chevaux, le grondement des chariots, les
de maison qui sont dévots du Tathagata, et ils rendront battements des tambours et des timbales, de la musique
les honneurs qu’ils méritent aux reliques du Tathagata." et des chants, des acclamations, des battements de
mains, et des cris de Mangez, buvez, et soyez gais!
42. "Ne dis pas ça, Ananda! Ne dis pas : Ce méchant en-
droit, cette bourgade du milieu de la jungle, loin de la ci-
vilisation, simple poste avancé de province. Il y a long-
temps, Ananda, il y eut un roi du nom de Maha Sudassa-
na, qui était un monarque universel, un roi de justice, un
conquérant des quatre quartiers de la terre, dont le do-
maine était établi dans la sécurité, et qui était doté des
sept joyaux. Et ce roi Maha Sudassana, Ananda, avait sa
résidence royale ici à Kusinara, qui s’appelait alors Kusa-
vati, et elle s’étendait sur douze yojanas de l’Est à
l’Ouest, et sur sept du nord au sud.
Lamentations des Mallas 47. Quand ils entendirent le Vénérable Ananda prononcer
ces paroles, les Mallas avec leurs fils, leurs femmes, et
45. "Va maintenant, Ananda, à Kusinara et annonce aux les épouses de leurs fils, furent profondément touchés,
Mallas : Aujourd’hui, Vasetthas, au cours de la dernière touchés jusqu’au coeur et affligés ; et certains, avec leurs
veille de la nuit, le Paranibbâna du Tathagata va avoir cheveux tout ébouriffés, les bras levés au ciel de déses-
lieu. Approchez-vous, O Vasetthas, venez tout près! Ne poir, pleurèrent ; se jetant par terre, ils se roulaient d’un
faites pas en sorte d’avoir plus tard des remords à la côté à l’autre, en geignant : "Le Béni du Ciel arrive trop
pensée : "C’est dans notre bourgade qua eu lieu le Para- tôt à son Paranibbâna! Le Béni du Ciel arrive trop tôt à
nibbâna du Tathagata, mais nous n’avons pas été le voir son Paranibbâna! L’œil du Monde va trop tôt disparaître"
à la fin!"
"Qu’il en soit ainsi, Seigneur." Et le Vénérable Ananda se 48. Et ainsi affligés et remplis de chagrin, les Mallas, avec
prépara, et prenant son bol et sa robe, partit avec un leurs fils, leurs épouses, et les épouses de leurs fils, par-
compagnon à Kusinara. tirent pour le Bosquet de Salas, le parc de détente des
Mallas, à l’endroit où le Vénérable Ananda se trouvait.
46. Or en ce temps-là les Mallas s’étaient rassemblés
dans la salle du conseil pour quelque affaire publique. Et 49. Et la pensée vint au Vénérable Ananda : "Si je dois
le Vénérable Ananda s’approcha deux et annonça : "Au- laisser les Mallas de Kusinara faire des révérences au Béni
jourd’hui, Vasetthas, au cours de la dernière veille de la du Ciel un par un, la nuit aura laissé place à l’aube avant
nuit, le Paranibbâna du Tathagata va avoir lieu. Appro- qu’ils se soient tous présentés à lui. En conséquence je
chez-vous, Vasetthas, venez tout près! Ne faites pas en vais les répartir par clans, chaque famille dans un
sorte d’avoir plus tard des remords à la pensée : C’est groupe, et les présenter ainsi au Béni du Ciel : Le Malla
dans notre bourgade qua eu lieu le Paranibbâna du Ta- de tel ou tel nom, Seigneur, avec ses épouses et enfants,
thagata, mais nous n’avons pas été le voir à la fin.” ses serviteurs et ses amis, rend hommage aux pieds du
Béni du Ciel.”
50. Et le Vénérable Ananda répartit les Mallas par clans, 53. Alors l’ascète errant Subhadda partit au Bosquet de
chaque famille dans un groupe, et les présenta au Béni Salas, le parc de détente des Mallas, et s’approcha du
du Ciel. C’est ainsi que le Vénérable Ananda fit que les Vénérable Ananda, et dit au Vénérable Ananda sa pensée.
Mallas de Kusinara fussent présentés au Béni du Ciel par Et il s’adressa au Vénérable Ananda, en disant : "Ami
clans, chaque famille dans un groupe, jusqu’au cours de Ananda, il serait bon qu’on me permette d’être admis en
la première veille de la nuit. présence de l’ascète Gotama."
68. Donc il se produisit qu’à l’ascète errant Subhadda, en 2. "Et, Ananda, alors que maintenant les bikkhus s’adr-
présence du Béni du Ciel, fut donné l’admission et l’ordi- essent les uns aux autres ainsi ami, que ce ne soit plus le
nation supérieure. Et à partir du moment de son ordina- cas quand je serai parti. Les bikkhus anciens, Ananda,
tion, le Vénérable Subhadda demeura seul, reclus, atten- pourront s’adresser aux plus jeunes par leur nom, leur
tif, ardent, et résolu. Et avant longtemps, il atteint au but nom de famille, ou ainsi ami ; mais les bikkhus plus
pour lequel un homme digne quitte le domicile pour le jeunes devront s’adresser aux plus anciens ainsi véné-
sans-domicile-fixe, le but suprême de la vie sainte ; et rable ou révérend.
l’ayant par lui-même réalisé avec la connaissance supé-
rieure, il y demeura. Il sut que : "Détruite est la naissance 3. "Si on le souhaite, Ananda, le Sangha pourra, quand je
; la vie supérieure est accomplie ; il ne reste plus rien à serai parti, abolir les règles mineures et moins impor-
faire, et au-delà de cette vie plus rien ne reste." Et le Vé- tantes.
nérable Subhadda devint encore un autre parmi les Ara-
hants, et il fut le dernier disciple converti par le Béni du 4. "Ananda, quand je serai parti, imposez la pénalité la
Ciel lui-même. plus grande au bikkhu Channa."
"Mais quelle est, Seigneur, la pénalité la plus grande ?"
Sixième partie "Le bikkhu Channa, Ananda, pourra dire ce qu’il voudra,
La disparition mais les bikkhus ne devront ni converser avec lui, ni
l’exhorter, ni l’admonester."
