Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Université Abderrahmane Mira, de Bejaia
Département d’architecture
Cours n°3
l’approche paysagiste
« Kevin Lynch »
Enseignant: ATTAR Abdelghani
Année universitaire 2020-2021
BIOGRAPHIE
Kevin Andrew Lynch ( 1918 à Chicago, Illinois — 1984 à Martha's
Vineyard, Massachusetts ) est un urbaniste, architecte et auteur
américain. Lynch a étudié à l' université Yale (1935-1937), auprès
de Frank Lloyd Wright à Taliesin (1937-1939), au Rensselaer
Polytechnic Institute (1939-1940) et au MIT (1947). Dès 1948, il y
enseigne, en 1949 il devient assistant professor, puis en 1955
associate professor et enfin en 1963 professeur.
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Une approche paysagiste :
Une approche qui a mûri au sein de l'école américaine,
développée essentiellement par KEVIN LYNCHE et ses
adeptes, une approche qui ne cesse d'évoluer à son tour .
Elle considère l'espace, selon un rapport de communication
de l'homme et de l'espace celui de la perception visuelle .
Elle développe ses propres outils et cadres en parfaite liaison
avec les phénomènes de perception; et trouve son extension
dans les domaines de la psychologie et de la sémantique de
l'espace .
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Présentation de l’approche de
Kevin Lynch
Image de la cité
L’image de Les trois Les éléments La qualité La forme de la
l’environnement villes de la ville sensorielle ville et la méthode
Lisibilité Les voies
Boston Aspect d’un Série de
Les limites lieu diapositives
Imagibilité Jersey City
Les quartiers bruit Croquis
Structure,
Los Les nœuds
identité et
signification Angeles odeur Photos
Les éléments
de repère
La lisibilité : C’est la clarté apparente ou lisibilité du paysage urbain et la
facilité d’identifier les éléments de la ville, de les structurer en un schéma
cohérent, cette clarté permet de s’orienter grâce aux indications
sensorielles et aux souvenirs. (p.3)
Imagibilité : C'est la qualité d'un objet qui provoque de fortes images,
grâce à la continuité de sa structure et à la clarté de ses éléments, Pour
renforcer l'image, on peut utiliser des moyens symboliques (les cartes),
comme on peut aussi exercer l'observateur à mieux percevoir la réalité, ou
agir sur la forme de l'environnement. (p.11)
Structure et identité : Les trois composants de l’image mentale consiste
en : son identité (ce qui fait qu’on la reconnaît), sa structure (la relation
spatiale de l’objet avec l’observateur), sa signification pratique ou
émotive (la signification d’une ville étant très diverses, il vaut mieux la
laisser se développer sans la guider).
L’image qui sert à orienter doit être claire, complète (permettant ainsi
des choix différents d’action), ouverte (s’adaptant aux individus) et
communicable.
Image de la cité, Kevin L. DUNOD, Paris 1976
Les limite :
Les limites sont les frontières
entre deux quartiers, ils peuvent
être des voies, des rivières, des
fronts de mer ou des
constructions. (p.72)
Les voies:
Les voies sont les parcours le long desquels
l’observateur se déplace habituellement,
occasionnellement ou potentiellement.
Les voies se particularisent par les activités qui les
bordent, par leur largeur ou leur étroitesse, par les
caractéristiques des façades ou de la végétation
L'Imagibilité des voies s'accroît grâce à plusieurs
qualités: leur continuité, leur direction, leur
étalonnage, leur caractère en ligne. (p. 57)
Image de la cité, Kevin L. DUNOD, Paris 1976
Les quartiers :
Les quartiers sont des parties de la
ville, d’une taille assez grande. Un
quartier est déterminé par l’existence
de plusieurs caractères distinctifs
relevant du type de bâti, de décoration,
d’activités et de classes sociales (p.77)
Les nœuds :
Endroit où se croisent plusieurs
voies de communication (p.85)
Image de la cité, Kevin L. DUNOD, Paris 1976
Les éléments de repère:
Ce sont des références simples, qui
permettent aux habitués de la ville de se
guider.
La singularité d'un point de repère est
donnée par une forme claire, un contraste
avec l'arrière plan (le point de repère est
propre dans une ville sale, neuf dans une
ville ancienne …etc.), une localisation qui
ressort (à cause de la grande taille, du
contraste local : un bâtiment en retrait par
exemple). (p.92)
Philipe Panerai, Analyse urbaine. Page, 29
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Philipe Panerai, Analyse urbaine. Page, 29
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La qualité sensorielle :se rapporte à l’aspect d’un lieu, au bruit, à
l’odeur et à l’impression qui s’en dégage.
Cette étude traite de ce qu’on peut voir, de ce qu’on peut sentir, de
l’odeur de l’air, du son…etc., et l’influence de ces types de sensations sur
notre bien-être immédiat, nos actions et notre compréhension des
choses.