Exhortation finale du Béni du Ciel
1. Or le Béni du Ciel s’adressa au Vénérable Ananda, en 5. Alors le Béni du Ciel s’adressa aux bikkhus, en disant :
disant : "Il se pourrait, Ananda, qu’à certains d’entre vous "Il se pourrait, bikkhus, qu’un de vous soit dans le doute
vienne l’idée : Terminée est la parole du Maître ; nous ou la perplexité par rapport au Bouddha, au Dhamma, ou
n’avons plus de Maître. Mais il ne faudrait pas, Ananda, au Sangha, au sentier ou à la pratique. Alors posez vos
voir les choses comme cela. Car ce que j’ai proclamé et questions, bikkhus! Ne faites pas en sorte d’avoir plus
fait connaître comme le Dhamma et la Discipline, c’est là tard des remords avec la pensée : Le Maître était avec
ce qui sera votre Maître quand je serai parti. nous face à face, et pourtant face à face nous ne lui
avons pas demandé.”
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Soutras essentiels du canon bouddhique - Page 249 / 276
Comment le Béni du Ciel passa en Nibbana 11. Alors le Béni du Ciel, sortant de la cessation de la
perception et de la sensation, entra dans la sphère de la
9. Et le Béni du Ciel entra dans le premier jhâna. En sor- ni-perception-ni-non-perception. En sortant de l’accès à
tant du premier jhâna, il entra dans le second jhâna. En la sphère de la ni-perception-ni-non-perception, il entra
sortant du second jhâna, il entra dans le troisième jhâna. dans la sphère de la vacuité. En sortant de l’accès à la
En sortant du troisième jhâna, il entra dans le quatrième sphère de la vacuité, il entra dans la sphère de la
jhâna. Et en sortant du quatrième jhâna, il entra dans la conscience infinie. En sortant de l’accès à la sphère de la
sphère de l’espace infini. En sortant de l’accès à la sphère conscience infinie, il entra dans la sphère de l’espace in-
de l’espace infini, il entra dans la sphère de la conscience fini. En sortant de l’accès à la sphère de l’espace infini, il
infinie. En sortant de l’accès à la sphère de la conscience entra dans le quatrième jhâna. En sortant du quatrième
infinie, il entra dans la sphère de la vacuité. En sortant de jhâna, il entra dans le troisième jhâna. En sortant du troi-
l’accès à la sphère de la vacuité, il entra dans la sphère sième jhâna, il entra dans le second jhâna. En sortant du
de la ni-perception-ni-non-perception. Et en sortant de second jhâna, il entra dans le premier jhâna.
l’accès à la sphère de la ni-perception-ni-non-percep- En sortant du premier jhâna, il entra dans le second jhâ-
tion, il atteint à la cessation de la perception et de la sen- na. En sortant du second jhâna, il entra dans le troisième
sation. jhâna. En sortant du troisième jhâna, il entra dans le
quatrième jhâna. Et, en sortant du quatrième jhâna, le
10. Et le Vénérable Ananda s’adressa au Vénérable Anu- Béni du Ciel immédiatement trépassa.
ruddha, en disant : "Vénérable Anuruddha, le Béni du Ciel
est décédé."
"Non, ami Ananda, le Béni du Ciel n’a pas disparu. Il est
entré dans l’état de la cessation de la perception et de la
sensation."
18. Et le Vénérable Anuruddha s’adressa aux bikkhus, en 19. Or le Vénérable Anuruddha et le Vénérable Ananda
disant : "Suffit, amis! Ne vous chagrinez pas, ne vous la- passèrent le reste de la nuit à parler du Dhamma. Alors le
mentez pas! Car le Béni du Ciel n’a-t-il pas déclaré Vénérable Anuruddha s’adressa au Vénérable Ananda, en
qu’avec tout ce qui est cher et bien-aimé, il y un néces- disant : "Va maintenant, ami Ananda, à Kusinara, et an-
sairement changement, séparation et rupture ? De ce qui nonce aux Mallas : Le Béni du Ciel, Vasetthas, est décédé.
est né, qui est venu à être, a été composé et qui est sujet Faites maintenant comme bon vous semble.”
à flétrissure, comment peut-on dire : Puisse cela ne ja- "Qu’il en soit ainsi, vénérable." Et le Vénérable Ananda se
mais en venir à dissolution! ? Les devas, amis, sont affli- prépara dans lavant-midi, et prenant son bol et sa robe,
gés." partit avec un compagnon pour Kusinara.
"Mais, vénérable, de quels devas le Vénérable Anuruddha
est-il conscient ?" 20. A ce moment les Mallas de Kusinara s’étaient ras-
"Il y a des devas, ami Ananda, dans l’espace et sur la semblés dans la salle du conseil pour considérer cette af-
terre qui ont une mentalité terrienne ; échevelés ils faire-même. Et le Vénérable Ananda s’approcha deux et
pleurent, les bras au ciel ils pleurent ; se jetant par terre, annonça : "Le Béni du Ciel, Vasetthas, est décédé. Faites
ils se roulent d’un côté à l’autre, en geignant : Le Béni du maintenant comme bon vous semble."
Ciel arrive trop tôt à son Paranibbâna! Le Béni du Ciel ar-
rive trop tôt à son Paranibbâna! Trop tôt l’œil du Monde a Et quand ils entendirent le Vénérable Ananda dire ces pa-
disparu de notre vue! Mais ceux des devas qui sont libé- roles, les Mallas avec leurs fils, leurs épouses, et les
rés de la passion, attentifs et en état de comprendre clai- épouses de leurs fils, furent profondément touchés, tou-
rement, réfléchissent de cette façon : Impermanentes chés jusqu’au coeur et affligés ; et certains, avec leurs
sont toutes choses composées. Comment pourrait-il en cheveux tout ébouriffés, les bras levés au ciel de déses-
être autrement ?” poir, pleurèrent ; se jetant par terre, ils se roulaient d’un
côté à l’autre, en geignant : "Le Béni du Ciel arrive trop
tôt à son Paranibbâna! "Le Béni du Ciel arrive trop tôt à
son Paranibbâna! Trop tôt l’œil du Monde a disparu de
notre vue!"