Le parcours séquentiel : On exprime une séquence en associant un plan
de base à une série de diapositives ou de croquis réalisés à partir d’une
succession de points de vue. Avec un appareil photo, c’est une opération
simple, montrer les vues les unes après les autres est un moyen efficace
de remplacer le mouvement de l’image.
L’aspect comportemental: Pour K. LYNCH les éléments qui bougent
dans la ville (les hommes et leurs activités) sont plus importants que les
éléments statiques (le cadre physique).
Pour comprendre l’environnement perçu, il nous faut deux de ses
aspects humains : comment les gens le conçoivent et comment ils s’y
comportent.
Les trois villes
Le travail de LYNCH a consisté à comparer l’image collective de trois
villes à la réalité des formes urbaines (déterminées par enquête sur le
terrain) pour en dégager quelques principes de composition urbaine
Boston : L’analyse a
permis
d’identifier
plusieurs
problèmes de
la forme
visuelle de
Boston
Aspect problématique de l’image de Boston (P.28)
Image de la cité, Kevin L. DUNOD, Paris 1976
jersey City :
C’est une ville
fragmentée par les
coupures des voies, par la
ségrégation sociale et
raciale. La ville n’a pas de
centre, n’a pas de
caractère et le manque
de points de repères (les
repères sont décrets au
moyen de rue et pas de
formes reconnaissables)
p.29
La forme visuelle de JERSEY-CITY d’après l’enquête
Image de la cité, Kevin L. DUNOD, Paris 1976
los Angeles :
Son image est relativement
indifférenciée en raison de
son plan quadrillé où les
voies se confondent ainsi
l’existence de points de
repères
L’imagibilité à l’échelle des
agglomérations est bonne
grâce à ces éléments
structurants comme
l’océan, autoroutes…etc.
(p.37. 38. 39)
La forme visuelle de LOS ANGELES d’après l’enquête
Image de la cité, Kevin L. DUNOD, Paris 1976
Les figures illustrant les images des trois ville telle
quelles apparaissent, découlent de l'accord entre les
interviews parlées et les cartes esquissées par Lynch et
son équipe selon leur propre reconnaissance sur le
terrain. Pour êtres comparables, chaque ensemble de
cartes de ville est établi à la même échelle et utilise les
mêmes symboles.
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Contenu de l'Interview
1. Qu’ évoque pour vous le mot Bejaia? Comment décririez-vous
grossièrement Bejaia?
2. Nous aimerions que vous dessiniez un plan rapide de Bejaia, comme pour
décrire rapidement la ville à un étranger.
3. a. Pouviez vous, s’il vous plait, me donner des indications claires et
complètes sur le trajet que vous suivez habituellement pour vous rendre
de votre domicile à l’ université, décrivez la suite des éléments que vous
verriez, entendriez, ou sentiriez le long du chemin.
3. b. Ressentez vous des émotions particulières à propos de certaines partis
de votre trajet? Combien de temps dur-t-il? Y a-t-il des endroits sur le
trajet ou vous vous sentez incertain de votre localisation?
(On doit ensuite répéter les questions n°3 à propos d'un ou plusieurs
trajets identiques pour toutes les personnes interrogées – trajets à pied
et en automobile)
4. Quels sont, à votre avis, les éléments du centre de Bejaia les plus
caractéristiques, ils peuvent être grands ou petits mais indiquez nous ceux
que vous trouvez les plus faciles à identifier et à garder en mémoire.
(Pour chacun des deux ou trois éléments enregistrés comme réponse à la
question n°4, l'enquêteur poursuit en posant la question n°5)
5. a. Pourriez vous me décrire l’endroit ou vous êtes même si vous étiez
conduit la les yeux bandés, quelles indication utiliseriez-vous, lorsqu’on
vous aurez retiré le bandeau, pour identifier avec certitude l'endroit ou
vous vous trouveriez? 166.167 17
5. b. Ressentez-vous des émotions particulières à propos de …………..?
5. C. Pourriez-vous me montrer sur votre plan ou se trouve ……………? (et si
besoin est: quelles en sont les frontières?)
6. Pourriez-vous m'indiquer sur votre plan la direction du Nord?
7. L'Interview est maintenant terminée, mais cela nous aiderait si vous acceptiez
d'avoir, pendant quelques minutes seulement, un entretiens libre avec
nous (Le reste des question est introduit sans ordre dans la conversation):
7. a. À votre avis, qu'avons nous cherché à découvrir?
7. b. Quelle importance ont pour les gens, l'orientation et la possibilité de
reconnaitre les éléments de la ville?
7. c. Eprouvez vous un certain plaisir à savoir ou vous vous trouvez , ou bien
vers ou vous vous diriger? Ou un certain désagrément dans le cas
contraire?
7. d. Pensez vous que Bejaia est une ville ou l’on trouve facilement son chemin;
dont on identifie aisément les parties?