Hommage aux Restes Mais le septième jour la pensée leur vint : "Nous avons
rendu hommage au corps du Béni du Ciel avec des
21. Alors les Mallas de Kusinara donnèrent des ordres à danses, des chants, de la musique, des guirlandes de
leurs hommes, en disant : "Rassemblez maintenant tous fleurs, et du parfum, et lui avons montré respect, hon-
les parfums, les guirlandes de fleurs, et les musiciens, neur, et vénération ; transportons maintenant le corps du
même tous qui sont dans Kusinara." Et les Mallas, avec Béni du Ciel vers le sud, dans la partie sud du bourg et
les parfums, les guirlandes de fleurs, et les musiciens, et au-delà, et là incinérons le corps du Béni du Ciel au sud
avec cinq cent ensembles de vêtements, partirent pour le du bourg."
Bosquet de Salas, le parc de détente des Mallas, et Et huit Mallas des meilleures familles, lavés jusqu’au
s’approchèrent du corps du Béni du Ciel. Et sen étant ap- sommet de leur tête et vêtus de vêtements neufs, avec la
prochés, ils rendirent hommage au corps du Béni du Ciel pensée : "Nous soulèverons le corps du Béni du Ciel,"
avec des danses, des chants, de la musique, des guir- t’entèrent de le faire mais ne le purent pas.
landes de fleurs, et du parfum, et érigeant baldaquins et
pavillons, ils passèrent la journée à montrer respect, 22. Alors les Mallas s’adressèrent au Vénérable Anurud-
honneur, et vénération au corps du Béni du Ciel. Et alors dha, en disant : "Quelle est la cause, Vénérable Anurud-
la pensée leur vint : "Maintenant la journée est trop avan- dha, pourquoi ces huit Mallas des meilleures familles, la-
cée pour que nous puissions incinérer le corps du Béni vés jusqu’au sommet de leur tête et vêtus de vêtements
du Ciel. Demain nous le ferons." neufs, avec la pensée : Nous soulèverons le corps du Béni
Et un second jour, et un troisième, un quatrième, un cin- du Ciel, tentent de le faire mais n’y arrivent pas ?"
quième, et un sixième jour, ils rendirent hommage au "Vous autres, Vasetthas, avez un propos, les devas en ont
corps du Béni du Ciel avec des danses, des chants, de la un autre."
musique, des guirlandes de fleurs, et du parfum, et éri-
geant baldaquins et pavillons, ils passèrent la journée à "Alors, vénérable, quel est le propos des devas ?"
montrer respect, honneur, et vénération au corps du Béni
du Ciel.
"Votre propos, Vasetthas, est celui-ci : Nous avons rendu 23. A ce moment-là, tout Kusinara, même les tas de
hommage au corps du Béni du Ciel avec des danses, des poussière et les tas d’ordures, fut recouvert à hauteur de
chants, de la musique, des guirlandes de fleurs, et du genoux de mandarava célestes. Et les devas aussi bien
parfum, et lui avons montré respect, honneur, et vénéra- que les Mallas de Kusinara rendaient hommage au corps
tion ; transportons maintenant le corps du Béni du Ciel du Béni du Ciel. Avec des danses, des chants, de la mu-
vers le sud, dans la partie sud du bourg et au-delà, et là sique, des guirlandes de fleurs, et du parfum, autant di-
incinérons le corps du Béni du Ciel au sud du bourg. Mais vins qu’humains, on montrait respect, honneur, et véné-
le propos des devas, Vasetthas, est celui-ci : Nous avons ration. Et ils transportèrent le corps du Béni du Ciel vers
rendu hommage au corps du Béni du Ciel avec des le nord dans la partie nord du bourg ; et l’ayant porté par
danses célestes, des chants, de la musique, des guir- la porte nord, ils repartirent par le centre du bourg, et
landes de fleurs, et du parfum, et lui avons montré res- ensuite vers l’Est à l’Est du bourg ; et ayant passé par la
pect, honneur, et vénération ; transportons maintenant le porte est, ils transportèrent le corps du Béni du Ciel au
corps du Béni du Ciel vers le nord dans la partie nord du cetiya des Mallas, Makuta-bandhana, et là l’étendirent
bourg ; et l’ayant porté par la porte nord, passons par le par terre.
centre du bourg, et ensuite vers l’Est, à l’Est du bourg ; et
ayant passé par la porte est, transportons le au cetiya des 24. Alors les Mallas de Kusinara s’adressèrent au Véné-
Mallas, Makuta-bandhana, et là incinérons le corps du rable Ananda, en disant : "Comment devrions-nous faire,
Béni du Ciel.” Vénérable Ananda, par respect pour le corps du Tathaga-
"Comme le voudront les devas, vénérable, qu’il en soit ta ?"
ainsi." "De la même manière, Vasetthas, que pour le corps d’un
monarque universel."
"Mais comment fait-on, vénérable Ananda, pour respec-
ter le corps d’un monarque universel ?"
"Le corps d’un monarque universel, Vasetthas, est d’abo- 25. Alors les Mallas donnèrent des ordres à leurs
rd enveloppé dans du lin neuf, et ensuite dans du coton hommes, en disant : "Rassemblez maintenant tout le co-
peigné. Et encore il est enveloppé dans du lin neuf, et ton peigné des Mallas!" Et les Mallas de Kusinara enve-
encore dans du coton peigné, et ce à concurrence de cinq loppèrent le corps du Béni du Ciel dans du lin neuf, et
cent couches de lin et cinq cent de coton. Lorsque C’est ensuite dans du coton peigné. Et ils l’enveloppèrent en-
fait, le corps du monarque universel est placé dans un core dans du lin neuf, et encore dans du coton peigné, et
récipient à huile en fer, qui est enclos dans un autre réci- ce jusqu’à cinq cent couches de lin et cinq cent de coton.
pient en fer et on construit un bûcher funéraire de toutes Lorsque cela fut fait, ils placèrent le corps du Béni du Ciel
sortes de bois aromatiques, et C’est ainsi qu’on brûle le dans un récipient à huile en fer, lui-même enclos dans
corps du monarque universel. Et à un carrefour on élève un autre récipient en fer, et ils construisirent un bûcher
un stupa pour le monarque universel. C’est ainsi qu’on funéraire de toutes sortes de bois aromatiques, et sur lui
fait, Vasetthas, avec le corps d’un monarque universel. ils étendirent le corps du Béni du Ciel.
"Et même, Vasetthas, ainsi qu’avec le corps d’un mo- 26. Or en ce temps-là le Vénérable Maha Kassapa se dé-
narque universel, ainsi doit-on faire avec le corps du Ta- plaçait de Pava à Kusinara de même qu’une grande com-
thagata ; et à un carrefour il faut également élever un pagnie de cinq cent bikkhus. Et en chemin, le Vénérable
stupa pour le Tathagata. Et quiconque apportera à cet Maha Kassapa s’écarta de la route et s’assit au pied d’un
endroit des guirlandes ou de l’encens ou de la pâte de arbre.
bois de santal, ou fera des révérences, et dont le l’esprit Et un certain Ajivaka passa par là, en route pour Pava, et
devient calme à cet endroit - ce sera pour son bien-être il avait pris une fleur de mandarava de Kusinara. Et le Vé-
et son bonheur pendant longtemps." nérable Maha Kassapa vit l’Ajivaka venir de loin, et
comme il arrivait tout près il s’adressa à lui, en disant :
"Savez-vous, ami, quoi que ce soit de notre Maître ?"
"Oui, ami, je sais. Il y a maintenant sept jours que l’ascè-
te Gotama a disparu. C’est de là que j’ai apporté cette
fleur de mandarava."
27. Là-dessus certains bikkhus, pas encore libérés de la 29. Or en ce temps-là quatre Mallas des meilleures fa-
passion, levèrent leurs bras au ciel et pleurèrent ; et cer- milles, lavés jusqu’au sommet de leur tête et vêtus de
tains, se jetant par terre, se roulèrent d’un côté à l’autre vêtements neufs, avec la pensée : "Nous allons allumer le
et pleurèrent, en geignant : "Le Béni du Ciel arrive trop le bûcher du Béni du Ciel," t’entèrent de le faire mais ne
tôt à son Paranibbâna! Le Béni du Ciel arrive trop tôt à le purent pas. Et les Mallas s’adressèrent au Vénérable
son Paranibbâna! Trop tôt l’œil du Monde a disparu de Anuruddha, en disant : "Quelle est la cause, Vénérable
notre vue!" Anuruddha, quelle est la raison que ces quatre Mallas des
meilleures familles, lavés jusqu’au sommet de leur tête et
28. Or en ce temps-là, un certain Subhadda, qui n’avait vêtus de vêtements neufs, avec la pensée : "Nous allons
renoncé que dans sa vieillesse, était assis dans l’asse- allumer le le bûcher du Béni du Ciel, tentent de le faire
mblée. Et il s’adressa aux bikkhus, en disant : "Suffit, mais n’y arrivent pas ?"
amis! Ne vous chagrinez pas, ne vous lamentez pas! "Vous autres, Vasetthas, avez un propos, les devas en ont
Nous sommes bien débarrassés de ce grand ascète. Trop un autre."
longtemps, amis, avons-nous été opprimés par par lui "Alors, vénérable, quel est le propos des devas ?"
qui disait : Ceci est approprié pour vous ; cela n’est pas "Le propos des devas, Vasetthas, est celui-ci : Le Véné-
approprié pour vous. Maintenant nous pourrons faire à rable Maha Kassapa est en route de Pava à Kusinara de
notre gré, et ce dont nous n’avons pas envie, nous ne le même qu’une grande compagnie de cinq cent bikkhus.
ferons pas." Ne permettons pas que le bûcher du Béni du Ciel soit al-
lumé avant que le Vénérable Maha Kassapa n’ait rendu
Mais le Vénérable Maha Kassapa s’adressa aux bikkhus, hommage aux pieds du Béni du Ciel.”
en disant : "Suffit amis! Ne vous chagrinez pas, ne vous "Comme le voudront les devas, vénérable, qu’il en soit
lamentez pas! Car le Béni du Ciel n’a-t-il pas déclaré ainsi."
qu’avec tout ce qui est cher et bien-aimé, il y un néces-
sairement changement, séparation et rupture ? De ce qui
est né, qui est venu à être, qui a été composé, et qui est
sujet à flétrissure, comment peut-on dire : Puisse cela ne
jamais en venir à dissolution! ?"
30. Et le Vénérable Maha Kassapa s’approcha du bûcher 32. Et quand le corps du Béni du Ciel eut été brûlé, de
du Béni du Ciel, au cetiya des Mallas, Makuta-bandhana, l’eau plut du ciel et éteint le bûcher du Béni du Ciel, et
dans Kusinara. Et il arrangea sa robe supérieure sur une des arbres sala de l’eau sortit, et les Mallas de Kusinara
épaule, et avec ses mains jointes élevées en salutation, il apportèrent de l’eau parfumée avec plusieurs sortes de
marcha trois fois autour du bûcher, tenant son côté droit parfums, et eux aussi éteignirent le bûcher du Béni du
envers le corps du Béni du Ciel, et il rendit hommage aux Ciel.
pieds du Béni du Ciel. Et il en alla de même des cinq cent
bikkhus. Et les Mallas de Kusinara déposèrent les reliques du Béni
du Ciel dans leur salle du conseil, et les entourèrent d’un
Et quand le Vénérable Maha Kassapa et les cinq cent bik- treillis de lancent et les encerclèrent d’une clôture
khus eurent rendu hommage, le bûcher du Béni du Ciel d’arcs ; et là pendant sept jours ils rendirent hommage
éclata en flammes de lui-même. aux reliques du Béni du Ciel avec des danses, des chants,
de la musique, des guirlandes de fleurs, et du parfum, et
31. Et il se produisit que quand le corps du Béni du Ciel montrèrent respect, honneur, et vénération aux reliques
eut été brûlé, on ne vit ni cendres ni particules de ce qui du Béni du Ciel.
avaient été peau, tissus, chair, nerfs, ou fluides ; seuls
restèrent des os. Tout comme lorsque on brûle du ghee Partition des Reliques
ou de l’huile, cela ne laisse ni particules ni cendres der-
rière, de même quand le corps du Béni du Ciel eut été 33. Alors le roi de Magadha, Ajatasattu, fils de la reine
brûlé, ni cendres ni particules ne purent être vues de ce Videhi, vint à savoir qu’à Kusinara le Béni du Ciel avait
qui avaient été peau, tissus, chair, nerfs, et fluides ; seuls trépassé. Et il envoya un message aux Mallas de Kusina-
restèrent des os. Et des cinq cent enveloppes de lin, seuls ra, en disant : "Le Béni du Ciel était de la caste des guer-
deux ne furent pas consumées, la plus intérieure et la riers, et je le suis aussi. Je suis digne de recevoir une
plus extérieure. portion des reliques du Béni du Ciel. Je vais ériger un
stupa sur les reliques du Béni du Ciel et tenir un festival
en leur honneur."