7. e. Parmi les villes que vous connaissez, quelles sont celles qui possèdent une
bonne orientation? Pourquoi ?
Durée (environ 1h30). La totalité de la discussion était enregistrée sur
bande magnétique et ensuite transcrite, prise en charge des silences
révélateurs et les inflexions de voix.
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Prendre les personnes intéressées, et les confronter dans un premier
temps avec un jeu de photographiées de la zone de …………. Prises pour
couvrir la totalité du quartier, mais présentées au hasard aux personnes
interrogées. Plusieurs photographies représentant d'autres villes étaient
mélangées à la collection. Demander à ce moment-la aux gens de les
classer en les regroupant de la façon qui leur semblait naturelle, ensuite
leur demander d'identifier autant de photographies qu'ils le pouvaient.
Les photographies reconnues étaient alors rassemblées et on demandait
à la personne de les disposer sur une grande table comme si elle les
plaçait à l'endroit correspondant sur une vaste carte de la ville.
Enfin on emmenait ces mêmes volontaires sur le terrain pour leur faire
parcourir un trajet, l'enquêteur les accompagnait en utilisant un
magnétophone portatif, en demandant à la personne d'expliquer
pourquoi elle choisissait une voie particulière tout en désignant ce quelle
voyait le long du chemin, en mentionnant également les endroits ou elle
se sentait en confiance et là ou elle était perdue.
À rappeler que dans les premières analyses sur le terrain on mit au point
les hypothèses principales concernant les type d'éléments, la façon dont
ils sont assemblés, et ce qui contribue à leur donner une identité. Ce sont
ces hypothèses qui furent ensuite testées et affinées au cours des
interviews. 19
Application de la
méthode
le site est situé au cœur de la baie d‘ Alger, il est délimité
au nord par la mer méditerranée, au sud par la route nationale RN5 (ex
moutonnière) et à l‘Est par les communes de Bordj el Kiffan et Bab
Ezzouar
Vue aérienne de la zone d’étude
Les problématiques :
Comment le maillon central de la baie d’Alger
contribuera -t-il à en faire une métropole ?
•Comment valoriser la baie ?
•Comment réconcilier la ville avec la mer ?
•Comment attribuer un rôle structurant à l’oued ?
Situation par rapport à des infrastructures
importantes de la capitale
Gare maritime La grande mosquée
L’aéroport
Gare ferroviaire SAFEX d’ Alger
Gare routière L’université d’ Alger
LES LIMITES
La mer méditerranée(limite naturelle) La RN24(limite artificielle)
La pénétrante de la foire(limite artificielle)
La RN5(limite artificielle)
LES VOIES
-Les activités qui les bordent.
-Caractéristiques des façades qui les bordent.
- La végétation qui les borde.
- Leur continuité.
- Leur direction.
- Leur largeur/étroitesse.
- Leur alignement
-Forte activité commerciale
Les problèmes de circulation Élargissement des voies
-étroitesse des voies
- Gabarits non identiques,
traitement de façades
hétérogène et non régulier. Absence de délimitation Restructuration
-absence d’alignement et de homogène des voies
continuité
-Faible présence de végétation Nuisances sonores,
pollution, absence Requalification des voies
le long des voies
d’ombre
LES QUARTIERS
-habitat collectif
-Implantation dépendante de Quartier bien Réhabilitation
la trame routière et du relief
- une disposition discontinue structuré
-Implantation dépendante
de la trame routière
Quartier bien
-alignement irrégulier structuré
-disposition discontinue Bonne accessibilité
-Implantation dépendante
d’une logique géométrique
en alignement régulier .
-Une disposition discontinue Etroitesse des voies Réhabilitation et
- présence d’axes de restructuration
Symétrie
-Quartier commerciale
-grands ensembles Forte densité Restructuration
- caractère commercial commerces informels
-Implantation radio
centrique autour d’une
placette Quartier bien structuré
- alignement régulier
-Une disposition discontinue
Les points de repère
Repère majeur Repère mineur
Existence de plusieurs éléments de repère à l’échelle de la ville et
à celle du quartier, non reliés, de nature différentes
Nouveau repère majeur Repère mineur existant
Nouveau repère mineur Repère majeur existant
QUELQUES ELEMENTS DE
REPERE
LES DUNES HILTON
EL OUED
Les nœuds
Nœuds majeurs Nœuds mineurs
Tous les nœuds sont des points de croisement des
voies, sans autre activité
LA PROPOSITION URBAINE
Schéma de principe
Rue piétonne Axe virtuel (minarets)
Échelle: 1/5000
Schéma des activités
Pole de transport Quartier mixte hôtels
Pole sportif parc Pole économique
Échelle: 1/2000
Pole économique
La grande mosquée d’Alger
Oued el Harrach
Quartier mixte
(habitat-équipement)
Pole sportif
48
49
50
51
52
53
54
55
56
57
58
59
60
FIN
JE VOUS REMERCIE POUR VOTRE
ATTENTION
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