34. Et les Licchavis de Vesali vinrent à savoir qu’à Kusi- 37. Et les Kolis de Ramagama vinrent à savoir qu’à Kusi-
nara le Béni du Ciel avait trépassé. Et ils envoyèrent un nara le Béni du Ciel avait trépassé. Et ils envoyèrent un
message aux Mallas de Kusinara, en disant : "Le Béni du message aux Mallas de Kusinara, en disant : "Le Béni du
Ciel était de la caste des guerriers, et nous le sommes Ciel était de la caste des guerriers, et nous le sommes
aussi. Nous sommes dignes de recevoir une portion des aussi. Nous sommes dignes de recevoir une portion des
reliques du Béni du Ciel. Nous allons ériger un stupa sur reliques du Béni du Ciel. Nous allons ériger un stupa sur
les reliques du Béni du Ciel et tenir un festival en leur les reliques du Béni du Ciel et tenir un festival en leur
honneur." honneur."
35. Et les Sakyas de Kapilavatthu vinrent à savoir qu’à 38. Et le brahmane Vethadipa vint à savoir qu’à Kusinara
Kusinara le Béni du Ciel avait trépassé. Et ils envoyèrent le Béni du Ciel avait trépassé. Et il envoya un message
un message aux Mallas de Kusinara, en disant : "Le Béni aux Mallas de Kusinara, en disant : "Le Béni du Ciel était
du Ciel était le plus grand de notre clan. Nous sommes de la caste des guerriers, et je suis un brahmane. Je suis
dignes de recevoir une portion des reliques du Béni du digne de recevoir une portion des reliques du Béni du
Ciel. Nous allons ériger un stupa sur les reliques du Béni Ciel. Je vais ériger un stupa sur les reliques du Béni du
du Ciel et tenir un festival en leur honneur." Ciel et tenir un festival en leur honneur."
36. Et les Bulis de Allakappa vinrent à savoir qu’à Kusina- 39. Et les Mallas de Pava vinrent à savoir qu’à Kusinara le
ra le Béni du Ciel avait trépassé. Et ils envoyèrent un Béni du Ciel avait trépassé. Et ils envoyèrent un message
message aux Mallas de Kusinara, en disant : "Le Béni du aux Mallas de Kusinara, en disant : "Le Béni du Ciel était
Ciel était de la caste des guerriers, et nous le sommes de la caste des guerriers, et nous le sommes aussi. Nous
aussi. Nous sommes dignes de recevoir une portion des sommes dignes de recevoir une portion des reliques du
reliques du Béni du Ciel. Nous allons ériger un stupa sur Béni du Ciel. Nous allons ériger un stupa sur les reliques
les reliques du Béni du Ciel et tenir un festival en leur du Béni du Ciel et tenir un festival en leur honneur."
honneur."
40. Mais quand ils entendirent ces paroles, les Mallas de 41. Alors les Moriyas de Pipphalivana vinrent à savoir
Kusinara s’adressèrent à l’assemblée, en disant : "Le Béni qu’à Kusinara le Béni du Ciel avait trépassé. Et ils en-
du Ciel est décédé dans notre bourgade. Nous ne nous voyèrent un message aux Mallas de Kusinara, en disant :
séparerons d’aucune portion des reliques du Béni du "Le Béni du Ciel était de la caste des guerriers, et nous le
Ciel." Alors le brahmane Dona s’adressa à l’assemblée, en sommes aussi. Nous sommes dignes de recevoir une
disant : portion des reliques du Béni du Ciel. Nous allons ériger
un stupa sur les reliques du Béni du Ciel et tenir un festi-
"Un mot de moi, je vous prie, messieurs, d’écouter!
val en leur honneur."
Notre Bouddha nous a toujours enseigné à nous garder ;
"Il ne reste aucune portion des reliques du Béni du Ciel ;
Inconvenant ce serait si querelle survenait
les reliques du Béni du Ciel ont été partagées. Mais pre-
Et guerre et sang versé, à propos de la garde
nez D’ici les cendres." Et ils prirent de là les cendres.
De ses restes, qui fut le meilleur des hommes!
Mettons nous tous, messieurs, en amitié d’accord
42. Et le roi de Magadha, Ajatasattu, fils de la reine Vide-
Pour partager huit portions - en sorte que de tous côtés
hi, érigea un stupa sur les reliques du Béni du Ciel à Ra-
Des stupas puissent surgir, et que les voyant, l’humanité
jagaha, et en leur honneur tint un festival. Les Licchavis
La foi dans le Parfaitement-Eveillé puisse trouver!" de Vesali érigèrent un stupa sur les reliques du Béni du
"Qu’il en soit ainsi, brahmane! Divise toi-même les re- Ciel à Vesali, et en leur honneur tinrent un festival.
liques en huit égales portions."
Les Sakyas de Kapilavatthu érigèrent un stupa sur les re-
Et le brahmane Dona dit à l’assemblée : "Qu’il en soit liques du Béni du Ciel à Kapilavatthu, et en leur honneur
ainsi, messieurs." Et il divisa justement en huit égales tinrent un festival. Les Bulis de Allakappa érigèrent un
portions les reliques du Béni du Ciel, et ayant ainsi fait, il stupa sur les reliques du Béni du Ciel à Allakappa, et en
s’adressa à l’assemblée, en disant : "Que cette urne, leur honneur tinrent un festival. Les Kolis de Ramagama
messieurs, me soit donnée. Sur cette urne je vais ériger érigèrent un stupa sur les reliques du Béni du Ciel à Ra-
un stupa, et en son honneur je vais tenir un festival." Et magama, et en leur honneur tinrent un festival. Le brah-
l’urne fut donnée au brahmane Dona. mane Vethadipa érigea un stupa sur les reliques du Béni
du Ciel à Vethadipa, et en leur honneur tint un festival.
Les Mallas de Pava érigèrent un stupa sur les reliques du 43. Huit portions il y eut de ses reliques,
Béni du Ciel à Pava, et en leur honneur tinrent un festival. Celui-qui-Voit-Tout, le plus grand des hommes.
Les Mallas de Kusinara érigèrent un stupa sur les reliques Sept dans Jambudipa sont honorées, et une l’Est
du Béni du Ciel à Kusinara, et en leur honneur tinrent un Dans Ramagama, par les rois de la race des Nagas.
festival. Le brahmane Dona érigea un stupa sur l’urne, et Une dent est honorée dans le ciel de Tavatimsa,
en son honneur tint un festival. Et les Moriyas de Pippha- Une l’Est dans le royaume de Kalinga, et une par les rois
livana érigèrent un stupa sur les cendres à Pipphalivana, Nagas.
et en leur honneur tinrent un festival. De leur clarté cette terre généreuse
De ses vraiment excellents cadeaux est dotée ;
Il se produisit donc qu’il y eut huit stupas pour les re- Car ainsi les reliques de Celui-qui-Voit-Tout sont le
liques, un neuvième pour l’urne, et un dixième pour les mieux honorées
cendres. Par ceux qui sont dignes d’honneurs - par dieux et Na-
Et ainsi il en alla dans les jours anciens. gas
Et seigneurs des hommes, oui, par le meilleur de l’huma-
nité.
Rendez hommage à mains jointes! Car dur effectivement
C’est
A travers des centaines d’âges de rencontrer un Parfai-
tement Eveillé!
KALAMA-SUTTA
Soutra de l'accès aux libres examens (4)
Il enseigne la doctrine, bonne en son début,
(1) bonne en son milieu, bonne en sa fin, bonne
Ainsi ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux en dans sa lettre et dans son esprit, et il exalte la
voyageant dans le pays Kosala, avec un grand Conduite pure parfaitement pleine et parfaite-
groupe de disciples, arriva dans une ville appelée ment pure. Rencontrer un tel Arahant est vrai-
Kesaputta. Les Kalamas, habitants de Kesaputta, ment une bonne chose."
apprirent que "le religieux Gotama, fils des Sa-
kyas, ayant abandonné sa famille sakya et quitté (5)
son foyer pour entrer dans la vie religieuse, Les Kalamas, habitants de Kesaputta, rendirent
voyageant dans le pays Kosala, était parvenu à alors visite au Bienheureux. En y arrivant, cer-
Kesaputta". tains parmi eux rendirent hommage au Bienheu-
reux et s'assirent à l'écart sur un côté. D'autres
(2) échangèrent avec lui des compliments de poli-
Or, une bonne réputation se propageait à propos tesse et des paroles de courtoisie et s'assirent
de ce Bienheureux Gotama: Il est le Bienheureux, ensuite à l'écart sur un côté. Certains, les mains
l'Arahant, parfaitement et pleinement éveillé, jointes, rendirent hommage dans la direction où
parfait en sa sagesse et sa conduite, bien arrivé se trouvait le Bienheureux, puis s'assirent à
(à son but), le Connaisseur des mondes, l'inco- l'écart sur le coté. D'autres encore, ayant énoncé
mparable Guide des êtres qui doivent être gui- leurs noms et leurs noms de famille, s'assirent à
dés, l'Instructeur des dieux et des humains, le l'écart sur un côté. D'autres s'assirent à l'écart
Bouddha, le Bienheureux. sur un côté sans rien dire.
(3)
Ayant connu lui-même ce monde-ci avec ses
dieux, avec ses Mara(s) et ses Brahma(s), avec
ses troupes de religieux et de brahmanes, ses
êtres célestes et humains, il le fait connaître.
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(8) (12)
Venez, ô Kalamas, ne vous laissez pas guider par O Kalamas, en se donnant à l'avidité, étant vain-
des rapports, ni par la tradition religieuse, ni par cu par l'avidité, étant enveloppé mentalement par
ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez l'avidité, un tel individu tue des êtres vivants,
par guider par l'autorité des textes religieux, ni commet des vols, s'engage dans l'adultère et
par la simple logique ou les allégations, ni par profère des paroles mensongères. Il pousse un
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autre à accomplir aussi de tels actes. De tels O Kalamas, en se donnant à l'illusion, étant vain-
actes entraînent-ils son mal et son malheur pen- cu par l'illusion, étant enveloppé mentalement
dant longtemps? Certainement, oui, ô Vénérable. par l'illusion, un tel individu tue des êtres vivants
(...) Il pousse un autre à accomplir aussi de tels
(13) actes. De tels actes entraînent-ils son mal et son
Qu'en pensez-vous, ô Kalamas? Lorsque la haine malheur pendant longtemps? Certainement oui,
apparaît chez quelqu'un, cette haine apparaît- ô Vénérable.
elle pour le bien de cet individu ou pour le mal?
O Vénérable, la haine apparaît pour le mal de cet (17)
individu. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Ces
choses sont-elles bonnes ou mauvaises? O Vé-
(14) nérable, ces choses sont mauvaises. Ces choses
O Kalamas, en se donnant à la haine, étant vain- sont-elles blâmables ou louables? O Vénérable,
cu par la haine, étant enveloppé mentalement ces choses sont blâmables. Est-ce que ces
par la haine, un tel individu tue des êtres vivants choses sont censurées ou pratiquées par les
(...) Il pousse un autre à accomplir aussi de tels sages ? O Vénérable, ces choses sont censurées
actes. De tels actes entraînent-ils son mal et son par les sages.
malheur pendant longtemps? Certainement oui,
ô Vénérable. (18)
Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Lorsqu'on les
(15) met en pratique, ces choses conduisent-elles au
Qu'en pensez-vous, ô Kalamas? Lorsque l'illusion mal et au malheur? Lorsqu'on les met en pra-
apparaît chez quelqu'un, cette illusion apparaît- tique, ô Vénérable, ces choses conduisent au mal
elle pour le bien-être de cet individu ou pour son et au malheur. C'est ce qui est généralement ac-
mal? O Vénérable, l'illusion apparaît pour le mal cepté. C'est ce que nous en pensons.
de cet individu.
(16)
(19) (23)
Le Bienheureux dit: C'est pourquoi, ô Kalamas, Cependant, ô Kalamas, lorsque vous savez vous-
nous avons déjà dit: Il est juste pour vous, ô Ka- mêmes que certaines choses sont favorables,
lamas, d'avoir un doute et d'être dans la per- que ces choses louables sont pratiquées par les
plexité. Car le doute est né chez vous à propos sages, que, lorsqu'on les met en pratique, elles
d'une matière qui est douteuse. conduisent au bien et au bonheur, pénétrez-
vous de telles choses et pratiquez-les.
(20)
Venez, ô Kalamas, ne vous laissez pas guider par (24)
des rapports, ni par la tradition religieuse (...) ni Maintenant, je vous demande: "Qu'en pensez-
par la pensée que "ce religieux est notre maître vous, ô Kalamas ? Lorsque l'absence d'avidité ap-
spirituel". paraît chez un individu, cette absence d'avidité
apparaît-elle pour le bien-être de cet individu ou
(21) pour son mal? " Les Kalamas répondirent: O vé-
Cependant, ô Kalamas, lorsque vous savez vous- nérable, l'absence d'avidité apparaît pour le
mêmes que certaines choses sont défavorables, bien-être de cet individu.
que telles choses blâmables sont condamnées
par les sages et que, lorsqu'on les met en pra- (25)
tique, ces choses conduisent au mal et au mal- O Kalamas, ne se donnant pas à l'avidité, n'étant
heur, abandonnez-les. pas vaincu par l'avidité, n'étant pas enveloppé
mentalement par l'avidité, un tel individu ne tue
(22) point d'êtres vivants, ne commet pas de vols, ne
Ensuite, le Bienheureux s'adressa à nouveau aux s'engage pas dans l'adultère, ne profère pas des
Kalamas et dit: Venez, ô Kalamas, ne vous laissez paroles mensongères. Il pousse un autre aussi à
pas guider par des rapports, ni par la tradition s'abstenir de tels actes. Est-ce que cela entraîne
religieuse (...) ni par la pensée que "ce religieux son bonheur et son bien-être? Certainement oui,
est notre maître spirituel". ô Vénérable.
(45)
Les Kalamas dirent: "Cela est exact, ô Bienheu-
reux, cela est exact, ô Parfait. Le disciple des
êtres nobles, qui a une pensée libérée de la
haine, de la malveillance, qui a une telle pensée
non souillée, une pensée pure, est quelqu'un qui
a ces quatre soulagements, ici et maintenant (...)"
(46)
Ayant entendu la parole du Bienheureux, les Ka-
lamas s'écrièrent: Merveilleux, ô Bienheureux,
merveilleux. C'est comme si l'on redressait ce qui
a été renversé, ou découvrait ce qui a été caché,
ou montrait le chemin à celui qui s'est égaré, ou
apportait une lampe dans l'obscurité pour que
ceux qui ont des yeux puissent voir. Ainsi, le vé-
nérable Gotama a rendu claire la vérité de nom-
breuses façons.
(47)
Nous prenons refuge dans le vénérable Gotama,
dans l'Enseignement (dhamma), dans la Commu-
nauté (sangha). Que le vénérable Gotama veuille
bien nous accepter comme disciples laïcs jusqu'à
la fin de nos vies."
VERANJAKA-SUTTA (3)
Sur la vie de couple Comment, ô chefs de famille, un homme sem-
blable à un cadavre vit-il avec une femme sem-
(1) blable à un cadavre? Dans ce cas, ô chefs de fa-
Une fois, le Bienheureux était en voyage sur une mille, un mari est quelqu'un qui tue des êtres vi-
grande route entre Madura et Veranja. A ce mo- vants, il commet des vols, il s'engage dans des
ment-là, un nombre important de chefs de fa- relations sexuelles illicites, il pratique le men-
mille voyageaient aussi avec leurs femmes sur songe, il consomme des boissons enivrantes qui
cette grande route.Le Bienheureux, en quittant la causent l'égarement et l'inattention, il est cruel et
route, s'assit sur un siège préparé au pied d'un fait du mal aux autres, il vit avec un coeur impur,
arbre, au bord de cette route. En voyant que le il insulte les religieux et les prêtres.
Bienheureux s'était assis, les chefs de famille et
leurs femmes s'approchèrent, lui rendirent (4)
hommage, puis s'assirent à l'écart, sur un côté. Sa femme également tue des êtres vivants, elle
Lorsqu'ils furent assis, le Bienheureux s'adressa à commet des vols, elle s'engage dans des rela-
eux et dit: tions sexuelles illicites, elle pratique le men-
songe, elle consomme des boissons enivrantes,
(2) elle est cruelle et fait du mal aux autres, elle vit
O chefs de famille, il y a quatre façons de vivre avec un coeur impur, elle insulte les religieux et
ensemble (dans la vie conjugale). Quelles sont les prêtres. C'est ainsi, ô chefs de famille, qu'un
ces quatre façons ? un homme semblable à un homme semblable à un cadavre mène sa vie avec
cadavre qui vit avec une femme semblable à un une femme semblable à un cadavre.
cadavre; un homme semblable à un cadavre qui
vit avec une femme semblable à une déesse; un (5)
homme semblable à un dieu qui vit avec une Et comment, ô chefs de famille, un homme sem-
femme semblable à un cadavre; un homme sem- blable à un cadavre mène-t-il sa vie avec une
blable à un dieu qui vit avec une femme sem- femme semblable à une déesse? Dans ce cas, le
blable à une déesse. mari est quelqu'un qui tue des êtres vivants, il
commet des vols, il s'engage dans des relations
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sexuelles illicites, il pratique le mensonge, il on, il vit avec un coeur pur, il ne fait pas de mal
consomme des boissons enivrantes qui causent aux autres, il n'insulte pas les religieux et les
l'égarement et l'inattention, il est cruel et fait du prêtres.
mal aux autres, il vit avec un coeur impur, il in-
sulte les religieux et les prêtres. (8)
Cependant, sa femme tue des êtres vivants, elle
(6) commet des vols, elle s'engage dans des rela-
Cependant, sa femme est quelqu'un qui s'absti- tions sexuelles illicites, elle dit des mensonges,
ent de tuer des êtres vivants, elle s'abstient de elle consomme des boissons enivrantes, elle vit
commettre des vols, elle s'abstient de s'engager avec un coeur impur, elle fait du mal aux autres,
dans des relations sexuelles illicites, elle s'absti- elle insulte les religieux et les prêtres. C'est ainsi,
ent de dire des mensonges, elle s'abstient de ô chefs de famille, qu'un homme semblable à un
consommer des boissons enivrantes, elle vit avec dieu mène sa vie avec une femme semblable à un
un coeur pur, elle ne fait pas de mal aux autres, cadavre.
elle n'insulte pas les religieux et les prêtres. C'est
ainsi, ô chefs de famille, qu'un homme semblable (9)
à un cadavre mène sa vie avec une femme sem- Et comment, ô chefs de famille, un homme sem-
blable à une déesse. blable à un dieu mène-t-il sa vie avec une
femme semblable à une déesse? Dans ce cas, le
(7) mari est quelqu'un qui s'abstient de tuer des
Et comment, ô chefs de famille, un homme sem- êtres vivants, il s'abstient de commettre des vols,
blable à un dieu mène-t-il sa vie avec une il s'abstient de s'engager dans des relations
femme semblable à un cadavre ? Dans ce cas, le sexuelles illicites, il s'abstient de dire des men-
mari est quelqu'un qui s'abstient de tuer des songes, il s'abstient de consommer des boissons
êtres vivants, il s'abstient de commettre des vols, enivrantes qui causent l'égarement et l'inattenti-
il s'abstient de s'engager dans des relations on, il vit avec un coeur pur, il ne fait pas de mal
sexuelles illicites, il s'abstient de dire des men- aux autres, il n'insulte pas les religieux et les
songes, il s'abstient de consommer des boissons prêtres.
enivrantes qui causent l'égarement et l'inattenti-
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(10)
Egalement, sa femme s'abstient de tuer des êtres
vivants. Elle s'abstient de commettre des vols,
elle s'abstient de s'engager dans des relations
sexuelles illicites. Elle s'abstient de dire des
mensonges, elle s'abstient de consommer des
boissons enivrantes, elle vit avec un coeur pur,
elle ne fait pas de mal aux autres, elle n'insulte
pas les religieux et les prêtres. C'est ainsi, ô
chefs de famille, qu'un homme semblable à un
dieu mène sa vie avec une femme semblable à
une déesse. Telles sont, ô chefs de famille, les
quatre façons de vivre ensemble (dans la vie
conjugale).
LES TEXTES CANONIQUES EN PALI La première section du Tipitaka est consacrée aux règles
de disciplines
Le Tipitaka applicables aux bikkhus (bonzes hommes) et aux bik-
khunis (bonzes
Les écrits fondateurs de la doctrine theravâda se répar- femmes). Elle est divisée en trois recueils distincts.
tissent en trois grands corpus formant ensemble le Tipi-
taka (ti = trois, pitaka = corbeille). La langue utilisée Le Vinaya Pitaka comporte trois groupes :
pour leur rédaction est le pâli (pratiquée actuellement au
Sri Lanka et apprise par tous les bonzes des pays théra- 1er groupe : le Sutta Bivangha, se composant de deux
vadiques). parties :
- Le Mahavibhanga ou Bikkhuvibhanga
La nomenclature des écrits est la suivante : - le Bikkhunivibhanga
- Vinaya Pitaka : ensemble des règles de conduite mo- 2e groupe : le Khandhaka se composant de deux sections
nastiques (vinaya :
= discipline). - Le Mahavagga
- le Cullavagga
- Sutta Pitaka : discours du bouddha sous forme de dia-
logues (sutta = 3e groupe : le Parivara ou Parivaraphata
discours).
générosité, bonté, renoncement, sagesse, fermeté, pa- 3.Le Dathavamsa, histoire de la relique de la dent,
tience, conservée à Kandy (Sri Lanka)
véracité, résolution, amabilité, égalité d’humeur. 4.Le Milindapañha, exposé sur le bouddhisme écrit il y a
1700 ans et présenté sous forme d’un dialogue entre le
3- L’Abhidhamma Pitaka bonze Nagasena et le roi indo-grec Ménandre.
5.Le Visudhi Magga, écrit par Buddhaghosa qui séjourna
La troisième section du Tipitaka est elle-même divisée en au Sri Lanka vers le 5ème siècle.
sept parties :
LES TEXTES CANONIQUES EN SANSKRIT
1.Le Dhammasangani
2.Le Vibhanga Initialement l’école du nord organisait les textes selon la
3.Le Kathavatthu même structure que l’école du sud. Elle procéda à une
4.Le Puggalapannatti refonte de l’ensemble en 9 "livres de la loi" ou Dharma.
5.Le Dhatukatha
6.Le Yamaka Dharma
7.Le Patthana
1.Les Prajnaparamita
2.Le Latitavistara
3.Le Saddharmapundarika
Les autres textes importants du Bouddhisme Thera- 4.Le Gandavyuha
vâda : 5.Le Dasabhumisvara
6.Le Samadhiraja
1.Le Dipavamsa et le Mahavamsa, transcrits par les 7.Le Saddharma-lankavatara
bonzes ceylanais, ce sont des annales du royaume de 8.Le Thatagataguhyaka
Ceylan relatant la vie du bouddha. 9.Le Suvarnaprabhasottama
2.Le Jina Alamkara Vamana, poèmes à la gloire du boud-
dha
Un ensemble de 12 ouvrages a été ajouté par la suite : ✓La Marche vers l’Eveil - Shantideva
✓Le Chemin de la Grande Perfection - Patrul Rinpoché
1.Le Nirvanasastra ✓Le Précieux Ornement de la Libération - Gampopa Seu-
2.Le Vimalakirti nam Rinchen
3.L e Karandavibajabu ✓Le LAM RIM (2 ouvrages) :
4.Le Sandhinirmocana 1- La lampe pour la voie de l’illumination - Atisha
5.L’Angulimalasoutra 2- Grand exposé des étapes de la voie - Tsong Khapa
6.Le Karunapundarika ✓Le Bardo Todrol Chenmo
7.Le Ratnakuta (“La grande Libération par l’audition pendant le Bardo”,
8.L’Avatamsaka plus connu sous le titre” Le livre des Morts Tibétains”) -
9.Le Manjusrivikritidita Padmasambhava
10.Le Sarvabuddha Vishayavatara ✓Le Dict de Padma - Padmasambhava
11.Le Mahabheri
12.Le Mahasamaya D’autres textes du canon pâli et les sermons du Bouddha